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101
p. 343-346
Avis tres utile.
Début :
Tous les maux de la vie, même ceux qui paroissent les / Je certifie si mon certificat peut servir de quelque [...]
Mots clefs :
Rhumatismes, Rhumatismes goutteux, Donneau de Visé
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texteReconnaissance textuelle : Avis tres utile.
Tous les maux de la vie ,
même ceux qui paroiſſent les
Ff iij
344 MERCURE
, plus legers
ment des maux difficiles à ſupporter
, il n'en eſt pas de plus
vifs que ceux que nous lentons
Ce n'eſt point un axiome de
Philoſophie que je pretend
débiter icy , en mettant ſur le
le tapy une maxime dont tout
le monde connoiſt la verité
&jen'en parle que parce que
je ſuis étonné de la délicateſſe
de M. Devizé , qui à ce qu'on
m'a dit depuis peu , ſe failoit
un ſcrupule d'inſtruire le publicdes
noms,&des talens des
gens que leur art utile ,& falutaire
aux hommes ſembloit
font eff CtiveGALANT.
345
confacter plus particulierement
à leur ſervice. J'en ay
trouvé d'une demie douzaine
d'eſpeces , qui ſe ſont offerts à
moyce mois.cy , pour les
mois.cy ,
annoncer au public. Le détail
* du merite de ces Meffieurs ,
n'a rien d'ennuyeux , puiſque
lesunsou les autres y peuvent
trouver leur compte..
Avistres utile.
Je certifie , fi mon certifie
cat peut ſervir de quelque
choſe , que le fieur Varrin demeurant
ruëTictonne chezleſieur -
Lambert Perruquier,guerit gou
tes ,rhumatistes gouteux ,fciati-
!
346 MERCURE
paraliſies , bieffures de
coups de feu , &c.
même ceux qui paroiſſent les
Ff iij
344 MERCURE
, plus legers
ment des maux difficiles à ſupporter
, il n'en eſt pas de plus
vifs que ceux que nous lentons
Ce n'eſt point un axiome de
Philoſophie que je pretend
débiter icy , en mettant ſur le
le tapy une maxime dont tout
le monde connoiſt la verité
&jen'en parle que parce que
je ſuis étonné de la délicateſſe
de M. Devizé , qui à ce qu'on
m'a dit depuis peu , ſe failoit
un ſcrupule d'inſtruire le publicdes
noms,&des talens des
gens que leur art utile ,& falutaire
aux hommes ſembloit
font eff CtiveGALANT.
345
confacter plus particulierement
à leur ſervice. J'en ay
trouvé d'une demie douzaine
d'eſpeces , qui ſe ſont offerts à
moyce mois.cy , pour les
mois.cy ,
annoncer au public. Le détail
* du merite de ces Meffieurs ,
n'a rien d'ennuyeux , puiſque
lesunsou les autres y peuvent
trouver leur compte..
Avistres utile.
Je certifie , fi mon certifie
cat peut ſervir de quelque
choſe , que le fieur Varrin demeurant
ruëTictonne chezleſieur -
Lambert Perruquier,guerit gou
tes ,rhumatistes gouteux ,fciati-
!
346 MERCURE
paraliſies , bieffures de
coups de feu , &c.
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Résumé : Avis tres utile.
Le texte aborde la difficulté de supporter les maux de la vie, même les plus légers. L'auteur ne propose pas une nouvelle philosophie mais observe la prudence de M. Devizé, qui évite de révéler les noms et talents des artistes utiles à la société. L'auteur a rencontré plusieurs personnes souhaitant se faire connaître. Il atteste des compétences du sieur Varrin, domicilié rue Tictonne chez le sieur Lambert Perruquier, qui soigne divers maux tels que la goutte, les rhumatismes, les paralysies et les blessures par armes à feu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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102
p. 346-347
Autre Avis essentiel.
Début :
M. de Woolhouse Gentilhomme & Oculiste Anglais qui demeure presentement [...]
Mots clefs :
Oculiste
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texteReconnaissance textuelle : Autre Avis essentiel.
Autre Avis eſſentiel.
M. de WoolhouseGentilhom.
me e Oculiste Anglois qui demeure
presentement au College
de l'Ave Maria , vis à vis le
petit portail de S. Estienne du
Mont prés Sainte Genevieve ,
pratique trente-trois differentes
operations manuelles furlesyeux,
& il remedie par des medicaments
doux , promts ,&furs ,
àtous les autres maux querißables
de la veuë , entre les cent
foixante&treize maladies differentes
qui peuvent attaquer l'oeil.
GALANT. 347
Il donnera a tous ceux qui le
ſouhaiteront une liste des perfonnes
qu'il a gueri à Paris. Il est
àremarquer qu'il auroit efté entierement
impoffible audit fieurde
Woolhouſe de ſçavoir à fonds ,
ces differentes operations ,fi elles
ne luy avoient pas efté démontrées
parfeu M son pere ,fameux
Oculiste : puisqu'il est le
feulenEurope , qui les pratique
toutes. Il a actuellement de fameux
Medecins pour éleves.
M. de WoolhouseGentilhom.
me e Oculiste Anglois qui demeure
presentement au College
de l'Ave Maria , vis à vis le
petit portail de S. Estienne du
Mont prés Sainte Genevieve ,
pratique trente-trois differentes
operations manuelles furlesyeux,
& il remedie par des medicaments
doux , promts ,&furs ,
àtous les autres maux querißables
de la veuë , entre les cent
foixante&treize maladies differentes
qui peuvent attaquer l'oeil.
GALANT. 347
Il donnera a tous ceux qui le
ſouhaiteront une liste des perfonnes
qu'il a gueri à Paris. Il est
àremarquer qu'il auroit efté entierement
impoffible audit fieurde
Woolhouſe de ſçavoir à fonds ,
ces differentes operations ,fi elles
ne luy avoient pas efté démontrées
parfeu M son pere ,fameux
Oculiste : puisqu'il est le
feulenEurope , qui les pratique
toutes. Il a actuellement de fameux
Medecins pour éleves.
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Résumé : Autre Avis essentiel.
M. de Woolhouse, gentilhomme et oculiste anglais, réside au Collège de l'Ave Maria. Il pratique trente-trois opérations oculaires et traite soixante-treize maladies oculaires. Ses traitements sont doux, prompts et efficaces. Il forme des médecins renommés et peut fournir une liste de ses patients guéris à Paris. Ses compétences proviennent de son père, un célèbre oculiste.
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103
p. 347-348
Autre
Début :
Mademoiselle de Rezé demeurant ruë de la Comédie chez un [...]
Mots clefs :
Docteurs en médecine de la faculté de Paris, Goutte
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texteReconnaissance textuelle : Autre
Autre
Mademoiselle deRezé demeurant
ruë de laComedie chez un
Perruquier au ſecond , approuvéedes
Docteurs en Medecinela
348 MERCURE
.
Faculté de Paris donne un remede
composé de Simples ,qui
guerit &prſerve de la goute
d'une maniere fort aisée Sans
aucun danger Elle guerit auffi
avec un Beaume ſpecifique tous
les maux de dents pour toujours,
quelques gateés qu'elles forent ,
les conſerve , affermit celles qui
branlent , les blanchit. Elle
ades Boutons composez pour les
fluxions, maux de teste , migraine
&qui prefervent du mauvais air.
Mademoiselle deRezé demeurant
ruë de laComedie chez un
Perruquier au ſecond , approuvéedes
Docteurs en Medecinela
348 MERCURE
.
Faculté de Paris donne un remede
composé de Simples ,qui
guerit &prſerve de la goute
d'une maniere fort aisée Sans
aucun danger Elle guerit auffi
avec un Beaume ſpecifique tous
les maux de dents pour toujours,
quelques gateés qu'elles forent ,
les conſerve , affermit celles qui
branlent , les blanchit. Elle
ades Boutons composez pour les
fluxions, maux de teste , migraine
&qui prefervent du mauvais air.
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Résumé : Autre
Mademoiselle de Rezé, résidant rue de la Comédie, propose un remède approuvé par des docteurs pour guérir et prévenir la goutte. Elle offre aussi un baume pour traiter les maux de dents, renforcer et blanchir les dents. Elle vend des boutons composés contre les fluxions, maux de tête, migraines et les effets du mauvais air.
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104
p. 340
AVIS.
Début :
Le Sieur Varin, dont j'ay déja parlé, a certainement des Secrets [...]
Mots clefs :
Remèdes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS .
Mercure.
Le Sieur Varin, dontj'ay déjaparlé,
a certainementdes Secrets
admirables contre laGoute, Paralifie
, Sciatiques Rhumatismes
goûteux , Migraine & autres
Maux : Il a auffi un Remede
Specifique pour guerir les Animaux
des Maladies contagieuses.
Il demeure ruë Tictonne , chez le
Sieur Lambert , Perruquier.
Mercure.
Le Sieur Varin, dontj'ay déjaparlé,
a certainementdes Secrets
admirables contre laGoute, Paralifie
, Sciatiques Rhumatismes
goûteux , Migraine & autres
Maux : Il a auffi un Remede
Specifique pour guerir les Animaux
des Maladies contagieuses.
Il demeure ruë Tictonne , chez le
Sieur Lambert , Perruquier.
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105
p. 341-342
AUTRE.
Début :
Mademoiselle de Rezé ayant la Permission de M. le Lieutenant [...]
Mots clefs :
Boutons, Maux, Docteurs en médecine de la faculté de Paris
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Mademoiselle de Rezé ayant
ta Pern iffion deM. le Lieutenant
General de Poise, & l'Approbation
des Doct urs en Medecinede
la Faculté de Paris , donne unRemede
composéde fimples , qui querit&
preferve de laGoute d'une
manicre fortarfée &fans aucun
danger. Ledit Romede purgepar
les crachats er les urines tous les
fucs aigres ,falez & acerbes qui
font contre nature er qui coulans
fur les articulations les bleffent :
رد
Ilfortifie leurs fibres y les vétablis
dans leur état naturel : Il est
encore propre aux écroüelles, Rhu-
Ff iij
342 MERCURE
matismes & maladies provenant
d'obstruction . Elleguerit auf: avec
un Baume ſpecifique tous les maux
de Dents pour toûjours , quelques
gâtées qu'elles foient, les conſerve,
& affermit celles qui branlent ,guerit
les ulceres qui viennent dans le
nez, le gencives & ailleurs, diffipe
l'humeur scorbutique , &c . Elle a
des Boutons composez pourlesfluxions,
maux de teste, migraine,&
qui prefervent du mauvais air ;
Une poudre qui blanchit les dents :
Elleguerit avec uneEau ,lesDartres
vives & farineuses ,Boutons , Rougeurs,
Taches & Rouffeurs fans retour.
Lesdits Remedes se gardent
tant que l'on veut, & peuvent se
tranſporter par tout . Elle demeure à
Paris , ruë de la Comedie , chez un
Grenetier , Au
artement.
Mademoiselle de Rezé ayant
ta Pern iffion deM. le Lieutenant
General de Poise, & l'Approbation
des Doct urs en Medecinede
la Faculté de Paris , donne unRemede
composéde fimples , qui querit&
preferve de laGoute d'une
manicre fortarfée &fans aucun
danger. Ledit Romede purgepar
les crachats er les urines tous les
fucs aigres ,falez & acerbes qui
font contre nature er qui coulans
fur les articulations les bleffent :
رد
Ilfortifie leurs fibres y les vétablis
dans leur état naturel : Il est
encore propre aux écroüelles, Rhu-
Ff iij
342 MERCURE
matismes & maladies provenant
d'obstruction . Elleguerit auf: avec
un Baume ſpecifique tous les maux
de Dents pour toûjours , quelques
gâtées qu'elles foient, les conſerve,
& affermit celles qui branlent ,guerit
les ulceres qui viennent dans le
nez, le gencives & ailleurs, diffipe
l'humeur scorbutique , &c . Elle a
des Boutons composez pourlesfluxions,
maux de teste, migraine,&
qui prefervent du mauvais air ;
Une poudre qui blanchit les dents :
Elleguerit avec uneEau ,lesDartres
vives & farineuses ,Boutons , Rougeurs,
Taches & Rouffeurs fans retour.
Lesdits Remedes se gardent
tant que l'on veut, & peuvent se
tranſporter par tout . Elle demeure à
Paris , ruë de la Comedie , chez un
Grenetier , Au
artement.
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Résumé : AUTRE.
Le document décrit un remède élaboré par Mademoiselle de Rezé, approuvé par le Lieutenant Général de Poise et les docteurs de la Faculté de Médecine de Paris. Ce remède, à base de plantes, traite efficacement la goutte en éliminant les substances nocives par les crachats et les urines, et en renforçant les articulations. Il est également efficace contre les écrouelles, les rhumatismes et les maladies dues à des obstructions. De plus, il guérit les maux de dents, stabilise les dents branlantes, soigne les ulcères dans le nez et les gencives, et combat l'humeur scorbutique. Mademoiselle de Rezé propose aussi des boutons pour les fluxions, maux de tête et migraines, ainsi qu'une poudre pour blanchir les dents. Elle offre une eau pour traiter les dartres, boutons, rougeurs, taches et rougissements. Ces remèdes sont conservables et transportables. Mademoiselle de Rezé réside à Paris, rue de la Comédie, chez un grenetier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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106
p. 85-92
Histoire boufonne. [titre d'après la table]
Début :
Le trait est nouveau, il est ancien, il y a plus d'un [...]
Mots clefs :
Cocher, Maître, Médecin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire boufonne. [titre d'après la table]
Le trait est nouveau ilest ancien, il , y aplus d'un
an que vous l'avez entendu
conter, ou vous ne le
sçavez pas encore;tout cela
peut être,&n'être pasaussi.
Pour moy ,qui ignore presque
tout ce qui s'est fait&
dit depuis dix ans à Paris,
je vous assure que je ne le
sçai que d'hier au soir, ôc
que j'aiappris, comme une
chose nouvelle & fort réjoüissante,
que le cocher de
M. Elvetius, fameux Medecin
Hollandois, ennuyé
depuis long-temps de sa
condicion,& las de panser
ses chevaux & de mener
son maître, lui dir un beau
jour, d'un air suffisant &
plein de confiance, qu'il
étoit resolu de le quitter,
qu'il vouloir faire une fin ,
en un mot prendre un parti.
M.Elvetiusétonné de la
proposition de son cocher
dont il étoit content, lui
demanda quelle raison le
portoit à lui tenirce langage,
& quel parri il vouloir
prendre. Ecoutez mon defsein,
Monsieur, lui dit-il.
Il y a, comme vous sçavez,
tant d'années que je fuis à
vôtre service, que j'ai foin
de vos chevaux,que je fais
vos commissions chez vos
malades, que je porte &
rapporte vos ordonnances
de chez l'Apoticaire
,
&
que je vous entends parler
Medecine, que j'en ai retenu,
outre presque tous les
termes dont vous vous servez,
l'usage des remedes
que vous employez contre
un grand nombre de maladies
; enfin je croy en
avoir assez appris pour pouvoir
m'ériger en Médecin
à montour. Vraiment,mon
ami, lui dit M. Elvenus,
tu as raison, si ce que tu
me dis est vrai. Vous pouvez,
Monsieur,reprit-il,
me mettre q, l'épreuve. Je
le veux, lui répliqua (on
maître, & demain nous en
essayerons:cependantjete
prie
prie pour aujourd'hui de
me mener à l'ordinaire.
Dans la journée M. EL
vetius alla voir deux de ses
amis à qui il conta la i.
sion de son cocher, & convint
avec eux d'un expedient
singulier pour le faire
rentrer dans son bon sens.
Je vous lamenerai demain,
dit-il à l'un& à l'autre i reC.
tez au lit jusqu'à ce que
nous arrivions, & ayez le
foinde faire mettre de la
marmelade dans un bassin;
sur-toutne m'attrapez pas.
J'y goûteraiJe raisonnerai
sur lamatiere à ma fantaisie
, & je la ferai jetter sur
le champ. Pour mon cocher,
que je vous enverrai
après demain, & qui ne
manquera pas de vouloir
faire ce qu'il m'aura vu faire,
vous lui donnerez à
goûter de ce qu'il vous
plaira
Lelendemain M. Elvetius
mene son cocher chez
ses amis, il le leur presente
comme un éleve qui pro.
mettoit de se distinguer un
jour dans la profession, ôc
fait enfin gravement ôc
sans peril, tout ce qu'illeur
avoit dit la veille. Ji\:
Le jqur suivant il le leur
envoye à sa place: mais le
pauvre diable n'eut pas entame
la visite&le bassin,
qu'il se hâta d'aller dans
l'antichambre rendre juiqu'au
fang les menus suffrages
de ion coup d'essai,
en jurant à chaque hoquet
contre son maitre,qu'il donna
cent fois au diable. Il
retourne cependant au logis;
& reprend tranquiler.
ment, avec le foin de son
écurie, la fonquenille &
lalivrée qu'il porte.
an que vous l'avez entendu
conter, ou vous ne le
sçavez pas encore;tout cela
peut être,&n'être pasaussi.
Pour moy ,qui ignore presque
tout ce qui s'est fait&
dit depuis dix ans à Paris,
je vous assure que je ne le
sçai que d'hier au soir, ôc
que j'aiappris, comme une
chose nouvelle & fort réjoüissante,
que le cocher de
M. Elvetius, fameux Medecin
Hollandois, ennuyé
depuis long-temps de sa
condicion,& las de panser
ses chevaux & de mener
son maître, lui dir un beau
jour, d'un air suffisant &
plein de confiance, qu'il
étoit resolu de le quitter,
qu'il vouloir faire une fin ,
en un mot prendre un parti.
M.Elvetiusétonné de la
proposition de son cocher
dont il étoit content, lui
demanda quelle raison le
portoit à lui tenirce langage,
& quel parri il vouloir
prendre. Ecoutez mon defsein,
Monsieur, lui dit-il.
Il y a, comme vous sçavez,
tant d'années que je fuis à
vôtre service, que j'ai foin
de vos chevaux,que je fais
vos commissions chez vos
malades, que je porte &
rapporte vos ordonnances
de chez l'Apoticaire
,
&
que je vous entends parler
Medecine, que j'en ai retenu,
outre presque tous les
termes dont vous vous servez,
l'usage des remedes
que vous employez contre
un grand nombre de maladies
; enfin je croy en
avoir assez appris pour pouvoir
m'ériger en Médecin
à montour. Vraiment,mon
ami, lui dit M. Elvenus,
tu as raison, si ce que tu
me dis est vrai. Vous pouvez,
Monsieur,reprit-il,
me mettre q, l'épreuve. Je
le veux, lui répliqua (on
maître, & demain nous en
essayerons:cependantjete
prie
prie pour aujourd'hui de
me mener à l'ordinaire.
Dans la journée M. EL
vetius alla voir deux de ses
amis à qui il conta la i.
sion de son cocher, & convint
avec eux d'un expedient
singulier pour le faire
rentrer dans son bon sens.
Je vous lamenerai demain,
dit-il à l'un& à l'autre i reC.
tez au lit jusqu'à ce que
nous arrivions, & ayez le
foinde faire mettre de la
marmelade dans un bassin;
sur-toutne m'attrapez pas.
J'y goûteraiJe raisonnerai
sur lamatiere à ma fantaisie
, & je la ferai jetter sur
le champ. Pour mon cocher,
que je vous enverrai
après demain, & qui ne
manquera pas de vouloir
faire ce qu'il m'aura vu faire,
vous lui donnerez à
goûter de ce qu'il vous
plaira
Lelendemain M. Elvetius
mene son cocher chez
ses amis, il le leur presente
comme un éleve qui pro.
mettoit de se distinguer un
jour dans la profession, ôc
fait enfin gravement ôc
sans peril, tout ce qu'illeur
avoit dit la veille. Ji\:
Le jqur suivant il le leur
envoye à sa place: mais le
pauvre diable n'eut pas entame
la visite&le bassin,
qu'il se hâta d'aller dans
l'antichambre rendre juiqu'au
fang les menus suffrages
de ion coup d'essai,
en jurant à chaque hoquet
contre son maitre,qu'il donna
cent fois au diable. Il
retourne cependant au logis;
& reprend tranquiler.
ment, avec le foin de son
écurie, la fonquenille &
lalivrée qu'il porte.
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Résumé : Histoire boufonne. [titre d'après la table]
Un cocher au service de M. Elvetius, un médecin hollandais réputé, décide de quitter son emploi pour devenir médecin. Il affirme avoir acquis des connaissances médicales en observant et aidant M. Elvetius. Ce dernier, intrigué, organise une mise en scène avec deux amis pour dissuader le cocher. Ils simulent des maladies et lui donnent un bassin contenant de la marmelade, prétendant qu'il s'agit d'un remède. Le cocher, dégoûté, comprend son erreur et renonce à son projet de devenir médecin, retournant à son poste de cocher.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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107
p. 296-298
Avis tres-utile.
Début :
La mortalité des Bestiaux, la peste, le scorbut, & autres maladies [...]
Mots clefs :
Mortalité, Elixirs, Maladies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis tres-utile.
vis très-utile.
La mortalité des Bestiaux,la
peftc, le scorbut, & autres maladies
contagieuses
,
continuant
de ravager presquetout
l'Europe, le Docteur Davach
de la Riviere demeurant ruë
Mauconseil, Medecin ordinaire
de feu Monficur le Prince,&
de Monsieur le Nonce
du Pape, a des élixires specifiques
pour faire cesser seurement
cettemortalitéde bestiaux,
les en pre server & guerir
de leurs maladies
)
prcfcrver
& guerir de la peste & de
toutes autres maladies contagieuses
,tirez de la vertu des
simples approuvées & continuées
dans les Privileges à luy
accordez par leRoy. Ilaaussi
un esprit de simples pour rétablir
la virilité offensée
,
fortifier
les vaisseaux
,
& guerir
les rétentions d'urines, & une
eau pour les maladies des
yeux, fortifier & conserver la
vcuë ;
le tout fc peut transporter
en tous Pays par mer & par
terre sans se gâter. Ce Docteur
est l'Auteur du Miroir
des Urines, du Tresor de la
Medecine, contenant l'Ana.
tomie
, toutes les maladies &
Je moyen de les guérir, rnme
les secreces, par la vertu des
61Dples, &
La mortalité des Bestiaux,la
peftc, le scorbut, & autres maladies
contagieuses
,
continuant
de ravager presquetout
l'Europe, le Docteur Davach
de la Riviere demeurant ruë
Mauconseil, Medecin ordinaire
de feu Monficur le Prince,&
de Monsieur le Nonce
du Pape, a des élixires specifiques
pour faire cesser seurement
cettemortalitéde bestiaux,
les en pre server & guerir
de leurs maladies
)
prcfcrver
& guerir de la peste & de
toutes autres maladies contagieuses
,tirez de la vertu des
simples approuvées & continuées
dans les Privileges à luy
accordez par leRoy. Ilaaussi
un esprit de simples pour rétablir
la virilité offensée
,
fortifier
les vaisseaux
,
& guerir
les rétentions d'urines, & une
eau pour les maladies des
yeux, fortifier & conserver la
vcuë ;
le tout fc peut transporter
en tous Pays par mer & par
terre sans se gâter. Ce Docteur
est l'Auteur du Miroir
des Urines, du Tresor de la
Medecine, contenant l'Ana.
tomie
, toutes les maladies &
Je moyen de les guérir, rnme
les secreces, par la vertu des
61Dples, &
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Résumé : Avis tres-utile.
Le texte décrit les travaux du Docteur Davach de la Rivière, médecin résidant rue Mauconseil, ayant servi le Prince défunt et le Nonce du Pape. Il propose divers élixirs pour traiter des maladies contagieuses telles que la mortalité des bestiaux et la peste. Ses remèdes incluent aussi un esprit de simples pour restaurer la virilité, fortifier les vaisseaux sanguins et soigner les rétentions d'urine. Il offre également une eau médicinale pour les maladies des yeux, visant à fortifier et conserver la vue. Tous ses produits peuvent être transportés sans se détériorer. Le Docteur Davach est l'auteur de plusieurs ouvrages médicaux, parmi lesquels 'Le Miroir des Urines' et 'Le Trésor de la Médecine', qui abordent l'anatomie, les maladies et les méthodes de guérison à base de simples.
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108
p. 290-303
Histoire d'une nouvelle découverte. [titre d'après la table]
Début :
Un homme sage & éclairé profite de tout, pour perfectionner [...]
Mots clefs :
Découverte, Fistules, Esprit, Maladie, Fistule lacrymale, Yeux, Académie royale des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire d'une nouvelle découverte. [titre d'après la table]
Un homme sage & éclairé
profite de tout, pour perfectionner
son esprit & sonraisonnement
sur tous les objets
qui se presentent à ses yeux.
Je ne peux mieux vous prouver
cette proposition que par
la nouvelle que je vais vous
apprendre.
M. Anel Docteur enChirurgie,&
Chirurgien de Madame
Royale mere du Roy de
Sicile, étant en Italie, se trou,
va ,
il y a quelques années,
pendant le Carnaval à Genes,
Ville superbe, belle
, & presque
aussi fameuse que Venise
par les plaisirs desordonnez
de cette faison. Entrainé par
ses amis à prendre sa parc
de cesdivertissements, il consentit
à aller une fois au bal
avec eux.
Un jour au milieu d'une de
ces festes
,
ennuyé & fatigué
du tumulte de l'assemblée où
il setrouvoit,il se retira dans
un coin de la Salle,& peudant
les mouvemens que se
donnoient les Masques du
bal, ilsemit à mcditer sur un
point de Chirurgie
,
qui, depuis
plusieurs années,fait sa
principale étude
, & à force
d'application & de raisonnement,
il inventaune nouvelle
Methode de guérir radicalement
& parfaitementles fistules
lacrymales.
Le Lecteur ne s'attendoit
asseurement pas à ce chefd'oeuvre
, ny moy non plus
ma foy
,
lorsqu'on me conta
pour la premiere fois, l'origine
de cette découverte. Il
est néanmoins vray quecefut
là le champ où M. Anel qui est
vrayement homme d'esprit ,
& qui n'a pas besoin du recours
de la solitude, pour imaginer
des choses utiles &solides,
la fit. Il la porta depuis, &
on peu de jours, à un tel degré
de perfection
, que non seulementillarenditpropre
à guérir
à fond les fistules lacrymales
quelques inveterées qu'elles
pussent estre ,mais encore à
prevenir tous les inconveniens
dont sont affligez ceux qui
font menacez de cette maladie
sans avoir recours au fer, au
caustique
, au corrosif
, ny
au feu,moyens toûjours violents
, tres- souvent inutiles,
mais ordinaires
)
donc on se
servoitpour traiter cette maladie
, avant cette heureuse
découverte.
Avant que M. Anel se fut
renduaussi habile qu'ille devint
lanuit du bal, il avoir déjagueri
avec beaucoup décelât
&d'applaudissements M.
le Comte de KonigseK, à present
Plenipotentiaire de l'Empereur
en Flandre, & nommé
son Ambassadeur en France.
Cette cure qui avoit fait beaucou
p de bruit en Allemagne
&en Italie, avoit remplil'esprit
de Ml'Abbé Fleschi, neveu
du Cardinal Fieschi, de
l'esperance de trouver enfin ce
nouvel Esculape, & de l'engadgreoritspar
toutes fortes d'enà
luy guerir deux fistules
lacrymales qu'il gardoit
malheureusement depuis plusieurs
années, lorsqu'il fit son
Entrée à Genes.
La Renommée luy apprit
presque aussitost l'arrivée du
réparateur & du conservateur
de sa vûë. Il se fit en même
tems porter chez luy, ille saliia
comme un Ange de lumiere,
illuy conta tous les accidents
de sa maladie
,
il luy.
avoüa qu'il avoit épuisé tous
les secrets de la Pharmacie &
de la Chirurgie, enfin il le conjura
de luy rendre la vie & le
jour qu'il s'ennuyoit de voir,
atreo de siméchants yeux.
M. Anel l'entreprit d'autant
plus volontiers, que les
plus beaux yeux des plus belles
Dames de la Ville allerent le
solliciter en gros & en détail,
& le prier de faire un miracle
en faveur de M. l'Abbé Fieschi.
Il ne pût resister à rant de
charmes, & il travailla avec
tant de succés,que la gloire,
sonintérêt,& l'amour obtinrent
enfin de luy le prodige
qu'on en esperoit M. l'Abbé
Fieschi fut en un mot parfaitement
gueri
,
& chaque jour
il benit le Cielde luy avoir envoyé
M. Dominique Anel.
Le bruit de cette cure serépandit
dans toutes les Villes
d'Italie, & particulierement à
Turin. Madame Royale qui
avoit malheureusement une
ancienne fistule, pour la guerison
de laquelle on avoit ea
vain consulté tous les pluscelebresMedecins
& Chirurgiens
Oculistes de l'Europe,
ayant appris lescirconstances
de cette merveilleuse découverte
, envoya recommander
à M. Anel de venirà son ie*
cours. Il y vola
,
il vit cette
Princesse
,
& en trois jours il
la guérit. En revanche, elle
Luy fit present d'un diamant
de deux mille livres
,
d'une
bourse de cinq cens loüis d'or,
& d'une pension viagere de
cinq cens écus. Cecyn'est pat
un conte; mais une verité confirmée
non-seulement par les
Envoyez & Ambassadeurs du
Roy de Sicile j mais par un
grand nombre d'autres endroits
qui valent bien ceuxlà,
& dont illuy reste encore
en beaux & bons, presents
qu'il reccût des Princes &des
Seigneurs decette Cour d'excellents
certificats. Il y seroit
même encore frunc grande
Princesse qui apprehendoit
d'avoir une sistule
, ne l'avoit
pas obligé à venir à Paris, oà
il loge à l'Hostel de Hambourg,
Tué des Boucheries,
Fauxbourg S. Germain.
Ii a receu sur sa decouverte
des compliments de tous les
Sçavants de l' Europe, & principalement
ence pays-cy, où
l'Académie Royale des Sciences,
& oùtous les Docteurs en
Medecine font un si grand cas
de sa nouvelle methode, qu'on
l'enseigne aujourd'huy publiquement
dans les Ecoles de
Medecine, &au JardinduRoi.
Il fait ses opérations en public
comme en particulier,&laisse
à tout le monde la liberré d'examiner
ses instrumens.J'en
parlerois volontiers, parce que
j'en admire l'art&l'invention;
mais je n'y connois rien audelà,
& je me souviens à propos
de ce Proverbe Latin:Ne
jktor ultra crepidam.
Je croy au reste vous avoir
dit presque tout ce qui convient
au mérité de M. Anel.
Nous dirons maintenant un
mot, si vous voulez, des maladiesqu'il
guérit si bien.
Tous les maux qui attaquent
les yeux,& sur tout les
fistules lacrymales ont quel-
:
quechose de si affreux&de si
1 dégoûtant, que le moindre ac-
: cident sur la vûë suffit pour,
gâter absolument leplus beau
visage;mais M. Anel etf heu-*
reusement au monde pour en
reparer les desordres M.Lhardy,
premier Chirurgien de son
Altesse Royale Monseigneur
le Duc d'Orleans, a reconnu
son merite avec tant de distinction,
qu'il n'a pu s'empêcher
de faire son éloge à Son
Altesse Royale. Ce Prince
grand & éclairé dans tous les
genres, a témoigné quelque
envie de le voir.MAnel s'est
aussi-tost rendu à Versailles,
où il a eu l'honneur de saluër
& d'entretenir Son Altesse
Royale, qui a paru fort contente
de l'explication de sa
nouvelle découverte
,
& de
tout le reste de son raisonnement.
L'avantage qu'il a eu de
plaire à ce Prince, est à mon
gré la preuve la plus forte de
sa capacité.
profite de tout, pour perfectionner
son esprit & sonraisonnement
sur tous les objets
qui se presentent à ses yeux.
Je ne peux mieux vous prouver
cette proposition que par
la nouvelle que je vais vous
apprendre.
M. Anel Docteur enChirurgie,&
Chirurgien de Madame
Royale mere du Roy de
Sicile, étant en Italie, se trou,
va ,
il y a quelques années,
pendant le Carnaval à Genes,
Ville superbe, belle
, & presque
aussi fameuse que Venise
par les plaisirs desordonnez
de cette faison. Entrainé par
ses amis à prendre sa parc
de cesdivertissements, il consentit
à aller une fois au bal
avec eux.
Un jour au milieu d'une de
ces festes
,
ennuyé & fatigué
du tumulte de l'assemblée où
il setrouvoit,il se retira dans
un coin de la Salle,& peudant
les mouvemens que se
donnoient les Masques du
bal, ilsemit à mcditer sur un
point de Chirurgie
,
qui, depuis
plusieurs années,fait sa
principale étude
, & à force
d'application & de raisonnement,
il inventaune nouvelle
Methode de guérir radicalement
& parfaitementles fistules
lacrymales.
Le Lecteur ne s'attendoit
asseurement pas à ce chefd'oeuvre
, ny moy non plus
ma foy
,
lorsqu'on me conta
pour la premiere fois, l'origine
de cette découverte. Il
est néanmoins vray quecefut
là le champ où M. Anel qui est
vrayement homme d'esprit ,
& qui n'a pas besoin du recours
de la solitude, pour imaginer
des choses utiles &solides,
la fit. Il la porta depuis, &
on peu de jours, à un tel degré
de perfection
, que non seulementillarenditpropre
à guérir
à fond les fistules lacrymales
quelques inveterées qu'elles
pussent estre ,mais encore à
prevenir tous les inconveniens
dont sont affligez ceux qui
font menacez de cette maladie
sans avoir recours au fer, au
caustique
, au corrosif
, ny
au feu,moyens toûjours violents
, tres- souvent inutiles,
mais ordinaires
)
donc on se
servoitpour traiter cette maladie
, avant cette heureuse
découverte.
Avant que M. Anel se fut
renduaussi habile qu'ille devint
lanuit du bal, il avoir déjagueri
avec beaucoup décelât
&d'applaudissements M.
le Comte de KonigseK, à present
Plenipotentiaire de l'Empereur
en Flandre, & nommé
son Ambassadeur en France.
Cette cure qui avoit fait beaucou
p de bruit en Allemagne
&en Italie, avoit remplil'esprit
de Ml'Abbé Fleschi, neveu
du Cardinal Fieschi, de
l'esperance de trouver enfin ce
nouvel Esculape, & de l'engadgreoritspar
toutes fortes d'enà
luy guerir deux fistules
lacrymales qu'il gardoit
malheureusement depuis plusieurs
années, lorsqu'il fit son
Entrée à Genes.
La Renommée luy apprit
presque aussitost l'arrivée du
réparateur & du conservateur
de sa vûë. Il se fit en même
tems porter chez luy, ille saliia
comme un Ange de lumiere,
illuy conta tous les accidents
de sa maladie
,
il luy.
avoüa qu'il avoit épuisé tous
les secrets de la Pharmacie &
de la Chirurgie, enfin il le conjura
de luy rendre la vie & le
jour qu'il s'ennuyoit de voir,
atreo de siméchants yeux.
M. Anel l'entreprit d'autant
plus volontiers, que les
plus beaux yeux des plus belles
Dames de la Ville allerent le
solliciter en gros & en détail,
& le prier de faire un miracle
en faveur de M. l'Abbé Fieschi.
Il ne pût resister à rant de
charmes, & il travailla avec
tant de succés,que la gloire,
sonintérêt,& l'amour obtinrent
enfin de luy le prodige
qu'on en esperoit M. l'Abbé
Fieschi fut en un mot parfaitement
gueri
,
& chaque jour
il benit le Cielde luy avoir envoyé
M. Dominique Anel.
Le bruit de cette cure serépandit
dans toutes les Villes
d'Italie, & particulierement à
Turin. Madame Royale qui
avoit malheureusement une
ancienne fistule, pour la guerison
de laquelle on avoit ea
vain consulté tous les pluscelebresMedecins
& Chirurgiens
Oculistes de l'Europe,
ayant appris lescirconstances
de cette merveilleuse découverte
, envoya recommander
à M. Anel de venirà son ie*
cours. Il y vola
,
il vit cette
Princesse
,
& en trois jours il
la guérit. En revanche, elle
Luy fit present d'un diamant
de deux mille livres
,
d'une
bourse de cinq cens loüis d'or,
& d'une pension viagere de
cinq cens écus. Cecyn'est pat
un conte; mais une verité confirmée
non-seulement par les
Envoyez & Ambassadeurs du
Roy de Sicile j mais par un
grand nombre d'autres endroits
qui valent bien ceuxlà,
& dont illuy reste encore
en beaux & bons, presents
qu'il reccût des Princes &des
Seigneurs decette Cour d'excellents
certificats. Il y seroit
même encore frunc grande
Princesse qui apprehendoit
d'avoir une sistule
, ne l'avoit
pas obligé à venir à Paris, oà
il loge à l'Hostel de Hambourg,
Tué des Boucheries,
Fauxbourg S. Germain.
Ii a receu sur sa decouverte
des compliments de tous les
Sçavants de l' Europe, & principalement
ence pays-cy, où
l'Académie Royale des Sciences,
& oùtous les Docteurs en
Medecine font un si grand cas
de sa nouvelle methode, qu'on
l'enseigne aujourd'huy publiquement
dans les Ecoles de
Medecine, &au JardinduRoi.
Il fait ses opérations en public
comme en particulier,&laisse
à tout le monde la liberré d'examiner
ses instrumens.J'en
parlerois volontiers, parce que
j'en admire l'art&l'invention;
mais je n'y connois rien audelà,
& je me souviens à propos
de ce Proverbe Latin:Ne
jktor ultra crepidam.
Je croy au reste vous avoir
dit presque tout ce qui convient
au mérité de M. Anel.
Nous dirons maintenant un
mot, si vous voulez, des maladiesqu'il
guérit si bien.
Tous les maux qui attaquent
les yeux,& sur tout les
fistules lacrymales ont quel-
:
quechose de si affreux&de si
1 dégoûtant, que le moindre ac-
: cident sur la vûë suffit pour,
gâter absolument leplus beau
visage;mais M. Anel etf heu-*
reusement au monde pour en
reparer les desordres M.Lhardy,
premier Chirurgien de son
Altesse Royale Monseigneur
le Duc d'Orleans, a reconnu
son merite avec tant de distinction,
qu'il n'a pu s'empêcher
de faire son éloge à Son
Altesse Royale. Ce Prince
grand & éclairé dans tous les
genres, a témoigné quelque
envie de le voir.MAnel s'est
aussi-tost rendu à Versailles,
où il a eu l'honneur de saluër
& d'entretenir Son Altesse
Royale, qui a paru fort contente
de l'explication de sa
nouvelle découverte
,
& de
tout le reste de son raisonnement.
L'avantage qu'il a eu de
plaire à ce Prince, est à mon
gré la preuve la plus forte de
sa capacité.
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Résumé : Histoire d'une nouvelle découverte. [titre d'après la table]
M. Dominique Anel, chirurgien réputé et docteur en chirurgie, était également le chirurgien de Madame Royale, mère du roi de Sicile. Lors d'un carnaval à Gênes, il inventa une nouvelle méthode pour traiter les fistules lacrymales, évitant ainsi l'usage du fer ou du caustique. Avant cette invention, Anel avait déjà guéri avec succès le comte de Königseck, attirant l'attention de l'abbé Fieschi, qui fut également soigné. La nouvelle de cette réussite se répandit en Italie. Madame Royale, atteinte d'une fistule, fut guérie en trois jours par Anel, qui reçut en récompense un diamant, une bourse d'or et une pension viagère. La méthode d'Anel fut reconnue par les savants d'Europe et enseignée dans les écoles de médecine. Il effectuait ses opérations en public, permettant à tous d'examiner ses instruments. M. Lhardy, premier chirurgien du duc d'Orléans, reconnut le mérite d'Anel. Le premier chirurgien de Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orléans exprima son admiration pour un individu nommé Manel, incitant le Duc à manifester son intérêt. Manel se rendit à Versailles, où il rencontra le Duc et discuta de sa découverte. La satisfaction du Duc confirma la compétence de Manel.
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109
p. 325-327
AUTRE AVIS aussi utile au moins que tous les Avis qu'on puisse donner.
Début :
Le sieur Porcheron a un secret merveilleux contre les Rhumatismes [...]
Mots clefs :
Rhumatismes, Pommade
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE AVIS aussi utile au moins que tous les Avis qu'on puisse donner.
AUTRE AVIS
-.
aussi utile au moins que
tous les Avis qu'on puiflc
donner.
1
Lesieur Porcheron a unsecret
merveilleux contre les Rhumatismes
invétéré^
,
goûteux,
douleurs de nerfs (y sciatiques.
Lesecret confifle en une Pommade
"compÕfér de simples, approuvée
de Messieurs les Doyen & Docteurs
de la Facultéde Medecine
à Paris, qui ont gueri eux-mêmes
par leseul liniment C7frat.
tementde cettePommade plusieurs
malades de Rhumatismes invetereK
&gouteux ,qui ne cedoient
point aux remedes ordinaires :
elle guerit aujjt les Enquiloses
dans les boëtes des genoux. Les
pots sont cachetez de son cachet;
il donnera la fJlanitfe de s'enfer-
, vir. Cette Pommade ne se corromptjamais&
peutse transporter
dans toutesorte de Pays.Elle
a la vertu defairetranspirerdoucement
l'humeur en dehors, sans
aucune cicatrice. Les plus petits
potssont Je10.foIs,&lesgrands
de 5. liv.
Il demeure rue du Petit Lyon,
quarticrS. Sauveur
, aucoin de
la ruë des deux Portes) oùflg
Tableau cjl expoje,
-.
aussi utile au moins que
tous les Avis qu'on puiflc
donner.
1
Lesieur Porcheron a unsecret
merveilleux contre les Rhumatismes
invétéré^
,
goûteux,
douleurs de nerfs (y sciatiques.
Lesecret confifle en une Pommade
"compÕfér de simples, approuvée
de Messieurs les Doyen & Docteurs
de la Facultéde Medecine
à Paris, qui ont gueri eux-mêmes
par leseul liniment C7frat.
tementde cettePommade plusieurs
malades de Rhumatismes invetereK
&gouteux ,qui ne cedoient
point aux remedes ordinaires :
elle guerit aujjt les Enquiloses
dans les boëtes des genoux. Les
pots sont cachetez de son cachet;
il donnera la fJlanitfe de s'enfer-
, vir. Cette Pommade ne se corromptjamais&
peutse transporter
dans toutesorte de Pays.Elle
a la vertu defairetranspirerdoucement
l'humeur en dehors, sans
aucune cicatrice. Les plus petits
potssont Je10.foIs,&lesgrands
de 5. liv.
Il demeure rue du Petit Lyon,
quarticrS. Sauveur
, aucoin de
la ruë des deux Portes) oùflg
Tableau cjl expoje,
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Résumé : AUTRE AVIS aussi utile au moins que tous les Avis qu'on puisse donner.
Le texte décrit une pommade fabriquée par Monsieur Porcheron, efficace contre les rhumatismes invétérés, la goutte et les douleurs nerveuses, y compris les sciatiques. Approuvée par les Doyens et Docteurs de la Faculté de Médecine à Paris, cette pommade à base de simples a guéri des malades réfractaires aux traitements ordinaires et traite aussi les enkiloses dans les articulations des genoux. Disponible en pots scellés avec le cachet de Porcheron, elle ne se corrompt jamais et peut être transportée partout. La pommade agit en faisant transpirer doucement l'humeur sans laisser de cicatrices. Elle est vendue en petits pots de 10 livres et en grands pots de 5 livres. Monsieur Porcheron réside rue du Petit Lyon, quartier Saint-Sauveur, au coin de la rue des Deux Portes, où un tableau présentant ses produits est exposé.
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110
p. 311-313
Avis tres-utile.
Début :
Le Sieur Porcheron, a un secret merveilleux contres les Rhumatismes [...]
Mots clefs :
Rhumatismes, Pommade
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis tres-utile.
Avis tres utile .
1
Le Sieur Porcheron , a un
312 MERCURE
ſcratiques.
fecret merveilleux contre lesRhumatismes
inveterez , gouteux ,
douleurs de nerfs
Cefecret confifte en une Pommade
composée de ſimples, approuvée de
Meſſieurs les Doyen &Docteurs
delaFacultédeMedecine àParis,
qui ont queri cux mêmes par le
feul liniment , & frottement de
cette Pommade plusieurs malades
de Rhumatismes inveterez &
gouteux ,qui ne cedoient point
aux remedes ordinaires : elle guerit
auſſi les enquilofes dans les
boëtes des genoux. Les pots font
cachetez defon cachet , il donnera
la maniere de s'en servir. Cette
Pommade
GALANT. 313
Pommade nese corrompt jamais ;
&peut se tranſporter dans toute
fortede Pays. Elle a la vertu
de faire tranſpirer doucement
l'humeur en dehors,fans aucune
cicatrice. Lesplus petits potsfont
de 50. fols & les grands de s.
liures. Cette Pommade guerit
auffi parfaitement toutes les
playes &tous les ulceres.
Il demeure ruëdu petit Lyon
quartierS. Sauveur, au coin de
la rue des deux Portes oùson
Tableau eft expofé.
1
Le Sieur Porcheron , a un
312 MERCURE
ſcratiques.
fecret merveilleux contre lesRhumatismes
inveterez , gouteux ,
douleurs de nerfs
Cefecret confifte en une Pommade
composée de ſimples, approuvée de
Meſſieurs les Doyen &Docteurs
delaFacultédeMedecine àParis,
qui ont queri cux mêmes par le
feul liniment , & frottement de
cette Pommade plusieurs malades
de Rhumatismes inveterez &
gouteux ,qui ne cedoient point
aux remedes ordinaires : elle guerit
auſſi les enquilofes dans les
boëtes des genoux. Les pots font
cachetez defon cachet , il donnera
la maniere de s'en servir. Cette
Pommade
GALANT. 313
Pommade nese corrompt jamais ;
&peut se tranſporter dans toute
fortede Pays. Elle a la vertu
de faire tranſpirer doucement
l'humeur en dehors,fans aucune
cicatrice. Lesplus petits potsfont
de 50. fols & les grands de s.
liures. Cette Pommade guerit
auffi parfaitement toutes les
playes &tous les ulceres.
Il demeure ruëdu petit Lyon
quartierS. Sauveur, au coin de
la rue des deux Portes oùson
Tableau eft expofé.
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Résumé : Avis tres-utile.
Le texte décrit une pommade miraculeuse destinée au traitement des rhumatismes, de la goutte et des douleurs nerveuses. Composée de simples, elle a été validée par les doyens et docteurs de la Faculté de Médecine à Paris. Des tests réussis ont été effectués sur des patients souffrant de rhumatismes chroniques, de goutte et d'enquêloses aux genoux. La pommade est vendue en pots scellés, garantissant son intégrité lors des transports. Elle favorise une transpiration douce de l'humeur sans laisser de cicatrices. Les tailles des pots varient, allant de 50 sols pour les plus petits à 5 livres pour les plus grands. Cette pommade traite également les plaies et les ulcères. Le fabricant, le Sieur Porcheron, réside rue du Petit Lyon, quartier Saint-Sauveur, au coin de la rue des Deux Portes, où un tableau présentant ses produits est exposé.
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111
p. 308
Avis au Public.
Début :
Le Sieur Garnesson demeurant chez M. le Président de la Garde, ruë de Berry au Marais, [...]
Mots clefs :
Pieds, Douleur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis au Public.
Avis au Public.
Le Sieur Garnesson demeurant chez M. leprésident
de la Garde, ruë de Berry au Marais,
est presque le seul qui sçâche mieuxderaciver
les Corps des pieds, v guerrirentierement ceux
qui en ont~deuis un longtems
,
sans faire fei-
$n*r, ny souffrirlamoindre douleur
,
l'experience
qu''! a dans cetart, jointe aux différentes
opérations qu'ila faites avec futcês
,
n'ont pas
peu contribué à luy procurer la connoissance de :
fiùfîeurs personnes de qualité ; mais encore à
augmenter saréputation. Les Certificats
Le Sieur Garnesson demeurant chez M. leprésident
de la Garde, ruë de Berry au Marais,
est presque le seul qui sçâche mieuxderaciver
les Corps des pieds, v guerrirentierement ceux
qui en ont~deuis un longtems
,
sans faire fei-
$n*r, ny souffrirlamoindre douleur
,
l'experience
qu''! a dans cetart, jointe aux différentes
opérations qu'ila faites avec futcês
,
n'ont pas
peu contribué à luy procurer la connoissance de :
fiùfîeurs personnes de qualité ; mais encore à
augmenter saréputation. Les Certificats
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Résumé : Avis au Public.
L'avis public concerne le Sieur Garnesson, résidant rue de Berry au Marais. Il est expert en traitement des affections des pieds chroniques, sans provoquer de fièvre ni de douleur. Sa réputation est établie par ses nombreuses opérations réussies et les témoignages de personnes de qualité.
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112
p. 305-306
Avis utile à tout le monde.
Début :
Le Sieur Porcheron a un secret merveilleux contre les Rhumatismes [...]
Mots clefs :
Rhumatisme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis utile à tout le monde.
Avis utile à tout le monde.
Le Sieur Porcheron a un secret
nmerveleux contre les Rhumatismes
Mnveterez*
,
goûteux
,
douleurs de
isnerfs&sciatiques.Lefecret conftftt
yen NfjPommadecomposeedefimples3
pprolru¡e de Mejjieurs les Doyen &
I'DfoBeurs de\laFacultédeMedecine M.Paris , qui ontguéri eux-memes
,¥ar leseulUniment, & frottement
Reecette Pommadeplujïeurs malades Rhumatismesinvetere^dr goue,
eax, qui n-e cedoientpoint aux repnedes
ordinaires: Elle guérit Itllffi
Mes Enquilofes dansles boëtes desgemoux.
Les potsfont cachetez, defort
Cachet, il donnera la maniéré de s'en.
Servir. Cette Pommade ne se corromptjamais
,
dr pentsi tran[porter
dans toute forte de Pays. Elle a U
vertu défait e transpirerdoucement
l'humeuren dehors yfinsaucune cicatrice.
Les pluspetits pots fontde
jo. fols, & lesgrands de y. liv.
Il demeure ruë du Petit Lyon , Quartier S. Sauveur, au coin de ltt
rue des deux Portes, oùfln TableauefiexpoTé.
Le Sieur Porcheron a un secret
nmerveleux contre les Rhumatismes
Mnveterez*
,
goûteux
,
douleurs de
isnerfs&sciatiques.Lefecret conftftt
yen NfjPommadecomposeedefimples3
pprolru¡e de Mejjieurs les Doyen &
I'DfoBeurs de\laFacultédeMedecine M.Paris , qui ontguéri eux-memes
,¥ar leseulUniment, & frottement
Reecette Pommadeplujïeurs malades Rhumatismesinvetere^dr goue,
eax, qui n-e cedoientpoint aux repnedes
ordinaires: Elle guérit Itllffi
Mes Enquilofes dansles boëtes desgemoux.
Les potsfont cachetez, defort
Cachet, il donnera la maniéré de s'en.
Servir. Cette Pommade ne se corromptjamais
,
dr pentsi tran[porter
dans toute forte de Pays. Elle a U
vertu défait e transpirerdoucement
l'humeuren dehors yfinsaucune cicatrice.
Les pluspetits pots fontde
jo. fols, & lesgrands de y. liv.
Il demeure ruë du Petit Lyon , Quartier S. Sauveur, au coin de ltt
rue des deux Portes, oùfln TableauefiexpoTé.
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Résumé : Avis utile à tout le monde.
Le texte décrit une pommade du Sieur Porcheron, efficace contre les rhumatismes, douleurs névralgiques et sciatiques. Approuvée par la Faculté de Médecine de Paris, elle guérit des maladies résistantes aux remèdes ordinaires. Disponible en pots de 10 sols et de 1 livre, elle ne se corrompt pas et favorise la transpiration sans cicatrices. Le Sieur Porcheron réside rue du Petit Lyon, quartier Saint-Sauveur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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113
p. 267-272
Avis aux Sçavans, & aux Curieux, particulierement aux Etrangers.
Début :
Par Privilege du Roy, enregistré & confirmé par Arrest du Parlement [...]
Mots clefs :
Anatomie, Anatomie artificielle, Faculté de médecine, Académie royale des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis aux Sçavans, & aux Curieux, particulierement aux Etrangers.
Avis aux Sçavans , & aux
Curieux , particulierement
aux Etrangers.
Par Privilege duRoy , enregistré,
confirméparArrestduParlement
, avec Approbation de
la Faculté de Medecine ,
de l'Académie Royale des
Sciences.
Leſieur Deſnoües de l'Académie
de Boulogne, ci- devant
Profeffeur d'Anatomie & de
Chirurgie de la Sereniffime
Republique de Genes , Auteur
Zij
268 MERCURE
des Anatomies artificielles ,
dont la principalecompofition
eſt de cire colorée, avertit qu'il
a preſentement une plus grande
quantité de cesAnatomies ,
d'hommes , de femmes , de
filles & d'enfans diffequez &
préparez d'une exactitude ày
voir distinctement toutes les
parties du corps humain , tant
internes qu'externes ;de maniere
que la tête , la poitrine ,&le
ventre y font ouverts , pour
y laiſſer voir tous les vifceres ,
&diftinguer tous les nerfs , les
venes , les arteres , les muſcles ,
&même les vaiſſeaux limphaGALANT.
269
tiques , & generalement tout
ce qu'il y a de plus ſçavamment
découvert & de recherché
dans la belle & la plus
exacte Anatomie.
Ces Chef-d'oeuvres de l'Art
& de la Nature font à preſent
en figrand nombre , & fi perfectionnez
, qu'il feroit trop
long d'en donner icy le détail.
On ſe contentera de dire qu'ils
ont une approbation generale;
& que les plus ſçavans & les
plus curieux avoüent qu'ils
n'ont jamais rien vû de plus
fingulier ni de plus ſurprenant,
particulierement depuis les
Ziij
270 MERCURE
1
ſept pieces nouvelles dont on
a illuftré & augmenté ces
beaux ouvrages d'Anatomie ,
enyjoignant l'utile & l'agréable.
9
Le grand nombredeCorps
anatomiſez & de parties ſeparées
dont on eſt pourvû , eſt
tres - avantageux pour faire
commodement les Cours d'A.
natomic , fur tout pour les
perfonnes qui ne peuvent fup
porter le dégoût& la mauvaiſe
odeurdescadavres.
La modeſtie eſt exactement
obſervée dans tous les ſujets
&dans toutes les parties ſepa
1
GALANT. 271
rées , auſſi-bien que dans le
diſcours&dans les démonſtrations
, pour la ſatisfaction de
l'un &l'autre ſexe .
Outreles ouvrages d'Anatomies
dont nous venons de parler
, on y verra des Cabinets
garnis de pieces curieuſes &
des plus ſurprenantes ; àquoy
bien des gens ne s'attendent
pas.
Onentre tous les jours en
Eté depuis huit heures du matin
juſqu'à ſept heures du ſoir,
&en Hyver depuis neufheures
juſqu'à cinq ; & les Fêtes &
Dimanches aprés l'Office de
l'Eglife. Z iiij
272 MERCURE
Chaque perſonne paye le
demi éeu courant pour la Démonstration.
C'estàpreſentruë du Colombier,
àla premiere porte- cochere
à droite , en entrant du côté de la
ruëde Seine vis à vis l'Hôtelde
Luynes.
Curieux , particulierement
aux Etrangers.
Par Privilege duRoy , enregistré,
confirméparArrestduParlement
, avec Approbation de
la Faculté de Medecine ,
de l'Académie Royale des
Sciences.
Leſieur Deſnoües de l'Académie
de Boulogne, ci- devant
Profeffeur d'Anatomie & de
Chirurgie de la Sereniffime
Republique de Genes , Auteur
Zij
268 MERCURE
des Anatomies artificielles ,
dont la principalecompofition
eſt de cire colorée, avertit qu'il
a preſentement une plus grande
quantité de cesAnatomies ,
d'hommes , de femmes , de
filles & d'enfans diffequez &
préparez d'une exactitude ày
voir distinctement toutes les
parties du corps humain , tant
internes qu'externes ;de maniere
que la tête , la poitrine ,&le
ventre y font ouverts , pour
y laiſſer voir tous les vifceres ,
&diftinguer tous les nerfs , les
venes , les arteres , les muſcles ,
&même les vaiſſeaux limphaGALANT.
269
tiques , & generalement tout
ce qu'il y a de plus ſçavamment
découvert & de recherché
dans la belle & la plus
exacte Anatomie.
Ces Chef-d'oeuvres de l'Art
& de la Nature font à preſent
en figrand nombre , & fi perfectionnez
, qu'il feroit trop
long d'en donner icy le détail.
On ſe contentera de dire qu'ils
ont une approbation generale;
& que les plus ſçavans & les
plus curieux avoüent qu'ils
n'ont jamais rien vû de plus
fingulier ni de plus ſurprenant,
particulierement depuis les
Ziij
270 MERCURE
1
ſept pieces nouvelles dont on
a illuftré & augmenté ces
beaux ouvrages d'Anatomie ,
enyjoignant l'utile & l'agréable.
9
Le grand nombredeCorps
anatomiſez & de parties ſeparées
dont on eſt pourvû , eſt
tres - avantageux pour faire
commodement les Cours d'A.
natomic , fur tout pour les
perfonnes qui ne peuvent fup
porter le dégoût& la mauvaiſe
odeurdescadavres.
La modeſtie eſt exactement
obſervée dans tous les ſujets
&dans toutes les parties ſepa
1
GALANT. 271
rées , auſſi-bien que dans le
diſcours&dans les démonſtrations
, pour la ſatisfaction de
l'un &l'autre ſexe .
Outreles ouvrages d'Anatomies
dont nous venons de parler
, on y verra des Cabinets
garnis de pieces curieuſes &
des plus ſurprenantes ; àquoy
bien des gens ne s'attendent
pas.
Onentre tous les jours en
Eté depuis huit heures du matin
juſqu'à ſept heures du ſoir,
&en Hyver depuis neufheures
juſqu'à cinq ; & les Fêtes &
Dimanches aprés l'Office de
l'Eglife. Z iiij
272 MERCURE
Chaque perſonne paye le
demi éeu courant pour la Démonstration.
C'estàpreſentruë du Colombier,
àla premiere porte- cochere
à droite , en entrant du côté de la
ruëde Seine vis à vis l'Hôtelde
Luynes.
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Résumé : Avis aux Sçavans, & aux Curieux, particulierement aux Etrangers.
Le document est une annonce destinée aux savants et aux curieux, notamment aux étrangers, présentant les anatomies artificielles créées par Le Sieur Desnoües, ancien professeur d'anatomie et de chirurgie de la Sérénissime République de Gênes. Ces modèles, principalement en cire colorée, représentent des hommes, femmes, filles et enfants, permettant une observation détaillée des parties internes et externes du corps humain, y compris les viscères, les nerfs, les veines, les artères, les muscles et les vaisseaux lymphatiques. Ces anatomies sont reconnues pour leur exactitude et leur utilité pédagogique, particulièrement pour ceux qui ne supportent pas la vue ou l'odeur des cadavres. Neuf nouvelles pièces ont été ajoutées, combinant utilité et agrément. La modestie est respectée dans la représentation des sujets et des parties séparées, ainsi que dans les discours et démonstrations, afin de satisfaire les deux sexes. En plus des anatomies, des cabinets contenant des pièces curieuses et surprenantes sont disponibles. Les visites sont possibles tous les jours en été de 8 heures à 19 heures, et en hiver de 9 heures à 17 heures, ainsi que les dimanches après l'office de l'église. Chaque démonstration coûte la moitié d'un écu. L'exposition se trouve rue du Colombier, à la première porte-cochère à droite en entrant du côté de la rue de Seine, en face de l'Hôtel de Luynes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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114
p. 272-277
PROPRIETEZ & Vertus de l'Essence Divine, & maniere de s'en servir.
Début :
Pour les fluxions de quelque nature qu'elles soient, tremper [...]
Mots clefs :
Anatomie, Remède, Maladies, Essence divine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROPRIETEZ & Vertus de l'Essence Divine, & maniere de s'en servir.
PROPRIETEZ
vine
Vertus de l'Effence Dimaniere
de s'en
fervir.
- "
Pour les fluxions de quelque
nature qu'elles foient , tremper
une compreſſe dans cette
GALANT. 273
Eſſence , & l'appliquer ſur la
partie malade.
Pour les maux de teſte , migraines
, rhumes & toutes maladies
du cerveau , en refpirer
par le nez ,& s'en frotter les
tempes , fi ce ſont des maux
inveterez , elle ne fera pas fon
effet ſur le champ ; mais en
moins de quinze ou vingt
jours , on ſera entierement
guery.......
Pour la colique , mal de
ventre , d'eſtomach , &indi
geftions , en boire une cuilleréc.
Pour le haut- mal , mal de
274 MERCU
mere ,paralyfie& apoplexie ,
s'il arrive qu'on ſoit tombé
dans le mal , pancher lateſte
du malade , de maniere qu'on
luy en puiſſe mettre deux ou
trois goutes dans le nez , autantdans
la bouche & luy en
frotter les tempes.
Pour l'hydropifie , en boire
foir &matin une cuillerée.
Pour la pleurefie , mal de
coeur ,d'eſtomach , de poulmons
& de rate , en boire une
cuillcrée.
i
:
Pour les vapeurs , foibleſſes,
&évanoüiſſemens , en reſpirer
par le nez & s'en frotter les
tempes.
GALANT. 275
)
Pour les rhumatiſmes &
gouttes , &douleurs de jointures
, en boire une cuilleréc
pour guerir le dedans , & s'en
bien frotter la partie malade.
Pour les douleurs des dents ,
qu'elle arrête dans le moment,
il en faut appliquer avec du
coton ſur les dents malades
&s'enfrotter les jenives.
Pour les fiévres malignes ,
peftilentes &, pourprées &
pourla petiteverole&rougeo
le, qu'elle fait fortir ,&quan
même elle ſera rentrée , il en
faut prendre pour une perſon
ne au deſſus de 25. ans , deux
276 MERCURE
cuillerées , d'un plus bas âge à
proportion. C
6
Pour les playes , de quelque
nature qu'elles ſoient & pour
la brûlure d'eau ou defcu , en
bien baffiner la playe , & yen
appliquer une compreffe.....
Cette Effence eſt admirable
par la promptitude de fon
action & à moins que ce ne
foientdes maux inveterez , on
fera foulage , & peut eftre
même gueri pour la premiere
ou ſeconde fois. Elle augmente
la chaleur naturelle , fortifie
& réjoüit tous les eſprits vitaux
& par ſa vertu penetrante
GALANT. 277.
pouſſe au dehors les impuretez
qui corrompent la maſſe du
fang , le purifie , & le fait circuler
, elle diffipe & empêche
les fumées de monteràla teſte,
elle fortifie l'eſtomach , elle
eſt preſervative contrele mauvais
air & les maladies contagieuſes
, par ſa ſcule odeur
aromatique.
Les bouteilles font de cent
fols ,&les demie de cinquante
fols.
Ce remede ſe trouvechez le
R. P. Dom Aimé , Directeur
des Dames de l'Abbaye S. Antoine
au Fauxbourg S. Antoine.
vine
Vertus de l'Effence Dimaniere
de s'en
fervir.
- "
Pour les fluxions de quelque
nature qu'elles foient , tremper
une compreſſe dans cette
GALANT. 273
Eſſence , & l'appliquer ſur la
partie malade.
Pour les maux de teſte , migraines
, rhumes & toutes maladies
du cerveau , en refpirer
par le nez ,& s'en frotter les
tempes , fi ce ſont des maux
inveterez , elle ne fera pas fon
effet ſur le champ ; mais en
moins de quinze ou vingt
jours , on ſera entierement
guery.......
Pour la colique , mal de
ventre , d'eſtomach , &indi
geftions , en boire une cuilleréc.
Pour le haut- mal , mal de
274 MERCU
mere ,paralyfie& apoplexie ,
s'il arrive qu'on ſoit tombé
dans le mal , pancher lateſte
du malade , de maniere qu'on
luy en puiſſe mettre deux ou
trois goutes dans le nez , autantdans
la bouche & luy en
frotter les tempes.
Pour l'hydropifie , en boire
foir &matin une cuillerée.
Pour la pleurefie , mal de
coeur ,d'eſtomach , de poulmons
& de rate , en boire une
cuillcrée.
i
:
Pour les vapeurs , foibleſſes,
&évanoüiſſemens , en reſpirer
par le nez & s'en frotter les
tempes.
GALANT. 275
)
Pour les rhumatiſmes &
gouttes , &douleurs de jointures
, en boire une cuilleréc
pour guerir le dedans , & s'en
bien frotter la partie malade.
Pour les douleurs des dents ,
qu'elle arrête dans le moment,
il en faut appliquer avec du
coton ſur les dents malades
&s'enfrotter les jenives.
Pour les fiévres malignes ,
peftilentes &, pourprées &
pourla petiteverole&rougeo
le, qu'elle fait fortir ,&quan
même elle ſera rentrée , il en
faut prendre pour une perſon
ne au deſſus de 25. ans , deux
276 MERCURE
cuillerées , d'un plus bas âge à
proportion. C
6
Pour les playes , de quelque
nature qu'elles ſoient & pour
la brûlure d'eau ou defcu , en
bien baffiner la playe , & yen
appliquer une compreffe.....
Cette Effence eſt admirable
par la promptitude de fon
action & à moins que ce ne
foientdes maux inveterez , on
fera foulage , & peut eftre
même gueri pour la premiere
ou ſeconde fois. Elle augmente
la chaleur naturelle , fortifie
& réjoüit tous les eſprits vitaux
& par ſa vertu penetrante
GALANT. 277.
pouſſe au dehors les impuretez
qui corrompent la maſſe du
fang , le purifie , & le fait circuler
, elle diffipe & empêche
les fumées de monteràla teſte,
elle fortifie l'eſtomach , elle
eſt preſervative contrele mauvais
air & les maladies contagieuſes
, par ſa ſcule odeur
aromatique.
Les bouteilles font de cent
fols ,&les demie de cinquante
fols.
Ce remede ſe trouvechez le
R. P. Dom Aimé , Directeur
des Dames de l'Abbaye S. Antoine
au Fauxbourg S. Antoine.
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Résumé : PROPRIETEZ & Vertus de l'Essence Divine, & maniere de s'en servir.
L'Essence Dimaniere est un remède polyvalent utilisé pour traiter diverses affections. Pour les fluxions, une compresse imbibée d'Essence est appliquée sur la zone affectée. Contre les maux de tête, migraines, rhumes et autres troubles cérébraux, il est recommandé d'inhaler l'Essence par le nez et de frotter les tempes. Pour les coliques, maux de ventre et indigestions, une cuillerée doit être bue. En cas de crises épileptiques, mal de mère, paralysie ou apoplexie, quelques gouttes sont administrées dans le nez et la bouche, et les tempes sont frottées. Pour l'hydropisie, la pleurésie et les maux de cœur, d'estomac, de poumons et de rate, une cuillerée est également conseillée. Les vapeurs, faiblesses et évanouissements nécessitent l'inhalation par le nez et le frottement des tempes. Pour les rhumatismes, goutte et douleurs articulaires, une cuillerée est bue et la zone douloureuse est frottée. Les douleurs dentaires cessent en appliquant l'Essence avec du coton sur les dents malades et en frottant les gencives. Contre les fièvres malignes, pestilentielles, pourprées, la variole et la rougeole, deux cuillerées sont prises par les adultes et une proportion adaptée pour les enfants. Pour les plaies et brûlures, la plaie est baignée et une compresse imbibée d'Essence est appliquée. Ce remède agit rapidement et guérit souvent dès la première ou deuxième application, augmentant la chaleur naturelle, fortifiant et réjouissant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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115
p. 278-280
Avis utile à tout le monde.
Début :
Le sieur Porcheron a un secret merveilleux contre les Rhumatismes [...]
Mots clefs :
Rhumatismes, Pommade
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis utile à tout le monde.
Avis utile à tout le monde.
Le ſicur Porcheron a un
fecret merveilleux contre les
Rhumatismes inveterez ,goûteux,
douleursdenerfs& ſciatiques.
Le ſecret confifte en
une Pommade compofée de
ſimples , approuvée de Meffieurs
les Doyen & Docteurs
de la Faculté de Medecine à
Paris ,qui ont gueri eux-mêmes
par le ſeul liniment , &
frottementde cette Pommade
pluſieurs malades de rhumatiſmes
inveterez & goûteux , qui
GALANT. 279
ne cedoient point aux remedes
ordinaires : Elle guerit auſſi
les Enquiloſes dans les boëtes
des genoux. Les pots ſont cachetez
de ſon cachet , il donnera
la maniere de s'en ſervir.
Cette Pommade ne ſe cor
rompt jamais ,&peut ſe tranfporter
dans toutes fortes de
Pays. Elle a la vertu de faire
tranſpirer doucement l'humeur
en dehors , ſans aucune
cicatrice. Les plus petits pots
fontde so. fols ,& les grands
de s.liv.
Il demeure ruë du Petit
Lyon , Quartier S. Sauveur ,
280 MERCURE
au coin de la ruë des deux Portes,
où ſonTableau eſt expoſé.
Le ſicur Porcheron a un
fecret merveilleux contre les
Rhumatismes inveterez ,goûteux,
douleursdenerfs& ſciatiques.
Le ſecret confifte en
une Pommade compofée de
ſimples , approuvée de Meffieurs
les Doyen & Docteurs
de la Faculté de Medecine à
Paris ,qui ont gueri eux-mêmes
par le ſeul liniment , &
frottementde cette Pommade
pluſieurs malades de rhumatiſmes
inveterez & goûteux , qui
GALANT. 279
ne cedoient point aux remedes
ordinaires : Elle guerit auſſi
les Enquiloſes dans les boëtes
des genoux. Les pots ſont cachetez
de ſon cachet , il donnera
la maniere de s'en ſervir.
Cette Pommade ne ſe cor
rompt jamais ,&peut ſe tranfporter
dans toutes fortes de
Pays. Elle a la vertu de faire
tranſpirer doucement l'humeur
en dehors , ſans aucune
cicatrice. Les plus petits pots
fontde so. fols ,& les grands
de s.liv.
Il demeure ruë du Petit
Lyon , Quartier S. Sauveur ,
280 MERCURE
au coin de la ruë des deux Portes,
où ſonTableau eſt expoſé.
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Résumé : Avis utile à tout le monde.
Le texte décrit une pommade efficace contre les rhumatismes, les douleurs nerveuses et les sciatiques, approuvée par la Faculté de Médecine de Paris. Elle guérit aussi les enflures aux genoux et ne se corrompt pas. Disponible en deux tailles, elle est fabriquée par le sieur Porcheron, résidant rue du Petit Lyon, quartier Saint-Sauveur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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116
p. 301-308
AVIS.
Début :
Le sieur de Woolhouse (Gentilhomme & Oeuliste Anglois) qui a [...]
Mots clefs :
Oeil, Yeux, Oculiste , Malades
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
and Le fieur de Woolhoufe
Gentilhomme & Oculifte
Anglois ) qui a demeuré ci - devant
à l'Hoftel Noftre Dame ',
rue S. Benoist , au Fauxbourg
S. Germain , & dernierement
à l'Hoftel d'Hollande de la
rue du Colombier , proche le
Palais Abbatial de S. Germain
des Prez , demeure prefente
ment au College de l'Ave
1
302 MERCURE
Maria , vis-à vis le petit Portail
de S. Eftienne du Mont
attenant l'Abbaïe de Sainte
Geneviève , dans l'Univerfité .
Il y enfeigne ( en peu de tems )
& pratique heureufement quarante
differentes operations
manuelles fur l'oeil , ( indif
penfablement neceffaires pour
la guerifon radicale d'autant
de differents maux de l'oeil , )
eftant Oculifte ( de Pereen Fils )
depuis quatre generations . Il
a des fçavants Eleves dans les
principales Villes de Europe.
Il traite les Pauvres ( qui font
munis des Certificats de leurs
GALANT. 303
Curez) pour l'amour de Dieu,
& il remedie ( par des medicaments
doux , prompts & feurs)
à tous les autres maux d'yeux
( gueriffables ) entre les cent
foixante & treize diverſes indifpofitions,
aufquelles cet organe
admirable eft fujet . Il
donne les noms & les demeures
des Perfonnes qu'il a gueries
( de pareilles maladies ) à
tous ceux qui voudront en
être éclaircis, quoiqu'il devroit
être affez connu depuis vingtfept
années qu'il a efté à Paris,
Et comme la plupart des Malades
qui font venu confulter
304 MERCURE
M. de Woolhouſe ( depuis
long temps ) au fujet de l'incommodité
de leurs yeux ,
yeux , ſe
font trouvez abfolument incurables
, & qu'ils fe plaignent
fort d'avoir efté maltraitez ailleurs
, pendant plufieurs mois,
avec perte irreparable de leurs
yeux ; ledit Sieur de Woolhou .
Le fait certifier au Public , qu'il
répond d'abord pour la guerifon
abfolue & radicale , ou
bien qu'il declare par écrit la
maladie incurable au premier
coup d'oeil , retranchant de la
forte , tous les abus que l'ignorance
, ou avarice peuvent
fuggerer
GALANT. 305
fuggerer aux femmelettes , &
autres dont toutle talent & fçavoir
-faire confiſtant en quelque
eau , ou en quelque poudre,
ne fçauroit eftre bon qu'à
une maladie particuliere ; de
forte qu'il y a toûjours plus
de cent contre un , que le malade
à la fin ne perde fa vûë.
Et par ce que des Sçavans
& curieux Etrangers , ſe font
toûjours un plaifir ( en venant
voir la riche Bibliotheque de
Sainte Geneviève du Mont )
d'entrer chez M. de Woolhou
fe pour voir les differences curiofitez
d'inftrumens , & des
Novembre
1715.
Cc
306 MERCURE
livres ophthalmiques , d'Anaromies
artificielles & de preparations
naturelles de l'oeil ,
& ( entr'autres ) d'une Anatomie
artificielle , qui luy a efté
envoyée par le grand Duc de
Florence ( à caufe d'un Eleve
Florentin , qui apprend actuellement
l'Art d'Oculifte du
Sieur de Woolhoufe , aux dépens
de ce Souverain ; ) mais
ces Curieux fufdits perdent
fouvent leur peine par l'ab
fence de M. de Woolhouse ;
ainfi on leurs fait fçavoir que
ledit Gentilhomimereftera chez
luy tous les Lundis juſqu'à
GALANT. 307
midy pour les bien recevoir, &
fatisfaire à leurs fouhaits , &
à leurs empreffemens .
a
M. de Woolhoufe fait auffi
fignifier qu'il ne reçoit aucune
Lettre des Provinces , fans que
le port n'en foit affranchi
& qu'on ne le trouve chez
luy , que jufqu'à midy au matin
, & aprés cinq heures du
foir : & enfin qu'il veut bien
acheter ( à prix raiſonnable )
toutes fortes d'inftrumens appartenans
aux Oculiftes , tout
Manuferit on Livre imprimé
fen routes fortes de langages )
qui traite exprés de cette Art,
Ccij
308 MERCURE
foit en partie, foit en general ;
enfin toute curiofité oculaire ,
digne du cabinet d'une perfonne
curieufe en cette forte
de rareté.
Il eft auffi bon d'avertir qu'-
il y a aux environs , quatre à
cinq perfonnes qui fe font
paffer clandeftinement pour
Juy , qu'ils furprennent & détournent
les Malades par des
gens apoftez exprés dans le
voifinage , & qu'ils les menent
à un autre College où le Sieur
de Woolhouſe n'a jamais demeuré,
quoy qu'en effet il y
demeure quelque Medecin ou
Etudiant en Chip,gic , &c.
and Le fieur de Woolhoufe
Gentilhomme & Oculifte
Anglois ) qui a demeuré ci - devant
à l'Hoftel Noftre Dame ',
rue S. Benoist , au Fauxbourg
S. Germain , & dernierement
à l'Hoftel d'Hollande de la
rue du Colombier , proche le
Palais Abbatial de S. Germain
des Prez , demeure prefente
ment au College de l'Ave
1
302 MERCURE
Maria , vis-à vis le petit Portail
de S. Eftienne du Mont
attenant l'Abbaïe de Sainte
Geneviève , dans l'Univerfité .
Il y enfeigne ( en peu de tems )
& pratique heureufement quarante
differentes operations
manuelles fur l'oeil , ( indif
penfablement neceffaires pour
la guerifon radicale d'autant
de differents maux de l'oeil , )
eftant Oculifte ( de Pereen Fils )
depuis quatre generations . Il
a des fçavants Eleves dans les
principales Villes de Europe.
Il traite les Pauvres ( qui font
munis des Certificats de leurs
GALANT. 303
Curez) pour l'amour de Dieu,
& il remedie ( par des medicaments
doux , prompts & feurs)
à tous les autres maux d'yeux
( gueriffables ) entre les cent
foixante & treize diverſes indifpofitions,
aufquelles cet organe
admirable eft fujet . Il
donne les noms & les demeures
des Perfonnes qu'il a gueries
( de pareilles maladies ) à
tous ceux qui voudront en
être éclaircis, quoiqu'il devroit
être affez connu depuis vingtfept
années qu'il a efté à Paris,
Et comme la plupart des Malades
qui font venu confulter
304 MERCURE
M. de Woolhouſe ( depuis
long temps ) au fujet de l'incommodité
de leurs yeux ,
yeux , ſe
font trouvez abfolument incurables
, & qu'ils fe plaignent
fort d'avoir efté maltraitez ailleurs
, pendant plufieurs mois,
avec perte irreparable de leurs
yeux ; ledit Sieur de Woolhou .
Le fait certifier au Public , qu'il
répond d'abord pour la guerifon
abfolue & radicale , ou
bien qu'il declare par écrit la
maladie incurable au premier
coup d'oeil , retranchant de la
forte , tous les abus que l'ignorance
, ou avarice peuvent
fuggerer
GALANT. 305
fuggerer aux femmelettes , &
autres dont toutle talent & fçavoir
-faire confiſtant en quelque
eau , ou en quelque poudre,
ne fçauroit eftre bon qu'à
une maladie particuliere ; de
forte qu'il y a toûjours plus
de cent contre un , que le malade
à la fin ne perde fa vûë.
Et par ce que des Sçavans
& curieux Etrangers , ſe font
toûjours un plaifir ( en venant
voir la riche Bibliotheque de
Sainte Geneviève du Mont )
d'entrer chez M. de Woolhou
fe pour voir les differences curiofitez
d'inftrumens , & des
Novembre
1715.
Cc
306 MERCURE
livres ophthalmiques , d'Anaromies
artificielles & de preparations
naturelles de l'oeil ,
& ( entr'autres ) d'une Anatomie
artificielle , qui luy a efté
envoyée par le grand Duc de
Florence ( à caufe d'un Eleve
Florentin , qui apprend actuellement
l'Art d'Oculifte du
Sieur de Woolhoufe , aux dépens
de ce Souverain ; ) mais
ces Curieux fufdits perdent
fouvent leur peine par l'ab
fence de M. de Woolhouse ;
ainfi on leurs fait fçavoir que
ledit Gentilhomimereftera chez
luy tous les Lundis juſqu'à
GALANT. 307
midy pour les bien recevoir, &
fatisfaire à leurs fouhaits , &
à leurs empreffemens .
a
M. de Woolhoufe fait auffi
fignifier qu'il ne reçoit aucune
Lettre des Provinces , fans que
le port n'en foit affranchi
& qu'on ne le trouve chez
luy , que jufqu'à midy au matin
, & aprés cinq heures du
foir : & enfin qu'il veut bien
acheter ( à prix raiſonnable )
toutes fortes d'inftrumens appartenans
aux Oculiftes , tout
Manuferit on Livre imprimé
fen routes fortes de langages )
qui traite exprés de cette Art,
Ccij
308 MERCURE
foit en partie, foit en general ;
enfin toute curiofité oculaire ,
digne du cabinet d'une perfonne
curieufe en cette forte
de rareté.
Il eft auffi bon d'avertir qu'-
il y a aux environs , quatre à
cinq perfonnes qui fe font
paffer clandeftinement pour
Juy , qu'ils furprennent & détournent
les Malades par des
gens apoftez exprés dans le
voifinage , & qu'ils les menent
à un autre College où le Sieur
de Woolhouſe n'a jamais demeuré,
quoy qu'en effet il y
demeure quelque Medecin ou
Etudiant en Chip,gic , &c.
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Résumé : AVIS.
M. de Woolhouse, un gentilhomme et oculiste anglais résidant à Paris, a habité successivement à l'Hôtel Notre-Dame, rue Saint-Benoît, à l'Hôtel d'Hollande, rue du Colombier, et actuellement au Collège de l'Ave Maria, près de l'Abbaye de Sainte-Geneviève. Woolhouse pratique et enseigne quarante opérations manuelles sur l'œil pour traiter divers maux oculaires. Sa famille exerce cette profession depuis quatre générations, et il a formé des élèves dans plusieurs villes européennes. Il offre des soins gratuits aux pauvres munis de certificats de leurs curés et traite également d'autres maladies des yeux. Woolhouse garantit une guérison absolue ou déclare la maladie incurable dès le premier examen, ce qui évite les abus liés à l'ignorance ou à l'avarice. Il possède une riche collection d'instruments et de livres oculaires, incluant une anatomie artificielle offerte par le Grand-Duc de Florence. Il reçoit les visiteurs curieux les lundis jusqu'à midi et propose à la vente divers instruments et ouvrages relatifs à l'oculistique. Enfin, il met en garde contre des individus se faisant passer pour lui afin de détourner les malades vers d'autres praticiens.
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117
p. 131-175
ETAT contenant les noms des Officiers de la Maison du Roy LOUIS XV. à present regnant ; ceux de Madame, Fille de France Duchesse de Berry, de Madame, de M. le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, & de Madame la Duchesse d'Orleans.
Début :
La Chapelle du Roy est composée du grand Aumônier de France. [...]
Mots clefs :
Louis XV, Duc d'Orléans, Régent du Royaume, Duchesse de Berry, Officiers de la Maison du roi Louis XV, Officiers de la Maison du roi, Roi, Abbé, Marquis, Chanoine, Chapelle, Aumônier, Chevalier, Écuyers, Gouverneur, Gentilshommes, Prince, Clercs, Chapelain, Écurie, Marquise , Duchesse, Chirurgien, Médecin
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texteReconnaissance textuelle : ETAT contenant les noms des Officiers de la Maison du Roy LOUIS XV. à present regnant ; ceux de Madame, Fille de France Duchesse de Berry, de Madame, de M. le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, & de Madame la Duchesse d'Orleans.
ETAT contenant les noms
des Officiers de la Maiſon
du Roy Louis XV. à
preſent regnant ; ceux de
Madame , Fille de France
Ducheffe de Berry , de Madame
, de M. le Duc d'Orleans,
Regentdu Royaume,
&de Madame la Ducheſſe
d'Orleans.
La Chapelle du Roy est compofée
-du grandAumônier de France.
M. le Cardinal de Rohan
Commandeur né des Ordres
du Roy , Evêque &Prince de
Strasbourg.
132 MERCURE
Du premier Aumônier , &
autres Aumôniers de quartier.
Le premier Aumonier.
M.le Duc de Coiflin, Evêque
&Prince de Metz , Commandeur
de l'Ordre du S. Efprit ,
Le Maistre del'Oratoire.
M. l'Evêque de S Omer.
Le Confeffeur duRoy.
: Ily a buit Aumoniers , deux
àchaque Quartier.
M. l'Abbé Morel , Chanoi
ne de l'Eglise de Paris &Confeiller
au Parlement......
Mal'Abbé de Maulevrier,
Chanoine& Comte de Lyon.
pandane
GALANT
M'Abbéd Entragues ,
Abbé de Valence, couro sb
M.l'Abbé du Cambour,
M. l'Abbé d'Argentre, Abbéde
Sainte CROIXIM
M. l'Abbé de Choiſeul
M. l'Abbé de Rochebonne,
Grand Vicaire de Lyon
M. l'Abbé de Froulay ,
Grand Vicairede Toulouſe.
Ily a huit Chapelains dequartier
un ordinaire .
M Salomongod of M
M. Henrion.
M. Fauvel ; Chanoine de S.
Quentin& Abbé deClairfay.
M. de la Croix , Docteur
deSorbonne.
134 MERCURE
M. de Varcanes Docteur
de Sorbonne.
M. Traboüiller , Chanoine
deMeaux.I
M. Poiffon ,Abbé deBournet
.
MGoüault.
Un Chapelain ordinaire
&Sacristain.
M. Archon , Abbé de S.
Gilbert.
Ily a huit Clercs deChapelle.
M. Pothonier , Docteur en
Theologie
M. Pelliffier .
M. Buffon, Chanoined'Or-
Jeansd
:
1
GALANT. 135
M. Pernoſt , Prieur d'Ef-
い
pointed
2010
Ob MoHazon J.M
M. Bezançon, Chanoine de
Methonian M
M. Maupoint.
M. Johor 1 1
Le Maistre de la Chapelle-
Musique.
M. leCardinal de Polignac.
Cette Chapelle est composée des
Chapelains pour les grandes Meffes,
quifont:
M. Jouilhac
Dubais . 2.
NG
136 MERCURE
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Bourgain ,Chanoine de
Reims papa sud.M
M. Caillet , Principal du
College des Craffins.
M. Tiſſu , Chanoine de S.
Nicolas du Louvre.
M. Poitevin Chanoine de
Reims.
Un Clerc ordinaire.
1
M. Favart , Chanoine de
Reims.
Cette Chapelle comprend tous
les Muſiciens & Symphonistes ,
quifont en tres-grand nombre.
Du
1
GALANT. 137
DuGrandMaistre de laMaiſon
du Roy
M. le Duc, Princedu Sang.
Surintendant à l'éducation
du Roy.
M. le Duc du Maine , Prince
Souverain de Dombes .
Le Gouverneur du Roy
M. le Maréchal de Villeroy.
Le Sous-Gouverneur.
M. le Comte de Ruffey.
Trois. Gentilshommes de la
Manche.
M. Dauffi .
M. Darcis .
M. de Pezé.
Decembre 1715. M
٤
138 MERCURE
4 Une Gouvernante...
Me la Ducheffe de Ventadour.
2
Une Sous-Gouvernante.
Me de la Lande .
7
Le premier Maistre d'Hostel.
M. le Marquis de Livry.
900
Douze Maistres d'Hostelfervantsparquartiers
, unMaiftre
d'Hoftel ordinaire. Mol 24
M. leComte d'Igny.
M.Dappoigny.
M. de la Godiniere.20
M. de Francine.
Mde laMeſangere.
M.Dumans.
M. Darzilliers.
GALANT 139
MadeMalegre M
Maade Cambraya
Ma de Montman l
-M.D'Herouvillo
N.... andmed
VaAdaifore d'Hostelordinaire.
M. de Vauvré , Intendant,
&du Conſeil de laRegence.
Du grand RannetierANT
-Mille Duc de Briffac.
Trente fix Gentilshommes
Servants / T
LG Le grandChambellan )
M. le Duc d'Albret
Quatre premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Duc de Threſmes.
4
Mij
140 MERCURE
M. le Duc d'Aumohrl
M. le Duc delaTremoille-
M. le DucdeMordemalt.
Quatre premiers Valers-de-
Chambre.....
M leMarquis deGambais,
Gouverneur de LimogesM
M.Bontemps
Mile Marquis de Chance-
?
Trente - deux Valets - de-
Chambre , fervans hoit par
quartierend Ahsulot M
Grand Maistre de la Garde-robe
M. lo Duc de la Rochefoucaatmida
ob sul sl .M
M
GALANT. 141
Deux Mailtresde la Garderobe:
salepМ М
M. le Marquis de la Salle
M. le Marquis de Mailleboisparovi
of of M
1 Premier Medecin.IM
M. Poirier. 71023
Huit Medecins fervans par
quartiersbou
Sous PremierChirurgien.
M. Maréchal.
M
M
Huit Chirurgiens forvans
par quartier, ashxis
Un Apotiquaire & quatre
aides , mob M
Un Directeur General des Ba
timensupig
M. le DuodAntid...
142 MERCURE
Le grand Maréchal des Logis.
M. le Marquis de Cany
Quatre Capitaines des Gardes
du Corps.
M. le Duc de Noaillesand
M. le Maréchal Duc d'Harcourt
.
M. le Duc de Villeroy.
4
M. le Duc de Charroft
M.fonFils reccuen ſurvivance.
Un Major. 11
MDavignono H
DeuxAydes Majorso q
CM. deBruzac.iroga att
M. de Parıfontaine.
12. Lieutenants fervants
par quartier.
12. Enfeignos
GALANT. 143
Capitaine des Cent- Suiffes .
M. le Marquis de Courtanvaux.
MO
Le Capitaine des Gardes
dela Porde
M. leMarquis de laChaife.
Le Capitaine des Gardos de la
Prevofté de l'Hostel.
M.leComtede Montſoreaus
Le Capitaine- Lieutenanti11
desGendarmes.
M. le Prince deRohana
Le Capitaine Litutenam
des Chevaux- Legers
M le Duc deChaulnes.
T
-LeColoneldesGardes Françoises.
M. le Duc de Guiche.
...11
144 MERCURE
Le Colonel General des Suiffes.
M.leDucduMaine,Prince
Souverain de Dombes.v
Le Colonel du Regiment
des Gardes Swiffes .
Mide Raynold.
Le GrandEcuyer.
M. le Comte d'Armagnac,
Chevalier de l'Ordre du Saint
Efpritai
Trois Ecuyers Cavalcadours.
Mode Vaux
M.de Romance.DA
M. de la Magdelaine.
Frois Ordinaires . LI
M. de Neuville.
MdAvricourt.1 M
Ν... Le
GALANT 145
Le Premier Ecuyer.
M. de Beringhen ,Chevalier
de l'Ordre du Roy.
Vingt Ecuyers ſervants par
quartier.
د. Ilyagrand nombre desPages
de la grande&petite Ecurie
, fans compter ceux de la
Chambre.
AMLe Grand Fauconnier.
Male Comte des Marets,
Le Grand Louvetier.
M. leMarquisd'Heudicourt.
LeJuge de la Cour.
LeGrand Prevoſt de France.
LeGrand-Maître desCeremonies.
M. le Marquis de Dreux.
Decembre 1715. N
146 MERCURE
Un Maître desCeremonies.
M. Deſgranges. " sh.M
Deux Introducteurs des Ambaf
Sadeurs .
M.le Marquis de Magni .
M. le Chevalier deSanctor,
MAISON DE MADAME ,
Fille de France , Duchéſſe
de Berry.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'AbbédeCaſtriez,Abbé
deValmagne ,& deMonaftier.
GALANT . 147
i
Quatre Aumoniers.
M. l'Abbé de Berny.
M. l'Abbé de Rouget ,
GrandVicaire d'Alby.
M. l'Abbé du Tremblay.
• M. l'Abbé Danglade.
Un Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé d'Avejan, Prieur
du Vigan.
Quatre Chapelains.
M. Dupleffis , Chanoine de
S. Quentin.
M. Levouë , Chanoine du
Mans .
M. Girard , Chanoine de
Clermont.
Nij
148 MERCURE
M. Rafy , Chanoine d'Auxerre.
Un Chapelain ordinaire.
M. Capet.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Rabeuf , Principal du
Prin
College de Preſſes.
M. Francfort,
M Lucas .
M. Guinot , Chanoine de
Beaun
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Bayo.
The Un Copfefleur. L
Ν...
Un Confeffeur du commun.
M. Avenel.
८
GALANT. 149
Un Sommier de Chapelle.
M. Dupuis.
CHAMBRE.
DAMES.
Une Dame d'Honneur.
Me la Duchefſſe de S. Simon.
Une Dame d'Atour.
Me la Marquifede Pons
S. Maurice.
131 Dames du Palais
&
MelaMarquiſe de Brancas.
Me la Comteſſe de Clermont.
Me la Marquiſe d'Armen
tieres.
Niij
150 MERCURE
Me la Marquiſe deBeauvau.
Une premiere Femme de
Chambre.
Mlic. Davaiſe... d
Douze Femmes de Chambre.
Quatre Huifiers de la
Chambre.
Un ordinaire .
Quatre Huiffiers du Cabinet.
Quatre Huiffiers de l'Antichambres
HUuDp M.M
Huit Valets deChambre.
Unordinaire.
Officiers de Santé.
Un premier Medecinis
M. Douté.
GALANT 151
Un Chirurgien du Corps .
M. Lardy.
Un Apoticaire du Corps.
M. Imbert.
Garderobe.
Quatre Valets de Garde-
Qua
robe.
Un ordinaire.
UnPorte- Manteau .
M. Jolly.
Chambre aux Deniers.
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Goëtenfao
, Lieutenant general des
Armées du Roy...M
Un premier Maistre d'Hostel.
M. le Comte de Saumery.
Niij
152 MERCURE
QuatreMaistres d'Hostel.
M. de la Marc..
M. Tourole. BRO
M. Juffan . admi.M
M. de la Valette.
1
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Bertin.
Doux Controlleurs generaux.
M. Levesque.
IN
M. le Baſtier.T.M
Huit Gentilshommesfervants.
M. Champion.S
M.Pingré.
Mol M
MdeCourcelles.pilo
M. Deſenelos.chsmA
M.de Bertun.
M.Larconcau.M
GALANT. 153
M. Porot.
M. de la Girardiere.
Un Gentilhomme ſervant
simordinaire M
M. deLaverdina LŨ
Un Controlleur Clercd'Office.
M. Pezier.
QuatreControlleursClercs
2000
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Chevalier d'Hautefort
, Maréchal des Camps &
Armées du Roy.
ໂຄວ
Quatre Ecuyers.
M. de Makan
M. Boubée , Capitaine de
Cavalcric.
154 MERCURE
2 M. de Suzanges .
M. du Faure.05.11
Un Ecuyer Cavalcadour.
M. de la Vaſſorerie .
Un Maréchal des Logis
Un Fourier.RODU
Un Controlleur generaldes
Un Secretaire des Commandemens,
Maison, Finances.
M. deMontgelas
Un Surintendant des Maiſons
Finances, 1101 t
M. de Maynon.
Un Intendant des Maiſons
Finances. M
th Mi Paulmier, deng.M
A
رک
GALANT. ISS
Six Secretaires de Finances.
Un Secretaire ordinaire.
Un Treforier General de la
maison.
M. de Merandon .
UnGouverneur & un ſous-
Gouverneur des Pages.
Un Chapelain & Precepteur.
M. Stephanel , Chanoine
dePignetol.
Do Gardes duCorps François.
M. de Roye,Marquis dela
Rochefoucault, Maréchal des
Camps & Armées du Roy ,
Capitaine LieutenantdesGen
darmes Flamands.
156 MERCURE
:
Vn Lieutenant.
M. le Comte de Rion.
Vn Enseigne.
M. le Chevalier deCourtemer.
DeuxExempts.
M. le Marquis de Sabran.
M. le Marquis deBriquemaure.
Doux Maréchaux de Logis.
M. du Coudray.
N.
Un Officier des Gardes du
Corps Suiffes.ов М
CinquanteGardesduCorps.
UnTrompette.
Un Tymbalieriσμο
Vn Treforier
M. de S. Bonet.
GALANT. 157
********
MAISON DE MADAME ,
Ducheffe d Orleans .
Un premier Aumônier,
M. l'Abbé de Magnas.
Quatre Aumonters, M
M. l'Abbé Berthet , Prieur
de S. Leonard de Dreux!
M.I Abbé de Verthamont,
Grand Vicaire de Nantes.
A M. l'Abbé de Belle Fontaine.
M. l'Abbé Dubuc
Un Aumônier ordinaire.
M ! Abbé de Lagors,Chanoine
de Metz. ;
158 MERCURE
Quaire Chapelains..
M. Mouchet.
M Cornuo.
M. Roblattre.
Ν....
Un Chapelain ordinaire.
M. Refſeguier.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. de Lamothe Vilbray.
M. de Maumonet.
M. Bloüin .
M. de S. Martin , Archidiacre
de S. Brieuc.
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Maillard.
Confeßeur ordinaire.
Le R. P. de Linieres,Jeſuite.
GALANT 139
- Un Aumômerdu Commun.
M Coſtel , Chanoine de
SainteOpportuni
Un Confeßeur du Commun.
M.Morlet .
Un Sommier de Chapelle.
M Prevons dou
CHAMBRE.
DA ME
Dame d'Honneur
Madame la Ducheffe de
- Brancas.
Dame d'Atour.
Madame de Chaſteautiers.
12. Femmes de Chambre.
160 MERCURE)
Premier Medecin.
MoTered biob M
Un Chirurgien du Corps.2
M. Carrere.
Vn Apoticairedu Corps.M
M. Bolduc. eine 2
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Soliers.
DeuxpremiersMaistres d'Hôtel.
M. de Collins,Seigneur de
Lucante.
M. Leauthier ,Capitaine de
Vaificau .
Quatre Maistres d'Hostel
M. Boüillerot.
M. Chapotin.
M. Aubert.
Μ.
1
GALANT. 161
M. Dazy.
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Hardy.
Deux Controlleurs Generaux.
M. de la Fonſtiere.
M. Le Grand..
Huit Gentilshommes fervants.
Quatre Controlleurs.
Un Controlleur ordinaire.
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Comte de Simianes.
Quatres Ecuyers..
M. le Roy
M. de Leſcure.
Decembre 17.15.
:
A
162 MERCURE
M. Moët.
N. !
Vn Ecuyer ordinaire.
M. de Balenne.
Deux Ecuyers Cavalcadours.
M. de Vaux..
- M. Sevin.
Un Secretaire des Comman
licdemens.
M. de Baudry , Maître des
Requeſtes , & du Conſeil de
Regence.
Vn Treforier de la maison.
MidaPigisaree of M
Vn Gouverneur des Pages.
M. de Grandchamp.
Vn Precepteur &Aumônier.
M. Baſtide.
GALANT. 163
MAISON DE MONSIEUR
le Duc d'Orleans , Petit Fils
de France , Regent du
Royaume.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'Abbé de Treſſan ,
Comte de Lyon , Abbé de
Longpont & de Lepau.
Le R. P. Confeffeur.
Le R. P. du Trevou, Jeſuite.
Vn Maistre de l'Oratoire,
M. l'Abbé de Simiane.
Vn Maistre de la Chapelle &
Mufique.
M. l'Abbé Pajot. Oij
164 MERCURE
Quatre Aumôniers.
M. Abbé Mallet
M. l'Abbé Dionis .......
M. l'Abbé Sonning , Abbé
deBaugency.
M'Abbé de Ruaudě.
Vn Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé de Rabines, Abbé
de S. Jean en Vallée &
Chanoine du Mans
Quatre Chapelains.nod
M. Larcher , Chanoine de
Clery.c
4
M. de Bremond
M. Caper.
M. Bayo.
AM
Quatre Clercs de Chapelle.
M.Domino.CATM
GALANT. 165
M. Gervais , Chanoine de
Clery.
Ν. Ν.
Vn Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Harcourt! TO
Vn Aumônier & Confeffeur de
laMaison.
* M. Seiguenor.
LaChambre.
Deux premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Marquis d'Armentieres.
M. le Marquis de Simiane.
Quatre Chambellans.
M. le Marquis de la Guierthe
intent o
166 MERCURE
M. Cabre.
M. Fargis.
M. Maſparo.
Vn Chambellan ordinaire.
M. de Turmenyes.
Plufieurs Gentilshommes
de la Chambre.
Vn Introducteur des Ambaſladeurs
.
M Marpre scars Cl
Vn Gouverneur des Pages.
لا
Officiers de Santé.
.201
Vn premier Medecin .
M. de Chirac , Profeſſeur
en l'Univerſité de Montpellier
& de l'Académie des
Sciences.
د
GALANT. 167
Quatre Medecins.
M. Helvetius.
M. Vignon.
M. Seignette.
M Imbert .
Vn premier Chirurgien.
M. Hardy.
Quatre Chirurgiens.
M.Batıffier.
M. Franchet.
M. Lemoine.
M. Creſpin.
2
Vn Chirurgien ordinaire.
M. Dumont...
QuatrepremiersValetsde-Chambres
ordinaires...
M. Coche.
168 MERCURE
M. de S. Leger.
M. Imbert.
M. Deſnots.
Pluſieurs Huiffiers pour la
Chambre ,, anti Chambre &
Cabinet.
Huit Valetsde Chambre.
Un ordinaire..
Garderobe.
10
Deux Maistres de la Garderobe..
M. le Marquis de Pluvaut.
M. le Comte deBreauté.
Vn premier Maistre d'Hoſtel.
M. de Matarel. JM
Quatre Maistres d'Hostel
' M. Gaillard.
M. lc Febvre.
M
GALANT .. 169
M. Maupoint.
M. Coufin
Deux Controlleurs Generaux.
M. de Lurel.
M. de Freſquiere. M
Huit Gentilshommesfervans.
Ecurie.
1
Un premier Ecuyer.
M. leMarquis Deffiat, Chevalier
de l'Ordre du S. Eſprit.
Quatre Ecuyers.
M. le Caron.
M. Dombrer.de
M. Duchefne.
Ν. TM
Decembre 1715 . P
170 MERCURE
Un Capitaine des Gardes de la
Porte.
A
M. de Longeville.
Un Lieutenant.
M. Torfe. A
Gens du Confeil.
Un Chancelier & garde des
Sceaux.
M. Terat , Marquis de
Chantôme , Officier de l'Ordre
du S. Eíprit.
Deux Secretaires des Commandemens.
M. l'Abbé de Theſut .
M. Doublet.
Un Sur- Intendant des Finances.
M. Terat.
GALANT. 171
Deux Intendans.
M. de S. Jorry.
M. Baille.
Un Aumônier pour l'Ecurie.
M. Boüillerot
Un premier Veneur.
M. le Marquis d'Effiar .
Gardes du Corps Francois.
Deux Capitaines.
M. le Marquis d'Etampes ,
Chevalier de l'Ordre du S.
Eſprit .
M. le Marquis de la Fare.
Deux Lieutenans.
M. de Lagni .
M. de Marolles.
Pij
172 MERCURE
Deux Enseignes .
M. de S. Germain,
M. de la Bachelerie.
Gardes du Corps Suißes.
Un Capitaine .
M. le Marquis de Nancré.
Deux Lieutenans.
M. de Chevry.
M. de Filtz .
Un Sur-Intendant des Bastimens.
M. de Terat...
Un Intendant.
M. Girard.
GALANT. 173
********
MAISON DE MADAME
la Ducheſſe d'Orleans .
Officiers Ecclefiaftiques.
M. l'Abbé Genais de l'Académie
Françoiſe .
M. l'Abbé Boulanger.
Un Chapelain.
M. le Page.
-Un Clerc de Chapelle .
M. le Page.
DAMES .
La Dame d'Honneur.
Madame la Maréchale de
Rochefort.
Piij
174 MERCURE
La Dame d'Atour.
Madame la Marquiſe de
Caftriez .
1
Dames du Palais.
Madame la Marquiſe de
Conflans . :
Madame la Comteffe de
Tonnerre.
Madame la Comteſſe de
Poitiers .
Madame la Marquiſe d'Epinay.
Premiere Femme de Chambre.
Madame Imbert .
Onze Femmes de Chambre.
•Le Chevalier d'Honneur.
M le Marquis deCaſtriez.
GALANT. 175
e
Maistres d'Hostel.c
Un ControlleurGeneral.
11
M. Fronton de Vaugelas.
ном за Есuries DO 2109
Premier Ecuyer
1: Male Comte de S. Pierre.
Dlux Ecuyers.
Ma de la Serre Panat
MaGirautis
Eruyers Cavalcadours.
Made Buffe
LM.xDurand vanaiol !
Un Secretaire des Commande;
ios mensol sh 1
M. de S. Preſtros
des Officiers de la Maiſon
du Roy Louis XV. à
preſent regnant ; ceux de
Madame , Fille de France
Ducheffe de Berry , de Madame
, de M. le Duc d'Orleans,
Regentdu Royaume,
&de Madame la Ducheſſe
d'Orleans.
La Chapelle du Roy est compofée
-du grandAumônier de France.
M. le Cardinal de Rohan
Commandeur né des Ordres
du Roy , Evêque &Prince de
Strasbourg.
132 MERCURE
Du premier Aumônier , &
autres Aumôniers de quartier.
Le premier Aumonier.
M.le Duc de Coiflin, Evêque
&Prince de Metz , Commandeur
de l'Ordre du S. Efprit ,
Le Maistre del'Oratoire.
M. l'Evêque de S Omer.
Le Confeffeur duRoy.
: Ily a buit Aumoniers , deux
àchaque Quartier.
M. l'Abbé Morel , Chanoi
ne de l'Eglise de Paris &Confeiller
au Parlement......
Mal'Abbé de Maulevrier,
Chanoine& Comte de Lyon.
pandane
GALANT
M'Abbéd Entragues ,
Abbé de Valence, couro sb
M.l'Abbé du Cambour,
M. l'Abbé d'Argentre, Abbéde
Sainte CROIXIM
M. l'Abbé de Choiſeul
M. l'Abbé de Rochebonne,
Grand Vicaire de Lyon
M. l'Abbé de Froulay ,
Grand Vicairede Toulouſe.
Ily a huit Chapelains dequartier
un ordinaire .
M Salomongod of M
M. Henrion.
M. Fauvel ; Chanoine de S.
Quentin& Abbé deClairfay.
M. de la Croix , Docteur
deSorbonne.
134 MERCURE
M. de Varcanes Docteur
de Sorbonne.
M. Traboüiller , Chanoine
deMeaux.I
M. Poiffon ,Abbé deBournet
.
MGoüault.
Un Chapelain ordinaire
&Sacristain.
M. Archon , Abbé de S.
Gilbert.
Ily a huit Clercs deChapelle.
M. Pothonier , Docteur en
Theologie
M. Pelliffier .
M. Buffon, Chanoined'Or-
Jeansd
:
1
GALANT. 135
M. Pernoſt , Prieur d'Ef-
い
pointed
2010
Ob MoHazon J.M
M. Bezançon, Chanoine de
Methonian M
M. Maupoint.
M. Johor 1 1
Le Maistre de la Chapelle-
Musique.
M. leCardinal de Polignac.
Cette Chapelle est composée des
Chapelains pour les grandes Meffes,
quifont:
M. Jouilhac
Dubais . 2.
NG
136 MERCURE
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Bourgain ,Chanoine de
Reims papa sud.M
M. Caillet , Principal du
College des Craffins.
M. Tiſſu , Chanoine de S.
Nicolas du Louvre.
M. Poitevin Chanoine de
Reims.
Un Clerc ordinaire.
1
M. Favart , Chanoine de
Reims.
Cette Chapelle comprend tous
les Muſiciens & Symphonistes ,
quifont en tres-grand nombre.
Du
1
GALANT. 137
DuGrandMaistre de laMaiſon
du Roy
M. le Duc, Princedu Sang.
Surintendant à l'éducation
du Roy.
M. le Duc du Maine , Prince
Souverain de Dombes .
Le Gouverneur du Roy
M. le Maréchal de Villeroy.
Le Sous-Gouverneur.
M. le Comte de Ruffey.
Trois. Gentilshommes de la
Manche.
M. Dauffi .
M. Darcis .
M. de Pezé.
Decembre 1715. M
٤
138 MERCURE
4 Une Gouvernante...
Me la Ducheffe de Ventadour.
2
Une Sous-Gouvernante.
Me de la Lande .
7
Le premier Maistre d'Hostel.
M. le Marquis de Livry.
900
Douze Maistres d'Hostelfervantsparquartiers
, unMaiftre
d'Hoftel ordinaire. Mol 24
M. leComte d'Igny.
M.Dappoigny.
M. de la Godiniere.20
M. de Francine.
Mde laMeſangere.
M.Dumans.
M. Darzilliers.
GALANT 139
MadeMalegre M
Maade Cambraya
Ma de Montman l
-M.D'Herouvillo
N.... andmed
VaAdaifore d'Hostelordinaire.
M. de Vauvré , Intendant,
&du Conſeil de laRegence.
Du grand RannetierANT
-Mille Duc de Briffac.
Trente fix Gentilshommes
Servants / T
LG Le grandChambellan )
M. le Duc d'Albret
Quatre premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Duc de Threſmes.
4
Mij
140 MERCURE
M. le Duc d'Aumohrl
M. le Duc delaTremoille-
M. le DucdeMordemalt.
Quatre premiers Valers-de-
Chambre.....
M leMarquis deGambais,
Gouverneur de LimogesM
M.Bontemps
Mile Marquis de Chance-
?
Trente - deux Valets - de-
Chambre , fervans hoit par
quartierend Ahsulot M
Grand Maistre de la Garde-robe
M. lo Duc de la Rochefoucaatmida
ob sul sl .M
M
GALANT. 141
Deux Mailtresde la Garderobe:
salepМ М
M. le Marquis de la Salle
M. le Marquis de Mailleboisparovi
of of M
1 Premier Medecin.IM
M. Poirier. 71023
Huit Medecins fervans par
quartiersbou
Sous PremierChirurgien.
M. Maréchal.
M
M
Huit Chirurgiens forvans
par quartier, ashxis
Un Apotiquaire & quatre
aides , mob M
Un Directeur General des Ba
timensupig
M. le DuodAntid...
142 MERCURE
Le grand Maréchal des Logis.
M. le Marquis de Cany
Quatre Capitaines des Gardes
du Corps.
M. le Duc de Noaillesand
M. le Maréchal Duc d'Harcourt
.
M. le Duc de Villeroy.
4
M. le Duc de Charroft
M.fonFils reccuen ſurvivance.
Un Major. 11
MDavignono H
DeuxAydes Majorso q
CM. deBruzac.iroga att
M. de Parıfontaine.
12. Lieutenants fervants
par quartier.
12. Enfeignos
GALANT. 143
Capitaine des Cent- Suiffes .
M. le Marquis de Courtanvaux.
MO
Le Capitaine des Gardes
dela Porde
M. leMarquis de laChaife.
Le Capitaine des Gardos de la
Prevofté de l'Hostel.
M.leComtede Montſoreaus
Le Capitaine- Lieutenanti11
desGendarmes.
M. le Prince deRohana
Le Capitaine Litutenam
des Chevaux- Legers
M le Duc deChaulnes.
T
-LeColoneldesGardes Françoises.
M. le Duc de Guiche.
...11
144 MERCURE
Le Colonel General des Suiffes.
M.leDucduMaine,Prince
Souverain de Dombes.v
Le Colonel du Regiment
des Gardes Swiffes .
Mide Raynold.
Le GrandEcuyer.
M. le Comte d'Armagnac,
Chevalier de l'Ordre du Saint
Efpritai
Trois Ecuyers Cavalcadours.
Mode Vaux
M.de Romance.DA
M. de la Magdelaine.
Frois Ordinaires . LI
M. de Neuville.
MdAvricourt.1 M
Ν... Le
GALANT 145
Le Premier Ecuyer.
M. de Beringhen ,Chevalier
de l'Ordre du Roy.
Vingt Ecuyers ſervants par
quartier.
د. Ilyagrand nombre desPages
de la grande&petite Ecurie
, fans compter ceux de la
Chambre.
AMLe Grand Fauconnier.
Male Comte des Marets,
Le Grand Louvetier.
M. leMarquisd'Heudicourt.
LeJuge de la Cour.
LeGrand Prevoſt de France.
LeGrand-Maître desCeremonies.
M. le Marquis de Dreux.
Decembre 1715. N
146 MERCURE
Un Maître desCeremonies.
M. Deſgranges. " sh.M
Deux Introducteurs des Ambaf
Sadeurs .
M.le Marquis de Magni .
M. le Chevalier deSanctor,
MAISON DE MADAME ,
Fille de France , Duchéſſe
de Berry.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'AbbédeCaſtriez,Abbé
deValmagne ,& deMonaftier.
GALANT . 147
i
Quatre Aumoniers.
M. l'Abbé de Berny.
M. l'Abbé de Rouget ,
GrandVicaire d'Alby.
M. l'Abbé du Tremblay.
• M. l'Abbé Danglade.
Un Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé d'Avejan, Prieur
du Vigan.
Quatre Chapelains.
M. Dupleffis , Chanoine de
S. Quentin.
M. Levouë , Chanoine du
Mans .
M. Girard , Chanoine de
Clermont.
Nij
148 MERCURE
M. Rafy , Chanoine d'Auxerre.
Un Chapelain ordinaire.
M. Capet.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. Rabeuf , Principal du
Prin
College de Preſſes.
M. Francfort,
M Lucas .
M. Guinot , Chanoine de
Beaun
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Bayo.
The Un Copfefleur. L
Ν...
Un Confeffeur du commun.
M. Avenel.
८
GALANT. 149
Un Sommier de Chapelle.
M. Dupuis.
CHAMBRE.
DAMES.
Une Dame d'Honneur.
Me la Duchefſſe de S. Simon.
Une Dame d'Atour.
Me la Marquifede Pons
S. Maurice.
131 Dames du Palais
&
MelaMarquiſe de Brancas.
Me la Comteſſe de Clermont.
Me la Marquiſe d'Armen
tieres.
Niij
150 MERCURE
Me la Marquiſe deBeauvau.
Une premiere Femme de
Chambre.
Mlic. Davaiſe... d
Douze Femmes de Chambre.
Quatre Huifiers de la
Chambre.
Un ordinaire .
Quatre Huiffiers du Cabinet.
Quatre Huiffiers de l'Antichambres
HUuDp M.M
Huit Valets deChambre.
Unordinaire.
Officiers de Santé.
Un premier Medecinis
M. Douté.
GALANT 151
Un Chirurgien du Corps .
M. Lardy.
Un Apoticaire du Corps.
M. Imbert.
Garderobe.
Quatre Valets de Garde-
Qua
robe.
Un ordinaire.
UnPorte- Manteau .
M. Jolly.
Chambre aux Deniers.
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Goëtenfao
, Lieutenant general des
Armées du Roy...M
Un premier Maistre d'Hostel.
M. le Comte de Saumery.
Niij
152 MERCURE
QuatreMaistres d'Hostel.
M. de la Marc..
M. Tourole. BRO
M. Juffan . admi.M
M. de la Valette.
1
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Bertin.
Doux Controlleurs generaux.
M. Levesque.
IN
M. le Baſtier.T.M
Huit Gentilshommesfervants.
M. Champion.S
M.Pingré.
Mol M
MdeCourcelles.pilo
M. Deſenelos.chsmA
M.de Bertun.
M.Larconcau.M
GALANT. 153
M. Porot.
M. de la Girardiere.
Un Gentilhomme ſervant
simordinaire M
M. deLaverdina LŨ
Un Controlleur Clercd'Office.
M. Pezier.
QuatreControlleursClercs
2000
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Chevalier d'Hautefort
, Maréchal des Camps &
Armées du Roy.
ໂຄວ
Quatre Ecuyers.
M. de Makan
M. Boubée , Capitaine de
Cavalcric.
154 MERCURE
2 M. de Suzanges .
M. du Faure.05.11
Un Ecuyer Cavalcadour.
M. de la Vaſſorerie .
Un Maréchal des Logis
Un Fourier.RODU
Un Controlleur generaldes
Un Secretaire des Commandemens,
Maison, Finances.
M. deMontgelas
Un Surintendant des Maiſons
Finances, 1101 t
M. de Maynon.
Un Intendant des Maiſons
Finances. M
th Mi Paulmier, deng.M
A
رک
GALANT. ISS
Six Secretaires de Finances.
Un Secretaire ordinaire.
Un Treforier General de la
maison.
M. de Merandon .
UnGouverneur & un ſous-
Gouverneur des Pages.
Un Chapelain & Precepteur.
M. Stephanel , Chanoine
dePignetol.
Do Gardes duCorps François.
M. de Roye,Marquis dela
Rochefoucault, Maréchal des
Camps & Armées du Roy ,
Capitaine LieutenantdesGen
darmes Flamands.
156 MERCURE
:
Vn Lieutenant.
M. le Comte de Rion.
Vn Enseigne.
M. le Chevalier deCourtemer.
DeuxExempts.
M. le Marquis de Sabran.
M. le Marquis deBriquemaure.
Doux Maréchaux de Logis.
M. du Coudray.
N.
Un Officier des Gardes du
Corps Suiffes.ов М
CinquanteGardesduCorps.
UnTrompette.
Un Tymbalieriσμο
Vn Treforier
M. de S. Bonet.
GALANT. 157
********
MAISON DE MADAME ,
Ducheffe d Orleans .
Un premier Aumônier,
M. l'Abbé de Magnas.
Quatre Aumonters, M
M. l'Abbé Berthet , Prieur
de S. Leonard de Dreux!
M.I Abbé de Verthamont,
Grand Vicaire de Nantes.
A M. l'Abbé de Belle Fontaine.
M. l'Abbé Dubuc
Un Aumônier ordinaire.
M ! Abbé de Lagors,Chanoine
de Metz. ;
158 MERCURE
Quaire Chapelains..
M. Mouchet.
M Cornuo.
M. Roblattre.
Ν....
Un Chapelain ordinaire.
M. Refſeguier.
Quatre Clercs de Chapelle.
M. de Lamothe Vilbray.
M. de Maumonet.
M. Bloüin .
M. de S. Martin , Archidiacre
de S. Brieuc.
Un Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Maillard.
Confeßeur ordinaire.
Le R. P. de Linieres,Jeſuite.
GALANT 139
- Un Aumômerdu Commun.
M Coſtel , Chanoine de
SainteOpportuni
Un Confeßeur du Commun.
M.Morlet .
Un Sommier de Chapelle.
M Prevons dou
CHAMBRE.
DA ME
Dame d'Honneur
Madame la Ducheffe de
- Brancas.
Dame d'Atour.
Madame de Chaſteautiers.
12. Femmes de Chambre.
160 MERCURE)
Premier Medecin.
MoTered biob M
Un Chirurgien du Corps.2
M. Carrere.
Vn Apoticairedu Corps.M
M. Bolduc. eine 2
Un Chevalier d'Honneur.
M. le Marquis de Soliers.
DeuxpremiersMaistres d'Hôtel.
M. de Collins,Seigneur de
Lucante.
M. Leauthier ,Capitaine de
Vaificau .
Quatre Maistres d'Hostel
M. Boüillerot.
M. Chapotin.
M. Aubert.
Μ.
1
GALANT. 161
M. Dazy.
Un Maistre d'Hostel ordinaire.
M. Hardy.
Deux Controlleurs Generaux.
M. de la Fonſtiere.
M. Le Grand..
Huit Gentilshommes fervants.
Quatre Controlleurs.
Un Controlleur ordinaire.
Ecurie.
Un premier Ecuyer.
M. le Comte de Simianes.
Quatres Ecuyers..
M. le Roy
M. de Leſcure.
Decembre 17.15.
:
A
162 MERCURE
M. Moët.
N. !
Vn Ecuyer ordinaire.
M. de Balenne.
Deux Ecuyers Cavalcadours.
M. de Vaux..
- M. Sevin.
Un Secretaire des Comman
licdemens.
M. de Baudry , Maître des
Requeſtes , & du Conſeil de
Regence.
Vn Treforier de la maison.
MidaPigisaree of M
Vn Gouverneur des Pages.
M. de Grandchamp.
Vn Precepteur &Aumônier.
M. Baſtide.
GALANT. 163
MAISON DE MONSIEUR
le Duc d'Orleans , Petit Fils
de France , Regent du
Royaume.
Officiers Ecclefiaftiques.
Un premier Aumônier.
M. l'Abbé de Treſſan ,
Comte de Lyon , Abbé de
Longpont & de Lepau.
Le R. P. Confeffeur.
Le R. P. du Trevou, Jeſuite.
Vn Maistre de l'Oratoire,
M. l'Abbé de Simiane.
Vn Maistre de la Chapelle &
Mufique.
M. l'Abbé Pajot. Oij
164 MERCURE
Quatre Aumôniers.
M. Abbé Mallet
M. l'Abbé Dionis .......
M. l'Abbé Sonning , Abbé
deBaugency.
M'Abbé de Ruaudě.
Vn Aumônier ordinaire.
M. l'Abbé de Rabines, Abbé
de S. Jean en Vallée &
Chanoine du Mans
Quatre Chapelains.nod
M. Larcher , Chanoine de
Clery.c
4
M. de Bremond
M. Caper.
M. Bayo.
AM
Quatre Clercs de Chapelle.
M.Domino.CATM
GALANT. 165
M. Gervais , Chanoine de
Clery.
Ν. Ν.
Vn Clerc de Chapelle ordinaire.
M. Harcourt! TO
Vn Aumônier & Confeffeur de
laMaison.
* M. Seiguenor.
LaChambre.
Deux premiers Gentilshommes
de la Chambre.
M. le Marquis d'Armentieres.
M. le Marquis de Simiane.
Quatre Chambellans.
M. le Marquis de la Guierthe
intent o
166 MERCURE
M. Cabre.
M. Fargis.
M. Maſparo.
Vn Chambellan ordinaire.
M. de Turmenyes.
Plufieurs Gentilshommes
de la Chambre.
Vn Introducteur des Ambaſladeurs
.
M Marpre scars Cl
Vn Gouverneur des Pages.
لا
Officiers de Santé.
.201
Vn premier Medecin .
M. de Chirac , Profeſſeur
en l'Univerſité de Montpellier
& de l'Académie des
Sciences.
د
GALANT. 167
Quatre Medecins.
M. Helvetius.
M. Vignon.
M. Seignette.
M Imbert .
Vn premier Chirurgien.
M. Hardy.
Quatre Chirurgiens.
M.Batıffier.
M. Franchet.
M. Lemoine.
M. Creſpin.
2
Vn Chirurgien ordinaire.
M. Dumont...
QuatrepremiersValetsde-Chambres
ordinaires...
M. Coche.
168 MERCURE
M. de S. Leger.
M. Imbert.
M. Deſnots.
Pluſieurs Huiffiers pour la
Chambre ,, anti Chambre &
Cabinet.
Huit Valetsde Chambre.
Un ordinaire..
Garderobe.
10
Deux Maistres de la Garderobe..
M. le Marquis de Pluvaut.
M. le Comte deBreauté.
Vn premier Maistre d'Hoſtel.
M. de Matarel. JM
Quatre Maistres d'Hostel
' M. Gaillard.
M. lc Febvre.
M
GALANT .. 169
M. Maupoint.
M. Coufin
Deux Controlleurs Generaux.
M. de Lurel.
M. de Freſquiere. M
Huit Gentilshommesfervans.
Ecurie.
1
Un premier Ecuyer.
M. leMarquis Deffiat, Chevalier
de l'Ordre du S. Eſprit.
Quatre Ecuyers.
M. le Caron.
M. Dombrer.de
M. Duchefne.
Ν. TM
Decembre 1715 . P
170 MERCURE
Un Capitaine des Gardes de la
Porte.
A
M. de Longeville.
Un Lieutenant.
M. Torfe. A
Gens du Confeil.
Un Chancelier & garde des
Sceaux.
M. Terat , Marquis de
Chantôme , Officier de l'Ordre
du S. Eíprit.
Deux Secretaires des Commandemens.
M. l'Abbé de Theſut .
M. Doublet.
Un Sur- Intendant des Finances.
M. Terat.
GALANT. 171
Deux Intendans.
M. de S. Jorry.
M. Baille.
Un Aumônier pour l'Ecurie.
M. Boüillerot
Un premier Veneur.
M. le Marquis d'Effiar .
Gardes du Corps Francois.
Deux Capitaines.
M. le Marquis d'Etampes ,
Chevalier de l'Ordre du S.
Eſprit .
M. le Marquis de la Fare.
Deux Lieutenans.
M. de Lagni .
M. de Marolles.
Pij
172 MERCURE
Deux Enseignes .
M. de S. Germain,
M. de la Bachelerie.
Gardes du Corps Suißes.
Un Capitaine .
M. le Marquis de Nancré.
Deux Lieutenans.
M. de Chevry.
M. de Filtz .
Un Sur-Intendant des Bastimens.
M. de Terat...
Un Intendant.
M. Girard.
GALANT. 173
********
MAISON DE MADAME
la Ducheſſe d'Orleans .
Officiers Ecclefiaftiques.
M. l'Abbé Genais de l'Académie
Françoiſe .
M. l'Abbé Boulanger.
Un Chapelain.
M. le Page.
-Un Clerc de Chapelle .
M. le Page.
DAMES .
La Dame d'Honneur.
Madame la Maréchale de
Rochefort.
Piij
174 MERCURE
La Dame d'Atour.
Madame la Marquiſe de
Caftriez .
1
Dames du Palais.
Madame la Marquiſe de
Conflans . :
Madame la Comteffe de
Tonnerre.
Madame la Comteſſe de
Poitiers .
Madame la Marquiſe d'Epinay.
Premiere Femme de Chambre.
Madame Imbert .
Onze Femmes de Chambre.
•Le Chevalier d'Honneur.
M le Marquis deCaſtriez.
GALANT. 175
e
Maistres d'Hostel.c
Un ControlleurGeneral.
11
M. Fronton de Vaugelas.
ном за Есuries DO 2109
Premier Ecuyer
1: Male Comte de S. Pierre.
Dlux Ecuyers.
Ma de la Serre Panat
MaGirautis
Eruyers Cavalcadours.
Made Buffe
LM.xDurand vanaiol !
Un Secretaire des Commande;
ios mensol sh 1
M. de S. Preſtros
Fermer
Résumé : ETAT contenant les noms des Officiers de la Maison du Roy LOUIS XV. à present regnant ; ceux de Madame, Fille de France Duchesse de Berry, de Madame, de M. le Duc d'Orleans, Regent du Royaume, & de Madame la Duchesse d'Orleans.
En décembre 1715, un document répertorie les officiers et serviteurs des maisons royales de Louis XV, de Madame la Duchesse de Berry, de Madame la Duchesse d'Orléans et du Duc d'Orléans, régent du royaume. La chapelle royale est supervisée par le cardinal de Rohan et comprend plusieurs aumôniers, chapelains et clercs, dont le duc de Coislin, évêque de Metz. La maison du roi inclut des postes clés tels que le grand maître, le surintendant à l'éducation, le gouverneur, ainsi que des gentilshommes, maîtres d'hôtel, valets de chambre et des rôles militaires comme les capitaines des gardes du corps et les gendarmes. Les maisons des duchesses et du duc d'Orléans présentent une organisation similaire, avec des aumôniers, chapelains, dames d'honneur, dames d'atour, femmes de chambre, huissiers, valets de chambre et officiers de santé. Chaque maison dispose également de secrétaires, trésoriers, gouverneurs des pages et des gardes du corps. La maison du Duc d'Orléans se distingue par la présence de gardes du corps français et flamands, tandis que celle de la Duchesse d'Orléans compte des dames du palais et des maîtresses d'hôtel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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118
p. 83-92
A Roüen ce 18. Janvier 1716. Lettre écrite par un Curieux de Roüen à Paris, à M Gal, Docteur en Medecine de l'Université de Boulogne.
Début :
Vous aimez, Monsieur, les choses curieuses & extraordinaires, en voicy [...]
Mots clefs :
Chirurgien, Jambe, Homme, Queue, Médecins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Roüen ce 18. Janvier 1716. Lettre écrite par un Curieux de Roüen à Paris, à M Gal, Docteur en Medecine de l'Université de Boulogne.
ARoüen ce 18.Janvier 1716.
Lettre écrite par un Curieux
de Roüen à Paris, àM.Gal ,
Docteur en Medecine de
l'Univerſité de Boulogne.
Vous aimez , Monfieur , les
choses curieuses& extraordinai-
Y
84 MERCURE
chien lon
naires , en voicy une ; un hom
me ,du Pays de Caux ,âgéd'environ
40. ans , grand ,bienfait,
fort robuste , à barbe& cheveux
noirs &épais , & qui a
une voix tonnante ,porte en deſſus
de l'anus une queuë de chien longuede
15. à 16. poulces , groffe
de ſept à huit àſa naiſſance ,
&qui va toûjours en diminuant
de groffeur, cette quenë eft cou
verte de poil noir qui se couche ;
cet homme ne sçauroit demeurer
affis ny couché ſurle dos ,faquenë
l'incommode beaucoup le jour&
lanuit , il la remuë de temps en
temps , ellese dreffe par des mouGALANT.
85
vemens involontaires qu'il ne
peut ni arrêter ni moderer ,
quand il eſtnud ,debout , & en
liberté,ſaqueuë comme celled'un
Lion luy bat leflanc malgréluy ,
quand cette quenë est renfermée
qu'elle entre dans les mouvemens
violens , il en fouffre terri
blement , ce qui l'embarraffe encore
davantage , c'est lors qu'ilva
àla felle , car quelquefois dans
ces mouvemens là ,sa queuë fe
refßerre avec une violence extraordinaire
contre l'anus ,le bridepour
ainſi dire comme cela arrive aux
chevaux quelquefois , quand on
weut preffer la croupiere de lafelle Ter la croupiere de la fell
1
86 MERCURE
fous leurqueue ; au reſte cet homme
a de l'esprit , il a il a faitses écudes
, il parle même quelquefois
enpublic ; mais il nepeutfe con-
Solerdeſe voir chargéd'unequeuë
fi incommode&fihonteuſe , il a
voulu lafaire couper ; mais cette
operation aparu mortelle auMedecin&
au Chirurgien.
; On dit qu'un Operateur trop
entreprenant vient de la luy couper,
e qu'il est mort 6. heures
aprés. Cette mortparoistd'autant
plusſurprenante ,que cette queue
n'étoitpas une partie utile à la vie
mais on remarque tres ſouvent
que le retranchement des choses
GALANT. 87
}
monstrueuses que nous apportons
en na:ſſant estpour l'ordinaire mortel.
Ily a plusieurs exemples qui
le prouvent. On a vû un jeune
homme né avec une troisieme
jambe
jambe attachée à la fefſe , il fe
fracaffa l'une des jambes naturelles,
la cangreneobligea lesChirurgiens
de la luy couper dans le
genoüil, ilfut gueri entres peude
temps ; un an ou deux aprés ilſe
bleſſa àla jambe que la nature
luyavoit donnée de trop , on la
il en mourut en 24. coupa ,
heures.
Pluſieurs qui ont apporté en
naiſſant des groffeurs à la tête
88 MERCURE
au visage&autres endroits , en
font morts , lors qu'on a voulu les
délivrer de ces difformitez, j'en
connois qui fuivant le confeildes
habiles Chirurgiens confervent
gardent soigneusement de
pareilles incommoditez dans la
crainte d'unſemblablefort.
Iln'en estpas de même des
excroiffances qui furviennent
dans le cours de la vie , lors qu'ellesſontcoupées
par un habile
dextre Chirurgien : j'ay appris
depuis peu que M. de Beaulieu ,
ControlleurdesRentes de laVille
deParis,avoit uneloupeplus grof-
Sequefatête, attachée àlagorge,
ن
GALANT. 89
ions qu
&qu'il portoit depuis 35. ans ,
parce que perſonnen'avoit ofé entreprendre
la cure à cause des
groffes veines , & des racines
qu'elle avoit ; s'étant adreffé à
M. Petit ChirurgienfuréàParis
, tres- expert & tres- celebre
tant dans les operations que dans
l'anatomie, il luy confeilla de ſe
la faire couper , en luy faisant.
voir le danger éminent dans
lequel il étoit , s'il differoit cette
operation ; la crainte de mourirle
détermina àſe livrer à luy avec
d'autant plus de confiance , que le
ſieur Robinot , Graveur dans la
PlaceDauphine,qui avoit euëune
Janvier 1716. H
१० MERCURE
pareille loupe , venoit de fortir
avec heureux fuccés , des mains
du même M. Petit : l'operation
dufieur de Beaulieufutfaitetres
promptement& toutes les arteres
furentfi bien liées qu'il ne perdit
pas unepalette deſang , il a esté
parfaitementgueri en peude temps
malgrélagrandeurde laplaye. Ce
fuccésfavorable &tres éclatant
dans un âge tres avancé afait
qu'un jeune bomme domestique de
M.de Soubiſe , réſolut deſe délivrer
d'une loupe oßeuse
verte de lapeauſeulement , qui
avoitquatre pouces de longueur,
recoufur
deux de diamettre , qu'ilpor-
1
L
GALANT.
toitdepuisſept ans ,fur le haut
de la tête : il s'en fu faire l'opera.
tion par M. Arnault , ancien
Chirurgien Furé tres celebre
dans l'anatomie & dans les operations
, qui aprés avoir coupé la
peau , trepana la loupe , pour reconnoître
ce qu'ily avoit dedans ;
trouvant qu'elle étoit toute
osseuse ,sans aucun vuide ni
moüelle , comme il s'en trouve naturellement
dans les os , il remitle
refte de l'operation au lendemain ;
mais il arriva de grands accidens
qui l'empêcherent de l'achever ,
le malade mouruten 3.jours ,
au grand étonnement de tout le
1
Hij
MERCURE
monde , & particulierement dudit
M. Arnauld , qui en fit l'ouverture
,&ne trouva dans cette
loupe aucune partie du cerveau ...
ni même de ſes membranes , comme
quelques- uns l'avoient cru.
Les Medecins, les Chirurgiens ,
même les Curieux ne manqueront
pas de faire leurs reflexionsfur
ces differents faits ,
d'en tirer des conſequences utiles
pour le progrés de la Medecine.
La copie de cette Lettre a
eſté envoyée , comme àmoy ,
à Meſſieurs de l'Académie des
Sciences , qui ont faitdebelles
diflertations ſur ce ſujet.
Lettre écrite par un Curieux
de Roüen à Paris, àM.Gal ,
Docteur en Medecine de
l'Univerſité de Boulogne.
Vous aimez , Monfieur , les
choses curieuses& extraordinai-
Y
84 MERCURE
chien lon
naires , en voicy une ; un hom
me ,du Pays de Caux ,âgéd'environ
40. ans , grand ,bienfait,
fort robuste , à barbe& cheveux
noirs &épais , & qui a
une voix tonnante ,porte en deſſus
de l'anus une queuë de chien longuede
15. à 16. poulces , groffe
de ſept à huit àſa naiſſance ,
&qui va toûjours en diminuant
de groffeur, cette quenë eft cou
verte de poil noir qui se couche ;
cet homme ne sçauroit demeurer
affis ny couché ſurle dos ,faquenë
l'incommode beaucoup le jour&
lanuit , il la remuë de temps en
temps , ellese dreffe par des mouGALANT.
85
vemens involontaires qu'il ne
peut ni arrêter ni moderer ,
quand il eſtnud ,debout , & en
liberté,ſaqueuë comme celled'un
Lion luy bat leflanc malgréluy ,
quand cette quenë est renfermée
qu'elle entre dans les mouvemens
violens , il en fouffre terri
blement , ce qui l'embarraffe encore
davantage , c'est lors qu'ilva
àla felle , car quelquefois dans
ces mouvemens là ,sa queuë fe
refßerre avec une violence extraordinaire
contre l'anus ,le bridepour
ainſi dire comme cela arrive aux
chevaux quelquefois , quand on
weut preffer la croupiere de lafelle Ter la croupiere de la fell
1
86 MERCURE
fous leurqueue ; au reſte cet homme
a de l'esprit , il a il a faitses écudes
, il parle même quelquefois
enpublic ; mais il nepeutfe con-
Solerdeſe voir chargéd'unequeuë
fi incommode&fihonteuſe , il a
voulu lafaire couper ; mais cette
operation aparu mortelle auMedecin&
au Chirurgien.
; On dit qu'un Operateur trop
entreprenant vient de la luy couper,
e qu'il est mort 6. heures
aprés. Cette mortparoistd'autant
plusſurprenante ,que cette queue
n'étoitpas une partie utile à la vie
mais on remarque tres ſouvent
que le retranchement des choses
GALANT. 87
}
monstrueuses que nous apportons
en na:ſſant estpour l'ordinaire mortel.
Ily a plusieurs exemples qui
le prouvent. On a vû un jeune
homme né avec une troisieme
jambe
jambe attachée à la fefſe , il fe
fracaffa l'une des jambes naturelles,
la cangreneobligea lesChirurgiens
de la luy couper dans le
genoüil, ilfut gueri entres peude
temps ; un an ou deux aprés ilſe
bleſſa àla jambe que la nature
luyavoit donnée de trop , on la
il en mourut en 24. coupa ,
heures.
Pluſieurs qui ont apporté en
naiſſant des groffeurs à la tête
88 MERCURE
au visage&autres endroits , en
font morts , lors qu'on a voulu les
délivrer de ces difformitez, j'en
connois qui fuivant le confeildes
habiles Chirurgiens confervent
gardent soigneusement de
pareilles incommoditez dans la
crainte d'unſemblablefort.
Iln'en estpas de même des
excroiffances qui furviennent
dans le cours de la vie , lors qu'ellesſontcoupées
par un habile
dextre Chirurgien : j'ay appris
depuis peu que M. de Beaulieu ,
ControlleurdesRentes de laVille
deParis,avoit uneloupeplus grof-
Sequefatête, attachée àlagorge,
ن
GALANT. 89
ions qu
&qu'il portoit depuis 35. ans ,
parce que perſonnen'avoit ofé entreprendre
la cure à cause des
groffes veines , & des racines
qu'elle avoit ; s'étant adreffé à
M. Petit ChirurgienfuréàParis
, tres- expert & tres- celebre
tant dans les operations que dans
l'anatomie, il luy confeilla de ſe
la faire couper , en luy faisant.
voir le danger éminent dans
lequel il étoit , s'il differoit cette
operation ; la crainte de mourirle
détermina àſe livrer à luy avec
d'autant plus de confiance , que le
ſieur Robinot , Graveur dans la
PlaceDauphine,qui avoit euëune
Janvier 1716. H
१० MERCURE
pareille loupe , venoit de fortir
avec heureux fuccés , des mains
du même M. Petit : l'operation
dufieur de Beaulieufutfaitetres
promptement& toutes les arteres
furentfi bien liées qu'il ne perdit
pas unepalette deſang , il a esté
parfaitementgueri en peude temps
malgrélagrandeurde laplaye. Ce
fuccésfavorable &tres éclatant
dans un âge tres avancé afait
qu'un jeune bomme domestique de
M.de Soubiſe , réſolut deſe délivrer
d'une loupe oßeuse
verte de lapeauſeulement , qui
avoitquatre pouces de longueur,
recoufur
deux de diamettre , qu'ilpor-
1
L
GALANT.
toitdepuisſept ans ,fur le haut
de la tête : il s'en fu faire l'opera.
tion par M. Arnault , ancien
Chirurgien Furé tres celebre
dans l'anatomie & dans les operations
, qui aprés avoir coupé la
peau , trepana la loupe , pour reconnoître
ce qu'ily avoit dedans ;
trouvant qu'elle étoit toute
osseuse ,sans aucun vuide ni
moüelle , comme il s'en trouve naturellement
dans les os , il remitle
refte de l'operation au lendemain ;
mais il arriva de grands accidens
qui l'empêcherent de l'achever ,
le malade mouruten 3.jours ,
au grand étonnement de tout le
1
Hij
MERCURE
monde , & particulierement dudit
M. Arnauld , qui en fit l'ouverture
,&ne trouva dans cette
loupe aucune partie du cerveau ...
ni même de ſes membranes , comme
quelques- uns l'avoient cru.
Les Medecins, les Chirurgiens ,
même les Curieux ne manqueront
pas de faire leurs reflexionsfur
ces differents faits ,
d'en tirer des conſequences utiles
pour le progrés de la Medecine.
La copie de cette Lettre a
eſté envoyée , comme àmoy ,
à Meſſieurs de l'Académie des
Sciences , qui ont faitdebelles
diflertations ſur ce ſujet.
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Résumé : A Roüen ce 18. Janvier 1716. Lettre écrite par un Curieux de Roüen à Paris, à M Gal, Docteur en Medecine de l'Université de Boulogne.
Le 18 janvier 1716, une lettre rédigée par un Curieux de Rouen à M. Gal, docteur en médecine de l'Université de Boulogne, relate un cas médical inhabituel. Un homme du Pays de Caux, âgé d'environ 40 ans, présente une queue de chien au-dessus de l'anus, mesurant entre 15 et 16 pouces de long et 7 à 8 pouces de large à sa base. Cette queue, recouverte de poils noirs, entrave ses mouvements et cause des douleurs. L'homme a tenté de la faire retirer chirurgicalement, mais cette opération s'est révélée fatale. La lettre évoque également d'autres cas similaires où la suppression de malformations congénitales a conduit à la mort. En revanche, les excroissances apparues au cours de la vie peuvent être enlevées sans danger par des chirurgiens qualifiés. Par exemple, M. de Beaulieu a survécu à l'ablation d'une grosseur à la gorge grâce à une intervention réussie de M. Petit. Cependant, un jeune domestique de M. de Soubise est décédé après une tentative de retrait d'une excroissance osseuse sur la tête. Les auteurs invitent les médecins et chirurgiens à examiner ces cas pour progresser en médecine. La lettre a été adressée à l'Académie des Sciences afin de susciter des discussions approfondies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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119
p. 296-297
AUTRE.
Début :
Le Sieur Garnesson, demeurant à present ruë du Batoir, en [...]
Mots clefs :
Pieds
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
JVTKE.
Le Sieur Garneflon, demeurant
à present ruedu Batoir,
en sa maison; est prefquc le
seulquisçache mieux déraciner
les Corps des pieds, &
guérir entièrement ceux qui en
ont depuis un long temps, sans
faire faigncr ny fouffnr la
moindre douleur. L'experience
quil a dans cet Art, jointes
aux différences operations qu'il
a faites, & qu'il fait encore
aujourd'huy avec succés,nont
pas peu contribué à luy procurer
la connoilîancc de plu-
Ceurs per sonnes de qualité
qu'il a gucrics; mais encore à
a. -
Le Sieur Garneflon, demeurant
à present ruedu Batoir,
en sa maison; est prefquc le
seulquisçache mieux déraciner
les Corps des pieds, &
guérir entièrement ceux qui en
ont depuis un long temps, sans
faire faigncr ny fouffnr la
moindre douleur. L'experience
quil a dans cet Art, jointes
aux différences operations qu'il
a faites, & qu'il fait encore
aujourd'huy avec succés,nont
pas peu contribué à luy procurer
la connoilîancc de plu-
Ceurs per sonnes de qualité
qu'il a gucrics; mais encore à
a. -
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Résumé : AUTRE.
Le Sieur Garneflon, résidant rue du Batoir, est un expert en traitement des affections des pieds. Il guérit sans douleur les maux persistants grâce à son expérience et à de nombreuses opérations réussies. Sa réputation est reconnue par plusieurs personnes de qualité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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120
p. 3-4
« MONSEIGNEUR, Aprés la prodigieuse allarme que vous venez de nous [...] »
Début :
MONSEIGNEUR, Aprés la prodigieuse allarme que vous venez de nous [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « MONSEIGNEUR, Aprés la prodigieuse allarme que vous venez de nous [...] »
MONSEIGNEUR,
Aprés la prodigieuse allarme
que vous venez de nous donner
Septembre 1716. Aij
MERCURE
4
si cela dépendoit de nous, vous
ne seriez jamais malade. Mais
grace au Ciel, voila maintenant
Vostre Altesse Royale hors de
danger, & bien- tost parfaitement
guerie. Foiissez long. temps
Monseigneur, d'une santé qui
nous est si precieuse : & dans la
foule des vœux que le monde ne
cesse de faire pour vous, daignez
rece voir ceux que fera a jamais
pour la santé, la gloire & la pros-
perité de Vostre Altesse Royale,
MONSEIGNEUR,
Vostre trés-humble, trés-
obéissant & trés soumis
Serviteur, MERCURE.
Aprés la prodigieuse allarme
que vous venez de nous donner
Septembre 1716. Aij
MERCURE
4
si cela dépendoit de nous, vous
ne seriez jamais malade. Mais
grace au Ciel, voila maintenant
Vostre Altesse Royale hors de
danger, & bien- tost parfaitement
guerie. Foiissez long. temps
Monseigneur, d'une santé qui
nous est si precieuse : & dans la
foule des vœux que le monde ne
cesse de faire pour vous, daignez
rece voir ceux que fera a jamais
pour la santé, la gloire & la pros-
perité de Vostre Altesse Royale,
MONSEIGNEUR,
Vostre trés-humble, trés-
obéissant & trés soumis
Serviteur, MERCURE.
Fermer
121
p. 111-152
A Londres, le 1r. Septembre.
Début :
Les lettres d'Edimbourg du 27. du passé, assûrent qu'on [...]
Mots clefs :
Roi, Comte, Ordre, Prison, Rebelles, Duc, Prince, Écosse, Maison, Londres, Édimbourg, Ordres, Général, Commissaire, Lettres, Cour, Livres sterling, Prisonniers, Princesse, Troupes, Retour, Guerre, Compagnie, Sceau, Prisons, Preston, Femme, Église, France, Prétendant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Londres, le 1r. Septembre.
A Londres, le 1r. Septembre.
Les lettres d'Edimbourg du
27. du passé, assûrent qu'on
avoit trouvé beaucoup de dif-
ficultez dans le Conseil pour
regler la maniere & le lieu
où l'on devoit faire le procés
aux Rebelles qui sont prison-
niers en Ecosse; que cette affaire
avoit été ſuſpenduë, & qu'on
croyoit qu'elle ne seroit
reglée qu'au retour du Roy,
H2 MERCURE
& que c'étoit pour cette rai-
son que les Seigneurs Justiciers
d'Ecofse s'étoient ajournez
jusqu'au 12. de Novembre
prochain. Depuis peu de jours
on avoit arresté deux person-
nes pour avoir mal parlé du
Roy. Les Commissaires de l'A-
mirauté avoient envoyé ordre
aux Commissaires de la Mari-
ne, & à ceux du ravitaillement
de la Flotte, de changer de
nouveaux Vaisseaux de guerre,
nommez l'Ormond, & le Bul-
lingbrok, & à quelques autres
dont les noms ne sont pas a-
gréables à la Cour. On a appris
que
GA L. A N N. 113
que sur la resolution que la
Compagnie d'Afrique prit le
18. Aoust de recevoir des
souscriptions volontaites de
ses Membres pour pousser vi-
goureusement son Commer-
ce; on avoit ouvert les livres
& les souscriptions ont été
remplies le même jour; ce qui
a fait hausser les actions de cet-
te Compagnie depuis scize jus-
qu'à vingt deux. On publie
qu'il y a un Pardon au Sceau
en faveur de plusieurs Rebelles
pris à Preston qui sont dans
les prisons, dont on asfûre que
M'. Radeliffe, frere du feu
Septembre 1716.
K
114 M.ERCURE
Comte d'Erwenwater, Wo-
gan, le Colonel Stuard, Basile,
Hamilton, Tornton, Hodgs.
kon, Auderson, Griverson
Winraut, & Talbot sont du
nombre. Une femme a esté
arrestée & mise en prison pour
avoir dit, que Dieu benisse le
Roy Jacques III. & le Duc
d'Ormond, &c. Le Comte de
Sunderland avoit remis les
Sceaux aux trois Commissaires
pour exercer sa Charge de
Garde du Sceau privé en son
absence; & le Comte n'attend
que le Lord Cadogan pour
passer avec luy en Hollande,
GALANT. 11,
& de-là à Hanover. M. Marl-
boroug qui se portoit beau-
coup mieux, devoit revenir
à Londres où l'on meubloit
la maison pour l'y recevoir.
La Comtesse de Marr devoit
partir incessamment pour al-
ler prendre possession de la
maison d'Allower en Ecosse,
que le Comte son époux qui
est toûjours en prison sous
condamnation, luy a donnée
pour son douaire avec cent
sterlings de rente. Ce qui a esté
confirmé par le Roy & le
Parlement.
Une femme étoit accou-
Kij
116 MERCURE
chée dans la Paroisse de Sainte
Marie, d'un enfant masse,
ayant deux testes, quatre
mains, quatre jambes.
Le lendemain, une autre
femme accoucha à Pading.
ton, d'une fille qui avoit aussi
deux testes, &c. On avoit
avis de Wadrington dans le
Comté de Lancastre, que la
populace s'y étant depuis peu
attroupée, avoit commis de
grands desordres, ayant sacca-
ge l'Eglise Presbiterienne &
cassé toutes les vîtres de la
maison du Ministre.
Milord Molineux ayant vu
GALANN. 117
le portrait de la fille du Gene-
ral Skelton, qui est au service
de la France & du Prétendant,
en fut si charmé, qu'ayant en-
suite rencontré l'original à
Wadrington, il l'y épousa la
semaine passec.
Il étoit mort un Quaker
riche de plus de 30. mil livres
sterlings.
Le Chevalier Guillaume
Strikland a esté fait Gouver-
neur de la Jamaïque, d'où on
a reçû des lettres du 27. Juin,
qui portent qu'on y estoit
dans la derniere desolation
depuis les dernieres pirateries,
118 M.ERCURE
les Espagnols & les François
leur enlevant tous leurs Vais-
seaux en quelques Ports qu'ils
puissent aller, & que les
Chaloupes de cette Isle en fai-
soient de même des leurs, ce
qui ruinoit entierement le
Commerce.
Les Lettres de Londres du
7. portent qu'on y avoit eû
avis d'Edimbourg du 29. du
passé que le Lord Clerc avoit
receu ordre de la Cour de re-
tenit en prison tous ceux qui
avoient part dans la derniere
rebellion, comme estant gens
sans cautions. Que quelques
GALANT. 119
Ministres Episcopaux avoient
de nouveau prêché & dit les
prieres à leur maniere, sans y-
inserer leRoy Georges, & qu'ils
avoient estez sommez de com-
paroistre devant les Magis-
trats pour estre derechef ju-
gez & estre punis suivant la
Loy ; que le 27. le nommé
Jean Hamilton, frere du Lord
Bordowi avoit esté mis en
liberté, en vertu d'un ordre
des Lords Justiciers. Les Let-
tres de Dublin du 16. portent
que le Comte d'Antrim y arri-
va ce jour là ayant esté de-
mandé par le Gouvernement
comme aussi plusieurs autres
r20 MERGURE
personnes de distinction Ca-
tholiques Romains, & com-
me on avoit donné ordre en
même temps à tous les Offi-
ciers de l'Armée de se rendre,
à leur poste, on croyoit que
c'estoit des faux bruits qui
s'estoient répandus sans fon
dement, que le Pretendant
avoit dessein de faire une nou
velle tentative, ce qui avoit
donné lieu à ces ordres pour
estre sur leurs gardes. On
avoit publié une proclamation
pour proroger le Parlement
d'Irlande jusqu'au 5. Septem-
bre: on avoit arrêté chez un
Imprimeur
GALANY. 121
Imprimeur un Gentilhomme
Ecossois nommé Hepture, cy-
devant homme d'Eglise &
Chapelain d'un Vaisseau de
guerre sur la Flotte, sur lequel
on a trouvé beaucoup de pa-
piers scandaleux & séditieux
que l'on dit d'une consequen-
ce si dangereuse, qu'il sera
detenu fort étroitement en
prison. On avoit avis d'Han-
nover que le Comte de Peter-
boroug y estoit arrivé d'Ita-
lie pour saluer le Roy & qu'a-
prés peu de séjour il devoit
sen retourner, ce qui détruit
le bruit qui avoit couru que le
Septembre 1716. L
122 M.ERCURE
Roy luy avoit fait deffendre
de ſe presenter à la Cour. Le
Sieur Fargherson d'Inwersall
un des prisonniers de Preston
qui a esté condamné, & à qui
on a pardonné, a depuis peu
esté presenté au Prince & à la
Princesse qui le receurent fort
gracieusement, ayant esté in-
troduit par le Vicomte de
Towsend au prés duPrince, &
par le Comte deBridgewal au-
prés de la Princesse, ce qui con-
firme que le sieur Fargherson
avoit rendu de grands ser vices
à l'Etat dans la derniere re-
bellion, on a donné un ordre
GA.L.A.NT.
123
pour arrêter les principaux
Papistes d'Irlande , de les
desarmer generalement & de
saisir leurs chevaux qui passe-
ront la valeur de 5. livres ster
lings, comme aussi de desarmer
tous ceux qui seront suspects
au Gouvernement. Jeudy der-
nier M. Stafford arriva icy de
Bruxelles, il y avoit 22. ans
qu'il n'avoit esté en Angleterre
ce jour-là les sieurs Edward
Southwell, Thomas Vernon
& Chelton prêterent les ser-
ments en qualité de Commis-
saires du Sceau privé pendant
l'absence du Comte de Sun-
Li
124 MERCURE
derland. Le même jour le
Vaisseau de Guerre construit
icy pour le Roy de Sicile par
la permission de la feuë Reine,
descendit la Riviere pour se
rendre aux Dunes, le Marquis
de Trivié qui estoit sur le
Vaisseau, revint le même jour
à la Ville, le Prince a donné
des ordres pour faire relâcher
44. des rebelles qui sont dans
les prisons du Comté de Lan-
castre, en consideration de
leur vieillesse & de leurs infir-
mitez. Ce jour-là le Comte de
Sunderland & M. Cadogan
s'embarquerent à Greenwich
GALANT. 125
sur un Yacht pour passer a
Ostende, ce dernier s'en ira
de là en Flandres pour y regler
de concert avec les Ministres
de l'Empereur & des Etats
Genéraux les limites de la
Barriere. La commission pour
faire le procés aux Rebelles
prisonniers à Edimbourg est
au Sceau. Samedy on trouva
plusieurs papiers affichez en
divers endroits contenants
des paroles fort piquantes
contre le Roy & le Gouverne-
ment; on fait de grandes re-
cherches pour en découvrir
les auteurs. M. Murray avoit
Lil
126 MERCURE
esté pris avec les Rebelles de
Preston & condamné à estre
passe par les armes pour déser-
tion etant Capitaine dans le
Regiment de Dragons du
General Ross; mais il obtint
son pardon par le credit du
Duc d'Athol son pere qui a
toûjours demeuré constant au
ſervice de Sa Majeſté. Le Poſ-
tillon qui portoit les Lettres en
Irlande du 18. du passé, a esté
attaqué sur la route proche
d'Orly, on luy a enlevé la
malle & on l'a presque assom-
mé. La ſemaine paſſée on
poſa la premiere pierre de fon-
GALANN. 127
dement de l'Eglise de Sainte
Marie dans la ruë des Lom
bards qu'on rebâtit de neuf
estant comprise dans le nom-
bre des 52. Eglises neuves
qu'on doit rebâtir. M Massey
qui en est le Ministre y mit
dessous une guinée du Roy
Georges, & un Droguiste du
voisinage y mit une guinée
de la feuë Reine.
On mande de Londres du
17 qu'on y avoit appris d'E-
dimbourg du 8 que le Briga-
dier Campbelle y estoit arrivé
avec une bonne escorte d'In-
verlochi où il étoit Prisonnier,
Liii
128 M.ERCURE
il avoit été pris à la tête des
Rebelles dans les Iſses du
West; qu'il avoit d'abord été
mis en prison dans la maison
du Comte de Wington, mais
que ne l'y croyant pas en ſu-
reté, on l'avoit transferé dans
la Prison du Château, & que
la ſemaine ſuivante il y devoit
avoir une Assemblée de Sei-
gneurs & de Gentilshommes
qui sont employez dans le
Gouvernement, devant les
quels plusieurs affaires doivent
être examinées pour le service
du Roy : que le Duc d'Athol
yétoit atrivé deux jours aupa-
GALANY. 129
ravant dePerth, aussi bien que
plusieurs autres Seigneurs qui
devoient faire unc Assemblée,
mais on ne sçait pas pour quel
sujet. Le Duc d'Athol avoit
apporté avec luy plusieurs or-
dres écrits & donnez pour les
Officiers commandants les
Troupes du Roy dans la Pro-
vince de Perth: on a oſté au
Colonel Campbelle de Final
unè Compagnie franche qu'il
commandoit & qui a rendu
de bons services durant la re-
bellion, à cause qu'il estoit
trop attaché au Duc d'Argile.
Ona receu un ordre du Roy
130 MERGURE
pour oster au Comte de Not-
tingham la pension de trois
mil cinqu cens livres sterlings
qu'il avoit, & elle sera donnee
au Duc de Devon avec la Char-
ge de Président du Conseil, ce
qui fera en tout cinque mille li-
vres sterlings de revenu.
Le Phoenix Vaisseau de
Guerre devoit aller visiter les
costes & Ports de France, pour
voir si on y fait quelque arme-
ment. Aux dernieres Assises
sept hommes & une femme
receurent Sentence de mort
& 14. furent condamnez d'è-
tre brulez à da main, & huit
GA.L.A.NT. 131
autres à eſtre fuſtigez, parmy
lesquels il y en avoit deux pour
avoir bû à la ſanté du Préten-
dant, sous le nom de Jacques
III. & avoient dit qu'il étoit le
Roy legitime d'Angleterre, &
un autre pour avoir maudit le
Prince & la Princesse, & ils
doivent être fouettez durant
trois jours differents, & mis
ensuite à la maison de coreec-
tion pendant un an.
Le General Carpenter étoit
parti pour aller enErosse pren-
dre le commandement en chef
des Troupes qui y sont, en la
place du Duc d'Argile.
132 M.ERGURE
Le 8. à 9 heures du soir le
Comte de Wington qui étoit
Prisonnier pour crime de hau-
te trahison s'échapa de la
Tour. Le sieur Nicolas Wo-
gan un des Rebelles, fut élargi
de la Prison de Newgatte, &
mis à la garde d'un Messager
ce qui fait croire qu'il recevra
bientôt son pardon. On a ar-
rêté par ordre un Imprimeur,
pour avoir inseré un paragra-
phe d'Edimbourg séditieux
par lequelil insinuoit qu'il
auroit bientôt une Rebellion
en Ecosse. Le 14. on porta à
S. Paulla grosse Cloche nom-
GALANT. 133
mée Tom de Westminster,
ayant esté nouvellement re-
fonduë; elle pese onze mille
quatre cens soixante treize li-
vres. Dans une Assemblée qui
a esté tenuë dans l'Eglise de
sainte Brigide, on resolut que
les Officiers de certe Paroisse
iroient de maison en maison
faire signer un écrit aux habi-
tans pour supprimer le Caba-
ret appellé Mughouſe, & pour
empecher qu'il ne se rérablit
ni aucun autre dans laParoisse.
Un Soldat aux Gardes a esté
passé par les armes pour de-
sertion; & aprés avoir essuie le
134 MERGURE
feu de six Soldats, il se releva
ce qui fit qu'on ordonna à
deux autres de tirer de plus
prés & de l'achever. Un Gre-
nadier passant devant une Ro.
tisserie & s'entendant appeller
par le Maistre, qu'il estoit un
Dogue du Roy Georges, il re-
vint ſur ſes pas l'épée à la main,
sur quoy tout le monde de la
boutique prit la fuite. Le Gre-
nadier se voyant seul fir un
grand dégât des viandes & au-
tres choses pour plus de 20.
schelins & emporta ce qu'il
pür.
Les Lettres de Londres du
GALANT. 135
20. de ce mois portent qu'on
mandoit d'Edimbourg du 10.
que les Geoliers tant des Villes
que des Châteaux, avoient
receu un ordre exprés de faire
un état de leurs Prisonniers,
qu'ils avoient divisez en quatre
classes; scavoir, la premiere
de ceux qui ont esté pris en ar-
mes; la seconde, de ceux qui
ont esté pris armez & qui de
depuis ont esté faits Prison-
niers; la troisième, de ceux qui
se sont rendus volontairement
& la quatrième, de ceux qui
sont Prisonniers par soupçon
d'être mal affectionnez, &
136 MERCURE
qu'on y attendoit les ordres
de la Cour pour faire leur Pro-
cez. Les Ducs d'Athol & de
Montross, les Comtes de Ro-
thes & plusieurs autres Sei-
gneurs qui sont dans cette
Ville s'assemblent tous les
jours; mais on ne sçait pas ce
qui se passe dans leur Assem-
blée, le même Duc de Mon-
tross étoit à la place du Comte
de Isla frere du Duc d'Argile.
Le sieur James Auteur du
Porſtboy a été arrêté pour
avoir mis dans son papier un
faux & séditieux paragraphe
d'Edimbourg qui tendoit à te-
nir
GA.LANY. 137
nir les esprits dans la Rebel-
lion, insinuant qu'il y avoit
5000. hommes commandez
par de bons Officiers qui
étoient prêts à prendre les ar-
mes contre le Roy, & on en-
voya ordre de faire arrêter le
sieur Gregory qu'il a denoncé.
On avoit aussi envoyé or-
dre au Commandant des
Troupes de tâcher de prendre
le nommé de Beaudittie qui
parcourt tout le Pays deguisé
en habit militaire, & qui tra-
vaille, à ce qu'on dit, à entre-
tenir les esprits dans la rebel-
lion. S'il est pris on en fera un
Septembre 1716. M
138 MERCURE
exemple. Voicy comme s'est
échape le Comte de Wington
de la Tour, il envoya chercher
tous ceux à qui il devoit de
l'argent pour luy avoir fourni
les choses necessaires pour son
entretien, & celuy de ses Do-
mestiques; il les paya tous
honnêtement, & sur les 9. heu-
res du soir il partit de son lo-
gis dans ses habits ordinaires
érant botté & ayant un Valet
qui portoit sa valise devant
luy, & dans cet équipage il
passa les Corps de Gardes de
la Tour & ſe ſauva; le Colo-
nel Docley Gouverneur, en
GALANT. 139
ayant eu avis, envoya ordre
dans divers Ports du Royau-
me pour l'arrêter, & il fit met-
tre en Prison les deux Gardes
qui gardoient ce Seigneur
dont on n'a pas eu depuis de
nouvelles.
Le premier de ce mois 44.
des pauvres Montagnards
furent par un ordre de la Cour
élargis du Château où ils
avoient esté mis en prison de-
puis prés d'un an, & il y en
restoit encore 42. Le deux M.
Smith Professeur de Philoso-
phie à Aberdeem sortit de
Talbooth sous caution, & le
Mij
140 MERCURE
lendemain le Capitaine Inneses
du Regiment de Berwick qui
avoit suivi le Pretendant en
Ecosse, fut mis en liberté; il
n'ya rien du Nord des Monta.
gnes ou tout continuë d'estre
fort tranquile. Dimanche der-
nier le Lord Lovat baisa la
main du Prince & celle de la
Princesse à Hamptoncourt
ayant obrenu les biens confis-
quez d'Alexandre Makensey
de Fazerdal en vertu de l'Acte
du Parlement pour encoura-
ger les delateurs; il porta
aussi l'épée d'Etat devant S. A.
R. allant a la Chapelle. LeLord
GALANT. 141
Makinfosk sorti depuis peu
de Newgatte eut aussi l'hon-
neur de baiser la main du
Prince.
Lundy le Lord Duffus un
des Rebelles d'Ecosse arrêté
depuis peu a Hambourg fut
amene icy, & fut envoyé à la
Tour par ordre du Secretaire
Methuen; M Thomas Brom
ley fils aîné de M. Bromley
cy-devant Orateur des Com-
munes & Secretaite d'Etar, est
mort depuis peu; le Chevalier
Guillaume Boughtom est aussi
mort; plusieurs des Rebelles
se sont rendus d'eux-mêmes
142 MERCURE
Prisonniers dans les Prisons de
Lancastre, pour éviter d'être
proscrits. M. d'Yberville qui
arriva icy Dimanche dernier
alla Mardy à Hamptoncourt
saluer le Prince & la Princesse
qui le receurent favorable-
ment. Vendredy leurs A. R.
allerent à une maison de New-
caste à cinq ou six mille
d'Hamptoncourt, & passant
par une Foire de Village qui
se tenoit à Esheur, ils en trou-
verent la Musique si plaisante
à leur gré, qu'étant retour-
nez à Hamptoncourt, ils l'en-
voyerent chercher & danse-
GALANT. 143
rent plusieurs danses ou bran-
les de Campagne. Mardy
le Prince alla à Windsor voir
le Château & les Apparte-
ments, & temoigna estre fort
satisfait de la situation, &
aprés y avoir esté 3. ou 4.
jours il s'en retourna à Hamp-
toncourt, & hier il fut à la
chasse dans le Parc de Riche-
mond : ce jour- là M. Stanian
Envoyé Extraordinaire & Ple-
nipotentiaire à la Cour de
Vienne, partit d'icy pour s'y
rendre, de même que M. Ma-
mirny pour les Cantons Suisses
Protestans, où il va Resident.
144 M.ERGURE
Le sieur Corbiere un des Com-
mis de la Tresorerie est aussi
parti avec M. Stanian pour se
rendre auprés de M. Walpool
Ministre de S. M. à la Haye.
Les Commissaires des biens
consisquez ouvriront leurs
Commissions à Preston le 19.
du mois prochain & à Edim-
bourg le 21. Il y a des Torys
qui soûtiennent que le Roy
ne reviendra plus en Angleter
re & sont même assez teme-
raires pour gager trois contre
un là dessus, ils ajoûtent que
Sa Majeſté a remis sa Couron-
ne au Prince de Galles, ce qui
est
GALANT. 14,
est bien opposé au bruit qui
s'est répandu, mais sans fon-
dement, que S. M. seroit in-
cessamment de retour en An-
gleterre pour pourvoir à quel-
que affaire de grande impor-
tance qu'on ne dit pas.
Les Wighs mécontents &
les Torris continuent leurs As-
semblées tant en cette Ville
qu'à la Campagne, pour con-
certer les moyens de pouvoir
renverser le Ministere, à quoy
ils se flattent toûjours de réus-
sir, du moins esperent- ils
qu'au retour du Roy les affaires
changeront deface à cer égard,
Septembre 1716.
N
146 MERCURE
& beaucoup sont d'opinion
que le Prince & la Princesse de
Galles les soûtiendront dans
leurs desseins, n'étant pas, à ce
qu'on assûre, contents du Mi-
nistère, non plus que le Peuple
en general.
Les lettres de Londres du 14.
de ce mois, portent qu'on y
avoit appris d'Edimbourg du
5. qu'il y estoit arrivé un Ex.
prés avec des ordres pour faire
transporter en Angleterre
tous les Seigneurs & Gentils-
hommes qui sont dans les pri-
sons d'Ecosse, afin de faire leur
procés; il y en avoit au nom-
GAL.ANT. 147
bre de quatre vingt dix. Le
Lord Justice Clerc, qui avoit
reçûm ces ordres, les envoya sur
le champ au General Carpen-
ter, & il partit ensuite pour
le Nord, ayant esté nommé un
des Commissaires établis pour
faire la visite de la Ville & de
l'Université d'Aberdeen; le
General Carpenter a commu-
niqué ces ordres au Gouver-
neur du Château & a tous les
Concierges des prisons, en leur
disant qu'ils eussent a delivrer
leurs prisonniers aux Troupes
du Roy le 10. de ce mois,
pour estre conduits à Carlille,
Nij
148 MERGURE
& l'on preparoit toutes cho-
ses pour leur départ; ce Gene-
ral avoit aussi reçû des ordres
pour faire une reforme de cinqu
hommes par Compagnie dans
les Troupes qui sont en Ecosse.
Le Capitaine Inneses a été
mis en liberté à la sollicitation
du General Carpenter qui
avoit esté fait prisonnier à la
bataille d'Almanza par ce Ca-
pitaine, qui luy fit beaucoup
d'honnestetez dans ce temps-
là, & le General luy promit
qu'il ne les oublieroit jamais,
ce qu'il luy a fait connoistre
en cette occasion où il luy en
GALANT. 149
a témoigné la reconnoissance.
Le fieur de Laval, un des
domestiques du Prétendant
qui étoit dans la même prison,
a aussi esté élargi. Quelques
avis du Nord, portent que le
nommé Robert Roy, avec
un parti d'environ cent hom-
mes couroit le Pays, pillant &
enlevant tous les bestiaux &
autres provisions qu'ils em-
menoient dans les Montagnes
pour leur subsistance, sur tout,
de ceux qui sont bien affection-
nez au Gouvernement. Les
Commissaires de- la Tresore-
tie ont nommé deux person-
Nii
150 M.ERGUII
nes pour aller à Addington en
Ecosse, où l'on avoit décou-
vert dans une valée voisine une
mine d'argent, avec ordre à
eux d'en faire une exacte ins-
pection.
Selon le calcul qui a esté fait
des especes qui ont esté frap-
pées l'année derniere depuis le
mois d'Aoust, il y en avoit eu
pour un million cinque cent
quarante-deux mille cent qua-
rante- cinq livres sterlin en or
& environ sept millions en
argent.
Trois perfonnes ont esté
fustigées à Oxford pour avoir
G.A.LANY. 151
crié dans les ruës, qu'il falloit
assommer tous les Wighs, &
vive Ormond pour jamais:
on a arresté un Irlandois qui a
passé de France à Londres avec
un grand nombre de Livres
Catholiques Romains; il a été
examiné par le sieur Methuen,
Secretaire d'Etat qui l'a en-
voyé ſous la garde d'un Mes-
sager. Le Comte de Warwick,
agé de 19. ans, est parti pour
aller voyager en France, en
Italie, &c. On a trouvé en
creusant dans les fondemens
de Sainte Marie Wolnok dans
se Lombard Streil, plusieurs
Niij
152 M.ERGURE
Antiquitez qu'on suppose
avoit esté ensevelies du temps
des Romains.
Les lettres d'Edimbourg du
27. du passé, assûrent qu'on
avoit trouvé beaucoup de dif-
ficultez dans le Conseil pour
regler la maniere & le lieu
où l'on devoit faire le procés
aux Rebelles qui sont prison-
niers en Ecosse; que cette affaire
avoit été ſuſpenduë, & qu'on
croyoit qu'elle ne seroit
reglée qu'au retour du Roy,
H2 MERCURE
& que c'étoit pour cette rai-
son que les Seigneurs Justiciers
d'Ecofse s'étoient ajournez
jusqu'au 12. de Novembre
prochain. Depuis peu de jours
on avoit arresté deux person-
nes pour avoir mal parlé du
Roy. Les Commissaires de l'A-
mirauté avoient envoyé ordre
aux Commissaires de la Mari-
ne, & à ceux du ravitaillement
de la Flotte, de changer de
nouveaux Vaisseaux de guerre,
nommez l'Ormond, & le Bul-
lingbrok, & à quelques autres
dont les noms ne sont pas a-
gréables à la Cour. On a appris
que
GA L. A N N. 113
que sur la resolution que la
Compagnie d'Afrique prit le
18. Aoust de recevoir des
souscriptions volontaites de
ses Membres pour pousser vi-
goureusement son Commer-
ce; on avoit ouvert les livres
& les souscriptions ont été
remplies le même jour; ce qui
a fait hausser les actions de cet-
te Compagnie depuis scize jus-
qu'à vingt deux. On publie
qu'il y a un Pardon au Sceau
en faveur de plusieurs Rebelles
pris à Preston qui sont dans
les prisons, dont on asfûre que
M'. Radeliffe, frere du feu
Septembre 1716.
K
114 M.ERCURE
Comte d'Erwenwater, Wo-
gan, le Colonel Stuard, Basile,
Hamilton, Tornton, Hodgs.
kon, Auderson, Griverson
Winraut, & Talbot sont du
nombre. Une femme a esté
arrestée & mise en prison pour
avoir dit, que Dieu benisse le
Roy Jacques III. & le Duc
d'Ormond, &c. Le Comte de
Sunderland avoit remis les
Sceaux aux trois Commissaires
pour exercer sa Charge de
Garde du Sceau privé en son
absence; & le Comte n'attend
que le Lord Cadogan pour
passer avec luy en Hollande,
GALANT. 11,
& de-là à Hanover. M. Marl-
boroug qui se portoit beau-
coup mieux, devoit revenir
à Londres où l'on meubloit
la maison pour l'y recevoir.
La Comtesse de Marr devoit
partir incessamment pour al-
ler prendre possession de la
maison d'Allower en Ecosse,
que le Comte son époux qui
est toûjours en prison sous
condamnation, luy a donnée
pour son douaire avec cent
sterlings de rente. Ce qui a esté
confirmé par le Roy & le
Parlement.
Une femme étoit accou-
Kij
116 MERCURE
chée dans la Paroisse de Sainte
Marie, d'un enfant masse,
ayant deux testes, quatre
mains, quatre jambes.
Le lendemain, une autre
femme accoucha à Pading.
ton, d'une fille qui avoit aussi
deux testes, &c. On avoit
avis de Wadrington dans le
Comté de Lancastre, que la
populace s'y étant depuis peu
attroupée, avoit commis de
grands desordres, ayant sacca-
ge l'Eglise Presbiterienne &
cassé toutes les vîtres de la
maison du Ministre.
Milord Molineux ayant vu
GALANN. 117
le portrait de la fille du Gene-
ral Skelton, qui est au service
de la France & du Prétendant,
en fut si charmé, qu'ayant en-
suite rencontré l'original à
Wadrington, il l'y épousa la
semaine passec.
Il étoit mort un Quaker
riche de plus de 30. mil livres
sterlings.
Le Chevalier Guillaume
Strikland a esté fait Gouver-
neur de la Jamaïque, d'où on
a reçû des lettres du 27. Juin,
qui portent qu'on y estoit
dans la derniere desolation
depuis les dernieres pirateries,
118 M.ERCURE
les Espagnols & les François
leur enlevant tous leurs Vais-
seaux en quelques Ports qu'ils
puissent aller, & que les
Chaloupes de cette Isle en fai-
soient de même des leurs, ce
qui ruinoit entierement le
Commerce.
Les Lettres de Londres du
7. portent qu'on y avoit eû
avis d'Edimbourg du 29. du
passé que le Lord Clerc avoit
receu ordre de la Cour de re-
tenit en prison tous ceux qui
avoient part dans la derniere
rebellion, comme estant gens
sans cautions. Que quelques
GALANT. 119
Ministres Episcopaux avoient
de nouveau prêché & dit les
prieres à leur maniere, sans y-
inserer leRoy Georges, & qu'ils
avoient estez sommez de com-
paroistre devant les Magis-
trats pour estre derechef ju-
gez & estre punis suivant la
Loy ; que le 27. le nommé
Jean Hamilton, frere du Lord
Bordowi avoit esté mis en
liberté, en vertu d'un ordre
des Lords Justiciers. Les Let-
tres de Dublin du 16. portent
que le Comte d'Antrim y arri-
va ce jour là ayant esté de-
mandé par le Gouvernement
comme aussi plusieurs autres
r20 MERGURE
personnes de distinction Ca-
tholiques Romains, & com-
me on avoit donné ordre en
même temps à tous les Offi-
ciers de l'Armée de se rendre,
à leur poste, on croyoit que
c'estoit des faux bruits qui
s'estoient répandus sans fon
dement, que le Pretendant
avoit dessein de faire une nou
velle tentative, ce qui avoit
donné lieu à ces ordres pour
estre sur leurs gardes. On
avoit publié une proclamation
pour proroger le Parlement
d'Irlande jusqu'au 5. Septem-
bre: on avoit arrêté chez un
Imprimeur
GALANY. 121
Imprimeur un Gentilhomme
Ecossois nommé Hepture, cy-
devant homme d'Eglise &
Chapelain d'un Vaisseau de
guerre sur la Flotte, sur lequel
on a trouvé beaucoup de pa-
piers scandaleux & séditieux
que l'on dit d'une consequen-
ce si dangereuse, qu'il sera
detenu fort étroitement en
prison. On avoit avis d'Han-
nover que le Comte de Peter-
boroug y estoit arrivé d'Ita-
lie pour saluer le Roy & qu'a-
prés peu de séjour il devoit
sen retourner, ce qui détruit
le bruit qui avoit couru que le
Septembre 1716. L
122 M.ERCURE
Roy luy avoit fait deffendre
de ſe presenter à la Cour. Le
Sieur Fargherson d'Inwersall
un des prisonniers de Preston
qui a esté condamné, & à qui
on a pardonné, a depuis peu
esté presenté au Prince & à la
Princesse qui le receurent fort
gracieusement, ayant esté in-
troduit par le Vicomte de
Towsend au prés duPrince, &
par le Comte deBridgewal au-
prés de la Princesse, ce qui con-
firme que le sieur Fargherson
avoit rendu de grands ser vices
à l'Etat dans la derniere re-
bellion, on a donné un ordre
GA.L.A.NT.
123
pour arrêter les principaux
Papistes d'Irlande , de les
desarmer generalement & de
saisir leurs chevaux qui passe-
ront la valeur de 5. livres ster
lings, comme aussi de desarmer
tous ceux qui seront suspects
au Gouvernement. Jeudy der-
nier M. Stafford arriva icy de
Bruxelles, il y avoit 22. ans
qu'il n'avoit esté en Angleterre
ce jour-là les sieurs Edward
Southwell, Thomas Vernon
& Chelton prêterent les ser-
ments en qualité de Commis-
saires du Sceau privé pendant
l'absence du Comte de Sun-
Li
124 MERCURE
derland. Le même jour le
Vaisseau de Guerre construit
icy pour le Roy de Sicile par
la permission de la feuë Reine,
descendit la Riviere pour se
rendre aux Dunes, le Marquis
de Trivié qui estoit sur le
Vaisseau, revint le même jour
à la Ville, le Prince a donné
des ordres pour faire relâcher
44. des rebelles qui sont dans
les prisons du Comté de Lan-
castre, en consideration de
leur vieillesse & de leurs infir-
mitez. Ce jour-là le Comte de
Sunderland & M. Cadogan
s'embarquerent à Greenwich
GALANT. 125
sur un Yacht pour passer a
Ostende, ce dernier s'en ira
de là en Flandres pour y regler
de concert avec les Ministres
de l'Empereur & des Etats
Genéraux les limites de la
Barriere. La commission pour
faire le procés aux Rebelles
prisonniers à Edimbourg est
au Sceau. Samedy on trouva
plusieurs papiers affichez en
divers endroits contenants
des paroles fort piquantes
contre le Roy & le Gouverne-
ment; on fait de grandes re-
cherches pour en découvrir
les auteurs. M. Murray avoit
Lil
126 MERCURE
esté pris avec les Rebelles de
Preston & condamné à estre
passe par les armes pour déser-
tion etant Capitaine dans le
Regiment de Dragons du
General Ross; mais il obtint
son pardon par le credit du
Duc d'Athol son pere qui a
toûjours demeuré constant au
ſervice de Sa Majeſté. Le Poſ-
tillon qui portoit les Lettres en
Irlande du 18. du passé, a esté
attaqué sur la route proche
d'Orly, on luy a enlevé la
malle & on l'a presque assom-
mé. La ſemaine paſſée on
poſa la premiere pierre de fon-
GALANN. 127
dement de l'Eglise de Sainte
Marie dans la ruë des Lom
bards qu'on rebâtit de neuf
estant comprise dans le nom-
bre des 52. Eglises neuves
qu'on doit rebâtir. M Massey
qui en est le Ministre y mit
dessous une guinée du Roy
Georges, & un Droguiste du
voisinage y mit une guinée
de la feuë Reine.
On mande de Londres du
17 qu'on y avoit appris d'E-
dimbourg du 8 que le Briga-
dier Campbelle y estoit arrivé
avec une bonne escorte d'In-
verlochi où il étoit Prisonnier,
Liii
128 M.ERCURE
il avoit été pris à la tête des
Rebelles dans les Iſses du
West; qu'il avoit d'abord été
mis en prison dans la maison
du Comte de Wington, mais
que ne l'y croyant pas en ſu-
reté, on l'avoit transferé dans
la Prison du Château, & que
la ſemaine ſuivante il y devoit
avoir une Assemblée de Sei-
gneurs & de Gentilshommes
qui sont employez dans le
Gouvernement, devant les
quels plusieurs affaires doivent
être examinées pour le service
du Roy : que le Duc d'Athol
yétoit atrivé deux jours aupa-
GALANY. 129
ravant dePerth, aussi bien que
plusieurs autres Seigneurs qui
devoient faire unc Assemblée,
mais on ne sçait pas pour quel
sujet. Le Duc d'Athol avoit
apporté avec luy plusieurs or-
dres écrits & donnez pour les
Officiers commandants les
Troupes du Roy dans la Pro-
vince de Perth: on a oſté au
Colonel Campbelle de Final
unè Compagnie franche qu'il
commandoit & qui a rendu
de bons services durant la re-
bellion, à cause qu'il estoit
trop attaché au Duc d'Argile.
Ona receu un ordre du Roy
130 MERGURE
pour oster au Comte de Not-
tingham la pension de trois
mil cinqu cens livres sterlings
qu'il avoit, & elle sera donnee
au Duc de Devon avec la Char-
ge de Président du Conseil, ce
qui fera en tout cinque mille li-
vres sterlings de revenu.
Le Phoenix Vaisseau de
Guerre devoit aller visiter les
costes & Ports de France, pour
voir si on y fait quelque arme-
ment. Aux dernieres Assises
sept hommes & une femme
receurent Sentence de mort
& 14. furent condamnez d'è-
tre brulez à da main, & huit
GA.L.A.NT. 131
autres à eſtre fuſtigez, parmy
lesquels il y en avoit deux pour
avoir bû à la ſanté du Préten-
dant, sous le nom de Jacques
III. & avoient dit qu'il étoit le
Roy legitime d'Angleterre, &
un autre pour avoir maudit le
Prince & la Princesse, & ils
doivent être fouettez durant
trois jours differents, & mis
ensuite à la maison de coreec-
tion pendant un an.
Le General Carpenter étoit
parti pour aller enErosse pren-
dre le commandement en chef
des Troupes qui y sont, en la
place du Duc d'Argile.
132 M.ERGURE
Le 8. à 9 heures du soir le
Comte de Wington qui étoit
Prisonnier pour crime de hau-
te trahison s'échapa de la
Tour. Le sieur Nicolas Wo-
gan un des Rebelles, fut élargi
de la Prison de Newgatte, &
mis à la garde d'un Messager
ce qui fait croire qu'il recevra
bientôt son pardon. On a ar-
rêté par ordre un Imprimeur,
pour avoir inseré un paragra-
phe d'Edimbourg séditieux
par lequelil insinuoit qu'il
auroit bientôt une Rebellion
en Ecosse. Le 14. on porta à
S. Paulla grosse Cloche nom-
GALANT. 133
mée Tom de Westminster,
ayant esté nouvellement re-
fonduë; elle pese onze mille
quatre cens soixante treize li-
vres. Dans une Assemblée qui
a esté tenuë dans l'Eglise de
sainte Brigide, on resolut que
les Officiers de certe Paroisse
iroient de maison en maison
faire signer un écrit aux habi-
tans pour supprimer le Caba-
ret appellé Mughouſe, & pour
empecher qu'il ne se rérablit
ni aucun autre dans laParoisse.
Un Soldat aux Gardes a esté
passé par les armes pour de-
sertion; & aprés avoir essuie le
134 MERGURE
feu de six Soldats, il se releva
ce qui fit qu'on ordonna à
deux autres de tirer de plus
prés & de l'achever. Un Gre-
nadier passant devant une Ro.
tisserie & s'entendant appeller
par le Maistre, qu'il estoit un
Dogue du Roy Georges, il re-
vint ſur ſes pas l'épée à la main,
sur quoy tout le monde de la
boutique prit la fuite. Le Gre-
nadier se voyant seul fir un
grand dégât des viandes & au-
tres choses pour plus de 20.
schelins & emporta ce qu'il
pür.
Les Lettres de Londres du
GALANT. 135
20. de ce mois portent qu'on
mandoit d'Edimbourg du 10.
que les Geoliers tant des Villes
que des Châteaux, avoient
receu un ordre exprés de faire
un état de leurs Prisonniers,
qu'ils avoient divisez en quatre
classes; scavoir, la premiere
de ceux qui ont esté pris en ar-
mes; la seconde, de ceux qui
ont esté pris armez & qui de
depuis ont esté faits Prison-
niers; la troisième, de ceux qui
se sont rendus volontairement
& la quatrième, de ceux qui
sont Prisonniers par soupçon
d'être mal affectionnez, &
136 MERCURE
qu'on y attendoit les ordres
de la Cour pour faire leur Pro-
cez. Les Ducs d'Athol & de
Montross, les Comtes de Ro-
thes & plusieurs autres Sei-
gneurs qui sont dans cette
Ville s'assemblent tous les
jours; mais on ne sçait pas ce
qui se passe dans leur Assem-
blée, le même Duc de Mon-
tross étoit à la place du Comte
de Isla frere du Duc d'Argile.
Le sieur James Auteur du
Porſtboy a été arrêté pour
avoir mis dans son papier un
faux & séditieux paragraphe
d'Edimbourg qui tendoit à te-
nir
GA.LANY. 137
nir les esprits dans la Rebel-
lion, insinuant qu'il y avoit
5000. hommes commandez
par de bons Officiers qui
étoient prêts à prendre les ar-
mes contre le Roy, & on en-
voya ordre de faire arrêter le
sieur Gregory qu'il a denoncé.
On avoit aussi envoyé or-
dre au Commandant des
Troupes de tâcher de prendre
le nommé de Beaudittie qui
parcourt tout le Pays deguisé
en habit militaire, & qui tra-
vaille, à ce qu'on dit, à entre-
tenir les esprits dans la rebel-
lion. S'il est pris on en fera un
Septembre 1716. M
138 MERCURE
exemple. Voicy comme s'est
échape le Comte de Wington
de la Tour, il envoya chercher
tous ceux à qui il devoit de
l'argent pour luy avoir fourni
les choses necessaires pour son
entretien, & celuy de ses Do-
mestiques; il les paya tous
honnêtement, & sur les 9. heu-
res du soir il partit de son lo-
gis dans ses habits ordinaires
érant botté & ayant un Valet
qui portoit sa valise devant
luy, & dans cet équipage il
passa les Corps de Gardes de
la Tour & ſe ſauva; le Colo-
nel Docley Gouverneur, en
GALANT. 139
ayant eu avis, envoya ordre
dans divers Ports du Royau-
me pour l'arrêter, & il fit met-
tre en Prison les deux Gardes
qui gardoient ce Seigneur
dont on n'a pas eu depuis de
nouvelles.
Le premier de ce mois 44.
des pauvres Montagnards
furent par un ordre de la Cour
élargis du Château où ils
avoient esté mis en prison de-
puis prés d'un an, & il y en
restoit encore 42. Le deux M.
Smith Professeur de Philoso-
phie à Aberdeem sortit de
Talbooth sous caution, & le
Mij
140 MERCURE
lendemain le Capitaine Inneses
du Regiment de Berwick qui
avoit suivi le Pretendant en
Ecosse, fut mis en liberté; il
n'ya rien du Nord des Monta.
gnes ou tout continuë d'estre
fort tranquile. Dimanche der-
nier le Lord Lovat baisa la
main du Prince & celle de la
Princesse à Hamptoncourt
ayant obrenu les biens confis-
quez d'Alexandre Makensey
de Fazerdal en vertu de l'Acte
du Parlement pour encoura-
ger les delateurs; il porta
aussi l'épée d'Etat devant S. A.
R. allant a la Chapelle. LeLord
GALANT. 141
Makinfosk sorti depuis peu
de Newgatte eut aussi l'hon-
neur de baiser la main du
Prince.
Lundy le Lord Duffus un
des Rebelles d'Ecosse arrêté
depuis peu a Hambourg fut
amene icy, & fut envoyé à la
Tour par ordre du Secretaire
Methuen; M Thomas Brom
ley fils aîné de M. Bromley
cy-devant Orateur des Com-
munes & Secretaite d'Etar, est
mort depuis peu; le Chevalier
Guillaume Boughtom est aussi
mort; plusieurs des Rebelles
se sont rendus d'eux-mêmes
142 MERCURE
Prisonniers dans les Prisons de
Lancastre, pour éviter d'être
proscrits. M. d'Yberville qui
arriva icy Dimanche dernier
alla Mardy à Hamptoncourt
saluer le Prince & la Princesse
qui le receurent favorable-
ment. Vendredy leurs A. R.
allerent à une maison de New-
caste à cinq ou six mille
d'Hamptoncourt, & passant
par une Foire de Village qui
se tenoit à Esheur, ils en trou-
verent la Musique si plaisante
à leur gré, qu'étant retour-
nez à Hamptoncourt, ils l'en-
voyerent chercher & danse-
GALANT. 143
rent plusieurs danses ou bran-
les de Campagne. Mardy
le Prince alla à Windsor voir
le Château & les Apparte-
ments, & temoigna estre fort
satisfait de la situation, &
aprés y avoir esté 3. ou 4.
jours il s'en retourna à Hamp-
toncourt, & hier il fut à la
chasse dans le Parc de Riche-
mond : ce jour- là M. Stanian
Envoyé Extraordinaire & Ple-
nipotentiaire à la Cour de
Vienne, partit d'icy pour s'y
rendre, de même que M. Ma-
mirny pour les Cantons Suisses
Protestans, où il va Resident.
144 M.ERGURE
Le sieur Corbiere un des Com-
mis de la Tresorerie est aussi
parti avec M. Stanian pour se
rendre auprés de M. Walpool
Ministre de S. M. à la Haye.
Les Commissaires des biens
consisquez ouvriront leurs
Commissions à Preston le 19.
du mois prochain & à Edim-
bourg le 21. Il y a des Torys
qui soûtiennent que le Roy
ne reviendra plus en Angleter
re & sont même assez teme-
raires pour gager trois contre
un là dessus, ils ajoûtent que
Sa Majeſté a remis sa Couron-
ne au Prince de Galles, ce qui
est
GALANT. 14,
est bien opposé au bruit qui
s'est répandu, mais sans fon-
dement, que S. M. seroit in-
cessamment de retour en An-
gleterre pour pourvoir à quel-
que affaire de grande impor-
tance qu'on ne dit pas.
Les Wighs mécontents &
les Torris continuent leurs As-
semblées tant en cette Ville
qu'à la Campagne, pour con-
certer les moyens de pouvoir
renverser le Ministere, à quoy
ils se flattent toûjours de réus-
sir, du moins esperent- ils
qu'au retour du Roy les affaires
changeront deface à cer égard,
Septembre 1716.
N
146 MERCURE
& beaucoup sont d'opinion
que le Prince & la Princesse de
Galles les soûtiendront dans
leurs desseins, n'étant pas, à ce
qu'on assûre, contents du Mi-
nistère, non plus que le Peuple
en general.
Les lettres de Londres du 14.
de ce mois, portent qu'on y
avoit appris d'Edimbourg du
5. qu'il y estoit arrivé un Ex.
prés avec des ordres pour faire
transporter en Angleterre
tous les Seigneurs & Gentils-
hommes qui sont dans les pri-
sons d'Ecosse, afin de faire leur
procés; il y en avoit au nom-
GAL.ANT. 147
bre de quatre vingt dix. Le
Lord Justice Clerc, qui avoit
reçûm ces ordres, les envoya sur
le champ au General Carpen-
ter, & il partit ensuite pour
le Nord, ayant esté nommé un
des Commissaires établis pour
faire la visite de la Ville & de
l'Université d'Aberdeen; le
General Carpenter a commu-
niqué ces ordres au Gouver-
neur du Château & a tous les
Concierges des prisons, en leur
disant qu'ils eussent a delivrer
leurs prisonniers aux Troupes
du Roy le 10. de ce mois,
pour estre conduits à Carlille,
Nij
148 MERGURE
& l'on preparoit toutes cho-
ses pour leur départ; ce Gene-
ral avoit aussi reçû des ordres
pour faire une reforme de cinqu
hommes par Compagnie dans
les Troupes qui sont en Ecosse.
Le Capitaine Inneses a été
mis en liberté à la sollicitation
du General Carpenter qui
avoit esté fait prisonnier à la
bataille d'Almanza par ce Ca-
pitaine, qui luy fit beaucoup
d'honnestetez dans ce temps-
là, & le General luy promit
qu'il ne les oublieroit jamais,
ce qu'il luy a fait connoistre
en cette occasion où il luy en
GALANT. 149
a témoigné la reconnoissance.
Le fieur de Laval, un des
domestiques du Prétendant
qui étoit dans la même prison,
a aussi esté élargi. Quelques
avis du Nord, portent que le
nommé Robert Roy, avec
un parti d'environ cent hom-
mes couroit le Pays, pillant &
enlevant tous les bestiaux &
autres provisions qu'ils em-
menoient dans les Montagnes
pour leur subsistance, sur tout,
de ceux qui sont bien affection-
nez au Gouvernement. Les
Commissaires de- la Tresore-
tie ont nommé deux person-
Nii
150 M.ERGUII
nes pour aller à Addington en
Ecosse, où l'on avoit décou-
vert dans une valée voisine une
mine d'argent, avec ordre à
eux d'en faire une exacte ins-
pection.
Selon le calcul qui a esté fait
des especes qui ont esté frap-
pées l'année derniere depuis le
mois d'Aoust, il y en avoit eu
pour un million cinque cent
quarante-deux mille cent qua-
rante- cinq livres sterlin en or
& environ sept millions en
argent.
Trois perfonnes ont esté
fustigées à Oxford pour avoir
G.A.LANY. 151
crié dans les ruës, qu'il falloit
assommer tous les Wighs, &
vive Ormond pour jamais:
on a arresté un Irlandois qui a
passé de France à Londres avec
un grand nombre de Livres
Catholiques Romains; il a été
examiné par le sieur Methuen,
Secretaire d'Etat qui l'a en-
voyé ſous la garde d'un Mes-
sager. Le Comte de Warwick,
agé de 19. ans, est parti pour
aller voyager en France, en
Italie, &c. On a trouvé en
creusant dans les fondemens
de Sainte Marie Wolnok dans
se Lombard Streil, plusieurs
Niij
152 M.ERGURE
Antiquitez qu'on suppose
avoit esté ensevelies du temps
des Romains.
Fermer
122
p. 152-155
De Naples. [titre d'après la table]
Début :
Les lettres de Naples portent que depuis huit jours on [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Naples. [titre d'après la table]
Les lettres de Naples portent
que depuis huit jours on
entendoit toutes les nuits des
bruits terribles vers le Mont-
Vesuve, qui commencent vers
les sept heures du soir, & fi-
nissent vers les quatre heures
du matin; & pendant le jour
il en sort une fumée si épaisse
que le Soleil en est obscurcy,
& durant quelques nuits on
avoit ressenti des secousses de
tremblement de terre, qui,
quoyque legeres ne laissoient
GALANT. 153.
pas de donner de l'épouvante,
parce qu'on en apprehendoit
des suites fâcheuses : qu'on
avoit appris qu'il y en avoit eu
dans la Pouille & dans la Ca-
labre qui ont causé de grands
desordres, ayant renversé des
Bourgs & des Villages en-
tiers, & ensevelis sous leurs
ruines un grand nombre d'ha-
bitans: qu on voyoit de temps
en temps rôder sur les costes,
des bâtimens Turcs; deux
desquels s'approcherent pen-
dant la nuit.le 25. de Gaëtte,
& y avoient mis du monde à
terre qui fit dans les habita-
154 M.ERCURE
tions voisines quarante deux
Esclaves, & pilla leurs effets
& qu'ils s'étoient rembarquez
à la pointe du jour; ils ont
aussi debarqué du costé du
Reggio, où ils ont fait beau-
coup de defordres & emme-
né en esclavage plus de cent
personnes. Ces lettres ajoû-
tent que la femme d'un Bou-
langer de certe Ville étoit ac-
couchée de sept enfans, dont
il y en avoit quatre garçons
& trois filles; ils ont vêcu six
heures, & le Viceroy les a été
voit. Une autre femme étoit
accouchée de cinqui garçons qui
GALANT. 155
avoient tous vêcu deux fois
vingt quatre heures.
que depuis huit jours on
entendoit toutes les nuits des
bruits terribles vers le Mont-
Vesuve, qui commencent vers
les sept heures du soir, & fi-
nissent vers les quatre heures
du matin; & pendant le jour
il en sort une fumée si épaisse
que le Soleil en est obscurcy,
& durant quelques nuits on
avoit ressenti des secousses de
tremblement de terre, qui,
quoyque legeres ne laissoient
GALANT. 153.
pas de donner de l'épouvante,
parce qu'on en apprehendoit
des suites fâcheuses : qu'on
avoit appris qu'il y en avoit eu
dans la Pouille & dans la Ca-
labre qui ont causé de grands
desordres, ayant renversé des
Bourgs & des Villages en-
tiers, & ensevelis sous leurs
ruines un grand nombre d'ha-
bitans: qu on voyoit de temps
en temps rôder sur les costes,
des bâtimens Turcs; deux
desquels s'approcherent pen-
dant la nuit.le 25. de Gaëtte,
& y avoient mis du monde à
terre qui fit dans les habita-
154 M.ERCURE
tions voisines quarante deux
Esclaves, & pilla leurs effets
& qu'ils s'étoient rembarquez
à la pointe du jour; ils ont
aussi debarqué du costé du
Reggio, où ils ont fait beau-
coup de defordres & emme-
né en esclavage plus de cent
personnes. Ces lettres ajoû-
tent que la femme d'un Bou-
langer de certe Ville étoit ac-
couchée de sept enfans, dont
il y en avoit quatre garçons
& trois filles; ils ont vêcu six
heures, & le Viceroy les a été
voit. Une autre femme étoit
accouchée de cinqui garçons qui
GALANT. 155
avoient tous vêcu deux fois
vingt quatre heures.
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123
p. 155-159
De Cadix, &c. [titre d'après la table]
Début :
Des lettres de Cadiz du 4. de ce mois, portent que les [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Cadix, &c. [titre d'après la table]
Des lettres de Cadiz du 4.
de ce mois, portent que les
chaleurs étoient extrêmement
diminuées, qu'on avoit com-
mencé les vendanges dans ces
quartiers là le 18. Aoust, &
qu'elles étoient des plus abon-
dantes, particulierement du
coſté de Xerez.
Des Lettres de Lisbonne du
30. du mois dernier portent
que les chaleurs estoient mo-
derées; mais qu'elles avoient
causé des maladies qui em-
portoient une prodigieuse
156 MERCURE
quantité de monde de tout
age, de tout sexe & particulie-
rement à la Campagne.
On juge que ces maladies ont
esté causées par les mauvaises
exhalaisons de la terre que les
orages frequents avoient atti-
rez.
On mande de Barcelone du
3. de ce mois qu'on y avoit
encore arrêté depuis 8. jours
plusieurs personnes soupçon-
nées d'estre mal intentionnées
contre le Couvernement, &
qu'on les avoit mises dans les
prisons du Montjouy, que la
veille on avoit execute 5. Chefs
GAL.A.NY. 15
des Miquelets qu'on avoit
amené il y a quelques jours de
Tarragone, & qui avoient esté
pris du côté de Montblanc, où
ils faisoient beaucoup de dé-
gâts, estant au nombre de plus
de 60 que ce jour là même
on y en avoit encore amené
six qui devoient avoir le mê-
mę sort le lendemain, & qu'on
continuoit a travailler aux
nouvelles Fortifications qui al-
loient fort lentement faute
d'ouvriers & d'argent.
On mande de Perpignan du
14. qu'on y avoit esté bien
surpris, d'apprendre qu'une
158 MERCURE
Troupe de soixante Miquelets
estoit venue dans la Plaine,
où ils avoient commis beau-
coup de desordres, & quan-
tité de vols; mais qu'on avoit
fait plusieurs détachemens des
Places des environs pour cou-
rir apres ces Bandits, qu'ils
avoient joint comme ils se
retiroient dans les Montagnes
pour s'en retourner dans le
Lampourdan; un de ces dé-
tachemens leur coupa chemin
par devant, & les autres les
attaquerent en queue; & de
toute certe Troupe il n'y en
eût que cinqu de pris, les autres
GALANT. 159
ayant esté tuez ou blessez mor-
tellement, & que quelques
jours auparavant on en avoit
amené plusieurs, parmi les-
quels étoit un de leurs Chefs.
Ils ont tous esté pendus.
On a appris par les dernieres
lettres d'Espagnes que le Roy
a donne 80. mille piastres à
l'Abbé Castillon qui a quitté
le petit coler pour épouser la
Duchesse d'Albe.
de ce mois, portent que les
chaleurs étoient extrêmement
diminuées, qu'on avoit com-
mencé les vendanges dans ces
quartiers là le 18. Aoust, &
qu'elles étoient des plus abon-
dantes, particulierement du
coſté de Xerez.
Des Lettres de Lisbonne du
30. du mois dernier portent
que les chaleurs estoient mo-
derées; mais qu'elles avoient
causé des maladies qui em-
portoient une prodigieuse
156 MERCURE
quantité de monde de tout
age, de tout sexe & particulie-
rement à la Campagne.
On juge que ces maladies ont
esté causées par les mauvaises
exhalaisons de la terre que les
orages frequents avoient atti-
rez.
On mande de Barcelone du
3. de ce mois qu'on y avoit
encore arrêté depuis 8. jours
plusieurs personnes soupçon-
nées d'estre mal intentionnées
contre le Couvernement, &
qu'on les avoit mises dans les
prisons du Montjouy, que la
veille on avoit execute 5. Chefs
GAL.A.NY. 15
des Miquelets qu'on avoit
amené il y a quelques jours de
Tarragone, & qui avoient esté
pris du côté de Montblanc, où
ils faisoient beaucoup de dé-
gâts, estant au nombre de plus
de 60 que ce jour là même
on y en avoit encore amené
six qui devoient avoir le mê-
mę sort le lendemain, & qu'on
continuoit a travailler aux
nouvelles Fortifications qui al-
loient fort lentement faute
d'ouvriers & d'argent.
On mande de Perpignan du
14. qu'on y avoit esté bien
surpris, d'apprendre qu'une
158 MERCURE
Troupe de soixante Miquelets
estoit venue dans la Plaine,
où ils avoient commis beau-
coup de desordres, & quan-
tité de vols; mais qu'on avoit
fait plusieurs détachemens des
Places des environs pour cou-
rir apres ces Bandits, qu'ils
avoient joint comme ils se
retiroient dans les Montagnes
pour s'en retourner dans le
Lampourdan; un de ces dé-
tachemens leur coupa chemin
par devant, & les autres les
attaquerent en queue; & de
toute certe Troupe il n'y en
eût que cinqu de pris, les autres
GALANT. 159
ayant esté tuez ou blessez mor-
tellement, & que quelques
jours auparavant on en avoit
amené plusieurs, parmi les-
quels étoit un de leurs Chefs.
Ils ont tous esté pendus.
On a appris par les dernieres
lettres d'Espagnes que le Roy
a donne 80. mille piastres à
l'Abbé Castillon qui a quitté
le petit coler pour épouser la
Duchesse d'Albe.
Fermer
124
p. 213-216
De Paris.
Début :
Le 1. de ce mois on fit dans l'Eglise de l'Abbaye Royale [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris.
De Paris.
Le 1. de ce mois on fit dans
l'Eglise de l'Abbaye Royale
de S. Denis l'Anniversaire ſo-
lemnel du Roy Louis XIV de
glorieuse memoire. L'Arche-
vêque de Toulouse y celebra
la Messe en l'absence de M. le
Cardinal de Rohan, Grand
Aumônier de France. Mon-
fieur le Duc d'Otleans, Mon-
sieur le Duc, Monsieur le
Comte de Charolois, & Mes-
sieurs, le Duc du Maine, le
Prince de Dombes, le Comte
214 M. ERGURI
d'Eu, & le Comte de Toulouse
y assisterent.
Le 2. les Deputez des Etats
de Languedoc eurent Audien.
ce du Roy & luy presenterent
leur cahier.
Le même jour aprés dîné
Sa Majeſté ſortit du Palais des
Tuilleries accompagnée de
Monsieur le Duc du Maine,
de Madame la Duchesse de
Ventadour, du Prince de Dom-
bes & du Comte d'Eu: elle alla
passer l'aprés midy chez Ma-
dame la Duchesse de la Ferté
ſa Marraine, qui, de crainte
que le mauvais air des maladies
215
GALANT.
qui courent, n'attaquât la per
sonne du Roy, avoit eue la
précaution de faire dtesser d'es-
pace en espace depuis les Tuil-
leries juſqu'à ſon Hôtel ruë
de Richelieu, des Réchaux al-
lumez dans lesquels on jettoit
de temps en temps du genie-
vre & autres bois de senteur
dont la douce fumée remplis-
soir l'air.
Le Roy fut receu chez cette
Duchesse au bruit de plusieurs
salves de petits canons, dans
un Appartement magnifique,
où l'on employa tout ce qu'on
pût imaginer de plus amusant
216 MERGURE
& de plus gracieux pour di-
vertir Sa Majesté On la regala
d'abord d'un Ballet qui fur
executé par des jeunes gens
convenables à son age M. de
la Grange est Auteur des pa-
roles, & M. Mouret de la mu-
sique des airs qu'on y chanta.
En voicy un trait.
Le 1. de ce mois on fit dans
l'Eglise de l'Abbaye Royale
de S. Denis l'Anniversaire ſo-
lemnel du Roy Louis XIV de
glorieuse memoire. L'Arche-
vêque de Toulouse y celebra
la Messe en l'absence de M. le
Cardinal de Rohan, Grand
Aumônier de France. Mon-
fieur le Duc d'Otleans, Mon-
sieur le Duc, Monsieur le
Comte de Charolois, & Mes-
sieurs, le Duc du Maine, le
Prince de Dombes, le Comte
214 M. ERGURI
d'Eu, & le Comte de Toulouse
y assisterent.
Le 2. les Deputez des Etats
de Languedoc eurent Audien.
ce du Roy & luy presenterent
leur cahier.
Le même jour aprés dîné
Sa Majeſté ſortit du Palais des
Tuilleries accompagnée de
Monsieur le Duc du Maine,
de Madame la Duchesse de
Ventadour, du Prince de Dom-
bes & du Comte d'Eu: elle alla
passer l'aprés midy chez Ma-
dame la Duchesse de la Ferté
ſa Marraine, qui, de crainte
que le mauvais air des maladies
215
GALANT.
qui courent, n'attaquât la per
sonne du Roy, avoit eue la
précaution de faire dtesser d'es-
pace en espace depuis les Tuil-
leries juſqu'à ſon Hôtel ruë
de Richelieu, des Réchaux al-
lumez dans lesquels on jettoit
de temps en temps du genie-
vre & autres bois de senteur
dont la douce fumée remplis-
soir l'air.
Le Roy fut receu chez cette
Duchesse au bruit de plusieurs
salves de petits canons, dans
un Appartement magnifique,
où l'on employa tout ce qu'on
pût imaginer de plus amusant
216 MERGURE
& de plus gracieux pour di-
vertir Sa Majesté On la regala
d'abord d'un Ballet qui fur
executé par des jeunes gens
convenables à son age M. de
la Grange est Auteur des pa-
roles, & M. Mouret de la mu-
sique des airs qu'on y chanta.
En voicy un trait.
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125
p. 259-286
Discours sur differens points, concernant l'excellence de l'Organe de l'oeil, la frequence de ses Maladies, leurs differentes causes, les abus qui se glissent dans leur traitement, & la negligence de ceux qui sont attaquez de ces Maladies ; par M. Anel, Docteur en Chirurgie, Chirurgien de Madame Royale de Savoye, & Oculiste de France par Brevet du Roy.
Début :
Voicy un Discours que j'ay reçû de M. Anel. Il m'a paru / L'oeil est de tous les organes, celuy dont la structure est la [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur differens points, concernant l'excellence de l'Organe de l'oeil, la frequence de ses Maladies, leurs differentes causes, les abus qui se glissent dans leur traitement, & la negligence de ceux qui sont attaquez de ces Maladies ; par M. Anel, Docteur en Chirurgie, Chirurgien de Madame Royale de Savoye, & Oculiste de France par Brevet du Roy.
Voicy un Discours que j'ay
reçû de M. Anel. Il m'a paru
d'une grande utilité pour le
Public, & je vous le commu-
nique tel, mot pour mot qu'il
me l'a envoyé.
Y
260 M.ERGURRE
Discours sur differens points,
concernant l'excellence de l'Organe
de l'oeil, la frequence de
ses Maladies, leurs differentes
causes, les abus qui se
glissent dans leur traitement,
& la negligence de ceux qui
sont attaquez de ces Maladies ;
par M. Anel, Docteur en
Chirurgie, Chirurgien de
Madame Royale de Savoye,
& Oculiste de France par
Brevet du Roy.
L'oeil est de tous les organes,
celuy dont la structure est la
GALANT. 261
plus composée, & la plus
admirable, ſa principale fonc-
tion, est necessaire, est si ne-
cessaire, & si importante que
l'on ne peut se passer d'elle,
sans être privé des plus grands
plaisirs de la vie, & sans estre
presque inutile, & même à
charge aux autres; les yeux
font le plus grand ornement
du visage, ils sont les inter-
prêtes du cœeur, & le miroir
de l'ame, ils expriment since-
rement nos veritables senti-
mens, & sans nous déguiser,
ils démasquent sans cesse les
plus perfides, ceux qui enten-
262 M.ERCURE
dent parfaitement leur langa-
ge sont plus attentifs à les ob-
ferver, qu'à écouter les paro-
les qu'on leur prononce, l'on
à raison de dire que ce langa-
ge, est celuy de l'amour, &
jajoûte, qu'il est celuy de la
verité, leur excellence triom-
phe par les metaphores, & les
allegories, que les Orateurs
font si heureusement à leur
occasion.
De toutes les parties du
corps humain, il n'y en a
point aprés le coeur, dont l'ac-
tion & le mouvement, soit si
actif, & si considerable que
GALANT. 263
l'est celuy de l'œeil, les mouve-
mens du globe, & celuy des
paupieres, sont tres frequents.
Les rayons de la lumiere met-
vent cet organe en action,
suivant qu'ils le frappent,
leur grand éclat l'éblouit
l'action forcée, & l'applica-
tion le déguisent, les injures
du temps l'accablent, les pas-
sions & toutes les maladies,
& indispositions corporelles
l'abattent, ou le rendent plus
éclattant.
Un organe aussi composé
dont l'usage est si étendu, &
d'une simpatie si relative à tous
264 M.ERCURE
les changemens, qui se passent
dans l'œeconomie animale
ne peut pas manquer d'être
sujet à mille changemens
dont la pluspart tendent à
ſa ruine, ou à ſa destruction;
aussi voyons nous qu'il est at-
taqué par des maladies diver-
ses, nombreuses, & tres-fre-
quentes, ce qui seroit trop dé-
plotable, ſi l'art, & la nature
ne nous avoient pas fourni en
même temps, autant de diffe-
rens moyens, pour prevenit
pour combattre, & pour
vaincre ce genre de maladies;
nous en avons suffisamment
grace
GALANT. 265
grace au Seigneur; mais il faut
avoir recours de bonne heure,
à la bonne methode, sans
quoy les progrés des maladies
des yeux font pancher la ba-
lance de leur côte, & rendent
ensuite nos soins inutiles, ou
du moins, ils nous mettent
dans la necessité de les redou-
bler, & la veuë dans un grand
danger de sa perte, ou de quel
que difformité.
Ce qui m'a donné lieu de
faire ces importantes observa-
tions, c'est le grand nombre
des malades qui m'ont fait
l'honneur d'avoir recours à
Septembre 1716.
T
266 M.ERGURE
moy, & qui continuent de
me consulter, parmi lesquels
il s'en trouve la plus grande
partie, n'être borgnes, ou
aveugles, ou du moins à la
veille de le devenir, que pour
s'être confiez trop facilement
à la conduite de certaines per
sonnes, qui n'étant ni Mede-
cins, ni Chirurgiens, & par
consequent sans connoissance
de la ſtructure du corps hu-
main, de ses maladies, ni de
l'usage des remedes, s'inge-
rent de guerir celles des yeux
par un seul remede appliqué
exterieurement, & indifferem-
GALANY. 267
ment a toutes sortes de ma-
ladies des yeux, sans conside-
rer qu'il faut les diversifier sui-
vant la diversité de ces mala-
dies, & que le même remede
qui guerira un œeil malade à
un homme dans un cas diffe-
rent, fera perdre l'œeil à un au-
tre, ce que je vois atriver tous
les jours par la mauvaise con-
duite de ceux qui ne sont pas
capables de distinguer la veri-
table eſpece de la maladie, ni
les causes essentielles qui l'ont
produite & qui l'entretient, ce
qui est pourtant de la derniere
consequence dans le traite-
Zij
268 M. ERGURE
ment des maladies des yeux.
Les principales causes de ces
sortes de maladies ne sont pas
à la portée de la plûpart de
ceux qui se mêlent de les trai-
ter, d'autant plus qu'elles ne
se rencontrent pas souvent
dans l'œil même; qu'elles exis-
tent, tantôt dans la deprava-
tion du ferment estomachique
de la bille du suc pancreatique,
dans la chilification blessée
dans les vices de la limphe, ou
bien dans la division des prin-
cipes du sang, par sa trop gran-
de fluidité, par son trop de
consistance, ou parce que les
GALANT. 269
vaisseaux se trouvent trop
pleins, que le ventre est pares-
seux, que les urines ne se fil
trent pas assez facilement, ou
que la transpiration est medio-
cre; de la suppression des men-
struës, de leur cessation, du ta-
rissement du lait, des vapeurs
des mauvais effets du ferment
uterin des grossesses, des avor-
tements, des couches, de la
suppression des hemorroides,
des dartres & autres vices de la
peau gueris mal à propos, de
l'appauvrissement de la masse
du sang, aprés quelque grande
maladie, sur tout de l'acrimo.
ZN
270 MEERCURE
nie qui reste dans cette même
masse aprés la petite verole,
sans compter qu'il y a encore
plusieurs maladies des yeux
qui dépendent d'un ferment
venerien, d'un sang escorbu-
tique, des mauvais effets du
mercure, quelquefois de ceux
de l'émetique, ou de ceux de
plusieurs autres remedes, de
l'usage du tabac contraire à
certaines gens, dans certains
cas, particulierement du tabac
d'Espagne, de celuy du cho-
colat, de l'excés du vin & des
femmes, sur tout de certain
vin, & de certaines femmes;
GALANT. 271
enfin de plusieurs autres cau-
ses dont je ne fais pas icy le de-
nombrement qui ne sont pas
manifestes ou qui paroissent
tres-éloignées , & qu'il faut
pourtant reconnoistre pour en
venir à l'usage des remedes in-
terieurs, & à un regime de vi-
vre bien ordonne, a même
tems que l'on travaille par des
remedes appliquez dans les
yeux, ou par des operations à
ôter la cauſe locale qui a blessé
directement l'organe de la
veuë, sans quoy l'on ne fait
qu'épuiser la bourse & la santé
des malades, sans les guerir, ni
Zi
272 M.ERCURE
les soulager des maladies de
leurs yeux.
Suivant les propositions
que je viens d'établir, sur des
faits certains & incontestables,
il n'ya point de partie dans la
Medecine qui demande une
connoissance plus étendue que
celle qu'il faut absolument
avoir dans l'art de guerir les
maladies des yeux, ni de ma-
ladie qui merite une plus gran-
de attention de la part d'un
malade, à observer ce qui luy
est ordonné à propos; & afin
de ne rien negliger pour bien
établir sa confiance, puis-
273
GAL.ANT.
que par une seule consulta-
tion par l'effet d'un seul reme-
de interne ou externe sage-
ment administré, ou à contre-
tems, l'on peut perdre la vue,
ou se mettre en danger de la
perdre, prevenir un peril aussi
fâcheux, & même recouvrer
la vûë aprés l'avoir perduë;
mais comme on se neglige sur
les maladies des yeux, qu'on
leur donne tout le tems de fai-
re de mauvais progrés, de de-
venit inveterées, & que même
l'on a le malheur lorsqu'on se
détermine à recourir au se-
cours, de ne pas suivre les bons
274 MERGURE
avis, ou d'en rencontrer de
mauvais, il en arrive de là que
la plupart de ceux qui sont at-
taquez des maladies des yeux
sont plusieurs annees à guerit,
que les autres ne guerissent ja-
mais, & que même ils devien-
nent à la fin entierement aveu
gles.
Toutes ces Remarques ne
regardent nullement les meil-
leurs Oculistes ni les malades
les plus sensez, les uns & les
autres auroient grand tort de
se les appliquer; ils doivent
sçavoir eux mêmes a qui elles
s'adressent & convenir avec
GALANT. 275
moy en s'accordant avec l'ex-
perience, qu'il se passe de tres-
grands abus dans le traitement
des maladies des yeux, dont
les malades sont la feule vic-
time.
Je ne prétens pas non plus
m'adresser à Messieurs les Me-
decins de la Faculté de Paris, ni
à Messieurs les Chiturgiens
Jurez de la Compagnie de
S. Coſme, je trouve au con-
traire étrange que la plupart
de ceux qui se mêlent de trai-
ter les maladies des yeux, les
éloignent autant qu'ils le peu-
vent, & se dérobent à leur pre-
276 MERCURE
sence; lorsque l'on n'a pas des-
sein de tromper le Public, l'on
ne doit point se cacher de ceux
qui sont clair-voyans, au con-
traire, on est bien aise d'avoir
occasion de réunit leurs lu-
mieres avec les nôtres, de com-
muniquer ses connoissances;
& d'augmenter les siennes, en
entretenant cette union si im-
portante, mais si peu obser-
vée, qui doit regner en faveur
du bien public entre tous ceux
qui se mèlent d'exercer quel-
que partie de la Medecine ou
de la Chirurgie.
C'est dans cet esprit que j'ay
GA.L.ANT. 277
communiqué au Public les
nouvelles decouvertes qui
m'ont procuré le Privilege que
Sa Majesté m'a fait la grace de
m'accorder pour la guerison
des Maladies des yeux, ce qui
m'engage de plus en plus à
travailler ſans relâche a tout
ce qui peut contribuer à l'a-
vantage de ce même Public
& à n'estre pas plus rescrvé à
l'avenir que je l'ay esté par le
passe, c'est pour l'en assûrer
que je l'informe, que je ne fe-
ray point de difficulté de con-
ferer sur les Maladies des
yeux avec tous les Medecins,
278 M.ERCURE
Chirurgiens & Oculistes, &
d'agir en leur presence de con-
cert avec eux, toutes les fois
qu'il sera necessaire, & que
l'on le ſouhaitera, & jose
avancer que ces Messieurs
conviendront avec moy qu'il
y a une methode à suivre en
genefal & en particulier pour
la guerison des Maladies des
yeux, & même pour les pre-
venir, bien differente de celle
qui se pratique ordinairement,
beaucoup moins incommode
& bien plus assûrée.
C'est encore en faveur de
ceux qui sont atteints des Ma-
GA.L.ANT. 279
ladies des yeux que j'ay cessé
de pratiquer le reste de la Chi-
rurgie, dans laquelle j'ose dire
que j'avois fait des grands pro-
grés, & occupé des postes de
distinction dans les Pays Etran-
gers, pour me donner tout en-
tiere à la parfaite connoissance
des Maladies des yeux, & à
celle de leurs remedes, & ope-
rations convenables pour pre-
venir, ou pour guerir les ma-
ladies de cet Organe.
J'apprends à ceux qui sou-
haiteront avoit recours à moi
que le matin j'iray en Ville,
en faveur de ceux qui ne peu-
280 MERGURE
vent pas, ou qui ne voudront
pas ſe tranſporter chez moy
& qu'ils n'auront qu'à me faire
avertir la veille, en m'en-
voyant leur adresse par écrit;
que l'aprés midy je reſteray
chez moy où les Pauvres & les
riches seront également bien
reçûs; que les veritables Pau-
vres seront consultez & pensez
charitablement dans ma mai-
son, & les gens de livrée gra-
tis.
Ceux qui m'envoyeront des
consultations des Provinces,
auront soin d'affranchir les
pacquets, de faire bien expli-
quer
GALANT. 281
quer le caractere de leur ma
ladie par le, plus habile Mede-
cin ou Chirurgien de leur re-
sidence, & de m'indiquer le
nom & la demeure de celuy
auquel ils auront donné ordre
de retirer la consultation de
leur maladie, & tous en gene-
ral auront soin de ne rien
obmettre des principales cir-
constances qui concerneront
le systême universel de leur
santé.
Comme je suis trés bien in-
formé que la pluspart de ceux
qui sont attaquez des Mala-
dies des yeux passent plusieurs
Septembre 1716. Aa
282 MERGURE
mois, & quelquefois plusieurs
années, a prendre des avis
de tous costez sans se determi-
ner à en suivre aucun, tandis
que leur, maladie ne fait
qu'augmenter, ou devenir in-
curable, je les prie de ne pas
s'adteſser à moy, s'ils n'ont pas
envie de guerit promptement,
& d'observer ce que je leur
ordonneray, ils n'ont. qu'à se
tenir comme ils sont, &
épargner leur peine & leur
argent, car il n'y a rien de
plus fâcheux en Medecine &
en Chirurgie, que de voir
un malade indeterminé qui
GALANT. 283
neglige de suivre un bon con-
seil, tandis qu'il ne périt que
par-là; de mon coſte je pro-
mets de n'engager personne
dans l'embarras des remedes
inutiles ou superflus, & mê
me d'avertir ceux qui. auront
des maladies incurables, afin
qu'ils ne soient pas trompez
& abusez par des gens de
mauvaiſe foy.
Pour peu que les gens de
bon sens fassent attention au
contenu de ce petit Discours,
il leur en reviendra de tres-
grands avantages, & l'on
verra autant de malades gueris
Aaij
284 M.EIRCURRE
qu'il y en a tous les jours de
trompez.
l'ajoute pour derniere Re-
marque que les moiens en ge-
neral que l'on employe pour
conserver la vûë, ou pour la
delivrer des maladies qui l'af-
fligent, doivent estre emploiez
avec des égards differents sui-
vant les quatre saisons, parce
que nostre temperament souf-
fre divers changemens à leur
occasion, dont les yeux parti-
cipent beaucoup; ce qui varie
les circonstances des maladies,
& par consequent, la maniere
de les traiter, les differents
GALANT. 285
climats produisent les mêmes
effets & demandent les mêmes
égards, pour la conservation
d'un organe aussi important,
l'on ne sçauroit estre assez at-
tentif & surveillant.
Monsieur Anel, demeure
ruë du Four prés S. Eustache
vis à -vis l'avance de l'Hôtel
de Soissons, en porte Cochere
au second étage sur le devant;
l'on ne le trouve chez luy que
l'apresmidy: on luy demande
tous les jours ses ouvrages sur
la nouvelle methode de guerir
les fistules lacrimales par les in-
jections. Il avertit qu'il n'en
286 MERGURE
a plus qu'un seul exemplaire;
que ces livres seront augmen.
tez & réimprimez, qu'en atten-
dant on n'a qu'à voir l'extrait
du Journal de Trevoux de
l'année presente, & sa Disser-
tation sur la nouvelle décou-
verte de l'hydropisie du con-
duit lacrimal qui se trouve
chez Jean-Baptiste de l'Epine
au Chef S. Jean ruë S. Jacques
prés la Fontaine S. Severin.
reçû de M. Anel. Il m'a paru
d'une grande utilité pour le
Public, & je vous le commu-
nique tel, mot pour mot qu'il
me l'a envoyé.
Y
260 M.ERGURRE
Discours sur differens points,
concernant l'excellence de l'Organe
de l'oeil, la frequence de
ses Maladies, leurs differentes
causes, les abus qui se
glissent dans leur traitement,
& la negligence de ceux qui
sont attaquez de ces Maladies ;
par M. Anel, Docteur en
Chirurgie, Chirurgien de
Madame Royale de Savoye,
& Oculiste de France par
Brevet du Roy.
L'oeil est de tous les organes,
celuy dont la structure est la
GALANT. 261
plus composée, & la plus
admirable, ſa principale fonc-
tion, est necessaire, est si ne-
cessaire, & si importante que
l'on ne peut se passer d'elle,
sans être privé des plus grands
plaisirs de la vie, & sans estre
presque inutile, & même à
charge aux autres; les yeux
font le plus grand ornement
du visage, ils sont les inter-
prêtes du cœeur, & le miroir
de l'ame, ils expriment since-
rement nos veritables senti-
mens, & sans nous déguiser,
ils démasquent sans cesse les
plus perfides, ceux qui enten-
262 M.ERCURE
dent parfaitement leur langa-
ge sont plus attentifs à les ob-
ferver, qu'à écouter les paro-
les qu'on leur prononce, l'on
à raison de dire que ce langa-
ge, est celuy de l'amour, &
jajoûte, qu'il est celuy de la
verité, leur excellence triom-
phe par les metaphores, & les
allegories, que les Orateurs
font si heureusement à leur
occasion.
De toutes les parties du
corps humain, il n'y en a
point aprés le coeur, dont l'ac-
tion & le mouvement, soit si
actif, & si considerable que
GALANT. 263
l'est celuy de l'œeil, les mouve-
mens du globe, & celuy des
paupieres, sont tres frequents.
Les rayons de la lumiere met-
vent cet organe en action,
suivant qu'ils le frappent,
leur grand éclat l'éblouit
l'action forcée, & l'applica-
tion le déguisent, les injures
du temps l'accablent, les pas-
sions & toutes les maladies,
& indispositions corporelles
l'abattent, ou le rendent plus
éclattant.
Un organe aussi composé
dont l'usage est si étendu, &
d'une simpatie si relative à tous
264 M.ERCURE
les changemens, qui se passent
dans l'œeconomie animale
ne peut pas manquer d'être
sujet à mille changemens
dont la pluspart tendent à
ſa ruine, ou à ſa destruction;
aussi voyons nous qu'il est at-
taqué par des maladies diver-
ses, nombreuses, & tres-fre-
quentes, ce qui seroit trop dé-
plotable, ſi l'art, & la nature
ne nous avoient pas fourni en
même temps, autant de diffe-
rens moyens, pour prevenit
pour combattre, & pour
vaincre ce genre de maladies;
nous en avons suffisamment
grace
GALANT. 265
grace au Seigneur; mais il faut
avoir recours de bonne heure,
à la bonne methode, sans
quoy les progrés des maladies
des yeux font pancher la ba-
lance de leur côte, & rendent
ensuite nos soins inutiles, ou
du moins, ils nous mettent
dans la necessité de les redou-
bler, & la veuë dans un grand
danger de sa perte, ou de quel
que difformité.
Ce qui m'a donné lieu de
faire ces importantes observa-
tions, c'est le grand nombre
des malades qui m'ont fait
l'honneur d'avoir recours à
Septembre 1716.
T
266 M.ERGURE
moy, & qui continuent de
me consulter, parmi lesquels
il s'en trouve la plus grande
partie, n'être borgnes, ou
aveugles, ou du moins à la
veille de le devenir, que pour
s'être confiez trop facilement
à la conduite de certaines per
sonnes, qui n'étant ni Mede-
cins, ni Chirurgiens, & par
consequent sans connoissance
de la ſtructure du corps hu-
main, de ses maladies, ni de
l'usage des remedes, s'inge-
rent de guerir celles des yeux
par un seul remede appliqué
exterieurement, & indifferem-
GALANY. 267
ment a toutes sortes de ma-
ladies des yeux, sans conside-
rer qu'il faut les diversifier sui-
vant la diversité de ces mala-
dies, & que le même remede
qui guerira un œeil malade à
un homme dans un cas diffe-
rent, fera perdre l'œeil à un au-
tre, ce que je vois atriver tous
les jours par la mauvaise con-
duite de ceux qui ne sont pas
capables de distinguer la veri-
table eſpece de la maladie, ni
les causes essentielles qui l'ont
produite & qui l'entretient, ce
qui est pourtant de la derniere
consequence dans le traite-
Zij
268 M. ERGURE
ment des maladies des yeux.
Les principales causes de ces
sortes de maladies ne sont pas
à la portée de la plûpart de
ceux qui se mêlent de les trai-
ter, d'autant plus qu'elles ne
se rencontrent pas souvent
dans l'œil même; qu'elles exis-
tent, tantôt dans la deprava-
tion du ferment estomachique
de la bille du suc pancreatique,
dans la chilification blessée
dans les vices de la limphe, ou
bien dans la division des prin-
cipes du sang, par sa trop gran-
de fluidité, par son trop de
consistance, ou parce que les
GALANT. 269
vaisseaux se trouvent trop
pleins, que le ventre est pares-
seux, que les urines ne se fil
trent pas assez facilement, ou
que la transpiration est medio-
cre; de la suppression des men-
struës, de leur cessation, du ta-
rissement du lait, des vapeurs
des mauvais effets du ferment
uterin des grossesses, des avor-
tements, des couches, de la
suppression des hemorroides,
des dartres & autres vices de la
peau gueris mal à propos, de
l'appauvrissement de la masse
du sang, aprés quelque grande
maladie, sur tout de l'acrimo.
ZN
270 MEERCURE
nie qui reste dans cette même
masse aprés la petite verole,
sans compter qu'il y a encore
plusieurs maladies des yeux
qui dépendent d'un ferment
venerien, d'un sang escorbu-
tique, des mauvais effets du
mercure, quelquefois de ceux
de l'émetique, ou de ceux de
plusieurs autres remedes, de
l'usage du tabac contraire à
certaines gens, dans certains
cas, particulierement du tabac
d'Espagne, de celuy du cho-
colat, de l'excés du vin & des
femmes, sur tout de certain
vin, & de certaines femmes;
GALANT. 271
enfin de plusieurs autres cau-
ses dont je ne fais pas icy le de-
nombrement qui ne sont pas
manifestes ou qui paroissent
tres-éloignées , & qu'il faut
pourtant reconnoistre pour en
venir à l'usage des remedes in-
terieurs, & à un regime de vi-
vre bien ordonne, a même
tems que l'on travaille par des
remedes appliquez dans les
yeux, ou par des operations à
ôter la cauſe locale qui a blessé
directement l'organe de la
veuë, sans quoy l'on ne fait
qu'épuiser la bourse & la santé
des malades, sans les guerir, ni
Zi
272 M.ERCURE
les soulager des maladies de
leurs yeux.
Suivant les propositions
que je viens d'établir, sur des
faits certains & incontestables,
il n'ya point de partie dans la
Medecine qui demande une
connoissance plus étendue que
celle qu'il faut absolument
avoir dans l'art de guerir les
maladies des yeux, ni de ma-
ladie qui merite une plus gran-
de attention de la part d'un
malade, à observer ce qui luy
est ordonné à propos; & afin
de ne rien negliger pour bien
établir sa confiance, puis-
273
GAL.ANT.
que par une seule consulta-
tion par l'effet d'un seul reme-
de interne ou externe sage-
ment administré, ou à contre-
tems, l'on peut perdre la vue,
ou se mettre en danger de la
perdre, prevenir un peril aussi
fâcheux, & même recouvrer
la vûë aprés l'avoir perduë;
mais comme on se neglige sur
les maladies des yeux, qu'on
leur donne tout le tems de fai-
re de mauvais progrés, de de-
venit inveterées, & que même
l'on a le malheur lorsqu'on se
détermine à recourir au se-
cours, de ne pas suivre les bons
274 MERGURE
avis, ou d'en rencontrer de
mauvais, il en arrive de là que
la plupart de ceux qui sont at-
taquez des maladies des yeux
sont plusieurs annees à guerit,
que les autres ne guerissent ja-
mais, & que même ils devien-
nent à la fin entierement aveu
gles.
Toutes ces Remarques ne
regardent nullement les meil-
leurs Oculistes ni les malades
les plus sensez, les uns & les
autres auroient grand tort de
se les appliquer; ils doivent
sçavoir eux mêmes a qui elles
s'adressent & convenir avec
GALANT. 275
moy en s'accordant avec l'ex-
perience, qu'il se passe de tres-
grands abus dans le traitement
des maladies des yeux, dont
les malades sont la feule vic-
time.
Je ne prétens pas non plus
m'adresser à Messieurs les Me-
decins de la Faculté de Paris, ni
à Messieurs les Chiturgiens
Jurez de la Compagnie de
S. Coſme, je trouve au con-
traire étrange que la plupart
de ceux qui se mêlent de trai-
ter les maladies des yeux, les
éloignent autant qu'ils le peu-
vent, & se dérobent à leur pre-
276 MERCURE
sence; lorsque l'on n'a pas des-
sein de tromper le Public, l'on
ne doit point se cacher de ceux
qui sont clair-voyans, au con-
traire, on est bien aise d'avoir
occasion de réunit leurs lu-
mieres avec les nôtres, de com-
muniquer ses connoissances;
& d'augmenter les siennes, en
entretenant cette union si im-
portante, mais si peu obser-
vée, qui doit regner en faveur
du bien public entre tous ceux
qui se mèlent d'exercer quel-
que partie de la Medecine ou
de la Chirurgie.
C'est dans cet esprit que j'ay
GA.L.ANT. 277
communiqué au Public les
nouvelles decouvertes qui
m'ont procuré le Privilege que
Sa Majesté m'a fait la grace de
m'accorder pour la guerison
des Maladies des yeux, ce qui
m'engage de plus en plus à
travailler ſans relâche a tout
ce qui peut contribuer à l'a-
vantage de ce même Public
& à n'estre pas plus rescrvé à
l'avenir que je l'ay esté par le
passe, c'est pour l'en assûrer
que je l'informe, que je ne fe-
ray point de difficulté de con-
ferer sur les Maladies des
yeux avec tous les Medecins,
278 M.ERCURE
Chirurgiens & Oculistes, &
d'agir en leur presence de con-
cert avec eux, toutes les fois
qu'il sera necessaire, & que
l'on le ſouhaitera, & jose
avancer que ces Messieurs
conviendront avec moy qu'il
y a une methode à suivre en
genefal & en particulier pour
la guerison des Maladies des
yeux, & même pour les pre-
venir, bien differente de celle
qui se pratique ordinairement,
beaucoup moins incommode
& bien plus assûrée.
C'est encore en faveur de
ceux qui sont atteints des Ma-
GA.L.ANT. 279
ladies des yeux que j'ay cessé
de pratiquer le reste de la Chi-
rurgie, dans laquelle j'ose dire
que j'avois fait des grands pro-
grés, & occupé des postes de
distinction dans les Pays Etran-
gers, pour me donner tout en-
tiere à la parfaite connoissance
des Maladies des yeux, & à
celle de leurs remedes, & ope-
rations convenables pour pre-
venir, ou pour guerir les ma-
ladies de cet Organe.
J'apprends à ceux qui sou-
haiteront avoit recours à moi
que le matin j'iray en Ville,
en faveur de ceux qui ne peu-
280 MERGURE
vent pas, ou qui ne voudront
pas ſe tranſporter chez moy
& qu'ils n'auront qu'à me faire
avertir la veille, en m'en-
voyant leur adresse par écrit;
que l'aprés midy je reſteray
chez moy où les Pauvres & les
riches seront également bien
reçûs; que les veritables Pau-
vres seront consultez & pensez
charitablement dans ma mai-
son, & les gens de livrée gra-
tis.
Ceux qui m'envoyeront des
consultations des Provinces,
auront soin d'affranchir les
pacquets, de faire bien expli-
quer
GALANT. 281
quer le caractere de leur ma
ladie par le, plus habile Mede-
cin ou Chirurgien de leur re-
sidence, & de m'indiquer le
nom & la demeure de celuy
auquel ils auront donné ordre
de retirer la consultation de
leur maladie, & tous en gene-
ral auront soin de ne rien
obmettre des principales cir-
constances qui concerneront
le systême universel de leur
santé.
Comme je suis trés bien in-
formé que la pluspart de ceux
qui sont attaquez des Mala-
dies des yeux passent plusieurs
Septembre 1716. Aa
282 MERGURE
mois, & quelquefois plusieurs
années, a prendre des avis
de tous costez sans se determi-
ner à en suivre aucun, tandis
que leur, maladie ne fait
qu'augmenter, ou devenir in-
curable, je les prie de ne pas
s'adteſser à moy, s'ils n'ont pas
envie de guerit promptement,
& d'observer ce que je leur
ordonneray, ils n'ont. qu'à se
tenir comme ils sont, &
épargner leur peine & leur
argent, car il n'y a rien de
plus fâcheux en Medecine &
en Chirurgie, que de voir
un malade indeterminé qui
GALANT. 283
neglige de suivre un bon con-
seil, tandis qu'il ne périt que
par-là; de mon coſte je pro-
mets de n'engager personne
dans l'embarras des remedes
inutiles ou superflus, & mê
me d'avertir ceux qui. auront
des maladies incurables, afin
qu'ils ne soient pas trompez
& abusez par des gens de
mauvaiſe foy.
Pour peu que les gens de
bon sens fassent attention au
contenu de ce petit Discours,
il leur en reviendra de tres-
grands avantages, & l'on
verra autant de malades gueris
Aaij
284 M.EIRCURRE
qu'il y en a tous les jours de
trompez.
l'ajoute pour derniere Re-
marque que les moiens en ge-
neral que l'on employe pour
conserver la vûë, ou pour la
delivrer des maladies qui l'af-
fligent, doivent estre emploiez
avec des égards differents sui-
vant les quatre saisons, parce
que nostre temperament souf-
fre divers changemens à leur
occasion, dont les yeux parti-
cipent beaucoup; ce qui varie
les circonstances des maladies,
& par consequent, la maniere
de les traiter, les differents
GALANT. 285
climats produisent les mêmes
effets & demandent les mêmes
égards, pour la conservation
d'un organe aussi important,
l'on ne sçauroit estre assez at-
tentif & surveillant.
Monsieur Anel, demeure
ruë du Four prés S. Eustache
vis à -vis l'avance de l'Hôtel
de Soissons, en porte Cochere
au second étage sur le devant;
l'on ne le trouve chez luy que
l'apresmidy: on luy demande
tous les jours ses ouvrages sur
la nouvelle methode de guerir
les fistules lacrimales par les in-
jections. Il avertit qu'il n'en
286 MERGURE
a plus qu'un seul exemplaire;
que ces livres seront augmen.
tez & réimprimez, qu'en atten-
dant on n'a qu'à voir l'extrait
du Journal de Trevoux de
l'année presente, & sa Disser-
tation sur la nouvelle décou-
verte de l'hydropisie du con-
duit lacrimal qui se trouve
chez Jean-Baptiste de l'Epine
au Chef S. Jean ruë S. Jacques
prés la Fontaine S. Severin.
Fermer
125
Discours sur differens points, concernant l'excellence de l'Organe de l'oeil, la frequence de ses Maladies, leurs differentes causes, les abus qui se glissent dans leur traitement, & la negligence de ceux qui sont attaquez de ces Maladies ; par M. Anel, Docteur en Chirurgie, Chirurgien de Madame Royale de Savoye, & Oculiste de France par Brevet du Roy.
126
p. 256-264
LETTRE Qui renferme plusieurs faits singuliers de M. Anel Docteur en Chirurgie, Chirurgien de Madame Royale de Saye, & Occuliste de France par Brevet du Roy. A son ancien Ami M George Policola Docteur en Medecine de l'Université de Rome, Comte Palatin, Chevalier de l'Epron d'or, & premier Medecin du Sultan Achmet V. Empereur des Trucs.
Début :
Monsieur, Nous sommes partis de Rome en même tems ; vous êtes à [...]
Mots clefs :
Maladies, Chirurgie, Découvertes, Nouvelles méthodes, Guérison, Maladies des yeux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE Qui renferme plusieurs faits singuliers de M. Anel Docteur en Chirurgie, Chirurgien de Madame Royale de Saye, & Occuliste de France par Brevet du Roy. A son ancien Ami M George Policola Docteur en Medecine de l'Université de Rome, Comte Palatin, Chevalier de l'Epron d'or, & premier Medecin du Sultan Achmet V. Empereur des Trucs.
LETTRE
Qui renferme plufieurs faits finguliers de M.
Anel Docteu en Chirurgie , Chirurgien de
Madame Roya e de Saye , & Occulifte de
France par Brevet du Roy.
A fon ancien Ami M. George Policola Docteur
en Medecine de l'Univerfité de Rome ,
Comte Palatin Chevalier de l'Epron d or,
premier Medecin du Sultan Achmet V.
Empereur des Tures.
M
Nous fommes partis de Rome en même
tems ; vous êtes à Conftantinople , & je
fuis à Paris Il vous fuffit de plaire à un
feul homme & arx Dames du Sérail , pour
être au gré de tous les autres ; mon diftric
n'eft pas fi borné. J'ai affaire avec la Cour,
jaVille, les Provinces & les Païs Etrangers,
avec des perfonnes de toute forte d'état
de condition. Quelques nouvelles découverMERCURE.
257
tes queje me fuis avifé de mettre au jour ,
m'ont mis dans cet engagement Vous fçavés
qu'àRome de votre tems , je me donnois
bien de l'occupation fans y penfer , pour
avoir fait avec fuccès l'Operation de la
Neuriſme à un Ecclefiaftique de l'Ordre de
S. François. Je m'en fuis donné bien plus
encore , pour avoir inventé du tems que
j'habitois encore à Gennes , une nouvelle
Méthode de guerir les Fiftules Lacrimales
fans le fer , le feu , lecauftique , ni aucune
operation violente Dés que Mde , Royale
de Savoye en fut informée , Elle me fit appeller
pour lui en guerir une ; ce qui me
réüffit le mieux du monde , & i'ea füs genereufement
recompenfé ; cet heureux fuc.
cès accompagné de plufieurs autres m'engagea
à donner differents Ouvrages au Public
touchant ma nouvelle découverte
laquelle fit bien: ôt du bruit à Paris aufli
bien qu'ailleurs ; ce qui détermina une
grande Dame qui creyeit en être attaquée
à me faire appeller en cette Ville , où il a
fallu rendre bon compte à chacun du fuccès
de mes novelles découvertes ; le Pu
blic en a été bientôt convaincu par expérience
; ce qui a déterminé le Roy , &
Monſeigneur le Duc d'Orleans , Régent du
258 LE NOUVEAU
Royaume à m'accorder un Privilége pourla
guerilon des maladies des Yeux dans toute
la France. J'ai fait il y a une année la nouvelle
découverte d'une maladie que je nom
me Hydropifie du conduit lacrimale , avec
la maniere de donner à boite par l'Oel. Je
vient depuis peu de trouver une Méthode ,
pour découvrir ce qui fe paffe de plus caché
dans dans le fonds du globe de 1 Ocil , au
moyen de plufieurs Veres ; ce qui me procure
une connoiffance très étendue des maladies
de cet organne : J'ai auffi inventé à
même tems une autre nouvelle Méthode ,
pour introduire différens Remedes dans les
Yeux , directement fur l'endroit ma'ade ,
fans irriter les parties faines au moyen
des petits poinçeaux dont la matiere , n'eft
ni plume , ni poil , ni foye , ni fi'aſſe , ni
lain , ni coton. Ces pinceaux font pourtaut
plus dorx que le velours , plu blancs
& plus luftrés que le fatin blanc. L'idée de
ces pinceaux m'eft venuë en voyant faire
le portrait d'une perfonne que j'eftime ,
& que j'aime beaucoup ; délicateffe avec
laquelle le Peintre manioit le painçeau
pour imiter la vivacité de fes yeux , me
donna l'envie de manier auffi le pinceau
à mon tour pour en faire un ufage bien
MERCURE. 259
different du fien ; mais dautant plus utile ;
queles avantages queje tirede ces Pinçcaux,
font des plus confiderables par leur moyen
j'épargne des grandes douleurs aux malades
, plufieurs Operations violentes , & tous
les fâchenx accidents qui pourroit les accompagner.
Je fuis le plus fouvent environné
des gens qui ne parviennent à me
voir que par les miracles de l'Art , toujours
occupé du foin de travailler à faire
des bons & beaux yeux de ceux là qui font
les plus mauvais & les plus contrefaits .
Ne vous imaginez pas pour cela, Monfieur,
que je fois encore arrivé au point de rendre
défert l'Hôpital des Quinze- Vingts ; j'en
ai propolé un projet imprimé , je ne (çai
fas fi Pon y fera attention ; mais il me
paroît que l'Art de guerir les maladies
des Yeux , eft encore fort éloigné de ſa
derniere perfection . Vous n'avés pas tant
affaire dans votre Cour les malades du
grand Serail vous occupent fans doute beaucoup
moins dans cette infirmerie il n'y a
que de beaux Yeux ; vous n'avés à craindre
que le mal qu'ils pourroient vous faire ;
mais vous êtes trop bon chrêtiea , & trop
bon Philofophe pour ne pas vous en garentir
; vous étiés le bon exemple de Rome ,
260
LENOUVEAU
vous en avés évité tous les écueils ; per
fonne ne s'y eft mieux diftingué que vous ,
& vous y avez fait un très bon employ
de votre tems . Voici la diftribution du
mien. Je me couche à minuit , je me léve
à cinq heures du matin pour travailler
dans mon Cabinet jufqu'à fepts depuis
huit jufqu'à une heure Je vifite mes malades
de la Ville , & j'employe l'aprés midy
jufqu'à cinq heures à donner audience
à ceux qui viennent chez moi Les pauvres
& les riches y font égallement bien reçus
. Je refors enfuite pour recormencer
ina tournée du foir , & je rentre a logis
, quand il plaît à Dieu. Les heures de
mes repas font toujours incertaines . Voilà
la vie qu'il faut mener à Paris dans notre
profeffion , lorfque l'on fe livre une fois au
Public. La reputation & le peu de bien
que nous gagnons , nous coutent bien cher,
puifqu'il faut l'acheter à un fi haut prix .
Tous ceux qui font employés à Paris,
n'en ont pas meilleur marché ; au refte
la Medecine & la Chirurgie devenant
ici tous les jours les plus célébres ; nos
Ecoles & nos Académies , triomphent de
plus en plus ily meurt pourtant bien du
monde ; mais certainement ce n'eft pas
MERCURE. 261
la faute des Medecins ni des Chirurgiens ;
ee font les maladies qui deviennent tous
les jours plus opinîatres & plus rebelles ,
leur malignité faiſant d'aulfi grands progrès
de fon côté , que la Medecine en peut
faire du fen ; fi cela n'eftoit pas ainfi ,
aprés les nouvelles connoiffances que l'on
a acquifes , & que l'on acquiert
les jours il ne mourroit plus per-
Ionnes
tous
que de vieilleffe ; cette penfée
n'ft point de moi , je la tiens de мr
Marquety de Padouë , Docteur de Medecine
& de Chirurgie dans cette célébre Univerfité
, il eft dans ce fiftême à l'égard
des maladies Venericanes ; & je crois qu'il
faut penfer de méme à l'égard de toutes les
autres
Il s'eft fait ici une opération qui a fait
grand bruit ; l'on a amputé un bras
dans l'articulation de l'épaule fuivant la
Methole que Mr de Remonjeau a inventée
il y a long tems ,
le malade en eft parfaitement
gueri Quelques mois aprés il
a été attaqué d'une autre maladie ,
il eft mott en Province .
dont
L'oa illuftre tous les jours la Médecine
& la Chirurgie ; les modes fe multiplient
à notre ordinaire , & les Arts s'enrichif
262 LE NOUVEAU
fent bien plus , que les artifans . Te ne
crois pas que je lois le feul qui faffe de
nouvelles découvertes en ce Pays . L'on
en a fait dans l'artillerie ; l'on en 2
fait encore pour la commodité de ceux
qui écrivent , même pour les preneurs de
tabac. Il a été prefenté au Roy ure coupe
plume , ou canif d'une nouvelle invention.
L'on a auffi trouvé une machine , pour
faire rouller les voitures tant de la ville
que de la campagne fervant à foulager
les Chevaux : L'on a inventé de plus , la
maniere de faire aller les chariots à la
voile. Un autre a imaginé le fecret de
faire venir les enfans au monde dans les
accouchemens laborieux , fans couteaux
fans crochets & fans tire tefte , par le
moyen d'une fronde. Cette derniete découverte
appartient à un maiftre Chirurgien
accoucheur. Toutes ces nouveautez
ne font pas les plus fingulieres que j'ay
à vous mander. La nature le dispute avec
l'art , elle entreprend de faire des enfans
fans femelie ; & l'ea pretend qu'elle y
réuffit à merveille . Un Boucher de la
rue des Boucheries , Fauxbourg S. Germain
, a trouvé dans un mouton qu'il avoit
egorgé en le vuidant , un fetus conteau
MERCURE. 263
dans une poche membraneufe , reffemblante
à la vellie Monfieur Tartanfon , celebre
maiftre Chirurgien de Paris , y fat
appellé , & s'empara d'abord de cette furprenante
production . Il confervc avec
grand foin ce fetus monstrueux dans un
vaifeau de verre plein d'eau - de vie . Les
cu ricux de Paris le vont voir tous les jours
ce fatus n'a que fix pouces de hauteur ,
fa groffeur eft proportionnée à la grandeur
; les quatre extremitez refemblent å
celles d'un finge, excepté que fes pattes font
affez femblables à celles d'un animal vorace
, étant armé de grifes : fes yeux font
bien formés fa langue reffemble à celle d'un
enfant humain . & toute fa figure du premier
coup d'oeil en a l'air. Il a deplus
une petite queue approchante de celle d'un
lapin .
Ce fait demande un examen rigoureux &
uneconfirmation très bien circonftantiée, en
attendant que je fois mieux isformé , jc
fufpends mon jugement & mon taifonnemert
, me bornant à rapporter ce que je
fçais de certain , aprés avoir vû & examiać
par deux divers fois cet enfant chez M.
Tartanfon où on le peut voir tel que je le
dépeins . Ce cas eft auffi fingulier que celui
264 LE NOUVEAU
de cet enfant , que l'on dit avoir été trouvé
ily a déja long temps dans la cuiffe d'un
Ecclefiaftique en lui ouvrant un abcés.
S'il s'eft jamais paffé quelque chofe
d'auffi fingulierdans l'Empire Otoman ; je
vons prie de me le co nmuniquer avec vos
nouvelles découvertes , quoique le plus
fouvent celles que l'on fait dans ce pays- là
ne roulent que far la vertu des remedes , je
ne les en eftimerai pas moins utilles , ni
moins importantes . Je fuis avec une trésparfaite
confideration .
MONSIEUR ,
Vêtre , &c, Anel.
A Paris ce 1. Janvier 1717 .
on adreffe rue du Four S. Euftache vis àvis
l'Hôtel de So fons,
Qui renferme plufieurs faits finguliers de M.
Anel Docteu en Chirurgie , Chirurgien de
Madame Roya e de Saye , & Occulifte de
France par Brevet du Roy.
A fon ancien Ami M. George Policola Docteur
en Medecine de l'Univerfité de Rome ,
Comte Palatin Chevalier de l'Epron d or,
premier Medecin du Sultan Achmet V.
Empereur des Tures.
M
Nous fommes partis de Rome en même
tems ; vous êtes à Conftantinople , & je
fuis à Paris Il vous fuffit de plaire à un
feul homme & arx Dames du Sérail , pour
être au gré de tous les autres ; mon diftric
n'eft pas fi borné. J'ai affaire avec la Cour,
jaVille, les Provinces & les Païs Etrangers,
avec des perfonnes de toute forte d'état
de condition. Quelques nouvelles découverMERCURE.
257
tes queje me fuis avifé de mettre au jour ,
m'ont mis dans cet engagement Vous fçavés
qu'àRome de votre tems , je me donnois
bien de l'occupation fans y penfer , pour
avoir fait avec fuccès l'Operation de la
Neuriſme à un Ecclefiaftique de l'Ordre de
S. François. Je m'en fuis donné bien plus
encore , pour avoir inventé du tems que
j'habitois encore à Gennes , une nouvelle
Méthode de guerir les Fiftules Lacrimales
fans le fer , le feu , lecauftique , ni aucune
operation violente Dés que Mde , Royale
de Savoye en fut informée , Elle me fit appeller
pour lui en guerir une ; ce qui me
réüffit le mieux du monde , & i'ea füs genereufement
recompenfé ; cet heureux fuc.
cès accompagné de plufieurs autres m'engagea
à donner differents Ouvrages au Public
touchant ma nouvelle découverte
laquelle fit bien: ôt du bruit à Paris aufli
bien qu'ailleurs ; ce qui détermina une
grande Dame qui creyeit en être attaquée
à me faire appeller en cette Ville , où il a
fallu rendre bon compte à chacun du fuccès
de mes novelles découvertes ; le Pu
blic en a été bientôt convaincu par expérience
; ce qui a déterminé le Roy , &
Monſeigneur le Duc d'Orleans , Régent du
258 LE NOUVEAU
Royaume à m'accorder un Privilége pourla
guerilon des maladies des Yeux dans toute
la France. J'ai fait il y a une année la nouvelle
découverte d'une maladie que je nom
me Hydropifie du conduit lacrimale , avec
la maniere de donner à boite par l'Oel. Je
vient depuis peu de trouver une Méthode ,
pour découvrir ce qui fe paffe de plus caché
dans dans le fonds du globe de 1 Ocil , au
moyen de plufieurs Veres ; ce qui me procure
une connoiffance très étendue des maladies
de cet organne : J'ai auffi inventé à
même tems une autre nouvelle Méthode ,
pour introduire différens Remedes dans les
Yeux , directement fur l'endroit ma'ade ,
fans irriter les parties faines au moyen
des petits poinçeaux dont la matiere , n'eft
ni plume , ni poil , ni foye , ni fi'aſſe , ni
lain , ni coton. Ces pinceaux font pourtaut
plus dorx que le velours , plu blancs
& plus luftrés que le fatin blanc. L'idée de
ces pinceaux m'eft venuë en voyant faire
le portrait d'une perfonne que j'eftime ,
& que j'aime beaucoup ; délicateffe avec
laquelle le Peintre manioit le painçeau
pour imiter la vivacité de fes yeux , me
donna l'envie de manier auffi le pinceau
à mon tour pour en faire un ufage bien
MERCURE. 259
different du fien ; mais dautant plus utile ;
queles avantages queje tirede ces Pinçcaux,
font des plus confiderables par leur moyen
j'épargne des grandes douleurs aux malades
, plufieurs Operations violentes , & tous
les fâchenx accidents qui pourroit les accompagner.
Je fuis le plus fouvent environné
des gens qui ne parviennent à me
voir que par les miracles de l'Art , toujours
occupé du foin de travailler à faire
des bons & beaux yeux de ceux là qui font
les plus mauvais & les plus contrefaits .
Ne vous imaginez pas pour cela, Monfieur,
que je fois encore arrivé au point de rendre
défert l'Hôpital des Quinze- Vingts ; j'en
ai propolé un projet imprimé , je ne (çai
fas fi Pon y fera attention ; mais il me
paroît que l'Art de guerir les maladies
des Yeux , eft encore fort éloigné de ſa
derniere perfection . Vous n'avés pas tant
affaire dans votre Cour les malades du
grand Serail vous occupent fans doute beaucoup
moins dans cette infirmerie il n'y a
que de beaux Yeux ; vous n'avés à craindre
que le mal qu'ils pourroient vous faire ;
mais vous êtes trop bon chrêtiea , & trop
bon Philofophe pour ne pas vous en garentir
; vous étiés le bon exemple de Rome ,
260
LENOUVEAU
vous en avés évité tous les écueils ; per
fonne ne s'y eft mieux diftingué que vous ,
& vous y avez fait un très bon employ
de votre tems . Voici la diftribution du
mien. Je me couche à minuit , je me léve
à cinq heures du matin pour travailler
dans mon Cabinet jufqu'à fepts depuis
huit jufqu'à une heure Je vifite mes malades
de la Ville , & j'employe l'aprés midy
jufqu'à cinq heures à donner audience
à ceux qui viennent chez moi Les pauvres
& les riches y font égallement bien reçus
. Je refors enfuite pour recormencer
ina tournée du foir , & je rentre a logis
, quand il plaît à Dieu. Les heures de
mes repas font toujours incertaines . Voilà
la vie qu'il faut mener à Paris dans notre
profeffion , lorfque l'on fe livre une fois au
Public. La reputation & le peu de bien
que nous gagnons , nous coutent bien cher,
puifqu'il faut l'acheter à un fi haut prix .
Tous ceux qui font employés à Paris,
n'en ont pas meilleur marché ; au refte
la Medecine & la Chirurgie devenant
ici tous les jours les plus célébres ; nos
Ecoles & nos Académies , triomphent de
plus en plus ily meurt pourtant bien du
monde ; mais certainement ce n'eft pas
MERCURE. 261
la faute des Medecins ni des Chirurgiens ;
ee font les maladies qui deviennent tous
les jours plus opinîatres & plus rebelles ,
leur malignité faiſant d'aulfi grands progrès
de fon côté , que la Medecine en peut
faire du fen ; fi cela n'eftoit pas ainfi ,
aprés les nouvelles connoiffances que l'on
a acquifes , & que l'on acquiert
les jours il ne mourroit plus per-
Ionnes
tous
que de vieilleffe ; cette penfée
n'ft point de moi , je la tiens de мr
Marquety de Padouë , Docteur de Medecine
& de Chirurgie dans cette célébre Univerfité
, il eft dans ce fiftême à l'égard
des maladies Venericanes ; & je crois qu'il
faut penfer de méme à l'égard de toutes les
autres
Il s'eft fait ici une opération qui a fait
grand bruit ; l'on a amputé un bras
dans l'articulation de l'épaule fuivant la
Methole que Mr de Remonjeau a inventée
il y a long tems ,
le malade en eft parfaitement
gueri Quelques mois aprés il
a été attaqué d'une autre maladie ,
il eft mott en Province .
dont
L'oa illuftre tous les jours la Médecine
& la Chirurgie ; les modes fe multiplient
à notre ordinaire , & les Arts s'enrichif
262 LE NOUVEAU
fent bien plus , que les artifans . Te ne
crois pas que je lois le feul qui faffe de
nouvelles découvertes en ce Pays . L'on
en a fait dans l'artillerie ; l'on en 2
fait encore pour la commodité de ceux
qui écrivent , même pour les preneurs de
tabac. Il a été prefenté au Roy ure coupe
plume , ou canif d'une nouvelle invention.
L'on a auffi trouvé une machine , pour
faire rouller les voitures tant de la ville
que de la campagne fervant à foulager
les Chevaux : L'on a inventé de plus , la
maniere de faire aller les chariots à la
voile. Un autre a imaginé le fecret de
faire venir les enfans au monde dans les
accouchemens laborieux , fans couteaux
fans crochets & fans tire tefte , par le
moyen d'une fronde. Cette derniete découverte
appartient à un maiftre Chirurgien
accoucheur. Toutes ces nouveautez
ne font pas les plus fingulieres que j'ay
à vous mander. La nature le dispute avec
l'art , elle entreprend de faire des enfans
fans femelie ; & l'ea pretend qu'elle y
réuffit à merveille . Un Boucher de la
rue des Boucheries , Fauxbourg S. Germain
, a trouvé dans un mouton qu'il avoit
egorgé en le vuidant , un fetus conteau
MERCURE. 263
dans une poche membraneufe , reffemblante
à la vellie Monfieur Tartanfon , celebre
maiftre Chirurgien de Paris , y fat
appellé , & s'empara d'abord de cette furprenante
production . Il confervc avec
grand foin ce fetus monstrueux dans un
vaifeau de verre plein d'eau - de vie . Les
cu ricux de Paris le vont voir tous les jours
ce fatus n'a que fix pouces de hauteur ,
fa groffeur eft proportionnée à la grandeur
; les quatre extremitez refemblent å
celles d'un finge, excepté que fes pattes font
affez femblables à celles d'un animal vorace
, étant armé de grifes : fes yeux font
bien formés fa langue reffemble à celle d'un
enfant humain . & toute fa figure du premier
coup d'oeil en a l'air. Il a deplus
une petite queue approchante de celle d'un
lapin .
Ce fait demande un examen rigoureux &
uneconfirmation très bien circonftantiée, en
attendant que je fois mieux isformé , jc
fufpends mon jugement & mon taifonnemert
, me bornant à rapporter ce que je
fçais de certain , aprés avoir vû & examiać
par deux divers fois cet enfant chez M.
Tartanfon où on le peut voir tel que je le
dépeins . Ce cas eft auffi fingulier que celui
264 LE NOUVEAU
de cet enfant , que l'on dit avoir été trouvé
ily a déja long temps dans la cuiffe d'un
Ecclefiaftique en lui ouvrant un abcés.
S'il s'eft jamais paffé quelque chofe
d'auffi fingulierdans l'Empire Otoman ; je
vons prie de me le co nmuniquer avec vos
nouvelles découvertes , quoique le plus
fouvent celles que l'on fait dans ce pays- là
ne roulent que far la vertu des remedes , je
ne les en eftimerai pas moins utilles , ni
moins importantes . Je fuis avec une trésparfaite
confideration .
MONSIEUR ,
Vêtre , &c, Anel.
A Paris ce 1. Janvier 1717 .
on adreffe rue du Four S. Euftache vis àvis
l'Hôtel de So fons,
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Résumé : LETTRE Qui renferme plusieurs faits singuliers de M. Anel Docteur en Chirurgie, Chirurgien de Madame Royale de Saye, & Occuliste de France par Brevet du Roy. A son ancien Ami M George Policola Docteur en Medecine de l'Université de Rome, Comte Palatin, Chevalier de l'Epron d'or, & premier Medecin du Sultan Achmet V. Empereur des Trucs.
Dans une lettre datée du 1er janvier 1717, M. Anel, chirurgien à Paris, adresse un courrier à son ami M. George Policola, médecin à Constantinople. M. Anel y décrit ses succès professionnels et ses découvertes médicales. Il a mis au point une méthode pour traiter les fistules lacrymales sans recourir à une intervention chirurgicale violente, ce qui lui a valu des récompenses et un privilège royal pour traiter les maladies des yeux en France. Il a également identifié une maladie nommée 'hydropisie du conduit lacrymal' et développé des techniques pour explorer le fond de l'œil et administrer des remèdes sans provoquer d'irritation, réduisant ainsi les douleurs et les complications pour les patients. M. Anel mentionne une réflexion du Dr. Marquety de Padoue sur la mortalité due aux maladies vénériennes. Il relate également une opération réussie d'amputation d'un bras à l'épaule selon la méthode de Mr. de Remonjeau, bien que le patient soit décédé ultérieurement d'une autre maladie. La lettre évoque diverses innovations technologiques, telles qu'une nouvelle plume, une machine pour soulager les chevaux, des chariots à voile, et une méthode d'accouchement sans instruments tranchants. De plus, M. Anel rapporte la découverte d'un fœtus monstrueux dans un mouton, présentant des caractéristiques humaines et animales, conservé par le chirurgien Monsieur Tartanfon. Il mentionne aussi un cas similaire d'un enfant trouvé dans un abcès d'un ecclésiastique et invite son correspondant à partager des découvertes similaires provenant de l'Empire Ottoman.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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126
LETTRE Qui renferme plusieurs faits singuliers de M. Anel Docteur en Chirurgie, Chirurgien de Madame Royale de Saye, & Occuliste de France par Brevet du Roy. A son ancien Ami M George Policola Docteur en Medecine de l'Université de Rome, Comte Palatin, Chevalier de l'Epron d'or, & premier Medecin du Sultan Achmet V. Empereur des Trucs.
127
p. 151
ENIGME.
Début :
Homme Lettré doctement me compose [...]
Mots clefs :
Clystère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Omme Lettré doctement me
compofe
Sur le papier.
Son Ecolier
Aux crédules mortels , éloquemment
m'expoſe :
Serois - je en claſſe une Leçon ,
Harangue d'Ecolier , oui , non ;
Peut- être; devinez;je paffe,je repaffe
Avec grace , ou fans grace ,
De pertuis en pertuis ,
De réduits en réduits :
Un Difcours Oratoire a fortune
pareille ,
Paffant de bouche en bouche , &
d'oreille en oreille ,
Dans les Réduits de maints petits
Cerveaux .
Je péle plus que je ne vaux
Dans un des réduits que j'occupe ;
Suis - je un Difcours. Non , non ,
n'en foyez plus la dupe.
Omme Lettré doctement me
compofe
Sur le papier.
Son Ecolier
Aux crédules mortels , éloquemment
m'expoſe :
Serois - je en claſſe une Leçon ,
Harangue d'Ecolier , oui , non ;
Peut- être; devinez;je paffe,je repaffe
Avec grace , ou fans grace ,
De pertuis en pertuis ,
De réduits en réduits :
Un Difcours Oratoire a fortune
pareille ,
Paffant de bouche en bouche , &
d'oreille en oreille ,
Dans les Réduits de maints petits
Cerveaux .
Je péle plus que je ne vaux
Dans un des réduits que j'occupe ;
Suis - je un Difcours. Non , non ,
n'en foyez plus la dupe.
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128
p. 175-176
Avis trés-utile. [titre d'après la table]
Début :
Quoique je me défie avec raison, de tous les Remédes à qui [...]
Mots clefs :
Remèdes, Maladies, Eau, Efficacité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis trés-utile. [titre d'après la table]
Quoique je me défie avec raifon
, de tous les Remédes à qui
on attribue une Vertu univerfelle,
contre toutes fortes de Maladies ,
je ne puis cependant diffimuler
fur le témoignage de plufieures
perfonnes dignes de foi , que l'Eau
de Mr de Villars , quon furnomme
Divine , eft peut- être un des plus
beaux Sécrets de laMédecine. Elles
attesteront qu'elles en ont vu des
.
176 LE MERCURE
effers fi furprenans , qu'elles fe
croiroient comptables envers le
Public , fi elles ne rendoient pas
juftice à l'éfficacité de cette Eau ,
qui a la Vertu de rectifier le fang , ce
qui une fois trouvé , doit prolonger
confidérablement la Vie de l'Homme.
Les Expériences journaliéres
que Mr de Villars en fait avec
fuccés fur des Moribonds
feront pour les plus Incrédules une
efpéce de démonſtration.
, de tous les Remédes à qui
on attribue une Vertu univerfelle,
contre toutes fortes de Maladies ,
je ne puis cependant diffimuler
fur le témoignage de plufieures
perfonnes dignes de foi , que l'Eau
de Mr de Villars , quon furnomme
Divine , eft peut- être un des plus
beaux Sécrets de laMédecine. Elles
attesteront qu'elles en ont vu des
.
176 LE MERCURE
effers fi furprenans , qu'elles fe
croiroient comptables envers le
Public , fi elles ne rendoient pas
juftice à l'éfficacité de cette Eau ,
qui a la Vertu de rectifier le fang , ce
qui une fois trouvé , doit prolonger
confidérablement la Vie de l'Homme.
Les Expériences journaliéres
que Mr de Villars en fait avec
fuccés fur des Moribonds
feront pour les plus Incrédules une
efpéce de démonſtration.
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Résumé : Avis trés-utile. [titre d'après la table]
L'Eau de Monsieur de Villars, dite 'Divine', est reconnue pour ses propriétés médicinales exceptionnelles. Des témoignages fiables confirment son efficacité, prolongerait la vie en purifiant le sang. Des expériences sur des personnes en fin de vie montrent ses bienfaits, même pour les sceptiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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129
p. 99-130
JOURNAL DE PARIS.
Début :
Mardi 13 Juillet, le sieur Gautier Docteur en Medecine de [...]
Mots clefs :
Docteur en médecine, Altesse royale, Expériences, Eau potable, Eau de mer, Machine, Invention , Marine, Feu, Charbon, Certificats, Sel, Thèses, Discours, Serment, Duc, Jardin, Conférence, Promenade, Conseillers, Nominations, Cardinal, Vaisseaux de guerre, Maréchal, Charges, Régent, Audience, Procession, Élection, Assemblée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JOURNAL DE PARIS.
JOURNAL DE PARIS.
MArdi
13 Juillet , le ſieur Gautier
Docteur en Medecine de l'Univerſité
de Nantes, fut préſenté à Son
ALTESSE ROYALE , par Mt le Comte
deToulouſe & parMrle Maréchal d'Efzrées
: Il rendit compte à S. A. R. des
883102
Lij
100 LE MERCURE
Expériences qu'il a faites durant trois
mois, au Port de l'Orient, par fon ordre
& par celui du Conſeil de Marine
, de l'Eau de Mer renduë potable
&dégagée de tout Sel volatile.S. A.R.
en fut très fatisfaite & fit voir ſa pénétration
, en deſſinant ſur le champ
la Machine , ſur le ſeul récit du ſieur
Gautier qu'il chargea de lui en faire
un Modéle de carton. La Machine
eſt très ſimple & a une parfaite imitationde
la Nature;elle n'eſt point embaraſſante
, donne à peu de frais quantité
d'eau , auſſi bonne & auſſi ſalutaire
que cellede Fontaine & même plus
fraiche , comme il paroît par les Procès
verbaux des Gens qui en ont bû
durant deux mois. Comme c'eſt une
des plus utiles & des plus bellesDécouvertes
qui ait été miſe au jour
depuis pluſieurs fiécles , je commencerai
le Journal de Paris par les Procés
verbaux des Expériences qui en
ont été faites ſur les Lieux. Je continuërai
par la ſuite à informer le Publicde
tout ce qui viendra à ma connoiffance
, touchant cette nouvelle
Découverte.
D'AOUST.
101
EXTRAIT DU REGISTRE
Des Procez Verbaux, tenu au Contrôle
de la Marine , au Port de l'Orient .
,
Nous , Medecin du Roy , Chirurgien
Major &Apoticaire de la Marine de
ce Port , Certifions que le premier de ce
mois , nous nous sommes transportez par
ordre de Meſſieurs de Beauregard Commandant
la Marine en ce Port , & de
Clairembault Commiſſaire General
Ordonnateur de la Marine en ce Fort ,
àBord du Vaisseau du Roy le Triton ,
poury examiner l'Eau du ſieur Gautier
Medecin; & que ſur le lien,nous avons
fait mettre devant nous de l'Eau de Mer
dans la Cucurbitte de ſa Machine , pour
être échauffée & élevée en vapeurs ,
par le moyen d'un Tambour placéau def
Sus de l'Ean , qui dans ſon ſein, contenoit
un feu de bois & de charbon ; &
que par le Robinet de la Citerne de la
Machine ,nous en avons vû couler une
Eau claire dont nous avons emporté
environfix pots ; sur laquelle nous avons
fait des Epreuves avec la Noix de
Galle , le Sucre de Saturne , l'Ozeille,
I iij
102 LE MERCURE
le Sel de Tartre , le Sublimé Corrofif,
l'Esprit de Coclearia & le Vinaigre diftillé:
Qu'en même-tems nous avonsfait
pareilles Epreuvesſur la meilleure Eau
de Fontainedu Païs, &que dans la confrontation
que nous avons faite de l'une
&de l'autre Eau, nous n'y avons trouvé
nulle difference , exceptéque celledu
fieur Gautier tire plus fortement la
Teinture : Que nous avons peſépareille
quantité de ces deux Eaux & les
avons trouvées de mêmepoids: Que nous
avons deſſéché pareille quantité de ces
deux Eaux , & qu'aufond du Vaisseau
il est resté un peu de Sel Nitreux de
pareil goût , à l'exception pourtant que
l'Eau de Fontaine en alaiſſsé plus groſſe
quantité , &que le Selde l'Eau duficur
Gautier étoit plus gris que celui de l' Ean
de Fontaine. Nous avons gouté & bû
plusieurs fois de cette Eau que nous trouvons
absolument dépoüilléede SelMarin
& qu'elle est en sont , ſemblable
à l'Ean de Fontaine , à l'exception que
dans celleduficurGautier , nousy avons
remarquéunpetit goût Etranger , que le
fieur Gautier nous a dit provenirde la
Résine qu'il a été obligé d'employer
pourfonder lePlomb desa Machine
7
D'AOUST. 103
cequi peut-être veritable ; puiſque nous
avons rémarqué dans ſon Eau quelques
petits Corpuscules Argentins qui ſurnageoient
fur fon Eau , qu'il dit auſſiprovenir
de la Réſine : Qu'étant à bord
du Vaisseaule Triton , nous en avons
vû boire aux Gardiens de ce Vaisseau
auxJournaliers qui tournent le Tambourde
la Machine , qui nous ont assuré
que dépuis que l'Eau couloit , ils n'en
buvoient point d'autre & n'avoient
réſſenty aucunes altérations , ni incommoditez
. Fait à l'Orient le ſeptiéme
Juin 1717. figné de Villartay , Jarnoien
, Dufay & Cordier.
PROCEZ VERBAL DE L'EAU DE MER,
renduë potable.
Nous, Officiers de Marine & du port,
Souſſignez , Certifions qu'en consequence
des Lettres écrittes de Paris par le Confeil
de Marine , à M. de Bauregard
Capitaine de Vaisseaux du Roy , Commandant
la Marire au Département du
Port - Loüis & l'Orient , & à MrClarrembault
Commiſſaire Général , Or
donnateurde la Marine du 30. Décembre
1716.qui permettent anfieurGan104
LE MERCURE
tier Medecin de Nantes , de faire en
ce port l'épreuve qu'il a proposéeàS.
A. R. Mgr.le Duc d'Orleans , Regent
du Royaume & au Conseil de
Marine,du fécret qu'il a trouvé pour
rendre l'Eau de la Mer potable ; lefieur
Gautier auroit établisa Machine à bord
du Vaisseau de S. M. nommé le Triton
, où nous étant transportés pour être
preſents à l'épreuve & voir agir cette
Machine , afin d'en faire un fidele raport
; nous aurions obſervé cequifuit.
SÇAAVVOOIIR.
Cette Machine occupe l'espace d'environ
8. Tonneaux , dont il yen a 2.
à diminuer pour le Vuide laiſſe par le
bas , pour ne pas toucher au l'est.
Le 20. May1717. Le fieur Gautier
aallumé lefeudans le Réchaud de cette
Machinezil est provenu pendant 24. heures
, depuis midy jusqu'à pareille beure
dutendemain , 9Pieds Cubes d'Eau donce
,faiſans àraison de 36 pintes que contient
la mesuredu pied cube , la quan
tité de 324. pintes , ou une Barrique
42, Pots : Il a été consommé en
sette Opération un pied Cube de charbon
de
L
D'AQUST .
105
I
de Terre & pied Cube de charbon
de Bois mêlez ensemble ; & nous avons
remarqué que la Machine prenoit vent
par plusieurs endroits , ſans quoi la distillation
eût étéplusforte ; ( ce qui n'arriveroit
pas à l'avenir ;) le ſieur Gautier
nous ayant fait connoître qu'il établifſoit
fes Machines Sans ſouder te
Plomb : Ce sera une épargne & les
Machines neSauroient prendre vent.
Le 22. dudit mois , le feu étantralumé
dans la Machine , il est provenu
pendant 12. heures ; dépuis 7. heures du
matin jusqu'à pareille heure du foir ,
4. pieds Cubes d'Eau douce , faifans
144. pintes ou une démie Barrique &
12. Pots. Ila été consommé en cette Opération
un feixiéme de Corde de gros-
Bois.
Le 25. le feu a été rallumé pour faire
de nouvelle Eau , dont on s'eſt ſervi
pour cuire des Viandes , Boeuf , Monton
& Lard , des Féves & poids qui
ont aussi été trés bien cuits , en moins
dedeux heures , avec un feu médiocre.
Le 26. on a pefé de cette Eau avec
un Pese- liqueurs ; elle s'est trouvée
d'égal poids que celle de la meilleure
Fontaine de ce port.
106 LE MERCURE
Le 28. on a Boullangé un pain pétri
de cette Eau & un autre pain de celle
dont on ſe ſert ici ordinairement ;
les deux d'une même Farine, avec égal
lévain & les Eaux chauffées à pareil
degré : Lepain de l'Eau artificielle s'eft
trouvé aussi bon & même un peu plus
frais & léger que l'autre.
,
Cette Eau n'a aucun goût deſel ; elle
est parfaitement bonne , étant réposée
du matin au foir ; elle est meilleure
plus fraîche que celle des Fontaines.
Nous avons remarqué qu'elle devient
meilleure de jour à autre , & que plus
la Machine travaille , plus elle perd
le petit goûtde réſine qu'elle contrartoit
de lasoudure du Plomb , de manilre
qu'il ne luy reste à preſent autant
que nous en pouvons juger, que leſeul
goût d'Eau de pluye : Les Gardiens des
Vaisseaux &les Gens qui travaillene
à sa distillation , nous ont assuré n'avoir
pris d'autres boiffons que cette
Eau,pendantplus d'un mois , mêmefort
Souvent à jeun ; fans avoir reſſenty ancune
incommodité ; qu'au contraire ils
la trouvoient bonne , fraiche &faine :
Ce qui a engagé plusieurs personnes de
confideration à en faire emplir & cm
D'AO UST. 107
porter des cruches dans leurs maisons ,
pour en boire & s'en servir à differens
usages.
EVALUATION
DU CHARBON ET DU BOIS,
Qui ont été conſommés pour les deux
épreuves ci-deſſus , par laquelle on
connoit à peu prés ce que peût couter
la Barrique d'Eau distillée
le Charbon , & celle diſtillée par
le Bois.
par
Ilentre 10 pieds Cubes de Charbon
de Terre ou de Bois , dans la Barrique.
La Barrique de Charbon de Terre
coûte àpréſent ici au Roy 10 livres; ainfi,
lepied Cube qu'on en a consommépour la
distillation , pendant les 24 heures fufdites,
revient à 20fols , cy. 11. o ſod
La Barrique de Charbon de bois conte
30 fols ; ainfile pied cube consommé
pour mêler avec le Charbon de Terre
ci-deſſus,revient à un folfix deniers .
o 1f. 6. d .
..
108 LE MERCURE
Ladite Suivant cette Dépense :
Epreuve ayant produit 324 pintes d'eau
douce , la Barrique d'eau pourroit couter
ici à préſent, étant distillée, deCharbon
de Terre de Charbon de Bois
environ quinze fols onze deniers.
cy
1
15 f. 11 d.
La Cordede bois à bruler de 8 pieds
de long , 4 pieds de haut , & les buches
qui la compoſent , ayant chacune 2 .
pieds de longueur , coute ici apréſent
an Roys livres dixfols. Il en a estécon-
Somme pour la distillation pendant les 12
heuressusdites unfeixiéme de Corde ,
quirevientàfix fols fix deniers.
cy
,
6 f. 6 d.
Ces deux differentes épreuves nous
font connoître que l'Eau diſtillée par
le Bois, couteroit moins que celle dif
tillée par le Charbon ; mais le Bois envolumeroit,&
embaraſſeroit d'avantage
un Navire que le Charbon. Nous
rémarquons que le feu de Boisne produit
pas autant d'Ean que celui de
Charbon , il eſt à préſumer que fi la
foudure
D'AOUST.
109
foudure du Plomb de la Machine ût
été bien faite , elle n'ût pas pris vent
& elle eut donné beaucoup plus d'Eau
douce;ce qui en auroit diminué le prix .
Le ſieur Gautier nous a même affirmé
que par la Réfaction d'une autre pareilleMachine
pas plus grande ny plus
embaraffante , il fourniroit la quantité
d'Eau néceflaire par jour , à un Equipage
de plus de 400 hommes. En foy
de quoy nous avons figné la préſente
à l'Orient , le onzième Juin 1717. figne
, de Beauregard , Clairembault ,
Collationné Chunland de Boiſdiſon ,pour
M. le Controllcur.
Le 23 Juillet , on fit en Sorbonne
l'Ouverture des Théſes appellées
Sorboniques . M. l'Abbé Parquet
Prieur de la Maiſon , prononça fur
la néceſſité & fur l'utilité de lite les
Peres de l'Eglife , un Diſcours éloquent
, & récita une Ode à la loüange
deMgr le Régent .
Le Pere Macé Cordelier , répondit
& démontra par un autre Difcours qui
fut applaudi , l'importance de lire l'Ecriture
Sainte, comme la Source pure
& originále , où les Peres de l'Eglife
avoient puiſé : 11 finit par une Piece
Aouft 1717. K
-
110 LE MERCURE
de Vers de très bon goût. L'Affemblée
fut nombreuſe : M. le Cardinal de
Noailles & pluſieurs Prélats s'y trouvérent
Le 24 , M. le Marquis de Pracontal
Capitaine au Régiment Royal des
Cuiraffiers , fils du Marquis de Pracontal
Lieutenant Général des Armées
du Roy , préta Serment entre
les mains du Roy , pour la Charge de
Lieutenant de S. M. en la Province
de Nivernois vacante par la mort
du Comte de Bulleaux ſon Oncle .
Le 25 de Juillet , le Roy accompagné
deMer le Duc du Maine , de M.
le Maréchal de Villeroy , de M. I'Evêque
de Frejus , de M. le Prince
Charles & de ſa Cour ordinaire ,
partit du Palais des Tuilleries ſur les
4heures& demie du ſoir , pour aller
ſe promener à Bercy qui eſt á une perite
lieuë de Paris. Il alla deſcendre
dans la Maiſon de M. Pajot d'Onzeen-
Bray , laquelle , quoique médiocrement
grande eſt cependant trés
bien entenduë ; elle eſt ſurtout décorée
d'un Cabinet , où le Maître de la
Maiſon a raſſemblé avec beaucoup de
dépenſe & de curioſité, tous les me
د
D'AOUS-T.. III
:
déles de Machines , qui ſont comme
autant de Chefs-d'oeuvre de la Méchanique.
Ces Raretés ſont placées en
différentes Armoires , dont la difpofition
intérieure ſe change d'un moment
à l'autre,pardes refforts ſécrets qu'a inventé
le fameux PereSebastien Carme
de la Place Maubert , quí a travaillé
depuis plus de 20 ans à perfectionner
ce Cabinet deſtiné après la mort du
Poſſeſſeur , à l'Académie des Sciences .
S. M. ſe promena d'abord dans le Jardin
, où on fit joüer les Eaux qui font
trés belles. Elle vit enſuite la Ménagerie
compoſée d'animaux rares ;
aprés quoy elle monta aux Appartemens
: Pendant ce tems là on fit ra.
fraichir ſes Gardes , ſes Pages & les .
Suiſſes de fa Garde. M. Pajot montra
à S. M. un excellent Miroir ardent ,
eſtimé 25000 livres , qui diſſout tou
tes fortes de Métaux. Le Roy ût le
plaisir de voir fondre un Louis d'or
& pluſieurs Morceaux d'acier : 11
voulut voir le Laboratoire , ſuivi de
toure la Cour. S. M. fit attention à ce
qu'il y avoit de plus curieux. Le Roy
deſcendit de là dans le Jardin & fe
promena ſur la Terraffe : Pendant qu'-
Kij
112 LE MERCURE
il faifoit Collation on tira un Feu
d'Artifice qui avoit été préparé ſur
l'Eau. A huit heures , le Roy retourna
au Louvre, fort content de ſa Promenade.
د
Le même jour , on chanta le Te
Deum, pour le rétabliſſement de la
fanté de MADAME , dans l'Eglife
des Quinze-Vingts. Elle continuë de
venir de Saint Cloud à Paris, une fois
la ſemaine. Cette Princeſſe dîna hier
au Palais Royal , comptant d'affifter
à la repreſentation de la Tragédie
d'Heraclius que les Comédiens
François devoient joüer ſur le Théatre
de l'Opera . Madame étoit déja dans
fa Loge , lorſque le ſieur Guerin qui
étoit habillé & prêt à paroître ſur la
Scéne , tomba enApoplexie dans les
Couliffes : Il fut emporté auſſitôt chez
lui. Il eſt leplus ancien Comédien de
la Troupe. Il avoit été Camarade de
Molière dont il avoit épousé la Veuve
. Il excelloit dans les Rôles de vieillard,
furtout pour le Comique ; & on
l'écoutoir avec ſatisfaction dans le
Tragique , où il faiſoit le Rôle de
Confident. Il lui ſera plus facile qu'a
un autre,d'être fidéle à la parole qu'il
D'AO UST.
113
adonnée,de neplus monter ſur leThéatre
; car , il a 82 ans & de plus ſon
Apoplexie s'est tournée en Paralific
fur la langue. Cet Accident imprévû
étonna ſi fort les Acteurs , qu'ils aimérent
mieux rendre l'argent, que de repreſenter
cette Piéce.
Le 25 après midi , il ſe tint une lom
gue Conférence chez M. le Chancelier,
entre les neuf Commiſſaires nom.
més pour l'arrangement des Finances .
On continue d'éxaminer avec beaucoup
d'attention tous les Mémoires
qui ont été préſentés à ce deſſein. La
principale application de ces Mefſieurs
, eſt de pouvoir accorder les
interrêts du Roy avec ceux du Public .
Les Promenades du Cours pendant
la nuit , ſont plus fréquentes que
jamais, à caufe des chaleurs exceffivesdont
on eſt incommodé pendant
la journée :On y reſte juſqu'au jour.
Ces Affemblées nocturnes donnent
lieu à beaucoup de petites Hiftoriettes
qui ſe débitent le lendemain & que
chacun charge,à ſa fantaiſie,de quelque
Circonſtance maligne.
Il ya dans le menu Peuple de Paris,
une eſpèce de Badaux qui ne man-
Küp
14 LE MERCURE
quent/aucune des Exécutions qui ſe
font ici. Ils ont û plein contentement
cette ſemaine; car , il y en a û beaucoup
: Je n'en parlerois point dans ce
Journal , ſans la particularité d'un
Maure , qui s'étant amuſé à voler un
Conſeiller du grand Conſeil , le 22
du paſſe ſur les 9 heures du ſoir , fut
reconnu le lendemain avec le Chapeau
de celui qu'il avoit attaqué. A certe
marque , il fut arrêté & conduit en
Priſon. Comme il n'étoit d'aucune
Religion , on le catéchifa la veille de
fon Jugement ; il fut batiſé le Samedy
matin vingt-quatre & rompu vif à
ſept heures du ſoir , à cauſe de l'énormité
de ſes Crimes. Il a déclaré
22 de ſes Complices Voleurs de nuit ,
dontpluſieurs ont été arrêtés.
M. de Harlai de Beaumont Confeiller
d'Etat Ordinaire , dont nous
avons annoncé la mort dans le Mercure
de Juillet , a fait un Teſtament,
par lequel il laifſe les Mémoires &
les Papiers qu'il avoit afſſemblés touchant
la Charge d'Avocat General , à
M. Chauvelin de Griſenois qui occupe
cette Place ; & au cas que ce dernier
vint à décéder ſans enfans , il lé-
1
1
---
!
D'AOUST.
11F
gue tous ſes Manuscrits à la Biblioteque
des Peres de Sainte Géneviève ,
qui a été fort augmentée par celle de
feu M. l'Archevêque de Reims .
M. d'Armenonville a û le Bureau
de M. de Harlai ,en montant à l'ordinaire
: Il devient par là le 4º Conſeiller
d'Etat par ſon ancienneté d'Intendant
des Finances.
Le29 , Mgt le Duc d'Orleans voulant
éviter les importunités des ſollicitations
qu'on lui fait , auffi-tôt qu'une
Place eſt vaquante dans le Conſeil
d'Etat ; a jugéà propos de donner une
Expectative à celui des Maîtres des
Réquêtes Intendants, felonle rang de
fa Réception : Comme M. de Bernage
s'eſt trouvé plus ancien que M. Ferrand
, il a obtenu par cette Loy l'Expectative
, pour la premiere Place qui
vaquera.
Le 30,onfut informé à laCour que le
Pape tint Confittoire le 11 Juillet. Le
Saint Pere s'étendit fort ſur les grandes
Qualités de M. l'Abbé Alberoni ;
il fit valoir ſurtout , les ſervices qu'il
a rendu au Saint Siege ; aprés quoi ,
il le déclara Cardinal , & en réſerva un
autre in Petto. Par cette Promotion
116
LE MERCURE
onjuge que toutes les Affaires d'Efpa.
gne ſont ajuſtées avec la cour de Rome.
On écrit d'Eſpagne , que ce noun
veau Cardinal n'a en vûë que le bien
de l'Etat. Toutes les Affaires roulent
préſentement ſur lui & lui font prefque
toutes renvoyées : C'eſt par ſes
ſoins que la Flotte d'Eſpagne compofée
de ſeize Vaiſſeaux de Guerre , de fix
Galéres & 36 Vaiſſeaux de tranfport
, a été équipée. Il y avoit longtems
que cette Couronne n'avoit été
en ſituation d'aſſembler une Flotte fi
nombreuſe. Malgré la dépenſe qu'il
a fallu faire pour un pareil Armement
, ce Miniſtre a déclaré qu'il avoit
100000 Piſtoles en réſerve ,destinées
pour l'Expédition qu'il ſe propoſoir.
Il a fait nommer M. Leedes Général
de l'Armement de Mer. Les Troupes
feront commandées par 3 Lieutenans
Généraux , 6 Maréchaux de camp &
autant deBrigadiers. M. le Marquis dé
Patignes qui est bien fourni d'argent ,
a été choisi pour Intendant des Troupesde
cetArmement. Il y a fur cetteE
cadre douze Bataillons (dont deux font
de Gardes Vvalones) 5o Compagnies
de Grenadiers. & 300 Dragons , qui
D'AOUST.
117
font to à 1 mille hommes de débarquement
; un Train d'Artillerie de 40
piéces de Canon & toutes fortes de
Munitions de Guerre & de bouche
pour une longue Expédition. Cette
Flotte a été vûë à la hauteur de Marfeille&
de Toulon , faiſant voile vers
l'Italie , fans qu'on ſcache encore ſa
deſtination.
LISTE DES VAISSEAUX
Armezà Cadix .
TE Prince des Asturies , autrefois
le Cumberland de ... 70 Canons .
Le Saint Philippe & le Saint Charle
:
La Sainte Elifabeth .
Le Saint Louis
Le Saint Ferdinand
Le Saint Pierre
Le Saint Rofaire.
Le Royal .
La Perle.
Le Volant.
La Surpriſe .
La Junon .
..
•
ة •
•
• 60 Canons.
.60.
60.
..
• .60.
60.
•
.60.
60.
•48.
.46.
44.
• 36.
2Brulots , le Saint Philippe &Caſtille.
Le Saint Salvador & l'Hercule , dont
le premier fertde Magazin & l'autre
d'Hôpital .
118 LE MERCURE
M. le Maréchal de Tallard , à quả
Mgt le Duc d'Orleans avoit donné
une Place dans le Conſeilde Régence,
y vint prendre Séance le 31.
د
Lei Août , Mst le Prince de Conty
n'a point paru au Conſeil de Régence
ayant perdu la nuit du 31 Juillet
fon fils unique leComte de la Marche ,
âgé de 2 ans & 4 mois , étant né le
28 Mars 1715.
Le même jour on folemnifa à
la Mercy , la Fête de Nôtre-Dame
de ce Nom. M. le Comte de
Ribeira Ambaſſadeur de Portugal ,
rendit le Pain - Benî qui fut préſenté
par fon Aumônier en Rochet & en
Manteau. Les Timbales , les Trompettes
&Haut-bois précédoient plufieurs
Pains-Benîts portés pardes gens
de ſa livrée. Cette Cérémonie fut
magnifique.
L'aprés midi , enſuite du Sermen du
Pere Candide Chalippe Récolet , la
Proceſſion ſe mit en marche. Pluſieurs
Eſclaves retirez dépuis peu d'Alger &
de Maroc, avec quantité de jeunes enfans
en habits d'Anges , tenans à la
main des Banderoles aux armes de
M. l'Ambaſſadeur , attirérent l'atten-
(
D'AOUST. 119
1
tion du Public & ſurtout celle de
Madame la Ducheſſe de Ventadour ,
qui étoit avec Madame la Princeffe
de Rohan fa fille & autres Perſonnes
de Diftinction , ſur les Balcons de l'Hôtel
de Soubize .
Le méme jour , on trouva aſſaſſiné
un nommé Gerinaın , Officier reçu en
furvivance dans la petite Ecurie :
Quelque recherche qu'on ait faite , on
n'apû en découvrir les Aſſaſſins.
Le 2 , quoiqu'il ût été établi que l'on
ne porteroit point le Deüil des Princes
du Sang , que lorſqu'ils moureroient
au-deſſus de 7 ans ; la Cour n'a point
û d'égard à cette régle , l'ayant pris
pour la mort du Comte de la Marche.
Le 3 , Madame d'Aligre Religieufe
Benedictine de la Ville-l'Evêque,a été
nommée Coadjutrice de Madame ſa
Grande Tante qui eſt Abbeſſe de la
petite Abbaye de Saint Cir.
Le 4 , on ſçûr que M. le Marquis
d'Alincour Villeroy , étant tout à fait
rétabli de fon indiſpoſition , partit le
21 de Juillet de Vienne , pour ſe rendre
au Camp des Impériaux ſous Belgrade.
Les , on reprefenta fur le Theatre
120 LE MERCURE
du Palais Royal la Tragédie d'Heraclius
que les Comédiens n'avoient
point joliće le Jeudi précédent, à cauſe
de l'accident arrivé au ſieur Guerin
qui ſe porte beaucoup mieux . MADAME
aû la bonté d'envoyer tous
les jours ſavoir de ſes nouvelles.
Le 7. le Roy a donné à M. le Duc
d'Albret Pair & Grand Chambelan de
France , la Charge de Gouverneur
& Lieutenant General d'Auvergne, par
la démiſſion de M. le Duc de Bouillon
fon Pere , du 7. Aouſt 1717 .
Idem , le Gouvernement particulier
de la Ville de Cuſſet dans ladite
Province , par la même démiſſion du
7.Aouit 1717.
Idem , un Brevet de retenuë fur
la Charge de Gouverneur d'Auvergne
, de la ſomme de 30000 livres ,
en faveur de M. le Duc d'Albret.
Un Brevet d'affûrance deſdites
Charges , en faveur de M. le Duc de
Boüillon , en cas de prédécéds de M.
le Puc d'Albret.
Ure commiffion à M. le Duc de
Boüillon , pour commander ſa vie durant
& faire les fonctions deſdites
Charges , nonobſtant fa demiffion.
Le
D'AOUST. 124
Le Roy a été un peu incommo lé ;
mais il ſe porte mieux : Il a foupé
aujourd'huy chez Madame la Ducheffe
de Ventadour.
Le 7. S. A. R. Mgt le Regent , alla
préſider pour la premiere fois au Conſeil
du Dédans du Royaume : Il entendit
pendant 4 heures entiéres, avec une
attention toûjours égalle , le raport
d'une Affaire importante qui lui fut
fait par M. l'Abbé Mainguy. Ce Prince
y donna des preuves de ſa péné -
trátion ordinaire & de la facilité qu'il a
pour le maniement des plus grandes
Affaires. Il en fortit auſſi fatisfait de
l'application que l'on donne dans ce
Conſeil , à rendre la Juſtice aux Sujers
duRoy,que de l'habileté duRaporteur.
Le peu de Logement qu'il y
avoit dans l'enceinte du Palais des
Tuilleries , avoit fait juſqu'à préſent
demeurer les Pages & le Manege à
Verſailles : Comme on a bâti depuis
peu des Logemens & des Ecuries , on
a fait venir ici tous les Equipages qui
étoient reſté à la Grande & à la Petite
Ecurie. On a aufli rétabli & approprié
l'ancien Carouſel .
: Le9 , M. de Rocheplatte Major
Agust 1717. L
1
122 LE MERCURE
des Gardes de Mar le Duc d'Orleans ,
ût l'honneurde monter dans le Caroffe
de S. A. R. qui lui permit d'uſer du
droit qu'il en avoir.
Le 10,M. le Comte de Stairs, après
pluſieursconteftations , a enfin,ce matin,
préſenté ſa Lettre de créance au
Roy & a pris Qualité.
On fut fort allarmé à la Cour , de
la chutte que le Roy fit de fon Lit le
foir , enjoiant avec M. le Prince de
Boüillon ; mais hûreuſement , il tomba
légérement ſur les mains & re
ſentit de mal qu'au petit doigt , dont
la douleur pafla promptement. Mr Ma-
'réchal Chirurgien de S. M. le vifita
depuis les pieds juſqu'à la tête , ſans
appercevoir aucun autre mal.
Let , M. le Comte de Ribeira Ambafladeur
Extraordinaire de Portugal,
îût Audiance particuliere du Roy, dans
laquelle il fit part à S.M.delaNaiſſance
d'un 3 Infant dont laReine de Portugal
accoucha les du moispaffe. It donna
une grande Fête pour célébrer la Naifſance
de ce Prince. Sa Maiſon connue
fous le nom de l'Hôtel de Bretonvilliers,
à la Pointe de l'Ifle Saint
Louis , étoit toute illuminée de Cire
blanche.
DAOUST. 123
Ontira unfeu d'Artifice avant le Bal,
pendant lequel on diſtribua avec profufion
aux Maſques , toutes fortes de
rafraichiſſemens .On danſoit dans une
Gallerie qui donne fur la Riviére &
dont la ſituation eſt la plus charmante
de Paris . Cette Fête auſſi galante que
fomptueuſe , a répondu parfaitement
à la haute opinion que cet Ambafladeur
a donnée de ſa Magnificence en
pluſieurs occafions.
Le 12 , S. M. foupa dans le Pavillon
que l'on a élevé au milieu des Tuilleries
, à la place du Boſquet que l'on
appelloit le Théatre. Le Roy a quitté
le Deil qu'il avoit pris pour M. le
Comte de la Marche. Mst le Duc
d'Orleans continuë à le porter de l'Electrice
Doüairiere de Saxe..
MADAME vintà Paris& aſſiſta
pour la deuxième fois à la Repréſentation
d'Heraclius. Elle ût la fatisfa
Etion en arrivant , de faire ſes compli
mens à Mst le Duc de Chartres qui
étoit entré le 4 de ce mois ,dans ſa isa
année. Ce Prince étoit allé le matin
prendre Séance au Parlement , ſans
aucun Cortége. Les fix Gentils-Hommes
fortis depuis peu de Vincennes &
Lij
124 LE MERCURE
د enne rede
laBaſtille , voulans réparer la faute
qu'ils avoient commife
conduifant pas Mst le Duc de Chartres
, le jour qu'il obtint leur grace , fe
trouvérent à la defcente de fon caroffe,
le conduifirent à la Grand Chambre
&ne le quittérent quelorſqu'ilfut deretour
au Palais Royal &qu'il fut rentré
dans fon Cabinet. Je reviens aux honneurs
que leParlemēt rendit à cePrince .
Les Huifliers de la Grand'Chambre
vinrent au devant de lui , jufqu'à
la Porte , de la Grande Sallea
Lorſqu'il ût traverſé le Parquet & pris
fa Place , M. le Premier Préſident lui
adreſſa un Compliment fort éloquent ,
dans lequel , en faifant l'éloge de Mg
le Duc d'Orleans , il y joignit aufli
celui de Msi le Duc de Chartres . IL
fit ſurtout ſentir qu'on avoit tout lieu
d'eſpérer que ce jeune Prince ſe conformeroit
aux exemples que lui donnoir
S. A R.: Mgr le Duc de Chartres
pondit à ce Compliment avec autant
de modeſtie & de juſteſſe dans ſes termes
que de dignité & d'affûrance
dans la maniére de les prononcer. Il
donna enſuite ſon avis dans l'affaire
qui fut jugée à la petite Audiance. l'AD'AOUST".
125
vocat qui plaida à la Grand Chambre ,
fitun éloge trés convenable de Mst le
le Duc de Chartres , qui en ſortant ,
fut reconduit par les Huiffiers juſqu'à
la Porte de la Sainte Chapelle. Il revintenfuite
au Palais Royal recevoir
des complimens qu'il avoit fibien mérité.
Il étoit à cette Cérémonie vétu
deDeüil, avec beaucoup de Pierreries
fur fon Habit. On étoit ſi peu informé
dans Paris du jour que ce Prince prendroit
Séance au Parlement , qu'il ne
s'y trouva que trois Ducs , qui étoient
M. l'Evêque de Beauvais , M. le Duc
d'Antin&M. le Duc deVillars Brancas .
Les Commiffaires nommés pour éxaminer
les Projets propoſés pour le
nouvel arrangement des Finances , y
travaillent avec beaucoup d'affiduite
& de diligence. Mst le Duc d'Orleans
a fi fort à coeur que ce nouveau
Siftéme ait ſon effet , qu'il trouva bon
qu'il n'y ût point Samedydernier, de
Confeil de Régence ; mais , on en
tint un extraordinaire , Mardy , pour
examiner le travail de ces Meffieurs ,
qui en ont rendu compte , encore
plus particulièrement dans les Af
emblées tenues au Palais Royal ,lo
Liij
126 LEMERCURE
11 au foir , ce matin , & l'aprés-midi.
On n'a preſque plus d'attention qu'à
cette affaire qui ſuſpend toutes les
auties.
Le 13 , Mgt le Prince de Conty eft
venu ce matin, annoncer au Roy , que
Madamela Princeſſe de Conty étoit
accouchée hûreuſement d'un Prince.
On a porté aujourd'huy à la Grand'
Chambre , la Lettre de Cachet ordinaire
, pour ordonner au Parlement
de ſe rendre en l'Egliſe de Nôtre-
Dame; afin d'aſſiſter à la Proceffion
qui ſe fait le jour de l'Aſſomption ,
pour l'accompliſſement du voeu de
Louis XIII. Le Roy ajoute dans
cette Lettre , qu'il veut que le Due
d'Orleans y recoive les mêmes
Honneurs que l'on rendroit à S.
Μ.
Mst le Duc Régent travaille trés ſouvent
avec M. le Duc de la Force &
M.Pelletier des Forts, à la réviſion des
Taxes , afin d'accélérer cette affaire .
Poury parvenir, on a éré forcé de mettre
Garniſon chez pluſieurs des Taxés
S. A. R. a cependant û la bonté d'envoyer
à M ' le Premier Preſident , le
Rôle des Conſeillers au Parlement qui
D'AOUST. 17
l'ont été ; afin de les engager à
fatisfaire promptement à leur Impoſition
; faure de quoi , on feroit obligé
de les y contraindre. Il a aſſemblé chez
lui les Doyens & Sous-Doyens de
chaque Chambre , pour prendre des
meſures qui puiſſent contenter Mst le
Duc Régent..
Onaparlé enmêmetems de la Conteſtation
qui s'eſt élévée entrelaGrand'
Chambre & les Enquêtes , au ſujet
des Commiſſaires que l'on nomme
pourexaminer les Edits qui ſont envoyés
au Parlement. Les Conſeillers
des Chambres des Enquêtes prétendans
qu'une partie des Commiſſaires
nommés , doit être choiſie parmi
eux.
Lers , jour de l'Afſomprion de la
Vierge , leRoyſe confeſſa àM. l'Abbé
Fleury ſon Confefleur , avec tout le
recueillement imaginable & donna
des marques d'une Piété exemplaire,
pendant toute la Cérémonie.
La Proceſſion de l'Egliſe de Notre-
Dame qui fe fait tous les ans à pareil
jour , au tour de la Gité , en exécution
du Voeu de Louis XIII , ſe fir avec
beaucoup de Pompe & de Solemnité.
¥28 LEMERCURE
Mstle Duc Régent s'étant rendu ſur les
4heures à l'Eglife Métropolitaine , il
ytrouvalesGardes du Roy qui occupoientle
Chour , rangez en haye , le
Mousqueton ſur l'épaule. Les Cent-
Suiſſes du Roy étoient dans la Nef& fe
mirent en marche avec la Proceffion
S. A. R. marchoit immédiatement
après M. le Cardinal , précédé d'un
Officier des Cent- Suiſſes du Roy &
fuivi de l'Officier des Gardes du Corps.
CePrince avoit à ſa droite Μ. ΙἘνει
quedeVannes ſon premier Aumônier,
M. l'Abbé Maler , M. l'Abbé du Rodetſes
Aumônietsen Rochet; M. l'Abbé
Pajor Maîtrede laChapelle de la
Muſique à ſa gauche. Enſuite , étoit
le Parlement en Robes Rouges , la
Chambre des Comptes , la Cour des
Aydes & la Ville. Il yût un concours
de Peuple infini , attiré par la préſence
de MB le Duc d'Orléans.
Le 16 , Madame la Ducheſſe de
Berry , qui étoit venuë de la Meже ,
entendre les Offices aux Carmelites ,
le jour de la Fête ; tint Toillette au
au Palaisjdu Luxembourg , où ſe trouvěrent
Mesdames les Ducheſſes de
Saint Simon , de Villars , ſes Dames
--
D'AOUST. 129
du Palais, pluſieurs Ducs,Grands Seigneurs
, Marquis & preſque tous les
Ambaſſadeurs & Envoyez. Le 17 , elle
alla à la premiere Répreſentation de
l'Opera de Venus &d'Adonis , qui eſt
goûté;&de là, elle retourna à laMente.
Le même jour , on tint à l'Hôtel
de Ville l'Aſſemblée ordinaire , pour
l'Election de deux nouveaux Echevins.
M. Trudaine Prévôt des Marchands
ouvrit la Séance par un Diſcours ,
dans lequel il fit l'Eloge du Roy , de
Mgt le Régent & de M. Bignon ſon
Prédéceſſeur. Enfuite , les deux anciens
Echevins ſortans , firent chacun
unDiſcours de remercîmens à Mesde la
Ville ; après quoi , M.le Procureur du
Roy fit un difcours ſur les avantages
& l'honneur de la Charge de Prévôt
des Marchands & d'Eſchevin. Il paffa -
enfuite , à l'Eloge du Roy , de Mst le
Duc d'Orleans & deM. Bignon ; après
quoi , on procéda à l'Election en la
maniere accoutumée , par le Scrutin :
Celui qui le portoit , étoit M Nicolaï
le fils , Conſeiller au Parlement & recû
en ſurvivance de la Charge de Premier
Préſident de la Chambre des
Comptesi Parmi les perſonnes
130 LEMERCURE
qui votérent pour l'Election , ſe trouvérent
M.Dagueſſeau de Valjoint frere
de M. le Chancelier , M. de Maupeou
Confeiller au Parlement. Les
Echevins élûs font M. Gachier Notaire
& Conſeiller de Ville , & M.
Maſſon Greffier du Parlement.
MArdi
13 Juillet , le ſieur Gautier
Docteur en Medecine de l'Univerſité
de Nantes, fut préſenté à Son
ALTESSE ROYALE , par Mt le Comte
deToulouſe & parMrle Maréchal d'Efzrées
: Il rendit compte à S. A. R. des
883102
Lij
100 LE MERCURE
Expériences qu'il a faites durant trois
mois, au Port de l'Orient, par fon ordre
& par celui du Conſeil de Marine
, de l'Eau de Mer renduë potable
&dégagée de tout Sel volatile.S. A.R.
en fut très fatisfaite & fit voir ſa pénétration
, en deſſinant ſur le champ
la Machine , ſur le ſeul récit du ſieur
Gautier qu'il chargea de lui en faire
un Modéle de carton. La Machine
eſt très ſimple & a une parfaite imitationde
la Nature;elle n'eſt point embaraſſante
, donne à peu de frais quantité
d'eau , auſſi bonne & auſſi ſalutaire
que cellede Fontaine & même plus
fraiche , comme il paroît par les Procès
verbaux des Gens qui en ont bû
durant deux mois. Comme c'eſt une
des plus utiles & des plus bellesDécouvertes
qui ait été miſe au jour
depuis pluſieurs fiécles , je commencerai
le Journal de Paris par les Procés
verbaux des Expériences qui en
ont été faites ſur les Lieux. Je continuërai
par la ſuite à informer le Publicde
tout ce qui viendra à ma connoiffance
, touchant cette nouvelle
Découverte.
D'AOUST.
101
EXTRAIT DU REGISTRE
Des Procez Verbaux, tenu au Contrôle
de la Marine , au Port de l'Orient .
,
Nous , Medecin du Roy , Chirurgien
Major &Apoticaire de la Marine de
ce Port , Certifions que le premier de ce
mois , nous nous sommes transportez par
ordre de Meſſieurs de Beauregard Commandant
la Marine en ce Port , & de
Clairembault Commiſſaire General
Ordonnateur de la Marine en ce Fort ,
àBord du Vaisseau du Roy le Triton ,
poury examiner l'Eau du ſieur Gautier
Medecin; & que ſur le lien,nous avons
fait mettre devant nous de l'Eau de Mer
dans la Cucurbitte de ſa Machine , pour
être échauffée & élevée en vapeurs ,
par le moyen d'un Tambour placéau def
Sus de l'Ean , qui dans ſon ſein, contenoit
un feu de bois & de charbon ; &
que par le Robinet de la Citerne de la
Machine ,nous en avons vû couler une
Eau claire dont nous avons emporté
environfix pots ; sur laquelle nous avons
fait des Epreuves avec la Noix de
Galle , le Sucre de Saturne , l'Ozeille,
I iij
102 LE MERCURE
le Sel de Tartre , le Sublimé Corrofif,
l'Esprit de Coclearia & le Vinaigre diftillé:
Qu'en même-tems nous avonsfait
pareilles Epreuvesſur la meilleure Eau
de Fontainedu Païs, &que dans la confrontation
que nous avons faite de l'une
&de l'autre Eau, nous n'y avons trouvé
nulle difference , exceptéque celledu
fieur Gautier tire plus fortement la
Teinture : Que nous avons peſépareille
quantité de ces deux Eaux & les
avons trouvées de mêmepoids: Que nous
avons deſſéché pareille quantité de ces
deux Eaux , & qu'aufond du Vaisseau
il est resté un peu de Sel Nitreux de
pareil goût , à l'exception pourtant que
l'Eau de Fontaine en alaiſſsé plus groſſe
quantité , &que le Selde l'Eau duficur
Gautier étoit plus gris que celui de l' Ean
de Fontaine. Nous avons gouté & bû
plusieurs fois de cette Eau que nous trouvons
absolument dépoüilléede SelMarin
& qu'elle est en sont , ſemblable
à l'Ean de Fontaine , à l'exception que
dans celleduficurGautier , nousy avons
remarquéunpetit goût Etranger , que le
fieur Gautier nous a dit provenirde la
Résine qu'il a été obligé d'employer
pourfonder lePlomb desa Machine
7
D'AOUST. 103
cequi peut-être veritable ; puiſque nous
avons rémarqué dans ſon Eau quelques
petits Corpuscules Argentins qui ſurnageoient
fur fon Eau , qu'il dit auſſiprovenir
de la Réſine : Qu'étant à bord
du Vaisseaule Triton , nous en avons
vû boire aux Gardiens de ce Vaisseau
auxJournaliers qui tournent le Tambourde
la Machine , qui nous ont assuré
que dépuis que l'Eau couloit , ils n'en
buvoient point d'autre & n'avoient
réſſenty aucunes altérations , ni incommoditez
. Fait à l'Orient le ſeptiéme
Juin 1717. figné de Villartay , Jarnoien
, Dufay & Cordier.
PROCEZ VERBAL DE L'EAU DE MER,
renduë potable.
Nous, Officiers de Marine & du port,
Souſſignez , Certifions qu'en consequence
des Lettres écrittes de Paris par le Confeil
de Marine , à M. de Bauregard
Capitaine de Vaisseaux du Roy , Commandant
la Marire au Département du
Port - Loüis & l'Orient , & à MrClarrembault
Commiſſaire Général , Or
donnateurde la Marine du 30. Décembre
1716.qui permettent anfieurGan104
LE MERCURE
tier Medecin de Nantes , de faire en
ce port l'épreuve qu'il a proposéeàS.
A. R. Mgr.le Duc d'Orleans , Regent
du Royaume & au Conseil de
Marine,du fécret qu'il a trouvé pour
rendre l'Eau de la Mer potable ; lefieur
Gautier auroit établisa Machine à bord
du Vaisseau de S. M. nommé le Triton
, où nous étant transportés pour être
preſents à l'épreuve & voir agir cette
Machine , afin d'en faire un fidele raport
; nous aurions obſervé cequifuit.
SÇAAVVOOIIR.
Cette Machine occupe l'espace d'environ
8. Tonneaux , dont il yen a 2.
à diminuer pour le Vuide laiſſe par le
bas , pour ne pas toucher au l'est.
Le 20. May1717. Le fieur Gautier
aallumé lefeudans le Réchaud de cette
Machinezil est provenu pendant 24. heures
, depuis midy jusqu'à pareille beure
dutendemain , 9Pieds Cubes d'Eau donce
,faiſans àraison de 36 pintes que contient
la mesuredu pied cube , la quan
tité de 324. pintes , ou une Barrique
42, Pots : Il a été consommé en
sette Opération un pied Cube de charbon
de
L
D'AQUST .
105
I
de Terre & pied Cube de charbon
de Bois mêlez ensemble ; & nous avons
remarqué que la Machine prenoit vent
par plusieurs endroits , ſans quoi la distillation
eût étéplusforte ; ( ce qui n'arriveroit
pas à l'avenir ;) le ſieur Gautier
nous ayant fait connoître qu'il établifſoit
fes Machines Sans ſouder te
Plomb : Ce sera une épargne & les
Machines neSauroient prendre vent.
Le 22. dudit mois , le feu étantralumé
dans la Machine , il est provenu
pendant 12. heures ; dépuis 7. heures du
matin jusqu'à pareille heure du foir ,
4. pieds Cubes d'Eau douce , faifans
144. pintes ou une démie Barrique &
12. Pots. Ila été consommé en cette Opération
un feixiéme de Corde de gros-
Bois.
Le 25. le feu a été rallumé pour faire
de nouvelle Eau , dont on s'eſt ſervi
pour cuire des Viandes , Boeuf , Monton
& Lard , des Féves & poids qui
ont aussi été trés bien cuits , en moins
dedeux heures , avec un feu médiocre.
Le 26. on a pefé de cette Eau avec
un Pese- liqueurs ; elle s'est trouvée
d'égal poids que celle de la meilleure
Fontaine de ce port.
106 LE MERCURE
Le 28. on a Boullangé un pain pétri
de cette Eau & un autre pain de celle
dont on ſe ſert ici ordinairement ;
les deux d'une même Farine, avec égal
lévain & les Eaux chauffées à pareil
degré : Lepain de l'Eau artificielle s'eft
trouvé aussi bon & même un peu plus
frais & léger que l'autre.
,
Cette Eau n'a aucun goût deſel ; elle
est parfaitement bonne , étant réposée
du matin au foir ; elle est meilleure
plus fraîche que celle des Fontaines.
Nous avons remarqué qu'elle devient
meilleure de jour à autre , & que plus
la Machine travaille , plus elle perd
le petit goûtde réſine qu'elle contrartoit
de lasoudure du Plomb , de manilre
qu'il ne luy reste à preſent autant
que nous en pouvons juger, que leſeul
goût d'Eau de pluye : Les Gardiens des
Vaisseaux &les Gens qui travaillene
à sa distillation , nous ont assuré n'avoir
pris d'autres boiffons que cette
Eau,pendantplus d'un mois , mêmefort
Souvent à jeun ; fans avoir reſſenty ancune
incommodité ; qu'au contraire ils
la trouvoient bonne , fraiche &faine :
Ce qui a engagé plusieurs personnes de
confideration à en faire emplir & cm
D'AO UST. 107
porter des cruches dans leurs maisons ,
pour en boire & s'en servir à differens
usages.
EVALUATION
DU CHARBON ET DU BOIS,
Qui ont été conſommés pour les deux
épreuves ci-deſſus , par laquelle on
connoit à peu prés ce que peût couter
la Barrique d'Eau distillée
le Charbon , & celle diſtillée par
le Bois.
par
Ilentre 10 pieds Cubes de Charbon
de Terre ou de Bois , dans la Barrique.
La Barrique de Charbon de Terre
coûte àpréſent ici au Roy 10 livres; ainfi,
lepied Cube qu'on en a consommépour la
distillation , pendant les 24 heures fufdites,
revient à 20fols , cy. 11. o ſod
La Barrique de Charbon de bois conte
30 fols ; ainfile pied cube consommé
pour mêler avec le Charbon de Terre
ci-deſſus,revient à un folfix deniers .
o 1f. 6. d .
..
108 LE MERCURE
Ladite Suivant cette Dépense :
Epreuve ayant produit 324 pintes d'eau
douce , la Barrique d'eau pourroit couter
ici à préſent, étant distillée, deCharbon
de Terre de Charbon de Bois
environ quinze fols onze deniers.
cy
1
15 f. 11 d.
La Cordede bois à bruler de 8 pieds
de long , 4 pieds de haut , & les buches
qui la compoſent , ayant chacune 2 .
pieds de longueur , coute ici apréſent
an Roys livres dixfols. Il en a estécon-
Somme pour la distillation pendant les 12
heuressusdites unfeixiéme de Corde ,
quirevientàfix fols fix deniers.
cy
,
6 f. 6 d.
Ces deux differentes épreuves nous
font connoître que l'Eau diſtillée par
le Bois, couteroit moins que celle dif
tillée par le Charbon ; mais le Bois envolumeroit,&
embaraſſeroit d'avantage
un Navire que le Charbon. Nous
rémarquons que le feu de Boisne produit
pas autant d'Ean que celui de
Charbon , il eſt à préſumer que fi la
foudure
D'AOUST.
109
foudure du Plomb de la Machine ût
été bien faite , elle n'ût pas pris vent
& elle eut donné beaucoup plus d'Eau
douce;ce qui en auroit diminué le prix .
Le ſieur Gautier nous a même affirmé
que par la Réfaction d'une autre pareilleMachine
pas plus grande ny plus
embaraffante , il fourniroit la quantité
d'Eau néceflaire par jour , à un Equipage
de plus de 400 hommes. En foy
de quoy nous avons figné la préſente
à l'Orient , le onzième Juin 1717. figne
, de Beauregard , Clairembault ,
Collationné Chunland de Boiſdiſon ,pour
M. le Controllcur.
Le 23 Juillet , on fit en Sorbonne
l'Ouverture des Théſes appellées
Sorboniques . M. l'Abbé Parquet
Prieur de la Maiſon , prononça fur
la néceſſité & fur l'utilité de lite les
Peres de l'Eglife , un Diſcours éloquent
, & récita une Ode à la loüange
deMgr le Régent .
Le Pere Macé Cordelier , répondit
& démontra par un autre Difcours qui
fut applaudi , l'importance de lire l'Ecriture
Sainte, comme la Source pure
& originále , où les Peres de l'Eglife
avoient puiſé : 11 finit par une Piece
Aouft 1717. K
-
110 LE MERCURE
de Vers de très bon goût. L'Affemblée
fut nombreuſe : M. le Cardinal de
Noailles & pluſieurs Prélats s'y trouvérent
Le 24 , M. le Marquis de Pracontal
Capitaine au Régiment Royal des
Cuiraffiers , fils du Marquis de Pracontal
Lieutenant Général des Armées
du Roy , préta Serment entre
les mains du Roy , pour la Charge de
Lieutenant de S. M. en la Province
de Nivernois vacante par la mort
du Comte de Bulleaux ſon Oncle .
Le 25 de Juillet , le Roy accompagné
deMer le Duc du Maine , de M.
le Maréchal de Villeroy , de M. I'Evêque
de Frejus , de M. le Prince
Charles & de ſa Cour ordinaire ,
partit du Palais des Tuilleries ſur les
4heures& demie du ſoir , pour aller
ſe promener à Bercy qui eſt á une perite
lieuë de Paris. Il alla deſcendre
dans la Maiſon de M. Pajot d'Onzeen-
Bray , laquelle , quoique médiocrement
grande eſt cependant trés
bien entenduë ; elle eſt ſurtout décorée
d'un Cabinet , où le Maître de la
Maiſon a raſſemblé avec beaucoup de
dépenſe & de curioſité, tous les me
د
D'AOUS-T.. III
:
déles de Machines , qui ſont comme
autant de Chefs-d'oeuvre de la Méchanique.
Ces Raretés ſont placées en
différentes Armoires , dont la difpofition
intérieure ſe change d'un moment
à l'autre,pardes refforts ſécrets qu'a inventé
le fameux PereSebastien Carme
de la Place Maubert , quí a travaillé
depuis plus de 20 ans à perfectionner
ce Cabinet deſtiné après la mort du
Poſſeſſeur , à l'Académie des Sciences .
S. M. ſe promena d'abord dans le Jardin
, où on fit joüer les Eaux qui font
trés belles. Elle vit enſuite la Ménagerie
compoſée d'animaux rares ;
aprés quoy elle monta aux Appartemens
: Pendant ce tems là on fit ra.
fraichir ſes Gardes , ſes Pages & les .
Suiſſes de fa Garde. M. Pajot montra
à S. M. un excellent Miroir ardent ,
eſtimé 25000 livres , qui diſſout tou
tes fortes de Métaux. Le Roy ût le
plaisir de voir fondre un Louis d'or
& pluſieurs Morceaux d'acier : 11
voulut voir le Laboratoire , ſuivi de
toure la Cour. S. M. fit attention à ce
qu'il y avoit de plus curieux. Le Roy
deſcendit de là dans le Jardin & fe
promena ſur la Terraffe : Pendant qu'-
Kij
112 LE MERCURE
il faifoit Collation on tira un Feu
d'Artifice qui avoit été préparé ſur
l'Eau. A huit heures , le Roy retourna
au Louvre, fort content de ſa Promenade.
د
Le même jour , on chanta le Te
Deum, pour le rétabliſſement de la
fanté de MADAME , dans l'Eglife
des Quinze-Vingts. Elle continuë de
venir de Saint Cloud à Paris, une fois
la ſemaine. Cette Princeſſe dîna hier
au Palais Royal , comptant d'affifter
à la repreſentation de la Tragédie
d'Heraclius que les Comédiens
François devoient joüer ſur le Théatre
de l'Opera . Madame étoit déja dans
fa Loge , lorſque le ſieur Guerin qui
étoit habillé & prêt à paroître ſur la
Scéne , tomba enApoplexie dans les
Couliffes : Il fut emporté auſſitôt chez
lui. Il eſt leplus ancien Comédien de
la Troupe. Il avoit été Camarade de
Molière dont il avoit épousé la Veuve
. Il excelloit dans les Rôles de vieillard,
furtout pour le Comique ; & on
l'écoutoir avec ſatisfaction dans le
Tragique , où il faiſoit le Rôle de
Confident. Il lui ſera plus facile qu'a
un autre,d'être fidéle à la parole qu'il
D'AO UST.
113
adonnée,de neplus monter ſur leThéatre
; car , il a 82 ans & de plus ſon
Apoplexie s'est tournée en Paralific
fur la langue. Cet Accident imprévû
étonna ſi fort les Acteurs , qu'ils aimérent
mieux rendre l'argent, que de repreſenter
cette Piéce.
Le 25 après midi , il ſe tint une lom
gue Conférence chez M. le Chancelier,
entre les neuf Commiſſaires nom.
més pour l'arrangement des Finances .
On continue d'éxaminer avec beaucoup
d'attention tous les Mémoires
qui ont été préſentés à ce deſſein. La
principale application de ces Mefſieurs
, eſt de pouvoir accorder les
interrêts du Roy avec ceux du Public .
Les Promenades du Cours pendant
la nuit , ſont plus fréquentes que
jamais, à caufe des chaleurs exceffivesdont
on eſt incommodé pendant
la journée :On y reſte juſqu'au jour.
Ces Affemblées nocturnes donnent
lieu à beaucoup de petites Hiftoriettes
qui ſe débitent le lendemain & que
chacun charge,à ſa fantaiſie,de quelque
Circonſtance maligne.
Il ya dans le menu Peuple de Paris,
une eſpèce de Badaux qui ne man-
Küp
14 LE MERCURE
quent/aucune des Exécutions qui ſe
font ici. Ils ont û plein contentement
cette ſemaine; car , il y en a û beaucoup
: Je n'en parlerois point dans ce
Journal , ſans la particularité d'un
Maure , qui s'étant amuſé à voler un
Conſeiller du grand Conſeil , le 22
du paſſe ſur les 9 heures du ſoir , fut
reconnu le lendemain avec le Chapeau
de celui qu'il avoit attaqué. A certe
marque , il fut arrêté & conduit en
Priſon. Comme il n'étoit d'aucune
Religion , on le catéchifa la veille de
fon Jugement ; il fut batiſé le Samedy
matin vingt-quatre & rompu vif à
ſept heures du ſoir , à cauſe de l'énormité
de ſes Crimes. Il a déclaré
22 de ſes Complices Voleurs de nuit ,
dontpluſieurs ont été arrêtés.
M. de Harlai de Beaumont Confeiller
d'Etat Ordinaire , dont nous
avons annoncé la mort dans le Mercure
de Juillet , a fait un Teſtament,
par lequel il laifſe les Mémoires &
les Papiers qu'il avoit afſſemblés touchant
la Charge d'Avocat General , à
M. Chauvelin de Griſenois qui occupe
cette Place ; & au cas que ce dernier
vint à décéder ſans enfans , il lé-
1
1
---
!
D'AOUST.
11F
gue tous ſes Manuscrits à la Biblioteque
des Peres de Sainte Géneviève ,
qui a été fort augmentée par celle de
feu M. l'Archevêque de Reims .
M. d'Armenonville a û le Bureau
de M. de Harlai ,en montant à l'ordinaire
: Il devient par là le 4º Conſeiller
d'Etat par ſon ancienneté d'Intendant
des Finances.
Le29 , Mgt le Duc d'Orleans voulant
éviter les importunités des ſollicitations
qu'on lui fait , auffi-tôt qu'une
Place eſt vaquante dans le Conſeil
d'Etat ; a jugéà propos de donner une
Expectative à celui des Maîtres des
Réquêtes Intendants, felonle rang de
fa Réception : Comme M. de Bernage
s'eſt trouvé plus ancien que M. Ferrand
, il a obtenu par cette Loy l'Expectative
, pour la premiere Place qui
vaquera.
Le 30,onfut informé à laCour que le
Pape tint Confittoire le 11 Juillet. Le
Saint Pere s'étendit fort ſur les grandes
Qualités de M. l'Abbé Alberoni ;
il fit valoir ſurtout , les ſervices qu'il
a rendu au Saint Siege ; aprés quoi ,
il le déclara Cardinal , & en réſerva un
autre in Petto. Par cette Promotion
116
LE MERCURE
onjuge que toutes les Affaires d'Efpa.
gne ſont ajuſtées avec la cour de Rome.
On écrit d'Eſpagne , que ce noun
veau Cardinal n'a en vûë que le bien
de l'Etat. Toutes les Affaires roulent
préſentement ſur lui & lui font prefque
toutes renvoyées : C'eſt par ſes
ſoins que la Flotte d'Eſpagne compofée
de ſeize Vaiſſeaux de Guerre , de fix
Galéres & 36 Vaiſſeaux de tranfport
, a été équipée. Il y avoit longtems
que cette Couronne n'avoit été
en ſituation d'aſſembler une Flotte fi
nombreuſe. Malgré la dépenſe qu'il
a fallu faire pour un pareil Armement
, ce Miniſtre a déclaré qu'il avoit
100000 Piſtoles en réſerve ,destinées
pour l'Expédition qu'il ſe propoſoir.
Il a fait nommer M. Leedes Général
de l'Armement de Mer. Les Troupes
feront commandées par 3 Lieutenans
Généraux , 6 Maréchaux de camp &
autant deBrigadiers. M. le Marquis dé
Patignes qui est bien fourni d'argent ,
a été choisi pour Intendant des Troupesde
cetArmement. Il y a fur cetteE
cadre douze Bataillons (dont deux font
de Gardes Vvalones) 5o Compagnies
de Grenadiers. & 300 Dragons , qui
D'AOUST.
117
font to à 1 mille hommes de débarquement
; un Train d'Artillerie de 40
piéces de Canon & toutes fortes de
Munitions de Guerre & de bouche
pour une longue Expédition. Cette
Flotte a été vûë à la hauteur de Marfeille&
de Toulon , faiſant voile vers
l'Italie , fans qu'on ſcache encore ſa
deſtination.
LISTE DES VAISSEAUX
Armezà Cadix .
TE Prince des Asturies , autrefois
le Cumberland de ... 70 Canons .
Le Saint Philippe & le Saint Charle
:
La Sainte Elifabeth .
Le Saint Louis
Le Saint Ferdinand
Le Saint Pierre
Le Saint Rofaire.
Le Royal .
La Perle.
Le Volant.
La Surpriſe .
La Junon .
..
•
ة •
•
• 60 Canons.
.60.
60.
..
• .60.
60.
•
.60.
60.
•48.
.46.
44.
• 36.
2Brulots , le Saint Philippe &Caſtille.
Le Saint Salvador & l'Hercule , dont
le premier fertde Magazin & l'autre
d'Hôpital .
118 LE MERCURE
M. le Maréchal de Tallard , à quả
Mgt le Duc d'Orleans avoit donné
une Place dans le Conſeilde Régence,
y vint prendre Séance le 31.
د
Lei Août , Mst le Prince de Conty
n'a point paru au Conſeil de Régence
ayant perdu la nuit du 31 Juillet
fon fils unique leComte de la Marche ,
âgé de 2 ans & 4 mois , étant né le
28 Mars 1715.
Le même jour on folemnifa à
la Mercy , la Fête de Nôtre-Dame
de ce Nom. M. le Comte de
Ribeira Ambaſſadeur de Portugal ,
rendit le Pain - Benî qui fut préſenté
par fon Aumônier en Rochet & en
Manteau. Les Timbales , les Trompettes
&Haut-bois précédoient plufieurs
Pains-Benîts portés pardes gens
de ſa livrée. Cette Cérémonie fut
magnifique.
L'aprés midi , enſuite du Sermen du
Pere Candide Chalippe Récolet , la
Proceſſion ſe mit en marche. Pluſieurs
Eſclaves retirez dépuis peu d'Alger &
de Maroc, avec quantité de jeunes enfans
en habits d'Anges , tenans à la
main des Banderoles aux armes de
M. l'Ambaſſadeur , attirérent l'atten-
(
D'AOUST. 119
1
tion du Public & ſurtout celle de
Madame la Ducheſſe de Ventadour ,
qui étoit avec Madame la Princeffe
de Rohan fa fille & autres Perſonnes
de Diftinction , ſur les Balcons de l'Hôtel
de Soubize .
Le méme jour , on trouva aſſaſſiné
un nommé Gerinaın , Officier reçu en
furvivance dans la petite Ecurie :
Quelque recherche qu'on ait faite , on
n'apû en découvrir les Aſſaſſins.
Le 2 , quoiqu'il ût été établi que l'on
ne porteroit point le Deüil des Princes
du Sang , que lorſqu'ils moureroient
au-deſſus de 7 ans ; la Cour n'a point
û d'égard à cette régle , l'ayant pris
pour la mort du Comte de la Marche.
Le 3 , Madame d'Aligre Religieufe
Benedictine de la Ville-l'Evêque,a été
nommée Coadjutrice de Madame ſa
Grande Tante qui eſt Abbeſſe de la
petite Abbaye de Saint Cir.
Le 4 , on ſçûr que M. le Marquis
d'Alincour Villeroy , étant tout à fait
rétabli de fon indiſpoſition , partit le
21 de Juillet de Vienne , pour ſe rendre
au Camp des Impériaux ſous Belgrade.
Les , on reprefenta fur le Theatre
120 LE MERCURE
du Palais Royal la Tragédie d'Heraclius
que les Comédiens n'avoient
point joliće le Jeudi précédent, à cauſe
de l'accident arrivé au ſieur Guerin
qui ſe porte beaucoup mieux . MADAME
aû la bonté d'envoyer tous
les jours ſavoir de ſes nouvelles.
Le 7. le Roy a donné à M. le Duc
d'Albret Pair & Grand Chambelan de
France , la Charge de Gouverneur
& Lieutenant General d'Auvergne, par
la démiſſion de M. le Duc de Bouillon
fon Pere , du 7. Aouſt 1717 .
Idem , le Gouvernement particulier
de la Ville de Cuſſet dans ladite
Province , par la même démiſſion du
7.Aouit 1717.
Idem , un Brevet de retenuë fur
la Charge de Gouverneur d'Auvergne
, de la ſomme de 30000 livres ,
en faveur de M. le Duc d'Albret.
Un Brevet d'affûrance deſdites
Charges , en faveur de M. le Duc de
Boüillon , en cas de prédécéds de M.
le Puc d'Albret.
Ure commiffion à M. le Duc de
Boüillon , pour commander ſa vie durant
& faire les fonctions deſdites
Charges , nonobſtant fa demiffion.
Le
D'AOUST. 124
Le Roy a été un peu incommo lé ;
mais il ſe porte mieux : Il a foupé
aujourd'huy chez Madame la Ducheffe
de Ventadour.
Le 7. S. A. R. Mgt le Regent , alla
préſider pour la premiere fois au Conſeil
du Dédans du Royaume : Il entendit
pendant 4 heures entiéres, avec une
attention toûjours égalle , le raport
d'une Affaire importante qui lui fut
fait par M. l'Abbé Mainguy. Ce Prince
y donna des preuves de ſa péné -
trátion ordinaire & de la facilité qu'il a
pour le maniement des plus grandes
Affaires. Il en fortit auſſi fatisfait de
l'application que l'on donne dans ce
Conſeil , à rendre la Juſtice aux Sujers
duRoy,que de l'habileté duRaporteur.
Le peu de Logement qu'il y
avoit dans l'enceinte du Palais des
Tuilleries , avoit fait juſqu'à préſent
demeurer les Pages & le Manege à
Verſailles : Comme on a bâti depuis
peu des Logemens & des Ecuries , on
a fait venir ici tous les Equipages qui
étoient reſté à la Grande & à la Petite
Ecurie. On a aufli rétabli & approprié
l'ancien Carouſel .
: Le9 , M. de Rocheplatte Major
Agust 1717. L
1
122 LE MERCURE
des Gardes de Mar le Duc d'Orleans ,
ût l'honneurde monter dans le Caroffe
de S. A. R. qui lui permit d'uſer du
droit qu'il en avoir.
Le 10,M. le Comte de Stairs, après
pluſieursconteftations , a enfin,ce matin,
préſenté ſa Lettre de créance au
Roy & a pris Qualité.
On fut fort allarmé à la Cour , de
la chutte que le Roy fit de fon Lit le
foir , enjoiant avec M. le Prince de
Boüillon ; mais hûreuſement , il tomba
légérement ſur les mains & re
ſentit de mal qu'au petit doigt , dont
la douleur pafla promptement. Mr Ma-
'réchal Chirurgien de S. M. le vifita
depuis les pieds juſqu'à la tête , ſans
appercevoir aucun autre mal.
Let , M. le Comte de Ribeira Ambafladeur
Extraordinaire de Portugal,
îût Audiance particuliere du Roy, dans
laquelle il fit part à S.M.delaNaiſſance
d'un 3 Infant dont laReine de Portugal
accoucha les du moispaffe. It donna
une grande Fête pour célébrer la Naifſance
de ce Prince. Sa Maiſon connue
fous le nom de l'Hôtel de Bretonvilliers,
à la Pointe de l'Ifle Saint
Louis , étoit toute illuminée de Cire
blanche.
DAOUST. 123
Ontira unfeu d'Artifice avant le Bal,
pendant lequel on diſtribua avec profufion
aux Maſques , toutes fortes de
rafraichiſſemens .On danſoit dans une
Gallerie qui donne fur la Riviére &
dont la ſituation eſt la plus charmante
de Paris . Cette Fête auſſi galante que
fomptueuſe , a répondu parfaitement
à la haute opinion que cet Ambafladeur
a donnée de ſa Magnificence en
pluſieurs occafions.
Le 12 , S. M. foupa dans le Pavillon
que l'on a élevé au milieu des Tuilleries
, à la place du Boſquet que l'on
appelloit le Théatre. Le Roy a quitté
le Deil qu'il avoit pris pour M. le
Comte de la Marche. Mst le Duc
d'Orleans continuë à le porter de l'Electrice
Doüairiere de Saxe..
MADAME vintà Paris& aſſiſta
pour la deuxième fois à la Repréſentation
d'Heraclius. Elle ût la fatisfa
Etion en arrivant , de faire ſes compli
mens à Mst le Duc de Chartres qui
étoit entré le 4 de ce mois ,dans ſa isa
année. Ce Prince étoit allé le matin
prendre Séance au Parlement , ſans
aucun Cortége. Les fix Gentils-Hommes
fortis depuis peu de Vincennes &
Lij
124 LE MERCURE
د enne rede
laBaſtille , voulans réparer la faute
qu'ils avoient commife
conduifant pas Mst le Duc de Chartres
, le jour qu'il obtint leur grace , fe
trouvérent à la defcente de fon caroffe,
le conduifirent à la Grand Chambre
&ne le quittérent quelorſqu'ilfut deretour
au Palais Royal &qu'il fut rentré
dans fon Cabinet. Je reviens aux honneurs
que leParlemēt rendit à cePrince .
Les Huifliers de la Grand'Chambre
vinrent au devant de lui , jufqu'à
la Porte , de la Grande Sallea
Lorſqu'il ût traverſé le Parquet & pris
fa Place , M. le Premier Préſident lui
adreſſa un Compliment fort éloquent ,
dans lequel , en faifant l'éloge de Mg
le Duc d'Orleans , il y joignit aufli
celui de Msi le Duc de Chartres . IL
fit ſurtout ſentir qu'on avoit tout lieu
d'eſpérer que ce jeune Prince ſe conformeroit
aux exemples que lui donnoir
S. A R.: Mgr le Duc de Chartres
pondit à ce Compliment avec autant
de modeſtie & de juſteſſe dans ſes termes
que de dignité & d'affûrance
dans la maniére de les prononcer. Il
donna enſuite ſon avis dans l'affaire
qui fut jugée à la petite Audiance. l'AD'AOUST".
125
vocat qui plaida à la Grand Chambre ,
fitun éloge trés convenable de Mst le
le Duc de Chartres , qui en ſortant ,
fut reconduit par les Huiffiers juſqu'à
la Porte de la Sainte Chapelle. Il revintenfuite
au Palais Royal recevoir
des complimens qu'il avoit fibien mérité.
Il étoit à cette Cérémonie vétu
deDeüil, avec beaucoup de Pierreries
fur fon Habit. On étoit ſi peu informé
dans Paris du jour que ce Prince prendroit
Séance au Parlement , qu'il ne
s'y trouva que trois Ducs , qui étoient
M. l'Evêque de Beauvais , M. le Duc
d'Antin&M. le Duc deVillars Brancas .
Les Commiffaires nommés pour éxaminer
les Projets propoſés pour le
nouvel arrangement des Finances , y
travaillent avec beaucoup d'affiduite
& de diligence. Mst le Duc d'Orleans
a fi fort à coeur que ce nouveau
Siftéme ait ſon effet , qu'il trouva bon
qu'il n'y ût point Samedydernier, de
Confeil de Régence ; mais , on en
tint un extraordinaire , Mardy , pour
examiner le travail de ces Meffieurs ,
qui en ont rendu compte , encore
plus particulièrement dans les Af
emblées tenues au Palais Royal ,lo
Liij
126 LEMERCURE
11 au foir , ce matin , & l'aprés-midi.
On n'a preſque plus d'attention qu'à
cette affaire qui ſuſpend toutes les
auties.
Le 13 , Mgt le Prince de Conty eft
venu ce matin, annoncer au Roy , que
Madamela Princeſſe de Conty étoit
accouchée hûreuſement d'un Prince.
On a porté aujourd'huy à la Grand'
Chambre , la Lettre de Cachet ordinaire
, pour ordonner au Parlement
de ſe rendre en l'Egliſe de Nôtre-
Dame; afin d'aſſiſter à la Proceffion
qui ſe fait le jour de l'Aſſomption ,
pour l'accompliſſement du voeu de
Louis XIII. Le Roy ajoute dans
cette Lettre , qu'il veut que le Due
d'Orleans y recoive les mêmes
Honneurs que l'on rendroit à S.
Μ.
Mst le Duc Régent travaille trés ſouvent
avec M. le Duc de la Force &
M.Pelletier des Forts, à la réviſion des
Taxes , afin d'accélérer cette affaire .
Poury parvenir, on a éré forcé de mettre
Garniſon chez pluſieurs des Taxés
S. A. R. a cependant û la bonté d'envoyer
à M ' le Premier Preſident , le
Rôle des Conſeillers au Parlement qui
D'AOUST. 17
l'ont été ; afin de les engager à
fatisfaire promptement à leur Impoſition
; faure de quoi , on feroit obligé
de les y contraindre. Il a aſſemblé chez
lui les Doyens & Sous-Doyens de
chaque Chambre , pour prendre des
meſures qui puiſſent contenter Mst le
Duc Régent..
Onaparlé enmêmetems de la Conteſtation
qui s'eſt élévée entrelaGrand'
Chambre & les Enquêtes , au ſujet
des Commiſſaires que l'on nomme
pourexaminer les Edits qui ſont envoyés
au Parlement. Les Conſeillers
des Chambres des Enquêtes prétendans
qu'une partie des Commiſſaires
nommés , doit être choiſie parmi
eux.
Lers , jour de l'Afſomprion de la
Vierge , leRoyſe confeſſa àM. l'Abbé
Fleury ſon Confefleur , avec tout le
recueillement imaginable & donna
des marques d'une Piété exemplaire,
pendant toute la Cérémonie.
La Proceſſion de l'Egliſe de Notre-
Dame qui fe fait tous les ans à pareil
jour , au tour de la Gité , en exécution
du Voeu de Louis XIII , ſe fir avec
beaucoup de Pompe & de Solemnité.
¥28 LEMERCURE
Mstle Duc Régent s'étant rendu ſur les
4heures à l'Eglife Métropolitaine , il
ytrouvalesGardes du Roy qui occupoientle
Chour , rangez en haye , le
Mousqueton ſur l'épaule. Les Cent-
Suiſſes du Roy étoient dans la Nef& fe
mirent en marche avec la Proceffion
S. A. R. marchoit immédiatement
après M. le Cardinal , précédé d'un
Officier des Cent- Suiſſes du Roy &
fuivi de l'Officier des Gardes du Corps.
CePrince avoit à ſa droite Μ. ΙἘνει
quedeVannes ſon premier Aumônier,
M. l'Abbé Maler , M. l'Abbé du Rodetſes
Aumônietsen Rochet; M. l'Abbé
Pajor Maîtrede laChapelle de la
Muſique à ſa gauche. Enſuite , étoit
le Parlement en Robes Rouges , la
Chambre des Comptes , la Cour des
Aydes & la Ville. Il yût un concours
de Peuple infini , attiré par la préſence
de MB le Duc d'Orléans.
Le 16 , Madame la Ducheſſe de
Berry , qui étoit venuë de la Meже ,
entendre les Offices aux Carmelites ,
le jour de la Fête ; tint Toillette au
au Palaisjdu Luxembourg , où ſe trouvěrent
Mesdames les Ducheſſes de
Saint Simon , de Villars , ſes Dames
--
D'AOUST. 129
du Palais, pluſieurs Ducs,Grands Seigneurs
, Marquis & preſque tous les
Ambaſſadeurs & Envoyez. Le 17 , elle
alla à la premiere Répreſentation de
l'Opera de Venus &d'Adonis , qui eſt
goûté;&de là, elle retourna à laMente.
Le même jour , on tint à l'Hôtel
de Ville l'Aſſemblée ordinaire , pour
l'Election de deux nouveaux Echevins.
M. Trudaine Prévôt des Marchands
ouvrit la Séance par un Diſcours ,
dans lequel il fit l'Eloge du Roy , de
Mgt le Régent & de M. Bignon ſon
Prédéceſſeur. Enfuite , les deux anciens
Echevins ſortans , firent chacun
unDiſcours de remercîmens à Mesde la
Ville ; après quoi , M.le Procureur du
Roy fit un difcours ſur les avantages
& l'honneur de la Charge de Prévôt
des Marchands & d'Eſchevin. Il paffa -
enfuite , à l'Eloge du Roy , de Mst le
Duc d'Orleans & deM. Bignon ; après
quoi , on procéda à l'Election en la
maniere accoutumée , par le Scrutin :
Celui qui le portoit , étoit M Nicolaï
le fils , Conſeiller au Parlement & recû
en ſurvivance de la Charge de Premier
Préſident de la Chambre des
Comptesi Parmi les perſonnes
130 LEMERCURE
qui votérent pour l'Election , ſe trouvérent
M.Dagueſſeau de Valjoint frere
de M. le Chancelier , M. de Maupeou
Confeiller au Parlement. Les
Echevins élûs font M. Gachier Notaire
& Conſeiller de Ville , & M.
Maſſon Greffier du Parlement.
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Résumé : JOURNAL DE PARIS.
En juillet 1717, le docteur Gautier a présenté à Son Altesse Royale ses expériences sur la transformation de l'eau de mer en eau potable au Port de l'Orient. Sa machine, produisant une eau claire et fraîche sans sel marin, a été validée par des tests chimiques et des retours positifs des consommateurs. Elle occupe environ huit tonneaux et produit 324 pintes d'eau en 24 heures avec une consommation modérée de charbon. Du 22 au 28 août, des expériences similaires à bord d'un navire ont produit 144 pintes d'eau douce en 12 heures, utilisée sans problème pour cuire des aliments et faire du pain. Les coûts de production ont été évalués à environ 15 livres 11 deniers par barrique. Le Père Sébastien Carme a inventé des armoires à disposition intérieure changeante, destinées à l'Académie des Sciences après sa mort. Le roi a assisté à diverses démonstrations scientifiques et à un feu d'artifice. À Paris, plusieurs nominations ont été effectuées, notamment celle de M. d'Armenonville au poste de quatrième conseiller d'État. Le duc d'Orléans a mis en place une expectative pour les places vacantes au Conseil d'État, et le pape a créé l'abbé Alberoni cardinal. Sur le plan militaire, une flotte dirigée par M. Leedes se prépare pour une expédition vers l'Italie. Le maréchal de Tallard a pris séance au Conseil de Régence, et le duc d'Albret a été nommé gouverneur d'Auvergne. Le régent, Philippe d'Orléans, a présidé pour la première fois au Conseil du Dedans du Royaume. Le roi a subi une légère blessure en tombant de son lit. L'ambassadeur du Portugal a annoncé la naissance d'un prince portugais et organisé une fête. Le roi a visité un pavillon aux Tuileries et nommé le Comte de la Marche comme dauphin. Madame est arrivée à Paris et a assisté à une représentation théâtrale. Le Duc de Chartres, âgé de 18 ans, a pris séance au Parlement. Les finances étaient un sujet de préoccupation majeure, avec des commissaires travaillant sur un nouvel arrangement. La Princesse de Conti a accouché d'un prince. Le Parlement a reçu une lettre de cachet pour assister à la procession de l'Assomption à Notre-Dame. Le Duc Régent a travaillé sur la révision des taxes avec le Duc de la Force et Pelletier des Forts. Une controverse a éclaté au Parlement concernant la nomination des commissaires pour examiner les édits. La procession annuelle à Notre-Dame a eu lieu avec beaucoup de solennité, en présence du Duc Régent et d'une grande foule.
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130
p. 189-191
AVIS AU PUBLIC.
Début :
Feu Mademoiselle Faris, qui étoit l'unique pour préparer les [...]
Mots clefs :
Peau, Guérison, Paralysie, Pleurésie, Bienfaits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS AU PUBLIC.
AVIS
AU PUBLIC
EU MADAMOISELLE FARIS , qui
étoit l'unique pour préparer les
Peaux Divines , ayant laiſſé aprez fa
mort , son secret au fieur Corlier fon
Gendre ; il acrù intereſſer la curiofité
190 LE MERCURE
du Public , en lui faisant part des qualitez
eſſentielles & de l'effet merveilleux
que produiſſent ces Peaux Divines.
1. Elles gueriffent les Paralyfies nouvellementformées
, les Rhumatismes ,
les Goutes Sciatiques , l'Hydropiſte
Tympanique , les humeurs froides , les
Coliques,Oppreffions de Potrine, Maux
de Téte , Oppilations de Rate : Ces
Peaux font fortir pareillement lesAbcez
& Rhumatismes qui pourroient s'être
formé dans la Tête , en appliquant
Sur lapartiemalade , une Calotte faite
de ces mêmes Peaux.
2. Ellesfont egallement propres pour
querir les Manx de Reins & toutes
les douleurs que l'on peut reffentirpar
le Corps, comme Laffitudes , Courbatures
, Maux d'Estomach , Maux d'avanture
, Pararis , Fluxions sur le vi-
Sage,fur la Poitrine & ailleurs .
3. Les Personnes qui ont été attaquées
de la Pleuréfie & de la fausse
Pleurèfie, de même que celles qui étoient
Sujettes à l'Apoplexie & àla surdité ,
s'en font parfaitement bien trouvées.
Enfin ces Peaux Divines ont 4. verde
réveiller tu 1. la chaleur naturelD'AOUST.
191
le où elle paroît eteinte & interdite. 2 .
d'ouvrir les pores . 3. de fondre l'humeur.
4. de la faire transpirer : Elles
Sont outre cela , trés néceſſaires pour
La petite Verolle , les Fieures pourpren-
Ses,Dartres vives & les Cors des pieds .
L'excellence des cés Peaux estsi grande ,
quebien des gens, tant de Paris que de
la Province , feront bien aiſes d'être
instruites qu'elles peuventservir,l'espace
de 20. Années ; & comme ilferoit inutile
defaire ici l'ènumération des perfonnes
de tout sexe , de tout âge , &
de toute condition qui en ont été gusries,
le fieur Cordier en donnera la Lifte
à tous ceux qui lui feront l'honneur
de l'aller voir.
Le ſieur CORDIER demeure
chez Monfieur Métas Marchand
Epicier , au haut de la ruë de la Coutellerie
& de la Vannerie , vis- à - vis
la ruë Saint Jacques de la Boucherie,
au premier appartement.
AU PUBLIC
EU MADAMOISELLE FARIS , qui
étoit l'unique pour préparer les
Peaux Divines , ayant laiſſé aprez fa
mort , son secret au fieur Corlier fon
Gendre ; il acrù intereſſer la curiofité
190 LE MERCURE
du Public , en lui faisant part des qualitez
eſſentielles & de l'effet merveilleux
que produiſſent ces Peaux Divines.
1. Elles gueriffent les Paralyfies nouvellementformées
, les Rhumatismes ,
les Goutes Sciatiques , l'Hydropiſte
Tympanique , les humeurs froides , les
Coliques,Oppreffions de Potrine, Maux
de Téte , Oppilations de Rate : Ces
Peaux font fortir pareillement lesAbcez
& Rhumatismes qui pourroient s'être
formé dans la Tête , en appliquant
Sur lapartiemalade , une Calotte faite
de ces mêmes Peaux.
2. Ellesfont egallement propres pour
querir les Manx de Reins & toutes
les douleurs que l'on peut reffentirpar
le Corps, comme Laffitudes , Courbatures
, Maux d'Estomach , Maux d'avanture
, Pararis , Fluxions sur le vi-
Sage,fur la Poitrine & ailleurs .
3. Les Personnes qui ont été attaquées
de la Pleuréfie & de la fausse
Pleurèfie, de même que celles qui étoient
Sujettes à l'Apoplexie & àla surdité ,
s'en font parfaitement bien trouvées.
Enfin ces Peaux Divines ont 4. verde
réveiller tu 1. la chaleur naturelD'AOUST.
191
le où elle paroît eteinte & interdite. 2 .
d'ouvrir les pores . 3. de fondre l'humeur.
4. de la faire transpirer : Elles
Sont outre cela , trés néceſſaires pour
La petite Verolle , les Fieures pourpren-
Ses,Dartres vives & les Cors des pieds .
L'excellence des cés Peaux estsi grande ,
quebien des gens, tant de Paris que de
la Province , feront bien aiſes d'être
instruites qu'elles peuventservir,l'espace
de 20. Années ; & comme ilferoit inutile
defaire ici l'ènumération des perfonnes
de tout sexe , de tout âge , &
de toute condition qui en ont été gusries,
le fieur Cordier en donnera la Lifte
à tous ceux qui lui feront l'honneur
de l'aller voir.
Le ſieur CORDIER demeure
chez Monfieur Métas Marchand
Epicier , au haut de la ruë de la Coutellerie
& de la Vannerie , vis- à - vis
la ruë Saint Jacques de la Boucherie,
au premier appartement.
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Résumé : AVIS AU PUBLIC.
L'avis annonce que Mademoiselle Faris a transmis le secret de fabrication des Peaux Divines à son gendre, le sieur Corlier, qui souhaite partager leurs bienfaits avec le public. Les Peaux Divines sont présentées comme efficaces contre divers maux, incluant les paralysies récentes, les rhumatismes, la goutte sciatique, l'hydropisie tympanique, les humeurs froides, les coliques, les oppressions de poitrine, les maux de tête et les opilations de rate. Elles sont également utiles pour soigner les abcès et les rhumatismes dans la tête par application directe. Elles traitent aussi les maux de reins, les douleurs corporelles, les affaiblissements, les courbatures, les maux d'estomac, les maux d'entrailles, les paralysies, les fluxions sur le visage, la poitrine et ailleurs. Les personnes souffrant de pleurésie, de fausse pleurésie, d'apoplexie et de surdité ont trouvé soulagement grâce à ces peaux. Elles possèdent quatre vertus principales : réveiller la chaleur naturelle, ouvrir les pores, fondre l'humeur et favoriser la transpiration. Elles sont recommandées pour la petite vérole, les fièvres, les dartres vives et les cors aux pieds. Leur efficacité est attestée par de nombreuses personnes de tous âges et conditions. Le sieur Corlier réside chez Monsieur Métas, marchand épicier, au haut de la rue de la Coutellerie et de la Vannerie, face à la rue Saint-Jacques de la Boucherie, au premier appartement.
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131
p. 190-191
PROGRAME De l'Academie Royale des Sciences & Arts. POUR UN PRIX D'ANATOMIE
Début :
Le Prix de la Médaille d'Or de trois cent livres proposé l'année [...]
Mots clefs :
Médaille d'or, Anatomie, Ouvrages, Dissertation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROGRAME De l'Academie Royale des Sciences & Arts. POUR UN PRIX D'ANATOMIE
PROGRAME
Del'Academie Royale des Sciences
&Arts.
POUR UNPRIX D'ANATOMIE
L
EPrixde la Médaille d'Or de trois
cent livres propoſé l'année derniere
pour une découverted' Anatomie,
n'a point été diſtribué ; parce que
les Ouvrages envoyez pour l'obtenir ,
n'ontpas paru àl'Académie remplirtout
fon objet , qui' eſt d'acquérir au Public
du nouveau &de l'utile.
Cette Compagnie deſtine ce même
Prix, pour le jourde Saint Loüis, 25. du
mois d'Aouſt 1718; à celui qui expli
quera de la maniere la plus vrai-femblable
I'usage des Glandes renales ,
nommées autrement , Reins fuccenturiaux
, ou Capsules atrabilaires . :
Il ſera libre d'envoyer les Diſſertations
en François ou en Latin. Elles ne
feront reçûës que juſqu'au premier jour
deMay prochain incluſivement. Gelles
qui arriveront plus- tard, n'entreront
DE SEPTEMBRE .
191
pas en concours. Au bas des Diſſertations
, il y aura une Sentence , & l'Auteur
mettra dans un Billet ſeparé & ca
cheré, la même Sentence avec ſon nom
&fonadreſſe.
Ceux qui enverront leurs Ouvrages ,
les adreſſeront à Meſſieurs de l'Academie
Royale de Bordeaux , ou au Sieur
Brun Imprimeur de cette Compagnie ,
ruë Saint James. On aura ſoinde faire
affranchir de port les paquets, ſans quoi..
ils ne feront pas retirez du Courier.
A Bordeaux le vingt-cinq Août mil
ſept cens dix -fept.
r
NAVARRE Secretaire perpetuelde
l'Académie Royale des Belles- Lettres,
Sciences & Arts .
Del'Academie Royale des Sciences
&Arts.
POUR UNPRIX D'ANATOMIE
L
EPrixde la Médaille d'Or de trois
cent livres propoſé l'année derniere
pour une découverted' Anatomie,
n'a point été diſtribué ; parce que
les Ouvrages envoyez pour l'obtenir ,
n'ontpas paru àl'Académie remplirtout
fon objet , qui' eſt d'acquérir au Public
du nouveau &de l'utile.
Cette Compagnie deſtine ce même
Prix, pour le jourde Saint Loüis, 25. du
mois d'Aouſt 1718; à celui qui expli
quera de la maniere la plus vrai-femblable
I'usage des Glandes renales ,
nommées autrement , Reins fuccenturiaux
, ou Capsules atrabilaires . :
Il ſera libre d'envoyer les Diſſertations
en François ou en Latin. Elles ne
feront reçûës que juſqu'au premier jour
deMay prochain incluſivement. Gelles
qui arriveront plus- tard, n'entreront
DE SEPTEMBRE .
191
pas en concours. Au bas des Diſſertations
, il y aura une Sentence , & l'Auteur
mettra dans un Billet ſeparé & ca
cheré, la même Sentence avec ſon nom
&fonadreſſe.
Ceux qui enverront leurs Ouvrages ,
les adreſſeront à Meſſieurs de l'Academie
Royale de Bordeaux , ou au Sieur
Brun Imprimeur de cette Compagnie ,
ruë Saint James. On aura ſoinde faire
affranchir de port les paquets, ſans quoi..
ils ne feront pas retirez du Courier.
A Bordeaux le vingt-cinq Août mil
ſept cens dix -fept.
r
NAVARRE Secretaire perpetuelde
l'Académie Royale des Belles- Lettres,
Sciences & Arts .
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Résumé : PROGRAME De l'Academie Royale des Sciences & Arts. POUR UN PRIX D'ANATOMIE
L'Académie Royale des Sciences et Arts propose un prix pour une découverte en anatomie, doté d'une médaille d'or valant trois cents livres. Ce prix, initialement proposé l'année précédente, n'avait pas été attribué faute de travaux suffisamment novateurs et utiles. Pour le 25 août 1718, l'Académie relance ce prix, dont le sujet porte sur l'explication de l'usage des glandes rénales, aussi appelées reins succenturiens ou capsules atrabilaires. Les dissertations, acceptées en français ou en latin, doivent être soumises avant le 1er mai. Les auteurs doivent inclure une sentence au bas de leur travail et envoyer une copie de cette sentence avec leurs coordonnées dans un billet séparé. Les travaux doivent être envoyés à l'Académie Royale de Bordeaux ou à Monsieur Brun, imprimeur de la compagnie, rue Saint James, avec affranchissement pour retrait par le courrier. Le document est signé par Navarre, secrétaire perpétuel de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts, et daté du 25 août 1717.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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132
p. 218-219
APOSTILLE. Accouchement extraordinaire, fait par la Dame Ferrot Sage-Femme, demeurant à Paris, dans l'Isle, ruë des deux-Ponts.
Début :
Claude Alay Jardinier, demeurant Cul-de-sac S. Laurent, à la [...]
Mots clefs :
Accouchement, Consultations , Chirurgien, Sage-femme, Chair, Césarienne, Garçon
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texteReconnaissance textuelle : APOSTILLE. Accouchement extraordinaire, fait par la Dame Ferrot Sage-Femme, demeurant à Paris, dans l'Isle, ruë des deux-Ponts.
APOSTILLE.
Accouchement extraordinaire , fait par
la Dame Ferrot Sage- Femme , demeurant
à Paris, dans l'Ifle , ruë des
deux -Ponts.
Chau Cul-de -fac S. Laurent , à la Laude Alay Jardinier , demeu-
Porte S. Denis , aïant fa femme groffe
depuis 14 mois , & ne voyant point de
difpofition
pour fon Accouchement
, fit
faire plufieurs
confultations
de Médecins
, Chirurgiens
& Accoucheurs
,qui
ne pûrent convenir qu'elle eftoit groffe
d'enfant , ( aprés lui avoir fait tous les
remédes imaginables ) : Les uns affûroient
que cette groffeffe ne provenoit
que d'un corps êtranger qui n'avoit pas
pris place dans la matrice ; les autres ,
que c'étoit un monftre , & les autres ,
que ce n'eftoit qu'un mole. Enfin, un des
Chirurgiens
s'avifa d'infinuer
fa main
jufqu'à la matrice , pour en découvrir
la vérité. Il déclara que c'eftoit une
maffe de chair déplacée , qu'il eftoit
impoffible
de pouvoir tirer du ventre
de la mere , fans faire l'Opération
Céfarienne
, & l'expofer à perdre la
DE NOVEMBRE. 219
1
vie. Les chofes en cet êtat , obligérent
ledit Alay d'avoir recours à la
Dame Perrot fort expérimentée dans
fa Profeffion ; laquelle en préfence
de toute fa Famille & de plufieurs
Chirurgiens & amis du mari , fit
fa vifite ; aprés quoi , elle protefta que
cette femme êtoit véritablement groffe
d'enfant qui eftoit ſitué dans la matrice
, & qu'avec la grace de Dieu , elle
fauveroit la mere & l'enfant ; ce qui
arriva heureufement le 24 Novembre
dernier, le troifiéme jour aprés fa vifite ;
la mere êtant accouchée d'un gros garçon
qui a eû vie, contre toute efpérance ,
Accouchement extraordinaire , fait par
la Dame Ferrot Sage- Femme , demeurant
à Paris, dans l'Ifle , ruë des
deux -Ponts.
Chau Cul-de -fac S. Laurent , à la Laude Alay Jardinier , demeu-
Porte S. Denis , aïant fa femme groffe
depuis 14 mois , & ne voyant point de
difpofition
pour fon Accouchement
, fit
faire plufieurs
confultations
de Médecins
, Chirurgiens
& Accoucheurs
,qui
ne pûrent convenir qu'elle eftoit groffe
d'enfant , ( aprés lui avoir fait tous les
remédes imaginables ) : Les uns affûroient
que cette groffeffe ne provenoit
que d'un corps êtranger qui n'avoit pas
pris place dans la matrice ; les autres ,
que c'étoit un monftre , & les autres ,
que ce n'eftoit qu'un mole. Enfin, un des
Chirurgiens
s'avifa d'infinuer
fa main
jufqu'à la matrice , pour en découvrir
la vérité. Il déclara que c'eftoit une
maffe de chair déplacée , qu'il eftoit
impoffible
de pouvoir tirer du ventre
de la mere , fans faire l'Opération
Céfarienne
, & l'expofer à perdre la
DE NOVEMBRE. 219
1
vie. Les chofes en cet êtat , obligérent
ledit Alay d'avoir recours à la
Dame Perrot fort expérimentée dans
fa Profeffion ; laquelle en préfence
de toute fa Famille & de plufieurs
Chirurgiens & amis du mari , fit
fa vifite ; aprés quoi , elle protefta que
cette femme êtoit véritablement groffe
d'enfant qui eftoit ſitué dans la matrice
, & qu'avec la grace de Dieu , elle
fauveroit la mere & l'enfant ; ce qui
arriva heureufement le 24 Novembre
dernier, le troifiéme jour aprés fa vifite ;
la mere êtant accouchée d'un gros garçon
qui a eû vie, contre toute efpérance ,
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Résumé : APOSTILLE. Accouchement extraordinaire, fait par la Dame Ferrot Sage-Femme, demeurant à Paris, dans l'Isle, ruë des deux-Ponts.
Le document décrit le cas médical exceptionnel de Laude Alay, une femme de Porte Saint-Denis, enceinte depuis quatorze mois sans signes d'accouchement. Plusieurs consultations avec des médecins, chirurgiens et sages-femmes n'ont pas permis de diagnostiquer clairement la situation. Les avis divergeaient : certains parlaient d'un corps étranger, d'autres d'un monstre ou d'une tumeur. Un chirurgien a finalement identifié une masse de chair déplacée, nécessitant une césarienne pour éviter le risque de mort maternelle. La sage-femme Dame Ferrot, reconnue pour son expertise, a été appelée et a confirmé la grossesse. Elle a réussi à sauver la mère et l'enfant, un garçon né le 24 novembre, trois jours après sa visite.
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133
p. 224-226
AVIS AU PUBLIC.
Début :
Les Ulceres & les Abcez, sont de tous les maux des yeux [...]
Mots clefs :
Ulcères, Abcès, Maux, Yeux, Guérison, Remèdes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS AU PUBLIC.
AVIS AU PUBLIC.
ES Ulceres & les Abcez , font de
tous les maux des yeux lesplus dour
loureux & les plus à craindre , tant à
DE NOVEM RE. 225
caufe de l'aveuglement , qu'à caufe de
la grande difformité qui en eft la fuite
ordinaire , quand ils font mal panfez :
On voit à Paris tous les jours une infinité
de pareils accidens , & furtout aux
enfans qui font les plus fujets aux Fluxions
& Ulcéres des yeux , & les plus
difficiles à gouverner dans cet état.
Monfieur de Vvoolhouse Gentil- homme
Anglois , Oculifte de pere en fils depuis
quatre générations , a un Sécret
doux
› prompt & für pour guérir radicalement
tous femblables Ulcéres , Absés
, Excoriations & Fluxions opiniatres
aux yeux. Il en a donné à Paris
une infinité d'épreuves depuis trente an
nées qu'il eft dans ce Pais . Il vient de
faire quelques pareilles guérifons , comme
à l'enfant de M. le Vauché Marchand
Gantier vis- à- vis le grand Por
tail de S. Sulpice, La Frunelle de cet
enfant étoit toute abcédée , ridée , fiétrie
& enfoncée , jettant bien des matiéres
épaiffes ; &les plus habiles Ocu
liftes le difoient entierement perdu.
M. de Vvoolhouse eft venû aisément à
boût de cette guérison ; quoique l'Enfant
ne fait pas des plus traittables, à cau-
Je defa grande vivacité : M. de Vvool225
LE MERCURE
house vient de guérir d'un ſemblable
abcés , la petite fille de M. Nyon Relieur
& Doreur , proche S. Hylaire
contre le Puis certain , fur la Montagne
StéGenevieve ; laquelle avoit perdû l'antre
oeil auparavant , par un femblable
mal : Il a fait une guériſon ſurprenante
aux deux yeux de l'enfant de M. Thureaux
Bourgeois , demeurant ruë de la
Calande proche le Palais , dont lesyeux
êtoient tout ulcérés & abcedés. M. de
Vvoolhouse demeure toûjours au Collége
de l'Ave - Maria , fur la Montagne
Sainte Genevieve , vis - à- vis le Portail
S. Eftienne du Mont.
ES Ulceres & les Abcez , font de
tous les maux des yeux lesplus dour
loureux & les plus à craindre , tant à
DE NOVEM RE. 225
caufe de l'aveuglement , qu'à caufe de
la grande difformité qui en eft la fuite
ordinaire , quand ils font mal panfez :
On voit à Paris tous les jours une infinité
de pareils accidens , & furtout aux
enfans qui font les plus fujets aux Fluxions
& Ulcéres des yeux , & les plus
difficiles à gouverner dans cet état.
Monfieur de Vvoolhouse Gentil- homme
Anglois , Oculifte de pere en fils depuis
quatre générations , a un Sécret
doux
› prompt & für pour guérir radicalement
tous femblables Ulcéres , Absés
, Excoriations & Fluxions opiniatres
aux yeux. Il en a donné à Paris
une infinité d'épreuves depuis trente an
nées qu'il eft dans ce Pais . Il vient de
faire quelques pareilles guérifons , comme
à l'enfant de M. le Vauché Marchand
Gantier vis- à- vis le grand Por
tail de S. Sulpice, La Frunelle de cet
enfant étoit toute abcédée , ridée , fiétrie
& enfoncée , jettant bien des matiéres
épaiffes ; &les plus habiles Ocu
liftes le difoient entierement perdu.
M. de Vvoolhouse eft venû aisément à
boût de cette guérison ; quoique l'Enfant
ne fait pas des plus traittables, à cau-
Je defa grande vivacité : M. de Vvool225
LE MERCURE
house vient de guérir d'un ſemblable
abcés , la petite fille de M. Nyon Relieur
& Doreur , proche S. Hylaire
contre le Puis certain , fur la Montagne
StéGenevieve ; laquelle avoit perdû l'antre
oeil auparavant , par un femblable
mal : Il a fait une guériſon ſurprenante
aux deux yeux de l'enfant de M. Thureaux
Bourgeois , demeurant ruë de la
Calande proche le Palais , dont lesyeux
êtoient tout ulcérés & abcedés. M. de
Vvoolhouse demeure toûjours au Collége
de l'Ave - Maria , fur la Montagne
Sainte Genevieve , vis - à- vis le Portail
S. Eftienne du Mont.
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Résumé : AVIS AU PUBLIC.
L'avis public alerte sur les dangers des ulcères et abcès oculaires, qui peuvent entraîner cécité et déformations. Ces affections touchent principalement les enfants, les plus difficiles à soigner. Monsieur de Voolhouse, oculiste anglais de quatrième génération, propose un traitement efficace. Il a prouvé l'efficacité de sa méthode à Paris durant trente ans, avec plusieurs succès récents. Parmi ses dernières guérisons, on compte l'enfant de Monsieur le Vauché, atteint d'une grave frunelle, et la fille de Monsieur Nyon, qui avait déjà perdu un œil. Il a également soigné les deux yeux ulcérés et abcédés de l'enfant de Monsieur Thureaux. Monsieur de Voolhouse exerce au Collège de l'Ave-Maria, sur la Montagne Sainte-Geneviève, en face du portail Saint-Étienne-du-Mont.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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134
p. 80-92
RÊVE D'UN ANGLOIS, Sur la dissertation du Crane d'un PETIT-MAITRE, & du Coeur d'une COQUETTE, traduit de l'Anglois.
Début :
Je me trouvai hier engagé dans une Assemblée de Philosophes, dont [...]
Mots clefs :
Philosophe, Anatomie, Découverte, Cerveau, Rêve, Crâne, Microscope, Cavité, Glande pinéale, Épiderme, Poète, Dissection, Vaisseaux, Coeur, Péricarde, Anatomiste, Liqueur, Fibres, Soupir, Sommeil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÊVE D'UN ANGLOIS, Sur la dissertation du Crane d'un PETIT-MAITRE, & du Coeur d'une COQUETTE, traduit de l'Anglois.
REVE D'UN ANGLOIS ,
Sur la diffection du Crane d'un PETITMAITRE,&
du Can d'une COQUETTE,
traduit de l'Anglois.
JA
E me trouvai hier engagé dans une
Affemblée de Philofophes , dont l'un
nous étala quantité d'obfervations curiefes
, qu'il avoit faites depuis peu ,
dans l'Anatomie du corps humain. Un
autre nous fit part de plufieurs Découvertes
admirables , qu'il y a faites avec
DE DECEMBRE
le fecours de certains Microſcopes fort
exacts : Tout cela produifit diverfes
remarques peu communes , & fournit
matiére à difcourir tout le refte de la
journée .
Les différens Syftemes qu'on bâtic
là deffus , préfentérent tant de nouvelles
idées à mon imagination , que jointes
à celles qu'il y avoit déja , elles
ont donné de l'exercice à mon pauvre
cerveau toute la nuit paffée , & ont
formé le Rêve extravagant dont je vais
yous entretenir.
Je fus invité,à ce qu'il me fembloit ,
à voir la diffection du crane d'un petit-
Maître , & du coeur d'une Coquette ,
qui repofoient fur une table qu'il y avoit
devant nous. Un habile Anatomifte ouvrit
la tefte du premier avec beaucoup
d'art ; & quoi qu'elle parût d'abord ,
comme celle d'un autre homme , nous
fâmes bien étonnés de voir , qu'à l'approche
de nos Microfcopes , ce que
nous avions pris pour de la cervelle ,
n'en avoit que l'apparence , & n'eftoit
qu'un amas de matiéres étranges , empaquetées
enfemble , avec un art merveilleux
, dans les différentes cavités
du crane : De forte que, fi Homere nous
82 LE MERCURE
dit ,, que le fang des Dieux n'eft pas
du veritable fang , mais , quelque chofe
d'Analogue ; on peut dire auffi , que
la cervelle d'un petit- Maître n'en est
pas réellement une , mais quelque chofe
qui en a la figure .
La Glande pinéale , que plufieurs de
nos Philofophes modernes fuppofent
eftre le fiége de l'Ame , avoit une
odeur très forte d'Effence , & d'Eau
de Fleur d'Orange ; & paroiffoit d'une
fabftance qui approchoit de la corne,
taillée en mille petites facettes, ou miroirs
imperceptibles à l'oeil ; en forte
que l'Ame , sil y en avoit jamais û
une , devoit eftre toujours occupée à
s'admirer elle - mefme.
Nous remarquâmes fur le devant
de la tefte , une grande cavité pleine
de Rubans , de Dentelles & de Broderies
, qui formoient enfemble une
cfpéce de réfeau , fi artiftement travaillé
& fi fin , que le tiffu en êchapoit
à la vûë : Une autre de ces cavités
eftoit farcie de Billets doux , de
Lettres Amoureufes , de Chanfons notées
, & de pareilles gentilleffes , qu'on
n'appercevoit qu'à la faveur de nos
Microſcopes Dans un troifiéme , ·il
DE DECEMBRE. 8*
y avoit une espéce de Poudre , qui fit
éternüer toute la compagnie , & que
nous reconnûmes à l'odeur , pour du
veritable tabac d'Espagne. En un mot ,
car je ne veux pas ennuyer mes Lecteurs
par un inventaire trop exact ,
plufieurs autres cellules contenoient
divers autres matériaux , à peu prés
auffi curieux .
Cependant , une grande cavité fpacieufe
, qu'il y avoit à l'un & à l'autre
côté de la tefte , mérite quelque attention
Celle du côté droit estoit rem-
'plie de fictions , de flateries , & de menfonges
, de voeux , de promeffes & de
proteftations : Celle du côté gauche ,
renfermoit des imprecations & des fermens.
De chacune de ces cavités , on
voyoit fortir un conduit , qui aboutiffoit
à la racine de la Langue , où ils
fe joignoient tous deux , & ne formoient
enfuite qu'un canal jufqu'à ce
petit mobile. Nous obfervâmes divers.
petits fentiers , ou conduits , qui paſfoient
de l'oreille au cerveau ; & nous
ûmes un foin tout particulier , de les
fuivre dans tous leurs détours : L'un
de ces conduits fe rendoit à un paquet
de Sonnets , & d'autres menuës Poefies :
84 LE MERCURE
D'autres fe terminoient à un amas de
veffies pleines d'écumes & de vent :
Mais , le plus gros de ces tuyaux entroit
dans une grande cavité du crane ,
d'où un autre s'êchapoit vers la langue.
Cette derniére cavité êtoit le réſervoir
d'une fubftance molle & fpongieuſe,
que l'on nomme Galimathias.
Les cuirs du front , la Derme & l'Epiderme,
êtoient d'une épaiffeur & d'une
duteté extraordinaire ; & nous fumes
bien furpris , de ne pouvoir y découvrir
,ny ártéres ny veines ; d'où nous
conclûmes, que le propre de ce crane
avoit perdu la faculté de rougir , lorfqu'il
étoit en vie.
L'os cribleux êtoit prefque bouché ,
par un amas de Tabac en poudre , &
même endommagé en quelques endroits
. Nous remarquâmes furtout , ce
petit mufcle , qu'on a de la peine à
découvrir dans les diffections , & qui
fert à tirer le nés en haut ; lorfque le
Propriétaire vent témoigner le mépris
qu'il fent , à la vue de quelque chofe
qui lui déplaît , ou à l'ouie de quelque
chofe qu'il n'entend pas . Il eft inutile
d'avertir que ce mufcle eft le même,
qui produit le mouvement tant de fois
DE DECEMBRE.
fpécifié dans les Poëtes latins ; lorfqu'ils
parlent d'un homme qui retrouffe
le nés , ou qui fait le bec de
Rhinoceros .
;
Nous n'apperçumes rien de fort remarquable
dans l'oeil à cela prés
que les muſcles amoureux , ou fi l'on
veut , lorgneurs , êtoient extrémement
ufez ; au lieu que l'éleveur , ou le
mufcle , qui fait tourner l'oeil vers le
Ciel , ne paroiffoit point avoir êté mis
en oeuvre.
Je n'ai parlé dans certe diffection ,
que des nouvelles découvertes que
nous y fîmes , fans examiner aucune
de ces parties qui fe trouvent dans les
têtes ordinaires . A l'égard du crane ,
du vifage , & même de toute la figure
externe , nous ne remarquâmes rien
qui la diftinguât de la tête des autres
hommes : D'ailleurs , on nous dit que
le propriétaire de cette belle tête avoit
vécu 35 ans : Que durant tout cet intervalle
, il avoit mangé & bû comme
les autres : Qu'il fe mettoit fort bien :
Qu'il parloit fort haut : Qu'il éclatoit
fouvent de rire ; & qu'en certaines
occafions , il jouoit affés bien fon rôle
dans un Bal , ou dans une Affemblée :
86 LE MERCURE
9
à quoi un de la compagnie ajouta
qu'il y avoit un cercle de Dames qui
le prenoient pour un bel efprit . Il fut
affommé d'un coup de péle , à la fleur
de fon âge , par un vieux militaire ,
qui le trouva un peu trop civil à l'égard
de fa femme.
Après qu'on ûr examiné à fonds cette
tête,avec toutes fes appartenances & fa
fourniture; on remit le cerveau , tel qu'il
êtoit en fon lieu , & la têtefût laiffée à.
quartier , fous un grand morceau de
drap écarlatte , pour être préparée à
loifir , & gardée dans un beau cabinet .
de diffections Anatomiques . De plus ,
nôtre Opérateur nous dit , que la préparation
n'en feroit pas fi difficile que
celle d'une autre tête ; puifque , la plûpart
des petits vaiffeaux , qui traverfoient
la fubftance interne , comme il
l'avoit obfervé , êtoient déja remplis
d'une espèce de mercure , ou plûtôt de
vif- argent , dont le mort avoit fait
ufage pendant fa vie .
Après avoir donné la diffection de la
tête d'un petit-Maître , je raporterai
ici l'Anatomie du coeur d'une Coquette.
Hûreufement , j'en ai gardé la
Minute.
A Vant que nôtre Anatomiſte en vint à cette diffection , il nous
dit , qu'il n'y avoit rien de plus difficile
dans fon Art , que d'ouvrir le coeur
d'une Coquette , & d'en expoſer fidélement
toutes les parties aux yeux
des fpectateurs , à cauſe d'une infinité
de labyrintes & de replis qu'on y trouve
, & qui ne paroiffent pas dans le
coeur d'aucun autre animal .
Enfuite , il nous pria d'obſerver le
Péricarde , ou l'envelope extérieure du
coeur ; & nous y vîmes , à la faveur
de nos microſcopes , des millions de
petites cicatrices , qui fembloient avoir
êté caufées par les pointes d'une infinité
de petits dards & defléches , qu'on
avoit lancées côtre cette mébrane; quoi
qu'il n'y ût pas le moindre petit orifice ,
à travers lequel,aucun de ces traits ût
percé jufqu'à la fubftance du coeur.
Tous ceux qui ont quelque teinture
36 LE MERCURE
de l'Anatomie , fçavent que le Péricarde
contient une efpéce de liqueur
rougeatre & déliée , qu'on croit fe
former des exhalaifons qui s'évaporent
du coeur , & qui s'y confervent de cette
maniére. Lorsqu'on vint à l'examiner ,
il fe trouva qu'elle avoit toutes les
qualités de l'efprit - de - vin , dont on
remplit les Thermométres , qui fervent
à marquer les différens dégrez de
chaud ou de froid , qui arrivent dans
l'air .
Je ne dois pas oublier ici une expérience
, qu'un des Membres de lacompagnie
nous dit avoir faite avec
cette Liqueur , dont il avoit trouvé
bonne provifion,au tour du coeur d'une
Coquette qu'il avoit anatomifé autrefois
: Il nous affùra donc , qu'il en
avoit rempli un tuyau de verre , à peu
prés comme celui d'un Thermométre ;
mais , qu'au lieu de marquer les variations
de l'air , il défignoit les qualités
des perfonnes , qui entroient dans
la chambre où il l'avoit fufpendu. Il
ajoûta que cette Liqueur montoit à
l'approche d'un plumet , d'un habit
en broderie , ou d'une paire de gants à
franges ; & qu'elle baiffoit , d'abord
qu'une
DE DECEMBRE. 89
qu'une vilaine perruque mal peignée
qu'une paire de fouliers lourds , ou un
habit à l'antique , paroiffofent dans
fa maiſon. Ce n'eft pas tout , il
nous certifia , que s'il venoit à éclarer
de rire auprés de cette Liqueur ;
elle montoit d'une maniere fenfible
& qu'elle defcendoit au plus vîte , auſſitôt
qu'il prénoit un air férieux . En
un mot , il voulut nous perfuader que
par le moyen de cette invention , il
pouvoit connoître , s'il y avoit un homme
de bon fens ou un fat ,dans fa chamb.
e.
Aprés avoir bien épluché le Péricarde,
& confideré la Liqueur qu'il renfermoit
, nous en vinmes au coeur même ;
La furface extérieure en eftoit fi polie ,
& la pointe fi fioide , que lorfqu'on
vouloit l'empoigner , il s'échapoit à
travers les doigts , comme un morceau
de glace , ou une Anguille .
Les fibres en êtoient plus entrelacés,
que celle des autres cours ; jufques- là,
que ce coeur fembloit former un veritable
noud-gordien,& ne pouvoit avoir
û que des mouvemens fort inégaux &
fort irréguliers , pendant qu'il exerçoit
fes fonctions vitales.
Décembre 1717 . H
༡༠ LE MERCURE
Lorfque nous examinâmes tous les
vaiffeaux , qui en fortoient ou y aboutiffoient
; nous ne pûmes jamais découvrir
qu'il y ût û la moindre communication
avec la Langue ; ce qui
nous parut une caufe trés digne de
remarque .
On nous fit obferver en même tems,
que plufieurs de ces petits nerfs , qui
contribuoient à faire fentir l'amour
, la haine & les autres paffions,
n'y defcendoient pas du cerveau ,
mais des mufcles fitués au tourdes yeux.
Je pris ce coeur dans la main , pour
juger du poids ; & il me parut fi léger
, que je conclus d'abord , qu'il y
avoit beaucoup de vuide : En effet , l'intérieur
eftoit plein de cavités & de
cellules , qui paffoient les unes dans
les autres , & qui reffembloient à ces
appartements , que nos Hiftoriens attribuent
au berceau de Rofemonde . Pluhieurs
de ces petits trous êtoient farcis
de bagatelles , qu'il me feroit impoffible
de nommer en détail ; mais , je remarquerai
ſeulement , que la premiere
chofe que nous y apperçûmes , par le
moyen de nos Microſcopes , eftoit une
Coeffe de couleur de feu .
DE DECEMBRE. 91
Du refte , on nous dit que la Dame
propriétaire de ce coeur , lorfqu'elle
eftoit en vie ,, fouffroit les pourfuites
de tous ceux qui lui faifoient l'amour,
les entretenoit tous dans l'efpérance ,
& infinuoit à chacun d'eux , qu'il étoit
diftingué des autres ; c'est pour cela ,
que nous nous attendions à voir l'empreinte
d'un nombre infini de vifages ,
fur les différentes enveloppes de ce
coeur Mais , nous fumes bien furpris
de n'y en trouver aucune , juſqu'à
ce qu'on fût arrivé au centre .
Alors , nous y apperçumes un petit
homme vêtu d'un habit fort bizare ;
plus je le regardois , plus il me fembloit
que je l'avois vu quelque part fans
pouvoir me rappeller , ni le tems , ni
l'endroit ; jufques à ce qu'enfin , un
de la compagnie , qui l'avoit examiné
de plus prés que les autres , nous fit
voir clairement par le tour du vifage ,
& par plufieurs de fes traits , que la
petite idole , ainfi placée au milieu de
ce coeur , eftoit le feu petit- Maître
dont nous venions de defigner le cerveau.
2
D'abord que notre Anatomifte ûr
achevé fa diffection ; incapables de
Hij
92 LE MERCURE
nous déterminer fur la nature de ce
coeur , fi différent de celui des autres
femmes, nous réfolûmes d'en venir à
quelque épreuve , pour en découvrir
la fubftance : Ainfi , on le mit fur des
charbons ardens ; mais , bien loin de
fe confumer , il n'en reçut pas la moindre
atteinte d'où nous conclûmes
;
qu'il tenoit de la nature de la Salamandre
, & qu'il auroit pû ſubſiſter au
milieu du feu & des flammes .
Lorfque nous admirions un fi étrange
Phænoméne , & que nous formions un
cercle au tour du cerveau; ce coeur laiffa
échaper un terrible foupir , ou plûtôt
un éclat ; & fe réduifit en fumée : Cet
éclat imaginaire , qui me parut plus
fort que celui d'un canon , m'ébranla
fi bien le cerveau , qu'il diffipa toutes
les douces vapeurs du fommeil , &
qu'il n'y ût plus moyen de me rendormir.
Sur la diffection du Crane d'un PETITMAITRE,&
du Can d'une COQUETTE,
traduit de l'Anglois.
JA
E me trouvai hier engagé dans une
Affemblée de Philofophes , dont l'un
nous étala quantité d'obfervations curiefes
, qu'il avoit faites depuis peu ,
dans l'Anatomie du corps humain. Un
autre nous fit part de plufieurs Découvertes
admirables , qu'il y a faites avec
DE DECEMBRE
le fecours de certains Microſcopes fort
exacts : Tout cela produifit diverfes
remarques peu communes , & fournit
matiére à difcourir tout le refte de la
journée .
Les différens Syftemes qu'on bâtic
là deffus , préfentérent tant de nouvelles
idées à mon imagination , que jointes
à celles qu'il y avoit déja , elles
ont donné de l'exercice à mon pauvre
cerveau toute la nuit paffée , & ont
formé le Rêve extravagant dont je vais
yous entretenir.
Je fus invité,à ce qu'il me fembloit ,
à voir la diffection du crane d'un petit-
Maître , & du coeur d'une Coquette ,
qui repofoient fur une table qu'il y avoit
devant nous. Un habile Anatomifte ouvrit
la tefte du premier avec beaucoup
d'art ; & quoi qu'elle parût d'abord ,
comme celle d'un autre homme , nous
fâmes bien étonnés de voir , qu'à l'approche
de nos Microfcopes , ce que
nous avions pris pour de la cervelle ,
n'en avoit que l'apparence , & n'eftoit
qu'un amas de matiéres étranges , empaquetées
enfemble , avec un art merveilleux
, dans les différentes cavités
du crane : De forte que, fi Homere nous
82 LE MERCURE
dit ,, que le fang des Dieux n'eft pas
du veritable fang , mais , quelque chofe
d'Analogue ; on peut dire auffi , que
la cervelle d'un petit- Maître n'en est
pas réellement une , mais quelque chofe
qui en a la figure .
La Glande pinéale , que plufieurs de
nos Philofophes modernes fuppofent
eftre le fiége de l'Ame , avoit une
odeur très forte d'Effence , & d'Eau
de Fleur d'Orange ; & paroiffoit d'une
fabftance qui approchoit de la corne,
taillée en mille petites facettes, ou miroirs
imperceptibles à l'oeil ; en forte
que l'Ame , sil y en avoit jamais û
une , devoit eftre toujours occupée à
s'admirer elle - mefme.
Nous remarquâmes fur le devant
de la tefte , une grande cavité pleine
de Rubans , de Dentelles & de Broderies
, qui formoient enfemble une
cfpéce de réfeau , fi artiftement travaillé
& fi fin , que le tiffu en êchapoit
à la vûë : Une autre de ces cavités
eftoit farcie de Billets doux , de
Lettres Amoureufes , de Chanfons notées
, & de pareilles gentilleffes , qu'on
n'appercevoit qu'à la faveur de nos
Microſcopes Dans un troifiéme , ·il
DE DECEMBRE. 8*
y avoit une espéce de Poudre , qui fit
éternüer toute la compagnie , & que
nous reconnûmes à l'odeur , pour du
veritable tabac d'Espagne. En un mot ,
car je ne veux pas ennuyer mes Lecteurs
par un inventaire trop exact ,
plufieurs autres cellules contenoient
divers autres matériaux , à peu prés
auffi curieux .
Cependant , une grande cavité fpacieufe
, qu'il y avoit à l'un & à l'autre
côté de la tefte , mérite quelque attention
Celle du côté droit estoit rem-
'plie de fictions , de flateries , & de menfonges
, de voeux , de promeffes & de
proteftations : Celle du côté gauche ,
renfermoit des imprecations & des fermens.
De chacune de ces cavités , on
voyoit fortir un conduit , qui aboutiffoit
à la racine de la Langue , où ils
fe joignoient tous deux , & ne formoient
enfuite qu'un canal jufqu'à ce
petit mobile. Nous obfervâmes divers.
petits fentiers , ou conduits , qui paſfoient
de l'oreille au cerveau ; & nous
ûmes un foin tout particulier , de les
fuivre dans tous leurs détours : L'un
de ces conduits fe rendoit à un paquet
de Sonnets , & d'autres menuës Poefies :
84 LE MERCURE
D'autres fe terminoient à un amas de
veffies pleines d'écumes & de vent :
Mais , le plus gros de ces tuyaux entroit
dans une grande cavité du crane ,
d'où un autre s'êchapoit vers la langue.
Cette derniére cavité êtoit le réſervoir
d'une fubftance molle & fpongieuſe,
que l'on nomme Galimathias.
Les cuirs du front , la Derme & l'Epiderme,
êtoient d'une épaiffeur & d'une
duteté extraordinaire ; & nous fumes
bien furpris , de ne pouvoir y découvrir
,ny ártéres ny veines ; d'où nous
conclûmes, que le propre de ce crane
avoit perdu la faculté de rougir , lorfqu'il
étoit en vie.
L'os cribleux êtoit prefque bouché ,
par un amas de Tabac en poudre , &
même endommagé en quelques endroits
. Nous remarquâmes furtout , ce
petit mufcle , qu'on a de la peine à
découvrir dans les diffections , & qui
fert à tirer le nés en haut ; lorfque le
Propriétaire vent témoigner le mépris
qu'il fent , à la vue de quelque chofe
qui lui déplaît , ou à l'ouie de quelque
chofe qu'il n'entend pas . Il eft inutile
d'avertir que ce mufcle eft le même,
qui produit le mouvement tant de fois
DE DECEMBRE.
fpécifié dans les Poëtes latins ; lorfqu'ils
parlent d'un homme qui retrouffe
le nés , ou qui fait le bec de
Rhinoceros .
;
Nous n'apperçumes rien de fort remarquable
dans l'oeil à cela prés
que les muſcles amoureux , ou fi l'on
veut , lorgneurs , êtoient extrémement
ufez ; au lieu que l'éleveur , ou le
mufcle , qui fait tourner l'oeil vers le
Ciel , ne paroiffoit point avoir êté mis
en oeuvre.
Je n'ai parlé dans certe diffection ,
que des nouvelles découvertes que
nous y fîmes , fans examiner aucune
de ces parties qui fe trouvent dans les
têtes ordinaires . A l'égard du crane ,
du vifage , & même de toute la figure
externe , nous ne remarquâmes rien
qui la diftinguât de la tête des autres
hommes : D'ailleurs , on nous dit que
le propriétaire de cette belle tête avoit
vécu 35 ans : Que durant tout cet intervalle
, il avoit mangé & bû comme
les autres : Qu'il fe mettoit fort bien :
Qu'il parloit fort haut : Qu'il éclatoit
fouvent de rire ; & qu'en certaines
occafions , il jouoit affés bien fon rôle
dans un Bal , ou dans une Affemblée :
86 LE MERCURE
9
à quoi un de la compagnie ajouta
qu'il y avoit un cercle de Dames qui
le prenoient pour un bel efprit . Il fut
affommé d'un coup de péle , à la fleur
de fon âge , par un vieux militaire ,
qui le trouva un peu trop civil à l'égard
de fa femme.
Après qu'on ûr examiné à fonds cette
tête,avec toutes fes appartenances & fa
fourniture; on remit le cerveau , tel qu'il
êtoit en fon lieu , & la têtefût laiffée à.
quartier , fous un grand morceau de
drap écarlatte , pour être préparée à
loifir , & gardée dans un beau cabinet .
de diffections Anatomiques . De plus ,
nôtre Opérateur nous dit , que la préparation
n'en feroit pas fi difficile que
celle d'une autre tête ; puifque , la plûpart
des petits vaiffeaux , qui traverfoient
la fubftance interne , comme il
l'avoit obfervé , êtoient déja remplis
d'une espèce de mercure , ou plûtôt de
vif- argent , dont le mort avoit fait
ufage pendant fa vie .
Après avoir donné la diffection de la
tête d'un petit-Maître , je raporterai
ici l'Anatomie du coeur d'une Coquette.
Hûreufement , j'en ai gardé la
Minute.
A Vant que nôtre Anatomiſte en vint à cette diffection , il nous
dit , qu'il n'y avoit rien de plus difficile
dans fon Art , que d'ouvrir le coeur
d'une Coquette , & d'en expoſer fidélement
toutes les parties aux yeux
des fpectateurs , à cauſe d'une infinité
de labyrintes & de replis qu'on y trouve
, & qui ne paroiffent pas dans le
coeur d'aucun autre animal .
Enfuite , il nous pria d'obſerver le
Péricarde , ou l'envelope extérieure du
coeur ; & nous y vîmes , à la faveur
de nos microſcopes , des millions de
petites cicatrices , qui fembloient avoir
êté caufées par les pointes d'une infinité
de petits dards & defléches , qu'on
avoit lancées côtre cette mébrane; quoi
qu'il n'y ût pas le moindre petit orifice ,
à travers lequel,aucun de ces traits ût
percé jufqu'à la fubftance du coeur.
Tous ceux qui ont quelque teinture
36 LE MERCURE
de l'Anatomie , fçavent que le Péricarde
contient une efpéce de liqueur
rougeatre & déliée , qu'on croit fe
former des exhalaifons qui s'évaporent
du coeur , & qui s'y confervent de cette
maniére. Lorsqu'on vint à l'examiner ,
il fe trouva qu'elle avoit toutes les
qualités de l'efprit - de - vin , dont on
remplit les Thermométres , qui fervent
à marquer les différens dégrez de
chaud ou de froid , qui arrivent dans
l'air .
Je ne dois pas oublier ici une expérience
, qu'un des Membres de lacompagnie
nous dit avoir faite avec
cette Liqueur , dont il avoit trouvé
bonne provifion,au tour du coeur d'une
Coquette qu'il avoit anatomifé autrefois
: Il nous affùra donc , qu'il en
avoit rempli un tuyau de verre , à peu
prés comme celui d'un Thermométre ;
mais , qu'au lieu de marquer les variations
de l'air , il défignoit les qualités
des perfonnes , qui entroient dans
la chambre où il l'avoit fufpendu. Il
ajoûta que cette Liqueur montoit à
l'approche d'un plumet , d'un habit
en broderie , ou d'une paire de gants à
franges ; & qu'elle baiffoit , d'abord
qu'une
DE DECEMBRE. 89
qu'une vilaine perruque mal peignée
qu'une paire de fouliers lourds , ou un
habit à l'antique , paroiffofent dans
fa maiſon. Ce n'eft pas tout , il
nous certifia , que s'il venoit à éclarer
de rire auprés de cette Liqueur ;
elle montoit d'une maniere fenfible
& qu'elle defcendoit au plus vîte , auſſitôt
qu'il prénoit un air férieux . En
un mot , il voulut nous perfuader que
par le moyen de cette invention , il
pouvoit connoître , s'il y avoit un homme
de bon fens ou un fat ,dans fa chamb.
e.
Aprés avoir bien épluché le Péricarde,
& confideré la Liqueur qu'il renfermoit
, nous en vinmes au coeur même ;
La furface extérieure en eftoit fi polie ,
& la pointe fi fioide , que lorfqu'on
vouloit l'empoigner , il s'échapoit à
travers les doigts , comme un morceau
de glace , ou une Anguille .
Les fibres en êtoient plus entrelacés,
que celle des autres cours ; jufques- là,
que ce coeur fembloit former un veritable
noud-gordien,& ne pouvoit avoir
û que des mouvemens fort inégaux &
fort irréguliers , pendant qu'il exerçoit
fes fonctions vitales.
Décembre 1717 . H
༡༠ LE MERCURE
Lorfque nous examinâmes tous les
vaiffeaux , qui en fortoient ou y aboutiffoient
; nous ne pûmes jamais découvrir
qu'il y ût û la moindre communication
avec la Langue ; ce qui
nous parut une caufe trés digne de
remarque .
On nous fit obferver en même tems,
que plufieurs de ces petits nerfs , qui
contribuoient à faire fentir l'amour
, la haine & les autres paffions,
n'y defcendoient pas du cerveau ,
mais des mufcles fitués au tourdes yeux.
Je pris ce coeur dans la main , pour
juger du poids ; & il me parut fi léger
, que je conclus d'abord , qu'il y
avoit beaucoup de vuide : En effet , l'intérieur
eftoit plein de cavités & de
cellules , qui paffoient les unes dans
les autres , & qui reffembloient à ces
appartements , que nos Hiftoriens attribuent
au berceau de Rofemonde . Pluhieurs
de ces petits trous êtoient farcis
de bagatelles , qu'il me feroit impoffible
de nommer en détail ; mais , je remarquerai
ſeulement , que la premiere
chofe que nous y apperçûmes , par le
moyen de nos Microſcopes , eftoit une
Coeffe de couleur de feu .
DE DECEMBRE. 91
Du refte , on nous dit que la Dame
propriétaire de ce coeur , lorfqu'elle
eftoit en vie ,, fouffroit les pourfuites
de tous ceux qui lui faifoient l'amour,
les entretenoit tous dans l'efpérance ,
& infinuoit à chacun d'eux , qu'il étoit
diftingué des autres ; c'est pour cela ,
que nous nous attendions à voir l'empreinte
d'un nombre infini de vifages ,
fur les différentes enveloppes de ce
coeur Mais , nous fumes bien furpris
de n'y en trouver aucune , juſqu'à
ce qu'on fût arrivé au centre .
Alors , nous y apperçumes un petit
homme vêtu d'un habit fort bizare ;
plus je le regardois , plus il me fembloit
que je l'avois vu quelque part fans
pouvoir me rappeller , ni le tems , ni
l'endroit ; jufques à ce qu'enfin , un
de la compagnie , qui l'avoit examiné
de plus prés que les autres , nous fit
voir clairement par le tour du vifage ,
& par plufieurs de fes traits , que la
petite idole , ainfi placée au milieu de
ce coeur , eftoit le feu petit- Maître
dont nous venions de defigner le cerveau.
2
D'abord que notre Anatomifte ûr
achevé fa diffection ; incapables de
Hij
92 LE MERCURE
nous déterminer fur la nature de ce
coeur , fi différent de celui des autres
femmes, nous réfolûmes d'en venir à
quelque épreuve , pour en découvrir
la fubftance : Ainfi , on le mit fur des
charbons ardens ; mais , bien loin de
fe confumer , il n'en reçut pas la moindre
atteinte d'où nous conclûmes
;
qu'il tenoit de la nature de la Salamandre
, & qu'il auroit pû ſubſiſter au
milieu du feu & des flammes .
Lorfque nous admirions un fi étrange
Phænoméne , & que nous formions un
cercle au tour du cerveau; ce coeur laiffa
échaper un terrible foupir , ou plûtôt
un éclat ; & fe réduifit en fumée : Cet
éclat imaginaire , qui me parut plus
fort que celui d'un canon , m'ébranla
fi bien le cerveau , qu'il diffipa toutes
les douces vapeurs du fommeil , &
qu'il n'y ût plus moyen de me rendormir.
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Résumé : RÊVE D'UN ANGLOIS, Sur la dissertation du Crane d'un PETIT-MAITRE, & du Coeur d'une COQUETTE, traduit de l'Anglois.
Le texte décrit deux dissections anatomiques distinctes. La première concerne le crâne d'un petit-maître, un homme de 35 ans réputé pour son esprit brillant auprès d'un cercle de dames. Le crâne révèle des structures inhabituelles, telles que des rubans et des dentelles, ainsi que divers objets symbolisant des aspects de sa personnalité. Le cerveau contient du mercure, et le crâne présente un cuir frontal épais sans vaisseaux sanguins et un os cribleux obstrué par du tabac. La seconde dissection porte sur le cœur d'une coquette. Cette opération est complexe en raison des nombreux replis du cœur. Le péricarde montre des cicatrices dues à des flèches imaginaires, et sa liqueur réagit aux qualités des personnes présentes. Le cœur est lisse, avec des fibres entrelacées formant un nœud gordien, et contient des cavités remplies de bagatelles, dont une coiffe rouge. Les vaisseaux sanguins ne communiquent pas avec la langue, et certains nerfs proviennent des muscles autour des yeux. Après la dissection, le cœur est soumis à une épreuve sur des charbons ardents et ne se consume pas, révélant des propriétés similaires à celles de la salamandre. Par la suite, le cœur émet un éclat violent et se réduit en fumée, laissant une forte impression sur le narrateur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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135
p. 93-135
MEMOIRE DU SIEUR DE VILLARS Concernant une EAU de sa composition, qu'il qualifie REMEDE UNIVERSEL.
Début :
Nous avons annoncé avec éloge dans quelques Mercures, la vertu / J'ai fait annoncer dans les Journaux de France, de Hollande, de Trévoux, [...]
Mots clefs :
Maladies, Liqueur, Remèdes, Eau, Fluides, Guérison, Brûlure, Tumeurs, Peste, Saignée, Médecine, Régime, Douleurs, Convalescence, Veines et artères, Fièvres, Rhumatismes, Apoplexie, Paralysie, Démence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE DU SIEUR DE VILLARS Concernant une EAU de sa composition, qu'il qualifie REMEDE UNIVERSEL.
Ous avons annoncé avec
éloge dans quelques
Mercures , la vertu des Eaux
de M. de Villars contre toute
forte de Maladies: Comme nous
n'en avonsppaarrlléé qquuee fort légerement
, c'est avec plaifir que
nous communiquons au Public
un Mémoire Phifique , raifonné
détaillé fur leurs qualités.
Nous le faifons d'autant plus
volontiers , que M. de Villars
nous l'a prefenté de trop
grace , & qu'il y exprime
d'une maniere trop fenfee , pour
qu'on foit tenté de le foupçonner
d'aucun Charlatanifm ?.
bonne
Hij
94 LE MERCURE
MEMOIRE
DU SIEUR DE VILLARS
Concernant une EAU de fa
compofition , qu'il qualifie
REME'DE UNIVERSEL.
J
A v fait annoncer dans
les Journaux de France ,
de Hollande , de Trévoux ,
& dans la clef du Cabinet
des Princes , une Eau falutaire
, que j'ai qualifiée Reméde
univerfel ; fur la foy
des expériences multipliées
que j'en ai faites , fur toutes
efpéces de Maladies indiftinctement
.
Elle eft claire , tranfpaDE
DECEMBRE.
95
Ires
ARS
SELE
Fice,
OUN
rente , légere , ſans dégoût ,
fans faveur qui puiffe accufer
la moindre compofition
,
& la faire diftinguer de
l'Eau de Fontaine, la plus pure
& la meilleure.
Toutes les maladies tant
externes qu'internes , de
quelque caufe qu'elles procédent
, cédent à l'efficacité
de cette Eau : On en boit
pour les unes & pour les autres
; & outre cela , on en
lave les Playes , les Meurtriffûres
, les Brulûres , les
Dartres , les Tumeurs , les
Loupes , & généralement ,
toutes les excrefcences & inflammations
, dans quelque
partie du corps qu'elles
96 LEMERCURE
fe trouvent & quelque
corruption qu'il y ait , foit
Gangrenne , foit Cancer ,
foit Ecroüelle , foit Vérole
, fut- ce la Pefte même :
Elle en arrête le progrés ,
& diffout infenfiblement
tous les venins qui les caufent
, ou qui les nouriffent :
Il n'y faut point d'autre façon
que d'en boire , & d'en
baffiner les parties offenfées,
en renouvellant les compreffes
, 3 ou 4 fois par jour.
Dans les Maladies aiguës ,il .
en faut boire fans difcōtinuation,
& ne point craindre que
l'excés en foit préjudiciable.
Pour les Maladies , dont
les fuites ne font , ni ſi précipitées
DE DECEMBRE. 97
cipitées ny fi dangéreuſes, il
fuffit d'en boire à trois tems
par jour ; le matin en fe levant
, aprés dîné , & avant
de fe coucher , environ chopine
à chaque fois .
On
peut la boire froide ;
il eft pourtant mieux de la
faire un peu tiédir,fur tout ,
lorfqu'on s'en fert , comme
Topique. La feignée , les
purgations, & les autres préparatifs
, qui font ordinairement
cortège aux fpécifiques
les plus accrédites de la
Medecine ordinaire , nonfeulement
font inutiles à
mon remede , mais ils y font
préjudiciables : J'ai remarqué
, que quand ce cérémo-
Décembre 1717. I
58 LE MERCURE
nial avoit précedé , la guerifon
n'en étoit que plus lente
& plus difficile.
Il fuffit d'un régime réglé
par la raifon , & non ,
par le fcrupule : On peut
boire & manger , comme à
fon ordinaire , fans fe gêner.
Il n'y a aucun fruit à tirer
de ces attentions fuperftitieufes
, fur le choix des alimens
, de ces retranchemens
fur leur quantité , de ces réformes
en un mot , qui ont
donné lieu au proverbe :
Vivere médicé , vivere miferé ,
S'il eft effentiel de boire
de mon Eau , dés le commencement
de la Maladie ;
il ne l'eſt pas moins de´n'en
DE DECEMBRE. 99
pas difcontinuer l'ufage ,
tant qu'on peut préfumer
que le levain du mal féjourne
encore dans le corps . 11
y a des gens qui fe croyent
parfaittement gueris , dés.
qu'on les a foulagés : Ils ne
reffentent plus de douleur ,
cela leur fuffit : Ils interrompent
le remede ; & de là ,
il arrive , je ne dis pas
toûjours,
mais, quelquefois, que
le Malade retombe . Alors, il
faut recommencer fur nouveaux
frais ; & l'on multiplie
une dépense qu'on fe
feroit épargnée , fi l'on eut
paffé d'abord par tous les
degrés de convalefcence.
J'ai fouvent éprouvé que les
I ij
335100
100 LE MERCURE
1
Malades refufoient à mon
Eau , l'honneur des guerifons
les plus inefperées. Ces
Malades accutumés aux remüements
violents des remédes
ordinaires ; aiment
mieux attribuer leur guerifon
à la feule nature , qu'à
une liqueur dont l'opération
eft pour l'ordinaire infenfible
, & qui ne produit
aucun de ces effets violents
& douloureux , auxquels
leur imagination eſt accoutumée
d'attacher la guerifon
.
Lorfque les Malades feront
dans le cas d'une Nature
affaiſée fous les ans , accablée
du poids des autres
੧ .
DE DECEMBRE. ION
ge
remédes , ruinée par des débauches
d'habitude, & prefque
éteinte , ou par l'invetération
du mal , ou par l'alteration
des Parties nobles ;
ils feront foulagés par l'uſade
mon Eau : Elle émouf
fera les douleurs dont elle
ne poura enlever la cauſe.
Voilà à quoi je borne la vertu
de mon reméde , dans ces
cas , pour ainfi dire , défefperés:
Quoique , j'en aye éprouvé
quelquefois dans ces
cas mêmes , des guerifons
prefque furnaturelles .
L'étalage de tant de miracles
, n'eſt affûrément pas
un moyen fort fûr de me faire
des Profélites ; c'eft en-
I iij.
102 LE MERCURE
tendre mal mes interrêts ,
que d'annoncer mon Eau ,
d'une maniére fi peu mefurée
à la croyance commune .
J'aurois dû reſtraindre fes
proprietez , à la guérifon de
certaines Maladies privilegiées
, & quin'attaquent ordinairement
que les Grands
& les Riches : La vente m'au
roit rendu davantage fous
cette couleur ; & par ces titres
, je fçay tout cela : Mais
je haïs tout artifice , & je
rend compte de la verité ,
fans m'embaraffer, s'il m'auroit
êté plus utile de la déguifer
.
Je crois qu'il eft à propos
d'éxaminer ici , s'il y a
DE DECEMBRE. 103
de l'abfurdité à croire, qu'un
feul & unique reméde puiffe
guerir indiftinctement
toutes fortes de Maladies.
On croit communément que
nos Maladies , qui fe produifent
par des fignes variés
& fouvent contraires ; . qui
nous caufent des douleurs
de differentes efpéces ; qui
attaquent differentes parties
denôtre Machine ; on croit ,
dis-je , que chacune de ces
Maladies a fa cauſe & fon
principe particulier : D'où
l'on conclut , que la Médecine
a raifon d'employer des
remédes de differens genres ,
dont chacun ait pour objet ,
fon opération particuliere.
I iiij
104
LE MERCURE
Ce
raifonnement paroît
invincible , à quiconque n'a
jamais foupçonné , que toutes
nos maladies ou infirmiquelques
differentes tés
qu'elles nous paroiffent,foyent
une feule & même maladie
, enviſagées dans leur
principe .
Mais , j'efpere de prouver
avec évidence , qu'il n'y
a qu'une feule & unique
caufe , principe commun de
toutes nos differentes maladies
: Aprés quoi , l'on concevra
, que fi j'ai trouvé un
Reméde, qui agiffe efficacement
fur cette caufe com
mune , ce Reméde doit être
univerfel. Je m'expliquerai
DE DECEMBRE.
IOS
le plus fuccinctement & le
plus clairement qu'il me fera
poffible.
La ftructure du Corps humain
eſt un tiffu de canaux
de differentes grandeurs ,
qui font remplis de fang &
d'autres liqueurs qui y circulent
avec continuité .
De toutes les liqueurs qui
parcourent la Machine humaine
, nous diſtinguerons
le fang qui coule dans les
Arteres & dans les Veines ;
& le Suc nerveux c'eſt-àdire
, la liqueur qui coule
dans les tuyaux des Nerfs.
Nous ne dirons rien en particulier,
de la Lymphe , de
la falive , de la Bile & au105
LE MERCURE
tres fucs , qui font , pour
ainfi dire , des excrémens
du fang ; excrément qu'il
dépofe dans des glandes , où
ils récoivent une filtration ;
aprés laquelle , ils circulent
eux mêmes dans les canaux
qui leur font deſtinés .
Tous les mouvemens du
Corps humain , ſa ſanté , fa .
vie , dépendent du mouvement
circulaire du ſang , &
de celui des autres liqueurs.
Le cours du fang eft le mobile
de celui des autres liqueurs.
A mefure que le fang &
les autres liqueurs circulent,
une certaine portion de leur
maffe fe diffipe par la tranfDE
DECEMBRE. 107
I
25
piration ; & cette perte ,
comme celle qui s'eft faite
par les déjections fenfibles ,
fe répare proportionellement
par les fucs alimentaires.
-
Si un homme , joüiffant
d'une fanté parfaite , s'avifoit
de s'interdire tous alimens
, durant deux jours ou
plus ; fon Corps tomberoit
dans la langueur , à mefure
que le befoin de réparer
la perte de la tranſpiration
& de l'évacuation fenfible
, croîtroit. Le cours des
liqueurs eft alors extrémément
rallenti ; la maffe du
fang s'épaiffit à melure
qu'elle a perdu par la tranf
>
f
108 LE MERCURE
piration , fes parties les plus
fluides , qui n'ont point êté
remplacées par les alimens ;
le fuc nerveux s'eſt épaiffi
de même ; en forte que n'ayant
plus cette fluidité , qui
donne l'action aux Nerfs J
la Machine tombe à la fin ,
dans une impuifface prefque
rotale d'agir fi l'on tarde
à fécourir nôtre homme >
dans l'êtat où nous le fuppofons
: Bientôt le cours des
fiqueurs ceffera entierement ;
& ce qui veut dire la même
chofe , bientôt nôtre
homme mourra .
La fanté de l'homme que
nous venons de propofer
pour exemple , confiftoit
DE DECEMBRE. 100
dans la circulation parfaite
de fes liqueurs.
Sa
Maladie avoit pour
caufe , le rallentiſſement
de
cette circulation
.
Sa mort enfin , ne fera
caufée que par la ceffation
totale du cours de ces mêmes
liqueurs.
Nous avons donné pour
caufe du rallentiffement du
cours circulaire des liqueurs,
l'épaififfement & la coagulation
de leur maffe.
lon-
L'épaifiſſement & la coagulation
des liqueurs , peut
donc venir d'une trop
gue abftinence comme
dans l'exemple propofé
Mais , elle peut venir auſſi
›
:
110 LE MERCURE
d'une exceffive
intemperance
: C'est ce que nous allons
prouver par un nouvel
exemple .
Un homme joüiffant d'une
fanté parfaite , fe rend ſubitement
& volontairement
malade , en buvant des liqueurs
enyvrantes. Examinons
avec attention , ce qui ·
lui arrive dans les différents
degrés de l'yvreffe.
Dans le premier degré ,
il éprouve un fentiment joyeux
; il penſe avec liberté
& s'exprime avec grace :
Dans le fecond degré , fa
joye fe rallentit ; il penfe
confufément & s'exprime
difficillement : Dans le troiDE
DECEMBRE. III
a
fiéme enfin , il balbutie , au
point qu'on peut à peine
l'entendre . Il à la tête fi peſante,
qu'il ne peut la foûtenir
: Effaye - t - il de fe tenir
deboût , le voilà qui tombe
par terre , & qui y demeure
plongé dans un fommeil
apoplectique ?
Le Vin a produit fucceffivément
tous ces effets ; en
augmentant d'abord , & rallentiffant
enfuite , la circulation
du fang & du fuc nerveux
; ou ce qui veut dire
la même chofe , en augmentant
d'abord la fluidité , &
caufant aprés , l'épaififfement
de la maffe des liqueurs
.
112 LE MERCURE
Mais , comment le Vin
a-t-il pu caufer deux effets
auffi contraires : Le voici.
Il y a dans le Vin , dans
l'Eau-de-Vie , & autres liqueurs
enyvrantes ,des particules
extremément fluides ,
1
actives & pénétrantes ; mais,
ces parties extremément fluides
, y font mêlées avec une
huile glutineufe & un ſoufre
, qui ont , comme l'on
voit , une qualité contraire .
Lorſque le Vin eſt arrivé
dans l'eſtomac , les parties
les plus fluides de ce
mixte , fe féparent des parties
huileufes & fulphureufes
; & fe communiquent
promtement au ſang , & au
fuc
DE DECEMBRE 137
fuc nerveux , dont elles
augmentent
la fluidité , & hatent
le cours circulaire . Voilà
la raison de cette joye
que l'on éprouve dans le premier
degré de l'yvreffe.
Laiffons féjourner quelque
tems dans l'eftomac , les'
parties huileufes & fulphureufes
du Vin ; nous reviendrons
à elles , aprés avoir
examiné l'action des parties
fluides & pénétrantes
, qui
s'en font féparées , & qui
circulent dans la malle du
fang & du fuc nerveux.
Les parties les plus fluides
& les plus pénétrantes du
Vin, ne peuvent refter longtems
dans le corps : Non
K
114 LE MERCURE
feulement , elles s'échapent
abondamment par la tranfpiration
; mais en circulant
rapidement avec la maſſe du
fang, elles entraînent & diffipent
par la même voye, celles
du même caractére , qui
êtoient déja dans le fang &
dans le fuc nerveux ; aprés
quoi , il arrive néceffairement
, que la maffe de l'une
& de l'autre liqueur s'êpaiffit
, & que leur circulation
fe ralentit.
Revenons aux parties huileufes
& fulphureufes du
Vin , que nous avons laiffées
quelque tems dans l'eftomach
; elles en fortent enfin
mêlées avec le Chile , &
DE DECEMBRE.
ITS
fe comuniquét à leur tour, au
fang & au fuc nerveux : C'eft
alors,
que
la maffe
de l'une
& de l'autre
liqueur
s'épaiffit
, & fe
coagule
au point
,
qu'elles
ne peuvent
circuler
que
trés
lentement
. Or, c'eſt
la lenteur
de la
circulation
,
caufée
par
l'épaififfement
&
la coagulation
des
liqueurs
,
qui
eft la caufe
& le principe
de tous
les accidents
, du
fecond
& du
troifiéme
degré
de
l'yvreffe
.
Un homme peut donc fe
procurer la mort , foit par
l'excés d'abſtinence, foit par
celui d'intépérance ; & dans
ces deux cas qui paroiffent .
fi contraires , la mort & les
Kij
116 LE MERCURE
n'auront
différens accidens qui l'auront
précédée
qu'une feule & unique cau
fe ; à fçavoir , l'épaififfement
, & la coagulation des
liqueurs , le rallentiffement ,
& la ceffation totale de leur
cours circulaire dans la Machine
.
Il faut porter le même jugement
de toutes les Maladies
variées qui nous affiégent
.
Fiévres , Apoplexies , Paralyfies,
Rhumatifmes, Goutes
, Diffenteries , Afthmes ,
Pulmonies , Humeurs froides
, Epilepfies , & autres
Maladies quelconques , ne
font que des accidens vaDE
DECEMBRE.
17
Off
riés,qui procedent tous d'un
principe comun ; jeveuxdire ,
de l'épaififfemet de nos fucs,
& du ralentiffement de leur
circulation dans laMachine.
Un Reméde univerfel fera
donc celui , qui aura la
vertu de reftituer aufang &
aux autres liqueurs , la flui
dité qui leur eft néceffaire ;
pour fournir leur cours circulaire
, felon les vûës de la
Nature . Or , voila la vertu
que j'attribue à mon Eau :
Elle eft active , fluide & pénétrante
dans toutes fes parties.
Lorfqu'elle eft dans l'eftomac
, elle en perfectionne
les fucs , & les attenûë par
fon activité : Elle paffe enIIS
LE
MERCURE
fuite dans les
tuyaux des liqueurs
; elle y
communique
fa
fluidité , en
attenuant les
parties
coagulées
de leur
maffe : Elle
diffout les obftructions
qui
interceptoient
le paffage des fucs dans leurs.
tuyaux
, s'il y a érofion
dans
les
tuyaux : Elle a une vertu
balzamique qui
répare
cette
érofion . En un mot , .
je
prétend
que mon Eau eft
également
fouveraine
pour
toutes
fortes de
Maladies ;
& je le prétend , fur le fondement
des
expériences que
j'en ai
faittes ;
expériences
multipliées au
point de pe
pouvoir me
laiffer
aucun
doute :
Mais ,
tout ce que
DE DECEMBRE. 119
j'ai éprouvé de la vertu de
mon Reméde, ne prouve que
pour moi ; & le public ne
peut raifonnablement partager
ma confiance , qu'autant
qu'il aura êté témoin luimême
de fon efficacité . Or ,
je déclare qu'il ne tiendra
pas à moi, qu'il n'en ſoit fait
fous les yeux , des épreuves
folennelles
. J'ofe donc prendre
la liberté de dire aux
PRINCES & aux SoUVERAINS
, que rien n'eſt peutêtre
plus digne de leur attention
, que ce que je leur
propofe ; & que je m'engage
à guerir , à mes dépens ,
tous les malades qu'ils voudront
bien me confier : Bien
120 LE MERCURE
entendu , qu'on ne m'en livrera
qu'un feul à la fois , &
qu'on m'en laiffera abfolument
le Maître : Bien entendu
auffi , que ces Malades
ne feront dans aucun des
cas defefperés , pour lefquels
j'ai fait une exception expreffe
dans ce Mémoire . Je
ne ferar autre choſe , que de
leur faire boire de mon Eau ,
& d'en laver leurs playes :
J'en boirai moi - même autant
qu'eux , pour leur ôter
la crainte , qu'on voulût tenter
fur eux une experience
dangéreuſe. Je rendrai témoins
de ma conduite , toutes
les perfonnes intelligentes
qui me témoigneront en
avoir
:
DE DECEMBRE. 121
avoir la curiofité . On me
donnera un Certificat , atteſtant
l'êtat du Malade au
moment qu'il aura êté mis
entre mes mains ; & lorſqu'il
en fortira , on m'en donnera
un autre , qui fera foy du
changement que mon Reméde
aura fait en lui. Je ne
parle affûrément pas ici le
langage d'un Impofteur : On
fent bien que, fi je n'êtois vivement
perfuadé de ce que
j'avance , je ne m'aviſerois
pas de propofer à mes dépens
, une épreuve , dont le
mauvais fuccés ne pouroit
que détromper le Public fur
mon compte.Il ne reſte donc .
plus contre moi , que le
Décembre 1717. L
22 LE MERCURE
foupçon d'extravagance &
de fanatifme : Or , je protefte
que je pardonne fincerement
à ceux , qui fe feront
hâtés de me croire un Vifionnaire
; pourvû que , par
un orgueil mal -entendu , ils
ne refuſent pas de foûmettre
leur jugement aux experiences
que je propoſe.
Au refte, j'avertis que, je
ne vais chés aucun malade ,
& que je n'ai point l'honneur
d'être Médecin . Ceux
qui voudront effayer de mon
Eau , fe pafferont , s'il leur
plaît de moi Elle n'a pas
befoin , pour agir avec efficacité
, que je la fomme de
fon devoir, à la vue du MaDE
DECEMBRE. 123
lade : Elle agit à cent lieuës
de moi , comme fous mes
yeux . Je l'envoye hors du
Royaume ; elle ne fe corrompt
point ; & pourvû
qu'elle foit transferée dans
des bouteilles bien bouchées ,
elle portera toute la vertu au
bout du Monde .
Il eft bon de donner ici un
Mémoire abbregé , fur la maniére
dont il faut ufer de cette
Eau dans tous les cas.Nous commencerons
par les cas les plus
finguliers & les plus graves.
Pour l'Apoplexie. Il faut
chauffer l'Eau d'une chaleur
temperée , & en faire boire
coup fur coup au Malade ;
c'eſt - à - dire de moment à
Lij
124 LE MERCURE
autre , jufqu'à ce qu'il révienne
à fon bon fens : Ce
qui arrivera promptement ,
pourvû qu'on ne tente fur
lui aucun autre Reméde. Au
cas que le Malade foit hors
d'êtat d'avaler la liqueur , &
même, d'ouvrir la bouche ;
il faut la lui ouvrir avec une
cuilliere , lui en verfer doucement
avec un buberon , &
continuer de même, juſqu'à
ce qu'il foit en êtat d'en boire
en plus grande quantité ;
c'eft - à - dire 4 ou 5 bouteilles
, durant les deux ou trois
premiers jours , s'il eft poffible
; parce que la quantité
ne fauroit nuire.
Il eſt bon
d'obſerver que ,
DE DECEMBRE. 125
quoique le Malade faffe des
évacuations
fenfibles
en
prenant ce Reméde , il ne
doit pas pour cela diſcontinuer
d'en boire : Il faut prévenir
les impreffions
, que
cette Maladie fait d'ordinaire
dans le cerveau : Un
ufage continu de cette Eau
les empêchera
, auſſi bien
que tous les accidents de Paralyfie,
Ainfi , aprés avoir
fauvé les prémiers perils de
Apoplexie, par le moyen de
cette Eau , il faut continuer
en boire une bouteille
ou
deux , chaque jour , juſqu'à
parfaite guérifon
Les perfonnes qui font menacées
d'Apoplexie
, & qui
Liij
126 LE MERCURE
en éprouvent les fignes
avant- coureurs , comme , é
tourdiffemens , douleurs de tête
, laffitudes aux jambes , fe
garentiront de tous accidens
; en buvant de cette
Eau , une bouteille ou deux
par jour , jufqu'à parfaite .
guérifon.
Les perfonnes attaquées
de la Pefte , de la Fiévre maligne
, de la Pleuréfie , de la
Paralyfie fubite , uferont de
cette Eau , comme il a êté
expliqué pour l'Apoplexie.
Cette Eau guérit la Go
re ; pourvû qu'elle ne foit
pas podagre , & qu'elle n'ait
point formé de Nodus dans
les jointures des membres :
DE DECEMBRE. 127
car en ce cas , elle ne feroit
que foulager ; à moins qu'on
ne continuât d'en boire trés
long-tems . Mais , fi la Goute
n'eſt pas invetérée , elle
guérira en peu de jours : Il ne
faut pas omettre d'avertir ,
que la Goute remontée le guérit
en vingt - quatre heures ;
pourvû qu'on boive de mon
Eau abondament
& avec
continuité
. les Rhumatismes
& les Sciariques cédent à l'efficacité
de mon Eau, comme
la Goute.
On s'en fervira de même
pour la Démence, de quelqu'-
accidentqu'elle procéde, foit
Maladie,foit Chagrin, ſoit Accouchement.
Si le mal êtoit in-
L iiij
128 LE MERCURE
véteré , il en faudroit boire
durant quelque tems , environ
deux
Bouteilles par
jour.
On guérira auffi l'Hydropifie
, foit de poitrine , foit
de
quelqu'autre partie du
corps ; en buvant par jour ,
environ deux bouteilles de
cette Eau , juſqu'à parfaite
guérifon . Il en fera de même
des Exflures , qui auront
percé par quelqu'accident r
mais en ce cas , il faut faire
chauffer de cette Eau , en
baffiner la playe , & y mettre
des compreffes 4 fois en
heures . On ne
manquera
donc aucune Hydropifie ,
excepté celle qui fera caufée
24
DE DECEMBRE. 129
;
par un Squire pourvû encore
, que le foye ne ſoit point
ulceré car en ce cas , je ne
promets au Malade que du
foulagement, & non pas une
parfaite guérifon .
9
Pour l'Epilepfie , cette Eau
eft fouveraine. Il en faut boire
deux pintes ou plus par
jour , jufqu'à parfaite guérifon
: Pour les Enfans , on
leur en fera boire plus ou
moins , à proportion de leur
âge ; mais , il feroit bon que
tous les Epileptiques , fans diftinction
d'âge , en fiffent
leur boiffon ordinaire . Elle
guérira auffi les perfonnes
detout âge , attaquées de la
petite verole ; & les préferve130
LE MERCURE
.
ra de tous les accidens que
cette maladie traîne fouvent
à fa fuite : Il faut que le Malade
faffe de mon Eau , fa
boiffon ordinaire , juſqu'à
parfaite guérifon.
Toutes Coliques nefretiques
feront foulagées
ou autres ,
en deux ou trois heures de
tems , & entiérement gueries
en peu de jours ; à moins
que la Colique ne fut cauſée
par la Pierre.
Toutes les Diffenteries ou
Cours de ventre, guériront de
même : Si le Malade fouffre
des douleurs dans le ventre ,
il ne faut pas oublier de faire
tiédir l'Eau .
Les Pertes defang de filles,
DE DECEMBRE I31
ou de femmes , de quelque
caufe qu'elles puiffent venir;
la ceffation des Regles , dans
une âge où elles ne doivent
pas ceffer ; les fleurs blanches ,
de quelque caufe qu'elles
proviennent; la jauniffe, non
feulement des femmes, mais
des hommes ; les Fiévres , de
quelque nature qu'elles foyent;
les maux de Téte , Vapeurs
, ou Etourdiffemens ; les
Indigeftions, & Douleurs d'eftofoit
avant , foit aprés
le repas ; toutes les Maladies
veneriennes , de quelque nature
qu'elles foyent , guériront
par l'ufage de mon Eau.
Il en faudra ufer , comme il
a êté expliqué , & en contimac
132
LE MERCURE
nuer l'ufage plus ou moins
long- tems , fuivant le degré
ou la durée de la Maladie .
Cette Eau eft immanquable
pour la Surdité :
la Surdité : Il faut
pour cela la faire chauffer ,
en baffiner l'oreille dedans
& déhors , & mettre dans
l'oreille affligée , du coton
ou du linge trempé dans cette
Eau: Il faut en même tems,
que le Malade en boive une
bouteille ou plus par jour ,
& il guérira en affés peu de
tems , fi la violence de quelqu'autre
Reméde n'a point
offenfé ou brulé l'organe.
Elle eft un Reméde fouverain
pour les Ulceres , les
Chanchres , les Fiftules & HéDE
DECEMBRE. 133
morhoides : Elle guérira même
la Gangreine. Il faut non
feulement boire de mon
Eau , comme il a êté dit, pour
remédier à la caufe interne
de ces differens maux exterieurs
; mais il faut encore
en laver les parties offenſées ,
& les couvrir d'une compreffe
trempée , comme il à
déja êté expliqué.
Les Contufions , Meurtrifûres
& Brulûres , qui ne fuppofent
point une cauſe interne
, feront guéries , en lavant
feulement, & couvrant
d'une compreffe imbibée, la
partie malade.
Je voudrois pouvoir prévenir
par un détail plus êten134
LE MERCURE
du , toutes les queſtions que
les uns & les autres feront
tentés de me faire, aprés l'éclairciffement
général que
je donne ici ; mais ce Mémoire
n'eft déja que trop
long ; & d'ailleurs , les perfonnes
qui auront quelques
doutes , ou incertitudes àme
propofer , peuvent s'adreffer ·
directement à moi , j'aurai
l'honneur de les fatisfaire.Si
ces perfonnes ne demeurent
pas à Paris , elles
pouront
m'êcrire , en affranchiffant
leurs Lettres ; je répondrai
avec exactitude : Il faudra
adreffer les Lettres ..
A Monfieur de Villars ruë
Poiffonniere , quartier de NôtreDE
DECEMBRE. 135
Dame de Bonnes - Nouvelles.
A Paris.
éloge dans quelques
Mercures , la vertu des Eaux
de M. de Villars contre toute
forte de Maladies: Comme nous
n'en avonsppaarrlléé qquuee fort légerement
, c'est avec plaifir que
nous communiquons au Public
un Mémoire Phifique , raifonné
détaillé fur leurs qualités.
Nous le faifons d'autant plus
volontiers , que M. de Villars
nous l'a prefenté de trop
grace , & qu'il y exprime
d'une maniere trop fenfee , pour
qu'on foit tenté de le foupçonner
d'aucun Charlatanifm ?.
bonne
Hij
94 LE MERCURE
MEMOIRE
DU SIEUR DE VILLARS
Concernant une EAU de fa
compofition , qu'il qualifie
REME'DE UNIVERSEL.
J
A v fait annoncer dans
les Journaux de France ,
de Hollande , de Trévoux ,
& dans la clef du Cabinet
des Princes , une Eau falutaire
, que j'ai qualifiée Reméde
univerfel ; fur la foy
des expériences multipliées
que j'en ai faites , fur toutes
efpéces de Maladies indiftinctement
.
Elle eft claire , tranfpaDE
DECEMBRE.
95
Ires
ARS
SELE
Fice,
OUN
rente , légere , ſans dégoût ,
fans faveur qui puiffe accufer
la moindre compofition
,
& la faire diftinguer de
l'Eau de Fontaine, la plus pure
& la meilleure.
Toutes les maladies tant
externes qu'internes , de
quelque caufe qu'elles procédent
, cédent à l'efficacité
de cette Eau : On en boit
pour les unes & pour les autres
; & outre cela , on en
lave les Playes , les Meurtriffûres
, les Brulûres , les
Dartres , les Tumeurs , les
Loupes , & généralement ,
toutes les excrefcences & inflammations
, dans quelque
partie du corps qu'elles
96 LEMERCURE
fe trouvent & quelque
corruption qu'il y ait , foit
Gangrenne , foit Cancer ,
foit Ecroüelle , foit Vérole
, fut- ce la Pefte même :
Elle en arrête le progrés ,
& diffout infenfiblement
tous les venins qui les caufent
, ou qui les nouriffent :
Il n'y faut point d'autre façon
que d'en boire , & d'en
baffiner les parties offenfées,
en renouvellant les compreffes
, 3 ou 4 fois par jour.
Dans les Maladies aiguës ,il .
en faut boire fans difcōtinuation,
& ne point craindre que
l'excés en foit préjudiciable.
Pour les Maladies , dont
les fuites ne font , ni ſi précipitées
DE DECEMBRE. 97
cipitées ny fi dangéreuſes, il
fuffit d'en boire à trois tems
par jour ; le matin en fe levant
, aprés dîné , & avant
de fe coucher , environ chopine
à chaque fois .
On
peut la boire froide ;
il eft pourtant mieux de la
faire un peu tiédir,fur tout ,
lorfqu'on s'en fert , comme
Topique. La feignée , les
purgations, & les autres préparatifs
, qui font ordinairement
cortège aux fpécifiques
les plus accrédites de la
Medecine ordinaire , nonfeulement
font inutiles à
mon remede , mais ils y font
préjudiciables : J'ai remarqué
, que quand ce cérémo-
Décembre 1717. I
58 LE MERCURE
nial avoit précedé , la guerifon
n'en étoit que plus lente
& plus difficile.
Il fuffit d'un régime réglé
par la raifon , & non ,
par le fcrupule : On peut
boire & manger , comme à
fon ordinaire , fans fe gêner.
Il n'y a aucun fruit à tirer
de ces attentions fuperftitieufes
, fur le choix des alimens
, de ces retranchemens
fur leur quantité , de ces réformes
en un mot , qui ont
donné lieu au proverbe :
Vivere médicé , vivere miferé ,
S'il eft effentiel de boire
de mon Eau , dés le commencement
de la Maladie ;
il ne l'eſt pas moins de´n'en
DE DECEMBRE. 99
pas difcontinuer l'ufage ,
tant qu'on peut préfumer
que le levain du mal féjourne
encore dans le corps . 11
y a des gens qui fe croyent
parfaittement gueris , dés.
qu'on les a foulagés : Ils ne
reffentent plus de douleur ,
cela leur fuffit : Ils interrompent
le remede ; & de là ,
il arrive , je ne dis pas
toûjours,
mais, quelquefois, que
le Malade retombe . Alors, il
faut recommencer fur nouveaux
frais ; & l'on multiplie
une dépense qu'on fe
feroit épargnée , fi l'on eut
paffé d'abord par tous les
degrés de convalefcence.
J'ai fouvent éprouvé que les
I ij
335100
100 LE MERCURE
1
Malades refufoient à mon
Eau , l'honneur des guerifons
les plus inefperées. Ces
Malades accutumés aux remüements
violents des remédes
ordinaires ; aiment
mieux attribuer leur guerifon
à la feule nature , qu'à
une liqueur dont l'opération
eft pour l'ordinaire infenfible
, & qui ne produit
aucun de ces effets violents
& douloureux , auxquels
leur imagination eſt accoutumée
d'attacher la guerifon
.
Lorfque les Malades feront
dans le cas d'une Nature
affaiſée fous les ans , accablée
du poids des autres
੧ .
DE DECEMBRE. ION
ge
remédes , ruinée par des débauches
d'habitude, & prefque
éteinte , ou par l'invetération
du mal , ou par l'alteration
des Parties nobles ;
ils feront foulagés par l'uſade
mon Eau : Elle émouf
fera les douleurs dont elle
ne poura enlever la cauſe.
Voilà à quoi je borne la vertu
de mon reméde , dans ces
cas , pour ainfi dire , défefperés:
Quoique , j'en aye éprouvé
quelquefois dans ces
cas mêmes , des guerifons
prefque furnaturelles .
L'étalage de tant de miracles
, n'eſt affûrément pas
un moyen fort fûr de me faire
des Profélites ; c'eft en-
I iij.
102 LE MERCURE
tendre mal mes interrêts ,
que d'annoncer mon Eau ,
d'une maniére fi peu mefurée
à la croyance commune .
J'aurois dû reſtraindre fes
proprietez , à la guérifon de
certaines Maladies privilegiées
, & quin'attaquent ordinairement
que les Grands
& les Riches : La vente m'au
roit rendu davantage fous
cette couleur ; & par ces titres
, je fçay tout cela : Mais
je haïs tout artifice , & je
rend compte de la verité ,
fans m'embaraffer, s'il m'auroit
êté plus utile de la déguifer
.
Je crois qu'il eft à propos
d'éxaminer ici , s'il y a
DE DECEMBRE. 103
de l'abfurdité à croire, qu'un
feul & unique reméde puiffe
guerir indiftinctement
toutes fortes de Maladies.
On croit communément que
nos Maladies , qui fe produifent
par des fignes variés
& fouvent contraires ; . qui
nous caufent des douleurs
de differentes efpéces ; qui
attaquent differentes parties
denôtre Machine ; on croit ,
dis-je , que chacune de ces
Maladies a fa cauſe & fon
principe particulier : D'où
l'on conclut , que la Médecine
a raifon d'employer des
remédes de differens genres ,
dont chacun ait pour objet ,
fon opération particuliere.
I iiij
104
LE MERCURE
Ce
raifonnement paroît
invincible , à quiconque n'a
jamais foupçonné , que toutes
nos maladies ou infirmiquelques
differentes tés
qu'elles nous paroiffent,foyent
une feule & même maladie
, enviſagées dans leur
principe .
Mais , j'efpere de prouver
avec évidence , qu'il n'y
a qu'une feule & unique
caufe , principe commun de
toutes nos differentes maladies
: Aprés quoi , l'on concevra
, que fi j'ai trouvé un
Reméde, qui agiffe efficacement
fur cette caufe com
mune , ce Reméde doit être
univerfel. Je m'expliquerai
DE DECEMBRE.
IOS
le plus fuccinctement & le
plus clairement qu'il me fera
poffible.
La ftructure du Corps humain
eſt un tiffu de canaux
de differentes grandeurs ,
qui font remplis de fang &
d'autres liqueurs qui y circulent
avec continuité .
De toutes les liqueurs qui
parcourent la Machine humaine
, nous diſtinguerons
le fang qui coule dans les
Arteres & dans les Veines ;
& le Suc nerveux c'eſt-àdire
, la liqueur qui coule
dans les tuyaux des Nerfs.
Nous ne dirons rien en particulier,
de la Lymphe , de
la falive , de la Bile & au105
LE MERCURE
tres fucs , qui font , pour
ainfi dire , des excrémens
du fang ; excrément qu'il
dépofe dans des glandes , où
ils récoivent une filtration ;
aprés laquelle , ils circulent
eux mêmes dans les canaux
qui leur font deſtinés .
Tous les mouvemens du
Corps humain , ſa ſanté , fa .
vie , dépendent du mouvement
circulaire du ſang , &
de celui des autres liqueurs.
Le cours du fang eft le mobile
de celui des autres liqueurs.
A mefure que le fang &
les autres liqueurs circulent,
une certaine portion de leur
maffe fe diffipe par la tranfDE
DECEMBRE. 107
I
25
piration ; & cette perte ,
comme celle qui s'eft faite
par les déjections fenfibles ,
fe répare proportionellement
par les fucs alimentaires.
-
Si un homme , joüiffant
d'une fanté parfaite , s'avifoit
de s'interdire tous alimens
, durant deux jours ou
plus ; fon Corps tomberoit
dans la langueur , à mefure
que le befoin de réparer
la perte de la tranſpiration
& de l'évacuation fenfible
, croîtroit. Le cours des
liqueurs eft alors extrémément
rallenti ; la maffe du
fang s'épaiffit à melure
qu'elle a perdu par la tranf
>
f
108 LE MERCURE
piration , fes parties les plus
fluides , qui n'ont point êté
remplacées par les alimens ;
le fuc nerveux s'eſt épaiffi
de même ; en forte que n'ayant
plus cette fluidité , qui
donne l'action aux Nerfs J
la Machine tombe à la fin ,
dans une impuifface prefque
rotale d'agir fi l'on tarde
à fécourir nôtre homme >
dans l'êtat où nous le fuppofons
: Bientôt le cours des
fiqueurs ceffera entierement ;
& ce qui veut dire la même
chofe , bientôt nôtre
homme mourra .
La fanté de l'homme que
nous venons de propofer
pour exemple , confiftoit
DE DECEMBRE. 100
dans la circulation parfaite
de fes liqueurs.
Sa
Maladie avoit pour
caufe , le rallentiſſement
de
cette circulation
.
Sa mort enfin , ne fera
caufée que par la ceffation
totale du cours de ces mêmes
liqueurs.
Nous avons donné pour
caufe du rallentiffement du
cours circulaire des liqueurs,
l'épaififfement & la coagulation
de leur maffe.
lon-
L'épaifiſſement & la coagulation
des liqueurs , peut
donc venir d'une trop
gue abftinence comme
dans l'exemple propofé
Mais , elle peut venir auſſi
›
:
110 LE MERCURE
d'une exceffive
intemperance
: C'est ce que nous allons
prouver par un nouvel
exemple .
Un homme joüiffant d'une
fanté parfaite , fe rend ſubitement
& volontairement
malade , en buvant des liqueurs
enyvrantes. Examinons
avec attention , ce qui ·
lui arrive dans les différents
degrés de l'yvreffe.
Dans le premier degré ,
il éprouve un fentiment joyeux
; il penſe avec liberté
& s'exprime avec grace :
Dans le fecond degré , fa
joye fe rallentit ; il penfe
confufément & s'exprime
difficillement : Dans le troiDE
DECEMBRE. III
a
fiéme enfin , il balbutie , au
point qu'on peut à peine
l'entendre . Il à la tête fi peſante,
qu'il ne peut la foûtenir
: Effaye - t - il de fe tenir
deboût , le voilà qui tombe
par terre , & qui y demeure
plongé dans un fommeil
apoplectique ?
Le Vin a produit fucceffivément
tous ces effets ; en
augmentant d'abord , & rallentiffant
enfuite , la circulation
du fang & du fuc nerveux
; ou ce qui veut dire
la même chofe , en augmentant
d'abord la fluidité , &
caufant aprés , l'épaififfement
de la maffe des liqueurs
.
112 LE MERCURE
Mais , comment le Vin
a-t-il pu caufer deux effets
auffi contraires : Le voici.
Il y a dans le Vin , dans
l'Eau-de-Vie , & autres liqueurs
enyvrantes ,des particules
extremément fluides ,
1
actives & pénétrantes ; mais,
ces parties extremément fluides
, y font mêlées avec une
huile glutineufe & un ſoufre
, qui ont , comme l'on
voit , une qualité contraire .
Lorſque le Vin eſt arrivé
dans l'eſtomac , les parties
les plus fluides de ce
mixte , fe féparent des parties
huileufes & fulphureufes
; & fe communiquent
promtement au ſang , & au
fuc
DE DECEMBRE 137
fuc nerveux , dont elles
augmentent
la fluidité , & hatent
le cours circulaire . Voilà
la raison de cette joye
que l'on éprouve dans le premier
degré de l'yvreffe.
Laiffons féjourner quelque
tems dans l'eftomac , les'
parties huileufes & fulphureufes
du Vin ; nous reviendrons
à elles , aprés avoir
examiné l'action des parties
fluides & pénétrantes
, qui
s'en font féparées , & qui
circulent dans la malle du
fang & du fuc nerveux.
Les parties les plus fluides
& les plus pénétrantes du
Vin, ne peuvent refter longtems
dans le corps : Non
K
114 LE MERCURE
feulement , elles s'échapent
abondamment par la tranfpiration
; mais en circulant
rapidement avec la maſſe du
fang, elles entraînent & diffipent
par la même voye, celles
du même caractére , qui
êtoient déja dans le fang &
dans le fuc nerveux ; aprés
quoi , il arrive néceffairement
, que la maffe de l'une
& de l'autre liqueur s'êpaiffit
, & que leur circulation
fe ralentit.
Revenons aux parties huileufes
& fulphureufes du
Vin , que nous avons laiffées
quelque tems dans l'eftomach
; elles en fortent enfin
mêlées avec le Chile , &
DE DECEMBRE.
ITS
fe comuniquét à leur tour, au
fang & au fuc nerveux : C'eft
alors,
que
la maffe
de l'une
& de l'autre
liqueur
s'épaiffit
, & fe
coagule
au point
,
qu'elles
ne peuvent
circuler
que
trés
lentement
. Or, c'eſt
la lenteur
de la
circulation
,
caufée
par
l'épaififfement
&
la coagulation
des
liqueurs
,
qui
eft la caufe
& le principe
de tous
les accidents
, du
fecond
& du
troifiéme
degré
de
l'yvreffe
.
Un homme peut donc fe
procurer la mort , foit par
l'excés d'abſtinence, foit par
celui d'intépérance ; & dans
ces deux cas qui paroiffent .
fi contraires , la mort & les
Kij
116 LE MERCURE
n'auront
différens accidens qui l'auront
précédée
qu'une feule & unique cau
fe ; à fçavoir , l'épaififfement
, & la coagulation des
liqueurs , le rallentiffement ,
& la ceffation totale de leur
cours circulaire dans la Machine
.
Il faut porter le même jugement
de toutes les Maladies
variées qui nous affiégent
.
Fiévres , Apoplexies , Paralyfies,
Rhumatifmes, Goutes
, Diffenteries , Afthmes ,
Pulmonies , Humeurs froides
, Epilepfies , & autres
Maladies quelconques , ne
font que des accidens vaDE
DECEMBRE.
17
Off
riés,qui procedent tous d'un
principe comun ; jeveuxdire ,
de l'épaififfemet de nos fucs,
& du ralentiffement de leur
circulation dans laMachine.
Un Reméde univerfel fera
donc celui , qui aura la
vertu de reftituer aufang &
aux autres liqueurs , la flui
dité qui leur eft néceffaire ;
pour fournir leur cours circulaire
, felon les vûës de la
Nature . Or , voila la vertu
que j'attribue à mon Eau :
Elle eft active , fluide & pénétrante
dans toutes fes parties.
Lorfqu'elle eft dans l'eftomac
, elle en perfectionne
les fucs , & les attenûë par
fon activité : Elle paffe enIIS
LE
MERCURE
fuite dans les
tuyaux des liqueurs
; elle y
communique
fa
fluidité , en
attenuant les
parties
coagulées
de leur
maffe : Elle
diffout les obftructions
qui
interceptoient
le paffage des fucs dans leurs.
tuyaux
, s'il y a érofion
dans
les
tuyaux : Elle a une vertu
balzamique qui
répare
cette
érofion . En un mot , .
je
prétend
que mon Eau eft
également
fouveraine
pour
toutes
fortes de
Maladies ;
& je le prétend , fur le fondement
des
expériences que
j'en ai
faittes ;
expériences
multipliées au
point de pe
pouvoir me
laiffer
aucun
doute :
Mais ,
tout ce que
DE DECEMBRE. 119
j'ai éprouvé de la vertu de
mon Reméde, ne prouve que
pour moi ; & le public ne
peut raifonnablement partager
ma confiance , qu'autant
qu'il aura êté témoin luimême
de fon efficacité . Or ,
je déclare qu'il ne tiendra
pas à moi, qu'il n'en ſoit fait
fous les yeux , des épreuves
folennelles
. J'ofe donc prendre
la liberté de dire aux
PRINCES & aux SoUVERAINS
, que rien n'eſt peutêtre
plus digne de leur attention
, que ce que je leur
propofe ; & que je m'engage
à guerir , à mes dépens ,
tous les malades qu'ils voudront
bien me confier : Bien
120 LE MERCURE
entendu , qu'on ne m'en livrera
qu'un feul à la fois , &
qu'on m'en laiffera abfolument
le Maître : Bien entendu
auffi , que ces Malades
ne feront dans aucun des
cas defefperés , pour lefquels
j'ai fait une exception expreffe
dans ce Mémoire . Je
ne ferar autre choſe , que de
leur faire boire de mon Eau ,
& d'en laver leurs playes :
J'en boirai moi - même autant
qu'eux , pour leur ôter
la crainte , qu'on voulût tenter
fur eux une experience
dangéreuſe. Je rendrai témoins
de ma conduite , toutes
les perfonnes intelligentes
qui me témoigneront en
avoir
:
DE DECEMBRE. 121
avoir la curiofité . On me
donnera un Certificat , atteſtant
l'êtat du Malade au
moment qu'il aura êté mis
entre mes mains ; & lorſqu'il
en fortira , on m'en donnera
un autre , qui fera foy du
changement que mon Reméde
aura fait en lui. Je ne
parle affûrément pas ici le
langage d'un Impofteur : On
fent bien que, fi je n'êtois vivement
perfuadé de ce que
j'avance , je ne m'aviſerois
pas de propofer à mes dépens
, une épreuve , dont le
mauvais fuccés ne pouroit
que détromper le Public fur
mon compte.Il ne reſte donc .
plus contre moi , que le
Décembre 1717. L
22 LE MERCURE
foupçon d'extravagance &
de fanatifme : Or , je protefte
que je pardonne fincerement
à ceux , qui fe feront
hâtés de me croire un Vifionnaire
; pourvû que , par
un orgueil mal -entendu , ils
ne refuſent pas de foûmettre
leur jugement aux experiences
que je propoſe.
Au refte, j'avertis que, je
ne vais chés aucun malade ,
& que je n'ai point l'honneur
d'être Médecin . Ceux
qui voudront effayer de mon
Eau , fe pafferont , s'il leur
plaît de moi Elle n'a pas
befoin , pour agir avec efficacité
, que je la fomme de
fon devoir, à la vue du MaDE
DECEMBRE. 123
lade : Elle agit à cent lieuës
de moi , comme fous mes
yeux . Je l'envoye hors du
Royaume ; elle ne fe corrompt
point ; & pourvû
qu'elle foit transferée dans
des bouteilles bien bouchées ,
elle portera toute la vertu au
bout du Monde .
Il eft bon de donner ici un
Mémoire abbregé , fur la maniére
dont il faut ufer de cette
Eau dans tous les cas.Nous commencerons
par les cas les plus
finguliers & les plus graves.
Pour l'Apoplexie. Il faut
chauffer l'Eau d'une chaleur
temperée , & en faire boire
coup fur coup au Malade ;
c'eſt - à - dire de moment à
Lij
124 LE MERCURE
autre , jufqu'à ce qu'il révienne
à fon bon fens : Ce
qui arrivera promptement ,
pourvû qu'on ne tente fur
lui aucun autre Reméde. Au
cas que le Malade foit hors
d'êtat d'avaler la liqueur , &
même, d'ouvrir la bouche ;
il faut la lui ouvrir avec une
cuilliere , lui en verfer doucement
avec un buberon , &
continuer de même, juſqu'à
ce qu'il foit en êtat d'en boire
en plus grande quantité ;
c'eft - à - dire 4 ou 5 bouteilles
, durant les deux ou trois
premiers jours , s'il eft poffible
; parce que la quantité
ne fauroit nuire.
Il eſt bon
d'obſerver que ,
DE DECEMBRE. 125
quoique le Malade faffe des
évacuations
fenfibles
en
prenant ce Reméde , il ne
doit pas pour cela diſcontinuer
d'en boire : Il faut prévenir
les impreffions
, que
cette Maladie fait d'ordinaire
dans le cerveau : Un
ufage continu de cette Eau
les empêchera
, auſſi bien
que tous les accidents de Paralyfie,
Ainfi , aprés avoir
fauvé les prémiers perils de
Apoplexie, par le moyen de
cette Eau , il faut continuer
en boire une bouteille
ou
deux , chaque jour , juſqu'à
parfaite guérifon
Les perfonnes qui font menacées
d'Apoplexie
, & qui
Liij
126 LE MERCURE
en éprouvent les fignes
avant- coureurs , comme , é
tourdiffemens , douleurs de tête
, laffitudes aux jambes , fe
garentiront de tous accidens
; en buvant de cette
Eau , une bouteille ou deux
par jour , jufqu'à parfaite .
guérifon.
Les perfonnes attaquées
de la Pefte , de la Fiévre maligne
, de la Pleuréfie , de la
Paralyfie fubite , uferont de
cette Eau , comme il a êté
expliqué pour l'Apoplexie.
Cette Eau guérit la Go
re ; pourvû qu'elle ne foit
pas podagre , & qu'elle n'ait
point formé de Nodus dans
les jointures des membres :
DE DECEMBRE. 127
car en ce cas , elle ne feroit
que foulager ; à moins qu'on
ne continuât d'en boire trés
long-tems . Mais , fi la Goute
n'eſt pas invetérée , elle
guérira en peu de jours : Il ne
faut pas omettre d'avertir ,
que la Goute remontée le guérit
en vingt - quatre heures ;
pourvû qu'on boive de mon
Eau abondament
& avec
continuité
. les Rhumatismes
& les Sciariques cédent à l'efficacité
de mon Eau, comme
la Goute.
On s'en fervira de même
pour la Démence, de quelqu'-
accidentqu'elle procéde, foit
Maladie,foit Chagrin, ſoit Accouchement.
Si le mal êtoit in-
L iiij
128 LE MERCURE
véteré , il en faudroit boire
durant quelque tems , environ
deux
Bouteilles par
jour.
On guérira auffi l'Hydropifie
, foit de poitrine , foit
de
quelqu'autre partie du
corps ; en buvant par jour ,
environ deux bouteilles de
cette Eau , juſqu'à parfaite
guérifon . Il en fera de même
des Exflures , qui auront
percé par quelqu'accident r
mais en ce cas , il faut faire
chauffer de cette Eau , en
baffiner la playe , & y mettre
des compreffes 4 fois en
heures . On ne
manquera
donc aucune Hydropifie ,
excepté celle qui fera caufée
24
DE DECEMBRE. 129
;
par un Squire pourvû encore
, que le foye ne ſoit point
ulceré car en ce cas , je ne
promets au Malade que du
foulagement, & non pas une
parfaite guérifon .
9
Pour l'Epilepfie , cette Eau
eft fouveraine. Il en faut boire
deux pintes ou plus par
jour , jufqu'à parfaite guérifon
: Pour les Enfans , on
leur en fera boire plus ou
moins , à proportion de leur
âge ; mais , il feroit bon que
tous les Epileptiques , fans diftinction
d'âge , en fiffent
leur boiffon ordinaire . Elle
guérira auffi les perfonnes
detout âge , attaquées de la
petite verole ; & les préferve130
LE MERCURE
.
ra de tous les accidens que
cette maladie traîne fouvent
à fa fuite : Il faut que le Malade
faffe de mon Eau , fa
boiffon ordinaire , juſqu'à
parfaite guérifon.
Toutes Coliques nefretiques
feront foulagées
ou autres ,
en deux ou trois heures de
tems , & entiérement gueries
en peu de jours ; à moins
que la Colique ne fut cauſée
par la Pierre.
Toutes les Diffenteries ou
Cours de ventre, guériront de
même : Si le Malade fouffre
des douleurs dans le ventre ,
il ne faut pas oublier de faire
tiédir l'Eau .
Les Pertes defang de filles,
DE DECEMBRE I31
ou de femmes , de quelque
caufe qu'elles puiffent venir;
la ceffation des Regles , dans
une âge où elles ne doivent
pas ceffer ; les fleurs blanches ,
de quelque caufe qu'elles
proviennent; la jauniffe, non
feulement des femmes, mais
des hommes ; les Fiévres , de
quelque nature qu'elles foyent;
les maux de Téte , Vapeurs
, ou Etourdiffemens ; les
Indigeftions, & Douleurs d'eftofoit
avant , foit aprés
le repas ; toutes les Maladies
veneriennes , de quelque nature
qu'elles foyent , guériront
par l'ufage de mon Eau.
Il en faudra ufer , comme il
a êté expliqué , & en contimac
132
LE MERCURE
nuer l'ufage plus ou moins
long- tems , fuivant le degré
ou la durée de la Maladie .
Cette Eau eft immanquable
pour la Surdité :
la Surdité : Il faut
pour cela la faire chauffer ,
en baffiner l'oreille dedans
& déhors , & mettre dans
l'oreille affligée , du coton
ou du linge trempé dans cette
Eau: Il faut en même tems,
que le Malade en boive une
bouteille ou plus par jour ,
& il guérira en affés peu de
tems , fi la violence de quelqu'autre
Reméde n'a point
offenfé ou brulé l'organe.
Elle eft un Reméde fouverain
pour les Ulceres , les
Chanchres , les Fiftules & HéDE
DECEMBRE. 133
morhoides : Elle guérira même
la Gangreine. Il faut non
feulement boire de mon
Eau , comme il a êté dit, pour
remédier à la caufe interne
de ces differens maux exterieurs
; mais il faut encore
en laver les parties offenſées ,
& les couvrir d'une compreffe
trempée , comme il à
déja êté expliqué.
Les Contufions , Meurtrifûres
& Brulûres , qui ne fuppofent
point une cauſe interne
, feront guéries , en lavant
feulement, & couvrant
d'une compreffe imbibée, la
partie malade.
Je voudrois pouvoir prévenir
par un détail plus êten134
LE MERCURE
du , toutes les queſtions que
les uns & les autres feront
tentés de me faire, aprés l'éclairciffement
général que
je donne ici ; mais ce Mémoire
n'eft déja que trop
long ; & d'ailleurs , les perfonnes
qui auront quelques
doutes , ou incertitudes àme
propofer , peuvent s'adreffer ·
directement à moi , j'aurai
l'honneur de les fatisfaire.Si
ces perfonnes ne demeurent
pas à Paris , elles
pouront
m'êcrire , en affranchiffant
leurs Lettres ; je répondrai
avec exactitude : Il faudra
adreffer les Lettres ..
A Monfieur de Villars ruë
Poiffonniere , quartier de NôtreDE
DECEMBRE. 135
Dame de Bonnes - Nouvelles.
A Paris.
Fermer
Résumé : MEMOIRE DU SIEUR DE VILLARS Concernant une EAU de sa composition, qu'il qualifie REMEDE UNIVERSEL.
Le texte présente une eau médicinale, qualifiée de 'Remède Universel' par le sieur de Villars, caractérisée par sa clarté, transparence, légèreté et absence de goût. Cette eau est censée soigner diverses affections internes et externes, telles que les plaies, brûlures, tumeurs, cancers et la peste. Le traitement implique de boire l'eau et d'appliquer des compresses sur les zones affectées. Pour les maladies aiguës, une consommation continue est recommandée, tandis que pour les maladies moins urgentes, trois prises quotidiennes suffisent. L'auteur insiste sur l'importance de poursuivre le traitement jusqu'à guérison complète pour éviter les rechutes. L'auteur suggère que toutes les maladies pourraient découler d'une perturbation de la circulation des liquides dans le corps humain. Des exemples comme l'abstinence alimentaire prolongée et l'intoxication alcoolique illustrent cette perturbation. Le vin, bien qu'il améliore initialement la fluidité des liquides corporels, contient des composants huileux et sulfuriques qui provoquent un épaississement, perturbant ainsi la circulation et causant divers degrés d'ivresse. L'eau médicinale est décrite comme un remède universel capable de restaurer la fluidité des liquides corporels. Elle est active, fluide et pénétrante, capable de dissoudre les obstructions et de réparer les érosions. L'auteur propose de guérir des malades sous surveillance publique et invite les princes et souverains à tester son remède. Pour l'apoplexie, il recommande de faire boire l'eau coup par coup jusqu'à ce que le patient reprenne ses esprits. L'eau est également efficace pour prévenir les accès d'apoplexie et traiter diverses autres maladies, telles que la peste, la fièvre maligne, la pleurésie, la paralysie subite, la goutte, entre autres. L'annonce invite les lecteurs à poser des questions après la lecture d'un mémoire déjà publié. L'auteur se déclare disponible pour répondre aux interrogations, tout en soulignant la longueur du mémoire. Il encourage les personnes ayant des doutes ou des incertitudes à lui écrire directement. Pour ceux qui ne résident pas à Paris, il propose de répondre par courrier à l'adresse suivante : Monsieur de Villars, rue Poissonnière, quartier de Notre-Dame-de-Bonnes-Nouvelles, à Paris. L'annonce est datée de décembre 135.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
136
p. 156-157
AUTRE.
Début :
Des plaisirs je suis la source : [...]
Mots clefs :
Santé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Es plaifirs je fuis la fource :
Je fais des malhûreux .
La derniere refource ;
Et je punis les hareux ,
En defertant d'avec eux.
C'eft de moi que l'amour emprunte fes
délices.
Quoique pourtant je ferve aux vices
,
A la vertu je ne nuis pas .
Et pour les plus devots ,
J'en toujours des appas .
Souvent j'échappe , on le fait bien ,
Et l'on gémit de mon abfence .
On me regarde comme rien ,
Quand on jouit de ma préfence ;
Hommes , retenés bien ces mots !
Frop de ménagement me met fouvent
enfuite
DE FEVRIER
157
Et je fuis bientôt détruite ,
Quand d'un foin importun , l'on trou
ble mon repos.
Es plaifirs je fuis la fource :
Je fais des malhûreux .
La derniere refource ;
Et je punis les hareux ,
En defertant d'avec eux.
C'eft de moi que l'amour emprunte fes
délices.
Quoique pourtant je ferve aux vices
,
A la vertu je ne nuis pas .
Et pour les plus devots ,
J'en toujours des appas .
Souvent j'échappe , on le fait bien ,
Et l'on gémit de mon abfence .
On me regarde comme rien ,
Quand on jouit de ma préfence ;
Hommes , retenés bien ces mots !
Frop de ménagement me met fouvent
enfuite
DE FEVRIER
157
Et je fuis bientôt détruite ,
Quand d'un foin importun , l'on trou
ble mon repos.
Fermer
137
p. 176
AUTRE.
Début :
Sans moy, que seroit l'Homme ? rien : [...]
Mots clefs :
Pouls ou artère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.-
moy,que feroit l'Homme ? rien ::
Tout au plus , pourriture . ¡mmondice
;
Şon fort dépend de mon caprice
Je fuis fon ame & Son foutien.
Tantôt foible à l'excés , tantôt fort comme
quatre ,
Je vais tantôt le trot & tantôt doucement :
Mon grand naturel eft de battre ,
Auffi,je bats à tout moment. Auſſi ,
En des temps je bats fort , &j'étourdis mon
homme;
C'est bien pis quand je ne bats pas :
Je l'accable . il languit , lorsqu'un peufort"
je bats ,
Mais,mon Repos eft un coup qui l'affomme.
moy,que feroit l'Homme ? rien ::
Tout au plus , pourriture . ¡mmondice
;
Şon fort dépend de mon caprice
Je fuis fon ame & Son foutien.
Tantôt foible à l'excés , tantôt fort comme
quatre ,
Je vais tantôt le trot & tantôt doucement :
Mon grand naturel eft de battre ,
Auffi,je bats à tout moment. Auſſi ,
En des temps je bats fort , &j'étourdis mon
homme;
C'est bien pis quand je ne bats pas :
Je l'accable . il languit , lorsqu'un peufort"
je bats ,
Mais,mon Repos eft un coup qui l'affomme.
Fermer
138
p. 152-153
AUTRE.
Début :
Je voy le jour, & n'ûs jamais de pere ; [...]
Mots clefs :
Respiration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E voy le jour, & n'ûs jamais de peres
Je n'habitay jamais la terre :
Je ne fuis point né dans les eaux ;
Et je ne fus jamais du nombre des oiſeaux
BIBLIO
FILE
DE
LYON
*
18934
Coupons , , mettons -nous en tra
x53
che.
M
C
T
THE
ช
S
wre
P
F
7
Fi
V
V
YOGA ADE
Ο
j
F
Fo
E.1
LIIVTE NES VIJENN
DE
SEPTEMBRE.
iss
Chacun , comme il veut , me fait naître ;
Mais auffi-tôt je ceffe d'être :
Et le moment qui voit mon fort ,
Voit prefque en même temps ma mort.
F'ay pour retraite un fort étroit paſſage ;
Je fers à bien plus d'un uſage :
L'Artifan me poffede , ainsi que le plus riche,
Je fuis au liberal , tout ainsi qu'au plus chiche.
E voy le jour, & n'ûs jamais de peres
Je n'habitay jamais la terre :
Je ne fuis point né dans les eaux ;
Et je ne fus jamais du nombre des oiſeaux
BIBLIO
FILE
DE
LYON
*
18934
Coupons , , mettons -nous en tra
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M
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j
F
Fo
E.1
LIIVTE NES VIJENN
DE
SEPTEMBRE.
iss
Chacun , comme il veut , me fait naître ;
Mais auffi-tôt je ceffe d'être :
Et le moment qui voit mon fort ,
Voit prefque en même temps ma mort.
F'ay pour retraite un fort étroit paſſage ;
Je fers à bien plus d'un uſage :
L'Artifan me poffede , ainsi que le plus riche,
Je fuis au liberal , tout ainsi qu'au plus chiche.
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139
p. 156
ENIGME.
Début :
La matiere me forme, & ne suis point matiere ! [...]
Mots clefs :
Fièvre
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
LA matiere meforme , & ne fuis point matiere !
Auffi fuis -je invisible à la façon des Dieux :
Mais onfent les effets de ma puiſſance altiere ,
Dès l'inftant que je prends naiſſancefous les cieux.
"
Comme je fuisfans corps , je n'ay point de ftature ,
Je fuis pourtant petite , j'ay de la grandeur ;
Non humeur eft auſſi de diverſe nature ,
Tantôt lente , tantôt d'une tres vive ardeur.
Je n'ayjamais apris la façon de combattre ,
Etfouvent devant moy l'on tremble à mon abord,
Le plus vaillant Heros ſe voit lui- même abbattre ,
Sijevis avec lui deux jours , quoique d'accord.
Je m'en vais quelque tems, je reviens fur ma trace;
De là , l'on double , triple , & quadruple mon nom ;
On le dit continu , quand je demeure en place :
Quoi qu'ilenfait , jamais je ne fais rien de bon.
Très rarement je fors de l'endroit que j'habite ;
Sans avoir vû couler beaucoup de fang & d'eau ,
Ingratte que je fuis , quelquefois je m'irrite ,
Jusqu'àfaire tomber mon fourien au tombeau.
LA matiere meforme , & ne fuis point matiere !
Auffi fuis -je invisible à la façon des Dieux :
Mais onfent les effets de ma puiſſance altiere ,
Dès l'inftant que je prends naiſſancefous les cieux.
"
Comme je fuisfans corps , je n'ay point de ftature ,
Je fuis pourtant petite , j'ay de la grandeur ;
Non humeur eft auſſi de diverſe nature ,
Tantôt lente , tantôt d'une tres vive ardeur.
Je n'ayjamais apris la façon de combattre ,
Etfouvent devant moy l'on tremble à mon abord,
Le plus vaillant Heros ſe voit lui- même abbattre ,
Sijevis avec lui deux jours , quoique d'accord.
Je m'en vais quelque tems, je reviens fur ma trace;
De là , l'on double , triple , & quadruple mon nom ;
On le dit continu , quand je demeure en place :
Quoi qu'ilenfait , jamais je ne fais rien de bon.
Très rarement je fors de l'endroit que j'habite ;
Sans avoir vû couler beaucoup de fang & d'eau ,
Ingratte que je fuis , quelquefois je m'irrite ,
Jusqu'àfaire tomber mon fourien au tombeau.
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140
p. 174-208
JOURNAL De la maladie du Roy & de toutes les fêtes qu'on a celebrées à l'occasion du rétablissement de sa santé.
Début :
On a cru devoir assembler dans un seul article tout ce qui concerne [...]
Mots clefs :
Roi, Louis XV, Duc, Feu, Te Deum, Musique, Feu d'artifice, Chambre, Ville, Chanter, François de Neufville de Villeroy, Soir, Fête, Église, Fleur, Majesté, Palais, Santé, Messe, Zèle, Août, Joie, Duc d'Orléans, Paris, Cour, Louvre, Fusées, Peuple, Rétablissement, Médecin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JOURNAL De la maladie du Roy & de toutes les fêtes qu'on a celebrées à l'occasion du rétablissement de sa santé.
JOURNAL
De lamaladie du Roy & de toutes les
fêtes qu'on acelebrées à l'occafion
durétablissement defafanté.
Nacru devoir affembler dans
un feul article tout ce qui con
O
.
cerne un fait auffi intereffant
que la maladie du Roy , les fê
tes innombrables qui ont fuivi le réta
bliffement defafanté, prouvent clairement
qu'il eft impoffible de peindre la douleur
qui les a precedées : Ainſi qu'onne s'atten
de pas à de longs détails, ce feroit une
temerité inexcufable de tenter la peinture
:
des tranfports François dans cette occa
fion: lesfentimens vifs ne peuvent jamais
êtreexprimezqu'imparfaitement ; le cœur
parle toujours infiniment mieux que l'é
loquencemême, elle n'eft que fon écoliere.
Le Jeudy 31de Juillet , jour de la fête
de faint Germain l'Auxerrois , Parroiffe
du Louvre, le Roy entendant`la Meffe
dans fa Chapelle , fe fentit incommodé;
on fit ceffer la Mufique pour abreger
l'Office Divin , que Sa Majefté ne voulut
point quitter. Dès qu'Ellefut rentrée dans
D'A OU ST. 7475
fon cabinet , elle demanda du feu, qui
fut allumé dans le moment.
M. le Maréchal de Villeroy, & M. le
Duc de Mortemart, premier Gentilhomme
de laChambre, envoyerent dire aux Offi
ciers de la Bouche & du Gobelet , que le
Roy ne dîneroit point à fon grand cou
vert : Sa Majefté fe coucha fur les trois
heures après midy, attaquée d'un grand
friffon , fuivi d'une fiévre affez forte qui
augmenta pendant la nuit. On mandala
maladie du Roy à M. leDucde Bourbon,
qui étoit à Chantilly , auffi-tôt il fut au
Louvre, & paffa la nuit dans la chambre
de Sa Majefté avec M. le Maréchal de
Villeroy qui y couche ordinairement; M.
*
1
le Duc de Mortemart & M. le Duc dela
Rocheguion Grand Maître de la Garde
robbe y refterent auffi , M. Dodart pre
mier Medecin, & M. Bachelier premier
ValerdeChambre, veillerent pareillement
le Roy, accompagnés de deux Garçons de
la Chambre.
Le Vendredi matinpremier Aouft, M.
Dodard premier Medecin , M. Boudin ,
Medecinordinaire du Roy, M. Helvetius,
Survivancier de M. Boudin , M. Thevet
Medecin du Roy& de Madame, & M.
Falconet le pere delibererent dans une con
fultation quel'on faigneroit le Roy à qua
tre heures & demiedu foir, M. Marechal
P iiij
LE MERCURE
176
premierChirurgiende Sa Majeſté , fit cette
opérationavec l'habileté qu'on lui connoit,
&tira deux petites paletes de fang, qui
ne diminuerent que très peu la fievre. Ce
malheureux fuccès obligea M. les Mede
cins àfe raffembler fur les dix heures du
foir dans la Galerie , en prefence de M.
le Duc de Bourbon , deM. le Marechal
de Villeroy & de Madamela Ducheffe de
1
(
Ventadour ; M. Marechal premier Chirur
giendu Roy, & M. dela Peronie Survi
t
vancier de M. Marechal, affifterent à la
confultation. Cette favante affemblée où
préfidoit le zele circonfpect mais actif,
opina fagement qu'il falloit faigner au plû
tôt le Roydu pied pour arrêter l'embaras
qui fe formoit dans la tête. Cette ordon
nance fut executéé une heure après par
M. Marechal. L'effet de cette feconde
•
faignée fut prompt , heureux, & promit
au Royunenuit plus tranquile que la pre
cedente: la promeffe nefut pas vaine ; M.
le Princede Turennegrand Chambelan en
.
furvivance de M. le Duc d'Albret fon pere,
M.deMaillebois Maîtrede la Garderobe ,
M. Bachelier premier Valet de chambre,
M.le premier Medecin accompagné d'un
⚫autreMedecin& d'un Apoticaireont gardé
le Roypendant cette feconde nuit.
Le Samedi 2 Aouft,la ficvres'appaifa,
⚫ le Roy fut extrémement foulagé , & la
D'AOUST.
177
joye rappellée à la Cour & dans la Ville
en bannit les funeftes allarmes qui dechi
roient tous les cœurs. Onfit une troifié
me confultation plus nombreuſe , & auffi
éclairée que les deux premieres. On joi
gnit à Meffieurs les Medecins du Roy ap
pellez , M. Burlet Gendre de M. Dodart,
& Medecin de Madame la Princeffe de
Conti Douairieré , M. Falconerle fils , M..
du Moulin& M. Silva. Il fut réfolu qu'on
feroit prendre une medecine au Roy; fur
les huit heures du matin, on lui donna de la
manne , & quelquetems après deux grains
de Tartré émetique. Ceremederéuflit au-- tant qu'on le fouhaitoit , & plusinfiniment
qu'on ne l'avoit efperé. A fept heures du
foir le pouls du Royfetrouva très-calme.
Cependant comme une fanté fi préticule
& chere ne fauroit exigertrop defoins
& de précautions , les Medecins conful
tans furent affemblés dans la Galerie pour
la quatrième fois ; M. leDuc de Bourbon,-M.le Princede Conti, M.le Marechalde
Villeroy & Madamela Ducheffe de Ven
tadour furent preſens à cette confultation ;
ony détermina les alimens & la boiffon
du Roypendant le refte de la maladie. La
nuit fuivante fut parfaitement bonne , le
Roy dormit depuis neuf heures du foir
jufqu'au lendemain cinq heures du matin ,
qu'il prit un bouillon.
178
LeDimanche 3 Aouft, fafantés'affermit,
fonpouls eut un mouvementreglé& tran
quile; M. le Duc de Mortemart premier
LE MERCURE
Gentilhomme de la Chambre fit entrer
plufieurs perfonnes de diftinction qui eu
rent l'honneur de voir Sa Majefté. Sur les
onze heures , M. le Premier Prefident &
Meffieurs du Parlement vinrent voir le
Roy, & entendirent la Meffe dans fa
chambre. Lajournée fe paffa tres-heureuſe
ment. M. le Duc deBourbon, M.leComte
de Clermont, M. leComte de Toulouſe,
M.le Prince de Turenne, & M. de Maille
bois affis autour du lit de Sa Majesté l'a
muferent par des tours de cartes. La nuit
qui fuivit cette heureuſejournée , encon
firma les agréables préfages ; le Roydor
tuit paisiblement depuis neuf heures du
foir jufqu'à fix heures du matin.
LeLundi 4 Aouft, il prit une ſeconde
medecine fi bien ordonnée & fifalutaire,
que l'après-midi Sa Majesté fut en état de
recevoir les felicitations des Cours Supe
rieures fur le rétabliffement de fa fanté.
M.le Duc d'Orleans a vu regulierement
le Roytous lesjours pendant la maladie ,
& a couchéau Louvredansl'appartement
de Madame la Ducheffe , oùil doit à pre
fent demeurer. Tous les Princes & toutes
les Princeffes de la Maifon deBourbon ont
eu le même empreffement & la même
D'A O UST. 6179
exactitude. M.le Duc de Bourbon qui n'a
pas quitté le Roi un feul inſtant , avoit or
donné une table foir & matin dans la Ga
leriepour les Medecins , le premier Valet
de chambre & les Apoticaires de quartier.
Voiciles noms des perfonnes qui pendant
la maladie de Sa Majefté n'ont pas aban
donné fa chambre. M. le Comte de Sau
mery& M.le Marquis de Ruffé, Sous
Gouverneurs du Roy, M. de Saumery le
fils , Madame la Nourrice, les quatre pre
miers Valets de Chambre , quifont Mef
fieurs Bontemps , deNiert , de Chanſenay,
& Bachelier actuellement en quartier , les
quatre Apoticaires , Meffieurs Biette , de
la Serre, Boldue & Boulogne; & enfin
les fix Garçons de la Chambre. Les Offi
ciers dela Bouche & du Gobelet ontpaffé
les nuits chacun à leur tourdansla Galerie.
LeRoyafoutenufonmalavecune fermeté
qui honoreroit même un Prince d'unâge
plus avancé l'impatience & la crainte
n'ont pas augmenté fes douleurs , & l'on
n'a pu en connoître la nature que par les
fymptomes, que la patience & le courage
ne fauroient cacher à la penetration & à
l'experience de la Medecine.
Tandis que les Grands & lepeupletrem
bloient pour le Roy, l'Eglife imploroit
pour lui le fecours du Ciel. M.le Cardi-
nal de Noailles ordonna le 2 Aquft lcs
LE MERCURE
180
Prieres de Quarante heures, qui furent
commencées à Notre-Dame: & le Parle
ment imitant le zele & lapieté defon Pre
'lat , rendit un Arreſt pour découvrir pen
dant neuf jours la Châffe de Sainte Ge
nevieve. L'Abbé de cette Communauté
donna fon Mandement en confequence.
L'Arreft & le Mandement furent executez
à la vue d'unconcours prodigieuxde peu
pleinquiet pour la fantéde fon Prince. La
grande Meffe & les Vêpres furent celebrées
folennellement pendant la Neuvaine , &
&ilyeutjour& nuit dans le Chœur deux
Chanoines Réguliers de Sainte Genevieve
enprieres pour le rétabliſſement de la fanté
A
du Roy. I eftimpoffiblede détailler tous
les vœux que l'on fit pour Sa Majeſtć.
M. le Prince de Conti fut des premiers à
Sainte Genevieve, & entendit-le Dimanche
3 Aouft une Meffe baffe , quifut ditepar
M. l'Abbé de Roquette..
Lemême jour leCuré de S. Germain
l'Auxerrois Paroiffe du Roy, publia au
Prone que Sa Majefté fe portoit mieux,
& fit une prière.pour en rendre gracesà
Dieu.
M. le Marechal de Villeroy accompa
gné de M. le Duc de Villeroy fon fils , du
MarquisdeVilleroy & du Marquis d'Alin
court fes petits-fils , entendit pendant les
Prieres de Quaranteheures le Salut à No
D'AOUS T.
181
tre-Dame , où M.le Cardinal deNoailles.
officia chaque jour.
M. le Marquis de Tonay Charente fils
de M. le Duc deMortemart, dès le pre
mier indice de la convaleſcence du Royfi
gnala fa joye par un feu d'artifice , que- conduifit M. leFevre, Intendant des me
nus plaifirs de Sa Majesté.
Les,les Ambaffadeurs & Miniftres.
étrangers eurent l'honneur de faluer le
Roy, quijouiffant le fix d'une fanté par
faite, fe leva & s'habilla à l'ordinaire. Lá
joye du rétabliffement de cette précieuſe
fanté fut univerfelle, & on ne peut que
la peindre mal: cette joye fi fincere n'eft- pas affoiblie par la longueur de fa durée
& elle conferve encore toute la vivacité
de fon premier mouvement.
Ne parlons plus de cet évenement fu
nefte, & que les fêtes qui l'ont fuivi le
rapellent feules dans la mémoire des peu
ples. Dès que le Roy fe trouvagueri , fa
premiere penſéefut d'en remercier le Con
fervateur de lesjours. Il en écrivit à M.le
Cardinal de Noailles Archevêque de Paris,
&voici ſa Lettre dictée par la pieté & la
reconnoiffance.
MON COUSIN,
Je viens de recevoir une nouvelle
marque de la protection de Dien dans la
LE MERCURE
*82
maladie courte mais dangereuse , dont fa
providence m'a tiré , j'aifenti dans cette
occafion & fon pouvoir & fa bonté : l'un
&l'autre m'engagent à lui témoigner ma
foumiffion & ma reconnoiffance ; c'est par
d'humbles actions de graces que je dois
m'acquitter de ces juftes devoirs; & les
tendres, témoignages que j'ai reçus de l'a
mour de mes Sujets , m'aſſurant qu'ilsſe
conderont avec zele mes fentimens : Je vous
fais cette Lettre de l'avis de mon Oncle le
Duc d'Orleans Regent , pour vous dire de
faire chanter le Te Deum dans l'Eglife
Metropolitaine de ma bonne Ville de Paris
aujour & àl'heure que le Grand-Maître
onle Maître des Ceremonies vous dira de
ma part ; je lui ordonne d'y convier mes
Cours & ceux qui ont coutume d'y affifter.
Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait , mon
Coufin, en fa faintegarde. Ecrit à Paris
le 4 Aouft 1721. Signé LOUIS. Etplus
bas PHELYPEAUX.
Le 6. le Te Deum ordonné par cette
Lettre fut chanté dans l'Eglife Metropo
litaine , en Mufique de la compofition du
fieur de l'Alouette
>
illuftre Maître de'
Mufique de cette Eglife ; le Cardinal de
Noailles y officia Pontificalement : Mon
fieur le Duc d'Orleans , le Ducde Bour
bon, le Comte de Charolois , le Prince
D'AQUS T.
183
de Conti & le Comte de Touloufe s'y
rendirent avec unefuite diftinguée & nom
breuſe : le Chancelier de France y parut ›
accompagné d'un très-grand nombre de
Confeillers d'Etat & de Maiftres des Re
queftes. Le fieur des Granges invita à ce
TeDeum leClergé, le Parlement, la Cham
bre des Comptes , la Courdes Aydes &
le Corps de Ville quiavoient déja prévenu
ces Actions de graces publiques enfaifant
dès le 4 chanter des Te Deum tant à la
Sainte Chapelle , où l'Abbé de Cham
pigny Treforier officia Pontificalement
qu'à l'Hopital duSaint-Efprit. Le Grand
Confeil fit chanter le 5 un Te Deumdans
fa Chapelle , & les Treforiers de France
firent éclater leur zéle le même jour àla
Sainte Chapelle.
Les Officiers de la Maifon du Roy ont
·
fçu faire diftinguer leur joye particuliere
malgré le jufte excès des réjouiffances pu
bliques ; fur tout le zéle ingenieux de
Meffieurs les premiers Gentilshommes de
la Chambre a fort diverti le Roy. Ils fi
rent tirer un feu d'artifice dans le par
terre des Tuilleries , qui fut des plus bril
lans ; deux chaloupes peintes & decorées
endragons combatirentfurle grand baffin,
& vomiffant par une gueule enflamée des
torrens de ferpenteaux réjouirent très
long- temps la vue des fpectateurs. La
184
. LE MERCURE
nuit qui fe trouvoit heureufement fans
Lune, rehauffoit par fon ombrel'éclat de
ce tableau.
Le jour du Te Deum public , ily eur
des feux allumés devant toutes les portes,
& des illuminations fur toutes les fenê
tres. Monfieur le Duc d'Orleans fit éclai
rer-en flambeaux de cire blanche la façade
du Palais Royal. Tousles Princes & tou
tes les Princeffes du Sang donnerent de
magnifiques fêtes dans leurs Palais , les
lampions difpofés avec fimetrie imitoient
& découvroient tous les morceaux d'ar
chitecture où ils étoient arrangés. Le vin
fut prodigué auPeuple , qui n'ajamais bû
copieufementavecplus de juftice que dans
ces fêtes, où il s'alteroit fans ceffe à force
de crier , Vive le Roy.
Les Poiffonnieres de la Halle fe font
fignalées par le prefent qu'elles ont fait
au RoyleVendredy 8 Aouft , d'un Eftur
geon de fept pieds quatre pouces delong
& pefant trois cens cinquante livres. Ce
rare poiffon leur avoit coûté cent piſtoles,
on l'avoit amené d'Elbeuf , & il n'étoit
mort qu'à dix-huit lieues de Paris. On
l'avoit orné de rubans bleus , & on lui
ayoit preparé une trés-belle couronne de
fleurs d'orange. Ces genereufes Poiffon
nieres refuferent l'argent qu'on voulut leur
donner de la part du Roy; les douze prin
cipales
D'A OUST-2851
cipales eurent l'honneur de lui baifer la
main , elles pleurerent en la baifant , ce
fur làleur harangue. Madame la Ducheffe
de Ventadour aplaudir à leur zéle , quel
éloge? & M.le Maréchal de Villeroy les
régala de liqueurs dans fon apartement.
Depuis le Te Deumchanté à la Metro
politaine , toutes les Eglifes & Couvens ,
toutes les Communautés Laïques , tous
les Corps de Metiers , toutes les Confre
ries
>
enfin toutes les Compagnies dans
P'Epée , dans la Robe & dans la Finance
ont fait chanter auffi des Te Deum & des
Grandes Meffes pour l'heureux rétabliffe
ment de la fanté du Roy; le Clergé , la
Nobleffe & le Tiers Etat feparés par leur
naiffance & leurs employs fe font trouvés
confondus par leurs fentimens , & quel
quesfois par les hommagesde leur zéle.
Il faut obferver qu'à chacune de ces
Actionsde graces non-feulement les Egli
fes où onlesrendoit , mais encoreles mai
fons de tous les Particuliers de la Com
munauté qui donnoît la fête étoient libe
ralement illuminées. Chacun ſenſible àla
felicité publique oublioit fes propresmal
heurs
dés qu'il s'eft agi de dépenfer
pour marquer la joye de l'heureux réta
bliffement de la fanté du Roy , ilne s'eft
plus trouvé de pauvres. Il eft impoffibie
de décrire icy tous les divertiffemens qu'a
186 LE MERCURE
occafionnés cette heureufe convalefcence:
les tranfports de la Nation produifoient
à tout moment de nouveaux fpectacles
dans Paris.
Les Aouft fur les huit heures du foir,
on vit des fenêtres du Louvrefur la Ri
viere unfeudejoye fort fingulier : il étoit
allumé au milieu d'un grand batteau ; des
Blanchiffeurs & Blanchiffeufes danfoient
autour aufonde quelquesinftrumens affis
1
à la poupe du bateau; ce bâtimentfui
voit le fil de l'eau , il paffa le Pont Royal,
& alla difparoître du côté d'Auteuil.
Les Bouquetieres habillées de blanc &
'couvertes de fleurs fefont promenéesdans
la Ville avec des violons : oneutdit d'une
fête de Flore.. Ainfi le Peuple divifé par
troupes parées de rubans & portant les
fimboles de leur métier ornés de même
parcouroit les rues , precedé par des tam
bours , des hautbois , destrompettes & dès.
timbales on a vu reparoître le Bœuf
gras , fon cortege & fa fimphonie ; enfin.
on aformé dans la Canicule un fecond
Carnaval.
La plus grande partie des Te Deums'eſt
chantée en Mufique de la compofition des
meilleurs Maîtres. Le fieur de la Lande
Surintendant de la Mufique du Roy , a
fait executer le fien dans la Chapelle du
Louvre. Le fieur Gervais Intendant de la
D'AOUST.i
187
Mufique de Monfieur le Duc d'Orleans
a fait chanter un Te Deum pour les Di
recteurs de la Manufacture des Gobelins
dans l'Eglife de Saint Hippolite leur Pa
roiffe.
Le fieur du Bouffet Compofiteur de
Mufique de l'Academie. Françoife , de
celles des Belles Lettres & des Sciences,
a fait fentir la grace de fes chants dans
les fêtes que ces celebres & 1çavantes So
cietés ont données pour marquer leur zéle
à leur augufte Protecteur.
L'Academie de Peinture & Sculpture,
la Sorbonne & l'Univerfité ont fait écla
ter les mêmes démonſtrations dejoye.
" Le fieur Campra Maître de Mufique
du College de Louis le Grand a donné
plus de fix fois en differentes Eglifes de
la Mufique qui ne peut être trop repetée ;
le 11 Aouft fon Te Deum fut chanté au
College de Louis le Grand , &fuivi de
l'Exaudiat ; le foir on tira dansla grande
cour un feu d'artifice , qui dura long
>
tems & futfort beau ; la cour fut en
tierement illuminée, toute vafte qu'elle eſt,
ainfi que toute la façade du bâtiment qui
donne fur la Rue S. Jacques , qui eft
d'une grande étendue. Aufondde la cour
•
on lifoit diftinctement en lettres d'or fur
une toile tranſparente cette infcription ::
Reftitutam falutens publicam Ludovico de
Qij
188
LE MERCURE
/
cimo quinto gratulatur Collegium Ludovici
Magni. On diftribua au Peuple du Vin
entrès-grandeabondance. Plufieurs jeunes
Seigneurs Penfionnaires du College fefont
diftingués par des illuminations qu'ils ont
faites à leurs fenêtres , fur tout M.de Ton
nay-Charente , de Vaffé , de Nicolai, de
Rochechouard & de Leon.
Deux jours avant les réjouiffances qui
ont étéfaites au College deLouisle Grand,
où étudie M.. le Duc de la Tremoille
Premier. Gentilhomme de la Chambre de
Sa Majefté ce jeune Seigneur chagrin de
ne pas rencontrer chés les Artificiers ce
qu'il fouhaittoit pour exprimer la joye
extréme dont il a été penetré à 1heureux
retour de la fanté du Roy , écrivit du
College une Lettre à M. le Maréchal de
Villeroy fur la rareté des artifices , &
joignit à cette Lettre ces Vers également
naïfs & fins.
AU ROY.
LA
APoudre eft plus rareà prefent.
Millefois que l'or & l'argent':
Pourfaire feu joyeux & mainte petarade,
J'ay couru tour Paris en cherchant pots à feu,
Trompes, gerbes , foleils , j'en ay rouvébien
peu,
•
Et fuis très fatigué de cette promenade ;
Eh! de grace , LOUIS,nefoyés plus malade.
D'AOUS T.
1.89
Cette plainte parut mal fondée le jour
du feu d'artifice qu'il fit tirer dans la cour
du College fur un échafaut élevéde trois
pieds. Sur cet échafaut trois colones de
feuillage portoient un fronton auffi de
feuillage , le tout bien garni de fufées &
de fauciffons. Sur la colone du milieu
paroiffoient les armes de M. le Ducde la
Tremoille , aux deux côtés du feu il y
avoit deux tonneauxde vin qui étoit verfé
au Peuple avec de grandes cueilleres par
deux hommes vétus en Satires , qui ne
s'oublioient pas eux-mêmes dans cette
diſtribution. Aux fenêtres de la Chambre
de ce jeune Duc fix hautbois , des trom
pettes & des timballes tous excellens
jonerentles airs lesplus gais pendanttoute
la fête; on fervit dans cette chambre un
ambigu accompagné de toutes fortes de
vins & de liqueurs.
Des Lettres de Guyenne nous appren
nent que le 11 Août le Parlement de
Bordeauxfit chanter au Palais un Te Deum
enMufique ; toutes les Chambres y affifte
rent en Robes Rouges. Le foir il y eut
dans toute la Ville des feux & des illumi
nations.
Le 12 Août Madame d'Orleans, pre
miere Princeffedu Sang, Abbeffe & Dame
de Chelles, a fait chanter le Te Deum
tant à l'Abbaye quedans lesdeux Parroiffe
LE MERCURE
rgo
du Bourg de Chelles ; le clocher & le
jardin de l'Abbaye furent illuminez avec
goût. On voyoit de tous côtezdes fleurs
de lys& des Vive le Roy enlampions. Le
feu d'artifice fe tira dans le jardin , qui
fut ouvert à tout le monde , auffi bien
que toutes les cours de l'Abbaye ; le peu
ple danfa au fen des inftrumens , le vin
lui fut prodigué , & des concerts de Mu
fique celebrerent & embellirent cette
agreable journée.
Le Lundy 11 M. le Marquis de Nefle
eut l'honneur d'avoir le Roy même pour
témoin de la fête qu'il luiconfacra. L'Hô
tel de Mailly où loge ce Seigneur , eft
heureufement fituéaubout du Pont Royal,
én face du Pavillon des Tuilleries. Lors
que le Roy parut dans l'appartement de
M. l'Evêque de Frejus , l'artifice com
mença :toute la Terraffe du Jardin de M.
le Marquis de Nefle étoit ornée d'une co
lonade de lumiere compofée de quinze
arcades brillantes ; celle du milieu plus
haute que les autres , étoit remplie de
rrois fleurs de lys illuminées ; fur cette
lumineufe arcade , un très grand foleil
répandoit une vive clarté. Sous les autres
arcades on avoit pofé alternativement des
luftres de cristal & des pyramides delam
pions. Aux deux bouts de la Terraffe let
vin couloit & ne tomboitpoint àterre,
D'AOUS T.
191
Le même jour le College des Quatre
Nations, peuéloigné de l'Hôtel de Mailly,
& fitué fur le même Quay, augmenta
les plaifirs de ce quartier-là par fes fulées
& fes illuminations.
Dans ce jour confacré par plus d'une
fête , ainsi que tous ceux qui l'avoient
precedé, & tous ceux qui le fuivirent , les.
Fermiers Generaux firent celebrer une
Meffe folemnelle & chanter un Te Deum
dans l'Eglife des Jacobins de laruë faint
"
Honoré, &le 13 au foir les Receveurs.
Generaux des Finances firent pareillement
chanter le Te Deum dans l'Eglife de la
MaiſonProfeffedes Jéfuites , fuperbement
illuminée par les foins du fieur Berrin
Deffinateur ordinaire du Roy ; le portail
de cetteEglife, qui eft fort haut & fort
chargé d'architecture , étoit auffi magni
fiquement illuminé. Le Cardinal de Po
lignac, & plus de vingt Evêques, le Ma
réchal de Villeroy , Madame la Ducheffe
de Ventadour, M. de la Houffaye Con- *
trolleur general des Finances , & plus de
cent perfonnes de diftinction affifterent à
cette ceremonie. Le Bureau de la Caiffe.
communeruëfaint Antoine,fut auffi illu
miné.
Le 14veillede l'Affomptionde la fainte
Vierge , le Roy entendit les premieres
Vêpres chantées
par
fa. Mufique dans la
LE MERCURE
192
Chapelle des Tuileries.
Le 15 jour de la fête le Roy entendit
la Meffe , aprèss'être confeffé à M. l'Abbé
Fleury fon Confeffeur ; l'après midy Sa
Majefté affifta aux Vêpres & à la Procef
fion.
Le Samedy. 16 Août le Roy fur fur
les onze heures du matin à l'Eglife Mé
tropolitaine rendre à Dieu de publiques
actions de graces du parfait rétabliſſement
de fa fanté. Il fortit du Louvre dans un
carroffe à deux chevaux chargédevant &
derriere des Pages de la grande & de la
petite Ecurie, c'est l'ufage du grand cere
monial. Sa Majefté étoit accompagnée de
Monfieur le Duc d'Orleans , du Duc de
Chartres, du Duc de Bourbon , du Cointe
de Clermont , du Prince deConti, & du
Maréchal Duc de Villeroy fon Gouver
*
neur. Les Gardes de la Prevôté & les
Cent Suiffes leur étendard deployé &
tambour battant , commandez par lefieur
de Bogue Lieutenant François de cette
Compagnie, précedoient le carroffe qui
étoit entouré par les Gardes du Corps à
pied & leurs Officiers. Le Roy fur reçû
par le Chapitre , & le Cardinal de Noailles
qui étoit àla têtecomplimenta Sa Majeſté,
qui enfuite s'alla placer fur un Prie-Dieu
devant la Chapelle,de la Sainte Vierge ;
l'Abbé Châtelain , Chapelain du Roy de
quartier
D'A O UST.
193
quartier y ditla Meffe , & ony, chanta un
Motet, executé par la Mufiquede Notre
Dame, & compofé par le feur de Lal
louette, Maître de Mufique du Chapitre.
Dès que la Meffe fut achevée, le Roy
entra dans le Chœur, y fit fá priere, fut
enfin reconduit comme il avoit été reçû
&lesacclamations dupriple le fuivirent
jufqu'au Louvre.
Le 18 le Parlement , la Chambre des
Comptes, la Cour des Aydes, la Cour
des Monnoyes,* & le Corpsde Ville , ha
ranguerent le Royfur fon heureufe conva
lefcence. Sa Majefté leur donna audience
dans la gallerie, affife fur fon fauteuil
environnée par Monfieur le Duc d'Or
leans , le Duc de Chartres, le Duc de
Bourbon , le Prince de Conti , le Maré
chal de Villeroy , le Duc de Mortemart
premierGentilhomme de la Chambre, le
Marquis de Maillebois Maître de la Gar
de robe , & autres Seigneurs de fa Cour.
Lelendemain le Grand Confeil & l'Acade
mie Françoife s'acquitterent de ce devoir
ainsi que l'Univerfité, conduite par le
fieur Gibert fon Recteur, Profeffeur de
Rhétorique au College Mazarin, & Au
teur de laContinuation des Jugemens des
Sçavans de M. Baillet. Le même jour le
fieur Maboul Avocat Generaldes Requê
res del'Hôtel ,vint avec le Corps de Ville
R
&
匣
LE MERCURE
194
prefenter le ferutin au Roy, & les fieurs
Rouffel & Sautereau nouveaux Echevins,
prêterent entre les mains de Sa Majefté,
enprefence de Monfieur le Duc d'Orleans,
de ferment de fidelité ordinaire. Toutes ces
Compagnies furent préfentées au Roy par
le Comte de Maurepas Secretaire d'Etat ,
& conduits parlefieur Defgranges Maître
des Ceremonies,
Le 19 le fieur Danchet de l'Academie
Françoife , eut l'honneur de reciter auRoy
Idille qu'il a compofée fur le retour de
fa fanté, ouvrage qui avoit été fort aplaudi
de jour dela reception de M. l'Evêquede
Soiffons à l'Academie, parune Affemblée
très capable de juger compétemment fur
toutes les matieres de la Litterature,
Le même jour les Pages de la grande
Ecurie firent chanter unTe Deum aux Ca
pucins de la rue faint Honoré , fuivi d'une
décharge de boettes. Le foir ils firent tirer
unfeu d'artifice dans le manége découvert,
qui étoit illuminé. Grand bruit de boët
tes ayant le feu, & grand bruit de boëttes
après , égal du moins par les cris du peu
ple qui vuidoit avec empreffement un gros
tonneaudevin livré à fà foif éternelle, par
nos Pages zelez. Sur les onze heures un
Bal fort bien ordonné commença, dont
cette brillante jeuneffe fit très poliment
les honneurs ; on y fetvit une collation
D'AQUS T. 195
variée avec goût , & les liqueurs n'y fu
rent pas menagées.
Le 20 M. l'Evêque de Beauvais official
dans l'Eglife des Auguftins Déchauffez de
la Place des Victoires , qui firent chanter
un Te Deum & un Exaudiat par plus de
cent Muficiens choifis , & donnerent le
foir au Public le régal dedeux décharges.
de boëttes, & d'un beau feu d'artifice
dreffé dans leur cour. La cérémonie com
mença par unconcert en Dialoguedefim
phonie meflé de Trompettes, Hautbois,
Flutes & Violons. Dès qu'elle fut terminée
le fieur Campra qui donnoit cette Mufique
fans retribution , crut ne pouvoir mieux
couronner une fi belle fête qu'en rendant
au fameux Lulli , enterré dans l'Eglife où
on la celebroit, un faint hommage que
lui doivent tous les habiles Compofiteurs
de Mufique ; il fit chanter un Deprofue
dis, fuivi de l'abfoute fur le tombeau de
cet Orphée moderne , genie heureux ,
Maître de l'Art & Difciple dela Nature,
qui tiroit fes Notes du fonds du cœur
quand il faifoit chanter les paffions.
Le Roy partit le même jour après la
Meffe pour aller dîner à la Muette ; le
Comte de Clermont & le Maréchal de
Villeroyl'yaccompagnerent. L'aprés midy
Sa Majesté alla chaffer, & tua près de
trente pieces de gibier. Au retour de la
Rij
LE MERCURE
196
chaffe le Roy trouva dans la plaine des
Sablons les deux Regimens des Gardes
Françoiſes & Suiffes, qui pour exprimer
leur joye de la convalefcence de Sa Ma
jefté, firent trois falves de Moufqueterie.
Avant l'arrivée du Roy ces Troupes
avoient fait chanter le Te Deum fous une
&
tente par l'Abbéle Comte , Aumônier des
Gardes Françoiles.
LeVendredy 22, le Roy partit à dix
heures du matin pour aller entendre la
Meffe à Sainte Genevieve, en nouvelles
actions de graces du rétabliffement parfait
de fa fanté. Il fe mit dans un Caroffe à
huit chevaux, avec M.leDuc d'Orleans
le Comte de Clermont, & le Maréchal
de Villeroy. Sa Garde lefuivit. Toutes les
rues defon paffage étoient bordées de Sol
dats du Regiment des Gardes Françoiles
& Suiffes. l'Abbé de Sainte-Genevieve
avec la Croix & tous fes Chanoines Re
guliers reçut le Roy à la porte de l'Eglife,
&lui fit un difcours pieux & touchantfur
l'évenement qui l'amenoit aux pieds des
Autels ; enfuite il conduifit Sa Majeſté
dans leChœur, où on avoit préparé un
Prie-Dieu devant le grand Autel. La
Châffe de la fainte Patrone de Paris étoit
entierement découverte & environnée
d'une trés-grande quantité de cierges.
Après la Meffe quifut dite par l'Abbé de
D'AOUS T
397
Varennes Chapelain du Roy, dequartier,
SaMajefté fut reconduite jufqu'à laporte
de l'Eglife par l'Abbé & les Chanoines
Reguliers de Sainte Genevieve , & s'en
retourna au Louvre avec les mêmesaccla
mations de Vive le Roy qu'il avoit en
tendues lejour qu'il revint de l'Eglife Me
tropolitaine.
Tandis que tout Paris rétentiffoit des
feftes qu'on y celebroit chaque jour, les
Villes , Bourgs & Villages de la Banlieue
marchoient fidellement fur les traces de la
Capitale du Royaume.
Le 18 aufoir, M. le Duc de Noailles
Gouverneur de Saint-Germain en Laye
fit chanter un Te Deum dans la Paroifle
Royalle; une grandepartiede la Mufique
du Roy s'y trouva; la compofitionduTe
Deum étoit du Sieur Bernier favant Com
pofiteur de Mufique de la Sainte Chapelle
du Palais. M. le Duc de Noailles fut ac
compagnédans cettepieufe ceremonie par
tourefa famille & ungrandnombred'Offi
ciers du Roy. Après le Te Deum l'Artille
rie, les boëttes & le feu d'artificefurent
tirez ; onavoit poftéle canon fur lagrande
Terraffe ; l'illumination fut très belle : il
y eut bien des tables & bien fervies , &
des fontaines de vin pour le peuple.
MadamelaDucheffe d'Orleans Regente
regala tout Bagnolet un Dimanche les
Riij
198
LE MERCURE
Païfans rencontroientpar tout des fources
devin, & on ydiftribua de la viande con
meauxnôces de Gamache , fi vantées
par
Sancho Panfa, & le foir,il y eur de l'arti
fice avec la même profufion.
M. le Marquis de Bellefonds Gouver
neurde Vincennes , fit auffi une fortbelle:
fête, que l'on ne décrira point ici pour
éviter la monotonie.
Les Provinces ont fuivi de près l'exemi
ple de la Capitale. La Ville de Lyon , qui
a pour Gouverneur le Gouverneur même
du Roy, guidée par un zele ardent quife
foutient toujours , a répondu parfaitement
aux defirs de M. le Maréchal de Villeroy
danslestémoignages éclatans qu'elle donna
de fa joye , lors qu'elle fut informée du
rétabliffement de la fanté du Roy. Cette
heureufe nouvelle fut bien-tôt divulguée
& aplaudie par les acclamations du Peu
ple. M. Cholier, digne Prevôt des Mar
chands d'une Ville fi fidelle , alla trouver
M. l'Archevêque de Lyon, qui charméde
reconnoître dans tous les cœurs les fenti
mens qui animoient le fien , refolut avec
lui de fatisfaire le vif empreffement du
peuple , & dehâter lejour des réjouiffan
ces publiques. Les fêtes brufquement pre
parées font toujours les plus finceres. Le
10toutes les cloches annoncerent dès le
matin le commencement de la fête : l'ar
D'A OUST.
199
tillerie les feconda auffi bien que la mouf
queterie des Compagnies de la Ville ran
gécs fous les armes dans les differentes
Places avec une partie des Pennonages.
L'Archevêques'étantrendufur les fix heu
res du foir à la Cathedrale , y officiapon
tificalement au Te Deum qui fut chanté
folemnellement ; tous les Corps de la Ville
y affifterent en habits de ceremonie : Par
tillerie & les acclamations de Vive le Roy
retentiffoient continuellement pendant ces
Adions de graces. Le Prevôt des Mar
chands qui a dans cette occafion fignalé
extremément fon zele & fongoût , avoit
fait préparer unfeu d'artifice fur le Pont
de pierre, & dans les Places publiques
toutes illuminées , ainfi que toutes les
rues & les montagnes. M. Poulletier In
tendant de Lyon a fait paroître les mê
mes marques de fon attachement refpec
tueux pour la perfonne de Sa Majesté.
Le vincouloit de toutes parts , & lepeu
ple le payoit par des Vive le Roy re
doublez , monnoye très chere à ceux
qui ouvroient leurs tonneaux. On n'a
pas pû douter dans ce jour-là que le
Gouvernement & le Palais Archiepif
copal ne fuffent des demeures des Ville
roys.
Le lendemain le Château de Neuville
illuminé par les ordres de M. l'Archevê
Riiij
LE MERCURE
200
que de Lyon, repeta dans la Campagne
les plaifirs de la Ville.
La petite Ville de Montéreau- Faut
Yonne s'eft acquitée galamment de ce que
fon zéle devoit au Roy. Après un Te Deum
folemnellement chanté, il y a eu un feu
de joye allumé par Madame Chineau
femmeduLieutenant General, & Madame
Je Breton fenime du Maire , qui toutes
deux vêtues & armées en Amazones &
parées de Cocardes uniformes conduifoient
une troupes d'Habitans Nobles & Bour
geois tant de la Ville quede laCampagne,
proprement habillés. Après cettejoyeuſe
ceremonie
>
nos deux Commandantes
marcherent avec leur fuite vers le Pont
au bruit des tambours & destrompettes,
& là il fut danfé & chanté une Chanfon
compofée par cesdeux Dames à l'honneur
de l'aimable Prince pour qui fe faifoit une
i jolie fête.
On referve pour le mois prochain la
continuation du détail des Réjouiffances
faites au fujet de la Convalefcence du
Roy. On va finir ce Journal par un ar
ticle de Paris, que les Provinces deman
deroient icy s'il y manquoit ; c'eft la def
cription du Feu d'artifice tirédans le Jar
din des Tuilleries le 25 jour de la Fête de
Saint Louis , Ayeul & Patron de Sa Ma
jesté.
[
D'AOUST.
Lof
L'Academie Royale de Mufique eft en
poffeffion depuis long-temps de donner
chaque année au Roy pour Bouquet un
Concert d'inftrumens executé dans le Jar
din des Thuilleries : les vingt-quatre vio
lons de Sa Majefté , les trompettes & les
timbales de fa Chambre s'uniffent pour
cette Fête aux fimphonies de l'Academie
de Mufique. Cet affemblage compofe le
plus nombreux & leplus parfait orcheſtre
qu'il y ait en Europe.
Depuis que le Roy habite le Louvre
ce Concert annuel eſtſuivi d'un Feu d'ar
vifice; mais jamais on n'en a tiré un pa
reil à celui que l'on va décrire. Ce Feu
fuperbe ordonné par M. le Ducde Mor
remart Premier Gentilhommede la Cham
bre du Roy, & conduit par M.le Févre
Intendant des Menus Plaifirs de Sa Ma
jefté , offrit au Public un des plus nobles
& des plusbrillans Spectacles qui l'ait ja
mois occupé. L'édifice élevé de cent pieds
fur unelargeur proportionnée & fitué en
tre le baffin du Parterre & la grandeAl
lée , regardoit le veftibule du Château.
Sa décoration reprefentoit le Palais de
Vulcain bâti fur des roches. Ce grand
morceau d'Architecture d'un goût nou?
veau, fingulier & parfaitement caracterifé
eft de l'invention du fieur deVaffé. L'exe
cution a répondu audeffein. Lefieur Per
LE MERCURE
202
Fot excellent Peintre de l'Academie pour
le Theatre & la perſpective, a raffemblé
dans cet ouvrage la précifion & la verité.
Ce Palais du Forgeron des Dieux ouvert
par cinq Portiques qui fe repetoient dans
la face opofée laiffoit voir l'horifon de tou
tes parts. Les trois arcades dumilieu pré
fentoient un avant-corps fur un plan cir
culaire en forme de rotonde. Aux deux
aîles de ce bâtiment deux cavernes très
brutes fembloient s'y communiquer par
deux portes. Ces cavernes pratiquées dans
desrochers efcarpés & fteriles , & fermées
par des grilles de fer , paroiffoient plutôt
ébauchées par le caprice de la Nature ',
que conftruites par les régles de l'Art.
Atravers de leurs grilles de fer on dé
couvroit huit Ciclopes naturels qui fra
poient l'enclume dans ces ateliers rufti
ques. L'avant-corps du Palais étoit decoré
par un ordre Tolcan ; huit grands canons
de bronze couplés y fervans de colones ,
avoient pour piedeftaux des mortiers à
bombes , & foutenoient un entablement
du même ordre.. Les quatre colones qui
accompagnoientlaprincipaleentréeétoient
couronnées par un fronton , qui aumilieu
étoit orné d'un trophée chargé d'une tête
de Médule. Le DieuMars affisfur cefron
ton occupoit la droite du trophée , & la
Déeffe Pallas en occupoit la gauche dans
D'A OUST.
203
la même pofture. L'interieur du Palais
éclatoit du feu & des étincelles des For
ges, la fuméeenfortoit par le portique
?
& c'étoit à travers de ces flames & de
cette fumée qu'on remarquoit quatre ci
clopes autour d'une enclume où ils entaf
foient confufément des carquois , des arcs,
des filets & des fléches à mesure qu'ils
étoient fabriqués. Sur le devant du por
tique Vulcain tenant fon marteau & la
tête haute écoutoit Diane , qui deſcen
dant à fa droite fur un nuage venoit lui
commander des arines de chaffe pour le
Roy. L'idée du feu d'artifice fe renfermoit
dans ce tableau. On a voulu celebrer le
goût naiffant que SaMajeftémontre pour
la chaffe , pénible jeu , vive image de la
Guerre.
Surcet avant-corps d'ordre Tofcan s'é
levoit un grand dôme auffi percé àjour,
& decoré par des pilaftres couplés ou
Cariatides,figurant desCiclopes debronze..
Ces Thermes portoient l'entablement &
foutenoient la coupole du dôme terminé
en vafe d'amortiffement par un globefer
vant de baze à un Jupiter armé dufou
dre.
Al'entréede la nuit l'amphithéatredreffé
+
pour la Mufique & adoffefuivant la cou
tume contre la principale Porte du Châ-
teau du Louvredans le Jardin, fut éclairé
$04 LE MERCURE
infiniment mieux qu'à l'ordinaire par unle
belle illumination ingenieufement ordon
née: aumilieudufond decetamphithéatre
quarré , dont les coins étoient marqués
par quatre piramides , regnoît le Chiffre
du Roy , furmonté d'une Couronne &
accompagné d'autres ornemens , le tout
,
figuré par des lampions qui garniffoient
auffi les quatre côtés de l'amphithéatre , &
formoient une bordure éclatante à ce ta
bleau lumineux. Les croifées des deux ter
raffes étoient éclairées par des flambeaux
›
de cire blanche & toutes ces lumieres
reflechiffant fur les pierreries des Dames
qui rempliffoient les terraffes & les fenê◄
tres du Château , procuroient aux innom
brables Spectateurs répandus dans le Jar
din le plus brillant point de vue qu'on
puiffe imaginer.
Après le fouper du Roy, Sa Majesté
vint fur laterraffe voifine de fon Aparte
ment , & fe plaça fous un dais magni
fique ; d'abord qu'elle parut , mille cris
redoublez de Vive le Roy celebrerent fa
prefence.
La Mufiqueramena lecalme , on debuta
par l'ouverture du Triomphedel'Amour,
qui fut fuivie par un des Choeurs chantez
l'hiver pafféau Ballet du Roy. On executa
auffi le fecond Chœur de l'Opera d'Ama
dis, Que le Ciel annonce à la terre &
D'AOUST.
& le troifiéme de l'Opera d'Atis , Que
devant vous tout s'abaiſſe& tout tremble
205
&c. D'excellentes fimphonies continuerent
le Concert, qui fut interrompu par les
falves des Boëtes & du Canon; le Canon
pointé vers la Riviere fur le Quay de la
Conference étoit rangé près du Corpsde
Garde lelong du parapet, & les Boëtes
étoient alignées furle même Quay aupied
de la grande Terraffedu Jardin des Tuil
leries.
Lefignal pour tirer le feu d'artifice fut
donné par unegerbe allumée à la Garde
robe du Roy. Dans cemoment uneDiane
éclatante parut en l'air du côtéde la Seine,
& fetranfporta depuis la cime des Maro
niers d'Inde de lagrande Terraffejufqu'au
Palais de Vulcain , oùì àfon arrivée le tra
vail des Ciclopes fe fit entendre. Toutes
les forges peintes parurent de veritables
forges ; un artifice continuel y copioit naï
vement lesflammes diverſement colorées
que produit le charbon de terre. Onfera
curieux de fçavoir quelle machine a voi
turé Diane dans les airs. C'étoitune corde
attachée par un bout aux arbres de la
grande Terraffe, & par l'autre à la char
pente du feu; & l'éclat de la Déeffe ve--
noit d'une toile tranfparente , fur quoion
l'avoit peinte , qui étoit illuminée par
derriere , & qui de plus étoit chargéede
deux cens lançes à feu,
LE MERCURE
206
Aprèslevolde Diane, quatredouzaines
de groffes fufées volantes appellées fufées
d'honneur , préparerent le public au plus
brillant artifice qu'on ait jamais executé : il
partoit à la fois des quarante douzaines
de fufées qui envoyoient au Ciel de nou
velles étoiles.
Voici en quoy confiftoit l'artifice du
Palais de Vulcain. 250 douzaines de
fufées nommées doubles Marquifes par les
gens du métier , rempliffoient so Caiffes
difpofées au pied del'Edifice ; cinquante
douzaines plus groffes que ces premieres
étoient difperfées fur le même terrain.
Le premier plancherportoit trois Caiffes
de cent fufées chacune. Quatre Caifles
contenant chacune cent trente, fufées,
garniffoient le troifiéme plancher. On
avoit diftribué de toutes parts quatre
mille pots à feu de differentes grandeurs,
pleins de Lardons , Fougades , Dauphins &
autres efpeces d'artifices. Ce feu fuperbe
fut terminéparun grad Soleil fixe qui ra
mena le jour pendant unedemi-heure; ce
Soleil étoit placé fur la principale entrée
du Palais de Vulcain.
On vit furle Baflin le combat amufant
de deux Dragons d'une grandeur déme
furée. Ces deux monftres que la rage pa
roiffoit infpirer , avançoient l'un contre
l'autre , & vomiffoient de leur gueule
D'AQUS T.
207
énorme des torrens de flâmes. Ces deux
terribles Dragons étoient deux chaloupes
décorées qui manoeuvrant avecagilité imi
toient tous les mouvemens d'un combat.
Cesmonftres peints étoient couverts de
trois mille lances à feuqui leur formoient
des écailles refplendiffantes. Il fortit de
leur gueule béante 30 Caiffes d'artifice ,
300 pors à feu , 20 Balons d'eau, feux
Gregeois qui plongeoient en ferpentant
dans l'eau du Baffin , & enfortoient fans
s'éteindre; 20 gerbes ou Aigrettes jettanţ
le feu de 25 pieds au loin fervoient de
langues ferpentines aux deux Dragons
combattans.
Le Concert de fimphonie & de chant
recommença après le feu d'artifice. Le
Royfe retira de la Terraffe d'où il avoit
vû tout Paris dans fon Jardin. Les accla
mations retentirent longtems même après
fon départ , & l'on fortit des Tuilleries
fans confufion & fans peril , tant les or-.
dres avoient été fagement donnez aux
Corps de-Gardes & aux Sentinelles con
fignez pour empêcher le tumulte.
Depuis cettefefte celebre , les Bâteliers
de la Seine en differentes troupes & à
differens jours ont eu l'honneur de tirer
l'Oye en prefence du Roy. Le Dimanche
31 Aouft, Sa Majesté placée au petit Pa
villon fitué à l'extremité de la Galerie ,
I
208
LE MERCURE
après le dernier Guichet , vit les Joûtes
des conducteurs de petits bateaux qui paf
fent du Quay du Louvre à celui du Col
lege Mazarin. Cesjeuxfurent fingulariſez
par des amuſemens nouveaux fur la Ri
viere. On y vit des Danfeurs de corde&
des Voltigeurs exercer leurs perilleux ta
lens. La corde pour la danſe étoit tendue
fur ungrandbatteau de Rouen, & la corde
à voltiger étoit attachée aux mats de deux
batteaux. Avantde tirer l'Oye , on jetta
dans l'eau des canards liez avec des chats;
les chats pour ne fe pas noyer fe crampo
noient fur le dos des canards ; & les ca
nards pour fe tirer de leur griffes plon
geoient & forçoient les chatsde fe mouil
ler. D'autres canards lâchez dans la Seine
ètoient pourfuivis par une trentaine de pe
tits nageurs, & divertirent le Roypar cette
chaffebadine.
De lamaladie du Roy & de toutes les
fêtes qu'on acelebrées à l'occafion
durétablissement defafanté.
Nacru devoir affembler dans
un feul article tout ce qui con
O
.
cerne un fait auffi intereffant
que la maladie du Roy , les fê
tes innombrables qui ont fuivi le réta
bliffement defafanté, prouvent clairement
qu'il eft impoffible de peindre la douleur
qui les a precedées : Ainſi qu'onne s'atten
de pas à de longs détails, ce feroit une
temerité inexcufable de tenter la peinture
:
des tranfports François dans cette occa
fion: lesfentimens vifs ne peuvent jamais
êtreexprimezqu'imparfaitement ; le cœur
parle toujours infiniment mieux que l'é
loquencemême, elle n'eft que fon écoliere.
Le Jeudy 31de Juillet , jour de la fête
de faint Germain l'Auxerrois , Parroiffe
du Louvre, le Roy entendant`la Meffe
dans fa Chapelle , fe fentit incommodé;
on fit ceffer la Mufique pour abreger
l'Office Divin , que Sa Majefté ne voulut
point quitter. Dès qu'Ellefut rentrée dans
D'A OU ST. 7475
fon cabinet , elle demanda du feu, qui
fut allumé dans le moment.
M. le Maréchal de Villeroy, & M. le
Duc de Mortemart, premier Gentilhomme
de laChambre, envoyerent dire aux Offi
ciers de la Bouche & du Gobelet , que le
Roy ne dîneroit point à fon grand cou
vert : Sa Majefté fe coucha fur les trois
heures après midy, attaquée d'un grand
friffon , fuivi d'une fiévre affez forte qui
augmenta pendant la nuit. On mandala
maladie du Roy à M. leDucde Bourbon,
qui étoit à Chantilly , auffi-tôt il fut au
Louvre, & paffa la nuit dans la chambre
de Sa Majefté avec M. le Maréchal de
Villeroy qui y couche ordinairement; M.
*
1
le Duc de Mortemart & M. le Duc dela
Rocheguion Grand Maître de la Garde
robbe y refterent auffi , M. Dodart pre
mier Medecin, & M. Bachelier premier
ValerdeChambre, veillerent pareillement
le Roy, accompagnés de deux Garçons de
la Chambre.
Le Vendredi matinpremier Aouft, M.
Dodard premier Medecin , M. Boudin ,
Medecinordinaire du Roy, M. Helvetius,
Survivancier de M. Boudin , M. Thevet
Medecin du Roy& de Madame, & M.
Falconet le pere delibererent dans une con
fultation quel'on faigneroit le Roy à qua
tre heures & demiedu foir, M. Marechal
P iiij
LE MERCURE
176
premierChirurgiende Sa Majeſté , fit cette
opérationavec l'habileté qu'on lui connoit,
&tira deux petites paletes de fang, qui
ne diminuerent que très peu la fievre. Ce
malheureux fuccès obligea M. les Mede
cins àfe raffembler fur les dix heures du
foir dans la Galerie , en prefence de M.
le Duc de Bourbon , deM. le Marechal
de Villeroy & de Madamela Ducheffe de
1
(
Ventadour ; M. Marechal premier Chirur
giendu Roy, & M. dela Peronie Survi
t
vancier de M. Marechal, affifterent à la
confultation. Cette favante affemblée où
préfidoit le zele circonfpect mais actif,
opina fagement qu'il falloit faigner au plû
tôt le Roydu pied pour arrêter l'embaras
qui fe formoit dans la tête. Cette ordon
nance fut executéé une heure après par
M. Marechal. L'effet de cette feconde
•
faignée fut prompt , heureux, & promit
au Royunenuit plus tranquile que la pre
cedente: la promeffe nefut pas vaine ; M.
le Princede Turennegrand Chambelan en
.
furvivance de M. le Duc d'Albret fon pere,
M.deMaillebois Maîtrede la Garderobe ,
M. Bachelier premier Valet de chambre,
M.le premier Medecin accompagné d'un
⚫autreMedecin& d'un Apoticaireont gardé
le Roypendant cette feconde nuit.
Le Samedi 2 Aouft,la ficvres'appaifa,
⚫ le Roy fut extrémement foulagé , & la
D'AOUST.
177
joye rappellée à la Cour & dans la Ville
en bannit les funeftes allarmes qui dechi
roient tous les cœurs. Onfit une troifié
me confultation plus nombreuſe , & auffi
éclairée que les deux premieres. On joi
gnit à Meffieurs les Medecins du Roy ap
pellez , M. Burlet Gendre de M. Dodart,
& Medecin de Madame la Princeffe de
Conti Douairieré , M. Falconerle fils , M..
du Moulin& M. Silva. Il fut réfolu qu'on
feroit prendre une medecine au Roy; fur
les huit heures du matin, on lui donna de la
manne , & quelquetems après deux grains
de Tartré émetique. Ceremederéuflit au-- tant qu'on le fouhaitoit , & plusinfiniment
qu'on ne l'avoit efperé. A fept heures du
foir le pouls du Royfetrouva très-calme.
Cependant comme une fanté fi préticule
& chere ne fauroit exigertrop defoins
& de précautions , les Medecins conful
tans furent affemblés dans la Galerie pour
la quatrième fois ; M. leDuc de Bourbon,-M.le Princede Conti, M.le Marechalde
Villeroy & Madamela Ducheffe de Ven
tadour furent preſens à cette confultation ;
ony détermina les alimens & la boiffon
du Roypendant le refte de la maladie. La
nuit fuivante fut parfaitement bonne , le
Roy dormit depuis neuf heures du foir
jufqu'au lendemain cinq heures du matin ,
qu'il prit un bouillon.
178
LeDimanche 3 Aouft, fafantés'affermit,
fonpouls eut un mouvementreglé& tran
quile; M. le Duc de Mortemart premier
LE MERCURE
Gentilhomme de la Chambre fit entrer
plufieurs perfonnes de diftinction qui eu
rent l'honneur de voir Sa Majefté. Sur les
onze heures , M. le Premier Prefident &
Meffieurs du Parlement vinrent voir le
Roy, & entendirent la Meffe dans fa
chambre. Lajournée fe paffa tres-heureuſe
ment. M. le Duc deBourbon, M.leComte
de Clermont, M. leComte de Toulouſe,
M.le Prince de Turenne, & M. de Maille
bois affis autour du lit de Sa Majesté l'a
muferent par des tours de cartes. La nuit
qui fuivit cette heureuſejournée , encon
firma les agréables préfages ; le Roydor
tuit paisiblement depuis neuf heures du
foir jufqu'à fix heures du matin.
LeLundi 4 Aouft, il prit une ſeconde
medecine fi bien ordonnée & fifalutaire,
que l'après-midi Sa Majesté fut en état de
recevoir les felicitations des Cours Supe
rieures fur le rétabliffement de fa fanté.
M.le Duc d'Orleans a vu regulierement
le Roytous lesjours pendant la maladie ,
& a couchéau Louvredansl'appartement
de Madame la Ducheffe , oùil doit à pre
fent demeurer. Tous les Princes & toutes
les Princeffes de la Maifon deBourbon ont
eu le même empreffement & la même
D'A O UST. 6179
exactitude. M.le Duc de Bourbon qui n'a
pas quitté le Roi un feul inſtant , avoit or
donné une table foir & matin dans la Ga
leriepour les Medecins , le premier Valet
de chambre & les Apoticaires de quartier.
Voiciles noms des perfonnes qui pendant
la maladie de Sa Majefté n'ont pas aban
donné fa chambre. M. le Comte de Sau
mery& M.le Marquis de Ruffé, Sous
Gouverneurs du Roy, M. de Saumery le
fils , Madame la Nourrice, les quatre pre
miers Valets de Chambre , quifont Mef
fieurs Bontemps , deNiert , de Chanſenay,
& Bachelier actuellement en quartier , les
quatre Apoticaires , Meffieurs Biette , de
la Serre, Boldue & Boulogne; & enfin
les fix Garçons de la Chambre. Les Offi
ciers dela Bouche & du Gobelet ontpaffé
les nuits chacun à leur tourdansla Galerie.
LeRoyafoutenufonmalavecune fermeté
qui honoreroit même un Prince d'unâge
plus avancé l'impatience & la crainte
n'ont pas augmenté fes douleurs , & l'on
n'a pu en connoître la nature que par les
fymptomes, que la patience & le courage
ne fauroient cacher à la penetration & à
l'experience de la Medecine.
Tandis que les Grands & lepeupletrem
bloient pour le Roy, l'Eglife imploroit
pour lui le fecours du Ciel. M.le Cardi-
nal de Noailles ordonna le 2 Aquft lcs
LE MERCURE
180
Prieres de Quarante heures, qui furent
commencées à Notre-Dame: & le Parle
ment imitant le zele & lapieté defon Pre
'lat , rendit un Arreſt pour découvrir pen
dant neuf jours la Châffe de Sainte Ge
nevieve. L'Abbé de cette Communauté
donna fon Mandement en confequence.
L'Arreft & le Mandement furent executez
à la vue d'unconcours prodigieuxde peu
pleinquiet pour la fantéde fon Prince. La
grande Meffe & les Vêpres furent celebrées
folennellement pendant la Neuvaine , &
&ilyeutjour& nuit dans le Chœur deux
Chanoines Réguliers de Sainte Genevieve
enprieres pour le rétabliſſement de la fanté
A
du Roy. I eftimpoffiblede détailler tous
les vœux que l'on fit pour Sa Majeſtć.
M. le Prince de Conti fut des premiers à
Sainte Genevieve, & entendit-le Dimanche
3 Aouft une Meffe baffe , quifut ditepar
M. l'Abbé de Roquette..
Lemême jour leCuré de S. Germain
l'Auxerrois Paroiffe du Roy, publia au
Prone que Sa Majefté fe portoit mieux,
& fit une prière.pour en rendre gracesà
Dieu.
M. le Marechal de Villeroy accompa
gné de M. le Duc de Villeroy fon fils , du
MarquisdeVilleroy & du Marquis d'Alin
court fes petits-fils , entendit pendant les
Prieres de Quaranteheures le Salut à No
D'AOUS T.
181
tre-Dame , où M.le Cardinal deNoailles.
officia chaque jour.
M. le Marquis de Tonay Charente fils
de M. le Duc deMortemart, dès le pre
mier indice de la convaleſcence du Royfi
gnala fa joye par un feu d'artifice , que- conduifit M. leFevre, Intendant des me
nus plaifirs de Sa Majesté.
Les,les Ambaffadeurs & Miniftres.
étrangers eurent l'honneur de faluer le
Roy, quijouiffant le fix d'une fanté par
faite, fe leva & s'habilla à l'ordinaire. Lá
joye du rétabliffement de cette précieuſe
fanté fut univerfelle, & on ne peut que
la peindre mal: cette joye fi fincere n'eft- pas affoiblie par la longueur de fa durée
& elle conferve encore toute la vivacité
de fon premier mouvement.
Ne parlons plus de cet évenement fu
nefte, & que les fêtes qui l'ont fuivi le
rapellent feules dans la mémoire des peu
ples. Dès que le Roy fe trouvagueri , fa
premiere penſéefut d'en remercier le Con
fervateur de lesjours. Il en écrivit à M.le
Cardinal de Noailles Archevêque de Paris,
&voici ſa Lettre dictée par la pieté & la
reconnoiffance.
MON COUSIN,
Je viens de recevoir une nouvelle
marque de la protection de Dien dans la
LE MERCURE
*82
maladie courte mais dangereuse , dont fa
providence m'a tiré , j'aifenti dans cette
occafion & fon pouvoir & fa bonté : l'un
&l'autre m'engagent à lui témoigner ma
foumiffion & ma reconnoiffance ; c'est par
d'humbles actions de graces que je dois
m'acquitter de ces juftes devoirs; & les
tendres, témoignages que j'ai reçus de l'a
mour de mes Sujets , m'aſſurant qu'ilsſe
conderont avec zele mes fentimens : Je vous
fais cette Lettre de l'avis de mon Oncle le
Duc d'Orleans Regent , pour vous dire de
faire chanter le Te Deum dans l'Eglife
Metropolitaine de ma bonne Ville de Paris
aujour & àl'heure que le Grand-Maître
onle Maître des Ceremonies vous dira de
ma part ; je lui ordonne d'y convier mes
Cours & ceux qui ont coutume d'y affifter.
Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait , mon
Coufin, en fa faintegarde. Ecrit à Paris
le 4 Aouft 1721. Signé LOUIS. Etplus
bas PHELYPEAUX.
Le 6. le Te Deum ordonné par cette
Lettre fut chanté dans l'Eglife Metropo
litaine , en Mufique de la compofition du
fieur de l'Alouette
>
illuftre Maître de'
Mufique de cette Eglife ; le Cardinal de
Noailles y officia Pontificalement : Mon
fieur le Duc d'Orleans , le Ducde Bour
bon, le Comte de Charolois , le Prince
D'AQUS T.
183
de Conti & le Comte de Touloufe s'y
rendirent avec unefuite diftinguée & nom
breuſe : le Chancelier de France y parut ›
accompagné d'un très-grand nombre de
Confeillers d'Etat & de Maiftres des Re
queftes. Le fieur des Granges invita à ce
TeDeum leClergé, le Parlement, la Cham
bre des Comptes , la Courdes Aydes &
le Corps de Ville quiavoient déja prévenu
ces Actions de graces publiques enfaifant
dès le 4 chanter des Te Deum tant à la
Sainte Chapelle , où l'Abbé de Cham
pigny Treforier officia Pontificalement
qu'à l'Hopital duSaint-Efprit. Le Grand
Confeil fit chanter le 5 un Te Deumdans
fa Chapelle , & les Treforiers de France
firent éclater leur zéle le même jour àla
Sainte Chapelle.
Les Officiers de la Maifon du Roy ont
·
fçu faire diftinguer leur joye particuliere
malgré le jufte excès des réjouiffances pu
bliques ; fur tout le zéle ingenieux de
Meffieurs les premiers Gentilshommes de
la Chambre a fort diverti le Roy. Ils fi
rent tirer un feu d'artifice dans le par
terre des Tuilleries , qui fut des plus bril
lans ; deux chaloupes peintes & decorées
endragons combatirentfurle grand baffin,
& vomiffant par une gueule enflamée des
torrens de ferpenteaux réjouirent très
long- temps la vue des fpectateurs. La
184
. LE MERCURE
nuit qui fe trouvoit heureufement fans
Lune, rehauffoit par fon ombrel'éclat de
ce tableau.
Le jour du Te Deum public , ily eur
des feux allumés devant toutes les portes,
& des illuminations fur toutes les fenê
tres. Monfieur le Duc d'Orleans fit éclai
rer-en flambeaux de cire blanche la façade
du Palais Royal. Tousles Princes & tou
tes les Princeffes du Sang donnerent de
magnifiques fêtes dans leurs Palais , les
lampions difpofés avec fimetrie imitoient
& découvroient tous les morceaux d'ar
chitecture où ils étoient arrangés. Le vin
fut prodigué auPeuple , qui n'ajamais bû
copieufementavecplus de juftice que dans
ces fêtes, où il s'alteroit fans ceffe à force
de crier , Vive le Roy.
Les Poiffonnieres de la Halle fe font
fignalées par le prefent qu'elles ont fait
au RoyleVendredy 8 Aouft , d'un Eftur
geon de fept pieds quatre pouces delong
& pefant trois cens cinquante livres. Ce
rare poiffon leur avoit coûté cent piſtoles,
on l'avoit amené d'Elbeuf , & il n'étoit
mort qu'à dix-huit lieues de Paris. On
l'avoit orné de rubans bleus , & on lui
ayoit preparé une trés-belle couronne de
fleurs d'orange. Ces genereufes Poiffon
nieres refuferent l'argent qu'on voulut leur
donner de la part du Roy; les douze prin
cipales
D'A OUST-2851
cipales eurent l'honneur de lui baifer la
main , elles pleurerent en la baifant , ce
fur làleur harangue. Madame la Ducheffe
de Ventadour aplaudir à leur zéle , quel
éloge? & M.le Maréchal de Villeroy les
régala de liqueurs dans fon apartement.
Depuis le Te Deumchanté à la Metro
politaine , toutes les Eglifes & Couvens ,
toutes les Communautés Laïques , tous
les Corps de Metiers , toutes les Confre
ries
>
enfin toutes les Compagnies dans
P'Epée , dans la Robe & dans la Finance
ont fait chanter auffi des Te Deum & des
Grandes Meffes pour l'heureux rétabliffe
ment de la fanté du Roy; le Clergé , la
Nobleffe & le Tiers Etat feparés par leur
naiffance & leurs employs fe font trouvés
confondus par leurs fentimens , & quel
quesfois par les hommagesde leur zéle.
Il faut obferver qu'à chacune de ces
Actionsde graces non-feulement les Egli
fes où onlesrendoit , mais encoreles mai
fons de tous les Particuliers de la Com
munauté qui donnoît la fête étoient libe
ralement illuminées. Chacun ſenſible àla
felicité publique oublioit fes propresmal
heurs
dés qu'il s'eft agi de dépenfer
pour marquer la joye de l'heureux réta
bliffement de la fanté du Roy , ilne s'eft
plus trouvé de pauvres. Il eft impoffibie
de décrire icy tous les divertiffemens qu'a
186 LE MERCURE
occafionnés cette heureufe convalefcence:
les tranfports de la Nation produifoient
à tout moment de nouveaux fpectacles
dans Paris.
Les Aouft fur les huit heures du foir,
on vit des fenêtres du Louvrefur la Ri
viere unfeudejoye fort fingulier : il étoit
allumé au milieu d'un grand batteau ; des
Blanchiffeurs & Blanchiffeufes danfoient
autour aufonde quelquesinftrumens affis
1
à la poupe du bateau; ce bâtimentfui
voit le fil de l'eau , il paffa le Pont Royal,
& alla difparoître du côté d'Auteuil.
Les Bouquetieres habillées de blanc &
'couvertes de fleurs fefont promenéesdans
la Ville avec des violons : oneutdit d'une
fête de Flore.. Ainfi le Peuple divifé par
troupes parées de rubans & portant les
fimboles de leur métier ornés de même
parcouroit les rues , precedé par des tam
bours , des hautbois , destrompettes & dès.
timbales on a vu reparoître le Bœuf
gras , fon cortege & fa fimphonie ; enfin.
on aformé dans la Canicule un fecond
Carnaval.
La plus grande partie des Te Deums'eſt
chantée en Mufique de la compofition des
meilleurs Maîtres. Le fieur de la Lande
Surintendant de la Mufique du Roy , a
fait executer le fien dans la Chapelle du
Louvre. Le fieur Gervais Intendant de la
D'AOUST.i
187
Mufique de Monfieur le Duc d'Orleans
a fait chanter un Te Deum pour les Di
recteurs de la Manufacture des Gobelins
dans l'Eglife de Saint Hippolite leur Pa
roiffe.
Le fieur du Bouffet Compofiteur de
Mufique de l'Academie. Françoife , de
celles des Belles Lettres & des Sciences,
a fait fentir la grace de fes chants dans
les fêtes que ces celebres & 1çavantes So
cietés ont données pour marquer leur zéle
à leur augufte Protecteur.
L'Academie de Peinture & Sculpture,
la Sorbonne & l'Univerfité ont fait écla
ter les mêmes démonſtrations dejoye.
" Le fieur Campra Maître de Mufique
du College de Louis le Grand a donné
plus de fix fois en differentes Eglifes de
la Mufique qui ne peut être trop repetée ;
le 11 Aouft fon Te Deum fut chanté au
College de Louis le Grand , &fuivi de
l'Exaudiat ; le foir on tira dansla grande
cour un feu d'artifice , qui dura long
>
tems & futfort beau ; la cour fut en
tierement illuminée, toute vafte qu'elle eſt,
ainfi que toute la façade du bâtiment qui
donne fur la Rue S. Jacques , qui eft
d'une grande étendue. Aufondde la cour
•
on lifoit diftinctement en lettres d'or fur
une toile tranſparente cette infcription ::
Reftitutam falutens publicam Ludovico de
Qij
188
LE MERCURE
/
cimo quinto gratulatur Collegium Ludovici
Magni. On diftribua au Peuple du Vin
entrès-grandeabondance. Plufieurs jeunes
Seigneurs Penfionnaires du College fefont
diftingués par des illuminations qu'ils ont
faites à leurs fenêtres , fur tout M.de Ton
nay-Charente , de Vaffé , de Nicolai, de
Rochechouard & de Leon.
Deux jours avant les réjouiffances qui
ont étéfaites au College deLouisle Grand,
où étudie M.. le Duc de la Tremoille
Premier. Gentilhomme de la Chambre de
Sa Majefté ce jeune Seigneur chagrin de
ne pas rencontrer chés les Artificiers ce
qu'il fouhaittoit pour exprimer la joye
extréme dont il a été penetré à 1heureux
retour de la fanté du Roy , écrivit du
College une Lettre à M. le Maréchal de
Villeroy fur la rareté des artifices , &
joignit à cette Lettre ces Vers également
naïfs & fins.
AU ROY.
LA
APoudre eft plus rareà prefent.
Millefois que l'or & l'argent':
Pourfaire feu joyeux & mainte petarade,
J'ay couru tour Paris en cherchant pots à feu,
Trompes, gerbes , foleils , j'en ay rouvébien
peu,
•
Et fuis très fatigué de cette promenade ;
Eh! de grace , LOUIS,nefoyés plus malade.
D'AOUS T.
1.89
Cette plainte parut mal fondée le jour
du feu d'artifice qu'il fit tirer dans la cour
du College fur un échafaut élevéde trois
pieds. Sur cet échafaut trois colones de
feuillage portoient un fronton auffi de
feuillage , le tout bien garni de fufées &
de fauciffons. Sur la colone du milieu
paroiffoient les armes de M. le Ducde la
Tremoille , aux deux côtés du feu il y
avoit deux tonneauxde vin qui étoit verfé
au Peuple avec de grandes cueilleres par
deux hommes vétus en Satires , qui ne
s'oublioient pas eux-mêmes dans cette
diſtribution. Aux fenêtres de la Chambre
de ce jeune Duc fix hautbois , des trom
pettes & des timballes tous excellens
jonerentles airs lesplus gais pendanttoute
la fête; on fervit dans cette chambre un
ambigu accompagné de toutes fortes de
vins & de liqueurs.
Des Lettres de Guyenne nous appren
nent que le 11 Août le Parlement de
Bordeauxfit chanter au Palais un Te Deum
enMufique ; toutes les Chambres y affifte
rent en Robes Rouges. Le foir il y eut
dans toute la Ville des feux & des illumi
nations.
Le 12 Août Madame d'Orleans, pre
miere Princeffedu Sang, Abbeffe & Dame
de Chelles, a fait chanter le Te Deum
tant à l'Abbaye quedans lesdeux Parroiffe
LE MERCURE
rgo
du Bourg de Chelles ; le clocher & le
jardin de l'Abbaye furent illuminez avec
goût. On voyoit de tous côtezdes fleurs
de lys& des Vive le Roy enlampions. Le
feu d'artifice fe tira dans le jardin , qui
fut ouvert à tout le monde , auffi bien
que toutes les cours de l'Abbaye ; le peu
ple danfa au fen des inftrumens , le vin
lui fut prodigué , & des concerts de Mu
fique celebrerent & embellirent cette
agreable journée.
Le Lundy 11 M. le Marquis de Nefle
eut l'honneur d'avoir le Roy même pour
témoin de la fête qu'il luiconfacra. L'Hô
tel de Mailly où loge ce Seigneur , eft
heureufement fituéaubout du Pont Royal,
én face du Pavillon des Tuilleries. Lors
que le Roy parut dans l'appartement de
M. l'Evêque de Frejus , l'artifice com
mença :toute la Terraffe du Jardin de M.
le Marquis de Nefle étoit ornée d'une co
lonade de lumiere compofée de quinze
arcades brillantes ; celle du milieu plus
haute que les autres , étoit remplie de
rrois fleurs de lys illuminées ; fur cette
lumineufe arcade , un très grand foleil
répandoit une vive clarté. Sous les autres
arcades on avoit pofé alternativement des
luftres de cristal & des pyramides delam
pions. Aux deux bouts de la Terraffe let
vin couloit & ne tomboitpoint àterre,
D'AOUS T.
191
Le même jour le College des Quatre
Nations, peuéloigné de l'Hôtel de Mailly,
& fitué fur le même Quay, augmenta
les plaifirs de ce quartier-là par fes fulées
& fes illuminations.
Dans ce jour confacré par plus d'une
fête , ainsi que tous ceux qui l'avoient
precedé, & tous ceux qui le fuivirent , les.
Fermiers Generaux firent celebrer une
Meffe folemnelle & chanter un Te Deum
dans l'Eglife des Jacobins de laruë faint
"
Honoré, &le 13 au foir les Receveurs.
Generaux des Finances firent pareillement
chanter le Te Deum dans l'Eglife de la
MaiſonProfeffedes Jéfuites , fuperbement
illuminée par les foins du fieur Berrin
Deffinateur ordinaire du Roy ; le portail
de cetteEglife, qui eft fort haut & fort
chargé d'architecture , étoit auffi magni
fiquement illuminé. Le Cardinal de Po
lignac, & plus de vingt Evêques, le Ma
réchal de Villeroy , Madame la Ducheffe
de Ventadour, M. de la Houffaye Con- *
trolleur general des Finances , & plus de
cent perfonnes de diftinction affifterent à
cette ceremonie. Le Bureau de la Caiffe.
communeruëfaint Antoine,fut auffi illu
miné.
Le 14veillede l'Affomptionde la fainte
Vierge , le Roy entendit les premieres
Vêpres chantées
par
fa. Mufique dans la
LE MERCURE
192
Chapelle des Tuileries.
Le 15 jour de la fête le Roy entendit
la Meffe , aprèss'être confeffé à M. l'Abbé
Fleury fon Confeffeur ; l'après midy Sa
Majefté affifta aux Vêpres & à la Procef
fion.
Le Samedy. 16 Août le Roy fur fur
les onze heures du matin à l'Eglife Mé
tropolitaine rendre à Dieu de publiques
actions de graces du parfait rétabliſſement
de fa fanté. Il fortit du Louvre dans un
carroffe à deux chevaux chargédevant &
derriere des Pages de la grande & de la
petite Ecurie, c'est l'ufage du grand cere
monial. Sa Majefté étoit accompagnée de
Monfieur le Duc d'Orleans , du Duc de
Chartres, du Duc de Bourbon , du Cointe
de Clermont , du Prince deConti, & du
Maréchal Duc de Villeroy fon Gouver
*
neur. Les Gardes de la Prevôté & les
Cent Suiffes leur étendard deployé &
tambour battant , commandez par lefieur
de Bogue Lieutenant François de cette
Compagnie, précedoient le carroffe qui
étoit entouré par les Gardes du Corps à
pied & leurs Officiers. Le Roy fur reçû
par le Chapitre , & le Cardinal de Noailles
qui étoit àla têtecomplimenta Sa Majeſté,
qui enfuite s'alla placer fur un Prie-Dieu
devant la Chapelle,de la Sainte Vierge ;
l'Abbé Châtelain , Chapelain du Roy de
quartier
D'A O UST.
193
quartier y ditla Meffe , & ony, chanta un
Motet, executé par la Mufiquede Notre
Dame, & compofé par le feur de Lal
louette, Maître de Mufique du Chapitre.
Dès que la Meffe fut achevée, le Roy
entra dans le Chœur, y fit fá priere, fut
enfin reconduit comme il avoit été reçû
&lesacclamations dupriple le fuivirent
jufqu'au Louvre.
Le 18 le Parlement , la Chambre des
Comptes, la Cour des Aydes, la Cour
des Monnoyes,* & le Corpsde Ville , ha
ranguerent le Royfur fon heureufe conva
lefcence. Sa Majefté leur donna audience
dans la gallerie, affife fur fon fauteuil
environnée par Monfieur le Duc d'Or
leans , le Duc de Chartres, le Duc de
Bourbon , le Prince de Conti , le Maré
chal de Villeroy , le Duc de Mortemart
premierGentilhomme de la Chambre, le
Marquis de Maillebois Maître de la Gar
de robe , & autres Seigneurs de fa Cour.
Lelendemain le Grand Confeil & l'Acade
mie Françoife s'acquitterent de ce devoir
ainsi que l'Univerfité, conduite par le
fieur Gibert fon Recteur, Profeffeur de
Rhétorique au College Mazarin, & Au
teur de laContinuation des Jugemens des
Sçavans de M. Baillet. Le même jour le
fieur Maboul Avocat Generaldes Requê
res del'Hôtel ,vint avec le Corps de Ville
R
&
匣
LE MERCURE
194
prefenter le ferutin au Roy, & les fieurs
Rouffel & Sautereau nouveaux Echevins,
prêterent entre les mains de Sa Majefté,
enprefence de Monfieur le Duc d'Orleans,
de ferment de fidelité ordinaire. Toutes ces
Compagnies furent préfentées au Roy par
le Comte de Maurepas Secretaire d'Etat ,
& conduits parlefieur Defgranges Maître
des Ceremonies,
Le 19 le fieur Danchet de l'Academie
Françoife , eut l'honneur de reciter auRoy
Idille qu'il a compofée fur le retour de
fa fanté, ouvrage qui avoit été fort aplaudi
de jour dela reception de M. l'Evêquede
Soiffons à l'Academie, parune Affemblée
très capable de juger compétemment fur
toutes les matieres de la Litterature,
Le même jour les Pages de la grande
Ecurie firent chanter unTe Deum aux Ca
pucins de la rue faint Honoré , fuivi d'une
décharge de boettes. Le foir ils firent tirer
unfeu d'artifice dans le manége découvert,
qui étoit illuminé. Grand bruit de boët
tes ayant le feu, & grand bruit de boëttes
après , égal du moins par les cris du peu
ple qui vuidoit avec empreffement un gros
tonneaudevin livré à fà foif éternelle, par
nos Pages zelez. Sur les onze heures un
Bal fort bien ordonné commença, dont
cette brillante jeuneffe fit très poliment
les honneurs ; on y fetvit une collation
D'AQUS T. 195
variée avec goût , & les liqueurs n'y fu
rent pas menagées.
Le 20 M. l'Evêque de Beauvais official
dans l'Eglife des Auguftins Déchauffez de
la Place des Victoires , qui firent chanter
un Te Deum & un Exaudiat par plus de
cent Muficiens choifis , & donnerent le
foir au Public le régal dedeux décharges.
de boëttes, & d'un beau feu d'artifice
dreffé dans leur cour. La cérémonie com
mença par unconcert en Dialoguedefim
phonie meflé de Trompettes, Hautbois,
Flutes & Violons. Dès qu'elle fut terminée
le fieur Campra qui donnoit cette Mufique
fans retribution , crut ne pouvoir mieux
couronner une fi belle fête qu'en rendant
au fameux Lulli , enterré dans l'Eglife où
on la celebroit, un faint hommage que
lui doivent tous les habiles Compofiteurs
de Mufique ; il fit chanter un Deprofue
dis, fuivi de l'abfoute fur le tombeau de
cet Orphée moderne , genie heureux ,
Maître de l'Art & Difciple dela Nature,
qui tiroit fes Notes du fonds du cœur
quand il faifoit chanter les paffions.
Le Roy partit le même jour après la
Meffe pour aller dîner à la Muette ; le
Comte de Clermont & le Maréchal de
Villeroyl'yaccompagnerent. L'aprés midy
Sa Majesté alla chaffer, & tua près de
trente pieces de gibier. Au retour de la
Rij
LE MERCURE
196
chaffe le Roy trouva dans la plaine des
Sablons les deux Regimens des Gardes
Françoiſes & Suiffes, qui pour exprimer
leur joye de la convalefcence de Sa Ma
jefté, firent trois falves de Moufqueterie.
Avant l'arrivée du Roy ces Troupes
avoient fait chanter le Te Deum fous une
&
tente par l'Abbéle Comte , Aumônier des
Gardes Françoiles.
LeVendredy 22, le Roy partit à dix
heures du matin pour aller entendre la
Meffe à Sainte Genevieve, en nouvelles
actions de graces du rétabliffement parfait
de fa fanté. Il fe mit dans un Caroffe à
huit chevaux, avec M.leDuc d'Orleans
le Comte de Clermont, & le Maréchal
de Villeroy. Sa Garde lefuivit. Toutes les
rues defon paffage étoient bordées de Sol
dats du Regiment des Gardes Françoiles
& Suiffes. l'Abbé de Sainte-Genevieve
avec la Croix & tous fes Chanoines Re
guliers reçut le Roy à la porte de l'Eglife,
&lui fit un difcours pieux & touchantfur
l'évenement qui l'amenoit aux pieds des
Autels ; enfuite il conduifit Sa Majeſté
dans leChœur, où on avoit préparé un
Prie-Dieu devant le grand Autel. La
Châffe de la fainte Patrone de Paris étoit
entierement découverte & environnée
d'une trés-grande quantité de cierges.
Après la Meffe quifut dite par l'Abbé de
D'AOUS T
397
Varennes Chapelain du Roy, dequartier,
SaMajefté fut reconduite jufqu'à laporte
de l'Eglife par l'Abbé & les Chanoines
Reguliers de Sainte Genevieve , & s'en
retourna au Louvre avec les mêmesaccla
mations de Vive le Roy qu'il avoit en
tendues lejour qu'il revint de l'Eglife Me
tropolitaine.
Tandis que tout Paris rétentiffoit des
feftes qu'on y celebroit chaque jour, les
Villes , Bourgs & Villages de la Banlieue
marchoient fidellement fur les traces de la
Capitale du Royaume.
Le 18 aufoir, M. le Duc de Noailles
Gouverneur de Saint-Germain en Laye
fit chanter un Te Deum dans la Paroifle
Royalle; une grandepartiede la Mufique
du Roy s'y trouva; la compofitionduTe
Deum étoit du Sieur Bernier favant Com
pofiteur de Mufique de la Sainte Chapelle
du Palais. M. le Duc de Noailles fut ac
compagnédans cettepieufe ceremonie par
tourefa famille & ungrandnombred'Offi
ciers du Roy. Après le Te Deum l'Artille
rie, les boëttes & le feu d'artificefurent
tirez ; onavoit poftéle canon fur lagrande
Terraffe ; l'illumination fut très belle : il
y eut bien des tables & bien fervies , &
des fontaines de vin pour le peuple.
MadamelaDucheffe d'Orleans Regente
regala tout Bagnolet un Dimanche les
Riij
198
LE MERCURE
Païfans rencontroientpar tout des fources
devin, & on ydiftribua de la viande con
meauxnôces de Gamache , fi vantées
par
Sancho Panfa, & le foir,il y eur de l'arti
fice avec la même profufion.
M. le Marquis de Bellefonds Gouver
neurde Vincennes , fit auffi une fortbelle:
fête, que l'on ne décrira point ici pour
éviter la monotonie.
Les Provinces ont fuivi de près l'exemi
ple de la Capitale. La Ville de Lyon , qui
a pour Gouverneur le Gouverneur même
du Roy, guidée par un zele ardent quife
foutient toujours , a répondu parfaitement
aux defirs de M. le Maréchal de Villeroy
danslestémoignages éclatans qu'elle donna
de fa joye , lors qu'elle fut informée du
rétabliffement de la fanté du Roy. Cette
heureufe nouvelle fut bien-tôt divulguée
& aplaudie par les acclamations du Peu
ple. M. Cholier, digne Prevôt des Mar
chands d'une Ville fi fidelle , alla trouver
M. l'Archevêque de Lyon, qui charméde
reconnoître dans tous les cœurs les fenti
mens qui animoient le fien , refolut avec
lui de fatisfaire le vif empreffement du
peuple , & dehâter lejour des réjouiffan
ces publiques. Les fêtes brufquement pre
parées font toujours les plus finceres. Le
10toutes les cloches annoncerent dès le
matin le commencement de la fête : l'ar
D'A OUST.
199
tillerie les feconda auffi bien que la mouf
queterie des Compagnies de la Ville ran
gécs fous les armes dans les differentes
Places avec une partie des Pennonages.
L'Archevêques'étantrendufur les fix heu
res du foir à la Cathedrale , y officiapon
tificalement au Te Deum qui fut chanté
folemnellement ; tous les Corps de la Ville
y affifterent en habits de ceremonie : Par
tillerie & les acclamations de Vive le Roy
retentiffoient continuellement pendant ces
Adions de graces. Le Prevôt des Mar
chands qui a dans cette occafion fignalé
extremément fon zele & fongoût , avoit
fait préparer unfeu d'artifice fur le Pont
de pierre, & dans les Places publiques
toutes illuminées , ainfi que toutes les
rues & les montagnes. M. Poulletier In
tendant de Lyon a fait paroître les mê
mes marques de fon attachement refpec
tueux pour la perfonne de Sa Majesté.
Le vincouloit de toutes parts , & lepeu
ple le payoit par des Vive le Roy re
doublez , monnoye très chere à ceux
qui ouvroient leurs tonneaux. On n'a
pas pû douter dans ce jour-là que le
Gouvernement & le Palais Archiepif
copal ne fuffent des demeures des Ville
roys.
Le lendemain le Château de Neuville
illuminé par les ordres de M. l'Archevê
Riiij
LE MERCURE
200
que de Lyon, repeta dans la Campagne
les plaifirs de la Ville.
La petite Ville de Montéreau- Faut
Yonne s'eft acquitée galamment de ce que
fon zéle devoit au Roy. Après un Te Deum
folemnellement chanté, il y a eu un feu
de joye allumé par Madame Chineau
femmeduLieutenant General, & Madame
Je Breton fenime du Maire , qui toutes
deux vêtues & armées en Amazones &
parées de Cocardes uniformes conduifoient
une troupes d'Habitans Nobles & Bour
geois tant de la Ville quede laCampagne,
proprement habillés. Après cettejoyeuſe
ceremonie
>
nos deux Commandantes
marcherent avec leur fuite vers le Pont
au bruit des tambours & destrompettes,
& là il fut danfé & chanté une Chanfon
compofée par cesdeux Dames à l'honneur
de l'aimable Prince pour qui fe faifoit une
i jolie fête.
On referve pour le mois prochain la
continuation du détail des Réjouiffances
faites au fujet de la Convalefcence du
Roy. On va finir ce Journal par un ar
ticle de Paris, que les Provinces deman
deroient icy s'il y manquoit ; c'eft la def
cription du Feu d'artifice tirédans le Jar
din des Tuilleries le 25 jour de la Fête de
Saint Louis , Ayeul & Patron de Sa Ma
jesté.
[
D'AOUST.
Lof
L'Academie Royale de Mufique eft en
poffeffion depuis long-temps de donner
chaque année au Roy pour Bouquet un
Concert d'inftrumens executé dans le Jar
din des Thuilleries : les vingt-quatre vio
lons de Sa Majefté , les trompettes & les
timbales de fa Chambre s'uniffent pour
cette Fête aux fimphonies de l'Academie
de Mufique. Cet affemblage compofe le
plus nombreux & leplus parfait orcheſtre
qu'il y ait en Europe.
Depuis que le Roy habite le Louvre
ce Concert annuel eſtſuivi d'un Feu d'ar
vifice; mais jamais on n'en a tiré un pa
reil à celui que l'on va décrire. Ce Feu
fuperbe ordonné par M. le Ducde Mor
remart Premier Gentilhommede la Cham
bre du Roy, & conduit par M.le Févre
Intendant des Menus Plaifirs de Sa Ma
jefté , offrit au Public un des plus nobles
& des plusbrillans Spectacles qui l'ait ja
mois occupé. L'édifice élevé de cent pieds
fur unelargeur proportionnée & fitué en
tre le baffin du Parterre & la grandeAl
lée , regardoit le veftibule du Château.
Sa décoration reprefentoit le Palais de
Vulcain bâti fur des roches. Ce grand
morceau d'Architecture d'un goût nou?
veau, fingulier & parfaitement caracterifé
eft de l'invention du fieur deVaffé. L'exe
cution a répondu audeffein. Lefieur Per
LE MERCURE
202
Fot excellent Peintre de l'Academie pour
le Theatre & la perſpective, a raffemblé
dans cet ouvrage la précifion & la verité.
Ce Palais du Forgeron des Dieux ouvert
par cinq Portiques qui fe repetoient dans
la face opofée laiffoit voir l'horifon de tou
tes parts. Les trois arcades dumilieu pré
fentoient un avant-corps fur un plan cir
culaire en forme de rotonde. Aux deux
aîles de ce bâtiment deux cavernes très
brutes fembloient s'y communiquer par
deux portes. Ces cavernes pratiquées dans
desrochers efcarpés & fteriles , & fermées
par des grilles de fer , paroiffoient plutôt
ébauchées par le caprice de la Nature ',
que conftruites par les régles de l'Art.
Atravers de leurs grilles de fer on dé
couvroit huit Ciclopes naturels qui fra
poient l'enclume dans ces ateliers rufti
ques. L'avant-corps du Palais étoit decoré
par un ordre Tolcan ; huit grands canons
de bronze couplés y fervans de colones ,
avoient pour piedeftaux des mortiers à
bombes , & foutenoient un entablement
du même ordre.. Les quatre colones qui
accompagnoientlaprincipaleentréeétoient
couronnées par un fronton , qui aumilieu
étoit orné d'un trophée chargé d'une tête
de Médule. Le DieuMars affisfur cefron
ton occupoit la droite du trophée , & la
Déeffe Pallas en occupoit la gauche dans
D'A OUST.
203
la même pofture. L'interieur du Palais
éclatoit du feu & des étincelles des For
ges, la fuméeenfortoit par le portique
?
& c'étoit à travers de ces flames & de
cette fumée qu'on remarquoit quatre ci
clopes autour d'une enclume où ils entaf
foient confufément des carquois , des arcs,
des filets & des fléches à mesure qu'ils
étoient fabriqués. Sur le devant du por
tique Vulcain tenant fon marteau & la
tête haute écoutoit Diane , qui deſcen
dant à fa droite fur un nuage venoit lui
commander des arines de chaffe pour le
Roy. L'idée du feu d'artifice fe renfermoit
dans ce tableau. On a voulu celebrer le
goût naiffant que SaMajeftémontre pour
la chaffe , pénible jeu , vive image de la
Guerre.
Surcet avant-corps d'ordre Tofcan s'é
levoit un grand dôme auffi percé àjour,
& decoré par des pilaftres couplés ou
Cariatides,figurant desCiclopes debronze..
Ces Thermes portoient l'entablement &
foutenoient la coupole du dôme terminé
en vafe d'amortiffement par un globefer
vant de baze à un Jupiter armé dufou
dre.
Al'entréede la nuit l'amphithéatredreffé
+
pour la Mufique & adoffefuivant la cou
tume contre la principale Porte du Châ-
teau du Louvredans le Jardin, fut éclairé
$04 LE MERCURE
infiniment mieux qu'à l'ordinaire par unle
belle illumination ingenieufement ordon
née: aumilieudufond decetamphithéatre
quarré , dont les coins étoient marqués
par quatre piramides , regnoît le Chiffre
du Roy , furmonté d'une Couronne &
accompagné d'autres ornemens , le tout
,
figuré par des lampions qui garniffoient
auffi les quatre côtés de l'amphithéatre , &
formoient une bordure éclatante à ce ta
bleau lumineux. Les croifées des deux ter
raffes étoient éclairées par des flambeaux
›
de cire blanche & toutes ces lumieres
reflechiffant fur les pierreries des Dames
qui rempliffoient les terraffes & les fenê◄
tres du Château , procuroient aux innom
brables Spectateurs répandus dans le Jar
din le plus brillant point de vue qu'on
puiffe imaginer.
Après le fouper du Roy, Sa Majesté
vint fur laterraffe voifine de fon Aparte
ment , & fe plaça fous un dais magni
fique ; d'abord qu'elle parut , mille cris
redoublez de Vive le Roy celebrerent fa
prefence.
La Mufiqueramena lecalme , on debuta
par l'ouverture du Triomphedel'Amour,
qui fut fuivie par un des Choeurs chantez
l'hiver pafféau Ballet du Roy. On executa
auffi le fecond Chœur de l'Opera d'Ama
dis, Que le Ciel annonce à la terre &
D'AOUST.
& le troifiéme de l'Opera d'Atis , Que
devant vous tout s'abaiſſe& tout tremble
205
&c. D'excellentes fimphonies continuerent
le Concert, qui fut interrompu par les
falves des Boëtes & du Canon; le Canon
pointé vers la Riviere fur le Quay de la
Conference étoit rangé près du Corpsde
Garde lelong du parapet, & les Boëtes
étoient alignées furle même Quay aupied
de la grande Terraffedu Jardin des Tuil
leries.
Lefignal pour tirer le feu d'artifice fut
donné par unegerbe allumée à la Garde
robe du Roy. Dans cemoment uneDiane
éclatante parut en l'air du côtéde la Seine,
& fetranfporta depuis la cime des Maro
niers d'Inde de lagrande Terraffejufqu'au
Palais de Vulcain , oùì àfon arrivée le tra
vail des Ciclopes fe fit entendre. Toutes
les forges peintes parurent de veritables
forges ; un artifice continuel y copioit naï
vement lesflammes diverſement colorées
que produit le charbon de terre. Onfera
curieux de fçavoir quelle machine a voi
turé Diane dans les airs. C'étoitune corde
attachée par un bout aux arbres de la
grande Terraffe, & par l'autre à la char
pente du feu; & l'éclat de la Déeffe ve--
noit d'une toile tranfparente , fur quoion
l'avoit peinte , qui étoit illuminée par
derriere , & qui de plus étoit chargéede
deux cens lançes à feu,
LE MERCURE
206
Aprèslevolde Diane, quatredouzaines
de groffes fufées volantes appellées fufées
d'honneur , préparerent le public au plus
brillant artifice qu'on ait jamais executé : il
partoit à la fois des quarante douzaines
de fufées qui envoyoient au Ciel de nou
velles étoiles.
Voici en quoy confiftoit l'artifice du
Palais de Vulcain. 250 douzaines de
fufées nommées doubles Marquifes par les
gens du métier , rempliffoient so Caiffes
difpofées au pied del'Edifice ; cinquante
douzaines plus groffes que ces premieres
étoient difperfées fur le même terrain.
Le premier plancherportoit trois Caiffes
de cent fufées chacune. Quatre Caifles
contenant chacune cent trente, fufées,
garniffoient le troifiéme plancher. On
avoit diftribué de toutes parts quatre
mille pots à feu de differentes grandeurs,
pleins de Lardons , Fougades , Dauphins &
autres efpeces d'artifices. Ce feu fuperbe
fut terminéparun grad Soleil fixe qui ra
mena le jour pendant unedemi-heure; ce
Soleil étoit placé fur la principale entrée
du Palais de Vulcain.
On vit furle Baflin le combat amufant
de deux Dragons d'une grandeur déme
furée. Ces deux monftres que la rage pa
roiffoit infpirer , avançoient l'un contre
l'autre , & vomiffoient de leur gueule
D'AQUS T.
207
énorme des torrens de flâmes. Ces deux
terribles Dragons étoient deux chaloupes
décorées qui manoeuvrant avecagilité imi
toient tous les mouvemens d'un combat.
Cesmonftres peints étoient couverts de
trois mille lances à feuqui leur formoient
des écailles refplendiffantes. Il fortit de
leur gueule béante 30 Caiffes d'artifice ,
300 pors à feu , 20 Balons d'eau, feux
Gregeois qui plongeoient en ferpentant
dans l'eau du Baffin , & enfortoient fans
s'éteindre; 20 gerbes ou Aigrettes jettanţ
le feu de 25 pieds au loin fervoient de
langues ferpentines aux deux Dragons
combattans.
Le Concert de fimphonie & de chant
recommença après le feu d'artifice. Le
Royfe retira de la Terraffe d'où il avoit
vû tout Paris dans fon Jardin. Les accla
mations retentirent longtems même après
fon départ , & l'on fortit des Tuilleries
fans confufion & fans peril , tant les or-.
dres avoient été fagement donnez aux
Corps de-Gardes & aux Sentinelles con
fignez pour empêcher le tumulte.
Depuis cettefefte celebre , les Bâteliers
de la Seine en differentes troupes & à
differens jours ont eu l'honneur de tirer
l'Oye en prefence du Roy. Le Dimanche
31 Aouft, Sa Majesté placée au petit Pa
villon fitué à l'extremité de la Galerie ,
I
208
LE MERCURE
après le dernier Guichet , vit les Joûtes
des conducteurs de petits bateaux qui paf
fent du Quay du Louvre à celui du Col
lege Mazarin. Cesjeuxfurent fingulariſez
par des amuſemens nouveaux fur la Ri
viere. On y vit des Danfeurs de corde&
des Voltigeurs exercer leurs perilleux ta
lens. La corde pour la danſe étoit tendue
fur ungrandbatteau de Rouen, & la corde
à voltiger étoit attachée aux mats de deux
batteaux. Avantde tirer l'Oye , on jetta
dans l'eau des canards liez avec des chats;
les chats pour ne fe pas noyer fe crampo
noient fur le dos des canards ; & les ca
nards pour fe tirer de leur griffes plon
geoient & forçoient les chatsde fe mouil
ler. D'autres canards lâchez dans la Seine
ètoient pourfuivis par une trentaine de pe
tits nageurs, & divertirent le Roypar cette
chaffebadine.
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Résumé : JOURNAL De la maladie du Roy & de toutes les fêtes qu'on a celebrées à l'occasion du rétablissement de sa santé.
Le roi tomba malade le 31 juillet après avoir ressenti un frisson et une forte fièvre pendant la messe. Plusieurs médecins, dont M. Dodart et M. Bachelier, le soignèrent. Après deux opérations chirurgicales, son état s'améliora progressivement. Le 4 août, il reçut des félicitations pour son rétablissement. Le duc d'Orléans et les princes de la maison de Bourbon montrèrent une grande dévotion en restant à ses côtés. Pendant sa maladie, l'Église et le peuple prièrent pour sa santé. Le cardinal de Noailles ordonna des prières de quarante heures à Notre-Dame, et le Parlement découvrit la châsse de Sainte Geneviève. Le 6 août, un Te Deum fut chanté à Paris en présence de nombreux dignitaires. Les célébrations pour le rétablissement du roi commencèrent par un Te Deum à la Sainte-Chapelle, suivies de réjouissances publiques et privées. Des spectacles, comme un feu d'artifice aux Tuileries et des combats nautiques sur la Seine, furent organisés. Les poissonnières de la Halle offrirent un esturgeon au roi. Après le Te Deum à Notre-Dame, diverses églises et corporations organisèrent des actions de grâce. Toutes les classes sociales célébrèrent la convalescence du roi, avec des illuminations et des contributions financières. Du 17 au 22 octobre, des cérémonies et festivités célébrèrent la convalescence du roi. Le 17 octobre, le roi fut reçu par le Chapitre et le Cardinal de Noailles, assista à une messe à Notre-Dame, et fut acclamé jusqu'au Louvre. Le 18 octobre, diverses institutions comme le Parlement et la Chambre des Comptes lui rendirent hommage. Le 19 octobre, Danchet récita une idylle, et les Pages de la grande écurie organisèrent un Te Deum et un feu d'artifice. Le 20 octobre, un Te Deum fut chanté à l'église des Augustins, suivi d'un concert et d'hommages à Jean-Baptiste Lully. Le roi chassa l'après-midi et fut salué par les régiments des Gardes Françaises et Suisses. Le 22 octobre, le roi assista à une messe à Sainte-Geneviève et fut acclamé à son retour au Louvre. Les villes et villages de la banlieue célébrèrent également cet événement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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141
p. 98
TROISIÈME ENIGME.
Début :
Je suis un instrument bizar[r]e & salutaire, [...]
Mots clefs :
Seringue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TROISIÈME ENIGME.
TROISIEME ENIGME.
Eſuis un inſtrument bizarre & falutaire,
J Lorsqu'on on veut m'employer , c'eſt ſouvent
un miſtere ,
Il faut du moins fuir toute focieté.
Quand l'Agent qui me meut manque d'habileté,
Le pauvre patient en gemit , en murmure ,
Sans qu'il luy ſoit permis de changerde poſture,
Enſuite une ſecrete , & fort laide action
Qui tire d'embarras , fait la conclufion,
Eſuis un inſtrument bizarre & falutaire,
J Lorsqu'on on veut m'employer , c'eſt ſouvent
un miſtere ,
Il faut du moins fuir toute focieté.
Quand l'Agent qui me meut manque d'habileté,
Le pauvre patient en gemit , en murmure ,
Sans qu'il luy ſoit permis de changerde poſture,
Enſuite une ſecrete , & fort laide action
Qui tire d'embarras , fait la conclufion,
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142
p. 1913-1917
EXTRAIT d'une autre Lettre curieuse, écrite aussi de Malthe dans le même temps, sur un Phénomene de Medecine.
Début :
Or écoutez, Seigneurs, petits & grands, l'Histoire del Medico dell' [...]
Mots clefs :
Eau, Glace, Douleurs, Fièvres, Capucin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une autre Lettre curieuse, écrite aussi de Malthe dans le même temps, sur un Phénomene de Medecine.
EXTRAIT d'une autre Lettrecurieufe,
écriteauffi deMalthe dans le mêmetemps,
JurunPhénomene de Medecine.
R écoutez , Seigneurs , petits &
grands , l'Hiftoire del Medico dell'
acqua fresca: un Prêtre Sicilien , fils
d'un Apoticaire , Docteur en Medecine,
Chimifte de réputation , & de plus Ca
pucin pour le falut de fon ame , eft ici
depuis fix femaines. Il a par charité , par
vanité ou par malice contre la Faculté
´entrepris de guerir les maux qu'on croit
inconnus aux Medecins: voici le fait.
Le Comte Beveren , Allemand , étoit
depuis trois ans affligé d'une palpitation
de cœur avec des mouvemens convul
fifs , un froid à la poitrine qui ne lui
permettoit pas dans la canicule , de fouf--
frir l'air quoique très chaud. Il étoit
toûjours couvert d'une fourrure fur la
peau , & à l'avenant vêtu de veſtes & de
furtouts outre cet affortiment de jour
il étoit très-chaudement couché , & il
ne pouvoit la nuit fous fes couvertu
res fortir le doigt fans être gelé , &
en avoir des convulfions. Le Capucin
Cij
d'entrée dejeu,le dépouille de fes inuti
les/
1914 MERCURE DE FRANCE.
les furtouts , le mit à l'air , & avec de
l'eau commune à la glace & prefque
gelée, fait en 24. heures , que le Comte
Beveren ne connoît plus la foibleffe de
fa poitrine , nile froid ordinaire dont il
étoit tourmenté , eft fans convulfions ,
1
dort à merveille, & fetrouve déja com
me gueri ; fes palpitations fontfort di
minuées. C'eſt l'ouvrage de cinq ſemai
nes. Nota que tous les Medecins de Fran
ce, d'Angleterre & d'Allemagne conful
tez , n'ont rien connu à ce mal. Ils ont
feulement tenu les difcours ordinaires .
un épaiffement du fang , &c. mais de
remede point du tout.
Le CommandeurGuarrena,Piémontois,
livréparla facultéà ladifcretion d'un po
lipeou Schirre,formé ou non, mais placé
àcôtédufoye en long, &fi dur qu'il n'o
béïffoit pas à la main;exterieurement mar
qué avec tous les fimptômes d'un homme
farci d'obftructions ; un corps fec, exte
nué , face livide , &c. par l'effet de l'eau,
le Schirre fe ramolit , 15. jours après il
fentit toute forte de douleurs. La dureté
s'eft diffipée à mesure que dans fes uri
nes on voyoit des matieres comme de la
craye & vifqueufes,à couper avec le cou
teau. M. Guarrena eft revenu de fes laffi
tudes , fon vifage a repris couleur, & ilfe
trouve guerri. Maux de têtes, migraines,
cha
SEPTEMBRE 1724. 1915
chaleurs d'entrailles , diarrées inveterées,
n'ont fait que blanchir fous l'eau glacée.
Un Prêtre atteint de la fiévre maligne
en trois jours a été fur pied : la fiévre
fut prife dans le commencement , &'dès
qu'ellefut declarée maligne.
UnEſpagnol, Page du Grand-Maître,
abandonné par fon Medecin , & après
avoir reçu les Sacremens , fut dans trois
jours fans fiévre par le fecours du Ca
pucin. Il leprit dans cet état , fit ouvrir
les fenêtres , & lui fit avaler de l'eau à la
glace.
Il prétend guerir les hidropifies avec
l'eau en très-peu de temps , & a propofé
qu'on lui donnât de tels malades.
Le Bailly Ruffo fe trouvant attaqué
d'une fiévre violente, avec une diarréeen
tenefme , & des douleurs affieufes , rien
ne le foulagea. Il fit venir le Capucin &
prit l'eau. Dès les premieres 24. heu
res , plus de fiévre, moins de douleurs.
Le lendemain fa diarrée augmenta &
fit de la matiere verte en abondance ;
le troifiéme jour nous l'avons vû chez
le Grand-Maître. J'en fus tout étonné, je
l'avois vû le matin dans fon lit.
Tout ce que je vous écris , mon cher
Bailly , eft de vifu & auditu : je ne
fuis pas prévenu en faveur de l'eau , je
ne la croyois bonne que pour rinfer nos
ver
C iij
1916 MERCURE DE FRANCE.
verres, & pour laver les égouts.
Voici fa maniere de traiter. Onfait ra
fraîchir l'eau à force de glacé ou de nei
ge, autant qu'elle peut l'être , & vous
en buvez trois grands gobelets le matin ,
& dansle cours de la journée jufques à
35. On ne mange point, fur-tout les pre
miers jours. Lorfqu'on fe trouvefoible
au lieu d'alimens , il donne deux ou trois
verres d'eau le foir , avec deux ou trois
jaunes d'oeufs. Dans la fuite on mange
plus ou moins un demi poulet , un petit
pigeon , deux ou trois onces de macar
rons de Sicile, felon l'état où le Capucin
trouve fon malade. Plus ou moins d'eau ,
plus ou moins d'alimens. Il ne quitté
pas fes malades , & obferve continuelle
ment leur poulx. L'effet de l'eau eſt dé
donner , ou des maux de tête , ou dés
chaleurs extrêmes , ou des douleurs dans
les entrailles , même la diarrée , & de
Vous renouveller tous vos anciens maux.
Voici le remede pour la diarrée il
vous coule des lavemens d'eau à la glacë,
& fait boire dans l'inftant, ainſi que pour
les douleurs d'entrailles , & vous fait
frotter le ventre avec de la glace. Pour
les chaleurs de même , il frotte avec de la
glace la tête & l'eftomach. Si c'eft fciati
que qui fe renouvelle ou rumatifine
friction fur la partie avec cette glace.
Ecce
SEPTEMBRE 1724. 1917
Ecce homo, jugez- en, j'ai vû , je vois
tous les jours ce que j'écris ; il traite ſes
malades fans intereft. Ce Religieux a
de l'efprit , l'air guai , confolant & de
confiance. Je lui ai propofé l'eau pour
mesyeux, il m'afait efperer d'autres re
medes pour fortifier les nerfs optiques ,
j'en uferai s'ils font externes , s'il m'en
propofe d'autres , chiſta benè nonſi mo
ve, mafanté eftparfaite,fon graffo ,fref
co comecarne di vitella. Honorez-moi de
vos ordres dans les quatre mois que je.
ferai encore ici ; heureux fi je pouvois
prouver à vôtre Excellence le tendre &
refpectueux attachement de fon très
humble & très obéiffant ferviteur F. P.
écriteauffi deMalthe dans le mêmetemps,
JurunPhénomene de Medecine.
R écoutez , Seigneurs , petits &
grands , l'Hiftoire del Medico dell'
acqua fresca: un Prêtre Sicilien , fils
d'un Apoticaire , Docteur en Medecine,
Chimifte de réputation , & de plus Ca
pucin pour le falut de fon ame , eft ici
depuis fix femaines. Il a par charité , par
vanité ou par malice contre la Faculté
´entrepris de guerir les maux qu'on croit
inconnus aux Medecins: voici le fait.
Le Comte Beveren , Allemand , étoit
depuis trois ans affligé d'une palpitation
de cœur avec des mouvemens convul
fifs , un froid à la poitrine qui ne lui
permettoit pas dans la canicule , de fouf--
frir l'air quoique très chaud. Il étoit
toûjours couvert d'une fourrure fur la
peau , & à l'avenant vêtu de veſtes & de
furtouts outre cet affortiment de jour
il étoit très-chaudement couché , & il
ne pouvoit la nuit fous fes couvertu
res fortir le doigt fans être gelé , &
en avoir des convulfions. Le Capucin
Cij
d'entrée dejeu,le dépouille de fes inuti
les/
1914 MERCURE DE FRANCE.
les furtouts , le mit à l'air , & avec de
l'eau commune à la glace & prefque
gelée, fait en 24. heures , que le Comte
Beveren ne connoît plus la foibleffe de
fa poitrine , nile froid ordinaire dont il
étoit tourmenté , eft fans convulfions ,
1
dort à merveille, & fetrouve déja com
me gueri ; fes palpitations fontfort di
minuées. C'eſt l'ouvrage de cinq ſemai
nes. Nota que tous les Medecins de Fran
ce, d'Angleterre & d'Allemagne conful
tez , n'ont rien connu à ce mal. Ils ont
feulement tenu les difcours ordinaires .
un épaiffement du fang , &c. mais de
remede point du tout.
Le CommandeurGuarrena,Piémontois,
livréparla facultéà ladifcretion d'un po
lipeou Schirre,formé ou non, mais placé
àcôtédufoye en long, &fi dur qu'il n'o
béïffoit pas à la main;exterieurement mar
qué avec tous les fimptômes d'un homme
farci d'obftructions ; un corps fec, exte
nué , face livide , &c. par l'effet de l'eau,
le Schirre fe ramolit , 15. jours après il
fentit toute forte de douleurs. La dureté
s'eft diffipée à mesure que dans fes uri
nes on voyoit des matieres comme de la
craye & vifqueufes,à couper avec le cou
teau. M. Guarrena eft revenu de fes laffi
tudes , fon vifage a repris couleur, & ilfe
trouve guerri. Maux de têtes, migraines,
cha
SEPTEMBRE 1724. 1915
chaleurs d'entrailles , diarrées inveterées,
n'ont fait que blanchir fous l'eau glacée.
Un Prêtre atteint de la fiévre maligne
en trois jours a été fur pied : la fiévre
fut prife dans le commencement , &'dès
qu'ellefut declarée maligne.
UnEſpagnol, Page du Grand-Maître,
abandonné par fon Medecin , & après
avoir reçu les Sacremens , fut dans trois
jours fans fiévre par le fecours du Ca
pucin. Il leprit dans cet état , fit ouvrir
les fenêtres , & lui fit avaler de l'eau à la
glace.
Il prétend guerir les hidropifies avec
l'eau en très-peu de temps , & a propofé
qu'on lui donnât de tels malades.
Le Bailly Ruffo fe trouvant attaqué
d'une fiévre violente, avec une diarréeen
tenefme , & des douleurs affieufes , rien
ne le foulagea. Il fit venir le Capucin &
prit l'eau. Dès les premieres 24. heu
res , plus de fiévre, moins de douleurs.
Le lendemain fa diarrée augmenta &
fit de la matiere verte en abondance ;
le troifiéme jour nous l'avons vû chez
le Grand-Maître. J'en fus tout étonné, je
l'avois vû le matin dans fon lit.
Tout ce que je vous écris , mon cher
Bailly , eft de vifu & auditu : je ne
fuis pas prévenu en faveur de l'eau , je
ne la croyois bonne que pour rinfer nos
ver
C iij
1916 MERCURE DE FRANCE.
verres, & pour laver les égouts.
Voici fa maniere de traiter. Onfait ra
fraîchir l'eau à force de glacé ou de nei
ge, autant qu'elle peut l'être , & vous
en buvez trois grands gobelets le matin ,
& dansle cours de la journée jufques à
35. On ne mange point, fur-tout les pre
miers jours. Lorfqu'on fe trouvefoible
au lieu d'alimens , il donne deux ou trois
verres d'eau le foir , avec deux ou trois
jaunes d'oeufs. Dans la fuite on mange
plus ou moins un demi poulet , un petit
pigeon , deux ou trois onces de macar
rons de Sicile, felon l'état où le Capucin
trouve fon malade. Plus ou moins d'eau ,
plus ou moins d'alimens. Il ne quitté
pas fes malades , & obferve continuelle
ment leur poulx. L'effet de l'eau eſt dé
donner , ou des maux de tête , ou dés
chaleurs extrêmes , ou des douleurs dans
les entrailles , même la diarrée , & de
Vous renouveller tous vos anciens maux.
Voici le remede pour la diarrée il
vous coule des lavemens d'eau à la glacë,
& fait boire dans l'inftant, ainſi que pour
les douleurs d'entrailles , & vous fait
frotter le ventre avec de la glace. Pour
les chaleurs de même , il frotte avec de la
glace la tête & l'eftomach. Si c'eft fciati
que qui fe renouvelle ou rumatifine
friction fur la partie avec cette glace.
Ecce
SEPTEMBRE 1724. 1917
Ecce homo, jugez- en, j'ai vû , je vois
tous les jours ce que j'écris ; il traite ſes
malades fans intereft. Ce Religieux a
de l'efprit , l'air guai , confolant & de
confiance. Je lui ai propofé l'eau pour
mesyeux, il m'afait efperer d'autres re
medes pour fortifier les nerfs optiques ,
j'en uferai s'ils font externes , s'il m'en
propofe d'autres , chiſta benè nonſi mo
ve, mafanté eftparfaite,fon graffo ,fref
co comecarne di vitella. Honorez-moi de
vos ordres dans les quatre mois que je.
ferai encore ici ; heureux fi je pouvois
prouver à vôtre Excellence le tendre &
refpectueux attachement de fon très
humble & très obéiffant ferviteur F. P.
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Résumé : EXTRAIT d'une autre Lettre curieuse, écrite aussi de Malthe dans le même temps, sur un Phénomene de Medecine.
Le texte décrit les réalisations médicales d'un capucin sicilien, fils d'un apothicaire et docteur en médecine, qui utilise l'eau froide pour traiter diverses affections. Le comte Beveren, souffrant de palpitations cardiaques et de convulsions, est guéri en quelques semaines grâce à des bains d'eau glacée et à l'exposition à l'air frais. Le commandeur Guarrena, atteint d'un polype ou d'une scirrhose, voit également son état s'améliorer après un traitement similaire. D'autres patients, souffrant de fièvre maligne, de migraines, de diarrhées chroniques et d'hydropisie, sont également guéris par cette méthode. Le capucin prescrit de l'eau glacée à boire et des applications de glace sur différentes parties du corps pour traiter divers symptômes. Le narrateur, initialement sceptique, témoigne des succès observés et de la dévotion du capucin envers ses patients.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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143
p. 2353-2357
LETTRE écrite de Malthe le 28. Juillet 1724. contenant les suites du Remede de l'Eau à la glace.
Début :
Je fus saisis ces jours passez d'une colique vers le soir, & je passai la nuit [...]
Mots clefs :
Eau, Remède, Douleurs, Urines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Malthe le 28. Juillet 1724. contenant les suites du Remede de l'Eau à la glace.
LETTRE écrite de Malthe le 28. Juillet
1724. contenantlesfuites du Remede
de l'Eau à laglace.
E fus faifis ces jours paffez d'une co
lique vers le foir, & je paffai lanuit
dans des douleurs vives à me rouler fur
monlit. Jebus le matin deux pots d'eau
à la glace , je dînai legerement , j'en pris
encoretrois pots avantquede mecoucher
fans manger. Mes douleurs furent appai
fées. Le lendemain aprèsavoir bû encore
deuxpots à 5. heures du matin, je rendis
beauccoup de matieres brûlées & j'urinai
beaucoup. Deflors plus de colique : j'ai
repris ma vie ordinaire. Ce remede gue
rit tous cours de ventre inveteré , flux
de fang,, fciatique & rumatifme ; nous
en avons déja 50. épreuves. Le Bailly
Semagnes dans les vives douleurs de la
goutte s'eft frotté avec de la glace , & a
mis de l'eau gêlée & des linges moüil
lez fur la partie affligée ; dans deux heu
res
2354 MERCURE DE FRANCE.
res les douleurs ont ceflé. Le Grand
Maître qui fe mocquoit du remede com
mence à y avoir foi , & a obligé le Ca
pucin de s'arrêter ici.
Au refte cette eau glacée ne fe donne
pas fans art, il ne veut entreprendre
perfonne dans la canicule , fon attention
eft d'éviter les fueurs pour que l'effet fe
1
fafle par les felles & par les urines ; il
prétend précipiter les humeurs peccan
tes , & éviter qu'elles ne fe mêlent avec
le fang. Il connoît aux ongles & au poulx
le progrès de l'eau , & double ou dimi
nue la doze fur les indications que lui
fournit la nature. Il traite tous fes mala
des differemment , les uns mangent
foir & matin dès le premier jour , &
furtout des macarrons avec du fromage
cuits à l'eau , & des œufs frais , le jaune
feulement. Il a d'autres malades qui font
15. jours & 3.femaines fans manger ab
folument. 11 en a deux de ma connoif
fance actuellement à la * Camarade, qui
yfont fans manger, l'un depuis 17. jours,
& l'autre depuis 11.
Balbani et maigre à faire peur, &
Caftriofi eft fort gras , & avec des dou
leurs vives , ils ne mangeront pas fi
tôt. Le Capucin m'a dit qu'il avoit traité
un Prêtre quifut d'abord 57. jours fans
Hôpital de Malthe.
man
NOVEMBRE 1724. 2355
manger , il le fit manger enfuite 8. ou
10. jours, & finit fa cure par une diette
de 40. jours c'étoit un homme aban
donné de toute la Medecine. Le Comte
Beuveren , & le Commandeur Guarre
nafont à merveille , ainfi que tous ceux
qu'il a entrepris. Le fils de Dorel atta
qué d'un flux d'urine , & fi foible qu'il
le fallut porter à la Camarade fur fon lit,
marcha le troifiéme jour , & va par tout
aujourd'hui.
Le petit Page Efpagnol eft fans fiévre ,
&fepromene. Il vous expedie une fié
vre en 3. jours ; mais il vous défend de
fuer & devous échauffer ; il prétend que
l'eau a plus d'effet l'Hiver & dans les
pays froids. Tous les Medecins d'ici font
étonnez , & s'étudient à prefent à pene
trer le fecret. Il fe conduit , comme nous
l'avons dit , par l'indication du poulx &
des ongles. Il force à boire ceux qui y
repugnent, & ôte l'eau à ceux qui la
fouhaitent , & ne la leur donne que par
mefure , & dans de certains temps, la
nuit & le jour.
Le 30. du mois paffé le Chevalier de
Serinchan extenué par des chaleurs d'en
trailles & dans les reins , a rendu des
urines fi chaudes & fi brûlantes, que les
pots de chambre de verre fe cafloient. It
eft revenu dans fabonne couleur , & il
fera
2356 MERCURE DE FRANCE.
fera hors des remedes dès que les urines
qui perdent peu à peu de leur chaleur ,
feront au degré ordinaire. Le petit Page
dont j'ai déja parlé , abandonné des Me
decins ordinaires , & qui fe promene au
jourd'hui a été dans le même cas ; fes
urines étoient brûlantes. Le Capucin
vient de dire au Grand-Maître qu'il fe
faifoit fort de guerir un Portugais , nom
méPichotte , qui eft de retour de Mont
pellier depuis fix femaines. Il a une tu
meur dans le ventre groffe comme la for
me d'un Chapeau avecun vifage de cire
jaune.
1
Hier aufoir le Comte Beuveren rendit
par le bas la matiere d'un autre abfcès
fecond effet extraordinaire de l'eau
glacée. Si cet homme reprend fa ſanté,
c'eſtun vrai miracle de ce remede , il eft
à merveilles jufqu'à prefent & fans pal
pitation. Le Page Efpagnol s'embarque
demain pour Alicant enbonne fanté.
Le Chevalier de Romagere le cadet
eft actuellement dans un commencement
d'hydropifie , il a les jambes enflées &
les bourſes pleines d'eau. Le Capucin l'a
affuré qu'il le gueriroit , & que l'eau
étoit sûre pour ce mal ; ajoûtant qu'il en
avoit cent épreuves. Enfin ce bon Pere
m'a dit qu'ila délivré une femme prête
à mourir, ne pouvant accoucher d'un
enfant
1
NOVEMBRE 1724. 2357
enfant mort , le tout en lui faifant boire
de l'eau glacée
1724. contenantlesfuites du Remede
de l'Eau à laglace.
E fus faifis ces jours paffez d'une co
lique vers le foir, & je paffai lanuit
dans des douleurs vives à me rouler fur
monlit. Jebus le matin deux pots d'eau
à la glace , je dînai legerement , j'en pris
encoretrois pots avantquede mecoucher
fans manger. Mes douleurs furent appai
fées. Le lendemain aprèsavoir bû encore
deuxpots à 5. heures du matin, je rendis
beauccoup de matieres brûlées & j'urinai
beaucoup. Deflors plus de colique : j'ai
repris ma vie ordinaire. Ce remede gue
rit tous cours de ventre inveteré , flux
de fang,, fciatique & rumatifme ; nous
en avons déja 50. épreuves. Le Bailly
Semagnes dans les vives douleurs de la
goutte s'eft frotté avec de la glace , & a
mis de l'eau gêlée & des linges moüil
lez fur la partie affligée ; dans deux heu
res
2354 MERCURE DE FRANCE.
res les douleurs ont ceflé. Le Grand
Maître qui fe mocquoit du remede com
mence à y avoir foi , & a obligé le Ca
pucin de s'arrêter ici.
Au refte cette eau glacée ne fe donne
pas fans art, il ne veut entreprendre
perfonne dans la canicule , fon attention
eft d'éviter les fueurs pour que l'effet fe
1
fafle par les felles & par les urines ; il
prétend précipiter les humeurs peccan
tes , & éviter qu'elles ne fe mêlent avec
le fang. Il connoît aux ongles & au poulx
le progrès de l'eau , & double ou dimi
nue la doze fur les indications que lui
fournit la nature. Il traite tous fes mala
des differemment , les uns mangent
foir & matin dès le premier jour , &
furtout des macarrons avec du fromage
cuits à l'eau , & des œufs frais , le jaune
feulement. Il a d'autres malades qui font
15. jours & 3.femaines fans manger ab
folument. 11 en a deux de ma connoif
fance actuellement à la * Camarade, qui
yfont fans manger, l'un depuis 17. jours,
& l'autre depuis 11.
Balbani et maigre à faire peur, &
Caftriofi eft fort gras , & avec des dou
leurs vives , ils ne mangeront pas fi
tôt. Le Capucin m'a dit qu'il avoit traité
un Prêtre quifut d'abord 57. jours fans
Hôpital de Malthe.
man
NOVEMBRE 1724. 2355
manger , il le fit manger enfuite 8. ou
10. jours, & finit fa cure par une diette
de 40. jours c'étoit un homme aban
donné de toute la Medecine. Le Comte
Beuveren , & le Commandeur Guarre
nafont à merveille , ainfi que tous ceux
qu'il a entrepris. Le fils de Dorel atta
qué d'un flux d'urine , & fi foible qu'il
le fallut porter à la Camarade fur fon lit,
marcha le troifiéme jour , & va par tout
aujourd'hui.
Le petit Page Efpagnol eft fans fiévre ,
&fepromene. Il vous expedie une fié
vre en 3. jours ; mais il vous défend de
fuer & devous échauffer ; il prétend que
l'eau a plus d'effet l'Hiver & dans les
pays froids. Tous les Medecins d'ici font
étonnez , & s'étudient à prefent à pene
trer le fecret. Il fe conduit , comme nous
l'avons dit , par l'indication du poulx &
des ongles. Il force à boire ceux qui y
repugnent, & ôte l'eau à ceux qui la
fouhaitent , & ne la leur donne que par
mefure , & dans de certains temps, la
nuit & le jour.
Le 30. du mois paffé le Chevalier de
Serinchan extenué par des chaleurs d'en
trailles & dans les reins , a rendu des
urines fi chaudes & fi brûlantes, que les
pots de chambre de verre fe cafloient. It
eft revenu dans fabonne couleur , & il
fera
2356 MERCURE DE FRANCE.
fera hors des remedes dès que les urines
qui perdent peu à peu de leur chaleur ,
feront au degré ordinaire. Le petit Page
dont j'ai déja parlé , abandonné des Me
decins ordinaires , & qui fe promene au
jourd'hui a été dans le même cas ; fes
urines étoient brûlantes. Le Capucin
vient de dire au Grand-Maître qu'il fe
faifoit fort de guerir un Portugais , nom
méPichotte , qui eft de retour de Mont
pellier depuis fix femaines. Il a une tu
meur dans le ventre groffe comme la for
me d'un Chapeau avecun vifage de cire
jaune.
1
Hier aufoir le Comte Beuveren rendit
par le bas la matiere d'un autre abfcès
fecond effet extraordinaire de l'eau
glacée. Si cet homme reprend fa ſanté,
c'eſtun vrai miracle de ce remede , il eft
à merveilles jufqu'à prefent & fans pal
pitation. Le Page Efpagnol s'embarque
demain pour Alicant enbonne fanté.
Le Chevalier de Romagere le cadet
eft actuellement dans un commencement
d'hydropifie , il a les jambes enflées &
les bourſes pleines d'eau. Le Capucin l'a
affuré qu'il le gueriroit , & que l'eau
étoit sûre pour ce mal ; ajoûtant qu'il en
avoit cent épreuves. Enfin ce bon Pere
m'a dit qu'ila délivré une femme prête
à mourir, ne pouvant accoucher d'un
enfant
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NOVEMBRE 1724. 2357
enfant mort , le tout en lui faifant boire
de l'eau glacée
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Résumé : LETTRE écrite de Malthe le 28. Juillet 1724. contenant les suites du Remede de l'Eau à la glace.
En juillet 1724, Malthe rapporte l'efficacité d'un remède à base d'eau glacée pour traiter divers maux. Après avoir souffert de coliques, il a bu plusieurs pots d'eau glacée et a constaté une amélioration rapide. Ce remède est efficace contre les diarrhées chroniques, les flux de sang, la sciatique et le rhumatisme. Le Bailli Semagnès a également trouvé soulagement pour sa goutte en utilisant de la glace et de l'eau gelée. Le Grand Maître, initialement sceptique, commence à croire en ce traitement après avoir observé ses effets bénéfiques. L'eau glacée doit être administrée avec précaution, surtout en période de canicule, pour éviter les fièvres et permettre l'élimination des humeurs nocives par les selles et les urines. Le traitement est personnalisé en fonction des indications fournies par les ongles et le pouls du patient. Certains malades mangent dès le premier jour, tandis que d'autres jeûnent pendant plusieurs semaines. Plusieurs cas de guérison sont mentionnés, comme celui d'un prêtre qui a jeûné 57 jours avant de reprendre une alimentation légère. Le Comte Beuveren et le Commandeur Guarrena se portent bien grâce à ce remède. Un page espagnol, initialement fiévreux, se promène désormais. Le Chevalier de Serinchan a guéri de chaleurs intenses dans les entrailles et les reins. Le Comte Beuveren a expulsé la matière d'un abcès, et une femme a été sauvée d'une situation critique lors de l'accouchement d'un enfant mort. Le Capucin affirme que l'eau glacée est efficace contre l'hydropisie, comme en témoigne le cas du Chevalier de Romagere. Les médecins locaux sont intrigués par ce remède et cherchent à en percer le secret.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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144
p. 113
TROISIÈME ENIGME.
Début :
Tous les mois, tous les jours je fais plus de conquêtes, [...]
Mots clefs :
Quinquina
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TROISIÈME ENIGME.
TROISIEME ENIGME.
Tous les mois ,tous les jours je fais plus
de conquêtes ,
Que le Grand Charlequint qui n'a pû prendre
Mets.
Celui pour qui je tiens mes forces toutes
prêtes ,
Me refuſe fouvent , & me trouve mauvais.
Mais pourquoi dire ici mes qualitez ſecretes ?
Puifqu'outre que j'ai grand renom ,
Dans les vers précedens on peut lire mos
nom.
A Genéve, parJ. A. M.
Tous les mois ,tous les jours je fais plus
de conquêtes ,
Que le Grand Charlequint qui n'a pû prendre
Mets.
Celui pour qui je tiens mes forces toutes
prêtes ,
Me refuſe fouvent , & me trouve mauvais.
Mais pourquoi dire ici mes qualitez ſecretes ?
Puifqu'outre que j'ai grand renom ,
Dans les vers précedens on peut lire mos
nom.
A Genéve, parJ. A. M.
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145
p. 316-317
SONNET énigmatique sur les Bouts-rimez proposez.
Début :
Celui chez qui je suis est toûjours Taciturne, [...]
Mots clefs :
Fièvre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET énigmatique sur les Bouts-rimez proposez.
SONNET énigmatique fur les Boutsrimez
proposez.
Elui chez qui je ſuis eſt toûjours Taciturne,
CElui
Fut-il à Londres , à Rome , à Paris , à
L'influence de Mars ou celle de
Maroc.
Saturne ,
Ne peuvent rien fur moi , non plus que fur un
Roc.
Je fuis le Brodequin , je cheris le Cothurne.
Je fais trembler le cafque auffi-bien que le
Froc.
Minos affez fouvent par moi regle ſon Urne.
Et j'attaque fans choix l'honnête homme &
PEC Croc.
Des Pays éloignez d'où l'on tire la Perle,
Vient un Heros fameux , prefqu'auffi noir
qu'un Merle ,
Qui me chaffe , m'abat fans épée & fans Are.
Ma puiffance fans lui feroit cruelle & Longue ,
Car tel, à grand loifir,épluche une Diphtongue,
Que
FEVRIER
1725. 317
Que la mort , par mes foins , auroit mis dans
fon
A Geneve par J. A M ***
proposez.
Elui chez qui je ſuis eſt toûjours Taciturne,
CElui
Fut-il à Londres , à Rome , à Paris , à
L'influence de Mars ou celle de
Maroc.
Saturne ,
Ne peuvent rien fur moi , non plus que fur un
Roc.
Je fuis le Brodequin , je cheris le Cothurne.
Je fais trembler le cafque auffi-bien que le
Froc.
Minos affez fouvent par moi regle ſon Urne.
Et j'attaque fans choix l'honnête homme &
PEC Croc.
Des Pays éloignez d'où l'on tire la Perle,
Vient un Heros fameux , prefqu'auffi noir
qu'un Merle ,
Qui me chaffe , m'abat fans épée & fans Are.
Ma puiffance fans lui feroit cruelle & Longue ,
Car tel, à grand loifir,épluche une Diphtongue,
Que
FEVRIER
1725. 317
Que la mort , par mes foins , auroit mis dans
fon
A Geneve par J. A M ***
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146
p. 1335-1347
LETTRE écrite de Malte le 6. May 1725. à S. E. M. le Bailly de Mesmes, Ambassadeur de la Religion à la Cour de France, sur la certitude des operations du remede de l'eau à la glace.
Début :
VOUS souhaités, Monsieur, d'être éxactement informé des operations de [...]
Mots clefs :
Eau, Remède, Malades, Guérir, Signe, Capucin, Commandeur, Glace, Religion, Médecins, Fièvre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Malte le 6. May 1725. à S. E. M. le Bailly de Mesmes, Ambassadeur de la Religion à la Cour de France, sur la certitude des operations du remede de l'eau à la glace.
LETTRE écrite de Malte le 6. May
1725. à S. E. M. le Bailly de Mef.
mes , Ambaffadeur de la Religion à la
CourdeFrance, fur la certitude desope
rations du remede de l'eau à la glace.
OUSfouhaités , Monfieur , d'être
éxactement informé des operations
de l'Eau à la glace. Nous en avons été
auffi étonnés que Vous pouvez l'être
en France & dans toute l'Europe. Il faut
2. vol.
1336 MERCURE DE FRANCE.
à l'avance vous affurer que tous ceux
de ma connoiffance qui ont pris ce re
mede , jouiffent aujourd'hui d'une parfai
te fanté je fuis perfuadé même qu'ils
nerefuferont pointde figner cette Lettre ;
difpenfes moi , feulement de me ſervir
des termes de l'Art ; il m'eſt permis de
les ignorer refufés auffi , du moins ,
mon nom à l'impreffion , & fur cepied
là , je vais vous rendre compte de tout
ce que j'ai veu.
Le R. Pere Bernardo Maria de Caftro
giaanne , Capucin Sicilien , vint à Malte
les premiers jours de Mai 1724. pour
paffer à Venife. On nous écrivit de Pa
lerme qu'il faifoit des Cures merveilleu
fes en donnant de l'eau à la glace. Il fut
follicitépar plufieurs Chevaliers malades
& il entreprit d'en guerir quelques uns.
Ils fe logerent tous à la Camaradeavec
le Capucin , qui étoit à portée de les
voir la nuit & le jour. Illes traita tous
d'une maniere differente , c'est-à-dire ,
pour le manger , & pour leur donner
de l'eau plus ou moins , le jour ou la
nuit ; mais dans les premiers jours la
diete fût generale : Nous avons vû des
malades être 25. & 30 jours fans man
ger abfolument , ne beuvant que de l'eau
glacée ; & ceux à qui il permettoit de
* Hopital deMalte.
2.vol.
manger
JUIN 1725.
1337
manger n'étoient nourris que de fixjau
nes d'œuf par jour il donnoit à d'au
tres des Macarons cuits à l'eau , avec
du fromage rapé , d'autres mangeoient le
foir & le matin de la viande. Cette ma
niere irreguliere de conduire fes malades
déconcerta tous nos Medecins.
Le Commandeur Baron de Beveren,
Allemand , fouffroitdepuis long-tems des
palpitations , & une oppreffion de cœur
fi violente, qu'il reftoit fouvent , & long
,
>
tems fans connoiffance & avec des
fueurs froides infaportables. Ces accidens
le prenoient ordinairement la nuit : il
étoit fûr , lorfqu'il mettoit les brashors
du lit de ne pouvoir plus les réchauffer ,
il étoit obligé pendant la Canicule de
porter des Camifoles , & d'être vêtu
comme dans l'Hiver. Il avoit eprouvé a
Londres , à Vienne , en Lorraine , & à
Rome,toutefortede remedes inutilement;
fon teint étoit plombé & livide , & fes
forces diminuoient tous les jours. L'eau
à la glacefit réfoudre un abfcès qu'il avoit
audeffous dela region du cœur,qu'il vuida
partie par les vomiffemens & le refte par
en bas. Il étoit d'une fi grande puanteur
qu'on nepouvoit en approcher. Ilfut très
mal pendant l'operation ; mais en conti
nuant deprendre de l'eau, la playe que l'ab
fcèsavoit faite en dedans , & qui étoitfort
I. vol.
dou
1338 MERCURE DE FRANCE:
douloureufe , fe confolida ; il ne fentit
plus la douleur fixe qu'il avoit à la poi
trine depuis 20 ans. Enfin il fe porte à
merveilles à prefent ; il a paffé l'hiver
›
fans manteau fon teint eft frais & fes
forces font revenues. Il eſt âgé de 56.
ans. Cet article eft figné de fa main le
Commandeur Baron de Beverens. Nous
avons vu l'original ainfi quetous les au
tres dont on va parler.
Le Commandeur Rovero dit Guarena
Piémontois , étoit abandonné des Mede
cins ; fon fang, difoient-ils , trop rempli
d'acides circuloit avec peine , & avoit
fait un dépoft audeffus & au bas dufoye,
ce qui caufoit une dureté qui refiſtoit à
la main & qui s'élevoit fur la peau ;
foit que ce fut un Schirre ou autre cho
fe. Il avoit la couleur livide , & les
jambes enflées , tout cela depuis plus.
d'un an. L'eauglacée a détaché cette ma
tiere par les urines ; on a obfervé qu'elle
étoit blanche , & que fechée au Soleil
elle fe reduifoit en poudre trés-menuë.
Le Schirre s'eft diffipé & ce Comman
deur fe porte mieux qu'il n'a fait de fa
vie ; il eft âgé de 50 ans & a auffi figné
de fa main. Il Comendatorefra Pietro Ro
vero di Guarena.
Le Commandeur Gianne Nobile , de
Trapano , a été délivré par l'eau d'une
I. val
coli
JUIN 1725.
colique nephretique , des vertiges , &
d'une grande foibleſſe d'eſtomac ; il fejoi
1339
gnoit à tout cela des vapeurs qu'on ne
connoît ici que fous le nomde Flattus. 11
255. ans. Signé:Fin'oggi, grace al Signor
doppo voti mei: non ho sentito nefun dolore.
IlCommendator de Neriti.
Le Commandeur André di Giovanni
de Meffine , a été gueri d'une foibleffe
& d'un branlement de tête qui eftoit ac
compagnéd'uneferofitéqui affoibliffoit fa
veuc , il avoit auffi des palpitations de
cour & deschaleurs d'entrailles , le bras
droit comme perclus , l'autre fort foible ,
& les jambes engourdies , il joüit à pre
fent d'uneparfaitefanté , à 45. ans : & a
figné, F. Andrea di Giovanni.
Le ChevalierJofeph de Vafconcellos ;
Portugais , âgé de 25 ans , avoit depuis
deux ans une Diarée , avec une douleur
continuelle de tête & d'eftomac , & depuis
trois ans des palpitations de cœur , avec
le col enflé. Il fe porte aujourd'hui très
bien par le même remede & eft fur le
point de s'embarquer fur les Navires de
la Religion. Signéle ChevalierdeVafcon
cellos.
Le Chevalier Narducci de Luques
âgé de 35 ans , a été pareillement gue
ri en peu de jours d'une diffenterie ac
.compagnée de fievre. Signé le Chevalier
Le
Narducci.
1340 MERCURE DE FRANCE.
Le Chevalier de Seraïnchamps , de
Lorraine , âgé de 38 ans , avoit de très
violentes chaleurs d'entrailles & dans les
reinsdepuis dix ans ,aprèsavoirpris l'eau
glacée pendant48 jours , fesurines furent
fibrulantes qu'elles cafferent trois pots
de chambre de verre tout de fuite &
que les matieres qu'il rendoit le foir parو
les felles , bouilloient & fermentoient
encore le lendemain , il avoitde plus des
douleurs dans les reins , destournoyemens
detête, une chaleur immoderéeaux pieds,
&unefoiblefledans lesjambes ; cependant
il est gros & gras aujourd'hui & fe porte
à merveilles. Signé le Chevalier de Se
rainchamps.
Le Chevalier de S.Leger, deNorman
die , & le Chevalier Petrucci de Sienne,
le premier âgéde 38. ans & le 2 de 28.
ont été l'un & l'autre gueris par le même
remede , d'unehumeuracidedont ils fouf
froientdepuis quelques années ce qui cau
foit à l'un des vertiges avec le ventreten
du , & àl'autreune douleur fixe à la tête
ils font tousdeux en merfur les vaiffeaux
de la Religion.
Le Bailly D. Fabritio Ruffo , Napoli
tain , a été gueri en trois jours d'une vio
lente colique , accompagnée d'une groffe
fiévre, & quelque tems après d'une dou
leur dans les mufcles très-vive ; il fe
2.vol.
porte
JUIN 1725.
1341
porte aujourd'hui très-bien & a 55. ans.
Signé F. Fabritio Ruffo.
Le Chevalier Orighi Romain & le
Chevalier Marco Gironda de Bari, lepre
mier malade d'une Diffenterie & le 2.
d'une enflure aux jambes & fouvent au
refte du corps , depuis long-tems , ont
été auffi gueris ; enforte qu'ils font tous
deux actuellement à la mer pour le fer
yice de la Religion , l'un âgé de 2 2. ans
& l'autre de 35.
Michel-Ange Dorel, Prêtre, tourmen
té d'un flux d'urine , & enfin abandonné
des Medecins , a été fi bien gueri par le
même remede , qu'il eftactuellement en
Sicile,où il est allé prendre l'air , âgé de
de 36 ans. Signé Dorel: pourmon fils,qui
eft abfent,étant alléen Sicile changer d'air.
LeComte Trautshon Allemand , a été
délivré par l'eau glacée d'une migraine
qui le tourmentoit.depuis plufieurs an
nées ; ileft âgé de 25. ans. Signé Comte
de Trautshon...
Le fieur Fortunato Xebaras , Maltois,
âgé de so ans , s'eft delivré par le mê.
me moyen d'une grande perte de fang ,
caufée par les hemorroïdes,
les hemorroïdes, enforte qu'il
en perdoit deux & troislivres à la fois
& d'unegrande foibleffe d'eftomac ; les
Medecins l'avoient abandonné. Cequi eft
attefté dans l'original par le Comman
2, vol.
D deur.
1342 MERCURE DE FRANCE.
deurd'Argouges, en ces termes : J'attefte
comme témoin oculaire la guerifon dudit
Xebaras. Signé le Commandeur d'Ar
gouges..
Le Chevalier Pietro Sarzana , Eſpa
gnol , Page de Son Alteffe Emin. âgé
de 15 ans , a été auffi gueri par l'eau
glacée d'une fievre maligne avec délire,
une toux feche , & dupourpre ; enforte
que lesMedecins l'avoient abandonné. Il
eft actuellement en Espagne en bonne
fanté. Cet article eft attefté de la maniere
2
Le
qui fuit : Par le Commandeur Rovero
de Guarena. Signé Fra Pietro Romero de
Guarena teftimonio di vista.
Chevalier LeonardMarfilli de Sien
ne auf Page de Son Alteffe Emin,
âgé de14ans , a été pareillement délivré
& enpeu dejours d'unefievre continuë
accompagnée d'une douleur de côté ; il
eft actuellement dans fon pays..
Le Commandeur d'Argouges , Fran
çois , âgéde 32 ans , a été.gueri par le
même remede , d'une humeur âcre &
bilieufe qui enflammoit fes yeux, tout
પ્રવ
autre remede n'ayant pû le foulager ; &
dernierement il le fut encore par l'eau
glacée endeux jours , d'un mal fort à la
modeici depuis deux mois , que je crois
être une ebullition de fang , & qu'on
nomme à Malte Pourpourina. On a les
a. al.
mêmes
JUIN 1725.
1343
mêmes fymptomes que dans la petite ve
role & fouvent la fievre. Signele Com
mandeur d'Argouges.
Le Chevalier de Revel de Nice , âgé
de 18ans , après 28 joursde fievre ma
ligne interne , qu'on ne connût pas d'a
bord, a été auffi gueri par notre Mede
cin , & le porte fi bien qu'il eftactuel
lement fur les Vaiffeaux de la Religion.
Cet article eft attefté par le Chevalier
Provane fon oncle. Signé le Chevalier
Provane , en absence de mon néven.
Le fils du Comte Pretiofi , Maltois ,
âgé ſeulement de 6 ans , fut attaqué d'une
fievre continue qui le mit à deux doigts
de la mort l'eau à la glace l'a parfaite
ment gueri , au grand étonnement des
Médecins qui l'avoient abandonné. Ce
même enfant eut trois mois après la pe
tite verole, le Capucin luidonna le méme
remede , mais bien differemment ; car à
mefure qu'il vomiffoit , il lui en faiſoit
prendre jour & nuit. 48 heures après la
premiereprife , la petite verole parut ,
elle s'enfla , fecha , & tomba enfin le
troifiéme jour , fans qu'on ait fenti au
cune mauvaiſe odeur , ni qu'elle ait creu
fé la peau.Il auroit pufortir le quatrième
jour. Le Pere de l'enfant a figné de cette
maniere. Il Contepor miofiglio Pretiosy.
Le Chevalier de Levi , François , at
2. vol.
Dij taqué
1344 MERCURE DE FRANCE.
taqué d'une fievre maligne , abandonné
des Medecins & fans connoiffance , aété
auffi gueri en peude tems.Comme il étoit
malade à l'Infirmerie , S. Alteffe Emin.
obligea les Medecins d'en répondre
ou de le remettre entre les mains du P.د
Capucia , cequ'ils firent ; il fe porteaurs
jourd'hui parfaitementbien,âgé de20ans.
Signé le Chevalier de Levi.n
Le Commandeur Staxi, âgé de 45 ans,
ayant oui parler du Capucin , eft revenu
d'Efpagne a Malte,& a été gueri par fon
remede d'une humeur âcre , dontil étoit
tourmenté depuis long-tems , tousles au
tres remedes luiayant été inutiles. Il avoit
le vifage d'un rouge noirâtre , fon teint
eft revenu & ilfeporte à merveille.
Unhommeaccabléde maux veneriens,
s'avifa de prendre de lui-même l'eau à
la glace fous un autre pretexte ; mais
s'étant declaré au Capucin, celui-cichan
gea feulement la maniere delui donner
l'eau. Elle le faifoit fuer regulierement
une heure & demie tous les matins , &
le refte du jour il trembloit de froid ; il
a été enfin parfaitement gueri. Il ne faut
pas oublier que cette cure a été faite
}
dans le mois de Janvier ; & ce n'eft pas
la feule de cette effece.
Ily aeuplufieurs Chevaliers & d'au
tres perfonnes qui ont été delivrées de
leurs
2. vole.
JUIN 1725.
leurs infirmités par ce même remede ;
mais je crois , Monfieur , qu'il feroit inu
tile de vous en faire un plus long detail.
1345
f
La maniere dont le P. Capucin don
ne l'eau glacée à fes malades , eft, com
me j'ai déja dit , differente , felon les
maux , l'âge & le temperament du
malade maison aobfervé qu'il veut que
tous les malades prennent l'air , les fenê
tres & les portes ouvertes , qu'ils foient
peu couverts ; avec la tête razée, fouvent
fans bonnet , même dans lesfievres ma
1
lignes. Le Chevalier de Revel qui en
eftoit attaqué , marchoit nuds pieds & la
tête razée. Dès qu'il put fe foutenir,ilfut
purgé avecun Melond'eauàlaglace, fans
fouffrirde tranchées & fort doucement.
LeCommandeurGuarena Piedmontois
fe trouva perclus d'unejambe dans letems
de fa cure , & il fut gueri par des fric
tions de glace. Le Medecin en fait faire
fur latête & fur l'eftomac , felon l'état
où il voit les malades ; il ordonne auffi
des lavemens d'eau à la glace , qui font
des effets merveilleux.
Tout le monde a vû ici ce que j'ai
l'honneur de vous écrire. Vous compre
nez affez que les Medecins n'ont rien
oublié au commencement pour décrédi
ter le remede ; mais les Certificats qu'ils
ont efté obligez de fournir aux malades
2. vol.
Dilj
aban
1346 MERCURE DE FRANCE.
abandonnez & remis au Capuçin , lejuſ
tifient parfaitement.
Il faut cependant convenir que l'eau à
la glace n'empêche pas de mourir ceux
qui font, pourainfi dire,frappezdemort
ou quiont attendu trop long-tems : nous
enavonsdeux outrois exemples. M. Bou
garel , Pretre Conventuel, mourut en
moins de trois jours d'une fievre ardente
caufée par un coup de foleil : le Capu
cin dit d'abord, en le voyant , qu'il avoit
befoin de recevoir les Sacremens
,
&
qu'il eftoit prefque inutile de lui donner
Feau à laglace, Le BaillyDuantemourut
auffi en trois jours d'une retention d'uri
ne & d'une inflammation interne : fans
parlerdu Chevalier Caftrioti ; il eft vrai
qu'il lui furvint une attaque d'Apople
xie, & d'autres accidents qui le mirent
C
au tombeau aubout de so. jours.
Le P. Capucin eftfils d'un Apotiquai
re qui eft aufli Docteuren Medecine, &
grand Chymifte ; il quittala pratique or
dinaire de la Medecine pour traiter fes
malades avec l'eau glacée. Il a un frere
Medecin à Saragoffe , qui doit s'embar
quer inceffamment avec toute lafamille
pour venir s'établir ici , avec 300 écus
de penfion , , que Son Alteffe Emin. lui
fait donner , & il traitera à fon profit
les malades quiprendront l'eau à laglace,
2. vol.
car
1347
JUIN 1725.
car il donne ce remede commefonfrere
Je Capucin.
Celui-ci a propofé aux Medecins d'en-,
treprendre de traiter, à leur maniere-or
dinaire , cent malades , & que fi fur ce
nombre , ils en fauvent feulement dix , il
prétend, lui, en guerir 60. plus furement
& enmoins de tems d'un pareil nombre
de cent, à qui il donnera l'eau à la gla
ce. J'oubliois de vous dire que le Capu
cin défend à fes malades de s'echauffer
& de fepromener aufoleil , pour évi
ter la fueur.
Vous recevrez la relation de la cere
monie de l'Eftoc par le Secretaire des
Commandemens de Son Alteffe Emin.
Les Galeres fe préparent pour le retour
du Mgre. On croit que le General ira à
Rome. Nous attendons avec impatience
des nouvelles de France. Si vous croyés
devoir montrer les certificats autentiques
fur les guerifons operées par Teau gla
cée à S. A. S. M. le Duc, vous enêtes
leMaître. Lefrere du Capucinvient d'ar
river. J'ai l'honneur d'eftre avec un par
fait attachement de V. Excellence le très
humble & très-obeiffant Serviteur, F. P.
1725. à S. E. M. le Bailly de Mef.
mes , Ambaffadeur de la Religion à la
CourdeFrance, fur la certitude desope
rations du remede de l'eau à la glace.
OUSfouhaités , Monfieur , d'être
éxactement informé des operations
de l'Eau à la glace. Nous en avons été
auffi étonnés que Vous pouvez l'être
en France & dans toute l'Europe. Il faut
2. vol.
1336 MERCURE DE FRANCE.
à l'avance vous affurer que tous ceux
de ma connoiffance qui ont pris ce re
mede , jouiffent aujourd'hui d'une parfai
te fanté je fuis perfuadé même qu'ils
nerefuferont pointde figner cette Lettre ;
difpenfes moi , feulement de me ſervir
des termes de l'Art ; il m'eſt permis de
les ignorer refufés auffi , du moins ,
mon nom à l'impreffion , & fur cepied
là , je vais vous rendre compte de tout
ce que j'ai veu.
Le R. Pere Bernardo Maria de Caftro
giaanne , Capucin Sicilien , vint à Malte
les premiers jours de Mai 1724. pour
paffer à Venife. On nous écrivit de Pa
lerme qu'il faifoit des Cures merveilleu
fes en donnant de l'eau à la glace. Il fut
follicitépar plufieurs Chevaliers malades
& il entreprit d'en guerir quelques uns.
Ils fe logerent tous à la Camaradeavec
le Capucin , qui étoit à portée de les
voir la nuit & le jour. Illes traita tous
d'une maniere differente , c'est-à-dire ,
pour le manger , & pour leur donner
de l'eau plus ou moins , le jour ou la
nuit ; mais dans les premiers jours la
diete fût generale : Nous avons vû des
malades être 25. & 30 jours fans man
ger abfolument , ne beuvant que de l'eau
glacée ; & ceux à qui il permettoit de
* Hopital deMalte.
2.vol.
manger
JUIN 1725.
1337
manger n'étoient nourris que de fixjau
nes d'œuf par jour il donnoit à d'au
tres des Macarons cuits à l'eau , avec
du fromage rapé , d'autres mangeoient le
foir & le matin de la viande. Cette ma
niere irreguliere de conduire fes malades
déconcerta tous nos Medecins.
Le Commandeur Baron de Beveren,
Allemand , fouffroitdepuis long-tems des
palpitations , & une oppreffion de cœur
fi violente, qu'il reftoit fouvent , & long
,
>
tems fans connoiffance & avec des
fueurs froides infaportables. Ces accidens
le prenoient ordinairement la nuit : il
étoit fûr , lorfqu'il mettoit les brashors
du lit de ne pouvoir plus les réchauffer ,
il étoit obligé pendant la Canicule de
porter des Camifoles , & d'être vêtu
comme dans l'Hiver. Il avoit eprouvé a
Londres , à Vienne , en Lorraine , & à
Rome,toutefortede remedes inutilement;
fon teint étoit plombé & livide , & fes
forces diminuoient tous les jours. L'eau
à la glacefit réfoudre un abfcès qu'il avoit
audeffous dela region du cœur,qu'il vuida
partie par les vomiffemens & le refte par
en bas. Il étoit d'une fi grande puanteur
qu'on nepouvoit en approcher. Ilfut très
mal pendant l'operation ; mais en conti
nuant deprendre de l'eau, la playe que l'ab
fcèsavoit faite en dedans , & qui étoitfort
I. vol.
dou
1338 MERCURE DE FRANCE:
douloureufe , fe confolida ; il ne fentit
plus la douleur fixe qu'il avoit à la poi
trine depuis 20 ans. Enfin il fe porte à
merveilles à prefent ; il a paffé l'hiver
›
fans manteau fon teint eft frais & fes
forces font revenues. Il eſt âgé de 56.
ans. Cet article eft figné de fa main le
Commandeur Baron de Beverens. Nous
avons vu l'original ainfi quetous les au
tres dont on va parler.
Le Commandeur Rovero dit Guarena
Piémontois , étoit abandonné des Mede
cins ; fon fang, difoient-ils , trop rempli
d'acides circuloit avec peine , & avoit
fait un dépoft audeffus & au bas dufoye,
ce qui caufoit une dureté qui refiſtoit à
la main & qui s'élevoit fur la peau ;
foit que ce fut un Schirre ou autre cho
fe. Il avoit la couleur livide , & les
jambes enflées , tout cela depuis plus.
d'un an. L'eauglacée a détaché cette ma
tiere par les urines ; on a obfervé qu'elle
étoit blanche , & que fechée au Soleil
elle fe reduifoit en poudre trés-menuë.
Le Schirre s'eft diffipé & ce Comman
deur fe porte mieux qu'il n'a fait de fa
vie ; il eft âgé de 50 ans & a auffi figné
de fa main. Il Comendatorefra Pietro Ro
vero di Guarena.
Le Commandeur Gianne Nobile , de
Trapano , a été délivré par l'eau d'une
I. val
coli
JUIN 1725.
colique nephretique , des vertiges , &
d'une grande foibleſſe d'eſtomac ; il fejoi
1339
gnoit à tout cela des vapeurs qu'on ne
connoît ici que fous le nomde Flattus. 11
255. ans. Signé:Fin'oggi, grace al Signor
doppo voti mei: non ho sentito nefun dolore.
IlCommendator de Neriti.
Le Commandeur André di Giovanni
de Meffine , a été gueri d'une foibleffe
& d'un branlement de tête qui eftoit ac
compagnéd'uneferofitéqui affoibliffoit fa
veuc , il avoit auffi des palpitations de
cour & deschaleurs d'entrailles , le bras
droit comme perclus , l'autre fort foible ,
& les jambes engourdies , il joüit à pre
fent d'uneparfaitefanté , à 45. ans : & a
figné, F. Andrea di Giovanni.
Le ChevalierJofeph de Vafconcellos ;
Portugais , âgé de 25 ans , avoit depuis
deux ans une Diarée , avec une douleur
continuelle de tête & d'eftomac , & depuis
trois ans des palpitations de cœur , avec
le col enflé. Il fe porte aujourd'hui très
bien par le même remede & eft fur le
point de s'embarquer fur les Navires de
la Religion. Signéle ChevalierdeVafcon
cellos.
Le Chevalier Narducci de Luques
âgé de 35 ans , a été pareillement gue
ri en peu de jours d'une diffenterie ac
.compagnée de fievre. Signé le Chevalier
Le
Narducci.
1340 MERCURE DE FRANCE.
Le Chevalier de Seraïnchamps , de
Lorraine , âgé de 38 ans , avoit de très
violentes chaleurs d'entrailles & dans les
reinsdepuis dix ans ,aprèsavoirpris l'eau
glacée pendant48 jours , fesurines furent
fibrulantes qu'elles cafferent trois pots
de chambre de verre tout de fuite &
que les matieres qu'il rendoit le foir parو
les felles , bouilloient & fermentoient
encore le lendemain , il avoitde plus des
douleurs dans les reins , destournoyemens
detête, une chaleur immoderéeaux pieds,
&unefoiblefledans lesjambes ; cependant
il est gros & gras aujourd'hui & fe porte
à merveilles. Signé le Chevalier de Se
rainchamps.
Le Chevalier de S.Leger, deNorman
die , & le Chevalier Petrucci de Sienne,
le premier âgéde 38. ans & le 2 de 28.
ont été l'un & l'autre gueris par le même
remede , d'unehumeuracidedont ils fouf
froientdepuis quelques années ce qui cau
foit à l'un des vertiges avec le ventreten
du , & àl'autreune douleur fixe à la tête
ils font tousdeux en merfur les vaiffeaux
de la Religion.
Le Bailly D. Fabritio Ruffo , Napoli
tain , a été gueri en trois jours d'une vio
lente colique , accompagnée d'une groffe
fiévre, & quelque tems après d'une dou
leur dans les mufcles très-vive ; il fe
2.vol.
porte
JUIN 1725.
1341
porte aujourd'hui très-bien & a 55. ans.
Signé F. Fabritio Ruffo.
Le Chevalier Orighi Romain & le
Chevalier Marco Gironda de Bari, lepre
mier malade d'une Diffenterie & le 2.
d'une enflure aux jambes & fouvent au
refte du corps , depuis long-tems , ont
été auffi gueris ; enforte qu'ils font tous
deux actuellement à la mer pour le fer
yice de la Religion , l'un âgé de 2 2. ans
& l'autre de 35.
Michel-Ange Dorel, Prêtre, tourmen
té d'un flux d'urine , & enfin abandonné
des Medecins , a été fi bien gueri par le
même remede , qu'il eftactuellement en
Sicile,où il est allé prendre l'air , âgé de
de 36 ans. Signé Dorel: pourmon fils,qui
eft abfent,étant alléen Sicile changer d'air.
LeComte Trautshon Allemand , a été
délivré par l'eau glacée d'une migraine
qui le tourmentoit.depuis plufieurs an
nées ; ileft âgé de 25. ans. Signé Comte
de Trautshon...
Le fieur Fortunato Xebaras , Maltois,
âgé de so ans , s'eft delivré par le mê.
me moyen d'une grande perte de fang ,
caufée par les hemorroïdes,
les hemorroïdes, enforte qu'il
en perdoit deux & troislivres à la fois
& d'unegrande foibleffe d'eftomac ; les
Medecins l'avoient abandonné. Cequi eft
attefté dans l'original par le Comman
2, vol.
D deur.
1342 MERCURE DE FRANCE.
deurd'Argouges, en ces termes : J'attefte
comme témoin oculaire la guerifon dudit
Xebaras. Signé le Commandeur d'Ar
gouges..
Le Chevalier Pietro Sarzana , Eſpa
gnol , Page de Son Alteffe Emin. âgé
de 15 ans , a été auffi gueri par l'eau
glacée d'une fievre maligne avec délire,
une toux feche , & dupourpre ; enforte
que lesMedecins l'avoient abandonné. Il
eft actuellement en Espagne en bonne
fanté. Cet article eft attefté de la maniere
2
Le
qui fuit : Par le Commandeur Rovero
de Guarena. Signé Fra Pietro Romero de
Guarena teftimonio di vista.
Chevalier LeonardMarfilli de Sien
ne auf Page de Son Alteffe Emin,
âgé de14ans , a été pareillement délivré
& enpeu dejours d'unefievre continuë
accompagnée d'une douleur de côté ; il
eft actuellement dans fon pays..
Le Commandeur d'Argouges , Fran
çois , âgéde 32 ans , a été.gueri par le
même remede , d'une humeur âcre &
bilieufe qui enflammoit fes yeux, tout
પ્રવ
autre remede n'ayant pû le foulager ; &
dernierement il le fut encore par l'eau
glacée endeux jours , d'un mal fort à la
modeici depuis deux mois , que je crois
être une ebullition de fang , & qu'on
nomme à Malte Pourpourina. On a les
a. al.
mêmes
JUIN 1725.
1343
mêmes fymptomes que dans la petite ve
role & fouvent la fievre. Signele Com
mandeur d'Argouges.
Le Chevalier de Revel de Nice , âgé
de 18ans , après 28 joursde fievre ma
ligne interne , qu'on ne connût pas d'a
bord, a été auffi gueri par notre Mede
cin , & le porte fi bien qu'il eftactuel
lement fur les Vaiffeaux de la Religion.
Cet article eft attefté par le Chevalier
Provane fon oncle. Signé le Chevalier
Provane , en absence de mon néven.
Le fils du Comte Pretiofi , Maltois ,
âgé ſeulement de 6 ans , fut attaqué d'une
fievre continue qui le mit à deux doigts
de la mort l'eau à la glace l'a parfaite
ment gueri , au grand étonnement des
Médecins qui l'avoient abandonné. Ce
même enfant eut trois mois après la pe
tite verole, le Capucin luidonna le méme
remede , mais bien differemment ; car à
mefure qu'il vomiffoit , il lui en faiſoit
prendre jour & nuit. 48 heures après la
premiereprife , la petite verole parut ,
elle s'enfla , fecha , & tomba enfin le
troifiéme jour , fans qu'on ait fenti au
cune mauvaiſe odeur , ni qu'elle ait creu
fé la peau.Il auroit pufortir le quatrième
jour. Le Pere de l'enfant a figné de cette
maniere. Il Contepor miofiglio Pretiosy.
Le Chevalier de Levi , François , at
2. vol.
Dij taqué
1344 MERCURE DE FRANCE.
taqué d'une fievre maligne , abandonné
des Medecins & fans connoiffance , aété
auffi gueri en peude tems.Comme il étoit
malade à l'Infirmerie , S. Alteffe Emin.
obligea les Medecins d'en répondre
ou de le remettre entre les mains du P.د
Capucia , cequ'ils firent ; il fe porteaurs
jourd'hui parfaitementbien,âgé de20ans.
Signé le Chevalier de Levi.n
Le Commandeur Staxi, âgé de 45 ans,
ayant oui parler du Capucin , eft revenu
d'Efpagne a Malte,& a été gueri par fon
remede d'une humeur âcre , dontil étoit
tourmenté depuis long-tems , tousles au
tres remedes luiayant été inutiles. Il avoit
le vifage d'un rouge noirâtre , fon teint
eft revenu & ilfeporte à merveille.
Unhommeaccabléde maux veneriens,
s'avifa de prendre de lui-même l'eau à
la glace fous un autre pretexte ; mais
s'étant declaré au Capucin, celui-cichan
gea feulement la maniere delui donner
l'eau. Elle le faifoit fuer regulierement
une heure & demie tous les matins , &
le refte du jour il trembloit de froid ; il
a été enfin parfaitement gueri. Il ne faut
pas oublier que cette cure a été faite
}
dans le mois de Janvier ; & ce n'eft pas
la feule de cette effece.
Ily aeuplufieurs Chevaliers & d'au
tres perfonnes qui ont été delivrées de
leurs
2. vole.
JUIN 1725.
leurs infirmités par ce même remede ;
mais je crois , Monfieur , qu'il feroit inu
tile de vous en faire un plus long detail.
1345
f
La maniere dont le P. Capucin don
ne l'eau glacée à fes malades , eft, com
me j'ai déja dit , differente , felon les
maux , l'âge & le temperament du
malade maison aobfervé qu'il veut que
tous les malades prennent l'air , les fenê
tres & les portes ouvertes , qu'ils foient
peu couverts ; avec la tête razée, fouvent
fans bonnet , même dans lesfievres ma
1
lignes. Le Chevalier de Revel qui en
eftoit attaqué , marchoit nuds pieds & la
tête razée. Dès qu'il put fe foutenir,ilfut
purgé avecun Melond'eauàlaglace, fans
fouffrirde tranchées & fort doucement.
LeCommandeurGuarena Piedmontois
fe trouva perclus d'unejambe dans letems
de fa cure , & il fut gueri par des fric
tions de glace. Le Medecin en fait faire
fur latête & fur l'eftomac , felon l'état
où il voit les malades ; il ordonne auffi
des lavemens d'eau à la glace , qui font
des effets merveilleux.
Tout le monde a vû ici ce que j'ai
l'honneur de vous écrire. Vous compre
nez affez que les Medecins n'ont rien
oublié au commencement pour décrédi
ter le remede ; mais les Certificats qu'ils
ont efté obligez de fournir aux malades
2. vol.
Dilj
aban
1346 MERCURE DE FRANCE.
abandonnez & remis au Capuçin , lejuſ
tifient parfaitement.
Il faut cependant convenir que l'eau à
la glace n'empêche pas de mourir ceux
qui font, pourainfi dire,frappezdemort
ou quiont attendu trop long-tems : nous
enavonsdeux outrois exemples. M. Bou
garel , Pretre Conventuel, mourut en
moins de trois jours d'une fievre ardente
caufée par un coup de foleil : le Capu
cin dit d'abord, en le voyant , qu'il avoit
befoin de recevoir les Sacremens
,
&
qu'il eftoit prefque inutile de lui donner
Feau à laglace, Le BaillyDuantemourut
auffi en trois jours d'une retention d'uri
ne & d'une inflammation interne : fans
parlerdu Chevalier Caftrioti ; il eft vrai
qu'il lui furvint une attaque d'Apople
xie, & d'autres accidents qui le mirent
C
au tombeau aubout de so. jours.
Le P. Capucin eftfils d'un Apotiquai
re qui eft aufli Docteuren Medecine, &
grand Chymifte ; il quittala pratique or
dinaire de la Medecine pour traiter fes
malades avec l'eau glacée. Il a un frere
Medecin à Saragoffe , qui doit s'embar
quer inceffamment avec toute lafamille
pour venir s'établir ici , avec 300 écus
de penfion , , que Son Alteffe Emin. lui
fait donner , & il traitera à fon profit
les malades quiprendront l'eau à laglace,
2. vol.
car
1347
JUIN 1725.
car il donne ce remede commefonfrere
Je Capucin.
Celui-ci a propofé aux Medecins d'en-,
treprendre de traiter, à leur maniere-or
dinaire , cent malades , & que fi fur ce
nombre , ils en fauvent feulement dix , il
prétend, lui, en guerir 60. plus furement
& enmoins de tems d'un pareil nombre
de cent, à qui il donnera l'eau à la gla
ce. J'oubliois de vous dire que le Capu
cin défend à fes malades de s'echauffer
& de fepromener aufoleil , pour évi
ter la fueur.
Vous recevrez la relation de la cere
monie de l'Eftoc par le Secretaire des
Commandemens de Son Alteffe Emin.
Les Galeres fe préparent pour le retour
du Mgre. On croit que le General ira à
Rome. Nous attendons avec impatience
des nouvelles de France. Si vous croyés
devoir montrer les certificats autentiques
fur les guerifons operées par Teau gla
cée à S. A. S. M. le Duc, vous enêtes
leMaître. Lefrere du Capucinvient d'ar
river. J'ai l'honneur d'eftre avec un par
fait attachement de V. Excellence le très
humble & très-obeiffant Serviteur, F. P.
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Résumé : LETTRE écrite de Malte le 6. May 1725. à S. E. M. le Bailly de Mesmes, Ambassadeur de la Religion à la Cour de France, sur la certitude des operations du remede de l'eau à la glace.
Le 6 mai 1725, une lettre adressée à Monsieur le Bailli de Mèf, ambassadeur de la Religion à la Cour de France, rapporte les succès d'un remède à base d'eau glacée administré par le Père Bernardo Maria de Castrogiovanni, un capucin sicilien arrivé à Malte en mai 1724. Ce remède a été bénéfique pour plusieurs chevaliers malades, accompagnés de régimes alimentaires spécifiques. Parmi les guérisons notables, on compte celle du Commandeur Baron de Beveren, libéré de palpitations cardiaques et d'oppressions thoraciques, et celle du Commandeur Rovero dit Guarena, soulagé de problèmes circulatoires et hépatiques. D'autres cas de guérison incluent ceux du Commandeur Gianne Nobile de Trapani, du Commandeur André di Giovanni de Messine, et du Chevalier Joseph de Vasconcellos, tous délivrés de divers maux. La lettre mentionne également les guérisons du Chevalier de Serainchamps, du Chevalier de S.Leger, du Chevalier Petrucci, et du Bailly D. Fabritio Ruffo, entre autres. Initialement sceptiques, les médecins locaux ont fini par reconnaître l'efficacité du traitement. Le capucin, fils d'un apothicaire et docteur en médecine, a proposé un défi aux médecins pour démontrer la supériorité de son remède. La lettre se termine par des informations sur les préparatifs de retour des galères et l'attente de nouvelles de France.
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147
p. 329-330
PREMIERE ENIGME.
Début :
Sans contredit les Enfers m'ont fait naître, [...]
Mots clefs :
Petite vérole
148
p. 2015
A MADAME LA BARONNE D'IGÉ. MADRIGAL, Fait ensuite d'une maladie.
Début :
Les services que je vous rends, [...]
Mots clefs :
Convalescence, Baronne d'Igé, Malade, Triolets
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texteReconnaissance textuelle : A MADAME LA BARONNE D'IGÉ. MADRIGAL, Fait ensuite d'une maladie.
A MADAME LA BARONNE D'IGE' ,
MADRIGAL,
Fait ensuite d'une maladie.
L
Es ſervices que je vous rends ,
Sont d'une affez grande importance
Quand nous ne ferions point parens ,
Pour vous intereſſer à ma convalefcence :
Il ſemble que mes maux vous foient indiffe
rens ,
Et c'eſt ce que m'annonce un rigoureux filence.
Cependant , belle Igé , quand je ne ſerai plus ,
A faute d'une douce oeillade ,
Qui pourroit du trèpas préſerver un Malade ,
Vous connoîtrez les biens que vous aurez
perdus .
Onpeut vous donner ſerenade,
Ou vous écrire des Poulets ,
On peut, s'il vous en prend envie,
Devant vons danſer des Balets ;
Mais , quand j'aurai perdu la vie ,
Qui vous fera des Triolets ?
MADRIGAL,
Fait ensuite d'une maladie.
L
Es ſervices que je vous rends ,
Sont d'une affez grande importance
Quand nous ne ferions point parens ,
Pour vous intereſſer à ma convalefcence :
Il ſemble que mes maux vous foient indiffe
rens ,
Et c'eſt ce que m'annonce un rigoureux filence.
Cependant , belle Igé , quand je ne ſerai plus ,
A faute d'une douce oeillade ,
Qui pourroit du trèpas préſerver un Malade ,
Vous connoîtrez les biens que vous aurez
perdus .
Onpeut vous donner ſerenade,
Ou vous écrire des Poulets ,
On peut, s'il vous en prend envie,
Devant vons danſer des Balets ;
Mais , quand j'aurai perdu la vie ,
Qui vous fera des Triolets ?
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Résumé : A MADAME LA BARONNE D'IGÉ. MADRIGAL, Fait ensuite d'une maladie.
Le texte est un madrigal adressé à la Baronne d'Igé. L'auteur y exprime ses services et déplore son indifférence face à sa maladie. Il prévient qu'elle regrettera son silence après sa mort, car personne ne pourra lui offrir les mêmes attentions. Il souligne l'unicité de ses triolets, qu'elle ne pourra plus recevoir après sa disparition.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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149
p. 105
Huitiéme Enigme.
Début :
Quelque secours de moi que vous deviez attendre, [...]
Mots clefs :
Lancette
150
p. 1392-1393
ENIGME.
Début :
Curieux, voici ma nature. [...]
Mots clefs :
Lancette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Curieux , voici ma nature.
Un Artifan employe à ma ſtructure ,
Divers materiaux entre lefquels l'acier
N'eft mis en oeuvre le dernier.
Semblable à l'Epigramme , une pointe bien fine
Me fait valoir , & me termine.
Mon trifte fort me met entre les mains
D'un Maître des plus inhumains.
Quoique du mal qu'il me fait faire
Prefque toûjours , il tire un affûré ſalaire ,
Plus des trois quarts du tems it me tient en
prifon.
Je bleffe bien des gens en certaine faiſon :
2.vol. Plus .
JUIN. 1393
1728.
Plus que des traits d'amour ma bleffure eft fenfible.
Salutaire pour l'un , pour l'autre elle eſt nuifible
;
En l'un & l'autre cas , je n'ai raiſon ni tort
De mon Maître je fuis la grave fantaiſie :
Si quelquefois je rends la vie ,
Quelquefois je donne la mort.
Curieux , voici ma nature.
Un Artifan employe à ma ſtructure ,
Divers materiaux entre lefquels l'acier
N'eft mis en oeuvre le dernier.
Semblable à l'Epigramme , une pointe bien fine
Me fait valoir , & me termine.
Mon trifte fort me met entre les mains
D'un Maître des plus inhumains.
Quoique du mal qu'il me fait faire
Prefque toûjours , il tire un affûré ſalaire ,
Plus des trois quarts du tems it me tient en
prifon.
Je bleffe bien des gens en certaine faiſon :
2.vol. Plus .
JUIN. 1393
1728.
Plus que des traits d'amour ma bleffure eft fenfible.
Salutaire pour l'un , pour l'autre elle eſt nuifible
;
En l'un & l'autre cas , je n'ai raiſon ni tort
De mon Maître je fuis la grave fantaiſie :
Si quelquefois je rends la vie ,
Quelquefois je donne la mort.
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