Résultats : 11646 texte(s)
Détail
Liste
201
p. 263-265
« Je croyois finir par un grand Article des Modes, & [...] »
Début :
Je croyois finir par un grand Article des Modes, & [...]
Mots clefs :
Défense de l'or et de l'argent, Article des Modes, La Reynie, Ordonnances du roi
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texteReconnaissance textuelle : « Je croyois finir par un grand Article des Modes, & [...] »
le croyois finir par un grand Arti- cle des Modes,&vous parler desriches Etofes qui ſe preparoient ;mais la De- fence de l'Or & de l'Argent qui a eſté publiée icy , a rompu toutes mes mefu- res. On a fait courir le bruit qu'il étoit arrivé du deſordre en arreſtant quel-
GALANT. 173
1
ques Particuliers qui avoient ofé contrevenir à cette Defence; mais j'ay de la peine àcroire qu'on s'y ſoit voulu expoſer ,dans laconnoiffance qu'on a
de l'exactitude avec laquelle Monfieur de la Reynie maintient les Ordonnan- ces du Roy, Sa Majesté a bien lieu de ſe repoſer ſur les ſoins de ce grand Hommepour l'execution de ſes volon- tez. Iamais la Police n'a eſtény ſi bien,
ny ſi avantageuſement obſervée que depuis qu'elle luy a eſté commiſe , &
onpeutdire que Paris luy eſt redeva- blede quantité de choſes commodes ou utiles , qu'une moindre vigilance quela ſienne ne ſeroit pas venu à bout d'établir.
GALANT. 173
1
ques Particuliers qui avoient ofé contrevenir à cette Defence; mais j'ay de la peine àcroire qu'on s'y ſoit voulu expoſer ,dans laconnoiffance qu'on a
de l'exactitude avec laquelle Monfieur de la Reynie maintient les Ordonnan- ces du Roy, Sa Majesté a bien lieu de ſe repoſer ſur les ſoins de ce grand Hommepour l'execution de ſes volon- tez. Iamais la Police n'a eſtény ſi bien,
ny ſi avantageuſement obſervée que depuis qu'elle luy a eſté commiſe , &
onpeutdire que Paris luy eſt redeva- blede quantité de choſes commodes ou utiles , qu'une moindre vigilance quela ſienne ne ſeroit pas venu à bout d'établir.
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Résumé : « Je croyois finir par un grand Article des Modes, & [...] »
La publication d'une défense sur l'or et l'argent a interrompu les projets de l'auteur sur les riches étoffes et les modes. Des rumeurs d'arrestations ont circulé, mais l'auteur en doute. Il loue l'efficacité de Monsieur de la Reynie dans le maintien des ordonnances royales, soulignant une gestion exemplaire de la police à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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202
p. 265-267
« Je ne vous dis rien de nostre Armée d'Allemagne. [...] »
Début :
Je ne vous dis rien de nostre Armée d'Allemagne. [...]
Mots clefs :
Armée d'Allemagne, Gazette, Nouvelles, Public, Action de Guerre, Historiette
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texteReconnaissance textuelle : « Je ne vous dis rien de nostre Armée d'Allemagne. [...] »
Ie nevous disriende noſtre Armée
d'Allemagne. Ces ſortes deNouvelles appartiennent à la Gazette. Elle aſoin d'en informer le Public chaque Semai- ne àmeſure que les choſes arrivent, &
je vous y laiſſe prendre part comme les autres. S'il m'arrive de vous entretenir de quelque grande Action de Guerrre, ce n'eſt jamais qu'apres quel- le eſt entierement conſommée. Il ne
174 LE MERCVRE m'importe enquel temps j'en ramaſſe les circonstances , &ce que je vous en envoye ſe doit pluſtoſt appeller un morceau d'Histoire qu'une Nouvelle que vous ignoriez. Ainſi , Madame,
vous ne devez point eſtre ſurpriſe ſi j'ay meſlé le Siege de S. Omer aux Nouvelles de ceMois,quoyqu'il y en ait déja trois que cette Place s'eſt ren- duë. Ie remets àvous parler dans ma premiere Lettre du merite deceux à
qui le Roy adonné des Eveſchez &
desAbbayes, ou qui onteſté faits Pre- miers Preſidens. I'ay des Vers du Grand Corneille ſur les Victoires de
Sa Majefté ; j'en ayde M.de Fontenel- le ſon Neveu, qui vous plairont encor davantage que l'Amour Noyé que vousapprouvez tant , &je ne manque pas d'Avantures pour faire d'agreables Hiſtoriettes. Ieſuistoujours,&c.
ALyon le 1.de Iuillet 1677.
d'Allemagne. Ces ſortes deNouvelles appartiennent à la Gazette. Elle aſoin d'en informer le Public chaque Semai- ne àmeſure que les choſes arrivent, &
je vous y laiſſe prendre part comme les autres. S'il m'arrive de vous entretenir de quelque grande Action de Guerrre, ce n'eſt jamais qu'apres quel- le eſt entierement conſommée. Il ne
174 LE MERCVRE m'importe enquel temps j'en ramaſſe les circonstances , &ce que je vous en envoye ſe doit pluſtoſt appeller un morceau d'Histoire qu'une Nouvelle que vous ignoriez. Ainſi , Madame,
vous ne devez point eſtre ſurpriſe ſi j'ay meſlé le Siege de S. Omer aux Nouvelles de ceMois,quoyqu'il y en ait déja trois que cette Place s'eſt ren- duë. Ie remets àvous parler dans ma premiere Lettre du merite deceux à
qui le Roy adonné des Eveſchez &
desAbbayes, ou qui onteſté faits Pre- miers Preſidens. I'ay des Vers du Grand Corneille ſur les Victoires de
Sa Majefté ; j'en ayde M.de Fontenel- le ſon Neveu, qui vous plairont encor davantage que l'Amour Noyé que vousapprouvez tant , &je ne manque pas d'Avantures pour faire d'agreables Hiſtoriettes. Ieſuistoujours,&c.
ALyon le 1.de Iuillet 1677.
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Résumé : « Je ne vous dis rien de nostre Armée d'Allemagne. [...] »
Le 1er juillet 1677, à Lyon, l'auteur d'une lettre informe le destinataire des nouvelles concernant l'armée en Allemagne, publiées chaque semaine dans la Gazette. Il précise qu'il ne relate les grandes actions de guerre qu'après leur complète réalisation, les présentant comme des récits historiques plutôt que des nouvelles. L'auteur justifie l'inclusion du siège de Saint-Omer dans les nouvelles du mois, bien que cet événement ait eu lieu trois semaines auparavant. Il promet de discuter dans une prochaine lettre des mérites des personnes ayant reçu des évêchés, des abbayes ou des nominations de premiers présidents par le roi. L'auteur possède également des vers de Pierre Corneille célébrant les victoires du roi, ainsi que des poèmes de Bernard de Fontenelle, le neveu de ce dernier. Il mentionne ne pas manquer d'aventures pour créer des historiettes agréables.
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203
p. 267
« On donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant, le premier [...] »
Début :
On donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant, le premier [...]
Mots clefs :
Tome, distribution, Blageart
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texteReconnaissance textuelle : « On donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant, le premier [...] »
O
N donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant, le pre^
tnïer jour de chaque Mois (ans aucun retardement II fe diftribuëra toûjours en blanc chez-le Sieur Blageart,
Imprimeur-Libraire, Rué S.Jacques,
à rentrée de la Rué du Plaftre. Et au
Palais, où on le vendra vingt fols
relié en Veau , 6c quinze relié en
Parchemin.
N donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant, le pre^
tnïer jour de chaque Mois (ans aucun retardement II fe diftribuëra toûjours en blanc chez-le Sieur Blageart,
Imprimeur-Libraire, Rué S.Jacques,
à rentrée de la Rué du Plaftre. Et au
Palais, où on le vendra vingt fols
relié en Veau , 6c quinze relié en
Parchemin.
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204
s. p.
« Et ledit Sieur DAN. a cedé son droit de Privilege [...] »
Début :
Et ledit Sieur DAN. a cedé son droit de Privilege [...]
Mots clefs :
Droit de privilège, Blageart
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texteReconnaissance textuelle : « Et ledit Sieur DAN. a cedé son droit de Privilege [...] »
Kt ledit Sieur Dam. a cedé'fon droit de
Privilège à C. Blageart, Imprimeur-Libraire, fuivant l’accord faitentr’eux.
Privilège à C. Blageart, Imprimeur-Libraire, fuivant l’accord faitentr’eux.
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205
s. p.
« Achevé d'imprimer pour la première fois le premier Juillet 1677. [...] »
Début :
Achevé d'imprimer pour la première fois le premier Juillet 1677. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Achevé d'imprimer pour la première fois le premier Juillet 1677. [...] »
Achevé d'imprimer pour la première fois le premier Juillet 1677.
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206
s. p.
« Je vous l'avouë, Madame, j'ay de la joye que les [...] »
Début :
Je vous l'avouë, Madame, j'ay de la joye que les [...]
Mots clefs :
Lettres, Contenter, Public
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texteReconnaissance textuelle : « Je vous l'avouë, Madame, j'ay de la joye que les [...] »
E vous l'avoüe , Madame , j'ay de la joye que les lettres que vous me permettez de vous addreſſer ayent un ſi grand
cours dans le monde; &l'em--
barras où je me trouve quel- quefois pour choifir parmy ce qu'on m'apporte de tous co- ſtez , ce que je croy de plus
curieux , pour vous , ne dimiTome V. A
2 LE MERCVRE
:
nuë rien du plaifir que je me fais de contenter le Public , en
luy faiſant part de ce que je vous envoye.
cours dans le monde; &l'em--
barras où je me trouve quel- quefois pour choifir parmy ce qu'on m'apporte de tous co- ſtez , ce que je croy de plus
curieux , pour vous , ne dimiTome V. A
2 LE MERCVRE
:
nuë rien du plaifir que je me fais de contenter le Public , en
luy faiſant part de ce que je vous envoye.
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207
p. 2-3
« Je commence par un Sonnet qui n'est pas dans l'exacte [...] »
Début :
Je commence par un Sonnet qui n'est pas dans l'exacte [...]
Mots clefs :
Sonnet, Espagnol, Apprendre
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texteReconnaissance textuelle : « Je commence par un Sonnet qui n'est pas dans l'exacte [...] »
Je commence par un Sonnet qui n'eſt pas dans l'exacte régularité , mais qui ne laiſſe pas d'avoir fon agrément par ſes expreffions naturelles. Vne aimable Fille
dont la converſation eſt un
charme pour tous ceux qui la connoiſſent particulierement ,
avoit prié unde ſes Amis , fa- çond'Amant,deluy apprendre l'Eſpagnol , parce qu'elle avoit entendudireque cetteLangue avoitje ne ſçay quoy de maje- ftueux &de fier qui répondoit affez à fon caractere. On ne
refufe rien à ce qu'on aime. It s'engagea volontiers à cequ'el- le ſouhaitoit de luy , & pour
GALANT. 3
l'en mieux aſſurer , il luy en- voya ce Sonnet dés le jour mefme.
dont la converſation eſt un
charme pour tous ceux qui la connoiſſent particulierement ,
avoit prié unde ſes Amis , fa- çond'Amant,deluy apprendre l'Eſpagnol , parce qu'elle avoit entendudireque cetteLangue avoitje ne ſçay quoy de maje- ftueux &de fier qui répondoit affez à fon caractere. On ne
refufe rien à ce qu'on aime. It s'engagea volontiers à cequ'el- le ſouhaitoit de luy , & pour
GALANT. 3
l'en mieux aſſurer , il luy en- voya ce Sonnet dés le jour mefme.
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Résumé : « Je commence par un Sonnet qui n'est pas dans l'exacte [...] »
Un homme écrit un sonnet à une jeune femme charmante qui souhaite apprendre l'espagnol pour sa majesté. Il accepte de lui enseigner la langue et lui envoie le sonnet comme preuve de son engagement. Le sonnet, bien que non parfaitement régulier, est apprécié pour ses expressions naturelles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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208
p. 5-6
« Ces quatorze Vers, si vous ne voulez pas les appeller [...] »
Début :
Ces quatorze Vers, si vous ne voulez pas les appeller [...]
Mots clefs :
Chien, Éloge
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texteReconnaissance textuelle : « Ces quatorze Vers, si vous ne voulez pas les appeller [...] »
Ces quatorze Vers , ſi vous ne voulez pas les appeller un Sonnet , font de M de Fontenelle ; & comme vous ne me
tiendriez pas quite , ſi je ne
i
GALANT. 5
vous envoyois riendavantage de luy , en voicyd'autres qu'il fit il y aquelque temps,&dont l'enjouëmét a paru fort agrea- ble. C'eſt un Chien qui en a
fourny la matiere , & elle ne ſemblera peut-eftre pas aſſez relevée aux délicats ; mais
pourquoy dédaigneroit-on de faire desVers pour un Chien,
puisqu'un de nos plus renom- mezAutheurs a fait autrefois
lesloüangesde la FiévreQuar- Marqués eft untres -joly petitAnimal. Il futapportédes ſes premiers mois d'Arragon en France,&il merite bien l'E- loge que vousallezvoir
tiendriez pas quite , ſi je ne
i
GALANT. 5
vous envoyois riendavantage de luy , en voicyd'autres qu'il fit il y aquelque temps,&dont l'enjouëmét a paru fort agrea- ble. C'eſt un Chien qui en a
fourny la matiere , & elle ne ſemblera peut-eftre pas aſſez relevée aux délicats ; mais
pourquoy dédaigneroit-on de faire desVers pour un Chien,
puisqu'un de nos plus renom- mezAutheurs a fait autrefois
lesloüangesde la FiévreQuar- Marqués eft untres -joly petitAnimal. Il futapportédes ſes premiers mois d'Arragon en France,&il merite bien l'E- loge que vousallezvoir
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Résumé : « Ces quatorze Vers, si vous ne voulez pas les appeller [...] »
Le texte présente des vers de M. de Fontenelle, dont certains traitent d'un chien. L'auteur justifie ce sujet en citant un auteur renommé qui avait loué la fièvre quartaine. Le chien, décrit comme un 'très joli petit animal', a été apporté d'Aragon en France alors qu'il était jeune. Un éloge de cet animal est annoncé.
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209
p. 14
« Pensez de ces Vers tout ce qu'il vous plaira; vous [...] »
Début :
Pensez de ces Vers tout ce qu'il vous plaira; vous [...]
Mots clefs :
Méchante humeur, Lecture
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texteReconnaissance textuelle : « Pensez de ces Vers tout ce qu'il vous plaira; vous [...] »
enſez de ces Vers tout ce
qu'il vous plaira ; vous eſtes de méchante humeur ſi vous
regrettez le temps que vous aura pû couſter leur lecture,
qu'il vous plaira ; vous eſtes de méchante humeur ſi vous
regrettez le temps que vous aura pû couſter leur lecture,
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210
p. 14-33
Avanture de Monsieur le Vicomte de. [titre d'après la table]
Début :
je ne me hazarderois pas volontiers apres cela, à vous [...]
Mots clefs :
Dame, Humeur, Vers, Galant, Visite, Beauté, Faveurs, Affaires du coeur, Amour, Billet
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texteReconnaissance textuelle : Avanture de Monsieur le Vicomte de. [titre d'après la table]
je ne me hazarderois pas vo- lontiers apres cela, à vous con- ter familierement ce qui eſt
arrivé depuis peu à Male Vi- comte de *** Ie ne ſçay ſi vous le connoiſſez. Il eſt naturellement Galant , & il a peine à
voir une Femme aymable fans luydire des douceurs , mais il eſt délicat ſur l'engagement,&
pour le toucher ilne fuffit pas
B
#4 LE MERCVRE
toûjours d'eſtre Belle. Il y a
quelque temps que parmy des Dames de fa connoiſſance
qu'il rencontra aux Thuille- ries, il en vit une dontla beauté
le ſurprit. Il demandaqui elle eſtoit , entra en converfarion
avec elle, luy dit d'obligeantes folies , & luy rendit Viſite le lendemain. La Damele reçeut auſſi favorablementqu'elle l'a-- voit écouté aux Thuilleries.
LeVicomte fait figure dans le beau monde , &elle n'euſt pas eſtéfachéequ'on l'euſt crûde ſes Soûpirans. Il eut quelque affiduité pour elle,&il ne la vit pas longtemps ſans connoiſtre qu'il eſtoit aimé ; mais toute belle qu'elle eft,elle n'eûtpoint pour luy ce que je n'ay quoy
qui pique : Ses manieres luy
GALANT. 15 deplurent ; il luy trouva une fuffiſance inconfiderée , un efprit mal tourné , quoy qu'elle ne foit pas fans eſprit; &com- me il ceſſa de luy dire qu'il l'aimoit dés laquatrième Vifi- re, il eut abſolument ceffé de
la voir , ſans une jeune Parente qu'il rencõtra chez elle, & qui futtout-à-faitſelon fon cœur.
Elle n'eſtoit pas fi belleque la Dame,mais elle reparoit cede- faut par des agrémensquipour un Home de fon gouft étoient
bien plus touchas que la Beau- té. Elle ne diſoit rienqui ne fut juſte & fpirituel , c'eſtoit une maniere aiſee en toutes choſes , pointde contrainte , point d'affectation , Elle chantoit
comme un Ange, & toute fa Perſonne plût tellement au
B 2
16 LE MERCVRE
Vicomte , que ce ne fut que pour elle ſeule qu'il continua ſes affiduitez où il la voyoit.
Comme elle ne le pouvoit re- cevoir chez elle , il ſe mit affez
bien dans ſon eſpritpour ſça- voir quand elle devoit rendre Viſite à ſa Parente , & fi elle
n'y pouvoit venir de trois jours , il paffoit auffi trois jours ſans yvenir. Ce manque d'em-.
preſſement n'accommodoit point la Dame , qui s'eſtoit laiffée prendre tout debon au merite du Vicomte. Elle crût
quele tropde fierté qu'elle luy marquoit en eſtoit la cauſe ,&
refolut de s'humanifer pour le mettre avec elle dans une liaifondont il ne luy fuſt pas per- mis de ſe dédire. Elle commença par de petites avances
GALANT. 17
flateuſes qui jetterent le Vi- comtedans un nouvel embarras . Ce n'eſt pas qu'il ſoit in- fenfible aux faveurs des Belles , au contraire il n'y a rien qu'il ne faffe pour s'en rendre digne , mais il veut aimerpour cela , & à moins que cetaffai- ſonnement ne s'y trouve , les faveurs ne font rien pour luy.. Ainſi quand il avoit le malد
ſe rencontrerſeulavec EU
YO
1803
heurde la Dame, il ne manquoit
mais à luy parler de Cam bray ou de ſaint Omer
Elle avoit beau l'interrompre pour tournerlediſcours fur les
affaires du cœur , il revenoit
toûjours àquelque attaque de
Demy-lune; & fi la Dame ſe
montroir quelquefois un peu trop obligeante pour luy , il
:
B 3
18 LE MERCVRE
recevoit cela avec une modeſtie qui la chagrinoit encor plus que les Contes de Guerre qu'il luy faiſoit. Cependant la belle humeur où il ſe mettoit
ſi toſt qu'il voyoit entrer l'ai- mable Parente , cauſa un defordre auquel il n'y eut plus moyen de remedier. LaDame ouvrit le yeux , obſerva le Vicomte , connut une partie de ce qu'il avoitdans le cœur, &
entra un jour dans un fi fu- rieux tranſport de jaloufie contre ſa Parente , apres qu'il les eut quittées , qu'elle luy defendit ſa Maiſon. Le Vicomte qui n'en eſtoit point averty,
fut furpris de ne la point voir le lendemain au rendez-vous
qu'elle luy avoit donné ; il y
retourna inutilement les deux
jours ſuivans , & ne ſcachant
GALANT. 19
que s'imaginer de ce change- ment ,il chercha l'occaſionde
luyparler chez une Dame où il ſçeut qu'elle alloit affez fou- vent. Cefut là que cette aima- blePerſonneluy apprit l'inful- te qu'on luy avoit faite pour luy. Il en eut un chagrin in- concevable , & luy ayant juré qu'il ne reverroit jamais fapeu touchante Parente , il reſvoit
chez luy aux moyens qu'il devoit tenir pour la rupture ,
quand on luy en apporta un Billet. La Dame s'eſtoit aviſée
de ſe vouloir plaindre de ſa froideur ; mais comme elle
cherchoit toûjours plus à luy plairequ'àle facher , elle crût quepourne le pas effaroucher par ſes reproches , il falloit du moins les rendre agreables par leur maniere ; & s'imaginant
20 LE MERCVRE
que les Vers autorifoient ceux quiaiment à s'expliquer plus librement que la Profe , elle s'eſtoit addreſſée àun Homme
qui la voyoit quelquefois &
qui en faiſoit d'aſſez paflables.. Toutfut miſtere pour luy; Elle luy dit ſeulement les choſes dont on ſe plaignoit , & il fal- lut qu'il fiſt les Vers ſans ſca-- voirny à quiils devoienteſtre envoyez, ny quiestoit laDa- me qui avoitſujetde ſe plain- dre. Les voicy tels que leVi- comte les reçeut..
V
Ous m'avez dit que vous
maimez,
Et je vous l'ay d'abord ory dire
avecjoye
Mais que voulez-vous quej'en
croye,
Sivous neme le confirmez..?
GALANT. 21
YON
Lalangue est quelque chose,&de Son témoignage Lecharme est doux àqui l'attend;
Mais croyez- vous que pour
estre content ,
Il nefaille rien davantage?
Ce n'est pas tout dedire , ilfaut
estre empressé Aconvaincre les Gens de cequ'on
leur proteste ;
Etquandla langue acomencé
C'est au cœuràfaire le reste.
Il est centpetitsfoins qu'unEsprit complaifant
Trouve à faire valoir quand l'amour est extréme ;
Et c'eſt ſouvent enſe taiſant,
Qu'onditplusfortement qu'on
aime.
22 LE MERCVRE
Des regards enflamez, un foûrive
flateur ,
Font aux Amans entendre des
• merveilles ;
Et j'amcmieux ce quife ditau
cœur ,
Quece qu'onditpour les oreilles..
Tout doit tendre àdonner des
preuves defafoy;
Lereste ,puresbagatelles..
Lors que vous me voyez , le grand
ragoustpour moy ,
Quevousmecontiez des nouvelles!
Dites-moy mille fois que charmé demevoir,
Vous ne trouvezque moy d'aima- blefur laterre ;
Aquoybon meparler de combats
°uerre ,
GALANT. 23 Quandj'ay de vous autre chose à
Sçavoir?
Qu'on ait fait quelque exploit
d'une importance extréme ,
Vn autrepeut me l'expliquers
Mais un autre que vous, du moins
Sans me choquer ,
Nepeut me dire , je vous aime.
C'est par vous que ces motsfont pourmoypleins d'appas.
Cependant que faut-il de vous que je soupçonne ? 1
Sijevous tens lamain, vous ne la baiſezpas ,
Quoyque vous ne foyez obſervé depersonne.
Ilſemble que toûjours timide, circonfpect ,
Vous estantdit Amant , vous n'ofiez leparoiſtre ,
24 LE MERCVRE
Etque chez vous l'Amour,quipar
tout fait le Maistre ,
Soit enchaînépar le respect.
Non,non, vous n'aimezpoint, j'en
ay la certitude ,
Iay voulu meflater en vain jufqu'à ce jour ;
L'aveuque je reçeus d'abord de
voſtre amour ,
Fut unedouceur d'habitude.
C'eſtſans vous laiſſer enflamer ,
Que vostre cœur quand il vous
plaiftfoûpire;
Et vous nesçavez pas aimer ,
Voussçavezseulement le dire.
Ces Vers que le Vicomte auroit trouvez jolis ſur toute autre matiere , luy déplûrent fur celle- cy. Il eſtoit déja de méchante
GALANT. 25 méchante humeur. Ildit qu'il envoyeroit laRéponſe; &pour la rendrede la meſme maniere
qu'il avoit reçeu le Billet , il alla emprunterle ſecours d'un de ſes plus particuliers Amis.
Cequ'ilyeutde plaiſant , c'eſt que c'eſtoit celuy meſme qui avoit déja fait les Vers de la
Dame , & qui ayant appris toute fon Hiſtoire par le Vi- comte, fut ravy de trouver une occaſion ſi propre à ſe vanger de la fineſſe qu'elle luy avoit faite. Le Vicomte le pria de meſler quelque choſede mali- cieux dans cette Réponſe , &
de la faire aſſez piquante pour obliger la Dame àne fauhaiter jamais de le revoir. Il y con- ſentitd'autantplus volontiers,
que la Dame ſuy ayant caché,
C
26 LE MERCVRE
qu'elle euſt intereſt à l'affaire,
il ne devoit pas craindre de ſe broüiller avec elle,quandmef- me elle viendroit àdécouvrir
qu'il euſt fait les Vers. Il les ap- porta une heure apres au Vi- comte, qui les envoya dés le jour meſme. Ils eftoientunpeu cavaliers , comme vous l'allez
voir par leur lecture.
C
E n'est pas d'aujourd'huy qu'en Chevalier courtois
Ien conte aux Belles d'importance
Maisilfaitmalfeur quelquefois Mefaire une agreable avance
Surla trop credule esperance ,
Que desemblablespaffe-droits M'obligerontà la conſtance.
Moncœur às'engagerjamais ne Se résout,
GALANT. 27
Et des plus doux attraitsfut la Belle affortie Qui croit tenter mon humble
modestie ,
Quadma coplaisance est àbout,
I'aime mieux quitter lapartie,
Quede risquer àgagnertout.
Apparemment la Dame ſe le tint pourdit , du moins elle dût connoiſtre par là que le Vicomte n'avoit aucune eftimepour elle.Ils neſe ſont point veusdepuis ce temps-là; &je tiens les particularitez de l'Hi- ſtoire de celuy qui a fait les
Vers
arrivé depuis peu à Male Vi- comte de *** Ie ne ſçay ſi vous le connoiſſez. Il eſt naturellement Galant , & il a peine à
voir une Femme aymable fans luydire des douceurs , mais il eſt délicat ſur l'engagement,&
pour le toucher ilne fuffit pas
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#4 LE MERCVRE
toûjours d'eſtre Belle. Il y a
quelque temps que parmy des Dames de fa connoiſſance
qu'il rencontra aux Thuille- ries, il en vit une dontla beauté
le ſurprit. Il demandaqui elle eſtoit , entra en converfarion
avec elle, luy dit d'obligeantes folies , & luy rendit Viſite le lendemain. La Damele reçeut auſſi favorablementqu'elle l'a-- voit écouté aux Thuilleries.
LeVicomte fait figure dans le beau monde , &elle n'euſt pas eſtéfachéequ'on l'euſt crûde ſes Soûpirans. Il eut quelque affiduité pour elle,&il ne la vit pas longtemps ſans connoiſtre qu'il eſtoit aimé ; mais toute belle qu'elle eft,elle n'eûtpoint pour luy ce que je n'ay quoy
qui pique : Ses manieres luy
GALANT. 15 deplurent ; il luy trouva une fuffiſance inconfiderée , un efprit mal tourné , quoy qu'elle ne foit pas fans eſprit; &com- me il ceſſa de luy dire qu'il l'aimoit dés laquatrième Vifi- re, il eut abſolument ceffé de
la voir , ſans une jeune Parente qu'il rencõtra chez elle, & qui futtout-à-faitſelon fon cœur.
Elle n'eſtoit pas fi belleque la Dame,mais elle reparoit cede- faut par des agrémensquipour un Home de fon gouft étoient
bien plus touchas que la Beau- té. Elle ne diſoit rienqui ne fut juſte & fpirituel , c'eſtoit une maniere aiſee en toutes choſes , pointde contrainte , point d'affectation , Elle chantoit
comme un Ange, & toute fa Perſonne plût tellement au
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16 LE MERCVRE
Vicomte , que ce ne fut que pour elle ſeule qu'il continua ſes affiduitez où il la voyoit.
Comme elle ne le pouvoit re- cevoir chez elle , il ſe mit affez
bien dans ſon eſpritpour ſça- voir quand elle devoit rendre Viſite à ſa Parente , & fi elle
n'y pouvoit venir de trois jours , il paffoit auffi trois jours ſans yvenir. Ce manque d'em-.
preſſement n'accommodoit point la Dame , qui s'eſtoit laiffée prendre tout debon au merite du Vicomte. Elle crût
quele tropde fierté qu'elle luy marquoit en eſtoit la cauſe ,&
refolut de s'humanifer pour le mettre avec elle dans une liaifondont il ne luy fuſt pas per- mis de ſe dédire. Elle commença par de petites avances
GALANT. 17
flateuſes qui jetterent le Vi- comtedans un nouvel embarras . Ce n'eſt pas qu'il ſoit in- fenfible aux faveurs des Belles , au contraire il n'y a rien qu'il ne faffe pour s'en rendre digne , mais il veut aimerpour cela , & à moins que cetaffai- ſonnement ne s'y trouve , les faveurs ne font rien pour luy.. Ainſi quand il avoit le malد
ſe rencontrerſeulavec EU
YO
1803
heurde la Dame, il ne manquoit
mais à luy parler de Cam bray ou de ſaint Omer
Elle avoit beau l'interrompre pour tournerlediſcours fur les
affaires du cœur , il revenoit
toûjours àquelque attaque de
Demy-lune; & fi la Dame ſe
montroir quelquefois un peu trop obligeante pour luy , il
:
B 3
18 LE MERCVRE
recevoit cela avec une modeſtie qui la chagrinoit encor plus que les Contes de Guerre qu'il luy faiſoit. Cependant la belle humeur où il ſe mettoit
ſi toſt qu'il voyoit entrer l'ai- mable Parente , cauſa un defordre auquel il n'y eut plus moyen de remedier. LaDame ouvrit le yeux , obſerva le Vicomte , connut une partie de ce qu'il avoitdans le cœur, &
entra un jour dans un fi fu- rieux tranſport de jaloufie contre ſa Parente , apres qu'il les eut quittées , qu'elle luy defendit ſa Maiſon. Le Vicomte qui n'en eſtoit point averty,
fut furpris de ne la point voir le lendemain au rendez-vous
qu'elle luy avoit donné ; il y
retourna inutilement les deux
jours ſuivans , & ne ſcachant
GALANT. 19
que s'imaginer de ce change- ment ,il chercha l'occaſionde
luyparler chez une Dame où il ſçeut qu'elle alloit affez fou- vent. Cefut là que cette aima- blePerſonneluy apprit l'inful- te qu'on luy avoit faite pour luy. Il en eut un chagrin in- concevable , & luy ayant juré qu'il ne reverroit jamais fapeu touchante Parente , il reſvoit
chez luy aux moyens qu'il devoit tenir pour la rupture ,
quand on luy en apporta un Billet. La Dame s'eſtoit aviſée
de ſe vouloir plaindre de ſa froideur ; mais comme elle
cherchoit toûjours plus à luy plairequ'àle facher , elle crût quepourne le pas effaroucher par ſes reproches , il falloit du moins les rendre agreables par leur maniere ; & s'imaginant
20 LE MERCVRE
que les Vers autorifoient ceux quiaiment à s'expliquer plus librement que la Profe , elle s'eſtoit addreſſée àun Homme
qui la voyoit quelquefois &
qui en faiſoit d'aſſez paflables.. Toutfut miſtere pour luy; Elle luy dit ſeulement les choſes dont on ſe plaignoit , & il fal- lut qu'il fiſt les Vers ſans ſca-- voirny à quiils devoienteſtre envoyez, ny quiestoit laDa- me qui avoitſujetde ſe plain- dre. Les voicy tels que leVi- comte les reçeut..
V
Ous m'avez dit que vous
maimez,
Et je vous l'ay d'abord ory dire
avecjoye
Mais que voulez-vous quej'en
croye,
Sivous neme le confirmez..?
GALANT. 21
YON
Lalangue est quelque chose,&de Son témoignage Lecharme est doux àqui l'attend;
Mais croyez- vous que pour
estre content ,
Il nefaille rien davantage?
Ce n'est pas tout dedire , ilfaut
estre empressé Aconvaincre les Gens de cequ'on
leur proteste ;
Etquandla langue acomencé
C'est au cœuràfaire le reste.
Il est centpetitsfoins qu'unEsprit complaifant
Trouve à faire valoir quand l'amour est extréme ;
Et c'eſt ſouvent enſe taiſant,
Qu'onditplusfortement qu'on
aime.
22 LE MERCVRE
Des regards enflamez, un foûrive
flateur ,
Font aux Amans entendre des
• merveilles ;
Et j'amcmieux ce quife ditau
cœur ,
Quece qu'onditpour les oreilles..
Tout doit tendre àdonner des
preuves defafoy;
Lereste ,puresbagatelles..
Lors que vous me voyez , le grand
ragoustpour moy ,
Quevousmecontiez des nouvelles!
Dites-moy mille fois que charmé demevoir,
Vous ne trouvezque moy d'aima- blefur laterre ;
Aquoybon meparler de combats
°uerre ,
GALANT. 23 Quandj'ay de vous autre chose à
Sçavoir?
Qu'on ait fait quelque exploit
d'une importance extréme ,
Vn autrepeut me l'expliquers
Mais un autre que vous, du moins
Sans me choquer ,
Nepeut me dire , je vous aime.
C'est par vous que ces motsfont pourmoypleins d'appas.
Cependant que faut-il de vous que je soupçonne ? 1
Sijevous tens lamain, vous ne la baiſezpas ,
Quoyque vous ne foyez obſervé depersonne.
Ilſemble que toûjours timide, circonfpect ,
Vous estantdit Amant , vous n'ofiez leparoiſtre ,
24 LE MERCVRE
Etque chez vous l'Amour,quipar
tout fait le Maistre ,
Soit enchaînépar le respect.
Non,non, vous n'aimezpoint, j'en
ay la certitude ,
Iay voulu meflater en vain jufqu'à ce jour ;
L'aveuque je reçeus d'abord de
voſtre amour ,
Fut unedouceur d'habitude.
C'eſtſans vous laiſſer enflamer ,
Que vostre cœur quand il vous
plaiftfoûpire;
Et vous nesçavez pas aimer ,
Voussçavezseulement le dire.
Ces Vers que le Vicomte auroit trouvez jolis ſur toute autre matiere , luy déplûrent fur celle- cy. Il eſtoit déja de méchante
GALANT. 25 méchante humeur. Ildit qu'il envoyeroit laRéponſe; &pour la rendrede la meſme maniere
qu'il avoit reçeu le Billet , il alla emprunterle ſecours d'un de ſes plus particuliers Amis.
Cequ'ilyeutde plaiſant , c'eſt que c'eſtoit celuy meſme qui avoit déja fait les Vers de la
Dame , & qui ayant appris toute fon Hiſtoire par le Vi- comte, fut ravy de trouver une occaſion ſi propre à ſe vanger de la fineſſe qu'elle luy avoit faite. Le Vicomte le pria de meſler quelque choſede mali- cieux dans cette Réponſe , &
de la faire aſſez piquante pour obliger la Dame àne fauhaiter jamais de le revoir. Il y con- ſentitd'autantplus volontiers,
que la Dame ſuy ayant caché,
C
26 LE MERCVRE
qu'elle euſt intereſt à l'affaire,
il ne devoit pas craindre de ſe broüiller avec elle,quandmef- me elle viendroit àdécouvrir
qu'il euſt fait les Vers. Il les ap- porta une heure apres au Vi- comte, qui les envoya dés le jour meſme. Ils eftoientunpeu cavaliers , comme vous l'allez
voir par leur lecture.
C
E n'est pas d'aujourd'huy qu'en Chevalier courtois
Ien conte aux Belles d'importance
Maisilfaitmalfeur quelquefois Mefaire une agreable avance
Surla trop credule esperance ,
Que desemblablespaffe-droits M'obligerontà la conſtance.
Moncœur às'engagerjamais ne Se résout,
GALANT. 27
Et des plus doux attraitsfut la Belle affortie Qui croit tenter mon humble
modestie ,
Quadma coplaisance est àbout,
I'aime mieux quitter lapartie,
Quede risquer àgagnertout.
Apparemment la Dame ſe le tint pourdit , du moins elle dût connoiſtre par là que le Vicomte n'avoit aucune eftimepour elle.Ils neſe ſont point veusdepuis ce temps-là; &je tiens les particularitez de l'Hi- ſtoire de celuy qui a fait les
Vers
Fermer
Résumé : Avanture de Monsieur le Vicomte de. [titre d'après la table]
Le texte raconte l'histoire du vicomte de ***, un homme galant mais prudent en matière d'engagement amoureux. Lors d'une rencontre aux Tuileries, il entame une relation avec une dame, mais finit par être déçu par son comportement et son esprit. Cependant, il continue de lui rendre visite en raison de la présence d'une jeune parente de la dame, qui possède des qualités plus attrayantes pour lui. La dame, remarquant l'attitude distante du vicomte, tente de se rapprocher de lui par des avances flatteuses. Cependant, il reste indifférent, préférant discuter de sujets neutres plutôt que d'amour. La situation se complique lorsque la dame, jalouse de la parente, interdit à cette dernière de revenir chez elle. Le vicomte, ignorant la raison de ce changement, cherche à comprendre et apprend la vérité de la parente. La dame envoie ensuite des vers au vicomte pour se plaindre de sa froideur, mais ceux-ci déplaisent au vicomte. Il décide de répondre de manière piquante, avec l'aide d'un ami qui avait déjà écrit les vers pour la dame. La réponse du vicomte est suffisamment claire pour que la dame comprenne qu'il n'a aucune estime pour elle. Depuis cet échange, ils ne se sont plus revus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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211
p. 33-64
Combat donné devant la Forteresse de Tabago, avec les Noms des Morts & des Blessez, & de tous ceux qui s'y sont signalez. [titre d'après la table]
Début :
Quoy que la France soit le plus ageable séjour que [...]
Mots clefs :
Ennemis, Morts, Blessés, Combat, Forteresse de Tabaco, Vaisseaux, Mer, Comte d'Estrées, Troupes, Attaquer, Chevalier, Amiral, Hollande, Pistolets, Capitaines, Action
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texteReconnaissance textuelle : Combat donné devant la Forteresse de Tabago, avec les Noms des Morts & des Blessez, & de tous ceux qui s'y sont signalez. [titre d'après la table]
Quoy que la France ſoit le plus agreable ſéjour que puif- fent choifir les Perſonnes de
bon gouſt, trouvez bon,Mada- me , que je vous mene audelà
C 2
18 LE MERCVRE
des Mers. Les Armesdu Royy
ont remporté une celebreVi- toire à douze ces lieuës d'icy,
vous le ſçavez , & le Combat donné devantTabaco , a tant
fait de bruit qu'il n'eſt ignoré deperſonne. Mondeffeinn'eſt
pas de repeter ce que l'Extra- ordinaire en a dit;je ne veux que vous bien marquer de quelle confequence eſt aux Ennemis la perte de leurs Vaif- feaux.On a tâché àladéguiſer,
cependant la verité ne peut eftre long-teps cachée, il n'eſt pointde nüages qu'elle ne per- cepour ſe découvrir. Si l'Ad- miral Binkes ne demeure pas d'accord de tous nos avantages, cequ'il a écrit ne ſuffit pas pour faire croire que nous ne les ayons pas remportez , &
nousydevons moins adjoûter
GALANT. 29
de foy qu'à vingt Relations , &
qu'à des Lettres de Hollande mefme qui ont eſté envoyées à
des Particuliers,&qui covien- nent toutes de la méme choſe.
Mais pourdonnerquelque or- dre à ce diſcours , parlons des forces que les Ennemis avoient avant qu'ils fuſſent attaquez,
examinons la conduite de M
le Comte d'Eſtrées , voyons ce
qu'il a fait avant le Combat,
pourquoy il l'a donné , &de quelle maniere il a combattu,
&faiſons enfuite reflexion fur
le dommage que doit cauſer aux Ennemis la perte qu'ils ont faite ſous le Canon meſme
de leur Fortereffe.
Tous ceux qui ont marque dans leurs Relations que les
Ennemis avoient quatorze
C3
30 LE MERCVRE :
Vaiſſeaux , en ont donné des
preuves convainquantes. Ils diſent enquatre endroitsqu'un Négre &unPilote qui furent pris avant le Combat, en affu- rerent Mr le Comte d'Eſtrées;
que ceux qui débarquerent pour l'Attaque du Fort eſtant arrivez fur une hauteurlesdécouvrirent dans la Rade au
mefme nombre , &que l'ordre de leurBataille endemy croif- fant , donna lieu aux Noftres
d'en faire un compte exact ,
lors qu'ils allerent les attaquer.
Il eſt vray que le Vaiſſeau de Rafimus fameux Corfaire , &
une Pinace montée de trente
huit Pieces deCanon, eſtoient
compris dans les quatorze Vaiſſeaux; & c'eſt peut-eftre parcette raiſonquelesHolan- dois foûtiennent qu'ils en a
GALANT. 3
voientmoinsquene marquent
nos Relations; mais le nom ne
fait rien à la choſe , la Pinace valoit bien un Vaifſeau , & ce- luy deRaſmusles fervoit,quoy qu'ilne fut pas venu avec eux.
Je ne parle point d'un Vaiſſeau Portugais qui estoit dans le Port, ne ſcachant pas s'il a co- batu.Tous cesVaiſſeaux étoiét
à portée de Mouſquet de leur Fort, dont les Canons à fleur d'eau defendoient l'entrée de
la Rade. Il y avoit aupres du Port un Banc qui rendoit la paffe fi étroite,qu'il n'y pouvoit entrerqu'unVaiſſeau de front.
Voilà l'eftat des forces des
Ennemis. Voyons les raiſons que M le Comte d'Eſtrées a
euës de les attaquer avec dix Vaiſſeaux ſeulement, les pré- cautions qu'il a priſes pour
32 LE MERCVRE
reuſſir , &fon intrepidité pen- dant le Combat.
CeVice-Admiral eſtant arrivé à une lieuë de l'entrée de la
Rade des Ennemis, fit mettre à
terre M de Souches , & M² le
Febvrede Mericour, accompa- gnez de quelques Habitansde laMartinique,& leur ordonna de tâcher àfaire quelques Pri- fonniers. Ils ne prirentqu'un Négre , qui rapporta ce que j'ay déja dit , que les Ennemis avoient quatorze Vaiſſeaux ,
parce qu'il leur en eſtoit arrivé cinqdepuisquelques jours. Ce Négre adjoûta que le Fortn'é-- toit pas achevé , ce qui fit ré- foudre M d'Eſtrées à le faire
attaquer avantque les Enne- mis euſſent le tempsde ſe re- connoiſtre. Il fit débarquer quelquesTroupes avec M. le
GALANT. 33
Chevalierde Grand-Fontaine.
Il alla luy-meſme à terre où il refolut d'occuper les Ennemis du côté de la Mer,tandis qu'on attaqueroit le Fort , maisune grande Plüye eſtant ſurvenuë,
& ayant fait groſſir une petite Riviere arreſta les Troupes.
Cependant on apprit que le Forteſtoitachevé. Mr le ViceAdmiral qui estoit preſque en
meſime temps ſur mer & fur
terre,&qui eftoit revenu pour faire la diverfion que je vous viens de marquer , débarqua encore une fois &fit conduire
duCanon &unMortier quine firent pas tout l'effet qu'il s'en eſtoit promis. M le Comte d'Eſtrées eftant retourné une
ſeconde fois dans ſonVaiſſeau,
envoïa Me Heroüardpour agir de concert avec MleCheva-
34 LE MERCVRE lier de Grand- Fontaine , &
s'approcher du Fort parTran- chée. Les Ennemis ayant eu le temps de ſe reconnoiſtre avant qued'eftre preſſez,&ſe prépa- rant àſe biendefendre , M² le Vice-Admiral qui l'apprie fit revenir auſſi-toft M Heroüard
pour raporter l'eſtatdes choſes dans unConſeil deGuerre. Il
dit ce qu'il avoit apris,&ajoû- taqu'il faloit trop de teps pour fe rendre maiſtredu Fortdans
les formes ; mais qu'on l'em- porteroit bien- toſt ſi l'on fai- foit une diverfion du coſtéde
laMer; &fur ce qu'onhéfitoit
àſuivre fon confeil, il ſe leva &
aſſura tellemét qu'il réüffiroit,
qu'on le crût. Il eut ordre de
faire deuxbonnes Attaques &
une fauffe,&de ne donnerque
deux heures apres que le Com
GALANT.. 35 bat de Mer ſeroit commencé.
Mr le Comte d'Eſtrées qui ap- puya cetAvis, ne le fit pas fans
en avoirbeaucoup de raiſons.
Il avoit emporté la Cayenne de la meſme maniere ; il connoiſſoit la valeurde ſes Troupes &la bõté de ſes Vaiſſeaux;
&il vit de plus des neceffitez
abſoluës d'en uſer ainſi. La
longueur d'un Siege dans les formes luy auroit fait riſquer ſesVaiſſeaux,la Rade deTabaco eſtoit mauvaiſe, &il y avoit
déja perdu pluſieurs anchres &pluſieurs cables. Il réuffit du coſté de la Mer comme vous
avez appris ; & fi l'on avoit fait du coſte de la terre ce qu'il avoit ordõné, la victoire auroit
eſté entiere,puisque les Ennemis ont perdutous leurs Vaif- ſeaux , encor qu'ils fuſſent fa-
36 LE MERCVRE
1
voriſez du Canon de leur Fort.
Si la vigilance de M'le Vice- Admiral a parû en deſcendant deux fois à terre , il n'en a pas moins fait paroiſtre ſur Mer,où ſon intrepidité s'eſt fait remar- quer. On l'a veu apres avoir eſſuyé le feude tous lesVaif- ſeaux Ennemis &des Bateries
du Fort , aborder le ContreAdmiral de Hollande, s'en rendre maiſtre, & attaquer un au- treVaiſſeau avec le mémefuccés. On l'a veu bleſſé dans un
Canot , exposé au feu desEn- nemis , faire gouverner vers leursVaiſſeaux,pour examiner l'eſtat où ils eſtoient. Ona veu
ceCanot s'enfocer apres avoir eſté percéd'un coupde Cano.
Ona veu ce Vice-Amiral dans
la Mer; &apres en eſtre ſorty
tout
GALANT. 37 tout trempé &bleffé en deux
endroits , on l'a veu appeller uneChaloupe & fe mettre de- dans pour aller encor ſe mefler parmy les Ennemis , &donner les ordres en s'expoſant de nouveau aux meſmesdangers
qu'il venoit d'éviter.
Si l'Attaquede terre n'a pas eſté ſi heureuſe que celle de Mer, la trop boüillante ardeur de ceux qui devoient inſulter
le Fort , & qui l'attaquerent plûtoſt qu'on ne leur avoit or- donné,en a eſté cauſe. La mort
de M de Bayancoury a auſſi beaucoup contribué. Les Mili- ces qu'il commandoit, & qui portoient les Echelles ſe voyat ſans Chef, ne voulurent plus avancer. Cependant tout étoit bien concerté , l'on étoit au
Tome V. D
38 LE MERCVRE haut du Parapet, &fans tous
ces malheurs que Mr le Comte d'Eſtrées ne pouvoit prévoir,
l'entrepriſe de terre auroit eu le ſuccès qu'on en attendoit,&
auroit fait réüffir celle deMer,
nonpas plusqu'elle a fait, mais avecbien moinsdeperte. Les Holladois croyent avoirbeau- coup gagné , parcequ'ils n'ont pas perdu leurFort,& que nô- tre Victoire n'a eſté entiere
quedu coſtéde la Mer; cepen- dant elle eſt ſi grande qu'elle peut affez nous récompenfer dequelques heures que nous avons perduës devant le Fort;
&fi l'on peutdire qu'on réuffit toûjours beaucoup lors qu'on a de grands deſſeins , &qu'on vient à bout deplusde lamoi- tić , nous pouvons aſſurer que
nous avons eu des avantages
GALANT. 39
confiderables , &que la moindre perte des Hollandois eſt celle de tous leurs Vaiſſeaux.
Leur Contre - Admiral eſtoit
monté de foixante &fix pieces deCanon; le Lieutenat étonné
d'y voir le feu,dit auſſi-tôt qu'il y avoit dix - huit milliers de poudre dans ce Vaifſeau , &
une grande quantité de richef- ſes. Onfit tout ceque l'on pût pour en arreſter l'embraſemét,
mais il fut impoffible. Parmy les Vaiſſeaux qui ont eſté brû- lez,ily enavoit cinq nouvelle- mentarrivez de Hollade chargez de vivres pour un an , tant pour l'Eſcadre , que pour les Colonies; ils avoient apporté fix cens Hommes & amené
pluſieursFamilles,&beaucoup de Marchandiſes & d'argent
D2
40 LE MERCVRE
pour établir des Magaſins. Ils ont perdu outre cela pluſieurs Négres avec leurs Femmes &
leurs Enfans qu'ils avoient embarquez pour tranſporter cette Colonie aillieurs. Ainfi
enbrûlat leurs Vaiſſeaux, nous
pouvons dire que nous avons entierement ruiné le commencement de leurs Habitations,
&mis les noftres en ſeureté ; il
leur faut des millions pour ſe rétablir , & pour armer une nouvelle Flote. Pluſieurs Lettres de Hollande affurent la
méme choſe, & les Particuliers- qui ſentent leur mal,loin de le déguiſer , ne peuvent s'empef- cher de s'en plaindre.
Les Victoires qui s'obtiennet facilement ne font pas les plus eſtimées. La valeur &la bravoure des Vainqueurs ne pa-
GALANT. 41
MELAVIZ
roiffent que par la forte refi- ſtace de leursEnnemis, &c'eſt
par cette raiſon que leCombat Naval donné devant Tabaco
feroit moinsglorieux aux Fra- çois s'ils y avoient perdumoins de monde. Jamais Action n'a
eſté fi vigoureuſe.On tira pen- dant le Combatprés de trente mille coups de Canon de part
&d'autre à portéede Pistoler Il n'eſt refté aux Ennemis
un ſeul Capitaine de Vaiſſeau capable de rendre ſervice,tous les autres onteſté bleſſez,tuez ou brûlez, &leurmortn'acoû- té unpeude fang à nosBraves,
que pour les faire triompher avecplus d'éclat.VoicylesNõs de ceux qui ont eſté tiez &
bleſſez enſe ſignalant, tant au CombatdeMerqu'à l'Attaque,
de la Fortereffe . D3
42 LE MERCVRE
Capitaines morts.
M Gabaret. Les Ennemis
l'ont veu combattre juſqu'àfon derniermoment,&il n'a quitté lecombatqu'avec la vie, quoy qu'il euſt pûs'en retirer,eſtant bleſſé de trois coups. Il eſtoit Parent du grandGabaret qui
commande à Meſſine, &il s'eſt
montré digne de ce Nompar toutes ſes actions.
Mrs de Léfine, de la Borde &
Heroüardde laPiogerie.
Capitaines bleſſez.
M le Chevalier deGrandFontaine. C'eſt un tres-brave
Officier qui a vieilly dans les Troupes, &qui s'eſt trouvé en beaucoup d'occaſiós périlleu- ſes où il s'eſt toûjours ſignalé.
M le Marquis de Villiers
d'O.
M le Comte de Blenac.
GALANT. 43 Mrs le Febvre, deMéricour,
de Montortier , & de Mafcarany.
Lieutenans morts.
Mr le Chevalier d'Erre.
MedelaMéleniere. Il adonné des preuvesdefon courage juſques à lamort.
Mrs Tivas, &deBellechau..
Lieutenans bleſſez.. M le Chevalier d'Hervault..
M's de Champigny, de Marti- gnac &de Courcelles. Ce der- nier a eſté bleſsé en ſe ſigna- lant à l'Attaque du Fort.
Enseignes morts.
16
M le Chevalier Merault.
Mrs de Villiers,de S.Privas,&
de Seiche, aîné&cadet.
Enseignes bleffez .
Me le Chevalier d'Augers.
Il adonnéde grandesmarques de valeur. MaleChevalier de
44 LE MERCVRE
1
Blenac. M de la Rocque. Il eſtoit Major des Troupes de la Deſcente. Il ſauta le premier par deſſus les deux paliſſades,
&alla juſques au Parapet de la Ville,où il nemonta point fau- te d'échelle..
Mrs de Veſençay, Coignard,
Herman,ComardelaMalmaifon, &du Menil-Heroüard.
Autres Officiers tuez.
M de Bayancour, Lieutenat deRoy de S.Chriftophe. M.de Richebourg, Lieutenant d'une
Barque longue. M. de Lifle Commiſſaire de l'Artillerie..
M.deParis, CapitainedesMa- telotsde M. le Cote d'Eſtrées..
Ms de la Brachetiere , &Sta-)
vay ,Gardesde Marine.
Autres Officiers bleffez,
M.DeſvauxCapitaine d'une Barque longue.M.Gifors Ecri
GALANT. 45 vain duRoy. M.Pinette Secre- taire deM. le Comte d'Eſtrées,
Fils de M. Pinette affez connu
par ſa capacitédans les Affai- res duClergé. M.de la Motte,
M. de Chatelard, M. de Vilair.
Volontaires tuez .
M.de Sainte-Marthe Fils du
Gouverneurdela Martinique.
M Cotadon & le Gras.
Ilya eu d'autres Volontaires &Gardes de Marine , qui ſe ſont ſignalez. Les uns ont eſté tuez , les autres bleſſez , & la pluſpart ont ſervy à terre en qualitéde Lieutenans d'Infan- terie. Ms Gaffan , Kermovan,
de Vaintre , Julien , Rehaut ,
Brignol , &Kercon , font de ce
nombre.
Rien ne peut égaler l'intré- pidité de M. Berthier , qui ſe jetta à la Mer , & enleva un
46 LE MERCVRE Canot ſous l'Eperon d'unVaif- ſeau Ennemy. Ceux qui ſe mirent dedans avec M. le Comte
d'Eſtrées furent M. le Chevalier d'Erbouville Major. M. le Chevalier d'Hervault qui a
apporté au Roy lanouvelle de ladéfaite des Vaiſſeaux Ennemis, &M. le Chevalier Pariſot
Volontaire. Ce dernier a accompagné M. le Vice-Amiral dans tous les perils où il s'eſt trouvé ; il a fait admirer ſon
courage , & a fait dire de luy avec beaucoup dejustice , que de pareils Volontaires valoient bien les plus braves Officiers,
&ceuxqui font les plus con- ſommez dans le Meſtier de la
Guerre.
Je croyois ne vous devoir plus riendire touchat l'Affaire deTabaco ; mais je ſuis obligé
GALANT. 47 de rendre juſtice à M.Binkes,
& de publier ſa ſincerité. Je viens de lire la Lettre qu'il a écrite auxEſtatsapresle Com-THAODE A
bat Naval , & j'ay eſté ſurpris o
YON
que nous avons veuë de M. le
Comte d'Estrées ſur le meſme
ſujet. Les Holandois ont voulu
nous perfuader que M. Binkes ne demeuroit pas d'accordde
nos avantages ; ils onteu leurs raiſons pour en uferdela forte;
&comme les pertes quiſe font
dans des Païs de commerce
font beaucoup plus ſenſibles aux Particuliers , que celles où l'Etat eſt intereſsé , il ne faut
pas s'étonner ſi on les déguife avec tant de ſoin : on y reüffit d'abord; &la verité qui vient de fi loin , demeure toûjours quelque temps cachée.
bon gouſt, trouvez bon,Mada- me , que je vous mene audelà
C 2
18 LE MERCVRE
des Mers. Les Armesdu Royy
ont remporté une celebreVi- toire à douze ces lieuës d'icy,
vous le ſçavez , & le Combat donné devantTabaco , a tant
fait de bruit qu'il n'eſt ignoré deperſonne. Mondeffeinn'eſt
pas de repeter ce que l'Extra- ordinaire en a dit;je ne veux que vous bien marquer de quelle confequence eſt aux Ennemis la perte de leurs Vaif- feaux.On a tâché àladéguiſer,
cependant la verité ne peut eftre long-teps cachée, il n'eſt pointde nüages qu'elle ne per- cepour ſe découvrir. Si l'Ad- miral Binkes ne demeure pas d'accord de tous nos avantages, cequ'il a écrit ne ſuffit pas pour faire croire que nous ne les ayons pas remportez , &
nousydevons moins adjoûter
GALANT. 29
de foy qu'à vingt Relations , &
qu'à des Lettres de Hollande mefme qui ont eſté envoyées à
des Particuliers,&qui covien- nent toutes de la méme choſe.
Mais pourdonnerquelque or- dre à ce diſcours , parlons des forces que les Ennemis avoient avant qu'ils fuſſent attaquez,
examinons la conduite de M
le Comte d'Eſtrées , voyons ce
qu'il a fait avant le Combat,
pourquoy il l'a donné , &de quelle maniere il a combattu,
&faiſons enfuite reflexion fur
le dommage que doit cauſer aux Ennemis la perte qu'ils ont faite ſous le Canon meſme
de leur Fortereffe.
Tous ceux qui ont marque dans leurs Relations que les
Ennemis avoient quatorze
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30 LE MERCVRE :
Vaiſſeaux , en ont donné des
preuves convainquantes. Ils diſent enquatre endroitsqu'un Négre &unPilote qui furent pris avant le Combat, en affu- rerent Mr le Comte d'Eſtrées;
que ceux qui débarquerent pour l'Attaque du Fort eſtant arrivez fur une hauteurlesdécouvrirent dans la Rade au
mefme nombre , &que l'ordre de leurBataille endemy croif- fant , donna lieu aux Noftres
d'en faire un compte exact ,
lors qu'ils allerent les attaquer.
Il eſt vray que le Vaiſſeau de Rafimus fameux Corfaire , &
une Pinace montée de trente
huit Pieces deCanon, eſtoient
compris dans les quatorze Vaiſſeaux; & c'eſt peut-eftre parcette raiſonquelesHolan- dois foûtiennent qu'ils en a
GALANT. 3
voientmoinsquene marquent
nos Relations; mais le nom ne
fait rien à la choſe , la Pinace valoit bien un Vaifſeau , & ce- luy deRaſmusles fervoit,quoy qu'ilne fut pas venu avec eux.
Je ne parle point d'un Vaiſſeau Portugais qui estoit dans le Port, ne ſcachant pas s'il a co- batu.Tous cesVaiſſeaux étoiét
à portée de Mouſquet de leur Fort, dont les Canons à fleur d'eau defendoient l'entrée de
la Rade. Il y avoit aupres du Port un Banc qui rendoit la paffe fi étroite,qu'il n'y pouvoit entrerqu'unVaiſſeau de front.
Voilà l'eftat des forces des
Ennemis. Voyons les raiſons que M le Comte d'Eſtrées a
euës de les attaquer avec dix Vaiſſeaux ſeulement, les pré- cautions qu'il a priſes pour
32 LE MERCVRE
reuſſir , &fon intrepidité pen- dant le Combat.
CeVice-Admiral eſtant arrivé à une lieuë de l'entrée de la
Rade des Ennemis, fit mettre à
terre M de Souches , & M² le
Febvrede Mericour, accompa- gnez de quelques Habitansde laMartinique,& leur ordonna de tâcher àfaire quelques Pri- fonniers. Ils ne prirentqu'un Négre , qui rapporta ce que j'ay déja dit , que les Ennemis avoient quatorze Vaiſſeaux ,
parce qu'il leur en eſtoit arrivé cinqdepuisquelques jours. Ce Négre adjoûta que le Fortn'é-- toit pas achevé , ce qui fit ré- foudre M d'Eſtrées à le faire
attaquer avantque les Enne- mis euſſent le tempsde ſe re- connoiſtre. Il fit débarquer quelquesTroupes avec M. le
GALANT. 33
Chevalierde Grand-Fontaine.
Il alla luy-meſme à terre où il refolut d'occuper les Ennemis du côté de la Mer,tandis qu'on attaqueroit le Fort , maisune grande Plüye eſtant ſurvenuë,
& ayant fait groſſir une petite Riviere arreſta les Troupes.
Cependant on apprit que le Forteſtoitachevé. Mr le ViceAdmiral qui estoit preſque en
meſime temps ſur mer & fur
terre,&qui eftoit revenu pour faire la diverfion que je vous viens de marquer , débarqua encore une fois &fit conduire
duCanon &unMortier quine firent pas tout l'effet qu'il s'en eſtoit promis. M le Comte d'Eſtrées eftant retourné une
ſeconde fois dans ſonVaiſſeau,
envoïa Me Heroüardpour agir de concert avec MleCheva-
34 LE MERCVRE lier de Grand- Fontaine , &
s'approcher du Fort parTran- chée. Les Ennemis ayant eu le temps de ſe reconnoiſtre avant qued'eftre preſſez,&ſe prépa- rant àſe biendefendre , M² le Vice-Admiral qui l'apprie fit revenir auſſi-toft M Heroüard
pour raporter l'eſtatdes choſes dans unConſeil deGuerre. Il
dit ce qu'il avoit apris,&ajoû- taqu'il faloit trop de teps pour fe rendre maiſtredu Fortdans
les formes ; mais qu'on l'em- porteroit bien- toſt ſi l'on fai- foit une diverfion du coſtéde
laMer; &fur ce qu'onhéfitoit
àſuivre fon confeil, il ſe leva &
aſſura tellemét qu'il réüffiroit,
qu'on le crût. Il eut ordre de
faire deuxbonnes Attaques &
une fauffe,&de ne donnerque
deux heures apres que le Com
GALANT.. 35 bat de Mer ſeroit commencé.
Mr le Comte d'Eſtrées qui ap- puya cetAvis, ne le fit pas fans
en avoirbeaucoup de raiſons.
Il avoit emporté la Cayenne de la meſme maniere ; il connoiſſoit la valeurde ſes Troupes &la bõté de ſes Vaiſſeaux;
&il vit de plus des neceffitez
abſoluës d'en uſer ainſi. La
longueur d'un Siege dans les formes luy auroit fait riſquer ſesVaiſſeaux,la Rade deTabaco eſtoit mauvaiſe, &il y avoit
déja perdu pluſieurs anchres &pluſieurs cables. Il réuffit du coſté de la Mer comme vous
avez appris ; & fi l'on avoit fait du coſte de la terre ce qu'il avoit ordõné, la victoire auroit
eſté entiere,puisque les Ennemis ont perdutous leurs Vaif- ſeaux , encor qu'ils fuſſent fa-
36 LE MERCVRE
1
voriſez du Canon de leur Fort.
Si la vigilance de M'le Vice- Admiral a parû en deſcendant deux fois à terre , il n'en a pas moins fait paroiſtre ſur Mer,où ſon intrepidité s'eſt fait remar- quer. On l'a veu apres avoir eſſuyé le feude tous lesVaif- ſeaux Ennemis &des Bateries
du Fort , aborder le ContreAdmiral de Hollande, s'en rendre maiſtre, & attaquer un au- treVaiſſeau avec le mémefuccés. On l'a veu bleſſé dans un
Canot , exposé au feu desEn- nemis , faire gouverner vers leursVaiſſeaux,pour examiner l'eſtat où ils eſtoient. Ona veu
ceCanot s'enfocer apres avoir eſté percéd'un coupde Cano.
Ona veu ce Vice-Amiral dans
la Mer; &apres en eſtre ſorty
tout
GALANT. 37 tout trempé &bleffé en deux
endroits , on l'a veu appeller uneChaloupe & fe mettre de- dans pour aller encor ſe mefler parmy les Ennemis , &donner les ordres en s'expoſant de nouveau aux meſmesdangers
qu'il venoit d'éviter.
Si l'Attaquede terre n'a pas eſté ſi heureuſe que celle de Mer, la trop boüillante ardeur de ceux qui devoient inſulter
le Fort , & qui l'attaquerent plûtoſt qu'on ne leur avoit or- donné,en a eſté cauſe. La mort
de M de Bayancoury a auſſi beaucoup contribué. Les Mili- ces qu'il commandoit, & qui portoient les Echelles ſe voyat ſans Chef, ne voulurent plus avancer. Cependant tout étoit bien concerté , l'on étoit au
Tome V. D
38 LE MERCVRE haut du Parapet, &fans tous
ces malheurs que Mr le Comte d'Eſtrées ne pouvoit prévoir,
l'entrepriſe de terre auroit eu le ſuccès qu'on en attendoit,&
auroit fait réüffir celle deMer,
nonpas plusqu'elle a fait, mais avecbien moinsdeperte. Les Holladois croyent avoirbeau- coup gagné , parcequ'ils n'ont pas perdu leurFort,& que nô- tre Victoire n'a eſté entiere
quedu coſtéde la Mer; cepen- dant elle eſt ſi grande qu'elle peut affez nous récompenfer dequelques heures que nous avons perduës devant le Fort;
&fi l'on peutdire qu'on réuffit toûjours beaucoup lors qu'on a de grands deſſeins , &qu'on vient à bout deplusde lamoi- tić , nous pouvons aſſurer que
nous avons eu des avantages
GALANT. 39
confiderables , &que la moindre perte des Hollandois eſt celle de tous leurs Vaiſſeaux.
Leur Contre - Admiral eſtoit
monté de foixante &fix pieces deCanon; le Lieutenat étonné
d'y voir le feu,dit auſſi-tôt qu'il y avoit dix - huit milliers de poudre dans ce Vaifſeau , &
une grande quantité de richef- ſes. Onfit tout ceque l'on pût pour en arreſter l'embraſemét,
mais il fut impoffible. Parmy les Vaiſſeaux qui ont eſté brû- lez,ily enavoit cinq nouvelle- mentarrivez de Hollade chargez de vivres pour un an , tant pour l'Eſcadre , que pour les Colonies; ils avoient apporté fix cens Hommes & amené
pluſieursFamilles,&beaucoup de Marchandiſes & d'argent
D2
40 LE MERCVRE
pour établir des Magaſins. Ils ont perdu outre cela pluſieurs Négres avec leurs Femmes &
leurs Enfans qu'ils avoient embarquez pour tranſporter cette Colonie aillieurs. Ainfi
enbrûlat leurs Vaiſſeaux, nous
pouvons dire que nous avons entierement ruiné le commencement de leurs Habitations,
&mis les noftres en ſeureté ; il
leur faut des millions pour ſe rétablir , & pour armer une nouvelle Flote. Pluſieurs Lettres de Hollande affurent la
méme choſe, & les Particuliers- qui ſentent leur mal,loin de le déguiſer , ne peuvent s'empef- cher de s'en plaindre.
Les Victoires qui s'obtiennet facilement ne font pas les plus eſtimées. La valeur &la bravoure des Vainqueurs ne pa-
GALANT. 41
MELAVIZ
roiffent que par la forte refi- ſtace de leursEnnemis, &c'eſt
par cette raiſon que leCombat Naval donné devant Tabaco
feroit moinsglorieux aux Fra- çois s'ils y avoient perdumoins de monde. Jamais Action n'a
eſté fi vigoureuſe.On tira pen- dant le Combatprés de trente mille coups de Canon de part
&d'autre à portéede Pistoler Il n'eſt refté aux Ennemis
un ſeul Capitaine de Vaiſſeau capable de rendre ſervice,tous les autres onteſté bleſſez,tuez ou brûlez, &leurmortn'acoû- té unpeude fang à nosBraves,
que pour les faire triompher avecplus d'éclat.VoicylesNõs de ceux qui ont eſté tiez &
bleſſez enſe ſignalant, tant au CombatdeMerqu'à l'Attaque,
de la Fortereffe . D3
42 LE MERCVRE
Capitaines morts.
M Gabaret. Les Ennemis
l'ont veu combattre juſqu'àfon derniermoment,&il n'a quitté lecombatqu'avec la vie, quoy qu'il euſt pûs'en retirer,eſtant bleſſé de trois coups. Il eſtoit Parent du grandGabaret qui
commande à Meſſine, &il s'eſt
montré digne de ce Nompar toutes ſes actions.
Mrs de Léfine, de la Borde &
Heroüardde laPiogerie.
Capitaines bleſſez.
M le Chevalier deGrandFontaine. C'eſt un tres-brave
Officier qui a vieilly dans les Troupes, &qui s'eſt trouvé en beaucoup d'occaſiós périlleu- ſes où il s'eſt toûjours ſignalé.
M le Marquis de Villiers
d'O.
M le Comte de Blenac.
GALANT. 43 Mrs le Febvre, deMéricour,
de Montortier , & de Mafcarany.
Lieutenans morts.
Mr le Chevalier d'Erre.
MedelaMéleniere. Il adonné des preuvesdefon courage juſques à lamort.
Mrs Tivas, &deBellechau..
Lieutenans bleſſez.. M le Chevalier d'Hervault..
M's de Champigny, de Marti- gnac &de Courcelles. Ce der- nier a eſté bleſsé en ſe ſigna- lant à l'Attaque du Fort.
Enseignes morts.
16
M le Chevalier Merault.
Mrs de Villiers,de S.Privas,&
de Seiche, aîné&cadet.
Enseignes bleffez .
Me le Chevalier d'Augers.
Il adonnéde grandesmarques de valeur. MaleChevalier de
44 LE MERCVRE
1
Blenac. M de la Rocque. Il eſtoit Major des Troupes de la Deſcente. Il ſauta le premier par deſſus les deux paliſſades,
&alla juſques au Parapet de la Ville,où il nemonta point fau- te d'échelle..
Mrs de Veſençay, Coignard,
Herman,ComardelaMalmaifon, &du Menil-Heroüard.
Autres Officiers tuez.
M de Bayancour, Lieutenat deRoy de S.Chriftophe. M.de Richebourg, Lieutenant d'une
Barque longue. M. de Lifle Commiſſaire de l'Artillerie..
M.deParis, CapitainedesMa- telotsde M. le Cote d'Eſtrées..
Ms de la Brachetiere , &Sta-)
vay ,Gardesde Marine.
Autres Officiers bleffez,
M.DeſvauxCapitaine d'une Barque longue.M.Gifors Ecri
GALANT. 45 vain duRoy. M.Pinette Secre- taire deM. le Comte d'Eſtrées,
Fils de M. Pinette affez connu
par ſa capacitédans les Affai- res duClergé. M.de la Motte,
M. de Chatelard, M. de Vilair.
Volontaires tuez .
M.de Sainte-Marthe Fils du
Gouverneurdela Martinique.
M Cotadon & le Gras.
Ilya eu d'autres Volontaires &Gardes de Marine , qui ſe ſont ſignalez. Les uns ont eſté tuez , les autres bleſſez , & la pluſpart ont ſervy à terre en qualitéde Lieutenans d'Infan- terie. Ms Gaffan , Kermovan,
de Vaintre , Julien , Rehaut ,
Brignol , &Kercon , font de ce
nombre.
Rien ne peut égaler l'intré- pidité de M. Berthier , qui ſe jetta à la Mer , & enleva un
46 LE MERCVRE Canot ſous l'Eperon d'unVaif- ſeau Ennemy. Ceux qui ſe mirent dedans avec M. le Comte
d'Eſtrées furent M. le Chevalier d'Erbouville Major. M. le Chevalier d'Hervault qui a
apporté au Roy lanouvelle de ladéfaite des Vaiſſeaux Ennemis, &M. le Chevalier Pariſot
Volontaire. Ce dernier a accompagné M. le Vice-Amiral dans tous les perils où il s'eſt trouvé ; il a fait admirer ſon
courage , & a fait dire de luy avec beaucoup dejustice , que de pareils Volontaires valoient bien les plus braves Officiers,
&ceuxqui font les plus con- ſommez dans le Meſtier de la
Guerre.
Je croyois ne vous devoir plus riendire touchat l'Affaire deTabaco ; mais je ſuis obligé
GALANT. 47 de rendre juſtice à M.Binkes,
& de publier ſa ſincerité. Je viens de lire la Lettre qu'il a écrite auxEſtatsapresle Com-THAODE A
bat Naval , & j'ay eſté ſurpris o
YON
que nous avons veuë de M. le
Comte d'Estrées ſur le meſme
ſujet. Les Holandois ont voulu
nous perfuader que M. Binkes ne demeuroit pas d'accordde
nos avantages ; ils onteu leurs raiſons pour en uferdela forte;
&comme les pertes quiſe font
dans des Païs de commerce
font beaucoup plus ſenſibles aux Particuliers , que celles où l'Etat eſt intereſsé , il ne faut
pas s'étonner ſi on les déguife avec tant de ſoin : on y reüffit d'abord; &la verité qui vient de fi loin , demeure toûjours quelque temps cachée.
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Résumé : Combat donné devant la Forteresse de Tabago, avec les Noms des Morts & des Blessez, & de tous ceux qui s'y sont signalez. [titre d'après la table]
Le texte décrit une victoire navale française près de Tabaco, où les forces du roi ont triomphé dans une bataille célèbre. Les ennemis, initialement composés de quatorze vaisseaux, ont subi une défaite significative. Parmi ces vaisseaux figuraient celui de Rasimus et une pinasse montée de trente-huit pièces de canon. Les Français, sous le commandement du Comte d'Estrées, ont attaqué malgré des conditions défavorables, telles qu'une pluie abondante et un fort en cours d'achèvement. Le Comte d'Estrées a mis en place plusieurs stratégies, incluant des reconnaissances et des attaques terrestres pour distraire les ennemis. La bataille navale a été intense, avec des échanges de tirs massifs. Les Français ont réussi à capturer ou détruire tous les vaisseaux ennemis, y compris des navires récemment arrivés de Hollande chargés de vivres et de marchandises. Les pertes françaises ont été notables, avec plusieurs officiers tués ou blessés. Parmi les victimes, on compte le Capitaine Gabaret, mort en combattant, et le Lieutenant de Bayancoury, dont la mort a perturbé l'attaque terrestre. Malgré ces pertes, la victoire est considérée comme glorieuse, ruinant les projets ennemis et assurant la sécurité des colonies françaises. Les lettres et relations de Hollande confirment la gravité de la défaite ennemie, soulignant la perte de vaisseaux et de ressources. La bataille est saluée pour sa vigueur et la bravoure des combattants français, qui ont triomphé malgré la résistance ennemie. Par ailleurs, le texte mentionne une correspondance concernant une lettre écrite par M. Binkes aux États après une rencontre avec le comte d'Estrées. L'auteur du texte exprime sa surprise face aux arguments des Hollandais, qui cherchent à convaincre que M. Binkes ne reconnaît pas les avantages mentionnés. Les Hollandais avancent des raisons solides pour justifier leur position, en soulignant que les pertes commerciales sont plus sensibles pour les particuliers que pour l'État. Ils dissimulent donc ces pertes avec soin. L'auteur note que les vérités provenant de loin mettent du temps à être révélées.
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212
p. 64-74
Description de tout ce qui a paru à Versailles aux Processions solemnelles qui s'y sont faites, avec les Noms de toutes les Tapisseries de la Couronne, & des grands Peintres qui en ont fait les Desseins. [titre d'après la table]
Début :
Songeons au retour, Madame. Quoy que le trajet soit long, [...]
Mots clefs :
Versailles, Teintures, Tapisseries, Célébrer, Processions, Pompe, Magnificence, Caisses d'orangers
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texteReconnaissance textuelle : Description de tout ce qui a paru à Versailles aux Processions solemnelles qui s'y sont faites, avec les Noms de toutes les Tapisseries de la Couronne, & des grands Peintres qui en ont fait les Desseins. [titre d'après la table]
Songeons au retour , Mada- me. Quoy que le trajet ſoit long , vous n'en devez point craindre la fatigue ; &fi vous eſtes bleſsée de l'Image de la Mer, vous n'aurez pour ladif- ſiper par quelque agreable Objet,qu'àfaire untour àVer- failles. Onya celebré cette an- née avec une extraordinaire
magnificence les deux jours ,
deſtinez par tout où regne la veritable Religion , aux Pro- ceſſions les plus folemnelles.
C'eſt un effet de la pieté du
Roy, qui ne ſe fait pasmoins degloirede foûtenir dignemet le Titre qu'il a de Fils aiſné de l'Eglife , que le Nomde Loürs LE GRAND que tant de Vi- toires ſurprenantes luy ont acquis depuis une fi longue fuite
GALANT. 49
le
don-
'
YON
ſuite d'années. Mr Bontemps Gouverneur de Verſailles, dõt
chacun connoit le zele pour le
ſervice de Sa Majeſté , reçeut l'ordre pour tout ce qui re-- gardoit la pompede ces deux grandes Journées, & il
na en ſuite pour l'execution à Mr Berrin,DeſignateurduCa- *
1893*
binet duRoy. Le Genie de ce
dernier vous eft connu,&vous
ſçavez , Madame , qu'il ſeroit
difficile d'en trouver un plus inventif.Je ne vous feray point le détail de tout ce qui ornoit
le plus fuperbe&le plus riche
Repoſoir qu'on ait jamais veu.
Tout lemonde est informé de
la grande quantité de Pieces rares , curieuſes , & fans prix,
que le Roy avoit avat la guerre ; le nombre en eft encor
Tome V. Er
50 LE MERCVRE
augmenté deptris ce temps-là,
&il n'y a peut eſtre rien qui marque plus lagrandeur de la France,&la merveilleuſe conduite de fon Prince , rien qui ſoit plus àla gloire de ceux qui ontſous lity les premiers em- plois de l'Etat ,que de voir un fi grand amas de richeſſes non ſeulement conſervé, mais ac
crû malgré les exceſſives dé penſesoù l'on est tous les jours engagé pour la ſubſiſtance de nos Armées. Parmy tant de raretez , on admira ſur tout
une Courõne de Pierreries de
deuxpiedsde diametre, qui ne pût eſtre regardée qu'avecun etonnement inconcevable.
Toutes les Courts dans lefquelles paſſa la proceffion, fu- rent ornées d'une partie des
plus belles Tapiſſeriesdu Roy.
GALANT. 51 Mrdu Mets , Sur-Intendantde tous les Meubles , ordonna à
M² Coquino , qui garde ceux - de la Couronne , de les faire
tranſporter à Verſailles. Voicy celles qui y furent tenduës.
Les Actes des Apoftres de Raphaël. La Pſyché de Raphaël.
Les Croteſques deRaphaël.
Le Grand Scipion de Jules Romain.
Le Fructus Belli , qui eſtoit au Royd'Eſpagne.
Le Grand Conſtantin de
Rubens , & les douze Moisde
l'Année, qui estoient autrefois àMonfieurde Quife.
Toutes ces Tentures ſont
rehauffées d'or. Elles eſtoient
accompagnées de la Chaffe d'Olbeins , fameux Peintre Allemand. E 2
52 LE MERCVRE
4
Les Tapiſſeries modernes qui parurent le mefme jour, &
onteſté faites ſur les Deſſeins
de M'le Brun , & fabriquées.
aux Gobelins , repreſentant toutes enſemble l'Histoire du
Roy, furent Le Sacrede Sa Majeſté.
La Conférence , ou l'Entreveuë duRoy avec le Roy d'Efpagne.
Le Mariage du Roy.
L'Audiance que Sa Majesté donna à Fontainebleau àM le
Cardinal Legat.
L'Alliance faite avec les
Suiffes.
Toutes les Conqueſtes du Roy en diferentes Pieces, dans leſquelles Sa Majesté eſt re- preſentée au naturel, avec tous
ceuxqui ſe ſont trouvez dans toutes les Cerémonies , Sieges
GALANT.
53 &Combats,qu'on admire dans ces Tentures.Elles font toutes
rehauffées d'or , auffi bien que cellesquiſuivent.
LesBatailles d'Alexandre.
Les Veuës des Maiſons
Royales.
Les Muſes.
Les Saifons.
Et les cinq Sens de Nature.
Ces dernieres ont encor
eſté faites fur les Deſſeins de
Mr le Brun , Premier Peintre
du Roy , & elles ſont travail- léesavec tantd'art &de délicateſſe , que la Peinture n'a
riendeplus vif.
Les magnificences qui pa- rurent huit jours aprés, ne fu- rent pas moins conſidérables.
Jamais on n'a rien veu de fi
agreable , ny de mieux enten- E 3
34 LE MERCVRE du. Toutle Chaſteau ſe trouva
ſuperbement décoré,toutes les Feneſtres estoient ornées de
riches Tapis , & tous les Bal- cons revétus de Tapis de Per- ſe à fonds d'or , & remplis de Caiſſes d'Orangers. Il y en avoit auffi de poſées à plomb fur les Colomnes, environnées
de Feſtons de Fleurs , & entre
chaque Colomne on voyoit d'autres Caiſſes d'Orangers.
Les mêmes ornemens regnoient autour de la Court, &
le tout enſemble produiſoit un effet ſi merveilleux , que la veuë en eſtoit charmé
magnificence les deux jours ,
deſtinez par tout où regne la veritable Religion , aux Pro- ceſſions les plus folemnelles.
C'eſt un effet de la pieté du
Roy, qui ne ſe fait pasmoins degloirede foûtenir dignemet le Titre qu'il a de Fils aiſné de l'Eglife , que le Nomde Loürs LE GRAND que tant de Vi- toires ſurprenantes luy ont acquis depuis une fi longue fuite
GALANT. 49
le
don-
'
YON
ſuite d'années. Mr Bontemps Gouverneur de Verſailles, dõt
chacun connoit le zele pour le
ſervice de Sa Majeſté , reçeut l'ordre pour tout ce qui re-- gardoit la pompede ces deux grandes Journées, & il
na en ſuite pour l'execution à Mr Berrin,DeſignateurduCa- *
1893*
binet duRoy. Le Genie de ce
dernier vous eft connu,&vous
ſçavez , Madame , qu'il ſeroit
difficile d'en trouver un plus inventif.Je ne vous feray point le détail de tout ce qui ornoit
le plus fuperbe&le plus riche
Repoſoir qu'on ait jamais veu.
Tout lemonde est informé de
la grande quantité de Pieces rares , curieuſes , & fans prix,
que le Roy avoit avat la guerre ; le nombre en eft encor
Tome V. Er
50 LE MERCVRE
augmenté deptris ce temps-là,
&il n'y a peut eſtre rien qui marque plus lagrandeur de la France,&la merveilleuſe conduite de fon Prince , rien qui ſoit plus àla gloire de ceux qui ontſous lity les premiers em- plois de l'Etat ,que de voir un fi grand amas de richeſſes non ſeulement conſervé, mais ac
crû malgré les exceſſives dé penſesoù l'on est tous les jours engagé pour la ſubſiſtance de nos Armées. Parmy tant de raretez , on admira ſur tout
une Courõne de Pierreries de
deuxpiedsde diametre, qui ne pût eſtre regardée qu'avecun etonnement inconcevable.
Toutes les Courts dans lefquelles paſſa la proceffion, fu- rent ornées d'une partie des
plus belles Tapiſſeriesdu Roy.
GALANT. 51 Mrdu Mets , Sur-Intendantde tous les Meubles , ordonna à
M² Coquino , qui garde ceux - de la Couronne , de les faire
tranſporter à Verſailles. Voicy celles qui y furent tenduës.
Les Actes des Apoftres de Raphaël. La Pſyché de Raphaël.
Les Croteſques deRaphaël.
Le Grand Scipion de Jules Romain.
Le Fructus Belli , qui eſtoit au Royd'Eſpagne.
Le Grand Conſtantin de
Rubens , & les douze Moisde
l'Année, qui estoient autrefois àMonfieurde Quife.
Toutes ces Tentures ſont
rehauffées d'or. Elles eſtoient
accompagnées de la Chaffe d'Olbeins , fameux Peintre Allemand. E 2
52 LE MERCVRE
4
Les Tapiſſeries modernes qui parurent le mefme jour, &
onteſté faites ſur les Deſſeins
de M'le Brun , & fabriquées.
aux Gobelins , repreſentant toutes enſemble l'Histoire du
Roy, furent Le Sacrede Sa Majeſté.
La Conférence , ou l'Entreveuë duRoy avec le Roy d'Efpagne.
Le Mariage du Roy.
L'Audiance que Sa Majesté donna à Fontainebleau àM le
Cardinal Legat.
L'Alliance faite avec les
Suiffes.
Toutes les Conqueſtes du Roy en diferentes Pieces, dans leſquelles Sa Majesté eſt re- preſentée au naturel, avec tous
ceuxqui ſe ſont trouvez dans toutes les Cerémonies , Sieges
GALANT.
53 &Combats,qu'on admire dans ces Tentures.Elles font toutes
rehauffées d'or , auffi bien que cellesquiſuivent.
LesBatailles d'Alexandre.
Les Veuës des Maiſons
Royales.
Les Muſes.
Les Saifons.
Et les cinq Sens de Nature.
Ces dernieres ont encor
eſté faites fur les Deſſeins de
Mr le Brun , Premier Peintre
du Roy , & elles ſont travail- léesavec tantd'art &de délicateſſe , que la Peinture n'a
riendeplus vif.
Les magnificences qui pa- rurent huit jours aprés, ne fu- rent pas moins conſidérables.
Jamais on n'a rien veu de fi
agreable , ny de mieux enten- E 3
34 LE MERCVRE du. Toutle Chaſteau ſe trouva
ſuperbement décoré,toutes les Feneſtres estoient ornées de
riches Tapis , & tous les Bal- cons revétus de Tapis de Per- ſe à fonds d'or , & remplis de Caiſſes d'Orangers. Il y en avoit auffi de poſées à plomb fur les Colomnes, environnées
de Feſtons de Fleurs , & entre
chaque Colomne on voyoit d'autres Caiſſes d'Orangers.
Les mêmes ornemens regnoient autour de la Court, &
le tout enſemble produiſoit un effet ſi merveilleux , que la veuë en eſtoit charmé
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Résumé : Description de tout ce qui a paru à Versailles aux Processions solemnelles qui s'y sont faites, avec les Noms de toutes les Tapisseries de la Couronne, & des grands Peintres qui en ont fait les Desseins. [titre d'après la table]
Le texte décrit les préparatifs et la magnificence des célébrations religieuses à Versailles. Le trajet de retour, bien que long, est présenté comme agréable, avec des distractions pour ceux qui pourraient être incommodés par la vue de la mer. Les festivités, organisées avec une grande splendeur, incluent des processions solennelles célébrant la véritable religion. La piété du roi et ses nombreuses victoires sont mises en avant, ainsi que son titre de Fils aîné de l'Église et son nom de Louis le Grand. Monsieur Bontemps, gouverneur de Versailles, et Monsieur Berrin, designer du cabinet du roi, sont chargés de l'organisation de ces journées. Le génie inventif de Monsieur Berrin est souligné. Les célébrations incluent un reposoir somptueux orné de pièces rares et précieuses, accumulées malgré les dépenses militaires. Une couronne de pierreries de deux pieds de diamètre est particulièrement admirée. Les cours traversées par la procession sont ornées de tapisseries royales, transportées par Monsieur Coquino sous la direction de Monsieur du Mets. Parmi ces tapisseries figurent des œuvres de Raphaël, Jules Romain, Rubens, et des tapisseries modernes représentant l'histoire du roi, ses alliances et ses conquêtes. Ces tapisseries, ainsi que d'autres modernes, sont rehaussées d'or et exécutées avec une grande délicatesse. Huit jours après, de nouvelles magnificences sont déployées, avec le château décoré de riches tapis, de balcons revêtus de perse à fonds d'or, et de caisses d'orangers. Les ornements autour de la cour produisent un effet merveilleux, charmant la vue.
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213
p. 79-80
« Ces Vers m'ont esté donnez comme estant du Pere Comire Jesuite [...] »
Début :
Ces Vers m'ont esté donnez comme estant du Pere Comire Jesuite [...]
Mots clefs :
Père Commire, Estime
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ces Vers m'ont esté donnez comme estant du Pere Comire Jesuite [...] »
CesVersm'ont eſté donnez
comme eftant du Pere Comire
Jefuite , qui en fait ſi bien de Latins. C'eſt un Homme dont
le merite eft connu. Il n'en
faut point d'autre preuve que la correſpondance qu'il entre- tient avec tous les Sçavans, &
l'eſtime particuliere qu'a pour luyMe l'Eveſque de Paderbon.
Le fuffrage de ce grand Pré- lat eſt un titre incontestable
de gloire pour tous ceux à qui
GALANT. 59
il croit qu'il ſoit juſte de l'ac- corder.
comme eftant du Pere Comire
Jefuite , qui en fait ſi bien de Latins. C'eſt un Homme dont
le merite eft connu. Il n'en
faut point d'autre preuve que la correſpondance qu'il entre- tient avec tous les Sçavans, &
l'eſtime particuliere qu'a pour luyMe l'Eveſque de Paderbon.
Le fuffrage de ce grand Pré- lat eſt un titre incontestable
de gloire pour tous ceux à qui
GALANT. 59
il croit qu'il ſoit juſte de l'ac- corder.
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214
p. 84-86
Devise sur le mesme Sujet. [titre d'après la table]
Début :
J'adjoûte à ces Vers une Devise qui a esté [...]
Mots clefs :
Devise, Latin, Vers
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texteReconnaissance textuelle : Devise sur le mesme Sujet. [titre d'après la table]
J'ajoûte à ces Vers une De- vi'equia eſté faite pourMon- fieur,&que beaucoup de Gés d'eſprit ont eftimée. Elle a pour corps une Lune qui entre dans les Signes du Soleil , &voicy lesParoles qui luy ferventd'a- me. Sequitur veftigia Fratris.
Pardonnez -moy ces trois mots LatinsMadame. Quand ils ſe
GALANT. 63 roient d'une Langue entiere+
ment inconnue pour yous ,
vous n'auriez beſoin pour les entendre , que du dernier de ces fixVers qui font audeffous de laDeviſe.
Tant de Monstres divers ne
Sçauroient arreſter
Ce bel Aftre dans ſa carriere :
Maisplein deforce &de lumiere,
Nous voyons quefims s'écarter,
Dés qu'il paroiſt ſfur IHemif- phere ,
Il ſuit fidellement les traces de SonFrere.Je croy qu'il feroit difficile de donner à Monfieur une plus forte loüange. En effet,
ſuivre les traces du Grand
Loürs , c'eſt aller plus loin que
F 2
64 LE MERCVRE
les plus fameux Conquerans n'ont jamais efté. Nosbeaux Eſprits s'exercent encor tous lesjours fur une ſi vaſte matiere. Je ne vous envoye point ce qu
Pardonnez -moy ces trois mots LatinsMadame. Quand ils ſe
GALANT. 63 roient d'une Langue entiere+
ment inconnue pour yous ,
vous n'auriez beſoin pour les entendre , que du dernier de ces fixVers qui font audeffous de laDeviſe.
Tant de Monstres divers ne
Sçauroient arreſter
Ce bel Aftre dans ſa carriere :
Maisplein deforce &de lumiere,
Nous voyons quefims s'écarter,
Dés qu'il paroiſt ſfur IHemif- phere ,
Il ſuit fidellement les traces de SonFrere.Je croy qu'il feroit difficile de donner à Monfieur une plus forte loüange. En effet,
ſuivre les traces du Grand
Loürs , c'eſt aller plus loin que
F 2
64 LE MERCVRE
les plus fameux Conquerans n'ont jamais efté. Nosbeaux Eſprits s'exercent encor tous lesjours fur une ſi vaſte matiere. Je ne vous envoye point ce qu
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Résumé : Devise sur le mesme Sujet. [titre d'après la table]
Le texte présente une devise composée pour un individu de haut rang, appréciée par plusieurs esprits éclairés. Cette devise est illustrée par des vers et une explication. Elle décrit une Lune suivant les traces du Soleil, symbolisant la fidélité et la loyauté. Les vers soulignent que divers obstacles ne peuvent arrêter cette fidélité, et que la lumière et la force permettent à la Lune de suivre le Soleil. L'auteur considère que suivre les traces du Grand Louis (Louis XIV) est une louange suprême, dépassant les plus grands conquérants. Il mentionne également que des esprits brillants continuent de s'exercer sur ce sujet vaste et important. Le texte se termine par une phrase inachevée indiquant que l'auteur ne transmet pas certaines informations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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215
p. 103-110
Sujet de deux Opera mis en Musique par le mesme. [titre d'après la table]
Début :
En verité, Madame, j'ay peine à vous pardonner vostre [...]
Mots clefs :
Opéra, Saint-Germain, Molière, Lully, Ballets, Musique française, Science des italiens, Abbé Tallement, Mademoiselle Jacquier
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texteReconnaissance textuelle : Sujet de deux Opera mis en Musique par le mesme. [titre d'après la table]
En verité Madame , jay
peine àvous pardonner voſtre attachementpour la Province,
puis, qu'il vous a privée du
,
1
G3
78 LE MERCVRE
-
plaiſir que vous auriez reçen de deux Opéra de ſa compofi- tionqui ont eſté chantez depuis deux ou trois ans dans
une Maiſon particuliere , &
dans la fienne. Le concours y
a eſté grand, & ils ont fait tant debruit , que le Roy les a voulu entendre àSaint Germain.
Ilsyont eſté repreſentez plus d'une fois , &Sa Majesté les a
toûjours écoutez avec une at- tention qui marquoit mieux que toute autre choſe la fatis- faction qu'elle en recevoit.
Auſſi faut-ilavoüerque le petit Moliere donne des agrémens bienparticuliers à tout ce qu'il fait. Il exprime admirablement les paffions , & it trouve des tons qui fuffiroientſeuls àfaire
connoiſtre ce que les Acteurs reprefentent. C'eſt ce qu'on
GALANT. 79 eftimoit en luy dans le temps qu'il travailloit aux Balets du Roy( ce qu'il afait longtemps ſeul,&depuis avecM² deLul- ly , juſqu'à ce que ce dernier aiteſte Surintendant de la Mufique. )Il a toûjours pris foin de meſler ce que la MufiqueFra çoiſe a de plus doux , avec le profondde la Science des Ita- liens ; & ce qui a eſté un fort grand avantage pourluy, il n'a preſque jamais travaillé que furde belles Paroles. Cellesde
ces deux derniers Opéra qui ont eu pourſujet les Amoursde Cephale &de I Aurore , &les
Avantures d'Andromede , font
de M l'Abbé Tallemant le
jeune. Il me feroit inutile de vous parlerde fon merite &de fon eſprit , l'un & l'autre vous eft connu. Je vous diray ſeule-
80 LE MERCVRE
ment que ſi vous aviez entendu les Vers de ces deux Ouvrages de Theatre , vous con- noiſtriez qu'ils répondent par- faitement aux belles chofes
que vous avez déja veuës de luy. Ony a remarqué un art merveillleux ; & ce qui a fort contribué à les rendre auſſi
agreables qu'ils font, c'eſt qu'il a trouvé moyen d'en retran- cher les Perſonnages , qui n'e- ftant point intereſſez dans le fujet de la Piece , ne peuvent jamais eftre qu'ennuyeux. Je reviens aux Paroles de Made
Frontiniere. Elles ont eſté
chantées devantle Roy par la petite Mademoiſelle Jaquier.
C'eſtunProdigequi aparûicy depuis quatre ans. Elle chante,
àLivre ouvert, la Muſique la plus difficile. Elle l'accompa
GALANT. 81
gne, &accompagne les autres qui veulent chanter , avec le
Claveſſin dont ellejouë dune maniere qui ne peut eftre imi- tée. Elle compoſe des Pieces ,
&les jouë fur tous les tons qu'on luy propoſe. Je vous ay dit , Madame ,qu'il y a quatre ans qu'elle paroift avec des qualitez fi extraordinaires , &
cependat elle n'en a encor que dix. Je ne ſçay ſi en la voyant,
vous ne diriez point ce qu'on a
entendu dire à un des plus beauxEfprits que nous ayõs. II la regardoit, ſurprisde tous ces miracles , il dit agreablement,
qu'il voyoit bien que c'estoit elle,
mais qu'avec toutcela iln'envoudroit pas jurer. Si nous eftions
au tempsoù l'on croyoit les Sil- phes&les Gnomes , on pour- roit douter que ce n'en fuſt
82 LE MERCVRE
une production. Toutes celles qui touchent le Claveffin , &
dont le nombre eft grand , ont fait ce qu'elles ont pûpour la furprendre , &ont eſté enſuite contraintes de l'admirer comme les autres , ou d'attribuer à
la Magie ce qu'elles ne peu- ventfaire comme elle...
peine àvous pardonner voſtre attachementpour la Province,
puis, qu'il vous a privée du
,
1
G3
78 LE MERCVRE
-
plaiſir que vous auriez reçen de deux Opéra de ſa compofi- tionqui ont eſté chantez depuis deux ou trois ans dans
une Maiſon particuliere , &
dans la fienne. Le concours y
a eſté grand, & ils ont fait tant debruit , que le Roy les a voulu entendre àSaint Germain.
Ilsyont eſté repreſentez plus d'une fois , &Sa Majesté les a
toûjours écoutez avec une at- tention qui marquoit mieux que toute autre choſe la fatis- faction qu'elle en recevoit.
Auſſi faut-ilavoüerque le petit Moliere donne des agrémens bienparticuliers à tout ce qu'il fait. Il exprime admirablement les paffions , & it trouve des tons qui fuffiroientſeuls àfaire
connoiſtre ce que les Acteurs reprefentent. C'eſt ce qu'on
GALANT. 79 eftimoit en luy dans le temps qu'il travailloit aux Balets du Roy( ce qu'il afait longtemps ſeul,&depuis avecM² deLul- ly , juſqu'à ce que ce dernier aiteſte Surintendant de la Mufique. )Il a toûjours pris foin de meſler ce que la MufiqueFra çoiſe a de plus doux , avec le profondde la Science des Ita- liens ; & ce qui a eſté un fort grand avantage pourluy, il n'a preſque jamais travaillé que furde belles Paroles. Cellesde
ces deux derniers Opéra qui ont eu pourſujet les Amoursde Cephale &de I Aurore , &les
Avantures d'Andromede , font
de M l'Abbé Tallemant le
jeune. Il me feroit inutile de vous parlerde fon merite &de fon eſprit , l'un & l'autre vous eft connu. Je vous diray ſeule-
80 LE MERCVRE
ment que ſi vous aviez entendu les Vers de ces deux Ouvrages de Theatre , vous con- noiſtriez qu'ils répondent par- faitement aux belles chofes
que vous avez déja veuës de luy. Ony a remarqué un art merveillleux ; & ce qui a fort contribué à les rendre auſſi
agreables qu'ils font, c'eſt qu'il a trouvé moyen d'en retran- cher les Perſonnages , qui n'e- ftant point intereſſez dans le fujet de la Piece , ne peuvent jamais eftre qu'ennuyeux. Je reviens aux Paroles de Made
Frontiniere. Elles ont eſté
chantées devantle Roy par la petite Mademoiſelle Jaquier.
C'eſtunProdigequi aparûicy depuis quatre ans. Elle chante,
àLivre ouvert, la Muſique la plus difficile. Elle l'accompa
GALANT. 81
gne, &accompagne les autres qui veulent chanter , avec le
Claveſſin dont ellejouë dune maniere qui ne peut eftre imi- tée. Elle compoſe des Pieces ,
&les jouë fur tous les tons qu'on luy propoſe. Je vous ay dit , Madame ,qu'il y a quatre ans qu'elle paroift avec des qualitez fi extraordinaires , &
cependat elle n'en a encor que dix. Je ne ſçay ſi en la voyant,
vous ne diriez point ce qu'on a
entendu dire à un des plus beauxEfprits que nous ayõs. II la regardoit, ſurprisde tous ces miracles , il dit agreablement,
qu'il voyoit bien que c'estoit elle,
mais qu'avec toutcela iln'envoudroit pas jurer. Si nous eftions
au tempsoù l'on croyoit les Sil- phes&les Gnomes , on pour- roit douter que ce n'en fuſt
82 LE MERCVRE
une production. Toutes celles qui touchent le Claveffin , &
dont le nombre eft grand , ont fait ce qu'elles ont pûpour la furprendre , &ont eſté enſuite contraintes de l'admirer comme les autres , ou d'attribuer à
la Magie ce qu'elles ne peu- ventfaire comme elle...
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Résumé : Sujet de deux Opera mis en Musique par le mesme. [titre d'après la table]
La lettre exprime des regrets que la destinataire n'ait pas pu assister à deux opéras de Molière : 'Les Amours de Céphale et d'Aurore' et 'Les Aventures d'Andromède'. Ces œuvres ont été jouées dans une maison particulière et au château de Saint-Germain, où elles ont été appréciées par le roi. Molière est félicité pour son talent à exprimer les passions et à mélanger la musique française et italienne. Les paroles de ces opéras sont de l'abbé Tallemant le jeune, dont le mérite est souligné. La lettre mentionne également Mademoiselle Jaquier, une jeune prodige de dix ans, qui chante, compose et joue du clavecin de manière exceptionnelle, surprenant et impressionnant les autres musiciens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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216
p. 110-133
Avanture des Thuilleries. [titre d'après la table]
Début :
Je passe à une Avanture qui merite bien que vous [...]
Mots clefs :
Tuileries, Amoureux, Honneur, Conduite, Dupe, Pudeur, Fidélité, Rendez-vous, Billet, Suivante
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texteReconnaissance textuelle : Avanture des Thuilleries. [titre d'après la table]
Je paſſe àune Avanture qui merite bien que vous l'appre- niez . Un Cavalier qui ſe fait appeller Marquis , & que l'on prendroitpour cela , à ſes airs &àfesmanieres , d'un bout à
l'autre des Thuilleries , devint
amoureux d'une Dame quia de la jeuneſſe , de la bauté &
de l'eſprit. Il aima , il fut aimé.
Juſques-là il n'y aqu'honneur,
tout eſt dans les Regles ; mais comme il eſt aſſez rare quel'A- mour laiſſe jouir les Amans
GALANT. 83
d'une longue tranquillité , &
que le relâchement commence toûjours par quelqu'une des
Parties , le Cavalier( àla honte
de fon Sexe ) commença à ſe rellentir; ſes Viſites devinrent
YON
=
moins frequentes , ſes ſoins
moins empreſſez ;
;&les Amis THEATE
delaDamequi estoientenétat dejuger fainementde la con-4803777
duite du Marquis, parce qu'ils ne s'eſtoient pas laiſſé ébloüir comme elle à fes grands airs,&
àl'éclatde fon merite,n'eurent
pas depeineàs'appercevoirde ✓ ladiminution de ſa tendreſſe.
Une de ſes Amies ſe chargea
$ du ſoin de l'en avertir ( Commiffion dangereuſe, &qui atti- re d'ordinaire plus de haine que de reconnoiſſance. ) Elle s'y prit pourtat d'une maniere affez délicate ; il y euſt eude la
84 LE MERCVRE
groffiereté, &meſmede la du- reté, àluy dire tout d'un coup qu'elle n'eſtoit plus aimée , &
que tout le monde connoiſſoit que le Marquis en faiſoit fa Dupe. La Morale eſt d'un grad fecours dans ces fortes d'occaſions: on nefait ſes applicatiōs quequand on veut , &cepen- dantona la liberté de dire que les Hommes de ce temps-cy fontfaits dune étrangemanie- re ; que les Femmes font bien follesde conter ſur leur fidelité,&mille autres choſes qui ne font que trop veritables. Če fut àpeu prés ledifcours que cette Dame tintà ſon Amie.D'abord
cela ſe paſſa enplaiſanterie, el- leenconvint, ou du moins elle
fit ſemblant d'en covonir, par- ce qu'il y avoit un Homme
preſent
GALANT. 85
ne
preſent à cette converſation , à
qui elle eſtoie bien aiſe de faire la guerre ; mais enfin la choſe futtout de nouveau fi fort rebatuë apres ſon départ , que la Dame regardāt fon Amie avec quelque forte d'inquietude,
pût s'empeſcherde luydeman- der pourquoyelle traitoit cette
matiere fi à fond,&fi elle avoit
appris quelque chofe duMar- quis qui luy en fiſt craindre pour elle quelque mauvais tour. Cette Amierépődqu'elle ne ſçait rien de poſitif, qu'elle ſçait ſeulement qu'il a beau- coup de vanité , & qu'elle ga- geroit bien que fi on luy don- noit un Rendez-vous par un Billetde la partd'une Incõnuë,
il ſe feroit une agreable affaire d'y courir , & que peut-eftre meſme il ne ſe defendroit pas
TomeV.
1
H
86 LE MERCVRE
de la facrifier, ſi la nouvelle cõ
queſte avoitdu brillant. LaDa- me qui aimoit le Marquis,pred fortemet ſon party; & fur cette conteftatio,elle voit entrer une
aimable Provinciale de ſes inti--
mes Amies,quin'eſtoit que de- puis deuxjours à Paris. Onla faitarbitre du Difered. LaBelle, que quelque intrigue parti- culiere n'avoit pas trop bien perfuadée de la probité des Hommes , ſe declare contre le
Marquis.L'affaire confiftoit en preuve , & l'expédient en fut trouvé. LaProvinciale avoit de
l'efprit &de la beauté ; elle é- toit incõnuë au Marquis &on convint qu'elle luy donneroit un Rédez-vous où elle ſe trouveroit avec la Dame , qui dé- guiſée en Suivante, feroit té- moin de tout cequi ſe paſſe
GALANT. 87
droit. La choſe eſt executée fur
l'heure; on fait écrire le Billet,
&il eſt porté chez le Marquis par unGrifon qui a ordre de le laiſſer au premier qui luy ou- *. vrira,&de s'en revenir ſans attendre de Réponſe. Ce Billet paroiſſoit d'une Dame qui a- voitdiſputé long-temps entre ſa pudeur&le merite du Cavalier , &qui apres beaucoup de reſiſtance inutile, n'avoit pû s'empeſcher de luy donnerun
Rendez - vous au lendemain
dansl'Allée laplus écartéedes Thuilleries , oùelle devoit luy ✓ apprendre des choſes auſquel- les elle ne pouvoit penſer ſans rougir. Le papier , la cire , la foye , le chiffre , le caractere ,
enfintoutfentoit ſon bien;& il
yavoit dansla Lettre de cer- taines manieres de s'exprimer,
H 2
88 LE MERCVRE
la
qui faiſoiet juger que la Dame n'avoit pas moins de qualité qued'eſprit. Le Marquis trou- ve cette Lettre à ſon retour,
l'ouvre avec empreſſement ,
lit, larelit, &croyanttoutpof- fible furlafoyde ſa vanité , il nefonge plus qu'àſe mettre en état de faire une entrée pom- peufe & magnifique dans le
cœur d'une Dame qu'il veut
croiretout au moinsDucheffe.
La Broderie, le Point de Frace,
les Plumes, une Perruque neu- ve,enfin rien n'eſt épargné.Un Valet de chambre a ordrede
tenir tout preſt pour cettegra- de journée ; & apres que le Marquis a fait plus d'un juge- ment temeraire fur quelques Dames qu'il foupçonne de la Lettre & du Rendez-vous , il
ſe couche & s'endort fur l'a-
GALANT. 89 - greable penſée dont il ſe flate,
qu'il doit eſtre le lendemain le
plus heureuxde tous les Hom- mes. Ce lendemain ſi defiré arrive, il ſe met ſous les armes,&
apres avoir conſulté 4. ou cinq fois fon Miroir, &tout cequ'il
a de Laquais chez luy, il monte enCaroffe,&fe fait mener aux
Thuilleries . L'Allée du Rédezvous eſtoit ſi biédeſignée qu'il ne s'y pouvoit tromper.L'aima- ble Provinciale arrive un moment apres avec la Dame inte- reffée: l'unedans une propreté qui donnoit un nouvel éclat aux agrémens de ſa perſonne,
&l'autre affez negligée pour nedémentirpoint le perſonna- ge qu'elle s'eſtoit reſoluë de joüer. Ce ne fut pas unleger ſujet de chagrin àcettedernie- re , de voir la diligence de fon
H 3
90 LE MERCVRE
Amant à ſe trouver au lieu qui luy avoit eſté marqué pour le Rendez- vous. Elle ne doute
plus de ce qu'il eſt capablede faire contre elle;&pour n'eſtre point détrőpée , il ne s'en faut guere qu'elle ne ſouhaite que quelque rencontre impréveuë oblige le Marquis à ſe retirer.
Elledemande un peu de temps àfonAmie pour ſe remettre de l'émotion que cette avanture luycauſe. Elle l'obferve, & fi le hazard fait entrer quelque Damedans 1 Allée où ilſe pro- menefeul, elle eft au deſeſpoir
de voir avec quelle miſterieuſe complaiſance pour luy-meſme il ſe prepare à recevoir l'heu- reuſedeclaration qu'il attend.
Cefontfaluts redoublez àchaque perſonne bien faite qui paffe; &àla maniere chagrine
GALANT. 91
1
dont elle voit qu il ſe détourne quand il connoiſt que ce n'eſt point à luy qu on enveut , elle juge de la diſpoſition oùil eſt deluymanquerde fidelité.En- fin 1 impatience la prend,elle a
trop fait pour n'achever pas.
Labelle Provinciale qui n'at- tendoit que fon conſentement pour s'acquiter defon rolle,en- tre dans l'Allée du Marquis ,
avance lentementversluy ,le regarde, s'arreſte,&apresavoir donné lieu à quatre ou cinq gracieuſes reverences qu'elle luy fait , elle luy demande ce qu'il peut penſer d'une Dame qui le prévient pardes decla- rations ſi cõtraires àla retenuë
de sõ Sexe. Quoyque ce qu'el- le avoit à dire fuft concerté, la
matiere eſtoit délicate , &elle
ne put commencerà la traiter,
92 LE MERCVRE
ſans ſentir un je ne ſçayquel trouble qui meſloit beaucoup de pudeur à l'effort qu'elle se- bloit faire fur elle-meſme. Le
Marquis eft charmé de l'em- barras où il la voit. Il s'applau- dit, réïtere ſes reveréces, &luy faiſant deviner qu'il n'oſe rien dire àcauſe qu'ileſt écoutéde la Suivante ,il apprend d'elle quec'eſt uneFille pourquielle n'a riende caché, &dont le ſecours luy eft neceſſaire pour la liaifon qu'elle veut prendre a- vec luy. Grandes proteſtations d'une eternelle recõnoiſſance.
Elles ſont ſuivies de la plus in- ſtantepriere de luy laiſſer voir l'aimable perſonne à qui il eſt redevable de tant de bontez.
L'adroite Provinciale répond que quoy qu'elle tienne un rang affez confiderabledans le
GALANT. 93
monde , il ſera difficile qu'il la connoiſſe, parcequ'ayanttoû- jours aimé la retraite, elle a vê- cu juſques là pour ſes plus par- ticulieres Amies;quefon meri- te la force à ne vouloirplus vi- vre que pour luy;& que s'il eſt
difcret, il trouvera en l'aimant
toutes les douceurs qu'on peut efperer refpondance de la.plus Toutfincere cela estcor-THÈQUE D do
d'un air modeſte & embaraffe,
qui achevant de charmer le pauvreMarquis,redoublel'im- patience qu'il a de voir ſi ſon viſage répond àl'idée qu'il s'en -eſt forme.Elle oſteſon Loup; &
cõme elle a beaucoup de bril- = lant , &qu'un peude rougeur avoit donné une nouvelle vivacité à ſon teint , elle paroiſt aux yeux du Marquis la plus belle Perſonne qu'il ait jamais
94 LE MERCVRE
veuë. Il ne trouve point de ter-- mes à luy exprimer fon ravif- ſement. Il eſt charmé , il meurt pour elle , & voudroit eſtre en lieu de pouvoir ſe jetter à ſes genoux pour la remercier cõ- me il doitdes favorables ſentimensqu'elleluytémoigne.Elle remet fon Maſque,&profitant de l'effet qu'ont produit fes charmes, elle luv fait cõnoiſtre
quequoyqu'elle n'ait pûvain- cre le penchant qui luya fait faire un pas fi dangereux con- tre l'intereſt deſa gloire , elle a
unedélicateſſe qui ne luyper- met pas de s'accommoder d'un cœurpartagésqu'elle ſçait qu'il a de l'attachement pour une Dame en qui elle veut croire
beaucoup de merite , mais que cet attachementeſt ſi fort incompatible evec celuy qu'elle
GALANT. 95 luy demande , que s'il ne peut obtenir de luyde rompre ,il ne doitjamais eſperer de la revoir.
Le Marquis la laiſſe à peine achever.La Dame qu'elle luy a
nommée le touche fi peu,qu'il nemanquera pointde pretexte - pour la rupture,&il n'y a point de facrifice qu'il ne luy faffe pour ſe rendredigne de les bo- tez. Jugez ſi la fauſſe Suivante quientendoit tout, pafſoit bien ſon temps. Sur cette afſurance force promeſſesde part &d'au- tre de s'aimer eternellement.
Onprenddes meſures pour ſe voir. L'aimable Provinciale
nomme un lieu connu où le
Marquisſe trouvera ſeuldés le foir mefme entre onze heures
&minuit , & où ſa Suivante aura ſoin de le venir prendre pourle mener chez elle à dix
96 LE MERCVRE pasde là. En meſme temps il entre du monde dans l'Allée.
Elle en prend occafion de ſe ſe- parer du Marquis , ofte fon Loup de nouveau,&luy diſant un adieu tendre des yeux , le laiſſe le plus amoureux de tous lesHommes.Il arreſte la fauffe
Suivante,la cõjure de luy eſtre favorable , &luy fait entendre qu'elle n'aura pas lieu de ſe plaindre de ſon manque de li- beralité. C'eſt le dénouëment
de la Piece. La Suivante luy ré- pond de tous les bons offices qu'ilendoit attendre, &fe co- tente apres cela de ſe démaf- quer. Jamais il n'y eut rien de pareil à la ſurpriſe du Marquis.
On l'a rendu infidelle, &il voit qu'il n'en remporteque la hõte de l'eſtre inutilement.
l'autre des Thuilleries , devint
amoureux d'une Dame quia de la jeuneſſe , de la bauté &
de l'eſprit. Il aima , il fut aimé.
Juſques-là il n'y aqu'honneur,
tout eſt dans les Regles ; mais comme il eſt aſſez rare quel'A- mour laiſſe jouir les Amans
GALANT. 83
d'une longue tranquillité , &
que le relâchement commence toûjours par quelqu'une des
Parties , le Cavalier( àla honte
de fon Sexe ) commença à ſe rellentir; ſes Viſites devinrent
YON
=
moins frequentes , ſes ſoins
moins empreſſez ;
;&les Amis THEATE
delaDamequi estoientenétat dejuger fainementde la con-4803777
duite du Marquis, parce qu'ils ne s'eſtoient pas laiſſé ébloüir comme elle à fes grands airs,&
àl'éclatde fon merite,n'eurent
pas depeineàs'appercevoirde ✓ ladiminution de ſa tendreſſe.
Une de ſes Amies ſe chargea
$ du ſoin de l'en avertir ( Commiffion dangereuſe, &qui atti- re d'ordinaire plus de haine que de reconnoiſſance. ) Elle s'y prit pourtat d'une maniere affez délicate ; il y euſt eude la
84 LE MERCVRE
groffiereté, &meſmede la du- reté, àluy dire tout d'un coup qu'elle n'eſtoit plus aimée , &
que tout le monde connoiſſoit que le Marquis en faiſoit fa Dupe. La Morale eſt d'un grad fecours dans ces fortes d'occaſions: on nefait ſes applicatiōs quequand on veut , &cepen- dantona la liberté de dire que les Hommes de ce temps-cy fontfaits dune étrangemanie- re ; que les Femmes font bien follesde conter ſur leur fidelité,&mille autres choſes qui ne font que trop veritables. Če fut àpeu prés ledifcours que cette Dame tintà ſon Amie.D'abord
cela ſe paſſa enplaiſanterie, el- leenconvint, ou du moins elle
fit ſemblant d'en covonir, par- ce qu'il y avoit un Homme
preſent
GALANT. 85
ne
preſent à cette converſation , à
qui elle eſtoie bien aiſe de faire la guerre ; mais enfin la choſe futtout de nouveau fi fort rebatuë apres ſon départ , que la Dame regardāt fon Amie avec quelque forte d'inquietude,
pût s'empeſcherde luydeman- der pourquoyelle traitoit cette
matiere fi à fond,&fi elle avoit
appris quelque chofe duMar- quis qui luy en fiſt craindre pour elle quelque mauvais tour. Cette Amierépődqu'elle ne ſçait rien de poſitif, qu'elle ſçait ſeulement qu'il a beau- coup de vanité , & qu'elle ga- geroit bien que fi on luy don- noit un Rendez-vous par un Billetde la partd'une Incõnuë,
il ſe feroit une agreable affaire d'y courir , & que peut-eftre meſme il ne ſe defendroit pas
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de la facrifier, ſi la nouvelle cõ
queſte avoitdu brillant. LaDa- me qui aimoit le Marquis,pred fortemet ſon party; & fur cette conteftatio,elle voit entrer une
aimable Provinciale de ſes inti--
mes Amies,quin'eſtoit que de- puis deuxjours à Paris. Onla faitarbitre du Difered. LaBelle, que quelque intrigue parti- culiere n'avoit pas trop bien perfuadée de la probité des Hommes , ſe declare contre le
Marquis.L'affaire confiftoit en preuve , & l'expédient en fut trouvé. LaProvinciale avoit de
l'efprit &de la beauté ; elle é- toit incõnuë au Marquis &on convint qu'elle luy donneroit un Rédez-vous où elle ſe trouveroit avec la Dame , qui dé- guiſée en Suivante, feroit té- moin de tout cequi ſe paſſe
GALANT. 87
droit. La choſe eſt executée fur
l'heure; on fait écrire le Billet,
&il eſt porté chez le Marquis par unGrifon qui a ordre de le laiſſer au premier qui luy ou- *. vrira,&de s'en revenir ſans attendre de Réponſe. Ce Billet paroiſſoit d'une Dame qui a- voitdiſputé long-temps entre ſa pudeur&le merite du Cavalier , &qui apres beaucoup de reſiſtance inutile, n'avoit pû s'empeſcher de luy donnerun
Rendez - vous au lendemain
dansl'Allée laplus écartéedes Thuilleries , oùelle devoit luy ✓ apprendre des choſes auſquel- les elle ne pouvoit penſer ſans rougir. Le papier , la cire , la foye , le chiffre , le caractere ,
enfintoutfentoit ſon bien;& il
yavoit dansla Lettre de cer- taines manieres de s'exprimer,
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qui faiſoiet juger que la Dame n'avoit pas moins de qualité qued'eſprit. Le Marquis trou- ve cette Lettre à ſon retour,
l'ouvre avec empreſſement ,
lit, larelit, &croyanttoutpof- fible furlafoyde ſa vanité , il nefonge plus qu'àſe mettre en état de faire une entrée pom- peufe & magnifique dans le
cœur d'une Dame qu'il veut
croiretout au moinsDucheffe.
La Broderie, le Point de Frace,
les Plumes, une Perruque neu- ve,enfin rien n'eſt épargné.Un Valet de chambre a ordrede
tenir tout preſt pour cettegra- de journée ; & apres que le Marquis a fait plus d'un juge- ment temeraire fur quelques Dames qu'il foupçonne de la Lettre & du Rendez-vous , il
ſe couche & s'endort fur l'a-
GALANT. 89 - greable penſée dont il ſe flate,
qu'il doit eſtre le lendemain le
plus heureuxde tous les Hom- mes. Ce lendemain ſi defiré arrive, il ſe met ſous les armes,&
apres avoir conſulté 4. ou cinq fois fon Miroir, &tout cequ'il
a de Laquais chez luy, il monte enCaroffe,&fe fait mener aux
Thuilleries . L'Allée du Rédezvous eſtoit ſi biédeſignée qu'il ne s'y pouvoit tromper.L'aima- ble Provinciale arrive un moment apres avec la Dame inte- reffée: l'unedans une propreté qui donnoit un nouvel éclat aux agrémens de ſa perſonne,
&l'autre affez negligée pour nedémentirpoint le perſonna- ge qu'elle s'eſtoit reſoluë de joüer. Ce ne fut pas unleger ſujet de chagrin àcettedernie- re , de voir la diligence de fon
H 3
90 LE MERCVRE
Amant à ſe trouver au lieu qui luy avoit eſté marqué pour le Rendez- vous. Elle ne doute
plus de ce qu'il eſt capablede faire contre elle;&pour n'eſtre point détrőpée , il ne s'en faut guere qu'elle ne ſouhaite que quelque rencontre impréveuë oblige le Marquis à ſe retirer.
Elledemande un peu de temps àfonAmie pour ſe remettre de l'émotion que cette avanture luycauſe. Elle l'obferve, & fi le hazard fait entrer quelque Damedans 1 Allée où ilſe pro- menefeul, elle eft au deſeſpoir
de voir avec quelle miſterieuſe complaiſance pour luy-meſme il ſe prepare à recevoir l'heu- reuſedeclaration qu'il attend.
Cefontfaluts redoublez àchaque perſonne bien faite qui paffe; &àla maniere chagrine
GALANT. 91
1
dont elle voit qu il ſe détourne quand il connoiſt que ce n'eſt point à luy qu on enveut , elle juge de la diſpoſition oùil eſt deluymanquerde fidelité.En- fin 1 impatience la prend,elle a
trop fait pour n'achever pas.
Labelle Provinciale qui n'at- tendoit que fon conſentement pour s'acquiter defon rolle,en- tre dans l'Allée du Marquis ,
avance lentementversluy ,le regarde, s'arreſte,&apresavoir donné lieu à quatre ou cinq gracieuſes reverences qu'elle luy fait , elle luy demande ce qu'il peut penſer d'une Dame qui le prévient pardes decla- rations ſi cõtraires àla retenuë
de sõ Sexe. Quoyque ce qu'el- le avoit à dire fuft concerté, la
matiere eſtoit délicate , &elle
ne put commencerà la traiter,
92 LE MERCVRE
ſans ſentir un je ne ſçayquel trouble qui meſloit beaucoup de pudeur à l'effort qu'elle se- bloit faire fur elle-meſme. Le
Marquis eft charmé de l'em- barras où il la voit. Il s'applau- dit, réïtere ſes reveréces, &luy faiſant deviner qu'il n'oſe rien dire àcauſe qu'ileſt écoutéde la Suivante ,il apprend d'elle quec'eſt uneFille pourquielle n'a riende caché, &dont le ſecours luy eft neceſſaire pour la liaifon qu'elle veut prendre a- vec luy. Grandes proteſtations d'une eternelle recõnoiſſance.
Elles ſont ſuivies de la plus in- ſtantepriere de luy laiſſer voir l'aimable perſonne à qui il eſt redevable de tant de bontez.
L'adroite Provinciale répond que quoy qu'elle tienne un rang affez confiderabledans le
GALANT. 93
monde , il ſera difficile qu'il la connoiſſe, parcequ'ayanttoû- jours aimé la retraite, elle a vê- cu juſques là pour ſes plus par- ticulieres Amies;quefon meri- te la force à ne vouloirplus vi- vre que pour luy;& que s'il eſt
difcret, il trouvera en l'aimant
toutes les douceurs qu'on peut efperer refpondance de la.plus Toutfincere cela estcor-THÈQUE D do
d'un air modeſte & embaraffe,
qui achevant de charmer le pauvreMarquis,redoublel'im- patience qu'il a de voir ſi ſon viſage répond àl'idée qu'il s'en -eſt forme.Elle oſteſon Loup; &
cõme elle a beaucoup de bril- = lant , &qu'un peude rougeur avoit donné une nouvelle vivacité à ſon teint , elle paroiſt aux yeux du Marquis la plus belle Perſonne qu'il ait jamais
94 LE MERCVRE
veuë. Il ne trouve point de ter-- mes à luy exprimer fon ravif- ſement. Il eſt charmé , il meurt pour elle , & voudroit eſtre en lieu de pouvoir ſe jetter à ſes genoux pour la remercier cõ- me il doitdes favorables ſentimensqu'elleluytémoigne.Elle remet fon Maſque,&profitant de l'effet qu'ont produit fes charmes, elle luv fait cõnoiſtre
quequoyqu'elle n'ait pûvain- cre le penchant qui luya fait faire un pas fi dangereux con- tre l'intereſt deſa gloire , elle a
unedélicateſſe qui ne luyper- met pas de s'accommoder d'un cœurpartagésqu'elle ſçait qu'il a de l'attachement pour une Dame en qui elle veut croire
beaucoup de merite , mais que cet attachementeſt ſi fort incompatible evec celuy qu'elle
GALANT. 95 luy demande , que s'il ne peut obtenir de luyde rompre ,il ne doitjamais eſperer de la revoir.
Le Marquis la laiſſe à peine achever.La Dame qu'elle luy a
nommée le touche fi peu,qu'il nemanquera pointde pretexte - pour la rupture,&il n'y a point de facrifice qu'il ne luy faffe pour ſe rendredigne de les bo- tez. Jugez ſi la fauſſe Suivante quientendoit tout, pafſoit bien ſon temps. Sur cette afſurance force promeſſesde part &d'au- tre de s'aimer eternellement.
Onprenddes meſures pour ſe voir. L'aimable Provinciale
nomme un lieu connu où le
Marquisſe trouvera ſeuldés le foir mefme entre onze heures
&minuit , & où ſa Suivante aura ſoin de le venir prendre pourle mener chez elle à dix
96 LE MERCVRE pasde là. En meſme temps il entre du monde dans l'Allée.
Elle en prend occafion de ſe ſe- parer du Marquis , ofte fon Loup de nouveau,&luy diſant un adieu tendre des yeux , le laiſſe le plus amoureux de tous lesHommes.Il arreſte la fauffe
Suivante,la cõjure de luy eſtre favorable , &luy fait entendre qu'elle n'aura pas lieu de ſe plaindre de ſon manque de li- beralité. C'eſt le dénouëment
de la Piece. La Suivante luy ré- pond de tous les bons offices qu'ilendoit attendre, &fe co- tente apres cela de ſe démaf- quer. Jamais il n'y eut rien de pareil à la ſurpriſe du Marquis.
On l'a rendu infidelle, &il voit qu'il n'en remporteque la hõte de l'eſtre inutilement.
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Résumé : Avanture des Thuilleries. [titre d'après la table]
Le texte narre une aventure amoureuse entre un marquis et une dame. Le marquis, réputé pour ses manières distinguées, s'éprend d'une dame jeune, belle et spirituelle. Leur relation semble parfaite jusqu'à ce que le marquis commence à réduire ses visites et ses attentions. Les amis de la dame, remarquant ce changement, décident d'intervenir. Une amie de la dame lui révèle la situation, mais le marquis, présent lors de cette conversation, ne montre aucun remords. Inquiète, la dame demande des explications à son amie, qui suggère que le marquis pourrait être tenté par une nouvelle aventure. Pour vérifier cette hypothèse, elles élaborent un plan. Une provinciale, amie de la dame, accepte de jouer le rôle d'une inconnue séduisante. Elle écrit une lettre au marquis, lui fixant un rendez-vous dans les Tuileries. Flatté et excité, le marquis se prépare avec soin pour ce rendez-vous. Le jour convenu, le marquis se rend aux Tuileries. La provinciale et la dame, déguisée en suivante, arrivent peu après. La dame observe la réaction du marquis face à chaque personne qui passe, confirmant ses soupçons sur son infidélité. La provinciale, jouant son rôle, approche le marquis et lui révèle qu'elle est une jeune fille en quête de son aide pour une liaison. Charmé, le marquis promet son aide et sa discrétion. La provinciale, profitant de l'effet de ses charmes, lui fait comprendre qu'elle sait de son attachement pour une autre dame mais exige son cœur exclusif. Le marquis, sans hésiter, promet de rompre avec la dame mentionnée. Ils conviennent d'un lieu et d'un moment pour se revoir. La provinciale, après avoir obtenu cette promesse, se sépare du marquis, le laissant plus amoureux que jamais. La surprise du marquis est totale lorsqu'il découvre la supercherie.
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217
p. 140-141
« Je ne vous diray rien à l'avantage de cet Idylle [...] »
Début :
Je ne vous diray rien à l'avantage de cet Idylle [...]
Mots clefs :
Esprit, Mots, Vers
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texteReconnaissance textuelle : « Je ne vous diray rien à l'avantage de cet Idylle [...] »
Je ne vous diray rien àl'a- vantage de cet Idylle , finon qu'un des plus grāds Hommes
que nous ayons , auffi confide- rable par fon Eſprit que par fa Dignité , apres l'avoir leu plus plus d'une fois, écrivit ces pro- pres mots au deſſous de la Copie qu'on luy en montra.
Ces Vers font de la derniere beauté &dans la derniere juſteſ- Se; &quoy que la Morale enfoit fine &délicate , &les raiſonne- mens forts , il y aneantmoins un certain air de tendreſſe répandu dans toute la Piece qui la rend tout-à-fait charmante.
que nous ayons , auffi confide- rable par fon Eſprit que par fa Dignité , apres l'avoir leu plus plus d'une fois, écrivit ces pro- pres mots au deſſous de la Copie qu'on luy en montra.
Ces Vers font de la derniere beauté &dans la derniere juſteſ- Se; &quoy que la Morale enfoit fine &délicate , &les raiſonne- mens forts , il y aneantmoins un certain air de tendreſſe répandu dans toute la Piece qui la rend tout-à-fait charmante.
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Résumé : « Je ne vous diray rien à l'avantage de cet Idylle [...] »
Un homme respecté pour son esprit et sa dignité a admiré une idylle après plusieurs lectures. Il a loué sa beauté et sa justesse. L'œuvre se distingue par une morale subtile et des raisonnements forts, ainsi qu'un air de tendresse charmant.
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218
p. 142-145
Reception faite à Monsieur le Duc du Maine, par M. d'Aubigny, Gouverneur de Cognac. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay déja mandé, Madame, que Monsieur le Duc [...]
Mots clefs :
Duc du Maine, Madame de Maintenon, Maison d'Aubigny, Voyage, Cognac
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texteReconnaissance textuelle : Reception faite à Monsieur le Duc du Maine, par M. d'Aubigny, Gouverneur de Cognac. [titre d'après la table]
Je vous ay déja mandé, Ma- dame,que Monfieurle Ducdu
104 LE MERCVRE Maine eſtoit allé prendre des
Eaux à Barrege. Voicy quel- ques particularitez que j'ay ſçeuës de fon Voyage. Il eſt party accompagnédeMadame
deMaintenon, à qui un merite extraordinaire ſoûtenu de l'efprit&de la beautéavoit acquis L'eſtime de tout le monde dés
le temps qu'elle estoit Femme de M Scarron. Sa vertu incorruptible à tout ce qu'il ya de plus dangereux pour les Per- Tonnes auſſi bien faites qu'elle
eſt, futun charme pourla feuë Reine Mere,qui la voyant ſans biens apres lamortde ſon Ma- ry,luy donna une penfion con- fiderable. Elle eſt de la Maiſon
d'Aubigny. Ce Nom eft affez connu dans l'Hiſtoire, & il auroit fuffi ſeul àluy faire meriter Phonneur que Sa Majesté luy
GALANT.
105 a fait de luy confier l'éducation deMonfieur le Ducdu Maine.
Ce jeune Prince arriva avec elle àCognac il y a environ un mois. Med'Aubigny fon Frere,
qui eſt Gouverneurde la Ville &du Chaſteau , n'oublia rien
pour le recevoir avec tous les
honneurs deus à une Perſonne
de fon rang. Il fit monter à che- val cent Gentilshommes de la
Province, avec leſquels il alla au devant de luy àplus d'une lieuë de Cognac. Monfieur le DucduMaineyentra aubruit
des Boëtes &des Moufqueta- des que toute la Bourgeoifie qui estoit ſous les armes dé- chargea à fon arrivée. Il prit beaucoup de plaifir à voir une Compagnie d'Enfans ve- ſtus en dragons , qui firent Garde devant la porte de ſa
106 LE MERCVRE.
à
Chambre , pendant les deux jours qu'il s'arreſta à Cognac
104 LE MERCVRE Maine eſtoit allé prendre des
Eaux à Barrege. Voicy quel- ques particularitez que j'ay ſçeuës de fon Voyage. Il eſt party accompagnédeMadame
deMaintenon, à qui un merite extraordinaire ſoûtenu de l'efprit&de la beautéavoit acquis L'eſtime de tout le monde dés
le temps qu'elle estoit Femme de M Scarron. Sa vertu incorruptible à tout ce qu'il ya de plus dangereux pour les Per- Tonnes auſſi bien faites qu'elle
eſt, futun charme pourla feuë Reine Mere,qui la voyant ſans biens apres lamortde ſon Ma- ry,luy donna une penfion con- fiderable. Elle eſt de la Maiſon
d'Aubigny. Ce Nom eft affez connu dans l'Hiſtoire, & il auroit fuffi ſeul àluy faire meriter Phonneur que Sa Majesté luy
GALANT.
105 a fait de luy confier l'éducation deMonfieur le Ducdu Maine.
Ce jeune Prince arriva avec elle àCognac il y a environ un mois. Med'Aubigny fon Frere,
qui eſt Gouverneurde la Ville &du Chaſteau , n'oublia rien
pour le recevoir avec tous les
honneurs deus à une Perſonne
de fon rang. Il fit monter à che- val cent Gentilshommes de la
Province, avec leſquels il alla au devant de luy àplus d'une lieuë de Cognac. Monfieur le DucduMaineyentra aubruit
des Boëtes &des Moufqueta- des que toute la Bourgeoifie qui estoit ſous les armes dé- chargea à fon arrivée. Il prit beaucoup de plaifir à voir une Compagnie d'Enfans ve- ſtus en dragons , qui firent Garde devant la porte de ſa
106 LE MERCVRE.
à
Chambre , pendant les deux jours qu'il s'arreſta à Cognac
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Résumé : Reception faite à Monsieur le Duc du Maine, par M. d'Aubigny, Gouverneur de Cognac. [titre d'après la table]
Le Duc du Maine a effectué un voyage à Barèges pour prendre les eaux, accompagné de Madame de Maintenon. Cette dernière, reconnue pour sa vertu et son mérite, avait gagné l'estime générale dès son mariage avec Monsieur Scarron. Après la mort de son époux, la Reine Mère lui avait accordé une pension substantielle en raison de sa vertu incorruptible. Madame de Maintenon appartient à la Maison d'Aubigny, une famille illustre dans l'histoire. Environ un mois avant son arrivée à Barèges, le Duc du Maine s'était rendu à Cognac avec Madame de Maintenon. Monsieur d'Aubigny, frère de Madame de Maintenon et gouverneur de la ville et du château, avait organisé une réception solennelle. Cent gentilshommes de la province, à cheval, avaient accueilli le Duc à plus d'une lieue de Cognac. À son arrivée, des salves de mousquets et de mousquetades avaient été tirées en son honneur, et la bourgeoisie, en armes, avait également tiré en sa faveur. Le Duc avait apprécié la vue d'une compagnie d'enfants vêtus en dragons, qui avaient monté la garde devant sa chambre durant les deux jours de son séjour à Cognac.
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219
p. 145
Reception faite au mesme Prince par Madame la Comtesse de Ionsac. [titre d'après la table]
Début :
Il se rendit à Jonsac, où la Comtesse de ce [...]
Mots clefs :
Ionsac, Comtesse
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texteReconnaissance textuelle : Reception faite au mesme Prince par Madame la Comtesse de Ionsac. [titre d'après la table]
Il ſe rendit de là àJonſac , où la
Comteffe de ce nom le reçeut &le regala magnifiquement Souper.
Comteffe de ce nom le reçeut &le regala magnifiquement Souper.
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220
p. 145-150
Tragedie qui luy estoit preparée à Bordeaux, où les deux Fils de Monsieur de Seve se font admirer. [titre d'après la table]
Début :
Il continua sa route le lendemain, & vint coucher à [...]
Mots clefs :
Duc de Roquelaure, Bordeaux, Compliments, Tragédie française, Monsieur de Sève
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texteReconnaissance textuelle : Tragedie qui luy estoit preparée à Bordeaux, où les deux Fils de Monsieur de Seve se font admirer. [titre d'après la table]
Il continua ſa route le
lendemain , & vint coucher à
Blaye. Ce ne fut pas fans en- tendre la décharge du Canon,
&de toute l'Artillerie duChaſteau. Monfieur le Duc de
Roquelaure , & Monfieur de Séve Intendant de Guyenne ,
s'y eſtoient rendus avecles Ju- rats Deputez de Bordeaux
pour l'affurer de la joye qu'on auroit de l'y recevoir. Il y ar- vale lendemain. Les Compli- mens de la Ville luy furentpor- tez par M de la Lande Pre- mier Jurat qui luy fut preſenté àladefcente de la Maiſon Navale, par Monfieur le Comte
GALANT. 107 deMontaigu. Cejeune Prince alla le foir ſe promener à che- valſur le Quaydes Chartreux,
accompagné de Monfieur le Ducde Roquelaure ,&au re- tour il entra dans le Chafteau
Trompete, où toute la Garni- ſon ſe trouva dans la Place ſous
les armes. M' Cefar AydeMa- jor eſtoit àla teſte en l'abſence duMajor. L'impatience d'être à Barrege le fit partir dés le lendemain, malgré les inftan ECUF
tesprieresquiluy furent faitesYON
Bourdeaux de s'arrefter quelques jours à pour s'y delan IT
desfatiguesde fon Voyage.On luy vouloit donner le divertiſ- ſement d'une Tragedie Fran- çoiſe quiavoit eſtérepreſentée avecgrad fuccésdepuis quin- ze jours par les Efcoliers du College deGuyenne. M'l'Ab-
108 LE MERCVRE
béBardin qui eneſt Principal,
&àquiunlongufage dugrand monde a des long-temps apris à bien faire les chofes qui le regardent , avoit pris des me- fures ſi juſtes , que la belle Af- ſemblée de l'un &de l'autre
Sexe qui ſe trouva à ce Spécta- cle, en fortit avec une extréme ſatisfaction. La propreté des Acteurs répondoit à la grace avec laquelle ils s'acquiterent tous de leurs Rôles , & on admira fur tout deux Enfans qui firent un remercîment àMonfieur le Duc de Roquelaure d'un petit air fier qui furprit &
charma tous ceux qui les en- tendirent. L'Aifné n'a encor
que fix ans,&ils font tous deux Fils de Monfieur de Seve Intendant de cette Province. Je
ne vous dis rien defonmerite,
il
GALANT. 109 il vous eſt connu , &vous n'ignorez pas qu'il eſt Fils de feu Mr de Seve Conſeiller d'Etat,
qu'on aveu trois fois Prevoſt des Marchands. On ne peut executerles Ordres du Roy ny - avec plus de zele qu'il en mon- tre pour le ſervice de Sa Maje- -ſté, ny avecun aplaudiſſement plus general de tous ceux qui les reçoivent de luy
lendemain , & vint coucher à
Blaye. Ce ne fut pas fans en- tendre la décharge du Canon,
&de toute l'Artillerie duChaſteau. Monfieur le Duc de
Roquelaure , & Monfieur de Séve Intendant de Guyenne ,
s'y eſtoient rendus avecles Ju- rats Deputez de Bordeaux
pour l'affurer de la joye qu'on auroit de l'y recevoir. Il y ar- vale lendemain. Les Compli- mens de la Ville luy furentpor- tez par M de la Lande Pre- mier Jurat qui luy fut preſenté àladefcente de la Maiſon Navale, par Monfieur le Comte
GALANT. 107 deMontaigu. Cejeune Prince alla le foir ſe promener à che- valſur le Quaydes Chartreux,
accompagné de Monfieur le Ducde Roquelaure ,&au re- tour il entra dans le Chafteau
Trompete, où toute la Garni- ſon ſe trouva dans la Place ſous
les armes. M' Cefar AydeMa- jor eſtoit àla teſte en l'abſence duMajor. L'impatience d'être à Barrege le fit partir dés le lendemain, malgré les inftan ECUF
tesprieresquiluy furent faitesYON
Bourdeaux de s'arrefter quelques jours à pour s'y delan IT
desfatiguesde fon Voyage.On luy vouloit donner le divertiſ- ſement d'une Tragedie Fran- çoiſe quiavoit eſtérepreſentée avecgrad fuccésdepuis quin- ze jours par les Efcoliers du College deGuyenne. M'l'Ab-
108 LE MERCVRE
béBardin qui eneſt Principal,
&àquiunlongufage dugrand monde a des long-temps apris à bien faire les chofes qui le regardent , avoit pris des me- fures ſi juſtes , que la belle Af- ſemblée de l'un &de l'autre
Sexe qui ſe trouva à ce Spécta- cle, en fortit avec une extréme ſatisfaction. La propreté des Acteurs répondoit à la grace avec laquelle ils s'acquiterent tous de leurs Rôles , & on admira fur tout deux Enfans qui firent un remercîment àMonfieur le Duc de Roquelaure d'un petit air fier qui furprit &
charma tous ceux qui les en- tendirent. L'Aifné n'a encor
que fix ans,&ils font tous deux Fils de Monfieur de Seve Intendant de cette Province. Je
ne vous dis rien defonmerite,
il
GALANT. 109 il vous eſt connu , &vous n'ignorez pas qu'il eſt Fils de feu Mr de Seve Conſeiller d'Etat,
qu'on aveu trois fois Prevoſt des Marchands. On ne peut executerles Ordres du Roy ny - avec plus de zele qu'il en mon- tre pour le ſervice de Sa Maje- -ſté, ny avecun aplaudiſſement plus general de tous ceux qui les reçoivent de luy
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Résumé : Tragedie qui luy estoit preparée à Bordeaux, où les deux Fils de Monsieur de Seve se font admirer. [titre d'après la table]
Le texte relate le voyage d'un prince à Bordeaux. Après avoir entendu l'artillerie du château de Blaye, il fut accueilli par le duc de Roquelaure, l'intendant de Guyenne et les jurats de Bordeaux, dont M. de la Lande, Premier Jurat, et le comte de Montaigu. Le prince se promena à cheval sur le Quay des Chartreux avec le duc de Roquelaure, puis visita le château Trompete où la garnison était en alerte. Malgré les invitations à rester, il partit le lendemain pour Barre, déclinant des divertissements comme une tragédie française préparée par les écoliers du Collège de Guyenne. L'abbé Bardin, principal du collège, avait organisé la représentation, qui fut appréciée. Deux enfants, fils de l'intendant de Sève, remercièrent le duc de Roquelaure, impressionnant l'assemblée. L'intendant de Sève est connu pour son zèle et son efficacité, et est le fils de l'ancien conseiller d'État et prévôt des marchands, M. de Sève.
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221
p. 150-153
Vers à la gloire du Roy & de Monsieur le Duc du Maine. [titre d'après la table]
Début :
Cependant, Madame, vous croirez que la Tragédie dont je vous [...]
Mots clefs :
Muses Gasconnes, Roi, Spectacle, Gloire, Duc du Maine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers à la gloire du Roy & de Monsieur le Duc du Maine. [titre d'après la table]
Cepen- dant, Madame , vous croirez que la Tragédie dont je vous parle a eftequelque quel choſe de
fort provincial, & vous aurez de la peine à eſtre perfuadée que les Muſes Gafconnes ap- prochentde la politeffe de cel- les que le Roy a bien voulu loger dans le Louvre. Perdez cette penfée , & jugez de ce qu'a pû eſtre la Piece par ces Vers qui devoient ſervir de
Tome V. K
110 LE MERCVRE
complimentàMonfieur leDuc duMaine , s'il euſt eu le temps d'en voir une Repréſentation.
Q
Voyqu'ilnous
rieux ,
Soit fort gloPrince,de vous voir en ces lieux,
Nous avions intereſt à trouverdes
obstacles
Pour retenir le defir curieux
Quivousattireànos Spéttacles.
Nous connoiſſons lefangdes Demy
Dieux ,
Ilest accoûtumédetout temps aux
Miracles,
Etnousn'envenons pointétalerà
vosyeux.
C'estd'une tragiqueAvanture
Latriste &fidelle peinture Quenousavons àvous ofrir.
Les rares qualitez qu'en vous chacun admire ,
1
GALANT. I
D. Nous donneroientfans- doute affez àdiſcourir;
Mais nous n'en diſons rien , pour
avoirtrop à dire.
Pourparlerdignement de vous,
Nous voulions en ces lieux faire
venir la Gloire ,
Mais(&vous n'aurezpas depeine ànous en croire)
Elle n'a point de temps àperdre
avecquenous.
Pourl'Auguste Loüis elle est toute
occupée ,
Ellenepeut lequiter un moment,
EtpouraucunHéros jamais atta- chement
Ne rendit moins fon attente
trompée.
Si ce grand Conquerant l'eust laiſſée enpouvoir Deſe donner quelques joursderelâche,
Kij
112 LE MERCVRE
Prince,vous l'auriezvenë icy vous
recevoir ,
Mais on peut à ceprixsepaffer de lavoir ,
Etcelan'a rien qui vous fâche.
fort provincial, & vous aurez de la peine à eſtre perfuadée que les Muſes Gafconnes ap- prochentde la politeffe de cel- les que le Roy a bien voulu loger dans le Louvre. Perdez cette penfée , & jugez de ce qu'a pû eſtre la Piece par ces Vers qui devoient ſervir de
Tome V. K
110 LE MERCVRE
complimentàMonfieur leDuc duMaine , s'il euſt eu le temps d'en voir une Repréſentation.
Q
Voyqu'ilnous
rieux ,
Soit fort gloPrince,de vous voir en ces lieux,
Nous avions intereſt à trouverdes
obstacles
Pour retenir le defir curieux
Quivousattireànos Spéttacles.
Nous connoiſſons lefangdes Demy
Dieux ,
Ilest accoûtumédetout temps aux
Miracles,
Etnousn'envenons pointétalerà
vosyeux.
C'estd'une tragiqueAvanture
Latriste &fidelle peinture Quenousavons àvous ofrir.
Les rares qualitez qu'en vous chacun admire ,
1
GALANT. I
D. Nous donneroientfans- doute affez àdiſcourir;
Mais nous n'en diſons rien , pour
avoirtrop à dire.
Pourparlerdignement de vous,
Nous voulions en ces lieux faire
venir la Gloire ,
Mais(&vous n'aurezpas depeine ànous en croire)
Elle n'a point de temps àperdre
avecquenous.
Pourl'Auguste Loüis elle est toute
occupée ,
Ellenepeut lequiter un moment,
EtpouraucunHéros jamais atta- chement
Ne rendit moins fon attente
trompée.
Si ce grand Conquerant l'eust laiſſée enpouvoir Deſe donner quelques joursderelâche,
Kij
112 LE MERCVRE
Prince,vous l'auriezvenë icy vous
recevoir ,
Mais on peut à ceprixsepaffer de lavoir ,
Etcelan'a rien qui vous fâche.
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Résumé : Vers à la gloire du Roy & de Monsieur le Duc du Maine. [titre d'après la table]
La lettre traite d'une tragédie provinciale, que l'auteur reconnaît comme moins raffinée que celles du Louvre. Elle est adressée à une personne de haut rang, probablement une femme de la noblesse. L'auteur inclut des vers destinés à complimenter Monsieur le Duc du Maine, qui n'a pas pu assister à la représentation. Ces vers expriment l'intérêt et l'admiration pour le prince, tout en soulignant la modestie de la pièce. Ils mentionnent également la gloire, entièrement occupée par le roi Louis, et incapable de se détacher de lui, même pour un instant. L'auteur conclut en affirmant que, bien que la gloire ne puisse être présente, cela ne devrait pas fâcher le prince.
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222
p. 153-156
Mariage de M. le Comte de Montoison & de Mademoiselle de Chevrieres. [titre d'après la table]
Début :
Tandis que je suis en Province, il faut que je [...]
Mots clefs :
Grenoble, Mademoiselle de Chevrières, Comte de Montoison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage de M. le Comte de Montoison & de Mademoiselle de Chevrieres. [titre d'après la table]
Tandis que je ſuis en Pro- vince, il faut que je vous faffe partd'un Mariage qui s'eſt fait àGrenoble , où Monfieur le Comtede Montoiſon a épousé depuis peu Mademoiselle de Chevrieres , Fille du Second Prefident de ce Parlement. Il
eſtde l'Illuſtre Maiſon de Clermont , & un des Defcendans
de Philibert de Montoiſon, ap- pellé le Gentil Montoiſon, qui fit fi bien àla Bataille de Fournouë , & auquel le RoyChar- les VIII. dit ces paroles dans l'ardeur du combat,Alarecouf- Se, Montorfon. Ce qui a depuis
GALANT. 113 ſervy dedeviſe à cette Famille.
Mademoiselle de Chevrieres
n'eſt pas moins conſidérable par ſa beauté & par les quali- tez de ſon eſprit , que par ſa naiſſance. Elle parle bien, écrit juſte, entend l'Italien , fait des
Vers dans l'occaſion , & a un
= difcernemet merveilleux pour lesbonnes choſes.Elle est Sœur
de Monfieur le Comte de S.
Valier Capitaine des Gardes dela Porte du Roy , & de M
l'Abbé de Chevrieres Aumô-
- nier de Sa Majefté.
eſtde l'Illuſtre Maiſon de Clermont , & un des Defcendans
de Philibert de Montoiſon, ap- pellé le Gentil Montoiſon, qui fit fi bien àla Bataille de Fournouë , & auquel le RoyChar- les VIII. dit ces paroles dans l'ardeur du combat,Alarecouf- Se, Montorfon. Ce qui a depuis
GALANT. 113 ſervy dedeviſe à cette Famille.
Mademoiselle de Chevrieres
n'eſt pas moins conſidérable par ſa beauté & par les quali- tez de ſon eſprit , que par ſa naiſſance. Elle parle bien, écrit juſte, entend l'Italien , fait des
Vers dans l'occaſion , & a un
= difcernemet merveilleux pour lesbonnes choſes.Elle est Sœur
de Monfieur le Comte de S.
Valier Capitaine des Gardes dela Porte du Roy , & de M
l'Abbé de Chevrieres Aumô-
- nier de Sa Majefté.
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Résumé : Mariage de M. le Comte de Montoison & de Mademoiselle de Chevrieres. [titre d'après la table]
Un mariage a eu lieu à Grenoble entre le Comte de Montoison, descendant de Philibert de Montoison, et Mademoiselle de Chevrieres, fille du Second Président du Parlement de Grenoble. Cette dernière est connue pour sa beauté, son esprit et ses talents intellectuels. Elle est également sœur du Comte de S. Valier et de l'Abbé de Chevrieres.
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223
p. 156-157
Mariage de M. Delrieu, & de Mademoiselle de Montmort. [titre d'après la table]
Début :
Mr Delrieu qui a acheté la Charge de Maistre-d'Hostel [...]
Mots clefs :
Mr Delrieu, Mademoiselle de Montmor
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texteReconnaissance textuelle : Mariage de M. Delrieu, & de Mademoiselle de Montmort. [titre d'après la table]
M' Delrieu qui a acheté la Charge de Maiſtre - d'Hoſtel ordinaire du Roy qu'avoit Mr -Saguin,s'eſt auſſi marié icy de- puis quelques jours, & a épou-- ſe Mademoiselle de Montmor,
Sœur de Madame de Bertillac..
Elle eſt jeune , brune, bien faiKiij
114 LE MERCVRE
te , &Fille de Mª de Montmor
Doyen de Meſſieurs les Mai- ſtres des Requeſtes,& l'un des Quarante del Académie Françoiſe. M' Delrieu luy a faitdes Préfens tres-confidérables en
ſe mariant , & a traité tous les
Conviez dans ſa belle Maiſon
de S. Clou avec une magnifi- cence extraordinaire.
Sœur de Madame de Bertillac..
Elle eſt jeune , brune, bien faiKiij
114 LE MERCVRE
te , &Fille de Mª de Montmor
Doyen de Meſſieurs les Mai- ſtres des Requeſtes,& l'un des Quarante del Académie Françoiſe. M' Delrieu luy a faitdes Préfens tres-confidérables en
ſe mariant , & a traité tous les
Conviez dans ſa belle Maiſon
de S. Clou avec une magnifi- cence extraordinaire.
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Résumé : Mariage de M. Delrieu, & de Mademoiselle de Montmort. [titre d'après la table]
Monsieur Delrieu a succédé à Monsieur Saguin comme maître d'hôtel ordinaire du roi. Il a épousé Mademoiselle de Montmor, sœur de Madame de Bertillac et fille de Monsieur de Montmor, doyen des maîtres des requêtes et membre des Quarante de l'Académie française. Le mariage a été marqué par des présents généreux et une réception somptueuse à Saint-Cloud.
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224
p. 157-158
Voyage de Mademoiselle d'Orleans à Eu, & ses bontez pour Mademoiselle de Breval. [titre d'après la table]
Début :
Mademoiselle d'Orléans est allée à Eu, & y a mené [...]
Mots clefs :
Eu, Mademoiselle d'Orléans, Mademoiselle de Bréval
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texteReconnaissance textuelle : Voyage de Mademoiselle d'Orleans à Eu, & ses bontez pour Mademoiselle de Breval. [titre d'après la table]
Mademoiſelle d'Orleans eſt
allée à Eu , & ya menéMade- moiſelle de Bréval , dont elle veut prendre ſoin à preſent qu'elle n'a plus de Mere. Vous ſçavez , Madame , que Made- moiſelle de Bréval eſt Niece
de M l'Archeveſque de Paris,
Elle est tres-jeune , a un fort grand brillant de beauté , une vivacité d'eſprit merveilleuſe,
& toutes les qualitez qu'on peut ſouhaiter dans une Per-
GALANT. 115 ſonne de ſa naiſſance.. Elle pouvoit les faire éclater plus YON
avantageuſement qu'aupres d'unePrinceffe dont la condui
duite a toûjours eſté un exéple de pieté &de vertu , &qui par mille preuves de generoſiteſe
plaiſt tous lesjours àfaire voir qu'elle a l'Ame toute Royale,
&qu'il n'y a rie
allée à Eu , & ya menéMade- moiſelle de Bréval , dont elle veut prendre ſoin à preſent qu'elle n'a plus de Mere. Vous ſçavez , Madame , que Made- moiſelle de Bréval eſt Niece
de M l'Archeveſque de Paris,
Elle est tres-jeune , a un fort grand brillant de beauté , une vivacité d'eſprit merveilleuſe,
& toutes les qualitez qu'on peut ſouhaiter dans une Per-
GALANT. 115 ſonne de ſa naiſſance.. Elle pouvoit les faire éclater plus YON
avantageuſement qu'aupres d'unePrinceffe dont la condui
duite a toûjours eſté un exéple de pieté &de vertu , &qui par mille preuves de generoſiteſe
plaiſt tous lesjours àfaire voir qu'elle a l'Ame toute Royale,
&qu'il n'y a rie
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Résumé : Voyage de Mademoiselle d'Orleans à Eu, & ses bontez pour Mademoiselle de Breval. [titre d'après la table]
Mademoiselle d'Orléans a accueilli Mademoiselle de Bréval, nièce de l'archevêque de Paris, après le décès de sa mère. Cette dernière est reconnue pour sa beauté, son esprit vif et ses qualités. La princesse, modèle de piété et de vertu, montre quotidiennement sa générosité.
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225
p. 159-161
Le Roy fait M. d'Argouges Conseiller d'Estat, & donne la Charge de Premier President de Bretagne à M. de Pontchartrain. [titre d'après la table]
Début :
Je ne sçay, Madame, si on vous aura appris que [...]
Mots clefs :
Premier président au Parlement de Bretagne, Monsieur d'Argouge, Charge
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texteReconnaissance textuelle : Le Roy fait M. d'Argouges Conseiller d'Estat, & donne la Charge de Premier President de Bretagne à M. de Pontchartrain. [titre d'après la table]
Je ne ſçay , Madame, fi on vous aura appris que le Roy a
donné depuis peu unnouveau Premier Prefidentau Parlemét
de Bretagne. Monfieur d'Ar- gouge qui l'eſtoit , s'eſt démis
- volontairemet de cette Charge. C'eſt un Hommetres-fage,
- qui estoit fort eftimé de la feu
Reyne Mere, &qui abien fer- -vy le Roydans les EtatsdeBre1893*37714
116 LE MERCVRE
tagne. Sa Majesté 1 a fait Con- feiller d'Etat ordinaire, &a mis
en ſa place Mr Phelipcaux de Pontchartrain, qui estoit Con- feiller au Parlement. On ne
peutdouterde fon merite, puis quemEmploy de cette impor- tance ne ſe donne jamais qu'à des Perſonnes qui en ont infi- niment. Il eſt de la Maiſonde
la Vrillierie , c'eſt à dire d'une
des plus grandes & des meil- leures Familles de la Robe; on
peut meſmeadjoûterd'une Fa- mille pieuſe,puis que tous ceux dela Maiſonde Hodic qui en font, viventdans une régulari- té exemplaire dont tout le monde eſt édifié.
Monfieur l'A
donné depuis peu unnouveau Premier Prefidentau Parlemét
de Bretagne. Monfieur d'Ar- gouge qui l'eſtoit , s'eſt démis
- volontairemet de cette Charge. C'eſt un Hommetres-fage,
- qui estoit fort eftimé de la feu
Reyne Mere, &qui abien fer- -vy le Roydans les EtatsdeBre1893*37714
116 LE MERCVRE
tagne. Sa Majesté 1 a fait Con- feiller d'Etat ordinaire, &a mis
en ſa place Mr Phelipcaux de Pontchartrain, qui estoit Con- feiller au Parlement. On ne
peutdouterde fon merite, puis quemEmploy de cette impor- tance ne ſe donne jamais qu'à des Perſonnes qui en ont infi- niment. Il eſt de la Maiſonde
la Vrillierie , c'eſt à dire d'une
des plus grandes & des meil- leures Familles de la Robe; on
peut meſmeadjoûterd'une Fa- mille pieuſe,puis que tous ceux dela Maiſonde Hodic qui en font, viventdans une régulari- té exemplaire dont tout le monde eſt édifié.
Monfieur l'A
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Résumé : Le Roy fait M. d'Argouges Conseiller d'Estat, & donne la Charge de Premier President de Bretagne à M. de Pontchartrain. [titre d'après la table]
Le roi a nommé Philippe de Pontchartrain Premier Président du Parlement de Bretagne, remplaçant d'Argouge, démissionnaire volontaire. Pontchartrain, Conseiller au Parlement, est reconnu pour son mérite. Il appartient à la famille de la Vrillierie, respectée pour sa piété et sa régularité.
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226
p. 161-163
M. l'Abbé Colbert éleu depuis peu Prieur de Sorbonne, fait un beau Discours à l'ouverture des Sorboniques. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur l'Abbé Colbert, qui employe ses meilleures heures à [...]
Mots clefs :
Sorbonne, Discours, Abbé Colbert, Sciences ecclésiastiques
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texteReconnaissance textuelle : M. l'Abbé Colbert éleu depuis peu Prieur de Sorbonne, fait un beau Discours à l'ouverture des Sorboniques. [titre d'après la table]
Monfieur l'Abbé Colbert ,
qui employe ſes meilleures heures à l'étude , &qui en fait
GALANT. 117
1
fon plus agreable attachemét,
donna il y a quelques jours des marquesde ſa haute ſuffiſance par un excellent Difcours Latin qu'il fitdans la grande Salle de Sorbonne, à l'ouverturedes Sorboniques. La nombreuſe Aſſemblée qui s'ytrouva,com- poſée en partie de Cardinaux,
de Prélats ,&de Perſonnes de
la premiere Qualité, nepût af ſez admirer l éloquence avec laquelle il fit connoiſtre com- bien la protection que le Roy - donne aux Docteurs de la Faculté &de la Maisõ, leur eſtoit
avantageuſe &pour lemaintie
de leurs Privileges, &pour cõ-- ſerver les Sciences Eccleſiaſti-
- ques dans toute leur pureté. II - eſt Prieur de Sorbonne. Les
Docteurs & les Bacheliers de
118 LE MERCVRE
la Societé font ordinairement
cette élection par la voye du Scrutin; mais M l'AbbéColbert, dont le merite porte pour luy une recommandation toute particuliere,a eſté éleu de vive voix.Toutle monde le ſouhaitoit,&tout le monde le nomma
enmêmetemps.
qui employe ſes meilleures heures à l'étude , &qui en fait
GALANT. 117
1
fon plus agreable attachemét,
donna il y a quelques jours des marquesde ſa haute ſuffiſance par un excellent Difcours Latin qu'il fitdans la grande Salle de Sorbonne, à l'ouverturedes Sorboniques. La nombreuſe Aſſemblée qui s'ytrouva,com- poſée en partie de Cardinaux,
de Prélats ,&de Perſonnes de
la premiere Qualité, nepût af ſez admirer l éloquence avec laquelle il fit connoiſtre com- bien la protection que le Roy - donne aux Docteurs de la Faculté &de la Maisõ, leur eſtoit
avantageuſe &pour lemaintie
de leurs Privileges, &pour cõ-- ſerver les Sciences Eccleſiaſti-
- ques dans toute leur pureté. II - eſt Prieur de Sorbonne. Les
Docteurs & les Bacheliers de
118 LE MERCVRE
la Societé font ordinairement
cette élection par la voye du Scrutin; mais M l'AbbéColbert, dont le merite porte pour luy une recommandation toute particuliere,a eſté éleu de vive voix.Toutle monde le ſouhaitoit,&tout le monde le nomma
enmêmetemps.
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Résumé : M. l'Abbé Colbert éleu depuis peu Prieur de Sorbonne, fait un beau Discours à l'ouverture des Sorboniques. [titre d'après la table]
L'Abbé Colbert a prononcé un discours latin lors de l'ouverture des Sorboniques dans la grande salle de la Sorbonne. L'assemblée, composée de cardinaux, de prélats et de personnalités influentes, a été captivée par son allocution. Colbert a souligné la protection royale accordée aux docteurs de la Faculté et de la Maison, mettant en avant les avantages pour la préservation de leurs privilèges et la conservation des sciences ecclésiastiques dans leur pureté. En tant que Prieur de Sorbonne, Colbert a été élu de vive voix par les docteurs et les bacheliers, une procédure exceptionnelle reflétant l'unanimité et le souhait général de l'assemblée.
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227
p. 163-164
« Si vos Provinciaux vous demandent ce que c'est qu'estre [...] »
Début :
Si vos Provinciaux vous demandent ce que c'est qu'estre [...]
Mots clefs :
Provinciaux, Prieur de Sorbonne, Élection
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texteReconnaissance textuelle : « Si vos Provinciaux vous demandent ce que c'est qu'estre [...] »
Si vosProvin- ciaux vous demandent ce que c'eſt qu'eſtrePrieurde Sorbon- ne, vous leurpourrez dire,Ma- dame , que c'eſt une élection
ququi ſe faitau commencement de chaqueLicence, que la Li- cence dure deux ans ; que le Prieur a le premier rang dans toutes les Affemblées
de Sorbonne , où il recueille
les fuffrages د
& conclut ;
qu'il préſide aux Sorboniques, enaffigne le jour , ouvre
GALANT. 119
la premiere par une Haran- gue , & ferme la derniere par
une autre. Je croy vous en- tendre dire en lifant cela , que n'ayant aucune envie de vous mettre du nombre des Bacheliers &des Docteurs,il ne vous
importe guére de ſçavoir ce qui les regarde ; vous voyez auſſi que je tranche court
ququi ſe faitau commencement de chaqueLicence, que la Li- cence dure deux ans ; que le Prieur a le premier rang dans toutes les Affemblées
de Sorbonne , où il recueille
les fuffrages د
& conclut ;
qu'il préſide aux Sorboniques, enaffigne le jour , ouvre
GALANT. 119
la premiere par une Haran- gue , & ferme la derniere par
une autre. Je croy vous en- tendre dire en lifant cela , que n'ayant aucune envie de vous mettre du nombre des Bacheliers &des Docteurs,il ne vous
importe guére de ſçavoir ce qui les regarde ; vous voyez auſſi que je tranche court
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Résumé : « Si vos Provinciaux vous demandent ce que c'est qu'estre [...] »
Le Prieur de Sorbonne est élu au début de chaque licence de deux ans. Il dirige les assemblées, recueille les votes et conclut les délibérations. Il préside aussi les réunions des Sorboniques, fixe les dates et prononce les discours d'ouverture et de clôture. Le narrateur juge ces détails moins pertinents pour son interlocuteur.
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228
p. 173-190
Histoire de la Veuve & de M. de la Forest. [titre d'après la table]
Début :
Ces Lions n'ont pû estre domtpez, qu'il ne nous en [...]
Mots clefs :
Amour conjugal, Mari, Femme, Mort, Foule de soupirants, Mr de la Forêt, Veuve, Argent, Désirs, Coquetterie, Machines, Receveur, Perfide
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texteReconnaissance textuelle : Histoire de la Veuve & de M. de la Forest. [titre d'après la table]
Ces Lions n'ont pû eſtre
domptez , qu'il ne nous en ait couſté unpeude ſang ; &voi- cyune Avanture que ce fang
répandu a produite.
Paffez,Héros , paſſez , venez
courirnos Plaines ,
GALANT. 127
Le
*
HEQUR
PON
La Femme d'un Capitaine d'Infanterie parut un parfait modele d'amour conjugal, tant que ſonMary veſcut. Ses Voi- fins , ſes Parens , & ſes Amis ,
n'étoient occupez qu'à eſſuyer les larmesqu'elle verſoitquand il partoit pour l'armée.
moindre bruit d'une Bataille ,
ou d'un Siege la deſeſperoit elle enpouſſoitdes cris quifai- foient compaffion à tout le monde , &rien n'euſt égalé là haute réputation où la mettoit une ſi juſte tendreſſe , ſi elle fuſt morte avant ſon Mary ;
mais par malheurpour fa ver- tu,uncoupdeMouſquet ayant emportéce cher Epoux , cette paffion fi légitime &fi violente ſe démentit. Aprés avoir pleu- ré quelques jours, elle s'ennuya de pleurer ,ſes lamentations
128 LE MERCVRE
K
cefferent , & on n'eut pas de peine à connoiſtre que la dou- leur qu'elle montroit de ſa mort, eſtoit beaucoup moindre que l'artifice qu'elle avoit eu pour faire croire qu'elle l'ai- moit. Comme elle ne fe trouva
pas en état de ſubſiſter dans le monde apres ſa mort, parce qu'il avoit mangé preſque tout fon Bien das le Service, ſes Parens & ſes Amis crûrent qu'il n'y avoit aucun party à pren- dre pour elle , que celuy de fe retirer dans un Couvent, mais
elle estoit bien faite , la retraite ne l'accommodoit pas,&elle jugea plus àpropos de ſuivre le conſeil d'une foule de Soûpi- rans, qui luy perfuaderent fans peinequ'on nemanquoitpoint d'argent quand on ſe vouloit fervirdeſa beauté. Ce fut fur
GALANT. 129
cet honnefte fondementqu'el- le s'embarqua à faire l'épreuve de ſon merite. Plus de penſée de Couvent , elle a des veuës
plus fatisfaiſantes ; & apres avoir balance quelques jours fur qui tomberoit fon premier choix pour commencer une fi noble carriere , elle jette les yeuxfur unCamaradedupau- vreDéfunt , nommé Mª de la
Foreſt , Officier ſubalterne de
ſa Compagnie , qui remplaça bientoft l'Epoux ,&fut enco- re plus aimé. Il demeuraquelque temps unique & paiſible poffeffeur de la jeune Veuve,
& ſa premiere vertu nousdoit faire croire qu'ellen'auroit pas fi -toſt expiré, ſi le maqued'ar- gent n'euſt troublé tout d'un
coup un commerce ſi agrea- blement étably. La finance du
1
130. LE MERCVRE Fantaſſin fut malheureuſemet
trop toſt épuiſée , & il fallut malgré la vertu ſe réfoudre à
chercher quelque autre re- fource. Par hazard un Riche
Receveur, Homme d'un caratere fort amoureux, &de manieres fort liberales,avoit com- mencé à rendre quelques afſi- duitez àla Veuve.Elle avoitde
grands charmes pourluy,mais l'humeur fâcheuſe du Fantaffin l'obligeoit d'étouffer dans ungrand fecret les defirs que ſa coquetterieluyinſpiroit.Ce- pendantle beſoind'arget aug- mentoit toûjours.La Veuve en fait paroiſtre fon chagrin au Financier. Le Financier ouvre
ſa bourſe , &cette facilité à la
tirer d'embarras, avance fi fort
ſes affaires , qu'en peu de jours ilſe voit au comble de ſes fou-
GALANT. 131
1
haits. Le Fantaſſin fait du bruit
dans les premiers mouvemens de ſa jalousie , mais enfinladé- * licateſſe de ſon cœur cede aux
beſoins preſſans deſa Maîtref- - ſe , & il comprend qu'il n'eſt
pas mauvais pour fon propre intereſt, qu'il ait quelque cho- ſe à partager avec un Finan- cier. La Veuve &luy convien- nentdonc de leurs Faits , & il
eſt réſolu que pour ofter àM
le Receveur tout ſujet de gróderie , & tout prétexte de fuf- pendre ſes liberalitez , le Fan- taſſin ne paroiſtra plus dans la Maiſon , &n'y viendraqueſe- ettement , Mr le Receveur
tqui croit que fon merite feul a
chaffé ſonplus redoutableRi- val, s'abandonne àtoute lajoye que luy cauſe ſon inopinée fe- licité, &perfuadé que faMaî10
crettement
132 LE MERCVRE treffe abien voulu renoncer à
tout pour luy , il n'a plus d'au- tres foins que de luy marquer par ſes profufions qu'il meri- toit cette préference. Toutela Maiſon ſe ſent en peu detemps de ſes bienfaits , rien n'y man- que , ce font meubles fur meu- bles , le Fantaſſin y trouve ſon compte,&fansplus s'inquiéter de ce qui ſe paſſe , il vient tous les jours en ſecret partager l'argent duFinancer , &les fa- veursde laVeuve. Ce fortuné
commerce alloit admirablemet
bien , &rien n'euſt eſté égal à
tant de proſpéritez , fi la Con- fidente de cette galante paffion ne ſe fuſt malheureuſemetmis
en teſtede la troubler. C'eſtoit
une vieille Coquette qui de- meuroit dans le voiſinage,aba- donnée tant que la jeuneſſe luy
GALANT. 133 luyavoit permisde l'eſtre, avi- de de toutes fortes de gains , &
la premiere Fourbe de celles de cette noble Profeffion. Le
bonheur de ſa Voifine , & fur
tout l'argentdu Receveur , ne furent pas longtemps ſans luy - faire envie ; mais n'oſant con--
fier à ſes vieux appas le ſoin d'attraper ce qui cauſoit ſa plus forte tentation, elle s'aviſa d'u ne rufe qui luy réüffit. Elle - avoit déja voulu pluſieurs fois donner des ſoupçons deM de la Foreſt au pauvre Receveur,
qui s'obſtinoit toûjours àcroi- re qu'on avoit entierement rompu avec luyselleluy avoit meſme dit en riant , que fi elle l'entreprenoit, elle n'auroit pas de peine à luy faire voir qu'il eſtoit la Dupe de l'un & de l'autre. Elle poufſa enfin la
TomeV. M
134 LE MERCVRE
1
choſe plusloin
;
&unjour que cette rufée Confidente ſceut
qu'il devoit apporter mille écus àla Veuve , elle alla l'attendre
dans le temps que
M' de la Fo- reſt estoit ſeul avec elle dans
un Cabinet qui ne s'ouvroit que pour luy ,&où il entroit ſans eſtre veu par un petit Ef- calier dérobé. Elle nel'eut pas fi-toſt apperçeu,qu'elle courut audevantde luy , &luymon- trant le Degré qui conduiſoit au lieu du paiſible Rendez- vous , elle s'enfuit chez elle ,
apres l'avoir aſſuré qu'il trou- veroit la Veuve avec le Fantaſſin dont il ſe croyoit défait.
Le pauvre Receveur avance
,
& partagé entre la confiance &la crainte , il montoit tout doucement le Degré,quand le Diable qui ſe meſloit ce jour- $
GALAN Τ. 135 làde ſes affaires , luy fait trou- ver une jeune Enfant Niéce de la Veuve , qui le voyant aller au Cabinet où elle avoit veu fa
Tate s'enfermer avec la Foreft,
l'arreſte tout d'un coup, en luy criant qu'on n'entroit point quand M de la Foreſt eſtoit dans le Cabinet avec ſa Tante.
Il n'en fallut pas davantage pour percer le cœurdu Finan- cier. Il fort tout ardent de co--
lere d'une fi funeste Maiſon,
trop heureux , à ce qu'il croit,
d'en avoir ſauvé ſes mille écus.
Il court au plus viſte s'en con- foler avec ſa Confidente , qui s'eſtant dés long-temps prepa- rée àcet évenement, n'oublie
rien de tout ce quipeut empoi- fonner ce qu'il penſe déja de la Veuve. Elle luy conte mille avantures qu'il ſe ſeroit bien M 2
136 LE MERCVRE
1
paſſe de ſçavoir
,
& l'amuſe ſi bien par fes longs difcours ,
qu'elle le retientjuſqu'àdeux heuresdu matin,dansun temps où la vigilance du Guet n'em- peſchoit point qu'on ne volaſt toutes les nuits. Quandle pre- mier deſeſpoir dumal-heureux Receveur fut unpeuappaisé,
il voulut aller chez luy donner quelque repos à ſa douleur ;
mais l'heure eſtant fort induë,
il ne crût pas que l'obſcurité de la nuit fuſt une aſſez ſeûre
ſauvegarde pour ſes mille écus
,
qu'il s'imaginoit avoir ſauvez du naufrage. Il les laiſſa donc endépoſt àcette chere Confi- dentequi venoit de luydonner tant de marques d'une fincere amitié. La perfide qui n'avoit fait jouer toutes ces machines que pour envenir là,receut cet
GALANT. 137
argent avec une joye qui ne ſe peut dire ; & le pauvre Rece- veur fut bien étonné le lendemain , lors que venant pour le retirer de ſes mains,elle le traita de viſionnaire &d'infolent,
af de luy demander ce qu'elle prétendoit qu'il-ne luy euſt * point donné:elle yajoûta mef- me quelques menaces violentes qui firent craindre auRe- ceveur une ſuite de plus fa- cheuſes avantures,& il ſe crût
trop heureux pour éviter l'é- clat qui ne luy pouvoit eſtre que préjudiciable, d'abandon-.
ner pourtoûjours ſes écus , fa Confidente , & fa Maiſtreſſe
domptez , qu'il ne nous en ait couſté unpeude ſang ; &voi- cyune Avanture que ce fang
répandu a produite.
Paffez,Héros , paſſez , venez
courirnos Plaines ,
GALANT. 127
Le
*
HEQUR
PON
La Femme d'un Capitaine d'Infanterie parut un parfait modele d'amour conjugal, tant que ſonMary veſcut. Ses Voi- fins , ſes Parens , & ſes Amis ,
n'étoient occupez qu'à eſſuyer les larmesqu'elle verſoitquand il partoit pour l'armée.
moindre bruit d'une Bataille ,
ou d'un Siege la deſeſperoit elle enpouſſoitdes cris quifai- foient compaffion à tout le monde , &rien n'euſt égalé là haute réputation où la mettoit une ſi juſte tendreſſe , ſi elle fuſt morte avant ſon Mary ;
mais par malheurpour fa ver- tu,uncoupdeMouſquet ayant emportéce cher Epoux , cette paffion fi légitime &fi violente ſe démentit. Aprés avoir pleu- ré quelques jours, elle s'ennuya de pleurer ,ſes lamentations
128 LE MERCVRE
K
cefferent , & on n'eut pas de peine à connoiſtre que la dou- leur qu'elle montroit de ſa mort, eſtoit beaucoup moindre que l'artifice qu'elle avoit eu pour faire croire qu'elle l'ai- moit. Comme elle ne fe trouva
pas en état de ſubſiſter dans le monde apres ſa mort, parce qu'il avoit mangé preſque tout fon Bien das le Service, ſes Parens & ſes Amis crûrent qu'il n'y avoit aucun party à pren- dre pour elle , que celuy de fe retirer dans un Couvent, mais
elle estoit bien faite , la retraite ne l'accommodoit pas,&elle jugea plus àpropos de ſuivre le conſeil d'une foule de Soûpi- rans, qui luy perfuaderent fans peinequ'on nemanquoitpoint d'argent quand on ſe vouloit fervirdeſa beauté. Ce fut fur
GALANT. 129
cet honnefte fondementqu'el- le s'embarqua à faire l'épreuve de ſon merite. Plus de penſée de Couvent , elle a des veuës
plus fatisfaiſantes ; & apres avoir balance quelques jours fur qui tomberoit fon premier choix pour commencer une fi noble carriere , elle jette les yeuxfur unCamaradedupau- vreDéfunt , nommé Mª de la
Foreſt , Officier ſubalterne de
ſa Compagnie , qui remplaça bientoft l'Epoux ,&fut enco- re plus aimé. Il demeuraquelque temps unique & paiſible poffeffeur de la jeune Veuve,
& ſa premiere vertu nousdoit faire croire qu'ellen'auroit pas fi -toſt expiré, ſi le maqued'ar- gent n'euſt troublé tout d'un
coup un commerce ſi agrea- blement étably. La finance du
1
130. LE MERCVRE Fantaſſin fut malheureuſemet
trop toſt épuiſée , & il fallut malgré la vertu ſe réfoudre à
chercher quelque autre re- fource. Par hazard un Riche
Receveur, Homme d'un caratere fort amoureux, &de manieres fort liberales,avoit com- mencé à rendre quelques afſi- duitez àla Veuve.Elle avoitde
grands charmes pourluy,mais l'humeur fâcheuſe du Fantaffin l'obligeoit d'étouffer dans ungrand fecret les defirs que ſa coquetterieluyinſpiroit.Ce- pendantle beſoind'arget aug- mentoit toûjours.La Veuve en fait paroiſtre fon chagrin au Financier. Le Financier ouvre
ſa bourſe , &cette facilité à la
tirer d'embarras, avance fi fort
ſes affaires , qu'en peu de jours ilſe voit au comble de ſes fou-
GALANT. 131
1
haits. Le Fantaſſin fait du bruit
dans les premiers mouvemens de ſa jalousie , mais enfinladé- * licateſſe de ſon cœur cede aux
beſoins preſſans deſa Maîtref- - ſe , & il comprend qu'il n'eſt
pas mauvais pour fon propre intereſt, qu'il ait quelque cho- ſe à partager avec un Finan- cier. La Veuve &luy convien- nentdonc de leurs Faits , & il
eſt réſolu que pour ofter àM
le Receveur tout ſujet de gróderie , & tout prétexte de fuf- pendre ſes liberalitez , le Fan- taſſin ne paroiſtra plus dans la Maiſon , &n'y viendraqueſe- ettement , Mr le Receveur
tqui croit que fon merite feul a
chaffé ſonplus redoutableRi- val, s'abandonne àtoute lajoye que luy cauſe ſon inopinée fe- licité, &perfuadé que faMaî10
crettement
132 LE MERCVRE treffe abien voulu renoncer à
tout pour luy , il n'a plus d'au- tres foins que de luy marquer par ſes profufions qu'il meri- toit cette préference. Toutela Maiſon ſe ſent en peu detemps de ſes bienfaits , rien n'y man- que , ce font meubles fur meu- bles , le Fantaſſin y trouve ſon compte,&fansplus s'inquiéter de ce qui ſe paſſe , il vient tous les jours en ſecret partager l'argent duFinancer , &les fa- veursde laVeuve. Ce fortuné
commerce alloit admirablemet
bien , &rien n'euſt eſté égal à
tant de proſpéritez , fi la Con- fidente de cette galante paffion ne ſe fuſt malheureuſemetmis
en teſtede la troubler. C'eſtoit
une vieille Coquette qui de- meuroit dans le voiſinage,aba- donnée tant que la jeuneſſe luy
GALANT. 133 luyavoit permisde l'eſtre, avi- de de toutes fortes de gains , &
la premiere Fourbe de celles de cette noble Profeffion. Le
bonheur de ſa Voifine , & fur
tout l'argentdu Receveur , ne furent pas longtemps ſans luy - faire envie ; mais n'oſant con--
fier à ſes vieux appas le ſoin d'attraper ce qui cauſoit ſa plus forte tentation, elle s'aviſa d'u ne rufe qui luy réüffit. Elle - avoit déja voulu pluſieurs fois donner des ſoupçons deM de la Foreſt au pauvre Receveur,
qui s'obſtinoit toûjours àcroi- re qu'on avoit entierement rompu avec luyselleluy avoit meſme dit en riant , que fi elle l'entreprenoit, elle n'auroit pas de peine à luy faire voir qu'il eſtoit la Dupe de l'un & de l'autre. Elle poufſa enfin la
TomeV. M
134 LE MERCVRE
1
choſe plusloin
;
&unjour que cette rufée Confidente ſceut
qu'il devoit apporter mille écus àla Veuve , elle alla l'attendre
dans le temps que
M' de la Fo- reſt estoit ſeul avec elle dans
un Cabinet qui ne s'ouvroit que pour luy ,&où il entroit ſans eſtre veu par un petit Ef- calier dérobé. Elle nel'eut pas fi-toſt apperçeu,qu'elle courut audevantde luy , &luymon- trant le Degré qui conduiſoit au lieu du paiſible Rendez- vous , elle s'enfuit chez elle ,
apres l'avoir aſſuré qu'il trou- veroit la Veuve avec le Fantaſſin dont il ſe croyoit défait.
Le pauvre Receveur avance
,
& partagé entre la confiance &la crainte , il montoit tout doucement le Degré,quand le Diable qui ſe meſloit ce jour- $
GALAN Τ. 135 làde ſes affaires , luy fait trou- ver une jeune Enfant Niéce de la Veuve , qui le voyant aller au Cabinet où elle avoit veu fa
Tate s'enfermer avec la Foreft,
l'arreſte tout d'un coup, en luy criant qu'on n'entroit point quand M de la Foreſt eſtoit dans le Cabinet avec ſa Tante.
Il n'en fallut pas davantage pour percer le cœurdu Finan- cier. Il fort tout ardent de co--
lere d'une fi funeste Maiſon,
trop heureux , à ce qu'il croit,
d'en avoir ſauvé ſes mille écus.
Il court au plus viſte s'en con- foler avec ſa Confidente , qui s'eſtant dés long-temps prepa- rée àcet évenement, n'oublie
rien de tout ce quipeut empoi- fonner ce qu'il penſe déja de la Veuve. Elle luy conte mille avantures qu'il ſe ſeroit bien M 2
136 LE MERCVRE
1
paſſe de ſçavoir
,
& l'amuſe ſi bien par fes longs difcours ,
qu'elle le retientjuſqu'àdeux heuresdu matin,dansun temps où la vigilance du Guet n'em- peſchoit point qu'on ne volaſt toutes les nuits. Quandle pre- mier deſeſpoir dumal-heureux Receveur fut unpeuappaisé,
il voulut aller chez luy donner quelque repos à ſa douleur ;
mais l'heure eſtant fort induë,
il ne crût pas que l'obſcurité de la nuit fuſt une aſſez ſeûre
ſauvegarde pour ſes mille écus
,
qu'il s'imaginoit avoir ſauvez du naufrage. Il les laiſſa donc endépoſt àcette chere Confi- dentequi venoit de luydonner tant de marques d'une fincere amitié. La perfide qui n'avoit fait jouer toutes ces machines que pour envenir là,receut cet
GALANT. 137
argent avec une joye qui ne ſe peut dire ; & le pauvre Rece- veur fut bien étonné le lendemain , lors que venant pour le retirer de ſes mains,elle le traita de viſionnaire &d'infolent,
af de luy demander ce qu'elle prétendoit qu'il-ne luy euſt * point donné:elle yajoûta mef- me quelques menaces violentes qui firent craindre auRe- ceveur une ſuite de plus fa- cheuſes avantures,& il ſe crût
trop heureux pour éviter l'é- clat qui ne luy pouvoit eſtre que préjudiciable, d'abandon-.
ner pourtoûjours ſes écus , fa Confidente , & fa Maiſtreſſe
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Résumé : Histoire de la Veuve & de M. de la Forest. [titre d'après la table]
Le texte relate l'histoire d'une femme, veuve d'un capitaine d'infanterie, qui fut d'abord un modèle de dévotion conjugale. Après la mort de son mari, tué par un coup de mousquet, sa douleur se transforma rapidement en indifférence. Incapable de subvenir à ses besoins seule, elle suivit les conseils de soupirants qui lui suggérèrent d'utiliser sa beauté pour survivre. Elle s'engagea alors dans une relation avec M. de la Forest, un camarade de son défunt mari et officier subalterne. Leur union fut perturbée par des problèmes financiers, ce qui poussa la veuve à accepter les avances d'un riche receveur. Ce dernier, jaloux, fut manipulé par une confidente malveillante qui cherchait à s'emparer de son argent. La confidente, une vieille coquette rusée, fit croire au receveur que la veuve le trompait avec M. de la Forest. Elle l'attira dans un piège en l'envoyant dans un cabinet où il découvrit la nièce de la veuve, ce qui le convainquit de la trahison. Désespéré, il confia ses mille écus à la confidente, qui le trahit en refusant de les lui rendre le lendemain.
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229
p. 190-201
Le Roy donne l'Archevesché de Bourges au Fils de M. de la Vrilliere: L'Evesché d'Ufez à M. l'Abbé Poncet, celuy de Chaalons sur Saone à M. Felix, celuy du Bellay à M. l'Abbé du Laurens, [ce]luy de Mande à M. de Piancour, Abbé de la Croix, & celuy de Lavaur à M. l'Abbé de la Berechere. [titre d'après la table]
Début :
C'est trop diférer à vous entretenir du merite de ceux [...]
Mots clefs :
Dignités de l'Église, Evêché d'Ufé, Archevêché de Bourges, Abbé Poncet, Évêché de Châlons, Abbé du Laurent, Mr de Piancour, Evêché de Lavaur, Abbé de Noailles
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texteReconnaissance textuelle : Le Roy donne l'Archevesché de Bourges au Fils de M. de la Vrilliere: L'Evesché d'Ufez à M. l'Abbé Poncet, celuy de Chaalons sur Saone à M. Felix, celuy du Bellay à M. l'Abbé du Laurens, [ce]luy de Mande à M. de Piancour, Abbé de la Croix, & celuy de Lavaur à M. l'Abbé de la Berechere. [titre d'après la table]
C'est trop diférer àvous entretenir du merite de ceux que le Roya élevez aux plus confi- dérables Dignitez de l'Eglife.
M. l'Evefque d'Ufés , Fils de
M 3
138 LE MERCVRE M de la Uriliere Secretaire
d'Etat , a eul'Archeveſché de
Bourges. Cette nouvelle éleva- tion faitvoir combien Sa Majeſté eft perfuadée &de fa fuf- fifance pour régler un grand Dioceſe , & de ſa pieté pour fervir d'exemple aux Peuples quivont eftre commis àſa conduite.
L'Eveſché d'Uſes a eſté donné en meſme temps àM l'Abbé Poncet , Fils de M'Poncet
Conſeiller d'Etat & du Confeil
Royal , &Neveude feuMon- fieur 1 Archeveſque de Bour- ges. C'eſt quelque choſed'af- fez glorieux pour luy , d'en- tendre dire par tout queles fervices de M fon Pere, qui com- me vous ſçavez eſt dans une tres--haute confidération,n'ont
aucune part à la Dignité qu'il vient d'acquérir.
GALANT. 139
Monfieur Felix Evefque de
Digne, a efté nommé à l'Evef- chedeChalons ſur Saone. La
maniere édifiante dont il pref- che , fait connoiſtre affez ce
qu'on doit attendre de fon zele pour la conduite de fon
Troupeau.
On n'eſt pas moins perfua- dé de celuy de M'l'Abbé du Laurens,Grand Prieur de l'Ordre de Clugny , que le Roy a
fait Eveſque du Bellay. Il eſt Frere de feu M du Laurens
Conſeiller à la Grand Chambre , qui s'eſtoit fait baftir un
1. Apartement dans l'Abbaye de S. Victor , où il eſt mortdepuis deux ans.
Je ſçay , Madame, que la ré- putation de Mª de Piancour,
Abbéde la Croix,vous eft connuë , & ainſi je nedoute point
140 LE MERCVRE
que vous n'ayez de la joye d'apprendre que Sa Majefté a
rendu juftice à ſon merite , en le nommant à l'Eveſche de
Mande. C'eſt un Pofte fort avantageux qui le rend Second Prefident des Etats de la Province. Sa picté,ſa profondedo- trine,& fon exacte régularité à remplir les devoirs que Dieu luy a impoſez , faifoient voir das ſa Perſonnetoutes les qua- litez neceffaires pour faire un tres -digne Prélat;&il y a long- tems que nous le verrions dans cette haute Dignité , s'il avoit voulu écouter les propofitions qui luy ont eſté faites ; mais il a toûjours proteſté que fi cela arrivoit, il y feroit conduit par les feules mains de la Providence;&en effet,il n'a preſque
T
GALANT. 141
point paru à la Cour,& la cho- -ſe eſtoit arreſtée en ſa faveur,
avant qu'il euſt appris qu'elle ſe duft faire. Il a beaucoup de
naiſſance,&eft Frerede Mr le
Chevalierde Piancour, qui eft mort depuis un an à Meſſine,
apres avoir rendu de fort grāds ſervices au Roy , dont il a eſté l'Agent à Malte pendant trois années. Il s'eſtoit acquité de
cet Employ avec tant de fide- lité & de zele , qu'ayant eſté rappellé en Cour, il trouva à
Marſeille une Lettre de M le
Marquis de Segnelay qui luy faiſoit ſçavoir que Sa Majefté le gratifioit d'une Galere. Il l'équipa en tres peu de temps,
&n'épargna rien pour la ren- dre une des plus confidérables quipuffent eftre employées au fervice de fon Maiſtre. Perfon
142 LE MERCVRE
ne n'ignore les belles actions qu'il fit àla grande Affaire de
Palerme. Son trop de zele luy couſta la vie unpeu apres. II ne voulut point abandonnerſa Galere , où il y avoit un fort grandnombrede Malades. Les Fievres estoient malignes,il en futpris , &mourut fort regreté de Monfieur le Mareſchal Duc
de Vivonne , &de toutl'ordre
de Malte , qui avoit pour luy une eſtime tres-particuliere.
Le Roy qui fait tout avec prudence, &ne répand jamais fes graces qu'avecjuſtice,a fait l'honneur à M l'Abbé de la
Berchere , l'un de ſes Aumôniers , de le nommer à l'Evefché de Lavaur. Il eſt Docteur
de Sorbonne;&quoyqu'il n'ait pas encor trente ans, il eft con- fommé dans toutes les Scien-
GALANT. 143 ces qu'on peut fouhaiter dans ungrand Prélat. Il a prefché,
& toûjours avec ſucces ; & fi la foibleſſe de ſa voix luy euſt pû permettre de continuer , il auroit remply tres-dignement les premieres Chaires de Paris.
SonGrand Pere eft mort Premier Preſident du Parlement
de Dijon. La ſurvivance de cetteCharge avoit eſté accor- dée àMonfieurdela Berchere
ſon Pere , qui l'exerça quoy qu'iln'euſt que vingt-ſept ans.
Il paſſa à celle de Premier Pre- fidentde Grenoble, par les or- dres dela feu Reyne Mere, qui Thonoroitde fon eftime,&qui crût que ſa preſence en cette Province ne ſeroit pas inutile aux Affaires du Roy pendant la Régence. Cette grande Charge fut exercée apres fa
:
1
144 LE MERCVRE
mort , comme elle l'eſt encor
aujourd huy, par M de laBer- chere,qui en avoit la ſurvivance,& qui eſt Oncle de M.l'Abbéde laBerchere dontje vous
parle.
Je croy, Madame, que vous vous étonnez de ne point trou- ver le Nom de M. l'Abbé de
Noailles parmy tant d'Evef- ques , puis qu il ne manque d'aucunedesqualitez qui peu- vent élever à l'Epifcopat une Perſonne de ſa naiſſance. Le
Roy qui eſt fort perfuadé de fon merite,luy avoit fait l'hon- neur de le nommer ; mais les
inſtantes prieres de Monfieur le Duc de Noailles fon Pere ,
qui n'a pû ſe réfoudre à eſtre privé fi toſt dela prefence d'un Fils qu'il aime fort tendremét,
jointes à l'envie qu'il a fait paroiftre
GALANT. 145 roiſtre d'avoir encor quelques années pendant leſquelles il puſt ſe rendre plus digne des graces de Sa Majefté par fon application extraordinaire à
l'étude, en ont fufpendu
juſqu'àun autre temps.
M. l'Evefque d'Ufés , Fils de
M 3
138 LE MERCVRE M de la Uriliere Secretaire
d'Etat , a eul'Archeveſché de
Bourges. Cette nouvelle éleva- tion faitvoir combien Sa Majeſté eft perfuadée &de fa fuf- fifance pour régler un grand Dioceſe , & de ſa pieté pour fervir d'exemple aux Peuples quivont eftre commis àſa conduite.
L'Eveſché d'Uſes a eſté donné en meſme temps àM l'Abbé Poncet , Fils de M'Poncet
Conſeiller d'Etat & du Confeil
Royal , &Neveude feuMon- fieur 1 Archeveſque de Bour- ges. C'eſt quelque choſed'af- fez glorieux pour luy , d'en- tendre dire par tout queles fervices de M fon Pere, qui com- me vous ſçavez eſt dans une tres--haute confidération,n'ont
aucune part à la Dignité qu'il vient d'acquérir.
GALANT. 139
Monfieur Felix Evefque de
Digne, a efté nommé à l'Evef- chedeChalons ſur Saone. La
maniere édifiante dont il pref- che , fait connoiſtre affez ce
qu'on doit attendre de fon zele pour la conduite de fon
Troupeau.
On n'eſt pas moins perfua- dé de celuy de M'l'Abbé du Laurens,Grand Prieur de l'Ordre de Clugny , que le Roy a
fait Eveſque du Bellay. Il eſt Frere de feu M du Laurens
Conſeiller à la Grand Chambre , qui s'eſtoit fait baftir un
1. Apartement dans l'Abbaye de S. Victor , où il eſt mortdepuis deux ans.
Je ſçay , Madame, que la ré- putation de Mª de Piancour,
Abbéde la Croix,vous eft connuë , & ainſi je nedoute point
140 LE MERCVRE
que vous n'ayez de la joye d'apprendre que Sa Majefté a
rendu juftice à ſon merite , en le nommant à l'Eveſche de
Mande. C'eſt un Pofte fort avantageux qui le rend Second Prefident des Etats de la Province. Sa picté,ſa profondedo- trine,& fon exacte régularité à remplir les devoirs que Dieu luy a impoſez , faifoient voir das ſa Perſonnetoutes les qua- litez neceffaires pour faire un tres -digne Prélat;&il y a long- tems que nous le verrions dans cette haute Dignité , s'il avoit voulu écouter les propofitions qui luy ont eſté faites ; mais il a toûjours proteſté que fi cela arrivoit, il y feroit conduit par les feules mains de la Providence;&en effet,il n'a preſque
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GALANT. 141
point paru à la Cour,& la cho- -ſe eſtoit arreſtée en ſa faveur,
avant qu'il euſt appris qu'elle ſe duft faire. Il a beaucoup de
naiſſance,&eft Frerede Mr le
Chevalierde Piancour, qui eft mort depuis un an à Meſſine,
apres avoir rendu de fort grāds ſervices au Roy , dont il a eſté l'Agent à Malte pendant trois années. Il s'eſtoit acquité de
cet Employ avec tant de fide- lité & de zele , qu'ayant eſté rappellé en Cour, il trouva à
Marſeille une Lettre de M le
Marquis de Segnelay qui luy faiſoit ſçavoir que Sa Majefté le gratifioit d'une Galere. Il l'équipa en tres peu de temps,
&n'épargna rien pour la ren- dre une des plus confidérables quipuffent eftre employées au fervice de fon Maiſtre. Perfon
142 LE MERCVRE
ne n'ignore les belles actions qu'il fit àla grande Affaire de
Palerme. Son trop de zele luy couſta la vie unpeu apres. II ne voulut point abandonnerſa Galere , où il y avoit un fort grandnombrede Malades. Les Fievres estoient malignes,il en futpris , &mourut fort regreté de Monfieur le Mareſchal Duc
de Vivonne , &de toutl'ordre
de Malte , qui avoit pour luy une eſtime tres-particuliere.
Le Roy qui fait tout avec prudence, &ne répand jamais fes graces qu'avecjuſtice,a fait l'honneur à M l'Abbé de la
Berchere , l'un de ſes Aumôniers , de le nommer à l'Evefché de Lavaur. Il eſt Docteur
de Sorbonne;&quoyqu'il n'ait pas encor trente ans, il eft con- fommé dans toutes les Scien-
GALANT. 143 ces qu'on peut fouhaiter dans ungrand Prélat. Il a prefché,
& toûjours avec ſucces ; & fi la foibleſſe de ſa voix luy euſt pû permettre de continuer , il auroit remply tres-dignement les premieres Chaires de Paris.
SonGrand Pere eft mort Premier Preſident du Parlement
de Dijon. La ſurvivance de cetteCharge avoit eſté accor- dée àMonfieurdela Berchere
ſon Pere , qui l'exerça quoy qu'iln'euſt que vingt-ſept ans.
Il paſſa à celle de Premier Pre- fidentde Grenoble, par les or- dres dela feu Reyne Mere, qui Thonoroitde fon eftime,&qui crût que ſa preſence en cette Province ne ſeroit pas inutile aux Affaires du Roy pendant la Régence. Cette grande Charge fut exercée apres fa
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144 LE MERCVRE
mort , comme elle l'eſt encor
aujourd huy, par M de laBer- chere,qui en avoit la ſurvivance,& qui eſt Oncle de M.l'Abbéde laBerchere dontje vous
parle.
Je croy, Madame, que vous vous étonnez de ne point trou- ver le Nom de M. l'Abbé de
Noailles parmy tant d'Evef- ques , puis qu il ne manque d'aucunedesqualitez qui peu- vent élever à l'Epifcopat une Perſonne de ſa naiſſance. Le
Roy qui eſt fort perfuadé de fon merite,luy avoit fait l'hon- neur de le nommer ; mais les
inſtantes prieres de Monfieur le Duc de Noailles fon Pere ,
qui n'a pû ſe réfoudre à eſtre privé fi toſt dela prefence d'un Fils qu'il aime fort tendremét,
jointes à l'envie qu'il a fait paroiftre
GALANT. 145 roiſtre d'avoir encor quelques années pendant leſquelles il puſt ſe rendre plus digne des graces de Sa Majefté par fon application extraordinaire à
l'étude, en ont fufpendu
juſqu'àun autre temps.
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Résumé : Le Roy donne l'Archevesché de Bourges au Fils de M. de la Vrilliere: L'Evesché d'Ufez à M. l'Abbé Poncet, celuy de Chaalons sur Saone à M. Felix, celuy du Bellay à M. l'Abbé du Laurens, [ce]luy de Mande à M. de Piancour, Abbé de la Croix, & celuy de Lavaur à M. l'Abbé de la Berechere. [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs nominations ecclésiastiques réalisées par le roi. L'évêque d'Uzès, fils du secrétaire d'État, a été promu à l'archevêché de Bourges, reflétant la confiance royale en ses compétences pour diriger un grand diocèse. L'évêché d'Uzès a été confié à l'abbé Poncet, fils d'un conseiller d'État, soulignant que cette promotion n'est pas due aux services de son père. L'évêque de Digne, Félix, a été nommé à l'évêché de Chalon-sur-Saône, apprécié pour son zèle pastoral. L'abbé du Laurens, grand prieur de l'ordre de Cluny, a été désigné évêque du Bellay. L'abbé de Piancourt, nouvel évêque de Mande, est reconnu pour sa réputation et devient second président des États de la province. Le roi a nommé l'abbé de la Berchère, l'un de ses aumôniers, à l'évêché de Lavaur, malgré son jeune âge, en raison de ses compétences en théologie. Enfin, l'abbé de Noailles, bien que qualifié, n'a pas été nommé évêque à la demande de son père et pour poursuivre ses études.
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229
Le Roy donne l'Archevesché de Bourges au Fils de M. de la Vrilliere: L'Evesché d'Ufez à M. l'Abbé Poncet, celuy de Chaalons sur Saone à M. Felix, celuy du Bellay à M. l'Abbé du Laurens, [ce]luy de Mande à M. de Piancour, Abbé de la Croix, & celuy de Lavaur à M. l'Abbé de la Berechere. [titre d'après la table]
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p. 201-204
Mort de M. le Marquis de Pianesse. [titre d'après la table]
Début :
Tandis que les Dignitez commencent pour les uns, elles finissent [...]
Mots clefs :
Marquis de Pianesse, Saint
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort de M. le Marquis de Pianesse. [titre d'après la table]
ommencent pourles uns, elle
finiſſent pourles autres &M. le Marquis de Pianeſſe , quia gouverné ſi long- temps les Etats de Savoye &de Piemont ſous les ordres de Leurs Altef
ſes Royales , avec un ſuccés toûjours favorable , malgré les temps difficiles &les entrepri- - ſes ſecretes des Ennemis , eft
mortglorieuſementdans la So- litude , d'où je vous manday il y a quelques mois qu'onl'avoit pluſieurs fois retiré , pour ſe ſervir de ſon Miniftere dans
Tome V. N
146 LE MERCVRE les plus preſſans beſoins de l'Etat. Dansquelque pouvoir qu'il ait eſté,on l'a toûjours veu ſacrifier ſes intereſts propres,
& fon plus juſte reſſentiment,
à la gloire & àl'avantage deſes Maiſtres. Je ne vous parle point ` de ſa Maiſon , ny deſes Allian- ces avec celle de Savoye , cela eft connude tout le monde. Je
vousdiray ſeulementqu'à examiner la maniere dont il a vêcu, &les choſes qu'il a écrites,
on peut en quelque forte luy donnerle titre de Saint. On n'a
jamais veu plus de pieté , plus de charité , & un plus grand détachementdes grandeurs du monde; il ne s'en laiſſoit point ébloüir , & il n'auroit pas acce- pté ſi long-temps la premiere placede l'Etat dont il eſtoit né
Sujet , s'il n'euſt appris des pre
GALANT. 147
miers Chreftiens , qu'apres Dieu , il devoit à ſes Maiſtres
& à ſa Patrie , les foins qu'il s'eſt toûjours attaché à leur Er donner.
finiſſent pourles autres &M. le Marquis de Pianeſſe , quia gouverné ſi long- temps les Etats de Savoye &de Piemont ſous les ordres de Leurs Altef
ſes Royales , avec un ſuccés toûjours favorable , malgré les temps difficiles &les entrepri- - ſes ſecretes des Ennemis , eft
mortglorieuſementdans la So- litude , d'où je vous manday il y a quelques mois qu'onl'avoit pluſieurs fois retiré , pour ſe ſervir de ſon Miniftere dans
Tome V. N
146 LE MERCVRE les plus preſſans beſoins de l'Etat. Dansquelque pouvoir qu'il ait eſté,on l'a toûjours veu ſacrifier ſes intereſts propres,
& fon plus juſte reſſentiment,
à la gloire & àl'avantage deſes Maiſtres. Je ne vous parle point ` de ſa Maiſon , ny deſes Allian- ces avec celle de Savoye , cela eft connude tout le monde. Je
vousdiray ſeulementqu'à examiner la maniere dont il a vêcu, &les choſes qu'il a écrites,
on peut en quelque forte luy donnerle titre de Saint. On n'a
jamais veu plus de pieté , plus de charité , & un plus grand détachementdes grandeurs du monde; il ne s'en laiſſoit point ébloüir , & il n'auroit pas acce- pté ſi long-temps la premiere placede l'Etat dont il eſtoit né
Sujet , s'il n'euſt appris des pre
GALANT. 147
miers Chreftiens , qu'apres Dieu , il devoit à ſes Maiſtres
& à ſa Patrie , les foins qu'il s'eſt toûjours attaché à leur Er donner.
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Résumé : Mort de M. le Marquis de Pianesse. [titre d'après la table]
Le texte décrit la vie et les exploits du Marquis de Pianesse, qui a gouverné les États de Savoie et de Piémont sous les ordres de Leurs Altesses Royales. Malgré des périodes difficiles et des menaces ennemies, il a toujours réussi. Il est mort glorieusement dans la solitude, après avoir été plusieurs fois rappelé pour ses services essentiels à l'État. Tout au long de sa carrière, il a sacrifié ses intérêts personnels et ses ressentiments pour la gloire et l'avantage de ses maîtres. Sa vie et ses écrits témoignent d'une grande piété, charité et détachement des grandeurs mondaines. Il n'a accepté la première place de l'État que par devoir envers Dieu, ses maîtres et sa patrie.
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231
p. 204-205
« La matiere est un peu triste; & comme je sçay [...] »
Début :
La matiere est un peu triste; & comme je sçay [...]
Mots clefs :
Matière, Madame Le Camus, Pièces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La matiere est un peu triste; & comme je sçay [...] »
La matiere eſt unpeu triſte;
& comme je ſçay que vous ai- mez tout ce qui vient de Ma- dame le Camus , je croy que ce fera vous entirer agreablemét,
quede vous faire voir deux pe- tites Piaces de fa façon, qui me font tombées depuis peu en- tre les mains; l'une eſt un Inpromptu pour Monfieur le Duc , qu'elle fit il ya quelque temps en préſence de ce Prin- ce; &l'autre , un Compliment à Madame la Mareſchale de
Clerembaut qui luy avoitren- duoffice.
Nij
& comme je ſçay que vous ai- mez tout ce qui vient de Ma- dame le Camus , je croy que ce fera vous entirer agreablemét,
quede vous faire voir deux pe- tites Piaces de fa façon, qui me font tombées depuis peu en- tre les mains; l'une eſt un Inpromptu pour Monfieur le Duc , qu'elle fit il ya quelque temps en préſence de ce Prin- ce; &l'autre , un Compliment à Madame la Mareſchale de
Clerembaut qui luy avoitren- duoffice.
Nij
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232
p. 207-208
POUR MADAME LA MARESCHALE DE CLEREMBAUT.
Début :
Mareschale de Clerembaut, [...]
Mots clefs :
Vertu, Maréchale de Clérembaut, Amour, Amitié
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR MADAME LA MARESCHALE DE CLEREMBAUT.
POVR MADAME
MARESCHALE
CLEREMBAUT..
MArefchale deClerembaut,
Vous portez la vertu fi baut ,
Quel Amouren est en colere.
Ils'en plaignit l'autrejour àſa
Mere,
Elle luy dit ; mon Fils , chacun a
Son defaut,
Cette vertu pourtant afait tombersur elle
L'heureux cho'x dont la gloire estoit deuë àfonZele,
Choix qui mit en ses mains le Charmede la Cour ,
CettePrinceſſeſansſeconde ,
Dont les yeuxpourront bien un
jour
Niij
10 LE MERCVRE
Tefoûmettre le Fils duplus grand Roydumonde.
QuantàlaMareſchale, en vain
dela toucher
Tu crois l'avantagepoßible..
Son cœur est un rocher
Qui fut toûjours inacceßible.
L'Amour à cediscours luy répondit; Et bien
Ie consens qu'ellesoit inſenſible à
ma flame ,
Mais qu'elle aille du tout au rië,
Iene le puisfouffrir;tout au moins quefon ame Soit tendre àla pitié,
Puis qu'on le peutfans blâme.. Leſuis de fon avis , &j'espere ,
Madame,
Quej'auray furcepie Quelquepartà vostre amitié.
MARESCHALE
CLEREMBAUT..
MArefchale deClerembaut,
Vous portez la vertu fi baut ,
Quel Amouren est en colere.
Ils'en plaignit l'autrejour àſa
Mere,
Elle luy dit ; mon Fils , chacun a
Son defaut,
Cette vertu pourtant afait tombersur elle
L'heureux cho'x dont la gloire estoit deuë àfonZele,
Choix qui mit en ses mains le Charmede la Cour ,
CettePrinceſſeſansſeconde ,
Dont les yeuxpourront bien un
jour
Niij
10 LE MERCVRE
Tefoûmettre le Fils duplus grand Roydumonde.
QuantàlaMareſchale, en vain
dela toucher
Tu crois l'avantagepoßible..
Son cœur est un rocher
Qui fut toûjours inacceßible.
L'Amour à cediscours luy répondit; Et bien
Ie consens qu'ellesoit inſenſible à
ma flame ,
Mais qu'elle aille du tout au rië,
Iene le puisfouffrir;tout au moins quefon ame Soit tendre àla pitié,
Puis qu'on le peutfans blâme.. Leſuis de fon avis , &j'espere ,
Madame,
Quej'auray furcepie Quelquepartà vostre amitié.
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Résumé : POUR MADAME LA MARESCHALE DE CLEREMBAUT.
Une lettre poétique à Madame de Clerembaut évoque l'amour et la vertu. La maréchale, inaccessible, est louée pour sa vertu et son influence à la cour. L'amour, en colère, demande de la pitié sans blâme, espérant ainsi son amitié.
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233
p. 209-211
Mariage de M. le Marquis de Fois, & de Mademoiselle d'Hendreson, premiere Fille d'Honneur de Madame. [titre d'après la table]
Début :
Si l'Amitié fait faire des Complimens d'un costé, l'Amour [...]
Mots clefs :
Noce, Plaisir, Mr le Marquis de Foix, Mademoiselle d'Hendreson
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage de M. le Marquis de Fois, & de Mademoiselle d'Hendreson, premiere Fille d'Honneur de Madame. [titre d'après la table]
Si l'Amitié faitfairedesComplimens d'uncoſté , l'Amour
GALANT. 151
debelle taille SYON DELA VILLA
fait faire des Mariages de l'autre , & nous venons de le voir
en la perſonne de M'le Marquis de Foix , Gouverneur &
Lieutenant General pour le Roy en la Province de Foix ,
qui a épousé Mademoiselle - d'Hendreſon , premiere Fille d'Honneur de Madame. Ellattu
eſt bien faite,
d'une tres-grade Maiſon d'Al- lemagne. Pour Mr le Marquis
de Foix , je n'ay que faire de vous dire qu'il eſt d'une des meilleures Maiſons duRoyaume ; le grandNomqu'il porte,
le marque affez. Leurs Alteſſes Royales,outre leurs libéralitez accouſtumées en de pareilles occafions, ont donné à la Mariée uneCroix de Diamansde
grand prix , &tous lesHabits de la Nôce qui s'eſt. faite au
152 LE MERCVRE Palais Royal avec beaucoup demagnificence. Il y eut Co- médiele foir. Les Mariez font
preſentement chez Madame la Ducheſſe de Merlebourg ,
qui les confidere fort , & qui auroit fait avec plaifir les frais de la Nôce , fi Madame l'euſt voulu fouffrir. Cette Princeffe
a preſque tous les jours monté àcheval , & s'eſt ſouventdonné le plaifir de la Chaſſe au Cerf, pendatle Voyage qu'elle a fait à Villers-Côtrets , où elle
a accompagné Monfieur.
GALANT. 151
debelle taille SYON DELA VILLA
fait faire des Mariages de l'autre , & nous venons de le voir
en la perſonne de M'le Marquis de Foix , Gouverneur &
Lieutenant General pour le Roy en la Province de Foix ,
qui a épousé Mademoiselle - d'Hendreſon , premiere Fille d'Honneur de Madame. Ellattu
eſt bien faite,
d'une tres-grade Maiſon d'Al- lemagne. Pour Mr le Marquis
de Foix , je n'ay que faire de vous dire qu'il eſt d'une des meilleures Maiſons duRoyaume ; le grandNomqu'il porte,
le marque affez. Leurs Alteſſes Royales,outre leurs libéralitez accouſtumées en de pareilles occafions, ont donné à la Mariée uneCroix de Diamansde
grand prix , &tous lesHabits de la Nôce qui s'eſt. faite au
152 LE MERCVRE Palais Royal avec beaucoup demagnificence. Il y eut Co- médiele foir. Les Mariez font
preſentement chez Madame la Ducheſſe de Merlebourg ,
qui les confidere fort , & qui auroit fait avec plaifir les frais de la Nôce , fi Madame l'euſt voulu fouffrir. Cette Princeffe
a preſque tous les jours monté àcheval , & s'eſt ſouventdonné le plaifir de la Chaſſe au Cerf, pendatle Voyage qu'elle a fait à Villers-Côtrets , où elle
a accompagné Monfieur.
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Résumé : Mariage de M. le Marquis de Fois, & de Mademoiselle d'Hendreson, premiere Fille d'Honneur de Madame. [titre d'après la table]
Le texte décrit le mariage entre Monsieur le Marquis de Foix, Gouverneur et Lieutenant Général pour le Roi en la Province de Foix, et Mademoiselle d'Hendreson, première Fille d'Honneur de Madame. Mademoiselle d'Hendreson est présentée comme bien faite et issue d'une très grande maison d'Allemagne, tandis que le Marquis de Foix appartient à l'une des meilleures maisons du royaume. Pour l'occasion, Leurs Altesses Royales ont offert à la mariée une Croix de Diamants de grand prix et tous les habits de la noce. La cérémonie, marquée par une grande magnificence, s'est déroulée au Palais Royal et a été suivie d'un concert. Les mariés résident actuellement chez Madame la Duchesse de Merlebourg, qui les confie fort et aurait volontiers pris en charge les frais de la noce si Madame l'avait permis. La Duchesse a également profité de son voyage à Villers-Côtrets pour monter à cheval et chasser au cerf en compagnie de Monsieur.
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234
p. 211-212
Le Roy donne l'Abbaye de la Croix à M. l'Abbé Pellot. [titre d'après la table]
Début :
J'avois oublié à vous dire que le Roy avoit donné [...]
Mots clefs :
Abbaye de la Croix, Abbé Pellot
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Roy donne l'Abbaye de la Croix à M. l'Abbé Pellot. [titre d'après la table]
J'avois oublié àvous dire que le Roy avoit donné l'Abbaye de la Croix à M l'Abbé Pellot,
FilsdeM le Premier Prefident
deRoüen. Elle est d'un revenu
confiderable , & d'une tresgrande beauté. Feu Mr l'Abbé
de Piancour , Oncle de celuy
GALANT. 153 qui vient d'eſtre nommé à I E- veſchéde Mande , l'avoit fait
rebaſtir entierement , & elle doit la plus grande partie de fes embelliffemens aux foins de ce
dernier qui n'a rien épargné pour la rendre ce qu'elle eſt.
FilsdeM le Premier Prefident
deRoüen. Elle est d'un revenu
confiderable , & d'une tresgrande beauté. Feu Mr l'Abbé
de Piancour , Oncle de celuy
GALANT. 153 qui vient d'eſtre nommé à I E- veſchéde Mande , l'avoit fait
rebaſtir entierement , & elle doit la plus grande partie de fes embelliffemens aux foins de ce
dernier qui n'a rien épargné pour la rendre ce qu'elle eſt.
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235
p. 212-213
Zele de M. le Mareschal de Gramont pour le service du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur le Mareschal de Gramont est toûjours à Bayonne. Comme [...]
Mots clefs :
Maréchal de Gramont, Bayonne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Zele de M. le Mareschal de Gramont pour le service du Roy. [titre d'après la table]
Monfieur le Mareſchal de
Granmõt eſt toûjours àBayon- ne. Commeil n'a pointd'autre
attachement que ce qui regar- de le ſervice du Roy, il s'eſt employé avec un zele admira- ble àfaire reparer les defordres que le débordement des Eaux avoit causé aux Fortifications
de cette Place, dans laquelle ik a fait entrer quatre cens Hom- mes , tous braves & aguerris,
qu'il a levez dans ſes Terres .
Granmõt eſt toûjours àBayon- ne. Commeil n'a pointd'autre
attachement que ce qui regar- de le ſervice du Roy, il s'eſt employé avec un zele admira- ble àfaire reparer les defordres que le débordement des Eaux avoit causé aux Fortifications
de cette Place, dans laquelle ik a fait entrer quatre cens Hom- mes , tous braves & aguerris,
qu'il a levez dans ſes Terres .
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236
p. 220-221
« Voila, Madame, comme Monsieur le Duc de S. Aignan fait [...] »
Début :
Voila, Madame, comme Monsieur le Duc de S. Aignan fait [...]
Mots clefs :
Duc de S. Aignan, Galanterie, Mercure galant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Voila, Madame, comme Monsieur le Duc de S. Aignan fait [...] »
Voila , Madame , comme
Monfieur le Duc de S. Aignan
fait les honneurs du Havre
d'une maniere toute galante &
fpirituelle,ſans que cette inno- cente Galanterie diminuë rien
duzele qu'il fait voir pour tou- tes les choſes qui regardentla Religion. Il en a donné des
marques depuis peu dans un tres-beau Diſcours qu'il a fait dans la Maiſon de Ville contre
la licence des Blafphemes. Je vous l'envoyerois dans cette Lettre , fi la ſainteté de la ma
O ij
160 LE MERCVRE
tiere eſtoit compatible avec le titre de Mercure Galant , que
vous avez bien voulu luy laif- fer porter.
Monfieur le Duc de S. Aignan
fait les honneurs du Havre
d'une maniere toute galante &
fpirituelle,ſans que cette inno- cente Galanterie diminuë rien
duzele qu'il fait voir pour tou- tes les choſes qui regardentla Religion. Il en a donné des
marques depuis peu dans un tres-beau Diſcours qu'il a fait dans la Maiſon de Ville contre
la licence des Blafphemes. Je vous l'envoyerois dans cette Lettre , fi la ſainteté de la ma
O ij
160 LE MERCVRE
tiere eſtoit compatible avec le titre de Mercure Galant , que
vous avez bien voulu luy laif- fer porter.
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Résumé : « Voila, Madame, comme Monsieur le Duc de S. Aignan fait [...] »
Le Duc de Saint-Aignan, au Havre, se distingue par sa galanterie et son esprit. Il a récemment condamné les blasphèmes lors d'un discours à la Maison de Ville. L'auteur regrette de ne pas pouvoir inclure ce discours dans le 'Mercure Galant' en raison de sa nature sacrée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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237
p. 221-223
« Je ne puis finir, sans vous parler de ce qui [...] »
Début :
Je ne puis finir, sans vous parler de ce qui [...]
Mots clefs :
Public, Amasser, Nouveauté, Particularités
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je ne puis finir, sans vous parler de ce qui [...] »
Je ne puis finir , ſans vous parler de ce qui s'eſt paffé en Allemagne. Le public en eft informe chaque ſemaine, &je ne vous en aydonné encor au- cunes nouvelles. Adire vray,
Madame,j'ay eſté bien aiſe d'a- maffer ce que j'en ay pû ap- prendre tous les jours de di- vers endroits , afin d'en faire
comme une ſuite d'Hiſtoire
plus agreable pour vous. Peut- eftre mefme y trouverez -vous de la nouveauté, parce qu'il eſt impoſſible que ceux qui écri- vent les choſes dans le temps meſme qu'elles arrivent , en foient affez bien inftruits pour les pouvoir publier dans leurs
GALANT. 161
tqu
plus exactes circonftaces.C'eſt
unfruit qu'on a beſoin de laif- ſer meurir , pour en connoiftre toute la bonté. Il faut du temps pour ſçavoir s'il n'y a rien àad- joûter à ce qui ſe debite toû- jours d'abord imparfaitement.
Les particularitez qui écha- pent aux uns , font rapportées
un peu apres par les autres , &
il yauroit de l'injuſtice àvou- loir priverle Public de la con- noiffance des choſes dont le
détail ne peut jamais venir avec les premieres nouvelles qu'on enreçoit.
Madame,j'ay eſté bien aiſe d'a- maffer ce que j'en ay pû ap- prendre tous les jours de di- vers endroits , afin d'en faire
comme une ſuite d'Hiſtoire
plus agreable pour vous. Peut- eftre mefme y trouverez -vous de la nouveauté, parce qu'il eſt impoſſible que ceux qui écri- vent les choſes dans le temps meſme qu'elles arrivent , en foient affez bien inftruits pour les pouvoir publier dans leurs
GALANT. 161
tqu
plus exactes circonftaces.C'eſt
unfruit qu'on a beſoin de laif- ſer meurir , pour en connoiftre toute la bonté. Il faut du temps pour ſçavoir s'il n'y a rien àad- joûter à ce qui ſe debite toû- jours d'abord imparfaitement.
Les particularitez qui écha- pent aux uns , font rapportées
un peu apres par les autres , &
il yauroit de l'injuſtice àvou- loir priverle Public de la con- noiffance des choſes dont le
détail ne peut jamais venir avec les premieres nouvelles qu'on enreçoit.
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Résumé : « Je ne puis finir, sans vous parler de ce qui [...] »
Le texte aborde la transmission des nouvelles concernant l'Allemagne. L'auteur souhaite rassembler diverses informations pour offrir une suite d'histoires plus agréable à la destinataire. Il insiste sur l'importance de laisser le temps aux événements de se clarifier pour en connaître toute la vérité, car les premières nouvelles sont souvent incomplètes. Les détails spécifiques peuvent être rapportés ultérieurement par d'autres sources. L'auteur estime qu'il serait injuste de priver le public des connaissances détaillées qui ne sont pas immédiatement disponibles avec les premières nouvelles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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238
p. 224-253
Ce qui s'est passé en Allemagne entre l'Armée du Roy & celle de l'Empereur. [titre d'après la table]
Début :
Pendant que plus de vingt Puissances Souveraines liguées contre nous [...]
Mots clefs :
Prince Charles, Prince d'Orange, Troupes, Ennemis, Bataille, Maréchal de Créquy, Armée, Ministres, Désertion, Canon, Soldats, Cavalier, Chevaux, Allemands
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé en Allemagne entre l'Armée du Roy & celle de l'Empereur. [titre d'après la table]
Pendant que plus de vingt Puiſſances Souveraines liguées contre nous,amaſſoient de toutes parts un nombre infiny de Troupes , celles de France qui avoient déja pris trois des plus fortes Places de l'Europe, &
O iij
162 LE MERCVRE
gagné un Bataille, eſtoient das des Quartiers de rafraîchiſſement. On les croyoit fort di- minuées par les fatigues de tant de Sieges entrepris dans une ſaiſon rigoureuſe,&toutes les Gazettes ne parloient que de Levées & de Jonctions de
Troupes ennemies qui ſe fai- foient de tous coſtez. On ne
diſoit rien des noſtres ; il n'y avoit pas mefme d'apparence que nous puſſions eſtre affez forts pour nous oppoſer au Prince Charles. Cependant on a veu tout d'un coup par enchantement , Monfieur leMaréchal deCréquy en état de luy tenir teſte , tandis que
Mõſieurde Luxembourg avoit en Flandre une Armée auſſi
nombreuſe que celle que nous avons en Allemagne. Ces Ar
comme
GALANT. 163 mées ne manquent de rien , &
l'admirable prévoyace duRoy eſt ſi bien fecondée par le zele desMiniſtres qui executentſes ordres , que tout ce qui eſt ne- ceſſaire pour les faire ſubſiſter s'y trouve toûjours en abon- dance. Voila ce qui nous facilite tantdeglorieuſes conque- ſtes , & qui nous fait arreſter ſans peine le torrent oppoſé de tant de Troupes. Voyons les mouvemens de l'Armée de
l'Empereur depuis trois mois que le Prince Charles qui la commande a fait l'ouverture
de la Campagne. Elle estoit à
trois lieuësdeMetsdésle commencement de Juin , &dés ce temps-là Monfieur le Maref- chal de Créquy commença à
la combattre & à la ruiner par ſes Partis &par ſes divers mou-
164 LE MERCVRE
vemens.Le Prince Charles qui avoit réſolu de tenter quelque choſe de grand, paſſa la Seille la nuit du dix au onze de ce
-meſme mois , & vint camper du coſté de noſtre General ,
mais ce ne fut que pour y voir fon Armée dans l'extréme neceffité de toutes choſes pendat le long ſejour qu'elle y fit , &
pour donner lieu à un nombre infiny de Partis de la détruire plus commodément.Apres que cePrince eutachevéde paffer,
Mª de la Fite arriva dés le foir
meſme aupres de Monfieur le Mareſchal de Créquy avec un Détachement des Gardes du
Corps , de Gensd'armes , & de Chevaux-Legers de la Garde.
Le Prince Charles quine ſe ſe- roit pas hazardé à paſſer la Ri- viere, s'il euſt eſté avertyde ce
GALANT. 165
ra
Pul
ect
es
&
Fant
fel
Ja R
Secours, n'en reçeut la nouvel- le qu'avec un chagrin mortel.
Il vit bien qu'il luyſeroit diffi
cile de rien entreprendre , M
de Créquy eſtant preſque auffi fort que luy; mais comme il luy auroit eſté honteuxde fai- re voir qu'il avoit de méchans Eſpions, ou plutoſt qu'il n'en avoit point , il aima mieux fai- re bonne contenance dans fon
Poſte , que de s'en retourner furſes pas. C'eſt oùſon Armée apenſé périr, c'eſt où elle a tant manqué de Fourages , & tant mangédePain poury &de mé- chans Gâteaux. La neceffité y
eſtoit fi grande,qu'on endiſtri- buoit qu'un pour quatre Sol- dats. Ileſt mefme ſouvent arrivé que le Pain manquanten- tierement , elle n'a mangé que
de la Vache. Il eſt vray que
166 LE MERCVRE
l'on y a quelquefois donné quelques Eſcalins au lieu de Pain; mais ſi cet argent a em- peſché les plus ſeditieux de crier , il n'a pas empeſché de mourir de faim ceux à qui un fi foible ſecours ne pouvoit faire trouver dequoy manger.
Tant que le Prince Charles a
demeuré dans ce Poſte,quatre choſes ont ruiné ſon Armée;
laDeſertion, nos Partis,le man- que de Pain , & les Païfans qui prenoient tous ceux qui s'e- cartoient pour en chercher.
Les Marchez &les Places pu- bliques de Mets eſtoient rem- plis de leurs Chevaux qui ſe donnoient à fort grand mar- ché. Cefutdans ce temps que M. le Marefchal de Créquy fit faire à fon Armée ce beau
mouvement qui embaraſſa tat
GALANT. 167
les Ennemis.Il fit ſi bien placer fon Canon , qu'il leur tua plus de huit ou neuf cens Hommes , avant qu'on puſt enten-- dre le leur , qui ne fut en état de tirer que plus de trois heu- res apres le noſtre. Ils firent connoiſtre qu'ils n'avoient aucun deſſein de ſe battre , puis qu'ils repaſſerent la Seille. On trouva dans leur Camp quan- tité de Soldats qu'ils avoient enterrez,afin qu'on ne s'apper- çût pas de leur perte, & ils l'a- voient fait fi fort à la haſte ,
qu'ils leur avoient laiſſé leurs
habits & leur argent , dont on trouva méme une fomme conſidérable dans les Bottes d'un
Cavalier. On les pourſuivit dans leur Retraite,où ils perdi- rent encor beaucoup de mon- de. Cette pourfuite , & leur
168 LE MERCVRE
Canon , qu'ils tirerent à noſtre
exemplequelque temps aupa- ravant , nous coûterent auffi
quelques Gens. Nous perdî- mes M de Préfonval Lieutenant Colonel de la Couronne.
Quelques Gardesdu Corps fu- rent tuez , & deux Exempts bleſſez , qui fontM² de la Fou- chardiere & Mr Darmandaris.
Depuis ce temps les Ennemis ontſouvent changé de Pofte,
&Mr le Marefchal deCréquy a toûjours profité de leurs mouvemens. Ils eſtoient vis- àvis le Village d'Arancy , lors que ce vigilant Mareſchal ap- pritqu'ils attendoientungrand Convoy.Ilfit unDétachement
commandé par Mº de la Haye Lieutenant General , pour le furprendre. On leur tua plus dequatre cens Hommes, &on
leur
GALANT. 169
leurpritdumoins cent Charettes. Ceux qui ſe ſignalerent en cette occafion , furent Meffieurs les Marquis de Genlis &
de Renty,M le Comte deMo- reüil,M de la Fite, Mt le Comte d'Aubijoux , & M Marin.
M de la Haye y fut tué d'un coup deMouſquet. NosPartis ayant continue toûjours à les inquiéter , quatre Pieces de noſtre Canon chargées à cartouches, les incommoderent
fort aupres deMaleroy. Quelques jours apres comme onfui- voitleur marche avec l'ardeur
qui eſt ordinaire aux François,
M' le Chevalierd Eſtrades qui eſtoit Chefd'unParty de deux césChevaux, apperçeût quel- ques Troupesde leur Arriere- garde; il en fit avertir M. le
Comte de Maulevrier - ColTome V. P
170 LE MERCVRE bert, qui commandoit l'Aifle gauche. Ils'avança pour exa- minerla contenance des Ennemis, &les fit attaquer. Les Re- gimensdePortia &de Souches furent défaits. On découvrit
la queuë des Bagages, on ytua plus de deux cens Perſonnes,
onyfit centPrifonniers, & l'on pilla quantité deChariots. La Femme du Tréſorier del'Armée, quipar malheur ſe trou- va là dans fon Carroffe avec
d'autres Femmes, fut tuéedans
T'ardeur du Combat,fansqu'on ſceût meſme fi elle y eftoit.
Deux de nos Efcadrons , &
&quelquesDragons,plus avides de gloire que de bittin,
poufferentplus avant,&paf- ferent un Défilé. Ils furent
chargez par unCorps d'Enne- mis beaucoup plus conſidéra-
GALANT. 171
الاس
01
ble qu'ils n'eſtoient. Ils ſe retirerent enbon ordre, &ne perdirent pas trente Hommes.Les Ennemis n'oferent les pourſui- vre, &ils aimerent mieux laiffer emporteraux François tout ce qu'ils avoient pillé, qued'a- vancer pour les combattre, &
les empeſcher de profiter de | leur butin, Depuis cetemps-là le Prince Charles ſe promene,
&il ſemble qu'il ait enviede venir voir le Prince d'Orange,
qui n'eſt pas plus avancé que luy , quoy que l'un & l'autre foit en campagne depuis pres de trois mois. Je nedoute point qu'ils n'ayent entrepris quel- que choſe quand vous rece vrez ma Lettre , puis que je la finis dans le temps où ils doi- ventdu moins faire voirqu'ils
ell
20
n'ont 1 pas aſſemblé tant de
Pij
172 LE MERCVRE Troupes dans le ſeul deſſein
de nous obſerver. Le Prince
Charles n'auroit pas attendu fi long-temps à ſe déclarer , ſi M
le Mareſchal de Créquy l'euft laiſſé plus en repos mais ſa vi- gilance a toûjours détruit ce que ce Prince s'eſtoit propoſe de faire. Quand ils ont eſte ſé- parez, ila tenudes Ponts prefts pourfaire paſſer ſes Partis ; &
dans quelque Camp que les Ennemis ayent eſté , ils en ont toûjours eſté fatiguez . Ses Or- dres s'executoient avec tant de
ponctualité ; qu'on les a veu quelquefois inquiétez enmef- me temps par les Partis de Na- cy , par ceux des Lieux les plus proches , par les Détachemens de l'Armée , & par les Païfans.
C'eſt ainſi qu'on fait périr les Troupes les plus nombreuſes,
GALANT. 173
1
G
&que ſans rien perdre on ga- gne ſouventplus que fi ondo- noit une Bataille. M² de Beaufort Mareſchal de Camp,pouf- ſa une fois leur grande Garde - juſques à leurs Tentes. Quar torze Cuiraſſiers furent pris une autre fois par un Party de
vingt-cinq contre vingt-cinq.
Un LieutenantdeFufiliers,fortifiédesPaïſansduPaïs Meſſin,
attaqua &batit quelque temps apres un Convoy de Vin &
d'Eau de vie , dont il enfonça tous les Tonneaux ; & le MajorduRegimentdeCominges,
avec tres-peu de Gens , avoit défait quelques jours aupara- vant quatre-vingt Cuiraffiers,
dont la plupart furent faits pri- fonniers.; Je pourrois vous raconter encor unnombre infiny d'actions de vigueur qui ont
Piij
174 LE MERCVRE
८
eſté faites par nosPartis ; mais je vous veux ſeulement parler dedeuxdont les circonstances
font affez curieuſes. Le Prince
Charles s'ennuyant de ne rien faire , & ne voulant pas que l'on s'aperçeut de ſon chagrin,
refolut de donner le Bal aux
principales Dames de fon Ar- mée. Cela ne doit pas vous étonner, les Allemans ne mar- chent guéres qu'en Famille.
Comme il n'eſt point de Nation qui n'imite les François en quelque choſe , les Allemans pour pour paroiſtre avec plus de galanterie, voulurent avoir de nos Habits les plus à la mo- de,&le Prince Charles en envoya demander par unTrom- pete au Lieutenant de Royde Mets , lequel par une honne- ſteté toute Françoiſe luy en-
GALANT. 175
هللا
que
A
10.1
N
DIS
arc
ne
ronoyd
nne
yen
:
voya auſſi-toſt des Tailleurs ,
avec les Etofes les plus nou- velles qu'on puſt trouver. Les Habits ſe firent, &on commeça le Bal. M de Créqui prit ce temps pour leur donner un au- tre BLIOTHEQUR
divertiſſement. Il envoya Iron quelques Troupes qui donne rent l'alarme dans l'un de leurs
Quartiers, & qui eurent ordre
de ſe retirer d'une maniere qui pût engager les Ennemis à les pour ſuivre. Ses Ordres furent ponctuellement executez ; &
comme il avoit fait placer plu- fieurs Canons chargez à car- touches dans un endroitoù les
Ennemis ne croyoient pas qu'il y en euſt , la plupart de ceux qui pourſuivirentnos Gens fu- rent tuez ou bleffez ; & l'alarmes s'eſtant répaduëdans tout le Gamp , le Bal fut tellement
LYON
176 LE MERCVRE
troublé , que les Allemans oublierent leurs Dances , &
ne ſceurent plus faire de pas que pour décamper quel- ques jours apres. Le Canon ne leur fut pas moins fatal le jour que leurs Fourageurs fu- rent enlevez. La plupart des Officiers qui avoient des Va- lets au fourage, s'attrouperent pour les venir défendre ; mais ils n'oferent avancer , & l'on
euſtditqu'ils n'eſtoient venus que pour eſtre témoins de la perte de leurs Chevaux. Ils ne
s'en retournerent pourtantpas tous , &pluſieurs furent tuez par noſtre Canon. Vous direz peut- eſtre que c'eſt n'avoir rien fait, que de n'avoir ni pris de Places, ni gagné deBatail- les ; mais apres les premiers
avantages que nous avons
GALANT. 177
1
remportez , n'est-il pas bien glorieux d'empefcher tant de Puiſſances unies d'executer
aucune dn leurs entrepriſes ?
De pareils emplois demandent le Capitaine le plus confom- mé ; ils ont dequoy exercer toute fon experience , & de- quoy le rendre vigilant, eſtant obligé de faire des mouve- mens continuels , & de pren- dre garde en meſme temps de n'en faire aucun de faux.C'eſt
par là qu'on ruine infenfible- ment les Armées ennemies
mais il ne ſuffit pas pour cela d'avoir du cœur, il faut avoir
de l'eſprit & de l'adreſſe , &
que la tefte agiffe plus que le bras. Mr de Créquy a montré depuis trois mois que toutes
ces choſes ne luy eſtoient pas inconnuës , & qu'il ſçavoit
178 LE MERCVRE joindre la conduite & la pru- dence à la haute valeur dont
il a donné des marques dans un nombre infini d'occaſions,
&dans la diverſité des mouvemens qu'il a faits. Comme il ne s'en eſt pas trouvé unde faux, on ne peut marcher plus glorieuſement qu'il fait ſur les traces de M'de Turenne. Il l'a
imité en toutes chofes,&toutes les Lettres nous affurent
qu'il ne s'eſt pas fait moins ai- mer dans toutes les Troupes qu'il commande,qu'il s'est fait craindre parmi celles qui lui font oppoſées.
'La feconde Armée d'Allemagne , compoſée des Trou- pes des Cercles , n'a pas fait plus de progrez que celle du Prince Charles. M de Monclar l'obſerve de prés, &M' le
GALANT. 179
Marquis de Bligny l'eſt allé joindre avec unDétachement de dix Eſcadrons. Il y a prés de trois mois que le Prince
dOrange aſſemble la fienne,
■ & qu'il attend celle de dix ou
douze Alliez qui marche de- puis long-temps. Ila parujuf- ques icyque toutes cesTrou- pes n'estoient en campagne que pour arrefterles courſesde delaGarnifon de Maftric ; ce
qu'elles n'ont toutefois pû fai- re. Mr de la Motte avec un
Détachement, a eſté prendre force Beſtiaux du coſtede Namur; &M le Duc de Luxembourg a fouragé long-temps juſques aux Portes de Bruxel- les.Il aenvoyéquelques Troupes aux environs d'Oudenarde ſous le commandement de
Mellieurs dela Motte &d'Au
ZB
180 LE MERCVRE
ger. Le Prince d'Orange com- mença à décamper le 15.&M²
de Luxembourg le 16. Je ne
vous en diray rien davantage dans cette Lettre, quand mef- me on entreprendroit quelque choſe avantqu'elle fut fermée,
afin de vous en parler au long dans la premiere que je vous écriray,&de ne vous enpoint faire le détailàdeux fois
O iij
162 LE MERCVRE
gagné un Bataille, eſtoient das des Quartiers de rafraîchiſſement. On les croyoit fort di- minuées par les fatigues de tant de Sieges entrepris dans une ſaiſon rigoureuſe,&toutes les Gazettes ne parloient que de Levées & de Jonctions de
Troupes ennemies qui ſe fai- foient de tous coſtez. On ne
diſoit rien des noſtres ; il n'y avoit pas mefme d'apparence que nous puſſions eſtre affez forts pour nous oppoſer au Prince Charles. Cependant on a veu tout d'un coup par enchantement , Monfieur leMaréchal deCréquy en état de luy tenir teſte , tandis que
Mõſieurde Luxembourg avoit en Flandre une Armée auſſi
nombreuſe que celle que nous avons en Allemagne. Ces Ar
comme
GALANT. 163 mées ne manquent de rien , &
l'admirable prévoyace duRoy eſt ſi bien fecondée par le zele desMiniſtres qui executentſes ordres , que tout ce qui eſt ne- ceſſaire pour les faire ſubſiſter s'y trouve toûjours en abon- dance. Voila ce qui nous facilite tantdeglorieuſes conque- ſtes , & qui nous fait arreſter ſans peine le torrent oppoſé de tant de Troupes. Voyons les mouvemens de l'Armée de
l'Empereur depuis trois mois que le Prince Charles qui la commande a fait l'ouverture
de la Campagne. Elle estoit à
trois lieuësdeMetsdésle commencement de Juin , &dés ce temps-là Monfieur le Maref- chal de Créquy commença à
la combattre & à la ruiner par ſes Partis &par ſes divers mou-
164 LE MERCVRE
vemens.Le Prince Charles qui avoit réſolu de tenter quelque choſe de grand, paſſa la Seille la nuit du dix au onze de ce
-meſme mois , & vint camper du coſté de noſtre General ,
mais ce ne fut que pour y voir fon Armée dans l'extréme neceffité de toutes choſes pendat le long ſejour qu'elle y fit , &
pour donner lieu à un nombre infiny de Partis de la détruire plus commodément.Apres que cePrince eutachevéde paffer,
Mª de la Fite arriva dés le foir
meſme aupres de Monfieur le Mareſchal de Créquy avec un Détachement des Gardes du
Corps , de Gensd'armes , & de Chevaux-Legers de la Garde.
Le Prince Charles quine ſe ſe- roit pas hazardé à paſſer la Ri- viere, s'il euſt eſté avertyde ce
GALANT. 165
ra
Pul
ect
es
&
Fant
fel
Ja R
Secours, n'en reçeut la nouvel- le qu'avec un chagrin mortel.
Il vit bien qu'il luyſeroit diffi
cile de rien entreprendre , M
de Créquy eſtant preſque auffi fort que luy; mais comme il luy auroit eſté honteuxde fai- re voir qu'il avoit de méchans Eſpions, ou plutoſt qu'il n'en avoit point , il aima mieux fai- re bonne contenance dans fon
Poſte , que de s'en retourner furſes pas. C'eſt oùſon Armée apenſé périr, c'eſt où elle a tant manqué de Fourages , & tant mangédePain poury &de mé- chans Gâteaux. La neceffité y
eſtoit fi grande,qu'on endiſtri- buoit qu'un pour quatre Sol- dats. Ileſt mefme ſouvent arrivé que le Pain manquanten- tierement , elle n'a mangé que
de la Vache. Il eſt vray que
166 LE MERCVRE
l'on y a quelquefois donné quelques Eſcalins au lieu de Pain; mais ſi cet argent a em- peſché les plus ſeditieux de crier , il n'a pas empeſché de mourir de faim ceux à qui un fi foible ſecours ne pouvoit faire trouver dequoy manger.
Tant que le Prince Charles a
demeuré dans ce Poſte,quatre choſes ont ruiné ſon Armée;
laDeſertion, nos Partis,le man- que de Pain , & les Païfans qui prenoient tous ceux qui s'e- cartoient pour en chercher.
Les Marchez &les Places pu- bliques de Mets eſtoient rem- plis de leurs Chevaux qui ſe donnoient à fort grand mar- ché. Cefutdans ce temps que M. le Marefchal de Créquy fit faire à fon Armée ce beau
mouvement qui embaraſſa tat
GALANT. 167
les Ennemis.Il fit ſi bien placer fon Canon , qu'il leur tua plus de huit ou neuf cens Hommes , avant qu'on puſt enten-- dre le leur , qui ne fut en état de tirer que plus de trois heu- res apres le noſtre. Ils firent connoiſtre qu'ils n'avoient aucun deſſein de ſe battre , puis qu'ils repaſſerent la Seille. On trouva dans leur Camp quan- tité de Soldats qu'ils avoient enterrez,afin qu'on ne s'apper- çût pas de leur perte, & ils l'a- voient fait fi fort à la haſte ,
qu'ils leur avoient laiſſé leurs
habits & leur argent , dont on trouva méme une fomme conſidérable dans les Bottes d'un
Cavalier. On les pourſuivit dans leur Retraite,où ils perdi- rent encor beaucoup de mon- de. Cette pourfuite , & leur
168 LE MERCVRE
Canon , qu'ils tirerent à noſtre
exemplequelque temps aupa- ravant , nous coûterent auffi
quelques Gens. Nous perdî- mes M de Préfonval Lieutenant Colonel de la Couronne.
Quelques Gardesdu Corps fu- rent tuez , & deux Exempts bleſſez , qui fontM² de la Fou- chardiere & Mr Darmandaris.
Depuis ce temps les Ennemis ontſouvent changé de Pofte,
&Mr le Marefchal deCréquy a toûjours profité de leurs mouvemens. Ils eſtoient vis- àvis le Village d'Arancy , lors que ce vigilant Mareſchal ap- pritqu'ils attendoientungrand Convoy.Ilfit unDétachement
commandé par Mº de la Haye Lieutenant General , pour le furprendre. On leur tua plus dequatre cens Hommes, &on
leur
GALANT. 169
leurpritdumoins cent Charettes. Ceux qui ſe ſignalerent en cette occafion , furent Meffieurs les Marquis de Genlis &
de Renty,M le Comte deMo- reüil,M de la Fite, Mt le Comte d'Aubijoux , & M Marin.
M de la Haye y fut tué d'un coup deMouſquet. NosPartis ayant continue toûjours à les inquiéter , quatre Pieces de noſtre Canon chargées à cartouches, les incommoderent
fort aupres deMaleroy. Quelques jours apres comme onfui- voitleur marche avec l'ardeur
qui eſt ordinaire aux François,
M' le Chevalierd Eſtrades qui eſtoit Chefd'unParty de deux césChevaux, apperçeût quel- ques Troupesde leur Arriere- garde; il en fit avertir M. le
Comte de Maulevrier - ColTome V. P
170 LE MERCVRE bert, qui commandoit l'Aifle gauche. Ils'avança pour exa- minerla contenance des Ennemis, &les fit attaquer. Les Re- gimensdePortia &de Souches furent défaits. On découvrit
la queuë des Bagages, on ytua plus de deux cens Perſonnes,
onyfit centPrifonniers, & l'on pilla quantité deChariots. La Femme du Tréſorier del'Armée, quipar malheur ſe trou- va là dans fon Carroffe avec
d'autres Femmes, fut tuéedans
T'ardeur du Combat,fansqu'on ſceût meſme fi elle y eftoit.
Deux de nos Efcadrons , &
&quelquesDragons,plus avides de gloire que de bittin,
poufferentplus avant,&paf- ferent un Défilé. Ils furent
chargez par unCorps d'Enne- mis beaucoup plus conſidéra-
GALANT. 171
الاس
01
ble qu'ils n'eſtoient. Ils ſe retirerent enbon ordre, &ne perdirent pas trente Hommes.Les Ennemis n'oferent les pourſui- vre, &ils aimerent mieux laiffer emporteraux François tout ce qu'ils avoient pillé, qued'a- vancer pour les combattre, &
les empeſcher de profiter de | leur butin, Depuis cetemps-là le Prince Charles ſe promene,
&il ſemble qu'il ait enviede venir voir le Prince d'Orange,
qui n'eſt pas plus avancé que luy , quoy que l'un & l'autre foit en campagne depuis pres de trois mois. Je nedoute point qu'ils n'ayent entrepris quel- que choſe quand vous rece vrez ma Lettre , puis que je la finis dans le temps où ils doi- ventdu moins faire voirqu'ils
ell
20
n'ont 1 pas aſſemblé tant de
Pij
172 LE MERCVRE Troupes dans le ſeul deſſein
de nous obſerver. Le Prince
Charles n'auroit pas attendu fi long-temps à ſe déclarer , ſi M
le Mareſchal de Créquy l'euft laiſſé plus en repos mais ſa vi- gilance a toûjours détruit ce que ce Prince s'eſtoit propoſe de faire. Quand ils ont eſte ſé- parez, ila tenudes Ponts prefts pourfaire paſſer ſes Partis ; &
dans quelque Camp que les Ennemis ayent eſté , ils en ont toûjours eſté fatiguez . Ses Or- dres s'executoient avec tant de
ponctualité ; qu'on les a veu quelquefois inquiétez enmef- me temps par les Partis de Na- cy , par ceux des Lieux les plus proches , par les Détachemens de l'Armée , & par les Païfans.
C'eſt ainſi qu'on fait périr les Troupes les plus nombreuſes,
GALANT. 173
1
G
&que ſans rien perdre on ga- gne ſouventplus que fi ondo- noit une Bataille. M² de Beaufort Mareſchal de Camp,pouf- ſa une fois leur grande Garde - juſques à leurs Tentes. Quar torze Cuiraſſiers furent pris une autre fois par un Party de
vingt-cinq contre vingt-cinq.
Un LieutenantdeFufiliers,fortifiédesPaïſansduPaïs Meſſin,
attaqua &batit quelque temps apres un Convoy de Vin &
d'Eau de vie , dont il enfonça tous les Tonneaux ; & le MajorduRegimentdeCominges,
avec tres-peu de Gens , avoit défait quelques jours aupara- vant quatre-vingt Cuiraffiers,
dont la plupart furent faits pri- fonniers.; Je pourrois vous raconter encor unnombre infiny d'actions de vigueur qui ont
Piij
174 LE MERCVRE
८
eſté faites par nosPartis ; mais je vous veux ſeulement parler dedeuxdont les circonstances
font affez curieuſes. Le Prince
Charles s'ennuyant de ne rien faire , & ne voulant pas que l'on s'aperçeut de ſon chagrin,
refolut de donner le Bal aux
principales Dames de fon Ar- mée. Cela ne doit pas vous étonner, les Allemans ne mar- chent guéres qu'en Famille.
Comme il n'eſt point de Nation qui n'imite les François en quelque choſe , les Allemans pour pour paroiſtre avec plus de galanterie, voulurent avoir de nos Habits les plus à la mo- de,&le Prince Charles en envoya demander par unTrom- pete au Lieutenant de Royde Mets , lequel par une honne- ſteté toute Françoiſe luy en-
GALANT. 175
هللا
que
A
10.1
N
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arc
ne
ronoyd
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yen
:
voya auſſi-toſt des Tailleurs ,
avec les Etofes les plus nou- velles qu'on puſt trouver. Les Habits ſe firent, &on commeça le Bal. M de Créqui prit ce temps pour leur donner un au- tre BLIOTHEQUR
divertiſſement. Il envoya Iron quelques Troupes qui donne rent l'alarme dans l'un de leurs
Quartiers, & qui eurent ordre
de ſe retirer d'une maniere qui pût engager les Ennemis à les pour ſuivre. Ses Ordres furent ponctuellement executez ; &
comme il avoit fait placer plu- fieurs Canons chargez à car- touches dans un endroitoù les
Ennemis ne croyoient pas qu'il y en euſt , la plupart de ceux qui pourſuivirentnos Gens fu- rent tuez ou bleffez ; & l'alarmes s'eſtant répaduëdans tout le Gamp , le Bal fut tellement
LYON
176 LE MERCVRE
troublé , que les Allemans oublierent leurs Dances , &
ne ſceurent plus faire de pas que pour décamper quel- ques jours apres. Le Canon ne leur fut pas moins fatal le jour que leurs Fourageurs fu- rent enlevez. La plupart des Officiers qui avoient des Va- lets au fourage, s'attrouperent pour les venir défendre ; mais ils n'oferent avancer , & l'on
euſtditqu'ils n'eſtoient venus que pour eſtre témoins de la perte de leurs Chevaux. Ils ne
s'en retournerent pourtantpas tous , &pluſieurs furent tuez par noſtre Canon. Vous direz peut- eſtre que c'eſt n'avoir rien fait, que de n'avoir ni pris de Places, ni gagné deBatail- les ; mais apres les premiers
avantages que nous avons
GALANT. 177
1
remportez , n'est-il pas bien glorieux d'empefcher tant de Puiſſances unies d'executer
aucune dn leurs entrepriſes ?
De pareils emplois demandent le Capitaine le plus confom- mé ; ils ont dequoy exercer toute fon experience , & de- quoy le rendre vigilant, eſtant obligé de faire des mouve- mens continuels , & de pren- dre garde en meſme temps de n'en faire aucun de faux.C'eſt
par là qu'on ruine infenfible- ment les Armées ennemies
mais il ne ſuffit pas pour cela d'avoir du cœur, il faut avoir
de l'eſprit & de l'adreſſe , &
que la tefte agiffe plus que le bras. Mr de Créquy a montré depuis trois mois que toutes
ces choſes ne luy eſtoient pas inconnuës , & qu'il ſçavoit
178 LE MERCVRE joindre la conduite & la pru- dence à la haute valeur dont
il a donné des marques dans un nombre infini d'occaſions,
&dans la diverſité des mouvemens qu'il a faits. Comme il ne s'en eſt pas trouvé unde faux, on ne peut marcher plus glorieuſement qu'il fait ſur les traces de M'de Turenne. Il l'a
imité en toutes chofes,&toutes les Lettres nous affurent
qu'il ne s'eſt pas fait moins ai- mer dans toutes les Troupes qu'il commande,qu'il s'est fait craindre parmi celles qui lui font oppoſées.
'La feconde Armée d'Allemagne , compoſée des Trou- pes des Cercles , n'a pas fait plus de progrez que celle du Prince Charles. M de Monclar l'obſerve de prés, &M' le
GALANT. 179
Marquis de Bligny l'eſt allé joindre avec unDétachement de dix Eſcadrons. Il y a prés de trois mois que le Prince
dOrange aſſemble la fienne,
■ & qu'il attend celle de dix ou
douze Alliez qui marche de- puis long-temps. Ila parujuf- ques icyque toutes cesTrou- pes n'estoient en campagne que pour arrefterles courſesde delaGarnifon de Maftric ; ce
qu'elles n'ont toutefois pû fai- re. Mr de la Motte avec un
Détachement, a eſté prendre force Beſtiaux du coſtede Namur; &M le Duc de Luxembourg a fouragé long-temps juſques aux Portes de Bruxel- les.Il aenvoyéquelques Troupes aux environs d'Oudenarde ſous le commandement de
Mellieurs dela Motte &d'Au
ZB
180 LE MERCVRE
ger. Le Prince d'Orange com- mença à décamper le 15.&M²
de Luxembourg le 16. Je ne
vous en diray rien davantage dans cette Lettre, quand mef- me on entreprendroit quelque choſe avantqu'elle fut fermée,
afin de vous en parler au long dans la premiere que je vous écriray,&de ne vous enpoint faire le détailàdeux fois
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Résumé : Ce qui s'est passé en Allemagne entre l'Armée du Roy & celle de l'Empereur. [titre d'après la table]
Le texte relate les opérations militaires entre les forces françaises et une coalition de plus de vingt puissances souveraines. Malgré les difficultés et les fatigues des sièges, les armées françaises, dirigées par le maréchal de Créquy et le duc de Luxembourg, ont réussi à résister aux assauts ennemis. Les armées françaises bénéficient d'un approvisionnement efficace grâce à la prévoyance du roi et au zèle des ministres. Le prince Charles, commandant l'armée de l'Empereur, a tenté plusieurs actions, mais a été contré par les mouvements stratégiques et les partis de Créquy. Les troupes du prince Charles ont souffert de désertions, de manque de ravitaillement et de harcèlement constant par les forces françaises. Plusieurs actions notables, comme l'attaque d'un convoi et la perturbation d'un bal organisé par le prince Charles, illustrent la vigilance et l'efficacité des troupes françaises. Le maréchal de Créquy a démontré une grande expérience et une vigilance constante, affaiblissant progressivement les armées ennemies sans livrer de batailles décisives. La deuxième armée d'Allemagne, composée des troupes des Cercles, n'a pas non plus fait de progrès significatifs, étant étroitement surveillée par les forces françaises. Le prince d'Orange et ses alliés sont également en campagne, mais sans succès notable. Par ailleurs, l'auteur mentionne qu'il ne fournira pas davantage de détails dans la lettre actuelle, préférant en discuter plus en profondeur dans la prochaine lettre afin d'éviter un double récit et de traiter le sujet de manière exhaustive.
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239
p. 253-255
Le Roy donne le Regiment de la Fere au Fils de M le Mareschal de Crequy; le Commandement de Thionville à M. de Choisy; & la Lieutenance du Roy de Montelimart, à M. de Serignan. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné le Regiment de la Fére qu'avoit [...]
Mots clefs :
Marquis de Créquy, Mr de Serignan, Lieutenance
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texteReconnaissance textuelle : Le Roy donne le Regiment de la Fere au Fils de M le Mareschal de Crequy; le Commandement de Thionville à M. de Choisy; & la Lieutenance du Roy de Montelimart, à M. de Serignan. [titre d'après la table]
Le Roy a donné le Regi- ment de la Fére qu'avoit M
de la Haye , à Me le Marquis de Créquy , âgé de quinze ans, qui fert d'Ayde de Camp àMr le Marefchal de Créquy fon Pere. Ce jeune Marquis montre déja tant d'ardeur pour la gloire , que fi on lui laiſſoit la liberté de faire tout
ceque fon courage lui infpi- re, il s'expoſeroit tous les jours
aux
GALANT. 181
1
C
OL
aux dangers les plus évidens.
IM de Choiſy a eu le Comma- dement de Thionville, ce Pofte ayant auſſi vaqué par la mort de M de la Haye Liutenant General. Il eſtoitGouverneur
de S.Venant, lors que SaMaje- ſté l'envoya aux Indes en qua- lité de Viceroy. Il entendoit parfaitementles Fortifications,
& paffoit pour un Homme
tres- ſage. La Lieutenance de Roy deMontelimart a eſté dõő- née à Mr de Serignan Ayde- 'Major des Gardes du Corps.
Les ſervices qu'il a rendus, ont toûjours efté agreables auRoy,
rqu &fa Familleeft connut
de la Haye , à Me le Marquis de Créquy , âgé de quinze ans, qui fert d'Ayde de Camp àMr le Marefchal de Créquy fon Pere. Ce jeune Marquis montre déja tant d'ardeur pour la gloire , que fi on lui laiſſoit la liberté de faire tout
ceque fon courage lui infpi- re, il s'expoſeroit tous les jours
aux
GALANT. 181
1
C
OL
aux dangers les plus évidens.
IM de Choiſy a eu le Comma- dement de Thionville, ce Pofte ayant auſſi vaqué par la mort de M de la Haye Liutenant General. Il eſtoitGouverneur
de S.Venant, lors que SaMaje- ſté l'envoya aux Indes en qua- lité de Viceroy. Il entendoit parfaitementles Fortifications,
& paffoit pour un Homme
tres- ſage. La Lieutenance de Roy deMontelimart a eſté dõő- née à Mr de Serignan Ayde- 'Major des Gardes du Corps.
Les ſervices qu'il a rendus, ont toûjours efté agreables auRoy,
rqu &fa Familleeft connut
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Résumé : Le Roy donne le Regiment de la Fere au Fils de M le Mareschal de Crequy; le Commandement de Thionville à M. de Choisy; & la Lieutenance du Roy de Montelimart, à M. de Serignan. [titre d'après la table]
Le roi a attribué le régiment de La Fère au marquis de Créquy, âgé de quinze ans. L'abbé de Choisy, compétent en fortifications, a reçu le commandement de Thionville. M. de Serignan, aide-major des Gardes du Corps, a été nommé lieutenant du roi à Montélimar.
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240
p. 255-257
Divertissemens donnez au Public. [titre d'après la table]
Début :
Je passe aux Divertissemens publics dont j'ay peu de chose [...]
Mots clefs :
Divertissements publics, Théâtre des italiens, Nouveauté, Comédiens-Français, Vieilles pièces
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texteReconnaissance textuelle : Divertissemens donnez au Public. [titre d'après la table]
Je paſſe aux Divertiſſemens publics dont j'ay-peu de choſe àvous dire , &il n'yaeu de la nouveauté que fur le Theatre nfpi
jout
Tome V.
182 LE MERCVRE des Italiens , qui nous ont don- néune Pieces fort agreable, in- titulée La PropretezRidicule. Elleeſt meſléedequelquesEn- trées qui luy donnent beau- coupd'agrément. Le caractere delaFemmequi eft proprejuf- qu'à l'excés,eſt tiré ſur de bons Originaux. On l'a déja joüée douze ou quinze fois ; & Ar- lequin , à fon ordinaire , y eſt un Perſonnage tres - divertiſ- ſant. Les Comédiens François ſe ſont contentez de faire revivre quelques vieilles Pieces qui avoient fait beaucoup de bruit dans leur temps , &on a
reveu ſur les deux Theatres,
les Viſionnaires de M des Marefts , le Iodelet Maistre de M
Scarron, & le D.Bertrand de Ci- garalde Me deCorneille le jeu- ne, qui estoit autrefois le char
GALANT. 183 me de tout Paris , & qu'on y
repreſentoit en meſme temps fur tous les Theatres.
jout
Tome V.
182 LE MERCVRE des Italiens , qui nous ont don- néune Pieces fort agreable, in- titulée La PropretezRidicule. Elleeſt meſléedequelquesEn- trées qui luy donnent beau- coupd'agrément. Le caractere delaFemmequi eft proprejuf- qu'à l'excés,eſt tiré ſur de bons Originaux. On l'a déja joüée douze ou quinze fois ; & Ar- lequin , à fon ordinaire , y eſt un Perſonnage tres - divertiſ- ſant. Les Comédiens François ſe ſont contentez de faire revivre quelques vieilles Pieces qui avoient fait beaucoup de bruit dans leur temps , &on a
reveu ſur les deux Theatres,
les Viſionnaires de M des Marefts , le Iodelet Maistre de M
Scarron, & le D.Bertrand de Ci- garalde Me deCorneille le jeu- ne, qui estoit autrefois le char
GALANT. 183 me de tout Paris , & qu'on y
repreſentoit en meſme temps fur tous les Theatres.
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Résumé : Divertissemens donnez au Public. [titre d'après la table]
Le texte évoque des spectacles théâtraux. Les Italiens ont joué 'La Propreté Ridicule', une pièce bien accueillie, mettant en scène une femme excessivement propre et Arlequin. Les Français ont repris des œuvres anciennes comme 'Les Visionnaires' et 'Le Cid'. Ce dernier a été représenté sur plusieurs théâtres.
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241
p. 257-281
Modes Nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Il est temps de satisfaire la curiosité de vos Belles [...]
Mots clefs :
Couleurs, Modes, Jupes, Dentelle, Marchands, Habillements, Étoffes, Gazes, Toiles, Manteaux, Point de France, Échelles, Mousseline, Satin, Coiffes, Rubans, Boutons, Noeuds, Manches
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Modes Nouvelles. [titre d'après la table]
uriofité de vos Belles de Province , & de vous entretenir
desModesnouvellesdontvous
m'avez mandé pluſieurs fois qu'elles ſouhaitoient de trou- ver quelque Article dans les Lettres queje vous envoye.Ce n'eſt pas une affaire peu amba- raffante,&je ne ſçay comment j'aurois pû m'acquiter de ma parole, fi je ne me fuſſe trouvé dernierement dans une Ruelle
abondante en Perſonnesdu bel
air. On yrailloit un Mary ja- loux, lors que je vis entrer une Féme moitié Pretieuſe,& moitie Coquette. Queje fuis fati- guée:dit- elle, apres avoir ſalüé la Compagnie;l'ay eſté aujourQij
184 LE MERCVRE d'hui chez plus de vingt Mar- chands , &je n'en fuis guéres fortie plus ſçavante quej'y ſuis entrée. J'ay reçeu dix Lettres de la Campagne, parleſquelles on me prie de mander les Mo- des nouvelles , & je ne ſçay qu'écrire là-deſſus. Onn'a ja- mais veu en France ce que l'on voit aujourd'hui, il n'y a plus deModesgenerales,parce qu'il yen a tropde particulieres; à
peinetrouve-t- ondeux Perſon- nes veſtuës de la meſme maniere , chacun s'habille à ſa fantaiſie, &l'on ne paroiſt plus extravagant comme autrefois,
lors qu'on n'eſt pasmis comme les autres. Pour moy , continua-t-elle, je ne feray point de réponſe,&je ne finirois jamais,
fije voulois écrire la diverſité
des Habillemens de chaque
GALANT. 185 Particulier. Je donnay d'abord dans ſon ſens , pour l'amener apres plus facilement à mon but &je luidis enſuite que fi
elle vouloit prier toute laCom- pagnie de s'entretenir ſur cette matiere , & que chacundit les
Modesqu'il croyoit les plusge- nerales,je les écrirois fur l'heu- re , &qu'ainſi elle trouveroit fon Memoire des Modes tout
fait, ſans qu'elle fift autre cho- ſe que dire ſon avis.Cette pen- ſee lui plût , chacun promit d'expliquer ce qu'il ſçavoition me donna de l'encre &du pa- pier, &j'écrivis pour elle &
pour moy, ceque vous allez li- re touchant les Modes dont on
ſe fert depuis qu'on ne porte plus d'or&d'argent.
On parla d'abord des Eto- fes , ou plutoft on en voulut
üj
Σ
186 LE MERCVRE
parler ; car à peine euft-on-en-- tâmé ce difcours, qu'unejeune Beauté prit la parole,&dit que de cinquante Femmes du bel
air, à peine on trouvoit - on deux qui portaffent des Etof- fes ; &que hors quelques Taf- fetas & Tabis decoupez &
mouchetez, gris &changeans,
qui estoient un reſte de Mode
des Habits d'Etamine & de
Serge des Grifettes du Printemps , on ne voyoit plus de Femmes veſtuës que deToil- les&deGazes ; &elle adjoûta qu'elle les aimoit tellement ;
qu'elle avoit voulu voir toutes celles qui avoient eſté faites,&
que leur diverſité & leur
beauté eſtoient des chofes ad
mirables. On la pria de par.
ler de toutes celles qu'el
le avoit veuës , & voicy de
GALANT. 187
t
i
quelle maniere elle s'en ac- quita.
Onfait, depuis que les cha-- leurs ont commencé,des Man--
teaux&des Jupes de pluſieurs fortes de Gazes; les moindres
4
font les unies, les rayees , & ALE DE carreaux.
LYON celles qui font à E
leurs, meflees, & fans eftreme
lées. If y en a auffi beaucoup de rebrochées , dont les fleurs
paroiffent de relief. On en voit
fur des fonds bruns couvertes.
de fleurs de toutes couleurs;
&il s'en trouve de meſme fur
des fonds blancs qui font le plus bel effet du monde ; d'au- tres font fur des fonds mou
chetez, & d'autres font à colomnes. Les Femmes du grand air qui ont le petit deüil , en portentde blanches , avec des
preſque de toutes con-
188 LE MERCVRE
fleurs noires rebrochées ; &
celles qui font plus modeftes,
en mettent de noires unies ,
avec des Jupes de Gaze bleuës deffous. Les Gazes dont les
fonds & les fleurs font blanches, ſe portentbeaucoup plus enJupesqu'enManteaux.Cel- les qui ſont rayées , & qui ont de grandes eſpaces entre les ra- yes , remplies de toutes fortes de fleurs,fonttres-belles : Mais
quelque beauté qu'ayenttou- tes ces Gazes , pourſuivit-elle,
je ne defefpere pas d'en voir encor deplus extraordinaires,
puis qu'il n'eſt point de jour qu'on n'en remarque aux Thuilleries d'un deſſein tout
nouveau. Il n'eſt rien de plus agreable que tous les Mateaux deGaze, continua la meſme,&
ils ne font effacez que par ceux
GALANT. 189 de Poincts de France fur de la
Toille jaune,qui eftant accom-- pagnez d'Echelles de mefme
Poinct, donnent un certain air
degrandeur à ceux quiles por- tent , que les Etofés les plus remplies d'or &d'arget ne font pas toûjours remarquer dans les Perſonnes les plus quali- lifiées..Onvoit aufli , adjoûtat- elle , quelques Manteaux &
Jupes de Taffetas volans &
changeas, mais le nombre n'en eſt pas grand. Puis que vous avez parle des Manteaux , re- prit une autre,je vais parlerdes Jupes;j'en achetayhyer,& ce- la fur cauſe que je m'infor-- may de celles quifont les plus àla mode.On en voitencor qui fonttoutes de Poinct de Frace,
&dautres toutes de Poinct
d'Angleterre mais comme elles
190 LE MERCVRE
font extrémement cheres , le
nombre n'en eſt pas fi grand;&
celles dont on porte le plus ,
font desMouffeline rayée,avec unPoinct au bas des plus hauts que l'on puiſſe trouver. Ily en a auſſi beaucoup de Taffetas de toutes fortes de couleurs , fous des Gazes que chacun choifit àſa fantaiſie ; mais la plupart les prennentblanches. On en voit depuis quelques jours de Toille decoupée , comme on decoupoit le Tabis & le Satin.
Les Femmes qui font un peu fur le retour,&quelques autres
encor , portent des Jupes de Brocard , & d'autres Etofes ;
les unesmettentun petitPoinct
de Erance enbas,les autres une
Dantelle noire. Il y en a qui mettent des Guipures de tou- tes couleurs;mais quand on les
GALANT. 191 pliffe, on met des Dantelles de foye douce, fans fonds, & fans eftre guipées ni gommées. Il yadiverſesmanieres de mettre
ces Dantelles ; les unes en ont
une grande pliffée, &un Pied qui releve; & les autres deux
grandes pliſſées à deux doigts l'une de l'autre, & toutes deux tombantes.
Quandcelle quiavoitparlé desJupes àlamode eu finy fon diſcours , on preſſa une vieille Fille qui n'avoit ni beauté ni agrément,&qui par toutesces raiſons ſe retranchoit ſur lebel
Eſprit , de dire quelque choſe furle ſujet dela Converſation,
Elle répondit avec un air dé- daigneux,qu'elle ne ſçavoitpas commenton pouvoit perdre le temps à parler de ces bagatel- les,&que cette matiere n'étoit
192 LE MERCVRE
bonne que pour certaines Fé- mes qui n'auroientjamais rien àdire, fans le ſecours de leurs
Habillemens. On luyrépondit qu'elle avoit raiſon ; mais que
lors qu'on eſtoit en compagnie,
onſe rendoit ridicule, fi l'on ne
faifoit comme les autres , puis qu'ilſembloitqu'on lesmépri- faft , &qu'onvoulut ſe diſtinguer; cequ'unEfprit bien tour- né de devoit jamais faire. He bien, reprit-elle bruſquement,
puis que l'eſprit de bagatelle regne aujourd'hui , ilfaut faire
comme les autres. Si je me ſuis défenduë de parler des Modes nouvelles , ce n'eſt pas que je les ignore : comme il ne faut point d'eſprit pour les apprendre,& qu'on n'abeſoin que d'avoir des yeux , tout le monde les doit ſçavoir , &je
croy
GALANT. 193
croy n'en ignorer aucune. Elle s'arreſta un moment , puis elle entra dans le détail de toutes
les Modes dont on n'avoit
point encor parle , qu'elle de- bita avec un torrent de paroles,
ſans s'arreſter un moment , ni
laifſfer le temps à aucun de la Compagnie de lui repliquer par unſeul mot. Voicy tout cequ'elledit.
Laplupart des Coëffes que l'on porte à preſent , font à co- lomnes blanches & fans fonds;
onen voit auffi de noires à pe- tites Mouches , de Gazes fort claires d'Angleterre fans fods,
deblanches, de rouffes , &des
Cornettes de mefme ces dornieres. Onne fait plus de Bonnets friſez ,&l'on met deux petites Cornettes &une grande.
On fe cordonne de Poinct de
Tome V. R
194 LE MERCVRE
France &de Rubans detoutes
couleurs. Jamais ils n'ont tant
eſté enregne qu'ils fontdepuis la Defenſe de l'or &de l'argét;
&l'on mettat d'Echelles,qu'il eſt impoffible que cette Mode foit long-tempsen regne,parce quelesGensdequalité nemã- quent jamais de quitter celles qui deviennent trop commu- nes. On porte beaucoup de Gandsgarnis,&tous les Man- teaux font retrouffez avecdes
Rubans. Toutes lesGarnitures
fontrempliesde Ferets ; ils font plus courts , plus brillans , &
mieux travaillezque les ronds quel'onportoit ilya quelques années, & il n'y ariendeplus agreable ; on en met juſques aux Rubans de Souliers. Les
Manchesdont onſeſert à pre- ſent,ſont de pluſieurs manières.
GALANT. 195
1
2
Il y en a de pliſſées , avec du Poinct enbas.On en voitd'autres qui ne font point pliffées,
&qui ontune Dentelle qui re- leve, avec un petit Pied. Il s'en
trouve auſſi beaucoup à boüil- lons. Laplupart des Manchettes qui accompagnent ces Mã- ches, font à trois rangs. On porte toûjours des Bas de la Chine , & l'on n'en met plus guéres de marbrez. Les Sou- liers font de pluſieurs manieres. Ondecoupe des Cuirs fur des Etofes de toutes fortes de
couleurs. Il yen a de mouche- tez, laffez aux coſtez avec un
petit Molet , & de brodez de
Soye.Les plus magnifiques ſont ceux qui font de Toille de Marſeille piquée , &qui font garnis deDantelle d'Angleter- re ou de Poinct de France,forRij
196 LE MERCVRE
mantune maniere deRoze antique , comme on en mettoit
autrefois fur les Souliers. On
envoit auſſi de Geais de toutes couleurs. Les Eventails les
plus ordinaires font de Peaux de Vélin , avec des Bâtons de
Calanbourg.On les porte toû- jours grādes,& les belles Pein- tures ſonttoûjours à la mode.
On fait à preſent beaucoup dePoincts de Frace fans fonds,
&des Picots en compannes à
tous lesbeaux Mouchoirs. On
en aveu quelques-uns avec de petites Fleurs fur les grandes,
que l'on pouroit appeller des Fleurs volantes, n'eſtant atta--
chées que par le milieu ; mais il n'y a pas d'apparence que cetteModeſoit ſuivie.
Toutes ces choſes ayanteſté dites de fuite , celle qui en fit
GALANT. 197
de
al
le recit ſe trouva tellemét hors
d'haleine,qu'apres avoir ache- vé,elle ne pût dire autre choſe.
La Belle qui vouloit mander
des Modes en Province , crût
en ſçavoir aſſez , & l'on auroit
finy cette matiere , fi une Per- fonne de la compagnie n'euſt dit qu'il faloit auſſi s'entretenir des manieresde s'habiller des
Hommes. N'en foyez point en peine, repartit uneBeauté en- joüée , j'ay vingt Amans qui àl'envy s'eforcentde ſemettre bienpour meplaire , &je ſçay comment il faut qu'un Hom- me ſoit pour eſtre à la mode.
Elle prononça ces paroles d'un air qui plût à toute l'Affem- blée. On la pria de dire ce qu'elle ſçavoit là-deffus , &
fans ſe faire preffer , elle com- mençade la forte.
Riij
198 LE MERCVRE
L'ajustement eſt moins ne- ceffaire aux Hommes qu'à la plupart des Femmes , & il ca- che moins leurs defauts. Un
Homme eſt toûjours affez pa- ré quand il a bonne mine; il plaiſt enHabit de Cavalier, &
fans ornemens ; & les Femmes
qui ne font point ajuſtées,plai- fent rarement , à moins que leurbeauté ne foit veritable &
toute à elles. On dira , pour- ſuivit cette Charmate Perfonne , que j'aime bien les Hom- mes,de parler ainfi à leur avantage : Cependant tous mes Amans font également bien auprés de moy,&publient que je ſuis la plus cruelle Perſonne du monde. Tantqu'ils parlerõt ainfi , je ne me plaindray pas d'eux ,&je croirois qu'on ne medevroitguéres eſtimer, s'ils
GALANT. 199 tenoient un autre langage. Le defir qu'ils ontde me plaire,fait qu'ils ne paroiffent devat moy qu'avec une propreté ache- vée,&tout cela ſans avoir d'Erofes magnifiques. On n'en voit point preſentement , elles ſont preſque toutes unies; à
peine en trouve-t-onde ſoye,
&l'on ne porte que des Dro- guets,desEtamines &des Ser- ges; mais quand un Homme eft bien coëffé &bie chauffé,
qu'il a de beau Linge, une belle Garniture, &unebelle Veſte,il eſt plusparé que s'il eſtoit chargé de Broderie ou de gros Galons d'or , qui ne feroient que l'épaiffir. Les Hommes portent à preſent des Véftes fort lõgues, garnies de Poincts.
Les plus nouvelles ſont de Mouſſeline claire rayée , avec
200 LE MERCVRE
de la Toille jaune deſſous , &
du Poinct deſſus. Leurs Chapeaux ſont petits, leurs Gands garnis de Rubans étroits , &
toute leurGarniture de méme.
Aumilieude ces petits Rubas,
ils ont àleur Chapeau, fur leur Manches , au Nœud de leurs
Epées,&quelquefois auxdeux coſtez de leurs Culotes ou
Rhingraves,desNœudsdeRu- ban large, auxdeux coſtez du- quel eft coufuë uneDentelle
blache. Depuisquelques jours ony en met de noire,qu'on fait
coudre aumilieu du Ruban,de
maniere qu'elle le couvre tout entier. Onvoit pluſieurs Ha- bits avec quantité de rangs d'œillets; ilsn'eſtoient d'abord
que blancs , & aux revers des
Manches ; on en met preſente- ment par tout , &ils font de
GALAN T. 201
toutes couleurs ; on commence meſme à les entourerde pe- tits Cordonnets qui font pluſieurs figures, comme aux Bau- driers. D'abord que l'argent fut defendu, on porta desCor- donsde foye aurore , &de foye blanche , qu'on prenoit pour del'or &pourde l'argent. On met des Boutons des meſmes
couleurs ,&depuis peu on en porte de meflez comme les Garnitures. Les Hommes commencent à devenir magnifiques en Souliers"; ils en ontde
brodez qui coûtent quatre Loüis la paire , mais on en voit encor peu. La Converſation auroit eſté plus longue , ſans une viſite ſerieuſe qui ſurvint,
& qui l'interrompit ; c'eſt pourquoy je prie vos belles Provinciales de ſe conten
202. LE MERCVRE
ter de ce je vous envoye.
desModesnouvellesdontvous
m'avez mandé pluſieurs fois qu'elles ſouhaitoient de trou- ver quelque Article dans les Lettres queje vous envoye.Ce n'eſt pas une affaire peu amba- raffante,&je ne ſçay comment j'aurois pû m'acquiter de ma parole, fi je ne me fuſſe trouvé dernierement dans une Ruelle
abondante en Perſonnesdu bel
air. On yrailloit un Mary ja- loux, lors que je vis entrer une Féme moitié Pretieuſe,& moitie Coquette. Queje fuis fati- guée:dit- elle, apres avoir ſalüé la Compagnie;l'ay eſté aujourQij
184 LE MERCVRE d'hui chez plus de vingt Mar- chands , &je n'en fuis guéres fortie plus ſçavante quej'y ſuis entrée. J'ay reçeu dix Lettres de la Campagne, parleſquelles on me prie de mander les Mo- des nouvelles , & je ne ſçay qu'écrire là-deſſus. Onn'a ja- mais veu en France ce que l'on voit aujourd'hui, il n'y a plus deModesgenerales,parce qu'il yen a tropde particulieres; à
peinetrouve-t- ondeux Perſon- nes veſtuës de la meſme maniere , chacun s'habille à ſa fantaiſie, &l'on ne paroiſt plus extravagant comme autrefois,
lors qu'on n'eſt pasmis comme les autres. Pour moy , continua-t-elle, je ne feray point de réponſe,&je ne finirois jamais,
fije voulois écrire la diverſité
des Habillemens de chaque
GALANT. 185 Particulier. Je donnay d'abord dans ſon ſens , pour l'amener apres plus facilement à mon but &je luidis enſuite que fi
elle vouloit prier toute laCom- pagnie de s'entretenir ſur cette matiere , & que chacundit les
Modesqu'il croyoit les plusge- nerales,je les écrirois fur l'heu- re , &qu'ainſi elle trouveroit fon Memoire des Modes tout
fait, ſans qu'elle fift autre cho- ſe que dire ſon avis.Cette pen- ſee lui plût , chacun promit d'expliquer ce qu'il ſçavoition me donna de l'encre &du pa- pier, &j'écrivis pour elle &
pour moy, ceque vous allez li- re touchant les Modes dont on
ſe fert depuis qu'on ne porte plus d'or&d'argent.
On parla d'abord des Eto- fes , ou plutoft on en voulut
üj
Σ
186 LE MERCVRE
parler ; car à peine euft-on-en-- tâmé ce difcours, qu'unejeune Beauté prit la parole,&dit que de cinquante Femmes du bel
air, à peine on trouvoit - on deux qui portaffent des Etof- fes ; &que hors quelques Taf- fetas & Tabis decoupez &
mouchetez, gris &changeans,
qui estoient un reſte de Mode
des Habits d'Etamine & de
Serge des Grifettes du Printemps , on ne voyoit plus de Femmes veſtuës que deToil- les&deGazes ; &elle adjoûta qu'elle les aimoit tellement ;
qu'elle avoit voulu voir toutes celles qui avoient eſté faites,&
que leur diverſité & leur
beauté eſtoient des chofes ad
mirables. On la pria de par.
ler de toutes celles qu'el
le avoit veuës , & voicy de
GALANT. 187
t
i
quelle maniere elle s'en ac- quita.
Onfait, depuis que les cha-- leurs ont commencé,des Man--
teaux&des Jupes de pluſieurs fortes de Gazes; les moindres
4
font les unies, les rayees , & ALE DE carreaux.
LYON celles qui font à E
leurs, meflees, & fans eftreme
lées. If y en a auffi beaucoup de rebrochées , dont les fleurs
paroiffent de relief. On en voit
fur des fonds bruns couvertes.
de fleurs de toutes couleurs;
&il s'en trouve de meſme fur
des fonds blancs qui font le plus bel effet du monde ; d'au- tres font fur des fonds mou
chetez, & d'autres font à colomnes. Les Femmes du grand air qui ont le petit deüil , en portentde blanches , avec des
preſque de toutes con-
188 LE MERCVRE
fleurs noires rebrochées ; &
celles qui font plus modeftes,
en mettent de noires unies ,
avec des Jupes de Gaze bleuës deffous. Les Gazes dont les
fonds & les fleurs font blanches, ſe portentbeaucoup plus enJupesqu'enManteaux.Cel- les qui ſont rayées , & qui ont de grandes eſpaces entre les ra- yes , remplies de toutes fortes de fleurs,fonttres-belles : Mais
quelque beauté qu'ayenttou- tes ces Gazes , pourſuivit-elle,
je ne defefpere pas d'en voir encor deplus extraordinaires,
puis qu'il n'eſt point de jour qu'on n'en remarque aux Thuilleries d'un deſſein tout
nouveau. Il n'eſt rien de plus agreable que tous les Mateaux deGaze, continua la meſme,&
ils ne font effacez que par ceux
GALANT. 189 de Poincts de France fur de la
Toille jaune,qui eftant accom-- pagnez d'Echelles de mefme
Poinct, donnent un certain air
degrandeur à ceux quiles por- tent , que les Etofés les plus remplies d'or &d'arget ne font pas toûjours remarquer dans les Perſonnes les plus quali- lifiées..Onvoit aufli , adjoûtat- elle , quelques Manteaux &
Jupes de Taffetas volans &
changeas, mais le nombre n'en eſt pas grand. Puis que vous avez parle des Manteaux , re- prit une autre,je vais parlerdes Jupes;j'en achetayhyer,& ce- la fur cauſe que je m'infor-- may de celles quifont les plus àla mode.On en voitencor qui fonttoutes de Poinct de Frace,
&dautres toutes de Poinct
d'Angleterre mais comme elles
190 LE MERCVRE
font extrémement cheres , le
nombre n'en eſt pas fi grand;&
celles dont on porte le plus ,
font desMouffeline rayée,avec unPoinct au bas des plus hauts que l'on puiſſe trouver. Ily en a auſſi beaucoup de Taffetas de toutes fortes de couleurs , fous des Gazes que chacun choifit àſa fantaiſie ; mais la plupart les prennentblanches. On en voit depuis quelques jours de Toille decoupée , comme on decoupoit le Tabis & le Satin.
Les Femmes qui font un peu fur le retour,&quelques autres
encor , portent des Jupes de Brocard , & d'autres Etofes ;
les unesmettentun petitPoinct
de Erance enbas,les autres une
Dantelle noire. Il y en a qui mettent des Guipures de tou- tes couleurs;mais quand on les
GALANT. 191 pliffe, on met des Dantelles de foye douce, fans fonds, & fans eftre guipées ni gommées. Il yadiverſesmanieres de mettre
ces Dantelles ; les unes en ont
une grande pliffée, &un Pied qui releve; & les autres deux
grandes pliſſées à deux doigts l'une de l'autre, & toutes deux tombantes.
Quandcelle quiavoitparlé desJupes àlamode eu finy fon diſcours , on preſſa une vieille Fille qui n'avoit ni beauté ni agrément,&qui par toutesces raiſons ſe retranchoit ſur lebel
Eſprit , de dire quelque choſe furle ſujet dela Converſation,
Elle répondit avec un air dé- daigneux,qu'elle ne ſçavoitpas commenton pouvoit perdre le temps à parler de ces bagatel- les,&que cette matiere n'étoit
192 LE MERCVRE
bonne que pour certaines Fé- mes qui n'auroientjamais rien àdire, fans le ſecours de leurs
Habillemens. On luyrépondit qu'elle avoit raiſon ; mais que
lors qu'on eſtoit en compagnie,
onſe rendoit ridicule, fi l'on ne
faifoit comme les autres , puis qu'ilſembloitqu'on lesmépri- faft , &qu'onvoulut ſe diſtinguer; cequ'unEfprit bien tour- né de devoit jamais faire. He bien, reprit-elle bruſquement,
puis que l'eſprit de bagatelle regne aujourd'hui , ilfaut faire
comme les autres. Si je me ſuis défenduë de parler des Modes nouvelles , ce n'eſt pas que je les ignore : comme il ne faut point d'eſprit pour les apprendre,& qu'on n'abeſoin que d'avoir des yeux , tout le monde les doit ſçavoir , &je
croy
GALANT. 193
croy n'en ignorer aucune. Elle s'arreſta un moment , puis elle entra dans le détail de toutes
les Modes dont on n'avoit
point encor parle , qu'elle de- bita avec un torrent de paroles,
ſans s'arreſter un moment , ni
laifſfer le temps à aucun de la Compagnie de lui repliquer par unſeul mot. Voicy tout cequ'elledit.
Laplupart des Coëffes que l'on porte à preſent , font à co- lomnes blanches & fans fonds;
onen voit auffi de noires à pe- tites Mouches , de Gazes fort claires d'Angleterre fans fods,
deblanches, de rouffes , &des
Cornettes de mefme ces dornieres. Onne fait plus de Bonnets friſez ,&l'on met deux petites Cornettes &une grande.
On fe cordonne de Poinct de
Tome V. R
194 LE MERCVRE
France &de Rubans detoutes
couleurs. Jamais ils n'ont tant
eſté enregne qu'ils fontdepuis la Defenſe de l'or &de l'argét;
&l'on mettat d'Echelles,qu'il eſt impoffible que cette Mode foit long-tempsen regne,parce quelesGensdequalité nemã- quent jamais de quitter celles qui deviennent trop commu- nes. On porte beaucoup de Gandsgarnis,&tous les Man- teaux font retrouffez avecdes
Rubans. Toutes lesGarnitures
fontrempliesde Ferets ; ils font plus courts , plus brillans , &
mieux travaillezque les ronds quel'onportoit ilya quelques années, & il n'y ariendeplus agreable ; on en met juſques aux Rubans de Souliers. Les
Manchesdont onſeſert à pre- ſent,ſont de pluſieurs manières.
GALANT. 195
1
2
Il y en a de pliſſées , avec du Poinct enbas.On en voitd'autres qui ne font point pliffées,
&qui ontune Dentelle qui re- leve, avec un petit Pied. Il s'en
trouve auſſi beaucoup à boüil- lons. Laplupart des Manchettes qui accompagnent ces Mã- ches, font à trois rangs. On porte toûjours des Bas de la Chine , & l'on n'en met plus guéres de marbrez. Les Sou- liers font de pluſieurs manieres. Ondecoupe des Cuirs fur des Etofes de toutes fortes de
couleurs. Il yen a de mouche- tez, laffez aux coſtez avec un
petit Molet , & de brodez de
Soye.Les plus magnifiques ſont ceux qui font de Toille de Marſeille piquée , &qui font garnis deDantelle d'Angleter- re ou de Poinct de France,forRij
196 LE MERCVRE
mantune maniere deRoze antique , comme on en mettoit
autrefois fur les Souliers. On
envoit auſſi de Geais de toutes couleurs. Les Eventails les
plus ordinaires font de Peaux de Vélin , avec des Bâtons de
Calanbourg.On les porte toû- jours grādes,& les belles Pein- tures ſonttoûjours à la mode.
On fait à preſent beaucoup dePoincts de Frace fans fonds,
&des Picots en compannes à
tous lesbeaux Mouchoirs. On
en aveu quelques-uns avec de petites Fleurs fur les grandes,
que l'on pouroit appeller des Fleurs volantes, n'eſtant atta--
chées que par le milieu ; mais il n'y a pas d'apparence que cetteModeſoit ſuivie.
Toutes ces choſes ayanteſté dites de fuite , celle qui en fit
GALANT. 197
de
al
le recit ſe trouva tellemét hors
d'haleine,qu'apres avoir ache- vé,elle ne pût dire autre choſe.
La Belle qui vouloit mander
des Modes en Province , crût
en ſçavoir aſſez , & l'on auroit
finy cette matiere , fi une Per- fonne de la compagnie n'euſt dit qu'il faloit auſſi s'entretenir des manieresde s'habiller des
Hommes. N'en foyez point en peine, repartit uneBeauté en- joüée , j'ay vingt Amans qui àl'envy s'eforcentde ſemettre bienpour meplaire , &je ſçay comment il faut qu'un Hom- me ſoit pour eſtre à la mode.
Elle prononça ces paroles d'un air qui plût à toute l'Affem- blée. On la pria de dire ce qu'elle ſçavoit là-deffus , &
fans ſe faire preffer , elle com- mençade la forte.
Riij
198 LE MERCVRE
L'ajustement eſt moins ne- ceffaire aux Hommes qu'à la plupart des Femmes , & il ca- che moins leurs defauts. Un
Homme eſt toûjours affez pa- ré quand il a bonne mine; il plaiſt enHabit de Cavalier, &
fans ornemens ; & les Femmes
qui ne font point ajuſtées,plai- fent rarement , à moins que leurbeauté ne foit veritable &
toute à elles. On dira , pour- ſuivit cette Charmate Perfonne , que j'aime bien les Hom- mes,de parler ainfi à leur avantage : Cependant tous mes Amans font également bien auprés de moy,&publient que je ſuis la plus cruelle Perſonne du monde. Tantqu'ils parlerõt ainfi , je ne me plaindray pas d'eux ,&je croirois qu'on ne medevroitguéres eſtimer, s'ils
GALANT. 199 tenoient un autre langage. Le defir qu'ils ontde me plaire,fait qu'ils ne paroiffent devat moy qu'avec une propreté ache- vée,&tout cela ſans avoir d'Erofes magnifiques. On n'en voit point preſentement , elles ſont preſque toutes unies; à
peine en trouve-t-onde ſoye,
&l'on ne porte que des Dro- guets,desEtamines &des Ser- ges; mais quand un Homme eft bien coëffé &bie chauffé,
qu'il a de beau Linge, une belle Garniture, &unebelle Veſte,il eſt plusparé que s'il eſtoit chargé de Broderie ou de gros Galons d'or , qui ne feroient que l'épaiffir. Les Hommes portent à preſent des Véftes fort lõgues, garnies de Poincts.
Les plus nouvelles ſont de Mouſſeline claire rayée , avec
200 LE MERCVRE
de la Toille jaune deſſous , &
du Poinct deſſus. Leurs Chapeaux ſont petits, leurs Gands garnis de Rubans étroits , &
toute leurGarniture de méme.
Aumilieude ces petits Rubas,
ils ont àleur Chapeau, fur leur Manches , au Nœud de leurs
Epées,&quelquefois auxdeux coſtez de leurs Culotes ou
Rhingraves,desNœudsdeRu- ban large, auxdeux coſtez du- quel eft coufuë uneDentelle
blache. Depuisquelques jours ony en met de noire,qu'on fait
coudre aumilieu du Ruban,de
maniere qu'elle le couvre tout entier. Onvoit pluſieurs Ha- bits avec quantité de rangs d'œillets; ilsn'eſtoient d'abord
que blancs , & aux revers des
Manches ; on en met preſente- ment par tout , &ils font de
GALAN T. 201
toutes couleurs ; on commence meſme à les entourerde pe- tits Cordonnets qui font pluſieurs figures, comme aux Bau- driers. D'abord que l'argent fut defendu, on porta desCor- donsde foye aurore , &de foye blanche , qu'on prenoit pour del'or &pourde l'argent. On met des Boutons des meſmes
couleurs ,&depuis peu on en porte de meflez comme les Garnitures. Les Hommes commencent à devenir magnifiques en Souliers"; ils en ontde
brodez qui coûtent quatre Loüis la paire , mais on en voit encor peu. La Converſation auroit eſté plus longue , ſans une viſite ſerieuſe qui ſurvint,
& qui l'interrompit ; c'eſt pourquoy je prie vos belles Provinciales de ſe conten
202. LE MERCVRE
ter de ce je vous envoye.
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Résumé : Modes Nouvelles. [titre d'après la table]
Le texte relate une conversation entre plusieurs personnes discutant des nouvelles modes à Paris après l'interdiction de porter de l'or et de l'argent. Une femme, épuisée par ses recherches, exprime son désarroi face à la diversité des modes actuelles et demande à la compagnie de décrire les modes les plus générales. La discussion commence par les étoffes. Les femmes portent principalement des toiles et des gazes, avec une grande variété de motifs et de couleurs. Les mantaux et les jupes en gaze sont particulièrement à la mode, avec des fonds et des fleurs de différentes couleurs. Les femmes en deuil portent des gazes blanches avec des fleurs noires rebrochées, tandis que celles plus modestes optent pour des gazes noires unies avec des jupes en gaze bleue. Les mantaux et jupes en taffetas volants et changeants sont également mentionnés, bien que moins courants. Les jupes en point de France et d'Angleterre sont très chères, donc moins répandues. Les jupes en mousseline rayée avec un point au bas sont plus courantes, ainsi que celles en taffetas de diverses couleurs sous des gazes blanches. Certaines femmes portent des jupes en brocart ou en autres étoffes, avec des dentelles ou des guipures de différentes couleurs. Une vieille fille, initialement réticente à parler des modes, finit par détailler les coiffes, les rubans, les ferrets, les manches, les manchettes, les bas, les souliers, les éventails, les points de France, et les mouchoirs. Elle mentionne également les nouvelles modes masculines, où les hommes portent des vêtements simples mais bien ajustés, avec des vestes longues garnies de points, des chapeaux petits, et des rubans étroits. Enfin, une beauté de l'assemblée décrit les modes masculines, soulignant que les hommes se distinguent par leur propreté et leur bon goût, plutôt que par des ornements luxueux. Les vêtements masculins actuels incluent des vestes longues en mousseline claire rayée, des chapeaux petits, et des rubans étroits pour la garniture. Les hommes commencent également à porter des souliers brodés plus coûteux. La conversation est interrompue par une visite sérieuse. L'auteur mentionne que la discussion aurait pu se prolonger sans cette interruption et demande aux destinataires, désignées comme 'vos belles Provinciales', de se contenter de ce qu'il leur envoie. Le texte se termine par une référence à 'LE MERCVRE'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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242
p. 281-2[91]
Description de la Feste de Sceaux. [titre d'après la table]
Début :
Je croy, Madame, que vous estes dans l'impatience de sçavoir [...]
Mots clefs :
Colbert, Fête des Sceaux, Divertir, Faste, Opéra d'Hermione, Plaisirs, Dames, Tables, Feu
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texteReconnaissance textuelle : Description de la Feste de Sceaux. [titre d'après la table]
Je croy, Madame , que vous eftes dans l'impatience de ſça- voir ce qui s'eſt paſſé à la Feſte de Sceaux; il eſt temps de fa- tisfaire voſtre curioſité. Le
Roy voulant faire l'honneur à
M' Colbertd'y aller voir ſa bel- le Maiſon , choiſit le jour de cette Promenade ; & ce ſage Miniſtre en ayant eſté averty ,
ſe prépara àl'y recevoir en ze- léSujet qui attendſon Maître,
&un Maiſtre comme le Roy.
Il ne chercha point àfaire une de cesFeſtes ſomptueuſes dont l'exceſſive dépéſe n'attire ſou- vent que le deſordre,& qui fa- risfont plus l'ambition de ceux qui les donnent , qu'elles ne cauſent de plaisir à ceux pour quionles fait.Laprofufion qui s'y trouve ſemble n'appartenir
GALANT. 203 qu'aux Souverains ; & quand oncherche plus àdivertirqu'à faire bruit par le faſte , on s'at- tache moins à cequi coûte ex- traordinairement , qu'à ce qui doit paroiſtre agreable. C'eſt ceque fitMColbert aveccette prudence qui accompagnė toutes ſes actions. Il ſongea ſeulement à une Reception bienentenduë, &il voulut que la propreté,le bon ordre , &la diverſité des plaiſirs , tinſſent lieu de cette ſomptuoſité ex- traordinaire , qu'il n'eutpûja- mais porter affez loin , s'il l'eut voulu proportionner à la grace que luy faifoit le plus grand Prince duMonde.Cetheureux
jour venu , il fit aſſembler tous les Habitans dés le matin, leur
appris le deſſein que le Roy avoit de venir à Sceaux ; &
204 LE MERCVRE pour augmenter la joye qu'ils luy en firent paroiſtre , & leur donner lieu de garder long- temps le ſouvenirdel'honneur que Sa Majesté luy faiſoit , il leur dit qu'ils devoient payer une année de Taille au Roy ,
mais qu'ils fongeaſſent ſeule- ment à trouver dequoy ſatis- faire aux fix premiers mois , &
qu'ilpayeroitle reſte poureux.
Ils ſe retirerent fort ſatisfaits,
&ſe furent préparer àdonner des marques publiques de la joye qu'ils avoient de voir le Roy. Ce Prince n'en décou- vritpourtantrienaux environs de Sceaux, tout y eſtoit tran- quile , &l'on n'eut pas meſime dit en entrant dans la Maiſon
de M Colbert , qu'on y euſt fait aucuns préparatifs pourla Reception de Leurs Majeſtez.
Elles
GALANT. 205
10
10
후
el
Elles en voulurent voir d'abord les
Apartemens , dont les Ornemens &
les Meubles eſtoient dans cette merveilleuſe propreté , qui n'arreſte pas moins les yeux que l'extraordinaire magnificence. Onſepromenaen ſuite, &ce ne fut pas fans admirerplu- ſieurs endroits particuliers du Iardin.
LaPromenade fut interrompuë par le Divertiſſement du Prologue de l'O- péra d'Hermione , apres lequel on acheva de voir les raretez du Iardin.
LesPlaiſirs ſe rencontrerentpar tout.
D'un coſté il y avoit des Voix , des Inſtrumens de l'autre;&le tout eftant <
YON
court,agreable,dőné à propos,&fans eſtre attendu,divertiſſoitde plus d'une maniere ; point de confufion, &toû- joursnouvelle ſurpriſe.Ie nevous par- le pointdu Souper,tout yestoit digne de celuy qui le donnoit ; on ne peut rien dire de plus fort pour marquer une extreme propreté , jointe à tout ceque lesMets les mieux afſaiſonnez
peuvent avoir dedélicateſſe. M. Col- bert ſervit le Roy & la Reyne ; &
Monſeigneur le Dauphin fut ſervy_
Tome V. S
206 LE MERCVRE
parM leMarquisde Segnelay. Leurs Majeſtez s'eſtant aſſiſes , & aupres d'elles Monſeigneur le Dauphin,Ma- demoiselle d'Orleans , Madame la Grand' Ducheffe,&Mademoiſelle de
Blois; le Roy fit mettre àtable plu- ſieurs Dames , dont je ne m'engage pas àvous dire des noms ſelon leur rang. Ces Dames furent Mademoi- ſelle d'Elbeuf, Madame la Duchefſe
de Richelieu , Madame de Bethune,
Madame deMonteſpan , Madame la Mareſchale de Humieres, Madame la
Cõteffe deGuiche,Mad.de Thiange,
Mad. la Marquiſe de la Ferté , Mad.
d'Eudicour , Mad. Colbert , Mad. la Ducheffe de Chevreuſe , Madame la
Comteffe de S. Aignan , Madame la Marquiſe de Segnelay, & Mademoi- ſelle Colbert. Toutes ces Dames furent ſervies par les Gens de M Col- bert , le Roy n'ayant voulu donner cet ordre à aucun de ſes Officiers. Il
yavoitdeux autres Tablesend'autres Salles , àl'une deſquelles eſtoit M¹ le Duc, & à l'autre Mr le Prince de Conty,Mr de la Rocheſur-Yon fon
GALANT. 207 Frere, &M le Ducde Vermandois,
avec pluſieurs autres Perſonnes des plus qualifiées de la Cour. M le Duc deChevreuſe, &M le Comte de S.
Aignan , firent les honneurs de ces deux Tables. Le Soupé fut ſuivy d'un Feu d'Artifice admirable, qui divertit d'autant plus,que ce beau Lieu'eftant tout remplis d'Echos, le bruit que les Boëtes faifoient eſtoit redoublé de
toutes parts. Ce ne fut pas la ſeule furpriſe que caufa ce Feu ; il n'y avoit point d'apparence qu il y en dust avoirdans le lieu où il parut, & l'étonnement futgrandlors qu'on le vit brûler tout à coup, &qu'il ſe fit entendre. Les Villages eirconvoiſins commencerent alors à donner des
marquesde leurs allegreffe,& l'on en vit fortir enmeſmetemps un nombre infiny de Fuſées Volantes dans toute l'étenduë de l'Horiſon qui peut eftre veuë du Chafteau ; de maniere qu'on euſt dit que le Village de Sceaux ne vouloit pas ſeulement témoigner la joye qu'il reſſentoit de voir un fi grandRoy , mais encor que toute la
{
Sij
208 LE MERCVRE Nature vouloit contribuer à ſes plai
firs.
Le feu fut à peine finy, que toute laCourentradansl'Orangerie,où elle fut de nouveau agreablement ſurpri- ſe. Elle trouva dans le même endroit
où l'on avoit chanté quelques Airs de l'Opéra , un Theatre magnifique,
avecdes enfoncemens admirables. Il
paroifſoit avoir eſté mis là par en- chantement, àcauſe du peu de temps qu'on avoit eu pour le dreffer. M'le Bruny avoitdonné ſes ſoins, &rien n'y manquoit. La Phédre de Mº de Racine y fut repreſentée, &applau- die à fon ordinaire. Cette Fête parût finie avec la Comédie, & M² Colbert eut l'avantage d'entendre dire à Sa Majesté , qu'elle ne s'eſtoit jamais plus agreablement divertie. Apeine fut-elle horsduChâteau, qu'elle trou- vade nouvelles Fêtes,& vit briller de
nouveaux Feux. Tout estoit en joye,
on dançoit d'un coſté,on chantoitde l'autre. Les Hautbois ſe faiſoient entendre parmyles cris de Vive le Roy,
&les Violons ſembloient ſervir d'E-
1
Σ
S
F
di
ار
GALANT. 209
choàtous ces cris d'allegreffe. Iamais on ne vit de Nuit ſi bien éclairée ;
tous les Arbres eſtoient chargez de lumieres , & les Chemins eftoient
couverts de feüillées. Toutes les Paï-.
ſannes dançoient deſſous ; elles n'a- voient rien oublié de tout ce qui les
pouvoit rendre propres ; & quantité de Bourgeoiſes qui vouloient prendre part à la Feſte, s'eſtoient mêlées avec elles. Ce fut ainſi que Mª Colbert di- vertit le Roypar des ſurpriſes agrea- bles ,&des plaiſirs toûjours renaif- fans lesunsdes autres. Ses ordres furent executez avec tant de juſteſſe &
tant d'exactitude , que tout divertit également dans cette Feſte , & qu'il n'y eutpointde confufion. Onpeut dire qu'elle fut ſompcueufe,ſans faſte,
&abondante en toutes choſes , ſans
qu'il y euſt rien de ſuperflu.
Roy voulant faire l'honneur à
M' Colbertd'y aller voir ſa bel- le Maiſon , choiſit le jour de cette Promenade ; & ce ſage Miniſtre en ayant eſté averty ,
ſe prépara àl'y recevoir en ze- léSujet qui attendſon Maître,
&un Maiſtre comme le Roy.
Il ne chercha point àfaire une de cesFeſtes ſomptueuſes dont l'exceſſive dépéſe n'attire ſou- vent que le deſordre,& qui fa- risfont plus l'ambition de ceux qui les donnent , qu'elles ne cauſent de plaisir à ceux pour quionles fait.Laprofufion qui s'y trouve ſemble n'appartenir
GALANT. 203 qu'aux Souverains ; & quand oncherche plus àdivertirqu'à faire bruit par le faſte , on s'at- tache moins à cequi coûte ex- traordinairement , qu'à ce qui doit paroiſtre agreable. C'eſt ceque fitMColbert aveccette prudence qui accompagnė toutes ſes actions. Il ſongea ſeulement à une Reception bienentenduë, &il voulut que la propreté,le bon ordre , &la diverſité des plaiſirs , tinſſent lieu de cette ſomptuoſité ex- traordinaire , qu'il n'eutpûja- mais porter affez loin , s'il l'eut voulu proportionner à la grace que luy faifoit le plus grand Prince duMonde.Cetheureux
jour venu , il fit aſſembler tous les Habitans dés le matin, leur
appris le deſſein que le Roy avoit de venir à Sceaux ; &
204 LE MERCVRE pour augmenter la joye qu'ils luy en firent paroiſtre , & leur donner lieu de garder long- temps le ſouvenirdel'honneur que Sa Majesté luy faiſoit , il leur dit qu'ils devoient payer une année de Taille au Roy ,
mais qu'ils fongeaſſent ſeule- ment à trouver dequoy ſatis- faire aux fix premiers mois , &
qu'ilpayeroitle reſte poureux.
Ils ſe retirerent fort ſatisfaits,
&ſe furent préparer àdonner des marques publiques de la joye qu'ils avoient de voir le Roy. Ce Prince n'en décou- vritpourtantrienaux environs de Sceaux, tout y eſtoit tran- quile , &l'on n'eut pas meſime dit en entrant dans la Maiſon
de M Colbert , qu'on y euſt fait aucuns préparatifs pourla Reception de Leurs Majeſtez.
Elles
GALANT. 205
10
10
후
el
Elles en voulurent voir d'abord les
Apartemens , dont les Ornemens &
les Meubles eſtoient dans cette merveilleuſe propreté , qui n'arreſte pas moins les yeux que l'extraordinaire magnificence. Onſepromenaen ſuite, &ce ne fut pas fans admirerplu- ſieurs endroits particuliers du Iardin.
LaPromenade fut interrompuë par le Divertiſſement du Prologue de l'O- péra d'Hermione , apres lequel on acheva de voir les raretez du Iardin.
LesPlaiſirs ſe rencontrerentpar tout.
D'un coſté il y avoit des Voix , des Inſtrumens de l'autre;&le tout eftant <
YON
court,agreable,dőné à propos,&fans eſtre attendu,divertiſſoitde plus d'une maniere ; point de confufion, &toû- joursnouvelle ſurpriſe.Ie nevous par- le pointdu Souper,tout yestoit digne de celuy qui le donnoit ; on ne peut rien dire de plus fort pour marquer une extreme propreté , jointe à tout ceque lesMets les mieux afſaiſonnez
peuvent avoir dedélicateſſe. M. Col- bert ſervit le Roy & la Reyne ; &
Monſeigneur le Dauphin fut ſervy_
Tome V. S
206 LE MERCVRE
parM leMarquisde Segnelay. Leurs Majeſtez s'eſtant aſſiſes , & aupres d'elles Monſeigneur le Dauphin,Ma- demoiselle d'Orleans , Madame la Grand' Ducheffe,&Mademoiſelle de
Blois; le Roy fit mettre àtable plu- ſieurs Dames , dont je ne m'engage pas àvous dire des noms ſelon leur rang. Ces Dames furent Mademoi- ſelle d'Elbeuf, Madame la Duchefſe
de Richelieu , Madame de Bethune,
Madame deMonteſpan , Madame la Mareſchale de Humieres, Madame la
Cõteffe deGuiche,Mad.de Thiange,
Mad. la Marquiſe de la Ferté , Mad.
d'Eudicour , Mad. Colbert , Mad. la Ducheffe de Chevreuſe , Madame la
Comteffe de S. Aignan , Madame la Marquiſe de Segnelay, & Mademoi- ſelle Colbert. Toutes ces Dames furent ſervies par les Gens de M Col- bert , le Roy n'ayant voulu donner cet ordre à aucun de ſes Officiers. Il
yavoitdeux autres Tablesend'autres Salles , àl'une deſquelles eſtoit M¹ le Duc, & à l'autre Mr le Prince de Conty,Mr de la Rocheſur-Yon fon
GALANT. 207 Frere, &M le Ducde Vermandois,
avec pluſieurs autres Perſonnes des plus qualifiées de la Cour. M le Duc deChevreuſe, &M le Comte de S.
Aignan , firent les honneurs de ces deux Tables. Le Soupé fut ſuivy d'un Feu d'Artifice admirable, qui divertit d'autant plus,que ce beau Lieu'eftant tout remplis d'Echos, le bruit que les Boëtes faifoient eſtoit redoublé de
toutes parts. Ce ne fut pas la ſeule furpriſe que caufa ce Feu ; il n'y avoit point d'apparence qu il y en dust avoirdans le lieu où il parut, & l'étonnement futgrandlors qu'on le vit brûler tout à coup, &qu'il ſe fit entendre. Les Villages eirconvoiſins commencerent alors à donner des
marquesde leurs allegreffe,& l'on en vit fortir enmeſmetemps un nombre infiny de Fuſées Volantes dans toute l'étenduë de l'Horiſon qui peut eftre veuë du Chafteau ; de maniere qu'on euſt dit que le Village de Sceaux ne vouloit pas ſeulement témoigner la joye qu'il reſſentoit de voir un fi grandRoy , mais encor que toute la
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Sij
208 LE MERCVRE Nature vouloit contribuer à ſes plai
firs.
Le feu fut à peine finy, que toute laCourentradansl'Orangerie,où elle fut de nouveau agreablement ſurpri- ſe. Elle trouva dans le même endroit
où l'on avoit chanté quelques Airs de l'Opéra , un Theatre magnifique,
avecdes enfoncemens admirables. Il
paroifſoit avoir eſté mis là par en- chantement, àcauſe du peu de temps qu'on avoit eu pour le dreffer. M'le Bruny avoitdonné ſes ſoins, &rien n'y manquoit. La Phédre de Mº de Racine y fut repreſentée, &applau- die à fon ordinaire. Cette Fête parût finie avec la Comédie, & M² Colbert eut l'avantage d'entendre dire à Sa Majesté , qu'elle ne s'eſtoit jamais plus agreablement divertie. Apeine fut-elle horsduChâteau, qu'elle trou- vade nouvelles Fêtes,& vit briller de
nouveaux Feux. Tout estoit en joye,
on dançoit d'un coſté,on chantoitde l'autre. Les Hautbois ſe faiſoient entendre parmyles cris de Vive le Roy,
&les Violons ſembloient ſervir d'E-
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Σ
S
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GALANT. 209
choàtous ces cris d'allegreffe. Iamais on ne vit de Nuit ſi bien éclairée ;
tous les Arbres eſtoient chargez de lumieres , & les Chemins eftoient
couverts de feüillées. Toutes les Paï-.
ſannes dançoient deſſous ; elles n'a- voient rien oublié de tout ce qui les
pouvoit rendre propres ; & quantité de Bourgeoiſes qui vouloient prendre part à la Feſte, s'eſtoient mêlées avec elles. Ce fut ainſi que Mª Colbert di- vertit le Roypar des ſurpriſes agrea- bles ,&des plaiſirs toûjours renaif- fans lesunsdes autres. Ses ordres furent executez avec tant de juſteſſe &
tant d'exactitude , que tout divertit également dans cette Feſte , & qu'il n'y eutpointde confufion. Onpeut dire qu'elle fut ſompcueufe,ſans faſte,
&abondante en toutes choſes , ſans
qu'il y euſt rien de ſuperflu.
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Résumé : Description de la Feste de Sceaux. [titre d'après la table]
Le texte décrit la visite du roi à la maison de Monsieur Colbert à Sceaux. Colbert, ayant été informé de la visite royale, se prépara en privilégiant la propreté, le bon ordre et la diversité des plaisirs, sans chercher à organiser une fête somptueuse. Le jour de la visite, il rassembla les habitants de Sceaux pour leur annoncer la venue du roi et leur offrir une réduction de la taille pour l'année. La visite du roi et de la reine se déroula sans signe apparent de préparation, mais ils découvrirent une maison et un jardin impeccables. La promenade fut agrémentée de divers divertissements, comme la représentation du prologue de l'opéra 'Hermione' et une visite des jardins. Le souper fut servi par Colbert lui-même, avec une grande propreté et délicatesse. Après le souper, un feu d'artifice impressionnant fut tiré, suivi d'une représentation de 'Phèdre' de Racine dans un théâtre improvisé. La nuit se poursuivit avec des danses, des chants et des illuminations, créant une atmosphère joyeuse et festive. La fête fut marquée par des surprises agréables et des plaisirs continus, sans confusion ni excès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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243
p. 2[91]-2[93]
« Puis que vous me demandez encor des Lettres en Chansons, [...] »
Début :
Puis que vous me demandez encor des Lettres en Chansons, [...]
Mots clefs :
Lettres en chansons, Envoyer, Copie, Mois prochain, Pièce d'éloquence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Puis que vous me demandez encor des Lettres en Chansons, [...] »
Puis que vous me demandez encor des Lettres enChanſons,& que vous les trouvez divertiſſantes,je croy que
je pouray vous en envoyer le Mois prochain. Ie ſuis ravy que celle de Mr Galant ne vous ait pas moins plû
Siij
210 LE MERCVRE.
qu'elle a fait à tout Paris. La Copie dont je vous ay fait part , avoit paffe parmy tant de mains , qu'elle n'eſtoit pas conforme à 'l Original , & il y
avoit même quelques Couplets d'ou- bliez. Ie ſuis obligé de vous en aver- tir pour la gloire de l'Autheur. Ie ne vous dis rien des avantages que M. le Chevalierde Chaſteaurenaud a remportez ſur les Hollandois, nyde ceux que nous avons eus en Catalogne.
L'eſpere vous en entretenir le Mois prochain,&vous en mander des par- ticularitez qui n'ont point encor efté publiées. Ie vous envoyeray enmê- me temps une des plus belles Pieces d'Eloquence dont on ait oüy parler depuis pluſieurs années. Toute la Cour en convient, &toutes les Perſonnes de bon goût qui l'ont veuë,
font de ce ſentiment.
ALyon, ce 5.Aoust 1677.
FIN.
je pouray vous en envoyer le Mois prochain. Ie ſuis ravy que celle de Mr Galant ne vous ait pas moins plû
Siij
210 LE MERCVRE.
qu'elle a fait à tout Paris. La Copie dont je vous ay fait part , avoit paffe parmy tant de mains , qu'elle n'eſtoit pas conforme à 'l Original , & il y
avoit même quelques Couplets d'ou- bliez. Ie ſuis obligé de vous en aver- tir pour la gloire de l'Autheur. Ie ne vous dis rien des avantages que M. le Chevalierde Chaſteaurenaud a remportez ſur les Hollandois, nyde ceux que nous avons eus en Catalogne.
L'eſpere vous en entretenir le Mois prochain,&vous en mander des par- ticularitez qui n'ont point encor efté publiées. Ie vous envoyeray enmê- me temps une des plus belles Pieces d'Eloquence dont on ait oüy parler depuis pluſieurs années. Toute la Cour en convient, &toutes les Perſonnes de bon goût qui l'ont veuë,
font de ce ſentiment.
ALyon, ce 5.Aoust 1677.
FIN.
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Résumé : « Puis que vous me demandez encor des Lettres en Chansons, [...] »
Dans une lettre datée du 5 août 1677, l'auteur répond à une demande de lettres en chansons, qu'il prévoit d'envoyer le mois suivant. Il exprime sa satisfaction que la lettre de Monsieur Galant ait plu au destinataire autant qu'à tout Paris, malgré la circulation large de la copie partagée, qui contient des erreurs et des couplets oubliés. L'auteur mentionne également des victoires militaires du Chevalier de Chasteaurenaud contre les Hollandais et des succès en Catalogne, dont il promet de donner plus de détails le mois prochain. Enfin, il annonce l'envoi d'une pièce d'éloquence remarquable, appréciée par la Cour et les personnes de bon goût.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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244
p. 2[93]
« Page 124 ligne 14 au lieu de qu'elle luy fait [...] »
Début :
Page 124 ligne 14 au lieu de qu'elle luy fait [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Page 124 ligne 14 au lieu de qu'elle luy fait [...] »
Page ri 4. ligne t 4. au lieu de qu’elle luy
fait, A/?tqu’il luyfait. Page ijy. dansla
première ligne, auRondeau JeMadame des
Houlieres, au lieu de il nousplaift , itfez.. il
leur plaift. Page 4;. ligne 4. Aragous,
bfez. Dragons
fait, A/?tqu’il luyfait. Page ijy. dansla
première ligne, auRondeau JeMadame des
Houlieres, au lieu de il nousplaift , itfez.. il
leur plaift. Page 4;. ligne 4. Aragous,
bfez. Dragons
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245
p. 2[93]
« On donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant le premier [...] »
Début :
On donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant le premier [...]
Mots clefs :
Tome
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texteReconnaissance textuelle : « On donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant le premier [...] »
ON donnera un Tome du Nouveau Mercure Galant, le premier jour de chaque Mois fans aucun rctardemenr. Ô11 le vendra vingt
fols relié en Veau, 6c quinze relié en
parchemin
fols relié en Veau, 6c quinze relié en
parchemin
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246
s. p.
TABLE DES MATIERES contenuës en ce Volume.
Début :
Sonnet de Monsieur de Fontenelle à une de ses Amies [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES MATIERES contenuës en ce Volume.
TABLE DES MATIERES
contenues en ce Volume.
Innetde Monfeur de Fontenelle a
une defes Amies qui l'ayoitprie
I J S r >•? s..
€loge de Marques petit Cbïen Arra.
gonnoti, du mefme Aatb?ur,
A'vanture de Monfiearle Vicomte de.,
Combat donne devant la Fortereffe de
T'abago^ avec les Noms des Morts
&. des IBleffe^ de tous ceuxqui
s3y fontfgnale.
Wsfcr'ption de tout ce qui a paru a
Nerfailles aux Tméfiionsfolemnelles qui syfontfaites, avec les Noms
de toutes les ‘Tapijferies de la Q>u~
ronne^ d^s grands Tcintres qui
en ontfaitles 'Deffins.
Versfurie lubilddefin A/foyale.
Autres Versfsrfis Conqueftes.
’VeVififur le mefins Sujet*
TABLE.
de M. de Mimurfur les (fit*
es dttJRoy.
Ffijlre en Ters de M. de Ffmboiiillet
à Monfieurle Trince de Marfillac.
• Air de M. de Moliere far des Paroles
de M- de Frontiniere, chantées de*
yant le TjoyfarMademJacquier.
Sujet de deux Ofera mis en Mufique
■barlemefine.
Ayanture des 7builleries.
pondeau de Madame rJ2es-Meulières
à une défis Amies.
les Moutons, Idylle delà mefme.
peceftton faite au rnejme j/rmee far
Madame la ds Ionfiée.
Téragedie quiluy efioïtfrefaréeà POr~
■ deaux^ où les deux Fils de Monfieur
de Seyefiefontadmirer.
F'ers à lagloire dupoy & de Monfieur le 7iuc du Maine.
Mariage de M. le Ccinifide Montoifin
CFdeMademoifillede Çbeyricres*
Mariage deM. 7, elrieti^ & de Mademoifelle de Bdontrnort.
F"vyage de Bdademoifèlle dOrleam a
EugyJes bonre^pour Bdademoifelle
de Bre^al. w \ M *k A t ' î * ft ï _ 9,
Le fait Bd. d*Arfautes ConfHier
d'EJ?at^ &donne la (bargede Trentier Trendent de Bretagne à Bd. de dr> 7 °
7 ontcfiartra/fi.
Bd. FAbbé Colbert éleu depuis peu
‘Prieur de Sorbonne > fait un beau
PiiJcours à Couverture des Sorbonh
ques.
F~ers de Bd. de Corneille Caifné'fur les
Conquejles du 7(oy.
Ffijloire de la VeuVe & de Bd. de U
Forejl. \
Le Boy donne CArcbeVefcbéde Bourges au Fils de Bd. de la FriUiere:
L*EveJebé d'Vjè^ à Bd. l'Abbe
Poncet^ celuy de Cbaaionsfur Saône
à Bd. Félix, celuy du Bellay à Bd
l'Abbédu Luurens^ ctluy demande
à IB.defiancour^ Abbédelà Croix,
celuy de Lavantà M. l'Abbé de
la Berebere.
f
T A B L E. x t p M / ** . ” > •• J
Mo/? de M. le Marquis de Tianejje.
Impromptu four M.Z? Tue, fait par
Madame le Camus en prefence de ce
Frince.
Fers de Madame le Camus, à Madame
la M.arefcbale de Clerambaut.
Mariage deM.le Marquis de Foix,&
de Mademoifelle d'dfendrefin , première Fille d'dfonneur de Madame,
Le ^oy donne IAbbaye de la Croix à
M.l'kbbe'Fellot.
2ele de M. le Marefcbal de Gramont
pourlefer'Vice du foy.
Floge de Ferfailles&de Frianon par
Monjieurle T>uc de S.AJgnan.
Fers à Madame la Trefdente d’O-
^embray,parle mefme.
fe qui s eftpajjé en Allemagne entre
l'hrmée du 7(oy (F celle de bEmpereur.
Le Fpy donne le Fegiment de la Fere
au Fils de M leMareJchalde Crequys
le Commundeme nt de Fhion'^iïle à
M. de (ftâfys l* Lieutenance de
foy de Montelimart, à M. de Scrignan.
TABLE.
%>i‘VertiJfèmens donne^ au
‘Public.
Modes 2^ou\>elles,
*Pe/cription de la Fejle de Seeaux.
Fin de la Tabler
contenues en ce Volume.
Innetde Monfeur de Fontenelle a
une defes Amies qui l'ayoitprie
I J S r >•? s..
€loge de Marques petit Cbïen Arra.
gonnoti, du mefme Aatb?ur,
A'vanture de Monfiearle Vicomte de.,
Combat donne devant la Fortereffe de
T'abago^ avec les Noms des Morts
&. des IBleffe^ de tous ceuxqui
s3y fontfgnale.
Wsfcr'ption de tout ce qui a paru a
Nerfailles aux Tméfiionsfolemnelles qui syfontfaites, avec les Noms
de toutes les ‘Tapijferies de la Q>u~
ronne^ d^s grands Tcintres qui
en ontfaitles 'Deffins.
Versfurie lubilddefin A/foyale.
Autres Versfsrfis Conqueftes.
’VeVififur le mefins Sujet*
TABLE.
de M. de Mimurfur les (fit*
es dttJRoy.
Ffijlre en Ters de M. de Ffmboiiillet
à Monfieurle Trince de Marfillac.
• Air de M. de Moliere far des Paroles
de M- de Frontiniere, chantées de*
yant le TjoyfarMademJacquier.
Sujet de deux Ofera mis en Mufique
■barlemefine.
Ayanture des 7builleries.
pondeau de Madame rJ2es-Meulières
à une défis Amies.
les Moutons, Idylle delà mefme.
peceftton faite au rnejme j/rmee far
Madame la ds Ionfiée.
Téragedie quiluy efioïtfrefaréeà POr~
■ deaux^ où les deux Fils de Monfieur
de Seyefiefontadmirer.
F'ers à lagloire dupoy & de Monfieur le 7iuc du Maine.
Mariage de M. le Ccinifide Montoifin
CFdeMademoifillede Çbeyricres*
Mariage deM. 7, elrieti^ & de Mademoifelle de Bdontrnort.
F"vyage de Bdademoifèlle dOrleam a
EugyJes bonre^pour Bdademoifelle
de Bre^al. w \ M *k A t ' î * ft ï _ 9,
Le fait Bd. d*Arfautes ConfHier
d'EJ?at^ &donne la (bargede Trentier Trendent de Bretagne à Bd. de dr> 7 °
7 ontcfiartra/fi.
Bd. FAbbé Colbert éleu depuis peu
‘Prieur de Sorbonne > fait un beau
PiiJcours à Couverture des Sorbonh
ques.
F~ers de Bd. de Corneille Caifné'fur les
Conquejles du 7(oy.
Ffijloire de la VeuVe & de Bd. de U
Forejl. \
Le Boy donne CArcbeVefcbéde Bourges au Fils de Bd. de la FriUiere:
L*EveJebé d'Vjè^ à Bd. l'Abbe
Poncet^ celuy de Cbaaionsfur Saône
à Bd. Félix, celuy du Bellay à Bd
l'Abbédu Luurens^ ctluy demande
à IB.defiancour^ Abbédelà Croix,
celuy de Lavantà M. l'Abbé de
la Berebere.
f
T A B L E. x t p M / ** . ” > •• J
Mo/? de M. le Marquis de Tianejje.
Impromptu four M.Z? Tue, fait par
Madame le Camus en prefence de ce
Frince.
Fers de Madame le Camus, à Madame
la M.arefcbale de Clerambaut.
Mariage deM.le Marquis de Foix,&
de Mademoifelle d'dfendrefin , première Fille d'dfonneur de Madame,
Le ^oy donne IAbbaye de la Croix à
M.l'kbbe'Fellot.
2ele de M. le Marefcbal de Gramont
pourlefer'Vice du foy.
Floge de Ferfailles&de Frianon par
Monjieurle T>uc de S.AJgnan.
Fers à Madame la Trefdente d’O-
^embray,parle mefme.
fe qui s eftpajjé en Allemagne entre
l'hrmée du 7(oy (F celle de bEmpereur.
Le Fpy donne le Fegiment de la Fere
au Fils de M leMareJchalde Crequys
le Commundeme nt de Fhion'^iïle à
M. de (ftâfys l* Lieutenance de
foy de Montelimart, à M. de Scrignan.
TABLE.
%>i‘VertiJfèmens donne^ au
‘Public.
Modes 2^ou\>elles,
*Pe/cription de la Fejle de Seeaux.
Fin de la Tabler
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Résumé : TABLE DES MATIERES contenuës en ce Volume.
Le document présente la table des matières d'un volume contenant divers textes et poèmes. Parmi les œuvres notables, on trouve des écrits de Monseigneur de Fontenelle, tels qu'un éloge d'un petit chien et une aventure du vicomte de. Le volume inclut également des descriptions de cérémonies officielles, des vers sur divers sujets, et des poèmes relatifs à des événements spécifiques comme des combats et des mariages. Des pièces de théâtre, des idylles et des tragédies sont également présentes. Le document mentionne des événements sociaux et des promotions, tels que des mariages de personnalités et des nominations à des postes prestigieux. Des poèmes et des éloges sont dédiés à diverses figures, y compris des membres de la noblesse et des ecclésiastiques. Enfin, le volume comprend des descriptions de fêtes et des nouvelles de promotions militaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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247
s. p.
« Et ledit Sieur DAN. a cedé son droit de Privilege [...] »
Début :
Et ledit Sieur DAN. a cedé son droit de Privilege [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Et ledit Sieur DAN. a cedé son droit de Privilege [...] »
Et ledit Sieur Dan. a cédé fon droit de
Privilège à C. Blageart, Imprimeur-Libraire, fuivant l’accord fait entr’eux.
Privilège à C. Blageart, Imprimeur-Libraire, fuivant l’accord fait entr’eux.
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248
s. p.
« Achevé d‘'imprimer pour la premiere fois le premier Aoust 1677. [...] »
Début :
Achevé d‘'imprimer pour la premiere fois le premier Aoust 1677. [...]
249
s. p.
AU LECTEUR.
Début :
Le peu de temps qu'on a eu pour imprimer [...]
Mots clefs :
Fautes d'impression, Vers oublié
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texteReconnaissance textuelle : AU LECTEUR.
AU LECTEUR.
V E peu de temps qu’on a eu pour im*
; I -/primer ce Volume, à caufe du grand,
nombre de Feftes' qui fe font rencontrées'
dans ce Mois, a efté caufe qu’il s’eft gliflc
quelques fautes d’impreflion. On croit que
je Leéteur aura affez d’efprit pourles reconnoiftre, & eftimera allez l’Autheur pour ne
ksluy pas imputer } c’eft puurquoy on ne
luyen marque que deux des principales,
la première eft dans la Page 16. Elle eft
contre le fens & la conftitution du Rondeau. Ï1 doit eftre de trois Battons ; le premier de cinq Vers, & le fécond de trois avec
le mot redoublé ; & quoy qu’il ne foit pas
jmarqué ainfî, le fens nelaifera pas dé s’y
trouver, pourveu qu’on le veuille feparer eiï
le lifant. La fécondé faute , eft le deuxieme
Vers oublié du fécond Quatrain du Sonnet
du Solitaire, Page p. ou il faut lire apres
le cinquième Vers du Sonnet*
Mesjeux apres la nutt verront naiftr^
le jour
V E peu de temps qu’on a eu pour im*
; I -/primer ce Volume, à caufe du grand,
nombre de Feftes' qui fe font rencontrées'
dans ce Mois, a efté caufe qu’il s’eft gliflc
quelques fautes d’impreflion. On croit que
je Leéteur aura affez d’efprit pourles reconnoiftre, & eftimera allez l’Autheur pour ne
ksluy pas imputer } c’eft puurquoy on ne
luyen marque que deux des principales,
la première eft dans la Page 16. Elle eft
contre le fens & la conftitution du Rondeau. Ï1 doit eftre de trois Battons ; le premier de cinq Vers, & le fécond de trois avec
le mot redoublé ; & quoy qu’il ne foit pas
jmarqué ainfî, le fens nelaifera pas dé s’y
trouver, pourveu qu’on le veuille feparer eiï
le lifant. La fécondé faute , eft le deuxieme
Vers oublié du fécond Quatrain du Sonnet
du Solitaire, Page p. ou il faut lire apres
le cinquième Vers du Sonnet*
Mesjeux apres la nutt verront naiftr^
le jour
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Résumé : AU LECTEUR.
Une note informe le lecteur de fautes d'impression dans un volume récemment imprimé. Deux erreurs principales sont signalées : une à la page 16 sur la structure du rondeau, et une autre à la page 107, où un vers du sonnet 'Le Solitaire' est omis. L'auteur espère que le lecteur les identifiera et ne lui en tiendra pas rigueur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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250
p. 1-3
« Jamais commerce n'a tant fait d'éclat que le [...] »
Début :
Jamais commerce n'a tant fait d'éclat que le [...]
Mots clefs :
Commerce, Mander, Curiosité, Personnes de bon goût
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Jamais commerce n'a tant fait d'éclat que le [...] »
AMAIS commerce
n'a tant fait d'éclat
que le noſtre , tout
Paris en parle , toute la France
s'en entretient , il fait dubruit
juſques dans les Païs les plus éloignez , & cependantlamé- diſance n'endit rien : il fatisfait les plus critiques , & tout le monde en ſouhaite la continuation & nous en donne
Tome VI. A
2 LE MERCVRE
publiquement des marques, &
avec des manieres fi.obligeantes , que nous manquerions de reconnoiſſance envers un.
nombre infini de Perſonnes du
plus haut merite , ſi nous interrompions un commerce qui plaît à tout cequ'il y a de plus Illuftre dans le Monde. Aprés tant d'applaudiſſemens ſi ſou- vent réïterez, je vay,Madame,
faire de nouveaux efforts,pour ne vous mander rien qui ne foit digne de voſtre curiofité,
&je fuis feur que tout ce qui aura lebonheur de vousplai- re , ſera eſtimé de toutes les
Perſonnes de bon goût. Je commence par un Madrigal dont on dit icy beaucoup de bien. Je n'en connoy pas l'Au- theur, mais fonOuvragemar- que aſſez qu'il a de l'eſprit,
GALANT. 3
fans qu'il foit neceſſaire de rien dire de plus pour le faire croire.
n'a tant fait d'éclat
que le noſtre , tout
Paris en parle , toute la France
s'en entretient , il fait dubruit
juſques dans les Païs les plus éloignez , & cependantlamé- diſance n'endit rien : il fatisfait les plus critiques , & tout le monde en ſouhaite la continuation & nous en donne
Tome VI. A
2 LE MERCVRE
publiquement des marques, &
avec des manieres fi.obligeantes , que nous manquerions de reconnoiſſance envers un.
nombre infini de Perſonnes du
plus haut merite , ſi nous interrompions un commerce qui plaît à tout cequ'il y a de plus Illuftre dans le Monde. Aprés tant d'applaudiſſemens ſi ſou- vent réïterez, je vay,Madame,
faire de nouveaux efforts,pour ne vous mander rien qui ne foit digne de voſtre curiofité,
&je fuis feur que tout ce qui aura lebonheur de vousplai- re , ſera eſtimé de toutes les
Perſonnes de bon goût. Je commence par un Madrigal dont on dit icy beaucoup de bien. Je n'en connoy pas l'Au- theur, mais fonOuvragemar- que aſſez qu'il a de l'eſprit,
GALANT. 3
fans qu'il foit neceſſaire de rien dire de plus pour le faire croire.
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Résumé : « Jamais commerce n'a tant fait d'éclat que le [...] »
Le texte évoque la renommée et l'impact d'un commerce, probablement littéraire ou artistique, à Paris, en France et dans des pays éloignés. Malgré cette notoriété, la modestie est de mise, et la distance n'est pas mise en avant. Ce commerce est apprécié par les critiques et le public, qui en souhaitent la continuation. Interrompre ce commerce serait manquer de reconnaissance envers de nombreuses personnes de mérite. Après avoir reçu de nombreux applaudissements, l'auteur s'engage à fournir de nouveaux contenus dignes de l'intérêt de la destinataire, une personne de goût. Le texte se conclut par la présentation d'un madrigal, dont l'auteur est inconnu mais dont l'œuvre est reconnue pour son esprit et son élégance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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