Il continua ſa route le
lendemain , & vint coucher à
Blaye. Ce ne fut pas fans en- tendre la décharge du Canon,
&de toute l'Artillerie duChaſteau. Monfieur le Duc de
Roquelaure , & Monfieur de Séve Intendant de Guyenne ,
s'y eſtoient rendus avecles Ju- rats Deputez de Bordeaux
pour l'affurer de la joye qu'on auroit de l'y recevoir. Il y ar- vale lendemain. Les Compli- mens de la Ville luy furentpor- tez par M de la Lande Pre- mier Jurat qui luy fut preſenté àladefcente de la Maiſon Navale, par Monfieur le Comte
GALANT. 107 deMontaigu. Cejeune Prince alla le foir ſe promener à che- valſur le Quaydes Chartreux,
accompagné de Monfieur le Ducde Roquelaure ,&au re- tour il entra dans le Chafteau
Trompete, où toute la Garni- ſon ſe trouva dans la Place ſous
les armes. M' Cefar AydeMa- jor eſtoit àla teſte en l'abſence duMajor. L'impatience d'être à Barrege le fit partir dés le lendemain, malgré les inftan ECUF
tesprieresquiluy furent faitesYON
Bourdeaux de s'arrefter quelques jours à pour s'y delan IT
desfatiguesde fon Voyage.On luy vouloit donner le divertiſ- ſement d'une Tragedie Fran- çoiſe quiavoit eſtérepreſentée avecgrad fuccésdepuis quin- ze jours par les Efcoliers du College deGuyenne. M'l'Ab-
108 LE MERCVRE
béBardin qui eneſt Principal,
&àquiunlongufage dugrand monde a des long-temps apris à bien faire les chofes qui le regardent , avoit pris des me- fures ſi juſtes , que la belle Af- ſemblée de l'un &de l'autre
Sexe qui ſe trouva à ce Spécta- cle, en fortit avec une extréme ſatisfaction. La propreté des Acteurs répondoit à la grace avec laquelle ils s'acquiterent tous de leurs Rôles , & on admira fur tout deux Enfans qui firent un remercîment àMonfieur le Duc de Roquelaure d'un petit air fier qui furprit &
charma tous ceux qui les en- tendirent. L'Aifné n'a encor
que fix ans,&ils font tous deux Fils de Monfieur de Seve Intendant de cette Province. Je
ne vous dis rien defonmerite,
il
GALANT. 109 il vous eſt connu , &vous n'ignorez pas qu'il eſt Fils de feu Mr de Seve Conſeiller d'Etat,
qu'on aveu trois fois Prevoſt des Marchands. On ne peut executerles Ordres du Roy ny - avec plus de zele qu'il en mon- tre pour le ſervice de Sa Maje- -ſté, ny avecun aplaudiſſement plus general de tous ceux qui les reçoivent de luy