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5951
s. p.
LISTE DES LIBRAIRES qui débitent le Mercure dans les Provinces du Royaume, &c.
Début :
A Toulouse, chez Enaut et Forest. Bordeaux, chez Raymond Labottiere, chez Etienne [...]
Mots clefs :
Libraires
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texteReconnaissance textuelle : LISTE DES LIBRAIRES qui débitent le Mercure dans les Provinces du Royaume, &c.
LISTE DES LIBRAIRES
qui débitent le Mercure dans les
Provinces du Royaume , &c.
A Toulouse , chez Enaut et Forest.
Bordeaux , chez Raymond > Labottiere chez
Etienne Labortiere , et chez Chapui , fils , au
Palais , et à la Poste.
Nantes , chez Julien Maillard , et chez du Verger..
Rennes chez Joseph Vatar , Julien Vatar , Guil
laume Jouanet Vatar et la veuve Garnier.
Blois , chez Masson.
Tours , chez Masson.
Rouen, chez. Herault.
Châlons-sur-Marne , chez Sen euse.
Amiens , chez la veuve François , Godard et Redém le fils.
'Arras , chez C. Duchamp.
Orleans chez Rouzeaux.
Angers , chez Fourreau et à la Poste.
Chartres , chez Fetil , et chez J. Roux.
Dijon , chez la veuve Armil , et à la Poste Versailles , chez Pigeon.
Besançon , chez Briffaut , à la Foste.
Saint Germain , chez Doré. «
Lyon, à la Poste.
Reims, chez Godard.
A Vitry-le-François , chez Vitalis.
Beauvais, chez De Saint.
Douay ; chez Willerval.
Charleville , chez P. The
qui débitent le Mercure dans les
Provinces du Royaume , &c.
A Toulouse , chez Enaut et Forest.
Bordeaux , chez Raymond > Labottiere chez
Etienne Labortiere , et chez Chapui , fils , au
Palais , et à la Poste.
Nantes , chez Julien Maillard , et chez du Verger..
Rennes chez Joseph Vatar , Julien Vatar , Guil
laume Jouanet Vatar et la veuve Garnier.
Blois , chez Masson.
Tours , chez Masson.
Rouen, chez. Herault.
Châlons-sur-Marne , chez Sen euse.
Amiens , chez la veuve François , Godard et Redém le fils.
'Arras , chez C. Duchamp.
Orleans chez Rouzeaux.
Angers , chez Fourreau et à la Poste.
Chartres , chez Fetil , et chez J. Roux.
Dijon , chez la veuve Armil , et à la Poste Versailles , chez Pigeon.
Besançon , chez Briffaut , à la Foste.
Saint Germain , chez Doré. «
Lyon, à la Poste.
Reims, chez Godard.
A Vitry-le-François , chez Vitalis.
Beauvais, chez De Saint.
Douay ; chez Willerval.
Charleville , chez P. The
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Résumé : LISTE DES LIBRAIRES qui débitent le Mercure dans les Provinces du Royaume, &c.
Le document liste les libraires distribuant le périodique 'Mercure' dans diverses provinces du Royaume. Les villes mentionnées incluent Toulouse, Bordeaux, Nantes, Rennes, Blois, Tours, Rouen, Châlons-sur-Marne, Amiens, Arras, Orléans, Angers, Chartres, Dijon, Versailles, Besançon, Saint-Germain, Lyon, Reims, Vitry-le-François, Beauvais, Douai et Charleville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5952
p. 8-17
LETTRE sur une Médaille Antique d'argent.
Début :
Puisque je vous ai promis, Monsieur, de vous dire ce [...]
Mots clefs :
Médaille antique d'argent, Hercules Adsertor, Abbé de Rothelin, Galba, Suétone, Fortuna
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE sur une Médaille Antique d'argent.
LETTRE sur une Médaille Antique
d'argent.
HERCULES ADSERTOR. La tête d'Hercule
represente un vieillard avec une longue
barbe en pointes et une couronne de Lau- rier. Et sur le revers TUNA. P. R.
une Divinité debout, dont on ne peut pas
bien distinguer les symboles , la Médaille
qui est fourée, étant gâtée en cet endroit.
Puisque le vous ai promis , Monsieur de vous dire ce que je pensois de cette Médaille qui est à Paris , dans le riche
Cabinet de M. l'Abbé de Rothelin , et
qui jusques icy peut passer pour être
unique ; je m'acquitte aujourd'hui de ma
parole par cette Lettre , où vous trou
verez mes conjectures sur cette Antique.
Je vous y propose, deux explications
l'une et l'autre a ses avantages et ses difficultez ; je me suis servi des premiers
et j'ai tâché de répondre aux autres. Je
re me flatte pas cependant d'avoir satisfait à tout , mais du moins ce que je vous
écris pourra donner envie à quelque autre plus habile de vous contenter sur ces
JANVIER. 1732.
et article , s'il vous prend envie de com
muniquer ma Lettre à vos amis.
La premiere explication , c'est que cette
Médaille peut fort bien se rapporter au
temps de la mort de Néron , et que sous
les traits d'un Hercule vieillard , ven
geur et protecteur de la liberté , on doit
reconnoître les traits de l'Empereur
Galba , qui , lors qu'il parvint à l'Empire
étoit âgé de 73 ans , et qui en délivrant
Rome d'un Prince qu'elle regardoit avec
justice , comme un Tyran , méritoit l'éloge qu'on donne icy au Dompteur des
Monstres , et dont , au rapport de l'Histoire , Julius-Vindex l'avoit déja flatté ,
lors qu'il l'engagea à prendre les Armes
Hortantis ut humanogeneri assemorem Ducemque se accommodaret.
Outre cette convenance , vous remar
querez , s'il vous plaît , que l'épithéte
d'ADSERTOR , Sur les Médailles , est contemporaine de Galba (a) , puis qu'elle se
trouve sur un grand Bronze ( b ) de Ves
pasien. S. P. Q. R. ADSERTORI LIBERTATIS PUBLICE , dans une Couronne de chêne.
Cette observation paroît legere , mais
elle ne le sera pas pour vous , Monsieur ,
qui sçayez de quel poids sont ces ressem-
(a )Dans la vie de Galba , n. 96
b) Le P. Hardouin, page 731, chap. 2.
B blances
to MERCURE DE FRANCE
blances sur les Médailles. Le grand prin
cipe des Antiquaires et le plus sûr étant
d'expliquer ces monumens les uns par les
autres. Le Titre d'Adsertor , au reste , est
tres- rare sur les Monnoyes ; et outre ces
deux cy , je n'en connois qu'une troisiéme où il se rencontre. J'aurai occasion de
la rapporter plus bas.
Le Revers , FORTUNA P. R. Car je ne
crois pas qu'on me conteste qu'il ne faille
ainsi restituer la légende,ceRevers, dis- je,
convient encore fort bien à l'époque que
je donne à la Médaille et à Galba en particulier, Premierement il ne faut qu'ouvrir
lesHistoriens, et faire quelque attention au
triste état où Rome se trouvoit réduite
par la tyrannie de Néron , pour se convaincre que le plus grand bonheur qui
pût arriver à l'Empire , étoit de se voir
délivré d'un tel Prince. Aussi on ne peut
exprimer la joïe que ressentit tout ce vaste Corps , quand il en apprit la mort.
Adeò cuncta Provincia, dit(a)Aurelius Victor , omnisque Roma interitu ejus exultavit
ut plebs induta pileis manumissionum , tanquam savo exemto domino , triumpharet , ct
c'est ce qui nous est confirmé par les Médailles de Galba , où l'on voit : LIBERTAS
RESTITUTA FELICITAS PUBLICA FORTUNE
(a ) Epitome , 13,
REDUC
JANVIER. 1732. TI
REDUCI FELICITAS BONI EVENTUs; et autrès
Inscriptions semblables.
Pour ce qui regarde plus particulierement Galba , Suetone rapporte que cè
Prince étant encore jeune , songea une
nuit que la fortune lui disoit, que se trou
vant lasse , elle se reposoit sur sa porte ,
qu'il la fit entrer chez lui au plutôt , sinon qu'elle seroit enlevée par quelques
autres ; que s'étant réveillé là - dessus , et
ayant fait ouvrir son appartement , il
avoit effectivement trouvé une image de
bronze de cette Déesse , à qui depuis il
avoit toujours continué de rendre un culte particulier.Suétone place cette avanture parmi les pronostics qu'eut ce Prin
ce , qu'un jour il regneroit. Il n'est donc
pas surprenant que sur uneMédaille frappée pour lui , on ait representé cette mê
me Fortune, qui de protectrice de Galba , simple particulier , étoit devenuë par
son avénement à l'Empire , une Divinité
commune à tous les Romains. FORTUNA
P. R.
Il est inutile d'observer que le manquè
du nom du Prince sur la Médaille n'empêche pas qu'on ne la puisse donner à
Galba; puisque tous les Antiquaires lui en
attribuent plusieurs semblables ; telle est
(a) celle d'argent, que j'ai citée plus haut
(a )Le P. Hardoüin , pag. 728. ch. I
Bij E
12 MERCURE DE FRANCE
FELICITAS BONÍ EVENTUS , avec la tête de la
Félicité ; et au revers , deux mains , qui
tiennent un Caducée , P. R. PAX. Outre
qu'on peut ajouter que ces Médailles ont
été frappées à Rome , immédiatement
après la mort de Néron , dans le dans le temps
où Galba étant encore absent,on pouvoit
n'avoir aucun de ses portraits , et sur tout
ignorer quels titres il vouloit qu'on lui donnât sur la Monnoye.
"
Je viens à la seconde Explication :
M. Patin , dans son ( a ) Suétone , a fait
graver une Médaille d'argent , ou ďun
côté est la tête d'une femme voilée , au
devant de laquelle est une branche de
Laurier , et pour Légende : LIBERTAS RESTITUTA; au Revers,Mars debout , tenant
un Bouclier d'une main , er un Trophée
de l'autre, et ces lettres : MARS ADSERŢOR,
Cet Auteur , sans expliquer autrement la
Médaille , la place parmi celles que les
conjurez contre Jules César , firent
frapper après la mort de ce grand homme , comme des monumens de la liberté
qu'ils crurent avoir rendue à leur patrie,
Il seroit difficile de lui donner une autre Explication , et je ne doute point
que M. Vaillant dans son ouvrage des
Consulaires , n'en ait jugé de même. Or
(a) Page 63.
-
Vous
JANVIER.. 1732. 13
-
Yous conviendrez , M. que cette Médaille
et celle de M. l'Abbé de Rothelin , ont
entr'elles un grand rapport. En effet, quoi
de plus semblable que Mars et Hercule ,
fun comme l'autre , Vengeurs et Protecteurs de la liberté opprimée. ADSERTOR , les
autres Légendes de ces deux Médailles ne
vous disent elles pas la même chose ;
puisque le bonheur du peuple Romain
FORTUNA P. R. ne vient que de la liberté.
qui lui est rendue 2 LIBERTAS RESTITUTA ,
que l'une est l'effet , l'autre la cause ? ou
plutôt que toutes les deux sont produites
par la mort d'un Prince que des gens
accoutumez à vivre en République, pouvoient , avec quelque raison , regardes
comme un Tyran? Je ne m'arrêterai pas
à continuer ce Parallele , il est aisé de
conclure par le peu que j'en ai fait remarquer , que le même motifa fait battre les deux Médailles , et qu'elles sont
l'ouvrage des Meurtriers de Jules- César.
On m'a fait une objection qui mérite
d'être examinée ; à sçavoir , qu'on vois
bien la part que Mars peut avoir dans la
mort de Jules- César. C'étoit à ce Dieu
que les Romains devoient leur origine et
les interêts de ce peuple étoient les fiens 'mais pour Hercule , on ne voit rien de
semblable et il s'en falloit beaucoup
Biij que
"
14 MERCURE DE FRANCE
que ce Dieu jouat à Rome un aussi grand
rôle que Mars; ainsi nulle comparaison
à faire des Médailles , qui portent l'image de l'un , avec celles qui portent la
tête de l'autre.
apJe réponds à cela , 1 ° . que les Pontifes
Romains , c'est-à- dire , ceux à qui il
partenoit de prononcer sur tout ce qui
regardoit les Dieux , ne faisoient de Mars
et d'Hercule qu'une même Divinité. C'est-
( a ) Macrobe qui nous l'apprend : Quia·
is Deus , dit cet Auteur , en parlant du
dernier , et apud Pontifices idem qui et.
Mars habetur.
2º. A ne regarder Hercule que comme
une Divinité distincte et séparée , on ne
peut disconvenir qu'il ne fut tres- considérable à Rome. Son culte plus ancien,
que cette Ville , avoit commencé en Italie du vivant de ce Héros ; les Romains
Pavoient réçu en s'établissant , et on peut
juger de son étendue par le grand nom..
bre deTemples et de Statues qui lui étoient conservez. P. Victor nous en a laissé le
dénombrement ; mais ce qui fait le plus à
notre sujet , c'est que les premieres Monnoyes que firent fraprer les Romains , et
qui portoient une Proie de Vaisseau
empreinte d'un côté , paroissent égale-.
(a) Saturn. lib. 3. cap. 12.
ment
JANVIER. 1732.
ment de l'autre , avec la tête d'Hercule
comme avec celles de Janus et de Mars
d'où il est aisé d'inférer qu'il falloit que
ce Dieu fut une des Divinitez protectrices de Rome.
·
-
3. Un autre motifpeut avoir enga
gé les Monétaires à mettre la tête d'Her
cule sur cette Médaille. On sçait combien
ce Dieu étoit honoré à Corinthe. (a)Pau,
sanias et les Médailles nous en font foy ;
peut être par l'image de ce Dieu a
t- on voulu marquer l'origine que Brutus tiroit de cette Ville ; par Tarquin
Pancien , de la fille duquel il descendoit.
Ma conjecture se trouve appuyée par
(b ) M. Beger , dans l'explication qu'il a
donnée d'une Medaille du Cabinet det
Brandebourg , où l'on voit d'un côté une
tête couverte d'un Casque , derriere la
quelle est une massuë; et au Revers , ce
mot , ROMANO, étoit écrit sous une Louve qui allaicte deux enfans. Il n'en a pas
fallu davantage à cet Auteur , que cette
massuë , pour lui faire soupçonner que la
tête casquée étoit celle d'un des Tar
quins précisément , parce que ces Princes
venoient de Corinthe,et qu'Hercule, dont
la massuë est le symbole , étoit un des
(a ) Lib. 20
(b )Tom. 1. pag. 33.80 B. iiij Dieux
16 MERCURE DE FRANCE
Dieux Tutelaires de cette Ville. Si cette
observation a lieu , voilà l'état de la Médaille que nous examinons tout- à- fair
determiné. Elle est consulaire, et doit être
placée avec celles de la famille de Junia.
Au reste , cette Medaille , pour le dire en
passant, peut servir à determiner la leçond'une autre , de la famille de Sicinia , oùl'on lit FORT. P. R. ( a ) que Fulvius Ursi- nus , aussi- bien que M. Patin,qui n'a rien
changé à cet endroit , explique par FORTITUDO P. R. et qu'il faut lire avec (b )
M. Spanheim, FORTUNA P.R. Comme dans
la Médaille de M. de Rothelin.
Voilà , M. à peu près tout ce que j'avois à dire; il ne me reste plus qu'un mot
à ajouter , et qui encore ne regarde que
la Médaille , sans rien ôter aux explications. Par les vestiges qui restent des Lettres effacées par la rouille , il paroît qu'il
y en avoit plus que le mot de FORTUNA
P. R. n'en comprend , et il s'agit d'y suppléer. Je crois qu'on ne le peut mieuxfaire que par l'Epithete de BONA , qui a
été donnée sur les Médailles à d'autres Divinitez du même rang. ( c) BON. EVENT.
(a )Famil. Rom. 263.
(b) De Usu et Pras. Num. pag. 575.
(c) Med. de lafamille Scribonia,
BONA
JANVIER 17320- 57
(a ) BONÆ SPEI. (b) BONO GENIO IMP. et àla
fortune , elle-même sous Gallien , BONE
FORTUNÆ. Outre que vous sçavez mieux
que moi que,dès le temps de la Républi- que , cette Divinité étoit adorée dans le
Ĉapitole , sous le nom de favorable : Boni
eventus , et Bona fortune simulacra in Capi».
tolio. Pline , liv. 36. cap. 5.
Je suis , Monsieur , &c..
( a ) Med. de Pescen. Nigers.
(b) Med. de Maximin d'Aza...
AOrleans „ ce 5 , Oct. 1731 ..
d'argent.
HERCULES ADSERTOR. La tête d'Hercule
represente un vieillard avec une longue
barbe en pointes et une couronne de Lau- rier. Et sur le revers TUNA. P. R.
une Divinité debout, dont on ne peut pas
bien distinguer les symboles , la Médaille
qui est fourée, étant gâtée en cet endroit.
Puisque le vous ai promis , Monsieur de vous dire ce que je pensois de cette Médaille qui est à Paris , dans le riche
Cabinet de M. l'Abbé de Rothelin , et
qui jusques icy peut passer pour être
unique ; je m'acquitte aujourd'hui de ma
parole par cette Lettre , où vous trou
verez mes conjectures sur cette Antique.
Je vous y propose, deux explications
l'une et l'autre a ses avantages et ses difficultez ; je me suis servi des premiers
et j'ai tâché de répondre aux autres. Je
re me flatte pas cependant d'avoir satisfait à tout , mais du moins ce que je vous
écris pourra donner envie à quelque autre plus habile de vous contenter sur ces
JANVIER. 1732.
et article , s'il vous prend envie de com
muniquer ma Lettre à vos amis.
La premiere explication , c'est que cette
Médaille peut fort bien se rapporter au
temps de la mort de Néron , et que sous
les traits d'un Hercule vieillard , ven
geur et protecteur de la liberté , on doit
reconnoître les traits de l'Empereur
Galba , qui , lors qu'il parvint à l'Empire
étoit âgé de 73 ans , et qui en délivrant
Rome d'un Prince qu'elle regardoit avec
justice , comme un Tyran , méritoit l'éloge qu'on donne icy au Dompteur des
Monstres , et dont , au rapport de l'Histoire , Julius-Vindex l'avoit déja flatté ,
lors qu'il l'engagea à prendre les Armes
Hortantis ut humanogeneri assemorem Ducemque se accommodaret.
Outre cette convenance , vous remar
querez , s'il vous plaît , que l'épithéte
d'ADSERTOR , Sur les Médailles , est contemporaine de Galba (a) , puis qu'elle se
trouve sur un grand Bronze ( b ) de Ves
pasien. S. P. Q. R. ADSERTORI LIBERTATIS PUBLICE , dans une Couronne de chêne.
Cette observation paroît legere , mais
elle ne le sera pas pour vous , Monsieur ,
qui sçayez de quel poids sont ces ressem-
(a )Dans la vie de Galba , n. 96
b) Le P. Hardouin, page 731, chap. 2.
B blances
to MERCURE DE FRANCE
blances sur les Médailles. Le grand prin
cipe des Antiquaires et le plus sûr étant
d'expliquer ces monumens les uns par les
autres. Le Titre d'Adsertor , au reste , est
tres- rare sur les Monnoyes ; et outre ces
deux cy , je n'en connois qu'une troisiéme où il se rencontre. J'aurai occasion de
la rapporter plus bas.
Le Revers , FORTUNA P. R. Car je ne
crois pas qu'on me conteste qu'il ne faille
ainsi restituer la légende,ceRevers, dis- je,
convient encore fort bien à l'époque que
je donne à la Médaille et à Galba en particulier, Premierement il ne faut qu'ouvrir
lesHistoriens, et faire quelque attention au
triste état où Rome se trouvoit réduite
par la tyrannie de Néron , pour se convaincre que le plus grand bonheur qui
pût arriver à l'Empire , étoit de se voir
délivré d'un tel Prince. Aussi on ne peut
exprimer la joïe que ressentit tout ce vaste Corps , quand il en apprit la mort.
Adeò cuncta Provincia, dit(a)Aurelius Victor , omnisque Roma interitu ejus exultavit
ut plebs induta pileis manumissionum , tanquam savo exemto domino , triumpharet , ct
c'est ce qui nous est confirmé par les Médailles de Galba , où l'on voit : LIBERTAS
RESTITUTA FELICITAS PUBLICA FORTUNE
(a ) Epitome , 13,
REDUC
JANVIER. 1732. TI
REDUCI FELICITAS BONI EVENTUs; et autrès
Inscriptions semblables.
Pour ce qui regarde plus particulierement Galba , Suetone rapporte que cè
Prince étant encore jeune , songea une
nuit que la fortune lui disoit, que se trou
vant lasse , elle se reposoit sur sa porte ,
qu'il la fit entrer chez lui au plutôt , sinon qu'elle seroit enlevée par quelques
autres ; que s'étant réveillé là - dessus , et
ayant fait ouvrir son appartement , il
avoit effectivement trouvé une image de
bronze de cette Déesse , à qui depuis il
avoit toujours continué de rendre un culte particulier.Suétone place cette avanture parmi les pronostics qu'eut ce Prin
ce , qu'un jour il regneroit. Il n'est donc
pas surprenant que sur uneMédaille frappée pour lui , on ait representé cette mê
me Fortune, qui de protectrice de Galba , simple particulier , étoit devenuë par
son avénement à l'Empire , une Divinité
commune à tous les Romains. FORTUNA
P. R.
Il est inutile d'observer que le manquè
du nom du Prince sur la Médaille n'empêche pas qu'on ne la puisse donner à
Galba; puisque tous les Antiquaires lui en
attribuent plusieurs semblables ; telle est
(a) celle d'argent, que j'ai citée plus haut
(a )Le P. Hardoüin , pag. 728. ch. I
Bij E
12 MERCURE DE FRANCE
FELICITAS BONÍ EVENTUS , avec la tête de la
Félicité ; et au revers , deux mains , qui
tiennent un Caducée , P. R. PAX. Outre
qu'on peut ajouter que ces Médailles ont
été frappées à Rome , immédiatement
après la mort de Néron , dans le dans le temps
où Galba étant encore absent,on pouvoit
n'avoir aucun de ses portraits , et sur tout
ignorer quels titres il vouloit qu'on lui donnât sur la Monnoye.
"
Je viens à la seconde Explication :
M. Patin , dans son ( a ) Suétone , a fait
graver une Médaille d'argent , ou ďun
côté est la tête d'une femme voilée , au
devant de laquelle est une branche de
Laurier , et pour Légende : LIBERTAS RESTITUTA; au Revers,Mars debout , tenant
un Bouclier d'une main , er un Trophée
de l'autre, et ces lettres : MARS ADSERŢOR,
Cet Auteur , sans expliquer autrement la
Médaille , la place parmi celles que les
conjurez contre Jules César , firent
frapper après la mort de ce grand homme , comme des monumens de la liberté
qu'ils crurent avoir rendue à leur patrie,
Il seroit difficile de lui donner une autre Explication , et je ne doute point
que M. Vaillant dans son ouvrage des
Consulaires , n'en ait jugé de même. Or
(a) Page 63.
-
Vous
JANVIER.. 1732. 13
-
Yous conviendrez , M. que cette Médaille
et celle de M. l'Abbé de Rothelin , ont
entr'elles un grand rapport. En effet, quoi
de plus semblable que Mars et Hercule ,
fun comme l'autre , Vengeurs et Protecteurs de la liberté opprimée. ADSERTOR , les
autres Légendes de ces deux Médailles ne
vous disent elles pas la même chose ;
puisque le bonheur du peuple Romain
FORTUNA P. R. ne vient que de la liberté.
qui lui est rendue 2 LIBERTAS RESTITUTA ,
que l'une est l'effet , l'autre la cause ? ou
plutôt que toutes les deux sont produites
par la mort d'un Prince que des gens
accoutumez à vivre en République, pouvoient , avec quelque raison , regardes
comme un Tyran? Je ne m'arrêterai pas
à continuer ce Parallele , il est aisé de
conclure par le peu que j'en ai fait remarquer , que le même motifa fait battre les deux Médailles , et qu'elles sont
l'ouvrage des Meurtriers de Jules- César.
On m'a fait une objection qui mérite
d'être examinée ; à sçavoir , qu'on vois
bien la part que Mars peut avoir dans la
mort de Jules- César. C'étoit à ce Dieu
que les Romains devoient leur origine et
les interêts de ce peuple étoient les fiens 'mais pour Hercule , on ne voit rien de
semblable et il s'en falloit beaucoup
Biij que
"
14 MERCURE DE FRANCE
que ce Dieu jouat à Rome un aussi grand
rôle que Mars; ainsi nulle comparaison
à faire des Médailles , qui portent l'image de l'un , avec celles qui portent la
tête de l'autre.
apJe réponds à cela , 1 ° . que les Pontifes
Romains , c'est-à- dire , ceux à qui il
partenoit de prononcer sur tout ce qui
regardoit les Dieux , ne faisoient de Mars
et d'Hercule qu'une même Divinité. C'est-
( a ) Macrobe qui nous l'apprend : Quia·
is Deus , dit cet Auteur , en parlant du
dernier , et apud Pontifices idem qui et.
Mars habetur.
2º. A ne regarder Hercule que comme
une Divinité distincte et séparée , on ne
peut disconvenir qu'il ne fut tres- considérable à Rome. Son culte plus ancien,
que cette Ville , avoit commencé en Italie du vivant de ce Héros ; les Romains
Pavoient réçu en s'établissant , et on peut
juger de son étendue par le grand nom..
bre deTemples et de Statues qui lui étoient conservez. P. Victor nous en a laissé le
dénombrement ; mais ce qui fait le plus à
notre sujet , c'est que les premieres Monnoyes que firent fraprer les Romains , et
qui portoient une Proie de Vaisseau
empreinte d'un côté , paroissent égale-.
(a) Saturn. lib. 3. cap. 12.
ment
JANVIER. 1732.
ment de l'autre , avec la tête d'Hercule
comme avec celles de Janus et de Mars
d'où il est aisé d'inférer qu'il falloit que
ce Dieu fut une des Divinitez protectrices de Rome.
·
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3. Un autre motifpeut avoir enga
gé les Monétaires à mettre la tête d'Her
cule sur cette Médaille. On sçait combien
ce Dieu étoit honoré à Corinthe. (a)Pau,
sanias et les Médailles nous en font foy ;
peut être par l'image de ce Dieu a
t- on voulu marquer l'origine que Brutus tiroit de cette Ville ; par Tarquin
Pancien , de la fille duquel il descendoit.
Ma conjecture se trouve appuyée par
(b ) M. Beger , dans l'explication qu'il a
donnée d'une Medaille du Cabinet det
Brandebourg , où l'on voit d'un côté une
tête couverte d'un Casque , derriere la
quelle est une massuë; et au Revers , ce
mot , ROMANO, étoit écrit sous une Louve qui allaicte deux enfans. Il n'en a pas
fallu davantage à cet Auteur , que cette
massuë , pour lui faire soupçonner que la
tête casquée étoit celle d'un des Tar
quins précisément , parce que ces Princes
venoient de Corinthe,et qu'Hercule, dont
la massuë est le symbole , étoit un des
(a ) Lib. 20
(b )Tom. 1. pag. 33.80 B. iiij Dieux
16 MERCURE DE FRANCE
Dieux Tutelaires de cette Ville. Si cette
observation a lieu , voilà l'état de la Médaille que nous examinons tout- à- fair
determiné. Elle est consulaire, et doit être
placée avec celles de la famille de Junia.
Au reste , cette Medaille , pour le dire en
passant, peut servir à determiner la leçond'une autre , de la famille de Sicinia , oùl'on lit FORT. P. R. ( a ) que Fulvius Ursi- nus , aussi- bien que M. Patin,qui n'a rien
changé à cet endroit , explique par FORTITUDO P. R. et qu'il faut lire avec (b )
M. Spanheim, FORTUNA P.R. Comme dans
la Médaille de M. de Rothelin.
Voilà , M. à peu près tout ce que j'avois à dire; il ne me reste plus qu'un mot
à ajouter , et qui encore ne regarde que
la Médaille , sans rien ôter aux explications. Par les vestiges qui restent des Lettres effacées par la rouille , il paroît qu'il
y en avoit plus que le mot de FORTUNA
P. R. n'en comprend , et il s'agit d'y suppléer. Je crois qu'on ne le peut mieuxfaire que par l'Epithete de BONA , qui a
été donnée sur les Médailles à d'autres Divinitez du même rang. ( c) BON. EVENT.
(a )Famil. Rom. 263.
(b) De Usu et Pras. Num. pag. 575.
(c) Med. de lafamille Scribonia,
BONA
JANVIER 17320- 57
(a ) BONÆ SPEI. (b) BONO GENIO IMP. et àla
fortune , elle-même sous Gallien , BONE
FORTUNÆ. Outre que vous sçavez mieux
que moi que,dès le temps de la Républi- que , cette Divinité étoit adorée dans le
Ĉapitole , sous le nom de favorable : Boni
eventus , et Bona fortune simulacra in Capi».
tolio. Pline , liv. 36. cap. 5.
Je suis , Monsieur , &c..
( a ) Med. de Pescen. Nigers.
(b) Med. de Maximin d'Aza...
AOrleans „ ce 5 , Oct. 1731 ..
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Résumé : LETTRE sur une Médaille Antique d'argent.
La lettre examine une médaille antique en argent conservée par l'Abbé de Rothelin à Paris. Cette médaille présente Hercule sur l'avers et une divinité sur le revers. L'auteur propose deux interprétations possibles pour cette médaille. La première explication suggère que la médaille date de la mort de Néron et représente Galba, empereur de 73 ans, sous les traits d'Hercule. Galba est perçu comme un vengeur et protecteur de la liberté, ayant libéré Rome de Néron. L'épithète 'ADSERTOR' sur la médaille est contemporaine de Galba et apparaît également sur un bronze de Vespasien. Le revers, 'FORTUNA P. R.', est approprié pour cette période, symbolisant la joie de Rome après la mort de Néron. La seconde explication, avancée par M. Patin, situe la médaille parmi celles frappées après la mort de Jules César par les conjurés, célébrant la liberté retrouvée. La médaille de M. Patin montre Mars, protecteur de la liberté, et présente des similitudes avec celle de l'Abbé de Rothelin. L'auteur répond à une objection en expliquant que les Romains considéraient Mars et Hercule comme une même divinité, Hercule étant également une divinité protectrice de Rome. L'auteur conclut en proposant de compléter les lettres effacées sur la médaille par l'épithète 'BONA', comme sur d'autres médailles similaires. La lettre est datée de janvier 1732.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5953
p. 59-61
CANTATE.
Début :
Le Printemps couronné de fleurs, [...]
Mots clefs :
Printemps, Plaisirs, Zéphyr, Amant, Charmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CANTATE.
CANTAT E.
E Printemps couronné de fleurs ,
Ramenoit les plaisirs dans notre solitude ,
Quand dans un Bois épais pour trouver ses dous
ceurs ,
Je portai mon inquiétude :
Mais , hélas ! que je fus surpris !
Quel objet ! je trouvai la cruelle Climene
Quidormoit à l'ombre d'un Chêne :
Dij Elle
60 MERCURE DE FRANCE
Elle me paroissoit plus belle que Cypris.
Je restai long-temps immobile,
Charmé de son aspect , ébloui de ses traits :
Helas ! dis-je , comment peut- elle être tranquille
Après m'avoir ôté les douceurs de la paix ?
Zephirs, retenez vos haleines ;
Taisez- vous, aimables Oiseaux ;
Ne coulez plus, claires Fontaines ;
Climene dort sous ces Ormeaux.
Toi , Soleil arrêre ta course
Pour admirer ses doux attraits ;
Fleuve , remonte vers ta sourse
Nimphes , sortez de vos Forêts.
Zephirs , retenez vos haleines ,
Taisez-vous , aimables Oiseaux ,
Ne coulez plus , claires Fontaines
Climene dort sous ces Ormeaux.
Je m'exprimois ainsi , quand près de ma Bergere
Je vis le rédoutable amour
Ce petit Dieu lui fait la Cour ;
Sans doute qu'il la prend pour sa charmante Mere,
Molle
JANVIER. 1732.
Mollement étendu sur un gazon naissant ,
Aux Pavots de Morphée il se livre près d'elle ;
Mon cœur à son aspect cede au desir pressant
D'oser par son secours attendrir la cruelle.
Son Arc et son Carquois rempli de mille traits
Dont la blessure cause une éternelle peine ,
Et qu'il avoit forgés aux beaux yeux de Climene,,
Pendoient à ces Arbres épais.
Perçons le cœur de cette Belle ,
Dis-je alors , forçons-la de m'aimer en ce jour;;
Faisons-lui ressentir une atteinte mortelle
Armons-nous des traits de l'Amour.
Que cette inhumaine
Ressente la peine
Qu'on souffre en aimant
Qu'une même chaîne
Unisse Climent
Et son tendre Amant.
Fapproche , non sans peur , de ces terribles ar
mes ;
Je choisis un trait bien aigu
Et l'ajustant sur l'Arc tendu ,
J'en blesse rudement cet objet plein de charmes,
Helas ce coup me rend plus malheureux ex
cor ;
✪ de mon artifice esperance trop vaine !
Au lieu de m'armer d'un trait d'or ,
Je pris un trait de plomb, qui redoubla sa haine."
Diij MORT
E Printemps couronné de fleurs ,
Ramenoit les plaisirs dans notre solitude ,
Quand dans un Bois épais pour trouver ses dous
ceurs ,
Je portai mon inquiétude :
Mais , hélas ! que je fus surpris !
Quel objet ! je trouvai la cruelle Climene
Quidormoit à l'ombre d'un Chêne :
Dij Elle
60 MERCURE DE FRANCE
Elle me paroissoit plus belle que Cypris.
Je restai long-temps immobile,
Charmé de son aspect , ébloui de ses traits :
Helas ! dis-je , comment peut- elle être tranquille
Après m'avoir ôté les douceurs de la paix ?
Zephirs, retenez vos haleines ;
Taisez- vous, aimables Oiseaux ;
Ne coulez plus, claires Fontaines ;
Climene dort sous ces Ormeaux.
Toi , Soleil arrêre ta course
Pour admirer ses doux attraits ;
Fleuve , remonte vers ta sourse
Nimphes , sortez de vos Forêts.
Zephirs , retenez vos haleines ,
Taisez-vous , aimables Oiseaux ,
Ne coulez plus , claires Fontaines
Climene dort sous ces Ormeaux.
Je m'exprimois ainsi , quand près de ma Bergere
Je vis le rédoutable amour
Ce petit Dieu lui fait la Cour ;
Sans doute qu'il la prend pour sa charmante Mere,
Molle
JANVIER. 1732.
Mollement étendu sur un gazon naissant ,
Aux Pavots de Morphée il se livre près d'elle ;
Mon cœur à son aspect cede au desir pressant
D'oser par son secours attendrir la cruelle.
Son Arc et son Carquois rempli de mille traits
Dont la blessure cause une éternelle peine ,
Et qu'il avoit forgés aux beaux yeux de Climene,,
Pendoient à ces Arbres épais.
Perçons le cœur de cette Belle ,
Dis-je alors , forçons-la de m'aimer en ce jour;;
Faisons-lui ressentir une atteinte mortelle
Armons-nous des traits de l'Amour.
Que cette inhumaine
Ressente la peine
Qu'on souffre en aimant
Qu'une même chaîne
Unisse Climent
Et son tendre Amant.
Fapproche , non sans peur , de ces terribles ar
mes ;
Je choisis un trait bien aigu
Et l'ajustant sur l'Arc tendu ,
J'en blesse rudement cet objet plein de charmes,
Helas ce coup me rend plus malheureux ex
cor ;
✪ de mon artifice esperance trop vaine !
Au lieu de m'armer d'un trait d'or ,
Je pris un trait de plomb, qui redoubla sa haine."
Diij MORT
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Résumé : CANTATE.
Le poème 'Cantate E' relate une scène printanière où le narrateur, en quête de solitude, découvre Climène endormie sous un chêne. Ébloui par sa beauté, il est désarçonné par son indifférence. Il demande à la nature de se taire pour ne pas la réveiller. Il remarque ensuite le dieu Amour endormi près d'elle et décide d'utiliser ses flèches pour attendrir Climène. Cependant, en choisissant une flèche de plomb plutôt qu'une flèche d'or, il ne fait qu'accroître la haine de Climène à son égard, augmentant ainsi son propre malheur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5954
p. 62-74
MORT DE M. DE LA MOTTHE.
Début :
Les Belles-Lettres, l'Académie Françoise, et tout notre Parnasse [...]
Mots clefs :
Antoine Houdard de la Motte, Mort, Génie, Talents, Ouvrages, Écrivain, Portrait, Académie française, Épigramme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORT DE M. DE LA MOTTHE.
MORT DE M. DE LA MOTTHË.
L
>
-
2.. ,
Es Belles-Lettres , l'Académie Frans.
çoise , et tout notre Parnasse viennent de faire une très grande perte en
la personne d'Antoine Houdard de la
Motthe mort à Paris , sa Patrie. le.
26 Decembre 1731. entre six et sept
heures du matin dans la soixantiéme.
année de son âge , étant né le 17 de
Janvier , jour de S. Antoine de l'an 1672.
Il a été inhumé à S. André des Arcs ,
sa Paroisse , après avoir reçu tous ses Sacremens.
,
M. de la Motthe étoit un de ces genies.
heureux , feconds , on peut dire propres
à tout , et à qui aucune matiere n'étoit
étrangere. Par les ressources de son esprie
et par l'étendue de ses lumieres il réussissoit en tout; et quoiqu'il employât beaucoup d'art , son stile élevé , élegant et
sublime paroissoit simple , galant , et
toujours expressif.
Son Commerce doux , engageant , utile
et aimable , lui avoient fait un très grand
nombre d'amis , et même du premier ordre , ensorte qu'on peut dire qu'il est generalement
JANVIER. 1732.
neralement regretté , plus encore de ceux
qui le voyoient de près , et qui étoient
à portée de connoître ses talens et d'en
profiter , sur-tout de sa maniere précise ,.
fine , délicate , et polie de narrer , et tous
les agrémens enfin de son entretien dont
on se sçavoit toujours bon gré de remporter quelque chose. Mais nous ne dissimu
lerons point que le nombre de ses Ennemis étoit presque aussi grand , si on peut
appeller de ce nom , de trop séveres Ĉenseurs qui trouvoient dans ses Ouvrages et
dans son stile je ne sçai quoi de recherché et de trop simetrisé,et qui décidoient,
peut-être , avec aussi peu de lumieres que
d'équité , et peut-être aussi avec la vaine
et ridicule gloire d'oser blâmer un illustre
Ecrivain impunément , et du même ton
établi dans certains endroits , où l'on accordoit , à peine , au célebte Académicien la qualité de Poëte.
Après avoir fait ses Humanitez , et avoir
étudié en Droit,il eût un tel goût pour la
déclamation et pour les Spectacles, qu'il re- présenta diversesComédies deMoliere avec:
des jeunes gens de son âge. Ce fut dans ce
tems-là qu'il fit paroître le premier fruit de sa veine dans une Comédie,intitulée les
·Originaux, ou l'Italie , que les Comédiens
Italiens jouerent en 1693. avec peu de
Diiij succês
MERCURE DE , FRANCE
succès ; mais quatre ans après , il fit lePoëme de l'Europe galante, qui lui acquit,
à bon titre , une réputation considérable ; mais l'Epoque de son plus grand
éclat , fut lorsque son premier Volume
d'Odes parut. Il fut peu de temps après.
suivi d'un second avec un Discours sur
l'Ode et d'autres Pieces en Vers et en
Prose. Le Port de Mer et le Bal d'Auteuil
sont deux petites Comédies que M. de la
Motthe fit dans s ajeunesse pour leThéatre
François , avec M. Boindin.
>
M. de la Motthe s'est distingué par un
grand nombre d'ouvrages de toutes sortes
de caracteres. Il ne disputa jamais de prix
d'Eloquence et de Foësie qu'il ne les remportât , et il fut si souvent couronné par
' Académie Françoise , et par celle des
Jeux Floraux , qu'il fut enfin prié de ne
plus concourir.
Après le Ballet de l'Europe Galante , qui
eut un si grand succès en 1697 , il donna
la même année à l'Opera , Issé , Pastorale Héroïque , en 1699 , Amadis de Grece , Marthesie , Reine des Amazones ,
Tragédies. En 1700 , le Triomphe des Arts,
Ballet , Canente , Tragedie. En 1701 ,
Omphale , Tragedie. En 1703 , le Carna
val et la Folie , Ballet. En 1705 , la Veni
sienne , Ballet , et Alcione , Tragédie. En
1709
JANVIER 1732. 65%
1709 , Jupiter et Semelé , Tragédie. Ses
derniers Poëmes lyriques sont Scanderberg,
Tragédie qu'on met actuellement en Musique , et le Ballet des Ages , qu'on doit
jouer après Pâques.
Les Poëmes Dramatiques de M. de
la Motthe , qui sont presque ses derniers Ouvrages , sont , les Machabées
Tragédie , Romulus , Tragédie , Inés de
Castro , Tragédie , Edipe , Tragédie en
Vers la même en Prose , la Matrone
d'Ephese , petite Comédie en Prose , le
Talisman, idem. Richard Minutolo , idem,
le Magnifique , en 2. Actes , en Prose.
Toutes ces Pieces ont été jouées par les
Comédiens François avec beaucoup de
succès. Ces trois dernieres sous le titre de
PItalie Galante.
L'Amante difficile est encore une de ses
Comédies en cinq Actes , en Prose , las
même en Vers , jouée en Prose sur le
Théatre Italien depuis peu de temps..
>
Tout le monde connoît du même Auteur , son Essay de Critique sur les Théa
tres où il trouve le moyen d'établir les.
Regles de la Tragédie , et de faire en mê
me temps l'Apologie de ses Pieces. Ses
Fables avec un Discours sur la Fable
L'Iliade d'Homere traduite en Vers
François avec un Discours sur Homere.
D▼ Ouvrage
و
66 MERCURE DE FRANCE
Ouvrage qui donna lieu à une fameuse
dispute litteraire et à plusieurs autres
Volumes de notre Auteur sur le même.
sujet.
res ,
Nous ne descendrons point dans le dé-..
tail d'une infinité de Piéces fugitives en
tout genre ; Requêtes , Factums , Memoi
Piéces de Theatre et autres ouvrages
aussi ingenieux que galants , et qu'on applaudissoit sous les nomsde plusieurs personnes de ses amis ,tant hommesque femmes ; et sans qu'on ait jamais sçu le yeritable Auteur de ces ouvrages.
Il y a dans les receuils de l'Académie
Françoise , plusieurs Piéces de lui , entre
autres l'Eloge du feu Roi , qui est un morceau aussi élegant que pathetique. On assure qu'il y a dans son cabinet une suite
d'Eglogues , avec un discours sur l'Eglogue. Un memorial de l'histoire de France
en vers ; un autre de l'Histoire Romaine,
des Heures en vers , &c.
M. de la Motthe étoit d'une taille me-.
diocre , avec peu d'agrémens dans sa personne et dans le visage, mais il n'avoit rien
de rebutants on trouvoit beaucoup de
douceur dans sa phisionomie, dans ses manieres et dans le ton de sa voix. D'ailleurs
obligeant , moderé et poli dans la dispu
te, qu'il assaisonnoit de beaucoup de finis
se
JANVIER. 1732. 67
se d'esprit et de legereté. Dans les 12. ou
15. dernieres années de sa vie, il étoit toutà fait aveugle , et si accablé d'infirmitez
qu'il ne pouvoit pas faire un pas , ni même se tenir debout. Sa nourriture ordinaire étoit de pain , de legumes et de
lait.
Il avoit eu quelque vocation pour L'Etat Ecclesiatique , et avoit aspiré même à
la plus haute devotion. Il quitta le petit
colet en 1597. et a toujours vêcu dans le
celibat.
En 1710. P'Académie Françoise le nomma pour remplir la place de Thomas Cor
neille. Hy prit séance le 8. Fevrier dans
une très- nombreuse assemblée, et prononça un très-beau Discours. Il dit en parlant
de la pertede la vûe de M.Corneille, et s'adressant à ses Confreres , que ce que l'âge
avoit ravi à son prédecesseur,il l'avoit perdu dès sa jeunesse , que cette malheureuse
confirmité qu'il avoit avec lui, leur en rappelleroit souvent le souvenir , et qu'il ne
serviroit qu'à leur faire sentirsa perte; et il
adjouta : Ilfaut l'avouer cependant cette pri- ·
vation dontjemeplains,ne sera plus deformats :
pour moi un pretexte d'ignorance. Vous m'a
vez rendu la vûë , vous m'ave , ouvert tous
Les livres en m'associant à votre compagnie.
Aurayje besoin defaits ? Je trouverai ici des
Devi sçavanss
68 MERCURE DE FRANCE
1
Me sçavans à qui il n'en est point échapé.
faudra t'il des preceptes ? Je m'adresserai aux
maîtres de l'Art. Chercherai-je des exemples?
J'apprendrai les beautez des Anciens de la
bouche même de leurs Rivaux. J'ai droit enfin à tout ce que vous sçavez ; puisque je
puis vous entendre ,je n'envie plus le bonheur
de ceux qui peuvent lire. Jugez , Messieurs ,
de ma reconnoissance par l'idée juste et vive
queje meforme de vos bienfaits.
Nous finirons par l'Epigramme que
l'Abbé Tallement recita sur son nouveau
Confrere à la fin de la scéance.
LA MOTTHE par l'effort de ton vaste genie
Tu repares du fort l'injuste tirannie ,
Ce n'est pas par les yeux que l'esprit vient à bout
De bien connoître la nature ;
Argus avec cent yeux ne connut point- Mercure
Homere sans yeux voyoit tout.
PORTRAIT DE M. DE LA MOTTHE.
Q
Velle perte pour les Lettres que celle de
M. de la Motthe ? Peu d'hommes ent
réuni autant de qualitez de l'esprit et dans un
degré aussi éminent. Il sçait vous attacher
vousfixerpar ce grand sens , et par ce fond
de raifon qui caracterisent ses Ecrits. Quelqu'interessant qu'il fut par l'exposition du vrai
JANVIER 1731 69-
vrai , il ne dedaignoitpas les secours de l'imagination , il empruntott d'elle les couleurs
dont il avoit besoin pour rendre les veritez.
sensibles toujours maître du choix qui conz
venoit le mieux.
Ce n'étoientpaslà ses seules qualitez.Il s'onvroit de lafaçon la plus insinuante dans la
crainte de blesser l'amour propre dont il con
noissoit toute la delicatesse. Il nous rappelloit
ànous mêmes et nous amenoit insensiblement
aupoint de penser comme lui , mais après lui.
Ce qu'il nous avoit découvert , nous croïons
ne le tenir que de nous. Delà cette éloquence de
sentiment , qui comme si elle se fût mefiée de
la force des preuves , cherchoit à nous gagner
avant que denous convaincre.
Ala sublimité dugenie , à la delicatesse du
sentiment iljoignit l'étendue des vues et des
reflexions. Il avoit sçû par solidité d'esprit
etpar une précision d'idée , saisir les princidans beaucoup de genres , et sa souplesse
à se retournersurles differentes matieres le rendoit plus profond et plus lumineux dans chacune de celles qu'il avoit à traiter.
pes
Nous lui devons plus qu'à ces Ecrivains
qui par la seule force du genie ont bien exe
cuté , mais qui n'étoient pas capables de dé
velopper les regles de leur Art. Nous lui devons plus aussi qu'à ses hommesformezpar
la meditation , qui n'ont sçu que nous donner des
7 MERCURE DE FRANCE
des regles sans être capables de l'execution: -
M. de la Motthe nous afourni les regles et
les modeles, et parlà , sans le vouloir , il nousrend raison de ses succès.
Faut-il s'étonner si le Public sefaisoit un si
doux plaisir de l'entendre dans ces occasions
éclatantes où il avoit à soutenir à lafois l'hon
neur de l'Académie et celui de la Nation. Ses
discours tout recherchez, tout travaillez qu'ils
éroient,prenoient dans sa bouche un air sina ..
turel,qu'on eut dit qu'illes composoit dansl'ins
tant. Vous l'eussiez vû s'exprimer même par
le ton de sa voix , enlever l'Auditoire parla
justesse , par l'énergie , par la finesse de sa dé clamation...
Orné de tant de talens , il devoit être le con--
seil de tous ceux qui se mêloient d'écrires aussi
Pétoit-ilde plusieurs. Il ne s'offroit pas de son
propre mouvement à entendre toute sorte d'ouvrage, mais il se prêtoit de bonne grace. Avec
quelle activité ne saisissoit - il pas le genie de
Auteur , l'efprit de tout l'ouvrage, en un mot
toutes les convenances. Critique desinteressé
il ne cherchoit point à se mettre à la place de
Auteuren lui substituant ses propres lumieres...
Critiqueferme , il n'épargnoit rien de ce qu'il
croyoit contraire à la precision et à l'agrément.
Critique modeste , ilproposoit ses avis comme
de doute , toujours prêt à se rendre si on lui
faisoit voir qu'il s'étoit trompé.
L'amour
JANVIER. 1734: 71
-
L'amourdes Lettres ne lui avoit pointfait
perdre le goûtde la societé. Ceuxqui ontjoui :
de son commerce sçavent combien il étoit aimable. Il se livroit à quiconque vouloit l'entreteairou l'entendre. Habile à discerner les dif .
ferens caracteres , il trouvoit le bon côté de chacundes hommes et les aidoit à se montrer dans
Le jour le plus favorable , ce quifait voir sa
superiorité. Nulfaste dans ses expressions ;
point de rudesse dansıses manieres. On ne le
surprenoit point dans ces distractions , si or
dinaires aux gens applique . Il sembloit né
pourchacune des matieres qui se presentoients .
égalementpropre au solide et à l'agreable, aussi ·
bien placé dans les conversations où le cœurse
répand que dans celles où l'esprit se deploye
Il conservoit une gayeté philosophique dont
il donnoit des signes plus ou moins marquez
selon les conjonctures.
Quel charme d'eut été de l'entendre dans ces
conversations instructives et enjouées où son
amifeu M.de la Faye le piquoit , le pressoit
par des contradictions fines et adroites. Oneut
vûl'un donner au faux son air de vrai-semblance , l'autre soutenir le vrai par les raisons lesplus solides. M. de la Faye ne resis™....
toit que pour ceder ; M. de la Motike ne se
prévaloitpoint de sa victoire.
Quelle égalité d'ame ? Combien il differoit
de ces gens polis , á la verité , qui surmons tent
72. MERCURE DE FRANCE
tent leurs inquiétudes et leurs chagrins pour serendre agreables dans les cercles , mais qui, se.
vangent en secret , et dans le domestique des
efforts qu'il leur en a coûté pour reprimer leur
humeur. De telles gens , à proprement parler
aiment le monde et non pas les hommes. M.
de la Motthe aimoit les hommes ; il aimoit
ses Parens ; il avoit attiré et fixé auprès de
lui un neveu d'un vrai merite , qu'il regar-
"doit comme un autre lui-même. On ne voit
point d'union plus parfaite qu'étoit la leur.
Qui croiroit que M. de la Motthe étoit
privé de la vue et perclus de presque tous
ses membres Il n'étoit pas insensible aux maux mais on eût pu penser qu'il l'étoit.
Il se refusoit la consolation qu'il auroit pi
trouver à se plaindre . Il aimoit mieux souffrir davantage , et ne point faire souffrir les
autres. Il étoit reconnoissant , même des services qu'on lui rendoit par devoir , quoiqu'il
ignorât , peut- être , combien l'inclination y
avoit de part.
يو
Un merite si éclatant ne l'a pas garanti
de la jalousie des Auteurs mediocres. Ils se
sont presque tous liguez ; mais leurs efforts
n'ont abouti qu'à découvrir la malignité de
leurs intentions , et à leur attirer les mépris
dus à leur bas procedé.
Des Ecrivains plus connus ont pris les armes contre lui mais des motifs plus > par nobless
JANVIER. 1732. 73
nobles. Ainsi on a vû une sçavante Dame
venir au secours d'Homere. Ainsi on a vi
tel de nos Sophocles modernes soutenir la nécessité de la versification dans les Pieces de
Theatre. M. de la Motthe distinguoit ces
Aggresseurs des autres ; il les estimoit autant
qu'il en étoit estimé.
Il ne refutoit pas tous les Ecrits. Voici
quelle étoit sa conduite . Il repondoit toutes les
fois qu'il croyoit le Public interessé dans sa
deffense , mais c'étoit toujours avec des égards
qui marquoient le fond de sa probité. Ilgar
doit le silence quand il ne s'agissoit que de
·sa personne.
Le bas Parnasse a imputé son silence à
fierté. Mais qu'attendoient-ils , repond-on
à desOuvrages que le Public ne lit point ?
La posterité desinteressée le jugera..
4
S'il s'est elevé contre le Prince des Poëtes ,
son but n'étoit pas de le décrier. Il lui a accordé les grands talens. Il convenoit qu'Homere eût été le premier Poëte de son siecle
dans quelque temps qu'il eût vecu ; mais en
même temps il observoit qu'on avoit depuis
porté l'Art à un point de perfection que ce
Poëte n'avoit pas connu. S'il a critiqué les
écarts de Pindare , ce n'est pas qu'il blâmât
ce beau feu , qui transporte les Poëtes
sur- tout les Lyriques , mais il vouloit qu'à
travers leur desordre , on entrevit une suite
› et
d'idées
74 MERCURE DE FRANCE
d'idées , que le desordre ne fut que dans l'a:
marche , et que l'on put recueillir un sens
complet , une morale suivie de la totalité de
l'ouvrage. Des fautes dont il respectoit les
Auteurs , lui ont donné occasion d'établir des
Principes qu'on ne lui a pas contestés. De-là
nous sont venus ces Chef- d'œuvres d'Elo-.
quence , ces Discours qu'il nous a laissés sur·
le Poëme épique , sur l'Ode , sur la Fable ,
et sur la Tragedie..
M.de la Motthe est mort regretté de ceux
qui l'approchoient , et de ceux qui ne le connoissoient que par ses ouvrages. Il n'y a
qu'une voix sur son sujet. Il étoit honnête .
komme, mais dans toute l'étendue de ce terme..
Il ne s'est point démenti aux approches de la
mort. Lui qui avoit representé Louis XIV.
comme plus grand au lit de la mort , que
dans le fort de ses prosperitez et de ses triomphes. Il a conservé lui- même dans ce moment
ta tranquillité du Héros qu'il avoit celebré..
L
>
-
2.. ,
Es Belles-Lettres , l'Académie Frans.
çoise , et tout notre Parnasse viennent de faire une très grande perte en
la personne d'Antoine Houdard de la
Motthe mort à Paris , sa Patrie. le.
26 Decembre 1731. entre six et sept
heures du matin dans la soixantiéme.
année de son âge , étant né le 17 de
Janvier , jour de S. Antoine de l'an 1672.
Il a été inhumé à S. André des Arcs ,
sa Paroisse , après avoir reçu tous ses Sacremens.
,
M. de la Motthe étoit un de ces genies.
heureux , feconds , on peut dire propres
à tout , et à qui aucune matiere n'étoit
étrangere. Par les ressources de son esprie
et par l'étendue de ses lumieres il réussissoit en tout; et quoiqu'il employât beaucoup d'art , son stile élevé , élegant et
sublime paroissoit simple , galant , et
toujours expressif.
Son Commerce doux , engageant , utile
et aimable , lui avoient fait un très grand
nombre d'amis , et même du premier ordre , ensorte qu'on peut dire qu'il est generalement
JANVIER. 1732.
neralement regretté , plus encore de ceux
qui le voyoient de près , et qui étoient
à portée de connoître ses talens et d'en
profiter , sur-tout de sa maniere précise ,.
fine , délicate , et polie de narrer , et tous
les agrémens enfin de son entretien dont
on se sçavoit toujours bon gré de remporter quelque chose. Mais nous ne dissimu
lerons point que le nombre de ses Ennemis étoit presque aussi grand , si on peut
appeller de ce nom , de trop séveres Ĉenseurs qui trouvoient dans ses Ouvrages et
dans son stile je ne sçai quoi de recherché et de trop simetrisé,et qui décidoient,
peut-être , avec aussi peu de lumieres que
d'équité , et peut-être aussi avec la vaine
et ridicule gloire d'oser blâmer un illustre
Ecrivain impunément , et du même ton
établi dans certains endroits , où l'on accordoit , à peine , au célebte Académicien la qualité de Poëte.
Après avoir fait ses Humanitez , et avoir
étudié en Droit,il eût un tel goût pour la
déclamation et pour les Spectacles, qu'il re- présenta diversesComédies deMoliere avec:
des jeunes gens de son âge. Ce fut dans ce
tems-là qu'il fit paroître le premier fruit de sa veine dans une Comédie,intitulée les
·Originaux, ou l'Italie , que les Comédiens
Italiens jouerent en 1693. avec peu de
Diiij succês
MERCURE DE , FRANCE
succès ; mais quatre ans après , il fit lePoëme de l'Europe galante, qui lui acquit,
à bon titre , une réputation considérable ; mais l'Epoque de son plus grand
éclat , fut lorsque son premier Volume
d'Odes parut. Il fut peu de temps après.
suivi d'un second avec un Discours sur
l'Ode et d'autres Pieces en Vers et en
Prose. Le Port de Mer et le Bal d'Auteuil
sont deux petites Comédies que M. de la
Motthe fit dans s ajeunesse pour leThéatre
François , avec M. Boindin.
>
M. de la Motthe s'est distingué par un
grand nombre d'ouvrages de toutes sortes
de caracteres. Il ne disputa jamais de prix
d'Eloquence et de Foësie qu'il ne les remportât , et il fut si souvent couronné par
' Académie Françoise , et par celle des
Jeux Floraux , qu'il fut enfin prié de ne
plus concourir.
Après le Ballet de l'Europe Galante , qui
eut un si grand succès en 1697 , il donna
la même année à l'Opera , Issé , Pastorale Héroïque , en 1699 , Amadis de Grece , Marthesie , Reine des Amazones ,
Tragédies. En 1700 , le Triomphe des Arts,
Ballet , Canente , Tragedie. En 1701 ,
Omphale , Tragedie. En 1703 , le Carna
val et la Folie , Ballet. En 1705 , la Veni
sienne , Ballet , et Alcione , Tragédie. En
1709
JANVIER 1732. 65%
1709 , Jupiter et Semelé , Tragédie. Ses
derniers Poëmes lyriques sont Scanderberg,
Tragédie qu'on met actuellement en Musique , et le Ballet des Ages , qu'on doit
jouer après Pâques.
Les Poëmes Dramatiques de M. de
la Motthe , qui sont presque ses derniers Ouvrages , sont , les Machabées
Tragédie , Romulus , Tragédie , Inés de
Castro , Tragédie , Edipe , Tragédie en
Vers la même en Prose , la Matrone
d'Ephese , petite Comédie en Prose , le
Talisman, idem. Richard Minutolo , idem,
le Magnifique , en 2. Actes , en Prose.
Toutes ces Pieces ont été jouées par les
Comédiens François avec beaucoup de
succès. Ces trois dernieres sous le titre de
PItalie Galante.
L'Amante difficile est encore une de ses
Comédies en cinq Actes , en Prose , las
même en Vers , jouée en Prose sur le
Théatre Italien depuis peu de temps..
>
Tout le monde connoît du même Auteur , son Essay de Critique sur les Théa
tres où il trouve le moyen d'établir les.
Regles de la Tragédie , et de faire en mê
me temps l'Apologie de ses Pieces. Ses
Fables avec un Discours sur la Fable
L'Iliade d'Homere traduite en Vers
François avec un Discours sur Homere.
D▼ Ouvrage
و
66 MERCURE DE FRANCE
Ouvrage qui donna lieu à une fameuse
dispute litteraire et à plusieurs autres
Volumes de notre Auteur sur le même.
sujet.
res ,
Nous ne descendrons point dans le dé-..
tail d'une infinité de Piéces fugitives en
tout genre ; Requêtes , Factums , Memoi
Piéces de Theatre et autres ouvrages
aussi ingenieux que galants , et qu'on applaudissoit sous les nomsde plusieurs personnes de ses amis ,tant hommesque femmes ; et sans qu'on ait jamais sçu le yeritable Auteur de ces ouvrages.
Il y a dans les receuils de l'Académie
Françoise , plusieurs Piéces de lui , entre
autres l'Eloge du feu Roi , qui est un morceau aussi élegant que pathetique. On assure qu'il y a dans son cabinet une suite
d'Eglogues , avec un discours sur l'Eglogue. Un memorial de l'histoire de France
en vers ; un autre de l'Histoire Romaine,
des Heures en vers , &c.
M. de la Motthe étoit d'une taille me-.
diocre , avec peu d'agrémens dans sa personne et dans le visage, mais il n'avoit rien
de rebutants on trouvoit beaucoup de
douceur dans sa phisionomie, dans ses manieres et dans le ton de sa voix. D'ailleurs
obligeant , moderé et poli dans la dispu
te, qu'il assaisonnoit de beaucoup de finis
se
JANVIER. 1732. 67
se d'esprit et de legereté. Dans les 12. ou
15. dernieres années de sa vie, il étoit toutà fait aveugle , et si accablé d'infirmitez
qu'il ne pouvoit pas faire un pas , ni même se tenir debout. Sa nourriture ordinaire étoit de pain , de legumes et de
lait.
Il avoit eu quelque vocation pour L'Etat Ecclesiatique , et avoit aspiré même à
la plus haute devotion. Il quitta le petit
colet en 1597. et a toujours vêcu dans le
celibat.
En 1710. P'Académie Françoise le nomma pour remplir la place de Thomas Cor
neille. Hy prit séance le 8. Fevrier dans
une très- nombreuse assemblée, et prononça un très-beau Discours. Il dit en parlant
de la pertede la vûe de M.Corneille, et s'adressant à ses Confreres , que ce que l'âge
avoit ravi à son prédecesseur,il l'avoit perdu dès sa jeunesse , que cette malheureuse
confirmité qu'il avoit avec lui, leur en rappelleroit souvent le souvenir , et qu'il ne
serviroit qu'à leur faire sentirsa perte; et il
adjouta : Ilfaut l'avouer cependant cette pri- ·
vation dontjemeplains,ne sera plus deformats :
pour moi un pretexte d'ignorance. Vous m'a
vez rendu la vûë , vous m'ave , ouvert tous
Les livres en m'associant à votre compagnie.
Aurayje besoin defaits ? Je trouverai ici des
Devi sçavanss
68 MERCURE DE FRANCE
1
Me sçavans à qui il n'en est point échapé.
faudra t'il des preceptes ? Je m'adresserai aux
maîtres de l'Art. Chercherai-je des exemples?
J'apprendrai les beautez des Anciens de la
bouche même de leurs Rivaux. J'ai droit enfin à tout ce que vous sçavez ; puisque je
puis vous entendre ,je n'envie plus le bonheur
de ceux qui peuvent lire. Jugez , Messieurs ,
de ma reconnoissance par l'idée juste et vive
queje meforme de vos bienfaits.
Nous finirons par l'Epigramme que
l'Abbé Tallement recita sur son nouveau
Confrere à la fin de la scéance.
LA MOTTHE par l'effort de ton vaste genie
Tu repares du fort l'injuste tirannie ,
Ce n'est pas par les yeux que l'esprit vient à bout
De bien connoître la nature ;
Argus avec cent yeux ne connut point- Mercure
Homere sans yeux voyoit tout.
PORTRAIT DE M. DE LA MOTTHE.
Q
Velle perte pour les Lettres que celle de
M. de la Motthe ? Peu d'hommes ent
réuni autant de qualitez de l'esprit et dans un
degré aussi éminent. Il sçait vous attacher
vousfixerpar ce grand sens , et par ce fond
de raifon qui caracterisent ses Ecrits. Quelqu'interessant qu'il fut par l'exposition du vrai
JANVIER 1731 69-
vrai , il ne dedaignoitpas les secours de l'imagination , il empruntott d'elle les couleurs
dont il avoit besoin pour rendre les veritez.
sensibles toujours maître du choix qui conz
venoit le mieux.
Ce n'étoientpaslà ses seules qualitez.Il s'onvroit de lafaçon la plus insinuante dans la
crainte de blesser l'amour propre dont il con
noissoit toute la delicatesse. Il nous rappelloit
ànous mêmes et nous amenoit insensiblement
aupoint de penser comme lui , mais après lui.
Ce qu'il nous avoit découvert , nous croïons
ne le tenir que de nous. Delà cette éloquence de
sentiment , qui comme si elle se fût mefiée de
la force des preuves , cherchoit à nous gagner
avant que denous convaincre.
Ala sublimité dugenie , à la delicatesse du
sentiment iljoignit l'étendue des vues et des
reflexions. Il avoit sçû par solidité d'esprit
etpar une précision d'idée , saisir les princidans beaucoup de genres , et sa souplesse
à se retournersurles differentes matieres le rendoit plus profond et plus lumineux dans chacune de celles qu'il avoit à traiter.
pes
Nous lui devons plus qu'à ces Ecrivains
qui par la seule force du genie ont bien exe
cuté , mais qui n'étoient pas capables de dé
velopper les regles de leur Art. Nous lui devons plus aussi qu'à ses hommesformezpar
la meditation , qui n'ont sçu que nous donner des
7 MERCURE DE FRANCE
des regles sans être capables de l'execution: -
M. de la Motthe nous afourni les regles et
les modeles, et parlà , sans le vouloir , il nousrend raison de ses succès.
Faut-il s'étonner si le Public sefaisoit un si
doux plaisir de l'entendre dans ces occasions
éclatantes où il avoit à soutenir à lafois l'hon
neur de l'Académie et celui de la Nation. Ses
discours tout recherchez, tout travaillez qu'ils
éroient,prenoient dans sa bouche un air sina ..
turel,qu'on eut dit qu'illes composoit dansl'ins
tant. Vous l'eussiez vû s'exprimer même par
le ton de sa voix , enlever l'Auditoire parla
justesse , par l'énergie , par la finesse de sa dé clamation...
Orné de tant de talens , il devoit être le con--
seil de tous ceux qui se mêloient d'écrires aussi
Pétoit-ilde plusieurs. Il ne s'offroit pas de son
propre mouvement à entendre toute sorte d'ouvrage, mais il se prêtoit de bonne grace. Avec
quelle activité ne saisissoit - il pas le genie de
Auteur , l'efprit de tout l'ouvrage, en un mot
toutes les convenances. Critique desinteressé
il ne cherchoit point à se mettre à la place de
Auteuren lui substituant ses propres lumieres...
Critiqueferme , il n'épargnoit rien de ce qu'il
croyoit contraire à la precision et à l'agrément.
Critique modeste , ilproposoit ses avis comme
de doute , toujours prêt à se rendre si on lui
faisoit voir qu'il s'étoit trompé.
L'amour
JANVIER. 1734: 71
-
L'amourdes Lettres ne lui avoit pointfait
perdre le goûtde la societé. Ceuxqui ontjoui :
de son commerce sçavent combien il étoit aimable. Il se livroit à quiconque vouloit l'entreteairou l'entendre. Habile à discerner les dif .
ferens caracteres , il trouvoit le bon côté de chacundes hommes et les aidoit à se montrer dans
Le jour le plus favorable , ce quifait voir sa
superiorité. Nulfaste dans ses expressions ;
point de rudesse dansıses manieres. On ne le
surprenoit point dans ces distractions , si or
dinaires aux gens applique . Il sembloit né
pourchacune des matieres qui se presentoients .
égalementpropre au solide et à l'agreable, aussi ·
bien placé dans les conversations où le cœurse
répand que dans celles où l'esprit se deploye
Il conservoit une gayeté philosophique dont
il donnoit des signes plus ou moins marquez
selon les conjonctures.
Quel charme d'eut été de l'entendre dans ces
conversations instructives et enjouées où son
amifeu M.de la Faye le piquoit , le pressoit
par des contradictions fines et adroites. Oneut
vûl'un donner au faux son air de vrai-semblance , l'autre soutenir le vrai par les raisons lesplus solides. M. de la Faye ne resis™....
toit que pour ceder ; M. de la Motike ne se
prévaloitpoint de sa victoire.
Quelle égalité d'ame ? Combien il differoit
de ces gens polis , á la verité , qui surmons tent
72. MERCURE DE FRANCE
tent leurs inquiétudes et leurs chagrins pour serendre agreables dans les cercles , mais qui, se.
vangent en secret , et dans le domestique des
efforts qu'il leur en a coûté pour reprimer leur
humeur. De telles gens , à proprement parler
aiment le monde et non pas les hommes. M.
de la Motthe aimoit les hommes ; il aimoit
ses Parens ; il avoit attiré et fixé auprès de
lui un neveu d'un vrai merite , qu'il regar-
"doit comme un autre lui-même. On ne voit
point d'union plus parfaite qu'étoit la leur.
Qui croiroit que M. de la Motthe étoit
privé de la vue et perclus de presque tous
ses membres Il n'étoit pas insensible aux maux mais on eût pu penser qu'il l'étoit.
Il se refusoit la consolation qu'il auroit pi
trouver à se plaindre . Il aimoit mieux souffrir davantage , et ne point faire souffrir les
autres. Il étoit reconnoissant , même des services qu'on lui rendoit par devoir , quoiqu'il
ignorât , peut- être , combien l'inclination y
avoit de part.
يو
Un merite si éclatant ne l'a pas garanti
de la jalousie des Auteurs mediocres. Ils se
sont presque tous liguez ; mais leurs efforts
n'ont abouti qu'à découvrir la malignité de
leurs intentions , et à leur attirer les mépris
dus à leur bas procedé.
Des Ecrivains plus connus ont pris les armes contre lui mais des motifs plus > par nobless
JANVIER. 1732. 73
nobles. Ainsi on a vû une sçavante Dame
venir au secours d'Homere. Ainsi on a vi
tel de nos Sophocles modernes soutenir la nécessité de la versification dans les Pieces de
Theatre. M. de la Motthe distinguoit ces
Aggresseurs des autres ; il les estimoit autant
qu'il en étoit estimé.
Il ne refutoit pas tous les Ecrits. Voici
quelle étoit sa conduite . Il repondoit toutes les
fois qu'il croyoit le Public interessé dans sa
deffense , mais c'étoit toujours avec des égards
qui marquoient le fond de sa probité. Ilgar
doit le silence quand il ne s'agissoit que de
·sa personne.
Le bas Parnasse a imputé son silence à
fierté. Mais qu'attendoient-ils , repond-on
à desOuvrages que le Public ne lit point ?
La posterité desinteressée le jugera..
4
S'il s'est elevé contre le Prince des Poëtes ,
son but n'étoit pas de le décrier. Il lui a accordé les grands talens. Il convenoit qu'Homere eût été le premier Poëte de son siecle
dans quelque temps qu'il eût vecu ; mais en
même temps il observoit qu'on avoit depuis
porté l'Art à un point de perfection que ce
Poëte n'avoit pas connu. S'il a critiqué les
écarts de Pindare , ce n'est pas qu'il blâmât
ce beau feu , qui transporte les Poëtes
sur- tout les Lyriques , mais il vouloit qu'à
travers leur desordre , on entrevit une suite
› et
d'idées
74 MERCURE DE FRANCE
d'idées , que le desordre ne fut que dans l'a:
marche , et que l'on put recueillir un sens
complet , une morale suivie de la totalité de
l'ouvrage. Des fautes dont il respectoit les
Auteurs , lui ont donné occasion d'établir des
Principes qu'on ne lui a pas contestés. De-là
nous sont venus ces Chef- d'œuvres d'Elo-.
quence , ces Discours qu'il nous a laissés sur·
le Poëme épique , sur l'Ode , sur la Fable ,
et sur la Tragedie..
M.de la Motthe est mort regretté de ceux
qui l'approchoient , et de ceux qui ne le connoissoient que par ses ouvrages. Il n'y a
qu'une voix sur son sujet. Il étoit honnête .
komme, mais dans toute l'étendue de ce terme..
Il ne s'est point démenti aux approches de la
mort. Lui qui avoit representé Louis XIV.
comme plus grand au lit de la mort , que
dans le fort de ses prosperitez et de ses triomphes. Il a conservé lui- même dans ce moment
ta tranquillité du Héros qu'il avoit celebré..
Fermer
Résumé : MORT DE M. DE LA MOTTHE.
Antoine Houdar de La Motte est décédé à Paris le 26 décembre 1731 à l'âge de 60 ans et a été inhumé à l'église Saint-André-des-Arts. Écrivain prolifique et talentueux, il maîtrisait divers genres littéraires avec un style élevé, élégant et sublime, tout en restant simple et expressif. Son caractère doux et engageant lui a valu de nombreux amis, mais aussi des critiques sévères qui trouvaient son style trop recherché. La Motte a étudié le droit et s'est passionné pour la déclamation et le théâtre, représentant des comédies de Molière. Parmi ses œuvres notables figurent 'Les Originaux' en 1693 et 'L'Europe galante' en 1697. Il a également composé des tragédies, des comédies, des poèmes lyriques et des ballets. Ses œuvres ont été couronnées par l'Académie française et celle des Jeux Floraux. En 1710, il a été élu à l'Académie française pour remplacer Thomas Corneille. Malgré sa cécité et ses infirmités, il a continué à écrire et à conseiller d'autres écrivains. Il était connu pour son éloquence, sa finesse d'esprit et sa modestie, laissant une œuvre littéraire riche et variée, marquée par une grande maîtrise des règles et des modèles littéraires. La Motte a été victime de la jalousie des auteurs médiocres et de critiques de la part d'écrivains plus connus. Il répondait aux critiques uniquement lorsque le public était concerné, toujours avec respect et probité. Son silence face aux attaques mineures a été mal interprété par certains. Il a critiqué Homère et Pindare pour établir des principes littéraires, et ses écrits sur le poème épique, l'ode, la fable et la tragédie sont devenus des chefs-d'œuvre d'éloquence. À sa mort, il a été regretté par tous, tant pour sa personne que pour ses œuvres, conservant sa tranquillité jusqu'à la fin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5955
p. 81-88
ODE SACRÉE, Tirée du Cantique chanté par Moyse. Exode, Chapitre XV.
Début :
Préparons nos chants de victoire, [...]
Mots clefs :
Cantique, Moïse, Éternel, Seigneur, Terre, Hébreux, Pharaon, Peuple
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE SACRÉE, Tirée du Cantique chanté par Moyse. Exode, Chapitre XV.
ODE SA CRE' E ,
Tirée du Cantique chanté par Moyse.
Exode , Chapitre XV.
PRéparons nos chants de victoire
Hébreux , accourez à ma voix ,
Celebrons à l'envi la gloire ,
Et la bonté du Roi des Roist
Quel triomphe plus magnifique ;
C'est contre un Peuple pacifique ,
Que l'Egypte arme ses Guerriers ;
Mais Dieu , que l'injustice irrite ,
Dans le fond des Mers précipite ,
Et les Soldats et leurs Coursiers,
Daigne agréer le pur hommage;
Seigneur, que j'aime à te vouer ,
Comme má force est ton ouvrage,
Mon bonheur est de te loüer:
Entourez d'un péril funeste ,
Nous avons vu ton bras celeste ,
Sur notre ennemi s'abaisser ;
Et par ce secours invincible ,
Il a subi le sort terrible ,
Dont il osoit nous menacer,
E Au
2 MERCURE DE FRANCE
Au milieu de ce grand Spectacle,
Qui m'annonce un Liberateur ,
Plus je suis frappé du Miracle ,
Et moins je doute de l'Auteur :
C'est l'Estre Eternel , l'Estre Immense,
Qui de sa suprême vengeance ,
Signale aujourd'hui les effets ,
C'est l'Estre qu'adore mon Pere,
Et dont ma gratitude espere ,
Sans cesse exalter les bienfaits.
Tel qu'est un Guerrier intrépide ,
Dont tout craint le fer menaçant ,
Tel est le Seigneur qui nous guide,
Et son nom est le Tout- Puissant
Dès qu'il voit le destin barbare ,
Qu'un Tyran endurci prépare ,
Au Peuple instruit de ce saint nom ,
La Mer par son ordre animée ,
Engloutit les Chars et l'Armée ,
De l'implacable Pharaon.
Où sont les Princes dont la foule ,
De ce Monarque enfloit l'orgueil ?
N'est-ce point sous l'Onde qui coule ,
Qu'ils ont rencontré leur Cercueil ?
Qui , Seigneur, nous t'en rendons graces,
L'ar
JANVIER.
'
17320 L'ardeur de marcher sur nos traces ,
Les livre à la merci des flots ,
Ils sont tombez comme la pierre ,
Qui semble implorer de la Terre ,
L'heureux instant de son repos.
En vain nous cherchons leurs vestiges ;
Vangeur d'un projet inhumain ,
Dieu triomphant , dans tes prodiges ,
Permets-nous d'adorer ta main ;
Main auguste , main redoutable ,
Dont le pouvoir insurmontable ,
A nos yeux s'est manifesté,
Tu veux , ô Seigneur , qu'elle expic
Dans l'effort de ton ennemie ,
Le crime d'en avoir douté.
Comme en un instant le feu monte,
Au faîte du chaume embrasé ,
6
Ta colere est encor plus prompte ,
Et ton triomphe p'us aisé ;
Ainsi quand les Hébreux timides,
Entre deux Montagnes liquides ,
Suivoient ton celeste flambeau ,
Dans cette route salutaire ,
A notre perfide Adversaire ,
Ta fureur creusoit un Tombeau.
"
E ij L'ea
*
MERCURE DE FRANCE
;
L'eau coulante s'est arrêtée ,
Dieu commandoit , et c'est assez
Au milieu de la Mer domptée ,
Les abîmes se sont pressez.
Fier de ses Troupes florissantes,
Déja pour nos mains innocentes ,
Pharaon apprêtoit des fers ;
Je dois , disoit ce Roy parjure ,
La perte des Juifs à l'injure ,
Qu'ils ont faite aux Dieux que je sers,
Quel plaisir de voir ces Victimes ,
Tomber sous mes premiers efforts !
Et leurs dépouilles légitimes ,
Grossir l'amas de mes trésors !
Mon glaive est prêt , dès que l'Aurore ,
Des vils Esclaves que j'abhorre ,
Eclairera les Pavillons ,
De ce sang qu'ils n'osent deffendre ,
Et que je brule de répandre ,
Je cours inonder nos Sillons,
Mais , ô mon Dieu , tout sert d'azile ,
A ceux que tu veux proteger ;
Plus ton couroux paroît tranquile Moins il differe à se vanger.
Ton souffle du plus haut des Nues,
Aux
JANVIER 1732.
Aux Ondes long- temps retenues ,
A rendu leur activité ;
D'abord leur course impétueuse
De l'Egypte présomptueuse ,
A puni la témerité.
Qui d'entre les Forts est semblable
A ce Dieu que sert Israël !
Est-il quelque bras comparable ,
Seigneur , à ton bras immortel &
L'éclat de ta Majesté sainte ,
Imprime l'amour et la crainte ,
Heureux les cœurs où tu descends ,
Tes desseins sont toûjours augustes ,
Tes louanges sont toûjours justes ,
Et tes Miracles toûjours grands.
Tout conspiroit à notre perte,
Quand la Providence a permis ,
Qu'à nos yeux la Terre entr'ouverte
Ensevelit nos ennemis ;
Nous jouissons de ta présence ,
Et par un excès de clémence ,
Tu devins notre Conducteur ;
Non- content de briser nos chaînes ,
Tu nous transportes dans les Plaines ,
Où doit triompher ta grandeur.
E iij Ce
86 MERCURE DE FRANCE
Cependant les faveurs divines ,
Que le Ciel prodigue pour nous ,,
Parmi les Nations voisines ,
Sement des sentimens jaloux.
On craint le succès de nos armes ,
La Palestine est en allarmes ,
Les Princes d'Edon sont tremblans ,
Une terreur vive et subite ;
Enleve au cruel Moabite ,
Ses Deffenseurs les plus vaillants.,
Chanaan frémit par avance "
Et ses Habitans consternez ,
Semblent présenter l'abondance ,
Des biens qui nous sont destinez ;
Poursuis , Dieu , toujours redoutable ,
Acheve , et que ton bras accable
Les ennemis de tes Decrets ;
Qu'ils soient dans leur fureur sterile ,
Ainsi qu'un Rocher immobile ,
Témoins de nos heureux progrès.
Répands sur leurs yeux un nuage,
Qui leur dérobe nos Exploits ,
Que rien ne s'oppose au passage
Du Peuple soumis à tes Loix ;
Déja nous découvrons l'entrée
De
JANVIER. 1732. $7
De cette fertile Contrée ,
Promise aux Enfans d'Abraham
Bien-tôt sous tes sages auspices ,
Nos cœurs jouiront des délices ,
Dont tu veux priver Chanaam,
A
Là nous celebrerons des Fêtes
Que dis-je le Seigneur m'instruit ,
Que s'il préside à nos conquêtes ,
C'est pour en partager le fruit.
Sur une Montagne élevée ,
Qu'à son culte il a réservée ,
Aux Hébreux il viendra s'unir ,.-
Quel bonheur de faire alliance
Avec un Dieu dont la puissance ,
Ne peut ni changer ni finir !.
3.3
Puissent les Annales du Monde ,
Transmettre à nos derniers neveux , ›
Que Pharaon entrà dans l'Onde ,
Montant un Coursier belliqueux ,
Qu'autour de ce Prince coupable ,,
On vit un amas effroyable ,
D'hommes , de Cavaliers , de Chars
Et que Dieu châtiant leurs crimes ,
Les plongea tous dans les abîmes ,
Que la Mer cache à nos regards,
E iiij Mais
MERCURE DE FRANCE
Mais aussi que ces coups terribles ,
Partis de la main du Seigneur ,
Rendent nos esprits plus sensibles ,
Al'excès de notre bonheur.
Pleins d'une foi victorieuse,
De cette Mer imperieuseNous bravons l'instabilité ;
Et tandis que ses flots reposent 2,
Sous nos pas le lit qu'ils arrosent...
Perd jusqu'à son humidité..
Tirée du Cantique chanté par Moyse.
Exode , Chapitre XV.
PRéparons nos chants de victoire
Hébreux , accourez à ma voix ,
Celebrons à l'envi la gloire ,
Et la bonté du Roi des Roist
Quel triomphe plus magnifique ;
C'est contre un Peuple pacifique ,
Que l'Egypte arme ses Guerriers ;
Mais Dieu , que l'injustice irrite ,
Dans le fond des Mers précipite ,
Et les Soldats et leurs Coursiers,
Daigne agréer le pur hommage;
Seigneur, que j'aime à te vouer ,
Comme má force est ton ouvrage,
Mon bonheur est de te loüer:
Entourez d'un péril funeste ,
Nous avons vu ton bras celeste ,
Sur notre ennemi s'abaisser ;
Et par ce secours invincible ,
Il a subi le sort terrible ,
Dont il osoit nous menacer,
E Au
2 MERCURE DE FRANCE
Au milieu de ce grand Spectacle,
Qui m'annonce un Liberateur ,
Plus je suis frappé du Miracle ,
Et moins je doute de l'Auteur :
C'est l'Estre Eternel , l'Estre Immense,
Qui de sa suprême vengeance ,
Signale aujourd'hui les effets ,
C'est l'Estre qu'adore mon Pere,
Et dont ma gratitude espere ,
Sans cesse exalter les bienfaits.
Tel qu'est un Guerrier intrépide ,
Dont tout craint le fer menaçant ,
Tel est le Seigneur qui nous guide,
Et son nom est le Tout- Puissant
Dès qu'il voit le destin barbare ,
Qu'un Tyran endurci prépare ,
Au Peuple instruit de ce saint nom ,
La Mer par son ordre animée ,
Engloutit les Chars et l'Armée ,
De l'implacable Pharaon.
Où sont les Princes dont la foule ,
De ce Monarque enfloit l'orgueil ?
N'est-ce point sous l'Onde qui coule ,
Qu'ils ont rencontré leur Cercueil ?
Qui , Seigneur, nous t'en rendons graces,
L'ar
JANVIER.
'
17320 L'ardeur de marcher sur nos traces ,
Les livre à la merci des flots ,
Ils sont tombez comme la pierre ,
Qui semble implorer de la Terre ,
L'heureux instant de son repos.
En vain nous cherchons leurs vestiges ;
Vangeur d'un projet inhumain ,
Dieu triomphant , dans tes prodiges ,
Permets-nous d'adorer ta main ;
Main auguste , main redoutable ,
Dont le pouvoir insurmontable ,
A nos yeux s'est manifesté,
Tu veux , ô Seigneur , qu'elle expic
Dans l'effort de ton ennemie ,
Le crime d'en avoir douté.
Comme en un instant le feu monte,
Au faîte du chaume embrasé ,
6
Ta colere est encor plus prompte ,
Et ton triomphe p'us aisé ;
Ainsi quand les Hébreux timides,
Entre deux Montagnes liquides ,
Suivoient ton celeste flambeau ,
Dans cette route salutaire ,
A notre perfide Adversaire ,
Ta fureur creusoit un Tombeau.
"
E ij L'ea
*
MERCURE DE FRANCE
;
L'eau coulante s'est arrêtée ,
Dieu commandoit , et c'est assez
Au milieu de la Mer domptée ,
Les abîmes se sont pressez.
Fier de ses Troupes florissantes,
Déja pour nos mains innocentes ,
Pharaon apprêtoit des fers ;
Je dois , disoit ce Roy parjure ,
La perte des Juifs à l'injure ,
Qu'ils ont faite aux Dieux que je sers,
Quel plaisir de voir ces Victimes ,
Tomber sous mes premiers efforts !
Et leurs dépouilles légitimes ,
Grossir l'amas de mes trésors !
Mon glaive est prêt , dès que l'Aurore ,
Des vils Esclaves que j'abhorre ,
Eclairera les Pavillons ,
De ce sang qu'ils n'osent deffendre ,
Et que je brule de répandre ,
Je cours inonder nos Sillons,
Mais , ô mon Dieu , tout sert d'azile ,
A ceux que tu veux proteger ;
Plus ton couroux paroît tranquile Moins il differe à se vanger.
Ton souffle du plus haut des Nues,
Aux
JANVIER 1732.
Aux Ondes long- temps retenues ,
A rendu leur activité ;
D'abord leur course impétueuse
De l'Egypte présomptueuse ,
A puni la témerité.
Qui d'entre les Forts est semblable
A ce Dieu que sert Israël !
Est-il quelque bras comparable ,
Seigneur , à ton bras immortel &
L'éclat de ta Majesté sainte ,
Imprime l'amour et la crainte ,
Heureux les cœurs où tu descends ,
Tes desseins sont toûjours augustes ,
Tes louanges sont toûjours justes ,
Et tes Miracles toûjours grands.
Tout conspiroit à notre perte,
Quand la Providence a permis ,
Qu'à nos yeux la Terre entr'ouverte
Ensevelit nos ennemis ;
Nous jouissons de ta présence ,
Et par un excès de clémence ,
Tu devins notre Conducteur ;
Non- content de briser nos chaînes ,
Tu nous transportes dans les Plaines ,
Où doit triompher ta grandeur.
E iij Ce
86 MERCURE DE FRANCE
Cependant les faveurs divines ,
Que le Ciel prodigue pour nous ,,
Parmi les Nations voisines ,
Sement des sentimens jaloux.
On craint le succès de nos armes ,
La Palestine est en allarmes ,
Les Princes d'Edon sont tremblans ,
Une terreur vive et subite ;
Enleve au cruel Moabite ,
Ses Deffenseurs les plus vaillants.,
Chanaan frémit par avance "
Et ses Habitans consternez ,
Semblent présenter l'abondance ,
Des biens qui nous sont destinez ;
Poursuis , Dieu , toujours redoutable ,
Acheve , et que ton bras accable
Les ennemis de tes Decrets ;
Qu'ils soient dans leur fureur sterile ,
Ainsi qu'un Rocher immobile ,
Témoins de nos heureux progrès.
Répands sur leurs yeux un nuage,
Qui leur dérobe nos Exploits ,
Que rien ne s'oppose au passage
Du Peuple soumis à tes Loix ;
Déja nous découvrons l'entrée
De
JANVIER. 1732. $7
De cette fertile Contrée ,
Promise aux Enfans d'Abraham
Bien-tôt sous tes sages auspices ,
Nos cœurs jouiront des délices ,
Dont tu veux priver Chanaam,
A
Là nous celebrerons des Fêtes
Que dis-je le Seigneur m'instruit ,
Que s'il préside à nos conquêtes ,
C'est pour en partager le fruit.
Sur une Montagne élevée ,
Qu'à son culte il a réservée ,
Aux Hébreux il viendra s'unir ,.-
Quel bonheur de faire alliance
Avec un Dieu dont la puissance ,
Ne peut ni changer ni finir !.
3.3
Puissent les Annales du Monde ,
Transmettre à nos derniers neveux , ›
Que Pharaon entrà dans l'Onde ,
Montant un Coursier belliqueux ,
Qu'autour de ce Prince coupable ,,
On vit un amas effroyable ,
D'hommes , de Cavaliers , de Chars
Et que Dieu châtiant leurs crimes ,
Les plongea tous dans les abîmes ,
Que la Mer cache à nos regards,
E iiij Mais
MERCURE DE FRANCE
Mais aussi que ces coups terribles ,
Partis de la main du Seigneur ,
Rendent nos esprits plus sensibles ,
Al'excès de notre bonheur.
Pleins d'une foi victorieuse,
De cette Mer imperieuseNous bravons l'instabilité ;
Et tandis que ses flots reposent 2,
Sous nos pas le lit qu'ils arrosent...
Perd jusqu'à son humidité..
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Résumé : ODE SACRÉE, Tirée du Cantique chanté par Moyse. Exode, Chapitre XV.
Le poème s'inspire du Cantique de Moïse dans l'Exode, Chapitre XV, et célèbre la victoire des Hébreux sur l'Égypte. Il met en avant la bonté et la puissance de Dieu, le 'Roi des Rois', qui a sauvé son peuple en noyant les soldats égyptiens dans la mer. Le texte décrit le miracle de la mer Rouge qui s'est ouverte pour laisser passer les Hébreux et s'est refermée sur les Égyptiens. Dieu est loué pour sa puissance et sa vengeance contre les injustices commises par les Égyptiens. Le poème mentionne également la terreur des nations voisines face aux succès des Hébreux et leur crainte des faveurs divines accordées à Israël. Les Hébreux expriment leur gratitude et leur foi en Dieu, qui les guide et les protège. Ils anticipent leur entrée en Terre Promise et les fêtes qu'ils célébreront en l'honneur de Dieu. Le texte se termine par une réflexion sur la puissance de Dieu et les leçons tirées de la défaite de Pharaon.
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5956
p. 99
Enigme, Logogryphes, [titre d'après la table]
Début :
Les mots de l'Enigme et des deux Logogryphes du premier Volume de Decembre [...]
Mots clefs :
Navire, Marseille, Rouen
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Enigme, Logogryphes, [titre d'après la table]
Les mots de l'Enigme et des deux Lo
gogryphes du premier Volume de De-.
cembre sont , Navire , Marseille , Rouen.
On a dû expliquer l'Enigme et les trois
Logogryphes du second Volume, par
Cartes , Feve , Foye , Corail..
gogryphes du premier Volume de De-.
cembre sont , Navire , Marseille , Rouen.
On a dû expliquer l'Enigme et les trois
Logogryphes du second Volume, par
Cartes , Feve , Foye , Corail..
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5957
p. 99-100
ENIGME.
Début :
Vous qui dans l'ardeur de la Chasse, [...]
Mots clefs :
Bissac
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
NIGM E..
Vous qui dans l'ardeur de la Chasse ,,
Par Diane semblez instruits ,
A suivre les chemins qu'elle- même vous trace,
Par ces traits , s'il se peut , devinez qui je suis..
D'autant plus doux , que plus je charge ,
Avec plaisir vous me portez.
Au milieu de mon corps est une bouche large,
Dont mes deux flancs sont les extremitez..
Pour vous mieux peindre ma structure ,
Je n'ai tête , ni pieds , ni mains
C'est la faute de l'art , et non de la Nature ;
Je n'en suis pas pourtant moins utile aux hu
mains ;
De leurs présens je ne suis point avare ;…….
Il est vrai qu'avant eux d'abord je m'en nourris;
Javale , tout entiers les mets qu'on me prépare. ,
Lapins
Coo MERCURE DE FRANCE
Lapins , Becasses et Perdrix ,
Et ce qu'on y voit de plus rare ,
Je rends tout comme je l'ai pris;
Vous dirai - je encor davantage ?
Les plus frians mangeurs et les plus délicats ,
De tout ce que je rends font d'excellens répas
Lecteurs , dont quelquefois je suis l'heureux par
tage ,
Ne me réconnoissez-vous pas ?
Vous qui dans l'ardeur de la Chasse ,,
Par Diane semblez instruits ,
A suivre les chemins qu'elle- même vous trace,
Par ces traits , s'il se peut , devinez qui je suis..
D'autant plus doux , que plus je charge ,
Avec plaisir vous me portez.
Au milieu de mon corps est une bouche large,
Dont mes deux flancs sont les extremitez..
Pour vous mieux peindre ma structure ,
Je n'ai tête , ni pieds , ni mains
C'est la faute de l'art , et non de la Nature ;
Je n'en suis pas pourtant moins utile aux hu
mains ;
De leurs présens je ne suis point avare ;…….
Il est vrai qu'avant eux d'abord je m'en nourris;
Javale , tout entiers les mets qu'on me prépare. ,
Lapins
Coo MERCURE DE FRANCE
Lapins , Becasses et Perdrix ,
Et ce qu'on y voit de plus rare ,
Je rends tout comme je l'ai pris;
Vous dirai - je encor davantage ?
Les plus frians mangeurs et les plus délicats ,
De tout ce que je rends font d'excellens répas
Lecteurs , dont quelquefois je suis l'heureux par
tage ,
Ne me réconnoissez-vous pas ?
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5958
p. 100-101
LOGOGRYPHE.
Début :
Rien n'est plus connu que mon nom, [...]
Mots clefs :
Commerce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
R
LOGOGRYPHE.
Ien n'est plus connu que mon noms,
De tous les Etats je suis l'ame ,
Entre deux cœurs qu'amour enflamme ,
J'entretiens la douce union ;
Ainsi je joins l'agréable et Putile...
Huit lettres marquent qui je suis :
Six, deux , trois , cinq , est une Ville
Qui fut bien celebre jadis
Trois , cinq, six , huit , malgré les peines
Qu'il en coûte pour m'obtenir
Ce que je suis , fille veut devenir.
Mon nom sur tout est précieux aux Reines.
Sept, deux , et six , aux habitans des Bois.
Je donne des frayeurs mortelles.
Six ,deux , sept , amour autrefois
Emous
JANVIER. 1732. Tof
Emoussoit tous ses traits contre le cœur des belles ,
Il y trouvoit ma dureté.
Mais il a bien vaincu cette férocité.
Deux et six , je vois l'homme avide ,
Pour m'avoir , s'exposer sur quatre , cinq et six
Que dis-je , hélas ! dans l'ardeur qui le guide ,
Il braveroit même le styx.
Trois , deux , six , cinq et huit , je suis une con- trée ,
Où l'Europe trouve sa fin :
Je vais finir aussi , car ma longue durée
Pourroit fort bien ennuyer le Devină
Par M.V. J. A. L.
LOGOGRYPHE.
Ien n'est plus connu que mon noms,
De tous les Etats je suis l'ame ,
Entre deux cœurs qu'amour enflamme ,
J'entretiens la douce union ;
Ainsi je joins l'agréable et Putile...
Huit lettres marquent qui je suis :
Six, deux , trois , cinq , est une Ville
Qui fut bien celebre jadis
Trois , cinq, six , huit , malgré les peines
Qu'il en coûte pour m'obtenir
Ce que je suis , fille veut devenir.
Mon nom sur tout est précieux aux Reines.
Sept, deux , et six , aux habitans des Bois.
Je donne des frayeurs mortelles.
Six ,deux , sept , amour autrefois
Emous
JANVIER. 1732. Tof
Emoussoit tous ses traits contre le cœur des belles ,
Il y trouvoit ma dureté.
Mais il a bien vaincu cette férocité.
Deux et six , je vois l'homme avide ,
Pour m'avoir , s'exposer sur quatre , cinq et six
Que dis-je , hélas ! dans l'ardeur qui le guide ,
Il braveroit même le styx.
Trois , deux , six , cinq et huit , je suis une con- trée ,
Où l'Europe trouve sa fin :
Je vais finir aussi , car ma longue durée
Pourroit fort bien ennuyer le Devină
Par M.V. J. A. L.
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5959
p. 101
LOGOGRYPHE LATIN.
Début :
Si totus sumar, metiri tempora possum, [...]
Mots clefs :
Mensis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE LATIN.
OGOGRYPHE LATIN
S
I totus sumar metiri tempora possum ,
Tolle mihi frontem"; bella cruenta gero,
Redde mihi frontem , caudas excindere cures
Sum bona , magna , gravis , sum mala , parva
levis.
Deme iterum frontem , sum quodlibet aspicis , aër ,
Ignis , aper , tellus , aquora , numen , avis,
S
I totus sumar metiri tempora possum ,
Tolle mihi frontem"; bella cruenta gero,
Redde mihi frontem , caudas excindere cures
Sum bona , magna , gravis , sum mala , parva
levis.
Deme iterum frontem , sum quodlibet aspicis , aër ,
Ignis , aper , tellus , aquora , numen , avis,
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5960
p. 102-103
« LE BOMBARDIER FRANCOIS, ou nouvelle méthode de jetter les Bombes [...] »
Début :
LE BOMBARDIER FRANCOIS, ou nouvelle méthode de jetter les Bombes [...]
Mots clefs :
Le Bombardier Français, Lettres de S. Jean Chrisostome, Parodies du nouveau Théâtre Italien
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE BOMBARDIER FRANCOIS, ou nouvelle méthode de jetter les Bombes [...] »
L
DES BEAUX ARTS, &c.
E BOMBARDIER FRANÇOIS , ou rouvelle méthode de jetter les Bombes
avec précision. Par M. Belidor , Commissaire ordinaire de l'Artillerie , Professeur Royal de Mathématiques aux Ecoles
du même Corps , Membre des Académies Royales des Sciences d'Angleterre
et de Prusse , Correspondant de celle de
Paris. A Paris , de l'Imprimerie Royale ,
1731 , in 4.
LES LETTRES de S. Jean Chrisostome
traduites en François sur le Grec des PP.
Benedictins de la Congregation de Saint
Maur , où elles sont rangées selon l'ordre
des temps , avec des Notes et des Sommaires ; et deux Traités écrits du lieu de
son exil à la Veuve Sainte Olimpiade. A
Paris , Quay des Augustins , chez Pierre
Gandouin , à la belle Image, 1732 , 2. vol
in-octavo.
LES PARODIES du nouveau Théatre Italien
JANVIER 1732. TO3
lien , ou Recueil des Parodies représentées sur le Théatre de l'Hôtel de Bourgogne , par les Comédiens Italiens ordinai
res du Roy , avec les Airs gravés. A Pa
ris, chez Briasson , rue S. Jacques , 1731.
3. vol. in 12 , avec un petit Discours sur
les Parodies.
DES BEAUX ARTS, &c.
E BOMBARDIER FRANÇOIS , ou rouvelle méthode de jetter les Bombes
avec précision. Par M. Belidor , Commissaire ordinaire de l'Artillerie , Professeur Royal de Mathématiques aux Ecoles
du même Corps , Membre des Académies Royales des Sciences d'Angleterre
et de Prusse , Correspondant de celle de
Paris. A Paris , de l'Imprimerie Royale ,
1731 , in 4.
LES LETTRES de S. Jean Chrisostome
traduites en François sur le Grec des PP.
Benedictins de la Congregation de Saint
Maur , où elles sont rangées selon l'ordre
des temps , avec des Notes et des Sommaires ; et deux Traités écrits du lieu de
son exil à la Veuve Sainte Olimpiade. A
Paris , Quay des Augustins , chez Pierre
Gandouin , à la belle Image, 1732 , 2. vol
in-octavo.
LES PARODIES du nouveau Théatre Italien
JANVIER 1732. TO3
lien , ou Recueil des Parodies représentées sur le Théatre de l'Hôtel de Bourgogne , par les Comédiens Italiens ordinai
res du Roy , avec les Airs gravés. A Pa
ris, chez Briasson , rue S. Jacques , 1731.
3. vol. in 12 , avec un petit Discours sur
les Parodies.
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Résumé : « LE BOMBARDIER FRANCOIS, ou nouvelle méthode de jetter les Bombes [...] »
Le texte présente trois ouvrages distincts. Le premier, 'E BOMBARDIER FRANÇOIS, ou nouvelle méthode de jetter les Bombes avec précision', est rédigé par M. Belidor, commissaire ordinaire de l'Artillerie, professeur royal de Mathématiques aux Écoles du même Corps, et membre des Académies Royales des Sciences d'Angleterre et de Prusse. Il est également correspondant de l'Académie de Paris. L'ouvrage a été imprimé à Paris par l'Imprimerie Royale en 1731. Le deuxième ouvrage est une traduction des 'LETTRES de S. Jean Chrisostome' en français, réalisée par les Pères Bénédictins de la Congrégation de Saint Maur. Cette édition inclut des notes, des sommaires, et deux traités écrits par Jean Chrysostome lors de son exil à la veuve Sainte Olimpiade. L'ouvrage a été publié à Paris chez Pierre Gandouin en 1732 en deux volumes in-octavo. Le troisième ouvrage est un recueil de 'PARODIES du nouveau Théâtre Italien' représenté par les Comédiens Italiens ordinaires du Roi à l'Hôtel de Bourgogne. Ce recueil, publié en janvier 1732, inclut les airs gravés et un petit discours sur les parodies. Il a été édité à Paris chez Briasson en trois volumes in-12 en 1731.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5961
p. 103
L'art de se garantir du froid, &c. [titre d'après la table]
Début :
L'ART DE SE GARANTIR des incommoditez du froid, avec [...]
Mots clefs :
Froid, Saisons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'art de se garantir du froid, &c. [titre d'après la table]
'ART DE SE GARANTIR des incom
moditez du froid , avec peu de dépense ,
en suivant les principes de la Physique,
de la Medecine , de l'Economie et de la
Politique dépendance de la Physique
utile et de la Philosophie économique
de M. de Vallange. AParis , chez Gandouin l'aîné, ruë Gist- le- cœur, Mesnier ,
ruë S. Severin et au Palais , 1732. in 12,
Brochure de 48. pages.
Nous n'avons garde de perdre un instant pour annoncer cet Ouvrage qui
doit donner des moyens pour se garantir du froid rigoureux de cette Saison.
Nous souhaitons très- ardemment , pour
le bien public et pour la gloire de l'Auteur qu'il remplisse ses engagemens. Il
promet de plus , et toutes ses promesses
paroissentfort méditées, L'Artde s'habiller
commodement , proprement et à bon marché ,
selon la difference des Saisons , des âges , du
Sexe et des conditions.
moditez du froid , avec peu de dépense ,
en suivant les principes de la Physique,
de la Medecine , de l'Economie et de la
Politique dépendance de la Physique
utile et de la Philosophie économique
de M. de Vallange. AParis , chez Gandouin l'aîné, ruë Gist- le- cœur, Mesnier ,
ruë S. Severin et au Palais , 1732. in 12,
Brochure de 48. pages.
Nous n'avons garde de perdre un instant pour annoncer cet Ouvrage qui
doit donner des moyens pour se garantir du froid rigoureux de cette Saison.
Nous souhaitons très- ardemment , pour
le bien public et pour la gloire de l'Auteur qu'il remplisse ses engagemens. Il
promet de plus , et toutes ses promesses
paroissentfort méditées, L'Artde s'habiller
commodement , proprement et à bon marché ,
selon la difference des Saisons , des âges , du
Sexe et des conditions.
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Résumé : L'art de se garantir du froid, &c. [titre d'après la table]
En 1732, M. de Vallange publie à Paris 'Art de se garantir des incommodités du froid, avec peu de dépense'. Cette brochure de 48 pages offre des méthodes basées sur la physique, la médecine, l'économie et la politique pour se protéger du froid. Elle propose aussi des conseils vestimentaires adaptés aux saisons, âges, sexes et conditions sociales. L'ouvrage vise le bien public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5962
p. 104-105
« MYHTOLOGIE OU HISTOIRE DES DIEUX, des demi-Dieux et des [...] »
Début :
MYHTOLOGIE OU HISTOIRE DES DIEUX, des demi-Dieux et des [...]
Mots clefs :
Mythologie ou histoire des dieux, Traité des maladies chroniques, La réunion des Amours, Histoire de l'Empire, Lettres édifiantes et curieuses, Histoire de Guzman d'Alfarache, Histoire Negrepontique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « MYHTOLOGIE OU HISTOIRE DES DIEUX, des demi-Dieux et des [...] »
MYTHOLOGIE OU HISTOIRE DES DIEUX,
des demi-Dieux et des plus illustres Heros de l'Antiquité Payenne , contenant
P'Explication de la Fable et de la Métamorphose , où on fait voir que le culte ,
les Mysteres , les Sacrifices et les autres
Ceremonies du Paganisme, ne sont que des
copies imparfaites de l'Histoire Sainte
avec la Relation de la Destruction de
Troye , par Darés , nouvellement traduite en François sur la Traduction Latine
de Cornelius Nepos. Par M. Dupuy. A
Paris , chez Huart l'aîné , ruë S. Jacques ,
1731. deux vol. in 12. de 666. pages les
deux volumes.
SUITE DU TRAITE' des Maladies Chro
niques , où l'on prouve d'une maniere
incontestable la guérison des MaladiesVeneriennes les plus inveterées , sans détourner les Malades de leurs affaires ; et
celle des Tumeurs froides , sans l'usage
du fer et du feu. Par M. P. V. Dubois,
ancien Prévôt et Garde des Maîtres Chirurgiens de Paris. A Paris , chez Paulus
du Mesnil, Grande Salle du Palais , 1731.
LA REUNION DES AMOURS , Comédie
Héroïque. A Paris , chez Chaubert, Quay
des Augustins , 1732. in 12. prix 16. sols
Nous avons déja donné l'Extrait de cette
Piece
JANVIER.
1732 .
Plece , en parlant de sa Représentation .
HISTOIRE DE L'EMPIRE. Par M. Heiss.
Nouvelle Edition ,
augmentée de Notes
Historiques et Politiques , et continuée
jusqu'à present , par M. Vogel , GrandJuge des Gardes Suisses , 1731. dix vo
lumes in 12. La Compagnie des Libraires.
LETTRES EDIFIANTES ET CURIEUSES
écrites des Missions Etrangeres par quelques Missionnaires de la Compagnie de
Jesus , 20. Recueil. Chez Nic. le Clerc ,
ruë de la Bouclerie et le Mercier fils ,
ruë S. Jacques , 1731. in 12.
HISTOIRE DE GUZMAN D'ALFARACHE
nouvellement traduite et purgée des Moralitez superfluës , par M. le Sage, 173 26
2. vol. in 12. Ornée de Figures en Taille
douce.ChezEtienne Ganeau, ruë S.Jacques.
HISTOIRE NEGREPONTIQUE ,
Contenant
la Vie et les Amours d'Alexandre Castriot , arriere - Neveu de Scanderberg et
d'Olympe , la belle Grecque , de la Maison des Paleologues , tirée des Manuscrits d'Octavio Finelli de la Duché de
Spolete , et recueillie par lui-même des
Memoires d'un Caloyer Grec , en la Côte
d'Ephese.
Seconde Edition , 1731. in 12.
Chez Musier, Quay des Augustins.
F M
des demi-Dieux et des plus illustres Heros de l'Antiquité Payenne , contenant
P'Explication de la Fable et de la Métamorphose , où on fait voir que le culte ,
les Mysteres , les Sacrifices et les autres
Ceremonies du Paganisme, ne sont que des
copies imparfaites de l'Histoire Sainte
avec la Relation de la Destruction de
Troye , par Darés , nouvellement traduite en François sur la Traduction Latine
de Cornelius Nepos. Par M. Dupuy. A
Paris , chez Huart l'aîné , ruë S. Jacques ,
1731. deux vol. in 12. de 666. pages les
deux volumes.
SUITE DU TRAITE' des Maladies Chro
niques , où l'on prouve d'une maniere
incontestable la guérison des MaladiesVeneriennes les plus inveterées , sans détourner les Malades de leurs affaires ; et
celle des Tumeurs froides , sans l'usage
du fer et du feu. Par M. P. V. Dubois,
ancien Prévôt et Garde des Maîtres Chirurgiens de Paris. A Paris , chez Paulus
du Mesnil, Grande Salle du Palais , 1731.
LA REUNION DES AMOURS , Comédie
Héroïque. A Paris , chez Chaubert, Quay
des Augustins , 1732. in 12. prix 16. sols
Nous avons déja donné l'Extrait de cette
Piece
JANVIER.
1732 .
Plece , en parlant de sa Représentation .
HISTOIRE DE L'EMPIRE. Par M. Heiss.
Nouvelle Edition ,
augmentée de Notes
Historiques et Politiques , et continuée
jusqu'à present , par M. Vogel , GrandJuge des Gardes Suisses , 1731. dix vo
lumes in 12. La Compagnie des Libraires.
LETTRES EDIFIANTES ET CURIEUSES
écrites des Missions Etrangeres par quelques Missionnaires de la Compagnie de
Jesus , 20. Recueil. Chez Nic. le Clerc ,
ruë de la Bouclerie et le Mercier fils ,
ruë S. Jacques , 1731. in 12.
HISTOIRE DE GUZMAN D'ALFARACHE
nouvellement traduite et purgée des Moralitez superfluës , par M. le Sage, 173 26
2. vol. in 12. Ornée de Figures en Taille
douce.ChezEtienne Ganeau, ruë S.Jacques.
HISTOIRE NEGREPONTIQUE ,
Contenant
la Vie et les Amours d'Alexandre Castriot , arriere - Neveu de Scanderberg et
d'Olympe , la belle Grecque , de la Maison des Paleologues , tirée des Manuscrits d'Octavio Finelli de la Duché de
Spolete , et recueillie par lui-même des
Memoires d'un Caloyer Grec , en la Côte
d'Ephese.
Seconde Edition , 1731. in 12.
Chez Musier, Quay des Augustins.
F M
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Résumé : « MYHTOLOGIE OU HISTOIRE DES DIEUX, des demi-Dieux et des [...] »
Le document recense des publications parues à Paris entre 1731 et 1732. Parmi elles, 'Mythologie ou Histoire des Dieux, des demi-Dieux et des plus illustres Héros de l'Antiquité Payenne' de M. Dupuy compare les fables et métamorphoses de la mythologie païenne à l'Histoire Sainte et relate la destruction de Troye. 'Suite du Traité des Maladies Chroniques' de M. P. V. Dubois aborde la guérison des maladies vénériennes et des tumeurs froides sans chirurgie. 'La Réunion des Amours' est une comédie héroïque dont un extrait a déjà été publié. 'Histoire de l'Empire' de M. Heiss, augmentée par M. Vogel, couvre les événements historiques et politiques jusqu'à la date de publication. 'Lettres édifiantes et curieuses' sont des correspondances de missionnaires jésuites à l'étranger. 'Histoire de Guzman d'Alfarache' a été traduite et purgée des moralités superflues par M. le Sage. Enfin, 'Histoire Négrepontique' raconte la vie et les amours d'Alexandre Castriot et d'Olympe, tirée des manuscrits d'Octavio Finelli.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5963
p. 106
Mémoires de Mad. de Barneveldt, &c. [titre d'après la table]
Début :
MEMOIRES de Madame de Barneveldt. A Paris, Quay de Conty [...]
Mots clefs :
Mémoires, Portrait, Galanterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mémoires de Mad. de Barneveldt, &c. [titre d'après la table]
MEMOIRES de Madame de Barneveldt.
A Paris , Quay de Conty , et rue S. Jacques,
chez Mich. Gandonin et P. F. Giffart ,
173 2.2. volumes in 12. de près de 600.
pag.avecl'Avertissement et lesSommaires
On ne doit pas s'attendre à trouver
dans ces Memoires , qui sont fort bien
écrits , rien qui regarde les Armes , la
Politique , ou les affaires du grand monde. Ce ne sont que des Avantures , où
il entre tantôt du Comique , tantôt du
Tragique , et assez de Galanterie , mais
de celle dont l'image n'est pas dangereuse , et qui ne blesse point les mœurs , selon le témoignage de l'Editeur , dans son
Avertissement. Si les Portraits plaisent
dans des Memoires , dit-il , on en trouvera quelques-uns dans ceux- cys non , à
la verité , des portraits d'Hommes de guerre
et d'Etat , mais de Gens de Lettres , que
Auteur de ces Memoires a connus dans
les lieux où elle a vêcu. Ceux qui ont étudié l'Histoire Litteraire de son temps , auront la bonté de deviner leurs noms , s'ils le
peuvent ; car, comme elle n'a pasjugé àpropos de les déclarer , je n'aypas été d'humeur
de m'en informer pour les mettre à la marge,
ainsi que d'autres Editeurs plus sçavans que
moi , auroient pû faire.
A Paris , Quay de Conty , et rue S. Jacques,
chez Mich. Gandonin et P. F. Giffart ,
173 2.2. volumes in 12. de près de 600.
pag.avecl'Avertissement et lesSommaires
On ne doit pas s'attendre à trouver
dans ces Memoires , qui sont fort bien
écrits , rien qui regarde les Armes , la
Politique , ou les affaires du grand monde. Ce ne sont que des Avantures , où
il entre tantôt du Comique , tantôt du
Tragique , et assez de Galanterie , mais
de celle dont l'image n'est pas dangereuse , et qui ne blesse point les mœurs , selon le témoignage de l'Editeur , dans son
Avertissement. Si les Portraits plaisent
dans des Memoires , dit-il , on en trouvera quelques-uns dans ceux- cys non , à
la verité , des portraits d'Hommes de guerre
et d'Etat , mais de Gens de Lettres , que
Auteur de ces Memoires a connus dans
les lieux où elle a vêcu. Ceux qui ont étudié l'Histoire Litteraire de son temps , auront la bonté de deviner leurs noms , s'ils le
peuvent ; car, comme elle n'a pasjugé àpropos de les déclarer , je n'aypas été d'humeur
de m'en informer pour les mettre à la marge,
ainsi que d'autres Editeurs plus sçavans que
moi , auroient pû faire.
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Résumé : Mémoires de Mad. de Barneveldt, &c. [titre d'après la table]
Les 'Mémoires de Madame de Barneveldt' sont publiés à Paris en deux volumes de près de 600 pages chacun, accompagnés d'un avertissement et de sommaires. Ces mémoires, bien rédigés, ne traitent pas des sujets militaires, politiques ou des affaires mondaines. Ils relatent des aventures mêlant des éléments comiques, tragiques et galants, sans nuire aux mœurs. Les portraits présents dans les mémoires ne sont pas ceux d'hommes de guerre ou d'État, mais de gens de lettres connus par l'auteur. L'éditeur précise qu'il n'a pas révélé les noms de ces personnes, laissant aux lecteurs intéressés par l'histoire littéraire de l'époque le soin de les deviner.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5964
p. 107-112
Cours des Sciences, &c. [titre d'après la table]
Début :
LE COUR DES SCIENCES par le Pere Buffier, se distribue [...]
Mots clefs :
Sciences, Cours, Traité, Principes, Discours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Cours des Sciences, &c. [titre d'après la table]
LE COUR DES SCIENCES par le Pere
Buffier , se distribue présentement au public , nous en avons indiqué le dessein selon le plan de l'Auteur avant l'impression
Depuis que l'ouvrage paroît , le titre de
CoursdesSciences sur des Principes nouveaux
simples , se justifie très bien . Chacun
des Traités des Sciences n'est , pour ainsi
dire , que
le développement
d'une
propo
sition
qui
se fait
sentir
d'elle
même
, et qui
sert
de
principe
: par
exemple
, le
principe
general
de
la Grammaire
, est
qu'il
faut
parler
selon
l'usage
établi
dans
la Nation
de
chaque
pays
; et que
dans
les
langues
de
toutes
les
nations
il se
trouve
quelque
chose
qui
leur
est
commun
, sçavoir
. 1 ,
Un
sujet
dont
on
énonce
quelque
chose
( ce
qui
s'appelle
nom
. ) 2 ° . Ce
qu'on
énonce
de
ce sujet
, ( ce qui
s'appelle
Verbe
)
3 °. La
maniere
ou
les
particularitez
du
su
fet
et
de
ce
qu'on
en
énonce
; ce
que
le
Pere
Buffier
appelle
modificatif
. Mais
ces
trois
chefs
se
diversifient
dans
chaque
Langue
en
tant
de
façons
par
la bizarerie
de
l'usage
, que
c'est
ce
qui
fait
la difficulté
d'apprendre
les
Langues
. D'ailleurs
comme
une
Langue
se fait
entendre
à l'oreille
et
qu'un
livre
ne
se fait
entendre
qu'aux
yeux
, la Grammaire
imprimée
d'une
Lan
gue
est
toujours
un
peu
épineuse
à apFij
prendre
08 MERCURE DE FRANCE
prendre, mais en recompense , en l'appre
nant comme on la donne ici , elle est la
semence des auttes Sciences en faisant conzoître et discerner la valeur des mots qui
sont les images de nos pensées.
LePrincipe dansle traité del'Eloquence,
est encore plus simple ; sçavoir , qu'elle
consiste , non , dans les regles , mais dans
le talent d'inspirer aux autres les sentimens que nous prétendons ; de sorte que
pour y réussir , il faut bien moins d'étu
de que du talent naturel et de l'usage acquis par l'exercice et par les exemples.
La simplicité des principes dans les
Sciences de l'entendement est encore
plus sensible et plus importante. Dans la
Metaphisique on reduit la premiere source de nos connoissances et des premieres
veritez au sens.commun répandu, non pas
dans la plupart des hommes , mais dans le
plus grand nombre des hommes , réunis
dans une même opinion.
Ce principe appliqué , à ce qui est veritablementbeau , fait découvrir une chose singuliere ; c'est quebien qu'il se trouve
beaucoup plus de personnes laides que de
belles, cependant il n'est point de conforation de visage plus commune que celle
qui fait la beauté. Sur une centaine de
acz me , par exemple , il n'y en aura que
vingt
JANVIER. 1732. 1 !
و
vingt de bien faits ; mais qui seront sur le
ême modele au lieu que des quatro
vingt autres malfaits , il s'en trouvera à
peine quatre our cinq sur le mêmemodele
de difformité : Cette pensée de l'Auteur
dans un point de Metaphisique pourroit
amuser ceuxqui sont le moins capables de
Metaphisique etde reflexions abstraites.
Le principe de la Logique en ce cours des
Sciences semble congedier toutes les regles
fatigantes qu'on enseigne depuis si longtéms dans les Ecoles ; la Logique ayant
pour but essentiel , de tirer une conséquence juste d'une connoissance anterieure, ( appellée principe par rapport à la conséquence , le Pere Buffier donne pour uni
que regle,qu'on ait bien presente à l'espri
cette connoissance anterieure ou principe. Si j'ai , dit-il , bien présente à l'esprit
Ta connoissance ou l'idée du noir , il sera
impossible d'en conclure que c'est du blanc
ou du rouge ; un homme vous avertit de
ne le pas toucherparce que vous le casseriez..
Vous croyez que cet homme raisonne en
fou , et il raisonne très-juste , et la consé
quence deson principe est très - legitime :c'est qu'il se croit de verre ; posé
ee principe qui , ( à la verité est fou) la
conséquence est raisonnable que vous pour
riez le. casser. Certainement les Sciences
E iij ex
110 MERCURE DE FRANCE
exposées sous ce jour peuvent servir à la
curiosité de l'esprit , quand elles ne serviroient pas à sa justesse erà sa solidité.
Le principe du traité de la Societé Civile est aussi facile et encore plus interessant,
le voici : Je veux être heureux ; mais vi◄
vant avec des hommes qui veulent être heureux chacun de leur côté , je dois cherchermon
bonheur sans nuire en rien à celui des autres;
voilà le fondement de toute la vertu moralé et humaine. Telle est la simplicité et
la nouveauté des principes. que l'Auteur
donne aux Sciences , il les traite sous un
jour qui n'ôte rien à la clarté et à la sensibilité des principes.
Ontrouve ici des notes critiques sur des .
Ouvrages renommez d'Ecrivains anciens
et modernes qui ont traité les mêmes
Sciences. L'Auteur y ajoute des éclaircissemens aux difficultez proposées contre
certains endroits de ses ouvrages , telles
que nous en avons inseré il y a quelques.
années dans notre Mercure.
Un Discours particulier touchant l'étude et la methode des Sciences contient encore des reflexions utiles et nouvelles ; on
y montre l'abus de vouloir donner unemethode generale pour acquerir les Sciences : il ne se trouvera qu'à peine deux esprits dit le Pere Buffier , qui ayent acquis
JANVIER. 1737. TFU
quis la mêine sorte de Science par la mê
me methode , chacunse fait et se doit faire
la sienne selon le caractere particulier de
son genie , de son goût , de son état et de
ses besoins. On indique en ce discours divers exercices qui peuvent abreger ou faciliter l'étude des Sciences. On recommande
de s'attacher d'abord dans l'étude des Langues à interpreter beaucoup plus qu'à composer. Dans l'exercice de la Rhetorique et
de l'éloquence, à faire l'analise de Discours
excellens , et de tâcher au bout d'un tems.
à le remplir soi - même pour le comparer
avec son modele: dans l'exercice de la Poësie, de ne s'y point arrêter quand on ne s'y
trouve pas un talent singulier ; dans la Mc--
thaphysique et la Logique de choisir un
maître qui forme sesEleves à n'admetre que
ce qu'ils conçoivent nettement et indépen
damment des mots et des expressions, &c.
Le volume finit par plusieurs petits Trai
tez ou Dissertations sur differents dujets ,
pour examiner 1 °. En quoi consiste la nature du goût : 2 si nous sommes en état
de bien juger des défauts d'Homere : 3º ..
si quelques gens d'esprit ont eu raison de
décrier le vers de Lucain , victrix causa,,
&c. Les Dieux sont pourCésar , mais Caton suit Pompée, &c. 4° . Si les regles et les
beautés de la Musique sont arbitraires ou E iiij. ex-
·
AE MERCURE DE FRANCE
réelles à cette occasion l'Autheur insere
un petit Traité de Musique intelligible à
ceux même qui n'en auroient jamais rien
appris. On expose encore une question
qu'on n'auroit peut- être pas attendue dans
un cours des Sciences, mais elle sert à montrer ici combien elles contribuent à éclaircir des choses dont on entend parler trèscommunément sans les entendre , et qui
deviennent très claires par la maniere de
les exposer , avec le secours des Sciences.
Cette question est celle où l'on demande
quel est le mobile quifait hausser ou baisserce
qui s'appelle le change parmi les commerçans
de l'Europe , dont les Gazettes parlent continuellement.
Buffier , se distribue présentement au public , nous en avons indiqué le dessein selon le plan de l'Auteur avant l'impression
Depuis que l'ouvrage paroît , le titre de
CoursdesSciences sur des Principes nouveaux
simples , se justifie très bien . Chacun
des Traités des Sciences n'est , pour ainsi
dire , que
le développement
d'une
propo
sition
qui
se fait
sentir
d'elle
même
, et qui
sert
de
principe
: par
exemple
, le
principe
general
de
la Grammaire
, est
qu'il
faut
parler
selon
l'usage
établi
dans
la Nation
de
chaque
pays
; et que
dans
les
langues
de
toutes
les
nations
il se
trouve
quelque
chose
qui
leur
est
commun
, sçavoir
. 1 ,
Un
sujet
dont
on
énonce
quelque
chose
( ce
qui
s'appelle
nom
. ) 2 ° . Ce
qu'on
énonce
de
ce sujet
, ( ce qui
s'appelle
Verbe
)
3 °. La
maniere
ou
les
particularitez
du
su
fet
et
de
ce
qu'on
en
énonce
; ce
que
le
Pere
Buffier
appelle
modificatif
. Mais
ces
trois
chefs
se
diversifient
dans
chaque
Langue
en
tant
de
façons
par
la bizarerie
de
l'usage
, que
c'est
ce
qui
fait
la difficulté
d'apprendre
les
Langues
. D'ailleurs
comme
une
Langue
se fait
entendre
à l'oreille
et
qu'un
livre
ne
se fait
entendre
qu'aux
yeux
, la Grammaire
imprimée
d'une
Lan
gue
est
toujours
un
peu
épineuse
à apFij
prendre
08 MERCURE DE FRANCE
prendre, mais en recompense , en l'appre
nant comme on la donne ici , elle est la
semence des auttes Sciences en faisant conzoître et discerner la valeur des mots qui
sont les images de nos pensées.
LePrincipe dansle traité del'Eloquence,
est encore plus simple ; sçavoir , qu'elle
consiste , non , dans les regles , mais dans
le talent d'inspirer aux autres les sentimens que nous prétendons ; de sorte que
pour y réussir , il faut bien moins d'étu
de que du talent naturel et de l'usage acquis par l'exercice et par les exemples.
La simplicité des principes dans les
Sciences de l'entendement est encore
plus sensible et plus importante. Dans la
Metaphisique on reduit la premiere source de nos connoissances et des premieres
veritez au sens.commun répandu, non pas
dans la plupart des hommes , mais dans le
plus grand nombre des hommes , réunis
dans une même opinion.
Ce principe appliqué , à ce qui est veritablementbeau , fait découvrir une chose singuliere ; c'est quebien qu'il se trouve
beaucoup plus de personnes laides que de
belles, cependant il n'est point de conforation de visage plus commune que celle
qui fait la beauté. Sur une centaine de
acz me , par exemple , il n'y en aura que
vingt
JANVIER. 1732. 1 !
و
vingt de bien faits ; mais qui seront sur le
ême modele au lieu que des quatro
vingt autres malfaits , il s'en trouvera à
peine quatre our cinq sur le mêmemodele
de difformité : Cette pensée de l'Auteur
dans un point de Metaphisique pourroit
amuser ceuxqui sont le moins capables de
Metaphisique etde reflexions abstraites.
Le principe de la Logique en ce cours des
Sciences semble congedier toutes les regles
fatigantes qu'on enseigne depuis si longtéms dans les Ecoles ; la Logique ayant
pour but essentiel , de tirer une conséquence juste d'une connoissance anterieure, ( appellée principe par rapport à la conséquence , le Pere Buffier donne pour uni
que regle,qu'on ait bien presente à l'espri
cette connoissance anterieure ou principe. Si j'ai , dit-il , bien présente à l'esprit
Ta connoissance ou l'idée du noir , il sera
impossible d'en conclure que c'est du blanc
ou du rouge ; un homme vous avertit de
ne le pas toucherparce que vous le casseriez..
Vous croyez que cet homme raisonne en
fou , et il raisonne très-juste , et la consé
quence deson principe est très - legitime :c'est qu'il se croit de verre ; posé
ee principe qui , ( à la verité est fou) la
conséquence est raisonnable que vous pour
riez le. casser. Certainement les Sciences
E iij ex
110 MERCURE DE FRANCE
exposées sous ce jour peuvent servir à la
curiosité de l'esprit , quand elles ne serviroient pas à sa justesse erà sa solidité.
Le principe du traité de la Societé Civile est aussi facile et encore plus interessant,
le voici : Je veux être heureux ; mais vi◄
vant avec des hommes qui veulent être heureux chacun de leur côté , je dois cherchermon
bonheur sans nuire en rien à celui des autres;
voilà le fondement de toute la vertu moralé et humaine. Telle est la simplicité et
la nouveauté des principes. que l'Auteur
donne aux Sciences , il les traite sous un
jour qui n'ôte rien à la clarté et à la sensibilité des principes.
Ontrouve ici des notes critiques sur des .
Ouvrages renommez d'Ecrivains anciens
et modernes qui ont traité les mêmes
Sciences. L'Auteur y ajoute des éclaircissemens aux difficultez proposées contre
certains endroits de ses ouvrages , telles
que nous en avons inseré il y a quelques.
années dans notre Mercure.
Un Discours particulier touchant l'étude et la methode des Sciences contient encore des reflexions utiles et nouvelles ; on
y montre l'abus de vouloir donner unemethode generale pour acquerir les Sciences : il ne se trouvera qu'à peine deux esprits dit le Pere Buffier , qui ayent acquis
JANVIER. 1737. TFU
quis la mêine sorte de Science par la mê
me methode , chacunse fait et se doit faire
la sienne selon le caractere particulier de
son genie , de son goût , de son état et de
ses besoins. On indique en ce discours divers exercices qui peuvent abreger ou faciliter l'étude des Sciences. On recommande
de s'attacher d'abord dans l'étude des Langues à interpreter beaucoup plus qu'à composer. Dans l'exercice de la Rhetorique et
de l'éloquence, à faire l'analise de Discours
excellens , et de tâcher au bout d'un tems.
à le remplir soi - même pour le comparer
avec son modele: dans l'exercice de la Poësie, de ne s'y point arrêter quand on ne s'y
trouve pas un talent singulier ; dans la Mc--
thaphysique et la Logique de choisir un
maître qui forme sesEleves à n'admetre que
ce qu'ils conçoivent nettement et indépen
damment des mots et des expressions, &c.
Le volume finit par plusieurs petits Trai
tez ou Dissertations sur differents dujets ,
pour examiner 1 °. En quoi consiste la nature du goût : 2 si nous sommes en état
de bien juger des défauts d'Homere : 3º ..
si quelques gens d'esprit ont eu raison de
décrier le vers de Lucain , victrix causa,,
&c. Les Dieux sont pourCésar , mais Caton suit Pompée, &c. 4° . Si les regles et les
beautés de la Musique sont arbitraires ou E iiij. ex-
·
AE MERCURE DE FRANCE
réelles à cette occasion l'Autheur insere
un petit Traité de Musique intelligible à
ceux même qui n'en auroient jamais rien
appris. On expose encore une question
qu'on n'auroit peut- être pas attendue dans
un cours des Sciences, mais elle sert à montrer ici combien elles contribuent à éclaircir des choses dont on entend parler trèscommunément sans les entendre , et qui
deviennent très claires par la maniere de
les exposer , avec le secours des Sciences.
Cette question est celle où l'on demande
quel est le mobile quifait hausser ou baisserce
qui s'appelle le change parmi les commerçans
de l'Europe , dont les Gazettes parlent continuellement.
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Résumé : Cours des Sciences, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente le 'Cours des Sciences' du Père Buffier, un ouvrage caractérisé par la simplicité et la clarté de ses principes. Chaque traité de science est structuré autour d'une proposition fondamentale. En grammaire, le principe général est de parler selon l'usage établi dans chaque nation, tout en reconnaissant des éléments communs à toutes les langues, tels que le nom, le verbe et le modificatif. La grammaire imprimée, bien que difficile à apprendre, est essentielle pour comprendre les autres sciences en discernant la valeur des mots. En éloquence, le principe est que cette discipline repose davantage sur le talent naturel et l'usage acquis par l'exercice que sur les règles. En métaphysique, les connaissances et les vérités premières sont réduites au sens commun répandu parmi le plus grand nombre des hommes. La logique est simplifiée en se concentrant sur la clarté des connaissances antérieures. Le traité sur la société civile repose sur le principe de chercher son bonheur sans nuire à celui des autres, fondement de la vertu morale et humaine. L'ouvrage inclut également des notes critiques sur des ouvrages renommés et des éclaircissements sur les difficultés proposées. Un discours particulier sur l'étude et la méthode des sciences met en garde contre l'abus de vouloir imposer une méthode générale, chaque individu devant adapter son approche selon son génie et ses besoins. Le volume se termine par des dissertations sur divers sujets, tels que la nature du goût, les défauts d'Homère, les vers de Lucain, les règles de la musique, et le mobile du change parmi les commerçants européens. Ces sujets montrent comment les sciences peuvent éclaircir des questions couramment discutées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5965
p. 112-114
Reflexions sur differens sujets, &c. [titre d'après la table]
Début :
REFLEXIONS sur differens Sujets de Physique, de Guerre, de Morale, [...]
Mots clefs :
Réflexions, Ignorance, Progrès, Révolutions, Théorie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reflexions sur differens sujets, &c. [titre d'après la table]
REFLEXIONS sur differens Sujets de
Physique , de Guerre, de Morale , de Critique, d'Histoire , de Mathematique , &c.
Ouvrage Periodique , par M. de ....
le prix est de 4. sols petite brochure de
14. pagès in 8. AParis , chez F. le Breon , Quay de Conty , à l'Aigle d'or 1731.
Cette premiere feuille ne contient encore rien de ce que l'Auteur fait esperer.
C'est un Discours Préliminaire qui peut
servir dePréface à tout l'ouvrage Periodique qu'on annonce , et cet ouvrage de la
maniere dont on nous dit qu'il sera dispoSC
JANVIER. 1732. 113
sẽ et varié , pourra être utile et agréable.
Son But principal , dit- on , est l'utilité
des gens de Guerre. Un Officier dans une
Garnison , ou dans un Quartier , a bien
des heures de loisir qu'il ne sçait à quoi
employer , &c. Il ne faut pas s'étonner de
cette attention de l'Auteur pour les Offi
ciers ; il se déclare lui même homme de
Guerre; du reste il ne veut pas être connu.
Quoiqu'il en soit on peut attendre quel--
que chose de bon de l'execution de ce projet, s'il est vrai que de tous les Sujets par
ticuliers,contenus dans chaque feuille , distribuée toute sles semaines, il ne doit y en
avoir aucun qui nepuisse contribuer à polir l'esprit , à foriner le jugement , ou à redresser le cœur..
La troisiéme feuille est intitulée, Sur les
Sciencesqui conviennent à chaque Profession
commence ainsi,
2
La nécessité de s'intruire est commune:
à tous les hommes : ils naissent dans une
ignorance si profonde de toutes choses ,
qu'il n'y a que des soins continuels et une
application suiviequi puissent leur procurer les connoissances qui leur sont necessaires. Je suppose qu'on fût en France 30 .
ou 40. ans sans instruire la jeunesse , il n'y
a pas de doute qu'elle se reduiroit au même
pointe F. Y
114 MERCURE DE FRANCE
point d'obscurité , où sont à present l'E
gypte et la Grece, autrefois si Aleurissantes.
Uneinterruption de quelques années peutdétruire les progrès de plusieurs Siécles.
Dès que le malheur des tems où l'indolence des Peuples fait cesser leurs études et
leur application , ils retombent dans le
même état d'ignorance d'où leur travail
les avoit tirés.
Ces mêmes revolutions arrivent de tems:
en tems en particulier , à l'égard de cerraines professions; dès que l'émulation ou
la pratique en sont interrompues , elles
tombent dans une langueur qui approche
de l'extinction. Il y a 30. ou 40. ans que
la Sculpture fleurissoit parmi nous , à present nous n'avons personne qui remplace
les Pugets et les Girardons ; la Science de
la Guerre se neglige et s'oublie peu à peu.
Il est à souhaiter que la paix ne finisse
point; mais si elle cessoit dans 20.ans, lorsque tous les bons Officiers seront morts ou
décrepits , avec quelle ignorance ne feroiton pas la Guerre dans les premieres Campagnes , malgré les secours qu'on a dans
les bons livres que nous avons sur cette
matiere ? Le nombre des jeunes Officiers
qui s'appliquent veritablement à la theorie est si petit , qu'une grande armée ne s'en ressentiroit presque pas.
Physique , de Guerre, de Morale , de Critique, d'Histoire , de Mathematique , &c.
Ouvrage Periodique , par M. de ....
le prix est de 4. sols petite brochure de
14. pagès in 8. AParis , chez F. le Breon , Quay de Conty , à l'Aigle d'or 1731.
Cette premiere feuille ne contient encore rien de ce que l'Auteur fait esperer.
C'est un Discours Préliminaire qui peut
servir dePréface à tout l'ouvrage Periodique qu'on annonce , et cet ouvrage de la
maniere dont on nous dit qu'il sera dispoSC
JANVIER. 1732. 113
sẽ et varié , pourra être utile et agréable.
Son But principal , dit- on , est l'utilité
des gens de Guerre. Un Officier dans une
Garnison , ou dans un Quartier , a bien
des heures de loisir qu'il ne sçait à quoi
employer , &c. Il ne faut pas s'étonner de
cette attention de l'Auteur pour les Offi
ciers ; il se déclare lui même homme de
Guerre; du reste il ne veut pas être connu.
Quoiqu'il en soit on peut attendre quel--
que chose de bon de l'execution de ce projet, s'il est vrai que de tous les Sujets par
ticuliers,contenus dans chaque feuille , distribuée toute sles semaines, il ne doit y en
avoir aucun qui nepuisse contribuer à polir l'esprit , à foriner le jugement , ou à redresser le cœur..
La troisiéme feuille est intitulée, Sur les
Sciencesqui conviennent à chaque Profession
commence ainsi,
2
La nécessité de s'intruire est commune:
à tous les hommes : ils naissent dans une
ignorance si profonde de toutes choses ,
qu'il n'y a que des soins continuels et une
application suiviequi puissent leur procurer les connoissances qui leur sont necessaires. Je suppose qu'on fût en France 30 .
ou 40. ans sans instruire la jeunesse , il n'y
a pas de doute qu'elle se reduiroit au même
pointe F. Y
114 MERCURE DE FRANCE
point d'obscurité , où sont à present l'E
gypte et la Grece, autrefois si Aleurissantes.
Uneinterruption de quelques années peutdétruire les progrès de plusieurs Siécles.
Dès que le malheur des tems où l'indolence des Peuples fait cesser leurs études et
leur application , ils retombent dans le
même état d'ignorance d'où leur travail
les avoit tirés.
Ces mêmes revolutions arrivent de tems:
en tems en particulier , à l'égard de cerraines professions; dès que l'émulation ou
la pratique en sont interrompues , elles
tombent dans une langueur qui approche
de l'extinction. Il y a 30. ou 40. ans que
la Sculpture fleurissoit parmi nous , à present nous n'avons personne qui remplace
les Pugets et les Girardons ; la Science de
la Guerre se neglige et s'oublie peu à peu.
Il est à souhaiter que la paix ne finisse
point; mais si elle cessoit dans 20.ans, lorsque tous les bons Officiers seront morts ou
décrepits , avec quelle ignorance ne feroiton pas la Guerre dans les premieres Campagnes , malgré les secours qu'on a dans
les bons livres que nous avons sur cette
matiere ? Le nombre des jeunes Officiers
qui s'appliquent veritablement à la theorie est si petit , qu'une grande armée ne s'en ressentiroit presque pas.
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Résumé : Reflexions sur differens sujets, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'REFLEXIONS sur differens Sujets de Physique, de Guerre, de Morale, de Critique, d'Histoire, de Mathematique, &c.' est une publication périodique parue à Paris en 1731. Elle vise principalement à être utile aux militaires, notamment aux officiers en garnison ou en quartier, qui disposent de temps libre. L'auteur, un homme de guerre souhaitant rester anonyme, publie chaque semaine des feuilles abordant divers sujets pour enrichir l'esprit, former le jugement et redresser le cœur. La troisième feuille, intitulée 'Sur les Sciences qui conviennent à chaque Profession', insiste sur l'importance de l'instruction continue pour éviter l'ignorance. L'auteur cite l'exemple de l'Égypte et de la Grèce, où l'interruption des études a conduit à une perte de connaissances. Il souligne également le déclin de la sculpture et de la science de la guerre en France. L'auteur espère une paix durable mais craint que, en cas de guerre, celle-ci soit menée avec ignorance en raison du manque de jeunes officiers formés à la théorie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5966
p. 115-117
« TRAITÉ HISTORIQUE ET MORAL de l'abstinence de la Viande [...] »
Début :
TRAITÉ HISTORIQUE ET MORAL de l'abstinence de la Viande [...]
Mots clefs :
Traité historique et moral de l'abstinence de la Viande, Triaité de la Vérité de la Religion Chrétienne, Voyage en Anglois et en François, Histoire de la Guerre des Hussites, Images des Heros et des grands Hommes de l'Antiquité
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texteReconnaissance textuelle : « TRAITÉ HISTORIQUE ET MORAL de l'abstinence de la Viande [...] »
TRAITE HISTORIQUE ET MORAL
de l'abstinence de la "Viande et des revolutions qu'elle a eues depuis le commencement du Monde jusqu'à present ,,
tant parmi les Hebreux que parmi les
Payens , les Chrétiens et les Religieux ,
anciens et modernes. Par le R. P. Berchelet,
Religieux Benedictin de lá Congregation
de Saint Vanne et de Saint Hydulphe. A
Rouen , chez la Veuve Hérault , 173 1. in4i
TRAITE de la Verité de la Religion
Chrétienne , tiré du Latin de M. J. Alfon--
se Turetin , Professeur en Theologie et en
Histoire Ecclesiastique à Geneve. Section
prere et seconde, de la necessité et des
caracteres de la Revelation. A Geneve
chezMarc-Michel Bousquet & Compagnies
et à Paris , chez Chaubert , Quay des Au--
guftins1739. in 8. PP. 151..
VOYAGE en Anglois et en François..
D'A. de la Motraye en diverses Provinces
et Places de la Prusse Ducalle et Royale ¿',
de la Russie , de la Pologne , &c. contenant un Traité de divers Ordres de Chevalerie , un grand nombre de particula
rirés curieuses touchant le tumulte dé
Thorn , la djette de Grodno , la vie da
Czar Pierre. 1. celle de la Czarine Cathe--
Fvj ringe
1 MERCURE DE FRANCE
1
rine du General Fort et du Prince Menzikoff , avec des Remarques Geographi
ques, Topographiques, &c. Ala Haye, chez
P.Moetiens 1732. in fol. troisiéme vol. on
trouve ce volume et les 2. précedens à Paris , ruë Gist- le-Cœur , chez Heuqueville.
HISTOIRE de la Guerre des Hussites
et du Concile de Bafle. Par Jacques l'Enfant. A Utrecht , chez Corn. Guill. le Fe
vre. 1731. 2. vol. in 4. de plus de 400 ..
pages chacun.
IMAGES DES HEROS et des grands
Hommes de l'Antiquité , dessinés sur des
Médailles , des Pierres antiques et àautres
anciens Monumens. Par Jean - Angi Ganini , et gravées par Picart le Romain , &c.
avec les Observations de Jean- Ange et de
Marc Antoine Canini , données en Italien
sur ces Images' ; diverses Remarques du
Traducteur et le Texte original à côté
de la Traduction 1731. A Amsterdam
chez B. Picart et J. E. Bernard in 4
de l'abstinence de la "Viande et des revolutions qu'elle a eues depuis le commencement du Monde jusqu'à present ,,
tant parmi les Hebreux que parmi les
Payens , les Chrétiens et les Religieux ,
anciens et modernes. Par le R. P. Berchelet,
Religieux Benedictin de lá Congregation
de Saint Vanne et de Saint Hydulphe. A
Rouen , chez la Veuve Hérault , 173 1. in4i
TRAITE de la Verité de la Religion
Chrétienne , tiré du Latin de M. J. Alfon--
se Turetin , Professeur en Theologie et en
Histoire Ecclesiastique à Geneve. Section
prere et seconde, de la necessité et des
caracteres de la Revelation. A Geneve
chezMarc-Michel Bousquet & Compagnies
et à Paris , chez Chaubert , Quay des Au--
guftins1739. in 8. PP. 151..
VOYAGE en Anglois et en François..
D'A. de la Motraye en diverses Provinces
et Places de la Prusse Ducalle et Royale ¿',
de la Russie , de la Pologne , &c. contenant un Traité de divers Ordres de Chevalerie , un grand nombre de particula
rirés curieuses touchant le tumulte dé
Thorn , la djette de Grodno , la vie da
Czar Pierre. 1. celle de la Czarine Cathe--
Fvj ringe
1 MERCURE DE FRANCE
1
rine du General Fort et du Prince Menzikoff , avec des Remarques Geographi
ques, Topographiques, &c. Ala Haye, chez
P.Moetiens 1732. in fol. troisiéme vol. on
trouve ce volume et les 2. précedens à Paris , ruë Gist- le-Cœur , chez Heuqueville.
HISTOIRE de la Guerre des Hussites
et du Concile de Bafle. Par Jacques l'Enfant. A Utrecht , chez Corn. Guill. le Fe
vre. 1731. 2. vol. in 4. de plus de 400 ..
pages chacun.
IMAGES DES HEROS et des grands
Hommes de l'Antiquité , dessinés sur des
Médailles , des Pierres antiques et àautres
anciens Monumens. Par Jean - Angi Ganini , et gravées par Picart le Romain , &c.
avec les Observations de Jean- Ange et de
Marc Antoine Canini , données en Italien
sur ces Images' ; diverses Remarques du
Traducteur et le Texte original à côté
de la Traduction 1731. A Amsterdam
chez B. Picart et J. E. Bernard in 4
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Résumé : « TRAITÉ HISTORIQUE ET MORAL de l'abstinence de la Viande [...] »
Le document énumère des traités et ouvrages historiques et religieux publiés entre 1731 et 1739. Parmi ces œuvres, un traité sur l'abstinence de la viande et ses évolutions historiques est écrit par le R. P. Berchelet, un religieux bénédictin. Un autre ouvrage, traduit du latin par J. Alphonse Turretin, professeur en théologie et en histoire ecclésiastique à Genève, traite de la vérité de la religion chrétienne. Le document mentionne également un voyage en Angleterre et en France par A. de La Motraye, couvrant diverses provinces de la Prusse, de la Russie et de la Pologne, avec des remarques géographiques et topographiques. Une histoire de la guerre des Hussites et du concile de Bâle est écrite par Jacques l'Enfant. Enfin, un recueil d'images des héros et des grands hommes de l'Antiquité, dessinés sur des médailles et des pierres antiques, est présenté avec des observations de Jean-Angé Ganini et Marc Antoine Canini. Ces ouvrages ont été publiés dans diverses villes européennes, telles que Rouen, Genève, La Haye, Utrecht et Amsterdam.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5967
p. 116-130
Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTEQUE ITALIQUE, ou Histoire Litteraire de l'Italie. May, Juin, [...]
Mots clefs :
Italie, Histoire littéraire, Journal de Venise, Académies d'Italie, Venise, Sciences, Journal des savants
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texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
BIBLIOTEQUE ITALIQUE оц
Histoire Litteraire de l'Italie. May , Juin,
Juillet , Août 1728. Tome II. AGeneve ,
chezMM.Bousquet et Compagnie in 12, de
335. pages , et se trouve à Paris , ruë S.
Jacques chezGuerin. Le
JANVIER 1732 HT
Le premier article de ce second volume.
de la Bibliotheque Italique presente un
ouvrage considerable du Docteur Hiacinthe Gimma , Napolitain , sous le titre de
IDEA della storia dell' ITALIA LETTERATA ,
&c. ou Idée de l'Histoire Litteraire de l'Italie , &c. Par Don Hiacinte Gimma , &c.
en deux Tomes in 4. contenant 913. pages
sans l'Epitre Dedicatoire et la Preface. A
Naples , chez Felix Mosca 1723,
Avant que d'entrer en matiere sur cette
Histoire, les Auteurs du nouveau Journal,
ont cru devoir en porter le jugement que
voici. » Si Don H. Gimma avoit fait une
»Histoire methodique de l'étatdes Sciences
»et des Arts en Italie depuis le quinziéme
»siecle , il auroit mieux satisfait les vrais
» Sçavans , et auroit fait beaucoup plus
» d'honneur à sa Patrie , qu'en publiant
» un ouvrage indigeste. et trop, chargé,
» d'une infinité de choses qui paroissent
»peu necessaires pour un tel dessein. Il
» semble que ce Sçavant Homme ait voulu
» faire un pompeux étalage de ses lectures,
>> et montrer qu'il n'ignore aucun des sujets
»sur lesquels les Anciens et les Modernes.
»ont écrit. Il s'étoit déja fait connoître.
»sur le même pied par quelques autres ou
vrages , qui lui ont acquis beaucoup de
»réputation en Italie et dans les Pays ouses
13 MERCURE DE FRANCE
ses Livres ont passé. Il auroit pû , s'il
navoit voulu, imiter quelques Sçavans Ita-
»liens du premier ordre , dont la plûpart
»sont de ses amis , et dont les ouvrages
» dépouillés d'inutilités , ne laissent pas
» d'être très- curieux et très - instructifs, &c.
Cette critique , poussée encore plus loin.
par nos Journalistes,neles empêche pas de.
convenir que l'ouvrage de M. Gimma
merite toute l'attention des gens de Lettres , sur tout de ceux qui vivent en deçà
des Monts , et qui sont peu au fait de ce
qui se passe en Italie à l'égard desSciences
et des beaux Arts. Il contient quantité de
choses que l'on chercheroit envain ailleurs. En voici le plan et une idée , telle
que nous pouvons la donner , sans exceder les bornes qui nous conviennent.
*
L'ouvrage est divisé en 50. Chapitres
dont 34. forment le premier Tome , qui
comprend l'Histoire des Sciences et des
Arts depuis Adam jusqu'au quatorziéme
siecle inclusivement. Le second Tome
commence au quinziéme siecle et finit à
P'année 1723. Dom Gaspar Campanile ,
ami de l'Auteur , et Membre de l'Acadé
mie de Rossano a fait la Préface. Il y explique le dessein du Docteur Gimma qui est
demontrer que l'Italie a toujours été laMere
et la Maitresse du sçavoir. L'Auteur s'explique
JANVIER. 1732. 119
plique ensuite lui même dans l'introduction,sur le but qu'il s'est proposé. Il a voulu justifier ses Compatriotes et faire voir
que c'est à tort qu'on accuse les Italiens
d'ignorance , et que l'on debite chez les
Etrangers qu'on ne fait en Italie que copier des ouvrages déja imprimés , &c. Il
oppose à cette accusation entre autres
moyens de défense , le Journal Litteraire
de Venise , qui est en effet une preuve recente et authentique que l'Italie cultive
les Sciences et qu'elle enrichit la Republique des Lettres de son propre fond.
Le premier Tome , qui contient un
grand détail, finit par l'histoire dela Peinture , de la Sculpture , de l'Architecture,.
et de l'Art de Graver en bois et en cuivre;
par les noms et les ouvrages des Sçavans du
14. siecle , et par l'étude de la Langue , et
de l'éloquence Grecque et Latine , renou .
vellée par les Italiens de ce tems- là.
Dans le second Tome , encore plus ample que le premier , on trouve l'histoire -
des trois derniers siecles , et de la pa tie
qui s'est écoulée de celui dans lequel nous
vivons. On y parle des Académies d'Italie , de la Philoso hie moderne, de la Geographie , des Mathematiques , de la Medecine , et de toutes ses parties , de l'Histoire Naturelle , de la Phisique experi
mentale;
120 MERCURE DE FRANCE
mentale , et de quantité d'inventions , et
de découvertes , qui ont été faites premierement en Italie , d'où elles ont passé
ensuite chez les autres Nations. Quoique
nos journalistes abrégent assez tout ce
détail dans leur Extrait , nous ne sçaurions les suivre sans tomber dans une longueur excessive Disons cependant , d'après nos Auteurs , un mot des Académies
d'Italie.
On a vû près de 500 Académies , sous
des noms fort bizarres , commencer et finir en Italie , depuis le renouvellement
des Sciences. La plupart n'ont eu pour
objet que la Poësie ; principalement la
Poësie Toscane. D'autres , en plus petit
nombre , se sont attachées aux Belles Lettres en général ; et quelques - unes enfin
onttravaillé pour l'avancementdes Sciences. Il y en eut de cet Ordre au seizième
siécle , dont le but et l'institution ont été
suivis par toutes les Académies des Sciences , qui fleurissent aujourd'hui en divers endroits de l'Europe.
Entre les Académies nouvelles , on doit
donner le premier rang , après l'Institut
de Bologne , à celle de Mad. la Comtesse
Dona CLELIE GRILLO- BORROME'E , l'une
dés plus sçavantes Dames de ce siècle , et
grandé Protectrice des Gens de Lettres ,
tant
JANVIER 1737.
127
rant en Italie , qu'ailleurs. C'est à cetto
Dame que notre Auteur a dédié son Histoire Litteraire d'Italie. Elle avoit établi
depuis peu une Académie de Philosophie
experimentable dans son Palais à Milan.
M. Antoine Vallisnieri , premier Professeur en Médecine Théoretique , dans l'Université de Padoue , en étoit désigné
Président. Il en avoit même déja dressé
les Réglemens ; mais on vient d'apprendre que cet Etablissement n'a pu encore
avoir lieu, pour des raisons que nous
ignorons.
Nous n'obmettrons pas icy de dire pour
la gloire du beau sexe Italien, que la Prin
cesse Therese Grillo-Pamfili , sœur de la
Comtesse Borromée , dont on vient de
parler , brille aussi par de grandes qualitez, sur tout du côté des Letttes. Elle parle sept Langues , entre lesquelles sont la
Latin , Anglois , le François , l'Allemand
et l'Espagnol; elle a aussi étudié , avec
beaucoup de soin , l'Histoire naturelle, la
Philosophie experimentale , la Théologie,
l'Histoire ancienne et moderne , et les
Mathématiques ; son érudition est vaste
sa mémoire prodigieuse , et ses raisonne
mens solides et profonds. Dona Therese ,
outre une infinité de connoissances , peu
communes aux7 personnes de son sexe,,
>
écrit:
T22 MERCURE DE FRANCE
écrit sçavamment et élégamment en Prose
et en Vers. Elle est nommée Irene Pamisie
entre les Arcadi , et elle fait un des plus
beaux ornemens de cette célebre Académie de Poësie, qui embrasse presque toute
Italie , par ses diverses Colonies. Cette:
sçavante Dame a une autre sœur , sçavoir
la Comtesse Dona Genevra , qui sçait la
Philosophie, et qui écrit fort élegamment
en latin. On peut joindre à ces trois illus
tres Personnes Mademoiselle Marie Selvagia Borghini , de Pise , dont les Poësies
sont d'une élégance et d'un gout si fin ,
que Redi , bon connoisseur , ne fait pas
difficulté de la comparer au fameux Pétrarque. Cette Sçavante a fait une belle
Traduction de Tertullien en langue Toscane. A l'occasion de cette Demoiselle, les
Auteurs de cette Bibliotheque nous ap
prennent qu'il y a à Sienne une Acadé
mie de Dames , qui ont pris le nom d'As--
sicurate , ce qui n'est pas un petit surcroit
de gloire pour l'Italie.
Au reste, il y a lieu d'être surpris que
Auteur d'un Ouvrage aussi étendu que
celui qui donne lieu à cet Extrait , ne
rapporte pas du moins les noms de toutes les Académies établies en Italie depuis
le rétablissement des Sciences , dont le
nombre , selon M. Gimma , se monte à
près
JANVIER. 1731. 1233
prèsde cinq cent. Nous n'entreprendrons
pas de suppléer entierement à ce deffaut ,.
mais le Public nous sçaura peut-êtee quelque gré si nous donnons icy un dénombrement des établissemens Académiques.
qui sont venus notre connoissance ; sur
tout de ces Académies qui ont pris des
noms qui paroissent bizares.
Ce dénombrement sera fait non pas selon l'ordre des temps , ni selon le rang
des Villes Académiques , mais suivant
que les noms se presentent dans nos Mémoires , en attendant l'arrangement que
nous pourrons leur donner un jour dans
un Ouvrage plus médité.
NOMS de quelques. Academies
d'Italie.
Les Endormis , Addormentati , de Genes..
Les Ardens , Ardenti , de Naples.
Les Immobiles , Immobili , d'Alexandrie.
Les Fantasques , Fantastici , et Humoristi,
de Rome.
Les Opiniatres , Ostinaii , de Viterbe.
Les Etourdis , ou les Lourdauts , Intronati', de Sienne.
Les Insensez , Insensati , de Pérouse.
Les Oisifs Otiosi , de Boulogne et de
Naples.
Les:
124 MERCURE DE FRANCE
Les Cachez , Nascostt, de Milan.
Les Obscurcis ou Embroüillez , Caligi
nati , d'Ancone.
Les Amoureux , Invaghiti , de Mantouë,
Les Faciles ,,ou Accommodans , Adagia
ti , de Rimini.
Les Enchaînez , Catenati , de Macerata.
Les Humides, Humidi , de Florence, dont
les premiers Membres furent appellez
Humecté,le Gelé, le Froid, le Trempé , le
Transi, le Trouble, le Brochet,le Bouueux
le Rocher, l'Ecumeux , le Cygne.
Les Steriles , Infecondi , de Rome.
Les Etrangers , Pellegrini , de Rome.
Les Offusquez , Offuscati , de Cesene.
Les Désunis , Disuniti , de Fabriano.
Les Absurdes , Assorditi, de Citta di Cas
tello.
Les Cachez , Occulti , de Bresse.
Les Perseverans , Perseveranti , de Trévire.
Les Fantasques , Humorosi, de Cortonne.
Les Obscurs , Oscuri , de Lucques.
Les Agitez , Aggirati , de
Les Assurez , Affidati , de Pavie.
Les Attaquez , Affrontati , de Ferme.›
Les Sanssouci , Spensierati , de Rossano.:
Les Tracez , Orditi , de Padoüe.
Les Harmonieux ou Amateurs de l'Har
monie , Filarmonici , de Veronne..
Less
JANVIER 1732. 125
Les Lincées , Lincei , de Rome.
On peut ajoûter à ces Académies , dont
les Noms paroissent extraordinaires, celles
de Faticosi , de Milan ; Della Fuschina,
de Messine , des Appatisti , de Florence
des Olympici , de Vicence , des Dodonei ,
de Venise , et des Infuriati , de Naples
sans compter Los Desconfiados , de Barcelone ; et si l'on veut , nos Lanternistes, de
Toulouse, qui semblent avoir voulu s'impatiser avec l'Italie à cet égard-là.
›
Cependant comme il ne faut jamais rien
censurer sur de simples apparences , et
comme on doit présumer que des Italiens,
naturellement spirituels , et des Italiens
Gens de Lettres , n'auront pas donné au
hazard des Noms pareils à leurs établisse
mens Académiques ; il est bon de suspendre notre jugement iusqu'à ce qu'il vienne là- dessus quelque bonne instruction .
En attendant , voicy l'Extrait d'une Lettre qui nous a été écrite par un ( a ) Italien , Homme d'esprit de mérite et fort connu à Paris.
» J'aurai l'honneur de vous dire , Mon-
>> sieur , que les Noms dont vous m'avez
(a)Le fieur Riccoboni , dit Lélio, premier Ac- teur de la Comédie Italienne de Paris, Auteur d'une
Histoire du Théatre Italien , &c. imprimée depuis
peu à Paris.
-parlé
126 MERCURE DE FRANCE S
parlé qui vous semblent bizares , et në
>> gueres convenir à des Académies, ne sont
>> pas tels dans le fonds : pour se convain-
>>>c re de cette verité il faudroit sçavoir tous
» les Emblêmes et toutes les devises que
» nos Académies ont inventées , et qu'el-
»les se sont appropriées pour se caracte-
» riser particulierement et pour se distin-
>> guer les unes des autres. Je n'ai pointici
les Livres où ces éclaircissemens pour-
»roient se trouver, mais je puis vous fournir un exemple qui servira peut être à
nous faire rendre justice sur cette ma-
» tiere.
»Nous avons à Boulogne l'Académie de
»I. Diffetuosi , les Deffectueux , dont mon
» Epouse à l'honneur d'être , lesquels s'ap-
» pliquent particulierement à la Poesie : si
>> ces Messieurs, dira- t'on, sont deffectueux,
>ils doivent être fort mauvais Poëtes. Co
«jugementseroit precipité, mais on en re-
» vient quand on sçait que cette Académie
» apris pourEmbleme dans un tableau une
>> Ourse qui leche son petit , et qui d'une
» masse de chair informe , fait voir enfin
» un animal proportionné et parfait. On
» lit au dessus Sic format lingua , et au bas
>> le nom de l'Académie ou des Académiciens , J.. Diffetuosi. Vous devez conve
nir qu'il ni a rien de si joli et de si expressif
JANVIER. 1732. 127
prersifpour une Societé de de Let- gens
» tres et de Poëtes. Si nous avions les De-
» vises de toutes les autres Académies d'I-
» talie , vous trouveriez de même que ces
» noms ne sont point si bizares ni si ab-
»surdes ; javoue qu'ils paroissent tels , ri-
» dicules même , et qu'un Ecrivain Fran-
» çois n'a pas eu tout à fait tort de dire que
la plupart de ces noms conviendroient
» fort bien à des chevaux de Manege dans
>> une Académie d'exercice. En attendant donc qu'il vienne la dessus de l'Italie
même une instruction plus détaillée et qui
satisfasse , le public éclairé ; Risum teneatis Amici.
Cet article des Académies Italiennes s'é
tant un peu allongé , nous finirons ce qui
nous reste à dire ici de l'ouvrage de M.
Gimma , qui y a donné lieu , par exposer en peu de mots d'après les Auteurs de
la Bibliotheque Italique , ce qu'il dit des
differens Journaux d'Italie.
Nousavons toujours pensé que la gloire de l'invention des Journaux Litteraires étoit dûe à la France , et en particulier
à M. Sallo Conseiller au Parlement de Paris , lequel en l'année 1665. commença
dans cette Ville le premier de tous les
Journeaux sous le titre deJournal des Scavans , et sous le nom du Sieur d'Hedouville
128 MERCURE DE FRANCEville son Domestique. M. Gimma semble
nous envier cette primauté , en soutenant
que c'est en Italic que l'on a connu la
miere idée d'une invention si utile aux
gens de Lettres.
preCe fut à Venise , dit-il , où l'on commença de publier les Nouvelles Litteraires , en feuilles volantes , qu'on nomma
Gazettes , du nom d'une petite Piece de
Monnoye de Venise ; qui en étoit le prix.
Le Sçavant Magliabechi Bibliotequaire du
G. Duc de Toscane , conservoit quelques
volumes de ces Gazettes qui étoient toutes
du XVI. siecle. Notre Historien ajoute que
ces feuilles volantes ne se distribuoient
que Manuscrites, & que cet usage subsiste
encore à Venise. Ce sont des particuliers
qui -les dictent à 30. ou 40. Copistes à la
la fois. Une seule reflexion suffit pour concilier les choses à cet égard , et pour constater la verité.Quelle difference en effet ne
doit-on pas faire entre ces Nouvelles Litteraires manuscrites et un veritable Journal des Sçavans , tel que celui de M. Sallo,
reconnu à bon droit le premier de tous
par toute l'Europe sçavante.
M. Gimma lui- même semble reconnoitre cette verité, en disant tout de suite, que
les Sçavans d'Italie suivirent bientôt l'exemple de ceux qui les premiers donne-
JANVIER. 1732. 129
rent un Journal des Sçavans au Public
Voici ce qu'il dit ensuite de ces Journaux
Italiens , et qui servira à rectifier ce qui
pourroit se trouver de deffectueux dans ce
qu'on a écrit ailleurs sur cet article.
Il parut un Journal à Rome l'an 1668.
lequel fut continué jusqu'en 1679 sous le
titre de Giornale de Letterati. L'Abbé François Nazari de Bergame le composoit sous
le direction de l'Abbé Ricci , qui fut ensuite Cardinal. Il s'en fit un second à Ro
me sous la direction de M. Ciampini , lequel fut une continuation du précedent
jusques à l'an 1681.
- Le P. B. Bacchini , Abbé des Benedic
tins , à Parme , publia un autre Journal
dans cette Ville-là , depuis l'an 1686. jus
ques en 1690. Il le continua ensuite à Mo
déne dès l'an 1692. jusques en 1697.
Le P. Manzani,Provincial duTiers- Or
dre de S. François , fit aussi à Parme l'an
1682. un Journal en Latin , sous le titre
de Synopsis Biblica.
Le Giornale Veneto , d'un stile extraor
dinaire , dura à Venise depuis 1671. jusqu'en 1589. Le Giornale di Ferrara in 4.
dura seulement pendant 1688, et 1689..
On y publia un autre Journal in 8. dès
1671. Albrizzi , Imprimeur et Libraite
publia à Venise dès l'an 1696. un JourG nál
130 MERCURE DE FRANCE
nal in fol. sous le titre de Galleria di Minerva. Il y en a sept volumes. On y trou
ve quantité de Pieces sçavantes, outre l'Extrait de divers Livres.
Mais tous ces Journaux ayant discontinué , ou manquant des qualitez requises,M.Apostolo Zeno se joignit à quelques
Sçavans de ses amis pourdonner un Journal qui pût suppléer au défaut des autres.
Cet ouvrage,commencé en 17 10. a été continuédepuis avec un applaudissement general. Il a été publié depuis environ 1719.
sous la direction du P. Dom Pierre Catterino Zeno,Clerc Regulier de la Congregation de Somasque , Frere d'Apostolo
zeno qui fut appellé à Vienne pour y remplir la place d'Historien et de Poëte de
l'Empereur.
L'Abbé Jerôme Leone publie depuis
quelques années un Supplement au Journal de Venise, dont il a déja paru 3. ou
Volumes. Il l'a formé de plusieurs Dissertations et autres Pieces curieuses , qui ne
pouvoient pas entrer facilement dans le
Journal.
Nous renvoyons à un autre Mercure ce qui
nous reste à dire de ce second Tome de la Bibliotheque Italique
Histoire Litteraire de l'Italie. May , Juin,
Juillet , Août 1728. Tome II. AGeneve ,
chezMM.Bousquet et Compagnie in 12, de
335. pages , et se trouve à Paris , ruë S.
Jacques chezGuerin. Le
JANVIER 1732 HT
Le premier article de ce second volume.
de la Bibliotheque Italique presente un
ouvrage considerable du Docteur Hiacinthe Gimma , Napolitain , sous le titre de
IDEA della storia dell' ITALIA LETTERATA ,
&c. ou Idée de l'Histoire Litteraire de l'Italie , &c. Par Don Hiacinte Gimma , &c.
en deux Tomes in 4. contenant 913. pages
sans l'Epitre Dedicatoire et la Preface. A
Naples , chez Felix Mosca 1723,
Avant que d'entrer en matiere sur cette
Histoire, les Auteurs du nouveau Journal,
ont cru devoir en porter le jugement que
voici. » Si Don H. Gimma avoit fait une
»Histoire methodique de l'étatdes Sciences
»et des Arts en Italie depuis le quinziéme
»siecle , il auroit mieux satisfait les vrais
» Sçavans , et auroit fait beaucoup plus
» d'honneur à sa Patrie , qu'en publiant
» un ouvrage indigeste. et trop, chargé,
» d'une infinité de choses qui paroissent
»peu necessaires pour un tel dessein. Il
» semble que ce Sçavant Homme ait voulu
» faire un pompeux étalage de ses lectures,
>> et montrer qu'il n'ignore aucun des sujets
»sur lesquels les Anciens et les Modernes.
»ont écrit. Il s'étoit déja fait connoître.
»sur le même pied par quelques autres ou
vrages , qui lui ont acquis beaucoup de
»réputation en Italie et dans les Pays ouses
13 MERCURE DE FRANCE
ses Livres ont passé. Il auroit pû , s'il
navoit voulu, imiter quelques Sçavans Ita-
»liens du premier ordre , dont la plûpart
»sont de ses amis , et dont les ouvrages
» dépouillés d'inutilités , ne laissent pas
» d'être très- curieux et très - instructifs, &c.
Cette critique , poussée encore plus loin.
par nos Journalistes,neles empêche pas de.
convenir que l'ouvrage de M. Gimma
merite toute l'attention des gens de Lettres , sur tout de ceux qui vivent en deçà
des Monts , et qui sont peu au fait de ce
qui se passe en Italie à l'égard desSciences
et des beaux Arts. Il contient quantité de
choses que l'on chercheroit envain ailleurs. En voici le plan et une idée , telle
que nous pouvons la donner , sans exceder les bornes qui nous conviennent.
*
L'ouvrage est divisé en 50. Chapitres
dont 34. forment le premier Tome , qui
comprend l'Histoire des Sciences et des
Arts depuis Adam jusqu'au quatorziéme
siecle inclusivement. Le second Tome
commence au quinziéme siecle et finit à
P'année 1723. Dom Gaspar Campanile ,
ami de l'Auteur , et Membre de l'Acadé
mie de Rossano a fait la Préface. Il y explique le dessein du Docteur Gimma qui est
demontrer que l'Italie a toujours été laMere
et la Maitresse du sçavoir. L'Auteur s'explique
JANVIER. 1732. 119
plique ensuite lui même dans l'introduction,sur le but qu'il s'est proposé. Il a voulu justifier ses Compatriotes et faire voir
que c'est à tort qu'on accuse les Italiens
d'ignorance , et que l'on debite chez les
Etrangers qu'on ne fait en Italie que copier des ouvrages déja imprimés , &c. Il
oppose à cette accusation entre autres
moyens de défense , le Journal Litteraire
de Venise , qui est en effet une preuve recente et authentique que l'Italie cultive
les Sciences et qu'elle enrichit la Republique des Lettres de son propre fond.
Le premier Tome , qui contient un
grand détail, finit par l'histoire dela Peinture , de la Sculpture , de l'Architecture,.
et de l'Art de Graver en bois et en cuivre;
par les noms et les ouvrages des Sçavans du
14. siecle , et par l'étude de la Langue , et
de l'éloquence Grecque et Latine , renou .
vellée par les Italiens de ce tems- là.
Dans le second Tome , encore plus ample que le premier , on trouve l'histoire -
des trois derniers siecles , et de la pa tie
qui s'est écoulée de celui dans lequel nous
vivons. On y parle des Académies d'Italie , de la Philoso hie moderne, de la Geographie , des Mathematiques , de la Medecine , et de toutes ses parties , de l'Histoire Naturelle , de la Phisique experi
mentale;
120 MERCURE DE FRANCE
mentale , et de quantité d'inventions , et
de découvertes , qui ont été faites premierement en Italie , d'où elles ont passé
ensuite chez les autres Nations. Quoique
nos journalistes abrégent assez tout ce
détail dans leur Extrait , nous ne sçaurions les suivre sans tomber dans une longueur excessive Disons cependant , d'après nos Auteurs , un mot des Académies
d'Italie.
On a vû près de 500 Académies , sous
des noms fort bizarres , commencer et finir en Italie , depuis le renouvellement
des Sciences. La plupart n'ont eu pour
objet que la Poësie ; principalement la
Poësie Toscane. D'autres , en plus petit
nombre , se sont attachées aux Belles Lettres en général ; et quelques - unes enfin
onttravaillé pour l'avancementdes Sciences. Il y en eut de cet Ordre au seizième
siécle , dont le but et l'institution ont été
suivis par toutes les Académies des Sciences , qui fleurissent aujourd'hui en divers endroits de l'Europe.
Entre les Académies nouvelles , on doit
donner le premier rang , après l'Institut
de Bologne , à celle de Mad. la Comtesse
Dona CLELIE GRILLO- BORROME'E , l'une
dés plus sçavantes Dames de ce siècle , et
grandé Protectrice des Gens de Lettres ,
tant
JANVIER 1737.
127
rant en Italie , qu'ailleurs. C'est à cetto
Dame que notre Auteur a dédié son Histoire Litteraire d'Italie. Elle avoit établi
depuis peu une Académie de Philosophie
experimentable dans son Palais à Milan.
M. Antoine Vallisnieri , premier Professeur en Médecine Théoretique , dans l'Université de Padoue , en étoit désigné
Président. Il en avoit même déja dressé
les Réglemens ; mais on vient d'apprendre que cet Etablissement n'a pu encore
avoir lieu, pour des raisons que nous
ignorons.
Nous n'obmettrons pas icy de dire pour
la gloire du beau sexe Italien, que la Prin
cesse Therese Grillo-Pamfili , sœur de la
Comtesse Borromée , dont on vient de
parler , brille aussi par de grandes qualitez, sur tout du côté des Letttes. Elle parle sept Langues , entre lesquelles sont la
Latin , Anglois , le François , l'Allemand
et l'Espagnol; elle a aussi étudié , avec
beaucoup de soin , l'Histoire naturelle, la
Philosophie experimentale , la Théologie,
l'Histoire ancienne et moderne , et les
Mathématiques ; son érudition est vaste
sa mémoire prodigieuse , et ses raisonne
mens solides et profonds. Dona Therese ,
outre une infinité de connoissances , peu
communes aux7 personnes de son sexe,,
>
écrit:
T22 MERCURE DE FRANCE
écrit sçavamment et élégamment en Prose
et en Vers. Elle est nommée Irene Pamisie
entre les Arcadi , et elle fait un des plus
beaux ornemens de cette célebre Académie de Poësie, qui embrasse presque toute
Italie , par ses diverses Colonies. Cette:
sçavante Dame a une autre sœur , sçavoir
la Comtesse Dona Genevra , qui sçait la
Philosophie, et qui écrit fort élegamment
en latin. On peut joindre à ces trois illus
tres Personnes Mademoiselle Marie Selvagia Borghini , de Pise , dont les Poësies
sont d'une élégance et d'un gout si fin ,
que Redi , bon connoisseur , ne fait pas
difficulté de la comparer au fameux Pétrarque. Cette Sçavante a fait une belle
Traduction de Tertullien en langue Toscane. A l'occasion de cette Demoiselle, les
Auteurs de cette Bibliotheque nous ap
prennent qu'il y a à Sienne une Acadé
mie de Dames , qui ont pris le nom d'As--
sicurate , ce qui n'est pas un petit surcroit
de gloire pour l'Italie.
Au reste, il y a lieu d'être surpris que
Auteur d'un Ouvrage aussi étendu que
celui qui donne lieu à cet Extrait , ne
rapporte pas du moins les noms de toutes les Académies établies en Italie depuis
le rétablissement des Sciences , dont le
nombre , selon M. Gimma , se monte à
près
JANVIER. 1731. 1233
prèsde cinq cent. Nous n'entreprendrons
pas de suppléer entierement à ce deffaut ,.
mais le Public nous sçaura peut-êtee quelque gré si nous donnons icy un dénombrement des établissemens Académiques.
qui sont venus notre connoissance ; sur
tout de ces Académies qui ont pris des
noms qui paroissent bizares.
Ce dénombrement sera fait non pas selon l'ordre des temps , ni selon le rang
des Villes Académiques , mais suivant
que les noms se presentent dans nos Mémoires , en attendant l'arrangement que
nous pourrons leur donner un jour dans
un Ouvrage plus médité.
NOMS de quelques. Academies
d'Italie.
Les Endormis , Addormentati , de Genes..
Les Ardens , Ardenti , de Naples.
Les Immobiles , Immobili , d'Alexandrie.
Les Fantasques , Fantastici , et Humoristi,
de Rome.
Les Opiniatres , Ostinaii , de Viterbe.
Les Etourdis , ou les Lourdauts , Intronati', de Sienne.
Les Insensez , Insensati , de Pérouse.
Les Oisifs Otiosi , de Boulogne et de
Naples.
Les:
124 MERCURE DE FRANCE
Les Cachez , Nascostt, de Milan.
Les Obscurcis ou Embroüillez , Caligi
nati , d'Ancone.
Les Amoureux , Invaghiti , de Mantouë,
Les Faciles ,,ou Accommodans , Adagia
ti , de Rimini.
Les Enchaînez , Catenati , de Macerata.
Les Humides, Humidi , de Florence, dont
les premiers Membres furent appellez
Humecté,le Gelé, le Froid, le Trempé , le
Transi, le Trouble, le Brochet,le Bouueux
le Rocher, l'Ecumeux , le Cygne.
Les Steriles , Infecondi , de Rome.
Les Etrangers , Pellegrini , de Rome.
Les Offusquez , Offuscati , de Cesene.
Les Désunis , Disuniti , de Fabriano.
Les Absurdes , Assorditi, de Citta di Cas
tello.
Les Cachez , Occulti , de Bresse.
Les Perseverans , Perseveranti , de Trévire.
Les Fantasques , Humorosi, de Cortonne.
Les Obscurs , Oscuri , de Lucques.
Les Agitez , Aggirati , de
Les Assurez , Affidati , de Pavie.
Les Attaquez , Affrontati , de Ferme.›
Les Sanssouci , Spensierati , de Rossano.:
Les Tracez , Orditi , de Padoüe.
Les Harmonieux ou Amateurs de l'Har
monie , Filarmonici , de Veronne..
Less
JANVIER 1732. 125
Les Lincées , Lincei , de Rome.
On peut ajoûter à ces Académies , dont
les Noms paroissent extraordinaires, celles
de Faticosi , de Milan ; Della Fuschina,
de Messine , des Appatisti , de Florence
des Olympici , de Vicence , des Dodonei ,
de Venise , et des Infuriati , de Naples
sans compter Los Desconfiados , de Barcelone ; et si l'on veut , nos Lanternistes, de
Toulouse, qui semblent avoir voulu s'impatiser avec l'Italie à cet égard-là.
›
Cependant comme il ne faut jamais rien
censurer sur de simples apparences , et
comme on doit présumer que des Italiens,
naturellement spirituels , et des Italiens
Gens de Lettres , n'auront pas donné au
hazard des Noms pareils à leurs établisse
mens Académiques ; il est bon de suspendre notre jugement iusqu'à ce qu'il vienne là- dessus quelque bonne instruction .
En attendant , voicy l'Extrait d'une Lettre qui nous a été écrite par un ( a ) Italien , Homme d'esprit de mérite et fort connu à Paris.
» J'aurai l'honneur de vous dire , Mon-
>> sieur , que les Noms dont vous m'avez
(a)Le fieur Riccoboni , dit Lélio, premier Ac- teur de la Comédie Italienne de Paris, Auteur d'une
Histoire du Théatre Italien , &c. imprimée depuis
peu à Paris.
-parlé
126 MERCURE DE FRANCE S
parlé qui vous semblent bizares , et në
>> gueres convenir à des Académies, ne sont
>> pas tels dans le fonds : pour se convain-
>>>c re de cette verité il faudroit sçavoir tous
» les Emblêmes et toutes les devises que
» nos Académies ont inventées , et qu'el-
»les se sont appropriées pour se caracte-
» riser particulierement et pour se distin-
>> guer les unes des autres. Je n'ai pointici
les Livres où ces éclaircissemens pour-
»roient se trouver, mais je puis vous fournir un exemple qui servira peut être à
nous faire rendre justice sur cette ma-
» tiere.
»Nous avons à Boulogne l'Académie de
»I. Diffetuosi , les Deffectueux , dont mon
» Epouse à l'honneur d'être , lesquels s'ap-
» pliquent particulierement à la Poesie : si
>> ces Messieurs, dira- t'on, sont deffectueux,
>ils doivent être fort mauvais Poëtes. Co
«jugementseroit precipité, mais on en re-
» vient quand on sçait que cette Académie
» apris pourEmbleme dans un tableau une
>> Ourse qui leche son petit , et qui d'une
» masse de chair informe , fait voir enfin
» un animal proportionné et parfait. On
» lit au dessus Sic format lingua , et au bas
>> le nom de l'Académie ou des Académiciens , J.. Diffetuosi. Vous devez conve
nir qu'il ni a rien de si joli et de si expressif
JANVIER. 1732. 127
prersifpour une Societé de de Let- gens
» tres et de Poëtes. Si nous avions les De-
» vises de toutes les autres Académies d'I-
» talie , vous trouveriez de même que ces
» noms ne sont point si bizares ni si ab-
»surdes ; javoue qu'ils paroissent tels , ri-
» dicules même , et qu'un Ecrivain Fran-
» çois n'a pas eu tout à fait tort de dire que
la plupart de ces noms conviendroient
» fort bien à des chevaux de Manege dans
>> une Académie d'exercice. En attendant donc qu'il vienne la dessus de l'Italie
même une instruction plus détaillée et qui
satisfasse , le public éclairé ; Risum teneatis Amici.
Cet article des Académies Italiennes s'é
tant un peu allongé , nous finirons ce qui
nous reste à dire ici de l'ouvrage de M.
Gimma , qui y a donné lieu , par exposer en peu de mots d'après les Auteurs de
la Bibliotheque Italique , ce qu'il dit des
differens Journaux d'Italie.
Nousavons toujours pensé que la gloire de l'invention des Journaux Litteraires étoit dûe à la France , et en particulier
à M. Sallo Conseiller au Parlement de Paris , lequel en l'année 1665. commença
dans cette Ville le premier de tous les
Journeaux sous le titre deJournal des Scavans , et sous le nom du Sieur d'Hedouville
128 MERCURE DE FRANCEville son Domestique. M. Gimma semble
nous envier cette primauté , en soutenant
que c'est en Italic que l'on a connu la
miere idée d'une invention si utile aux
gens de Lettres.
preCe fut à Venise , dit-il , où l'on commença de publier les Nouvelles Litteraires , en feuilles volantes , qu'on nomma
Gazettes , du nom d'une petite Piece de
Monnoye de Venise ; qui en étoit le prix.
Le Sçavant Magliabechi Bibliotequaire du
G. Duc de Toscane , conservoit quelques
volumes de ces Gazettes qui étoient toutes
du XVI. siecle. Notre Historien ajoute que
ces feuilles volantes ne se distribuoient
que Manuscrites, & que cet usage subsiste
encore à Venise. Ce sont des particuliers
qui -les dictent à 30. ou 40. Copistes à la
la fois. Une seule reflexion suffit pour concilier les choses à cet égard , et pour constater la verité.Quelle difference en effet ne
doit-on pas faire entre ces Nouvelles Litteraires manuscrites et un veritable Journal des Sçavans , tel que celui de M. Sallo,
reconnu à bon droit le premier de tous
par toute l'Europe sçavante.
M. Gimma lui- même semble reconnoitre cette verité, en disant tout de suite, que
les Sçavans d'Italie suivirent bientôt l'exemple de ceux qui les premiers donne-
JANVIER. 1732. 129
rent un Journal des Sçavans au Public
Voici ce qu'il dit ensuite de ces Journaux
Italiens , et qui servira à rectifier ce qui
pourroit se trouver de deffectueux dans ce
qu'on a écrit ailleurs sur cet article.
Il parut un Journal à Rome l'an 1668.
lequel fut continué jusqu'en 1679 sous le
titre de Giornale de Letterati. L'Abbé François Nazari de Bergame le composoit sous
le direction de l'Abbé Ricci , qui fut ensuite Cardinal. Il s'en fit un second à Ro
me sous la direction de M. Ciampini , lequel fut une continuation du précedent
jusques à l'an 1681.
- Le P. B. Bacchini , Abbé des Benedic
tins , à Parme , publia un autre Journal
dans cette Ville-là , depuis l'an 1686. jus
ques en 1690. Il le continua ensuite à Mo
déne dès l'an 1692. jusques en 1697.
Le P. Manzani,Provincial duTiers- Or
dre de S. François , fit aussi à Parme l'an
1682. un Journal en Latin , sous le titre
de Synopsis Biblica.
Le Giornale Veneto , d'un stile extraor
dinaire , dura à Venise depuis 1671. jusqu'en 1589. Le Giornale di Ferrara in 4.
dura seulement pendant 1688, et 1689..
On y publia un autre Journal in 8. dès
1671. Albrizzi , Imprimeur et Libraite
publia à Venise dès l'an 1696. un JourG nál
130 MERCURE DE FRANCE
nal in fol. sous le titre de Galleria di Minerva. Il y en a sept volumes. On y trou
ve quantité de Pieces sçavantes, outre l'Extrait de divers Livres.
Mais tous ces Journaux ayant discontinué , ou manquant des qualitez requises,M.Apostolo Zeno se joignit à quelques
Sçavans de ses amis pourdonner un Journal qui pût suppléer au défaut des autres.
Cet ouvrage,commencé en 17 10. a été continuédepuis avec un applaudissement general. Il a été publié depuis environ 1719.
sous la direction du P. Dom Pierre Catterino Zeno,Clerc Regulier de la Congregation de Somasque , Frere d'Apostolo
zeno qui fut appellé à Vienne pour y remplir la place d'Historien et de Poëte de
l'Empereur.
L'Abbé Jerôme Leone publie depuis
quelques années un Supplement au Journal de Venise, dont il a déja paru 3. ou
Volumes. Il l'a formé de plusieurs Dissertations et autres Pieces curieuses , qui ne
pouvoient pas entrer facilement dans le
Journal.
Nous renvoyons à un autre Mercure ce qui
nous reste à dire de ce second Tome de la Bibliotheque Italique
Fermer
Résumé : Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente une critique de l'ouvrage 'IDEA della storia dell' ITALIA LETTERATA' du Docteur Hiacinthe Gimma, publié en 1723 à Naples. Cet ouvrage, en deux tomes et 913 pages, couvre l'histoire littéraire de l'Italie depuis Adam jusqu'en 1723. Les critiques estiment que Gimma aurait mieux satisfait les savants en se concentrant sur une histoire méthodique des sciences et des arts en Italie depuis le quinzième siècle, plutôt que de publier un ouvrage trop chargé de détails inutiles. Cependant, ils reconnaissent la valeur de l'ouvrage pour ceux qui souhaitent connaître les avancées scientifiques et artistiques en Italie. L'ouvrage est divisé en 50 chapitres. Les 34 premiers forment le premier tome, qui traite des sciences et des arts jusqu'au quatorzième siècle. Le second tome couvre les trois derniers siècles, incluant les académies d'Italie, la philosophie moderne, la géographie, les mathématiques, la médecine, l'histoire naturelle, et les inventions italiennes. Les critiques mentionnent également l'existence de près de 500 académies en Italie, souvent dédiées à la poésie ou aux belles-lettres, et soulignent le rôle des femmes savantes comme la Comtesse Clelia Grillo-Borromée et la Princesse Therese Grillo-Pamfili. Le texte discute également de l'origine des journaux littéraires, soulignant une controverse entre la France et l'Italie. Traditionnellement, la France est créditée de l'invention des journaux littéraires avec le 'Journal des Sçavans' en 1665. Cependant, M. Gimma affirme que l'idée des journaux littéraires est apparue en Italie, à Venise, où des 'Nouvelles Littéraires' étaient distribuées sous forme de feuilles volantes appelées 'Gazettes' dès le XVIe siècle. Ces feuilles étaient manuscrites et dictées à plusieurs copistes. Le texte liste plusieurs journaux italiens publiés entre le XVIIe et le début du XVIIIe siècle. À Rome, le 'Giornale de Letterati' fut publié de 1668 à 1679, suivi d'une continuation jusqu'en 1681. À Parme, le P. B. Bacchini publia un journal de 1686 à 1690, puis à Modène de 1692 à 1697. Le P. Manzani publia un journal en latin à Parme en 1682. À Venise, le 'Giornale Veneto' dura de 1671 à 1689, et plusieurs autres journaux furent publiés, comme le 'Galleria di Minerva' à partir de 1696. En raison de la discontinuité ou des défauts de ces journaux, Apostolo Zeno et quelques savants créèrent un nouveau journal en 1710, qui fut continué avec succès. Ce journal fut ensuite dirigé par le P. Dom Pierre Catérino Zeno. L'Abbé Jérôme Leone publia également un supplément au journal de Venise, contenant des dissertations et autres pièces curieuses.
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5968
p. 130-131
« On vend chez Lottin et Desprez, Libraires, ruë S. Jacques [...] »
Début :
On vend chez Lottin et Desprez, Libraires, ruë S. Jacques [...]
Mots clefs :
Poésies spirituelles et morales, Critique de l'Almanach du Mariage, Mémoires de la cour de France
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texteReconnaissance textuelle : « On vend chez Lottin et Desprez, Libraires, ruë S. Jacques [...] »
On vend chez Lottin et Desprez, Libraires, ruë S. Jacques le troisiéme Recueil
des Poësies Spirituelles et Morales , Fables.
&c. sur les plus beaux Airs de la Musique
Françoise et Italienne, avec la Basse : Partition in 4. gravé , Prix 3. liv. broché. Ce
Receüil contient près de 60. Airs des plus
grands Auteurs Mrs Lulli Lambert , Campra, Clerambaut , Destouches,
Bernier , Marchand , Debousser , &c. 18. ›
Chansons morales et un Receuil de Fables
dans le goût de M. de la Fontaine.
, ›
Critique de l'Almanach du Mariage ,
adressée à l'Auteur par une Dame de Pro
vince. A Paris , chez Ch. Guillaume et P.
Gandouin , rue du Huerpoix 1532. petitebrochure d'une feuille.
MEMOIRES DE LA COUR DE FRANCE ,
pour les années 1688. et 1689. Par Mas
dame laComtesse de la Fayette. A Amsterdam, chez Jean Fred. Bernard 1731. in 12.
de 235 pages. On en trouve quelques
Exemplaires, ruesaint Jacques, chez Morin
des Poësies Spirituelles et Morales , Fables.
&c. sur les plus beaux Airs de la Musique
Françoise et Italienne, avec la Basse : Partition in 4. gravé , Prix 3. liv. broché. Ce
Receüil contient près de 60. Airs des plus
grands Auteurs Mrs Lulli Lambert , Campra, Clerambaut , Destouches,
Bernier , Marchand , Debousser , &c. 18. ›
Chansons morales et un Receuil de Fables
dans le goût de M. de la Fontaine.
, ›
Critique de l'Almanach du Mariage ,
adressée à l'Auteur par une Dame de Pro
vince. A Paris , chez Ch. Guillaume et P.
Gandouin , rue du Huerpoix 1532. petitebrochure d'une feuille.
MEMOIRES DE LA COUR DE FRANCE ,
pour les années 1688. et 1689. Par Mas
dame laComtesse de la Fayette. A Amsterdam, chez Jean Fred. Bernard 1731. in 12.
de 235 pages. On en trouve quelques
Exemplaires, ruesaint Jacques, chez Morin
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Résumé : « On vend chez Lottin et Desprez, Libraires, ruë S. Jacques [...] »
Le texte mentionne plusieurs publications. Chez Lottin et Desprez, on trouve un recueil de poésies spirituelles et morales, des fables sur des airs français et italiens, et des chansons morales. Ce recueil inclut des œuvres de Lully, Lambert, Campra et d'autres compositeurs. Une critique de l'Almanach du Mariage est publiée chez Ch. Guillaume et P. Gandouin. Les 'Mémoires de la Cour de France' pour 1688 et 1689, rédigés par Madame la Comtesse de Lafayette, sont disponibles chez Jean Fred. Bernard à Amsterdam et chez Morin à Paris.
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5969
p. 131-133
JETTONS FRAPPEZ pour le premier jour de Janvier 1732. avec l'Explication des Types, &c.
Début :
I. TRESOR ROYAL. Une Mine qu'on creuse, et dont [on] enleve [...]
Mots clefs :
Trésor royal, Parties casuelles, Chambre aux deniers, Ordinaire des guerres, Extraordinaire des guerres, Bâtiments du roi, Artillerie, Marine, Galères, Ville de Paris, États de Languedoc, Maison de la reine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JETTONS FRAPPEZ pour le premier jour de Janvier 1732. avec l'Explication des Types, &c.
JETTONS FRAPPEZ pour le premier
jour deJanvier 1732. avec l'Explication
des Types , &c.
I. TRESOR ROYAL.
Une Mine qu'on creuse , etdont enlevé
Gij les
132 MERCURE DE FRANCE
les matieres Metalliques. Legende : Inex
baustis generosa Metallis.
II. PARTIES CASUELLES.
Des Orangers dans une serre. L. Tutius ut vivant.
III. CHAMBRE AUX DENIERS.
Deux Cornes d'abondance, de l'une desquelles il sort des Fleurs et des Fruits , et
de l'autre des Pieces de Monnoye. L. Dapes et munera Divûm.
IV. ORDINAIRE DES GUERRES,
Pallas, assise au pied d'un Olivier , tenant la Pique d'une main , s'appuyant de
l'autre sur son Egide, L. Fidissima Custos.
V. EXTRAORDINAIRE DES GUERRES.
Une Couronne de Laurier jointe à une
Couronne d'Olivier. L. Amba splendidius
nitent.
VI. BASTIMENS DU Roy.
Le Genie des Arts assis sur la base d'une
Colomne , contre laquelle il est appuyé
étend la main droite, et montre les principaux Instrumens de l'Architecture , qui
sont appendus à un Olivier. L. Non indecora quies.
VIL ARTILLERIE.
Des Canons et autres Attributs auE
tour
JANVIER. 1732. 133
four d'un Piedestal, sur lequel est posée une
main de Justice.L. Silent sub legibus Arma
VIII. MARINE.
Neptune qui lance un Trident à pointes de feu sur des Monstres qui infectent le
Rivage, L. Nec desunt fulmina Ponto.
IX. GALERES.
Des Fleches dans un Carquois posé sur
un Arc bandé. L. Emissa volant.
X. LA VILLE DE PARIS.
Les Armes de la Ville d'un côté : celles
deMichel EtienneTurgot, Prevôt des Marchands , de l'autre. L. Son nom et ses quatitez.
XI. LES ETATS DE LANGUEDOC.
La Province representée sous la figure
de Pallas. Nec artes nec munera desunt.
XII. MAISON DE LA REINE.
Un Soleil levant et l'Etoile du matin au
dessus. L.Fœcunde implebit lumine Terras
jour deJanvier 1732. avec l'Explication
des Types , &c.
I. TRESOR ROYAL.
Une Mine qu'on creuse , etdont enlevé
Gij les
132 MERCURE DE FRANCE
les matieres Metalliques. Legende : Inex
baustis generosa Metallis.
II. PARTIES CASUELLES.
Des Orangers dans une serre. L. Tutius ut vivant.
III. CHAMBRE AUX DENIERS.
Deux Cornes d'abondance, de l'une desquelles il sort des Fleurs et des Fruits , et
de l'autre des Pieces de Monnoye. L. Dapes et munera Divûm.
IV. ORDINAIRE DES GUERRES,
Pallas, assise au pied d'un Olivier , tenant la Pique d'une main , s'appuyant de
l'autre sur son Egide, L. Fidissima Custos.
V. EXTRAORDINAIRE DES GUERRES.
Une Couronne de Laurier jointe à une
Couronne d'Olivier. L. Amba splendidius
nitent.
VI. BASTIMENS DU Roy.
Le Genie des Arts assis sur la base d'une
Colomne , contre laquelle il est appuyé
étend la main droite, et montre les principaux Instrumens de l'Architecture , qui
sont appendus à un Olivier. L. Non indecora quies.
VIL ARTILLERIE.
Des Canons et autres Attributs auE
tour
JANVIER. 1732. 133
four d'un Piedestal, sur lequel est posée une
main de Justice.L. Silent sub legibus Arma
VIII. MARINE.
Neptune qui lance un Trident à pointes de feu sur des Monstres qui infectent le
Rivage, L. Nec desunt fulmina Ponto.
IX. GALERES.
Des Fleches dans un Carquois posé sur
un Arc bandé. L. Emissa volant.
X. LA VILLE DE PARIS.
Les Armes de la Ville d'un côté : celles
deMichel EtienneTurgot, Prevôt des Marchands , de l'autre. L. Son nom et ses quatitez.
XI. LES ETATS DE LANGUEDOC.
La Province representée sous la figure
de Pallas. Nec artes nec munera desunt.
XII. MAISON DE LA REINE.
Un Soleil levant et l'Etoile du matin au
dessus. L.Fœcunde implebit lumine Terras
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Résumé : JETTONS FRAPPEZ pour le premier jour de Janvier 1732. avec l'Explication des Types, &c.
Le document présente une série de jetons frappés le 1er janvier 1732, illustrant divers aspects de l'administration royale française. Le premier jeton montre une mine avec la légende 'Inexhaustis generosa Metallis', symbolisant des métaux généreux et inépuisables. Le deuxième représente des orangers dans une serre, avec la légende 'Lututius ut vivant', exprimant le souhait de voir les orangers prospérer. Le troisième présente deux cornes d'abondance, l'une produisant des fleurs et des fruits, l'autre des pièces de monnaie, avec la légende 'Dapes et munera Divûm', soulignant les dons et les offrandes divines. Le quatrième jeton illustre Pallas, déesse de la sagesse, avec la légende 'Fidissima Custos', signifiant gardienne fidèle. Le cinquième combine une couronne de laurier et une couronne d'olivier, avec la légende 'Amba splendidius nitent', indiquant une double splendeur. Le sixième montre le génie des arts avec des instruments d'architecture, avec la légende 'Non indecora quies', signifiant un repos honorable. Le septième présente des canons et des attributs militaires autour d'un piedestal avec une main de justice, avec la légende 'Silent sub legibus Arma', indiquant que les armes se taisent sous les lois. Le huitième illustre Neptune lançant un trident sur des monstres, avec la légende 'Nec desunt fulmina Ponto', signifiant que les éclairs ne manquent pas sur la mer. Le neuvième montre des flèches dans un carquois posé sur un arc bandé, avec la légende 'Emissa volant', indiquant que les flèches volent une fois lancées. Le dixième présente les armes de la ville de Paris et celles de Michel Étienne Turgot, prévôt des marchands. Le onzième représente la province de Languedoc sous la figure de Pallas, avec la légende 'Nec artes nec munera desunt', signifiant que ni les arts ni les dons ne manquent. Le douzième et dernier jeton montre un soleil levant et l'étoile du matin, avec la légende 'Fœcunde implebit lumine Terras', indiquant que la terre sera remplie de lumière féconde.
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5970
p. 133-134
PRIX proposé par l'Academie de Chirurgie, pour l'année 1732.
Début :
L'Académie de Chirurgie, établie à Paris sous la protection du Roi, désirant contribuer aux [...]
Mots clefs :
Prix, Académie de chirurgie, Progrès, Médaille d'or, Mémoires
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Academie de Chirurgie, pour l'année 1732.
PRIX proposé par l'Academie de Chirurgie , pour l'année 1732.
L'Académie de Chirurgie , établie à Paris sous la protection du Roi , désirant contribuer aux
progrès de cet Art , et à l'utilité publique , propose pour sujet du Prix de l'Année 1731. la ques- tion suivante.-
Gij Pour-
334 MERCURE DE FRANCE
Pourquoy certaines Tumeurs doivent être extirpées , et d'autres simplement ouvertes , dans l'une
l'autre de ces opérations. Quels sont les cas où lo
Cautere est préférable à l'Instrument tranchant,
at les raisons de préférence.
Ce Prix est une Médaille d'or de la valeur do
deux cent livres , qui sera donnée à celui qui ,
au jugement de l'Académie , aura fait le meil
leur Memoire sur la question proposée.
Les Chirurgiens de tous Pays seront admis à
Concourir pour le Prix ; on n'en excepte que les
Membres de l'Académie.
Ceux qui composeront , sont invitez à écrire
en François ou en Latin , autant qu'il se pourra.
On les prie d'avoir attention que leurs Ecrits soient fort lisibles.
Ils mettront à leur Memoire une marque distinctive , comme Sentence , Devise , Paraphe ou
Signature et cette marque sera couverte d'un
papier blanc collé ou cacheté , qui ne sera levé
qu'en cas que la Piece ait remporté le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresseront leurs Ouvrages francs de Port , à M. Mo
rand , Secretaire de l'Académie de Chirurgie à
Paris , ou les lui feront remettre entre les mains.
Les Memoires ne seront reçus que jusqu'au
dernier jour de Septembre 1732. inclusivement.
L'Académie, à son Assemblée publique de 1733,
qui se tiendra le Mardy d'après la Trinité , proclamera la Piece qui aura merité le Prix.
La Medaille sera délivrée à l'Auteur même, qui
se fera connoître ou au porteur d'une Procura
tion de sa part ; l'un ou l'autre représentant la
marque distinctive , avec une copie nette du Me- moire
L'Académie de Chirurgie , établie à Paris sous la protection du Roi , désirant contribuer aux
progrès de cet Art , et à l'utilité publique , propose pour sujet du Prix de l'Année 1731. la ques- tion suivante.-
Gij Pour-
334 MERCURE DE FRANCE
Pourquoy certaines Tumeurs doivent être extirpées , et d'autres simplement ouvertes , dans l'une
l'autre de ces opérations. Quels sont les cas où lo
Cautere est préférable à l'Instrument tranchant,
at les raisons de préférence.
Ce Prix est une Médaille d'or de la valeur do
deux cent livres , qui sera donnée à celui qui ,
au jugement de l'Académie , aura fait le meil
leur Memoire sur la question proposée.
Les Chirurgiens de tous Pays seront admis à
Concourir pour le Prix ; on n'en excepte que les
Membres de l'Académie.
Ceux qui composeront , sont invitez à écrire
en François ou en Latin , autant qu'il se pourra.
On les prie d'avoir attention que leurs Ecrits soient fort lisibles.
Ils mettront à leur Memoire une marque distinctive , comme Sentence , Devise , Paraphe ou
Signature et cette marque sera couverte d'un
papier blanc collé ou cacheté , qui ne sera levé
qu'en cas que la Piece ait remporté le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresseront leurs Ouvrages francs de Port , à M. Mo
rand , Secretaire de l'Académie de Chirurgie à
Paris , ou les lui feront remettre entre les mains.
Les Memoires ne seront reçus que jusqu'au
dernier jour de Septembre 1732. inclusivement.
L'Académie, à son Assemblée publique de 1733,
qui se tiendra le Mardy d'après la Trinité , proclamera la Piece qui aura merité le Prix.
La Medaille sera délivrée à l'Auteur même, qui
se fera connoître ou au porteur d'une Procura
tion de sa part ; l'un ou l'autre représentant la
marque distinctive , avec une copie nette du Me- moire
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Résumé : PRIX proposé par l'Academie de Chirurgie, pour l'année 1732.
En 1732, l'Académie de Chirurgie de Paris, sous la protection du Roi, a lancé un concours pour promouvoir les avancées en chirurgie et l'utilité publique. Le sujet pour l'année 1731 portait sur les méthodes de traitement des tumeurs, notamment quand il faut les extirper ou simplement les ouvrir, et l'usage du cautère par rapport aux instruments tranchants. Le prix était une médaille d'or valant deux cent livres, attribuée au meilleur mémoire. Les chirurgiens du monde entier étaient invités à participer, sauf les membres de l'Académie. Les mémoires pouvaient être rédigés en français ou en latin et devaient être lisibles. Chaque mémoire devait inclure une marque distinctive, cachée sous un papier blanc, à révéler uniquement en cas de victoire. Les travaux devaient être envoyés au secrétaire de l'Académie, M. Morand, avant le 30 septembre 1732. Le lauréat serait annoncé lors de l'assemblée publique de l'Académie en 1733, le mardi suivant la Trinité. La médaille serait remise à l'auteur ou à son représentant, munis de la marque distinctive et d'une copie du mémoire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5971
p. 135
« Le 30 du mois dernier, le Pere de la Sante, Jesuite, l'un des Professeurs de Rhétorique au [...] »
Début :
Le 30 du mois dernier, le Pere de la Sante, Jesuite, l'un des Professeurs de Rhétorique au [...]
Mots clefs :
Collège Louis le Grand, Discours, Rhétorique
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texteReconnaissance textuelle : « Le 30 du mois dernier, le Pere de la Sante, Jesuite, l'un des Professeurs de Rhétorique au [...] »
esuite , l'un des Professeurs de Rhétorique au
College de Louis le Grand , prononça un DisCours latin trés- éloquent , en presence du Cardinal de Bissy , de l'Archevêque de Paris , de
plusieurs autres Prélats , et d'un grand nombre
de personnes de consideration. Le sujet de son
Discours étoit ; Que de toutes les Histoires , celle
deFrance est une des plus difficiles à écrire , et une
des plus agréables à lire. Les applaudissemens que
cette Piece d'Eloquence a reçus, nous engageront à en donner un Extrait.
College de Louis le Grand , prononça un DisCours latin trés- éloquent , en presence du Cardinal de Bissy , de l'Archevêque de Paris , de
plusieurs autres Prélats , et d'un grand nombre
de personnes de consideration. Le sujet de son
Discours étoit ; Que de toutes les Histoires , celle
deFrance est une des plus difficiles à écrire , et une
des plus agréables à lire. Les applaudissemens que
cette Piece d'Eloquence a reçus, nous engageront à en donner un Extrait.
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Résumé : « Le 30 du mois dernier, le Pere de la Sante, Jesuite, l'un des Professeurs de Rhétorique au [...] »
Un professeur de rhétorique au Collège de Louis le Grand a prononcé un discours latin sur la difficulté d'écrire et le plaisir de lire l'histoire de France. Le Cardinal de Bissy, l'Archevêque de Paris et d'autres personnalités étaient présents. Le discours a été acclamé, motivant sa publication.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5972
p. 135
Estampe nouvelle, Portrait de Mlle Dangeville, [titre d'après la table]
Début :
Il paroîtra le mois prochain une nouvelle Estampe, que le [...]
Mots clefs :
Estampe, Portrait, Demoiselle Dangeville
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texteReconnaissance textuelle : Estampe nouvelle, Portrait de Mlle Dangeville, [titre d'après la table]
esuite , l'un des Professeurs de Rhétorique au
College de Louis le Grand , prononça un DisCours latin trés- éloquent , en presence du Cardinal de Bissy , de l'Archevêque de Paris , de
plusieurs autres Prélats , et d'un grand nombre
de personnes de consideration. Le sujet de son
Discours étoit ; Que de toutes les Histoires , celle
deFrance est une des plus difficiles à écrire , et une
des plus agréables à lire. Les applaudissemens que
cette Piece d'Eloquence a reçus
College de Louis le Grand , prononça un DisCours latin trés- éloquent , en presence du Cardinal de Bissy , de l'Archevêque de Paris , de
plusieurs autres Prélats , et d'un grand nombre
de personnes de consideration. Le sujet de son
Discours étoit ; Que de toutes les Histoires , celle
deFrance est une des plus difficiles à écrire , et une
des plus agréables à lire. Les applaudissemens que
cette Piece d'Eloquence a reçus
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5973
p. 136-137
« On nous écrit de Châlons, en Champagne, du 23 Janvier, que le Sr Farochon, Marchand [...] »
Début :
On nous écrit de Châlons, en Champagne, du 23 Janvier, que le Sr Farochon, Marchand [...]
Mots clefs :
Marchand apothicaire, Marchand faïencier, Agriculture
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texteReconnaissance textuelle : « On nous écrit de Châlons, en Champagne, du 23 Janvier, que le Sr Farochon, Marchand [...] »
n nous écrit de Châlons , en Champagne
du 23 Janvier , que le Sr Farochon , Marchand
Apoticaire , a fait en public dans l'Hôtel de Ville , la composition de la Thériaque en presence
de l'Evêque de Châlons , Pair de France , de l'Inendant de la Province , des Lieutenans de Roy ,
Gouverneurs , et de tout le Corps de Ville , accompagné de la principale Bourgeoisie. Le Sieur
Farochon , après avoir été présenté à l'Assem–
blée par M. Lasson , Docteur- Regent en Medecine , prononça un Discours qui fut fort applaudi , sur le Sujet en question. Il fit ensuite l'Analise de toutes les Drogues étalées pour cette composition , en fit connoître les vertus et les proprietez &c. Et enfin il proceda à la composition
même , laquelle fut continuée le lendemain , et a duré près de deux jours. On ajoûte que les personnes qui se sont déja servies de cette nouvelle
Theriaque , s'en sont très- bien trouvées.
On apprend d'Irlande , qu'il s'est formé depuis peu à Dublin , une Societé composée d'un
grand nombre de Gentilshommes , pour perfectionner l'Agriculture , les Arts Mécaniques , et les Manufactures de ce Royaume : le Viceroy en
est le Président , le Primat du Royaume , et le Vice- Président.
Les Sieurs Cholets , Marchands Fayanciers ,
ruë S. Honoré , vis - à- vis la rue de l'Echelle ,
l'Enseigne de la Levrette , qui sont les seuls à
Paris qui vendent des Thermometres construits
sur les Principes de Mr. de Reaumur , de l'Aca- démie Royale des Sciences , donnent avis qu'ils
en ont actuellement de moins grands que ne l'éroient les premiers , et tels que les ont désirés сецк
JANVIER 1722. 137
seux qui n'ont pas de pl
du 23 Janvier , que le Sr Farochon , Marchand
Apoticaire , a fait en public dans l'Hôtel de Ville , la composition de la Thériaque en presence
de l'Evêque de Châlons , Pair de France , de l'Inendant de la Province , des Lieutenans de Roy ,
Gouverneurs , et de tout le Corps de Ville , accompagné de la principale Bourgeoisie. Le Sieur
Farochon , après avoir été présenté à l'Assem–
blée par M. Lasson , Docteur- Regent en Medecine , prononça un Discours qui fut fort applaudi , sur le Sujet en question. Il fit ensuite l'Analise de toutes les Drogues étalées pour cette composition , en fit connoître les vertus et les proprietez &c. Et enfin il proceda à la composition
même , laquelle fut continuée le lendemain , et a duré près de deux jours. On ajoûte que les personnes qui se sont déja servies de cette nouvelle
Theriaque , s'en sont très- bien trouvées.
On apprend d'Irlande , qu'il s'est formé depuis peu à Dublin , une Societé composée d'un
grand nombre de Gentilshommes , pour perfectionner l'Agriculture , les Arts Mécaniques , et les Manufactures de ce Royaume : le Viceroy en
est le Président , le Primat du Royaume , et le Vice- Président.
Les Sieurs Cholets , Marchands Fayanciers ,
ruë S. Honoré , vis - à- vis la rue de l'Echelle ,
l'Enseigne de la Levrette , qui sont les seuls à
Paris qui vendent des Thermometres construits
sur les Principes de Mr. de Reaumur , de l'Aca- démie Royale des Sciences , donnent avis qu'ils
en ont actuellement de moins grands que ne l'éroient les premiers , et tels que les ont désirés сецк
JANVIER 1722. 137
seux qui n'ont pas de pl
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Résumé : « On nous écrit de Châlons, en Champagne, du 23 Janvier, que le Sr Farochon, Marchand [...] »
Le 23 janvier à Châlons, en Champagne, le sieur Farochon, apothicaire, a présenté publiquement la composition de la thériaque à l'Hôtel de Ville. Cette démonstration, réalisée en présence de l'évêque de Châlons, de l'intendant de la province, des lieutenants du roi, des gouverneurs, du corps de ville et de la principale bourgeoisie, a été introduite par M. Lasson, docteur-régent en médecine. Farochon a analysé les drogues utilisées, expliqué leurs vertus et propriétés, puis procédé à la composition de la thériaque sur une durée de près de deux jours. Les utilisateurs de cette nouvelle thériaque en ont été satisfaits. En Irlande, une société de gentilshommes s'est formée à Dublin pour améliorer l'agriculture, les arts mécaniques et les manufactures du royaume. Le vice-roi en est le président et le primat du royaume, le vice-président. À Paris, les sieurs Cholets, marchands faïenciers rue Saint-Honoré, sont les seuls à vendre des thermomètres construits selon les principes de M. de Reaumur, de l'Académie Royale des Sciences. Ils proposent des modèles de plus petite taille, répondant ainsi aux demandes de leurs clients.
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5974
p. 137-146
SPECTACLES, Callirhoé, Opera, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
L'Académie Royale de Musique remit au Théâtre le 3. [...]
Mots clefs :
Callirhoé, Opéra, Académie royale de musique, Ballet, Actes, Décoration, Rôles, Habits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SPECTACLES, Callirhoé, Opera, Extrait, [titre d'après la table]
SPECTACLE S
La
'Académie Royale de Musique remit
au Théatre le 3. Janvier , la Tragé
die de Callirhoé. Le Poëme est de M. Roy,
et la Musique de M. Destouches , SurIntendant de la Musique du Roy. Cet
Opera fut donné pour la premiere fois le
27. Decembre 1712. il eut un succès des.
plus brillants ; il a été fort applaudi à la GY IGE
138 MERCURE DE FRANCE
reprises mais un peu moins que dans sa
naissance ; ce qui fait voir que les succès
plus ou moins éclatans , dépendent de
certaines circonstances dont on ne peut
donner de justes raisons. Comme cet Ouvrage est depuis vingt ans entre les mains
de tout le monde , nous n'en donnerons
qu'un Extrait des plus succincts.
Au Prologue , le Théatre représente
un lieu rempli d'armes differentes et deLauriers ; la Victoire y a assemblé des
Guerriers pour leur accorder les hon-.
neurs du Triomphe. La celebre journée
de Denain a donné lieu à ce Prologues
la Victoire y applaudit à des Guerriers
qu'elle sembloit avoir abandonnés depuis
quelque temps ; elle s'excuse par ces Vers.
Guerriers, ne craignez rien , je ne suis pas volage ,
Je vous aimai toujours ; mais quelque Dieu
jaloux ,
Devant mes yeux opposoit un nuage ,
En vain je vous cherchois , il m'éloignoit de yous :
Aux efforts de votre courage ,
Fai sçû vous reconnoître , et tout cede à vos
coups.
Astrée descend des Cieux , suivie des
Arts et des Plaisirs ; elle annonce la Paix
dont
JANVIER 1732. 139
dont elle donne la premiere gloire à la
Reine Anne ; la Victoire ajoûte ces Vers
à l'honneur du Héros de la France :
Au Héros glorieux dont je sers les desseins,
La Paix fut toûjours chere ;
Mais je voulois qu'elle eût des Palmes dans lea mains ;
La voilà digne de me plaire.
La Victoire et Astrée chantent ensemble ces quatre autres Vers :
Le plus sage des Héros ,
A sous ses Etendarts ramené la Victoire ;
Il peut goûter le repos ,
De l'aveu même de la Gloire..
La Suite de la Victoire , et celle d'A'strée , font le Divertissement de ce Pro--
logue.
Le Théatre représente le Temple de
Bacchus , au premier Acte. Callirboé ,
Princesse de Calydon , expose le Sujet de
la Piece par ce Monologue :
Onuit , témoin de mes soupirs secrets ,
Que ton ombre en ces lieux ne regne-t'elle en-- core !
Pourquoi l'impatiente Aurore ,
Ouvre-t'elle mes yeux aux funestes apprêts ,
G. vj D'un
140 MERCURE DE FRANCE
D'un Hymen que j'abhorre ?
Je vais donc m'engager à l'objet que je hais ,
Et je perds pour jamais un Amant que j'adore.
O nuit , &c.
La Reine de Calydon , mere de Callirhoé, vient déclarer à cette Princesse que
Coresus paroîtra bien- tôt pour recevoir sa
foy sur les Autels de Bacchus ; elle l'exhotte à se livrer toute entiere à son devoir et à ne plus penser à son amour
puisqu'Agenor, qui en étoit l'objet , n’esť
plus. Elle la quitte pour aller ordonner la
Céremonie Nuptiale.
Callirhoé se détermine à subir la Loy
que sa Mere et ses Peuples lui imposent,
quelque dure qu'elle la trouve.
Agenor qu'on croyoit mort , paroît aux
yeux de Callirhoé ; elle cache son amour
sous un simple mouvement de surprise.
Agenor lui explique ce qui a donné lieu
au bruit de sa mort ; mais il n'en peut
rien tirer de favorable pour son amour.
Il lui témoigne son étonnement par ces
Vers , qu'on a trouvez très- délicats :
Ayez-vous oublié , Princesse , que vos charmes,
Ont essayé sur moi leurs premiers coups ?
Votre pere expiroit , je recueillois vos larmes
Parmi le trouble et les allarmes ,
i
Vos
JANVIER. 1732.
14
Vos yeux brilloient déja de l'éclat le plus dour
Fappaisai des mutins les mouvemens jaloux ;
Ah ! ne jugiez -vous pas au succès de mes armes
Qu'un Amant combattoit pour vous ?
Callirhoé continue à se contraindre
elle ordonne à Agenor de sortir et lui
défend de la voir jamais.
La Reine , Coresus , et les Prêtres de
sa suite arrivent pour celebrer l'Hymen
qui fait l'action principale de ce premier
Acte. Coresus dit galamment à Calli
rhoć.
Dès Autels à vos beaux yeux
Je porterai mon hommage ,
Şans craindre, que ce partage ,
Offense jamais nos Dieux ;
J'adore en vous leur image.
La Suite de Coresus celebre la Fête de
cet Hymen ; Coresus s'approche de l'Autel avec Callirhoé ; il chante ces Vers :
Toi, qui pour éclairer le plus beau de mes jours ,
Pares le Ciel d'une clarté nouvelle
Soleil , à mes tendres amours
Tu me vérras aussi fidele ,
,
Que tu l'es à remplir ton cours..
Coresus commence le serment sur l'Autels
142: MERCURE DE FRANCE
rel; mais Callirhoé ne peut l'achever parce
qu'Agenor vientsemontrer à ses yeux; son:
aspect la fait évanouir , et par là le serment conjugal est interrompu au grand
regret de Coresus , de la Reine et des
Prêtres de Bacchus.
Au second Acte , le Théatre représente
Pavant- cour d'un Palais ; on voit à l'un
des côtez un Temple domestique.
Agenor se flate d'être aimé de Calli
thoć cette Princesse agitée de remordss
vient lui déclarer qu'elle veut achever
son Hymen , pour réparer le tort qu'elle
vient de faire à sa gloire : Agenor l'accuse de cruauté ; elle ne peut s'empêcherde lui faire connoître qu'il est la cause
de son malheur , et par consequent qu'il
est aimé. Agenor se jette à ses pieds pour
lui rendre graces d'un aveu si favorable.
Coresus surprend son Rival aux pieds de
son Amante ; il lui reproche son infidelité; elle lui répond fierement qu'elle nelui a rien promis , et se retire. Coresus
menace Agenor, qui lui répond avec une
intrépidité héroïque et le quitte.
Coresus invite les Prêtres de sa suite à vanger l'affront qu'on vient de
faire aux Autels en la personne de leur
Grand-Prêtre ; ils invoquent Bacchus et
lui demandent vangeance.Les Prêtres avec
desc
JANVIER. 1732. 1431
des flambeaux , font le Balet de cet Acte. ,
Le Théatre représente au troisiéme
Acte , un Temple rustique , consacré à
Pan. La Reine er Callirhoé déplorent less
malheurs dont Bacchus accable leurs Peu-.
ples , et en font une description très - tou--
chante. Après les plaintes , la Reine dit:
à sa fille qu'elle veut interroger l'Oracle ,
du Dieu des Forêts. Elle la quitte pour
aller donner ordre à ce qu'elle vient de se
proposer, et lui dit d'attendre Caresus
qu'elle a mandé , et de ne rien oublier.
pour le fléchir.
Coresus vient ; la Scene est vive entre
Callirhoé et lui ; ne pouvant rien obte
nir de lui , elle le menace de sa propre·
mort ; Coresus s'attendrit et lui promet
de ne rien oublier pour obtenir de Bac--
chus la grace d'un Peuple, expirant ; it
hui dit de consulter son Oracle , et la
quicte.
>
2
Le Ministre de Pan vient , on chante
des Hymnes à l'honneur de ce Dieu ,.
qui du fond du Théatre prononce cet:
Öracle.
Le calme à ces climats ne peut être rendú ,
Qu'au prix que les Destins veulent de votre zele
Que de Callirhoé le sang soit répandu ,
Ou celui d'un Amant qui s'offrira pour elle.
La
T44 MERCURE DE FRANCE
+
La Reine frémit de cet Oracle ; elle prio
le Grand Prêtre de le cacher au Peuple
et de le flater d'un plus heureux avenir.
Au quatriéme Acte la Décoration represente une Plaine bornée de Côteaux
fleuris. Callirhoé se prépare à la mort
avec constance. Agenor trompé par les
fausses esperances qu'on lui a données
d'un heureux changement , vient s'en
réjouir avec sa Princesse ; elle lui cache
son malheur autant qu'elle peut , mais
enfin elle lui déclare que les Dieux de
mandent son sang ; Agnenor furieux lui
proteste qu'il ne souffrira jamais un Sacrifice si barbare , et la quitte en lui di
sant ::
DeCoresus , que le crime s'expié ,
On me payera cher de m'avoir fait trembler..
Le bucher brule , et moi j'éteins sa flamme impie
Dans le sang du cruel qui veut vous immoler.
Mes amis sont tous prêts , ils suivront mon exemple ;
F'attaquerai vos Dieux , je briserai leur Temple,
Dût sa ruine m'accabler.
Une Troupe de Bergers et de Bergeres
viennent se réjouir du nouveau calme
dont ils jouissent; Callirhocleur dit qu'elle
va au Temple assurer leur bonheur ; ils
la
JANVIER. 1731. 145
la suivent. La Reine , qui survient , croit
qu'ils vont la conduire à l'Autel ; elle
leur reproche leur barbarie , les Bergers.
témoignent la douleur et l'effro, dont ils
sont saisis par un Choeur très- pathetique.
Agenor vient leur dire qu'il a appris
d'un des Ministres de Pan qu'un sang
moins précieux offert pour celui de la
Princesse , peut suffire aux Dieux ; il offre
le sien les Bergers applaudissent à sa
generosité et à son amour.
La Décoration du dernier Acte représente le Temple de Bacchus , orné pour
le Sacrifice de la Victime. Coresus prêt
à donner la mort à son Rival , qui veut
être immolé pour Callirhoé , ne sçait s'il
y doit consentir ; il craint de trahir sa
gloire et même son amour , puisqu'Age
nor sacrifié pour sa Princesse , n'en regnera que mieux dans son cœur..
Callithoé vient demander la mort à
Coresus , la Scene est très- vive et trèspathetique entre le Prêtre et la Victime..
Agenor arrive ; les Prêtres le menent
à l'Autel'; après une contestation trèstendre entre les deuxVictimes et Coresus;
ce dernier prend un parti noble et gene
reux , et leur dit :
Arrêtez; c'est à moi de choisir la Victime.
ER
146 MERCURE DE FRANCE
Endisant ces mots il se frappe et finit la
Tragédie par ces Vers adressez à Callirhoé:
Je sauve vos jours :
De vos malheurs, dcs miens , je termine le cours.
Vous pleurez; se peut- il que ce cœur s'atendrisse !
Je meurs content , mes feux ne vous troubleront
plus.
Approchez ; en mourant , que ma main vous unisse ;
Souvenez-vous de Coresus.
Cet Opera , au reste , est très- bien executé et très-bien remis pour le choix des
Rôles , pour les Décorations et les habits.
Les Balets du Sr.Blondi en sont variez et
executez dans la plus grande perfection ;
un Pas de Trois dansé par le sieur Dumoulin et les Dlles Camargo et Salé , est
un morceau aussi picquant et aussi agréable qu'on en ait vû à l'Opera. Deux trèsbons Poëtes ont celebré la danse de ces
deux inimitables personnes en cette ma- niere.
A
La
'Académie Royale de Musique remit
au Théatre le 3. Janvier , la Tragé
die de Callirhoé. Le Poëme est de M. Roy,
et la Musique de M. Destouches , SurIntendant de la Musique du Roy. Cet
Opera fut donné pour la premiere fois le
27. Decembre 1712. il eut un succès des.
plus brillants ; il a été fort applaudi à la GY IGE
138 MERCURE DE FRANCE
reprises mais un peu moins que dans sa
naissance ; ce qui fait voir que les succès
plus ou moins éclatans , dépendent de
certaines circonstances dont on ne peut
donner de justes raisons. Comme cet Ouvrage est depuis vingt ans entre les mains
de tout le monde , nous n'en donnerons
qu'un Extrait des plus succincts.
Au Prologue , le Théatre représente
un lieu rempli d'armes differentes et deLauriers ; la Victoire y a assemblé des
Guerriers pour leur accorder les hon-.
neurs du Triomphe. La celebre journée
de Denain a donné lieu à ce Prologues
la Victoire y applaudit à des Guerriers
qu'elle sembloit avoir abandonnés depuis
quelque temps ; elle s'excuse par ces Vers.
Guerriers, ne craignez rien , je ne suis pas volage ,
Je vous aimai toujours ; mais quelque Dieu
jaloux ,
Devant mes yeux opposoit un nuage ,
En vain je vous cherchois , il m'éloignoit de yous :
Aux efforts de votre courage ,
Fai sçû vous reconnoître , et tout cede à vos
coups.
Astrée descend des Cieux , suivie des
Arts et des Plaisirs ; elle annonce la Paix
dont
JANVIER 1732. 139
dont elle donne la premiere gloire à la
Reine Anne ; la Victoire ajoûte ces Vers
à l'honneur du Héros de la France :
Au Héros glorieux dont je sers les desseins,
La Paix fut toûjours chere ;
Mais je voulois qu'elle eût des Palmes dans lea mains ;
La voilà digne de me plaire.
La Victoire et Astrée chantent ensemble ces quatre autres Vers :
Le plus sage des Héros ,
A sous ses Etendarts ramené la Victoire ;
Il peut goûter le repos ,
De l'aveu même de la Gloire..
La Suite de la Victoire , et celle d'A'strée , font le Divertissement de ce Pro--
logue.
Le Théatre représente le Temple de
Bacchus , au premier Acte. Callirboé ,
Princesse de Calydon , expose le Sujet de
la Piece par ce Monologue :
Onuit , témoin de mes soupirs secrets ,
Que ton ombre en ces lieux ne regne-t'elle en-- core !
Pourquoi l'impatiente Aurore ,
Ouvre-t'elle mes yeux aux funestes apprêts ,
G. vj D'un
140 MERCURE DE FRANCE
D'un Hymen que j'abhorre ?
Je vais donc m'engager à l'objet que je hais ,
Et je perds pour jamais un Amant que j'adore.
O nuit , &c.
La Reine de Calydon , mere de Callirhoé, vient déclarer à cette Princesse que
Coresus paroîtra bien- tôt pour recevoir sa
foy sur les Autels de Bacchus ; elle l'exhotte à se livrer toute entiere à son devoir et à ne plus penser à son amour
puisqu'Agenor, qui en étoit l'objet , n’esť
plus. Elle la quitte pour aller ordonner la
Céremonie Nuptiale.
Callirhoé se détermine à subir la Loy
que sa Mere et ses Peuples lui imposent,
quelque dure qu'elle la trouve.
Agenor qu'on croyoit mort , paroît aux
yeux de Callirhoé ; elle cache son amour
sous un simple mouvement de surprise.
Agenor lui explique ce qui a donné lieu
au bruit de sa mort ; mais il n'en peut
rien tirer de favorable pour son amour.
Il lui témoigne son étonnement par ces
Vers , qu'on a trouvez très- délicats :
Ayez-vous oublié , Princesse , que vos charmes,
Ont essayé sur moi leurs premiers coups ?
Votre pere expiroit , je recueillois vos larmes
Parmi le trouble et les allarmes ,
i
Vos
JANVIER. 1732.
14
Vos yeux brilloient déja de l'éclat le plus dour
Fappaisai des mutins les mouvemens jaloux ;
Ah ! ne jugiez -vous pas au succès de mes armes
Qu'un Amant combattoit pour vous ?
Callirhoé continue à se contraindre
elle ordonne à Agenor de sortir et lui
défend de la voir jamais.
La Reine , Coresus , et les Prêtres de
sa suite arrivent pour celebrer l'Hymen
qui fait l'action principale de ce premier
Acte. Coresus dit galamment à Calli
rhoć.
Dès Autels à vos beaux yeux
Je porterai mon hommage ,
Şans craindre, que ce partage ,
Offense jamais nos Dieux ;
J'adore en vous leur image.
La Suite de Coresus celebre la Fête de
cet Hymen ; Coresus s'approche de l'Autel avec Callirhoé ; il chante ces Vers :
Toi, qui pour éclairer le plus beau de mes jours ,
Pares le Ciel d'une clarté nouvelle
Soleil , à mes tendres amours
Tu me vérras aussi fidele ,
,
Que tu l'es à remplir ton cours..
Coresus commence le serment sur l'Autels
142: MERCURE DE FRANCE
rel; mais Callirhoé ne peut l'achever parce
qu'Agenor vientsemontrer à ses yeux; son:
aspect la fait évanouir , et par là le serment conjugal est interrompu au grand
regret de Coresus , de la Reine et des
Prêtres de Bacchus.
Au second Acte , le Théatre représente
Pavant- cour d'un Palais ; on voit à l'un
des côtez un Temple domestique.
Agenor se flate d'être aimé de Calli
thoć cette Princesse agitée de remordss
vient lui déclarer qu'elle veut achever
son Hymen , pour réparer le tort qu'elle
vient de faire à sa gloire : Agenor l'accuse de cruauté ; elle ne peut s'empêcherde lui faire connoître qu'il est la cause
de son malheur , et par consequent qu'il
est aimé. Agenor se jette à ses pieds pour
lui rendre graces d'un aveu si favorable.
Coresus surprend son Rival aux pieds de
son Amante ; il lui reproche son infidelité; elle lui répond fierement qu'elle nelui a rien promis , et se retire. Coresus
menace Agenor, qui lui répond avec une
intrépidité héroïque et le quitte.
Coresus invite les Prêtres de sa suite à vanger l'affront qu'on vient de
faire aux Autels en la personne de leur
Grand-Prêtre ; ils invoquent Bacchus et
lui demandent vangeance.Les Prêtres avec
desc
JANVIER. 1732. 1431
des flambeaux , font le Balet de cet Acte. ,
Le Théatre représente au troisiéme
Acte , un Temple rustique , consacré à
Pan. La Reine er Callirhoé déplorent less
malheurs dont Bacchus accable leurs Peu-.
ples , et en font une description très - tou--
chante. Après les plaintes , la Reine dit:
à sa fille qu'elle veut interroger l'Oracle ,
du Dieu des Forêts. Elle la quitte pour
aller donner ordre à ce qu'elle vient de se
proposer, et lui dit d'attendre Caresus
qu'elle a mandé , et de ne rien oublier.
pour le fléchir.
Coresus vient ; la Scene est vive entre
Callirhoé et lui ; ne pouvant rien obte
nir de lui , elle le menace de sa propre·
mort ; Coresus s'attendrit et lui promet
de ne rien oublier pour obtenir de Bac--
chus la grace d'un Peuple, expirant ; it
hui dit de consulter son Oracle , et la
quicte.
>
2
Le Ministre de Pan vient , on chante
des Hymnes à l'honneur de ce Dieu ,.
qui du fond du Théatre prononce cet:
Öracle.
Le calme à ces climats ne peut être rendú ,
Qu'au prix que les Destins veulent de votre zele
Que de Callirhoé le sang soit répandu ,
Ou celui d'un Amant qui s'offrira pour elle.
La
T44 MERCURE DE FRANCE
+
La Reine frémit de cet Oracle ; elle prio
le Grand Prêtre de le cacher au Peuple
et de le flater d'un plus heureux avenir.
Au quatriéme Acte la Décoration represente une Plaine bornée de Côteaux
fleuris. Callirhoé se prépare à la mort
avec constance. Agenor trompé par les
fausses esperances qu'on lui a données
d'un heureux changement , vient s'en
réjouir avec sa Princesse ; elle lui cache
son malheur autant qu'elle peut , mais
enfin elle lui déclare que les Dieux de
mandent son sang ; Agnenor furieux lui
proteste qu'il ne souffrira jamais un Sacrifice si barbare , et la quitte en lui di
sant ::
DeCoresus , que le crime s'expié ,
On me payera cher de m'avoir fait trembler..
Le bucher brule , et moi j'éteins sa flamme impie
Dans le sang du cruel qui veut vous immoler.
Mes amis sont tous prêts , ils suivront mon exemple ;
F'attaquerai vos Dieux , je briserai leur Temple,
Dût sa ruine m'accabler.
Une Troupe de Bergers et de Bergeres
viennent se réjouir du nouveau calme
dont ils jouissent; Callirhocleur dit qu'elle
va au Temple assurer leur bonheur ; ils
la
JANVIER. 1731. 145
la suivent. La Reine , qui survient , croit
qu'ils vont la conduire à l'Autel ; elle
leur reproche leur barbarie , les Bergers.
témoignent la douleur et l'effro, dont ils
sont saisis par un Choeur très- pathetique.
Agenor vient leur dire qu'il a appris
d'un des Ministres de Pan qu'un sang
moins précieux offert pour celui de la
Princesse , peut suffire aux Dieux ; il offre
le sien les Bergers applaudissent à sa
generosité et à son amour.
La Décoration du dernier Acte représente le Temple de Bacchus , orné pour
le Sacrifice de la Victime. Coresus prêt
à donner la mort à son Rival , qui veut
être immolé pour Callirhoé , ne sçait s'il
y doit consentir ; il craint de trahir sa
gloire et même son amour , puisqu'Age
nor sacrifié pour sa Princesse , n'en regnera que mieux dans son cœur..
Callithoé vient demander la mort à
Coresus , la Scene est très- vive et trèspathetique entre le Prêtre et la Victime..
Agenor arrive ; les Prêtres le menent
à l'Autel'; après une contestation trèstendre entre les deuxVictimes et Coresus;
ce dernier prend un parti noble et gene
reux , et leur dit :
Arrêtez; c'est à moi de choisir la Victime.
ER
146 MERCURE DE FRANCE
Endisant ces mots il se frappe et finit la
Tragédie par ces Vers adressez à Callirhoé:
Je sauve vos jours :
De vos malheurs, dcs miens , je termine le cours.
Vous pleurez; se peut- il que ce cœur s'atendrisse !
Je meurs content , mes feux ne vous troubleront
plus.
Approchez ; en mourant , que ma main vous unisse ;
Souvenez-vous de Coresus.
Cet Opera , au reste , est très- bien executé et très-bien remis pour le choix des
Rôles , pour les Décorations et les habits.
Les Balets du Sr.Blondi en sont variez et
executez dans la plus grande perfection ;
un Pas de Trois dansé par le sieur Dumoulin et les Dlles Camargo et Salé , est
un morceau aussi picquant et aussi agréable qu'on en ait vû à l'Opera. Deux trèsbons Poëtes ont celebré la danse de ces
deux inimitables personnes en cette ma- niere.
A
Fermer
Résumé : SPECTACLES, Callirhoé, Opera, Extrait, [titre d'après la table]
Le texte présente la tragédie en musique 'Callirhoé', dont le poème est de M. Roy et la musique de M. Destouches, Surintendant de la Musique du Roi. Cette œuvre a été jouée pour la première fois le 27 décembre 1712 et a connu un succès éclatant. Le prologue célèbre la victoire de Denain et la paix, avec des personnages comme la Victoire et Astrée. L'intrigue principale suit Callirhoé, princesse de Calydon, qui doit se marier avec Coresus malgré son amour pour Agenor, que l'on croyait mort. Agenor réapparaît, mais Callirhoé doit se conformer aux attentes de sa mère et de son peuple. La pièce est marquée par des conflits émotionnels et des révélations dramatiques, notamment l'interruption du mariage par l'apparition d'Agenor et la menace de sacrifice divin. La tragédie se conclut par le sacrifice de Coresus, qui permet à Callirhoé et Agenor de se réunir. L'opéra est salué pour son exécution, ses décors, ses costumes et ses ballets, notamment ceux du sieur Blondy et un pas de trois dansé par le sieur Dumoulin et les demoiselles Camargo et Salé.
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5975
p. 147
AUTRE.
Début :
De ta danse active et legere, [...]
Mots clefs :
Danse, Mademoiselle Sallé
5976
p. 147-149
« L'Académie Royale de Musique doit représenter au commencement du [...] »
Début :
L'Académie Royale de Musique doit représenter au commencement du [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Jephté, Comédiens-Français, Académie française, Représentations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Académie Royale de Musique doit représenter au commencement du [...] »
L'Académie Royale de Musique doit
représenter au commencement du Carême prochain , Jephté, Tragédie nouvelle,
elle n'avoit point encore donné de Sujec
tiré de l'Histoire Sainte- et l'on étoit
justement surpris que le plus noble Spectacle de l'Europe fût privé d'un genre
dont tous les autres Théatres s'étoient
mis si utilement en possession..
Les Comédiens François ont reçu une
petite Comédie en Prose , qu'ils vont
jouer incessamment , intitulée la Tontine,
de la composition de M. le Sage.
Ils ontaussi reçû une autre petite Piece en
Vers, qu'on donnera dans peu sans doute,
pour la jouer dans sa saison ; car elle est
intitulée l'Hyver.Elle est de M.DallinvalLe.
48 MERCURE DE FRANCE
Le Vendredi 18. de ce mois , on don'
na au Théatre François la premiere Re
présentation du Glorieux , Comédie en
Vers et en cinq Actes , de M. Destouches,
de l'Académie Françoise ; elle fut gene
ralement applaudie,etelle est tous les jours
plus goûtée par de très- nombreuses Assemblées ; on peut dire qu'elle fait autant
d'honneur à son Auteur qu'elle fait de
plaisir au Public. Nous n'oublierons pas
d'en parler plus amplement ; le Lecteur
y perdroit trop.
Les Comédiens François ont représenté
à Versailles le Mardi 8. Janvier , le Phi
losophe Marié , et Crispin Medecin.
Le Jeudi 10. Iphigenie , et Attendez- moi sous l'orme.
Le Mardi 15. l'Avare , et les Plaideurs.
Le Jeudi 17. Electre , et lesFolies amou
reuses.
;
Le Mardi 22. Andromaque , et Crispin
bel-esprit.
Le Jeudi 24 le Medisant , et l'Avocat Patelin.
Le Mardi 29. le Glorieux , qui a eû un
aussi grand succès à la Cour qu'à Paris ,
et le bon Soldat.
Le Jeudi 31. Amasis , et le Medecin
malgré lui..
Le
JANVIER 1732 149
Le 5. les Comédiens Italiens representerent à la Cour , le Dedain affecté , et la
Petite Piece des Paysans de Qualité.
Le 12. Colombine, Avocat Pouret Contre,
Piece de l'ancien Théatre Italien , et les
Effets du Depit.
Le 14. les mêmes Comédiens remirent
au Théatre la Vie est un Songe , TragiComédie Italienne , en cinq Actes , tirée
de l'Espagnol , sous le titre de La Vida
es Sueno. Le sieur Lélio le fils y a joué le
Rôle de Sigismond , qui est le principal
de la Piece , avec applaudissement.
Le 21. ils donnerent une Piece nou
velle , qui a pour titre , Danaus , Tragi-comédie en Vers et en trois Actes ,
avec trois Intermedes dont on parlera
plus au long.
Le 26. ils représenterent à la Cour les
Deux Arlequins et la Folle Raisonnable.
représenter au commencement du Carême prochain , Jephté, Tragédie nouvelle,
elle n'avoit point encore donné de Sujec
tiré de l'Histoire Sainte- et l'on étoit
justement surpris que le plus noble Spectacle de l'Europe fût privé d'un genre
dont tous les autres Théatres s'étoient
mis si utilement en possession..
Les Comédiens François ont reçu une
petite Comédie en Prose , qu'ils vont
jouer incessamment , intitulée la Tontine,
de la composition de M. le Sage.
Ils ontaussi reçû une autre petite Piece en
Vers, qu'on donnera dans peu sans doute,
pour la jouer dans sa saison ; car elle est
intitulée l'Hyver.Elle est de M.DallinvalLe.
48 MERCURE DE FRANCE
Le Vendredi 18. de ce mois , on don'
na au Théatre François la premiere Re
présentation du Glorieux , Comédie en
Vers et en cinq Actes , de M. Destouches,
de l'Académie Françoise ; elle fut gene
ralement applaudie,etelle est tous les jours
plus goûtée par de très- nombreuses Assemblées ; on peut dire qu'elle fait autant
d'honneur à son Auteur qu'elle fait de
plaisir au Public. Nous n'oublierons pas
d'en parler plus amplement ; le Lecteur
y perdroit trop.
Les Comédiens François ont représenté
à Versailles le Mardi 8. Janvier , le Phi
losophe Marié , et Crispin Medecin.
Le Jeudi 10. Iphigenie , et Attendez- moi sous l'orme.
Le Mardi 15. l'Avare , et les Plaideurs.
Le Jeudi 17. Electre , et lesFolies amou
reuses.
;
Le Mardi 22. Andromaque , et Crispin
bel-esprit.
Le Jeudi 24 le Medisant , et l'Avocat Patelin.
Le Mardi 29. le Glorieux , qui a eû un
aussi grand succès à la Cour qu'à Paris ,
et le bon Soldat.
Le Jeudi 31. Amasis , et le Medecin
malgré lui..
Le
JANVIER 1732 149
Le 5. les Comédiens Italiens representerent à la Cour , le Dedain affecté , et la
Petite Piece des Paysans de Qualité.
Le 12. Colombine, Avocat Pouret Contre,
Piece de l'ancien Théatre Italien , et les
Effets du Depit.
Le 14. les mêmes Comédiens remirent
au Théatre la Vie est un Songe , TragiComédie Italienne , en cinq Actes , tirée
de l'Espagnol , sous le titre de La Vida
es Sueno. Le sieur Lélio le fils y a joué le
Rôle de Sigismond , qui est le principal
de la Piece , avec applaudissement.
Le 21. ils donnerent une Piece nou
velle , qui a pour titre , Danaus , Tragi-comédie en Vers et en trois Actes ,
avec trois Intermedes dont on parlera
plus au long.
Le 26. ils représenterent à la Cour les
Deux Arlequins et la Folle Raisonnable.
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Résumé : « L'Académie Royale de Musique doit représenter au commencement du [...] »
En janvier 1732, l'Académie Royale de Musique prévoit de représenter 'Jephté', une tragédie tirée de l'Histoire Sainte, une première pour ce théâtre. Les Comédiens Français reçoivent deux nouvelles pièces : 'La Tontine' en prose de M. le Sage et 'L'Hyver' en vers de M. Dallinval. Le 18 janvier, la première représentation de 'Le Glorieux', une comédie en vers de M. Destouches, est acclamée par le public et les critiques. À Versailles, les Comédiens Français jouent plusieurs pièces entre le 8 et le 31 janvier, incluant 'Le Philosophe Marié', 'Crispin Médecin', 'Iphigénie', 'L'Avare', 'Andromaque', 'Le Glorieux' et 'Amasis'. Les Comédiens Italiens présentent également des œuvres à la Cour, comme 'Le Dedain affecté', 'Colombine', 'La Vie est un Songe' et 'Danaus', une tragicomédie en vers avec des intermèdes.
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5977
p. 149-150
TURQUIE ET PERSE.
Début :
Les Lettres du Levant confirment la Suspension d'armes, signée [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Suspension d'armes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE.
Es Léttres du Levant confirment la Suspension d'armes , signée par le Roy de Perse et
par les Generaux Turcs ; mais on ajoûte que la
Paix paroît difficile à conclure entre les deux
Nations
rso MERCURE DE FRANCE.
Nations , le Roy de Perse n'étant pas disposé à
rien ceder aux Turcs des conquêtes qu'ils ont :
faites en Perse pendant la derniere Révolution.
Ces Lettres ajoûtent qu'on avoit arboré à Cons
tantinople la Queiie de Cheval , et que le bruit
couroit qu'au Printemps prochain le G. S. déclareroit la guerre à quelque Puissance Chrétienne
D'autres Lettres de Constantinople portent
que la Paix est sur le point d'être conclue entre
le G. S. et le Roy de Perse , et qu'on ne
doutoit pas qu'aussi- tôt qu'on auroit reçû la nou- velle de la signature , Sa Hautesse ne déclarât la
guerre à quelques autres Puissances , afin d'occu
per les Milices qui paroissoient toûjours dispo sées à la révolte.
Es Léttres du Levant confirment la Suspension d'armes , signée par le Roy de Perse et
par les Generaux Turcs ; mais on ajoûte que la
Paix paroît difficile à conclure entre les deux
Nations
rso MERCURE DE FRANCE.
Nations , le Roy de Perse n'étant pas disposé à
rien ceder aux Turcs des conquêtes qu'ils ont :
faites en Perse pendant la derniere Révolution.
Ces Lettres ajoûtent qu'on avoit arboré à Cons
tantinople la Queiie de Cheval , et que le bruit
couroit qu'au Printemps prochain le G. S. déclareroit la guerre à quelque Puissance Chrétienne
D'autres Lettres de Constantinople portent
que la Paix est sur le point d'être conclue entre
le G. S. et le Roy de Perse , et qu'on ne
doutoit pas qu'aussi- tôt qu'on auroit reçû la nou- velle de la signature , Sa Hautesse ne déclarât la
guerre à quelques autres Puissances , afin d'occu
per les Milices qui paroissoient toûjours dispo sées à la révolte.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
Les lettres du Levant confirment une suspension d'armes entre le roi de Perse et les généraux turcs, mais la paix est difficile à conclure. Le roi de Perse refuse de céder les territoires conquis. À Constantinople, la Queue de Cheval a été arborée, et des rumeurs de guerre contre une puissance chrétienne circulent. D'autres lettres annoncent une paix imminente entre le Grand Seigneur et le roi de Perse, suivie d'une déclaration de guerre contre d'autres puissances.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5978
p. 150-153
RUSSIE.
Début :
On écrit de Moscou, que les Lettres du Gouverneur de [...]
Mots clefs :
Russie, Tsar Pierre I, Conquêtes, Tsarine Anne, Succession au Trône, Prisonniers d'État, Empire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
N écrit de Moscou , que les Lettres du Gouverneur de Derbent , portent que l'un
des articles préliminaires du Traité qui se négocient entre le G. S. et le Roy de Perse , est de
réünir leurs forces pour attaquer telle Puissance
Chrétienne qu'il leur conviendra , et qu'il a été
résolu dans le Conseil de la Czarine de prendre
toutes les précautions necessaires pour conserver les Conquêtes que le Czar Pierre I. a faites du côté de la Mer Caspienne , et d'y envoyer pour
cela un nouveau renfort des Troupes.
La République de Pologne a fait prier la Czarine de retirer ses Troupes de la Curlande et de ne
plus se mêler des affaires de ce Duché , si elle
vouloit continuer de vivre en bonne intelligence
avec la Couronne de Pologne.
Le Feld Maréchal Dolhorucki , qui fut arrêté
au mois de Movembre dernier , a éte condamné
JANVIER 1732. IST
avoir la tête tranchée ; mais la Czarine , cedant
aux instances des principaux Seigneurs de la
Cour, a converti sa peine en une prison perpetuelle dans la Citadelle de Schlusselbourg , on
l'on met ordinairement les Prisonniers d'Etat.
Sur la fin du mois de Janvier , la Czarine fit
appeller au Palais tous les Generaux , les Ministres et les principaux Membres du Clergé , après
avoir donné ordre au General Soltikoff , d'assem
bler au Château du Cremelin , les trois Régimens.
des Gardes; S. M. Cz. leur fit un Discours qui
dura un quart d'heure , et ordonna à l'Archevêque de Novogrood de lire le Formulaire d'un
Serment , portant qu'ils reconnoîtront pour leur
Souverain ceux que S. M. Cz. nommeroit pour
ses successeurs ce qui fut executé , Nemine contradicente ; et la Duchesse de Mekelbourg , la
Princesse sa fille et la Princesse Elizabeth , le sigaerent les premieres. Voici la Traduction de
cette Déclaration de la Czarine , touchant la Suc
cession au Trône.
NOUS , ANNE, par la grace de Dieu , Impera
trice et Souveraine de tous les Russes , ¿c. sçavoir
faisons par la Presente, à tous nos fideles Sujets. Il
paroit par tant de Manifestes , nouvelles Loix , Re-.
glemens et Ordonnances , que nous avons fait pu-.
blier depuis le commencement de notre Regne , avec
sombien de zele et de soins , conformément audevoir
qui nous a été imposé de Dieu , nous avons employé
tous nos efforts pour maintenir et étendre la Religion Chrétienne et Örthodoxe selon le Rit Grec , pour soutenir la Justice , pour deffendre nos Sujets opprimez.
pourintroduire unmeilleur ordre et discipline dans nos Armées, destinées à la deffense de cet Empire contre
toute attaque de l'Ennemi , pour eriger des Ecoles
Suffi
152 MERCURE DE FRANCE
suffisantes et de belles Académies , dans lesquelles la
Jeunesse est non-seulement élevée gratis , dans la
crainte de Dieu et dans notre Religion Orthodoxe ,
mais aussi dans toutes les Sciences , tant Civiles que
Militaires , utiles à l'Empire , et qui peuvent tendre
a procurer tout ce qui peut avancer le bien , la tranquillité et le salut de tous nos fideles Sujets , et àfai
re fleurir de plus en plus notre chere Patrie. Nous
employons aussi actuellement nos soins gracieux à
chercher les moyens necessaires pour mettre les Subsides sur un meilleur pied , et les diminuer le plus
qu'il sera possible , dès que les necessitez generales
et les interêts de l'Empire pourront le permettre.
En consequence de tous ces efforts salutaires et
continuels pour le bien de notre Empire , nous avons
jugé qu'il étoit principalement de notre devoir
tant envers Dieu qui nous a confié le souverain gouvernement de nos Royaumes , qu'envers nos Sujets ,
davoir soin de confirmer par de bonnes et suffisantes Loix et Ordonnances , cette heureuse situation de nos
Royaumes , non-seulement pendant notre Régence ,
mais aussi pour les temps à venir , afin que dans tous
les incidens qui peuvent survenir et qui dépendent
du Ciel , nos fidèles Sujets puissent , pour la conservation de l'Empire , être maintenus en toute tranquillité et mis en sureté contre les desordres et trou- bles contraires aux Loix divines et auxConstitutions
et Loix fondamentales de notre Empire , comme il
en est arrivé à notre avenement au Trône , qui au- roient certainement ruiné notre chere Patrie , si Dieu
par sa grace particuliere et par sa bonté ne les est
éloignés.
>
Quoique nosfideles Sujets nous ayent déja prêté,
comme à leur Souveraine et Dame , le Serment de
fidelité et de soumission parfaite , et que , conformé- ment à l'ordre de succession , établi le J. Février
17220
JANVIER. 1732. 153
1722. et confirmé par un Serment solemnel de tous
les Etats et fideles Sujets de l'Empire Russien , il a
oûjours dépendu du choix et du bon plaisir des Souverains , de nommer leur Successeur ; néanmoins
afin de confirmer le bonheur et la conservation de
l'Empire , maintenir tous nos fideles Sujets dans une
parfaite tranquillité , et prévenir tout ce qui pourroit troubler ces vues salutaires , nous avons jugé à propos d'ordonner par la Presente , à tous et un cha
cun de nos fideles Sujets , tant Ecclesiastiques que
Temporels , Militaires et Civils , de quelque nom
qu'on puisse les nommer , de nous prêter de nouveau
serment et hommage , selon le Formulaire cy-joint ,
entierement conforme auSerment qui a été prêté auk
Empereurs nos Prédecesseurs. C'est pourquoi nous
avons ordonné defaire imprimer notre present Com
mandement avec le Formulaire, et de le faire publier
par tout notre Empire , afin que personne n'on puisse
prétendre cause d'ignorance : et de notre part , nous avons résolu , et notre volonté est , après avoir invoqué l'assistance divine par des Prieres ardentes ,
de prendre de telles mesures qui ne peuvent tendre qu'au veritable avantage et au bonheur de tout
l'Empire et de tous nos fideles Sujets et à la conservation de notre Religion Orthodoxe. En foi de quoi
nous avons signé la Presente de notre propre main Fait à Moscou le 28. Decembre 1731.
N écrit de Moscou , que les Lettres du Gouverneur de Derbent , portent que l'un
des articles préliminaires du Traité qui se négocient entre le G. S. et le Roy de Perse , est de
réünir leurs forces pour attaquer telle Puissance
Chrétienne qu'il leur conviendra , et qu'il a été
résolu dans le Conseil de la Czarine de prendre
toutes les précautions necessaires pour conserver les Conquêtes que le Czar Pierre I. a faites du côté de la Mer Caspienne , et d'y envoyer pour
cela un nouveau renfort des Troupes.
La République de Pologne a fait prier la Czarine de retirer ses Troupes de la Curlande et de ne
plus se mêler des affaires de ce Duché , si elle
vouloit continuer de vivre en bonne intelligence
avec la Couronne de Pologne.
Le Feld Maréchal Dolhorucki , qui fut arrêté
au mois de Movembre dernier , a éte condamné
JANVIER 1732. IST
avoir la tête tranchée ; mais la Czarine , cedant
aux instances des principaux Seigneurs de la
Cour, a converti sa peine en une prison perpetuelle dans la Citadelle de Schlusselbourg , on
l'on met ordinairement les Prisonniers d'Etat.
Sur la fin du mois de Janvier , la Czarine fit
appeller au Palais tous les Generaux , les Ministres et les principaux Membres du Clergé , après
avoir donné ordre au General Soltikoff , d'assem
bler au Château du Cremelin , les trois Régimens.
des Gardes; S. M. Cz. leur fit un Discours qui
dura un quart d'heure , et ordonna à l'Archevêque de Novogrood de lire le Formulaire d'un
Serment , portant qu'ils reconnoîtront pour leur
Souverain ceux que S. M. Cz. nommeroit pour
ses successeurs ce qui fut executé , Nemine contradicente ; et la Duchesse de Mekelbourg , la
Princesse sa fille et la Princesse Elizabeth , le sigaerent les premieres. Voici la Traduction de
cette Déclaration de la Czarine , touchant la Suc
cession au Trône.
NOUS , ANNE, par la grace de Dieu , Impera
trice et Souveraine de tous les Russes , ¿c. sçavoir
faisons par la Presente, à tous nos fideles Sujets. Il
paroit par tant de Manifestes , nouvelles Loix , Re-.
glemens et Ordonnances , que nous avons fait pu-.
blier depuis le commencement de notre Regne , avec
sombien de zele et de soins , conformément audevoir
qui nous a été imposé de Dieu , nous avons employé
tous nos efforts pour maintenir et étendre la Religion Chrétienne et Örthodoxe selon le Rit Grec , pour soutenir la Justice , pour deffendre nos Sujets opprimez.
pourintroduire unmeilleur ordre et discipline dans nos Armées, destinées à la deffense de cet Empire contre
toute attaque de l'Ennemi , pour eriger des Ecoles
Suffi
152 MERCURE DE FRANCE
suffisantes et de belles Académies , dans lesquelles la
Jeunesse est non-seulement élevée gratis , dans la
crainte de Dieu et dans notre Religion Orthodoxe ,
mais aussi dans toutes les Sciences , tant Civiles que
Militaires , utiles à l'Empire , et qui peuvent tendre
a procurer tout ce qui peut avancer le bien , la tranquillité et le salut de tous nos fideles Sujets , et àfai
re fleurir de plus en plus notre chere Patrie. Nous
employons aussi actuellement nos soins gracieux à
chercher les moyens necessaires pour mettre les Subsides sur un meilleur pied , et les diminuer le plus
qu'il sera possible , dès que les necessitez generales
et les interêts de l'Empire pourront le permettre.
En consequence de tous ces efforts salutaires et
continuels pour le bien de notre Empire , nous avons
jugé qu'il étoit principalement de notre devoir
tant envers Dieu qui nous a confié le souverain gouvernement de nos Royaumes , qu'envers nos Sujets ,
davoir soin de confirmer par de bonnes et suffisantes Loix et Ordonnances , cette heureuse situation de nos
Royaumes , non-seulement pendant notre Régence ,
mais aussi pour les temps à venir , afin que dans tous
les incidens qui peuvent survenir et qui dépendent
du Ciel , nos fidèles Sujets puissent , pour la conservation de l'Empire , être maintenus en toute tranquillité et mis en sureté contre les desordres et trou- bles contraires aux Loix divines et auxConstitutions
et Loix fondamentales de notre Empire , comme il
en est arrivé à notre avenement au Trône , qui au- roient certainement ruiné notre chere Patrie , si Dieu
par sa grace particuliere et par sa bonté ne les est
éloignés.
>
Quoique nosfideles Sujets nous ayent déja prêté,
comme à leur Souveraine et Dame , le Serment de
fidelité et de soumission parfaite , et que , conformé- ment à l'ordre de succession , établi le J. Février
17220
JANVIER. 1732. 153
1722. et confirmé par un Serment solemnel de tous
les Etats et fideles Sujets de l'Empire Russien , il a
oûjours dépendu du choix et du bon plaisir des Souverains , de nommer leur Successeur ; néanmoins
afin de confirmer le bonheur et la conservation de
l'Empire , maintenir tous nos fideles Sujets dans une
parfaite tranquillité , et prévenir tout ce qui pourroit troubler ces vues salutaires , nous avons jugé à propos d'ordonner par la Presente , à tous et un cha
cun de nos fideles Sujets , tant Ecclesiastiques que
Temporels , Militaires et Civils , de quelque nom
qu'on puisse les nommer , de nous prêter de nouveau
serment et hommage , selon le Formulaire cy-joint ,
entierement conforme auSerment qui a été prêté auk
Empereurs nos Prédecesseurs. C'est pourquoi nous
avons ordonné defaire imprimer notre present Com
mandement avec le Formulaire, et de le faire publier
par tout notre Empire , afin que personne n'on puisse
prétendre cause d'ignorance : et de notre part , nous avons résolu , et notre volonté est , après avoir invoqué l'assistance divine par des Prieres ardentes ,
de prendre de telles mesures qui ne peuvent tendre qu'au veritable avantage et au bonheur de tout
l'Empire et de tous nos fideles Sujets et à la conservation de notre Religion Orthodoxe. En foi de quoi
nous avons signé la Presente de notre propre main Fait à Moscou le 28. Decembre 1731.
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Résumé : RUSSIE.
En 1732, plusieurs événements politiques et militaires marquent la Russie. Les négociations entre le Gouvernement russe et le roi de Perse incluent un article préliminaire visant à attaquer une puissance chrétienne. La Russie prévoit de renforcer ses troupes dans la région de la mer Caspienne pour conserver les conquêtes de Pierre Ier. La République de Pologne demande à la czarine de retirer ses troupes de la Courlande afin de maintenir de bonnes relations. Le feld-maréchal Dolhorucki, arrêté en novembre précédent, est condamné à mort, mais sa peine est commuée en prison perpétuelle à Schlusselbourg. En janvier 1732, la czarine Anne convoque les généraux, ministres et membres du clergé pour un discours. Elle leur fait prêter serment de fidélité à ses successeurs. La déclaration de la czarine met en avant ses efforts pour maintenir et étendre la religion orthodoxe, soutenir la justice, défendre les sujets opprimés, et améliorer l'ordre et la discipline dans les armées. Elle souligne également ses initiatives pour éduquer la jeunesse et chercher des moyens de réduire les subsides. La czarine ordonne à ses sujets de prêter serment de fidélité et de soumission, conformément aux lois de succession établies en 1722.
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5979
p. 153-154
SUEDE.
Début :
La Flotte du Roi consiste déjà en 38 Vaisseaux de [...]
Mots clefs :
Suède
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texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE.
A Flotte du Roi consiste déja en 38. Vaisseaux de ligne , et quantité d'autres Bâtimens armez en guerre.
Les Lettres de Stokolm , portent qu'on y publia un Edit le 23. du mois dernier , pour reprimer le luxe dans les habillemens , et les dépenses H ex-
134 MERCURE DE FRANCE ,
excessives qui se font aux Nôces , aux Enterreamens , &c.
Οtoffes d'or et d'argent..
A Flotte du Roi consiste déja en 38. Vaisseaux de ligne , et quantité d'autres Bâtimens armez en guerre.
Les Lettres de Stokolm , portent qu'on y publia un Edit le 23. du mois dernier , pour reprimer le luxe dans les habillemens , et les dépenses H ex-
134 MERCURE DE FRANCE ,
excessives qui se font aux Nôces , aux Enterreamens , &c.
Οtoffes d'or et d'argent..
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5980
p. 154-155
ALLEMAGNE.
Début :
On apprend de Vienne que le 7. de ce mois [...]
Mots clefs :
Allemagne, Don Carlos
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
ONonapprend y reçut deavisVienne que ,29.quedulemois 7. dedernier ce moisla
possession des Duchez de Parme et de Plaisance
avoit été prise au nom de l'Infant Don Carlos
par la Duchesse Douairiere Dorothée , qui a la tutelle de ce Prince jusqu'à sa Majorité , que les
Troupes de l'Empereur étoient sorties de ces Duehez, et s'étoient retirées dans le Milanez.
D'autres Lettres du 8 portent que l'Infant
Don Carlos étoit arrivé à Livourne le 27. De-.
cembre.
On mande de Saltzbourg , qu'il étoit sorti de
ce Diocèse un grand nombre de Protestans ; que
près de 900. s'étoient retirez dans la Suabe ; que les Magistrats des Bailliages avoient exhortéles
Habitans de les retirer chez eux, et de leur donner tous les secours possibles ; que 800. autres de
ces Protestans avoient passé en Baviere , et que l'Electeur avoit donné des ordres pour faire une
collecte d'aumônes en leur faveur.
On apprend de Ratisbonne , que la garantie de la Pragmatique - Sanction avoit fait naître de
grandes contestations dans la Diette de l'Empire;
que le Ministre de l'Electeur de Baviere avoit déclaré que ce Prince étoit dans la disposition d'obliger l'Empereur en toute occasion ; mais qu'il
étoit forcé de représenter que si les Princes de
P'Empire signoient cette garantie de la succession.
des Pays hereditaires de la Maison d'Autriche en
faveur de l'Archiduchesse , fille aînée de l'Empecur , ils s'engageroïent à entrer dans les guerres qui
JANVIER 1732. 155
qui pourroient en résulter , et ce pour des Do
maines qui ne dépendent pas de l'Empire , puisqu'ils n'y ont jamais été immatriculez , tels que
sont le Royaume de Hongrie , la Transilvanie ,
la Moravie , les Royaumes de Naples et de Sicile
Yet autres Etats ; on ajoute que les Ministres de l'Electeur de Saxe et de l'Electeur Palatin avoient
fait les mêmes représentations.
ONonapprend y reçut deavisVienne que ,29.quedulemois 7. dedernier ce moisla
possession des Duchez de Parme et de Plaisance
avoit été prise au nom de l'Infant Don Carlos
par la Duchesse Douairiere Dorothée , qui a la tutelle de ce Prince jusqu'à sa Majorité , que les
Troupes de l'Empereur étoient sorties de ces Duehez, et s'étoient retirées dans le Milanez.
D'autres Lettres du 8 portent que l'Infant
Don Carlos étoit arrivé à Livourne le 27. De-.
cembre.
On mande de Saltzbourg , qu'il étoit sorti de
ce Diocèse un grand nombre de Protestans ; que
près de 900. s'étoient retirez dans la Suabe ; que les Magistrats des Bailliages avoient exhortéles
Habitans de les retirer chez eux, et de leur donner tous les secours possibles ; que 800. autres de
ces Protestans avoient passé en Baviere , et que l'Electeur avoit donné des ordres pour faire une
collecte d'aumônes en leur faveur.
On apprend de Ratisbonne , que la garantie de la Pragmatique - Sanction avoit fait naître de
grandes contestations dans la Diette de l'Empire;
que le Ministre de l'Electeur de Baviere avoit déclaré que ce Prince étoit dans la disposition d'obliger l'Empereur en toute occasion ; mais qu'il
étoit forcé de représenter que si les Princes de
P'Empire signoient cette garantie de la succession.
des Pays hereditaires de la Maison d'Autriche en
faveur de l'Archiduchesse , fille aînée de l'Empecur , ils s'engageroïent à entrer dans les guerres qui
JANVIER 1732. 155
qui pourroient en résulter , et ce pour des Do
maines qui ne dépendent pas de l'Empire , puisqu'ils n'y ont jamais été immatriculez , tels que
sont le Royaume de Hongrie , la Transilvanie ,
la Moravie , les Royaumes de Naples et de Sicile
Yet autres Etats ; on ajoute que les Ministres de l'Electeur de Saxe et de l'Electeur Palatin avoient
fait les mêmes représentations.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne, le 29 décembre, la Duchesse Douairière Dorothée a pris possession des Duchés de Parme et de Plaisance au nom de l'Infant Don Carlos, dont elle assure la tutelle. Les troupes impériales ont quitté ces duchés pour regagner le Milanais. Par ailleurs, l'Infant Don Carlos est arrivé à Livourne le 27 décembre. À Salzbourg, environ 1700 protestants ont fui le diocèse, se réfugiant en Souabe et en Bavière. Les magistrats locaux et l'Électeur de Bavière ont organisé leur accueil et leur secours. À Ratisbonne, lors de la Diète de l'Empire, la garantie de la Pragmatique Sanction a suscité des contestations. Les ministres des Électeurs de Bavière, de Saxe et du Palatinat ont déclaré que les princes de l'Empire ne s'engageraient pas dans des guerres pour des domaines non immatriculés dans l'Empire, comme la Hongrie, la Transylvanie, la Moravie, les Royaumes de Naples et de Sicile, et autres États.
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5981
p. 155-157
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire que le Pape tint le 17. du [...]
Mots clefs :
Italie, Protestants, Éruption du Vésuve, Tremblements de terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
TALIE.
Doisdernier ,le Cardinal Otthoboni , proAns le Consistoire que le Pape fint le 17. du
posa l'Abbaye de Bonneval , Diocèse de Rhodez,
pour l'Archevêque de Narbonne ; celle d'Essey ,
Diocèse d'Agen , pour l'Abbé Salomon ; celle
de Vierzon , Diocèse de Bourges , pour l'Abbé de
Charand, et celle de S. Etienne de Vaux , Diocèse
de Saintes , pour l'Abbé Nerét.
Le Projet pour la franchise du Port d'Ancone
a été approuvé dans la derniere Congrégation
tenue à ce sujet ; et le Pape en a remis l'execution au Trésorier de la Chambre Apostolique et
au Cardinal Firrao.
La Loterie établie à Rome à l'imitation de
celle de Genes , sera tirée neuf fois l'année au
Capitole ; on mettra chaque fois dans la roüe dite
de Fortune , les noms de '90. jeunes filles dont on
en tirera seulement sept , à chacune desquelles on
donnera so. Ecus et des habits. Ce seront ces
septnoms qui procureront le gain à ceux qui au- 2
ront pris interêt dans la Loterie , et qui seront
assez heureux d'avoir choisi ceux qui sortiront
de la rouë. On fera du profit qui en reviendra au
Gouvernement , un fonds pour le soulagement des pauvres Communautez , des Familles honteuHij ses
75€ MERCURE DE FRANCE
ses et des Pauvres de la Charité de S. Jerône er
pour les besoins les plus pressans de la Chambre
Apostolique. Il est deffendu aux Sujets du Pape
de s'interesser dans les Loteries étrangeres. Le
Comte Peluchi a été choisi pour être Directeur
General de cette Loterie avec cent écus d'appointement par mois.
Le Roi de Portugal ayantfait present de soooo.
écus à la Fabrique de S. Pierre , le Pape les a
destinez avec 70000. écus qu'il y a ajouté , à
augmenter de quelques Salles la Sacristie du PaJais du Vatican.
Par les ordres de l'Empereur , on a commencé
à Naples à reformer les quatre Compagnies dont
on avoit augmenté chaque Regiment d'Infanterie Allemande. Les Soldats reformez ont servi de
Recrues aux autres Compagnies , et les Officiers
qui n'ont pas d'employ , ont été mis à la demipaye.
M. Monditle Orsini , Archevêque de Capouë,
et neveu du feu Pape Benoit XIII , a quitté son
Diocèse , et s'est retiré à Naples dans le Convent des Religieux de Sainte Marie , qui a été fondé par ces Ancêtres.
On entendit sur la fin du mois dernier , un
bruit extraordinaire du côté du Mont Vesuve
et l'on a sçu depuis que les éruptions du feu
étoient plus frequentes que de coûtume , ce qui
fait craindre qu'il n'y ait bien- tôt quelque violent Tremblement de Terre , et quelques dégorgemens de matieres bitumineuses.
On écrit de Florence , que le Signor Roggieri , Ingenieur et célebre Dessinateur , est
allé à Livourne , pour faire exécuter le Dessein d'un Arc de Triomphe , que les Marchands Anglois , établis dans cette Ville , y
font
JANVIER. 1732. 1 ཉ 7 ་
font élever en l'honneur de l'Infant Don
Carlos.
La Garde que le Grand Duc y a envoyée pour
le service de ce Prince , est composée de 24 CuiLassiers Allemands , de deux Caporaux , et deux
Trompettes , tous habillés de Drap écarlate , ga- lonné d'or.
Le Duc Salviati , Grand-Veneur du Duché de
Toscane , est allé à Pise avec vinge Chasseurs ,
pour garnir un Parc de toutes sortes de Gibier
afin que l'Infant puisse y prendre le divertissément de la Chasse lorsqu'il ira voir cette
Ville.
Le Grand Duc a promis d'avancer 50000
Ecus aux Exécuteurs du Testament de la feng
Princesse Douairiere de Florence , afin qu'ils puis
cent acquitter les legs qu'elle a faits , sans être
obligez de vendre ses Diamans.
Le Roi d'Espagne a fait present au Grand Duc d'un Vaisseau de Guerre de so pieces da Canon , tout neuf, et garni de tous ses agrets. S
M. Cat. lui a envoyé en même temps so mil
liers de Cacao , 300 livres de Vannille , cent
Caisses de Liqueurs et de Vins exquis , huit
grains de Mine d'or naturelle d'un poids consi
derable , qui ont été tirés des Mines du Perou
sans qu'il se soit trouvé uni avec cet or aucune
matiere étrangere comme dans les Mines ordi
maires , une Cassette de Diamans brutes ,
Cages d'Oiseaux rares des Indes Occidentales er
Orientales , 30 Caisses des plus fines Porcelaines
et & bales d'Etoffes d'or et d'argent..
Doisdernier ,le Cardinal Otthoboni , proAns le Consistoire que le Pape fint le 17. du
posa l'Abbaye de Bonneval , Diocèse de Rhodez,
pour l'Archevêque de Narbonne ; celle d'Essey ,
Diocèse d'Agen , pour l'Abbé Salomon ; celle
de Vierzon , Diocèse de Bourges , pour l'Abbé de
Charand, et celle de S. Etienne de Vaux , Diocèse
de Saintes , pour l'Abbé Nerét.
Le Projet pour la franchise du Port d'Ancone
a été approuvé dans la derniere Congrégation
tenue à ce sujet ; et le Pape en a remis l'execution au Trésorier de la Chambre Apostolique et
au Cardinal Firrao.
La Loterie établie à Rome à l'imitation de
celle de Genes , sera tirée neuf fois l'année au
Capitole ; on mettra chaque fois dans la roüe dite
de Fortune , les noms de '90. jeunes filles dont on
en tirera seulement sept , à chacune desquelles on
donnera so. Ecus et des habits. Ce seront ces
septnoms qui procureront le gain à ceux qui au- 2
ront pris interêt dans la Loterie , et qui seront
assez heureux d'avoir choisi ceux qui sortiront
de la rouë. On fera du profit qui en reviendra au
Gouvernement , un fonds pour le soulagement des pauvres Communautez , des Familles honteuHij ses
75€ MERCURE DE FRANCE
ses et des Pauvres de la Charité de S. Jerône er
pour les besoins les plus pressans de la Chambre
Apostolique. Il est deffendu aux Sujets du Pape
de s'interesser dans les Loteries étrangeres. Le
Comte Peluchi a été choisi pour être Directeur
General de cette Loterie avec cent écus d'appointement par mois.
Le Roi de Portugal ayantfait present de soooo.
écus à la Fabrique de S. Pierre , le Pape les a
destinez avec 70000. écus qu'il y a ajouté , à
augmenter de quelques Salles la Sacristie du PaJais du Vatican.
Par les ordres de l'Empereur , on a commencé
à Naples à reformer les quatre Compagnies dont
on avoit augmenté chaque Regiment d'Infanterie Allemande. Les Soldats reformez ont servi de
Recrues aux autres Compagnies , et les Officiers
qui n'ont pas d'employ , ont été mis à la demipaye.
M. Monditle Orsini , Archevêque de Capouë,
et neveu du feu Pape Benoit XIII , a quitté son
Diocèse , et s'est retiré à Naples dans le Convent des Religieux de Sainte Marie , qui a été fondé par ces Ancêtres.
On entendit sur la fin du mois dernier , un
bruit extraordinaire du côté du Mont Vesuve
et l'on a sçu depuis que les éruptions du feu
étoient plus frequentes que de coûtume , ce qui
fait craindre qu'il n'y ait bien- tôt quelque violent Tremblement de Terre , et quelques dégorgemens de matieres bitumineuses.
On écrit de Florence , que le Signor Roggieri , Ingenieur et célebre Dessinateur , est
allé à Livourne , pour faire exécuter le Dessein d'un Arc de Triomphe , que les Marchands Anglois , établis dans cette Ville , y
font
JANVIER. 1732. 1 ཉ 7 ་
font élever en l'honneur de l'Infant Don
Carlos.
La Garde que le Grand Duc y a envoyée pour
le service de ce Prince , est composée de 24 CuiLassiers Allemands , de deux Caporaux , et deux
Trompettes , tous habillés de Drap écarlate , ga- lonné d'or.
Le Duc Salviati , Grand-Veneur du Duché de
Toscane , est allé à Pise avec vinge Chasseurs ,
pour garnir un Parc de toutes sortes de Gibier
afin que l'Infant puisse y prendre le divertissément de la Chasse lorsqu'il ira voir cette
Ville.
Le Grand Duc a promis d'avancer 50000
Ecus aux Exécuteurs du Testament de la feng
Princesse Douairiere de Florence , afin qu'ils puis
cent acquitter les legs qu'elle a faits , sans être
obligez de vendre ses Diamans.
Le Roi d'Espagne a fait present au Grand Duc d'un Vaisseau de Guerre de so pieces da Canon , tout neuf, et garni de tous ses agrets. S
M. Cat. lui a envoyé en même temps so mil
liers de Cacao , 300 livres de Vannille , cent
Caisses de Liqueurs et de Vins exquis , huit
grains de Mine d'or naturelle d'un poids consi
derable , qui ont été tirés des Mines du Perou
sans qu'il se soit trouvé uni avec cet or aucune
matiere étrangere comme dans les Mines ordi
maires , une Cassette de Diamans brutes ,
Cages d'Oiseaux rares des Indes Occidentales er
Orientales , 30 Caisses des plus fines Porcelaines
et & bales d'Etoffes d'or et d'argent..
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Résumé : ITALIE.
En 1732, plusieurs décisions ecclésiastiques et politiques ont été prises. Le Cardinal Otthoboni a proposé au Consistoire que le Pape attribue diverses abbayes à des dignitaires : Bonneval à l'Archevêque de Narbonne, Essey à l'Abbé Salomon, Vierzon à l'Abbé de Charand, et Saint-Étienne de Vaux à l'Abbé Nerét. Le projet pour la franchise du Port d'Ancone a été approuvé, et sa mise en œuvre a été confiée au Trésorier de la Chambre Apostolique et au Cardinal Firrao. Une loterie, inspirée de celle de Gênes, a été établie à Rome avec des tirages neuf fois par an au Capitole. Les gains de cette loterie sont destinés à aider les pauvres et les familles nécessiteuses. Le Comte Peluchi a été nommé Directeur Général de cette loterie. Le Roi de Portugal a fait don de 5 000 écus à la Fabrique de Saint-Pierre, somme augmentée de 70 000 écus par le Pape pour agrandir la sacristie du Palais du Vatican. À Naples, l'Empereur a ordonné la réforme des compagnies d'infanterie allemande. L'Archevêque de Capoue, M. Monditle Orsini, s'est retiré à Naples. Des éruptions fréquentes du Mont Vesuve ont été signalées, suscitant des craintes de tremblements de terre. À Florence, le Signor Roggieri a été chargé de construire un Arc de Triomphe pour l'Infant Don Carlos. Le Grand Duc de Toscane a envoyé une garde et des chasseurs pour le service de l'Infant. Le Roi d'Espagne a offert divers présents au Grand Duc, incluant un vaisseau de guerre, des denrées rares et des objets précieux.
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5982
p. 157-159
Arrivée de Don Carlos en Italie, [titre d'après la table]
Début :
L'Infant Don Carlos étant parti d'Antibes le 23. [...]
Mots clefs :
Don Carlos, Livourne, Arrivée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Arrivée de Don Carlos en Italie, [titre d'après la table]
L'Infant Don Carlos étant parti d'Antibes le 23 Decembre , sur les Galeres du Roy d'Espagne , accompagnées de trois Galeres du Grand Duc de Toscane , arriva à Livourne le 27 , au
Hij bruit
158 MERCURE DE FRANCE
,
bruit de toute l'Artillerie , à bord d'une des Ga
leres d'Espagne ; S. A. R. ayant débarqué vers
le soir , fit son Entrée publique dans cette Ville ,
où elle fut reçue en qualité de Grand Prince de Toscane avec tout l'éclat et toute la magnificence possible ; la Ville étoit entierement illuminée , et les Ruës par où ce Prince passa étoient ornées de riches Tapisseries &c. Don Carlos
a essuyé une terrible tempête la nuit du 26 au
27. à la hauteur du Cap Noli : toutes les Galeres
ayant été dispersées , mais elles ont eû le bonheur de resister à la violence des Vents ; les trois
Galeres de Toscane étant déja entrées dans le
Port de Livourne) , de même que les autres Galeres d'Espagne.
Après que Don Carlos fut arrivé en Toscane
son premier soin fut d'expedier des Couriers au
Grand-Duc et àla Duchesse Dorothée , Douairiere de Parme , pour leur donner avis de son
arrivée , et pour faire reconnoître cette Princesse
en son nom , Regente de Parme et de Plaisance.
En effet , la Princesse Dorothée prit possession
te 29 au nom de l'Infant Don Carlos ,
de ces
deux Duchez. Elle reçut les Sermens de tous les
Ordres , les Troupes de ces deux Etats reprirent
leurs Postes , et le lendemain au matin les Troupes Imperiales sortirent de Parme et de Plai- sance pour se retirer dans le Milanez.
>
Le jour de cette prise de Possession , la Duchesse Dorothée fit distribuer un grand nombre
de Medailles d'or , d'argent et de cuivre , qu'elle
avoit fait frapper à ce sujet , pour en marquer L'Epoque de cet évenement.
Le soir du 28 , S. A. R. vit passer sous ses
fenêtres un Char de Triomphe magnifiquement.
orné que la Nation Françoise avoit fait préparer
JANVIER. 1732. r59
parer , sur lequel il y avoit un fort beau Con
cert de toutes sortes d'Instrumens et de Voix. Le
l'Infant retourna chasser dans le Bosquer
des Capucins , où il tua plusieurs Oiseaux et un
Marcassin.
Hij bruit
158 MERCURE DE FRANCE
,
bruit de toute l'Artillerie , à bord d'une des Ga
leres d'Espagne ; S. A. R. ayant débarqué vers
le soir , fit son Entrée publique dans cette Ville ,
où elle fut reçue en qualité de Grand Prince de Toscane avec tout l'éclat et toute la magnificence possible ; la Ville étoit entierement illuminée , et les Ruës par où ce Prince passa étoient ornées de riches Tapisseries &c. Don Carlos
a essuyé une terrible tempête la nuit du 26 au
27. à la hauteur du Cap Noli : toutes les Galeres
ayant été dispersées , mais elles ont eû le bonheur de resister à la violence des Vents ; les trois
Galeres de Toscane étant déja entrées dans le
Port de Livourne) , de même que les autres Galeres d'Espagne.
Après que Don Carlos fut arrivé en Toscane
son premier soin fut d'expedier des Couriers au
Grand-Duc et àla Duchesse Dorothée , Douairiere de Parme , pour leur donner avis de son
arrivée , et pour faire reconnoître cette Princesse
en son nom , Regente de Parme et de Plaisance.
En effet , la Princesse Dorothée prit possession
te 29 au nom de l'Infant Don Carlos ,
de ces
deux Duchez. Elle reçut les Sermens de tous les
Ordres , les Troupes de ces deux Etats reprirent
leurs Postes , et le lendemain au matin les Troupes Imperiales sortirent de Parme et de Plai- sance pour se retirer dans le Milanez.
>
Le jour de cette prise de Possession , la Duchesse Dorothée fit distribuer un grand nombre
de Medailles d'or , d'argent et de cuivre , qu'elle
avoit fait frapper à ce sujet , pour en marquer L'Epoque de cet évenement.
Le soir du 28 , S. A. R. vit passer sous ses
fenêtres un Char de Triomphe magnifiquement.
orné que la Nation Françoise avoit fait préparer
JANVIER. 1732. r59
parer , sur lequel il y avoit un fort beau Con
cert de toutes sortes d'Instrumens et de Voix. Le
l'Infant retourna chasser dans le Bosquer
des Capucins , où il tua plusieurs Oiseaux et un
Marcassin.
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Résumé : Arrivée de Don Carlos en Italie, [titre d'après la table]
Le 23 décembre, l'Infant Don Carlos quitta Antibes à bord des galères du roi d'Espagne, escorté par trois galères du Grand Duc de Toscane. Après avoir surmonté une violente tempête près du Cap Noli, il arriva à Livourne le 27 décembre. Il fut accueilli solennellement en tant que Grand Prince de Toscane, avec des illuminations et des décorations somptueuses. À son arrivée en Toscane, Don Carlos envoya des courriers au Grand-Duc et à la Duchesse Dorothée pour annoncer sa venue et reconnaître cette dernière comme régente de Parme et de Plaisance. Le 29 décembre, la Duchesse Dorothée prit possession de ces duchés au nom de Don Carlos, reçut les serments des différents ordres et ordonna le retrait des troupes impériales. Elle fit également distribuer des médailles commémorant cet événement. Le soir du 28 décembre, Don Carlos assista à un concert sur un char de triomphe préparé par la nation française. Le lendemain, il se rendit dans le bois des Capucins pour chasser, y tuant plusieurs oiseaux et un marcassin.
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5983
p. 159-163
Arc de Triomphe, en son honneur, [titre d'après la table]
Début :
Le I. de ce mois, S. A. R. reçut les complimens [...]
Mots clefs :
Don Carlos, Infant, Arc de triomphe, Médaillons, Inscriptions, Arrivée, Livourne
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texteReconnaissance textuelle : Arc de Triomphe, en son honneur, [titre d'après la table]
Le r. de ce mois,S. A. R. reçut les complimens
sur la nouvelle année de toutes les personnes de
distinction qui sont à Livourne. La Nation Hol landoise donna à ce Prince le divertissement d'une
Course de chevaux , dont le Prix étoit un Man
teau de Velours cramoisi garni d'argent ; et la
Nation Angloise exposa la Machine qu'elle avoir
fait construire. C'étoit un Arc de Triomphe.
qui avoit sa principale face tournée du côté
de la Porte de la Marine on y voyoit deux Pilastres peints à l'imitation du Marbre verd antique , avec les Bases et les Chapiteaux dorez ,
d'un Ordre composé entre chaque Pilastre étoit
placée une Statue , dont l'une représentoit la
Justice , et l'autre la Clemence. On voyoit un
bas-relief au Piedestal de la Justice , le Conseil
des Dieux , et Mercure conduisant par la main
un jeune Héros , en action de parler , pour le
présenter aux Muses qui se réjouissoient sur les
Mont Parnasse à la vue de ce Héros :
sous on lisoit ::
au-desJam novaprogenies calo demittitur alto.
Dans l'autre bas- relief du Piedestal de la Clemence , étoient représentés le Port et la Ville
de Livourne , ayant les Portes ouvertes : dans le
lointain , diverses Galeres qui y dirigeoient leur
course , dont on distinguoit la Royale d'Espagne , sur le devant de laquelle on voyoit la Fe
Licité qui prioit Neptune de calmer la Mer , et
d'accorder un heureux Voyage au Prince Don
Carlos ; et derriere Neptune on voyoit le Temps Hij qui:
166 MERCURE DE FRANCE
qui tenoit la Tempête assujettie à ses pieds : au dessus étoit écrit :
Volvenda dies en attulit ultro..
L'Inscription suivante paroissoit sur la partie
supérieure , en lettres d'or et noires , comme sur un fond imité de Marbre blanc.
SALVO ATQUE INCOLUMI CAROLO PRIN-.-
CIPE PHILIPPI V , Hispaniarum Regis , et Ré-,
gina Elisabetha Farnesia , Filio inclito , Felice ,
Augusto , Parma et Placentia Duce , quod optatissimo adventu suo impletis omnium votis qualis
quantusque futurus sit in hoc Imperio faustis aus-,
piciis ostendat restituta Europa pace , confirmataque Etruria felicitate Britanni hic Negociantes ,
annuente et favente Joanne Gastone , Magno Duce
Etruria , summa_latitia gestientibus animis po- suere.
Sur les Médaillons de chaque côté étoient as¬
sises deux Statues , dont l'une représentoit la
Gloire , et l'autre l'Eternité , et au dessus de
FInscription étoient les Armes d'Espagne.
Il y avoit dans l'autre façade de l'Arc de
Triomphe , tournée du côté de la Porte de Pise
entre deux Pilastres , deux Statues , dont l'une
à droite représentoit la Providence , et l'autre la Liberalité. Les Arts liberaux et l'accroissement
du Commerce étoient dépeints dans le bas-relief
du Piedestal qui étoit sous la Providence , avec ces mots FELICITAS ETRURIÆ ; et sous la
Liberalité , on voyoit la Paix et la Felicité qui
embrassoient l'Europe. Le Temple de Janus paroissoit fermé , et sur le devant on voyoit des
petits genies qui amassoient des Armes et des
Instrumens de Guerre , et en faisoient un Feu de
joye , avec ces mots ; PAIX D'EUROPE.
L'Ins
JANVIER 1732 161
L'Inscription suivante , en lettres d'or et noi-
> étoit dans la partie supérieure de cette:
façade.
Ingresso feliciter Etruriam exoptatissimo ›Prin+-
cipe Carolo , multiplicatis ubique votis latisque
acclamationibus , Britanni hac Negociantes maximo gestientes gaudio , Philippi V. Hispaniarum
Regis , et Regina Elizabetha Farnesis , atque Joanni Gastori; Magno Duci Etruria , Sospite filio inclito , dignoque successore , perenni obsequio gratu lantur.
Sur les deux Médaillons des côtez , paroissoient assises la Joye et la Constance , avec les
Symboles et les Attributs qui leur sont propres ;
et sur l'Inscription de cette Façade , de même que
sur les deux côtez de l'édifice , on voyoit pareillement les Armes d'Espagne, surmontées par tout
d'une Couronne dorée , et supportées par deux :
Lions.
Aux quatres parties intérieures de l'Arc de :
triomphe étoient placez quatre Médaillons ovales , peints au Chiaro Oscuro. Dans le premier ,
qui répondoit à l'alignement de la Justice , paroissoit unjeune Prince, avec son Manteau Royal,, tenant de la main droite un Globe ; et de la gauche une Lance , avec ces mots : PRINCIPI JU- ·
VENTUTIS ; et dans l'endroit qui répondoit à la Clémence , étoit peinte une Galere , conduite par
Neptune , et faisant voile , avec un vent fa vorable , avec ces mots : FELIX ADVENTUS.
Vis-à- vis , à l'endroit qui répondoit à la Sa--
rue de la Liberalité, il y avoit un autre Médaillon,
dans lequel étoit représentée l'Esperance , avec une
Fleur à la main , et ayant à ses pieds une Mesuse remplie d'Epics. de Blé , avec cette Devise a :
H.v. SPES ›
162 MERCURE DE FRANCE®
SPES PUBLICA; et vis- à vis le premier Médail
lon , du côté de la Statuë de la Providence ,
étoient peints quatre petits Genies , faisant un
beau Groupe , représentant allégoriquement les
quatre Saisons , avec ces mots : FELICITAS,
TEMPORUM.
Les Bases , Chapiteaux , Corniches , Festons et- autres ornemens de cet Edifice étoient tous dorez; ce qui, joint au bon gout qui regnoit dans la
distribution des couleurs , à l'imitation des plus beaux marbres , offroit à la vue tout ce qu'on
peut s'imaginer de plus magnifique et de plus .
Beau. Les huit Statues et les quatre Médaillons ,
étoient pris des Revers des Médailles des Empereurs Romains et peints par differens Peintres ,
qui ont le plus de réputation . Les deux Façades ,
avoient 47 pieds , et les deux côtez 28 pieds de largeur , et 76 pieds de hauteur. Le tout a été
conduit par le sieur Ferdinand Ruggier , celebre Architecte Florentin. L'Abbé Antoine - François
Gori , Professeur en l'Histoire de l'Université
deFlorence , est l'Auteur des Inscriptions,.
de vent
Voicy d'autres circonstances sur l'arrivée de
Don Carlos , en Italie. Le 27 Decembre dernier
la Galere du Chevalier Marescotti , entra dans le
Port deLivourne, ayant été séparée des deux-au-.. tres Galeres du Grand Duc , par un coup
qui l'avoit assez endommagée. Deux heures après
il arriva une autre Galere du Grand Duc , commandée par le Capitaine Nanglé , et le soir on .
vit entrer dans le Port , la Capitane des Galeres .
du Roy d'Espagne , que montoit l'Infant Don Carlos , suivie d'une autre Galere Espagnole. Aussi-tôr qu'on eut donné le signal de l'arrivée de
se Prince , onfit plusieurs décharges d'Artillerie ,.
après
JANVIER. 17326 163
après lesquelles S. A. R. descendit dans la ChaFoupe du Grand Duc , qui étoit magnifiquement
ornée. Il fit ensuite son Entrée publique en cette
Ville , dont la Garnison et la Bourgeoisie étoient.
en Haye et sous les Armes.
Il se rendit d'abord à l'Eglise du Dôme , dans ›
les Carosses du Grand Duc , et il fut reçu par
l'Archevêque de Pise , qui après l'avoir conduit
dans le Choeur , entonna le Te Deum , pendant
lequel on fit encore plusieurs Salves d'Artillerie.
Après le TeDeum , l'Infant Don Carlos se rendir au Palais , où il fut complimenté de la part du
Grand Duc, par la Noblesse et les Officiers de la ·
Ville , ausquels il donna sa main à baiser. Il se
mit à Table à neuf heures du soir , et il fut servi
par le Marquis Ricardi , qui fit les fonctions de
premier Maître d'Hôtel , et par le Comte Ca
nale, qui fit celles d'Echanson. Vers les onze heures du soir , le Marquis de Villa- Réal fut dépêché à Séville , pour porter à L, M. Cath, la nou-- velle de l'arrivée de S. A. R. en Italie.
Le 29 au matin , l'Infant , après avoir fait ses
dévotions la veille , se rendit au Bosquer des Capucins , où il prit le divertissement de tirer des:
Cignes dont on avoit mis un grand nombre
dans le Canal ; l'après midi il se promena dans .
divers quartiers de la Ville , pour se faire voir :
au peuple , qui a fait pendant trois nuits consé
cutives des Feux de joye et des Illuminations.
Les dernieres Lettres d'Italie portent que l'Infant Don Carlos avoit été attaqué de la Petite
Verole peu de tems après son arrivée à Livourne ,
mais que ce Prince étoit hors de tout danger au
départ du Courier.
sur la nouvelle année de toutes les personnes de
distinction qui sont à Livourne. La Nation Hol landoise donna à ce Prince le divertissement d'une
Course de chevaux , dont le Prix étoit un Man
teau de Velours cramoisi garni d'argent ; et la
Nation Angloise exposa la Machine qu'elle avoir
fait construire. C'étoit un Arc de Triomphe.
qui avoit sa principale face tournée du côté
de la Porte de la Marine on y voyoit deux Pilastres peints à l'imitation du Marbre verd antique , avec les Bases et les Chapiteaux dorez ,
d'un Ordre composé entre chaque Pilastre étoit
placée une Statue , dont l'une représentoit la
Justice , et l'autre la Clemence. On voyoit un
bas-relief au Piedestal de la Justice , le Conseil
des Dieux , et Mercure conduisant par la main
un jeune Héros , en action de parler , pour le
présenter aux Muses qui se réjouissoient sur les
Mont Parnasse à la vue de ce Héros :
sous on lisoit ::
au-desJam novaprogenies calo demittitur alto.
Dans l'autre bas- relief du Piedestal de la Clemence , étoient représentés le Port et la Ville
de Livourne , ayant les Portes ouvertes : dans le
lointain , diverses Galeres qui y dirigeoient leur
course , dont on distinguoit la Royale d'Espagne , sur le devant de laquelle on voyoit la Fe
Licité qui prioit Neptune de calmer la Mer , et
d'accorder un heureux Voyage au Prince Don
Carlos ; et derriere Neptune on voyoit le Temps Hij qui:
166 MERCURE DE FRANCE
qui tenoit la Tempête assujettie à ses pieds : au dessus étoit écrit :
Volvenda dies en attulit ultro..
L'Inscription suivante paroissoit sur la partie
supérieure , en lettres d'or et noires , comme sur un fond imité de Marbre blanc.
SALVO ATQUE INCOLUMI CAROLO PRIN-.-
CIPE PHILIPPI V , Hispaniarum Regis , et Ré-,
gina Elisabetha Farnesia , Filio inclito , Felice ,
Augusto , Parma et Placentia Duce , quod optatissimo adventu suo impletis omnium votis qualis
quantusque futurus sit in hoc Imperio faustis aus-,
piciis ostendat restituta Europa pace , confirmataque Etruria felicitate Britanni hic Negociantes ,
annuente et favente Joanne Gastone , Magno Duce
Etruria , summa_latitia gestientibus animis po- suere.
Sur les Médaillons de chaque côté étoient as¬
sises deux Statues , dont l'une représentoit la
Gloire , et l'autre l'Eternité , et au dessus de
FInscription étoient les Armes d'Espagne.
Il y avoit dans l'autre façade de l'Arc de
Triomphe , tournée du côté de la Porte de Pise
entre deux Pilastres , deux Statues , dont l'une
à droite représentoit la Providence , et l'autre la Liberalité. Les Arts liberaux et l'accroissement
du Commerce étoient dépeints dans le bas-relief
du Piedestal qui étoit sous la Providence , avec ces mots FELICITAS ETRURIÆ ; et sous la
Liberalité , on voyoit la Paix et la Felicité qui
embrassoient l'Europe. Le Temple de Janus paroissoit fermé , et sur le devant on voyoit des
petits genies qui amassoient des Armes et des
Instrumens de Guerre , et en faisoient un Feu de
joye , avec ces mots ; PAIX D'EUROPE.
L'Ins
JANVIER 1732 161
L'Inscription suivante , en lettres d'or et noi-
> étoit dans la partie supérieure de cette:
façade.
Ingresso feliciter Etruriam exoptatissimo ›Prin+-
cipe Carolo , multiplicatis ubique votis latisque
acclamationibus , Britanni hac Negociantes maximo gestientes gaudio , Philippi V. Hispaniarum
Regis , et Regina Elizabetha Farnesis , atque Joanni Gastori; Magno Duci Etruria , Sospite filio inclito , dignoque successore , perenni obsequio gratu lantur.
Sur les deux Médaillons des côtez , paroissoient assises la Joye et la Constance , avec les
Symboles et les Attributs qui leur sont propres ;
et sur l'Inscription de cette Façade , de même que
sur les deux côtez de l'édifice , on voyoit pareillement les Armes d'Espagne, surmontées par tout
d'une Couronne dorée , et supportées par deux :
Lions.
Aux quatres parties intérieures de l'Arc de :
triomphe étoient placez quatre Médaillons ovales , peints au Chiaro Oscuro. Dans le premier ,
qui répondoit à l'alignement de la Justice , paroissoit unjeune Prince, avec son Manteau Royal,, tenant de la main droite un Globe ; et de la gauche une Lance , avec ces mots : PRINCIPI JU- ·
VENTUTIS ; et dans l'endroit qui répondoit à la Clémence , étoit peinte une Galere , conduite par
Neptune , et faisant voile , avec un vent fa vorable , avec ces mots : FELIX ADVENTUS.
Vis-à- vis , à l'endroit qui répondoit à la Sa--
rue de la Liberalité, il y avoit un autre Médaillon,
dans lequel étoit représentée l'Esperance , avec une
Fleur à la main , et ayant à ses pieds une Mesuse remplie d'Epics. de Blé , avec cette Devise a :
H.v. SPES ›
162 MERCURE DE FRANCE®
SPES PUBLICA; et vis- à vis le premier Médail
lon , du côté de la Statuë de la Providence ,
étoient peints quatre petits Genies , faisant un
beau Groupe , représentant allégoriquement les
quatre Saisons , avec ces mots : FELICITAS,
TEMPORUM.
Les Bases , Chapiteaux , Corniches , Festons et- autres ornemens de cet Edifice étoient tous dorez; ce qui, joint au bon gout qui regnoit dans la
distribution des couleurs , à l'imitation des plus beaux marbres , offroit à la vue tout ce qu'on
peut s'imaginer de plus magnifique et de plus .
Beau. Les huit Statues et les quatre Médaillons ,
étoient pris des Revers des Médailles des Empereurs Romains et peints par differens Peintres ,
qui ont le plus de réputation . Les deux Façades ,
avoient 47 pieds , et les deux côtez 28 pieds de largeur , et 76 pieds de hauteur. Le tout a été
conduit par le sieur Ferdinand Ruggier , celebre Architecte Florentin. L'Abbé Antoine - François
Gori , Professeur en l'Histoire de l'Université
deFlorence , est l'Auteur des Inscriptions,.
de vent
Voicy d'autres circonstances sur l'arrivée de
Don Carlos , en Italie. Le 27 Decembre dernier
la Galere du Chevalier Marescotti , entra dans le
Port deLivourne, ayant été séparée des deux-au-.. tres Galeres du Grand Duc , par un coup
qui l'avoit assez endommagée. Deux heures après
il arriva une autre Galere du Grand Duc , commandée par le Capitaine Nanglé , et le soir on .
vit entrer dans le Port , la Capitane des Galeres .
du Roy d'Espagne , que montoit l'Infant Don Carlos , suivie d'une autre Galere Espagnole. Aussi-tôr qu'on eut donné le signal de l'arrivée de
se Prince , onfit plusieurs décharges d'Artillerie ,.
après
JANVIER. 17326 163
après lesquelles S. A. R. descendit dans la ChaFoupe du Grand Duc , qui étoit magnifiquement
ornée. Il fit ensuite son Entrée publique en cette
Ville , dont la Garnison et la Bourgeoisie étoient.
en Haye et sous les Armes.
Il se rendit d'abord à l'Eglise du Dôme , dans ›
les Carosses du Grand Duc , et il fut reçu par
l'Archevêque de Pise , qui après l'avoir conduit
dans le Choeur , entonna le Te Deum , pendant
lequel on fit encore plusieurs Salves d'Artillerie.
Après le TeDeum , l'Infant Don Carlos se rendir au Palais , où il fut complimenté de la part du
Grand Duc, par la Noblesse et les Officiers de la ·
Ville , ausquels il donna sa main à baiser. Il se
mit à Table à neuf heures du soir , et il fut servi
par le Marquis Ricardi , qui fit les fonctions de
premier Maître d'Hôtel , et par le Comte Ca
nale, qui fit celles d'Echanson. Vers les onze heures du soir , le Marquis de Villa- Réal fut dépêché à Séville , pour porter à L, M. Cath, la nou-- velle de l'arrivée de S. A. R. en Italie.
Le 29 au matin , l'Infant , après avoir fait ses
dévotions la veille , se rendit au Bosquer des Capucins , où il prit le divertissement de tirer des:
Cignes dont on avoit mis un grand nombre
dans le Canal ; l'après midi il se promena dans .
divers quartiers de la Ville , pour se faire voir :
au peuple , qui a fait pendant trois nuits consé
cutives des Feux de joye et des Illuminations.
Les dernieres Lettres d'Italie portent que l'Infant Don Carlos avoit été attaqué de la Petite
Verole peu de tems après son arrivée à Livourne ,
mais que ce Prince étoit hors de tout danger au
départ du Courier.
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Résumé : Arc de Triomphe, en son honneur, [titre d'après la table]
En janvier 1732, Son Altesse Royale reçut les vœux de la nouvelle année de la part des personnalités distinguées de Livourne. La Nation Hollandais organisa une course de chevaux pour le prince, avec un manteau de velours cramoisi garni d'argent comme prix. La Nation Anglaise présenta un Arc de Triomphe devant la Porte de la Marine. Cet arc comportait deux pilastres imitant le marbre vert antique, avec des bases et des chapiteaux dorés. Entre les pilastres se trouvaient des statues représentant la Justice et la Clémence. Le bas-relief du piédestal de la Justice montrait le Conseil des Dieux et Mercure conduisant un jeune héros vers les Muses sur le Mont Parnasse. Celui de la Clémence représentait le port et la ville de Livourne, avec des galères et des figures allégoriques comme la Félicité et Neptune. L'Arc de Triomphe comportait des inscriptions en lettres d'or et noires, louant le prince Don Carlos et ses parents, le roi Philippe V d'Espagne et la reine Élisabeth Farnèse. Des statues de la Gloire et de l'Éternité, ainsi que les armes d'Espagne, étaient présentes. Sur la façade tournée vers la Porte de Pise, se trouvaient des statues de la Providence et de la Liberalité, avec des bas-reliefs représentant les arts libéraux, le commerce, la paix et la félicité embrassant l'Europe. Le Temple de Janus fermé symbolisait la paix en Europe. L'arrivée de Don Carlos en Italie fut marquée par plusieurs événements. Le 27 décembre, la galère du Chevalier Marescotti entra dans le port de Livourne, suivie par d'autres galères du Grand Duc et du roi d'Espagne. Don Carlos fut accueilli par des salves d'artillerie et se rendit à l'église du Dôme pour le Te Deum. Il fut ensuite complimenté par la noblesse et les officiers de la ville. Le 29 décembre, il se promena dans divers quartiers de Livourne pour se faire voir au peuple. Peu après son arrivée, Don Carlos contracta la petite vérole, mais il était hors de danger au départ du courrier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5984
p. 164-165
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On écrit de Londres que le 8. de ce mois, [...]
Mots clefs :
Grande-Bretagne, Parlement d'Irlande
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
N écrit de Londres que le 8 de ce mois
Adgi Mahomet Said et Adgi Ali , Envoyez de la Regence d'Alger, eurent leur premiere Audience particuliere du Roy , dans l'appar
tement duquel ils furent introduits par le Lord
Harrington , Secretaire d'Etat. Ils eurent ensuite
Audience de la Reine, étant présentez par le Com
te de Grantham , Lord Chambellan de S. M. Le
lendemain ils eurent Audience du Pr. de Galles ee
du Duc de Cumberland. Le Roy a accordé à ces
deux Envoyez 80 liv. sterl. par mois, pendant leur
séjour en Angleterre.
་
LeParlement d'Irlande a continué la taxe sur la
Biere , le Vin et les Eaux Spiriteuses , et pour
être en état de fournir un nouveau subside auRoy,
ila mis une imposition de quatre Chelins par liv.
sur tous les revenus des terres , rentes et pensions.
Quelques Gentils- hommes ayant formé dans、
de
JANVIER. 1732. 165
le même Royaume une Société , pour le progrès
de l'Agriculture , ils ont choisi le Duc de Dorset,
Viceroy, pour leur Président , et le Primat dus
Royaume pour leur Vice-Président..
-
L'Amiral Wager arriva sur la fin du mois dernier à Londres , de retour de Livourne , avec
la Flotte Angloise. Il fut tres favorablement
reçu du Roy et de la Reine ; et fit voir à L. M.
le magnifique Portrait du Roy d'Espagne , dontS. M. Cath. lui a fait présent. Il est enrichi de deux rangs de Diamans brillans, surmonté d'une
Couronne , au haut de laquelle est un tres-gros
Diamant , estimé 800liv. sterl, et le tout ensein.
ble sooo liv. sterl.
N écrit de Londres que le 8 de ce mois
Adgi Mahomet Said et Adgi Ali , Envoyez de la Regence d'Alger, eurent leur premiere Audience particuliere du Roy , dans l'appar
tement duquel ils furent introduits par le Lord
Harrington , Secretaire d'Etat. Ils eurent ensuite
Audience de la Reine, étant présentez par le Com
te de Grantham , Lord Chambellan de S. M. Le
lendemain ils eurent Audience du Pr. de Galles ee
du Duc de Cumberland. Le Roy a accordé à ces
deux Envoyez 80 liv. sterl. par mois, pendant leur
séjour en Angleterre.
་
LeParlement d'Irlande a continué la taxe sur la
Biere , le Vin et les Eaux Spiriteuses , et pour
être en état de fournir un nouveau subside auRoy,
ila mis une imposition de quatre Chelins par liv.
sur tous les revenus des terres , rentes et pensions.
Quelques Gentils- hommes ayant formé dans、
de
JANVIER. 1732. 165
le même Royaume une Société , pour le progrès
de l'Agriculture , ils ont choisi le Duc de Dorset,
Viceroy, pour leur Président , et le Primat dus
Royaume pour leur Vice-Président..
-
L'Amiral Wager arriva sur la fin du mois dernier à Londres , de retour de Livourne , avec
la Flotte Angloise. Il fut tres favorablement
reçu du Roy et de la Reine ; et fit voir à L. M.
le magnifique Portrait du Roy d'Espagne , dontS. M. Cath. lui a fait présent. Il est enrichi de deux rangs de Diamans brillans, surmonté d'une
Couronne , au haut de laquelle est un tres-gros
Diamant , estimé 800liv. sterl, et le tout ensein.
ble sooo liv. sterl.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En janvier 1732, Adgi Mahomet Said et Adgi Ali, représentants de la Régence d'Alger, ont été reçus à Londres par le roi, la reine, le prince de Galles et le duc de Cumberland. Le roi leur a accordé une allocation mensuelle de 80 livres sterling. En Irlande, le Parlement a maintenu des taxes sur la bière, le vin et les spiritueux, et a instauré une nouvelle imposition de quatre shillings par livre sur les revenus des terres, rentes et pensions. Parallèlement, des gentilshommes ont fondé une société pour le progrès de l'agriculture, avec le duc de Dorset comme président et le primat du royaume comme vice-président. L'amiral Wager est rentré à Londres avec la flotte anglaise après un voyage à Livourne. Il a été accueilli par le roi et la reine, et a présenté un portrait du roi d'Espagne orné de diamants, estimé à 5000 livres sterling.
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5985
p. 164-165
ESPAGNE.
Début :
Les Ouvrages que le Roy a fait construire le long [...]
Mots clefs :
Espagne, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
Ouvrages que le Roy a fait construire le
Llong de la Ligne, qui empêche la communica
tion de Gibraltar avec l'Andalousie , étant suffisans pour empêcher que les Anglois ne fassene la contrebande dans cette Province. S.M.a donné
depuis peu des Ordres pour les faire cesser et
pour renvoyer dans leurs quartiers, les Troupes
qui y étoient occupées.
On apprend que le Duc de Riperda qui étoit
arrivé à Tanger , sur un Vaisseau Hollandois ,
en étoit parti pour se rendre à la Cour du Roy de Maroc
Ouvrages que le Roy a fait construire le
Llong de la Ligne, qui empêche la communica
tion de Gibraltar avec l'Andalousie , étant suffisans pour empêcher que les Anglois ne fassene la contrebande dans cette Province. S.M.a donné
depuis peu des Ordres pour les faire cesser et
pour renvoyer dans leurs quartiers, les Troupes
qui y étoient occupées.
On apprend que le Duc de Riperda qui étoit
arrivé à Tanger , sur un Vaisseau Hollandois ,
en étoit parti pour se rendre à la Cour du Roy de Maroc
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Résumé : ESPAGNE.
Le roi d'Espagne a ordonné l'arrêt des travaux et le retrait des troupes des fortifications entre Gibraltar et l'Andalousie. Ces ouvrages empêchaient la contrebande anglaise. Par ailleurs, le Duc de Riperda a quitté Tanger pour la cour du roi du Maroc.
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5986
p. 165-169
Discours du Roy au Parlement, &c. [titre d'après la table]
Début :
MYLORDS ET MESSIEURS, C'est un grand plaisir pour moi [...]
Mots clefs :
Discours, Roi d'Angleterre, Chambre des pairs, Espagne, Chambre des communes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours du Roy au Parlement, &c. [titre d'après la table]
idi , le Roy se rendit en Cortège en la Chambre des Pairs , ayant mandé les Communes.S M. fit l'ouverture de la Scéance du Parlement par le.
Discours suivant.
MYLORDS ET MESSIEURS,
C'est un grand plaisir pour moi de pouvoir vous dire que les esperances que je vous ai données de
temps en temps , de voir la tranquillité de l'Europe rétablie et affermie , sont à present entierement
accomplies,je m'assure que la part du crédit et de
l'influence que la Couronne d'Angleterre a eue dans
La réussite de cette affaire , comme on le reconnoît au dehors , sera agréable à mon peuple , et que vous en aurez de la reconnoissance..
On sçait que depuis le temps de la conclusion,
de la Quadruple Alliance , les diferentes Cours de
l'Europe ont cherché les moyens d'exécuter ce qui
avoit été convenu par les Puissances principales pour la succession de Toscane , et des Duchez de
Parme et de Plaisance , en faveur d'un Infant
d'Espagne
2
18 MERCURE DE FRANCE
Espagne , mais les interets differens et opposez
difficiles à concilier et à réunir pour faire réussir
une affaire de si grande importance; les vues éten
dues et les esperances qu'on avoit conçûës de chaque côté, d'obtenir de plus grands avantages , les ja- ·
lousies naturelles et les défiances que de tels principes
et des desseins contraires les uns aux autres , ont
fait naître parmi les differentes Puissances interessées avoit tenu en suspens et dans l'inéxécution ;
ce quela Cour d'Espagne avoit extrêmement àcœur,,
et avoit causé des troubles et des désordes qui ont
embarassé les affaires de l'Europe pendant plusieurs
années , et dans lesquels les interêts particuliers de
cette Nation ont été envelopez. ,
Vous avez été de temps en temps informez des :
differentes mesures et négociations qu'on a employées
de tous côtez durant cette situation incertaine des affaires , et vous m'avez mis en état de continuer
mes soins , pour conserver les droits et possessions .
de ce Royaume, la paix et la balance de l'Europe
Les articles préliminaires et les transactions qui les
ont suivies , n'ayant pas répondu aux attentes de la
Cour d'Espagne , et ayant causéde la froideur et du mécontentement entre les Parties contractantes di
premier Traité de Vienne , furent le fondement et là
cause du Traité de Séville , et détruisirent parla :
cette union , qui avoit fait naître tant de crainte et allarmé le monde si long- temps.
L'exécution du Traité de Séville étoit la grande
difficulté qui restoit encore ; et quelqu'insurmontable qu'on a crût,j'aipar lesecours etparlaconfiance que vous avez euë en moi , été en état de la vaincre par des Traitez justes et honorables , sans en
venir aux extrémitez , sans courir le hazard ni
m'exposer à la dépense qu'auroit causé une rupture··
générale , et sans allumer la guerre dans aucune
partie de l'Europe... Parme
JANVIER 1732: 167-
Parme et Plaisance sont à présent dans l'actuelle ·
possession de l'Infant Don Carlos. Six mille Espagnols ont été tranquillement reçus et mis en quar-.
tiers dans le Duché de Toscane , afin d'assurer à ce
Prince, du propre consentement et de l'agrément du Grand Duc, la survivance à ses Etats ; et l'on a:
fait une convention de famille entre les Cours d'Espagne et de Toscane , pour conserver la Paixet l'a
mitié entre ses deux Maisons pendant la vie du
Grand Duc.
Pour perfectionner et finir cet Ouvrage ennuyeux,
conduit au travers d'une suite de changement et de ·
vicissitude infinie , et embarassé de toutes les diffe .
rentes vûës d'interêts et d'ambition ; j'ay conclu le :
dernier Traité de Vienne , oùje ne suis entré dans ;
aucuns engagemens contraires aux précédens Trai
tez, ni qui tendent à agrandir ou diminuer lepouvoir ou le poids d'aucun Potentat ; le but n'étant, &
de conserver une juste balance et d'éviter la confusion que les nouveaux changemens et de nouveaux troubles , que les évenemens futurs feroient
naitre , causeroient inévitablement, et dans lesquels .
PAngleterre ne pourroit jamais demeurer tranquille
ni être spectatrice oisive.
que
Quandcela aura été bien consideréet qu'on verra
queles playes qui ont saigné long-temps , sont entierement consolidées ; les jalousies sans fondement cesseront , la paix et la bonne harmonie reviendront
ensemble , toute défiance et soupçon , effet naturel des
délais réitérez , artificieusement insinués et indus-..
trieusement augmentez et aggravez , seront éloignez ; une mutuelle satisfaction sera la conséquence
de la ponctuelle et effective exécution de tous nos
Engagemens , dont on se ressouviendra toujours
avec beaucoup d'égard et d'honneur pour la Couronne et pour cette Nation , et qui mettra ceux quiJu
13 MERCURE DE FRANCE
·
sont immédiatement intéressez , dans une obliga--
tion indispensable d'en avoir la reconnoissance que
P'honneur et la justice demandent.
MESSIEURS de la Chambre des
Communes ,
On remettra devant vous les estimations où l'é--
tat des dépenses pour le service de l'année courante , qui , comme vous le remarquerez, sont beau coup moins considérables que celles des années précédentes. C'est un plaisir pour moi de soulager mes :
Sujets quand le temps le permet , vous avez veu les
heureux effets de votre ancien zele et fermeté , le
succès a accompagné mes mesures et vous recueillez
le fruit de mes efforts et de votre confiance en moy.
C'est pour vous une satisfaction de sçavoir quetour
tes les dépenses que vous avez faites en dernier lieu,
sont amplement recompensées, en en évitant de beaucoup plus grandes.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Je mepromets que cette heureuse situation des affaires vous donnera des dispositions unanimes et un juste zele pour le bien public , telles qu'elles convien
nenta un Parlement qui connoit les grands bonheurs
dont il jouit. Le devoir et l'affection de mes Sujets ·
sont toute la reconnoissance queje désire pour l'amour paternel que j'ai pour eux , et pour l'interêt que
jeprends en tout ce qui les regarde.. Mon gouvernement n'a de sureté que dans -ce
qui peut contribuer également à votre bonheur et
ala protection de mon peuple , et votre prosperité n'a
de fondement que dans la défense et le soutien de
mon gouvernement. Notre sureté est mutuelle , nas
intérêts sont inséparables. ·
Le Roy étant sorti de la Chambre , les Sei
gneurs
JANVIER. 1732. 169
gneurs résolurent unanimement de présenter une
adresse à S M. pour le remercier de sa Harangue,
Les Communes retirées dans leur Chambre , y
prirent une semblable résolution.
Discours suivant.
MYLORDS ET MESSIEURS,
C'est un grand plaisir pour moi de pouvoir vous dire que les esperances que je vous ai données de
temps en temps , de voir la tranquillité de l'Europe rétablie et affermie , sont à present entierement
accomplies,je m'assure que la part du crédit et de
l'influence que la Couronne d'Angleterre a eue dans
La réussite de cette affaire , comme on le reconnoît au dehors , sera agréable à mon peuple , et que vous en aurez de la reconnoissance..
On sçait que depuis le temps de la conclusion,
de la Quadruple Alliance , les diferentes Cours de
l'Europe ont cherché les moyens d'exécuter ce qui
avoit été convenu par les Puissances principales pour la succession de Toscane , et des Duchez de
Parme et de Plaisance , en faveur d'un Infant
d'Espagne
2
18 MERCURE DE FRANCE
Espagne , mais les interets differens et opposez
difficiles à concilier et à réunir pour faire réussir
une affaire de si grande importance; les vues éten
dues et les esperances qu'on avoit conçûës de chaque côté, d'obtenir de plus grands avantages , les ja- ·
lousies naturelles et les défiances que de tels principes
et des desseins contraires les uns aux autres , ont
fait naître parmi les differentes Puissances interessées avoit tenu en suspens et dans l'inéxécution ;
ce quela Cour d'Espagne avoit extrêmement àcœur,,
et avoit causé des troubles et des désordes qui ont
embarassé les affaires de l'Europe pendant plusieurs
années , et dans lesquels les interêts particuliers de
cette Nation ont été envelopez. ,
Vous avez été de temps en temps informez des :
differentes mesures et négociations qu'on a employées
de tous côtez durant cette situation incertaine des affaires , et vous m'avez mis en état de continuer
mes soins , pour conserver les droits et possessions .
de ce Royaume, la paix et la balance de l'Europe
Les articles préliminaires et les transactions qui les
ont suivies , n'ayant pas répondu aux attentes de la
Cour d'Espagne , et ayant causéde la froideur et du mécontentement entre les Parties contractantes di
premier Traité de Vienne , furent le fondement et là
cause du Traité de Séville , et détruisirent parla :
cette union , qui avoit fait naître tant de crainte et allarmé le monde si long- temps.
L'exécution du Traité de Séville étoit la grande
difficulté qui restoit encore ; et quelqu'insurmontable qu'on a crût,j'aipar lesecours etparlaconfiance que vous avez euë en moi , été en état de la vaincre par des Traitez justes et honorables , sans en
venir aux extrémitez , sans courir le hazard ni
m'exposer à la dépense qu'auroit causé une rupture··
générale , et sans allumer la guerre dans aucune
partie de l'Europe... Parme
JANVIER 1732: 167-
Parme et Plaisance sont à présent dans l'actuelle ·
possession de l'Infant Don Carlos. Six mille Espagnols ont été tranquillement reçus et mis en quar-.
tiers dans le Duché de Toscane , afin d'assurer à ce
Prince, du propre consentement et de l'agrément du Grand Duc, la survivance à ses Etats ; et l'on a:
fait une convention de famille entre les Cours d'Espagne et de Toscane , pour conserver la Paixet l'a
mitié entre ses deux Maisons pendant la vie du
Grand Duc.
Pour perfectionner et finir cet Ouvrage ennuyeux,
conduit au travers d'une suite de changement et de ·
vicissitude infinie , et embarassé de toutes les diffe .
rentes vûës d'interêts et d'ambition ; j'ay conclu le :
dernier Traité de Vienne , oùje ne suis entré dans ;
aucuns engagemens contraires aux précédens Trai
tez, ni qui tendent à agrandir ou diminuer lepouvoir ou le poids d'aucun Potentat ; le but n'étant, &
de conserver une juste balance et d'éviter la confusion que les nouveaux changemens et de nouveaux troubles , que les évenemens futurs feroient
naitre , causeroient inévitablement, et dans lesquels .
PAngleterre ne pourroit jamais demeurer tranquille
ni être spectatrice oisive.
que
Quandcela aura été bien consideréet qu'on verra
queles playes qui ont saigné long-temps , sont entierement consolidées ; les jalousies sans fondement cesseront , la paix et la bonne harmonie reviendront
ensemble , toute défiance et soupçon , effet naturel des
délais réitérez , artificieusement insinués et indus-..
trieusement augmentez et aggravez , seront éloignez ; une mutuelle satisfaction sera la conséquence
de la ponctuelle et effective exécution de tous nos
Engagemens , dont on se ressouviendra toujours
avec beaucoup d'égard et d'honneur pour la Couronne et pour cette Nation , et qui mettra ceux quiJu
13 MERCURE DE FRANCE
·
sont immédiatement intéressez , dans une obliga--
tion indispensable d'en avoir la reconnoissance que
P'honneur et la justice demandent.
MESSIEURS de la Chambre des
Communes ,
On remettra devant vous les estimations où l'é--
tat des dépenses pour le service de l'année courante , qui , comme vous le remarquerez, sont beau coup moins considérables que celles des années précédentes. C'est un plaisir pour moi de soulager mes :
Sujets quand le temps le permet , vous avez veu les
heureux effets de votre ancien zele et fermeté , le
succès a accompagné mes mesures et vous recueillez
le fruit de mes efforts et de votre confiance en moy.
C'est pour vous une satisfaction de sçavoir quetour
tes les dépenses que vous avez faites en dernier lieu,
sont amplement recompensées, en en évitant de beaucoup plus grandes.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Je mepromets que cette heureuse situation des affaires vous donnera des dispositions unanimes et un juste zele pour le bien public , telles qu'elles convien
nenta un Parlement qui connoit les grands bonheurs
dont il jouit. Le devoir et l'affection de mes Sujets ·
sont toute la reconnoissance queje désire pour l'amour paternel que j'ai pour eux , et pour l'interêt que
jeprends en tout ce qui les regarde.. Mon gouvernement n'a de sureté que dans -ce
qui peut contribuer également à votre bonheur et
ala protection de mon peuple , et votre prosperité n'a
de fondement que dans la défense et le soutien de
mon gouvernement. Notre sureté est mutuelle , nas
intérêts sont inséparables. ·
Le Roy étant sorti de la Chambre , les Sei
gneurs
JANVIER. 1732. 169
gneurs résolurent unanimement de présenter une
adresse à S M. pour le remercier de sa Harangue,
Les Communes retirées dans leur Chambre , y
prirent une semblable résolution.
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Résumé : Discours du Roy au Parlement, &c. [titre d'après la table]
Le roi s'est rendu à la Chambre des Pairs pour ouvrir la séance du Parlement par un discours. Il a annoncé que les espoirs de rétablir la tranquillité en Europe étaient accomplis, mettant en avant le rôle de la Couronne d'Angleterre dans cette réussite. Depuis la Quadruple Alliance, les cours européennes cherchaient à exécuter les accords concernant la succession de la Toscane et des duchés de Parme et de Plaisance en faveur d'un infant d'Espagne. Cependant, les intérêts divergents et les défiances avaient retardé l'exécution de ces accords, causant des troubles en Europe. Le roi a mentionné les différentes mesures et négociations employées durant cette période incertaine, visant à conserver les droits et possessions du Royaume, ainsi que la paix et la balance en Europe. Les articles préliminaires et les transactions du premier Traité de Vienne n'ayant pas répondu aux attentes de la Cour d'Espagne, ils furent à l'origine du Traité de Séville. L'exécution de ce traité fut facilitée par des accords justes et honorables, évitant ainsi une rupture générale et une guerre en Europe. Parme et Plaisance sont désormais sous la possession de l'infant Don Carlos, et des Espagnols ont été installés en Toscane pour assurer la succession. Une convention de famille entre les cours d'Espagne et de Toscane a été conclue pour maintenir la paix et l'amitié. Le roi a conclu le dernier Traité de Vienne, visant à conserver une juste balance et à éviter de nouveaux troubles. Le roi a souligné que les dépenses pour l'année courante étaient moins considérables que les années précédentes, remerciant ses sujets pour leur zèle et leur confiance. Il a exprimé son désir de voir le Parlement uni et zélé pour le bien public, soulignant que la sécurité et la prospérité mutuelles dépendaient de la défense et du soutien réciproques. À la fin du discours, les seigneurs et les communes ont résolu de présenter une adresse au roi pour le remercier de sa harangue.
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5987
p. 169
MORTS ET NAISSANCES des Pays Etrangers.
Début :
Il est mort à Vienne et dans ses Fauxbourgs 6710 [...]
Mots clefs :
Vienne, Lisbonne, Dresde, Copenhague
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texteReconnaissance textuelle : MORTS ET NAISSANCES des Pays Etrangers.
MORTS ET NAISSANCES
des Pays Etrangers.
L est mort à Vienne et dans ses Fauxbourgs
16710 personnes pendant le cours de Pannée.
1731. et il est né pendant le même temps ƒ600 enfans.
Il s'est fait à Copenhague pendant l'année
derniere 703 mariages , il est né 187 chfans ,
et il est mort 2420 personnes.
On écrit de Lisbonne qu'on y avoit appris de
Barreiro , de l'autre côté du Tage , que le nom
mé Jean Rodrigues Escarinhado, natif de la
Ville de Collares, y étoit mort le 17 d'Octobre
dernier , âgé de 125 ans ; ayant servi en 1640- dans la Guerre de Flandres , d'où il revint en
Portugal , à la Proclamation du Roy Don Jean
IV. et s'étant trouvé depuis à la réduction d'Evora ; que le même jour, et quelques heures avant
sa mort , Antoinette Rodrigues sa femme, étoit
morte âgée de 104 ans , et après 88 ans de ma->
riage.
Les de ce mois , la Duchesse de Hostein- Beck,
accoucha àDresde d'un Prince , qui a été bapti
des Pays Etrangers.
L est mort à Vienne et dans ses Fauxbourgs
16710 personnes pendant le cours de Pannée.
1731. et il est né pendant le même temps ƒ600 enfans.
Il s'est fait à Copenhague pendant l'année
derniere 703 mariages , il est né 187 chfans ,
et il est mort 2420 personnes.
On écrit de Lisbonne qu'on y avoit appris de
Barreiro , de l'autre côté du Tage , que le nom
mé Jean Rodrigues Escarinhado, natif de la
Ville de Collares, y étoit mort le 17 d'Octobre
dernier , âgé de 125 ans ; ayant servi en 1640- dans la Guerre de Flandres , d'où il revint en
Portugal , à la Proclamation du Roy Don Jean
IV. et s'étant trouvé depuis à la réduction d'Evora ; que le même jour, et quelques heures avant
sa mort , Antoinette Rodrigues sa femme, étoit
morte âgée de 104 ans , et après 88 ans de ma->
riage.
Les de ce mois , la Duchesse de Hostein- Beck,
accoucha àDresde d'un Prince , qui a été bapti
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Résumé : MORTS ET NAISSANCES des Pays Etrangers.
En 1671, Vienne a enregistré 16 710 décès et 17 310 naissances. En 1731, Copenhague a compté 703 mariages, 1 887 naissances et 2 420 décès. À Lisbonne, Jean Rodrigues Escarinhado, 125 ans, et sa femme Antoinette Rodrigues, 104 ans, sont décédés après 88 ans de mariage. Un prince est né à Dresde, fils de la Duchesse de Hostein-Beck.
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5988
p. 170-174
« Le premier Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent selon [...] »
Début :
Le premier Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent selon [...]
Mots clefs :
Symphonie, Concert, Opéra, Ballet, Théâtre, Course de traîneaux
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texteReconnaissance textuelle : « Le premier Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent selon [...] »
FRANCE
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE
E premier Janvier , les Hautbois de
la Chambre du Roy joüerent selon
la coutume , plusieurs Pieces de Sympho
nie de M. de Lully , au lever de S. M. et:
les Vingt- quatre executerent au dîner une
suite d'Airs de la composition de M. Destouches , Sur- Intendant de la Musique du
Roy en semestre.
Le 2 , il y eut Concert dans le salon de
de la Reine , et on chanta devant S. M. le
quattiéme Acte de l'Opera de Roland ,
dont le principal Rôle fut chanté par le:
sieur Chassé , les Actes precedens avoient
été chantés au mois de Decembre.
Le7. on fit entendre à la Reine le Prologue et le premier Acte d'Amadis , et on
continua la suite le 9. etle 14.La Dlle Antier chanta le Rôle d'Arcabonne , le sieur
d'Angerville: celui d'Arcalaus , le sieur
Guedon celui d'Amadis , & la Dle le.
Maurefit avec un grand succès leRôle d'O-- rianne.
•
Le is. la Reine demanda l'Opera d'Omphale:
JANVIER. 1732. 171
phale, mis en Musique par M.Destouches.
S. M. entendit le Prologue et le 1er Acte
dans son Salon. Le même Opera fut continué le 21. et le 23. les Dlles Antier et
Lenners chanterent les Rôles d'Argine et
d'Omphale , et les sieurs d'Angerville et;
Petillot ceux d'Hercule et d'Iphis.
Le 28. il y eut Ballet sur le Theatre ou
Pon joue ordinairement la Comedie. Le
divertissement étoit composé de la qua
triéme Entrée du Ballet de l'Europe Galante, intitulé la Turquie, de la quatriéme Entrée du Ballet des Elemens , qui a pour titre
la Terre, et de l'Acte du Bal des Fêtes Ve nitiennes.
Dans le premier Acte les sieurs Thevenard et Chassé chanterent les Rôles du
Sultan et du Grand Bostangi , et les Dlles
Antier etPellessier ceux des deux Sultanes,
P'une favorite et l'autre disgraciée.
Dans le second Acte , les sieurs Tribou ;
et Chassé firent les Rôles de Vertumne et
de Pan , et la Dlle le Maure celui de Pamone.
›
Dans l'Acte du Bal , les sieurs Chassé
et Dumats , ont fait les Rôles d'Alamir
et de Themir; ceux du Maître de Musique et de Danse ont été joués par les sieurs
Tribou et Laval , et la Dlle Petit- Pas a
chanté le Rôle d'Iphise... Les
72 MERCURE DE FRANCE,
Les sieurs du Pré , du Moulin Freres
Laval , Javilliers , Malter & les Diles Prevôr , Camargo , Salé et autres , ont executé le Ballet composé par le sieur Blondi ;
on y a dansépar ordre de la Reine le Past
de Trois du quatriéme Acte de Callirhoé.
L'Orchestre étoit composé des Violons,
Hautbois et Flutes du Roy, et les Chœurs
ont été executés par les Acteurs et Actrices de l'Académie Royalede Musique.
Le 7. de ce mois, le Roy prit le Divertissement d'uneCourse deTraineaux.S.M.
après avoir été prendre à l'Appartement
de Mädemoiselle de Charolois , les Princesses du Sang et les Dames de la Cour,
qui entrerent dans des Traineaux , conduits par les Seigneurs en habits et bonnets de velours cramoisi , doublez d'hermine, fit plusieurs tours dans les Allées
du Parc et le long du grand Canal pendant trois heures ; ayant changé deux
fois de Relais , le Roy mena ensuite la
Compagnie à Trianon , où elle eu l'honneur de souper avec S. M. qui ne retour“
na à Versailles que vers les deux heures
du matin au clair de la Lune.
Les Députez du Parlement qui avoient
reçû les ordres du Roy le 9. Janvier , se
rendirent à Versailles le lendemain matin,
M. Portail, Premier Président , étant à
lcut
JANVIER. 1732. 173
leur tête ; ils furent présentez et conduits
avec les ceremonies ordinaires à l'AKdiance de S. M. qui leur déclara sa volonté.
.Le 13 L'Abbé de Laubriere., cy- devant
Conseiller au Parlement , nommé à l'Evêché de Soissons , fut sacré dans la Chapelle de l'Archevêché, par l'Archevêque de
Paris , assisté de l'Evêque de Châlons sur
Marne , et de l'Evêque de Luçon , et le
20 il prêta serment de fidelité entre les
mains du Roy.
Le 15.et le 16.les Religieux Mathurins,
de l'Ordre de la sainte Trinité , condui
sirent en Procession dans la Ville de Paris , 33. Esclaves qu'ils ont rachetez à
Constantinople pendant l'année derniere.
Le Marquis de Solera , premier Gentilhomme de la Chambre de l'Infant Dan
Carlos , et que son A. R. a envoyé à Paris
pour remercier le Roy des honneurs qui
lui ont été rendus dans son passage en
France , et pour marquer à S. M. sa reconnoissance de la maniere avec laquelle
on l'a reçu , s'acquitta de cette commission le 15 de ce mois ; il fut présenté au
Roy, par le Marquis de Castellar , Ambassadeur Extraordinaire de S. M. Cath.
Il prit congé de S. M. le 29 , présenté par
le même Ambassadeur.
Le
174 MERCURE DE FRANCE
Le 19 de ce mois , après la Messe du
Roy, Mademoiselle de Chartres reçut
dans la Chapelle du Chateau de Versailles les Cérémonies du Baptême. Le Roy
fut son Parrain ; la Princesse de Conty ,
troisiéme Douairiere, la Maraine ; et cette
Princesse fut nommé Louise Diane. La
Reine et les Princes et Princesses assisterent à cette Cérémonie , qui fut faite par
le Cardinal de Rohan , Grand Aumonier
de France , en présence du Curé de la
Paroisse du Château.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE
E premier Janvier , les Hautbois de
la Chambre du Roy joüerent selon
la coutume , plusieurs Pieces de Sympho
nie de M. de Lully , au lever de S. M. et:
les Vingt- quatre executerent au dîner une
suite d'Airs de la composition de M. Destouches , Sur- Intendant de la Musique du
Roy en semestre.
Le 2 , il y eut Concert dans le salon de
de la Reine , et on chanta devant S. M. le
quattiéme Acte de l'Opera de Roland ,
dont le principal Rôle fut chanté par le:
sieur Chassé , les Actes precedens avoient
été chantés au mois de Decembre.
Le7. on fit entendre à la Reine le Prologue et le premier Acte d'Amadis , et on
continua la suite le 9. etle 14.La Dlle Antier chanta le Rôle d'Arcabonne , le sieur
d'Angerville: celui d'Arcalaus , le sieur
Guedon celui d'Amadis , & la Dle le.
Maurefit avec un grand succès leRôle d'O-- rianne.
•
Le is. la Reine demanda l'Opera d'Omphale:
JANVIER. 1732. 171
phale, mis en Musique par M.Destouches.
S. M. entendit le Prologue et le 1er Acte
dans son Salon. Le même Opera fut continué le 21. et le 23. les Dlles Antier et
Lenners chanterent les Rôles d'Argine et
d'Omphale , et les sieurs d'Angerville et;
Petillot ceux d'Hercule et d'Iphis.
Le 28. il y eut Ballet sur le Theatre ou
Pon joue ordinairement la Comedie. Le
divertissement étoit composé de la qua
triéme Entrée du Ballet de l'Europe Galante, intitulé la Turquie, de la quatriéme Entrée du Ballet des Elemens , qui a pour titre
la Terre, et de l'Acte du Bal des Fêtes Ve nitiennes.
Dans le premier Acte les sieurs Thevenard et Chassé chanterent les Rôles du
Sultan et du Grand Bostangi , et les Dlles
Antier etPellessier ceux des deux Sultanes,
P'une favorite et l'autre disgraciée.
Dans le second Acte , les sieurs Tribou ;
et Chassé firent les Rôles de Vertumne et
de Pan , et la Dlle le Maure celui de Pamone.
›
Dans l'Acte du Bal , les sieurs Chassé
et Dumats , ont fait les Rôles d'Alamir
et de Themir; ceux du Maître de Musique et de Danse ont été joués par les sieurs
Tribou et Laval , et la Dlle Petit- Pas a
chanté le Rôle d'Iphise... Les
72 MERCURE DE FRANCE,
Les sieurs du Pré , du Moulin Freres
Laval , Javilliers , Malter & les Diles Prevôr , Camargo , Salé et autres , ont executé le Ballet composé par le sieur Blondi ;
on y a dansépar ordre de la Reine le Past
de Trois du quatriéme Acte de Callirhoé.
L'Orchestre étoit composé des Violons,
Hautbois et Flutes du Roy, et les Chœurs
ont été executés par les Acteurs et Actrices de l'Académie Royalede Musique.
Le 7. de ce mois, le Roy prit le Divertissement d'uneCourse deTraineaux.S.M.
après avoir été prendre à l'Appartement
de Mädemoiselle de Charolois , les Princesses du Sang et les Dames de la Cour,
qui entrerent dans des Traineaux , conduits par les Seigneurs en habits et bonnets de velours cramoisi , doublez d'hermine, fit plusieurs tours dans les Allées
du Parc et le long du grand Canal pendant trois heures ; ayant changé deux
fois de Relais , le Roy mena ensuite la
Compagnie à Trianon , où elle eu l'honneur de souper avec S. M. qui ne retour“
na à Versailles que vers les deux heures
du matin au clair de la Lune.
Les Députez du Parlement qui avoient
reçû les ordres du Roy le 9. Janvier , se
rendirent à Versailles le lendemain matin,
M. Portail, Premier Président , étant à
lcut
JANVIER. 1732. 173
leur tête ; ils furent présentez et conduits
avec les ceremonies ordinaires à l'AKdiance de S. M. qui leur déclara sa volonté.
.Le 13 L'Abbé de Laubriere., cy- devant
Conseiller au Parlement , nommé à l'Evêché de Soissons , fut sacré dans la Chapelle de l'Archevêché, par l'Archevêque de
Paris , assisté de l'Evêque de Châlons sur
Marne , et de l'Evêque de Luçon , et le
20 il prêta serment de fidelité entre les
mains du Roy.
Le 15.et le 16.les Religieux Mathurins,
de l'Ordre de la sainte Trinité , condui
sirent en Procession dans la Ville de Paris , 33. Esclaves qu'ils ont rachetez à
Constantinople pendant l'année derniere.
Le Marquis de Solera , premier Gentilhomme de la Chambre de l'Infant Dan
Carlos , et que son A. R. a envoyé à Paris
pour remercier le Roy des honneurs qui
lui ont été rendus dans son passage en
France , et pour marquer à S. M. sa reconnoissance de la maniere avec laquelle
on l'a reçu , s'acquitta de cette commission le 15 de ce mois ; il fut présenté au
Roy, par le Marquis de Castellar , Ambassadeur Extraordinaire de S. M. Cath.
Il prit congé de S. M. le 29 , présenté par
le même Ambassadeur.
Le
174 MERCURE DE FRANCE
Le 19 de ce mois , après la Messe du
Roy, Mademoiselle de Chartres reçut
dans la Chapelle du Chateau de Versailles les Cérémonies du Baptême. Le Roy
fut son Parrain ; la Princesse de Conty ,
troisiéme Douairiere, la Maraine ; et cette
Princesse fut nommé Louise Diane. La
Reine et les Princes et Princesses assisterent à cette Cérémonie , qui fut faite par
le Cardinal de Rohan , Grand Aumonier
de France , en présence du Curé de la
Paroisse du Château.
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Résumé : « Le premier Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent selon [...] »
En janvier 1732 à la cour de France, plusieurs événements musicaux et sociaux marquèrent le mois. Le 1er janvier, les hautbois de la chambre du roi jouèrent des pièces de Jean-Baptiste Lully au lever du roi, et les Vingt-quatre exécutèrent des airs de Michel Richard Delalande au dîner. Le 2 janvier, un concert eut lieu dans le salon de la reine, avec la représentation du quatrième acte de l'opéra 'Roland', interprété par le sieur Chassé. Du 7 au 14 janvier, des extraits de l'opéra 'Amadis' furent chantés, avec des rôles interprétés par la demoiselle Antier, le sieur d'Angerville, le sieur Guédon et la demoiselle Le Maure. Le 11 janvier, la reine demanda l'opéra 'Omphale' de Michel Richard Delalande, continué les 21 et 23 janvier avec les demoiselles Antier et Lenners, et les sieurs d'Angerville et Petillot. Le 28 janvier, un ballet fut présenté sur le théâtre de la comédie, composé de plusieurs entrées de ballets célèbres. Les rôles furent interprétés par divers artistes, dont les sieurs Thévenard, Chassé, Tribou, Dumats, et les demoiselles Antier et Pellessier. Le 7 janvier, le roi participa à une course de traîneaux avec les princesses du sang et les dames de la cour, suivie d'un souper à Trianon. Le 10 janvier, les députés du Parlement se rendirent à Versailles pour recevoir les ordres du roi. Le 13 janvier, l'abbé de Laubrière fut sacré évêque de Soissons et prêta serment de fidélité au roi le 20 janvier. Les 15 et 16 janvier, les Religieux Mathurins conduisirent une procession dans Paris avec des esclaves rachetés à Constantinople. Le 15 janvier, le marquis de Solera, premier gentilhomme de la chambre de l'infant Don Carlos, remercia le roi pour les honneurs reçus et prit congé le 29 janvier. Le 19 janvier, Mademoiselle de Chartres reçut les cérémonies du baptême au château de Versailles, avec le roi comme parrain et la princesse de Conty comme marraine.
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5989
p. 174-177
Mariage du Prince de Conti, [titre d'après la table]
Début :
Le Roy ayant fixé au 22 de ce mois la [...]
Mots clefs :
Prince de Conti, Mariage, Contrats de mariage, Fiançailles, Contrat de fiançailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage du Prince de Conti, [titre d'après la table]
Le Roy ayant fixé au 22 de ce mois la
Cérémonie de Mariage du Prince de Conty , avec Mademoiselle de Chartres , S.M.
donna ordre au Marquis de Dreux,Grand
Maître des cérémonies , d'y inviter de sa
part les Princes et Princesses du Sang et
les Princes légitimez.
Le 21 au soir , jour de la signature da
Contrat et des Fiançailles , les Princes se
trouverent vers les six heures dans le Cabinet du Roy, où la Reine avertie par le
Grand Maître des cérémonies, arriva quelque temps après , étant accompagnée des
Princesses et des Dames de la Cour qui
s'étoient rendues dans son appartement.
Le Prince de Conty donnoit la main à
Mademoiselle de Chartres , dont la Manse étoit portée par Mademoiselle de Sens
Lors-
JANVIER. 1732. 175
Lorsque le Contrat de Mariage eut été
signé de L. M. et des Princes et Princesses qui étoient dans le Cabinet du Roy,
le Cardinal de Rohan fit les Fiançailles;
Monseigneur le Dauphin et Mesdames de
France étoient auprès de L. M. pendant
cette Cérémonie.
Le 22 à midi , le Roy et la Reine précédez du Grand Maître, du Maître et de
l'Aide des Cérémonies , et accompagnez
des Princes et Princesses , allerent à la
Chapelle ; et lorsque L. M. y furent arri
vées , le Duc d'Orleans , la Duchesse de
Bourbon, Douairiere, leDuc et la Duchesse de Bourbon , le Comte de Charolois ,
le Comte de Clermont , la Princesse de
Conty, troisiéme Douairiere , Mademoiselle de Beaujolois, Mademoiselle de Charolois , Mademoiselle de Clermont , Mademoiselle de Sens et Mademoiselle de
la Roche- sur-Yon prirent leurs places
suivant leur rang , à la droite et à la gauche du Roy et de la Reine ; le Prince de
Dombes , le Comte d'Eu et le Comte et
la Comtesse de Toulouse se placerent derriere les Princes et les Princesses du Sang.
Madame la Duchesse d'Orleans n'ayant
pû accompagner L. M. étoit dans la Tribune , ainsi que le Duc de Chartres. Le.
Pr. de Conty et Mademoiselle de Char-
*tres
176 MERCURE DE FRANCE
tres qui précedoient le Roy dans la mar
che , s'étoient avancez en entrant dans
la Chapelle jusqu'auprès de l'Autel. L.M.
suivies des Princes et Princesses s'en étant
approchées , le Cardinal de Rohan fit la
Cérémonie du Mariage , en présence du
Curé de la Paroisse de Versailles , qui la
veille avoit assisté aux Fiançailles.
Le soir, L. M. souperent en public avec
les Princesses , dans l'appartement de la
Reine; laDuchesse de Bourbon, Douairiere,
la -Princesse de Conty, troisiéme Douairiere , Mademoiselle de Beaujolois , Mademoiselle de Clermont et Mademoiselle
de la Roche- sur-Yon étoient à la droite
de L. M. La Duchesse de Bourbon , la
Princesse de Conty , Mademoiselle de
Charolois , Mademoiselle de Sens et la
.Comtesse de Toulouze étoient à la gauche. Après le souper , le Roy fit l'honneur au Prince de Conty de lui donner
la chemise , et la Reine fit le même honneur à la Princersse de Conty.
Le lendemain après midy, L.M. allerent
voir la Princesse de Conty, quireçut le même jour la visite de Monseigneur le Dauphin et de Mesdames de France, et celles de
tous les Princes et Princesses. Il y a treslong- temps que la Cour n'avoit paru si brillante et si nombreuse. On ne peut
rien
JANVIER 1732. 177
tagne ,
rien ajouter à la magnificence des habits,
pour lesquels les plus riches étoffes et du
meilleur goût ont été employées , relevées encore par l'éclat des Pierreries
Cérémonie de Mariage du Prince de Conty , avec Mademoiselle de Chartres , S.M.
donna ordre au Marquis de Dreux,Grand
Maître des cérémonies , d'y inviter de sa
part les Princes et Princesses du Sang et
les Princes légitimez.
Le 21 au soir , jour de la signature da
Contrat et des Fiançailles , les Princes se
trouverent vers les six heures dans le Cabinet du Roy, où la Reine avertie par le
Grand Maître des cérémonies, arriva quelque temps après , étant accompagnée des
Princesses et des Dames de la Cour qui
s'étoient rendues dans son appartement.
Le Prince de Conty donnoit la main à
Mademoiselle de Chartres , dont la Manse étoit portée par Mademoiselle de Sens
Lors-
JANVIER. 1732. 175
Lorsque le Contrat de Mariage eut été
signé de L. M. et des Princes et Princesses qui étoient dans le Cabinet du Roy,
le Cardinal de Rohan fit les Fiançailles;
Monseigneur le Dauphin et Mesdames de
France étoient auprès de L. M. pendant
cette Cérémonie.
Le 22 à midi , le Roy et la Reine précédez du Grand Maître, du Maître et de
l'Aide des Cérémonies , et accompagnez
des Princes et Princesses , allerent à la
Chapelle ; et lorsque L. M. y furent arri
vées , le Duc d'Orleans , la Duchesse de
Bourbon, Douairiere, leDuc et la Duchesse de Bourbon , le Comte de Charolois ,
le Comte de Clermont , la Princesse de
Conty, troisiéme Douairiere , Mademoiselle de Beaujolois, Mademoiselle de Charolois , Mademoiselle de Clermont , Mademoiselle de Sens et Mademoiselle de
la Roche- sur-Yon prirent leurs places
suivant leur rang , à la droite et à la gauche du Roy et de la Reine ; le Prince de
Dombes , le Comte d'Eu et le Comte et
la Comtesse de Toulouse se placerent derriere les Princes et les Princesses du Sang.
Madame la Duchesse d'Orleans n'ayant
pû accompagner L. M. étoit dans la Tribune , ainsi que le Duc de Chartres. Le.
Pr. de Conty et Mademoiselle de Char-
*tres
176 MERCURE DE FRANCE
tres qui précedoient le Roy dans la mar
che , s'étoient avancez en entrant dans
la Chapelle jusqu'auprès de l'Autel. L.M.
suivies des Princes et Princesses s'en étant
approchées , le Cardinal de Rohan fit la
Cérémonie du Mariage , en présence du
Curé de la Paroisse de Versailles , qui la
veille avoit assisté aux Fiançailles.
Le soir, L. M. souperent en public avec
les Princesses , dans l'appartement de la
Reine; laDuchesse de Bourbon, Douairiere,
la -Princesse de Conty, troisiéme Douairiere , Mademoiselle de Beaujolois , Mademoiselle de Clermont et Mademoiselle
de la Roche- sur-Yon étoient à la droite
de L. M. La Duchesse de Bourbon , la
Princesse de Conty , Mademoiselle de
Charolois , Mademoiselle de Sens et la
.Comtesse de Toulouze étoient à la gauche. Après le souper , le Roy fit l'honneur au Prince de Conty de lui donner
la chemise , et la Reine fit le même honneur à la Princersse de Conty.
Le lendemain après midy, L.M. allerent
voir la Princesse de Conty, quireçut le même jour la visite de Monseigneur le Dauphin et de Mesdames de France, et celles de
tous les Princes et Princesses. Il y a treslong- temps que la Cour n'avoit paru si brillante et si nombreuse. On ne peut
rien
JANVIER 1732. 177
tagne ,
rien ajouter à la magnificence des habits,
pour lesquels les plus riches étoffes et du
meilleur goût ont été employées , relevées encore par l'éclat des Pierreries
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Résumé : Mariage du Prince de Conti, [titre d'après la table]
Le roi a fixé le mariage entre le Prince de Conty et Mademoiselle de Chartres au 22 janvier 1732. Le Marquis de Dreux a invité les Princes et Princesses du Sang ainsi que les Princes légitimés. Le 21 janvier, les Princes se sont réunis pour signer le contrat de mariage et les fiançailles, rejoints par la reine et les Dames de la Cour. Le Prince de Conty a pris la main de Mademoiselle de Chartres, portée par Mademoiselle de Sens. Le Cardinal de Rohan a procédé aux fiançailles en présence du Dauphin et des Mesdames de France. Le 22 janvier, le roi et la reine ont assisté à la cérémonie de mariage à la chapelle, accompagnée de diverses personnalités. Le Cardinal de Rohan a célébré le mariage avec le curé de la paroisse de Versailles. Le soir, le roi et la reine ont soupé en public avec les Princesses. Le roi a offert la chemise au Prince de Conty, et la reine à la Princesse de Conty. Le lendemain, le roi, la reine, le Dauphin, les Mesdames de France et les Princes et Princesses ont rendu visite à la Princesse de Conty. La Cour était particulièrement brillante, avec des habits magnifiques et des pierreries éclatantes.
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5990
p. 177-179
« Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...] »
Début :
Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...]
Mots clefs :
Députés des États de Bretagne, Audience publique, Église de Notre-Dame de Paris, Décoration, Chapitre, Tableaux, Neffe
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texteReconnaissance textuelle : « Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...] »
Le 27. les Députez des Etats de Breeurent Audience publique du
Roy, étant présentez par le Comte de Toulouse , Gouverneur de la Province ,
et par le Comte de S. Florentin , Secretaire d'Etat , et conduits par le Grand- Maître et le Maître des Ceremonies ; la
Députation étoit composée de l'Evêque
de S. Pol de Leon , pour le Clergé qui
porta la parole , du Comte de Kercado
pour la Noblesse , du Senechal du Quimper pour le Tiers Etat , et du Pré ident
de Bedé , Syndic de la Province. Ces Députez furent ensuite conduits à l'Audiance de la Reine, et à celles de Monseigneur
le Dauphin , de Monseigneur le Duc
d'Anjou et de Mesdames de France.
Il n'y a pas lieu d'être surpris de tous
les embellissemens qui se sont faits depuis un temps et qui se font encore dans
la celebre Eglise de Notre- Dame de Paris.
Son illustre Chapitre a toûjours eu grande attention sur ce qui regarde le culte
de Dieu , dans lequl est toujours renfermée la Décoration et la magnificence
de son Temple.
I C'est
178 MERCURE DE FRANCE
et
C'est à quoi il semble que ce Chapitre
se soit encore appliqué plus particulierement depuis un temps. Les soins et les
attentions des Abbez de la Croix , de
Fleury et de Cotte , Chanoines , et Intendans du Trésor et de la Fabrique ,
n'ont pas peu contribué à de si nobles er
de si pieuses entreprises ; et le bonheur a
voulu qu'ils ayent heureusement rencontré dans l'Abbé Colin' , Trésorier de cette
Eglise , une personne plus propre à rencherir sur leur zele , qu'à le diminuer.
Son ardeur pour tout ce qui regarde l'Eglise et sa décoration , est sans exemple
ainsi que sa vigilance et son activité.
La derniere réparation qu'on vient de
faire et qui a le plus frappé les yeux du
Public et des Curieux , est le nettoyementet la restauration de tousles Tableaux
de la Nef, qui , quoique des plus grands
Maîtres, avoient été de longue main aban.
donnez aux insultes du temps et de la
poussiere ; l'on n'y reconnoissoit plus.
rien, la plus grande partie pleins de troux
et tout écaillez. Il falloit une main legere
sçavante et habile pour les nettoyer sans
alteration et les repeindre sans qu'il y
parût, et ce fut pour cela que le sieur
Grégoire, jeune homme , Eleve de M.Reitout, neveu da celebre Jean Jouvenet
£us
JANVIER 1732. 179
1
1
fut choisi ; il s'en est acquitté si bien et
avec tant de prudence , qu'il a rendu à
tous ces Tableaux leur premier lustre et
leur ancien éclat , sans avoir rien alteré
des endroits mêmes les plus délicats. Il a
eû aussi la satisfaction de se voir applaudi , non-seulement du Public , mais même de M. Boulogne , premier Peintre du
Roy et Directeur de l'Académie , &c.
Un si, heureux succès fait esperer que
le sieur Grégoire ne se tirera pas moins
heureusement des Tableaux de la Croisée
de la même Eglise, qui sont, la plus grande partie , d'un prix infini.
Roy, étant présentez par le Comte de Toulouse , Gouverneur de la Province ,
et par le Comte de S. Florentin , Secretaire d'Etat , et conduits par le Grand- Maître et le Maître des Ceremonies ; la
Députation étoit composée de l'Evêque
de S. Pol de Leon , pour le Clergé qui
porta la parole , du Comte de Kercado
pour la Noblesse , du Senechal du Quimper pour le Tiers Etat , et du Pré ident
de Bedé , Syndic de la Province. Ces Députez furent ensuite conduits à l'Audiance de la Reine, et à celles de Monseigneur
le Dauphin , de Monseigneur le Duc
d'Anjou et de Mesdames de France.
Il n'y a pas lieu d'être surpris de tous
les embellissemens qui se sont faits depuis un temps et qui se font encore dans
la celebre Eglise de Notre- Dame de Paris.
Son illustre Chapitre a toûjours eu grande attention sur ce qui regarde le culte
de Dieu , dans lequl est toujours renfermée la Décoration et la magnificence
de son Temple.
I C'est
178 MERCURE DE FRANCE
et
C'est à quoi il semble que ce Chapitre
se soit encore appliqué plus particulierement depuis un temps. Les soins et les
attentions des Abbez de la Croix , de
Fleury et de Cotte , Chanoines , et Intendans du Trésor et de la Fabrique ,
n'ont pas peu contribué à de si nobles er
de si pieuses entreprises ; et le bonheur a
voulu qu'ils ayent heureusement rencontré dans l'Abbé Colin' , Trésorier de cette
Eglise , une personne plus propre à rencherir sur leur zele , qu'à le diminuer.
Son ardeur pour tout ce qui regarde l'Eglise et sa décoration , est sans exemple
ainsi que sa vigilance et son activité.
La derniere réparation qu'on vient de
faire et qui a le plus frappé les yeux du
Public et des Curieux , est le nettoyementet la restauration de tousles Tableaux
de la Nef, qui , quoique des plus grands
Maîtres, avoient été de longue main aban.
donnez aux insultes du temps et de la
poussiere ; l'on n'y reconnoissoit plus.
rien, la plus grande partie pleins de troux
et tout écaillez. Il falloit une main legere
sçavante et habile pour les nettoyer sans
alteration et les repeindre sans qu'il y
parût, et ce fut pour cela que le sieur
Grégoire, jeune homme , Eleve de M.Reitout, neveu da celebre Jean Jouvenet
£us
JANVIER 1732. 179
1
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fut choisi ; il s'en est acquitté si bien et
avec tant de prudence , qu'il a rendu à
tous ces Tableaux leur premier lustre et
leur ancien éclat , sans avoir rien alteré
des endroits mêmes les plus délicats. Il a
eû aussi la satisfaction de se voir applaudi , non-seulement du Public , mais même de M. Boulogne , premier Peintre du
Roy et Directeur de l'Académie , &c.
Un si, heureux succès fait esperer que
le sieur Grégoire ne se tirera pas moins
heureusement des Tableaux de la Croisée
de la même Eglise, qui sont, la plus grande partie , d'un prix infini.
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Résumé : « Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...] »
Le 27 janvier 1732, les députés des États de Bretagne furent reçus en audience publique par le roi, en présence du comte de Toulouse et du comte de Saint-Florentin. La délégation comprenait l'évêque de Saint-Pol-de-Léon pour le clergé, le comte de Kercado pour la noblesse, le sénéchal de Quimper pour le tiers état, et le président de Bédé, syndic de la province. Ils rencontrèrent également la reine, le dauphin, le duc d'Anjou et Mesdames de France. Le texte évoque par ailleurs les travaux récents et en cours dans l'église Notre-Dame de Paris. Le chapitre de cette église a toujours accordé une grande importance au culte divin, à la décoration et à la magnificence du temple. Les abbés de la Croix, Fleury, Cotte et Colin, trésorier, ont particulièrement contribué à ces entreprises. La dernière réparation notable fut la restauration des tableaux de la nef par le sieur Grégoire, élève de M. Reitout et neveu de Jean Jouvenet. Grégoire a restauré les tableaux avec prudence, leur rendant leur lustre initial sans les altérer. Son travail a été salué par le public et par M. Boulogne, premier peintre du roi et directeur de l'Académie. Une restauration similaire est attendue pour les tableaux de la croisée de l'église.
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5991
p. 179-180
BENEFICES DONNEZ par le Roy.
Début :
L'Evêché de Mâcon, à l'Abbé de Valras, Agent [...]
Mots clefs :
Bénéfices, Dons, Abbayes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
ENEFICES DONNEZ
par le Roy.
'Evêché de Mâcon , à l'Abbé de ValLEras , Agent du Clergé.
L'Abbaye de S. Vincent de Laon
l'Evêque d'Arras.
Celle de S. Julien de Dijon , Ordre de
S. Benoît , vacante par la démission de
la Dame de Bussy-Rabutin , à la Dame
de Langhac , Prieure de l'Abbaye de
Praslon.
Celle de Preaux , même Ordre , Diocèse de Lizieux , à la Dame de Brancas.
Celle de Montsor d'Alençon , même
Iij Ordre
180 MERCURE DE FRANCE
Ordre , à la Dame de Chateaurenault.
Le Prieuré de S. Pancras de Fontaine ,
Diocèse de Besançon , à M. Franchet
Chanoine de l'Eglise Métropolitaine de
la même Ville.
Le Prieuré de Vausse , Ordre du Valdes- Choux , Diocèse de Langres , à M. Pẹ
titbenoist , Chanoine de Besançon.
par le Roy.
'Evêché de Mâcon , à l'Abbé de ValLEras , Agent du Clergé.
L'Abbaye de S. Vincent de Laon
l'Evêque d'Arras.
Celle de S. Julien de Dijon , Ordre de
S. Benoît , vacante par la démission de
la Dame de Bussy-Rabutin , à la Dame
de Langhac , Prieure de l'Abbaye de
Praslon.
Celle de Preaux , même Ordre , Diocèse de Lizieux , à la Dame de Brancas.
Celle de Montsor d'Alençon , même
Iij Ordre
180 MERCURE DE FRANCE
Ordre , à la Dame de Chateaurenault.
Le Prieuré de S. Pancras de Fontaine ,
Diocèse de Besançon , à M. Franchet
Chanoine de l'Eglise Métropolitaine de
la même Ville.
Le Prieuré de Vausse , Ordre du Valdes- Choux , Diocèse de Langres , à M. Pẹ
titbenoist , Chanoine de Besançon.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
Le roi attribue divers bénéfices ecclésiastiques. L'évêché de Mâcon accorde un bénéfice à l'abbé de Val-Leras. Plusieurs abbayes et prieurés changent de titulaires, notamment Saint-Vincent de Laon, Saint-Julien de Dijon, Preaux, Montsor d'Alençon, Saint-Pancras de Fontaine et Vausse.
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5992
p. 180
« Le 25. la Loterie de la Compagnie des Indes, établie [...] »
Début :
Le 25. la Loterie de la Compagnie des Indes, établie [...]
Mots clefs :
Loterie, Liqueurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 25. la Loterie de la Compagnie des Indes, établie [...] »
Le 25. la Loterie de la Compagnie des Indes,
établie pour le remboursement des Actions , fut
tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel de la
Compagnie. La Liste des Numeros gagnans des
Actions et Dixiémes d'Actions qui doivent être
remboursés , a été rendue publique , faisant en
tout le nombre de 303. Actions , neuf Dixiémes Actions.
On donne avis que la Veuve de Forestier
Marchande à Perigueux , vend toutes sortes de
Liqueurs et principalement Lanizette , la pinte
est de quatre livres dix sols rendue à Paris , tous
frais faits; elle excelle dans cette Liqueur. Plusieurs Seigneurs de Paris et d'ailleurs lui en ont
déja demandé..
établie pour le remboursement des Actions , fut
tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel de la
Compagnie. La Liste des Numeros gagnans des
Actions et Dixiémes d'Actions qui doivent être
remboursés , a été rendue publique , faisant en
tout le nombre de 303. Actions , neuf Dixiémes Actions.
On donne avis que la Veuve de Forestier
Marchande à Perigueux , vend toutes sortes de
Liqueurs et principalement Lanizette , la pinte
est de quatre livres dix sols rendue à Paris , tous
frais faits; elle excelle dans cette Liqueur. Plusieurs Seigneurs de Paris et d'ailleurs lui en ont
déja demandé..
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Résumé : « Le 25. la Loterie de la Compagnie des Indes, établie [...] »
Le 25, la Loterie de la Compagnie des Indes a été tirée à l'Hôtel de la Compagnie, remboursant 303 actions. La veuve de Forestier, marchande à Périgueux, vend des liqueurs, dont la Lanizette à quatre livres dix sols la pinte, livrée à Paris. La qualité de la Lanizette est reconnue par plusieurs seigneurs.
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5993
p. 180-191
LETTRE sur le Passage de Don Carlos par la Provence.
Début :
L'Infant entra en Provence le 5. Decembre dernier, et [...]
Mots clefs :
Infant, Don Carlos, Provence, Officiers, Dîner, Monsieur le Bret, Portrait
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE sur le Passage de Don Carlos par la Provence.
LETTRE sur le Passage de Don Carlos
par la Provence.
'Infant entra en Provence le 5 Decembre dernier , et se rendit de Nismes à
Tarascon en traversant le Rhône sur le
Pont de Beaucaite.
M.le Brer , Conseiller d'Etat , Premier
Presi-
JANVIER. 1732. 181
President du Parlement d'Aix , Intendant et Commandant en chef de la Pro
vince , s'y étoit rendu deux jours auparavant avec un détachement de la Compagnie des Gardes du Gouverneur de la
Province , et un détachement de la Maréchaussée , commandé par M. d'Escra
gnolle , Prévôt Général. Le Marquis de
Graveson , et MM. Pazery de Thoraine,
Assesseur , et de Thomassin de la Garde
Consuls d'Aix , Procureurs du pays ou
Syndics Généraux de la Province, accom "
pagnez du Trésorier des Etats , de l'Ingenieur et des autres Officiers de la Province , avoient suivi M. l'Intendant sui
vant l'usage.
M. le Bret et les Procureurs du Pays
accompagnez du Comte de Marignane ,
Lieutenant General des Armées du Roi et
de 200 Gentilhommes ou Officiers des
premieres Maisons de la Province
n'ayant pu recevoir S. A. R. à la descente du Pont,à cause d'une grande pluie , se
rendirent à l'Hôtel qui avoit été préparé
pour le logement du Prince , et eurent
l'honneur de le recevoir à la porte, et de
lui présenter les respects de la Province;
M. Pazery de Thoraine, Assesseur, en chaperon, ainsi que ses Collegues , lui adressa
un Discours au nom de la Province , qui
fut très aplaudi.
I iiij Les
182 MERCURE DE FRANCE
Les Consuls de Tarascon en chaperon ,
à la tête des Gentilhommes et des Bourgeois de cette Ville , avoient déja eu
l'honneur de recevoir et de haranguer le
Prince à la Porte de la Ville qui étoit ornée d'un Arc de Triomphe , le Prince fut
salué en y entrant par une triple salve de
Boëtes qui avoient été placées sur les remparts , et passa au milieu d'une double haye de Milice Bourgeoise fort leste.
S. A. R. reçut après son dîner les respects du Chapitre Royal de sainte Marthe, fondé par le Roi Louis XI. M. l'Abbé de Fenelon qui en est le Doyen porta la parole ; le Corps de Ville eut aussi le même honneur.
M. Buon del Monti , Florentin, ViceLegat d'Avignon, qui s'étoit rendu à Tarascon avec tous les Officiers de la Legation et une nombreuse suite , eut aussi
l'honneur de saluer l'Infant qui le reçut
très gracieusement.
Le 6 S. A. R. arriva à Salon et logea
dans le Château qui appartient à l'Arche
vêque d'Arles qui l'avoit fait meubler
magnifiquement. Il y eut séjour à Salon
le 7 et le 8 , le Prince arriva à Aix le 9
à deux heures après midy.
Les Consuls haranguerent le Prince à
la Porte de la Ville où il y avoit une Garde
JANVIER. 17321 182
de bourgeoise sous les armes ; de- là , Dom
Carlos se rendit en la Maison de M. Maurel , l'une des plus belles du Cours , où il
devoit loger ; il y eut une autre Garde à
la porte composée de 150 hommes du Regiment de Flandres, commandés par deux
Capitaines avec un Drapeau , le reste des
neuf Compagnies étoient en bataille de
vant l'Hôtel du Prince ; toutes les Mai
sons du Cours étoient ornées en dehors
de Tapisseries , ce qui formoit un coupd'eil magnifique.
M. le Bret , à la tête de la Noblesse de
la Ville , reçut le Prince à la descente du
Carosse, et lui donna là main pour mon
ter dans son Appartement.
Après le diner , l'Infant s'amusa à tirer
des Lapins et des Pigeons qu'on avoit fait
mettre dans le Jardin.
Sur les cinq heures, les Députez du Par
lement , au nombre de 38 , ayant à leur
tête le Premier President , six autres Presidents , deux Avocats Generaux et 30
Conseillers,eurent l'honneur de haranguer
le Prince , M. le Bret portant la paroles
la Chambre des Comptes , Aydes et Finances , M. Albertas Premier President à
la tête , les Trésoriers de France , l'Université et la Senechaussée eurent aussi le
même honneur , ainsi que l'Archevêque
I iiij d'Aix
184 MERCURE DE FRANCE
d'Aix à la tête du Chapitre de l'Eglise
Metropolitaine de S. Sauveur , sa harangue fut fort pathetique, et il n'oublia pas
les graces quela Maison de Brancas a reçues duRoi d'Espagne , tous ces differens
Corps furent présentez au Prince par M.
Desgranges, Maître des Ceremonies , qui
presenta aussi au Prince et au Comte de
Sant-Estevan les Présens de la Ville &c.
Le soir il y eut des feux de joie devant
les portes de toutes les Maisons de la Ville et des illuminations aux fenêtres , cequi avoit été ordonné par le Parlement.
Le neufle Prince arriva à S. Maximin,
et logea dans le Monastere des Religieux
Dominiquains Réformez.
Le ro à Brignolle où S. A. R. fut obligée de rester à cause des neges , elle y reçut les complimens de la Ville, de la Se
nechaussée &c.
Le 11 le Prince arriva au Luc , et logea
au Château du Comte du Luc , Chevalierdes Ordres du Roi qui l'avoit fait meubler magnifiquement , tous les Officiers
et Seigneurs de sa suite y furent logez
aussi,et trouverent dans une belle Maison
toutes les commoditez possibles ; ce Prince y séjourna le 12, 13 et 14 , à cause des
pluyes et des neges qui avoient inondé
la plaine.
L.
JANVIER 1732.
189
Le 15 , le Prince alla dîner au Muy où
le Seigneur de ce lieu avoit fait préparer
uneAlte aussi splendide que délicate,pour
S. A. R. et pour sa suite. Le Marquis du
Muyaprès avoir fait les honneurs de chez
lui , alla lui- même reconnoître les chemins extrêmement remplis par les pluyes,
et sur son raport l'Infant continua sa route , et arriva le soir à Frejus ; il fut recu
à la porte de la Ville par les Consuls ,
avec les ceremonies ordinaires, et logea à
l'Evêché.
Le 16 S. A. R. arriva à Cannes et logea chez M. de Rioufe , Chevalier de
f'Ordre de S. Michel et Subdelegué de
l'Intendant de Provence , il y eut une
garde de jeunes gens fort lestement vétus
à la porte du Prince ; il y eut aussi une
danse de Matelots à la manière du pays
qui divertit Beaucoup le Prince. Il soupa
dans son lit à cause d'une indisposition
de rhume. ·
Le 17, le Chevalier d'Orleans arrivá
à Cannes , et se rendit chez le Prince ,
accompagné du Comte de Sant- Estevan ,
de M. le Brét et de M. Desgranges , il fit
un compliment au Prince de la part du
Roi auquel S. A. R. parut fort sensible.
L'Infant partit le même jour de Cannés et arriva à Antibes à midy , il fut Iv salué
186 MERCURE DE FRANCE
salué en passant devant les Isles sainte
Marguerite de tout le canon de cette Citadelle.
M. de Montesquiou Commandant ,
accompagné de l'Etat Major , reçut le
Prince à la Porte Royale , au bruit de
toute l'Artillerie de la Place , des Forts ,
et des neuf Galeres qui étoient dans le
Port, le Regiment de Luxembourg étoit
en haye depuis la porte de la Ville jusqu'au Château où logea le Prince , il y
avoit aussi une Garde de 150 hommes du
même Regiment avec un Drapeau.
Le Grand-Prieur , les Procureurs du
pays , M. le Bret , M. Desgranges , l'Etat
Major de la Place et la Noblesse du pays
reçurent le Prince à la porte du Château,
et l'accompagnerent dans son Apparte
ment. S. A. R. y trouva Don Miguel
Reggio , Sicilien , Chevalier de Malthe
Commandant les six Galeres d'Espagne
avec tous les autres Officiers des Galeres,
tous en habits uniformes de drap bleu
galonés d'or , M. de Marescotti , Commandeur des trois Galeres du Grand Duc
avec tous les Officiers et plusieurs autres
Seigneurs Florentins , dont la plûpart
étoient revétus de l'Ordre de S. Etienne,
en habits uniformes de drap écarlate galonés d'argent , et M. de Chateaufort ,
Ma-
.JANVIER. 1732 187
Maréchal de Camp des Armées du Roi
d'Espagne , avec le Commandant d'une
Frégate Espagnole qui étoit dans le Port
d'Antibes. Tous ces Seigneurs et Officiers
Espagnols et Italiens eurent l'honneur de
baiser la main au Prince. M. le Bret présenta ensuite à S. A. R. tous les Officiers
de la Garnison.
Le Prince fut fort incommodé d'un thume les premiers jours qu'il séjourna à
Antibes , et fut obligé de rester au lit
pendant trois jours , ce qui l'empêcha de
prendre le divertissement qu'on lui avoit
préparé. S. A. R. reçut des mains du
Grand Prieur une Epée enrichie de diamans que le Roi envoyoit au: Prince
comme un nouveâu gage de son amitié ;
l'Infant la reçut avec de grandes démonstrations de joie , il a gardé cette Epée pendant deux jours entiers aux pieds'
de son lit , pour la faire voir à tous les
Seigneurs et Officiers qui venoient lui
faire leur Cour.
Pendant le séjour d'Antibes , le Général
des Galeres Espagnoles donna sur la Réale un splendide dîner à M. le GrandPrieur , aux principaux Seigneurs François , Espagnols et Italiens qui se trouvoient à la suite du Prince ; M. le Breg
ne put pas se trouver à ce repas , étant
I vj oblige
188 MERCURE DE FRANCE
obligé de faire les honneurs de la table
qu'il a tenue à Antibes pour les autres Sei-,
gneurs qui y étoient Les santés de leurs,
Majestés très Chrétienne et Catholique ,,
de S. A. R , du Grand- Prieur , des Commandans , &c. furent célébré, s au bruic
du Canon , et pendant tout le repas il y
eut Concert d'Instrumens.
3.
Le Comte de San Severino , Envoyé
de Parme à la Cour de France , se rendit
aussi à Antibes pour faire sa cour à son
nouveau Souverain ; enfin cette Ville a
toûjours été remplie d'une infinité d'Etrangers et de toute la Noblesse de la
Province qui n'a rien oublié pourtémoigner le plaisir qu'elle avoit de voir et de
faire sa cour à un Prince issu du sang de ses Maîtres.
La Princesse de Monaco envoya aussi
un de ses Gentilhommes pour compli
menter le Prince.
Le 23 , S. A. R. s'embarqua sur la
Réale , à dix heures du matin , cette Galere étoit richement ornée , et tous les
Forçats en habits neufs.
Le Grand- Prieur , M.le Bret , M. Desgranges , les Procureurs du Pays , le
Marquis de Montesquiou , Commandant
de la Place , l'Etat Major , le Marquis de
Brancas Ceireste , fils de M. de Brancas ,
Grand
JANVIER. 1732. 189
$
Grand d'Espagne et Lieutenant General
de la Province qui sert dans la Marine et
qui s'étoit rendu à la suite du Prince pour
lui faire sa Cour , et enfin un nombre infini de Gentilhommes et d'Officiers François , se trouverent sur le Quay du Port
et à bord de la Galere pour recevoir le
Prince , et pour lui souhaiter un heureux
voyage , et lui témoigner en même tems
leurs regrets et leurs inquiétudes à cause
de la rigueur de la saison. La Garnison for
moit une double haye depuis le Château
jusqu'à la Porte Marine. Le Prince fut
salué en y passant de toute l'Artillerie de
la Ville et des Förts , et en entrant dans
la Gale e , par le canon de neuf Galeres.
S. A. R. entra d'abord dans la Chambre
de poupe pour écrire avant son départ au
Roy et à la Reine d'Espagne.
Malgré les tems affreux qui ont régné
en Provence pendant la route du Prince ,
M. le Bret dont le zele pour le service du
Roi est connudepuis longtems, avoit don
né de si bons ordres que tout ce qui étoit
necessaire pour la subsistance et les com
moditez de la vie, s'est trouvé par tout en
abondance; toutela suite et les équipages
nombreux du Prince ont été commodé
ment logez , les chemins avoient été réparez autant que la saison et le peu de
tems
rgo MERCURE DE FRANCE
tems qu'on a eu pour y travailler , l'ont
pu permettre ; plus de mille Ouvriers y
ont été employez , et travailloient nuit
et jour sous les ordres de Messieurs les
Procureurs du Pays et du sieur Vallon ,
Ingenieur de la Province , lesquels n'ont
rien oublié pour donner des marques de leur zele et de leur attachement : enfin
toute la Provence a témoigné tant de
zele et d'attachement , qu'elle ne s'est
point démentie de l'amour et de la fidélité qu'elle a toûjours porté à l'Auguste
Sang de BOURBON.
Onpeut ajouter ici avec raison que M.
le Bret a toujours fait sa cour au Prince,
avec une assiduité sans égale , et qu'il est
allé au- devant de tout ce qui pouvoit lui
être agreable , qu'il a eu chez lui pendant
tout le tems que ce Prince a voyagé ou
resté danssonDépartement, deux grandes
tables et quelquefois trois , le matin et le
soir , servies avec autant de profusion que
de délicatesse, où les Seigneurs Espagnols
et Italiens ont toujours mangé. Ce Magistrat s'étant aperçu que l'Infant aimoit
beaucoup les Ortholans qui sont d'un gout exquis en Provence , il a eu soin de lui en
fournir pendant tout le tems qu'il y aresté
malgré la rareté de ces oiseaux dans cette
saison. Ainsi le Prince et le Comte de San
Estevan
JANVIER. 17327 198
Estevan et tous les Seigneurs dela suite fui
ont donné en partant les marques les plus
flateuses de leur satisfaction et de leur estime. M. le Bret ayant enfin témoigné à
S. A. R. l'inquietude que son Rhume lui
causoit , elle eut la bonte de lui répondre
qu'elle n'avoit point pris ce Rhume dans
sa Province.
Ce Prince avoit donné des marques de
sa liberalité avant son départ. Il a fait present de son portrait enrichi de diamans
au Grand- Prieur, à M.le Bret d'un diamant
de prix , et à M. Desgranges un diamant
et une montre d'or d'un travail exquis. Il
a fait aussi donner une gratification à la
Maréchaussée qui avoit escorté sesEquipages et le Trésor On a appris ce que Prince
après avoir été obligé de relâcher à Monaco à cause du mauvais tems , en repartit le 25. et est heureusement arrivé à Livourne. On ajoute que ce Prince a essuyé
Ia tempête avec une grande fermeté. Il
est d'uncaractere le plus aimable et le plus
égal , d'une humeur fort enjouée , extremementvifet avectout l'esprit du monde.
par la Provence.
'Infant entra en Provence le 5 Decembre dernier , et se rendit de Nismes à
Tarascon en traversant le Rhône sur le
Pont de Beaucaite.
M.le Brer , Conseiller d'Etat , Premier
Presi-
JANVIER. 1732. 181
President du Parlement d'Aix , Intendant et Commandant en chef de la Pro
vince , s'y étoit rendu deux jours auparavant avec un détachement de la Compagnie des Gardes du Gouverneur de la
Province , et un détachement de la Maréchaussée , commandé par M. d'Escra
gnolle , Prévôt Général. Le Marquis de
Graveson , et MM. Pazery de Thoraine,
Assesseur , et de Thomassin de la Garde
Consuls d'Aix , Procureurs du pays ou
Syndics Généraux de la Province, accom "
pagnez du Trésorier des Etats , de l'Ingenieur et des autres Officiers de la Province , avoient suivi M. l'Intendant sui
vant l'usage.
M. le Bret et les Procureurs du Pays
accompagnez du Comte de Marignane ,
Lieutenant General des Armées du Roi et
de 200 Gentilhommes ou Officiers des
premieres Maisons de la Province
n'ayant pu recevoir S. A. R. à la descente du Pont,à cause d'une grande pluie , se
rendirent à l'Hôtel qui avoit été préparé
pour le logement du Prince , et eurent
l'honneur de le recevoir à la porte, et de
lui présenter les respects de la Province;
M. Pazery de Thoraine, Assesseur, en chaperon, ainsi que ses Collegues , lui adressa
un Discours au nom de la Province , qui
fut très aplaudi.
I iiij Les
182 MERCURE DE FRANCE
Les Consuls de Tarascon en chaperon ,
à la tête des Gentilhommes et des Bourgeois de cette Ville , avoient déja eu
l'honneur de recevoir et de haranguer le
Prince à la Porte de la Ville qui étoit ornée d'un Arc de Triomphe , le Prince fut
salué en y entrant par une triple salve de
Boëtes qui avoient été placées sur les remparts , et passa au milieu d'une double haye de Milice Bourgeoise fort leste.
S. A. R. reçut après son dîner les respects du Chapitre Royal de sainte Marthe, fondé par le Roi Louis XI. M. l'Abbé de Fenelon qui en est le Doyen porta la parole ; le Corps de Ville eut aussi le même honneur.
M. Buon del Monti , Florentin, ViceLegat d'Avignon, qui s'étoit rendu à Tarascon avec tous les Officiers de la Legation et une nombreuse suite , eut aussi
l'honneur de saluer l'Infant qui le reçut
très gracieusement.
Le 6 S. A. R. arriva à Salon et logea
dans le Château qui appartient à l'Arche
vêque d'Arles qui l'avoit fait meubler
magnifiquement. Il y eut séjour à Salon
le 7 et le 8 , le Prince arriva à Aix le 9
à deux heures après midy.
Les Consuls haranguerent le Prince à
la Porte de la Ville où il y avoit une Garde
JANVIER. 17321 182
de bourgeoise sous les armes ; de- là , Dom
Carlos se rendit en la Maison de M. Maurel , l'une des plus belles du Cours , où il
devoit loger ; il y eut une autre Garde à
la porte composée de 150 hommes du Regiment de Flandres, commandés par deux
Capitaines avec un Drapeau , le reste des
neuf Compagnies étoient en bataille de
vant l'Hôtel du Prince ; toutes les Mai
sons du Cours étoient ornées en dehors
de Tapisseries , ce qui formoit un coupd'eil magnifique.
M. le Bret , à la tête de la Noblesse de
la Ville , reçut le Prince à la descente du
Carosse, et lui donna là main pour mon
ter dans son Appartement.
Après le diner , l'Infant s'amusa à tirer
des Lapins et des Pigeons qu'on avoit fait
mettre dans le Jardin.
Sur les cinq heures, les Députez du Par
lement , au nombre de 38 , ayant à leur
tête le Premier President , six autres Presidents , deux Avocats Generaux et 30
Conseillers,eurent l'honneur de haranguer
le Prince , M. le Bret portant la paroles
la Chambre des Comptes , Aydes et Finances , M. Albertas Premier President à
la tête , les Trésoriers de France , l'Université et la Senechaussée eurent aussi le
même honneur , ainsi que l'Archevêque
I iiij d'Aix
184 MERCURE DE FRANCE
d'Aix à la tête du Chapitre de l'Eglise
Metropolitaine de S. Sauveur , sa harangue fut fort pathetique, et il n'oublia pas
les graces quela Maison de Brancas a reçues duRoi d'Espagne , tous ces differens
Corps furent présentez au Prince par M.
Desgranges, Maître des Ceremonies , qui
presenta aussi au Prince et au Comte de
Sant-Estevan les Présens de la Ville &c.
Le soir il y eut des feux de joie devant
les portes de toutes les Maisons de la Ville et des illuminations aux fenêtres , cequi avoit été ordonné par le Parlement.
Le neufle Prince arriva à S. Maximin,
et logea dans le Monastere des Religieux
Dominiquains Réformez.
Le ro à Brignolle où S. A. R. fut obligée de rester à cause des neges , elle y reçut les complimens de la Ville, de la Se
nechaussée &c.
Le 11 le Prince arriva au Luc , et logea
au Château du Comte du Luc , Chevalierdes Ordres du Roi qui l'avoit fait meubler magnifiquement , tous les Officiers
et Seigneurs de sa suite y furent logez
aussi,et trouverent dans une belle Maison
toutes les commoditez possibles ; ce Prince y séjourna le 12, 13 et 14 , à cause des
pluyes et des neges qui avoient inondé
la plaine.
L.
JANVIER 1732.
189
Le 15 , le Prince alla dîner au Muy où
le Seigneur de ce lieu avoit fait préparer
uneAlte aussi splendide que délicate,pour
S. A. R. et pour sa suite. Le Marquis du
Muyaprès avoir fait les honneurs de chez
lui , alla lui- même reconnoître les chemins extrêmement remplis par les pluyes,
et sur son raport l'Infant continua sa route , et arriva le soir à Frejus ; il fut recu
à la porte de la Ville par les Consuls ,
avec les ceremonies ordinaires, et logea à
l'Evêché.
Le 16 S. A. R. arriva à Cannes et logea chez M. de Rioufe , Chevalier de
f'Ordre de S. Michel et Subdelegué de
l'Intendant de Provence , il y eut une
garde de jeunes gens fort lestement vétus
à la porte du Prince ; il y eut aussi une
danse de Matelots à la manière du pays
qui divertit Beaucoup le Prince. Il soupa
dans son lit à cause d'une indisposition
de rhume. ·
Le 17, le Chevalier d'Orleans arrivá
à Cannes , et se rendit chez le Prince ,
accompagné du Comte de Sant- Estevan ,
de M. le Brét et de M. Desgranges , il fit
un compliment au Prince de la part du
Roi auquel S. A. R. parut fort sensible.
L'Infant partit le même jour de Cannés et arriva à Antibes à midy , il fut Iv salué
186 MERCURE DE FRANCE
salué en passant devant les Isles sainte
Marguerite de tout le canon de cette Citadelle.
M. de Montesquiou Commandant ,
accompagné de l'Etat Major , reçut le
Prince à la Porte Royale , au bruit de
toute l'Artillerie de la Place , des Forts ,
et des neuf Galeres qui étoient dans le
Port, le Regiment de Luxembourg étoit
en haye depuis la porte de la Ville jusqu'au Château où logea le Prince , il y
avoit aussi une Garde de 150 hommes du
même Regiment avec un Drapeau.
Le Grand-Prieur , les Procureurs du
pays , M. le Bret , M. Desgranges , l'Etat
Major de la Place et la Noblesse du pays
reçurent le Prince à la porte du Château,
et l'accompagnerent dans son Apparte
ment. S. A. R. y trouva Don Miguel
Reggio , Sicilien , Chevalier de Malthe
Commandant les six Galeres d'Espagne
avec tous les autres Officiers des Galeres,
tous en habits uniformes de drap bleu
galonés d'or , M. de Marescotti , Commandeur des trois Galeres du Grand Duc
avec tous les Officiers et plusieurs autres
Seigneurs Florentins , dont la plûpart
étoient revétus de l'Ordre de S. Etienne,
en habits uniformes de drap écarlate galonés d'argent , et M. de Chateaufort ,
Ma-
.JANVIER. 1732 187
Maréchal de Camp des Armées du Roi
d'Espagne , avec le Commandant d'une
Frégate Espagnole qui étoit dans le Port
d'Antibes. Tous ces Seigneurs et Officiers
Espagnols et Italiens eurent l'honneur de
baiser la main au Prince. M. le Bret présenta ensuite à S. A. R. tous les Officiers
de la Garnison.
Le Prince fut fort incommodé d'un thume les premiers jours qu'il séjourna à
Antibes , et fut obligé de rester au lit
pendant trois jours , ce qui l'empêcha de
prendre le divertissement qu'on lui avoit
préparé. S. A. R. reçut des mains du
Grand Prieur une Epée enrichie de diamans que le Roi envoyoit au: Prince
comme un nouveâu gage de son amitié ;
l'Infant la reçut avec de grandes démonstrations de joie , il a gardé cette Epée pendant deux jours entiers aux pieds'
de son lit , pour la faire voir à tous les
Seigneurs et Officiers qui venoient lui
faire leur Cour.
Pendant le séjour d'Antibes , le Général
des Galeres Espagnoles donna sur la Réale un splendide dîner à M. le GrandPrieur , aux principaux Seigneurs François , Espagnols et Italiens qui se trouvoient à la suite du Prince ; M. le Breg
ne put pas se trouver à ce repas , étant
I vj oblige
188 MERCURE DE FRANCE
obligé de faire les honneurs de la table
qu'il a tenue à Antibes pour les autres Sei-,
gneurs qui y étoient Les santés de leurs,
Majestés très Chrétienne et Catholique ,,
de S. A. R , du Grand- Prieur , des Commandans , &c. furent célébré, s au bruic
du Canon , et pendant tout le repas il y
eut Concert d'Instrumens.
3.
Le Comte de San Severino , Envoyé
de Parme à la Cour de France , se rendit
aussi à Antibes pour faire sa cour à son
nouveau Souverain ; enfin cette Ville a
toûjours été remplie d'une infinité d'Etrangers et de toute la Noblesse de la
Province qui n'a rien oublié pourtémoigner le plaisir qu'elle avoit de voir et de
faire sa cour à un Prince issu du sang de ses Maîtres.
La Princesse de Monaco envoya aussi
un de ses Gentilhommes pour compli
menter le Prince.
Le 23 , S. A. R. s'embarqua sur la
Réale , à dix heures du matin , cette Galere étoit richement ornée , et tous les
Forçats en habits neufs.
Le Grand- Prieur , M.le Bret , M. Desgranges , les Procureurs du Pays , le
Marquis de Montesquiou , Commandant
de la Place , l'Etat Major , le Marquis de
Brancas Ceireste , fils de M. de Brancas ,
Grand
JANVIER. 1732. 189
$
Grand d'Espagne et Lieutenant General
de la Province qui sert dans la Marine et
qui s'étoit rendu à la suite du Prince pour
lui faire sa Cour , et enfin un nombre infini de Gentilhommes et d'Officiers François , se trouverent sur le Quay du Port
et à bord de la Galere pour recevoir le
Prince , et pour lui souhaiter un heureux
voyage , et lui témoigner en même tems
leurs regrets et leurs inquiétudes à cause
de la rigueur de la saison. La Garnison for
moit une double haye depuis le Château
jusqu'à la Porte Marine. Le Prince fut
salué en y passant de toute l'Artillerie de
la Ville et des Förts , et en entrant dans
la Gale e , par le canon de neuf Galeres.
S. A. R. entra d'abord dans la Chambre
de poupe pour écrire avant son départ au
Roy et à la Reine d'Espagne.
Malgré les tems affreux qui ont régné
en Provence pendant la route du Prince ,
M. le Bret dont le zele pour le service du
Roi est connudepuis longtems, avoit don
né de si bons ordres que tout ce qui étoit
necessaire pour la subsistance et les com
moditez de la vie, s'est trouvé par tout en
abondance; toutela suite et les équipages
nombreux du Prince ont été commodé
ment logez , les chemins avoient été réparez autant que la saison et le peu de
tems
rgo MERCURE DE FRANCE
tems qu'on a eu pour y travailler , l'ont
pu permettre ; plus de mille Ouvriers y
ont été employez , et travailloient nuit
et jour sous les ordres de Messieurs les
Procureurs du Pays et du sieur Vallon ,
Ingenieur de la Province , lesquels n'ont
rien oublié pour donner des marques de leur zele et de leur attachement : enfin
toute la Provence a témoigné tant de
zele et d'attachement , qu'elle ne s'est
point démentie de l'amour et de la fidélité qu'elle a toûjours porté à l'Auguste
Sang de BOURBON.
Onpeut ajouter ici avec raison que M.
le Bret a toujours fait sa cour au Prince,
avec une assiduité sans égale , et qu'il est
allé au- devant de tout ce qui pouvoit lui
être agreable , qu'il a eu chez lui pendant
tout le tems que ce Prince a voyagé ou
resté danssonDépartement, deux grandes
tables et quelquefois trois , le matin et le
soir , servies avec autant de profusion que
de délicatesse, où les Seigneurs Espagnols
et Italiens ont toujours mangé. Ce Magistrat s'étant aperçu que l'Infant aimoit
beaucoup les Ortholans qui sont d'un gout exquis en Provence , il a eu soin de lui en
fournir pendant tout le tems qu'il y aresté
malgré la rareté de ces oiseaux dans cette
saison. Ainsi le Prince et le Comte de San
Estevan
JANVIER. 17327 198
Estevan et tous les Seigneurs dela suite fui
ont donné en partant les marques les plus
flateuses de leur satisfaction et de leur estime. M. le Bret ayant enfin témoigné à
S. A. R. l'inquietude que son Rhume lui
causoit , elle eut la bonte de lui répondre
qu'elle n'avoit point pris ce Rhume dans
sa Province.
Ce Prince avoit donné des marques de
sa liberalité avant son départ. Il a fait present de son portrait enrichi de diamans
au Grand- Prieur, à M.le Bret d'un diamant
de prix , et à M. Desgranges un diamant
et une montre d'or d'un travail exquis. Il
a fait aussi donner une gratification à la
Maréchaussée qui avoit escorté sesEquipages et le Trésor On a appris ce que Prince
après avoir été obligé de relâcher à Monaco à cause du mauvais tems , en repartit le 25. et est heureusement arrivé à Livourne. On ajoute que ce Prince a essuyé
Ia tempête avec une grande fermeté. Il
est d'uncaractere le plus aimable et le plus
égal , d'une humeur fort enjouée , extremementvifet avectout l'esprit du monde.
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Résumé : LETTRE sur le Passage de Don Carlos par la Provence.
Le 5 décembre, Don Carlos, l'Infant d'Espagne, entra en Provence et traversa le Rhône sur le Pont de Beaucaire. Le 7 décembre, il fut accueilli à Tarascon par M. le Bret, Conseiller d'État et Premier Président du Parlement d'Aix, ainsi que par divers dignitaires et officiers. Le Prince reçut des honneurs militaires et des discours de bienvenue. Il séjourna à Salon les 7 et 8 décembre, puis arriva à Aix le 9 décembre, où il fut accueilli par les Consuls et la noblesse locale. À Aix, il logea chez M. Maurel et reçut les hommages de divers corps et dignitaires, dont l'Archevêque d'Aix. Le même jour, il se rendit à Saint-Maximin et logea au monastère des Dominicains. Le 10 décembre, il resta à Brignoles en raison des neiges. Le 11 décembre, il arriva au Luc et y séjourna jusqu'au 14 décembre à cause des pluies et des neiges. Le 15 décembre, il dîna au Muy avant de se rendre à Fréjus, où il logea à l'Évêché. Le 16 décembre, il arriva à Cannes et logea chez M. de Rioufe. Le 17 décembre, le Chevalier d'Orléans lui rendit visite. Le même jour, l'Infant se rendit à Antibes, où il fut accueilli par M. de Montesquiou et divers dignitaires. Il y resta plusieurs jours en raison d'un rhume et reçut une épée enrichie de diamants du Roi d'Espagne. Le 23 décembre, il s'embarqua sur la Réale à Antibes, accompagné de nombreux dignitaires et officiers. Malgré les conditions météorologiques difficiles, M. le Bret avait pris des mesures pour assurer le confort et la subsistance de la suite du Prince. La Provence témoigna de son zèle et de son attachement envers le Prince, qui quitta la région en exprimant sa satisfaction. Par ailleurs, le texte mentionne que le prince, après avoir été contraint de s'arrêter à Monaco en raison de mauvaises conditions météorologiques, a repris la mer le 25 et est parvenu à Livourne sans encombre. Il est souligné que le prince a affronté la tempête avec une grande fermeté. Le prince est décrit comme ayant un caractère aimable et égal, une humeur enjouée, ainsi qu'une grande vivacité et beaucoup d'esprit.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5994
p. 192-196
DELIBERATION de la Noblesse de Provence, prise dans l'Assemblée du 15 Decembre 1731, au sujet du Passage de l'Infant Don Carlos dans cette Province.
Début :
Mr Le Blanc Castillon, Syndic de robe, portant la parole, [...]
Mots clefs :
Infant, Don Carlos, Provence, Syndic, Noblesse, Assemblée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DELIBERATION de la Noblesse de Provence, prise dans l'Assemblée du 15 Decembre 1731, au sujet du Passage de l'Infant Don Carlos dans cette Province.
DELIBERATION de la Noblesse de
Provence, prife dans l' Affemblée du 15
Decembre 1731 , au sujet du Paffage de
l'Infant Don Carlos dans cette Province.
M
R Le Blanc Castillon , Syndic de *
robe , portant la parole , a dit , que l'arrivée de S. A. R. le Duc Infant en
cette Province , ayant été avancée de près
d'un mois , on n'a pûavertir assez tôt
Mrs de Villeneuve Vence , & de Villeneuve du Cadre , Syndics en exercice ,
qui sont actuellement dans leurs Terres ,
pour les engager à venir en cette ville
d'Aix.
3
Mais M. Le Blanc en ayant conferé
avec le Marquis de Vauvenargues , &
avec M. Le Camus Peypin , Syndics de la
même Election , avec quelques-uns des
Commissaires & plusieurs Gentilshom- ~
mes , ils ont tous pensé unanimement ,
qu'il convient dans cette occasion de ne
rien oublier de la part du Corps de la
Noblesse , pour donner des marques de
son zele pour la gloire du Roy en la personne d'un Prince de la Maison de France , &c.
Il a été jugé à propos d'assembler les *
Gentilshommes qui se trouveroient à por.
tée
JANVIER 1737.
1934
tee , lesquels en qualité de Députez du
Corps , iroient avec les Syndics offrir
leurs respects à ce Prince ; & comme onapprit qu'il devoit arriver en cette ville
le 8. de ce mois , M. le Marquis de Vau
venargues & M. Le Blanc crurent devoir
prévenir M. Desgranges , Maître des Ce
remonies , qui étoit arrivé la veille à Aix.
Il leur demanda quelques éclaircissemens
sur les Titres & les Usages en vertu desquels la Noblesse de cette Province for
me un Corps , les preuves en furent facilement raportées & confirmées par le té--
moignage de M. l'Archevêque; sur quoy'
M. Desgranges ayant consulté ses Memoires , & pris les arrangemens qu'il crut
les plus convenables , dit que Mrs les
Consuls représentant le Corps de Ville
devoient recevoir le Prince à la porte ,
lay faire le premier compliment ; que
lorsque S. A. R. se seroit renduë dans
l'apartement qui luy avoit été destiné ,
il recevroit les complimens des Corps de
Juftice qu'on introduiroit ensuite les
deux Corps qui font partie des deux
premiers Ordres du Royaume ; c'eſtà- dire , qu'après que le Chapitre do
PEglise Metropolitaine en Corps , ayant
à la tête M. l'Archevêque , qui por-.
toit la parole , auroit fait son compli-
&
ment
194 MERCURE DE FRANCE
ment , les Deputez de la Noblesse seroientadmis pour faire le leur au nom de
ce Corps. Cet ordre ayant été ainsi reglé,
les Syndics firent la convocation dont on
étoit convenu, et partirent du lieu ordinairé des Assemblées du Corps avec plusieurs
Gentilshommes.
Ils furent reçus chez le Prince par
M. Desgranges au moment qu'ils se firent annoncer , ils traverserent avec lui la Sale
et l'Antichambre où ils trouverent un
grand nombre d'autres Gentilshommes, et
furentaussitôt introduits dans la chambre
de S. A. R.
M. le Marquis de Vauvenargues après.
une profonde reverence dit :
MONSEIGNEUR ,
Nous venons offrir à V. A. R. les respects
de la Noblesse de Provence , et lui exprimer
nos sentimens parla bouche de notre Syndic de Robe
Après quoi M. le Blanc dit :
MONSEIGNEUR ,
La Noblesse decette Province quijouit du
Privilege de s'assembler'en Corps , n'en sçauroit faire un plus glorieux usage , qu'en venant offrir ses vœux et ses respects à votre Altesse Royale. Plus attachez que le reste du
Peuple au sort et à la personne des grands Princes
JANVIER. 1732. 195
Princes , nous ressentons plus vivement la
douce impression que votre presence fait sur
tous les cœurs , et nous sommes charmez de
pouvoirvous exprimer des sentimens que votre nom seul nous avoit deja inspirés .
Nous respectons en vous , Monseigneur ;
Auguste Sang de nos Roys , et celui d'un
Prince aussi grand par ses vertus que par sa
naissance ; nous admirons tant de belles qua
litez qui, devançant le cours des années, vous
ont rendu l'amour des Peuples , et nous preju
geons avecjoye l'heureux avenir que les hau
tes destinées de votre Altesse Royale lui preparent.
Vous avez été , Monseigneur, dès votre
naissance l'objet de l'attention de toute l'Europe , vous êtes devenu le lien et le sceau de la
paix , vousallezporter lagloire des deux plus
grands Royaumes de l'Univers au delà des
bornes qui les renferment , et donner à l'Italie
un nouvel éclat en lui communiquant celui
dela France et de l'Espagne.
Puisse votre Altesse Royale , jouir long
tems de cesglorieux avantages, ajouter de nonveaux Empires aux Etats florissants qu'un
illustre sort lui destine , les transmettre à la
posterité la plus reculée , et recevoir de nos
neveux de nouvelles preuves du même zele
dont nous sommes animez.
L'Infant témoignant beaucoup de satis- faction
196 MERCURE DE FRANCE
*
tion du zele de Mrs de laNoblesse s'avança
quelque pas avec eux et jusqu'au milieu de
sa chambreà mesure qu'ils se retiroient, et
lorsqu'ils en sortirent ils furent recon
duits par M. Desgranges.
*********
Provence, prife dans l' Affemblée du 15
Decembre 1731 , au sujet du Paffage de
l'Infant Don Carlos dans cette Province.
M
R Le Blanc Castillon , Syndic de *
robe , portant la parole , a dit , que l'arrivée de S. A. R. le Duc Infant en
cette Province , ayant été avancée de près
d'un mois , on n'a pûavertir assez tôt
Mrs de Villeneuve Vence , & de Villeneuve du Cadre , Syndics en exercice ,
qui sont actuellement dans leurs Terres ,
pour les engager à venir en cette ville
d'Aix.
3
Mais M. Le Blanc en ayant conferé
avec le Marquis de Vauvenargues , &
avec M. Le Camus Peypin , Syndics de la
même Election , avec quelques-uns des
Commissaires & plusieurs Gentilshom- ~
mes , ils ont tous pensé unanimement ,
qu'il convient dans cette occasion de ne
rien oublier de la part du Corps de la
Noblesse , pour donner des marques de
son zele pour la gloire du Roy en la personne d'un Prince de la Maison de France , &c.
Il a été jugé à propos d'assembler les *
Gentilshommes qui se trouveroient à por.
tée
JANVIER 1737.
1934
tee , lesquels en qualité de Députez du
Corps , iroient avec les Syndics offrir
leurs respects à ce Prince ; & comme onapprit qu'il devoit arriver en cette ville
le 8. de ce mois , M. le Marquis de Vau
venargues & M. Le Blanc crurent devoir
prévenir M. Desgranges , Maître des Ce
remonies , qui étoit arrivé la veille à Aix.
Il leur demanda quelques éclaircissemens
sur les Titres & les Usages en vertu desquels la Noblesse de cette Province for
me un Corps , les preuves en furent facilement raportées & confirmées par le té--
moignage de M. l'Archevêque; sur quoy'
M. Desgranges ayant consulté ses Memoires , & pris les arrangemens qu'il crut
les plus convenables , dit que Mrs les
Consuls représentant le Corps de Ville
devoient recevoir le Prince à la porte ,
lay faire le premier compliment ; que
lorsque S. A. R. se seroit renduë dans
l'apartement qui luy avoit été destiné ,
il recevroit les complimens des Corps de
Juftice qu'on introduiroit ensuite les
deux Corps qui font partie des deux
premiers Ordres du Royaume ; c'eſtà- dire , qu'après que le Chapitre do
PEglise Metropolitaine en Corps , ayant
à la tête M. l'Archevêque , qui por-.
toit la parole , auroit fait son compli-
&
ment
194 MERCURE DE FRANCE
ment , les Deputez de la Noblesse seroientadmis pour faire le leur au nom de
ce Corps. Cet ordre ayant été ainsi reglé,
les Syndics firent la convocation dont on
étoit convenu, et partirent du lieu ordinairé des Assemblées du Corps avec plusieurs
Gentilshommes.
Ils furent reçus chez le Prince par
M. Desgranges au moment qu'ils se firent annoncer , ils traverserent avec lui la Sale
et l'Antichambre où ils trouverent un
grand nombre d'autres Gentilshommes, et
furentaussitôt introduits dans la chambre
de S. A. R.
M. le Marquis de Vauvenargues après.
une profonde reverence dit :
MONSEIGNEUR ,
Nous venons offrir à V. A. R. les respects
de la Noblesse de Provence , et lui exprimer
nos sentimens parla bouche de notre Syndic de Robe
Après quoi M. le Blanc dit :
MONSEIGNEUR ,
La Noblesse decette Province quijouit du
Privilege de s'assembler'en Corps , n'en sçauroit faire un plus glorieux usage , qu'en venant offrir ses vœux et ses respects à votre Altesse Royale. Plus attachez que le reste du
Peuple au sort et à la personne des grands Princes
JANVIER. 1732. 195
Princes , nous ressentons plus vivement la
douce impression que votre presence fait sur
tous les cœurs , et nous sommes charmez de
pouvoirvous exprimer des sentimens que votre nom seul nous avoit deja inspirés .
Nous respectons en vous , Monseigneur ;
Auguste Sang de nos Roys , et celui d'un
Prince aussi grand par ses vertus que par sa
naissance ; nous admirons tant de belles qua
litez qui, devançant le cours des années, vous
ont rendu l'amour des Peuples , et nous preju
geons avecjoye l'heureux avenir que les hau
tes destinées de votre Altesse Royale lui preparent.
Vous avez été , Monseigneur, dès votre
naissance l'objet de l'attention de toute l'Europe , vous êtes devenu le lien et le sceau de la
paix , vousallezporter lagloire des deux plus
grands Royaumes de l'Univers au delà des
bornes qui les renferment , et donner à l'Italie
un nouvel éclat en lui communiquant celui
dela France et de l'Espagne.
Puisse votre Altesse Royale , jouir long
tems de cesglorieux avantages, ajouter de nonveaux Empires aux Etats florissants qu'un
illustre sort lui destine , les transmettre à la
posterité la plus reculée , et recevoir de nos
neveux de nouvelles preuves du même zele
dont nous sommes animez.
L'Infant témoignant beaucoup de satis- faction
196 MERCURE DE FRANCE
*
tion du zele de Mrs de laNoblesse s'avança
quelque pas avec eux et jusqu'au milieu de
sa chambreà mesure qu'ils se retiroient, et
lorsqu'ils en sortirent ils furent recon
duits par M. Desgranges.
*********
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Résumé : DELIBERATION de la Noblesse de Provence, prise dans l'Assemblée du 15 Decembre 1731, au sujet du Passage de l'Infant Don Carlos dans cette Province.
Le 15 décembre 1731, la Noblesse de Provence a délibéré sur le passage de l'Infant Don Carlos dans la province. L'arrivée anticipée du Duc Infant a empêché les syndics en exercice d'être avertis à temps. M. Le Blanc, syndic de robe, a consulté le Marquis de Vauvenargues, M. Le Camus Peypin et plusieurs gentilshommes pour organiser une réception appropriée. Ils ont décidé de rassembler des gentilshommes pour offrir leurs respects au prince, prévu arriver le 8 janvier. M. Desgranges, Maître des Cérémonies, a été informé et a consulté ses mémoires pour établir l'ordre des réceptions. Les consuls représentant le Corps de Ville devaient accueillir le prince à la porte, suivis par les corps de justice, le Chapitre de l'Église Métropolitaine, et enfin les députés de la Noblesse. Le jour de l'arrivée, les syndics et plusieurs gentilshommes se sont rendus chez le prince. Le Marquis de Vauvenargues a exprimé les respects de la Noblesse de Provence. M. Le Blanc a souligné le privilège de la Noblesse de s'assembler en corps pour offrir ses vœux et ses respects au prince. Il a également mentionné l'attachement de la Noblesse au sort des grands princes et l'admiration pour les qualités du prince. L'Infant a témoigné sa satisfaction et a accompagné les gentilshommes jusqu'à la sortie de sa chambre.
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5995
p. 196-198
MORTS.
Début :
Le 24 Decembre, M. Paul Edouard Duchaufour, Ecuyer, Conseiller [...]
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
E 24 Decembre , M. Paul Edouard Duchaufour , Ecuyer, Conseiller , Secretaire du Roy,
mourut à Paris ; âgé d'environ 66 ans.
M. Nicolas Dupré de Saint- Maur, Chevalier
Conseiller du Roy , Correcteur ordinaire en la
Chambre des Comptes , décédé le 2 Janvier ,
âgé de 90 ans passés.
Dame Anne Louise de Chalucet , veuve de M.
Nicolas de Lamoignon de Basville , Conseiller
d'Etat ordinaire , mourut à Paris le 4 Janvier
âgée d'environ 87 ans.
Le 7 , M. Claude-Louis Lombard Chevalier ,
Vicomte d'Ermenonville. Seigneur de Valescourt,
&c. Gentilhomme ordinaire de la Chambre du
Roy , mourut âgé de 68 ans.
Dame Françoise Nicole Dugné , veuve de M. Antoine de la Chaise Daix, Chevalier Marquis de la Chaise , Capitaine des Gardes de là Porte , décédée le 7 Janvier , âgée de 5 ans,
Joachim Gédoyn , Lieutenant Colonel du Ré→
giment d'Etampes , cy-devant Chartres , Cheva-.
lier de l'Ordre Militaire de S. Louis , Major de
Soissons , et l'un des Gentilshommes Ordinaires de S. A. S. Monseigneur le Duc d'Orleans ,
premier Prince du Sang , est mort à Paris , le 10
Janv.
JANVIER. 1737. -197
1
J
Janvier , âgé de 64 ans. Il étoit fils de N. Gédoyn , Chevalier , Seigneur de Pernan et d'Autréche , Capitaine dans le Régiment du Roy, tué
à la prise de Landrecy , et de Françoise de Gonnelieu ; et petit neveu de Philippe Gédoyn, Chevalier , Seigneur de Bellan , de Pully et autres
lieux , Maréchal des Camps et Armées du Roy,
Gouverneur de Baugenci , Capitaine - Lieutenant
des Gendarmes de son A R, Gaston , Duc d'Orleans , et ensuite Gouverneur de feu M.le Comte
de Vermandois. Il servoit depuis plus de 50 ans,
et s'étoit acquis la réputation d'un des meilleurs
Officiers et des plus honnêtes hommes qu'il y eut
dans les Troupes.
&
Jean- Baptiste de la Bastie , Comte de Vercel,
Maréchal des Camps et Armées du Roy, et ieutenant des Gardes du Corps de S. M. mourut à
Paris le 12 Janvier , âgé d'environ 68 ans. Il
avoit remis au Roy depuis quelque temps le Gouvernement de Dole , que S. M. a donné à son
fils .
S
le 15 , Armand Louis le Boulanger Chevalier ,
Conseiller au Parlement, mourut àgé de 26 ans.
Le 17 , M. André Maily du Breuil , Rece- veur General des Finances , de la Généralité de
Tours , mourut dans la 69 année de son âge.
Le 22 Janv. est décédée dans l'Abbaye de Farmoutiers,en Brie, Elizabeth - Françoise deBourgongne, DamedeMautour,âgée de 81 ans et un mois,
veuve de Mre Charles d'Hervilly , Seigneur de
Devize , Lieutenant de Roy des Vilie et Châ- teau de Ham. Elle étoit soeur aînée de Dame
Jeanne-Françoise de Bourgongne, dont la famille
est rapportée à l'occasion de sa mort , dans le
Mercure de Juin de l'année derniere. Elle avoit
épousé M. Moreau de Mautour qui est l'ancien
des Conseillers Auditeurs de la Chambre des
Comptes
198 MERCURE DE FRANCE
-
Comptes , et Pensionaire de l'Academie Royale des Inscriptions et Belles Lettres. La Dame
d'Hervilly a laissé pour seuls heritiers deux Neveux , l'Abbé de Mautour et le Chevalier de Mautour , Capitaine dans le Régiment de Toulouze.
Florent , Comte du Chatelet et de Lomont.→
Lieutenant General des Armées du Roy , Grand
Croix de l'Ordre Royal et Militaire de S. Louis ,
cy-devant Commandant au Gouvernement de
Dunkerque, mourut à Sémur , en Auxois , le 26
Janvier 1732 , âgé de 81 ans.
Il avoit épousé Charlotte du Châtelet sa cousine , et laisse de ce Mariage , Florent , Márquis
du Châtelet, Gouverneur de Sémur, Grand Bailly
d'Auxois , et Colonel du Regiment d'Haynault ,
qui a épousé en 1725 , Emelie de Breteuil , fille
de Louis-Nicolas, Baron de Breteuil et de Preuilly , &c. François du Châtelet , Chevalier de Malthe , second Cornette des Chevaux Legers de
Bretagne , Magdelaine - Suzanne du Châtelet ,
mariée en 1731 au Marquis de Roussillon , et
Florence du Châtelet , épouse du Comte de la
Beaume Montrevel , Mestre de Camp de Cavalerie, et Brigadier des Armées du Roy.
E 24 Decembre , M. Paul Edouard Duchaufour , Ecuyer, Conseiller , Secretaire du Roy,
mourut à Paris ; âgé d'environ 66 ans.
M. Nicolas Dupré de Saint- Maur, Chevalier
Conseiller du Roy , Correcteur ordinaire en la
Chambre des Comptes , décédé le 2 Janvier ,
âgé de 90 ans passés.
Dame Anne Louise de Chalucet , veuve de M.
Nicolas de Lamoignon de Basville , Conseiller
d'Etat ordinaire , mourut à Paris le 4 Janvier
âgée d'environ 87 ans.
Le 7 , M. Claude-Louis Lombard Chevalier ,
Vicomte d'Ermenonville. Seigneur de Valescourt,
&c. Gentilhomme ordinaire de la Chambre du
Roy , mourut âgé de 68 ans.
Dame Françoise Nicole Dugné , veuve de M. Antoine de la Chaise Daix, Chevalier Marquis de la Chaise , Capitaine des Gardes de là Porte , décédée le 7 Janvier , âgée de 5 ans,
Joachim Gédoyn , Lieutenant Colonel du Ré→
giment d'Etampes , cy-devant Chartres , Cheva-.
lier de l'Ordre Militaire de S. Louis , Major de
Soissons , et l'un des Gentilshommes Ordinaires de S. A. S. Monseigneur le Duc d'Orleans ,
premier Prince du Sang , est mort à Paris , le 10
Janv.
JANVIER. 1737. -197
1
J
Janvier , âgé de 64 ans. Il étoit fils de N. Gédoyn , Chevalier , Seigneur de Pernan et d'Autréche , Capitaine dans le Régiment du Roy, tué
à la prise de Landrecy , et de Françoise de Gonnelieu ; et petit neveu de Philippe Gédoyn, Chevalier , Seigneur de Bellan , de Pully et autres
lieux , Maréchal des Camps et Armées du Roy,
Gouverneur de Baugenci , Capitaine - Lieutenant
des Gendarmes de son A R, Gaston , Duc d'Orleans , et ensuite Gouverneur de feu M.le Comte
de Vermandois. Il servoit depuis plus de 50 ans,
et s'étoit acquis la réputation d'un des meilleurs
Officiers et des plus honnêtes hommes qu'il y eut
dans les Troupes.
&
Jean- Baptiste de la Bastie , Comte de Vercel,
Maréchal des Camps et Armées du Roy, et ieutenant des Gardes du Corps de S. M. mourut à
Paris le 12 Janvier , âgé d'environ 68 ans. Il
avoit remis au Roy depuis quelque temps le Gouvernement de Dole , que S. M. a donné à son
fils .
S
le 15 , Armand Louis le Boulanger Chevalier ,
Conseiller au Parlement, mourut àgé de 26 ans.
Le 17 , M. André Maily du Breuil , Rece- veur General des Finances , de la Généralité de
Tours , mourut dans la 69 année de son âge.
Le 22 Janv. est décédée dans l'Abbaye de Farmoutiers,en Brie, Elizabeth - Françoise deBourgongne, DamedeMautour,âgée de 81 ans et un mois,
veuve de Mre Charles d'Hervilly , Seigneur de
Devize , Lieutenant de Roy des Vilie et Châ- teau de Ham. Elle étoit soeur aînée de Dame
Jeanne-Françoise de Bourgongne, dont la famille
est rapportée à l'occasion de sa mort , dans le
Mercure de Juin de l'année derniere. Elle avoit
épousé M. Moreau de Mautour qui est l'ancien
des Conseillers Auditeurs de la Chambre des
Comptes
198 MERCURE DE FRANCE
-
Comptes , et Pensionaire de l'Academie Royale des Inscriptions et Belles Lettres. La Dame
d'Hervilly a laissé pour seuls heritiers deux Neveux , l'Abbé de Mautour et le Chevalier de Mautour , Capitaine dans le Régiment de Toulouze.
Florent , Comte du Chatelet et de Lomont.→
Lieutenant General des Armées du Roy , Grand
Croix de l'Ordre Royal et Militaire de S. Louis ,
cy-devant Commandant au Gouvernement de
Dunkerque, mourut à Sémur , en Auxois , le 26
Janvier 1732 , âgé de 81 ans.
Il avoit épousé Charlotte du Châtelet sa cousine , et laisse de ce Mariage , Florent , Márquis
du Châtelet, Gouverneur de Sémur, Grand Bailly
d'Auxois , et Colonel du Regiment d'Haynault ,
qui a épousé en 1725 , Emelie de Breteuil , fille
de Louis-Nicolas, Baron de Breteuil et de Preuilly , &c. François du Châtelet , Chevalier de Malthe , second Cornette des Chevaux Legers de
Bretagne , Magdelaine - Suzanne du Châtelet ,
mariée en 1731 au Marquis de Roussillon , et
Florence du Châtelet , épouse du Comte de la
Beaume Montrevel , Mestre de Camp de Cavalerie, et Brigadier des Armées du Roy.
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Résumé : MORTS.
Entre décembre 1736 et janvier 1737, plusieurs personnalités notables sont décédées. Le 24 décembre, Paul Édouard Duchauffour, écuyer, conseiller et secrétaire du roi, est mort à Paris à environ 66 ans. Le 2 janvier, Nicolas Dupré de Saint-Maur, chevalier et conseiller du roi, correcteur à la Chambre des Comptes, est décédé à 90 ans. Le 4 janvier, Anne Louise de Chalucet, veuve de Nicolas de Lamoignon de Basville, conseiller d'État, est morte à Paris à environ 87 ans. Le 7 janvier, Claude-Louis Lombard, vicomte d'Ermenonville, gentilhomme de la Chambre du roi, et Françoise Nicole Dugné, veuve du marquis de la Chaise, sont décédés respectivement à 68 et 55 ans. Le 10 janvier, Joachim Gédoyn, lieutenant-colonel et gentilhomme du duc d'Orléans, est mort à Paris à 64 ans. Le 12 janvier, Jean-Baptiste de la Bastie, comte de Vercel et maréchal des camps du roi, est décédé à Paris à environ 68 ans. Le 15 janvier, Armand Louis le Boulanger, chevalier et conseiller au Parlement, est mort à 26 ans. Le 17 janvier, André Maily du Breuil, receveur général des finances de Tours, est décédé à 69 ans. Le 22 janvier, Élisabeth-Françoise de Bourgogne, dame de Mautour, est morte à l'abbaye de Faremoutiers à 81 ans et un mois. Le 26 janvier 1732, Florent, comte du Châtelet et lieutenant général des armées du roi, est décédé à Sémur à 81 ans.
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5996
s. p.
TABLE.
Début :
Catalogue des Mercures, depuis 1721. Privilege du Roy. Avertissement. Liste [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
Catalogue Privilege des du Roy Mercures .
, depuis 172 1
Avertissement.
Liste des Libraires qui vendent le Mercure.
PIECES FUGITIVES. Ode au Duc de S. Aignan, I
Lettre, sur une Médaille antique ,. La Saint André , Ode ,
8
17
Lettre , sur sainte Cecile ; Patrone des Musi- ciens ,
21
La Tranquilité , Ode , 46 Discours sur l'obligation où sont les femmes de
nourrir leurs enfans ,
Cantate ,
Mort de M. de la Mothe , &c.
1962
Vers à Madamoiselle Malcrais de la Vigne , 75
Lettre Apologétique , à la même,
Ode sacrée,
Réfléxions sur la Bizarrerie de differens
ibid.
81
usa- ges , &c.
88
Enigme , Logogryphes , 99.
Nouvelles Litteraires , 102
L'art de se garantir du froid , &c. 103 Mémoires de Mad. de Barneveldt , &C, 106 Cours des Sciences , &c. 107 Reflexions sur differens sujets , &c. 112
Bibliotheque Italique , &c. 116
Jettons frappez au premier jour de l'an 1732 .
gravez en taille douce , avec les explications 131
Prix proposé par l'Académie de Chirurgie, &c. 135
Estampe nouvelle , Portrait de Mile Dangeville ,
137
139 Chanson notée ,
SPECTACLES , Callirhoé , Opera , Extrait , 140
Nouvelles Etrangeres , de Turquie et Perse , 151
De Russie , Déclaration de la Czarine, pour son
Successeur au Trône ,
De Suéde , d'Allemagne , d'Italie ,
Arrivée de Don Carlos en Italie ,
Arc de Triomphe , en son honneur
152
153
117
59
D'Espagne , d'Angleterre , 164
Discours du Roy au Parlement , &c. 165
Morts et Naissances , 169
France , nouvelles , &c. 170
Mariage du Prince de Conti , 174
-Lettre sur l'arrivée et le départ de D. Carlos en Provence 182
Assemblée de la Noblesse de Provence à ce sujet ?
et l'Arangue , &c.
Morts , Naissances , & c.
194
198
Catalogue Privilege des du Roy Mercures .
, depuis 172 1
Avertissement.
Liste des Libraires qui vendent le Mercure.
PIECES FUGITIVES. Ode au Duc de S. Aignan, I
Lettre, sur une Médaille antique ,. La Saint André , Ode ,
8
17
Lettre , sur sainte Cecile ; Patrone des Musi- ciens ,
21
La Tranquilité , Ode , 46 Discours sur l'obligation où sont les femmes de
nourrir leurs enfans ,
Cantate ,
Mort de M. de la Mothe , &c.
1962
Vers à Madamoiselle Malcrais de la Vigne , 75
Lettre Apologétique , à la même,
Ode sacrée,
Réfléxions sur la Bizarrerie de differens
ibid.
81
usa- ges , &c.
88
Enigme , Logogryphes , 99.
Nouvelles Litteraires , 102
L'art de se garantir du froid , &c. 103 Mémoires de Mad. de Barneveldt , &C, 106 Cours des Sciences , &c. 107 Reflexions sur differens sujets , &c. 112
Bibliotheque Italique , &c. 116
Jettons frappez au premier jour de l'an 1732 .
gravez en taille douce , avec les explications 131
Prix proposé par l'Académie de Chirurgie, &c. 135
Estampe nouvelle , Portrait de Mile Dangeville ,
137
139 Chanson notée ,
SPECTACLES , Callirhoé , Opera , Extrait , 140
Nouvelles Etrangeres , de Turquie et Perse , 151
De Russie , Déclaration de la Czarine, pour son
Successeur au Trône ,
De Suéde , d'Allemagne , d'Italie ,
Arrivée de Don Carlos en Italie ,
Arc de Triomphe , en son honneur
152
153
117
59
D'Espagne , d'Angleterre , 164
Discours du Roy au Parlement , &c. 165
Morts et Naissances , 169
France , nouvelles , &c. 170
Mariage du Prince de Conti , 174
-Lettre sur l'arrivée et le départ de D. Carlos en Provence 182
Assemblée de la Noblesse de Provence à ce sujet ?
et l'Arangue , &c.
Morts , Naissances , & c.
194
198
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Résumé : TABLE.
Le document est un catalogue des privilèges royaux du Mercure, une publication périodique datée de 1721. Il commence par une liste des libraires vendant le Mercure, suivie d'une section intitulée 'Pièces fugitives' incluant divers poèmes, lettres et discours. Les œuvres mentionnées comprennent des odes, des lettres sur des sujets religieux et historiques, des réflexions variées, et des énigmes. Le catalogue inclut également des nouvelles littéraires, des mémoires, des cours de sciences, et des réflexions sur différents sujets. Une section est dédiée aux spectacles, notamment des opéras et des extraits de pièces. Les nouvelles étrangères couvrent des événements en Turquie, Perse, Russie, Suède, Allemagne, Italie, Espagne, et Angleterre. Le document mentionne aussi des discours royaux, des mariages, des naissances et des décès notables, ainsi que des événements politiques et sociaux en France et en Provence.
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5997
s. p.
Errata du second Volume de Decembre.
Début :
Page 2923. ligne 2. continue, lisez, continu. P. 2974. l. 1. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata du second Volume de Decembre.
Errata du second Volume de Decembre.
Age 2923. ligne 2. continue , lisex , continu.
P. 2974. 1. 1. verbus , 1. vertus.
P. 2995. 1. 7. par un manuscrit , l. tiré d'un
manuscrit.
P. 2989. l. 11. d'homme , l. d'un homme.
P. 3070. 1. 7. principe , l. Disciple.
P. 3079. 1. 20. Carcanonne , l. Ĉarcassonne.
Age 2923. ligne 2. continue , lisex , continu.
P. 2974. 1. 1. verbus , 1. vertus.
P. 2995. 1. 7. par un manuscrit , l. tiré d'un
manuscrit.
P. 2989. l. 11. d'homme , l. d'un homme.
P. 3070. 1. 7. principe , l. Disciple.
P. 3079. 1. 20. Carcanonne , l. Ĉarcassonne.
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5998
s. p.
« Les Jettons gravez, doivent regarder la page 131 L'Air noté, la page 137 [...] »
Début :
Les Jettons gravez, doivent regarder la page 131 L'Air noté, la page 137 [...]
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5999
s. p.
Errata du premier Volume de Decembre.
Début :
Page 2721. ligne 23. sidentem. lisez sideritem P. 2773. l. 19. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata du premier Volume de Decembre.
Errata du premier Volume de Decembre.
PAge 2721. ligne 23. sidentem , lisez sideritem 2773. 1. 19. Bourgeois , l . Bourgoin.
P. 2777.1 13. méchanique , l. mécanique.
PAge 2721. ligne 23. sidentem , lisez sideritem 2773. 1. 19. Bourgeois , l . Bourgoin.
P. 2777.1 13. méchanique , l. mécanique.
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6000
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 14. ligne 24. conservez, lisez consacrez. P. 6. L:21. paroissoit, [...]
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texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
lisez consacrez.
PAge 14.ligne 24.conservez P.62.1: 21.paroissoit, l, étoit, P.67. 1.11.1597 .
l. 1697. P.70. l. 2. du bas , de doute , 1. des doutes.P. 79. 1 3. En fit , l. en fut. Ibid.l. 12 encore,
1. encor. P. 113. 1. 18. est , ôtez ce mot. P. 124.
1. 20. Trévire , 1. Trévise. Ibid. 25. Ferme ;
1. Fermo. P. 131. 1 derniere , dent enlève , lisez dont on enleve. P 133. l. 2 du bas, 1731.l.
P 136. 1. 25.ct,. est P. 147. 1. 4. active , 7.vive
P. 19. 21. le , l. représentant le. Ibid. 1. 32
lisez consacrez.
PAge 14.ligne 24.conservez P.62.1: 21.paroissoit, l, étoit, P.67. 1.11.1597 .
l. 1697. P.70. l. 2. du bas , de doute , 1. des doutes.P. 79. 1 3. En fit , l. en fut. Ibid.l. 12 encore,
1. encor. P. 113. 1. 18. est , ôtez ce mot. P. 124.
1. 20. Trévire , 1. Trévise. Ibid. 25. Ferme ;
1. Fermo. P. 131. 1 derniere , dent enlève , lisez dont on enleve. P 133. l. 2 du bas, 1731.l.
P 136. 1. 25.ct,. est P. 147. 1. 4. active , 7.vive
P. 19. 21. le , l. représentant le. Ibid. 1. 32
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Résumé : Fautes à corriger dans ce Livre.
Le document liste des corrections pour un livre, spécifiées par page et ligne. Exemples : 'conservez' à la page 14, ligne 24, 'paroissoit' à la page 62, ligne 21. Il inclut des suppressions et des changements de noms, comme 'Trévire' en 'Trévise' à la page 124, ligne 20. Des corrections grammaticales et typographiques sont également mentionnées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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