Résultats : 1 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 105-113
SUITE des Observations d'une Société d'Amateurs. QUEL genre de décoration & quelle maniere d'illuminer conviennent dans une Eglise ?
Début :
CETTE question, que nous allons discuter, a été proposée à la Société à [...]
Mots clefs :
Ministres du Sanctuaire, Églises paroissiales, Illuminations, Fêtes profanes, Lustres, Lampadaires, Cierges, Arcade
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Observations d'une Société d'Amateurs. QUEL genre de décoration & quelle maniere d'illuminer conviennent dans une Eglise ?
ARTS AGRÉABLES.
SUITE des Obfervations d'une Société
d'Amateurs .
QUEL genre de décoration & quelle maniere
d'illuminer conviennent dans une
Eglife ?
CETTE ETTE question , que nous allons
difcuter a été propofée à la Société à
l'occafion de la folemnité de Noël.
,
Depuis plufieurs années , le zéle des
Miniftres du Sanctuaire , fecondé apparemment
par celui des Particuliers
qui adminiftrent les revenus de quelques
Eglifes Paroiffiales , a tellement
étendu la pompe des illuminations intérieures
, qu'elles font devenues , avec
les Orgues , l'objet de l'attention du
Public , dans la nuit de Noël.
Cette nuit , fi folemnelle pour les
Chrétiens , & dont beaucoup de Fidéles
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
,
paffent une partie dans les Temples ,
demande en effet une plus grande quantité
de lumières que ce qu'on en allume
pour la feule majeſté du culte.
Une forte de néceffité fe joint à la
convenance de l'éclat en cette occafion.
Il eft affez fimple que lorfqu'on a voulu
tourner cette néceffité en décoration
on fe foit fervi d'abord de quelques
Luftres de criftal. Ces premiers moyens
faciles à trouver ont dû paroître fans
conféquence pour une fplendeur momentanée
; d'autant que les commencemens
font toujours modeftes & fans
prétentions. On n'a peut-être pas fait attention
qu'en les multipliant progreffivement
dans les lieux faints
loignoit d'autant du genre propre à les
décorer. Nous ne prétendons par-là ,
ni cenfurer ni rendre fufpectes les intentions
de ceux qui auroient pu fe
laiffer aller à un excès de zéle , & dont
nous ne refpectons pas moins les motifs
& l'objet. On nous interroge fur
des convenances ; nous fommes obligés,
pour répondre , de confidérer , de chercher
les rapports ; nous déclarons ingénuement
que nous n'en trouvons aucun
, entre l'auftère idée de nos faints
Myftères , entre celle d'une Maifon de
on s'éJANVIER.
1763. 107
prieres , tels que font nos Temples , &
de vaftes Edifices transformés en falles
de fêtés profanes.
Lorfque nous croyons que , fans banir
la magnificence & l'éclat qui doivent
régner dans le Tabernacle du
Très-Haut , tout parlera à nos fens de
fon augufte Majefté ; notre vue , au
contraire diftraite & agitée par le
reflet petillant de tant de lumiéres
dans ces cristaux , emporte naturellement
notre efprit fort loin du feul
objet qui devroit le fixer. On ne devroit
pas être étonné , qu'à cet afpect
, le vulgaire ne tombât dans les
mêmes irrévérences & ne fe portât aux
mêmes excès qu'il fe permet quelquefois
dans les lieux auxquels on rend ſi femblable
celui qui ne doit jamais infpirer
qu'une profonde vénération .
Si l'on veut bien le remarquer , on
s'apperçoit de plus , que par cette quantité
de luftres brillans exhauffés en
plufieurs rangs , dans le milieu d'une
Eglife , le principal Autel eft pour ainfi
dire éteint & refte dans une obfcurité
de comparaifon , qui fait que les Miniftres
célébrans n'y font apperçus que
comme des ombres mobiles . Rien n'eft
donc plus contraire aux principes qui ,
E vi
108 MERCURE DE FRANCE.
en général , préfcrivent de rendre toujours
dominant & dans la plus grande
évidence , l'objet auquel doivent fe rapporter
tous les autres. Dans l'application
de ces principes à notre fujet ; qui ne
fentira pas que cet Autel , qu'on laiffe
ainfi dans les ténébres , eft cependant
le point d'où devroit émaner toute la
clarté répandue dans le refte du vaiffeau
comme d'un foyer dont les autres lumiéres
paruffent n'être que des productions
? Si l'on convient de la jufteffe de
cette idée >
fi le rapport avec l'efprit
de la chofe en eft fenfible , on doit
donc convenir que l'ufage dont nous
venons de parler & la maniere dont
on éclaire aujourd'hui quelques Eglifes ,
font des abus , peut-être à plufieurs
égards , mais principalement contre les
loix du goût raifonné , ce qu'il nous appartient
feulement de confidérer.
Pour réformer cet abus , il faudroit ,
dira-t-on , indiquer d'autres moyens que
ceux que l'on critique , puifqu'il eft
vrai que nous convenons de la néceffité
d'éclairer & de la bienféance à éclairer
pompeufement.
Tant de célébres Artiftes , dont les
talens & le génie font fpécialement dirigés
à l'ordonnance des décorations en
JANVIER. 1763. 109
tout genre , fourniront bien mieux que
nous ces fortes de . moyens. Nous tracerons
feulement & fans aucune prétention
, ce que nous avons entrevû d'abord
de poffibilité pour faire rapporter
l'éxécution à ces mêmes principes.
>
Si , par exemple , au lieu des Luftres
de criſtal enhauffés dans les milieux
en de çà des pilaftres , on plaçoit fous
chacune des arcades , qui féparent la
nef de fes bas-côtés , un très - beau Lampadaire
de quelque riche métal ou de
matiere qui le repréfentât , & que ce
Lampadaire portât plufieurs Godets de
lampes à divers étages , lefquels par la
force ou par le nombre des méches formaffent
des efpéces de Pots-à-feu ; ce
genre de meuble confacré , fi l'on peut
dire , dans tous les temps & dans tous
les Rits , ne feroit- il pas beaucoup plus
analogue dans nos Temples , que les
meubles mondains , dont nous reconnoiffons
l'ufage fi inconféquent? Si l'on
appliquoit fur les pilaftres, des girandoles
, foit de métal , foit de quelque
matiere bronzée ou dorée ; que ces girandoles
, pofées dans une moindre élévation
que ne font les luftres , por
taffent tant de branches que l'on voudroit
, pour éclairer les Fidéles dans
110 MERCURE DE FRANCE.
,
leurs lectures plutôt que les voûtes de
l'Eglife , où la grande lumière étant inutile
, ne peut avoir qu'un vain faſte
pour objet ! penfe -t- on que cette diftribution
formât un effet moins auguſte
aux yeux , & n'eût pas davantage le
prétexte légitime d'une pieufe commo.
dité pour les affiftans ? Rien n'intercepteroit
plus la vue du principal objet ,
qui eft l'Autel ; mais au contraire ces
girandoles ou buiffons de lumières ,
par leur pofition fubordonnée aux pointes
des cierges de l'Autel , y conduiroient
les yeux par degrés inférieurs , &
ne difputeroient point d'effet. On propoferoit
encore de charger ( dans cette
occafion feulement ou de femblables )
le principal Autel des plus hauts & des
plus forts cierges par gradins , entre lefquels
on pourroit en mêler d'inférieurs ,
de telle forte que la maffe de cette lumière
fût prédominante fur toute autre.
Pour étendre davantage cette maffe
on garniroit de lumières dans toutes
leurs hauteurs , les deux pilaftres joignant
& renfermant l'Autel , jufqu'à
l'impofte de l'arcade , fous lequel il fe
trouveroit placé. A la clef de cette même
arcade on chercheroit le moyen d'appliquer
un très -fort groupe de lumières ,
و
JANVIER. 1763 . III
lefquelles on tâcheroit de continuer , en
dégradant jufqu'à l'impofte , qu'elles reviendroient
joindre. Ce que nous venons
de propofer ne pouvant avoir lieu
que dans les Eglifes dont l'architecture
favoriferoit cette difpofition , on trouvera
facilement dans les autres les
moyens d'y adapter d'autres diftribu-.
tions relatives à nos principes.
Il eſt encore à obferver que felon ces
mêmes principes , dans les Eglifes où il
fe trouveroit au- delà du choeur des
Chapelles ou autres lieux en perfpective
, ils doivent être frappés d'une
grande lumière , qui en faffe appercevoir
l'éclat ; mais que cette lumière , ou
plutôt fes cauſes , ne doivent point être
perceptibles du point milieu du vaiffeau
; en forte que ce foit l'éclat répandu
fur ces lieux qui forme le point de
yue , & non les bougies , cierges ou
autres lumières , dont l'effet feuldoit être
fénfible, mais non pas
les corps
corps lumineux.
La raifon de ceci eft naturellement déduit
de l'axiome inconteftable , répété
dans toutes nos obfervations fur les
Eglifes à l'égard de la prédominance
indifpenfable de l'Autel , axiome qui
n'en eft pas moins certain , quoique
chaque jour on s'en écarte de plus en
•
112 MERCURE DE FRANCE .
plus , & en faveur duquel nous ne cefferons
d'exciter le goût du Public , juſqu'à
ce que ceux qui devroient le maintenir
ceffent de le violer. Nous avons
déja fait voir l'abſurdité qu'il y auroit à
ne faire qu'un paffage à la vue de l'Autel
augufte , où fe célebre le plus faint
des Sacrifices (a). Ainfi les lumiéres apparentes
étant en cette occafion ce qui
marque davantage il s'enfuit que le
Maître-Autel , & ce qui l'environne
doivent être le plus chargés de ces lumières
, & qu'on ne doit en voir aucune
par-delà , afin que ce point termine le
fpectacle de la pompe.
que
,
Nous croyons convenable de nous
expliquer fur certaines Eglifes , telles
celles des Couvents & autres con- .
fidérées , comme Chapelles ou oratoires
domeftiques . Leur peu d'étendue , la
nature , pour ainfi dire , de leur conftitution
, & celle de leur deſtination , les
difpenfent fans doute des régles que
nous venons , non pas d'établir , n'en
ayant nul droit , mais feulement de développer
& de rappeller aux efprits conféquens
, à l'égard des Eglifes Cathé-
(a ) Voyez les obfervations des Amateurs dans
les années 1760 & 1761 de l'Obfervateur Litséraire.
I
JANVIER. 1763 . 113
drales ou Paroiffiales , qui feules doivent
être regardées comme Temples
publics.
SUITE des Obfervations d'une Société
d'Amateurs .
QUEL genre de décoration & quelle maniere
d'illuminer conviennent dans une
Eglife ?
CETTE ETTE question , que nous allons
difcuter a été propofée à la Société à
l'occafion de la folemnité de Noël.
,
Depuis plufieurs années , le zéle des
Miniftres du Sanctuaire , fecondé apparemment
par celui des Particuliers
qui adminiftrent les revenus de quelques
Eglifes Paroiffiales , a tellement
étendu la pompe des illuminations intérieures
, qu'elles font devenues , avec
les Orgues , l'objet de l'attention du
Public , dans la nuit de Noël.
Cette nuit , fi folemnelle pour les
Chrétiens , & dont beaucoup de Fidéles
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
,
paffent une partie dans les Temples ,
demande en effet une plus grande quantité
de lumières que ce qu'on en allume
pour la feule majeſté du culte.
Une forte de néceffité fe joint à la
convenance de l'éclat en cette occafion.
Il eft affez fimple que lorfqu'on a voulu
tourner cette néceffité en décoration
on fe foit fervi d'abord de quelques
Luftres de criftal. Ces premiers moyens
faciles à trouver ont dû paroître fans
conféquence pour une fplendeur momentanée
; d'autant que les commencemens
font toujours modeftes & fans
prétentions. On n'a peut-être pas fait attention
qu'en les multipliant progreffivement
dans les lieux faints
loignoit d'autant du genre propre à les
décorer. Nous ne prétendons par-là ,
ni cenfurer ni rendre fufpectes les intentions
de ceux qui auroient pu fe
laiffer aller à un excès de zéle , & dont
nous ne refpectons pas moins les motifs
& l'objet. On nous interroge fur
des convenances ; nous fommes obligés,
pour répondre , de confidérer , de chercher
les rapports ; nous déclarons ingénuement
que nous n'en trouvons aucun
, entre l'auftère idée de nos faints
Myftères , entre celle d'une Maifon de
on s'éJANVIER.
1763. 107
prieres , tels que font nos Temples , &
de vaftes Edifices transformés en falles
de fêtés profanes.
Lorfque nous croyons que , fans banir
la magnificence & l'éclat qui doivent
régner dans le Tabernacle du
Très-Haut , tout parlera à nos fens de
fon augufte Majefté ; notre vue , au
contraire diftraite & agitée par le
reflet petillant de tant de lumiéres
dans ces cristaux , emporte naturellement
notre efprit fort loin du feul
objet qui devroit le fixer. On ne devroit
pas être étonné , qu'à cet afpect
, le vulgaire ne tombât dans les
mêmes irrévérences & ne fe portât aux
mêmes excès qu'il fe permet quelquefois
dans les lieux auxquels on rend ſi femblable
celui qui ne doit jamais infpirer
qu'une profonde vénération .
Si l'on veut bien le remarquer , on
s'apperçoit de plus , que par cette quantité
de luftres brillans exhauffés en
plufieurs rangs , dans le milieu d'une
Eglife , le principal Autel eft pour ainfi
dire éteint & refte dans une obfcurité
de comparaifon , qui fait que les Miniftres
célébrans n'y font apperçus que
comme des ombres mobiles . Rien n'eft
donc plus contraire aux principes qui ,
E vi
108 MERCURE DE FRANCE.
en général , préfcrivent de rendre toujours
dominant & dans la plus grande
évidence , l'objet auquel doivent fe rapporter
tous les autres. Dans l'application
de ces principes à notre fujet ; qui ne
fentira pas que cet Autel , qu'on laiffe
ainfi dans les ténébres , eft cependant
le point d'où devroit émaner toute la
clarté répandue dans le refte du vaiffeau
comme d'un foyer dont les autres lumiéres
paruffent n'être que des productions
? Si l'on convient de la jufteffe de
cette idée >
fi le rapport avec l'efprit
de la chofe en eft fenfible , on doit
donc convenir que l'ufage dont nous
venons de parler & la maniere dont
on éclaire aujourd'hui quelques Eglifes ,
font des abus , peut-être à plufieurs
égards , mais principalement contre les
loix du goût raifonné , ce qu'il nous appartient
feulement de confidérer.
Pour réformer cet abus , il faudroit ,
dira-t-on , indiquer d'autres moyens que
ceux que l'on critique , puifqu'il eft
vrai que nous convenons de la néceffité
d'éclairer & de la bienféance à éclairer
pompeufement.
Tant de célébres Artiftes , dont les
talens & le génie font fpécialement dirigés
à l'ordonnance des décorations en
JANVIER. 1763. 109
tout genre , fourniront bien mieux que
nous ces fortes de . moyens. Nous tracerons
feulement & fans aucune prétention
, ce que nous avons entrevû d'abord
de poffibilité pour faire rapporter
l'éxécution à ces mêmes principes.
>
Si , par exemple , au lieu des Luftres
de criſtal enhauffés dans les milieux
en de çà des pilaftres , on plaçoit fous
chacune des arcades , qui féparent la
nef de fes bas-côtés , un très - beau Lampadaire
de quelque riche métal ou de
matiere qui le repréfentât , & que ce
Lampadaire portât plufieurs Godets de
lampes à divers étages , lefquels par la
force ou par le nombre des méches formaffent
des efpéces de Pots-à-feu ; ce
genre de meuble confacré , fi l'on peut
dire , dans tous les temps & dans tous
les Rits , ne feroit- il pas beaucoup plus
analogue dans nos Temples , que les
meubles mondains , dont nous reconnoiffons
l'ufage fi inconféquent? Si l'on
appliquoit fur les pilaftres, des girandoles
, foit de métal , foit de quelque
matiere bronzée ou dorée ; que ces girandoles
, pofées dans une moindre élévation
que ne font les luftres , por
taffent tant de branches que l'on voudroit
, pour éclairer les Fidéles dans
110 MERCURE DE FRANCE.
,
leurs lectures plutôt que les voûtes de
l'Eglife , où la grande lumière étant inutile
, ne peut avoir qu'un vain faſte
pour objet ! penfe -t- on que cette diftribution
formât un effet moins auguſte
aux yeux , & n'eût pas davantage le
prétexte légitime d'une pieufe commo.
dité pour les affiftans ? Rien n'intercepteroit
plus la vue du principal objet ,
qui eft l'Autel ; mais au contraire ces
girandoles ou buiffons de lumières ,
par leur pofition fubordonnée aux pointes
des cierges de l'Autel , y conduiroient
les yeux par degrés inférieurs , &
ne difputeroient point d'effet. On propoferoit
encore de charger ( dans cette
occafion feulement ou de femblables )
le principal Autel des plus hauts & des
plus forts cierges par gradins , entre lefquels
on pourroit en mêler d'inférieurs ,
de telle forte que la maffe de cette lumière
fût prédominante fur toute autre.
Pour étendre davantage cette maffe
on garniroit de lumières dans toutes
leurs hauteurs , les deux pilaftres joignant
& renfermant l'Autel , jufqu'à
l'impofte de l'arcade , fous lequel il fe
trouveroit placé. A la clef de cette même
arcade on chercheroit le moyen d'appliquer
un très -fort groupe de lumières ,
و
JANVIER. 1763 . III
lefquelles on tâcheroit de continuer , en
dégradant jufqu'à l'impofte , qu'elles reviendroient
joindre. Ce que nous venons
de propofer ne pouvant avoir lieu
que dans les Eglifes dont l'architecture
favoriferoit cette difpofition , on trouvera
facilement dans les autres les
moyens d'y adapter d'autres diftribu-.
tions relatives à nos principes.
Il eſt encore à obferver que felon ces
mêmes principes , dans les Eglifes où il
fe trouveroit au- delà du choeur des
Chapelles ou autres lieux en perfpective
, ils doivent être frappés d'une
grande lumière , qui en faffe appercevoir
l'éclat ; mais que cette lumière , ou
plutôt fes cauſes , ne doivent point être
perceptibles du point milieu du vaiffeau
; en forte que ce foit l'éclat répandu
fur ces lieux qui forme le point de
yue , & non les bougies , cierges ou
autres lumières , dont l'effet feuldoit être
fénfible, mais non pas
les corps
corps lumineux.
La raifon de ceci eft naturellement déduit
de l'axiome inconteftable , répété
dans toutes nos obfervations fur les
Eglifes à l'égard de la prédominance
indifpenfable de l'Autel , axiome qui
n'en eft pas moins certain , quoique
chaque jour on s'en écarte de plus en
•
112 MERCURE DE FRANCE .
plus , & en faveur duquel nous ne cefferons
d'exciter le goût du Public , juſqu'à
ce que ceux qui devroient le maintenir
ceffent de le violer. Nous avons
déja fait voir l'abſurdité qu'il y auroit à
ne faire qu'un paffage à la vue de l'Autel
augufte , où fe célebre le plus faint
des Sacrifices (a). Ainfi les lumiéres apparentes
étant en cette occafion ce qui
marque davantage il s'enfuit que le
Maître-Autel , & ce qui l'environne
doivent être le plus chargés de ces lumières
, & qu'on ne doit en voir aucune
par-delà , afin que ce point termine le
fpectacle de la pompe.
que
,
Nous croyons convenable de nous
expliquer fur certaines Eglifes , telles
celles des Couvents & autres con- .
fidérées , comme Chapelles ou oratoires
domeftiques . Leur peu d'étendue , la
nature , pour ainfi dire , de leur conftitution
, & celle de leur deſtination , les
difpenfent fans doute des régles que
nous venons , non pas d'établir , n'en
ayant nul droit , mais feulement de développer
& de rappeller aux efprits conféquens
, à l'égard des Eglifes Cathé-
(a ) Voyez les obfervations des Amateurs dans
les années 1760 & 1761 de l'Obfervateur Litséraire.
I
JANVIER. 1763 . 113
drales ou Paroiffiales , qui feules doivent
être regardées comme Temples
publics.
Fermer
Résumé : SUITE des Observations d'une Société d'Amateurs. QUEL genre de décoration & quelle maniere d'illuminer conviennent dans une Eglise ?
Le texte traite de la décoration et de l'illumination appropriées dans une église, en particulier lors de la nuit de Noël. Depuis plusieurs années, les ministres du sanctuaire et les administrateurs des revenus des églises paroissiales ont intensifié les illuminations intérieures, rendant les lustres et les orgues des éléments notables pour le public. La nuit de Noël, étant solennelle pour les chrétiens, nécessite une plus grande quantité de lumières que celles allumées pour la majesté du culte. Cependant, cette nécessité a conduit à une surabondance de lustres en cristal, faciles à obtenir mais inappropriés pour la décoration des lieux saints. Ces lustres, multipliés progressivement, éloignent de l'idée austère des mystères saints et transforment les églises en salles de fêtes profanes. L'éclat des lumières distrait l'esprit et peut entraîner des irrévérences. De plus, la quantité de lustres brillants dans le milieu de l'église éclaire l'autel principal de manière insuffisante, le rendant presque invisible. Cela contredit les principes qui exigent que l'autel soit dominant et évident. Pour réformer cet abus, le texte propose de remplacer les lustres par des lampadaires et des girandoles placés sous les arcades et sur les piliers, afin de diriger la vue vers l'autel. L'autel principal devrait être le point central de la lumière, avec des cierges de différentes hauteurs. Les chapelles et autres lieux en perspective doivent également être éclairés de manière à ce que leur éclat soit visible sans que les sources de lumière soient perceptibles depuis le milieu de la nef. Le texte conclut en rappelant que les petites églises, comme celles des couvents ou des oratoires domestiques, sont dispensées de ces règles, car elles ne sont pas des temples publics.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer