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Détail
Liste
11901
p. 164-165
MANUFACTURES.
Début :
L'ON avertit le Public qu'il se vend tant a Paris, que dans les Provinces, des [...]
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texteReconnaissance textuelle : MANUFACTURES.
MANUFACTURES.
L'ON avertit le Public qu'il se vend
tant a Paris, que dans les Provinces, des
Toiles rt intes ſous le nom de la Manu
Jacture d'Orange, qui n'en ſont pas ; &
que la véritable façon de connoître cel
M A I. 1764.
165
les qui ſont peintes & imprimées à Oran
ge,& de convaincre les débitans de mau
vaiſe foi qui trompent tous les jours les
perſonnes qui achetent de ces étoffes ,
eſt de ſe faire répréſenter les chefs des
Pièces qui ſont toutes marquées en tête
& en queue : Manufaéture de J. R.
Wetter, & ſa Compagnie à Orange & de
rejetter toutes celles qui ne le ſeront
pas, ou dont la marque paroîtroit avoir
été ajoutée après coup.
L'on avertit auſſi le Public , que le
Magazin général de cette Manufacture,
qui ſe tient toujours à l'Hôtel de Jaback,
rue neuve S. Médéric , eſt continuelle
ment aſſorti en toutes ſortes de Toiles
peintes tant pour Meubles, Robbes,
Deuils & autres ; Toiles pour habits
d'Hommes en deſſeins de luſtrine, Veſ
tes à bordures, Mouchoirs ; & qu'il ne
ſe vend que des Toiles en ladite Manu
facture.
L'ON avertit le Public qu'il se vend
tant a Paris, que dans les Provinces, des
Toiles rt intes ſous le nom de la Manu
Jacture d'Orange, qui n'en ſont pas ; &
que la véritable façon de connoître cel
M A I. 1764.
165
les qui ſont peintes & imprimées à Oran
ge,& de convaincre les débitans de mau
vaiſe foi qui trompent tous les jours les
perſonnes qui achetent de ces étoffes ,
eſt de ſe faire répréſenter les chefs des
Pièces qui ſont toutes marquées en tête
& en queue : Manufaéture de J. R.
Wetter, & ſa Compagnie à Orange & de
rejetter toutes celles qui ne le ſeront
pas, ou dont la marque paroîtroit avoir
été ajoutée après coup.
L'on avertit auſſi le Public , que le
Magazin général de cette Manufacture,
qui ſe tient toujours à l'Hôtel de Jaback,
rue neuve S. Médéric , eſt continuelle
ment aſſorti en toutes ſortes de Toiles
peintes tant pour Meubles, Robbes,
Deuils & autres ; Toiles pour habits
d'Hommes en deſſeins de luſtrine, Veſ
tes à bordures, Mouchoirs ; & qu'il ne
ſe vend que des Toiles en ladite Manu
facture.
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11902
p. 1192-1198
MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
Début :
Le 11. Avril, Pierre Jardin, Laboureur de Rachecourt, sur Marne, Élection [...]
Mots clefs :
Laboureur, Comte, Colonel, Écuyer, Extinction
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
L
et Mariages..
E LI. Avril , Pierre Jardin , Laboureur
de Rachecourt , sur Marne , Election
de Joinville , y mourut âgé de cent
ans accomplis .
Dame Marie -Anne d'Espinay de S. Luc,
Epouse de François Marquis de Rochechouart,
décedée le 24. Avril,âgée de 58 .
ans.
Jean Baptiste , Comte de Montesson
Lieutenant General des Armées du Roi ,
Gouverneur de S. Quentin , cy- devant
premier Lieutenant des Gardes du Corps ,
mourut à Paris , le 25. d'Avril , âgé de
85. ans.
Louis - François de la Beaune le Blanc
de la Valliere , Comte de la Valliere , Colonel
du Régiment de Vivarais , fils de
Charles François de la Baume le Blanc de
la Valliere , Duc de la Valliere , Pair de
France, Gouverneur pour le Roi et Grand-
Sénechal de la Province de Bourbonnois ,
Lieutenant General des Armées de S. M.
cy-devant Mestre de Camp General de sa
Cavalerie Legere de France , et Menin de
MesMAY.
r193 1731.
Messeigneurs les Dauphins , fils et petitfils
de Louis XIV. et de Dame Marie-
Therese de Noailles , Duchesse de la Valliere
, Dame du Palais de Madame la Dauphine
, Marie-Adelaide de Savoye , decedé
garçon le 30. Avril , âgé de 21. ans ,
5. mois , 25. jours , étant né le s . Octobre
170 ) .
M. François de la Beuvine , Ecuyer ,
Maréchal des Logis de feu Monsieur
Frere unique du Roi , dicédé le 3. May,
âgé de 88. ans .
M. Ambroise Ferrand , Doyen du Parlement
, mourut à Paris le 3. de ce mois,
dans la 83 ° année de son âge. M. Nau
Conseiller de la cinquième Chambre , à
present de la Grand'Chambre , est aujour
d'hui Doyen du Parlement.
Dame Marie Hyacinte de Levi , Abbesser
de l'Abbaye de N. Dame de Nevers , soeur
du Duc de Levi , mourut le 4. âgée de
44. ans.
M. Etienne Aymon , Ecuyer , Porte-
Manteau du Roy , mourut à Versailles ?
où il servoit son Quartier , le 5. de ce
mois , âgé d'environ 73. ans , generale
ment regretté.
99
Le 9. de ce mois , mourut à l'âge de
48. ans , Dame Louise de Louvecourt
veuve de M. Georges Danes , Maître des
Ivi Com
vj
1194 MERCURE DE FRANCE
Comptes ; elle étoit connue par ses bonnes
oeuvres et par ses grandes aumônes.
Son Mari étoit arriere petit- neveu de
Pierre Danes , Evêque de Lavaur , Ambassadeur
de François I. au Concile de
Trente , Précepteur et Confesseur de
François second , qui s'est rendu celebre
par la répartie vive qu'il fit dans le même
Concile : Utinam ad galli cantum , & c.
Palavicin , dans l'Histoire de ce Concile ,
avoue qu'elle servit comme d'un aiguillon
pour déterminer les Peres du Concile
à travailler sérieusement pour la réfor
mation de la Discipline . On a oüi dire
à Maurice le Tellier , Archevêque de
Rheims , qu'il auroit mieux aimé faire
cette réponse dans le Concile de Trente
que d'être Cardinal.
Jacques Danes , de la même Famille ,
en premier lieu Président de la Cham
bre des Comptes , et Intendant en Languedoc
, puis Evêque de Toulon , Maître
de l'Oratoire du Roi , Conseiller d'Etat
ordinaire , mourut en 1662, en odeur de
sainteté , que l'on prétend avoir été manifestée
par des miracles avérez.
Quoique le nom de cette Famille se
prononce comme ayant un E ouvert , cependant
il s'écrit sans aucun accent , selon
l'ancien usage suivi par les Sçavans , an
ciens.
MA Y. 1731. 1195
ciens et modernes , qui ont parlé de l'Evêque
de Lavaur , lesquels ne sont pas en
petit nombre , c'est l'usage constant dans
la Famille de ce Prélat , à quoi l'on a crâ
devoir se conformer.
Jean Marquis Dacigné , issu des Comtes
de Rennes , qui étoient Cadets des.
Souverains de Bretagne , est mort à Rennes
le 12. May , d'une révolution de
Goutte. Il étoit le dernier de cette ancienne
et illustre Maison : dans sa Branche
on a porté le nom de Marquis de
Carnavalet , jusqu'à l'extinction de la
Branche aînés , dont l'héritiere avoit
épousé feu M. le Duc de Richelieu. Elle
étoit mere de M. le Duc de Richelieu
d'aujourd'hui . Le Marquis d'Acigné avoit
été marié trois fois ; en premieres Nôces
avec l'heritiere de la Maison de la Menseliere
Coëtquin dont il n'a pas eu
d'enfans ; en secondes Nôces , avec la fille
unique du Comte de Langle , et de sa
premiere femme , soeur du Marquis de
Goëtanfão , morte en couche ; et en troisiemes
Nôces , une des filles du Président
de Rochefort , dont il reste une fille unique
, âgée d'environ onze ans.
"
Henry - François de Paule le Febvre
d'Armesson , Conseiller du Roi en sa
Cour de Parlement , décédé le 14. Mars ,
âgé de 24. ans.
F96 MERCURE DE FRANCE
Le 22. M. Jean- Baptiste Bochard , Chevalier
, Seigneur de Sarron , Président en
la premiere Chambre des Enquêtes , est
mort dans la 29 année de son âge.
Dame Marie- Gabrielle le Cirier de Neuchelles
, Epouse de M. Samuel- Jacques le-
Clerc , Chevalier , Seigneur , Marquis de
Juigné , accoucha le 6. May , d'un fils
qui fut tenu sur les Fonts , et nommé
Armand- Louis , par M. Armand - Gabriel,
Marquis de Craon , et par Dme Louise-
Christine Eugenie le Cirier de Neuchelles ,
veuve de M. Charles , Marquis de Brion ..
D. Marie- Anne Cherouvrier des Grassieres
, Epouse de M. Galiot , Maître des
Requêtes , accoucha le 7. d'un fils qui fut
tenu sur les Fonts et nommé Antoine-
Jean par M. Jacques - Antoine Herinx
Prieur de Ligny , et par Dame Jeanne-
Claude Cherouvrier des Grassieres , Epouse
de M. Aubert de Tourny , Maître des
Requêtes.
*
Dame Françoise Louise de Laurans ,
Epouse de M. Louis - François de Laurans,
Comte de Montserin , accoucha le même
jour d'une fille qui fut nommée Louise
Elisabeth , par Christophe de Brague ;
Comte de Loches , et par D. Elizabeth-
Michelle de Givry , Epouse de M. Claude-
Henry
MAY. 1731. 1197
Henry le Pelletier de la Houssaye.
Le 1. May , D. Barbe - Charlotte Aubourg
, Epouse de Guillaume Aubourg
Marquis de Bourg , Conseiller du Roi en
ses Conseils , Gardes des Rolles des Offices
de France , accoucha d'une fille , qui
le sur-lendemain fut tenue sur les Fonts
et nommée Marie- Charlotte , par Charles
Aubourg , Marquis de Boury , Conseiller
du Roi en ses Conseils , Garde
des Rôles des Offices .de France , Ayeul
Paternel , et par D. Marie Poupard , Epou
se de M. François-Nicolas Aubourg , Conseiller
du Roi en ses Conseils , Trésorier
General des Bâtimens du Roi , Ayeule
Maternelle ..
Claude -François - Léonor de S.Maurice,.
Comte de Savigny , &c. épousa le 26.
Avril D. Marie-Thérese- Léonor du Maine
du Bourg.
Le Vicomte d'Epinoy , Mestre de Camp
de Cavalerie , d'une des plus anciennes.
Maisons de la Province de Champagne,
a épousé sur la fin de ce mois D. N ....
de Launoy , fille du Comte de ce nom ..
Le Comte de Lannoy descend des Ayeuls
les plus illustres ; on trouve dans les dif
ferentes Branches de sa Maison un grand
nombre de Seigneurs attachez ou aux
Rois
1198 MERCURE DE FRANCE
Rois de France , ou aux Ducs de Bourgogne
, ou aux Empereurs , ou aux Rois
d'Espagne. On compte de ce nom plusieurs
Chevaliers des Ordres du Roi ,
18. de la Toison d'Or , des Vicerois de:
Navarre et de Naples , des Gouverneurs
Generaux de Génes , de Flandres , de
Hollande , de la Comté de Namur , &c .
sans parler de plusieurs Grands Officiers
de la Couronne, Generaux d'Armées, &c.
Le Comte de Lannoy , avoit épousé
D. N... de Furtemberg , fille d'Antoine
Egon , Landgrave de Furtemberg , Prince
du S. Empire , mort Regent de l'Electorat
de Saxe.
et Mariages..
E LI. Avril , Pierre Jardin , Laboureur
de Rachecourt , sur Marne , Election
de Joinville , y mourut âgé de cent
ans accomplis .
Dame Marie -Anne d'Espinay de S. Luc,
Epouse de François Marquis de Rochechouart,
décedée le 24. Avril,âgée de 58 .
ans.
Jean Baptiste , Comte de Montesson
Lieutenant General des Armées du Roi ,
Gouverneur de S. Quentin , cy- devant
premier Lieutenant des Gardes du Corps ,
mourut à Paris , le 25. d'Avril , âgé de
85. ans.
Louis - François de la Beaune le Blanc
de la Valliere , Comte de la Valliere , Colonel
du Régiment de Vivarais , fils de
Charles François de la Baume le Blanc de
la Valliere , Duc de la Valliere , Pair de
France, Gouverneur pour le Roi et Grand-
Sénechal de la Province de Bourbonnois ,
Lieutenant General des Armées de S. M.
cy-devant Mestre de Camp General de sa
Cavalerie Legere de France , et Menin de
MesMAY.
r193 1731.
Messeigneurs les Dauphins , fils et petitfils
de Louis XIV. et de Dame Marie-
Therese de Noailles , Duchesse de la Valliere
, Dame du Palais de Madame la Dauphine
, Marie-Adelaide de Savoye , decedé
garçon le 30. Avril , âgé de 21. ans ,
5. mois , 25. jours , étant né le s . Octobre
170 ) .
M. François de la Beuvine , Ecuyer ,
Maréchal des Logis de feu Monsieur
Frere unique du Roi , dicédé le 3. May,
âgé de 88. ans .
M. Ambroise Ferrand , Doyen du Parlement
, mourut à Paris le 3. de ce mois,
dans la 83 ° année de son âge. M. Nau
Conseiller de la cinquième Chambre , à
present de la Grand'Chambre , est aujour
d'hui Doyen du Parlement.
Dame Marie Hyacinte de Levi , Abbesser
de l'Abbaye de N. Dame de Nevers , soeur
du Duc de Levi , mourut le 4. âgée de
44. ans.
M. Etienne Aymon , Ecuyer , Porte-
Manteau du Roy , mourut à Versailles ?
où il servoit son Quartier , le 5. de ce
mois , âgé d'environ 73. ans , generale
ment regretté.
99
Le 9. de ce mois , mourut à l'âge de
48. ans , Dame Louise de Louvecourt
veuve de M. Georges Danes , Maître des
Ivi Com
vj
1194 MERCURE DE FRANCE
Comptes ; elle étoit connue par ses bonnes
oeuvres et par ses grandes aumônes.
Son Mari étoit arriere petit- neveu de
Pierre Danes , Evêque de Lavaur , Ambassadeur
de François I. au Concile de
Trente , Précepteur et Confesseur de
François second , qui s'est rendu celebre
par la répartie vive qu'il fit dans le même
Concile : Utinam ad galli cantum , & c.
Palavicin , dans l'Histoire de ce Concile ,
avoue qu'elle servit comme d'un aiguillon
pour déterminer les Peres du Concile
à travailler sérieusement pour la réfor
mation de la Discipline . On a oüi dire
à Maurice le Tellier , Archevêque de
Rheims , qu'il auroit mieux aimé faire
cette réponse dans le Concile de Trente
que d'être Cardinal.
Jacques Danes , de la même Famille ,
en premier lieu Président de la Cham
bre des Comptes , et Intendant en Languedoc
, puis Evêque de Toulon , Maître
de l'Oratoire du Roi , Conseiller d'Etat
ordinaire , mourut en 1662, en odeur de
sainteté , que l'on prétend avoir été manifestée
par des miracles avérez.
Quoique le nom de cette Famille se
prononce comme ayant un E ouvert , cependant
il s'écrit sans aucun accent , selon
l'ancien usage suivi par les Sçavans , an
ciens.
MA Y. 1731. 1195
ciens et modernes , qui ont parlé de l'Evêque
de Lavaur , lesquels ne sont pas en
petit nombre , c'est l'usage constant dans
la Famille de ce Prélat , à quoi l'on a crâ
devoir se conformer.
Jean Marquis Dacigné , issu des Comtes
de Rennes , qui étoient Cadets des.
Souverains de Bretagne , est mort à Rennes
le 12. May , d'une révolution de
Goutte. Il étoit le dernier de cette ancienne
et illustre Maison : dans sa Branche
on a porté le nom de Marquis de
Carnavalet , jusqu'à l'extinction de la
Branche aînés , dont l'héritiere avoit
épousé feu M. le Duc de Richelieu. Elle
étoit mere de M. le Duc de Richelieu
d'aujourd'hui . Le Marquis d'Acigné avoit
été marié trois fois ; en premieres Nôces
avec l'heritiere de la Maison de la Menseliere
Coëtquin dont il n'a pas eu
d'enfans ; en secondes Nôces , avec la fille
unique du Comte de Langle , et de sa
premiere femme , soeur du Marquis de
Goëtanfão , morte en couche ; et en troisiemes
Nôces , une des filles du Président
de Rochefort , dont il reste une fille unique
, âgée d'environ onze ans.
"
Henry - François de Paule le Febvre
d'Armesson , Conseiller du Roi en sa
Cour de Parlement , décédé le 14. Mars ,
âgé de 24. ans.
F96 MERCURE DE FRANCE
Le 22. M. Jean- Baptiste Bochard , Chevalier
, Seigneur de Sarron , Président en
la premiere Chambre des Enquêtes , est
mort dans la 29 année de son âge.
Dame Marie- Gabrielle le Cirier de Neuchelles
, Epouse de M. Samuel- Jacques le-
Clerc , Chevalier , Seigneur , Marquis de
Juigné , accoucha le 6. May , d'un fils
qui fut tenu sur les Fonts , et nommé
Armand- Louis , par M. Armand - Gabriel,
Marquis de Craon , et par Dme Louise-
Christine Eugenie le Cirier de Neuchelles ,
veuve de M. Charles , Marquis de Brion ..
D. Marie- Anne Cherouvrier des Grassieres
, Epouse de M. Galiot , Maître des
Requêtes , accoucha le 7. d'un fils qui fut
tenu sur les Fonts et nommé Antoine-
Jean par M. Jacques - Antoine Herinx
Prieur de Ligny , et par Dame Jeanne-
Claude Cherouvrier des Grassieres , Epouse
de M. Aubert de Tourny , Maître des
Requêtes.
*
Dame Françoise Louise de Laurans ,
Epouse de M. Louis - François de Laurans,
Comte de Montserin , accoucha le même
jour d'une fille qui fut nommée Louise
Elisabeth , par Christophe de Brague ;
Comte de Loches , et par D. Elizabeth-
Michelle de Givry , Epouse de M. Claude-
Henry
MAY. 1731. 1197
Henry le Pelletier de la Houssaye.
Le 1. May , D. Barbe - Charlotte Aubourg
, Epouse de Guillaume Aubourg
Marquis de Bourg , Conseiller du Roi en
ses Conseils , Gardes des Rolles des Offices
de France , accoucha d'une fille , qui
le sur-lendemain fut tenue sur les Fonts
et nommée Marie- Charlotte , par Charles
Aubourg , Marquis de Boury , Conseiller
du Roi en ses Conseils , Garde
des Rôles des Offices .de France , Ayeul
Paternel , et par D. Marie Poupard , Epou
se de M. François-Nicolas Aubourg , Conseiller
du Roi en ses Conseils , Trésorier
General des Bâtimens du Roi , Ayeule
Maternelle ..
Claude -François - Léonor de S.Maurice,.
Comte de Savigny , &c. épousa le 26.
Avril D. Marie-Thérese- Léonor du Maine
du Bourg.
Le Vicomte d'Epinoy , Mestre de Camp
de Cavalerie , d'une des plus anciennes.
Maisons de la Province de Champagne,
a épousé sur la fin de ce mois D. N ....
de Launoy , fille du Comte de ce nom ..
Le Comte de Lannoy descend des Ayeuls
les plus illustres ; on trouve dans les dif
ferentes Branches de sa Maison un grand
nombre de Seigneurs attachez ou aux
Rois
1198 MERCURE DE FRANCE
Rois de France , ou aux Ducs de Bourgogne
, ou aux Empereurs , ou aux Rois
d'Espagne. On compte de ce nom plusieurs
Chevaliers des Ordres du Roi ,
18. de la Toison d'Or , des Vicerois de:
Navarre et de Naples , des Gouverneurs
Generaux de Génes , de Flandres , de
Hollande , de la Comté de Namur , &c .
sans parler de plusieurs Grands Officiers
de la Couronne, Generaux d'Armées, &c.
Le Comte de Lannoy , avoit épousé
D. N... de Furtemberg , fille d'Antoine
Egon , Landgrave de Furtemberg , Prince
du S. Empire , mort Regent de l'Electorat
de Saxe.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
En avril et mai 1731, plusieurs événements marquants ont été enregistrés au sein de la noblesse française, notamment des décès et des naissances. Le 24 avril, Pierre Jardin, laboureur de Rachecourt, est décédé à l'âge de cent ans. La même journée, Dame Marie-Anne d'Espinay de Saint-Luc, épouse du marquis de Rochechouart, est morte à l'âge de 58 ans. Le 25 avril, Jean-Baptiste, comte de Montesson, lieutenant général des armées du roi, est décédé à Paris à l'âge de 85 ans. Louis-François de La Baume Le Blanc de La Vallière, colonel du régiment de Vivarais, est également mentionné parmi les personnalités notables. Le 30 avril, les dauphins, fils et petit-fils de Louis XIV, sont décédés à l'âge de 21 ans. D'autres décès notables incluent ceux de François de La Beuvine, Ambroise Ferrand, et Marie Hyacinthe de Lévi, abbesse de l'abbaye de Notre-Dame de Nevers. Parallèlement, plusieurs naissances ont été rapportées. Armand-Louis, fils de Samuel-Jacques Le Clerc, marquis de Juigné, et Antoine-Jean, fils de Galiot, maître des requêtes, sont parmi les nouveaux-nés mentionnés. Des mariages notables ont également eu lieu, comme celui de Claude-François-Léonor de Saint-Maurice, comte de Savigny, avec Marie-Thérèse-Léonor du Maine du Bourg, et celui du vicomte d'Épinoy avec une fille du comte de Launoy. Ces événements illustrent la dynamique des familles nobles françaises au début du XVIIIe siècle, marquée par des cycles de vie et de mort au sein de l'aristocratie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11903
p. 2384-2391
Reception de M. de Crebillon à l'Acad. Franç [titre d'après la table]
Début :
L'Académie Françoise n'a point donné cette année les Prix d'Eloquence et de Poësie [...]
Mots clefs :
Mort, Académie, Roi, Académie française, Prix d'éloquence et de poésie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reception de M. de Crebillon à l'Acad. Franç [titre d'après la table]
L'Académie Françoise n'a point donné
cette année les Prix d'Eloquence et de Poë
sie , qu'elle a coûtume de distribuer le
jour de la Fête de S. Louis . Ils sont reservez
pour l'Année prochaine .
Cette Académie élut le 19. AoûtM.
'de Crebillon , pour remplir la place vacante
par la mort de M. de la Faye. Le
nouvel Académicien prit séance le Jeudy
27. Septembre , er prononça un Remerciment
en Vers digne de la réputation
que ses grands talens pour le Poëme Dra.
matique lui ont acquise , et que nous sommes
mortifiez de ne pouvoir pas mettre ici
en entier pour la satisfaction de nos Lecteurs
: reduits à n'en donner qu'un précis
nous ne sommes pas peu embarassez sur
le choix car le grand , le nerveux , le
sublime
OCTOBRE. 1731. 23.85.
sublime regne par tout. Ce remerciment ,
composé de 1-18 . Vers , souvent croiscz
commence ainsi :
Muse, voici le jour si long- temps attendu,,
Jour dont aucun espoir ne m'annonçoit l'Aurore,
Jour heureux qui pour nous ne luisoit point
encore ,
Si de nos seuls succès sa course eût dépendu.
Muse , vous le voyez , une troupe immortelle
Daigne vous partager ses honneurs , ses emplois :
Parlez ; et , s'il se peut , justifiez son choix :
Mais ne prononcez rien qui ne soit digne d'elle,
Le Poëte invoque ensuite Apollon ,
pour pouvoir dignement lotier ses Nlustres
Confreres.
}
Dieu des Vers
Elûs ,
> aux rayons dont brillent tes
Souffre pour un moment que mon fen se ra
lume,
Je les vois tous couverts de ces rayons divins :
Dans leurs mains chaque jour tu déposes ta Lyre
Ma Muse , un jour de gloire est un jour de délire
, }
Sers mon audace , et prens la Lyre dans leure
mains
Après
2386 MERCURE DE FRANCE
Après la déscription de l'Académie et
des Académiciens , on lit ces Portraits :
Ame de Richelieu , contemple ton ouvrage,
Qui doit ainsi que toi percer la nuit des tems ?
Ces illustres Mortels sans cesse renaissans ,
Comme pour t'assurer un éternel hommage.
Dans l'art de gouverner moins Ministre que
Roy ,
L'Univers en tremblant , adora ton genie ;
Tout plia devant toi dans le cours de ta vie ;
Tu soûmets l'avenir , et regnes après toi , &e
Louis , ô nom cheri ! Souverain adorable ,
Des caprices du sort exemple mémorable ,
A tes Manes sacrés nous n'offrons plus de fleurs ;
Que nos regrets profonds n'arrosent de nos
pleurs.
Vous , qui l'avez suivi de victoire en victoire ,
A la fois Compagnon , et témoin de sa gloire ,
Qui de tout vôtre sang sçûtes la consacrer ,
Guerrier , qui mieux que vous pourroit la céle◄
brer ?
Quel Roi mérita mieux une auguste loüange ? ``.
De dons et de vertus quel précieux mélange
C'étoit après les Dieux , l'ame de l'univers , &c.
Le
OCTOBR E. 1731. 2387
Le Portrait du Roy est terminé par ces
deux beaux Vers.
Juste , Clement , Pieux , son austere jeunesse
Semble déja dicter les loix de la vieillesse .
Un Ministre attentif , prudent , religieux ,
Fuyant des vains Lauriers l'éclat ambitieux ,
Qui sçait , du bien public sage dépositaire ,
User en Citoyen du pouvoir arbitraire ;
Aigle de Jupiter , maïs ami de la Paix ,
Il gouverne la foudre , et ne tonne jamais .
LOUIS , c'est mériter l'Empire de la Terre ,
Que sçavoir dignement confier son Tonnere, & c.
Ce Poëme est terminé par le Portrait
de M. de la Faye , dont nous ne prendrons
que ces 4.
ces 4. Vers.
Le goût du vray, du beau , Censeur ingenieux ,
Qui , sans humilier , montroit à faire mieux ;
Le Sel Athenien , l'Urbanité Romaine ;
Tour à tour Lelius , Malherbe , ou la Fontaine ;
Si nous avons été embarrassez dans
l'Extrait qu'on vient de lire nous voici
encore plus en peine sur la réponse faite
par M. Hardion , Directeur de l'Académie.
Que prendre en effet dans un Discours
de 80. lignes de Prose , d'un stile
concis , simple , et aussi noble que naturel
.
2388 MERCURE DE FRANCE
> rel ? Nous nous bornons à deux traits
l'un sur l'Académicien qui n'est plus ,
l'autre sur celui qui le remplace. Nous
demandons pardon à l'Auteur et au Lecteur
, d'être obligez de tronquer un Dis
cours dont on ne sçauroit rien retrancher
qu'aux dépens de l'un et de l'autre.
MONSIEUR ,
Une mort précipitée nous a enlevé un
Confrere , que le caractere de son esprit
et la douceur de ses moeurs , nous font
également regretter. Né avec d'heureuses
dispositions pour la Poësie , M. de la
Faye en fit son plus agréable amusement ,
et réussit dans les differens genres où son
goût l'avoit porté. Soit que dans des sujets
galans il se plût à exprimer , ou les
sentimens d'un coeur tendre et délicat ,
ou les transports d'une joye aimable ; soit
qu'avec la Lyre de Malherbe , il celebrat
sur un ton plus sérieux et plus élevé , les
puissans charmes de l'harmonie , l'ame
des beaux Vers , et en soûtint les Privileges
contre un illustre ami Mr. de la
Motte , qui s'étoit fait un jeu de les attaquer
, pour l'exciter à les établir plus solidement
sous quelque forme qu'il ait
voulu se montrer , il a fait voir par tout
une imagination feconde et brillante , un
genic
OCTOBRE 17318 2389
genie simple , aisé , naïf , toûjours ennemi
de l'affectation , et de cette paiure recherchée
qui détruit les vrayes beautez
de la nature.
Mais aussi simple dans ses moeurs que
dans ses Ecrits , il fut regardé comme un
modele des vertus propres pour la Societé
et autant qu'on estimoit dans ses
Poësies l'agrément , l'élegance , la délicatesse
, autant on aimoit dins sa personne
la docilité , la mode tie , la politesse , et
sur tout , une gayeté douce et spirituelle
dont il assai onnoit tous ses discou s.
M Hardion continuant de répondre au
nouvel Académicien , lui dit que son
élection a eu autint d'Approbateurs qu'il
y a de Personnes éclairées sur le vrai mérite
..... que ses Tragedies , depuis longtemps
l'objet de l'admiration publique ,
seront un sujet d'émulation dans les siécles
à venir On peut , Monsieur , poursuit
il par le faux éclat de quelques
fleurs passageres , ébloüir pour un instant
des Spectateurs avides de nouveautez . Ils
cedent d'abord à la douce illusion d'un
trait lumineux d'une pasée plus specieu
e que solide et ne dé elent pas
toûjours du premier coup d'oeil , le vice
caché sous l'apparenc de l beuté. Mais
lor que des Poëmes tels que les vôtres ,
›
,
F. Mon
2390 MERCURE DE FRANCE
Monsieur , redemandés avec empressement
, reparoissent toûjours plus beaux
et plus dignes d'être applaudis lorsque
livrés au grand jour de l'impression , plus
dangereux encore que celui de la représentation
, ils ont soutenu le rigoureux
examen du Censeur , recueilli dans le silence
de son Cabinet , lorsqu'ils ont résisté
aux efforts de l'envie toûjours armée
contre les Auteurs vivans.: quelles preu
ves plus certaines peut- on desirer de leur
perfection ? quels présages plus assurés de
Ieur durée & c.
Les Cartes qui font dans l'Hiftoire de l'Isle de
S. Domingue , du R. P. de Charlevoix , Jesuite .
de laquelle on a fait mention dans le Mercure
précédent , sont de M. d'Anville , Géographe or¬
dinaire du Roy , dont on a remarqué que le nom
n'étoit pas donné correctement dans cet article
page 2159.
On peut dire en général des divers Sujets
traitez dans ces Cartes, mais principalement à l'égard
de toute l'étendue de la Carte generale , qui
comprend une partie confiderable et la plus fréquentée
du nouveau Monde, que l'Auteur ayant
trouvé la matiere comme toute neuve , quoique
déja traitée par presque tous les Géographes, elle
paroît sortie de ses mains avec plus de détail et de
précision qu'on n'y en avoit encore mis. L'Auteur
que plusieurs personnes aussi touchées du progrès
general de la Géographie , que de sa réputation
particuliere , avoient excité à écrire sur le détail
de cet Ouvrage , s'eft trouvé mortifié de n'avoir
раз
OCTOBRE. 1721. 23༡ ་
Pas le tems de le faire , pensant qu'il auroit peutêtre
été agréable pour le public,et sûrement avantageux
pour son Ouvrage, le rendre compted'une
infinité de circonstances assez curieuses , et peu
familieres , tirées la plupart des Histoires particulieres
des Espagnols , que tout le monde ne
peut pas lire dans leur langue, dans tout leur détail
, inconnues sur tout aux Géographes , quoique
la connoissance interieure des vastes païs, sous
la domination du Roy d'Espagne , dépende de
celle de leurs Ecrivains , qui seuls ont pû en être
suffisamment instruirs.
cette année les Prix d'Eloquence et de Poë
sie , qu'elle a coûtume de distribuer le
jour de la Fête de S. Louis . Ils sont reservez
pour l'Année prochaine .
Cette Académie élut le 19. AoûtM.
'de Crebillon , pour remplir la place vacante
par la mort de M. de la Faye. Le
nouvel Académicien prit séance le Jeudy
27. Septembre , er prononça un Remerciment
en Vers digne de la réputation
que ses grands talens pour le Poëme Dra.
matique lui ont acquise , et que nous sommes
mortifiez de ne pouvoir pas mettre ici
en entier pour la satisfaction de nos Lecteurs
: reduits à n'en donner qu'un précis
nous ne sommes pas peu embarassez sur
le choix car le grand , le nerveux , le
sublime
OCTOBRE. 1731. 23.85.
sublime regne par tout. Ce remerciment ,
composé de 1-18 . Vers , souvent croiscz
commence ainsi :
Muse, voici le jour si long- temps attendu,,
Jour dont aucun espoir ne m'annonçoit l'Aurore,
Jour heureux qui pour nous ne luisoit point
encore ,
Si de nos seuls succès sa course eût dépendu.
Muse , vous le voyez , une troupe immortelle
Daigne vous partager ses honneurs , ses emplois :
Parlez ; et , s'il se peut , justifiez son choix :
Mais ne prononcez rien qui ne soit digne d'elle,
Le Poëte invoque ensuite Apollon ,
pour pouvoir dignement lotier ses Nlustres
Confreres.
}
Dieu des Vers
Elûs ,
> aux rayons dont brillent tes
Souffre pour un moment que mon fen se ra
lume,
Je les vois tous couverts de ces rayons divins :
Dans leurs mains chaque jour tu déposes ta Lyre
Ma Muse , un jour de gloire est un jour de délire
, }
Sers mon audace , et prens la Lyre dans leure
mains
Après
2386 MERCURE DE FRANCE
Après la déscription de l'Académie et
des Académiciens , on lit ces Portraits :
Ame de Richelieu , contemple ton ouvrage,
Qui doit ainsi que toi percer la nuit des tems ?
Ces illustres Mortels sans cesse renaissans ,
Comme pour t'assurer un éternel hommage.
Dans l'art de gouverner moins Ministre que
Roy ,
L'Univers en tremblant , adora ton genie ;
Tout plia devant toi dans le cours de ta vie ;
Tu soûmets l'avenir , et regnes après toi , &e
Louis , ô nom cheri ! Souverain adorable ,
Des caprices du sort exemple mémorable ,
A tes Manes sacrés nous n'offrons plus de fleurs ;
Que nos regrets profonds n'arrosent de nos
pleurs.
Vous , qui l'avez suivi de victoire en victoire ,
A la fois Compagnon , et témoin de sa gloire ,
Qui de tout vôtre sang sçûtes la consacrer ,
Guerrier , qui mieux que vous pourroit la céle◄
brer ?
Quel Roi mérita mieux une auguste loüange ? ``.
De dons et de vertus quel précieux mélange
C'étoit après les Dieux , l'ame de l'univers , &c.
Le
OCTOBR E. 1731. 2387
Le Portrait du Roy est terminé par ces
deux beaux Vers.
Juste , Clement , Pieux , son austere jeunesse
Semble déja dicter les loix de la vieillesse .
Un Ministre attentif , prudent , religieux ,
Fuyant des vains Lauriers l'éclat ambitieux ,
Qui sçait , du bien public sage dépositaire ,
User en Citoyen du pouvoir arbitraire ;
Aigle de Jupiter , maïs ami de la Paix ,
Il gouverne la foudre , et ne tonne jamais .
LOUIS , c'est mériter l'Empire de la Terre ,
Que sçavoir dignement confier son Tonnere, & c.
Ce Poëme est terminé par le Portrait
de M. de la Faye , dont nous ne prendrons
que ces 4.
ces 4. Vers.
Le goût du vray, du beau , Censeur ingenieux ,
Qui , sans humilier , montroit à faire mieux ;
Le Sel Athenien , l'Urbanité Romaine ;
Tour à tour Lelius , Malherbe , ou la Fontaine ;
Si nous avons été embarrassez dans
l'Extrait qu'on vient de lire nous voici
encore plus en peine sur la réponse faite
par M. Hardion , Directeur de l'Académie.
Que prendre en effet dans un Discours
de 80. lignes de Prose , d'un stile
concis , simple , et aussi noble que naturel
.
2388 MERCURE DE FRANCE
> rel ? Nous nous bornons à deux traits
l'un sur l'Académicien qui n'est plus ,
l'autre sur celui qui le remplace. Nous
demandons pardon à l'Auteur et au Lecteur
, d'être obligez de tronquer un Dis
cours dont on ne sçauroit rien retrancher
qu'aux dépens de l'un et de l'autre.
MONSIEUR ,
Une mort précipitée nous a enlevé un
Confrere , que le caractere de son esprit
et la douceur de ses moeurs , nous font
également regretter. Né avec d'heureuses
dispositions pour la Poësie , M. de la
Faye en fit son plus agréable amusement ,
et réussit dans les differens genres où son
goût l'avoit porté. Soit que dans des sujets
galans il se plût à exprimer , ou les
sentimens d'un coeur tendre et délicat ,
ou les transports d'une joye aimable ; soit
qu'avec la Lyre de Malherbe , il celebrat
sur un ton plus sérieux et plus élevé , les
puissans charmes de l'harmonie , l'ame
des beaux Vers , et en soûtint les Privileges
contre un illustre ami Mr. de la
Motte , qui s'étoit fait un jeu de les attaquer
, pour l'exciter à les établir plus solidement
sous quelque forme qu'il ait
voulu se montrer , il a fait voir par tout
une imagination feconde et brillante , un
genic
OCTOBRE 17318 2389
genie simple , aisé , naïf , toûjours ennemi
de l'affectation , et de cette paiure recherchée
qui détruit les vrayes beautez
de la nature.
Mais aussi simple dans ses moeurs que
dans ses Ecrits , il fut regardé comme un
modele des vertus propres pour la Societé
et autant qu'on estimoit dans ses
Poësies l'agrément , l'élegance , la délicatesse
, autant on aimoit dins sa personne
la docilité , la mode tie , la politesse , et
sur tout , une gayeté douce et spirituelle
dont il assai onnoit tous ses discou s.
M Hardion continuant de répondre au
nouvel Académicien , lui dit que son
élection a eu autint d'Approbateurs qu'il
y a de Personnes éclairées sur le vrai mérite
..... que ses Tragedies , depuis longtemps
l'objet de l'admiration publique ,
seront un sujet d'émulation dans les siécles
à venir On peut , Monsieur , poursuit
il par le faux éclat de quelques
fleurs passageres , ébloüir pour un instant
des Spectateurs avides de nouveautez . Ils
cedent d'abord à la douce illusion d'un
trait lumineux d'une pasée plus specieu
e que solide et ne dé elent pas
toûjours du premier coup d'oeil , le vice
caché sous l'apparenc de l beuté. Mais
lor que des Poëmes tels que les vôtres ,
›
,
F. Mon
2390 MERCURE DE FRANCE
Monsieur , redemandés avec empressement
, reparoissent toûjours plus beaux
et plus dignes d'être applaudis lorsque
livrés au grand jour de l'impression , plus
dangereux encore que celui de la représentation
, ils ont soutenu le rigoureux
examen du Censeur , recueilli dans le silence
de son Cabinet , lorsqu'ils ont résisté
aux efforts de l'envie toûjours armée
contre les Auteurs vivans.: quelles preu
ves plus certaines peut- on desirer de leur
perfection ? quels présages plus assurés de
Ieur durée & c.
Les Cartes qui font dans l'Hiftoire de l'Isle de
S. Domingue , du R. P. de Charlevoix , Jesuite .
de laquelle on a fait mention dans le Mercure
précédent , sont de M. d'Anville , Géographe or¬
dinaire du Roy , dont on a remarqué que le nom
n'étoit pas donné correctement dans cet article
page 2159.
On peut dire en général des divers Sujets
traitez dans ces Cartes, mais principalement à l'égard
de toute l'étendue de la Carte generale , qui
comprend une partie confiderable et la plus fréquentée
du nouveau Monde, que l'Auteur ayant
trouvé la matiere comme toute neuve , quoique
déja traitée par presque tous les Géographes, elle
paroît sortie de ses mains avec plus de détail et de
précision qu'on n'y en avoit encore mis. L'Auteur
que plusieurs personnes aussi touchées du progrès
general de la Géographie , que de sa réputation
particuliere , avoient excité à écrire sur le détail
de cet Ouvrage , s'eft trouvé mortifié de n'avoir
раз
OCTOBRE. 1721. 23༡ ་
Pas le tems de le faire , pensant qu'il auroit peutêtre
été agréable pour le public,et sûrement avantageux
pour son Ouvrage, le rendre compted'une
infinité de circonstances assez curieuses , et peu
familieres , tirées la plupart des Histoires particulieres
des Espagnols , que tout le monde ne
peut pas lire dans leur langue, dans tout leur détail
, inconnues sur tout aux Géographes , quoique
la connoissance interieure des vastes païs, sous
la domination du Roy d'Espagne , dépende de
celle de leurs Ecrivains , qui seuls ont pû en être
suffisamment instruirs.
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Résumé : Reception de M. de Crebillon à l'Acad. Franç [titre d'après la table]
En octobre 1731, l'Académie Françoise n'a pas attribué les Prix d'Éloquence et de Poésie, habituellement décernés lors de la fête de Saint-Louis, et les a reportés à l'année suivante. Le 19 août, l'Académie a élu Claude-Prosper Jolyot de Crébillon pour remplacer M. de la Faye, décédé. Crébillon a pris séance le 27 septembre et a prononcé un remerciement en vers, soulignant ses talents en poésie dramatique. Ce discours, composé de 118 vers, invoquait la Muse et Apollon pour justifier son élection et honorer ses confrères. Le texte mentionne également des portraits des académiciens et du roi Louis, louant ses vertus et son gouvernement. Le portrait de M. de la Faye est brièvement cité, soulignant son goût pour la poésie et ses qualités personnelles. M. Hardion, directeur de l'Académie, a répondu au nouvel académicien en louant ses tragédies et leur valeur durable. Enfin, le texte évoque les cartes de l'histoire de l'île de Saint-Domingue du père Charlevoix, réalisées par M. d'Anville, géographe du roi. Ces cartes sont saluées pour leur détail et leur précision, bien que l'auteur n'ait pas eu le temps de les compléter avec des informations supplémentaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11904
p. 73
ENIGME.
Début :
Je suis un triple cabinet [...]
Mots clefs :
Confessionnal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E fuis un triple cabinet
·
murmure.
Avec une double ouverture
Par où paffe plus d'une ordure
Que chacun y porte en fecret.
Celui qui reçoit le paquet
Ne le reçoit pas fans
Deux patiens font la figure
De gens condamnés au gibet .
Pendant que l'un des deux raiſonne ,
Un tiers , fans confeils de perfonne
De tout point veut être éclairci .
Là , pour le repos de fon ame ,
Il ne faudroit pas qu'un mari
Se trouvât derriere fa femme.
Par M. le Baron de B*
E fuis un triple cabinet
·
murmure.
Avec une double ouverture
Par où paffe plus d'une ordure
Que chacun y porte en fecret.
Celui qui reçoit le paquet
Ne le reçoit pas fans
Deux patiens font la figure
De gens condamnés au gibet .
Pendant que l'un des deux raiſonne ,
Un tiers , fans confeils de perfonne
De tout point veut être éclairci .
Là , pour le repos de fon ame ,
Il ne faudroit pas qu'un mari
Se trouvât derriere fa femme.
Par M. le Baron de B*
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11905
p. 149
ENIGME EN LOGOGRYPHE.
Début :
Toujours loin du Soleil j'en partage le cours ; [...]
Mots clefs :
Minuit
11906
p. 73-75
LOGOGRYPHE.
Début :
Ami Lecteur je vais t'apprendre [...]
Mots clefs :
Monosyllabe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
A Mi Lecteur je vais t'apprendre
Un fait qui n'eft guerres commun.
Portéfur onze pieds je n'en ai fouvent qu'un ,
Mais pour mieux te faire comprendre
Ce Logogryphe ingénieux ,
D
74 MERCURE DE FRANCE:
Je vais décompoſer tout ce qui me compoſe ,
Et par mainte métamorphofe
Montrer à tous les curieux
Un mot bien grec , ' d'aucun uſage en France ,
Un autre un peu latin , connu dans tout pays ,
Et que je dis cinq fois en difant qui je fuis ,
Quoiqu'une feule fois il foit dans mon effence .
Un arbriffeau tendre , charmant
Une couleur très - féduifante
Lorfqu'elle eft jointe avec l'argent ,
Sur une voiture roulante
Que l'on chérit tant à préſent.
Le contraire d'un continent.
Ce que dicte Thémis ; le fils du premier homme
De dix fois cent , ce qui forme la fomme ;
Une riviere , un fleuve très-fameux ;
Ce qui n'eft point une femelle ;
Un coffre ; un fuc délicieux ;
Un fynonime de querelle ;
Ce qu'on oppofe à la fureur des eaux
Pour mettre à couvert les vaiſſeaux .
Ce qui fert à former les habits des Lévites ;
Un mauvais livre , un fouffle tout divin ,
Dans le tonneau ce qui refte du vin.
Ces hommes qui jadis vivoient en bons hermites ;
Seulement occupés des affaires du Ciel .
Une fontaine en Ifraël ,
Une ifle où Jupiter fit fabriquer la foudre
Qui réduifit tous les Titans en poudre.
SEPTEMBRE. 1755 75
Le nom d'un Duc dont je fuis ferviteur ,
(Quand je dis moi , je veux dire l'auteur )
Celui d'un Maréchal de France ,
Et même le nom de fon fils.
Trois noms qui n'ont entr'eux aucune reffem◄
blance ;
Ce dont nous fommes tous paîtris.
L'air agité qui frappe nos oreilles.
Deux grands Législateurs , l'un fit de fages loix ,
L'autre opéra bien des merveilles
Pour réduire un tyran indocile à ſa voix.
L'aftre que le Perfe révere.
Une meſure , une ville , un oifeau
Dont le ramage n'eſt pas beau.
La Nymphe que Junon punit dans fa colere ,
Et fit errer dans l'univers.
L'étoffe qui nous vient d'Anvers.
Deux animaux marchant fur terre.
Une fête célebre en des climats divers.
Enfin tu me tiens dans ce vers.
Par Saint- Remi , domeſtique , chez M. le
Duc d'Ollonne.
A Mi Lecteur je vais t'apprendre
Un fait qui n'eft guerres commun.
Portéfur onze pieds je n'en ai fouvent qu'un ,
Mais pour mieux te faire comprendre
Ce Logogryphe ingénieux ,
D
74 MERCURE DE FRANCE:
Je vais décompoſer tout ce qui me compoſe ,
Et par mainte métamorphofe
Montrer à tous les curieux
Un mot bien grec , ' d'aucun uſage en France ,
Un autre un peu latin , connu dans tout pays ,
Et que je dis cinq fois en difant qui je fuis ,
Quoiqu'une feule fois il foit dans mon effence .
Un arbriffeau tendre , charmant
Une couleur très - féduifante
Lorfqu'elle eft jointe avec l'argent ,
Sur une voiture roulante
Que l'on chérit tant à préſent.
Le contraire d'un continent.
Ce que dicte Thémis ; le fils du premier homme
De dix fois cent , ce qui forme la fomme ;
Une riviere , un fleuve très-fameux ;
Ce qui n'eft point une femelle ;
Un coffre ; un fuc délicieux ;
Un fynonime de querelle ;
Ce qu'on oppofe à la fureur des eaux
Pour mettre à couvert les vaiſſeaux .
Ce qui fert à former les habits des Lévites ;
Un mauvais livre , un fouffle tout divin ,
Dans le tonneau ce qui refte du vin.
Ces hommes qui jadis vivoient en bons hermites ;
Seulement occupés des affaires du Ciel .
Une fontaine en Ifraël ,
Une ifle où Jupiter fit fabriquer la foudre
Qui réduifit tous les Titans en poudre.
SEPTEMBRE. 1755 75
Le nom d'un Duc dont je fuis ferviteur ,
(Quand je dis moi , je veux dire l'auteur )
Celui d'un Maréchal de France ,
Et même le nom de fon fils.
Trois noms qui n'ont entr'eux aucune reffem◄
blance ;
Ce dont nous fommes tous paîtris.
L'air agité qui frappe nos oreilles.
Deux grands Législateurs , l'un fit de fages loix ,
L'autre opéra bien des merveilles
Pour réduire un tyran indocile à ſa voix.
L'aftre que le Perfe révere.
Une meſure , une ville , un oifeau
Dont le ramage n'eſt pas beau.
La Nymphe que Junon punit dans fa colere ,
Et fit errer dans l'univers.
L'étoffe qui nous vient d'Anvers.
Deux animaux marchant fur terre.
Une fête célebre en des climats divers.
Enfin tu me tiens dans ce vers.
Par Saint- Remi , domeſtique , chez M. le
Duc d'Ollonne.
Fermer
11907
p. 144
De PARIS, le 10 Août 1764.
Début :
Claude Rousselet, Chanoine Regulier de la Congregation de France, [...]
Mots clefs :
Chanoine, Claude Rousselet, Abbaye royale, Chancelier, Nomination, Université
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 10 Août 1764.
De PARIS , le 10 Août 1764.
Claude Rouffeler , Chanoine Regulier de la
Congrégation de France , Licencié en Droit
Canonique & Civil , & Profeffeur en Théolo
gie dans l'Abbaye Royale de Ste Geneviève ,
nommé par l'Abbé à la place de Chancelier de
Ste Genevieve & de l'Univerfité de Paris , a
été reçu en cette dernière qualité dans une Affemblée
extraordinaire de l'Univerfité tenue aux
Mathurins le 3 de ce mois.
Claude Rouffeler , Chanoine Regulier de la
Congrégation de France , Licencié en Droit
Canonique & Civil , & Profeffeur en Théolo
gie dans l'Abbaye Royale de Ste Geneviève ,
nommé par l'Abbé à la place de Chancelier de
Ste Genevieve & de l'Univerfité de Paris , a
été reçu en cette dernière qualité dans une Affemblée
extraordinaire de l'Univerfité tenue aux
Mathurins le 3 de ce mois.
Fermer
11908
p. 150
ENIGME.
Début :
Par moi l'on réussit auprès d'une beauté. [...]
Mots clefs :
Complaisance
11910
p. 144
LOTERIES.
Début :
Le quarante-troisiéme tirage de la Loterie de l'Hôtel-de-Ville s'est fait [...]
Mots clefs :
Tirage, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Lots, Numéros, Loterie de l'école royale militaire, Roue de Fortune
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOTERIES.
LOTERIE S.
❤
Le quarante troifiéme tirage de la Loterie
de l'Hôtel-de-Ville s'eft fait le 24 Juillet , en
la manière accoutumée. Le Lot de cinquante
mille livres eft échu au numéro 2853 ; celui
de vingt mille livres au numéro 5447 , & les
deux de dix mille livres aux numéros 972 &
16213 .
Le 6 Août , on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire . Les numéros fortis de la roue
fortune, font , 70 , 21 , 38 , 77 , 23 .
❤
Le quarante troifiéme tirage de la Loterie
de l'Hôtel-de-Ville s'eft fait le 24 Juillet , en
la manière accoutumée. Le Lot de cinquante
mille livres eft échu au numéro 2853 ; celui
de vingt mille livres au numéro 5447 , & les
deux de dix mille livres aux numéros 972 &
16213 .
Le 6 Août , on a tiré la Loterie de l'Ecole
Royale Militaire . Les numéros fortis de la roue
fortune, font , 70 , 21 , 38 , 77 , 23 .
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11911
p. 166-167
MUSIQUE.
Début :
MÉTHODE qui abrége les régles en usage, pour apprendre l'accompagnement [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSIQUE.
MUSIQUE.
MÉTHODE qui abrége les régles
en usage, pour apprendre l'accompagnement
du clavecin, & dont la pra
tique éxige tout au plus deux mois
d'exercice, pour parvenir à accompa
ner tout ſeul, toute ſorte de Muſique
à livre ouvert, & en beaucoup moins
de temps encore, avec le ſecours d'un
Maître ; par M. Giannotti.
L'Auteur propoſe cet Ouvrage par
ſouſcription , dont le nombre eſt fixé
à deux cent; le prix ſera de 24 liv. On
ſouſcrira chez M. le Clerc , Marchand
de Muſique, rue S. Honoré, près la
rue des Prouvaires , à Ste Cécile. On
payera 12 liv. en ſouſcrivant & 12 liv.
en recevant l'exemplaire au premier .
Août prochain 1764. On prend ce
terme , pour donner le temps aux
Provinces & dans les Pays Etrangers
de s'y intéreſſer.
-
Si on doutoit des progrès rapides
que l'on fait par cette admirable mé
thode, on prie les perſonnes qui veulent
· M A I. 1764.
167
s'y intéreſſer, de s'adreſſer a M de Caſa
major, rue des Bons-Enfans , au coin
de la rue Neuve des Petits - Champs,
qui en a la preuve ſous ſes yeux ; &
à Mlle Fel, rue S. Thomas du Louvre,
L'une & l'autre de ces perſonnes, en
rendront témoignage. Cet
Ouvrage
convient également pour la Harpe.
PREMIER RECUEIL des Menuets
nouveaux , pour le Violon , avec Ac
· compagnement de Baſſe & de Clavecin,
§ a M. le Baron de S. PoRT, com
poſé par M. Cramer. Prix, 1
liv. 4 f.
chez M. Theveneau , au grand Bureau
de la Poſte de Paris , rue des Quatre
Vents ; & aux Adreſſes ordinaires de
Muſique.
MÉTHODE qui abrége les régles
en usage, pour apprendre l'accompagnement
du clavecin, & dont la pra
tique éxige tout au plus deux mois
d'exercice, pour parvenir à accompa
ner tout ſeul, toute ſorte de Muſique
à livre ouvert, & en beaucoup moins
de temps encore, avec le ſecours d'un
Maître ; par M. Giannotti.
L'Auteur propoſe cet Ouvrage par
ſouſcription , dont le nombre eſt fixé
à deux cent; le prix ſera de 24 liv. On
ſouſcrira chez M. le Clerc , Marchand
de Muſique, rue S. Honoré, près la
rue des Prouvaires , à Ste Cécile. On
payera 12 liv. en ſouſcrivant & 12 liv.
en recevant l'exemplaire au premier .
Août prochain 1764. On prend ce
terme , pour donner le temps aux
Provinces & dans les Pays Etrangers
de s'y intéreſſer.
-
Si on doutoit des progrès rapides
que l'on fait par cette admirable mé
thode, on prie les perſonnes qui veulent
· M A I. 1764.
167
s'y intéreſſer, de s'adreſſer a M de Caſa
major, rue des Bons-Enfans , au coin
de la rue Neuve des Petits - Champs,
qui en a la preuve ſous ſes yeux ; &
à Mlle Fel, rue S. Thomas du Louvre,
L'une & l'autre de ces perſonnes, en
rendront témoignage. Cet
Ouvrage
convient également pour la Harpe.
PREMIER RECUEIL des Menuets
nouveaux , pour le Violon , avec Ac
· compagnement de Baſſe & de Clavecin,
§ a M. le Baron de S. PoRT, com
poſé par M. Cramer. Prix, 1
liv. 4 f.
chez M. Theveneau , au grand Bureau
de la Poſte de Paris , rue des Quatre
Vents ; & aux Adreſſes ordinaires de
Muſique.
Fermer
11912
p. 2078-2080
ITALIE.
Début :
ON a appris de Rome du 18 du mois dernier, que le grand nombre de Bâtimens de transports, [...]
Mots clefs :
Comte de Braun, Espagnols, Napolitains, Roi des deux Siciles, Velletri, Prince de Lobkowitz, Régiment, Troupes, Camp, Reine de Hongrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
Na appris de Rome du 18 du mois dernier ,
que le grand nombre de Bâtimens de tranfport,
que les Anglois avoient pris foin de raflembler
a Fiumicino , & les mouvemens de plufieurs Régimens,
que le Prince de Lobckowitz avoit envoyés
du côté de la Mer , avoient donné lieu de croire que
ce Général penfoit à faire un embarquement , &
que l'on étoit prefque perfuadé qu'il le propofot
de tenter une defcente fur la Côte du Royaume de
Naples , lorsqu'il a fait éclater le véritable deſſein
que cachoit la feinte .
La nuit du 10 au 11 du mois dernier , un Corps
de l'armée de la Reine de Hongrie , commandé par
le Comte de Braun , & composé de fix Bataillons ,
de deux Régimens de Cavalerie , de quatre Régimens
de Huffards , & de mille Efclavons , lequel
faifoit partie des troupes que le Prince de Lobcxovvitz
avoit détachées de cette armée , & qui paroiffoient
deftinées à s'embarquer , changea fubitement
de route , & ayant fait une marche forcée , il attàqua
à la pointe du jour la gauche du camp du Roi
des deux Siciles .
Le quartier , où la Brigade d'Irlande étoit avec
deux Régimens de Dragons , fut furpris , & cette
Brigade fut extrêmement maltraitée . Le Comte de
Braun pénétra jufques dans la Ville de Velletri , qui
n'étoit
SEPTEMBRE. 1744. 2079
n'étoit défenduë que par un petit nombre de troupes
, parce que S. M. Sic . avoit donné toute fon attention
à la garde de la Montagne de la Fayola.
Pendant que le Détachement du Comte de Braun
pilloit Velletri , & y brûloit les maifons dans lefquelles
plufieurs des principaux Officiers Espagnols
& Napolitains étoient logés , le Prince de Lobcкovvitz
de fon côté attaqua la Montagne par differens
endroits.
Le Comte de Gages , à la tête de quelques Brigades
de l'armée Espagnole , foutint toutes ces attaques
, & repouffa par tout les Allemands . La Brigade
de la Reine & le Régiment des Albanois fe
font diftingués particulierement en cette occafion.
Le Roi des deux Siciles , étant allé au fecours da
Comte de Gages , & ayant chargé les Allemands
avec le Régiment des Gardes Efpagnoles , la préfence
de S. M. Sic. anima rellement les Efpagnols
& les Napolitains , que non feulement ils rendirent
inutiles tous les efforts que le Corps commandé par
le Prince de Lobсkowitz fit pour les déloger de in
Montagne , mais encore qu'ils obligerent ce Géné
Jal à la retraite .
Le Corps , qui étoit entré dans Velletri , & qui
étoit fous les ordres du Comte de Braun , ne fut
pas plus heureux , & il en fut chaffé par le Duc de
Caftro Pignano , qui fecondé de Don Placide de
Sangro , Lieutenant Général , & de Don Guillaume
Lecy , Maréchal de Camp , tomba fur ce Corps.
avec tant de vivacité , qu'à peine les Allemands
eurent le tems de fe reconnoître.
Le Duc d'Atrifco , qui commandoit un Corps de
Cavalerie Espagnole , le joignit au Duc de Caftro
Pignano , pour les pourfuivre , & toutes les troupes
de la Reine de Hongrie , tant celles , qui avoient
G iiij fur2080
MERCURE DE FRANCE.
furpris la gauche du camp , que celles à la tête de
quelles le Prince de Lobckowitz avoit voulu force
Ja droite , furent pouflées fans relâche jufques audelà
de leur camp
Les Efpagnols & les Napolitains ont fait prifonniers
8co Soldats & beaucoup d'Officiers, du nombre
defquels eft le Général Novati, & quoique quelques
unes des troupes combinées ayent beaucoup
fouffert , leur perte n'eft pas fi confidérable que celle
des Allemands , qui ont eû environ 3000 hommes
tués ou bleffés . On compte le Général d'Olonne
parmi les premiers , & le Comte de Braun parmi
les feconds .
Du côté des Espagnols & des Napolitains , le
Comte de Beaufort , Lieutenant Général , eft mort
de fes bleffures , & le Comte Mariani , qui étoit
malade de la goute à Velletri , a été fait prifonnier.
Il y a eû plufieurs Officiers de bleffés , particulierement
dans le Régiment des Gardes Walonnes , qui
a combattu avec une valeur digne de fa réputation,
& qui a fait un grand nombre de prifonniers.
La prudence , avec laquelle le Roi des deux Sici
les a donné les ordres , à contribué , autant que les
exemples d'intrépidité qu'il a donnés à fes troupes ,
à faire tourner au défavantage des Allemands une
entreprife , à laquelle les mesures prifes par le Prince
de Lobckowitz fembloient promettre un meilleur
fuccès , & dans laquelle ce Général avoit été
fort aidé par l'exactitude de fes efpions.
L'ardeur & l'animofité que cette affaire a inſpirées
à l'armée de S. M. Sic . & la diminution qu'elle
a caufée dans celle de la Reine de Hongrie , ont
fait préfumer que les Allemands ne fe trouveroient
pas long- tems en sûreté dans leur camp.
Na appris de Rome du 18 du mois dernier ,
que le grand nombre de Bâtimens de tranfport,
que les Anglois avoient pris foin de raflembler
a Fiumicino , & les mouvemens de plufieurs Régimens,
que le Prince de Lobckowitz avoit envoyés
du côté de la Mer , avoient donné lieu de croire que
ce Général penfoit à faire un embarquement , &
que l'on étoit prefque perfuadé qu'il le propofot
de tenter une defcente fur la Côte du Royaume de
Naples , lorsqu'il a fait éclater le véritable deſſein
que cachoit la feinte .
La nuit du 10 au 11 du mois dernier , un Corps
de l'armée de la Reine de Hongrie , commandé par
le Comte de Braun , & composé de fix Bataillons ,
de deux Régimens de Cavalerie , de quatre Régimens
de Huffards , & de mille Efclavons , lequel
faifoit partie des troupes que le Prince de Lobcxovvitz
avoit détachées de cette armée , & qui paroiffoient
deftinées à s'embarquer , changea fubitement
de route , & ayant fait une marche forcée , il attàqua
à la pointe du jour la gauche du camp du Roi
des deux Siciles .
Le quartier , où la Brigade d'Irlande étoit avec
deux Régimens de Dragons , fut furpris , & cette
Brigade fut extrêmement maltraitée . Le Comte de
Braun pénétra jufques dans la Ville de Velletri , qui
n'étoit
SEPTEMBRE. 1744. 2079
n'étoit défenduë que par un petit nombre de troupes
, parce que S. M. Sic . avoit donné toute fon attention
à la garde de la Montagne de la Fayola.
Pendant que le Détachement du Comte de Braun
pilloit Velletri , & y brûloit les maifons dans lefquelles
plufieurs des principaux Officiers Espagnols
& Napolitains étoient logés , le Prince de Lobcкovvitz
de fon côté attaqua la Montagne par differens
endroits.
Le Comte de Gages , à la tête de quelques Brigades
de l'armée Espagnole , foutint toutes ces attaques
, & repouffa par tout les Allemands . La Brigade
de la Reine & le Régiment des Albanois fe
font diftingués particulierement en cette occafion.
Le Roi des deux Siciles , étant allé au fecours da
Comte de Gages , & ayant chargé les Allemands
avec le Régiment des Gardes Efpagnoles , la préfence
de S. M. Sic. anima rellement les Efpagnols
& les Napolitains , que non feulement ils rendirent
inutiles tous les efforts que le Corps commandé par
le Prince de Lobсkowitz fit pour les déloger de in
Montagne , mais encore qu'ils obligerent ce Géné
Jal à la retraite .
Le Corps , qui étoit entré dans Velletri , & qui
étoit fous les ordres du Comte de Braun , ne fut
pas plus heureux , & il en fut chaffé par le Duc de
Caftro Pignano , qui fecondé de Don Placide de
Sangro , Lieutenant Général , & de Don Guillaume
Lecy , Maréchal de Camp , tomba fur ce Corps.
avec tant de vivacité , qu'à peine les Allemands
eurent le tems de fe reconnoître.
Le Duc d'Atrifco , qui commandoit un Corps de
Cavalerie Espagnole , le joignit au Duc de Caftro
Pignano , pour les pourfuivre , & toutes les troupes
de la Reine de Hongrie , tant celles , qui avoient
G iiij fur2080
MERCURE DE FRANCE.
furpris la gauche du camp , que celles à la tête de
quelles le Prince de Lobckowitz avoit voulu force
Ja droite , furent pouflées fans relâche jufques audelà
de leur camp
Les Efpagnols & les Napolitains ont fait prifonniers
8co Soldats & beaucoup d'Officiers, du nombre
defquels eft le Général Novati, & quoique quelques
unes des troupes combinées ayent beaucoup
fouffert , leur perte n'eft pas fi confidérable que celle
des Allemands , qui ont eû environ 3000 hommes
tués ou bleffés . On compte le Général d'Olonne
parmi les premiers , & le Comte de Braun parmi
les feconds .
Du côté des Espagnols & des Napolitains , le
Comte de Beaufort , Lieutenant Général , eft mort
de fes bleffures , & le Comte Mariani , qui étoit
malade de la goute à Velletri , a été fait prifonnier.
Il y a eû plufieurs Officiers de bleffés , particulierement
dans le Régiment des Gardes Walonnes , qui
a combattu avec une valeur digne de fa réputation,
& qui a fait un grand nombre de prifonniers.
La prudence , avec laquelle le Roi des deux Sici
les a donné les ordres , à contribué , autant que les
exemples d'intrépidité qu'il a donnés à fes troupes ,
à faire tourner au défavantage des Allemands une
entreprife , à laquelle les mesures prifes par le Prince
de Lobckowitz fembloient promettre un meilleur
fuccès , & dans laquelle ce Général avoit été
fort aidé par l'exactitude de fes efpions.
L'ardeur & l'animofité que cette affaire a inſpirées
à l'armée de S. M. Sic . & la diminution qu'elle
a caufée dans celle de la Reine de Hongrie , ont
fait préfumer que les Allemands ne fe trouveroient
pas long- tems en sûreté dans leur camp.
Fermer
11913
p. 170-172
« Les Lettres de Venise du 11 de ce mois portent, qu'on [...] »
Début :
Les Lettres de Venise du 11 de ce mois portent, qu'on [...]
Mots clefs :
Venise, Flotte espagnole, Noblesse, Maison d'Autriche, Vaisseaux, Prince, Gouvernement, Troupes, Victoire, Réjouissances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Lettres de Venise du 11 de ce mois portent, qu'on [...] »
L
de ce Es Lettres de Veniſe du 1
mois portent, qu'on commençoit à
paroître fort intrigué ſur les Projets
de la Flote d'Eſpagne. La Nobleffe
publie hautement que la République
étoit prête d'exécuter le dernier Traité
Alliance conclu avec la Maiſon d'Autriche
, en vertu duquel le Sénat s'eſt
cugagé de fournir 4000 hommes & un
certain nombre de Vaiſſeaux à l'Empereur,
files Etats que ce Prince pofféde
en Italie , étoient attaqués par quelque
autre Puiſſance pendant la Caerre
DE SEPTEMBRE. 171
Ge
10
%
t
i
$
du Turc. Ce ſecours doit être même
plus oumoins conſidérable ſelon le lieu
l'Emper. ſera attaqué. LesChefs du
gouvernement ont interrogé le Capello
qui eſt revenu depuis peu de la Reſidence
de Naples ,touchant les ſentimens
des Peuples de ce Royaume
il leur a répondu qu'il croyoit que ſi
les Eſpagnols s'en approchoient , il y
auroit dans ce Pays-là un ſoulevement
preſque générale en leur faveur : Que
deux jours auparavant , on avoit reçû
un Courier de Corfou , avec des Lertres
du Capitaine Général,datrées du
27Aouft, qui portoient que les Turcs
aſſembloient un Corps de Troupes &
qu'ayant avec eux du Canon , il érot
craindre qu'ils n'euffent formé le
deſſeinde faire le Siége de cette Place .
Que ceſoupçon étoit confirmé par le
voiſinagede leurFlote qui s'approchoit
du Zante au nombre de 48 voiles carées,
dont 8 Galéres & 14 demie Galé
res ou Galiotes s'étoient même avancées
juſqu'aux Ifles de Sapienza. Difficilement
lesVénitiens pourront- ils s'oppoſer
à cette entrepriſe.
א
Le peuple a fait ici de grands Feus
de joye , à l'occafion de la Victoire
Pij
172 LE MERCURE
remportée par l'Armée du Prince Eugéne
fur celle des Turcs : Ily a lieu de
préſumer que le Prince Eugene profitant
de la terreur où ils sont , s'avancera
vers Nilla & au delà : Que par des
détachemens , il s'emparera de la Boſnie,&
en fera couler juſque ſur la Côte
du Golphe Adriatique , pour ſerendre
maître de Santary ,deDulcigno & autres
lieux ; afin d'établir par ce Golphe
une communication avec le Royaume
de Naples & l'Italie : Cette grande
Victoire a fait changer la réſolution
priſe de faire paffer 3000 hommes de
Dalmatie au Levant .
de ce Es Lettres de Veniſe du 1
mois portent, qu'on commençoit à
paroître fort intrigué ſur les Projets
de la Flote d'Eſpagne. La Nobleffe
publie hautement que la République
étoit prête d'exécuter le dernier Traité
Alliance conclu avec la Maiſon d'Autriche
, en vertu duquel le Sénat s'eſt
cugagé de fournir 4000 hommes & un
certain nombre de Vaiſſeaux à l'Empereur,
files Etats que ce Prince pofféde
en Italie , étoient attaqués par quelque
autre Puiſſance pendant la Caerre
DE SEPTEMBRE. 171
Ge
10
%
t
i
$
du Turc. Ce ſecours doit être même
plus oumoins conſidérable ſelon le lieu
l'Emper. ſera attaqué. LesChefs du
gouvernement ont interrogé le Capello
qui eſt revenu depuis peu de la Reſidence
de Naples ,touchant les ſentimens
des Peuples de ce Royaume
il leur a répondu qu'il croyoit que ſi
les Eſpagnols s'en approchoient , il y
auroit dans ce Pays-là un ſoulevement
preſque générale en leur faveur : Que
deux jours auparavant , on avoit reçû
un Courier de Corfou , avec des Lertres
du Capitaine Général,datrées du
27Aouft, qui portoient que les Turcs
aſſembloient un Corps de Troupes &
qu'ayant avec eux du Canon , il érot
craindre qu'ils n'euffent formé le
deſſeinde faire le Siége de cette Place .
Que ceſoupçon étoit confirmé par le
voiſinagede leurFlote qui s'approchoit
du Zante au nombre de 48 voiles carées,
dont 8 Galéres & 14 demie Galé
res ou Galiotes s'étoient même avancées
juſqu'aux Ifles de Sapienza. Difficilement
lesVénitiens pourront- ils s'oppoſer
à cette entrepriſe.
א
Le peuple a fait ici de grands Feus
de joye , à l'occafion de la Victoire
Pij
172 LE MERCURE
remportée par l'Armée du Prince Eugéne
fur celle des Turcs : Ily a lieu de
préſumer que le Prince Eugene profitant
de la terreur où ils sont , s'avancera
vers Nilla & au delà : Que par des
détachemens , il s'emparera de la Boſnie,&
en fera couler juſque ſur la Côte
du Golphe Adriatique , pour ſerendre
maître de Santary ,deDulcigno & autres
lieux ; afin d'établir par ce Golphe
une communication avec le Royaume
de Naples & l'Italie : Cette grande
Victoire a fait changer la réſolution
priſe de faire paffer 3000 hommes de
Dalmatie au Levant .
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11914
p. 158-160
De Venise, le 4 Décembre.
Début :
Le Czarovitz, autrement le fils aîné de S. M, Cz que l'on [...]
Mots clefs :
Naples, Tsar, Humeur, Déserteurs, Vénitiens, Cavaliers, Munitions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Venise, le 4 Décembre.
De Venife , le 4 Décembre.
E Czarovitz , autrement le fils aîné
Lie S.M. Cz.que l'on attendoit ici à
fon retour deNaples ,n'y eft point venu.
Il a paffé de Boulogne à Verone , pour
fe rendre à Vienne , & delà à Péterbourg,
pour aller trouver le Czar ,
avec qui il eft rentré en grace.
Le deffein échoué fur Antivari , a
mis de mauvais humeur le Sénat . Il
s'en prend à M. de Noftitz qui . commandoit
le débarquement ; & celui ci
rejette la faute fur M. de Mocenigo ,
DE DECEMBRE. 159
qui ne put empêcher , que quelques
Déferteurs qui fe fauvérent par les
Montagnes , n'avertiffent les Turcs de
l'approche des Vénitiens . Mais , il faut
s'en prendre aux mécontentements des
Troupes qui estoient la pûpart débandées.
Comme les noblesVénitiens n'ont
jamais tort , il a efté donné à M. de
Noftitz qui paroît fort content de
quitter ce fervice . On a efté un peu confolé
de ce mauvais fuccez ', par la priſe
de la Prévefa , gardée par 600 Ottomans
& 600 Cavaliers. Le Comman
dant des Infidéles y a efté tué , & les
Vénitiens y ont trouvé aprés 5 jours
d'attaques , 1 piéces de canon , beaucoup
de bagages & de munitions.
Il a paffé ces jours- ci 1000 ou 1200
hommes de Recrues Allemandes , par
le Territoire de Vérone , pour les Régimens
de cette Nation qui fervent
dans le Milanois : On en attend encore
2000 .
Les Vénitiens fe font enfin réfolus de
demander au Roy de Sicile le renvoi
de 2 ou 300 hommes , qui s'eftant révoltés
fur le Vaiffeaux de guerre le
San Pio Vo , s'en eftoient emparés ,
& l'avoient conduit en Sicile ой
160 LE MERCURE
à peine furent- ils débarquez , qu'ils fu
rent arrêtez par ordre du Vice- Roy.
E Czarovitz , autrement le fils aîné
Lie S.M. Cz.que l'on attendoit ici à
fon retour deNaples ,n'y eft point venu.
Il a paffé de Boulogne à Verone , pour
fe rendre à Vienne , & delà à Péterbourg,
pour aller trouver le Czar ,
avec qui il eft rentré en grace.
Le deffein échoué fur Antivari , a
mis de mauvais humeur le Sénat . Il
s'en prend à M. de Noftitz qui . commandoit
le débarquement ; & celui ci
rejette la faute fur M. de Mocenigo ,
DE DECEMBRE. 159
qui ne put empêcher , que quelques
Déferteurs qui fe fauvérent par les
Montagnes , n'avertiffent les Turcs de
l'approche des Vénitiens . Mais , il faut
s'en prendre aux mécontentements des
Troupes qui estoient la pûpart débandées.
Comme les noblesVénitiens n'ont
jamais tort , il a efté donné à M. de
Noftitz qui paroît fort content de
quitter ce fervice . On a efté un peu confolé
de ce mauvais fuccez ', par la priſe
de la Prévefa , gardée par 600 Ottomans
& 600 Cavaliers. Le Comman
dant des Infidéles y a efté tué , & les
Vénitiens y ont trouvé aprés 5 jours
d'attaques , 1 piéces de canon , beaucoup
de bagages & de munitions.
Il a paffé ces jours- ci 1000 ou 1200
hommes de Recrues Allemandes , par
le Territoire de Vérone , pour les Régimens
de cette Nation qui fervent
dans le Milanois : On en attend encore
2000 .
Les Vénitiens fe font enfin réfolus de
demander au Roy de Sicile le renvoi
de 2 ou 300 hommes , qui s'eftant révoltés
fur le Vaiffeaux de guerre le
San Pio Vo , s'en eftoient emparés ,
& l'avoient conduit en Sicile ой
160 LE MERCURE
à peine furent- ils débarquez , qu'ils fu
rent arrêtez par ordre du Vice- Roy.
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11915
p. 556-560
Sermons de l'Abbé Anselme, [titre d'après la table]
Début :
SERMONS DE L'AVENT, du Carême, et sur differens sujets, par [...]
Mots clefs :
Sermons de l'Avent, Religion, Prédicateur, Carême, Panégyriques , Éloquence, Édition
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sermons de l'Abbé Anselme, [titre d'après la table]
SERMONS DE L'AVENT , du Carême
, et sur differens sujets , par Messire
Antoine Anselme , Abbé de S. Sever , Cap
de Gascogne , Prédicateur Ordinaire du
Roi , de l'Académie Royale des Inscrip
tions et Belles- Lettres. Chez Julien Michel
Gandouin , Quai de Conti , aux trois
Vertus , et Pierre François Giffart , rue Saint
Facques , à l'Image Sainte Therefe 1731. 6.
Vol. in 12. ou 4. Vol. in 8.
L'Abbé Anselme a prêché avec tant de
succès et d'applaudissement à la Cour et
dans les principales Eglises de Paris , et
tant de personnes se souviennent de la
satisfaction qu'ils ont euë de l'entendre
qu'il est inutile de prévenir le Public en
faveur de l'Edition de ses Sermons ; on
dira seulement que ses Panegyriques et
ses Eloges funebres ayant été imprimés
dès l'année 1718. on a reconnu que l'éloquence
de ce pieux et sçavant Abbé n'avoit
pas besoin pour plaire , ni même pour
émouvoir
MARS. 1731 357
émouvoir puissamment , d'être soutenue
par les charmes de la Déclamation . C'est
qu'il joint par tout la solidité du raisonnement
à l'exposition nette des plus
grands principes de la Religion , et aux
mouvemens les plus capables de toucher
d'attendrir et de changer le coeur ; on réussira
toujours quand on réunira ces deux
choses. La beauté de l'impression répond
au mérite des Sermons.
+
LE THEATRE DES PASSIONS ET
DE LA FORTUNE , ou les Avantures
surprenantes de Rosamidor et de Theoglaphire.
Histoire Australe. Par M. de
Castera. A Paris , Quay des Augustins ,
au Palais, et ruë S. Jacques, chez Saugrain,
Brunet , et Henry 1731 .
MEMOIRES SUR LA GUERRE ,
où l'on a rassemblé les maximes les plus
necessaires dans les opérations de l'Art
Militaire. Par M. le Marquis de Fenquis
res , Lieutenant General des Armées du
Roi. Servant de Tome IV. au Code Mi
litaire de M. de Briquet. A Amsterdam ,
et se vend à Paris , Quay des Augustins
chez P. Gandoüin 1731 .
TRAITE DES PRESCRIPTIONS
de l'aliénation des Biens d'Eglise et des
G Dixmes ,
8 MERCURE DE FRANCE
Dixmes , suivant les Droits Civil et Canon
, la Jurisprudence du Royaume et
les Usages du Comté de Bourgogne . Par
M. F. J. Dunod , Ancien Avocat en Parlement
, et Professeur Royal en l'Université
de Besançon . A Dijon , chez Antoine
de Fay , 1730. in 4. pages 52. pour
la Prescription de l'aliénation des Biens
d'Eglise , pages 52. pour le Traité des
Dixmes et de la maniere dont elles se
prescrivent , pages 408. pour le Traité. -
NOUVELLES CONFERENCES ECCLESIASTIQUES
du Diocèse de Luçon
, redigées par M. d'Ortigues , Curé
de ce Diocèse. A Paris , Quai des Augustins
, chez Jacques Guerin 1731. in 12.
Tome premier.
و
DECISIONS Sur chaque Article de la
Coûtume de Normandie et Observations
sur les usages locaux de la même
Coûtume , et sur les Articles placités ou
arrêtés du Parlement de Rouen , avec une
explication des termes difficiles et inusités
qui se trouvent dans le Texte de cette
Coûtume , et aussi les anciens Reglemens
de l'Echiquier de Normandie. Par Me
Pierre de Merville Ancien Avocat au
Parlement. Chez Gabriel Valeyre , ruë de
La Vieille Bouclerie. 1731. in fol.
>
CouMARS.
1731. 559
COUTUMES du Comté et Bailliage
de Montfort-Lamaury , Gambais, Neau-
Hle -le -Chastel , Saint Liger en Yveline
Enclaves et anciens Ressorts d'iceux , avec
le
Commentaire de deffunt M. Claude
Thourette , Avocat au Parlement , et au
Bailliage et Siége Royal de Montfort ,
revû , corrigé et augmenté de nouveau
par M. Claude Thourette , Avocat du Roi
au même Siege &c. Chez Jacques Clousier,
ruë S. Jacques , 1731. in 8 .
DISCOURS à l'occasion d'un Discours
de M. D. L. M. sur les Parodies. A Paris
, rue S. Jacques , chez Briasson , 1731 .
brochure in 12. de 10. pages .
L'ELOGE de la méchante femme , dédié
à Mile Honesta. Au coin de la rue Gitle-
coeur , chez Antoine de Henqueville 1731 .
brochure de so. pages.
,
Bien loin de plaindre la destinée de ceux
qui ont de méchantes femmes , croyons-les
au contraire , trop heureux et demandons
sans cesse au Ciel qu'il nous associe à leur
bonheur. Voilà comment l'Auteur finit cet
Eloge , si on peut l'appeller de ce nom ,
en tout cas on ne l'accusera pas de flater
à l'excès , ni trop obligemment , et peu
de Lecteurs , sans doute , s'uniront avec
lui dans les voeux qu'il fait , non plus
G ij
que
60 MERCURE
DE FRANCE
-
que les femmes , sur tout quand il dit
qu'elles sont ce qu'il y a de plus aimable,
parmi les choses qui ne se sont pas bonnes.
Barthelmi Alix , Libraire , ruë S. Jaçques
, au Griffon , vend seul l'Ecole de
Mars , pour apprendre facilement la Fortification
, suivant le sistême de M. de
Vauban. Par le sieur de la Suze , Gendarme
de la Garde du Roi , gravée en deux
Planches , avec l'explication du jeu .
LES PARODIES DU NOUVEAU
THEATRE ITALIEN , Ou Recueil des
Parodies representées sur le Théatre de
l'Hôtel de Bourgogne , par les Comédiens
Italiens ordinaires du Roi , avec les Airs
gravés. A Paris , ruë S. Jacques , chez
Briasson , 1731 .
, et sur differens sujets , par Messire
Antoine Anselme , Abbé de S. Sever , Cap
de Gascogne , Prédicateur Ordinaire du
Roi , de l'Académie Royale des Inscrip
tions et Belles- Lettres. Chez Julien Michel
Gandouin , Quai de Conti , aux trois
Vertus , et Pierre François Giffart , rue Saint
Facques , à l'Image Sainte Therefe 1731. 6.
Vol. in 12. ou 4. Vol. in 8.
L'Abbé Anselme a prêché avec tant de
succès et d'applaudissement à la Cour et
dans les principales Eglises de Paris , et
tant de personnes se souviennent de la
satisfaction qu'ils ont euë de l'entendre
qu'il est inutile de prévenir le Public en
faveur de l'Edition de ses Sermons ; on
dira seulement que ses Panegyriques et
ses Eloges funebres ayant été imprimés
dès l'année 1718. on a reconnu que l'éloquence
de ce pieux et sçavant Abbé n'avoit
pas besoin pour plaire , ni même pour
émouvoir
MARS. 1731 357
émouvoir puissamment , d'être soutenue
par les charmes de la Déclamation . C'est
qu'il joint par tout la solidité du raisonnement
à l'exposition nette des plus
grands principes de la Religion , et aux
mouvemens les plus capables de toucher
d'attendrir et de changer le coeur ; on réussira
toujours quand on réunira ces deux
choses. La beauté de l'impression répond
au mérite des Sermons.
+
LE THEATRE DES PASSIONS ET
DE LA FORTUNE , ou les Avantures
surprenantes de Rosamidor et de Theoglaphire.
Histoire Australe. Par M. de
Castera. A Paris , Quay des Augustins ,
au Palais, et ruë S. Jacques, chez Saugrain,
Brunet , et Henry 1731 .
MEMOIRES SUR LA GUERRE ,
où l'on a rassemblé les maximes les plus
necessaires dans les opérations de l'Art
Militaire. Par M. le Marquis de Fenquis
res , Lieutenant General des Armées du
Roi. Servant de Tome IV. au Code Mi
litaire de M. de Briquet. A Amsterdam ,
et se vend à Paris , Quay des Augustins
chez P. Gandoüin 1731 .
TRAITE DES PRESCRIPTIONS
de l'aliénation des Biens d'Eglise et des
G Dixmes ,
8 MERCURE DE FRANCE
Dixmes , suivant les Droits Civil et Canon
, la Jurisprudence du Royaume et
les Usages du Comté de Bourgogne . Par
M. F. J. Dunod , Ancien Avocat en Parlement
, et Professeur Royal en l'Université
de Besançon . A Dijon , chez Antoine
de Fay , 1730. in 4. pages 52. pour
la Prescription de l'aliénation des Biens
d'Eglise , pages 52. pour le Traité des
Dixmes et de la maniere dont elles se
prescrivent , pages 408. pour le Traité. -
NOUVELLES CONFERENCES ECCLESIASTIQUES
du Diocèse de Luçon
, redigées par M. d'Ortigues , Curé
de ce Diocèse. A Paris , Quai des Augustins
, chez Jacques Guerin 1731. in 12.
Tome premier.
و
DECISIONS Sur chaque Article de la
Coûtume de Normandie et Observations
sur les usages locaux de la même
Coûtume , et sur les Articles placités ou
arrêtés du Parlement de Rouen , avec une
explication des termes difficiles et inusités
qui se trouvent dans le Texte de cette
Coûtume , et aussi les anciens Reglemens
de l'Echiquier de Normandie. Par Me
Pierre de Merville Ancien Avocat au
Parlement. Chez Gabriel Valeyre , ruë de
La Vieille Bouclerie. 1731. in fol.
>
CouMARS.
1731. 559
COUTUMES du Comté et Bailliage
de Montfort-Lamaury , Gambais, Neau-
Hle -le -Chastel , Saint Liger en Yveline
Enclaves et anciens Ressorts d'iceux , avec
le
Commentaire de deffunt M. Claude
Thourette , Avocat au Parlement , et au
Bailliage et Siége Royal de Montfort ,
revû , corrigé et augmenté de nouveau
par M. Claude Thourette , Avocat du Roi
au même Siege &c. Chez Jacques Clousier,
ruë S. Jacques , 1731. in 8 .
DISCOURS à l'occasion d'un Discours
de M. D. L. M. sur les Parodies. A Paris
, rue S. Jacques , chez Briasson , 1731 .
brochure in 12. de 10. pages .
L'ELOGE de la méchante femme , dédié
à Mile Honesta. Au coin de la rue Gitle-
coeur , chez Antoine de Henqueville 1731 .
brochure de so. pages.
,
Bien loin de plaindre la destinée de ceux
qui ont de méchantes femmes , croyons-les
au contraire , trop heureux et demandons
sans cesse au Ciel qu'il nous associe à leur
bonheur. Voilà comment l'Auteur finit cet
Eloge , si on peut l'appeller de ce nom ,
en tout cas on ne l'accusera pas de flater
à l'excès , ni trop obligemment , et peu
de Lecteurs , sans doute , s'uniront avec
lui dans les voeux qu'il fait , non plus
G ij
que
60 MERCURE
DE FRANCE
-
que les femmes , sur tout quand il dit
qu'elles sont ce qu'il y a de plus aimable,
parmi les choses qui ne se sont pas bonnes.
Barthelmi Alix , Libraire , ruë S. Jaçques
, au Griffon , vend seul l'Ecole de
Mars , pour apprendre facilement la Fortification
, suivant le sistême de M. de
Vauban. Par le sieur de la Suze , Gendarme
de la Garde du Roi , gravée en deux
Planches , avec l'explication du jeu .
LES PARODIES DU NOUVEAU
THEATRE ITALIEN , Ou Recueil des
Parodies representées sur le Théatre de
l'Hôtel de Bourgogne , par les Comédiens
Italiens ordinaires du Roi , avec les Airs
gravés. A Paris , ruë S. Jacques , chez
Briasson , 1731 .
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Résumé : Sermons de l'Abbé Anselme, [titre d'après la table]
En 1731, plusieurs ouvrages et publications marquants ont été publiés. Antoine Anselme, Abbé de Saint-Sever, s'est distingué par ses sermons prêchés à la Cour et dans les principales églises de Paris. Ses sermons, publiés la même année, sont appréciés pour leur éloquence et leur capacité à émouvoir sans recours à la déclamation. Ils se caractérisent par une solidité de raisonnement et une exposition claire des principes religieux. Parmi les autres publications notables, on trouve 'Le Théâtre des Passions et de la Fortune' de M. de Castera, une histoire australe, et 'Mémoires sur la Guerre' du Marquis de Fenquis, qui compile des maximes militaires. M. Dunod a publié le 'Traité des Prescriptions', traitant des droits civil et canonique relatifs aux biens d'Église et aux dîmes. Les 'Nouvelles Conférences Ecclésiastiques' du Diocèse de Luçon, rédigées par M. d'Ortigues, sont également mentionnées. Le domaine juridique est représenté par les 'Décisions sur chaque Article de la Coutume de Normandie' de Me Pierre de Merville et les 'Coutumes du Comté et Bailliage de Montfort-Lamaury'. Enfin, plusieurs brochures et recueils littéraires, tels que 'L'Éloge de la méchante femme' et 'Les Parodies du Nouveau Théâtre Italien', complètent cette liste.
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11916
p. 145
BAPTEME.
Début :
Auguste-Charlotte, née le 7 Mars dernier de Charles-Joseph-François Boudart, [...]
Mots clefs :
Marquis, Baron, Fille, Parrains et marraines, Comte, Demoiselle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BAPTEME.
BAPTE ME.
·
Augufte-Charlotte , née le 7 Mars dernier de
Charles Jofeph - François Boudart , Marquis de
Couturelle , & de Catherine-Charlotte de Wignacourt
, Fille du Baron d'Humbercourt ,
fut baptifée le 22 Mai fuivant par l'Evêque de
Ferpignan à Couturelle en Artois . Elle a eu
pour Parrain & Marraine Leurs Alteffes Electorales
Palatines , repréfentées par le Comte de
Couturelle , Chambellan actuel de l'Electeur , &
par Demoiſelle de Wignacourt.
·
Augufte-Charlotte , née le 7 Mars dernier de
Charles Jofeph - François Boudart , Marquis de
Couturelle , & de Catherine-Charlotte de Wignacourt
, Fille du Baron d'Humbercourt ,
fut baptifée le 22 Mai fuivant par l'Evêque de
Ferpignan à Couturelle en Artois . Elle a eu
pour Parrain & Marraine Leurs Alteffes Electorales
Palatines , repréfentées par le Comte de
Couturelle , Chambellan actuel de l'Electeur , &
par Demoiſelle de Wignacourt.
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11917
p. 145
SERVICE.
Début :
Le 27 Juillet, on a célébré dans l'Abbaye Royale de S. Denis [...]
Mots clefs :
Abbaye, Colonel, Régiment, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SERVICE.
SERVICE.
Le 27 Juillet , on a célébré dans l'Abbaye
Royale de S. Denis en France le Service anniverfaire
du Vicomte de Turenne , le Sieur
de Merlet , Colonel du Régiment de Paris y a
affifté , ainſi que tous les Officiers de ce Corps .
Le 27 Juillet , on a célébré dans l'Abbaye
Royale de S. Denis en France le Service anniverfaire
du Vicomte de Turenne , le Sieur
de Merlet , Colonel du Régiment de Paris y a
affifté , ainſi que tous les Officiers de ce Corps .
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11918
p. 145
MORTS.
Début :
François Duc de Fitz-James, Pair de France ancien Premier Aumônier [...]
Mots clefs :
Aumônier, Abbé, Lieutenant, Comte, Décès
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
François Duc de Fitz-James , Pair de France e
ancien Premier Aumônier du Roi , Evêque ds
Soillons & Abbé Commendataire des Abbaye ,
Royales de S. Victor , Ordre de S. Auguftin
Diocéle de Paris , & de Bocherville , Ordre de
S. Benoît , Diocéfe de Rouen eft mort à
Paris le 29 Juillet , âgé de cinquante- cinq ans.
Henri de Sabrevois , Lieutenant Général des
Armées du Roi , & ancien Lieutenant- Général
& Directeur en Chef de l'Artillerie , ayant le
Département Général d'Alface , & du Duché
& Comté de Bourgogne , eft mort en la Terre de
Corbereufe , près de Dourdan , le 25 Juillet
dans la quatre-vingtiéme année de fon âge.
-
Guy Marie de Lopriac , Comte de Donge ,
Maréchal de Camp , eft mort à Paris le 19
Juillet dans la foixante- deuxième année de
fon âge.
François Duc de Fitz-James , Pair de France e
ancien Premier Aumônier du Roi , Evêque ds
Soillons & Abbé Commendataire des Abbaye ,
Royales de S. Victor , Ordre de S. Auguftin
Diocéle de Paris , & de Bocherville , Ordre de
S. Benoît , Diocéfe de Rouen eft mort à
Paris le 29 Juillet , âgé de cinquante- cinq ans.
Henri de Sabrevois , Lieutenant Général des
Armées du Roi , & ancien Lieutenant- Général
& Directeur en Chef de l'Artillerie , ayant le
Département Général d'Alface , & du Duché
& Comté de Bourgogne , eft mort en la Terre de
Corbereufe , près de Dourdan , le 25 Juillet
dans la quatre-vingtiéme année de fon âge.
-
Guy Marie de Lopriac , Comte de Donge ,
Maréchal de Camp , eft mort à Paris le 19
Juillet dans la foixante- deuxième année de
fon âge.
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Résumé : MORTS.
Le texte relate les décès de trois personnalités françaises. François Duc de Fitz-James, Pair de France et ancien Premier Aumônier du Roi, est mort à Paris le 29 juillet à cinquante-cinq ans. Henri de Sabrevois, Lieutenant Général des Armées du Roi, est décédé à Corbereuse le 25 juillet à quatre-vingts ans. Guy Marie de Lopriac, Comte de Donge et Maréchal de Camp, est mort à Paris le 19 juillet à soixante-deux ans.
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11919
p. 75-76
ENIGME.
Début :
Pur ouvrage de la nature, [...]
Mots clefs :
Cornes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
PUR ouvrage de la nature ,
Ou je fuis je fers d'ornement :
Mais quand quelque trifte aventure
Dij
76 MERCURE DE FRANCE .
M'a produit , je fuis différent :
Le vulgaire ne m'enviſage ,
Qu'avec une espece d'horreur.
Je ne fuis rien aux yeux du fage :
Le Courtifan me fait fervir à fa grandeur ,
Et quoiqu'à mes fujets , outre un dur esclavage ,
J'imprime un trait qui femble les fétrir ;
Chaque jour cependant j'aggrandis mon empire.
Tu demandes mon nom ? je n'ofe te le dire.
Je crains , lecteur , de te faire rougir.
ET
Par T. P. de Paris.
PUR ouvrage de la nature ,
Ou je fuis je fers d'ornement :
Mais quand quelque trifte aventure
Dij
76 MERCURE DE FRANCE .
M'a produit , je fuis différent :
Le vulgaire ne m'enviſage ,
Qu'avec une espece d'horreur.
Je ne fuis rien aux yeux du fage :
Le Courtifan me fait fervir à fa grandeur ,
Et quoiqu'à mes fujets , outre un dur esclavage ,
J'imprime un trait qui femble les fétrir ;
Chaque jour cependant j'aggrandis mon empire.
Tu demandes mon nom ? je n'ofe te le dire.
Je crains , lecteur , de te faire rougir.
ET
Par T. P. de Paris.
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11920
p. 167-169
GRAVURE.
Début :
lL paroît une Estampe nouvelle, dédiée à M. Handmann, Peintre à Basle, [...]
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texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
lL paroît une Estampe nouvelle, dédiée
à M. Handmann, Peintre à Basle,
repréſentant la Lune cachée , gravée
d'après le tableau original de Vander
néer, par le ſieur Zingg. Cet ingénieux
Artiſte, qui par l'intelligence de ſon
art & un burin extrêmement flatteur ,
·
168 MERCURE DE FRANCE. .
a le ſecret de rendre intéreſſantes : ſes
moindres productions, a ſçu réunir dans
celle-ci le gracieux à un très-bel effet.
Cette Eſtampe, dont le prix eſt de 1 liv.
• ſe trouve chez le fieur Aliamet , Gra
veur du RoI , rue des Mathurins, vis
à-vis celle des Maçons.
-
On trouve auſſi chez le même deux
autres Eſtampes nouvelles, gravées d'a-
près les Table auxoriginaux de Berghem,
qui ſont au cabinet de M. le Chevalier
Damery. Le prix de chacune de ces Eſ
tampes eſt de 1 liv. 16 ſ
Le ſieur MIGER vient de graver une
Eſtampe, d'après le Tableau Original,
peint à Rome d'après nature , par M.
Vien , intitulée l'Hermite ſans ſouci. Ce
Morceau qui ne peut faire que beau
coup d'honneur au burin de cet Artiſte,
eſt dédié à M. Cochin , Chevalier de
l'Ordre du RoI, Secrétaire perpétuel &
Hiſtoriographe de l'Académie Royale
de Peinture & de Sculpture ; & ſe vend
au vieux Louvre , chez M. Vien, Peintre
du RoI.
PLAN d'une Maiſon , avec ſes dé
pendances, provenant de la ſucceſſion
-
de
M A I. 1764.
16g
de S. A. S. Mgr le COMTE DE CHA
RoLoIS , ſituée à la Nouvelle-France,
fait, & levé par M. Gillet, le jeune,
Architecte. Prix, 1 liv. 1o ſ. Chez l'Au
teur, grande rue du Fauxbourg Saint
Martin.
· Il ſe trouve attenant ce Château,
pluſieurs Maiſons propres pour des Ma
nufacture , pour des Marchands de
Vin & autres, que le ſieur Chefdeville ,
Officier du RoI , Maître de Muſette
des D A M E S D E F R A N C E , a
fait conſtruire , avec de beaux Jar
dins garnis d'eſpaliers & des meilleurs
fruits ; ainſi que de grands Emplace
mens propres a bâtir ſoit ſur trois rues,
ſoit du côté de la Campagne , à ven
dre en une ou en pluſieurs parties. On
peut s'adreſſer au ſieur Chefdeville ,
tous les Mardi & Vendredi de chaque
ſemaine après-midi, en ladite Maiſon ;
chez l'Auteur du Plan , à l'adreſſe ci
deſſus indiquée , & à MM. Maréchal
& Trutat, Notaires , rue de Condé à
Paris, qui donneront ſur ce Sujet,tous
les éclairciſſemens néceſſaires.
lL paroît une Estampe nouvelle, dédiée
à M. Handmann, Peintre à Basle,
repréſentant la Lune cachée , gravée
d'après le tableau original de Vander
néer, par le ſieur Zingg. Cet ingénieux
Artiſte, qui par l'intelligence de ſon
art & un burin extrêmement flatteur ,
·
168 MERCURE DE FRANCE. .
a le ſecret de rendre intéreſſantes : ſes
moindres productions, a ſçu réunir dans
celle-ci le gracieux à un très-bel effet.
Cette Eſtampe, dont le prix eſt de 1 liv.
• ſe trouve chez le fieur Aliamet , Gra
veur du RoI , rue des Mathurins, vis
à-vis celle des Maçons.
-
On trouve auſſi chez le même deux
autres Eſtampes nouvelles, gravées d'a-
près les Table auxoriginaux de Berghem,
qui ſont au cabinet de M. le Chevalier
Damery. Le prix de chacune de ces Eſ
tampes eſt de 1 liv. 16 ſ
Le ſieur MIGER vient de graver une
Eſtampe, d'après le Tableau Original,
peint à Rome d'après nature , par M.
Vien , intitulée l'Hermite ſans ſouci. Ce
Morceau qui ne peut faire que beau
coup d'honneur au burin de cet Artiſte,
eſt dédié à M. Cochin , Chevalier de
l'Ordre du RoI, Secrétaire perpétuel &
Hiſtoriographe de l'Académie Royale
de Peinture & de Sculpture ; & ſe vend
au vieux Louvre , chez M. Vien, Peintre
du RoI.
PLAN d'une Maiſon , avec ſes dé
pendances, provenant de la ſucceſſion
-
de
M A I. 1764.
16g
de S. A. S. Mgr le COMTE DE CHA
RoLoIS , ſituée à la Nouvelle-France,
fait, & levé par M. Gillet, le jeune,
Architecte. Prix, 1 liv. 1o ſ. Chez l'Au
teur, grande rue du Fauxbourg Saint
Martin.
· Il ſe trouve attenant ce Château,
pluſieurs Maiſons propres pour des Ma
nufacture , pour des Marchands de
Vin & autres, que le ſieur Chefdeville ,
Officier du RoI , Maître de Muſette
des D A M E S D E F R A N C E , a
fait conſtruire , avec de beaux Jar
dins garnis d'eſpaliers & des meilleurs
fruits ; ainſi que de grands Emplace
mens propres a bâtir ſoit ſur trois rues,
ſoit du côté de la Campagne , à ven
dre en une ou en pluſieurs parties. On
peut s'adreſſer au ſieur Chefdeville ,
tous les Mardi & Vendredi de chaque
ſemaine après-midi, en ladite Maiſon ;
chez l'Auteur du Plan , à l'adreſſe ci
deſſus indiquée , & à MM. Maréchal
& Trutat, Notaires , rue de Condé à
Paris, qui donneront ſur ce Sujet,tous
les éclairciſſemens néceſſaires.
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11921
p. 95-98
« Le 5. Mr le Cardinal de Noailles eût l'honneur de saluer Le [...] »
Début :
Le 5. Mr le Cardinal de Noailles eût l'honneur de saluer Le [...]
Mots clefs :
Cardinal, Officier, Décès, Opération, Huissier, Envoyé extraordinaire, Marquis, Nièce, Nomination, Chancelier, Cérémonie, Naissance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 5. Mr le Cardinal de Noailles eût l'honneur de saluer Le [...] »
Le s. Mr le Cardinal de Noailles
eût l'honneur de faluer LE ROY ,
après deux mois d'abfence caufée
par la petite verole de Mr l'Abbé
de Gontault. CetteEminence témoigna
à S. M. combien ce terme lui
avoit parû long.
Le 7. Mr Cantin ancien Officier
du Roy , Barbier , Perruquier , Me
d'Hôtel , Premier Valet de Chambre
& de Garde - Robe , mourut
d'une Paralyfie , dont il avoit efté
attaqué il y a environ cinq ans.
Le 3. le S LODUMIER arracha
deux dents au Roy, l'une qui branloit
, & l'autre qui étoit mal placée .
Le Royfouffrit cette opération douloureuſe
avec beaucoup de fermeté
& de patience ; il garda la chambre
par précaution.
Le 9. Mr Caterby, Chef du Goblet
vin du Roy , eut l'agrément de
la Charge de Mr Vaſſal , Huiffier
duCabinet du Roy , du Semestre de
Janvier à 55000. livres. S. M. en
memoire des anciens fervices de fa
famille lui a accordé un Brevet de
96 LE NOUVEAU
retenuë de 30000 livres .
M. le Baron de SCHUмk Envoyé
extraordinaire du Duc de VIRTEMBERG
, eut le matin fa premiere Au
dience du Roy , dans laquelle il
complimenta S. M. fur fon Avenement
à la Couronnes
Le to Mr le Marquis de la VRILLIERE
, accompagné de Mr de
SEIGNELAY , & de plufieurs autres
Seigneurs est entré chez le Roy , qui
a figné le Contrat de Mariage deMr
le Comte de Seignelay cy - devant
Abbé , avec Mlle de Valfafine , originaire
d'Allemagne , & Niéce du
Prince de la Tour , General des
Poftes de l'Empire.
Mr le Marquis de Theſut , à qui
on avoit ôté il y a quelques années
un Regiment de fon nom , levé à
fes dépens, ayant préfenté un Placet
à Msi le Duc Regent , fur le raport
de Mr le Maréchal de Villars
à S. A. R. on lui a fait la justice
de le rétablir dans la Charge de Colonel.
Ce Marquis eft forti d'une
des plus anciennes Maifons de Bourgogne.
L'on
MERCURE
97
L'on écrit de Limoges que fur la
nouvelle de la
nomination de Mr
DAGUESSEAU à la dignité de
Chancelier & Garde des Seaux de
France , les Habitans avoient don
nés des marques
éclatantes de leur
zele & de leur joye pour cette Promotion.
Puifque le
Dimanche 14
Février , le Corps de l'Hôtel de
Ville fit éxécuter un beauFeu d'Artifice
, aux
acclamations
publiques ,
accompagnées
de plufieures décharges
d'artillerie
.
Cette cérémonie fut fuivie d'un
grand repas que donna la Cour Préfidiale
, où les Confuls de l'Hôtel
de Ville affifterent .
Cette Capitale a raiſon de ſe féliciter
d'avoir donné le jour à ce prémier
chef de la Juftice ; elle conferve
avec foin dans fes Regiftres,
la réponſe flâteufe que feu Mr Da
gueffeau Confeiller d'Etat , pour
lors Intendant de cette Province ,
fit aux Officiers de l'Hôtel de Ville :
étant allez en Corps le complimenter
fur la naiffance de fon fils
Mars
1717. I
98*
LE
NOUVEAUpremier
né , qui eft Mr le Chancecelier
d'aujourd'huy
, il leur répondit
avec bonté , Meffieurs , le Ciel
m'a donné un Succeffeur
& à votre
Ville , un Protecteur
.
eût l'honneur de faluer LE ROY ,
après deux mois d'abfence caufée
par la petite verole de Mr l'Abbé
de Gontault. CetteEminence témoigna
à S. M. combien ce terme lui
avoit parû long.
Le 7. Mr Cantin ancien Officier
du Roy , Barbier , Perruquier , Me
d'Hôtel , Premier Valet de Chambre
& de Garde - Robe , mourut
d'une Paralyfie , dont il avoit efté
attaqué il y a environ cinq ans.
Le 3. le S LODUMIER arracha
deux dents au Roy, l'une qui branloit
, & l'autre qui étoit mal placée .
Le Royfouffrit cette opération douloureuſe
avec beaucoup de fermeté
& de patience ; il garda la chambre
par précaution.
Le 9. Mr Caterby, Chef du Goblet
vin du Roy , eut l'agrément de
la Charge de Mr Vaſſal , Huiffier
duCabinet du Roy , du Semestre de
Janvier à 55000. livres. S. M. en
memoire des anciens fervices de fa
famille lui a accordé un Brevet de
96 LE NOUVEAU
retenuë de 30000 livres .
M. le Baron de SCHUмk Envoyé
extraordinaire du Duc de VIRTEMBERG
, eut le matin fa premiere Au
dience du Roy , dans laquelle il
complimenta S. M. fur fon Avenement
à la Couronnes
Le to Mr le Marquis de la VRILLIERE
, accompagné de Mr de
SEIGNELAY , & de plufieurs autres
Seigneurs est entré chez le Roy , qui
a figné le Contrat de Mariage deMr
le Comte de Seignelay cy - devant
Abbé , avec Mlle de Valfafine , originaire
d'Allemagne , & Niéce du
Prince de la Tour , General des
Poftes de l'Empire.
Mr le Marquis de Theſut , à qui
on avoit ôté il y a quelques années
un Regiment de fon nom , levé à
fes dépens, ayant préfenté un Placet
à Msi le Duc Regent , fur le raport
de Mr le Maréchal de Villars
à S. A. R. on lui a fait la justice
de le rétablir dans la Charge de Colonel.
Ce Marquis eft forti d'une
des plus anciennes Maifons de Bourgogne.
L'on
MERCURE
97
L'on écrit de Limoges que fur la
nouvelle de la
nomination de Mr
DAGUESSEAU à la dignité de
Chancelier & Garde des Seaux de
France , les Habitans avoient don
nés des marques
éclatantes de leur
zele & de leur joye pour cette Promotion.
Puifque le
Dimanche 14
Février , le Corps de l'Hôtel de
Ville fit éxécuter un beauFeu d'Artifice
, aux
acclamations
publiques ,
accompagnées
de plufieures décharges
d'artillerie
.
Cette cérémonie fut fuivie d'un
grand repas que donna la Cour Préfidiale
, où les Confuls de l'Hôtel
de Ville affifterent .
Cette Capitale a raiſon de ſe féliciter
d'avoir donné le jour à ce prémier
chef de la Juftice ; elle conferve
avec foin dans fes Regiftres,
la réponſe flâteufe que feu Mr Da
gueffeau Confeiller d'Etat , pour
lors Intendant de cette Province ,
fit aux Officiers de l'Hôtel de Ville :
étant allez en Corps le complimenter
fur la naiffance de fon fils
Mars
1717. I
98*
LE
NOUVEAUpremier
né , qui eft Mr le Chancecelier
d'aujourd'huy
, il leur répondit
avec bonté , Meffieurs , le Ciel
m'a donné un Succeffeur
& à votre
Ville , un Protecteur
.
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11922
p. 160
De Turin, le 10 Décembre.
Début :
Les ordres viennent d'estre donnés aux Officiers des Troupes, de tenir leurs [...]
Mots clefs :
Officiers, Compagnies, Régiments, Cavalerie, Soldats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Turin, le 10 Décembre.
De Turin , le 10 Décembre.
Es ordres viennent d'eftre donnés
remis
leurs Compagnies complettes pour le
mois de Fevrier prochain. Comme
nous fommes informez qu'il doit arriver
dans
peu, un corps de 10 à 12000
Impériaux dans le Milanois , on prend
ici toutes les précautions néceffaires,
pour empêcher que ces troupes ne faffent
quelques entreprifes fur quelques
unes des Places dépendantes des Etats
de S. M. Sic. C'est pourquoi , on a fait
fortir de leurs quartiers plufieurs Regimens
d'Infanterie , de Cavalerie & de
Dragons ; pour occuper tous les poftes
& les paffages fur nos Frontières ; afin
de prévenir les Troupes Allemandes ,
& en même-tems , obferver leurs démarches
. Le Roy de Sicile a ordonné
que l'on congédiât de chaque Compagnie
, tous les Soldats malingres.
Es ordres viennent d'eftre donnés
remis
leurs Compagnies complettes pour le
mois de Fevrier prochain. Comme
nous fommes informez qu'il doit arriver
dans
peu, un corps de 10 à 12000
Impériaux dans le Milanois , on prend
ici toutes les précautions néceffaires,
pour empêcher que ces troupes ne faffent
quelques entreprifes fur quelques
unes des Places dépendantes des Etats
de S. M. Sic. C'est pourquoi , on a fait
fortir de leurs quartiers plufieurs Regimens
d'Infanterie , de Cavalerie & de
Dragons ; pour occuper tous les poftes
& les paffages fur nos Frontières ; afin
de prévenir les Troupes Allemandes ,
& en même-tems , obferver leurs démarches
. Le Roy de Sicile a ordonné
que l'on congédiât de chaque Compagnie
, tous les Soldats malingres.
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11923
p. 146
De CONSTANTINOPLE, le 1 Août 1764.
Début :
On est informé que le Prince Radziwill est arrivé en Moldavie [...]
Mots clefs :
Prince Radziwill, Moldavie, Soldats, Cour de Berlin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De CONSTANTINOPLE, le 1 Août 1764.
De CONSTANTINOPLE , le 1 Août 1764,
On eft informé que le Prince Radziwill eft
arrivé en Moldavie avec une Suite de douze cens
hommes. La Porte lui a accordé fureté & protec
tion pour fes effets & pour les gens , & il fe propofe
, dit-on , de fe rendre avec peu de gens de la
Suite , à la Cour de Berlin .
On eft informé que le Prince Radziwill eft
arrivé en Moldavie avec une Suite de douze cens
hommes. La Porte lui a accordé fureté & protec
tion pour fes effets & pour les gens , & il fe propofe
, dit-on , de fe rendre avec peu de gens de la
Suite , à la Cour de Berlin .
Fermer
11924
p. 146
De WARSOVIE, le 20 Août 1764.
Début :
La Confédération formée à Hallicz par le Comte Potocki, ancien [...]
Mots clefs :
Confédération, Comte, Attaque, Troupes, Prince, Combat, Commandant russe, Forteresse, Prisonniers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De WARSOVIE, le 20 Août 1764.
De WARSOVIE , le 20 Août 1764.
La Confédération formée à Hallicz par le
Comte Potocki , ancien Caſtellan de Lubackow ,
réuni à trois autres jeunes Potocki , a été attaquée
par les Troupes Rufles du Corps du Prince d'Afchow
fous Stonifla wow , Fortereffe appartenante
à la Maifon de Potocki. Les Confédérés , après
un combat très-vif , dans lequel il y a eu des
morts & des bleffés de part & d'autre , ont été
forcés de fe retirer dans la ville . Le Commandant
Ruffe les ayant fommés de fe rendre , ils ont
répondu qu'ils étoient difpofés à capituler , à
condition qu'ils refteroient neutres , qu'ils n'agiroient
point pendant tout le refte de l'interrégne ,
& qu'ils auroient la liberté de fe retirer chacun de
leur côté avec leurs Troupes refpectives . Sur ces
entrefaites le Général Branicki , Starofte de Hallicz
, ayant formé une Confédération contraire
dans ce même Canton , eft furvenu & a prétendu
que le Commandant Ruffe n'avoit pas de pouvoir
pour accorder une pareille Capitulation , & qu'il
n'avoit pas dû traiter avec les Chefs du Parti
contraire ; en confequence , il a annullé tout ce
qui a été fait , & a éxigé que les Confédérés
remiffent la Place & fe rendillent à difcrétion .
Ainfi ces quatre Seigneurs ont été faits priſonniers
avec leurs Troupes , & la Confédération de
Hallicz a été difperfée . On a trouvé dans la For
tereffe quarante-deux pièces de canon .
La Confédération formée à Hallicz par le
Comte Potocki , ancien Caſtellan de Lubackow ,
réuni à trois autres jeunes Potocki , a été attaquée
par les Troupes Rufles du Corps du Prince d'Afchow
fous Stonifla wow , Fortereffe appartenante
à la Maifon de Potocki. Les Confédérés , après
un combat très-vif , dans lequel il y a eu des
morts & des bleffés de part & d'autre , ont été
forcés de fe retirer dans la ville . Le Commandant
Ruffe les ayant fommés de fe rendre , ils ont
répondu qu'ils étoient difpofés à capituler , à
condition qu'ils refteroient neutres , qu'ils n'agiroient
point pendant tout le refte de l'interrégne ,
& qu'ils auroient la liberté de fe retirer chacun de
leur côté avec leurs Troupes refpectives . Sur ces
entrefaites le Général Branicki , Starofte de Hallicz
, ayant formé une Confédération contraire
dans ce même Canton , eft furvenu & a prétendu
que le Commandant Ruffe n'avoit pas de pouvoir
pour accorder une pareille Capitulation , & qu'il
n'avoit pas dû traiter avec les Chefs du Parti
contraire ; en confequence , il a annullé tout ce
qui a été fait , & a éxigé que les Confédérés
remiffent la Place & fe rendillent à difcrétion .
Ainfi ces quatre Seigneurs ont été faits priſonniers
avec leurs Troupes , & la Confédération de
Hallicz a été difperfée . On a trouvé dans la For
tereffe quarante-deux pièces de canon .
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Résumé : De WARSOVIE, le 20 Août 1764.
Le 20 août 1764, à Varsovie, une confédération dirigée par le comte Potocki et réunissant trois autres jeunes Potocki a été attaquée par les troupes russes du prince d'Afchow à Stonifla, une forteresse appartenant à la maison de Potocki. Après un combat intense, les confédérés se sont retirés dans la ville. Le commandant russe leur a ordonné de se rendre, et ils ont accepté de capituler à condition de rester neutres et de pouvoir se retirer avec leurs troupes respectives. Cependant, le général Branicki, staroste de Hallicz, a formé une confédération contraire et a annulé la capitulation, exigeant la reddition des confédérés. Ces derniers ont été faits prisonniers, et la confédération de Hallicz a été dissoute. Quarante-deux pièces de canon ont été trouvées dans la forteresse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11925
p. 172-173
A Rome le 7 Septembre 1717.
Début :
Le Comte de Galas Ambassadeur de l'Empereur, eut le 25 du [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Empereur, Comte, Troupes, Conquête, Victoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome le 7 Septembre 1717.
ARome le 7 Septembre 1717
Le Comte de Galas Ambaſſadeur
de l'Empereur , eut le 25 du paſſe, Audiance
du Pape , à qui il ſignifia qu'il
eût à trouver bon que l'Empereur fit
couler des Troupes dans le Royaunie
de Naples par l'Etat Ecclefiaftique ,
n'ayant pas d'autre route à leur faire
renir: Cette propoſition a dû embaraffer
le S. Pere. S. M. I. a donné
ordre à ce qu'on affûre , de faire paffer
25000 hommes dans le Milanois , dont
une partie confifte en Troupes SaxoDE
SEPTEMBRE 173
nes. Selon toutes les apparences,leRoy
deſpagne bornera ſa Conquête à la
Sardaigne ;& nous n'avons pas avis
qu'il faſſe aucune tentative pour ſe
rendre maître de Naples. On prépare
au Château S.Ange une Girandole ,
en réjouiſſance de la Victoire remportée
ſur les Turcs :Elle ſe tirera le jour
qu on chantera leTe Deum.
Le Comte de Galas Ambaſſadeur
de l'Empereur , eut le 25 du paſſe, Audiance
du Pape , à qui il ſignifia qu'il
eût à trouver bon que l'Empereur fit
couler des Troupes dans le Royaunie
de Naples par l'Etat Ecclefiaftique ,
n'ayant pas d'autre route à leur faire
renir: Cette propoſition a dû embaraffer
le S. Pere. S. M. I. a donné
ordre à ce qu'on affûre , de faire paffer
25000 hommes dans le Milanois , dont
une partie confifte en Troupes SaxoDE
SEPTEMBRE 173
nes. Selon toutes les apparences,leRoy
deſpagne bornera ſa Conquête à la
Sardaigne ;& nous n'avons pas avis
qu'il faſſe aucune tentative pour ſe
rendre maître de Naples. On prépare
au Château S.Ange une Girandole ,
en réjouiſſance de la Victoire remportée
ſur les Turcs :Elle ſe tirera le jour
qu on chantera leTe Deum.
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11926
p. 76-78
LOGOGRYPHE.
Début :
Et des biens & des maux je suis souvent l'auteur, [...]
Mots clefs :
Prévention
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
T des biens & des maux je fuis fouvent l'auteur
,
Du vulgaire ignorant je captive le coeur ,
Je forme quelquefois le plus fombre nuage ,
Et décide à mon gré du fuccès d'un ouvrage .
Je compofe dix pieds ; combine bien les mots ,
J'offre à tes yeux , lecteur , ce qui plaît aux troupeaux
,
Le plus cruel tyran qu'ait produit la nature ,
Au Rhétoricien une heureufe figure :
Ce que tous les mortels ne quittent qu'à regret ,
Qu'on aime par nature ; un précieux objet.
Ce qu'un Roi généreux , à donner trop facile ,
Voit ſouvent fe changer en un bien inutile.
SEPTEMBRE. 1755. 77.
Ce qui de nos efprits diffipe le chagrin ;
Un mot toujours préfent à notre eſprit malin.
Ce que les matelots affrontant les orages ,
Regrettent , mais en vain , au milieu des naufra
ges.
Un animal rampant ; un art Ingénieux.
De nos jardins fleuris l'ennemi dangereux.
Un Prince infortuné très-fçavant dans l'augure ;
Que Circé par dépit fit changer de nature.
Le propre nom qu'on donne à tous les fronts
voilés.
Ce qui déplaît toujours aux efprits aveuglés.
A tous les bâtimens choſe très-néceffaire
Un gouffre où s'engloutit l'aliment ordinaire.
Un oiſeau plus jaſeur qu'une None au parloir ,
Celui qui tient fur nous un fouverain pouvoir.
Expofé tous les jours fur la plaine liquide.
Je fers l'ambitieux , & fends l'onde rapide.
Adorable vertu chafte fille des cieux ,
On aime a m'ériger des autels en tous lieux.
Je fçûs forcer un jour à périr obſtinée ,
Du Prince Acrifius la fille infortunée.
Je renferme un pronom ; une trifte couleurs
Et le nom d'un Poëte , & celui d'un Rhéteur.
Fort commode aux humains , de nature fragile
J'oppofe aux Aquilons une barriere utile ;
J'offre un nom que defire un tas de vains eſprits,;
Critiques ennuyeux dans leurs fades écrits ;
Les lieux ou le foleil commence ſa carriere ;
Diij
78 MERCURE DE FRANCE
Aux ragoûts employée , une vive pouffiere.
Adverbes oppoſés : fans chercher vainement ;
Peut-être tu me fuis , Lecteur , en ce moment.
T des biens & des maux je fuis fouvent l'auteur
,
Du vulgaire ignorant je captive le coeur ,
Je forme quelquefois le plus fombre nuage ,
Et décide à mon gré du fuccès d'un ouvrage .
Je compofe dix pieds ; combine bien les mots ,
J'offre à tes yeux , lecteur , ce qui plaît aux troupeaux
,
Le plus cruel tyran qu'ait produit la nature ,
Au Rhétoricien une heureufe figure :
Ce que tous les mortels ne quittent qu'à regret ,
Qu'on aime par nature ; un précieux objet.
Ce qu'un Roi généreux , à donner trop facile ,
Voit ſouvent fe changer en un bien inutile.
SEPTEMBRE. 1755. 77.
Ce qui de nos efprits diffipe le chagrin ;
Un mot toujours préfent à notre eſprit malin.
Ce que les matelots affrontant les orages ,
Regrettent , mais en vain , au milieu des naufra
ges.
Un animal rampant ; un art Ingénieux.
De nos jardins fleuris l'ennemi dangereux.
Un Prince infortuné très-fçavant dans l'augure ;
Que Circé par dépit fit changer de nature.
Le propre nom qu'on donne à tous les fronts
voilés.
Ce qui déplaît toujours aux efprits aveuglés.
A tous les bâtimens choſe très-néceffaire
Un gouffre où s'engloutit l'aliment ordinaire.
Un oiſeau plus jaſeur qu'une None au parloir ,
Celui qui tient fur nous un fouverain pouvoir.
Expofé tous les jours fur la plaine liquide.
Je fers l'ambitieux , & fends l'onde rapide.
Adorable vertu chafte fille des cieux ,
On aime a m'ériger des autels en tous lieux.
Je fçûs forcer un jour à périr obſtinée ,
Du Prince Acrifius la fille infortunée.
Je renferme un pronom ; une trifte couleurs
Et le nom d'un Poëte , & celui d'un Rhéteur.
Fort commode aux humains , de nature fragile
J'oppofe aux Aquilons une barriere utile ;
J'offre un nom que defire un tas de vains eſprits,;
Critiques ennuyeux dans leurs fades écrits ;
Les lieux ou le foleil commence ſa carriere ;
Diij
78 MERCURE DE FRANCE
Aux ragoûts employée , une vive pouffiere.
Adverbes oppoſés : fans chercher vainement ;
Peut-être tu me fuis , Lecteur , en ce moment.
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11927
p. 2081
ESPAGNE.
Début :
ON apprend de Madrid du premier de ce mois, qu'on y a partagé avec les François toutes [...]
Mots clefs :
Madrid, Douleur, Metz, Actions de grâce, Roi d'Espagne, Roi de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
Napprend de Madrid dupremierde cemois,
qu'on y a partagé avec les François toutes
les allarmes que la Maladie du Roi de France leur a
caulées , & que quoiqu'il arrivât tous les jours un
courier dépêché de Metz par le Prince de Campo
Florido ,,pour informer le Roi d'Efpagne de l'état
de S. M. T. C. la diftance des Lieux , qui ne permettoit
pas de recevoir des nouvelles de ce Prince ,
auffi fouvent qu'on l'auroit defiré , ajoûtoit à la
douleur publique .
De vifs tranfports de joye ont fuccedé à cette
douleur , lorsqu'on a fçu qu'il étoit hors de danger ;
on a rendu à Dieu de folemnelles actions de graces
d'un événement fi favorable & fi peu attendu , en
chantant le Te Deum dans toutes les Eglifes , & il y
a cû des illuminations & des réjouiffances à Madrid
pendant trois nuits confécutives.
Napprend de Madrid dupremierde cemois,
qu'on y a partagé avec les François toutes
les allarmes que la Maladie du Roi de France leur a
caulées , & que quoiqu'il arrivât tous les jours un
courier dépêché de Metz par le Prince de Campo
Florido ,,pour informer le Roi d'Efpagne de l'état
de S. M. T. C. la diftance des Lieux , qui ne permettoit
pas de recevoir des nouvelles de ce Prince ,
auffi fouvent qu'on l'auroit defiré , ajoûtoit à la
douleur publique .
De vifs tranfports de joye ont fuccedé à cette
douleur , lorsqu'on a fçu qu'il étoit hors de danger ;
on a rendu à Dieu de folemnelles actions de graces
d'un événement fi favorable & fi peu attendu , en
chantant le Te Deum dans toutes les Eglifes , & il y
a cû des illuminations & des réjouiffances à Madrid
pendant trois nuits confécutives.
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11928
p. 147-148
De FRANCFORT, le 2 Septembre 1764.
Début :
Le différend qui étoit survenu entre les Etats-Généraux & le Landgrave [...]
Mots clefs :
États généraux, Landgrave, Dispute, Régence, Cassel, Comte, Ministres, Conseillers, Estime, Amitié, Déclaration, Envoyé , Satisfaction, Pouvoir, Mémoire, Hautes Puissances
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texteReconnaissance textuelle : De FRANCFORT, le 2 Septembre 1764.
De FRANCFORT , le 2 Septembre 1764.
Le différend qui étoit furvenu entre les Etats-
Généraux & le Landgrave de Heffe - Caffel au
fujet de la conduite tenue par la Régence de
-Caffel à l'égard du Comte de Warſtenſleben , Miniftre
de Leurs Hautes Puiffances auprès du
Cercle du- Haut - Rhin . vient d'être terminé . Le
Sieur de Mofer , Confeiller Privé , que le Landgrave
avoit envoyé pour cet effet en qualité de
fon Miniftre à la Haye , fut introduit , le 30 du
mois dernier , dans la Chambre de Treves ; il
y fit en François aux Députés des Etats - Généraux
la Déclaration fuivante qu'il leur remit enfuite
par écrit en Langue Allemande.
20
39
» Son Altele Séréniflime Mgr le Landgrave
Régnant de Heffe- Caffel , en conféquence de
l'eftime & de l'amitié qu'il a vouées de tout
temps aux Seigneurs les Etats - Généraux , a appris
» avec fenfibilité le mécontentement que Leurs
Hautes Puiffances,contre toute attente , fe croyent
» autorifées à prendre de la conduite tenue par
» la Régence de Caffel , pour des raifons con-
» nues , à l'égard du Comte de Wartenfleben.
Comme Son Alteffe Séréniffime eft très- éloignée
de conniver en aucune manière , avec au-
>> cun de fes Collégues de juftice , en ce qui
» pourroit léfer les droits & les dignités d'un
Etat voifin & ami , Elle m'a envoyé expreſſément
ici , par confidération particulière d'amitié
, pour témoigner & réitérer qu'en tout
Son Altele Séréniffime n'a jamais eu la vo-
» lonté ni l'intention d'offenfer la République
» ou de porter la moindre atteinte à les droits
» & prérogatives.
» Son Altele Séréniffime effére & fe flatte
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
que Leurs Hautes Puiffances trouveront cette
>> Déclaration conforme au defir fincère avec
»lequel Mgr le Landgrave demande l'amitié
& la bienveillance de l'Etat , tant pour le préfent
que pour l'avenir.
Les Etats -Généraux ont fait répondre au Sieur
Mofer par leurs Députés , qu'ils étoient contens
de cette Déclaration , & que c'étoit avec bien
de la fatisfaction qu'ils voyoient terminer par là
les différends furvenus entre eux & le Landgrave
de Heffe- Caffel , & rétablir la bonne intelligence
& l'amitié qui de tout temps ont fubfifté
entre la République & la Maiſon de Heffe ,
& au maintien defquelles Leurs Hautes Puiflances
Le propofent de concourir de tout leur pouvoir.
Le 4 du même mois , le feur de Mofer eut une
nouvelle conférence avec les Députés des Etats-
Généraux , & leur remit un Mémoire concernant
les Griefs de Landgrave de Heffe contre le Comte
de Wartenfleben qui , de fon côté , a envoyé à
Leurs Hautes Puiffances un autre Mémoire , par
jequel il juftifié la conduite .
Le différend qui étoit furvenu entre les Etats-
Généraux & le Landgrave de Heffe - Caffel au
fujet de la conduite tenue par la Régence de
-Caffel à l'égard du Comte de Warſtenſleben , Miniftre
de Leurs Hautes Puiffances auprès du
Cercle du- Haut - Rhin . vient d'être terminé . Le
Sieur de Mofer , Confeiller Privé , que le Landgrave
avoit envoyé pour cet effet en qualité de
fon Miniftre à la Haye , fut introduit , le 30 du
mois dernier , dans la Chambre de Treves ; il
y fit en François aux Députés des Etats - Généraux
la Déclaration fuivante qu'il leur remit enfuite
par écrit en Langue Allemande.
20
39
» Son Altele Séréniflime Mgr le Landgrave
Régnant de Heffe- Caffel , en conféquence de
l'eftime & de l'amitié qu'il a vouées de tout
temps aux Seigneurs les Etats - Généraux , a appris
» avec fenfibilité le mécontentement que Leurs
Hautes Puiffances,contre toute attente , fe croyent
» autorifées à prendre de la conduite tenue par
» la Régence de Caffel , pour des raifons con-
» nues , à l'égard du Comte de Wartenfleben.
Comme Son Alteffe Séréniffime eft très- éloignée
de conniver en aucune manière , avec au-
>> cun de fes Collégues de juftice , en ce qui
» pourroit léfer les droits & les dignités d'un
Etat voifin & ami , Elle m'a envoyé expreſſément
ici , par confidération particulière d'amitié
, pour témoigner & réitérer qu'en tout
Son Altele Séréniffime n'a jamais eu la vo-
» lonté ni l'intention d'offenfer la République
» ou de porter la moindre atteinte à les droits
» & prérogatives.
» Son Altele Séréniffime effére & fe flatte
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
que Leurs Hautes Puiffances trouveront cette
>> Déclaration conforme au defir fincère avec
»lequel Mgr le Landgrave demande l'amitié
& la bienveillance de l'Etat , tant pour le préfent
que pour l'avenir.
Les Etats -Généraux ont fait répondre au Sieur
Mofer par leurs Députés , qu'ils étoient contens
de cette Déclaration , & que c'étoit avec bien
de la fatisfaction qu'ils voyoient terminer par là
les différends furvenus entre eux & le Landgrave
de Heffe- Caffel , & rétablir la bonne intelligence
& l'amitié qui de tout temps ont fubfifté
entre la République & la Maiſon de Heffe ,
& au maintien defquelles Leurs Hautes Puiflances
Le propofent de concourir de tout leur pouvoir.
Le 4 du même mois , le feur de Mofer eut une
nouvelle conférence avec les Députés des Etats-
Généraux , & leur remit un Mémoire concernant
les Griefs de Landgrave de Heffe contre le Comte
de Wartenfleben qui , de fon côté , a envoyé à
Leurs Hautes Puiffances un autre Mémoire , par
jequel il juftifié la conduite .
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Résumé : De FRANCFORT, le 2 Septembre 1764.
Le 2 septembre 1764, un différend entre les États-Généraux et le Landgrave de Hesse-Cassel concernant la conduite de la Régence de Cassel à l'égard du Comte de Warstensleben, ministre des Hautes Puissances auprès du Cercle du Haut-Rhin, a été résolu. Le Sieur de Moser, conseiller privé et ministre du Landgrave, a été envoyé à La Haye pour cette mission. Le 30 août, il a présenté une déclaration en français aux députés des États-Généraux, qu'il leur a ensuite remise par écrit en langue allemande. Le Landgrave a exprimé son mécontentement face à la conduite de la Régence de Cassel et a affirmé son intention de ne jamais offenser la République ou porter atteinte à ses droits et prérogatives. Il a également réitéré son désir de maintenir l'amitié et la bienveillance avec les États-Généraux. Les États-Généraux ont accepté cette déclaration et ont exprimé leur satisfaction de voir les différends terminés, rétablissant ainsi la bonne intelligence et l'amitié entre la République et la Maison de Hesse. Le 4 septembre, le Sieur de Moser a eu une nouvelle conférence avec les députés des États-Généraux pour discuter des griefs du Landgrave contre le Comte de Warstensleben, qui a également envoyé un mémoire pour justifier sa conduite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11929
p. 2081-2082
GENES ET ISLE DE CORSE.
Début :
ON mande de Génes du 16 du mois dernier, qu'on a appris par un Capitaine d'une Frégate [...]
Mots clefs :
Vaisseaux de guerre, Escadre, Bâtiments, Fort de Démont
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GENES ET ISLE DE CORSE.
GENES ET ISLE DE CORSE.
ONmandedeGénes du 16 du moisdernier
qu'on a appris par un Capitaine d'une Frégate
Angloife , que l'Efcadre de la Grande Bretagne
ayant été obligée par le mauvais tems , de s'éloigner
de Toulon , fept Vaiffeaux de guerre du Roi
de France étoient fortis da Port , pour faire voile
vers le Couchant , & que l'Amiral Mathews avoit
détaché cinq Vaiffeaux , pour obferver la route que
tiendroient les Vaiffeaux François , parce qu'il
craignoit que ces derniers ne fe rendiffent fur la
Côte du Royaume de Naples
Les équipages de divers Bâtimens ont rapporté
que l'Efcadre Espagnole , qui étoit à Cartagene , &
Gy qui
2082 MERCURE DE FRANCE.
qui eft composée de onze Vaiffeaux de guerre , de
deux Galeres , & de trois autres Bâtimens , s'étoit
remiſe en Mer le 19 Juillet dernier.
On a reçû avis que la prife inopinée du Fort de
Démont avoit jetté la plus vive confternation parmi
les Piedmontois , & que le Roi de Sardaigne
ayant repaffé le Pô à l'approche de l'armée de
France & d'Efpagne , qui s'eft avancée pour l'attaquer
, il n'a laiffé de l'autre côté de cette Riviere
que neuf Bataillons , qui font à San Damiano ,fous
les ordres du Marquis Palavicini .
Ce Prince a fait prendre les armes à tous les
Payfans , & 400 , qui s'étoient attroupés , ayant été
enveloppés , la plupart ont été pris & pendus.
ONmandedeGénes du 16 du moisdernier
qu'on a appris par un Capitaine d'une Frégate
Angloife , que l'Efcadre de la Grande Bretagne
ayant été obligée par le mauvais tems , de s'éloigner
de Toulon , fept Vaiffeaux de guerre du Roi
de France étoient fortis da Port , pour faire voile
vers le Couchant , & que l'Amiral Mathews avoit
détaché cinq Vaiffeaux , pour obferver la route que
tiendroient les Vaiffeaux François , parce qu'il
craignoit que ces derniers ne fe rendiffent fur la
Côte du Royaume de Naples
Les équipages de divers Bâtimens ont rapporté
que l'Efcadre Espagnole , qui étoit à Cartagene , &
Gy qui
2082 MERCURE DE FRANCE.
qui eft composée de onze Vaiffeaux de guerre , de
deux Galeres , & de trois autres Bâtimens , s'étoit
remiſe en Mer le 19 Juillet dernier.
On a reçû avis que la prife inopinée du Fort de
Démont avoit jetté la plus vive confternation parmi
les Piedmontois , & que le Roi de Sardaigne
ayant repaffé le Pô à l'approche de l'armée de
France & d'Efpagne , qui s'eft avancée pour l'attaquer
, il n'a laiffé de l'autre côté de cette Riviere
que neuf Bataillons , qui font à San Damiano ,fous
les ordres du Marquis Palavicini .
Ce Prince a fait prendre les armes à tous les
Payfans , & 400 , qui s'étoient attroupés , ayant été
enveloppés , la plupart ont été pris & pendus.
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11930
p. 161-165
A Milan, le 8 Décembre.
Début :
Les Troupes de cet Etat ont fait depuis 8 jours de grands mouvemens. [...]
Mots clefs :
Troupes, Frontières, Régiments, Bataillons, Mouvements des troupes, Cavalerie, Provisions de guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Milan, le 8 Décembre.
A Milan , le 8 Décembre:
Es Troupes de cet Etat ont fait depuis
8 jours de grands mouvemens ,
les unes vers le Mantoüan , le Modénois
& les Etats de Parme ; les autres ,
marchent du côté de la Frontière de
Tofcane & de Gênes : Mais , le tems
pluvieux & la quantité de neiges qui
font tombées & qui tombent actuellement
, ont tellement fait enfler les Riviéres
qu'elles ont inondé une
grande étenduë de Païs , & rendu
les chemins impraticables. Ce contretems
fâcheux a eſté cauſe que, quelques
Régimens qui êtoient déja fort avancés,
n'ont pû continuer leur route, & a obligé
la plus grande partie des Troupes.de
refter dans les endroits où elles fe font
trouvées , eſtant inveſties de toutes
parts par les grandes eaux . On vient
même d'apprendre que 3 Bataillons ,
qui avoient marché du côté des Montagnes
des Frontiéres de la République
de Gênes, eftoient enfermés & environnés
de maniére , qu'ils eftoient
en un péril évident d'eſtre entraînez -
les torrents.>
Décembre
1717.
par
Q
162 LE MERCURE
Sur ces avis , le Prince de Leuvefteinavoit
dépêché au Commandant de
deux Regimens de Cavalerie , & un de
Dragonsqui eftoient à dix mille en deça
de ces Montagnes , de marcher en diligence
au fecours de ces Bataillons . On
eft icy entre la crainte & l'efperance
fur le fort de ces Troupes ; ce qui nous
épouvante , c'est que les Eaux augmentent
de jour à autre.
On eit préfentement occupé, à réparer
à la hafte les Places de cet Erat ;
on les pourvoye abondamment de mu
nitions de guerre & de bouche .
On vient d'établir icy un Confeil de
l'Inconfidence , qui connoiftra de ceux
qui parlent mal du Gouvernement .
On mande de Cadix , qu'on y prépa
roit un grand Convoy , qui fera compofé
de plus de 80 Bâtimens de charges
, fur lefquels on doit embarquer
deux Regimens de Cavalerie & plufieurs
Compagnies de Carabiniers. 58,
piéces de gros Canon , 18 gros Mortiers
; 6000 Boulets , 1600 Bombes
plus de 8000 Grenades , plufieurs miliers
de Carcaffès d'une nouvelle invention
, avec 18 Mortiers pour
lancer ; 1200 Boulers creux , avec if.
les
DE DECEMBRE. 163
'Mortiers à leur ufage , 6000 barils de
poudre , 4000 facs de grains ; outre
une prodigieufe quantité de toutes fortes
de Provifions , aux préparatifs defquels
on travaille avec empreffement.
Sur des ordres de la Cour , on a mis
fur les Chantiers 4 Vaiffeaux de guerre,
3. Fregattes , & ; Galiottes à Bombes.
Tous lesOuvriers propres à la conftruc--
tion des Vaiffeaux , fe rendent icy des
Côtes de Leon,de Galice & de Bifcaye ,
pour avancer ce travail .
On a donné de pareils ordres à
Malaga , à Cartagéne & Alicant ; pour
faire conftruire dans ces Ports , plufieurs
autres Vaiffeaux de Guerre ,
Galiotes & Fregattes , avec s
Galeres :
On a reçû à cet effetde groffes remifes.:
D'un autre côté, on ne néglige rien pour
le départ des Galiotes & des Vaiffeaux
qui doivent leur fervir d'efcorte : Ils »
doivent partir pour la nouvelle Eſpagne
, au commencement de Mars au
plus tard : Selon tous les Avis , cette
Flote fera une des plus fortes & des
plus nombreuſes qui ait efté déftinée
pour l'Amerique.
Les Lettres de Naples du premier
Décembre,portent que le Viceroy êtoits
Q- ij
164 LE MERCURE
plus intrigué que jamais , depuis la prife
de la Sardaigne. Il y a quelques
jours qu'il fortit à cheval , accompagné
d'un grand nombre d'Officiers &
d'Ingenieurs ; pour aller vifiter les nouveaux
Forts qu'il avoit ordonnés de
conftruire,pour la fûreté des Côtes du
Royaume ; mais qu'il avoit êté fort
furpris de voir , que la plupart de ces
ouvrages n'êtoient pasfeulement com
mencés , & qu'il n'y avoit même aucuns
préparatifs pour la conftruction
de ces Forts. Il voulut faire des repri
mandes aux Ingenieurs fur cette négligence,
qui lui fermerent la bouche, en
lui difant que pour travailler il falloit
de l'argent. Ces Lettres ajoûtent, qu'on
y préparoit des logemens pour 4 Regiments
d'Infanterie & de Cavalerie
qui viennent de Hongrie : On avoit de
fréquentes allarmes, desVaiffeaux &des
Galeres d'Efpagne.qui fe font voir tousles
jours le long de cette Côte où ils
font fouvent des prifes . Le 16 fur les 11,
heures du matin , 4 Vaiffeaux de guer.
re & 2 Fregattes Efpagnoles , parûrent
à la vue de ce port ; & vers le midi ,
ils s'approchérent jufques fous leCanon
du Mole , d'où l'on fir plufieurs dé
DE DECEMBRE. 153 ;
charges des Forts , qui n'empêcherent
pas que , les 2 Fregattes foûtenues du
feu des 2 Vaiffeaux de guerre n'enle
vaffent 4 Bâtimens chargés d'huiles &
& 2 autres de grains; aprés quoi elles
allerent rejoindre leurs Vaiffeaux .
On mande de Livourne du 18 , qu'on
avoit vû paffer à la hauteur de ce port ,
un grand nombre de Bâtimens , por
tant Pavillon Efpagnol venant du
côté du détroit ; ce qui faifoit croire
que c'êtoit le grand Convoy de Barcelone
, qui alloit joindre la Flote Ef
pagnole, dont une partie croifoit toû
jours le long de la Côte , depuis Piom
bino jufqu'à Orbitello , & Porto - Ercole
. On a appris que depuis 5 jours ,
elle avoit enlevé 8 Bâtimens chargés
de grains & d'autres provifions, & mu
nitions de guerre, qui êtoient destinées
pour remplir-les -Magazins des Places
Imperiales..
Es Troupes de cet Etat ont fait depuis
8 jours de grands mouvemens ,
les unes vers le Mantoüan , le Modénois
& les Etats de Parme ; les autres ,
marchent du côté de la Frontière de
Tofcane & de Gênes : Mais , le tems
pluvieux & la quantité de neiges qui
font tombées & qui tombent actuellement
, ont tellement fait enfler les Riviéres
qu'elles ont inondé une
grande étenduë de Païs , & rendu
les chemins impraticables. Ce contretems
fâcheux a eſté cauſe que, quelques
Régimens qui êtoient déja fort avancés,
n'ont pû continuer leur route, & a obligé
la plus grande partie des Troupes.de
refter dans les endroits où elles fe font
trouvées , eſtant inveſties de toutes
parts par les grandes eaux . On vient
même d'apprendre que 3 Bataillons ,
qui avoient marché du côté des Montagnes
des Frontiéres de la République
de Gênes, eftoient enfermés & environnés
de maniére , qu'ils eftoient
en un péril évident d'eſtre entraînez -
les torrents.>
Décembre
1717.
par
Q
162 LE MERCURE
Sur ces avis , le Prince de Leuvefteinavoit
dépêché au Commandant de
deux Regimens de Cavalerie , & un de
Dragonsqui eftoient à dix mille en deça
de ces Montagnes , de marcher en diligence
au fecours de ces Bataillons . On
eft icy entre la crainte & l'efperance
fur le fort de ces Troupes ; ce qui nous
épouvante , c'est que les Eaux augmentent
de jour à autre.
On eit préfentement occupé, à réparer
à la hafte les Places de cet Erat ;
on les pourvoye abondamment de mu
nitions de guerre & de bouche .
On vient d'établir icy un Confeil de
l'Inconfidence , qui connoiftra de ceux
qui parlent mal du Gouvernement .
On mande de Cadix , qu'on y prépa
roit un grand Convoy , qui fera compofé
de plus de 80 Bâtimens de charges
, fur lefquels on doit embarquer
deux Regimens de Cavalerie & plufieurs
Compagnies de Carabiniers. 58,
piéces de gros Canon , 18 gros Mortiers
; 6000 Boulets , 1600 Bombes
plus de 8000 Grenades , plufieurs miliers
de Carcaffès d'une nouvelle invention
, avec 18 Mortiers pour
lancer ; 1200 Boulers creux , avec if.
les
DE DECEMBRE. 163
'Mortiers à leur ufage , 6000 barils de
poudre , 4000 facs de grains ; outre
une prodigieufe quantité de toutes fortes
de Provifions , aux préparatifs defquels
on travaille avec empreffement.
Sur des ordres de la Cour , on a mis
fur les Chantiers 4 Vaiffeaux de guerre,
3. Fregattes , & ; Galiottes à Bombes.
Tous lesOuvriers propres à la conftruc--
tion des Vaiffeaux , fe rendent icy des
Côtes de Leon,de Galice & de Bifcaye ,
pour avancer ce travail .
On a donné de pareils ordres à
Malaga , à Cartagéne & Alicant ; pour
faire conftruire dans ces Ports , plufieurs
autres Vaiffeaux de Guerre ,
Galiotes & Fregattes , avec s
Galeres :
On a reçû à cet effetde groffes remifes.:
D'un autre côté, on ne néglige rien pour
le départ des Galiotes & des Vaiffeaux
qui doivent leur fervir d'efcorte : Ils »
doivent partir pour la nouvelle Eſpagne
, au commencement de Mars au
plus tard : Selon tous les Avis , cette
Flote fera une des plus fortes & des
plus nombreuſes qui ait efté déftinée
pour l'Amerique.
Les Lettres de Naples du premier
Décembre,portent que le Viceroy êtoits
Q- ij
164 LE MERCURE
plus intrigué que jamais , depuis la prife
de la Sardaigne. Il y a quelques
jours qu'il fortit à cheval , accompagné
d'un grand nombre d'Officiers &
d'Ingenieurs ; pour aller vifiter les nouveaux
Forts qu'il avoit ordonnés de
conftruire,pour la fûreté des Côtes du
Royaume ; mais qu'il avoit êté fort
furpris de voir , que la plupart de ces
ouvrages n'êtoient pasfeulement com
mencés , & qu'il n'y avoit même aucuns
préparatifs pour la conftruction
de ces Forts. Il voulut faire des repri
mandes aux Ingenieurs fur cette négligence,
qui lui fermerent la bouche, en
lui difant que pour travailler il falloit
de l'argent. Ces Lettres ajoûtent, qu'on
y préparoit des logemens pour 4 Regiments
d'Infanterie & de Cavalerie
qui viennent de Hongrie : On avoit de
fréquentes allarmes, desVaiffeaux &des
Galeres d'Efpagne.qui fe font voir tousles
jours le long de cette Côte où ils
font fouvent des prifes . Le 16 fur les 11,
heures du matin , 4 Vaiffeaux de guer.
re & 2 Fregattes Efpagnoles , parûrent
à la vue de ce port ; & vers le midi ,
ils s'approchérent jufques fous leCanon
du Mole , d'où l'on fir plufieurs dé
DE DECEMBRE. 153 ;
charges des Forts , qui n'empêcherent
pas que , les 2 Fregattes foûtenues du
feu des 2 Vaiffeaux de guerre n'enle
vaffent 4 Bâtimens chargés d'huiles &
& 2 autres de grains; aprés quoi elles
allerent rejoindre leurs Vaiffeaux .
On mande de Livourne du 18 , qu'on
avoit vû paffer à la hauteur de ce port ,
un grand nombre de Bâtimens , por
tant Pavillon Efpagnol venant du
côté du détroit ; ce qui faifoit croire
que c'êtoit le grand Convoy de Barcelone
, qui alloit joindre la Flote Ef
pagnole, dont une partie croifoit toû
jours le long de la Côte , depuis Piom
bino jufqu'à Orbitello , & Porto - Ercole
. On a appris que depuis 5 jours ,
elle avoit enlevé 8 Bâtimens chargés
de grains & d'autres provifions, & mu
nitions de guerre, qui êtoient destinées
pour remplir-les -Magazins des Places
Imperiales..
Fermer
11931
p. 173-178
Suite du Journal de Paris.
Début :
Le 9 au soir, le Roy soupa chez Madame la Duchesse de [...]
Mots clefs :
Duchesse, Feu d'artifice, Comte, Armes, Audience, Abbé, Charge, Prince, Compagnies, Gouvernement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite du Journal de Paris.
Suite duJournalde Paris.
E au foir , le Roy ſoupa chez
Madame la Ducheſſe de Vantadour
; aprés le ſoupé, il eut le divertif
ſementd'un feu d'Artifice. On abandonna
ungros Chien qui courant aprés
toutes les fuſées, les ſaiſiſſoit malgré la
violence du feu ,& en foutenoit l'effet
fans les lâcher, ce qui réjouit beaucoup
SM.
M. le Comte de Kinigſegk Ambaſfadeur
de l'Empereur,adonné pluſieurs
fêtes magnifiques , à l'occaſion de la
Victoire remportée par les Armes Impériales
ſur les Infidéles.
Le 14 , cet Ambaffadeur ût Audian
Piij
174 LE MERCURE
ee particuliere du Roy , dans laquelle
il donna part à S. M. de la Victoire
remportée ſur les Turcs &de la Reddition
de Belgrade.
Le 17 , le Roy nomma à l'Evêché de
Nantes qui vaut 30000 liv. de rentes,
M. l'Abbé de Treſſans premier Aumônier
de M. le Duc d'Orleans : Il avoit
été nommé cy-deyant à l'Evêché de
Vannes, vacant par la mort de Meffire
Gilles de Beauveau Abbé de Tréport ,
qui arriva le 6 de ce mois.
M. l'Abbé de Caumartin Abbé de
Buzay , Doyen de la Cathédrale de
Tours , & un des Grands Vicaires du
Siége vacant , a eſté nommé à l'Evêché
de Vannes.
M. l'Abbé du Bois Conſeiller d'Etat
ordinaire , eit parti en poſte pour Londres
, où il va exécuter quelques Commiffions
de la part de S. M. Il ne prendra
point de Caractére.
Mat le Prince de Dombes , après
avoir donné des preuves d'une valeur
&d'une conduite fupérieure à ſon âge ,
arriva le 20 de l'Armée de Hongrie à
Paris.
Il eſt encore incertain quand MBT le
Comte de Charolois ſe rendra ici :
DE SEPTEMBRE . 175
une Lettre écrite de Vienne à Paris ,
en parle en ces termes. On a raiſon
d'avoir efté dans de grandes inquiétudes
de M. le Comte de Charolois ; car,
la Renommée qui dit merveilles de lui ,
a trouvé à redire qu'il s'exposât par
trop : & tous ceux qui ont passé du
Camp à Vienne , ont rapporté que le
Prince Généraliſſime , avoit eſté obligé
de ſe ſervir de toute son autorite pour
arrêter l'ardeur de ce jeune Héros . On
ne sçait pas si en s'en retournant en
France , il restera du tems à Vienne ;
mais , il est sûr qu'il y est bien désiré.
Le Prince de Pons , M. le Chevalier
de Lorraine fon frere , & prefque
tous les Volontaires de France
font de retour de la Campagne de
Hongrie.
M. le Marquisd'Alincourt petit fils de
M. le Maréchal de Villeroy,avec quelques
autres Seigneurs , reviendra en
France par l'Italie.
On a eſté informé que M. le Marquis
de Langallerie qui a demeuré
16 jours à ce que l'on prétend ſans
manger, mais non fans boire, étoit mort
dans ſa Priſon à Vienne , le 7 de ce
mois.
176 LE MERCURE
M. l'Abbéde Brancas frere du Marquis
de ce nom , a eu l'ag ément pour
occuper la place d'Aumonier du Roy
qu'avoit M. l'Abbé du Cambout.
Mgr le Regent a donné le Prieuré
de Morţault de l'Ordre de Cluny qui
vaut 8000 livres de rentes au fils de
M. le Comte de Rouſſi ; d'un autre
côté , M. l'Abbé d'Auvergne qui
s'en prétend le Titulaire a nommé
M. l'Abbé de Tavannes Neveu de M.
le Chancelier .
Le 255 Madame Ducheffe de Berry
a choifi Madame la Marquiſe de
Béthune pour Dame du Palais , à la
place de feiie Madame la Comtefle
d'Aydie.
L'Archevêché de Befançon vient d'être
donné à M. l'Abbé de Mornay
Ambaſſadeur en Portugal.
L'Abbaye de Quimperlay raportant
8000 livres de rentes , a eſté donnée à
M. de Sanzay Evêque de Rennes.
Les Sous-Bauxdes Aydes avant eſté
réfiliés par Arrêt du Confeil , il en a
été fait de nouveaux pour les quatre
années qui reſtent; à commencer au
premier Octobre de cette année 1717 .
Letout a eſté donné à 3 Compagnies . 1
DE SEPTEMBRE. 177
La premiere, a les Généralités de Paris
, Roüen , Amiens , Soiflons , Cha-
• lons , Orleans avec la marque des
fers & marques d'or & d'argent da
Royaume.
Elle est compoſée de Meſſieurs
Teiffier , Chalmette , de Beaufort , de
la Haye , de Durdent , Meulan , Albert
, Savalette , Monpellier , Villemûre
, Perrinet , Thoinard.
a
Le Bureau , rue des Petits- Champs.
- La deuxième , de Meſſieurs Maugras
, Colin , Roblaſtre , l'Huillier ,
Souchet , Thevenin de Verneüil , Huë,
Dauffeur , Michaut .
Elle a Caën , Poitiers , la Rochelle
& Lyon .
Bureau , rue Porte- Foin .
La troiſieme , de Meſſieurs de S.
Leon ,Rafle fi's , Daugny , le Texier ,
de Jean , Hatte de Chevremont , Charliere
, Hauffroy , des Hayes , Lantage
fils.
Elle a Tours , Alençon , Bourges &
Moulin.
Le Bureau , ruë Royale.
178 LE MERCURE
Le Roy a donné le Gouvernement
deLourde enBigorre , àM. le Comte
de Cardeillac d'une Nobleſſe diſtin- .
guée dans ce Païs-là.
Il paroît un Arreſt du Conſeil d'EtatduRoy
,du 12 Septembre 1717 ,
qui ordonne que tous les Officiers
Comptables , Fermiers Soûfermiers
, Receveurs , Commis , & generalement
tous ceux qui ont le manîment
des deniers de Sa Majestédans
la Ville& Fauxbourgs de Paris , ſeront
tenus de faire leurs Recettes &
Payemens enBilletsde la Banque Géacrale.
E au foir , le Roy ſoupa chez
Madame la Ducheſſe de Vantadour
; aprés le ſoupé, il eut le divertif
ſementd'un feu d'Artifice. On abandonna
ungros Chien qui courant aprés
toutes les fuſées, les ſaiſiſſoit malgré la
violence du feu ,& en foutenoit l'effet
fans les lâcher, ce qui réjouit beaucoup
SM.
M. le Comte de Kinigſegk Ambaſfadeur
de l'Empereur,adonné pluſieurs
fêtes magnifiques , à l'occaſion de la
Victoire remportée par les Armes Impériales
ſur les Infidéles.
Le 14 , cet Ambaffadeur ût Audian
Piij
174 LE MERCURE
ee particuliere du Roy , dans laquelle
il donna part à S. M. de la Victoire
remportée ſur les Turcs &de la Reddition
de Belgrade.
Le 17 , le Roy nomma à l'Evêché de
Nantes qui vaut 30000 liv. de rentes,
M. l'Abbé de Treſſans premier Aumônier
de M. le Duc d'Orleans : Il avoit
été nommé cy-deyant à l'Evêché de
Vannes, vacant par la mort de Meffire
Gilles de Beauveau Abbé de Tréport ,
qui arriva le 6 de ce mois.
M. l'Abbé de Caumartin Abbé de
Buzay , Doyen de la Cathédrale de
Tours , & un des Grands Vicaires du
Siége vacant , a eſté nommé à l'Evêché
de Vannes.
M. l'Abbé du Bois Conſeiller d'Etat
ordinaire , eit parti en poſte pour Londres
, où il va exécuter quelques Commiffions
de la part de S. M. Il ne prendra
point de Caractére.
Mat le Prince de Dombes , après
avoir donné des preuves d'une valeur
&d'une conduite fupérieure à ſon âge ,
arriva le 20 de l'Armée de Hongrie à
Paris.
Il eſt encore incertain quand MBT le
Comte de Charolois ſe rendra ici :
DE SEPTEMBRE . 175
une Lettre écrite de Vienne à Paris ,
en parle en ces termes. On a raiſon
d'avoir efté dans de grandes inquiétudes
de M. le Comte de Charolois ; car,
la Renommée qui dit merveilles de lui ,
a trouvé à redire qu'il s'exposât par
trop : & tous ceux qui ont passé du
Camp à Vienne , ont rapporté que le
Prince Généraliſſime , avoit eſté obligé
de ſe ſervir de toute son autorite pour
arrêter l'ardeur de ce jeune Héros . On
ne sçait pas si en s'en retournant en
France , il restera du tems à Vienne ;
mais , il est sûr qu'il y est bien désiré.
Le Prince de Pons , M. le Chevalier
de Lorraine fon frere , & prefque
tous les Volontaires de France
font de retour de la Campagne de
Hongrie.
M. le Marquisd'Alincourt petit fils de
M. le Maréchal de Villeroy,avec quelques
autres Seigneurs , reviendra en
France par l'Italie.
On a eſté informé que M. le Marquis
de Langallerie qui a demeuré
16 jours à ce que l'on prétend ſans
manger, mais non fans boire, étoit mort
dans ſa Priſon à Vienne , le 7 de ce
mois.
176 LE MERCURE
M. l'Abbéde Brancas frere du Marquis
de ce nom , a eu l'ag ément pour
occuper la place d'Aumonier du Roy
qu'avoit M. l'Abbé du Cambout.
Mgr le Regent a donné le Prieuré
de Morţault de l'Ordre de Cluny qui
vaut 8000 livres de rentes au fils de
M. le Comte de Rouſſi ; d'un autre
côté , M. l'Abbé d'Auvergne qui
s'en prétend le Titulaire a nommé
M. l'Abbé de Tavannes Neveu de M.
le Chancelier .
Le 255 Madame Ducheffe de Berry
a choifi Madame la Marquiſe de
Béthune pour Dame du Palais , à la
place de feiie Madame la Comtefle
d'Aydie.
L'Archevêché de Befançon vient d'être
donné à M. l'Abbé de Mornay
Ambaſſadeur en Portugal.
L'Abbaye de Quimperlay raportant
8000 livres de rentes , a eſté donnée à
M. de Sanzay Evêque de Rennes.
Les Sous-Bauxdes Aydes avant eſté
réfiliés par Arrêt du Confeil , il en a
été fait de nouveaux pour les quatre
années qui reſtent; à commencer au
premier Octobre de cette année 1717 .
Letout a eſté donné à 3 Compagnies . 1
DE SEPTEMBRE. 177
La premiere, a les Généralités de Paris
, Roüen , Amiens , Soiflons , Cha-
• lons , Orleans avec la marque des
fers & marques d'or & d'argent da
Royaume.
Elle est compoſée de Meſſieurs
Teiffier , Chalmette , de Beaufort , de
la Haye , de Durdent , Meulan , Albert
, Savalette , Monpellier , Villemûre
, Perrinet , Thoinard.
a
Le Bureau , rue des Petits- Champs.
- La deuxième , de Meſſieurs Maugras
, Colin , Roblaſtre , l'Huillier ,
Souchet , Thevenin de Verneüil , Huë,
Dauffeur , Michaut .
Elle a Caën , Poitiers , la Rochelle
& Lyon .
Bureau , rue Porte- Foin .
La troiſieme , de Meſſieurs de S.
Leon ,Rafle fi's , Daugny , le Texier ,
de Jean , Hatte de Chevremont , Charliere
, Hauffroy , des Hayes , Lantage
fils.
Elle a Tours , Alençon , Bourges &
Moulin.
Le Bureau , ruë Royale.
178 LE MERCURE
Le Roy a donné le Gouvernement
deLourde enBigorre , àM. le Comte
de Cardeillac d'une Nobleſſe diſtin- .
guée dans ce Païs-là.
Il paroît un Arreſt du Conſeil d'EtatduRoy
,du 12 Septembre 1717 ,
qui ordonne que tous les Officiers
Comptables , Fermiers Soûfermiers
, Receveurs , Commis , & generalement
tous ceux qui ont le manîment
des deniers de Sa Majestédans
la Ville& Fauxbourgs de Paris , ſeront
tenus de faire leurs Recettes &
Payemens enBilletsde la Banque Géacrale.
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11932
p. 78
MUSETTE.
Début :
Nos hameaux sont l'heureux séjour [...]
Mots clefs :
Bergers, Bergères
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MUSETTE.
MUSETTE.
Nos hameaux font l'heureux Léjour
De l'innocence & de l'amour.
La tendreffe ,
La fageffe
Par des accords charmans
S'y trouvent réunies ;
Tout les Berges y font amans
Les Bergeres n'y font qu'amies
Nos hameaux font l'heureux Léjour
De l'innocence & de l'amour.
La tendreffe ,
La fageffe
Par des accords charmans
S'y trouvent réunies ;
Tout les Berges y font amans
Les Bergeres n'y font qu'amies
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11933
p. 1198-1199
VERS Envoyez à M. le Président Bouhier, de l'Académie Françoise, le jour de sa Fête.
Début :
Illustre Favori de Thémis et des Muses, [...]
Mots clefs :
Fête, Favori, Talents, Vertus, Accueil, Médecine, Vers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS Envoyez à M. le Président Bouhier, de l'Académie Françoise, le jour de sa Fête.
VERS
Envoyez à M. le Président Bouhier ,
de l'Académie Françoise ,
Le jour de sa Fête.
Illustre Favori de Thémis et des Muses ,
Cher Bouhier , reçois mes excuses.
En ce jour solemnel , où chacun à l'envi ,
S'empresse à t'aller rendre hommage ,
Purgon , qui sous ses loix tient mon corps asservi ,
Me prive de cet avantage.
Encor si dans ces Vers , pour bien peindre à tes
yeux ,
Les.
MAY. 1731. 1199
Les divers sentimens qu'ont fait naftre en mon
ame ,
Tes talens , tes vertus , ton accueil gracieux ,
Apollon m'inspiroit sa poëtique flâme !
Mais par un sort fatal en lui ,
Au lieu du Dieu des Vers, qui souvent me domine,
Je ne puis trouver aujourd'hui ,
Que le Dieu de la Medecine. (A)
Je croyois du moins qu'à mon gré ,
Je pourrois recourir aux richesses de Flore ;
Mais ce matin Zéphire ayant peu soupiré ,
Et l'Aurore encor moins pleuré ,
Ils n'ont dans nos Jardins presque rien fait éclore;
Et l'on n'a pupar-tout cueillir que quelques Acurs,
Peu dignes d'être entrelacées ,
Parmi celles que les neuf Soeurs ,
Sur ta tête Sçavante avec art ont placées.
(a) Apollon est le Dieu des Vers et le Dieu
de la Medecine; c'est ce qu'il dit lui-même
dans Ovide , Liv. 1. de ses Métam.
Per me concordant carmina nervis . . ....
Inventum Medicina meum est , opiferque per
orbem ,
Dicor , et herbarum est subjecta potentia nobis.
Par M. Cocquard , Avocat au Parlement
de Dijon .
Envoyez à M. le Président Bouhier ,
de l'Académie Françoise ,
Le jour de sa Fête.
Illustre Favori de Thémis et des Muses ,
Cher Bouhier , reçois mes excuses.
En ce jour solemnel , où chacun à l'envi ,
S'empresse à t'aller rendre hommage ,
Purgon , qui sous ses loix tient mon corps asservi ,
Me prive de cet avantage.
Encor si dans ces Vers , pour bien peindre à tes
yeux ,
Les.
MAY. 1731. 1199
Les divers sentimens qu'ont fait naftre en mon
ame ,
Tes talens , tes vertus , ton accueil gracieux ,
Apollon m'inspiroit sa poëtique flâme !
Mais par un sort fatal en lui ,
Au lieu du Dieu des Vers, qui souvent me domine,
Je ne puis trouver aujourd'hui ,
Que le Dieu de la Medecine. (A)
Je croyois du moins qu'à mon gré ,
Je pourrois recourir aux richesses de Flore ;
Mais ce matin Zéphire ayant peu soupiré ,
Et l'Aurore encor moins pleuré ,
Ils n'ont dans nos Jardins presque rien fait éclore;
Et l'on n'a pupar-tout cueillir que quelques Acurs,
Peu dignes d'être entrelacées ,
Parmi celles que les neuf Soeurs ,
Sur ta tête Sçavante avec art ont placées.
(a) Apollon est le Dieu des Vers et le Dieu
de la Medecine; c'est ce qu'il dit lui-même
dans Ovide , Liv. 1. de ses Métam.
Per me concordant carmina nervis . . ....
Inventum Medicina meum est , opiferque per
orbem ,
Dicor , et herbarum est subjecta potentia nobis.
Par M. Cocquard , Avocat au Parlement
de Dijon .
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Résumé : VERS Envoyez à M. le Président Bouhier, de l'Académie Françoise, le jour de sa Fête.
Monsieur Cocquard, avocat au Parlement de Dijon, adresse une lettre à Monsieur le Président Bouhier, membre de l'Académie Française, pour sa fête. Il s'excuse de ne pouvoir lui rendre hommage en personne en raison de son médecin, Purgon, qui le retient. Cocquard souhaite néanmoins célébrer les talents, les vertus et l'accueil gracieux de Bouhier. Il regrette de ne pas être inspiré par Apollon, le dieu des vers, mais plutôt par le dieu de la médecine. Il mentionne l'impossibilité de cueillir des fleurs pour orner son hommage, ne trouvant que quelques acorus indignes. Selon Ovide, Apollon est à la fois le dieu des vers et de la médecine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11934
p. 148-149
De CADIX, le 14 Août 1764.
Début :
Ces jours derniers, on a débarqué ici un cadavre enseveli [...]
Mots clefs :
Cadavre, Cavernes, Sépulture, Conquête des Indes, Visage, Académie royale de chirurgie, Madrid, Vases
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De CADIX, le 14 Août 1764.
De CADIZ , le 14 Août 1764.
Ces jours derniers , on a débarqué ici un cadavre
enfeveli dans une longue peau à peu près
femblable à celle d'un Ours : il a été trouvé ,
ainfi que plufieurs autres de la même eſpèce ,
dans des cavernes des Ifles Canaries , où l'on
affure qu'ils avoient leur fépulture avant la conquête
qui fut faite de ces les en 1407 , par
Jean de Betancourt , Gentil'homme Normand ,
& en 1483 par Pierre de Vera , Eſpagnol. Les
chairs de ce Cadavre , quoique défféchées , ſe
font néanmoins confervées elles n'ont aucune
flexibilité & font auffi dures que du bois ; de forte
NOVEMBRE . 1764. 149
qu'au fait ce cadavre paroît pétrifié , quoique
réellement il ne le foit pas. Les traits du vifage
font parfaitement marqués & paroillent être ceux
d'un jeune homme : on n'y reconnoît pas la moindre
détérioration , non plus qu'à aucune autre
partie du corps : le ventre n'eft pas plus affaiffé
que fi la perfonne fût morte depuis deux jours ;
on y remarque feulement un petit pli à la peau ; ce
cadavre a été envoyé à Madrid pour y être déposé
à l'Académie Royale de Chirurgie ; on avoit joint
à la caiffe qui le renfermoit , une autre caiffe
contenant deux ou trois vaſes & un petit moulin
à main trouvés dans la même caverne , ce qui fait
juger que chez les anciens habitans des Ifles Canaries
la coutume étoit de mettre dans le lieu
de la fépulture à côté des morts qu'ils inhumoient
des vafes remplis de liqueurs & de grains
Ces jours derniers , on a débarqué ici un cadavre
enfeveli dans une longue peau à peu près
femblable à celle d'un Ours : il a été trouvé ,
ainfi que plufieurs autres de la même eſpèce ,
dans des cavernes des Ifles Canaries , où l'on
affure qu'ils avoient leur fépulture avant la conquête
qui fut faite de ces les en 1407 , par
Jean de Betancourt , Gentil'homme Normand ,
& en 1483 par Pierre de Vera , Eſpagnol. Les
chairs de ce Cadavre , quoique défféchées , ſe
font néanmoins confervées elles n'ont aucune
flexibilité & font auffi dures que du bois ; de forte
NOVEMBRE . 1764. 149
qu'au fait ce cadavre paroît pétrifié , quoique
réellement il ne le foit pas. Les traits du vifage
font parfaitement marqués & paroillent être ceux
d'un jeune homme : on n'y reconnoît pas la moindre
détérioration , non plus qu'à aucune autre
partie du corps : le ventre n'eft pas plus affaiffé
que fi la perfonne fût morte depuis deux jours ;
on y remarque feulement un petit pli à la peau ; ce
cadavre a été envoyé à Madrid pour y être déposé
à l'Académie Royale de Chirurgie ; on avoit joint
à la caiffe qui le renfermoit , une autre caiffe
contenant deux ou trois vaſes & un petit moulin
à main trouvés dans la même caverne , ce qui fait
juger que chez les anciens habitans des Ifles Canaries
la coutume étoit de mettre dans le lieu
de la fépulture à côté des morts qu'ils inhumoient
des vafes remplis de liqueurs & de grains
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Résumé : De CADIX, le 14 Août 1764.
Le 14 août 1764, à Cadix, un cadavre emmailloté dans une peau semblable à celle d'un ours a été découvert dans des cavernes des îles Canaries. Plusieurs autres cadavres similaires ont été trouvés dans ces mêmes cavernes, utilisées comme sépultures avant la conquête des îles en 1407 par Jean de Betancourt et en 1483 par Pierre de Vera. Les chairs du cadavre, bien que desséchées, sont dures comme du bois, donnant l'apparence d'une pétrification. Le visage présente les traits d'un jeune homme sans détérioration visible. Le ventre n'est pas affaissé, suggérant une mort récente. Le cadavre a été envoyé à Madrid pour être déposé à l'Académie Royale de Chirurgie, accompagné de vases et d'un petit moulin à main trouvés dans la même caverne. Ces objets indiquent que les anciens habitants des îles Canaries avaient la coutume d'enterrer des récipients contenant des liquides et des grains avec les morts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11935
p. 2082-2084
HOLLANDE ET PAYS BAS.
Début :
ON mande de la Haye du 19 du mois dernier, que le Comte de Podewils, Ministre du Roi [...]
Mots clefs :
États généraux, Troupes, Grande-Bretagne, Armée des Alliés, Roi de Prusse
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texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE ET PAYS BAS.
HOLLANDE ET PAYS BAS.
ONmande de la Haye du 19 du moisdernier ?
que le Comte de Podewils , Miniftre du Roi
de Pruffe , ayant conclu avec les Etats Généraux ,
avant que de partir pour Berlin , une Convention
au fujet des Garnifons Hollandoifes , qui font dans
les Villes d'Embden & de Lierot , M. Beck , Sécretaire
de Légation , chargé à la Haye des affaires de
S. M. Pr. pendant l'abſence du Comité de Podewils,
a remis aux Etats Généraux , la Ratification de cette
Convention , fignée par le Roi de Prufſe.
On affûre que ce Prince a promis de payer 120000
Florins , avancés par la République aux Etats d'Ooft-
Frife & à la Ville d'Embden , & 300000 , qui ont
été prêtés au feu Prince d'Ooft -Frife fur les Domaines
, & que les Etats Généraux s'engagent , de
beur côté , à retirer dans un mois leurs troupes des
Villes d'Embden & de Lierot.
Le 1s du mois dernier , M. Beck préfenta aux
Etats Généraux le Manifefte dans lequel le Roi de
Pruffe
SEPTEMBRE. 1744. 2083
Pruffe expofe les motifs qui l'ont déterminé à fournir
des troupes auxiliaires à l'Empereur , & il leur
donna part en même tems de la réfolution que S.
M. Pr . avoit priſe de faire tous les efforts , pour
rendre la Dignité à l'Empereur , la liberté à l'Empire
, & le repos à l'Europe.
M. Trevor , Envoyé du Roi de la Grande Bretagne
, a remis aux Etats Généraux un Mémoire de
S. M. Br. au fujet des mouvemens des troupes Pruffiennes.
L. H. P. ont envoyé aux Provinces refpectives
ce Mémoire , dans lequel le Roi de la Grande
Bretagne témoigne qu'il regarde l'amitié de la République
comme un des plus folides appuis de fa
Couronne , & qu'il efpere que cette République
voudra bien joindre toutes les forces de terre &
de mer à celles des Anglois , pour fécourir S.
M. H.
On apprend de Bruxelles du 20 du mois dernier ,
que l'armée des Alliés , par la pofition que les Généraux
lui ont donnée , eft adoffée à la Riviere de
Marque ; que l'aile droite , compofée des troupes
de la Grande Bretagne , eft appuyée à Pont Treflin ;
que le centre eft à S. Gin Melantois , & que l'aile
gauche s'étend jufqu'à Freting.
Le quartier du Duc d'Aremberg , qui commande
les troupes de la Reine de Hongrie , placées au
centre , eft à S. Gin Melantois ; le Général Wade ,
fous les ordres duquel font les troupes Angloifes &
Hanoveriennes , a le fien à Auftein , & celui du
Comte Maurice de Naffau , Général des troupes
Hollandoifes , qui forment l'aîle gauche , eft à Cifoing.
Ces trois Généraux firent le 15 la revûë générale
de l'armée , qui étoit rangée en bataille für deux
Lignes , & qu'on affûre être de plus de 60000
hommes. Ils ont pofté un Corps d'Infanterie , de
G vj Ca2084
MERCUREDE FRANCE.
Cavalerie & de Dragons , entre le camp & la Ville
de Tournay , afin de conferver la communication
avec cette Place.
Un Parti de Huffards , qui s'étoit avancé dans les
environs de Maubeuge , a été enveloppé par un
Détachement des troupes Françoiſes , & tous les
Huffards , dont ce Parti étoit compofé , ont été
tués ou faits prifonniers.
Les François ont enlevé un Détachement de la
Compagnie Franche , levée par le Droffard de
Brabant.
On apprend de la Haye du 26 du mois dernier
que l'Abbé de la Ville , chargé des affaires du Roi
Très- Chrétien auprès de la République de Hollande
, a communiqué au Président de l'Affemblée
des Etats Généraux quelques dépêches qu'il a reçûës
de la Cour de France.
Oa mande de Bruxelles du 29 , que les lettres de
l'armée des Alliés marquent qu'elle étoit_toujours
dans la même poſition , & qu'elle ne paroiffoit point
encore le préparer à former aucune entreprife importante
; qu'elle eft actuellement compolée de 70
Bataillons & de 114 Efcadrons , fans y comprendre
dix Escadrons de Huffards & fix Compagnies Franches
, & que le 20 elle fit un fourage général du
côté de Temple Mars & de Siclin.
L'artillerie des troupes Hollandoifes arriva au
camp le 17 , fous l'escorte du Régiment de Veltman
, & le même jour on fit un Détachement de
2000 hommes d'Infanterie & de 600 de Cavalerie ,
pour aller reconnoître les environs de Lille .
Les François ont enlevé douze Dragons & 34
chevaux du Régiment de Ligne dans un fourage ,
qui s'eft fait auprès de Condé.
ONmande de la Haye du 19 du moisdernier ?
que le Comte de Podewils , Miniftre du Roi
de Pruffe , ayant conclu avec les Etats Généraux ,
avant que de partir pour Berlin , une Convention
au fujet des Garnifons Hollandoifes , qui font dans
les Villes d'Embden & de Lierot , M. Beck , Sécretaire
de Légation , chargé à la Haye des affaires de
S. M. Pr. pendant l'abſence du Comité de Podewils,
a remis aux Etats Généraux , la Ratification de cette
Convention , fignée par le Roi de Prufſe.
On affûre que ce Prince a promis de payer 120000
Florins , avancés par la République aux Etats d'Ooft-
Frife & à la Ville d'Embden , & 300000 , qui ont
été prêtés au feu Prince d'Ooft -Frife fur les Domaines
, & que les Etats Généraux s'engagent , de
beur côté , à retirer dans un mois leurs troupes des
Villes d'Embden & de Lierot.
Le 1s du mois dernier , M. Beck préfenta aux
Etats Généraux le Manifefte dans lequel le Roi de
Pruffe
SEPTEMBRE. 1744. 2083
Pruffe expofe les motifs qui l'ont déterminé à fournir
des troupes auxiliaires à l'Empereur , & il leur
donna part en même tems de la réfolution que S.
M. Pr . avoit priſe de faire tous les efforts , pour
rendre la Dignité à l'Empereur , la liberté à l'Empire
, & le repos à l'Europe.
M. Trevor , Envoyé du Roi de la Grande Bretagne
, a remis aux Etats Généraux un Mémoire de
S. M. Br. au fujet des mouvemens des troupes Pruffiennes.
L. H. P. ont envoyé aux Provinces refpectives
ce Mémoire , dans lequel le Roi de la Grande
Bretagne témoigne qu'il regarde l'amitié de la République
comme un des plus folides appuis de fa
Couronne , & qu'il efpere que cette République
voudra bien joindre toutes les forces de terre &
de mer à celles des Anglois , pour fécourir S.
M. H.
On apprend de Bruxelles du 20 du mois dernier ,
que l'armée des Alliés , par la pofition que les Généraux
lui ont donnée , eft adoffée à la Riviere de
Marque ; que l'aile droite , compofée des troupes
de la Grande Bretagne , eft appuyée à Pont Treflin ;
que le centre eft à S. Gin Melantois , & que l'aile
gauche s'étend jufqu'à Freting.
Le quartier du Duc d'Aremberg , qui commande
les troupes de la Reine de Hongrie , placées au
centre , eft à S. Gin Melantois ; le Général Wade ,
fous les ordres duquel font les troupes Angloifes &
Hanoveriennes , a le fien à Auftein , & celui du
Comte Maurice de Naffau , Général des troupes
Hollandoifes , qui forment l'aîle gauche , eft à Cifoing.
Ces trois Généraux firent le 15 la revûë générale
de l'armée , qui étoit rangée en bataille für deux
Lignes , & qu'on affûre être de plus de 60000
hommes. Ils ont pofté un Corps d'Infanterie , de
G vj Ca2084
MERCUREDE FRANCE.
Cavalerie & de Dragons , entre le camp & la Ville
de Tournay , afin de conferver la communication
avec cette Place.
Un Parti de Huffards , qui s'étoit avancé dans les
environs de Maubeuge , a été enveloppé par un
Détachement des troupes Françoiſes , & tous les
Huffards , dont ce Parti étoit compofé , ont été
tués ou faits prifonniers.
Les François ont enlevé un Détachement de la
Compagnie Franche , levée par le Droffard de
Brabant.
On apprend de la Haye du 26 du mois dernier
que l'Abbé de la Ville , chargé des affaires du Roi
Très- Chrétien auprès de la République de Hollande
, a communiqué au Président de l'Affemblée
des Etats Généraux quelques dépêches qu'il a reçûës
de la Cour de France.
Oa mande de Bruxelles du 29 , que les lettres de
l'armée des Alliés marquent qu'elle étoit_toujours
dans la même poſition , & qu'elle ne paroiffoit point
encore le préparer à former aucune entreprife importante
; qu'elle eft actuellement compolée de 70
Bataillons & de 114 Efcadrons , fans y comprendre
dix Escadrons de Huffards & fix Compagnies Franches
, & que le 20 elle fit un fourage général du
côté de Temple Mars & de Siclin.
L'artillerie des troupes Hollandoifes arriva au
camp le 17 , fous l'escorte du Régiment de Veltman
, & le même jour on fit un Détachement de
2000 hommes d'Infanterie & de 600 de Cavalerie ,
pour aller reconnoître les environs de Lille .
Les François ont enlevé douze Dragons & 34
chevaux du Régiment de Ligne dans un fourage ,
qui s'eft fait auprès de Condé.
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11936
p. 560-563
Épitaphe de la Dlle Oldfield, Comedienne, [titre d'après la table]
Début :
LE NOUVELLISTE DU PARNASSE, sixiéme Lettre. Nous emprunterons de cette [...]
Mots clefs :
Épitaphes, Anne Oldfield, Théâtre anglais, Actrice, Comédie, Tragédie, Louanges, Poètes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Épitaphe de la Dlle Oldfield, Comedienne, [titre d'après la table]
NOUVELISTE DU PARNASSE,
sixiéme Lettre .
Nous emprunterons
de cette feuille
deux Epitaphes
qui manquent à ce que nous avons dit de la celebre Actrice du
Théatre Anglois dans le Mercure de Novembre
dernier , page 2494. morte à Londres
le 23. Octobre 1730. et inhumée dans
la Chapelle Royale de Westminster
. Le
Nouveliste
compare cette illustre défunte
à notre inimitable
Le Couvreur.
Hic
MARS. 17318 567
Hic juxta requiescit
Tot inter Poëtarum laudata nomina
Anna Oldfield.
>
Nec ipsa minore laude digna
Quippe quæ eorum opera
In Scenam quoties prodivit ,
Illustravit semper et nobilitavit ;
Nunquam ingenium idem ad partes diversissimas
Habilius fuit :
,
Ita tamen ut ad singulas
Non facta , sed nata esse videretur.
In Tragediis
›
Formæ splendor , oris dignitas , incessu
majestas ,
Tanta vocis suavitate temperabantur ,
Ut nemo esset tam agrestis , tam durus
spectator ,
Quin in admirationem totus raperetur ;
In Comoedia autem
Tanta vis , tam venusta hilaritas , tam curiosa
felicitas
Ut neque sufficerent spectando oculi ,
Neque plaudendo manus.
TRADUCTION .
Ici repose parmi les Poëtes les plus renommés
Anne Oldfield , digne de partager leur
gloire , puisqu'elle n'a jamais paru sur la
Scene sans donner un nouvel éclat à leurs
Gj
Onura-
>
562 MERCURE DE FRANCE.
Ouvrages. On ne vit jamais un même génie
saisir tant de Rôles opposés ; elle sembloit
née pour chacun en particulier. Dans le Tragique
, l'éclat de sa beauté , sa noble phisionomie
et son port majestueux étoient temperespar
une voix si charmante , que le plus
feroce spectateur étoit forcé d'admirer ; dans
le Comique , c'étoit une si grande force , un
enjouement si plein de graces , des attraits si
picquans,que les yeux ne pouvoient se lasser
de regarder , ni les mains d'applaudir.
La seconde Epitaphe est en Anglois ;
nous n'en donnerons que cetteTraduction :
Ici repose le corps d'Anne Oldfield , la
plus celebre Actrice , non-seulement de son
tems , mais de tous les tems.
Formée également par la nature et par l'art,
pour plaire , pour engager et interesser tous
les coeurs;
Applaudie dans la vie publique par tous
ceux qui l'ont vuë ,
Aimée dans la vie privée de tous ceux qui
Pont connuë.
{ ELOGE DES NORMANDS , où l'on
trouvera un petit Abregé de leur Histoire
, avec les grands hommes qui en
sont sortis , et les belles qualitês qui doivent
les rendre respectables à l'Univers
entier. Par M. Riviere. A Paris , chez
la
MARS. 1731.
563
la Veuve Guillaume , Quay des Augustins,
1731. broch. de 44. pages in 12.
SIMON et BORDELET , Libraires à Paris, viennent
de réimprîmer les Géorgiques du R. P. Vanier
, Jésuite , avec quelques autres Ouvrages de
cet excellent Poëte Latin , sous ce titre : VANIERII
, Pradium rusticum Editio emendatior cui
accesserunt Libri duo ejusdem opuscula varia.
sixiéme Lettre .
Nous emprunterons
de cette feuille
deux Epitaphes
qui manquent à ce que nous avons dit de la celebre Actrice du
Théatre Anglois dans le Mercure de Novembre
dernier , page 2494. morte à Londres
le 23. Octobre 1730. et inhumée dans
la Chapelle Royale de Westminster
. Le
Nouveliste
compare cette illustre défunte
à notre inimitable
Le Couvreur.
Hic
MARS. 17318 567
Hic juxta requiescit
Tot inter Poëtarum laudata nomina
Anna Oldfield.
>
Nec ipsa minore laude digna
Quippe quæ eorum opera
In Scenam quoties prodivit ,
Illustravit semper et nobilitavit ;
Nunquam ingenium idem ad partes diversissimas
Habilius fuit :
,
Ita tamen ut ad singulas
Non facta , sed nata esse videretur.
In Tragediis
›
Formæ splendor , oris dignitas , incessu
majestas ,
Tanta vocis suavitate temperabantur ,
Ut nemo esset tam agrestis , tam durus
spectator ,
Quin in admirationem totus raperetur ;
In Comoedia autem
Tanta vis , tam venusta hilaritas , tam curiosa
felicitas
Ut neque sufficerent spectando oculi ,
Neque plaudendo manus.
TRADUCTION .
Ici repose parmi les Poëtes les plus renommés
Anne Oldfield , digne de partager leur
gloire , puisqu'elle n'a jamais paru sur la
Scene sans donner un nouvel éclat à leurs
Gj
Onura-
>
562 MERCURE DE FRANCE.
Ouvrages. On ne vit jamais un même génie
saisir tant de Rôles opposés ; elle sembloit
née pour chacun en particulier. Dans le Tragique
, l'éclat de sa beauté , sa noble phisionomie
et son port majestueux étoient temperespar
une voix si charmante , que le plus
feroce spectateur étoit forcé d'admirer ; dans
le Comique , c'étoit une si grande force , un
enjouement si plein de graces , des attraits si
picquans,que les yeux ne pouvoient se lasser
de regarder , ni les mains d'applaudir.
La seconde Epitaphe est en Anglois ;
nous n'en donnerons que cetteTraduction :
Ici repose le corps d'Anne Oldfield , la
plus celebre Actrice , non-seulement de son
tems , mais de tous les tems.
Formée également par la nature et par l'art,
pour plaire , pour engager et interesser tous
les coeurs;
Applaudie dans la vie publique par tous
ceux qui l'ont vuë ,
Aimée dans la vie privée de tous ceux qui
Pont connuë.
{ ELOGE DES NORMANDS , où l'on
trouvera un petit Abregé de leur Histoire
, avec les grands hommes qui en
sont sortis , et les belles qualitês qui doivent
les rendre respectables à l'Univers
entier. Par M. Riviere. A Paris , chez
la
MARS. 1731.
563
la Veuve Guillaume , Quay des Augustins,
1731. broch. de 44. pages in 12.
SIMON et BORDELET , Libraires à Paris, viennent
de réimprîmer les Géorgiques du R. P. Vanier
, Jésuite , avec quelques autres Ouvrages de
cet excellent Poëte Latin , sous ce titre : VANIERII
, Pradium rusticum Editio emendatior cui
accesserunt Libri duo ejusdem opuscula varia.
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Résumé : Épitaphe de la Dlle Oldfield, Comedienne, [titre d'après la table]
Le 'Nouveliste du Parnasse' publie une lettre rendant hommage à l'actrice anglaise Anne Oldfield, décédée à Londres le 23 octobre 1730 et inhumée dans la Chapelle Royale de Westminster. La lettre présente deux épitaphes, l'une en latin et l'autre en français, comparant Oldfield à l'acteur français Le Couvreur. La première épitaphe souligne son talent exceptionnel, affirmant qu'elle illuminait et nobilisait chaque rôle, qu'il soit tragique ou comique. La seconde épitaphe, traduite de l'anglais, la décrit comme la plus célèbre actrice de son temps et de tous les temps, formée par la nature et l'art pour plaire et toucher les cœurs. Le texte mentionne également la réimpression des 'Géorgiques' du Père Vanier par les libraires Simon et Bordelet à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11937
p. 170-191
NOTICE d'OLYMPIE, Tragédie de M. de VOLTAIRE.
Début :
PERSONNAGES. ACTEURS. OLYMPIE, Fille d'Aléxandre, Mlle Clairon, CASSANDRE, Fils [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOTICE d'OLYMPIE, Tragédie de M. de VOLTAIRE.
NOTICE d'OLYMPIE, Tragédie de
M. de VOLTAIRE. *
PERSONNAGES. ACTEURS.
OLYMPIE, Fille d'Aléxandre,
Mlle Clairon,
CASSANDRE, Fils d'Antipatre,
-
, Roi de Macédoine,
M. le Kain.
ANTIGONE, Roi d'une partie
-
de l'Aſie,
· M. Bellecour.
-
-
sTATIRA, veuve d'Alexandre, Mlle Dumeſnil
L'HIEROPHANTE, ou Grand
Prêtre qui préſide à la Célé
M, Britard. -
bration des grands Myſtères 2
soSTENE, Officier de Caſſandre, M. Dauberval.
HERMAS, Officier d'Antigone, M. Blainville,
Prêtres initiés, Prêtreſſes, Soldats
#
& Peuple.
.
*
-
-
La Scène eſt dans le Temple d'Ephèſe, où l'on cé
lébre les grands Myſtères.
:
* Comme cette Pièce eſt imprimée depuis long
temps, & qu'elle eſt entre les mains de tout le
monde , ainſi que tout ce qui s'imprime d'un Au
teur auſſi célébre, nous nous bornons à une ſimple
Notice.
º
· M A I. 1764.
171
A C T E P R E M I E R.
SosTENE eſt dans le Périſtyle du grand
Temple. La principale porte s'ouvre ;
Caſſandre en ſort, & paroît agité. Il con
fie à Soſtène le trouble dont il eſpère
être bientôt délivré. Les grands Myſtères
vont finir ; il s'eſt fait initier. Il invite
Soſtène à reſter dans le parvis, pour être
témoin de ſes premiers devoirs & de ſes
premiers ſoins envers Olympie. Cette
Olympie eſt une Eſclave enlevée dans
ſon enfance par Antipatre, qui avoit des
raiſons pour cacher le ſecret de ſa naiſ
ſance ; Caſſandre le ſçait & veut ré
parer l'outrage. Il avertit Soſtène que
cette prétendue Eſclave doit être reſpec
tée. Elle expie, dit-il , entre les mains
des Prêtreſſes qui la préſentent au Tem
ple, des forfaits qu'elle ne connoît pas,
& qu'il deſire ardemment qu'elle ne
connoiſſe jamais. Ce ſecret inquiète An
tigone. Il veut l'arracher de Caſſandre.
Il vient avant le jour le trouver pour ce
la dans les Parvis de ce Temple. Il ex
horte Caſſandre au nom de leur ancienne
amitié,à réunir leurs forces pour partager
laTerre entr'eux,&pour§ les con
quêtes d'Aléxandre contre les ennemis
H ij
*.
172 MERCURE DE FRANCE.
qui viennent de toutes parts s'emparer de
ces riches dépouiles.Sur un regret qui
échappe à Caſſandre, Antigone veut cal
mer ſes remords.Le premier avoitpréſen
té dans un feſtin le poiſon qui cauſa la
mort d'Aléxandre. Il lui avoit été donné
par ſon père Antipatre, mais fans lui en
avoir confié le ſecret Antigone , par le
portrait qu'il fait d'Aléxandre, entre
piend devguſtifier l'attentat. L'âme de
Caſſandre s'épouvante toujours de l'hor
reur du crime. Antigone, qui veut aller
à ſon but ſur le ſecret qu'il a deſſein
de pénétrer , reclame de nouveau l'ami
tié de Caſſandre. Il en exige une pro
meſſe de lui accorder ce qu'il demande
- ra. Caſſandre promet , Antigone ne de
mande qu'une Eſclave; mais cette Eſ
clave eſt Olympie. A cette demande
Caſſandre eſt troublé. Son ami inſiſte,
il répond par ces Vers :
» Sous les yeux vigilans des Dieux & des Déeſſes,
- olympie eſtgardée au milieu des Prêtreſſes.
» Les portes s'ouvriront quand il en ſera temps.
• Dans ce Parvis ouvert au reſte des vivans,
» Sans vous plaindre de moi, daignez au moins
-
-
» m'attendre.
# prendre,
T
,
•
-
» Des Myſtères nouveaux pourront vous y ſur
-
M A I. 1764.
- » Et vous déciderez ſi la Terre a des Rois
2º Qui puiſſent aſſervir Olympie à leurs loix.
173
Caſſandre rentre dans le Temple ;
Antigone crojt avoir pénétré le grand
myſtère qu'il ſoupçonne ſur le ſort d'O-
lympie. On ouvre les trois portes du
Temple , dont on découvre l'intérieur.
Les Prêtres d'un côté & les Prêtreſſes de
Pautre environnent l'Autel , ſur lequel
Caſſandre & Olympie méttent la main :
ils prononcent alternativement en pré
ſence de l'Hierophante, des ſermens
préparatoires de l'Hymen dont on va
célébrer la pompe. Caſſandre en appelle
à Antigone lui même, pour ſçavoir ſi,
malgré les liens de l'amitié, il pouvoit
lui faire un tel ſacrifice, & les portes du
Temple ſe referment. Antigone eſt plus
confirmé que jamais dans ſes ſoupçons
ſur le ſort d'Olympie. L'ambition & l'a-
mour ſe réuniſſent pourl'animer. Olym
pie a des droits qui peuvent élever ſon
Epoux au rang de Roi des Rois. L'a-
mour a plus d'empire ſur ſon cœur qu'il
ne croyoit lui-même ; tout excite ſa ja
louſie , tout enflâme ſa colère.. La pom
pe de l'Hymen qui s'apprête irrite & re
double en lui ces cruelles paſſions. Il
s'écarte des objets qui le bleſſent. Il va
-
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
concerter les projets furieux qu'il con
çoit, pour empêcher que l'Hymen de
Caſſandre & d'Olympie ne s'accom
pliſſe.
-
A C T E I I.
: Les trois portes ſont ouvertes. Tout
le Théâtre eſt réputé alors l'intérieur
du Temple. L'Hierophante eſt envi
ronné des Prêtres & des Prêtreſſes.
Une ſeule Prêtreſſe, enſévelie dans ſa
douleur , n'aſſiſte point aux Myſtères.
Mais le ſort l'a nommée pour la célébra
tion de l'Hymen qui ſe prépare. La voix
du Sort eſt regardée comme celle de
Dieu même ; il faut qu'elle obéiſſe. Une
Prêtreſſe inférieure eſt chargée de la faire
venir. Elle paroît, elle regrette en larmes
la néceſſité qui l'arrache à ſa retraite.
Une autre néceſſité l'accable : ſon ſort
étoit reſté inconnu même dans l'intérieur
du Temple. Les loix du Rit qu'on y
pratique exigent qu'elle ſe déclare. Elle
cède avec effort ; elle prend le ſerment
de tout ce qui aſſiſte ſur les ſecrets qu'elle
va révéler.
Elle s'informe auparavant
s'il eſt vrai que Caſſandre ſoit au nombre
· des Initiés. Elle gémit de ce qu'il parle
aux mêmesDieux qu'elle. L'Hierophante
cherche à la conſoler par des ſentimens
t
- --
-
M A I. 1764.
,
175
de Religion. Enfin cette Prêtreſſe voi
lée eſt Statira ; c'eſt la fille de Darius ,
c'eſt la veuve d'Aléxandre , qui décla
re que Caſſandre eſt l'auteur de la
mort de ſon Maître, qu'il a plongé dans
ſon ſein à elle-même un fer meurtrier ,
& qu'il
l'a laiſſée mourante , ſur le
corps de ſon auguſte Epoux. L'Hiero
phante veut ſe proſterner aux pieds de
cette grande Reine ; mais elle ne de
mande de reſpect que pour ſa douleur.
Elle connoît trop le néant des grandeurs
du monde. Un vil étranger, un pauvre,
ſoulagea la miſère de Darius ; une fem
me Ephéſienne lui a ſauvé la vie à elle
même, abandonnée de ſes amis & de
ſes Sujets. Cette femme eſt la Prêtreſſe
inférieure qui l'accompagne ; l'horreur
du monde l'a déterminée à s'enterrer
vivante au fond de ce Temple. Elle
pleure une fille , un enfant arraché de
ſes bras ſanglans Quelques efforts qu'il
en puiſſe coûter à ſon cœur, la loi qu'elle
, a embraſſée l'oblige en cette occaſion à
bénir elle-même l'Hymen d'Olympie &
de Caſſandre : c'eſt elle qui doit préſen
ter le feu ſacré, l'eau luſtrale, l'encens,
enfin tout ce qui doit conſacrer cette au
· guſte Cérémonie. L'Hierophante plaint
Statira, & la laiſſe ſeule attendre Olym
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
ie Celle - ci s'avance. Le Temple eſt
ébranlé à ſon approche. - Le cœur de
Statira eſt ému juſqu'au trouble, à l'aſ
pect de cette jeune Perſonne, qu'elle re
garde comme une victime dévouée au
malheur. Elle plaint ſur tout l'illuſion de
ſon cœur , quand elle entend de ſa bou
che ingénue la déclaration vraie & ſin
cère de ſes ſentimens pour Caſſandre.
» Depuis " dit olympie) que je tombai en ſes au
» guſtes mains,
-
» J'ai vu toujours en lui le plus grand des Humains.
» Je chéris un Epoux, & je révère un Maître.
» Voilà mes ſentimens, & voilà tout mon être.-
C'eſt dans cette Scène que ſe prépare
de la manière la plus naturelle & la plus
intéreſſante , la reconnoiſſance entre la
mère & la fille. Toutes les réponſes
d'Olympie aux queſtions de Statira ſur
ſon ſort, ſur les époques de ſa naiſſance
& de ſon eſclavage, jettent une lumière
encore indéciſe, mais qui frappe ſenſi
Àblement l'âme de cette mère infortunée.
L'Hierophante ſurvient : il achève d'é-
claircir ce grand évènement. Il apprend
·à Statira qu'Antigone, que les Peuples,
· que l'Armée, que toutes les voix enfin ſe
réuniſſent à déclarer que cette Olympie
-
, M A I. 1764.
177
eſt fille d'Aléxandre. Ce bonheur eſt
mêlé pour Statira de l'affreuſe amertu
me qu'y répand l'Hymen projetté. On
menace le Temple ; des Soldats l'envi
ronnent. Ephèſe eſt diviſée en deux fac
. tions. L'Hierophante exhorte les Prin
ceſſes à demeurer au pied des Autels. Il
va ſe préſenter aux Rois audacieux †
menacent de violer la ſainteté de ſon
aſyle ; & ſi la tyrannie, dit-il, oſoit en
approcher ,
23 marcher.
-
» C'eſt ſur ſon corps ſanglant qu'il lui faudra
Statira fait des vœux pour le ſuccès
des armes d'Antigone , & de doulou
reuſes réfléxions ſur la néceſſité où elle
eſt de n'attendre du ſecours que de ſes
ennemis qui ont été ſes Sujets. Elle ex
horte Olympie à ſuivre le devoir qu'el
le-même s'eſt preſcrit, de ſoutenir le
grand nom qui reſte à la mère & à la
fille.
·
·
·
·
·
A c T E I I i
, ,
| LE Temple eſt fermé. Caſſandre &
Soſtène ſont dans le périſtile. Le pre
mier a cédé à la voix publique. Il eſt
convenu qu'Olympie º# d'Aléxan
178 MERCURE DE FRANCE.
dre. Antigone, abuſant de la religion ,
qu'il ne reſpecte pas, a ſoulevé le Peu
ple, & fait enviſager comme un crime
affreux l'hymen de Caſſandre avec une
fille dont il a tué la mère. Caſſandre
convient avoir tué Statira , mais c'eſt .
dans le tumulte & l'horreur des com
bats. Son plus grand ſupplice eſt d'être
coupable aux yeux d'Olympie qu'il
adore. Il eſpére cependant de la ten
dreſſe d'Olympie, dont le cœur eſt à lui
dès l'enfance. Mais ſi elle retiroit la
inain qu'elle lui a donnée, il menace
de détruire le Temple même dont il eſt
le défenſeur.
Il cherche Olympie ,
il
eſt arrêté par l'Hierophante. Il lui de
mande la Princeſſe , l'Hierophante lui
| promet que la Prêtreſſe chargée du ſoin
ſacré de la cérémonie, va bientôt l'a-
mener; mais il fait des vœux pour que
cet hymen n'occaſionne pas le mal
heur de l'un & de l'autre époux. Ces
vœux allarment Caſſandre , il veut faire
expliquer l'Hierophante, il l'accuſe d'ê-
trc du parti d'Antigone contre lui. Le
Grand-Prêtre répond à ce ſoupçon avec
· une religieuſe fermeté.
-
» Me préſervent les cieux de paſſer les limites
» Que mon culte paiſible à mon zéle a preſcrites
* -
M A I. 1764
:
1-3
» Les intrigues des cours, les cris des factions, .
» Des humains que je fuis les triſtes paſſions
» N'ont point encor troublé nos retraites obſcures,
» Au Dieu que nous ſervons nous levons des
» mains pures.
-
» Les débats des grands Rois prompts à ſe divi
» ſer 2
v
» Ne ſont connus de nous que pour les appaiſer.
» Et nous ignorerions leurs grandeurs paſſagères,
» Sans le fatal beſoin qu'ils ont de nos prières.
;
•
.
.
•
•
.
&c. &c.
•
-
· Olympie s'avance avec Statira voi
lée. Dans cette Scène, en même temps
terrible & attendriſſante, Caſfandre re
connoît Statira dans les bras de laquelle
ſejette Olympie. Caſſandre eſt confondu
& accablé de ſes remords. Statira lui
rappelle tous les crimes qu'elle lui re
proche. Il ne prétend s'excuſer ſur rien,
Olympie, preſſée par un devoir qu'elle
croit ſacré, demande elle-même à ſa
mère d'éteindre les flambeaux d'un ſi
funeſte hyménée. Caſſandre au déſeſ
oir, Caſſandre, qui a mis ſon Sceptre
ſa Couronne aux pieds de ces Prin
ceſſes, ſans prétendre ſe juſtifier, n'é-
coutant plus qu'un amour auquel il ne
peut réſiſter, jure d'enlever du Temple
& même des bras de ſa mère la triſte
H vj.
5
-
18o MERCURE DE FRANCE.
Olympie qu'il a droit de regarder déjà
comme ſon épouſe. Il ſort & laiſſe les
deux Princeſſes dans les allarmes que
leur cauſe la fureur de ſes menaces. An
tigone vient ſe préſenter à Statira pour
être le défenſeur de la veuve & de la
fille d'Aléxandre. Il demande le ſuffra
ge de Statira ; il l'obtient aiſément du
defir qu'elle a de ſe venger ; mais il
prétend pour prix de ſes ſervices la main
d'Olympie. Statira conſulte l'aveu de ſa
fille. Celle-ci apporte pour excuſe le
trouble affreux de ſa ſituation,& ne pro
met rien. Statira répond de ſon aveu,
Reſtée ſeule avec ſa fille, elle la preſſe
de ſe décider, elle lui propoſe de ral
lumer pour Antigone les flambeaux de
l'hymen éteints pour Caſſandre. Olym
pie ſe défend quelque temps, en pro
,teſtant qu'elle ne veut d'autre Trône ,
d'autre hymen que la retraite obſcure
qu'avoit choiſie ſa mère , pour elle
même. Elle propoſe à cette mère affli
gée, de laiſſer tous les débats de ces
Rois forcenés, de ne point joindre leurs
mains tremblantes, à ces mains meur
trières.
-
• Les larmes ſont pour nous , les crimes ſont
» pour eux.
·
-
Ces larmes , qu'en effet elle voit ré
VA
,
,
A
-
M A I. 1764.
18 x
pandre à ſa fille, glacent d'horreur Sta
tira. La tremblante Olympie ne peut
lui cacher qu'elle aime Caſſandre , mais
elle jure de le fuir. Statira eſt épouvan
tée d'un ſentiment qu'elle déteſte dans
ſa fille, celle-ci tombe à ſes pieds.
-
•
» Hélas, dit-elle, de douleur dévorée,
» Tremblante à vos genoux, je les baigne de
» pleurs.
» Ma mère, pardonnez.
1
ST A T I RA,
» Je pardonne & je meurs :
Olympie jure de ne jamais trahir ſes
devoirs, & de mourir plutôt que d'of
fenſer la gloire des Auteurs de ſa naiſ
ſance. Statira eſt pénétrée de douleur
de voir qu'Olympie peut mourir plutôt
que de haïr l'ennemi qu'elle déteſte.
Mais elle compte ſur ſa vertu, & ne peut
la regarder comme coupable.
-
A C T E I V.
, Antigone eſt dans le périſtile, ſes ſol
dats occupent les paſſages qui condui
ſent au Temple ;le Peuple d'Ephèſe eſt
partagé entre Caſſandre & lui ; le ſignal
de la guerre eſt donné, il y court ; mais
il eſt arrêté par Caſſandre, qui lui re
proche l'amitié trahie, Antigone lui ob
r82 MERCURE DE FRANCE.
jecte ſes crimes & l'erreur à laquelle ii
prétend qu'il devoit la tendreſſe d'O-
lympie. Il lui propoſe de reprendre leur
ancienne alliance , & même de périr
pour lui s'il veut céder Olympie. Caſ -
ſandre ne répond à cette propoſition
que par celle d'un combat ſingulier.
Le combat eſt accepté , ils mettent
répée à la main aux portes du Tem=
ple; l'Hierophante les ouvre. Il apoſtro
phe avec véhémence les deux Rois qui
profanent ſon ſaint aſyle. Les Prêtres,
les Initiés & le peuplé en foule ſe pré
cipitent entre les combattans & les ſé
parent. Antigone perſiſte & atteſte le
Ciel & les Mânes d'Aléxandre qu'il ne
ſouffrira pas qu'un hymen illégitime
s'accompliſſe. Caſſandre n'eſt pas plus
diſpoſé à céder de ſes
prétentions,
L'Hierophante exhorte ce dernier à la
modération. Il lui repréſente la force
de la loi, qui permet à une femme de
paſſer dès le même jour dans les bras
d'un autre époux , ſi le ſien a verſé le
† de quelqu'un de ſa famille, dans
quelque circonſtance & de quelque
rang que ſoit cet époux. De plus , la
mère d'Olympie vit encore, c'eſt à elle
à diſpoſer du ſort de ſa fille. C'eſt à lui
d'attendre les arrêts de l'une & de l'au
*.
'\
M A I. 1764.
183
tre. Antigone ſaiſit comme un eſpoir
certain de ſon ſuccès ce qu'a dit l'Hié
rophante. Caſſandre , libre avec ſon
Confident, ſe promet de ſe porter aux
plus grandes extrémités plutôt que de
renoncer à l'hymen d'Olympie. Mais
Antigone a ſéduit Statira. Il ne doit
pas eſpérer de fléchir cette mère irritée.
Ses remords ne lui laiſſent pas la dou
ceur de penſer qu'Olympie elle-même
puiſſe jamais lui pardonner. Il a formé
le projet de l'enlever aux Dieux mêmes
qu'il a ſervis. Dans ce moment,il apper
- çoit Olympie proſternée aux pieds d'un
Autel. Il ordone à Soſtène d'allet tout
préparer pour l'enlévement.Olympie ap
| perçoit Caſſandre. Celui-ci fait les der
niers efforts pour calmer l'horreur qui
accable l'âme de ſa maîtreſſe. Il la preſſe
de le ſuivre, elle lui demande avec inſ
tance de la fuir. Elle s'irrite de la crainte
qu'il a qu'elle ne céde aux vœux d'An
tigone. Enfin, ſur ce qu'il veut entre
prendre de l'arracher de ſon aſyle, elle
lui demande la mort. Caſſandre lui re
| proche l'excès de ſa haine. Olympie
termine ſes reproches par un dernier
aveu du ſentiment le plus tendre.
» Ma haine eſt-elle juſtè, & l'as-tu méritée ?
-
-
184 MERCURE DE FRANCE.
» Caſſandre, fi ta main féroce, enfanglantée ;-
» Ta main, qui de ma Mère oſa percer le fianc s
» N'eût frappé que moi ſeule & verſé que mora
-
» ſang ,
-
-
· » Je te pardonnerois,je t'aimerois .. .. babare
» Va, tout nous déſunit •
• • • • • • • . .
' Caſſandre inſiſte encore plus vivement:
Quand elle devroit l'épouſer pour lui
percer le cœur, il faut que ſon deſtin
s'accompliſſe , il faut qu'elle le ſuive ... --
--
*-
-
"
» Haïſſez, puniſſez, mais ſuivez votre époux.
Soſtène, interrompt cette Scène en
venant informer Caſſandre qu'Antigone
eſt aux portes du Temple; qu'il cher
che à ſéduire ſes amis , à détourner
, ſes ſoldats, que le Peuple eſt ébranlé ,
qu'il atteſte Aléxandre , Olympie elle
même. Caſſandre accuſe tendrement
· Olympie de vouloir ſa mort. Il lui arra
· che encore un nouvel aveu de ſa foibleſſé.
:
*
o LY MP 1E.
» Moi : vouloir ton trépas ! ... va,j'en ſuis
· » incapable. .. ..
'» Vis loin de moi,
-
C A S S A N'D R E.
º » Sans vous le jour m'eſt érécrable
|
-
M A I. 1764.
185
» Et s'il m'eſt conſervé,je revole en ces lieux ,
» Je vous arrache au Temple, & je meurs à vos
» yeux.
- -
-
-
Olympie ſe reproche amérement les
pleurs que lui coûte Caſſandre. La voix
du devoir, la voix de la nature eſt la
ſeule à qui elle veut obéir. Les Dieux
avoient reçu d'elle les ſermens de l'amour
le plus tendre. Les Dieux ont tout chan
é.... mais qu'ils changent donc ſon
· cœur. C'eſt ce qu'elle implore du Ciel.
» Eh! que peut ſur ſoi-même une foible Mortelle !
·
Elle ſent bien qu'elle enfonce le
trait qu'elle veut arracher. Ce cœur déja
déchiré, va éprouver de nouvelles bleſ
ſures. L'Hiérophaute vient apprendre
à Olympie que Statira ſa Mère, al
# du bruit & du carnage qui pro
fauent lesiſſues du Temple, & voyant
que Caſſandre s'y fraye un chemin,
dans la crainte de voir ſa fille tomber
entre les mains du raviſſeur qu'elle
abhorre, a faiſi le glaive des ſacrifices
& s'en eſt percé le ſein. Caſſandre eſt
à ſes pieds, Caſſandre l'implore , mais
ſa ſoumiſſion & ſes ſoins redoublent
l'horreur de ſes derniers momens. Sta
tira va expirer. Elle a éxigé de l'Hié
".
186 MERCURE DE FRANCE.
rophante qu'il viendroit conſoler Olym
pie & lui dire que la dernière volon
té de ſa Mère, eſt que pour la ven
ger elle épouſe Antigone. Olympie veut
aller mourir près d'elle. L'Hiérophante
lui dit :
» Armez-vous de courage..
-
·
O L Y M P I E.
· A. C T E , V.
-
° ""
» O ſang qui m'a fait naître !
» J'en ai beſoin, Seigneur, & j'en aurai peut
:
·
·
t F
º ..
· Antigone, dans le périſtyle, s'entre
tient avec ſon Confident ſur l'eſpoir qui
femble l'aſſurer de poſſéder Olympie :
les dernières volontés de ſa mère lui
donnent ſur elle des droits irrévocables,.
auxquels il ne doute pas qu'elle ne ſonſ
crive. Si Caſſandre entreprenoit de s'y
oppoſer, il ſe promet de l'en punir. Mais
le reſpect de la Pompe funèbre va ſuſ
pendre toute hoſtilité. L'Hierophante ,
les Prêtres & les Prêtreſſes s'avancent en
pleurant; on ſoutient Olympie, à peine
reſpirante. Antigone s'adreſſe à elle pour
lui promettre de venger ſa mère, & pour
la raſſurer contre toutes les entrepriſes
M A I. 1764.
187
de Caſſandre. Olympie répond par ces
deux vers :
• Ah, Seigneur ! parlez moins de meurtre & de
-
» vengeance.
-
» Elle a vécu, je meurs au reſte des humains. .
- Antigone ſe retire. Olympie conſulte
l'Hierophante, pour ſçavoir s'il ne lui eſt
pas permis de conſacrer le reſte de ſa vie
dans le Temple, & de s'enſévelir dans la
même obſcurité qui avoit dérobé ſa
mère aux regards des humains. Convain
cue par ce Miniſtre des Dieux, que ſi
elle ne choiſit pas Antigone pour époux,
il faut qu'elle retombe au pouvoir de
Caſſandre, elle prend ſon parti; &, ſans
s'expliquer davantage, elle dit à l'Hiero
phante que ſon choix eſt fait, qu'elle eſt
déterminée.. ..... Lorſqu'il veut ſçavoir
d'elle ſur qui tombe ce choix, elle lui
rappelle le contraſte inconciliable qu'il
trouve lui-même entre les flambeaux de
la mort & ceux de l'Hymen. Elle s'in
forme s'il lui ſera permis d'approcher du
corps de ſa mère, & de lui rendre les
derniers dévoirs ſur le Bucher. L'Hiero
phante l'aſſure que non-ſeulement elle le
peut, mais qu'elle le doit. C'eſt elle qui
préſentera les offrandes funéraires, c'eſt
·
183 MERCURE DE FRANCE.
elle qui fera les libations , &c. Les
Prêtreſſes apportent tout ce qui eſt né
ceſſaire pour cette lugubre cérémonie.
Olympie preſſe l'Hierophante de tout
préparer. Elle le prie de faire venir les
deux Rois rivaux.
C'eſt devant eux
qu'elle veut s'expliquer, aux pieds des
Autels, à l'aſpect de ſa mère, aux yeux
des Prêtreſſes..
» Témoins de mes malheurs, témoins de mes
» promeſſes,
s
-
-
» Mes ſentimens, mon choix vont être déclarés.
»Vous les plaindrez peut-être, & les approuverez,
Olympie gémit en ſecret de l'empire
cruel que Caſſandre conſerve malgré
elle ſur ſon cœur. Il arrive le premier,
il vient offrir de s'immoler , il ſe re
connoît auſſi coupable que malheu
reux ; mais il invoque toujours les ſer
mens de l'Hymen. Il ſe jette à ſes ge
noux ,
•s Venge-toi, dit-il, punis-moi; mais ne ſois pointº
» parjure.
.
-
» Va,l'Hymen eſt encor plus ſaint que la Nature
Elle le fait relever, en le conjurant de
ne pas ſouiller les dons qu'elle va pré
· ſenter, & de ne pas approcher du lieu
-
M A I. 1764.
189
de la Cérémonie. Antigone de ſon côté
vient preſſer la Princeſſe de s'expliquer.
Elle le promet; mais elle exige, de mê
me que de Caſſandre, qu'il la reſpecte
en ces momens funébres, & qu'il ſe ſou
mette à ſes volontés. Les deux rivaux en
font le ferment. Alors Olympie s'accuſe
elle même d'avoir mérité ſes malheurs,
d'avoir trahi ſes parens dès qu'elle les a
connus. Sa mère en expirant lui a or
donné d'épouſer Antigone, elle a refu
ſé d'obéir. Elle interrompt le reproche
que veut faire Antigone, en lui diſant :
» A ſes Mânes (de ſa mère) à vous, je ne fais
» point d'injure ; .
'
-
» Je rends juſtice à tous, & je la rends à moi ,
» Coſſandre, devant lui je vousdonnai ma foi,
» Voyez ſi mes liens ont été légitimes ;
» Je vous laiſſe en juger , vous connoiſſez vos
» crimes.
» Il ſeroit ſuperflu de vous les reprocher,
•s Réparez-les un jour...
On voit le Bucher déjà embrâſé ;
Olympie le fait conſidérer à Caſſandre ;
elle y monte avec une noble & modeſte
aſſurance ; elle y fait toutes les céré-
monies du culte des Anciens, & rela
tives à leur grande vénération pour les
Mânes de leurs parens.
4
|
|
|
#
º,
·
sgo MERCURE DE FRANCE.
Après une apoſtrophe à Caſſandre,
· qui rappelle & ſes crimes & les malheurs
d'Olympie, en lui diſant :
» Tu crois mes lâches feux de mon âme bannie ;
» Apprends que je t'adore, & que je m'en punis. - -
» Cendres de Statira ! recevez Olympie.
Elle ſe jette dans le Bucher, & diſpa
roît comme dévorée par les flammes.
L'Hiérophante , les Prêtres & les Prê
treſſes ainſi que tous les Afſiſtans ſont
ſaiſis de terreur & d'admiration. Caſ
ſandre, en ſe frappant, s'immole à ſon
amour & à ſes remords. Il exhorte An
tigone à l'imiter. .
-
Ainſi finit cette Tragédie , par un
coup de Théâtre auſſi neuf ſur no
,tre Scène, que pathétique & pittoreſ
'que. Coup de Théâtrè auquel le talent
ſublime de Mlle Clairon pour la repré
ſentation, met une vérité & une di
gnité , qui en ont toujours rendu l'effet
admirable.
-
-
-
N. B. Nous n'ajouterons point de re
marques à celles qui ſont imprimées avec,
cette Piéce. Il y auroit une préſomption
répréhenſible en nous , de prétendre
donner plus d'éclairciſſemens au Lec
teur ſur les Ouvrages de l'Auteur d'O-
-
M A I. 1764.
I 9 I
lympie, qu'il en donne lui-même. Su
périeur à nos éloges, il en ſeroit peu
flatté, & le Public n'a pas beſoin d'être
· excité à lui donner tous ceux que ſes
productions ſont en droit d'obtenir.
Nous nous arrêterons, ſur cette Tra
gédie, à un fait bien conſtaté, c'eſt que
les repreſentations ont attiré & atta
ché un un fort grand nombre de Spec
tateurs. Il y a , comme on voit dans
la
texture de ce Drame , une aſſez
grande quantité de points tragiques ,
qui naiſſent des ſituations. La fingu
larité du Spectacle , ſa pompe & ſa
majeſté, imprimeront toujours une ſor
te d'émotion, que l'art ne doit peut
être pas dédaigner de mettre au nombre
de ſes moyens, mais dont il ſeroit dan
· gereux de faire trop uſage.
M. de VOLTAIRE. *
PERSONNAGES. ACTEURS.
OLYMPIE, Fille d'Aléxandre,
Mlle Clairon,
CASSANDRE, Fils d'Antipatre,
-
, Roi de Macédoine,
M. le Kain.
ANTIGONE, Roi d'une partie
-
de l'Aſie,
· M. Bellecour.
-
-
sTATIRA, veuve d'Alexandre, Mlle Dumeſnil
L'HIEROPHANTE, ou Grand
Prêtre qui préſide à la Célé
M, Britard. -
bration des grands Myſtères 2
soSTENE, Officier de Caſſandre, M. Dauberval.
HERMAS, Officier d'Antigone, M. Blainville,
Prêtres initiés, Prêtreſſes, Soldats
#
& Peuple.
.
*
-
-
La Scène eſt dans le Temple d'Ephèſe, où l'on cé
lébre les grands Myſtères.
:
* Comme cette Pièce eſt imprimée depuis long
temps, & qu'elle eſt entre les mains de tout le
monde , ainſi que tout ce qui s'imprime d'un Au
teur auſſi célébre, nous nous bornons à une ſimple
Notice.
º
· M A I. 1764.
171
A C T E P R E M I E R.
SosTENE eſt dans le Périſtyle du grand
Temple. La principale porte s'ouvre ;
Caſſandre en ſort, & paroît agité. Il con
fie à Soſtène le trouble dont il eſpère
être bientôt délivré. Les grands Myſtères
vont finir ; il s'eſt fait initier. Il invite
Soſtène à reſter dans le parvis, pour être
témoin de ſes premiers devoirs & de ſes
premiers ſoins envers Olympie. Cette
Olympie eſt une Eſclave enlevée dans
ſon enfance par Antipatre, qui avoit des
raiſons pour cacher le ſecret de ſa naiſ
ſance ; Caſſandre le ſçait & veut ré
parer l'outrage. Il avertit Soſtène que
cette prétendue Eſclave doit être reſpec
tée. Elle expie, dit-il , entre les mains
des Prêtreſſes qui la préſentent au Tem
ple, des forfaits qu'elle ne connoît pas,
& qu'il deſire ardemment qu'elle ne
connoiſſe jamais. Ce ſecret inquiète An
tigone. Il veut l'arracher de Caſſandre.
Il vient avant le jour le trouver pour ce
la dans les Parvis de ce Temple. Il ex
horte Caſſandre au nom de leur ancienne
amitié,à réunir leurs forces pour partager
laTerre entr'eux,&pour§ les con
quêtes d'Aléxandre contre les ennemis
H ij
*.
172 MERCURE DE FRANCE.
qui viennent de toutes parts s'emparer de
ces riches dépouiles.Sur un regret qui
échappe à Caſſandre, Antigone veut cal
mer ſes remords.Le premier avoitpréſen
té dans un feſtin le poiſon qui cauſa la
mort d'Aléxandre. Il lui avoit été donné
par ſon père Antipatre, mais fans lui en
avoir confié le ſecret Antigone , par le
portrait qu'il fait d'Aléxandre, entre
piend devguſtifier l'attentat. L'âme de
Caſſandre s'épouvante toujours de l'hor
reur du crime. Antigone, qui veut aller
à ſon but ſur le ſecret qu'il a deſſein
de pénétrer , reclame de nouveau l'ami
tié de Caſſandre. Il en exige une pro
meſſe de lui accorder ce qu'il demande
- ra. Caſſandre promet , Antigone ne de
mande qu'une Eſclave; mais cette Eſ
clave eſt Olympie. A cette demande
Caſſandre eſt troublé. Son ami inſiſte,
il répond par ces Vers :
» Sous les yeux vigilans des Dieux & des Déeſſes,
- olympie eſtgardée au milieu des Prêtreſſes.
» Les portes s'ouvriront quand il en ſera temps.
• Dans ce Parvis ouvert au reſte des vivans,
» Sans vous plaindre de moi, daignez au moins
-
-
» m'attendre.
# prendre,
T
,
•
-
» Des Myſtères nouveaux pourront vous y ſur
-
M A I. 1764.
- » Et vous déciderez ſi la Terre a des Rois
2º Qui puiſſent aſſervir Olympie à leurs loix.
173
Caſſandre rentre dans le Temple ;
Antigone crojt avoir pénétré le grand
myſtère qu'il ſoupçonne ſur le ſort d'O-
lympie. On ouvre les trois portes du
Temple , dont on découvre l'intérieur.
Les Prêtres d'un côté & les Prêtreſſes de
Pautre environnent l'Autel , ſur lequel
Caſſandre & Olympie méttent la main :
ils prononcent alternativement en pré
ſence de l'Hierophante, des ſermens
préparatoires de l'Hymen dont on va
célébrer la pompe. Caſſandre en appelle
à Antigone lui même, pour ſçavoir ſi,
malgré les liens de l'amitié, il pouvoit
lui faire un tel ſacrifice, & les portes du
Temple ſe referment. Antigone eſt plus
confirmé que jamais dans ſes ſoupçons
ſur le ſort d'Olympie. L'ambition & l'a-
mour ſe réuniſſent pourl'animer. Olym
pie a des droits qui peuvent élever ſon
Epoux au rang de Roi des Rois. L'a-
mour a plus d'empire ſur ſon cœur qu'il
ne croyoit lui-même ; tout excite ſa ja
louſie , tout enflâme ſa colère.. La pom
pe de l'Hymen qui s'apprête irrite & re
double en lui ces cruelles paſſions. Il
s'écarte des objets qui le bleſſent. Il va
-
H iij
174 MERCURE DE FRANCE.
concerter les projets furieux qu'il con
çoit, pour empêcher que l'Hymen de
Caſſandre & d'Olympie ne s'accom
pliſſe.
-
A C T E I I.
: Les trois portes ſont ouvertes. Tout
le Théâtre eſt réputé alors l'intérieur
du Temple. L'Hierophante eſt envi
ronné des Prêtres & des Prêtreſſes.
Une ſeule Prêtreſſe, enſévelie dans ſa
douleur , n'aſſiſte point aux Myſtères.
Mais le ſort l'a nommée pour la célébra
tion de l'Hymen qui ſe prépare. La voix
du Sort eſt regardée comme celle de
Dieu même ; il faut qu'elle obéiſſe. Une
Prêtreſſe inférieure eſt chargée de la faire
venir. Elle paroît, elle regrette en larmes
la néceſſité qui l'arrache à ſa retraite.
Une autre néceſſité l'accable : ſon ſort
étoit reſté inconnu même dans l'intérieur
du Temple. Les loix du Rit qu'on y
pratique exigent qu'elle ſe déclare. Elle
cède avec effort ; elle prend le ſerment
de tout ce qui aſſiſte ſur les ſecrets qu'elle
va révéler.
Elle s'informe auparavant
s'il eſt vrai que Caſſandre ſoit au nombre
· des Initiés. Elle gémit de ce qu'il parle
aux mêmesDieux qu'elle. L'Hierophante
cherche à la conſoler par des ſentimens
t
- --
-
M A I. 1764.
,
175
de Religion. Enfin cette Prêtreſſe voi
lée eſt Statira ; c'eſt la fille de Darius ,
c'eſt la veuve d'Aléxandre , qui décla
re que Caſſandre eſt l'auteur de la
mort de ſon Maître, qu'il a plongé dans
ſon ſein à elle-même un fer meurtrier ,
& qu'il
l'a laiſſée mourante , ſur le
corps de ſon auguſte Epoux. L'Hiero
phante veut ſe proſterner aux pieds de
cette grande Reine ; mais elle ne de
mande de reſpect que pour ſa douleur.
Elle connoît trop le néant des grandeurs
du monde. Un vil étranger, un pauvre,
ſoulagea la miſère de Darius ; une fem
me Ephéſienne lui a ſauvé la vie à elle
même, abandonnée de ſes amis & de
ſes Sujets. Cette femme eſt la Prêtreſſe
inférieure qui l'accompagne ; l'horreur
du monde l'a déterminée à s'enterrer
vivante au fond de ce Temple. Elle
pleure une fille , un enfant arraché de
ſes bras ſanglans Quelques efforts qu'il
en puiſſe coûter à ſon cœur, la loi qu'elle
, a embraſſée l'oblige en cette occaſion à
bénir elle-même l'Hymen d'Olympie &
de Caſſandre : c'eſt elle qui doit préſen
ter le feu ſacré, l'eau luſtrale, l'encens,
enfin tout ce qui doit conſacrer cette au
· guſte Cérémonie. L'Hierophante plaint
Statira, & la laiſſe ſeule attendre Olym
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
ie Celle - ci s'avance. Le Temple eſt
ébranlé à ſon approche. - Le cœur de
Statira eſt ému juſqu'au trouble, à l'aſ
pect de cette jeune Perſonne, qu'elle re
garde comme une victime dévouée au
malheur. Elle plaint ſur tout l'illuſion de
ſon cœur , quand elle entend de ſa bou
che ingénue la déclaration vraie & ſin
cère de ſes ſentimens pour Caſſandre.
» Depuis " dit olympie) que je tombai en ſes au
» guſtes mains,
-
» J'ai vu toujours en lui le plus grand des Humains.
» Je chéris un Epoux, & je révère un Maître.
» Voilà mes ſentimens, & voilà tout mon être.-
C'eſt dans cette Scène que ſe prépare
de la manière la plus naturelle & la plus
intéreſſante , la reconnoiſſance entre la
mère & la fille. Toutes les réponſes
d'Olympie aux queſtions de Statira ſur
ſon ſort, ſur les époques de ſa naiſſance
& de ſon eſclavage, jettent une lumière
encore indéciſe, mais qui frappe ſenſi
Àblement l'âme de cette mère infortunée.
L'Hierophante ſurvient : il achève d'é-
claircir ce grand évènement. Il apprend
·à Statira qu'Antigone, que les Peuples,
· que l'Armée, que toutes les voix enfin ſe
réuniſſent à déclarer que cette Olympie
-
, M A I. 1764.
177
eſt fille d'Aléxandre. Ce bonheur eſt
mêlé pour Statira de l'affreuſe amertu
me qu'y répand l'Hymen projetté. On
menace le Temple ; des Soldats l'envi
ronnent. Ephèſe eſt diviſée en deux fac
. tions. L'Hierophante exhorte les Prin
ceſſes à demeurer au pied des Autels. Il
va ſe préſenter aux Rois audacieux †
menacent de violer la ſainteté de ſon
aſyle ; & ſi la tyrannie, dit-il, oſoit en
approcher ,
23 marcher.
-
» C'eſt ſur ſon corps ſanglant qu'il lui faudra
Statira fait des vœux pour le ſuccès
des armes d'Antigone , & de doulou
reuſes réfléxions ſur la néceſſité où elle
eſt de n'attendre du ſecours que de ſes
ennemis qui ont été ſes Sujets. Elle ex
horte Olympie à ſuivre le devoir qu'el
le-même s'eſt preſcrit, de ſoutenir le
grand nom qui reſte à la mère & à la
fille.
·
·
·
·
·
A c T E I I i
, ,
| LE Temple eſt fermé. Caſſandre &
Soſtène ſont dans le périſtile. Le pre
mier a cédé à la voix publique. Il eſt
convenu qu'Olympie º# d'Aléxan
178 MERCURE DE FRANCE.
dre. Antigone, abuſant de la religion ,
qu'il ne reſpecte pas, a ſoulevé le Peu
ple, & fait enviſager comme un crime
affreux l'hymen de Caſſandre avec une
fille dont il a tué la mère. Caſſandre
convient avoir tué Statira , mais c'eſt .
dans le tumulte & l'horreur des com
bats. Son plus grand ſupplice eſt d'être
coupable aux yeux d'Olympie qu'il
adore. Il eſpére cependant de la ten
dreſſe d'Olympie, dont le cœur eſt à lui
dès l'enfance. Mais ſi elle retiroit la
inain qu'elle lui a donnée, il menace
de détruire le Temple même dont il eſt
le défenſeur.
Il cherche Olympie ,
il
eſt arrêté par l'Hierophante. Il lui de
mande la Princeſſe , l'Hierophante lui
| promet que la Prêtreſſe chargée du ſoin
ſacré de la cérémonie, va bientôt l'a-
mener; mais il fait des vœux pour que
cet hymen n'occaſionne pas le mal
heur de l'un & de l'autre époux. Ces
vœux allarment Caſſandre , il veut faire
expliquer l'Hierophante, il l'accuſe d'ê-
trc du parti d'Antigone contre lui. Le
Grand-Prêtre répond à ce ſoupçon avec
· une religieuſe fermeté.
-
» Me préſervent les cieux de paſſer les limites
» Que mon culte paiſible à mon zéle a preſcrites
* -
M A I. 1764
:
1-3
» Les intrigues des cours, les cris des factions, .
» Des humains que je fuis les triſtes paſſions
» N'ont point encor troublé nos retraites obſcures,
» Au Dieu que nous ſervons nous levons des
» mains pures.
-
» Les débats des grands Rois prompts à ſe divi
» ſer 2
v
» Ne ſont connus de nous que pour les appaiſer.
» Et nous ignorerions leurs grandeurs paſſagères,
» Sans le fatal beſoin qu'ils ont de nos prières.
;
•
.
.
•
•
.
&c. &c.
•
-
· Olympie s'avance avec Statira voi
lée. Dans cette Scène, en même temps
terrible & attendriſſante, Caſfandre re
connoît Statira dans les bras de laquelle
ſejette Olympie. Caſſandre eſt confondu
& accablé de ſes remords. Statira lui
rappelle tous les crimes qu'elle lui re
proche. Il ne prétend s'excuſer ſur rien,
Olympie, preſſée par un devoir qu'elle
croit ſacré, demande elle-même à ſa
mère d'éteindre les flambeaux d'un ſi
funeſte hyménée. Caſſandre au déſeſ
oir, Caſſandre, qui a mis ſon Sceptre
ſa Couronne aux pieds de ces Prin
ceſſes, ſans prétendre ſe juſtifier, n'é-
coutant plus qu'un amour auquel il ne
peut réſiſter, jure d'enlever du Temple
& même des bras de ſa mère la triſte
H vj.
5
-
18o MERCURE DE FRANCE.
Olympie qu'il a droit de regarder déjà
comme ſon épouſe. Il ſort & laiſſe les
deux Princeſſes dans les allarmes que
leur cauſe la fureur de ſes menaces. An
tigone vient ſe préſenter à Statira pour
être le défenſeur de la veuve & de la
fille d'Aléxandre. Il demande le ſuffra
ge de Statira ; il l'obtient aiſément du
defir qu'elle a de ſe venger ; mais il
prétend pour prix de ſes ſervices la main
d'Olympie. Statira conſulte l'aveu de ſa
fille. Celle-ci apporte pour excuſe le
trouble affreux de ſa ſituation,& ne pro
met rien. Statira répond de ſon aveu,
Reſtée ſeule avec ſa fille, elle la preſſe
de ſe décider, elle lui propoſe de ral
lumer pour Antigone les flambeaux de
l'hymen éteints pour Caſſandre. Olym
pie ſe défend quelque temps, en pro
,teſtant qu'elle ne veut d'autre Trône ,
d'autre hymen que la retraite obſcure
qu'avoit choiſie ſa mère , pour elle
même. Elle propoſe à cette mère affli
gée, de laiſſer tous les débats de ces
Rois forcenés, de ne point joindre leurs
mains tremblantes, à ces mains meur
trières.
-
• Les larmes ſont pour nous , les crimes ſont
» pour eux.
·
-
Ces larmes , qu'en effet elle voit ré
VA
,
,
A
-
M A I. 1764.
18 x
pandre à ſa fille, glacent d'horreur Sta
tira. La tremblante Olympie ne peut
lui cacher qu'elle aime Caſſandre , mais
elle jure de le fuir. Statira eſt épouvan
tée d'un ſentiment qu'elle déteſte dans
ſa fille, celle-ci tombe à ſes pieds.
-
•
» Hélas, dit-elle, de douleur dévorée,
» Tremblante à vos genoux, je les baigne de
» pleurs.
» Ma mère, pardonnez.
1
ST A T I RA,
» Je pardonne & je meurs :
Olympie jure de ne jamais trahir ſes
devoirs, & de mourir plutôt que d'of
fenſer la gloire des Auteurs de ſa naiſ
ſance. Statira eſt pénétrée de douleur
de voir qu'Olympie peut mourir plutôt
que de haïr l'ennemi qu'elle déteſte.
Mais elle compte ſur ſa vertu, & ne peut
la regarder comme coupable.
-
A C T E I V.
, Antigone eſt dans le périſtile, ſes ſol
dats occupent les paſſages qui condui
ſent au Temple ;le Peuple d'Ephèſe eſt
partagé entre Caſſandre & lui ; le ſignal
de la guerre eſt donné, il y court ; mais
il eſt arrêté par Caſſandre, qui lui re
proche l'amitié trahie, Antigone lui ob
r82 MERCURE DE FRANCE.
jecte ſes crimes & l'erreur à laquelle ii
prétend qu'il devoit la tendreſſe d'O-
lympie. Il lui propoſe de reprendre leur
ancienne alliance , & même de périr
pour lui s'il veut céder Olympie. Caſ -
ſandre ne répond à cette propoſition
que par celle d'un combat ſingulier.
Le combat eſt accepté , ils mettent
répée à la main aux portes du Tem=
ple; l'Hierophante les ouvre. Il apoſtro
phe avec véhémence les deux Rois qui
profanent ſon ſaint aſyle. Les Prêtres,
les Initiés & le peuplé en foule ſe pré
cipitent entre les combattans & les ſé
parent. Antigone perſiſte & atteſte le
Ciel & les Mânes d'Aléxandre qu'il ne
ſouffrira pas qu'un hymen illégitime
s'accompliſſe. Caſſandre n'eſt pas plus
diſpoſé à céder de ſes
prétentions,
L'Hierophante exhorte ce dernier à la
modération. Il lui repréſente la force
de la loi, qui permet à une femme de
paſſer dès le même jour dans les bras
d'un autre époux , ſi le ſien a verſé le
† de quelqu'un de ſa famille, dans
quelque circonſtance & de quelque
rang que ſoit cet époux. De plus , la
mère d'Olympie vit encore, c'eſt à elle
à diſpoſer du ſort de ſa fille. C'eſt à lui
d'attendre les arrêts de l'une & de l'au
*.
'\
M A I. 1764.
183
tre. Antigone ſaiſit comme un eſpoir
certain de ſon ſuccès ce qu'a dit l'Hié
rophante. Caſſandre , libre avec ſon
Confident, ſe promet de ſe porter aux
plus grandes extrémités plutôt que de
renoncer à l'hymen d'Olympie. Mais
Antigone a ſéduit Statira. Il ne doit
pas eſpérer de fléchir cette mère irritée.
Ses remords ne lui laiſſent pas la dou
ceur de penſer qu'Olympie elle-même
puiſſe jamais lui pardonner. Il a formé
le projet de l'enlever aux Dieux mêmes
qu'il a ſervis. Dans ce moment,il apper
- çoit Olympie proſternée aux pieds d'un
Autel. Il ordone à Soſtène d'allet tout
préparer pour l'enlévement.Olympie ap
| perçoit Caſſandre. Celui-ci fait les der
niers efforts pour calmer l'horreur qui
accable l'âme de ſa maîtreſſe. Il la preſſe
de le ſuivre, elle lui demande avec inſ
tance de la fuir. Elle s'irrite de la crainte
qu'il a qu'elle ne céde aux vœux d'An
tigone. Enfin, ſur ce qu'il veut entre
prendre de l'arracher de ſon aſyle, elle
lui demande la mort. Caſſandre lui re
| proche l'excès de ſa haine. Olympie
termine ſes reproches par un dernier
aveu du ſentiment le plus tendre.
» Ma haine eſt-elle juſtè, & l'as-tu méritée ?
-
-
184 MERCURE DE FRANCE.
» Caſſandre, fi ta main féroce, enfanglantée ;-
» Ta main, qui de ma Mère oſa percer le fianc s
» N'eût frappé que moi ſeule & verſé que mora
-
» ſang ,
-
-
· » Je te pardonnerois,je t'aimerois .. .. babare
» Va, tout nous déſunit •
• • • • • • • . .
' Caſſandre inſiſte encore plus vivement:
Quand elle devroit l'épouſer pour lui
percer le cœur, il faut que ſon deſtin
s'accompliſſe , il faut qu'elle le ſuive ... --
--
*-
-
"
» Haïſſez, puniſſez, mais ſuivez votre époux.
Soſtène, interrompt cette Scène en
venant informer Caſſandre qu'Antigone
eſt aux portes du Temple; qu'il cher
che à ſéduire ſes amis , à détourner
, ſes ſoldats, que le Peuple eſt ébranlé ,
qu'il atteſte Aléxandre , Olympie elle
même. Caſſandre accuſe tendrement
· Olympie de vouloir ſa mort. Il lui arra
· che encore un nouvel aveu de ſa foibleſſé.
:
*
o LY MP 1E.
» Moi : vouloir ton trépas ! ... va,j'en ſuis
· » incapable. .. ..
'» Vis loin de moi,
-
C A S S A N'D R E.
º » Sans vous le jour m'eſt érécrable
|
-
M A I. 1764.
185
» Et s'il m'eſt conſervé,je revole en ces lieux ,
» Je vous arrache au Temple, & je meurs à vos
» yeux.
- -
-
-
Olympie ſe reproche amérement les
pleurs que lui coûte Caſſandre. La voix
du devoir, la voix de la nature eſt la
ſeule à qui elle veut obéir. Les Dieux
avoient reçu d'elle les ſermens de l'amour
le plus tendre. Les Dieux ont tout chan
é.... mais qu'ils changent donc ſon
· cœur. C'eſt ce qu'elle implore du Ciel.
» Eh! que peut ſur ſoi-même une foible Mortelle !
·
Elle ſent bien qu'elle enfonce le
trait qu'elle veut arracher. Ce cœur déja
déchiré, va éprouver de nouvelles bleſ
ſures. L'Hiérophaute vient apprendre
à Olympie que Statira ſa Mère, al
# du bruit & du carnage qui pro
fauent lesiſſues du Temple, & voyant
que Caſſandre s'y fraye un chemin,
dans la crainte de voir ſa fille tomber
entre les mains du raviſſeur qu'elle
abhorre, a faiſi le glaive des ſacrifices
& s'en eſt percé le ſein. Caſſandre eſt
à ſes pieds, Caſſandre l'implore , mais
ſa ſoumiſſion & ſes ſoins redoublent
l'horreur de ſes derniers momens. Sta
tira va expirer. Elle a éxigé de l'Hié
".
186 MERCURE DE FRANCE.
rophante qu'il viendroit conſoler Olym
pie & lui dire que la dernière volon
té de ſa Mère, eſt que pour la ven
ger elle épouſe Antigone. Olympie veut
aller mourir près d'elle. L'Hiérophante
lui dit :
» Armez-vous de courage..
-
·
O L Y M P I E.
· A. C T E , V.
-
° ""
» O ſang qui m'a fait naître !
» J'en ai beſoin, Seigneur, & j'en aurai peut
:
·
·
t F
º ..
· Antigone, dans le périſtyle, s'entre
tient avec ſon Confident ſur l'eſpoir qui
femble l'aſſurer de poſſéder Olympie :
les dernières volontés de ſa mère lui
donnent ſur elle des droits irrévocables,.
auxquels il ne doute pas qu'elle ne ſonſ
crive. Si Caſſandre entreprenoit de s'y
oppoſer, il ſe promet de l'en punir. Mais
le reſpect de la Pompe funèbre va ſuſ
pendre toute hoſtilité. L'Hierophante ,
les Prêtres & les Prêtreſſes s'avancent en
pleurant; on ſoutient Olympie, à peine
reſpirante. Antigone s'adreſſe à elle pour
lui promettre de venger ſa mère, & pour
la raſſurer contre toutes les entrepriſes
M A I. 1764.
187
de Caſſandre. Olympie répond par ces
deux vers :
• Ah, Seigneur ! parlez moins de meurtre & de
-
» vengeance.
-
» Elle a vécu, je meurs au reſte des humains. .
- Antigone ſe retire. Olympie conſulte
l'Hierophante, pour ſçavoir s'il ne lui eſt
pas permis de conſacrer le reſte de ſa vie
dans le Temple, & de s'enſévelir dans la
même obſcurité qui avoit dérobé ſa
mère aux regards des humains. Convain
cue par ce Miniſtre des Dieux, que ſi
elle ne choiſit pas Antigone pour époux,
il faut qu'elle retombe au pouvoir de
Caſſandre, elle prend ſon parti; &, ſans
s'expliquer davantage, elle dit à l'Hiero
phante que ſon choix eſt fait, qu'elle eſt
déterminée.. ..... Lorſqu'il veut ſçavoir
d'elle ſur qui tombe ce choix, elle lui
rappelle le contraſte inconciliable qu'il
trouve lui-même entre les flambeaux de
la mort & ceux de l'Hymen. Elle s'in
forme s'il lui ſera permis d'approcher du
corps de ſa mère, & de lui rendre les
derniers dévoirs ſur le Bucher. L'Hiero
phante l'aſſure que non-ſeulement elle le
peut, mais qu'elle le doit. C'eſt elle qui
préſentera les offrandes funéraires, c'eſt
·
183 MERCURE DE FRANCE.
elle qui fera les libations , &c. Les
Prêtreſſes apportent tout ce qui eſt né
ceſſaire pour cette lugubre cérémonie.
Olympie preſſe l'Hierophante de tout
préparer. Elle le prie de faire venir les
deux Rois rivaux.
C'eſt devant eux
qu'elle veut s'expliquer, aux pieds des
Autels, à l'aſpect de ſa mère, aux yeux
des Prêtreſſes..
» Témoins de mes malheurs, témoins de mes
» promeſſes,
s
-
-
» Mes ſentimens, mon choix vont être déclarés.
»Vous les plaindrez peut-être, & les approuverez,
Olympie gémit en ſecret de l'empire
cruel que Caſſandre conſerve malgré
elle ſur ſon cœur. Il arrive le premier,
il vient offrir de s'immoler , il ſe re
connoît auſſi coupable que malheu
reux ; mais il invoque toujours les ſer
mens de l'Hymen. Il ſe jette à ſes ge
noux ,
•s Venge-toi, dit-il, punis-moi; mais ne ſois pointº
» parjure.
.
-
» Va,l'Hymen eſt encor plus ſaint que la Nature
Elle le fait relever, en le conjurant de
ne pas ſouiller les dons qu'elle va pré
· ſenter, & de ne pas approcher du lieu
-
M A I. 1764.
189
de la Cérémonie. Antigone de ſon côté
vient preſſer la Princeſſe de s'expliquer.
Elle le promet; mais elle exige, de mê
me que de Caſſandre, qu'il la reſpecte
en ces momens funébres, & qu'il ſe ſou
mette à ſes volontés. Les deux rivaux en
font le ferment. Alors Olympie s'accuſe
elle même d'avoir mérité ſes malheurs,
d'avoir trahi ſes parens dès qu'elle les a
connus. Sa mère en expirant lui a or
donné d'épouſer Antigone, elle a refu
ſé d'obéir. Elle interrompt le reproche
que veut faire Antigone, en lui diſant :
» A ſes Mânes (de ſa mère) à vous, je ne fais
» point d'injure ; .
'
-
» Je rends juſtice à tous, & je la rends à moi ,
» Coſſandre, devant lui je vousdonnai ma foi,
» Voyez ſi mes liens ont été légitimes ;
» Je vous laiſſe en juger , vous connoiſſez vos
» crimes.
» Il ſeroit ſuperflu de vous les reprocher,
•s Réparez-les un jour...
On voit le Bucher déjà embrâſé ;
Olympie le fait conſidérer à Caſſandre ;
elle y monte avec une noble & modeſte
aſſurance ; elle y fait toutes les céré-
monies du culte des Anciens, & rela
tives à leur grande vénération pour les
Mânes de leurs parens.
4
|
|
|
#
º,
·
sgo MERCURE DE FRANCE.
Après une apoſtrophe à Caſſandre,
· qui rappelle & ſes crimes & les malheurs
d'Olympie, en lui diſant :
» Tu crois mes lâches feux de mon âme bannie ;
» Apprends que je t'adore, & que je m'en punis. - -
» Cendres de Statira ! recevez Olympie.
Elle ſe jette dans le Bucher, & diſpa
roît comme dévorée par les flammes.
L'Hiérophante , les Prêtres & les Prê
treſſes ainſi que tous les Afſiſtans ſont
ſaiſis de terreur & d'admiration. Caſ
ſandre, en ſe frappant, s'immole à ſon
amour & à ſes remords. Il exhorte An
tigone à l'imiter. .
-
Ainſi finit cette Tragédie , par un
coup de Théâtre auſſi neuf ſur no
,tre Scène, que pathétique & pittoreſ
'que. Coup de Théâtrè auquel le talent
ſublime de Mlle Clairon pour la repré
ſentation, met une vérité & une di
gnité , qui en ont toujours rendu l'effet
admirable.
-
-
-
N. B. Nous n'ajouterons point de re
marques à celles qui ſont imprimées avec,
cette Piéce. Il y auroit une préſomption
répréhenſible en nous , de prétendre
donner plus d'éclairciſſemens au Lec
teur ſur les Ouvrages de l'Auteur d'O-
-
M A I. 1764.
I 9 I
lympie, qu'il en donne lui-même. Su
périeur à nos éloges, il en ſeroit peu
flatté, & le Public n'a pas beſoin d'être
· excité à lui donner tous ceux que ſes
productions ſont en droit d'obtenir.
Nous nous arrêterons, ſur cette Tra
gédie, à un fait bien conſtaté, c'eſt que
les repreſentations ont attiré & atta
ché un un fort grand nombre de Spec
tateurs. Il y a , comme on voit dans
la
texture de ce Drame , une aſſez
grande quantité de points tragiques ,
qui naiſſent des ſituations. La fingu
larité du Spectacle , ſa pompe & ſa
majeſté, imprimeront toujours une ſor
te d'émotion, que l'art ne doit peut
être pas dédaigner de mettre au nombre
de ſes moyens, mais dont il ſeroit dan
· gereux de faire trop uſage.
Fermer
11938
p. 98-123
Extrait de la Comedie intitulée la vie est un songe [titre d'après la table]
Début :
La Comedie intitulée la Vie est un Songe, a été si favorablement reçûë [...]
Mots clefs :
Prince, Acte, Arlequin, Songe, Père, Pièce, Coeur, Théâtre, Discours, Prédictions, Parole, Illusion, Sceptre, Impression, Voix, Troupes, Vertus, Vengeance, Outrage, Conseils
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de la Comedie intitulée la vie est un songe [titre d'après la table]
La Comedie intitulée la Vie eft
un Songe , a été fi favorablement reçûë
du Public , que je mériterois fa
cenfure ; fi je ne lui en communiquois
pas un extrait fidel.
Fraguement
d'une Lettre.
La Piéce Italienne intitulée , la Vie
eft un Songe , eft en quelque façon
une traduction de la Tragi- Comedie
Efpagnole de Don Pedro Calderen
,intitulée ,la Vida es Sueno . Cet-'
te traduction eft cependant differente
de celle qui a été imprimée fous
Je nom du Cigognini ; quoiqu'elle
ne foit pas de lui. Celle - cy eft bien
plus raifonnablement
écrite , &t
quoique le ftile fe fente en quelques
endroits de l'enflure de fon Original,
& qu'il ait confervé un certain goût
MERCURE.
99
de Terroir , dont les Traductions ne
peuvent être tout - à - fait exemptes;
on a adouci ou corigé dans cellecy
, la plufpart des traits qui carac
térifent les Ouvrages du Cigognini
Ecrivain , qui avoit raffemblé dans
fon ftile , prefque tous les défauts
que l'on réprochoit aux Auteurs
Italiens du dernier fiècle : mais venons
à la Piéce en elle - même.
Bafilio Roy de Pologne , naturellement
foupçonneux & crédule ,
eut de fa femme Clotilene un fils ,
qu'il nomma Sigifmond. Sa mere
mourut en couche , les prodiges
qui accompagnerent cette naiffance ,
les fonges qui troublerent le repos
de Clotilene & du Roy Bafilio effrayerent
ce Prince fuperftitieux.
Il chercha dans l'art de l'Aftrologie
de quoi calmer fes craintes. Les
Aftrologues lui prédirent que fon fils
feroit un Prince cruel & emporté , qui
violant les droits les plus facrés de
la Nature , & de la Royauté , le
chafferoit un jour du Trone. Bafilio
Prince d'un efprit foible , crût de-
I ij
830098
100 LE NOUVEAU
>
voir regler fa conduite fur ces prédictions.
Il répandit le bruit que fon
fils étoit mort , & le fit élever dans
une terre au milieu d'un défert fous
la conduite de Crotalde , Seigneur
de fa Cour , auquel il avoit confié
fon fecret. Des Gardes pofées aux
avenues de la Tour en deffendoient
l'aproche aux Paffans. Le Prince
Sigifmond à qui l'on avoit fait un
miftere de fa naiffance , étoit retenu
dans fa Tour par une chaîne
qui lui permettoit à peine de s'en
éloigner de quelques pas ; la lecture
, & la converfation de Crotalde
faifoient toute fon occupation , &
il n'avoit jamais vû d'autres hommes
que fon Gouverneur , ou fi
vous voulez fon Geollier & fes
Gardes,jufqu'à l'âge de dix -huit ans.
C'est dans ce temps que commence
la Piéce. Le Théâtre reprefente
un bois , & au fonds une Tour dont
les portes font fermées .
MERCURE . ΤΟΙ
ACTE PREMIER.
Arlequin entre en roulant fur
le Théâtre , il eft fuivi par un Cavalier
inconnu ; tous deux fe plaignent
de l'accident qui les a précipirez
avec leurs chevaux dans le
fonds de ce Vallon. On entend un
bruit de chaînes qui les effraye.
Les portes de la prifon s'ouvrent ,
& l'on aperçoit à la fombre lüeur
d'une lampe , le Prince Sigifmond
apuyé fur une table avec des Livres
auprés de lui. Il fort de fa Tour
pour s'avancer au milieu du Théâtre ;
Arlequin & fon Maître fe cachent,
Sigifmond paroît à demi nud , couvert
d'une espéce de cafaque de
peau de Tygre , & coëffé d'unbonet
pittorefque de même étoffe ; il
eft ceint par le milieu du corps d'une
chaîne qui va s'attacher au fonds
de la Tour dont il eft forti . Difpenfés
moy M¹ , je vous prie , de vous
dépeindre la Nobleffe , & la grace
que Lelio avoit fçû répandre ſur
Iiij
102 LE NOUVEAU
cet habillement , en conſervant toute
la férocité , & la rudeffe du caractére
de Sigifmond qu'il repréfentoit .
Vous connoiffés le jeu de cer Acteur
, auquel le Public ne ceffe
point de rendre juſtice ; Qu'il vous
fuffife donc qu'il étoit encore infiniment
au deffus de tout ce que
vous en avez vû. Ses geftes , & fes
attitudes de corps & de vifage,formoient
autant de Tableaux parfaits,
au jugement même des plus grands
Maîtres, & ces Tableaux étoient variés
à chaque repréſentation , par des
attitudes toujours nouvelles , parce
qu'elles n'étoient point aprifes , &
qu'elles étoient l'effet d'une imagination
vivement pénétrée du caractére
general de Sigifmond & des
fituations particulieres dans lefquelles
il fe trouve pendant le cours de
la Piéce. Après que Sigifmond a
déclamé pendant quelque tems contre
l'injuſtice du fort qui le fait gémir
dans une fi dure captivité , fans
l'avoir mérité par aucun crime , il
aperçoit Arlequin & fon Maître.
MERCURE.: 103
La fureur le tranfporte , il fe jette
fur eux , & les veut mettre en piéces
, pour les empêcher d'aller faire
ailleurs le recit de fes malheurs.
La bonne mine du maître d'Arlequin
attendrit Sigifmond . Sa vûë
excite dans fon coeur des mouvements
d'une tendreffe qu'il n'avoir
jamais reffentie . Il le releve , & l'interroge
fur l'accident qui l'a pût
conduire en ce lieu . Dans ce moment
, Crotalde entre à la tête des
Gardes du Prince , & veut faire tuer
cet étranger qu'il voit en converfation
avec Sigifmond . Celui-ci fe
met au devant , & menace Crotalde
fur lequel il fe veut jetter pour l'empêcher
de maltraiter cet inconnu,
dont la vûë a fait tant d'impreffion
fur lui. Crotalde , à l'aide de fes
Gardes , fe rend maître du Prince ,
& malgré fes emportements , l'entraine
dans fa Tour , où il le
renferme. Cette fituation , ainfi
que
celle du moment , auquel le Prince
fe jette fur l'Inconnu , forme
un de ces tableaux , dont je vous
104 LE NOUVEAU
ai parlé , & qui font en grand nom
bre dans la Piéce. Lorfque le Prince
eft renfermé dans fa Tour ,
l'Inconnu fe met aux pieds de Crotalde
, & lui donne fon Epée.
Crotalde furpris , en jettant les
yeux deffus, demande à l'Inconnu
d'où il la tient ? Qui il eft ? Quelle
eft fa Famille ? De quel Païs il
vient ? Celui-ci répond , qu'il eſt
Mofcovite : Qu'il n'a jamais connu .
fon pere : Qu'il vient en Pologne,
pour le venger d'un affront : Que
cette Epée lui a été donnée par
une femme , dont il refufe de dire
le nom , & qu'en la lui donnant
elle lui a dit d'aller à la Cour de
Pologne , & qu'un Cavalier de cette
Cour l'affiiteroit de fon crédit ,
s'il lui voyoit cette même Epée ;
ainfi il le prie de la faire garder
foigneufement. Crotalde , qui a
témoigné pendant ce difcours , combien
il y prenoit de part , s'éloigne ,
lorfqu'il eft fini , & dit à Parte ,
qu'il ne lui eft plus permis de méconnoître
fon fils ; que cette Epée
>
MERCURE. 104
eft celle qu'il donna en partant de
Mofcovie , à une femme qu'il avoit
époufée fecrettement ; qu'en la quit
tant , il l'avoit laiffée groffe , &
qu'il lui avoit promis de reconnoître
pour fon fils , celui qu'elle lui
enverroit avec cette Epée. Il eft
donc perfuadé , que cet Inconnu
eft fon fils.
Après quelques moments d'irrefolution
fur la conduite qu'il doit
tenir ; il fe détermine à le conduire
à la Cour , & à découvrir fa
naiffance au Roy , s'il n'y a point
d'autre moyen d'empêcher qu'on
ne lui ôte la vie , pour fatisfaire à
la Loy , qui condamne à la mort
ceux qui verront le Prince Sigif
mond. Il fait donc emmener cet
Etranger avec Arlequin ; & c'eſt
par où finit le premier Acte.
ACTE SECOND.
Le fecond Acte reprefente une
Salle du Palais de Bafilio . Attolphe
Duc de Mofcovie , vaffal & neveu
106 LE NOUVEAU
du Roy de Pologne , y entre avec-
Stella fa coufine , & niéce du même
Roi Leur converfation eft interrompue
par l'arrivée de Bafilio
& de fes confidents. Ce Prince
touché de l'état auquel il a réduit
fon fils , découvre à fon neveu
Aftolphe , & à fa niéce Stella ,
tout ce qu'il a fait à ce fujer
& il leur déclare , qu'avant de
les marier enfemble , & de les
défigner fes fucceffeurs , il veut reconnoître
, quel eft au vray le caractére
du Prince Sigifmond fon
fils , & le faire apporter endormi
, dans fon Palais , afin d'éprouver
par la maniere , dont il fe conduira
, fi les prédictions de l'Aftrologie
ne l'ont point abufé . Tous
applaudiffent à cette réſolution.
Dans ce tems , Crotalde arrive
avec l'Inconnu , & Arlequin. Tous
les autres fe retirent. Le Roy accorde
la grace de l'Inconnu , fans
même que Crotalde lui découvre
fa naiffance ; il n'a pas la même
facilité pour Arlequin , & il ordonne
MERCURE. 107
qu'on le pende. Arlequin , qui ne
peut gouter cette destination , viole
plus d'une fois le cérémonial .
Enfin voyant qu'il ne peut rien obtenir
, & entendant répéter , que
la parole des Rois eft irrévocable ,
il fe jette aux pieds du Roy , &
lui demande une grace. Le Roy
lui promet de lui tout accorder,
hors la vie. Arlequin demande ,
que le Roy foit lui -même l'exécuteur
de cet Arrêt. Bafilio qui s'eſt
prété pendant quelques moments
à la frayeur de ce valet bouffon ,
lui accorde fa grace , & Arlequin
fe livre aux tranfports d'une joye,
qui n'eft gueres plus refpectueufe ,
que fa douleur l'avoit été. Les Zelateurs
fcrupuleux des bienféances
auroient pû être bleffés de certains
endroits de cette Scene , fi les graces
naïves qu'Arlequin répand
dans fes moindres actions , & la
joye que fa préfence infpire aux
Spectateurs , leurs permettoient
de faire attention à des Critiques
, même bien fondées . Le
108 LE NOUVEAU
Roy fe retire , en ordonnant
Crotalde de venir lui parler dan
fon cabinet , & celui -ci rette feul
avec l'Inconnu , lui rend fon Epée ,
& lui demande le nom de fon Ennemy.
Il nomme Aftolphe , Duc
de Mofcovie ; mais reprend Crotalde
, ne m'avez - vous pas dis que
vous étiez fon Sujer. Vous ne pouvez
avoir reçû de votre Souverain
une injure , dont l'honneur vous
oblige de pourfuivre la vengeance.
Avez - vous une foeur
› une femme
, qu'il ait outragé
? Non , répond
l'Inconnu
, qui paroît fe trou- bler à la vûë de Crotalde
. Il ajoute
qu'il doit lui fuffire
, que l'habit
qu'il porte , elt un déguiſement
, qui cache
ce qu'il eft . Crotalde
le preffe de nouveau
; Enfin l'Inconnu
avoüë , après s'être deffendu
quelque
tems , qu'il eft femme
, & qu'Aftolphe
eft fon Ennemi
.
7ú fei Donna
: dit Crotalde
, fi è
Aftolpho
. é il mio nemico
, répond l'Inconnu
, faifant
affés connoître
par ces deux mots , de quelle nature
MERCURE.
1
tare peut être l'offenfe , qu'il veut
venger. il faudroit tranfcrire ici
toute cette Scene , pour vous en
donner une jufte idée ; car elle est
dialoguée , avec une préciſion &
une vivacité , qui ne laiffent rien
à défirer ; elle finit le fecond
Acte.
ACTE TROISIEME.
Le troifiéme Acte reprefente
le même endroit du Palais ; Crotalde
y vient aprendre au Roy ,
fes Ordres font exécutés, que le
que
Prince a été conduit à la Cour, après
avoir été endormi par un breuvage,
& qu'il eft dans un Apartement du
Palais . Le Roy ordonne de lui
découvrir fon rang, & de paroître
auprès de lui en qualité de Gouverneur.
Après qu'ils fe font retirés , le
fonds du Theâtre s'ouvre : On voit
le Prince Sigifmond couché fur un
lit magnifique , & proprement habillé.
Une Symphonie douce amufe
les fpectateurs , tandis que Sigif
Mars 1717. K
ITO LE NOUVEAU
mond s'éveille , & témoigne par
tous fes geftes , la furpriſe où le jette
le fpectacle qui l'environne ; it prend
enfin la parole , ne fçait , fi ce qu'il
voit , eft un fonge ou une vérité ;
on achève de l'habiller , c'est - à- dire ,
qu'on lui donne un chapeau , des
gants & une épée . Vous me difpenferés
de vous décrire cette Scene
en détail , parce qu'elle eft compofée
de plufieures Actions , dont le
mérite confifte dans le jeu même..
Enfin Crotalde furvient , & fe met
aux pieds de Sigifmond. Le Prince
eft fort étonné de ce changement
dans la façon d'agir de fon Gouverneur.
Crotalde lui découvre qu'il
eft né pour régner ; Mais que la
crainte d'une maligne influence , eft
la caufe de la maniere , dont on
l'a élevé jufques alors . Ce difcours
allume la fureur de Sigifmond
, qui reproche à Crotalde
la barbarie avec laquelle il l'a reténu
fi long-tems dans une affieufe
captivité , éloigné du rang qui
lui apartenoit. Grotalde ne peut
MERCURE. 11
répondre à ces reproches ; fon filence
perfuadant Sigifmond de la
juftice de fes plaintes. Il s'abandonne
à fa fureur , & tire fon Epée
pour le tuer. On s'opofe à cet
emportement. Crotalde fe fauve , &
Sigifmond menaçant ceux qui l'ont
retenu , jure que le premier , qui
s'opofera à fa volonté , il le jettera
par la fenêtre . Dans ce moment,
Aftolphe Duc de Mofcovie entre
pour le faluer , le Prince le reçoit
avec beaucoup de fierté , & trouve
mauvais , qu'il ofe fe couvrir devant
lui , tandis que le refte des
Sujets de fon pere ne le fair pas.
9
Pantalon qui a commencé à précher
Sigifmond , veut encore lui donner
cn cette occafion des Leçons
de civilité . Stella entre dans le
même tems , le Prince va à elle
avec précipitation , la faluë , la regarde
, paroît charmé de fa beauté
, lui dit des douceurs & veut
même lui baifer la main. Aftolphe
qui aime Stella , fouffre impatiemment
ces témoignages , & ces pro-
,
Kij
112 LE NOUVEAU
1
reftations d'amour. Pantalon qui s'en
aperçoit , tire Sigifmond d'auprès de
Stella , & lui repréſente qu'elle
eft deftinée pour époufer Aftolphe.
Sigifmond reçoit aflés mal cette remontrance
, & Pantalon s'obftinant
à le fatiguer de fes confeils , il le
menace d'exécuter le ferment qu'il
vient de faire .. Pantalon dit qu'il ne
peut en venir à cette violence , contre
un homme dé fa condition ; eh
bien , nous allons le voir , dit Sigifmond.
En le faififfant avec fureur ,
il l'entraîne vers la fenêtre , & l'enlevant
malgré fa réſiſtance le
précipite ; Aftolphe & Stella fe
retirent en déteftant fa barbarie .
Dans ce moment Bafilio entre & demarde
à sigifmond , quelle est la
caufe de ce tuinutte ; ce n'eft rien ,
C'est un homme que j'ai fait voler
par la fenêtre , répond tranquillement
le Prince ; Arlequin l'avertit
avec tous les ménagemens que l'avauture
récente de Pantalon peuvent
infpirer , que c'eft à fon pere qu'il
parle ; il eft peu émû de cette nou-
,
MERCURE. 113
velle. Vous jugez , Monfieur , que
la voix de la Nature ne doit être
guéres forte, lotfqu'elle n'eft pas accompagnée
de cette impreffion , que
l'éducation & le fouvenir des foins
paternels , forment dans nos coeurs.
Bafilio fe retire affés mécontent de
Sigifmond , & ce Prince refte feul
avec Arlequin. C'est alors que ce
dernier devient fenfible au malheur
de Pantalon , dont il avoit regardé
le faut avec affés de gayeté , Sigif
mond , lui demande qui il eft . Ar
lequin après avoir hélité quelque
tems , répond qu'il eft Gentilhuomo
da Trattenimento , & que fon emploi
eft de faire rire ; eh bien , faitesmoi
rire , dit Sigifmond , en le regardant
avec un vifage & des yeux ,
près defquels Heraclite auroit paru
enjoué. Depuis que je fuis né , je
n'ai jamais éprouvé ce que c'eft que
le rire :je veux que tu me l'aprénes :
finon , tu fçais comme j'ai traité un
homme dont les difcours me fatiguojent.
Arlequin employe tout ce
qu'il croit de plus propre à égayer
Kiij
114
LE NOUVEAU
l'efprit du Prince ; mais les efforts
même qu'il fait pour y réüffir , ne
fervans qu'à l'irriter contre lui , il
court rifque d'aller tenir compagnie
à Pantalon ; lorfqu'une femme entre
dans fon Apartement : C'eſt la
fille de Crotalde qui avoit paru
d'abord en habit d'homme ; & que
fon pere a mife auprès de la Princeffe
Stella,fous le nom d'ASTREA , après
lui avoir fait prendre des habits convenables
à fon fexe . Sigifmond
frapé de cette vûë , va à elle avec
empreffement , la retient malgré fa
réfiftance, & lui parlant de fon amour
avec la vivacité d'un homme qui
ne connoît de Loix que fes defirs ,
il paroît peu difpofé à s'alfujettir aux
longueurs du Cérémonial que le refpect
à introduit auprès des Dames,
chez les Nations policées. Crotalde,
qui a toujours efté écouté , & qui
craint les fuites de cette avanture
pour fa fille , fe montre dans ce mo .
ment , il l'arrache 'des mains du
Prince , & faifit fon épée , afin de
mettre obſtacle à fa fureur. Après
MERCURE.
une lutte de quelques moments ,
qui eft accompagnée de toute la
nobleffe , & de toute la vérité poffible.
Sigifmond renverfe Crotalde ,
& fans Aftolphe qui eft attiré par
le bruit , il lui alloir ôter la vie .
Bafilio que la même caufe améne ,
interrompt le combat des deux Princes
, & reproche à Sigifmond fa ferocité
& fes emportemens, Celui- ci
prend la parole , & fait de violens
reproches à fon pere fur la conduite
qu'il a tenue jufqu'alors à fon égard ,
& fe retire en lui faifant des menaces
, qui donnent lieu au Roy de
craindre , que la prédiction des Aftres
ne s'accompliffe. Ainfi étant
demeuré feul avec Crotalde , il lui
ordonne de chercher le moyen de
rendormir Sigifmond , & de le faire
remporter dans fa Tour fous fes premiers
habits. Ce qui finit le troifiéme
Acte.
ACTE QUATRIEME.
Quelque envie que j'aye d'être
116 LE NOUVEAU
› court & quelque attention que
j'aporte à fuprimer tout ce qui
n'eft pas néceffaire , pour l'intelligence
des Scenes , je m'aperçois
que je vous entretiens depuis longrems
;ainfi vous me pardonnerez ,
fi je fuprime des Scenes entieres ,
& fi j'en étrangle quelques autres .
Sigifmond eft donc reporté dans
fa Tour , on le voit endormi fur
une Natte , dans fon premier ha--
bit. Bafilio fon pere , qui eft venu
avec Crotalde , eft attendri de
cette vûë ; mais bientôt , ce fentiment
eft effacé par les difcours du
Prince , qui tout endormi qu'il eſt ,
menace les jours de Crotalde , &
le Sceptre de fon pere. Le Roy
fe retire pour n'être point aper
çû de Sigifmond , dont le fommeil
commence à fe diffiper. Crotalde
acheve de l'éveiller : Sigifmond
eft dans la ſurpriſe que vous pouvez
vous imaginer. Il croit que
ce qu'il voit , eft un fonge : Envain
Crotalde l'affûre qu'il veille , &
qu'il ne doit point en douter , puifMERCURE.
117
qu'il entend fa voix. Ce que j'ay
vû , n'étoit donc qu'un fonge , dit
le Prince ; mais fi c'étoit un fonge ,
comment étoit -il poffible que je
vous viffe & que je vous entendiffe
alors , avec la même réalité ,
que je le fais dans cet inftant ?
comment pourrois - je m'affûrer
que ce qui m'arrive dans ce moment
, n'eft pas un fonge Crotalde
lui demande compte de fon
prétendu réve ; Sigifmond en fair
le recit , & Crotalde prend de là
occafion de lui faire des réproches
fur le peu d'effort qu'il fait , pour
réfifter à fes paffions , & reprimer
fes emportemens : Il lui dit , qu'il
a fait un pareil fonge ; parceque,
pendant la veille il s'eft rempli
l'efprit d'une grandeur chimérique
, & lui débite les principes
d'une morale , que l'on n'acufera
pas de rélachement , puifqu'il veut
lui perfuader , que les actions qu'il
fait en dormant , peuvent être criminclles
, ou vertueufes , à caufe
qu'elles partent de la difpofition
·
118 LE NOUVEAU
habituelle de fon coeur. A l'occa
fion des grandeurs , dont Sigifmond
croit avoir vu une image
dans fon fonge ; il tient des difcours
qui ne démentent pas les principes
de fa morale , & lui dit , que
les grandeurs de cette vie , n'ont
aucune réalité , que cette vie même
n'eft qu'un fonge , toujours prêt
à fe diffiper, & qu'à notre réveil ,
il ne nous restera plus , que le fou
venir amer d'un bien dont nous avons
abufés. Le Prince frapé de
cette morale , réve un moment ,
promet de fe régler toujours fur
ces principes , & rentre dans fa
Tour. Ce qui finit l'Acte 4° , dont
je vous ai fuprimé , comme vous
voyez , la plus grande partie .
ACTE CINQUIEME.
Le cinquiéme Acte commence
par l'arrivée de Scaramouche ,
à la tête d'une bande de Revoltez.
Les Peuples de Pologne inftruits de
la naiffance du Prince Sigifmond ,
MERCURE.
119
>
viennent forcer fa prifon pour le
mertre fur le Trône , afin d'empêcher
que le Sceptre ne paffe entre
les mains d'un Etranger . Sigifmond
les rebute d'abord , & prend
tout ce qu'il voit , pour l'illufion
d'un nouveau fonge. Il fe rend enfin
à leurs inftances , & fouffre que
l'on brife fa chaîne , il prend une
maffue dont
Scaramouche eit armé,
en difant qu'il va peut - être ſe réveiller
, & fe retrouver dans les fers.
Dans ce moment Crotalde entre
& fe croyant perdu , il fe jette aux
pieds de Sigifmond , qui le releve
avec bonté , & le prie de vouloir
bien l'aflifter de fes Confeils & de
fa prudence dans la guerre qu'il va
entreprendre. Crotalde lui repréfente
que c'eft contre fon pere , & contre
fon Roy qu'il va combatre , &
qu'il perira plûtôt que de fe rendre
complice de ce crime. Sigifmond
dont le coeur n'eft pas tout- à - fait
vertueux , s'emporte contre Crotal..
de , qui fe met à fes pieds pour recevoir
la mort que Sigifmond femble
120 LE NOUVEAU
*
prêt à lui donner , tenant même fa
Maffue élevée fur fa tête : mais une
reflexion fur ce qui lui eft arrivé,
le rameine à la clémence ; il ordonne
à Crotalde de fe relever , d'aller
trouver le Roy , & fe dit àluimême
qu'il ne fçait , fi tout ce qu'il
voit , n'eft pas un fonge , dont l'illufion
eft prête à fe difliper à tous les
moments. Crotalde fe retire donc,
& dans le tens que Sigifmond ordonne
à fes Troupes de marcher.
Rofaura fa fille entre , & dit à Sigifmond
qu'elle implore fon fecours
contre Aftolphe , de qui elle a recû
un outrage dont elle ne peut efperer
ni fatisfaction ni vengeance. Sigifmond
furpris de la vue de cette
femme , ne peut concevoir qu'-
un fonge ait tant de raport avec la
verité ; ni- comment il révoit , étant
éveillé , cette même perfonne dont
la vue avoit fait tant d'impreffion
fur fon coeur dans fon dernier fonge
; & comme il fe craint lui même
& qu'il fent ce que cet objet
peut fur fon coeur , il lui répond
fans
MERCURE. 721
fans ofer la regarder , qu'il la vangera
, & fort pour aller fe mettre
à la tête de fes Troupes. Bafilio
vient fur le Théâtre , aprés que Sigifmond
en eft forty , & quelque
tems aprés , on entend la voix de Sigifmond
qui ordonne à ſes Soldats
de pourfuivre & d'arrêter le Roy.
Il entre Bafilio avance en lui difant
d'achever de remplir fadeftinée,
de le renverfer à fes pieds , & de
fe baigner dans fon fang. Sigifmond
prend la parole , reproche à Bafilio
que c'eſt lui feul qui a caufé tous
fes malheurs , & cela par les mêmes
moyens qu'il avoit choifi pour
en détourner le cours. Si ces vaines
prédictions qui vous ont abufé ,
lui dit - il , avoient parlé de moi ,
comme d'un fils vertueux & foumis ,
comme d'un Prince moderé ; n'auriez
vous pas crû corrompre mon
naturel ? n'auriez vous pas crû Vous
oppofer à l'effet des influences , en
me donnant une éducation capable
de m'infpirer de la férocité ? Ñ'auriez
vous pas craint les reffentimens
Mars 1717.
L
113 LE NOUVEAU
habituelle de fon coeur. A l'occa
fion des grandeurs , dont Sigifmond
croit avoir vu une image
dans fon fonge ; il tient des difcoursqui
ne démentent pas les principes
de fa morale , & lui dit , que
les grandeurs de cette vie , n'ont
aucune réalité , que cette vie même
n'eft qu'un fonge , toujours prêt
à fe diffiper , & qu'à notre réveil ,
il ne nous reftera plus, que le fou
venir amer d'un bien dont nous avons
abufés. Le Prince frapé de
cette morale , réve un moment ,
promet de fe régler toujours fur
ces principes , & rentre dans fa
Tour. Ce qui finit l'Acte 4º , dont
je vous ai fuprimé , comme vous
voyez , la plus grande partie .
ACTE CINQUIEME.
Le cinquième Acte commence
par l'arrivée de Scaramouche ,
à la tête d'une bande de Revoltez .
Les Peuples de Pologne inftruits de
la naiffance du Prince Sigifmond ,
MERCURE. 119
viennent forcer fa prifon pour le
mertre fur le Trône , afin d'empêcher
que le Sceptre ne paffe entre
les mains d'un
Etranger. Sigifmond
les rebute d'abord , & prend
tout ce qu'il voit , pour l'illufion
d'un nouveau fonge. Il fe rend enfin
à leurs inftances , & fouffre que
l'on brife fa chaîne , il prend une
maffue dont
Scaramouche eit armé,
en difant qu'il va peut - être fe réveiller
, & fe retrouver dans les fers.
Dans ce moment Crotalde entre
& fe croyant perdu , il fejette aux
pieds de Sigifmond , qui le releve
avec bonté , & le prie de vouloir
bien l'aflifter de fes Confeils & de
fa prudence dans la guerre qu'il va
entreprendre. Crotalde lui repréfente
que c'eft contre fon pere , & contre
fon Roy qu'il va combatre , &
qu'il perira plûtôt que de fe rendre
complice de ce crime . Sigifmond
dont le coeur n'eft pas tout- à - fait
vertueux , s'emporte contre Crotal..
de , qui fe met à fes pieds pour rece
voir la mort que Sigifmond ſemble
12 LE NOUVEAU
prêt à lui donner , tenant même fa
Maffue élevée fur fa tête : mais une
reflexion fur ce qui lui est arrivé,
le rameine à la clémence ; il ordonne
à Crotalde de fe relever , d'aller
trouver le Roy , & fe dit àluimême
qu'il ne fçait , fi tout ce qu'il
voit , n'eft pas un fonge , dont l'illufion
eft prête à fe difliper à tous les
moments. Crotalde fe retire donc,
& dans le tens que Sigifmond ordonne
à fes Troupes de marcher.
Rofaura fa fille entre , & dit à Sigifmond
qu'elle implore fon fecours
contre Aftolphe , de qui elle a recû
un outrage dont elle ne peut efperer
nifatisfaction ni vengeance . Sigifmond
furpris de la vue de cette
femme , ne peut concevoir qu'-
un fonge ait tant de raport avec la
verité ; ni comment il révoit , étant
éveillé , cette même perfonne dont
la vue avoit fait tant d'impreffion
fur fon coeur dans fon dernier fonge
; & comme il fe craint lui même
& qu'il fent ce que cet objet
peut fur fon coeur , il lui répond
fans
MERCURE. 121
fans ofer la regarder , qu'il la vangera
, & fort pour aller fe mettre
à la tête de fes Troupes. Bafilio
vient fur le Théâtre , aprés que Sigifmond
en eft forty , & quelque
tems aprés , on entend la voix de Sigifmond
qui ordonne à fes Soldats
de pourfuivre & d'arrêter le Roy.
Il entre ; Bafilio avance en lui dífant
d'achever de remplir fadeftinée,
de le renverser à fes pieds , & de
fe baigner dans fon fang. Sigifmond
prend la parole , reproche à Bafilio
que c'eft lui feul qui a caufé tous
fes malheurs , & cela par les mêmes
moyens qu'il avoit choifi pour
en détourner le cours. Si ces vaines
prédictions qui vous ont abuſé ,
lui dit - il , avoient parlé de moi ,
comme d'un fils vertueux & foumis ,
comme d'un Prince moderé ; n'auriez
vous pas crû corrompre mon
naturel ? n'auriez vous pas crû Vous
oppofer à l'effet des influences , en
me donnant une éducation capable
de m'infpirer de la férocité ? Ñ'auriez
vous pas craint les reffentimens
Mars 1717. L
122 LE NOUVEA U
'un fils qui n'auroit dû vous con
fiderer que comme fon Tiran , &
non , comme fon Pere. Puifque pour
fatisfaire une crainte chimerique ,
vous l'auriez condamné à une captivité
affreufe . Sigifmond ajoûte à
ce diſcours , que fi l'âge & l'expérience
de Bafilio , ne lui ont point
apris à prévenir l'effet de ces prédictions
; c'eft à lui de faire voir
fa facilité ; en même tems il jette
fa Maffuë, & fe profternant aux pieds
de fon pere , il lui dit d'affûrer fes
jours & fon Sceptre , en lui ôtant la
vie; Bafilio attendri par ce fpectacle,
le réleve , l'embraffe , & veut lui remettre
fa Couronne . Le Prince la
refufe , en difant que ce feroit accomplir
ces Oracles impofteurs, que
de lui ôter le Sceptre il confent enfin
à partager le Thrône avec luy .
La premiére action d'autorité qu'il
fait , eft de forcer Aftolphe de réparer
l'honneur deRoſaura ; en l'époufant,
Crotalde déclare qu'elle eft
fa fille. Sigifmond donne la main
Stella , qui repete en differentes
MERCURE.
123
occafions qu'il craint à tous moments
, que ce qu'il voit , ne foit
qu'une vaine illufion , & que fe
réveillant , il ne fe trouve dans les
fers & dans la prifon ; & qu'il n'oubliera
jamais que toute notre vie n'eſt
qu'un fonge .
Voilà , Monfieur, ce que c'eſt
que la Piéce de la Vida és un Sueno ;
Si je ne vous croyois encore plus las
de lire , que je ne le fuis, d'écrire , je
vous parlerois du Sanfon , Piéce
d'un genre tout - à - fait nouveau ,
que les Italiens repréſentent avec un
fuccés prodigieux : mais je remets
cela à la premiére occafion .
un Songe , a été fi favorablement reçûë
du Public , que je mériterois fa
cenfure ; fi je ne lui en communiquois
pas un extrait fidel.
Fraguement
d'une Lettre.
La Piéce Italienne intitulée , la Vie
eft un Songe , eft en quelque façon
une traduction de la Tragi- Comedie
Efpagnole de Don Pedro Calderen
,intitulée ,la Vida es Sueno . Cet-'
te traduction eft cependant differente
de celle qui a été imprimée fous
Je nom du Cigognini ; quoiqu'elle
ne foit pas de lui. Celle - cy eft bien
plus raifonnablement
écrite , &t
quoique le ftile fe fente en quelques
endroits de l'enflure de fon Original,
& qu'il ait confervé un certain goût
MERCURE.
99
de Terroir , dont les Traductions ne
peuvent être tout - à - fait exemptes;
on a adouci ou corigé dans cellecy
, la plufpart des traits qui carac
térifent les Ouvrages du Cigognini
Ecrivain , qui avoit raffemblé dans
fon ftile , prefque tous les défauts
que l'on réprochoit aux Auteurs
Italiens du dernier fiècle : mais venons
à la Piéce en elle - même.
Bafilio Roy de Pologne , naturellement
foupçonneux & crédule ,
eut de fa femme Clotilene un fils ,
qu'il nomma Sigifmond. Sa mere
mourut en couche , les prodiges
qui accompagnerent cette naiffance ,
les fonges qui troublerent le repos
de Clotilene & du Roy Bafilio effrayerent
ce Prince fuperftitieux.
Il chercha dans l'art de l'Aftrologie
de quoi calmer fes craintes. Les
Aftrologues lui prédirent que fon fils
feroit un Prince cruel & emporté , qui
violant les droits les plus facrés de
la Nature , & de la Royauté , le
chafferoit un jour du Trone. Bafilio
Prince d'un efprit foible , crût de-
I ij
830098
100 LE NOUVEAU
>
voir regler fa conduite fur ces prédictions.
Il répandit le bruit que fon
fils étoit mort , & le fit élever dans
une terre au milieu d'un défert fous
la conduite de Crotalde , Seigneur
de fa Cour , auquel il avoit confié
fon fecret. Des Gardes pofées aux
avenues de la Tour en deffendoient
l'aproche aux Paffans. Le Prince
Sigifmond à qui l'on avoit fait un
miftere de fa naiffance , étoit retenu
dans fa Tour par une chaîne
qui lui permettoit à peine de s'en
éloigner de quelques pas ; la lecture
, & la converfation de Crotalde
faifoient toute fon occupation , &
il n'avoit jamais vû d'autres hommes
que fon Gouverneur , ou fi
vous voulez fon Geollier & fes
Gardes,jufqu'à l'âge de dix -huit ans.
C'est dans ce temps que commence
la Piéce. Le Théâtre reprefente
un bois , & au fonds une Tour dont
les portes font fermées .
MERCURE . ΤΟΙ
ACTE PREMIER.
Arlequin entre en roulant fur
le Théâtre , il eft fuivi par un Cavalier
inconnu ; tous deux fe plaignent
de l'accident qui les a précipirez
avec leurs chevaux dans le
fonds de ce Vallon. On entend un
bruit de chaînes qui les effraye.
Les portes de la prifon s'ouvrent ,
& l'on aperçoit à la fombre lüeur
d'une lampe , le Prince Sigifmond
apuyé fur une table avec des Livres
auprés de lui. Il fort de fa Tour
pour s'avancer au milieu du Théâtre ;
Arlequin & fon Maître fe cachent,
Sigifmond paroît à demi nud , couvert
d'une espéce de cafaque de
peau de Tygre , & coëffé d'unbonet
pittorefque de même étoffe ; il
eft ceint par le milieu du corps d'une
chaîne qui va s'attacher au fonds
de la Tour dont il eft forti . Difpenfés
moy M¹ , je vous prie , de vous
dépeindre la Nobleffe , & la grace
que Lelio avoit fçû répandre ſur
Iiij
102 LE NOUVEAU
cet habillement , en conſervant toute
la férocité , & la rudeffe du caractére
de Sigifmond qu'il repréfentoit .
Vous connoiffés le jeu de cer Acteur
, auquel le Public ne ceffe
point de rendre juſtice ; Qu'il vous
fuffife donc qu'il étoit encore infiniment
au deffus de tout ce que
vous en avez vû. Ses geftes , & fes
attitudes de corps & de vifage,formoient
autant de Tableaux parfaits,
au jugement même des plus grands
Maîtres, & ces Tableaux étoient variés
à chaque repréſentation , par des
attitudes toujours nouvelles , parce
qu'elles n'étoient point aprifes , &
qu'elles étoient l'effet d'une imagination
vivement pénétrée du caractére
general de Sigifmond & des
fituations particulieres dans lefquelles
il fe trouve pendant le cours de
la Piéce. Après que Sigifmond a
déclamé pendant quelque tems contre
l'injuſtice du fort qui le fait gémir
dans une fi dure captivité , fans
l'avoir mérité par aucun crime , il
aperçoit Arlequin & fon Maître.
MERCURE.: 103
La fureur le tranfporte , il fe jette
fur eux , & les veut mettre en piéces
, pour les empêcher d'aller faire
ailleurs le recit de fes malheurs.
La bonne mine du maître d'Arlequin
attendrit Sigifmond . Sa vûë
excite dans fon coeur des mouvements
d'une tendreffe qu'il n'avoir
jamais reffentie . Il le releve , & l'interroge
fur l'accident qui l'a pût
conduire en ce lieu . Dans ce moment
, Crotalde entre à la tête des
Gardes du Prince , & veut faire tuer
cet étranger qu'il voit en converfation
avec Sigifmond . Celui-ci fe
met au devant , & menace Crotalde
fur lequel il fe veut jetter pour l'empêcher
de maltraiter cet inconnu,
dont la vûë a fait tant d'impreffion
fur lui. Crotalde , à l'aide de fes
Gardes , fe rend maître du Prince ,
& malgré fes emportements , l'entraine
dans fa Tour , où il le
renferme. Cette fituation , ainfi
que
celle du moment , auquel le Prince
fe jette fur l'Inconnu , forme
un de ces tableaux , dont je vous
104 LE NOUVEAU
ai parlé , & qui font en grand nom
bre dans la Piéce. Lorfque le Prince
eft renfermé dans fa Tour ,
l'Inconnu fe met aux pieds de Crotalde
, & lui donne fon Epée.
Crotalde furpris , en jettant les
yeux deffus, demande à l'Inconnu
d'où il la tient ? Qui il eft ? Quelle
eft fa Famille ? De quel Païs il
vient ? Celui-ci répond , qu'il eſt
Mofcovite : Qu'il n'a jamais connu .
fon pere : Qu'il vient en Pologne,
pour le venger d'un affront : Que
cette Epée lui a été donnée par
une femme , dont il refufe de dire
le nom , & qu'en la lui donnant
elle lui a dit d'aller à la Cour de
Pologne , & qu'un Cavalier de cette
Cour l'affiiteroit de fon crédit ,
s'il lui voyoit cette même Epée ;
ainfi il le prie de la faire garder
foigneufement. Crotalde , qui a
témoigné pendant ce difcours , combien
il y prenoit de part , s'éloigne ,
lorfqu'il eft fini , & dit à Parte ,
qu'il ne lui eft plus permis de méconnoître
fon fils ; que cette Epée
>
MERCURE. 104
eft celle qu'il donna en partant de
Mofcovie , à une femme qu'il avoit
époufée fecrettement ; qu'en la quit
tant , il l'avoit laiffée groffe , &
qu'il lui avoit promis de reconnoître
pour fon fils , celui qu'elle lui
enverroit avec cette Epée. Il eft
donc perfuadé , que cet Inconnu
eft fon fils.
Après quelques moments d'irrefolution
fur la conduite qu'il doit
tenir ; il fe détermine à le conduire
à la Cour , & à découvrir fa
naiffance au Roy , s'il n'y a point
d'autre moyen d'empêcher qu'on
ne lui ôte la vie , pour fatisfaire à
la Loy , qui condamne à la mort
ceux qui verront le Prince Sigif
mond. Il fait donc emmener cet
Etranger avec Arlequin ; & c'eſt
par où finit le premier Acte.
ACTE SECOND.
Le fecond Acte reprefente une
Salle du Palais de Bafilio . Attolphe
Duc de Mofcovie , vaffal & neveu
106 LE NOUVEAU
du Roy de Pologne , y entre avec-
Stella fa coufine , & niéce du même
Roi Leur converfation eft interrompue
par l'arrivée de Bafilio
& de fes confidents. Ce Prince
touché de l'état auquel il a réduit
fon fils , découvre à fon neveu
Aftolphe , & à fa niéce Stella ,
tout ce qu'il a fait à ce fujer
& il leur déclare , qu'avant de
les marier enfemble , & de les
défigner fes fucceffeurs , il veut reconnoître
, quel eft au vray le caractére
du Prince Sigifmond fon
fils , & le faire apporter endormi
, dans fon Palais , afin d'éprouver
par la maniere , dont il fe conduira
, fi les prédictions de l'Aftrologie
ne l'ont point abufé . Tous
applaudiffent à cette réſolution.
Dans ce tems , Crotalde arrive
avec l'Inconnu , & Arlequin. Tous
les autres fe retirent. Le Roy accorde
la grace de l'Inconnu , fans
même que Crotalde lui découvre
fa naiffance ; il n'a pas la même
facilité pour Arlequin , & il ordonne
MERCURE. 107
qu'on le pende. Arlequin , qui ne
peut gouter cette destination , viole
plus d'une fois le cérémonial .
Enfin voyant qu'il ne peut rien obtenir
, & entendant répéter , que
la parole des Rois eft irrévocable ,
il fe jette aux pieds du Roy , &
lui demande une grace. Le Roy
lui promet de lui tout accorder,
hors la vie. Arlequin demande ,
que le Roy foit lui -même l'exécuteur
de cet Arrêt. Bafilio qui s'eſt
prété pendant quelques moments
à la frayeur de ce valet bouffon ,
lui accorde fa grace , & Arlequin
fe livre aux tranfports d'une joye,
qui n'eft gueres plus refpectueufe ,
que fa douleur l'avoit été. Les Zelateurs
fcrupuleux des bienféances
auroient pû être bleffés de certains
endroits de cette Scene , fi les graces
naïves qu'Arlequin répand
dans fes moindres actions , & la
joye que fa préfence infpire aux
Spectateurs , leurs permettoient
de faire attention à des Critiques
, même bien fondées . Le
108 LE NOUVEAU
Roy fe retire , en ordonnant
Crotalde de venir lui parler dan
fon cabinet , & celui -ci rette feul
avec l'Inconnu , lui rend fon Epée ,
& lui demande le nom de fon Ennemy.
Il nomme Aftolphe , Duc
de Mofcovie ; mais reprend Crotalde
, ne m'avez - vous pas dis que
vous étiez fon Sujer. Vous ne pouvez
avoir reçû de votre Souverain
une injure , dont l'honneur vous
oblige de pourfuivre la vengeance.
Avez - vous une foeur
› une femme
, qu'il ait outragé
? Non , répond
l'Inconnu
, qui paroît fe trou- bler à la vûë de Crotalde
. Il ajoute
qu'il doit lui fuffire
, que l'habit
qu'il porte , elt un déguiſement
, qui cache
ce qu'il eft . Crotalde
le preffe de nouveau
; Enfin l'Inconnu
avoüë , après s'être deffendu
quelque
tems , qu'il eft femme
, & qu'Aftolphe
eft fon Ennemi
.
7ú fei Donna
: dit Crotalde
, fi è
Aftolpho
. é il mio nemico
, répond l'Inconnu
, faifant
affés connoître
par ces deux mots , de quelle nature
MERCURE.
1
tare peut être l'offenfe , qu'il veut
venger. il faudroit tranfcrire ici
toute cette Scene , pour vous en
donner une jufte idée ; car elle est
dialoguée , avec une préciſion &
une vivacité , qui ne laiffent rien
à défirer ; elle finit le fecond
Acte.
ACTE TROISIEME.
Le troifiéme Acte reprefente
le même endroit du Palais ; Crotalde
y vient aprendre au Roy ,
fes Ordres font exécutés, que le
que
Prince a été conduit à la Cour, après
avoir été endormi par un breuvage,
& qu'il eft dans un Apartement du
Palais . Le Roy ordonne de lui
découvrir fon rang, & de paroître
auprès de lui en qualité de Gouverneur.
Après qu'ils fe font retirés , le
fonds du Theâtre s'ouvre : On voit
le Prince Sigifmond couché fur un
lit magnifique , & proprement habillé.
Une Symphonie douce amufe
les fpectateurs , tandis que Sigif
Mars 1717. K
ITO LE NOUVEAU
mond s'éveille , & témoigne par
tous fes geftes , la furpriſe où le jette
le fpectacle qui l'environne ; it prend
enfin la parole , ne fçait , fi ce qu'il
voit , eft un fonge ou une vérité ;
on achève de l'habiller , c'est - à- dire ,
qu'on lui donne un chapeau , des
gants & une épée . Vous me difpenferés
de vous décrire cette Scene
en détail , parce qu'elle eft compofée
de plufieures Actions , dont le
mérite confifte dans le jeu même..
Enfin Crotalde furvient , & fe met
aux pieds de Sigifmond. Le Prince
eft fort étonné de ce changement
dans la façon d'agir de fon Gouverneur.
Crotalde lui découvre qu'il
eft né pour régner ; Mais que la
crainte d'une maligne influence , eft
la caufe de la maniere , dont on
l'a élevé jufques alors . Ce difcours
allume la fureur de Sigifmond
, qui reproche à Crotalde
la barbarie avec laquelle il l'a reténu
fi long-tems dans une affieufe
captivité , éloigné du rang qui
lui apartenoit. Grotalde ne peut
MERCURE. 11
répondre à ces reproches ; fon filence
perfuadant Sigifmond de la
juftice de fes plaintes. Il s'abandonne
à fa fureur , & tire fon Epée
pour le tuer. On s'opofe à cet
emportement. Crotalde fe fauve , &
Sigifmond menaçant ceux qui l'ont
retenu , jure que le premier , qui
s'opofera à fa volonté , il le jettera
par la fenêtre . Dans ce moment,
Aftolphe Duc de Mofcovie entre
pour le faluer , le Prince le reçoit
avec beaucoup de fierté , & trouve
mauvais , qu'il ofe fe couvrir devant
lui , tandis que le refte des
Sujets de fon pere ne le fair pas.
9
Pantalon qui a commencé à précher
Sigifmond , veut encore lui donner
cn cette occafion des Leçons
de civilité . Stella entre dans le
même tems , le Prince va à elle
avec précipitation , la faluë , la regarde
, paroît charmé de fa beauté
, lui dit des douceurs & veut
même lui baifer la main. Aftolphe
qui aime Stella , fouffre impatiemment
ces témoignages , & ces pro-
,
Kij
112 LE NOUVEAU
1
reftations d'amour. Pantalon qui s'en
aperçoit , tire Sigifmond d'auprès de
Stella , & lui repréſente qu'elle
eft deftinée pour époufer Aftolphe.
Sigifmond reçoit aflés mal cette remontrance
, & Pantalon s'obftinant
à le fatiguer de fes confeils , il le
menace d'exécuter le ferment qu'il
vient de faire .. Pantalon dit qu'il ne
peut en venir à cette violence , contre
un homme dé fa condition ; eh
bien , nous allons le voir , dit Sigifmond.
En le faififfant avec fureur ,
il l'entraîne vers la fenêtre , & l'enlevant
malgré fa réſiſtance le
précipite ; Aftolphe & Stella fe
retirent en déteftant fa barbarie .
Dans ce moment Bafilio entre & demarde
à sigifmond , quelle est la
caufe de ce tuinutte ; ce n'eft rien ,
C'est un homme que j'ai fait voler
par la fenêtre , répond tranquillement
le Prince ; Arlequin l'avertit
avec tous les ménagemens que l'avauture
récente de Pantalon peuvent
infpirer , que c'eft à fon pere qu'il
parle ; il eft peu émû de cette nou-
,
MERCURE. 113
velle. Vous jugez , Monfieur , que
la voix de la Nature ne doit être
guéres forte, lotfqu'elle n'eft pas accompagnée
de cette impreffion , que
l'éducation & le fouvenir des foins
paternels , forment dans nos coeurs.
Bafilio fe retire affés mécontent de
Sigifmond , & ce Prince refte feul
avec Arlequin. C'est alors que ce
dernier devient fenfible au malheur
de Pantalon , dont il avoit regardé
le faut avec affés de gayeté , Sigif
mond , lui demande qui il eft . Ar
lequin après avoir hélité quelque
tems , répond qu'il eft Gentilhuomo
da Trattenimento , & que fon emploi
eft de faire rire ; eh bien , faitesmoi
rire , dit Sigifmond , en le regardant
avec un vifage & des yeux ,
près defquels Heraclite auroit paru
enjoué. Depuis que je fuis né , je
n'ai jamais éprouvé ce que c'eft que
le rire :je veux que tu me l'aprénes :
finon , tu fçais comme j'ai traité un
homme dont les difcours me fatiguojent.
Arlequin employe tout ce
qu'il croit de plus propre à égayer
Kiij
114
LE NOUVEAU
l'efprit du Prince ; mais les efforts
même qu'il fait pour y réüffir , ne
fervans qu'à l'irriter contre lui , il
court rifque d'aller tenir compagnie
à Pantalon ; lorfqu'une femme entre
dans fon Apartement : C'eſt la
fille de Crotalde qui avoit paru
d'abord en habit d'homme ; & que
fon pere a mife auprès de la Princeffe
Stella,fous le nom d'ASTREA , après
lui avoir fait prendre des habits convenables
à fon fexe . Sigifmond
frapé de cette vûë , va à elle avec
empreffement , la retient malgré fa
réfiftance, & lui parlant de fon amour
avec la vivacité d'un homme qui
ne connoît de Loix que fes defirs ,
il paroît peu difpofé à s'alfujettir aux
longueurs du Cérémonial que le refpect
à introduit auprès des Dames,
chez les Nations policées. Crotalde,
qui a toujours efté écouté , & qui
craint les fuites de cette avanture
pour fa fille , fe montre dans ce mo .
ment , il l'arrache 'des mains du
Prince , & faifit fon épée , afin de
mettre obſtacle à fa fureur. Après
MERCURE.
une lutte de quelques moments ,
qui eft accompagnée de toute la
nobleffe , & de toute la vérité poffible.
Sigifmond renverfe Crotalde ,
& fans Aftolphe qui eft attiré par
le bruit , il lui alloir ôter la vie .
Bafilio que la même caufe améne ,
interrompt le combat des deux Princes
, & reproche à Sigifmond fa ferocité
& fes emportemens, Celui- ci
prend la parole , & fait de violens
reproches à fon pere fur la conduite
qu'il a tenue jufqu'alors à fon égard ,
& fe retire en lui faifant des menaces
, qui donnent lieu au Roy de
craindre , que la prédiction des Aftres
ne s'accompliffe. Ainfi étant
demeuré feul avec Crotalde , il lui
ordonne de chercher le moyen de
rendormir Sigifmond , & de le faire
remporter dans fa Tour fous fes premiers
habits. Ce qui finit le troifiéme
Acte.
ACTE QUATRIEME.
Quelque envie que j'aye d'être
116 LE NOUVEAU
› court & quelque attention que
j'aporte à fuprimer tout ce qui
n'eft pas néceffaire , pour l'intelligence
des Scenes , je m'aperçois
que je vous entretiens depuis longrems
;ainfi vous me pardonnerez ,
fi je fuprime des Scenes entieres ,
& fi j'en étrangle quelques autres .
Sigifmond eft donc reporté dans
fa Tour , on le voit endormi fur
une Natte , dans fon premier ha--
bit. Bafilio fon pere , qui eft venu
avec Crotalde , eft attendri de
cette vûë ; mais bientôt , ce fentiment
eft effacé par les difcours du
Prince , qui tout endormi qu'il eſt ,
menace les jours de Crotalde , &
le Sceptre de fon pere. Le Roy
fe retire pour n'être point aper
çû de Sigifmond , dont le fommeil
commence à fe diffiper. Crotalde
acheve de l'éveiller : Sigifmond
eft dans la ſurpriſe que vous pouvez
vous imaginer. Il croit que
ce qu'il voit , eft un fonge : Envain
Crotalde l'affûre qu'il veille , &
qu'il ne doit point en douter , puifMERCURE.
117
qu'il entend fa voix. Ce que j'ay
vû , n'étoit donc qu'un fonge , dit
le Prince ; mais fi c'étoit un fonge ,
comment étoit -il poffible que je
vous viffe & que je vous entendiffe
alors , avec la même réalité ,
que je le fais dans cet inftant ?
comment pourrois - je m'affûrer
que ce qui m'arrive dans ce moment
, n'eft pas un fonge Crotalde
lui demande compte de fon
prétendu réve ; Sigifmond en fair
le recit , & Crotalde prend de là
occafion de lui faire des réproches
fur le peu d'effort qu'il fait , pour
réfifter à fes paffions , & reprimer
fes emportemens : Il lui dit , qu'il
a fait un pareil fonge ; parceque,
pendant la veille il s'eft rempli
l'efprit d'une grandeur chimérique
, & lui débite les principes
d'une morale , que l'on n'acufera
pas de rélachement , puifqu'il veut
lui perfuader , que les actions qu'il
fait en dormant , peuvent être criminclles
, ou vertueufes , à caufe
qu'elles partent de la difpofition
·
118 LE NOUVEAU
habituelle de fon coeur. A l'occa
fion des grandeurs , dont Sigifmond
croit avoir vu une image
dans fon fonge ; il tient des difcours
qui ne démentent pas les principes
de fa morale , & lui dit , que
les grandeurs de cette vie , n'ont
aucune réalité , que cette vie même
n'eft qu'un fonge , toujours prêt
à fe diffiper, & qu'à notre réveil ,
il ne nous restera plus , que le fou
venir amer d'un bien dont nous avons
abufés. Le Prince frapé de
cette morale , réve un moment ,
promet de fe régler toujours fur
ces principes , & rentre dans fa
Tour. Ce qui finit l'Acte 4° , dont
je vous ai fuprimé , comme vous
voyez , la plus grande partie .
ACTE CINQUIEME.
Le cinquiéme Acte commence
par l'arrivée de Scaramouche ,
à la tête d'une bande de Revoltez.
Les Peuples de Pologne inftruits de
la naiffance du Prince Sigifmond ,
MERCURE.
119
>
viennent forcer fa prifon pour le
mertre fur le Trône , afin d'empêcher
que le Sceptre ne paffe entre
les mains d'un Etranger . Sigifmond
les rebute d'abord , & prend
tout ce qu'il voit , pour l'illufion
d'un nouveau fonge. Il fe rend enfin
à leurs inftances , & fouffre que
l'on brife fa chaîne , il prend une
maffue dont
Scaramouche eit armé,
en difant qu'il va peut - être ſe réveiller
, & fe retrouver dans les fers.
Dans ce moment Crotalde entre
& fe croyant perdu , il fe jette aux
pieds de Sigifmond , qui le releve
avec bonté , & le prie de vouloir
bien l'aflifter de fes Confeils & de
fa prudence dans la guerre qu'il va
entreprendre. Crotalde lui repréfente
que c'eft contre fon pere , & contre
fon Roy qu'il va combatre , &
qu'il perira plûtôt que de fe rendre
complice de ce crime. Sigifmond
dont le coeur n'eft pas tout- à - fait
vertueux , s'emporte contre Crotal..
de , qui fe met à fes pieds pour recevoir
la mort que Sigifmond femble
120 LE NOUVEAU
*
prêt à lui donner , tenant même fa
Maffue élevée fur fa tête : mais une
reflexion fur ce qui lui eft arrivé,
le rameine à la clémence ; il ordonne
à Crotalde de fe relever , d'aller
trouver le Roy , & fe dit àluimême
qu'il ne fçait , fi tout ce qu'il
voit , n'eft pas un fonge , dont l'illufion
eft prête à fe difliper à tous les
moments. Crotalde fe retire donc,
& dans le tens que Sigifmond ordonne
à fes Troupes de marcher.
Rofaura fa fille entre , & dit à Sigifmond
qu'elle implore fon fecours
contre Aftolphe , de qui elle a recû
un outrage dont elle ne peut efperer
ni fatisfaction ni vengeance. Sigifmond
furpris de la vue de cette
femme , ne peut concevoir qu'-
un fonge ait tant de raport avec la
verité ; ni- comment il révoit , étant
éveillé , cette même perfonne dont
la vue avoit fait tant d'impreffion
fur fon coeur dans fon dernier fonge
; & comme il fe craint lui même
& qu'il fent ce que cet objet
peut fur fon coeur , il lui répond
fans
MERCURE. 721
fans ofer la regarder , qu'il la vangera
, & fort pour aller fe mettre
à la tête de fes Troupes. Bafilio
vient fur le Théâtre , aprés que Sigifmond
en eft forty , & quelque
tems aprés , on entend la voix de Sigifmond
qui ordonne à ſes Soldats
de pourfuivre & d'arrêter le Roy.
Il entre Bafilio avance en lui difant
d'achever de remplir fadeftinée,
de le renverfer à fes pieds , & de
fe baigner dans fon fang. Sigifmond
prend la parole , reproche à Bafilio
que c'eſt lui feul qui a caufé tous
fes malheurs , & cela par les mêmes
moyens qu'il avoit choifi pour
en détourner le cours. Si ces vaines
prédictions qui vous ont abufé ,
lui dit - il , avoient parlé de moi ,
comme d'un fils vertueux & foumis ,
comme d'un Prince moderé ; n'auriez
vous pas crû corrompre mon
naturel ? n'auriez vous pas crû Vous
oppofer à l'effet des influences , en
me donnant une éducation capable
de m'infpirer de la férocité ? Ñ'auriez
vous pas craint les reffentimens
Mars 1717.
L
113 LE NOUVEAU
habituelle de fon coeur. A l'occa
fion des grandeurs , dont Sigifmond
croit avoir vu une image
dans fon fonge ; il tient des difcoursqui
ne démentent pas les principes
de fa morale , & lui dit , que
les grandeurs de cette vie , n'ont
aucune réalité , que cette vie même
n'eft qu'un fonge , toujours prêt
à fe diffiper , & qu'à notre réveil ,
il ne nous reftera plus, que le fou
venir amer d'un bien dont nous avons
abufés. Le Prince frapé de
cette morale , réve un moment ,
promet de fe régler toujours fur
ces principes , & rentre dans fa
Tour. Ce qui finit l'Acte 4º , dont
je vous ai fuprimé , comme vous
voyez , la plus grande partie .
ACTE CINQUIEME.
Le cinquième Acte commence
par l'arrivée de Scaramouche ,
à la tête d'une bande de Revoltez .
Les Peuples de Pologne inftruits de
la naiffance du Prince Sigifmond ,
MERCURE. 119
viennent forcer fa prifon pour le
mertre fur le Trône , afin d'empêcher
que le Sceptre ne paffe entre
les mains d'un
Etranger. Sigifmond
les rebute d'abord , & prend
tout ce qu'il voit , pour l'illufion
d'un nouveau fonge. Il fe rend enfin
à leurs inftances , & fouffre que
l'on brife fa chaîne , il prend une
maffue dont
Scaramouche eit armé,
en difant qu'il va peut - être fe réveiller
, & fe retrouver dans les fers.
Dans ce moment Crotalde entre
& fe croyant perdu , il fejette aux
pieds de Sigifmond , qui le releve
avec bonté , & le prie de vouloir
bien l'aflifter de fes Confeils & de
fa prudence dans la guerre qu'il va
entreprendre. Crotalde lui repréfente
que c'eft contre fon pere , & contre
fon Roy qu'il va combatre , &
qu'il perira plûtôt que de fe rendre
complice de ce crime . Sigifmond
dont le coeur n'eft pas tout- à - fait
vertueux , s'emporte contre Crotal..
de , qui fe met à fes pieds pour rece
voir la mort que Sigifmond ſemble
12 LE NOUVEAU
prêt à lui donner , tenant même fa
Maffue élevée fur fa tête : mais une
reflexion fur ce qui lui est arrivé,
le rameine à la clémence ; il ordonne
à Crotalde de fe relever , d'aller
trouver le Roy , & fe dit àluimême
qu'il ne fçait , fi tout ce qu'il
voit , n'eft pas un fonge , dont l'illufion
eft prête à fe difliper à tous les
moments. Crotalde fe retire donc,
& dans le tens que Sigifmond ordonne
à fes Troupes de marcher.
Rofaura fa fille entre , & dit à Sigifmond
qu'elle implore fon fecours
contre Aftolphe , de qui elle a recû
un outrage dont elle ne peut efperer
nifatisfaction ni vengeance . Sigifmond
furpris de la vue de cette
femme , ne peut concevoir qu'-
un fonge ait tant de raport avec la
verité ; ni comment il révoit , étant
éveillé , cette même perfonne dont
la vue avoit fait tant d'impreffion
fur fon coeur dans fon dernier fonge
; & comme il fe craint lui même
& qu'il fent ce que cet objet
peut fur fon coeur , il lui répond
fans
MERCURE. 121
fans ofer la regarder , qu'il la vangera
, & fort pour aller fe mettre
à la tête de fes Troupes. Bafilio
vient fur le Théâtre , aprés que Sigifmond
en eft forty , & quelque
tems aprés , on entend la voix de Sigifmond
qui ordonne à fes Soldats
de pourfuivre & d'arrêter le Roy.
Il entre ; Bafilio avance en lui dífant
d'achever de remplir fadeftinée,
de le renverser à fes pieds , & de
fe baigner dans fon fang. Sigifmond
prend la parole , reproche à Bafilio
que c'eft lui feul qui a caufé tous
fes malheurs , & cela par les mêmes
moyens qu'il avoit choifi pour
en détourner le cours. Si ces vaines
prédictions qui vous ont abuſé ,
lui dit - il , avoient parlé de moi ,
comme d'un fils vertueux & foumis ,
comme d'un Prince moderé ; n'auriez
vous pas crû corrompre mon
naturel ? n'auriez vous pas crû Vous
oppofer à l'effet des influences , en
me donnant une éducation capable
de m'infpirer de la férocité ? Ñ'auriez
vous pas craint les reffentimens
Mars 1717. L
122 LE NOUVEA U
'un fils qui n'auroit dû vous con
fiderer que comme fon Tiran , &
non , comme fon Pere. Puifque pour
fatisfaire une crainte chimerique ,
vous l'auriez condamné à une captivité
affreufe . Sigifmond ajoûte à
ce diſcours , que fi l'âge & l'expérience
de Bafilio , ne lui ont point
apris à prévenir l'effet de ces prédictions
; c'eft à lui de faire voir
fa facilité ; en même tems il jette
fa Maffuë, & fe profternant aux pieds
de fon pere , il lui dit d'affûrer fes
jours & fon Sceptre , en lui ôtant la
vie; Bafilio attendri par ce fpectacle,
le réleve , l'embraffe , & veut lui remettre
fa Couronne . Le Prince la
refufe , en difant que ce feroit accomplir
ces Oracles impofteurs, que
de lui ôter le Sceptre il confent enfin
à partager le Thrône avec luy .
La premiére action d'autorité qu'il
fait , eft de forcer Aftolphe de réparer
l'honneur deRoſaura ; en l'époufant,
Crotalde déclare qu'elle eft
fa fille. Sigifmond donne la main
Stella , qui repete en differentes
MERCURE.
123
occafions qu'il craint à tous moments
, que ce qu'il voit , ne foit
qu'une vaine illufion , & que fe
réveillant , il ne fe trouve dans les
fers & dans la prifon ; & qu'il n'oubliera
jamais que toute notre vie n'eſt
qu'un fonge .
Voilà , Monfieur, ce que c'eſt
que la Piéce de la Vida és un Sueno ;
Si je ne vous croyois encore plus las
de lire , que je ne le fuis, d'écrire , je
vous parlerois du Sanfon , Piéce
d'un genre tout - à - fait nouveau ,
que les Italiens repréſentent avec un
fuccés prodigieux : mais je remets
cela à la premiére occafion .
Fermer
11939
p. 81
ENIGME.
Début :
Composé monstrueux de grandeur, de bassesse, [...]
Mots clefs :
Homme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
angalE NIGME.
COMOPMPOOSSEÉ monstrueux de grandeur , de baſpra
pola felle , 10
De vices , de vertus , de fcience , d'erreur ,
D'humilité , d'orgueil , de force , de foiblelle :
l'ignore qui je fuis , je me cherche fans celſe.
Tire-moi d'embarras : qui fuis-je , ami Lecteur?
COMOPMPOOSSEÉ monstrueux de grandeur , de baſpra
pola felle , 10
De vices , de vertus , de fcience , d'erreur ,
D'humilité , d'orgueil , de force , de foiblelle :
l'ignore qui je fuis , je me cherche fans celſe.
Tire-moi d'embarras : qui fuis-je , ami Lecteur?
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11940
p. 149-150
De NAPLES, le 11 Août 1764.
Début :
Le Supérieur du Couvent de la Trinité des Espagnols a été assassiné [...]
Mots clefs :
Couvent de la Trinité, Assassinat, Religieux, Service, Coupables, Soupçons, Coups de couteau, Criminels
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De NAPLES, le 11 Août 1764.
De NAPLES , le 11 Août 17640
Le Supérieur du Convent de la Trinité des Epagnols
a été affaffiné la nuit du 8 au 9 de ce
mois par quatre Religieux qui compofcient avec
lui ce Monaftere. Le lendemain , à la pointe du
jour , ces fcélérats defcendirent le corps dans
l'Eglife , préparerent fon Catafalque & commencerent
le Service . Des Gens du voifinage qui avoient
entendu pendant la nuit dés cris venans de la
Chambre du Supérieur , ayant our dire le matin
que ce Religieux étoit mort d'un coup de fang ,
conçurent des foupçons & allerent faire leurs
dépofitions chez le Nonce . On envoya des Gardes
& un Médecin au Couvent ; le Cadavre fut découvert
, & l'on trouva qu'il avoit reçu vingtfix
coups de couteau , & que les plaies avoient
été bouchées avec de la cire . Les quatre Criminels
furent conduits dans les prifons de la Non-
Giij..
150 MERCURE DE FRANCE.
ciature , & l'on inftruit actuellement leur procès.
Le Supérieur du Convent de la Trinité des Epagnols
a été affaffiné la nuit du 8 au 9 de ce
mois par quatre Religieux qui compofcient avec
lui ce Monaftere. Le lendemain , à la pointe du
jour , ces fcélérats defcendirent le corps dans
l'Eglife , préparerent fon Catafalque & commencerent
le Service . Des Gens du voifinage qui avoient
entendu pendant la nuit dés cris venans de la
Chambre du Supérieur , ayant our dire le matin
que ce Religieux étoit mort d'un coup de fang ,
conçurent des foupçons & allerent faire leurs
dépofitions chez le Nonce . On envoya des Gardes
& un Médecin au Couvent ; le Cadavre fut découvert
, & l'on trouva qu'il avoit reçu vingtfix
coups de couteau , & que les plaies avoient
été bouchées avec de la cire . Les quatre Criminels
furent conduits dans les prifons de la Non-
Giij..
150 MERCURE DE FRANCE.
ciature , & l'on inftruit actuellement leur procès.
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Résumé : De NAPLES, le 11 Août 1764.
Le 9 août 1764, le supérieur du couvent de la Trinité des Espagnols à Naples a été assassiné par quatre religieux. La nuit précédente, ils l'ont tué avant de préparer les funérailles. Des voisins ont alerté le nonce après avoir entendu des cris. Le médecin a découvert vingt-six coups de couteau sur le cadavre. Les coupables sont incarcérés et leur procès est en cours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11941
p. 81-82
AUTRE ENIGME.
Début :
A voir ma grotesque figure, [...]
Mots clefs :
Colin-maillard
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME.
Avoir ma grotefque figure
La jeuneffe fe divertit
Cependant, admirez ma bifarre avanture !
Je- cours après le monde, & le monde me fuit,
A
Cette frayeur , eft affez raifonnable t
Quoiqu'aveugle , ainfi que l'amour,
l'amour
Dv
81 MERCURE DE FRANCE.
Quand j'attrape quelqu'un , fi je fuis véritable ,
Pour quelque temps il eſt privé du jour.
Jefuis quelquefois mâle , & quelquefois femelle.
A l'abri de mon nom , l'Amant qui n'eft pas fot ,
Peut dérober des faveurs à fa Belle ,
Sans qu'elle ofe lui dire mot.
Avoir ma grotefque figure
La jeuneffe fe divertit
Cependant, admirez ma bifarre avanture !
Je- cours après le monde, & le monde me fuit,
A
Cette frayeur , eft affez raifonnable t
Quoiqu'aveugle , ainfi que l'amour,
l'amour
Dv
81 MERCURE DE FRANCE.
Quand j'attrape quelqu'un , fi je fuis véritable ,
Pour quelque temps il eſt privé du jour.
Jefuis quelquefois mâle , & quelquefois femelle.
A l'abri de mon nom , l'Amant qui n'eft pas fot ,
Peut dérober des faveurs à fa Belle ,
Sans qu'elle ofe lui dire mot.
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11942
p. 145-146
PEINTURE.
Début :
Il y a des surprises dans les productions des arts comme dans les ouvrages de [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PEINTURE.
PEINTURE.
y a des furpriſes dans les productions
des arts comme dans les ouvrages de
littérature ; il eſt également important de
garantir le public des unes & des autres ,
tant pour la perfection de fes connoiffances
que pour l'honneur des arts & la réputation
légitime de chaque artiſte . On
ne peut donc fe difpenfer d'informer tous
les amateurs de la peinture , qu'une fuitë
d'eſtampes nouvellement mife au jour par
le fieur Duflos , comme étant d'après les
tableaux du fieur Boucher , Peintre du Roi ,
n'a été gravée que fur des deffeins informes
, furtivement tirés par les éleves de
ce Peintre , les moins capables & les moins
avancés , livrés enfuite , à fon infçu , au
Graveur , lequel à fon tour a terminé &
mis en vente ces eftampes fans la participation
de l'auteur des tableaux , qui ne peut
G
146 MERCURE DE FRANCE:
ni les reconnoître , ni encore moins les
avouer dans des copies auffi infideles.
y a des furpriſes dans les productions
des arts comme dans les ouvrages de
littérature ; il eſt également important de
garantir le public des unes & des autres ,
tant pour la perfection de fes connoiffances
que pour l'honneur des arts & la réputation
légitime de chaque artiſte . On
ne peut donc fe difpenfer d'informer tous
les amateurs de la peinture , qu'une fuitë
d'eſtampes nouvellement mife au jour par
le fieur Duflos , comme étant d'après les
tableaux du fieur Boucher , Peintre du Roi ,
n'a été gravée que fur des deffeins informes
, furtivement tirés par les éleves de
ce Peintre , les moins capables & les moins
avancés , livrés enfuite , à fon infçu , au
Graveur , lequel à fon tour a terminé &
mis en vente ces eftampes fans la participation
de l'auteur des tableaux , qui ne peut
G
146 MERCURE DE FRANCE:
ni les reconnoître , ni encore moins les
avouer dans des copies auffi infideles.
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Résumé : PEINTURE.
Une controverse entoure des estampes publiées par Duflos, prétendument basées sur les œuvres de Boucher. Ces estampes ont été gravées à partir de dessins réalisés par les élèves les moins compétents de Boucher, sans son accord. Boucher ne reconnaît pas ces copies, jugées infidèles. Le texte insiste sur l'importance d'informer le public pour préserver l'honneur des arts et la réputation des artistes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11943
p. 145-146
ENIGME EN LOGOGRYPHE.
Début :
Parmi les inventeurs de Loix [...]
Mots clefs :
Reconnaissance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME EN LOGOGRYPHE.
ENIGME EN LOGOGRYPHE.
Parmi les inventeurs de Loix
Il eſt parlé de moi dans plus d'un paragraphe.
Mais pour me deviner laiſſez le vieux Gaulois ,
Prenez ſoin de m'écrire en nouvelle ortographe,
IG
146 MERCURE DE FRANCE.
Alors j'ai treize pieds. J'attendriffois jadis
Dans les Romans & dans la Tragédie...
J'ai pris place à préſent dans le Pays des Ris
It je touche les coeurs même à la Comédie.
*
Avecun ſigne , une ligne , un paté ,
On peut faire chanter ma tête.
De moi ce chef étant ôté ,
Lecteur , alors je vous apprête
Un nom par qui vous connoîtrez
Tous les objets dont yous l'aurez.
?
:
詭
Ecartez de ce nom une filabe encore ,
Vos ayeux , comme vous ,m'ont pris ſans me ſcavoir.
Tout animal me donne à ce qu'il fait éclore ;
Le plus riche n'a rien avant que de m'avoir.
Mes quatre derniers pieds font choſe fort vul
gaire.
Choſe cependant néceſſaire ,
Surtout à la cuiſine , où fans moi quelquefois
Les plus habiles gens ſe bruleroient les doigts.
C'eſt vainement que d'un air fombre
Vous cherchez par ce mot à vous déterminer.
Retranchez de ce mot encor le premier nombre
Ce qui demeure alors vous reſte à deviner.
Parmi les inventeurs de Loix
Il eſt parlé de moi dans plus d'un paragraphe.
Mais pour me deviner laiſſez le vieux Gaulois ,
Prenez ſoin de m'écrire en nouvelle ortographe,
IG
146 MERCURE DE FRANCE.
Alors j'ai treize pieds. J'attendriffois jadis
Dans les Romans & dans la Tragédie...
J'ai pris place à préſent dans le Pays des Ris
It je touche les coeurs même à la Comédie.
*
Avecun ſigne , une ligne , un paté ,
On peut faire chanter ma tête.
De moi ce chef étant ôté ,
Lecteur , alors je vous apprête
Un nom par qui vous connoîtrez
Tous les objets dont yous l'aurez.
?
:
詭
Ecartez de ce nom une filabe encore ,
Vos ayeux , comme vous ,m'ont pris ſans me ſcavoir.
Tout animal me donne à ce qu'il fait éclore ;
Le plus riche n'a rien avant que de m'avoir.
Mes quatre derniers pieds font choſe fort vul
gaire.
Choſe cependant néceſſaire ,
Surtout à la cuiſine , où fans moi quelquefois
Les plus habiles gens ſe bruleroient les doigts.
C'eſt vainement que d'un air fombre
Vous cherchez par ce mot à vous déterminer.
Retranchez de ce mot encor le premier nombre
Ce qui demeure alors vous reſte à deviner.
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11944
p. 147-149
A Messieurs les Conciliateurs.
Début :
MESSIEURS, QUOIQUE Vous n'offriez point votre médiation à tout [...]
Mots clefs :
Monuments, Pays, Conciliateurs, Ouvriers, Médiation, Abus, Arts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Messieurs les Conciliateurs.
MESSIEURS ,
QUOIQUE Vous n'offriez point votre
médiation à tout le monde, j'eſpére
que vous ne ferez pas affez avares de vos
lumières , pour en refufer quelque lueur
à quelqu'un , qui defire ardemment de
s'inftruire. C'eft dans cette vue que j'ai
pris la liberté de vous écrire , par la
vaie du Mercure , pour vous prier de
concilier des chofes qui me paroiffent
finguliérement oppofées. Spectateur par
gout , je réfléchis quelquefois , & cela
fur le premier objet qui me frappe
amais principalement fur les Arts que j'aime
beaucoup .
Jeifaifois donc réfléxion , comment
il fe pouvoit , que dans une Nation où
il y a des prix inftitués , pour récompenfer
ceux qui défignent le mieux quel
étoit le Coftume des Egyptiens , des
Perfes & c., & de tant d'autres Nations
anciennes comment il fe peut , dis-je¹ ,
que dans les Monumens , que cette
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
même Nation érige de nos jours , elle
s'éloigne fi fort du fien , & femble
faire tous fes efforts , pour qu'il foit impoſſible
de fçavoir dans quel fiécle & à
l'honneur de qui ils ont été élevés .
Mais , difent les amateurs de jambes
nues & de draperies , nos habits ne font
pas dignes d'être confacrés , & leur forme
n'eft point affez agréable pour la
tranfmettre à la pofterité ; ils font un
mauvais effet en Sculpture. Mais le reméde
eft fimple furtout dans un pays où
l'on aime le changement . Ces changemens
d'ailleurs font très- avantageux
pour les Manufactures & pour les Ouvriers
en parures ; j'ai même oui-dire à
nn Anglois , qu'on ne changeoit fi fou
vent de modes dans ſon pays , que pour
encourager & faire profiter les Manufactures
, & il eft à remarquer que leurs
nouvelles modes font toujours l'oppofé
de celle qu'ils quittent.
La fureur des Infcriptions Latines
chofe qui doit néceffairement fuivre la
mode des habits à la Romaine , prive
quantité de gens ( & moi tout le premier
) de fatisfaire leur curiofité fur les
Monumens qu'ils rencontrent : fi elles
n'étoient employées que pour défigner
un Savant dans la Langue Latine , je ne
AOUST. 1763. 149
m'en plaindrois pas. Mais on voit du
Grec & du Latin , fur des Monumens
élevés à des perfonnes , qui n'ont jamais
fçu un mot de ces mêmes Langues .
Il me paroît donc ridicule , que pour
connoître les Illuftres de mon pays , il
me faille employer des Interprêtes étrangers.
Ce ne font peut-être ici que des redites
; mais on ne fauroit , je crois , trop
s'élever contre des abus auffi grands &
auffi ridicules.
QUOIQUE Vous n'offriez point votre
médiation à tout le monde, j'eſpére
que vous ne ferez pas affez avares de vos
lumières , pour en refufer quelque lueur
à quelqu'un , qui defire ardemment de
s'inftruire. C'eft dans cette vue que j'ai
pris la liberté de vous écrire , par la
vaie du Mercure , pour vous prier de
concilier des chofes qui me paroiffent
finguliérement oppofées. Spectateur par
gout , je réfléchis quelquefois , & cela
fur le premier objet qui me frappe
amais principalement fur les Arts que j'aime
beaucoup .
Jeifaifois donc réfléxion , comment
il fe pouvoit , que dans une Nation où
il y a des prix inftitués , pour récompenfer
ceux qui défignent le mieux quel
étoit le Coftume des Egyptiens , des
Perfes & c., & de tant d'autres Nations
anciennes comment il fe peut , dis-je¹ ,
que dans les Monumens , que cette
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
même Nation érige de nos jours , elle
s'éloigne fi fort du fien , & femble
faire tous fes efforts , pour qu'il foit impoſſible
de fçavoir dans quel fiécle & à
l'honneur de qui ils ont été élevés .
Mais , difent les amateurs de jambes
nues & de draperies , nos habits ne font
pas dignes d'être confacrés , & leur forme
n'eft point affez agréable pour la
tranfmettre à la pofterité ; ils font un
mauvais effet en Sculpture. Mais le reméde
eft fimple furtout dans un pays où
l'on aime le changement . Ces changemens
d'ailleurs font très- avantageux
pour les Manufactures & pour les Ouvriers
en parures ; j'ai même oui-dire à
nn Anglois , qu'on ne changeoit fi fou
vent de modes dans ſon pays , que pour
encourager & faire profiter les Manufactures
, & il eft à remarquer que leurs
nouvelles modes font toujours l'oppofé
de celle qu'ils quittent.
La fureur des Infcriptions Latines
chofe qui doit néceffairement fuivre la
mode des habits à la Romaine , prive
quantité de gens ( & moi tout le premier
) de fatisfaire leur curiofité fur les
Monumens qu'ils rencontrent : fi elles
n'étoient employées que pour défigner
un Savant dans la Langue Latine , je ne
AOUST. 1763. 149
m'en plaindrois pas. Mais on voit du
Grec & du Latin , fur des Monumens
élevés à des perfonnes , qui n'ont jamais
fçu un mot de ces mêmes Langues .
Il me paroît donc ridicule , que pour
connoître les Illuftres de mon pays , il
me faille employer des Interprêtes étrangers.
Ce ne font peut-être ici que des redites
; mais on ne fauroit , je crois , trop
s'élever contre des abus auffi grands &
auffi ridicules.
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11945
p. 2391-2394
DESCRIPTION d'un Globe celeste mouvant, qui represente le mouvement du Soleil, de la Lune et des Etoiles fixes, inventé par M. Outhier, Prêtre du Diocèse de Besançon, et presenté par l'Autheur à l'Academie Royale des Sciences, le 26 Juillet 1727.
Début :
On voit d'abord un Globe celeste, porté par l'Axe du monde dans un Cercle méridien, [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Étoiles fixes, Machine, Lune, Sonnerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION d'un Globe celeste mouvant, qui represente le mouvement du Soleil, de la Lune et des Etoiles fixes, inventé par M. Outhier, Prêtre du Diocèse de Besançon, et presenté par l'Autheur à l'Academie Royale des Sciences, le 26 Juillet 1727.
OF
N voit d'abord un Globe celeste, porté par
l'Axe du monde dans un Cercle méridien ,
qui est engagé dans l'horizon à l'élevation du Polet
aux Spheres ordinaires. Sur ce Globe sont représentées
toutes les constellations et les Etoiles fixes,
et au dedans est enfermé le mouvement d'une
Pendule qui le fait mouvoir,et lui fait achever sa
révolution d'Orient en Occident , heures ,
16 minutes et quelques secondes, sur les Poles du
monde.
en 23
Pendant que le Globe tourne ainsi , une Aiguille
marque les heures du temps moyen , sur un petit
Cadran , qui est attaché fur le Méridien , au Pole
Arctique ; et en même temps un second mou-
Fij vement
2392 MERCURE
DE FRANCE
vement , qui est conduit par le premier , donne
sur les Poles de l'Eccliptique les mouvemens
propres du Soleil , de la Lune et des Nuës , par
le moyen d'une piece excentrique & de trois branches
,dont l'une porte le Soleil , qui demeure par
la construction de la Machine, huit jours de plus
dans les signes Septentrionaux, que dans les Méridionaux.
La seconde branche conduit la Lune
qui est portée sur la troisiéme ; & cette troisiéme
est dirigée par l'Excentrique , pour faire prendre
à la Lune ses latitudes Septentrionale & Méridionale
. L'Excentrique a aussi son mouvement
particulier , pour donner le mouvement des
noeuds. La Lune outre cela , ou plutôt le petit
Globe d'yvoire qui le représente, tourne sur son
centre et prefente toujours la moitié qui est blanche
vers le Soleil.
Par tous ces mouvemens on connoît le lever ,
le paffage au Meridien , le coucher , les amp itudes
ortives & occases , les differentes élevations
fous le Meridien du Soleil, de la Lune et des Etoiles
fixes ; les conjonctions du Soleil et de la Lune,
celles qui font Ecliptiques & celles qui ne le font
pas , et toutes les Phases de la Lune. Le Soleil
ayant ses differences d'ascension droite fait connoître
le temps vrai , & sa difference au temps
moyen que l'on connoît sur le petit Çadran , qui
eft au Pole Arétique.
Toute la machine eft d'une telle construction,
qu'elle n'eft pas pius sujette à s'arrêter que les
Pendules ordinaires , les differens mouvemens
qu'on vient de rapporter ne chatgeant prefque en
rien l'ouvrage .
Messieurs de l'Académic Royale des Sciences
qui eurent la bonté de donner une approbation
generale à cet Ouvrage , ont bien voulu après le
rap
OCTOBRE 1731. \ 2293
faport de Messieurs Cassini et du Fay, qui avoient
été nommez pour l'examiner , le faire inserer
dans l'histoire de l'Académie de 1727. au nom→
bre des Machines et des inventions qu'ils ont approuvécs.
EXTRAITde l'Histoire de l'Académie
Royale des Sciences , de l'année 17270
page 143.
ور
ם כ
အ
כ כ
ן כ
UN Globe celeste mouvant, de M. Guthier,
Prêtre du Diocèse de Besançon , qui représente
le mouvement diurne & le mouvement
annuel du Soleil , leur difference ou celle
" du temps vrai et du moyen , tous les mouvemens
de la Lune , ses Phases , les Eclipses , le
bɔ passage des Etoiles fixes
par le Méridien , leur
mouvement particulier , &c . tout cela par la
construction interieure du Globe, qui contient
deux mouvemens séparez, dont l'un se fait sur
l'axe de l'Equateur , & l'autre sur celui de l'Ecliptique.
Il contient aussi une Horloge sonante.
Quoiqu'il y ait déja plusieurs Ouvrages dans
ce gout - là , on a trouvé que celui - cy
étoit tres ingénieusement imaginé , que quel-
» ques dispositions nouvelles ; celles par exemple
, qui regardent les Phases de la Lune et ses
Latitudes , le rendoient simple , et donnoient
une idée avantageuse de l'intelligence et de
» l'habileté de l'inventeur.
>>
∞
ל כ
Da
que
Comme Messieurs de l'Académie trouverent
la Machine seroit encore plus simple et plus
parfaite , de n'avoir point de sonnerie , mais d'avoir
une Aiguille de minutes. L'Auteur dans d'autres
semblables Ouvrages qu'il a fait exécuter ,
en a` retranché la sonnerie , qui les auroit rendus
Fiij trop
2394 MERCURE
DE FRANCE
trop composez, y a ajouté l'Aiguille des minutes,
les a fait marcher huit jours sans les remonter ,y
a donné un moyen d'allonger ou accourcir la
Pendule tres facilement , pour en regler les mouvemens
, sans être obligé d'ouvrir le Globe. Un
de ces Ouvrages a paru à l'Assemblée de l'Acadé
mie , le 1 Septembre 1731 et a été envoïé au
Roy de Portugal , et P'Auteur a eu l'honneur de
lire à l'Assemblée du s du même mois , un Memoire
au sujet de ces perfections qu'il a donné à
son Ouvrage, qu'il a fait exécuter par le sieur
Jean - Baptiste Cattin , Horloger de Franche-
Comté , qui y a parfaitement bien réussi .
I
Les Curieux qui voudront avoir de pareilles
Machines , du même Auteur, en trouveront chez
le sieur C. Langlois , Ingénieur du Roy pour les
Instrumens de Mathématique .
Il demeure sur le Quai de l'Horloge du Palais
, à l'Enseigne du Niveau , et c'est lui qui a
P'honneur de travailler pour l'Observatoire,pour
PAcademie Royale des Sciences , et pour les autres
differentes Académies du Royaume.
N voit d'abord un Globe celeste, porté par
l'Axe du monde dans un Cercle méridien ,
qui est engagé dans l'horizon à l'élevation du Polet
aux Spheres ordinaires. Sur ce Globe sont représentées
toutes les constellations et les Etoiles fixes,
et au dedans est enfermé le mouvement d'une
Pendule qui le fait mouvoir,et lui fait achever sa
révolution d'Orient en Occident , heures ,
16 minutes et quelques secondes, sur les Poles du
monde.
en 23
Pendant que le Globe tourne ainsi , une Aiguille
marque les heures du temps moyen , sur un petit
Cadran , qui est attaché fur le Méridien , au Pole
Arctique ; et en même temps un second mou-
Fij vement
2392 MERCURE
DE FRANCE
vement , qui est conduit par le premier , donne
sur les Poles de l'Eccliptique les mouvemens
propres du Soleil , de la Lune et des Nuës , par
le moyen d'une piece excentrique & de trois branches
,dont l'une porte le Soleil , qui demeure par
la construction de la Machine, huit jours de plus
dans les signes Septentrionaux, que dans les Méridionaux.
La seconde branche conduit la Lune
qui est portée sur la troisiéme ; & cette troisiéme
est dirigée par l'Excentrique , pour faire prendre
à la Lune ses latitudes Septentrionale & Méridionale
. L'Excentrique a aussi son mouvement
particulier , pour donner le mouvement des
noeuds. La Lune outre cela , ou plutôt le petit
Globe d'yvoire qui le représente, tourne sur son
centre et prefente toujours la moitié qui est blanche
vers le Soleil.
Par tous ces mouvemens on connoît le lever ,
le paffage au Meridien , le coucher , les amp itudes
ortives & occases , les differentes élevations
fous le Meridien du Soleil, de la Lune et des Etoiles
fixes ; les conjonctions du Soleil et de la Lune,
celles qui font Ecliptiques & celles qui ne le font
pas , et toutes les Phases de la Lune. Le Soleil
ayant ses differences d'ascension droite fait connoître
le temps vrai , & sa difference au temps
moyen que l'on connoît sur le petit Çadran , qui
eft au Pole Arétique.
Toute la machine eft d'une telle construction,
qu'elle n'eft pas pius sujette à s'arrêter que les
Pendules ordinaires , les differens mouvemens
qu'on vient de rapporter ne chatgeant prefque en
rien l'ouvrage .
Messieurs de l'Académic Royale des Sciences
qui eurent la bonté de donner une approbation
generale à cet Ouvrage , ont bien voulu après le
rap
OCTOBRE 1731. \ 2293
faport de Messieurs Cassini et du Fay, qui avoient
été nommez pour l'examiner , le faire inserer
dans l'histoire de l'Académie de 1727. au nom→
bre des Machines et des inventions qu'ils ont approuvécs.
EXTRAITde l'Histoire de l'Académie
Royale des Sciences , de l'année 17270
page 143.
ور
ם כ
အ
כ כ
ן כ
UN Globe celeste mouvant, de M. Guthier,
Prêtre du Diocèse de Besançon , qui représente
le mouvement diurne & le mouvement
annuel du Soleil , leur difference ou celle
" du temps vrai et du moyen , tous les mouvemens
de la Lune , ses Phases , les Eclipses , le
bɔ passage des Etoiles fixes
par le Méridien , leur
mouvement particulier , &c . tout cela par la
construction interieure du Globe, qui contient
deux mouvemens séparez, dont l'un se fait sur
l'axe de l'Equateur , & l'autre sur celui de l'Ecliptique.
Il contient aussi une Horloge sonante.
Quoiqu'il y ait déja plusieurs Ouvrages dans
ce gout - là , on a trouvé que celui - cy
étoit tres ingénieusement imaginé , que quel-
» ques dispositions nouvelles ; celles par exemple
, qui regardent les Phases de la Lune et ses
Latitudes , le rendoient simple , et donnoient
une idée avantageuse de l'intelligence et de
» l'habileté de l'inventeur.
>>
∞
ל כ
Da
que
Comme Messieurs de l'Académie trouverent
la Machine seroit encore plus simple et plus
parfaite , de n'avoir point de sonnerie , mais d'avoir
une Aiguille de minutes. L'Auteur dans d'autres
semblables Ouvrages qu'il a fait exécuter ,
en a` retranché la sonnerie , qui les auroit rendus
Fiij trop
2394 MERCURE
DE FRANCE
trop composez, y a ajouté l'Aiguille des minutes,
les a fait marcher huit jours sans les remonter ,y
a donné un moyen d'allonger ou accourcir la
Pendule tres facilement , pour en regler les mouvemens
, sans être obligé d'ouvrir le Globe. Un
de ces Ouvrages a paru à l'Assemblée de l'Acadé
mie , le 1 Septembre 1731 et a été envoïé au
Roy de Portugal , et P'Auteur a eu l'honneur de
lire à l'Assemblée du s du même mois , un Memoire
au sujet de ces perfections qu'il a donné à
son Ouvrage, qu'il a fait exécuter par le sieur
Jean - Baptiste Cattin , Horloger de Franche-
Comté , qui y a parfaitement bien réussi .
I
Les Curieux qui voudront avoir de pareilles
Machines , du même Auteur, en trouveront chez
le sieur C. Langlois , Ingénieur du Roy pour les
Instrumens de Mathématique .
Il demeure sur le Quai de l'Horloge du Palais
, à l'Enseigne du Niveau , et c'est lui qui a
P'honneur de travailler pour l'Observatoire,pour
PAcademie Royale des Sciences , et pour les autres
differentes Académies du Royaume.
Fermer
Résumé : DESCRIPTION d'un Globe celeste mouvant, qui represente le mouvement du Soleil, de la Lune et des Etoiles fixes, inventé par M. Outhier, Prêtre du Diocèse de Besançon, et presenté par l'Autheur à l'Academie Royale des Sciences, le 26 Juillet 1727.
Le texte présente un Globe céleste conçu par M. Guthier, prêtre du diocèse de Besançon. Cet instrument illustre les mouvements diurnes et annuels du Soleil, ainsi que ceux de la Lune, y compris ses phases et les éclipses. Il montre également le passage des étoiles fixes par le méridien et leurs mouvements particuliers. Le Globe est doté de deux mouvements séparés : l'un sur l'axe de l'équateur et l'autre sur celui de l'écliptique. Il comprend une horloge sonnante et des dispositifs innovants pour les phases de la Lune et ses latitudes, ce qui le rend simple et ingénieux. L'Académie Royale des Sciences a approuvé cet ouvrage et l'a inclus dans l'histoire de l'Académie de 1727. Les membres de l'Académie ont recommandé de supprimer la sonnerie et d'ajouter une aiguille de minutes pour simplifier et améliorer la machine. M. Guthier a ensuite créé d'autres instruments similaires sans sonnerie, avec une aiguille de minutes, et capables de fonctionner huit jours sans remontage. Un de ces ouvrages a été présenté à l'Assemblée de l'Académie le 1er septembre 1731 et envoyé au roi de Portugal. Les personnes intéressées peuvent acquérir des machines similaires auprès de M. C. Langlois, ingénieur du roi pour les instruments de mathématiques, résidant sur le Quai de l'Horloge du Palais, à l'Enseigne du Niveau. M. Langlois travaille pour l'Observatoire, l'Académie Royale des Sciences et d'autres académies du royaume.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11946
p. 1200-1204
ARRESTS, DECLARATIONS, ORDONNANCES, &c.
Début :
ARREST du 13. Février, qui ordonne que tous Particuliers gens du commun des Villes [...]
Mots clefs :
Arrêts, Déclarations, Ordonnances, Règlements, Syndics, Commissaire, Police
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS, DECLARATIONS, ORDONNANCES, &c.
ARRESTS , DECLARATIONS ,
ORDONNANCES , &c.
ARR
RREST du 13.Février, qui ordonne que
tous Particuliers, gens du commun des Villes
et lieux où les Aydes ont cours, seront sujets aux
Droits de détail comme les Cabaretiers , sur les
Vins et autres Boissons qu'ils consommeront au
de- là de ce qui est nécessaire pour leur provision ,
eû égard à leur état , condition , famille et impositions
à la Taille et Capitation : Et qui attribue
à Messieurs les Intendans la connoissance
des contestations qui pourront naître à ce sujet.
>
ARREST du 13 Mars , portant Reglement
pour la fabrique des Toiles et Etoffes de fil , fil
et coton et tout coton , teints ; par lequel il est
dit ce qui suit : Sur ce qui a été représenté au
Roy , que la fabrique des toiles et étoffes de fil ,
fil et coton , et tout coton , teints , quoique reglée
par Arrêt de son Conseil , du → Aoust 17 1 8.
n'a pû encore être portée à toute la perfection
qu'elle peut naturellement acquerir , parce qu'il
se trouve souvent de la difficulté dans l'exécution
de quelques articles de ce Réglement; et que pour
rendre cette manufacture aussi utile à l'Etat qu'elle
le peut être, il conviendroit de donner une forme
nouvelle audit Réglement, et d'y ajoûter plusieurs
dispositions nécessaires , pour assurer la
bonne qualité des Marchandises y spécifiées , et
en augmenter lé commerce . A quoi S.M. voulant
pourvoir : Elle auroit nommé les sieurs Pomeraye
1
1
1
MAY. 120F
1731 .
raye , Cecile , le Planquais , Desportes , Prié , le
Moyne , Beard et Poret , négocians à Rouen,faisant
commerce desdites toiles et étoffes , pour ,
conjointement avec le sieur Fosse Inspecteur géneral
des Manufactures de toiles , projetter les
Articles qui doivent composer le nouveau Réglement;
ce qui ayant été fait, et les principaux Fabriquans
desdites Marchandises , et les Merciers-
Drapiers ayant été entendus : Vû les observations
des Inspecteurs desdites Manufactures , et celles
que les Syndics de la Chambre du Commerce de
Normandie ont faites sur tout ce qui a été proposé
pour parvenir à faire le Réglement dont il
s'agit , ensemble l'avis du sieur de Gasville , Maî
tre des Requêtes , Intendant et Commissaire départi
pour l'exécution des Ordres de Sa Majesté
dans la Généralité de Rouen , et celui des Députez
du commerce , &c . Ce nouveau Rég.ement
qui contient cinquante articles , a été inseré à la
suite duditArrêt. S M.ordonne aux sieurs Intendans
et Commissaires départis pour l'exécution
de ses Ordres dans les Généralitez de Rouen ,
Caën et Alençon, et dans les autres Provinces du
Royaume , de tenir la main à l'exécution de
l'Arrest , & c.
ORDONNANCE DU ROI , du 2c Mars
Pour fixer le nombre de Congez limitez, qui pourront
être accordez pendant l'Eté , dans chaque
Bataillon et dans chaque Escadron de Cavalerie
ou de Dragons.
ORDONNANCE DE POLICE , du 21 Mars,
Concernant la Jurisdiction de M. le Lieutenant
General de Police , et le droit et possession où il
est de connoître seul de la Marchandise de Foin
pour
1
1202 MERCURE DE FRANCE
pour la provision de Paris, à l'exclusion dés Offciers
du Bureau de l'Hôtel de Ville et de tous autres.
ARREST , du 27 Mars , concernant l'entrée
dans le Royaume par les Bureaux y désignez , et
les visites et marques , tant des Draps et autres
Etoffes de laine , ou fabriquées avec de la laine et
autres matieres, que des Etoffes de soye, ou mêlées
de soye , or et argent, venant des pays étrangers,
et dont le commerce et usage sont permis .
SENTENCE DE POLICE , du 13 Avril , qui'
condamne la Dame Guibert en 3000 1. d'amende,
pour avoir donné à jouer au Jeu de Pharaon
et le sieur de la Marque en 1000 liv. d'amende
pour avoir joué audit Jeu de Pharaon.
ORDONNANCE DU ROY, du 20 Avril,pour
faire faire par les Intendans , ou ceux qui seront
par eux commis , une Revue générale des Troupes
de Milice.
SENTENCE DE POLICE du 27 Avril. Qui
condamne Jean Moynat , Edme Moynat et Louis
le Maire , Marchands de Foin , en cinq cens
livres d'amende chacun , pour avoir discontinué
la fourniture de Foin sur les Ports de cette Ville.
ARREST du 29. Avril , qui authorise les
Sieurs Commissaires du Conseil nommez par les
Arrests des 17. Decembre 1726. et 3. Mars 1728.
à liquider jusqu'au dernier May 173 1. les finan
ces des Offices supprimez : et les Gardes du
Trésor Royal à en faire les Remboursemens jusqu'au
dernier Juin suivant
ARREST du même jour , concernant la
marque des Etoffes d'or , d'argent et de soye ,
ou mêlées d'autres matieres , qui se fabriquent
dans le Royaume,
>
<
MA Y. 1731. 1203
ARREST du 6. May , qui commet le Sicur
Louis- Alexandre de Barillon , pour , au lieu et
place du feu sieur le Cordier, continuer la Recette
generale du droit d'un pour cent , qui se perçoit
sur les marchandises des Isles etColonies Françoises
de l'Amerique, et en rendre comte au Conseil.
ARREST du Conseil d'Etat du Roy , du
10. May , dont voici la teneur. Le Roy étant
informé qu'on a affecté de répandre dans le public
un Mémoire inprimé sans nom d'Auteur ni
d'Imprimeur , sans privilege ni permission , sous
le titre d'Observations sur le Brefdu Pape , qui
établit M le Cardinal de Bissy et M. l'Archevêque
de Rouen , Commissaires Apostoliques
pour legouvernement et la réformation de l'Ordre
de Cluny. M. DCCXXXI, Șa Majesté auroit
jugé à propos de faire examiner ce Memoire en
son Conseil; et par le compte qui luy en a été
rendu , Elle auroit reconnu que cet ouvrage n'est
qu'un tissu de déclamations d'invectives , de traits
satyriques et injurieux , temerairement hazardez
contre des personnes que leur caractere personnel,
leur dignité , et la confiance dont ils ont été
honorez d'abord par Sa Majesté , et ensuite par
nôtre S. Pere le Pape , devoient mettre à couvert
d'une licence si criminelle , et qu'ainsi un tel ou-.
vrage ne pouvant être regardé que comme un
libelle diffamatoire , Sa Majesté ne doit pas differer
de le fletrir comme il le merite , en se reservant
de faire une justice exemplaire des auteurs de
ce libelle , lorsqu'ils seront connus par une procedure
reguliere: à quoy étant necessaire de pour-.
voir , oùy le rapport , et tout considere , $ A
MAJESTE ESTANT EN SON CONSEIL , a ordonné
* ordonne que l'Imprimé , qui a pour titre ,
Obe
1204 MERCURE DE FRANCE
P
Observations sur le Bref du Pape , qui établit
M. le Cardinal de Bissy et M. l'Archevêque de
Rouen , Commissaires Apostoliques pour le gouvernement
et la réformation de l'Ordre de Čluny.
M.DCCXXXI. sera et demeurera supprimé ;
et en consequence ordonne que tous les exemplaires
dudit Memoire , qui ont été repandus dans le
Public , seront incessament rapportez au Greffe
du Sieur Herault Conseiller d'Etat , Lieutenant
General de Police , pour y être lacerez. Fait Sa
Majesté très expresses inhibitions et deffenses à
tous ses Sujets , de quelque état ou condition qu'-
ils soient , d'en vendre , debiter , ou autrement
distribuer , même d'en retenir aucuns , à peine
de punition exemplaire contre ceux qui s'en trouveront
saisis : Ordonne en outre Sa Majesté ,
qu'à la requête du Sicur Moreau son Procureur
au Châtelet de Paris , il sera informé par ledit
Sieur Herault Lieutenant General de Police , contre
tous ceux qui ont composé, imprimé , vendu ,
debité , ou autrement distribué ledit libelle
pour être par luy , avec les Officiers du Châtelet;
Je Procès fait et parfait en dernier ressort aux
coupables , suivant la rigueur des Ordonnances ,
Sa Majesté leur attribuant à cette fin toute cour ,
jurisdiction et connoissance , et icelle interdisant
à toutes ses Cours ou autres Juges, &c .
ORDONNANCES , &c.
ARR
RREST du 13.Février, qui ordonne que
tous Particuliers, gens du commun des Villes
et lieux où les Aydes ont cours, seront sujets aux
Droits de détail comme les Cabaretiers , sur les
Vins et autres Boissons qu'ils consommeront au
de- là de ce qui est nécessaire pour leur provision ,
eû égard à leur état , condition , famille et impositions
à la Taille et Capitation : Et qui attribue
à Messieurs les Intendans la connoissance
des contestations qui pourront naître à ce sujet.
>
ARREST du 13 Mars , portant Reglement
pour la fabrique des Toiles et Etoffes de fil , fil
et coton et tout coton , teints ; par lequel il est
dit ce qui suit : Sur ce qui a été représenté au
Roy , que la fabrique des toiles et étoffes de fil ,
fil et coton , et tout coton , teints , quoique reglée
par Arrêt de son Conseil , du → Aoust 17 1 8.
n'a pû encore être portée à toute la perfection
qu'elle peut naturellement acquerir , parce qu'il
se trouve souvent de la difficulté dans l'exécution
de quelques articles de ce Réglement; et que pour
rendre cette manufacture aussi utile à l'Etat qu'elle
le peut être, il conviendroit de donner une forme
nouvelle audit Réglement, et d'y ajoûter plusieurs
dispositions nécessaires , pour assurer la
bonne qualité des Marchandises y spécifiées , et
en augmenter lé commerce . A quoi S.M. voulant
pourvoir : Elle auroit nommé les sieurs Pomeraye
1
1
1
MAY. 120F
1731 .
raye , Cecile , le Planquais , Desportes , Prié , le
Moyne , Beard et Poret , négocians à Rouen,faisant
commerce desdites toiles et étoffes , pour ,
conjointement avec le sieur Fosse Inspecteur géneral
des Manufactures de toiles , projetter les
Articles qui doivent composer le nouveau Réglement;
ce qui ayant été fait, et les principaux Fabriquans
desdites Marchandises , et les Merciers-
Drapiers ayant été entendus : Vû les observations
des Inspecteurs desdites Manufactures , et celles
que les Syndics de la Chambre du Commerce de
Normandie ont faites sur tout ce qui a été proposé
pour parvenir à faire le Réglement dont il
s'agit , ensemble l'avis du sieur de Gasville , Maî
tre des Requêtes , Intendant et Commissaire départi
pour l'exécution des Ordres de Sa Majesté
dans la Généralité de Rouen , et celui des Députez
du commerce , &c . Ce nouveau Rég.ement
qui contient cinquante articles , a été inseré à la
suite duditArrêt. S M.ordonne aux sieurs Intendans
et Commissaires départis pour l'exécution
de ses Ordres dans les Généralitez de Rouen ,
Caën et Alençon, et dans les autres Provinces du
Royaume , de tenir la main à l'exécution de
l'Arrest , & c.
ORDONNANCE DU ROI , du 2c Mars
Pour fixer le nombre de Congez limitez, qui pourront
être accordez pendant l'Eté , dans chaque
Bataillon et dans chaque Escadron de Cavalerie
ou de Dragons.
ORDONNANCE DE POLICE , du 21 Mars,
Concernant la Jurisdiction de M. le Lieutenant
General de Police , et le droit et possession où il
est de connoître seul de la Marchandise de Foin
pour
1
1202 MERCURE DE FRANCE
pour la provision de Paris, à l'exclusion dés Offciers
du Bureau de l'Hôtel de Ville et de tous autres.
ARREST , du 27 Mars , concernant l'entrée
dans le Royaume par les Bureaux y désignez , et
les visites et marques , tant des Draps et autres
Etoffes de laine , ou fabriquées avec de la laine et
autres matieres, que des Etoffes de soye, ou mêlées
de soye , or et argent, venant des pays étrangers,
et dont le commerce et usage sont permis .
SENTENCE DE POLICE , du 13 Avril , qui'
condamne la Dame Guibert en 3000 1. d'amende,
pour avoir donné à jouer au Jeu de Pharaon
et le sieur de la Marque en 1000 liv. d'amende
pour avoir joué audit Jeu de Pharaon.
ORDONNANCE DU ROY, du 20 Avril,pour
faire faire par les Intendans , ou ceux qui seront
par eux commis , une Revue générale des Troupes
de Milice.
SENTENCE DE POLICE du 27 Avril. Qui
condamne Jean Moynat , Edme Moynat et Louis
le Maire , Marchands de Foin , en cinq cens
livres d'amende chacun , pour avoir discontinué
la fourniture de Foin sur les Ports de cette Ville.
ARREST du 29. Avril , qui authorise les
Sieurs Commissaires du Conseil nommez par les
Arrests des 17. Decembre 1726. et 3. Mars 1728.
à liquider jusqu'au dernier May 173 1. les finan
ces des Offices supprimez : et les Gardes du
Trésor Royal à en faire les Remboursemens jusqu'au
dernier Juin suivant
ARREST du même jour , concernant la
marque des Etoffes d'or , d'argent et de soye ,
ou mêlées d'autres matieres , qui se fabriquent
dans le Royaume,
>
<
MA Y. 1731. 1203
ARREST du 6. May , qui commet le Sicur
Louis- Alexandre de Barillon , pour , au lieu et
place du feu sieur le Cordier, continuer la Recette
generale du droit d'un pour cent , qui se perçoit
sur les marchandises des Isles etColonies Françoises
de l'Amerique, et en rendre comte au Conseil.
ARREST du Conseil d'Etat du Roy , du
10. May , dont voici la teneur. Le Roy étant
informé qu'on a affecté de répandre dans le public
un Mémoire inprimé sans nom d'Auteur ni
d'Imprimeur , sans privilege ni permission , sous
le titre d'Observations sur le Brefdu Pape , qui
établit M le Cardinal de Bissy et M. l'Archevêque
de Rouen , Commissaires Apostoliques
pour legouvernement et la réformation de l'Ordre
de Cluny. M. DCCXXXI, Șa Majesté auroit
jugé à propos de faire examiner ce Memoire en
son Conseil; et par le compte qui luy en a été
rendu , Elle auroit reconnu que cet ouvrage n'est
qu'un tissu de déclamations d'invectives , de traits
satyriques et injurieux , temerairement hazardez
contre des personnes que leur caractere personnel,
leur dignité , et la confiance dont ils ont été
honorez d'abord par Sa Majesté , et ensuite par
nôtre S. Pere le Pape , devoient mettre à couvert
d'une licence si criminelle , et qu'ainsi un tel ou-.
vrage ne pouvant être regardé que comme un
libelle diffamatoire , Sa Majesté ne doit pas differer
de le fletrir comme il le merite , en se reservant
de faire une justice exemplaire des auteurs de
ce libelle , lorsqu'ils seront connus par une procedure
reguliere: à quoy étant necessaire de pour-.
voir , oùy le rapport , et tout considere , $ A
MAJESTE ESTANT EN SON CONSEIL , a ordonné
* ordonne que l'Imprimé , qui a pour titre ,
Obe
1204 MERCURE DE FRANCE
P
Observations sur le Bref du Pape , qui établit
M. le Cardinal de Bissy et M. l'Archevêque de
Rouen , Commissaires Apostoliques pour le gouvernement
et la réformation de l'Ordre de Čluny.
M.DCCXXXI. sera et demeurera supprimé ;
et en consequence ordonne que tous les exemplaires
dudit Memoire , qui ont été repandus dans le
Public , seront incessament rapportez au Greffe
du Sieur Herault Conseiller d'Etat , Lieutenant
General de Police , pour y être lacerez. Fait Sa
Majesté très expresses inhibitions et deffenses à
tous ses Sujets , de quelque état ou condition qu'-
ils soient , d'en vendre , debiter , ou autrement
distribuer , même d'en retenir aucuns , à peine
de punition exemplaire contre ceux qui s'en trouveront
saisis : Ordonne en outre Sa Majesté ,
qu'à la requête du Sicur Moreau son Procureur
au Châtelet de Paris , il sera informé par ledit
Sieur Herault Lieutenant General de Police , contre
tous ceux qui ont composé, imprimé , vendu ,
debité , ou autrement distribué ledit libelle
pour être par luy , avec les Officiers du Châtelet;
Je Procès fait et parfait en dernier ressort aux
coupables , suivant la rigueur des Ordonnances ,
Sa Majesté leur attribuant à cette fin toute cour ,
jurisdiction et connoissance , et icelle interdisant
à toutes ses Cours ou autres Juges, &c .
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Résumé : ARRESTS, DECLARATIONS, ORDONNANCES, &c.
En 1731, plusieurs arrêts et ordonnances royaux ont été promulgués. L'arrêt du 13 février institue des droits de détail sur les vins et autres boissons consommées en dehors des besoins domestiques, confiant aux intendants la résolution des contestations. L'arrêt du 13 mars régule la fabrication des toiles et étoffes en fil, coton et autres matériaux teints, désignant des négociants et inspecteurs pour élaborer un nouveau règlement visant à améliorer la qualité et à stimuler le commerce. Diverses ordonnances concernent la police et l'administration, telles que la fixation du nombre de congés militaires, la juridiction du lieutenant général de police sur la marchandise de foin, et les visites des étoffes importées. Des sentences de police condamnent des individus pour des infractions comme l'organisation de jeux illégaux ou la discontinuité de la fourniture de foin. Un arrêt du 29 avril autorise les commissaires du Conseil à liquider les finances des offices supprimés. Enfin, un arrêt du 10 mai supprime un mémoire diffamatoire contre des commissaires apostoliques et ordonne des poursuites contre ses auteurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11947
p. 135-143
« TRAITÉ sur la maniere de lire les Auteurs avec utilité, tome 2 & 3, in-12. [...] »
Début :
TRAITÉ sur la maniere de lire les Auteurs avec utilité, tome 2 & 3, in-12. [...]
Mots clefs :
Raisonnement, Auteur, Ordre, Exemples, Vérité, Force, Traité, Vérités, Raisonnements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « TRAITÉ sur la maniere de lire les Auteurs avec utilité, tome 2 & 3, in-12. [...] »
TRAITÉ sur la maniere de lire les
Auteurs avec utilité, tome 2 & 3, in-12.
A Paris chez la venve de Ph. N. Luttin &
J. H. Butard, rue Saint Jacques, à la Vé-
zité.
Rien n'importe plus dans la république
des Lettres, que d'avoit des Auteurs en-
cellens & des Lecteurs intelligens. Ceun-
ci profitent des travaux des premiers, &
scavent les apprécier; & ceux-là sont ra-
vis de voir qu'ils n'ont pas travaillé en
vain, & qu'on sçait gouter les vérités
qu'ils ont exposées ou démontrées. Que
doit- on penser d'un livre qui forme des
Lecteurs parfaiis, & qui trade aux Auteurs
même, une route certaine qu'ils peuvent
fuivre sans s'égarer? Le Traité que nous
annonçons est tout à la fois l'Axt de lire &
l'Art de composer.
jitized by Go-
ERCUREDE FRANCE.
ateur pose pour principe que tout
nous lisons est exposition ou raisornue-
L'est de ce principe simple & vrai
que sott la méthode que nous examinons.
Si tout ce que noùs lisons est exposition
ou raisonnement, il faut donc pour sça-
voit lire, connoître parfaitement tout ce
qui concerne les faits & les raisonne-
mens; & pour avoir cette connoillance
parfaite, il faut être en état de concevoir,
de réduire, de développet les faits & les
raisonnemens, ensin il faut pouvoir en jo-
ger. Tel est le plan génétal qui enibrasse
toute la méthode de lire.
Dans le premier volume imprimé en
1747, on traite des trois opérations;
concevoit, réduire & développer; & l'on
dut faire alors l'analyse de tout ce que
l'Auteur a renfermé dans ces trois opéra-
tions, comme les moyens de concevoit,
de réduire & de déveloper, &c. Les trois
ordres, l'ordre général, l'ordre des par-
ties principales, l'ordte des pensées &
l'exercice de toutes les opérations sur les
exemples les plus beaux & les plus inter-
ressans.
Le second volume contient les princi-
pes de juger de ce que nous lisons. Pour
bien juger, il faus la science & la liberté,
Digites veOO
FEVRIER. 1752. 137
c'est- à dire, une connoissance exacte de ce qui
fait l'objet de la decision, & un esprii libre
de toute passion qui pourroit nuire au juge-
ment. Vn bon ouvrage, en général, est ce-
lui ou l'idée générale est distribuée en parties
principales, & ou celles-ci soni exposées par
l'ordre des pensées qui convienneni le micux.
Ce n'est là, comme l'on voit, qu'une no-
tion générale; & il faut faire attention
que Iordre dont on parle, est souvent
caché, ainsi que l'Auteur s'en est expli-
qué dans le premier volume page 425.
lorsqu'il distingue deux especes de destribu-
tions, l'une visible, l'autre cachée.
Cetre idée d'un bon ouvrage ainsi éta-
blie, l'on discerne ce qu'il faut dévelop-
per dans les faits & dans les raisonnemens.
A l'égard des faits, on peut les réduire à
quatre fortes, les expositions Oratoires
Poëtiques, Historiques & Dogmatiques;
l'Auteur reprend chaque espece d'expo-
sition, & il entremèle partout les prin-
cipes & les exemples sur lesquels il fait l'ap-
plication. L'exposition oratoire doit eire
soutenus des circonstances dont l'Orateur peut
tirer ses raisonnemens. Tout ce qui ne fouruit
point à ses preuves soit pour les former, soit
pour les éclaircir, doit être retranche. Que
les jeunes Avocats méditent bien ce pré-
cepte; c'est en le pratiquant qu'ils écmair-
a
138 MERCUREDEFRANCE.
cissent leurs causes, & qu'ils s'attachent
à la briéveté si goutée pat ie Juge, si sou-
vent recommandée pat les loix. L'exposi-
tion Dogmatique est celle cu l'on developpe
la nature des choses, leurs effets, leurs pro-
priétés, leurs qualitès; de la naissem les con-
templations, les reflexions, les questions,
les raisonnemens, les décisions, &c. Ces
quatre sortes d'exposuions sont renfermées
oans la premiere section.
La seconde traite du developpiment du
raisonnemeni & de sa nature. Nous avons
bien des logiques, & elles ont toutes leur
mérite; mais le Lecteur verra par lui mê-
me que jusqu'à présent on ne lui en a point
prése itée qui fût si propre pour la litteratu-
re, si conforme à la nature de l'esprithumain
& si facile, par consequent, à pratiquer.
Le taisonnement est uns vérité tirée d'unt
autre vérité ..... Ilya daus teut raison-
nement une proposition qui demonire & unt
proposition qui est demontrée. Vous etes mon
pere, & je ne vous aimerois pas! C'est
un raisonnement; pourquoiI Parce que de
la premiere praposition, vous êtes mon pere
il s'ensuit que je dois vous auner. C'est comne
si je m'exprimois plus simplement & aves
moius de vivacité, vous êtes mon pere, donc
je dois vous aimer.
L'Auteur passe à ce qu'il faut déve-
itized by Goo
139
FEVRIER. 1752.
lopper dans un raisonnement, & après
être entré dans un détail satisfaisant, il
examine de combien de manieres on déve-
lope un raisonnement. La découverte que
l'Auteur a faite sur cet objet, a du coûter
beaucoup de méditations, & sert infini-
ment dans la composition & la réduction;
cependant quand la vérité, que l'on dé-
couvre, est mise au jour, rien ne paroit
plus aisé. Le raisonnement ne peut se deve-
lopper que de trois manieros. La premiere ma-
niere, est de soutenir la proposition qu'on
a avancée par une seconde proposition, cette
seconde par une troisième, jusqu'à ce que
la derniere soit si évidenie, que l'esprit
n'ait plus rien à desirer ..... La seconde
maniere consiste à poser une vérité ou éviden-
te par elle même, ou deja établis; & d'en
tirer ensuite toutes les verites qui en sorient ne-
cessairement. ... Enfin la troisiemo maniere
de développer un raisonnement, est de
partager une proposition ginérale en proposi-
tions particuliores, parce qu'elles y sont natu-
rellement renfermées. Ces trois manieres
peuvent s'employer alternativement, si
ie sujet à traiter l'éxige: l'Auteur rend
cette menthode sensible par les exemples lea
plus attachans.
Il semble que ces notions fortifiées
d'exemples susfirorent, l'Auteurn en de-
140 MERCUREDEFRANCE.
meure pas là; il discute s'il est toujours né-
cessaire de développer le raisonnement;
il distingue deux manieres de raisonner,
l'une naturelle, l'autre artificielle; il exa-
mine en quelles occasions l'on se sert de
celle ci & de celle-li; il propose des
exemples de toutes deux; il traite séparé-
ment de la force du railonnement, &
comment on juge s'il est bon.
A mesure que la matiere croit, l'Auteur
encourage son Lecteur, & il lui fait voir
dans la troisième section comment on dis-
pose les propositions du raisonnement
pourquoi il faut mettre de la di versité dans
la disposition, quels ornemens convien-
nent au taisonnement. Il semble d'aord
que le raisonnement, se soutienne assez sans
ornemeni, il semble meme que son plus bel
ornement soit de n'en aevoir point. L'ordre
la clarié, la force qui regnent dans tout
raisonnement qui est bon, frappent suffisam-
meut l'esprit; y a t'il que que chose de plus
à désirer? Et quel pourroit donc être l'orne-
ment qui conviendroit au raisonnement? mais
un raisonnnement qui auroit de l'ordre, de la
clarté & de la force, ne peut- il pas n'etre pas as-
sez étendu? Nepeut. il pas n'être pointassez. ani-
me? s'il n'est pas assez. etendu, malgrè l'or-
dre, la clarte & la force, il sera sec; s'il
n'est pas assez anime, il sera froid;, ainsi
141
FEVRIER. 1752.
quii on suppose avec l'ordre, la clartè, la
force, qu'on suppose la juste étendue & le
seu dans le raisonnement; ce sera non seule-
ment un raisonnement bon, mais encore un
raisonnement orne, & voila les deux ornemens
qui conviennen: au raisonnement.... Le détail
dans lequel l'Auteur entre, est ravissant; il
parle de la juste étenduë & du feu avec
une clarté qui présente lesobjets sans peine,
& qui les fait concevoit avec plaisir.
Mais faui-il toujours raisonner avec feu,
avec cette chaleur, qui nait de la situa tion
de l'ame? Pour répondre à cette question, il
faut d'abord distinguer deva sortes de véritès;
les vérites speculatives, & les vérités prati-
ques. En genéral, quand il ne s'agit que de
considerer une véritè sans exiger au delà de
la spéculation, les raisonnemens que l'on
forme pour la faire gouter, soni tranquilles,
& n ont bespin, pour etre approuvés & rè-
çus, que de la clarié & de la force ordinaire à
tout lon raisonnement... Faut-il au contraire
demontrer unevéritè pratique, une véritè quide-
mande qu'on agisse, que l'on exécute, que l'on se
genne, que l'on com batte contre ses propres in-
glinations? Alors le raisonnement ne pout
avoir trop de feu. Quiconque veut persuader,
se penètre lui même de ce qu' il dit; il échauf-
fe ses paroles par la demonstration de ses senti-
mens .... Il faut voir dans le livre même
142 MERCURE DE FRANCE.
les autres distinctions sensées sur les diffe-
rens dégrés de chaleur dans le raisonne-
ment, avec les exemples dont elles sont
accompagnées.
Après avoir examinè tout ce qui regardi
les faits & les raisennemens, il reste à
traiter separémnt de la qualitè des pen-
sées qui entrent dans les unes & dans lu
autres, & de la maniere de s'énencer qu'en
appelle style, c'est ce qui a heve de nom
mettre en état de juger. Ainsi les obser-
vations sur la qualite des pensées & du
style four le sujet de la quatrième & de la
cinquième section, il ne nous est pas possi-
ble, sans passer les bornes, de suivre lAu-
teur dans ces deux objets: le détail est
immense, & la matiere y est approfondie.
Le sixième volume contient l'exercice de
l'opération de juger. L'opération se fait
en grand. C'est un disçours d'éloquence à
examiner, c est, une Tragedie analysée
avant que de porter son jugement, &c.
L'idée que l'Auteur donne de l'éloquen-
ce, est frappante, c'est à la page 5. L'elo-
guence est une dialectique étendue, comme la
dialectique est une éloquence resserée. Cela
tappelle le traits de Zenons qui désignoit
la Réthorique en ouvrant la main, & la
Logique en la fermant. Le livre que
nous annonçons ne sçauroit entre trop tot
Digitinzed bedOOg
FEVRIER. 1752. 143
lu ni trop. souvent. Le Sçavant y trouvera
à prositer; au moins conviendra-t'il que
s'il l'avoit cùm, il auroit fait des progrès
prlus rapides & avec moins de peine. A
d'égard de tous les antres, c'est pour eux
un livre nécessaire: qu'il seroit à souhaiter
que les Professeurs des classes supérieures,
comme la Seconde & laRéthorique, voulus-
sentménager chaque jour, une demie-heure,
pour développer à leurs écoliers les princi-
pes d'un livre si méthodique & si refléchi.
Auteurs avec utilité, tome 2 & 3, in-12.
A Paris chez la venve de Ph. N. Luttin &
J. H. Butard, rue Saint Jacques, à la Vé-
zité.
Rien n'importe plus dans la république
des Lettres, que d'avoit des Auteurs en-
cellens & des Lecteurs intelligens. Ceun-
ci profitent des travaux des premiers, &
scavent les apprécier; & ceux-là sont ra-
vis de voir qu'ils n'ont pas travaillé en
vain, & qu'on sçait gouter les vérités
qu'ils ont exposées ou démontrées. Que
doit- on penser d'un livre qui forme des
Lecteurs parfaiis, & qui trade aux Auteurs
même, une route certaine qu'ils peuvent
fuivre sans s'égarer? Le Traité que nous
annonçons est tout à la fois l'Axt de lire &
l'Art de composer.
jitized by Go-
ERCUREDE FRANCE.
ateur pose pour principe que tout
nous lisons est exposition ou raisornue-
L'est de ce principe simple & vrai
que sott la méthode que nous examinons.
Si tout ce que noùs lisons est exposition
ou raisonnement, il faut donc pour sça-
voit lire, connoître parfaitement tout ce
qui concerne les faits & les raisonne-
mens; & pour avoir cette connoillance
parfaite, il faut être en état de concevoir,
de réduire, de développet les faits & les
raisonnemens, ensin il faut pouvoir en jo-
ger. Tel est le plan génétal qui enibrasse
toute la méthode de lire.
Dans le premier volume imprimé en
1747, on traite des trois opérations;
concevoit, réduire & développer; & l'on
dut faire alors l'analyse de tout ce que
l'Auteur a renfermé dans ces trois opéra-
tions, comme les moyens de concevoit,
de réduire & de déveloper, &c. Les trois
ordres, l'ordre général, l'ordre des par-
ties principales, l'ordte des pensées &
l'exercice de toutes les opérations sur les
exemples les plus beaux & les plus inter-
ressans.
Le second volume contient les princi-
pes de juger de ce que nous lisons. Pour
bien juger, il faus la science & la liberté,
Digites veOO
FEVRIER. 1752. 137
c'est- à dire, une connoissance exacte de ce qui
fait l'objet de la decision, & un esprii libre
de toute passion qui pourroit nuire au juge-
ment. Vn bon ouvrage, en général, est ce-
lui ou l'idée générale est distribuée en parties
principales, & ou celles-ci soni exposées par
l'ordre des pensées qui convienneni le micux.
Ce n'est là, comme l'on voit, qu'une no-
tion générale; & il faut faire attention
que Iordre dont on parle, est souvent
caché, ainsi que l'Auteur s'en est expli-
qué dans le premier volume page 425.
lorsqu'il distingue deux especes de destribu-
tions, l'une visible, l'autre cachée.
Cetre idée d'un bon ouvrage ainsi éta-
blie, l'on discerne ce qu'il faut dévelop-
per dans les faits & dans les raisonnemens.
A l'égard des faits, on peut les réduire à
quatre fortes, les expositions Oratoires
Poëtiques, Historiques & Dogmatiques;
l'Auteur reprend chaque espece d'expo-
sition, & il entremèle partout les prin-
cipes & les exemples sur lesquels il fait l'ap-
plication. L'exposition oratoire doit eire
soutenus des circonstances dont l'Orateur peut
tirer ses raisonnemens. Tout ce qui ne fouruit
point à ses preuves soit pour les former, soit
pour les éclaircir, doit être retranche. Que
les jeunes Avocats méditent bien ce pré-
cepte; c'est en le pratiquant qu'ils écmair-
a
138 MERCUREDEFRANCE.
cissent leurs causes, & qu'ils s'attachent
à la briéveté si goutée pat ie Juge, si sou-
vent recommandée pat les loix. L'exposi-
tion Dogmatique est celle cu l'on developpe
la nature des choses, leurs effets, leurs pro-
priétés, leurs qualitès; de la naissem les con-
templations, les reflexions, les questions,
les raisonnemens, les décisions, &c. Ces
quatre sortes d'exposuions sont renfermées
oans la premiere section.
La seconde traite du developpiment du
raisonnemeni & de sa nature. Nous avons
bien des logiques, & elles ont toutes leur
mérite; mais le Lecteur verra par lui mê-
me que jusqu'à présent on ne lui en a point
prése itée qui fût si propre pour la litteratu-
re, si conforme à la nature de l'esprithumain
& si facile, par consequent, à pratiquer.
Le taisonnement est uns vérité tirée d'unt
autre vérité ..... Ilya daus teut raison-
nement une proposition qui demonire & unt
proposition qui est demontrée. Vous etes mon
pere, & je ne vous aimerois pas! C'est
un raisonnement; pourquoiI Parce que de
la premiere praposition, vous êtes mon pere
il s'ensuit que je dois vous auner. C'est comne
si je m'exprimois plus simplement & aves
moius de vivacité, vous êtes mon pere, donc
je dois vous aimer.
L'Auteur passe à ce qu'il faut déve-
itized by Goo
139
FEVRIER. 1752.
lopper dans un raisonnement, & après
être entré dans un détail satisfaisant, il
examine de combien de manieres on déve-
lope un raisonnement. La découverte que
l'Auteur a faite sur cet objet, a du coûter
beaucoup de méditations, & sert infini-
ment dans la composition & la réduction;
cependant quand la vérité, que l'on dé-
couvre, est mise au jour, rien ne paroit
plus aisé. Le raisonnement ne peut se deve-
lopper que de trois manieros. La premiere ma-
niere, est de soutenir la proposition qu'on
a avancée par une seconde proposition, cette
seconde par une troisième, jusqu'à ce que
la derniere soit si évidenie, que l'esprit
n'ait plus rien à desirer ..... La seconde
maniere consiste à poser une vérité ou éviden-
te par elle même, ou deja établis; & d'en
tirer ensuite toutes les verites qui en sorient ne-
cessairement. ... Enfin la troisiemo maniere
de développer un raisonnement, est de
partager une proposition ginérale en proposi-
tions particuliores, parce qu'elles y sont natu-
rellement renfermées. Ces trois manieres
peuvent s'employer alternativement, si
ie sujet à traiter l'éxige: l'Auteur rend
cette menthode sensible par les exemples lea
plus attachans.
Il semble que ces notions fortifiées
d'exemples susfirorent, l'Auteurn en de-
140 MERCUREDEFRANCE.
meure pas là; il discute s'il est toujours né-
cessaire de développer le raisonnement;
il distingue deux manieres de raisonner,
l'une naturelle, l'autre artificielle; il exa-
mine en quelles occasions l'on se sert de
celle ci & de celle-li; il propose des
exemples de toutes deux; il traite séparé-
ment de la force du railonnement, &
comment on juge s'il est bon.
A mesure que la matiere croit, l'Auteur
encourage son Lecteur, & il lui fait voir
dans la troisième section comment on dis-
pose les propositions du raisonnement
pourquoi il faut mettre de la di versité dans
la disposition, quels ornemens convien-
nent au taisonnement. Il semble d'aord
que le raisonnement, se soutienne assez sans
ornemeni, il semble meme que son plus bel
ornement soit de n'en aevoir point. L'ordre
la clarié, la force qui regnent dans tout
raisonnement qui est bon, frappent suffisam-
meut l'esprit; y a t'il que que chose de plus
à désirer? Et quel pourroit donc être l'orne-
ment qui conviendroit au raisonnement? mais
un raisonnnement qui auroit de l'ordre, de la
clarté & de la force, ne peut- il pas n'etre pas as-
sez étendu? Nepeut. il pas n'être pointassez. ani-
me? s'il n'est pas assez. etendu, malgrè l'or-
dre, la clarte & la force, il sera sec; s'il
n'est pas assez anime, il sera froid;, ainsi
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quii on suppose avec l'ordre, la clartè, la
force, qu'on suppose la juste étendue & le
seu dans le raisonnement; ce sera non seule-
ment un raisonnement bon, mais encore un
raisonnement orne, & voila les deux ornemens
qui conviennen: au raisonnement.... Le détail
dans lequel l'Auteur entre, est ravissant; il
parle de la juste étenduë & du feu avec
une clarté qui présente lesobjets sans peine,
& qui les fait concevoit avec plaisir.
Mais faui-il toujours raisonner avec feu,
avec cette chaleur, qui nait de la situa tion
de l'ame? Pour répondre à cette question, il
faut d'abord distinguer deva sortes de véritès;
les vérites speculatives, & les vérités prati-
ques. En genéral, quand il ne s'agit que de
considerer une véritè sans exiger au delà de
la spéculation, les raisonnemens que l'on
forme pour la faire gouter, soni tranquilles,
& n ont bespin, pour etre approuvés & rè-
çus, que de la clarié & de la force ordinaire à
tout lon raisonnement... Faut-il au contraire
demontrer unevéritè pratique, une véritè quide-
mande qu'on agisse, que l'on exécute, que l'on se
genne, que l'on com batte contre ses propres in-
glinations? Alors le raisonnement ne pout
avoir trop de feu. Quiconque veut persuader,
se penètre lui même de ce qu' il dit; il échauf-
fe ses paroles par la demonstration de ses senti-
mens .... Il faut voir dans le livre même
142 MERCURE DE FRANCE.
les autres distinctions sensées sur les diffe-
rens dégrés de chaleur dans le raisonne-
ment, avec les exemples dont elles sont
accompagnées.
Après avoir examinè tout ce qui regardi
les faits & les raisennemens, il reste à
traiter separémnt de la qualitè des pen-
sées qui entrent dans les unes & dans lu
autres, & de la maniere de s'énencer qu'en
appelle style, c'est ce qui a heve de nom
mettre en état de juger. Ainsi les obser-
vations sur la qualite des pensées & du
style four le sujet de la quatrième & de la
cinquième section, il ne nous est pas possi-
ble, sans passer les bornes, de suivre lAu-
teur dans ces deux objets: le détail est
immense, & la matiere y est approfondie.
Le sixième volume contient l'exercice de
l'opération de juger. L'opération se fait
en grand. C'est un disçours d'éloquence à
examiner, c est, une Tragedie analysée
avant que de porter son jugement, &c.
L'idée que l'Auteur donne de l'éloquen-
ce, est frappante, c'est à la page 5. L'elo-
guence est une dialectique étendue, comme la
dialectique est une éloquence resserée. Cela
tappelle le traits de Zenons qui désignoit
la Réthorique en ouvrant la main, & la
Logique en la fermant. Le livre que
nous annonçons ne sçauroit entre trop tot
Digitinzed bedOOg
FEVRIER. 1752. 143
lu ni trop. souvent. Le Sçavant y trouvera
à prositer; au moins conviendra-t'il que
s'il l'avoit cùm, il auroit fait des progrès
prlus rapides & avec moins de peine. A
d'égard de tous les antres, c'est pour eux
un livre nécessaire: qu'il seroit à souhaiter
que les Professeurs des classes supérieures,
comme la Seconde & laRéthorique, voulus-
sentménager chaque jour, une demie-heure,
pour développer à leurs écoliers les princi-
pes d'un livre si méthodique & si refléchi.
Fermer
11948
p. *150-150
De GENES, le 18 Août 1764.
Début :
On a appris de Corse que Pascal Paoli s'étoit rendu maître [...]
Mots clefs :
Corse, Pascal de Paoli, Poste, Rebelles, Trahison, Troupes, Escarmouche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De GENES, le 18 Août 1764.
De GENES , le 18 Août 1764.
On a appris de Corfe que Pafcal Paoli s'étoit
renda maître du Pofte de Brando , qui lui a
été livré par trahifon , & où il a fait quelques
prifonniers. Comme les Rebelles s'approchent
toujours plus près de la Baftie , le Commiffaire
Général de la République a réfolu de faire évacuer
le Pofte des Capucins , fitué près de ladite Ville ,
pour ne pas expofer les Troupes qui y font à
être enlevées par les Rebelles . Il y a eu près
d'Algaiola , entre nos Troupes & les Rebelles
une efcarmouche dans laquelle ces derniers nous
ont fait dix prifonniers ; ils continuent toujours
de bloquer S. Florent par terre & par mer.
On a appris de Corfe que Pafcal Paoli s'étoit
renda maître du Pofte de Brando , qui lui a
été livré par trahifon , & où il a fait quelques
prifonniers. Comme les Rebelles s'approchent
toujours plus près de la Baftie , le Commiffaire
Général de la République a réfolu de faire évacuer
le Pofte des Capucins , fitué près de ladite Ville ,
pour ne pas expofer les Troupes qui y font à
être enlevées par les Rebelles . Il y a eu près
d'Algaiola , entre nos Troupes & les Rebelles
une efcarmouche dans laquelle ces derniers nous
ont fait dix prifonniers ; ils continuent toujours
de bloquer S. Florent par terre & par mer.
Fermer
Résumé : De GENES, le 18 Août 1764.
Le 18 août 1764, Pascal Paoli prend le poste de Brando par trahison et fait des prisonniers. Les rebelles approchent de la Bastie, menant à l'évacuation du poste des Capucins. Près d'Algaiola, une escarmouche entraîne la capture de dix prisonniers. Les rebelles maintiennent le blocus de Saint-Florent par terre et par mer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
11949
p. 82-83
LOGOGRYPHE.
Début :
Pour me trouver, Lecteur, tu travailles peut-être ; [...]
Mots clefs :
Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
POUR
OUR me trouver , Lecteur,tu travailles peutêtre
;
Mais tu n'es pas le feul qui defire m'avoir :-
Mille & mille , par moi , font nés & s'en vont
naître .
Si tu veux me connoître , exerce ton fçavoir.
Des Rois & des Bergers , je deviens le partage;
Je plais à brune , blonde , aur jeurres comme
aux vieux ;
La Raifon & l'Amour , m'invoquent en tous lieux;
De Tircis , & d'Églé , je forme le ménage ;
Mille aimables Mortels , fans moi , mourroient
de faim ;
Et fans moi , l'Univers verroit bientôt fa fin.
Sur fept pieds établi , fi l'on me décompoſe ,
On rencontre en moi l'air , utile à toute chofe;
Le nom de notre Reines ou pronom poffeffif
Ou meuble de Galère , ou celui d'un Efquif.
M A I. 1760. 83
En cherchant bien encor , tu trouveras , je gage ,
Le contraire de gras , le contraſte de doux ;
Un mot fort ufité , fynonyme d'Epoux.
Ce n'eft pas tout , Lecteur : pour m'avoir , il faut
l'âge .
Peut-être me tiens-tu ? peut- être , tu m'auras ;
Et peut- être , plutôt que tu ne le voudras.
Par M. le Chevalier de M. E. de Mad.
D. F. Chevalier de S. Louis.
POUR
OUR me trouver , Lecteur,tu travailles peutêtre
;
Mais tu n'es pas le feul qui defire m'avoir :-
Mille & mille , par moi , font nés & s'en vont
naître .
Si tu veux me connoître , exerce ton fçavoir.
Des Rois & des Bergers , je deviens le partage;
Je plais à brune , blonde , aur jeurres comme
aux vieux ;
La Raifon & l'Amour , m'invoquent en tous lieux;
De Tircis , & d'Églé , je forme le ménage ;
Mille aimables Mortels , fans moi , mourroient
de faim ;
Et fans moi , l'Univers verroit bientôt fa fin.
Sur fept pieds établi , fi l'on me décompoſe ,
On rencontre en moi l'air , utile à toute chofe;
Le nom de notre Reines ou pronom poffeffif
Ou meuble de Galère , ou celui d'un Efquif.
M A I. 1760. 83
En cherchant bien encor , tu trouveras , je gage ,
Le contraire de gras , le contraſte de doux ;
Un mot fort ufité , fynonyme d'Epoux.
Ce n'eft pas tout , Lecteur : pour m'avoir , il faut
l'âge .
Peut-être me tiens-tu ? peut- être , tu m'auras ;
Et peut- être , plutôt que tu ne le voudras.
Par M. le Chevalier de M. E. de Mad.
D. F. Chevalier de S. Louis.
Fermer
11950
p. 150-151
De COMPIEGNE, le 16 Août 1764.
Début :
Hier, Fête de l'Assomption de la Ste Vierge, Leurs Majestés, [...]
Mots clefs :
Assomption de la Sainte Vierge, Fête, Famille royale, Abbaye royale, Vêpres, Procession, Voeux, Grand prieur, Religieux, Sanctuaires, Officiers, Éducation, Monseigneur le Comte d'Artois, Nominations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De COMPIEGNE, le 16 Août 1764.
De COMPIEGNE , le 16 Août 1764.
HIER , Fête de l'Affomption de la Ste Vierge ,
Leurs Majeftés , accompagnées de Mgr le Dauphin
, de Madame la Dauphine , de Madame
Adélaïde , & de Meldames Victoire , Sophie &
Louife , fe rendirent à l'Eglife de l'Abbaye Royale
de S. Corneille . Leurs Majeftés y affifterent aux
Vêpres & enfuite à la Proceffion qui fe fait
chaque année le même jour dans tout le Royaume
pour l'accompliffement du vou de Louis XIII .
Dom Devis , Grand- Prieur de l'Abbaye , y officia.
Le Chapitre de S. Clément , le Clergé
des deux Paroifles & tout le Clergé Régulier s'y
NOVEMBRE. 1754. 151
trouverent , ainfi que le Bailliage & le Corps de
Ville , qui eurent leur place dans le Choeur ; le
Chapitre de S. Clément & le Clergé des deux
Paroiffes furent placés dans leSanctuaire . Après
la Proceffion qui fe fit dans l'Eglife , Leurs Majeftés
entendirent le Salut ; Elles furent reçues
& reconduites , avec les Cérémonies ordinaires
par le Grand-Prieur de l'Abbaye accompagné de
Les Religieux.
Le Roi, ayant fait choix des Officiers qui doivent
compofer la Maiſon , & être chargés de l'éducation
de Monfeigneur le Comte d'Artois , a nommé
le Duc de la Vauguyon , Gouverneur de la Perfonne
de ce Prince , premier Gentilhomme de fa
Chambre , Grand- Maître de la Garde- Robe , &
Surintendant de fa Maifon ; l'ancien Evêque de
Limoges , Précepteur ; le Chevalier de la Ferrieres
, le Chevalier de Beaujeu , le Marquis de
Sineti & le Marquis de Fougieres , Sous - Gouverneurs
; l'Abbé de Radonvilliers , l'Abbé de Mofrueges
& l'Abbé Gafton , Sous- Précepteurs ; l'Abbé
d'Argentré , Lecteur ; le Comte de Luppé ,
le Marquis de Montefquiou , le Marquis de
Marbeuf , le Comte d'Angivillé , le Comte de
Montaut , le Vicomte de Boifgelin le Baron de
Lieurrai, & le Marquis de Baglion, Gentilshommes
dela Manche.
HIER , Fête de l'Affomption de la Ste Vierge ,
Leurs Majeftés , accompagnées de Mgr le Dauphin
, de Madame la Dauphine , de Madame
Adélaïde , & de Meldames Victoire , Sophie &
Louife , fe rendirent à l'Eglife de l'Abbaye Royale
de S. Corneille . Leurs Majeftés y affifterent aux
Vêpres & enfuite à la Proceffion qui fe fait
chaque année le même jour dans tout le Royaume
pour l'accompliffement du vou de Louis XIII .
Dom Devis , Grand- Prieur de l'Abbaye , y officia.
Le Chapitre de S. Clément , le Clergé
des deux Paroifles & tout le Clergé Régulier s'y
NOVEMBRE. 1754. 151
trouverent , ainfi que le Bailliage & le Corps de
Ville , qui eurent leur place dans le Choeur ; le
Chapitre de S. Clément & le Clergé des deux
Paroiffes furent placés dans leSanctuaire . Après
la Proceffion qui fe fit dans l'Eglife , Leurs Majeftés
entendirent le Salut ; Elles furent reçues
& reconduites , avec les Cérémonies ordinaires
par le Grand-Prieur de l'Abbaye accompagné de
Les Religieux.
Le Roi, ayant fait choix des Officiers qui doivent
compofer la Maiſon , & être chargés de l'éducation
de Monfeigneur le Comte d'Artois , a nommé
le Duc de la Vauguyon , Gouverneur de la Perfonne
de ce Prince , premier Gentilhomme de fa
Chambre , Grand- Maître de la Garde- Robe , &
Surintendant de fa Maifon ; l'ancien Evêque de
Limoges , Précepteur ; le Chevalier de la Ferrieres
, le Chevalier de Beaujeu , le Marquis de
Sineti & le Marquis de Fougieres , Sous - Gouverneurs
; l'Abbé de Radonvilliers , l'Abbé de Mofrueges
& l'Abbé Gafton , Sous- Précepteurs ; l'Abbé
d'Argentré , Lecteur ; le Comte de Luppé ,
le Marquis de Montefquiou , le Marquis de
Marbeuf , le Comte d'Angivillé , le Comte de
Montaut , le Vicomte de Boifgelin le Baron de
Lieurrai, & le Marquis de Baglion, Gentilshommes
dela Manche.
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Résumé : De COMPIEGNE, le 16 Août 1764.
Le 16 août 1764, à Compiègne, les souverains français, accompagnés du Dauphin, de la Dauphine et des princesses Madame Adélaïde, Victoire, Sophie et Louise, se rendirent à l'église de l'Abbaye Royale de Saint-Corneille. Ils assistèrent aux vêpres et à la procession annuelle en accomplissement du vœu de Louis XIII. Dom Devis, Grand-Prieur de l'Abbaye, officia la cérémonie en présence du Chapitre de Saint-Clément, du clergé des deux paroisses, du clergé régulier, ainsi que du bailliage et du corps de ville. Après la procession, les souverains écoutèrent le salut et furent reçus et reconduits par le Grand-Prieur et les religieux. Par ailleurs, le Roi nomma les officiers chargés de l'éducation du Comte d'Artois. Le Duc de la Vauguyon fut désigné Gouverneur, premier Gentilhomme de la Chambre, Grand-Maître de la Garde-Robe et Surintendant de la Maison. L'ancien Évêque de Limoges devint Précepteur, et les Chevaliers de la Ferrières et de Beaujeu, ainsi que les Marquis de Sineti et de Fougieres, Sous-Gouverneurs. Les Abbés de Radonvilliers, de Mofrueges et Gaston furent nommés Sous-Précepteurs, et l'Abbé d'Argentré, Lecteur. Plusieurs gentilshommes, dont le Comte de Luppé, le Marquis de Montefquiou et le Marquis de Marbeuf, furent désignés Gentilshommes de la Manche.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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