Résultats : 21932 texte(s)
Détail
Liste
9551
p. 314-315
Les Avantures d'Aristée et de Telasie, [titre d'après la table]
Début :
LES AVENTURES D'ARISTÉE ET DE TELASIE, Histoire Galante et Héroïque. A [...]
Mots clefs :
Roman poétique, Poème galant, Tragique, Histoire
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texteReconnaissance textuelle : Les Avantures d'Aristée et de Telasie, [titre d'après la table]
LES AVANTURES D'ARISTE'E ET DE
TEFEVRIER.
1731 315
TILASIE , Histoire Galante et Héroïque . A
Paris , chez la veuve Guillaume et Charles
Guillaume , rue du Hurpoix , au Nom de Jesus,
1731. 2. vol . in 12 .
Cet Ouvrage qui est dédié à M. le Marquis
de Nefle , est de M. du Castre d'Auvigni. On
estime l'invention , la disposition , les pensées
, les images , les sentimens et le stile de ce
Roman Poëtique , qu'on pouroit appeller un
Poëme Galant , si on avoit jugé à propos d'y
semer du merveilleux . Le Tragique y domine, sur
tout dans le premier volume , où il y a beaucoup
de sang versé. En general cette Histoire , qui est:
mêlée de beaucoup d'Episodes de differens genres,
est vive , tendre , touchante et bien écrite , il y a
tant de matieres et tant d'évenemens dans ces deux
petits Volumes , que l'Auteur cut pû aisément en
composer six , s'il n'eût préferé l'élegance , l'é
tendue et la précision du stile à l'abondance des
paroles , qui est souvent une source d'ennui , sur
tout dans les fictions. L'Auteur dit dans un
court Avertissement qui est à la tête du Livre
qu'il a mis six mois à le composer , et qu'il a
suivi les conseils de plusieurs personnes habiles ,
témoins de son travail. Il fait sentir aussi l'injustice
qu'on lui fait de ne le croire pas Auteur
des Ouvrages qu'il donne au Public , et qui réüssissent
au- delà de son attente. Ce qu'on estime
le plus dans l'Ouvrage dont il s'agit , est l'Histoire
de Sostrate et d'Hippias , avec les deux
Fontaines des Epreuves , très- ingénieusement
imaginées.
TEFEVRIER.
1731 315
TILASIE , Histoire Galante et Héroïque . A
Paris , chez la veuve Guillaume et Charles
Guillaume , rue du Hurpoix , au Nom de Jesus,
1731. 2. vol . in 12 .
Cet Ouvrage qui est dédié à M. le Marquis
de Nefle , est de M. du Castre d'Auvigni. On
estime l'invention , la disposition , les pensées
, les images , les sentimens et le stile de ce
Roman Poëtique , qu'on pouroit appeller un
Poëme Galant , si on avoit jugé à propos d'y
semer du merveilleux . Le Tragique y domine, sur
tout dans le premier volume , où il y a beaucoup
de sang versé. En general cette Histoire , qui est:
mêlée de beaucoup d'Episodes de differens genres,
est vive , tendre , touchante et bien écrite , il y a
tant de matieres et tant d'évenemens dans ces deux
petits Volumes , que l'Auteur cut pû aisément en
composer six , s'il n'eût préferé l'élegance , l'é
tendue et la précision du stile à l'abondance des
paroles , qui est souvent une source d'ennui , sur
tout dans les fictions. L'Auteur dit dans un
court Avertissement qui est à la tête du Livre
qu'il a mis six mois à le composer , et qu'il a
suivi les conseils de plusieurs personnes habiles ,
témoins de son travail. Il fait sentir aussi l'injustice
qu'on lui fait de ne le croire pas Auteur
des Ouvrages qu'il donne au Public , et qui réüssissent
au- delà de son attente. Ce qu'on estime
le plus dans l'Ouvrage dont il s'agit , est l'Histoire
de Sostrate et d'Hippias , avec les deux
Fontaines des Epreuves , très- ingénieusement
imaginées.
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Résumé : Les Avantures d'Aristée et de Telasie, [titre d'après la table]
Le texte présente 'Les Aventures d'Aristée et de Téfevrier', un roman poétique publié en 1731 à Paris par la veuve Guillaume et Charles Guillaume. L'auteur, M. du Castre d'Auvigni, a dédié l'œuvre au Marquis de Nefle. Le roman, bien que poétique, est dominé par des éléments tragiques, notamment dans le premier volume où la violence est présente. L'histoire est décrite comme vive, tendre et touchante, avec une qualité de style privilégiée sur la quantité de mots. L'auteur a composé l'ouvrage en six mois, suivant les conseils de personnes compétentes. Il exprime son mécontentement face aux doutes sur sa paternité des œuvres publiées. Les épisodes les plus appréciés sont l'histoire de Sostrate et d'Hippias, ainsi que les deux fontaines des épreuves, imaginées de manière ingénieuse.
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9552
p. 75-76
Lettre de Corella du 28. Juin.
Début :
Depuis que la Reine est icy, elle a repris son estat ordinaire [...]
Mots clefs :
Corella
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texteReconnaissance textuelle : Lettre de Corella du 28. Juin.
Lettre de Corella
du 28. Juin.
Depuis que la Reine rft
icy
,
elle a reprissonestat ordinaire
&se porte parfaitement
bien.
MonsieurdeVendosme doit
partir le 8. du prochain de
Sarragossepourl'Armée de
Catalogne. La jonction des
Troupes de Franceavec celles
d'Espagnesefit le 19. mais le
manque de vivres &de munitions
en assez grande quantité
a empesché jusqu'a pre*
sent les Troupes d'avancer
dans un Pays que les Ennemis
ont entierement ruinepour
nous empefeber d'y pouvoir
subsister, sans avoir de trèsgrands
Magasins.
Madame la Duchesse de
Popoli est morte.
Ilest arrivé à PeniJloU
vingt-cinq mille fanegas de
grains.
du 28. Juin.
Depuis que la Reine rft
icy
,
elle a reprissonestat ordinaire
&se porte parfaitement
bien.
MonsieurdeVendosme doit
partir le 8. du prochain de
Sarragossepourl'Armée de
Catalogne. La jonction des
Troupes de Franceavec celles
d'Espagnesefit le 19. mais le
manque de vivres &de munitions
en assez grande quantité
a empesché jusqu'a pre*
sent les Troupes d'avancer
dans un Pays que les Ennemis
ont entierement ruinepour
nous empefeber d'y pouvoir
subsister, sans avoir de trèsgrands
Magasins.
Madame la Duchesse de
Popoli est morte.
Ilest arrivé à PeniJloU
vingt-cinq mille fanegas de
grains.
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Résumé : Lettre de Corella du 28. Juin.
Le 28 juin, la reine réside sur place en bonne santé. Vendôme partira le 8 juillet pour Saragosse rejoindre l'Armée de Catalogne. La jonction des troupes françaises et espagnoles a eu lieu le 19 juin, mais l'avancée est freinée par un manque de vivres et de munitions. Les ennemis ont ravagé le pays. La Duchesse de Popoli est décédée. Vingt-cinq mille fanegas de grains sont arrivés à Penjilo.
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9553
p. 335-337
BOUTS RIMEZ. Par le Chevalier d'Argentac.
Début :
Philis tient peu de son pere Albicrac, [...]
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texteReconnaissance textuelle : BOUTS RIMEZ. Par le Chevalier d'Argentac.
BOUTSRIMEZ.
-
Par le Chevalier
d'Argentac.
Philis tient peu de son:
pere Albicrac,
Il lui laissapourtout meu- -
ble un tric trac,.
Maisson tein fraisqu'-
entretientsa seringue,
Etses beaux yeux font
rouler sa brelingue^
Pourson espritcen'est ni
fric ni frac.
VAmant à pied chez
elle est casse, crac,
Eut-tltejpritduConfeil•
ler Pibrac.
Maiscontre unsot heureux
au tope~& tin.
gue.
philis tient peu.
Elle
Elle ne lit Voiture ni
Balzac,
Elle aime mieux un turbulant
mic mac,
Chez,elle on rit, on boit,
on saute,l'on fringue,
On brisetout, table
,
miroir~&
tringue,
Dans un quartiersans
dérangerson sac.
Philis tientpeu.
-
Par le Chevalier
d'Argentac.
Philis tient peu de son:
pere Albicrac,
Il lui laissapourtout meu- -
ble un tric trac,.
Maisson tein fraisqu'-
entretientsa seringue,
Etses beaux yeux font
rouler sa brelingue^
Pourson espritcen'est ni
fric ni frac.
VAmant à pied chez
elle est casse, crac,
Eut-tltejpritduConfeil•
ler Pibrac.
Maiscontre unsot heureux
au tope~& tin.
gue.
philis tient peu.
Elle
Elle ne lit Voiture ni
Balzac,
Elle aime mieux un turbulant
mic mac,
Chez,elle on rit, on boit,
on saute,l'on fringue,
On brisetout, table
,
miroir~&
tringue,
Dans un quartiersans
dérangerson sac.
Philis tientpeu.
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Résumé : BOUTS RIMEZ. Par le Chevalier d'Argentac.
Philis, fille d'Albicrac, mène une vie désordonnée et agitée. Elle possède une maison fraîche et des beaux yeux. Son amant, esprit du conseiller Pibrac, partage son mode de vie turbulent. Philis ne s'intéresse ni à Voiture ni à Balzac. Elle vit librement, sans souci des conséquences, dans un quartier animé.
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9554
p. 339-341
« Mais de grace, Messieurs, revenons à nos Enigmes. Le mot [...] »
Début :
Mais de grace, Messieurs, revenons à nos Enigmes. Le mot [...]
Mots clefs :
Fève du gâteau, Peau du tambour
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texteReconnaissance textuelle : « Mais de grace, Messieurs, revenons à nos Enigmes. Le mot [...] »
Mais de grace, Messîeurs;
revenons à nos Enigmes.
Le mot de celles du mois
,
passé estou la Feue du (Jajl. au,
& la peau du Tambour. Les
noms de ceux qui les ont devinez,
sont : le Coureur du
Régiment de la Calotte : le
Goupil du Louvre :
la petite
Lo : Mlle Ricard.l'aimable
Claufier la jeune, & son voisin
deChavigny
,
M. de Barjolay
,
la belle~B.in.e d'cs
de S. Landry, labeaiuéciutiledelaruëS
Ce:mintle S s
de Rochermine)
le foM^ire
Quemine, le nlùsyjycùx M î
tre des Compres Je Roikn
„ l'aimable Mxireiredela ruë
neuveS. Honore,Us (, 1i";; ',.
, .)¡ - J .", -' o 1",
deSainte Agnés, l'amy fidele.
de la charmante Tailfert, &
le beau Chevreau de la grandecollation.
En voicy
revenons à nos Enigmes.
Le mot de celles du mois
,
passé estou la Feue du (Jajl. au,
& la peau du Tambour. Les
noms de ceux qui les ont devinez,
sont : le Coureur du
Régiment de la Calotte : le
Goupil du Louvre :
la petite
Lo : Mlle Ricard.l'aimable
Claufier la jeune, & son voisin
deChavigny
,
M. de Barjolay
,
la belle~B.in.e d'cs
de S. Landry, labeaiuéciutiledelaruëS
Ce:mintle S s
de Rochermine)
le foM^ire
Quemine, le nlùsyjycùx M î
tre des Compres Je Roikn
„ l'aimable Mxireiredela ruë
neuveS. Honore,Us (, 1i";; ',.
, .)¡ - J .", -' o 1",
deSainte Agnés, l'amy fidele.
de la charmante Tailfert, &
le beau Chevreau de la grandecollation.
En voicy
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Résumé : « Mais de grace, Messieurs, revenons à nos Enigmes. Le mot [...] »
Lors d'un événement social, plusieurs personnes ont résolu des énigmes intitulées 'la Feue du Jajl' et 'la peau du Tambour'. Parmi elles figurent le Coureur du Régiment de la Calotte, Mlle Ricard, M. de Chavigny, le bailli de la rue Saint-Sauveur, le sieur de Rocherpine, le musicien maître des Comptes du Roi, et le sieur de Sainte-Agnès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9555
p. 2228-2230
Tableaux et Estampes nouvellement gravées, [titre d'après la table]
Début :
Les Curieux vont voir, avec satisfaction, un Tableau nouvellement peint par le Sr J. du Mont [...]
Mots clefs :
Jacques Dumont, Estampes, Tableaux
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texteReconnaissance textuelle : Tableaux et Estampes nouvellement gravées, [titre d'après la table]
On écrit de Lisbonne , de la fin du mois dernier
, que dans la derniere Assemblée publique,
qu'a tenue l'Académi : Royale de l'Histoire , et
laquelle Don François Xavier de Menezez
Comte d'Ericeira , prêsida en qualité de Directeur
, Don Nuno de Siva-Teiles , qui est chargé
d'écrire les Mémoires du Diocèse de Porto
lut la vie d'un Evêque de ce Diocèse , et Don
Martin de Mendoca de Pina , Bibliothecaire du
Roy , lut une Dissertation sur l'ancienneté et
l'usage de certaines Tables de Pierres , taillées en
quadrangulaire , qu'on a trouvées en quelques
endroits du Royaume de Portugal , et dont on
se servoir , selon lui , pour brûler les Victimes
dans les Sacrifices , pendant les premiers siècles.
Les Curieux vont voir , avec satisfaction , un
Tableau nouvellement peint par le Sr J. du Mons
Le Romain , de l'Académie Royale de Peinture et
Sculp
OCTOBR E. 1733. 2229
Sculpture, de 11 pieds de haut sur 8 de large; les Figures
ayant 6 pieds de proportion . Il est placé
dans le Choeur de l'Eglise des Chartreux , en entrant
à droite , et represente la vocation de Simon-
Pierre et d'André son frere , selon l'Evan.
gile de S. Matt. ch. 4. v. 18. Le Peintre a pris le
moment que S. Pierre et S. André se donnent à
Jesus Christ ; et pour suivre l'Evangile plus à la
Lettre , il a fait sur son second Plan une Barque,
dans laquelle on voit S. Jacques et S. Jean , avec
Zébédée leur pere, qui racommodent leurs filets.
Il à ingénieusement enrichi l'ordonnance de ces
six Personnages, qui sont de son sujet , d'un Groupe
, composé de deux hommes , d'une femme et
d'une petite fille , qui rendent sa composition
extrémement agréable , quoique fort simple.
11 paroît depuis peu en Estampe , le Portrait
d'un homme celebre dans sa profession , gravé
par le Sr J. Daullé : Buste en hauteur avec une
main , d'après le Tableau original de feu M. de
Troy ; on lit ces Vers au bas.
EURIPIDE et SOPHOCLE en France ,
Avoient l'un et l'autre un Rival ;
Sans BARON ,dont ici , l'on voit la ressemblance,
Roscius restoit sans égal.
On vend ce Portrait , ruë de Gèvres, chez Limosin.
On vient de mettre au jour deux Estampes ,
nouvellement gravées d'après les Tableaux de
feu Antoine Watteau , dont les sujets et composítions
sont tres -agréables ; L'une a pour titre ;
La Conversation ; Pautre , Récréation Italienne ;
CCS
2230 MERCURE DE FRANCE
ces deux Estampes sont des mieux gravées , par
les Srs Lioter et Aveline ; elles se vendent dans la
rue S , Jacque , chez la veuve Chereau , aux deux
Pilliers d'or , et chez Surugues, Graveur du Roy,
rue des Noyers.
On trouve aussi chez les mêmes , toutes les
Estampes gravées , précédemment d'après les
Tableaux de ce charmant Peintre.
On nous prie d'avertir que les sieurs Gersaint
et Jourdan, Marchands, arrivez depuis peu d'Hol
lande , mettront en vente , au plus offrant , le 16.
Novembre , quantité d'excellens Desseins et d'Es
tampes des plus grands Maîtres , comme de Raphael
, Parmesan , Vieux Palme , Tintoret , Carache
, & c . de Rubens , Vandek , Rimbram, Miris
, Teniers Vauoremans , Berghem , Breugles ,
Ostade , Braur, &c. Poussin , le Brun , Le Sueur,
Vandremeulle , &c. Pour la commodité des Curieux
, on vendra séparément les Morceaux capitaux
, tant en Desseins qu'en Estainpes. On.
distribue des Catalogues chez lesdits Marchands ,
Pont Notre- Dame et Quay de Gévres.
On a imprimé depuis peu à Roterdam , le Catalogue
des Tableaux du fameux Cabinet de feu
M: Corneille Witter , Seigneur de Valkenbourg,
Originaux des plus excellens Peintres Italiens
François , Allenans et Flamands , qu'on ven tra
publiquement au commencement du mois prochain
, à Roterdam , dans la maison du defunt.
Il y en a de Paul Véronèse , Annibal Carrachè ,
Poussin , Rubens , Vandek , Paul Bril , Gérard
Daw , Miris , Rottenhamer , Ph. Wouverman ,
Corn. Polembourg , Nic. Van Berghem , & c.
, que dans la derniere Assemblée publique,
qu'a tenue l'Académi : Royale de l'Histoire , et
laquelle Don François Xavier de Menezez
Comte d'Ericeira , prêsida en qualité de Directeur
, Don Nuno de Siva-Teiles , qui est chargé
d'écrire les Mémoires du Diocèse de Porto
lut la vie d'un Evêque de ce Diocèse , et Don
Martin de Mendoca de Pina , Bibliothecaire du
Roy , lut une Dissertation sur l'ancienneté et
l'usage de certaines Tables de Pierres , taillées en
quadrangulaire , qu'on a trouvées en quelques
endroits du Royaume de Portugal , et dont on
se servoir , selon lui , pour brûler les Victimes
dans les Sacrifices , pendant les premiers siècles.
Les Curieux vont voir , avec satisfaction , un
Tableau nouvellement peint par le Sr J. du Mons
Le Romain , de l'Académie Royale de Peinture et
Sculp
OCTOBR E. 1733. 2229
Sculpture, de 11 pieds de haut sur 8 de large; les Figures
ayant 6 pieds de proportion . Il est placé
dans le Choeur de l'Eglise des Chartreux , en entrant
à droite , et represente la vocation de Simon-
Pierre et d'André son frere , selon l'Evan.
gile de S. Matt. ch. 4. v. 18. Le Peintre a pris le
moment que S. Pierre et S. André se donnent à
Jesus Christ ; et pour suivre l'Evangile plus à la
Lettre , il a fait sur son second Plan une Barque,
dans laquelle on voit S. Jacques et S. Jean , avec
Zébédée leur pere, qui racommodent leurs filets.
Il à ingénieusement enrichi l'ordonnance de ces
six Personnages, qui sont de son sujet , d'un Groupe
, composé de deux hommes , d'une femme et
d'une petite fille , qui rendent sa composition
extrémement agréable , quoique fort simple.
11 paroît depuis peu en Estampe , le Portrait
d'un homme celebre dans sa profession , gravé
par le Sr J. Daullé : Buste en hauteur avec une
main , d'après le Tableau original de feu M. de
Troy ; on lit ces Vers au bas.
EURIPIDE et SOPHOCLE en France ,
Avoient l'un et l'autre un Rival ;
Sans BARON ,dont ici , l'on voit la ressemblance,
Roscius restoit sans égal.
On vend ce Portrait , ruë de Gèvres, chez Limosin.
On vient de mettre au jour deux Estampes ,
nouvellement gravées d'après les Tableaux de
feu Antoine Watteau , dont les sujets et composítions
sont tres -agréables ; L'une a pour titre ;
La Conversation ; Pautre , Récréation Italienne ;
CCS
2230 MERCURE DE FRANCE
ces deux Estampes sont des mieux gravées , par
les Srs Lioter et Aveline ; elles se vendent dans la
rue S , Jacque , chez la veuve Chereau , aux deux
Pilliers d'or , et chez Surugues, Graveur du Roy,
rue des Noyers.
On trouve aussi chez les mêmes , toutes les
Estampes gravées , précédemment d'après les
Tableaux de ce charmant Peintre.
On nous prie d'avertir que les sieurs Gersaint
et Jourdan, Marchands, arrivez depuis peu d'Hol
lande , mettront en vente , au plus offrant , le 16.
Novembre , quantité d'excellens Desseins et d'Es
tampes des plus grands Maîtres , comme de Raphael
, Parmesan , Vieux Palme , Tintoret , Carache
, & c . de Rubens , Vandek , Rimbram, Miris
, Teniers Vauoremans , Berghem , Breugles ,
Ostade , Braur, &c. Poussin , le Brun , Le Sueur,
Vandremeulle , &c. Pour la commodité des Curieux
, on vendra séparément les Morceaux capitaux
, tant en Desseins qu'en Estainpes. On.
distribue des Catalogues chez lesdits Marchands ,
Pont Notre- Dame et Quay de Gévres.
On a imprimé depuis peu à Roterdam , le Catalogue
des Tableaux du fameux Cabinet de feu
M: Corneille Witter , Seigneur de Valkenbourg,
Originaux des plus excellens Peintres Italiens
François , Allenans et Flamands , qu'on ven tra
publiquement au commencement du mois prochain
, à Roterdam , dans la maison du defunt.
Il y en a de Paul Véronèse , Annibal Carrachè ,
Poussin , Rubens , Vandek , Paul Bril , Gérard
Daw , Miris , Rottenhamer , Ph. Wouverman ,
Corn. Polembourg , Nic. Van Berghem , & c.
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Résumé : Tableaux et Estampes nouvellement gravées, [titre d'après la table]
En octobre 1733, plusieurs événements culturels et académiques ont eu lieu à Lisbonne et en France. À Lisbonne, l'Académie Royale de l'Histoire a organisé une assemblée publique présidée par Don François Xavier de Menezez, Comte d'Ericeira. Lors de cette réunion, Don Nuno de Siva-Teiles a présenté la vie d'un évêque du Diocèse de Porto, et Don Martin de Mendoca de Pina a lu une dissertation sur l'ancienneté et l'usage de tables de pierre quadrangulaires trouvées au Portugal, utilisées pour des sacrifices. En France, un tableau représentant la vocation de Simon-Pierre et d'André, peint par le Sr J. du Mons, a été installé dans le chœur de l'Église des Chartreux. Ce tableau, de 11 pieds de haut sur 8 de large, inclut des figures de Saint Jacques, Saint Jean et Zébédée. Par ailleurs, un portrait gravé par le Sr J. Daullé, d'après un tableau de M. de Troy, était disponible à la vente. Deux estampes gravées d'après les tableaux d'Antoine Watteau, intitulées 'La Conversation' et 'Récréation Italienne', étaient également en vente. Les marchands Gersaint et Jourdan ont annoncé une vente aux enchères de dessins et estampes de grands maîtres, tels que Raphaël, Parmesan, Rubens et Poussin, le 16 novembre. Un catalogue des tableaux du cabinet de feu M. Corneille Witter, incluant des œuvres de Paul Véronèse, Annibal Carrache et Rubens, devait être publié et mis en vente à Rotterdam.
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9556
p. 1954-1956
Maximes propres à regler le Silence et le Discours, &c. [titre d'après la table]
Début :
MAXIMES propres à regler le Silence et les discours de toutes sortes de personnes [...]
Mots clefs :
Religion, Silence, Savants, Ignorants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Maximes propres à regler le Silence et le Discours, &c. [titre d'après la table]
MAXIMES propres à regler le Silence et
les discours de toutes sortes de personnes
en matiere de Religion. Par M. l'Abbé
Monet A Grenoble , chez Ribou 1728. in
80. pag. 240.
De quelque condition et de quelque
sexe que soient ceux qui liront ces Instructions
, chacun y pourra choisir la
part concernant son état dans les Articles,
où il y a des Maximes generales et
particulieres qui peuvent convenir à di
verses classes de personnes, dont les carac
teres differens sont tracés au naturel dans
18. Paragraffes. On y trouve aussi les
moyens propres à corriger les défauts des.
entretiens des jeunes gens et des personnes
avancées en âge , des Grands , et du
Peuple ; des Sçavans et des Ignorans.
L'Auteur n'en a point fait l'application
d'une maniere ouverte , ni specifique ,
attendu qu'il ne pouvoit se servir de cette
liberté sans contrevenir en quelque sorte
aux Régles de silence qu'il propose aux
autres dans cet Ecrit.
11
A O UST. 1731. 1955
Il y fait remarquer qu'il est fondé sur
cette maxime de l'Ecclesiaste , reconnoissant
qu'il y a le temps de parler, comme
il a celui de se taire sur les matieres
de Religion , de même que sur tout
autre sujet : mais il paroît étonné de ce
qu'on n'enseigne point l'art de se taire
pendant qu'on s'applique si fortement à
Etude des Langues , et qu'on remplit
les Bibliotheques d'Art de penser , de
Preceptes de bien dire , d'Instructions
pour la Chaire , pour le Barreau , pour
Ï'Art Militaire &c.
S'il s'agit de garder un secret , on ne
peut trop se taire ; le silence est alors
une chose dans laquelle il n'y a point
d'excès à craindre.
La reserve qui est necessaire pour bien
garder le silence dans la conduite de la
vie , n'est pas une moindre vertu que
l'habileté et l'application à bien parler,
et il n'y a pas plus de merite à expliquer
ce que l'on sçait , qu'à bien taire ce que
l'on ignore.
Le silence tient quelquefois lieu de sa
gesse à un sot, et de capacité à un ignorant .
L'Auteur expose ensuite , sans detour
les differentes especes de silence qu'on
remarque : silence prudent , artificieux
complaisant , spirituel , stupide , d'aprobation
1956 MERCURE DE FRANCE
bation , de mépris , moqueur , ironique
&c.
TRAITE' de la Morale des PP. de l'Egli
se , où , en défendant un Article de la
Preface sur Puffendorf, contre l'Apologie
de la Morale des PP. du P. Ceillier ,
Religieux Benedictin , de la Congregation
de S. Vanne et de S. Hydulphe :
on fait diverses Reflexions sur plusieurs
matieres importantes. Par Jean Barbeyrac ;
Professeur en Droit dans l'Université de
Groningue , et Membre de la Societé
Royale des Sciences à Berlin . A Amsterdam,
chez P. de Coup , et Herman Vitwerf.
in 4° . pp. 334. pour le corps de l'Ouvrage
, 42. pour la Preface , et 20. pour
Table des Matieres , 1728.
les discours de toutes sortes de personnes
en matiere de Religion. Par M. l'Abbé
Monet A Grenoble , chez Ribou 1728. in
80. pag. 240.
De quelque condition et de quelque
sexe que soient ceux qui liront ces Instructions
, chacun y pourra choisir la
part concernant son état dans les Articles,
où il y a des Maximes generales et
particulieres qui peuvent convenir à di
verses classes de personnes, dont les carac
teres differens sont tracés au naturel dans
18. Paragraffes. On y trouve aussi les
moyens propres à corriger les défauts des.
entretiens des jeunes gens et des personnes
avancées en âge , des Grands , et du
Peuple ; des Sçavans et des Ignorans.
L'Auteur n'en a point fait l'application
d'une maniere ouverte , ni specifique ,
attendu qu'il ne pouvoit se servir de cette
liberté sans contrevenir en quelque sorte
aux Régles de silence qu'il propose aux
autres dans cet Ecrit.
11
A O UST. 1731. 1955
Il y fait remarquer qu'il est fondé sur
cette maxime de l'Ecclesiaste , reconnoissant
qu'il y a le temps de parler, comme
il a celui de se taire sur les matieres
de Religion , de même que sur tout
autre sujet : mais il paroît étonné de ce
qu'on n'enseigne point l'art de se taire
pendant qu'on s'applique si fortement à
Etude des Langues , et qu'on remplit
les Bibliotheques d'Art de penser , de
Preceptes de bien dire , d'Instructions
pour la Chaire , pour le Barreau , pour
Ï'Art Militaire &c.
S'il s'agit de garder un secret , on ne
peut trop se taire ; le silence est alors
une chose dans laquelle il n'y a point
d'excès à craindre.
La reserve qui est necessaire pour bien
garder le silence dans la conduite de la
vie , n'est pas une moindre vertu que
l'habileté et l'application à bien parler,
et il n'y a pas plus de merite à expliquer
ce que l'on sçait , qu'à bien taire ce que
l'on ignore.
Le silence tient quelquefois lieu de sa
gesse à un sot, et de capacité à un ignorant .
L'Auteur expose ensuite , sans detour
les differentes especes de silence qu'on
remarque : silence prudent , artificieux
complaisant , spirituel , stupide , d'aprobation
1956 MERCURE DE FRANCE
bation , de mépris , moqueur , ironique
&c.
TRAITE' de la Morale des PP. de l'Egli
se , où , en défendant un Article de la
Preface sur Puffendorf, contre l'Apologie
de la Morale des PP. du P. Ceillier ,
Religieux Benedictin , de la Congregation
de S. Vanne et de S. Hydulphe :
on fait diverses Reflexions sur plusieurs
matieres importantes. Par Jean Barbeyrac ;
Professeur en Droit dans l'Université de
Groningue , et Membre de la Societé
Royale des Sciences à Berlin . A Amsterdam,
chez P. de Coup , et Herman Vitwerf.
in 4° . pp. 334. pour le corps de l'Ouvrage
, 42. pour la Preface , et 20. pour
Table des Matieres , 1728.
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Résumé : Maximes propres à regler le Silence et le Discours, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente 'Maximes propres à régler le Silence et les discours de toutes sortes de personnes en matière de Religion', un ouvrage de l'Abbé Monet publié à Grenoble en 1728. Destiné à divers lecteurs, ce livre propose des maximes générales et particulières adaptées à différentes classes de personnes, telles que les jeunes, les personnes âgées, les grands, le peuple, les savants et les ignorants. L'auteur s'appuie sur une maxime de l'Ecclésiaste pour souligner l'importance de savoir quand parler et quand se taire en matière de religion. Il observe que l'art de se taire est peu enseigné, malgré l'importance accordée à l'art de bien parler. Le silence est présenté comme une vertu essentielle pour garder un secret et bien conduire sa vie. L'auteur décrit diverses espèces de silence, telles que le silence prudent, complaisant, spirituel, stupide, d'approbation, de mépris, moqueur, ironique, etc. Le texte mentionne également le 'Traité de la Morale des PP. de l'Église' de Jean Barbeyrac, publié à Amsterdam en 1728, qui contient diverses réflexions sur des matières importantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9557
p. 318-320
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rennes.
Début :
Les Jesuites de la Ville de Rennes furent assez heureux pour annoncer les premiers [...]
Mots clefs :
Église, Réjouissances, Naissance du Dauphin, Jésuites
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rennes.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rennes*
LEs Jésuites de la Ville de Rennes furent
assez heureux pour annoncer les premiers?
au Public la grande nouvelle de la Naissance
«lu. Dauphin- , plusieurs Lettres en avoient dé/ainstruit
les personnes les plus qualifiées , mais'
íé Peuple l'apprit par une décharg-e generale'
& réitérée des Canons conduits fur les bords*
dé la Villaine , qui arrose les: dehors du Col
lège. Le lendemain 8. de Septembre , on y
continua c?s éclatantes démonstrations d'allé
gresse , & le Pere Eo-n , ancien Prédicateur du1
Roi , parla éloquemment dans le Sermon de la
Fête au' noìn de la Compagnie, fur l'heureu*
présent que le Cîel venoit de faire à la France,-
& y joignit les voeux les plus tendres auprès*
du Seigneur pòur la conservation d'un si pré
cieux dépôt- ( ( .
Ces premiers témoignages furent simples.'
le peu de temps qu'on avoit ne permettoit pas
d'en faire davantage; mais ils ne surent que"
fes préludes de la Fête qui fe prépara pour Je
rhardy io. du même mois.- Elle commença fur
fes quatre heures du soir par une salve generafe
d'Artillerie , suivie des Fanfares, des Trom^
jettes 8e' du bruit des Tambours. Ùne multi
tude-
\
FEVRIER. Ï730. ^
I tàde incroyable de Peuple se rendit à l'Eglise
" des Jésuites , en assiégea les avenues , ne
Eouvant y entrer. Cette Eglise est un des plus
eaux morceaux d'Architecture qui soit dan?
le Royaume ; on en doit le dessein au famé u*
F. Martelange, cjui traça celui de l'Eglise du
ï^oviciat desjesuites deParis,& l'execution à la
liberalitédesNobles JSourgeois deRennes.Deux
Tours octogones accompagnent le Frontispice,
& le milieu de ce.superbeYaisseau est couronné
d'une Tourelle en forme de Lanterne, d'un)
travail exquis 5 ce fut là que fe dressa tout
ì'appareil d'une magnifique illumination.
Après que le Te Deummz été chanté avec
l'accompagnement des Flûtes , Hautbois Sc
Tambours , on fit une décharge generale da
Boëtes , on cria plusieus fois , Vive ie Ror ,
Vive ia Reine, Vi.ve Monseigneur is
Dauphin. La nuit cornmençoit lorsqu'on sortk
de l'Eglise; toute sa large façade parut char?
gée des plus brillantes lumières, aussi bien que
son Frontispice. Les Ceintres,le$ Entabletriens
les ouvertures étoient couvertes d'une infinité
de Lampions , difpoíez avec art &: assez mé
nagez pour y 1; ílìer appercevoir des caractè
res hyorogiyphiques à l'fconneur du Roi, de la
Reine & du Dauphin. Le sommet des Tours,
les Balustrades qui y règnent & la Lanterne
étoient chargez de Pots à feu, de Globes lu
mineux & entrelassez d'Ecufíons aux Armes
du Dauphin, qui étoient éclairez par des lu
mières postiches 5 les Trompettes, les Haujbois
& les Tambours fe faifoient entendre du
haut de ces Tours, & répandoient de toutes
parts leurs sons d'allégresses. Les Fusées par
tirent eh abondance , & se mêlant dans les
airs y dissipèrent de temps-en- temps les té
nèbres.
: •
3ìo MERCURE DE FRANCE,
«ebres de la mut. L'oeil n'e'toit pas seulement
frappé du spectacle , l'oreille étoit agréable
ment .flattée par les voix mélodieuses d'une
.troupe chokîé, qui repetoit à differens Choeurs
Aine Chanson fâite à l'occasion de l'heureux
jour.L'Illumination dura quatre jours; la Ville
ue fut pas la feule à en avoir I'agrement , les
lieux circonvoifins placez par la Nature en
differens Amphithéâtres , eurent l'avantage
d'avoir pendant plusieurs nuits ce charmant
point de vûë.
LEs Jésuites de la Ville de Rennes furent
assez heureux pour annoncer les premiers?
au Public la grande nouvelle de la Naissance
«lu. Dauphin- , plusieurs Lettres en avoient dé/ainstruit
les personnes les plus qualifiées , mais'
íé Peuple l'apprit par une décharg-e generale'
& réitérée des Canons conduits fur les bords*
dé la Villaine , qui arrose les: dehors du Col
lège. Le lendemain 8. de Septembre , on y
continua c?s éclatantes démonstrations d'allé
gresse , & le Pere Eo-n , ancien Prédicateur du1
Roi , parla éloquemment dans le Sermon de la
Fête au' noìn de la Compagnie, fur l'heureu*
présent que le Cîel venoit de faire à la France,-
& y joignit les voeux les plus tendres auprès*
du Seigneur pòur la conservation d'un si pré
cieux dépôt- ( ( .
Ces premiers témoignages furent simples.'
le peu de temps qu'on avoit ne permettoit pas
d'en faire davantage; mais ils ne surent que"
fes préludes de la Fête qui fe prépara pour Je
rhardy io. du même mois.- Elle commença fur
fes quatre heures du soir par une salve generafe
d'Artillerie , suivie des Fanfares, des Trom^
jettes 8e' du bruit des Tambours. Ùne multi
tude-
\
FEVRIER. Ï730. ^
I tàde incroyable de Peuple se rendit à l'Eglise
" des Jésuites , en assiégea les avenues , ne
Eouvant y entrer. Cette Eglise est un des plus
eaux morceaux d'Architecture qui soit dan?
le Royaume ; on en doit le dessein au famé u*
F. Martelange, cjui traça celui de l'Eglise du
ï^oviciat desjesuites deParis,& l'execution à la
liberalitédesNobles JSourgeois deRennes.Deux
Tours octogones accompagnent le Frontispice,
& le milieu de ce.superbeYaisseau est couronné
d'une Tourelle en forme de Lanterne, d'un)
travail exquis 5 ce fut là que fe dressa tout
ì'appareil d'une magnifique illumination.
Après que le Te Deummz été chanté avec
l'accompagnement des Flûtes , Hautbois Sc
Tambours , on fit une décharge generale da
Boëtes , on cria plusieus fois , Vive ie Ror ,
Vive ia Reine, Vi.ve Monseigneur is
Dauphin. La nuit cornmençoit lorsqu'on sortk
de l'Eglise; toute sa large façade parut char?
gée des plus brillantes lumières, aussi bien que
son Frontispice. Les Ceintres,le$ Entabletriens
les ouvertures étoient couvertes d'une infinité
de Lampions , difpoíez avec art &: assez mé
nagez pour y 1; ílìer appercevoir des caractè
res hyorogiyphiques à l'fconneur du Roi, de la
Reine & du Dauphin. Le sommet des Tours,
les Balustrades qui y règnent & la Lanterne
étoient chargez de Pots à feu, de Globes lu
mineux & entrelassez d'Ecufíons aux Armes
du Dauphin, qui étoient éclairez par des lu
mières postiches 5 les Trompettes, les Haujbois
& les Tambours fe faifoient entendre du
haut de ces Tours, & répandoient de toutes
parts leurs sons d'allégresses. Les Fusées par
tirent eh abondance , & se mêlant dans les
airs y dissipèrent de temps-en- temps les té
nèbres.
: •
3ìo MERCURE DE FRANCE,
«ebres de la mut. L'oeil n'e'toit pas seulement
frappé du spectacle , l'oreille étoit agréable
ment .flattée par les voix mélodieuses d'une
.troupe chokîé, qui repetoit à differens Choeurs
Aine Chanson fâite à l'occasion de l'heureux
jour.L'Illumination dura quatre jours; la Ville
ue fut pas la feule à en avoir I'agrement , les
lieux circonvoifins placez par la Nature en
differens Amphithéâtres , eurent l'avantage
d'avoir pendant plusieurs nuits ce charmant
point de vûë.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Rennes.
À Rennes, les Jésuites ont annoncé la naissance du Dauphin par des salves de canons sur les bords de la Vilaine. Le 8 septembre, des démonstrations de joie ont continué, avec un sermon élogieux du Père Eon. Une fête plus grandiose a été organisée le 10 septembre. Elle a débuté à 16 heures par une salve d'artillerie et des fanfares. Une grande foule s'est rassemblée à l'église des Jésuites, un chef-d'œuvre architectural financé par les nobles et bourgeois de Rennes. L'église était magnifiquement illuminée avec des lampions et des hiéroglyphes en l'honneur du Roi, de la Reine et du Dauphin. Les tours et la lanterne étaient ornées de pots à feu et de globes lumineux, accompagnés de musique. Des fusées ont été lancées pour disperser les ténèbres. L'illumination a duré quatre jours, offrant un spectacle magnifique à la ville et aux environs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9558
p. 2210-2213
TRADUCTIONS faites dans le College des Enfans, ou Jeunes de Langues de France, par les soins et sous la direction du R. P. -Romain de Paris, jusqu'au mois de Décembre 1731.
Début :
Le Pendattar, ou Instructions et Conseils à un Prince pour bien se gouverner [...]
Mots clefs :
Traductions, Collège des enfants, Jeunes de langues, Ouvrages, Langue turque, Grammaire Turque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRADUCTIONS faites dans le College des Enfans, ou Jeunes de Langues de France, par les soins et sous la direction du R. P. -Romain de Paris, jusqu'au mois de Décembre 1731.
TRADUCTIONS faites dans le College
des Enfans , ou Jeunes de Langues de
France , par les soins et sous la direction
du R. P. Romain de Paris , jusqu'au mois
de Décembre 1731.
L
E Pendattar , ou Instructions et Conseils à un Prince pour se bien gou
verner dans l'administration de ses Etats,
avec des Remarques et des Notes curieuses pour une plus facile intelligence de
cette Traduction , faite par le sieur Șiel1
ve ,
OCTOBRE. 1732. 2211
ve , à présent Interprete du Roi à Alep.
Instruction d'un Pere à ses enfans , traduite par le sieur de Latine , Interprete
au Caire.
Histoire du dernier Siége de Vienne ,
par Kara Mustafa , Gr. Vizir , traduit par
le même.
Avanture extraordinaire , arrivée à Scutary , à un certain Yaya Tcheleby, Corroyeur de Constantinople , traduite
te sieur Legrand.
par
Histoire du Siége de Canize en Hongrie,
par les Allemands , traduite par le sieur
de Fiennes , Pensionnaire au College des
Jeunes de Langues , et fils de M. de Fiennes , Interprete du Roi à la Cour.
Histoire d'Achraseb , Roi de Scythie ',
traduite par M. Imbault.
Conte Turc, intitulé Temim Davi , traduit par le sieur Galland.
Conquêtes des Turcs dans la Mer blanche , depuis l'établissement de leur Monarchie jusqu'à Khaireddin Pacha
Barberousse , Ouvrage traduit
*Roques.
ou
par le sieur
le
Histoire extraordinaire de Selim de
Vasite , Ville de Chaldée , traduite par
sieur Berault.
Histoire des dernieres Révolutions de
Perse , imprimées en Turc à Constantinople,
211 MERCURE DE FRANCE
ple , traduite par le sieur Choquet.
Tous ces Ouvrages sont écrits en Langue Turque , et les Traducteurs sont actuellement , ou ont été du College des
Enfans François , ou Jeunes de Langues,
établi à Constantinople aux dépens et
sous la protection du Roi.
*
L'occasion et la confirmité du sujet nous
engageroient de dire ici quelque chose
de la Grammaire Turque , &c. imprimée à
Constantinople , vol. in 4. 1730. de 194.
pages , dont nous avons reçû presqu'en
même- tems un Exemplaire ; si Mrs les
Auteurs du Journal des Sçavans n'avoient déja rendu de cet Ouvrage un
compte très- éxact dans le mois de Mai
dernier , l'article est curieux , et mérite
d'être lû. Nous nous contenterons de
nommer l'Auteur principal de cette Grammaire ; sçavoir , le R. P. Olderman , Jésuite Allemand, lequel a eu pour Adjoint
Ibrahim Effendi, Hongrois , Directeur de
la nouvelle Imprimerie. Nous nous sommes apperçus dans la sixième partie de
cette Grammaire , contenant un Recueil
des Noms et des Verbes , &c. de la sterilité de la Langue Turque , et des emprunts qu'elle a faits dans les Langues des
Peuples voisins ; mais cette sterilité a
quelquefois donné lieu à des expressions
heu
OCTOBRE. 1732. 221
heureuses , et qui supposent , contre la
croyance ordinaire , que les Turcs n'ignorent pas l'Histoire fabuleuse des Grecs
et des Romains : faute , par exemple , de
terme pour exprimer le Laurier, ils l'ap
pellent Daphne Aghadgi , &c,
des Enfans , ou Jeunes de Langues de
France , par les soins et sous la direction
du R. P. Romain de Paris , jusqu'au mois
de Décembre 1731.
L
E Pendattar , ou Instructions et Conseils à un Prince pour se bien gou
verner dans l'administration de ses Etats,
avec des Remarques et des Notes curieuses pour une plus facile intelligence de
cette Traduction , faite par le sieur Șiel1
ve ,
OCTOBRE. 1732. 2211
ve , à présent Interprete du Roi à Alep.
Instruction d'un Pere à ses enfans , traduite par le sieur de Latine , Interprete
au Caire.
Histoire du dernier Siége de Vienne ,
par Kara Mustafa , Gr. Vizir , traduit par
le même.
Avanture extraordinaire , arrivée à Scutary , à un certain Yaya Tcheleby, Corroyeur de Constantinople , traduite
te sieur Legrand.
par
Histoire du Siége de Canize en Hongrie,
par les Allemands , traduite par le sieur
de Fiennes , Pensionnaire au College des
Jeunes de Langues , et fils de M. de Fiennes , Interprete du Roi à la Cour.
Histoire d'Achraseb , Roi de Scythie ',
traduite par M. Imbault.
Conte Turc, intitulé Temim Davi , traduit par le sieur Galland.
Conquêtes des Turcs dans la Mer blanche , depuis l'établissement de leur Monarchie jusqu'à Khaireddin Pacha
Barberousse , Ouvrage traduit
*Roques.
ou
par le sieur
le
Histoire extraordinaire de Selim de
Vasite , Ville de Chaldée , traduite par
sieur Berault.
Histoire des dernieres Révolutions de
Perse , imprimées en Turc à Constantinople,
211 MERCURE DE FRANCE
ple , traduite par le sieur Choquet.
Tous ces Ouvrages sont écrits en Langue Turque , et les Traducteurs sont actuellement , ou ont été du College des
Enfans François , ou Jeunes de Langues,
établi à Constantinople aux dépens et
sous la protection du Roi.
*
L'occasion et la confirmité du sujet nous
engageroient de dire ici quelque chose
de la Grammaire Turque , &c. imprimée à
Constantinople , vol. in 4. 1730. de 194.
pages , dont nous avons reçû presqu'en
même- tems un Exemplaire ; si Mrs les
Auteurs du Journal des Sçavans n'avoient déja rendu de cet Ouvrage un
compte très- éxact dans le mois de Mai
dernier , l'article est curieux , et mérite
d'être lû. Nous nous contenterons de
nommer l'Auteur principal de cette Grammaire ; sçavoir , le R. P. Olderman , Jésuite Allemand, lequel a eu pour Adjoint
Ibrahim Effendi, Hongrois , Directeur de
la nouvelle Imprimerie. Nous nous sommes apperçus dans la sixième partie de
cette Grammaire , contenant un Recueil
des Noms et des Verbes , &c. de la sterilité de la Langue Turque , et des emprunts qu'elle a faits dans les Langues des
Peuples voisins ; mais cette sterilité a
quelquefois donné lieu à des expressions
heu
OCTOBRE. 1732. 221
heureuses , et qui supposent , contre la
croyance ordinaire , que les Turcs n'ignorent pas l'Histoire fabuleuse des Grecs
et des Romains : faute , par exemple , de
terme pour exprimer le Laurier, ils l'ap
pellent Daphne Aghadgi , &c,
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Résumé : TRADUCTIONS faites dans le College des Enfans, ou Jeunes de Langues de France, par les soins et sous la direction du R. P. -Romain de Paris, jusqu'au mois de Décembre 1731.
Le Collège des Enfants ou Jeunes de Langues de France, dirigé par le Père Romain de Paris, a réalisé plusieurs traductions d'ouvrages en langue turque jusqu'en décembre 1731. Parmi ces traductions figurent 'Le Pendattar', 'Instruction d'un Père à ses enfants', 'Histoire du dernier Siège de Vienne', ainsi que divers récits historiques et contes. Les traducteurs étaient des interprètes du Roi ou des pensionnaires du Collège, établis à Constantinople sous la protection du Roi. Le texte mentionne également une Grammaire Turque imprimée à Constantinople en 1730, dont l'auteur principal est le Père Olderman, jésuite allemand, assisté par Ibrahim Effendi, Hongrois. Cette grammaire a été commentée dans le Journal des Sçavans. Le texte note la stérilité de la langue turque et ses emprunts aux langues voisines, tout en soulignant certaines expressions qui montrent une connaissance des histoires fabuleuses grecques et romaines.
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9559
p. 744-747
RÉPONSE de M. le Gendre de Saint Aubin, à l'objection concernant le Flux et Reflux de la Mer, insérée dans le Mercure de Mars dernier.
Début :
Le Systême Cartésien sur le Flux et Reflux de la Mer, victorieux si souvent des objections, [...]
Mots clefs :
Flux et reflux, Lune, Équateur, Mer, Pression, Terre, Eaux , Globe, Soleil, Hypothèse, Système cartésien, Copernic
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de M. le Gendre de Saint Aubin, à l'objection concernant le Flux et Reflux de la Mer, insérée dans le Mercure de Mars dernier.
REPONSE de M. le Gendre de Saint
Aubin , à l'objection concernant le
Flux et Reflux de la Mer , insérée dans
le Mercure de Mars dernier.
par un
E Systême Cartésien sur le Flux et Reflux
I de la Mer,victorieux si souvent des objec
tions , a été attaqué dans le Mercure ,
raisonnement très solide en soi , mais qui ne
donne aucune atteinte à la véritable explication
de ce Phénomene. Le parfait accord des variations
du Flux et du Reflux avec le cours de la
Lune , se remarque également aux trois mouve
mens de la Mer , diurne , menstruel et annuel.
L'Auteur de la nouvelle objection convient de la
justesse des deux prémiers rapports , en ce que le
Flux retarde tous les jours d'environ 48. minutes,
comme le passage de la Lune par le même Méridien
, et en ce que la pression des eaux de la Mer
par le Globe Lunaire étant plus forte lorsque la
Lune est dans une ligne droite avec le Soleil dans
les conjonctions , et oppositions , les Marées sont
alors plus hautes ; mais la difficulté tombe sur le
moll
AVRIL 1734 745
mouvement annuel de la Mer , suivant lequel on
observe que ses eaux sont beaucoup plus gonflées
dans les conjonctions et oppositions des équinoxes
, que dans celles des Solstices. L'Auteur de
l'objection , après avoir remarqué que la Lune
étant dans un tropique , elle n'en décrit pas moins
un grand cercle de la Sphere , qui a pour centre
celui du Globe Terrestre puisqu'il faut que
la Lune presse en 24. heures les eaux qui sont
sous les deux Tropiques opposez , pour que
le Flux ne retarde pas plus sur nos Côtes , lorsque
la Lune est dans le Solstice le plus éloigné , que
quand elle est dans le Solstice le plus proche ; et
que tous les grands cercles d'une Sphere sont égaux
entre eux ; il en conclut que le Systême est insuffisant
pour expliquer le mouvement annuel
de la Mer.
La solution n'est pas fort difficile. Premierement
l'égalité de tous les grands cercles d'une
Sphere n'est d'aucune consideration dans l'espece
dont il s'agit , l'augmentation du Flux dans
les équinoxes , étant causée par une pression plus
perpendiculaire , au lieu que dans les Solstices la
pression est fort indirecte et ne fait que glisser
sur les eaux.
1. Secondement les Astronômes regardent la Ter
re , non comme un Globe exactement rond , où
tous les cercles sont égaux . mais comme un ellipsoïde
allongé vers les poles , ou comme un
Spheroïde rehaussé sur l'Equateur .
Suivant la premiere opinion , le Soleil et la
Lune se réncontrant en même-temps dans une
ligne presque directe sur l'Equateur , et étant per
pendiculaires au plan des deux axes de l'éllipse ,
la pression de la Lune porte bien plus à plomb
sur les eaux de la Mer , que quand le rayon de la
Fiij Lune
746 MERCURE DE FRANCE
Lune fait un angle fort aigu avec ce même plan.
Suivant la seconde opinion que la Terre est
un Sphéroïde rehaussé sur l'Equateur , il est clair
que ce cercle surpassant de beaucoup tous les autres
par sa convexité , presse davantage la matiere
étherée dans les équinoxes , parce qu'il est
opposé plus directement au Soleil et à la Lune.
On remarque encore de la difference entre les
Marées des deux Solstices ; et celles du Solstice
d'hyver étant un peu plus fortes , nous font connoître
que le périhelie de la Terre a aussi quelque
part à une plus grande pression des eaux de laMer;
ce qui revient à l'ancien sentiment de Pline , que le
Soleil est en partie cause du Flux et du Reflux .
Je vais me servir de l'occasion de cette Dissertation
Astronomique pour proposer une hypothese
du mouvement de la Terre , differente de
celle de Copernic . Elle consiste à mettre les pôles
de l'Equateur dans une situation droite à la place
de ceux de l'écliptique , ensorte que le cercle variable
du jour comprenue alternativement cha
que pole dans l'hémisphere éclairé ; au lieu que
dans l'hypothèse de Copernic , le cercle du jour
étant immobile , les poles de l'Equateur passent
alternativement dans l'hémisphere qui voit le Soleil.
La révolution diurne de la Terre décrit un
parallele , de même que le Soleil dans le Systême
de Tycho , et on n'a pas besoin d'un mouvement
de plus du Globe Terrestre d'Orient en Occident
, introduit par Copernic ( Révolut. lib. 1 .
e. 11. ) pour expliquer le parallelisme de l'axe
de la Terre , par l'exemple de l'Aiguille d'une
Boussole qui ne tourne point dans le temps que
sa boëte tourne. La seule inclinaison de l'écliptique
sur l'Equateur suffit pour causer ladiversité
des saisons et l'inégalité des jours .
La Terre garde son parallelisme, par un axe toû
jour
AVRIL. 1734. 747
jours droit, en parcourant la route oblique du Zodiaque
sans s'écarter ; l'Equateur du Globe Terrestre
s'éleve et s'abaisse par rapport à un cercle
fixe dans le Ciel, de tout l'espace compris entre cet
Equateur et un des Tropiques ; et chaque pole de
l'Equateur coupe alternativement l'axe du Zodiaque
, pendant les solstices.
La Lune , suivant cette hypothese , étant dans
un Solstice , les deux tropiques ne passent
pas , à la verité , en 24. heures au--ddessous de la
Lune , comme on les y fait passer dans l'hypothese
de Copernic , pour rendre raison de ce que
le Flux arrive toujours à la même heure vers nos
Côtes , mais il y est suppléé par le contrecoup
de la pression de la Lune qui étant assez forte
pour contraindre le Globe de la Terre de reculer
de quelque espace ( ce qu'il faut absolument admettre,
indépendainment de cette hypothese ,
pour expliquer comment il arrive un flux et un
reflux de douze en douze heures ) cette pression
de la Lune agit en même-temps sur les deux
paralleles opposez. J'attends sur cette nouvelle
hypothese , plus simple que celle de Copernic ,
la décision des grands Astronomes .
Aubin , à l'objection concernant le
Flux et Reflux de la Mer , insérée dans
le Mercure de Mars dernier.
par un
E Systême Cartésien sur le Flux et Reflux
I de la Mer,victorieux si souvent des objec
tions , a été attaqué dans le Mercure ,
raisonnement très solide en soi , mais qui ne
donne aucune atteinte à la véritable explication
de ce Phénomene. Le parfait accord des variations
du Flux et du Reflux avec le cours de la
Lune , se remarque également aux trois mouve
mens de la Mer , diurne , menstruel et annuel.
L'Auteur de la nouvelle objection convient de la
justesse des deux prémiers rapports , en ce que le
Flux retarde tous les jours d'environ 48. minutes,
comme le passage de la Lune par le même Méridien
, et en ce que la pression des eaux de la Mer
par le Globe Lunaire étant plus forte lorsque la
Lune est dans une ligne droite avec le Soleil dans
les conjonctions , et oppositions , les Marées sont
alors plus hautes ; mais la difficulté tombe sur le
moll
AVRIL 1734 745
mouvement annuel de la Mer , suivant lequel on
observe que ses eaux sont beaucoup plus gonflées
dans les conjonctions et oppositions des équinoxes
, que dans celles des Solstices. L'Auteur de
l'objection , après avoir remarqué que la Lune
étant dans un tropique , elle n'en décrit pas moins
un grand cercle de la Sphere , qui a pour centre
celui du Globe Terrestre puisqu'il faut que
la Lune presse en 24. heures les eaux qui sont
sous les deux Tropiques opposez , pour que
le Flux ne retarde pas plus sur nos Côtes , lorsque
la Lune est dans le Solstice le plus éloigné , que
quand elle est dans le Solstice le plus proche ; et
que tous les grands cercles d'une Sphere sont égaux
entre eux ; il en conclut que le Systême est insuffisant
pour expliquer le mouvement annuel
de la Mer.
La solution n'est pas fort difficile. Premierement
l'égalité de tous les grands cercles d'une
Sphere n'est d'aucune consideration dans l'espece
dont il s'agit , l'augmentation du Flux dans
les équinoxes , étant causée par une pression plus
perpendiculaire , au lieu que dans les Solstices la
pression est fort indirecte et ne fait que glisser
sur les eaux.
1. Secondement les Astronômes regardent la Ter
re , non comme un Globe exactement rond , où
tous les cercles sont égaux . mais comme un ellipsoïde
allongé vers les poles , ou comme un
Spheroïde rehaussé sur l'Equateur .
Suivant la premiere opinion , le Soleil et la
Lune se réncontrant en même-temps dans une
ligne presque directe sur l'Equateur , et étant per
pendiculaires au plan des deux axes de l'éllipse ,
la pression de la Lune porte bien plus à plomb
sur les eaux de la Mer , que quand le rayon de la
Fiij Lune
746 MERCURE DE FRANCE
Lune fait un angle fort aigu avec ce même plan.
Suivant la seconde opinion que la Terre est
un Sphéroïde rehaussé sur l'Equateur , il est clair
que ce cercle surpassant de beaucoup tous les autres
par sa convexité , presse davantage la matiere
étherée dans les équinoxes , parce qu'il est
opposé plus directement au Soleil et à la Lune.
On remarque encore de la difference entre les
Marées des deux Solstices ; et celles du Solstice
d'hyver étant un peu plus fortes , nous font connoître
que le périhelie de la Terre a aussi quelque
part à une plus grande pression des eaux de laMer;
ce qui revient à l'ancien sentiment de Pline , que le
Soleil est en partie cause du Flux et du Reflux .
Je vais me servir de l'occasion de cette Dissertation
Astronomique pour proposer une hypothese
du mouvement de la Terre , differente de
celle de Copernic . Elle consiste à mettre les pôles
de l'Equateur dans une situation droite à la place
de ceux de l'écliptique , ensorte que le cercle variable
du jour comprenue alternativement cha
que pole dans l'hémisphere éclairé ; au lieu que
dans l'hypothèse de Copernic , le cercle du jour
étant immobile , les poles de l'Equateur passent
alternativement dans l'hémisphere qui voit le Soleil.
La révolution diurne de la Terre décrit un
parallele , de même que le Soleil dans le Systême
de Tycho , et on n'a pas besoin d'un mouvement
de plus du Globe Terrestre d'Orient en Occident
, introduit par Copernic ( Révolut. lib. 1 .
e. 11. ) pour expliquer le parallelisme de l'axe
de la Terre , par l'exemple de l'Aiguille d'une
Boussole qui ne tourne point dans le temps que
sa boëte tourne. La seule inclinaison de l'écliptique
sur l'Equateur suffit pour causer ladiversité
des saisons et l'inégalité des jours .
La Terre garde son parallelisme, par un axe toû
jour
AVRIL. 1734. 747
jours droit, en parcourant la route oblique du Zodiaque
sans s'écarter ; l'Equateur du Globe Terrestre
s'éleve et s'abaisse par rapport à un cercle
fixe dans le Ciel, de tout l'espace compris entre cet
Equateur et un des Tropiques ; et chaque pole de
l'Equateur coupe alternativement l'axe du Zodiaque
, pendant les solstices.
La Lune , suivant cette hypothese , étant dans
un Solstice , les deux tropiques ne passent
pas , à la verité , en 24. heures au--ddessous de la
Lune , comme on les y fait passer dans l'hypothese
de Copernic , pour rendre raison de ce que
le Flux arrive toujours à la même heure vers nos
Côtes , mais il y est suppléé par le contrecoup
de la pression de la Lune qui étant assez forte
pour contraindre le Globe de la Terre de reculer
de quelque espace ( ce qu'il faut absolument admettre,
indépendainment de cette hypothese ,
pour expliquer comment il arrive un flux et un
reflux de douze en douze heures ) cette pression
de la Lune agit en même-temps sur les deux
paralleles opposez. J'attends sur cette nouvelle
hypothese , plus simple que celle de Copernic ,
la décision des grands Astronomes .
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Résumé : RÉPONSE de M. le Gendre de Saint Aubin, à l'objection concernant le Flux et Reflux de la Mer, insérée dans le Mercure de Mars dernier.
Le texte présente une réponse de M. le Gendre de Saint-Aubin à une objection concernant le flux et le reflux de la mer, publiée dans le Mercure de Mars précédent. L'auteur défend le système cartésien, qui explique les variations du flux et du reflux en accord avec le cours de la Lune. Les mouvements diurne, mensuel et annuel de la mer sont mentionnés, avec un accent sur la difficulté d'expliquer le mouvement annuel. L'objection soulève le fait que la Lune, même lorsqu'elle est dans un tropique, décrit un grand cercle de la sphère terrestre, ce qui devrait affecter le flux de manière uniforme. L'auteur explique que l'augmentation du flux aux équinoxes est due à une pression plus perpendiculaire, contrairement aux solstices où la pression est plus indirecte. Deux hypothèses sont proposées pour expliquer cette différence : la Terre pourrait être un ellipsoïde allongé vers les pôles ou un sphéroïde rehaussé sur l'équateur. Dans les deux cas, la pression lunaire est plus efficace aux équinoxes. Le texte mentionne également une différence entre les marées des deux solstices, celles d'hiver étant plus fortes en raison du périhélie de la Terre. Enfin, l'auteur propose une nouvelle hypothèse sur le mouvement de la Terre, différente de celle de Copernic. Cette hypothèse suggère que les pôles de l'équateur sont droits par rapport à ceux de l'écliptique, et que la Terre garde son parallelisme en parcourant la route oblique du Zodiaque. La Lune, suivant cette hypothèse, exerce une pression suffisante pour contraindre la Terre à reculer, expliquant ainsi le flux et le reflux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9560
p. 2232-2237
Réponse du Soufleur de la Comedie de Roüen, à la Lettre, &c. [titre d'après la table]
Début :
RÉPONSE du Soufleur de la Comédie de Roüen, à la Lettre du Garçon de [...]
Mots clefs :
Souffleur, Théâtre, Amour, Acteur, Voix, Comédie de Rouen
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse du Soufleur de la Comedie de Roüen, à la Lettre, &c. [titre d'après la table]
REPONSE du Soufleur de la Comédie
de Rouen , à la Lettre du Garçon de
Caffe. A Paris , Quai de Conti , chez Tabarie
, 16 30. broch . in 12. de 71 pages.
L'Auteur s'applique d'abord à détourner
fon ami Claude , de l'envie qu'il a de
devenir homme de Lettres. Qu'est- ce
qu'un fçavant qui ne connoît que fes
Livres & fon Cabinet ? lui dit- il , le mérite
feul ne fuffit pas ; il faut fçavoir prévenir
& fupplanter un Rival , fe faire
adroitement une foule de partifans qui
Vous
OCTOBRE. 1730. 22 3 3
vous entoure , vous flate & rabaiffe les
autres. Il faut avoir l'art de s'infinuer , de
fe faire valoir , de pallier fon ignorance,
& de fe faire même un mérite de ce qu'on
ne fçait pas.
En parlant des talens des Comédiens ,
dans la feconde Lettre , page 14. on applaudit
& on blâme tous les jours par fimples
préjugez , dit l'Auteur , la bonne
mine , un fon de voix , un air gracieux
quelques difpofitions qui femblent promettre
, préviennent fouvent & captivent
les fuffrages ; celui -la eft rejetté par le même
caprice qui fait grace à l'autre , &c.
On blâme enfuite les acteurs qui font
outrez dans leur déclamation , qui expriment
la douleur comme le défelpoir , au
lieu de peindre la trifteffe & l'abattement,
par des plaintes moderées , par des regrets
& des gémiffemens , &c . On blâme
encore ceux qui expriment la tendreffe
par ce qui convient à la douleur ; le caractere
de l'amour étant la timidité , l'im
patience , la langueur , les foupirs en
Aammez , & c.
Quelle fimplicité , quelle vraifem -blance
, dit - on enfuite en parlant du feu
feur Baron ; mais que cette fimplicité
étoit majestueuſe ! il fembloit à l'aifance
avec laquelle il foutenoit fes caracteres
auguftes , que la grandeur lui fut natu-
F
relle a
1
2234 MERCURE DE FRANCE
relle , qu'il fut né pour commander aux
autres . En un mot , on l'eut pris pour
le
Prince même au milieu de fon Palais .
Bien éloigné d'appuyer fur chaque vers &
fur chaque mot , & de faire briller avec
affectation les beautez qui pouvoient
frapper , il ne montroit les penfées que
par les fentimens , ou s'il relevoit quelque
fens ou quelque expreffion , c'étoit
de celles qui femblent cachées , & qui ne
fe produilent point aflez d'elles-mêmes.
Lorfque cet Acteur foupiroit , fe plaignoit
, aimoit , entroit en fureur , tous
les mouvemens étoient tels que fon
amour , fa fureur , fa crainte , &c. paroiffoient
véritables . Il fçavoit caracteriſer
toutes ces paffions , par ce qu'elles ont de
particulier , & non feulement il ne les
confondoit point les unes avec les autres ;
mais il les diftinguoit en elles-mêmes par
mille circonftances propres aux perfonnages
dont il étoit revêtu ; on découvroit
même au milieu de fes tranſports un combat
de Héros & de l'homme paffionné , de
fa fermeté naturelle & du penchant qui
l'entraîne ; enfin un mélange de fa
gran
deur & de fa foibleffe.
En parlant de la Die, le Couvreur , on
lit à la page 31. Jamais elle ne fe préſentoit
fur le Théatre qu'elle ne parut penétrée
; fes yeux annonçoient ce qu'elle
alloit
OCTOBRE . 1730. 2235
alloit dire , fa crainte & fes foupirs étoient
peints fur fon vifage. Au furplus , elle difpofoit
à fon gré de fon coeur & de fes fentimens.
Elle paffoit fans peine de la violence
à une tranquilité parfaite , de la
tendreffe à la fureur , d'une frayeur fubite
au déguiſement , &c . fon vifage étoit fuc-.
ceffivement ferein , trouble , foumis
fier , abbatu , menaçant , emporté , plein
de compaffion . Dans tous ces mouvemens
, le fpectateur la fuivoit fans réfiltance
; il étoit auffi touché qu'elle- même
, fa furpriſe faififfoit , on craignoit
on gemiffoit , on trembloit avec elle , on
pleuroit même avant que de voir couler
fes larmes. Cela n'eft point furprenant
c'eft qu'on ne voyoit rien en elle qui ne
parut réel & effectif. Sa voix fembloit
moins s'exprimer que fon coeur ; mais
elle accordoit toûjours la paffion avec le
caractere general , fans jamais oublier
l'un pour l'autre. Elle étoit noble au milieu
de fes tranfports , fa fierté égaloit
celle de fon perfonnage fans l'outrer ;
Phedre étoit livré à fes fureurs & à fon
amour , fans être au- deffous de fa grandeur.
Mile le Couvreur qui s'étoit formée fur
Baron ( tout le monde ne conviendra pas de
cela ) le contentoit d'être naturelle fans
affecter cette fimplicité. Elle évitoit
Fij l'enflure ;
trop
2236 MERCURE DE FRANCE
1
Fenflure ; mais elle ne defcendoit jamais
au- deffous de la grandeur heroïque. Elle
étoit fimple , fi vous voulez , parce que
la nature a quelque chofe d'aifé , qui approche
de la fimplicité , mais non pas
fimple , comme le fieur Baron . Le fond
de fon jeu étoit naturel , elle rejettoit
tout ce qui peut paroître outré , recherché
, ambitieux , mais elle ne lui refufoit
point certain ornement capable de ren-
Are l'action plus brillante & plus majeftueufe
: enfin pour exprimer entierement
ce que je penfe , je comparerai le gout
de :
la déclamation à celui de la parure dans
les Dames , & je dirai que fans tomber dans
F'excès des unes qui accablent leurs vifages
d'un mélangé de coloris empruntez
ni dans l'indifference des autres qui méprifent
tout ce qui eft étranger à la nature
, elle imitoit celles qui relevent avec
modeftie l'éclat de leur beauté naturelle.
En effet le fimple n'eft neceffaire qu'autant
qu'il faut éviter l'enflure des vers
le naturel eft d'une neceffité indifpenfa
ble dans toutes les parties .
A la page 52. en parlant du Parterre &
des Spectateurs qui décident, on y lit : La
Comédie eft fouvent remplie de gens fans
goût qui ne fçavent rire que d'une farce ,
d'une pointe , d'une poliffonnerie ; la Foire
leur conviendroit beaucoup mieux qu'un
Spectacle
OCTOBRE 1730. 2237
Spectacle plus férieux . Cependant comme
les plus fous font toûjours les plus hardis
& les plus prompts à juger , c'eft fouvent
une femblable cohue qui fifle , ou
qui applaudit au premier caprice.
que
me ,
و
Il eft bien plus aife , continue l'Auteur ,
de remarquer les défauts des Comédiens
de faire mieux ; en effet , il faut tant
de parties pour faire un parfait Acteur
même un bon , qu'il n'eft pas furprenant
qu'il y enait fi peu. Celui- ci aura de l'amais
il manque de voix. Un autre a
tout ce qu'il faut , mais il n'a point de
repréſentation . Il faut donc raffembler la
voix , la mine , les entrailles , le feu , une
longue pratique , une décence naturelle
mille autres petites qualitez dont le défaut
ne faifit point d'abord , mais qui ne
laiffe point de faire un tort imperceptible
au bon qui fe rencontre d'ailleurs. Delà
on conclud , que nous ne devons rebuter
qu'un Acteur , qui après une longue habitude
au Theatre refte opiniâtre dans fes
défauts, fans acquerir aucun talent. Il faut
au contraire fupporter celui qui travaille
à fe corriger , & l'encourager lorfqu'il
fait bien . Mais il feroit à fouhaiter que le
public accordât fon fuffrage avec plus de
difcernement,& n'applaudit qu'au mérite.
de Rouen , à la Lettre du Garçon de
Caffe. A Paris , Quai de Conti , chez Tabarie
, 16 30. broch . in 12. de 71 pages.
L'Auteur s'applique d'abord à détourner
fon ami Claude , de l'envie qu'il a de
devenir homme de Lettres. Qu'est- ce
qu'un fçavant qui ne connoît que fes
Livres & fon Cabinet ? lui dit- il , le mérite
feul ne fuffit pas ; il faut fçavoir prévenir
& fupplanter un Rival , fe faire
adroitement une foule de partifans qui
Vous
OCTOBRE. 1730. 22 3 3
vous entoure , vous flate & rabaiffe les
autres. Il faut avoir l'art de s'infinuer , de
fe faire valoir , de pallier fon ignorance,
& de fe faire même un mérite de ce qu'on
ne fçait pas.
En parlant des talens des Comédiens ,
dans la feconde Lettre , page 14. on applaudit
& on blâme tous les jours par fimples
préjugez , dit l'Auteur , la bonne
mine , un fon de voix , un air gracieux
quelques difpofitions qui femblent promettre
, préviennent fouvent & captivent
les fuffrages ; celui -la eft rejetté par le même
caprice qui fait grace à l'autre , &c.
On blâme enfuite les acteurs qui font
outrez dans leur déclamation , qui expriment
la douleur comme le défelpoir , au
lieu de peindre la trifteffe & l'abattement,
par des plaintes moderées , par des regrets
& des gémiffemens , &c . On blâme
encore ceux qui expriment la tendreffe
par ce qui convient à la douleur ; le caractere
de l'amour étant la timidité , l'im
patience , la langueur , les foupirs en
Aammez , & c.
Quelle fimplicité , quelle vraifem -blance
, dit - on enfuite en parlant du feu
feur Baron ; mais que cette fimplicité
étoit majestueuſe ! il fembloit à l'aifance
avec laquelle il foutenoit fes caracteres
auguftes , que la grandeur lui fut natu-
F
relle a
1
2234 MERCURE DE FRANCE
relle , qu'il fut né pour commander aux
autres . En un mot , on l'eut pris pour
le
Prince même au milieu de fon Palais .
Bien éloigné d'appuyer fur chaque vers &
fur chaque mot , & de faire briller avec
affectation les beautez qui pouvoient
frapper , il ne montroit les penfées que
par les fentimens , ou s'il relevoit quelque
fens ou quelque expreffion , c'étoit
de celles qui femblent cachées , & qui ne
fe produilent point aflez d'elles-mêmes.
Lorfque cet Acteur foupiroit , fe plaignoit
, aimoit , entroit en fureur , tous
les mouvemens étoient tels que fon
amour , fa fureur , fa crainte , &c. paroiffoient
véritables . Il fçavoit caracteriſer
toutes ces paffions , par ce qu'elles ont de
particulier , & non feulement il ne les
confondoit point les unes avec les autres ;
mais il les diftinguoit en elles-mêmes par
mille circonftances propres aux perfonnages
dont il étoit revêtu ; on découvroit
même au milieu de fes tranſports un combat
de Héros & de l'homme paffionné , de
fa fermeté naturelle & du penchant qui
l'entraîne ; enfin un mélange de fa
gran
deur & de fa foibleffe.
En parlant de la Die, le Couvreur , on
lit à la page 31. Jamais elle ne fe préſentoit
fur le Théatre qu'elle ne parut penétrée
; fes yeux annonçoient ce qu'elle
alloit
OCTOBRE . 1730. 2235
alloit dire , fa crainte & fes foupirs étoient
peints fur fon vifage. Au furplus , elle difpofoit
à fon gré de fon coeur & de fes fentimens.
Elle paffoit fans peine de la violence
à une tranquilité parfaite , de la
tendreffe à la fureur , d'une frayeur fubite
au déguiſement , &c . fon vifage étoit fuc-.
ceffivement ferein , trouble , foumis
fier , abbatu , menaçant , emporté , plein
de compaffion . Dans tous ces mouvemens
, le fpectateur la fuivoit fans réfiltance
; il étoit auffi touché qu'elle- même
, fa furpriſe faififfoit , on craignoit
on gemiffoit , on trembloit avec elle , on
pleuroit même avant que de voir couler
fes larmes. Cela n'eft point furprenant
c'eft qu'on ne voyoit rien en elle qui ne
parut réel & effectif. Sa voix fembloit
moins s'exprimer que fon coeur ; mais
elle accordoit toûjours la paffion avec le
caractere general , fans jamais oublier
l'un pour l'autre. Elle étoit noble au milieu
de fes tranfports , fa fierté égaloit
celle de fon perfonnage fans l'outrer ;
Phedre étoit livré à fes fureurs & à fon
amour , fans être au- deffous de fa grandeur.
Mile le Couvreur qui s'étoit formée fur
Baron ( tout le monde ne conviendra pas de
cela ) le contentoit d'être naturelle fans
affecter cette fimplicité. Elle évitoit
Fij l'enflure ;
trop
2236 MERCURE DE FRANCE
1
Fenflure ; mais elle ne defcendoit jamais
au- deffous de la grandeur heroïque. Elle
étoit fimple , fi vous voulez , parce que
la nature a quelque chofe d'aifé , qui approche
de la fimplicité , mais non pas
fimple , comme le fieur Baron . Le fond
de fon jeu étoit naturel , elle rejettoit
tout ce qui peut paroître outré , recherché
, ambitieux , mais elle ne lui refufoit
point certain ornement capable de ren-
Are l'action plus brillante & plus majeftueufe
: enfin pour exprimer entierement
ce que je penfe , je comparerai le gout
de :
la déclamation à celui de la parure dans
les Dames , & je dirai que fans tomber dans
F'excès des unes qui accablent leurs vifages
d'un mélangé de coloris empruntez
ni dans l'indifference des autres qui méprifent
tout ce qui eft étranger à la nature
, elle imitoit celles qui relevent avec
modeftie l'éclat de leur beauté naturelle.
En effet le fimple n'eft neceffaire qu'autant
qu'il faut éviter l'enflure des vers
le naturel eft d'une neceffité indifpenfa
ble dans toutes les parties .
A la page 52. en parlant du Parterre &
des Spectateurs qui décident, on y lit : La
Comédie eft fouvent remplie de gens fans
goût qui ne fçavent rire que d'une farce ,
d'une pointe , d'une poliffonnerie ; la Foire
leur conviendroit beaucoup mieux qu'un
Spectacle
OCTOBRE 1730. 2237
Spectacle plus férieux . Cependant comme
les plus fous font toûjours les plus hardis
& les plus prompts à juger , c'eft fouvent
une femblable cohue qui fifle , ou
qui applaudit au premier caprice.
que
me ,
و
Il eft bien plus aife , continue l'Auteur ,
de remarquer les défauts des Comédiens
de faire mieux ; en effet , il faut tant
de parties pour faire un parfait Acteur
même un bon , qu'il n'eft pas furprenant
qu'il y enait fi peu. Celui- ci aura de l'amais
il manque de voix. Un autre a
tout ce qu'il faut , mais il n'a point de
repréſentation . Il faut donc raffembler la
voix , la mine , les entrailles , le feu , une
longue pratique , une décence naturelle
mille autres petites qualitez dont le défaut
ne faifit point d'abord , mais qui ne
laiffe point de faire un tort imperceptible
au bon qui fe rencontre d'ailleurs. Delà
on conclud , que nous ne devons rebuter
qu'un Acteur , qui après une longue habitude
au Theatre refte opiniâtre dans fes
défauts, fans acquerir aucun talent. Il faut
au contraire fupporter celui qui travaille
à fe corriger , & l'encourager lorfqu'il
fait bien . Mais il feroit à fouhaiter que le
public accordât fon fuffrage avec plus de
difcernement,& n'applaudit qu'au mérite.
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Résumé : Réponse du Soufleur de la Comedie de Roüen, à la Lettre, &c. [titre d'après la table]
Le texte est une réponse du Soufleur de la Comédie de Rouen à une lettre du Garçon de Café, publiée à Paris en octobre 1730. L'auteur commence par dissuader son ami Claude de devenir homme de lettres, affirmant que le mérite seul ne suffit pas et qu'il est nécessaire de savoir se faire valoir et pallier son ignorance. L'auteur critique ensuite les préjugés du public qui applaudit ou blâme les comédiens en fonction de leur apparence ou de leur voix plutôt que de leur talent. Il condamne les acteurs qui surjouent la douleur ou la tendresse et loue la simplicité et la vraisemblance dans le jeu. Le texte évoque deux acteurs célèbres : le sieur Baron, connu pour sa majesté et sa capacité à caractériser les passions de manière nuancée, et la demoiselle Le Couvreur. Cette dernière maîtrisait les transitions entre différents états émotionnels sans jamais perdre sa grandeur héroïque. Elle évitait l'enflure et l'affectation, tout en ajoutant un ornement naturel à son jeu. Enfin, l'auteur critique le public, souvent composé de gens sans goût, qui jugent hâtivement les comédiens. Il souligne la difficulté de devenir un bon acteur, nécessitant une combinaison de nombreuses qualités, et appelle à un jugement plus discernant du public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9561
p. 334-341
Suite des Affaires du Duc de Montmouth. [titre d'après la table]
Début :
Je ne puis finir ma Lettre, sans vous faire part des dernieres nouvelles [...]
Mots clefs :
Angleterre, Victoires, Rebelles, Proclamation, Actions grâces, Royaume, Duc de Monmouth, Ministre, Conseil, Prison, Ennemis, Lettres, Cavalerie, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Affaires du Duc de Montmouth. [titre d'après la table]
Je ne puis finir ma Lettre,
fans vous faire part des dera
nieres nouvelles que nous!
avons euës d'Angleterre . Lel
Roy ayant eu avis des Victoires
remportées fur les Rebelles
, fit publier le 12. de ce
mois une Proclamation, par
laquelle il ordonna que le
26. de ce mefme mois , feroit
obfervé comme un jour public
,, pour rendre à Dieu les
actions de graces qui luy
font deuës , pour la grande
mifericorde dont il luy a plû
d'ufer envers les Royaumes
d'Angleterre & d'Ecoffe , en
GALANT. 335
étouffant la Rebellion . Le 13 .
le Duc de Monmouth & Milord
Grey furent amenez à
Londres, Le premier demanda
fiinftamment à parler au
Roy , qu'au lieu de le conduire
à la Tour , on le conduifit
d'abord à Witheal , où
eftoit Sa Majefté, qui eut encore
la bonté de luy accorder
cette grace .
vert d'un grand manteau de
velours , & avoit les mains,
liées deffous. Il y a grande
apparence qu'on l'avoit couvert
de ce manteau , afin qu'il
1 ne paruft point lié devant ce
Il eftoit cou336
MERCURE………..
>
Prince , ce qui n'eft pas un
fpectacle qui foit ordinaire
aux Rois. Il eftoit d'ailleurs
indigne de toute compaf
fion , & il euft efté difficile
que Sa Majefté l'euft veu en
cet eftat fans en prendre. Il
demanda pardon & la vie au
Roy , & la demanda juſqu'à
la baffeffe. Ce n'eft pas qu'il
y en ait à demander pardon
un Roy , quand on eft auffi
coupable que ce Duc l'ef
toit , mais on peut dire qu'on
fait une baffeffe lorfqu'on
demande la vie avec autant
d'inftance & de foibleffe
qu'il
GALANT: 337
qu'il fit , puis que cela fait
connoiftre la crainte qu'on
a de la mort. Il protefta qu'il
n'avoit point cu intention
de fe faire Roy , & que c'eftoit
le Miniftre Ferguſon ,
mort dans le combat , qui
l'excitoit . Il fut interrogé.
par le Confeil de Sa Majefté,
affemblé au mefme lieu .
Je n'ay pas fceu ce qui s'y
paffa . Je fçay feulement que
le temps qu'il demeura à Witheal
, fut de trois heures ;
aprés quoy on le mena à la
Tourpar eau dans une Berge
duroy,accompagnée de Ber
Juillet 1685.
Ff
338 MERCURE
ges armées. Ceux qui le virent
fortir du Palais , remarquerent
qu'il pleuroit. Il
avoit les yeux fi rouges, qu'il
fut aifé de connoiftre que ce
n'eftoient pas là les premieres
larmes qu'il répandoit.
Depuis ce temps , il n'oublia
rien pour obtenir une prifon
perpetuelle. Il chercha les
moyens de faire parler la
Reine pour luy. Il écrivit &
fit écrire au Chancelier, & à
d'autres , & implora jufqu'à
L'affiftance de fes Ennemis.
Quoy qu'il ait dit qu'il n'avoit
jamais afpiré à la CouGALANT.
339
ན ronne, il eft certain qu'il fut
proclamé
Roy a Glaſſembury.
Voicy ce qu'il écrivit
auffi- tolt aprés au Duc d'Al
bermale
.
MILORD.
ILORD
Comme nous avons efté in
formez que vous commandez
de la Cavalerie & de l'Infanteriepour
Jacques , Duc d'Yorck,
que ces Troupes ont efté lervées
pour refifter & s'oppoſer à noftre
Authorité Royale , Nous avons
trouvé à propos de vous fairefça,
voir le reffentiment que nous en
Ffij
340 MERCURE
avons, nous nous promettons
que ce que vous avez fait en cela
à efté par mépriſe & inadvertancer
que vous prendrez d'au
tres mesures quand vousfçaurez
que j'ay efté proclamé Roy , pour
fucceder au Roy mon Pere , mort
depuis peu. C'est pourquoy nous
vous avons envoyé ce Meſſager
expres pour vous le fignifier.
C'est donc noftre bon plaifir
Royal & noftre volonté, nous
vous affignons expreflément ,
commandons par ces Prefentes,
qu'auffi tot leur reception , vous
ceffiez tour Acte d'hoftilité &
force d'armes contre Naus & nos
GALANT. 341
• bien aimez Sujets , & que vous
vous rendiez inceffamment dans
• noftre Camp, où vous ferez receu
de nous avec bonté & affection .
Que fi vous ne vous acquittez de
ce que deffus , nous ferons obligez
de vous proclamer Rebelle ,
traiter ainfi ceux qui font
&
રસો
fous voftre commandement , &
nous lespourfuivrons eux & vous
comme tels. Nous efperons pourtant
que vous obeirez promptement
, c'est pourquoy nous vous
difons adien, JACQUES.
Ily avoit
à la
Subcription. A
noftre
cher bien amé & fidelle
Confeiller
&
245 Confin
, Chriſtophe
, Duc d' Albermale
.
fans vous faire part des dera
nieres nouvelles que nous!
avons euës d'Angleterre . Lel
Roy ayant eu avis des Victoires
remportées fur les Rebelles
, fit publier le 12. de ce
mois une Proclamation, par
laquelle il ordonna que le
26. de ce mefme mois , feroit
obfervé comme un jour public
,, pour rendre à Dieu les
actions de graces qui luy
font deuës , pour la grande
mifericorde dont il luy a plû
d'ufer envers les Royaumes
d'Angleterre & d'Ecoffe , en
GALANT. 335
étouffant la Rebellion . Le 13 .
le Duc de Monmouth & Milord
Grey furent amenez à
Londres, Le premier demanda
fiinftamment à parler au
Roy , qu'au lieu de le conduire
à la Tour , on le conduifit
d'abord à Witheal , où
eftoit Sa Majefté, qui eut encore
la bonté de luy accorder
cette grace .
vert d'un grand manteau de
velours , & avoit les mains,
liées deffous. Il y a grande
apparence qu'on l'avoit couvert
de ce manteau , afin qu'il
1 ne paruft point lié devant ce
Il eftoit cou336
MERCURE………..
>
Prince , ce qui n'eft pas un
fpectacle qui foit ordinaire
aux Rois. Il eftoit d'ailleurs
indigne de toute compaf
fion , & il euft efté difficile
que Sa Majefté l'euft veu en
cet eftat fans en prendre. Il
demanda pardon & la vie au
Roy , & la demanda juſqu'à
la baffeffe. Ce n'eft pas qu'il
y en ait à demander pardon
un Roy , quand on eft auffi
coupable que ce Duc l'ef
toit , mais on peut dire qu'on
fait une baffeffe lorfqu'on
demande la vie avec autant
d'inftance & de foibleffe
qu'il
GALANT: 337
qu'il fit , puis que cela fait
connoiftre la crainte qu'on
a de la mort. Il protefta qu'il
n'avoit point cu intention
de fe faire Roy , & que c'eftoit
le Miniftre Ferguſon ,
mort dans le combat , qui
l'excitoit . Il fut interrogé.
par le Confeil de Sa Majefté,
affemblé au mefme lieu .
Je n'ay pas fceu ce qui s'y
paffa . Je fçay feulement que
le temps qu'il demeura à Witheal
, fut de trois heures ;
aprés quoy on le mena à la
Tourpar eau dans une Berge
duroy,accompagnée de Ber
Juillet 1685.
Ff
338 MERCURE
ges armées. Ceux qui le virent
fortir du Palais , remarquerent
qu'il pleuroit. Il
avoit les yeux fi rouges, qu'il
fut aifé de connoiftre que ce
n'eftoient pas là les premieres
larmes qu'il répandoit.
Depuis ce temps , il n'oublia
rien pour obtenir une prifon
perpetuelle. Il chercha les
moyens de faire parler la
Reine pour luy. Il écrivit &
fit écrire au Chancelier, & à
d'autres , & implora jufqu'à
L'affiftance de fes Ennemis.
Quoy qu'il ait dit qu'il n'avoit
jamais afpiré à la CouGALANT.
339
ན ronne, il eft certain qu'il fut
proclamé
Roy a Glaſſembury.
Voicy ce qu'il écrivit
auffi- tolt aprés au Duc d'Al
bermale
.
MILORD.
ILORD
Comme nous avons efté in
formez que vous commandez
de la Cavalerie & de l'Infanteriepour
Jacques , Duc d'Yorck,
que ces Troupes ont efté lervées
pour refifter & s'oppoſer à noftre
Authorité Royale , Nous avons
trouvé à propos de vous fairefça,
voir le reffentiment que nous en
Ffij
340 MERCURE
avons, nous nous promettons
que ce que vous avez fait en cela
à efté par mépriſe & inadvertancer
que vous prendrez d'au
tres mesures quand vousfçaurez
que j'ay efté proclamé Roy , pour
fucceder au Roy mon Pere , mort
depuis peu. C'est pourquoy nous
vous avons envoyé ce Meſſager
expres pour vous le fignifier.
C'est donc noftre bon plaifir
Royal & noftre volonté, nous
vous affignons expreflément ,
commandons par ces Prefentes,
qu'auffi tot leur reception , vous
ceffiez tour Acte d'hoftilité &
force d'armes contre Naus & nos
GALANT. 341
• bien aimez Sujets , & que vous
vous rendiez inceffamment dans
• noftre Camp, où vous ferez receu
de nous avec bonté & affection .
Que fi vous ne vous acquittez de
ce que deffus , nous ferons obligez
de vous proclamer Rebelle ,
traiter ainfi ceux qui font
&
રસો
fous voftre commandement , &
nous lespourfuivrons eux & vous
comme tels. Nous efperons pourtant
que vous obeirez promptement
, c'est pourquoy nous vous
difons adien, JACQUES.
Ily avoit
à la
Subcription. A
noftre
cher bien amé & fidelle
Confeiller
&
245 Confin
, Chriſtophe
, Duc d' Albermale
.
Fermer
Résumé : Suite des Affaires du Duc de Montmouth. [titre d'après la table]
En juillet 1685, en Angleterre, le roi a été informé des victoires contre les rebelles et a publié une proclamation ordonnant un jour de remerciement public le 26 juillet. Le duc de Monmouth et lord Grey ont été conduits à Londres. Monmouth a demandé à s'entretenir avec le roi, qui a accepté de le recevoir à Whitehall. Lors de cette rencontre, Monmouth, les mains liées et couvert d'un manteau, a imploré le pardon et la clémence du roi, affirmant qu'il n'avait jamais eu l'intention de se proclamer roi et accusant son ministre Ferguson de l'avoir incité à agir ainsi. Après un interrogatoire par le conseil royal, Monmouth a été transféré à la Tour de Londres. Malgré ses premières déclarations, il a tenté diverses démarches pour obtenir une peine de prison à perpétuité. Par ailleurs, Monmouth avait été proclamé roi à Glassembury et avait écrit au duc d'Albemarle pour lui ordonner de cesser les hostilités et de se rendre à son camp, sous peine d'être traité comme un rebelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9562
p. 326-331
D'UTRECHT. A son Excellence MYLORD EVESQUE DE BRISTOL. Traduction nouvelle.
Début :
Honneur des Campagnes liquides, [...]
Mots clefs :
Utrecht, Bristol, Évêque, Traduction
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texteReconnaissance textuelle : D'UTRECHT. A son Excellence MYLORD EVESQUE DE BRISTOL. Traduction nouvelle.
D'UTRECHT,
ASon Excellence
MYLORD
EVESQUE DE BRISTOL.
Traduction nouvelle.
Honneur des Gampagnes liquides,
Enfant de quelque Bois
•fatre,
Brillant Spectacle aux
Nereides,
BeauVaiffeau, qu'à l'en
vi l'or &l'art ontparé;
GALANT. 327
Que ta charge fied bien à
ta magnificence!
De l'Europe en fufpens
tu conduis le Deftin ,
Du monde gemiẞant tu
portes dans tonfein
La derniere efperance 3
Tuferas àjamais fefté
par nos neveux,
Le Peuple ira danfant te
rendrefes hommages,
Nos filles Jur tes pants
inventant millejeux,
Deguirlandes defleurs ,
orneront tes cordages.
326 MERCURE
Dieux des Mers qui
veillezfurcettenation,
(Si vous daignez encore
proteger cet Empire)
Conduifez avec Join ce
precieux Navire,
L'aimablePaixle monte,
affe noftre Albion ,
Dufangde cent Heros,
qu'en vainla terre admire,
Acheta pour autruy de
fertiles Etats ;
Je vous attefte affreux
combats.
GALANT. 327
Et vous Palmes enfanglantées
Qu'à regret , par lesfiens,
Londres vit remportées.
L'Univers defolé demande le reposs
Le Dieu Mars eft luymême afſouvi de carmonage,
Pallas arenvoyéla cruelle Attropos
UneMajeftédouce écla
te enfon vifage
D'ANNE, elle emprunte
l'air! ofortunéprefage,
Février 1712.
Ee
328 MERCURE
L'olive eft dansfa main,
au lieu dejavelots.
PRELAT, dont la vertu
respectée & cherie
Eft le plus ferme appuy
des Etats chancelans ,
Pour lagloire de ta Patrie
On te voit oublier ton repos & tesans,
Ton aspect venerable »
aux caprices de l'onde
Doit impoferunFrein,
Etles Dieux que tufers,
pour le bonheurdu monde
GALANT. 329
T'ontfoumis le Deftin.
Des Peuples s'arme en
vainlafunefte manie,
Les bancs en vain cache
fousles flotsfurieux
Ofent trompertesyeux;
L'Ennemi de la Paix, le
ventde Germanie
En vain renverfe tout de
fonfoufle odieuxe
Sinous avonspour nous ,
nos Dieux & ton Genie
Neptune vient déja te
foumettre lesflots
Defon trident luy- méme
Ecij
330 MERCURE
ilfouleve tapoupe
Sesagiles Tritonsfervent
tes Matelots ,
Tupars augré de l'onde,
&leurjoyeufe troupe
Fait d'un long chant de
Paixretentir les échos.
Infenfez que l'erreur,&
la difcorde anime.
( De qui pour vous fauver il faut rompre les
vœux )
Quatre Luftres entiers
vousfûtesfa victime,
Etje vois dans voscœurs
renouvellerfesfeux;
GALANT 3 3º
Arreſtez , d'un autre œil
les Dieux on vûlaterre,
Fatigue depunirils quit.
tent le Tonnerre;
Craigne deréveiller leur
courroux dangereux ;
Les ventsfontenchaînez
dans leurs grottes profondes ,
Voyez lesflots domptez:
&des vents , & des
ondes,
بون
Apprenez à calmer vos
confeils trop mutins ,
Etceffez de lutter contre Anne & les Destins.
ASon Excellence
MYLORD
EVESQUE DE BRISTOL.
Traduction nouvelle.
Honneur des Gampagnes liquides,
Enfant de quelque Bois
•fatre,
Brillant Spectacle aux
Nereides,
BeauVaiffeau, qu'à l'en
vi l'or &l'art ontparé;
GALANT. 327
Que ta charge fied bien à
ta magnificence!
De l'Europe en fufpens
tu conduis le Deftin ,
Du monde gemiẞant tu
portes dans tonfein
La derniere efperance 3
Tuferas àjamais fefté
par nos neveux,
Le Peuple ira danfant te
rendrefes hommages,
Nos filles Jur tes pants
inventant millejeux,
Deguirlandes defleurs ,
orneront tes cordages.
326 MERCURE
Dieux des Mers qui
veillezfurcettenation,
(Si vous daignez encore
proteger cet Empire)
Conduifez avec Join ce
precieux Navire,
L'aimablePaixle monte,
affe noftre Albion ,
Dufangde cent Heros,
qu'en vainla terre admire,
Acheta pour autruy de
fertiles Etats ;
Je vous attefte affreux
combats.
GALANT. 327
Et vous Palmes enfanglantées
Qu'à regret , par lesfiens,
Londres vit remportées.
L'Univers defolé demande le reposs
Le Dieu Mars eft luymême afſouvi de carmonage,
Pallas arenvoyéla cruelle Attropos
UneMajeftédouce écla
te enfon vifage
D'ANNE, elle emprunte
l'air! ofortunéprefage,
Février 1712.
Ee
328 MERCURE
L'olive eft dansfa main,
au lieu dejavelots.
PRELAT, dont la vertu
respectée & cherie
Eft le plus ferme appuy
des Etats chancelans ,
Pour lagloire de ta Patrie
On te voit oublier ton repos & tesans,
Ton aspect venerable »
aux caprices de l'onde
Doit impoferunFrein,
Etles Dieux que tufers,
pour le bonheurdu monde
GALANT. 329
T'ontfoumis le Deftin.
Des Peuples s'arme en
vainlafunefte manie,
Les bancs en vain cache
fousles flotsfurieux
Ofent trompertesyeux;
L'Ennemi de la Paix, le
ventde Germanie
En vain renverfe tout de
fonfoufle odieuxe
Sinous avonspour nous ,
nos Dieux & ton Genie
Neptune vient déja te
foumettre lesflots
Defon trident luy- méme
Ecij
330 MERCURE
ilfouleve tapoupe
Sesagiles Tritonsfervent
tes Matelots ,
Tupars augré de l'onde,
&leurjoyeufe troupe
Fait d'un long chant de
Paixretentir les échos.
Infenfez que l'erreur,&
la difcorde anime.
( De qui pour vous fauver il faut rompre les
vœux )
Quatre Luftres entiers
vousfûtesfa victime,
Etje vois dans voscœurs
renouvellerfesfeux;
GALANT 3 3º
Arreſtez , d'un autre œil
les Dieux on vûlaterre,
Fatigue depunirils quit.
tent le Tonnerre;
Craigne deréveiller leur
courroux dangereux ;
Les ventsfontenchaînez
dans leurs grottes profondes ,
Voyez lesflots domptez:
&des vents , & des
ondes,
بون
Apprenez à calmer vos
confeils trop mutins ,
Etceffez de lutter contre Anne & les Destins.
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Résumé : D'UTRECHT. A son Excellence MYLORD EVESQUE DE BRISTOL. Traduction nouvelle.
Le poème est adressé à Son Excellence Mylord, l'évêque de Bristol, et célèbre un navire porteur d'espoir et de paix. Ce navire, magnifique et protégé par des dieux, doit apporter la paix en Albion. Anne, représentée avec une olive symbolisant la paix, contraste avec les armes de guerre. Le prélat est respecté pour sa vertu et est appelé à maîtriser les caprices de la mer et à soumettre le destin pour le bonheur du monde. Les peuples sont invités à déposer leurs armes et à calmer leurs conflits, soutenus par les dieux et le génie de Neptune. Les vents et les flots sont domptés, et les lecteurs sont exhortés à cesser de lutter contre Anne et les destins. Le poème se conclut par un appel à la paix et à la soumission aux forces divines.
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9563
p. 23-30
ODE TIRÉE DU PSEAUME 45. Deus noster refugium & virtus, &c.
Début :
Puisque nostre Dieu favorable [...]
Mots clefs :
Dieu, Seigneur, Peuple, Nations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU PSEAUME 45. Deus noster refugium & virtus, &c.
ODE
TIRE'E DU PSEAUME+f.
Deus noster refugium &
virtus, &c.
-. pPUisque nostre Dieu
Nous affure de son secours,
Il nest plus de revers capable
De troubler la paix de nos
jours,
Et si la nature fragile
Estoit à ses derniers mcu
mens,
Nous la verrions dun ceittranquile
S'écrouler dans ses fondemens.
Par les ravages du Tonnerre
Nousverrionsnoschamps
moissonnez,
Etdes entrailles de la terre
Les plus hauts monts deT
racinez,
Nos yeux verroient leur
masse aride
TraansiporrréesauTmioliemu de-s
Tomber d'une chute rapide
Dans levaste gouffre des
mers.
Les remparts de laCité
fainte
Nousfont un refuge assuré;
Dieuluy-même dans son
enceinte
A marqué son séjour facre.
Uneonde pure & délectable
Arrose avec legereté
Le tabernacle redoutable
Où repose sa Majesté. ,"
Les Nations à main armee
Couvroient nos fertiles
sillons;
On a vû les champs d'Idumée
Inondez de leurs Bataillons.
Le Seigneur parle, & l'infidelle
Tremble pour Ces propres
Etats,
Il flotte, il fc trouble, il
chancelle,
Et la terre fuit fous ses pas.
Venez Nations arrogantes?
Peuples vains.,.voisinsjaloux
,
Voir les merveilles éclatantes
Que. (a main opere pour
nous.
Que pourront vos ligues
formées
Contre le bonheur de nos
jours?
Quandle bras du Dieu des
armées
S'armera pour nostre. secours.
Par luy ses troupes infernales
A qui nos champs furent
ouverts,
Irotnat dleeleusrs flâmes fa-
Embrazer un autre Univers.
La foudre prompte à nous
deffendre
Des médians & de leurs
complots,
Mettra les Boucliers en
cendre,
Et brizera leurs Javelots.
Arreste, peuple impie,
arreite,
'- Je fuis ton Dieu, ton Souverain
,
Monbras est levé sur ta
teste,
Les feux vengeurs sont
dans ma main.
Voy le Ciel, voy la terre
& l'onde!
Remplis de mon immen^
site,
Et dans tous les climats
du monde,
Mon Nom des peuples
exalté.
Toy pour qui l'ardente
victoire
Marche d'unpas obéissant,
Seigneur! combats pour
nostregloire,
Psotege ton peuple innoitcent,
fais que nostre humble
patrie,
Joüissant d'un caloae promIS,
Confonde à jamais kfurie
De nos superbes ennemis.
TIRE'E DU PSEAUME+f.
Deus noster refugium &
virtus, &c.
-. pPUisque nostre Dieu
Nous affure de son secours,
Il nest plus de revers capable
De troubler la paix de nos
jours,
Et si la nature fragile
Estoit à ses derniers mcu
mens,
Nous la verrions dun ceittranquile
S'écrouler dans ses fondemens.
Par les ravages du Tonnerre
Nousverrionsnoschamps
moissonnez,
Etdes entrailles de la terre
Les plus hauts monts deT
racinez,
Nos yeux verroient leur
masse aride
TraansiporrréesauTmioliemu de-s
Tomber d'une chute rapide
Dans levaste gouffre des
mers.
Les remparts de laCité
fainte
Nousfont un refuge assuré;
Dieuluy-même dans son
enceinte
A marqué son séjour facre.
Uneonde pure & délectable
Arrose avec legereté
Le tabernacle redoutable
Où repose sa Majesté. ,"
Les Nations à main armee
Couvroient nos fertiles
sillons;
On a vû les champs d'Idumée
Inondez de leurs Bataillons.
Le Seigneur parle, & l'infidelle
Tremble pour Ces propres
Etats,
Il flotte, il fc trouble, il
chancelle,
Et la terre fuit fous ses pas.
Venez Nations arrogantes?
Peuples vains.,.voisinsjaloux
,
Voir les merveilles éclatantes
Que. (a main opere pour
nous.
Que pourront vos ligues
formées
Contre le bonheur de nos
jours?
Quandle bras du Dieu des
armées
S'armera pour nostre. secours.
Par luy ses troupes infernales
A qui nos champs furent
ouverts,
Irotnat dleeleusrs flâmes fa-
Embrazer un autre Univers.
La foudre prompte à nous
deffendre
Des médians & de leurs
complots,
Mettra les Boucliers en
cendre,
Et brizera leurs Javelots.
Arreste, peuple impie,
arreite,
'- Je fuis ton Dieu, ton Souverain
,
Monbras est levé sur ta
teste,
Les feux vengeurs sont
dans ma main.
Voy le Ciel, voy la terre
& l'onde!
Remplis de mon immen^
site,
Et dans tous les climats
du monde,
Mon Nom des peuples
exalté.
Toy pour qui l'ardente
victoire
Marche d'unpas obéissant,
Seigneur! combats pour
nostregloire,
Psotege ton peuple innoitcent,
fais que nostre humble
patrie,
Joüissant d'un caloae promIS,
Confonde à jamais kfurie
De nos superbes ennemis.
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Résumé : ODE TIRÉE DU PSEAUME 45. Deus noster refugium & virtus, &c.
Le poème 'ODE' du Psaume 46 célèbre la protection divine et la puissance de Dieu. Dieu est présenté comme un refuge et une force, garantissant la paix et la sécurité même face à des catastrophes naturelles. Les remparts de la cité sont décrits comme un refuge assuré, où Dieu réside. Une onde pure arrose le tabernacle où repose la majesté divine. Le poème évoque également des menaces extérieures, telles que des nations armées couvrant les champs fertiles. Cependant, Dieu intervient et les infidèles tremblent. Les nations arrogantes et jalouses sont invitées à voir les merveilles que Dieu opère pour son peuple. Les ligues formées contre le bonheur du peuple divin sont vaines face à l'intervention divine. Les troupes infernales seront détruites par la foudre divine, qui défend contre les méchants et leurs complots. Le poème se termine par un avertissement aux peuples impies, leur ordonnant de s'arrêter car Dieu lève son bras vengeur. Le Nom de Dieu est exalté dans tous les climats du monde. Le poème prie Dieu de combattre pour la gloire de son peuple, de protéger les innocents, et de permettre à la patrie de jouir d'une paix promise, confondant ainsi la furie des ennemis superbes.
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9564
p. 120-127
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
ÉTAT Militaire de France, pour l'année 1763 ; sixiéme édition, par MM. [...]
Mots clefs :
Libraire, Académie, Sciences, Militaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
ÉTAT Militaire de France, pour l'année
1763 ; fixiéme édition , par MM.
de Montandre- Lonchamps , Chevalier
de Montandre , & de Rouffel. Prix , 3
livres relié . A Paris , chez Guillyn
Libraire , quai des Auguftins , du côté
du Pont- Saint-Michel , au Lys d'cr.
Avec approbation , & privilége du Roi .
Avertiffement des Auteurs.
De toutes les éditions que nous avons
données jufqu'ici , celle- ci n'eft pas
la moins curieufe ni la moins intéreffante.
On y trouve la compofition nouvelle
M A I. 1763.
Ι2Ι
4
$
velle de toutes les Troupes Françoifes
ou Etrangères au fervice de France ;
les quartiers des Régimens tels qu'ils
étoient au premier Avril ; leur uniforme,
lès marques diftinctives de chaque grade
, un précis du fervice de l'Officier
des devoirs du Soldat , des appointemens
& folde de l'un & de l'autre ;
en un mot , c'eft un Code complet
qui peut feul donner une idée exacte
de la forme actuelle du Militaire , dont
la conftitution ne doit plus éprouver
de révolutions . L'Ordonnance portant
création de Régimens Provinciaux ,
mérite entr'autres l'admiration & la reconnoiffance
du vrai Citoyen ; en défendant
fa liberté contre les piéges trop
multipliés des Enrôleurs , elle affure à
l'Etat une fource féconde d'hommes
youés à fon fervice par les diftinctions
& le bien - être qu'elle leur procure.
Nous nous fommes propofé de donner
un tableau racourçi , mais fidéle de tous
ces fages établiffemens : nous nous eftimerons
heureux , fi le Public , & particuliérement
les perfonnes intéreffées
dont nous reclamons l'indulgence , nous
jugent fur notre zéle & fur les efforts
que nous avons faits pour remplir nore
objet.
F
122 MERCURE DE FRANCE .
•
Nous aurions fouhaité de joindre ici.
les Ordonnances qui regleront l'état de
la Gendarmerie & des Régimens Suiffes ;
mais l'on nous preffe de donner notre
Ouvrage , afin d'avoir une idée du Militaire
, telle qu'il eft aujourd'hui . Cependant
nous nous engageons , aufſitôt
que ces Ordonnances paroîtront ,
de les faire imprimer dans le même format
, de façon qu'elles puiffent être inférées
à la fin du Code Militaire que
nous donnons. On en diftribuera à toutes
les perfonnes qui en demanderont ,
en repréfentant le livre.
EXPERIENCES & Obfervations fur
l'ufage interne de la Pomme épineufe ,
de la Jufquiame , & de l'Aconit ; par
lefquelles il eft démontré qu'on peut
faire prendre aux hommes ces Plantes
avec fécurité , & qu'elles font très-falutaires
dans beaucoup de maladies qui
ne cédent point à d'autres remédes.
Traduites du Latin d'Antoine Storck ;
Médecin de la Cour de Vienne . Avec
figures en Taille -douce . A Vienne ; &
fe trouve à Paris , chez P. Fr. Didot le
jeune , Libraire , quai des Auguftins ,
près le Pont S. Michel. 1763.
LE CONSERVATEUR de la Santé ,
MA I. 1763. 123
ou avis fur les dangers qu'il importe à
chacun d'éviter , pour fe conferver en
bonne fanté & prolonger fa vie. Par
M. le Begue de Prefle , Docteur-Régent
de la Faculté de Médecine de Paris
& Cenfeur Royal.
Medicina fuit , res fcire nocentes
Quo fibi mortales à re lædente caverent.
Hebenstreit.
In- 12. La Haye , 1763 ; & fe trouve à
Paris , chez P. Fr. Didot le jeune , Libraire
, quai des Auguftins , près le Pont
S. Michel , à S. Auguftin .
JOURNAL hiftorique du voyage fait
au Cap de Bonne-Efpérance , par fen
M. l'Abbé de la Caille , de l'Académic
des Sciences ; précédé d'un diſcours fur
la vie de l'Auteur , fuivi de remarques
& de réfléxions fur les coutumes des
Hottentots & des habitans du Cap,avec
figures. In- 12 . Paris , 1763. Chez Guillyn
, Libraire , quai des Auguftins, près
le Pont S. Michel , au Lys d'or.
AMBASSADES de MM. de Noailles
en Angleterre. Rédigées par feu M.ÞÄ¿-
bé de Vertot. In- 12 . Leyde , 5 volumes ;
Fij
124 MERCURE DE FRANCE .
& fe trouve à Paris chez Defaint &
Saillant
, Libraires , rue S. Jean de
Beauvais , vis - à- vis le Collége , & chez
Durand , Libraire , rue du Foin .
Nous parlerons plus amplement de
cet Ouvrage , qui mérite toute l'attention
des Amateurs de notre Hiftoire .
ÉLÉMENS de Jurifprudence , par M.
R *** In- 12. Paris , 1762. Chez Delormel
, rue du Foin , à l'Image Ste Géneviéve
, Cellot , Imprimeur-Libraire ,
Grande- Salle du Palais , près l'Escalier
de la Cour des Aydes.
,
LE DANGER des liaiſons , ou Mémoires
de la Baronne de Blemon . Par
Madame la M.... de S. A.... Tome 3 &
dernier. In- 12 . Genéve 1763 ; & fe
trouve à Paris chez les Libraires qui
vendent les Nouveautés. Nous avons
promis l'Extrait de cet Ouvrage des
qu'il feroit fini. C'eft un engagement
que nous remplirons avec plaifir.
OEUVRES diverfes de M. l'Abbé
Delamarre. In - 12 . Paris , 1763. Se
trouvent chez les mêmes Libraires.
ALMANACH des Beaux-Arts Ou
M A I. 1763. 125
Defcription d'Architecture , Peinture ,
Sculpture , Gravure , Hiftoire Natureile ,
Antiquités , & dates des Etabliffemens
de Paris , pour l'année 1763. Dédié à
M. le Marquis de Marigny. 1 liv. 4 f.
broché . A Paris , chez Grangé & Dufour
, au Magafin Littéraire de la Nouveauté
, Pont Notre-Dame , proche la
Pompe.
L'ANTI-URANIE , ou le Déifme
comparé au Chriftianiſme , Epîtres à
M. de Voltaire ; fuivies de Réfléxions
critiques fur plufieurs Ouvrages de ce.
célébre Auteur ; Par L. P. B. C. In- 12.
Avignon , 1763. Et fe trouve à Paris ,
chez la veuve Valleyre , à l'entrée du
quai de Gêvres , à la Nouveauté ; &
chez Cailleau , rue S. Jacques , près les
Mathurins , à S. André,
LA BONNE FILLE , ou le Mort vivant
; Piéce à Spectacle , en façon de
Tragédie. Parodie de Zelmire. Amfterdam
, 1763 ; & fe trouve à Paris chez
les mêmes Libraires. Prix , 1 liv . 4 f.
PREDICTIONS Philofophiques , pour
l'année 1763. Envoyées à Mde de ****
Par M. F.... Brochure in- 12 , Londres
1763. Chez les mêmes.
Fin
126 MERCURE DE FRANCE.
LE JARDINIER d'Artois , ou les
Elémens de la culture des Jardins Potagers
& fruitiers par F. Bonnelle , de
l'Ordre des Chanoines Réguliers de la
Ste Trinité dits Mathurins, pour la Rédemption
des Captifs . Volume in- 8 °.
Prix , 50 f. broché. Ce volume contient
deux parties. Dans la première il donne
la defcription , la culture & la propriété
de chaque légume. Dans la feconde il
traite des meilleures efpéces de fruits ,
de la taille des arbres & de la manière
de les planter. Il donne un Traité fur la
manière d'élever des couches pour avoir
des champignons pendant l'hyver &
pendant l'été. Il fait enfuite une longue
& fçavante differtation fur le figuier.
Il parle en connoiffeur de la façon de
cultiver l'oranger , de la manière d'élever:
les orangers de grains du tems de les écuffonner
, des terres qui leur font propres
, de la defcription des caiffes , des
arrofemens particuliers , des inconvéniens
qui leur arrivent , de la conftru-
Etion d'une bonne fèrre , & c . On trou
ve à la fin de ce Volume un Traité fur
la giroflée & un autre fur l'oeillet. Cet
Ouvrage a paru mériter l'attention du
Public. Il fe vend à Arras chez Michel
Nicolas , Imprimeur- Libraire , vis -à -vis
M A I. 1763.
1127
C
les Etats ; chez Laureau , Libraire , rue
des Jéfuites , près le Marché aux Poiffons
; & à Paris , chez Leclerc , Libraire
, quai des Auguſtins.
29
DESCRIPTION hiftorique & naturelle
du Groenland , par Edge , traduite
du Danois , avec la Carte & 11 figures,
8°. fous preffe , papier fin.- dit .
pap. moyen collé. dit. pap. non-collé.
*
-
DICTIONNAIRE de Commerce , par
Savary , avec beaucoup d'additions
&c. 4 vol. in fol . G. P. - Tome 5º , qui
contiendra le commerce de chaque
Pays , & les Compagnies de Commerce,
avec beaucoup d'additions. On payera
pour les 5 volumes , jufqu'à ce qu'ils
foient finis en 1763 , 54 liv. enfuite
67 liv. 10 f. Petit Dictionnaire portatif
, ou abrégé de Savary , 8°. 7 vol.
G. P. 18. liv.
ทาย Ces Ouvrages font fous preffe chez
les Frères C. & A. Philibert , Imprimeurs-
Libraires , à Coppenhague & à
Genève. On peut foufcrire à Paris chez
MM. Defaint & Saillant , Libraires , rue
S. Jean de Beauvais.
ÉTAT Militaire de France, pour l'année
1763 ; fixiéme édition , par MM.
de Montandre- Lonchamps , Chevalier
de Montandre , & de Rouffel. Prix , 3
livres relié . A Paris , chez Guillyn
Libraire , quai des Auguftins , du côté
du Pont- Saint-Michel , au Lys d'cr.
Avec approbation , & privilége du Roi .
Avertiffement des Auteurs.
De toutes les éditions que nous avons
données jufqu'ici , celle- ci n'eft pas
la moins curieufe ni la moins intéreffante.
On y trouve la compofition nouvelle
M A I. 1763.
Ι2Ι
4
$
velle de toutes les Troupes Françoifes
ou Etrangères au fervice de France ;
les quartiers des Régimens tels qu'ils
étoient au premier Avril ; leur uniforme,
lès marques diftinctives de chaque grade
, un précis du fervice de l'Officier
des devoirs du Soldat , des appointemens
& folde de l'un & de l'autre ;
en un mot , c'eft un Code complet
qui peut feul donner une idée exacte
de la forme actuelle du Militaire , dont
la conftitution ne doit plus éprouver
de révolutions . L'Ordonnance portant
création de Régimens Provinciaux ,
mérite entr'autres l'admiration & la reconnoiffance
du vrai Citoyen ; en défendant
fa liberté contre les piéges trop
multipliés des Enrôleurs , elle affure à
l'Etat une fource féconde d'hommes
youés à fon fervice par les diftinctions
& le bien - être qu'elle leur procure.
Nous nous fommes propofé de donner
un tableau racourçi , mais fidéle de tous
ces fages établiffemens : nous nous eftimerons
heureux , fi le Public , & particuliérement
les perfonnes intéreffées
dont nous reclamons l'indulgence , nous
jugent fur notre zéle & fur les efforts
que nous avons faits pour remplir nore
objet.
F
122 MERCURE DE FRANCE .
•
Nous aurions fouhaité de joindre ici.
les Ordonnances qui regleront l'état de
la Gendarmerie & des Régimens Suiffes ;
mais l'on nous preffe de donner notre
Ouvrage , afin d'avoir une idée du Militaire
, telle qu'il eft aujourd'hui . Cependant
nous nous engageons , aufſitôt
que ces Ordonnances paroîtront ,
de les faire imprimer dans le même format
, de façon qu'elles puiffent être inférées
à la fin du Code Militaire que
nous donnons. On en diftribuera à toutes
les perfonnes qui en demanderont ,
en repréfentant le livre.
EXPERIENCES & Obfervations fur
l'ufage interne de la Pomme épineufe ,
de la Jufquiame , & de l'Aconit ; par
lefquelles il eft démontré qu'on peut
faire prendre aux hommes ces Plantes
avec fécurité , & qu'elles font très-falutaires
dans beaucoup de maladies qui
ne cédent point à d'autres remédes.
Traduites du Latin d'Antoine Storck ;
Médecin de la Cour de Vienne . Avec
figures en Taille -douce . A Vienne ; &
fe trouve à Paris , chez P. Fr. Didot le
jeune , Libraire , quai des Auguftins ,
près le Pont S. Michel. 1763.
LE CONSERVATEUR de la Santé ,
MA I. 1763. 123
ou avis fur les dangers qu'il importe à
chacun d'éviter , pour fe conferver en
bonne fanté & prolonger fa vie. Par
M. le Begue de Prefle , Docteur-Régent
de la Faculté de Médecine de Paris
& Cenfeur Royal.
Medicina fuit , res fcire nocentes
Quo fibi mortales à re lædente caverent.
Hebenstreit.
In- 12. La Haye , 1763 ; & fe trouve à
Paris , chez P. Fr. Didot le jeune , Libraire
, quai des Auguftins , près le Pont
S. Michel , à S. Auguftin .
JOURNAL hiftorique du voyage fait
au Cap de Bonne-Efpérance , par fen
M. l'Abbé de la Caille , de l'Académic
des Sciences ; précédé d'un diſcours fur
la vie de l'Auteur , fuivi de remarques
& de réfléxions fur les coutumes des
Hottentots & des habitans du Cap,avec
figures. In- 12 . Paris , 1763. Chez Guillyn
, Libraire , quai des Auguftins, près
le Pont S. Michel , au Lys d'or.
AMBASSADES de MM. de Noailles
en Angleterre. Rédigées par feu M.ÞÄ¿-
bé de Vertot. In- 12 . Leyde , 5 volumes ;
Fij
124 MERCURE DE FRANCE .
& fe trouve à Paris chez Defaint &
Saillant
, Libraires , rue S. Jean de
Beauvais , vis - à- vis le Collége , & chez
Durand , Libraire , rue du Foin .
Nous parlerons plus amplement de
cet Ouvrage , qui mérite toute l'attention
des Amateurs de notre Hiftoire .
ÉLÉMENS de Jurifprudence , par M.
R *** In- 12. Paris , 1762. Chez Delormel
, rue du Foin , à l'Image Ste Géneviéve
, Cellot , Imprimeur-Libraire ,
Grande- Salle du Palais , près l'Escalier
de la Cour des Aydes.
,
LE DANGER des liaiſons , ou Mémoires
de la Baronne de Blemon . Par
Madame la M.... de S. A.... Tome 3 &
dernier. In- 12 . Genéve 1763 ; & fe
trouve à Paris chez les Libraires qui
vendent les Nouveautés. Nous avons
promis l'Extrait de cet Ouvrage des
qu'il feroit fini. C'eft un engagement
que nous remplirons avec plaifir.
OEUVRES diverfes de M. l'Abbé
Delamarre. In - 12 . Paris , 1763. Se
trouvent chez les mêmes Libraires.
ALMANACH des Beaux-Arts Ou
M A I. 1763. 125
Defcription d'Architecture , Peinture ,
Sculpture , Gravure , Hiftoire Natureile ,
Antiquités , & dates des Etabliffemens
de Paris , pour l'année 1763. Dédié à
M. le Marquis de Marigny. 1 liv. 4 f.
broché . A Paris , chez Grangé & Dufour
, au Magafin Littéraire de la Nouveauté
, Pont Notre-Dame , proche la
Pompe.
L'ANTI-URANIE , ou le Déifme
comparé au Chriftianiſme , Epîtres à
M. de Voltaire ; fuivies de Réfléxions
critiques fur plufieurs Ouvrages de ce.
célébre Auteur ; Par L. P. B. C. In- 12.
Avignon , 1763. Et fe trouve à Paris ,
chez la veuve Valleyre , à l'entrée du
quai de Gêvres , à la Nouveauté ; &
chez Cailleau , rue S. Jacques , près les
Mathurins , à S. André,
LA BONNE FILLE , ou le Mort vivant
; Piéce à Spectacle , en façon de
Tragédie. Parodie de Zelmire. Amfterdam
, 1763 ; & fe trouve à Paris chez
les mêmes Libraires. Prix , 1 liv . 4 f.
PREDICTIONS Philofophiques , pour
l'année 1763. Envoyées à Mde de ****
Par M. F.... Brochure in- 12 , Londres
1763. Chez les mêmes.
Fin
126 MERCURE DE FRANCE.
LE JARDINIER d'Artois , ou les
Elémens de la culture des Jardins Potagers
& fruitiers par F. Bonnelle , de
l'Ordre des Chanoines Réguliers de la
Ste Trinité dits Mathurins, pour la Rédemption
des Captifs . Volume in- 8 °.
Prix , 50 f. broché. Ce volume contient
deux parties. Dans la première il donne
la defcription , la culture & la propriété
de chaque légume. Dans la feconde il
traite des meilleures efpéces de fruits ,
de la taille des arbres & de la manière
de les planter. Il donne un Traité fur la
manière d'élever des couches pour avoir
des champignons pendant l'hyver &
pendant l'été. Il fait enfuite une longue
& fçavante differtation fur le figuier.
Il parle en connoiffeur de la façon de
cultiver l'oranger , de la manière d'élever:
les orangers de grains du tems de les écuffonner
, des terres qui leur font propres
, de la defcription des caiffes , des
arrofemens particuliers , des inconvéniens
qui leur arrivent , de la conftru-
Etion d'une bonne fèrre , & c . On trou
ve à la fin de ce Volume un Traité fur
la giroflée & un autre fur l'oeillet. Cet
Ouvrage a paru mériter l'attention du
Public. Il fe vend à Arras chez Michel
Nicolas , Imprimeur- Libraire , vis -à -vis
M A I. 1763.
1127
C
les Etats ; chez Laureau , Libraire , rue
des Jéfuites , près le Marché aux Poiffons
; & à Paris , chez Leclerc , Libraire
, quai des Auguſtins.
29
DESCRIPTION hiftorique & naturelle
du Groenland , par Edge , traduite
du Danois , avec la Carte & 11 figures,
8°. fous preffe , papier fin.- dit .
pap. moyen collé. dit. pap. non-collé.
*
-
DICTIONNAIRE de Commerce , par
Savary , avec beaucoup d'additions
&c. 4 vol. in fol . G. P. - Tome 5º , qui
contiendra le commerce de chaque
Pays , & les Compagnies de Commerce,
avec beaucoup d'additions. On payera
pour les 5 volumes , jufqu'à ce qu'ils
foient finis en 1763 , 54 liv. enfuite
67 liv. 10 f. Petit Dictionnaire portatif
, ou abrégé de Savary , 8°. 7 vol.
G. P. 18. liv.
ทาย Ces Ouvrages font fous preffe chez
les Frères C. & A. Philibert , Imprimeurs-
Libraires , à Coppenhague & à
Genève. On peut foufcrire à Paris chez
MM. Defaint & Saillant , Libraires , rue
S. Jean de Beauvais.
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Résumé : ANNONCES DE LIVRES.
Le document de 1763 présente diverses annonces de livres. Parmi les ouvrages mentionnés, l'« État Militaire de France » pour l'année 1763 est une édition révisée qui détaille la composition des troupes françaises et étrangères au service de la France. Elle inclut les quartiers des régiments, les uniformes, les marques distinctives des grades, ainsi qu'un précis des devoirs des officiers et des soldats. Cette édition met également en avant l'ordonnance sur la création des régiments provinciaux, visant à protéger la liberté des citoyens contre les enrôleurs et à assurer une force d'hommes dévoués au service de l'État. Les auteurs expriment leur intention de publier prochainement les ordonnances régissant la gendarmerie et les régiments suisses. Le document mentionne également des travaux médicaux, tels que les « Expériences & Observations » sur l'usage de plantes comme la pomme épineuse, la jusquiame et l'aconit, traduites du latin par Antoine Storck. Un autre ouvrage médical notable est « Le Conservateur de la Santé » par le Begue de Presle, qui offre des conseils pour éviter les dangers et préserver la santé. Des ouvrages historiques et de voyage sont également listés, comme le « Journal historique du voyage fait au Cap de Bonne-Espérance » par l'Abbé de la Caille, et les « Ambassades de MM. de Noailles en Angleterre » rédigées par l'abbé de Vertot. Enfin, le texte liste divers autres ouvrages, allant des éléments de jurisprudence aux almanachs des beaux-arts, en passant par des œuvres littéraires et des traités sur la culture des jardins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9565
p. 736-743
Dictionnaire des Cas de conscience, &c. [titre d'après la table]
Début :
LE DICTIONNAIRE DES CAS DE CONSCIENCE, décidez suivant les principes de [...]
Mots clefs :
Cas de conscience, Sang, Démon, Cadavres, Cadavre, Docteurs, Paris, Maléfice, Remèdes, Vexations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dictionnaire des Cas de conscience, &c. [titre d'après la table]
LE DICTIONNAIRE DES CAS DE CONSCIENCE
, décidez suivant les principes de
la morale , les usages de la Discipline Ecclesiastique
, l'authorité des Conciles et des
Canonistes , et là Jurisprudence du Royaume:
Par feu Mess . de Lamet et Fromageau,
Docteurs de la Maison et Société de Sorbonne
. A Paris , chez J.B. Coignard, fils,
et Hippolyte - Louis Guerin , Libraire , ruë
S. Jacques , 1733. 2 vol. in fol, tom . 1. 878
pag. tom. 2.820 pag. sans la Préface et la
Table des Matieres . Prix , 30 liv. reliez.
Le Recueil des Décisions de ces deux
Sçavans Docteurs , étoit désiré avec ardeur
depuis vingt ans . On peut regarder
cet Ouvrage comme un excellent
supplément au Dictionnaire de Pontas.
Le nom de M" de Lamet et Fromageau ,
fait l'éloge du Livre. Le premier sorti
d'une famille noble et illustre , s'étoit
consacré à l'étude de la Théologie dès
son bas âge. Il avoit été long- temps attaché
au Cardinal de Retz ; ensuite il s'étoit
joint à M. de Sainte- Beuve , pour décider
les cas de conscience qu'on leur
proposoit alors ; delà vient que la plu
part des cas de M. de Sainte- Beuve sonr
aussy
AVRIL . 1733 737
aussi signez de M. de Lamet. C'est dans
ce saint exercice qu'il avoit passé la plus.
grande partie de sa vie , jusqu'à sa mort
arrivée en 1691. à l'âge de 70 ans,
M. Fromageau , mort en 1705. nâquic
à Paris , d'une famille honnête , alliée à
plusieurs autres , distinguées dans la Robe.
Il fut nommé par M. de Lamet pour
être son Exécuteur Testamentaire . Il lui
avoit été associé très - long- temps dans la
décision des Cas de Conscience , dont ces
Docteurs avoient toujours eu attention
de retenir des Minutes sur des Registres
Journaux , qui sont les mêmes sur lesquels
on a imprimé ce Recueil,
Ces deux Docteurs ont été consultez
de leur temps , sur toutes les especes de
Cas ; leurs décisions ont souvent servi à
appuyer des Arrêts , et à terminer des
conteftations de la plus grande impor
tance. Comme ce Livre est déja répandu
dans le public , nous n'entrerons pas
dans un plus grand détail , pour en faire
connoître le mérite ; nous nous arrêterons
seulement à l'article des Malefices
page 13. &c. par le rapport que cette
matiere a avec un Mérnoire sur les Wampires
, que nous avons imprimé dans le
Mercure de May , 1732. pag. 890.
Demande. En Pologne et en Russie on
trou738
MERCURE DE FRANCE
trouve dans des Cadavres humains , qu'on
appelle Siviges , une certaine liqueur que
les peuples et quelques Sçavans même
croïent être du sang. On prétend que le
Demon le prend en des personnes vivantes
, et qu'il le porte dans ces Cadavres.
On dit que cet Esprit en sort de temps
en temps pour tourmenter les hommes ,
et qu'après bien des vexations , il rentre
dans ces Cadavres et y fait couler le sang
qu'il a succé , et qu'on y trouve en si
grande abondance , qu'il sort par la bouche
, par le nez , et sur tout par les oreil
les du Cadavre , qu'on voit nager dans
son Cercueil . Il mange aussi , dit- on , les
linges qui l'enveloppent. Pour l'en empêcher
, on prend garde lorsqu'on enselit
un mort , qu'aucun linge ne soit près
de sa bouche , et on la couvre de terre
aussi-bien que la gorge.
>
L'Esprit , qui sort de ce Cadavre , va la
nuit troubler le repos de ceux avec qui le
deffunt avoit de plus grandes liaisons . Il
les serre , il les embrasse , et leur fait tant
de mal, qu'ils s'éveillent en sursaut , criant
au secours , et assurant qu'ils voïent le
Spectre comme s'il étoit vivant. Ces hommes
ainsi tourmentez , deviennent maigres
et meurent en peu de temps. Le mal
s'étend quelquefois à des familles entieres
AVRIL 1738:
739
res , qui périssent l'un après l'autre.
Quelques -uns de ces esprits attaquent
les hommes , d'autres s'acharnent sur les
Bestiaux dont ils portent aussi le sang
dans les Cadavres , ce qui les fait languir
et mourir. Pour remedier à un si grand
mal , on fait du pain que l'on pétrit avec
le sang qui coule de ces Cadavres , on le
porte sur soy et on en mange , et par là
on se trouve soulagé; mais le grand remede
est de couper la tête du Cadavre.
Il eft à remarquer que quand on va visiter
les corps morts , dont la figure est
apparue en songe , on les trouve mols ,
fléxibles , enflez et rubiconds ; mais dès
qu'on leur a coupé la tête , le démon ne
va plus inquietter ceux qu'il tourmentoit
auparavant , et en peu
ils reprennent
leur embonpoint.
de temps
Une fille ayant été attaquée en dormant
, par un de ces Esprits , se reveilla ,
et criant par la douleur qu'elle sentoit ,
on courut pour la secourir; elle dit qu'el
le avoit vû la figure de sa mere , qui étoit
morte depuis long - temps. Comme on
voyoit qu'elle maigrissoit , on alla au
Cadavre , qu'on trouva mol , flexible et
rubicond. On lui coupa la tête , et on lui
ouvrit le coeur ; il en sortit beaucoup de
sang , après quoi la fille fut soulagée et se
porta très-bien depuis.
Ов
740 vi
On demande s'il est permis d'avoir recours
aux remedes dont on vient de parler
, pour faire cesser les véxations de ces
Esprits ?
On répond qu'on doit avant toutes
choses examiner scrupuleusement la vérité
des faits qui y sont rapportez . Car
ils sont si extraordinaires , qu'on a tout
sujet de craindre qu'il n'y ait beaucoup
d'illusion , et on n'y doit point ajouter .
foy qu'ils ne soient prouvez d'une maniere
si évidente qu'il soit impossible de
les révoquer en doute .
L'imagination, l'ignorance, la créduli-'
té excessive , la superstition , la grossiereté
de ceux qui content de parcilles avantures
, doivent faire craindre qu'il n'y en-'
tre de la fiction , de l'exageration , de
l'imposture , de l'illusion .
Mais supposé que ceux qui consultent
là- dessus , voyent sur les lieux que le peuple
, ou trompé , ou véritablement tourmenté
, employe pour se délivrer , les
deux remedes expliquez cy dessus , on
estime que ceux qui les employent , et
ceux qui demandent qu'on s'en serve
pour eux , pêchent également , et par
deux raisons .
1.Parce qu'on a toujours porté un grand
respect aux Corps des Deffunts , jusqu'à
vouA
V RI L. 1733 . 741
vouloir même que les Sépulchres fussent
inviolables; sur quoi , voyez le tit . 19.du
Code Leg. où il est dit qu'on doit punir
comme sacrilege , les Violateurs des Sépulchres.
Or c'est un attentat énorme
d'entrer dans un Sepulchre pour couper
la tête à un Cadavre. On peut voir enco
re là - dessus dans le Droit Canon les Excommunications
prononcées en pareils
cas. Dans celui dont il s'agit , le prétexte
est moins pardonnable , et plus contraire
au respect que méritent les Corps des
Fidéles. L'Authentique , ut defuncti , tit.
13. coll . 5. avoit dit auparavant , qui hominis
naturam non erubuit , dignus est et
gloriâ et aliis omnibus condemnari.
2º. La fin qu'on se propose dans ce qui
se pratique en Pologne et en Russie rend
encore la chose plus mauvaise . C'est, diton
, pour se délivrer de la véxation du
malin esprit et pour recouvrer la santé
qu'on mange un pain pétri du sang qui
sort des Cadavres , et qu'on leur coupe la
tête. Or il y a tout lieu de présumer que
si ce remede réussit , c'est en vertu d'un
pacte exprès ou tacite fait avec le démon
et qu'on chasse un Malefice par un autre;
car le pain pétri de sang , aussi - bien que
la tête coupée; ne peut pas naturellement
guérir une personne qui se meurt , ni
| Fij chasser
742 MERCURE DE FRANCE
chasser le démon qui la tourmente. On
ne peut pas dire non plus que Dieu fasse
des miracles dans ces occasions ; il faut
donc , supposé le fait vrai , y reconnoître
un pacte et reconnoître aussi que le démon
a promis de se retirer à la presence
du maléfice, après l'avoir lui - même conseillé.
Gerson , dans un Opuscule contre
la doctrine d'un Médecin de Montpellier
, dit , que la Faculté de Paris en a
jugé ainsi,
Or , selon S. Thomas , in 4. dist. 34.Q
1. art. 3. et selon le Decret de la Faculté
de Paris , de l'année 1318. rapporté à la
fin des Oeuvres du Maître des Sentences ,
art. 6. il n'est point permis de chasser
un maléfice par un autre,
Il suit de tout cela deux choses ; la premiere
, qu'on doit condamner la coutume
des Païs dont on vient de parler
comme réprouvée par l'un et l'autre
Droit , et par l'Ecriture , qui deffend de
faire un mal pour procurer un bien.
La seconde, que si après avoir consulté
de pieux et habiles Medecins, on ne peut
découvrir une cause naturelle de ces
maux , ni les guérir par des remedes naturels
, on doit recourir à ceux qui sont
marquez contre les véxations du démon,
dans le chapitre , şi per sortiarias 33.Q.2,
atqne
AVRIL. 1733. 743
atque maleficas occulto , sed numquam injusto
Deijudicio, permittente et Diabolo procurante
, &c. C'est le sentiment de Barthelemi
de Spina , Maître du Sacré Palais,
dans son Traité de Strigibus , cap . 33
Déliberé en Sorbonne , & c.
, décidez suivant les principes de
la morale , les usages de la Discipline Ecclesiastique
, l'authorité des Conciles et des
Canonistes , et là Jurisprudence du Royaume:
Par feu Mess . de Lamet et Fromageau,
Docteurs de la Maison et Société de Sorbonne
. A Paris , chez J.B. Coignard, fils,
et Hippolyte - Louis Guerin , Libraire , ruë
S. Jacques , 1733. 2 vol. in fol, tom . 1. 878
pag. tom. 2.820 pag. sans la Préface et la
Table des Matieres . Prix , 30 liv. reliez.
Le Recueil des Décisions de ces deux
Sçavans Docteurs , étoit désiré avec ardeur
depuis vingt ans . On peut regarder
cet Ouvrage comme un excellent
supplément au Dictionnaire de Pontas.
Le nom de M" de Lamet et Fromageau ,
fait l'éloge du Livre. Le premier sorti
d'une famille noble et illustre , s'étoit
consacré à l'étude de la Théologie dès
son bas âge. Il avoit été long- temps attaché
au Cardinal de Retz ; ensuite il s'étoit
joint à M. de Sainte- Beuve , pour décider
les cas de conscience qu'on leur
proposoit alors ; delà vient que la plu
part des cas de M. de Sainte- Beuve sonr
aussy
AVRIL . 1733 737
aussi signez de M. de Lamet. C'est dans
ce saint exercice qu'il avoit passé la plus.
grande partie de sa vie , jusqu'à sa mort
arrivée en 1691. à l'âge de 70 ans,
M. Fromageau , mort en 1705. nâquic
à Paris , d'une famille honnête , alliée à
plusieurs autres , distinguées dans la Robe.
Il fut nommé par M. de Lamet pour
être son Exécuteur Testamentaire . Il lui
avoit été associé très - long- temps dans la
décision des Cas de Conscience , dont ces
Docteurs avoient toujours eu attention
de retenir des Minutes sur des Registres
Journaux , qui sont les mêmes sur lesquels
on a imprimé ce Recueil,
Ces deux Docteurs ont été consultez
de leur temps , sur toutes les especes de
Cas ; leurs décisions ont souvent servi à
appuyer des Arrêts , et à terminer des
conteftations de la plus grande impor
tance. Comme ce Livre est déja répandu
dans le public , nous n'entrerons pas
dans un plus grand détail , pour en faire
connoître le mérite ; nous nous arrêterons
seulement à l'article des Malefices
page 13. &c. par le rapport que cette
matiere a avec un Mérnoire sur les Wampires
, que nous avons imprimé dans le
Mercure de May , 1732. pag. 890.
Demande. En Pologne et en Russie on
trou738
MERCURE DE FRANCE
trouve dans des Cadavres humains , qu'on
appelle Siviges , une certaine liqueur que
les peuples et quelques Sçavans même
croïent être du sang. On prétend que le
Demon le prend en des personnes vivantes
, et qu'il le porte dans ces Cadavres.
On dit que cet Esprit en sort de temps
en temps pour tourmenter les hommes ,
et qu'après bien des vexations , il rentre
dans ces Cadavres et y fait couler le sang
qu'il a succé , et qu'on y trouve en si
grande abondance , qu'il sort par la bouche
, par le nez , et sur tout par les oreil
les du Cadavre , qu'on voit nager dans
son Cercueil . Il mange aussi , dit- on , les
linges qui l'enveloppent. Pour l'en empêcher
, on prend garde lorsqu'on enselit
un mort , qu'aucun linge ne soit près
de sa bouche , et on la couvre de terre
aussi-bien que la gorge.
>
L'Esprit , qui sort de ce Cadavre , va la
nuit troubler le repos de ceux avec qui le
deffunt avoit de plus grandes liaisons . Il
les serre , il les embrasse , et leur fait tant
de mal, qu'ils s'éveillent en sursaut , criant
au secours , et assurant qu'ils voïent le
Spectre comme s'il étoit vivant. Ces hommes
ainsi tourmentez , deviennent maigres
et meurent en peu de temps. Le mal
s'étend quelquefois à des familles entieres
AVRIL 1738:
739
res , qui périssent l'un après l'autre.
Quelques -uns de ces esprits attaquent
les hommes , d'autres s'acharnent sur les
Bestiaux dont ils portent aussi le sang
dans les Cadavres , ce qui les fait languir
et mourir. Pour remedier à un si grand
mal , on fait du pain que l'on pétrit avec
le sang qui coule de ces Cadavres , on le
porte sur soy et on en mange , et par là
on se trouve soulagé; mais le grand remede
est de couper la tête du Cadavre.
Il eft à remarquer que quand on va visiter
les corps morts , dont la figure est
apparue en songe , on les trouve mols ,
fléxibles , enflez et rubiconds ; mais dès
qu'on leur a coupé la tête , le démon ne
va plus inquietter ceux qu'il tourmentoit
auparavant , et en peu
ils reprennent
leur embonpoint.
de temps
Une fille ayant été attaquée en dormant
, par un de ces Esprits , se reveilla ,
et criant par la douleur qu'elle sentoit ,
on courut pour la secourir; elle dit qu'el
le avoit vû la figure de sa mere , qui étoit
morte depuis long - temps. Comme on
voyoit qu'elle maigrissoit , on alla au
Cadavre , qu'on trouva mol , flexible et
rubicond. On lui coupa la tête , et on lui
ouvrit le coeur ; il en sortit beaucoup de
sang , après quoi la fille fut soulagée et se
porta très-bien depuis.
Ов
740 vi
On demande s'il est permis d'avoir recours
aux remedes dont on vient de parler
, pour faire cesser les véxations de ces
Esprits ?
On répond qu'on doit avant toutes
choses examiner scrupuleusement la vérité
des faits qui y sont rapportez . Car
ils sont si extraordinaires , qu'on a tout
sujet de craindre qu'il n'y ait beaucoup
d'illusion , et on n'y doit point ajouter .
foy qu'ils ne soient prouvez d'une maniere
si évidente qu'il soit impossible de
les révoquer en doute .
L'imagination, l'ignorance, la créduli-'
té excessive , la superstition , la grossiereté
de ceux qui content de parcilles avantures
, doivent faire craindre qu'il n'y en-'
tre de la fiction , de l'exageration , de
l'imposture , de l'illusion .
Mais supposé que ceux qui consultent
là- dessus , voyent sur les lieux que le peuple
, ou trompé , ou véritablement tourmenté
, employe pour se délivrer , les
deux remedes expliquez cy dessus , on
estime que ceux qui les employent , et
ceux qui demandent qu'on s'en serve
pour eux , pêchent également , et par
deux raisons .
1.Parce qu'on a toujours porté un grand
respect aux Corps des Deffunts , jusqu'à
vouA
V RI L. 1733 . 741
vouloir même que les Sépulchres fussent
inviolables; sur quoi , voyez le tit . 19.du
Code Leg. où il est dit qu'on doit punir
comme sacrilege , les Violateurs des Sépulchres.
Or c'est un attentat énorme
d'entrer dans un Sepulchre pour couper
la tête à un Cadavre. On peut voir enco
re là - dessus dans le Droit Canon les Excommunications
prononcées en pareils
cas. Dans celui dont il s'agit , le prétexte
est moins pardonnable , et plus contraire
au respect que méritent les Corps des
Fidéles. L'Authentique , ut defuncti , tit.
13. coll . 5. avoit dit auparavant , qui hominis
naturam non erubuit , dignus est et
gloriâ et aliis omnibus condemnari.
2º. La fin qu'on se propose dans ce qui
se pratique en Pologne et en Russie rend
encore la chose plus mauvaise . C'est, diton
, pour se délivrer de la véxation du
malin esprit et pour recouvrer la santé
qu'on mange un pain pétri du sang qui
sort des Cadavres , et qu'on leur coupe la
tête. Or il y a tout lieu de présumer que
si ce remede réussit , c'est en vertu d'un
pacte exprès ou tacite fait avec le démon
et qu'on chasse un Malefice par un autre;
car le pain pétri de sang , aussi - bien que
la tête coupée; ne peut pas naturellement
guérir une personne qui se meurt , ni
| Fij chasser
742 MERCURE DE FRANCE
chasser le démon qui la tourmente. On
ne peut pas dire non plus que Dieu fasse
des miracles dans ces occasions ; il faut
donc , supposé le fait vrai , y reconnoître
un pacte et reconnoître aussi que le démon
a promis de se retirer à la presence
du maléfice, après l'avoir lui - même conseillé.
Gerson , dans un Opuscule contre
la doctrine d'un Médecin de Montpellier
, dit , que la Faculté de Paris en a
jugé ainsi,
Or , selon S. Thomas , in 4. dist. 34.Q
1. art. 3. et selon le Decret de la Faculté
de Paris , de l'année 1318. rapporté à la
fin des Oeuvres du Maître des Sentences ,
art. 6. il n'est point permis de chasser
un maléfice par un autre,
Il suit de tout cela deux choses ; la premiere
, qu'on doit condamner la coutume
des Païs dont on vient de parler
comme réprouvée par l'un et l'autre
Droit , et par l'Ecriture , qui deffend de
faire un mal pour procurer un bien.
La seconde, que si après avoir consulté
de pieux et habiles Medecins, on ne peut
découvrir une cause naturelle de ces
maux , ni les guérir par des remedes naturels
, on doit recourir à ceux qui sont
marquez contre les véxations du démon,
dans le chapitre , şi per sortiarias 33.Q.2,
atqne
AVRIL. 1733. 743
atque maleficas occulto , sed numquam injusto
Deijudicio, permittente et Diabolo procurante
, &c. C'est le sentiment de Barthelemi
de Spina , Maître du Sacré Palais,
dans son Traité de Strigibus , cap . 33
Déliberé en Sorbonne , & c.
Fermer
Résumé : Dictionnaire des Cas de conscience, &c. [titre d'après la table]
Le texte traite du 'Dictionnaire des Cas de Conscience', rédigé par les docteurs de la Sorbonne, Messieurs de Lamet et Fromageau, publié en 1733 à Paris. Cet ouvrage, en deux volumes, est présenté comme un excellent complément au Dictionnaire de Pontas. Lamet, originaire d'une famille noble, s'était spécialisé en théologie et avait collaboré avec Sainte-Beuve pour résoudre des cas de conscience. Fromageau, issu d'une famille honnête, avait été nommé exécuteur testamentaire de Lamet et avait travaillé avec lui pendant de nombreuses années. Le texte aborde également des croyances populaires en Pologne et en Russie concernant les 'Siviges', des cadavres humains contenant une liqueur supposée être du sang, manipulée par un démon. Ce démon est censé tourmenter les vivants, causant maladies et décès. Les remèdes proposés incluent la consommation de pain pétri avec ce sang ou la décapitation des cadavres. Les auteurs du texte mettent en garde contre ces pratiques, les jugeant contraires au respect dû aux défunts et suspectant un pacte avec le démon. Ils recommandent de consulter des médecins et, en l'absence de cause naturelle, de recourir aux remèdes spirituels contre les vexations démoniaques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9566
p. 950-965
LETTRE du R. P. Sicard, Jesuite, sur les differentes Pêches qui se font en Egypte.
Début :
Quelque envie que j'aye, Monsieur, d'executer vos ordres, je ne sçai s'il [...]
Mots clefs :
Égypte, Nil (cours d'eau), Poissons, Syrie, Saline, Commerce, Lac, Pélican, Oie du Nil, Macreuse
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE du R. P. Sicard, Jesuite, sur les differentes Pêches qui se font en Egypte.
d'executer vos ordres , je ne sçai s'il
sera en mon pouvoir de faire entierement
ce que vous desirez de moi. L'Egypte ,
dites- vous , a la Mer Méditerranée au
Nord , la Mer Rouge à l'Est ; elle est
coupée par le Nil ; elle a une infinité de
Lacs d'une étendue prodigieuse. Vous
avez lû dans plusieurs Auteurs qu'il y a
des Peuples entiers dans la Basse Égypte ,
qui ne vivent que de Poisson . Ainsi vous
ne doutez point que le Poisson ne soit
en Egypte en plus grande abondance
qu'en tout autre pays de la Terre ; sur
quoi vous me faites deux questions , sçavoir
, quel est le commerce de Poisson
que font les Egyptiens , tant en Egypte
que hors l'Egypte , et quelles sont les
denrées qu'ils en tirent des Pays Etrangers
; outre cela , quelles sont les especes
de Poissons que l'on pêche , soit dans le
Nil , soit dans les Lacs .
.
Le premier article m'est fort inconnu,
et un pareil détail ne convient gueres à
ma
AVRIL. 1731. 951
un Missionnaire , ni a un homme de ma
profession . Tout ce que j'ai pû faire , a
été d'interroger sur cela les plus fameux»
et les plus habiles Négocians du Grand-
Caire, et de quelques autres Villes d'Egypte.
Ce n'est donc que sur leur rapport que.
j'ai l'honneur de vous dire que ce sont uniquement
les Négocians de Damiette et de
Rosette , qui transportent sur les Côtes
de la Syrie , la Saline qui sort d'Egypte ;
et que ce sont les seuls Riverains des Lacs
de Manzalé , de Brulla et de la Beheiré
qui fournisent la Saline qui est transportée
hors du Royaume. Les Riverains des
autres Lacs ne vendent que du Poisson
frais qu'ils débitent sur les lieux.
Je conçois qu'une idée aussi generale
que celle là du Commerce que fait l'Egypte
du Poisson salé , ne vous donneroit
pas beaucoup de lumieres pour le
dessein que vous avez ; je vais donc m'étendre
plus au long sur certaines particu
laritez qui ont rapport à cela. Je les connois
par moi-même , et elles vous mettront
en partie au fait , ou du moins elles vous
seront de quelque utilité pour éclaircir
cette matiere. Je commence par les trois
Lacs dont on tire tout le Poisson que l'on
sale et que l'on fume ; au reste , ce que
je dirai de l'un , vous pourrez le
dire des autres , à proportion de leur
grandeur.
Fiij Le
952 MERCURE DE FRANCE
Le Lac de Brullos a 15. à 18. lieuës de
longueur , et 4. à 5. lieues de largeur. Il
est situé entre Damiette et Rosette.
Le Lac de Beheiré n'a tout au plus que
sept lieues de tour , et est situé entre Rosette
et Alexandrie.
Le Lac de Manzalé commence à l'Est,
à demie lieuë de Damiette , autrefois Thamiathis
, et finit au Château de Thiné ,
anciennement Peluse. Il a 22. lieuës de
long à l'Est-Ouest , et 5. à . lieuës de
large au Nord - Sud. Le fond en est boüeux
et plein d'herbes . Il n'y a que 4. pieds
d'eau ou environ , en quelque endroit
que ce soit , et il n'est séparé de la Mer
que par une langue de Sable , qui a tout
au plus une lieuë de large.
Cela n'empêche pas que ce Lac n'ait
communication avec la Mer.Il l'a au Nord
par trois Embouchures ; sçavoir , par celle
de Thimé , qui est la plus Orientale
nommée autrefois l'Embouchure du Nit
Pelusiaque , par Eummefurrege , autrefois
nommée la Tanitique ; et par Dibé
ou Pesquiere , autrefois Mendezić.
Outre cette communication avec la
Mer , le Nil tombe dans ce Lac par pluseurs
Canaux au Sud. C'est ce qui fait
pendant deux ou trois mois de l'année ,
c'est-à- dire pendant l'Automne , qui est
le tems de l'accroissement du Nil , les
<
eaux
AVRIL. 1731. 953
eaux du Lac Manzalé sont douces ; au
lieu que dans autres neuf mois de l'année
, elles sont salées et approchantes de
celles de la Mer ; ce qui n'est pas surprenant
, car alors les Canaux du Nil sont
à sec ou si peu remplis d'eau , qu'à peine
en coule t'il dans le Lac.
Tout le monde n'a pas droit de pêcher
ce droit est affermé , l'on compte 2000.
Pêcheurs. Chaque Pêcheur paye par an
soo Medins, c'est-à- dire près de 40 francs.
L'Aga du Lac tire cette somme , et en
rend compte au Pacha du Caire. Ce n'est
pas tout , le tiers de la pêche , tant fraîche
que salée , appartient au Fisc ou Trésor
Royal. L'on paye pour le reste cettains
droits de Doüanne ; de sorte que Ic
tout monte à 80. Bourses par an ; par
consequent le seul Lac Manzalé produir
par an 40000. écus au Grand Seigneur.
J'ai été surpris de voir là quantité de
Bateaux qui sont employez continuellement
à la Pêche sur le Lac Manzalé ; l'on
en compte jusqu'à mille. La verité est
que ces Bateaux sont peu de chose , ils
ont tout au plus quatre brasses de long
et une brasse de large. Ils sont plus plats
par dessous , et pointus par la Poupe et
par la Proie.
La maniere de pêcher est particuliere
et assez divertissante . Les Pêcheurs en-
F iiij tou954
MERCURE DE FRANCE.
entourent d'un Seine ou long Filet , des
enceintes de jonc qu'ils ont plantez dans
le Lac pour engager et retenir le Poisson.
Ces enceintes se nomment Gabez . Chaque
Pêcheur est proprietaire d'un ou plusieurs
de ces Gabez, Ce sont autant de divers
Domaines , dans lesquels tout autre que
le Proprietaire n'oseroit aller pêcher.
Quelquefois ils se contentent de pêcher
avec un Filet rond . Alors avant que de
se servir du filet , ils jettent dans l'eau ,
à dix pas d'eux , une corde longue de
deux brasses , qui a à un bout une grosse
pierre propre à aller au fond , et à l'autre
un morceau de bois qui surnâge ; ils
le couvrent ensuite de leur filet . Le Pois.
son qui s'est rassemblé vers la pierre comme
une proye qu'il cherche à devorer
se trouve pris dans le filet .
Vous remarquerez que le Lac Manzalé
est rempli de petites Ifles couvertes de Roseaux
, de Joncs et de broussailles . Or
c'est dans ces Illes que les Pêcheurs portent
leurs Pêches lorsqu'ils veulent habiller
, saler et boucanner le Poisson . Pour
le Poisson qu'ils veulent vendre frais , ils
le portent à Damiette ou aux Villes et
Villages qui sont aux environs du Lac ,
Ces Ifles dont je viens de vous parler vous
enchanteroient par la multitude d'oiseaux
differens , et d'une beauté surprenante
•
qui
AVRIL 1731. 955.
qui n'en sortent que pour voler d'une
ille à l'autre. Le Pelican , la Poule de Ris
la Macreuse , la Poule d'eau , l'Oye du
Nil , à plumes dorées , le Canard commun
, le Canard à tête verte , la Sarcelle,
l'Ibis noir , l'Ibis blanc et noi le Cormoran
gris blanc , le Cormoran blanc à
bec rouge, le Chevalier , le Plongeon , la
Grüe , entr'autres Oiseaux , y sont à
milliers..
*
و
Il y a un article dans notre Memoire
qui ne m'occupera pas beaucoup, et je n'ai
point à craindre de ne me pas expliquer
clairement : cet article concerne les vête→
mens des Pêcheurs. Ils sont tous et en tout
tems en simple Caleçon , et ont le reste du
corps absolument nud , ce que j'attribuë
à la chaleur du Climat , qui est excessive.
Il n'y a pas dans les Lacs de Manzalé
de Bulos , de Beheiré, une si grande quantité
de Poissons de differentes especes que,
vous pourriez vous l'imaginer. J'ai examiné
la chose de près , et j'ai fait sur cela
toutes les perquisitions possibles. Après,
bien des recherches , j'ai trouvé que tout
se réduisoit à 7. ou 8. sortes de Poissons ;
sçavoir , le Queiage , le Sourd , le Jamal
le Geran , le Nogt , le Karous , le Bouri
autrement le Muge , et le Dauphin .
Le Queiage , qui est , sans contredit , le
meilleur Poisson du Lac , est de la gros
Fy SCU
956 MERCURE DE FRANCE .
seur d'une Alose , et est verd sous le mu
seau. Le Sourd et le Jamal , sont beaucoup
plus gros que le Queiage , et sont d'excellents
Poissons. Le Geran , le Karous , et le
Nogt , qui a cela de particulier , qu'il est
picoté , peuvent passer pour de bons Poissons
, ayant ce gout exquis et fin que donnent
naturellement les eaux du Lac Manzalé
à tout le Poisson qu'on y pêche . Les
Dauphins sont des Poissons si communs
et si connus , que si je vous en parle , c'est
parce qu'il y en a une si grande abondance,
qu'on pourroit bien dire qu'ils y fourmillent
, sur tout vers les Embouchures
qui communiquent à la Mer. Le Bouri
neanmoins est encore en plus grand nom
bre que le Dauphin . C'est le Poisson dominant
du Lac , et la quantité en est si
prodigieuse qu'on a peine à le croire.
On sale le Bouri , tant mâle que femelle,
et on le fait secher ou au Soleil ou à la fumée
, avec cette difference qu'on vend
quelquefois du Bouri mâle frais ; mais jamais
du Bouri femelle , parce qu'aussi-tôt
qu'on a pêché on en leve la boutargue ;
ainsi il n'est plus temps de l'exposer cn
vente , et on est obligé de le saler .
1
On sale aussi le Queiage. Ce sont donc
là les deux sortes de Poissons dont les
Egyptiens font proprement leur commerce
de Poisson salé, aussi bien que de la boutargue
AVRIL 1731. 957
targue. Ils portent l'un et l'autre dans la
Syrie , en Chypre , à Constantinople , et
ils en fournissent toute l'Egypte en st
grande abondance , que des Marchands
Européens qui voudroient apporter iei du
Thon , de l'Esturgeon , ou autre Poisson
salé , pourroient s'assurer qu'ils n'en auroient
pas le débit.
Je ne connois en Egypte de Poisson
salé , apporté des Pays Etrangers , que la
Caviar , qui vient de la Mer Noire. On
le vend aux Négocians de Damiette et
de Rosette , en argent comptant et non
pas en échange.
Vous concevez par là qu'ils entendent
fort peu le commerce et qu'ils n'en tirent
pas un grand profit. En effet je ne
scache pas qu'ils apportent d'autres Mar
chandises de Chipre que du Carrouge
du Lodanum er du vin ; de Syrie , du
Coton et du Tabac ; de l'Archipel , des
Eponges. Mais par la Mer Rouge , les
autres Négocians ant de l'Encens , du
Caffé et des Etoffes des Indes.
Il ne tiendroit qu'à eux de faire par la
même Mer un grand commerce de Perles,
et souvent on le leur a proposé . Cela n'est
pas de leur goût , et s'ils en font venir
e'est en petite quantité , et ce n'est même
que de la semence de Perles . Quand les
Européens apportent de l'Ambre jaune et
2
F vj du
958 MERCURE DE FRANCE
du Corail , ils n'achetent ces Marchandi
ses que pour les porter au Caire , er de- là
dans l'lemen et en Ethiopie. En un mot
il seroit très- difficile de marquer de quelle
sorte de Marchandises nos Négocians
pourroient faire quelque commerce considerable
avec les Egyptiens , surtout avec
ceux de Damiette er de Rosette. Leur vie
frugale et leur. éloignement de tout luxe ,
font qu'ils n'ont besoin de rien ..
Voilà ce qui regarde le Poisson salé dont
Egypte fait un commerce réglé,
J
J
et Le Poisson frais est très - commun
ceux qui demeurent aux environs des
Lacs , en font leur nourriture ordinaire..
La chaleur du climat est cause qu'on ne
peut le transporter , comme on fait en
France aux Villes un peu éloignées . I
seroit gâté et puant avant que d'arriver.
Le Caire , par exemple , qui est une si
belle Ville , si marchande et si peuplée ,
ne tire aucun secours de tant de Pêches
que l'on fait dans les Lacs de Manzalé , de
Brullos , de Beheiré , de la Marest , de la
Corne , Maris , Cheib , et dans les deix
Mers , la Mer Rouge , et la Méditerannée.
Les habitans de cette grande Ville
par la même raison ne voyent jamais de
Marée , et ils ne mangent jamais de Poissons
frais que celui qu'on pêche dans le
Nils , par conséquent , que d'un Poisson
.
€
་
د
qui
AVRIL. 1731. 952
qui , en géneral n'est ni de bon goût , ni
d'une bonne qualité. Le Nil a dans son
lit beaucoup de limon : les Poissons s'en
nourrissent et en conservent l'odeur ; entr'autres
le Bolti , qui est une espece de
Carpe , le Bouri , le Bayad , le Chalbé , la
Ray , le Chilon , le Lebis , Alose , qui
sont les principaux Poissons du Nil , en
sont si infectez , que tout autre que la
peuple du Caire , n'en mangeroit pas.
$
•
Les riches du Caire ont de quoi se consoler
le Nil leur fournit quatre especes
de Poissons d'un goût exquis , d'une bonté
si grande , que les Egyptiens , anciennement
leur ont élevé des Temples , et
ont bâti des Villes de leur nom . Ces
qua
tre especes sont , la Variole , le Quechoué
le Bunni et la Quarmoud.
La Variole , que les Arabes nomment
Quecher , ou Latés , est d'une grosseur.
prodigieuse , et pese jusqu'à 100. et 200 .
livres. Vous la connoîtrez micux sous le
nom de DATO E dont les Auteurs font
si souvent mention .
Le Quechoué est de la grandeur d'uns
Alose , et a un museau fort pointu . C'est
POxirinchus des Anciens..
Le Bunni est assez gros , et j'en ai vû de
20 et 30 livres pesant. On ne peut s'y
méprendre , et on connoît à sa figure
qu'il est le Lepidorus , si vanté par les An
ciens Egyptiens.
25
960 MERCURE DE FRANCE
Le Quarmoud , connu dans les Auteurs
sous le nom de PHAYOB , est noir , et
un des Poissons les plus voraces qu'il y
ait , on en trouve d'aussi gros et d'aussi
pesans que le Bunni.
Deux choses augmentent fort l'avantage
que les habitans du Caire tirent de
cette pêche. La premiere est , que ce ne
sont point là de ces Poissons passagers que
F'on n'a qu'en certain temps : pendant le
cours de l'année on en trouve en abondance
dans le Nil. La seconde est , que la
Pêche en est facile. Quelque gros que soir
le Quecher et le Bunni , on les prend avec
un simple filer , et tendu de la même ma
niere que l'on fait en France.
Il ne tiendroit qu'aux Egyptiens de faire
une autre sorte de profit , que nous ne
négligerons assurément pas ; sçavoir , de
prendre des Oiseaux de Mer , et de Rivie
re , comme sont les Macreuses , les Plongeons
, et autres semblables animaux
dont le Nil est souvent couvert. Mais les
Pêcheurs , tant du Nil que des Lacs - Manzalé
et de Brullos s'attachent uniquement
à prendre des Macreuses. Pour cela , le
Pêcheur , pendant la nuit se met dans
F'eau jusqu'au col , ayant la tête couverte
d'un bonnet noir ; il s'approche doucement
et sans bruit des Macreuses , et lorsqu'il
en est proche , il jette sur elles son
filet.
›
AVRIL. 1731.901
Mon dessein étoit d'en demeurer-là , er
de finir ma Lettre , qui n'est déja que trop
longue , d'autant plus que je ne vous dirai
rien davantage sur la Pêche , que l'on fait
tant en Egypte , que dans le Nil en particulier.
Mais j'ai fait refléxion que les Oiseaux
et les Monstres , qui sont comme propres
du Nil , et dont les Européens n'ont point
assez de connoissance , méritent bien que
je vous en fasse un article séparé ; vous
m'en sçaurez gré , et je juis surpris que
vous ne m'ayez pas vous-même interrogé
sur ce point. Cependant , pour ne vous
pas ennuyer par le récit de choses qui ne
sont peut- être pas de votre goût , ou du
moins que vous ne regardez que comme
de simples curiositez , ausquelles vous ne
prenez nul interrêt , je ne vous en ferai le
détail qu'en géneral et en peu
de mots.
L'on voit sur le Nil deux sortes d'Oiseaux
, et en si grand nombre , que cela
est surprenant. Les uns sont communs
et connus en Europe ; sçavoir , le Flaman
le Chevalier , le Courlis le Courlis à
bec recourbé en haut , le Heron , le Heron
à bec sans espatule , le Pelican , la
Gruë , la Beccassine , le Pluvier , le Be
chor , la Sarcelle , le Canard à tête verte
la Macreuse , le Cormoran , le Plongeon ;
plusieurs de ces Oiseaux , comme vous
>
**
و
Voyez
981 MERCURE DE FRANCE
voyez , sont bons à manger , et l'on devroit
ici aller à la chasse , et en tuer . Mais
les Egyptiens ne chassent point , et au
Caire les Paysans n'apportent que des Canards
et des Şarcelles qu'ils prennent au
lacet. Ils y sont fort adroits . Aussi les.
Marchez sont- ils pour l'ordinaire remplis
de ces deux sortes de Gibier. Ils prennent
de la même maniere le Pelican. Les autres
Oiseaux ont beau multiplier à l'infini , ils
n'en tuent ni n'en prennent point.
L'Ibis , FOye à plumage doré , la Poule
de ris , ou Poule de Diamette , le Saqsaq ,
connu autrefois sous le nom de Trochilus ,
sont ce que j'appelle proprement les Oiseaux
du Nil. Car s'il y en a autre part
par exemple , sur le Lac Manzalé , c'est
parce qu'ils y sont venus du Nil , et que
La communication qu'il y a de l'un à l'autre
, par le moyen des canaux , les y a at
tirez.
Je ne connois dans le Nil que les Hippopotames
et les Crocodiles qui puissent
êrre appellez Monstres Marins , et je ne
sçai ou certains faiseurs de Voyages ont
trouvé ces differens Monstres Marins
dont ils prétendent que le Nil est rempli .
Apparemment que c'étoit pour embellir
leurs Relations , et pour attendrir leurs
Lecteurs par le récit fabuleux des dangers
qu'ils ont courus.
Les
AVRIL. 1731. 983
>
Les Hippopotames , ou Chevaux Marins
sont très-communs dans la haute
Egypte , surtout vers les Cataractes. A
peine en paroît - il , soit aux environs du
Caire , soit dans toute la Basse Egypte .
Ces animaux ne vont jamais en troupe , et
rarement on en voit deux ensemble . Ils
sont si défians , et ils s'échappent avec tant
de vitesse de ceux qui les poursuivent ,
que personne ne songe à aller à cette chas
se , et ne tente d'en prendre , ni par adresse
, ni autrement. Ce n'est néanmoins pas
une chose impossible , puisque les Empereurs
Romains en ont fait paroître dans
les jeux séculaires qu'ils donnoient au
Peuple.
Il n'en est pas de même des Crocodiles.
On les prend de deux manieres. La premiere
est toute simple . On prend la fres
sure d'une Vache , ou d'un Bufle , ou de
quelqu'autre animal : au milieu de cet
appas , on met un croc , on l'attache ensuite
à une longue corde , dont un bout
est amaré à terre ; on jette dans le Nil l'autre
bout , auquel est attachée la fressure ;
comme elle flotte sur l'eau , le Crocrodile
se jette dessus , et gobe l'hameçon ; alors
le Pêcheur tire sa corde , amene le Crocodile
jusqu'au bord , ' où les Arabes qui
sont stilez à cela , l'assomment.
L'autre maniere est plus dangereuse
on
964 MERCURE DE FRANCE
on épie le Crocodile , lorsqu'il est à terre
, et qu'il dort étendu le long de quelque
butte de sable : un homme se coule
doucement derriere la butte , et dès qu'il
est à portée de l'animal , il lui darde sous
l'aisselle , ou sous le ventre , un épieu qui
est armé d'un crampon qui tient à une
longue corde. Le Crocodile blessé court se
plonger dans le Nil , et entraîne avec lui
l'épieu . Le Pêcheur le suit , se saisit de la
corde , la tire , et amene le Monstre Marin
sur le rivage , où il le tuë. La Pêche
du Marsoüin a quelque chose qui approche
de cette maniere de prendre le Crocodile.
La chair du Crocodile est blanche
grasse , et est un mets exquis quand l'animal
est jeune. Les Arabes du Saïd en sont
friands , et l'aiment avec passion.
Les femelles ne fond jamais leurs oeufs
que sur le sable , chose bien singuliere.
C'est que leurs petits ne sont pas si - tôt
éclos , qu'ils ont la force de courir à toutes
jambes vers le Nil . La mere n'a pas be
soin de les deffendre , et de prendre garde
qu'on ne les lui enleve .
Les Crocodiles croissent assez vîte , et
ils ont ordinairement 20 à 25. pieds de
Jong.
Je ne vous déciderai pas combien de
sems ils vivent ; je sçai que Plutarque ne
leur
AVRIL. 1731. 955
(
leur donne que 40 ans de vie ; mais d'un
autre côté , j'entens dire à nos Arabes qui
sont croyables en cela par
les connoissances
journalieres qu'ils en ont , qu'il y a
des Crocodiles qui vivent jusqu'à cent
ans. Je suis , & c.
sera en mon pouvoir de faire entierement
ce que vous desirez de moi. L'Egypte ,
dites- vous , a la Mer Méditerranée au
Nord , la Mer Rouge à l'Est ; elle est
coupée par le Nil ; elle a une infinité de
Lacs d'une étendue prodigieuse. Vous
avez lû dans plusieurs Auteurs qu'il y a
des Peuples entiers dans la Basse Égypte ,
qui ne vivent que de Poisson . Ainsi vous
ne doutez point que le Poisson ne soit
en Egypte en plus grande abondance
qu'en tout autre pays de la Terre ; sur
quoi vous me faites deux questions , sçavoir
, quel est le commerce de Poisson
que font les Egyptiens , tant en Egypte
que hors l'Egypte , et quelles sont les
denrées qu'ils en tirent des Pays Etrangers
; outre cela , quelles sont les especes
de Poissons que l'on pêche , soit dans le
Nil , soit dans les Lacs .
.
Le premier article m'est fort inconnu,
et un pareil détail ne convient gueres à
ma
AVRIL. 1731. 951
un Missionnaire , ni a un homme de ma
profession . Tout ce que j'ai pû faire , a
été d'interroger sur cela les plus fameux»
et les plus habiles Négocians du Grand-
Caire, et de quelques autres Villes d'Egypte.
Ce n'est donc que sur leur rapport que.
j'ai l'honneur de vous dire que ce sont uniquement
les Négocians de Damiette et de
Rosette , qui transportent sur les Côtes
de la Syrie , la Saline qui sort d'Egypte ;
et que ce sont les seuls Riverains des Lacs
de Manzalé , de Brulla et de la Beheiré
qui fournisent la Saline qui est transportée
hors du Royaume. Les Riverains des
autres Lacs ne vendent que du Poisson
frais qu'ils débitent sur les lieux.
Je conçois qu'une idée aussi generale
que celle là du Commerce que fait l'Egypte
du Poisson salé , ne vous donneroit
pas beaucoup de lumieres pour le
dessein que vous avez ; je vais donc m'étendre
plus au long sur certaines particu
laritez qui ont rapport à cela. Je les connois
par moi-même , et elles vous mettront
en partie au fait , ou du moins elles vous
seront de quelque utilité pour éclaircir
cette matiere. Je commence par les trois
Lacs dont on tire tout le Poisson que l'on
sale et que l'on fume ; au reste , ce que
je dirai de l'un , vous pourrez le
dire des autres , à proportion de leur
grandeur.
Fiij Le
952 MERCURE DE FRANCE
Le Lac de Brullos a 15. à 18. lieuës de
longueur , et 4. à 5. lieues de largeur. Il
est situé entre Damiette et Rosette.
Le Lac de Beheiré n'a tout au plus que
sept lieues de tour , et est situé entre Rosette
et Alexandrie.
Le Lac de Manzalé commence à l'Est,
à demie lieuë de Damiette , autrefois Thamiathis
, et finit au Château de Thiné ,
anciennement Peluse. Il a 22. lieuës de
long à l'Est-Ouest , et 5. à . lieuës de
large au Nord - Sud. Le fond en est boüeux
et plein d'herbes . Il n'y a que 4. pieds
d'eau ou environ , en quelque endroit
que ce soit , et il n'est séparé de la Mer
que par une langue de Sable , qui a tout
au plus une lieuë de large.
Cela n'empêche pas que ce Lac n'ait
communication avec la Mer.Il l'a au Nord
par trois Embouchures ; sçavoir , par celle
de Thimé , qui est la plus Orientale
nommée autrefois l'Embouchure du Nit
Pelusiaque , par Eummefurrege , autrefois
nommée la Tanitique ; et par Dibé
ou Pesquiere , autrefois Mendezić.
Outre cette communication avec la
Mer , le Nil tombe dans ce Lac par pluseurs
Canaux au Sud. C'est ce qui fait
pendant deux ou trois mois de l'année ,
c'est-à- dire pendant l'Automne , qui est
le tems de l'accroissement du Nil , les
<
eaux
AVRIL. 1731. 953
eaux du Lac Manzalé sont douces ; au
lieu que dans autres neuf mois de l'année
, elles sont salées et approchantes de
celles de la Mer ; ce qui n'est pas surprenant
, car alors les Canaux du Nil sont
à sec ou si peu remplis d'eau , qu'à peine
en coule t'il dans le Lac.
Tout le monde n'a pas droit de pêcher
ce droit est affermé , l'on compte 2000.
Pêcheurs. Chaque Pêcheur paye par an
soo Medins, c'est-à- dire près de 40 francs.
L'Aga du Lac tire cette somme , et en
rend compte au Pacha du Caire. Ce n'est
pas tout , le tiers de la pêche , tant fraîche
que salée , appartient au Fisc ou Trésor
Royal. L'on paye pour le reste cettains
droits de Doüanne ; de sorte que Ic
tout monte à 80. Bourses par an ; par
consequent le seul Lac Manzalé produir
par an 40000. écus au Grand Seigneur.
J'ai été surpris de voir là quantité de
Bateaux qui sont employez continuellement
à la Pêche sur le Lac Manzalé ; l'on
en compte jusqu'à mille. La verité est
que ces Bateaux sont peu de chose , ils
ont tout au plus quatre brasses de long
et une brasse de large. Ils sont plus plats
par dessous , et pointus par la Poupe et
par la Proie.
La maniere de pêcher est particuliere
et assez divertissante . Les Pêcheurs en-
F iiij tou954
MERCURE DE FRANCE.
entourent d'un Seine ou long Filet , des
enceintes de jonc qu'ils ont plantez dans
le Lac pour engager et retenir le Poisson.
Ces enceintes se nomment Gabez . Chaque
Pêcheur est proprietaire d'un ou plusieurs
de ces Gabez, Ce sont autant de divers
Domaines , dans lesquels tout autre que
le Proprietaire n'oseroit aller pêcher.
Quelquefois ils se contentent de pêcher
avec un Filet rond . Alors avant que de
se servir du filet , ils jettent dans l'eau ,
à dix pas d'eux , une corde longue de
deux brasses , qui a à un bout une grosse
pierre propre à aller au fond , et à l'autre
un morceau de bois qui surnâge ; ils
le couvrent ensuite de leur filet . Le Pois.
son qui s'est rassemblé vers la pierre comme
une proye qu'il cherche à devorer
se trouve pris dans le filet .
Vous remarquerez que le Lac Manzalé
est rempli de petites Ifles couvertes de Roseaux
, de Joncs et de broussailles . Or
c'est dans ces Illes que les Pêcheurs portent
leurs Pêches lorsqu'ils veulent habiller
, saler et boucanner le Poisson . Pour
le Poisson qu'ils veulent vendre frais , ils
le portent à Damiette ou aux Villes et
Villages qui sont aux environs du Lac ,
Ces Ifles dont je viens de vous parler vous
enchanteroient par la multitude d'oiseaux
differens , et d'une beauté surprenante
•
qui
AVRIL 1731. 955.
qui n'en sortent que pour voler d'une
ille à l'autre. Le Pelican , la Poule de Ris
la Macreuse , la Poule d'eau , l'Oye du
Nil , à plumes dorées , le Canard commun
, le Canard à tête verte , la Sarcelle,
l'Ibis noir , l'Ibis blanc et noi le Cormoran
gris blanc , le Cormoran blanc à
bec rouge, le Chevalier , le Plongeon , la
Grüe , entr'autres Oiseaux , y sont à
milliers..
*
و
Il y a un article dans notre Memoire
qui ne m'occupera pas beaucoup, et je n'ai
point à craindre de ne me pas expliquer
clairement : cet article concerne les vête→
mens des Pêcheurs. Ils sont tous et en tout
tems en simple Caleçon , et ont le reste du
corps absolument nud , ce que j'attribuë
à la chaleur du Climat , qui est excessive.
Il n'y a pas dans les Lacs de Manzalé
de Bulos , de Beheiré, une si grande quantité
de Poissons de differentes especes que,
vous pourriez vous l'imaginer. J'ai examiné
la chose de près , et j'ai fait sur cela
toutes les perquisitions possibles. Après,
bien des recherches , j'ai trouvé que tout
se réduisoit à 7. ou 8. sortes de Poissons ;
sçavoir , le Queiage , le Sourd , le Jamal
le Geran , le Nogt , le Karous , le Bouri
autrement le Muge , et le Dauphin .
Le Queiage , qui est , sans contredit , le
meilleur Poisson du Lac , est de la gros
Fy SCU
956 MERCURE DE FRANCE .
seur d'une Alose , et est verd sous le mu
seau. Le Sourd et le Jamal , sont beaucoup
plus gros que le Queiage , et sont d'excellents
Poissons. Le Geran , le Karous , et le
Nogt , qui a cela de particulier , qu'il est
picoté , peuvent passer pour de bons Poissons
, ayant ce gout exquis et fin que donnent
naturellement les eaux du Lac Manzalé
à tout le Poisson qu'on y pêche . Les
Dauphins sont des Poissons si communs
et si connus , que si je vous en parle , c'est
parce qu'il y en a une si grande abondance,
qu'on pourroit bien dire qu'ils y fourmillent
, sur tout vers les Embouchures
qui communiquent à la Mer. Le Bouri
neanmoins est encore en plus grand nom
bre que le Dauphin . C'est le Poisson dominant
du Lac , et la quantité en est si
prodigieuse qu'on a peine à le croire.
On sale le Bouri , tant mâle que femelle,
et on le fait secher ou au Soleil ou à la fumée
, avec cette difference qu'on vend
quelquefois du Bouri mâle frais ; mais jamais
du Bouri femelle , parce qu'aussi-tôt
qu'on a pêché on en leve la boutargue ;
ainsi il n'est plus temps de l'exposer cn
vente , et on est obligé de le saler .
1
On sale aussi le Queiage. Ce sont donc
là les deux sortes de Poissons dont les
Egyptiens font proprement leur commerce
de Poisson salé, aussi bien que de la boutargue
AVRIL 1731. 957
targue. Ils portent l'un et l'autre dans la
Syrie , en Chypre , à Constantinople , et
ils en fournissent toute l'Egypte en st
grande abondance , que des Marchands
Européens qui voudroient apporter iei du
Thon , de l'Esturgeon , ou autre Poisson
salé , pourroient s'assurer qu'ils n'en auroient
pas le débit.
Je ne connois en Egypte de Poisson
salé , apporté des Pays Etrangers , que la
Caviar , qui vient de la Mer Noire. On
le vend aux Négocians de Damiette et
de Rosette , en argent comptant et non
pas en échange.
Vous concevez par là qu'ils entendent
fort peu le commerce et qu'ils n'en tirent
pas un grand profit. En effet je ne
scache pas qu'ils apportent d'autres Mar
chandises de Chipre que du Carrouge
du Lodanum er du vin ; de Syrie , du
Coton et du Tabac ; de l'Archipel , des
Eponges. Mais par la Mer Rouge , les
autres Négocians ant de l'Encens , du
Caffé et des Etoffes des Indes.
Il ne tiendroit qu'à eux de faire par la
même Mer un grand commerce de Perles,
et souvent on le leur a proposé . Cela n'est
pas de leur goût , et s'ils en font venir
e'est en petite quantité , et ce n'est même
que de la semence de Perles . Quand les
Européens apportent de l'Ambre jaune et
2
F vj du
958 MERCURE DE FRANCE
du Corail , ils n'achetent ces Marchandi
ses que pour les porter au Caire , er de- là
dans l'lemen et en Ethiopie. En un mot
il seroit très- difficile de marquer de quelle
sorte de Marchandises nos Négocians
pourroient faire quelque commerce considerable
avec les Egyptiens , surtout avec
ceux de Damiette er de Rosette. Leur vie
frugale et leur. éloignement de tout luxe ,
font qu'ils n'ont besoin de rien ..
Voilà ce qui regarde le Poisson salé dont
Egypte fait un commerce réglé,
J
J
et Le Poisson frais est très - commun
ceux qui demeurent aux environs des
Lacs , en font leur nourriture ordinaire..
La chaleur du climat est cause qu'on ne
peut le transporter , comme on fait en
France aux Villes un peu éloignées . I
seroit gâté et puant avant que d'arriver.
Le Caire , par exemple , qui est une si
belle Ville , si marchande et si peuplée ,
ne tire aucun secours de tant de Pêches
que l'on fait dans les Lacs de Manzalé , de
Brullos , de Beheiré , de la Marest , de la
Corne , Maris , Cheib , et dans les deix
Mers , la Mer Rouge , et la Méditerannée.
Les habitans de cette grande Ville
par la même raison ne voyent jamais de
Marée , et ils ne mangent jamais de Poissons
frais que celui qu'on pêche dans le
Nils , par conséquent , que d'un Poisson
.
€
་
د
qui
AVRIL. 1731. 952
qui , en géneral n'est ni de bon goût , ni
d'une bonne qualité. Le Nil a dans son
lit beaucoup de limon : les Poissons s'en
nourrissent et en conservent l'odeur ; entr'autres
le Bolti , qui est une espece de
Carpe , le Bouri , le Bayad , le Chalbé , la
Ray , le Chilon , le Lebis , Alose , qui
sont les principaux Poissons du Nil , en
sont si infectez , que tout autre que la
peuple du Caire , n'en mangeroit pas.
$
•
Les riches du Caire ont de quoi se consoler
le Nil leur fournit quatre especes
de Poissons d'un goût exquis , d'une bonté
si grande , que les Egyptiens , anciennement
leur ont élevé des Temples , et
ont bâti des Villes de leur nom . Ces
qua
tre especes sont , la Variole , le Quechoué
le Bunni et la Quarmoud.
La Variole , que les Arabes nomment
Quecher , ou Latés , est d'une grosseur.
prodigieuse , et pese jusqu'à 100. et 200 .
livres. Vous la connoîtrez micux sous le
nom de DATO E dont les Auteurs font
si souvent mention .
Le Quechoué est de la grandeur d'uns
Alose , et a un museau fort pointu . C'est
POxirinchus des Anciens..
Le Bunni est assez gros , et j'en ai vû de
20 et 30 livres pesant. On ne peut s'y
méprendre , et on connoît à sa figure
qu'il est le Lepidorus , si vanté par les An
ciens Egyptiens.
25
960 MERCURE DE FRANCE
Le Quarmoud , connu dans les Auteurs
sous le nom de PHAYOB , est noir , et
un des Poissons les plus voraces qu'il y
ait , on en trouve d'aussi gros et d'aussi
pesans que le Bunni.
Deux choses augmentent fort l'avantage
que les habitans du Caire tirent de
cette pêche. La premiere est , que ce ne
sont point là de ces Poissons passagers que
F'on n'a qu'en certain temps : pendant le
cours de l'année on en trouve en abondance
dans le Nil. La seconde est , que la
Pêche en est facile. Quelque gros que soir
le Quecher et le Bunni , on les prend avec
un simple filer , et tendu de la même ma
niere que l'on fait en France.
Il ne tiendroit qu'aux Egyptiens de faire
une autre sorte de profit , que nous ne
négligerons assurément pas ; sçavoir , de
prendre des Oiseaux de Mer , et de Rivie
re , comme sont les Macreuses , les Plongeons
, et autres semblables animaux
dont le Nil est souvent couvert. Mais les
Pêcheurs , tant du Nil que des Lacs - Manzalé
et de Brullos s'attachent uniquement
à prendre des Macreuses. Pour cela , le
Pêcheur , pendant la nuit se met dans
F'eau jusqu'au col , ayant la tête couverte
d'un bonnet noir ; il s'approche doucement
et sans bruit des Macreuses , et lorsqu'il
en est proche , il jette sur elles son
filet.
›
AVRIL. 1731.901
Mon dessein étoit d'en demeurer-là , er
de finir ma Lettre , qui n'est déja que trop
longue , d'autant plus que je ne vous dirai
rien davantage sur la Pêche , que l'on fait
tant en Egypte , que dans le Nil en particulier.
Mais j'ai fait refléxion que les Oiseaux
et les Monstres , qui sont comme propres
du Nil , et dont les Européens n'ont point
assez de connoissance , méritent bien que
je vous en fasse un article séparé ; vous
m'en sçaurez gré , et je juis surpris que
vous ne m'ayez pas vous-même interrogé
sur ce point. Cependant , pour ne vous
pas ennuyer par le récit de choses qui ne
sont peut- être pas de votre goût , ou du
moins que vous ne regardez que comme
de simples curiositez , ausquelles vous ne
prenez nul interrêt , je ne vous en ferai le
détail qu'en géneral et en peu
de mots.
L'on voit sur le Nil deux sortes d'Oiseaux
, et en si grand nombre , que cela
est surprenant. Les uns sont communs
et connus en Europe ; sçavoir , le Flaman
le Chevalier , le Courlis le Courlis à
bec recourbé en haut , le Heron , le Heron
à bec sans espatule , le Pelican , la
Gruë , la Beccassine , le Pluvier , le Be
chor , la Sarcelle , le Canard à tête verte
la Macreuse , le Cormoran , le Plongeon ;
plusieurs de ces Oiseaux , comme vous
>
**
و
Voyez
981 MERCURE DE FRANCE
voyez , sont bons à manger , et l'on devroit
ici aller à la chasse , et en tuer . Mais
les Egyptiens ne chassent point , et au
Caire les Paysans n'apportent que des Canards
et des Şarcelles qu'ils prennent au
lacet. Ils y sont fort adroits . Aussi les.
Marchez sont- ils pour l'ordinaire remplis
de ces deux sortes de Gibier. Ils prennent
de la même maniere le Pelican. Les autres
Oiseaux ont beau multiplier à l'infini , ils
n'en tuent ni n'en prennent point.
L'Ibis , FOye à plumage doré , la Poule
de ris , ou Poule de Diamette , le Saqsaq ,
connu autrefois sous le nom de Trochilus ,
sont ce que j'appelle proprement les Oiseaux
du Nil. Car s'il y en a autre part
par exemple , sur le Lac Manzalé , c'est
parce qu'ils y sont venus du Nil , et que
La communication qu'il y a de l'un à l'autre
, par le moyen des canaux , les y a at
tirez.
Je ne connois dans le Nil que les Hippopotames
et les Crocodiles qui puissent
êrre appellez Monstres Marins , et je ne
sçai ou certains faiseurs de Voyages ont
trouvé ces differens Monstres Marins
dont ils prétendent que le Nil est rempli .
Apparemment que c'étoit pour embellir
leurs Relations , et pour attendrir leurs
Lecteurs par le récit fabuleux des dangers
qu'ils ont courus.
Les
AVRIL. 1731. 983
>
Les Hippopotames , ou Chevaux Marins
sont très-communs dans la haute
Egypte , surtout vers les Cataractes. A
peine en paroît - il , soit aux environs du
Caire , soit dans toute la Basse Egypte .
Ces animaux ne vont jamais en troupe , et
rarement on en voit deux ensemble . Ils
sont si défians , et ils s'échappent avec tant
de vitesse de ceux qui les poursuivent ,
que personne ne songe à aller à cette chas
se , et ne tente d'en prendre , ni par adresse
, ni autrement. Ce n'est néanmoins pas
une chose impossible , puisque les Empereurs
Romains en ont fait paroître dans
les jeux séculaires qu'ils donnoient au
Peuple.
Il n'en est pas de même des Crocodiles.
On les prend de deux manieres. La premiere
est toute simple . On prend la fres
sure d'une Vache , ou d'un Bufle , ou de
quelqu'autre animal : au milieu de cet
appas , on met un croc , on l'attache ensuite
à une longue corde , dont un bout
est amaré à terre ; on jette dans le Nil l'autre
bout , auquel est attachée la fressure ;
comme elle flotte sur l'eau , le Crocrodile
se jette dessus , et gobe l'hameçon ; alors
le Pêcheur tire sa corde , amene le Crocodile
jusqu'au bord , ' où les Arabes qui
sont stilez à cela , l'assomment.
L'autre maniere est plus dangereuse
on
964 MERCURE DE FRANCE
on épie le Crocodile , lorsqu'il est à terre
, et qu'il dort étendu le long de quelque
butte de sable : un homme se coule
doucement derriere la butte , et dès qu'il
est à portée de l'animal , il lui darde sous
l'aisselle , ou sous le ventre , un épieu qui
est armé d'un crampon qui tient à une
longue corde. Le Crocodile blessé court se
plonger dans le Nil , et entraîne avec lui
l'épieu . Le Pêcheur le suit , se saisit de la
corde , la tire , et amene le Monstre Marin
sur le rivage , où il le tuë. La Pêche
du Marsoüin a quelque chose qui approche
de cette maniere de prendre le Crocodile.
La chair du Crocodile est blanche
grasse , et est un mets exquis quand l'animal
est jeune. Les Arabes du Saïd en sont
friands , et l'aiment avec passion.
Les femelles ne fond jamais leurs oeufs
que sur le sable , chose bien singuliere.
C'est que leurs petits ne sont pas si - tôt
éclos , qu'ils ont la force de courir à toutes
jambes vers le Nil . La mere n'a pas be
soin de les deffendre , et de prendre garde
qu'on ne les lui enleve .
Les Crocodiles croissent assez vîte , et
ils ont ordinairement 20 à 25. pieds de
Jong.
Je ne vous déciderai pas combien de
sems ils vivent ; je sçai que Plutarque ne
leur
AVRIL. 1731. 955
(
leur donne que 40 ans de vie ; mais d'un
autre côté , j'entens dire à nos Arabes qui
sont croyables en cela par
les connoissances
journalieres qu'ils en ont , qu'il y a
des Crocodiles qui vivent jusqu'à cent
ans. Je suis , & c.
Fermer
Résumé : LETTRE du R. P. Sicard, Jesuite, sur les differentes Pêches qui se font en Egypte.
Le texte traite du commerce du poisson en Égypte, en se basant sur des informations recueillies par un missionnaire auprès de négociants locaux. Les négociants de Damiette et de Rosette transportent la saline d'Égypte vers les côtes de Syrie. Les riverains des lacs de Manzalé, de Brulla et de Beheiré fournissent cette saline exportée, tandis que d'autres lacs fournissent du poisson frais localement. L'auteur décrit trois principaux lacs égyptiens : Brullos, Beheiré et Manzalé. Ce dernier, situé entre Damiette et le château de Thiné, communique avec la mer par trois embouchures et reçoit les eaux du Nil par plusieurs canaux. La pêche sur le lac de Manzalé est réglementée, avec 2000 pêcheurs payant des droits au fisc. Le tiers de la pêche appartient au trésor royal, et les droits de douane ajoutent à cette somme. Les techniques de pêche incluent l'utilisation de filets et d'enceintes de joncs appelés Gabez, ainsi que des filets ronds avec des appâts. Le lac est riche en oiseaux et en poissons, notamment le Queiage, le Sourd, le Jamal, le Geran, le Nogt, le Karous, le Bouri et le Dauphin. Le Bouri est le poisson le plus abondant et est souvent salé ou fumé. Le commerce du poisson salé en Égypte se fait principalement avec la Syrie, Chypre et Constantinople. Les négociants européens ne trouvent pas de débouchés pour leur poisson salé en Égypte, et les importations de poisson salé des pays étrangers sont limitées au caviar de la Mer Noire. Les négociants égyptiens importent également divers produits comme le carouge, le lodanum, du vin, du coton, du tabac, des éponges, de l'encens, du café et des étoffes des Indes. Le poisson frais est abondant près des lacs mais ne peut être transporté vers des villes éloignées comme Le Caire en raison de la chaleur. Le Caire dépend du poisson du Nil, souvent de mauvaise qualité. Les riches du Caire consomment quatre espèces de poissons de qualité supérieure : la Variole, le Quechoué, le Bunni et le Quarmoud, qui sont abondants et faciles à pêcher tout au long de l'année. Le texte mentionne également la pêche et les animaux du Nil. Les pêcheurs du Nil et des lacs Manzalé et Brullos capturent des macreuses en utilisant des filets la nuit. Le Nil abrite divers oiseaux, certains communs en Europe comme le flamant, le héron et le canard, tandis que d'autres, comme l'ibis et la poule de ris, sont spécifiques au Nil. Les Égyptiens ne chassent pas ces oiseaux, sauf les canards et les sarcelles qu'ils capturent au lacet. Les monstres marins mentionnés sont les hippopotames et les crocodiles. Les hippopotames sont rares en Basse-Égypte et difficiles à chasser. Les crocodiles sont capturés par appât ou harponnés lorsqu'ils dorment sur le sable. Leur chair est considérée comme un mets délicat. Les crocodiles pondent leurs œufs sur le sable, et leurs petits courent vers le Nil dès leur éclosion. Leur espérance de vie est incertaine, allant de 40 à 100 ans selon les sources.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9567
p. 339-369
Suite des Nouvelles d'Espagne.
Début :
Les Ennemis en abandonnant Tolede pour prendre la route d'Arragon, [...]
Mots clefs :
Ennemis, Roi, Général, Vendôme, Armée, Troupes, Cavalerie, Infanterie, Bataille, Canon, Dragons, Guadalajara, Reine, Guerre, Prisonniers, Brihuega, Général Stanhope, Staremberg, Gérone
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles d'Espagne.
Suite des Nouvelles
d'Espagne.
Les Ennemis en abandonnant
Tolede pour prendre
la route d'Arragon
, ont
divisé leur Armée en differensCorps,
observant toujours
de les mettre à une
distancc qui ne leur ostast
pas les moyens de s'entresecouririles
uns les autres,
en casque quelqu'un fust
attaqué. Ils croyoient qu'-
ils pourroient estre harcelez
par quelques détachefmens
; mais ils ne com- eroienc pas que l'on pust
faire des démarches allez
promptes pour les attaquer
avec toute l'Armée.
Le Roy d'Espagne pour
leur ôter le soupçon qu'on
pust les suivre, estoit allé
exprés avec Monsieur de
Vendosme à Madrid pendant
que les Troupes, par
differens Corps, déroboient
aux Ennemis desmarches
précipitées.SaMajesté Catholique,
avant de partir
ordonna au Détachement 1
detous lesGrenadiers de I
Itil'Armée
&de cent hommes
choisis par Bataillon avec
trente- deux Escadrons de
Cavalerie & de Dragons de
marcher le plus legerement
qu'ils pourroient pour tâ.
cher de joindre les Ennemis.
Mr de Vallejo reçut
ordre de les attaquer par
tout où il les trouveroit
avec douze cens Maistres
qu'il commandoit, afin de
les arrester.
Apres ces précautions.
le Roy & Vendosme arrivèrent
le 7. Décembre à
Alcala, où ils apprirens
qu'il y avoit à une lieuë de
là un Régiment des Ennemis.
Sa Majestéordonna à
Don Feliciano de Bracamonte
d'y marcher avec sa
Brigade. Il fit tant de diligence
qu'il surprit ce Regiment
& le fit prisonnier.
LETTRE
De sa Adajefté Catholique
à la Reine.
Du Camp de Brihuega,
le 9 Décembre.
Je vous dépêche un Courrier
pour vous apprendre une
nouvelle aussi agréablequ'importante.
Mous menons défaire
huit Bataillons & huit Escadrons
prisonniers de guerre.
Nous avons fait donner l'af
faut après midi à Brihuega , aprèsl'avoir battu toute 1,4
matinée avec notre Canon.
LesBrèches étoientfort petites
&les Ennemis avoient retranchemens
sur retranchemens.
L'affaire a esléfort disputée&
a duré plus de deux heures;
mais enfin nos Troupes étant
entrées dans la Ville de maison
en maison
, 0* les Ennemis
s'étant retirez dans un retranchement
qu'ils avoient fait
dans la Place, ont battu la
Chamade. Il n'y a eu aucune
contestation au sujet de la Ca.
pitulation, puifqu'ils ont proposéd'obordqu'on
les reçutprisonniers
de guerre, ce qui leur
a esteaccordé. Tous les Officiers
Generaux Anglois sont du
nombre des Prisonniers. Ce
font Stanhope, Wills &Carpenter.
De notre côté le Marquis
deThouy a esté blesséà la
main ; de celui des EnnemÙ,
Carpenter est bllJé. L'action
a estéfort chaude, (y notre In.
fanterie a hit'# séparécequ'elle
fit à laBataille de Sarragosse ,
en faisant des merveilles aujourd'hui.
Des huit Bataillons
ily en a sept Anglais & un
Portugais, mais à la solde de
la Reine Anne, Les huit Ef.
cadrons consistent en trois Pe.
ymens de Dragons & un de
Cavalerie, tousAnglois;c'etoientles
meilleure, Troupes des
Ennemis,
Je joins à cette bonne nouvelle,
la prise que fit hier Braamonte,
d'un Bataillon Allemand.
Le Comte de Suremberg
sefl avancé aujourd'hui avec
plus de quatre mille hommes à
deux lieuësd'icy ,suivant les
avisquej'en ay eu, apparemmentpoursecourir
Stanhope.
Le Roy d'Espagne estanc
parti le 8 au marin de Guadalaxara
avec toute Ca Cava-
-
lerie pour donner sur l'arriere-
garde des Ennemis,
il eut avis que le General
Stanhopeestoit dans Brihuega
; il marcha droit à
lui1
pourl'attaquer,mais voyant
qu'il s'y estoit retranché de
maniere à se bien deffendre,
il fit invertirlaVille sur tout
du côcé de la Rivière par ou
il jugeoit qu'il pourroit se
retirer à la faveur de la nuit.
La Ville de Brihuega située
à six lieuës de Guadalaxara,
efl: fermée d'une muraille
fort haute, fort épaisse &
revêtue d'une Terrasse en
quelques endroits, avec des
Tours antiques & un alîez
~on Château. Apres avoir
tiré quelques coups de ca-
- ~on on somma les Ennemis
le se rendre,& surle refus
qu'ils en firent on dressa pen-
~ant la nuit de nouvelles bateries
qui commencerent à
tirer le9 au matin & firent
une bréche qui devint inutile
à cause des Terrasses,
Mais Monsieur de Vendome
ayant remarqué plusieurs
maisons attachéesàl'enceinte
des murailles en dehors,
lesfit occuper pour attacher
par là le Mineur &faire une
Brèche pratiquable de ce côté
là. Quand tout sur disposé,
Sa Majesté fitfaire deux
attaques & donna ordre
pour soûtenir la gauche, qui
estoit la veritable. Enfin on
donna l'assaut; l'action fut
long-temps disputée, & les
notres se voyant arrêtez par
le grand nombre & par des
retranchemens qu'ils trouvoient
dans les ruës de 20
en 20 pas, se retrancherent
de leur coté sur la Brèche
pour y attendre du renfort.
Peu de temps après Monsieur
le Duc de Vendosme
y mena quelques Bataillons
qui s'étant jointà eux,pousserentles
Ennemis en garnant:
toujoursle Terrain
le maisonen maison & do
etranchement en rctranchement,
en quoy ilsfurent
aidez par les habitans qui
démolissoient leurs propres
maisons pour assommer les
Ennemis à coups de pierres;
ils penetrent enfin jusqu'au
centre de laVille, pendant
que d'autres Troupes commandées
à l'attaque de la
droite, faisoient diversion;
ce qui obligea les Ennemis
à battre la Chamade & à
capituler. Ils répugnoient
à sedésarmer dès le foir &
à livrer' une des Portes du
Château, maisonles y obligea
sur l'avis que Sa Majesté
eut que le General Sta~
remberg s'avançoit pour les
ecourir. MrdeZuniga fut
chargé du foin de faire
xecuter la Capitulation,
pendant que le Roy & Mr
le Vendôme se disposoient
aller combattre Mr de
taremberg.
D'autres Lettres portent
~ue Mrde Bracamontedé-
~ché par le Roy, cmpêcha
le General Starcm-
~erg de rompre le Pont de
Guadalaxara,ce qui facilitapassage
de l'Armée pour
~atcher à Brihuega.
Un Lieutenant general
& deux Lieutenans Colonels
vinrent capituler. Ils
consentirent d'abord àestre
Prisonniers de guerre. On
accorda aux principaux Officiers,
leurs chevaux & bagages,
à l'exception des Vases
sacrez
, en cas qu'ils'en
trouvast.
; Pendant laCapitulation,
on entendit plusieurs coups
de canon ; c'estoit le signal
de l'Armée ennemie, pour
avertir le General Stanhope
qu'onvenoitlesecourir.
Le 10. au matin le Roy
fut avertique les Ennemis
paroissoient sur la hauteur
de Villa-viciosa, où Monsieur
de Vendosme avoit
posté dès le soir toute la Cavalerie
, ayant prévu que
Mr de Staremberg hafarderoit
le tout pour le tout.
On rangea l'Armée en baaille,
la droite appuyée à
un grand ravin, & la gauhe
à un petit Bois d'Oliiers
où les Ennemis ne pû-
~ent pasallonger leur droite
pour donner une étendue à
~ur gauche qu'ils connucnt
que nous débordions
considerablement par nôtre
droite. Nous avions dans;
nôtre centre un terrain desavantageux
par quantité de
ravins & de petites murailles
de terre séche de la hauteur
de deux pieds & demi.
Nostre droite de Cavalerie
estoit commandée par Mr
le Marquis de Val deCanas;
nostre gauche par Mr le
Comte d'Aguilar,& nostre
centre d'Infanterie par
Mr le Comte de las Torrés,
au deffaut de Mr le
Marquis de Thouy qui avoit
estéblessé la veille à la main
& au pied, & qui ne laissa
pas,malgré toutes les remontrances
qu'on luy faisoit,
de combattre à la te-fte
d'un Escadron ; les Ennemis
à la portée du canon en
mirent vingt pieces en batterie
avec deux mortiers:
le nostre costé nous en mimes
22.pieces. Sur les deux
~eures la canonnade commençant
de part & d'au-
~e,le Roy passa à la droite,
ontre laquelle jcs Ennemis
voient dressé une batterie
leneufpieces, qui faifoienc
~un
feu très-vif.Monsieur
de Vendosme passa à la gauche
& dés qu'il fut arrivé
l'Armée marcha. Nostre
droite que le Roy conduisoit
passa un grand ravin,
& se reforma en presence
de l'Ennemi du costé de
Villa viciosa, qui a donné le
nom à cette Bataille. Monsieur
de Vendosme estantà
la gauche envoya ordre à
Mr Mahoni, qui commandoit
le Corps de Dragons
de marcher au grand
trot, & de gagner les derrieres
des Ennemis pour faciliter
la jonction de Mr de
Bracamonté,qui arriva avec
mille chevaux précisément
à l'heure qui luy avoit esté
prescrite dans le temps que
les deux Armées estoient aux
mains. Cette précaution
nous donna le moyen de gagner
les derrieres de leur Infanterie
, où la Cavalerie de
nostre droite avoir penetré ,
en renversant l'aîle gauche
quîluyestoitopposée. Cette
Infanterie ainsi enveloppée
,fitd esefforts de valeur
si étonnans qu'elle gagna
même duterrain sur la nôtre,
ce qui a fait dire dans
quelques Lettres, qu'elle
avoit plié d'abord. Mais enfin
les Gardes Walonnes &
Espagnoles percerent les
deux Lignes & la Reserve
des Ennemis,& renversérent
un gros Bataillon quarré
au milieu duquel estoit
Mr de Staremberg. Les
Gardes du Roy avec le Regiment
de a Reine commandé
par' Mrle Marquis
de Reaucour, penetrerent
deux fois le centre des Ennemis
,& il ne se seroit pas
fauvé un homme sans la
nuit quisavorisa la retraite
d'une partie decette Infanterie
qui se retira avec preci
pitation du cofté de Siguença.
Il nous est resté avec le
Champ de Bataille, vingt
piéces de canon,deux Mortiers
, tous les équipages
d'Artillerieavecquantitéde
chariots longs,attelezchacun
de huit Mulets;ceschariots
sont nommez Galleres
par les Espagnols. Parmi les
Bagages, il s'esttrouvé environ
huit millefusils. Mr
Mahoni a pris d'un autre
:osié sept cens Mulets chargez
, & les Troupes fefonr
enrichies du butin que les
ennemis avoient pillé dans
la Castille. On Soldat courut
porter à Monsieur de
Vendoime, un Ecendart qu'-
il avoit pris, & refusa l'argent
que ce Prince vouloit
luy donner;illuy dit en luy
montrant une bourse pleine
d'or,voila ce que l'ongagne en
combattant pourson Roy.
Il est demeuré plus de
quatre mille hommes sur le
Champ de Bataille, & on a
fait trois mille prifonniersy,
parmi lesquels font Mr de 1
Belcastel,
Belcastel, Commandant les
Troupes deHollande, Mr
leS.Amant,Lieutenants
Generaux,&un grand nom. -
ne d'autres Omciers.; outre
leux mille trois cens autres
risonniers
,
presque tous
Cavaliers, qui ont esté pris
ar Mr de Vallejo le lendemain
de la Bataille. En forque
decestrois journées,
ous avons neuf mille prionnierseffectifs.
Il y a quanté
de-Drapeaux , d'Etenarts
, & de Timbales;on
en sçait pas le nombre,
arcequ'on en apportoit encore
lois que.Mr deZuniga
est parti pour apposer
ce détail au Roy. Loçfcjtjc
sa Majesté Cajthpliqwe l'a
dépesché,on ne f<jqvjûiitpa$
non plus au juste, latv>r#:
bre desmorts & des blessez
, tant ducoftp.âe.$cru>crnief
que cJecelVy;cUs££psrt
gnoltyquiQaripcfrdftfàsn
PedrodeRonquillo,-.tué
danslaBataille,&Mr le
ComtedûRucetoondetle
premier MiréchaldcGar$>p,
& le dernier Brigadier, mort
des blesures qu'il avoit re-t
çuës la veille àla prise do &nht~ ';,
Mt Maboni poursuivoit
vivement le General
Staremberg
; on assurequ'-
ill'avoitatteint, &fait sommerdeserendre;
onattend
unCourrier pour estre éclaircidelafin
de cette grande
affaire.
* On aprend qu'onapris
encore autres deux mille
hommes aprés la déroute.
•.
Extrait d',une Lettre de
devant Gironne.
Mr le Duc de Noailles
alla camper le 14. à Cervia
& le 15. on a investi Gironne
; tous les Miquclets&
Sommetans des Ennemis,
voulant disputerun costé de
la Montagne, ont esté repoussez
& défaits par Mr de
Planque.
On vient d'apprendre depuis
cette Lettre que la tranchée
est ouverte devant Gironne
,& que Mr le Duc de
Noailles est parti avec une
bonne partie de sa Cavalc
d'Espagne.
Les Ennemis en abandonnant
Tolede pour prendre
la route d'Arragon
, ont
divisé leur Armée en differensCorps,
observant toujours
de les mettre à une
distancc qui ne leur ostast
pas les moyens de s'entresecouririles
uns les autres,
en casque quelqu'un fust
attaqué. Ils croyoient qu'-
ils pourroient estre harcelez
par quelques détachefmens
; mais ils ne com- eroienc pas que l'on pust
faire des démarches allez
promptes pour les attaquer
avec toute l'Armée.
Le Roy d'Espagne pour
leur ôter le soupçon qu'on
pust les suivre, estoit allé
exprés avec Monsieur de
Vendosme à Madrid pendant
que les Troupes, par
differens Corps, déroboient
aux Ennemis desmarches
précipitées.SaMajesté Catholique,
avant de partir
ordonna au Détachement 1
detous lesGrenadiers de I
Itil'Armée
&de cent hommes
choisis par Bataillon avec
trente- deux Escadrons de
Cavalerie & de Dragons de
marcher le plus legerement
qu'ils pourroient pour tâ.
cher de joindre les Ennemis.
Mr de Vallejo reçut
ordre de les attaquer par
tout où il les trouveroit
avec douze cens Maistres
qu'il commandoit, afin de
les arrester.
Apres ces précautions.
le Roy & Vendosme arrivèrent
le 7. Décembre à
Alcala, où ils apprirens
qu'il y avoit à une lieuë de
là un Régiment des Ennemis.
Sa Majestéordonna à
Don Feliciano de Bracamonte
d'y marcher avec sa
Brigade. Il fit tant de diligence
qu'il surprit ce Regiment
& le fit prisonnier.
LETTRE
De sa Adajefté Catholique
à la Reine.
Du Camp de Brihuega,
le 9 Décembre.
Je vous dépêche un Courrier
pour vous apprendre une
nouvelle aussi agréablequ'importante.
Mous menons défaire
huit Bataillons & huit Escadrons
prisonniers de guerre.
Nous avons fait donner l'af
faut après midi à Brihuega , aprèsl'avoir battu toute 1,4
matinée avec notre Canon.
LesBrèches étoientfort petites
&les Ennemis avoient retranchemens
sur retranchemens.
L'affaire a esléfort disputée&
a duré plus de deux heures;
mais enfin nos Troupes étant
entrées dans la Ville de maison
en maison
, 0* les Ennemis
s'étant retirez dans un retranchement
qu'ils avoient fait
dans la Place, ont battu la
Chamade. Il n'y a eu aucune
contestation au sujet de la Ca.
pitulation, puifqu'ils ont proposéd'obordqu'on
les reçutprisonniers
de guerre, ce qui leur
a esteaccordé. Tous les Officiers
Generaux Anglois sont du
nombre des Prisonniers. Ce
font Stanhope, Wills &Carpenter.
De notre côté le Marquis
deThouy a esté blesséà la
main ; de celui des EnnemÙ,
Carpenter est bllJé. L'action
a estéfort chaude, (y notre In.
fanterie a hit'# séparécequ'elle
fit à laBataille de Sarragosse ,
en faisant des merveilles aujourd'hui.
Des huit Bataillons
ily en a sept Anglais & un
Portugais, mais à la solde de
la Reine Anne, Les huit Ef.
cadrons consistent en trois Pe.
ymens de Dragons & un de
Cavalerie, tousAnglois;c'etoientles
meilleure, Troupes des
Ennemis,
Je joins à cette bonne nouvelle,
la prise que fit hier Braamonte,
d'un Bataillon Allemand.
Le Comte de Suremberg
sefl avancé aujourd'hui avec
plus de quatre mille hommes à
deux lieuësd'icy ,suivant les
avisquej'en ay eu, apparemmentpoursecourir
Stanhope.
Le Roy d'Espagne estanc
parti le 8 au marin de Guadalaxara
avec toute Ca Cava-
-
lerie pour donner sur l'arriere-
garde des Ennemis,
il eut avis que le General
Stanhopeestoit dans Brihuega
; il marcha droit à
lui1
pourl'attaquer,mais voyant
qu'il s'y estoit retranché de
maniere à se bien deffendre,
il fit invertirlaVille sur tout
du côcé de la Rivière par ou
il jugeoit qu'il pourroit se
retirer à la faveur de la nuit.
La Ville de Brihuega située
à six lieuës de Guadalaxara,
efl: fermée d'une muraille
fort haute, fort épaisse &
revêtue d'une Terrasse en
quelques endroits, avec des
Tours antiques & un alîez
~on Château. Apres avoir
tiré quelques coups de ca-
- ~on on somma les Ennemis
le se rendre,& surle refus
qu'ils en firent on dressa pen-
~ant la nuit de nouvelles bateries
qui commencerent à
tirer le9 au matin & firent
une bréche qui devint inutile
à cause des Terrasses,
Mais Monsieur de Vendome
ayant remarqué plusieurs
maisons attachéesàl'enceinte
des murailles en dehors,
lesfit occuper pour attacher
par là le Mineur &faire une
Brèche pratiquable de ce côté
là. Quand tout sur disposé,
Sa Majesté fitfaire deux
attaques & donna ordre
pour soûtenir la gauche, qui
estoit la veritable. Enfin on
donna l'assaut; l'action fut
long-temps disputée, & les
notres se voyant arrêtez par
le grand nombre & par des
retranchemens qu'ils trouvoient
dans les ruës de 20
en 20 pas, se retrancherent
de leur coté sur la Brèche
pour y attendre du renfort.
Peu de temps après Monsieur
le Duc de Vendosme
y mena quelques Bataillons
qui s'étant jointà eux,pousserentles
Ennemis en garnant:
toujoursle Terrain
le maisonen maison & do
etranchement en rctranchement,
en quoy ilsfurent
aidez par les habitans qui
démolissoient leurs propres
maisons pour assommer les
Ennemis à coups de pierres;
ils penetrent enfin jusqu'au
centre de laVille, pendant
que d'autres Troupes commandées
à l'attaque de la
droite, faisoient diversion;
ce qui obligea les Ennemis
à battre la Chamade & à
capituler. Ils répugnoient
à sedésarmer dès le foir &
à livrer' une des Portes du
Château, maisonles y obligea
sur l'avis que Sa Majesté
eut que le General Sta~
remberg s'avançoit pour les
ecourir. MrdeZuniga fut
chargé du foin de faire
xecuter la Capitulation,
pendant que le Roy & Mr
le Vendôme se disposoient
aller combattre Mr de
taremberg.
D'autres Lettres portent
~ue Mrde Bracamontedé-
~ché par le Roy, cmpêcha
le General Starcm-
~erg de rompre le Pont de
Guadalaxara,ce qui facilitapassage
de l'Armée pour
~atcher à Brihuega.
Un Lieutenant general
& deux Lieutenans Colonels
vinrent capituler. Ils
consentirent d'abord àestre
Prisonniers de guerre. On
accorda aux principaux Officiers,
leurs chevaux & bagages,
à l'exception des Vases
sacrez
, en cas qu'ils'en
trouvast.
; Pendant laCapitulation,
on entendit plusieurs coups
de canon ; c'estoit le signal
de l'Armée ennemie, pour
avertir le General Stanhope
qu'onvenoitlesecourir.
Le 10. au matin le Roy
fut avertique les Ennemis
paroissoient sur la hauteur
de Villa-viciosa, où Monsieur
de Vendosme avoit
posté dès le soir toute la Cavalerie
, ayant prévu que
Mr de Staremberg hafarderoit
le tout pour le tout.
On rangea l'Armée en baaille,
la droite appuyée à
un grand ravin, & la gauhe
à un petit Bois d'Oliiers
où les Ennemis ne pû-
~ent pasallonger leur droite
pour donner une étendue à
~ur gauche qu'ils connucnt
que nous débordions
considerablement par nôtre
droite. Nous avions dans;
nôtre centre un terrain desavantageux
par quantité de
ravins & de petites murailles
de terre séche de la hauteur
de deux pieds & demi.
Nostre droite de Cavalerie
estoit commandée par Mr
le Marquis de Val deCanas;
nostre gauche par Mr le
Comte d'Aguilar,& nostre
centre d'Infanterie par
Mr le Comte de las Torrés,
au deffaut de Mr le
Marquis de Thouy qui avoit
estéblessé la veille à la main
& au pied, & qui ne laissa
pas,malgré toutes les remontrances
qu'on luy faisoit,
de combattre à la te-fte
d'un Escadron ; les Ennemis
à la portée du canon en
mirent vingt pieces en batterie
avec deux mortiers:
le nostre costé nous en mimes
22.pieces. Sur les deux
~eures la canonnade commençant
de part & d'au-
~e,le Roy passa à la droite,
ontre laquelle jcs Ennemis
voient dressé une batterie
leneufpieces, qui faifoienc
~un
feu très-vif.Monsieur
de Vendosme passa à la gauche
& dés qu'il fut arrivé
l'Armée marcha. Nostre
droite que le Roy conduisoit
passa un grand ravin,
& se reforma en presence
de l'Ennemi du costé de
Villa viciosa, qui a donné le
nom à cette Bataille. Monsieur
de Vendosme estantà
la gauche envoya ordre à
Mr Mahoni, qui commandoit
le Corps de Dragons
de marcher au grand
trot, & de gagner les derrieres
des Ennemis pour faciliter
la jonction de Mr de
Bracamonté,qui arriva avec
mille chevaux précisément
à l'heure qui luy avoit esté
prescrite dans le temps que
les deux Armées estoient aux
mains. Cette précaution
nous donna le moyen de gagner
les derrieres de leur Infanterie
, où la Cavalerie de
nostre droite avoir penetré ,
en renversant l'aîle gauche
quîluyestoitopposée. Cette
Infanterie ainsi enveloppée
,fitd esefforts de valeur
si étonnans qu'elle gagna
même duterrain sur la nôtre,
ce qui a fait dire dans
quelques Lettres, qu'elle
avoit plié d'abord. Mais enfin
les Gardes Walonnes &
Espagnoles percerent les
deux Lignes & la Reserve
des Ennemis,& renversérent
un gros Bataillon quarré
au milieu duquel estoit
Mr de Staremberg. Les
Gardes du Roy avec le Regiment
de a Reine commandé
par' Mrle Marquis
de Reaucour, penetrerent
deux fois le centre des Ennemis
,& il ne se seroit pas
fauvé un homme sans la
nuit quisavorisa la retraite
d'une partie decette Infanterie
qui se retira avec preci
pitation du cofté de Siguença.
Il nous est resté avec le
Champ de Bataille, vingt
piéces de canon,deux Mortiers
, tous les équipages
d'Artillerieavecquantitéde
chariots longs,attelezchacun
de huit Mulets;ceschariots
sont nommez Galleres
par les Espagnols. Parmi les
Bagages, il s'esttrouvé environ
huit millefusils. Mr
Mahoni a pris d'un autre
:osié sept cens Mulets chargez
, & les Troupes fefonr
enrichies du butin que les
ennemis avoient pillé dans
la Castille. On Soldat courut
porter à Monsieur de
Vendoime, un Ecendart qu'-
il avoit pris, & refusa l'argent
que ce Prince vouloit
luy donner;illuy dit en luy
montrant une bourse pleine
d'or,voila ce que l'ongagne en
combattant pourson Roy.
Il est demeuré plus de
quatre mille hommes sur le
Champ de Bataille, & on a
fait trois mille prifonniersy,
parmi lesquels font Mr de 1
Belcastel,
Belcastel, Commandant les
Troupes deHollande, Mr
leS.Amant,Lieutenants
Generaux,&un grand nom. -
ne d'autres Omciers.; outre
leux mille trois cens autres
risonniers
,
presque tous
Cavaliers, qui ont esté pris
ar Mr de Vallejo le lendemain
de la Bataille. En forque
decestrois journées,
ous avons neuf mille prionnierseffectifs.
Il y a quanté
de-Drapeaux , d'Etenarts
, & de Timbales;on
en sçait pas le nombre,
arcequ'on en apportoit encore
lois que.Mr deZuniga
est parti pour apposer
ce détail au Roy. Loçfcjtjc
sa Majesté Cajthpliqwe l'a
dépesché,on ne f<jqvjûiitpa$
non plus au juste, latv>r#:
bre desmorts & des blessez
, tant ducoftp.âe.$cru>crnief
que cJecelVy;cUs££psrt
gnoltyquiQaripcfrdftfàsn
PedrodeRonquillo,-.tué
danslaBataille,&Mr le
ComtedûRucetoondetle
premier MiréchaldcGar$>p,
& le dernier Brigadier, mort
des blesures qu'il avoit re-t
çuës la veille àla prise do &nht~ ';,
Mt Maboni poursuivoit
vivement le General
Staremberg
; on assurequ'-
ill'avoitatteint, &fait sommerdeserendre;
onattend
unCourrier pour estre éclaircidelafin
de cette grande
affaire.
* On aprend qu'onapris
encore autres deux mille
hommes aprés la déroute.
•.
Extrait d',une Lettre de
devant Gironne.
Mr le Duc de Noailles
alla camper le 14. à Cervia
& le 15. on a investi Gironne
; tous les Miquclets&
Sommetans des Ennemis,
voulant disputerun costé de
la Montagne, ont esté repoussez
& défaits par Mr de
Planque.
On vient d'apprendre depuis
cette Lettre que la tranchée
est ouverte devant Gironne
,& que Mr le Duc de
Noailles est parti avec une
bonne partie de sa Cavalc
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Résumé : Suite des Nouvelles d'Espagne.
Les forces ennemies, après avoir quitté Tolède, se dirigèrent vers l'Aragon en divisant leur armée en plusieurs corps pour se protéger mutuellement. Le roi d'Espagne, afin de dissimuler ses intentions, se rendit à Madrid avec Monsieur de Vendôme, tandis que les troupes espagnoles se préparèrent à attaquer les ennemis. Le roi ordonna à un détachement de grenadiers et de cavalerie de marcher rapidement pour intercepter les ennemis. Le 7 décembre, le roi et Vendôme arrivèrent à Alcala et apprirent la présence d'un régiment ennemi à proximité. Don Feliciano de Bracamonte surprit et captura ce régiment. Le 9 décembre, le roi d'Espagne informa la reine de la capture de huit bataillons et huit escadrons ennemis à Brihuega, après un assaut intense. Les ennemis, bien retranchés, furent finalement contraints de se rendre. Parmi les prisonniers figuraient les généraux Stanhope, Wills et Carpenter. Le roi d'Espagne, ayant appris que Stanhope était à Brihuega, marcha vers la ville et ordonna un assaut. Après une bataille acharnée, les ennemis capitulèrent. Le roi et Vendôme se préparèrent ensuite à affronter le comte de Starhemberg, qui avançait avec des renforts. Le 10 décembre, les deux armées s'affrontèrent près de Villa-Viciosa. Les troupes espagnoles, bien commandées, parvinrent à envelopper et à repousser les ennemis, capturant de nombreux prisonniers et du matériel. Dans les jours suivants, les troupes espagnoles continuèrent à faire des prisonniers et à capturer des drapeaux et des timbales. Le duc de Noailles, quant à lui, investit Gironne et repoussa les forces ennemies qui tentaient de défendre la montagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9568
p. 737
Enigmes, Logogryphes, &c. [titre d'après la table]
Début :
Les mots de l'Enigme et des Logogryphes du mois [...]
Mots clefs :
Palais, Pépin, Montferrat, Balance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Enigmes, Logogryphes, &c. [titre d'après la table]
Les mots de l'Enigme et des Logogry.
phes du mois de Mars sont Palais , Pepin,
Montferrat , Balance.
phes du mois de Mars sont Palais , Pepin,
Montferrat , Balance.
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9570
p. 1797
« La Premiere Enigme du mois de Juillet, a été faite sur les pieds ; et la seconde, sur [...] »
Début :
La Premiere Enigme du mois de Juillet, a été faite sur les pieds ; et la seconde, sur [...]
Mots clefs :
Pieds, Vent, Liard, Meaux, Constantinople, Épingle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Premiere Enigme du mois de Juillet, a été faite sur les pieds ; et la seconde, sur [...] »
La Premiere Enigme du mois de Juillet,
a été faite sur les pieds ; et la second , sur
le vent. Les Logogryphes ont é é faits sur
Liard , Meaux , Constantinople , Epingle.
a été faite sur les pieds ; et la second , sur
le vent. Les Logogryphes ont é é faits sur
Liard , Meaux , Constantinople , Epingle.
Fermer
9572
p. 317
Méthode pour apprendre l'Orthographe et la Langue Françoise, [titre d'après la table]
Début :
METHODE pour apprendre l'Orthographe et la Langue Françoise sans sçavoir [...]
Mots clefs :
Méthode, Orthographe, Langue française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Méthode pour apprendre l'Orthographe et la Langue Françoise, [titre d'après la table]
METHODE pour apprendre l'Orthographe
et la Langue Françoise sans scavoir
le Latin , avec la Clef et les Thê
mes tout préparez pour l'enseigner . Troisiéme
Edition , revûë , corrigée et mise
dans un nouvel ordre . Par M. JACQUIER
1. vol . in 8. A Paris , chez le Clerc , le
Gras Robustel , eett la Veuve Pissot ,
M DCC XXXIII. pp. 392. Le prix est
de quatre livres relié.
,
?
>
Nous ne répeterons rien ici sur le mérite
de cet Ouvrage , que nous apprenons
avoir eu l'Approbation de plusieurs
Connoisseurs , et dont la pratique a déja
été et est encore utile à beaucoup de
personnes. L'Auteur ne pouvoit mieux
marquer sa reconnoissance envers le Public
, qu'en lui présentant cette troisiéme
Edition , dans laquelle il n'a rien
oublié pour rendre son Livre encore
plus clair et plus utile à ceux qui jugeront
à propos de s'en servir.
et la Langue Françoise sans scavoir
le Latin , avec la Clef et les Thê
mes tout préparez pour l'enseigner . Troisiéme
Edition , revûë , corrigée et mise
dans un nouvel ordre . Par M. JACQUIER
1. vol . in 8. A Paris , chez le Clerc , le
Gras Robustel , eett la Veuve Pissot ,
M DCC XXXIII. pp. 392. Le prix est
de quatre livres relié.
,
?
>
Nous ne répeterons rien ici sur le mérite
de cet Ouvrage , que nous apprenons
avoir eu l'Approbation de plusieurs
Connoisseurs , et dont la pratique a déja
été et est encore utile à beaucoup de
personnes. L'Auteur ne pouvoit mieux
marquer sa reconnoissance envers le Public
, qu'en lui présentant cette troisiéme
Edition , dans laquelle il n'a rien
oublié pour rendre son Livre encore
plus clair et plus utile à ceux qui jugeront
à propos de s'en servir.
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Résumé : Méthode pour apprendre l'Orthographe et la Langue Françoise, [titre d'après la table]
L'ouvrage 'METHODE pour apprendre l'Orthographe et la Langue Françoise sans scavoir le Latin' de M. Jacquier, publié en 1733 à Paris, propose une méthode d'apprentissage de l'orthographe et de la langue française sans connaître le latin. La troisième édition, révisée et corrigée, compte 392 pages et est vendue quatre livres relié. L'ouvrage a été approuvé par plusieurs connaisseurs et a aidé de nombreuses personnes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9573
p. 123
ENIGME.
Début :
Quand on me voit on rit, on est joyeux ; [...]
Mots clefs :
Masque
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
Quand on me voit on rit , on eſt joyeux ;
Je fais toujours efcorté du myitére ;
J'inquiete les curieux ;
Et le jaloux qui tient les yeux
Ouverts fur la moitié trop chere ,
Ne trouve pas fouvent avec moi fon affaire ;
Mon regne eft dans ces jours confacrés à Momus ;
Pour deviner en faut - il plus
J. F. Guichard.
Quand on me voit on rit , on eſt joyeux ;
Je fais toujours efcorté du myitére ;
J'inquiete les curieux ;
Et le jaloux qui tient les yeux
Ouverts fur la moitié trop chere ,
Ne trouve pas fouvent avec moi fon affaire ;
Mon regne eft dans ces jours confacrés à Momus ;
Pour deviner en faut - il plus
J. F. Guichard.
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9574
p. 123
ENIGME LOGOGRYPHIQUE.
Début :
Jugez, chere Philis, si j'ai le don de plaire, [...]
Mots clefs :
Orange
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME LOGOGRYPHIQUE.
ENIGME
LOGOGRYPHIQUE.
Ugez , chere Philis , fi j'ai ledonde plaire ,
Je contente le goût , l'odorat & les yeux :
Ma premiere moitié eſt au ſein de la terre,
Et l'autre moitié dans les Cieux.
LOGOGRYPHIQUE.
Ugez , chere Philis , fi j'ai ledonde plaire ,
Je contente le goût , l'odorat & les yeux :
Ma premiere moitié eſt au ſein de la terre,
Et l'autre moitié dans les Cieux.
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9575
p. 1797-1798
ENIGME.
Début :
Entre tout ce qui doit vous être nécessaire, [...]
Mots clefs :
Toile
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E Ntre tout ce qui doit vous être nécessaire
Si je n'ai pas le premier rang ,
J'y tiens un des premiers , et suis dépositaire ,
A la vie , à la mort , du petit et du grand ,
On connoît mon usage aux quatre coins da
monde ,
Et quoique je serve aux mortels ,
Mon service s'étend jusques sur les Autels ,
Ce que je suis , provient d'une Coeffure blonde
Es
1798 MERCURE DE FRANCE
Et l'on voit quelquefois le fatal instrument ,
Du superbe Ixion , par un doux mouvement ,
Aider à qui l'arrache ; et le secours de l'Onde ,
Y contribue également.
E Ntre tout ce qui doit vous être nécessaire
Si je n'ai pas le premier rang ,
J'y tiens un des premiers , et suis dépositaire ,
A la vie , à la mort , du petit et du grand ,
On connoît mon usage aux quatre coins da
monde ,
Et quoique je serve aux mortels ,
Mon service s'étend jusques sur les Autels ,
Ce que je suis , provient d'une Coeffure blonde
Es
1798 MERCURE DE FRANCE
Et l'on voit quelquefois le fatal instrument ,
Du superbe Ixion , par un doux mouvement ,
Aider à qui l'arrache ; et le secours de l'Onde ,
Y contribue également.
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9577
p. 349-350
ENIGME.
Début :
en attendant passons aux nouvelles Enigmes. Voicy d'abord / Je marche avec grand bruit, & comme à pas comptez, [...]
Mots clefs :
Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
en
attendant
paſſons
aux nou-
velles
Enigmes
.
Voicy
d'abord
celle
que
je
n'ay
pas
faite
.
ENIGME .
Je marche avec grand bruit , &
comme à pas comptez ,
Ma tête va devant , & toûjours
lapremiere ,
Mes ailes fontà mes costez ,
Et ma queüe en marchandſuit mon
corps par derriere,
Je vis, je manze& bois , comme
les animaux
Et ma tête , &mon corps ,
queüe,& mes ailes
&ma
Répandent des douleurs mortelles ,
350 MERCURE
1
[
Et cauſentſouventdegrandsmaux.
Cependant je ne fuis , ny bête à
quatre pates ,
Volatil , ny reptile , insecte , ny
poisson,
Je nesuis pas non plus au rang
des automates ,
Aprés cela je laiſſe à deviner mon
nom.
attendant
paſſons
aux nou-
velles
Enigmes
.
Voicy
d'abord
celle
que
je
n'ay
pas
faite
.
ENIGME .
Je marche avec grand bruit , &
comme à pas comptez ,
Ma tête va devant , & toûjours
lapremiere ,
Mes ailes fontà mes costez ,
Et ma queüe en marchandſuit mon
corps par derriere,
Je vis, je manze& bois , comme
les animaux
Et ma tête , &mon corps ,
queüe,& mes ailes
&ma
Répandent des douleurs mortelles ,
350 MERCURE
1
[
Et cauſentſouventdegrandsmaux.
Cependant je ne fuis , ny bête à
quatre pates ,
Volatil , ny reptile , insecte , ny
poisson,
Je nesuis pas non plus au rang
des automates ,
Aprés cela je laiſſe à deviner mon
nom.
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9578
p. 737-738
ENIGME.
Début :
De mes soeurs je suis la derniere, [...]
Mots clefs :
Lettre Z
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
DE mes sœurs je suis la derniere ,
Nous sommes deux fois douze , un homme ess
notre pere ;
Son nom , je ne m'en souviens pas ;
Pour me reconnoître , en tout cas ,
Ce nom n'est pas bien necessaire.
J'avoue ici de bonne foy ,
Que de rire à chacun je fais naître l'envie ;
Car un Nain, un Pigmée à taille mal polic ,
De le railler , si l'on a la manie 9
On dit qu'il est fait comme moi.
Quoiqu'il en soit , j'ai sçû me couronner de
gloire ,
En me trouvant toûjours dans les hazards.
Je m'offre aux yeux de toutes parts ;
Et (ce qu'on aura peine à croire )
Je ne suis point dans l'eau , dans le feu , dans les
Airs ,
Ni même dans tout l'Univers.
Je vais pourtant, et sans me contredire ,
Vous
738 MERCURE DE FRANCE
Vous dire où l'on peut me trouver ;
C'est toujours avec le Zéphire ,
Au Zodiaque encor... Fort bien , allez vous dire
Je n'rrai pas vous y chercher.
Par M. V.J. A. Ľ.
DE mes sœurs je suis la derniere ,
Nous sommes deux fois douze , un homme ess
notre pere ;
Son nom , je ne m'en souviens pas ;
Pour me reconnoître , en tout cas ,
Ce nom n'est pas bien necessaire.
J'avoue ici de bonne foy ,
Que de rire à chacun je fais naître l'envie ;
Car un Nain, un Pigmée à taille mal polic ,
De le railler , si l'on a la manie 9
On dit qu'il est fait comme moi.
Quoiqu'il en soit , j'ai sçû me couronner de
gloire ,
En me trouvant toûjours dans les hazards.
Je m'offre aux yeux de toutes parts ;
Et (ce qu'on aura peine à croire )
Je ne suis point dans l'eau , dans le feu , dans les
Airs ,
Ni même dans tout l'Univers.
Je vais pourtant, et sans me contredire ,
Vous
738 MERCURE DE FRANCE
Vous dire où l'on peut me trouver ;
C'est toujours avec le Zéphire ,
Au Zodiaque encor... Fort bien , allez vous dire
Je n'rrai pas vous y chercher.
Par M. V.J. A. Ľ.
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9580
p. 315-316
AUTRE ENIGME.
Début :
Je suis jeunete & délicate, [...]
Mots clefs :
Cerise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
J Efuisjeunete &délicate,
Ma beauté mefait rechercher;
ht quoy que mon teintviféclate,
J'aypourtant,le coeur de rocher.
Sipour ma beauténaturelle,
J'assifteUfin du Printcmps,
C'tff qu'en cetteSaisonsibelle
le rends beaucoup de coeurs contens,
Aveccette douceur charmantt,
Et toute contraire a mon coeur,
Fait-on quelque Fcjlegalante,
le myrencontre en bonne humeur.
Sijemytrouve déguisés,
l'y vay couronner le Repas , j !
Bien loint^efirealorsJnéprij7cy
-
Demoy l'onfaitxnplus grand flU..
Ma beauté mefait rechercher;
ht quoy que mon teintviféclate,
J'aypourtant,le coeur de rocher.
Sipour ma beauténaturelle,
J'assifteUfin du Printcmps,
C'tff qu'en cetteSaisonsibelle
le rends beaucoup de coeurs contens,
Aveccette douceur charmantt,
Et toute contraire a mon coeur,
Fait-on quelque Fcjlegalante,
le myrencontre en bonne humeur.
Sijemytrouve déguisés,
l'y vay couronner le Repas , j !
Bien loint^efirealorsJnéprij7cy
-
Demoy l'onfaitxnplus grand flU..
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9581
p. 315-317
Anecdotes Grecques, &c. [titre d'après la table]
Début :
ANECDOTES GRECQUES, ou avantures secretes d'Aridée, frere d'Alexandre le [...]
Mots clefs :
Alexandre le Grand, Athènes, Platon, Euridice, Aridée, Tyrus, Babylone, Olympias, Bagdad, Histoire grecque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Anecdotes Grecques, &c. [titre d'après la table]
ANECDOTES GRECQUES , ou avantures
secretes d'Aridée frere d'Alexandre le
Grand , traduites d'un manuscrit grec . A Paris
chez la veuve Guillaume , Quay des Augustins ,
au
g16 MERCURE DE FRANCE.
au Nom de Jesus . Se vend 24. sols broché , vol.
in 12. de 224. pages , 1731 .
Le Prince Aridée , mécontent du Roy Alexandre
son frere , prend la resolution de voyager
avec son confident , nommé Linon. Ils sont
attaquez par des voleurs qu'ils terrassent. Ils
vont à Athénes , où Aridée écoute avec plaisir .
un Discours de Platon sur l'abus de la pluralité
des Dieux , et la nécessité absolue d'un seul Etre
suprême ; il passe ensuite à Zagen , dont Tyrus
le Roy l'ayant connu , le fait General de ses
troupes , contre Jadul Roy de Cotatis.
Aridée assicge Cotatis ; pendant le siege , se
promenant avec Linon son favori , il délivre
une jeune fille , nommée Clare , de la main de
ses ravisseurs , et trouve Evandre , fils de Leomatus
, l'un des Lieutenans d'Alexandre. Claro
luy raconte son histoire , et luy apprend qu'Euridice
( fille d'Amyntas , oncle d'Aridée et sa
cousine ) est captive dans le Château de Cotatis.
Aridée en presse le siege , prend la place d'assaut
, et délivre Euridice , qu'il trouve cachée
sous un tombeau.
Euridice luy fait le recit de ses malheurs ;
Aridée revient triomphant chez le Roy Tyrus ,
où il est reçu avec tous les honneurs possibles .
Pendant son sejour , Linon son favori ayant délivré
la fille d'un Seigneur de la fureur d'un lion ,
l'épouse , et fait ainsi sa fortune. Aridée et Euridice
vont ensuite à Calyba , où ils croyoient
trouver Amintas , pere de la Princesse Euridice
lequel étant mort , Euridice consentit d'épouser
Aridée.
Peu de temps après Aridée apprend la mort
d'Alexandre le Grand , son frere ; aussi - tôt it
va à Babilone avec Euridice son épouse , ou
après beaucoup de mouvemens entre les Lieute
nans
FEVRIER.. 1731. 317
mans d'Alexandre , Aridée est enfin élu Roy sous
le nom de Philippes .
>
Olympias
mere d'Alexandre en devient
amoureuse ; elle luy fait proposer , et luy propose
elle-même de repudier Euridice , et de l'épouser
, quoy qu'elle ait été la femme dé
pere ; Aridée luy fait voir , l'horreur de sa
proposition , et par son refus devient son ennemi.
son
Pendant ce temps-là , Yolas fils d'Antipater
devient amoureux de Clare , et rival d'Evandre ,
fils de Leonatus ; mais Clare ayant été reconnue
pour fille d'Antipater , que la Reine Olympias ,
par vengeance , avoit fait enlever à l'âge de deux
ans , et par ce moyen se trouvant sa soeur , elle
épouse Evandre. Icy on trouve un Episode assez
singulier d'une fille , qui justifie son amant accusé
d'assassinat , et confond l'accusateur qu'el
le- même a désarmé comme le plus lâche de tous
les hommes.
Le Roy Aridée et la Reine Euridice se retirent
à Bagdat , où la furieuse Olympias trouve les
moyens de faire étrangler la Reine , et ensuite
assassiner le Roy avec cent Gentilhommes,
après quoi on lui fait subir le châtiment de ses
cruautez.
Ce qui est conforme aux Auteurs qui ont écrit
'Histoire Grecque , et dans un stile tres concis .
secretes d'Aridée frere d'Alexandre le
Grand , traduites d'un manuscrit grec . A Paris
chez la veuve Guillaume , Quay des Augustins ,
au
g16 MERCURE DE FRANCE.
au Nom de Jesus . Se vend 24. sols broché , vol.
in 12. de 224. pages , 1731 .
Le Prince Aridée , mécontent du Roy Alexandre
son frere , prend la resolution de voyager
avec son confident , nommé Linon. Ils sont
attaquez par des voleurs qu'ils terrassent. Ils
vont à Athénes , où Aridée écoute avec plaisir .
un Discours de Platon sur l'abus de la pluralité
des Dieux , et la nécessité absolue d'un seul Etre
suprême ; il passe ensuite à Zagen , dont Tyrus
le Roy l'ayant connu , le fait General de ses
troupes , contre Jadul Roy de Cotatis.
Aridée assicge Cotatis ; pendant le siege , se
promenant avec Linon son favori , il délivre
une jeune fille , nommée Clare , de la main de
ses ravisseurs , et trouve Evandre , fils de Leomatus
, l'un des Lieutenans d'Alexandre. Claro
luy raconte son histoire , et luy apprend qu'Euridice
( fille d'Amyntas , oncle d'Aridée et sa
cousine ) est captive dans le Château de Cotatis.
Aridée en presse le siege , prend la place d'assaut
, et délivre Euridice , qu'il trouve cachée
sous un tombeau.
Euridice luy fait le recit de ses malheurs ;
Aridée revient triomphant chez le Roy Tyrus ,
où il est reçu avec tous les honneurs possibles .
Pendant son sejour , Linon son favori ayant délivré
la fille d'un Seigneur de la fureur d'un lion ,
l'épouse , et fait ainsi sa fortune. Aridée et Euridice
vont ensuite à Calyba , où ils croyoient
trouver Amintas , pere de la Princesse Euridice
lequel étant mort , Euridice consentit d'épouser
Aridée.
Peu de temps après Aridée apprend la mort
d'Alexandre le Grand , son frere ; aussi - tôt it
va à Babilone avec Euridice son épouse , ou
après beaucoup de mouvemens entre les Lieute
nans
FEVRIER.. 1731. 317
mans d'Alexandre , Aridée est enfin élu Roy sous
le nom de Philippes .
>
Olympias
mere d'Alexandre en devient
amoureuse ; elle luy fait proposer , et luy propose
elle-même de repudier Euridice , et de l'épouser
, quoy qu'elle ait été la femme dé
pere ; Aridée luy fait voir , l'horreur de sa
proposition , et par son refus devient son ennemi.
son
Pendant ce temps-là , Yolas fils d'Antipater
devient amoureux de Clare , et rival d'Evandre ,
fils de Leonatus ; mais Clare ayant été reconnue
pour fille d'Antipater , que la Reine Olympias ,
par vengeance , avoit fait enlever à l'âge de deux
ans , et par ce moyen se trouvant sa soeur , elle
épouse Evandre. Icy on trouve un Episode assez
singulier d'une fille , qui justifie son amant accusé
d'assassinat , et confond l'accusateur qu'el
le- même a désarmé comme le plus lâche de tous
les hommes.
Le Roy Aridée et la Reine Euridice se retirent
à Bagdat , où la furieuse Olympias trouve les
moyens de faire étrangler la Reine , et ensuite
assassiner le Roy avec cent Gentilhommes,
après quoi on lui fait subir le châtiment de ses
cruautez.
Ce qui est conforme aux Auteurs qui ont écrit
'Histoire Grecque , et dans un stile tres concis .
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Résumé : Anecdotes Grecques, &c. [titre d'après la table]
Le manuscrit 'Anecdotes Grecques, ou aventures secrètes d'Aridée frère d'Alexandre le Grand', publié à Paris en 1731, relate les aventures d'Aridée, frère d'Alexandre le Grand. Aridée et son confident Linon affrontent des voleurs et se rendent à Athènes, où Aridée écoute un discours de Platon. Ils se dirigent ensuite à Zagen, où Aridée devient général des troupes du roi Tyrus contre Jadul, roi de Cotatis. Pendant le siège, Aridée délivre Clare et découvre Evandre, fils de Leomatus. Clare révèle qu'Euridice, cousine d'Aridée, est captive à Cotatis. Aridée assiège et prend la place, libérant Euridice. À Calyba, Euridice accepte d'épouser Aridée après la mort de son père Amintas. Aridée apprend la mort d'Alexandre et se rend à Babylone, où il est élu roi sous le nom de Philippe. Olympias, mère d'Alexandre, propose à Aridée de l'épouser, mais il refuse, devenant son ennemi. Yolas, fils d'Antipater, épouse Evandre. Aridée et Euridice se retirent à Bagdad, où Olympias fait assassiner le couple avant de subir elle-même un châtiment pour ses cruautés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9582
p. 117-119
ENIGME.
Début :
Je suis un meuble portatif, [...]
Mots clefs :
Manchon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
JE fuis un meuble portatif,
Affés mignon , fort utile
Tant au Village qu'à la Ville .
118 MEBCURE DE FRANCE
Je fuis un grand préférvatif ,
Contre ... alte-là ; qu'allois- je faire ?
Je ne fçais qui m'a retenu ,
Mais par un trait fort ingenu
J'allois découvrir le myftere.
Lecteur , fi tu veux me connoître ?
Examine bien ce qui fuit ,
Affés au long s'y voit réduit
Tout ce qui compofe mon être.
L'on me fait garder la maiſon
Dans cette charmante ſaiſon
Qui donne aux arbres la verdure
Mais auffi dès que les frimats
Selon l'ordre de la Nature ,
Se font fentir en nos climats ,
Soit qu'on aille à la Comédie ,
Aux Spectacles , aux Opéras ,
Peu veulent fortir , faire un pas
Sans m'avoir en leur compagnie ,
Même pour aller à l'Eglife ,
Enfin par- tout je fuis de mife ,
Sans aucune diſtinction
De fexe ou de condition .
Avancé plus ou moins en âge ,
Le Seigneur & le Villageois ,
L'Artifan comme le Bourgeois ,
Chacun de moi peut faire ufage.
Voilà , Lecteur , ce que je puis
?
FEVRIER
119
1747.
De toi pour me faire connoître ;
C'en est fait , & déja peut-être
Tu n'ignores plus qui je fuis .
JE fuis un meuble portatif,
Affés mignon , fort utile
Tant au Village qu'à la Ville .
118 MEBCURE DE FRANCE
Je fuis un grand préférvatif ,
Contre ... alte-là ; qu'allois- je faire ?
Je ne fçais qui m'a retenu ,
Mais par un trait fort ingenu
J'allois découvrir le myftere.
Lecteur , fi tu veux me connoître ?
Examine bien ce qui fuit ,
Affés au long s'y voit réduit
Tout ce qui compofe mon être.
L'on me fait garder la maiſon
Dans cette charmante ſaiſon
Qui donne aux arbres la verdure
Mais auffi dès que les frimats
Selon l'ordre de la Nature ,
Se font fentir en nos climats ,
Soit qu'on aille à la Comédie ,
Aux Spectacles , aux Opéras ,
Peu veulent fortir , faire un pas
Sans m'avoir en leur compagnie ,
Même pour aller à l'Eglife ,
Enfin par- tout je fuis de mife ,
Sans aucune diſtinction
De fexe ou de condition .
Avancé plus ou moins en âge ,
Le Seigneur & le Villageois ,
L'Artifan comme le Bourgeois ,
Chacun de moi peut faire ufage.
Voilà , Lecteur , ce que je puis
?
FEVRIER
119
1747.
De toi pour me faire connoître ;
C'en est fait , & déja peut-être
Tu n'ignores plus qui je fuis .
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9583
p. 117-120
MÉDECINE rurale & pratique, tirée uniquement des plantes usuelles de la France, appliquées aux différentes maladies qui règnent dans les campagnes, ouvrage également utile aux Seigneurs de campagne, aux Curés, & aux Cultivateurs ; par M. PIERRE-JOSEPH BUCHOZ, Docteur aggrégé au Collège Royal des Médecins de Nancy, & à la Faculté de Médecine de Pont-à-Mousson, Membre de plusieurs Académies : un vol. in-12. A Paris, chez LACOMBE, Libraire, quai de Conti.
Début :
Le seul motif du bien de l'humanité a inspiré cet ouvrage à l'auteur ; le même [...]
Mots clefs :
Médecine, Campagne, Maladies, Seigneurs, Plantes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MÉDECINE rurale & pratique, tirée uniquement des plantes usuelles de la France, appliquées aux différentes maladies qui règnent dans les campagnes, ouvrage également utile aux Seigneurs de campagne, aux Curés, & aux Cultivateurs ; par M. PIERRE-JOSEPH BUCHOZ, Docteur aggrégé au Collège Royal des Médecins de Nancy, & à la Faculté de Médecine de Pont-à-Mousson, Membre de plusieurs Académies : un vol. in-12. A Paris, chez LACOMBE, Libraire, quai de Conti.
MÉDECINE rurale & pratique , tirée uniquement
desplantes ufuelles de la France,
appliquées aux différentes maladies qui
règnent dans les campagnes , ouvrage également
utile aux Seigneurs de campagne ,
aux Curés , & aux Cultivateurs ; par
M. PIERRE-JOSEPH BUCHOZ , Docteur
aggrégé au Collège Royal des Médecins
de Nancy , & à la Faculté de Médecine
de Pont- à- Mouffon , Membre de
plufieurs Académies : un vol. in - 12 . A
Paris , chez LACOMBE , Libraire , quai
de Conti.
LEE feul motif du bien de l'humanité a
infpiré cet ouvrage à l'auteur ; le même
motif doit le faire accueillir favorablement
du public , & fur-tout des perſonnes
à qui il paroît être plus fpécialement confacré
, je veux dire , des Seigneurs de campagne
, de MM. les Curés , & des Cultivateurs.
Les premiers font déja dans le
goût , pour la plupart , d'entretenir , dans
leurs châteaux , de petites pharmacies au
fervice & pour le befoin de leurs vaffaux ,
སྙ་
118 MERCURE DE FRANCE.
dont ils ne font plus feulement les Seigneurs
, mais dont ils deviennent encore
les pères par ce zèle louable & précieux.
La médecine rurale ne peut que leur fournir
de nouveaux moyens de l'exercer avec
moins de frais , puifque les remèdes fimples
, qu'elle indique , n'exigent pas même,
les apprêts toujours difpendicux d'une
pharmacie.
Les feconds , par les feuls devoirs attachés
à leur ministère , & par les mouvemens
de leur propre coeur , ne feroient
que trop portés fans doute à procurer à
leurs paroiffiens fouffrans & malades les
fecours que ces pauvres gens vont fouvent
leur demander en vain. La modicité de
leur bénéfice ne leur permet pas toujours
d'avoir dans leur presbytère des pharmacies
bien fournies & bien montées. Ils
font quelquefois eux-mêmes dans le cas ,
à caufe de leur éloignement des villes , de
manquer des fecours de la médecine . L'ouvrage
que nous annonçons remédie à ce
double inconvénient , en les mettant à
portée de devenir en quelque forte leurs
propres médecins , & de l'être encore de
leurs pauvres paroiffiens. Ce fecond titre ,
ajouté à celui de pafteur , ne pourroit que
leur attirer plus de confiance , de refpect
& d'amour de la part de leurs ouailles.
JUIN 1768. 119
La petite peine qu'ils auroient d'ailleurs
à aller herborifer quelquefois autour de
leurs villages , & à fe procurer par euxmêmes
les plantes dont l'ufage & la vertu
leur font indiqués dans ce livre , cette
peine , dis-je , ne feroit bientôt plus qu'une
diftraction agréable à leurs autres fonctions,
& occupation fatisfaifante pour leur zèle
& leur charité. Le Botaniste François ,
qui fe vend en deux petits volumes chez
le même Libraire , pourroit fervir à leur
donner une connoiffance plus parfaite .
encore des plantes médicales , afin de ne
pas fe
tromper
dans le choix , ni dans le
temps de les cueillir , ou la manière de
les fécher , & c. & c.
A l'égard des Cultivateurs , cet ouvrage
peut du moins être acheté par les plus
aifés d'entre eux qui , dès qu'ils auront
reconnu la facilité & l'efficacité des remèdes
, qu'il fuggère , ne manqueront pas
d'en faire part à leurs voifins dans le befoin.
Il y a de l'humanité dans les campagnes.
Ainfi le fervice que l'Auteur cherche à
rendre aux villageois s'étendroit peu à peu
& deviendroit général. Tout bon citoyen
ne peut que feconder des vues auffi falutaires
à l'Etat que précieufes pour l'huinanité.
L'Auteur a divifé fon livre en trois parties
, la première comprend toutes les for120
MERCURE DE FRANCE.
mules dont on peut fe fervir dans les différentes
maladies qui régnent dans les campagnes
, & que l'Auteur a employées avec
fuccès dans une infinité d'occafions : ces
recettes font toutes tirées , comme il l'a
dit lui-même , du régne végétal , & appliquées
aux maladies les plus fréquentes.
Nous avons fait , ajoute-t-il , rarement
ufage des médicamens des autres régnes ,
& fi nous avons été obligés d'en employer
quelques- uns , ce n'eft que comme véhicules
, tels que l'eau , le beurre , la cire ,
les chairs de poulet , de veau , & d'autres
chofes de pareille nature qu'on a toujours
fous la main à la campagne.
La feconde partie eft une lifte alphabé
tique des différentes plantes qui entrent
dans les formules ou recettes de la première
partie. On a ajouté à chaque plante
une note fommaire de ſes vertus . La troifième
eft deftinée aux définitions des différentes
maladies communes à la campagne
on en rapporte les fymptômes & les
caractères diftinctifs , & toujours en termes
les plus clairs , & les plus à portée de toutes
fortes de perfonnes. On renvoie aux différentes
formules fuivant l'exigeance des
cas. L'ouvrage eft terminé par des obfervations
fur des cures intéreffantes opérées
par des végétaux.
desplantes ufuelles de la France,
appliquées aux différentes maladies qui
règnent dans les campagnes , ouvrage également
utile aux Seigneurs de campagne ,
aux Curés , & aux Cultivateurs ; par
M. PIERRE-JOSEPH BUCHOZ , Docteur
aggrégé au Collège Royal des Médecins
de Nancy , & à la Faculté de Médecine
de Pont- à- Mouffon , Membre de
plufieurs Académies : un vol. in - 12 . A
Paris , chez LACOMBE , Libraire , quai
de Conti.
LEE feul motif du bien de l'humanité a
infpiré cet ouvrage à l'auteur ; le même
motif doit le faire accueillir favorablement
du public , & fur-tout des perſonnes
à qui il paroît être plus fpécialement confacré
, je veux dire , des Seigneurs de campagne
, de MM. les Curés , & des Cultivateurs.
Les premiers font déja dans le
goût , pour la plupart , d'entretenir , dans
leurs châteaux , de petites pharmacies au
fervice & pour le befoin de leurs vaffaux ,
སྙ་
118 MERCURE DE FRANCE.
dont ils ne font plus feulement les Seigneurs
, mais dont ils deviennent encore
les pères par ce zèle louable & précieux.
La médecine rurale ne peut que leur fournir
de nouveaux moyens de l'exercer avec
moins de frais , puifque les remèdes fimples
, qu'elle indique , n'exigent pas même,
les apprêts toujours difpendicux d'une
pharmacie.
Les feconds , par les feuls devoirs attachés
à leur ministère , & par les mouvemens
de leur propre coeur , ne feroient
que trop portés fans doute à procurer à
leurs paroiffiens fouffrans & malades les
fecours que ces pauvres gens vont fouvent
leur demander en vain. La modicité de
leur bénéfice ne leur permet pas toujours
d'avoir dans leur presbytère des pharmacies
bien fournies & bien montées. Ils
font quelquefois eux-mêmes dans le cas ,
à caufe de leur éloignement des villes , de
manquer des fecours de la médecine . L'ouvrage
que nous annonçons remédie à ce
double inconvénient , en les mettant à
portée de devenir en quelque forte leurs
propres médecins , & de l'être encore de
leurs pauvres paroiffiens. Ce fecond titre ,
ajouté à celui de pafteur , ne pourroit que
leur attirer plus de confiance , de refpect
& d'amour de la part de leurs ouailles.
JUIN 1768. 119
La petite peine qu'ils auroient d'ailleurs
à aller herborifer quelquefois autour de
leurs villages , & à fe procurer par euxmêmes
les plantes dont l'ufage & la vertu
leur font indiqués dans ce livre , cette
peine , dis-je , ne feroit bientôt plus qu'une
diftraction agréable à leurs autres fonctions,
& occupation fatisfaifante pour leur zèle
& leur charité. Le Botaniste François ,
qui fe vend en deux petits volumes chez
le même Libraire , pourroit fervir à leur
donner une connoiffance plus parfaite .
encore des plantes médicales , afin de ne
pas fe
tromper
dans le choix , ni dans le
temps de les cueillir , ou la manière de
les fécher , & c. & c.
A l'égard des Cultivateurs , cet ouvrage
peut du moins être acheté par les plus
aifés d'entre eux qui , dès qu'ils auront
reconnu la facilité & l'efficacité des remèdes
, qu'il fuggère , ne manqueront pas
d'en faire part à leurs voifins dans le befoin.
Il y a de l'humanité dans les campagnes.
Ainfi le fervice que l'Auteur cherche à
rendre aux villageois s'étendroit peu à peu
& deviendroit général. Tout bon citoyen
ne peut que feconder des vues auffi falutaires
à l'Etat que précieufes pour l'huinanité.
L'Auteur a divifé fon livre en trois parties
, la première comprend toutes les for120
MERCURE DE FRANCE.
mules dont on peut fe fervir dans les différentes
maladies qui régnent dans les campagnes
, & que l'Auteur a employées avec
fuccès dans une infinité d'occafions : ces
recettes font toutes tirées , comme il l'a
dit lui-même , du régne végétal , & appliquées
aux maladies les plus fréquentes.
Nous avons fait , ajoute-t-il , rarement
ufage des médicamens des autres régnes ,
& fi nous avons été obligés d'en employer
quelques- uns , ce n'eft que comme véhicules
, tels que l'eau , le beurre , la cire ,
les chairs de poulet , de veau , & d'autres
chofes de pareille nature qu'on a toujours
fous la main à la campagne.
La feconde partie eft une lifte alphabé
tique des différentes plantes qui entrent
dans les formules ou recettes de la première
partie. On a ajouté à chaque plante
une note fommaire de ſes vertus . La troifième
eft deftinée aux définitions des différentes
maladies communes à la campagne
on en rapporte les fymptômes & les
caractères diftinctifs , & toujours en termes
les plus clairs , & les plus à portée de toutes
fortes de perfonnes. On renvoie aux différentes
formules fuivant l'exigeance des
cas. L'ouvrage eft terminé par des obfervations
fur des cures intéreffantes opérées
par des végétaux.
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Résumé : MÉDECINE rurale & pratique, tirée uniquement des plantes usuelles de la France, appliquées aux différentes maladies qui règnent dans les campagnes, ouvrage également utile aux Seigneurs de campagne, aux Curés, & aux Cultivateurs ; par M. PIERRE-JOSEPH BUCHOZ, Docteur aggrégé au Collège Royal des Médecins de Nancy, & à la Faculté de Médecine de Pont-à-Mousson, Membre de plusieurs Académies : un vol. in-12. A Paris, chez LACOMBE, Libraire, quai de Conti.
Le texte présente l'ouvrage 'Médecine rurale & pratique' rédigé par Pierre-Joseph Buchoz, docteur agrégé au Collège Royal des Médecins de Nancy et à la Faculté de Médecine de Pont-à-Mouffon, ainsi que membre de plusieurs académies. Cet ouvrage vise à promouvoir l'utilisation des plantes locales pour traiter les maladies courantes dans les campagnes. Il s'adresse principalement aux seigneurs de campagne, aux curés et aux cultivateurs. Les seigneurs de campagne sont invités à utiliser cet ouvrage pour créer des petites pharmacies dans leurs châteaux, permettant ainsi de prodiguer des soins à leurs vassaux. Les curés, souvent confrontés à des ressources financières limitées et à un accès restreint aux soins médicaux, peuvent également tirer profit de cet ouvrage pour soigner leurs paroissiens. Les cultivateurs, de leur côté, peuvent partager les remèdes simples et efficaces décrits dans le livre avec leurs voisins. L'ouvrage est organisé en trois parties. La première partie énumère les formules de remèdes dérivés du règne végétal pour diverses maladies rurales. La deuxième partie propose une liste alphabétique des plantes utilisées dans ces formules, accompagnée de notes sur leurs vertus. La troisième partie définit les maladies courantes en milieu rural, leurs symptômes et les traitements appropriés. Le livre se conclut par des observations sur des guérisons intéressantes obtenues grâce à des végétaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9583
MÉDECINE rurale & pratique, tirée uniquement des plantes usuelles de la France, appliquées aux différentes maladies qui règnent dans les campagnes, ouvrage également utile aux Seigneurs de campagne, aux Curés, & aux Cultivateurs ; par M. PIERRE-JOSEPH BUCHOZ, Docteur aggrégé au Collège Royal des Médecins de Nancy, & à la Faculté de Médecine de Pont-à-Mousson, Membre de plusieurs Académies : un vol. in-12. A Paris, chez LACOMBE, Libraire, quai de Conti.
9584
p. 339-343
Suite de ce qui s'est passé aprés la mort de S.A.S Monsieur le Duc, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay déja parlé de la mort de S.A.S. Monsieur le [...]
Mots clefs :
Mort, Cérémonies, Prince de Conty, Corps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite de ce qui s'est passé aprés la mort de S.A.S Monsieur le Duc, [titre d'après la table]
Je vous ay déja parlé de la
mort de S. A. S. Monfieur le
Duc , & il ne me reſtoir plus à
yous entretenir que de tout ce
Ffij
340 MERCURE
qui s'eft fait aprés fon decés
files mêmes Ceremonies qui
fe font faites aprés la mort de
feuë S. A. S. fon pere n'avoient
efté fuivies de point en point
à la referve de quelques perfonnes qui n'ont pas fait les
mêmes fonctions puifque
c'eft Mr l'Evêque d'Auxerre ;
qui'a conduit fon Cœur à l'E
glife des Jefuites de la rue S.
Antoine , & que ce Prelat l'a
prefenté en faisant l'Eloge de
ce Prince avec l'Eloquence
qui luy eft ordinaire , & dont
je vous ay fouvent parlé..
Le 12 de ce mois Monfieur
GALANT 34!
le Prince de Conty nommé
par le Roy pour venir de fa
part jetter de l'eau benifte
fur leCorps du Prince défunc
fe rendit à l'Hôtel de Condé ,
accompagné de Mele Duc de
Mortemart ; Mr le Marquis
de Levy portoit la queue de fa
robbe. Il cftoit conduit par
Mr.le Marquis de Dreux Grand
Maitre des Ceremonies , & il
yavoit autour de luy des Gardes du Corps du Roy & des
Cent-Suiffes. Il fut reçu par
Monfieur le Duc d'Enguien ,
accompagné de plufieurs Seigneurs qui ont l'honneur
Ffiij
342 MERCURE
d'être de fa parenté , & des
Principaux Officiers du Prince
défunt.
Les jours fuivans Meffieurs
le Prince de Conty en fon
nom , le Duc du Maine , le
Comte de Toulouſe , allerent
donner de l'eau - benifte.
Monfieur le Cardinal de
Noailles le Chapitre de
l'Eglife Metropolitaine , le
Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aydes,
le Corps de Ville , & plufieurs
Communautez , allerent rendre les mêmes devoirs.
Le 15 le Corps fut tranf-
GALANY . 343
porté à Valery , fepulture des
Princes de la Maifon de Conс
fieur
1
dé , accompagné par
le Duc d'Enguien & par Mr
l'Evêque d'Auxerre , & Mr
l'Archevêque de Sens le reçut
avec les Ceremonies ordinaires.
mort de S. A. S. Monfieur le
Duc , & il ne me reſtoir plus à
yous entretenir que de tout ce
Ffij
340 MERCURE
qui s'eft fait aprés fon decés
files mêmes Ceremonies qui
fe font faites aprés la mort de
feuë S. A. S. fon pere n'avoient
efté fuivies de point en point
à la referve de quelques perfonnes qui n'ont pas fait les
mêmes fonctions puifque
c'eft Mr l'Evêque d'Auxerre ;
qui'a conduit fon Cœur à l'E
glife des Jefuites de la rue S.
Antoine , & que ce Prelat l'a
prefenté en faisant l'Eloge de
ce Prince avec l'Eloquence
qui luy eft ordinaire , & dont
je vous ay fouvent parlé..
Le 12 de ce mois Monfieur
GALANT 34!
le Prince de Conty nommé
par le Roy pour venir de fa
part jetter de l'eau benifte
fur leCorps du Prince défunc
fe rendit à l'Hôtel de Condé ,
accompagné de Mele Duc de
Mortemart ; Mr le Marquis
de Levy portoit la queue de fa
robbe. Il cftoit conduit par
Mr.le Marquis de Dreux Grand
Maitre des Ceremonies , & il
yavoit autour de luy des Gardes du Corps du Roy & des
Cent-Suiffes. Il fut reçu par
Monfieur le Duc d'Enguien ,
accompagné de plufieurs Seigneurs qui ont l'honneur
Ffiij
342 MERCURE
d'être de fa parenté , & des
Principaux Officiers du Prince
défunt.
Les jours fuivans Meffieurs
le Prince de Conty en fon
nom , le Duc du Maine , le
Comte de Toulouſe , allerent
donner de l'eau - benifte.
Monfieur le Cardinal de
Noailles le Chapitre de
l'Eglife Metropolitaine , le
Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aydes,
le Corps de Ville , & plufieurs
Communautez , allerent rendre les mêmes devoirs.
Le 15 le Corps fut tranf-
GALANY . 343
porté à Valery , fepulture des
Princes de la Maifon de Conс
fieur
1
dé , accompagné par
le Duc d'Enguien & par Mr
l'Evêque d'Auxerre , & Mr
l'Archevêque de Sens le reçut
avec les Ceremonies ordinaires.
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Résumé : Suite de ce qui s'est passé aprés la mort de S.A.S Monsieur le Duc, [titre d'après la table]
Après la mort du Duc, fils du Prince défunt, les cérémonies funéraires ont suivi celles observées après la mort de son père, avec quelques variations. L'évêque d'Auxerre a conduit le cœur du Duc à l'église des Jésuites de la rue Saint-Antoine et a prononcé son éloge. Le 12 du mois, le Prince de Conty, nommé par le roi, s'est rendu à l'Hôtel de Condé pour jeter de l'eau bénite sur le corps du Prince défunt, accompagné du Duc de Mortemart et du Marquis de Dreux. Plusieurs gardes du roi et des Cent-Suisses étaient présents. Le Duc d'Enguien, accompagné de plusieurs seigneurs et officiers du Prince défunt, a reçu le Prince de Conty. Les jours suivants, le Prince de Conty, le Duc du Maine et le Comte de Toulouse ont également jeté de l'eau bénite. Le Cardinal de Noailles, le Chapitre de l'Église métropolitaine, le Parlement, la Chambre des Comptes, la Cour des Aydes, le Corps de Ville et plusieurs communautés ont rendu les mêmes devoirs. Le 15, le corps du Duc a été transporté à Valéry, la sépulture des Princes de la Maison de Condé, accompagné par le Duc d'Enguien et l'évêque d'Auxerre. L'archevêque de Sens a reçu le corps avec les cérémonies ordinaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9585
p. 1805-1810
« J. G. ECCARDI Observatio de Nummis ATTILAE Hunnorum Regis. Remarques [...] »
Début :
J. G. ECCARDI Observatio de Nummis ATTILAE Hunnorum Regis. Remarques [...]
Mots clefs :
Attila, Roi des Huns, Médaille, Cheval, Légende, Goths, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « J. G. ECCARDI Observatio de Nummis ATTILAE Hunnorum Regis. Remarques [...] »
J. G. ECCARDI Obfervatio de Nummis
ATTILE Hunnorum Regis . Remarques
de Jean- George Eccard ,fur les Medailles
d'Attila Roi des Huns .
Une Médaille d'Attila rapportée par le
P. Bandouri , Benedictin , dans fon bas Empire
, a donné lieu à M. Eccard , Hiftoriographe
& Bibliotequaire du Roi George
d'Angleterre , Electeur d'Hanover , & c.
de faire les Remarques dont il s'agit ici.
>
•
Il obferve d'abord que c'eft mal à propos
que quelques Auteurs , & furtout les
plus modernes , ont dépeint Attila avec
de noires couleurs ; felon eux ce Conquerant
étoit feroce ,-barbare , & extrê
mement cruel . Un Ecrivain ancien & contemporain
nous le repréfente , au contraire
comme un Prince d'un naturel doux
& de très - bonnes moeurs . Il eft vrai , dit
M. Eccard , que les Romains l'ayant extrêmement
irrité, & lui ayant fouvent tendu
des embuches , Attila mit tout en ufage,
pour le venger & c'eft cette vengeance
pouffée un peu loin qui lui a acquis la mauvaife
réputation dont notre Auteur tâche
de le laver. Il aura peut- être de la peine à
réuffit ; car il faut avouer que le préjugé
eft grand & déja ancien au fujet de ce
Prince. Un habile Hiſtorien ( M. l'Abbé
de Vertot, Hift. de Malte , Liv. VI. ) pour
nous donner une jufte idée du fameux
у
Ta1806
MERCURE DE FRANCE
Tamerlan , dit qu'on peut regarder ce
Conquerant Tartare comme un autre Attila,
comme un fleau de Dieu & c.
Quoiqu'il en foit , cette idée de ferocité
& de barbarie qu'on s'eft faite de la
perfonne d'Attila , a paffé jufques fur fes
Médailles ; ce qui paroît qui paroît principalement
fur celle du Cabinet de Jean André Bofius
, grand bronze , où l'on voit d'un
côté la tête de ce Prince reprefenté vultu
truculento , comme parle notre Auteur , &
la barbe fort longue , avec cette Legen
de, ATTILA REX , & fur le Revers la
Ville d'Aquilée avec fon nom AQUILEIA.
Mais M. Eccard foutient que les meilleurs
Antiquaires ont toujours crû cette
Médaille fauffe & fuppofée.
Il parle enfuite de deux autres Médailles
prétendues d'Attila par J.Jacques Chiflet
, & par lui rapportées , comme ayant
été trouvées dans la terre à Besançon ;
elles font d'argent : d'un côté on voit le
bufte d'un Prince encore jeune , ayant
des aîles aux épaules ; & pour Legende
ATEULA. Au Revers un Cheval, la tête
levée , avec une corne au milieu ; fur le
dos un Bâton augural , & entre les pieds
du Cheval un Pentagone : dans l'Exergue
la Lune dans fon décours , avec ce
mot VLATOS .
Notre Antiquaire fait mention d'une .
troiAOUST.
1730. 1807
rroifiéme Médaille prefque femblable
qui lui a été communiquée par un Sçavant
de fes amis ( Reverendiſſ. Abbas Lucenfis
Gerhardus ) dont la Legende de la
Tête eft AT IU LA, & il n'oublie pas celle
que rapporte le P. Bandouri , dont la Legende
eft ATEUL. ayant fur le Revers
un Cheval fans corne & fans lituus , avec
ce mot , comme à celles de Befançon
VLATOS.
Du Cange & Mezabarbe en ont donné
une autre de bronze , où l'on voit d'un côté
la tête nuë d'un jeune homme avec ce
mot ATILA. Au Revers un Lion , fans.
Legende. Mezabarbe affure en avoir vû
une autre auffi de bronze , où du côté de
la Tête on lifoit ATHIL. au Revers un
Cheval fans Legende.
Si on en croit le P. Bandouri , toutes
ces Médailles font du fameux Attila ; Beger
, au contraire , les attribue à Vlacus .
Ateulus , Prince Celte ; mais fes preuves
ont paru foibles à M. Eccard , qui croit
avec Cambden qu'elles ont été frappées
pour un Prince Breton , fentiment fuivi
Gibſon dans fes Additions à l'Ouvra
de Cambden fur la Grande Bretagne,
& confirmé par de pareilles Médailles qui
ont été trouvées dans le même Pays : outre
que l'argent pur dont -elles font fabriquées
ne convient point au fiecle de
par
gc
barbaric
1808 MERCURE DE FRANCE
barbarie du Vainqueur des Romains
tems auquel on fe fervoit d'une matiere
bien inferieure pour la fabrique des Monnoyes.
Nous ne ferons qu'efleurer les autres
preuves qui concourent à donner ces Médailles
au Prince Breton ; le Pentagone
qu'on y voit êtoit une figure facrée chez
les Celtes , & le fimbole du bonheur
d'où vient qu'encore aujourd'hui dans la
haute Allemagne on appelle cette Figure
mifterieufe Druttenfuſſ. c'eſt- à - dire , Pied
des Druides ou des Prêtres Celtiques. L'épi
qu'on voit fur les Médailles de Cambden
& de Gibfon font un fimbole de la Grande
Bretagne , qui fe trouve auffi fur pluſieurs
Médailles de Cunobellinus , Roi Breton
ainfi que la Lune , autre figne de bonheurs
le Lituus , ou Bâton augural défigne
la Religion , & on trouve le Cheval
prefque fur toutes les Médailles Celtiques
& Britanniques , parcequ'on en nouriffoit
beaucoup dans l'un & dans l'autre Pays.
A l'égard de la Figure aîlée , elle convient
parfaitement , & s'accorde avec la Figure
de la Victoire Britannique VICTORIA
BRITANNICA , fi connue par les Médailles
d'Antonin Pie , de Commode , de
Severe , de Geta & c . Dion dans la Vie de
Neron remarque d'ailleurs que la Victoire
étoit particulierement adorée chez les
Brea
A O UST. 1730. 1809
·
Bretons fous le nom d'Adrafte ; il rapporte
même une Priere addreffée à cette Divinité
par Boodix ou Bundovix , Amazone
* Britannique . Cette derniere preuve
eft fort étendue dans notre Auteur ; mais
en voilà affez pour appuyer un fentiment
qui eft avancé avec beaucoup d'apparence
& de folidité.
M. Eccard après avoir exercé fa critique
fur des Médailles trop legerement
attribuées à Attila , en produit une de ce
Conquerant tirée de fon Cabinet dont il
nous garantit la verité en ces termes :
Attila Numus fi unquamgenuinus extitit ,
nos poffidere certum eft . Elle eft de petit
bronze ; d'un côté ce Prince eft repréfenté
fans barbe avec un air & un regard fort
doux , la tête couverte d'une efpece de
Thiare , qui eft un peu défigurée ſur la
Médaille ; ce qui paroît du corps eft habillé
d'une maniere barbare , corpus paludamento
barbarico veftitum eft ; fur le Re-
* Nous avons employé le terme d'Amazonne
Britannique après M. Eccardo M M. de Lipfic.
Ce terme qui a quelque chofe d'extraordinaire
n'eft point dans le Grec de Dion.ni dans la vers
fion de Xilandre que nous avons confultés; mais
l'Héroïne dont il eft ici queftion le méritoit fans
doute : fon avanture fait un des plus beaux
morceaux de l'Hiftorien Grec
propofons de la prefenter unur à nos Lecteurs
nous nous
F vers
1810 MERCURE DE FRANCE
vers il n'y a autre chofe que ces deux
mots en caracteres fort nets & bien confervés
, A DULA (REX ; ils font enfermés
, auffi bien que la Figure du premier
côté de la Médaille,dans une couronne de
laurier. A bien confiderer l'image & l'ha
billement de ce Prince , on y trouve quelchofe
de reffemblant à Baduila ou Toque
tila , Roi des Goths ; mais cela n'empê
che pas M. Eccard de foûtenir que la Médaille
eft veritablement d'Attilla . Cette
reffemblance , dit- il , vient de l'ufage
dans lequel étoit ce Frince , qui aimoit
les moeurs & la Langue des Goths , de
s'habiller à la Gothique , trouvant cette
manieré plus commode , & fi l'on veut
plus galante , elegantiùs , que celle de fon
Pays , comme les Goths eux - mêmes
avoient emprunté l'habit des Getes après
leur avoir fuccedé , en les chaffant des
Regions qu'ils avoient occupées fur le Danube
, ainfi que M. Eccard s'engage de
le faire voir ailleurs.
ATTILE Hunnorum Regis . Remarques
de Jean- George Eccard ,fur les Medailles
d'Attila Roi des Huns .
Une Médaille d'Attila rapportée par le
P. Bandouri , Benedictin , dans fon bas Empire
, a donné lieu à M. Eccard , Hiftoriographe
& Bibliotequaire du Roi George
d'Angleterre , Electeur d'Hanover , & c.
de faire les Remarques dont il s'agit ici.
>
•
Il obferve d'abord que c'eft mal à propos
que quelques Auteurs , & furtout les
plus modernes , ont dépeint Attila avec
de noires couleurs ; felon eux ce Conquerant
étoit feroce ,-barbare , & extrê
mement cruel . Un Ecrivain ancien & contemporain
nous le repréfente , au contraire
comme un Prince d'un naturel doux
& de très - bonnes moeurs . Il eft vrai , dit
M. Eccard , que les Romains l'ayant extrêmement
irrité, & lui ayant fouvent tendu
des embuches , Attila mit tout en ufage,
pour le venger & c'eft cette vengeance
pouffée un peu loin qui lui a acquis la mauvaife
réputation dont notre Auteur tâche
de le laver. Il aura peut- être de la peine à
réuffit ; car il faut avouer que le préjugé
eft grand & déja ancien au fujet de ce
Prince. Un habile Hiſtorien ( M. l'Abbé
de Vertot, Hift. de Malte , Liv. VI. ) pour
nous donner une jufte idée du fameux
у
Ta1806
MERCURE DE FRANCE
Tamerlan , dit qu'on peut regarder ce
Conquerant Tartare comme un autre Attila,
comme un fleau de Dieu & c.
Quoiqu'il en foit , cette idée de ferocité
& de barbarie qu'on s'eft faite de la
perfonne d'Attila , a paffé jufques fur fes
Médailles ; ce qui paroît qui paroît principalement
fur celle du Cabinet de Jean André Bofius
, grand bronze , où l'on voit d'un
côté la tête de ce Prince reprefenté vultu
truculento , comme parle notre Auteur , &
la barbe fort longue , avec cette Legen
de, ATTILA REX , & fur le Revers la
Ville d'Aquilée avec fon nom AQUILEIA.
Mais M. Eccard foutient que les meilleurs
Antiquaires ont toujours crû cette
Médaille fauffe & fuppofée.
Il parle enfuite de deux autres Médailles
prétendues d'Attila par J.Jacques Chiflet
, & par lui rapportées , comme ayant
été trouvées dans la terre à Besançon ;
elles font d'argent : d'un côté on voit le
bufte d'un Prince encore jeune , ayant
des aîles aux épaules ; & pour Legende
ATEULA. Au Revers un Cheval, la tête
levée , avec une corne au milieu ; fur le
dos un Bâton augural , & entre les pieds
du Cheval un Pentagone : dans l'Exergue
la Lune dans fon décours , avec ce
mot VLATOS .
Notre Antiquaire fait mention d'une .
troiAOUST.
1730. 1807
rroifiéme Médaille prefque femblable
qui lui a été communiquée par un Sçavant
de fes amis ( Reverendiſſ. Abbas Lucenfis
Gerhardus ) dont la Legende de la
Tête eft AT IU LA, & il n'oublie pas celle
que rapporte le P. Bandouri , dont la Legende
eft ATEUL. ayant fur le Revers
un Cheval fans corne & fans lituus , avec
ce mot , comme à celles de Befançon
VLATOS.
Du Cange & Mezabarbe en ont donné
une autre de bronze , où l'on voit d'un côté
la tête nuë d'un jeune homme avec ce
mot ATILA. Au Revers un Lion , fans.
Legende. Mezabarbe affure en avoir vû
une autre auffi de bronze , où du côté de
la Tête on lifoit ATHIL. au Revers un
Cheval fans Legende.
Si on en croit le P. Bandouri , toutes
ces Médailles font du fameux Attila ; Beger
, au contraire , les attribue à Vlacus .
Ateulus , Prince Celte ; mais fes preuves
ont paru foibles à M. Eccard , qui croit
avec Cambden qu'elles ont été frappées
pour un Prince Breton , fentiment fuivi
Gibſon dans fes Additions à l'Ouvra
de Cambden fur la Grande Bretagne,
& confirmé par de pareilles Médailles qui
ont été trouvées dans le même Pays : outre
que l'argent pur dont -elles font fabriquées
ne convient point au fiecle de
par
gc
barbaric
1808 MERCURE DE FRANCE
barbarie du Vainqueur des Romains
tems auquel on fe fervoit d'une matiere
bien inferieure pour la fabrique des Monnoyes.
Nous ne ferons qu'efleurer les autres
preuves qui concourent à donner ces Médailles
au Prince Breton ; le Pentagone
qu'on y voit êtoit une figure facrée chez
les Celtes , & le fimbole du bonheur
d'où vient qu'encore aujourd'hui dans la
haute Allemagne on appelle cette Figure
mifterieufe Druttenfuſſ. c'eſt- à - dire , Pied
des Druides ou des Prêtres Celtiques. L'épi
qu'on voit fur les Médailles de Cambden
& de Gibfon font un fimbole de la Grande
Bretagne , qui fe trouve auffi fur pluſieurs
Médailles de Cunobellinus , Roi Breton
ainfi que la Lune , autre figne de bonheurs
le Lituus , ou Bâton augural défigne
la Religion , & on trouve le Cheval
prefque fur toutes les Médailles Celtiques
& Britanniques , parcequ'on en nouriffoit
beaucoup dans l'un & dans l'autre Pays.
A l'égard de la Figure aîlée , elle convient
parfaitement , & s'accorde avec la Figure
de la Victoire Britannique VICTORIA
BRITANNICA , fi connue par les Médailles
d'Antonin Pie , de Commode , de
Severe , de Geta & c . Dion dans la Vie de
Neron remarque d'ailleurs que la Victoire
étoit particulierement adorée chez les
Brea
A O UST. 1730. 1809
·
Bretons fous le nom d'Adrafte ; il rapporte
même une Priere addreffée à cette Divinité
par Boodix ou Bundovix , Amazone
* Britannique . Cette derniere preuve
eft fort étendue dans notre Auteur ; mais
en voilà affez pour appuyer un fentiment
qui eft avancé avec beaucoup d'apparence
& de folidité.
M. Eccard après avoir exercé fa critique
fur des Médailles trop legerement
attribuées à Attila , en produit une de ce
Conquerant tirée de fon Cabinet dont il
nous garantit la verité en ces termes :
Attila Numus fi unquamgenuinus extitit ,
nos poffidere certum eft . Elle eft de petit
bronze ; d'un côté ce Prince eft repréfenté
fans barbe avec un air & un regard fort
doux , la tête couverte d'une efpece de
Thiare , qui eft un peu défigurée ſur la
Médaille ; ce qui paroît du corps eft habillé
d'une maniere barbare , corpus paludamento
barbarico veftitum eft ; fur le Re-
* Nous avons employé le terme d'Amazonne
Britannique après M. Eccardo M M. de Lipfic.
Ce terme qui a quelque chofe d'extraordinaire
n'eft point dans le Grec de Dion.ni dans la vers
fion de Xilandre que nous avons confultés; mais
l'Héroïne dont il eft ici queftion le méritoit fans
doute : fon avanture fait un des plus beaux
morceaux de l'Hiftorien Grec
propofons de la prefenter unur à nos Lecteurs
nous nous
F vers
1810 MERCURE DE FRANCE
vers il n'y a autre chofe que ces deux
mots en caracteres fort nets & bien confervés
, A DULA (REX ; ils font enfermés
, auffi bien que la Figure du premier
côté de la Médaille,dans une couronne de
laurier. A bien confiderer l'image & l'ha
billement de ce Prince , on y trouve quelchofe
de reffemblant à Baduila ou Toque
tila , Roi des Goths ; mais cela n'empê
che pas M. Eccard de foûtenir que la Médaille
eft veritablement d'Attilla . Cette
reffemblance , dit- il , vient de l'ufage
dans lequel étoit ce Frince , qui aimoit
les moeurs & la Langue des Goths , de
s'habiller à la Gothique , trouvant cette
manieré plus commode , & fi l'on veut
plus galante , elegantiùs , que celle de fon
Pays , comme les Goths eux - mêmes
avoient emprunté l'habit des Getes après
leur avoir fuccedé , en les chaffant des
Regions qu'ils avoient occupées fur le Danube
, ainfi que M. Eccard s'engage de
le faire voir ailleurs.
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Résumé : « J. G. ECCARDI Observatio de Nummis ATTILAE Hunnorum Regis. Remarques [...] »
Le texte 'Obfervatio de Nummis' de Jean-George Eccard aborde les médailles attribuées à Attila, roi des Huns. Eccard conteste la vision moderne d'Attila comme un conquérant féroce et barbare, préférant suivre les descriptions des écrivains anciens qui le présentent comme un prince doux et de bonnes mœurs. Cette réputation négative serait le résultat de la vengeance d'Attila contre les Romains, qui lui tendaient souvent des pièges. Eccard analyse plusieurs médailles prétendument d'Attila. La première, en bronze, montre Attila avec une barbe longue et est considérée comme fausse par les antiquaires. Deux autres médailles, en argent et trouvées à Besançon, représentent un prince jeune avec des ailes et un cheval avec une corne. D'autres médailles portent des légendes variées comme 'ATEULA' ou 'ATILA'. Le texte discute des attributions de ces médailles, certaines étant attribuées à Vlacus Ateulus, un prince celte, tandis qu'Eccard les attribue à un prince breton. Les symboles sur les médailles, comme le pentagone et le cheval, sont des figures sacrées chez les Celtes. Eccard conclut en présentant une médaille d'Attila en petit bronze, où le roi est représenté sans barbe et avec un regard doux, habillé à la manière gothique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9586
p. 76-82
« D'autres Lettres portent que l'on continuoit de travailler [...] »
Début :
D'autres Lettres portent que l'on continuoit de travailler [...]
Mots clefs :
Marquis, Général, Troupes, Camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « D'autres Lettres portent que l'on continuoit de travailler [...] »
D'autres Lettres portent
que l'on continuoit
de travailler aux fortifications
deCervera, que les
Trou pes augmentent tous
les jours en ces quartierslà
; que lesAlliez estoient
tousjours dans leursmesmes
Quartiers;qu'ils faisoient
approcher lesTroupes
Allemandes pour estre
toutes sous le même Commandant
qui dévoitestrè
le General Vezel qui estoit
leseul de leurs Généraux
qui fust encore forti de
Barcelone ;que le bruic
couroic qu'ils se devoienc
mettre incessamment en
Campagne, & que leur
premierCamp sera prés
de Tarragone; mais que
les provisions leur manquent
,& que leur Artillerie
n'est pas preste.
Celles d'Estremadure
portentque les Portugais,
aprèss'estre tenus long-
temps dans un Camp avantageux
,
avoient envoyé
quelques détachemens
du costé de Zafra
pour lever les contributions,
& s'estoient ensuite
retirez;que M.le Marquis
de Bay pour les obliger à
sortir de leur Camp, avoit
fait bombarder Elvas;
qu'il s'estoit avancé ensuite
vers la ville deBorvaqui
avoit esté pillée, & qui
avoit donné seize mille
Ecus pour empescher
qu'on n'ymist le feu,8$
qu'un de sesPartis avoit
dessait trois cens Grena,
diers ; que les Portugais
avoient fait courir le bruit
qu'ils attendoient des
Mortiers potiv- bombarderBadajozpar
represailles,
& que si M. le Marquis
de Bay s'y opposoit,
ils luy donneroient bataille
;quece General en
ayant estéinformé s'étoit
approché d'eux; que les
innemis le voyant en leur
presence,s'estoient avancez
en bataille; maiS1
qu'ayant reconnu queM.
le Marquis de Bay se dispofoit
à les bien recevoir,
ils avoient défilésur leur
gauche, & estoient allez
camper plus loin entre l,,
Caya & la Catola vers la
Tour de Segovie ; que
quelques jours aprésils
publierent encore qu'ils
retourneroient pour attaquer
M.le Marquis de Bay
qu'ils battroientparce
qu'ils estoientplusforts
que luy en lnfclnrerie;flu
cependant il s'estoit eh4
core avancé,&avoit cam.'
pé en leur presence,sans
qu'ils eussent osé venir à
luy.
D'autres Lettres confirment
que M. de Monte-
Negro avoit repris Caravalajez
; qu'il eftoic£nfuite
entré enPortugal
par la Province de Tralos-
Montes
, ou il avoit
détaché Dom Nicolas de
San Severino avec un
Corps de Cavalerie
,
qui
avoir pris la ville de Vimiofo,
située quatre lieuës
au-dessus de Miranda, &
que M. de Monte-Negro
l'ayant suivi avoit pris le
Chasteau où il y avoic
deux Compagnies d'infanrerie,
& où il avoit
trouvé beaucoup de munitions
de guerre & de
bouche.
que l'on continuoit
de travailler aux fortifications
deCervera, que les
Trou pes augmentent tous
les jours en ces quartierslà
; que lesAlliez estoient
tousjours dans leursmesmes
Quartiers;qu'ils faisoient
approcher lesTroupes
Allemandes pour estre
toutes sous le même Commandant
qui dévoitestrè
le General Vezel qui estoit
leseul de leurs Généraux
qui fust encore forti de
Barcelone ;que le bruic
couroic qu'ils se devoienc
mettre incessamment en
Campagne, & que leur
premierCamp sera prés
de Tarragone; mais que
les provisions leur manquent
,& que leur Artillerie
n'est pas preste.
Celles d'Estremadure
portentque les Portugais,
aprèss'estre tenus long-
temps dans un Camp avantageux
,
avoient envoyé
quelques détachemens
du costé de Zafra
pour lever les contributions,
& s'estoient ensuite
retirez;que M.le Marquis
de Bay pour les obliger à
sortir de leur Camp, avoit
fait bombarder Elvas;
qu'il s'estoit avancé ensuite
vers la ville deBorvaqui
avoit esté pillée, & qui
avoit donné seize mille
Ecus pour empescher
qu'on n'ymist le feu,8$
qu'un de sesPartis avoit
dessait trois cens Grena,
diers ; que les Portugais
avoient fait courir le bruit
qu'ils attendoient des
Mortiers potiv- bombarderBadajozpar
represailles,
& que si M. le Marquis
de Bay s'y opposoit,
ils luy donneroient bataille
;quece General en
ayant estéinformé s'étoit
approché d'eux; que les
innemis le voyant en leur
presence,s'estoient avancez
en bataille; maiS1
qu'ayant reconnu queM.
le Marquis de Bay se dispofoit
à les bien recevoir,
ils avoient défilésur leur
gauche, & estoient allez
camper plus loin entre l,,
Caya & la Catola vers la
Tour de Segovie ; que
quelques jours aprésils
publierent encore qu'ils
retourneroient pour attaquer
M.le Marquis de Bay
qu'ils battroientparce
qu'ils estoientplusforts
que luy en lnfclnrerie;flu
cependant il s'estoit eh4
core avancé,&avoit cam.'
pé en leur presence,sans
qu'ils eussent osé venir à
luy.
D'autres Lettres confirment
que M. de Monte-
Negro avoit repris Caravalajez
; qu'il eftoic£nfuite
entré enPortugal
par la Province de Tralos-
Montes
, ou il avoit
détaché Dom Nicolas de
San Severino avec un
Corps de Cavalerie
,
qui
avoir pris la ville de Vimiofo,
située quatre lieuës
au-dessus de Miranda, &
que M. de Monte-Negro
l'ayant suivi avoit pris le
Chasteau où il y avoic
deux Compagnies d'infanrerie,
& où il avoit
trouvé beaucoup de munitions
de guerre & de
bouche.
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Résumé : « D'autres Lettres portent que l'on continuoit de travailler [...] »
Le texte décrit plusieurs événements militaires. À Cervera, les travaux de fortification se poursuivent malgré l'augmentation des troupes ennemies. Près de Tarragone, les alliés dirigés par le général Vezel se préparent à entrer en campagne, mais manquent de provisions et leur artillerie n'est pas prête. En Estrémadure, les Portugais ont envoyé des détachements à Zafra pour lever des contributions avant de se retirer. Le marquis de Bay a bombardé Elvas et pillé Borva, obtenant une rançon pour éviter l'incendie de la ville. Les Portugais ont menacé de bombarder Badajoz et de livrer bataille si le marquis de Bay s'opposait à eux. Ce dernier s'est approché des Portugais, qui ont reculé et se sont campés entre Caya et la Catola. Quelques jours plus tard, les Portugais ont annoncé leur intention de revenir attaquer le marquis de Bay, mais ce dernier a campé en leur présence sans qu'ils osent l'affronter. Par ailleurs, M. de Monte-Negro a repris Caravalajez et est entré au Portugal par la province de Tras-os-Montes. Il a détaché Dom Nicolas de San Severino, qui a pris la ville de Vimioso. M. de Monte-Negro a ensuite pris un château où se trouvaient deux compagnies d'infanterie et des munitions.
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9587
p. 317-326
Traité sur la Magie, le Sortilege, [titre d'après la table]
Début :
TRAITÉ sur la Magie, le Sortilége, les Possessions, Obsessions et Maléfices, où [...]
Mots clefs :
Église, Traite, Possessions, Magie, Maléfices, Preuves, Réalité, Devins, Magiciens, Astrologie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traité sur la Magie, le Sortilege, [titre d'après la table]
TRAITE' sur la Magie , le Sortilége, les
F Pos318
MERCURE DE FRANCE
Possessions , Obsessions et Maléfices , où
l'on en démontre la vérité et la réalité ;
avec une Méthode sure et facile pour les
' discerner ; et les Réglemens contre les
Devins , Sorciers , Magiciens , & c. Ouvrage
très utile aux Ecclésiastiques , aux
Médecins , et aux Juges . Par M. D. de
304 pag. sans l'Avertissement , les Préfa
ces et les Edits qui sont à la fin.
L'Auteur de cet Ouvrage entre en matiere
dès la Préface ; il y combat les principaux
Argumens de ses Adversaires , et
tâche de leur inspirer des dispositions
plus favorables et plus judicieuses sur ces
importantes matieres. On y trouve par
tout un grand fond de Religion , et l'on
voit que c'est moins pour amener les autres
à son sentiment , que pour la gloire
de Dieu et l'utilité de l'Eglise qu'il a entrepris
cet Ouvrage . Depuis la page 17 de
sa Préface jusqu'à la fin . L'Auteur prend
un moïen bien efficace pour toucher les
Ecclesiastiques ou même les Juges , et
pour les porter à ne pas rester dans une
tranquillité dangereuse , fondez sur la
persuation où ils sont, qu'il n'y a ni Sorfilége
, ni Pacte , ni Maléfice. Il emploïe
le reste de la Préface à combattre et à détruire
une confiance si préjudiciable au
prochain , et si dangereuse à celui-là même
FEVRIER. 1733. 319
me qui demeure par là dans une inaction.
volontaire , et qui de peur de se croire
exclus du Catalogue des beaux Esprits ,
aime mieux exposer ceux qui seroient
réellement attaquez de ces Fléaux, à être les
-tristes et malheureuses victimes de la rage
du Démon , que de se donner la peine
d'examiner avec attention et sans préjugez,
dans un esprit de charité et dans une
disposition telle qu'il voudroit qu'on eût
pour lui en pareil cas , la nature de ces
maladies dont il entend parler , et qu'on
-ne lui présente que trop souvent . Mais
- seront- ils excusables aujour des vangeances
, s'écrie notre Auteur , lorsque le Souverain
Juge leur demandera compte de
leur administration , et que ceux qui
avoient été presentés à leurs soins , et
qu'ils avoient négligez , leur representeront
les maux incroïables , les tentations
et les fureurs ausquelles ils ont été abandonnés
pendant des années réïtérées par
la faute des Ministres ? Suffira-t-il de dire,
je ne croïois pas qu'il y en eut , je regardois
cela comme des Fables , et je regardois
ceux qu'on m'amenoit comme des
Comédiens interessez ; et quand bienmême
il n'y en auroit pas , ne seroit ce
pas , continue- t-il , une prévarication
dans le Ministere , et un péché contre la
Fij cha320
MERCURE DE FRANCE
"
charité chrétienné de ne pas examiner et
de s'endormir là - dessus , au hazard de
laisser son frere en proye à la fureur du
Démon .
Le premier Livre traite de la réalité de
la Magie. L'Aureur pour la prouver ap
porte des Passages tres - formels de l'ancien
Testament ; Passages dont on ne peut
se tirer, en disant , comme ont fait quelques
-uns , qu'en cela l'Ecriture s'accommode
à nos préjugez , puisque le Seigneur
deffend à son Peuple de souffrir
dans son sein aucun Magicien , aucun Devin
et aucun Enchanteur , puisqu'il déclare
qu'il exterminera du milieu de son
Peuple dans son indignation , celui qui
aura recours aux Magiciens , et qui lièra
-commerce avec eux . Le terme Latin est
remarquable , et fornicata fuerit ( anima )
cum eis. Enfin,puisqu'il y réprouve , qu'il
y anathématise les Enchanteurs et les
Devins. Or il faudroit dire que toutes
ces Déclarations de la volonté de Dieu et
de sa haine , sont des déclarations illusoires
et fondées sur nos préjugez , ce qui
seroit horrible à penser.
L'Auteur passe
à une autre preuve, qu'il tire des Rituels.
Il fait voir que l'Eglise a toujours crû
qu'il y avoit des Malefices, et qu'elle s'est
toujours regardée comme jouissant du
pou
FEVRIER 1733 . 321
pouvoir qu'elle a reçu de Jesus Christ
de chasser les Démons et de délivrer les
Corps de ces funestes maladies.
›
La persuasion dans laquelle ont été
toutes les Nations , et en particulier les
Egyptiens , du temps de Moïse , qu'ils
prenoient pour un Enchanteur , fournit
à notre Auteur un autre genre de
preuve
tres-puissant et tres efficace . Comment ,
dit -il , se seroit-il faire
pu
que tant de
Peuples , si bien policcz , si entendus .
dans les connoissances des Sciences humaines
, et gouvernez par de si grands
génies , se soient abusez unanimement sur
ce point , sans jamais avoir eu l'occasion
de se détromper , sans qu'aucun l'ait ja
mais révoqué en doute? Les Loix Romaines
en sont une preuve ; la rigueur des ,
Cours Souveraines qui ont de tout temps
sévi , soutenues en cela par les Princes ,
contre ceux qui ont été convaincus de ces
crimes ; la maniere dont on a procédé
contr'eux , l'aveu que presque tous en ont
fait , sans se retracter ; plusieurs Faits
dont quelques uns sont constatez , d'au-,
tres tres - vrai - semblables ; tout cela peut
passer pour un corps complet de preuves ,
plus fortes les unes que les autres .
L'Auteur insiste davantage sur la conduite
de l'Eglise à l'égard des Maléficiers
F iij das
312 MERCURE DE FRANCE
des Devins , des Enchanteurs , &c . elle
les excommunie , elle exorcise ceux qui
ont été atteints les Maléfices;elle propar
des examens dans lesquels elle spécifie
les différentes sortes de crimes que
les Maléfices renferment . Peut - on rien
trouver de mieux appuyé ?
pose
On trouve ensuite un Extrait du Traité
de la Police, de M.de Lamarre,T. 1. l'Auteur
en expose tout le Titre 7. qui traite
des Magiciens , des Sorciers , des Devineurs
et des Prognostiqueurs. Le premier
Chapitre de ce Titre regarde l'origine de
la Magie et de l'Astrologie judiciaire , et
la division de ces Arts en leur différentes
especes. M. de Lamarre prouve dans
le second Chapitre que ces Arts ont été
condamnez par la Loy de Dieu , et que
les Payens mêmes en ont eu horreut , et
les ont punis du dernier supplice. Le 3 °
chap . traite des Loix de l'Eglise et des
Princes temporels contre la Magie et
l'Astrologie judiciaire , depuis la naissance
du Christianisme . Le 4 est´un Recüeil
d'Ordonnances de nos Rois , contre
la Magie , l'Astrologie judicaire , &c.
depuis l'établissement de la Monarchie.
Notre Auteur termine ce Livre par
plusieurs Exemples fameux , par des traits
d'Histoire , rapportez dans S. Grégoire
le
FEVRIER . 1732 323
le Grand , et dans S. Chrysostome , par
le témoignage d'un tres - grand nombre
d'Auteurs dignes de foy ; enfin par des Décrets
de la Faculté de Théologie de Paris
et de l'Inquisition.
Le second Livre traite des Possessions ,
Obsessions et Maléficès. Il y est cependant
fort peu parlé de cette derniere sorte
de maladie , qui regarde davantage le
Livre précédents on en prouve la réalité
par des Textes formels du Nouveau Testament
, dont on ne peut décliner le poids
ni éluder l'autorité il y joint quelques
Commentateurs de l'Evangile , qui supposent
toujours fondez sur ces Passages
de l'Ecriture , la réalité de ces Maladies.
Mais ,comme ce n'est point assez de prouver
qu'il y en ait eu pendant la vie de
Jesus-Christ , si l'on ne montre que les
Possessions ont encore duré , après sa
Mort ; il prouve par les Actes des Apôtres
, qu'ils en ont guéri plusieurs de
differentes especés, en differens Païs. Il le
montre par le pouvoir que Jesus - Christ
leur a donné , et à l'Eglise en leur personne
, de chasser les Démons en son
nom ; promesse illusoire , pouvoir faux
et trompeur , si les Possessions devoient
cesser à la mort du Sauveur. Il le fait voir
par la persuasion où l'Eglise a toujours
F iiij été
324 MERCURE DE FRANCE
été qu'elle joüissoit du Privilege de chas
ser les Démons , par sa pratique , dans la
Bénédiction de l'eau , des Cloches , des
Maisons , des Ornemens qui lui appartiennent
, par ses Rituels , ses Canons
même et ses Anathêmes. Il le fait voir par
l'établissement de l'Ordre d'exorciser,,
par
les Regles que l'Eglise y impose , par
les conseils et les moyens qu'elle veut
qu'on observe pour découvrir les ruses et
les artifices du Démon dans le Corps des
Possedez.
Il le fait voir encore par l'autorité des
Peres et des Théologiens , de Tertullien ,
de S. Cyprien , de S. Chrysostome , de
S. Jerôme , de S.Gregoire Pape, de S.Thomas
, d'Yves de Chartres , de Guillaume
de Paris . L'Auteur le montre aussi parun
Extrait des Canons Pénitenciaux , tiré
des Instructions de S. Charles aux Confesseurs
, imprimées par ordre du Clergé
de France. Il y joint l'Extrait d'un Ou-
Nrage tres - curieux , de Paul du Bé , Docteur
en Médecine , qui fut approuvé en
1671, par M Puylon , Doyen de la Faculté
de Paris , Guy Patin , Professeur
Royal , Fontaine et de Mersenne ; cet
Extrait est considérable par les recherches
et les raisonnemens solides de cet ancien
et scavant Médecin ; il faut le voir
dans
FEVRIE R. 1733 325
dans le Livre même. Les preuves tirées
de la Tradition sont souvent interrompues
par d'autres preuves de fair ; telles
que les Possessions celebres de Loudun ,
de Laon , & c . Il se sert aussi de plusieurs
Histoires, rapportées par des Hommes Illustres
par leur science et par leur piété ,
ou par des Voïageurs dignes de foy. Mais
quelque vraies que puissent être ces Relations
, on ne se fonde pas de même sur
elles , pour en faire des preuves sans replique
.
L'Auteur passe enfin aux difficultez
qu'on objecte d'ordinaire , et il s'applià
les résoudre depuis la page 265.
que
jusqu'à la fin de son Livre.
On trouve dans cet Ouvrage beaucoup
de recherches et d'érudition , de zéle et
de charité ; il y faudroit peu -être un peu
plus de méthode , d'ordre et de choix
dans les preuves , plus d'instance sur celles
qui sont graves et puissantes , et un
stile plus châtié. Au reste , c'est un Ouvrage
que tout Ecclesiastique principalement
doit avoir , et dont il doit méditer
avec une attention sérieuse ,les argumens ,
peser toutes les raisons et les conséquen
ces .
On trouve à la fin un Edit de Louis
XIV . du 31 Août 1682. pour la puni-
Fv tion
326 MERCURE DE FRANCE
tion des Devins , Magiciens , Sorciers
&c . et une Déclaration du même Prince,
du 1 Juillet 1682. rendue contre les Bohémes
, et contre ceux qui leur donnent
retraite.
F Pos318
MERCURE DE FRANCE
Possessions , Obsessions et Maléfices , où
l'on en démontre la vérité et la réalité ;
avec une Méthode sure et facile pour les
' discerner ; et les Réglemens contre les
Devins , Sorciers , Magiciens , & c. Ouvrage
très utile aux Ecclésiastiques , aux
Médecins , et aux Juges . Par M. D. de
304 pag. sans l'Avertissement , les Préfa
ces et les Edits qui sont à la fin.
L'Auteur de cet Ouvrage entre en matiere
dès la Préface ; il y combat les principaux
Argumens de ses Adversaires , et
tâche de leur inspirer des dispositions
plus favorables et plus judicieuses sur ces
importantes matieres. On y trouve par
tout un grand fond de Religion , et l'on
voit que c'est moins pour amener les autres
à son sentiment , que pour la gloire
de Dieu et l'utilité de l'Eglise qu'il a entrepris
cet Ouvrage . Depuis la page 17 de
sa Préface jusqu'à la fin . L'Auteur prend
un moïen bien efficace pour toucher les
Ecclesiastiques ou même les Juges , et
pour les porter à ne pas rester dans une
tranquillité dangereuse , fondez sur la
persuation où ils sont, qu'il n'y a ni Sorfilége
, ni Pacte , ni Maléfice. Il emploïe
le reste de la Préface à combattre et à détruire
une confiance si préjudiciable au
prochain , et si dangereuse à celui-là même
FEVRIER. 1733. 319
me qui demeure par là dans une inaction.
volontaire , et qui de peur de se croire
exclus du Catalogue des beaux Esprits ,
aime mieux exposer ceux qui seroient
réellement attaquez de ces Fléaux, à être les
-tristes et malheureuses victimes de la rage
du Démon , que de se donner la peine
d'examiner avec attention et sans préjugez,
dans un esprit de charité et dans une
disposition telle qu'il voudroit qu'on eût
pour lui en pareil cas , la nature de ces
maladies dont il entend parler , et qu'on
-ne lui présente que trop souvent . Mais
- seront- ils excusables aujour des vangeances
, s'écrie notre Auteur , lorsque le Souverain
Juge leur demandera compte de
leur administration , et que ceux qui
avoient été presentés à leurs soins , et
qu'ils avoient négligez , leur representeront
les maux incroïables , les tentations
et les fureurs ausquelles ils ont été abandonnés
pendant des années réïtérées par
la faute des Ministres ? Suffira-t-il de dire,
je ne croïois pas qu'il y en eut , je regardois
cela comme des Fables , et je regardois
ceux qu'on m'amenoit comme des
Comédiens interessez ; et quand bienmême
il n'y en auroit pas , ne seroit ce
pas , continue- t-il , une prévarication
dans le Ministere , et un péché contre la
Fij cha320
MERCURE DE FRANCE
"
charité chrétienné de ne pas examiner et
de s'endormir là - dessus , au hazard de
laisser son frere en proye à la fureur du
Démon .
Le premier Livre traite de la réalité de
la Magie. L'Aureur pour la prouver ap
porte des Passages tres - formels de l'ancien
Testament ; Passages dont on ne peut
se tirer, en disant , comme ont fait quelques
-uns , qu'en cela l'Ecriture s'accommode
à nos préjugez , puisque le Seigneur
deffend à son Peuple de souffrir
dans son sein aucun Magicien , aucun Devin
et aucun Enchanteur , puisqu'il déclare
qu'il exterminera du milieu de son
Peuple dans son indignation , celui qui
aura recours aux Magiciens , et qui lièra
-commerce avec eux . Le terme Latin est
remarquable , et fornicata fuerit ( anima )
cum eis. Enfin,puisqu'il y réprouve , qu'il
y anathématise les Enchanteurs et les
Devins. Or il faudroit dire que toutes
ces Déclarations de la volonté de Dieu et
de sa haine , sont des déclarations illusoires
et fondées sur nos préjugez , ce qui
seroit horrible à penser.
L'Auteur passe
à une autre preuve, qu'il tire des Rituels.
Il fait voir que l'Eglise a toujours crû
qu'il y avoit des Malefices, et qu'elle s'est
toujours regardée comme jouissant du
pou
FEVRIER 1733 . 321
pouvoir qu'elle a reçu de Jesus Christ
de chasser les Démons et de délivrer les
Corps de ces funestes maladies.
›
La persuasion dans laquelle ont été
toutes les Nations , et en particulier les
Egyptiens , du temps de Moïse , qu'ils
prenoient pour un Enchanteur , fournit
à notre Auteur un autre genre de
preuve
tres-puissant et tres efficace . Comment ,
dit -il , se seroit-il faire
pu
que tant de
Peuples , si bien policcz , si entendus .
dans les connoissances des Sciences humaines
, et gouvernez par de si grands
génies , se soient abusez unanimement sur
ce point , sans jamais avoir eu l'occasion
de se détromper , sans qu'aucun l'ait ja
mais révoqué en doute? Les Loix Romaines
en sont une preuve ; la rigueur des ,
Cours Souveraines qui ont de tout temps
sévi , soutenues en cela par les Princes ,
contre ceux qui ont été convaincus de ces
crimes ; la maniere dont on a procédé
contr'eux , l'aveu que presque tous en ont
fait , sans se retracter ; plusieurs Faits
dont quelques uns sont constatez , d'au-,
tres tres - vrai - semblables ; tout cela peut
passer pour un corps complet de preuves ,
plus fortes les unes que les autres .
L'Auteur insiste davantage sur la conduite
de l'Eglise à l'égard des Maléficiers
F iij das
312 MERCURE DE FRANCE
des Devins , des Enchanteurs , &c . elle
les excommunie , elle exorcise ceux qui
ont été atteints les Maléfices;elle propar
des examens dans lesquels elle spécifie
les différentes sortes de crimes que
les Maléfices renferment . Peut - on rien
trouver de mieux appuyé ?
pose
On trouve ensuite un Extrait du Traité
de la Police, de M.de Lamarre,T. 1. l'Auteur
en expose tout le Titre 7. qui traite
des Magiciens , des Sorciers , des Devineurs
et des Prognostiqueurs. Le premier
Chapitre de ce Titre regarde l'origine de
la Magie et de l'Astrologie judiciaire , et
la division de ces Arts en leur différentes
especes. M. de Lamarre prouve dans
le second Chapitre que ces Arts ont été
condamnez par la Loy de Dieu , et que
les Payens mêmes en ont eu horreut , et
les ont punis du dernier supplice. Le 3 °
chap . traite des Loix de l'Eglise et des
Princes temporels contre la Magie et
l'Astrologie judiciaire , depuis la naissance
du Christianisme . Le 4 est´un Recüeil
d'Ordonnances de nos Rois , contre
la Magie , l'Astrologie judicaire , &c.
depuis l'établissement de la Monarchie.
Notre Auteur termine ce Livre par
plusieurs Exemples fameux , par des traits
d'Histoire , rapportez dans S. Grégoire
le
FEVRIER . 1732 323
le Grand , et dans S. Chrysostome , par
le témoignage d'un tres - grand nombre
d'Auteurs dignes de foy ; enfin par des Décrets
de la Faculté de Théologie de Paris
et de l'Inquisition.
Le second Livre traite des Possessions ,
Obsessions et Maléficès. Il y est cependant
fort peu parlé de cette derniere sorte
de maladie , qui regarde davantage le
Livre précédents on en prouve la réalité
par des Textes formels du Nouveau Testament
, dont on ne peut décliner le poids
ni éluder l'autorité il y joint quelques
Commentateurs de l'Evangile , qui supposent
toujours fondez sur ces Passages
de l'Ecriture , la réalité de ces Maladies.
Mais ,comme ce n'est point assez de prouver
qu'il y en ait eu pendant la vie de
Jesus-Christ , si l'on ne montre que les
Possessions ont encore duré , après sa
Mort ; il prouve par les Actes des Apôtres
, qu'ils en ont guéri plusieurs de
differentes especés, en differens Païs. Il le
montre par le pouvoir que Jesus - Christ
leur a donné , et à l'Eglise en leur personne
, de chasser les Démons en son
nom ; promesse illusoire , pouvoir faux
et trompeur , si les Possessions devoient
cesser à la mort du Sauveur. Il le fait voir
par la persuasion où l'Eglise a toujours
F iiij été
324 MERCURE DE FRANCE
été qu'elle joüissoit du Privilege de chas
ser les Démons , par sa pratique , dans la
Bénédiction de l'eau , des Cloches , des
Maisons , des Ornemens qui lui appartiennent
, par ses Rituels , ses Canons
même et ses Anathêmes. Il le fait voir par
l'établissement de l'Ordre d'exorciser,,
par
les Regles que l'Eglise y impose , par
les conseils et les moyens qu'elle veut
qu'on observe pour découvrir les ruses et
les artifices du Démon dans le Corps des
Possedez.
Il le fait voir encore par l'autorité des
Peres et des Théologiens , de Tertullien ,
de S. Cyprien , de S. Chrysostome , de
S. Jerôme , de S.Gregoire Pape, de S.Thomas
, d'Yves de Chartres , de Guillaume
de Paris . L'Auteur le montre aussi parun
Extrait des Canons Pénitenciaux , tiré
des Instructions de S. Charles aux Confesseurs
, imprimées par ordre du Clergé
de France. Il y joint l'Extrait d'un Ou-
Nrage tres - curieux , de Paul du Bé , Docteur
en Médecine , qui fut approuvé en
1671, par M Puylon , Doyen de la Faculté
de Paris , Guy Patin , Professeur
Royal , Fontaine et de Mersenne ; cet
Extrait est considérable par les recherches
et les raisonnemens solides de cet ancien
et scavant Médecin ; il faut le voir
dans
FEVRIE R. 1733 325
dans le Livre même. Les preuves tirées
de la Tradition sont souvent interrompues
par d'autres preuves de fair ; telles
que les Possessions celebres de Loudun ,
de Laon , & c . Il se sert aussi de plusieurs
Histoires, rapportées par des Hommes Illustres
par leur science et par leur piété ,
ou par des Voïageurs dignes de foy. Mais
quelque vraies que puissent être ces Relations
, on ne se fonde pas de même sur
elles , pour en faire des preuves sans replique
.
L'Auteur passe enfin aux difficultez
qu'on objecte d'ordinaire , et il s'applià
les résoudre depuis la page 265.
que
jusqu'à la fin de son Livre.
On trouve dans cet Ouvrage beaucoup
de recherches et d'érudition , de zéle et
de charité ; il y faudroit peu -être un peu
plus de méthode , d'ordre et de choix
dans les preuves , plus d'instance sur celles
qui sont graves et puissantes , et un
stile plus châtié. Au reste , c'est un Ouvrage
que tout Ecclesiastique principalement
doit avoir , et dont il doit méditer
avec une attention sérieuse ,les argumens ,
peser toutes les raisons et les conséquen
ces .
On trouve à la fin un Edit de Louis
XIV . du 31 Août 1682. pour la puni-
Fv tion
326 MERCURE DE FRANCE
tion des Devins , Magiciens , Sorciers
&c . et une Déclaration du même Prince,
du 1 Juillet 1682. rendue contre les Bohémes
, et contre ceux qui leur donnent
retraite.
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Résumé : Traité sur la Magie, le Sortilege, [titre d'après la table]
Le texte présente un ouvrage intitulé 'Traité sur la Magie, le Sortilège, les Possessions, Obsessions et Maléfices', rédigé par M. D. Cet ouvrage vise à démontrer la réalité et la vérité de la magie et des maléfices, et propose une méthode pour les discerner. Il s'adresse principalement aux ecclésiastiques, médecins et juges. Dans la préface, l'auteur réfute les arguments de ses adversaires en insistant sur l'importance de reconnaître l'existence de la magie et des maléfices pour la gloire de Dieu et l'utilité de l'Église. Il critique ceux qui restent indifférents, les mettant en garde contre les dangers de cette inaction. Le premier livre traite de la réalité de la magie. L'auteur utilise des passages de l'Ancien Testament et des rituels de l'Église pour prouver son existence. Il souligne également la croyance universelle des nations anciennes, comme les Égyptiens, et les lois romaines sévères contre la magie. Le second livre aborde les possessions, obsessions et maléfices. L'auteur prouve leur réalité par des textes du Nouveau Testament et les pratiques de l'Église. Il cite divers auteurs et décrets pour appuyer ses arguments. L'ouvrage inclut des extraits de traités sur la police, des exemples historiques et des décrets de la Faculté de Théologie de Paris et de l'Inquisition. Il se termine par des édits de Louis XIV concernant la punition des devins, magiciens et sorciers. Globalement, l'ouvrage est riche en recherches et en érudition, bien que l'auteur suggère qu'il pourrait bénéficier d'une meilleure méthode et d'un style plus châtié. Il est recommandé aux ecclésiastiques pour méditer sérieusement ses arguments.
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9588
p. 314-324
EPITHALAME nouvelle POUR Monsieur le Comte de Chastillon, & Mademoiselle Voysin.
Début :
Quelle merveille on voit dans ce séjour ? [...]
Mots clefs :
Amour, Hymen, Comte de Châtillon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITHALAME nouvelle POUR Monsieur le Comte de Chastillon, & Mademoiselle Voysin.
EPITHALAME
nouvelle
POUR Monsieur le
Comte de Chastillon,
Mademoiselle Voy-
,
fin.
Quclle merveille on voit
dans ce sejour?
On y confond Hymen avec
l'Amour.
Jadis rivaux, ces Dieux en
mainte plage
Se molestoient par four bes
& combats;
Oncqucsne fut entre Rome
& Carthage
Tant de discord ;mais enfin
leurs débats
Sont terminez à commun
avantage.
Plus d'un Epoux me dénira
le cas:
Tout Mécreant se taira s'il
en sage,
Secrets chagr ins en fait de
Mariage
A Confidens ne se révèlent
pas;
Car Confidens en font souventusage,
Ddij
Qui des Conjoints augmente
l'Altercas.
Sous plus d'un coic les Amours
font fracas;
On n'entend pas crier à chaque
étage
, Quelle merveille on voit
dans ce séjour!
On y confond Hymen avec
Amour.
Ces Dieux d'accord ont
broüllé leur bagage,
Les deux enfans de ladite
Cypris
Ne seront plus connus à
l'équipage.
Quand guerroyoient ensemble
au temps jadis,
Non moins divers en leurs
faits qu'en leurs dits,
L'un serieux & quelquefois
sauvage,
Cherchant son aise & n'ufant
que de Lis;
Bien emplumez, l'autre
escorté des Ris,
Peu façonnier
)
aimant le
ba)dinage,
A fin Duvet préferant verd
Tapis,
Qui les eut cru gens de
mêmelignage, Irtgnage ?
Mais à presentquecesnouveaux
amis
Chez Chastillon ne font plus
qu'un Ménage,
Quelle merveille on voit
dans ce séjour?
On y confond Hymen avec
Amour.
Le jeune objet que ces Rivaux
engage
As'entr'aimer, porte coups
si chéris,
Que Scythe n'est qui ne s'en
trouve épris,
Tost ne devint un tendre
Abencerrage.
Dieux:quelle Feste ! ô nô ces
,
deThetis,
Vous n'en citiezqu'une imparfaite
Image;
Discorde ici n'excitera d'orage
Si pomme d',or s'y jette comme
prix
De la Beauté :
besoin nest
de Paris ;
Amour
,
Hymen,vous en
ferez hommage
Aux yeux charmans qui
vous ont réunis,
Et cet Arrestapprouvé par
Thecis
, Censé fera statut d'Areopage.
Que de beaux jours cet
heureux jour présage!
Vostre union console maint s
Maris,
Qui routes fois n'y trouveront
je gage,
Profit aucun enchantez & - surpris,
-
Ils vont par tout redire au
voisinage,
Quelle merveille on voit en » ce séjour!
On y confond Hymen avec
Amour.
Ou'en s'acordant ces Dieux
font digne ouvrage?
Guerrier aimable autant que
genereux,
De leur Traité Chastillon
estlegage;
Pas ne pouvoient avoir pltis
noble ôtage,
Il est issu de ces Princes f-,>
meux,
Que Loire vit jadis sur [on
rivage
Regner dans, Blois leur scal
pour héritage,
Comtes puissantsdont Cadcts
valeureux,
Gueldre ôc Bretagne eurent
pour appanage Seul rejetton du f,ang do
tant de Preux;
Aux Souverains de la Seine
&duTage,
Il est lié par cent illustres
noeuds.
Biensoûtiendra par faits
chevalureux
De ces grands noms le brillantassemblage
, Et bien sçauralaisser dignes
Neveux.
Or donc Epoux ne tardez
davantage,
Plus ne vous faut de cortège
facheux,
Cupidon seul vous servira
de Page;
Allez d'Hymenvanger l'antiqueoutrage
, Rétablissezla gloire de ses
feux,.
Et rassurez qui craint son
esclavage
,
Si que Mortels préconisant
entr'eux,
Vos coeurs constans, bien
que toûjours heureux,
Cent & cent fois repetent
cc langage,
Quelle merveille on voit
dans ce sejour!
On yconfond Hymenavec
Amour.
Charles Chastillon
,
Duc
deBretagne l'an 1341. IL
fils de Guy, 1e. du nom, Comte de Blois,&de Marguerite
de Valois, soeur du
Roy Philippe de Valois.
„ Jean deChastillon Duc de
Gueldre
,
l'an
1 372.. 1 r'
fils de Louis Ie. du nom, Comte de Blois,&deJeanne
de Hainaut..
Par Gaucher de Chastillon,
Ve. dunom
,Comte
de Porccau, &Connestable
de France sous six Rois.
nouvelle
POUR Monsieur le
Comte de Chastillon,
Mademoiselle Voy-
,
fin.
Quclle merveille on voit
dans ce sejour?
On y confond Hymen avec
l'Amour.
Jadis rivaux, ces Dieux en
mainte plage
Se molestoient par four bes
& combats;
Oncqucsne fut entre Rome
& Carthage
Tant de discord ;mais enfin
leurs débats
Sont terminez à commun
avantage.
Plus d'un Epoux me dénira
le cas:
Tout Mécreant se taira s'il
en sage,
Secrets chagr ins en fait de
Mariage
A Confidens ne se révèlent
pas;
Car Confidens en font souventusage,
Ddij
Qui des Conjoints augmente
l'Altercas.
Sous plus d'un coic les Amours
font fracas;
On n'entend pas crier à chaque
étage
, Quelle merveille on voit
dans ce séjour!
On y confond Hymen avec
Amour.
Ces Dieux d'accord ont
broüllé leur bagage,
Les deux enfans de ladite
Cypris
Ne seront plus connus à
l'équipage.
Quand guerroyoient ensemble
au temps jadis,
Non moins divers en leurs
faits qu'en leurs dits,
L'un serieux & quelquefois
sauvage,
Cherchant son aise & n'ufant
que de Lis;
Bien emplumez, l'autre
escorté des Ris,
Peu façonnier
)
aimant le
ba)dinage,
A fin Duvet préferant verd
Tapis,
Qui les eut cru gens de
mêmelignage, Irtgnage ?
Mais à presentquecesnouveaux
amis
Chez Chastillon ne font plus
qu'un Ménage,
Quelle merveille on voit
dans ce séjour?
On y confond Hymen avec
Amour.
Le jeune objet que ces Rivaux
engage
As'entr'aimer, porte coups
si chéris,
Que Scythe n'est qui ne s'en
trouve épris,
Tost ne devint un tendre
Abencerrage.
Dieux:quelle Feste ! ô nô ces
,
deThetis,
Vous n'en citiezqu'une imparfaite
Image;
Discorde ici n'excitera d'orage
Si pomme d',or s'y jette comme
prix
De la Beauté :
besoin nest
de Paris ;
Amour
,
Hymen,vous en
ferez hommage
Aux yeux charmans qui
vous ont réunis,
Et cet Arrestapprouvé par
Thecis
, Censé fera statut d'Areopage.
Que de beaux jours cet
heureux jour présage!
Vostre union console maint s
Maris,
Qui routes fois n'y trouveront
je gage,
Profit aucun enchantez & - surpris,
-
Ils vont par tout redire au
voisinage,
Quelle merveille on voit en » ce séjour!
On y confond Hymen avec
Amour.
Ou'en s'acordant ces Dieux
font digne ouvrage?
Guerrier aimable autant que
genereux,
De leur Traité Chastillon
estlegage;
Pas ne pouvoient avoir pltis
noble ôtage,
Il est issu de ces Princes f-,>
meux,
Que Loire vit jadis sur [on
rivage
Regner dans, Blois leur scal
pour héritage,
Comtes puissantsdont Cadcts
valeureux,
Gueldre ôc Bretagne eurent
pour appanage Seul rejetton du f,ang do
tant de Preux;
Aux Souverains de la Seine
&duTage,
Il est lié par cent illustres
noeuds.
Biensoûtiendra par faits
chevalureux
De ces grands noms le brillantassemblage
, Et bien sçauralaisser dignes
Neveux.
Or donc Epoux ne tardez
davantage,
Plus ne vous faut de cortège
facheux,
Cupidon seul vous servira
de Page;
Allez d'Hymenvanger l'antiqueoutrage
, Rétablissezla gloire de ses
feux,.
Et rassurez qui craint son
esclavage
,
Si que Mortels préconisant
entr'eux,
Vos coeurs constans, bien
que toûjours heureux,
Cent & cent fois repetent
cc langage,
Quelle merveille on voit
dans ce sejour!
On yconfond Hymenavec
Amour.
Charles Chastillon
,
Duc
deBretagne l'an 1341. IL
fils de Guy, 1e. du nom, Comte de Blois,&de Marguerite
de Valois, soeur du
Roy Philippe de Valois.
„ Jean deChastillon Duc de
Gueldre
,
l'an
1 372.. 1 r'
fils de Louis Ie. du nom, Comte de Blois,&deJeanne
de Hainaut..
Par Gaucher de Chastillon,
Ve. dunom
,Comte
de Porccau, &Connestable
de France sous six Rois.
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Résumé : EPITHALAME nouvelle POUR Monsieur le Comte de Chastillon, & Mademoiselle Voysin.
Le texte est un épithalame célébrant le mariage de Monsieur le Comte de Chastillon et de Mademoiselle Voy-. Il met en avant l'union harmonieuse entre Hymen et Amour, comparée à la paix entre Rome et Carthage. Le texte souligne la difficulté de percer les secrets des mariages et les risques de confidents augmentant les altercations. Le jeune couple est décrit comme un modèle d'amour, capable de charmer même les plus durs. Leur fête d'union est célébrée comme plus belle que celles des dieux, et des beaux jours sont prédits pour eux. Le Comte de Chastillon est loué pour sa noblesse et ses illustres ancêtres, incluant Charles Chastillon, Duc de Bretagne en 1341, Jean de Chastillon, Duc de Gueldre en 1372, et Gaucher de Chastillon, Connétable de France sous six rois. Le texte se termine par une exhortation à célébrer leur union avec l'aide de Cupidon, rétablissant la gloire du mariage et rassurant ceux qui craignent son esclavage.
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9589
p. 40-51
MORTS.
Début :
Mr le Marquis de Langeron Lieutenant General des Armées Navales [...]
Mots clefs :
Chevalier, Seigneur, Marquis, Roi, Veuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
M O RTS.
--. Mr le Marquis de Langeron-
Lieutenant General
des Armées Navales
.& Lieutenant de Royen
basse Bretagne,& Com-
-
mandeur de l'Ordre de S.
,
Louis mourut le iS. du
mois
mois dernier d'une apoplexie
qui luy prit à
Sceaux âgéde 61. an.
Il yavoic 45. ans qu'il
estoit au service du Roy,
sa premiere Campagne
fut au Siége de Candie,
il s'est trouvé à dix rcpt
batailles navalles ,
sans
compter les combats
particuliers où il commandoit
de petites Escadres
detachées
,
il a deffendu
les Costes de Bretagne
, ôc a empeché la
descente des Ennemis
Mr l'Amiral luy a rendu
la justice de croire & de
dire qu'il avoit fort contribué
au gain de la derniere
bataille navalle où
il comandoit l'arriere garde.
Le Siége de Toulon
elt trop recent pour qu'il
soit necessaire d'en parler
,
l'Hifloire qui en a
esté imprimée peut fournir
de memoire de cette
derniere action.
Entr'autres qualités pour
la Marine ils'estoit distingué
dans la construction
des Vaisseaux où il excelloit.
On ne dit rien de sa
Maison, elle est assez connuë
dans le monde par ellemesme,& par ses alliances.
Louis d-Harcourt,fils
d'HenryDuc d'Harcourt,
Pair & Maréchalde France
,
Chevalier des Orr
dres du Roy &c. mourup
le 30. Mayâgé de 4.ans
& demi.
Jacques Malo Seigneur
de Ser, la Morte,
Frauville &c.mourursans
alliance le31. Mayâgéde
52,. ans. Il avoir esté-reç$-
Concilierau Grand Çoiv
seil en1691. 0#
Marie Talon ,veuve
de Daniel Voisin
,
Seigneur
du Pic[fis du Bois,
Iverny
, &c. Confciller
d'Estar ordinaire, mourut
le 31. May âgée de 81.
an. Ellelaisse une fille
unique , qui est veuve de
Chrestien François de la
Moignon President à
•Mortier.
:
Marie Anne Fontaine
des Montées, secondeb
femme d'Estenne d'Ali!.
gre P-rétiden-c à Mortier
mourut en couche tefc.
Juin âgée de31.an.Là
fille dont elle étoir acouchée
,
& qui étoit unU
que,ne luy a survescu que
de quelques jours. !t
- Messire Jean -
Baptiste
Matthieu Molé de
'_-Cham plastreux,Président àMortier, mourut d'apoplexie
le 5. de ce mois,
..âgé.i de trente- six ans &
trois mois, il estoit fils de
Messire Loüis Molé aussi
Président à Mortier, &
de Dame Loüise Marie
Betault, arriere petit fils
deMessire Matthieu Molé.
Garde des Sceaux de
France, & Premier Président
du Parlement, & le
cinquiéme Président à
Mortier de pere en fils.
Il estoitveufdeDameMarie
Nicole le Gorlier de
Droüilly
,
de laquelle il
laisse un fils & unefille.
Monsieur le Président
de Champlastreux estoit
frere de Mr. Molé Abbé
de saint Riquier, & de
Mr. le Chevalier Molé
Guidon de Gend'armerie,
& de Dit-ne Marie-
Loüise Molé veuve de
Mr. Talon Marquis du
Boulay Colonel du Regimentd'Orleanois.
Jean François Gilbert
Chevalier Seigneur de
Villaroy
,
Conseilier au
Parlement, mourut sans
alliance le 7. Juin âgé de
trente neufans.
Don Antonio Martin
Alvarez de Toledo ÔC
Beaumont, Enriquez, de
Rivera, Fernandez, Manrique
,
Duc d'Albe & de
Huescart, Comte de Lerin
, de Salvatierra ,&c.
Marquis de Coria,&c.
Connestable & Grand;
Chancellier de Navarre,
Sommelier de Corps du
Roy d'Espagne&son Ambassadeur
en cette Coiïr,
mourut icy le 28. May
dans sa 40 année, estant
fort regreté à cause de
ses grandes qualitez pcrfoneles
, & du zele donr
il a donné des preuves signalées
pour le service de
Sa Majesté Cathotique.
On en parlera plus amplementle
mois prochain.
André Zaluski
, Evè:..,
que de Varmie
,
Grand
Chancelier de Pologne,
mourut
jnouruc le premier May
1711. âgede63. ans. -
Le Sr Flemming, Maréchal
de Camp Général
de l'Electeur de Brandebourg
,mourut à Berlin
le10May âgé de87.ans.
Adam Antoine Grundeman
de Falckenberg,
Conseillier d'Etat du feu
Empereur, &: cy-devant
fous Maréchal de la Baffe
Autriche, mourut à Vienne
le 25. May âgé de 87. ans. Le Prince de Nassau
Adamar,Juge de la
Chambre Imperialle de
Wetzlar, mourut le 27.
May.
MagdelaineBouteroüe
veuve de Charles leClere
de Lesseville, Chevalier
Seigneur d'Incourt &c.
Conseiller au Grand Conlcil
, mourut le II. Juin
f\ âgée de 82. ans.
Catherine le Clere Epouse
de Nicolas Petit
d'Estigny
,
Chevalier de
Leudeville & Conseiller
au Grand Conseil, mourut
le 14. Juin âgée de 60.
ans.
HumbertGuillaumeC.
de Precipiano & de Soye,
Archevêque de Malines,
Primat des Pays - Bas,
mourut à Bruxelle le 9.
Juin en sa 85. année. Il
avoit esté Chanoine &
Grand Doyen de Besançon,
Plenipotentiaire àla
Diete deRatisbonne, Evêque
deBruges pendant
sept ans,& Archevêque
de Malines pendant 2 1.
an.
--. Mr le Marquis de Langeron-
Lieutenant General
des Armées Navales
.& Lieutenant de Royen
basse Bretagne,& Com-
-
mandeur de l'Ordre de S.
,
Louis mourut le iS. du
mois
mois dernier d'une apoplexie
qui luy prit à
Sceaux âgéde 61. an.
Il yavoic 45. ans qu'il
estoit au service du Roy,
sa premiere Campagne
fut au Siége de Candie,
il s'est trouvé à dix rcpt
batailles navalles ,
sans
compter les combats
particuliers où il commandoit
de petites Escadres
detachées
,
il a deffendu
les Costes de Bretagne
, ôc a empeché la
descente des Ennemis
Mr l'Amiral luy a rendu
la justice de croire & de
dire qu'il avoit fort contribué
au gain de la derniere
bataille navalle où
il comandoit l'arriere garde.
Le Siége de Toulon
elt trop recent pour qu'il
soit necessaire d'en parler
,
l'Hifloire qui en a
esté imprimée peut fournir
de memoire de cette
derniere action.
Entr'autres qualités pour
la Marine ils'estoit distingué
dans la construction
des Vaisseaux où il excelloit.
On ne dit rien de sa
Maison, elle est assez connuë
dans le monde par ellemesme,& par ses alliances.
Louis d-Harcourt,fils
d'HenryDuc d'Harcourt,
Pair & Maréchalde France
,
Chevalier des Orr
dres du Roy &c. mourup
le 30. Mayâgé de 4.ans
& demi.
Jacques Malo Seigneur
de Ser, la Morte,
Frauville &c.mourursans
alliance le31. Mayâgéde
52,. ans. Il avoir esté-reç$-
Concilierau Grand Çoiv
seil en1691. 0#
Marie Talon ,veuve
de Daniel Voisin
,
Seigneur
du Pic[fis du Bois,
Iverny
, &c. Confciller
d'Estar ordinaire, mourut
le 31. May âgée de 81.
an. Ellelaisse une fille
unique , qui est veuve de
Chrestien François de la
Moignon President à
•Mortier.
:
Marie Anne Fontaine
des Montées, secondeb
femme d'Estenne d'Ali!.
gre P-rétiden-c à Mortier
mourut en couche tefc.
Juin âgée de31.an.Là
fille dont elle étoir acouchée
,
& qui étoit unU
que,ne luy a survescu que
de quelques jours. !t
- Messire Jean -
Baptiste
Matthieu Molé de
'_-Cham plastreux,Président àMortier, mourut d'apoplexie
le 5. de ce mois,
..âgé.i de trente- six ans &
trois mois, il estoit fils de
Messire Loüis Molé aussi
Président à Mortier, &
de Dame Loüise Marie
Betault, arriere petit fils
deMessire Matthieu Molé.
Garde des Sceaux de
France, & Premier Président
du Parlement, & le
cinquiéme Président à
Mortier de pere en fils.
Il estoitveufdeDameMarie
Nicole le Gorlier de
Droüilly
,
de laquelle il
laisse un fils & unefille.
Monsieur le Président
de Champlastreux estoit
frere de Mr. Molé Abbé
de saint Riquier, & de
Mr. le Chevalier Molé
Guidon de Gend'armerie,
& de Dit-ne Marie-
Loüise Molé veuve de
Mr. Talon Marquis du
Boulay Colonel du Regimentd'Orleanois.
Jean François Gilbert
Chevalier Seigneur de
Villaroy
,
Conseilier au
Parlement, mourut sans
alliance le 7. Juin âgé de
trente neufans.
Don Antonio Martin
Alvarez de Toledo ÔC
Beaumont, Enriquez, de
Rivera, Fernandez, Manrique
,
Duc d'Albe & de
Huescart, Comte de Lerin
, de Salvatierra ,&c.
Marquis de Coria,&c.
Connestable & Grand;
Chancellier de Navarre,
Sommelier de Corps du
Roy d'Espagne&son Ambassadeur
en cette Coiïr,
mourut icy le 28. May
dans sa 40 année, estant
fort regreté à cause de
ses grandes qualitez pcrfoneles
, & du zele donr
il a donné des preuves signalées
pour le service de
Sa Majesté Cathotique.
On en parlera plus amplementle
mois prochain.
André Zaluski
, Evè:..,
que de Varmie
,
Grand
Chancelier de Pologne,
mourut
jnouruc le premier May
1711. âgede63. ans. -
Le Sr Flemming, Maréchal
de Camp Général
de l'Electeur de Brandebourg
,mourut à Berlin
le10May âgé de87.ans.
Adam Antoine Grundeman
de Falckenberg,
Conseillier d'Etat du feu
Empereur, &: cy-devant
fous Maréchal de la Baffe
Autriche, mourut à Vienne
le 25. May âgé de 87. ans. Le Prince de Nassau
Adamar,Juge de la
Chambre Imperialle de
Wetzlar, mourut le 27.
May.
MagdelaineBouteroüe
veuve de Charles leClere
de Lesseville, Chevalier
Seigneur d'Incourt &c.
Conseiller au Grand Conlcil
, mourut le II. Juin
f\ âgée de 82. ans.
Catherine le Clere Epouse
de Nicolas Petit
d'Estigny
,
Chevalier de
Leudeville & Conseiller
au Grand Conseil, mourut
le 14. Juin âgée de 60.
ans.
HumbertGuillaumeC.
de Precipiano & de Soye,
Archevêque de Malines,
Primat des Pays - Bas,
mourut à Bruxelle le 9.
Juin en sa 85. année. Il
avoit esté Chanoine &
Grand Doyen de Besançon,
Plenipotentiaire àla
Diete deRatisbonne, Evêque
deBruges pendant
sept ans,& Archevêque
de Malines pendant 2 1.
an.
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Résumé : MORTS.
Le texte relate plusieurs décès de personnalités militaires, politiques et religieuses. Le Marquis de Langeron, Lieutenant Général des Armées Navales, est décédé à l'âge de 61 ans. Sa carrière militaire fut marquée par la défense des côtes de Bretagne et la participation à diverses batailles navales. Il a été particulièrement salué pour son rôle dans la dernière bataille navale où il commandait l'arrière-garde. D'autres décès notables incluent celui de Louis d'Harcourt, fils du Duc d'Harcourt, à l'âge de 4 ans et demi, et Jacques Malo, Seigneur de Ser, à 52 ans. Marie Talon, veuve de Daniel Voisin, est décédée à 81 ans, laissant une fille unique. Marie Anne Fontaine des Montées est morte en couches à 31 ans, laissant une fille qui n'a survécu que quelques jours. Le texte mentionne également la mort de Messire Jean-Baptiste Matthieu Molé de Champlastreux, Président à Mortier, à 36 ans, et Don Antonio Martin Alvarez de Toledo, Duc d'Albe et Ambassadeur d'Espagne, à 40 ans. Parmi les figures religieuses, André Zaluski, Évêque de Varmie et Grand Chancelier de Pologne, est décédé à 63 ans, et Humbert Guillaume de Precipiano, Archevêque de Malines, à 85 ans. Ces décès couvrent un large éventail de domaines, soulignant la perte de figures influentes dans les sphères militaire, politique et religieuse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9590
p. 337-351
Mariages. [titre d'après la table]
Début :
J'ai vû l'heure que j'allois estre obligé de donner ce [...]
Mots clefs :
Mariage, Seigneur, Dame, Conseiller, Parlement, Comte, Généalogiste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariages. [titre d'après la table]
J'ay vû l'heure que j'allois
eſtre obligé de donner ce
mois- cy un Mercure defiguré.
L'article des Mariages qui
eſt le plus beau & le meilleur
du Livre a penſé n'y pas eſtre ,
par la negligence de monGenealogiſte.
Je ſuis fi piqué
contre luy , que je ne peux
m'empeſcher de vous l'annoncer
, Meſſieurs, comme un des
plus extraordinaires mortels
qu'il y ait au monde : c'eſt en
un mot un vray Democrite
qui ſe moque de tout , de ſes
Genealogies ,de ſa propre perſonne
, de mon Mercure &
Septembre 1714 . F
338 MERCURE
de moy. Jugez s'il a tort , &
lifez àbon compte l'hiſtoire
des Mariages qu'il vient de
m'envoyer.
Jacques Papillon , Secretaire
du Roy , fils de M. Papillon
, époufa le 30. Aouſt
Damoifelle Renée- Françoiſe
Feydeau , fille de feu Meffire
Charles Feydeau , Capitaine
au Regiment deChampagne ,
& de Dame Marie Anne du
Pleſſis , petite fille de Pierre
Feydeau , Seigneur de Vaugien,
Secretaire du Roy , Receveur
general des Gabelles à
Paris , & de Catherine Vi
GALANT. 339
vien , & arriere petite fille
d'Antoine Feydeau reçû Conſeiller
au Parlement de Paris
en 1573. & d'Efter Baillif.
Ledit Antoine Feydeau , fils
de Guillaume Feydeau mort
le 15. Avril 1577. & enterré
à faint Medericoù ſe voitſon
Epitaphe. Feu M. Feydeau pere
de Mademoiselle Feydeau
qui vient de ſe marier , avoit
fait ſes preuves pour l'Ordre
de Malthe , & elles avoient
eſté admiſes .Cette famille s'eft
alliée à celles de Meſmes ,
d'Hennequin, le Camus,Maupeou
, Montholon , le Febvre
Ffij
340 MERCURE
d'Eaubonne , Voiſin , Roüillé
de Meſlay , de Machault , & à
laMaiſon de Daillon du Lude.
Meffire Jean - Auguſte le
Rebours , Conſeiller au Parlement
, fils de Meſſire Claude
le Rebours , Seigneur de ſaint
Mars , Conſeiller d'honneur
au Parlement , & de Dame
Jeanne Pantin de la Guerre ,
époufa le trois Septembre Marie-
Loüife Chuberé , fille de
Pierre Chuberé , Avocat au
Parlement ,Banquier Expedi
tionnaire enCour deRome,&
Secretaire du Roy , & de Marie
Regnault ſa ſeconde femGALANT.
341
me. M. le Rebours eft couſin
germain de M. Alexandre le
Rebours Intendant des Finances
, & de Dame Elizabeth-
Thereſe le Rebours , femme
de Meſſire MichelChamillart,
cy devant Miniſtre & Secretaire
d'Etat , Controlleur General
des Finances , Commandeur
& Grand- Treforier des
Ordres du Roy , & ils font
tous trois petits enfans d'Alexandre
le Rebours, Seigneur
de Bertherandfoſſe , Préſident
de la Cour des Aides , fils de
Guillaume le Rebours , Seigneur
de Bertherandfoſſe , Pré-
Ffiij
342 MERCURE
fident de la Cour des Aides,&
Conſeiller d'Etat , lequel étoir
fils de Germain le Rebours ,
Seigneur de Bertherandfoſſe ,
l'un des plus celebres Avocats
du Parlement de Paris , & le
plus employé de ſon temps.
M. le Comte de Roucy ,
Mestre de Camp d'un Regiment
de Cavalerie , épouſa le
4. Septembre Damoiſelle .....
Huguet, fille d'Alphonſe Denis
Huguet, Conſeiller auParlement
, & de Marguerite de
Turmenyes , & petite fillede
/ Simon Huguet mortSecretairedu
Roy en 1691. forty d'uGALANT.
343
ne famille de la Ville d'Orleans
, où elle ſubſiſte encore
-à preſent. M. le Comte de
Roucy eft fils de Moffire François
de la Rochefoucaud de
Roye,Comte de Roucy,Lieutenant
General des Armées du
Roy , cy devant Capitaine-
Lieutenant des Gendarmes
Ecoffois , & de Dame Catherine
Françoiſe d'Arpajon,fille
de feu M. le Duc d' Arpajon ,
petit fils de Frederic- Charles
de la Rochefoucaud de Roye ,
Comte de Roye & de Roucy ,
Lieutenant General des Armées
duRoy de France ,Ma-
Ffiij
344 MERCURE
réchal de Camp General des
Troupes du Roy de Dannemarck
, & Chevalier de ſon
Ordre de l'Elephant ; & de
Dame Iſabelle de Durfort-
Duras , arriere petit fils de
François de la Rochefoucaud
de Roye Comte de Roucy ;
&de Dame Julienne Catherine
de la Tour en Auvergne.
Ledit François de la Rochefoucaud
fils de Charles de la
Rochefoucaud de Roye
Comte de Roucy ; & de Claude
de Gontheau de Biron , &
,
د
petit fils de François de la Rochefoucaud
troiſiémedu nom
GALANT. 343
Comte de la Rochefoucaud
Prince de Marfillac,Chevalier
de l'Ordre du Roy , Capitaine
de so. Hommes d'Armes de
ſes Ordonnances ; & de Char
lotte de Roye ſa ſeconde femme
Comteffe de Roucy , foeur
puiſnée d'Eleonore de Roye,
femme de Louis de Bourbon
Prince de Condé. La Maiſon
de la Rochefoucaud , l'une
des plus illuftres du Royaume
, deſcend de Foucaud Seigneur
du Chateau de la Roche
en Angoumois , dit depuis,
de la Rochefoucaud, vivant
vers l'an 1000. & elle
346 MERCURE
s'eſt toûjours alliée aux plus
grandes Maiſons. Voyez la
Genealogie de cette Maiſon
dans l'Histoire des GrandsOf
ficiers de la Couronne.
M. le Prince de Soubize fils
de M. le Prince de Rohan
Lieutenant General des Armées
du Roy , Capitaine Lieurenant
des Gendarmes de
ſa Garde , Gouverneur de
Champagne , & de Brie ; &
de Dame Marie-Anne-Geneviéve
de Levis de Vantadour ,
a épousé Mademoiselle de
l'Eſpinoy , fille de feu Meſſire
Loüis de Melun , Prince de
GALANT. 347
l'Eſpinoy , & de Dame Eliſabeth
de Lorraine Liflebonne.
La Maiſon de Rohan eſtune
des plus illuſtres de laProvince
deBretagne ; & elleest connuë
depuis l'an 1100. que vivoir
Alinpremier du nom,Vicomte
de Rohan. M. le Princede
Guimené en eſt l'aîné ,& il a
pour cadets Meſſieurs les
Princes de Soubize : les Seigneurs
du Poulduc dans l'Evêché
de Vannes , fubfiftant
encoreà preſent en Bretagne
font auffi de cette Maiſon ,
comme on lepeut voir à la fin
de l'Hiſtoire du Maréchal de
ةيس
348 MERCURE
Guebrian par le ſieur le La
boureur ; voyez auffi pour
cette genealogie , la nouvelle
édition de l'Hiſtoire des
Grands Officiers de la Couronne
au Chapitre des Maréchaux
de France ; de même
que pour la genealogie de la
Maiſon de Melun qui eſt aufſiunedes
plus illuftres &des
plus anciennes du Royaume.
Meffire Mathieu de Montholon
Confeiller au Grand
Confeil , fils de Meffire Mathieu
de Montholon Conſeiller
au Chaſtelet ; & de Marie
Ravier , a épouféle Sep
GALANT. 349
tembre Damoiſelle Clotilde
le Doux de Melleville , fille
de feu Claude le Doux , Seigneur
deMelleville,Conſeiller
au Parlement ; & de Françoiſe
Nau ,petite fille de Claude
le Doux Seigneur deMelleville
, mort Conſeiller au
Parlement en 1652.& arriere
petite fille de Claude le Doux
Seigneur de Melleville Maiſtre
des Requeſtes ordinaire de
l'Hôtel du Roy en 1617. lequel
eſtoit fils de Jean le Doux
Seigneur de Melleville , Prefident
, Lieutenant General
Civil & Criminel de la Ville
350 MERCURE
d'Evreux,d'où cette famille eft
originaire. M. de Montholon
eſt frere puiſné de Meffire
François de Montholon Infpecteur
General de la Marine
& des Galeres , marié depuis
peu à Mademoiselle de Novion
, fille de M. le Preſident
de Novion ; & il a pour trifayeul
Meffire François de
Montholon Seigneur du Vivier&
d'Aubervilliers faitGardedes
Sceaux de France l'an
1542. & qui eut entre autres
fils François de Montholon
Seigneur d'Aubervilliers,aufli
Garde des Sceaux de France
1
GALANT. 351
1
en 1588. Voyez pour la genealogie
de cette famille qui
eſt originaire de la Villed'Autun
, l'Histoire des Grands
Officiers de la Couronne au
Chapitre des Chanceliers &
Gardes des Sceaux de France.
Meffire ... de Lataignant ,
Conſeiller au Parlement , fils
& petit fils de Meſſieurs de
Lataignant Conſeiller auParlement
, a épousé Mademoifelle
Miotte,fille de M. Miotte
Greffier du Confeil.
eſtre obligé de donner ce
mois- cy un Mercure defiguré.
L'article des Mariages qui
eſt le plus beau & le meilleur
du Livre a penſé n'y pas eſtre ,
par la negligence de monGenealogiſte.
Je ſuis fi piqué
contre luy , que je ne peux
m'empeſcher de vous l'annoncer
, Meſſieurs, comme un des
plus extraordinaires mortels
qu'il y ait au monde : c'eſt en
un mot un vray Democrite
qui ſe moque de tout , de ſes
Genealogies ,de ſa propre perſonne
, de mon Mercure &
Septembre 1714 . F
338 MERCURE
de moy. Jugez s'il a tort , &
lifez àbon compte l'hiſtoire
des Mariages qu'il vient de
m'envoyer.
Jacques Papillon , Secretaire
du Roy , fils de M. Papillon
, époufa le 30. Aouſt
Damoifelle Renée- Françoiſe
Feydeau , fille de feu Meffire
Charles Feydeau , Capitaine
au Regiment deChampagne ,
& de Dame Marie Anne du
Pleſſis , petite fille de Pierre
Feydeau , Seigneur de Vaugien,
Secretaire du Roy , Receveur
general des Gabelles à
Paris , & de Catherine Vi
GALANT. 339
vien , & arriere petite fille
d'Antoine Feydeau reçû Conſeiller
au Parlement de Paris
en 1573. & d'Efter Baillif.
Ledit Antoine Feydeau , fils
de Guillaume Feydeau mort
le 15. Avril 1577. & enterré
à faint Medericoù ſe voitſon
Epitaphe. Feu M. Feydeau pere
de Mademoiselle Feydeau
qui vient de ſe marier , avoit
fait ſes preuves pour l'Ordre
de Malthe , & elles avoient
eſté admiſes .Cette famille s'eft
alliée à celles de Meſmes ,
d'Hennequin, le Camus,Maupeou
, Montholon , le Febvre
Ffij
340 MERCURE
d'Eaubonne , Voiſin , Roüillé
de Meſlay , de Machault , & à
laMaiſon de Daillon du Lude.
Meffire Jean - Auguſte le
Rebours , Conſeiller au Parlement
, fils de Meſſire Claude
le Rebours , Seigneur de ſaint
Mars , Conſeiller d'honneur
au Parlement , & de Dame
Jeanne Pantin de la Guerre ,
époufa le trois Septembre Marie-
Loüife Chuberé , fille de
Pierre Chuberé , Avocat au
Parlement ,Banquier Expedi
tionnaire enCour deRome,&
Secretaire du Roy , & de Marie
Regnault ſa ſeconde femGALANT.
341
me. M. le Rebours eft couſin
germain de M. Alexandre le
Rebours Intendant des Finances
, & de Dame Elizabeth-
Thereſe le Rebours , femme
de Meſſire MichelChamillart,
cy devant Miniſtre & Secretaire
d'Etat , Controlleur General
des Finances , Commandeur
& Grand- Treforier des
Ordres du Roy , & ils font
tous trois petits enfans d'Alexandre
le Rebours, Seigneur
de Bertherandfoſſe , Préſident
de la Cour des Aides , fils de
Guillaume le Rebours , Seigneur
de Bertherandfoſſe , Pré-
Ffiij
342 MERCURE
fident de la Cour des Aides,&
Conſeiller d'Etat , lequel étoir
fils de Germain le Rebours ,
Seigneur de Bertherandfoſſe ,
l'un des plus celebres Avocats
du Parlement de Paris , & le
plus employé de ſon temps.
M. le Comte de Roucy ,
Mestre de Camp d'un Regiment
de Cavalerie , épouſa le
4. Septembre Damoiſelle .....
Huguet, fille d'Alphonſe Denis
Huguet, Conſeiller auParlement
, & de Marguerite de
Turmenyes , & petite fillede
/ Simon Huguet mortSecretairedu
Roy en 1691. forty d'uGALANT.
343
ne famille de la Ville d'Orleans
, où elle ſubſiſte encore
-à preſent. M. le Comte de
Roucy eft fils de Moffire François
de la Rochefoucaud de
Roye,Comte de Roucy,Lieutenant
General des Armées du
Roy , cy devant Capitaine-
Lieutenant des Gendarmes
Ecoffois , & de Dame Catherine
Françoiſe d'Arpajon,fille
de feu M. le Duc d' Arpajon ,
petit fils de Frederic- Charles
de la Rochefoucaud de Roye ,
Comte de Roye & de Roucy ,
Lieutenant General des Armées
duRoy de France ,Ma-
Ffiij
344 MERCURE
réchal de Camp General des
Troupes du Roy de Dannemarck
, & Chevalier de ſon
Ordre de l'Elephant ; & de
Dame Iſabelle de Durfort-
Duras , arriere petit fils de
François de la Rochefoucaud
de Roye Comte de Roucy ;
&de Dame Julienne Catherine
de la Tour en Auvergne.
Ledit François de la Rochefoucaud
fils de Charles de la
Rochefoucaud de Roye
Comte de Roucy ; & de Claude
de Gontheau de Biron , &
,
د
petit fils de François de la Rochefoucaud
troiſiémedu nom
GALANT. 343
Comte de la Rochefoucaud
Prince de Marfillac,Chevalier
de l'Ordre du Roy , Capitaine
de so. Hommes d'Armes de
ſes Ordonnances ; & de Char
lotte de Roye ſa ſeconde femme
Comteffe de Roucy , foeur
puiſnée d'Eleonore de Roye,
femme de Louis de Bourbon
Prince de Condé. La Maiſon
de la Rochefoucaud , l'une
des plus illuftres du Royaume
, deſcend de Foucaud Seigneur
du Chateau de la Roche
en Angoumois , dit depuis,
de la Rochefoucaud, vivant
vers l'an 1000. & elle
346 MERCURE
s'eſt toûjours alliée aux plus
grandes Maiſons. Voyez la
Genealogie de cette Maiſon
dans l'Histoire des GrandsOf
ficiers de la Couronne.
M. le Prince de Soubize fils
de M. le Prince de Rohan
Lieutenant General des Armées
du Roy , Capitaine Lieurenant
des Gendarmes de
ſa Garde , Gouverneur de
Champagne , & de Brie ; &
de Dame Marie-Anne-Geneviéve
de Levis de Vantadour ,
a épousé Mademoiselle de
l'Eſpinoy , fille de feu Meſſire
Loüis de Melun , Prince de
GALANT. 347
l'Eſpinoy , & de Dame Eliſabeth
de Lorraine Liflebonne.
La Maiſon de Rohan eſtune
des plus illuſtres de laProvince
deBretagne ; & elleest connuë
depuis l'an 1100. que vivoir
Alinpremier du nom,Vicomte
de Rohan. M. le Princede
Guimené en eſt l'aîné ,& il a
pour cadets Meſſieurs les
Princes de Soubize : les Seigneurs
du Poulduc dans l'Evêché
de Vannes , fubfiftant
encoreà preſent en Bretagne
font auffi de cette Maiſon ,
comme on lepeut voir à la fin
de l'Hiſtoire du Maréchal de
ةيس
348 MERCURE
Guebrian par le ſieur le La
boureur ; voyez auffi pour
cette genealogie , la nouvelle
édition de l'Hiſtoire des
Grands Officiers de la Couronne
au Chapitre des Maréchaux
de France ; de même
que pour la genealogie de la
Maiſon de Melun qui eſt aufſiunedes
plus illuftres &des
plus anciennes du Royaume.
Meffire Mathieu de Montholon
Confeiller au Grand
Confeil , fils de Meffire Mathieu
de Montholon Conſeiller
au Chaſtelet ; & de Marie
Ravier , a épouféle Sep
GALANT. 349
tembre Damoiſelle Clotilde
le Doux de Melleville , fille
de feu Claude le Doux , Seigneur
deMelleville,Conſeiller
au Parlement ; & de Françoiſe
Nau ,petite fille de Claude
le Doux Seigneur deMelleville
, mort Conſeiller au
Parlement en 1652.& arriere
petite fille de Claude le Doux
Seigneur de Melleville Maiſtre
des Requeſtes ordinaire de
l'Hôtel du Roy en 1617. lequel
eſtoit fils de Jean le Doux
Seigneur de Melleville , Prefident
, Lieutenant General
Civil & Criminel de la Ville
350 MERCURE
d'Evreux,d'où cette famille eft
originaire. M. de Montholon
eſt frere puiſné de Meffire
François de Montholon Infpecteur
General de la Marine
& des Galeres , marié depuis
peu à Mademoiselle de Novion
, fille de M. le Preſident
de Novion ; & il a pour trifayeul
Meffire François de
Montholon Seigneur du Vivier&
d'Aubervilliers faitGardedes
Sceaux de France l'an
1542. & qui eut entre autres
fils François de Montholon
Seigneur d'Aubervilliers,aufli
Garde des Sceaux de France
1
GALANT. 351
1
en 1588. Voyez pour la genealogie
de cette famille qui
eſt originaire de la Villed'Autun
, l'Histoire des Grands
Officiers de la Couronne au
Chapitre des Chanceliers &
Gardes des Sceaux de France.
Meffire ... de Lataignant ,
Conſeiller au Parlement , fils
& petit fils de Meſſieurs de
Lataignant Conſeiller auParlement
, a épousé Mademoifelle
Miotte,fille de M. Miotte
Greffier du Confeil.
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Résumé : Mariages. [titre d'après la table]
En septembre 1714, Jacques Papillon, secrétaire du roi, manifeste son insatisfaction envers son généalogiste pour avoir omis les articles sur les mariages dans le Mercure. Il reproche au généalogiste sa négligence et son attitude moqueuse. Plusieurs unions notables sont rapportées : Jacques Papillon a épousé Renée-Françoise Feydeau le 30 août. La famille Feydeau est liée à des maisons prestigieuses telles que Mesmes, Hennequin, Maupeou et Montholon. Jean-Auguste le Rebours, conseiller au Parlement, a uni sa vie à celle de Marie-Louise Chuberé le 3 septembre. Les deux familles sont distinguées, avec des ancêtres ayant occupé des postes importants au Parlement et à la Cour. Le Comte de Roucy, mestre de camp d'un régiment de cavalerie, a épousé une demoiselle Huguet, originaire d'Orléans. La famille de Roucy descend de François de la Rochefoucauld. Le Prince de Soubize, fils du Prince de Rohan, a épousé Mademoiselle de l'Espinoy. La maison de Rohan est illustre en Bretagne depuis l'an 1100. Mathieu de Montholon, conseiller au Grand Conseil, a épousé Clotilde le Doux de Melleville en septembre. Clotilde provient d'une famille de conseillers au Parlement et de magistrats. Mathieu de Montholon est le frère cadet de François de Montholon, inspecteur général de la Marine, récemment marié à Mademoiselle de Novion. Leur ancêtre, François de Montholon, fut Garde des Sceaux de France en 1542. Enfin, Meffire de Lataignant, conseiller au Parlement, a épousé Mademoiselle Miotte, fille de M. Miotte, greffier du Conseil.
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9591
p. 75-90
ODE à Monsieur le Marquis de la F**.
Début :
Dans la route que je me trace, [...]
Mots clefs :
Homme, Vertu, Nature
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE à Monsieur le Marquis de la F**.
O DE
à Monfieur le Marquis
de la F ** .
Dans la route que je me
trace
La Fare , daigne m'éclairer ,
Dd ij
76
PIECES
Toy qui dans le fentier
d'Horace
Marches fans jamais t'égarer
,
Qui par les leçons d'Arif..
tippe ,
De la fageffe de Chrifippe ,
As fçcû corriger l'âpreté :
Et qui celle qu'au temps
d'Aftrée ,
Nous montres la vertu parée
Des attraits de la volupté.
Ce feu facré que Promethée,
Ola dérober dans les Cieux,
La raifon à l'homme apportée
,
FUGITIVES 77
Le tend prefque femblable
aux Dieux ;
Se pourroit - il fage la Fare ,
Qu'un prefent fi noble , &
fi rare
,
De nos maux devint l'inftrument
!
Et qu'une lumiere divine
Put jamais eftre l'origine ,
D'un déplorable aveuglement.
Lorsqu'à l'Epoux de Penes
lope
Minerve accorde fon fe
cours ,
Les Leftrigons , & le Cy
clope , Dd iij
78 PIECES
Envain s'arment contre fes
jours ;
Aidé de cette intelligence ,
Il triomphe de la vengeance
De Neptune en vain courroucé
;
Par elle il brave les careffes
Des Sirennes enchantereffes ,
Et le breuvage de Circé .
De la vertu qui nous conferve
C'eft le fymbolique tableau,
Chaque mortela faMinerve,
Qui doit lui fervir de flam .
beau ;
Mais cette Deité propice
Marchoit toûjours devant
FUGITIVES
Uliffe ,
Lui fervant de guide & d'appuy
Au lieu que par l'homme
conduite
,
Elle ne va plus qu'à fa fuite,
Et fe précipite avec lui .
Loin que la Raifon nous éclaire
,
Et conduife nos actions ,
Nous avons trouvé l'art d'en
faire
L'Orateur de mes paffions ;
C'eft un Sophifte qui nous
jouë ,
Un vil complaifant qui nous
loue , Dd iiij .
80 PIECES
A tous les fons de l'Univers
;
Qui s'habillant du nom de
fages ,
La tiennent fans ceffe à leurs
gages ,
Pour autorifer leurs travers.
C'est elle qui nous fait
accroire ,
Que tout cede à noftre pouvoir
:
Qui nourrit noftre folle
gloire:
De l'yvreffe d'un faux fçavoir
:
Qui par cent nouveaux
Atratagêmes ,
FUGITIVES &
請
Nous maſquant fans ceffe à
nous mêmes ,
Parmi les vices nous endort:
Du furieux fait un Achille ,
Du fourbe un politique ha
bile ,
Et de l'athée un efprit fort.
Mais vous mortels qui dans
le monde ,
Croyant tenir les premiers
rangs ,
Plaignez l'ignorance profonde
De tant de Peuples differenss
Qui confondez avec la
Brutte
82 PIECES
LcHuron caché dans fa hute
Au feul inftinct prefque réduir
,
Parlez quel eft le moins
barbare ,
D'une raiſon qui nous égare,
Ou de l'instinct qui les con
duit ?
La nature en trésors fertile
Lui fait abondamment
trouver
Tout ce qui lui peut eftre
utile ,
Soigneufe de le conferver ;
Content du partage modefte
Qu'il tient de la bonté Ccleſte
›
FUGITIVES 83
Il vit fans trouble , & fans
ennuy
Et fi fon climat lui refuſe
Quelques biens dont l'Europe
abuſe ;
++
Cene font plus des biens
lic pour lui.
Couché dans un antre ruftique
,
Du Nord il brave la rigueur,
Et noftre luxe afiatique
N'a point enervé fa vigueur;
Il ne regrette point la perte
De ces arts dont la décou
verte
A l'homme a couté tant de
foins
84
PIECES
Er qui devenus néceffaires ;
N'ont fait
qu'augmenter
nos miferes ,
En multipliant nos beſoins .
&
Il méprife la vaine étude
D'un Philoſophe pointilleux
,
Qui nâgeant dans l'incer
titude
,
Vante fon fçavoir merveil
feux ;
Il ne veut d'autre connoif
fance
Que ce que la Toute- puif
fance
A bien voulu nous en don
ner ;
FUGITIVES 85
Il fçait qu'il a crée les fages
Pour profiter de fes ouvrages
,
Et non pour les examiner .
Ainfi d'une erreur dangereuſe
,
Il n'avale point le poifon
Et noftre clarreté tenebreufe
N'a point offufqué faraifon;
Il ne fe tend point à lui .
même
Le piege d'un adroit lyftème
Pour le cacher la verité :
Le crime à fes yeux paroist
crime ,
Et jamais rien d'illegitime ,
86 PIECES
Chez lui n'a pris l'air d'équité.
Maintenantfertiles contrées,
· Sages mortels , Peuples heureux
Des Nations hyperborées
Plaignez l'aveuglement af
freux ;
Vous qui dans la vaine Nobleffe
,
Dans les honneurs , dans la
moleffe,
Mettez la gloire , & les plaifirs
:
Vous de qui l'infame avarice
,
FUGITIVES
87
Promene au gré de fon caprice
,
Les infatiables defirs .
Ouy c'eft toy monftre dé
teſtable !
Fatal ennemy des humains
Qui feul du bonheur veritable
,
Al'homme asfermé les chemins
;
Pour appaiſer ſa foifardente
La Terre en tréfors abondante
Feroit germer l'or fous fes
pas ,
Il brûle d'un feu fans remede
&S PIECES
Moins riche de ce qu'il pof
fede ,
Que pauvre de ce qu'il n'a
pas.
Ahi fi d'une pauvreté dure
Nous cherchons à nous affernchir
,
Raprochons nous de la
Nature
Qui feul peut nous enrichir
;
Forçons de funeftes obſtacles
,
Refervons pour nos Tabernacles
,
Det or, ces rubis , ces métaux.
FUGITIVES 84
Où dans le fein des mers a
vides ,
Jettons ces richeffes per fides,
L'unique inftrument de nos
maux.
Ce font là les vrais facrifices
Far qui nous pouvons étouffer
Les femences de tous les vices
Qu'on voit ici bas triompher.
Otez l'intereft de la Terre ,
Vous en exilerez la Guerre,
L'honneur rentrera dans fes
droits ,
Février 1711 Ec
50 PIECES
Et plus juftes que nous ne
fommes ,
Nous verrons regner fur les
hommes
Les moeurs à la place des
Loix.
Sur tout réprimons les faillies
De noftre curiofité , in I
Source de toutes nos folies ,
Mere de noltre vanité ;
Nous errons dans d'épaiffes
Pombres, hom
Où fouvent nos lumieres
fombres
Ne fervent qu'à nous éblouir
;
à Monfieur le Marquis
de la F ** .
Dans la route que je me
trace
La Fare , daigne m'éclairer ,
Dd ij
76
PIECES
Toy qui dans le fentier
d'Horace
Marches fans jamais t'égarer
,
Qui par les leçons d'Arif..
tippe ,
De la fageffe de Chrifippe ,
As fçcû corriger l'âpreté :
Et qui celle qu'au temps
d'Aftrée ,
Nous montres la vertu parée
Des attraits de la volupté.
Ce feu facré que Promethée,
Ola dérober dans les Cieux,
La raifon à l'homme apportée
,
FUGITIVES 77
Le tend prefque femblable
aux Dieux ;
Se pourroit - il fage la Fare ,
Qu'un prefent fi noble , &
fi rare
,
De nos maux devint l'inftrument
!
Et qu'une lumiere divine
Put jamais eftre l'origine ,
D'un déplorable aveuglement.
Lorsqu'à l'Epoux de Penes
lope
Minerve accorde fon fe
cours ,
Les Leftrigons , & le Cy
clope , Dd iij
78 PIECES
Envain s'arment contre fes
jours ;
Aidé de cette intelligence ,
Il triomphe de la vengeance
De Neptune en vain courroucé
;
Par elle il brave les careffes
Des Sirennes enchantereffes ,
Et le breuvage de Circé .
De la vertu qui nous conferve
C'eft le fymbolique tableau,
Chaque mortela faMinerve,
Qui doit lui fervir de flam .
beau ;
Mais cette Deité propice
Marchoit toûjours devant
FUGITIVES
Uliffe ,
Lui fervant de guide & d'appuy
Au lieu que par l'homme
conduite
,
Elle ne va plus qu'à fa fuite,
Et fe précipite avec lui .
Loin que la Raifon nous éclaire
,
Et conduife nos actions ,
Nous avons trouvé l'art d'en
faire
L'Orateur de mes paffions ;
C'eft un Sophifte qui nous
jouë ,
Un vil complaifant qui nous
loue , Dd iiij .
80 PIECES
A tous les fons de l'Univers
;
Qui s'habillant du nom de
fages ,
La tiennent fans ceffe à leurs
gages ,
Pour autorifer leurs travers.
C'est elle qui nous fait
accroire ,
Que tout cede à noftre pouvoir
:
Qui nourrit noftre folle
gloire:
De l'yvreffe d'un faux fçavoir
:
Qui par cent nouveaux
Atratagêmes ,
FUGITIVES &
請
Nous maſquant fans ceffe à
nous mêmes ,
Parmi les vices nous endort:
Du furieux fait un Achille ,
Du fourbe un politique ha
bile ,
Et de l'athée un efprit fort.
Mais vous mortels qui dans
le monde ,
Croyant tenir les premiers
rangs ,
Plaignez l'ignorance profonde
De tant de Peuples differenss
Qui confondez avec la
Brutte
82 PIECES
LcHuron caché dans fa hute
Au feul inftinct prefque réduir
,
Parlez quel eft le moins
barbare ,
D'une raiſon qui nous égare,
Ou de l'instinct qui les con
duit ?
La nature en trésors fertile
Lui fait abondamment
trouver
Tout ce qui lui peut eftre
utile ,
Soigneufe de le conferver ;
Content du partage modefte
Qu'il tient de la bonté Ccleſte
›
FUGITIVES 83
Il vit fans trouble , & fans
ennuy
Et fi fon climat lui refuſe
Quelques biens dont l'Europe
abuſe ;
++
Cene font plus des biens
lic pour lui.
Couché dans un antre ruftique
,
Du Nord il brave la rigueur,
Et noftre luxe afiatique
N'a point enervé fa vigueur;
Il ne regrette point la perte
De ces arts dont la décou
verte
A l'homme a couté tant de
foins
84
PIECES
Er qui devenus néceffaires ;
N'ont fait
qu'augmenter
nos miferes ,
En multipliant nos beſoins .
&
Il méprife la vaine étude
D'un Philoſophe pointilleux
,
Qui nâgeant dans l'incer
titude
,
Vante fon fçavoir merveil
feux ;
Il ne veut d'autre connoif
fance
Que ce que la Toute- puif
fance
A bien voulu nous en don
ner ;
FUGITIVES 85
Il fçait qu'il a crée les fages
Pour profiter de fes ouvrages
,
Et non pour les examiner .
Ainfi d'une erreur dangereuſe
,
Il n'avale point le poifon
Et noftre clarreté tenebreufe
N'a point offufqué faraifon;
Il ne fe tend point à lui .
même
Le piege d'un adroit lyftème
Pour le cacher la verité :
Le crime à fes yeux paroist
crime ,
Et jamais rien d'illegitime ,
86 PIECES
Chez lui n'a pris l'air d'équité.
Maintenantfertiles contrées,
· Sages mortels , Peuples heureux
Des Nations hyperborées
Plaignez l'aveuglement af
freux ;
Vous qui dans la vaine Nobleffe
,
Dans les honneurs , dans la
moleffe,
Mettez la gloire , & les plaifirs
:
Vous de qui l'infame avarice
,
FUGITIVES
87
Promene au gré de fon caprice
,
Les infatiables defirs .
Ouy c'eft toy monftre dé
teſtable !
Fatal ennemy des humains
Qui feul du bonheur veritable
,
Al'homme asfermé les chemins
;
Pour appaiſer ſa foifardente
La Terre en tréfors abondante
Feroit germer l'or fous fes
pas ,
Il brûle d'un feu fans remede
&S PIECES
Moins riche de ce qu'il pof
fede ,
Que pauvre de ce qu'il n'a
pas.
Ahi fi d'une pauvreté dure
Nous cherchons à nous affernchir
,
Raprochons nous de la
Nature
Qui feul peut nous enrichir
;
Forçons de funeftes obſtacles
,
Refervons pour nos Tabernacles
,
Det or, ces rubis , ces métaux.
FUGITIVES 84
Où dans le fein des mers a
vides ,
Jettons ces richeffes per fides,
L'unique inftrument de nos
maux.
Ce font là les vrais facrifices
Far qui nous pouvons étouffer
Les femences de tous les vices
Qu'on voit ici bas triompher.
Otez l'intereft de la Terre ,
Vous en exilerez la Guerre,
L'honneur rentrera dans fes
droits ,
Février 1711 Ec
50 PIECES
Et plus juftes que nous ne
fommes ,
Nous verrons regner fur les
hommes
Les moeurs à la place des
Loix.
Sur tout réprimons les faillies
De noftre curiofité , in I
Source de toutes nos folies ,
Mere de noltre vanité ;
Nous errons dans d'épaiffes
Pombres, hom
Où fouvent nos lumieres
fombres
Ne fervent qu'à nous éblouir
;
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Résumé : ODE à Monsieur le Marquis de la F**.
Dans une lettre adressée au Marquis de la F**, l'auteur exprime son admiration pour la sagesse et la vertu, en s'inspirant de figures mythologiques et historiques. Il compare la raison au feu sacré apporté par Prométhée, se demandant si elle peut devenir un instrument de malheur. L'auteur critique la société qui utilise la raison pour justifier ses passions et ses vices, transformant ainsi la sagesse en complaisance. Il oppose les peuples civilisés, égarés par la raison, aux peuples naturels comme les Hurons, qui vivent en harmonie avec la nature et sont contents de leur sort. Ces derniers ne sont pas corrompus par les arts et les connaissances, qui ont augmenté les misères humaines. L'auteur déplore l'aveuglement des sociétés modernes, obsédées par la richesse et les honneurs, et propose de revenir à une vie plus simple et naturelle pour échapper aux vices et aux guerres. Il conclut en appelant à réprimer la curiosité, source de toutes les folies et de la vanité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9593
p. 738
SECONDE ENIGME.
Début :
Mon origine est incertaine, [...]
Mots clefs :
Boussole
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECONDE ENIGME.
SECONDE ENIGME.
Monorigine est incertaine ,
Mais on me dit communément ,
Ou Chinoise ou Napolitaine.
Je navige très-fréquemment ,
Et l'Empire affreux de Neptune ,
Que mon sexe a tant en horreur ,
Ne m'inspire point de terreur ;
Quand l'homme y va chercher fortune,
Il ne l'entreprend pas sans moi;
Sans moi , foible est son esperance.
Je possede sa confiance ,
Sans que je devine pourquoi ;
Car chez moi ce n'est qu'inconstance
Que foiblesse et fragilité ;
Souvent une vivacité ,
Qu'on prendroit pour extravagance.
A me consulter empressé,
Malgré ces deffauts , plus d'un sage ,
Atrès- souvent eu l'avantage ,
De 'se voir par moi redressé.
P.D. F. de Granville , en Normandie.
Monorigine est incertaine ,
Mais on me dit communément ,
Ou Chinoise ou Napolitaine.
Je navige très-fréquemment ,
Et l'Empire affreux de Neptune ,
Que mon sexe a tant en horreur ,
Ne m'inspire point de terreur ;
Quand l'homme y va chercher fortune,
Il ne l'entreprend pas sans moi;
Sans moi , foible est son esperance.
Je possede sa confiance ,
Sans que je devine pourquoi ;
Car chez moi ce n'est qu'inconstance
Que foiblesse et fragilité ;
Souvent une vivacité ,
Qu'on prendroit pour extravagance.
A me consulter empressé,
Malgré ces deffauts , plus d'un sage ,
Atrès- souvent eu l'avantage ,
De 'se voir par moi redressé.
P.D. F. de Granville , en Normandie.
Fermer
9594
p. 1798
AUTRE.
Début :
Je suis connu de tous, je ne connois personne, [...]
Mots clefs :
Fusil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E suis connu de tous ,je ne connois personne,
Un élement subtil , fait voler de mes flancs ,
Au gré de ma fureur , des Messagers brûlans ;
Trop tard j'avertis ceux , sur qui je m'abandonne
,
Je travaille aux plus beaux repas ,
Dans les mains du beau sexe , on ne me trouvé
guerre ,
Par moi , les Grands font bonne chere ;
Mais il en coute bien des pas-
E suis connu de tous ,je ne connois personne,
Un élement subtil , fait voler de mes flancs ,
Au gré de ma fureur , des Messagers brûlans ;
Trop tard j'avertis ceux , sur qui je m'abandonne
,
Je travaille aux plus beaux repas ,
Dans les mains du beau sexe , on ne me trouvé
guerre ,
Par moi , les Grands font bonne chere ;
Mais il en coute bien des pas-
Fermer
9595
p. 146
ENIGME Par M. l'Abbé de Soüillac.
Début :
Je me produis chez les humains [...]
Mots clefs :
Fusée
9596
p. 124
LOGOGRIPHE.
Début :
A mon tout ordinairement [...]
Mots clefs :
Colonne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRIPHE.
LOGOGRIPHE,
A Mon tout ordinairement
Je fers & de foutien , Lecteur , & de parure ;
Sept lettres forment ma ftructure ,
L'on y peut trouver aisément
Du corps humain une partie ;
Figure de Géométrie ;
Un des membres de l'oraiſon
Un parent ; une particule ;
Un fruit bon dans la Canicule ;
Du quel on fait une comparaiſon ;
Que plus d'une beauté taxe de ridicule
Et la plus grande fête en la froide faifon.
A Mon tout ordinairement
Je fers & de foutien , Lecteur , & de parure ;
Sept lettres forment ma ftructure ,
L'on y peut trouver aisément
Du corps humain une partie ;
Figure de Géométrie ;
Un des membres de l'oraiſon
Un parent ; une particule ;
Un fruit bon dans la Canicule ;
Du quel on fait une comparaiſon ;
Que plus d'une beauté taxe de ridicule
Et la plus grande fête en la froide faifon.
Fermer
9597
p. 340
AVIS.
Début :
Le Sieur Varin, dont j'ay déja parlé, a certainement des Secrets [...]
Mots clefs :
Remèdes
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS .
Mercure.
Le Sieur Varin, dontj'ay déjaparlé,
a certainementdes Secrets
admirables contre laGoute, Paralifie
, Sciatiques Rhumatismes
goûteux , Migraine & autres
Maux : Il a auffi un Remede
Specifique pour guerir les Animaux
des Maladies contagieuses.
Il demeure ruë Tictonne , chez le
Sieur Lambert , Perruquier.
Mercure.
Le Sieur Varin, dontj'ay déjaparlé,
a certainementdes Secrets
admirables contre laGoute, Paralifie
, Sciatiques Rhumatismes
goûteux , Migraine & autres
Maux : Il a auffi un Remede
Specifique pour guerir les Animaux
des Maladies contagieuses.
Il demeure ruë Tictonne , chez le
Sieur Lambert , Perruquier.
Fermer
9598
p. 330
ENIGME.
Début :
Voicy une nouvelle Enigme. Elle est de Mr Hegron de Tours. / Un peu plus pâle que l'Aurore, [...]
Mots clefs :
Citron
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Voicy une nouvelle Enigme.
Elle est de Me Hegron de Tours.
:
ENIGME .
Un pluspale quelAurare Jeſuisd'agreable couleur;
Je prens ma beauté, mafraîcheur,
Au noir & chaud Climat du Mores
Jenais, jevis ausein deFlore,
Dans leparfum de mon odeur;
Je réjouis & boucke& coeur,
Les Festins, les Festes j'honore.
Cher au Malade comme au Sain,
Leplus critique Medecin
Dema vertu vante l'usage;
Et touchant quatredes cing Sens,
Du Voluptueux & du Sage
F'anime lesplus languiſſans.
Elle est de Me Hegron de Tours.
:
ENIGME .
Un pluspale quelAurare Jeſuisd'agreable couleur;
Je prens ma beauté, mafraîcheur,
Au noir & chaud Climat du Mores
Jenais, jevis ausein deFlore,
Dans leparfum de mon odeur;
Je réjouis & boucke& coeur,
Les Festins, les Festes j'honore.
Cher au Malade comme au Sain,
Leplus critique Medecin
Dema vertu vante l'usage;
Et touchant quatredes cing Sens,
Du Voluptueux & du Sage
F'anime lesplus languiſſans.
Fermer
9600
p. 1800-1801
LOGOGRYPHE.
Début :
Théatre ensanglanté d'un horrible carnage, [...]
Mots clefs :
Boucherie