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Liste
9701
p. 1960-1966
Journal Litteraire de Venise &c. Histoire naturelle du Mont Vesuve, &c. [titre d'après la table]
Début :
GIORNALE de Letterati d'Italia Tomo V. Anno M.DCC. XI. &c. in Venetia, 1, [...]
Mots clefs :
Histoire naturelle, Mont Vésuve, Tremblements de terre, Embrasements
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texteReconnaissance textuelle : Journal Litteraire de Venise &c. Histoire naturelle du Mont Vesuve, &c. [titre d'après la table]
GIORNALE de Letterati d'Italia Tomo V.
Anno M.DCC . XI. &c. in Venetia, 1 ,
vol . in 8 ° . pp . 418 .
ISTORIA NATURALE del Monte Vesuvio
, divisata in due Libri DI GASPARE
PARAGLIO , Auvocato Napolitano. In Napoli
Nella stamperia di Giacomo Raillard ,
1705. in 40. pagg . 429. c'est - à- dire His
toir naturelle du Mont Vesuve, & c.
Cet Ouvrage a été entrepris dès l'année
1694. à l'occasion des flammes extraordinaires
que vomit le Mont Vesuve
cette même année , et qui furent accompagnées
de plusieurs tremblemens de Terre;
mais l'Auteur distrait par les fonctions
A O UST. 1731. 1981
tions de divers emplois publics , ne pûť
le retoucher , et le mettre enfin en état
de voir le jour qu'en l'année 1705. Il est
divisé en deux Parties , dont la premiere
est proprement l'Histoire naturelle de
cette fameuse Montagne , dans laquelle
on rapporte tout ce qui en a été écrit en
divers temps de vrai , et de fabuleux :
la seconde Partie en expose l'Histoire
Philosophique , soit pour ce qui regarde
les Embrasemens et leurs causes , soit
pour ce qui concerne leurs effets. Cet
Ouvrage, ainsi que le Traité du même
Auteur , sur les Tremblements de Terre
est écrit d'un stile châtié et naturel , à
quelques expressions près qui sont peu
usitées , et qui viennent moins de l'Auteur
que du fond de son sujet.
On croit communement que les Embrasements
du Mont Vesuve dont on ne
peut guere que conjecturer les causes
Phisiques, sont aussi anciens que le Mont
même. Les Payens étonnés de cette espece
de prodige y reconnurent quelque chose
de divin , comme on le voit par cette
Inscription qui se lit sur un Marbre ,
trouvé dans la Ville de Capoue.
IO VI
VESVVIO
SAC.
F iij Unc
1
962 MERCURE DE FRANCE
3
Une chose a de quoy surprendre dans
cette Histoire , c'est la fecondité de tout
temps reconnue du Mont Vesuve ; fameux
surtout pour l'excellence de ses
vins , dont le plus celebre est celui de
Falerne que Petronne n'a pas oublié
Falernum opimianum centum annorum . &c,
Virgile et après lui Columella , et d'autres
Ecrivains en ont vanté les Huiles ,
les Bleds , les Patûrages , les Fruits , les
Plantes , et plusieurs autres productions ,
qui ne sont pas moins necessaires à la
vie , qu'agreables à la vûë : mais quelle
est la cause de cette fertilité ? C'est ce
qui n'est pas aisé à découvrir Strabon ,
Suivi par Cassiodore , l'attribuë aux Cendres
mêmes de cette Montagne , ce que
notre Auteur examine en Physicien , et
explique d'une maniere qui a dequoy
satisfaire des Lecteurs intelligens..
11 parle dans un Chapitre particulier
des Villes anciennes et modernes , et des
autres lieux situez aux environs du Vesuve
, en commençant par l'ancienne Villede
Veseri , autrefois située sur la pente de
cette Montagne du côté qui regarde Capoue
, selon Cluvier. C'est du nom de роле
cette Ville què Pellegrin croit que la
*
* C'est apparamment quelque Historien om
Genealogiste Italien
Famille
A O UST. 1731.
1963
, et que
Famille Vesaria a tiré son nom
c'est de cette famille qu'il est fait mention
dans l'inscription suivante , gravés
sur un marbre Antique.
D. M. S.
M. VESERIO
M. FIL. PA L.
JUCUNDIANO
PRAEF. FABRUM
ADCENSO . VELATO
PROC. ALIM. VIA E. FLAM
IT VIR DESIG.
SACRIA. JUCUNDA.
>
MATER.
Fon-
Aprés Veseri suivoit Heraclée qui reconnoissoit
Hercule pour son
dateur , située sur un Promontoire avec
un Port considerable , sans parler de
Pompei sur la Riviere de Sarne , de Tora
dont il est parlé dans Florus , et de plusieurs
autres Villes moins considerables ,
l'Auteur de cette Histoire en recherche
l'origine , et fait voir autant d'erudition
que d'exactitude. Il n'oublie pas les Rivieres
qui sortent du Mont Vesuve , dont
la principale est la Sarne que les Grecs
ont nommé spárov Dragon , peut être ,
dit-il , à cause de la mauvaise qualité et
Fiiij
dcs
1964 MERCURE DE FRANCE
des exhalaisons dangereuses de ses eaux.
C'est ainsi qu'elle est appellée par Siconius
, en parlant de la fameuse Bataille
donnée sur ses bords entre l'Armée de
Narxés et celle des Goths.
Notre Historien parle ensuite des plus
fameux Embrasemens du Vesuve , à commencer
par celui qui arriva sous l'Empereur
Tite décrit par Aurelius Victor
en suivant exactement l'ordre Chronolique
, ce qui l'engage souvent dans des
Discussions critiques pour concilier ses
Auteurs avec les Fastes Consulaires & c.
Le dernier de ces mémorables Embrasemens
arriva le 6. Avril de Pannée 1594.
et ce fût ce qui donna lieu à M. Paragli
d'écrire son Histoire. Comme l'effet le
plus étrange de cet Incendie fût un
grand Torrent de pierres fondues et liquefiées
, l'Auteur employe un Chapitre
entier à examiner le mouvement , la
qualité , la grosseur , et la figure de cette
matiere fluide , laquelle ayant un principe
de feu et une maniere d'ebullition ;
s'élevoit qquueellqquueeffooiiss en en s'évaporant , et
reprenoit ensuite sa premiere consistance
, ou la dureté d'une veritable pierre
teinte d'une couleur noirâtre. La grosseur
de ces nouvelles pierres étoit depuis
un jusqu'à quatre pieds.
Un
A O UST. 17317
1965
7
Un autre Chapitre est destiné à examiner
la profondeur de laConcavité du Mont:
Vesuve , et ce n'est pas le moins curieux.
Notre Auteur n'est pas du sentiment de
ceux qui croyent que cette profondeur s'étend
jusqu'au dessous de la Mer , appuyé
sur des raisons Phisiques , et fondé sur l'experience
faite en l'année 1682.qu'on s'avisa'
de jetter par la principale embouchûre une
pierre , laquelle rendit un son tout- àfait
semblable à celui des pierres jettées
dans un Puits , signe évident , selon cet:
Auteur , d'une mediocre profondeur. Il
combat ensuite , en finissant la premiere
Partie de son Histoire , l'opinion de
plusieurs Sçavants qui ont cru que dans
l'embrasement de 1631. le Vesuve avoit
fair parses souterrains une attraction sensible
de l'eau de la Mer , opinion qu'il
refute, estimant la chose absolument impossible
, quand même la concavité de
ee Mont auroit toute la profondeur qu'on
lui donne communement .
Nous nous dispensons d'entrer avec:
nos Journalistes dans le détail de la secon
de pârtie de cet Ouvrage , nous contentant
d'observer que l'Auteur y parla
moins en Historien , qu'en Physicien ,
il combat fortement les opinions vulgai
sur la cause et les effets des embra
E v.
res
sements
1666 MERCURE DE FRANCE
sements du Vesuve &c. et il appuye sessentimens
sur des raisons qui paroissent
plausibles. Des deux derniers Chapitres.
de cette seconde Partie , l'un est employé
à examiner les signes pronostiques
des Incendies prochains , que M. Paragli
tient tous faux et de même nature que
les Augures des Anciens sur le même sujet
des Montagnes embrasées , et l'autre
traite de la Peste , que le vulgaire croit
être l'effet de ces embrasemens , et des
remedes que l'on peut apporter contre un
mal si dangereux sur quoyl'Auteur exhorte
les fideles d'avoir principalement recours
à Dieu et à la protection des Saints
Tutelaires des lieux qui sont menacés de
ce fleau.
Anno M.DCC . XI. &c. in Venetia, 1 ,
vol . in 8 ° . pp . 418 .
ISTORIA NATURALE del Monte Vesuvio
, divisata in due Libri DI GASPARE
PARAGLIO , Auvocato Napolitano. In Napoli
Nella stamperia di Giacomo Raillard ,
1705. in 40. pagg . 429. c'est - à- dire His
toir naturelle du Mont Vesuve, & c.
Cet Ouvrage a été entrepris dès l'année
1694. à l'occasion des flammes extraordinaires
que vomit le Mont Vesuve
cette même année , et qui furent accompagnées
de plusieurs tremblemens de Terre;
mais l'Auteur distrait par les fonctions
A O UST. 1731. 1981
tions de divers emplois publics , ne pûť
le retoucher , et le mettre enfin en état
de voir le jour qu'en l'année 1705. Il est
divisé en deux Parties , dont la premiere
est proprement l'Histoire naturelle de
cette fameuse Montagne , dans laquelle
on rapporte tout ce qui en a été écrit en
divers temps de vrai , et de fabuleux :
la seconde Partie en expose l'Histoire
Philosophique , soit pour ce qui regarde
les Embrasemens et leurs causes , soit
pour ce qui concerne leurs effets. Cet
Ouvrage, ainsi que le Traité du même
Auteur , sur les Tremblements de Terre
est écrit d'un stile châtié et naturel , à
quelques expressions près qui sont peu
usitées , et qui viennent moins de l'Auteur
que du fond de son sujet.
On croit communement que les Embrasements
du Mont Vesuve dont on ne
peut guere que conjecturer les causes
Phisiques, sont aussi anciens que le Mont
même. Les Payens étonnés de cette espece
de prodige y reconnurent quelque chose
de divin , comme on le voit par cette
Inscription qui se lit sur un Marbre ,
trouvé dans la Ville de Capoue.
IO VI
VESVVIO
SAC.
F iij Unc
1
962 MERCURE DE FRANCE
3
Une chose a de quoy surprendre dans
cette Histoire , c'est la fecondité de tout
temps reconnue du Mont Vesuve ; fameux
surtout pour l'excellence de ses
vins , dont le plus celebre est celui de
Falerne que Petronne n'a pas oublié
Falernum opimianum centum annorum . &c,
Virgile et après lui Columella , et d'autres
Ecrivains en ont vanté les Huiles ,
les Bleds , les Patûrages , les Fruits , les
Plantes , et plusieurs autres productions ,
qui ne sont pas moins necessaires à la
vie , qu'agreables à la vûë : mais quelle
est la cause de cette fertilité ? C'est ce
qui n'est pas aisé à découvrir Strabon ,
Suivi par Cassiodore , l'attribuë aux Cendres
mêmes de cette Montagne , ce que
notre Auteur examine en Physicien , et
explique d'une maniere qui a dequoy
satisfaire des Lecteurs intelligens..
11 parle dans un Chapitre particulier
des Villes anciennes et modernes , et des
autres lieux situez aux environs du Vesuve
, en commençant par l'ancienne Villede
Veseri , autrefois située sur la pente de
cette Montagne du côté qui regarde Capoue
, selon Cluvier. C'est du nom de роле
cette Ville què Pellegrin croit que la
*
* C'est apparamment quelque Historien om
Genealogiste Italien
Famille
A O UST. 1731.
1963
, et que
Famille Vesaria a tiré son nom
c'est de cette famille qu'il est fait mention
dans l'inscription suivante , gravés
sur un marbre Antique.
D. M. S.
M. VESERIO
M. FIL. PA L.
JUCUNDIANO
PRAEF. FABRUM
ADCENSO . VELATO
PROC. ALIM. VIA E. FLAM
IT VIR DESIG.
SACRIA. JUCUNDA.
>
MATER.
Fon-
Aprés Veseri suivoit Heraclée qui reconnoissoit
Hercule pour son
dateur , située sur un Promontoire avec
un Port considerable , sans parler de
Pompei sur la Riviere de Sarne , de Tora
dont il est parlé dans Florus , et de plusieurs
autres Villes moins considerables ,
l'Auteur de cette Histoire en recherche
l'origine , et fait voir autant d'erudition
que d'exactitude. Il n'oublie pas les Rivieres
qui sortent du Mont Vesuve , dont
la principale est la Sarne que les Grecs
ont nommé spárov Dragon , peut être ,
dit-il , à cause de la mauvaise qualité et
Fiiij
dcs
1964 MERCURE DE FRANCE
des exhalaisons dangereuses de ses eaux.
C'est ainsi qu'elle est appellée par Siconius
, en parlant de la fameuse Bataille
donnée sur ses bords entre l'Armée de
Narxés et celle des Goths.
Notre Historien parle ensuite des plus
fameux Embrasemens du Vesuve , à commencer
par celui qui arriva sous l'Empereur
Tite décrit par Aurelius Victor
en suivant exactement l'ordre Chronolique
, ce qui l'engage souvent dans des
Discussions critiques pour concilier ses
Auteurs avec les Fastes Consulaires & c.
Le dernier de ces mémorables Embrasemens
arriva le 6. Avril de Pannée 1594.
et ce fût ce qui donna lieu à M. Paragli
d'écrire son Histoire. Comme l'effet le
plus étrange de cet Incendie fût un
grand Torrent de pierres fondues et liquefiées
, l'Auteur employe un Chapitre
entier à examiner le mouvement , la
qualité , la grosseur , et la figure de cette
matiere fluide , laquelle ayant un principe
de feu et une maniere d'ebullition ;
s'élevoit qquueellqquueeffooiiss en en s'évaporant , et
reprenoit ensuite sa premiere consistance
, ou la dureté d'une veritable pierre
teinte d'une couleur noirâtre. La grosseur
de ces nouvelles pierres étoit depuis
un jusqu'à quatre pieds.
Un
A O UST. 17317
1965
7
Un autre Chapitre est destiné à examiner
la profondeur de laConcavité du Mont:
Vesuve , et ce n'est pas le moins curieux.
Notre Auteur n'est pas du sentiment de
ceux qui croyent que cette profondeur s'étend
jusqu'au dessous de la Mer , appuyé
sur des raisons Phisiques , et fondé sur l'experience
faite en l'année 1682.qu'on s'avisa'
de jetter par la principale embouchûre une
pierre , laquelle rendit un son tout- àfait
semblable à celui des pierres jettées
dans un Puits , signe évident , selon cet:
Auteur , d'une mediocre profondeur. Il
combat ensuite , en finissant la premiere
Partie de son Histoire , l'opinion de
plusieurs Sçavants qui ont cru que dans
l'embrasement de 1631. le Vesuve avoit
fair parses souterrains une attraction sensible
de l'eau de la Mer , opinion qu'il
refute, estimant la chose absolument impossible
, quand même la concavité de
ee Mont auroit toute la profondeur qu'on
lui donne communement .
Nous nous dispensons d'entrer avec:
nos Journalistes dans le détail de la secon
de pârtie de cet Ouvrage , nous contentant
d'observer que l'Auteur y parla
moins en Historien , qu'en Physicien ,
il combat fortement les opinions vulgai
sur la cause et les effets des embra
E v.
res
sements
1666 MERCURE DE FRANCE
sements du Vesuve &c. et il appuye sessentimens
sur des raisons qui paroissent
plausibles. Des deux derniers Chapitres.
de cette seconde Partie , l'un est employé
à examiner les signes pronostiques
des Incendies prochains , que M. Paragli
tient tous faux et de même nature que
les Augures des Anciens sur le même sujet
des Montagnes embrasées , et l'autre
traite de la Peste , que le vulgaire croit
être l'effet de ces embrasemens , et des
remedes que l'on peut apporter contre un
mal si dangereux sur quoyl'Auteur exhorte
les fideles d'avoir principalement recours
à Dieu et à la protection des Saints
Tutelaires des lieux qui sont menacés de
ce fleau.
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Résumé : Journal Litteraire de Venise &c. Histoire naturelle du Mont Vesuve, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente l'ouvrage 'Istoria Naturale del Monte Vesuvio' de Gaspare Paraglio, publié en 1705 à Naples. L'auteur a commencé à écrire cet ouvrage en 1694, après les flammes extraordinaires et les tremblements de terre émis par le Mont Vesuve cette année-là. L'ouvrage est divisé en deux parties. La première partie relate l'histoire naturelle du Mont Vesuve, compilant des récits vrais et fabuleux. La seconde partie expose l'histoire philosophique des embrasements et leurs causes et effets. L'ouvrage est écrit dans un style châtié et naturel, bien que certaines expressions soient peu usitées. Le texte mentionne également la fertilité du Mont Vesuve, célèbre pour ses vins, notamment le Falernum, et d'autres productions agricoles. Les causes de cette fertilité sont examinées par l'auteur. L'ouvrage traite aussi des villes anciennes et modernes autour du Vesuve, comme Veseri et Herculée, et des rivières, notamment la Sarne. Paraglio décrit les embrasements célèbres du Vesuve, à commencer par celui sous l'empereur Titus, et examine les matériaux émis lors de ces événements. Il discute également de la profondeur de la concavité du Mont Vesuve et réfute certaines opinions scientifiques de son époque. La seconde partie de l'ouvrage est plus axée sur la physique, combattant les opinions vulgaires sur les causes et les effets des embrasements. Les derniers chapitres traitent des signes pronostiques des incendies prochains et de la peste, que le vulgaire attribue aux embrasements du Vesuve. L'auteur exhorte les fidèles à recourir à Dieu et aux saints tutélaires pour se protéger contre ce fléau.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9702
p. 1810-1816
« GEMMARUM affabrè sculptarum Thesaurus, quem suis sumptibus collegit J. [...] »
Début :
GEMMARUM affabrè sculptarum Thesaurus, quem suis sumptibus collegit J. [...]
Mots clefs :
Pierres précieuses, Marbre antique, Dissertation, Marbre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « GEMMARUM affabrè sculptarum Thesaurus, quem suis sumptibus collegit J. [...] »
GEMMARUM affabrè fculptarum Thefaurus
, quem fuis fumptibus collegit J.
Mart. ab Ebermayer Norimbergenfis ,
Digeffit & recenfuit J. Jacobus Baierus
Ph . & Med. Doctor hujufque in Acad .
Altorfina Profeffor Primarius . Noribergæ
1. vol. in fol. 1720. &c. C'eſt - à-dire 9
Trefor
A O UST . 1730. 181 1
Trefor de Pierres précieufes excellemment gravées
, recueilli par Jean Martin d'Ebermayer
de Nuremberg , mis en ordre & expliqué
parJean Jacques Bayer , Docteur &
Premier Profeffeur en Medecine de l'Univerfité
d'Altor . 1. Vol. in fol. à Nuremberg,
1720. chez l'Auteur du Recueil.
M. d'Ebermayer eft un riche Marchand
de Nuremberg , qui poffede un fort beau
Cabinet , dont les Pierres gravées font la
plus belle & la principale partie . Les Antiquaires
lui doivent le foin qu'il a pris,
de les amaffer à grands frais , & ils doi
vent à M. Bayer la peine qu'il s'eft donnée
de les examiner & de les expliquer. Parmi
les Piéces les plus rares & les plus curieufes
de ce Tréfor , reprefenté dans le Livre
en 30. Planches , d'une très-belle gravure,
on diftingue la Déeffe Flore, l'Enlevement
de Proferpine , le Triomphe de Bacchus
& d'Adiadne , un double Sacrifice à Diane
, le Jugement de Pâris , fur une trèsbelle
Calcedoine ; l'Enlevement des Sabines
le Jugement d'Horace & l'Action
Héroïque de Scevola , divers Empereurs
Romains , le Triomphe de Tite , enfin
plufieurs Divinités & plufieurs Mifteres
de la Théologie Payenne , fur lefquels ,
M. Bayer fait paroître beaucoup d'érudition.
Fij COR
1812 MERCURE DE FRANCE
CORNELII VAN BYNKERSHOEK ,
& Senatoris opufculum de jure occidendi ,
vendendi & exponendi liberos apud veteres
Romanos. Lugduni Batav . 1719. in
4. c'est à dire , Opufcule de Corneille Van
Bynkershoek , Furifconfulte & Senateur , fur
le droit de faire mourir , de vendre & d'expofer
les enfans chez les anciens Romains.
A Leyde, vol . in 4. 1719.
Si nous jugeons de cet Ouvrage par
l'Extrait qu'en ont fait M M. du Journal
de Lipfic , il doit être fort étendu , & le.
Titre d'Opufcule eft un peu trop modefte .
Pour le fonds dans lequel nous nous dif-.
penfons d'entrer , il nous a paru que c'eft
une matiere plus curieufe qu'utile & intereffante
, & qui repreſente parfaitement
bien le génie de domination , la ferocité
& la dureté naturelle des anciensRomains.
ΠΕΡΙ ΤΩΝ ΚΑΘΗΚΟΝΤΩΝ BIBAO
& c. c'est-à-dire , Traité des Offices
ou des Devoirs de la Vi : Civile , écrit par le
Prince Jean Nicolas , Fils d'Alexandre
Maurocordato , Vaivode , & Seigneur de
toute la Valachie & c.1.vol. in 4. à Buchereft
1719 .
Parmi les Princes qui fe font appliqués
à l'étude des Lettres , on en compte plufieurs
qui ont laiffé à la pofterité des Monumens
refpectables de cette application,
&
Á O UST. 1730. 1813
que
>
& dans ce nombre on diftingue particulierement
ceux qui nous ont laiffé des
Traités de Morale ; tels font Marc- Aurele
, Empereur Romain , Leon le Philo
fophe , Bazile & Conftantin , Empereurs
Grecs , Jacques I. Roi d'Angleterre , &
voici le Sereniffime Prince Jean Nicolas
Maurocordato , qui de nos jours , en fuivant
les traces de ces Grands Hommes , à
l'honneur des Lettres & des Lettres
Grecques , dont on peut dire qu'il eft le
Reftaurateur & le Mecéne , nous donne
auffi un Ouvrage de Morale écrit en
Grec , avec autant d'élegance & de politeffe
de folidité ; il eft intitulé nel
Twv xaðnнóvTWV , ou des Devoirs qui conviennent
à la Vie Civile , en commençant
par la Religion , & traittant en particulier
des devoirs du Prince à cet égard . L'illuſtre
Auteur , outre l'Ecriture , les Peres & les
meilleurs Auteurs Ecclefiaftiqnes , n'oublie
pas ce que les Ecrivains Prophanes
ont dit de bon fur la Morale , appuyé
particulierement de l'autorité de S. Bafile
le Grand , qui a fait un excellent Traité
de l'utilité qu'on peut tirer des Ecrits des
Auteurs Prophanes. Nous fommes fâchés
de ne pouvoir pas entrer dans le détail
de cet Ouvrage ; M M. de Lipfic y ont
fuppléé en nous faifant connoître un bon
Livre , imprimé dans le fond de la Vala-
F iij chic
1814 MERCURE DE FRANCE
chie , qui fans eux feroit ignoré dans plu
fieurs Contrées de l'Europe Sçavante.
JOANNIS OLIVE RHODIGINI ,
in marmor Ifiacum Romæ nuper effoffum ,
Exercitationes ad Reverendiffimum Patrem
Magiftrum F. ANTONIUM CLOCHE
, totius Dominicanæ Familiæ Generalem.
1. vol. in 8. Romæ , apud Joannem
Mariam Salvioni , Typographus Vaticuni
, in Archigymnafio Sapientiæ 1719 ..
c'eft à- dire , Differtation de Jean Oliva
fur un marbre antique confacré à la Déeffe
Ifis , découvert depuis peu à Rome , addref
fée au R. P. Antoine Cloche , General des
Dominicains. A Rome vol . in 8. 1719 .
Il y a environ dix ans que les Religieux
de l'Ordre de S. Dominique , du Convent
de la Minerve , en faiſant creufer les fondemens
de quelques nouveaux Edifices ,
pour procurer principalement un eſpace
plus convenable à la fameufe Bibliotheque
du Cardinal Cafenate , trouverent un
Marbre antique , orné de Figures en bas
reliefs, d'une fculpture exquife fur fes
tre faces , bas reliefs qui charmerent les
Connoiffeurs , & qui les déterminerent à
juger que ce marbre a été un Monument
confacré au culte de la Déeffe Ifis . Peu
de tems aprés cette découverte , le fçayant
M. Oliva fe trouvant à Rome étudia ce
qua-
Monu
A O UST. 1730. 1815'
*
Monument, & prononça là deffus un Diſcours
dans la Bibliotheque dont nous venons
de parler. Il fut depuis invité par
les deux habiles hommes qui préſident à
cette Bibliotheque , de publier fon fentiment
, & de faire connoître à tout le mon
de fçavant ce qu'il penfe du Monument
dont il s'agit , ce que M. Oliva ne pût refufer
, & ce qui donna lieu à une Differtation
dont M M. de Lipfic ont fait un
Extrait qui fait honneur à leur goût & à
P'habileté de l'Auteur.
Cet Extrait eft fuivi d'une autre Differtation
fur le même fujet , imprimée toute
entiere dans le même Journal , laquelle
porte pour titre In idem illud marmor
Ifiacum GEORGII CHRISTIANI GEBAVERI,
Vratislavienfis Exercitatio . Ce
fecond Antiquaire fait paroître auffi beaucoup
d'érudition ; mais il n'eft pas du fentiment
de M. Oliva en expliquant les fimboles
qui fe trouvent fur ce marbre Egyptien.
Ils conviennent encore moins du nom
qu'il faut lui donner ; étoit-ce un Autel ?
la Bafe ou le Piédeftal d'une Statuë ? d'une
Colomne ou fimplement une Pierre Votive
&c. c'est ce qu'il n'eft pas aifé de déterminer.
Nous ren voyons les Curieux
aux Recherches de ces M M. & au deffein
parfaitement bien gravé des Bas - Reliefs
en queftion , qui fe trouve auffi dans
F iiij
le
#1816 MERCURE DE FRANCE
le Journal de Lipfic , page 394. de la même
année 1720 .
, quem fuis fumptibus collegit J.
Mart. ab Ebermayer Norimbergenfis ,
Digeffit & recenfuit J. Jacobus Baierus
Ph . & Med. Doctor hujufque in Acad .
Altorfina Profeffor Primarius . Noribergæ
1. vol. in fol. 1720. &c. C'eſt - à-dire 9
Trefor
A O UST . 1730. 181 1
Trefor de Pierres précieufes excellemment gravées
, recueilli par Jean Martin d'Ebermayer
de Nuremberg , mis en ordre & expliqué
parJean Jacques Bayer , Docteur &
Premier Profeffeur en Medecine de l'Univerfité
d'Altor . 1. Vol. in fol. à Nuremberg,
1720. chez l'Auteur du Recueil.
M. d'Ebermayer eft un riche Marchand
de Nuremberg , qui poffede un fort beau
Cabinet , dont les Pierres gravées font la
plus belle & la principale partie . Les Antiquaires
lui doivent le foin qu'il a pris,
de les amaffer à grands frais , & ils doi
vent à M. Bayer la peine qu'il s'eft donnée
de les examiner & de les expliquer. Parmi
les Piéces les plus rares & les plus curieufes
de ce Tréfor , reprefenté dans le Livre
en 30. Planches , d'une très-belle gravure,
on diftingue la Déeffe Flore, l'Enlevement
de Proferpine , le Triomphe de Bacchus
& d'Adiadne , un double Sacrifice à Diane
, le Jugement de Pâris , fur une trèsbelle
Calcedoine ; l'Enlevement des Sabines
le Jugement d'Horace & l'Action
Héroïque de Scevola , divers Empereurs
Romains , le Triomphe de Tite , enfin
plufieurs Divinités & plufieurs Mifteres
de la Théologie Payenne , fur lefquels ,
M. Bayer fait paroître beaucoup d'érudition.
Fij COR
1812 MERCURE DE FRANCE
CORNELII VAN BYNKERSHOEK ,
& Senatoris opufculum de jure occidendi ,
vendendi & exponendi liberos apud veteres
Romanos. Lugduni Batav . 1719. in
4. c'est à dire , Opufcule de Corneille Van
Bynkershoek , Furifconfulte & Senateur , fur
le droit de faire mourir , de vendre & d'expofer
les enfans chez les anciens Romains.
A Leyde, vol . in 4. 1719.
Si nous jugeons de cet Ouvrage par
l'Extrait qu'en ont fait M M. du Journal
de Lipfic , il doit être fort étendu , & le.
Titre d'Opufcule eft un peu trop modefte .
Pour le fonds dans lequel nous nous dif-.
penfons d'entrer , il nous a paru que c'eft
une matiere plus curieufe qu'utile & intereffante
, & qui repreſente parfaitement
bien le génie de domination , la ferocité
& la dureté naturelle des anciensRomains.
ΠΕΡΙ ΤΩΝ ΚΑΘΗΚΟΝΤΩΝ BIBAO
& c. c'est-à-dire , Traité des Offices
ou des Devoirs de la Vi : Civile , écrit par le
Prince Jean Nicolas , Fils d'Alexandre
Maurocordato , Vaivode , & Seigneur de
toute la Valachie & c.1.vol. in 4. à Buchereft
1719 .
Parmi les Princes qui fe font appliqués
à l'étude des Lettres , on en compte plufieurs
qui ont laiffé à la pofterité des Monumens
refpectables de cette application,
&
Á O UST. 1730. 1813
que
>
& dans ce nombre on diftingue particulierement
ceux qui nous ont laiffé des
Traités de Morale ; tels font Marc- Aurele
, Empereur Romain , Leon le Philo
fophe , Bazile & Conftantin , Empereurs
Grecs , Jacques I. Roi d'Angleterre , &
voici le Sereniffime Prince Jean Nicolas
Maurocordato , qui de nos jours , en fuivant
les traces de ces Grands Hommes , à
l'honneur des Lettres & des Lettres
Grecques , dont on peut dire qu'il eft le
Reftaurateur & le Mecéne , nous donne
auffi un Ouvrage de Morale écrit en
Grec , avec autant d'élegance & de politeffe
de folidité ; il eft intitulé nel
Twv xaðnнóvTWV , ou des Devoirs qui conviennent
à la Vie Civile , en commençant
par la Religion , & traittant en particulier
des devoirs du Prince à cet égard . L'illuſtre
Auteur , outre l'Ecriture , les Peres & les
meilleurs Auteurs Ecclefiaftiqnes , n'oublie
pas ce que les Ecrivains Prophanes
ont dit de bon fur la Morale , appuyé
particulierement de l'autorité de S. Bafile
le Grand , qui a fait un excellent Traité
de l'utilité qu'on peut tirer des Ecrits des
Auteurs Prophanes. Nous fommes fâchés
de ne pouvoir pas entrer dans le détail
de cet Ouvrage ; M M. de Lipfic y ont
fuppléé en nous faifant connoître un bon
Livre , imprimé dans le fond de la Vala-
F iij chic
1814 MERCURE DE FRANCE
chie , qui fans eux feroit ignoré dans plu
fieurs Contrées de l'Europe Sçavante.
JOANNIS OLIVE RHODIGINI ,
in marmor Ifiacum Romæ nuper effoffum ,
Exercitationes ad Reverendiffimum Patrem
Magiftrum F. ANTONIUM CLOCHE
, totius Dominicanæ Familiæ Generalem.
1. vol. in 8. Romæ , apud Joannem
Mariam Salvioni , Typographus Vaticuni
, in Archigymnafio Sapientiæ 1719 ..
c'eft à- dire , Differtation de Jean Oliva
fur un marbre antique confacré à la Déeffe
Ifis , découvert depuis peu à Rome , addref
fée au R. P. Antoine Cloche , General des
Dominicains. A Rome vol . in 8. 1719 .
Il y a environ dix ans que les Religieux
de l'Ordre de S. Dominique , du Convent
de la Minerve , en faiſant creufer les fondemens
de quelques nouveaux Edifices ,
pour procurer principalement un eſpace
plus convenable à la fameufe Bibliotheque
du Cardinal Cafenate , trouverent un
Marbre antique , orné de Figures en bas
reliefs, d'une fculpture exquife fur fes
tre faces , bas reliefs qui charmerent les
Connoiffeurs , & qui les déterminerent à
juger que ce marbre a été un Monument
confacré au culte de la Déeffe Ifis . Peu
de tems aprés cette découverte , le fçayant
M. Oliva fe trouvant à Rome étudia ce
qua-
Monu
A O UST. 1730. 1815'
*
Monument, & prononça là deffus un Diſcours
dans la Bibliotheque dont nous venons
de parler. Il fut depuis invité par
les deux habiles hommes qui préſident à
cette Bibliotheque , de publier fon fentiment
, & de faire connoître à tout le mon
de fçavant ce qu'il penfe du Monument
dont il s'agit , ce que M. Oliva ne pût refufer
, & ce qui donna lieu à une Differtation
dont M M. de Lipfic ont fait un
Extrait qui fait honneur à leur goût & à
P'habileté de l'Auteur.
Cet Extrait eft fuivi d'une autre Differtation
fur le même fujet , imprimée toute
entiere dans le même Journal , laquelle
porte pour titre In idem illud marmor
Ifiacum GEORGII CHRISTIANI GEBAVERI,
Vratislavienfis Exercitatio . Ce
fecond Antiquaire fait paroître auffi beaucoup
d'érudition ; mais il n'eft pas du fentiment
de M. Oliva en expliquant les fimboles
qui fe trouvent fur ce marbre Egyptien.
Ils conviennent encore moins du nom
qu'il faut lui donner ; étoit-ce un Autel ?
la Bafe ou le Piédeftal d'une Statuë ? d'une
Colomne ou fimplement une Pierre Votive
&c. c'est ce qu'il n'eft pas aifé de déterminer.
Nous ren voyons les Curieux
aux Recherches de ces M M. & au deffein
parfaitement bien gravé des Bas - Reliefs
en queftion , qui fe trouve auffi dans
F iiij
le
#1816 MERCURE DE FRANCE
le Journal de Lipfic , page 394. de la même
année 1720 .
Fermer
Résumé : « GEMMARUM affabrè sculptarum Thesaurus, quem suis sumptibus collegit J. [...] »
Le texte présente plusieurs ouvrages et découvertes historiques. Jean Martin d'Ebermayer, un riche marchand de Nuremberg, a compilé un recueil de pierres précieuses gravées intitulé 'GEMMARUM affabre fculptarum Thefaurus'. Cet ouvrage, publié en 1720, contient 30 planches de gravures représentant des scènes mythologiques et historiques, telles que 'La Déeffe Flore', 'L'Enlevement de Proserpine', et divers empereurs romains. Les explications des gravures ont été fournies par Jean Jacques Bayer, professeur de médecine à l'Université d'Altorf. Corneille Van Bynkershoek, juriste et sénateur, a publié en 1719 à Leyde un ouvrage sur le droit de faire mourir, de vendre et d'exposer les enfants chez les anciens Romains. Le prince Jean Nicolas Maurocordato, vaivode de Valachie, a écrit un traité de morale intitulé 'ΠΕΡΙ ΤΩΝ ΚΑΘΗΚΟΝΤΩΝ BIBAO' ou 'Traité des Offices ou des Devoirs de la Vie Civile'. Publié à Bucarest en 1719, cet ouvrage traite des devoirs civiques et religieux, s'appuyant sur des sources ecclésiastiques et profanes. Enfin, le texte mentionne la découverte d'un marbre antique consacré à la déesse Isis, trouvé à Rome par des dominicains. Jean Oliva et Georg Christian Gebauer ont publié des dissertations sur ce monument, chacune offrant des interprétations différentes des symboles et de la fonction du marbre. Ces dissertations ont été publiées à Rome en 1719 et dans le Journal de Lipfic.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9703
p. 1842-1850
ASSEMBLÉE publique de la même Académie, du 22 Avril 1744.
Début :
LES grandes occupat[i]ons de M. Pallu, Intendant de Lyon, ne lui ayant pas permis de donner, / Mémoire, contenant la Description de plusieurs Machines de Guerre. Les [...]
Mots clefs :
Lyon, Degrés, Calcul, Observation, Éclipse de lune, Provence, Nombres, Soleil, Machine, Arithmétique, Arts libéraux, Cadrans solaires, Phtisie, Observations météorologiques, Architecture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ASSEMBLÉE publique de la même Académie, du 22 Avril 1744.
ASSEMBLE' E publique de la même
Académie , du 22 Avril 1744.
I
Es grandes occupat ons de M. Pallu , Inten
dant de Lyon , ne lui ayant pas permis de donner,
en qualité de Directeur de l'Académie, les Extraits
des Mémoires qui y ont été lûs depuis la
derniere Aff mblée publique il avoit prié M.
Borde,President de la précédente année , d'en faire
le Recueil & la lecture. Voici les Extraits qu'il a
rapportés.
?
Mémoire , contenant la Defcription de plufieurs
Machines de Guerre.
Les avantages que le Public peut retirer des ingénieufes
inventions , & des Machines qui forment
le curieux Cabinet de M. Grollier de Servieres
viennent infentiblen: ent orner nos Regifties. Ce
Mémoire contient des détails de conftruction &
d'apAOUST.
1744. 1.843
application. 1 : D'une Machine qui fert à forer
des Canons. Le Canon eft jetté en tonte tout maffif,
eft placé fur cette Machine & y ett fufpendu , dans
une fituation renventée & perpendiculaire , fur des
piéces de bois , qui lui permettent de defcendre infenfiblement
fur des forets de diferentes grandeurs
& force , qui en détachent ia natiere , en
tournant rapidement fur leur centre , par l'action
des chevaux , ou de tout utre moteur. Une feconde
Machiné faire paffer du Canon > pour au travers
d'une Riviere , loifqu'il n'y a point de Pont.
Une troifiéme , pour transporter ailément du Canon
fur divers endroits du Rempart ; moyen etile lorf
que les batteries des affiégés ont été démontées en
partie , & qu'il eft néceffaire de taire feu en plu-
Geurs endroits 4. Un Pont volant , pour trav.rfer
un foflé 5 ° . & 6 ° Deux moyens différens & d'une
grande fimplicité , pour éventer les Mines des affié--
geans , les prevenir & les inonder.
Sur les fractions des Nombres.
Les opérations d'Arithmetique préfentent fou
vent des fractions , dont il eit neceflaire de connoître
la valeur relativement à l'efpéce dont elles font
parties aliquotes , il faut pour y parvenir, employer
des réductions , qui fouvent , par la longueur du
calcul , deviennent fufceptibles d'erreur. M. l'Abbé
Dugaiby, qui a fenti ces difficultés , a cru pouvoir
les lever , en. imaginant des tables & des échelles
où ces reductions ie trouvent toutes faites , au premier
coup d'oeil ; un Inftrument qui a quelque rap- .
port au Compas de proportion , & inventé pour faciliter
la conftruction de ces échelles lui a fervi uti- >
lement. I elt compofé de deux régles , donc l'une
eft divifée fuivant la fuite naturelle des Nombres ,
I vj
&
1844 MERCURE DE FRANCE.
& l'autre , felon l'ordre des Nombres impairs ; le
centre de mouvement des deux régles eft variable
fur l'une des deux . Cet Inftrument divife tout cercle
& tout, fecteur à volonté , felon les différentes gradations
des Nombres , marqués fur la principale.
régle , & réfout méchaniquement & fans calcul le
Problême de Papus , fans avoir recours aux lignes
du fecond genre.
Obfervations du Paffage de la Planette de
Mercure fur le Soleil , le matin du 5
Novembre 1743 .
que
2
Un Phenomene fenfible & obfervé avec exactitude
, préſente aux Aftronomes des preuves de la
jufteffe , ou de la fauffeté de leurs hypotéfes . Il leur
eft donc extrêmement important de n'en pas laiffer
échapper l'heureux inftant. Le Paffage de Mercure
fur le Soleil , eft d'autant plus utile à l'Aftronomie,
le mouvement de cette Planette n'eft pas encore
bien connu , fes révolutions , quoique promp
tes , ne le placent que rarement dans une fiuation
propre à être obfervé. Le Phénomene annoncé par
les Ephemerides , avertit le P. Beraud de le précautionner
pour l'Obfervation Une Lunette de 20
pieds un quart de cercle , une Machine parallactique
& une Pendule réglée fur le mouvement vrai ,
furent préparées pour cette Obfervation ; le tems la
favorifa parfaitement . Mercure parut par la Lunette
de 20 pieds, exactement rond , fort noir , & fa circonférence
bien terminée , fans nebulofité , & fans
anneau lumineux. L'inftant de fon immerſion totale
fut à 8 heures du matin , 49' f1 " , tems vrai , &
celui de l'émerfion totale à i heures après midi ,
21' 20" , le tems de fon immerfion . totale à fon
émerfion entiere fut de 4 heures 3.1 ' 29" , & le tems
I
que
A O UST. 1744. . 1845
que fon diamétre mit à paffer le bord occidental dư
Soleil de z ' 6" , d'où l'on a conclu , que le moment
de for entrée fur le bord oriental , fut à 8 heures 47°
45" , qui différe du tems de l'entrée déterminée ,
par les Tables de 14' 33 " dont il a avancé , le diamétre
apparent du Soleil ce jour-là , étant de 32 °
30" ; la route entiere de Mercure comparée à ce
diamétre eft de 27 ' 14" . Le P. Beraud , par un calcul
intéreffant & tiré de cette Obfervation , donne
le rapport de la grandeur véritable de Mercure &
fon diamétre ; comparée à celle de la Terre , elle
eft comme 388 à 1200, c'eft- à-dire, que fon diamètre
eft un peu plus d'un tiers de celui de la Terre ; fa
furface un neuvième , & ſa ſolidité un vingt - feptiéme:
ce qui fe trouve très conforme aux précédentes
déterminations données par les Aftronomes les
plus exacts. Cette Obfervation annonce donc une
erreur dans les Tables, mais le P. Beraud ne fe preffe
pas de la conclure ; c'eft à la conformité des Obfervations
du même Phénomene à décider de la justef
fe ou de l'erreur des Tables qui les prédiſent.
Obfervation de l'Eclipfe de Lune , du z
Novembre 1743-
Le moment de cette Eclipfe a encore précédé le
tems où elle devoit arriver , felon les Ephémerides
de 15' 42 " , différence trop confidérable & qui auroit
pu faire douter de l'exactitude de l'Obfervation
, fi le P. Beraud n'avoit eu la fatisfaction de
voit la fienne ne différer que de peu de fecondes de
celles qui ont été faites en même-tems , à Toulon ,
par le P. du Chatelard , l'un de nos Académiciens
affociés , & à Marseille , par le P. Permas . Tel eft
P'ufage de ces fortes de comparaifons . Eiles font à
l'Aftro1846
MERCURE DE FRANCE.
FAftronomie , ce que les démonftrations font à la
Géométrie .
Sur les proportions dans l'Arithmetique.
M. l'Abbé Dugaiby préfenta un fecond Inftrument
qu'il a inventé , pour faciliter l'intelligence &
P'ufage des régles de proportions . Le quatrieme
proportionnel à trois nombres donnés, vient comme
de lui même fe placer fur l'Inftrument , par une
opération fimple ,immédiate & fans calcul , qui ne
demande que beaucoup de précifion dans l'inftru
ment.
Sur la perfection des Arts Libéraux.
L'Architecture , la Peinture , la Sculpture & la
Gravure , font des Arts infiniment précieux , la perfection
où nous les voyons , a conduit M. de la
Monce à en pénétrer la caufe . Les Analyfes qu'il
en a faites , lui font voir par tout , que les habiles.
Maîtres n'ont été tels que par une étude fuivie &
attentive des beaux Arts & des Sciences , qui conduifent
à leur intelligence. Il fait voir que les cinq
ordres d'Architecture doivent être confiderés com
me les lettres de l'Alphabet , c'eft - à- dire fufceptibles
d'une combinaiſon étonnante , laquelle bien enten
duë ne manquera jamais de plaire . Que le Pinceau
guidé par l'H ftoire , la Fable & les diverfes productions
de la Nature , préfentera tout à la fois , le
bon goût , la vérité la nobleffe de l'exécution
& enfin que le Cifeau & le Burin conduits par des
mains attentives , produiront ces Chefs-d'oeuvres
d'une pratique haoile & d'une fçavante imitation..
Sur
AOUST. 1847
1744.
Sur la conftruction des Cadrans Solaires , Verticaux
, Méridionaux déclinans ; & la
connoiffance de la Méridienne fur des Plans
Verticaux.
&
La Géométrie fe place par tout avec fuccès ; le
calcul différentiel vient au fecours d'une pratique
de Gnomonique , & fournit par une formule , une
Méthode fimple & exacte , pour trouver la déclinaifon
d'un Plan vertical , & en conféquence , la
ligne méridienne fur ce Plan . M., Mathon , à l'aide
de cette méthode , tire une tangente à la ligne
d'ombre d'un ftyle droit , élevé perpendiculairemert
fur le Plan , au point le lus près de midi ,
en conclut , par le calcul , le vrai point du midi , &
Ja hauteur du Pôle. Une feconde méthode pour
trouver la même méridienne , fans avoir befoin de
connoître la déclinaifon du Plan , fuppofe la maniere
ordinaire pour tracer la meridienne fur des
Plans horifontaux , par des cercles concentriques ,
décrits du pied d'un ftyle droit mais pour éviter
les erreurs , produites par le changemen de déclimaifon
du Soleil , M. Mathon propoſe de tirer une
tangente à la ligne d'ombre , au point trouvé part
Poble vation le complement de l'Angle de cette
tangente , avec une ligne verticale fera l'Angle
cherché entre la fous- litaire & la ligne de midi Les
petits arcs de la Courbe décrite , par l'extrêmité de
P'ombre , peuvent être pris , fans erreur fenfible
pour des lignes droites , furtout lorfqu'on fera ufage
de ftyles un peu longs.
:
Sur
1848 MERCURE DE FRANCE.
Sur l'ufage du Sucre de lait , dans l'Emoptifie
&les fueurs immédiates qui accompagnent
ordinairement la Phibyfi .
M. Moegling , l'un des Académiciens affociés ,
nous fit part de la maniere fitée en fon Pays , pour
la compofition du Sucre de lait ; elle est peu diffé
tente de celle des Suiffes . D'heureuſes applications
qu'il afaites de ceRemede à l'Emoptyfie & à l'Eryfie ,
l'ont perfuadé , qu'il n'opéroit efficacement dans
l'une & l'autre maladie , que par les fels abondans
qu'il renferme , lefquels fe mêlant avec le fang ,
l'embaraffent , en arrêtent la fougue, & l'empêchent
de monter avec impétuofité dans les poulmons ,
& par leur qualité aftringeante , confolident les petits
vaiffeaux , & font ceffer les vomiffemens & crachemens
de fang . Il rafraîchit la chaleur immoderée,
& refferre les pores qui laiffent échapper avec
trop de facilité la Lymphe qui circule avec le fang-
Obfervations météorologiques faites à Lyon en
l'année 1743 »
comparées avec celles de
Provence , qui nous ont été envoyées par Le
P. du Chatelard & par M. Boeuf , Confeiller
au Parlement d'Aix.
Le plus grand froid a été à Lyon le 28 Janvier ,
de 7 dégrés au deffous de la congélation , & en Provence
le 23 , feulement de deux dégrés tous la congélation
, donc le froid de l'Hyver 1743.à Lyon , a
été plus grand que celui de Provence des dégrés .
La plus grande chaleur à Lyon de l'Eté 1743 , a
été le 18 Juin de 29 dégrés au - deffus de la congélation
& en Provence le 1 Août de 23 dégrés ,
›
donc
AOUST. 1744. 1849
donc l'Eté de Lyon a été plus chaud que celui de
Provence de 6 dégrés , & à peu près dans la même
proportion du froid. Nous avons déja remarqué ,
dans les années précédentes , des différences prelque
auffi fenfibles .
Les hauteurs du Barométre ont été à peu près les
mêmes à Lyon & en Provence , & les mêmes jours
relativement à la hauteur des Lieux.
3
La déclinaifon de l'Aiguille aimantée a été affés
conftamment de 16 dégrés à Toulon , & à Lyon
de 15 dégrés 30' Nord - Ouest.
Sur la meilleure maniere d'enfeigner
l'Arithmétique.
l'or-
Il eft certain que plufieurs perfonnes fe plaignent
d'avoir oublié à chiffrer , prefqu'auffi- tôt qu'ils l'avoient
appris . M. Cheinet fait voir évidemment que
ce défaut ne vient pas feulement du peu d'habitude
qu'on en conferve , mais bien plus encore de la
maniere dont on a été enſeigné. Il ne faut que fentir
la différence qu'il y a entre un Arithméticien &
un Chiffreur. Les Maîtres n'enfeignent , pour
dinaire , que la fimple pratique de l'Arithinétique ,
qui s'oublie fort aisément , au lieu que les principes
de certe Science ne pénétrent dans l'entendeinent ,
que pour s'y affûrer une place conftante , & y former
des traces inéfaçables. Plufieurs raifons enga
gent M. Cheinet à donner des inſtructions aux Maî.
tres & aux Difciples , pour les conduire sûrement
dans la théorie & dans la pratique de cette Scien-
EC.
Obfer
1850 MERCURE DE FRANCE.
Obfervations fur la réforme de la Severonde ,
en ufage dans cette Ville , & nommée communément
Forget.
C'est ici une espéce de reproche fait à l'habitude ,
au mauvais goût & au préjugé ; la Severonde ou le
Forget des Toits de cette Ville , a préfenté à M.
Delorme des fujets d'Obfervations critiques , qui
paroiffent bien fondées. Elles portent fur la faillie
défectueufe que cette Severonde préfente à la vûë ,
fur fon inutilité pour préferver de la pluye le mûr
de face & les paffans : fur l'oeconomie de fa rétorme
, dans la conftruction & dans les réparations fré
quentes : fur les dangers aufquels expofe la faillie
hors-d'oeuvre , en facilitant à la flâme la communication
d'une maison à l'autre ; fur la diminution du
jour , nuifible aux Ouvriers & aux Manufactures ;
& enfin fur l'humidité & le mauvais air qu'elle
maintient dans les appartemens , par fon oppofition
à une circulation aifée . M. Delorme ajoute à toutes
cès Obfervations , deux modéles tirés de la belle
& fimple Architecture , qu'il feroit à fouhaiter
qu'on voulut imiter , mais une certaine fatalité veut
que l'indiférence pour le bien public , piévale pref
que toûjours.
M. Cheinet lût un Mémoire fur l'harmonie & fur
les régles de la compofition ; l'Extrait en a été
donné dans la précédente Affemblée publique.
M. Delamonce fit la lecture d'un Mémoire fur
plufieurs anciens Temples , & leur comparaiſon avec
nos Eglifes modernes . L'Extrait fe trouve avec ceux
de la Séance publique du 8 Mai 1743 .
M. Gaviner termina la Séance , par un Mémoire
fur les Régules Métalliques , dont on a vû l'Extrait
avec ceux de la précédente Aſſemblée publique.
Académie , du 22 Avril 1744.
I
Es grandes occupat ons de M. Pallu , Inten
dant de Lyon , ne lui ayant pas permis de donner,
en qualité de Directeur de l'Académie, les Extraits
des Mémoires qui y ont été lûs depuis la
derniere Aff mblée publique il avoit prié M.
Borde,President de la précédente année , d'en faire
le Recueil & la lecture. Voici les Extraits qu'il a
rapportés.
?
Mémoire , contenant la Defcription de plufieurs
Machines de Guerre.
Les avantages que le Public peut retirer des ingénieufes
inventions , & des Machines qui forment
le curieux Cabinet de M. Grollier de Servieres
viennent infentiblen: ent orner nos Regifties. Ce
Mémoire contient des détails de conftruction &
d'apAOUST.
1744. 1.843
application. 1 : D'une Machine qui fert à forer
des Canons. Le Canon eft jetté en tonte tout maffif,
eft placé fur cette Machine & y ett fufpendu , dans
une fituation renventée & perpendiculaire , fur des
piéces de bois , qui lui permettent de defcendre infenfiblement
fur des forets de diferentes grandeurs
& force , qui en détachent ia natiere , en
tournant rapidement fur leur centre , par l'action
des chevaux , ou de tout utre moteur. Une feconde
Machiné faire paffer du Canon > pour au travers
d'une Riviere , loifqu'il n'y a point de Pont.
Une troifiéme , pour transporter ailément du Canon
fur divers endroits du Rempart ; moyen etile lorf
que les batteries des affiégés ont été démontées en
partie , & qu'il eft néceffaire de taire feu en plu-
Geurs endroits 4. Un Pont volant , pour trav.rfer
un foflé 5 ° . & 6 ° Deux moyens différens & d'une
grande fimplicité , pour éventer les Mines des affié--
geans , les prevenir & les inonder.
Sur les fractions des Nombres.
Les opérations d'Arithmetique préfentent fou
vent des fractions , dont il eit neceflaire de connoître
la valeur relativement à l'efpéce dont elles font
parties aliquotes , il faut pour y parvenir, employer
des réductions , qui fouvent , par la longueur du
calcul , deviennent fufceptibles d'erreur. M. l'Abbé
Dugaiby, qui a fenti ces difficultés , a cru pouvoir
les lever , en. imaginant des tables & des échelles
où ces reductions ie trouvent toutes faites , au premier
coup d'oeil ; un Inftrument qui a quelque rap- .
port au Compas de proportion , & inventé pour faciliter
la conftruction de ces échelles lui a fervi uti- >
lement. I elt compofé de deux régles , donc l'une
eft divifée fuivant la fuite naturelle des Nombres ,
I vj
&
1844 MERCURE DE FRANCE.
& l'autre , felon l'ordre des Nombres impairs ; le
centre de mouvement des deux régles eft variable
fur l'une des deux . Cet Inftrument divife tout cercle
& tout, fecteur à volonté , felon les différentes gradations
des Nombres , marqués fur la principale.
régle , & réfout méchaniquement & fans calcul le
Problême de Papus , fans avoir recours aux lignes
du fecond genre.
Obfervations du Paffage de la Planette de
Mercure fur le Soleil , le matin du 5
Novembre 1743 .
que
2
Un Phenomene fenfible & obfervé avec exactitude
, préſente aux Aftronomes des preuves de la
jufteffe , ou de la fauffeté de leurs hypotéfes . Il leur
eft donc extrêmement important de n'en pas laiffer
échapper l'heureux inftant. Le Paffage de Mercure
fur le Soleil , eft d'autant plus utile à l'Aftronomie,
le mouvement de cette Planette n'eft pas encore
bien connu , fes révolutions , quoique promp
tes , ne le placent que rarement dans une fiuation
propre à être obfervé. Le Phénomene annoncé par
les Ephemerides , avertit le P. Beraud de le précautionner
pour l'Obfervation Une Lunette de 20
pieds un quart de cercle , une Machine parallactique
& une Pendule réglée fur le mouvement vrai ,
furent préparées pour cette Obfervation ; le tems la
favorifa parfaitement . Mercure parut par la Lunette
de 20 pieds, exactement rond , fort noir , & fa circonférence
bien terminée , fans nebulofité , & fans
anneau lumineux. L'inftant de fon immerſion totale
fut à 8 heures du matin , 49' f1 " , tems vrai , &
celui de l'émerfion totale à i heures après midi ,
21' 20" , le tems de fon immerfion . totale à fon
émerfion entiere fut de 4 heures 3.1 ' 29" , & le tems
I
que
A O UST. 1744. . 1845
que fon diamétre mit à paffer le bord occidental dư
Soleil de z ' 6" , d'où l'on a conclu , que le moment
de for entrée fur le bord oriental , fut à 8 heures 47°
45" , qui différe du tems de l'entrée déterminée ,
par les Tables de 14' 33 " dont il a avancé , le diamétre
apparent du Soleil ce jour-là , étant de 32 °
30" ; la route entiere de Mercure comparée à ce
diamétre eft de 27 ' 14" . Le P. Beraud , par un calcul
intéreffant & tiré de cette Obfervation , donne
le rapport de la grandeur véritable de Mercure &
fon diamétre ; comparée à celle de la Terre , elle
eft comme 388 à 1200, c'eft- à-dire, que fon diamètre
eft un peu plus d'un tiers de celui de la Terre ; fa
furface un neuvième , & ſa ſolidité un vingt - feptiéme:
ce qui fe trouve très conforme aux précédentes
déterminations données par les Aftronomes les
plus exacts. Cette Obfervation annonce donc une
erreur dans les Tables, mais le P. Beraud ne fe preffe
pas de la conclure ; c'eft à la conformité des Obfervations
du même Phénomene à décider de la justef
fe ou de l'erreur des Tables qui les prédiſent.
Obfervation de l'Eclipfe de Lune , du z
Novembre 1743-
Le moment de cette Eclipfe a encore précédé le
tems où elle devoit arriver , felon les Ephémerides
de 15' 42 " , différence trop confidérable & qui auroit
pu faire douter de l'exactitude de l'Obfervation
, fi le P. Beraud n'avoit eu la fatisfaction de
voit la fienne ne différer que de peu de fecondes de
celles qui ont été faites en même-tems , à Toulon ,
par le P. du Chatelard , l'un de nos Académiciens
affociés , & à Marseille , par le P. Permas . Tel eft
P'ufage de ces fortes de comparaifons . Eiles font à
l'Aftro1846
MERCURE DE FRANCE.
FAftronomie , ce que les démonftrations font à la
Géométrie .
Sur les proportions dans l'Arithmetique.
M. l'Abbé Dugaiby préfenta un fecond Inftrument
qu'il a inventé , pour faciliter l'intelligence &
P'ufage des régles de proportions . Le quatrieme
proportionnel à trois nombres donnés, vient comme
de lui même fe placer fur l'Inftrument , par une
opération fimple ,immédiate & fans calcul , qui ne
demande que beaucoup de précifion dans l'inftru
ment.
Sur la perfection des Arts Libéraux.
L'Architecture , la Peinture , la Sculpture & la
Gravure , font des Arts infiniment précieux , la perfection
où nous les voyons , a conduit M. de la
Monce à en pénétrer la caufe . Les Analyfes qu'il
en a faites , lui font voir par tout , que les habiles.
Maîtres n'ont été tels que par une étude fuivie &
attentive des beaux Arts & des Sciences , qui conduifent
à leur intelligence. Il fait voir que les cinq
ordres d'Architecture doivent être confiderés com
me les lettres de l'Alphabet , c'eft - à- dire fufceptibles
d'une combinaiſon étonnante , laquelle bien enten
duë ne manquera jamais de plaire . Que le Pinceau
guidé par l'H ftoire , la Fable & les diverfes productions
de la Nature , préfentera tout à la fois , le
bon goût , la vérité la nobleffe de l'exécution
& enfin que le Cifeau & le Burin conduits par des
mains attentives , produiront ces Chefs-d'oeuvres
d'une pratique haoile & d'une fçavante imitation..
Sur
AOUST. 1847
1744.
Sur la conftruction des Cadrans Solaires , Verticaux
, Méridionaux déclinans ; & la
connoiffance de la Méridienne fur des Plans
Verticaux.
&
La Géométrie fe place par tout avec fuccès ; le
calcul différentiel vient au fecours d'une pratique
de Gnomonique , & fournit par une formule , une
Méthode fimple & exacte , pour trouver la déclinaifon
d'un Plan vertical , & en conféquence , la
ligne méridienne fur ce Plan . M., Mathon , à l'aide
de cette méthode , tire une tangente à la ligne
d'ombre d'un ftyle droit , élevé perpendiculairemert
fur le Plan , au point le lus près de midi ,
en conclut , par le calcul , le vrai point du midi , &
Ja hauteur du Pôle. Une feconde méthode pour
trouver la même méridienne , fans avoir befoin de
connoître la déclinaifon du Plan , fuppofe la maniere
ordinaire pour tracer la meridienne fur des
Plans horifontaux , par des cercles concentriques ,
décrits du pied d'un ftyle droit mais pour éviter
les erreurs , produites par le changemen de déclimaifon
du Soleil , M. Mathon propoſe de tirer une
tangente à la ligne d'ombre , au point trouvé part
Poble vation le complement de l'Angle de cette
tangente , avec une ligne verticale fera l'Angle
cherché entre la fous- litaire & la ligne de midi Les
petits arcs de la Courbe décrite , par l'extrêmité de
P'ombre , peuvent être pris , fans erreur fenfible
pour des lignes droites , furtout lorfqu'on fera ufage
de ftyles un peu longs.
:
Sur
1848 MERCURE DE FRANCE.
Sur l'ufage du Sucre de lait , dans l'Emoptifie
&les fueurs immédiates qui accompagnent
ordinairement la Phibyfi .
M. Moegling , l'un des Académiciens affociés ,
nous fit part de la maniere fitée en fon Pays , pour
la compofition du Sucre de lait ; elle est peu diffé
tente de celle des Suiffes . D'heureuſes applications
qu'il afaites de ceRemede à l'Emoptyfie & à l'Eryfie ,
l'ont perfuadé , qu'il n'opéroit efficacement dans
l'une & l'autre maladie , que par les fels abondans
qu'il renferme , lefquels fe mêlant avec le fang ,
l'embaraffent , en arrêtent la fougue, & l'empêchent
de monter avec impétuofité dans les poulmons ,
& par leur qualité aftringeante , confolident les petits
vaiffeaux , & font ceffer les vomiffemens & crachemens
de fang . Il rafraîchit la chaleur immoderée,
& refferre les pores qui laiffent échapper avec
trop de facilité la Lymphe qui circule avec le fang-
Obfervations météorologiques faites à Lyon en
l'année 1743 »
comparées avec celles de
Provence , qui nous ont été envoyées par Le
P. du Chatelard & par M. Boeuf , Confeiller
au Parlement d'Aix.
Le plus grand froid a été à Lyon le 28 Janvier ,
de 7 dégrés au deffous de la congélation , & en Provence
le 23 , feulement de deux dégrés tous la congélation
, donc le froid de l'Hyver 1743.à Lyon , a
été plus grand que celui de Provence des dégrés .
La plus grande chaleur à Lyon de l'Eté 1743 , a
été le 18 Juin de 29 dégrés au - deffus de la congélation
& en Provence le 1 Août de 23 dégrés ,
›
donc
AOUST. 1744. 1849
donc l'Eté de Lyon a été plus chaud que celui de
Provence de 6 dégrés , & à peu près dans la même
proportion du froid. Nous avons déja remarqué ,
dans les années précédentes , des différences prelque
auffi fenfibles .
Les hauteurs du Barométre ont été à peu près les
mêmes à Lyon & en Provence , & les mêmes jours
relativement à la hauteur des Lieux.
3
La déclinaifon de l'Aiguille aimantée a été affés
conftamment de 16 dégrés à Toulon , & à Lyon
de 15 dégrés 30' Nord - Ouest.
Sur la meilleure maniere d'enfeigner
l'Arithmétique.
l'or-
Il eft certain que plufieurs perfonnes fe plaignent
d'avoir oublié à chiffrer , prefqu'auffi- tôt qu'ils l'avoient
appris . M. Cheinet fait voir évidemment que
ce défaut ne vient pas feulement du peu d'habitude
qu'on en conferve , mais bien plus encore de la
maniere dont on a été enſeigné. Il ne faut que fentir
la différence qu'il y a entre un Arithméticien &
un Chiffreur. Les Maîtres n'enfeignent , pour
dinaire , que la fimple pratique de l'Arithinétique ,
qui s'oublie fort aisément , au lieu que les principes
de certe Science ne pénétrent dans l'entendeinent ,
que pour s'y affûrer une place conftante , & y former
des traces inéfaçables. Plufieurs raifons enga
gent M. Cheinet à donner des inſtructions aux Maî.
tres & aux Difciples , pour les conduire sûrement
dans la théorie & dans la pratique de cette Scien-
EC.
Obfer
1850 MERCURE DE FRANCE.
Obfervations fur la réforme de la Severonde ,
en ufage dans cette Ville , & nommée communément
Forget.
C'est ici une espéce de reproche fait à l'habitude ,
au mauvais goût & au préjugé ; la Severonde ou le
Forget des Toits de cette Ville , a préfenté à M.
Delorme des fujets d'Obfervations critiques , qui
paroiffent bien fondées. Elles portent fur la faillie
défectueufe que cette Severonde préfente à la vûë ,
fur fon inutilité pour préferver de la pluye le mûr
de face & les paffans : fur l'oeconomie de fa rétorme
, dans la conftruction & dans les réparations fré
quentes : fur les dangers aufquels expofe la faillie
hors-d'oeuvre , en facilitant à la flâme la communication
d'une maison à l'autre ; fur la diminution du
jour , nuifible aux Ouvriers & aux Manufactures ;
& enfin fur l'humidité & le mauvais air qu'elle
maintient dans les appartemens , par fon oppofition
à une circulation aifée . M. Delorme ajoute à toutes
cès Obfervations , deux modéles tirés de la belle
& fimple Architecture , qu'il feroit à fouhaiter
qu'on voulut imiter , mais une certaine fatalité veut
que l'indiférence pour le bien public , piévale pref
que toûjours.
M. Cheinet lût un Mémoire fur l'harmonie & fur
les régles de la compofition ; l'Extrait en a été
donné dans la précédente Affemblée publique.
M. Delamonce fit la lecture d'un Mémoire fur
plufieurs anciens Temples , & leur comparaiſon avec
nos Eglifes modernes . L'Extrait fe trouve avec ceux
de la Séance publique du 8 Mai 1743 .
M. Gaviner termina la Séance , par un Mémoire
fur les Régules Métalliques , dont on a vû l'Extrait
avec ceux de la précédente Aſſemblée publique.
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9704
p. 743
« LA BIBLIOTHEQUE DES ENFANS, ou les premiers Elemens des Lettres, contenant [...] »
Début :
LA BIBLIOTHEQUE DES ENFANS, ou les premiers Elemens des Lettres, contenant [...]
Mots clefs :
Enfants
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texteReconnaissance textuelle : « LA BIBLIOTHEQUE DES ENFANS, ou les premiers Elemens des Lettres, contenant [...] »
LA BIBLIOTHEQUE DES ENFANS , ou les
premiers Elemens des Lettres , contenant
le Systême du Bureau Typographique , à
l'usage de Monseigneur le Dauphin , et
de Messeigneurs les Enfans de France . A
Paris , rue de la Harpe , chez P. Simon , ruë
1732. in 4. de 110 pag.
premiers Elemens des Lettres , contenant
le Systême du Bureau Typographique , à
l'usage de Monseigneur le Dauphin , et
de Messeigneurs les Enfans de France . A
Paris , rue de la Harpe , chez P. Simon , ruë
1732. in 4. de 110 pag.
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9705
p. 2217
PROGRAMME de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
Début :
L'Académie ayant été obligée de réserver un des deux Prix de cette année, elle en propose [...]
Mots clefs :
Académie royale des belles-lettres, sciences et arts de Bordeaux, Prix, Circulation de la sève dans les plantes
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texteReconnaissance textuelle : PROGRAMME de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
PROGRAMME de l'Académie Royale
des Belles- Lettres , Sciences et Arts
de Bordeaux.
'Académie ayant été obligée de réserver yn
L'des deux Prix de cette année , elle en propose encore deux aux Sçavans de l'Europe , qui seront distribués le 25 d'Août 1733. Elle destine
un de ces Prix à celui qui expliquera avec le plus
de probabilité le Systême de la Circulation de la
Séve dans les Plantes , ou qui établira le mieux
l'opinion contraire. L'autre est destiné à celui qui
donnera l'explication la plus probable de la Nature de l'Air, et de ses proprietez. Il sera libre d'envoyer les Dissertations en François ou en Latin.
On demande qu'elles soient écrites en caracteres
lisibles , elles ne seront reçûës pour le concours
que jusqu'au premier Mai prochain inclusivement. Au bas des Dissertations il y aura une Sentence , & l'Auteur mettra dans un billet séparé et cacheté la même Sentence avec son nom et son
adresse. Les paquets seront affranchis et adressez
à M. Sarrau , Secretaire de l'Académie , ruë de
Gourgues , ou au sieur Brun , Imprimeur de l'Académie , ruë S. Jâmes. M. l'Abbé de la Quintine
est l'Auteur de la Dissertation sur le Magnetisme
des corps qui a remporté un des deux Prix pro- posez pour l'année 1732.
A Bordeaux , ce 25. Août
des Belles- Lettres , Sciences et Arts
de Bordeaux.
'Académie ayant été obligée de réserver yn
L'des deux Prix de cette année , elle en propose encore deux aux Sçavans de l'Europe , qui seront distribués le 25 d'Août 1733. Elle destine
un de ces Prix à celui qui expliquera avec le plus
de probabilité le Systême de la Circulation de la
Séve dans les Plantes , ou qui établira le mieux
l'opinion contraire. L'autre est destiné à celui qui
donnera l'explication la plus probable de la Nature de l'Air, et de ses proprietez. Il sera libre d'envoyer les Dissertations en François ou en Latin.
On demande qu'elles soient écrites en caracteres
lisibles , elles ne seront reçûës pour le concours
que jusqu'au premier Mai prochain inclusivement. Au bas des Dissertations il y aura une Sentence , & l'Auteur mettra dans un billet séparé et cacheté la même Sentence avec son nom et son
adresse. Les paquets seront affranchis et adressez
à M. Sarrau , Secretaire de l'Académie , ruë de
Gourgues , ou au sieur Brun , Imprimeur de l'Académie , ruë S. Jâmes. M. l'Abbé de la Quintine
est l'Auteur de la Dissertation sur le Magnetisme
des corps qui a remporté un des deux Prix pro- posez pour l'année 1732.
A Bordeaux , ce 25. Août
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Résumé : PROGRAMME de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
L'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux a annoncé deux prix pour l'année 1733, à remettre le 25 août. Le premier prix concerne l'explication la plus probable du système de la circulation de la sève dans les plantes ou l'établissement de l'opinion contraire. Le second prix récompense l'explication la plus probable de la nature de l'air et de ses propriétés. Les dissertations, rédigées en français ou en latin, doivent être soumises avant le 1er mai 1733. Chaque dissertation doit inclure une sentence en bas de page, et l'auteur doit envoyer une copie de cette sentence avec son nom et son adresse dans un billet séparé et cacheté. Les paquets doivent être adressés à M. Sarrau, secrétaire de l'Académie, ou au sieur Brun, imprimeur de l'Académie. L'Abbé de la Quintine a remporté un des deux prix proposés pour l'année 1732 avec sa dissertation sur le magnétisme des corps.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9706
p. 321
Dissertation sur la Musique, [titre d'après la table]
Début :
DISSERTATION sur la Musique moderne, par M. Rousseau, 8o. de [...]
Mots clefs :
Dissertation, Musique moderne
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texteReconnaissance textuelle : Dissertation sur la Musique, [titre d'après la table]
DISSERTATION fur la Mufique
, par M. Rouffean , 8 ° . de
100. pages , fans la Préface . A Paris , chés
Quillau , Pere , ruë Gallande , à l'Annon
ciation. 40 , fols.
, par M. Rouffean , 8 ° . de
100. pages , fans la Préface . A Paris , chés
Quillau , Pere , ruë Gallande , à l'Annon
ciation. 40 , fols.
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9707
p. 346
PLAINTE Sur la disette du bois.
Début :
On a mille fois oüi dire [...]
Mots clefs :
Disette, Disette du bois, Bois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PLAINTE Sur la disette du bois.
PLAINTE
Sur la disette du bois.
On a millefois oüidire
Qu'Orphéeajadissurses pas
Fait marcher les forests sensibles
aux appas
Et desa voix& de sa lyre.
Moit bien loin d'esperer que 1114'
lyre & ma voix
Attirentpar leursfinsjamais tsmt
un bocage,
Même au sonde l'argentje nepuis9
dontj'enrage,
Attirer dans rna Cave une branche
de bois.
Sur la disette du bois.
On a millefois oüidire
Qu'Orphéeajadissurses pas
Fait marcher les forests sensibles
aux appas
Et desa voix& de sa lyre.
Moit bien loin d'esperer que 1114'
lyre & ma voix
Attirentpar leursfinsjamais tsmt
un bocage,
Même au sonde l'argentje nepuis9
dontj'enrage,
Attirer dans rna Cave une branche
de bois.
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9709
p. 751-752
EPITAPHE DE MLLE L'HERITIER DE VILLADON, De l'Académie de Toulouze et de celle du Ricovrati de Padoüe. Par Mlle de Malcrais de la Vigne.
Début :
Arrête ta cource, Passant ; [...]
Mots clefs :
L'Héritier de Villandon, Académie des Jeux floraux, Académie des Ricovrati de Padoue, Tombeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITAPHE DE MLLE L'HERITIER DE VILLADON, De l'Académie de Toulouze et de celle du Ricovrati de Padoüe. Par Mlle de Malcrais de la Vigne.
EPITAPHE
DE MILE L'HERITIER DE VILLADON ,
De l'Académie de Toulouze et de celle du
Ricovrati de Padoйe. Par Mlle de Malcrais
de la Vigne.
ARrête ta cource , Passant ;
Le Corps de l'Heritier cy - dessous est gisant ,
Son Ame au Ciel s'est envolée .
"
Son Tombeau n'offre rien de superbe à tes yeux ;
Mais ses rares vertus dans les coeurs en tous lieux
Lui bâtissent un Mausolée.
Niece d'un grand Magistrat , (a)
Dont le goût excellent dans la Litteraturé ,
Se fit autant briller que son insigne état ,
"
Elle reçut de la Nature
La noblesse du sang , et le Ciel y joignit
Une Ame que son souffle aussi- tôt annoblit.
Par vos Tournois Floraux , Illustre Académie ,
(a) Elle étoit petite Niece du celebre Garde des
Sceaux du Vair.
F vj Yous
752 MERCURE DE FRANCE
Vous, Ricovrati d'Italie ,
Gémissez , vous perdez un ornement exquis.
Que d'esprit ! quel brillant ! que de sçavoir ac
quis !
Langues , Philosophie , Histoire ,
Anecdotes , des traits curieux et divers ,
Composoient un trésor dans sa vaste mémoire:
Mais ses Ouvrages pour sa gloire ,
Parleront bien mieux que mes Vers.
En ma place il faudroit que son illustre Amie ,
L'habile Scudery retournât à la vie ,
Pour couvrir aujourd'hui son Tombeau reveré
De Parfums aussi fins et de fleurs aussi belles
Que celles dont le sien fut par elle honoré. (a)
Les neuf sçavantes Immortelles ,
La comblerent de leurs faveurs ;
Mais , hélas ô dons infidelles ,
Dont la possession fit languir mille Auteurs
Elle vécut ! ô temps ! ô moeurs !
Docte , Vierge, et pauvre comme elles. (b)
(a),Mlle P'Heritier afait l'Apothéose de Mlle de
Scudery , volume in 16. Paris 1702.
( b ) Elle ressentit presque toute sa vie les malbeurs
de l'indigence , n'ayant obtenu que depuis
quelques années une pension de 400. livres sur les
Sceaux. La Duchesse de Nemours , qui avoit l'esprit
fort orné, et dont on a imprimé les Memoires ,
goutoit fort le mérite de Mlle l'Heritier et l'attacha
elle par quelques bienfaits ; mais ils cesserent à sa
mort , quoiqu'elle eût dessein de les perpetuer. Cette
Princesse n'a pointfait de Testament.
DE MILE L'HERITIER DE VILLADON ,
De l'Académie de Toulouze et de celle du
Ricovrati de Padoйe. Par Mlle de Malcrais
de la Vigne.
ARrête ta cource , Passant ;
Le Corps de l'Heritier cy - dessous est gisant ,
Son Ame au Ciel s'est envolée .
"
Son Tombeau n'offre rien de superbe à tes yeux ;
Mais ses rares vertus dans les coeurs en tous lieux
Lui bâtissent un Mausolée.
Niece d'un grand Magistrat , (a)
Dont le goût excellent dans la Litteraturé ,
Se fit autant briller que son insigne état ,
"
Elle reçut de la Nature
La noblesse du sang , et le Ciel y joignit
Une Ame que son souffle aussi- tôt annoblit.
Par vos Tournois Floraux , Illustre Académie ,
(a) Elle étoit petite Niece du celebre Garde des
Sceaux du Vair.
F vj Yous
752 MERCURE DE FRANCE
Vous, Ricovrati d'Italie ,
Gémissez , vous perdez un ornement exquis.
Que d'esprit ! quel brillant ! que de sçavoir ac
quis !
Langues , Philosophie , Histoire ,
Anecdotes , des traits curieux et divers ,
Composoient un trésor dans sa vaste mémoire:
Mais ses Ouvrages pour sa gloire ,
Parleront bien mieux que mes Vers.
En ma place il faudroit que son illustre Amie ,
L'habile Scudery retournât à la vie ,
Pour couvrir aujourd'hui son Tombeau reveré
De Parfums aussi fins et de fleurs aussi belles
Que celles dont le sien fut par elle honoré. (a)
Les neuf sçavantes Immortelles ,
La comblerent de leurs faveurs ;
Mais , hélas ô dons infidelles ,
Dont la possession fit languir mille Auteurs
Elle vécut ! ô temps ! ô moeurs !
Docte , Vierge, et pauvre comme elles. (b)
(a),Mlle P'Heritier afait l'Apothéose de Mlle de
Scudery , volume in 16. Paris 1702.
( b ) Elle ressentit presque toute sa vie les malbeurs
de l'indigence , n'ayant obtenu que depuis
quelques années une pension de 400. livres sur les
Sceaux. La Duchesse de Nemours , qui avoit l'esprit
fort orné, et dont on a imprimé les Memoires ,
goutoit fort le mérite de Mlle l'Heritier et l'attacha
elle par quelques bienfaits ; mais ils cesserent à sa
mort , quoiqu'elle eût dessein de les perpetuer. Cette
Princesse n'a pointfait de Testament.
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Résumé : EPITAPHE DE MLLE L'HERITIER DE VILLADON, De l'Académie de Toulouze et de celle du Ricovrati de Padoüe. Par Mlle de Malcrais de la Vigne.
L'épitaphe rend hommage à Mile l'Héritier de Villadon, membre de l'Académie de Toulouse et de l'Académie des Ricovrati de Padoue. Elle invite à s'arrêter devant sa tombe modeste, soulignant ses vertus exceptionnelles qui lui construisent un mausolée dans les cœurs. Niece d'un grand magistrat, Mile l'Héritier était reconnue pour son goût littéraire et sa noblesse d'âme. Les académies déplorent la perte d'un ornement précieux, doté d'un esprit brillant et d'un vaste savoir en langues, philosophie, histoire et anecdotes. Ses œuvres témoignent mieux de sa gloire que les vers de l'épitaphe. La Duchesse de Nemours appréciait son mérite et lui accorda quelques bienfaits, mais ceux-ci cessèrent à sa mort. Mile l'Héritier vécut dans l'indigence presque toute sa vie, obtenant une pension de 400 livres sur les Sceaux seulement quelques années avant sa mort. Les neuf savantes Immortelles lui accordèrent leurs faveurs, mais ces dons ne lui apportèrent pas la richesse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9710
p. 346-347
« Mais, aprés la pluye, comme on dit, vient le beau temps, [...] »
Début :
Mais, aprés la pluye, comme on dit, vient le beau temps, [...]
Mots clefs :
Bois, Miguel de Cervantes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Mais, aprés la pluye, comme on dit, vient le beau temps, [...] »
Mais,apréslapluye, comme
on dit, vient le beau temps,
quodejlviolentum non cjl durabile
,& le diable n'estpas toûjours
à la porte d'un pauvre homme.
QuedeSancho,Messieurs!il n'importe
Avec le temps je vous en
donneray bien d'autres ; Miguel
Cervantes est mon maîrrejmai!» à
bon compte,revenonsànos moutons.
Cette plainte sur la disette
du bois, dont comme vous (ça4
vez, (grace aux plus clairsvovans
) la moitié du monde effc
affamée à Paris aété veuë par
M. l'Abbé de la Grange Trianon,
il en a été couche
,
& en consequence,
ila fait present à son illustreAuteur
d'une voye de bois,
bien conditionnée, ce qui l'a
obligé à luy en faire le remerciement
suivant.
on dit, vient le beau temps,
quodejlviolentum non cjl durabile
,& le diable n'estpas toûjours
à la porte d'un pauvre homme.
QuedeSancho,Messieurs!il n'importe
Avec le temps je vous en
donneray bien d'autres ; Miguel
Cervantes est mon maîrrejmai!» à
bon compte,revenonsànos moutons.
Cette plainte sur la disette
du bois, dont comme vous (ça4
vez, (grace aux plus clairsvovans
) la moitié du monde effc
affamée à Paris aété veuë par
M. l'Abbé de la Grange Trianon,
il en a été couche
,
& en consequence,
ila fait present à son illustreAuteur
d'une voye de bois,
bien conditionnée, ce qui l'a
obligé à luy en faire le remerciement
suivant.
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Résumé : « Mais, aprés la pluye, comme on dit, vient le beau temps, [...] »
Le texte évoque les aléas de la vie et la possibilité de jours meilleurs après les épreuves. Il cite une expression populaire sur la misère. L'auteur mentionne Miguel Cervantes comme son maître et exprime sa gratitude à l'abbé de la Grange Trianon pour une provision de bois, face à la pénurie observée à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9711
s. p.
TABLE.
Début :
Livres nouveaux, 3 & 208 Devises, 29 Nouvelles de Marine, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
nouveaux3 & 208
Devisès, 29
Nouvelles de Marine, 40 c~' 102
Eglogue, 43
Nouvellesd'Espagne, 66.259
262. & 339.
Hifloriette, 88
Morts, 108.-i37'& 178 Mariages,142
Anommes
,
117&129
Reponsès auxAnoniwes, 121
& 129.
Article burlefqite) 16S
Chansons, 170 & 18o
^uefiions Óf Reponses
, 175
Pièce d'Eloquence, 28y
Réceptions au Parlement, 206
Dons faits parle'Roy
,
287
Nouvelles de Turquie,293
Promotions, de Benefices,•304
Supplémentd'Anonimes,315
Enigmes, 31^
Devisès, 29
Nouvelles de Marine, 40 c~' 102
Eglogue, 43
Nouvellesd'Espagne, 66.259
262. & 339.
Hifloriette, 88
Morts, 108.-i37'& 178 Mariages,142
Anommes
,
117&129
Reponsès auxAnoniwes, 121
& 129.
Article burlefqite) 16S
Chansons, 170 & 18o
^uefiions Óf Reponses
, 175
Pièce d'Eloquence, 28y
Réceptions au Parlement, 206
Dons faits parle'Roy
,
287
Nouvelles de Turquie,293
Promotions, de Benefices,•304
Supplémentd'Anonimes,315
Enigmes, 31^
Fermer
9712
p. 323-324
ENIGME.
Début :
L'on voit deux Soeurs toûjours ensemble, [...]
Mots clefs :
Porte de pierre et porte de bois
9713
p. 345-346
ENIGME.
Début :
D'un visage trompeur, j'aborde tout le monde, [...]
Mots clefs :
Fausse monnaie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
D'un vifage trompeur , j'aborde
tout le monde,
Je cache mes défauts autant que
je le puis
Il est vray je n'ay pas , une bonté
profonde
346 MERCURE
L'on me fuit auffi - toft que l'on
fçait qui je fuis ;
Faire des Vœux au Ciel pour la
fantédu Roy,
Benir le nom de Dicu , c'eft là mon
caractere
Mais l'occupation d'un fi pieux
employ,
Souvent n'empêche pas la perte de
mon Pere.
D'un vifage trompeur , j'aborde
tout le monde,
Je cache mes défauts autant que
je le puis
Il est vray je n'ay pas , une bonté
profonde
346 MERCURE
L'on me fuit auffi - toft que l'on
fçait qui je fuis ;
Faire des Vœux au Ciel pour la
fantédu Roy,
Benir le nom de Dicu , c'eft là mon
caractere
Mais l'occupation d'un fi pieux
employ,
Souvent n'empêche pas la perte de
mon Pere.
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9714
p. 149-150
DU CHASTEAU DU GRAND-MAISTRE DE L'ORDRE DE LA JOYE. Le vingt-trois Novembre 1717.
Début :
La Cour du Grand-Maître grossit tous les jours, de nième que sa [...]
Mots clefs :
Cour, Grand-maître, Envoyés, Députés
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texteReconnaissance textuelle : DU CHASTEAU DU GRAND-MAISTRE DE L'ORDRE DE LA JOYE. Le vingt-trois Novembre 1717.
DU CHASTE AU
DU GRAND - MAISTRE
DE L'ORDRE DE LA JOYE .
Le vingt- trois Novembre 1717.
> fa
A Cour du Grand- Maître groffit
tous les jours de même que
corpulance. On voit arriver de tous
Nij
150 LE MERCURE
côtez , des Envoyez qui s'empreffent de
le venir complimenter fur fon joyeux
avénement à la grande Maîtriſe. Ceux
de Coindrieux , de Frontignan , de Rivéfalte
, de Caffis & de S. Laurent
font venus prefque tous en même tems.
L'on apprend par une Lettre de Frere
Rogier Bon- Temps qui eft à Lyon, où il
tient fes- Affifes à la Pomme de Pin en
Belle -Cour , que les Députez de
Champagne & de Bourgogne font en
marche .
Le nombre des Freres augmentans
chaque jour , le Grand-Maître a cu
qu'il étoit néceffaire de leur donner
des Statuts , pour leur fervir de Régle .
DU GRAND - MAISTRE
DE L'ORDRE DE LA JOYE .
Le vingt- trois Novembre 1717.
> fa
A Cour du Grand- Maître groffit
tous les jours de même que
corpulance. On voit arriver de tous
Nij
150 LE MERCURE
côtez , des Envoyez qui s'empreffent de
le venir complimenter fur fon joyeux
avénement à la grande Maîtriſe. Ceux
de Coindrieux , de Frontignan , de Rivéfalte
, de Caffis & de S. Laurent
font venus prefque tous en même tems.
L'on apprend par une Lettre de Frere
Rogier Bon- Temps qui eft à Lyon, où il
tient fes- Affifes à la Pomme de Pin en
Belle -Cour , que les Députez de
Champagne & de Bourgogne font en
marche .
Le nombre des Freres augmentans
chaque jour , le Grand-Maître a cu
qu'il étoit néceffaire de leur donner
des Statuts , pour leur fervir de Régle .
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9715
p. 739-741
SECOND LOGOGRYPHE.
Début :
Sept Lettres composent mon nom ; [...]
Mots clefs :
Crochet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECOND LOGOGRYPHE.
ECOND LOGOGRYPHE.
SeptLettres composent mon nom ;
Je suis d'une obscure naissance ;
Je vis sans gloire et sans renoms
Mais du sein de mon abondance ,
Avec l'aide du chiffre , un Lecteur curieux,
Pourra facilement tirer des noms fameux.
Cinq, six , un, sept , trois , deux, je passe dans l'Histoire
Pour un vaillant Héros , plein de force et de
gloire.
Quatre
740 MERCURE DE FRANCE
Quatre , cinq, six et deux, me rendent toûjours
..cher.
Un, trois , quatre , cinq , six , je sers pour le
voyage;
Mais il faut , pour me voir marcher ,
Ajouter à ma queue un nombre davantage ;
Cinq , trois , sept , six , tantôt je suis vil instru→
ment ,
Et tantôt je reçois le monde poliment.
Mes extrémes coupez , le timide Pilote ,
Craint ma rencontre avec raison.
Mon dernier membre ôté , je fais hater la note.
Quatre , trois , deux , le chien connoît mon son.
Quatre, cinq, trois et un , j'ai l'humeur martiale.
Et je réduis souvent un Guerrier aux abois.
Six et trois , je n'ai que la voix.
Cinq , trois , un, je suis bas , et sens un peu la
Hale.
Quatre , trois , sept et six , le Sexe feminin ,
De moi tire son origine.
Sept , cinq et six , on me prend le matin.
Sous differens états j'habite la Cuisine ;
Quatre , deux, trois et un , d'une étrange ma
niere ,
De m'y prendre on se fait unjeu.
Deux, trois et sept , une maia meurtriere;
M'y fait passer par le fer et le feu.
Retranchant mon membre premier ,
J'accompagne toujours un Evêque à l'Eglise.
Ajoutant
AVRIL. 17327 741
Ajoûtant mon membre dernier ,
A deux , trois , un , je suis utile en marchandise.
Six, un, trois , sept , au Cabaret ,
On me trouve toujours à la fin de la table ,
Deux , trois et sept , je rends un son desagréable.
Je finis ; si tu peux , devine mon secret.
Parun Ecclesiastique de Senlis.
SeptLettres composent mon nom ;
Je suis d'une obscure naissance ;
Je vis sans gloire et sans renoms
Mais du sein de mon abondance ,
Avec l'aide du chiffre , un Lecteur curieux,
Pourra facilement tirer des noms fameux.
Cinq, six , un, sept , trois , deux, je passe dans l'Histoire
Pour un vaillant Héros , plein de force et de
gloire.
Quatre
740 MERCURE DE FRANCE
Quatre , cinq, six et deux, me rendent toûjours
..cher.
Un, trois , quatre , cinq , six , je sers pour le
voyage;
Mais il faut , pour me voir marcher ,
Ajouter à ma queue un nombre davantage ;
Cinq , trois , sept , six , tantôt je suis vil instru→
ment ,
Et tantôt je reçois le monde poliment.
Mes extrémes coupez , le timide Pilote ,
Craint ma rencontre avec raison.
Mon dernier membre ôté , je fais hater la note.
Quatre , trois , deux , le chien connoît mon son.
Quatre, cinq, trois et un , j'ai l'humeur martiale.
Et je réduis souvent un Guerrier aux abois.
Six et trois , je n'ai que la voix.
Cinq , trois , un, je suis bas , et sens un peu la
Hale.
Quatre , trois , sept et six , le Sexe feminin ,
De moi tire son origine.
Sept , cinq et six , on me prend le matin.
Sous differens états j'habite la Cuisine ;
Quatre , deux, trois et un , d'une étrange ma
niere ,
De m'y prendre on se fait unjeu.
Deux, trois et sept , une maia meurtriere;
M'y fait passer par le fer et le feu.
Retranchant mon membre premier ,
J'accompagne toujours un Evêque à l'Eglise.
Ajoutant
AVRIL. 17327 741
Ajoûtant mon membre dernier ,
A deux , trois , un , je suis utile en marchandise.
Six, un, trois , sept , au Cabaret ,
On me trouve toujours à la fin de la table ,
Deux , trois et sept , je rends un son desagréable.
Je finis ; si tu peux , devine mon secret.
Parun Ecclesiastique de Senlis.
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9716
p. 82-84
PRISES.
Début :
Six Vaisseaux Hollandois venant de Curasso, ont esté pris par [...]
Mots clefs :
Vaisseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRISES.
PRISES.
Six Vaisseaux Hollandois
venant de CuraiTo)
ont esté pris par trois
Vaisseaux François, la Fidelle
& la Mutine, armez
à Dunkerque, & le Ju piter
armé à Bayonne. Ces six
Vaisseaux ont esté amenez
à Paimbeuf; ils estoient
chargez de Cacao,d'In
digo, de Tabac, de Sucre,
de Bois de teinture, de
plu sieurs autres Marchandises,
& de trente mille
piastres,le tout estimé plus
de douze cens mille livres.
Une Barque Françoise
a pris un Bastiment de
douze canons, sur lequel
les Ambassadeurs du Royaume
de Naples qui alloient
à Barcelone étoient
embarquez. Ils porroient
trente-deux mille pistoles àl'Archiduc.
M. l'Aigle a pris &
conduit à Alicante un
Vaisseau Majorquin chargé
de cinq mille cent
Quintaux de Froment. Ce
Vaisseau alloit à Barcelone.
Six Vaisseaux Hollandois
venant de CuraiTo)
ont esté pris par trois
Vaisseaux François, la Fidelle
& la Mutine, armez
à Dunkerque, & le Ju piter
armé à Bayonne. Ces six
Vaisseaux ont esté amenez
à Paimbeuf; ils estoient
chargez de Cacao,d'In
digo, de Tabac, de Sucre,
de Bois de teinture, de
plu sieurs autres Marchandises,
& de trente mille
piastres,le tout estimé plus
de douze cens mille livres.
Une Barque Françoise
a pris un Bastiment de
douze canons, sur lequel
les Ambassadeurs du Royaume
de Naples qui alloient
à Barcelone étoient
embarquez. Ils porroient
trente-deux mille pistoles àl'Archiduc.
M. l'Aigle a pris &
conduit à Alicante un
Vaisseau Majorquin chargé
de cinq mille cent
Quintaux de Froment. Ce
Vaisseau alloit à Barcelone.
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Résumé : PRISES.
Des vaisseaux français ont capturé six navires hollandais chargés de cacao, d'indigo, de tabac, de sucre et de marchandises diverses, estimés à plus de 1 200 000 livres. Une barque française a intercepté un bâtiment de douze canons transportant des ambassadeurs du Royaume de Naples avec 32 000 pistoles. M. l'Aigle a capturé un vaisseau majorquin chargé de 5 100 quintaux de froment.
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9717
p. 119-121
« Il est surprenant, Monsieur, qu'on ait hazardé une conjecture si peu mesurée [...] »
Début :
Il est surprenant, Monsieur, qu'on ait hazardé une conjecture si peu mesurée [...]
Mots clefs :
Ermite, Homme
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texteReconnaissance textuelle : « Il est surprenant, Monsieur, qu'on ait hazardé une conjecture si peu mesurée [...] »
Left furprenant , Monfieur , qu'on ait
hazardé une conjecture fi peu mefurée
que celle contenue dans la lettre inférée
au Mercure du mois d'Août , page 142 ,
où l'Auteur délibere fur l'évidence des
preuves , & veut du moins établir des doutes
bien fondés , qu'un Hermite qui parut
dans la capitale des Sevennes en 1682 , &
y mourut en 1718 , pouvoit être M. Foucquet
, Surintendant des Finances ; ce qui
fert d'appui au fentiment de MM. de Gourville
& de Voltaire , qui veulent que M.
Foucquet foit forti de fa prifon quelques
tems avant fa mort , quoiqu'on fçache
communément qu'il mourut à Pignerol le
23 Mars 1680 .
Cet Auteur n'eft pas excufable , ou d'a- '
voir ignoré que Nicolas Foucquet , Marquis
de Bellifle , nâquit en 1615 , ou que
l'Hermite , connu fous le nom de Frere
Jean Baptifte , mort à Alais en 1718 ,
n'étoit âgé que de quatre-vingt ans ,
de
120 MERCURE DE FRANCE.
l'aveu de quatre cens perfonnes vivantes
encore , dont plufieurs ont été en grande
liaifon avec lui , & qui toutes s'accordent
aujourd'hui à ne lui donner , lors de fa mort,
que cet âge là tout au plus , & non celui
de cent trois ans que devoit avoir l'Hermite
pour établir la vraisemblance de la
conjecture.
Ainfi , ce que M. d'Auvergne , dans fa
lettre inférée au Mercure d'octobre , regarde
comme une erreur de date , par rapport
à l'expreffion de MM. de Gourville &
de Voltaire , eft exactement une erreur de
fait , qui rend l'anecdote évidemment
fauffe.
Il feroit aifé de s'en convaincre par la
comparaifon de la taille & des traits de
M. Foucquet , avec ceux de Frere Jean-
Baptifte , qui étoit ( dit- on ) au - deſſus de
cinq pieds fept pouces , de groffeur proportionnée
, blond & de grand embonpoint ;
& encore par celle de fon écriture , qu'on
voit ici dans fa difpofition derniere d'une
fomme affez confidérable , qu'il légua à
l'Hôpital d'Alais , où il mourut de la pierre.
Rien d'ailleurs ne répugne aux conjectures
que cet Hermite étoit homme de
naiffance & perfonnage de diftinction ; fon
air , fes manieres & fon efprit orné , ne
permettoient pas d'en douter. C'étoit un
homme
FEVRIER. 1755 121
homme fort circonfpect , & très en garde
contre les queſtions qui tendoient à le pénétrer
; tout ce qu'on a pu conjecturer ,
c'eft qu'il étoit de Normandie.
J'ai l'honneur d'être , &c...
Leiris , ancien Officier d'Infanterie.
A Alais , ce premier Novembre 1754.
hazardé une conjecture fi peu mefurée
que celle contenue dans la lettre inférée
au Mercure du mois d'Août , page 142 ,
où l'Auteur délibere fur l'évidence des
preuves , & veut du moins établir des doutes
bien fondés , qu'un Hermite qui parut
dans la capitale des Sevennes en 1682 , &
y mourut en 1718 , pouvoit être M. Foucquet
, Surintendant des Finances ; ce qui
fert d'appui au fentiment de MM. de Gourville
& de Voltaire , qui veulent que M.
Foucquet foit forti de fa prifon quelques
tems avant fa mort , quoiqu'on fçache
communément qu'il mourut à Pignerol le
23 Mars 1680 .
Cet Auteur n'eft pas excufable , ou d'a- '
voir ignoré que Nicolas Foucquet , Marquis
de Bellifle , nâquit en 1615 , ou que
l'Hermite , connu fous le nom de Frere
Jean Baptifte , mort à Alais en 1718 ,
n'étoit âgé que de quatre-vingt ans ,
de
120 MERCURE DE FRANCE.
l'aveu de quatre cens perfonnes vivantes
encore , dont plufieurs ont été en grande
liaifon avec lui , & qui toutes s'accordent
aujourd'hui à ne lui donner , lors de fa mort,
que cet âge là tout au plus , & non celui
de cent trois ans que devoit avoir l'Hermite
pour établir la vraisemblance de la
conjecture.
Ainfi , ce que M. d'Auvergne , dans fa
lettre inférée au Mercure d'octobre , regarde
comme une erreur de date , par rapport
à l'expreffion de MM. de Gourville &
de Voltaire , eft exactement une erreur de
fait , qui rend l'anecdote évidemment
fauffe.
Il feroit aifé de s'en convaincre par la
comparaifon de la taille & des traits de
M. Foucquet , avec ceux de Frere Jean-
Baptifte , qui étoit ( dit- on ) au - deſſus de
cinq pieds fept pouces , de groffeur proportionnée
, blond & de grand embonpoint ;
& encore par celle de fon écriture , qu'on
voit ici dans fa difpofition derniere d'une
fomme affez confidérable , qu'il légua à
l'Hôpital d'Alais , où il mourut de la pierre.
Rien d'ailleurs ne répugne aux conjectures
que cet Hermite étoit homme de
naiffance & perfonnage de diftinction ; fon
air , fes manieres & fon efprit orné , ne
permettoient pas d'en douter. C'étoit un
homme
FEVRIER. 1755 121
homme fort circonfpect , & très en garde
contre les queſtions qui tendoient à le pénétrer
; tout ce qu'on a pu conjecturer ,
c'eft qu'il étoit de Normandie.
J'ai l'honneur d'être , &c...
Leiris , ancien Officier d'Infanterie.
A Alais , ce premier Novembre 1754.
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Résumé : « Il est surprenant, Monsieur, qu'on ait hazardé une conjecture si peu mesurée [...] »
Un texte critique une conjecture publiée dans le Mercure d'août 1682, selon laquelle un ermite apparu à Alais en 1682 et mort en 1718 pourrait être Nicolas Foucquet, Surintendant des Finances. Cette hypothèse suggère que Foucquet aurait échappé à sa prison avant sa mort officielle à Pignerol en 1680, une théorie soutenue par MM. de Gourville et de Voltaire. L'auteur réfute cette conjecture en soulignant que Foucquet, né en 1615, ne pouvait avoir cent trois ans en 1718. L'ermite, connu sous le nom de Frère Jean-Baptiste, était âgé de quatre-vingts ans selon le témoignage de quatre cents personnes encore en vie. De plus, les descriptions physiques et l'écriture de Foucquet diffèrent de celles de l'ermite. L'ermite était décrit comme grand, blond et corpulent, tandis que Foucquet ne correspondait pas à ces traits. L'auteur conclut que la conjecture est erronée et que l'ermite était probablement un homme de naissance et de personnage distingués, originaire de Normandie.
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9718
p. 2239-2242
« On apprend de Palerme qu'on y a imprimé chez Felicella, un petit Traité in 4. [...] »
Début :
On apprend de Palerme qu'on y a imprimé chez Felicella, un petit Traité in 4. [...]
Mots clefs :
Histoire, Compagnie de Jésus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On apprend de Palerme qu'on y a imprimé chez Felicella, un petit Traité in 4. [...] »
On apprend de Palerme qu'on y a im →
primé chez Felicella , un petit Traité in 40
de 150 pages , intitulé della Lithotomia
Dom Joach. Paris , Chirurgien , homme
de Lettres & Académicien , en eft l'Auteur.
Il enfeigne une méthode pour faire la
Taille avec plus de facilité & de fûreté ;
il donne en taille douce la figure des
nouveaux inftrumens qu'il employe
1730.
VOYAGES DU P. LABAT , de l'Ordre des
Freres Prêcheurs, en Eſpagne & en Italie.
A Paris , ruë S. Jacques , chez J. B. de
Fiiij Lepine
2240 MERCURE DE FRANCE
Lepine , fils. 1730. 8. vol . in 12.
VOYAGE DU CHEVALIER DES MARCHAIS
en Guinée , Ifles voifines , & à Cayenne
fait en 1725. 1726. & 1727. contenant
une Defcription très - exacte & très - étenduë
de ces Pays , & du commerce qui
s'y fait , enrichi d'un grand nombre de
Cartes & de Figures en taille douce , &
donné au Public par le R. P. Labat , de
l'Ordre des Freres Prêcheurs. Quay de Gêvres
, chez Sangrain , 1730. 4. volumes
in 12 .
HISTOIRE ROMAINE depuis la fondation
de Rome , avec des Notes hiftoriques
, géographiques & critiques , des
gravures en taille douce , des Cartes géographiques
& des Médailles authentiques.
Par les RR. PP. Catron & Rouillé , de la
Compagnie de Jeſus , 1730. in 4. Tom.
XIII. depuis l'année de Rome 608. jufqu'à
l'année 641. Tom. XIV. depuis
641. jufqu'en 667. Tom. XV.depuis 667.
jufqu'en 690. Tom. XVI. depuis 690. juſqu'en
705. Quay des Auguftins , rue Saint
Jacques , & c. chez Rollin , J. B. de Lepine ,
Coignard , fils. 1730.
> HISTOIRE DE L'EGLISE GALLICANE , dediée
à Noffeigneurs du Clergé. Par le P.
Jacques
OCTOBRE. 1730. 2241
Jacques Longueval , de la Compagnie de
Jefus , 1730. in 4. le premier Tome contient
l'Hiftoire depuis l'établiffement de
la Religion jufqu'à l'année 434. de J. C.
Tome II. depuis 434. jufqu'en 561. Tom.
III. depuis 561 , jufqu'en 648. Tom. IV.
depuis 648. jufqu'en 790. Chez Pierre
Simon , ruë de la Harpe , 1730.
NOUVELLES PENSE'ES fur le Siftême de M.
Defcartes & la maniere d'en déduire les
Orbites & les Aphelies des Planettes :
-Piece qui a remporté le Prix proposé par
l'Académie Royale des Sciences , pour
l'année 1730. Par M. Jean Bernoulli , Profeffeur
des Mathématiques à Bâle , & Membre
des Académies Royales des Sciences
de France , d'Angleterre & de Pruffe.
Chez Claude Jombert , rue S. Jacques ,1730.
.in 4.
LA SCIENCE DE LA JEUNE NOBLESSE
Tom. III. Par le P. Duchêne , de la Compagnie
de Jefus , 1730. in 12. Ce volume
comprend l'Abregé de l'Hiftoire Eccléfiaftique
, en vers François , avec l'Explication
en profe de ces mêmes vers , plus circonftanciés
& plus étendus. Chez Ch.
Moette , rue de la Bouclerie , & P. Simon ,
ruë de la Harpe.
Ey PANE
2242 MERCURE DE FRANCE
PANEGYRIQUE DE S. LOUIS , Roy de
France , prononcé dans la Chapelle du
Louvre , en préſence de Meffieurs de l'Académie
Françoife , le 25. Aouft 1730. Par
M. l'Abbé Ragon , Chapelain de S. A. R.
Madame la Ducheffe d'Orleans . Chez J.
B. Coignard , fils , ruë S. Jacques , 1730 .
Brochure in 4.
primé chez Felicella , un petit Traité in 40
de 150 pages , intitulé della Lithotomia
Dom Joach. Paris , Chirurgien , homme
de Lettres & Académicien , en eft l'Auteur.
Il enfeigne une méthode pour faire la
Taille avec plus de facilité & de fûreté ;
il donne en taille douce la figure des
nouveaux inftrumens qu'il employe
1730.
VOYAGES DU P. LABAT , de l'Ordre des
Freres Prêcheurs, en Eſpagne & en Italie.
A Paris , ruë S. Jacques , chez J. B. de
Fiiij Lepine
2240 MERCURE DE FRANCE
Lepine , fils. 1730. 8. vol . in 12.
VOYAGE DU CHEVALIER DES MARCHAIS
en Guinée , Ifles voifines , & à Cayenne
fait en 1725. 1726. & 1727. contenant
une Defcription très - exacte & très - étenduë
de ces Pays , & du commerce qui
s'y fait , enrichi d'un grand nombre de
Cartes & de Figures en taille douce , &
donné au Public par le R. P. Labat , de
l'Ordre des Freres Prêcheurs. Quay de Gêvres
, chez Sangrain , 1730. 4. volumes
in 12 .
HISTOIRE ROMAINE depuis la fondation
de Rome , avec des Notes hiftoriques
, géographiques & critiques , des
gravures en taille douce , des Cartes géographiques
& des Médailles authentiques.
Par les RR. PP. Catron & Rouillé , de la
Compagnie de Jeſus , 1730. in 4. Tom.
XIII. depuis l'année de Rome 608. jufqu'à
l'année 641. Tom. XIV. depuis
641. jufqu'en 667. Tom. XV.depuis 667.
jufqu'en 690. Tom. XVI. depuis 690. juſqu'en
705. Quay des Auguftins , rue Saint
Jacques , & c. chez Rollin , J. B. de Lepine ,
Coignard , fils. 1730.
> HISTOIRE DE L'EGLISE GALLICANE , dediée
à Noffeigneurs du Clergé. Par le P.
Jacques
OCTOBRE. 1730. 2241
Jacques Longueval , de la Compagnie de
Jefus , 1730. in 4. le premier Tome contient
l'Hiftoire depuis l'établiffement de
la Religion jufqu'à l'année 434. de J. C.
Tome II. depuis 434. jufqu'en 561. Tom.
III. depuis 561 , jufqu'en 648. Tom. IV.
depuis 648. jufqu'en 790. Chez Pierre
Simon , ruë de la Harpe , 1730.
NOUVELLES PENSE'ES fur le Siftême de M.
Defcartes & la maniere d'en déduire les
Orbites & les Aphelies des Planettes :
-Piece qui a remporté le Prix proposé par
l'Académie Royale des Sciences , pour
l'année 1730. Par M. Jean Bernoulli , Profeffeur
des Mathématiques à Bâle , & Membre
des Académies Royales des Sciences
de France , d'Angleterre & de Pruffe.
Chez Claude Jombert , rue S. Jacques ,1730.
.in 4.
LA SCIENCE DE LA JEUNE NOBLESSE
Tom. III. Par le P. Duchêne , de la Compagnie
de Jefus , 1730. in 12. Ce volume
comprend l'Abregé de l'Hiftoire Eccléfiaftique
, en vers François , avec l'Explication
en profe de ces mêmes vers , plus circonftanciés
& plus étendus. Chez Ch.
Moette , rue de la Bouclerie , & P. Simon ,
ruë de la Harpe.
Ey PANE
2242 MERCURE DE FRANCE
PANEGYRIQUE DE S. LOUIS , Roy de
France , prononcé dans la Chapelle du
Louvre , en préſence de Meffieurs de l'Académie
Françoife , le 25. Aouft 1730. Par
M. l'Abbé Ragon , Chapelain de S. A. R.
Madame la Ducheffe d'Orleans . Chez J.
B. Coignard , fils , ruë S. Jacques , 1730 .
Brochure in 4.
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Résumé : « On apprend de Palerme qu'on y a imprimé chez Felicella, un petit Traité in 4. [...] »
En 1730, plusieurs publications notables ont été publiées. Dom Joach. Paris a rédigé un traité intitulé 'della Lithotomia', qui présente une méthode pour pratiquer la taille de manière plus facile et sûre, accompagné de figures d'instruments nouveaux. Les 'Voyages du P. Labat' en Espagne et en Italie ont été publiés par J. B. de Fiiij Lepine. Le 'Voyage du Chevalier des Marchais' en Guinée, îles voisines et à Cayenne, décrit par le R. P. Labat, inclut des cartes et figures en taille douce. Les RR. PP. Catron et Rouillé de la Compagnie de Jésus ont publié une 'Histoire Romaine' couvrant des périodes spécifiques, enrichie de notes historiques, géographiques et critiques, ainsi que de gravures et cartes. Jacques Longueval, également de la Compagnie de Jésus, a écrit l''Histoire de l'Église Gallicane', dédiée aux seigneurs du Clergé, couvrant la période de l'établissement de la religion jusqu'en 790. M. Jean Bernoulli a publié des 'Nouvelles Pensées' sur le système de M. Descartes, récompensées par l'Académie Royale des Sciences. Parmi les autres ouvrages, on trouve 'La Science de la Jeune Noblesse' du P. Duchêne et un 'Panégyrique de S. Louis' prononcé par l'Abbé Ragon.
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9719
p. 743-747
Principes de l'Histoire, &c. [titre d'après la table]
Début :
PRINCIPES DE L'HISTOIRE, &c Par M. de Juvenel, I vol. 12. de 237 pag. A Paris, [...]
Mots clefs :
Histoire, Géographie, Chronologie, Historiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Principes de l'Histoire, &c. [titre d'après la table]
PRINCIPES DE L'HISTOIRE, &C Par M.de
Juvenel , 1 vol . 12. de 237 pag. A Paris ,
che Barthelemi Alix , Libraire , ruë saint
Jacques , au Griffon .
Cet Ouvrage contient cinq Parties. La
premiere renferme les Elemens de la
Chronologie. L'Auteur , après avoir parlé
de l'Année solaire des Egyptiens , des
Hebreux et des Romains ; de la Correction
du Calendrier Romain, par Jules-
César , et par Grégoire XIII . de la maniere
de compter les heures , et les jours
des mois, usitée chez les anciens ; de l'Année
lunaire des Grecs et des Juifs ; de la
Période Julienne , et des Années du Mon-
Fiij de,
744 MERCURE DE FRANCE
>
de; parcourt les differentes Eres , suivant
l'ordre des temps. Il s'étend davantage.
sur les Consulats et la puissance Tribunitienne
, à cause de leur importance
poun rapporter la connoissance des Médailles
, et des Inscriptions à celle de
l'Histoire ; il finit par les trois principes
de la Chronologie , et par de courtes
observations sur l'Histoire d'Egypte ,'
et d'Assyrie , et sur la Chronologie Grec
que.
La seconde Partie est une Introduction
à la Géographie , subdivisée en deux
Sections ; dont la premiere est un petit
Traité du Globe terrestre et de la Sphere ,
pour faciliter l'usage des Globes et des
Mappes -Mondes.
La deuxième, presente une Description
Géographique et Historique de l'Empire
Romain , divisé en ses Provinces Proconsulites
, et Proprétoriennes. Cette Des--
cription en forme de Table , pour la
commodité du Lecteur, marque le temps
auquel chaque Province a été unie à l'Empire
, les changemens les plus considérables
, arrivez dans leur Gouvernement, er
leurs Villes Capitales , que
ractérise de plusieurs traits d'Histoire.
La troisième Partie est un abrégé de la
Vie des anciens Historiens , avec un jugement
sur leurs Ouvrages.
l'Auteur ca-
La
AVRIL. 1733. 745
La quatrième contient des Réfléxions
sur l'usage de l'Histoire , et des avis sur
la maniere de l'étudier. Il ne suffit pas ,
nous dit- on icy , de connoître les meil
leurs Historiens et de sçavoir les principes
de la Chronologie et de la Géographie
, si on ne les rapporte à l'étude de
'Histoire, à laquelle elles servent de fondement.
L'Auteur propose ensuite l'usage
des Tables Chronologiques , comme
tres - important à la lecture des Historiens
. En rapportant ce qu'on lit dans
les Tables , les principaux faits , et les actions
les plus éclatantes s'arrangent dans
la mémoire , sans confusion , et sins cmbarras
; et par là les lectures deviennent
plus utiles et même plus agréables.
L'usage des Cartes Géographiques est
aussi absolument necessaire pour l'intelligence
de l'Histoire ; il faut en avoir des
meilleurs Auteurs et des plus détaillées ,
les avoir sans cesse devant les yeux en lisant
, por y chercher les Royaumes, les
Provinces et les Villes , dont les Auteurs
font mention .
pat
Il donne trois moyens d'apprendre la
Géographie par l'Histoire , et l'Histoire
la Géographie et pour éviter la sécheresse
de cette étude , qui cause bientôt
le dégoût, le 1. de lire d'abord un bon
Fiiij abrégé
746 MERCURE DE FRANCE
abrégé , pour avoir une connoissance generale
des differens Païs ; le 2. de remar
quer les faits particuliers qui caractérisent
chaque Ville ; un Siége , une Bataille
, la tenuë d'un Concile , la naissance
d'un Homme Illustre , &c. la 3º . de rapporter
l'ancienne Géographie à la nouvelle
, et la nouvelle à l'ancienne , observant
les divers noms que chaque Ville
a eu sous divers Maîtres.
Mais avant toutes choses il est nécessaire
de connoître les moeurs et les cou
tumes de chaque Nation ; la constitution
de chaque Etat , et la forme du gouvernement
de chaque Peuple.
On ne sçauroit lire utilement l'an
cienne Histoire , si l'on ignore les fonc
tions des Magistrats , et les prérogatives
de leurs Charges ; si l'on ne connoît ni les
Archontes , ni les Ephores , si célebres
dans l'Histoire ancienne : comme dans la
nouvelle celui-là , dit notre Auteur , auroit
un Livre scellé , qui n'ayant aucune
notion du Droit public de l'Empire Germanique
, dont les principales sources
sont la Bulle d'or , les Capitulations Impériales
, la Paix publique et Religieuse,
&c. étudieroit l'Histoire d'Allemagne.
Dans le choix des Histoires , il faut
donner le premier rang à l'Histoire Sainte.
On
AVRIL. 1733. 747
On y apprend la Religion et la Morale
par une méthode abrégée et facile ; on y
peut joindre l'Histoire Grecque et Ro
maine , à cause du rapport des temps.
L'Histoire de France viendra ensuite
on y pourra rapporter les Histoires Etrangeres
, selon que les affaires de nos voisins
se trouveront mêlées avec les nôtres.
Au choix des Histoires doit succeder
celui des Historiens ; il faut prendre les
meilleurs et s'y arrêter , si on veut aider
la mémoire et former le jugement , suivant
ce conseil de Seneque : Certis ingeniis
immorari et innutriri oportet , si velis
aliquid trabere quod in animo fideliter sedear.
Ep.2. L'Auteur fait ensuite plusieurs
réfléxions sur la maniere dont nous devons
porter notre jugement sur certains
points d'Histoire qu'il est nécessaire de
discuter , et sur les discussions mêmes des
Sçavans. Les bornes d'un Extrait ne nous
permettent pas d'entrer dans ce détail.
Juvenel , 1 vol . 12. de 237 pag. A Paris ,
che Barthelemi Alix , Libraire , ruë saint
Jacques , au Griffon .
Cet Ouvrage contient cinq Parties. La
premiere renferme les Elemens de la
Chronologie. L'Auteur , après avoir parlé
de l'Année solaire des Egyptiens , des
Hebreux et des Romains ; de la Correction
du Calendrier Romain, par Jules-
César , et par Grégoire XIII . de la maniere
de compter les heures , et les jours
des mois, usitée chez les anciens ; de l'Année
lunaire des Grecs et des Juifs ; de la
Période Julienne , et des Années du Mon-
Fiij de,
744 MERCURE DE FRANCE
>
de; parcourt les differentes Eres , suivant
l'ordre des temps. Il s'étend davantage.
sur les Consulats et la puissance Tribunitienne
, à cause de leur importance
poun rapporter la connoissance des Médailles
, et des Inscriptions à celle de
l'Histoire ; il finit par les trois principes
de la Chronologie , et par de courtes
observations sur l'Histoire d'Egypte ,'
et d'Assyrie , et sur la Chronologie Grec
que.
La seconde Partie est une Introduction
à la Géographie , subdivisée en deux
Sections ; dont la premiere est un petit
Traité du Globe terrestre et de la Sphere ,
pour faciliter l'usage des Globes et des
Mappes -Mondes.
La deuxième, presente une Description
Géographique et Historique de l'Empire
Romain , divisé en ses Provinces Proconsulites
, et Proprétoriennes. Cette Des--
cription en forme de Table , pour la
commodité du Lecteur, marque le temps
auquel chaque Province a été unie à l'Empire
, les changemens les plus considérables
, arrivez dans leur Gouvernement, er
leurs Villes Capitales , que
ractérise de plusieurs traits d'Histoire.
La troisième Partie est un abrégé de la
Vie des anciens Historiens , avec un jugement
sur leurs Ouvrages.
l'Auteur ca-
La
AVRIL. 1733. 745
La quatrième contient des Réfléxions
sur l'usage de l'Histoire , et des avis sur
la maniere de l'étudier. Il ne suffit pas ,
nous dit- on icy , de connoître les meil
leurs Historiens et de sçavoir les principes
de la Chronologie et de la Géographie
, si on ne les rapporte à l'étude de
'Histoire, à laquelle elles servent de fondement.
L'Auteur propose ensuite l'usage
des Tables Chronologiques , comme
tres - important à la lecture des Historiens
. En rapportant ce qu'on lit dans
les Tables , les principaux faits , et les actions
les plus éclatantes s'arrangent dans
la mémoire , sans confusion , et sins cmbarras
; et par là les lectures deviennent
plus utiles et même plus agréables.
L'usage des Cartes Géographiques est
aussi absolument necessaire pour l'intelligence
de l'Histoire ; il faut en avoir des
meilleurs Auteurs et des plus détaillées ,
les avoir sans cesse devant les yeux en lisant
, por y chercher les Royaumes, les
Provinces et les Villes , dont les Auteurs
font mention .
pat
Il donne trois moyens d'apprendre la
Géographie par l'Histoire , et l'Histoire
la Géographie et pour éviter la sécheresse
de cette étude , qui cause bientôt
le dégoût, le 1. de lire d'abord un bon
Fiiij abrégé
746 MERCURE DE FRANCE
abrégé , pour avoir une connoissance generale
des differens Païs ; le 2. de remar
quer les faits particuliers qui caractérisent
chaque Ville ; un Siége , une Bataille
, la tenuë d'un Concile , la naissance
d'un Homme Illustre , &c. la 3º . de rapporter
l'ancienne Géographie à la nouvelle
, et la nouvelle à l'ancienne , observant
les divers noms que chaque Ville
a eu sous divers Maîtres.
Mais avant toutes choses il est nécessaire
de connoître les moeurs et les cou
tumes de chaque Nation ; la constitution
de chaque Etat , et la forme du gouvernement
de chaque Peuple.
On ne sçauroit lire utilement l'an
cienne Histoire , si l'on ignore les fonc
tions des Magistrats , et les prérogatives
de leurs Charges ; si l'on ne connoît ni les
Archontes , ni les Ephores , si célebres
dans l'Histoire ancienne : comme dans la
nouvelle celui-là , dit notre Auteur , auroit
un Livre scellé , qui n'ayant aucune
notion du Droit public de l'Empire Germanique
, dont les principales sources
sont la Bulle d'or , les Capitulations Impériales
, la Paix publique et Religieuse,
&c. étudieroit l'Histoire d'Allemagne.
Dans le choix des Histoires , il faut
donner le premier rang à l'Histoire Sainte.
On
AVRIL. 1733. 747
On y apprend la Religion et la Morale
par une méthode abrégée et facile ; on y
peut joindre l'Histoire Grecque et Ro
maine , à cause du rapport des temps.
L'Histoire de France viendra ensuite
on y pourra rapporter les Histoires Etrangeres
, selon que les affaires de nos voisins
se trouveront mêlées avec les nôtres.
Au choix des Histoires doit succeder
celui des Historiens ; il faut prendre les
meilleurs et s'y arrêter , si on veut aider
la mémoire et former le jugement , suivant
ce conseil de Seneque : Certis ingeniis
immorari et innutriri oportet , si velis
aliquid trabere quod in animo fideliter sedear.
Ep.2. L'Auteur fait ensuite plusieurs
réfléxions sur la maniere dont nous devons
porter notre jugement sur certains
points d'Histoire qu'il est nécessaire de
discuter , et sur les discussions mêmes des
Sçavans. Les bornes d'un Extrait ne nous
permettent pas d'entrer dans ce détail.
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Résumé : Principes de l'Histoire, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Principes de l'Histoire' de M. de Juvenel est organisé en cinq parties. La première partie se concentre sur la chronologie, en explorant les systèmes calendaires des Égyptiens, des Hébreux et des Romains, ainsi que les réformes apportées par Jules César et Grégoire XIII. Elle aborde également les différentes ères historiques, les consulats, la puissance tribunitienne et les chronologies de l'Égypte, de l'Assyrie et de la Grèce. La deuxième partie introduit la géographie, divisée en deux sections. La première section traite du globe terrestre et de la sphère, facilitant l'utilisation des globes et des mappemondes. La deuxième section décrit géographiquement et historiquement l'Empire romain, divisé en provinces proconsulaires et proprétoriennes, en détaillant leur intégration à l'Empire, les changements de gouvernement et les villes capitales. La troisième partie présente un abrégé des vies des anciens historiens, accompagné d'une évaluation de leurs œuvres. La quatrième partie propose des réflexions sur l'usage de l'histoire et des conseils pour l'étudier. L'auteur souligne l'importance de connaître les meilleurs historiens et les principes de la chronologie et de la géographie. Il recommande l'utilisation des tables chronologiques et des cartes géographiques pour une meilleure compréhension des faits historiques. Il suggère trois méthodes pour apprendre la géographie par l'histoire et vice versa, en insistant sur la nécessité de connaître les mœurs, les coutumes et les constitutions des nations. L'auteur conseille de commencer l'étude de l'histoire par l'histoire sainte, suivie de l'histoire grecque et romaine, et enfin de l'histoire de France, en intégrant les histoires étrangères en fonction de leurs interactions avec les affaires françaises. Il recommande de choisir les meilleurs historiens pour aider la mémoire et former le jugement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9720
p. 45-49
LETTRE DE M*** A M***
Début :
J'avois résisté, Monsieur, jusques ici à toutes vos Coquéteries ; mais [...]
Mots clefs :
Coquetterie, Amour propre, Beauté, Imprudence , Silence, Décadence, Intempérance, Apollon, Badinage, Délicatesse, Sentiments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE M*** A M***
LETTRE
DE M ***
A M ***
Jjufq
A v 015 réſiſté , Monfieur ,
jufques ici à toutes vos Coqué
teries ; mais il faut avoüer fa foi
bleffe ; ' je n'ai jamais pû tenir con
tre le paté de Perdrix , dont vous
m'annoncez l'agréable arrivée par
votre Lettre. J'ai fenti avec plaifir
que mon appétit , & mon efto .
mach étoient en moi plus forts , que
l'amour propre ; tranfporté d'une
reconnoiffance gloutonne , qui m'a
tenu lieu d'entoufiafme ; je me
fuis écrié :
Vous dont le teint fleury respecté des
années
›
Fit toujours les fouhaits des beautés
furannées ,
46 LE NOUVEAU
Convive aimable Abbé .......
Qui veut,quelque cher qu'ilt'en coute
It toujours répandre du vin
Et toujours te donner la goute ,
Qui jamais ainfi n'aura fin :
Quand arriva l'Epitre votre ,
F'étois gizant fur le grabat ,
Et le Rhume qui tout abat ,
Tenoit Palaprat dans un autre ,
Gizant , comme moi , tout à plat,
Avonez que fans imprudence ,
Rimeurs en état fi piteux ,
Ne doivent rompre le filence ;
Car d'un corps foible , & langonren
L'efprit reffent la désadence,
Et le chagrin de la fouffrance ,
Eteint le brillant de ces feux
Qu'allument la fanté , les plaifirs
& les jeux,
་
Dans le fein de l'Intemperance :
Et puis Meffieurs les beaux efprits ,
Qui veut vous faire une réponse
Pus d'une fois fur fes Ecrits ;
Doit paffer la pierre de Ponce ,
Ainfi point ne ferai ſurpris ,
Que ces contretemps , ces obftacles
Ayent fait ceffer les Oracles ,
Que Bacchus rendoit an pourpris
MERCURE. 47
Du Temple ou fe faifoient miracles ,
Autant qu'à Temple de Paris .
N'allez pas croire au moins
Meffieurs , que j'aye voulu vous
faire une réponse en forme , ni méditée
, pour achever de me guéric
d'une fluxion horrible que j'ai eu
depuis un mois. Car , comme a tres
bien dit Mr Arroüet , Maudit eft
de Dieu , & bien malade , qui toujours
verfifie ; fi faut - il bien pour
tant , que je réponde deux mots à
ce favory d'Apollon.
Qui fous l'ombre d'une fleurette ,
Nous a tiré tout doucement ,
En badinant , une aiguillette,
Mais le tout avec agréement.
Pour vous , fucceffeur de Villon ,
Dont la Mufe toujours aimable ,
Fait de Sully, ce beau Vallon
Que nous a tant vanté la Fable:
Seachez que fi dans nos repas ,
Par quelque gentil Vaudeville
Nous avons reprimé les fats
Qui Jans nous innondoient la Ville į
famais notre malignité
-48 LE NOUVEAU
Ne fentit l'aigreur de la bile ;
Et jamais toute la gayeté
De noire Troupe encline à rire ,
Ne paffa jufqu'à l'aprété ,
De la plus legere fatire ;
Suivez ces utiles leçons
Et toujours occupè de plaire ;
Cueille au Jardin de Cythere ,
Des fleurs pour orner vos chansons
C'est là qu'Amour avec fa mere ,
Tient Ecole de fentiment !
Et répand certain enjoüement
Sur nos vers , & cette moleffe :
Ou ni les briliants , ni les traits
Ni toute la délicateße
De l'efprit , n'atteindra jamais ;
Et dont votre Muſo badine ,
De jours en jours plus libertine ,
Nous fait fentir tous les attraits,
En voilà trop pour un malade , &
même alfez pour un convalescent .
Quand à noftre Pere Prieur ,
Qui fans avertir fouvent pince
Fufqu'à fon bumble ferviteur ,
MERCURE . 49
Il ne veut plus être Rimeur ;
Et s'eft mis à faire le Prince
De fa table , qui n'eft pas mince,
A de joyeux compotateurs.
Il fait lui - même les honneurs
Mieux , qu'aucun Seigneur de
Province.
Il ne me refte qu'à prendre congé
de vous , Meffieurs , & à vous don
ner falut & benediction.
Dans votre fejour enchanté
Buvez frais , faites chere lie
Dieu vous donne prospérité ,
Son Paradis en l'autre vie
Dans celle- cy ,joie , & Santé ,
Goutez - bien votre oifiveté ,
Et bornez aux plaifirs , votre
Philofophie.
DE M ***
A M ***
Jjufq
A v 015 réſiſté , Monfieur ,
jufques ici à toutes vos Coqué
teries ; mais il faut avoüer fa foi
bleffe ; ' je n'ai jamais pû tenir con
tre le paté de Perdrix , dont vous
m'annoncez l'agréable arrivée par
votre Lettre. J'ai fenti avec plaifir
que mon appétit , & mon efto .
mach étoient en moi plus forts , que
l'amour propre ; tranfporté d'une
reconnoiffance gloutonne , qui m'a
tenu lieu d'entoufiafme ; je me
fuis écrié :
Vous dont le teint fleury respecté des
années
›
Fit toujours les fouhaits des beautés
furannées ,
46 LE NOUVEAU
Convive aimable Abbé .......
Qui veut,quelque cher qu'ilt'en coute
It toujours répandre du vin
Et toujours te donner la goute ,
Qui jamais ainfi n'aura fin :
Quand arriva l'Epitre votre ,
F'étois gizant fur le grabat ,
Et le Rhume qui tout abat ,
Tenoit Palaprat dans un autre ,
Gizant , comme moi , tout à plat,
Avonez que fans imprudence ,
Rimeurs en état fi piteux ,
Ne doivent rompre le filence ;
Car d'un corps foible , & langonren
L'efprit reffent la désadence,
Et le chagrin de la fouffrance ,
Eteint le brillant de ces feux
Qu'allument la fanté , les plaifirs
& les jeux,
་
Dans le fein de l'Intemperance :
Et puis Meffieurs les beaux efprits ,
Qui veut vous faire une réponse
Pus d'une fois fur fes Ecrits ;
Doit paffer la pierre de Ponce ,
Ainfi point ne ferai ſurpris ,
Que ces contretemps , ces obftacles
Ayent fait ceffer les Oracles ,
Que Bacchus rendoit an pourpris
MERCURE. 47
Du Temple ou fe faifoient miracles ,
Autant qu'à Temple de Paris .
N'allez pas croire au moins
Meffieurs , que j'aye voulu vous
faire une réponse en forme , ni méditée
, pour achever de me guéric
d'une fluxion horrible que j'ai eu
depuis un mois. Car , comme a tres
bien dit Mr Arroüet , Maudit eft
de Dieu , & bien malade , qui toujours
verfifie ; fi faut - il bien pour
tant , que je réponde deux mots à
ce favory d'Apollon.
Qui fous l'ombre d'une fleurette ,
Nous a tiré tout doucement ,
En badinant , une aiguillette,
Mais le tout avec agréement.
Pour vous , fucceffeur de Villon ,
Dont la Mufe toujours aimable ,
Fait de Sully, ce beau Vallon
Que nous a tant vanté la Fable:
Seachez que fi dans nos repas ,
Par quelque gentil Vaudeville
Nous avons reprimé les fats
Qui Jans nous innondoient la Ville į
famais notre malignité
-48 LE NOUVEAU
Ne fentit l'aigreur de la bile ;
Et jamais toute la gayeté
De noire Troupe encline à rire ,
Ne paffa jufqu'à l'aprété ,
De la plus legere fatire ;
Suivez ces utiles leçons
Et toujours occupè de plaire ;
Cueille au Jardin de Cythere ,
Des fleurs pour orner vos chansons
C'est là qu'Amour avec fa mere ,
Tient Ecole de fentiment !
Et répand certain enjoüement
Sur nos vers , & cette moleffe :
Ou ni les briliants , ni les traits
Ni toute la délicateße
De l'efprit , n'atteindra jamais ;
Et dont votre Muſo badine ,
De jours en jours plus libertine ,
Nous fait fentir tous les attraits,
En voilà trop pour un malade , &
même alfez pour un convalescent .
Quand à noftre Pere Prieur ,
Qui fans avertir fouvent pince
Fufqu'à fon bumble ferviteur ,
MERCURE . 49
Il ne veut plus être Rimeur ;
Et s'eft mis à faire le Prince
De fa table , qui n'eft pas mince,
A de joyeux compotateurs.
Il fait lui - même les honneurs
Mieux , qu'aucun Seigneur de
Province.
Il ne me refte qu'à prendre congé
de vous , Meffieurs , & à vous don
ner falut & benediction.
Dans votre fejour enchanté
Buvez frais , faites chere lie
Dieu vous donne prospérité ,
Son Paradis en l'autre vie
Dans celle- cy ,joie , & Santé ,
Goutez - bien votre oifiveté ,
Et bornez aux plaifirs , votre
Philofophie.
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9721
p. 1803-1811
Histoire de Bourgogne generale et particuliere, [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE DE BOURGOGNE, GENERALE ET PARTICULIERE : Par D*** Religieux [...]
Mots clefs :
Histoire générale et particulière, Bourgogne, Congrégation de Saint-Maur, Royaume de Bourgogne, Ducs, Duché de Bourgogne, Comte, Rois, Histoire, Première race, Villes, Roi de France, Royaumes, Parlements, Alliances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire de Bourgogne generale et particuliere, [titre d'après la table]
Antoine de Fay , Imprimeur à Dijon ,
vient
804 MERCURE DE FRANCE
vient d'imprimer le Plan d'une Histoire
Générale de Bourgogne , dont voici le
précis.
HISTOIRE DE BOURGOGNE , GENERALI
ET PARTICULIERE : Par D *** Religieux
Benedictin,de la Congrégation de S. Maur.
- Elle est divisée en cinq Parties principales
. Dans la premiere , on examine l'antiquité
du nom de Bourguignon ; d'où sont
sortis les premiers Peuples , appellez
Bourguignons ; s'ils sont descendus des
Romains , ou verus des Vandales ; s'ils
étoient Huns , Gots ou Scithes , & c. s'il
faut admettre deux espéces de Bourguignons
, les uns Orientaux , les autres
Occidentaux ; puis on marque leur taille
, leur génie , leur caractére , leur Religion
, leurs moeurs , leur langage , leur
gouvernement, leur conversion à la Foy,
quels Païs ils occuperent d'abord; en quel
temps et par qui ils en furent chassez ;
quel fut le lieu où ils se retirerent après,
&c. On marque aussi par où ils sont entrez
dans les Gaules ; combien de temps
ils y ont été errans sans se fixer ; quelles
Provinces et quelles Villes ils y ont d'abord
occupées ; le temps , le lieu , et l'occasion
où ils s'y sont fixez , et y ont formé
leur Royaume.
Dans
AOUST. 1733. 1805
Dans la seconde , on rapporte les commencemens
de l'ancien Royaume de
Bourgogne , son étendue dans sa splendeur
et dans sa décadence. On résoud la
question , si ce Royaume perdit la moitié
de son étendue dans les Guerres de
Clovis , Roy de France , contre Gondebaud
, Roy de Bourgogne , ou s'il perdit
seulement cette portion de sa premiere
étenduë , qu'on a depuis appellée Bourgogne
inférieure , & c. On éclaircit une
autre question fort obscure , touchant le
nombre et le nom des Rois de Bourgogne
de la premiere Race , qui ont gouverné
cet ancien Royaume ; ensuite on
passe à une autre question qui partage les
Sçavans , sur les noms de Gondicaire et
de Gondioc , &c.
On décrit encore le Regne de chacun
de ces anciens Rois ; on marque leurs
actions , leurs Guerres , &c. et enfin leur
ruine par les Enfans de Clovis, qui après
avoir égorgé les uns et chassé les autres ,
devinrent maîtres et paisibles possesseurs
de tout le Royaume , &c. On montre ce
que le Royaume de Bourgogne a été sous
la domination de tous ces Rois François,
et ce que tous ces Rois ont fait dans le
Royaume de Bourgogne pendant plus de
350 ans , &c.
Dans
1806 MERCURE DE FRANCE
Dans la troisiéme , on traite des trois
Royaumes , formez des débris de l'ancien
Royaume de Bourgogne , c'est- à- dire, du
Royaume de Provence , de celui de la
Bourgogne Transjurane , et du Royaume
d'Arles. On résoud plusieurs questions
, touchant les Rois de ces différens
Royaumes; par exemple, si Lothaire doit
être mis au nombre des Rois de Proven
ce ; s'il y a eu plusieurs Rois de Provence
de sa lignée , &c . On entre ensuite dans
le détail de ce qui s'est fait sous les Rodolfes
, et sous Conrad , dans le Royaume
de la Bourgogne Transjurane ; sous
Conrad et ses successeurs dans le Royaume
d'Arles ; et on finit cette troisiéme
Partie , en montrant la ruïne de tous ces
Royaumes , et la division qui en a été
faite en plusieurs Provinces , Duchez es
Comtez , & c.
Dans la Quatrième, on comprend tout
le Duché de Bourgogne , le Païs, les Villes
principales , leur origine , leurs droits ,
leurs Monumens ; les Eglises matrices
leur fondation , &c . On marque le temps
que la Bourgogne inférieure a commencé
d'être un Duché héréditaire. On distingue
les Ducs qui l'ont possédé en deux
classes , dont l'une contient ceux qu'on
appelle de la premiere Race ; l'autre 3
ceux
AOUST. 17337 1807
ceux dits de la seconde Race. On parle
d'abord des Ducs de la premiere Race ;
on rapporte leurs alliances, leurs Enfans,
leurs partages , &c. on résoud ensuite 4
questions ; la premiere , si du temps de
ces premiers Ducs il y eût au Duché un
Parlement,des Etats généraux , une Chambre
des Comptes , &c. la seconde, si ces
premiers Ducs eurent comme les Ducs de
la seconde Race , des Connétables , des
Chanceliers , des Sénéchaux , &c. la troisiéme
, si après la mort de Philippe de
Rouvre , dernier Duc de la premiere
Race , le Duché de Bourgogne passa à
Jean , Roy de France , par droit de réversion
ou par droit de proximité et de
succession la quatrième , si ce même
Roy Jean remit avant sa mort , le Duché
au Prince Philippe , le quatriéme de
ses fils , connu dans l'Histoire sous le
nom de Philippe le Hardi .
Ensuite commence l'Histoire des quan
tre derniers Ducs par leurs alliances qui
ajoutérent au Royaume de Bourgogne
d'autres Duchez , des Comtez et des Seigneuries
considérables. Entre plusieurs
faits mémorables de ces Princes , on rapporte
leurs voyages et ceux de leurs Enfans
; notamment celui du Comte de Neyers
, fils de Philippe le Hardi , en Hon-
F grie
1858 MERCURE DE FRANCE
> grie , et sa prise par Bajazet , sa prison
&c. On marque l'institution de l'Ordre
des Chevaliers de la Toison d'Or , les
personnes qui ont été honorées du Colier
de cet Ordre , les Chapitres generaux,
&c.Enfin on rapporte la triste fin du dernier
de ces Ducs , les troubles qui la suivirent
, la réunion du Duché à la Couronne
de France , et les suites de cette
réünion , l'établissement d'un nouveau
Parlement , &c. On ajoute les anciens
Monumens du Duché , les Portraits des
derniers Ducs , leurs Sceaux , Devises ,
Epitaphes , & c.
Dans la cinquième et derniere Partie ,
on s'applique à donner une juste idée de
la Comté de Bourgogne , connue sous
le nom de Franche-Comté ; on marque
ses commencemens , son étenduë, ses Villes
principales , ses premieres Eglises ,
avec ce qu'elles ont de plus vénérable ;
les Princes qui l'ont possedée , leurs Alliances
, &c. On marque encore ses révolutions
, ses fréquens changemens de
Maître , étant tantôt soumise à l'Empereur,
tantôt au Roy de France, & c. l'ins
titution , l'autorité et le lieu des Parlemens
ambulatoires de la même Comté ,
sous les Ducs de Bourgogne , & c. l'institution
de ses Parlemens sédentaires
sous
A O UST. 1733. 1809
sous l'Empereur , et sous les Rois de
France et d'Espagne , &c.
Enfin , après avoir parlé de l'ancienne
et noble Confrairie de Saint George de
Rougemont , de son établissement , &c. "
on décrit l'état et le gouvernement de
cette Comté depuis la derniere Conquête
de Louis XIV. On joint à tout cela les.
anciens Monumens du Païs , les Portraits
des Comtes qui s'y sont conservez , &c .
-L'Auteur avertit que pour faire plai
sir aux Maisons et aux Familles , tant de
la Comté, que du Duché de Bourgogne ,
il tire des deux dernieres Parties de cette
Histoire , tous les Chevaliers , les Seigneurs
, les Officiers d'Epée , de Robe
et de Finances qui ont été de la Maison
des Ducs et des Comtes ; ceux qui les ont
accompagnez dans leurs Voyages et à
l'Armée ; ceux qui ont été de leur Conseil
, de leurs Parlemens , &c. ceux qui
ont été de l'Ordre de la Toison d'Or, ou
de la Confrairie de Rougemont ; à ceuxlà
qui étoient du temps des Ducs et des
Comtes , on joint ceux des deux Bourgognes
, qui leur ont succedé dans l'Epée,
dans la Robbe , &c. depuis la mort du
dernier Duc , jusqu'à nos jours , et de
tous ces Chevaliers , Seigneurs , &c. dont.
on peut avoir la connoissance. On en fait
Fij un
810 MERCURE DE FRANCE
an Recucil , qu'on donnera séparé du
Corps de l'Histoire ; ce qui composera au
moins un gros Volume infol. qui est déja
fort avancé.
Mais comme plusieurs de ces Seigneurs
pourroient échaper aux recherches et à
Fattention de l'Auteur , il supplie les Nobles,
les Officiers , les Ecclesiastiques , Laïques
, &c. des deux Bourgognes , de l'aider
à rendre complet ce Recucil auquel il
travailles et pour cela de lui communiquer
en Original , ou par des Extraits en
bonne forme , les Titres d'honneur de
leurs Maisons ou de leurs Familles ; leurs
Sceaux , leurs Tombeaux , leurs Epitaphes.
Il souhaiteroit qu'on voulut joindre
à ces secours qu'il demande , ce qu'on
peut avoir de meilleur et de plus interessant
touchant le Duché et la Comté de
Bourgogne , qui font le sujet des deux
dernieres Parties de l'Histoire dont il donne
le précis. Les trois premieres sont entierement
achevées ; ces deux dernieres
ne sont qu'ébauchées , et l'Auteur a besoin
d'être aidé , pour les remplir avec
exactitude.Il invite les Maires et les Echevins
, tant du Duché , que de la Comté
à lui fournir les Plans et les Monumens
antiques de leurs Villes. Il faudra addresser
au R. P. Dom Urbain Plancher , Religieux
AOUST . 1733. 18T1
ligieux Benedictin , à l'Abbaye de S. Ger
main d'Auxerre. Si on lui fait tenir quelchose
par la Poste
la Poste , on aura la bonré
d'en payer
le port.
vient
804 MERCURE DE FRANCE
vient d'imprimer le Plan d'une Histoire
Générale de Bourgogne , dont voici le
précis.
HISTOIRE DE BOURGOGNE , GENERALI
ET PARTICULIERE : Par D *** Religieux
Benedictin,de la Congrégation de S. Maur.
- Elle est divisée en cinq Parties principales
. Dans la premiere , on examine l'antiquité
du nom de Bourguignon ; d'où sont
sortis les premiers Peuples , appellez
Bourguignons ; s'ils sont descendus des
Romains , ou verus des Vandales ; s'ils
étoient Huns , Gots ou Scithes , & c. s'il
faut admettre deux espéces de Bourguignons
, les uns Orientaux , les autres
Occidentaux ; puis on marque leur taille
, leur génie , leur caractére , leur Religion
, leurs moeurs , leur langage , leur
gouvernement, leur conversion à la Foy,
quels Païs ils occuperent d'abord; en quel
temps et par qui ils en furent chassez ;
quel fut le lieu où ils se retirerent après,
&c. On marque aussi par où ils sont entrez
dans les Gaules ; combien de temps
ils y ont été errans sans se fixer ; quelles
Provinces et quelles Villes ils y ont d'abord
occupées ; le temps , le lieu , et l'occasion
où ils s'y sont fixez , et y ont formé
leur Royaume.
Dans
AOUST. 1733. 1805
Dans la seconde , on rapporte les commencemens
de l'ancien Royaume de
Bourgogne , son étendue dans sa splendeur
et dans sa décadence. On résoud la
question , si ce Royaume perdit la moitié
de son étendue dans les Guerres de
Clovis , Roy de France , contre Gondebaud
, Roy de Bourgogne , ou s'il perdit
seulement cette portion de sa premiere
étenduë , qu'on a depuis appellée Bourgogne
inférieure , & c. On éclaircit une
autre question fort obscure , touchant le
nombre et le nom des Rois de Bourgogne
de la premiere Race , qui ont gouverné
cet ancien Royaume ; ensuite on
passe à une autre question qui partage les
Sçavans , sur les noms de Gondicaire et
de Gondioc , &c.
On décrit encore le Regne de chacun
de ces anciens Rois ; on marque leurs
actions , leurs Guerres , &c. et enfin leur
ruine par les Enfans de Clovis, qui après
avoir égorgé les uns et chassé les autres ,
devinrent maîtres et paisibles possesseurs
de tout le Royaume , &c. On montre ce
que le Royaume de Bourgogne a été sous
la domination de tous ces Rois François,
et ce que tous ces Rois ont fait dans le
Royaume de Bourgogne pendant plus de
350 ans , &c.
Dans
1806 MERCURE DE FRANCE
Dans la troisiéme , on traite des trois
Royaumes , formez des débris de l'ancien
Royaume de Bourgogne , c'est- à- dire, du
Royaume de Provence , de celui de la
Bourgogne Transjurane , et du Royaume
d'Arles. On résoud plusieurs questions
, touchant les Rois de ces différens
Royaumes; par exemple, si Lothaire doit
être mis au nombre des Rois de Proven
ce ; s'il y a eu plusieurs Rois de Provence
de sa lignée , &c . On entre ensuite dans
le détail de ce qui s'est fait sous les Rodolfes
, et sous Conrad , dans le Royaume
de la Bourgogne Transjurane ; sous
Conrad et ses successeurs dans le Royaume
d'Arles ; et on finit cette troisiéme
Partie , en montrant la ruïne de tous ces
Royaumes , et la division qui en a été
faite en plusieurs Provinces , Duchez es
Comtez , & c.
Dans la Quatrième, on comprend tout
le Duché de Bourgogne , le Païs, les Villes
principales , leur origine , leurs droits ,
leurs Monumens ; les Eglises matrices
leur fondation , &c . On marque le temps
que la Bourgogne inférieure a commencé
d'être un Duché héréditaire. On distingue
les Ducs qui l'ont possédé en deux
classes , dont l'une contient ceux qu'on
appelle de la premiere Race ; l'autre 3
ceux
AOUST. 17337 1807
ceux dits de la seconde Race. On parle
d'abord des Ducs de la premiere Race ;
on rapporte leurs alliances, leurs Enfans,
leurs partages , &c. on résoud ensuite 4
questions ; la premiere , si du temps de
ces premiers Ducs il y eût au Duché un
Parlement,des Etats généraux , une Chambre
des Comptes , &c. la seconde, si ces
premiers Ducs eurent comme les Ducs de
la seconde Race , des Connétables , des
Chanceliers , des Sénéchaux , &c. la troisiéme
, si après la mort de Philippe de
Rouvre , dernier Duc de la premiere
Race , le Duché de Bourgogne passa à
Jean , Roy de France , par droit de réversion
ou par droit de proximité et de
succession la quatrième , si ce même
Roy Jean remit avant sa mort , le Duché
au Prince Philippe , le quatriéme de
ses fils , connu dans l'Histoire sous le
nom de Philippe le Hardi .
Ensuite commence l'Histoire des quan
tre derniers Ducs par leurs alliances qui
ajoutérent au Royaume de Bourgogne
d'autres Duchez , des Comtez et des Seigneuries
considérables. Entre plusieurs
faits mémorables de ces Princes , on rapporte
leurs voyages et ceux de leurs Enfans
; notamment celui du Comte de Neyers
, fils de Philippe le Hardi , en Hon-
F grie
1858 MERCURE DE FRANCE
> grie , et sa prise par Bajazet , sa prison
&c. On marque l'institution de l'Ordre
des Chevaliers de la Toison d'Or , les
personnes qui ont été honorées du Colier
de cet Ordre , les Chapitres generaux,
&c.Enfin on rapporte la triste fin du dernier
de ces Ducs , les troubles qui la suivirent
, la réunion du Duché à la Couronne
de France , et les suites de cette
réünion , l'établissement d'un nouveau
Parlement , &c. On ajoute les anciens
Monumens du Duché , les Portraits des
derniers Ducs , leurs Sceaux , Devises ,
Epitaphes , & c.
Dans la cinquième et derniere Partie ,
on s'applique à donner une juste idée de
la Comté de Bourgogne , connue sous
le nom de Franche-Comté ; on marque
ses commencemens , son étenduë, ses Villes
principales , ses premieres Eglises ,
avec ce qu'elles ont de plus vénérable ;
les Princes qui l'ont possedée , leurs Alliances
, &c. On marque encore ses révolutions
, ses fréquens changemens de
Maître , étant tantôt soumise à l'Empereur,
tantôt au Roy de France, & c. l'ins
titution , l'autorité et le lieu des Parlemens
ambulatoires de la même Comté ,
sous les Ducs de Bourgogne , & c. l'institution
de ses Parlemens sédentaires
sous
A O UST. 1733. 1809
sous l'Empereur , et sous les Rois de
France et d'Espagne , &c.
Enfin , après avoir parlé de l'ancienne
et noble Confrairie de Saint George de
Rougemont , de son établissement , &c. "
on décrit l'état et le gouvernement de
cette Comté depuis la derniere Conquête
de Louis XIV. On joint à tout cela les.
anciens Monumens du Païs , les Portraits
des Comtes qui s'y sont conservez , &c .
-L'Auteur avertit que pour faire plai
sir aux Maisons et aux Familles , tant de
la Comté, que du Duché de Bourgogne ,
il tire des deux dernieres Parties de cette
Histoire , tous les Chevaliers , les Seigneurs
, les Officiers d'Epée , de Robe
et de Finances qui ont été de la Maison
des Ducs et des Comtes ; ceux qui les ont
accompagnez dans leurs Voyages et à
l'Armée ; ceux qui ont été de leur Conseil
, de leurs Parlemens , &c. ceux qui
ont été de l'Ordre de la Toison d'Or, ou
de la Confrairie de Rougemont ; à ceuxlà
qui étoient du temps des Ducs et des
Comtes , on joint ceux des deux Bourgognes
, qui leur ont succedé dans l'Epée,
dans la Robbe , &c. depuis la mort du
dernier Duc , jusqu'à nos jours , et de
tous ces Chevaliers , Seigneurs , &c. dont.
on peut avoir la connoissance. On en fait
Fij un
810 MERCURE DE FRANCE
an Recucil , qu'on donnera séparé du
Corps de l'Histoire ; ce qui composera au
moins un gros Volume infol. qui est déja
fort avancé.
Mais comme plusieurs de ces Seigneurs
pourroient échaper aux recherches et à
Fattention de l'Auteur , il supplie les Nobles,
les Officiers , les Ecclesiastiques , Laïques
, &c. des deux Bourgognes , de l'aider
à rendre complet ce Recucil auquel il
travailles et pour cela de lui communiquer
en Original , ou par des Extraits en
bonne forme , les Titres d'honneur de
leurs Maisons ou de leurs Familles ; leurs
Sceaux , leurs Tombeaux , leurs Epitaphes.
Il souhaiteroit qu'on voulut joindre
à ces secours qu'il demande , ce qu'on
peut avoir de meilleur et de plus interessant
touchant le Duché et la Comté de
Bourgogne , qui font le sujet des deux
dernieres Parties de l'Histoire dont il donne
le précis. Les trois premieres sont entierement
achevées ; ces deux dernieres
ne sont qu'ébauchées , et l'Auteur a besoin
d'être aidé , pour les remplir avec
exactitude.Il invite les Maires et les Echevins
, tant du Duché , que de la Comté
à lui fournir les Plans et les Monumens
antiques de leurs Villes. Il faudra addresser
au R. P. Dom Urbain Plancher , Religieux
AOUST . 1733. 18T1
ligieux Benedictin , à l'Abbaye de S. Ger
main d'Auxerre. Si on lui fait tenir quelchose
par la Poste
la Poste , on aura la bonré
d'en payer
le port.
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Résumé : Histoire de Bourgogne generale et particuliere, [titre d'après la table]
Le texte présente un ouvrage intitulé 'Plan d'une Histoire Générale de Bourgogne', imprimé par Antoine de Fay à Dijon. Cet ouvrage est structuré en cinq parties principales. La première partie explore l'antiquité du nom de Bourguignon, l'origine des premiers peuples bourguignons, leur descendance, leur religion, leurs mœurs, leur langage, leur gouvernement, et leur conversion à la foi chrétienne. Elle décrit également leur entrée dans les Gaules, les provinces et villes qu'ils ont occupées, ainsi que la formation de leur royaume. La deuxième partie traite des débuts de l'ancien Royaume de Bourgogne, son étendue et sa décadence. Elle examine les guerres entre Clovis, roi de France, et Gondebaud, roi de Bourgogne, ainsi que les actions des rois de Bourgogne de la première race. La troisième partie aborde les trois royaumes issus des débris de l'ancien Royaume de Bourgogne : le Royaume de Provence, la Bourgogne Transjurane, et le Royaume d'Arles. Elle résout des questions concernant les rois de ces royaumes et leur ruine. La quatrième partie couvre le Duché de Bourgogne, ses villes principales, leurs origines, droits, et monuments. Elle distingue les ducs en deux races et explore leurs alliances, partages, et la succession du duché. La cinquième et dernière partie se concentre sur la Comté de Bourgogne, également connue sous le nom de Franche-Comté. Elle décrit ses commencements, son étendue, ses villes principales, et ses révolutions. Elle mentionne également l'état et le gouvernement de la Comté depuis la conquête de Louis XIV. L'auteur, un religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, sollicite l'aide des nobles, officiers, et ecclésiastiques pour compléter les deux dernières parties de l'ouvrage. Il demande des titres d'honneur, des sceaux, des tombeaux, et des épitaphes. Il invite également les maires et échevins à fournir des plans et des monuments antiques de leurs villes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9722
p. 321-333
LETTRE de M. Rousseau à M. D.
Début :
M. quand j'inventai de nouveaux caractéres pour entretenir plus commodément [...]
Mots clefs :
Musique, Temps, Notes, Note, Sons, Point, Méthode, Durée, Ouvrage, Chiffres, Naturel, Tonique, Système, Savoir, Rapports, Majeur, Chiffre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Rousseau à M. D.
LETTRE de M. Rouffeau à M. D.
M. quand j'inventai de nouveaux caracté
res pour entretenir plus commodément
notre commerce de Mufique , je n'imaginois
guére que la connoiffance de ce ſyſtême
pafferoit plus loin que chés vous & chés
moi : cependant je me vis bien - tôt dans le
cas d'en multiplier l'ufage , lorfqu'étant
venu à Paris , je fus follicité par mes amis
de Province de leur envoyer divers morceaux
de Mufique ; comme ces commiffious
revenoient fouvent , je pris le parti de leur
expliquer ma Méthode , ce qui me mit à
portée de fatisfaire leur curiofité plus facilement
, & fans augmenter le volume de mes
Lettres. Nous nous en fommes fi bien trouvés
, que nous continuons à nous envoyer
réci-
Fiij
322 MERCURE DE FRANCE
réciproquement en Italie & à Paris , ce qu'il
ya de plus curieux & de plus nouveau en
fait de Mufique , noté fuivant ma Méthode ,
Son extrême facilité comparée aux embarras
de la Mufique ordina re , m'engagea bien - tôt
d'en faire un parallèle , dans lequel la mienne
me fembloit gagner & mériter un examen
plus fericux . L'Académie Royale des Sciences
voulut bien m'accorder l'honneur de faire
čet examen. Elle en porta même un jugement
affés favorable , pour m'autorifer à
publier ma Méthode ; c'eft ce que je fais aujourd'hui
dans un petit Ouvrage intitulé
Differtation fur la Mufique Moderne , lequel
indépendamment de mon fyftême que j'y
explique , contient des réflexions fur l'Echelle
& les Notes ordinaires de la Mufique
, affés neuves , je crois , & affés intereffantes
pour mériter quelque attention . Je
vais , M. vous donner une idée de ce petit
Traité , en attendant que la lecture vous
mette en état de ne vous en rapporter qu'à
vous- même. Au refte , je ne vous cacherai
point que j'ai la foibleffe d'être du nombre
de ces Auteurs , qui s'imaginent que leurs
Ouvrages ne font point fufceptibles d'extrait
, & qu'il faut tout lire , pour en bien
juger.
›
Comme ma vûë n'eſt point d'anéantir les
Signes de la Mufique ordinaire , pour leur
fubftituer
FEVRIER 1743 325
fubftituer les miens , je devois être difpenfé
de répondre aux obiections qu'on fait ordinairement
, & même avec affés de raifon ;
contre toutes les entreprifes de ce genre :
cependant , je me fuis apperçû qu'on fe
plaifoit fi fort à répeter ces fortes d'objec
tions & avec tant de confiance , que j'ai
crû devoir montrer en détail combien peu
elles font appliquables à mon fyftême : mon
but n'eft que d'établir une Méthode plus
fimple & plus commode qui puiffe fervir
pour ainfi dire , d'aide & de fupplément à
l'ancienne . Il ne faut donc pas fe fatiguer à
prévoir ce que deviendra la Mufique déja
notée , fi la mienne a lieu , & il faut encore
moins m'oppofer la longueur du tems qu'il
faudroit perdre à apprendre la Mufique deux
fois , puifque , fondé fur l'extrême fimplicité
de ma Méthode , j'établis qu'on parviendroit
à les fçavoir toutes deux , en commençant
par la mienne , en moins de tems encore
qu'on n'en met à apprendre feule celle qui
eft en ufage. C'est ce que j'explique en
détail dans ma Préface : j'ai tâché d'y épuifer
ce qu'il y avoit de général à oppofer à
mon fyftême , & j'ofe croire qu'il faut aimer
à chicanner , pour renouveller les mêmes
objections , après l'avoir lûë.
L'Ouvrage commence par un examen des
Signes actuels de la Mufique , tels qu'ils ont
F iiij éré
324 MERCURE DE FRANCE
été fubftitués par Jean de Meurs ou par
Guy d'Arezzo aux chiffres de l'Arithmétique,
c'est -à - dire , aux lettres de l'Alphabet des
Grecs. Les motifs de cette fubftitution
m'ayant parû frivoles , j'explique le fondement
de mon opinion , & après avoir montré
que les chiffres peuvent conferver tous les
avantages des Notes , j'ajoûte que ces chiffres
étant l'expreffion qu'on a donnée aux
nombres , & les nombres eux- mêmes étant
les expofans de la géneration des fons , rien
n'eft fi naturel que l'expreffion des fons par
les chifres de l'Arithmétique,
La maniére d'employer ces chiffres ne
peut être relative qu'aux rapports des fons
ou à leurs intervalles , & il eft aifé de voir
que le fecond fens eft préferable pour la
pratique. Mais il s'agit de trouver un fon
fixe & fondamental auquel on puiffe rapporter
tous les autres & qui leur ferve de
terme commun de comparaifon. Il n'en eſt
poind de tel , proprement dit ; mais il en eſt
une infinité d'arbitraires , qui peuvent devenir
fondamentaux , chacun à fon tour : car
alors nuls des autres fons ne peuvent être
employés dans le Chant qu'en vertu de
certains rapports déterminés qu'ils ont avec
ce fon Tonique , & tous ceux qui n'ont pas
ces rapports - là , font pour lors exclus de la
modulation
Pr
FEVRIER. 1743. 325
Or , comme il n'y a que le mode majeur
qui nous foit indiqué par la Nature , je le
prends pour modéle dans ma nouvelle inftitution
, & j'établis le chiffre 1. pour la Bafe
& la Tonique de tous les Tons majeurs.
Nous avons dans le Clavier douze fons
principaux,fur chacun defquels on peut faire
rouler un Chant ; chacun de ces fons pourra
donc être exprimé par le chiffre 1 , & ce
fon particulier fera déterminé par fon nom
naturel qu'on écrira à la marge ; c'cft- àdire
, que fi l'on écrit ut nous ferons en ut
majeur , & l'ut fe marquera 1 ; fi l'on écrit
fol , nous ferons en fol majeur , & le fol
s'écrira 1 &c. Or , dès que le Ton ferą ainſi
déterminé , le chiffre ou la Tonique 1. s'appellera
toujours ut , fans égard pour fon nom
naturel ; la feconde Notte du Ton s'appellera
re & fe marquera 2 ; la troifiéme , mi
& fe marquera 3 &c. jufqu'à la feptiéme
qui s'appellera fi & fe marquera 7. Toutes
ces Nottes devront fe trouver entre elles &
avec la Tonique en mêmes rapports que
les Nottes de même nom dans la Gamme
naturelle entre elles & avec le C fol ut ; de
maniére qu'il y aura toujours un Ton entre
1 & 2 , un Ton entre 2 & 3 , un demi Ton
entre 3 & 4, &c. Ce qui retranche tout
d'un coup les Diézes & les Bémols des Clés,
& exprime toujours les mêmes intervalles ,
F Y tant
326 MERCURE DE FRANCE
tant majeurs que mineurs avec les mêmes
caractéres .
Ceci revient à peu près à cette Méthode
qu'on appelle tranfpofition dans la Mufique
vocale , & que les maîtres regardent ordinairement
comme une pratique d'ignorans ,
s'imaginant qu'il y a beaucoup plus de
fcience à chanter toujours au naturel; à plus
forte raifon ne l'adopteroient- ils pas dans la
pratique inftrumentale , puifque d'ailleurs
elle détruit ce rapport direct qu'ils fuppofent
toujours entre une telle pofition de Notte &
une telle touche de leur inftrument.
Mais ce rapport eft à chaque inſtant en
défaut , & doit plus fervir à induire en erreur
qu'à faciliter l'exécution , ce que j'explique
en détail , auffi bien que tout ce qui
concerne l'idée que l'on doit fe faire des
Nottes & des fons relatifs dans l'exécution
tant vocale qu'inftrumentale. S'il y a quel
que chofe de mal imaginé dans la Mufique ,
c'eft , fans contredit , la Méthode de chanter
& d'exécuter au naturel ; je crois l'avoir
démontré ; & s'il y a quelque chofe d'ingenieux
dans le Systême que je propoſe , c'eſt
l'expreffion des fons,toujours relative au Ton
dans lequel ils font employés. Vous jugerez,
M. de la folidité de mes preuves, en les examinant
dans l'ouvrage même.
Les paffages d'une Octave à l'autre ſe font
par
FEVRIER : 1743. 327
par des points placés au- deffus ou au- deffous
des Nottes , ou par des pofitions fur lignes ,
femblables
à celles de la Mufique ordinaire ,
avec cette difference,que l'éloignement
d'un
degré ne fait qu'un intervalle de feconde par cette Mufique , & qu'il n'en faut pas d'avantage
pour faire une Octave par la mienne ,
de forte qu'une feule ligne & fes deux eſpaces
contigus y fuffisent pour faire roûler une
partie dans l'étendue
de trois Octaves , pour
lefquelles il ne faudroit pas moins d'onze
lignes par la Méthode ordinaire.
,
A l'égard du mode mineur , comme le
rapport des fons , qui le conftituent , fe
trouve exactement dans l'Octave , compriſe .
entre deux la fur le Clavier naturel , cette
Octave en devient le modéle , & en appliquant
le chiffre 1 , & le nom d'ut à la
Médiante d'un ton mineur la Tonique .
s'appellera la & fe marquera par le chiffre 63
ainfi le nom écrit à la marge & qui indique
toujours la Note qui doit s'appeller ut
alors celui de la Médiante & non pas de la
Tonique c'eft ce qu'on connoît toujours
par un Signe ajoûté à ce mot , quand le Ton
eft mincur & cet arrangement a de plus.
l'avantage d'exprimer très- exactement l'analogie
qui fe trouve d'un côté, entre tout Ton
majeur & le mode mineur de fa fixiéme.
F vj Note
>
eft.
4
328 MERCURE DE FRANCE
Note , & de l'autre, entre tout Ton mineur
& le mode majeur de fa Médiante.
Le Dièfe accidentel s'indique par une
ligne oblique qui traverfe la Note , en montant
de gauche à droite, & le Bémol par une
autre femblable ligne qui la traverfe en defcendant
dans le même fens.
Voilà, M. une idée abrégée de la Méthode
dont je me fers pour l'expreffion de tous les
fons qui compofent le Clavier. Les avantages
que cette Méthode a pardeffus la Note
ordinaire , me paroiffent confidérables ; je
ne vous parlerai ici que des deux plus importans,
qui font , 1 °. L'identité d'idées toujours
confervée dans le même arrangement
de caractéres, ce qu'on ne trouve point dans
l'autre Mufique, où les mêmes pofitions de
Notes expriment à tout moment des fons &
des intervalles differens. 2°. La connoiffance
exacte des intervalles fimples & redoublés ,
tant par la difference des chiffres qui les expriment
, que par des renverfemens dont la
parfaite connoiffance dépend d'un quart
d'heure d'application.
L'examen de la manière dont on a déter
miné la durée des fons & la valeur des Notes
, occupe la feconde partie de l'Ouvrage.
Toutes ces differentes figures de Notes ;
relatives à la durée d'une ronde ou à celle
d'une mefure à quatre tems , n'ont rien de
dés
FEVRIER. 1743 329
déterminé quant à la durée , puifque rien
n'eft fi variable que le terme même auquel
on les compare . De -là naiffent mille défauts
nuifibles à la précifion des mouvemens.
D'ailleurs , pourquoi ce grand nombre de
mefures differentes , indiquées par tant de
chiffres bizarres , tandis que d'un autre côté
on n'a établi les rapports des Notes que par
une progreffion fous double , qui ne fait que
la moitié des combinaiſons ?
·
Je ne reconnois que deux mefures differentes
, fçavoir à deux & à trois tems , & je
reconnois de même deux divifions de tems
fçavoir , divifion fous double & divifion
fous-triple , auxquelles il faut néceffairement
avoir égard dans la diftribution des valeurs ,
faute dequoi , on tombe dans les exceptions
vicieufes dont je parle dans cet Ouvrage.
Comme nous n'avons point de fon fixe abfolu
, qui mérite par quelque proprieté par
ticuliére de fervir de fondement aux autres.
de même & par la même raiſon , nous n'avons
point de durée abfoluë qui doive ſervir
de mefure commune aux differentes valeurs
des Notes. Mais comme dans chaque Ton
j'établis pour fon fixe le fon fondamental de
ce Ton- là , dans chaque mefure differente
je prends auffi pour terme de comparaiſon
la durée même de la meſure dont il eft ques
tion ; j'en divife les tems par des virgules ;
chaque
330 MERCURE DE FRANCE
chaque tems comprend une Note , ou plu
fieurs ; s'il n'en comprend qu'une , cette
Note remplit tout ce tems & doit durer autant
que lui ; rien n'eft fi fimple : fi le tems
contient plufieurs Notes , divifez fa durée en
autant de parties égales qu'il y a de Notes ;
appliquez chacune de ces parties à chacune
de ces Notes , & paffez- les de forte que tous
les tems foient égaux.
Un tems eft- il divifé en parties inégales ?
Toutes les inégalités poffibles font déterminées
avec la plus exacte précifion , non par
une complication de figures bizarres , mais
par de fimples lignes horifontales ajoûtées
au- deffus ou au - deffous des Notes, pour lier
toutes celles qui ne font que des fubdivi
fions des parties égales , auxquelles par ce
moyen il eft aife de les comparer. Ces liaifons
font à peu près l'effet des croches , doubles-
croches & c . dans la Muſique ordinai
re , excepté qu'elles reviennent beaucoup
plus rarement & ne peuvent jamais être plus
de deux en nombre fur la même Note.
Je me fers du point , à peu près pour le
même ufage que dans la Mufique ordinaire
mais je lui donne un fens bien plus étendu ,
puifqu'il peut foutenir le fon de la Note qui
l'a précedé , non feulement pendant la moitié
de la durée de cette Note , ce qui ne fait
qu'un cas particulier , mais pendant toutes
Jes
FEVRIER 1743 331
les differentes durées dont la mesure où on
l'employe eft fufceptible ; le point, de même
que les Notes , n'ayant de valeur déterminée
que par la place qu'il occupe dans la meſure:
ou dans le tems où il eft.
Comme je n'ai pas befoin de diverfifier la
figure des Notes pour repréfenter leurs diffe
rentes valeurs , & que les mêmes régles font
appliquables à tous leurs filences relatifs , il
s'enfuit que le feul zéro fuffit avec les points
qui le peuvent fuivre , pour remplacer tous
ces foupirs,demi foupirs & autresSignes bizarres
qu'on eft contraint d'arranger à tout mo
ment à la file les uns des autres , faute d'avoir
voulu donner au point un ufage plus étendu .
Il n'eft pas néceffaire , M. de vous en
dire davantage , pour vous rappeller l'idée
d'une Méthode que vous avez cultivée avec
tant de plaifir. Vous m'avez fait l'honneur
de me dire autrefois que vous ne croyiez pas
qu'il fût poffible d'imaginer des Signes plus
fimples & plus expreffifs que les miens.
J'efpere, M. que fi le Public n'adopte pas en
tout un jugement auffi favorable , il les
trouvera , du moins , commodes & faciles ;
en quoi j'ofe me flatter d'avoir travaillé avec
un fuccès bien different de tous ceux qui ont
propofé jufqu'ici des projets en ce genre.
Au refte , il me paroît qu'on trouvera
dans ce fyftême bien des avantages de détail
qu'on
32 MERCURE DE FRANCE
qu'on fouhaite depuis long-tems. Il n'y a
peut-être pas un Amateur de la Mufique qui
n'ait cherché une fois en fa vie quelque
moyen plus commode de noter fous un plus
petit volume , & fans tout cet embarras de
lignes & de portées , foit pour porter fur foi
des Recueils , foit pour envoyer de la Mufique
en Province , foit enfin parce qu'on ne
trouve pas de papier reglé fous fa main , toutes
les fois qu'on a quelque air à noter.
Ce qu'il y a d'avantageux dans mon
fyftême , c'eft qu'il fuffit pour ceux qui fçavent
la Mufique de lire une fois mon Ouvrage
, pour pouvoir exécuter fur la mienne
avec lamême facilité que fur l'autre : à l'égard
de ceux qui ne la fçavent point, s'ils fe veulent
contenter de la mienne , ils doivent fçavoir
chanter à Livre ouvert tout au moins en huit
mois , & s'ils veulent outre cela fçavoir la Mufique
ordinaire , ils ne doivent pas employer
plus du double de ce tems-là pour toutes
deux, en commençant par la mienne , ce qui
n'arriveroit pas s'ils commençoient par l'autre;
car tout cet embarras de tranfpofitions, de
clefs , de valeurs , de pofitions , fait une confufion
qu'on ne doit développer à l'efprit
des Ecoliers , que quand leurs organes ont
acquis l'habitude de la mefure & de l'intonation,&
qu'ils commencent à entendre quelque
chofe à la théorie des tons & des modes.
Vous
FEVRIER 1743 935
Vous trouverez dans le Mercure prochain
un Air noté par mes caractéres ; je
n'ai point voulu le mettre dans celui - ci, parce
que cet Extrait ne fuffifant pas pour expliquer
mon Systéme , il falloit donner à mon
Livre le tems de fe répandre dans les Provinces
, afin que tout le monde fût en état de
déchiffrer. J'ai l'honneur d'être , &c.
A Paris ce 6. Janvier 1743 .
M. quand j'inventai de nouveaux caracté
res pour entretenir plus commodément
notre commerce de Mufique , je n'imaginois
guére que la connoiffance de ce ſyſtême
pafferoit plus loin que chés vous & chés
moi : cependant je me vis bien - tôt dans le
cas d'en multiplier l'ufage , lorfqu'étant
venu à Paris , je fus follicité par mes amis
de Province de leur envoyer divers morceaux
de Mufique ; comme ces commiffious
revenoient fouvent , je pris le parti de leur
expliquer ma Méthode , ce qui me mit à
portée de fatisfaire leur curiofité plus facilement
, & fans augmenter le volume de mes
Lettres. Nous nous en fommes fi bien trouvés
, que nous continuons à nous envoyer
réci-
Fiij
322 MERCURE DE FRANCE
réciproquement en Italie & à Paris , ce qu'il
ya de plus curieux & de plus nouveau en
fait de Mufique , noté fuivant ma Méthode ,
Son extrême facilité comparée aux embarras
de la Mufique ordina re , m'engagea bien - tôt
d'en faire un parallèle , dans lequel la mienne
me fembloit gagner & mériter un examen
plus fericux . L'Académie Royale des Sciences
voulut bien m'accorder l'honneur de faire
čet examen. Elle en porta même un jugement
affés favorable , pour m'autorifer à
publier ma Méthode ; c'eft ce que je fais aujourd'hui
dans un petit Ouvrage intitulé
Differtation fur la Mufique Moderne , lequel
indépendamment de mon fyftême que j'y
explique , contient des réflexions fur l'Echelle
& les Notes ordinaires de la Mufique
, affés neuves , je crois , & affés intereffantes
pour mériter quelque attention . Je
vais , M. vous donner une idée de ce petit
Traité , en attendant que la lecture vous
mette en état de ne vous en rapporter qu'à
vous- même. Au refte , je ne vous cacherai
point que j'ai la foibleffe d'être du nombre
de ces Auteurs , qui s'imaginent que leurs
Ouvrages ne font point fufceptibles d'extrait
, & qu'il faut tout lire , pour en bien
juger.
›
Comme ma vûë n'eſt point d'anéantir les
Signes de la Mufique ordinaire , pour leur
fubftituer
FEVRIER 1743 325
fubftituer les miens , je devois être difpenfé
de répondre aux obiections qu'on fait ordinairement
, & même avec affés de raifon ;
contre toutes les entreprifes de ce genre :
cependant , je me fuis apperçû qu'on fe
plaifoit fi fort à répeter ces fortes d'objec
tions & avec tant de confiance , que j'ai
crû devoir montrer en détail combien peu
elles font appliquables à mon fyftême : mon
but n'eft que d'établir une Méthode plus
fimple & plus commode qui puiffe fervir
pour ainfi dire , d'aide & de fupplément à
l'ancienne . Il ne faut donc pas fe fatiguer à
prévoir ce que deviendra la Mufique déja
notée , fi la mienne a lieu , & il faut encore
moins m'oppofer la longueur du tems qu'il
faudroit perdre à apprendre la Mufique deux
fois , puifque , fondé fur l'extrême fimplicité
de ma Méthode , j'établis qu'on parviendroit
à les fçavoir toutes deux , en commençant
par la mienne , en moins de tems encore
qu'on n'en met à apprendre feule celle qui
eft en ufage. C'est ce que j'explique en
détail dans ma Préface : j'ai tâché d'y épuifer
ce qu'il y avoit de général à oppofer à
mon fyftême , & j'ofe croire qu'il faut aimer
à chicanner , pour renouveller les mêmes
objections , après l'avoir lûë.
L'Ouvrage commence par un examen des
Signes actuels de la Mufique , tels qu'ils ont
F iiij éré
324 MERCURE DE FRANCE
été fubftitués par Jean de Meurs ou par
Guy d'Arezzo aux chiffres de l'Arithmétique,
c'est -à - dire , aux lettres de l'Alphabet des
Grecs. Les motifs de cette fubftitution
m'ayant parû frivoles , j'explique le fondement
de mon opinion , & après avoir montré
que les chiffres peuvent conferver tous les
avantages des Notes , j'ajoûte que ces chiffres
étant l'expreffion qu'on a donnée aux
nombres , & les nombres eux- mêmes étant
les expofans de la géneration des fons , rien
n'eft fi naturel que l'expreffion des fons par
les chifres de l'Arithmétique,
La maniére d'employer ces chiffres ne
peut être relative qu'aux rapports des fons
ou à leurs intervalles , & il eft aifé de voir
que le fecond fens eft préferable pour la
pratique. Mais il s'agit de trouver un fon
fixe & fondamental auquel on puiffe rapporter
tous les autres & qui leur ferve de
terme commun de comparaifon. Il n'en eſt
poind de tel , proprement dit ; mais il en eſt
une infinité d'arbitraires , qui peuvent devenir
fondamentaux , chacun à fon tour : car
alors nuls des autres fons ne peuvent être
employés dans le Chant qu'en vertu de
certains rapports déterminés qu'ils ont avec
ce fon Tonique , & tous ceux qui n'ont pas
ces rapports - là , font pour lors exclus de la
modulation
Pr
FEVRIER. 1743. 325
Or , comme il n'y a que le mode majeur
qui nous foit indiqué par la Nature , je le
prends pour modéle dans ma nouvelle inftitution
, & j'établis le chiffre 1. pour la Bafe
& la Tonique de tous les Tons majeurs.
Nous avons dans le Clavier douze fons
principaux,fur chacun defquels on peut faire
rouler un Chant ; chacun de ces fons pourra
donc être exprimé par le chiffre 1 , & ce
fon particulier fera déterminé par fon nom
naturel qu'on écrira à la marge ; c'cft- àdire
, que fi l'on écrit ut nous ferons en ut
majeur , & l'ut fe marquera 1 ; fi l'on écrit
fol , nous ferons en fol majeur , & le fol
s'écrira 1 &c. Or , dès que le Ton ferą ainſi
déterminé , le chiffre ou la Tonique 1. s'appellera
toujours ut , fans égard pour fon nom
naturel ; la feconde Notte du Ton s'appellera
re & fe marquera 2 ; la troifiéme , mi
& fe marquera 3 &c. jufqu'à la feptiéme
qui s'appellera fi & fe marquera 7. Toutes
ces Nottes devront fe trouver entre elles &
avec la Tonique en mêmes rapports que
les Nottes de même nom dans la Gamme
naturelle entre elles & avec le C fol ut ; de
maniére qu'il y aura toujours un Ton entre
1 & 2 , un Ton entre 2 & 3 , un demi Ton
entre 3 & 4, &c. Ce qui retranche tout
d'un coup les Diézes & les Bémols des Clés,
& exprime toujours les mêmes intervalles ,
F Y tant
326 MERCURE DE FRANCE
tant majeurs que mineurs avec les mêmes
caractéres .
Ceci revient à peu près à cette Méthode
qu'on appelle tranfpofition dans la Mufique
vocale , & que les maîtres regardent ordinairement
comme une pratique d'ignorans ,
s'imaginant qu'il y a beaucoup plus de
fcience à chanter toujours au naturel; à plus
forte raifon ne l'adopteroient- ils pas dans la
pratique inftrumentale , puifque d'ailleurs
elle détruit ce rapport direct qu'ils fuppofent
toujours entre une telle pofition de Notte &
une telle touche de leur inftrument.
Mais ce rapport eft à chaque inſtant en
défaut , & doit plus fervir à induire en erreur
qu'à faciliter l'exécution , ce que j'explique
en détail , auffi bien que tout ce qui
concerne l'idée que l'on doit fe faire des
Nottes & des fons relatifs dans l'exécution
tant vocale qu'inftrumentale. S'il y a quel
que chofe de mal imaginé dans la Mufique ,
c'eft , fans contredit , la Méthode de chanter
& d'exécuter au naturel ; je crois l'avoir
démontré ; & s'il y a quelque chofe d'ingenieux
dans le Systême que je propoſe , c'eſt
l'expreffion des fons,toujours relative au Ton
dans lequel ils font employés. Vous jugerez,
M. de la folidité de mes preuves, en les examinant
dans l'ouvrage même.
Les paffages d'une Octave à l'autre ſe font
par
FEVRIER : 1743. 327
par des points placés au- deffus ou au- deffous
des Nottes , ou par des pofitions fur lignes ,
femblables
à celles de la Mufique ordinaire ,
avec cette difference,que l'éloignement
d'un
degré ne fait qu'un intervalle de feconde par cette Mufique , & qu'il n'en faut pas d'avantage
pour faire une Octave par la mienne ,
de forte qu'une feule ligne & fes deux eſpaces
contigus y fuffisent pour faire roûler une
partie dans l'étendue
de trois Octaves , pour
lefquelles il ne faudroit pas moins d'onze
lignes par la Méthode ordinaire.
,
A l'égard du mode mineur , comme le
rapport des fons , qui le conftituent , fe
trouve exactement dans l'Octave , compriſe .
entre deux la fur le Clavier naturel , cette
Octave en devient le modéle , & en appliquant
le chiffre 1 , & le nom d'ut à la
Médiante d'un ton mineur la Tonique .
s'appellera la & fe marquera par le chiffre 63
ainfi le nom écrit à la marge & qui indique
toujours la Note qui doit s'appeller ut
alors celui de la Médiante & non pas de la
Tonique c'eft ce qu'on connoît toujours
par un Signe ajoûté à ce mot , quand le Ton
eft mincur & cet arrangement a de plus.
l'avantage d'exprimer très- exactement l'analogie
qui fe trouve d'un côté, entre tout Ton
majeur & le mode mineur de fa fixiéme.
F vj Note
>
eft.
4
328 MERCURE DE FRANCE
Note , & de l'autre, entre tout Ton mineur
& le mode majeur de fa Médiante.
Le Dièfe accidentel s'indique par une
ligne oblique qui traverfe la Note , en montant
de gauche à droite, & le Bémol par une
autre femblable ligne qui la traverfe en defcendant
dans le même fens.
Voilà, M. une idée abrégée de la Méthode
dont je me fers pour l'expreffion de tous les
fons qui compofent le Clavier. Les avantages
que cette Méthode a pardeffus la Note
ordinaire , me paroiffent confidérables ; je
ne vous parlerai ici que des deux plus importans,
qui font , 1 °. L'identité d'idées toujours
confervée dans le même arrangement
de caractéres, ce qu'on ne trouve point dans
l'autre Mufique, où les mêmes pofitions de
Notes expriment à tout moment des fons &
des intervalles differens. 2°. La connoiffance
exacte des intervalles fimples & redoublés ,
tant par la difference des chiffres qui les expriment
, que par des renverfemens dont la
parfaite connoiffance dépend d'un quart
d'heure d'application.
L'examen de la manière dont on a déter
miné la durée des fons & la valeur des Notes
, occupe la feconde partie de l'Ouvrage.
Toutes ces differentes figures de Notes ;
relatives à la durée d'une ronde ou à celle
d'une mefure à quatre tems , n'ont rien de
dés
FEVRIER. 1743 329
déterminé quant à la durée , puifque rien
n'eft fi variable que le terme même auquel
on les compare . De -là naiffent mille défauts
nuifibles à la précifion des mouvemens.
D'ailleurs , pourquoi ce grand nombre de
mefures differentes , indiquées par tant de
chiffres bizarres , tandis que d'un autre côté
on n'a établi les rapports des Notes que par
une progreffion fous double , qui ne fait que
la moitié des combinaiſons ?
·
Je ne reconnois que deux mefures differentes
, fçavoir à deux & à trois tems , & je
reconnois de même deux divifions de tems
fçavoir , divifion fous double & divifion
fous-triple , auxquelles il faut néceffairement
avoir égard dans la diftribution des valeurs ,
faute dequoi , on tombe dans les exceptions
vicieufes dont je parle dans cet Ouvrage.
Comme nous n'avons point de fon fixe abfolu
, qui mérite par quelque proprieté par
ticuliére de fervir de fondement aux autres.
de même & par la même raiſon , nous n'avons
point de durée abfoluë qui doive ſervir
de mefure commune aux differentes valeurs
des Notes. Mais comme dans chaque Ton
j'établis pour fon fixe le fon fondamental de
ce Ton- là , dans chaque mefure differente
je prends auffi pour terme de comparaiſon
la durée même de la meſure dont il eft ques
tion ; j'en divife les tems par des virgules ;
chaque
330 MERCURE DE FRANCE
chaque tems comprend une Note , ou plu
fieurs ; s'il n'en comprend qu'une , cette
Note remplit tout ce tems & doit durer autant
que lui ; rien n'eft fi fimple : fi le tems
contient plufieurs Notes , divifez fa durée en
autant de parties égales qu'il y a de Notes ;
appliquez chacune de ces parties à chacune
de ces Notes , & paffez- les de forte que tous
les tems foient égaux.
Un tems eft- il divifé en parties inégales ?
Toutes les inégalités poffibles font déterminées
avec la plus exacte précifion , non par
une complication de figures bizarres , mais
par de fimples lignes horifontales ajoûtées
au- deffus ou au - deffous des Notes, pour lier
toutes celles qui ne font que des fubdivi
fions des parties égales , auxquelles par ce
moyen il eft aife de les comparer. Ces liaifons
font à peu près l'effet des croches , doubles-
croches & c . dans la Muſique ordinai
re , excepté qu'elles reviennent beaucoup
plus rarement & ne peuvent jamais être plus
de deux en nombre fur la même Note.
Je me fers du point , à peu près pour le
même ufage que dans la Mufique ordinaire
mais je lui donne un fens bien plus étendu ,
puifqu'il peut foutenir le fon de la Note qui
l'a précedé , non feulement pendant la moitié
de la durée de cette Note , ce qui ne fait
qu'un cas particulier , mais pendant toutes
Jes
FEVRIER 1743 331
les differentes durées dont la mesure où on
l'employe eft fufceptible ; le point, de même
que les Notes , n'ayant de valeur déterminée
que par la place qu'il occupe dans la meſure:
ou dans le tems où il eft.
Comme je n'ai pas befoin de diverfifier la
figure des Notes pour repréfenter leurs diffe
rentes valeurs , & que les mêmes régles font
appliquables à tous leurs filences relatifs , il
s'enfuit que le feul zéro fuffit avec les points
qui le peuvent fuivre , pour remplacer tous
ces foupirs,demi foupirs & autresSignes bizarres
qu'on eft contraint d'arranger à tout mo
ment à la file les uns des autres , faute d'avoir
voulu donner au point un ufage plus étendu .
Il n'eft pas néceffaire , M. de vous en
dire davantage , pour vous rappeller l'idée
d'une Méthode que vous avez cultivée avec
tant de plaifir. Vous m'avez fait l'honneur
de me dire autrefois que vous ne croyiez pas
qu'il fût poffible d'imaginer des Signes plus
fimples & plus expreffifs que les miens.
J'efpere, M. que fi le Public n'adopte pas en
tout un jugement auffi favorable , il les
trouvera , du moins , commodes & faciles ;
en quoi j'ofe me flatter d'avoir travaillé avec
un fuccès bien different de tous ceux qui ont
propofé jufqu'ici des projets en ce genre.
Au refte , il me paroît qu'on trouvera
dans ce fyftême bien des avantages de détail
qu'on
32 MERCURE DE FRANCE
qu'on fouhaite depuis long-tems. Il n'y a
peut-être pas un Amateur de la Mufique qui
n'ait cherché une fois en fa vie quelque
moyen plus commode de noter fous un plus
petit volume , & fans tout cet embarras de
lignes & de portées , foit pour porter fur foi
des Recueils , foit pour envoyer de la Mufique
en Province , foit enfin parce qu'on ne
trouve pas de papier reglé fous fa main , toutes
les fois qu'on a quelque air à noter.
Ce qu'il y a d'avantageux dans mon
fyftême , c'eft qu'il fuffit pour ceux qui fçavent
la Mufique de lire une fois mon Ouvrage
, pour pouvoir exécuter fur la mienne
avec lamême facilité que fur l'autre : à l'égard
de ceux qui ne la fçavent point, s'ils fe veulent
contenter de la mienne , ils doivent fçavoir
chanter à Livre ouvert tout au moins en huit
mois , & s'ils veulent outre cela fçavoir la Mufique
ordinaire , ils ne doivent pas employer
plus du double de ce tems-là pour toutes
deux, en commençant par la mienne , ce qui
n'arriveroit pas s'ils commençoient par l'autre;
car tout cet embarras de tranfpofitions, de
clefs , de valeurs , de pofitions , fait une confufion
qu'on ne doit développer à l'efprit
des Ecoliers , que quand leurs organes ont
acquis l'habitude de la mefure & de l'intonation,&
qu'ils commencent à entendre quelque
chofe à la théorie des tons & des modes.
Vous
FEVRIER 1743 935
Vous trouverez dans le Mercure prochain
un Air noté par mes caractéres ; je
n'ai point voulu le mettre dans celui - ci, parce
que cet Extrait ne fuffifant pas pour expliquer
mon Systéme , il falloit donner à mon
Livre le tems de fe répandre dans les Provinces
, afin que tout le monde fût en état de
déchiffrer. J'ai l'honneur d'être , &c.
A Paris ce 6. Janvier 1743 .
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Résumé : LETTRE de M. Rousseau à M. D.
M. Rouffeau adresse une lettre à M. D. pour présenter son invention de nouveaux caractères visant à simplifier la notation musicale. Initialement destiné à un usage personnel, ce système a été adopté par ses amis de province, ce qui l'a poussé à publier sa méthode dans un ouvrage intitulé 'Dissertation sur la Musique Moderne'. Rouffeau critique les signes musicaux actuels, qu'il trouve moins pratiques que l'utilisation des chiffres pour représenter les sons. Sa méthode repose sur le mode majeur, où le chiffre 1 représente la basse et la tonique de tous les tons majeurs. Les notes sont numérotées de 1 à 7, suivant les rapports de la gamme naturelle, ce qui élimine les dièses et les bémols. Rouffeau propose également de simplifier les mesures musicales en les réduisant à deux types (à deux et à trois temps) et deux divisions de temps (double et triple). Les durées des sons sont divisées en parties égales pour assurer l'égalité des temps, et les inégalités sont déterminées avec précision. La méthode utilise des lignes horizontales pour lier les subdivisions des parties égales, remplaçant ainsi divers signes complexes par un système plus simple basé sur le zéro et les points. L'auteur espère que cette méthode sera jugée commode et facile, offrant des avantages pratiques pour noter la musique de manière plus compacte et accessible. Le système est conçu pour être rapidement assimilable par ceux qui connaissent déjà la musique et accessible aux débutants en quelques mois. Un exemple d'air noté avec ce nouveau système sera publié dans le prochain Mercure pour illustrer la méthode.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9723
p. 314
Enigme, Logogryphes, &c. [titre d'après la table]
Début :
On a dû expliquer l'Enigme du Mercure de Janvier [...]
Mots clefs :
Expliquer, Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Enigme, Logogryphes, &c. [titre d'après la table]
On a dûexpliquer l'Enigme du Mercu
re de Janvier par le Bissac d'un Chasseur.
Les mots des deux Logogryphes sont Com
merce et Mensis.
re de Janvier par le Bissac d'un Chasseur.
Les mots des deux Logogryphes sont Com
merce et Mensis.
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9724
p. 2218
« Le sieur Lescure, ci-devant Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, donne avis au [...] »
Début :
Le sieur Lescure, ci-devant Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, donne avis au [...]
Mots clefs :
Remède, Chirurgien des gardes du corps de la reine d'Espagne, Épilepsie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Lescure, ci-devant Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, donne avis au [...] »
e sieur Lescure , ci-devant Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne , donne avis au
Public qu'il continue à distribuer ( avec beaucoup de succès ) un Reméde en forme de Sel spécifique .
pour la guérison de l'Epilepsie ou mal caduc , vapeurs bisteriques, convulsives , et simples vertiges ou étourdissement , paralisie , tremblement , et foiblesses
de nerfs ; il est très-souverain dans toutes les maladies qui attaquent le genre nerveux. Les preuves de l'excellence de ce Reméde sont les expériences qui en
ont étéfaites, tant à l'Hôpital General , que dans le
Public , sous les yeux de plusieurs célebres Médecins de la Faculté de Paris , sur un grand nombre de malades de tout sexe , de differens âges et tempéramens qui lui ont merité leurs approbations , et le
Privilege du Roi , pour le distribuer dans toute l'é- tendue duRoyaume.
Ce Reméde opere la guérison de ces fâcheuses maladies avec autant de douceur que de certitude ; il
purifie la masse du sang , dissipe les obstructions , et
corrige les humeurs acides et gluantes qui piccotent
et embarassent les nerfs ; il n'agit que suivant le
tempérament du malade , et ne l'oblige à aucun
régime particulier , ni à se déranger de ses occupa- tions. Il est très- aisé à prendre , conserve toujours sa
vertu , et peut se transporter par tout sans souffrir
la moindre alteration. Il donne la maniere de s'en
servir. 1
Le sieur Lescure demeure rue du Jour, vis- àvis le grand Portail de S. Eustache , à Paris. Ceux
qui lui écriront de Province auront soin d'affranchir leurs Lettres.
Public qu'il continue à distribuer ( avec beaucoup de succès ) un Reméde en forme de Sel spécifique .
pour la guérison de l'Epilepsie ou mal caduc , vapeurs bisteriques, convulsives , et simples vertiges ou étourdissement , paralisie , tremblement , et foiblesses
de nerfs ; il est très-souverain dans toutes les maladies qui attaquent le genre nerveux. Les preuves de l'excellence de ce Reméde sont les expériences qui en
ont étéfaites, tant à l'Hôpital General , que dans le
Public , sous les yeux de plusieurs célebres Médecins de la Faculté de Paris , sur un grand nombre de malades de tout sexe , de differens âges et tempéramens qui lui ont merité leurs approbations , et le
Privilege du Roi , pour le distribuer dans toute l'é- tendue duRoyaume.
Ce Reméde opere la guérison de ces fâcheuses maladies avec autant de douceur que de certitude ; il
purifie la masse du sang , dissipe les obstructions , et
corrige les humeurs acides et gluantes qui piccotent
et embarassent les nerfs ; il n'agit que suivant le
tempérament du malade , et ne l'oblige à aucun
régime particulier , ni à se déranger de ses occupa- tions. Il est très- aisé à prendre , conserve toujours sa
vertu , et peut se transporter par tout sans souffrir
la moindre alteration. Il donne la maniere de s'en
servir. 1
Le sieur Lescure demeure rue du Jour, vis- àvis le grand Portail de S. Eustache , à Paris. Ceux
qui lui écriront de Province auront soin d'affranchir leurs Lettres.
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Résumé : « Le sieur Lescure, ci-devant Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, donne avis au [...] »
Le sieur Lescure, ancien chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, annonce la distribution d'un remède en forme de sel spécifique pour traiter diverses affections nerveuses. Ce remède est efficace contre l'épilepsie, les vapeurs hystériques, les convulsions, les vertiges, la paralysie, les tremblements et les faiblesses nerveuses. Il est également souverain pour toutes les maladies nerveuses. Son efficacité a été prouvée par des expériences réalisées à l'Hôpital Général et dans le public, sous la supervision de célèbres médecins de la Faculté de Paris. Ces expériences ont été menées sur un grand nombre de malades de tous sexes, âges et tempéraments, et ont obtenu leurs approbations. Le remède a reçu le privilège royal pour être distribué dans tout le royaume. Il opère la guérison avec douceur et certitude, purifie le sang, dissipe les obstructions et corrige les humeurs acides et gluantes qui irritent les nerfs. Il s'adapte au tempérament du malade sans imposer de régime particulier ni perturber ses occupations. Facile à prendre et conservant toujours sa vertu, il peut être transporté sans altération. Les instructions d'utilisation sont fournies. Le sieur Lescure réside rue du Jour, vis-à-vis le grand portail de Saint-Eustache à Paris. Les personnes écrivant de province doivent affranchir leurs lettres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9725
p. 2660
PREMIERE ENIGME.
Début :
Gentils sans fard, vigoureux sans audace, [...]
Mots clefs :
Vers de Clément Marot
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PREMIERE ENIGME.
PREMIERE ENIGME.
Entils fans fard , vigoureux fans audace ,
L'art nous forma : nature n'eut pû mieux.
Tel pour parer fes enfans avec grace ,
Enprunte encor nos habits , quoique vieux ;
En folatrant , menant efbas joyeux ,
Maints d'entre nous ont paffé pour lubriques,
Maints ont paru libertins vicieux ,
Les plus devots fe font faits heretiques.
Entils fans fard , vigoureux fans audace ,
L'art nous forma : nature n'eut pû mieux.
Tel pour parer fes enfans avec grace ,
Enprunte encor nos habits , quoique vieux ;
En folatrant , menant efbas joyeux ,
Maints d'entre nous ont paffé pour lubriques,
Maints ont paru libertins vicieux ,
Les plus devots fe font faits heretiques.
Fermer
9726
p. 314
« Ce que vous avez inseré dans le Mercure d'Octobre [...] »
Début :
Ce que vous avez inseré dans le Mercure d'Octobre [...]
Mots clefs :
Grappe de raisin, Extraordinaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ce que vous avez inseré dans le Mercure d'Octobre [...] »
Ce que vous avez inseré dans le Mercure d'Octobre p. 2399. qu'il s'est vû à
Orleans une grappe de Raisins , moitié de
grains noirs et moitié de grains blancs, en
parfaite maturité,est extraordinaire , mais
l'exemple n'en est pas unique. Le hazard
m'a fait tomber sous la main aux Vendanges dernieres, dans la Vigne d'un Chateau
qui n'est qu'à une lieuë d'ici, une grappe
mi- partie de Raisin noir &de Raisin gris,
aussi parfaitement mûr.
Orleans une grappe de Raisins , moitié de
grains noirs et moitié de grains blancs, en
parfaite maturité,est extraordinaire , mais
l'exemple n'en est pas unique. Le hazard
m'a fait tomber sous la main aux Vendanges dernieres, dans la Vigne d'un Chateau
qui n'est qu'à une lieuë d'ici, une grappe
mi- partie de Raisin noir &de Raisin gris,
aussi parfaitement mûr.
Fermer
9728
p. 1800-1801
Coûtumes Generales de Bourbonne [titre d'après la table]
Début :
M. l'Abbé Auroux, Prêtre, Docteur en Théologie, et Conseiller-Clerc au [...]
Mots clefs :
Coutumes, Pays et duché bourbonnais, Ouvrage
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texteReconnaissance textuelle : Coûtumes Generales de Bourbonne [titre d'après la table]
M. l'Abbé Auroux , Prêtre , Docteur
en Théologie , et ,Conseiller - Clerc au
Présidial de Moulins , vient de donner au
Fu
A O UST. 1732. 1801.
Public un COMMENTAIRE sur les Coutumes Generales et Locales du Païs et Duché
de Bourbonnois.
• La lecture de cet Ouvrage serà fort utile , non seulement à ceux qui veulent
s'instruire des dispositions de la Coutume
de Bourbonnois ; mais encore à ceux qui
s'attachent à la Jurisprudence Coutumiere de tout le Royaume. L'Auteur a traité,
avec beaucoup d'érudition et d'ordre les
questions qui naissent de cette Coutume. Il les a proposées à la fin de chaque
article , et a puisé principalement ses réfléxions , tant dans les Ouvrages de Dumoulin , Papon et Potier , qui ont donné des Nottes sur la même Coutume ,
que dans ceux de plusieurs bons Commentaires Manuscrits , et dans les décisions rendues en la Sénéchaussée et
Présidial de Moulins , confirmées par
Parlement.
le
Ce Livre se vend à Paris , chez Cleuzier,
Libraire , au coin de la rue de la Parcheminerie , et chez Lebreton , fils , à l'entrée
du Quai des Augustins , près la, ruë Gistle - Cœur ; chcz Paulus- du-Mesnil , à la
Grande Salle du Palais , et chez Osmond,
Paîné, rue S. Jacques , 2732. 2. volumes
in folio.
en Théologie , et ,Conseiller - Clerc au
Présidial de Moulins , vient de donner au
Fu
A O UST. 1732. 1801.
Public un COMMENTAIRE sur les Coutumes Generales et Locales du Païs et Duché
de Bourbonnois.
• La lecture de cet Ouvrage serà fort utile , non seulement à ceux qui veulent
s'instruire des dispositions de la Coutume
de Bourbonnois ; mais encore à ceux qui
s'attachent à la Jurisprudence Coutumiere de tout le Royaume. L'Auteur a traité,
avec beaucoup d'érudition et d'ordre les
questions qui naissent de cette Coutume. Il les a proposées à la fin de chaque
article , et a puisé principalement ses réfléxions , tant dans les Ouvrages de Dumoulin , Papon et Potier , qui ont donné des Nottes sur la même Coutume ,
que dans ceux de plusieurs bons Commentaires Manuscrits , et dans les décisions rendues en la Sénéchaussée et
Présidial de Moulins , confirmées par
Parlement.
le
Ce Livre se vend à Paris , chez Cleuzier,
Libraire , au coin de la rue de la Parcheminerie , et chez Lebreton , fils , à l'entrée
du Quai des Augustins , près la, ruë Gistle - Cœur ; chcz Paulus- du-Mesnil , à la
Grande Salle du Palais , et chez Osmond,
Paîné, rue S. Jacques , 2732. 2. volumes
in folio.
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Résumé : Coûtumes Generales de Bourbonne [titre d'après la table]
En 1732, M. l'Abbé Auroux, prêtre et docteur en théologie, ainsi que conseiller-clerc au Présidial de Moulins, a publié un commentaire sur les coutumes générales et locales du pays et duché de Bourbonnois. Cet ouvrage est destiné à ceux qui souhaitent comprendre les dispositions de la coutume de Bourbonnois et la jurisprudence coutumière du royaume. L'auteur aborde les questions relatives à cette coutume avec érudition et ordre, en s'appuyant sur les œuvres de Dumoulin, Papon et Potier, ainsi que sur des commentaires manuscrits et des décisions judiciaires confirmées par le Parlement. Le livre est disponible à Paris en deux volumes in-folio chez plusieurs libraires.
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9729
p. 356-357
Avis aux incredules.
Début :
J'ay déja dit, & je le repete encore que j'ay cru devoir informer [...]
Mots clefs :
Latin, Méditation
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texteReconnaissance textuelle : Avis aux incredules.
Avis aux incredules ...
Fay déja dit , &je le repete
encore que j'aycru devoir informer
le Public que M. l'Abbé Fremy a
demontré à plusieurs sçavans par
voye de Theorie & d'experience ,
qu'une meditation de 15. années
l'avoit enfin conduit à trouver le
Secret d'apprendre le Latin plus
facilement qu'on n'apprend aujourd'huy
la Langue Italienne .
Toutson système ne roulequefur
deux Regles tres- courtes & d'une
execution tres aisée qui convientà
toutsexe & à tout âgefitoft qu'on
fçait lire &un peu écrire ....
La premiereſuffit pour resoudre
les difficultez les plus épineuses
rant à l'égard de la compofition
Latine , que de l'explication des
Auteurs.
GALANT. 357
La deuxième qui ne consiste
qu'en unseul mot ſans exception ,
est utile pour sçavoirſeurement la
quantité des fyllabes longues ou
breves par nature.
Les Perſonnes qui s'interefférontàluy
donnerquelque avis pourront
l'adreſſer à M. Ribou , Marchand
Libraire , qui recevra auſſi
les Lettres dont le port aura esté
payé; c'està l'Image S. Loüis, Quay
des Grands Augustins ..
Fay déja dit , &je le repete
encore que j'aycru devoir informer
le Public que M. l'Abbé Fremy a
demontré à plusieurs sçavans par
voye de Theorie & d'experience ,
qu'une meditation de 15. années
l'avoit enfin conduit à trouver le
Secret d'apprendre le Latin plus
facilement qu'on n'apprend aujourd'huy
la Langue Italienne .
Toutson système ne roulequefur
deux Regles tres- courtes & d'une
execution tres aisée qui convientà
toutsexe & à tout âgefitoft qu'on
fçait lire &un peu écrire ....
La premiereſuffit pour resoudre
les difficultez les plus épineuses
rant à l'égard de la compofition
Latine , que de l'explication des
Auteurs.
GALANT. 357
La deuxième qui ne consiste
qu'en unseul mot ſans exception ,
est utile pour sçavoirſeurement la
quantité des fyllabes longues ou
breves par nature.
Les Perſonnes qui s'interefférontàluy
donnerquelque avis pourront
l'adreſſer à M. Ribou , Marchand
Libraire , qui recevra auſſi
les Lettres dont le port aura esté
payé; c'està l'Image S. Loüis, Quay
des Grands Augustins ..
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Résumé : Avis aux incredules.
L'annonce présente une méthode innovante pour apprendre le latin, élaborée par l'Abbé Fremy après quinze années de réflexion. Cette méthode repose sur deux règles simples et accessibles à tous, à condition de savoir lire et écrire. La première règle facilite la composition latine et l'explication des auteurs. La seconde règle, un seul mot sans exception, permet de déterminer la quantité des syllabes longues ou brèves par nature. Les personnes intéressées peuvent contacter M. Ribou, libraire à l'Image Saint-Louis, Quai des Grands Augustins, pour plus d'informations.
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9730
p. 346-347
Autre Avis essentiel.
Début :
M. de Woolhouse Gentilhomme & Oculiste Anglais qui demeure presentement [...]
Mots clefs :
Oculiste
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texteReconnaissance textuelle : Autre Avis essentiel.
Autre Avis eſſentiel.
M. de WoolhouseGentilhom.
me e Oculiste Anglois qui demeure
presentement au College
de l'Ave Maria , vis à vis le
petit portail de S. Estienne du
Mont prés Sainte Genevieve ,
pratique trente-trois differentes
operations manuelles furlesyeux,
& il remedie par des medicaments
doux , promts ,&furs ,
àtous les autres maux querißables
de la veuë , entre les cent
foixante&treize maladies differentes
qui peuvent attaquer l'oeil.
GALANT. 347
Il donnera a tous ceux qui le
ſouhaiteront une liste des perfonnes
qu'il a gueri à Paris. Il est
àremarquer qu'il auroit efté entierement
impoffible audit fieurde
Woolhouſe de ſçavoir à fonds ,
ces differentes operations ,fi elles
ne luy avoient pas efté démontrées
parfeu M son pere ,fameux
Oculiste : puisqu'il est le
feulenEurope , qui les pratique
toutes. Il a actuellement de fameux
Medecins pour éleves.
M. de WoolhouseGentilhom.
me e Oculiste Anglois qui demeure
presentement au College
de l'Ave Maria , vis à vis le
petit portail de S. Estienne du
Mont prés Sainte Genevieve ,
pratique trente-trois differentes
operations manuelles furlesyeux,
& il remedie par des medicaments
doux , promts ,&furs ,
àtous les autres maux querißables
de la veuë , entre les cent
foixante&treize maladies differentes
qui peuvent attaquer l'oeil.
GALANT. 347
Il donnera a tous ceux qui le
ſouhaiteront une liste des perfonnes
qu'il a gueri à Paris. Il est
àremarquer qu'il auroit efté entierement
impoffible audit fieurde
Woolhouſe de ſçavoir à fonds ,
ces differentes operations ,fi elles
ne luy avoient pas efté démontrées
parfeu M son pere ,fameux
Oculiste : puisqu'il est le
feulenEurope , qui les pratique
toutes. Il a actuellement de fameux
Medecins pour éleves.
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Résumé : Autre Avis essentiel.
M. de Woolhouse, gentilhomme et oculiste anglais, réside au Collège de l'Ave Maria. Il pratique trente-trois opérations oculaires et traite soixante-treize maladies oculaires. Ses traitements sont doux, prompts et efficaces. Il forme des médecins renommés et peut fournir une liste de ses patients guéris à Paris. Ses compétences proviennent de son père, un célèbre oculiste.
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9731
p. 314-315
ENIGME.
Début :
Fille d'un animal belant [...]
Mots clefs :
Chandelle
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
' Ille d'un animal belant
Je suis d'une figure ronde ,
Je n'ai ni pieds, ni mains , et, quoique sans talent,
Je suis utile à tout le monde;
Par une injuste loi du sort
A mon Pere je suis funeste
Je n'existe que par sa mort ;
J'en suis le déplorable resteg Sans
FEVRIER 1732 315 :
Sans -Lettres , sans étude, avec plus d'un Docteur
Je veille quelquefois du soir jusqu'à l'Aurore ;
Mais je perds toute ma splendeur ,
Quand je vois le grand jour éclore ;
Devine qui je suis , benevole Lecteur.
' Ille d'un animal belant
Je suis d'une figure ronde ,
Je n'ai ni pieds, ni mains , et, quoique sans talent,
Je suis utile à tout le monde;
Par une injuste loi du sort
A mon Pere je suis funeste
Je n'existe que par sa mort ;
J'en suis le déplorable resteg Sans
FEVRIER 1732 315 :
Sans -Lettres , sans étude, avec plus d'un Docteur
Je veille quelquefois du soir jusqu'à l'Aurore ;
Mais je perds toute ma splendeur ,
Quand je vois le grand jour éclore ;
Devine qui je suis , benevole Lecteur.
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9732
s. p.
TABLE.
Début :
Mort de Monseigneur la Dauphin, & de Madame la Dauphine. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
$2222255:52S2S52
TABL E.
Mort de Monfeigneur la
Dauphin , & de Madame
la Dauphine.
Memoiresfur ces deux Morts,
45
97
Morts,
Les merveilles de l'oreille tirées
de l'Anatomie comparée, &
des proprietez du bruit &
des fons ,
Lettre d'un Capitaine de Vaiffeau , qui a estéprefent à l'Expedition de Rio-faneiro , 175
Autre Extrait de plufieurs
Lettres particulieres , fur
l'Expedition de Rio-Janeiro,
198
L'Horloge du Sable,
辱
253
TABLE.
Nouvelles ,
Mariage ,
265
80
Les dix-fept Articles de Paix,
propofées par les Plenipotentiaires de France ,
Traduction Nouvelle ,
313
326
Difcours de Madame l'Abbeffe
du Val de Grace,
TABL E.
Mort de Monfeigneur la
Dauphin , & de Madame
la Dauphine.
Memoiresfur ces deux Morts,
45
97
Morts,
Les merveilles de l'oreille tirées
de l'Anatomie comparée, &
des proprietez du bruit &
des fons ,
Lettre d'un Capitaine de Vaiffeau , qui a estéprefent à l'Expedition de Rio-faneiro , 175
Autre Extrait de plufieurs
Lettres particulieres , fur
l'Expedition de Rio-Janeiro,
198
L'Horloge du Sable,
辱
253
TABLE.
Nouvelles ,
Mariage ,
265
80
Les dix-fept Articles de Paix,
propofées par les Plenipotentiaires de France ,
Traduction Nouvelle ,
313
326
Difcours de Madame l'Abbeffe
du Val de Grace,
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Résumé : TABLE.
Le document présente une table des matières incluant des mémoires sur la mort du Dauphin et de la Dauphine, un texte sur l'anatomie de l'oreille, des lettres sur l'expédition de Rio de Janeiro en 1755, un texte intitulé 'L'Horloge du Sable', des nouvelles, un mariage, les 'Dix-sept Articles de Paix' et un discours de Madame l'Abbesse du Val de Grâce.
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9733
p. 150-152
STATUTS DE L'ORDRE DE LA JOYE.
Début :
Frere François réjoüissant, [...]
Mots clefs :
Statuts, Salut, Désirs, Plaisirs, Abondance, Amourette, Misère
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texteReconnaissance textuelle : STATUTS DE L'ORDRE DE LA JOYE.
STATUTS
DE L'ORDRE DE LA JOYE.
ForandMarnFun Ordre Bachique ,
RERE François réjouiffant,
Ordrefameux &floriffant ,
Fondé pour la Santé publique.
ACEUX qui ce préfent Statut
Verront , ou entendront , SALUT.
Comme l'on fait que dans la vie
Chacun au gré de fes défirs
>
LE MERCURE
151
Cherche à fe faire des plaifirs
Selon que fon goût l'y convie.
Nous , qui voyons que nos beaux jours
Et l'hûreux tems de la jeuneſſe,
Fuyent avec tant de viteffe ,
Que rien n'en arrête le cours ;
Et voulans le
que
peu d'années
Qui nous conduisent à la mort ,
Soient tranquiles & fortunées
Malgré les caprices du Sort.
De notre certaine Science
Parmi la joye & l'abondance
Débaraffés de toutfouci,
,
Nous avons dans une Scéance ,
Dreffé les Statuts que voici .
DANS vôtre Augufte COMPAGNIE
Vous ne recevrez que des gens ,
Tous bien buvans & bien mangeans ,
Et qui ménent joyeuſe vie.
Meflez toujours dans vos repas
Les bons mots & les chansonnettes ,
Buvez razade aux Amourettes ;
Mais pourtant , ne vous foulez pas.
Quefi par malheur , quelque Frere
Venoit à perdre fa raifon ,
Prenez pitié de fa mifére
Et le menez dans fa maison.
Pour boire le Jus de la Treille
Servez- vous d'un verre bien net ;
,
152 LE MERCURE
Mais n'embouchez pas , la Bouteille :
Car , je fçai quel en est l'effet.
Je veux que deformais à Table ,
Chacun boive àfa volonté.
Les plaifirs n'ont rien d'agréable™
Qu'autant qu'on a de liberté.
Nefaites jamais violence
A ceux qui refufent du Vin ;
S'ils n'aiment pas ce Jus Divin ,
Ils en font bien la pénitence .
Dans mes Hôtels fi d'avanture ,
Un Frerefalit fes difcours
Par la moindre petite ordure ,
Je l'en bannis pour quinze jours.
Quefi ces peines redoublées
Sur lui ne font aucun effet ,
Toutes les Tables affemblées
Je veux que fon Procès foit fait.
Gardez- vous fur-tout de médire ,
Et lorfque vous ferez en train
De vous divertir & de rire ,
Ménagez toujours le Prochain.
Enfin , quand vous ferez des nôtres
Dans vos befoins fecourez- vous ;
Le plaifir de tous le plus doux
C'eft de faire celui des autres.
DE L'ORDRE DE LA JOYE.
ForandMarnFun Ordre Bachique ,
RERE François réjouiffant,
Ordrefameux &floriffant ,
Fondé pour la Santé publique.
ACEUX qui ce préfent Statut
Verront , ou entendront , SALUT.
Comme l'on fait que dans la vie
Chacun au gré de fes défirs
>
LE MERCURE
151
Cherche à fe faire des plaifirs
Selon que fon goût l'y convie.
Nous , qui voyons que nos beaux jours
Et l'hûreux tems de la jeuneſſe,
Fuyent avec tant de viteffe ,
Que rien n'en arrête le cours ;
Et voulans le
que
peu d'années
Qui nous conduisent à la mort ,
Soient tranquiles & fortunées
Malgré les caprices du Sort.
De notre certaine Science
Parmi la joye & l'abondance
Débaraffés de toutfouci,
,
Nous avons dans une Scéance ,
Dreffé les Statuts que voici .
DANS vôtre Augufte COMPAGNIE
Vous ne recevrez que des gens ,
Tous bien buvans & bien mangeans ,
Et qui ménent joyeuſe vie.
Meflez toujours dans vos repas
Les bons mots & les chansonnettes ,
Buvez razade aux Amourettes ;
Mais pourtant , ne vous foulez pas.
Quefi par malheur , quelque Frere
Venoit à perdre fa raifon ,
Prenez pitié de fa mifére
Et le menez dans fa maison.
Pour boire le Jus de la Treille
Servez- vous d'un verre bien net ;
,
152 LE MERCURE
Mais n'embouchez pas , la Bouteille :
Car , je fçai quel en est l'effet.
Je veux que deformais à Table ,
Chacun boive àfa volonté.
Les plaifirs n'ont rien d'agréable™
Qu'autant qu'on a de liberté.
Nefaites jamais violence
A ceux qui refufent du Vin ;
S'ils n'aiment pas ce Jus Divin ,
Ils en font bien la pénitence .
Dans mes Hôtels fi d'avanture ,
Un Frerefalit fes difcours
Par la moindre petite ordure ,
Je l'en bannis pour quinze jours.
Quefi ces peines redoublées
Sur lui ne font aucun effet ,
Toutes les Tables affemblées
Je veux que fon Procès foit fait.
Gardez- vous fur-tout de médire ,
Et lorfque vous ferez en train
De vous divertir & de rire ,
Ménagez toujours le Prochain.
Enfin , quand vous ferez des nôtres
Dans vos befoins fecourez- vous ;
Le plaifir de tous le plus doux
C'eft de faire celui des autres.
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9734
p. 324-326
AUTRE ENIGME.
Début :
Ma Mere sans douleur m'enfanta dans les Champs, [...]
Mots clefs :
Tabac
9735
p. 346-347
AIR NOUVEAU.
Début :
Voicy encore un Printemps nouveau. / L'Heureux Printemps est de retour, [...]
Mots clefs :
Printemps, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR NOUVEAU.
Voicy encore un Printemps
nouveau.
AIR NOUVEAU.
L'heureux Printemps eft de retour,
Sa douceur infpire l'amour;Son émail enrichit nos vergers &
nos plaines :
Mais tant de beautez tant d'appass
Peuvent- ilsfoulager mes peines ;
Si mon Iris ne m'aime pas.
nouveau.
AIR NOUVEAU.
L'heureux Printemps eft de retour,
Sa douceur infpire l'amour;Son émail enrichit nos vergers &
nos plaines :
Mais tant de beautez tant d'appass
Peuvent- ilsfoulager mes peines ;
Si mon Iris ne m'aime pas.
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9736
p. 342-345
Réponse du Duc d'Albermale. [titre d'après la table]
Début :
Voicy la Réponse que luy fit le Duc d'Albermale, par [...]
Mots clefs :
Duc d'Albermale, Roi Jacques II, Héritier, Ordre, Écussons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse du Duc d'Albermale. [titre d'après la table]
Voicy la Réponse que
luy fit le Duc d'Albermale,
par le mefme Meffager.
Ay
J.My recen voftre Lettre , &
je ne doute pas que vous ne
me traitaffiez bien fi j'étois entre
vos mains; & comme vous vous
eftes donné lapeine de m'appeller
aupres de Vous , celle - cy eft pour
vous fairefçavoir, que je n'ay
jamais efté, ny ne feray jamais
rebelle à mon Roy Jacques 11.
Frere du feu Roy Charles II.
mon tres- cher Maitre & Roy:
Si vous croyez que j'ay tort, &
que vous avez raifon, je ne dou
GALANT 343
te pas que lors que nous nous rem
contrerons la justice de ma Caufe
ne vous convainque . Vous auriez
mieux fait de ne point exciter
de rebellion, & de ne point
engager la Nation à defigrands
Troubles.
ALBERMALE
A lacques La Subfcription eftoit.
-4
Scot , cy-devant Duc de Montmouth.
2 31.0.
Il portoit le nom de Scot,,
parce que c'eftoit celuy de
fa Femmeriche
heritiere , &
Fille d'una Comte d'Ecoffe
Il ne l'avoit épousée qu'à
Ffiiij
344 MERCURE
condition qu'il prendroit
fon nom . Il demeura dans la
Tour tout le 14, & le lende
main il fut degradé de l'Ore
dre de la Jarretiere. En quel
que endroit que l'on execu
te celuy qui s'attire cette in ▲
famie , on le degrade toujours
à Windfors, Maifont a
Royale fur la Tamife, à quins
ze ou vingt milles ab deffuse
de Londres. Tous les Hell
rauts s'y tranſportent , & à
fon de trompe en placebpup
blique , ils jettent par terre
les Armes du Criminel , enle
publiant à haute voix Traitre
GALANT. 345
au Roy à l'Etat . Enfuite ils
relevent les Ecuffons de fes
Armes ; ils les déchirent , &
en jettent les pieces . Il y a
plus de cent ans que l'on
n'avoit dégradé perfonne en "
Angleterre
luy fit le Duc d'Albermale,
par le mefme Meffager.
Ay
J.My recen voftre Lettre , &
je ne doute pas que vous ne
me traitaffiez bien fi j'étois entre
vos mains; & comme vous vous
eftes donné lapeine de m'appeller
aupres de Vous , celle - cy eft pour
vous fairefçavoir, que je n'ay
jamais efté, ny ne feray jamais
rebelle à mon Roy Jacques 11.
Frere du feu Roy Charles II.
mon tres- cher Maitre & Roy:
Si vous croyez que j'ay tort, &
que vous avez raifon, je ne dou
GALANT 343
te pas que lors que nous nous rem
contrerons la justice de ma Caufe
ne vous convainque . Vous auriez
mieux fait de ne point exciter
de rebellion, & de ne point
engager la Nation à defigrands
Troubles.
ALBERMALE
A lacques La Subfcription eftoit.
-4
Scot , cy-devant Duc de Montmouth.
2 31.0.
Il portoit le nom de Scot,,
parce que c'eftoit celuy de
fa Femmeriche
heritiere , &
Fille d'una Comte d'Ecoffe
Il ne l'avoit épousée qu'à
Ffiiij
344 MERCURE
condition qu'il prendroit
fon nom . Il demeura dans la
Tour tout le 14, & le lende
main il fut degradé de l'Ore
dre de la Jarretiere. En quel
que endroit que l'on execu
te celuy qui s'attire cette in ▲
famie , on le degrade toujours
à Windfors, Maifont a
Royale fur la Tamife, à quins
ze ou vingt milles ab deffuse
de Londres. Tous les Hell
rauts s'y tranſportent , & à
fon de trompe en placebpup
blique , ils jettent par terre
les Armes du Criminel , enle
publiant à haute voix Traitre
GALANT. 345
au Roy à l'Etat . Enfuite ils
relevent les Ecuffons de fes
Armes ; ils les déchirent , &
en jettent les pieces . Il y a
plus de cent ans que l'on
n'avoit dégradé perfonne en "
Angleterre
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Résumé : Réponse du Duc d'Albermale. [titre d'après la table]
Le duc d'Albermale répond à une lettre en affirmant sa loyauté envers le roi Jacques II, frère du défunt roi Charles II. Il refuse de se rebeller contre son souverain et critique les incitations à la rébellion et aux troubles nationaux. La lettre est adressée à Jacques Scott, ancien duc de Monmouth. Scott avait épousé une héritière, fille d'un comte d'Écosse, et avait pris son nom en conséquence. Il fut emprisonné à la Tour de Londres et, le lendemain, dégradé de l'Ordre de la Jarretière. La cérémonie de dégradation eut lieu à Windsor, Maidstone ou Royale sur la Tamise, à environ quinze ou vingt milles de Londres. Lors de cette cérémonie, les hérauts jetèrent à terre les armes de Scott et proclamèrent qu'il était traître au roi et à l'État, avant de détruire les écussons de ses armes. Cette procédure n'avait pas été réalisée en Angleterre depuis plus de cent ans.
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9737
p. 31-38
ODE TIRÉE DU PSEAUME 18. Coeli enarrant gloriam, Dei.
Début :
Les Cieux instruisent la terre [...]
Mots clefs :
Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU PSEAUME 18. Coeli enarrant gloriam, Dei.
ODE
,.
TIRE'E DU PSEAUME 18.
Ccclt enarrant. gloriam Det. LEs Cieuxinfiruifent
la terre
A reverer son autheur ; Tout ce que leur globe
i&feçre
Célébré un Dieu Créateur.
Quel plus sublime cantique?
Que le concert magnifique
De tous les celestes corps ?
Quelle grandeur infinie!
Quelle divineharmonie
Resulte de leurs accords!
De sa puissànce immortelle
Tout parle, tout nous
instruit
; Le jour au jour lerevele,
La nuit l'annonce à la
nuit.
Ce grand & superbe ouvrage
N'est point pour l'homme
un langage
Obscur & mysterieux;
Son admirable firuéture
Est la voix de la. nature
Qui se fait entendre aux
yeux.
Dans une éclatante voûte
Il a placé de ses mains,
Le Soleil qui dans sa route
Eclaire tous les humains,
Environné de lumiere
Il entre dans sa carrière
Comme un époux glorieux
Qui dés, l'Aube matinale
De sa couche nuptiale
Sort brillant & radieux,
L'Univers à sa prelènce
Semblesortir du néant:
Il prend sa course
, ils'avance
Commeun superbe Géant:
Bidentostésa m'archie fécon- Embrassè le tour du monde
Dans le cercle qu'il décrit,
& par sa chaleur puissante
La Nature languissànte
Se ranime & se nourrit.
0 ! que tes oeuvres font
belles,
Grand Dieu! quels font
ces bienfaits,
Que ceux qui te sont fideles
Sous ton joug trouvent
d'attraits!
Ta crainte inspire la joye>
EMe assure nostre voye,
Elle nous rend trionv
phans,
Elle éclaire la jeunesse , Et fait brillerlasagesse
Dans les plus foibles ensans.
Soutiens ma foy chancelante,
Dieu puissant, infpiresmoy
Cette crainte vigilante,
Qui fait pratiquer ta loy :
Loy sainte, loy desirable
> Ta richesse est préferable
A la richesse de l'or,
Et ta douceur est pareille
Au miel dont la jeune
Abeille
Compose son cher trésor.
Mais sans tes clartez (àcrées
Qui peut connoistre,Seigneur,
Les foiblesses égarées
Dans les replis de son
coeur:
Prestes-moy tesfeux propices
Viens m'aider à fuïr les
vices
Qui s'attachent à mes pas;
Viens consumer par ta
flâme
Ceux que je vois dans
mon ame, Et ceux que je n'y vois
pas.
Si de leur cruel empire
Tu viens dégager mes.
sens,
Si tu daignes me sourire
Mes jours feront innocens;
—
J'iray puiser sur ta trace
Dans les sources de la
grâce,
Et de ses eaux abreuvé
Ma gloire fera connoistre
Que le Dieu qui m'a fait
naistre
Est le Dieu qui m'a fauve.
,.
TIRE'E DU PSEAUME 18.
Ccclt enarrant. gloriam Det. LEs Cieuxinfiruifent
la terre
A reverer son autheur ; Tout ce que leur globe
i&feçre
Célébré un Dieu Créateur.
Quel plus sublime cantique?
Que le concert magnifique
De tous les celestes corps ?
Quelle grandeur infinie!
Quelle divineharmonie
Resulte de leurs accords!
De sa puissànce immortelle
Tout parle, tout nous
instruit
; Le jour au jour lerevele,
La nuit l'annonce à la
nuit.
Ce grand & superbe ouvrage
N'est point pour l'homme
un langage
Obscur & mysterieux;
Son admirable firuéture
Est la voix de la. nature
Qui se fait entendre aux
yeux.
Dans une éclatante voûte
Il a placé de ses mains,
Le Soleil qui dans sa route
Eclaire tous les humains,
Environné de lumiere
Il entre dans sa carrière
Comme un époux glorieux
Qui dés, l'Aube matinale
De sa couche nuptiale
Sort brillant & radieux,
L'Univers à sa prelènce
Semblesortir du néant:
Il prend sa course
, ils'avance
Commeun superbe Géant:
Bidentostésa m'archie fécon- Embrassè le tour du monde
Dans le cercle qu'il décrit,
& par sa chaleur puissante
La Nature languissànte
Se ranime & se nourrit.
0 ! que tes oeuvres font
belles,
Grand Dieu! quels font
ces bienfaits,
Que ceux qui te sont fideles
Sous ton joug trouvent
d'attraits!
Ta crainte inspire la joye>
EMe assure nostre voye,
Elle nous rend trionv
phans,
Elle éclaire la jeunesse , Et fait brillerlasagesse
Dans les plus foibles ensans.
Soutiens ma foy chancelante,
Dieu puissant, infpiresmoy
Cette crainte vigilante,
Qui fait pratiquer ta loy :
Loy sainte, loy desirable
> Ta richesse est préferable
A la richesse de l'or,
Et ta douceur est pareille
Au miel dont la jeune
Abeille
Compose son cher trésor.
Mais sans tes clartez (àcrées
Qui peut connoistre,Seigneur,
Les foiblesses égarées
Dans les replis de son
coeur:
Prestes-moy tesfeux propices
Viens m'aider à fuïr les
vices
Qui s'attachent à mes pas;
Viens consumer par ta
flâme
Ceux que je vois dans
mon ame, Et ceux que je n'y vois
pas.
Si de leur cruel empire
Tu viens dégager mes.
sens,
Si tu daignes me sourire
Mes jours feront innocens;
—
J'iray puiser sur ta trace
Dans les sources de la
grâce,
Et de ses eaux abreuvé
Ma gloire fera connoistre
Que le Dieu qui m'a fait
naistre
Est le Dieu qui m'a fauve.
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Résumé : ODE TIRÉE DU PSEAUME 18. Coeli enarrant gloriam, Dei.
Le poème célèbre la gloire de Dieu à travers la contemplation de la nature et des cieux. Les cieux et la terre révèrent leur créateur, et les corps célestes forment un concert harmonieux révélant la grandeur divine. Chaque jour et chaque nuit manifestent la puissance immortelle de Dieu, qui parle clairement à travers la nature. Le Soleil, placé par Dieu, éclaire et ranime la nature par sa chaleur. Les œuvres de Dieu sont décrites comme belles et ses bienfaits comme attrayants. La crainte de Dieu inspire la joie, assure la voie, rend triomphant, éclaire la jeunesse et fait briller la sagesse. Le poète demande à Dieu de soutenir sa foi et d'inspirer en lui une crainte vigilante pour pratiquer la loi divine. Il préfère la richesse spirituelle à celle de l'or et reconnaît l'incapacité humaine à connaître ses propres faiblesses sans l'aide divine. Il demande à Dieu de l'aider à fuir les vices et à purifier son âme. Si Dieu le délivre des vices et lui sourit, ses jours seront innocents. Il aspire à puiser dans les sources de la grâce pour témoigner de la gloire de Dieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9738
p. 128-137
EPITRE A LA PARESSE, PAR MADEMOISELLE DU LUC.
Début :
J'espere que la Piéce suivante, quoiqu'un peu longue, ne le / Soeur du repos, nonchalante Déesse, [...]
Mots clefs :
Déesse, Paresse, Charmes, Autel, Art, Sentences, Rimes, Bonheur, Concorde, Avarice, Orgueil, Philosophie, Culte
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE A LA PARESSE, PAR MADEMOISELLE DU LUC.
j'efpere que la Piéce ſuivante ,
quoiqu'un peu longue,ne le paroîtra
pas à tout Lecteur qui favorife la
Pareffe : L'Apologie que Mademoifelle
du Luc fait de cette vertu
*femble autorifer cette forte de Paraoxe
; d'ailleurs , c'est l'ouvrage
d'une Mufe , il faudroit être de fort
mauvaiſe humeur, pour ne pas rendre
justice au mérite de ce petit
Poëme.
DE MAY. 129
EPITRE
A LA PARESSE ,
PAR MADEMOISELLE DU LUC.
Oeur du repos, nonchalate Déeffe,
Plaifir parfait,féduifantePareffe;
Divinité , dont les charmes puiffans
N'ont plus d'Autels , acceptez mon
encens.
Puiffe Apollon , affranchir mes pensées
De tours gênés, d'expreffions forcées.
Dans un Ouvrage à vous - même
adreffé ;
Sens , Rime , il faut que tout ſoit
enchaffé,
Sans aucun Art ; il faut que rien
ne Sente
Les dures Loix de la Rime gênante.
Je veux bannir tout ce vain attirail
De mots guindez , qu'enfante le travail
;
勵
Sur tout , je haïs ces nombreuſes
paroles ,
130 LE MERCURE
Qui décorans des Sentences frivoles
Par le fecours de leurs fons enchanteurs
,
Sçavent charmerlesftupides Lecteurs.
Je ne veux point que l'ampere manie ,
De la Cefure , arrête mon génie ;
Ni que jamais on puiſſe ſupputer
Combien d'efforts mes Vers m'ont pú
coûter :
Si fous mes Loix, la rime obéiſſante,
Amon efprit dabord ne ſe préſente,
Je laffe l'oeuvre, & par de vains
détours
,
Je ne vais point implorer fon fecours.
J'aime à rimer, mais je fuis paref-
Sense,
Et vos plaifirs fçavent me rendre
beureufe :
Or , commençons. Pareffe à qui mon
coeur :
Doit tous les biens dont il eft poffeffeur.
O ! que ne peut revenir chez les
hommes ,
Pour le bonheur de tous tant que
nous sommes ,
CeTems heureux , où l'on ne connoiffoit
DE MAY. 131
D'autres plaifirs que ceux qu'on vous
devoit
Lorfque jadis foigneux de fuir la
peine,
L'homme fuivant une route incertaine
,
Vivoit des fruits qu'il trouvoit fons
fes pas ;
Du lendemain ne s'embaraffoit pas ,
Et n'admettant ni bornės , ni partage ;
Du monde entierfaifoit fon heritage.
Sans fe laiffer folement agiter,
D'un avenir qu'on ne peut éviter:
Telle de l'Homme étoit alors la vie :
Digne en effet de donner de l'envie
A tous les Dieux: auſſi, bien - tôtjaloux
De fe trouver moins fortunez que
nous i
Etconnoiffant O divine Pareffe !
Que vous étiez la fource enchantereffe
De nos plaifirs , ils conclurent entr'eux
Devous ôter aux Mortels trop hûreux.
Il leur fembloit cependant impoſſible ,
Qu'onputjamais de vôtre jong paifible
Les dégager , quel bien leur propoſer
132
LE MERCURE
Qui les féduife ? iront-ils s'abufer
jufqu'à cepoint , & fur notre parole,
Courir aprés une trompeuſe Idole
De faux plaifirs ; quand du matin
aufoir
Pour être hûreux , ils n'ont qu'à le
vouloir.
, L'affaire fut avec poids agitée
Mainte raifon fut ditte & rejettée z
Ils difputoient dans le Confeil Divin
>
Sans aucun fruit , quand Jupiter
Soudain
Imagina d'envoyerfur la Terre
Les Paffions , vous déclarer la Guerre.
On applaudit , & pour notre malheur
,
Cefage avis fut trouvé le meilleur.
Au même inftant l'Avarice entourée
Des noirs foucis , dont elle est déchirée
,
Vint parmi nous , & fon aſpect hideux
Chaffa la Paix , la Concorde & les .
Jeux .
Son front d'abord ofa de la Prudence
,
Brendre
DE MAY.
133
Prendre le mafque , &ſous cette apparence,
Pourles corrompre aux mortels étonnez;
Elle prêchoit ces Dogmes erronneZ,
Pauvres humains , espéce infortunée
Pouvez-vous bien vivre au jour la
journée ,
Ne rien avoir & ne rien réſerver :
Si par malheur il alloit arriver ,
Que de l'hiver l'extreme violence
De vos moiffons confondit l'espérance ,
On que l'Etépar fon aridité
Séchat vos fruits prefqu'en maturité.
Que feriez-vous ? la misére effroyable,
Avec fa foeur la Faim infatiable
Se háteroit bien-tôt de vous punir ,
D'avoir ofé négliger l'avenir ;
·Il vient à vous , & le préfent frivole,
Comme un éclair, difparoit s'envole .
Tels étoient donc les difcours fédu-
&teurs ,
Dont l'Avarice empoifonna les coeurs .
Chacun la crut , & de trésors avides
L'homme devint ingrat , dur & perfide
;
May 1717.
M
234 LE MERCURE
1
N'étantjamais affés riche à songré :
De foins cuifans fans ceffe dévoré,
Pour amaffer ; l'Injustice , le Crime,
Tout en un mot lui parut légitime.
Trop aveuglé defa coupable Erreur ,
De vôtreCulte il eut bien- tôt horreur;
Et vainement la fage expérience
Luipromettoit laPaix & l'Innocence:
Sous votre Empire , il perdit pour jamais
,
En vous quittant l'Innocence & la
Paix ;
Mais cependant , malgré l'horrible
Guerre ,
Que vous livroit ce monftre fur la
Terre ,
Il vous reftoit des aziles hûreux :
Et quelques coeurs lents à brifer vos.
nænds
Suivoient vos Loix ; lorfque pour les
détruire ,
On vit les Dieux d'autres Monftres
produire :
L'Ambition aux Défirs effrénés
Et la Colere aux projets forcenés ,
La volupté , de remords poursuivie ,
La Vanité , la Vengeance , l'Envie ,
DE MAY.
135
La Trabifon , l'Orgueil , la Cruauté,
L'Amour , la Haine & l'Infidélité
Vinrent en foule établir leurs Maximes.
L'une , enfeignoit l'utilité des Crimes ,
L'autre , l'oubli des Devoirs les plas
faints i
Une autre enfin , forma les Affaffins ,
Et pour jamais fous le jong redontable
DesPaffions, plia l'Homme coupable:
De leurs tranfports Efclave infortЯné
,
A les fervir il fe vit condamné.
Ce fut alors,qu'avec pleine Puiffance ,
On vit regner le Trouble & la Licence
:
On renverfa vos tranquils Autels ,
On vous bannit , &parmi les Mortels
On vous nomma Vice d'Esprit , Moleffe
,
Foibleffe d' Ame, écueil de la Sageſſe ,
Foifon des cours. Il est bien vrai qu'-
on vit
Depuis ce tems , votre culte en crédit,
Quechez les Grecs , de fameux per-
Sonnages
Mij
836 LE MECURE
Qu'on réveroit , & qu'on appeloit
Sages ,
Qui font encor estimez parmi nous ,
Pour être hûreux , ne chercherent que
vous.
Que fous le nom de la Philofophie ,
Par leurs fecours vous futes rétablie.
Ils enfeignoient à braver la fureur
Des Paffions , à trouver le bonheur
Dans le repos & dans l'indépendance:
Du Fréjugé , pere de l'Ignorance ,
Is méprifoientlefantome orgueilleux.
Mais , quand on vit ces Sages pareffeux
Des Paffions Ennemis implacables ,
Ne mettre au rang des biens vrais &
durables ,
Et ne chercher d'autre félicité ,
Que les douceurs de la tranquilité ;
Toutd'une voix , comme une Erreur
fatale ,
·
On abjuraleur nouvelle Morale :
E pourjamais l'aveugle Opinion
Ofa flétrir vos Loix vôtre Nom.
Moi-même hélas ! par elleprévenue,
Combien de fois vous a:-je combatuë-?
Vous m'enchantiez & cependant
mon coeur
>
DE MAY. 137
Nofoit alors vous devoirfon bonheur,
Mais aujourd'hui que la raifon m'éi
claire,
Je viens vous rendre un Culte volontaire
:
Douce pareffe , azile des plaifirs ,
Divinitéfi chere à mes défirs ,
En acceptant aujourd'hui mon hommage
,
De ma raifon fongez qu'il est l'ouvrage.
quoiqu'un peu longue,ne le paroîtra
pas à tout Lecteur qui favorife la
Pareffe : L'Apologie que Mademoifelle
du Luc fait de cette vertu
*femble autorifer cette forte de Paraoxe
; d'ailleurs , c'est l'ouvrage
d'une Mufe , il faudroit être de fort
mauvaiſe humeur, pour ne pas rendre
justice au mérite de ce petit
Poëme.
DE MAY. 129
EPITRE
A LA PARESSE ,
PAR MADEMOISELLE DU LUC.
Oeur du repos, nonchalate Déeffe,
Plaifir parfait,féduifantePareffe;
Divinité , dont les charmes puiffans
N'ont plus d'Autels , acceptez mon
encens.
Puiffe Apollon , affranchir mes pensées
De tours gênés, d'expreffions forcées.
Dans un Ouvrage à vous - même
adreffé ;
Sens , Rime , il faut que tout ſoit
enchaffé,
Sans aucun Art ; il faut que rien
ne Sente
Les dures Loix de la Rime gênante.
Je veux bannir tout ce vain attirail
De mots guindez , qu'enfante le travail
;
勵
Sur tout , je haïs ces nombreuſes
paroles ,
130 LE MERCURE
Qui décorans des Sentences frivoles
Par le fecours de leurs fons enchanteurs
,
Sçavent charmerlesftupides Lecteurs.
Je ne veux point que l'ampere manie ,
De la Cefure , arrête mon génie ;
Ni que jamais on puiſſe ſupputer
Combien d'efforts mes Vers m'ont pú
coûter :
Si fous mes Loix, la rime obéiſſante,
Amon efprit dabord ne ſe préſente,
Je laffe l'oeuvre, & par de vains
détours
,
Je ne vais point implorer fon fecours.
J'aime à rimer, mais je fuis paref-
Sense,
Et vos plaifirs fçavent me rendre
beureufe :
Or , commençons. Pareffe à qui mon
coeur :
Doit tous les biens dont il eft poffeffeur.
O ! que ne peut revenir chez les
hommes ,
Pour le bonheur de tous tant que
nous sommes ,
CeTems heureux , où l'on ne connoiffoit
DE MAY. 131
D'autres plaifirs que ceux qu'on vous
devoit
Lorfque jadis foigneux de fuir la
peine,
L'homme fuivant une route incertaine
,
Vivoit des fruits qu'il trouvoit fons
fes pas ;
Du lendemain ne s'embaraffoit pas ,
Et n'admettant ni bornės , ni partage ;
Du monde entierfaifoit fon heritage.
Sans fe laiffer folement agiter,
D'un avenir qu'on ne peut éviter:
Telle de l'Homme étoit alors la vie :
Digne en effet de donner de l'envie
A tous les Dieux: auſſi, bien - tôtjaloux
De fe trouver moins fortunez que
nous i
Etconnoiffant O divine Pareffe !
Que vous étiez la fource enchantereffe
De nos plaifirs , ils conclurent entr'eux
Devous ôter aux Mortels trop hûreux.
Il leur fembloit cependant impoſſible ,
Qu'onputjamais de vôtre jong paifible
Les dégager , quel bien leur propoſer
132
LE MERCURE
Qui les féduife ? iront-ils s'abufer
jufqu'à cepoint , & fur notre parole,
Courir aprés une trompeuſe Idole
De faux plaifirs ; quand du matin
aufoir
Pour être hûreux , ils n'ont qu'à le
vouloir.
, L'affaire fut avec poids agitée
Mainte raifon fut ditte & rejettée z
Ils difputoient dans le Confeil Divin
>
Sans aucun fruit , quand Jupiter
Soudain
Imagina d'envoyerfur la Terre
Les Paffions , vous déclarer la Guerre.
On applaudit , & pour notre malheur
,
Cefage avis fut trouvé le meilleur.
Au même inftant l'Avarice entourée
Des noirs foucis , dont elle est déchirée
,
Vint parmi nous , & fon aſpect hideux
Chaffa la Paix , la Concorde & les .
Jeux .
Son front d'abord ofa de la Prudence
,
Brendre
DE MAY.
133
Prendre le mafque , &ſous cette apparence,
Pourles corrompre aux mortels étonnez;
Elle prêchoit ces Dogmes erronneZ,
Pauvres humains , espéce infortunée
Pouvez-vous bien vivre au jour la
journée ,
Ne rien avoir & ne rien réſerver :
Si par malheur il alloit arriver ,
Que de l'hiver l'extreme violence
De vos moiffons confondit l'espérance ,
On que l'Etépar fon aridité
Séchat vos fruits prefqu'en maturité.
Que feriez-vous ? la misére effroyable,
Avec fa foeur la Faim infatiable
Se háteroit bien-tôt de vous punir ,
D'avoir ofé négliger l'avenir ;
·Il vient à vous , & le préfent frivole,
Comme un éclair, difparoit s'envole .
Tels étoient donc les difcours fédu-
&teurs ,
Dont l'Avarice empoifonna les coeurs .
Chacun la crut , & de trésors avides
L'homme devint ingrat , dur & perfide
;
May 1717.
M
234 LE MERCURE
1
N'étantjamais affés riche à songré :
De foins cuifans fans ceffe dévoré,
Pour amaffer ; l'Injustice , le Crime,
Tout en un mot lui parut légitime.
Trop aveuglé defa coupable Erreur ,
De vôtreCulte il eut bien- tôt horreur;
Et vainement la fage expérience
Luipromettoit laPaix & l'Innocence:
Sous votre Empire , il perdit pour jamais
,
En vous quittant l'Innocence & la
Paix ;
Mais cependant , malgré l'horrible
Guerre ,
Que vous livroit ce monftre fur la
Terre ,
Il vous reftoit des aziles hûreux :
Et quelques coeurs lents à brifer vos.
nænds
Suivoient vos Loix ; lorfque pour les
détruire ,
On vit les Dieux d'autres Monftres
produire :
L'Ambition aux Défirs effrénés
Et la Colere aux projets forcenés ,
La volupté , de remords poursuivie ,
La Vanité , la Vengeance , l'Envie ,
DE MAY.
135
La Trabifon , l'Orgueil , la Cruauté,
L'Amour , la Haine & l'Infidélité
Vinrent en foule établir leurs Maximes.
L'une , enfeignoit l'utilité des Crimes ,
L'autre , l'oubli des Devoirs les plas
faints i
Une autre enfin , forma les Affaffins ,
Et pour jamais fous le jong redontable
DesPaffions, plia l'Homme coupable:
De leurs tranfports Efclave infortЯné
,
A les fervir il fe vit condamné.
Ce fut alors,qu'avec pleine Puiffance ,
On vit regner le Trouble & la Licence
:
On renverfa vos tranquils Autels ,
On vous bannit , &parmi les Mortels
On vous nomma Vice d'Esprit , Moleffe
,
Foibleffe d' Ame, écueil de la Sageſſe ,
Foifon des cours. Il est bien vrai qu'-
on vit
Depuis ce tems , votre culte en crédit,
Quechez les Grecs , de fameux per-
Sonnages
Mij
836 LE MECURE
Qu'on réveroit , & qu'on appeloit
Sages ,
Qui font encor estimez parmi nous ,
Pour être hûreux , ne chercherent que
vous.
Que fous le nom de la Philofophie ,
Par leurs fecours vous futes rétablie.
Ils enfeignoient à braver la fureur
Des Paffions , à trouver le bonheur
Dans le repos & dans l'indépendance:
Du Fréjugé , pere de l'Ignorance ,
Is méprifoientlefantome orgueilleux.
Mais , quand on vit ces Sages pareffeux
Des Paffions Ennemis implacables ,
Ne mettre au rang des biens vrais &
durables ,
Et ne chercher d'autre félicité ,
Que les douceurs de la tranquilité ;
Toutd'une voix , comme une Erreur
fatale ,
·
On abjuraleur nouvelle Morale :
E pourjamais l'aveugle Opinion
Ofa flétrir vos Loix vôtre Nom.
Moi-même hélas ! par elleprévenue,
Combien de fois vous a:-je combatuë-?
Vous m'enchantiez & cependant
mon coeur
>
DE MAY. 137
Nofoit alors vous devoirfon bonheur,
Mais aujourd'hui que la raifon m'éi
claire,
Je viens vous rendre un Culte volontaire
:
Douce pareffe , azile des plaifirs ,
Divinitéfi chere à mes défirs ,
En acceptant aujourd'hui mon hommage
,
De ma raifon fongez qu'il est l'ouvrage.
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9739
s. p.
APPROBATION.
Début :
J'ay lû par ordre Monseigneur le Chancellier, le Mercure [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATIONN:
J A'Y lû par ordre Monseigneur
le Chancellier,le
Mercure Galant des mois de
Decembre& deJanvier derniers.
A Paris ce 30. Janvier
17l1.., .:
CAPON.
J A'Y lû par ordre Monseigneur
le Chancellier,le
Mercure Galant des mois de
Decembre& deJanvier derniers.
A Paris ce 30. Janvier
17l1.., .:
CAPON.
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9740
p. 753
Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Début :
On a mis en vente chez la Veuve Chereau, ruë S. Jacques, aux deux Pilliers d'or, et chez [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
On a mis en vente chez la Veuve Chereau
ruë S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , et chez
Surrugues , Graveur du Roy , rue des Noyers ,
deux Estampes nouvellement gravées d'après les
Tableaux de feu Antoine Watteau , Peintre Flamand
, de l'Académie Royale de Peinture et de
Sculpture.
On trouve aussi chez les mêmes toute la Suite.
des Estampes gravées d'après les Tableaux et.
Desseins de ce charmant Peintre .
Les deux Estampes que nous annonçons , sont
gravées en large par les sieurs Fessard et Aubert ,-
de la même grandeur des Originaux , qui sont
dans le Cabinet de M. Morel , Banquier ; l'une
est intitulée les Enfans de Bacchus , et l'autre ,
Fête au Dieu Pan . Paysages.
ruë S. Jacques , aux deux Pilliers d'or , et chez
Surrugues , Graveur du Roy , rue des Noyers ,
deux Estampes nouvellement gravées d'après les
Tableaux de feu Antoine Watteau , Peintre Flamand
, de l'Académie Royale de Peinture et de
Sculpture.
On trouve aussi chez les mêmes toute la Suite.
des Estampes gravées d'après les Tableaux et.
Desseins de ce charmant Peintre .
Les deux Estampes que nous annonçons , sont
gravées en large par les sieurs Fessard et Aubert ,-
de la même grandeur des Originaux , qui sont
dans le Cabinet de M. Morel , Banquier ; l'une
est intitulée les Enfans de Bacchus , et l'autre ,
Fête au Dieu Pan . Paysages.
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Résumé : Nouvelles Estampes, [titre d'après la table]
Deux estampes gravées d'après les tableaux d'Antoine Watteau, peintre flamand et membre de l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, sont en vente. Intitulées 'Les Enfants de Bacchus' et 'Fête au Dieu Pan', elles sont disponibles chez la Veuve Chereau et Surrugues. Ces estampes sont en grand format et de la même taille que les originaux de M. Morel. Les vendeurs proposent également l'ensemble des estampes gravées d'après les œuvres de Watteau.
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9741
p. 348
Remerciement du même à Mr l'Abbé de Trianon, qui luy avoit envoyé une belle & bonne voye de bois. [titre d'après la table]
Début :
Je croyois mon honneur perdu, [...]
Mots clefs :
Bois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Remerciement du même à Mr l'Abbé de Trianon, qui luy avoit envoyé une belle & bonne voye de bois. [titre d'après la table]
Je croyois mon honneurperdu,
: Abbé vous me l'avez rendu.
J'en dois par toutfairetrophée
Oüy,puisquepar leurs fotts & ma
lyre & ma voix
Aujourd'huy dans ma Cave tlttj
rent vôtre bois9
Jepuis hicfJ, grace à vous, map~
pellerun orphée.
: Abbé vous me l'avez rendu.
J'en dois par toutfairetrophée
Oüy,puisquepar leurs fotts & ma
lyre & ma voix
Aujourd'huy dans ma Cave tlttj
rent vôtre bois9
Jepuis hicfJ, grace à vous, map~
pellerun orphée.
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9742
p. 2661
DEUXIÈME ENIGME.
Début :
Sans crainte & sans effroi tout à coup j'obscurcis, [...]
Mots clefs :
Mouchettes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DEUXIÈME ENIGME.
DEUXIE'ME ENIGME.
Ans crainte & fans effroi tout à coup
j'obscurcis ,
S Ans
La chofe la plus claire & la moins inconnuë ,
Mais en l'obfcurciffant toûjours je l'éclaircis ,
Et l'augmente toûjours quand je la diminuë,
Ans crainte & fans effroi tout à coup
j'obscurcis ,
S Ans
La chofe la plus claire & la moins inconnuë ,
Mais en l'obfcurciffant toûjours je l'éclaircis ,
Et l'augmente toûjours quand je la diminuë,
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9743
p. 753-754
« On donne avis au Public, que l'on grave actuellement les Quatre Saisons, qui sont dans le [...] »
Début :
On donne avis au Public, que l'on grave actuellement les Quatre Saisons, qui sont dans le [...]
Mots clefs :
Voix, Quatre saisons, Mercure, Musique, Symphonie, M. Villeneuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On donne avis au Public, que l'on grave actuellement les Quatre Saisons, qui sont dans le [...] »
On donne avis au Public , que l'on grave
tuellement les Quatre Saisons , qui sont dans le
Mercure du mois de Février dernier , lesquelles.
ont été mises en Musique par M. Villeneuve ,
Auteur de la Pastorale Héroïque , intitulée ,
la
Princesse d'Elide , représentée avec succès par
l'Académie Royale de Musique en 1728. et dè.
plusieurs autres Ouvrages , comme Leçons de
Tenebres à voix seule , et le Miserere , avec six.
Motets à une et deux voix , sans Symphonie. Un
Concert Spirituel à plusieurs voix , à grand
Choeur , avec Symphonie ; dédié et chanté devant
la Reine . Le Voyage de Cythere , Cantate
à voix seule , avec Symphonie. Deux OEuvres de
Sonates pour la Flute ou le Violon , intitulées ,
Conversations. Une Méthode très- courte pour
apprendre la Musique, avec la propreté du Chant,
laquelle est très-intelligible aux Enfans même.
Il espere donner incessamment les Quatre
Saisons
754 MERCURE
DE FRANCE
Saisons , dont il a donné lui -même le Plan à
l'Aureur des Paroles , qu'on lit dans le Mercure.
tuellement les Quatre Saisons , qui sont dans le
Mercure du mois de Février dernier , lesquelles.
ont été mises en Musique par M. Villeneuve ,
Auteur de la Pastorale Héroïque , intitulée ,
la
Princesse d'Elide , représentée avec succès par
l'Académie Royale de Musique en 1728. et dè.
plusieurs autres Ouvrages , comme Leçons de
Tenebres à voix seule , et le Miserere , avec six.
Motets à une et deux voix , sans Symphonie. Un
Concert Spirituel à plusieurs voix , à grand
Choeur , avec Symphonie ; dédié et chanté devant
la Reine . Le Voyage de Cythere , Cantate
à voix seule , avec Symphonie. Deux OEuvres de
Sonates pour la Flute ou le Violon , intitulées ,
Conversations. Une Méthode très- courte pour
apprendre la Musique, avec la propreté du Chant,
laquelle est très-intelligible aux Enfans même.
Il espere donner incessamment les Quatre
Saisons
754 MERCURE
DE FRANCE
Saisons , dont il a donné lui -même le Plan à
l'Aureur des Paroles , qu'on lit dans le Mercure.
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Résumé : « On donne avis au Public, que l'on grave actuellement les Quatre Saisons, qui sont dans le [...] »
Le texte annonce la prochaine gravure des 'Quatre Saisons', dont les paroles ont été publiées dans le Mercure de février. Ces œuvres ont été composées par M. Villeneuve, célèbre pour sa pastorale héroïque 'La Princesse d'Elide', représentée avec succès par l'Académie Royale de Musique en 1728. Villeneuve est également l'auteur de plusieurs autres compositions musicales, incluant des 'Leçons de Ténèbres' à voix seule, un 'Miserere' avec six motets, un 'Concert Spirituel' dédié et chanté devant la Reine, la cantate 'Le Voyage de Cythère', des sonates pour flûte ou violon intitulées 'Conversations', et une méthode pour apprendre la musique adaptée aux enfants. Villeneuve a fourni le plan des 'Quatre Saisons' à l'auteur des paroles, publiées dans le Mercure.
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9744
p. 2155-2156
ENIGME.
Début :
Nous sommes vingt, tous de même âge, [...]
Mots clefs :
Doigts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Ous sommes vingt, tous de même âge,
Divisez en quatre Quartiers ,
Aux plantes attachez souvent en esclavage
Moitié de nous sont Prisonniers ,
Et telle est nôtre destinée ;
Que c'est par nôtre autre moitié
Que nous sommes logez en prison sans pitié :
Pendant tous les jours de l'Année ;
E vj
11
2156 MERCURE DE FRANCE
Il est vrai que pendant les Nuits ,
De nos Cachots étant sortis ,
On nous laisse jouir aux heures ordinaires
Des mêmes libertez dont jouissent nos freres.
AS. Vallery.
Ous sommes vingt, tous de même âge,
Divisez en quatre Quartiers ,
Aux plantes attachez souvent en esclavage
Moitié de nous sont Prisonniers ,
Et telle est nôtre destinée ;
Que c'est par nôtre autre moitié
Que nous sommes logez en prison sans pitié :
Pendant tous les jours de l'Année ;
E vj
11
2156 MERCURE DE FRANCE
Il est vrai que pendant les Nuits ,
De nos Cachots étant sortis ,
On nous laisse jouir aux heures ordinaires
Des mêmes libertez dont jouissent nos freres.
AS. Vallery.
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9746
p. 357-358
Autre Avis.
Début :
Le sieur Pelletier, Maître Tailleur d'habits, s'est avisé d'un expedient [...]
Mots clefs :
Tailleur, Habits
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texteReconnaissance textuelle : Autre Avis.
Autre Avis ..
Le ficur Pelletier , MaîtreTailleur
d'habits , s'est avisé d'un expedient
utile , commode , & gascon
, commeje l'ay déja dit ; il a
feul le secret de faire des habits
Lans envers , habits doubles , ou
portants leurs furtouts , de quelque
maniere qu'on les puiſſefou358
MERCURE
haiter. Sa demeure est ruës. Martin
, cul-de-facS. Fiacre , chez M.
Caboche , Marchand Chapelier ,
vis-à-vis S.Mederic..
Le ficur Pelletier , MaîtreTailleur
d'habits , s'est avisé d'un expedient
utile , commode , & gascon
, commeje l'ay déja dit ; il a
feul le secret de faire des habits
Lans envers , habits doubles , ou
portants leurs furtouts , de quelque
maniere qu'on les puiſſefou358
MERCURE
haiter. Sa demeure est ruës. Martin
, cul-de-facS. Fiacre , chez M.
Caboche , Marchand Chapelier ,
vis-à-vis S.Mederic..
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9747
p. 347-348
Autre
Début :
Mademoiselle de Rezé demeurant ruë de la Comédie chez un [...]
Mots clefs :
Docteurs en médecine de la faculté de Paris, Goutte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre
Autre
Mademoiselle deRezé demeurant
ruë de laComedie chez un
Perruquier au ſecond , approuvéedes
Docteurs en Medecinela
348 MERCURE
.
Faculté de Paris donne un remede
composé de Simples ,qui
guerit &prſerve de la goute
d'une maniere fort aisée Sans
aucun danger Elle guerit auffi
avec un Beaume ſpecifique tous
les maux de dents pour toujours,
quelques gateés qu'elles forent ,
les conſerve , affermit celles qui
branlent , les blanchit. Elle
ades Boutons composez pour les
fluxions, maux de teste , migraine
&qui prefervent du mauvais air.
Mademoiselle deRezé demeurant
ruë de laComedie chez un
Perruquier au ſecond , approuvéedes
Docteurs en Medecinela
348 MERCURE
.
Faculté de Paris donne un remede
composé de Simples ,qui
guerit &prſerve de la goute
d'une maniere fort aisée Sans
aucun danger Elle guerit auffi
avec un Beaume ſpecifique tous
les maux de dents pour toujours,
quelques gateés qu'elles forent ,
les conſerve , affermit celles qui
branlent , les blanchit. Elle
ades Boutons composez pour les
fluxions, maux de teste , migraine
&qui prefervent du mauvais air.
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Résumé : Autre
Mademoiselle de Rezé, résidant rue de la Comédie, propose un remède approuvé par des docteurs pour guérir et prévenir la goutte. Elle offre aussi un baume pour traiter les maux de dents, renforcer et blanchir les dents. Elle vend des boutons composés contre les fluxions, maux de tête, migraines et les effets du mauvais air.
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9748
p. 121-122
« Un Médecin distingué, à qui cette lettre est adressée pour la faire insérer dans [...] »
Début :
Un Médecin distingué, à qui cette lettre est adressée pour la faire insérer dans [...]
Mots clefs :
Médecin, Nicolas Fouquet
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texteReconnaissance textuelle : « Un Médecin distingué, à qui cette lettre est adressée pour la faire insérer dans [...] »
Un Médecin diftingué , à qui cette lettre
eft adreffée pour la faite inférer dans
le Mercure , ajoûte , en me l'envoyant , de
nouvelles preuves à celles de M. de Leiris.
M. Foucquet , dit- il , eft mort à Pignerol
en 1680 , entre les bras de Mme Foucquet
fa femme , & au milieu de tous fes gens.
qu'il y avoit fait venir depuis deux ans
qu'il étoit libre. Cette pieufe époufe qui
avoit remarqué dans fon mari beaucoup
d'attachement pour la maifon de la Vifita
tion oùil avoit trois foeurs , fit tranfporter
fon corps * à Paris , & le fit inhumer dans
l'Eglife de ce Monaftere , & dans la chapelle
de S. François de Sales , le 28 Mars
1681. Les incrédules , pour s'en convaincre
, peuvent y lire fon épitaphe , ainfi que
celle de fa mere , qui fut enterrée dans la
même chapelle , le 21 Avril de la même
* Il coûta 50000 liv. pour ce tranfport.
F
122 MERCURE DE FRANCE.
année . Son époufe qui n'eft morte qu'en
1718 , y eft auffi inhumée.
eft adreffée pour la faite inférer dans
le Mercure , ajoûte , en me l'envoyant , de
nouvelles preuves à celles de M. de Leiris.
M. Foucquet , dit- il , eft mort à Pignerol
en 1680 , entre les bras de Mme Foucquet
fa femme , & au milieu de tous fes gens.
qu'il y avoit fait venir depuis deux ans
qu'il étoit libre. Cette pieufe époufe qui
avoit remarqué dans fon mari beaucoup
d'attachement pour la maifon de la Vifita
tion oùil avoit trois foeurs , fit tranfporter
fon corps * à Paris , & le fit inhumer dans
l'Eglife de ce Monaftere , & dans la chapelle
de S. François de Sales , le 28 Mars
1681. Les incrédules , pour s'en convaincre
, peuvent y lire fon épitaphe , ainfi que
celle de fa mere , qui fut enterrée dans la
même chapelle , le 21 Avril de la même
* Il coûta 50000 liv. pour ce tranfport.
F
122 MERCURE DE FRANCE.
année . Son époufe qui n'eft morte qu'en
1718 , y eft auffi inhumée.
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Résumé : « Un Médecin distingué, à qui cette lettre est adressée pour la faire insérer dans [...] »
M. Foucquet est décédé à Pignerol en 1680. Son corps a été transporté à Paris et inhumé le 28 mars 1681 dans la chapelle de Saint François de Sales du monastère de la Visitation. Le transport a coûté 50 000 livres. Mme Foucquet, sa mère et elle-même y sont également inhumées.
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9749
p. 315-316
LOGOGRIPHE.
Début :
Mon nom a fait trembler Paris, [...]
Mots clefs :
Cartouche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRIPHE.
LOGOGRIPHE.
MonOn- noma fait trembler Paris
J'ai même vú ma tête à prix :
Je fus depuis Heros de Comédie ,
•
Le Monde apprit par là l'histoire de mavie,
Je suis encor propre au Soldar.
En tout tems , dans la Ville , en Campagne , a
Combat.
Tranche mon dernier tiers, je presente une Fille,
Connuë à l'Opera , fort tendre , et fort gentille,
Rends moy vite dans mon entier •
De mes tiers tranche le premier ›
Et fais ce que fait un bon Maître ,
C'est le seul moyen de connoître ,
Si le corps quel qu'il foit , est dur , mol , froid
ou chaud.
Dans matotalité remets moi de nouveau ;
Je suis connu du Genealogiste ,
Le Peintre m'a fait naître , et sans que je resiste,
L'Architecte m'ordonne et dispose de moi ,
Contraint
316 MERCURE DE FRANCE
Contraint d'obéir à sa loy ;
2 j
Autrefois dans un corps aussi fameux qu'habile
Mon premier tiers tout seul causa tant de debat ,
Que sans avoir égard à son ancien état ,
On voulut le chasser comme membre inutile,
La Font
MonOn- noma fait trembler Paris
J'ai même vú ma tête à prix :
Je fus depuis Heros de Comédie ,
•
Le Monde apprit par là l'histoire de mavie,
Je suis encor propre au Soldar.
En tout tems , dans la Ville , en Campagne , a
Combat.
Tranche mon dernier tiers, je presente une Fille,
Connuë à l'Opera , fort tendre , et fort gentille,
Rends moy vite dans mon entier •
De mes tiers tranche le premier ›
Et fais ce que fait un bon Maître ,
C'est le seul moyen de connoître ,
Si le corps quel qu'il foit , est dur , mol , froid
ou chaud.
Dans matotalité remets moi de nouveau ;
Je suis connu du Genealogiste ,
Le Peintre m'a fait naître , et sans que je resiste,
L'Architecte m'ordonne et dispose de moi ,
Contraint
316 MERCURE DE FRANCE
Contraint d'obéir à sa loy ;
2 j
Autrefois dans un corps aussi fameux qu'habile
Mon premier tiers tout seul causa tant de debat ,
Que sans avoir égard à son ancien état ,
On voulut le chasser comme membre inutile,
La Font
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9750
p. 128-130
SÉANCE publique de l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS, du 3 Mars 1763.
Début :
M. DE GAYON, Lieutenant Général des Armées du Roi, né à Bésiers, [...]
Mots clefs :
Lieutenant général, Commandant, Vertus médicinales, Associés, Commissaire des Guerres, Corse, Médecin, Théologie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS, du 3 Mars 1763.
M. DE GAYON , Lieutenant Général
des Armées du Roi , né à Béfiers ,
fut inftallé en la place d'honoraire vacante
par la mort de M. le Baron de
Codere , Commandant en cette Ville ,
après un court remerciment qui fut
fort applaudi ; après quoi M. Barbier,
Préfident au Préfidial , & Directeur cette
année lui répondit , & lut quelques recherches
qu'il avoit faites fur les fermens.
M. Bouillet , Secrétaire perpétuel de
l'Académie , fit l'analyfe de trois Mémoires
qui avoient été communiqués
à la Compagnie depuis la dernière affemblée
publique , & dont l'un rouloit
fur les vertus médicinales du Pin &
M A I. 1763. 129
des différentes fubftances qu'on en retire
, par M. Darbaud , Médecin a Aix ,
l'un de nos Affociés ; l'autre fur la
parallaxe du Soleil déduite des obfervations
du paffage de Vénus au-deffous
de cet aftre , faites à Béfiers le 6
Juin 1761 , & comparées par Mde
le Paute notre Affociée , avec celles que
fit le même jour M. Pingré de l'Académie
Royale des Sciences , dans
l'Ifle Rodrigues ; de laquelle comparaifon
il a réfulté la même parallaxe
qu'avoit trouvée M. de la Lande , en
comparant fes propres obfervations à
celles qui avoient été faites dans les
Pays les plus éloignés ; le troifiéme
concernoit une expérience faite dans
l'Automne de 1761 , laquelle prouve
évidemment l'avantage du fémoir de
M. l'Abbé Soumille , fur la façon ordinaire
d'enfemencer les terres : expérience
que le même Auteur , qui eft un
Citoyen de cette Ville , a répétée à la
fin de l'année dernière , & du fuccès
de laquelle il a promis . de nous inſ、
truire après la récolte prochaine .
M. de la Rouvière d'Eyfartier , Chevalier
de S. Louis & Commiffaire des
Guerres , parla fur un engrais propre
hâter l'accroiffement des arbres , & dont
Fv
130 MERCURE DE FRANCE .
il dit qu'il avoit fait faire l'expérience
en Corfe , pendant le féjour qu'il
avoit fait dans cette Ifle. Cet engrais
n'eft autre chofe que les cendres
des branches du même arbre , ou
d'autres arbres de même eſpèce , & que
par cette raifon il appella Engrais fym.
Fatique ou homogène..
M. Brouzet , Médecin , lut quelques
réfléxions fur l'éducation des enfans ;
& M. l'Abbé Foulquier , termina la féance
par l'éloge de M. Caillé , Bachelier en
Théologie , Prêtre , Prébendier de la
Cathédrale , & Membre de l'Académie
depuis l'inftitution en 1723 lequel s'y
étoit diftingué par plufieurs favans Mémoires
& par quelques inventions curieufes
.
des Armées du Roi , né à Béfiers ,
fut inftallé en la place d'honoraire vacante
par la mort de M. le Baron de
Codere , Commandant en cette Ville ,
après un court remerciment qui fut
fort applaudi ; après quoi M. Barbier,
Préfident au Préfidial , & Directeur cette
année lui répondit , & lut quelques recherches
qu'il avoit faites fur les fermens.
M. Bouillet , Secrétaire perpétuel de
l'Académie , fit l'analyfe de trois Mémoires
qui avoient été communiqués
à la Compagnie depuis la dernière affemblée
publique , & dont l'un rouloit
fur les vertus médicinales du Pin &
M A I. 1763. 129
des différentes fubftances qu'on en retire
, par M. Darbaud , Médecin a Aix ,
l'un de nos Affociés ; l'autre fur la
parallaxe du Soleil déduite des obfervations
du paffage de Vénus au-deffous
de cet aftre , faites à Béfiers le 6
Juin 1761 , & comparées par Mde
le Paute notre Affociée , avec celles que
fit le même jour M. Pingré de l'Académie
Royale des Sciences , dans
l'Ifle Rodrigues ; de laquelle comparaifon
il a réfulté la même parallaxe
qu'avoit trouvée M. de la Lande , en
comparant fes propres obfervations à
celles qui avoient été faites dans les
Pays les plus éloignés ; le troifiéme
concernoit une expérience faite dans
l'Automne de 1761 , laquelle prouve
évidemment l'avantage du fémoir de
M. l'Abbé Soumille , fur la façon ordinaire
d'enfemencer les terres : expérience
que le même Auteur , qui eft un
Citoyen de cette Ville , a répétée à la
fin de l'année dernière , & du fuccès
de laquelle il a promis . de nous inſ、
truire après la récolte prochaine .
M. de la Rouvière d'Eyfartier , Chevalier
de S. Louis & Commiffaire des
Guerres , parla fur un engrais propre
hâter l'accroiffement des arbres , & dont
Fv
130 MERCURE DE FRANCE .
il dit qu'il avoit fait faire l'expérience
en Corfe , pendant le féjour qu'il
avoit fait dans cette Ifle. Cet engrais
n'eft autre chofe que les cendres
des branches du même arbre , ou
d'autres arbres de même eſpèce , & que
par cette raifon il appella Engrais fym.
Fatique ou homogène..
M. Brouzet , Médecin , lut quelques
réfléxions fur l'éducation des enfans ;
& M. l'Abbé Foulquier , termina la féance
par l'éloge de M. Caillé , Bachelier en
Théologie , Prêtre , Prébendier de la
Cathédrale , & Membre de l'Académie
depuis l'inftitution en 1723 lequel s'y
étoit diftingué par plufieurs favans Mémoires
& par quelques inventions curieufes
.
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Résumé : SÉANCE publique de l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS, du 3 Mars 1763.
Lors d'une réunion de l'Académie, M. de Gayon a été installé à la place laissée vacante par M. le Baron de Codere. M. Barbier, Président au Présidial, a répondu à cette installation et a présenté des recherches sur les ferments. M. Bouillet, Secrétaire perpétuel, a analysé trois mémoires : celui de M. Darbaud sur les vertus médicinales du pin, celui de Mme le Paute comparant les observations de la parallaxe du Soleil lors du passage de Vénus en 1761 avec celles de M. Pingré, et celui de l'Abbé Soumille sur une expérience agricole. M. de la Rouvière d'Eyfartier a discuté d'un engrais à base de cendres d'arbres pour accélérer la croissance des arbres. M. Brouzet a partagé des réflexions sur l'éducation des enfants. L'Abbé Foulquier a rendu hommage à M. Caillé, membre de l'Académie depuis 1723, pour ses mémoires savants et ses inventions curieuses.
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