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Détail
Liste
8751
p. 9-28
LE R. P. D. C** à Monsieur Estienne, Libraire de Paris.
Début :
Monsieur Estienne, eh ! ne m'imprimez pas. [...]
Mots clefs :
Imprimer, Ouvrage, Libraire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE R. P. D. C** à Monsieur Estienne, Libraire de Paris.
LE R. P. -D.C**.
àMonsieurEstienne;
Libraire de Paris.
MonsieurEstienne,eh !ne - m'imprimez pas.
Au nom de Dieu quartier.
Monsieur Estienne,
Jamais en rien, vous le sçavez,
hêlas!
Ne vous fis tort au moins
qu'il me souvienne,
Et si l'ay fait encor, posez le
cas,
Gardezvous bien que rancune
vous tienne
Les rancuniers sont mal
menezlàbas
Si nevoulez que tel mal
vousavienne
Pardonnez-moy d'une ame
bien chrestienne,
Monsieur Estienne
,
ch !
ne m'imprimez pas.
Je sçai qu'en l'art de bien
:.' mouler un Livre,
Vous égalez ces Estiennes
fameux,
Que vous comptez au rang
devosayeux,
Etqui dans vous, commençant
a revivre,
Nous font trouver dans un
de leurs neveux:
Ce que leur siecle a tant
loué dans eux,
Mais quand bien même en
dépitdela Parque,
Pour m'imprimer revenant.
sur leurs pas,
Ils se pourroient échapper
dela Barque,
Où tous mortels vont après
leurs trépas,
Fust-ce Robert, ou fust ce
Charles Estienne,
Je leur dirois toûjours la
même Antienne,
Monsieur Estienne
3
ch !
ne m'imprimez pas,
Ne croyez pas qu'un
chagrin myfantrope
} Me fasse icy le prendre sur
ce ton ,
J'aime lagloireenenfant
d'Helicon:
Mais tel souvent aprés elle
galope,
Dont le Pegase à chaque
moment chope,
Et qu'elle suïc comme on
fuït un larron;
Je la connois, j'ay fait son
Horoscope,
Quand on dit oüy, la quinteuse
ditnon.
Or s'il vous plaist en pareil
accessoire
Irois-je faire uu procès à la
gloire?
Procès sur quoi? d'ailleurs
c'estun grand cas
Sipar Procès la Dame s'aprivoife
:
Mais faisons mieux & pour
éviter noise
Monsieur Estienne, eh ! ne ,.. m'imprimez pas.
Vous me direz, cela vous
plaistàdire,
Je icai le cas qu'on fait de
vos écrits
Les ay souventoüipriser &
lire
Par maints Quidans soidisans
beaux esprits,
La presse est grande à se les
faire écrire,
Or mieux vaudroient moulez
quemanuscrits.
Graces vous rend de vostre
courtoisie:
Car c'est de vous que parc
le compliment,
Honteux seroit de mentir
si crument
Amon profit, de vousc'est
ambrosie,
Que je savoure assez benignement
:
Mais que mes Vers soient
bonne, marchandise
Comme Preschez; ou de
mauvais alloy,
Comme entre-nous me le
paroissàamoy,
Quand seroit vray qu'à
Paris on les prise,
Ne laisserois de vous dire
tout bas
Pour des raisonsque trouverez
de mise
Monsieur Estienne,eh!
nem'imprimezpas.
Quelque parfaitque
puisse estre un Ouvrage
En l'imprimant on luy fait
mauvais tour,
Presque toujours il en reçoit
dommage
Maint en ay vû se hâler au
grand jour
Sur quoi Couvent à par moy
- je recole
Petit écrit donné fous le
manceau
Qu'on se dérobe& qui
vient par bricole,
Ou bien moulé chez Pierre
du Marteau,
Fut-il mauvais nous paroist
toujours beau
Et pour l'avois on ne plaint
la pistole.
Qujl cesse d'estre & secret
&nouveau
On n'en voudra débourser
un obole.
-
J'ay ce Sonnet, mon voisin
ne l'a pas,
Voilà par où le Sonnet m'a
sçu plaire
Ce point de vue en fait le
grand appas; Est-il public; n'en fait on
plusmystere
Il perd son , sel, deslors il
tombe à bas:
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Vers manuscritssouffrent
des négligences
Qu'a , vers moulez on ne
pardonne pas,
Dans les premiers on les
nommelicence,
Làtouts'excuse& se parte
au gros sas;
Dans les seconds la moindre
tache est crime
Point de quartier de la part
d'un Icétcur
Qui sur le tour ,
la cadence
& larime
Ne fait jamais nulle grace à
l'Auteur;
Tant que mes Vers fous
la simple écriture,
N'estanr moulez ni reliez en
veau;
Dans les réduits iront ingnito
Pour eux ne crains de fà.
cheuse avanture;
Lapitié seule en dépit des
matins
Garantira ces pauvres orphelins
Deî'cotfp*cte bec: mais sur
vostre boutique
Si me mettiez jamais en
rang d'oignon,
Point ne seroit de petit
compagnon,
Point de Gnmault qui ne
me fit la nique;
Tels en sçavez qu'on a mis
en beaux draps;
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Dés qu'àParison affiche
un Ouvrage,
C'estletossin que l'on fortne
surluy;
Gens du mêtier à qui tout
fait ombrage
,
Et toujours prests à donner
sur autruy , Pour l'accablcr l'attendant
au passage,
Nouvel Auteur qui se met
sur les rangs,
A son début doit compter s'ilestsage
De bien payer àses petits
Tyrans
Sa bien-venuë & son apprentissage.
Pour les lauriers, & la gloire,&
l'encens,
Qu'aux fiens Phoebus assigne
pour tout gage,
Qu'il ne prétende cfuc:.ad;
mis à partage;
Leur partensouffre, & c'cfi
selonleur sens
Soupe de pain qu'on ôte à
leur potage:
Sur ce pied là, que de gens
sur les bras!
Leur tenir teste & montrer
bon visage
Scroit le mieux,si j'avois du
courage
Mais il me manque, & je
crains les combats.
Monsieur Estienne, eh! ne
m'imprimez pas.
,
è;Ë ,; Je le vois bien, contre toute
avanture
L'espoir flateur du débit
vous rassure;
Car encor bien que soyez
gracieux
Point ne croiray
,
foit dit
sans vous déplaire
Qu'alliez-vous mettre en
frais pour mes beaux yeux?
Si lefaisiez ne seriez bon
Libraire:
Mais s'il advient, comme
tout se peur faire
Que mes écrits par un triste
destin,
De la boutiqueaillentau
magasin,
Et que delà moisis dans la
poussieee,
Ils soient enfin livrez à la
., beurriere,
Ettousen blocvendus pour
un douzain,
Qien diriez-vous? Ce fcroit
bien le pire,
Vous en seriez pour nombre
de Ducats;
Er quant à moy je n'en ferois
que rire
En vous disans avois-jetort
helas!
Monsieur Estienne,eh! ne
m'imprimez pas.
Mais supposons contre tou-
.!1 te apparence
Que lesditsVers,puisqu'ainsivo1usleplaist
Par lafaveur dune heureuse
influence
Seront prisez, & vendus,
qui plus est ;
Je ne dis pas que ne soit
quelquechose
,
Force écrivainss'en contenteroient
bien,
Et puis de gloire une petite
dose,
Chez les Rimeurs ne gasta
jamais rien:
Mais croyez-vous,quoiquel'Ouvrage
plaise
Que l'on n'ait rien d'aill,eurs
à discuter,
Et que auteur en soit pils
à son aise?
Ay vû , pour moy ,
bien
des gens en douter;
Maints en connois qu'on a
menez bienroides,
Et comme on dit plus viste
que le pas;
Chat échaudé, croyezmoy
,
craint l'eau froide.
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Pour ces raisons
,
& pour
bien d'autrescauses
Que sur ce point je pourrois
alleguer,
Mes petits Vers resteront
lettrescloses
Et vous plaira ne les point
divulguer,
De mon vivant ne les vcut
voir paraître,
Quand seray mort alors serez
le maure:
Si demandez quand sera,
vous diray
Que ce sera le plus tardque
pourray.
Vous convient donc un bien
petitattendre,
Et vous prendrez, je croy , le tout en gré;
Ne voudriez que je m'allasse
pendre C ij
Pour abreger, au moins rien
n'en feray,
Si le comptiez, compteriez
sans vostre hôte;
Mais moy deffunt je fuis à
vous sans faute
Prenez mes Vers, faites en
vos choux gras,
Force fera de souffrir ce
martyre,
Parce qu'alors ne pourray
plus vous dire
Monsieur Estienne, eh! ne
m'imprimez pas.
àMonsieurEstienne;
Libraire de Paris.
MonsieurEstienne,eh !ne - m'imprimez pas.
Au nom de Dieu quartier.
Monsieur Estienne,
Jamais en rien, vous le sçavez,
hêlas!
Ne vous fis tort au moins
qu'il me souvienne,
Et si l'ay fait encor, posez le
cas,
Gardezvous bien que rancune
vous tienne
Les rancuniers sont mal
menezlàbas
Si nevoulez que tel mal
vousavienne
Pardonnez-moy d'une ame
bien chrestienne,
Monsieur Estienne
,
ch !
ne m'imprimez pas.
Je sçai qu'en l'art de bien
:.' mouler un Livre,
Vous égalez ces Estiennes
fameux,
Que vous comptez au rang
devosayeux,
Etqui dans vous, commençant
a revivre,
Nous font trouver dans un
de leurs neveux:
Ce que leur siecle a tant
loué dans eux,
Mais quand bien même en
dépitdela Parque,
Pour m'imprimer revenant.
sur leurs pas,
Ils se pourroient échapper
dela Barque,
Où tous mortels vont après
leurs trépas,
Fust-ce Robert, ou fust ce
Charles Estienne,
Je leur dirois toûjours la
même Antienne,
Monsieur Estienne
3
ch !
ne m'imprimez pas,
Ne croyez pas qu'un
chagrin myfantrope
} Me fasse icy le prendre sur
ce ton ,
J'aime lagloireenenfant
d'Helicon:
Mais tel souvent aprés elle
galope,
Dont le Pegase à chaque
moment chope,
Et qu'elle suïc comme on
fuït un larron;
Je la connois, j'ay fait son
Horoscope,
Quand on dit oüy, la quinteuse
ditnon.
Or s'il vous plaist en pareil
accessoire
Irois-je faire uu procès à la
gloire?
Procès sur quoi? d'ailleurs
c'estun grand cas
Sipar Procès la Dame s'aprivoife
:
Mais faisons mieux & pour
éviter noise
Monsieur Estienne, eh ! ne ,.. m'imprimez pas.
Vous me direz, cela vous
plaistàdire,
Je icai le cas qu'on fait de
vos écrits
Les ay souventoüipriser &
lire
Par maints Quidans soidisans
beaux esprits,
La presse est grande à se les
faire écrire,
Or mieux vaudroient moulez
quemanuscrits.
Graces vous rend de vostre
courtoisie:
Car c'est de vous que parc
le compliment,
Honteux seroit de mentir
si crument
Amon profit, de vousc'est
ambrosie,
Que je savoure assez benignement
:
Mais que mes Vers soient
bonne, marchandise
Comme Preschez; ou de
mauvais alloy,
Comme entre-nous me le
paroissàamoy,
Quand seroit vray qu'à
Paris on les prise,
Ne laisserois de vous dire
tout bas
Pour des raisonsque trouverez
de mise
Monsieur Estienne,eh!
nem'imprimezpas.
Quelque parfaitque
puisse estre un Ouvrage
En l'imprimant on luy fait
mauvais tour,
Presque toujours il en reçoit
dommage
Maint en ay vû se hâler au
grand jour
Sur quoi Couvent à par moy
- je recole
Petit écrit donné fous le
manceau
Qu'on se dérobe& qui
vient par bricole,
Ou bien moulé chez Pierre
du Marteau,
Fut-il mauvais nous paroist
toujours beau
Et pour l'avois on ne plaint
la pistole.
Qujl cesse d'estre & secret
&nouveau
On n'en voudra débourser
un obole.
-
J'ay ce Sonnet, mon voisin
ne l'a pas,
Voilà par où le Sonnet m'a
sçu plaire
Ce point de vue en fait le
grand appas; Est-il public; n'en fait on
plusmystere
Il perd son , sel, deslors il
tombe à bas:
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Vers manuscritssouffrent
des négligences
Qu'a , vers moulez on ne
pardonne pas,
Dans les premiers on les
nommelicence,
Làtouts'excuse& se parte
au gros sas;
Dans les seconds la moindre
tache est crime
Point de quartier de la part
d'un Icétcur
Qui sur le tour ,
la cadence
& larime
Ne fait jamais nulle grace à
l'Auteur;
Tant que mes Vers fous
la simple écriture,
N'estanr moulez ni reliez en
veau;
Dans les réduits iront ingnito
Pour eux ne crains de fà.
cheuse avanture;
Lapitié seule en dépit des
matins
Garantira ces pauvres orphelins
Deî'cotfp*cte bec: mais sur
vostre boutique
Si me mettiez jamais en
rang d'oignon,
Point ne seroit de petit
compagnon,
Point de Gnmault qui ne
me fit la nique;
Tels en sçavez qu'on a mis
en beaux draps;
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Dés qu'àParison affiche
un Ouvrage,
C'estletossin que l'on fortne
surluy;
Gens du mêtier à qui tout
fait ombrage
,
Et toujours prests à donner
sur autruy , Pour l'accablcr l'attendant
au passage,
Nouvel Auteur qui se met
sur les rangs,
A son début doit compter s'ilestsage
De bien payer àses petits
Tyrans
Sa bien-venuë & son apprentissage.
Pour les lauriers, & la gloire,&
l'encens,
Qu'aux fiens Phoebus assigne
pour tout gage,
Qu'il ne prétende cfuc:.ad;
mis à partage;
Leur partensouffre, & c'cfi
selonleur sens
Soupe de pain qu'on ôte à
leur potage:
Sur ce pied là, que de gens
sur les bras!
Leur tenir teste & montrer
bon visage
Scroit le mieux,si j'avois du
courage
Mais il me manque, & je
crains les combats.
Monsieur Estienne, eh! ne
m'imprimez pas.
,
è;Ë ,; Je le vois bien, contre toute
avanture
L'espoir flateur du débit
vous rassure;
Car encor bien que soyez
gracieux
Point ne croiray
,
foit dit
sans vous déplaire
Qu'alliez-vous mettre en
frais pour mes beaux yeux?
Si lefaisiez ne seriez bon
Libraire:
Mais s'il advient, comme
tout se peur faire
Que mes écrits par un triste
destin,
De la boutiqueaillentau
magasin,
Et que delà moisis dans la
poussieee,
Ils soient enfin livrez à la
., beurriere,
Ettousen blocvendus pour
un douzain,
Qien diriez-vous? Ce fcroit
bien le pire,
Vous en seriez pour nombre
de Ducats;
Er quant à moy je n'en ferois
que rire
En vous disans avois-jetort
helas!
Monsieur Estienne,eh! ne
m'imprimez pas.
Mais supposons contre tou-
.!1 te apparence
Que lesditsVers,puisqu'ainsivo1usleplaist
Par lafaveur dune heureuse
influence
Seront prisez, & vendus,
qui plus est ;
Je ne dis pas que ne soit
quelquechose
,
Force écrivainss'en contenteroient
bien,
Et puis de gloire une petite
dose,
Chez les Rimeurs ne gasta
jamais rien:
Mais croyez-vous,quoiquel'Ouvrage
plaise
Que l'on n'ait rien d'aill,eurs
à discuter,
Et que auteur en soit pils
à son aise?
Ay vû , pour moy ,
bien
des gens en douter;
Maints en connois qu'on a
menez bienroides,
Et comme on dit plus viste
que le pas;
Chat échaudé, croyezmoy
,
craint l'eau froide.
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Pour ces raisons
,
& pour
bien d'autrescauses
Que sur ce point je pourrois
alleguer,
Mes petits Vers resteront
lettrescloses
Et vous plaira ne les point
divulguer,
De mon vivant ne les vcut
voir paraître,
Quand seray mort alors serez
le maure:
Si demandez quand sera,
vous diray
Que ce sera le plus tardque
pourray.
Vous convient donc un bien
petitattendre,
Et vous prendrez, je croy , le tout en gré;
Ne voudriez que je m'allasse
pendre C ij
Pour abreger, au moins rien
n'en feray,
Si le comptiez, compteriez
sans vostre hôte;
Mais moy deffunt je fuis à
vous sans faute
Prenez mes Vers, faites en
vos choux gras,
Force fera de souffrir ce
martyre,
Parce qu'alors ne pourray
plus vous dire
Monsieur Estienne, eh! ne
m'imprimez pas.
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Résumé : LE R. P. D. C** à Monsieur Estienne, Libraire de Paris.
L'auteur adresse une lettre à Monsieur Estienne, libraire à Paris, pour le supplier de ne pas imprimer ses écrits. Il commence par affirmer qu'il n'a jamais causé de tort à Estienne et le prie de ne pas lui en tenir rigueur. L'auteur reconnaît les compétences d'Estienne en imprimerie, les comparant à celles des célèbres Estienne. Cependant, il exprime des réserves sur la publication de ses vers, craignant qu'ils ne soient pas bien reçus et qu'ils subissent des critiques sévères une fois imprimés. Il souligne que les œuvres manuscrites échappent à certaines critiques que les livres imprimés ne peuvent éviter. L'auteur craint également les rivalités et les critiques des autres auteurs et libraires, exprimant sa peur des combats littéraires et des critiques. Il conclut en demandant à Estienne de ne pas publier ses vers de son vivant, mais de le faire après sa mort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
8752
p. 308-327
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Dame Marie de Grimouville Epouse de Messire Henry de Saulx [...]
Mots clefs :
Dame, Maréchal, Général, Seigneur, Comte, Grimouville, Marquis, Mort, Régiment, Chevaliers, Chevalier, Maladie, Mérite, Service, Livonie
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texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
Dame Mariede Grimouville
Epouſe de Meffire Henry de
Saulx , Comte de Tavannes
&auparavant veuve deMeſſire
René Potier,SeigneurdeBlancmeſnil
, mourut le 25. du mois
GALANT. 309
Y
paſſé dans la cour du Val-de-
Grace. Elle étoit ſoeur de feu
Madame la Marquise d'Illiers
d Entragues , & de feu de M.
le Marquis de la Mailleraye ,
Colonel du Regiment de Piémont
, enfans de feu Meffire
Loüis de Grimouville , Marquis
de la Mailleraye , Marêchal
desCamps & Armées du
Roy, qui estoit fils de Meffire
Jacques de Grimouville , Scigneur
des Maretz, & de Dame
Charlote de Moüy la Mailleraye
, heritiere de la Branche
. de cette maiſon de Moüy , qui
eft tres illuſtre, & qui a eu plu-
1
310 MERCURE
fieurs Chevaliers du Saint Efprit,&
Lieutenants Generaux
pour le Roy en Normandie.
Meſſieurs deGrimouville,dont
la Nobleſſe eſt tres ancienne ,
font originaires de Balle Normandie
, où eſt la Terre qui
porte ſon nom ; il y en a cu
deux Chevaliers du S. Eſprit ,
qui font morts ſans enfans ;
les Armes de la maiſon de Grimouville
font à trois molettes
d'éperon d'argent , en champ
de. gueule , & non des étoiles ,
comme on les blazonne quelquefois
mal.
Quant à la maiſon de M. de
GALANT . 311.
ㅓ
Saulx , il en eſt cadet , & il ne
faut pas confondre les branches
; il eſt fils de Meffire Jacques
de Saulx , Comte de Tavannes
, & de Dame Lonſe
Henriette Potier de Treſmes.
Lamaiſon de Saulx eſt ſilluf
tre , & on en a parlé fi amplement
dansdifferentsMercures,
> que je crois qu'il eſt inutilede
repeter ce qu'on en a dit. Madame
de Saulx eſt morte âgée
de 67.ans 4. mois , aprés une
longue maladie où elle a toûjours
conſervé une entiere
connoiſſance dont elle a fait
unbon uſage par ſa picté , &
par ſa patience.
312 MERCURE
Dame Catherine de Pommereu
, veuve de MeffirePierre
Bouter, Seigneur deMarivatz ,
& autres lieux , Chevalier des
O dresRoyaux & Militaires de
Noſtre Dame du Mont-Carmel
, & de S. Lazare , Premier
Gentilhomme ordinaire de feu
Monfieur , Grand Bailly de la
Ville & Duché d'Etampes ,
Gouverneur & Capitaine de
ladite Ville , mourut le 11. de
ce mois âgée de 80. ans. Elle
eſtoit foeur de feu M. dePommereu
, Conſeiller d'Etat ordinaire
& au Conſeil Royal ,&
laiſſe un fils qui a fuccedé à fon
:
pere
GALANT. 313
:
-pere en la Charge de Premier
Gentilhomme Y ordinaire.
Meffire Nicolas du Bois , Seigneur
deBailler , Préfident au
GrandConfeil , mourut de la
petite verole le 27. du mois
paffe.On ferale mois prochain
un plus ample détail de cette
Famille.
>
Melfire Loüis Chauvelin
ConſeillerduRoy en ſesConſeils
, Maître des Requêtes honoraire
, Avocat General du
Parlement , Commandeur &
grand Treforier desordresdu
Roy, mourut de la même maladie
le 2. de ce mois . Il eſtoit
Aoust 1715.
Dd
(
314 MERCURE
fils aîné de Meſlire Loüis Chauvelin
, Seigneur de Grifenoire,
Conſeiller d'Etat ordinaire ,&
de Dame N. deBillart , & petit-
fils de Meffire Loüis Chauvelin
, Maistre des Requêtes,&
de Dame Claude Bonneau , &
laiſſe des enfans de Dame N.
de Grouchy fon Epouſe. Il eſt
mort âgé de 32. ans , regretté
generalement de tout lemonde.
S. M. a donné la Charge
d'Avocat General vacante par
ſa mort , à M. Chauvelin de
Griſenoire ſon frere.
Meſſire Louis de Longuëil,
Marquis de Maiſons & dePoif-
Y
GALANT. 1315
ſy , Préſident à Mortier duParlement
, mourut le 22. âgé de
48. ans. Le Roy a donné ſa
Charge à M. fon fils. On s'étendra
davantage fur cet article
le mois prochain.
:
Dame Anne Racine , veuve
de M. Arnaud de S. Amant,
Fermier general , mourut le 2 .
de ce mois, laiſſant entre autres
enfans N. de S. Amant , veuve
de Loüis Provence Adhemard
de Monteil , Marquis de Grignan
.
2.
Meſſire Conradde Roſen,
Comte de Bolleviller , Marêchal
de France&Chevalier des
Ddij
316 MERCURE
trois Ordres du Roy , mourut
Ic 3. de ce mois dans ſon Château
de Bolleviller en hauteAlface
âgé de 87. ans , aprés une
maladie de quinze jours qu'il
a uniquement employé à recevoir
les Sacremens de l'Egliſe
& à exprimer les ſentimens de
Religion & de Pieté qui faifoient
ſa ſeule occupation depuis
pluſieurs années qu'il s'étoit
retiré de laCour & des embarras
dumonde. Il eſtoit originaire
de Livonie de la plus
ancienne Nobleſſe &d'unedes
meilleures Maiſons de cette
Province : il vint en France fer;
GALANT. 317
vir ſous fon parent le General
de Roſen, ſiconnu dans les fameuſes
expeditions du Duc de
Saxe Weymar ; & le dévoua
comme luy au ſervice du Roy.
Depuis s'étant toûjours diſtinguédans
tous les emplois Militaires
où il a paffé , & ayant
donné l'eſpace de plus de so.
ans des marques de capacité ,
de zele&d'une entiere fidelité
pour Sa Majefté & pour l'Etat ,
il merita ce ſuprême degré
d'honneur auquel il plût au
Royde l'élever en 1703.
Les commencemens des
ſervices de ce General accom-
1
Ddij
-318 MERCURE
pagnez d'une circonftance afſez
particuliere, avoient donné
à pluſieurs perſonnes de fi
grandes préventions fur l'obfcurité
de fa naiſſance , qu'ils le
regardoient comme un homme
de fortune que ſon ſeul
merite avoit élevé aux premiers
honneurs : occupé uniquementdu
ſervice du Roy &
de la gloire , il n'avoit pas fongé
luy-même à détruire cette
idée dans les eſprits , juſqu'au
tems qu'il fallut faire ſes preuves
pour eſtre receu dans les
plus illuſtresOrdres du Royaume;
ce fut alors qu'il s'adreſſa
GALANT . 319
,
au Roy de Suede ſon premier
Maiſtre , qui luy envoya des
Lettres Patentes & des Certifi
cats de fa Genealogie tirez de
laChancellerie& des Archives
de la Province de Livonie,avec
tous les témoignages les plus
aurentiques de l'ancienneté &
de l'illuſtration de ſa Maiſon .
Ceux qu'il receut en même
tems de l'état de la Nobleffe
deLivonie au ſujet de fon extraction
, font auſſi forts , &
outre qu'ils marquent la ſuite
de ſes Anceſtres & leurs Alliances
avec les premieres Maifons
de Suede & de Livonic ,
Dd iiij
320 MERCURE
telles que font celles des Thieſenhauſen
, Patkul , Haftfer ,
Butler & quantité d'autres du
premier rang ; ils ajoûtent encore
fondez ſur les Annales de
Livonie , que dés l'an 1238 ,
que cetteProvince fut conquifſee
ſur les Payens par lesChevaliers
de l'Ordre Teutonique,
cette Maiſon avoit fourni d'illuſtres
Chevaliers à cetOrdre ,
dont les Armes étoient d'or à
trois roſes de gueule deux &
une , comme on le voit encore
aux anciens Tombeaux &Mo
numens dans les endroits qui
ont eſté poffedez par les Sci
GALANT. 322
gneurs de cette Maiſon qui a
toûjours paffé pour une des
plus anciennes& des plus diftinguées
par les grands emplois
que les Seigneurs de cette
Maiſon ont poffedez & poffe.
dent encore,Otto JeandeRofen
, Seigneur de Kleinropp ,
neveu, du Maréchal de Rofen
dont nous parlons , eſtant aujourd'huy
Grand Maréchal de
laNobleſſe de Livonie.
Male Maréchal de Rofen
dontnous annonçons la mort,
quatriéme fils de Fabian deRoſen
, Seigneur de Kleinropp ,
ſe trouvaà l'âge de 16. ansCa
322 MERCURE
det dans les Gardes du Corps
de la Reine Chriſtine : au bout
de quelques années il eut le
malheur de ſe battre en duet
avec un jeune Seigneur de la
Cour&de le tuer ; il futarrêté
pendant quatre mois , enfin
ayant trouvé le moyen de s'échapper
de la priſon , il ne vit
d'autre reffource à ſon ſalut&
à ſa fortune que de venir en
France ſe jetter entre les bras
du General Rofen , qui eſtoir
iſſu de germain de fon pere ; il
pafla à Francfort où il joua&
perdit tout ce qu'il avoit ; au
deſeſpoir de ſe voir dans cet
GALANT. 323
-
-
eftat , & craignant les reproches
de fon parent , il n'oſa
l'aller joindre , & aima mieux
s'engager pour Cavalier dans
le Regiment de Brinon dont
des Officiers y faifoient pour
lors emplettede chevaux pour
les mener en France ; il ſervit
dans cette Troupe trois ans
fans ſe faire connoiſtre ; il fut
même affez malheureux que
d'être arreſté avecd'autres Cavaliers
par le Grand Prevoſt
de l'Armée au retour d'une
maraude,&contraint de jouer
avec eux pour la vie; quoiqu'il
gagna , il fit reflexion fur fon
324 MERCURE
eſtat , & le découvrit pour ce
qu'il eſtoit au Comte deBrinon
ſon Colonel , qui le fit Cornette
peu de jours aprés , Licutenant
dans la même Compa.
gnie & Capitaine l'année ſuivante.
Quelques années aprés
il ſe preſenta au General de
Roſen,qui le fit paſſer dans ſon
Regiment ; il connut bien-tôt
fon merite , & le regarda dés
lors comme ſon gendre& fon
heritier ; en effet il luy donna
ſa fille aînée que les Comtes de
Gallas & d'Helmſtadt luy
avoient fait demander , & le
fit fon Lieutenant Colonel.
GALANT. 325
La mort de fon beau- pere le
mit peu de temps aprés en poffeffion
de fonRegiment &des
Terres qu'il avoit acquiſes en
Alface. En 1684 il fut fait
Brigadier , en 1677. Maréchal
de Camp , en 1688. Lieutenant
General , en 1689. Maréchal
d'Irlande , en 1670.
Mestre de Camp, Generalde la
Cavalerie de France , en 1693 .
Grand Croix de l'Ordre Militaire
de S. Loüis , en 1703 .
Maréchal de France , & en
1705. il fut reçû Chevalier de
l'Ordre du S. Eſprit à Verfailles
le 2. Février de la même
326 MERCURE
année. Son habileté , la vigilance
& fon exactitude infinic
pour le ſervice , dans les differens
commandemens dont le
Roy l'a honoré &dans les occaſions
les plus confiderables
où il s'eſt trouvé , luy ont
merité la confiance & l'eſtime
de ſon Prince & des plus
grands Capitaines; ſes ſentimens
nobles & élevez , & fes
actions pleines de raiſon , de
folidité & de circonſpection .
l'ont fait admirer de tous ceux
qui l'ont connu particulierement.
Il laiſſe un fils qui eſt MaréGALANT.
327
F
chal de Camp , & que le Roy
vient de faire Commandeur
del'Ordre de S. Loüis , & cinq
filles , dont trois ſont Religieuſes
, & les deux autres
mariées , l'une au Comte de
Rottembourg , & l'autre au
Baron de Planta.
Epouſe de Meffire Henry de
Saulx , Comte de Tavannes
&auparavant veuve deMeſſire
René Potier,SeigneurdeBlancmeſnil
, mourut le 25. du mois
GALANT. 309
Y
paſſé dans la cour du Val-de-
Grace. Elle étoit ſoeur de feu
Madame la Marquise d'Illiers
d Entragues , & de feu de M.
le Marquis de la Mailleraye ,
Colonel du Regiment de Piémont
, enfans de feu Meffire
Loüis de Grimouville , Marquis
de la Mailleraye , Marêchal
desCamps & Armées du
Roy, qui estoit fils de Meffire
Jacques de Grimouville , Scigneur
des Maretz, & de Dame
Charlote de Moüy la Mailleraye
, heritiere de la Branche
. de cette maiſon de Moüy , qui
eft tres illuſtre, & qui a eu plu-
1
310 MERCURE
fieurs Chevaliers du Saint Efprit,&
Lieutenants Generaux
pour le Roy en Normandie.
Meſſieurs deGrimouville,dont
la Nobleſſe eſt tres ancienne ,
font originaires de Balle Normandie
, où eſt la Terre qui
porte ſon nom ; il y en a cu
deux Chevaliers du S. Eſprit ,
qui font morts ſans enfans ;
les Armes de la maiſon de Grimouville
font à trois molettes
d'éperon d'argent , en champ
de. gueule , & non des étoiles ,
comme on les blazonne quelquefois
mal.
Quant à la maiſon de M. de
GALANT . 311.
ㅓ
Saulx , il en eſt cadet , & il ne
faut pas confondre les branches
; il eſt fils de Meffire Jacques
de Saulx , Comte de Tavannes
, & de Dame Lonſe
Henriette Potier de Treſmes.
Lamaiſon de Saulx eſt ſilluf
tre , & on en a parlé fi amplement
dansdifferentsMercures,
> que je crois qu'il eſt inutilede
repeter ce qu'on en a dit. Madame
de Saulx eſt morte âgée
de 67.ans 4. mois , aprés une
longue maladie où elle a toûjours
conſervé une entiere
connoiſſance dont elle a fait
unbon uſage par ſa picté , &
par ſa patience.
312 MERCURE
Dame Catherine de Pommereu
, veuve de MeffirePierre
Bouter, Seigneur deMarivatz ,
& autres lieux , Chevalier des
O dresRoyaux & Militaires de
Noſtre Dame du Mont-Carmel
, & de S. Lazare , Premier
Gentilhomme ordinaire de feu
Monfieur , Grand Bailly de la
Ville & Duché d'Etampes ,
Gouverneur & Capitaine de
ladite Ville , mourut le 11. de
ce mois âgée de 80. ans. Elle
eſtoit foeur de feu M. dePommereu
, Conſeiller d'Etat ordinaire
& au Conſeil Royal ,&
laiſſe un fils qui a fuccedé à fon
:
pere
GALANT. 313
:
-pere en la Charge de Premier
Gentilhomme Y ordinaire.
Meffire Nicolas du Bois , Seigneur
deBailler , Préfident au
GrandConfeil , mourut de la
petite verole le 27. du mois
paffe.On ferale mois prochain
un plus ample détail de cette
Famille.
>
Melfire Loüis Chauvelin
ConſeillerduRoy en ſesConſeils
, Maître des Requêtes honoraire
, Avocat General du
Parlement , Commandeur &
grand Treforier desordresdu
Roy, mourut de la même maladie
le 2. de ce mois . Il eſtoit
Aoust 1715.
Dd
(
314 MERCURE
fils aîné de Meſlire Loüis Chauvelin
, Seigneur de Grifenoire,
Conſeiller d'Etat ordinaire ,&
de Dame N. deBillart , & petit-
fils de Meffire Loüis Chauvelin
, Maistre des Requêtes,&
de Dame Claude Bonneau , &
laiſſe des enfans de Dame N.
de Grouchy fon Epouſe. Il eſt
mort âgé de 32. ans , regretté
generalement de tout lemonde.
S. M. a donné la Charge
d'Avocat General vacante par
ſa mort , à M. Chauvelin de
Griſenoire ſon frere.
Meſſire Louis de Longuëil,
Marquis de Maiſons & dePoif-
Y
GALANT. 1315
ſy , Préſident à Mortier duParlement
, mourut le 22. âgé de
48. ans. Le Roy a donné ſa
Charge à M. fon fils. On s'étendra
davantage fur cet article
le mois prochain.
:
Dame Anne Racine , veuve
de M. Arnaud de S. Amant,
Fermier general , mourut le 2 .
de ce mois, laiſſant entre autres
enfans N. de S. Amant , veuve
de Loüis Provence Adhemard
de Monteil , Marquis de Grignan
.
2.
Meſſire Conradde Roſen,
Comte de Bolleviller , Marêchal
de France&Chevalier des
Ddij
316 MERCURE
trois Ordres du Roy , mourut
Ic 3. de ce mois dans ſon Château
de Bolleviller en hauteAlface
âgé de 87. ans , aprés une
maladie de quinze jours qu'il
a uniquement employé à recevoir
les Sacremens de l'Egliſe
& à exprimer les ſentimens de
Religion & de Pieté qui faifoient
ſa ſeule occupation depuis
pluſieurs années qu'il s'étoit
retiré de laCour & des embarras
dumonde. Il eſtoit originaire
de Livonie de la plus
ancienne Nobleſſe &d'unedes
meilleures Maiſons de cette
Province : il vint en France fer;
GALANT. 317
vir ſous fon parent le General
de Roſen, ſiconnu dans les fameuſes
expeditions du Duc de
Saxe Weymar ; & le dévoua
comme luy au ſervice du Roy.
Depuis s'étant toûjours diſtinguédans
tous les emplois Militaires
où il a paffé , & ayant
donné l'eſpace de plus de so.
ans des marques de capacité ,
de zele&d'une entiere fidelité
pour Sa Majefté & pour l'Etat ,
il merita ce ſuprême degré
d'honneur auquel il plût au
Royde l'élever en 1703.
Les commencemens des
ſervices de ce General accom-
1
Ddij
-318 MERCURE
pagnez d'une circonftance afſez
particuliere, avoient donné
à pluſieurs perſonnes de fi
grandes préventions fur l'obfcurité
de fa naiſſance , qu'ils le
regardoient comme un homme
de fortune que ſon ſeul
merite avoit élevé aux premiers
honneurs : occupé uniquementdu
ſervice du Roy &
de la gloire , il n'avoit pas fongé
luy-même à détruire cette
idée dans les eſprits , juſqu'au
tems qu'il fallut faire ſes preuves
pour eſtre receu dans les
plus illuſtresOrdres du Royaume;
ce fut alors qu'il s'adreſſa
GALANT . 319
,
au Roy de Suede ſon premier
Maiſtre , qui luy envoya des
Lettres Patentes & des Certifi
cats de fa Genealogie tirez de
laChancellerie& des Archives
de la Province de Livonie,avec
tous les témoignages les plus
aurentiques de l'ancienneté &
de l'illuſtration de ſa Maiſon .
Ceux qu'il receut en même
tems de l'état de la Nobleffe
deLivonie au ſujet de fon extraction
, font auſſi forts , &
outre qu'ils marquent la ſuite
de ſes Anceſtres & leurs Alliances
avec les premieres Maifons
de Suede & de Livonic ,
Dd iiij
320 MERCURE
telles que font celles des Thieſenhauſen
, Patkul , Haftfer ,
Butler & quantité d'autres du
premier rang ; ils ajoûtent encore
fondez ſur les Annales de
Livonie , que dés l'an 1238 ,
que cetteProvince fut conquifſee
ſur les Payens par lesChevaliers
de l'Ordre Teutonique,
cette Maiſon avoit fourni d'illuſtres
Chevaliers à cetOrdre ,
dont les Armes étoient d'or à
trois roſes de gueule deux &
une , comme on le voit encore
aux anciens Tombeaux &Mo
numens dans les endroits qui
ont eſté poffedez par les Sci
GALANT. 322
gneurs de cette Maiſon qui a
toûjours paffé pour une des
plus anciennes& des plus diftinguées
par les grands emplois
que les Seigneurs de cette
Maiſon ont poffedez & poffe.
dent encore,Otto JeandeRofen
, Seigneur de Kleinropp ,
neveu, du Maréchal de Rofen
dont nous parlons , eſtant aujourd'huy
Grand Maréchal de
laNobleſſe de Livonie.
Male Maréchal de Rofen
dontnous annonçons la mort,
quatriéme fils de Fabian deRoſen
, Seigneur de Kleinropp ,
ſe trouvaà l'âge de 16. ansCa
322 MERCURE
det dans les Gardes du Corps
de la Reine Chriſtine : au bout
de quelques années il eut le
malheur de ſe battre en duet
avec un jeune Seigneur de la
Cour&de le tuer ; il futarrêté
pendant quatre mois , enfin
ayant trouvé le moyen de s'échapper
de la priſon , il ne vit
d'autre reffource à ſon ſalut&
à ſa fortune que de venir en
France ſe jetter entre les bras
du General Rofen , qui eſtoir
iſſu de germain de fon pere ; il
pafla à Francfort où il joua&
perdit tout ce qu'il avoit ; au
deſeſpoir de ſe voir dans cet
GALANT. 323
-
-
eftat , & craignant les reproches
de fon parent , il n'oſa
l'aller joindre , & aima mieux
s'engager pour Cavalier dans
le Regiment de Brinon dont
des Officiers y faifoient pour
lors emplettede chevaux pour
les mener en France ; il ſervit
dans cette Troupe trois ans
fans ſe faire connoiſtre ; il fut
même affez malheureux que
d'être arreſté avecd'autres Cavaliers
par le Grand Prevoſt
de l'Armée au retour d'une
maraude,&contraint de jouer
avec eux pour la vie; quoiqu'il
gagna , il fit reflexion fur fon
324 MERCURE
eſtat , & le découvrit pour ce
qu'il eſtoit au Comte deBrinon
ſon Colonel , qui le fit Cornette
peu de jours aprés , Licutenant
dans la même Compa.
gnie & Capitaine l'année ſuivante.
Quelques années aprés
il ſe preſenta au General de
Roſen,qui le fit paſſer dans ſon
Regiment ; il connut bien-tôt
fon merite , & le regarda dés
lors comme ſon gendre& fon
heritier ; en effet il luy donna
ſa fille aînée que les Comtes de
Gallas & d'Helmſtadt luy
avoient fait demander , & le
fit fon Lieutenant Colonel.
GALANT. 325
La mort de fon beau- pere le
mit peu de temps aprés en poffeffion
de fonRegiment &des
Terres qu'il avoit acquiſes en
Alface. En 1684 il fut fait
Brigadier , en 1677. Maréchal
de Camp , en 1688. Lieutenant
General , en 1689. Maréchal
d'Irlande , en 1670.
Mestre de Camp, Generalde la
Cavalerie de France , en 1693 .
Grand Croix de l'Ordre Militaire
de S. Loüis , en 1703 .
Maréchal de France , & en
1705. il fut reçû Chevalier de
l'Ordre du S. Eſprit à Verfailles
le 2. Février de la même
326 MERCURE
année. Son habileté , la vigilance
& fon exactitude infinic
pour le ſervice , dans les differens
commandemens dont le
Roy l'a honoré &dans les occaſions
les plus confiderables
où il s'eſt trouvé , luy ont
merité la confiance & l'eſtime
de ſon Prince & des plus
grands Capitaines; ſes ſentimens
nobles & élevez , & fes
actions pleines de raiſon , de
folidité & de circonſpection .
l'ont fait admirer de tous ceux
qui l'ont connu particulierement.
Il laiſſe un fils qui eſt MaréGALANT.
327
F
chal de Camp , & que le Roy
vient de faire Commandeur
del'Ordre de S. Loüis , & cinq
filles , dont trois ſont Religieuſes
, & les deux autres
mariées , l'une au Comte de
Rottembourg , & l'autre au
Baron de Planta.
Fermer
8755
p. 91
« Le mot de la première énigme du Mercure de mai est le ver devenu papillon. [...] »
Début :
Le mot de la première énigme du Mercure de mai est le ver devenu papillon. [...]
Mots clefs :
Papillon, Ver, Latro poenitens, Bon larron, Corde, Carme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le mot de la première énigme du Mercure de mai est le ver devenu papillon. [...] »
LEE mot de la première énigme du Mer
cure de mai eft le ver devenu papillon .
Ceux de l'épitaphe - énigmatique font :
Latro pænitens , ou le bon Larron. Celui
du premier logogryphe eft corde ; dans
lequel on trouve , en fupprimant la lettre
r, code : l'on y trouve de plus cor , or,
roc , ode. Et celui du fecond eft Carme :
on y trouve la particule car , le pronom
me , arme , âme.
cure de mai eft le ver devenu papillon .
Ceux de l'épitaphe - énigmatique font :
Latro pænitens , ou le bon Larron. Celui
du premier logogryphe eft corde ; dans
lequel on trouve , en fupprimant la lettre
r, code : l'on y trouve de plus cor , or,
roc , ode. Et celui du fecond eft Carme :
on y trouve la particule car , le pronom
me , arme , âme.
Fermer
8756
s. p.
« La Figure doit regarde la p. 91 [...] »
Début :
La Figure doit regarde la p. 91 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Figure doit regarde la p. 91 [...] »
La Figure doit regarder la p. 91
Fermer
8757
p. 311
ENIGME.
Début :
J'ay presque autant de mains qu'en avoit Briarée, [...]
Mots clefs :
Corbillon de l'oublieux
8758
p. 310
NOMS. De ceux qui ont deviné le Masque.
Début :
Bon jour, bon jour Masque, Artaxarxez, Ariane à la lévre [...]
Mots clefs :
Noms, Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOMS. De ceux qui ont deviné le Masque.
NOMS.
De ceux quiont deviné
le Masque.
Bon jour, bon jour
Masque
,
Artaxarxez,
Ariane à la lévre bleue,
la jeune orfeline, les deux
associez
,
les trois visages,Turlupin, Toinon
De ceux quiont deviné
le Masque.
Bon jour, bon jour
Masque
,
Artaxarxez,
Ariane à la lévre bleue,
la jeune orfeline, les deux
associez
,
les trois visages,Turlupin, Toinon
Fermer
8759
p. 283
AUTRE.
Début :
Je porte Rit ; je porte Cir ; [...]
Mots clefs :
Citrouille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E porte Rits je porte Cir;
Je porte Lit ; je porte Tir ;
Je porte Rot ; je porte Roüille ;
Lecteur , je m'apelle .....
Par Duchemin
E porte Rits je porte Cir;
Je porte Lit ; je porte Tir ;
Je porte Rot ; je porte Roüille ;
Lecteur , je m'apelle .....
Par Duchemin
Fermer
8760
p. 283
LOGOGRYPHUS.
Début :
Sum titulus, LECTOR, datus olim Regibus ; unum [...]
Mots clefs :
Magnus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHUS.
LOGOGRYPHUS.
Sum §
Um titulus , LECTOR , datus olim Regibus ↓
unum
De sex scinde pedem , Bestia mitis ero ;
Corporis humani membrum , si tertius absit :
Junge caput pedibus , Bestia scripta veransį
Par le même.
Sum §
Um titulus , LECTOR , datus olim Regibus ↓
unum
De sex scinde pedem , Bestia mitis ero ;
Corporis humani membrum , si tertius absit :
Junge caput pedibus , Bestia scripta veransį
Par le même.
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8761
p. 91-92
ENIGME.
Début :
Lorsque l'Amour, en dépit de sa mere, [...]
Mots clefs :
Colombe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
L Orfque l'Amour , en dépit de ſa mere ¿
Métamorphofa Periftere ,
On auroit beau pallier fon motif ,
Ce petit Dieu , fans doute , étoit vindicatif.
Heureufement pour moi , ce fut dans mon espéce
Qu'il transforma l'objet de fon averfion ;.
Car par juftice & par tendreffe ,
Venus me prit fous fa protection..
Admiſe en fon cortege , attachée à ſa ſuite ,
Et confacrée à fa divinité ,
Je vis chez les humains éclater mon mérite
92 MERCURE DE FRANCE
Et dans divers états mon nom fi refpecté ,
Qu'on me dreffa des autels en Syrie.
Mais indignée enfin du culte des Payens ,
Abandonnant les Syriens.
A leur idolatrie ,
Je me fauvai foudain
Vers les bords du Jourdain ,
Où l'Eternel , adoptant ma figure ,
Me combla d'un honneur parfait.
M'ignorez-vous encor après ce dernier trait
Il faut vous fatisfaire ; allons je vais conclure.
On me trouve par tout , en plein jour dans les
champs ,
Et la nuit dans les bâtimens.
L Orfque l'Amour , en dépit de ſa mere ¿
Métamorphofa Periftere ,
On auroit beau pallier fon motif ,
Ce petit Dieu , fans doute , étoit vindicatif.
Heureufement pour moi , ce fut dans mon espéce
Qu'il transforma l'objet de fon averfion ;.
Car par juftice & par tendreffe ,
Venus me prit fous fa protection..
Admiſe en fon cortege , attachée à ſa ſuite ,
Et confacrée à fa divinité ,
Je vis chez les humains éclater mon mérite
92 MERCURE DE FRANCE
Et dans divers états mon nom fi refpecté ,
Qu'on me dreffa des autels en Syrie.
Mais indignée enfin du culte des Payens ,
Abandonnant les Syriens.
A leur idolatrie ,
Je me fauvai foudain
Vers les bords du Jourdain ,
Où l'Eternel , adoptant ma figure ,
Me combla d'un honneur parfait.
M'ignorez-vous encor après ce dernier trait
Il faut vous fatisfaire ; allons je vais conclure.
On me trouve par tout , en plein jour dans les
champs ,
Et la nuit dans les bâtimens.
Fermer
8762
p. 307-308
Divertissemens, [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous dis rien de la maniere dont on a passé le [...]
Mots clefs :
Carnaval, Paris, Divertissements, Bals, Masques, Dames
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Divertissemens, [titre d'après la table]
Je ne vous dis rien de la .
manière dont on a paffé le
Carnaval à Paris. C'eft une
deſcription que l'on auroit
peine à faire . Only a pris tous
les Divertiffemens
qui fe peu ·
vent prendre dans une Ville,
où les Plaifirs fe trouvent en
abondance . Il y a eu force:
Bals , & force Mafques , &:
entr'autres Affemblées , celle :
quiſe fit en ce temps -là chez
Cc. ij
3c8 MERCURE
M' le Marquis de Pommereuil
, Maréchal de Camp, &
Gouverneur de Douay , eft
tres remarquable ; il donna
un fort grand Bal , où étoient
quantité de Dames , de la
premiere qualité. Il fut fuivy
d'une Collation des plus magnifiques
.
manière dont on a paffé le
Carnaval à Paris. C'eft une
deſcription que l'on auroit
peine à faire . Only a pris tous
les Divertiffemens
qui fe peu ·
vent prendre dans une Ville,
où les Plaifirs fe trouvent en
abondance . Il y a eu force:
Bals , & force Mafques , &:
entr'autres Affemblées , celle :
quiſe fit en ce temps -là chez
Cc. ij
3c8 MERCURE
M' le Marquis de Pommereuil
, Maréchal de Camp, &
Gouverneur de Douay , eft
tres remarquable ; il donna
un fort grand Bal , où étoient
quantité de Dames , de la
premiere qualité. Il fut fuivy
d'une Collation des plus magnifiques
.
Fermer
Résumé : Divertissemens, [titre d'après la table]
Le texte relate les festivités du Carnaval à Paris, avec divers divertissements. Plusieurs bals et mascarades ont eu lieu, dont un grand bal chez le Marquis de Pommereuil, Maréchal de Camp et Gouverneur de Douay. Cet événement a réuni de nombreuses dames de haute qualité, suivi d'une collation somptueuse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
8763
p. 93-94
AUTRE. A Mde DES C... par M. D. C. D. S. L.
Début :
Que mon début vous plaise ou ne vous plaise pas, [...]
Mots clefs :
Porcelaine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE. A Mde DES C... par M. D. C. D. S. L.
AUTRE. :
A Mde DES C... par M. D. C. D. S. L.
Q
J E mon début vous plaiſe ou ne vous plaiſe
pas ,
Lecteurs , ainfi que vous , je ne fuis que pouffière ;
Mais comme vous , Iris , j'ai de charmans appas :
Vous enchaînez les coeurs fans en être plus fière ,
Moi , je ravis les yeux , & , fourde aux compli
mens ,
Je m'embarralle peu que l'on me trouve belle.
Vous aurez qui je fuis fans beaucoup de tourmens,
Dix membres font mon corps ; mettez-les pêlemêle
,
Et vous verrez un fleuve ; une arme dont l'amour
S'eft fans doute fervi pour attaquer vos charmes ;
Le temps que le Soleil met à faire fon tour ;
Un Dieu qui fur la mer fait naître les alarmes ;
Une pièce aux échecs ; le roi des animaux ;
Un animal bien fot ; un autre bien obfcène ;
Un oifeau que l'on met au rang des fins morceaux ;
Ce que fait un acteur quand il eft fur la scène ;
Ce qui n'existe points deux grands coups au piquet ;
Une dame puiffante ; une des grandes fêtes ;
Un oifeau très- commun par fon bruyant caquet ;
94 MERCURE DE FRANCE.
Le théâtre brillant de deux braves athlètes ;
Unfaint Pape ; un bon fruit ; tout le fin du tri&tract;
Le principe du drap ; celui de la dentelle ;
Un outil néceffaire aux preneurs de tabac ;
Un métal qui fouvent radoucit la cruelle ;
Ce qu'on n'épargne pas quand on veut parvenir ;
L'ouvrage du crayon dans les mains du génie.
C'en eft affez , Iris , il eft temps de finir :
N'oublions pourtant pas le foutien de la vie.
A Mde DES C... par M. D. C. D. S. L.
Q
J E mon début vous plaiſe ou ne vous plaiſe
pas ,
Lecteurs , ainfi que vous , je ne fuis que pouffière ;
Mais comme vous , Iris , j'ai de charmans appas :
Vous enchaînez les coeurs fans en être plus fière ,
Moi , je ravis les yeux , & , fourde aux compli
mens ,
Je m'embarralle peu que l'on me trouve belle.
Vous aurez qui je fuis fans beaucoup de tourmens,
Dix membres font mon corps ; mettez-les pêlemêle
,
Et vous verrez un fleuve ; une arme dont l'amour
S'eft fans doute fervi pour attaquer vos charmes ;
Le temps que le Soleil met à faire fon tour ;
Un Dieu qui fur la mer fait naître les alarmes ;
Une pièce aux échecs ; le roi des animaux ;
Un animal bien fot ; un autre bien obfcène ;
Un oifeau que l'on met au rang des fins morceaux ;
Ce que fait un acteur quand il eft fur la scène ;
Ce qui n'existe points deux grands coups au piquet ;
Une dame puiffante ; une des grandes fêtes ;
Un oifeau très- commun par fon bruyant caquet ;
94 MERCURE DE FRANCE.
Le théâtre brillant de deux braves athlètes ;
Unfaint Pape ; un bon fruit ; tout le fin du tri&tract;
Le principe du drap ; celui de la dentelle ;
Un outil néceffaire aux preneurs de tabac ;
Un métal qui fouvent radoucit la cruelle ;
Ce qu'on n'épargne pas quand on veut parvenir ;
L'ouvrage du crayon dans les mains du génie.
C'en eft affez , Iris , il eft temps de finir :
N'oublions pourtant pas le foutien de la vie.
Fermer
8764
p. 304-313
RONDEAU A REMPLIR.
Début :
Filis tient peu. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RONDEAU A REMPLIR.
RONDEAU
A REMPLIR.
Filis tient peu.
el
0aalbicrac trac 006 seringue
brelingue
c..
» «••frac
OU
*• <* crac r-pibrac
tuigue.
Filis tient peu. -
-KXS 'ale balfaC 4 micmac
fringue
tringuc
•
sac.
Filistient peu.
A REMPLIR.
Filis tient peu.
el
0aalbicrac trac 006 seringue
brelingue
c..
» «••frac
OU
*• <* crac r-pibrac
tuigue.
Filis tient peu. -
-KXS 'ale balfaC 4 micmac
fringue
tringuc
•
sac.
Filistient peu.
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8765
p. 277-278
ENIGME.
Début :
Parmi les jeux divers que le sage critique, [...]
Mots clefs :
Carnaval
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
PArmi les jeux divers que le sage critique ,
Je celebre la troupe étique
De mes propres Freres puinés
A l'abstinence condamnés .
Si la loy les destine à faire penitence
L'usage veut que l'abondance ,
La bonne chere et les festins
Me
$78 MERCURE DE FRANCE
Me fasse braver les destins .
Que des Rats aujourd'hui , disoit jadis un sage ,
Sont du vulgaire le partage ,
Il semble que le sens commun
Soit la Ratiere de chacun.
Le Rat du sage étoit de les vouloir détruire
Dans un temps qui doit les produire ,
Et tu sçauras , Lecteur , en aprenant mon nom ;
Si la chose est facile on non.
PArmi les jeux divers que le sage critique ,
Je celebre la troupe étique
De mes propres Freres puinés
A l'abstinence condamnés .
Si la loy les destine à faire penitence
L'usage veut que l'abondance ,
La bonne chere et les festins
Me
$78 MERCURE DE FRANCE
Me fasse braver les destins .
Que des Rats aujourd'hui , disoit jadis un sage ,
Sont du vulgaire le partage ,
Il semble que le sens commun
Soit la Ratiere de chacun.
Le Rat du sage étoit de les vouloir détruire
Dans un temps qui doit les produire ,
Et tu sçauras , Lecteur , en aprenant mon nom ;
Si la chose est facile on non.
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8766
p. 309-310
AUTRE APOSTILLE.
Début :
Je vous donneray le 3. de Janvier un Supplément de ce Mercure, sous le [...]
Mots clefs :
Mercure
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE APOSTILLE.
AUTRE APOSTILLE.
Je vous donneray le 3. de Janvier
un Supplément à ce Mercure , ſous le
Titre de Memoire Litteraire : On y
trouvera un Ouvrage critique ſur la
controverſe quidiviſe les Gensde Let310
MERCURE
tres;tous les Exemplaires feront paraphez
de ma main...
Valete optimi illuſtriſſimique Lectores
iterum , atque iterum valete : cela veut
dire : Portez vous longtems bien , &
foyez perfuadez du zele ſincere ,& du
tres-profond reſpectavec lesquels j'ay
P'honneur d'eſtre , Voftretres- humble,
&trés -obéiffanyServiteur ,
B
LOVE DELA
MERCURE
Je vous donneray le 3. de Janvier
un Supplément à ce Mercure , ſous le
Titre de Memoire Litteraire : On y
trouvera un Ouvrage critique ſur la
controverſe quidiviſe les Gensde Let310
MERCURE
tres;tous les Exemplaires feront paraphez
de ma main...
Valete optimi illuſtriſſimique Lectores
iterum , atque iterum valete : cela veut
dire : Portez vous longtems bien , &
foyez perfuadez du zele ſincere ,& du
tres-profond reſpectavec lesquels j'ay
P'honneur d'eſtre , Voftretres- humble,
&trés -obéiffanyServiteur ,
B
LOVE DELA
MERCURE
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8767
p. 2457-2458
SECONDE ENIGME.
Début :
Je prends dans les forêts ma source masculine ; [...]
Mots clefs :
Boîte à perruque ou à cheveux
8772
p. 297-299
ENIGME.
Début :
Des deux nouvelles Enigmes que je vous envoye, la pr[e]miere / Vous autres Curieux qui voulez tout sçavoir, [...]
Mots clefs :
Surtout
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Des deux nouvelles Enigmes
que je vous envoye , la
298 MERCURE
prmiere eft de M' Diéreville
du Pont-l'Evefque , & la feconde
de Sylvie du Havre .
ENIGME.
V
Ous autres Curieux qui voulez
toutfçavoir,
il faut contenter voſtre envie .
Je fuis un nouveau né, brunet,grifon,
blanc, noir,
La couleur ne dépendque de lafantaifie,
Et chacun me diverfifie
Selon qu'il en a lepouvoir.
Fe fers aux Champs comme à la
Ville,
Etfuis de toutes les faifons;
Mais c'eft dans le temps des glacons
++;
GALANT. 299
Qu'on me trouve le plus utile.
Ie fais honneur à qui jefuis,
Ie le diftingue du vulgaire,
Ilfemble que je l'enrichis ,
Mais auffi quelquefois je cache fa
mifere.
Ceux qu'on voit aujourd'huyfou
Amis,
Par une catastrophe étrange,
Faifoient jadis fculs mon employs
Voyez unpeu comme tout change.
Ie nefuis pasjufte, il est vray,
Mais en celaje vous diray
Que la mode eft de ne pas l'eftre,
Et qu'ainfi je plais à mon Maiftre.
que je vous envoye , la
298 MERCURE
prmiere eft de M' Diéreville
du Pont-l'Evefque , & la feconde
de Sylvie du Havre .
ENIGME.
V
Ous autres Curieux qui voulez
toutfçavoir,
il faut contenter voſtre envie .
Je fuis un nouveau né, brunet,grifon,
blanc, noir,
La couleur ne dépendque de lafantaifie,
Et chacun me diverfifie
Selon qu'il en a lepouvoir.
Fe fers aux Champs comme à la
Ville,
Etfuis de toutes les faifons;
Mais c'eft dans le temps des glacons
++;
GALANT. 299
Qu'on me trouve le plus utile.
Ie fais honneur à qui jefuis,
Ie le diftingue du vulgaire,
Ilfemble que je l'enrichis ,
Mais auffi quelquefois je cache fa
mifere.
Ceux qu'on voit aujourd'huyfou
Amis,
Par une catastrophe étrange,
Faifoient jadis fculs mon employs
Voyez unpeu comme tout change.
Ie nefuis pasjufte, il est vray,
Mais en celaje vous diray
Que la mode eft de ne pas l'eftre,
Et qu'ainfi je plais à mon Maiftre.
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8773
p. 311-313
Avis tres-utile.
Début :
Le Sieur Porcheron, a un secret merveilleux contres les Rhumatismes [...]
Mots clefs :
Rhumatismes, Pommade
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis tres-utile.
Avis tres utile .
1
Le Sieur Porcheron , a un
312 MERCURE
ſcratiques.
fecret merveilleux contre lesRhumatismes
inveterez , gouteux ,
douleurs de nerfs
Cefecret confifte en une Pommade
composée de ſimples, approuvée de
Meſſieurs les Doyen &Docteurs
delaFacultédeMedecine àParis,
qui ont queri cux mêmes par le
feul liniment , & frottement de
cette Pommade plusieurs malades
de Rhumatismes inveterez &
gouteux ,qui ne cedoient point
aux remedes ordinaires : elle guerit
auſſi les enquilofes dans les
boëtes des genoux. Les pots font
cachetez defon cachet , il donnera
la maniere de s'en servir. Cette
Pommade
GALANT. 313
Pommade nese corrompt jamais ;
&peut se tranſporter dans toute
fortede Pays. Elle a la vertu
de faire tranſpirer doucement
l'humeur en dehors,fans aucune
cicatrice. Lesplus petits potsfont
de 50. fols & les grands de s.
liures. Cette Pommade guerit
auffi parfaitement toutes les
playes &tous les ulceres.
Il demeure ruëdu petit Lyon
quartierS. Sauveur, au coin de
la rue des deux Portes oùson
Tableau eft expofé.
1
Le Sieur Porcheron , a un
312 MERCURE
ſcratiques.
fecret merveilleux contre lesRhumatismes
inveterez , gouteux ,
douleurs de nerfs
Cefecret confifte en une Pommade
composée de ſimples, approuvée de
Meſſieurs les Doyen &Docteurs
delaFacultédeMedecine àParis,
qui ont queri cux mêmes par le
feul liniment , & frottement de
cette Pommade plusieurs malades
de Rhumatismes inveterez &
gouteux ,qui ne cedoient point
aux remedes ordinaires : elle guerit
auſſi les enquilofes dans les
boëtes des genoux. Les pots font
cachetez defon cachet , il donnera
la maniere de s'en servir. Cette
Pommade
GALANT. 313
Pommade nese corrompt jamais ;
&peut se tranſporter dans toute
fortede Pays. Elle a la vertu
de faire tranſpirer doucement
l'humeur en dehors,fans aucune
cicatrice. Lesplus petits potsfont
de 50. fols & les grands de s.
liures. Cette Pommade guerit
auffi parfaitement toutes les
playes &tous les ulceres.
Il demeure ruëdu petit Lyon
quartierS. Sauveur, au coin de
la rue des deux Portes oùson
Tableau eft expofé.
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8774
p. 312-314
ENIGME.
Début :
L'Enigme nouvelle que je vous envoye, est d'un homme / On me connoist assez, je n'ay vertu ny vice. [...]
Mots clefs :
Jeu de cartes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
L'Enigme nouvelle que je
Vous envoye , eft d'un homme
que vous cftimez , & de la
plume
GALANT. 313
plume de qui il ne part rien,
Si ne foit d'un fort bon
gouft.
ES55525§ZZZSSSSSZ
O
ENIGME.
N me connoift affez , je n'ay
vertu ny vice.
fe fuis de diverfes couleurs ,
Et plaisfurtoutaux jeunes coeurs,
Quoy que fort fujet au caprice.
$
Fe parois toujours fort commode,
On fait de moy ce que l'on peut,
Mais non pas ce qu'on veut;
Je feray toujours à la mode.
Oct. 1691 .
Dd
314 MERCURE
$
Je n'ay point de chagrin , mais bie ,,
fouvent j'en donne ;
Pour m'avoir favorable on fait en
vain des voeux.
Ce n'est qu'aux plus heureux
A qui je m'abandonne.
S
Ou m'a fait pour le Roy, le Marchand,
le Soldat,
Pour la Coquette & la Devote,
Pour la Prude & la Sotte ,
Et plus je plais , plus on me bat.
Vous envoye , eft d'un homme
que vous cftimez , & de la
plume
GALANT. 313
plume de qui il ne part rien,
Si ne foit d'un fort bon
gouft.
ES55525§ZZZSSSSSZ
O
ENIGME.
N me connoift affez , je n'ay
vertu ny vice.
fe fuis de diverfes couleurs ,
Et plaisfurtoutaux jeunes coeurs,
Quoy que fort fujet au caprice.
$
Fe parois toujours fort commode,
On fait de moy ce que l'on peut,
Mais non pas ce qu'on veut;
Je feray toujours à la mode.
Oct. 1691 .
Dd
314 MERCURE
$
Je n'ay point de chagrin , mais bie ,,
fouvent j'en donne ;
Pour m'avoir favorable on fait en
vain des voeux.
Ce n'est qu'aux plus heureux
A qui je m'abandonne.
S
Ou m'a fait pour le Roy, le Marchand,
le Soldat,
Pour la Coquette & la Devote,
Pour la Prude & la Sotte ,
Et plus je plais , plus on me bat.
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8775
p. 311-314
ENIGME.
Début :
Je vous envoye deux Enigmes nouvelles. La premiere est du Berger / Deux Soeurs d'antique extraction, [...]
Mots clefs :
Lettres I et V
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Je vous envoye deux Enigmes
nouvelles . La premiere
eft du Berger de Flore
.
312 MERCURE
25222-22-2522:22225
ENIGME.
D
Eux Seurs d'antique extraction,
Dontl'une eft pourla Paix , &l'autre
pour la Guerre,
Sont d'une compagnie , où la divifion
Forme depuis long- temps deux Partis
furla Terre.
Et chacune à la liberté,
Ou pour mieux dire , l'avantage
De s'employer pour l'un & pour l'autre
cofté,
Sans que l'on blâme cét ufage.
La Iuftice, & la Verité,
En portent témoignage,
Qui nefe rendroit pas àleur authorité?
GALANT. 313
Sa
Auffi chacune eftde doublefigure,
Etfans eftre Monftre à deux corps,
Les mettre en oeuvre à l'avanture,
Comme ontfait presque tous les vivans
& les Morts ,
C'est un pechécontre nature.
$2
Vous dire que ces Soeurs paroiffent
autrement
Dans lajeuneſſe,
Qu'elles ne font dans la vieilleffe,
Vousle croirez facilement.
Rien n'eft plus familier que cét évenement,
Mais fije vous difois ; les vis &la
trifeffe,
Les douceurs & les maux ne changent
point leurs traits,
Ne douteriez - vous point fices propos
font vrays?
314 MERCURE
$2
Ils ne le font que trop pour duper l'efperance
Des mediocres Devineurs;
La voftre , nullement , fameux Explicateurs,
Nez au Pays de Sapience.
Trop vive eft voftre intelligence,
Rien ne luy fçauroit échaper.
Ieparle à vous, Rault , la Tronche,
Hermophile ,
Obligeant Alcidor , Gyges , Diéreville
,
Scroit bien fin qui vous pourroit
tromper.
nouvelles . La premiere
eft du Berger de Flore
.
312 MERCURE
25222-22-2522:22225
ENIGME.
D
Eux Seurs d'antique extraction,
Dontl'une eft pourla Paix , &l'autre
pour la Guerre,
Sont d'une compagnie , où la divifion
Forme depuis long- temps deux Partis
furla Terre.
Et chacune à la liberté,
Ou pour mieux dire , l'avantage
De s'employer pour l'un & pour l'autre
cofté,
Sans que l'on blâme cét ufage.
La Iuftice, & la Verité,
En portent témoignage,
Qui nefe rendroit pas àleur authorité?
GALANT. 313
Sa
Auffi chacune eftde doublefigure,
Etfans eftre Monftre à deux corps,
Les mettre en oeuvre à l'avanture,
Comme ontfait presque tous les vivans
& les Morts ,
C'est un pechécontre nature.
$2
Vous dire que ces Soeurs paroiffent
autrement
Dans lajeuneſſe,
Qu'elles ne font dans la vieilleffe,
Vousle croirez facilement.
Rien n'eft plus familier que cét évenement,
Mais fije vous difois ; les vis &la
trifeffe,
Les douceurs & les maux ne changent
point leurs traits,
Ne douteriez - vous point fices propos
font vrays?
314 MERCURE
$2
Ils ne le font que trop pour duper l'efperance
Des mediocres Devineurs;
La voftre , nullement , fameux Explicateurs,
Nez au Pays de Sapience.
Trop vive eft voftre intelligence,
Rien ne luy fçauroit échaper.
Ieparle à vous, Rault , la Tronche,
Hermophile ,
Obligeant Alcidor , Gyges , Diéreville
,
Scroit bien fin qui vous pourroit
tromper.
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8776
p. 311-313
ENIGME.
Début :
Je vous envoye une Enigme nouvelle. Elle est d'une personne / Dans les quatre saisons, je suis toûjours de même [...]
Mots clefs :
Poudre à poudrer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Je vous envoye une Enigme
nouvelle. Elle est d'une perfonne
de diftinction .
312 MERCURE
ENIGM E.
Dans les quatre faifons , je fuis
toujours de mème
Les grands & les petits , je fers
également
Aux deux fexes , je donne un fragile
ornement ,
De qui ne peut m'avoir , la difette
eft extrême.
S
Mon teint approche moins du vermeil
que
du blème
Dans toutes les couleurs , je fais die
changement
Pourvu qu'on en excepte , une ou
deux feulement ,
On me trouve au village , & fous
le diadéme!
Je
GALANT
313
13.
LYON
H
312 MERCURE
aminelesbeaux
evallex
mours.
GALANT 313
Je n'aypas d'ennemyplus rude que le
vent ;
On ne fait aucun cas de moy dans
le Convent
Si tu fçais d'où tu viens tu connois
bien ma mere.
2
Mon pere fans me voir , me bat
foir & matin
Nous finirons tous trois , par un di -
vers defin
Rien plus commun que moy , rien fi
peu neceffaire.
nouvelle. Elle est d'une perfonne
de diftinction .
312 MERCURE
ENIGM E.
Dans les quatre faifons , je fuis
toujours de mème
Les grands & les petits , je fers
également
Aux deux fexes , je donne un fragile
ornement ,
De qui ne peut m'avoir , la difette
eft extrême.
S
Mon teint approche moins du vermeil
que
du blème
Dans toutes les couleurs , je fais die
changement
Pourvu qu'on en excepte , une ou
deux feulement ,
On me trouve au village , & fous
le diadéme!
Je
GALANT
313
13.
LYON
H
312 MERCURE
aminelesbeaux
evallex
mours.
GALANT 313
Je n'aypas d'ennemyplus rude que le
vent ;
On ne fait aucun cas de moy dans
le Convent
Si tu fçais d'où tu viens tu connois
bien ma mere.
2
Mon pere fans me voir , me bat
foir & matin
Nous finirons tous trois , par un di -
vers defin
Rien plus commun que moy , rien fi
peu neceffaire.
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8777
p. 2205-2210
REFLEXIONS.
Début :
Dans les Athées, s'il est vrai qu'il y en ait, la corruption du coeur précede [...]
Mots clefs :
Savant, Athéisme, Athées, Esprit, Lumières, Intérêt
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REFLEXIONS.
REFLEXIONS,
Ans les Athées , s'il eſt vrai qu'il y
en ait , la corruption du coeur précede
prefque toujours l'égarement de l'ef
prit , & un mépris orgueilleux des fentimens
populaires les détermine à une opinion
finguliere qui flate leur vanité plus
qu'elle ne perfuade leur raifon .
Dans quelque égarement que tombe
l'efprit humain , il eft impoffible d'éteindre
entierement la lumiere qui nous découvre
l'existence de Dieu , Créateur du
monde &c. & un Athée a , pour ainfi dire,
grand interêt de l'être pour calmer les
juftes
2206 MERCURE DE FRANCE
juftes frayeurs d'une confcience allarmée.
C'eſt un très grand abus de croire que
les maximes Evangeliques ne font guere
compatibles avec de grandes lumieres
& qu'il n'eft rien de fi voifin de l'irréligion
qu'un génie fublime & élevé.
On appelle Athées ceux qui par leurs
'difcours & leurs actions paroiffent fouhaiter
qu'il n'y ait point de Dieux , afin
de n'avoir point de fujet de craindre les
châtimens qu'ils méritent leurs impiétés
& leurs defordres. Dixit infipiens in
corde fuo , non eft Deus,
par
Ce n'eft pas l'incrédulité qui produit le
libertinage ; on affecte d'être incrédule
parcequ'on veut être libertin : on commence
par fuivre fon penchant , & puis
on cherche à le juftifier.
L'homme qui a de l'efprit , & qui con•
fulte les autres , n'eft prefque qu'un demi
homme ; mais celui qui n'en a point , &
qui ne prend confeil de perfonne n'eſt
pas homme.
Il eft difficile de bien choifir ceux à
qui on veut demander confeil : celui des
yieillards eft lent , timide & douteux : la
jeuneffe
OCTOBRE. 1730. 2207
jeuneffe en donne de legers , de violens,
de teméraires ; fi on confulte les Sçavans,
on eft fatigué de leurs longs difcours , &
choqué de leur opiniâtreté : fi on confulte
les ignorans , on eft maître de leurs
avis , mais on en tire peu de lumieres :
fi on s'adreffe aux pauvres , leurs confeils
feront intereffés ; fi on s'adreffe aux riches
, il y aura trop de hauteur & de du
reté dans le parti qu'ils propoferont ; nos
parens , nos domeftiques , pour mieux
nous flater , nous tromperont : les étran
gers ne le donneront pas la peine d'exa
miner la matiere & délibereront fans
attention , ne prenant nul interêt en la
choſe. Plufieurs confeillers embaraffent
peu de confeillers ne fuffifent pas.
2
Qui confulte une fois veut s'éclaircir ;
qui confulte deux fois cherche à douter.
Les Sçavans font pour l'ordinaire dédaigneux
pour les ignorans , & ils font
mal , car ils prouvent par là combien ils
leur reffemblent encore.
L'imitation fervile eft blâmable ; mais
un homme d'efprit fçait habilement fe
rendre propres , & faire paffer dans fes
Ouvrages les beautés de ceux qui l'ont
devancé. On honore ceux qu'on imitę
ayce
1
2208 MERCURE DE FRANCE
avec art ; & un Auteur , même celebre ,
qui feroit profeffion étroite de n'imiter
perfonne , rarement meriteroit-il d'être
imité .
Sur les faits hiſtoriques que nous apprenons
,ou que nous lifons dans les livres
nous devons toujours être en garde contre
l'incertitude qui flatte fans ceffe notre
vanité ; car nous aimons à entendre
nos connoiffances , & quand la verité fe
dérobe à nos recherches , nous nous contentons
de la trouver remplacée par la
fiction que notre crédulité réalife , l'erreur
nous paroiffant moins à craindre
que l'ignorance.
Les hommes d'un gout fûr & délicat
ne font jamais contens de leurs Ouvrages ;
ils ont une fi haute idée de la perfection,
qu'ils ne croyent jamais y être parvenus .
On ne doit pas faire dépendre fes idées
de fon goût ; il faut prendre des guides
plus furs , la raifon & l'experience.
La décadence des Sciences & des Arts
eft fort à craindre ; car on commence à
outrer tout. Le goût des beautés fimples
& naturelles fe perd ; il faudra déformais
du bizarre , de l'étranger & du mefquin
pour
OCTOBRE. 1730. 2209
pour nous toucher ; plus d'un obftacle
s'oppose à la guerilon du mauvais gout.
Le défaut des Medecins , les génies fuperieurs
, tels qu'il en faudroit pour ramener
les efprits, font rares; & quand il s'en
trouve , ils voyent le mal , ils le blâment.
& fe laiffent cependant entraîner par la
foule à laquelle ils veulent plaire : on aime
le nouveau & le fingulier , on ſe ſçait
bon gré de ne pas marcher fur les pas de
fes prédeceffeurs . La défenſe du mauvais
gout devient un interêt de nation ; d'ail.
leurs, quand on pourroit le guerir, quelle
méthode fuivre dans une entrepriſe fi
difficile , où le malade croit être dans une
parfaite fanté , & regarde le Medecin
comme celui qui a befoin de remede ? fi
quelqu'un s'apperçoit de l'erreur commune
, ofera-t'il l'attaquer ? ofera - t'il
s'écarter des routes par où l'on parvient
à la réputation la plus brillante ? ne crain
dra- t'il point de s'expoſer à la dériſion .
On voit tous les jours de petits génies
vuides de lumieres & d'efprit , & pleins
d'amour propre , fe montrer difficiles &
même critiquer hautement dáns les Sciences
& dans les Arts les nouveautés qui
paroiffent , pour ſe faire une réputation
de gens d'efprit & de gout , fe flattant
qu'en attaquant des Auteurs & des Ou-
E vrages
2210 MERCURE DE FRANCE
yrages celebres , on fera grand cas de leurs
remarques , & qu'on les mettra , finon
au deffus , au moins à coté des plus ha
biles.
& و
Quelques Sçavans pleins de bonne opinion
de leurs études , difent par tout , &
croyent même que tout est trouvé
cela parce qu'ils fe perfuadent avec complaifance
qu'ils n'ont plus rien à appren
dre. Ils méprifent hautement les nouvelles
découvertes , & ne daignent pas
les examiner , crainte de fe convaincre
d'une préfomption qui les flate.
Un efprit vain & de mauvaiſe trempe,
quoique cultivé d'ailleurs , parle de tout
avec confiance , & ne peut juger fainement
de rien ; les frais qu'il fait en lecture
& en effort de mémoire , pour paroître
habile , font prefque autant de nouvelles
couches de ridicule qu'il fe donne;
l'orgueil & l'impertinence percent au
travers ; enforte qu'on peut dire avec
Moliere :
Un fot fçavant eft fot plus qu'un fot ignorant.
Et avec un Poëte plus moderne , M.
Pope.
Tel eft devenu fat à force de lecture
Qui n'eut été que fot en fuivant la nature.
Ans les Athées , s'il eſt vrai qu'il y
en ait , la corruption du coeur précede
prefque toujours l'égarement de l'ef
prit , & un mépris orgueilleux des fentimens
populaires les détermine à une opinion
finguliere qui flate leur vanité plus
qu'elle ne perfuade leur raifon .
Dans quelque égarement que tombe
l'efprit humain , il eft impoffible d'éteindre
entierement la lumiere qui nous découvre
l'existence de Dieu , Créateur du
monde &c. & un Athée a , pour ainfi dire,
grand interêt de l'être pour calmer les
juftes
2206 MERCURE DE FRANCE
juftes frayeurs d'une confcience allarmée.
C'eſt un très grand abus de croire que
les maximes Evangeliques ne font guere
compatibles avec de grandes lumieres
& qu'il n'eft rien de fi voifin de l'irréligion
qu'un génie fublime & élevé.
On appelle Athées ceux qui par leurs
'difcours & leurs actions paroiffent fouhaiter
qu'il n'y ait point de Dieux , afin
de n'avoir point de fujet de craindre les
châtimens qu'ils méritent leurs impiétés
& leurs defordres. Dixit infipiens in
corde fuo , non eft Deus,
par
Ce n'eft pas l'incrédulité qui produit le
libertinage ; on affecte d'être incrédule
parcequ'on veut être libertin : on commence
par fuivre fon penchant , & puis
on cherche à le juftifier.
L'homme qui a de l'efprit , & qui con•
fulte les autres , n'eft prefque qu'un demi
homme ; mais celui qui n'en a point , &
qui ne prend confeil de perfonne n'eſt
pas homme.
Il eft difficile de bien choifir ceux à
qui on veut demander confeil : celui des
yieillards eft lent , timide & douteux : la
jeuneffe
OCTOBRE. 1730. 2207
jeuneffe en donne de legers , de violens,
de teméraires ; fi on confulte les Sçavans,
on eft fatigué de leurs longs difcours , &
choqué de leur opiniâtreté : fi on confulte
les ignorans , on eft maître de leurs
avis , mais on en tire peu de lumieres :
fi on s'adreffe aux pauvres , leurs confeils
feront intereffés ; fi on s'adreffe aux riches
, il y aura trop de hauteur & de du
reté dans le parti qu'ils propoferont ; nos
parens , nos domeftiques , pour mieux
nous flater , nous tromperont : les étran
gers ne le donneront pas la peine d'exa
miner la matiere & délibereront fans
attention , ne prenant nul interêt en la
choſe. Plufieurs confeillers embaraffent
peu de confeillers ne fuffifent pas.
2
Qui confulte une fois veut s'éclaircir ;
qui confulte deux fois cherche à douter.
Les Sçavans font pour l'ordinaire dédaigneux
pour les ignorans , & ils font
mal , car ils prouvent par là combien ils
leur reffemblent encore.
L'imitation fervile eft blâmable ; mais
un homme d'efprit fçait habilement fe
rendre propres , & faire paffer dans fes
Ouvrages les beautés de ceux qui l'ont
devancé. On honore ceux qu'on imitę
ayce
1
2208 MERCURE DE FRANCE
avec art ; & un Auteur , même celebre ,
qui feroit profeffion étroite de n'imiter
perfonne , rarement meriteroit-il d'être
imité .
Sur les faits hiſtoriques que nous apprenons
,ou que nous lifons dans les livres
nous devons toujours être en garde contre
l'incertitude qui flatte fans ceffe notre
vanité ; car nous aimons à entendre
nos connoiffances , & quand la verité fe
dérobe à nos recherches , nous nous contentons
de la trouver remplacée par la
fiction que notre crédulité réalife , l'erreur
nous paroiffant moins à craindre
que l'ignorance.
Les hommes d'un gout fûr & délicat
ne font jamais contens de leurs Ouvrages ;
ils ont une fi haute idée de la perfection,
qu'ils ne croyent jamais y être parvenus .
On ne doit pas faire dépendre fes idées
de fon goût ; il faut prendre des guides
plus furs , la raifon & l'experience.
La décadence des Sciences & des Arts
eft fort à craindre ; car on commence à
outrer tout. Le goût des beautés fimples
& naturelles fe perd ; il faudra déformais
du bizarre , de l'étranger & du mefquin
pour
OCTOBRE. 1730. 2209
pour nous toucher ; plus d'un obftacle
s'oppose à la guerilon du mauvais gout.
Le défaut des Medecins , les génies fuperieurs
, tels qu'il en faudroit pour ramener
les efprits, font rares; & quand il s'en
trouve , ils voyent le mal , ils le blâment.
& fe laiffent cependant entraîner par la
foule à laquelle ils veulent plaire : on aime
le nouveau & le fingulier , on ſe ſçait
bon gré de ne pas marcher fur les pas de
fes prédeceffeurs . La défenſe du mauvais
gout devient un interêt de nation ; d'ail.
leurs, quand on pourroit le guerir, quelle
méthode fuivre dans une entrepriſe fi
difficile , où le malade croit être dans une
parfaite fanté , & regarde le Medecin
comme celui qui a befoin de remede ? fi
quelqu'un s'apperçoit de l'erreur commune
, ofera-t'il l'attaquer ? ofera - t'il
s'écarter des routes par où l'on parvient
à la réputation la plus brillante ? ne crain
dra- t'il point de s'expoſer à la dériſion .
On voit tous les jours de petits génies
vuides de lumieres & d'efprit , & pleins
d'amour propre , fe montrer difficiles &
même critiquer hautement dáns les Sciences
& dans les Arts les nouveautés qui
paroiffent , pour ſe faire une réputation
de gens d'efprit & de gout , fe flattant
qu'en attaquant des Auteurs & des Ou-
E vrages
2210 MERCURE DE FRANCE
yrages celebres , on fera grand cas de leurs
remarques , & qu'on les mettra , finon
au deffus , au moins à coté des plus ha
biles.
& و
Quelques Sçavans pleins de bonne opinion
de leurs études , difent par tout , &
croyent même que tout est trouvé
cela parce qu'ils fe perfuadent avec complaifance
qu'ils n'ont plus rien à appren
dre. Ils méprifent hautement les nouvelles
découvertes , & ne daignent pas
les examiner , crainte de fe convaincre
d'une préfomption qui les flate.
Un efprit vain & de mauvaiſe trempe,
quoique cultivé d'ailleurs , parle de tout
avec confiance , & ne peut juger fainement
de rien ; les frais qu'il fait en lecture
& en effort de mémoire , pour paroître
habile , font prefque autant de nouvelles
couches de ridicule qu'il fe donne;
l'orgueil & l'impertinence percent au
travers ; enforte qu'on peut dire avec
Moliere :
Un fot fçavant eft fot plus qu'un fot ignorant.
Et avec un Poëte plus moderne , M.
Pope.
Tel eft devenu fat à force de lecture
Qui n'eut été que fot en fuivant la nature.
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Résumé : REFLEXIONS.
Le texte traite principalement de la corruption morale et de l'incrédulité, soulignant que la corruption du cœur précède souvent l'égarement de l'esprit. Cette situation conduit certains individus à adopter des opinions singulières pour flatter leur vanité plutôt que de suivre la raison. Même les athées, malgré leurs discours, conservent une conscience de l'existence de Dieu pour apaiser leurs craintes. Le texte critique l'idée que les grandes lumières soient incompatibles avec les maximes évangéliques et affirme que l'incrédulité ne mène pas nécessairement au libertinage, mais plutôt l'inverse. Le choix de conseillers fiables est également abordé, chaque catégorie ayant ses défauts : les vieillards sont lents, les jeunes téméraires, les savants opiniâtres, et les étrangers désintéressés. Les savants montrent souvent un dédain envers les ignorants, révélant ainsi leur propre manque de sagesse. Le texte met en garde contre la crédulité et l'erreur dans l'apprentissage des faits historiques, préférant la fiction à l'ignorance. Il critique la décadence des sciences et des arts, attribuée à un goût pour le bizarre et l'étranger, ainsi qu'à l'absence de guides éclairés capables de corriger ces tendances. Les petits esprits, pleins d'amour-propre, critiquent les œuvres célèbres pour se faire remarquer, tandis que certains savants, sûrs de leurs connaissances, méprisent les nouvelles découvertes. Il décrit également les esprits vains et imprudents qui parlent de tout avec confiance sans véritable jugement. Enfin, le texte critique les efforts excessifs de certaines personnes pour paraître habiles, soulignant que ces tentatives ajoutent souvent des couches de ridicule plutôt que de les rendre plus compétentes. L'orgueil et l'impertinence transparaissent malgré ces efforts. Molière est cité pour affirmer qu'une personne savante peut être plus sotte qu'une personne ignorante. Un poète moderne, M. Pope, observe que ceux qui deviennent pédants à force de lecture peuvent être plus stupides que ceux qui suivent simplement leur nature.
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8778
p. 306-313
Conversions faites à Mets. [titre d'après la table]
Début :
Toutes les Conversions ont esté enfin achevées à Mets, [...]
Mots clefs :
Conversions, Instructions, Évêque, Procession, Parlement, Ursulines, Couvent, Protestants, Abjuration
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texteReconnaissance textuelle : Conversions faites à Mets. [titre d'après la table]
Toutes les Conversxion
ont elle enfin achevées
Mets, & a pres de longue;
Instrudtions quiont elle données
dans la Cathedrale par
les soins de Mr l'Evefsue
qui a fait êclaircir pleine.
ment tous les points contra
verrez, la reunion s'est trouvée
entiere au commence.
mentdumoispassé.On en a
rendu graces à Dieu par ur
Te Deun au retour d'une Pro
cession generale. Mr. rEvêt:
que de Mets l'entonna, &i
fut chanté par la Musique
Le Parlement & les autre,
Corps y assisterent avec tout
l'EstaMajor.On a formé depuis
ce tempslà une efpecede
Mission. Elle fut ouverte par
ce Prelat, qui parla du Sacrisice
de la Messe avec autant
de nerreté & d'éloquence,
que d'érudition&d'énergie
en presence de toutcequ'il y
a de plus considerable dans
la Ville, d'un peuple infiny,
& d'un tres-crand nombre
de nouveaux Catholiques,
- qui continuent de venir
entendre la parole de Dieuà
l'Eglise tous les Lundis,Nler.
credis & Vendredis. LvS
femmes & les filles que l'on
avoitmises dans les maisons
Religieuses, y ont presques
toutes abjuré en fort peu dCj
tem ps, & il y ena plu sieurs
de si véritablement changées,
qu'elles marquent un
em pressementextraordinaire
re pour leCloistre. Les Da-:
mes Ursulines meritent sur
tout d'estredistinguées par:
le fruit qu'ellesont fait. On
leur a donné plusieurs sois
des femmes de la Religion
prerehdue reforméeàinsxtruire,&
en- plus grand nom- iC' bre qu'aux autres Gonvcnts^i
.1
& il n'en est sorty aucune dechezelles,
dont le changement
n'ait paru considerable.
Le plus remarquable à.
esté celu y de Madame de
Blair. Elleest femmede Mr
de Blair de Fayoles, President
au Mortier dans leParlement
de Mets, Homme
d'un profond sçavoir,d'une
intégrité. singuliere, d'une
application toute, extraordinaite,
d'une sublime vertu,&
d'unemodestie encore plus
grande. Il a esté. de laReligion
Protestante, & l'ayant
abandonnée,depuis quelques
années avec connoissance
decause,commeonle
peut voir par les motifs de sa
Conversion,qu'ila presentez
à Sa Majesté, & donnez au
public; il n'a épargné ny peines
ny foins pourconvertir
Madame sa Femme, sur tout
apres qu'elle fut entrée chez
les Dames Ursulines. Il la
voyoir à toute heure, & luy
écrivoit souventde la manie-
-, re la plus engageante & la
plus forte. Il l'avoit mesme
reduite à luy avouer que son
esprit estoit convaincu, mais
elleajoûtoitenmesme temps
que son coeur ne l'estoit pas,, cestàdirequececceurinclinoit
toujours pour le party
dans lequel elle estoit née.
Il falloit l'en détacher. Ce
coup importantn'apartenoit
qu'à Dieu seul, qui en est venu
à bout d'une maniere si
parfaite,que Mr. de Blair qui
vient de l'amener à Paris
pour quelque temps, apres
"luy avoir vu faire abjuration
entre les mains de M l'Eves-
- que de Mets, seloüe fort des
{oins qui ontsi bien fecondé
l'esfiens, & en marque saretonnoiflànce
à la Supérieure
decette maisondans laquelle
on peut direque les membres
sont dignes du chef,puisqu'-
on ytrouvedesDameségalement.
recommandables par
la grandeur de leur nalffance,,
par la forcede leur esprit,par
la solidité de leurs initru£h6.S'
& par la sainteté de leur vie.
Celle qui est presentement à
leur telle,possedeavec avantage
tantes ces bellesqualitez.
Elle est Niece de M le
Prince deFurstemberg Evesx
que de Strasbourg,& Cardial
de la derniere promotion.
Elle pense,parle,& écrit avec
beaucoupbeaucoup
de delicatesse, &
sa pieté surpasse encore tout
cela.
ont elle enfin achevées
Mets, & a pres de longue;
Instrudtions quiont elle données
dans la Cathedrale par
les soins de Mr l'Evefsue
qui a fait êclaircir pleine.
ment tous les points contra
verrez, la reunion s'est trouvée
entiere au commence.
mentdumoispassé.On en a
rendu graces à Dieu par ur
Te Deun au retour d'une Pro
cession generale. Mr. rEvêt:
que de Mets l'entonna, &i
fut chanté par la Musique
Le Parlement & les autre,
Corps y assisterent avec tout
l'EstaMajor.On a formé depuis
ce tempslà une efpecede
Mission. Elle fut ouverte par
ce Prelat, qui parla du Sacrisice
de la Messe avec autant
de nerreté & d'éloquence,
que d'érudition&d'énergie
en presence de toutcequ'il y
a de plus considerable dans
la Ville, d'un peuple infiny,
& d'un tres-crand nombre
de nouveaux Catholiques,
- qui continuent de venir
entendre la parole de Dieuà
l'Eglise tous les Lundis,Nler.
credis & Vendredis. LvS
femmes & les filles que l'on
avoitmises dans les maisons
Religieuses, y ont presques
toutes abjuré en fort peu dCj
tem ps, & il y ena plu sieurs
de si véritablement changées,
qu'elles marquent un
em pressementextraordinaire
re pour leCloistre. Les Da-:
mes Ursulines meritent sur
tout d'estredistinguées par:
le fruit qu'ellesont fait. On
leur a donné plusieurs sois
des femmes de la Religion
prerehdue reforméeàinsxtruire,&
en- plus grand nom- iC' bre qu'aux autres Gonvcnts^i
.1
& il n'en est sorty aucune dechezelles,
dont le changement
n'ait paru considerable.
Le plus remarquable à.
esté celu y de Madame de
Blair. Elleest femmede Mr
de Blair de Fayoles, President
au Mortier dans leParlement
de Mets, Homme
d'un profond sçavoir,d'une
intégrité. singuliere, d'une
application toute, extraordinaite,
d'une sublime vertu,&
d'unemodestie encore plus
grande. Il a esté. de laReligion
Protestante, & l'ayant
abandonnée,depuis quelques
années avec connoissance
decause,commeonle
peut voir par les motifs de sa
Conversion,qu'ila presentez
à Sa Majesté, & donnez au
public; il n'a épargné ny peines
ny foins pourconvertir
Madame sa Femme, sur tout
apres qu'elle fut entrée chez
les Dames Ursulines. Il la
voyoir à toute heure, & luy
écrivoit souventde la manie-
-, re la plus engageante & la
plus forte. Il l'avoit mesme
reduite à luy avouer que son
esprit estoit convaincu, mais
elleajoûtoitenmesme temps
que son coeur ne l'estoit pas,, cestàdirequececceurinclinoit
toujours pour le party
dans lequel elle estoit née.
Il falloit l'en détacher. Ce
coup importantn'apartenoit
qu'à Dieu seul, qui en est venu
à bout d'une maniere si
parfaite,que Mr. de Blair qui
vient de l'amener à Paris
pour quelque temps, apres
"luy avoir vu faire abjuration
entre les mains de M l'Eves-
- que de Mets, seloüe fort des
{oins qui ontsi bien fecondé
l'esfiens, & en marque saretonnoiflànce
à la Supérieure
decette maisondans laquelle
on peut direque les membres
sont dignes du chef,puisqu'-
on ytrouvedesDameségalement.
recommandables par
la grandeur de leur nalffance,,
par la forcede leur esprit,par
la solidité de leurs initru£h6.S'
& par la sainteté de leur vie.
Celle qui est presentement à
leur telle,possedeavec avantage
tantes ces bellesqualitez.
Elle est Niece de M le
Prince deFurstemberg Evesx
que de Strasbourg,& Cardial
de la derniere promotion.
Elle pense,parle,& écrit avec
beaucoupbeaucoup
de delicatesse, &
sa pieté surpasse encore tout
cela.
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Résumé : Conversions faites à Mets. [titre d'après la table]
À Metz, les conversions religieuses ont été conclues sous la supervision de l'évêque local. Une procession et un Te Deum ont célébré cet événement, en présence du Parlement et d'autres autorités. Une mission a été lancée, inaugurée par le prélat qui a discuté avec éloquence du sacrifice de la messe. Des réunions de sermons ont lieu les lundis, mercredis et vendredis, attirant de nombreux nouveaux catholiques. Plusieurs femmes et jeunes filles, autrefois dans des maisons religieuses, ont renié leur foi protestante et exprimé le souhait de rejoindre un cloître. Les Dames Ursulines se sont particulièrement distinguées dans ce processus de conversion. Madame de Blair, épouse du Président du Parlement de Metz, Monsieur de Blair de Fayoles, a également abjuré après une longue persuasion de son mari et une intervention divine. Elle a ensuite été conduite à Paris. La supérieure des Ursulines, nièce du Prince de Furstemberg et du Cardinal de Strasbourg, a été félicitée pour ses qualités spirituelles et intellectuelles.
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8779
p. 285-292
LETTRE écrite à M. D. L. R. sur les Pendules à quadran mobile, par le sieur Julien le Roy, A. D. de la Societé des Arts.
Début :
J'ai remarqué, Monsieur, deux choses qui m'interessent dans la Lettre de M. [...]
Mots clefs :
Cercle, Pendules, Usage, Société des arts, Public, Cadran, Échappement, M. Dufay, Équation, Pendule
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à M. D. L. R. sur les Pendules à quadran mobile, par le sieur Julien le Roy, A. D. de la Societé des Arts.
LETTRE écrite à M. D. L. R. sur les
Pendules à quadran mobile , par le sieur
Julien le Roy , A. D. de la Societé des
Arts.
J'ai remarqué , Monsieur , deux choses
J'ai remarqué , la 2 deue deM.
Thiou , inserée dans le Mercure de Décembre
1733. pag. 2668. l'une qu'il donne
des idées désavantageuses des Pendules
à cercle d'Equation , et l'autre , qu'il y
avance que c'est M. Dufay qui les a perfectionnées.
Comme j'ai vendu plusieurs de ces
Pendules , dont j'ai loué la justesse et l'utilité
; et que je me suis déclaré le seul
Auteur de la disposition avantageuse de
leurs Cadrans , pour marquer le tems vrai ,
et le tems moyen : ces deux motifs m'obligent
, Monsieur , à vous adresser cette
Lettre , pour me justifier dans le Public
du reproche qu'il auroit droit de me faire ,
si M. Th . accusoit juste dans toute la critique
qu'il fait de la Pendule de M. Pierre
le Roy , mon frere : c'est ce que je vais
faire le plus succinctement qu'il me sera
possible.
Dans i
186 MERCURE DE FRANCE
Dans le même Mercure pag. 2669. M.
Th . dit : « Cette me hode , quoique très
bonne , a des difficultez qui empêchent
» que le public n'en tire tout l'avantage
» qu'il désireroit , parce qu'il est difficile
d'en faire prendre connoissance aux
» personnes même intelligentes , et en ce
» qu'il faut s'approcher du Cadran toutes
>> les fois qu'on veut voir l'heure , et avoir
» toûjours égard aux nouvelles positions
»du Cercle après l'avoir misau quantiéme,
» ce qui nest guerre utile pourun usage ordinaire
, mais très - bon pour un sçavant ,
» comme étoit l'Inventeur , feu M. Dela-
» hire ,, et comme est M. Dufay , qui l'a
» si bien perfectionné.
29
Qui ne croiroit après avoir lû cet article
, que M. Th. n'a jamais voulu faire
de ces Pendules à cercle , parce qu'il les
a trouvées défectueuses ? Cependant il n'y
a peut -être pas d'Horlogeur à Paris qui en
ait fait un aussi grand nombre que lui ;
j'en appelle à témoins tous ceux qui en
ont de sa façon ; auroit- t'il vendu des ouvrages
qu'il n'estimoit pas?Ou voudroit- il
inspirer du mépris pour ceux qu'il n'a
point fait ? On en jugera par ce qui suit .
Lui- même a répandu dans le public en
1735. un Ecrit , imprimé chez la veuve
Knapen , qui a pour titre Instruction sur
l'usage
FEVRIER. 1734 287
Pusage du cercle d'Equation , que le sieur
Th. ajoûte à ses Pendules. Cet imprimé de
trois
pages commence par ces termes.
»Ce Cercle , nouvellement inventé , est
placé à la circonference du Cadran de la
» Pendule , où il est mobile , et divisé
» suivant la table du tems moyen au midy
» vrai , &c. & plus bas , par le cercle
dit il , on a non seulement l'heure du
» Soleil pour tous les jours de l'année
>> mais aussi la facilité d'y vérifier sa Pen-
> dule , &c. -
Comment M. Th. accordera- t'il ses
propres contradictions ? en 1730. il fait
imprimer , et donne au public un usage
pour regler les Pendules qu'il fait à Cercle
d'équation , et en 1733. il avance dans le
Mercu e qu'elles ne sontgueres utiles pour un
usage ordinaire.
En 1730. ce même Cercle lui a paru
nouvellement inventé. Si une invention
qu'il dattoit de huit années et plus , pou
voit alors passer pour nouvelle , il a eu
raison ; car c'est en 1722. que je fis pour
M. de Marian , de l'Académie des Sciences
, la premiere de ces Pendules à Cercle
d'Equation , et peu après une autre , que
M. Dufay me demanda pour M. Landais.
M. Th. veut faire entendre au public
que
288 MERCURE DE FRANCE
que ces Pendules ne sont gueres utiles pour un
usage ordinaire , mais très - bonnes pour un
Sçavant.
.
En effet ne faut -il pas l'être beaucoup
pour sçavoir le quantiéme du mois ? Et
pour tourner avec la main unCadran où il
est gravé , et le mettre vis-à-vis un Index
qui est fixe ? Cela est à peu près aussi difficile
d'ouvrir une montre pour
que
mettre à l'heure .
la
Pour montrer que M. Th. se trompe
totalement , quand il avance que M. Dufay
a perfectionné les Pendules .en questión
, je vais rapporter mot à mot l'Extrait
du Memoire de cet Académicien
qui est inseré dans ceux de l'Académie
Royale des Sciences , année 1725. page 72 .
«Nous avons vû les changemens qu'y
a fait le sieurJulien le Roy : il ne s'en est
» pas tenu - là ; il a imaginé de couper en
»deux la Courbe de M. Delahyre, qui re-
»venoit quatre fois sur elle- même en ser
»pentant, et par ce moyen il l'a tracée sur
» un cercle de laiton mobile , qui entoure
» le Cadran de la Pendule ; ayant placé ex-
» terieurement sur la fausse plaque deux
alidades fixes, l'une à l'heure de midy , et
l'autre à six heures , il ne reste plus qu'à
» tourner avec la main ce Cercle qui porte
» aussi un Cadran de minutes , et placer le
» jour
FEVRIER. 1734 . 289
» jour dont on veut sçavoir l'équation
»sous celle des alidades à laquelle le mois
répond par ce moyer l'aiguille des
» minutes qui marque sur le Cadran fixe
» de la Pendule l'heure moyenne et regu-
» liere , marquera sur le Cadran mobile
>> l'heure du Soleil ; je crois qu'il est difficile
de rien imaginer de plus simple , de
» plus exact , de plus commode , &c.
Peut- on rien dire de plus précis , de
plus clair , et de plus juste que ce que dit
M. Dufay dans cet article ? Il y rend avec
la derniere équité ce qui est dû à M. Delahire
, Inventeur de cette Courbe , et à
moi qui ai imaginé les changemens avantageux
qui l'ont rendue utile ; cette façon
dont je l'ai appliquée aux Pendules, a même
fourni à M. Dufay l'idée d'une machine
de carton , qui est analogue au Cadran
mobile , et qu'il a imaginé pour l'utilité
de ceux qui n'ont point de Cercle d'équation
à leur Pendule .
Si M. Th. avoit lû le Memoire de
M. du Fay , on doit penser qu'il auroit
équitablement suivi son exemple , et ne se
seroit nullement exposé à laisser entrevoir
qu'il ne lui a attribué le mérite de cette
production , qu'à dessein d'en dépoüiller
celui qui en est le veritable Auteur.
Voilà , M. ce que j'avois à vous écrire
sur
"
20 MERCURE DE FRANCE
sur un article de la Lettre de M. Th.
à l'égard de ce qu'elle contient d'ailleurs,
mon frere est très - capable d'y répondre.
Mais pendant que j'ai la plume à la main,
je suis bien aise , M. d'avoir l'honneur
de vous dire un mot sur un autre petit
démêlé d'Horlogerie que j'ai à finir avec
M. Th. au sujet d'un Echappement de
Montre qu'il a voulu mettre en usage
à Paris , deux ans après que ce même
Echappement avoit été abandonné et reconnu
pour mauvais à Londres. Voici
de quoi il s'agit.
Dans le Mercure d'Avril 1729. page
746. j'écrivis à M. Th . une Lettre dont
voici le premier article .
>> Lorsque vous vous êtes déterminé ;
» M. à donner au Public , par la voye du
» Mercure du mois dernier , page 544.
» une idée avantageuse de l'Echappement
de M. de Flamanville , vous ignoriez
» apparemment que la pluspart des Hor-
» logers de Londres l'ont mis en usage
» dès le commencement de l'année 17.7 .
» et l'ont totalement abandonné vers la
» fin de la même année .
Le Mercure de May suivant contient
une Réponse de M. Th. je n'en donnerai
point ici l'Extrait , parce qu'elle mérite
d'être lûë en entier , afin d'y voir
avec
FEVRIER. 1734 291
avec quelle confiance il y annonce le
succès du nouvel Echappement qu'il appliquoit
pour lors à ses Montres. Comme
cette Lettre fit impression sur l'esprit
de quelques personnes , et que je
fis refléxion alors combien il est difficile
au Public de juger sainement de la bonté
des Montres par leur construction ; je me
déterminai à differer ma réplique , prévoyant
que l'usage du nouvel Echappement
seroit aussi défectueux à Paris qu'il
avoit été trouvé deux ans auparavant à
Londres . A présent que mes conjectures
sont confirmées , je vous fais part , M. de
de ce que j'ay appris sur ce sujet.
Les Ouvriers de M. Th. ont publié il
y a environ deux ans , que j'avois prévû
dans ma Lettre tout ce qui lui étoit
arrivé , et qu'il avoit été obligé de remettre
à l'ordinaire toutes les Montres où
il avoit appliqué le nouvel Echappement
qu'il avoit adopté ; mais si on suppose
que ces discours ont été tenus sans fondement
, je demanderai pourquoi il n'a
pas appliqué ce merveilleux Echappement
à la Montre d'or à quantiéme
à secondes et à répetition , qu'il a eu
l'honneur de faire depuis environ un
an pour M. le Comte de Clermont ?
et pourquoi il n'en a pas fait usage en
travail-
1
292 MERCURE DE FRANCE
travaillant pour un Prince aussi respectable
par ses lumieres , que par la protection
éclatante qu'il accorde aux Arts,
et à ceux qui les professent ?
qui
En attendant que M. Th. nous rende
raison de ses variations , concluons , M.
qu'il seroit avantageux aux Horlogers
nous succederont , et aux progrès
de l'Horlogerie , qu'il nous instruisit- des
raisons qui l'ont déterminé , tant à ne
plus faire de ces Montres- là , qu'à ne
plus dorer les roues de rencontres , comme
il le marque dans sa Lettre du même
Mercure , page 980. Se seroit - il enfin
apperçu que le feu , le Mercure ,
l'eau forte , et les gratteboises , sont des
agents qui détruisent la dureté , la forme
et l'égalité que doivent avoir les dents
d'une roue de rencontre ? Faites- moi la
grace , M. d'être persuadé que je n'ai ici
principalement en vûe que de soutenir
l'usage d'une sorte de Pendule qui est
géneralement approuvée des Sçavans et
des Horlogers , parce que sa construction
est aussi simple qu'elle est commode
et utile au Public. Je suis , &c.
Le Memoire de M. de la Hire , dont
il est question dans ma Lettre , est inseré
dans ceux de l'Académie Royale des
Sciences , année 1717. page 242 .
Pendules à quadran mobile , par le sieur
Julien le Roy , A. D. de la Societé des
Arts.
J'ai remarqué , Monsieur , deux choses
J'ai remarqué , la 2 deue deM.
Thiou , inserée dans le Mercure de Décembre
1733. pag. 2668. l'une qu'il donne
des idées désavantageuses des Pendules
à cercle d'Equation , et l'autre , qu'il y
avance que c'est M. Dufay qui les a perfectionnées.
Comme j'ai vendu plusieurs de ces
Pendules , dont j'ai loué la justesse et l'utilité
; et que je me suis déclaré le seul
Auteur de la disposition avantageuse de
leurs Cadrans , pour marquer le tems vrai ,
et le tems moyen : ces deux motifs m'obligent
, Monsieur , à vous adresser cette
Lettre , pour me justifier dans le Public
du reproche qu'il auroit droit de me faire ,
si M. Th . accusoit juste dans toute la critique
qu'il fait de la Pendule de M. Pierre
le Roy , mon frere : c'est ce que je vais
faire le plus succinctement qu'il me sera
possible.
Dans i
186 MERCURE DE FRANCE
Dans le même Mercure pag. 2669. M.
Th . dit : « Cette me hode , quoique très
bonne , a des difficultez qui empêchent
» que le public n'en tire tout l'avantage
» qu'il désireroit , parce qu'il est difficile
d'en faire prendre connoissance aux
» personnes même intelligentes , et en ce
» qu'il faut s'approcher du Cadran toutes
>> les fois qu'on veut voir l'heure , et avoir
» toûjours égard aux nouvelles positions
»du Cercle après l'avoir misau quantiéme,
» ce qui nest guerre utile pourun usage ordinaire
, mais très - bon pour un sçavant ,
» comme étoit l'Inventeur , feu M. Dela-
» hire ,, et comme est M. Dufay , qui l'a
» si bien perfectionné.
29
Qui ne croiroit après avoir lû cet article
, que M. Th. n'a jamais voulu faire
de ces Pendules à cercle , parce qu'il les
a trouvées défectueuses ? Cependant il n'y
a peut -être pas d'Horlogeur à Paris qui en
ait fait un aussi grand nombre que lui ;
j'en appelle à témoins tous ceux qui en
ont de sa façon ; auroit- t'il vendu des ouvrages
qu'il n'estimoit pas?Ou voudroit- il
inspirer du mépris pour ceux qu'il n'a
point fait ? On en jugera par ce qui suit .
Lui- même a répandu dans le public en
1735. un Ecrit , imprimé chez la veuve
Knapen , qui a pour titre Instruction sur
l'usage
FEVRIER. 1734 287
Pusage du cercle d'Equation , que le sieur
Th. ajoûte à ses Pendules. Cet imprimé de
trois
pages commence par ces termes.
»Ce Cercle , nouvellement inventé , est
placé à la circonference du Cadran de la
» Pendule , où il est mobile , et divisé
» suivant la table du tems moyen au midy
» vrai , &c. & plus bas , par le cercle
dit il , on a non seulement l'heure du
» Soleil pour tous les jours de l'année
>> mais aussi la facilité d'y vérifier sa Pen-
> dule , &c. -
Comment M. Th. accordera- t'il ses
propres contradictions ? en 1730. il fait
imprimer , et donne au public un usage
pour regler les Pendules qu'il fait à Cercle
d'équation , et en 1733. il avance dans le
Mercu e qu'elles ne sontgueres utiles pour un
usage ordinaire.
En 1730. ce même Cercle lui a paru
nouvellement inventé. Si une invention
qu'il dattoit de huit années et plus , pou
voit alors passer pour nouvelle , il a eu
raison ; car c'est en 1722. que je fis pour
M. de Marian , de l'Académie des Sciences
, la premiere de ces Pendules à Cercle
d'Equation , et peu après une autre , que
M. Dufay me demanda pour M. Landais.
M. Th. veut faire entendre au public
que
288 MERCURE DE FRANCE
que ces Pendules ne sont gueres utiles pour un
usage ordinaire , mais très - bonnes pour un
Sçavant.
.
En effet ne faut -il pas l'être beaucoup
pour sçavoir le quantiéme du mois ? Et
pour tourner avec la main unCadran où il
est gravé , et le mettre vis-à-vis un Index
qui est fixe ? Cela est à peu près aussi difficile
d'ouvrir une montre pour
que
mettre à l'heure .
la
Pour montrer que M. Th. se trompe
totalement , quand il avance que M. Dufay
a perfectionné les Pendules .en questión
, je vais rapporter mot à mot l'Extrait
du Memoire de cet Académicien
qui est inseré dans ceux de l'Académie
Royale des Sciences , année 1725. page 72 .
«Nous avons vû les changemens qu'y
a fait le sieurJulien le Roy : il ne s'en est
» pas tenu - là ; il a imaginé de couper en
»deux la Courbe de M. Delahyre, qui re-
»venoit quatre fois sur elle- même en ser
»pentant, et par ce moyen il l'a tracée sur
» un cercle de laiton mobile , qui entoure
» le Cadran de la Pendule ; ayant placé ex-
» terieurement sur la fausse plaque deux
alidades fixes, l'une à l'heure de midy , et
l'autre à six heures , il ne reste plus qu'à
» tourner avec la main ce Cercle qui porte
» aussi un Cadran de minutes , et placer le
» jour
FEVRIER. 1734 . 289
» jour dont on veut sçavoir l'équation
»sous celle des alidades à laquelle le mois
répond par ce moyer l'aiguille des
» minutes qui marque sur le Cadran fixe
» de la Pendule l'heure moyenne et regu-
» liere , marquera sur le Cadran mobile
>> l'heure du Soleil ; je crois qu'il est difficile
de rien imaginer de plus simple , de
» plus exact , de plus commode , &c.
Peut- on rien dire de plus précis , de
plus clair , et de plus juste que ce que dit
M. Dufay dans cet article ? Il y rend avec
la derniere équité ce qui est dû à M. Delahire
, Inventeur de cette Courbe , et à
moi qui ai imaginé les changemens avantageux
qui l'ont rendue utile ; cette façon
dont je l'ai appliquée aux Pendules, a même
fourni à M. Dufay l'idée d'une machine
de carton , qui est analogue au Cadran
mobile , et qu'il a imaginé pour l'utilité
de ceux qui n'ont point de Cercle d'équation
à leur Pendule .
Si M. Th. avoit lû le Memoire de
M. du Fay , on doit penser qu'il auroit
équitablement suivi son exemple , et ne se
seroit nullement exposé à laisser entrevoir
qu'il ne lui a attribué le mérite de cette
production , qu'à dessein d'en dépoüiller
celui qui en est le veritable Auteur.
Voilà , M. ce que j'avois à vous écrire
sur
"
20 MERCURE DE FRANCE
sur un article de la Lettre de M. Th.
à l'égard de ce qu'elle contient d'ailleurs,
mon frere est très - capable d'y répondre.
Mais pendant que j'ai la plume à la main,
je suis bien aise , M. d'avoir l'honneur
de vous dire un mot sur un autre petit
démêlé d'Horlogerie que j'ai à finir avec
M. Th. au sujet d'un Echappement de
Montre qu'il a voulu mettre en usage
à Paris , deux ans après que ce même
Echappement avoit été abandonné et reconnu
pour mauvais à Londres. Voici
de quoi il s'agit.
Dans le Mercure d'Avril 1729. page
746. j'écrivis à M. Th . une Lettre dont
voici le premier article .
>> Lorsque vous vous êtes déterminé ;
» M. à donner au Public , par la voye du
» Mercure du mois dernier , page 544.
» une idée avantageuse de l'Echappement
de M. de Flamanville , vous ignoriez
» apparemment que la pluspart des Hor-
» logers de Londres l'ont mis en usage
» dès le commencement de l'année 17.7 .
» et l'ont totalement abandonné vers la
» fin de la même année .
Le Mercure de May suivant contient
une Réponse de M. Th. je n'en donnerai
point ici l'Extrait , parce qu'elle mérite
d'être lûë en entier , afin d'y voir
avec
FEVRIER. 1734 291
avec quelle confiance il y annonce le
succès du nouvel Echappement qu'il appliquoit
pour lors à ses Montres. Comme
cette Lettre fit impression sur l'esprit
de quelques personnes , et que je
fis refléxion alors combien il est difficile
au Public de juger sainement de la bonté
des Montres par leur construction ; je me
déterminai à differer ma réplique , prévoyant
que l'usage du nouvel Echappement
seroit aussi défectueux à Paris qu'il
avoit été trouvé deux ans auparavant à
Londres . A présent que mes conjectures
sont confirmées , je vous fais part , M. de
de ce que j'ay appris sur ce sujet.
Les Ouvriers de M. Th. ont publié il
y a environ deux ans , que j'avois prévû
dans ma Lettre tout ce qui lui étoit
arrivé , et qu'il avoit été obligé de remettre
à l'ordinaire toutes les Montres où
il avoit appliqué le nouvel Echappement
qu'il avoit adopté ; mais si on suppose
que ces discours ont été tenus sans fondement
, je demanderai pourquoi il n'a
pas appliqué ce merveilleux Echappement
à la Montre d'or à quantiéme
à secondes et à répetition , qu'il a eu
l'honneur de faire depuis environ un
an pour M. le Comte de Clermont ?
et pourquoi il n'en a pas fait usage en
travail-
1
292 MERCURE DE FRANCE
travaillant pour un Prince aussi respectable
par ses lumieres , que par la protection
éclatante qu'il accorde aux Arts,
et à ceux qui les professent ?
qui
En attendant que M. Th. nous rende
raison de ses variations , concluons , M.
qu'il seroit avantageux aux Horlogers
nous succederont , et aux progrès
de l'Horlogerie , qu'il nous instruisit- des
raisons qui l'ont déterminé , tant à ne
plus faire de ces Montres- là , qu'à ne
plus dorer les roues de rencontres , comme
il le marque dans sa Lettre du même
Mercure , page 980. Se seroit - il enfin
apperçu que le feu , le Mercure ,
l'eau forte , et les gratteboises , sont des
agents qui détruisent la dureté , la forme
et l'égalité que doivent avoir les dents
d'une roue de rencontre ? Faites- moi la
grace , M. d'être persuadé que je n'ai ici
principalement en vûe que de soutenir
l'usage d'une sorte de Pendule qui est
géneralement approuvée des Sçavans et
des Horlogers , parce que sa construction
est aussi simple qu'elle est commode
et utile au Public. Je suis , &c.
Le Memoire de M. de la Hire , dont
il est question dans ma Lettre , est inseré
dans ceux de l'Académie Royale des
Sciences , année 1717. page 242 .
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Résumé : LETTRE écrite à M. D. L. R. sur les Pendules à quadran mobile, par le sieur Julien le Roy, A. D. de la Societé des Arts.
Julien Le Roy répond à des critiques formulées par M. Thiou dans le Mercure de Décembre 1733. Il conteste deux points principaux : les idées désavantageuses sur les pendules à cercle d'équation et l'attribution des perfectionnements à M. Dufay. Julien Le Roy affirme être l'auteur de la disposition avantageuse des cadrans de ces pendules, permettant de marquer le temps vrai et le temps moyen. Il souligne que M. Thiou, malgré ses critiques, a fabriqué et vendu un grand nombre de ces pendules et a même publié un écrit en 1735 expliquant leur usage. Julien Le Roy rappelle qu'il a inventé ces pendules en 1722 et les a améliorées par la suite. Il cite un mémoire de M. Dufay de 1725, qui reconnaît ses contributions. Julien Le Roy mentionne également un différend concernant un échappement de montre, critiqué à Londres avant de l'être à Paris. Il exprime son souhait de promouvoir l'usage des pendules à cercle d'équation, appréciées pour leur simplicité et leur utilité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8780
p. 309-317
Nouvelles de Coron. [titre d'après la table]
Début :
Les nouvelles publiques vous ont informée des avantages que [...]
Mots clefs :
Coron, Armée vénitienne, Assaut, Escarmouche, Attaque, Corsaires, Étendard, Victoire, Turcs
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Coron. [titre d'après la table]
Les nouvelles publiques
vous ont informée des avantages
que l'Armée Venitienne
baremportez
fur les
Turcs , par la priſe de Coron
dans la Morée . Voicy
ce qui a efté traduit fur un
imprimé de Veniſe.
310 MERCURE
de
Les Lettres du Generaliffime
Morofini écrites le 10. d'Aouft ,
portent que les Affiegez ſe défendoient
obftinement dans Corony
à la veuë de plus de dix mille
Turcs , qui s'étoient avancez
plufieurs endroits de la Morée ,
avec du Canon , & toute forte
d'apprefts , afin d'attaquer nos li
gnes. Les noftres au contraire ,
aprés un continuel travail dans
les Mines qu'ils avoient fait
jouer , n'eurent pas le fuccés qu'ils
avoient attendu de la principale ,
ce qui empefcha de donner l'Affaut.
Dans ce mefme temps , les
Turcs firent une vigoureufe irGALANT
311
ruption fur une Redoute avancée
des noftres ; mais un Corps de gens
de delà les Monts , y eftant ac
couru , & une forte Efcarmouche
s'eftantfaite , nos Dragons y furvinrent
avec le Bataillon des
Maltois , commandé par le Com
mandeur de la Tour ; de forte
qu'aprés trois heures de combat ,
le pofte fut recouvrépar les nôtres
avec grand carnage des
>
Turcs , & le gain gain de
17 Etendards
, à la veuë des Affiegez ;
les Turcs attaquerent encore plu
fieurs fois nos Lignes de divers
coftez, & furent repouſſez avec
vigueur dans ces diverfes atta
ques.
312 MERCURE
›
Le matin du 7. le Genera
liffine refolut de donner une fauffe
alarme pourfurprendre les Ent
nemis dans la confufion. Ainfi
ayant ramaẞé un Corps de quin-
Ze cens tant Mariniers
Francs que Corfaires , que
fit paffer fecretement pendant la
nuit aux flancs de l'Ennemy ,
aprés avoir fait voler un peu.
de poudre , au fignal de laquelle
tous les Chefs devoient fairefeu,
que
l'on
le mouvement
concerté
de bruit
>
que
par
impréveu , accompagné de tant
dans le fommeil & tous en del'on
fir , bien
les nostres , fut fi
les Turcs furpris
fordre,
GALANT. 313
fordre , prirent auffitoft la fuite,
abandonnant toutes les provifions
qu'ils avoient en abondance pour
la fubfiftance de l'Armée , beaucoup
de munitions de guerre , &
un tres-riche bagage , fix groffes
pieces de Canon de Bronze, plufieurs
Chevaux , Armes , &
mefme l'Etendard Royal orné
faftuenfement de Queues ordinai
res de Cheval. La perte
tres n'a pú eftre plus legere. Ainfi
unfuccés fi important animant le
courage des Affiegeans , on s'ap.
plique par toutesfortes de moyens
àla conqueste de la Place, dont on
donne de tres-grandes esperances.
Dd
Septembre 1685.
des nô314
MERCURE
Je vous envoye la Figure
de l'Etendard dont il eft parlé
dans cette Lettre. Cette
Victoire fut fuivie quatre
jours aprés de la priſe de Coron.
Les Turcs avoient arboré
un Drapeau blanc, pour
demander à capituler ; mais
pendant qu'on envoyoit des
Oftages de part & d'autre
un Turc ayant mis le feu à
un Canon chargé de Cartouches
, qui tua quelques
Soldats , les Affiegeans furent
tellement perfuadez ,
que le Commandant ne les
avoit amufez que pour les
GALANT
315
faire perir, qu'ils donnerent
dans les retranchemens avec
vigueur, & en peu de temps
fe rendirent maiftres de la
Place. Les Soldats n'ayant
pû eftre retenus par les Officiers
, tuerent plus de trois
mille Turcs , & n'épargnerent
ny âge ny fexe.
Coron , appellée par les
Anciens , Corone , eft dans
la Morée , à douze milles de
Modon, vers le Cap Maina,
autrement Bravio de Maina.
C'eſt une Ville marchande
à caufe de fa fituation , elle
a un Port capable de rece-
Dd ij
316 MERCURE
voir plufieurs Vaiſſeaux , elle
a la Mer d'un cofté , & du
cofté de terre un Mur fortifié
de fix Tours à l'antique,
Les Grecs & les Juifs demeu
rent dans la Baffe Ville , &
les Turcs dans un Chafteau
qui eft la Ville Haute. Les
Venitiens en ont efté les
Maiftres dans le quinziéme
Siecle. Bajazet Empereur
des Turcs la prit fur eux,
auffi bien que la Ville de
Modon en 1499. Le Prince
Doria Genois, qui comman
doit l'Armée Navale des Ef
pagnols , la prit fur les Turcs
GALANT. 317
pour Com- en 1533. il y laiffa
mandant
Mendoza
, avec
quelques
Efpagnols
, qui l'abandonnerent
aux Turcs
peu d'années
aprés . Ceuxcy
connoiffant
l'importan
ce de cette Place , la repri
rent , & elle eftoit demeu
rée depuis ce temps là entre
leurs mains.
vous ont informée des avantages
que l'Armée Venitienne
baremportez
fur les
Turcs , par la priſe de Coron
dans la Morée . Voicy
ce qui a efté traduit fur un
imprimé de Veniſe.
310 MERCURE
de
Les Lettres du Generaliffime
Morofini écrites le 10. d'Aouft ,
portent que les Affiegez ſe défendoient
obftinement dans Corony
à la veuë de plus de dix mille
Turcs , qui s'étoient avancez
plufieurs endroits de la Morée ,
avec du Canon , & toute forte
d'apprefts , afin d'attaquer nos li
gnes. Les noftres au contraire ,
aprés un continuel travail dans
les Mines qu'ils avoient fait
jouer , n'eurent pas le fuccés qu'ils
avoient attendu de la principale ,
ce qui empefcha de donner l'Affaut.
Dans ce mefme temps , les
Turcs firent une vigoureufe irGALANT
311
ruption fur une Redoute avancée
des noftres ; mais un Corps de gens
de delà les Monts , y eftant ac
couru , & une forte Efcarmouche
s'eftantfaite , nos Dragons y furvinrent
avec le Bataillon des
Maltois , commandé par le Com
mandeur de la Tour ; de forte
qu'aprés trois heures de combat ,
le pofte fut recouvrépar les nôtres
avec grand carnage des
>
Turcs , & le gain gain de
17 Etendards
, à la veuë des Affiegez ;
les Turcs attaquerent encore plu
fieurs fois nos Lignes de divers
coftez, & furent repouſſez avec
vigueur dans ces diverfes atta
ques.
312 MERCURE
›
Le matin du 7. le Genera
liffine refolut de donner une fauffe
alarme pourfurprendre les Ent
nemis dans la confufion. Ainfi
ayant ramaẞé un Corps de quin-
Ze cens tant Mariniers
Francs que Corfaires , que
fit paffer fecretement pendant la
nuit aux flancs de l'Ennemy ,
aprés avoir fait voler un peu.
de poudre , au fignal de laquelle
tous les Chefs devoient fairefeu,
que
l'on
le mouvement
concerté
de bruit
>
que
par
impréveu , accompagné de tant
dans le fommeil & tous en del'on
fir , bien
les nostres , fut fi
les Turcs furpris
fordre,
GALANT. 313
fordre , prirent auffitoft la fuite,
abandonnant toutes les provifions
qu'ils avoient en abondance pour
la fubfiftance de l'Armée , beaucoup
de munitions de guerre , &
un tres-riche bagage , fix groffes
pieces de Canon de Bronze, plufieurs
Chevaux , Armes , &
mefme l'Etendard Royal orné
faftuenfement de Queues ordinai
res de Cheval. La perte
tres n'a pú eftre plus legere. Ainfi
unfuccés fi important animant le
courage des Affiegeans , on s'ap.
plique par toutesfortes de moyens
àla conqueste de la Place, dont on
donne de tres-grandes esperances.
Dd
Septembre 1685.
des nô314
MERCURE
Je vous envoye la Figure
de l'Etendard dont il eft parlé
dans cette Lettre. Cette
Victoire fut fuivie quatre
jours aprés de la priſe de Coron.
Les Turcs avoient arboré
un Drapeau blanc, pour
demander à capituler ; mais
pendant qu'on envoyoit des
Oftages de part & d'autre
un Turc ayant mis le feu à
un Canon chargé de Cartouches
, qui tua quelques
Soldats , les Affiegeans furent
tellement perfuadez ,
que le Commandant ne les
avoit amufez que pour les
GALANT
315
faire perir, qu'ils donnerent
dans les retranchemens avec
vigueur, & en peu de temps
fe rendirent maiftres de la
Place. Les Soldats n'ayant
pû eftre retenus par les Officiers
, tuerent plus de trois
mille Turcs , & n'épargnerent
ny âge ny fexe.
Coron , appellée par les
Anciens , Corone , eft dans
la Morée , à douze milles de
Modon, vers le Cap Maina,
autrement Bravio de Maina.
C'eſt une Ville marchande
à caufe de fa fituation , elle
a un Port capable de rece-
Dd ij
316 MERCURE
voir plufieurs Vaiſſeaux , elle
a la Mer d'un cofté , & du
cofté de terre un Mur fortifié
de fix Tours à l'antique,
Les Grecs & les Juifs demeu
rent dans la Baffe Ville , &
les Turcs dans un Chafteau
qui eft la Ville Haute. Les
Venitiens en ont efté les
Maiftres dans le quinziéme
Siecle. Bajazet Empereur
des Turcs la prit fur eux,
auffi bien que la Ville de
Modon en 1499. Le Prince
Doria Genois, qui comman
doit l'Armée Navale des Ef
pagnols , la prit fur les Turcs
GALANT. 317
pour Com- en 1533. il y laiffa
mandant
Mendoza
, avec
quelques
Efpagnols
, qui l'abandonnerent
aux Turcs
peu d'années
aprés . Ceuxcy
connoiffant
l'importan
ce de cette Place , la repri
rent , & elle eftoit demeu
rée depuis ce temps là entre
leurs mains.
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Résumé : Nouvelles de Coron. [titre d'après la table]
Le texte décrit les événements militaires entre l'Armée Venitienne et les Turcs à Coron, en Morée, en 1685. Les lettres du généralissime Francesco Morosini datées du 10 août 1685 relatent la résistance des assiégés de Coron face à plus de dix mille Turcs équipés de canons et d'autres armes. Après des tentatives de sape infructueuses, les Vénitiens repoussèrent une attaque turque sur une redoute avancée, récupérant 17 étendards après trois heures de combat. Les Turcs lancèrent plusieurs assauts sur les lignes vénitiennes, tous repoussés avec vigueur. Le 7 septembre, Morosini organisa une fausse alarme pour surprendre les Turcs. Les Vénitiens, soutenus par des marins francs et des corsaires, attaquèrent les Turcs endormis, provoquant leur fuite et capturant des provisions, munitions, bagages, canons, chevaux, armes et l'étendard royal turc. Quatre jours plus tard, les Turcs demandèrent à capituler sous un drapeau blanc, mais un incident déclencha une attaque des assiégés qui prirent le contrôle de la place, tuant plus de trois mille Turcs sans distinction d'âge ou de sexe. Coron, anciennement Corone, est une ville marchande située en Morée, près du Cap Maina. Elle possède un port capable d'accueillir plusieurs vaisseaux et est protégée par un mur fortifié. Les Grecs et les Juifs habitent la basse ville, tandis que les Turcs occupent le château. Historiquement, les Vénitiens en ont été les maîtres au quinzième siècle, mais Bajazet la reprit en 1499. En 1533, le prince Doria la reconquit pour les Espagnols, mais elle revint rapidement aux Turcs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8781
p. 84-93
Lettre de Constantinople du 7. Aoust.
Début :
Le 3. de ce mois le Grand Seigneur reçut plusieurs [...]
Mots clefs :
Seigneur, Turcs, Tartares, Constantinople, Moscovites, Tsar
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de Constantinople du 7. Aoust.
Lettre de Conflantinople du
7. Aoust.,
Le 3. de ce mois le Grand
Seigneur reçut plusieurs
Courriers du Grand Visir ,
avec la nouvelle que l'Armée
Moscovite forte de
soixantemille hommes
commandée par le Czar en
personne avoit esté presqu'entierement
deffaite Le
combat commença le i%
Juillet aprèsmidy prés de
Falczin surle Prut. Il y cuç
plusde trente mille Mofc<>
vires tuez par les Turcs ôc
par les Tartares
,
fc sans la
nuit qui survint le nombre
auroit esté plus grand. Le
reste de leur Armée n'ayant
pûCc retirer parce que IC$
Turcs & les Tartares l'environnoient
de tous costez
les uns & les autres paflere&t
la nuit tous les Armes. Le
lendemain marin les Moscovites
se rallierent & se
couvrirent avec des chevaux
de frise; mais le grand
Visir sit aussicost tirer le
canon sur ce retranc hement.
Alors le Czar luy
envoyaunOfficier pour luy
proposer une Capitulation
avec le grand Seigneur &
avec le Roy de Suede
,
&
voyant que les Turcs continuoient
leur canonnade,
il envoyaquatre Officiers
pourréterer cette proposition,
& pour prier le grand
Visir de faire cesser le Canon
ce qui luy fut accordé. Mr
Czasirow ViceChancellier,
&le fils du General Szeremetow
furent estvoyez
au grand Visir avec lequel
ils convinrent que la Ville
d'Asaf seroit rendue au
grand Seigneur;qiae: les
Fortesses de Kaminka
,
de
Sagara&de Samara seraient
démolies ; que l'Ukraine
; feroit iTtmifc danssonancienne
liberté;quele Czar
ne semêleroit plus des Affiliés
de Pologne; qu'illivreroit
le Prince Demetrius
Cantemir, & le rebelleKebaliaba
,
& qu'on reme -
troit au grand Seigneur
l'Artillerie & les Munitions
de l'Armée Moscovite. Ces
six Articles préliminaires
dévoient estre suivis d'un
: traité de Paix qui seroit fait
à Bender où Mrs Czasirow,
& Szeremetow
)
[c ren,
- droient en qualité de Plcnipotentiaires
& pour ser-
-vir d'Otages de ce quiavait
-
esté conclu sans que le grand
Visiten eust donné aucun.
Onapermisaurestede l Ar- !
mée Moscovite de se retirer
àKiowie; mais comme les
Soldatsestoient accablez de
fatigue & de faim, même
avant la Bataille, & qu'il
étoient poursuivis par les
Tartates à cause que le Kan
n'avoit point eû de part à
cc'qui avoir esté conclu avec
le Czar, oncroyoit qu'ilen
réchaperoit un fort petit
nombre, cependant le
grand Visir les faisoit accompagner
par dix ou
cloute mille hommes fous
pretexte de leur servir d'escorte
contre les Tartares y
mais en effet pour les faire
marcher à petites journées,
afin d'avoir le temps de recevoir
les ordres du grand
Seigneur. Mr Funck Envoyé
du Roy de Suede presenta
le 4. au Grand Seigneur,
& au Kaimakan, un
Memoire concernant les'
interests du Roy son Maître.
Tous les Visirs, & le
Musti l'assurerent que ce
Prince auroit lieu d'estre
content avant que les Moscovites
sortissent des Etats
du Grand Seigneur, &
que le Kapigilar Kiaïaski
) devoit partir incessament
pour procurer à Sa Majesté
Suedoise toute sorte satisfaction.
Le 5 Mr Funck fut
appellépour aller chez le
Kaimakan où il trouva le
Musti&le Scllâar- Pacha,
gendre du grand Seigneur,
afin deconferer sur son Me.
moire par lequel il demandoit
que le Roy de Suede
fut compris dans le traité
de Bender, & qu'il fust stipulé
qu'il seroit conduit
dans ses Etats avec autant
de troupes qu'il fouhaitcroit.
Osman Pacha Kiaïa ou
Lieutenant du grand Visir
qu'ilavoit envoyé pour
apporter la nouvelle de
cette Victoire, a esté disgracié
au lieu d'estre recompensérce
qui marque que
le Grand Seigneur estmécontent
de la precipitation
avec laquelle le grand Visîr
a conclu la Capitulation
y
pouvant se rendre maistre
du Czar &du reste de fem
Armée;cependant on n'a
pas laissé de faire plusieurs
décharges d'Artillerie aprés
l'arrivée decette nouvelle,&
toute la Ville ena témoigné
une grande joye. On remarque
que la deffaite du Czar
(H: arrivée le même mois
que celle du Roy de Suede
à Pultowa, & que lemême
malheur de ces deux
Princes leurestarrivé pour
s'estreengagé trop avant
sans Magasins,en paysennemi.
7. Aoust.,
Le 3. de ce mois le Grand
Seigneur reçut plusieurs
Courriers du Grand Visir ,
avec la nouvelle que l'Armée
Moscovite forte de
soixantemille hommes
commandée par le Czar en
personne avoit esté presqu'entierement
deffaite Le
combat commença le i%
Juillet aprèsmidy prés de
Falczin surle Prut. Il y cuç
plusde trente mille Mofc<>
vires tuez par les Turcs ôc
par les Tartares
,
fc sans la
nuit qui survint le nombre
auroit esté plus grand. Le
reste de leur Armée n'ayant
pûCc retirer parce que IC$
Turcs & les Tartares l'environnoient
de tous costez
les uns & les autres paflere&t
la nuit tous les Armes. Le
lendemain marin les Moscovites
se rallierent & se
couvrirent avec des chevaux
de frise; mais le grand
Visir sit aussicost tirer le
canon sur ce retranc hement.
Alors le Czar luy
envoyaunOfficier pour luy
proposer une Capitulation
avec le grand Seigneur &
avec le Roy de Suede
,
&
voyant que les Turcs continuoient
leur canonnade,
il envoyaquatre Officiers
pourréterer cette proposition,
& pour prier le grand
Visir de faire cesser le Canon
ce qui luy fut accordé. Mr
Czasirow ViceChancellier,
&le fils du General Szeremetow
furent estvoyez
au grand Visir avec lequel
ils convinrent que la Ville
d'Asaf seroit rendue au
grand Seigneur;qiae: les
Fortesses de Kaminka
,
de
Sagara&de Samara seraient
démolies ; que l'Ukraine
; feroit iTtmifc danssonancienne
liberté;quele Czar
ne semêleroit plus des Affiliés
de Pologne; qu'illivreroit
le Prince Demetrius
Cantemir, & le rebelleKebaliaba
,
& qu'on reme -
troit au grand Seigneur
l'Artillerie & les Munitions
de l'Armée Moscovite. Ces
six Articles préliminaires
dévoient estre suivis d'un
: traité de Paix qui seroit fait
à Bender où Mrs Czasirow,
& Szeremetow
)
[c ren,
- droient en qualité de Plcnipotentiaires
& pour ser-
-vir d'Otages de ce quiavait
-
esté conclu sans que le grand
Visiten eust donné aucun.
Onapermisaurestede l Ar- !
mée Moscovite de se retirer
àKiowie; mais comme les
Soldatsestoient accablez de
fatigue & de faim, même
avant la Bataille, & qu'il
étoient poursuivis par les
Tartates à cause que le Kan
n'avoit point eû de part à
cc'qui avoir esté conclu avec
le Czar, oncroyoit qu'ilen
réchaperoit un fort petit
nombre, cependant le
grand Visir les faisoit accompagner
par dix ou
cloute mille hommes fous
pretexte de leur servir d'escorte
contre les Tartares y
mais en effet pour les faire
marcher à petites journées,
afin d'avoir le temps de recevoir
les ordres du grand
Seigneur. Mr Funck Envoyé
du Roy de Suede presenta
le 4. au Grand Seigneur,
& au Kaimakan, un
Memoire concernant les'
interests du Roy son Maître.
Tous les Visirs, & le
Musti l'assurerent que ce
Prince auroit lieu d'estre
content avant que les Moscovites
sortissent des Etats
du Grand Seigneur, &
que le Kapigilar Kiaïaski
) devoit partir incessament
pour procurer à Sa Majesté
Suedoise toute sorte satisfaction.
Le 5 Mr Funck fut
appellépour aller chez le
Kaimakan où il trouva le
Musti&le Scllâar- Pacha,
gendre du grand Seigneur,
afin deconferer sur son Me.
moire par lequel il demandoit
que le Roy de Suede
fut compris dans le traité
de Bender, & qu'il fust stipulé
qu'il seroit conduit
dans ses Etats avec autant
de troupes qu'il fouhaitcroit.
Osman Pacha Kiaïa ou
Lieutenant du grand Visir
qu'ilavoit envoyé pour
apporter la nouvelle de
cette Victoire, a esté disgracié
au lieu d'estre recompensérce
qui marque que
le Grand Seigneur estmécontent
de la precipitation
avec laquelle le grand Visîr
a conclu la Capitulation
y
pouvant se rendre maistre
du Czar &du reste de fem
Armée;cependant on n'a
pas laissé de faire plusieurs
décharges d'Artillerie aprés
l'arrivée decette nouvelle,&
toute la Ville ena témoigné
une grande joye. On remarque
que la deffaite du Czar
(H: arrivée le même mois
que celle du Roy de Suede
à Pultowa, & que lemême
malheur de ces deux
Princes leurestarrivé pour
s'estreengagé trop avant
sans Magasins,en paysennemi.
Fermer
Résumé : Lettre de Constantinople du 7. Aoust.
Le 3 août, le Grand Seigneur reçut des nouvelles du Grand Visir annonçant une victoire turque contre l'armée moscovite, forte de soixante mille hommes et dirigée par le Czar en personne, près de Falczin sur le Prut. Le combat, débuté le 1er juillet, avait causé la mort de plus de trente mille Moscovites. La nuit suivante avait empêché un bilan plus lourd. Les survivants, encerclés par les Turcs et les Tartares, tentèrent de se rallier mais furent repoussés par la canonnade turque. Le Czar proposa alors une capitulation, acceptée après négociations. Les termes préliminaires incluaient la reddition de la ville d'Asaf, la démolition de certaines forteresses, la liberté de l'Ukraine, la libération de prisonniers et la restitution de l'artillerie moscovite. Ces articles devaient être suivis d'un traité de paix à Bender. L'armée moscovite fut autorisée à se retirer à Kiowie, escortée par des troupes turques pour éviter les Tartares. Le 4 août, l'envoyé du Roi de Suède présenta un mémoire concernant les intérêts de son maître, assurant une satisfaction avant le départ des Moscovites. Le 5 août, des conférences eurent lieu pour inclure le Roi de Suède dans le traité de Bender. La défaite du Czar, survenue le même mois que celle du Roi de Suède à Pultowa, fut attribuée à une avancée trop profonde sans approvisionnement adéquat.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
8782
p. 311-323
Discours où s'étalent à l'envy le bonheur & la reconnoissance de l'Auteur, qui présente aux premieres Testés du monde un grand exemple à suivre. [titre d'après la table]
Début :
Le 30. de ce mois M. de Bose y fut receu, son Discours [...]
Mots clefs :
Madame Dacier, Modernes, Hommes, Anciens, Anciens et Modernes, Électeur de Bavière, Mercure, Désordre, Messager des dieux, Maison de Bourbon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours où s'étalent à l'envy le bonheur & la reconnoissance de l'Auteur, qui présente aux premieres Testés du monde un grand exemple à suivre. [titre d'après la table]
Le 30. de ce mois M. da
Boſe y fut receu , fon Difcours
fut tres éloquent, celuy
312 MERCURE
de M. Dacier qui luy répondie
le fut aufh ; mais il avoit l'air
ſi antique , que M. de laMotte
qui eſt fans contredit un-des
plus beaux & des meilleurs ef.
prits de l'Europe , ne pût s'empêcher
de luy adreſſer l'Apologue
de l'Ecreviſſe. Le mois
prochain nous reprendrons
cet article.
Mon diſcours ſur la querelle
entre les Partiſans desAnciens&
des Modernes , la Lettre
qu'écrit à un de ſes amis
un des meilleurs ſeconds de
M. de la Motte , le Paralelle
excellent des deux Catons , &
vingt
GALANT 313
vingt autres pieces detachées qui
ont heureuſement trouvé place
dans le Mercure de ce mois , tout
cela vous aura peut- être paru affez
intereſſant , Meſſieurs , pour
vous obliger à me ſçavoir quelque
gré de l'honneur que j'ayde
vousen faire part. Mais il me refte
un fait admirable , tres extraordinaire
à mon égard, & dont
le détail m'embarraſſe infiniment.
C'eſt cependant tout ce
que j'ay de meilleur à vous conter
: &malgré la foibleſſe de mes
expreſſions , j'en ſuis fi touché
que pour avoir la fatisfaction de
vous en parler à coeur ouvert, je
ne reſpecteray nullement la delicareſſe
du pas où m'engage ma
reconnoiſſance , quandl'excés de
ma gratitude devroit vous paroî
Dd Mars 1715.
314 MERCURE
tre affoiblie par la ſechereffe
de mes termes. Il est bien queſ
tion maintenant de cette frivole
confideration, &les grandshommes&
les bonnes actions n'ont
pasbeſoin pour être loüez ,de ce
faſte éloquent ,&ſouventinutile
dont on emprunte ordinairement
l'éclat pour donner du luſtre aux
moindres choses.C'eſt en un mot
de l'Electeur de Baviere dont je
veux vous parler. CePrince tendrement
aimé de nôtre Roy ,
(cette verité ſeule vaut un million
d'éloges ) cheri de tous les
François , adoré de ſes peuples ,
& l'objet des voeux de tout lev
monde , vient de quitter la France.
Son deſtin le dérobe enfin à
nosyeux. Un malheur fouverain
nous l'arrache , faffe le Ciel que
de longues années &cun bonheur
GALANT. 315
infini foient le ſceau de toutes ſes
vertus.
Mais aprés cet aveune m'embarraffez
plus ,
Et ne demandez pas quels biens
jepeux vous dire
D'unHerosque le monde admire
Dont vous neſoyiez convaincus.
Il ne s'agit icy d'exploits , ni de
combats ;
Mais d'un trait à mes yeux plus
beaw qu'une Victoire ,
DuMercure en defordre itenrichic
l'Histoire ,
De l'éclat d'un prefent qu'il ne
meritoit pas .
Que puis-jedire de moins ,&
que ne penſay- je pas davantage
desbienfaits que ce Prince , le
premier qui aitcoupé le noeudde
mon infortune , vient de répan
Ddijuch
316 MFRCURE
dre ſur moy. Je vous demande
engrace à ce ſujet,de ſouffrir que
je mette en cetendroit Mercure
àmaplace, &je vous prie de luy
accorder la liberté de vous entretenir
un moment de ſes fantaifies
,ce qu'il vous dira , contribuëra
fur ma parole , à vous
amener plus agréablement la
petite Hiſtoire que je dois vous
conter le mois prochain.
Ilya , dit- il , (& il eſt à propos
que vous le ſçachiez ) une
grande difference entre le fils de
Jupiter & moy. Je n'ay de rapport
avec ce Meſſager des Dieux
queceluyde ſon matheur , lorfque
ſon pere , (avec connoiſſance
de cauſe apparamment ) s'aviſa
de le chaſſer du Ciel. Du
refte nous n'avons rien de communl'un
avec l'autre. Encore ne
GALANT. 317
fçay - je guerre , fi nous nous
reffemblons paſſablement dans
le ſeul articleque jeviens dedire,
car je ſuppoſe qu'iſſu de race
Divine , comme nous l'affure Ho
mere , & Denis d'Halicarnaffe ,
demandezle plutoft aux Anciens ,
il ne devoit ignorer aucun des
fecrets de la nature ,& par confequent
ſon induſtrie devoit fuppléer
parfaitement à fon infor
tune. Au lieu que moy qui ne
pourroit fans vanité prouver peut
eſtre guerre plus de nobleffe
qu'Elope , je me fuis trouvé
pluſieurs foisà la veille detomber
dans le même inconvenient
que luy , & réduit à la neceffité
d'employer tous les ſecours de
mon ignorance. Cette affreuſe
inégalité fait donc foy du peu de
D.diij
318 MERCURE
1
rapport qu'il y a entre le petit
fils de Saturne & moy ,& dé
montre que je ferois un impof
teur , ſi j'avois à la face du monde
, l'audace d'uſurper ſes titres
&de me fubroger en ſes droits ,
&que je ne fuis enun mot qu'un
Mercure adopté ſur la terre ;
mais toute qualité à part ,voyons,
vaille que vaille ,par quel degré
je ſuis enfin parvenu à faire la
conquête de celle-cy. Non ce
feroit entreprendre de vous conterdes
choſes ſurprenantes , &
le détailde mes avantures effectives
, vous étonneroit aſſeurement
plus que les fictions de
l'Infortuné Napolitain. Paſſons
plutoſt à l'examen des moyens
de conſerver ce titre , puiſqu'à
tout hazard , je m'en voy revêtu.
Vous croyez peut-eſtre que c'eſt
GALANT . 319
pour moy la Pierre Philofophale
, point du tout ; & je parie
foixante piſtoles par an , de le
porterd'une façon cent fois plus
utile & plus amuſante juſqu'à
mondernier jour , ſi cinq ou fix
grands hommes que je ſçay ,
veulent imiter la generofité de
l'Electeur de Baviere , & me
donner 200. écus de penſion
comme luy , mais je n'y penſe
pas;&voilàde fort vilaines faillies
! il eſt bon que chacun ſçache
ſes petitesaffaires,à labonne
heure ; mais il ne fautpas ſe faire
tympaniſer dans le monde par
l'image d'un honteuſe avarice...
Voilàencoreune plaiſante réfle
xion, & de quoy ſerois-je avaricieux
? moyqui ne le fus jamais
de quelque choſe , m'aviſerois
jeà preſent dele devenirde rient
1
3202
J
MERCURE
foitdit? fi de tout ce diſcours
peu vous importe , tant mieux ,
ſi vous le prennez en bonne part ...
tant mieux encore , voilà comme
je le prendrois auſſi. D'ailleurs
je raiſonne ; c'eſt un droit qui
m'eſt acquis auſſi-bien qu'à tous
les hommes & quand tous mes
diſcours ( malgré les cenſeurs
ridicules ) ſeront auſſi ſimples &
aufſiinnocents que ceux- cy , je
fuis fur qu'on me permettra de
babiller juſqu'au Jugement. Enfin
je le répete ( comme je le
croy ) Meffieurs .
Nouspouvons raisonnersur tous
les Elemens,
Parlerdu Ciel , de la Terre , & de
l'onde ,
Mais n'amusons jamais le monde ,
Aux dépens des loix du bonſens .
C'est aprés cent reflexions profondes
GALANT. 321
Qu'à tout hazard le Philosophe
admet
La matiere premiere , ou les caufes
Secondes ,
Souventfanssçavoir ce qu'il fait.
Le Sage doune dans lepiege ,
Ourit desa décision ;
Mais leSophifme qui l'affiege
Ebloüit toûjours sa raison .
Pournous ne suivons point
gles trop austeres ,
dere
Où l'esprit tôt ou tard consent à
s'enchaîner ,
Sur des principes moinsfeveres
Cherchons à nous déterminer.
e
Que nos moeursfaſſent nôtre étude
Quela vertuſoit noftre but ,
Nous aurons moins d'inquietude ,
Qu'aucun Philofophe n'en eût.
Voilàle portraitque je me fais
des idées & des obligations des
hommes ; fi je peux un jour me
322 MERCURE
L
1
former fur cette peinture ,je de.
viendray alors aſſez deſintereſſé ,
pour ne regretter jamais de ne
pas reſſembler à l'Hommeheureux
malgréluy , Conte Perſan , que je
lûs il y a quelques jours dans les
Memoires de mon Subſtitut , qui
vousle racontera comme il vous
l'a promis , à l'entrée de fonpremier
Journal .
Je tiendray en effet ma parole;
mais en attendant il eſt à propos
que je vous faſſe part de la joye
donteſt remplie maintenant tou
te la Maiſon de Bourbon. Le 27.
de cemois Madame la Princeffe
deConty mit au mondeun Prince.
Je ne doute pas que de toutes
parts on ne l'en felicite,pour moi
j'emprunteray de tous les côtez ,
&j'emploiray tous mes talents ,
mels qu'ils foient , pour annon
GALANT. 323
cer à tout le monde le preſent
qu'elle vient de faire à la France.
Boſe y fut receu , fon Difcours
fut tres éloquent, celuy
312 MERCURE
de M. Dacier qui luy répondie
le fut aufh ; mais il avoit l'air
ſi antique , que M. de laMotte
qui eſt fans contredit un-des
plus beaux & des meilleurs ef.
prits de l'Europe , ne pût s'empêcher
de luy adreſſer l'Apologue
de l'Ecreviſſe. Le mois
prochain nous reprendrons
cet article.
Mon diſcours ſur la querelle
entre les Partiſans desAnciens&
des Modernes , la Lettre
qu'écrit à un de ſes amis
un des meilleurs ſeconds de
M. de la Motte , le Paralelle
excellent des deux Catons , &
vingt
GALANT 313
vingt autres pieces detachées qui
ont heureuſement trouvé place
dans le Mercure de ce mois , tout
cela vous aura peut- être paru affez
intereſſant , Meſſieurs , pour
vous obliger à me ſçavoir quelque
gré de l'honneur que j'ayde
vousen faire part. Mais il me refte
un fait admirable , tres extraordinaire
à mon égard, & dont
le détail m'embarraſſe infiniment.
C'eſt cependant tout ce
que j'ay de meilleur à vous conter
: &malgré la foibleſſe de mes
expreſſions , j'en ſuis fi touché
que pour avoir la fatisfaction de
vous en parler à coeur ouvert, je
ne reſpecteray nullement la delicareſſe
du pas où m'engage ma
reconnoiſſance , quandl'excés de
ma gratitude devroit vous paroî
Dd Mars 1715.
314 MERCURE
tre affoiblie par la ſechereffe
de mes termes. Il est bien queſ
tion maintenant de cette frivole
confideration, &les grandshommes&
les bonnes actions n'ont
pasbeſoin pour être loüez ,de ce
faſte éloquent ,&ſouventinutile
dont on emprunte ordinairement
l'éclat pour donner du luſtre aux
moindres choses.C'eſt en un mot
de l'Electeur de Baviere dont je
veux vous parler. CePrince tendrement
aimé de nôtre Roy ,
(cette verité ſeule vaut un million
d'éloges ) cheri de tous les
François , adoré de ſes peuples ,
& l'objet des voeux de tout lev
monde , vient de quitter la France.
Son deſtin le dérobe enfin à
nosyeux. Un malheur fouverain
nous l'arrache , faffe le Ciel que
de longues années &cun bonheur
GALANT. 315
infini foient le ſceau de toutes ſes
vertus.
Mais aprés cet aveune m'embarraffez
plus ,
Et ne demandez pas quels biens
jepeux vous dire
D'unHerosque le monde admire
Dont vous neſoyiez convaincus.
Il ne s'agit icy d'exploits , ni de
combats ;
Mais d'un trait à mes yeux plus
beaw qu'une Victoire ,
DuMercure en defordre itenrichic
l'Histoire ,
De l'éclat d'un prefent qu'il ne
meritoit pas .
Que puis-jedire de moins ,&
que ne penſay- je pas davantage
desbienfaits que ce Prince , le
premier qui aitcoupé le noeudde
mon infortune , vient de répan
Ddijuch
316 MFRCURE
dre ſur moy. Je vous demande
engrace à ce ſujet,de ſouffrir que
je mette en cetendroit Mercure
àmaplace, &je vous prie de luy
accorder la liberté de vous entretenir
un moment de ſes fantaifies
,ce qu'il vous dira , contribuëra
fur ma parole , à vous
amener plus agréablement la
petite Hiſtoire que je dois vous
conter le mois prochain.
Ilya , dit- il , (& il eſt à propos
que vous le ſçachiez ) une
grande difference entre le fils de
Jupiter & moy. Je n'ay de rapport
avec ce Meſſager des Dieux
queceluyde ſon matheur , lorfque
ſon pere , (avec connoiſſance
de cauſe apparamment ) s'aviſa
de le chaſſer du Ciel. Du
refte nous n'avons rien de communl'un
avec l'autre. Encore ne
GALANT. 317
fçay - je guerre , fi nous nous
reffemblons paſſablement dans
le ſeul articleque jeviens dedire,
car je ſuppoſe qu'iſſu de race
Divine , comme nous l'affure Ho
mere , & Denis d'Halicarnaffe ,
demandezle plutoft aux Anciens ,
il ne devoit ignorer aucun des
fecrets de la nature ,& par confequent
ſon induſtrie devoit fuppléer
parfaitement à fon infor
tune. Au lieu que moy qui ne
pourroit fans vanité prouver peut
eſtre guerre plus de nobleffe
qu'Elope , je me fuis trouvé
pluſieurs foisà la veille detomber
dans le même inconvenient
que luy , & réduit à la neceffité
d'employer tous les ſecours de
mon ignorance. Cette affreuſe
inégalité fait donc foy du peu de
D.diij
318 MERCURE
1
rapport qu'il y a entre le petit
fils de Saturne & moy ,& dé
montre que je ferois un impof
teur , ſi j'avois à la face du monde
, l'audace d'uſurper ſes titres
&de me fubroger en ſes droits ,
&que je ne fuis enun mot qu'un
Mercure adopté ſur la terre ;
mais toute qualité à part ,voyons,
vaille que vaille ,par quel degré
je ſuis enfin parvenu à faire la
conquête de celle-cy. Non ce
feroit entreprendre de vous conterdes
choſes ſurprenantes , &
le détailde mes avantures effectives
, vous étonneroit aſſeurement
plus que les fictions de
l'Infortuné Napolitain. Paſſons
plutoſt à l'examen des moyens
de conſerver ce titre , puiſqu'à
tout hazard , je m'en voy revêtu.
Vous croyez peut-eſtre que c'eſt
GALANT . 319
pour moy la Pierre Philofophale
, point du tout ; & je parie
foixante piſtoles par an , de le
porterd'une façon cent fois plus
utile & plus amuſante juſqu'à
mondernier jour , ſi cinq ou fix
grands hommes que je ſçay ,
veulent imiter la generofité de
l'Electeur de Baviere , & me
donner 200. écus de penſion
comme luy , mais je n'y penſe
pas;&voilàde fort vilaines faillies
! il eſt bon que chacun ſçache
ſes petitesaffaires,à labonne
heure ; mais il ne fautpas ſe faire
tympaniſer dans le monde par
l'image d'un honteuſe avarice...
Voilàencoreune plaiſante réfle
xion, & de quoy ſerois-je avaricieux
? moyqui ne le fus jamais
de quelque choſe , m'aviſerois
jeà preſent dele devenirde rient
1
3202
J
MERCURE
foitdit? fi de tout ce diſcours
peu vous importe , tant mieux ,
ſi vous le prennez en bonne part ...
tant mieux encore , voilà comme
je le prendrois auſſi. D'ailleurs
je raiſonne ; c'eſt un droit qui
m'eſt acquis auſſi-bien qu'à tous
les hommes & quand tous mes
diſcours ( malgré les cenſeurs
ridicules ) ſeront auſſi ſimples &
aufſiinnocents que ceux- cy , je
fuis fur qu'on me permettra de
babiller juſqu'au Jugement. Enfin
je le répete ( comme je le
croy ) Meffieurs .
Nouspouvons raisonnersur tous
les Elemens,
Parlerdu Ciel , de la Terre , & de
l'onde ,
Mais n'amusons jamais le monde ,
Aux dépens des loix du bonſens .
C'est aprés cent reflexions profondes
GALANT. 321
Qu'à tout hazard le Philosophe
admet
La matiere premiere , ou les caufes
Secondes ,
Souventfanssçavoir ce qu'il fait.
Le Sage doune dans lepiege ,
Ourit desa décision ;
Mais leSophifme qui l'affiege
Ebloüit toûjours sa raison .
Pournous ne suivons point
gles trop austeres ,
dere
Où l'esprit tôt ou tard consent à
s'enchaîner ,
Sur des principes moinsfeveres
Cherchons à nous déterminer.
e
Que nos moeursfaſſent nôtre étude
Quela vertuſoit noftre but ,
Nous aurons moins d'inquietude ,
Qu'aucun Philofophe n'en eût.
Voilàle portraitque je me fais
des idées & des obligations des
hommes ; fi je peux un jour me
322 MERCURE
L
1
former fur cette peinture ,je de.
viendray alors aſſez deſintereſſé ,
pour ne regretter jamais de ne
pas reſſembler à l'Hommeheureux
malgréluy , Conte Perſan , que je
lûs il y a quelques jours dans les
Memoires de mon Subſtitut , qui
vousle racontera comme il vous
l'a promis , à l'entrée de fonpremier
Journal .
Je tiendray en effet ma parole;
mais en attendant il eſt à propos
que je vous faſſe part de la joye
donteſt remplie maintenant tou
te la Maiſon de Bourbon. Le 27.
de cemois Madame la Princeffe
deConty mit au mondeun Prince.
Je ne doute pas que de toutes
parts on ne l'en felicite,pour moi
j'emprunteray de tous les côtez ,
&j'emploiray tous mes talents ,
mels qu'ils foient , pour annon
GALANT. 323
cer à tout le monde le preſent
qu'elle vient de faire à la France.
Fermer
8783
p. 85-98
« EXTRAIT DES MÉMOIRES DU MARQUIS DE BENAVIDÈS, en sept parties ; dédiés à [...] »
Début :
EXTRAIT DES MÉMOIRES DU MARQUIS DE BENAVIDÈS, en sept parties ; dédiés à [...]
Mots clefs :
Roman, Auteur, Grandeur, Roi, Corps, Mémoires, Sentiments, Académie des belles-lettres de Dijon, Chevalier de Mouhy
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « EXTRAIT DES MÉMOIRES DU MARQUIS DE BENAVIDÈS, en sept parties ; dédiés à [...] »
EXTRAIT DES MÉMOIRES DU MARQUIS
DE BENAVIDÈS , en fept parties ; dédiés à
S. A. S. Madame la Ducheffe d'Orléans .
Par M. le Chevalier de Mouhy , de l'Académie
des Belles- Lettres de Dijon.
J'ofe établir pour maxime qu'un Roman
ne fçauroit trop l'être. Il faut que les
incidens , pour frapper , fortent de l'ordre
commun ; que les fentimens , pour fe faire
admirer , paffent les bornes de la nature
ordinaire , & que les premiers perſonnages
, pour intéreffer , ayent un corps & une
ame d'une trempe fupérieure à celle des
autres hommes. Les Mémoires de Benavidès
ont ces trois qualités effentielles . Afin
de le prouver en regle , je vais les envifager
fous trois afpects différens qui en
feront l'extrait raifonné . La fingularité des
événemens dont ce Roman eft rempli , offrira
le premier point de vue . La grandeur
des fentimens qui les ont fait naître , préfentera
le fecond ; & l'excellence des di86
MERCURE DE FRANCE.
vers caracteres de fes héros , qu'ils doivent
à celle de leur complexion , mettra le troi--
fiéme dans tout fon jour.
Singularité des événemens.
Cette fingularité commence par la naiffance
du Marquis de Benavidès. Don Ro--
drigue , premier Miniftre d'Alfonfe , poignarde
Ifabelle fa femme , par un coup fingulier
, du defefpoir où il eft de la voir fteri
le ; elle eft fecourue , la bleffure n'eft pas
mortelle , elle en revient , & court fe cacher
dans une retraite , pour ſe fouftraire
aux fureurs de fon mari. Don Rodrigue ,
pénétré de remords & de tendreffe , la
cherche par- tout , & découvre enfin le
Couvent où elle s'eft retirée . Il enleve
fon épouſe , il obtient fon pardon , &
tous deux renouent avec l'ardeur de deux
amans qui s'adorent. De cette réunion furprenante
, naît Benavidès ; il court à la
gloire à pas de géant ; à feize ans il eft
fait Général : les héros ont une difpenfe
d'âge pour remplir les premiers poftes. Il
furprend l'Empereur de Maroc fur une
éminence , le fait prifonnier avec toute
fa maifon , & l'envoye captif à la Cour
d'Efpagne. De là il court affiéger Maroc ,
il y entre par furpriſe ; mais il eſt arrêté
par le nombre fupérieur des Africains.
FEVRIER. 1755. 877
11 - fe refugie avec les troupes dans une
Mofquée , dont il fait fermer les portes ;
tandis que les Maures les enfoncent , il
fait fortir habilement fes foldats par une
porte de derriere qu'il a pratiquée , & la
rebouche après. Les Maroquins fe jettent
dans la Mofquée par la grande porte.
Quand ils y font tous entrés , le Général
Eſpagnol la fait barrer avec de groffes poutres
; un gros des fiens empêche en mêmetems
, à coups de fabre , la fortie des en--
par la porte dérobée. Ils fe trou--
vent pris , comme d'un coup de filet , au
nombre de huit mille dans ce teinple ,
qu'il faut fuppofer très- vafte , & ils font
tous obligés de mettre bas les armes , & de
fortir l'un après l'autre , de peur d'être
brûlés tous enſemble.
nemis
La nouvelle de ce rare fait d'armes rem →
plit la Cour d'Eſpagne d'admiration ; il faut
avouer qu'il le mérite par fa nouveauté.
La fille d'Alfonfe y prit un intérêt plus
fenfible qu'elle n'auroit voulu : elle avoit
eu jufques- là un éloignement marqué pour
tous les hommes ; ce brillant exploit l'en
corrigea. Le héros étoit aimable , & fa
gloire lui devint chere. Les ennemis de
Benavidès voulurent la ternir , & foulever
le peuple , en répandant le bruit que Benavidès
, bien loin d'avoir fervi l'Etat , venoit
88 MERCURE DE FRANCE.
de le trahir , & qu'il devoit époufer la fille
du Calife ; mais la fageffe du Roi calma
cet orage , & la fauffeté de l'accufation
fut dévoilée . Don Sanche , Prince du Sang,
& Velafquès , fecond Miniftre , qui en
étoient les auteurs fecrets , employent deux
affaffins , l'un pour fe défaire de Benavidès
par le fer , & l'autre pour faire périr
le Roi par le poifon ; ce qui occafionne un
incident des plus neufs , il vaut la peine
d'être raconté : le voici.
Le bruit fe répand tout-à-coup que le
Roi eft malade ; perfonne ne pénetre dans
fon appartement que Don Sanche & fes
créatures ; l'Infante de Caftille n'en eft
pas exceptée. D. Rodrigue eft empoifonné.
Tout ce que peut faire Blanche , dans cette
cruelle pofition , c'eſt de ſe ſervir du miniftere
d'Hordès , auffi bon médecin que grand
politique ; il avoit à peu près l'âge & la
taille de fon vieil Ecuyer ( on a toujours
befoin de ces reffemblances , pour aider le
Roman ) . Elle lui fait prendre l'habit de
cet homme , & lui donne la main , va chez
le Roi , & trouve le moyen d'y entrer avec
fon faux Ecuyer , ferme les verroux , ouvre
les rideaux du lit de fon pere , le voit
pâle & les yeux fermés. Hordès lui tâte le
pouls , & dit à l'Infante que le Roi eft dans
un danger manifefte , mais qu'il pourroit
FEVRIER. 1755. 85
à
le fauver s'il étoit à portée de lui donnes
un fecours auffi prompt que néceffaire. Il
a heureuſement fur lui un élixir propre
rendre à un corps abbattu , pour quelques
momens , toutes fes forces . Il en donne à
Don Alfonfe , qui reprend connoiffance .
Comme Blanche reffemble parfaitement à
fon pere ( je parle d'après l'Auteur ) , elle
prend fes habillemens de nuit , lui donne
les fiens , le coëffe de maniere qu'à peine
entrevoit- on fon vifage , & fe met dans
fon lit. Hordès , qui le foutient , parvient
heureuſement à le faire fortir du Palais
fans rencontre fâcheufe , il le conduit en
chaife dans une maifon ifolée. A peine
le Roi est - il parti que l'Infante fe décou
vre à un garçon de la chambre nommé
Hyago , dont elle connoît la fidélité , fait
avertir par fon moyen fon Capitaine des
Gardes de fe mettre promptement en état
de la feconder dans fes projets ; & dès
qu'elle eft fûre de ce fecours , elle fair
dire à Don Sanche & à Velafquès que le
Roi vient d'expirer. Elle fe leve en même
tems , prend la robe de chambre de fon
pere , s'arme d'un poignard , & fe met dans
l'embrafure d'une croifée voisine de la
porte par où les traîtres doivent paſſer.
Velafquès qui entre avec D. Sanche, fe jette
aux pieds de ce Prince , pour être le pre90
MERCURE DE FRANCE .
du
mier à lui rendre hommage. D. Sanche
pour ne point laiffer un témoin de fes crime
, tire fon épée , la lui paffe au travers
corps . L'Infante au même inftant perce
D. Sanche ; il tombe , Hyago l'acheve.
Le Capitaine des Gardes de la Princeffe
arrive à point nommé avec fa troupe ,
fait main- baffe fur les conjurés. La fanté
du Roi fe rétablit , & tout rentre dans l'ordre.
D'autres incidens non moins tragiques
fe fuccedent rapidement .
&
Dans le même tems le Marquis de
Benavidès eft affaffiné en Afrique , par un
fcélérat , qui le frappe au moment qu'il eft
feul occupé à faire fes dépêches . I bleffe
fon meurtrier , qui a la force deffe fauver
par la fenêtre , & tombe noyé dans fon
fang il échappe à la mort , & revient à
la Cour. Zulime , fille du Calife , qu'il at
refufé d'époufer , prend l'occafion d'un bal
pour venger cette offenfe fur le Général
Efpagnol ; mais dans fa fureur elle prend
le Roi pour lui , & lui porte un coup de
poignard. Benavidès qui accompagne Alfonfe
, fe jette fur Zulime , lui arrache le
fer , & le plonge dans fon fein. Le Roi
guérit de fes bleffures , ainfi que Zulime ,
dont il eft amoureux , déclare la guerre aux
Anglois , qui avoient favorifé la révolte
d'un Prince de fon fang contre lui . BenaFEVRIER.
1755 . 91
vidès paffe en Angleterre , & fe rend maî--
tre des trois quarts de cette Iffe ; mais par
un revers de fortune il eft fait prifonnier.
D. Alfonfe traverfe lui-même les mers ,
rompt les fers de fon favori , foumet Londres
, convoque les Etats , & fait élire Benavidès
Roi d'Angleterre. Il retourne enfuite
en Eſpagne ; il accorde l'Infante fa
fille aux Ambaffadeurs du nouveau Monarque
de Londres , qui brûle pour elle
d'un amour mutuel ; & dans le tems que
celui qui eft chargé de l'époufer en fon
nom s'approche pour recevoir la main de
Blanche de Caftille , Benavidès qu'on croità
Londres , paroît tout à coup , & reçoit
lui-même cette main fi defirée.
Ce font là de ces coups inattendus qui
furprennent dans un Roman , & qui le
mettent au-deffus de l'hiftoire . Dans celle--
ci l'Ambaffadeur Anglois eût tout fimple
ment , à l'ordinaire , époufé la Princeffe
pour fon maître : on auroit même trouvé
mauvais que Benavides eût quitté fes Etats.
nouvellement conquis , & rifqué de les
perdre , pour fe fignaler par un trait de
galanterie déplacée, Mais ce qui feroit un
défaut dans des mémoires purement hifto
riques , devient une beauté dans des aventures
vraiment romanefques. C'eft là qu'il
eft beau, d'être fingulier , & de hazarder:
2 MERCURE DE FRANCE.
la perte d'un royaume , pour fuivre le
tranfport d'un amour empreffé.
Grandeur des fentimens.
Ces nobles écarts partent d'un coeur audeffus
du vulgaire , & de pareils inciden's
font éclater la grandeur des fentimens qui
les produifent. Cette grandeur héroïque
brille par-tout dans ce Roman ; elle caracterife
fes principaux perfonnages . Benavidès
, parmi plufieurs traits d'héroïfme , fe
diftingue par un des plus rares. Edouard ,
furieux de voir fon Royaume prêt d'être
entierement conquis par le Général Efpagnol
, lui envoye un cartel , que ce dernier
refufe. Benavides aime mieux facrifier
l'honneur de mefurer fon épée avec
celle d'un Roi , à la gloire plus folide de
ne pas compromettre les intérêts de fon
Prince. Il trouve plus noble de laiffer foupçonner
fa bravoure , que de mettre en rifque
la conquête d'un Etat qu'il eft für
d'affurer à D. Alfonfe avec le fecours de
fes troupes ; cela paffe le heros , voilà le
grand homme. Le Roi encherit de fon
côté fur ce procédé magnanime , en pla
çant Benavides fon fujet fur le trône d'Angleterre
, dont fa valeur l'a rendu maître.
Ce trait eft au-deffus d'un Monarque , il
eft digne d'un Dieu , qui mefure fes bienFEVRIER.
1755. 9 *
faits à fa grandeur , & au mérite de celui
qu'il récompenfe. Blanche de Caftille fe
ignale par un effort de tendreffe & de
courage , qui n'eft pas moins admirable.
Digne fille d'Alfonfe , pour arracher au
tombeau fon pere empoifonné , elle prend
fes habits , & fe met à fa place , comme je
viens de le dire. Elle fait plus , elle perce
de fa propre main le premier auteur d'un
crime fi noir , & brave la mort pour la
lui donner. Cet exploit furprenant illuftre
la Princeffe autant que la fille ; il en fait
une héroïne que je préfere à Jeanne d'Arc.
Excellence des caracteres,
Tout eft merveilleux , tout eft afſorti
dans les mémoires dont je parle . Si les
fentimens en font grands , par une fuite
naturelle les caracteres en font beaux &
foutenus. Ses héros en doivent l'excellen
ce à celle de leur complexion . Nos vertus ,
ainfi que nos vices , dépendent de la qualité
& de la circulation du fang. Pour nous
porter au bien , il faut qu'il coule pur &
fans obftacles dans nos veines. La régula
rité de fon cours influe le plus fouvent fur
celle de notre conduite ; quand il circule
mal , nous agiffons de même. Le mal -aife .
du corps donne de l'humeur à l'ame ; l'hu
meur rompt l'équilibre néceffaire ; elle al94
MERCURE DE FRANCE.
tere cette égalité d'efprit , mere des vertus.
Un Poëte célebre a dit ,
Bonne ou nrauvaiſe fanté
Fait notre philofophie.
Elle fait auffi notre héroïfme , ces deux
mots bien analyfés font fynonimes . Un
Grand infirme ou cacochyme fait fouffrir
fes inférieurs des maux qu'il fouffre luimême.
Il voit tous les objets dans un mauvais
jour: ils prennent à fes yeux la couleur
de l'humeur noire où le jettent fes fouffrances.
Quelques talens qu'il ait , ils font
ternis par cette humeur qui le rend injuſte,
bizarre & fouvent cruel , il n'a de l'efprit
que pour nuire : c'eſt le héros de Machiavel
, prêt d'immoler tout à fa fombre politique.
Le véritable héros eft tout différent.
Il ne confulte , il ne fuit que la générofité
; il la fait fouvent éclater aux dépens
de fa fortune & même de fa raiſon.
Tel eft Benavides , grace à l'heureux naturel
qu'il tient de la bonté de fon tempérament.
Je vais avancer à ce propos un fentiment
qui aura d'abord l'air d'une plaifanterie
, mais auquel je tiens très -férieuſement
, & qui bien examiné de près eft
d'une vérité inconteſtablę. Je maintiens
FEVRIER. 1755. 95
qu'un Romancier ne fçauroit être trop attentifà
donner une fanté robufte aux perfonnages
qu'il met en action. Dans les différens
combats qu'ils font obligés de livrer
, dans les coups qu'ils reçoivent , dans
les tourmens qu'ils éprouvent , ils ont befoin
d'un corps à toute épreuve. C'eſt un
point effentiel que M. le Chevalier de
Mouhy n'a point oublié ; tous fes héros font
bien conftitués . D. Alfonfe eft doué d'une
vigueur qui résiste au fer & au poifon . Be
navidès n'a pas moins de force : on a beau
le poignarder , il triomphe du couteau de
l'affaflin , & reparoît brillant de ſanté ,
quand on le croit au rang des morts. Zulime
, la fille du Calife , ne leur céde
point en bonté de complexion ; elle guérit
de fes bleffures auffi promptement qu'Alfonfe
, qui l'époufe , & qui la couronne.
•
Le ftyle ou le coloris répond au deffein de
l'ouvrage , ce qu'on doit eftimer dans l'auteur
; il va toujours à l'intérêt. S'il eft prodigue
, ce n'eft qu'en incidens. Il eft fobre
en réflexions , & préfere toujours un fait
fingulier à une penſée neuve. Par ce moyen
fa morale n'ennuie jamais , elle eſt toujours
en action. On doit lui en fçavoir
d'autant plus de gré , qu'aujourd'hui nos
Ecrivains ont la fureur de l'efprit , ou plu
tôt la prétention , fans en avoir fouvent
les titres.
46 MERCURE DE FRANCE.
Je confeille à tous les jeunes gens qui
prennent le parti des armes , d'acheter ces
mémoires ; leur lecture est une Ecole militaire.
Les premiers Officiers y font non
feulement briller toutes les vertus de leur
état , mais les guerriers fubalternes y donnent
encore des leçons de courage & de
magnanimité . Je crois ne pouvoir mieux
finir cet extrait que par l'action d'un foldat
, qui m'a paru trop belle pour la paffer
fous filence. Les Espagnols avoient affiégé
Northombrie. Ils avoient remarqué fous
le pont-levis de la place une bréche par
où l'on pouvoit y entrer . Plufieurs defcendent
dans le foffé . Deux heures après le
point du jour , les Anglois ayant baiffé le
pont , les Espagnols plantent auffi-tôt leurs
échelles , fautent deffus , & tombent fur
l'ennemi . Le Commandant de la Garde
ordonne aux fiens de lever le pont , quoiqu'il
puiffe en coûter. Les Efpagnols ont
beau combattre , le nombre les accable ,
une partie eft déja culbutée dans le foffé ,
l'autre eft investie , & preffée par une foule
d'ennemis qui vont enlever & baiffer le
pont . Un foldat qui s'en apperçoit , ramaffe
une cheville de fer qui fert à l'arrê
ter , & veut la paffer dans l'anneau : un
coup de fabre lui coupe le poignet , & la
lui
FEVRIER. 1755.
97
lui fait quitter * : ô valeur fans pareille !
L'intrépide Efpagnol releve la cheville de
F'autre main , & la place. Ce coup hardi
décide du fuccès de l'entrepriſe.
tôt
>
L'action , toute prodigieufe qu'elle eft ,
trouve fon modele dans l'hiftoire . Cynegire
, frere du fameux Efchile , Poëte tragique
, à la journée de Marathon , arrête
d'une main un vaiffeau des Perfes qui
avoient pris la fuite : ayant eu cette main
coupée , il le faifit alors de l'autre bras
qu'il perd encore dans ce combat , & pluque
de lâcher prife , il mord le vaiſſeau
pour le retenir. Il n'eft point encore vaincu
par la perte de fes deux mains , pour
me fervir des expreffions de Juftin , il
combat avec le tronc de fon corps & avec
fes dents même , comme un lion féroce
qui triomphe en expirant . L'Hiftorien ici
va plus loin que le Romancier , & la copie
eft beaucoup moins chargée que l'original.
Ce qui fait voir que M. de M. fçait
affujettir même le merveilleux aux loix de
la vraiſemblance ; s'il a fuivi Juſtin , c'eſt
pour le corriger , peut-être même s'eſt- il
rencontré avec lui fans avoir l'imitation
en vûe. Il eft affez fécond & affez riche
* Cette exclamation eft de l'Auteur ; je n'y
ajoûte rien.
E
98 MERCURE DE FRANCE.
par lui- même pour n'avoir pas befoin d'emprunter
rien des autres.
Le catalogue de fes nouvelles oeuvres ,
que je vais joindre à cet extrait , eft un
garant de fon heureuſe abondance. Il eft
précédé d'un avertiffement que je mets ici
tel que l'Auteur l'a fait imprimer , & tel
qu'il me l'a envoyé .
DE BENAVIDÈS , en fept parties ; dédiés à
S. A. S. Madame la Ducheffe d'Orléans .
Par M. le Chevalier de Mouhy , de l'Académie
des Belles- Lettres de Dijon.
J'ofe établir pour maxime qu'un Roman
ne fçauroit trop l'être. Il faut que les
incidens , pour frapper , fortent de l'ordre
commun ; que les fentimens , pour fe faire
admirer , paffent les bornes de la nature
ordinaire , & que les premiers perſonnages
, pour intéreffer , ayent un corps & une
ame d'une trempe fupérieure à celle des
autres hommes. Les Mémoires de Benavidès
ont ces trois qualités effentielles . Afin
de le prouver en regle , je vais les envifager
fous trois afpects différens qui en
feront l'extrait raifonné . La fingularité des
événemens dont ce Roman eft rempli , offrira
le premier point de vue . La grandeur
des fentimens qui les ont fait naître , préfentera
le fecond ; & l'excellence des di86
MERCURE DE FRANCE.
vers caracteres de fes héros , qu'ils doivent
à celle de leur complexion , mettra le troi--
fiéme dans tout fon jour.
Singularité des événemens.
Cette fingularité commence par la naiffance
du Marquis de Benavidès. Don Ro--
drigue , premier Miniftre d'Alfonfe , poignarde
Ifabelle fa femme , par un coup fingulier
, du defefpoir où il eft de la voir fteri
le ; elle eft fecourue , la bleffure n'eft pas
mortelle , elle en revient , & court fe cacher
dans une retraite , pour ſe fouftraire
aux fureurs de fon mari. Don Rodrigue ,
pénétré de remords & de tendreffe , la
cherche par- tout , & découvre enfin le
Couvent où elle s'eft retirée . Il enleve
fon épouſe , il obtient fon pardon , &
tous deux renouent avec l'ardeur de deux
amans qui s'adorent. De cette réunion furprenante
, naît Benavidès ; il court à la
gloire à pas de géant ; à feize ans il eft
fait Général : les héros ont une difpenfe
d'âge pour remplir les premiers poftes. Il
furprend l'Empereur de Maroc fur une
éminence , le fait prifonnier avec toute
fa maifon , & l'envoye captif à la Cour
d'Efpagne. De là il court affiéger Maroc ,
il y entre par furpriſe ; mais il eſt arrêté
par le nombre fupérieur des Africains.
FEVRIER. 1755. 877
11 - fe refugie avec les troupes dans une
Mofquée , dont il fait fermer les portes ;
tandis que les Maures les enfoncent , il
fait fortir habilement fes foldats par une
porte de derriere qu'il a pratiquée , & la
rebouche après. Les Maroquins fe jettent
dans la Mofquée par la grande porte.
Quand ils y font tous entrés , le Général
Eſpagnol la fait barrer avec de groffes poutres
; un gros des fiens empêche en mêmetems
, à coups de fabre , la fortie des en--
par la porte dérobée. Ils fe trou--
vent pris , comme d'un coup de filet , au
nombre de huit mille dans ce teinple ,
qu'il faut fuppofer très- vafte , & ils font
tous obligés de mettre bas les armes , & de
fortir l'un après l'autre , de peur d'être
brûlés tous enſemble.
nemis
La nouvelle de ce rare fait d'armes rem →
plit la Cour d'Eſpagne d'admiration ; il faut
avouer qu'il le mérite par fa nouveauté.
La fille d'Alfonfe y prit un intérêt plus
fenfible qu'elle n'auroit voulu : elle avoit
eu jufques- là un éloignement marqué pour
tous les hommes ; ce brillant exploit l'en
corrigea. Le héros étoit aimable , & fa
gloire lui devint chere. Les ennemis de
Benavidès voulurent la ternir , & foulever
le peuple , en répandant le bruit que Benavidès
, bien loin d'avoir fervi l'Etat , venoit
88 MERCURE DE FRANCE.
de le trahir , & qu'il devoit époufer la fille
du Calife ; mais la fageffe du Roi calma
cet orage , & la fauffeté de l'accufation
fut dévoilée . Don Sanche , Prince du Sang,
& Velafquès , fecond Miniftre , qui en
étoient les auteurs fecrets , employent deux
affaffins , l'un pour fe défaire de Benavidès
par le fer , & l'autre pour faire périr
le Roi par le poifon ; ce qui occafionne un
incident des plus neufs , il vaut la peine
d'être raconté : le voici.
Le bruit fe répand tout-à-coup que le
Roi eft malade ; perfonne ne pénetre dans
fon appartement que Don Sanche & fes
créatures ; l'Infante de Caftille n'en eft
pas exceptée. D. Rodrigue eft empoifonné.
Tout ce que peut faire Blanche , dans cette
cruelle pofition , c'eſt de ſe ſervir du miniftere
d'Hordès , auffi bon médecin que grand
politique ; il avoit à peu près l'âge & la
taille de fon vieil Ecuyer ( on a toujours
befoin de ces reffemblances , pour aider le
Roman ) . Elle lui fait prendre l'habit de
cet homme , & lui donne la main , va chez
le Roi , & trouve le moyen d'y entrer avec
fon faux Ecuyer , ferme les verroux , ouvre
les rideaux du lit de fon pere , le voit
pâle & les yeux fermés. Hordès lui tâte le
pouls , & dit à l'Infante que le Roi eft dans
un danger manifefte , mais qu'il pourroit
FEVRIER. 1755. 85
à
le fauver s'il étoit à portée de lui donnes
un fecours auffi prompt que néceffaire. Il
a heureuſement fur lui un élixir propre
rendre à un corps abbattu , pour quelques
momens , toutes fes forces . Il en donne à
Don Alfonfe , qui reprend connoiffance .
Comme Blanche reffemble parfaitement à
fon pere ( je parle d'après l'Auteur ) , elle
prend fes habillemens de nuit , lui donne
les fiens , le coëffe de maniere qu'à peine
entrevoit- on fon vifage , & fe met dans
fon lit. Hordès , qui le foutient , parvient
heureuſement à le faire fortir du Palais
fans rencontre fâcheufe , il le conduit en
chaife dans une maifon ifolée. A peine
le Roi est - il parti que l'Infante fe décou
vre à un garçon de la chambre nommé
Hyago , dont elle connoît la fidélité , fait
avertir par fon moyen fon Capitaine des
Gardes de fe mettre promptement en état
de la feconder dans fes projets ; & dès
qu'elle eft fûre de ce fecours , elle fair
dire à Don Sanche & à Velafquès que le
Roi vient d'expirer. Elle fe leve en même
tems , prend la robe de chambre de fon
pere , s'arme d'un poignard , & fe met dans
l'embrafure d'une croifée voisine de la
porte par où les traîtres doivent paſſer.
Velafquès qui entre avec D. Sanche, fe jette
aux pieds de ce Prince , pour être le pre90
MERCURE DE FRANCE .
du
mier à lui rendre hommage. D. Sanche
pour ne point laiffer un témoin de fes crime
, tire fon épée , la lui paffe au travers
corps . L'Infante au même inftant perce
D. Sanche ; il tombe , Hyago l'acheve.
Le Capitaine des Gardes de la Princeffe
arrive à point nommé avec fa troupe ,
fait main- baffe fur les conjurés. La fanté
du Roi fe rétablit , & tout rentre dans l'ordre.
D'autres incidens non moins tragiques
fe fuccedent rapidement .
&
Dans le même tems le Marquis de
Benavidès eft affaffiné en Afrique , par un
fcélérat , qui le frappe au moment qu'il eft
feul occupé à faire fes dépêches . I bleffe
fon meurtrier , qui a la force deffe fauver
par la fenêtre , & tombe noyé dans fon
fang il échappe à la mort , & revient à
la Cour. Zulime , fille du Calife , qu'il at
refufé d'époufer , prend l'occafion d'un bal
pour venger cette offenfe fur le Général
Efpagnol ; mais dans fa fureur elle prend
le Roi pour lui , & lui porte un coup de
poignard. Benavidès qui accompagne Alfonfe
, fe jette fur Zulime , lui arrache le
fer , & le plonge dans fon fein. Le Roi
guérit de fes bleffures , ainfi que Zulime ,
dont il eft amoureux , déclare la guerre aux
Anglois , qui avoient favorifé la révolte
d'un Prince de fon fang contre lui . BenaFEVRIER.
1755 . 91
vidès paffe en Angleterre , & fe rend maî--
tre des trois quarts de cette Iffe ; mais par
un revers de fortune il eft fait prifonnier.
D. Alfonfe traverfe lui-même les mers ,
rompt les fers de fon favori , foumet Londres
, convoque les Etats , & fait élire Benavidès
Roi d'Angleterre. Il retourne enfuite
en Eſpagne ; il accorde l'Infante fa
fille aux Ambaffadeurs du nouveau Monarque
de Londres , qui brûle pour elle
d'un amour mutuel ; & dans le tems que
celui qui eft chargé de l'époufer en fon
nom s'approche pour recevoir la main de
Blanche de Caftille , Benavidès qu'on croità
Londres , paroît tout à coup , & reçoit
lui-même cette main fi defirée.
Ce font là de ces coups inattendus qui
furprennent dans un Roman , & qui le
mettent au-deffus de l'hiftoire . Dans celle--
ci l'Ambaffadeur Anglois eût tout fimple
ment , à l'ordinaire , époufé la Princeffe
pour fon maître : on auroit même trouvé
mauvais que Benavides eût quitté fes Etats.
nouvellement conquis , & rifqué de les
perdre , pour fe fignaler par un trait de
galanterie déplacée, Mais ce qui feroit un
défaut dans des mémoires purement hifto
riques , devient une beauté dans des aventures
vraiment romanefques. C'eft là qu'il
eft beau, d'être fingulier , & de hazarder:
2 MERCURE DE FRANCE.
la perte d'un royaume , pour fuivre le
tranfport d'un amour empreffé.
Grandeur des fentimens.
Ces nobles écarts partent d'un coeur audeffus
du vulgaire , & de pareils inciden's
font éclater la grandeur des fentimens qui
les produifent. Cette grandeur héroïque
brille par-tout dans ce Roman ; elle caracterife
fes principaux perfonnages . Benavidès
, parmi plufieurs traits d'héroïfme , fe
diftingue par un des plus rares. Edouard ,
furieux de voir fon Royaume prêt d'être
entierement conquis par le Général Efpagnol
, lui envoye un cartel , que ce dernier
refufe. Benavides aime mieux facrifier
l'honneur de mefurer fon épée avec
celle d'un Roi , à la gloire plus folide de
ne pas compromettre les intérêts de fon
Prince. Il trouve plus noble de laiffer foupçonner
fa bravoure , que de mettre en rifque
la conquête d'un Etat qu'il eft für
d'affurer à D. Alfonfe avec le fecours de
fes troupes ; cela paffe le heros , voilà le
grand homme. Le Roi encherit de fon
côté fur ce procédé magnanime , en pla
çant Benavides fon fujet fur le trône d'Angleterre
, dont fa valeur l'a rendu maître.
Ce trait eft au-deffus d'un Monarque , il
eft digne d'un Dieu , qui mefure fes bienFEVRIER.
1755. 9 *
faits à fa grandeur , & au mérite de celui
qu'il récompenfe. Blanche de Caftille fe
ignale par un effort de tendreffe & de
courage , qui n'eft pas moins admirable.
Digne fille d'Alfonfe , pour arracher au
tombeau fon pere empoifonné , elle prend
fes habits , & fe met à fa place , comme je
viens de le dire. Elle fait plus , elle perce
de fa propre main le premier auteur d'un
crime fi noir , & brave la mort pour la
lui donner. Cet exploit furprenant illuftre
la Princeffe autant que la fille ; il en fait
une héroïne que je préfere à Jeanne d'Arc.
Excellence des caracteres,
Tout eft merveilleux , tout eft afſorti
dans les mémoires dont je parle . Si les
fentimens en font grands , par une fuite
naturelle les caracteres en font beaux &
foutenus. Ses héros en doivent l'excellen
ce à celle de leur complexion . Nos vertus ,
ainfi que nos vices , dépendent de la qualité
& de la circulation du fang. Pour nous
porter au bien , il faut qu'il coule pur &
fans obftacles dans nos veines. La régula
rité de fon cours influe le plus fouvent fur
celle de notre conduite ; quand il circule
mal , nous agiffons de même. Le mal -aife .
du corps donne de l'humeur à l'ame ; l'hu
meur rompt l'équilibre néceffaire ; elle al94
MERCURE DE FRANCE.
tere cette égalité d'efprit , mere des vertus.
Un Poëte célebre a dit ,
Bonne ou nrauvaiſe fanté
Fait notre philofophie.
Elle fait auffi notre héroïfme , ces deux
mots bien analyfés font fynonimes . Un
Grand infirme ou cacochyme fait fouffrir
fes inférieurs des maux qu'il fouffre luimême.
Il voit tous les objets dans un mauvais
jour: ils prennent à fes yeux la couleur
de l'humeur noire où le jettent fes fouffrances.
Quelques talens qu'il ait , ils font
ternis par cette humeur qui le rend injuſte,
bizarre & fouvent cruel , il n'a de l'efprit
que pour nuire : c'eſt le héros de Machiavel
, prêt d'immoler tout à fa fombre politique.
Le véritable héros eft tout différent.
Il ne confulte , il ne fuit que la générofité
; il la fait fouvent éclater aux dépens
de fa fortune & même de fa raiſon.
Tel eft Benavides , grace à l'heureux naturel
qu'il tient de la bonté de fon tempérament.
Je vais avancer à ce propos un fentiment
qui aura d'abord l'air d'une plaifanterie
, mais auquel je tiens très -férieuſement
, & qui bien examiné de près eft
d'une vérité inconteſtablę. Je maintiens
FEVRIER. 1755. 95
qu'un Romancier ne fçauroit être trop attentifà
donner une fanté robufte aux perfonnages
qu'il met en action. Dans les différens
combats qu'ils font obligés de livrer
, dans les coups qu'ils reçoivent , dans
les tourmens qu'ils éprouvent , ils ont befoin
d'un corps à toute épreuve. C'eſt un
point effentiel que M. le Chevalier de
Mouhy n'a point oublié ; tous fes héros font
bien conftitués . D. Alfonfe eft doué d'une
vigueur qui résiste au fer & au poifon . Be
navidès n'a pas moins de force : on a beau
le poignarder , il triomphe du couteau de
l'affaflin , & reparoît brillant de ſanté ,
quand on le croit au rang des morts. Zulime
, la fille du Calife , ne leur céde
point en bonté de complexion ; elle guérit
de fes bleffures auffi promptement qu'Alfonfe
, qui l'époufe , & qui la couronne.
•
Le ftyle ou le coloris répond au deffein de
l'ouvrage , ce qu'on doit eftimer dans l'auteur
; il va toujours à l'intérêt. S'il eft prodigue
, ce n'eft qu'en incidens. Il eft fobre
en réflexions , & préfere toujours un fait
fingulier à une penſée neuve. Par ce moyen
fa morale n'ennuie jamais , elle eſt toujours
en action. On doit lui en fçavoir
d'autant plus de gré , qu'aujourd'hui nos
Ecrivains ont la fureur de l'efprit , ou plu
tôt la prétention , fans en avoir fouvent
les titres.
46 MERCURE DE FRANCE.
Je confeille à tous les jeunes gens qui
prennent le parti des armes , d'acheter ces
mémoires ; leur lecture est une Ecole militaire.
Les premiers Officiers y font non
feulement briller toutes les vertus de leur
état , mais les guerriers fubalternes y donnent
encore des leçons de courage & de
magnanimité . Je crois ne pouvoir mieux
finir cet extrait que par l'action d'un foldat
, qui m'a paru trop belle pour la paffer
fous filence. Les Espagnols avoient affiégé
Northombrie. Ils avoient remarqué fous
le pont-levis de la place une bréche par
où l'on pouvoit y entrer . Plufieurs defcendent
dans le foffé . Deux heures après le
point du jour , les Anglois ayant baiffé le
pont , les Espagnols plantent auffi-tôt leurs
échelles , fautent deffus , & tombent fur
l'ennemi . Le Commandant de la Garde
ordonne aux fiens de lever le pont , quoiqu'il
puiffe en coûter. Les Efpagnols ont
beau combattre , le nombre les accable ,
une partie eft déja culbutée dans le foffé ,
l'autre eft investie , & preffée par une foule
d'ennemis qui vont enlever & baiffer le
pont . Un foldat qui s'en apperçoit , ramaffe
une cheville de fer qui fert à l'arrê
ter , & veut la paffer dans l'anneau : un
coup de fabre lui coupe le poignet , & la
lui
FEVRIER. 1755.
97
lui fait quitter * : ô valeur fans pareille !
L'intrépide Efpagnol releve la cheville de
F'autre main , & la place. Ce coup hardi
décide du fuccès de l'entrepriſe.
tôt
>
L'action , toute prodigieufe qu'elle eft ,
trouve fon modele dans l'hiftoire . Cynegire
, frere du fameux Efchile , Poëte tragique
, à la journée de Marathon , arrête
d'une main un vaiffeau des Perfes qui
avoient pris la fuite : ayant eu cette main
coupée , il le faifit alors de l'autre bras
qu'il perd encore dans ce combat , & pluque
de lâcher prife , il mord le vaiſſeau
pour le retenir. Il n'eft point encore vaincu
par la perte de fes deux mains , pour
me fervir des expreffions de Juftin , il
combat avec le tronc de fon corps & avec
fes dents même , comme un lion féroce
qui triomphe en expirant . L'Hiftorien ici
va plus loin que le Romancier , & la copie
eft beaucoup moins chargée que l'original.
Ce qui fait voir que M. de M. fçait
affujettir même le merveilleux aux loix de
la vraiſemblance ; s'il a fuivi Juſtin , c'eſt
pour le corriger , peut-être même s'eſt- il
rencontré avec lui fans avoir l'imitation
en vûe. Il eft affez fécond & affez riche
* Cette exclamation eft de l'Auteur ; je n'y
ajoûte rien.
E
98 MERCURE DE FRANCE.
par lui- même pour n'avoir pas befoin d'emprunter
rien des autres.
Le catalogue de fes nouvelles oeuvres ,
que je vais joindre à cet extrait , eft un
garant de fon heureuſe abondance. Il eft
précédé d'un avertiffement que je mets ici
tel que l'Auteur l'a fait imprimer , & tel
qu'il me l'a envoyé .
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Résumé : « EXTRAIT DES MÉMOIRES DU MARQUIS DE BENAVIDÈS, en sept parties ; dédiés à [...] »
Le texte est un extrait des mémoires du marquis de Benavidès, rédigés par le chevalier de Mouhy. L'auteur soutient que les romans doivent exagérer les événements, les sentiments et les personnages pour captiver le lecteur. Les mémoires de Benavidès illustrent ces qualités par trois aspects : la singularité des événements, la grandeur des sentiments et l'excellence des caractères. La singularité des événements commence par la naissance du marquis de Benavidès. Don Rodrigue, premier ministre d'Alphonse, poignarde sa femme Isabelle par désespoir, mais elle survit et se cache. Don Rodrigue la retrouve, obtient son pardon, et ils renouent leur amour. De cette union naît Benavidès, qui devient général à seize ans. Il capture l'empereur du Maroc et ses troupes, puis assiège et prend Maroc par une ruse stratégique. À la cour d'Espagne, la fille d'Alphonse s'intéresse à Benavidès malgré son éloignement initial pour les hommes. Des ennemis de Benavidès tentent de le discréditer, mais leur complot est déjoué. Don Sanche et Velafquès, complices, tentent d'empoisonner le roi Alphonse et d'assassiner Benavidès. Blanche, l'infante, sauve son père en le faisant passer pour mort et en tuant les conspirateurs. Benavidès est ensuite attaqué en Afrique mais survit. Zulime, fille du calife, tente de le venger en poignardant le roi Alphonse, mais Benavidès la neutralise. Alphonse déclare la guerre aux Anglais et, après diverses péripéties, Benavidès devient roi d'Angleterre. Alphonse retourne en Espagne et marie l'infante Blanche à Benavidès. La grandeur des sentiments est illustrée par des actes héroïques. Benavidès refuse un duel avec le roi Édouard pour ne pas compromettre les intérêts de son prince. Alphonse le récompense en le nommant roi d'Angleterre. Blanche sauve son père empoisonné en prenant sa place et en tuant les conspirateurs. L'excellence des caractères est soulignée par la robustesse physique et morale des héros. Leur santé et leur tempérament influencent leurs actions et leurs vertus. Les personnages principaux, comme Benavidès, Alphonse et Zulime, montrent une grande résistance et une générosité exceptionnelle. Le style de l'œuvre est prodigue en incidents mais sobre dans son expression, toujours orienté vers l'intérêt du lecteur. Le texte discute également de la préférence pour les faits singuliers plutôt que les nouvelles pensées dans la morale, soulignant que cette approche rend la morale toujours en action et évite l'ennui. Il critique les écrivains contemporains pour leur prétention à l'esprit sans en avoir toujours les titres. L'auteur conseille aux jeunes gens prenant les armes d'acheter certains mémoires, décrivant leur lecture comme une école militaire. Ces mémoires mettent en avant les vertus des premiers officiers et les leçons de courage et de magnanimité des guerriers subalternes. Un exemple notable est l'action d'un soldat espagnol lors du siège de Northombrie, qui, après avoir eu la main coupée, utilise son autre main pour placer une cheville de fer, permettant ainsi de maintenir le pont baissé et de décider du succès de l'entreprise. Cette action est comparée à celle de Cynegire, frère d'Eschyle, qui à la bataille de Marathon, retient un vaisseau perse avec ses mains et ses dents après les avoir perdues. L'auteur souligne que l'historien va au-delà du romancier en rendant le récit plus vraisemblable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8784
p. [1]-[15]
CATALOGUE DES LIVRES NOUVEAUX, Imprimez chez PIERRE RIBOU, à la Descente du Pont Neuf, à l'Image saint Loüis.
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Des R R. P P. Benedictins, de la Congregation de saint Maur. [...]
Mots clefs :
Catalogue, Livres, Pierre Ribou
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CATALOGUE
DES LIVRES NOUVEAUX ,
Imprimez chez PIERRE RIBOU , à la
Defcente du Pont Neuf, à l'Image
faint Louis.
Des RR. PP. Benedictins , de la Congregation
de faint Maur.
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Antti Auguftini Hipponenfis Epifcopi Opera ,
denuò caftigata & illuftrata , cum Indicibus &
Vita ejufdem fancti Auguftini , fol. 8 vol.
Petit pap. veau ,
Moyen papier ,
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Auguftini , fol . feparément. , petit pap. 18 1.
Moyen papier ,
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Les Volumes fe vendent feparément , en
40 liv.
18 liv.
Moyen papier,
Grand papier,
24 liv.
40 liv.
Vita S. Auguftini , fol . feparément , 61.
Sandi Hilarii Epifcopi Pictavienfis Opera , emendata illuftrata , fol. petit papier , 18 liv.
Moyen papier ,
Grand papiers
24 liv.
40 liv,
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Sandi Gregorii Epifcopi Turonenfis Opera , caftigata editaftudio Domini Theodorici Ruinart,
Monachi Ordinis fanéti Benedicti , Congregationis faniti Mauri , folio , Is liv.
Hiftoire de Bretagne , compofée fur les Titres
& les Auteurs originaux , par Dom GuyAlexis Lobineau , Benedictin de la Congregation de faint Maur , avec les Preuves : & enrichie de Portraits,deTombeaux, de Sceaux ,
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fol. 2 vol. 1707 . 60 liv.
Meditations pour tous les jours de l'Année ,
tirées des Evangiles qui le lifent à la Meffe ,
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fancti Benedicti litteralis , moralis , hiftoricus .
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Hifpanicus , hoc eft , Geographies &Hiftorica
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coëtaneis , cum Notis , in 4° , 2 vol. 14 liv.
Sancti Agobardi Archiepifcopi Lugdunenfis Opera ,
necnon Leidradi & Amulonis Archiepifcoporum
Lugdunenfium Epiftola & opufcula , cum Notis,
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Sancti Cafarii Epifcopi Arelatenfis Homilia , nun- Marii quamMercatoris antehacedita Opera, cum , cumNotis Notis.of , , .
8°, 3 liv.
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DE RANCE' , Abbé de la Trappe.
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De la Sainteté & des devoirs de la vie Monaftique , avec les éclairciffemens fur les diffiA ij
euftez furvenuës au fujet de ce Livre , in
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Les mêmes in 12, vol.
17 liv.
8 liv.
Les Eclairciffemens,in 4* , feparément, 6 1.
Les mêmes in 12. feparément , 2 liv. 10 f.
Cinq Chapitres tiez du Livre de la Vie Monaf- tique ; fçavoir , de l'amour de Dieu , de la
Priere , de la Mort , des Jugemens de Dieu,
& de la Componction , in 12. I liv.
Difcours de la pureté d'Intention , & des moyens pour y arriver , in 12. I liv. 10 f.
Carte de là Vifite de M. l'Abbé de la Trape å
l'Abbaye des Clairets , avec une Inftruction fur la mort de Dom Muce , in 12. 1.liv .
Inftructions de faint Dorothée , Pere de l'Eglife Creque , traduites du Grec en François ,
avec la Vie de ce faint Pere , in 8 ° . 2 l . 5 f.
Inftructions fur les principaux fujets de la Pieté & de la Morale Chretienne , in 12. ΙI l. 10 f.
Lettres de Pieté choifies & écrites à differentes
perfonnes , in 12 , 2 vol. 4 liv.
Meditations fur la Regle de faint Benoît , troifiéme édition, augmentée de la veritable pre- paration à la mort , 2 liv.
De la veritable preparation à la mort , in 12.
feparément , I liv.
Réponses au Traité des Etudes Monaftiques de Dom Jean Mabillon , in 4" , 6 liv.
Le Textede la Regle de S. Benoît, trad.in 12. II.
La Regle defaint Benoît , traduite & expliquée felonfon veritable efprit , in 4 ° , 2 vol. i2 1. La même in 12. 2 vol.
in 12.
s liv.
Reflexions morales fur les quatres Evangiles ,
in 12.4 vol.
7 liv. 4 f.
Reglemens generaux de l'Abbaye de la Trappe,
in 12. 2 vol.
lation 3 liv. 12 f. de la mort de Dom Abraham Beu-
S
8 f. gnier , in 12. brochure ,
Relation de quelques circonstances de la mort
de M. l'Abbé de la Trappe , in 12. brochure ,
8 f.
Traité abregé des Obligations des Chrétiens ,
in 12.
I liv. 16 f.
Du R. P. Dom LE NAIN, Sous-Prieur de l'Abbaye
de la Trappe..
Homelies fur le Prophete Jeremie , in 8 ° , 2.
vol.
Hiftoire de l'Ordre de Cîteaux ,
7
liv. 12 f.
ou Vies des
Saints de cet Ordre , in 12. 9 vol. 16 liv . 4 f
De Noffeigneurs du Clergé de France.
Procés verbal de l'Affembléé de 1690. fol . 61.
De l'Affemblée de 1693. & 16 95. fol. 10 1.
De l'Affemblée de 1701. & 1702. fol . 6. 1 .
Relation des Affemblées de MM. les Prelats,
pour la condamnation du Livre de M. l'Archevêque de Cambray , in 4° ,
4 liv.
Recueil concernant l'établiffement de deux Seminaires dans le Dioceſe de Reims, in 4º , 6 I.
Du R. P. DUBOIS , de l'Oratoire.
Hiftoria Ecclefia Parifienfis , fol . 2 vol. 30 liv.
Le Tome ſecond ſeparement , IsIS liv.
Du R. P. A MELOTTE
, de l'Oratoire.
Le Nouveau Teftament traduit fur la Vulgate , ave des Notes , & des Cartes de la Terre
Sainte , in 4º , 2 vol.
Le même in 18.
Du R. P. HARDOUIN
12 liv.
I liv.
, de la Compagnie
de Jesus.
Antirrheticus de nummis antiquis Coloniarum &
6
MunicipiorumadJoannem Vaillant , in 4" , 3 I.
Sancti Foannis Chryfoftomi Epiftola ad Cafarium
Monachum, Gr. & Lat. cum Foannis Harduini
Notis, & Dißertatione de Sacramento Altaris ,
in 4º
De differens Auteurs.
4 liv.
Compendium InftitutionumJuftiniani , feu compen
diofa earum tractatio ; in 12. I liv.
Ceur affectif de faint François de Sales , tiré
de ce qu'il y a de plus touchant dans fes Ecrits › pour la confolation des ames devotes , par M. Gambard , in 12. 1 liv. 12 f.
Diurnale Ciftercienfe,, ad ufum Fulienfium , rubronigrum , in 24. maroquin , 31.
Difcours de faint Bernard , compofez à la priere
de fa fœur la Religieufe , où font contenus
tous les principaux points du Chriftianifme ,
nouvelle traduction , in 16. I liv. 10 f.
Exercice Journalier , à l'ufage des Religieufes
de la Congregation de N. D. in 16. I liv..
Maniere de bien entendre la Meffe de Paroiffe,
par Meffire François de Harlay , Archevêque de Rouen , imprimée par l'ordre de feu M. l'Archevêque de Paris , in 12. 1 liv.
Ordonnances du Roy pour le fait de la Guerre,
in 12. 15 vol.
12 .
4f liv.
Les volumes
fe vendent
feparément
, 3 1.
Reglement
pour le Regiment
des Gardes
, in
I liv.
Prieres
Chrétiennes
recueillies
par ordre
de
feu M. l'Archevêque
de Paris , en Latin & en
François
; avecune Inftruction
pour la Con-
! feffion
& Communion
, & une Conduite
pour
bień gagner
le Jubilé
, in 12. troisième
édition ,
I liv.
Tradition
de l'Eglife
fur le Silence
Chrétien
&
-
Monaftique , contre l'intemperance de la langue, & les paroles inutiles en general , & en
particulier contre la trop grande frequen- tation des Parloirs des Religieufes , par M. Hermant , in 12. I liv. 16 f.
Traité du Cancer , & des moyens de le guerir,
par M. Alliot , in 12 . 1 liv. 10 f.
Traitédes Ecoles Epifcopales , par feu M. Joly ,
Chantre & Chanoine de l'Eglife de Paris ,
in 12. 2 liv.
Vie de la Mere Eugenie de Fontaine , Religieufe
dela Vifitation,morte en 1694. in 12. II. 10 L
De l'ufage de celebrer le Service Divin, en lan-
" gue non vulgaire , par le R. P. Caponnel ,
Chanoine Regulier , in 12.. ΙIliv.5f.
Imitation de Jefus- Chrift en vers , avec figures, par M. de Corneille, Bruxelles. in 8 °, 4.1.
Hiftoire du Concile de Trente , par Frapaolo ,
1 in 4º , 8 liv.
Les Loix Civiles dans leur ordre naturel , fol.
2 vol. 7 18 liv.
Les mêmes , in 4ª , 6 vol. 36 liv.
L'art de Tourner ou de faire en perfection
routes fortes d'ouvrages au Tour : ouvrage
tres-curieux & tres-neceffaire à ceux qui s'cxercent au Tour , fol. Latin & Fr. Is liv.
Traduction nouvelle des Odes d'Anacreon, par
..M. de la Foffe , feconde édition , augmentée
de deux Odes , l'une de Pindare , & l'autre
d'Horace , in 12. 2 liv. 10 f.
Nouvelle Grammaire Eſpagnole , par M. Perger , in 12. 2 liv. 5 f.
Nouvelle Traduction de Juſtin , avec des Remarques , in 12. 2 vol.
Conquête du Mexique , in 12. 2 vol. Conquête du Perou , in 12. 2 vol.
Voyage d'Alep à Jerufalem , in 12
4
3 liv. to f.
sliv.
liv. 10 f.
2 liv.
"
!
*
1
Nouvelle & parfaite Grammaire Françoife du
Pere Chifflet , in 12. avec un abregé d'Orrographe , 1 liv . 10 f.
De la Connoiffance de Dieu , par M. Ferrand ,
in 12.
Novum Teftamentum Grácum , in 18 .
L'Efprit de l'Ecriture Sainte,in 12. 2
Le Comte de Cardone , in 12.
2 liv. 10 £
1 liv. 16 ſ.
vol.3 l.ro f.
Iliv. 16f.
Les Avantures Galantes du Chevalier de Themicourt , par Madame D... in 12, 1 l. 16 f:
Furteriana , ou les bons mots de M. Furetiere ,
in iz. z. liv.
Avantures galantes de France & d'Espagne ,
in 12.
2 liv.
Traducion nouvelle de Miguelles Cervantes ,
in 12.
Biblia facra , in 4º ,
2 liv.
6 liv.
Amuſemens ferieux & comiques , par M. du
Freny , in 12.
I liv. 10 f.
Grammaire Allemande , de Perger , in 12. 1 1.
Effais de litterature pour la connoiffance des
bons Livres ; & fupplément des Effais , in 12.
4 vol. 8 liv.
Le Jeu de l'Hombre , augmenté des Decifions
Nouvelles , in 12. I liv. 10 f.
Les Campagnes du Roy de Suede , in 12. 3
vol.. 6 liv.
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Traité du Recitatif dans la Compofition , dans
la Declamation , la Lecture & l'Action publique , in 12 .
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Païs , la Religion , les Loix & les Coûtumes
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12 liv.
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Les Fables de la Fontaine , in 12.5 vol. 10 liv.
La Princeffe de Cleves , in 12. 2 liv. 10 f.
L'Arithmetique de Legendre , in 12.2 liv. 10f.
La Vie de Cromvvel , de Gregorio Leti , in 12.
2 vol. s liv.
Les Oeuvres de S. Evremond , in 12.5 vol. 10 I.
Juvenal, de la traduction du P. Tarteron , in 12. 2 liv . 10 f.
Zayde, in 12. a vol
ΤΟ
Style du Confeil , par M. Gauret , in 4″, ƒ liv.
Code de la Marine , in 4" , 3 liv.
Traité hiftbrique des Monnoyes de France , par
1.M. le Blanc. in 4 .
2 liv.
8 f.
9 liv.
Dialogues entre le Diable Boiteux & le Diable Borgne , par M. le Noble , in 12.
Traité de la Parole , in 12. brochure, Lucien d'Ablancourt , nouvelle édition , aug- mentée de Nores , in 12. 3 vol.
6 liv.
Numifmata area Imperatorum Auguftorum & Cafarum in Coloniis , Municipiis & vrbibusJure Latio donatis , ex omni modulo percufa , autore
Joanne Foy-Vaillant , in fol. 2 vol. 3.6 liv.
L'Hiftoire reduite à fes principes , dediée à
Monfeigneur le Duc de Bourgogne , în 12. 2/1 vol.
3 liv. 10 f.
Contes des Fées , ou les Chevaliers Errans , &
le Genie Familier, par M. D... in 12. 11. 15 f.
D. Guzman d'Alfarache , in 12. 3 vol. 7 l. 10 f. Traduction en vers François des Epigrammes d'Ovven , in 12. 1 liv. 10 f.
Les Amours de Pfiché , in 12.
La Mufe Moufqueraire , in 12.
Virgile , de Martignac , in 12.3.vol.
2 liv.
2 liv .
6 liv.
Lucrece , de la nature des chofes , avec des remarques fur les endroits les plus difficiles ,
traduction nouvelle , in 12. 2 vol. 4 1. 10 f.
L'Ambiguë d'Auteuil , ou varietez hiftoriques ,
vicompoféesdu Joueur , du Nouvelifte , du Financier , du Critique , de l'Inconnu , du Sincere ,' du Subtil , de l'Hypocrite , & de plufieurs autres perfonnages de differens carac- teres , in 12.
1. liv. s. f.
Les Avantures d'Appollonius de Tyr , livre rempli d'évenemens , & écrit dans le même ſtyle
que Telemaque , par M. le B... in 12. 2 ‹ liv.. Prince Eraftus , fils de l'Empereur Diocle
Ir
tiam , in rz. 2 liv. y. f.
Abregé de Geographic , & de tout ce qu'il y
a de plus remarquable dans chacune des quatregrandes parties de la Terre , particulièrement dans l'Europe & dans le Royaume de
France : le tout mis en ordre pour pouvoir
être appris & retenu facilement par cœur avec les routes des Poftes de France & d'Efpagne , dediéà S. A. S. Monfeigneur le Prince
de Dombes , par M. Poncein, in 12. 1 liv. f.
Hiftoire fecretede Bourgogne , in 12. 2 vol. 3 I.
Vaſconiana , ou Recueil des bons mots , des penfées les plus plaifantes , & des rencontres les
plus vives des Gaſcons , feconde édition , augmentée , in 12 . 2 liv. y f*
Les Metamorphofes d'Ovide , traduites par M.
Durier , derniere édition , in 12. 3 vol. 6 liv.
Les mêmes en Rondeaux , avec figures , de
Bencerade, imprimées à Bruxelles, in 8 °, 4 1.
Les Metamorphofes , ou l'Afne d'or d'Apulée ,
Philofophe Platonicien avec le Demon de
Socrate , traduction en François , avec des
Remarques , in 12. 2 vol. sliv.
Les Fables d'Efope Phrygien , avec celles de Philielphe , traduction nouvelle , enrichie de
Difcours moraux & hiftoriques , &de Que
trains à la fin de chaque difcours , avec figures. On as ajoûté à cette nouvelle tradu
tion les Contes d'Efope , les Fables diverfes d'Abrias & d'Avienus , in 12. 2 vol. 4 1. 10 f
Les Memoires de la Vie du Comte D... avant fa
retraite , contenant diverfes avantures qu '
peuvent fervir d'inftruction à ceux qui ont à
vivre dans legrand mondes redigez par Mide S. Evremont , in 12. 2 vol.ove 4 liv . 10 f
Les Memoire de Meffire Roger Rabutin , Comte de Buffy, in 12. vol. 3
liv . 10 £
Bij
7
1
12
ro 1.
Idem , Ses Lettres , nouv. édit. in 12. 4 vol. 8 I.
Les Oeuvres d'Homere , traduites en François
par M. D... enrichies de figures en taille- douce , divifées en 4 vol. in 12.
Quinte- Curce , de la traduct. de M. de Vaugelas,
avec le Latin à côté , 2 vol. in 12. 4 1. 10 f.
Oeuvres d'Horace en Latin & en François , avec
des Remarques critiques & hiftoriques, de M.
Dacier , froifiéme édition , revûe , corrigée
&augmentée confiderablement par l'Auteur ,
in 12. 10 vol. 20 liv.
Hiftoire
de France, P. Marcelle
, in 12. 4 vol. 8 l.“
Lexicon
Buxtorfi
, in 8 °,
4liv . 10 f.
Idem Lexicon Paforis , Greco- Lat. in 8º, 4 1. 10 f.
Corpus Juris Canonici , à Petro Pitheco , cum appendiceJuris Canonici, continens Librumfeptimum Decretalium, &Fo. Pauli Lancelotti inftitutiones
Juris Canonici , in fol. 2 vol. 20 liv.
Les Oeuvres de Maître Guy Coquille , Sieur de
Romancy
, 1703. 2 vol. Recueil de bons mots des Anciens & des Mo- dernes , in 12.
13 liv.
2 liv.
20 liv .
"
6 liv.
THEATRE DE MESSIEURS
Corneille, in 12. 10 vol.
Racine , 2 vol.
Campiftron , nouv. éd. augmentée d'une Tragedic & d'une Comedie , &ornée de figures , 4 1.
De la Foffe , avec ſes Poëfies , 2 vol. s liv.
Legrand , 2 liv. 10 f.
Crébillon ,
Pradon ,
liv. 10 f.
3 liv.
De la Grange 2 liv. 10 f.
Moliere , 8 vol. nouvelle édition , augmentée
de fa Vie , avecde nouvelles Remarques , 15. l.
Dancourt, 7 vol. nouvelle édition , augmentée
de plufieurs Pieces qui n'avoient point été
imprimées dans les éditions precedentes,ayce
figures & Mufique ,
Regnard , 2 vol.
Poiffon , vol.
De Hauteroche ,
14 liva
s liv.
3 liv.
2 liv. 10 f
Palaprat, 2. éd. augmentée de plufieurs Comedies qui n'ont pas encore efté imprimées , &
' d'un Recücilde Pieces en Vers, a vol. 4 1. 10f.
Baron ,
De Riviere ,
De la Thuillerie ,
Bpindin ,
De Champ-mêlé ,
De Montfcury, 2 vol.
Bourfault , 2 vol.
De Mademoiſelle Barbier ,
Quinaut ,
Theatre François , 6 vol.
3. liv.
liv. 1o f
2 liv.
2. liv
a liv.
s liv.
s liv.
liv.10 f
liv. 10 f
Is live
Idomenće ,
Aftrée ,
Electre ,
Rhadamifthe & Zenobic,
Cyrus ,
Les Tyndarydes
Saul ,
Herode ,
Polydore ,
La Mort d'Ulyffe ,
Mustapha,
Agrippa , ou le faux Tiberiaus
Le Curieux Impertinent,
Les Agioteurs ,
L'Amour Charlatan ,
Le Naufrage,
Danać ,
Turcaret ,
Crifpin Rival ,
Le faloux déſabuſe,
Tragedies
}
Comedies,
14
Les Airs notez des Comedies Françoifes , par M. Gillier , in 4º,
Cantates & Arietes de M. le B. fol. 7
Le quatrième Livre des Motets de
pra ,
LeMercure Galant ,
Et broché ,
7 liv.
liv. 10 f.
M. Cams liv.
11. 10 f.
I l . 5f.
Recueil de Pieces en Vers , adreffées à S. A.S.
Monfeigneur le Ducde Vendôme , & plufieurs.
Effais de Poëfies diverfes , par Monfieur de
Palaprat, 1. vol. in 12. 1.1. 10 f.
Et toutes les autres Pieces de Theatre , tant
anciennes que nouvelles,
Abfalon , Tragedie , tirée de l'Ecriture Sainte,
par M. Duché , 1. liv.
L'Hiftoire de l'Empire , contenant fon origine,
fon progrés , fes revolutions , la forme de
fon Gouvernement , fa politique , fes alliances ,fes negociatións , & les nouveaux regle mens qui ont été faits par les Traitez de
Vveftphalie & autres : par le Sieur Heif.
Nouvelle édition , continuée jufques à prefent , & augmentée de plufieurs remarques.
s vol. in 12. 12. 1. 10. f.
Hiftoire Genealogique & Chronologique de la Maifon Royale de France , des grands Offi- ciers de la Couronne , & de la Maiſon dú Roy ; avec les qualitez , l'origine & le pro- grés de leurs familles : enfemble les Statuts
& le Catalogue des Chevaliers , Comman- deurs , & Officiers de l'Ordre du Saint Ef prit. Le tout dreffé fur les Titres originaux,
Regiſtres des Chartres du Roy , du Parle-
ment, de la Chambre des Comptes , & du
Châtelet de Paris , Cartulaires d'Eglifes
Manufcrits , & Memoires qui font dans la
Biblioteque du Roy , & autres. Par le Pere
Anfelme , Auguftin Déchauffé. Revûë , corrigée , & augmentée par l'Auteur , & aprés
fon decés continuée jufques à prefent par
un de fes amis. 2 vol. infol. 1712. 36. liv.
La Connoiffance parfaite des Chevaux , contenant la maniere de les gouverner , nourrir
& entretenir en bon corps , & de les conferver en fanté dans les voyages. Avec un détail general de toutes leurs maladies , des fignes & des caufes d'où elles proviennent ,
des moyens de les prévenir , & de les en guerir par des remedes experimentez depuis
long- temps , & à la portée de tout le monde. Joint à une nouvelle inftruction fur le
Haras , bien plus étendue que celles qui ont
parujufques à prefent , afin d'élever de beaux
Poulains pour toutes fortes d'ufages. On
trouve auffi dans ce livre l'art de monter à
cheval , & de dreffer les chevaux de manege ,
tirée des meilleurs Auteurs qui en ont écrit.
Le tout enrichi de figures en taille - douce.
in 8° , 3 1. 10 f.
Le Theatre Lyrique , avec une Preface où l'on
traite du Poëme de l'Opera , & la Réponse à
une Epitre fatyrique contre ce Spectacle. Par M. Le Br... in 12. 1712. a liv.
Lettre à Monfieur de... fur l'origine des anciens Dieux de l'Egypte ; qui explique ce
qui a donné lieu aux Fables des Dieux de
l'Antiquité. in 12, 1.
DES LIVRES NOUVEAUX ,
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faint Louis.
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Auguftini , fol . feparément. , petit pap. 18 1.
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Moyen papier ,
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& les Auteurs originaux , par Dom GuyAlexis Lobineau , Benedictin de la Congregation de faint Maur , avec les Preuves : & enrichie de Portraits,deTombeaux, de Sceaux ,
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fancti Benedicti litteralis , moralis , hiftoricus .
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Pontificum Romanorum qui in Galliafederunt ab
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Sancti Agobardi Archiepifcopi Lugdunenfis Opera ,
necnon Leidradi & Amulonis Archiepifcoporum
Lugdunenfium Epiftola & opufcula , cum Notis,
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Sancti Cafarii Epifcopi Arelatenfis Homilia , nun- Marii quamMercatoris antehacedita Opera, cum , cumNotis Notis.of , , .
8°, 3 liv.
Reginonis Abbatis Prumienfis Libri duo de Ecclefiafticisdifciplinis Religione chriftiana , &c. cum Notis , in 8 ° , 4 liv.
Salviani Maffilienfis , & Vincenti Lirinenfis Opera,
cum Notis uberioribus , in 8° , tertia edit. 3 liv.
Vita Petri Caftellani , Magni Francia Eleemofynarii , à Petro Gallandio feripta , cum Notis , in I liv.16 f.
Mifcellaneorum Libri quinque , hoc eft , Collectio
veterum Monumentorum, in89,5 vol. rs liv.
Les volumes ſe vendent feparément 3 liv.
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DE RANCE' , Abbé de la Trappe.
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De la Sainteté & des devoirs de la vie Monaftique , avec les éclairciffemens fur les diffiA ij
euftez furvenuës au fujet de ce Livre , in
4°,'-3 vol.
Les mêmes in 12, vol.
17 liv.
8 liv.
Les Eclairciffemens,in 4* , feparément, 6 1.
Les mêmes in 12. feparément , 2 liv. 10 f.
Cinq Chapitres tiez du Livre de la Vie Monaf- tique ; fçavoir , de l'amour de Dieu , de la
Priere , de la Mort , des Jugemens de Dieu,
& de la Componction , in 12. I liv.
Difcours de la pureté d'Intention , & des moyens pour y arriver , in 12. I liv. 10 f.
Carte de là Vifite de M. l'Abbé de la Trape å
l'Abbaye des Clairets , avec une Inftruction fur la mort de Dom Muce , in 12. 1.liv .
Inftructions de faint Dorothée , Pere de l'Eglife Creque , traduites du Grec en François ,
avec la Vie de ce faint Pere , in 8 ° . 2 l . 5 f.
Inftructions fur les principaux fujets de la Pieté & de la Morale Chretienne , in 12. ΙI l. 10 f.
Lettres de Pieté choifies & écrites à differentes
perfonnes , in 12 , 2 vol. 4 liv.
Meditations fur la Regle de faint Benoît , troifiéme édition, augmentée de la veritable pre- paration à la mort , 2 liv.
De la veritable preparation à la mort , in 12.
feparément , I liv.
Réponses au Traité des Etudes Monaftiques de Dom Jean Mabillon , in 4" , 6 liv.
Le Textede la Regle de S. Benoît, trad.in 12. II.
La Regle defaint Benoît , traduite & expliquée felonfon veritable efprit , in 4 ° , 2 vol. i2 1. La même in 12. 2 vol.
in 12.
s liv.
Reflexions morales fur les quatres Evangiles ,
in 12.4 vol.
7 liv. 4 f.
Reglemens generaux de l'Abbaye de la Trappe,
in 12. 2 vol.
lation 3 liv. 12 f. de la mort de Dom Abraham Beu-
S
8 f. gnier , in 12. brochure ,
Relation de quelques circonstances de la mort
de M. l'Abbé de la Trappe , in 12. brochure ,
8 f.
Traité abregé des Obligations des Chrétiens ,
in 12.
I liv. 16 f.
Du R. P. Dom LE NAIN, Sous-Prieur de l'Abbaye
de la Trappe..
Homelies fur le Prophete Jeremie , in 8 ° , 2.
vol.
Hiftoire de l'Ordre de Cîteaux ,
7
liv. 12 f.
ou Vies des
Saints de cet Ordre , in 12. 9 vol. 16 liv . 4 f
De Noffeigneurs du Clergé de France.
Procés verbal de l'Affembléé de 1690. fol . 61.
De l'Affemblée de 1693. & 16 95. fol. 10 1.
De l'Affemblée de 1701. & 1702. fol . 6. 1 .
Relation des Affemblées de MM. les Prelats,
pour la condamnation du Livre de M. l'Archevêque de Cambray , in 4° ,
4 liv.
Recueil concernant l'établiffement de deux Seminaires dans le Dioceſe de Reims, in 4º , 6 I.
Du R. P. DUBOIS , de l'Oratoire.
Hiftoria Ecclefia Parifienfis , fol . 2 vol. 30 liv.
Le Tome ſecond ſeparement , IsIS liv.
Du R. P. A MELOTTE
, de l'Oratoire.
Le Nouveau Teftament traduit fur la Vulgate , ave des Notes , & des Cartes de la Terre
Sainte , in 4º , 2 vol.
Le même in 18.
Du R. P. HARDOUIN
12 liv.
I liv.
, de la Compagnie
de Jesus.
Antirrheticus de nummis antiquis Coloniarum &
6
MunicipiorumadJoannem Vaillant , in 4" , 3 I.
Sancti Foannis Chryfoftomi Epiftola ad Cafarium
Monachum, Gr. & Lat. cum Foannis Harduini
Notis, & Dißertatione de Sacramento Altaris ,
in 4º
De differens Auteurs.
4 liv.
Compendium InftitutionumJuftiniani , feu compen
diofa earum tractatio ; in 12. I liv.
Ceur affectif de faint François de Sales , tiré
de ce qu'il y a de plus touchant dans fes Ecrits › pour la confolation des ames devotes , par M. Gambard , in 12. 1 liv. 12 f.
Diurnale Ciftercienfe,, ad ufum Fulienfium , rubronigrum , in 24. maroquin , 31.
Difcours de faint Bernard , compofez à la priere
de fa fœur la Religieufe , où font contenus
tous les principaux points du Chriftianifme ,
nouvelle traduction , in 16. I liv. 10 f.
Exercice Journalier , à l'ufage des Religieufes
de la Congregation de N. D. in 16. I liv..
Maniere de bien entendre la Meffe de Paroiffe,
par Meffire François de Harlay , Archevêque de Rouen , imprimée par l'ordre de feu M. l'Archevêque de Paris , in 12. 1 liv.
Ordonnances du Roy pour le fait de la Guerre,
in 12. 15 vol.
12 .
4f liv.
Les volumes
fe vendent
feparément
, 3 1.
Reglement
pour le Regiment
des Gardes
, in
I liv.
Prieres
Chrétiennes
recueillies
par ordre
de
feu M. l'Archevêque
de Paris , en Latin & en
François
; avecune Inftruction
pour la Con-
! feffion
& Communion
, & une Conduite
pour
bień gagner
le Jubilé
, in 12. troisième
édition ,
I liv.
Tradition
de l'Eglife
fur le Silence
Chrétien
&
-
Monaftique , contre l'intemperance de la langue, & les paroles inutiles en general , & en
particulier contre la trop grande frequen- tation des Parloirs des Religieufes , par M. Hermant , in 12. I liv. 16 f.
Traité du Cancer , & des moyens de le guerir,
par M. Alliot , in 12 . 1 liv. 10 f.
Traitédes Ecoles Epifcopales , par feu M. Joly ,
Chantre & Chanoine de l'Eglife de Paris ,
in 12. 2 liv.
Vie de la Mere Eugenie de Fontaine , Religieufe
dela Vifitation,morte en 1694. in 12. II. 10 L
De l'ufage de celebrer le Service Divin, en lan-
" gue non vulgaire , par le R. P. Caponnel ,
Chanoine Regulier , in 12.. ΙIliv.5f.
Imitation de Jefus- Chrift en vers , avec figures, par M. de Corneille, Bruxelles. in 8 °, 4.1.
Hiftoire du Concile de Trente , par Frapaolo ,
1 in 4º , 8 liv.
Les Loix Civiles dans leur ordre naturel , fol.
2 vol. 7 18 liv.
Les mêmes , in 4ª , 6 vol. 36 liv.
L'art de Tourner ou de faire en perfection
routes fortes d'ouvrages au Tour : ouvrage
tres-curieux & tres-neceffaire à ceux qui s'cxercent au Tour , fol. Latin & Fr. Is liv.
Traduction nouvelle des Odes d'Anacreon, par
..M. de la Foffe , feconde édition , augmentée
de deux Odes , l'une de Pindare , & l'autre
d'Horace , in 12. 2 liv. 10 f.
Nouvelle Grammaire Eſpagnole , par M. Perger , in 12. 2 liv. 5 f.
Nouvelle Traduction de Juſtin , avec des Remarques , in 12. 2 vol.
Conquête du Mexique , in 12. 2 vol. Conquête du Perou , in 12. 2 vol.
Voyage d'Alep à Jerufalem , in 12
4
3 liv. to f.
sliv.
liv. 10 f.
2 liv.
"
!
*
1
Nouvelle & parfaite Grammaire Françoife du
Pere Chifflet , in 12. avec un abregé d'Orrographe , 1 liv . 10 f.
De la Connoiffance de Dieu , par M. Ferrand ,
in 12.
Novum Teftamentum Grácum , in 18 .
L'Efprit de l'Ecriture Sainte,in 12. 2
Le Comte de Cardone , in 12.
2 liv. 10 £
1 liv. 16 ſ.
vol.3 l.ro f.
Iliv. 16f.
Les Avantures Galantes du Chevalier de Themicourt , par Madame D... in 12, 1 l. 16 f:
Furteriana , ou les bons mots de M. Furetiere ,
in iz. z. liv.
Avantures galantes de France & d'Espagne ,
in 12.
2 liv.
Traducion nouvelle de Miguelles Cervantes ,
in 12.
Biblia facra , in 4º ,
2 liv.
6 liv.
Amuſemens ferieux & comiques , par M. du
Freny , in 12.
I liv. 10 f.
Grammaire Allemande , de Perger , in 12. 1 1.
Effais de litterature pour la connoiffance des
bons Livres ; & fupplément des Effais , in 12.
4 vol. 8 liv.
Le Jeu de l'Hombre , augmenté des Decifions
Nouvelles , in 12. I liv. 10 f.
Les Campagnes du Roy de Suede , in 12. 3
vol.. 6 liv.
La Vie de M. de Moliere , in 12. 2 liv.
Traité du Recitatif dans la Compofition , dans
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1 liv. 10 f.
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Les Fables de la Fontaine , in 12.5 vol. 10 liv.
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L'Arithmetique de Legendre , in 12.2 liv. 10f.
La Vie de Cromvvel , de Gregorio Leti , in 12.
2 vol. s liv.
Les Oeuvres de S. Evremond , in 12.5 vol. 10 I.
Juvenal, de la traduction du P. Tarteron , in 12. 2 liv . 10 f.
Zayde, in 12. a vol
ΤΟ
Style du Confeil , par M. Gauret , in 4″, ƒ liv.
Code de la Marine , in 4" , 3 liv.
Traité hiftbrique des Monnoyes de France , par
1.M. le Blanc. in 4 .
2 liv.
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Traité de la Parole , in 12. brochure, Lucien d'Ablancourt , nouvelle édition , aug- mentée de Nores , in 12. 3 vol.
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D. Guzman d'Alfarache , in 12. 3 vol. 7 l. 10 f. Traduction en vers François des Epigrammes d'Ovven , in 12. 1 liv. 10 f.
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tiam , in rz. 2 liv. y. f.
Abregé de Geographic , & de tout ce qu'il y
a de plus remarquable dans chacune des quatregrandes parties de la Terre , particulièrement dans l'Europe & dans le Royaume de
France : le tout mis en ordre pour pouvoir
être appris & retenu facilement par cœur avec les routes des Poftes de France & d'Efpagne , dediéà S. A. S. Monfeigneur le Prince
de Dombes , par M. Poncein, in 12. 1 liv. f.
Hiftoire fecretede Bourgogne , in 12. 2 vol. 3 I.
Vaſconiana , ou Recueil des bons mots , des penfées les plus plaifantes , & des rencontres les
plus vives des Gaſcons , feconde édition , augmentée , in 12 . 2 liv. y f*
Les Metamorphofes d'Ovide , traduites par M.
Durier , derniere édition , in 12. 3 vol. 6 liv.
Les mêmes en Rondeaux , avec figures , de
Bencerade, imprimées à Bruxelles, in 8 °, 4 1.
Les Metamorphofes , ou l'Afne d'or d'Apulée ,
Philofophe Platonicien avec le Demon de
Socrate , traduction en François , avec des
Remarques , in 12. 2 vol. sliv.
Les Fables d'Efope Phrygien , avec celles de Philielphe , traduction nouvelle , enrichie de
Difcours moraux & hiftoriques , &de Que
trains à la fin de chaque difcours , avec figures. On as ajoûté à cette nouvelle tradu
tion les Contes d'Efope , les Fables diverfes d'Abrias & d'Avienus , in 12. 2 vol. 4 1. 10 f
Les Memoires de la Vie du Comte D... avant fa
retraite , contenant diverfes avantures qu '
peuvent fervir d'inftruction à ceux qui ont à
vivre dans legrand mondes redigez par Mide S. Evremont , in 12. 2 vol.ove 4 liv . 10 f
Les Memoire de Meffire Roger Rabutin , Comte de Buffy, in 12. vol. 3
liv . 10 £
Bij
7
1
12
ro 1.
Idem , Ses Lettres , nouv. édit. in 12. 4 vol. 8 I.
Les Oeuvres d'Homere , traduites en François
par M. D... enrichies de figures en taille- douce , divifées en 4 vol. in 12.
Quinte- Curce , de la traduct. de M. de Vaugelas,
avec le Latin à côté , 2 vol. in 12. 4 1. 10 f.
Oeuvres d'Horace en Latin & en François , avec
des Remarques critiques & hiftoriques, de M.
Dacier , froifiéme édition , revûe , corrigée
&augmentée confiderablement par l'Auteur ,
in 12. 10 vol. 20 liv.
Hiftoire
de France, P. Marcelle
, in 12. 4 vol. 8 l.“
Lexicon
Buxtorfi
, in 8 °,
4liv . 10 f.
Idem Lexicon Paforis , Greco- Lat. in 8º, 4 1. 10 f.
Corpus Juris Canonici , à Petro Pitheco , cum appendiceJuris Canonici, continens Librumfeptimum Decretalium, &Fo. Pauli Lancelotti inftitutiones
Juris Canonici , in fol. 2 vol. 20 liv.
Les Oeuvres de Maître Guy Coquille , Sieur de
Romancy
, 1703. 2 vol. Recueil de bons mots des Anciens & des Mo- dernes , in 12.
13 liv.
2 liv.
20 liv .
"
6 liv.
THEATRE DE MESSIEURS
Corneille, in 12. 10 vol.
Racine , 2 vol.
Campiftron , nouv. éd. augmentée d'une Tragedic & d'une Comedie , &ornée de figures , 4 1.
De la Foffe , avec ſes Poëfies , 2 vol. s liv.
Legrand , 2 liv. 10 f.
Crébillon ,
Pradon ,
liv. 10 f.
3 liv.
De la Grange 2 liv. 10 f.
Moliere , 8 vol. nouvelle édition , augmentée
de fa Vie , avecde nouvelles Remarques , 15. l.
Dancourt, 7 vol. nouvelle édition , augmentée
de plufieurs Pieces qui n'avoient point été
imprimées dans les éditions precedentes,ayce
figures & Mufique ,
Regnard , 2 vol.
Poiffon , vol.
De Hauteroche ,
14 liva
s liv.
3 liv.
2 liv. 10 f
Palaprat, 2. éd. augmentée de plufieurs Comedies qui n'ont pas encore efté imprimées , &
' d'un Recücilde Pieces en Vers, a vol. 4 1. 10f.
Baron ,
De Riviere ,
De la Thuillerie ,
Bpindin ,
De Champ-mêlé ,
De Montfcury, 2 vol.
Bourfault , 2 vol.
De Mademoiſelle Barbier ,
Quinaut ,
Theatre François , 6 vol.
3. liv.
liv. 1o f
2 liv.
2. liv
a liv.
s liv.
s liv.
liv.10 f
liv. 10 f
Is live
Idomenće ,
Aftrée ,
Electre ,
Rhadamifthe & Zenobic,
Cyrus ,
Les Tyndarydes
Saul ,
Herode ,
Polydore ,
La Mort d'Ulyffe ,
Mustapha,
Agrippa , ou le faux Tiberiaus
Le Curieux Impertinent,
Les Agioteurs ,
L'Amour Charlatan ,
Le Naufrage,
Danać ,
Turcaret ,
Crifpin Rival ,
Le faloux déſabuſe,
Tragedies
}
Comedies,
14
Les Airs notez des Comedies Françoifes , par M. Gillier , in 4º,
Cantates & Arietes de M. le B. fol. 7
Le quatrième Livre des Motets de
pra ,
LeMercure Galant ,
Et broché ,
7 liv.
liv. 10 f.
M. Cams liv.
11. 10 f.
I l . 5f.
Recueil de Pieces en Vers , adreffées à S. A.S.
Monfeigneur le Ducde Vendôme , & plufieurs.
Effais de Poëfies diverfes , par Monfieur de
Palaprat, 1. vol. in 12. 1.1. 10 f.
Et toutes les autres Pieces de Theatre , tant
anciennes que nouvelles,
Abfalon , Tragedie , tirée de l'Ecriture Sainte,
par M. Duché , 1. liv.
L'Hiftoire de l'Empire , contenant fon origine,
fon progrés , fes revolutions , la forme de
fon Gouvernement , fa politique , fes alliances ,fes negociatións , & les nouveaux regle mens qui ont été faits par les Traitez de
Vveftphalie & autres : par le Sieur Heif.
Nouvelle édition , continuée jufques à prefent , & augmentée de plufieurs remarques.
s vol. in 12. 12. 1. 10. f.
Hiftoire Genealogique & Chronologique de la Maifon Royale de France , des grands Offi- ciers de la Couronne , & de la Maiſon dú Roy ; avec les qualitez , l'origine & le pro- grés de leurs familles : enfemble les Statuts
& le Catalogue des Chevaliers , Comman- deurs , & Officiers de l'Ordre du Saint Ef prit. Le tout dreffé fur les Titres originaux,
Regiſtres des Chartres du Roy , du Parle-
ment, de la Chambre des Comptes , & du
Châtelet de Paris , Cartulaires d'Eglifes
Manufcrits , & Memoires qui font dans la
Biblioteque du Roy , & autres. Par le Pere
Anfelme , Auguftin Déchauffé. Revûë , corrigée , & augmentée par l'Auteur , & aprés
fon decés continuée jufques à prefent par
un de fes amis. 2 vol. infol. 1712. 36. liv.
La Connoiffance parfaite des Chevaux , contenant la maniere de les gouverner , nourrir
& entretenir en bon corps , & de les conferver en fanté dans les voyages. Avec un détail general de toutes leurs maladies , des fignes & des caufes d'où elles proviennent ,
des moyens de les prévenir , & de les en guerir par des remedes experimentez depuis
long- temps , & à la portée de tout le monde. Joint à une nouvelle inftruction fur le
Haras , bien plus étendue que celles qui ont
parujufques à prefent , afin d'élever de beaux
Poulains pour toutes fortes d'ufages. On
trouve auffi dans ce livre l'art de monter à
cheval , & de dreffer les chevaux de manege ,
tirée des meilleurs Auteurs qui en ont écrit.
Le tout enrichi de figures en taille - douce.
in 8° , 3 1. 10 f.
Le Theatre Lyrique , avec une Preface où l'on
traite du Poëme de l'Opera , & la Réponse à
une Epitre fatyrique contre ce Spectacle. Par M. Le Br... in 12. 1712. a liv.
Lettre à Monfieur de... fur l'origine des anciens Dieux de l'Egypte ; qui explique ce
qui a donné lieu aux Fables des Dieux de
l'Antiquité. in 12, 1.
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Résumé : CATALOGUE DES LIVRES NOUVEAUX, Imprimez chez PIERRE RIBOU, à la Descente du Pont Neuf, à l'Image saint Loüis.
Le document est un catalogue de livres imprimés chez Pierre Ribou, situé à la descente du Pont Neuf, à l'Image Saint Louis. La majorité des ouvrages proviennent des Révérends Pères Bénédictins de la Congrégation de Saint Maur. Parmi les titres notables, on trouve des œuvres d'Augustin d'Hippone, d'Hilaire de Poitiers, et de Grégoire de Tours. Le catalogue inclut également une histoire de Bretagne composée par Dom Guy-Alexis Lobineau, des méditations, des commentaires sur la règle de Saint Benoît, et divers traités théologiques et historiques. Les prix des ouvrages varient en fonction du format et du type de papier, allant de quelques livres à plusieurs dizaines de livres. Certains ouvrages sont disponibles en plusieurs volumes ou en éditions séparées. Le catalogue mentionne également des œuvres de M. Baluze et de Dom Armand Le Bouthillier de Rancé, ainsi que d'autres auteurs sur des sujets variés tels que la théologie, l'histoire, et la littérature. En plus des ouvrages religieux et théologiques, le catalogue présente une liste diversifiée de livres et d'œuvres littéraires. Parmi les titres notables, on trouve des récits historiques, des traductions de classiques anciens, des recueils de fables, des mémoires, et des pièces de théâtre. Les œuvres de Corneille, Racine, Molière, et d'autres auteurs célèbres sont également mentionnées. Des ouvrages spécialisés comme 'Abregé de Geographic' et 'Histoire de l'Empire' sont également listés. Les prix des ouvrages varient, allant de quelques livres à plusieurs dizaines de livres. Le document se termine par des références à des œuvres musicales et des recueils de poésie.
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8785
p. 1760
ENIGMA CUM LOGOGRYPHO.
Début :
Sex mihi Membra vigent. Divina mentis imago, [...]
Mots clefs :
Oculus
8786
p. 278
LOGOGRYPHE.
Début :
On me porte en procession ; [...]
Mots clefs :
Palme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
N me porte en procession ;
Je suis un signe de victoire.
Lecteur , rapelle ta mémoire ;
Il s'agit de Réfléxion.
Dè cinq lettres l'on me compose.
Pour faire ma métamorphose ,
Prens 4. 2. et 3. je suis contraire au bien
Qui m'aime ne fait jamais rien .
3. et.2.4. et 5. c'est un morceau de cuivre
Ou de plomb , qui fait voir qu'on a cessé de
vivre.
2. 4. et 5. c'est ce qui fait agir ;
\En le perdant il faut mourir.
N me porte en procession ;
Je suis un signe de victoire.
Lecteur , rapelle ta mémoire ;
Il s'agit de Réfléxion.
Dè cinq lettres l'on me compose.
Pour faire ma métamorphose ,
Prens 4. 2. et 3. je suis contraire au bien
Qui m'aime ne fait jamais rien .
3. et.2.4. et 5. c'est un morceau de cuivre
Ou de plomb , qui fait voir qu'on a cessé de
vivre.
2. 4. et 5. c'est ce qui fait agir ;
\En le perdant il faut mourir.
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8787
p. 292
A UNE DAME, En lui envoyant une Bourse brodée. MADRIGAL.
Début :
Si le mérite d'une Bourse, [...]
Mots clefs :
Bourse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A UNE DAME, En lui envoyant une Bourse brodée. MADRIGAL.
A UNE DAME,
le mérite d'une Bourse ,
Jf'entends bourse remplie , est la seule
source ,
ííon , ce n'est point l'amout » c"eíl l'argent, qui
décide»
Jadis je sçús aimer â la façon d'Ovide ,
Vers galants , petits foins » complaisances»-
soupirs »
Sans séduire mes sens , firent tous mes plaisirs».
Et vous , charmante Iris , dont la délicatesse *
Préfère à la fortune une sage tendresse ,
Surpassant votre sexe en nobles íentimens r
Tous avez des amis qui valent des Amans»
le mérite d'une Bourse ,
Jf'entends bourse remplie , est la seule
source ,
ííon , ce n'est point l'amout » c"eíl l'argent, qui
décide»
Jadis je sçús aimer â la façon d'Ovide ,
Vers galants , petits foins » complaisances»-
soupirs »
Sans séduire mes sens , firent tous mes plaisirs».
Et vous , charmante Iris , dont la délicatesse *
Préfère à la fortune une sage tendresse ,
Surpassant votre sexe en nobles íentimens r
Tous avez des amis qui valent des Amans»
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8789
p. 70
AUTRE.
Début :
Il faut trouver dans un seul mot, [...]
Mots clefs :
Hermaphrodite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Il faut trouver dans un ſeul mot , L
Arme, Mitre , rime , Marot ,
Dame , mérite , Hermite , aprêt ,
Métier , Remi , Martyr , Arrêt ,
Atôme , Droit , Thême , Morphée ,
Terme , mari , Parme & marée.
Par REGNAULT , R. à Versailles.
Il faut trouver dans un ſeul mot , L
Arme, Mitre , rime , Marot ,
Dame , mérite , Hermite , aprêt ,
Métier , Remi , Martyr , Arrêt ,
Atôme , Droit , Thême , Morphée ,
Terme , mari , Parme & marée.
Par REGNAULT , R. à Versailles.
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8790
p. 92
ÉNIGME.
Début :
Nous sommes trois ; un trait mince & ténu, [...]
Mots clefs :
Accents aigu, grave et circonflexe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ÉNIGME.
ÉNIGM E.
ous fommes trois ; un trait mince & ténu,
A bientôt deffiné notre figure érique.
L'un de nous marche avec le dos rompú ;
Tandis que , s'appuyant ſur un pied fort pointu ,
Deux fe plaifent à prendre une figure oblique.
Certain muet , fi - tôt que nous le couronnons ,
Parle ; & fa voix eft tantôt étendue ,
Tantôt baffe , tantôt aigue ,
Enfin à vos propos fouvent nous nous mêlons.
De nos honneurs , jadis , deux lettres revêtues
Venoient de deux de nous exercer les emplois ;
Mais par-tout , dans ce fiècle , elles font mal
venues ,
Si ce n'eft chez les vieux bourgeois.
Par M. DE PRACIT , de Dijon.
ous fommes trois ; un trait mince & ténu,
A bientôt deffiné notre figure érique.
L'un de nous marche avec le dos rompú ;
Tandis que , s'appuyant ſur un pied fort pointu ,
Deux fe plaifent à prendre une figure oblique.
Certain muet , fi - tôt que nous le couronnons ,
Parle ; & fa voix eft tantôt étendue ,
Tantôt baffe , tantôt aigue ,
Enfin à vos propos fouvent nous nous mêlons.
De nos honneurs , jadis , deux lettres revêtues
Venoient de deux de nous exercer les emplois ;
Mais par-tout , dans ce fiècle , elles font mal
venues ,
Si ce n'eft chez les vieux bourgeois.
Par M. DE PRACIT , de Dijon.
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8791
s. p.
Avis pour placer la Figure.
Début :
L'air doit regarder la page 292 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis pour placer la Figure.
Avis pour placer la Figure.
L'air doit regarder la page
THEQUR DEL
YON
292
L'air doit regarder la page
THEQUR DEL
YON
292
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8792
p. 308
Mr Richer est nommé Tresorier des Parties Casuelles, à la place de Mr Foin. / Charges de Secretaire & de Greffier du Conseil, remplies par Mr Foin & par M. [titre d'après la table]
Début :
Mr Richer Greffier en Chef de la Chambre des Comptes, [...]
Mots clefs :
Greffier, Chambre des comptes, Trésorier, Conseil, Nominations, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mr Richer est nommé Tresorier des Parties Casuelles, à la place de Mr Foin. / Charges de Secretaire & de Greffier du Conseil, remplies par Mr Foin & par M. [titre d'après la table]
MrRicher Greffier en Chef
de la Chambre des Comptes ,
a efté nommé Tréforier des
Parties Cafuelles , à la place
de M' Foin , qui eſtant cydevant
Greffier du Confeil ,
prefentement Secretaire eft
du mefme Confeil à la Place
de M' de Bechamel , aujour
d'huy Surintendant des Finances
de Monfieur , & M
· a la Charge
de Greffier du Confeil que
poffedoit Mr Foin.
de la Chambre des Comptes ,
a efté nommé Tréforier des
Parties Cafuelles , à la place
de M' Foin , qui eſtant cydevant
Greffier du Confeil ,
prefentement Secretaire eft
du mefme Confeil à la Place
de M' de Bechamel , aujour
d'huy Surintendant des Finances
de Monfieur , & M
· a la Charge
de Greffier du Confeil que
poffedoit Mr Foin.
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8794
p. 284
ALTER.
Début :
Noscere vis totum, LECTOR ? Mare sit tibi presens [...]
Mots clefs :
Fluctus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALTER.
ALTER .
Oscere vis totum , LECTOR ? Mare sit tibi
presens
Et cum bis uno quinque pedes numera.
Si caput abscindis , defunctum ploro parentem à
Tertia pro primâ , mente Deum recolo :
Totius ablatis primâ et quinta , Ara Deorum
Falsorum. Invertas , vulnus , amice, e
Par le même
Oscere vis totum , LECTOR ? Mare sit tibi
presens
Et cum bis uno quinque pedes numera.
Si caput abscindis , defunctum ploro parentem à
Tertia pro primâ , mente Deum recolo :
Totius ablatis primâ et quinta , Ara Deorum
Falsorum. Invertas , vulnus , amice, e
Par le même
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8796
s. p.
AVIS. A ceux qui envoyeront des Memoires.
Début :
On prie ceux qui envoyeront des Memoires d'observer que [...]
Mots clefs :
Mémoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS. A ceux qui envoyeront des Memoires.
AVIS.
A ceux qui errvoyeront
des Memoires.
On prie ceux qui
envoyeront des Mémoires
d'observer que
les noms propres
soientbien lisibles, 6C
de ne pas oublier d'affranchir
le port des paquets.
Ils les adresserontà
MrDU FRESNY,
au Bureau du Mercure
Galant, ruë Saint
ThomasduLouvre,vis
à-visl'Hôteld'Uzés.
A ceux qui errvoyeront
des Memoires.
On prie ceux qui
envoyeront des Mémoires
d'observer que
les noms propres
soientbien lisibles, 6C
de ne pas oublier d'affranchir
le port des paquets.
Ils les adresserontà
MrDU FRESNY,
au Bureau du Mercure
Galant, ruë Saint
ThomasduLouvre,vis
à-visl'Hôteld'Uzés.
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8798
p. 297-298
QUESTION POETIQUE.
Début :
On a demandé sous quelle figure Diane paroist plus aimable, [...]
Mots clefs :
Diane, Marly
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUESTION POETIQUE.
QUESTION
POETIQUE.
1 On a demandésous
quellefigureDianeparost
plusaimable, ou lorsque
Jons un habitd'dmoeforîe
elle chale avec ses Nymphes
dans les bois de
Marly, ou lorsque la
hautau milieu dès étoiles
elle reçoitquelques rayons
du Soleil dont elle prend
plaisir a gratifier les hiimains
?
Une des Nymphes
de cette Diane
,
qui a
reçu d'elle depuis peu
quelque grâce, m'a envoyé
ce Remerciement
en Vers.
POETIQUE.
1 On a demandésous
quellefigureDianeparost
plusaimable, ou lorsque
Jons un habitd'dmoeforîe
elle chale avec ses Nymphes
dans les bois de
Marly, ou lorsque la
hautau milieu dès étoiles
elle reçoitquelques rayons
du Soleil dont elle prend
plaisir a gratifier les hiimains
?
Une des Nymphes
de cette Diane
,
qui a
reçu d'elle depuis peu
quelque grâce, m'a envoyé
ce Remerciement
en Vers.
Fermer
8799
p. 312-313
« Pendant que nous sommes dans les Pays Etrangers, il n'en [...] »
Début :
Pendant que nous sommes dans les Pays Etrangers, il n'en [...]
Mots clefs :
Vers, Pays étrangers, Port de Dunkerque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Pendant que nous sommes dans les Pays Etrangers, il n'en [...] »
Pendant que nous ſommes
dans les Pays Etrangers, il n'en
coutera pas davantage d'y refter
quelques quarts d'heure
de plus, pour y voir en paſſant
les debris &les ruines du Port
de Dunkerque , dont les Gazertes
GALANT. 313
4
zettes , le Mercure & Verdun
ont pris le ſoin de publier la
demolition , qui a tellement
affligé un homme d'eſprit de
cette Ville , qu'il m'en a envoyé
des marques de ſa douleur
en Vers Latins , que les
Dames liront affeurement
avec beaucoup de plaifir .Pour
moy je les trouve fort beaux.
dans les Pays Etrangers, il n'en
coutera pas davantage d'y refter
quelques quarts d'heure
de plus, pour y voir en paſſant
les debris &les ruines du Port
de Dunkerque , dont les Gazertes
GALANT. 313
4
zettes , le Mercure & Verdun
ont pris le ſoin de publier la
demolition , qui a tellement
affligé un homme d'eſprit de
cette Ville , qu'il m'en a envoyé
des marques de ſa douleur
en Vers Latins , que les
Dames liront affeurement
avec beaucoup de plaifir .Pour
moy je les trouve fort beaux.
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Résumé : « Pendant que nous sommes dans les Pays Etrangers, il n'en [...] »
L'auteur recommande de visiter les ruines du port de Dunkerque lors d'un séjour aux Pays Étrangers. La démolition du port a été relatée par plusieurs publications comme les Gazettes Galantes, le Mercure et Verdun. Un habitant de Dunkerque a exprimé sa tristesse par des vers latins, jugés beaux par l'auteur.
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