Résultats : 7452 texte(s)
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601
p. 298-302
BLONDIN, CHAT DES J.... A sa Voisine Grisette, Sur les Rimes de la Piece precédente.
Début :
La réputation de Grisette faisant bruit par tout, les Chats du / Je ne veux point vous en conter ; [...]
Mots clefs :
Chatte, Matous, Fleurettes, Badinage, Aimer
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texteReconnaissance textuelle : BLONDIN, CHAT DES J.... A sa Voisine Grisette, Sur les Rimes de la Piece precédente.
Laréputation de Grisette faisant
bruit par tout, les Chats du
plus grand mente luy, en voulurent
conter. Voicy les Billets de quelques-
uns.
BLONDIR
CHAT DES J.
A saVoisine
GRISETTE,
Surles Rimes de la Piece précédente.
J E ne veuxpointvousen conter;
Tans legr.ïdfrac.isejueyousfaites^
le11 aypas dequoy débuter
jiffiz"j>lenpouryouspla:r,CJ'"messir
écottter,
Des Chattes comme yous friandes de
feur-tes. 1
J^ous Vousjoüez jQue\ayee avecf»oyt moy mais cesinon-
,
mak c'ejq rienJ"osh:ure ou-sJo?itprétieuses.
Ilyousfautbien un autre Amant
¡TOK'( miolez, dit-on, trop librement
Apreslessaveurs amoureuses.
EnfinvosvisinslesMatous
Sont un peu tropsobrespour vous.
Enfinvous eteffectezdans vos Vers un
Airsage,
Ce n'estpas en rimant Iftion renonce
aux plaisirs,
C'est en ne mettantpluscesplaisirs en
usage,
C'est en quittant le badinage,
Sansenconserver les desirs.
Onseperdbiensouventsanscourirles
Goutrieres;
Oüy, dans ces lieux d'honneur vous
Il'A.,etpoint eslé,
Voussuivez en cepoint lesprudes cglesfieres;
Mais detant de Matous de toutes les
manieres,
Qu'on vous cherche avecsoin, vostre
cxur esttenté,
C'està ce qui vousgaste à ce qu'on
m'a conté,
Et que vousdéguisezavec Assi'{ d'adresse.
Imitez, imiteç vrostre illustre Maistresse,
Qui n'aimajamais un moment.
A son cœur noble ~&grand^ autant
qu'un cœurpentl'estre,
L'Amour n'ose esperer desifaire connoistre,
Vous luyferezpourmoy ce copliment.
Tour captiver lescœurs, le Cielqui la
fit naistre,
Luydonna le talent de la Prose
Vers.
Elle a mille charmes divers;
Vne tendre langueur, une aimable
(rlft1ft)
N'ostre rien danssesyeuxd'un airfin
~(..<;-Jgalant;
Riennepeutéchaperaàfa sadélicatesse. délirdtere,
LE belEsprit n'ejtpasftmseultalent,
Elle cf! la complaisance, elle est la bonté
mesme;
Mais il nefautpasl'alarmer,
La ~loüange&l*édat ne sontpas ce
qu'elle Aime.
Bienheureuxle Matouqu'elle voudroit
aimerl
bruit par tout, les Chats du
plus grand mente luy, en voulurent
conter. Voicy les Billets de quelques-
uns.
BLONDIR
CHAT DES J.
A saVoisine
GRISETTE,
Surles Rimes de la Piece précédente.
J E ne veuxpointvousen conter;
Tans legr.ïdfrac.isejueyousfaites^
le11 aypas dequoy débuter
jiffiz"j>lenpouryouspla:r,CJ'"messir
écottter,
Des Chattes comme yous friandes de
feur-tes. 1
J^ous Vousjoüez jQue\ayee avecf»oyt moy mais cesinon-
,
mak c'ejq rienJ"osh:ure ou-sJo?itprétieuses.
Ilyousfautbien un autre Amant
¡TOK'( miolez, dit-on, trop librement
Apreslessaveurs amoureuses.
EnfinvosvisinslesMatous
Sont un peu tropsobrespour vous.
Enfinvous eteffectezdans vos Vers un
Airsage,
Ce n'estpas en rimant Iftion renonce
aux plaisirs,
C'est en ne mettantpluscesplaisirs en
usage,
C'est en quittant le badinage,
Sansenconserver les desirs.
Onseperdbiensouventsanscourirles
Goutrieres;
Oüy, dans ces lieux d'honneur vous
Il'A.,etpoint eslé,
Voussuivez en cepoint lesprudes cglesfieres;
Mais detant de Matous de toutes les
manieres,
Qu'on vous cherche avecsoin, vostre
cxur esttenté,
C'està ce qui vousgaste à ce qu'on
m'a conté,
Et que vousdéguisezavec Assi'{ d'adresse.
Imitez, imiteç vrostre illustre Maistresse,
Qui n'aimajamais un moment.
A son cœur noble ~&grand^ autant
qu'un cœurpentl'estre,
L'Amour n'ose esperer desifaire connoistre,
Vous luyferezpourmoy ce copliment.
Tour captiver lescœurs, le Cielqui la
fit naistre,
Luydonna le talent de la Prose
Vers.
Elle a mille charmes divers;
Vne tendre langueur, une aimable
(rlft1ft)
N'ostre rien danssesyeuxd'un airfin
~(..<;-Jgalant;
Riennepeutéchaperaàfa sadélicatesse. délirdtere,
LE belEsprit n'ejtpasftmseultalent,
Elle cf! la complaisance, elle est la bonté
mesme;
Mais il nefautpasl'alarmer,
La ~loüange&l*édat ne sontpas ce
qu'elle Aime.
Bienheureuxle Matouqu'elle voudroit
aimerl
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Résumé : BLONDIN, CHAT DES J.... A sa Voisine Grisette, Sur les Rimes de la Piece precédente.
Le texte évoque la réputation de Grisette, qui attire l'attention des Chats. Un billet signé Blondir, Chat des J., est adressé à Grisette. Blondir critique son comportement et ses vers, la décrivant comme friande de fêtes et jouant avec les sentiments des autres. Il mentionne que ses voisins, les Matous, sont trop sobres pour elle. Blondir conseille à Grisette de renoncer aux plaisirs et au badinage tout en conservant ses désirs. Il la compare à une maîtresse illustre, dotée de mille charmes, d'une tendre langueur et d'une délicatesse extrême. Cette maîtresse possède également de la complaisance et de la bonté, mais ne recherche pas la louange. Le texte se termine par un vœu de bonheur pour le Matou qu'elle aimerait.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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602
p. 302-305
DOM GRIS, CHAT DE MADAME la Duchesse de Béthune, A GRISETTE.
Début :
Grisette, sçavez-vous qui vous parle d'amour ? [...]
Mots clefs :
Chat, Amour, Cour
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texteReconnaissance textuelle : DOM GRIS, CHAT DE MADAME la Duchesse de Béthune, A GRISETTE.
DOMGRIS
CHAT DE MADAME
la Duchesse deBéthune,
A GRISETTE.
Gt.riJrtte,sçavez-vousqui yous
p..rrlo dst;t;our.p
Qui '1 ous cherchezdepuis anj<wr?
£'ejli."?i Chat acc¡jl'{y,pltt' beau '/1:11
Chat d C;/'f.'Jé:,
Vu (fhit qu'tvcsjjamivzntla Fortune
accompagne,
¿;(¿:iflftù admirer des Chattesde la
Çour»
Voilace qu'ilvous faut, nonpas ce
-
Chat/,---'vd.e,,
Ce Tata, qui languitaumilieu des
plaisirs,
.fl.!!,i ne sçauroitauplus aller au badinage,
Qui nesçauroitjamais contenter vos
desirs,
et qui mourroit defaimsur un tas de
F"romage.
£erieftpa* apres tout, qu'ilnepuisse
amuser,
Qu'ilnesoitpropre à quelquechose,
Comme defeu Bertaud on pouroit en user
Mais qu'en sif»- 6!,du btau chbelllin emiiv oJIrt: Y-0flre
amourse repojfet)
Quoy que 'ÿDItS en disiez, on ne "vous
croirapas.
Pour vouscroire une Chatte àsimaigres ébats,
Surquoy yotde~yvousqu'onfcfonde?
Sur vospeu de b soins ? }TOIlJ vous moquez du monde.
A d'autres;
c'est troploin pousser le
prétieux.
Ce n'estpas avec moyqu'ilfaut qu'on
dissimule,
-
Aussi-bien aVe^yous -rotes des ycu,r des yeux
A détromperleplus credule.
GardezpourcesjeunesChattons
Qui ne vont encor qu'à tâtons,
D'unefaussevertule rusépréambule;
Ne tournezpoint en ridicule
Ces ahfy, ces airs nonchalans,
Qui cachent quelquefois des desirs violens.
Loin de les condamner, je blâme les
manieres
Des Chattes qui d'abordnousdisent mia-ou.
Depuis quepour la Courj'ay quitté les
Gouttieres,
Ie md/rift beaucoup unprocédéfîfou.
ToutAiïatou que jeftiis,j'ay l'ame
délicate,
le yeux qu'en certain temps on donne
de 1ftpatte,
Et je n'aimeroispas qu'on me sautast
aucou;
Mais defaire la Chatte-mite,
D'affectercomevous un minoissérieux,
Tandis que nous sçavons qu'Amour
voussollicite,
Et quÀ de certains Chats vous faites
les douxyeux,
Ievous ledis toutnet,Grisette,j'aime
Vnefollequ'une hypocrite.(mieux
Mettez-vousavecmoydessusunautre
pil,
Si vous voulez longtempsgarder vostre
conqueste,
Iesuis un Coureur de Clapié;
Cbllt qui prenddes Lapins, nepasse
pas pourbeste.
Adieujusqu'aupremierSabat,
C'estlà quej'attendray réponseàcette
Lettre
Et que vous connoistre sije livre
combat,
Que je sçay plus tenir que je ne frit; promettre
CHAT DE MADAME
la Duchesse deBéthune,
A GRISETTE.
Gt.riJrtte,sçavez-vousqui yous
p..rrlo dst;t;our.p
Qui '1 ous cherchezdepuis anj<wr?
£'ejli."?i Chat acc¡jl'{y,pltt' beau '/1:11
Chat d C;/'f.'Jé:,
Vu (fhit qu'tvcsjjamivzntla Fortune
accompagne,
¿;(¿:iflftù admirer des Chattesde la
Çour»
Voilace qu'ilvous faut, nonpas ce
-
Chat/,---'vd.e,,
Ce Tata, qui languitaumilieu des
plaisirs,
.fl.!!,i ne sçauroitauplus aller au badinage,
Qui nesçauroitjamais contenter vos
desirs,
et qui mourroit defaimsur un tas de
F"romage.
£erieftpa* apres tout, qu'ilnepuisse
amuser,
Qu'ilnesoitpropre à quelquechose,
Comme defeu Bertaud on pouroit en user
Mais qu'en sif»- 6!,du btau chbelllin emiiv oJIrt: Y-0flre
amourse repojfet)
Quoy que 'ÿDItS en disiez, on ne "vous
croirapas.
Pour vouscroire une Chatte àsimaigres ébats,
Surquoy yotde~yvousqu'onfcfonde?
Sur vospeu de b soins ? }TOIlJ vous moquez du monde.
A d'autres;
c'est troploin pousser le
prétieux.
Ce n'estpas avec moyqu'ilfaut qu'on
dissimule,
-
Aussi-bien aVe^yous -rotes des ycu,r des yeux
A détromperleplus credule.
GardezpourcesjeunesChattons
Qui ne vont encor qu'à tâtons,
D'unefaussevertule rusépréambule;
Ne tournezpoint en ridicule
Ces ahfy, ces airs nonchalans,
Qui cachent quelquefois des desirs violens.
Loin de les condamner, je blâme les
manieres
Des Chattes qui d'abordnousdisent mia-ou.
Depuis quepour la Courj'ay quitté les
Gouttieres,
Ie md/rift beaucoup unprocédéfîfou.
ToutAiïatou que jeftiis,j'ay l'ame
délicate,
le yeux qu'en certain temps on donne
de 1ftpatte,
Et je n'aimeroispas qu'on me sautast
aucou;
Mais defaire la Chatte-mite,
D'affectercomevous un minoissérieux,
Tandis que nous sçavons qu'Amour
voussollicite,
Et quÀ de certains Chats vous faites
les douxyeux,
Ievous ledis toutnet,Grisette,j'aime
Vnefollequ'une hypocrite.(mieux
Mettez-vousavecmoydessusunautre
pil,
Si vous voulez longtempsgarder vostre
conqueste,
Iesuis un Coureur de Clapié;
Cbllt qui prenddes Lapins, nepasse
pas pourbeste.
Adieujusqu'aupremierSabat,
C'estlà quej'attendray réponseàcette
Lettre
Et que vous connoistre sije livre
combat,
Que je sçay plus tenir que je ne frit; promettre
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Résumé : DOM GRIS, CHAT DE MADAME la Duchesse de Béthune, A GRISETTE.
Dans une lettre adressée à Grisette, Domgris s'enquiert de l'identité de son prétendant et la met en garde contre les chats insincères. Il critique ceux qui cachent leurs véritables intentions sous des apparences nonchalantes et hypocrites. Domgris valorise la franchise et la sincérité, se présentant comme un chat expérimenté. Il avertit Grisette des dangers de l'hypocrisie et lui conseille de modifier son comportement pour mieux conserver ses conquêtes. Il l'invite à lui répondre lors du prochain Sabbat.
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603
p. 306-311
MITIN, CHAT DE Mlle BOQUET, A GRISETTE.
Début :
Grisette, vous faites du bruit, [...]
Mots clefs :
Bruit, Amour, Souris, Chat, Maîtresse, Galant
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texteReconnaissance textuelle : MITIN, CHAT DE Mlle BOQUET, A GRISETTE.
MITIfTNl)
CHAT DE MlleBOQUET,
A GRISETTE.
G7?!f'tte,Vousfaitesdubruit,
Non de en bruit quefontd>'.r£tlan
Les AU:-'-testropamoureuses,-
C'esi' un bruitquelagloire fuity
Et quefont
en tout temps prétieuses. les Chattes
o bruit eft*tenujufqt:à moy,
-
Il a
troublé masolitude;
l'e yiyo/i libre, exempt de l'amoureuse
loy,
Etjefinsde l'inquiétude.
lime revient de tous costez
gvcyous avez cent raresqualitez
On dit que vous avezle regard doux
(.?" tendre,
et quepour enfaire comprendre
La charmantedouceur, (JF le brillant
éclat,
Vous n),¡)?e'{plU desyeux de Chat.
On dit quela Nature adroite Cg- bienfaisante,
Vous afaitdesa main uneRobe luisante
D'unpetitgris beaucoupplusfin
Que lepetitgris deLapin ;
gue vous ¡¡,,"'e'{ dYeC cent tours d14.
dresse
Chasser lesplusfâcheux ennuis,
Faire des jours heureux, d'agreables nuits
A vostresçavante Maistresse.
On vous voit quelquefoisd'un manege
leger
Sauter, bondir, Cg, voltiger,
Et quelquefois engalante Minete
Vous drejprsur vos piedspour atteindre au Miroir,
Trendreplaisir à vousy voir, Tonfaltervos traitsen illustre Co1
quette,
En Chatted'importance, nonpas en Grisette.
Vousn'aVe^ rien de brutalvde bas.
On ne vous vit jamaissoüiller v os
pates
Innocentes (y* délicates,
Dusangdes Sourisvdes Rats.
En amour vous "t'{ les plusb:!L-$
manieres ;
VousriaUe^pointpar des crisscandaleux
Promenersur les toits la honte de vos
f-u*,
Ny vous livreraux Matous des Gouttieres.
Par un tendre miolement
Vous expliquez vostre tourment,
Etvoussçavezsibien, dans l'ardeur
qui vousprejje
Touchervostre illustre Maiflro/fi,
Qu'elleprendsoin de vosplaifîrs*
Etd'un digneGalantrégalevos desirs.
J'en,pourrois dire davantage
Sur le bruitqu'onfait tous lesjours
De yos charmans appas de yos tendres
amours;
On n'endit que trop, dontj'enrage.
l'enrage de bon cœur, Grisette, quand
jevoy
Tant d'appas tant d'amour, qui ne
sontpas pour moy.
Je sensque le bruit quevousfaites
Allume dans mon cœur des passions
secretes,
Que dans tout lePaïsdesplus tendres
Matous
Il Nulle autre n'allume que vous.
Mais il est temps évidenceenfin de mettre en
Et m':'s talens v mes exploits.
JWrfolitude -9^monsïlence
M'ont oflc- jttfyu'icy l'honneur de
"ro/lr!: choix.
Ilfaut vousfaire ma peinture,
J-^OUJ dire que je suis un Chat des
mieux appris;
C'esttrop languirdasune vie obscure;
Et comme en la nuit tous Chats
sontgris, ilfautmettre aujour mafigure.
J'ay la mine areî. haute, C~ l'airfort
glorieux;
Tantd'eclat brille dans mes yeux,
Qu'onprendmes ardentesprunelles
Pour des Astres ou des Chandelles.
Je ne suis pointsujet aux facheux accidens
Où tombentles Chatsimprudens,
Ma conduite n'a rien de brutal, de
sauvage,
Et je nefis jamais aucun mauvais
usage
De mesgriffes, ny de mesdents,
Quoy que mon sérieux marque trop
dsfaZ*JP>
Et me donne tout l'aird'unsevere
Docteur,
Quandilfautplaire à ma Maistresse,
Jesuis badin,jesuis flateur,
Je la baise,je la (Arejft,
Etlaplus enjoüéevbrillatejeunesse
L'est bien moins que ma belle humeur.
Sf\'e{-"faits de quel air discretv
raisonnable
J'ay mapart dans un bon Repas ?
J'apuye adroitemetma patesurles bras
De ceux quisont assis à table.
Si leurfaim est inéxorable,
Mafaim neserebutepas,
Et d'un air toujours agreable
Je tire du moins charitable
Lesmorceauxlesplus délicats.
/<,uoJ que je fois servy d'une main
liberale, e) Et que jesois un Chat des mieux
nourris,
Je chasse d'une ardeurqui n'eutjamais
d'égale;
JSLUIMatou mieux que moy ne chasse
dans Paris,
Et je prétens qu'un jour mon amour
"fOus régale
D'unebécatomhe de Souris.
CHAT DE MlleBOQUET,
A GRISETTE.
G7?!f'tte,Vousfaitesdubruit,
Non de en bruit quefontd>'.r£tlan
Les AU:-'-testropamoureuses,-
C'esi' un bruitquelagloire fuity
Et quefont
en tout temps prétieuses. les Chattes
o bruit eft*tenujufqt:à moy,
-
Il a
troublé masolitude;
l'e yiyo/i libre, exempt de l'amoureuse
loy,
Etjefinsde l'inquiétude.
lime revient de tous costez
gvcyous avez cent raresqualitez
On dit que vous avezle regard doux
(.?" tendre,
et quepour enfaire comprendre
La charmantedouceur, (JF le brillant
éclat,
Vous n),¡)?e'{plU desyeux de Chat.
On dit quela Nature adroite Cg- bienfaisante,
Vous afaitdesa main uneRobe luisante
D'unpetitgris beaucoupplusfin
Que lepetitgris deLapin ;
gue vous ¡¡,,"'e'{ dYeC cent tours d14.
dresse
Chasser lesplusfâcheux ennuis,
Faire des jours heureux, d'agreables nuits
A vostresçavante Maistresse.
On vous voit quelquefoisd'un manege
leger
Sauter, bondir, Cg, voltiger,
Et quelquefois engalante Minete
Vous drejprsur vos piedspour atteindre au Miroir,
Trendreplaisir à vousy voir, Tonfaltervos traitsen illustre Co1
quette,
En Chatted'importance, nonpas en Grisette.
Vousn'aVe^ rien de brutalvde bas.
On ne vous vit jamaissoüiller v os
pates
Innocentes (y* délicates,
Dusangdes Sourisvdes Rats.
En amour vous "t'{ les plusb:!L-$
manieres ;
VousriaUe^pointpar des crisscandaleux
Promenersur les toits la honte de vos
f-u*,
Ny vous livreraux Matous des Gouttieres.
Par un tendre miolement
Vous expliquez vostre tourment,
Etvoussçavezsibien, dans l'ardeur
qui vousprejje
Touchervostre illustre Maiflro/fi,
Qu'elleprendsoin de vosplaifîrs*
Etd'un digneGalantrégalevos desirs.
J'en,pourrois dire davantage
Sur le bruitqu'onfait tous lesjours
De yos charmans appas de yos tendres
amours;
On n'endit que trop, dontj'enrage.
l'enrage de bon cœur, Grisette, quand
jevoy
Tant d'appas tant d'amour, qui ne
sontpas pour moy.
Je sensque le bruit quevousfaites
Allume dans mon cœur des passions
secretes,
Que dans tout lePaïsdesplus tendres
Matous
Il Nulle autre n'allume que vous.
Mais il est temps évidenceenfin de mettre en
Et m':'s talens v mes exploits.
JWrfolitude -9^monsïlence
M'ont oflc- jttfyu'icy l'honneur de
"ro/lr!: choix.
Ilfaut vousfaire ma peinture,
J-^OUJ dire que je suis un Chat des
mieux appris;
C'esttrop languirdasune vie obscure;
Et comme en la nuit tous Chats
sontgris, ilfautmettre aujour mafigure.
J'ay la mine areî. haute, C~ l'airfort
glorieux;
Tantd'eclat brille dans mes yeux,
Qu'onprendmes ardentesprunelles
Pour des Astres ou des Chandelles.
Je ne suis pointsujet aux facheux accidens
Où tombentles Chatsimprudens,
Ma conduite n'a rien de brutal, de
sauvage,
Et je nefis jamais aucun mauvais
usage
De mesgriffes, ny de mesdents,
Quoy que mon sérieux marque trop
dsfaZ*JP>
Et me donne tout l'aird'unsevere
Docteur,
Quandilfautplaire à ma Maistresse,
Jesuis badin,jesuis flateur,
Je la baise,je la (Arejft,
Etlaplus enjoüéevbrillatejeunesse
L'est bien moins que ma belle humeur.
Sf\'e{-"faits de quel air discretv
raisonnable
J'ay mapart dans un bon Repas ?
J'apuye adroitemetma patesurles bras
De ceux quisont assis à table.
Si leurfaim est inéxorable,
Mafaim neserebutepas,
Et d'un air toujours agreable
Je tire du moins charitable
Lesmorceauxlesplus délicats.
/<,uoJ que je fois servy d'une main
liberale, e) Et que jesois un Chat des mieux
nourris,
Je chasse d'une ardeurqui n'eutjamais
d'égale;
JSLUIMatou mieux que moy ne chasse
dans Paris,
Et je prétens qu'un jour mon amour
"fOus régale
D'unebécatomhe de Souris.
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Résumé : MITIN, CHAT DE Mlle BOQUET, A GRISETTE.
La lettre est adressée par un chat à Grisette, une chatte reconnue pour ses nombreuses qualités. Le narrateur admire Grisette pour son regard doux et tendre, ainsi que pour sa robe grise fine et élégante. Il la décrit comme une compagne agréable, capable de chasser les ennuis et de rendre sa maîtresse heureuse. Grisette est également dépeinte comme une chatte raffinée, évitant les comportements brutaux et indécents, et utilisant des manières tendres et respectueuses en amour. Jaloux des attentions que Grisette reçoit, le narrateur décide de se révéler à elle. Il se décrit comme un chat bien élevé, avec une mine altière et des yeux brillants. Il vante sa conduite sage et son savoir-vivre, notamment lors des repas où il sait se comporter discrètement et obtenir les meilleurs morceaux. Il se présente aussi comme un chasseur exceptionnel, prétendant pouvoir offrir à Grisette une abondance de souris.
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604
p. 312
REGNAULT, CHAT DES A.... A GRISETTE.
Début :
Je ne tournereay point ma cervelle à l'envers [...]
Mots clefs :
Grisette, Matous, Poète, Vers
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texteReconnaissance textuelle : REGNAULT, CHAT DES A.... A GRISETTE.
REGNAVLT E ("i'.N A "\1"> T
CHAT DES A.
A GRISETTE.
JEne tourneray point ma cervelle à
l'envers
Pourvousdépeindre tcy mafigureparfaite;
mais c'estpourvous parler de mes exploits divers
qu'avec tant de Matous je m'érige en
Poëte.
Un autre en doux jargon vanteroitfl dlfiite;
mais moy qui jour nuit mets des
Chattes auxfers
N'en déplaise aux Matous, je vous
apprens, Grisette,
Quejefais des Chatons mieux qu'ils
nefontdes Vers
CHAT DES A.
A GRISETTE.
JEne tourneray point ma cervelle à
l'envers
Pourvousdépeindre tcy mafigureparfaite;
mais c'estpourvous parler de mes exploits divers
qu'avec tant de Matous je m'érige en
Poëte.
Un autre en doux jargon vanteroitfl dlfiite;
mais moy qui jour nuit mets des
Chattes auxfers
N'en déplaise aux Matous, je vous
apprens, Grisette,
Quejefais des Chatons mieux qu'ils
nefontdes Vers
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605
p. 313-315
SECONDE LETTRE DE TATA, A GRISETTE.
Début :
Grisette, avec raison je sui scharmé de vous, [...]
Mots clefs :
Grisette, Chatte, Coquetter, Matou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECONDE LETTRE DE TATA, A GRISETTE.
DE TATA,
A GRISETTE.
Gfètu, avec raisonjesuis charmé
de )OUJ.
vousavezdeL'espritplus que tous k,
Matous;
LAmaÛ) à cequ'on dit, Chatte nefut
mieuxfaite:
jtâat*)cccysoit dit entrenous, :
N^efles-Vouspointunpet coquette?
porejou..,e{ l*amenerp.nsparo'Jlrc.
ïnd'fcrete>
Le mal n'estpasgrand en effet,
Ets'ilfaut toutdire, Grisette,
Moy mesme,franchement,jesuis u"
peu coquet,
MalgYrlaperte que /ayfaite\
( peut biensans amour écrire gaiam*
ment,
Quand on a comme voustant de belles lumières
:
'MttiJ croyez-moy, pourparlersçavamment,
Sur tout en certainematière,
llfdmtd-toirtfefuentéirs Gouttieres;
On ne devientpas habile autrement.
Aprestout c'est une faiblesse
A 110US tI. n'oser coquetter;
Sur cepointpourquoy nousflater?
Les, Matousroiuettentfanscee,
Ç'estla leur vray talent,à quoy bonlecacher?
Iln'estpointde Chatte Lucrece,
Etl'onne vitjamaisdeprude en nosire
ejfcece y
Celasoitditsansvousfâcher.
Coquettons, cherchons à nousplaire,
Puisquelefort le veutainsy,
Çrt un mot, aimons-nous, nous nefçau-
-
ri9Ttstnieuxfitrre,
ous avez de l'esprit, j'en ay sansdouteaussi
lecroy que jesuisvotre affaire.
Avec moyvostre boneur ne court aucun
dllnger,
C'est un malheur dont quelquefois fenrage,
Et c'estpour vous, Grisette, un petit
avantage;
Cars'il estvray que voussoyezsisage
len'auroispûvous engager A.vousm'entendez bien: mais cla*-
geons de langage,
Jepourrois vous desobliger.
El; biendonc,ma chereGrisette,
EttftIJlijJôlls uncommerceentre nous;
Foy de Matouvousserezsatisfaite
Des respects quej'auraypour-vous.
A GRISETTE.
Gfètu, avec raisonjesuis charmé
de )OUJ.
vousavezdeL'espritplus que tous k,
Matous;
LAmaÛ) à cequ'on dit, Chatte nefut
mieuxfaite:
jtâat*)cccysoit dit entrenous, :
N^efles-Vouspointunpet coquette?
porejou..,e{ l*amenerp.nsparo'Jlrc.
ïnd'fcrete>
Le mal n'estpasgrand en effet,
Ets'ilfaut toutdire, Grisette,
Moy mesme,franchement,jesuis u"
peu coquet,
MalgYrlaperte que /ayfaite\
( peut biensans amour écrire gaiam*
ment,
Quand on a comme voustant de belles lumières
:
'MttiJ croyez-moy, pourparlersçavamment,
Sur tout en certainematière,
llfdmtd-toirtfefuentéirs Gouttieres;
On ne devientpas habile autrement.
Aprestout c'est une faiblesse
A 110US tI. n'oser coquetter;
Sur cepointpourquoy nousflater?
Les, Matousroiuettentfanscee,
Ç'estla leur vray talent,à quoy bonlecacher?
Iln'estpointde Chatte Lucrece,
Etl'onne vitjamaisdeprude en nosire
ejfcece y
Celasoitditsansvousfâcher.
Coquettons, cherchons à nousplaire,
Puisquelefort le veutainsy,
Çrt un mot, aimons-nous, nous nefçau-
-
ri9Ttstnieuxfitrre,
ous avez de l'esprit, j'en ay sansdouteaussi
lecroy que jesuisvotre affaire.
Avec moyvostre boneur ne court aucun
dllnger,
C'est un malheur dont quelquefois fenrage,
Et c'estpour vous, Grisette, un petit
avantage;
Cars'il estvray que voussoyezsisage
len'auroispûvous engager A.vousm'entendez bien: mais cla*-
geons de langage,
Jepourrois vous desobliger.
El; biendonc,ma chereGrisette,
EttftIJlijJôlls uncommerceentre nous;
Foy de Matouvousserezsatisfaite
Des respects quej'auraypour-vous.
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Résumé : SECONDE LETTRE DE TATA, A GRISETTE.
Dans sa lettre à Grisette, Tata exprime une admiration réciproque et reconnaît leurs qualités communes. Il complimente Grisette sur son esprit et sa coquetterie, traits qu'il partage également. Tata souligne que les chats mâles, ou 'Matous', sont naturellement coquets, tandis que les chattes, ou 'Chattes', ne sont pas réputées pour leur prudence. Il propose une relation basée sur la réciprocité et le plaisir mutuel, assurant à Grisette qu'elle ne court aucun danger avec lui. Tata promet de la traiter avec respect et de maintenir une relation agréable. La lettre se conclut par une assurance de satisfaction et de respect dans leurs échanges.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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606
p. 316-318
REPONSE DE GRISETTE, A TATA. Sur les mesmes Rimes.
Début :
Lors que j'abandonne pour vous [...]
Mots clefs :
Tata, Grisette, Coquette, Chat
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texteReconnaissance textuelle : REPONSE DE GRISETTE, A TATA. Sur les mesmes Rimes.
REPONSE DE GRISETTE,
A TATA.
LSur les mesimesRimes,
fabandonne pojir"tous
..y).e charmansde tendres Matous;
Quandjepense établirune amitié'par*> é
faite
( Car c'eest tout, ce quonpeutétablir
entrenous ) -,
Touretioy ",'Appeliez-"'Ou.! (°tJ*etN/
La réprimande est indiscrete
7?une biytfe humeurejl;paroifîfessa.
Est-cesurle nom de Grisette
Que vous me soupçonnez d'avoir le
coeur (OfMtl
Monnom necontientpoint à l'airdont
je[MNfieiH.
f'01**'gdMmmrttè^
Falloit-il kffùrer qu'on nepeutfi*-
vamment
Parlersur certains mdrto'cm,
Sans avoircourules GvMttàe&j?
-
0>*tsc&7tVhffèttrsenfngctrt*atttlftètel
2&xisqu*mdihejmt vn WmWt epttSyfttc
doucefôii>teffèy
£st-ee tlWç W!N helas! qu'on veudroit
,
.-,._thr?"
TOIIS Aimez trop à yousJhtter,
UÇfttempsxptcy^firevrrekrvessës £Ùem'outrage enfin,pourquoy vous le
qtcber?
S'il nestpointde chatte Lucrece
iln'estpoint de Tarquins, Tata de
votreespece;
, 1
-
Celasoitditsansvousfâcher.
gHfndun chat commetoussepropojk
deplaire,
Il devroitsauser ainsy,
¡ Desjalouxfoupçonsfedéfairey
Et desesairsgrondeurs auffyi
Sans cela, Tata, point d'affaire
Je ne veuxpointdu toutm'allermettre
en danger
ZJ'elltna,., tous lesjoursdire, morbleu
j'enragey Ilnenfaudroitpas davantage
Pour me rebuterd'estresage
£tfoulentfutrdep'it onsepeutengager
quelquebagatelle au t~dela du tanCecyfaitdit encorsans vous desobliger.
Adieu Tata,soy de Grisette, deGrisètte
comme- nous;
Je
De
ne
vostre
-
Lettre, que deVous
A TATA.
LSur les mesimesRimes,
fabandonne pojir"tous
..y).e charmansde tendres Matous;
Quandjepense établirune amitié'par*> é
faite
( Car c'eest tout, ce quonpeutétablir
entrenous ) -,
Touretioy ",'Appeliez-"'Ou.! (°tJ*etN/
La réprimande est indiscrete
7?une biytfe humeurejl;paroifîfessa.
Est-cesurle nom de Grisette
Que vous me soupçonnez d'avoir le
coeur (OfMtl
Monnom necontientpoint à l'airdont
je[MNfieiH.
f'01**'gdMmmrttè^
Falloit-il kffùrer qu'on nepeutfi*-
vamment
Parlersur certains mdrto'cm,
Sans avoircourules GvMttàe&j?
-
0>*tsc&7tVhffèttrsenfngctrt*atttlftètel
2&xisqu*mdihejmt vn WmWt epttSyfttc
doucefôii>teffèy
£st-ee tlWç W!N helas! qu'on veudroit
,
.-,._thr?"
TOIIS Aimez trop à yousJhtter,
UÇfttempsxptcy^firevrrekrvessës £Ùem'outrage enfin,pourquoy vous le
qtcber?
S'il nestpointde chatte Lucrece
iln'estpoint de Tarquins, Tata de
votreespece;
, 1
-
Celasoitditsansvousfâcher.
gHfndun chat commetoussepropojk
deplaire,
Il devroitsauser ainsy,
¡ Desjalouxfoupçonsfedéfairey
Et desesairsgrondeurs auffyi
Sans cela, Tata, point d'affaire
Je ne veuxpointdu toutm'allermettre
en danger
ZJ'elltna,., tous lesjoursdire, morbleu
j'enragey Ilnenfaudroitpas davantage
Pour me rebuterd'estresage
£tfoulentfutrdep'it onsepeutengager
quelquebagatelle au t~dela du tanCecyfaitdit encorsans vous desobliger.
Adieu Tata,soy de Grisette, deGrisètte
comme- nous;
Je
De
ne
vostre
-
Lettre, que deVous
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Résumé : REPONSE DE GRISETTE, A TATA. Sur les mesmes Rimes.
Dans sa lettre à Tata, Grisette réfléchit sur l'amitié entre chats, affirmant que c'est tout ce qui peut être établi entre eux. Elle exprime son mécontentement face à une réprimande jugée indiscrète et humiliante. Grisette nie les soupçons de Tata concernant son cœur, affirmant que son nom ne reflète pas son caractère. Elle se demande pourquoi il serait interdit de parler de certains mots sans avoir le cœur durci. Grisette critique Tata pour son comportement, comparant la situation à celle de Lucrece et Tarquin, et exprimant son refus de se mettre en danger. Elle conclut en demandant à Tata de se comporter de manière plus amicale et en exprimant son désir de ne pas s'engager dans des querelles inutiles. Grisette termine la lettre en répétant son nom et en souhaitant à Tata de rester elle-même.
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607
s. p.
AVIS.
Début :
Plusieurs estans persuadez que les Extraordinaires ne sont que des [...]
Mots clefs :
Mercure, Extraordinaire, Ouvrages, Matières
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
SAVPS.
PL
Lufieurs les eftans perfuadez que
Extraordinaires ne font que desabregez de ce qui eft contenu dans les
trois derniers Volumes du Mercure
qui les précedent , on a efté prié de
faire connoiftre dans le premier Volume de chaque Mercure qui fuivra
chaque Extraordinaire , les matieres
qui compoferont ces mefmes Extraordinaires qui auront precedé le Mercure qui enparlera. On verra par là
que dans ces Livres qui paroiffent au
commencement de chaque Quartier
de l'Année, iln'y a pas uneligne tirée
de ceux qui fe diftribuent le premier
jour de chaque Mois. On en va juger
par les Ouvrages que contient lequatriéme & dernier Extraordinaire qui
aparule 15.jour deJanvier.
Il eft dedié auRoy. L'Epiftren'eft
AVIS.
point de la maniere ordinaire. Elle eſt
au milieu de toutes les Conqueftes du
Roy,gravées par M. le Paultre, reprefentées au naturel, & environnées de
Devifes & d'Infcriptions . Le Volume
contient
Un Eloge en Vers de plufieurs
Pieces faites par les meilleurs Autheurs, & imprimées dans le Mercure.
Un Edit d'Amour, de dix- neuf
Stances.
Une Fefte galante donnée par l'Amour, au fujet de la Paix.
-Des Stances Morales faites par le
Fils d'un Auditeur des Comptes.
Huit Fictions diférentes fur l'ori
gine de l'Horloge de Sable , traitées.
par métamorphofe & par invention..
La huitième en Vers par un Académicien d'Arles.
Une Lettre galante qui accompagnoit un petit Amour de cire donné
pour Etrennes.
Deux Lettres galantes de Madrid.
Une Lettre de Veniſe, oùl'on voit
AVIS.
l'origine des Mouches galantes, &-les
fentimens delafçavanteMademoiſelle
Cornaro,fur la confidence deMadame
de Cleyes à fon Mary.
Six Lettres pleines d'é ulition , de
M.l'Abbé de la Valt , fur l'ufage des
Fictions.
Une Lettre fur les indices qu'on
peur tirer pour connoiftre l'Efprit,
fur la maniere dont chacun formefon
écriture. 1
Une nouvelle Lettre en chiffre.
Des Madrigaux fur divers fujets , &
des Sonnets fur l'Amour & furl'Indiférence..
Deux Difcours à la louange des
Cheveux , pour répondre à la Satire
contre les Cheveux qui eftoit dans le
troifiéme Extraordinaire.
Quatre Traductions en Vers François , des Vers Latins de M. de Sanreuil, qui fe lifent fur la Pompe du
Pont Noftre-Dame.
Plufieurs Madrigaux fervant d'explication aux Enigmes du Cœur, de
AVIS.
la Nefle , de l'Efprit , de la Mouche
galante, de la Calote, & de quelques
Enigmes en figure. Lehrstei
Un Cadran Solaire en taille- douce,
d'une nouvelle invention , dans lequel
treize des principales Actions de Sa
Majefté font marquées par autant”
d'effets du Soleil.
Une Galanterie en forme de Confeil, fur un mal d'amour,been s
Plufieurs Ouvrages en Vers à la
gloire du Roy.
Une nouvelle Hiftoire Enigmati
que.
L'Hiftoire des Amours de Grifette,
Chate de Madame des Houlieres,
contenue en huit Pieces de Vers compofées par les plus beaux Efprits du
Siecle.
Un Difcours fur les Devifes, Emblêmes, & Revers de Medailles .
Quarante- deux Revers de Medailles
à la gloire du Roy, gravées dans une
feule Planche, & tous expliquez dan s
l'Extraordinaire par autant d'Articles
féparez.
AVIS. •
Plufieurs Questions proposées pour
le cinquième Extraordinaire, qui fera
le premier del'Année 1679. les quatre
premiers faisant l'Année complète de
1678.
Tousles Ouvrages de ce quatrième
Extraordinaire fe montent à plus de
cent cinquante Pieces tant de galanterie que d'érudition.
Ce grand nombre d'Ouvrages diférens faitvoir queles Extraordinaires
font des Recueils de tout ce que l'on
peut s'imaginer, & où l'on peut avoir
recours, fuivant les matieres dont on
veutetre éclaircy
Onne propofera pas ſeulement au
Public des Queftions galantes pour
tous les Extraordinaires , mais encor
tous les Sujets qui feront envoyez, où
l'érudition pouraparoistre.
PL
Lufieurs les eftans perfuadez que
Extraordinaires ne font que desabregez de ce qui eft contenu dans les
trois derniers Volumes du Mercure
qui les précedent , on a efté prié de
faire connoiftre dans le premier Volume de chaque Mercure qui fuivra
chaque Extraordinaire , les matieres
qui compoferont ces mefmes Extraordinaires qui auront precedé le Mercure qui enparlera. On verra par là
que dans ces Livres qui paroiffent au
commencement de chaque Quartier
de l'Année, iln'y a pas uneligne tirée
de ceux qui fe diftribuent le premier
jour de chaque Mois. On en va juger
par les Ouvrages que contient lequatriéme & dernier Extraordinaire qui
aparule 15.jour deJanvier.
Il eft dedié auRoy. L'Epiftren'eft
AVIS.
point de la maniere ordinaire. Elle eſt
au milieu de toutes les Conqueftes du
Roy,gravées par M. le Paultre, reprefentées au naturel, & environnées de
Devifes & d'Infcriptions . Le Volume
contient
Un Eloge en Vers de plufieurs
Pieces faites par les meilleurs Autheurs, & imprimées dans le Mercure.
Un Edit d'Amour, de dix- neuf
Stances.
Une Fefte galante donnée par l'Amour, au fujet de la Paix.
-Des Stances Morales faites par le
Fils d'un Auditeur des Comptes.
Huit Fictions diférentes fur l'ori
gine de l'Horloge de Sable , traitées.
par métamorphofe & par invention..
La huitième en Vers par un Académicien d'Arles.
Une Lettre galante qui accompagnoit un petit Amour de cire donné
pour Etrennes.
Deux Lettres galantes de Madrid.
Une Lettre de Veniſe, oùl'on voit
AVIS.
l'origine des Mouches galantes, &-les
fentimens delafçavanteMademoiſelle
Cornaro,fur la confidence deMadame
de Cleyes à fon Mary.
Six Lettres pleines d'é ulition , de
M.l'Abbé de la Valt , fur l'ufage des
Fictions.
Une Lettre fur les indices qu'on
peur tirer pour connoiftre l'Efprit,
fur la maniere dont chacun formefon
écriture. 1
Une nouvelle Lettre en chiffre.
Des Madrigaux fur divers fujets , &
des Sonnets fur l'Amour & furl'Indiférence..
Deux Difcours à la louange des
Cheveux , pour répondre à la Satire
contre les Cheveux qui eftoit dans le
troifiéme Extraordinaire.
Quatre Traductions en Vers François , des Vers Latins de M. de Sanreuil, qui fe lifent fur la Pompe du
Pont Noftre-Dame.
Plufieurs Madrigaux fervant d'explication aux Enigmes du Cœur, de
AVIS.
la Nefle , de l'Efprit , de la Mouche
galante, de la Calote, & de quelques
Enigmes en figure. Lehrstei
Un Cadran Solaire en taille- douce,
d'une nouvelle invention , dans lequel
treize des principales Actions de Sa
Majefté font marquées par autant”
d'effets du Soleil.
Une Galanterie en forme de Confeil, fur un mal d'amour,been s
Plufieurs Ouvrages en Vers à la
gloire du Roy.
Une nouvelle Hiftoire Enigmati
que.
L'Hiftoire des Amours de Grifette,
Chate de Madame des Houlieres,
contenue en huit Pieces de Vers compofées par les plus beaux Efprits du
Siecle.
Un Difcours fur les Devifes, Emblêmes, & Revers de Medailles .
Quarante- deux Revers de Medailles
à la gloire du Roy, gravées dans une
feule Planche, & tous expliquez dan s
l'Extraordinaire par autant d'Articles
féparez.
AVIS. •
Plufieurs Questions proposées pour
le cinquième Extraordinaire, qui fera
le premier del'Année 1679. les quatre
premiers faisant l'Année complète de
1678.
Tousles Ouvrages de ce quatrième
Extraordinaire fe montent à plus de
cent cinquante Pieces tant de galanterie que d'érudition.
Ce grand nombre d'Ouvrages diférens faitvoir queles Extraordinaires
font des Recueils de tout ce que l'on
peut s'imaginer, & où l'on peut avoir
recours, fuivant les matieres dont on
veutetre éclaircy
Onne propofera pas ſeulement au
Public des Queftions galantes pour
tous les Extraordinaires , mais encor
tous les Sujets qui feront envoyez, où
l'érudition pouraparoistre.
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Résumé : AVIS.
Le document traite des 'Extraordinaires', des publications supplémentaires au 'Mercure'. Pour clarifier leur contenu, il est décidé de publier dans chaque nouveau volume du 'Mercure' les matières des 'Extraordinaires' précédents. Le quatrième et dernier 'Extraordinaire', paru le 15 janvier, est dédié au Roi et contient une épître illustrée par les conquêtes royales gravées par M. le Paultre. Ce volume inclut divers ouvrages tels qu'un éloge en vers, un édit d'amour, une fête galante, des stances morales, des fictions sur l'origine de l'horloge de sable, des lettres galantes, des lettres érudites de l'Abbé de la Valette, une lettre sur les indices de l'écriture, des madrigaux, des discours sur les cheveux, des traductions en vers, des explications d'énigmes, un cadran solaire, des galanteries, des histoires énigmatiques, des discours sur les devises et emblèmes, et des revers de médailles à la gloire du Roi. Le document mentionne également des questions proposées pour le cinquième 'Extraordinaire' de l'année 1679, complétant l'année 1678. Ce quatrième 'Extraordinaire' comprend plus de cent cinquante pièces, illustrant la diversité et l'érudition des contenus.
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608
p. 326-327
ENIGME.
Début :
Les Princes & les Grands viennent souvent me voir, [...]
Mots clefs :
Opéra
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Es i EsPrinces & les Grands
viënent fouvet me voir,
Etfans manquer à mon
devoir,
swiftte
Je ne rends vifite à perfonne.
Il nefaut pas qu'on s'en étonne ,
Il eft des Roys qui dépèdent de moy.
A perfonne jamais je ne ferme la
porte.
Lefuis bonnestefur ce point.
Je vous également des Gens de toute
forte,
Autant que je le puis je n'en rebutt
point.
Plufieurs me trouvět admirable.
LesdeuxSexesforment moCorps.
Zors que je fuis chez moy jeparois
agreable,
GALANT. 327
"
Et je fuis du commun lors quejefuis
dehors.
le mets le chagrin en déroute,
Et merite bien qu'on m'écoute.
Es i EsPrinces & les Grands
viënent fouvet me voir,
Etfans manquer à mon
devoir,
swiftte
Je ne rends vifite à perfonne.
Il nefaut pas qu'on s'en étonne ,
Il eft des Roys qui dépèdent de moy.
A perfonne jamais je ne ferme la
porte.
Lefuis bonnestefur ce point.
Je vous également des Gens de toute
forte,
Autant que je le puis je n'en rebutt
point.
Plufieurs me trouvět admirable.
LesdeuxSexesforment moCorps.
Zors que je fuis chez moy jeparois
agreable,
GALANT. 327
"
Et je fuis du commun lors quejefuis
dehors.
le mets le chagrin en déroute,
Et merite bien qu'on m'écoute.
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609
p. 327-328
AUTRE ENIGME.
Début :
Mon ambition m'est fatale, [...]
Mots clefs :
Fusée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME .
On ambition m'eft fa-
仁
M
tale,
Tejouis peu d'un deftin
glorieux,
Et tout le brillant que j'étale
N'éblouit qu'un moment lesyeux.
Condamnée à périr,fans eftre criminelle,
Le caufe duplaifir par mon malheureux
fort,
Et toujours le jourde ma mort
Eft une Fefte folemnelle .
D'abord affez patiemment
le foufre un cruel traitement
328
MERCVRE
Dont le Peuple nefait que rire.
A la finfi j'éclate, & me plains
hautement, st 5 .
C'eft das le moment quej'expire.
Mon trepas eft reply d'attraits,
Souvent les efforts quejefais
En mourant,merendentféconde;
Maisje mets des Enfans aumode
Qui ne mefurvivent jamais.
On ambition m'eft fa-
仁
M
tale,
Tejouis peu d'un deftin
glorieux,
Et tout le brillant que j'étale
N'éblouit qu'un moment lesyeux.
Condamnée à périr,fans eftre criminelle,
Le caufe duplaifir par mon malheureux
fort,
Et toujours le jourde ma mort
Eft une Fefte folemnelle .
D'abord affez patiemment
le foufre un cruel traitement
328
MERCVRE
Dont le Peuple nefait que rire.
A la finfi j'éclate, & me plains
hautement, st 5 .
C'eft das le moment quej'expire.
Mon trepas eft reply d'attraits,
Souvent les efforts quejefais
En mourant,merendentféconde;
Maisje mets des Enfans aumode
Qui ne mefurvivent jamais.
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610
p. 3-11
SUR L'EXTRAORDINAIRE DU MERCURE Du Quartier d'Octobre 1678.
Début :
En verité, Monsieur, on est charmé de toutes les beautez [...]
Mots clefs :
Louis, Lettre, Mercure, Grisette, Mois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR L'EXTRAORDINAIRE DU MERCURE Du Quartier d'Octobre 1678.
SUR
L'EXTRAORDINAIRE
DU MERCURE
Du Jhnirticr d'Octobre IGJS. EN vzerité, Monsieur ,onest
c
harme de toutes les beautez que renferme vostre Lettre
du Quartier d'Octobre.Vous
ne pouviez finir plus extraordinairement l'Année Extraordinaire du Mercure, ny commencer plus glorieusement celle cy,
qu'en donnant cet excellent
Ouvrageau Public. Ilest digne
d'estre presentéauplus Grand
Roy dela Terre. Vous y avez
ramassé pour sa gloire,tout ce
qui pouvoit la consacrer à la
Postericé. Vostre Epistre est
comme un Arc de Triomphe,
où l'on voit les Victoires qu'il
a
remportéessur ses Ennemis, &
sursoy-mesme.
La Renommée en mille lieux,
Apprend de ce Héros les exploits
glorieux;
fifœispour lesfaire entendre à la Race
future,
Ilfalloitla voix du Mercure.
Je pasle de cette belle Epistre,
à l'ingénieux Cadran, dont le
Soleil,ou plûtost Louis LE
G RAND,marquelesheures.
Le cours d'unesi belleY/V,
De tant demerveillesftjie,
Au coursde cetAstre estpareil.
Les VertusdeLOVIS, les vertus du
Soleil,
Font ce
qu'onVoitdegradau mondea
Maintenantqu'unePaixprofonde
D'unlerègne calme coftrsi &douxVa
-
LOris, Soleil,fèronttous nos
: beauxj'ours.
CePrince estunSoletlquipercales
nuagts, Et qui dissipe les vapeurs;
Qui répand IdJOJe en nos cœurs,
Et la metsur tous nos visages.
Enfinpartoutoù va ce Ife'rosglorieuxy
Ilyporte avec luy,l'éclat, & lalumiere;
Ainsi,queleSoleilse dérobe à nosJell.K''
Etqu'ilfinissesa carriere,
La Terre a
son Soleil, aujji-bien que
les Cieux.
Le Portrait de ce Grand Roy
environné de tant d'excellentes
Devises, & de Revers de Medailles,a quelquechose defurprenant, pour l'abondance, &
pour la richesse des pensées. On
pourroitappellercetteadmirable Planche, leTrésorde Loüis
le Victorieux, & le Triomphant. C'est là qu'on voir en
racourcy, tout ce qu'ila fait de
grand, & de merveilleux. Toutes ces Pieces marquent admirablement le prix de son Regne,
& de sa Vie.
Ces Médaillés,& ces Ve-rifls,
Sur les Villesqu'ilaconquises,
Font à la yeue un bel effet.
L'esprit en est charméJi-tojlquilles
remarque;
Jhlaù lors quel'on y>oit le Portrait
De cet invincible Monarque,
Onne s'etonneplusde tout ce quila
fait.
Jeneme lasse pointd'admirer
toutes ces choses, & j'ay de la
peine à en retirermaveuëpour
considerer tant de Pieces d'esprit & de galanterie, qui composent vostre Livre. Mais,Monsieur, mon admiration ne cesse
pas pourcela;J'y rencontre par
tout les miracles du Regne de
- Loüis LE GRAND. En effet
fous quel Prince les Sciences
& les Arts 0nt.ilse11:é plusflo-
rissans? A-t-on jamais veu paroistre la Galanterie &l'Amour
avec plus de politesse & de magnificence?Vostre Mercure en
fournit tous les Mois des preuves si convainquantes,qu'on
n'en peut douter. Qui n'admire
avec moy tant de Festes galantes, & deFictions ingénieuses
dont vous nous faites part? Ces
Lettres, &ces Traitez si pleins
de doctrine & d'érudition, que
vostre Mercure a
faitnaistre,&
dontil se peut dire doublement
le Pere, ne font-ce pas autant
deChefsd'oeuvres?
ContinueMufesfçd\antes>.
7-7'0.1 belles {jpgrandes Leçons;
Continuez, Musesgalantes,
Vos douces&tendres Chansons,
Apresent que LOVISrajpmble dans
la France,
L'Amourt cg-les Tlaifîrs3laTaix^çj*
l'Abondance.
Amans,du Dieu d'Amour "rene'{pn!l
drelaLoy,
Vous nepote-r,-- avoirde momens plus
propices, !'sousle regne d'un GrandRoy;
Quifait
*
deses Sujets, l'amour& les
Maisil ya toujours quelque
Grisete fiere & délicate, ( &de
cela foit ditsans faire tortà la
Chate de Madame des Houlieres; )Il y a dis-je,toûjours
quelq ue ivilne insensible qui se
gendarme contre l'Amour):
manque de le bien connoistre.
Vousqui dites,belle Severe,
£uepourfuture les Loix que l'Amour
nous prescrit,
Onpertlaraisoin,& l'esprit,
Vous en ignorez le mistere.
S'il nous enflame, ilnous e'iiaire;
S'ilnous in/jife, il nous instruit.
Enfinsoiit le jour,soit la nuit,
Ses Loix jOntdUX Amans agréables
àsuivre.
Sans elles l'on est malheureux,
Etsans ellesl'onnepeutvivre;
Maissivous n'écoutez mesvoeux,
En vainsur cesujet je Voudrois vous
instruire.
Cependant Vofire erreur estfacile à
détruire,
Puis qu'ilnefautj(uaimer^ourgoâtet
la douceur
Qu'on trouve à sifiûmettre à ce charmant Trainj<ueur.
Je croyois finir icy cette
Lettre; mais,Mon sieur, on ne
sçauroitquiter vostre Mercure.
Vostre Histoire Enigmatique
m'arreste encor,& voicy ce que
ma Muse m'a inspiré sur cette
spirituelleallégorie.
Cesdeux Grands Roys dont l'origine
Estcachée auxplus curieux,
Quisefontlaguerre en tous lieux,
Stdontledifïrentjamais neseterminer
C"7t?ys, leursFemmes,leursSujets,
Qtianddeprès on les exafninet
Cen'estque leJeu des Echets.
Peutestre que ma Mures'est
trompée en cette rencontre,
mais, il est toûjours certain
qu'elle ne se trompe point
quandellem'engage à vousdire
que jefuis, Vostre,&c.
DE MARPALU.
L'EXTRAORDINAIRE
DU MERCURE
Du Jhnirticr d'Octobre IGJS. EN vzerité, Monsieur ,onest
c
harme de toutes les beautez que renferme vostre Lettre
du Quartier d'Octobre.Vous
ne pouviez finir plus extraordinairement l'Année Extraordinaire du Mercure, ny commencer plus glorieusement celle cy,
qu'en donnant cet excellent
Ouvrageau Public. Ilest digne
d'estre presentéauplus Grand
Roy dela Terre. Vous y avez
ramassé pour sa gloire,tout ce
qui pouvoit la consacrer à la
Postericé. Vostre Epistre est
comme un Arc de Triomphe,
où l'on voit les Victoires qu'il
a
remportéessur ses Ennemis, &
sursoy-mesme.
La Renommée en mille lieux,
Apprend de ce Héros les exploits
glorieux;
fifœispour lesfaire entendre à la Race
future,
Ilfalloitla voix du Mercure.
Je pasle de cette belle Epistre,
à l'ingénieux Cadran, dont le
Soleil,ou plûtost Louis LE
G RAND,marquelesheures.
Le cours d'unesi belleY/V,
De tant demerveillesftjie,
Au coursde cetAstre estpareil.
Les VertusdeLOVIS, les vertus du
Soleil,
Font ce
qu'onVoitdegradau mondea
Maintenantqu'unePaixprofonde
D'unlerègne calme coftrsi &douxVa
-
LOris, Soleil,fèronttous nos
: beauxj'ours.
CePrince estunSoletlquipercales
nuagts, Et qui dissipe les vapeurs;
Qui répand IdJOJe en nos cœurs,
Et la metsur tous nos visages.
Enfinpartoutoù va ce Ife'rosglorieuxy
Ilyporte avec luy,l'éclat, & lalumiere;
Ainsi,queleSoleilse dérobe à nosJell.K''
Etqu'ilfinissesa carriere,
La Terre a
son Soleil, aujji-bien que
les Cieux.
Le Portrait de ce Grand Roy
environné de tant d'excellentes
Devises, & de Revers de Medailles,a quelquechose defurprenant, pour l'abondance, &
pour la richesse des pensées. On
pourroitappellercetteadmirable Planche, leTrésorde Loüis
le Victorieux, & le Triomphant. C'est là qu'on voir en
racourcy, tout ce qu'ila fait de
grand, & de merveilleux. Toutes ces Pieces marquent admirablement le prix de son Regne,
& de sa Vie.
Ces Médaillés,& ces Ve-rifls,
Sur les Villesqu'ilaconquises,
Font à la yeue un bel effet.
L'esprit en est charméJi-tojlquilles
remarque;
Jhlaù lors quel'on y>oit le Portrait
De cet invincible Monarque,
Onne s'etonneplusde tout ce quila
fait.
Jeneme lasse pointd'admirer
toutes ces choses, & j'ay de la
peine à en retirermaveuëpour
considerer tant de Pieces d'esprit & de galanterie, qui composent vostre Livre. Mais,Monsieur, mon admiration ne cesse
pas pourcela;J'y rencontre par
tout les miracles du Regne de
- Loüis LE GRAND. En effet
fous quel Prince les Sciences
& les Arts 0nt.ilse11:é plusflo-
rissans? A-t-on jamais veu paroistre la Galanterie &l'Amour
avec plus de politesse & de magnificence?Vostre Mercure en
fournit tous les Mois des preuves si convainquantes,qu'on
n'en peut douter. Qui n'admire
avec moy tant de Festes galantes, & deFictions ingénieuses
dont vous nous faites part? Ces
Lettres, &ces Traitez si pleins
de doctrine & d'érudition, que
vostre Mercure a
faitnaistre,&
dontil se peut dire doublement
le Pere, ne font-ce pas autant
deChefsd'oeuvres?
ContinueMufesfçd\antes>.
7-7'0.1 belles {jpgrandes Leçons;
Continuez, Musesgalantes,
Vos douces&tendres Chansons,
Apresent que LOVISrajpmble dans
la France,
L'Amourt cg-les Tlaifîrs3laTaix^çj*
l'Abondance.
Amans,du Dieu d'Amour "rene'{pn!l
drelaLoy,
Vous nepote-r,-- avoirde momens plus
propices, !'sousle regne d'un GrandRoy;
Quifait
*
deses Sujets, l'amour& les
Maisil ya toujours quelque
Grisete fiere & délicate, ( &de
cela foit ditsans faire tortà la
Chate de Madame des Houlieres; )Il y a dis-je,toûjours
quelq ue ivilne insensible qui se
gendarme contre l'Amour):
manque de le bien connoistre.
Vousqui dites,belle Severe,
£uepourfuture les Loix que l'Amour
nous prescrit,
Onpertlaraisoin,& l'esprit,
Vous en ignorez le mistere.
S'il nous enflame, ilnous e'iiaire;
S'ilnous in/jife, il nous instruit.
Enfinsoiit le jour,soit la nuit,
Ses Loix jOntdUX Amans agréables
àsuivre.
Sans elles l'on est malheureux,
Etsans ellesl'onnepeutvivre;
Maissivous n'écoutez mesvoeux,
En vainsur cesujet je Voudrois vous
instruire.
Cependant Vofire erreur estfacile à
détruire,
Puis qu'ilnefautj(uaimer^ourgoâtet
la douceur
Qu'on trouve à sifiûmettre à ce charmant Trainj<ueur.
Je croyois finir icy cette
Lettre; mais,Mon sieur, on ne
sçauroitquiter vostre Mercure.
Vostre Histoire Enigmatique
m'arreste encor,& voicy ce que
ma Muse m'a inspiré sur cette
spirituelleallégorie.
Cesdeux Grands Roys dont l'origine
Estcachée auxplus curieux,
Quisefontlaguerre en tous lieux,
Stdontledifïrentjamais neseterminer
C"7t?ys, leursFemmes,leursSujets,
Qtianddeprès on les exafninet
Cen'estque leJeu des Echets.
Peutestre que ma Mures'est
trompée en cette rencontre,
mais, il est toûjours certain
qu'elle ne se trompe point
quandellem'engage à vousdire
que jefuis, Vostre,&c.
DE MARPALU.
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Résumé : SUR L'EXTRAORDINAIRE DU MERCURE Du Quartier d'Octobre 1678.
Le texte est une lettre élogieuse à l'égard du 'Mercure', une publication, pour son édition exceptionnelle d'octobre 1685. L'auteur exprime une grande admiration pour la lettre du quartier d'octobre, qualifiant l'année du 'Mercure' d'extraordinaire et digne d'être présentée au plus grand roi de la Terre. Il compare cette épître à un arc de triomphe célébrant les victoires du roi Louis le Grand, soulignant ses vertus et ses exploits glorieux. La lettre met en parallèle les vertus de Louis et celles du soleil, symbolisant la paix et la prospérité apportées par le règne du roi. Elle décrit également un portrait du roi entouré de devises et de médailles, illustrant ses conquêtes et ses réalisations. L'auteur admire les sciences, les arts et la galanterie florissante sous le règne de Louis. Il mentionne diverses fêtes et fictions ingénieuses présentées dans le 'Mercure'. La lettre se termine par une allégorie sur le jeu d'échecs, comparant deux grands rois à des pièces de ce jeu. L'auteur conclut en exprimant son admiration et sa loyauté envers le 'Mercure'.
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611
p. 351-353
ENIGME.
Début :
Ie n'ay point de repos, ma vigueur est extréme. [...]
Mots clefs :
Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME
.
E n'ay point
de repos
, ma
vigueur
est extreme
.
Quand
jefors
de chez
moy, je cours
apres
moy- mefme
; Lors
quej'enfuis dehors
, je n'y rentre
jamaiss Mes
Voifins
tous
les jours
tâchent
de me détruire
,
352 MERCVRE
:
Jamais ces Ennemis qui troublent
mon Empire,
Ne veulent me laiffer enpaix.
S &
Pere & Fils des Humains, je fais
tout dans le monde
Sans moy l'on nefais vien fur la
terre & fur l'onde,
Je produis tous lesjours des ouvragës
nouveaux; \
Et bien queje fois dans les Ruës,
Et que je m'approche des Nuës,
Lefuis toûjours aufond des eaux.
es
Tenant tout mon pouvoir de la Divine
Effence,
Te regne das les coeurs, & l'on craint
mon abfence.
Prefque enfermé toujours , je me
trouve en tous licux,
Et me laiffant aller à l'ardeur qui me
proffe,
GALANT.
33
Le goufte les plaifirs , j'aime fort la
jeuneffe,
Etje
nuye avec les vieux
.
Sa
Sans moy le Grand LOVIS qui fit
trembler la Flandre, ****
Neferoitpas plus gradque le Grand
Alexandres 2.
Sans moy, tous fes Sujets, & Luy,
perdroient le jour
( toire,
Onpeut voirmon nom dans l'Hif
De fais de Mars toute la gloire,
Et tous lesplaifirs de l'Amour.
.
E n'ay point
de repos
, ma
vigueur
est extreme
.
Quand
jefors
de chez
moy, je cours
apres
moy- mefme
; Lors
quej'enfuis dehors
, je n'y rentre
jamaiss Mes
Voifins
tous
les jours
tâchent
de me détruire
,
352 MERCVRE
:
Jamais ces Ennemis qui troublent
mon Empire,
Ne veulent me laiffer enpaix.
S &
Pere & Fils des Humains, je fais
tout dans le monde
Sans moy l'on nefais vien fur la
terre & fur l'onde,
Je produis tous lesjours des ouvragës
nouveaux; \
Et bien queje fois dans les Ruës,
Et que je m'approche des Nuës,
Lefuis toûjours aufond des eaux.
es
Tenant tout mon pouvoir de la Divine
Effence,
Te regne das les coeurs, & l'on craint
mon abfence.
Prefque enfermé toujours , je me
trouve en tous licux,
Et me laiffant aller à l'ardeur qui me
proffe,
GALANT.
33
Le goufte les plaifirs , j'aime fort la
jeuneffe,
Etje
nuye avec les vieux
.
Sa
Sans moy le Grand LOVIS qui fit
trembler la Flandre, ****
Neferoitpas plus gradque le Grand
Alexandres 2.
Sans moy, tous fes Sujets, & Luy,
perdroient le jour
( toire,
Onpeut voirmon nom dans l'Hif
De fais de Mars toute la gloire,
Et tous lesplaifirs de l'Amour.
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612
p. 353-354
AUTRE ENIGME.
Début :
Fille d'un Pere malheureux, [...]
Mots clefs :
Fausse monnaie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE
ENIGME.7
Ille d'un Pere
malhesreux
,
Tefuis encor plus malheureufe
;
Mon fort eft des plus
rigoureux ,
On me croit riche, & je fuis guenfe.
Gg Mars 1679.
354
MERCVRE
25
Au moment que je viens aujour ,
Mon Pere mefme m'abandonnes.
Il est pour moy fans nul amour,
Comme je n'en ay pour perfonne.
༣༨ ༣ S&rqanchaqã:
Quiconque me connoift, mefuit,
Bien loin de me porter enviesion
I'ay desfleurs, & jamais de fruits.
Du monde entier je fuis haïe
Si quelqu'un me reçoit chez luy,
C'est qu'il eftfurpris par ma mine;
Ie rougis du crime d'autruy,
Auffitost que l'on m'examine.
SQuat ab 1999
Apres avoir trompé fouvent,
Quoy quefans deffein de le faire,
Il m'arrive ordinairement
à
De caufer la mort de mon Pere.
ENIGME.7
Ille d'un Pere
malhesreux
,
Tefuis encor plus malheureufe
;
Mon fort eft des plus
rigoureux ,
On me croit riche, & je fuis guenfe.
Gg Mars 1679.
354
MERCVRE
25
Au moment que je viens aujour ,
Mon Pere mefme m'abandonnes.
Il est pour moy fans nul amour,
Comme je n'en ay pour perfonne.
༣༨ ༣ S&rqanchaqã:
Quiconque me connoift, mefuit,
Bien loin de me porter enviesion
I'ay desfleurs, & jamais de fruits.
Du monde entier je fuis haïe
Si quelqu'un me reçoit chez luy,
C'est qu'il eftfurpris par ma mine;
Ie rougis du crime d'autruy,
Auffitost que l'on m'examine.
SQuat ab 1999
Apres avoir trompé fouvent,
Quoy quefans deffein de le faire,
Il m'arrive ordinairement
à
De caufer la mort de mon Pere.
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613
p. 216-220
BRUNAUT, MATOU BANAL DES environs d'Argentan, A L'AIMABLE GRISETE, CHATE DE MADAME DES HOULIERES,
Début :
C'est une étrange chose que l'amour. Il ne cause pas / Attendant l'autre jour une tendre aventure, [...]
Mots clefs :
Chatte, Mercure, Amant, Pièces galantes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BRUNAUT, MATOU BANAL DES environs d'Argentan, A L'AIMABLE GRISETE, CHATE DE MADAME DES HOULIERES,
C'est une étrange chofe
que l'amour. Il ne cauſe pas.
216 MERCVRE
feulement du fracas parmy
les Hommes, il tourmente
jufqu'aux Animaux, &l'aimable Chate Grifete pour
laquelle tant de beaux Efprits ont fait les galantes
Pieces que vous avez leuës
dans l'Extraordinaire du
Quartier d'Octobre, n'a pas
borné fes conqueftes à Paris. Le bruit de fon mérite
a efté plus loin, & voicy ce
qu'on luy écrit d'aupres
d'Argentan. La Lettre eft
au nom du Matou Brunaut,
àqui M' d'Abloville a prêté
ces Vers.
BRVNAVT
GALANT. 217
5252552225222523
BR V NAVT,
MATOU BANAL DES
environs d'Argentan,
A L'AIMABLE
GRISETE.
CHATE DE MADAME
DES HOULIERES,
A
Ttendant l'autre jour une
tendre avanture,
Affis aupres d'une Maſure,
oùje traitois d'heures tous lesmo
mens
Qui retardoient lafin de mes tour
mens,
Grifete, j'appris duMercure
Vos aimables miaulemens.
Avril1679. T
ན
218 MERCVRE
S&
Ils mefirent bientoft abandonner la
place, ces si
Et malgréla neige &la glace,
Concevoir le deffein de me rendre à
Paris. 800Set $25
M
In Chat qui pour vous voir veut
quiterfon Pats,and rahzinK
Par lafaifon qu'ilfait, méritequelque grace,
Voudriez- vous luy marquer du
mépris?
25
Itfuis de qualités je nefens point
le Drille,
On peutfans vanité compter ma Famille
dans
-DesChats Héros de Pere en Fits,
Les Rodilards, les Rominagrobis,
De tout temps ont passé pour eftre
fort habiles
Afaire laguerre aux Souris.
GALANT 219
NulleChate ences lieux ne m'aparu
Tygraffes
Si la beauté,fi la tendreſſe,
Pouvoientme contenter, mon fort
feroit biendoux, p md5
Maisdes Chats baftis comme nous,
Demandent de l'efprit, de la délicateffe,
Et tout cela n'eftque chez vous.
$2
Tatam'allarmepeu; quoyqu'ilfcaché
bien dire,
Bien raifonner, bien rimer,
écrire,
bien
Iln'eft, engros comme endétail,
Bonqu'à faire un Chat de Serrail,
Sonconfeil vaut beaucoup, mais c'eft
lors qu'on veutrire,
Peude chofequefon travail.
Tij
220 MERCVRE
S&
Tous les autres Matous de vostre
voifinage
Amon abord changeront de langages
Entr'autres Dom Gris & Mitins
Certain Renault, certain Blondin,
Renonceront pour jamais au fromagen
Quandje voudray prendre mon
air mutin.
Cecyn'eftpoint par Gafconnades
S'ils veulent avec moy venir à la
gourmade,
Ils verrontcomeun ChatNormad
Qui s'eftdeclare voftre Amant,
Scait mettre enjeu l'eftafilade,
Pourpoffeder un objetfi charmant
que l'amour. Il ne cauſe pas.
216 MERCVRE
feulement du fracas parmy
les Hommes, il tourmente
jufqu'aux Animaux, &l'aimable Chate Grifete pour
laquelle tant de beaux Efprits ont fait les galantes
Pieces que vous avez leuës
dans l'Extraordinaire du
Quartier d'Octobre, n'a pas
borné fes conqueftes à Paris. Le bruit de fon mérite
a efté plus loin, & voicy ce
qu'on luy écrit d'aupres
d'Argentan. La Lettre eft
au nom du Matou Brunaut,
àqui M' d'Abloville a prêté
ces Vers.
BRVNAVT
GALANT. 217
5252552225222523
BR V NAVT,
MATOU BANAL DES
environs d'Argentan,
A L'AIMABLE
GRISETE.
CHATE DE MADAME
DES HOULIERES,
A
Ttendant l'autre jour une
tendre avanture,
Affis aupres d'une Maſure,
oùje traitois d'heures tous lesmo
mens
Qui retardoient lafin de mes tour
mens,
Grifete, j'appris duMercure
Vos aimables miaulemens.
Avril1679. T
ན
218 MERCVRE
S&
Ils mefirent bientoft abandonner la
place, ces si
Et malgréla neige &la glace,
Concevoir le deffein de me rendre à
Paris. 800Set $25
M
In Chat qui pour vous voir veut
quiterfon Pats,and rahzinK
Par lafaifon qu'ilfait, méritequelque grace,
Voudriez- vous luy marquer du
mépris?
25
Itfuis de qualités je nefens point
le Drille,
On peutfans vanité compter ma Famille
dans
-DesChats Héros de Pere en Fits,
Les Rodilards, les Rominagrobis,
De tout temps ont passé pour eftre
fort habiles
Afaire laguerre aux Souris.
GALANT 219
NulleChate ences lieux ne m'aparu
Tygraffes
Si la beauté,fi la tendreſſe,
Pouvoientme contenter, mon fort
feroit biendoux, p md5
Maisdes Chats baftis comme nous,
Demandent de l'efprit, de la délicateffe,
Et tout cela n'eftque chez vous.
$2
Tatam'allarmepeu; quoyqu'ilfcaché
bien dire,
Bien raifonner, bien rimer,
écrire,
bien
Iln'eft, engros comme endétail,
Bonqu'à faire un Chat de Serrail,
Sonconfeil vaut beaucoup, mais c'eft
lors qu'on veutrire,
Peude chofequefon travail.
Tij
220 MERCVRE
S&
Tous les autres Matous de vostre
voifinage
Amon abord changeront de langages
Entr'autres Dom Gris & Mitins
Certain Renault, certain Blondin,
Renonceront pour jamais au fromagen
Quandje voudray prendre mon
air mutin.
Cecyn'eftpoint par Gafconnades
S'ils veulent avec moy venir à la
gourmade,
Ils verrontcomeun ChatNormad
Qui s'eftdeclare voftre Amant,
Scait mettre enjeu l'eftafilade,
Pourpoffeder un objetfi charmant
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Résumé : BRUNAUT, MATOU BANAL DES environs d'Argentan, A L'AIMABLE GRISETE, CHATE DE MADAME DES HOULIERES,
Le texte raconte l'histoire de Brunaut, un chat habitant près d'Argentan, qui s'éprend de Grifete, une célèbre chatte parisienne. Inspiré par les récits de ses exploits et de sa beauté, Brunaut décide de partir pour Paris malgré le froid hivernal. Dans une lettre, Brunaut vante ses propres qualités et celles de sa famille, connue pour ses compétences en chasse aux souris. Il admire Grifete non seulement pour sa beauté et sa tendresse, mais aussi pour son esprit et sa délicatesse. Brunaut exprime sa volonté de se battre contre d'autres chats pour prouver son amour et sa bravoure. Il conclut en affirmant que son dévouement et ses compétences en font un amant digne de Grifete.
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614
p. 356-357
ENIGME.
Début :
Les deux nouvelles Enigmes que je vous envoye, sont, la premiere / Ie n'ay gozier, langue, ny bouche, [...]
Mots clefs :
Tambour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Les deux nouvelles Enigmes
que je vous envoye, font , la premiere
de Mr Broffard de Mon
taney , Confeiller au Prefidial
de Bourg en Breffe , & l'autre
de MG. de Chamberry ,
ENIGME.
E n'ay gozier, langue, ny
bouche,
Cependat je m'explique biens
Mais il faut mecontraindre,
ouje ne diray rien.
Lors que jefuis remply,je fuis comme
unefouches
GALANT 357
Quand je ne le fuispas, onfeplaist
a mouir, quo ! be
Et ma voixgroffiere &farouche
Ne laiffe pas de réjouir.
Bien que je ne fois pas dans une
151 grande estime ngay
Lax plus grands, les plus fiers, fent
Leibformis ames Loix; "
Et quand onfait refus a'obeir à ma
voixarda
Ce refuspaffepour un crime.
Le mefuisfait valoir,j'aybien fait
dufracas,
Mais tous nos Vaifins enfontlas,
Et je n'auroisplus rien àfaire,
Si depuis quelque temps on ne me
forçoitpas
4parler pour qui me fait taire.
que je vous envoye, font , la premiere
de Mr Broffard de Mon
taney , Confeiller au Prefidial
de Bourg en Breffe , & l'autre
de MG. de Chamberry ,
ENIGME.
E n'ay gozier, langue, ny
bouche,
Cependat je m'explique biens
Mais il faut mecontraindre,
ouje ne diray rien.
Lors que jefuis remply,je fuis comme
unefouches
GALANT 357
Quand je ne le fuispas, onfeplaist
a mouir, quo ! be
Et ma voixgroffiere &farouche
Ne laiffe pas de réjouir.
Bien que je ne fois pas dans une
151 grande estime ngay
Lax plus grands, les plus fiers, fent
Leibformis ames Loix; "
Et quand onfait refus a'obeir à ma
voixarda
Ce refuspaffepour un crime.
Le mefuisfait valoir,j'aybien fait
dufracas,
Mais tous nos Vaifins enfontlas,
Et je n'auroisplus rien àfaire,
Si depuis quelque temps on ne me
forçoitpas
4parler pour qui me fait taire.
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615
p. 358-359
AUTRE ENIGME.
Début :
I'ignore absolument où j'ay pris la naissance, [...]
Mots clefs :
Chien de Bologne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME.
Ignore abfolument où j'ay
rid pris la naiſſance, sås luð ÁSTI
Te nefçais qui jefuis, &ne
aadio trot lepuisfcasvoirs THA
Ie n'aypoint de raiſon, expendantje
fais voir
Quejefuis raisonnable en quelque
circonftance. ae ab reg
Selon les objets queje vois, dreatta
Te les reçois de bonne oude mauvaiſe
મુ માં grace
Ie ne fear ce que a eft de faire
grimace,
3
Te lafais pourtant quelquefois.
En quelque lieu que l'on me voxe
Toujours mefme panchantm'occupe -
jour& muito bem subh id Hor
Qui veut m'en arracher, mefaitfaire
du bruit,
GALANT. 359
Carjefais leplaifir de ce quifait ma
For ATUA
Dans un attachement fidoux,
Je m'abandonne à ma tendreſſe.
Tel qui de mon bonheur estbien fou
tuent julbags a
Vaut moins que moy de'sfon espece.
Lourfeavoirqui jefuis, quandje
vous vois refver,
Vous me voyezpeut- eftre, & je vous
voyde mesme.
Cherchez - moy, cher Lecteur, avec un
safoin extrémes 7 23
L'affligerois bien ce quej'aime,
Sil'on nepouvoit me trouver.
Ignore abfolument où j'ay
rid pris la naiſſance, sås luð ÁSTI
Te nefçais qui jefuis, &ne
aadio trot lepuisfcasvoirs THA
Ie n'aypoint de raiſon, expendantje
fais voir
Quejefuis raisonnable en quelque
circonftance. ae ab reg
Selon les objets queje vois, dreatta
Te les reçois de bonne oude mauvaiſe
મુ માં grace
Ie ne fear ce que a eft de faire
grimace,
3
Te lafais pourtant quelquefois.
En quelque lieu que l'on me voxe
Toujours mefme panchantm'occupe -
jour& muito bem subh id Hor
Qui veut m'en arracher, mefaitfaire
du bruit,
GALANT. 359
Carjefais leplaifir de ce quifait ma
For ATUA
Dans un attachement fidoux,
Je m'abandonne à ma tendreſſe.
Tel qui de mon bonheur estbien fou
tuent julbags a
Vaut moins que moy de'sfon espece.
Lourfeavoirqui jefuis, quandje
vous vois refver,
Vous me voyezpeut- eftre, & je vous
voyde mesme.
Cherchez - moy, cher Lecteur, avec un
safoin extrémes 7 23
L'affligerois bien ce quej'aime,
Sil'on nepouvoit me trouver.
Fermer
616
p. 236-243
LES OYSEAUX. IDILLE DE MADAME des Houlieres.
Début :
Je n'ay pû encor recouvrer les Vers qu'a faits Mr / L'Air n'est plus obscurcy par des broüillars épais, [...]
Mots clefs :
Oiseaux, Nature, Hiver, Dieu, Humains, Contrainte, Indifférence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES OYSEAUX. IDILLE DE MADAME des Houlieres.
Je n'ay pû encor recouvrer les Vers qu'a faits M
de Fontenelle , fur ce que
Monfieur le Prince ne vit
que de Lait. Ils méritent
fort l'empreffement que
vous me témoignez de les
voir. On me les promer
GALANT. 237.
dans quelques jours , &
vous les aurez la premiere
fois que je vous écriray. II
en eft échapé fi peu de Copies , que quoy qu'il y ait
déja longtemps qu'ils font
faits, ils pourront eſtre nou
veaux pour la plupart de
ceux qui lifent mes Lettres
Cependant je vous envoye
ce que vous m'avez fi expreffément demandé pour
vos Amies. C'eft le dernier
Idille de Madamedes Houlieres. Comme vous me
fiftes fçavoir que vous l'aviez veu dés qu'il fut fait,
238 MERCVRE
je négligeay de vous en
faire un Article encetemps
là. Lifez de nouveau, & admirez. Les Ouvrages de
cette Illuftre ont des beautez fiparticulieres, qu'ils ne
peuvent eftre ny leûs trop
fouvent, myconſervez avec
trop de foin.
5252552225222SES
LES OYSEAVX.
IDILLE DE MADAME
des Houlieres...
L
"Air n'eftplus obfcurcypardes
brouillans épais,
Los Prezfont éclarer leurs caulem's:
les plus vives,
GALANT. 239
Etdans leurs humides Palais
L'Hyverneretientplus lesNayadess
captives..
Les Bergers accordant leur Mufete
àleur voix,
D'un pied legerfoulent l'herbe
naiffante;
Les Troupeaux nefontplusfousleurs
ruftiques toits;
Mille & mille Oyfeaux àlafois
Ranimant leur voix languiſſante,
Réveillent les Echos endormis dans
ces Bois.
Où brilloient les Glaçons, on voit
naiftre les Rofes.
Quel Dieuchaffe l'horreur qui régnoit dans ceslieux?
Quel Dieu les embellit ? Leplus
petit desDieux
Faitfeul tantde métamorphofes;
Ilfournitau Printempɛ tout cequ'il
a d'appass
240 MERCVKE
Si l'Amour ne s'en mefloitpas,
On verroitpérirtoutes chofes
Il est l'amede l'Univers.
Comme iltriomphe des Hyvers
Qui defolent nos Champs parune
rude guerre,
D'un cœurindiferentil bannit les
froideurs.
L'indiference eft pour les cœurs
Ce que l' Hyver eftpourla terre.
Que nousfervet, helas! defi douces
leçons?
1
Tousles ans là Nature en vain les
renouvelle;
Loin de la croire , àpeine nous
naiffons,
Qu'on nous apprend à combatre
contre elle.
Nousaimonsmieuxpar unbizarre
choix,
IngratsEfelavesque nousfommes,
Suivre
GALANT.
241
Suivre ce qu'inventa le caprice des
Hommes,
Que d'obeïr à nos premieres
Loix.
Que vostreført eft diférentdu
noftre,
Petits Oyfeaux qui me charmez!
Voulez- vousaimer?vous aimez;
Unlieuvous déplaiſt-il? vouspaffez
dans un autre.
Onne connoit chez vous ny vertus,
ny defauts,
Vousparoiffeztoujoursfousle mefme
plumage,
Etjamais dansles Bois on n'aven
les Corbeaux
Des Roffignols emprunter le ramage.
Iln'eft defincére langage,
Iln'eft de liberté que chezles Animaux.
May1679. X
242 MERCVRE
L'ufage, le devoir, l'austere bienSéance,
Tout éxige de nous des droits dont
je meplains,
Et tout enfin, du cœurdesperfides
Humains,
Nelaiffe voir que l'apparence.
Contre nos trahifons la Nature en
couroux
Nenous doneplusrienfanspeine;
Nous cultivonsles Vergers &la
Plaine,
Tandis, petits Oyfeaux, qu'ellefait
toutpour vous.
Lesfilets qu'on vous tendfont là
feule infortune Que vous avezà redouter;
Cette crainte nous eft commune,
Sur noftre liberté chacun veut attenter,
Par des dehors trompeurs on tâche
ànousfurprendre.
GALANT. 243
Helas,pauvrespetits Oyfeaux,
Des rufes duChaffeurfongez à vous
défendre,
Vivredans la contrainte eft leplus
granddesmaux
de Fontenelle , fur ce que
Monfieur le Prince ne vit
que de Lait. Ils méritent
fort l'empreffement que
vous me témoignez de les
voir. On me les promer
GALANT. 237.
dans quelques jours , &
vous les aurez la premiere
fois que je vous écriray. II
en eft échapé fi peu de Copies , que quoy qu'il y ait
déja longtemps qu'ils font
faits, ils pourront eſtre nou
veaux pour la plupart de
ceux qui lifent mes Lettres
Cependant je vous envoye
ce que vous m'avez fi expreffément demandé pour
vos Amies. C'eft le dernier
Idille de Madamedes Houlieres. Comme vous me
fiftes fçavoir que vous l'aviez veu dés qu'il fut fait,
238 MERCVRE
je négligeay de vous en
faire un Article encetemps
là. Lifez de nouveau, & admirez. Les Ouvrages de
cette Illuftre ont des beautez fiparticulieres, qu'ils ne
peuvent eftre ny leûs trop
fouvent, myconſervez avec
trop de foin.
5252552225222SES
LES OYSEAVX.
IDILLE DE MADAME
des Houlieres...
L
"Air n'eftplus obfcurcypardes
brouillans épais,
Los Prezfont éclarer leurs caulem's:
les plus vives,
GALANT. 239
Etdans leurs humides Palais
L'Hyverneretientplus lesNayadess
captives..
Les Bergers accordant leur Mufete
àleur voix,
D'un pied legerfoulent l'herbe
naiffante;
Les Troupeaux nefontplusfousleurs
ruftiques toits;
Mille & mille Oyfeaux àlafois
Ranimant leur voix languiſſante,
Réveillent les Echos endormis dans
ces Bois.
Où brilloient les Glaçons, on voit
naiftre les Rofes.
Quel Dieuchaffe l'horreur qui régnoit dans ceslieux?
Quel Dieu les embellit ? Leplus
petit desDieux
Faitfeul tantde métamorphofes;
Ilfournitau Printempɛ tout cequ'il
a d'appass
240 MERCVKE
Si l'Amour ne s'en mefloitpas,
On verroitpérirtoutes chofes
Il est l'amede l'Univers.
Comme iltriomphe des Hyvers
Qui defolent nos Champs parune
rude guerre,
D'un cœurindiferentil bannit les
froideurs.
L'indiference eft pour les cœurs
Ce que l' Hyver eftpourla terre.
Que nousfervet, helas! defi douces
leçons?
1
Tousles ans là Nature en vain les
renouvelle;
Loin de la croire , àpeine nous
naiffons,
Qu'on nous apprend à combatre
contre elle.
Nousaimonsmieuxpar unbizarre
choix,
IngratsEfelavesque nousfommes,
Suivre
GALANT.
241
Suivre ce qu'inventa le caprice des
Hommes,
Que d'obeïr à nos premieres
Loix.
Que vostreført eft diférentdu
noftre,
Petits Oyfeaux qui me charmez!
Voulez- vousaimer?vous aimez;
Unlieuvous déplaiſt-il? vouspaffez
dans un autre.
Onne connoit chez vous ny vertus,
ny defauts,
Vousparoiffeztoujoursfousle mefme
plumage,
Etjamais dansles Bois on n'aven
les Corbeaux
Des Roffignols emprunter le ramage.
Iln'eft defincére langage,
Iln'eft de liberté que chezles Animaux.
May1679. X
242 MERCVRE
L'ufage, le devoir, l'austere bienSéance,
Tout éxige de nous des droits dont
je meplains,
Et tout enfin, du cœurdesperfides
Humains,
Nelaiffe voir que l'apparence.
Contre nos trahifons la Nature en
couroux
Nenous doneplusrienfanspeine;
Nous cultivonsles Vergers &la
Plaine,
Tandis, petits Oyfeaux, qu'ellefait
toutpour vous.
Lesfilets qu'on vous tendfont là
feule infortune Que vous avezà redouter;
Cette crainte nous eft commune,
Sur noftre liberté chacun veut attenter,
Par des dehors trompeurs on tâche
ànousfurprendre.
GALANT. 243
Helas,pauvrespetits Oyfeaux,
Des rufes duChaffeurfongez à vous
défendre,
Vivredans la contrainte eft leplus
granddesmaux
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Résumé : LES OYSEAUX. IDILLE DE MADAME des Houlieres.
L'auteur d'une lettre mentionne qu'il n'a pas encore récupéré les vers de Monsieur de Fontenelle, car Monsieur le Prince ne consomme que du lait. Ces vers, rares et potentiellement nouveaux pour la plupart des lecteurs, seront envoyés dès qu'ils seront disponibles. En attendant, l'auteur envoie l'Idylle de Madame des Houlières intitulée 'Les Oyseaux', demandée par le destinataire pour ses amies. Cette œuvre, bien que belle, ne doit pas être lue trop souvent ni conservée avec trop de soin. L'Idylle décrit le retour du printemps, avec les prés qui s'éclaircissent, les bergers qui accordent leur musette, et les oiseaux qui chantent, réveillant les échos dans les bois. Le texte évoque l'Amour qui triomphe des hivers et bannit les froideurs. Il contraste la liberté des oiseaux avec les contraintes humaines, soulignant que les oiseaux ne connaissent ni vertus ni défauts et changent facilement de lieu. La lettre se termine par une réflexion sur les tracas humains, opposés à la simplicité et à la liberté des oiseaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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617
p. 65-72
ELEGIE.
Début :
Cette Devise ne vous doit pas estre inconnuë, puis que / Genéreux Licidas, Amy sage & fidelle [...]
Mots clefs :
Raison, Amour, Douceurs, Berger, Sagesse, Amants, Ennemis, Esprit, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELEGIE.
Cette Devise ne vous
doit pas estre inconnuë,
puis que je l'ay fait graver
parmy cellesquiont été faites
pour des Cachets, &qui
sont dans le sixiéme Extra-.-
ordinaire que je vous eiï^
voyayle 15. de ce Mois. Cependant
si vous voulez voir
de quelle maniere en doivent
user les aimables Fieres
qui cherchent à se défendre
d'aimer par raison,
vous n'avez qu'à lire l'E-:
legie qui fuit. Vous y trouverez
une peinture aussi
agréable que délicate, des
sentimens d'une Belle dont
le coeur pourroit devenir
sensible, si elle l'abandonnoit
à son panchant. Je ne
vous puis dire qui la fait
parler, mais je lçay bic4
que peu d'Ouvrages de
cette nature ont d'aussi
grandes beautez.
ELEG 1E.
GEnéreux LicidllJ, Amyfage
1 &fidelie,
Dont l'effrit cfisijufic, & dont
l'ame estsibelle,
Vous, de qui la Raison nefaitplus'
de fauxpas,
Ha,qu'ilvous est aiséde dire, n'aimezpas!
£)uand on connoiifl*Amour, j'es-,
- - caprices,sespeines,
Jguand onfiait comme vousce qti&
pesentseschaînes,
àagcparjes malheurs, on meprijt
aisément
Les douceurs dont ilflate un trop
crédule Amants
Mau quandon n'apointfaitla trifieexpérience
Desjalo/iflsfureurs,deschagrins
de l'absence,
£htepourfiiirefentirde redoutablesfeux
iIll ne ppaarrooii/?fusuinivjyy que ddeesr BRlwû* à*
desJeux,
JOttun coeur reftHe malàfinpou- voirréme!
Jt>ue defoins, que d'effortspour em
pefiherqu'iln'aime!
Jejfay ce qu'ilencou/le, (7ptllfefh&
jamais
JLyJmourn'acontre un coeurémoufi
tant de traits.
Jnfinfiblekl'honneur de fixerun
Volage,
On deforcerd'aimer.l'Ame la plus
sauvage.
Je n'ayjamdJU tombédans, ces vaines
erreurs,
Jj>uidonnent devrais mauxpour
desausses douceurs;
Mesfenssurma, raifin n'ontjamais
eu d'empire,
Et mon tranquille cættr ne feait.
comme onsoupire, Ill'ignore,Berger,mais nepréùnJumez,
pas tendre engagementfuflpour
luysansappas.
Ce coeur que le Cielfitdélicat &-
ftncére,
N'aimeroitquetrop bien,sije le
laissoisfaire?
Mais grace aux Immorteli, une
heureusefierté
Surunsidouxprancbantl'atoujours
anforle.
Sans cesse je me dis qu'une forte
tendrcffe
Bfimalgrétous nos foins l'écueit
de la SagejJè,
J>hfon s'y trompe toujours-, & qu'il:
faut s'allarmer
Des qu'unBerger paroisspropre i
sefaire aimer.
Comme unsubtilpoisonjeregarde
l'efiime,
Beje crains l'Amitié, quoy qu'elle
foitsans crime.
Fourfauver ma. vertu de ces égaremens,
Je ne veux point d'Amis quipbiffent
eflreAmans.
Jjhiandpar mon peu d'appas ma
raison eflféUuite,
Je cherche leurs défauts,j'impose à
leur mérite,
Rienpour les ménager ne meparoifi
permIS)
Et dans tous mes Amansjevois mes-
Ennemis
A l'abry d'une longue ¿""JètÎre indiférence,
De leurs tendres tranflorts je voir
la violence;
L'Ej;,itlibre defoins, & l'Ame
sans amour,
Dans lesacré Valon je passe tout
lejour, J) cueille avec flaifir cent& cent
fleurs nouvÍ."_,S
braverontdu tanps lesitteintet
cruellesi
Etfourfuivre unpanchant quej'ay
recetJ des Cieux,
Je consacre ces fleurs auplusgalant
des Dieux.
far unjufle retour on dit qu'ilffait
répandre
Sur toutce quej'écris un air toti?
chant & tendre;
je no/e allerplus loin, &sur lafoy
d'autruy
Je chante tous lesjours&pour, &
contre luys
Heureufcsiles maux dontjefeins'
d'eflre atteinter
Pour mon timide coeurfont toujours
une feinte.
doit pas estre inconnuë,
puis que je l'ay fait graver
parmy cellesquiont été faites
pour des Cachets, &qui
sont dans le sixiéme Extra-.-
ordinaire que je vous eiï^
voyayle 15. de ce Mois. Cependant
si vous voulez voir
de quelle maniere en doivent
user les aimables Fieres
qui cherchent à se défendre
d'aimer par raison,
vous n'avez qu'à lire l'E-:
legie qui fuit. Vous y trouverez
une peinture aussi
agréable que délicate, des
sentimens d'une Belle dont
le coeur pourroit devenir
sensible, si elle l'abandonnoit
à son panchant. Je ne
vous puis dire qui la fait
parler, mais je lçay bic4
que peu d'Ouvrages de
cette nature ont d'aussi
grandes beautez.
ELEG 1E.
GEnéreux LicidllJ, Amyfage
1 &fidelie,
Dont l'effrit cfisijufic, & dont
l'ame estsibelle,
Vous, de qui la Raison nefaitplus'
de fauxpas,
Ha,qu'ilvous est aiséde dire, n'aimezpas!
£)uand on connoiifl*Amour, j'es-,
- - caprices,sespeines,
Jguand onfiait comme vousce qti&
pesentseschaînes,
àagcparjes malheurs, on meprijt
aisément
Les douceurs dont ilflate un trop
crédule Amants
Mau quandon n'apointfaitla trifieexpérience
Desjalo/iflsfureurs,deschagrins
de l'absence,
£htepourfiiirefentirde redoutablesfeux
iIll ne ppaarrooii/?fusuinivjyy que ddeesr BRlwû* à*
desJeux,
JOttun coeur reftHe malàfinpou- voirréme!
Jt>ue defoins, que d'effortspour em
pefiherqu'iln'aime!
Jejfay ce qu'ilencou/le, (7ptllfefh&
jamais
JLyJmourn'acontre un coeurémoufi
tant de traits.
Jnfinfiblekl'honneur de fixerun
Volage,
On deforcerd'aimer.l'Ame la plus
sauvage.
Je n'ayjamdJU tombédans, ces vaines
erreurs,
Jj>uidonnent devrais mauxpour
desausses douceurs;
Mesfenssurma, raifin n'ontjamais
eu d'empire,
Et mon tranquille cættr ne feait.
comme onsoupire, Ill'ignore,Berger,mais nepréùnJumez,
pas tendre engagementfuflpour
luysansappas.
Ce coeur que le Cielfitdélicat &-
ftncére,
N'aimeroitquetrop bien,sije le
laissoisfaire?
Mais grace aux Immorteli, une
heureusefierté
Surunsidouxprancbantl'atoujours
anforle.
Sans cesse je me dis qu'une forte
tendrcffe
Bfimalgrétous nos foins l'écueit
de la SagejJè,
J>hfon s'y trompe toujours-, & qu'il:
faut s'allarmer
Des qu'unBerger paroisspropre i
sefaire aimer.
Comme unsubtilpoisonjeregarde
l'efiime,
Beje crains l'Amitié, quoy qu'elle
foitsans crime.
Fourfauver ma. vertu de ces égaremens,
Je ne veux point d'Amis quipbiffent
eflreAmans.
Jjhiandpar mon peu d'appas ma
raison eflféUuite,
Je cherche leurs défauts,j'impose à
leur mérite,
Rienpour les ménager ne meparoifi
permIS)
Et dans tous mes Amansjevois mes-
Ennemis
A l'abry d'une longue ¿""JètÎre indiférence,
De leurs tendres tranflorts je voir
la violence;
L'Ej;,itlibre defoins, & l'Ame
sans amour,
Dans lesacré Valon je passe tout
lejour, J) cueille avec flaifir cent& cent
fleurs nouvÍ."_,S
braverontdu tanps lesitteintet
cruellesi
Etfourfuivre unpanchant quej'ay
recetJ des Cieux,
Je consacre ces fleurs auplusgalant
des Dieux.
far unjufle retour on dit qu'ilffait
répandre
Sur toutce quej'écris un air toti?
chant & tendre;
je no/e allerplus loin, &sur lafoy
d'autruy
Je chante tous lesjours&pour, &
contre luys
Heureufcsiles maux dontjefeins'
d'eflre atteinter
Pour mon timide coeurfont toujours
une feinte.
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Résumé : ELEGIE.
Le texte présente une devise et une élégie. La devise est mentionnée dans un extra-ordinaire du 15 du mois. Pour comprendre comment les femmes fières cherchent à se défendre d'aimer par raison, il est suggéré de lire l'élégie intitulée 'l'Élégie qui fuit'. Cette élégie décrit les sentiments d'une belle dont le cœur pourrait devenir sensible si elle l'abandonnait à son penchant. L'auteur souligne que peu d'ouvrages de cette nature possèdent autant de beautés. L'élégie est adressée à un homme généreux, aimable et fidèle, doté d'un esprit judicieux et d'une belle âme. Elle évoque les caprices et les peines de l'amour, ainsi que la difficulté de résister à ses charmes. La narratrice affirme n'avoir pas succombé aux erreurs vaines de l'amour et que son cœur reste tranquille. Elle craint l'amitié, de peur qu'elle ne se transforme en amour, et préfère voir des ennemis dans ses amants. Elle passe ses journées dans un vallon, cueillant des fleurs pour braver le temps et les consacre au plus galant des dieux. Elle conclut en chantant les maux dont elle feint d'être atteinte, pour son cœur timide.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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618
p. 9-12
LETTRE EN VERS DE MADAME DES HOULIERES, A un de ses Amis.
Début :
Proche des bords de Lignon [...]
Mots clefs :
Âme, Loin, L'Astrée, Bergers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE EN VERS DE MADAME DES HOULIERES, A un de ses Amis.
LETTREEN VERS
DE MADAME
DES HOULIERES,
- A un de ses Amis.
le nesçay quoy defripon,
Quin'(sii-,tropr: vous dire.
Depuis que fin Céladon
Pour lapréîiettfèAfhéc^
L'ame dedbuiearoutrée^
Mitsesjours à l'abandon,
Amourjura, ce dit-on,
Que l'airdecette Contrée
Doux
Tfjndroi
comme
t le
un
plm
petit
-
-MONtO".)
Moy qui croystenirbon - :,-
Depuisquej'ysuis entrée,
l'ay déjà changéde ton;
le ne me meurspas encore,
Maisentrenous,j'aygrandpour
De ce
quG»nmtmeiangicttiri
lenepvissouffrirl'Aurore,
l'aytoujours Vefpritréveur>
Un noir chagrin me do,.,
Un tel changement d'humeur
Me fait craindrepourmon ttrur.-
s'il alloit deyertiqfendre,
Ilservit bientost en cendre:
Helas!loin de badiner.
Loin d'estrefourbe volage,
Comme "'eat lebel usage,
Il iroits'abandonnery
Çejeuneeee/trquiJe-pique
De sentimenthéroïque,
Aces beaux engagement
Qu'on trouve danslesRomans,
Et maigre' ce qu'on pratique,
Il aimeraitài'antique*
Ha!que defâcheusesnuits!
Quedesoûpirs!quede larmes!
Il vaut mieux,sijelepuis,
M'arracheràtous lescharmes
-
Du belendroit où je suis.
Sansconsulter dayantag4i
Q'e»tons cefatairivage,
/f-.qmttenslesans retourCe ri"'f.Al oùchaqne jour,
Sans avoireupartau crime,
Chaquecœursert de riéli*e
u4layavgâance d'Amour.
Icy tout ce qui respire,
Languit,seplaint, (!Jlfl,jre)"
LesNayadesdansles eaux,
Z'Ans les "Plaines le Zfybirerv
Les ';EerIcr]sous les Ormeaux
Sentent rttmOlireNx ",.Attire,
EtsanscesselesEchos
Sont occupez à redire
Et lesplaisirs &- les maujt
Qui n'entrouventpoint d'égaux.
yqhs dont l'ame indiférente
Ne connait aucun soucy,
Pourl'avoirtoujours contente,
Pro/ife.t de toutc<eyt
Et quelque espoirqui yotts tente,
Ne -rrnqjdMIlé icy.
DE MADAME
DES HOULIERES,
- A un de ses Amis.
le nesçay quoy defripon,
Quin'(sii-,tropr: vous dire.
Depuis que fin Céladon
Pour lapréîiettfèAfhéc^
L'ame dedbuiearoutrée^
Mitsesjours à l'abandon,
Amourjura, ce dit-on,
Que l'airdecette Contrée
Doux
Tfjndroi
comme
t le
un
plm
petit
-
-MONtO".)
Moy qui croystenirbon - :,-
Depuisquej'ysuis entrée,
l'ay déjà changéde ton;
le ne me meurspas encore,
Maisentrenous,j'aygrandpour
De ce
quG»nmtmeiangicttiri
lenepvissouffrirl'Aurore,
l'aytoujours Vefpritréveur>
Un noir chagrin me do,.,
Un tel changement d'humeur
Me fait craindrepourmon ttrur.-
s'il alloit deyertiqfendre,
Ilservit bientost en cendre:
Helas!loin de badiner.
Loin d'estrefourbe volage,
Comme "'eat lebel usage,
Il iroits'abandonnery
Çejeuneeee/trquiJe-pique
De sentimenthéroïque,
Aces beaux engagement
Qu'on trouve danslesRomans,
Et maigre' ce qu'on pratique,
Il aimeraitài'antique*
Ha!que defâcheusesnuits!
Quedesoûpirs!quede larmes!
Il vaut mieux,sijelepuis,
M'arracheràtous lescharmes
-
Du belendroit où je suis.
Sansconsulter dayantag4i
Q'e»tons cefatairivage,
/f-.qmttenslesans retourCe ri"'f.Al oùchaqne jour,
Sans avoireupartau crime,
Chaquecœursert de riéli*e
u4layavgâance d'Amour.
Icy tout ce qui respire,
Languit,seplaint, (!Jlfl,jre)"
LesNayadesdansles eaux,
Z'Ans les "Plaines le Zfybirerv
Les ';EerIcr]sous les Ormeaux
Sentent rttmOlireNx ",.Attire,
EtsanscesselesEchos
Sont occupez à redire
Et lesplaisirs &- les maujt
Qui n'entrouventpoint d'égaux.
yqhs dont l'ame indiférente
Ne connait aucun soucy,
Pourl'avoirtoujours contente,
Pro/ife.t de toutc<eyt
Et quelque espoirqui yotts tente,
Ne -rrnqjdMIlé icy.
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Résumé : LETTRE EN VERS DE MADAME DES HOULIERES, A un de ses Amis.
Dans sa lettre, Madame des Houlières décrit un changement d'humeur depuis son arrivée dans une nouvelle contrée. Elle y ressent un air doux et tendre qui influence ses sentiments. Elle exprime sa crainte que son cœur, autrefois constant, ne se transforme en cendre. Elle évoque des nuits difficiles, des soupirs et des larmes, préférant quitter cet endroit plutôt que de subir ces tourments. Elle mentionne que chaque cœur est victime de la tyrannie de l'amour. Dans cet endroit, tout ce qui respire languit et se plaint. Les Nymphes, les Zéphyrs et les Échos ressentent tous une douleur attirante et redisent les plaisirs et les maux sans égaux. Même les âmes indifférentes, cherchant toujours à être contentes, ne trouvent ici aucun espoir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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619
p. 300-305
Divertissemens publics, [titre d'après la table]
Début :
Il est temps de vous parler des divertissemens de [...]
Mots clefs :
Divertissements, Opéra, Hôtel de Bourgogone, Troupe du Roi, Théâtre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Divertissemens publics, [titre d'après la table]
Il eft temps de vous par
ler des divertiffemens de
cette faifon. Vous ſcavez
qu'elle eft destinée par tout
aux plaifirs. Je commence
par ceux de la Cour. Onn'y
en a point pris d'autre pendant tout ce Mois, que celuy
de l'Opéra de Bellerophon.
Ila fort plû à Sa Majefté,
qui en a trouvé des endroits
fi beaux, qu'Elleles a fait repéter deux fois dans chaque
Repréſentation. Auffi tout
GALANT. 301
Paris eftoit-il demeuré d'accord, qu'on y rencontroit
ce qui eft rare , &tres diffi .
cile dans un Opera, je veux
dire un Sujet conduit , qui
attache par luy-meſme, qui
a toutes les parties de la Tra
gedie , & dans lequel toys
les divertiffemens naiffent
du corps de l'Ouvrage, fans
qu'on les yamene par
incidens forcez , à l'excep
tion de la Scene des Napées
& des Faunes , qui a esté
faite contre le fentiment de
l'Autheur, &feulement pour
fournir des Vers à la Mu
des
302 MERCVRE
fique. On ceffa les Repré
fentations de cet Opéra
Vendredy dernier, pour les
reprendre alternativement
avec celles de l'Opéra de
Proferpine , qui paroiftra
pour la premiere fois le s
Fevrier. Il eft de M Quinault, qui s'eſt ſurpaſſé luymefme; & comme fes Vers
ont toute la délicateffe qui
eft neceffaire pour le chant,
on a une impatience inconcevable de les entendre. Si
les oreilles doivent eftrefort
fatisfaites dans cet Opéra,
les yeux ne le feront pas
GALANT. 303
moins, puis que foir pour la
beautédes Décorations, foit
pour la richeffe des Habits,
il ne s'eft jamais rien veu de
fifomptueux en France.
La Troupe Royale de
l'Hoftel de Bourgogne, a
repréſenté une Tragedie
intitulée, Genferic Roy des
>
Vandales , mife au Theatre
par l'illuftre Madame des
Houlieres. C'est tout dire.
Vous fçavez combien les
Ouvrages que je vous ay
envoyez de fa façon , ont
efté trouvez juftes & pleins
de délicateffe , & avec quel
304 MERCVRE
empreffement on ſouhaite
de tous coftez d'envoir dans
mes Lettres. La mefme
Troupe promet une autre
Piece nouvelle fous le nom
d'Adrafte. Elle eſt de M
Ferrier.
Je croyois vous appren
dre le fuccés d'
Agamemnon,
affiché depuis longtemps
par la Troupe du Roy,
qu'on appelle de Guénegaud , mais la foule augmente de jour en jour aux
Repréſentations de la Devinereffe , & non feulement
elles ont continué jufqu'à
GALANT 305
aujourd'huy depuis la Saint
Martin qu'elle a commencé
de paroiftre fur le Théatre,
mais il y a grande apparence qu'elles continuëront
tout le refte du Carna
val. Cet extraordinaire
fuccés ne peut venir que
de ce que tout le monde
trouve à s'y divertir plus
d'une fois, & vous tomberez
d'accord que les chofes qui
nous font fouhaiter de les
revor, ne peuvent cftre que
fort agreables
ler des divertiffemens de
cette faifon. Vous ſcavez
qu'elle eft destinée par tout
aux plaifirs. Je commence
par ceux de la Cour. Onn'y
en a point pris d'autre pendant tout ce Mois, que celuy
de l'Opéra de Bellerophon.
Ila fort plû à Sa Majefté,
qui en a trouvé des endroits
fi beaux, qu'Elleles a fait repéter deux fois dans chaque
Repréſentation. Auffi tout
GALANT. 301
Paris eftoit-il demeuré d'accord, qu'on y rencontroit
ce qui eft rare , &tres diffi .
cile dans un Opera, je veux
dire un Sujet conduit , qui
attache par luy-meſme, qui
a toutes les parties de la Tra
gedie , & dans lequel toys
les divertiffemens naiffent
du corps de l'Ouvrage, fans
qu'on les yamene par
incidens forcez , à l'excep
tion de la Scene des Napées
& des Faunes , qui a esté
faite contre le fentiment de
l'Autheur, &feulement pour
fournir des Vers à la Mu
des
302 MERCVRE
fique. On ceffa les Repré
fentations de cet Opéra
Vendredy dernier, pour les
reprendre alternativement
avec celles de l'Opéra de
Proferpine , qui paroiftra
pour la premiere fois le s
Fevrier. Il eft de M Quinault, qui s'eſt ſurpaſſé luymefme; & comme fes Vers
ont toute la délicateffe qui
eft neceffaire pour le chant,
on a une impatience inconcevable de les entendre. Si
les oreilles doivent eftrefort
fatisfaites dans cet Opéra,
les yeux ne le feront pas
GALANT. 303
moins, puis que foir pour la
beautédes Décorations, foit
pour la richeffe des Habits,
il ne s'eft jamais rien veu de
fifomptueux en France.
La Troupe Royale de
l'Hoftel de Bourgogne, a
repréſenté une Tragedie
intitulée, Genferic Roy des
>
Vandales , mife au Theatre
par l'illuftre Madame des
Houlieres. C'est tout dire.
Vous fçavez combien les
Ouvrages que je vous ay
envoyez de fa façon , ont
efté trouvez juftes & pleins
de délicateffe , & avec quel
304 MERCVRE
empreffement on ſouhaite
de tous coftez d'envoir dans
mes Lettres. La mefme
Troupe promet une autre
Piece nouvelle fous le nom
d'Adrafte. Elle eſt de M
Ferrier.
Je croyois vous appren
dre le fuccés d'
Agamemnon,
affiché depuis longtemps
par la Troupe du Roy,
qu'on appelle de Guénegaud , mais la foule augmente de jour en jour aux
Repréſentations de la Devinereffe , & non feulement
elles ont continué jufqu'à
GALANT 305
aujourd'huy depuis la Saint
Martin qu'elle a commencé
de paroiftre fur le Théatre,
mais il y a grande apparence qu'elles continuëront
tout le refte du Carna
val. Cet extraordinaire
fuccés ne peut venir que
de ce que tout le monde
trouve à s'y divertir plus
d'une fois, & vous tomberez
d'accord que les chofes qui
nous font fouhaiter de les
revor, ne peuvent cftre que
fort agreables
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Résumé : Divertissemens publics, [titre d'après la table]
Le texte évoque les divertissements à la cour et à Paris, en mettant l'accent sur les opéras. L'opéra 'Bellerophon' a été particulièrement apprécié par Sa Majesté, qui a fait répéter certains passages. Cet opéra a été salué pour son sujet bien conduit et ses divertissements intégrés de manière naturelle. Les représentations de 'Bellerophon' ont cessé pour laisser place à celles de 'Proserpine', écrit par Quinault, attendu pour sa délicatesse et la qualité de ses vers. Cet opéra promet également des décors somptueux et des habits riches. La Troupe Royale de l'Hôtel de Bourgogne a présenté la tragédie 'Genséric, Roi des Vandales', écrite par Madame Deshoulières, et prépare une autre pièce intitulée 'Adraste' par Ferrier. Le succès continu de 'La Devineresse' par la Troupe du Roy, connue sous le nom de Guénégaud, attire une foule croissante et devrait continuer jusqu'à la fin du carnaval.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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620
p. 213-215
Abjuration de Mad. Biseüil, [titre d'après la table]
Début :
Quoy qu'il soit tres-difficile de renoncer aux erreurs qu'on a prises [...]
Mots clefs :
Erreurs, Religion prétendue réformée, Abjuration, Jeunesse, Charmes, Voix du ciel, Famille, Vérité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Abjuration de Mad. Biseüil, [titre d'après la table]
Quoy qu'il foit tres - difficile
de
214
MERCURE
J
3
de renoncer aux erreurs qu'on a
priſes en naiffant , Mademoiſelle
Bifeüil a fi bien examiné celles
de la Religion Pretenduë Reformée
, dans laquelle on l'avoit
élevée juſqu'à aujourd'huy, que
les ayant reconnuës , elle en a
fait abjuration depuis quelques
jours. Cette Belle , qui eft dans
fa grande jeuneffe , & une des
plus aimables Perſonnes d'Alençon
, fe voyoit adorée de fa mere
, faifoit tous les plaifirs d'une
Tante qu'elle a , & eftoit uniquement
confiderée de fa Famille.
Tous ces charmes ont cedé
à la voix du Ciel , qui apparemment
la deſtine pour exemple à
mille Gens qui n'attendoient
pas ce changement. La penetra
tion de fon efprit , & le jugement
qu'elle a fait voir dans fest
moindres actions , ont fort éclaté
J
MAGNI
FILIV
วง
GALANT. 215
té dans celle- cy . La colere de
fes Parens n'a pû l'ébranler , &:
la connoiffance de la verité qu'el
le a enfin embraſſée , luy a eſté
preferable à tout .
de
214
MERCURE
J
3
de renoncer aux erreurs qu'on a
priſes en naiffant , Mademoiſelle
Bifeüil a fi bien examiné celles
de la Religion Pretenduë Reformée
, dans laquelle on l'avoit
élevée juſqu'à aujourd'huy, que
les ayant reconnuës , elle en a
fait abjuration depuis quelques
jours. Cette Belle , qui eft dans
fa grande jeuneffe , & une des
plus aimables Perſonnes d'Alençon
, fe voyoit adorée de fa mere
, faifoit tous les plaifirs d'une
Tante qu'elle a , & eftoit uniquement
confiderée de fa Famille.
Tous ces charmes ont cedé
à la voix du Ciel , qui apparemment
la deſtine pour exemple à
mille Gens qui n'attendoient
pas ce changement. La penetra
tion de fon efprit , & le jugement
qu'elle a fait voir dans fest
moindres actions , ont fort éclaté
J
MAGNI
FILIV
วง
GALANT. 215
té dans celle- cy . La colere de
fes Parens n'a pû l'ébranler , &:
la connoiffance de la verité qu'el
le a enfin embraſſée , luy a eſté
preferable à tout .
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Résumé : Abjuration de Mad. Biseüil, [titre d'après la table]
Mademoiselle Biseüil, élevée dans la Religion Prétendue Réformée, a récemment renoncé à ses croyances après réflexion. Connue pour sa beauté et son charme, elle a décidé de se convertir malgré l'opposition familiale. Sa décision, motivée par la connaissance de la vérité, est vue comme un exemple pour d'autres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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621
p. 110-112
Conversion miraculeuse de Monsieur Chanrosier, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay apris avec quelle fermeté la belle Mademoiselle Biseüil d'Alençon, [...]
Mots clefs :
Abjuration, Religion prétendue réformée, Ténèbres, Prière, Conversion, Religion romaine
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texteReconnaissance textuelle : Conversion miraculeuse de Monsieur Chanrosier, [titre d'après la table]
Je vous ay apris avec quelle fermeté
la belle Mademoiselle Biſeüil
d'Alençon , avoit quité les
erreurs de la Religion Prétenduë
Reformée. La ſolemnelle Abjuration
qu'elle en a faire par les
foins du P.dela Ruë Jeſuite,dont
les lumieres luy ont fort aidé à
diffiper ſes tenebres , vient d'eftre
ſuivie d'une autre qui fait
grand bruit dans la même Ville.
C'eſt celle de M. de Chanroſier,
l'Homme le plus ſpirituelqu'euf
fent
ター
GALAN T.
ſent en ce quartier- là ceux de
cette Secte . Ils le conſultoient
comme un Oracle , & ſes réponſes
paroiſſoient pour eux autant
de déciſions Onſe ſouvient dans
toute la Ville , que Monfieur de
Chanrofier ſon Pere eſtant tout
preſt de mourir , & ayant trois
Fils dans l'aveuglement , avoit
demandé à Dieu qu'il luy plût
les éclairer. Cette priere qui ſe
trouva exaucée pour les deux Aînez
, morts l'un & l'autre apres
une pareille Abjuration,ſembloit
devoir étre ſans effet pour celuy
dont je vous parle , puis qu'étant
tombé en apoplexie à l'âge de
ſoixante &cinq ans , fans avoir
encor donné aucunes marques
de converfion , il n'y avoit pas
d'apparence qu'il duſt jamais
changer de party. Cependant la
grace a eſté viſible enluy. Il eſt
revenu
112 MERCURE
revenu d'un accident qui emporte
les plus jeunes , & s'eſt ſervy
auſſitoſt du retour de ſes ſens , &
& de fa raiſon, pour faire appeller
le Pere Anſelme de Lisieux ,
Définiteur des Capucins , pré .
chant le Careſme à Alençon, entre
les mains de qui il a fait ſa
déclaration de vouloir vivre &
mourir dans l'exercice de la Religion
Romaine. Il en a enfuite
remply les devoirs avec un zele
&une pieté ſurprenante.
la belle Mademoiselle Biſeüil
d'Alençon , avoit quité les
erreurs de la Religion Prétenduë
Reformée. La ſolemnelle Abjuration
qu'elle en a faire par les
foins du P.dela Ruë Jeſuite,dont
les lumieres luy ont fort aidé à
diffiper ſes tenebres , vient d'eftre
ſuivie d'une autre qui fait
grand bruit dans la même Ville.
C'eſt celle de M. de Chanroſier,
l'Homme le plus ſpirituelqu'euf
fent
ター
GALAN T.
ſent en ce quartier- là ceux de
cette Secte . Ils le conſultoient
comme un Oracle , & ſes réponſes
paroiſſoient pour eux autant
de déciſions Onſe ſouvient dans
toute la Ville , que Monfieur de
Chanrofier ſon Pere eſtant tout
preſt de mourir , & ayant trois
Fils dans l'aveuglement , avoit
demandé à Dieu qu'il luy plût
les éclairer. Cette priere qui ſe
trouva exaucée pour les deux Aînez
, morts l'un & l'autre apres
une pareille Abjuration,ſembloit
devoir étre ſans effet pour celuy
dont je vous parle , puis qu'étant
tombé en apoplexie à l'âge de
ſoixante &cinq ans , fans avoir
encor donné aucunes marques
de converfion , il n'y avoit pas
d'apparence qu'il duſt jamais
changer de party. Cependant la
grace a eſté viſible enluy. Il eſt
revenu
112 MERCURE
revenu d'un accident qui emporte
les plus jeunes , & s'eſt ſervy
auſſitoſt du retour de ſes ſens , &
& de fa raiſon, pour faire appeller
le Pere Anſelme de Lisieux ,
Définiteur des Capucins , pré .
chant le Careſme à Alençon, entre
les mains de qui il a fait ſa
déclaration de vouloir vivre &
mourir dans l'exercice de la Religion
Romaine. Il en a enfuite
remply les devoirs avec un zele
&une pieté ſurprenante.
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Résumé : Conversion miraculeuse de Monsieur Chanrosier, [titre d'après la table]
Le texte évoque deux conversions significatives à Alençon. La première concerne Mademoiselle Biseüil, qui a abandonné la religion réformée après avoir été instruite par le Père de la Rue, un jésuite. La seconde conversion est celle de Monsieur de Chanrosier, reconnu pour sa sagesse et souvent consulté par les réformés. À l'âge de soixante-cinq ans, après avoir souffert d'une apoplexie dont il s'est remis, il a décidé de se convertir au catholicisme. Il a sollicité le Père Anselme de Lisieux, un capucin, pour déclarer son désir de vivre et de mourir dans la foi catholique. Sa conversion s'est distinguée par un zèle et une piété exceptionnels.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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622
p. 272-274
Mort & Abjuration de M. Petit, de la Religion Pretenduë Reformée, [titre d'après la table]
Début :
M Petit, celebre Avocat au Parlement de Paris, est mort [...]
Mots clefs :
Avocat au parlement, Décès, Abjuration, Religion prétendue réformée, Erreurs, Vérité, Religion romaine, Conversion
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texteReconnaissance textuelle : Mort & Abjuration de M. Petit, de la Religion Pretenduë Reformée, [titre d'après la table]
Monfieur Petit , celebre Avocat
au Parlement de Paris , eſt
mort auſſi depuis quelques jours .
Il ſçavoit beaucoup , poffedoit
les belles Lettres , & apres avoir
plaidé avec applaudiſſement pédant
fon jeune âge , il avoit quité
les pénibles occupations da
Barreau ,pour ſe donner tout entier
à fon Cabinet. Si fa perte a
affligé fes Amis (il en avoit quantité
,&des plus honneſtes Gens)
ç'a
GALANT. 183
ç'a eſté pour eux un grand ſujet
de ſe conſoler , de ce que trois
jours avant fa mort , il a fait abjuration
de la Religion Prétenduë
Reformée. Il ya longtemps
qu'il l'examinoit , & qu'éclairé
des lumieresde Monfieur le Pré
ſident de laGrange,de Monfieur
Hervé, &de Monfieur Dorat,
Conſeillers à la Grand Chambre
, & fur tout de Monfieur de
Quatrehomme Conſeiller en la
Cour des Aydes, & de Monfieur
de la Tour, il tâchoit d'en penétrer
les erreurs. Il n'eſtoit point
obſtiné , & on luy a ſouvent entendu
dire , que n'ayant jamais
cherché que la verité
doutoit point que Dicu ne luy
il ne
fiſt finir ſes jours dans la veritable
Religion . L'effet a montré
qu'ayant efperé avec foy , fon
eſpérance a eſté heureuſement
rem
184 MERCURE
remplie. C'eſt entre les mains de
Monfieur le Curé de S. Loüis
qu'il a abjuré. Madame Lhuillier
ſa Niéce n'a pas peu contribué
à cette Converfion . Rien n'eſt fi
preſſant que les raiſons dont elle
ſe ſervit pour l'obliger à ouvrir
les yeux dans fa maladie.
au Parlement de Paris , eſt
mort auſſi depuis quelques jours .
Il ſçavoit beaucoup , poffedoit
les belles Lettres , & apres avoir
plaidé avec applaudiſſement pédant
fon jeune âge , il avoit quité
les pénibles occupations da
Barreau ,pour ſe donner tout entier
à fon Cabinet. Si fa perte a
affligé fes Amis (il en avoit quantité
,&des plus honneſtes Gens)
ç'a
GALANT. 183
ç'a eſté pour eux un grand ſujet
de ſe conſoler , de ce que trois
jours avant fa mort , il a fait abjuration
de la Religion Prétenduë
Reformée. Il ya longtemps
qu'il l'examinoit , & qu'éclairé
des lumieresde Monfieur le Pré
ſident de laGrange,de Monfieur
Hervé, &de Monfieur Dorat,
Conſeillers à la Grand Chambre
, & fur tout de Monfieur de
Quatrehomme Conſeiller en la
Cour des Aydes, & de Monfieur
de la Tour, il tâchoit d'en penétrer
les erreurs. Il n'eſtoit point
obſtiné , & on luy a ſouvent entendu
dire , que n'ayant jamais
cherché que la verité
doutoit point que Dicu ne luy
il ne
fiſt finir ſes jours dans la veritable
Religion . L'effet a montré
qu'ayant efperé avec foy , fon
eſpérance a eſté heureuſement
rem
184 MERCURE
remplie. C'eſt entre les mains de
Monfieur le Curé de S. Loüis
qu'il a abjuré. Madame Lhuillier
ſa Niéce n'a pas peu contribué
à cette Converfion . Rien n'eſt fi
preſſant que les raiſons dont elle
ſe ſervit pour l'obliger à ouvrir
les yeux dans fa maladie.
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Résumé : Mort & Abjuration de M. Petit, de la Religion Pretenduë Reformée, [titre d'après la table]
Monsieur Petit, avocat distingué au Parlement de Paris, est décédé récemment. Reconnu pour sa vaste érudition et son éloquence, il avait cessé sa carrière juridique pour se consacrer à ses études personnelles. Sa disparition a profondément affecté ses nombreux amis respectables. Ils ont toutefois trouvé du réconfort dans le fait qu'il avait abjuré la religion réformée trois jours avant sa mort. Cette décision résultait de longues réflexions, guidées par des conseillers influents comme Monsieur le Président de la Grange, Monsieur Hervé, Monsieur Dorat, Monsieur de Quatrehomme et Monsieur de la Tour. Petit souhaitait terminer ses jours dans la véritable religion. Son vœu a été exaucé grâce à l'intervention de Madame Lhuillier, sa nièce, qui a facilité sa conversion. La cérémonie d'abjuration a été conduite par Monsieur le Curé de Saint-Louis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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623
p. 275
Autre Abjuration de M. Ranchin, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait une autre Abjuration fort solemnelle. C'est celle [...]
Mots clefs :
Abjuration, Conseiller au Parlement, Religion romaine, Vérités
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Abjuration de M. Ranchin, [titre d'après la table]
Il s'eſt fait une autre Abjuration
fort folemnelle . C'eſt
celle de Monfieur de Ranchin
Conſeiller au Parlement de Tou.
louſe. Son eſprit luy a fait acquerir
une eſtime genérale , &
il porte un nom qui ne ſçauroit
vous eſtre inconnu. Des Perfonnes
de ce poids ne changent
jamais de party legerement , &
quand ils embraflent la Religion
Romaine , on doit croire qu'ils
ſont parfaitement convaincusdes
veritez donr ils ont voulu ſe faire
inſtruire.
fort folemnelle . C'eſt
celle de Monfieur de Ranchin
Conſeiller au Parlement de Tou.
louſe. Son eſprit luy a fait acquerir
une eſtime genérale , &
il porte un nom qui ne ſçauroit
vous eſtre inconnu. Des Perfonnes
de ce poids ne changent
jamais de party legerement , &
quand ils embraflent la Religion
Romaine , on doit croire qu'ils
ſont parfaitement convaincusdes
veritez donr ils ont voulu ſe faire
inſtruire.
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624
p. 6-10
Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Ce qui fait connoistre qu'il n'y a jamais eu que des Esprits [...]
Mots clefs :
Religion prétendue réformée, Erreur, Vérité, Catholique, Prêches, Controverse, Hérésie protestante, Conversions, Abjurations, Âme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Ce qui fait connoiftre qu'il
n'y a jamais eu que des Efprits
foibles , qui en paffant dans la
Religion Prétendue Reformée
fans la bien connoître , ayent
efté capables de préferer l'erreur
à la verité , c'est que tous les
jours ceux de cette Religion embraffent
la Catholique, apres une
entiere conviction des chofes
qui leur avoient donné fujet de
dout er
GALANT.
7
douter. Il ne faut que voir le
fruit que fait depuis quelque
temps le P. Alexis du Buc Theatin
, qui prêche tous les Dimanches
& jours de Feſte , la Controverfe
, dans l'Eglife de ceux de
fon Ordre.On y voit un concours
de monde extraordinaire , &
beaucoup de Proteftans y font
abjuration de leur Heréfie . Ily
en eut deux fort confiderables le
Mois paflé. L'une fut celle de
Monfieur Quoyriel de S. Ferriol,
d'une des premieres Maifons
du Dauphiné ; & l'autre , celle
de Meſdemoiſelles de Brueil
de Gercy de la Ville
de Sedan. Les decifions qui
éclairciffent les Points que l'on
met en Controverfe , fe donnent
publiquement , & il n'y a
perfonne qui ne refte convaincu
que toutes ces converfions fe
A iiij
8 MERCURE
doivent à la feule force de la
verité .
Monfieur de S. Eftienne Molinier
, de la Ville de Millau, a auffi
fait Abjuration depuis trois femajnes.
Quelques doutes qui
l'embaraffoient touchant l'invocation
des Saints , & le Purgatoire,
l'ayant fait refoudre d'aller s'en
éclaircir à Alby , qui eft à trois
journées de Millau , il y confera
avec Monfieur Arquier, Homme
d'une vertu & d'une érudition
peu commune , connu pour tel
dans toute la Province , & qui
pour cette raifon a efté fait le
Premier Métropolitain , par le
Premier Archevêque d'Alby. Ce
fut apres en avoir reçeu les lumieres
dont il eut befoin, qu'il fit
cette importante action entre fes
mains, dans la Chapelle du Seminaire
de Sainte Cecile , dont
Monfieur Arquier eſt Chanoine
GALANT.
gner
& qui paffe pour une des plus
belles Eglifes de toute l'Europe.
Vous voyez , Madame, que le zele
de Monfieur l'Archevêque
d'Alby fe fait remarquer en tout ,
Il a nommé de fi dignes Officiers
, que quand les affaires du
Clergé le contraignent à s'éloide
fon Dioceſe , ſon abſence
ne diminue rien des foins où
l'engage l'ardeur qu'il a de contribuer
de tout fon pouvoir à ce
qui regarde la converfion des
Ames . On ne peut douter que
celle dont je vous viens de parler,
n'ait efté fincere , puis que celuy
qui l'a faite a demeuré depuis ce
temps-là dans Alby , parce que
fes Parens qui font d'une tresbonne
Famille, ne le veulent plus
recevoir chez eux. Monfieur de
Saint Etienne a porté les Armes
, & on l'a veu Lieutenant.
A v
ΤΟ MERCURE
dans le Regiment de Vendofme.
n'y a jamais eu que des Efprits
foibles , qui en paffant dans la
Religion Prétendue Reformée
fans la bien connoître , ayent
efté capables de préferer l'erreur
à la verité , c'est que tous les
jours ceux de cette Religion embraffent
la Catholique, apres une
entiere conviction des chofes
qui leur avoient donné fujet de
dout er
GALANT.
7
douter. Il ne faut que voir le
fruit que fait depuis quelque
temps le P. Alexis du Buc Theatin
, qui prêche tous les Dimanches
& jours de Feſte , la Controverfe
, dans l'Eglife de ceux de
fon Ordre.On y voit un concours
de monde extraordinaire , &
beaucoup de Proteftans y font
abjuration de leur Heréfie . Ily
en eut deux fort confiderables le
Mois paflé. L'une fut celle de
Monfieur Quoyriel de S. Ferriol,
d'une des premieres Maifons
du Dauphiné ; & l'autre , celle
de Meſdemoiſelles de Brueil
de Gercy de la Ville
de Sedan. Les decifions qui
éclairciffent les Points que l'on
met en Controverfe , fe donnent
publiquement , & il n'y a
perfonne qui ne refte convaincu
que toutes ces converfions fe
A iiij
8 MERCURE
doivent à la feule force de la
verité .
Monfieur de S. Eftienne Molinier
, de la Ville de Millau, a auffi
fait Abjuration depuis trois femajnes.
Quelques doutes qui
l'embaraffoient touchant l'invocation
des Saints , & le Purgatoire,
l'ayant fait refoudre d'aller s'en
éclaircir à Alby , qui eft à trois
journées de Millau , il y confera
avec Monfieur Arquier, Homme
d'une vertu & d'une érudition
peu commune , connu pour tel
dans toute la Province , & qui
pour cette raifon a efté fait le
Premier Métropolitain , par le
Premier Archevêque d'Alby. Ce
fut apres en avoir reçeu les lumieres
dont il eut befoin, qu'il fit
cette importante action entre fes
mains, dans la Chapelle du Seminaire
de Sainte Cecile , dont
Monfieur Arquier eſt Chanoine
GALANT.
gner
& qui paffe pour une des plus
belles Eglifes de toute l'Europe.
Vous voyez , Madame, que le zele
de Monfieur l'Archevêque
d'Alby fe fait remarquer en tout ,
Il a nommé de fi dignes Officiers
, que quand les affaires du
Clergé le contraignent à s'éloide
fon Dioceſe , ſon abſence
ne diminue rien des foins où
l'engage l'ardeur qu'il a de contribuer
de tout fon pouvoir à ce
qui regarde la converfion des
Ames . On ne peut douter que
celle dont je vous viens de parler,
n'ait efté fincere , puis que celuy
qui l'a faite a demeuré depuis ce
temps-là dans Alby , parce que
fes Parens qui font d'une tresbonne
Famille, ne le veulent plus
recevoir chez eux. Monfieur de
Saint Etienne a porté les Armes
, & on l'a veu Lieutenant.
A v
ΤΟ MERCURE
dans le Regiment de Vendofme.
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Résumé : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Le texte évoque des conversions religieuses au sein de la religion catholique, où des protestants, après réflexion, choisissent de se convertir. Le Père Alexis du Buc, théatin, prêche la controverse dans son église et attire de nombreux protestants, dont Monsieur Quoyriel de Saint-Ferriol et les demoiselles de Brueil de Gercy de Sedan. Ces conversions sont attribuées à la démonstration publique de la vérité lors des discussions controversées. Monsieur de Saint-Étienne Molinier, de Millau, a également abjuré sa foi protestante après des échanges avec Monsieur Arquier, Premier Métropolitain d'Alby, qui ont clarifié ses doutes sur l'invocation des saints et le purgatoire. Cette conversion s'est déroulée dans la chapelle du séminaire de Sainte-Cécile. L'archevêque d'Alby est salué pour son zèle missionnaire et son travail continu pour la conversion des âmes. La sincérité de la conversion de Monsieur de Saint-Étienne est confirmée par son refus de retourner chez ses parents protestants respectables. Il a servi comme lieutenant dans le régiment de Vendôme.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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625
p. 129-131
Plusieurs Conversions en divers endroits du Royaume, [titre d'après la table]
Début :
Ces Messieurs, avant que de finir leur Assemblée, ont estably [...]
Mots clefs :
Conversions, Église, Abjurations, Religion prétendue réformée, Ministre, Erreurs, Controverses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Conversions en divers endroits du Royaume, [titre d'après la table]
Ces Meffieurs ,
avant que de finir leur Affemblée,
ont eftably quantité de Penfions
, non feulement pour les
nouveaux Convertis , mais auffi
en faveur des Illuftres qui travaillent
pour la gloire de l'Eglife.
Elles doivent eftre en affez
grand nombre pour les premiers,
puis que les abjurations de la
Religion Pretenduë reformée
deviennent de jour en jour plus
frequentes. Il s'en fit une tresconfiderable
le Dimanche onzieme
de ce mois . C'eft celle de
Monfieur Bazin ,fameux Miniſtre
d'Orthez au Dioceſe d'Efcar .
Quoy qu'il copre neuf Miniftres
dans fa Famille , dont l'exemple
Ei
F v
30 MERCURE
pouvoit l'affermir dans fes erreurs
, il les abjurà le jour que je
viens de vous marquer, entre les
mains de Monfieur l'Evefque
d'Acqs , à l'iffuë de la Controverfe
qui fe fait tous les Dimanches
apres Vefpres dans l'Eglife de
S. Sulpice par Monfieur le Vicaire
de cette Parroiffe . Le Sieur de
Beaumais , dit le Mercier de Paris
, y foûtient fous lay . Cette cerémonie
attira une affluence prodigieufe
de Peuple . Monfieur
l'Evefque de Geneve y affifta , &
foufcrivit à fon abjuration avec
Monfieur de la Bernaudiere Curé
de S. Sulpice .
La Miffion entretenue par Sa
Majefté à Marennes & aux autres
lieux du voisinage de la
Xaintonge , a converty plus de
fix- vingts Perfonnes depuis quatre
mois . C'est ainsi que Dieu
benit
GALANT.
131
benit en tous lieux les Ouvrages
de noftre augufte Monarque .
avant que de finir leur Affemblée,
ont eftably quantité de Penfions
, non feulement pour les
nouveaux Convertis , mais auffi
en faveur des Illuftres qui travaillent
pour la gloire de l'Eglife.
Elles doivent eftre en affez
grand nombre pour les premiers,
puis que les abjurations de la
Religion Pretenduë reformée
deviennent de jour en jour plus
frequentes. Il s'en fit une tresconfiderable
le Dimanche onzieme
de ce mois . C'eft celle de
Monfieur Bazin ,fameux Miniſtre
d'Orthez au Dioceſe d'Efcar .
Quoy qu'il copre neuf Miniftres
dans fa Famille , dont l'exemple
Ei
F v
30 MERCURE
pouvoit l'affermir dans fes erreurs
, il les abjurà le jour que je
viens de vous marquer, entre les
mains de Monfieur l'Evefque
d'Acqs , à l'iffuë de la Controverfe
qui fe fait tous les Dimanches
apres Vefpres dans l'Eglife de
S. Sulpice par Monfieur le Vicaire
de cette Parroiffe . Le Sieur de
Beaumais , dit le Mercier de Paris
, y foûtient fous lay . Cette cerémonie
attira une affluence prodigieufe
de Peuple . Monfieur
l'Evefque de Geneve y affifta , &
foufcrivit à fon abjuration avec
Monfieur de la Bernaudiere Curé
de S. Sulpice .
La Miffion entretenue par Sa
Majefté à Marennes & aux autres
lieux du voisinage de la
Xaintonge , a converty plus de
fix- vingts Perfonnes depuis quatre
mois . C'est ainsi que Dieu
benit
GALANT.
131
benit en tous lieux les Ouvrages
de noftre augufte Monarque .
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Résumé : Plusieurs Conversions en divers endroits du Royaume, [titre d'après la table]
L'assemblée a institué des pensions pour les nouveaux convertis et les personnalités influentes au service de l'Église. Le nombre de conversions depuis la religion prétendue réformée augmente. Une abjuration marquante a eu lieu le 11 du mois : Monsieur Bazin, ministre d'Orthez, a abjuré devant l'évêque d'Acqs après des controverses dominicales à l'église Saint-Sulpice. Le sieur de Beaumais, l'évêque de Genève et le curé de Saint-Sulpice étaient présents. La cérémonie a attiré une grande foule. Par ailleurs, la mission royale à Marennes et en Saintonge a converti plus de soixante personnes en quatre mois, illustrant les bénédictions divines sur les actions du monarque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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626
p. 316-318
ENIGME.
Début :
Vous n'aurez l'Article des Enigmes du dernier Mois, / Je sers le petit & le grand, [...]
Mots clefs :
Soulier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Vous n'aurez l'Article des
Enigmes du dernier Mois,
que dans la Lettre Extraordinaire
que je vous dois envoyer
le 15. d'Octobre. En
voicy cependant une en figure,
dont Europe ravie par
Jupiter changé en Taureau
fait le ſujet, & deux en Vers,
fur leſquelles vos Amies
exerceront leur talent de
deviner. La premiere de
celles qui ſont en Vers , eſt
de M' Vignier de Richelieu;
& l'autre, de M Rault de
Roüen .
ENIGME.
JEfers lepetit &le grand,
Chacunfelonson grém'alonge, on
me réforme.
Iefuisfimple,jesuis galant, f
Lereçoy,comme on veut, touteforte
deforme.
Iefuis en mesme temps Geolier &
prisonnier
Du Maistre, du Valet, du Clerc, de
l'Ecolier;
Ien'ay de mouvemet que celuy qu'on
medonnes
Tantoſtjesuis bienhaut, tantoftje
fuis bienbas;
Glorieux deporter une aimable Per-
Sonne,
Pour meporterauffi, je ne la preffe
Pas
Dd iij
318 MERCVRE
Lefuis chez clle dans mon centre,
On me tientproprement, on a grand
Soin demoy;
Mais pour mefaire agir, quand ce
feroit un Roy,
Ilfaut qu'auparavant on se mette
enson ventre.
Enigmes du dernier Mois,
que dans la Lettre Extraordinaire
que je vous dois envoyer
le 15. d'Octobre. En
voicy cependant une en figure,
dont Europe ravie par
Jupiter changé en Taureau
fait le ſujet, & deux en Vers,
fur leſquelles vos Amies
exerceront leur talent de
deviner. La premiere de
celles qui ſont en Vers , eſt
de M' Vignier de Richelieu;
& l'autre, de M Rault de
Roüen .
ENIGME.
JEfers lepetit &le grand,
Chacunfelonson grém'alonge, on
me réforme.
Iefuisfimple,jesuis galant, f
Lereçoy,comme on veut, touteforte
deforme.
Iefuis en mesme temps Geolier &
prisonnier
Du Maistre, du Valet, du Clerc, de
l'Ecolier;
Ien'ay de mouvemet que celuy qu'on
medonnes
Tantoſtjesuis bienhaut, tantoftje
fuis bienbas;
Glorieux deporter une aimable Per-
Sonne,
Pour meporterauffi, je ne la preffe
Pas
Dd iij
318 MERCVRE
Lefuis chez clle dans mon centre,
On me tientproprement, on a grand
Soin demoy;
Mais pour mefaire agir, quand ce
feroit un Roy,
Ilfaut qu'auparavant on se mette
enson ventre.
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627
p. 318-319
AUTRE ENIGME.
Début :
Ie n'aime que le sang, le meurtre, & le carnage, [...]
Mots clefs :
Araignée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTPE ENIGME..
Er'aime que lesang,le meurtre
le carnage,
Le plus cruelTyran l'est beaucoup
moins que moy.
Iefurprensdans levol ceux quifentent
ma rage,
Et d'un aspect affreux jedonnede
l'effroy.
as
L'imite les Brigans,&cherche une
Echanguere
GALANT. 319
D'où jepuiſſe opprimer ceux queje
mets àmort.
Helas!quandje les tiens, c'estune
affairefaite,
Leur arracher la vie, estmmoonnplus
doux effort.
Se
Deleurs corps exposezje mefais un
trophée;
Mais comme ils marquent trop ma
noire trahison,
L'évite rarement qu'en sa bile
échaufée,
Quelqu'un, pour m'en punir, n'abate
ma Maiſon .
Er'aime que lesang,le meurtre
le carnage,
Le plus cruelTyran l'est beaucoup
moins que moy.
Iefurprensdans levol ceux quifentent
ma rage,
Et d'un aspect affreux jedonnede
l'effroy.
as
L'imite les Brigans,&cherche une
Echanguere
GALANT. 319
D'où jepuiſſe opprimer ceux queje
mets àmort.
Helas!quandje les tiens, c'estune
affairefaite,
Leur arracher la vie, estmmoonnplus
doux effort.
Se
Deleurs corps exposezje mefais un
trophée;
Mais comme ils marquent trop ma
noire trahison,
L'évite rarement qu'en sa bile
échaufée,
Quelqu'un, pour m'en punir, n'abate
ma Maiſon .
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628
p. 7-21
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
En voicy d'autres, dont j'ay à vous faire part. [...]
Mots clefs :
Conversions, Abjurations, Vérité, Sermons, Ministres, Maximes catholiques, Sincérité, Erreurs, Inquisition, Hérésie, Couvent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
En voicy d'autres,
dont j'ay à vous faire
part. Celle de Guillaume-
Jofeph David , Chevalier,
Comte de Villemontade, eft
fort finguliere. Il eſt de Bretagne
, Fils de Mathurin
David,Seigneurde laRoche
bernard , Villemontade, &c.
& de Dame Mathurine
Jumel du Bordage , dans le
Dioceſe de S. Malo. Apres
A
iiij
8 MERCVRE
eftre forty des Etudes , &
avoir achevé fes Exercices,
les réfléxiós qu'il avoit faites
dés fes plus tendres années,
fur l'indifpenfable obligation
de chercher la verité,
fans s'obftiner dans l'erreur
par confidération de Famille
, commencerent à luy
faire fentir de grands troubles
. Il entendit diférens
Sermons dans nos Eglifes,
dont il fut affez touché,pour
s'accoûtumer à des Prati
ques de devotion contraires
à la Religion où il eftoit né.
Elles fervirent à fortifier le
GALANTM ,
deffein qu'il avoit eu de tour
temps de s'éclaircir de fes
doutes. Il confulta les plus
fçavans Miniftres qu'il put
trouver , & n'eftant point fak
tisfait de leurs réponfes , il
fe retira dans le Séminaire de
S. Lazare , où de jour en
jour on luy deffilloit les
yeux . M' de Villemontade
fon Pere , ayant eu avis
qu'il conféroit avec nos
Docteurs , prit un prétexte
éloigné pour le faire revenir.
Si -toft qu'il fut de retour , il
l'enferma dans un lieu , où il
fut traité pendant trois mois
10 MERCVRE
avec toutes les rigueurs ima
ginables. Il en comprit la
raiſon, & n'eut pas de peine
à voir quel eftoit fon crime.
Il foufrit longtemps cette
perfécution fans qu'on le
laiffaft parler à perfonne.
Enfin ayant reconnu que la
feinte feule luy rendroit la
liberté , il déclara que les
Maximes des Catholiques
qu'il avoit voulu fçavoir, n'avoient
fait que l'affermir
dans la Religion de fes
Peres , qu'il prétendoit y
mourir, & que s'il eftoit coupable
, ce ne pouvoit eftre
GALANT. II
que d'avoir efté trop cu
rieux. La fincerité qu'il
affecta ayant adoucy fon
Pere , non feulement il le
tira de priſon , mais il commença
de travailler à fon
élevation du cofté de la Forrune.
Les honneurs qu'il
luy vouloir affurer furent
incapables de l'ébloüir. II
s'échapa dés qu'il en trouva
l'occafion , & apres avoir
confulté tout de nouveau en
diférens Lieux ce qu'il ren
contra de fameux Miniſtres,
fans qu'il en reçeuft aucun
éclairciffement qui le far
12 MERCVRE
tisfift, il ceffa de balancer,
& enfin le 17. de Septembre,
il abjura les erreurs à Avignon
, entre les mains du
Pere de Péruffis , Maistre de
l'Inquifition , qui luy avoit
procuré quelques conférences
avec M' le Vice- Légat.
Cette action faite avec un
zele qui marquoit affez l'attrait
preffant de la Grace,,
fut fuivie d'une autre qu'on
n'attendoit pas. Il réfolut de
quiter le monde , & choifit
le Tiers Ordre de S. François,
par le motif d'un quatriéme
Vou de Pénitence
GALANT. 13
que l'on y fait, outre les trois
folemnels de Religion. C'eſt
par là que les Religieux de
cet Ordre font appellez Pénitens
. On les nomme auffi
Picpus , en beaucoup de
Villes du Royaume , à cauſe
d'un tres - beau Convent
qu'ils ont à Paris , dans
une Rue appellée Picpus.
Ce vertueux Poftulant fut
renvoyé à Lyon , où eſt le
Novitiat de la Province , &
y prit l'Habit le cinquième
d'Octobre dernier , avec le
nom de Frere François-
Marie. Sa ferveurſurprend,
14 MERCVRE
Vi
& comme il eft agé de vingtfix
ans , & qu'il n'a rien fait
qu'apres avoir bien déliberé,
il eft aifé de connoistre que
l'Eſprit de Dieu agit veritablement
en luy.
Pendant le fejour que
M' le Duc de Navailles a
1
fait depuis peu à la Rochelle
, deux jeunes Perfonnes
, Filles de M' Pagez,
d'une des meilleures Familles
de la Ville , ont abjuré
les mefmes erreurs. Le
foupçon qu'on avoit de
leur deffein les ayant fait
obferver , la Cadete ſe tira
GALANT. 15
爆
adroitement de la Maifon
de fon Pere , & vint à celle
de Ville , demander la pro
tection de Madame la Du
cheſſe de Navailles , pour
elle , & pour fon Aînée qui
eftoit dans le deffein de la
.
fuivre. Elle en fut reçeuë
avec toute forte d'affection ,
cette Ducheffe fe faiſant un
plaifir particulier de pro
teger ceux qui luy demandentazile,
& ayant d'ailleurs
l'ardeur la plus empreffée
pour tout ce qui touche la
Religion. Son Aînée trouva
peu de temps apres les
16 MERCVRE
moyens de s'échaper , &
toutes deux apres s'eftre fait
inftruire par M Vignier de
l'Oratoire , Curé de S. Barthelemy
, ont renoncé à
l'Hérefie de Calvin, Ce zelé
Paſteur les a fait mettre aux
Filles de la Providence , où
il a foin qu'elles ne manquent
d'aucune des chofes
qui leur peuvent eſtre ncceffaires.
La principale loüange
de cette bonne oeuvre,
eft deue aux manieres infinuantes
& perfuafives, auffibien
qu'à la pieté d'une
de leurs Soeurs aînées, qui
GALANT. 17
changea de Religion il y
a cinq ou fix mois. Madame
de Muns, Intendante
de Rochefort , à qui elle
avoit communiqué fon deffein
, l'ayant fait conduire à
Xaintes , au Convent des
Filles de Sainte Claire , elle
y embraffa les veritez Catholiques,
dont un fçavant
Recolet luy donna l'inftruction.
Depuis ce tempsM'de
Muns l'a recommandée au
Pere de la Chaife,& en a ob
tenu pour elle une Penfion
du Roy. Sa fage conduite a
toûjours édifié ces faintes
Decembre 1680. B
18 MERCVRE
Religieuses , & enfin elle eft
revenue à la Rochelle , où
M'le Duc, & Madame la Ducheffe
de Navailles , l'avoient
reconciliée avec les Parens ;
mais depuis la Converfion
de fes deux Cadetes , ils ne
veulent plus qu'on leur parle
d'elle. C'eft une Fille d'un
efprit fort avancé , quoy
qu'elle n'ait pas encor dixfept
ans. Madame la Du
cheffe de Navailles l'a confiée
en partant à Madame
de Fontmort , qui eft une
-Dame d'une genérofité fort
peu commune , & auffi
GALANT. 19
connue dans le monde
par les charmes de fon
entretien , que par l'agré
ment qu'elle fçait donner
à toutes fes Lettres . Elle
eft Coufine germaine de
Madame la Marquife de
Maintenon , & Petite- Fille
comme elle du fameux M
d'Aubigny , qui eut tant de
part à la confiance & à la faveur
de Henry le Grand .
Ces Converfions ont efté
fuivies de celle de M' Marie,
Avocat au Parlement ,
apres avoir longtemps combatu,
termina toutes les diffi
qui
Bij
20 MERCVRE
cultez qui l'arreftoient par
la folemnelle Abjuration:
qu'il fit le 17. de l'autre Mois ,
dans l'Eglife du Novitiat des
Jefuites , entre les mains du
Pere du Doy , Directeur
de la Congregation établie
dans cette Maiſon , avec qui
il avoit eu de fréquentes
conférences. Ileft de Grenoble
, & on a efté convaincu
de la fincerité de ſon
changement, non feulement
par les interefts du monde
, aufquels il a genéreuſement
renoncé, abandonant
tous les avantages que luy
4
GALANT 21
ofroient fes Parens , mais
encor par les Motifs qu'il a
prononcez en Robe au pied
de l'Autel, & cela d'une maniere
fi édifiante , qu'il s'eſt
attiré
l'admiration de quan
tité de
Perſonnes de la premiere
qualité, qui ont efté
témoins de cette action,
dont j'ay à vous faire
part. Celle de Guillaume-
Jofeph David , Chevalier,
Comte de Villemontade, eft
fort finguliere. Il eſt de Bretagne
, Fils de Mathurin
David,Seigneurde laRoche
bernard , Villemontade, &c.
& de Dame Mathurine
Jumel du Bordage , dans le
Dioceſe de S. Malo. Apres
A
iiij
8 MERCVRE
eftre forty des Etudes , &
avoir achevé fes Exercices,
les réfléxiós qu'il avoit faites
dés fes plus tendres années,
fur l'indifpenfable obligation
de chercher la verité,
fans s'obftiner dans l'erreur
par confidération de Famille
, commencerent à luy
faire fentir de grands troubles
. Il entendit diférens
Sermons dans nos Eglifes,
dont il fut affez touché,pour
s'accoûtumer à des Prati
ques de devotion contraires
à la Religion où il eftoit né.
Elles fervirent à fortifier le
GALANTM ,
deffein qu'il avoit eu de tour
temps de s'éclaircir de fes
doutes. Il confulta les plus
fçavans Miniftres qu'il put
trouver , & n'eftant point fak
tisfait de leurs réponfes , il
fe retira dans le Séminaire de
S. Lazare , où de jour en
jour on luy deffilloit les
yeux . M' de Villemontade
fon Pere , ayant eu avis
qu'il conféroit avec nos
Docteurs , prit un prétexte
éloigné pour le faire revenir.
Si -toft qu'il fut de retour , il
l'enferma dans un lieu , où il
fut traité pendant trois mois
10 MERCVRE
avec toutes les rigueurs ima
ginables. Il en comprit la
raiſon, & n'eut pas de peine
à voir quel eftoit fon crime.
Il foufrit longtemps cette
perfécution fans qu'on le
laiffaft parler à perfonne.
Enfin ayant reconnu que la
feinte feule luy rendroit la
liberté , il déclara que les
Maximes des Catholiques
qu'il avoit voulu fçavoir, n'avoient
fait que l'affermir
dans la Religion de fes
Peres , qu'il prétendoit y
mourir, & que s'il eftoit coupable
, ce ne pouvoit eftre
GALANT. II
que d'avoir efté trop cu
rieux. La fincerité qu'il
affecta ayant adoucy fon
Pere , non feulement il le
tira de priſon , mais il commença
de travailler à fon
élevation du cofté de la Forrune.
Les honneurs qu'il
luy vouloir affurer furent
incapables de l'ébloüir. II
s'échapa dés qu'il en trouva
l'occafion , & apres avoir
confulté tout de nouveau en
diférens Lieux ce qu'il ren
contra de fameux Miniſtres,
fans qu'il en reçeuft aucun
éclairciffement qui le far
12 MERCVRE
tisfift, il ceffa de balancer,
& enfin le 17. de Septembre,
il abjura les erreurs à Avignon
, entre les mains du
Pere de Péruffis , Maistre de
l'Inquifition , qui luy avoit
procuré quelques conférences
avec M' le Vice- Légat.
Cette action faite avec un
zele qui marquoit affez l'attrait
preffant de la Grace,,
fut fuivie d'une autre qu'on
n'attendoit pas. Il réfolut de
quiter le monde , & choifit
le Tiers Ordre de S. François,
par le motif d'un quatriéme
Vou de Pénitence
GALANT. 13
que l'on y fait, outre les trois
folemnels de Religion. C'eſt
par là que les Religieux de
cet Ordre font appellez Pénitens
. On les nomme auffi
Picpus , en beaucoup de
Villes du Royaume , à cauſe
d'un tres - beau Convent
qu'ils ont à Paris , dans
une Rue appellée Picpus.
Ce vertueux Poftulant fut
renvoyé à Lyon , où eſt le
Novitiat de la Province , &
y prit l'Habit le cinquième
d'Octobre dernier , avec le
nom de Frere François-
Marie. Sa ferveurſurprend,
14 MERCVRE
Vi
& comme il eft agé de vingtfix
ans , & qu'il n'a rien fait
qu'apres avoir bien déliberé,
il eft aifé de connoistre que
l'Eſprit de Dieu agit veritablement
en luy.
Pendant le fejour que
M' le Duc de Navailles a
1
fait depuis peu à la Rochelle
, deux jeunes Perfonnes
, Filles de M' Pagez,
d'une des meilleures Familles
de la Ville , ont abjuré
les mefmes erreurs. Le
foupçon qu'on avoit de
leur deffein les ayant fait
obferver , la Cadete ſe tira
GALANT. 15
爆
adroitement de la Maifon
de fon Pere , & vint à celle
de Ville , demander la pro
tection de Madame la Du
cheſſe de Navailles , pour
elle , & pour fon Aînée qui
eftoit dans le deffein de la
.
fuivre. Elle en fut reçeuë
avec toute forte d'affection ,
cette Ducheffe fe faiſant un
plaifir particulier de pro
teger ceux qui luy demandentazile,
& ayant d'ailleurs
l'ardeur la plus empreffée
pour tout ce qui touche la
Religion. Son Aînée trouva
peu de temps apres les
16 MERCVRE
moyens de s'échaper , &
toutes deux apres s'eftre fait
inftruire par M Vignier de
l'Oratoire , Curé de S. Barthelemy
, ont renoncé à
l'Hérefie de Calvin, Ce zelé
Paſteur les a fait mettre aux
Filles de la Providence , où
il a foin qu'elles ne manquent
d'aucune des chofes
qui leur peuvent eſtre ncceffaires.
La principale loüange
de cette bonne oeuvre,
eft deue aux manieres infinuantes
& perfuafives, auffibien
qu'à la pieté d'une
de leurs Soeurs aînées, qui
GALANT. 17
changea de Religion il y
a cinq ou fix mois. Madame
de Muns, Intendante
de Rochefort , à qui elle
avoit communiqué fon deffein
, l'ayant fait conduire à
Xaintes , au Convent des
Filles de Sainte Claire , elle
y embraffa les veritez Catholiques,
dont un fçavant
Recolet luy donna l'inftruction.
Depuis ce tempsM'de
Muns l'a recommandée au
Pere de la Chaife,& en a ob
tenu pour elle une Penfion
du Roy. Sa fage conduite a
toûjours édifié ces faintes
Decembre 1680. B
18 MERCVRE
Religieuses , & enfin elle eft
revenue à la Rochelle , où
M'le Duc, & Madame la Ducheffe
de Navailles , l'avoient
reconciliée avec les Parens ;
mais depuis la Converfion
de fes deux Cadetes , ils ne
veulent plus qu'on leur parle
d'elle. C'eft une Fille d'un
efprit fort avancé , quoy
qu'elle n'ait pas encor dixfept
ans. Madame la Du
cheffe de Navailles l'a confiée
en partant à Madame
de Fontmort , qui eft une
-Dame d'une genérofité fort
peu commune , & auffi
GALANT. 19
connue dans le monde
par les charmes de fon
entretien , que par l'agré
ment qu'elle fçait donner
à toutes fes Lettres . Elle
eft Coufine germaine de
Madame la Marquife de
Maintenon , & Petite- Fille
comme elle du fameux M
d'Aubigny , qui eut tant de
part à la confiance & à la faveur
de Henry le Grand .
Ces Converfions ont efté
fuivies de celle de M' Marie,
Avocat au Parlement ,
apres avoir longtemps combatu,
termina toutes les diffi
qui
Bij
20 MERCVRE
cultez qui l'arreftoient par
la folemnelle Abjuration:
qu'il fit le 17. de l'autre Mois ,
dans l'Eglife du Novitiat des
Jefuites , entre les mains du
Pere du Doy , Directeur
de la Congregation établie
dans cette Maiſon , avec qui
il avoit eu de fréquentes
conférences. Ileft de Grenoble
, & on a efté convaincu
de la fincerité de ſon
changement, non feulement
par les interefts du monde
, aufquels il a genéreuſement
renoncé, abandonant
tous les avantages que luy
4
GALANT 21
ofroient fes Parens , mais
encor par les Motifs qu'il a
prononcez en Robe au pied
de l'Autel, & cela d'une maniere
fi édifiante , qu'il s'eſt
attiré
l'admiration de quan
tité de
Perſonnes de la premiere
qualité, qui ont efté
témoins de cette action,
Fermer
Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Le texte relate plusieurs conversions religieuses marquantes. Guillaume-Joseph David, Comte de Villemontade, originaire de Bretagne, a été influencé par des réflexions sur la vérité religieuse dès son jeune âge. Après des discussions infructueuses avec divers ministres et docteurs, il s'est retiré au Séminaire de Saint-Lazare. Malgré l'opposition paternelle, il a abjuré le protestantisme à Avignon le 17 septembre et a rejoint le Tiers Ordre de Saint-François, prenant le nom de Frère François-Marie. À La Rochelle, deux filles de la famille Pagez ont également abjuré le calvinisme sous la protection de la Duchesse de Navailles et avec l'aide du curé Vignier. Une autre jeune fille, convertie grâce à l'Intendante de Rochefort, a été recommandée au Père de la Chaise et a reçu une pension royale. La Duchesse de Navailles l'a confiée à Madame de Fontmort, connue pour sa générosité et son esprit. Le texte mentionne aussi la conversion d'une femme issue d'une famille liée à Madame la Marquise de Maintenon et à Monsieur d'Aubigny, favori d'Henri IV. De plus, Monsieur Marie, avocat au Parlement, a abjuré solennellement sa foi précédente le 17 du mois précédent dans l'église du noviciat des Jésuites à Grenoble. Cette abjuration, supervisée par le Père du Doy, a suivi plusieurs conférences préparatoires. La sincérité de sa conversion a été démontrée par son renoncement aux intérêts mondains et aux avantages familiaux. Il a prononcé des motifs édifiants en robe au pied de l'autel, attirant l'admiration de nombreuses personnes de haut rang présentes lors de cet événement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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629
p. 229
Conversion, [titre d'après la table]
Début :
Le P. Aléxis du Bus, Theatin, continuant d'appliquer ses soins [...]
Mots clefs :
Âme, Salut, Erreurs, Religion prétendue réformée, Abjuration, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversion, [titre d'après la table]
Le P. Alexis du Buc, Thea
tin , continuant d'appliquer
fes foins au falut des Ames,
a fait connoiftre à Madame
de Vallegrand & à deuxde ſes '
Enfans, les erreurs de la Reli
gion Prétendue Reformée .
Ils en firent abjuration entre
fes mains le fecond jour de
ce Mois , dans l'Eglife des
grandes Carmelites . La Maifon
de Vallegrand eft une
des premieres de Champa
gne,
tin , continuant d'appliquer
fes foins au falut des Ames,
a fait connoiftre à Madame
de Vallegrand & à deuxde ſes '
Enfans, les erreurs de la Reli
gion Prétendue Reformée .
Ils en firent abjuration entre
fes mains le fecond jour de
ce Mois , dans l'Eglife des
grandes Carmelites . La Maifon
de Vallegrand eft une
des premieres de Champa
gne,
Fermer
630
p. 4-15
Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay parlé de la Déclaration qui enjoint aux Officiers [...]
Mots clefs :
Déclarations, Ministres, Religion prétendue réformée, Catholique, Vérité, Erreurs, Abjuration, Hérésie, Conversions, Missions
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texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Jevous ay parlé
de la Déclaration qui enjoint
aux Officiers de Juftice
de fe tranfporter dans les
MA
GALANT. 5
Maiſons des Malades de la
Religion Prétenduë Refor
mée, pour fçavoir d'eux s'ils
ont deffein d'y mourir , &
leur donner par ces fortes
de vifites une entiere liberté
d'expliquer leurs fentimens.
Elle fut regiftrée le Jeudy
23. de l'autre Mois , en
l'Audience du Préfidial de
Niort, & deux jours apres it
y'eur occafion d'en tirer du
fruit. Marie Meftayer, Fem
me de Louis Vilain S de
Grandmaiſon , dangereufement
malade , eftoit fi fort
obfedée de fes Miniftres,
A iij
6 MERCVRE
que quelque envie qu'elle
témoignaſt de s'éclaircir de
beaucoup de doutes , elle ne
pouvoit trouver moyen de
faire appeller aucun Catholique.
"M' de Fontmor Préfident
& Lieutenant
Ge
neral de la Ville , fe rendit
chez cette Femme, en vertu
de la Déclaration
dont je
viens de vous parler. Elle
luy marqua la joye qu'elle
avoit de ce que fa prefence
luy donnoit la liberté de fatisfaire
à ce que Dieu vouloit
d'elle , & luy déclara
devant M' le Procureur du
GALANT 7
Roy, que jamais elle n'avoit
efté bien perfuadée de la
Religion qu'elle profeffoit.
Alors ce Préfident prenant
la parole , luy dit les choles
du monde les plus tou
chantes , & employa des raifonnemens
fi forts pour luy
faire connoiftre
la verité,
qu'eftant pleinement convaincue
de ſes erreurs , elle
demanda à y renoncer. On
fit venir auffit Cer. On
le Pere
Gardien des Capucins qui
en reçeur l'Abjuration , &
qui luy donna les inftru
ctions dont elle eut befoin.
A iiij
8 MERCVRE
M de Fontmort ne la quita
qu'apres de grandes marques
de liberalité qu'il laiffa
chez elle. Il les reitera le
lendemain par quantité de
rafraîchiffemens qu'il fit
porter à cette Malade . Elle
ne fut pas la feule qui abjura
l'Heréne. Son Mary voulut
fuivre fon exemple , & prit
des Lettres de recommandation
de ce Président pour
aller à Poitiers fe faire inftruire.
Cela nous fait voir
combien il eftoit neceffaire
que par une fi juſte précaution
Sa Majefté pourveuft
GALANT.
aux contraintes , dans lef
quelles les Malades de la
Religion de Calvin font
prefque toujours retenus
par leurs Parens qui les obfedent
au lit de la mort.
Il en eft beaucoup qui
n'attendent pas ces derniers
momens pour
ſe tirer d'un
Party où le péril eft fi manifelte.
Ce ne font par tout
que Converſions , & le Pere
Tiburce de Copiac Capucin
, & quelques Religieux
de ce mefme Ordre , en ont
fait un fort grand nombre
dans leur Miffion de Lunel
*
10 MERCVRE
en Languedoc. C'eſt une
Ville du Diocefe de Montpellier.
Parmy les Religionnaires
de l'un & de l'autre Se-
-xe qu'ils ont convertis ,il s'en
trouve trois des principaux
de la Ville. Le premier eft
Noble François de Cadolle,
Seigneur de Cannau , Capitaine
dans le Regiment de
Champagne, & Major dans
la Citadelle de Montpellier
..
Il a fervy depuis vingt- cinq
ou trente ans dans les Armées
de Flandre , d'Allemagne
& de Catalogne , &
a eu divers CommandeGALANT.
It
mens aux Sieges des Villes..
Les playes dont tout fon
Corps eft couvert en font
une preuve.Ila plufieursFreres
Capitaines. L'Aîné qui
demeure à Montpellier
, &
qu'on appelle M de Cadolle
, a fait la mefme Abju
ration avec Madame fa
Femme & tousleurs Enfans,
dont il y en a qui ſont Officiers
dans les Armées . M
de Cadelle font d'une Nobleffe
tres- cófidérable dans
le Languedoc , & Co-Seigneurs
avec le Roy de la
Ville de Lunel.
*
12 MERCVRE
M de Nicol s'eft converty
dans le mefme temps .
Il eft à préfent le premier
Conful de Lunel , & a fait
fon entrée aux Etats du Languedoc
qui fe font tenus
dans Montpellier , où il a
efté reçeu à l'Office de Correcteur.
C'est une Charge
des plus importantes dans
la Cour des Aydes, Mef
fieurs des Etats luy ont mar
qué une extréme joye de cet
heureux changement.
Elle n'a pas efté moindre
pour celuy de M de Boſenguet
, l'un des plus honGALANT.
13
neftes Hommes, & des plus
riches de toute la Ville. Son
exemple a efté fuivy de fes
Enfans qui font en grand
nombre. Ila un Fils Lieutenant-
Major dans un Regiment.
Tous les Catholiques
de Montpellier en ont fait
des réjouiffances publiques
par dés Feux allumez devant
leurs Portes apres le Te
-Deum chanté folemnellement.
Ces utiles Miffions
font voir le foin que M
l'Evefque de Montpellier
prendde fon Troupeau . On
ne doit pas moins eftimer le
14 MERCVRE
zele de M' l'Evefque de
Nifmes , qui eftant voiſin,
& s'appliquant tout entier à
ce qui peut eftre avantageux
àl'Eglife , a donné pouvoir
aux mefmes Miffionnaires
de recevoir l'Abjuration de
ceux de fon Dioceſe.
Il s'eft faitune autre Mil
fion à Bourges avec beaucoup
de fuccés. M' l'Abbé
Hervé , Fils de M' Hervé,
Confeiller en la Grande
Chambre du Parlement de
Paris , qui a fait en tant de
Lieux des Converfions admirables,
en eftoit le Chef.
GALANT. K
Cette Miffion fut terminée
le 12. de l'autre Mois par un
excellent Difcours que M
Laurent Chanoine prononça
dans la Métropoli
taine. Ce Difcours , qui
eftoit adreffé à M' l'Arche
vefque de Bourges , fit voir
que ce grand Prélat eftoit
le Fleuve de l'Ecriture qu'on
vit changé en Lumiere & en
Soleil.
de la Déclaration qui enjoint
aux Officiers de Juftice
de fe tranfporter dans les
MA
GALANT. 5
Maiſons des Malades de la
Religion Prétenduë Refor
mée, pour fçavoir d'eux s'ils
ont deffein d'y mourir , &
leur donner par ces fortes
de vifites une entiere liberté
d'expliquer leurs fentimens.
Elle fut regiftrée le Jeudy
23. de l'autre Mois , en
l'Audience du Préfidial de
Niort, & deux jours apres it
y'eur occafion d'en tirer du
fruit. Marie Meftayer, Fem
me de Louis Vilain S de
Grandmaiſon , dangereufement
malade , eftoit fi fort
obfedée de fes Miniftres,
A iij
6 MERCVRE
que quelque envie qu'elle
témoignaſt de s'éclaircir de
beaucoup de doutes , elle ne
pouvoit trouver moyen de
faire appeller aucun Catholique.
"M' de Fontmor Préfident
& Lieutenant
Ge
neral de la Ville , fe rendit
chez cette Femme, en vertu
de la Déclaration
dont je
viens de vous parler. Elle
luy marqua la joye qu'elle
avoit de ce que fa prefence
luy donnoit la liberté de fatisfaire
à ce que Dieu vouloit
d'elle , & luy déclara
devant M' le Procureur du
GALANT 7
Roy, que jamais elle n'avoit
efté bien perfuadée de la
Religion qu'elle profeffoit.
Alors ce Préfident prenant
la parole , luy dit les choles
du monde les plus tou
chantes , & employa des raifonnemens
fi forts pour luy
faire connoiftre
la verité,
qu'eftant pleinement convaincue
de ſes erreurs , elle
demanda à y renoncer. On
fit venir auffit Cer. On
le Pere
Gardien des Capucins qui
en reçeur l'Abjuration , &
qui luy donna les inftru
ctions dont elle eut befoin.
A iiij
8 MERCVRE
M de Fontmort ne la quita
qu'apres de grandes marques
de liberalité qu'il laiffa
chez elle. Il les reitera le
lendemain par quantité de
rafraîchiffemens qu'il fit
porter à cette Malade . Elle
ne fut pas la feule qui abjura
l'Heréne. Son Mary voulut
fuivre fon exemple , & prit
des Lettres de recommandation
de ce Président pour
aller à Poitiers fe faire inftruire.
Cela nous fait voir
combien il eftoit neceffaire
que par une fi juſte précaution
Sa Majefté pourveuft
GALANT.
aux contraintes , dans lef
quelles les Malades de la
Religion de Calvin font
prefque toujours retenus
par leurs Parens qui les obfedent
au lit de la mort.
Il en eft beaucoup qui
n'attendent pas ces derniers
momens pour
ſe tirer d'un
Party où le péril eft fi manifelte.
Ce ne font par tout
que Converſions , & le Pere
Tiburce de Copiac Capucin
, & quelques Religieux
de ce mefme Ordre , en ont
fait un fort grand nombre
dans leur Miffion de Lunel
*
10 MERCVRE
en Languedoc. C'eſt une
Ville du Diocefe de Montpellier.
Parmy les Religionnaires
de l'un & de l'autre Se-
-xe qu'ils ont convertis ,il s'en
trouve trois des principaux
de la Ville. Le premier eft
Noble François de Cadolle,
Seigneur de Cannau , Capitaine
dans le Regiment de
Champagne, & Major dans
la Citadelle de Montpellier
..
Il a fervy depuis vingt- cinq
ou trente ans dans les Armées
de Flandre , d'Allemagne
& de Catalogne , &
a eu divers CommandeGALANT.
It
mens aux Sieges des Villes..
Les playes dont tout fon
Corps eft couvert en font
une preuve.Ila plufieursFreres
Capitaines. L'Aîné qui
demeure à Montpellier
, &
qu'on appelle M de Cadolle
, a fait la mefme Abju
ration avec Madame fa
Femme & tousleurs Enfans,
dont il y en a qui ſont Officiers
dans les Armées . M
de Cadelle font d'une Nobleffe
tres- cófidérable dans
le Languedoc , & Co-Seigneurs
avec le Roy de la
Ville de Lunel.
*
12 MERCVRE
M de Nicol s'eft converty
dans le mefme temps .
Il eft à préfent le premier
Conful de Lunel , & a fait
fon entrée aux Etats du Languedoc
qui fe font tenus
dans Montpellier , où il a
efté reçeu à l'Office de Correcteur.
C'est une Charge
des plus importantes dans
la Cour des Aydes, Mef
fieurs des Etats luy ont mar
qué une extréme joye de cet
heureux changement.
Elle n'a pas efté moindre
pour celuy de M de Boſenguet
, l'un des plus honGALANT.
13
neftes Hommes, & des plus
riches de toute la Ville. Son
exemple a efté fuivy de fes
Enfans qui font en grand
nombre. Ila un Fils Lieutenant-
Major dans un Regiment.
Tous les Catholiques
de Montpellier en ont fait
des réjouiffances publiques
par dés Feux allumez devant
leurs Portes apres le Te
-Deum chanté folemnellement.
Ces utiles Miffions
font voir le foin que M
l'Evefque de Montpellier
prendde fon Troupeau . On
ne doit pas moins eftimer le
14 MERCVRE
zele de M' l'Evefque de
Nifmes , qui eftant voiſin,
& s'appliquant tout entier à
ce qui peut eftre avantageux
àl'Eglife , a donné pouvoir
aux mefmes Miffionnaires
de recevoir l'Abjuration de
ceux de fon Dioceſe.
Il s'eft faitune autre Mil
fion à Bourges avec beaucoup
de fuccés. M' l'Abbé
Hervé , Fils de M' Hervé,
Confeiller en la Grande
Chambre du Parlement de
Paris , qui a fait en tant de
Lieux des Converfions admirables,
en eftoit le Chef.
GALANT. K
Cette Miffion fut terminée
le 12. de l'autre Mois par un
excellent Difcours que M
Laurent Chanoine prononça
dans la Métropoli
taine. Ce Difcours , qui
eftoit adreffé à M' l'Arche
vefque de Bourges , fit voir
que ce grand Prélat eftoit
le Fleuve de l'Ecriture qu'on
vit changé en Lumiere & en
Soleil.
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Résumé : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Au XVIIe siècle en France, une déclaration ordonnait aux officiers de justice de visiter les protestants malades pour leur offrir la possibilité de se convertir au catholicisme avant leur décès. Cette déclaration fut enregistrée le 23 du mois précédent par le Présidial de Niort. Deux jours plus tard, Marie Mestayer, épouse de Louis Vilain de Grandmaison, gravement malade et influencée par ses ministres protestants, fut visitée par M. de Fontmort, Président et Lieutenant général de la ville. Marie Mestayer exprima son désir de clarifier ses doutes mais ne pouvait appeler un catholique. M. de Fontmort lui offrit la liberté de se convertir. Convaincue de ses erreurs, elle abjura le protestantisme en présence du Père Gardien des Capucins, qui reçut son abjuration et lui donna les instructions nécessaires. Son mari suivit son exemple et obtint des lettres de recommandation pour se faire instruire à Poitiers. Le texte souligne l'importance de telles précautions pour permettre aux protestants de se convertir avant leur mort, souvent retenus par leurs proches. De nombreuses conversions eurent lieu, notamment à Lunel en Languedoc, où plusieurs notables, comme François de Cadolle et M. de Nicol, se convertirent. Ces conversions furent célébrées par des réjouissances publiques. Les missions de conversion étaient également actives à Bourges, dirigées par l'abbé Hervé, avec un discours final prononcé par M. Laurent, Chanoine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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631
p. 253-262
Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Le zele que le Roy fait éclater en toutes rencontres [...]
Mots clefs :
Zèle, Vraie religion, Religion prétendue réformée, Abjurations, Erreurs, Conversions, Église, Vérité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Le zele que le Roy fait
éclater en toutes rencontres
pour les chofes qui
regardent l'intéreſt de la
vraye Religion , eft vifiblement
récompenfé
par les
grandes pertes que fait tous
les jours la Prétendue Réformée.
Il eft furprenant
254 MEROVRE
d'avoir veu deux cens Perfonnes
enabjurer les erreurs
toutes à la fois. C'est ce qui
vient d'arriver dans les Villages
de Chenay & de Chey,
Diocefe de Poitiers . Ceux
de ce Party devroient bien
par là rentrer en eux - mefmes,
& s'appliquer tout- debon
à chercher la verité, qui
fe découvre toûjours , lors
que l'obftination ne la cache
point. La Converſion
de Madame de Gritin en eft
pour eux une preuve. Cette
Dame, qui par l'étendue de
fes lumieres fembloit forti
GALANT 255
her leur
aveuglement , apres
avoir combatu pédant deux
ans , a efté enfin contrainte
à fe rendre. Vous pouvez
juger de fon efprit par la
belle Lettre que je vous envoyay
au mois de Novembre
, dans laquelle eft contenue
l'Hiftoire
extraordinaire
de cette jeune Perfonne
, que fes Parcns avoient
forcée à fe marier. C'eft elle
qui l'a écrite. Le long temps
qu'elle a employé à contef
ter, nous fait affez voir que
fi elle a changé de Religion,
ce n'a pas efté fans connoif
.
256 MERCVRE
fance de cauſe. Nous devons
fon changement, ainfi que
celuy de M' de Gritin fon
Mary, aux foins de M' Vi
gnier , qui y a travaillé avec
une affiduité extraordinaire,
& qui ne l'a point voulu
abandonner , qu'il ne lait
tirée du précipice où elle
eftoit , pour la faire entrer
dans le bon chemin. Elle
abjura au commencement
de ce mois dans l'Eglife de
M" de la Miffion de Riche
lieu, & on peut dire qu'elle a
pratiqué le confeil de l'E
vangile, puis qu'elle a quité
GALANT. 257
Parens & Amis , & qu'elle
s'eft mefme brouillée avec
Madame fa Mere, pour qui
elle a toûjours eu un tresgrand
refpect , & dont elle
eftoit aimée avec toute la
tendreffe imaginable. "
Le Mardy u . de ce mois,
Mademoiſelle de la Mote
de la Godinelaye fit la mefme
abjuration dans l'Eglife
des Religieufes Urfulines de
Rennes. Elle eft âgée de
vingt- trois ans. Madame fa
Mère s'eftoit remariée au
篆
Miniftre de l'Eglife des Prés
tendus Réformez , & avoit
Février 1681. Y
258 MERCVRE
mis aupres d'elle une Gou
vernante des plus obftinées
dans fes erreurs . Cette jeune
Demoiselle n'a pas laiffé de
venir à bout de la convertir,
apres avoir efté convaincue
des veritez de noftre Religion
par l'excellent Livre de
M ' l'Evefque de Condom ,
que luy avoit expliqué M
du Pleffis - Bardoul , Gentilhomme
de fes Voifins à la
Campagne. Elle avoit dit
fort longtemps , qu'elle ef
toit de la Religion du Livre
de M de Condom , mais elle
fe croyoit bien fodée à croire
GALANT 259
que la ReligionRomaine n'y
eftoit pas conforme. On luy
afait venir toutes les Atteftations
qui ont efté données
pour ce Livre, & on l'a fi pleinemét
éclaircie de quelques
Points qui l'embarafſoient,
qu'elle n'a pû davantage
fermer les yeux à la verité.
Je vous ay parlé dans ma
Lettre de Decembre , de
Madame de Fontmort, Préfidente
à Niort , à qui Madame
la Ducheffe de Navailles
en partant de la Ro
chelle , avoit confié Mademoiſelle
Pagez apres ſa Con-
Y ij
260 MERCVRE
verfion. Cette Dame, dont
la vertu eftoit tres - connue,
amena icy dans ce mefme
mois trois de fes Niéces de
le Religion Prétenduë Réformée
, dans l'efpérance de
la leur faire abjurer en préfence
de la Cour. Elle a
employé toutes fortes de
moyens pour venie à bout
de ce deffein , & n'a réuffy
que pour la Cadere , que
Madame la Marquife de
Maintenon fa Parente , a
prife aupres d'elle . Les deux
Aînées n'ayant voulu entrer
en aucune explication fur les
GALANT 2611
Points cotroverfez, Madame:
de Fontmort s'eftoit yeuë
scontrainte de les remener
en Poitou , où de tres- pref
fantes Lettres les rappelloient.
Elle cfpéroit les gagner
avec le temps , & c'eftoit
par là qu'elle n'avoit
pû les laiffer partir fans leur
tenir compagnie , mais elle
n'a fait qu'une partie du
voyage, ayant efté attaquée
au Port de Pile d'une apo
pléxie fi violente dans la nuit
du 12.au 13. de ce mois, qu'
elle en eft morte fix heures .
apres. C'eftune perte confi
262 MERCVRE
dérable pour les beaux Efprits
de la Province, & pour
tous ceux dont elle pre - 1
noit les intérefts . Elle eftoit
d'une libéralité fans exemple,
& peu de Perfonnes luy
ont demandé fa protection ,
fans qu'elle leur ait donné
des marques d'une genéro
peu commune,
éclater en toutes rencontres
pour les chofes qui
regardent l'intéreſt de la
vraye Religion , eft vifiblement
récompenfé
par les
grandes pertes que fait tous
les jours la Prétendue Réformée.
Il eft furprenant
254 MEROVRE
d'avoir veu deux cens Perfonnes
enabjurer les erreurs
toutes à la fois. C'est ce qui
vient d'arriver dans les Villages
de Chenay & de Chey,
Diocefe de Poitiers . Ceux
de ce Party devroient bien
par là rentrer en eux - mefmes,
& s'appliquer tout- debon
à chercher la verité, qui
fe découvre toûjours , lors
que l'obftination ne la cache
point. La Converſion
de Madame de Gritin en eft
pour eux une preuve. Cette
Dame, qui par l'étendue de
fes lumieres fembloit forti
GALANT 255
her leur
aveuglement , apres
avoir combatu pédant deux
ans , a efté enfin contrainte
à fe rendre. Vous pouvez
juger de fon efprit par la
belle Lettre que je vous envoyay
au mois de Novembre
, dans laquelle eft contenue
l'Hiftoire
extraordinaire
de cette jeune Perfonne
, que fes Parcns avoient
forcée à fe marier. C'eft elle
qui l'a écrite. Le long temps
qu'elle a employé à contef
ter, nous fait affez voir que
fi elle a changé de Religion,
ce n'a pas efté fans connoif
.
256 MERCVRE
fance de cauſe. Nous devons
fon changement, ainfi que
celuy de M' de Gritin fon
Mary, aux foins de M' Vi
gnier , qui y a travaillé avec
une affiduité extraordinaire,
& qui ne l'a point voulu
abandonner , qu'il ne lait
tirée du précipice où elle
eftoit , pour la faire entrer
dans le bon chemin. Elle
abjura au commencement
de ce mois dans l'Eglife de
M" de la Miffion de Riche
lieu, & on peut dire qu'elle a
pratiqué le confeil de l'E
vangile, puis qu'elle a quité
GALANT. 257
Parens & Amis , & qu'elle
s'eft mefme brouillée avec
Madame fa Mere, pour qui
elle a toûjours eu un tresgrand
refpect , & dont elle
eftoit aimée avec toute la
tendreffe imaginable. "
Le Mardy u . de ce mois,
Mademoiſelle de la Mote
de la Godinelaye fit la mefme
abjuration dans l'Eglife
des Religieufes Urfulines de
Rennes. Elle eft âgée de
vingt- trois ans. Madame fa
Mère s'eftoit remariée au
篆
Miniftre de l'Eglife des Prés
tendus Réformez , & avoit
Février 1681. Y
258 MERCVRE
mis aupres d'elle une Gou
vernante des plus obftinées
dans fes erreurs . Cette jeune
Demoiselle n'a pas laiffé de
venir à bout de la convertir,
apres avoir efté convaincue
des veritez de noftre Religion
par l'excellent Livre de
M ' l'Evefque de Condom ,
que luy avoit expliqué M
du Pleffis - Bardoul , Gentilhomme
de fes Voifins à la
Campagne. Elle avoit dit
fort longtemps , qu'elle ef
toit de la Religion du Livre
de M de Condom , mais elle
fe croyoit bien fodée à croire
GALANT 259
que la ReligionRomaine n'y
eftoit pas conforme. On luy
afait venir toutes les Atteftations
qui ont efté données
pour ce Livre, & on l'a fi pleinemét
éclaircie de quelques
Points qui l'embarafſoient,
qu'elle n'a pû davantage
fermer les yeux à la verité.
Je vous ay parlé dans ma
Lettre de Decembre , de
Madame de Fontmort, Préfidente
à Niort , à qui Madame
la Ducheffe de Navailles
en partant de la Ro
chelle , avoit confié Mademoiſelle
Pagez apres ſa Con-
Y ij
260 MERCVRE
verfion. Cette Dame, dont
la vertu eftoit tres - connue,
amena icy dans ce mefme
mois trois de fes Niéces de
le Religion Prétenduë Réformée
, dans l'efpérance de
la leur faire abjurer en préfence
de la Cour. Elle a
employé toutes fortes de
moyens pour venie à bout
de ce deffein , & n'a réuffy
que pour la Cadere , que
Madame la Marquife de
Maintenon fa Parente , a
prife aupres d'elle . Les deux
Aînées n'ayant voulu entrer
en aucune explication fur les
GALANT 2611
Points cotroverfez, Madame:
de Fontmort s'eftoit yeuë
scontrainte de les remener
en Poitou , où de tres- pref
fantes Lettres les rappelloient.
Elle cfpéroit les gagner
avec le temps , & c'eftoit
par là qu'elle n'avoit
pû les laiffer partir fans leur
tenir compagnie , mais elle
n'a fait qu'une partie du
voyage, ayant efté attaquée
au Port de Pile d'une apo
pléxie fi violente dans la nuit
du 12.au 13. de ce mois, qu'
elle en eft morte fix heures .
apres. C'eftune perte confi
262 MERCVRE
dérable pour les beaux Efprits
de la Province, & pour
tous ceux dont elle pre - 1
noit les intérefts . Elle eftoit
d'une libéralité fans exemple,
& peu de Perfonnes luy
ont demandé fa protection ,
fans qu'elle leur ait donné
des marques d'une genéro
peu commune,
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Résumé : Plusieurs Conversions, [titre d'après la table]
Le texte décrit les initiatives du roi pour promouvoir la 'vraye Religion' et les conversions qui en découlent. Dans les villages de Chenay et de Chey, diocèse de Poitiers, deux cents personnes ont abjuré leurs erreurs religieuses. Parmi les conversions notables, celle de Madame de Gratin est particulièrement mentionnée. Après deux années de résistance, elle a finalement abjuré grâce aux efforts de Monsieur Vignier. Une jeune femme, contrainte par ses parents de se marier, a également relaté son histoire et sa conversion après une longue réflexion dans une lettre. Mademoiselle de la Mothe de la Godinelaye, âgée de vingt-trois ans, a abjuré dans l'église des Religieuses Ursulines de Rennes. Sa mère, remariée à un ministre protestant, avait placé une gouvernante obstinée auprès d'elle. La jeune fille a été convaincue par le livre de l'évêque de Condom, expliqué par Monsieur du Plessis-Bardoul. Madame de Fontmort, présidente à Niort, a tenté de convertir trois de ses nièces protestantes, mais n'a réussi qu'avec la cadette. Les deux aînées ont refusé toute discussion. Madame de Fontmort est décédée subitement d'une apoplexie lors de son retour en Poitou. Sa mort est perçue comme une grande perte pour la province et ceux dont elle protégeait les intérêts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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632
p. 291-299
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Je ne sçaurois quiter le Poitou, où il se fait [...]
Mots clefs :
Poitou, Conversions, Abjurations, Erreurs, Religion prétendue réformée, Missionnaires, Malades, Calvin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Je ne fçaurois quiter le
Poitou?ou-illel'ait tous les
jours des Conversons en si
grand nombre, (ans vous
parler de celle de Madame
de Pontieu, quidepuis fort
peude tCtllpS, a faitLabjuration;
de- les erreur?;,dans
lEgUfe des Pers de l'Oratoire
de Niort. Le mérité de
cette Dame, rend cechangement
fortimportant. Eilç
rua quitésa Religion qu'après
un long examen, car il
y adéjà plusieurs années
qu'elle cherchoit às'éclaircirdeses
doutes. Aussi ne
s'entretenoit
-
elle presque
jamais d'autre chose quand
elle trouvok d'habiles Gens
de Fim!ôc>l'autre party,
avec qui entrer en
conférence.
Si elle eustvoulu
changeril y a cinq ou fis.
m©lsr ç'eustesté peut-estre
avec de grands avantagesy
mais ellen'estoitpas
encor assez bien persuadée
pdiir se convertir fincéremens,
& elleasuivy les ve-
Hriz. Catholiques knsnul
intereil,(Ltolt qu'elleaeu
toutes les lumieres qu'elle
fOuhaitOic. Mr le Président
de Fanmort. si persuasif&
si zelé, n'a rien oublié pour
ce grand ouvrage. UneReligieuse
Ursuline de beaucoup
d'esprit , & Parente
fort proche de Mr Maboul
Procureur General des Requestes,
n'y a pas peu contribué
de ion costé par ses
exhortations tendres &pieuses
& par le conseil qu'elle
Poitiers. C'estun détaildont
je ne fuis pointassezinformé.
Tour ce que je;,içay^
ci estque ce zelé-Rrélat,
qu'une fiévre au/lifacheufe
que longue avoir, clflpeièbé;
d'agir parluy-mesme, ne
s"en est pasveu plûtost foulage,
qu'ils'est transporcé
djlns lesmesmes lieux oùii
avoir envoyé, [Qn, Grande
Vicaire.Lefruitqu'il a,faûk
par sa. présence a esté; fort,
grand, & continue tous les
jours par l'ordre qu'il a donné
aux Miflionnauvs--.ôcauxy
Curez, deveillerinceffamrucnràrinftru&
ion de ceux
qui1feroit< capablesde la
re'Çfcybir;
^iU'cïlfkicauilî-pluficurS'
1..1" aburations à S:Quentin,
sbit deMaladesà l'article de
la^fnort,'foie de Personnes
qui-doucoient depuis longtemps.
L'exemple leur en a
estédonné par Mr Benard
qui'a'presr plusieurs remifes-
IlaP'Lili enfin sedéfendre
d'embrasser la verité.Il a un
Frere quiay ant reconnu
avant luyla fausseté des ma-;
ximesde Calvin,luy a fort
aidé àexecuter ioneiurer>
prises Il est premier Secre- !
taire de Mrl'Evesque de :
Tournay ,
&ce futentreles j
mains de ce grand Prélir.
que Mr Benard fit sa profcision
publique de Foy, sur la
fin du dernier Mois. A peine -
fut-il de retour à S. Quentin,
qu'il fit connoistre à la
Femme toutes les raisons
qui l'avoient portéa ce changement.
Elle y trouvatantî
de force,que se sentant convaincue,
elle résolut de l'imiter.
Ainsi elle abjura le i
7. deceMois,entre lesmains i
de Mr Bendier, Docteur de
-—— *
la Maison de Sorbonne,Chanoine
de l'Eglise Royale Ôc.
Collegiale de S. Quentin, &
Officiai du Chapitre.
La santéde MrleMaréchal
Poitou?ou-illel'ait tous les
jours des Conversons en si
grand nombre, (ans vous
parler de celle de Madame
de Pontieu, quidepuis fort
peude tCtllpS, a faitLabjuration;
de- les erreur?;,dans
lEgUfe des Pers de l'Oratoire
de Niort. Le mérité de
cette Dame, rend cechangement
fortimportant. Eilç
rua quitésa Religion qu'après
un long examen, car il
y adéjà plusieurs années
qu'elle cherchoit às'éclaircirdeses
doutes. Aussi ne
s'entretenoit
-
elle presque
jamais d'autre chose quand
elle trouvok d'habiles Gens
de Fim!ôc>l'autre party,
avec qui entrer en
conférence.
Si elle eustvoulu
changeril y a cinq ou fis.
m©lsr ç'eustesté peut-estre
avec de grands avantagesy
mais ellen'estoitpas
encor assez bien persuadée
pdiir se convertir fincéremens,
& elleasuivy les ve-
Hriz. Catholiques knsnul
intereil,(Ltolt qu'elleaeu
toutes les lumieres qu'elle
fOuhaitOic. Mr le Président
de Fanmort. si persuasif&
si zelé, n'a rien oublié pour
ce grand ouvrage. UneReligieuse
Ursuline de beaucoup
d'esprit , & Parente
fort proche de Mr Maboul
Procureur General des Requestes,
n'y a pas peu contribué
de ion costé par ses
exhortations tendres &pieuses
& par le conseil qu'elle
Poitiers. C'estun détaildont
je ne fuis pointassezinformé.
Tour ce que je;,içay^
ci estque ce zelé-Rrélat,
qu'une fiévre au/lifacheufe
que longue avoir, clflpeièbé;
d'agir parluy-mesme, ne
s"en est pasveu plûtost foulage,
qu'ils'est transporcé
djlns lesmesmes lieux oùii
avoir envoyé, [Qn, Grande
Vicaire.Lefruitqu'il a,faûk
par sa. présence a esté; fort,
grand, & continue tous les
jours par l'ordre qu'il a donné
aux Miflionnauvs--.ôcauxy
Curez, deveillerinceffamrucnràrinftru&
ion de ceux
qui1feroit< capablesde la
re'Çfcybir;
^iU'cïlfkicauilî-pluficurS'
1..1" aburations à S:Quentin,
sbit deMaladesà l'article de
la^fnort,'foie de Personnes
qui-doucoient depuis longtemps.
L'exemple leur en a
estédonné par Mr Benard
qui'a'presr plusieurs remifes-
IlaP'Lili enfin sedéfendre
d'embrasser la verité.Il a un
Frere quiay ant reconnu
avant luyla fausseté des ma-;
ximesde Calvin,luy a fort
aidé àexecuter ioneiurer>
prises Il est premier Secre- !
taire de Mrl'Evesque de :
Tournay ,
&ce futentreles j
mains de ce grand Prélir.
que Mr Benard fit sa profcision
publique de Foy, sur la
fin du dernier Mois. A peine -
fut-il de retour à S. Quentin,
qu'il fit connoistre à la
Femme toutes les raisons
qui l'avoient portéa ce changement.
Elle y trouvatantî
de force,que se sentant convaincue,
elle résolut de l'imiter.
Ainsi elle abjura le i
7. deceMois,entre lesmains i
de Mr Bendier, Docteur de
-—— *
la Maison de Sorbonne,Chanoine
de l'Eglise Royale Ôc.
Collegiale de S. Quentin, &
Officiai du Chapitre.
La santéde MrleMaréchal
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Dans la région du Poitou, plusieurs conversions religieuses notables ont eu lieu. Madame de Pontieu a abjuré ses erreurs dans l'église des Pères de l'Oratoire de Niort après une longue réflexion et des discussions avec des personnes des deux camps religieux. Cette conversion est significative en raison de son mérite personnel et de son influence. Monsieur le Président de Fanmort et une religieuse ursuline, parente de Monsieur Maboul, ont joué des rôles importants dans ce processus. Un zélé religieux, affaibli par une longue fièvre, a visité les lieux où il avait été envoyé en tant que Grand Vicaire. Sa présence a marqué les esprits, et il a encouragé les missionnaires et curés à poursuivre l'instruction des personnes susceptibles de se convertir. À Saint-Quentin, Monsieur Bernard, premier secrétaire de l'évêque de Tournay, a abjuré les maximes de Calvin après plusieurs remises. Son frère, déjà convaincu de la fausseté des doctrines calvinistes, l'a soutenu dans cette décision. Monsieur Bernard a fait sa profession publique de foi devant l'évêque de Tournay. De retour à Saint-Quentin, il a convaincu sa femme de suivre son exemple, et elle a abjuré entre les mains de Monsieur Bendier, docteur de la Sorbonne et chanoine de l'église royale et collégiale de Saint-Quentin. La santé de Monsieur le Maréchal est mentionnée sans détails supplémentaires.
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633
p. 312-315
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Je vous manday la derniere fois que Mr l'Evesque de Poitiers, [...]
Mots clefs :
Évêque de Poitiers, Abjurations, Religionnaires, Neveu, Conversions, Religion prétendue réformée, Honnête homme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Je vous manday la der
niere fois que M' l'Évelque
de Poitiers, n'avoit pas fitoft
fenty les accés de fa fiévre diminuez
, qu'il alla luy- mefme
recevoir les abjurations
=
d'un
GALANT 313
4
d'un tres -grand nombre de
Religionnaires. Vous fçavez
qu'il eft Neveu de feu M
de Péréfixe , Précepteur du
Roy, & Archevefque de Paris
, & Fils du fameux M' de
la Hoguete qui a fait le Teſtament
fidelle d'un bon Pere à
fes Enfans. Ce zelé Prélat
continue fes foins fans aucun
relâche , pour tout ce qui
peut contribuer à faciliter les
converfions . M' Rabereul
"Doyen de l'Eglife de Poi-
"tiers , & fon Grand Vicaire,
accompagne M' de Maril
lac , Intendant de la Pro
Avril 1681. Dd
314 MERCVRE
vince, qui avec un zele qu'on
ne fçauroit exprimer , va
dans tous les lieux où il fe
croit neceffaire pour l'avancement
de ce grand Ouvrage.
Le fuccés en eft fi
grand , que depuis deux
mois , on compte plus de
fept mille Perfonnes de la
Religion Prétenduë Réformée
qui ont abjuré. M' de
Marillac eft Fils du Confeiller
d'Etat de ce nom,
Petit Fils du Garde des
Sceaux , & Petit Neveu du
Maréchal de Marillac. C'eft
un parfaitement honneſte
GALANT. 315
Honime , dont on ne peut
trop eftimer la probité.
niere fois que M' l'Évelque
de Poitiers, n'avoit pas fitoft
fenty les accés de fa fiévre diminuez
, qu'il alla luy- mefme
recevoir les abjurations
=
d'un
GALANT 313
4
d'un tres -grand nombre de
Religionnaires. Vous fçavez
qu'il eft Neveu de feu M
de Péréfixe , Précepteur du
Roy, & Archevefque de Paris
, & Fils du fameux M' de
la Hoguete qui a fait le Teſtament
fidelle d'un bon Pere à
fes Enfans. Ce zelé Prélat
continue fes foins fans aucun
relâche , pour tout ce qui
peut contribuer à faciliter les
converfions . M' Rabereul
"Doyen de l'Eglife de Poi-
"tiers , & fon Grand Vicaire,
accompagne M' de Maril
lac , Intendant de la Pro
Avril 1681. Dd
314 MERCVRE
vince, qui avec un zele qu'on
ne fçauroit exprimer , va
dans tous les lieux où il fe
croit neceffaire pour l'avancement
de ce grand Ouvrage.
Le fuccés en eft fi
grand , que depuis deux
mois , on compte plus de
fept mille Perfonnes de la
Religion Prétenduë Réformée
qui ont abjuré. M' de
Marillac eft Fils du Confeiller
d'Etat de ce nom,
Petit Fils du Garde des
Sceaux , & Petit Neveu du
Maréchal de Marillac. C'eft
un parfaitement honneſte
GALANT. 315
Honime , dont on ne peut
trop eftimer la probité.
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Au XVIIe siècle, en France, des efforts significatifs sont déployés pour convertir les protestants. L'évêque de Poitiers, neveu de l'ancien précepteur du roi et archevêque de Paris, ainsi que fils de l'auteur du 'Testament fidèle d'un bon Père à ses Enfants', joue un rôle clé dans ces conversions. Il est soutenu par M. Rabereul, doyen de l'église de Poitiers et son grand vicaire, ainsi que par M. de Marillac, intendant de la province. Ce dernier, reconnu pour son zèle, parcourt divers lieux pour encourager ces conversions. En deux mois, plus de sept mille personnes de la religion prétendue réformée ont abjuré. M. de Marillac est décrit comme un homme honnête et probe, fils d'un conseiller d'État et petit-neveu du maréchal de Marillac.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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634
p. 1-7
Avant-propos, [titre d'après la table]
Début :
Le nom de Grand a esté donné à beaucoup de Princes, [...]
Mots clefs :
Roi, Auguste monarque, Victoires, Sujets, Religion prétendue réformée, Nouvelles ordonnance, Conversions, Abjurations, Logement de soldats, Hérésie de Calvin, Diminution, Provinces, Poitou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avant-propos, [titre d'après la table]
Enom de Grand a
Vyrup peſté donné à beaucoup
de Princes,
5
mais aucun ne l'a jamais eu
a fi jufter titre que noftre
auguſte Monarque. › S'il fe
diftingues à lá Guengalenute
May 1681.
A
2 MERCVRE
fi
les autres Souverains du
Monde , c'eſt par un
grand nombre de Victoires,
qu'il eft aifé de connoiſtre
qu'il en peut feul arreſter le
cours. S'il s'attache à ce qui
regarde la justice qu'un Roy
doit rendre à fes Peuples, il
ne fe contente pas d'en réformer
un abus. Il fait examiner
à fond tous ceux qui
-s'y font gliffez , ou qui s'y
peuvent gliffer , & par un
Code nouveau il épargne à
fes Sujets de longues & rujneufes
procédures . Enfin s'il
s'applique à dés actions de
•1 8dIqnM
GALANT. 3
pieté, & dignes d'un Prince
qui porte le Nom de Tres-
Chreftien, c'eſt avec un zele
qui attire tous les foins ; &
comme il ne fuffit
pas d'imaginer
de beaux Regle
mens , fi l'on ne trouve
moyen de les faire réüffir
Sa Majesté , apres en avoir
tant fait pour faciliter la
converfion de ceux de la
Religion Prétendue Réformée,
cherche inceffamment
à lever tous les obftacles qui
les peuvent retenir, La nouvelle
Ordonnance qu'on a
publiée en est une preuve.
A ij
4 MERCVRE
Quelques - uns d'entr'eux
balançoient à fe faire Catholiques
par la crainte du
crédit qu'ont les Seigneurs
des Lieux de leur demeure,
qui font de la meſme Reli
gion , fur ceux qui font la
diftribution des Gens de
guerre qui y paſſent ou ſea
journent. Ils eftoient perfuadez
avec beaucoup d'a
parence de raiſon , que s'ils
fe convertiffoient
, l'indigna
tion que ces Seigneurs en
pourroient avoir , les feroit
charger de ce Logement de
Gens de guerre ; & pour leur
GALANT. 5
ofter tout fujet de crainte,
le Roy a ordonné que tous
ceux de fes Sujets qui ont fait
abjuration de l'Herefie de Čabvin
depuis lepremier deJanvier,
ou qui laferont à l'avenir, feront
déchargez pendant deux
ans , nonfeulement de fes Gens
de guerre, tant d'Infanterie que
de Cavalerie Françoife & Etrangeres
de quelque condition
qu'ilsfoient , qui pafferont , lageront,
&fejourneront, ouſeront
envoyez en Quartier dans
les Villes & Lieux de leur ré
fidence actuelle , mais auffi de
toutes impofitions & aides qui
A iij
6 MERCVRE
Je pourront faire à l'occafion de
ces mefmes Logemens .
Vous voyez , Madame,
avec quelle exacte vigilance
le Roy employe les précautions
les plus feûres pour
mettre ceux de cette Religion
dans une entiere liberté
de fe convertir. Auffi leur
Party eft il fort diminué depuis
quelque temps. Nos
Miffionnaires répádus dans
les Provinces , y font de tresgrands
progrés, & c'eft quelque
chofe de furprenant de
voir toutes les femaines des
cinq & fix cens Perſonnes
GALANT
abjurer dans le Poitou .
Vyrup peſté donné à beaucoup
de Princes,
5
mais aucun ne l'a jamais eu
a fi jufter titre que noftre
auguſte Monarque. › S'il fe
diftingues à lá Guengalenute
May 1681.
A
2 MERCVRE
fi
les autres Souverains du
Monde , c'eſt par un
grand nombre de Victoires,
qu'il eft aifé de connoiſtre
qu'il en peut feul arreſter le
cours. S'il s'attache à ce qui
regarde la justice qu'un Roy
doit rendre à fes Peuples, il
ne fe contente pas d'en réformer
un abus. Il fait examiner
à fond tous ceux qui
-s'y font gliffez , ou qui s'y
peuvent gliffer , & par un
Code nouveau il épargne à
fes Sujets de longues & rujneufes
procédures . Enfin s'il
s'applique à dés actions de
•1 8dIqnM
GALANT. 3
pieté, & dignes d'un Prince
qui porte le Nom de Tres-
Chreftien, c'eſt avec un zele
qui attire tous les foins ; &
comme il ne fuffit
pas d'imaginer
de beaux Regle
mens , fi l'on ne trouve
moyen de les faire réüffir
Sa Majesté , apres en avoir
tant fait pour faciliter la
converfion de ceux de la
Religion Prétendue Réformée,
cherche inceffamment
à lever tous les obftacles qui
les peuvent retenir, La nouvelle
Ordonnance qu'on a
publiée en est une preuve.
A ij
4 MERCVRE
Quelques - uns d'entr'eux
balançoient à fe faire Catholiques
par la crainte du
crédit qu'ont les Seigneurs
des Lieux de leur demeure,
qui font de la meſme Reli
gion , fur ceux qui font la
diftribution des Gens de
guerre qui y paſſent ou ſea
journent. Ils eftoient perfuadez
avec beaucoup d'a
parence de raiſon , que s'ils
fe convertiffoient
, l'indigna
tion que ces Seigneurs en
pourroient avoir , les feroit
charger de ce Logement de
Gens de guerre ; & pour leur
GALANT. 5
ofter tout fujet de crainte,
le Roy a ordonné que tous
ceux de fes Sujets qui ont fait
abjuration de l'Herefie de Čabvin
depuis lepremier deJanvier,
ou qui laferont à l'avenir, feront
déchargez pendant deux
ans , nonfeulement de fes Gens
de guerre, tant d'Infanterie que
de Cavalerie Françoife & Etrangeres
de quelque condition
qu'ilsfoient , qui pafferont , lageront,
&fejourneront, ouſeront
envoyez en Quartier dans
les Villes & Lieux de leur ré
fidence actuelle , mais auffi de
toutes impofitions & aides qui
A iij
6 MERCVRE
Je pourront faire à l'occafion de
ces mefmes Logemens .
Vous voyez , Madame,
avec quelle exacte vigilance
le Roy employe les précautions
les plus feûres pour
mettre ceux de cette Religion
dans une entiere liberté
de fe convertir. Auffi leur
Party eft il fort diminué depuis
quelque temps. Nos
Miffionnaires répádus dans
les Provinces , y font de tresgrands
progrés, & c'eft quelque
chofe de furprenant de
voir toutes les femaines des
cinq & fix cens Perſonnes
GALANT
abjurer dans le Poitou .
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Résumé : Avant-propos, [titre d'après la table]
Le texte met en lumière les mérites d'un monarque français, qualifié de 'Grand' pour ses nombreuses victoires militaires, ses réformes judiciaires visant à éviter les abus et les procédures longues, ainsi que son zèle religieux. Le roi encourage la conversion des protestants au catholicisme en publiant une ordonnance qui supprime les obstacles à cette conversion. Certains protestants hésitaient à se convertir par crainte des seigneurs locaux, qui pourraient les obliger à loger des soldats. Pour les rassurer, le roi a décrété que les convertis seraient exemptés de loger des soldats et de payer certaines taxes pendant deux ans. Cette mesure vise à favoriser les conversions, et les missionnaires royaux signalent des progrès notables, notamment dans le Poitou où des centaines de personnes se sont récemment converties.
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635
p. 7-10
Entrée de M. l'Evesque de Poitiers à Niort, [titre d'après la table]
Début :
Rien ne sçauroit égaler les soins de Mr l'Evesque de Poitiers, [...]
Mots clefs :
Évêque de Poitiers, Zèle, Niort, Clergé, Hérésie, Charité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Entrée de M. l'Evesque de Poitiers à Niort, [titre d'après la table]
Rien
ne fçauroit égaler les foins
de M. l'Evefque de Poitiers,
qui fait éclater un zele extraordinaire
pour tirer d'er-
Feur ceux qui l'ont reçeuë
avec la naiffance. Ce digne
Prélat fit fon Entrée à Niort,
feconde Ville de fon Diocefe
, fur la fin du dernier
mois. Tous les Corps tant
du Clergé, que de la Justice
& de la Ville , allerent fort
loin au devant de luy, & luy
firent à l'envy tous les honneurs
qu'il pouvoit attendre.
A peine fut ildans la Maiſon
A iiij
8 MERCVRE
préparée pour fon Loge.
ment, qu'on la vit environ
née de plus de deux mille
Perfonnes qui luy deman
doient l'abfolution de l'Hé
refie . Il la leur donna apres
les Inftructions neceffaires,
avec tant de marques de
joye & de charité, qu'il fut
admiré de tout le monde.
Cette charité parut non feulement
dans fon extréme
application à des devoirs fi
preffans , mais encor dans
le fecours qu'il prefta à un
fort grand nombre de Mala
heureux. Pendant tout le
GALANT.ng
temps de fon fejour, il ne fe
fit à Niort aucune Solemnité
à laquelle il n'affiftaft avec
une pieté toute exemplaire.
Ce ne fut
pas
fans
que divers
éloges publics qu'il fut
contraint d'écouter , fiffent
fort fouffrir la modeftie. Sur
tout,le Pere Bonnet, de l'O--
ratoire, prêchant devant luy
le 3. de ce mois dans l'Eglife
des Carmelites , fe fervit de
termes fi juftes & fi bien
choifis, dans le Compliment
qu'il luy adreffa , qu'il ne
pouvoit confirmer avec plus
de gloire l'approbation qu'il
I
10 MERCVRE
7
s'eftoit acquife de tout le
Pais par fes Sermons du Carefine.
ne fçauroit égaler les foins
de M. l'Evefque de Poitiers,
qui fait éclater un zele extraordinaire
pour tirer d'er-
Feur ceux qui l'ont reçeuë
avec la naiffance. Ce digne
Prélat fit fon Entrée à Niort,
feconde Ville de fon Diocefe
, fur la fin du dernier
mois. Tous les Corps tant
du Clergé, que de la Justice
& de la Ville , allerent fort
loin au devant de luy, & luy
firent à l'envy tous les honneurs
qu'il pouvoit attendre.
A peine fut ildans la Maiſon
A iiij
8 MERCVRE
préparée pour fon Loge.
ment, qu'on la vit environ
née de plus de deux mille
Perfonnes qui luy deman
doient l'abfolution de l'Hé
refie . Il la leur donna apres
les Inftructions neceffaires,
avec tant de marques de
joye & de charité, qu'il fut
admiré de tout le monde.
Cette charité parut non feulement
dans fon extréme
application à des devoirs fi
preffans , mais encor dans
le fecours qu'il prefta à un
fort grand nombre de Mala
heureux. Pendant tout le
GALANT.ng
temps de fon fejour, il ne fe
fit à Niort aucune Solemnité
à laquelle il n'affiftaft avec
une pieté toute exemplaire.
Ce ne fut
pas
fans
que divers
éloges publics qu'il fut
contraint d'écouter , fiffent
fort fouffrir la modeftie. Sur
tout,le Pere Bonnet, de l'O--
ratoire, prêchant devant luy
le 3. de ce mois dans l'Eglife
des Carmelites , fe fervit de
termes fi juftes & fi bien
choifis, dans le Compliment
qu'il luy adreffa , qu'il ne
pouvoit confirmer avec plus
de gloire l'approbation qu'il
I
10 MERCVRE
7
s'eftoit acquife de tout le
Pais par fes Sermons du Carefine.
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Résumé : Entrée de M. l'Evesque de Poitiers à Niort, [titre d'après la table]
L'évêque de Poitiers est arrivé à Niort à la fin du mois précédent. Il a été accueilli avec honneur par les représentants du clergé, de la justice et de la ville. Plus de deux mille personnes lui ont demandé l'absolution de leurs péchés, qu'il a accordée après les instructions nécessaires, montrant une grande joie et charité. Pendant son séjour, il a aidé de nombreux malheureux et a participé à toutes les solennités avec une piété exemplaire. Il a reçu divers éloges publics, notamment du Père Bonnet de l'Oratoire, qui l'a loué lors d'un sermon dans l'église des Carmélites.
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636
p. 10-24
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Il y a eu icy dans le mesme temps beaucoup [...]
Mots clefs :
Conversions, Amour, Cavalier, Demoiselle, Croyances, Coeur, Habits, Religion, Mariage, Religion prétendue réformée, Catholique, Renoncer à l'erreur, Aveu, Vérité, Abjuration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Il y a eu icy dans le meſ
me temps beaucoup de Converfrons
de Perfonnes remarquables,
entre lefquelles
il s'en eft fait une, dont fi la
force de la verité a infpiré le
deffein , on peut dire que
l'amour en a hafté l'exécu
tion . En voicy les circon
tances.
Un Cavalier fe promenant
feul aux Thuileries , y vit une
jeune Demoiſelle qui luy
parut toute aimable . Elle
GALANT. M
avoit l'air fin , la taille bien
prife, & tant d'agrément fur
le vifage , quoy qu'avec des
traits irréguliers, que dés ce
premier moment il en eut
le coeur touché. Il la regarda
avec un plaifir qui
auroit deû luy eftre fufpect,
s'il en euft voulu penétrer la
caufe , & apres qu'elle fe fut:
retirée , il en conferva une
idée fi forte, que la rencontrant
le lendemain dans le
mefme Lieu veftuë d'une autre
maniere , il n'eut pas de
peine à la reconnoiftre . Il la
vit ainfi cinq ou fix fois fans
12 MERCVRE
que
trouver perfonne qui la connuft.
Cela luy fit croire
c'eftoit une Fille de Provin
ce ; & pour découvrir qui
elle eftoit , il ſe réfolvoit enfin
à la fuivre , quand il apperçeut
un de fes Amis qui
la falua. Il le joignit auffitoft
, & luy demanda fi ce
falut eftoit civilité genérale
pour toutes les Belles , ou
particuliere pour une Perfonne
qui luy fuft connue.
Il reçeut de luy l'éclairciffement
qu'il fouhaitoit ; mais
s'il apprit avec joye que la
Belle vivoit à Paris avec une
GALANT. 13
Mere qui n'afpiroit qu'à la
marier , il apprit en meſme
temps avec beaucoup de
chagrin qu'elle eftoit d'une
Croyance contraire à la fienne.
Ses efpérances, formées
confufément par l'amour, ſe
trouvòiết détruites par cette
nouvelle. Cependant les fentimens
de fon coeur l'empor
tant fur fa raifon , il voulut
hier habitude avec la Belle,
& crût n'y pouvoir mieux
réüffir qu'en fe feignant Re
ligionnaire. Ainfi l'ayant
aperçeuë le jour fuivant, accompagnée
feulement d'une
14 MERCVRE
Parente, il fit fi bien, qu'en
paſſant tout proche d'elle,
fon Epée s'embaraſſa dans
un des Rubans qui eftoient
autour d'un petitHabit d'Eté
qu'elle portoit, couleur de
Rofe. La Belle qui fe fentit
arreftée, demanda au Cavalier
s'il nevouloit point faire
grace à fon Ruban. Il luy
répondit, que quand il l'em.
porteroit , elle devoit peu
s'en inquiéter, puis qu'il luy
laiffoit un gage qui eftoit
d'un autre prix. La galanterie
de la réponſe obligea la
Belle à répliquer ; & la conGALANT.
K
verfation s'eftant noüée infenfiblement,
leCavalier luy
fit croire qu'il l'avoit veuë
plufieurs fois à Charenton
& qu'il fouhaitoit depuis
longtemps de trouver loccafion
que le hazard luy
avoit fait naître. Ils fe féparerent
fort fatisfaits l'un de
l'autre, & la Belle eftant venue
plufieurs autres foirs
aux Thuileries , le Cavalier
luy fit paroiftre des fenti
mens fi paflionnez , qu'ils
firent l'effet qu'il en avoit
attendu. La Parente de la
Belle qui le croyoit du
16 MERCVRE
mefme party pour ce qui re
garde la Religion, favorifoit
cet amour naiſſant , & en
peu de jours les affurances
que
ue le Cavalier donna du
fien, allerent fi loin, qu'elle
fe crût en droit de luy dire
qu'il n'avoit qu'à le déclarer
avec la Mere , & qu'on tâcheroit
à le fervir. Le Cal
valier, que cette propofition
embarafla , pria la Belle de
venir le lendemain accom
pagnée de pluſieurs Perſonnes
, afin qu'il puft luy dire
un fecret fans eltre entendu
de fa Parente. La chofe fe
GALANT. 17
fit comme il l'avoit fouhaité.
Une Amie commune accompagna
la Parente , &
apres un tour d'Allée, le Ca
valier qui les avoit jointes,
engagea la Belle à les laiffer
quelques pas derriere, pour
apprendre ce qu'il avoit à
luy confier. Il commença
par les plus tendres protefta
tions , & apres luy avoir
fait fes, remercîmens de ce
qu'elle confentoit qu'il la
demandaft en mariage , il
adjoûta , que ne voulant
point qu'on luy reprochaft
de l'avoir trompée, il ſe ſeng
May 1681 .
B
18 MERCVRE
toit obligé de luy découvrir
qu'il trouvoit de grands
abus dans la prétenduë réforme
de leur Eglife, & que
n'en croyant de vraye que
la Catholique, il ne pouvoit
fe défendre de renoncer à
l'erreur. Ce difcours furprit
la Belle , mais fans luy donner
aucun chagrin. Elle demanda
s'il avoit pris une
veritable réſolution , & le
voyant comme inébranlable
dans fon deffein, elle ne put
luy.cacher qu'elle eftoit perfuadée
auffi- bien que luy,
que la Religion qu'elle pro
t
GALANT. 19
feffoit n'eftoit point la vraye;;
qu'on l'avoit déja inftruite
fur plufieurs doutes ; que la
crainte d'une Mere de qui
elle dépendoit, l'avoit empefchée
de pouffer plus loin
l'éclairciffement qui luy ef
toit néceffaire ; & que fon
exemple la fortifiant , elle
écouteroit avec plaifir les
mefmes Perfonnes qui a
voient fervy à le détromper.
Le Cavalier ménagea la
chofe adroitement , qu'il
* la mit en conférence avec
un des Hommes les plus
confommez dans ces fortes
Bij
20 MERCVRE
de matieres. Ce fçavant
Homme la convainquit fi
bien de la verité , que ſon
Amant ne crût plus aucun
péril à luy avouer la tromperie
qu'il luy avoit faite.
Elle ne pût l'en blâmer ; &
l'amitié qu'elle avoit pour
fa Parente, l'obligeant à fou
haiter que les lumieres qu '
elle recevoit fe répandiſſent
fur elle, il ne luy fut pas poffible
de luy déguifer ce qui
ſe paffoit. Elle cut cependant
beau faire. Sa Parente .
ceffa d'eſtre ſon Amie , fi
toft qu'elle luy parla d'ouGALANT.
21
vrir les
yeux
à la verité ; &
apprenant
que le Cavalier
eftoit Catholique
, le chagrin
qu'elle eut de voir que
c'eftoit par luy que la Belle
changeoit de Religion , &
qu'elle avoit elle - meſme
contribué à ce changement,
en foufrant leurs entreveuës,
luy fit former le deffein
d'empefcher leur mariage.
Les avis qu'elle donna à la
Mere de la Belle , l'aigrirent
fi fort contre fon Amant,
qu'il euſt eſté mal ro
çey s'il euſt fait quelques
avances. Cette Mere au de22
MERCVRE
feſpoir , n'oublia rien pour
gagner fa Fille . Elle pria,
elle menaça, & fes menaces
n'obtinrent pas plus que fes
prieres. La Belle foûtint ces
divers affauts avec une fer
meté qui ne fe peut conce-
8
..
voir ; & tous les obftacles .
qu'on luy fit naître ayant
efté furmontez par fon cou
rage, il falut enfin la laiffer
maîtreffe de fes volontez ,
La cerémonté dé fon Abju
ration a eſté publique , &
s'eft faite icy depuis affez
peu de temps. Si le bonheur
qu'elle s'est acquis par là
C
ˇ
GALANT. 23
luy doit donner de la joye,
fes peines font grandes pour
ce qui regarde l'intéreſt de
fon amour. Sa Mere indignée
de fon changement de
Religion , ne peut pardonner
au Cavalier qui en eft la
caufe. Les
avantages que la
Belle trouveroit en l'époufant,
ne la touchent point,
& pour empefcher qu'elle
ne luy parle , elle la fait obferver
par tout. D'un autre
cofté , le Pere du Cavalier
qui a fçeu la chofe, ne trou
vant point la Belle affez riche,
défend à fon Fils de
24 MERCVRE
fonger à elle , & dans la contrainte
où ils font forcez de
vivre , ils n'ont que les Lettres
pour fe confoler. Ils.
cherchent en s'écrivant , cepour
fe qu'il y a de plus fort
jurer l'un à l'autre une conf
tance etèrnelle , & eſperent
que le temps les fera venirà
bout de tous les obftacles
qui les font foufrir
me temps beaucoup de Converfrons
de Perfonnes remarquables,
entre lefquelles
il s'en eft fait une, dont fi la
force de la verité a infpiré le
deffein , on peut dire que
l'amour en a hafté l'exécu
tion . En voicy les circon
tances.
Un Cavalier fe promenant
feul aux Thuileries , y vit une
jeune Demoiſelle qui luy
parut toute aimable . Elle
GALANT. M
avoit l'air fin , la taille bien
prife, & tant d'agrément fur
le vifage , quoy qu'avec des
traits irréguliers, que dés ce
premier moment il en eut
le coeur touché. Il la regarda
avec un plaifir qui
auroit deû luy eftre fufpect,
s'il en euft voulu penétrer la
caufe , & apres qu'elle fe fut:
retirée , il en conferva une
idée fi forte, que la rencontrant
le lendemain dans le
mefme Lieu veftuë d'une autre
maniere , il n'eut pas de
peine à la reconnoiftre . Il la
vit ainfi cinq ou fix fois fans
12 MERCVRE
que
trouver perfonne qui la connuft.
Cela luy fit croire
c'eftoit une Fille de Provin
ce ; & pour découvrir qui
elle eftoit , il ſe réfolvoit enfin
à la fuivre , quand il apperçeut
un de fes Amis qui
la falua. Il le joignit auffitoft
, & luy demanda fi ce
falut eftoit civilité genérale
pour toutes les Belles , ou
particuliere pour une Perfonne
qui luy fuft connue.
Il reçeut de luy l'éclairciffement
qu'il fouhaitoit ; mais
s'il apprit avec joye que la
Belle vivoit à Paris avec une
GALANT. 13
Mere qui n'afpiroit qu'à la
marier , il apprit en meſme
temps avec beaucoup de
chagrin qu'elle eftoit d'une
Croyance contraire à la fienne.
Ses efpérances, formées
confufément par l'amour, ſe
trouvòiết détruites par cette
nouvelle. Cependant les fentimens
de fon coeur l'empor
tant fur fa raifon , il voulut
hier habitude avec la Belle,
& crût n'y pouvoir mieux
réüffir qu'en fe feignant Re
ligionnaire. Ainfi l'ayant
aperçeuë le jour fuivant, accompagnée
feulement d'une
14 MERCVRE
Parente, il fit fi bien, qu'en
paſſant tout proche d'elle,
fon Epée s'embaraſſa dans
un des Rubans qui eftoient
autour d'un petitHabit d'Eté
qu'elle portoit, couleur de
Rofe. La Belle qui fe fentit
arreftée, demanda au Cavalier
s'il nevouloit point faire
grace à fon Ruban. Il luy
répondit, que quand il l'em.
porteroit , elle devoit peu
s'en inquiéter, puis qu'il luy
laiffoit un gage qui eftoit
d'un autre prix. La galanterie
de la réponſe obligea la
Belle à répliquer ; & la conGALANT.
K
verfation s'eftant noüée infenfiblement,
leCavalier luy
fit croire qu'il l'avoit veuë
plufieurs fois à Charenton
& qu'il fouhaitoit depuis
longtemps de trouver loccafion
que le hazard luy
avoit fait naître. Ils fe féparerent
fort fatisfaits l'un de
l'autre, & la Belle eftant venue
plufieurs autres foirs
aux Thuileries , le Cavalier
luy fit paroiftre des fenti
mens fi paflionnez , qu'ils
firent l'effet qu'il en avoit
attendu. La Parente de la
Belle qui le croyoit du
16 MERCVRE
mefme party pour ce qui re
garde la Religion, favorifoit
cet amour naiſſant , & en
peu de jours les affurances
que
ue le Cavalier donna du
fien, allerent fi loin, qu'elle
fe crût en droit de luy dire
qu'il n'avoit qu'à le déclarer
avec la Mere , & qu'on tâcheroit
à le fervir. Le Cal
valier, que cette propofition
embarafla , pria la Belle de
venir le lendemain accom
pagnée de pluſieurs Perſonnes
, afin qu'il puft luy dire
un fecret fans eltre entendu
de fa Parente. La chofe fe
GALANT. 17
fit comme il l'avoit fouhaité.
Une Amie commune accompagna
la Parente , &
apres un tour d'Allée, le Ca
valier qui les avoit jointes,
engagea la Belle à les laiffer
quelques pas derriere, pour
apprendre ce qu'il avoit à
luy confier. Il commença
par les plus tendres protefta
tions , & apres luy avoir
fait fes, remercîmens de ce
qu'elle confentoit qu'il la
demandaft en mariage , il
adjoûta , que ne voulant
point qu'on luy reprochaft
de l'avoir trompée, il ſe ſeng
May 1681 .
B
18 MERCVRE
toit obligé de luy découvrir
qu'il trouvoit de grands
abus dans la prétenduë réforme
de leur Eglife, & que
n'en croyant de vraye que
la Catholique, il ne pouvoit
fe défendre de renoncer à
l'erreur. Ce difcours furprit
la Belle , mais fans luy donner
aucun chagrin. Elle demanda
s'il avoit pris une
veritable réſolution , & le
voyant comme inébranlable
dans fon deffein, elle ne put
luy.cacher qu'elle eftoit perfuadée
auffi- bien que luy,
que la Religion qu'elle pro
t
GALANT. 19
feffoit n'eftoit point la vraye;;
qu'on l'avoit déja inftruite
fur plufieurs doutes ; que la
crainte d'une Mere de qui
elle dépendoit, l'avoit empefchée
de pouffer plus loin
l'éclairciffement qui luy ef
toit néceffaire ; & que fon
exemple la fortifiant , elle
écouteroit avec plaifir les
mefmes Perfonnes qui a
voient fervy à le détromper.
Le Cavalier ménagea la
chofe adroitement , qu'il
* la mit en conférence avec
un des Hommes les plus
confommez dans ces fortes
Bij
20 MERCVRE
de matieres. Ce fçavant
Homme la convainquit fi
bien de la verité , que ſon
Amant ne crût plus aucun
péril à luy avouer la tromperie
qu'il luy avoit faite.
Elle ne pût l'en blâmer ; &
l'amitié qu'elle avoit pour
fa Parente, l'obligeant à fou
haiter que les lumieres qu '
elle recevoit fe répandiſſent
fur elle, il ne luy fut pas poffible
de luy déguifer ce qui
ſe paffoit. Elle cut cependant
beau faire. Sa Parente .
ceffa d'eſtre ſon Amie , fi
toft qu'elle luy parla d'ouGALANT.
21
vrir les
yeux
à la verité ; &
apprenant
que le Cavalier
eftoit Catholique
, le chagrin
qu'elle eut de voir que
c'eftoit par luy que la Belle
changeoit de Religion , &
qu'elle avoit elle - meſme
contribué à ce changement,
en foufrant leurs entreveuës,
luy fit former le deffein
d'empefcher leur mariage.
Les avis qu'elle donna à la
Mere de la Belle , l'aigrirent
fi fort contre fon Amant,
qu'il euſt eſté mal ro
çey s'il euſt fait quelques
avances. Cette Mere au de22
MERCVRE
feſpoir , n'oublia rien pour
gagner fa Fille . Elle pria,
elle menaça, & fes menaces
n'obtinrent pas plus que fes
prieres. La Belle foûtint ces
divers affauts avec une fer
meté qui ne fe peut conce-
8
..
voir ; & tous les obftacles .
qu'on luy fit naître ayant
efté furmontez par fon cou
rage, il falut enfin la laiffer
maîtreffe de fes volontez ,
La cerémonté dé fon Abju
ration a eſté publique , &
s'eft faite icy depuis affez
peu de temps. Si le bonheur
qu'elle s'est acquis par là
C
ˇ
GALANT. 23
luy doit donner de la joye,
fes peines font grandes pour
ce qui regarde l'intéreſt de
fon amour. Sa Mere indignée
de fon changement de
Religion , ne peut pardonner
au Cavalier qui en eft la
caufe. Les
avantages que la
Belle trouveroit en l'époufant,
ne la touchent point,
& pour empefcher qu'elle
ne luy parle , elle la fait obferver
par tout. D'un autre
cofté , le Pere du Cavalier
qui a fçeu la chofe, ne trou
vant point la Belle affez riche,
défend à fon Fils de
24 MERCVRE
fonger à elle , & dans la contrainte
où ils font forcez de
vivre , ils n'ont que les Lettres
pour fe confoler. Ils.
cherchent en s'écrivant , cepour
fe qu'il y a de plus fort
jurer l'un à l'autre une conf
tance etèrnelle , & eſperent
que le temps les fera venirà
bout de tous les obftacles
qui les font foufrir
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Dans un parc parisien, un cavalier s'éprend d'une jeune femme appartenant à une religion différente de la sienne. Pour se rapprocher d'elle, il simule l'adoption de ses croyances et obtient ainsi sa confiance. Leur relation évolue rapidement, et la jeune femme accepte de l'épouser après qu'il lui a révélé sa véritable foi catholique. Elle décide de se convertir, soutenue par un érudit. Cependant, une parente de la jeune femme, scandalisée par cette conversion, persuade la mère de s'opposer au mariage. La mère refuse catégoriquement l'union malgré les supplications et les menaces de sa fille, qui reste résolue. La jeune femme abjure publiquement sa foi, mais cette action ne lui procure guère de satisfaction en raison des obstacles rencontrés. La mère, furieuse, refuse de pardonner à l'amant et surveille étroitement sa fille. Parallèlement, le père du cavalier désapprouve la relation en raison d'une dot insuffisante, interdisant à son fils de fréquenter la jeune femme. Malgré ces difficultés, les amants continuent de communiquer par lettres, se promettant une fidélité éternelle et espérant surmonter les obstacles.
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637
p. 375-376
ENIGME.
Début :
Les deux Enigmes nouvelles que je vous envoye, pourront / Le grand jour n'est pas mon affaire, [...]
Mots clefs :
Lanterne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Les deux Enigmes nouvelles
que je vous envoye , pourront
avoir quelque obfcurité pour
vos Amies . La premiere eft des
deux Inféparables d'Abbeville.
ENIGME.
Fo
L'
E grandjour n'estpas mon
affaire,
•ne parois jamais que dans l'abfcurité;
Et cependantfans vanité,
Je ne laisse pas que deplaire.
25
Eft-il unfort égal au mien?
376 MERCVRE
Ce qui m'arrive doitfurprendre.
Un Homme à quijamaisje n'ayfait
que dubien,
Luy-mefmefans confulter rien
Se met en état de me pendre.
que je vous envoye , pourront
avoir quelque obfcurité pour
vos Amies . La premiere eft des
deux Inféparables d'Abbeville.
ENIGME.
Fo
L'
E grandjour n'estpas mon
affaire,
•ne parois jamais que dans l'abfcurité;
Et cependantfans vanité,
Je ne laisse pas que deplaire.
25
Eft-il unfort égal au mien?
376 MERCVRE
Ce qui m'arrive doitfurprendre.
Un Homme à quijamaisje n'ayfait
que dubien,
Luy-mefmefans confulter rien
Se met en état de me pendre.
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638
p. 376
AUTRE ENIGME.
Début :
Deux des quatre Elemens, sans me quiter jamais, [...]
Mots clefs :
Pont
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME
D
Eux des quatre Elemens ,fans
me quiterjamais,
Sent témoins nuit&jour de tout ce
quejefais.
Le plus groffier de tous pour mon
corpsfert d'Etophe;
Et lors que je fournis ce que veut
mon employ,
Des Machines de Philofophe
Produisentfortfouvent leplusfubtil
Sur moy.
D
Eux des quatre Elemens ,fans
me quiterjamais,
Sent témoins nuit&jour de tout ce
quejefais.
Le plus groffier de tous pour mon
corpsfert d'Etophe;
Et lors que je fournis ce que veut
mon employ,
Des Machines de Philofophe
Produisentfortfouvent leplusfubtil
Sur moy.
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639
p. 132-136
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Le 7. du dernier mois, Mr. le Comte de Creange, l'un [...]
Mots clefs :
Comte de Créange, Seigneur, Maladie, Abjuration, Hérésie de Luther, Conversions, Religion prétendue réformée, Évêque, Conseiller du Parlement, Cérémonie, Hérésie de Calvin, Mademoiselle , Prières
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texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Le 7. du dernier mois,
Mile Comte de Creange,
l'un des plus puiſſans Seigneurs
de la Lorraine Allemande
, abjura l'Heréſie de
Luther, dás l'occaſion d'une
maladie qui le mit en grand
péril. Sa converfion donne
GALANT. 133
d'autant plus de joye, qu'elle
entraînera celle de tout un
grand Peuple, les Sujets ſuivant
en ce Païs- là la Reli
gion de leurs Seigneurs .
Deux jours apres , M. de
StrefCapitaine deCavalerie,
Fils du Colonel de ce nom,
ſi fameux par ſes ſervices,
quitta la Prétenduë Refor.
mée, & en fit abjuration
entre les mains de M. de la
Feüillade Eveſque de Mets,
en préſence de Mide Cogné
Conſeiller du Parlement de
la meſme Ville , qui depuis
deux jours avoit eſté rece
134 MERCVRE
voir ſa Déclaration au Pont
à- Mouſſon . Cette Ceremo
nie ſe fit à Montigny lez
Mets, dans l'Egliſe des Religieuſes
Benedictines de ce
Lieu , dont l'Abbeſſe eſt de
l'ancienne Maiſon de M
Lallemant, ſi recommandable
dans la Robe, & fi connuë
à Paris.
Le 21. du meſme mois,
Mademoiselle d'Iloire, dun
Duché d'Aumale, Mere de
Mademoiselle de Montloüet
, qui demeure à Charenton
, abjura auſſi l'Heréſie
de Calvin dans l'Egliſe
GALANT. 135
de St Eustache , entre les
mains de M. Binard Docteur
en Theologie. Elle
avoit eſté quinze jours auparavant
chez M. Claude
Miniſtre , avec lequel elle
conféra pendant trois heu
res ſur pluſieurs difficultez,
dont Mademoiselle Loir qui
eſtoit préſente , l'avoit priée ,
de luy demander l'éclair.
ciſſement ; & ce Miniſtre
n'ayant pû y fatisfaire , elle
ne balança plus à prendre
party. Mademoiselle Loir
eſt une Perſonne d'eſprit,
dontM.Claude s'eſtoit ſervy
136 MERCVRE
autrefois pour empeſcher la
Converfion de ceux qu'il
voyoit douter, & entr'autres
de la Fille de M. Paneret
Marchand de Vin à Charenton,
avec laquelle, vaincuë
enfin par la force de la
Verité, elle abjura il y a environ
cinq ans , entre les
mains de M. l'Abbé Maillet.
Mile Comte de Creange,
l'un des plus puiſſans Seigneurs
de la Lorraine Allemande
, abjura l'Heréſie de
Luther, dás l'occaſion d'une
maladie qui le mit en grand
péril. Sa converfion donne
GALANT. 133
d'autant plus de joye, qu'elle
entraînera celle de tout un
grand Peuple, les Sujets ſuivant
en ce Païs- là la Reli
gion de leurs Seigneurs .
Deux jours apres , M. de
StrefCapitaine deCavalerie,
Fils du Colonel de ce nom,
ſi fameux par ſes ſervices,
quitta la Prétenduë Refor.
mée, & en fit abjuration
entre les mains de M. de la
Feüillade Eveſque de Mets,
en préſence de Mide Cogné
Conſeiller du Parlement de
la meſme Ville , qui depuis
deux jours avoit eſté rece
134 MERCVRE
voir ſa Déclaration au Pont
à- Mouſſon . Cette Ceremo
nie ſe fit à Montigny lez
Mets, dans l'Egliſe des Religieuſes
Benedictines de ce
Lieu , dont l'Abbeſſe eſt de
l'ancienne Maiſon de M
Lallemant, ſi recommandable
dans la Robe, & fi connuë
à Paris.
Le 21. du meſme mois,
Mademoiselle d'Iloire, dun
Duché d'Aumale, Mere de
Mademoiselle de Montloüet
, qui demeure à Charenton
, abjura auſſi l'Heréſie
de Calvin dans l'Egliſe
GALANT. 135
de St Eustache , entre les
mains de M. Binard Docteur
en Theologie. Elle
avoit eſté quinze jours auparavant
chez M. Claude
Miniſtre , avec lequel elle
conféra pendant trois heu
res ſur pluſieurs difficultez,
dont Mademoiselle Loir qui
eſtoit préſente , l'avoit priée ,
de luy demander l'éclair.
ciſſement ; & ce Miniſtre
n'ayant pû y fatisfaire , elle
ne balança plus à prendre
party. Mademoiselle Loir
eſt une Perſonne d'eſprit,
dontM.Claude s'eſtoit ſervy
136 MERCVRE
autrefois pour empeſcher la
Converfion de ceux qu'il
voyoit douter, & entr'autres
de la Fille de M. Paneret
Marchand de Vin à Charenton,
avec laquelle, vaincuë
enfin par la force de la
Verité, elle abjura il y a environ
cinq ans , entre les
mains de M. l'Abbé Maillet.
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
En Lorraine, le 7 du dernier mois, le Comte de Creange, un puissant seigneur, abjura l'hérésie de Luther après une grave maladie. Sa conversion fut célébrée, car elle influencerait celle de ses sujets. Deux jours plus tard, Monsieur de Streff, capitaine de cavalerie, quitta également la Réforme et fit abjuration devant l'évêque de Metz, en présence d'un conseiller du Parlement de Metz, à Montigny-lès-Metz. Le 21 du même mois, Mademoiselle d'Iloire, du duché d'Aumale, abjura l'hérésie de Calvin à l'église Saint-Eustache. Quinze jours auparavant, elle avait discuté avec M. Claude, ministre, sans obtenir satisfaction. Mademoiselle Loir, initialement opposée aux conversions, avait elle-même abjuré cinq ans plus tôt.
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640
p. 136-141
Conversion faite par Mr l'Archevesque de Rheims dans la Capitale de son Diocese, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait encor plusieurs Abjurations en diverses Villes, [...]
Mots clefs :
Abjurations, Villes, Vérités, Religion catholique, Discours, Conversions, Religion prétendue réformée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversion faite par Mr l'Archevesque de Rheims dans la Capitale de son Diocese, [titre d'après la table]
Il s'eſt fait encor pluſieurs
Abjurations en diverſesVilles,
mais il en eſt peu d'auſſi
éclatantes que celle que M
l'Archeveſque de Rheims a
reçeuë ces derniers jours
GALANT. 137
dans la Capitale de ſon Dio
ceſe. M.Fremin de Marzilly,
Capitaine dans le Regiment
de Grancé , apres avoir étu.
dié depuis deux ans avec une
application extraordinaire,
les Veritez de la Religion
Catholique, en a eſté enfin
entierement convaincu par
les conférences qu'il a euës
à Rheims avec ce grand
Prélat,& le ſçavant M.Faure
fon Vicaire general. La Cerémonie
de ſa Reconciliation
ſe fit dans la Cathédrale
le Jeudy 12. de ce mois , en
préſence de tous les Corps,
Juin 1681. M
138 MERCVRE
& des Perſonnes les plus
qualifiées de la Ville. M
l'Archeveſque de Rheims,
qui pour la rendre plus édifiante
& plus folemnelle,
•voulut la faire luy-meſme,
la termina par un excellent
Diſcours, qui fit admirer le
zele qu'il a pour tout ce qui
touche les intereſts de l'Eglife.
Pour comble de joye
publique, on apprit ce mef
me jour que le Cadet de M
de Marzilly , connu fous le
nom de Sainte Fraiſe dans
le Regiment de Coningſ
mark , où il eſt Lieutenant
5
GALANT. 139
. d'une Compagnie , venoit
auſſi de faire abjuration à
Boulogne ; & ce qu'il y a
de ſurprenant, c'eſt que ces
deux font heureuſement
fortis dans le meſme
temps des voyes de l'erreur,
fans que l'un ſçeuſt rien du
deſſein de l'autre. Ils ont
encor leur Mere , & quatre
Soeurs auſſi ſpirituelles que
bien faites , & c'eſt là tout
ce qui reſte aujourd'huy à
Rheims de la Religion Prétenduë
Reformée ; de forte
que ſans compter les effets
que cegrand exemple don-
Mij
140 MERCVRE
ne ſujet d'eſpérer, cetteVille
peut dés-à-préſent ſe vanter
d'eſtre la plus Catholique de
tout le Royaume. Les belles
qualitez de M. de Marzilly
ont beaucoup contribué à
la joye que tous ceux qui le
connoiffent ont euë de ce
changement. Il eſt bien fait,
fpirituel , agreable , d'une
probité qui n'eſt pas commune,&
fçavant au dela de
ce qu'on croiroit d'un Hom
me âgé ſeulement de vingthuit
ans. Ainſi on peut dire
que c'eſtoit une conqueſte
digne du grand Prélat qui
GALANT. 141
I'a faite,& deuë aux Veritez
triomphantes de la Religion
Catholique.
Vous aurez appris par les
Nouvelles publiques , les
fruits merveilleux qu'on fait
tous lesjours dans le Poitou..
Les Miſſions que M. l'Eveſque
de Poitiers y a établies,
& les foins qu'il prend
de faire donner par tout
les Inſtructions dont on a
beſoin, ontunſuccés ſi avantageux
, que plus de douze
mille Perſonnes ſe ſont converties
depuis quatre mois..
Abjurations en diverſesVilles,
mais il en eſt peu d'auſſi
éclatantes que celle que M
l'Archeveſque de Rheims a
reçeuë ces derniers jours
GALANT. 137
dans la Capitale de ſon Dio
ceſe. M.Fremin de Marzilly,
Capitaine dans le Regiment
de Grancé , apres avoir étu.
dié depuis deux ans avec une
application extraordinaire,
les Veritez de la Religion
Catholique, en a eſté enfin
entierement convaincu par
les conférences qu'il a euës
à Rheims avec ce grand
Prélat,& le ſçavant M.Faure
fon Vicaire general. La Cerémonie
de ſa Reconciliation
ſe fit dans la Cathédrale
le Jeudy 12. de ce mois , en
préſence de tous les Corps,
Juin 1681. M
138 MERCVRE
& des Perſonnes les plus
qualifiées de la Ville. M
l'Archeveſque de Rheims,
qui pour la rendre plus édifiante
& plus folemnelle,
•voulut la faire luy-meſme,
la termina par un excellent
Diſcours, qui fit admirer le
zele qu'il a pour tout ce qui
touche les intereſts de l'Eglife.
Pour comble de joye
publique, on apprit ce mef
me jour que le Cadet de M
de Marzilly , connu fous le
nom de Sainte Fraiſe dans
le Regiment de Coningſ
mark , où il eſt Lieutenant
5
GALANT. 139
. d'une Compagnie , venoit
auſſi de faire abjuration à
Boulogne ; & ce qu'il y a
de ſurprenant, c'eſt que ces
deux font heureuſement
fortis dans le meſme
temps des voyes de l'erreur,
fans que l'un ſçeuſt rien du
deſſein de l'autre. Ils ont
encor leur Mere , & quatre
Soeurs auſſi ſpirituelles que
bien faites , & c'eſt là tout
ce qui reſte aujourd'huy à
Rheims de la Religion Prétenduë
Reformée ; de forte
que ſans compter les effets
que cegrand exemple don-
Mij
140 MERCVRE
ne ſujet d'eſpérer, cetteVille
peut dés-à-préſent ſe vanter
d'eſtre la plus Catholique de
tout le Royaume. Les belles
qualitez de M. de Marzilly
ont beaucoup contribué à
la joye que tous ceux qui le
connoiffent ont euë de ce
changement. Il eſt bien fait,
fpirituel , agreable , d'une
probité qui n'eſt pas commune,&
fçavant au dela de
ce qu'on croiroit d'un Hom
me âgé ſeulement de vingthuit
ans. Ainſi on peut dire
que c'eſtoit une conqueſte
digne du grand Prélat qui
GALANT. 141
I'a faite,& deuë aux Veritez
triomphantes de la Religion
Catholique.
Vous aurez appris par les
Nouvelles publiques , les
fruits merveilleux qu'on fait
tous lesjours dans le Poitou..
Les Miſſions que M. l'Eveſque
de Poitiers y a établies,
& les foins qu'il prend
de faire donner par tout
les Inſtructions dont on a
beſoin, ontunſuccés ſi avantageux
, que plus de douze
mille Perſonnes ſe ſont converties
depuis quatre mois..
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Résumé : Conversion faite par Mr l'Archevesque de Rheims dans la Capitale de son Diocese, [titre d'après la table]
Le texte rapporte plusieurs abjurations récentes, dont celle de M. Fremin de Marzilly, capitaine dans le régiment de Grancé. Après deux années d'étude approfondie de la religion catholique, il a été convaincu lors de conférences avec l'archevêque de Reims et M. Faure, vicaire général. La cérémonie de réconciliation a eu lieu le 12 juin 1681 dans la cathédrale de Reims, en présence des notables de la ville. L'archevêque a souligné le zèle de M. de Marzilly pour les intérêts de l'Église. Le même jour, il a été révélé que le cadet de M. de Marzilly, lieutenant dans le régiment de Coningsmark, avait également abjuré à Boulogne. Les deux frères se sont convertis simultanément sans connaître les intentions de l'autre. Leur mère et leurs quatre sœurs restent les seuls membres de la famille pratiquant la religion prétendue réformée à Reims. Cette double conversion a renforcé la réputation catholique de la ville. M. de Marzilly est décrit comme un homme bien fait, spirituel, agréable, probe et savant, malgré son jeune âge de vingt-huit ans. Par ailleurs, les missions établies par l'évêque de Poitiers dans le Poitou ont conduit à la conversion de plus de douze mille personnes en quatre mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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641
p. 346
ENIGME.
Début :
Quoy que je sois fort redoutable, [...]
Mots clefs :
Feu
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Voicy deux autres Enigmes,
qui eſtant moins obſcures
que cette derniere, ne
feront pas tant reſver ceux
qui ſe plaiſent à ce Jeu d'ef
pric
ENIGME
A
Vay quejefois fort redoukable,
Tom le monde à l'envy me donne de
L'employ.
Jefers au Lit comme à la Tables
Etfije remplis tout d'effroy ,
Lors qu'unefoisje me rends intraitable,
Jesuis d'un commerce agreable,
Quand on metla regle chez moy,
Pour la difcrction, ilne s'en trouve
guére
Qu'à la mienneonpuiſſe égaler.
Billet, Lettre importante , ou d'ar
mour, ou d'affaire,
Qu'onm'enfaffe dépositaire,
Jamais on n'en entendparler.
qui eſtant moins obſcures
que cette derniere, ne
feront pas tant reſver ceux
qui ſe plaiſent à ce Jeu d'ef
pric
ENIGME
A
Vay quejefois fort redoukable,
Tom le monde à l'envy me donne de
L'employ.
Jefers au Lit comme à la Tables
Etfije remplis tout d'effroy ,
Lors qu'unefoisje me rends intraitable,
Jesuis d'un commerce agreable,
Quand on metla regle chez moy,
Pour la difcrction, ilne s'en trouve
guére
Qu'à la mienneonpuiſſe égaler.
Billet, Lettre importante , ou d'ar
mour, ou d'affaire,
Qu'onm'enfaffe dépositaire,
Jamais on n'en entendparler.
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642
p. 347
AUTRE ENIGME.
Début :
On me voit tous les jours habiter de bas lieux. [...]
Mots clefs :
Feu
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME.
Nmevoit tous les jours habiterde
baslieux. ON
JesCuuiisspourtant de tres hauteorigine.
Souvent cachéſans que l'onm'examine
Tant jefçay bien tromperles yeux,
Famaſſe quelque temps des armes pour
cambatre
Puis tout-à coup jefais
quatre .
leDiableà
L'Ennemy que je crains leplus,
N'ayantpoint lors deforces preſtes
Pourarreftermes rapides conquestes,
Partout en moins de rice j'emporte le
deffus
Dans les maux que jefais je montre une
amedure
Quifait connoiftre lanature
De l'inflexible Pere à qui je dois tejour.
Commeparlà ma Mere luy reſſemble,
Ilsne s'approchent point que pourſe
batre ensemble,
Fugezde moy quiſuis lefruit de leur
amour.
Nmevoit tous les jours habiterde
baslieux. ON
JesCuuiisspourtant de tres hauteorigine.
Souvent cachéſans que l'onm'examine
Tant jefçay bien tromperles yeux,
Famaſſe quelque temps des armes pour
cambatre
Puis tout-à coup jefais
quatre .
leDiableà
L'Ennemy que je crains leplus,
N'ayantpoint lors deforces preſtes
Pourarreftermes rapides conquestes,
Partout en moins de rice j'emporte le
deffus
Dans les maux que jefais je montre une
amedure
Quifait connoiftre lanature
De l'inflexible Pere à qui je dois tejour.
Commeparlà ma Mere luy reſſemble,
Ilsne s'approchent point que pourſe
batre ensemble,
Fugezde moy quiſuis lefruit de leur
amour.
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643
p. 298-300
ENIGME.
Début :
Le Berger Fleuriste a fait la premiere des deux nouvelles / Voicy deux Soeurs des plus aimables, [...]
Mots clefs :
Rose et le lis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Le Berger Fleuriſte a fait
la premiere des deux nouvelles
Enigmes que je vous
envoye. Le jeune Solitaire
de Poitiers eſt l'Autheur de
la feconde.
ENIGME.
V
Oicy deux Soeurs des plus
aimables,
Dont l'une estReyne,&l'autre Roy.
GALANT. 299
Leurs appasſont divins, ſi l'on en
croit les Fables;
Etfans eux, oufans leursfembiables,
Vous qui pouvez de bonne-foy
Amille Coeurs donner la Loy,
Jeunes Beautez, ( que de deüil&de
larmes! )
Vous n'auriezpas la moitiéde vos
charmes.
22
Enfaveur de leurs grāds attraits
On les aime par toute terre.
L'une,fur tout,en France; & l'autre
en Angleterre;
Et ces Etats en ont grand nombrede
Portraits,
Desplus riches,&des mieux faits.
Se
Le Royſefoûtientde luy-mesme,
Il estgrand, droit, & vigoureuxs
300 MERCURE
:
La Reyne eftfoible &tendre , &
mérite qu'on l'aime,
Aufſiſon air est amoureux.
Mais la Belle a des Gardes
Armez de bonnes Hallebardes,
Pour ladéfendre, oulavanger
De l' Etourdy qui la veut outrager.
la premiere des deux nouvelles
Enigmes que je vous
envoye. Le jeune Solitaire
de Poitiers eſt l'Autheur de
la feconde.
ENIGME.
V
Oicy deux Soeurs des plus
aimables,
Dont l'une estReyne,&l'autre Roy.
GALANT. 299
Leurs appasſont divins, ſi l'on en
croit les Fables;
Etfans eux, oufans leursfembiables,
Vous qui pouvez de bonne-foy
Amille Coeurs donner la Loy,
Jeunes Beautez, ( que de deüil&de
larmes! )
Vous n'auriezpas la moitiéde vos
charmes.
22
Enfaveur de leurs grāds attraits
On les aime par toute terre.
L'une,fur tout,en France; & l'autre
en Angleterre;
Et ces Etats en ont grand nombrede
Portraits,
Desplus riches,&des mieux faits.
Se
Le Royſefoûtientde luy-mesme,
Il estgrand, droit, & vigoureuxs
300 MERCURE
:
La Reyne eftfoible &tendre , &
mérite qu'on l'aime,
Aufſiſon air est amoureux.
Mais la Belle a des Gardes
Armez de bonnes Hallebardes,
Pour ladéfendre, oulavanger
De l' Etourdy qui la veut outrager.
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644
p. 300-301
AUTRE ENIGME.
Début :
Quiconque s'est servy de moy, [...]
Mots clefs :
Éventail
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME ..
Viconque s'estforvy de
moy,
:
Sçait combien àpréſent utile estmon
employ.
MonCorps estsimple&froid autant
qu'on lepeut eſtre;
Il estpourveu deplusieurs bras
Dontle nombre ne doitfaire aucun
embarras.
Qu'ilsuffise au Lecteur qui cherche
àme connoistre
GALANT. 301
Que de moyfans c. a l'on feroir peu
decas.
Ilnefautpointque l'on s'étonne,
Si ce queje n'ay pas, quand on veut,
je le donne.
Demoy-mesme je ne puis rien,
Par le fecours d'autruy je rens le
mien utile,
Etjenefais nymal ny bien ,
Tandis qu'on me laiſſe inutile.
Viconque s'estforvy de
moy,
:
Sçait combien àpréſent utile estmon
employ.
MonCorps estsimple&froid autant
qu'on lepeut eſtre;
Il estpourveu deplusieurs bras
Dontle nombre ne doitfaire aucun
embarras.
Qu'ilsuffise au Lecteur qui cherche
àme connoistre
GALANT. 301
Que de moyfans c. a l'on feroir peu
decas.
Ilnefautpointque l'on s'étonne,
Si ce queje n'ay pas, quand on veut,
je le donne.
Demoy-mesme je ne puis rien,
Par le fecours d'autruy je rens le
mien utile,
Etjenefais nymal ny bien ,
Tandis qu'on me laiſſe inutile.
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645
p. 307-315
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Le Pere Alexis du Buc Religieux Théatin, continuë toûjours [...]
Mots clefs :
Controverse, Abjuration, Religion protestante, Cérémonie, Conversions, Prétendus réformés, Déclaration, Religion de Calvin, Erreur, Religion romaine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Le Pere Alexis du Buc
Religieux Théatin, continuë
toûjours la Controverſe dans
l'Egliſe de ces Peres . Entre
pluſieurs Abjurations , qui
font l'heureux fruit des Ve
ritez qu'il enſeigne , celle
qu'il reçeut de Mademoi
felle de Biron le 7. de ce mois
eft conſidérable. Cette De
1
Ccij
308 MERCURE
moiſelle eft âgée de 25 ans,
& d'une des plus illuftres
Familles d'Angleterre , où
ſes Parens ont toûjours efté
l'appuy de la Religion Proteltante.
La Cerémonie s'en
fit dans l'Egliſe des Carmelites
du grand Convent. Les
Converſions cótinuënt auſſi
à ſe faire en tres-grand nombre
dans le Poitou, &depuis
un mois plus de quinze cens
Perſonnes y ont encor abjuré.
Le zele des Magiftrats
à faire obſerver dans toutes
les Villes les Déclarations
de Sa Majefté touchant les
GALANT. 309
Prétendus Reformez , produit
des effets tres - avantageux,&
on l'a veu depuis peu
dans la Ville de Lunel en la
perſonne de M de Montfagean
, qui avoit veſcu foixante
ans dans la Religion
-de Calvin. M² de Froment
Procureur du Roy , l'eſtant
allé voir quand il eut appris
qu'il eſtoit malade, il luy
déclara qu'il vouloit ſe convertir,
& fit abjuration entre
les mains des Capucins qui
vinrent l'inſtruire. Il veſcut
encor dix jours, & employa
tout ce temps àdes acteمsهل de
310 MERCVRE
devotion & de piete, qui ſur
prirent tout le monde. Les
Ordres Religieux accompa
gnerent fon Corps,avec tous
les Catholiques , dans l'Egliſe
des Obfervantins, où il
ſouhaita d'eſtre enterré.
Il s'eſt fait une autre Converſion
dans la mefme Ville,
qui a eu beaucoup d'éclat.
Mademoiselle Prifille de
Roſſillon , âgée d'environ
vingt ans , Fille unique de
M'de Roffillon, l'un des plus
celébres Miniftres de Lunel,
ayant eu des doutes qui luy
rendirent ſa Religion fuf
GALANT. 311
pecte , ſe fit inſtruire par les
Capucins des Veritez de la
noſtre. Les conférences qu'.
-elle eut avec eux ne pûrent
fe faire avec aſſez de ſecret
pour eſtre inconnues à ce
Miniſtre. Il les découvrit,
&pour empeſcher le changement
qu'il craignoit , il
luy oſta la liberté de fortir,
juſqu'à ce qu'il puſt la faire
conduire à Orange , ou à
Geneve. Toute obſervée
qu'elle eſtoit, elle vint à bout
de s'évader , & les Dames
Catholiques entre les mains
deſquelles elle ſe remit,
312 MERCURE
ayant averty les Magiftrats,
elle fut conduite à la grande
Egliſe , où elle embraſſa publiquement
la Religion Romaine.
On chanta le Te
Deum à la fin d'une grande
Meſſe qu'on celébra ; & M
de Roffillon ſon Pere , qui
fut averty de cette Cerémonie
, y accourut auffitoft. If
l'aimoit tres - tendrement,
pour ſes belles qualitez , &
luy trouvoit tant d'eſprit,
qu'il avoit bien dit des fois,
qu'il euſt ſouhaité qu'elle
euſt eſté un Garçon , pour
en faire un des plus fameux
Miniſtres
GALANT. 313
Miniftres de France. Il luy
-parla ſans emportement , &
ayant ſçeu d'elle qu'elle avoit
examiné ce qu'elle faiſoit,
il luy proteſta devant toute
l'Aſſemblée,que pour s'eſtre
convertie, il ne l'aimeroit pas
moins, & la pria de ne point
l'abandonner, l'aſſurant qu'il
la laiſſeroit aller, quand elle
voudroit , dans un Convent
de Religieuſes, pour achever
de ſe faire inſtruire. Cela ſe
fit quelques jours apres. On
la conduifit à Montpellier
au Convent de S. Charles,
où Madame de Pradel, Soeur
Juillet1681. 1. P. Dd
314 MERCURE
de l'Eveſque de la meſme
Ville, & Madame de S. André,
ont un ſoin particulier
des Nouvelles Converties.
Meſdemoiselles de Nicol,
Filles deM' de Nicol , dont
jevous appris la converfion
par ma Lettre de Fevrier,
font auffi dans ce Convent,
où leur ferveur eſt d'un
grand exemple.
M' de Clauſel , un des
plus vieux Conſeillers de la
Cour des Aydes , & fort eftimé
pour ſon eſprit & pour
fon mérite , a fait la meſme
abjuration. Madame de k
GALANT. 315
Roux ſa Niece, Tl''aaiimmité,
Elle eſt Femme de M² de
Roux , autre Conſeiller de
la meſme Cour des Aydes,
qui s'eſtoit fait Catholique
quelque temps auparavant.
Religieux Théatin, continuë
toûjours la Controverſe dans
l'Egliſe de ces Peres . Entre
pluſieurs Abjurations , qui
font l'heureux fruit des Ve
ritez qu'il enſeigne , celle
qu'il reçeut de Mademoi
felle de Biron le 7. de ce mois
eft conſidérable. Cette De
1
Ccij
308 MERCURE
moiſelle eft âgée de 25 ans,
& d'une des plus illuftres
Familles d'Angleterre , où
ſes Parens ont toûjours efté
l'appuy de la Religion Proteltante.
La Cerémonie s'en
fit dans l'Egliſe des Carmelites
du grand Convent. Les
Converſions cótinuënt auſſi
à ſe faire en tres-grand nombre
dans le Poitou, &depuis
un mois plus de quinze cens
Perſonnes y ont encor abjuré.
Le zele des Magiftrats
à faire obſerver dans toutes
les Villes les Déclarations
de Sa Majefté touchant les
GALANT. 309
Prétendus Reformez , produit
des effets tres - avantageux,&
on l'a veu depuis peu
dans la Ville de Lunel en la
perſonne de M de Montfagean
, qui avoit veſcu foixante
ans dans la Religion
-de Calvin. M² de Froment
Procureur du Roy , l'eſtant
allé voir quand il eut appris
qu'il eſtoit malade, il luy
déclara qu'il vouloit ſe convertir,
& fit abjuration entre
les mains des Capucins qui
vinrent l'inſtruire. Il veſcut
encor dix jours, & employa
tout ce temps àdes acteمsهل de
310 MERCVRE
devotion & de piete, qui ſur
prirent tout le monde. Les
Ordres Religieux accompa
gnerent fon Corps,avec tous
les Catholiques , dans l'Egliſe
des Obfervantins, où il
ſouhaita d'eſtre enterré.
Il s'eſt fait une autre Converſion
dans la mefme Ville,
qui a eu beaucoup d'éclat.
Mademoiselle Prifille de
Roſſillon , âgée d'environ
vingt ans , Fille unique de
M'de Roffillon, l'un des plus
celébres Miniftres de Lunel,
ayant eu des doutes qui luy
rendirent ſa Religion fuf
GALANT. 311
pecte , ſe fit inſtruire par les
Capucins des Veritez de la
noſtre. Les conférences qu'.
-elle eut avec eux ne pûrent
fe faire avec aſſez de ſecret
pour eſtre inconnues à ce
Miniſtre. Il les découvrit,
&pour empeſcher le changement
qu'il craignoit , il
luy oſta la liberté de fortir,
juſqu'à ce qu'il puſt la faire
conduire à Orange , ou à
Geneve. Toute obſervée
qu'elle eſtoit, elle vint à bout
de s'évader , & les Dames
Catholiques entre les mains
deſquelles elle ſe remit,
312 MERCURE
ayant averty les Magiftrats,
elle fut conduite à la grande
Egliſe , où elle embraſſa publiquement
la Religion Romaine.
On chanta le Te
Deum à la fin d'une grande
Meſſe qu'on celébra ; & M
de Roffillon ſon Pere , qui
fut averty de cette Cerémonie
, y accourut auffitoft. If
l'aimoit tres - tendrement,
pour ſes belles qualitez , &
luy trouvoit tant d'eſprit,
qu'il avoit bien dit des fois,
qu'il euſt ſouhaité qu'elle
euſt eſté un Garçon , pour
en faire un des plus fameux
Miniſtres
GALANT. 313
Miniftres de France. Il luy
-parla ſans emportement , &
ayant ſçeu d'elle qu'elle avoit
examiné ce qu'elle faiſoit,
il luy proteſta devant toute
l'Aſſemblée,que pour s'eſtre
convertie, il ne l'aimeroit pas
moins, & la pria de ne point
l'abandonner, l'aſſurant qu'il
la laiſſeroit aller, quand elle
voudroit , dans un Convent
de Religieuſes, pour achever
de ſe faire inſtruire. Cela ſe
fit quelques jours apres. On
la conduifit à Montpellier
au Convent de S. Charles,
où Madame de Pradel, Soeur
Juillet1681. 1. P. Dd
314 MERCURE
de l'Eveſque de la meſme
Ville, & Madame de S. André,
ont un ſoin particulier
des Nouvelles Converties.
Meſdemoiselles de Nicol,
Filles deM' de Nicol , dont
jevous appris la converfion
par ma Lettre de Fevrier,
font auffi dans ce Convent,
où leur ferveur eſt d'un
grand exemple.
M' de Clauſel , un des
plus vieux Conſeillers de la
Cour des Aydes , & fort eftimé
pour ſon eſprit & pour
fon mérite , a fait la meſme
abjuration. Madame de k
GALANT. 315
Roux ſa Niece, Tl''aaiimmité,
Elle eſt Femme de M² de
Roux , autre Conſeiller de
la meſme Cour des Aydes,
qui s'eſtoit fait Catholique
quelque temps auparavant.
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs conversions religieuses dans le contexte de la controverse entre catholiques et protestants. Le Père Alexis du Buc, religieux théatin, a accueilli l'abjuration de Mademoiselle de Biron, une jeune femme de 25 ans issue d'une famille protestante influente d'Angleterre, lors d'une cérémonie à l'église des Carmélites du grand couvent. En Poitou, plus de mille cinq cents personnes ont abjuré au cours du dernier mois. À Lunel, Monsieur de Montfagean, après soixante ans de vie calviniste, s'est converti au catholicisme avant de décéder dix jours plus tard. Mademoiselle Prifille de Rossillon, fille d'un ministre protestant célèbre de Lunel, s'est également convertie malgré les efforts de son père pour l'en empêcher. Elle a été conduite à l'église pour embrasser publiquement la religion catholique et a ensuite été autorisée à entrer dans un couvent. À Montpellier, plusieurs jeunes femmes, dont les demoiselles de Nicol et Madame de Roux, ont rejoint le couvent de Saint-Charles pour achever leur instruction religieuse. Monsieur de Clausel, conseiller à la Cour des Aides, et sa nièce Madame de Roux se sont également convertis au catholicisme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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646
p. 124-126
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Le Samedy 2. de ce mois, une Famille toute entiere d'un riche [...]
Mots clefs :
Famille, Bourgeoisie, Abjuration, Conversion, Marquis de Vaisley, Vérité catholique, Zèle, Difficulté, Grand-vicaire, Conseiller
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Le Samedy 2. de ce mois,
une Famille toute entiere
d'un riche Bourgeois de
Châlons fur Sône, compoſée
du Pere âgé de ſoixante ans;
dala Mere, de cinquante-fix ;
d'un Fils , de trente ; & de
cinq Filles dont la plus jeune
a quinze ans , abjura l'Hé
réfie de Calvin dans la Paroiffe
de St Jean de Dijon.
Leur converfion eft l'effet
des foins, & de l'extréme application
de M. le Marquis
de Vaifley à les convaincre
des VeritezCatholiques. Les
difficultez qu'ils luy ont opGALANT.
125
pofées pendant trois ans
n'ont point rebuté fon zele ,
& il eft enfin venu à bout
de ce glorieux ouvrage. Il
y a déja quelques années
que ce Marquis demeure
à Châlons , fon peu de fanté
luy ayant
vice dans lequel il s'eft toû
jours diftingué. Il est tout
percé de coups . Ce font d'aflez
fortes preuves de fa bravoure.
L'abjuration
dont j'ay
commencé de vous parler
s'eft fait
publiquement, &
avec beaucoup de pompe,
entre les mains de M. Arfait
quiter le Ser-
Liij
126 MERCVRE
mat ,
>
Grand- Vicaire de M.
de Langres. Il eftoit accompagné
de M. Bouhier Official
, ancien Confeiller au
Parlement de Dijon &
Doyen de la Sainte Chapelle
, & de M: Buiſſon Promoteur
, Chanoine de la
Chapelle aux Riches de la
mefme Ville.
une Famille toute entiere
d'un riche Bourgeois de
Châlons fur Sône, compoſée
du Pere âgé de ſoixante ans;
dala Mere, de cinquante-fix ;
d'un Fils , de trente ; & de
cinq Filles dont la plus jeune
a quinze ans , abjura l'Hé
réfie de Calvin dans la Paroiffe
de St Jean de Dijon.
Leur converfion eft l'effet
des foins, & de l'extréme application
de M. le Marquis
de Vaifley à les convaincre
des VeritezCatholiques. Les
difficultez qu'ils luy ont opGALANT.
125
pofées pendant trois ans
n'ont point rebuté fon zele ,
& il eft enfin venu à bout
de ce glorieux ouvrage. Il
y a déja quelques années
que ce Marquis demeure
à Châlons , fon peu de fanté
luy ayant
vice dans lequel il s'eft toû
jours diftingué. Il est tout
percé de coups . Ce font d'aflez
fortes preuves de fa bravoure.
L'abjuration
dont j'ay
commencé de vous parler
s'eft fait
publiquement, &
avec beaucoup de pompe,
entre les mains de M. Arfait
quiter le Ser-
Liij
126 MERCVRE
mat ,
>
Grand- Vicaire de M.
de Langres. Il eftoit accompagné
de M. Bouhier Official
, ancien Confeiller au
Parlement de Dijon &
Doyen de la Sainte Chapelle
, & de M: Buiſſon Promoteur
, Chanoine de la
Chapelle aux Riches de la
mefme Ville.
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Le 2 octobre, une famille de riches bourgeois de Châlons-sur-Saône, composée du père (60 ans), de la mère (56 ans), d'un fils (30 ans) et de cinq filles (la plus jeune ayant 15 ans), a abjuré l'hérésie calviniste dans la paroisse de Saint-Jean de Dijon. Cette conversion, obtenue après trois années d'efforts, est attribuée au Marquis de Vaifley, résidant à Châlons depuis plusieurs années et connu pour son zèle et sa bravoure, illustrés par ses nombreuses blessures. L'abjuration s'est déroulée publiquement et solennellement en présence de l'Archevêque de Sens, Grand-Vicaire de M. de Langres, de M. Bouhier, Officiel et ancien Conseiller au Parlement de Dijon, et de M. Buisson, Promoteur et Chanoine de la Chapelle aux Riches de Dijon.
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647
p. 333-336
Plusieurs Conversions remarquables, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait plusieurs conversions de Personnes considérables, parmy lesquelles [...]
Mots clefs :
Conversions, Abjurations, Marquis, Duc, Illustre famille, Vicomte, Hérésie de Calvin, Erreur
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texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Conversions remarquables, [titre d'après la table]
tolls'est fait plufieurs converfions
de Perfonnes con
fidérables , parmy leſquelles
celle de M le Marquis de
Montaut a donné beaucoup
de joye à M. le Maréchal
Duc de Navailles fon Oncle.
Il eft d'une des plus illuftres
Familles de Bearn , & le feul
qui porte aujourd'huy le
nom de Montaut , par le de
ceds de M. le Marquis de
Montaut fon Coufin.
M. le Vicomte de Beynac
a abjuré comme luy l'Hé
réfie de Calvin , & a fuivy
l'exemple de M. de Beynaç
334 MERCVRE
fon Frere , Meftre de Camp
d'un Régiment de Cava
lerie . Leur Maiſon eft des
meilleures du Perigord.
Dans ce mefme temps.
M. le Chevalier de Vialar,
Capitaine de Chevaux- Legers
dans le Regiment de
Gaffion, a renonce aux me
Crreurs. Il eft de la Fa
mille de M. le Comte de Via
mes
lar, & Domy en Bearn .
M. du Vignau , Gentil
homme de cette mefme Province
, n'a pas peu fervy à
convertir ces deux derniers,
apres s'eftre
tre converty luy-
1001 mefme,
GALANT. 335
mefme. C'eft un Homme
fort éclairé dans les belles
Lettres, & pour qui plufieurs
Illuftres ont une eftime tresparticuliere.
Quoy qu'il ne
foit pas encor avancé en âge,
il poffede entierement les
Peres & l'Ecriture , & il en
tire des preuves fi fortes, que
ceux du Party qu'il a quité,
ne fçauroient que luy ré
pondre.
M. de Chadirac S de Ga
-charnaut, convaincu dès Veritez
dont le Pere Aléxis du
Buc Théatin donne l'éclairciffement
dans les Contro-
Aouft 1681.
Ff
336 MERCVRE
verles , abjura Lundy dernier,
Felte de St Loab noted
Louis, entre
les mains de ce Pere. Cette
action fut d'autant plus folemnelle
, qu'il fit un Dif
cours fort éloquent fur les
motifs qui l'avoient porté
fe convertir. Il le finit par
les Eloges du Roy , qui fé
rend Imitateur de S. Louis
par fon zele pour l'extirpation
de l'Heréfie .
de Perfonnes con
fidérables , parmy leſquelles
celle de M le Marquis de
Montaut a donné beaucoup
de joye à M. le Maréchal
Duc de Navailles fon Oncle.
Il eft d'une des plus illuftres
Familles de Bearn , & le feul
qui porte aujourd'huy le
nom de Montaut , par le de
ceds de M. le Marquis de
Montaut fon Coufin.
M. le Vicomte de Beynac
a abjuré comme luy l'Hé
réfie de Calvin , & a fuivy
l'exemple de M. de Beynaç
334 MERCVRE
fon Frere , Meftre de Camp
d'un Régiment de Cava
lerie . Leur Maiſon eft des
meilleures du Perigord.
Dans ce mefme temps.
M. le Chevalier de Vialar,
Capitaine de Chevaux- Legers
dans le Regiment de
Gaffion, a renonce aux me
Crreurs. Il eft de la Fa
mille de M. le Comte de Via
mes
lar, & Domy en Bearn .
M. du Vignau , Gentil
homme de cette mefme Province
, n'a pas peu fervy à
convertir ces deux derniers,
apres s'eftre
tre converty luy-
1001 mefme,
GALANT. 335
mefme. C'eft un Homme
fort éclairé dans les belles
Lettres, & pour qui plufieurs
Illuftres ont une eftime tresparticuliere.
Quoy qu'il ne
foit pas encor avancé en âge,
il poffede entierement les
Peres & l'Ecriture , & il en
tire des preuves fi fortes, que
ceux du Party qu'il a quité,
ne fçauroient que luy ré
pondre.
M. de Chadirac S de Ga
-charnaut, convaincu dès Veritez
dont le Pere Aléxis du
Buc Théatin donne l'éclairciffement
dans les Contro-
Aouft 1681.
Ff
336 MERCVRE
verles , abjura Lundy dernier,
Felte de St Loab noted
Louis, entre
les mains de ce Pere. Cette
action fut d'autant plus folemnelle
, qu'il fit un Dif
cours fort éloquent fur les
motifs qui l'avoient porté
fe convertir. Il le finit par
les Eloges du Roy , qui fé
rend Imitateur de S. Louis
par fon zele pour l'extirpation
de l'Heréfie .
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Résumé : Plusieurs Conversions remarquables, [titre d'après la table]
En août 1681, plusieurs conversions religieuses notables ont eu lieu. Le Marquis de Montaut, membre d'une famille illustre de Béarn, a apporté une grande joie au Maréchal Duc de Navailles, son oncle, en se convertissant. Le Vicomte de Beynac et son frère, Maître de Camp d'un régiment de cavalerie, ainsi que le Chevalier de Vialar, capitaine de Chevaux-Légers dans le régiment de Gassion, ont également abjuré l'hérésie calviniste. La maison de Beynac est réputée parmi les meilleures du Périgord, tandis que le Chevalier de Vialar appartient à la famille du Comte de Viamés et possède des domaines en Béarn. M. du Vignau, un gentilhomme béarnais érudit en belles lettres, a joué un rôle significatif dans ces conversions après sa propre conversion. Il maîtrise les Pères de l'Église et l'Écriture sainte, impressionnant plusieurs personnes illustres. M. de Chadirac, seigneur de Gacharnaut, s'est converti sous l'influence du Père Alexis du Buc, théatin, et a prononcé un discours éloquent sur ses motivations, concluant par des éloges au roi, comparé à Saint Louis pour son zèle contre l'hérésie.
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648
p. 317-331
Nouvelles de Siam, [titre d'après la table]
Début :
C'est avec raison, Madame, que je vous ay dit bien [...]
Mots clefs :
Roi, André Boureau-Deslandes, M. Cornuet, Siam, Roi de Siam, Terre, Présents, Lettre, Pavillon, Ambassadeurs, François Baron, Indes, France, Pays, Europe
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Siam, [titre d'après la table]
C'eft avec railon, Madame
, que je vous ay dit bien
des fois que la grandeur de
noftre augufte Monarque
eftoit connue de toute la
Terre. Ses conqueftes & fes
admirables qualitez ont fait
tant de bruit chez les Nations
les plus éloignées, que
le Roy de Siam a refolu de
luy envoyer des Ambaffadeurs.
M' Baron, Directeur
General dans les Indes pour
la Compagnie Royale de
France, ayant fçû l'intention
JOPIS
Dd iij
318 MERCVRE
de ce Roy, luy fit offrir un de
fes Vaiffeaux
pour
our les aller
prendre jufqu'à Siam. Dans
ce deffein il fit partir le Vau
tour. Ce Vaiffeau eftoit com
mandé par M Cornuet, qui
menoit M Dellandes
- Bour
Cup 2010
reau . C'eft un jeune Homme
de tres- bonne mine, que
M' Baron avoit choify pour
Pov de porter fa Lettre au Roy
Siam , & luy offrir les Préfens
de la part de la Compa
Ml'Evefque
de Mefellopolis,
Vicaire Apoftoli
que a Siam , qui fçait la Langue
& les coûtumes
du Païs,
gnie.
GALANT 319
le ,
fe chargea de la négotiation.
Le Vautour arriva dans la
Riviere de Siam le 3, de Septembre
de l'année derniere ;
& M Cornuet & Deflandes
envoyerent demander, fi en
paffant devant la Fortercffe,
Cour trouveroit bon qu'ils
faluaffent le Pavillon , en la
maniere qui ſe pratique en
Europe. On leur répondit ,
que quoy que cela ne fe fuft
point encor fait en ces Lieuxlà
, ils en ufcroient à leur volonté,
parce qu'on vouloit
leur faire connoiftre la joye
qu'on avoit de leur venuë.
Dd iiij
329 MERCVRE
Le Vaiffeau monta la Rivicre
ſans plus retarder ; & lors
qu'on fut proche de la Fors
terefſe , Mª Deſlandes ayant
remarqué que sle Pavillon !
qu'on avoit mis au haut du
Donjon , eftoit celuy d'une
Republique , fit mouiller
l'ancre , & envoya dire au
Commandant de la Fortel
reffe qu'il ne pouvoit falüer
ce Pavillon , parce qu'il étoit
beaucoup inférieur à celuy
du Roy fon Maiſtre. Cel
Commandant luy manda
que dans les Indes les Roys
n'affectoient aucun Pavillon
GALANT. 321
particulièr & rauffitofton
en mit un de Tafetas rouge
enda place de celuy que l'on
avoir vu d'abord. M fut fa
lüéenmefme temps par tou
tell'Artillerie du Vaiffeau , a
quoy la Fortereffe répondit
d'une fi grande quantité de
coups de Canon , que tous
les Chinois qui eftoient alors
dans la Ville , les Portugais
& les Hollandois , auffi bien
que les Siamois, dirent plu
fieurs fois , qu'ils n'avoient
jamais entendu rien de pareil.
En effet , c'eſt rarement
qu'on prodigue la Poudre à
A
plu322
MERCVRE
Canon en ce Pais là Les
Gardest du Roy conduifirent
Me Deflandes & Cornuet
dans la Maiſon qu'on
leur avoit préparée ; & leis
du mefme mois de Septem
bre, qui fut le jour pris pour
porter la Lettre & les Pré
fens , trois grands Manda-
Fins ( qui font comme icy
nos Ducs & Pairs ) vinrent
avec leurs grands Bateaux
de parade devant la Maifon
où M' Deflandes eftoit logé,
pour accompagner la Lettre
de M' le Baron , & les Préfens
de la Compagnie. Ils furent
GALANT. 323
portez à découvert fur deux
grands Bateaux faits à la maniere
du Pais. On les fit entrer
dans la Salle , où le Mi
niftre affifté de plufieurs
Mandarins, Chinois , Mores,
Siamois, & Portugais , atten-
- doit M' Deflandes. Il arriva
avec M' Cornuet , & trente
Soldats François , & tous
- deux furent affis dans le milieu
de la Salle , vis- à - vis des
Miniftres, tenant devant eux.
la Lettre dans une Corbeille
d'or. Elle fut leue , & traduire
en mefme temps par
le Supérieur du Seminaire,
! ;
324 MERCVRE
François de nation , qu'on
avoit placé dans le lieu où
fe mettent orJinairement
leurs Preftres , qu'ils appels
lent Tallapoins . L'Audience
dura plus d'une heure , & fe
paffa prefque toute en Quef
tions fur l'état préfent de la
France, & fur la grandeur de
fon Monarque, dont les Siamois
fçavent les Victoires.
On y parla encor des autres
Princes de l'Europe , & M
Deflandes fatisfit à tout avec
une grace & une préſence
d'efprit dont tous ces Genslà
refterent furpris. L'Au
GALANT 325
dience eftant finie , le Miniftre
porta la Lettre avec la
Traduction au
Royqui
ayant veu les Préfens , les
eftima
plusqu'aucun de ceux
qu'il ait
accoûtumé de receyoir,
entr'autres deux grands
Luftres de criftal, trois gráds
Miroirs garnis d'argent & de
vermeil, deux Girandoles de
criftal, & deux Pieces de
Canon de fonte admirablement
bien travaillées . Il les
fit porter à une Maifon de
Campagne , avec plufieurs
Pieces de Brocard d'or &
d'argent, qui faifoient partie
326 MERCVRE
de ces Préfens . Cependant,
pour favoriferM Deflandes
plus qu'il ne fait d'ordinaire
les Envoyez des autres Nations,
il voulut bien fe mon.
Strer à luy. Pour cela, il fortit
de fon Palais les21.6& vint
dans une grande Court , où
M Deflandes & Cornuet
l'attendoient fur un Tapis.
Il eut plus d'une demy- heure
d'entretien avec eux , &stémoigna
prendre grand plaifir
à entendre conter par
Interprete les furprenantes
Actions du Roy , dont il dit
plus de vingt fois qu'il avoit
GALANT 327
fçeu le particulier. En fe retirant
, il leur fit préſent à
chacun d'une Vélte , compléte
de Brocard de Perfe,
qui eft une faveur des plus
fignalées que puiffe faire ce
Roy à des Etrangers. Sur
rout celle de fe faire voir eft
fort extraordinaire , ceuxzmefme
de fon Royaume
n'ayant prefque jamais l'avantage
de l'obtenir. Le lendemain
22. il envoya dire à
M Dellandes qu'il avoit réfolu
d'envoyer trois Ambaffadeurs
à l'Empereur des
François , & auffitoft l'ordre
1
328 MERCVRE
fut donné pour leur départ.
L'un de ces trois eft un Grád
Mandarin, qui s'el acquité
de plufieurs Ambaſſades à la
Chine. Ils fe rendirent en
pils
dix -fept jours de marche par
terre à Bantam, où ils cfpéroient
trouver le Navite
nommé le Soleil d'Orient,
mais il en avoit fait voile dés
le 17. de Septembre, & eftoit
retourné à Surate , où il reportoit
le Frere aîné de M
Deflandes, qui eft Commiffaire
General de la Compa
gnie Françoife , & qui mande
par fes Lettres écrites de
-1361 9- datorp.2
GALANT. 329
Bantam du 15 Septembre
1680. & par celles du 2. Fevrier
1681. qu'il iroit à Pondichery
dans la Cofte de
Coromandel juſques au
mois de Septembre de cette
ellau
année, pour de là venir en
France dans le Soleil d'Orient
, & y arriver vers le
mois de Mars prochain.
Comme l'on ne doute pas
que les trois Ambaffadeurs
ne foient partis de Bantam
pour Surate, peu apres eftre
arrivez en cette premiere
t Ville , on croit qu'ils viendront
dans ce mefme Vaif
Ee
Septembre 1681.
330 MERCVRE
feau le Soleil d'Orient, qui
eft du port de plus de douze
cens tonneaux . Le Roy de
Siam envoyé ces Ambafladeurs
non feulement à caufe
des grandes chofes qu'on
luy a dites du Roy , mais
parce que prévoyant qu'il
aura des déméllez avec une
Puiffance de l'Europe , il eſt
bien aile de s'appuyer de
celle d'un Prince , auquel il
fçait que rien ne peut réfifter.
Ce Roy eft appellé
dans fes Titres Le Roy des
Roys, le Seigneur des Seigneurs,
le Maistre des Eaux , le ToutGALANT
331
t
•
puiſſant de la Terre , le Dominateur
de la Mer l'Arbitre du
bonheur & de l'infortune, defes
Sujets. Ses Etats font fituez
dans les Indes, & ont plus de
trois cens lieues de largeur.
Ils contenoient autrefois.
toute cette pointe de terre
qui va jufqu'à Malaca.
, que je vous ay dit bien
des fois que la grandeur de
noftre augufte Monarque
eftoit connue de toute la
Terre. Ses conqueftes & fes
admirables qualitez ont fait
tant de bruit chez les Nations
les plus éloignées, que
le Roy de Siam a refolu de
luy envoyer des Ambaffadeurs.
M' Baron, Directeur
General dans les Indes pour
la Compagnie Royale de
France, ayant fçû l'intention
JOPIS
Dd iij
318 MERCVRE
de ce Roy, luy fit offrir un de
fes Vaiffeaux
pour
our les aller
prendre jufqu'à Siam. Dans
ce deffein il fit partir le Vau
tour. Ce Vaiffeau eftoit com
mandé par M Cornuet, qui
menoit M Dellandes
- Bour
Cup 2010
reau . C'eft un jeune Homme
de tres- bonne mine, que
M' Baron avoit choify pour
Pov de porter fa Lettre au Roy
Siam , & luy offrir les Préfens
de la part de la Compa
Ml'Evefque
de Mefellopolis,
Vicaire Apoftoli
que a Siam , qui fçait la Langue
& les coûtumes
du Païs,
gnie.
GALANT 319
le ,
fe chargea de la négotiation.
Le Vautour arriva dans la
Riviere de Siam le 3, de Septembre
de l'année derniere ;
& M Cornuet & Deflandes
envoyerent demander, fi en
paffant devant la Fortercffe,
Cour trouveroit bon qu'ils
faluaffent le Pavillon , en la
maniere qui ſe pratique en
Europe. On leur répondit ,
que quoy que cela ne fe fuft
point encor fait en ces Lieuxlà
, ils en ufcroient à leur volonté,
parce qu'on vouloit
leur faire connoiftre la joye
qu'on avoit de leur venuë.
Dd iiij
329 MERCVRE
Le Vaiffeau monta la Rivicre
ſans plus retarder ; & lors
qu'on fut proche de la Fors
terefſe , Mª Deſlandes ayant
remarqué que sle Pavillon !
qu'on avoit mis au haut du
Donjon , eftoit celuy d'une
Republique , fit mouiller
l'ancre , & envoya dire au
Commandant de la Fortel
reffe qu'il ne pouvoit falüer
ce Pavillon , parce qu'il étoit
beaucoup inférieur à celuy
du Roy fon Maiſtre. Cel
Commandant luy manda
que dans les Indes les Roys
n'affectoient aucun Pavillon
GALANT. 321
particulièr & rauffitofton
en mit un de Tafetas rouge
enda place de celuy que l'on
avoir vu d'abord. M fut fa
lüéenmefme temps par tou
tell'Artillerie du Vaiffeau , a
quoy la Fortereffe répondit
d'une fi grande quantité de
coups de Canon , que tous
les Chinois qui eftoient alors
dans la Ville , les Portugais
& les Hollandois , auffi bien
que les Siamois, dirent plu
fieurs fois , qu'ils n'avoient
jamais entendu rien de pareil.
En effet , c'eſt rarement
qu'on prodigue la Poudre à
A
plu322
MERCVRE
Canon en ce Pais là Les
Gardest du Roy conduifirent
Me Deflandes & Cornuet
dans la Maiſon qu'on
leur avoit préparée ; & leis
du mefme mois de Septem
bre, qui fut le jour pris pour
porter la Lettre & les Pré
fens , trois grands Manda-
Fins ( qui font comme icy
nos Ducs & Pairs ) vinrent
avec leurs grands Bateaux
de parade devant la Maifon
où M' Deflandes eftoit logé,
pour accompagner la Lettre
de M' le Baron , & les Préfens
de la Compagnie. Ils furent
GALANT. 323
portez à découvert fur deux
grands Bateaux faits à la maniere
du Pais. On les fit entrer
dans la Salle , où le Mi
niftre affifté de plufieurs
Mandarins, Chinois , Mores,
Siamois, & Portugais , atten-
- doit M' Deflandes. Il arriva
avec M' Cornuet , & trente
Soldats François , & tous
- deux furent affis dans le milieu
de la Salle , vis- à - vis des
Miniftres, tenant devant eux.
la Lettre dans une Corbeille
d'or. Elle fut leue , & traduire
en mefme temps par
le Supérieur du Seminaire,
! ;
324 MERCVRE
François de nation , qu'on
avoit placé dans le lieu où
fe mettent orJinairement
leurs Preftres , qu'ils appels
lent Tallapoins . L'Audience
dura plus d'une heure , & fe
paffa prefque toute en Quef
tions fur l'état préfent de la
France, & fur la grandeur de
fon Monarque, dont les Siamois
fçavent les Victoires.
On y parla encor des autres
Princes de l'Europe , & M
Deflandes fatisfit à tout avec
une grace & une préſence
d'efprit dont tous ces Genslà
refterent furpris. L'Au
GALANT 325
dience eftant finie , le Miniftre
porta la Lettre avec la
Traduction au
Royqui
ayant veu les Préfens , les
eftima
plusqu'aucun de ceux
qu'il ait
accoûtumé de receyoir,
entr'autres deux grands
Luftres de criftal, trois gráds
Miroirs garnis d'argent & de
vermeil, deux Girandoles de
criftal, & deux Pieces de
Canon de fonte admirablement
bien travaillées . Il les
fit porter à une Maifon de
Campagne , avec plufieurs
Pieces de Brocard d'or &
d'argent, qui faifoient partie
326 MERCVRE
de ces Préfens . Cependant,
pour favoriferM Deflandes
plus qu'il ne fait d'ordinaire
les Envoyez des autres Nations,
il voulut bien fe mon.
Strer à luy. Pour cela, il fortit
de fon Palais les21.6& vint
dans une grande Court , où
M Deflandes & Cornuet
l'attendoient fur un Tapis.
Il eut plus d'une demy- heure
d'entretien avec eux , &stémoigna
prendre grand plaifir
à entendre conter par
Interprete les furprenantes
Actions du Roy , dont il dit
plus de vingt fois qu'il avoit
GALANT 327
fçeu le particulier. En fe retirant
, il leur fit préſent à
chacun d'une Vélte , compléte
de Brocard de Perfe,
qui eft une faveur des plus
fignalées que puiffe faire ce
Roy à des Etrangers. Sur
rout celle de fe faire voir eft
fort extraordinaire , ceuxzmefme
de fon Royaume
n'ayant prefque jamais l'avantage
de l'obtenir. Le lendemain
22. il envoya dire à
M Dellandes qu'il avoit réfolu
d'envoyer trois Ambaffadeurs
à l'Empereur des
François , & auffitoft l'ordre
1
328 MERCVRE
fut donné pour leur départ.
L'un de ces trois eft un Grád
Mandarin, qui s'el acquité
de plufieurs Ambaſſades à la
Chine. Ils fe rendirent en
pils
dix -fept jours de marche par
terre à Bantam, où ils cfpéroient
trouver le Navite
nommé le Soleil d'Orient,
mais il en avoit fait voile dés
le 17. de Septembre, & eftoit
retourné à Surate , où il reportoit
le Frere aîné de M
Deflandes, qui eft Commiffaire
General de la Compa
gnie Françoife , & qui mande
par fes Lettres écrites de
-1361 9- datorp.2
GALANT. 329
Bantam du 15 Septembre
1680. & par celles du 2. Fevrier
1681. qu'il iroit à Pondichery
dans la Cofte de
Coromandel juſques au
mois de Septembre de cette
ellau
année, pour de là venir en
France dans le Soleil d'Orient
, & y arriver vers le
mois de Mars prochain.
Comme l'on ne doute pas
que les trois Ambaffadeurs
ne foient partis de Bantam
pour Surate, peu apres eftre
arrivez en cette premiere
t Ville , on croit qu'ils viendront
dans ce mefme Vaif
Ee
Septembre 1681.
330 MERCVRE
feau le Soleil d'Orient, qui
eft du port de plus de douze
cens tonneaux . Le Roy de
Siam envoyé ces Ambafladeurs
non feulement à caufe
des grandes chofes qu'on
luy a dites du Roy , mais
parce que prévoyant qu'il
aura des déméllez avec une
Puiffance de l'Europe , il eſt
bien aile de s'appuyer de
celle d'un Prince , auquel il
fçait que rien ne peut réfifter.
Ce Roy eft appellé
dans fes Titres Le Roy des
Roys, le Seigneur des Seigneurs,
le Maistre des Eaux , le ToutGALANT
331
t
•
puiſſant de la Terre , le Dominateur
de la Mer l'Arbitre du
bonheur & de l'infortune, defes
Sujets. Ses Etats font fituez
dans les Indes, & ont plus de
trois cens lieues de largeur.
Ils contenoient autrefois.
toute cette pointe de terre
qui va jufqu'à Malaca.
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Résumé : Nouvelles de Siam, [titre d'après la table]
En 1680, des ambassadeurs du roi de Siam furent envoyés en France pour reconnaître la grandeur et les conquêtes du roi de France. Le baron, directeur général de la Compagnie Royale de France dans les Indes, mit à disposition un vaisseau pour transporter les ambassadeurs. Ce vaisseau, commandé par M. Cornuet et transportant M. Dellandes, arriva en septembre 1680. Dellandes, choisi pour sa bonne mine et son éducation, portait une lettre et des présents du roi de France. À leur arrivée, ils demandèrent la permission de saluer un pavillon, ce qui fut accordé. Dellandes remarqua un pavillon républicain et insista pour en hisser un royal, ce qui entraîna une salve d'artillerie échangée entre le vaisseau et la forteresse. Dellandes et Cornuet furent ensuite conduits à une maison préparée pour eux. En septembre, trois mandarins vinrent accompagner la lettre et les présents à la cour. Dellandes, accompagné de soldats français, fut reçu par les ministres du roi de Siam. L'audience dura plus d'une heure, durant laquelle Dellandes répondit aux questions sur la France et son monarque. Le roi de Siam, impressionné par les présents, notamment des lustres de cristal et des pièces d'artillerie, décida d'envoyer trois ambassadeurs en France. Ces ambassadeurs, incluant un grand mandarin expérimenté, partirent pour Bantam mais manquèrent le vaisseau Soleil d'Orient. Ils étaient attendus en septembre 1681 sur ce même vaisseau. Le roi de Siam, anticipant des conflits avec une puissance européenne, cherchait à s'allier avec la France. Ses titres incluent 'Roi des Rois' et 'Maître des Eaux', et ses États s'étendent sur plus de trois cents lieues dans les Indes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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649
p. 364-365
ENIGME.
Début :
J'ay reçeu en mesme temps deux Enigmes, l'une du Berger / J'enchante si bien par mes charmes [...]
Mots clefs :
Beauté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
J'ay reçeu en mefme temps
deux Enigmes , l'une du Berger
Fleurifte , & l'autre de la Bergere
Califte.
ENIGME.
' Enchante fi bien par mes charmes
Ceux qui m'adreßet leurs regards,
Que je leurfais rendre les armes,
Fuffent-ils plus braves que Mars.
Se
Lors qu'ils font defarmez , je les
charge de chaînes,
GALANT. 365
Etje les brûle àpetit feu;
Souvent j'aypitié de leurs peines,
Et fouventje les tourne enjeu.
deux Enigmes , l'une du Berger
Fleurifte , & l'autre de la Bergere
Califte.
ENIGME.
' Enchante fi bien par mes charmes
Ceux qui m'adreßet leurs regards,
Que je leurfais rendre les armes,
Fuffent-ils plus braves que Mars.
Se
Lors qu'ils font defarmez , je les
charge de chaînes,
GALANT. 365
Etje les brûle àpetit feu;
Souvent j'aypitié de leurs peines,
Et fouventje les tourne enjeu.
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650
p. 365
AUTRE ENIGME.
Début :
Je suis telle qu'il plaist à celuy qui m'adore, [...]
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Beauté
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AUTRE ÉNIGME.
E fuis telle qu'il plaift à celuy qui
m'adore,
Fereffemble à la Nuit, je reſſemble
à l'Aurore,
Fe reffemble à tout ce qu'on vents
Etpour mepoffeder, on s'empreſſe,
onfoûpire,
On pleure, on brúle, on foufre le
martire ,
Onfait enfin tout ce qu'on peut
E fuis telle qu'il plaift à celuy qui
m'adore,
Fereffemble à la Nuit, je reſſemble
à l'Aurore,
Fe reffemble à tout ce qu'on vents
Etpour mepoffeder, on s'empreſſe,
onfoûpire,
On pleure, on brúle, on foufre le
martire ,
Onfait enfin tout ce qu'on peut
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