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1
p. 125-134
JUGEMENT du Procés de la petite fille à deux meres, dont j'ai parlé dans le Mercure de Novembre. De Lion ce 20 Fevrier.
Début :
De Lion ce 20 Fevrier. Il seroit inutile de vous envoyer un dispositif [...]
Mots clefs :
Procès, Lyon, Enfant, Mères, Amour
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texteReconnaissance textuelle : JUGEMENT du Procés de la petite fille à deux meres, dont j'ai parlé dans le Mercure de Novembre. De Lion ce 20 Fevrier.
IIIe PARTIE
DU MERCURE.
HISTORIETTES
& autres Amusemens.
JUGEMENT du
Procés de la petitefille
à deuxmeres
,
dont
j'aiparlédansle Mercure
de Novembre.
De Lion ce 20 Fevrier.
'i Ilseroitinutiledevous
envoyer un dispositifennuïeux
de la Sentenceren
duë au sujet de la petite
fille à deux meres ,
suffit
de vous dire que la mere
mariéea estéreceuë à
prouver les faits par elle
articulezauprocés ;sçavoirquelle
avoit esté
grosse
,
quelle avoit à
laitél'enfant,&c. mais
par provision l'enfant a
estéremis entre les mains
de la merefille, qui le reclamoit,
& cela termine
le procés ; parce que la
mere mariée ditqu'ellen'a
pas le moyen depoursuivre,
& l'on Ifllit dans
la Ville, qu'outre qu'elle
riapas de preuvessuffisantes,
le pere qui estoit
si curieux d'avoir ligneé,,
n'aplusdegoustpourun
enfantéquivoque;&ainsi
l'on croit que leschoses
en demeureront là : au
reste
, vous m'avcZ-J demandé
avec instance les
particularitéssecrettesde
ce que vous appcfteZ-J dans
vostre Mercure. La circonfiance
la plus étcnante
de toute l'Histoire
,
l'on a vû la timide
Angelique cacher
en tremblant les suites de
son mariage secret, &on
la voit à present reclamer
publiquement le témoin
desa faute. Ellenecraint
plus de publier sa honte;
ce changement ne paroît
pas vrai-semblable, &c.
Je vous envoye, MonsieuryUsratjonssecrettes
qui rendentcet éclat vraipmblahLs,
y vousajufie-,
rez ces vevïtez^ak refle de
l'Histoire. Jesuis, &c.
FIN
De l'Histoire de Cleonte
& d*Angclique*
Angeliquenavoit aucunes eu aucunes nnoouuvveelllleess de ffbann
cherCleonte,depuis qu'el
le l'avoit vû partir pour
aller obtenir de son pere
la permission d'achever
ce mariage dont le commencement
avoitesté
trop précipité; Cleonte
en partant de Lion estoit
rempli d'amour & de
reconnoissance ; mais
tout cela se refroidit un
peu sur les chemins ; il y
a cent lieuës de Lion à
Paris, peu de jeunes
Cleontes peuvent porter
Ci loin un violent
amour sans en rien perdre
, &surtout un amour
heureux, celui-ci
aimoit pourtant encore
Angelique en arrivant à
Paris J mais il y trouva
son pere mort, il salut
heriter de cent mil écus ;
il fut sioccupé du plaisir
&de soins de cette grosse
succession,quiln'eut pas
leloisirde penser davantageàAngelique.
-
Aprés un oubli de quelques
années --;. Cleonte
tombamalade de la maladiedontil
mourut,&
avant sa more un de ses
amis lui aprit qu'il estoit
ressé à la pauvre Angélique
un gage vivant de
l'amour qu'elle avoiteu
pour lui ; il eftoiç honneste
homme à l'inconscontance
prés, & de plus
il alloitmourir ; il écrivitde
sa mainune espece
de Testament,par lequel
il époufoit Angelique
,
en laissant vingt mille
livres, dont la mere joüira
jusqu'a la majorité de
l'enfant, & de plus, une
forte pension à la mere
sa vie durant.
Cleonte mourut ensuite,
& surcette nouvelle,
Angelique fut agitée de
divers mouvemens,elle
apprend que son cher
Cleonte est mort ; mais
elle lavoit cru inconstant;
c'est encore pis
pour une femme; joignez
à cela le mariage posthume
qui reparc son
honneur, elle doit estre
un peu consolée ; quoi
qu'il en fair, ces raisons
l'ont obligée à reclamer
la petite fille, & à faire
cet éclat qui ne paroissoit
pas vrai-semblable dans
une fille sage & modèle.
DU MERCURE.
HISTORIETTES
& autres Amusemens.
JUGEMENT du
Procés de la petitefille
à deuxmeres
,
dont
j'aiparlédansle Mercure
de Novembre.
De Lion ce 20 Fevrier.
'i Ilseroitinutiledevous
envoyer un dispositifennuïeux
de la Sentenceren
duë au sujet de la petite
fille à deux meres ,
suffit
de vous dire que la mere
mariéea estéreceuë à
prouver les faits par elle
articulezauprocés ;sçavoirquelle
avoit esté
grosse
,
quelle avoit à
laitél'enfant,&c. mais
par provision l'enfant a
estéremis entre les mains
de la merefille, qui le reclamoit,
& cela termine
le procés ; parce que la
mere mariée ditqu'ellen'a
pas le moyen depoursuivre,
& l'on Ifllit dans
la Ville, qu'outre qu'elle
riapas de preuvessuffisantes,
le pere qui estoit
si curieux d'avoir ligneé,,
n'aplusdegoustpourun
enfantéquivoque;&ainsi
l'on croit que leschoses
en demeureront là : au
reste
, vous m'avcZ-J demandé
avec instance les
particularitéssecrettesde
ce que vous appcfteZ-J dans
vostre Mercure. La circonfiance
la plus étcnante
de toute l'Histoire
,
l'on a vû la timide
Angelique cacher
en tremblant les suites de
son mariage secret, &on
la voit à present reclamer
publiquement le témoin
desa faute. Ellenecraint
plus de publier sa honte;
ce changement ne paroît
pas vrai-semblable, &c.
Je vous envoye, MonsieuryUsratjonssecrettes
qui rendentcet éclat vraipmblahLs,
y vousajufie-,
rez ces vevïtez^ak refle de
l'Histoire. Jesuis, &c.
FIN
De l'Histoire de Cleonte
& d*Angclique*
Angeliquenavoit aucunes eu aucunes nnoouuvveelllleess de ffbann
cherCleonte,depuis qu'el
le l'avoit vû partir pour
aller obtenir de son pere
la permission d'achever
ce mariage dont le commencement
avoitesté
trop précipité; Cleonte
en partant de Lion estoit
rempli d'amour & de
reconnoissance ; mais
tout cela se refroidit un
peu sur les chemins ; il y
a cent lieuës de Lion à
Paris, peu de jeunes
Cleontes peuvent porter
Ci loin un violent
amour sans en rien perdre
, &surtout un amour
heureux, celui-ci
aimoit pourtant encore
Angelique en arrivant à
Paris J mais il y trouva
son pere mort, il salut
heriter de cent mil écus ;
il fut sioccupé du plaisir
&de soins de cette grosse
succession,quiln'eut pas
leloisirde penser davantageàAngelique.
-
Aprés un oubli de quelques
années --;. Cleonte
tombamalade de la maladiedontil
mourut,&
avant sa more un de ses
amis lui aprit qu'il estoit
ressé à la pauvre Angélique
un gage vivant de
l'amour qu'elle avoiteu
pour lui ; il eftoiç honneste
homme à l'inconscontance
prés, & de plus
il alloitmourir ; il écrivitde
sa mainune espece
de Testament,par lequel
il époufoit Angelique
,
en laissant vingt mille
livres, dont la mere joüira
jusqu'a la majorité de
l'enfant, & de plus, une
forte pension à la mere
sa vie durant.
Cleonte mourut ensuite,
& surcette nouvelle,
Angelique fut agitée de
divers mouvemens,elle
apprend que son cher
Cleonte est mort ; mais
elle lavoit cru inconstant;
c'est encore pis
pour une femme; joignez
à cela le mariage posthume
qui reparc son
honneur, elle doit estre
un peu consolée ; quoi
qu'il en fair, ces raisons
l'ont obligée à reclamer
la petite fille, & à faire
cet éclat qui ne paroissoit
pas vrai-semblable dans
une fille sage & modèle.
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Résumé : JUGEMENT du Procés de la petite fille à deux meres, dont j'ai parlé dans le Mercure de Novembre. De Lion ce 20 Fevrier.
Le texte décrit un procès impliquant Angelique et son enfant, né d'une relation secrète avec Cleonte. Deux mères se disputent la garde : la mère biologique, Angelique, et la mère adoptive. Angelique n'a pas pu prouver sa grossesse et l'allaitement, ce qui a conduit à la garde de l'enfant par la mère adoptive. Angelique a abandonné le procès, probablement en raison du manque de preuves et du désintérêt de Cleonte. La relation entre Angelique et Cleonte a commencé par un mariage secret, mais Cleonte a changé d'avis en route vers Paris, où il a hérité d'une fortune et oublié Angelique. Des années plus tard, malade, Cleonte a reconnu Angelique et leur fille dans un testament, leur laissant une somme d'argent et une pension. Après sa mort, Angelique a réclamé l'enfant, déclenchant le procès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 265-269
Histoire singuliere qu'on ne lira peut estre pas. [titre d'après la table]
Début :
Deux femmes enceintes qui estoient en route, & qui faisoient [...]
Mots clefs :
Femmes, Mères, Sage-femme, Héritier, Procès
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texteReconnaissance textuelle : Histoire singuliere qu'on ne lira peut estre pas. [titre d'après la table]
Deux femmes enceintes qui
eſtoient en route , & qui faiſoient
un même voyage par
le carroſſe de voiture , arriverent
ils y a quelques années
dans une Ville ou Village de
France , dont je ne ſçay pas
le nom ; là elles ſe trouverent
routes deux preſtes d'accoucher
. On envoya auflitoſt
chercher la Sage-femme du
lieu ,& dés qu'elle fut arrivée,
elles accoucherent. La Sagefemme
mit par malheur indifferemment
les deux enfans auprés
du feu , à coſté l'un de
Decembre 1714. Z
266 MERCURE
l'autre Cette befogne faite ,
elle eſt obligée , faute de domeſtiques
de deſcendre dans la
cuiſine du cabaret pour aller
chercher quelque choſe dont
elle abeſoin pour ces femmes
malades. A ſon retour elle
trouve undes enfants morts ,
& malheureuſement elle ne
Içait pas , ou elle a oublié laquelle
de ces deux femmes eſt
la mere de celuy qui reſte.
Auffitoft grande contention
entre les accouchées , ny l'une
ny l'autre ne veut eſtrela mere
dumort , elles ſe font apporter
tour à tour l'enfant vivant,
GALANT . 267
)
&à force de bons & de mauvais
raiſonnements , chacune
d'elles ſe perfuade qu'elle en
eſtla mere. Enfin au milieu de
leur embarras , elles conclüent
qu'elles n'ont pas de meilleur
moyen pour vuider leur querelle
, que celuy d'adopter
toutes deux le même enfant ,
elles le font baptiſer ſous leurs
noms ,& ſous le nom de leurs
marys , l'un deſquels meurt
quelques années aprés cette
adoption, &laiſſe en mourant
à ce fils bienheureux ce qu'il
peut luy laiſſer de ſon bien.
Peude temps aprés l'autre pere
Zij
268 MERCURE
1
1
!
meurt aufli,& fait ce même en.
fant fonheritier univerſel . Les
parents du dernier pere s'oppoſent
à l'execution du Teftament,
& diſent pour leurs raiſons
qu'un homme ne ſcauroit
avoir deux peres; que puifqu'il
a herité du bien de l'un ,
il n'a rien à pretendre au bieri
de l'autre ; mais lheritier qui
n'eſt pas fâché de cette duplicité
, dit au contraire , que
Monfieur un tel mort ily a
quelques années a pû luy laiſſer
fonbien ſous tel titre quiluy
a plû ; & que le dernier est fon
pere. Voilà où en eſt le procés :
DE
LYON
*1893
Etle
Leurs
urs .
GALANT. 269
je ne ſçay qu'elle en fera la
déciſion ; mais je croy que les
Loix n'ont pas prévû ces évenemens.
eſtoient en route , & qui faiſoient
un même voyage par
le carroſſe de voiture , arriverent
ils y a quelques années
dans une Ville ou Village de
France , dont je ne ſçay pas
le nom ; là elles ſe trouverent
routes deux preſtes d'accoucher
. On envoya auflitoſt
chercher la Sage-femme du
lieu ,& dés qu'elle fut arrivée,
elles accoucherent. La Sagefemme
mit par malheur indifferemment
les deux enfans auprés
du feu , à coſté l'un de
Decembre 1714. Z
266 MERCURE
l'autre Cette befogne faite ,
elle eſt obligée , faute de domeſtiques
de deſcendre dans la
cuiſine du cabaret pour aller
chercher quelque choſe dont
elle abeſoin pour ces femmes
malades. A ſon retour elle
trouve undes enfants morts ,
& malheureuſement elle ne
Içait pas , ou elle a oublié laquelle
de ces deux femmes eſt
la mere de celuy qui reſte.
Auffitoft grande contention
entre les accouchées , ny l'une
ny l'autre ne veut eſtrela mere
dumort , elles ſe font apporter
tour à tour l'enfant vivant,
GALANT . 267
)
&à force de bons & de mauvais
raiſonnements , chacune
d'elles ſe perfuade qu'elle en
eſtla mere. Enfin au milieu de
leur embarras , elles conclüent
qu'elles n'ont pas de meilleur
moyen pour vuider leur querelle
, que celuy d'adopter
toutes deux le même enfant ,
elles le font baptiſer ſous leurs
noms ,& ſous le nom de leurs
marys , l'un deſquels meurt
quelques années aprés cette
adoption, &laiſſe en mourant
à ce fils bienheureux ce qu'il
peut luy laiſſer de ſon bien.
Peude temps aprés l'autre pere
Zij
268 MERCURE
1
1
!
meurt aufli,& fait ce même en.
fant fonheritier univerſel . Les
parents du dernier pere s'oppoſent
à l'execution du Teftament,
& diſent pour leurs raiſons
qu'un homme ne ſcauroit
avoir deux peres; que puifqu'il
a herité du bien de l'un ,
il n'a rien à pretendre au bieri
de l'autre ; mais lheritier qui
n'eſt pas fâché de cette duplicité
, dit au contraire , que
Monfieur un tel mort ily a
quelques années a pû luy laiſſer
fonbien ſous tel titre quiluy
a plû ; & que le dernier est fon
pere. Voilà où en eſt le procés :
DE
LYON
*1893
Etle
Leurs
urs .
GALANT. 269
je ne ſçay qu'elle en fera la
déciſion ; mais je croy que les
Loix n'ont pas prévû ces évenemens.
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Résumé : Histoire singuliere qu'on ne lira peut estre pas. [titre d'après la table]
Deux femmes enceintes accouchèrent simultanément en France. Une sage-femme, après les avoir aidées, découvrit qu'un des nouveau-nés était mort. Incapable de déterminer laquelle des mères était celle de l'enfant survivant, une dispute éclata. Les deux femmes décidèrent d'adopter conjointement l'enfant, baptisé avec les noms des deux mères et de leurs maris. Quelques années plus tard, les deux pères de l'enfant décédèrent, chacun léguant sa fortune à l'enfant. Les parents du second père contestèrent le testament, affirmant qu'une personne ne peut avoir deux pères. L'héritier, soutenu par les lois, maintint que chaque père avait le droit de lui léguer ses biens. Le procès est en cours, et l'issue reste incertaine, car les lois n'ont pas prévu de telles situations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 90-96
Les enfans élevés selon l'ordre de la Nature [titre d'après la table]
Début :
Les enfans élevés dans l'ordre de la Nature, ou abrégé de l'Histoire Naturelle [...]
Mots clefs :
Enfants, Auteur, Petit, Éducation physique, Froid, Nature, Chien, Histoire naturelle, Observations, Expérience, Âge, Mères
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texteReconnaissance textuelle : Les enfans élevés selon l'ordre de la Nature [titre d'après la table]
Les enfans élevés dans l'ordre de la Nature
, ou abrégé de l'Hiftoire Naturelle
des enfans du premier âge , à l'ufage
des pères & mères de famille , par M.
de Fourcroy , Confeiller du Roi au
Baillage de Clermont en Beauvoiſis .
Experientia , magifter artium.
Vol. in- 12 , petit format , à Paris ,
chez les Frères Etienne , rue St Jac-
: ques , à la vertu.
Ce bon Ouvrage eft divifé en deux
parties. La première contient tout ce qui
peut être regardé comme hiftorique dans
l'éducation phyfique des enfans. Tels
font la difcuffion des principes que l'Au
teur a adoptés , & de ceux qui l'ont été
par quelques Orthopédistes modernes ;
les objections , les réponſes , les exemples
& les obfervations qui en font une
fuite ; les anecdotes curieufes qui y font
NOVEMBRE. 1774. 91
"
"
1.
relatives , enfin les preuves les plus démonftratives
de la fupériorité de la méthode
de l'Auteur fur tout autre , pour
la confervation & la régénération de
l'efpèce humaine .
L'Auteur , dans la feconde partie
rapporte de fuite ce qu'il y a de plus effentiel
à favoir dans l'Hiftoire Naturelle
des enfans du premier âge pour la mère
qui les allaite , & pour le père qui ne dédaigne
pas de s'occuper de leur éducation
phyfique.
Ce n'eft point un fimple Théoricien
qui parle ici , c'eſt un Obſervateur attentif,
un père de famille qui a toujours interrogé
la Nature dans l'éducation phyfique
de fes enfans , & a joint aux épreuves
- qu'il a faites dans fa maiſon , celles qu'il
a pu recueillir au dehors. Si l'Auteur
admet quelquefois fur l'objet qu'il traite,
des obfervations publiées par les Naturaliftes
qui l'ont précédé , ce n'eft qu'après
avoir vérifié ces obfervations
par l'expérience
; ainfi l'on peut avoir la plus
grande confiance en cet abrégé pratique
de l'Hiftoire Naturelle de l'enfance .
f
Un des articles les plus effentiels de
l'éducation phyfique que l'Auteur prefcrit
pour l'enfance , eft le lavage à froid
de l'enfant nouveau- né. « Ce n'eft point
92 MERCURE DE FRANCE.
"
"
n
» dit-il , comme on le lit dans l'Emile de
» J.J. Rouſſeau , ni dans tous les Ouvrages
» modernes , où l'on a fuivi fes principes
» par degré & un thermomètre à la
» main , qu'il faut accoutumer les en-
» fans infenfiblement au lavage à froid.
» Tout cet appareil , de pure fiction ,
qui montre le peu de nerf de ceux
» qui l'ont imaginé , n'eft abfolument
» bon qu'à faire perdre un temps pré-
» cieux. Ces lavages tièdes , dont le
» propre eft d'affoiblir les enfans , font
» directement oppofés au bien qu'on a
» de lesfortifier , & c'eft dès le lendemain
» de leur naiflance qu'il faut y procéder
fans tant de myſtères , en les lavant à
froid, quelque temps qu'il faffle, & en
quelque faifon que ce foit. Si on con-
» tinue , au bout de quatre jours on com-
» mencera déjà à s'appercevoir du bien
» qu'on leur fait , & , qui plus eft , du
plaifir qu'ils y prennent. Il ne s'agit
» que d'avoir le courage d'effayer , & celui
de prolonger l'effai pendant ces
» quatre jours ; on fera bientôt convaincu
» des avantages de cette méthode . pourvu
qu'on y joigne les autres attentions
» que j'ai recommandées ».
"
"
"
39
»
39
L'Auteur ajoute dans une note qu'il a
lieu de foupçonner que le lavage d'eau
NOVEMBRE. 1774. 93
froid pourroit bien être également falutaire
dans le premier âge à quelques animaux
domestiques , quoique le froid
femble être oppofé au voeu de la Nature ,
dans leur éducation phyſique ; & c'eſt encore
, d'après l'expérience , que l'Auteur
fe croit bien fonde à porter ce jugement.
On lui avoit fait préfent , au mois de
Mars 1771 , d'un joli chien de chaffe
qui n'avoit que trois femaines , & qui
fortoit de deffous la mère . Il étoit gras
& très - bien portant ; cependant au bout
de huit jours qu'il fut chez lui , il le
trouva prodigieufement fondu , quoiqu'on
lui affurâ : qu'il mangeoit bien & qu'on
en avoir grand foin ; mais on lui dit en
même temps qu'il ne vouloit pas quitter
le coin du feu , & qu'il avoit toujours le
nez dans les tifons . Notre Obfervateur ,
perfuadé que l'action perpétuelle du feu
fur ce petit animal , étoit la véritable
caufe de fon defléchement , ordonna
qu'on le lavâr tous les matins dans un
feau d'eau fraîche , & qu'on le tint enfaite
en plein air , fans le fouffrir aucunement
à la cuifine. Il donna même une
attention fuivie à cette expérience , pour
s'affarer qu'elle étoit exécutée ponctuellement.
Son remède a eu l'effet qu'il s'en
étoit promis. Non feulement le petit
94 MERCURE DE FRANCE.
chien a été , fur trois réſervés de la portée,
le feul qui ne foit pas mort ; mais il a
acquis une telle force , qu'à un an il lui
falloit une chaîne, comme à un chien de
baffe- cour , pour le tenir à l'attache . Sa
gaieté ou plutôt fa folie a été au- deſſus
de ce qu'on peut imaginer , & il eft devenu
d'une taille prodigieufe , quoique
forti d'une affez petite race. M. de F. a
obfervé fur cet animal prefque tout ce
qui eft arrivé à fes enfans. Cet animal, a ,
comme eux , jetté fa gourme par la tête ,
où il a eu des galles & des puftules trèsabondantes
lors de la dentition . Enfin ,
M. de F. leur a trouvé , à beaucoup d'égards
, des rapports qui l'ont déterminé
à faire une feconde épreuve de même
nature fur un petit barbet , quoique ce
petit chien fût le troisième & le plus foible
de fa portée ; il a été auffi le feul qui ſe ſoit
élevé il a jetté , comme le précedent , fa
gourme par la tête , & a acquis la même
vigueur ; en un mot , il lui a été femblable
en tout ; l'on ne peut obtenir de fuccès
plus complet que celui que M. de
F. a eu dans l'éducation phyfique de ces
deux animaux ; enforte qu'il n'y a point
à douter qu'il ne convienne parfaitement
à leur efpèce. Au furplus , ces expériences
NOVEMBRE. 1774 95.
font très- faciles à renouveler ; & notre
Obfervateur invite les curieux à fe convaincre
par eux-mêmes de la vérité de
ces faits qui ne font pas indifférens , vu
les conféquences qu'on en peut tirer contre
les partifans de la chaleur , & contre
ces efprits ſyſtématiques, qui veulent que
nous apprenions des animaux comment
il faut élever nos enfans .
Nous avons rapporté ces épreuves de
l'Auteur , pour mieux faire connoître fon
efprit de recherches & d'obſervations . M.
de F. dans ce même écrit , fe joint à
ceux qui ont prefcrit aux femmes de
nourrir elles- mêmes leurs enfans. Il les
avertit de la conduite qu'il leur eſt avantageux
de tenir pendant leurs couches &
tout le temps qu'elles nourriffent. On
peut donc regarder cet écrit comme un
manuel commode pour les mères , dans
lequel l'Auteur , en leur mettant fous les
yeux un tableau fidèle de tous les états
fucceffifs de l'enfance , cherche à les prévenir
contre ces inquiétudes dangereufes
auxquelles elles fe livrent fouvent fans
raifon , dès que leur enfant crie un peu
fort , ou paroît éprouver quelque vive
douleur. Il leur indique d'ailleurs des
procédés fimples qui les feront réuffic
96 MERCURE DE FRANCE.
dans tout ce qu'elles voudront entreprendre
pour la meilleure éducation
phyfique de leurs enfans. M. de F. croit
même pouvoir avancer , que parmi les
mères qui voudront fuivre avec exactitude
la méthode qu'il a éprouvée fur
fes propres enfans , il y en aura bien
peu qui ne foient étonnées de leurs
fuccès.
, ou abrégé de l'Hiftoire Naturelle
des enfans du premier âge , à l'ufage
des pères & mères de famille , par M.
de Fourcroy , Confeiller du Roi au
Baillage de Clermont en Beauvoiſis .
Experientia , magifter artium.
Vol. in- 12 , petit format , à Paris ,
chez les Frères Etienne , rue St Jac-
: ques , à la vertu.
Ce bon Ouvrage eft divifé en deux
parties. La première contient tout ce qui
peut être regardé comme hiftorique dans
l'éducation phyfique des enfans. Tels
font la difcuffion des principes que l'Au
teur a adoptés , & de ceux qui l'ont été
par quelques Orthopédistes modernes ;
les objections , les réponſes , les exemples
& les obfervations qui en font une
fuite ; les anecdotes curieufes qui y font
NOVEMBRE. 1774. 91
"
"
1.
relatives , enfin les preuves les plus démonftratives
de la fupériorité de la méthode
de l'Auteur fur tout autre , pour
la confervation & la régénération de
l'efpèce humaine .
L'Auteur , dans la feconde partie
rapporte de fuite ce qu'il y a de plus effentiel
à favoir dans l'Hiftoire Naturelle
des enfans du premier âge pour la mère
qui les allaite , & pour le père qui ne dédaigne
pas de s'occuper de leur éducation
phyfique.
Ce n'eft point un fimple Théoricien
qui parle ici , c'eſt un Obſervateur attentif,
un père de famille qui a toujours interrogé
la Nature dans l'éducation phyfique
de fes enfans , & a joint aux épreuves
- qu'il a faites dans fa maiſon , celles qu'il
a pu recueillir au dehors. Si l'Auteur
admet quelquefois fur l'objet qu'il traite,
des obfervations publiées par les Naturaliftes
qui l'ont précédé , ce n'eft qu'après
avoir vérifié ces obfervations
par l'expérience
; ainfi l'on peut avoir la plus
grande confiance en cet abrégé pratique
de l'Hiftoire Naturelle de l'enfance .
f
Un des articles les plus effentiels de
l'éducation phyfique que l'Auteur prefcrit
pour l'enfance , eft le lavage à froid
de l'enfant nouveau- né. « Ce n'eft point
92 MERCURE DE FRANCE.
"
"
n
» dit-il , comme on le lit dans l'Emile de
» J.J. Rouſſeau , ni dans tous les Ouvrages
» modernes , où l'on a fuivi fes principes
» par degré & un thermomètre à la
» main , qu'il faut accoutumer les en-
» fans infenfiblement au lavage à froid.
» Tout cet appareil , de pure fiction ,
qui montre le peu de nerf de ceux
» qui l'ont imaginé , n'eft abfolument
» bon qu'à faire perdre un temps pré-
» cieux. Ces lavages tièdes , dont le
» propre eft d'affoiblir les enfans , font
» directement oppofés au bien qu'on a
» de lesfortifier , & c'eft dès le lendemain
» de leur naiflance qu'il faut y procéder
fans tant de myſtères , en les lavant à
froid, quelque temps qu'il faffle, & en
quelque faifon que ce foit. Si on con-
» tinue , au bout de quatre jours on com-
» mencera déjà à s'appercevoir du bien
» qu'on leur fait , & , qui plus eft , du
plaifir qu'ils y prennent. Il ne s'agit
» que d'avoir le courage d'effayer , & celui
de prolonger l'effai pendant ces
» quatre jours ; on fera bientôt convaincu
» des avantages de cette méthode . pourvu
qu'on y joigne les autres attentions
» que j'ai recommandées ».
"
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L'Auteur ajoute dans une note qu'il a
lieu de foupçonner que le lavage d'eau
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froid pourroit bien être également falutaire
dans le premier âge à quelques animaux
domestiques , quoique le froid
femble être oppofé au voeu de la Nature ,
dans leur éducation phyſique ; & c'eſt encore
, d'après l'expérience , que l'Auteur
fe croit bien fonde à porter ce jugement.
On lui avoit fait préfent , au mois de
Mars 1771 , d'un joli chien de chaffe
qui n'avoit que trois femaines , & qui
fortoit de deffous la mère . Il étoit gras
& très - bien portant ; cependant au bout
de huit jours qu'il fut chez lui , il le
trouva prodigieufement fondu , quoiqu'on
lui affurâ : qu'il mangeoit bien & qu'on
en avoir grand foin ; mais on lui dit en
même temps qu'il ne vouloit pas quitter
le coin du feu , & qu'il avoit toujours le
nez dans les tifons . Notre Obfervateur ,
perfuadé que l'action perpétuelle du feu
fur ce petit animal , étoit la véritable
caufe de fon defléchement , ordonna
qu'on le lavâr tous les matins dans un
feau d'eau fraîche , & qu'on le tint enfaite
en plein air , fans le fouffrir aucunement
à la cuifine. Il donna même une
attention fuivie à cette expérience , pour
s'affarer qu'elle étoit exécutée ponctuellement.
Son remède a eu l'effet qu'il s'en
étoit promis. Non feulement le petit
94 MERCURE DE FRANCE.
chien a été , fur trois réſervés de la portée,
le feul qui ne foit pas mort ; mais il a
acquis une telle force , qu'à un an il lui
falloit une chaîne, comme à un chien de
baffe- cour , pour le tenir à l'attache . Sa
gaieté ou plutôt fa folie a été au- deſſus
de ce qu'on peut imaginer , & il eft devenu
d'une taille prodigieufe , quoique
forti d'une affez petite race. M. de F. a
obfervé fur cet animal prefque tout ce
qui eft arrivé à fes enfans. Cet animal, a ,
comme eux , jetté fa gourme par la tête ,
où il a eu des galles & des puftules trèsabondantes
lors de la dentition . Enfin ,
M. de F. leur a trouvé , à beaucoup d'égards
, des rapports qui l'ont déterminé
à faire une feconde épreuve de même
nature fur un petit barbet , quoique ce
petit chien fût le troisième & le plus foible
de fa portée ; il a été auffi le feul qui ſe ſoit
élevé il a jetté , comme le précedent , fa
gourme par la tête , & a acquis la même
vigueur ; en un mot , il lui a été femblable
en tout ; l'on ne peut obtenir de fuccès
plus complet que celui que M. de
F. a eu dans l'éducation phyfique de ces
deux animaux ; enforte qu'il n'y a point
à douter qu'il ne convienne parfaitement
à leur efpèce. Au furplus , ces expériences
NOVEMBRE. 1774 95.
font très- faciles à renouveler ; & notre
Obfervateur invite les curieux à fe convaincre
par eux-mêmes de la vérité de
ces faits qui ne font pas indifférens , vu
les conféquences qu'on en peut tirer contre
les partifans de la chaleur , & contre
ces efprits ſyſtématiques, qui veulent que
nous apprenions des animaux comment
il faut élever nos enfans .
Nous avons rapporté ces épreuves de
l'Auteur , pour mieux faire connoître fon
efprit de recherches & d'obſervations . M.
de F. dans ce même écrit , fe joint à
ceux qui ont prefcrit aux femmes de
nourrir elles- mêmes leurs enfans. Il les
avertit de la conduite qu'il leur eſt avantageux
de tenir pendant leurs couches &
tout le temps qu'elles nourriffent. On
peut donc regarder cet écrit comme un
manuel commode pour les mères , dans
lequel l'Auteur , en leur mettant fous les
yeux un tableau fidèle de tous les états
fucceffifs de l'enfance , cherche à les prévenir
contre ces inquiétudes dangereufes
auxquelles elles fe livrent fouvent fans
raifon , dès que leur enfant crie un peu
fort , ou paroît éprouver quelque vive
douleur. Il leur indique d'ailleurs des
procédés fimples qui les feront réuffic
96 MERCURE DE FRANCE.
dans tout ce qu'elles voudront entreprendre
pour la meilleure éducation
phyfique de leurs enfans. M. de F. croit
même pouvoir avancer , que parmi les
mères qui voudront fuivre avec exactitude
la méthode qu'il a éprouvée fur
fes propres enfans , il y en aura bien
peu qui ne foient étonnées de leurs
fuccès.
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Résumé : Les enfans élevés selon l'ordre de la Nature [titre d'après la table]
Le texte présente 'Les enfans élevés dans l'ordre de la Nature', un ouvrage de M. de Fourcroy, conseiller du roi au Bailliage de Clermont en Beauvoisis. Cet ouvrage est divisé en deux parties. La première partie traite de l'éducation physique des enfants, en s'appuyant sur les principes de l'auteur et des orthopédistes modernes, illustrés par des anecdotes et des preuves. La seconde partie fournit des informations sur l'histoire naturelle des jeunes enfants, destinées aux parents. M. de Fourcroy, en tant qu'observateur attentif et père de famille, base ses recommandations sur des expériences personnelles et des observations vérifiées. Il préconise le lavage à froid des nouveau-nés, contrairement aux méthodes tièdes prônées par Jean-Jacques Rousseau et d'autres auteurs modernes. Selon lui, cette pratique renforce les enfants et leur procure du plaisir après quelques jours. Cette méthode serait également bénéfique pour certains animaux domestiques, comme le montre l'amélioration de la santé et de la vigueur d'un chien de chasse et d'un barbet après des bains à l'eau froide et une exposition à l'air frais. L'ouvrage invite les lecteurs à vérifier les faits exposés, pertinents pour les partisans de la chaleur et ceux qui apprennent des méthodes d'élevage des enfants auprès des animaux. M. de Fourcroy encourage les mères à allaiter leurs enfants elles-mêmes et fournit des conseils sur la conduite à adopter pendant l'accouchement et l'allaitement. Il vise à apaiser les inquiétudes maternelles face aux pleurs ou douleurs des enfants et propose des méthodes simples pour une éducation physique optimale. Les mères suivant sa méthode éprouvée obtiendraient des résultats positifs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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