Résultats : 14636 texte(s)
Accéder à la page des genres des auteurs.
Détail
Liste
4101
p. 146-147
De Ratisbonne, le 10 Décembre.
Début :
Le Baron de Gottorp est arrivé ici depuis peu, en qualité de Ministre [...]
Mots clefs :
Baron, Roi de Pologne, Protestants, Comte, Électeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Ratisbonne, le 10 Décembre.
De Ratisbone , le 10 Décembre.
E Baron de Gottorp eft arrivé ici
La
tre du Roy de Pologne , pour folliciDE
DECEMBRE. 147
ter de la part de ce Prince , la - continuation
du Directoire des Proteftans:
Il tâchera en même tems, d'applanir
toutes les difficultés , que le changement
de Réligion a caufé à ce fujer .
Le Comte de Meternith ne s'oppoſe
pas aux prétentions des Saxons ; mais
il prétend , qu'au cas qu'on en prive
le Roy Augufte , le Roy de Pruffe ait
feul le Directoire : Cependant, le Roy
Georges , comme Electeur d'Hannovre
, demande d'être joint à S. M. P.
Comme cette affaire eft de la derniére
conféquence , elle fera traitée avec
beaucoup de précaution .
E Baron de Gottorp eft arrivé ici
La
tre du Roy de Pologne , pour folliciDE
DECEMBRE. 147
ter de la part de ce Prince , la - continuation
du Directoire des Proteftans:
Il tâchera en même tems, d'applanir
toutes les difficultés , que le changement
de Réligion a caufé à ce fujer .
Le Comte de Meternith ne s'oppoſe
pas aux prétentions des Saxons ; mais
il prétend , qu'au cas qu'on en prive
le Roy Augufte , le Roy de Pruffe ait
feul le Directoire : Cependant, le Roy
Georges , comme Electeur d'Hannovre
, demande d'être joint à S. M. P.
Comme cette affaire eft de la derniére
conféquence , elle fera traitée avec
beaucoup de précaution .
Fermer
4102
p. 147-152
De Londres, le 15 Décembre.
Début :
On ressent avec chagrin à nôtre Cour, le changement de Réligion du [...]
Mots clefs :
Chagrin, Prince électoral, Trône, Roi de Suède, Roi de Prusse, Tsar, Empereur, Vaisseaux de guerre, Parlement, Abbé, Compagnie, Navigation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres, le 15 Décembre.
De Londres , le 15 Décembre .
N reffent avec chagrin à nôtre
Cour , le changement de Réligion
du Prince Electoral de Saxe : On
eft fort étonné que le Roy Auguite y
ait donné fon confentement ; fur tout
dans un tems , où il paroiffoit avoir
le plus befoin de notre Roy , pour fe
maintenir fur le Trône de Pologne ;
avec d'autant plus de fondement , que
nous avons des avis , que les Roys de
Suéde & de Pruffe ont deffein , con-
Nij
148 LE MERCURE
jointement avec le Czar , de réméttre
Staniflas fur le Trône ; fans laquelle
condition , S. M. Suédoife refufe de
faire fa paix avec les deux autres
Puiffances.
M. de Bentenrieder Envoyé de
l'Empereur , follicite ici fortement 12
Vaiffeaux de guerre ; pour agir contre
l'Espagne en Italie , & pour remettre
S. M. I. en poffeffion du Royaume
de Sardaigne . Quoique nôtre Cour
cherche avec un empreffement extraordinaire
, l'amitié de S. M. I. , dans
la vue que le Roy d'Angleterre , comme
Electeur de Hannovre , puiſſe obtenir
les deux Duchés de Brémen &
de werten , on doute fort cependant
, que le Parlement approuve ,
qu'on fe déclare en faveur de l'Empereur
contre le Roy d'Efpagne , à
caufe du préjudice qu'en recevroit
la Nation ; puifqu'une telle rupture
entraîneroit infalliblement la
ruine d'une des plus importantes
branches de nôtre commerce . On
fouhaiteroit donc , qu'à l'exemple de
la France & des Etats généraux , on
tachât par toute forte de moyens , de
pacifier le différent qu'il y a préfenteDE
DECEMBRE 149
> ment entre ces 2 Puiffances & de
porter ces deux Princes , à exécuter
le traité de Paix d'Utrecht , & celui
de la Neutralité d'Italie. Comme S.
M. B. n'a pas fait part jufqu'à préfent
à fon Parlement , de fon alliance avec
S. M. I. , on ne croit pas que la Cour
donne une réponſe pofitive à M. de
Bentenrieder , avant que de l'avoir
communiquée aux 2 Chambres : Il y a
cependant , des ordres expediés , pour
équiper deux Efcadres ; l'une pour la
Mediteranée , & l'autre , pour la Mer
Baltique.
Le départ inopiné de M. l'Abbé
Dubois pour la Cour de France, ( d'où
Pon affure qu'il fera de retour dans peu
de jours ) fournit matiére à nos Politiques.
Come l'affaire dont il eſt chargé,
doit être,fuivant toutes les apparences ,
dela plus haute importance , elle doit
être auffi par conféquent du dernier fé-
-cret ; c'eft ce qui a obligé cet Abbé , de
ne pas confier les dépêches à un Expres
, & d'aller lui-même la communiquer
à M. le Regent de France .
On continue à réformer 20 hommes
par Compagnie des Regimens des Gardes.
Les Colonels de Cavalerie &
N iij
IFO
LEMERCURE
d'infanterie , qui ont leurs quartiers
dans les Provinces , font partis pour le
même fujet , conformément aux ordres
du Roy.
Le Parlement s'affembla le 2 de ce
mpis , fuivant la derniere prorogation.'
On renvoye aux Gazettes le Difcours
que S. M. B. fit aux deux Chambres ,&
& les adreffes de remerciement qu'elles
préfentérent à ce Prince ,
On mande de Devizes , dans le Comté
de wiltz , que le 8 de ce mois , un
Gentil - homme fut attaqué à trois mille
de cette Ville , par trois perfonnes
mafquées , qui , aprés l'avoir dépouilé
& fort maltraité , ûrent encore la barbarie
de lui tirer la langue avec violence
, & de la lui couper jufques à la
racine ; aprés quoi , ils le renvoyerent
dans ce pitoyable eftat . Cet homme
ût encore le courage de regagner la
Ville, où il entra nud , & perdant tout
fon fang. C'eftoit un ſpectacle effrayant
On efpére cependant , qu'il
en reviendra . Quelques perquifitions
qu'on ait faites jufques à préfent , pour
découvrir les Auteurs de cette cruauté ,
on n'a pu encore y parvenir.
:
Toute l'Europe eft informée, que le
DE DECEMBRE. ret
1
Roy de Danemarck a fait arrêter fur
la Rade , tous les Navires Hollandois
qui ont voulu repaffer le Sund ; fous
prétexte , que L. H. P. refufent de lui
payer les arrerages des fubfides de la
derniere Guerre , pour les Troupes .
qui ont fervi en Brabant. Sur cela ,
L. E. G. ont écrit à leur Envoyé qui
réfide en certe Cour , de déclarer à S.
M. D. que fi elle ne les faifoit pas relâcher
inceffamment , ils prendroient
des mefures convenables , pour affürer
leur Navigation , & repouffer la force
par la force.
Quoique les Hollandois ayent efté.
fortement follicités par la Cour de la
Grande Bretagne , pour joindre feulement
quatre Vaiffeaux à l'Efcadre Angloife
, deftinée contre le Roy de Suéde,
& autant , pour envoyer dans la Méditérannée
; il n'a pas efté poffible de
les engager à cette confédération. Il
paroît par ce refus , que cette République
veut profiter des avantages de la
Paix , & qu'elle fe contentera d'employer
fes bons offices , auprés des
Parties qui font en guerre.
On croit entrevoir par la conduite du
Marquis de Prié , que le différent de la
N iiij
152 LE MERCURE
Barriere ne finira pas fitôt ; & que S.
M. I. n'acceptera pas la médiation de
Leurs Hautes Puiffances , pour pacifier
les troubles de l'Italie.
N reffent avec chagrin à nôtre
Cour , le changement de Réligion
du Prince Electoral de Saxe : On
eft fort étonné que le Roy Auguite y
ait donné fon confentement ; fur tout
dans un tems , où il paroiffoit avoir
le plus befoin de notre Roy , pour fe
maintenir fur le Trône de Pologne ;
avec d'autant plus de fondement , que
nous avons des avis , que les Roys de
Suéde & de Pruffe ont deffein , con-
Nij
148 LE MERCURE
jointement avec le Czar , de réméttre
Staniflas fur le Trône ; fans laquelle
condition , S. M. Suédoife refufe de
faire fa paix avec les deux autres
Puiffances.
M. de Bentenrieder Envoyé de
l'Empereur , follicite ici fortement 12
Vaiffeaux de guerre ; pour agir contre
l'Espagne en Italie , & pour remettre
S. M. I. en poffeffion du Royaume
de Sardaigne . Quoique nôtre Cour
cherche avec un empreffement extraordinaire
, l'amitié de S. M. I. , dans
la vue que le Roy d'Angleterre , comme
Electeur de Hannovre , puiſſe obtenir
les deux Duchés de Brémen &
de werten , on doute fort cependant
, que le Parlement approuve ,
qu'on fe déclare en faveur de l'Empereur
contre le Roy d'Efpagne , à
caufe du préjudice qu'en recevroit
la Nation ; puifqu'une telle rupture
entraîneroit infalliblement la
ruine d'une des plus importantes
branches de nôtre commerce . On
fouhaiteroit donc , qu'à l'exemple de
la France & des Etats généraux , on
tachât par toute forte de moyens , de
pacifier le différent qu'il y a préfenteDE
DECEMBRE 149
> ment entre ces 2 Puiffances & de
porter ces deux Princes , à exécuter
le traité de Paix d'Utrecht , & celui
de la Neutralité d'Italie. Comme S.
M. B. n'a pas fait part jufqu'à préfent
à fon Parlement , de fon alliance avec
S. M. I. , on ne croit pas que la Cour
donne une réponſe pofitive à M. de
Bentenrieder , avant que de l'avoir
communiquée aux 2 Chambres : Il y a
cependant , des ordres expediés , pour
équiper deux Efcadres ; l'une pour la
Mediteranée , & l'autre , pour la Mer
Baltique.
Le départ inopiné de M. l'Abbé
Dubois pour la Cour de France, ( d'où
Pon affure qu'il fera de retour dans peu
de jours ) fournit matiére à nos Politiques.
Come l'affaire dont il eſt chargé,
doit être,fuivant toutes les apparences ,
dela plus haute importance , elle doit
être auffi par conféquent du dernier fé-
-cret ; c'eft ce qui a obligé cet Abbé , de
ne pas confier les dépêches à un Expres
, & d'aller lui-même la communiquer
à M. le Regent de France .
On continue à réformer 20 hommes
par Compagnie des Regimens des Gardes.
Les Colonels de Cavalerie &
N iij
IFO
LEMERCURE
d'infanterie , qui ont leurs quartiers
dans les Provinces , font partis pour le
même fujet , conformément aux ordres
du Roy.
Le Parlement s'affembla le 2 de ce
mpis , fuivant la derniere prorogation.'
On renvoye aux Gazettes le Difcours
que S. M. B. fit aux deux Chambres ,&
& les adreffes de remerciement qu'elles
préfentérent à ce Prince ,
On mande de Devizes , dans le Comté
de wiltz , que le 8 de ce mois , un
Gentil - homme fut attaqué à trois mille
de cette Ville , par trois perfonnes
mafquées , qui , aprés l'avoir dépouilé
& fort maltraité , ûrent encore la barbarie
de lui tirer la langue avec violence
, & de la lui couper jufques à la
racine ; aprés quoi , ils le renvoyerent
dans ce pitoyable eftat . Cet homme
ût encore le courage de regagner la
Ville, où il entra nud , & perdant tout
fon fang. C'eftoit un ſpectacle effrayant
On efpére cependant , qu'il
en reviendra . Quelques perquifitions
qu'on ait faites jufques à préfent , pour
découvrir les Auteurs de cette cruauté ,
on n'a pu encore y parvenir.
:
Toute l'Europe eft informée, que le
DE DECEMBRE. ret
1
Roy de Danemarck a fait arrêter fur
la Rade , tous les Navires Hollandois
qui ont voulu repaffer le Sund ; fous
prétexte , que L. H. P. refufent de lui
payer les arrerages des fubfides de la
derniere Guerre , pour les Troupes .
qui ont fervi en Brabant. Sur cela ,
L. E. G. ont écrit à leur Envoyé qui
réfide en certe Cour , de déclarer à S.
M. D. que fi elle ne les faifoit pas relâcher
inceffamment , ils prendroient
des mefures convenables , pour affürer
leur Navigation , & repouffer la force
par la force.
Quoique les Hollandois ayent efté.
fortement follicités par la Cour de la
Grande Bretagne , pour joindre feulement
quatre Vaiffeaux à l'Efcadre Angloife
, deftinée contre le Roy de Suéde,
& autant , pour envoyer dans la Méditérannée
; il n'a pas efté poffible de
les engager à cette confédération. Il
paroît par ce refus , que cette République
veut profiter des avantages de la
Paix , & qu'elle fe contentera d'employer
fes bons offices , auprés des
Parties qui font en guerre.
On croit entrevoir par la conduite du
Marquis de Prié , que le différent de la
N iiij
152 LE MERCURE
Barriere ne finira pas fitôt ; & que S.
M. I. n'acceptera pas la médiation de
Leurs Hautes Puiffances , pour pacifier
les troubles de l'Italie.
Fermer
4103
p. 152-153
De Hambourg le 13 Décembre.
Début :
Tous le déhors de Wismar sont entiérement rasés, à l'exception du Fort [...]
Mots clefs :
Fort, Armée, Roi de Prusse, Traité de paix, Fortification, Envoyé de France, Couronne de Suède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Hambourg le 13 Décembre.
De Hambourg le 13 Décembre.
Ous le déhors de Wifmar font
Tentiérementrarés, à l'exceptiondu
Fort de la Baleine, qui défend l'entrée
du Port qu'on fera miner inceflamment.
On n'a point touché au Corps de la
Place , le Roy de Pruffe & le Duc de
Mexelbourg fe flattant qu'on leur en
laiffera la poffeffion. On eft perfuadé
ici, qu'il y a un traitté de Paix conclu
entre le Czar & le Roy de Suède ,
ce qui cauferoit un grand changement
dans les affaires du Nord. On a trou
vé un tempérament pour le Port de
Rével, qui jufqu ici a retardé la Paix .
La fortification en fera rafée , & ce
Port fera neutre & ouvert à toutes
fortes de Nations. LEmpereur, le Roy
d'Angleterre , & L. E. G.. font fort
mécontens du Roy de Danemarck ,
caufe des Bâtimens qu'il retient à Gluchſtad.
S. M. B. a fait dire à ce Prinae,
que s'il ne rendoit le commerce de
DE DECEMBRE. 153:
l'Elbe, libre ; & s'il ne relâchoit les
Vaiffeaux qu'il retient , il envoiroit
une Flote dans ces Mers pour l'y
forcer.
M. Pouffein Envoyé de France , a
reçû des avis , que le Baron de Gortz
qui a paffé à Petersbourg , êtoit arrivé
à Stokolme. Le Roy de Pruffe a
accordé la liberté à tous les Prifonniers
Suédois qu'il avoit dans fon partage
; ce qui paroît d'un bon augure
pour la Couronne de Suéde.
Ous le déhors de Wifmar font
Tentiérementrarés, à l'exceptiondu
Fort de la Baleine, qui défend l'entrée
du Port qu'on fera miner inceflamment.
On n'a point touché au Corps de la
Place , le Roy de Pruffe & le Duc de
Mexelbourg fe flattant qu'on leur en
laiffera la poffeffion. On eft perfuadé
ici, qu'il y a un traitté de Paix conclu
entre le Czar & le Roy de Suède ,
ce qui cauferoit un grand changement
dans les affaires du Nord. On a trou
vé un tempérament pour le Port de
Rével, qui jufqu ici a retardé la Paix .
La fortification en fera rafée , & ce
Port fera neutre & ouvert à toutes
fortes de Nations. LEmpereur, le Roy
d'Angleterre , & L. E. G.. font fort
mécontens du Roy de Danemarck ,
caufe des Bâtimens qu'il retient à Gluchſtad.
S. M. B. a fait dire à ce Prinae,
que s'il ne rendoit le commerce de
DE DECEMBRE. 153:
l'Elbe, libre ; & s'il ne relâchoit les
Vaiffeaux qu'il retient , il envoiroit
une Flote dans ces Mers pour l'y
forcer.
M. Pouffein Envoyé de France , a
reçû des avis , que le Baron de Gortz
qui a paffé à Petersbourg , êtoit arrivé
à Stokolme. Le Roy de Pruffe a
accordé la liberté à tous les Prifonniers
Suédois qu'il avoit dans fon partage
; ce qui paroît d'un bon augure
pour la Couronne de Suéde.
Fermer
4104
p. 153-155
A Rome le 30 Novembre.
Début :
Il est public dans Rome, que le S. Pere a fixé son départ d'ici, [...]
Mots clefs :
Cuirassiers, Chevaux, Cardinaux, Trésorier, Ordre, Ambassadeur, Doyen, Prison, Château
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome le 30 Novembre.
A Rome le 30 ·Novembres
Ipereauxé fon départ d'ici, pour le
Left public dans Rome, que le S.
voyage de Lorrette & d'Urbin, le lendemain
de la Domenica in albis : Danscette
vue , il y a déja 100 mille écus
d'oeconomifés . Cette Villeggiature lera
de so jours ; on ne fera par jour que :
zo mille au plus . Il y aura so Cuiraf
fiers & 40 Chevaux légers de Garde 5
ico Suiffes avec toute la Sale & l'Anti-.
chambre du Pape. S. S. fera accom
pagnée des 3 Cardinaux Paulucci
Albani , & Olivieri ; il y en aura un
4 , qui comme Tréforier , prendra le-
2.
154
LE MERCURE
.
devant , pour ordonner toutes chofes fur
la route. 3 où 4 Auditeurs de Rote &
les Nationaux feront privilegiés. 8
Prélats du premier Ordre , avec plufieurs
du 2 & du Tiers Ordre , outre
la Daterie ,feront de la fête ; fans compter
les Miniftres Etrangers & autres
qui feront défrayés par SS . qui tiendra
table pour les Ambaffadeurs
les Cardinaux & les Prélats : l'Agent
fubalterne fera payé en argent. Malgré
ces préparatifs, le Cardinal Doyen a
fait les remontrances au S. P. pour le
détourner de ce pieux pélerinage , & ..
l'on croit que tous ceux qui en approchent
, en feront de même.
Milord Peterborough , aprés la for
tie de faPrifon , s'eft retiré à Venife ;
& le Comte de Galas Ambaffadeur
de l'Empereur,demande ici reparation
pour ce Seigneur , le Roy Georges
profitant de cette occafion, pour obliger
le S. P. à expulfer de l'Etat Ecclafiaftique,
le Chevalier de faint Georges.
On veut donc , en reparation de
cette injure faite à ce Milord , que ce
Prince fe réfugie autre part , & que le
Cardinal Origni Légat de Bologne ,foit
rappellé ; finon , les Anglois menacent
DE DECEMBRE. 195
les côtes de cet Etat , avec une Eſcadre
de 12 Vaiffeaux. On affûre même
, que les ordres font donnés pour
cela , & qu'ils agiront offenfivement
jufqu'à ce que la fatisfaction foit faite.
Le Pape ferecommande , pour accomoder
l'affaire du Roy d'Espagne
principalement celle du Milord , à ME
le Duc Régent.
, &
Hier 29 , on enferma au Château
faint Ange , le Marquis Davia Neveu
du Cardinal de ce nom : On ne croit
pourtant pas qu'il ait merité ce châtiment
, mais qu'en cela , on a û égard
à la recommandation de fon Oncle ,
avec lequel il vit en parfaite mefintelligence
; depuis qu'il a quitté fa
femme & fes enfans qui font à Bologne.
Ipereauxé fon départ d'ici, pour le
Left public dans Rome, que le S.
voyage de Lorrette & d'Urbin, le lendemain
de la Domenica in albis : Danscette
vue , il y a déja 100 mille écus
d'oeconomifés . Cette Villeggiature lera
de so jours ; on ne fera par jour que :
zo mille au plus . Il y aura so Cuiraf
fiers & 40 Chevaux légers de Garde 5
ico Suiffes avec toute la Sale & l'Anti-.
chambre du Pape. S. S. fera accom
pagnée des 3 Cardinaux Paulucci
Albani , & Olivieri ; il y en aura un
4 , qui comme Tréforier , prendra le-
2.
154
LE MERCURE
.
devant , pour ordonner toutes chofes fur
la route. 3 où 4 Auditeurs de Rote &
les Nationaux feront privilegiés. 8
Prélats du premier Ordre , avec plufieurs
du 2 & du Tiers Ordre , outre
la Daterie ,feront de la fête ; fans compter
les Miniftres Etrangers & autres
qui feront défrayés par SS . qui tiendra
table pour les Ambaffadeurs
les Cardinaux & les Prélats : l'Agent
fubalterne fera payé en argent. Malgré
ces préparatifs, le Cardinal Doyen a
fait les remontrances au S. P. pour le
détourner de ce pieux pélerinage , & ..
l'on croit que tous ceux qui en approchent
, en feront de même.
Milord Peterborough , aprés la for
tie de faPrifon , s'eft retiré à Venife ;
& le Comte de Galas Ambaffadeur
de l'Empereur,demande ici reparation
pour ce Seigneur , le Roy Georges
profitant de cette occafion, pour obliger
le S. P. à expulfer de l'Etat Ecclafiaftique,
le Chevalier de faint Georges.
On veut donc , en reparation de
cette injure faite à ce Milord , que ce
Prince fe réfugie autre part , & que le
Cardinal Origni Légat de Bologne ,foit
rappellé ; finon , les Anglois menacent
DE DECEMBRE. 195
les côtes de cet Etat , avec une Eſcadre
de 12 Vaiffeaux. On affûre même
, que les ordres font donnés pour
cela , & qu'ils agiront offenfivement
jufqu'à ce que la fatisfaction foit faite.
Le Pape ferecommande , pour accomoder
l'affaire du Roy d'Espagne
principalement celle du Milord , à ME
le Duc Régent.
, &
Hier 29 , on enferma au Château
faint Ange , le Marquis Davia Neveu
du Cardinal de ce nom : On ne croit
pourtant pas qu'il ait merité ce châtiment
, mais qu'en cela , on a û égard
à la recommandation de fon Oncle ,
avec lequel il vit en parfaite mefintelligence
; depuis qu'il a quitté fa
femme & fes enfans qui font à Bologne.
Fermer
4105
p. 155-158
A Barcelonne, le 6 Décembre 1717.
Début :
Le grand Convoi qu'on avoit ici préparé, en est parti à diverses [...]
Mots clefs :
Convoi, Flotte espagnole, Bâtiments, Cavalerie, Frégate, Escadrons, Troupes, Infanterie, Ingénieur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Barcelonne, le 6 Décembre 1717.
A Barcelonne , le 6 Décembre 1717.
LB
E grand Convoi qu'on avoit ici
pour aller joindre la Flote Efpagnole
en Sardaigne. Le dernier Convoi qui
mit à la voile le 24 du paffé , étoit compofé
de plus de 60 Bâtimens de char→
ges , fur lefquels il y avoit 3000 hommes
de Troupes réglées de débarque156
LE MERCURE
ment , tant Infanterie , que Cavalerie,
avec quantité de munitions de guerre
& de bouche , & toutes fortes de provifions
, fous l'eſcorte de 3 Vaiffeaux
de guerre; un du premier , & 2 du fecond
rang , avec une Fregate de 40
piéces de canon .
Il arriva le trente de l'autre mois , des
ordres de la Cour de Madrid , pour la
répartition des Quartiers qu'on doit
donner aux Troupes , qui étoient dans
cette Ville & dans les places des environs.
Depuis le deux de ce mois , juf
qu'au 6 inclufivement , près de 35 Ba--·
taillons & 20 Efcadrons fe font mis en
marche , pour fe rendre à leurs Quartiers
, qui font la Seud d'Urgel , la
Viguerie de Tarega , Mont- blanc , Tortoze
, Tarragone , Oftalric , Girone ,
& autres Places circonvoifines . A
l'égard des autres Troupes, qui doivent
encore fortir de cette Ville , & cellès
qui font cantonnées dans le voisinage ,
elles ne partiront que le 20 , pour aller
dans les Villes de Vic , de Solfone ,
Balaguer & Lérida. On comptoir qu'àprés
le départ de toutes ces forces , il
refteroit encore dans cette Capitale
plus de 15000 hommes..
DE DCEM PRE. 187
•
Nous apprenons de Sarragoffe , que
les levées pour les 2 Régimens Arragonois
, fe faifoient avec fuccés . On
compte que celui de Cavalerie fera
complet avant le premier du mois prochain
; & celui d'Infanterie qui doit
eftre de 3 bataillons , de 800 hommes
€3
chacun , le fera à la fin du mois de
Janvier.
Les 2 Régimens de Dragons & d'Infanterie
, que le Royaume de Navarre
fait auffi lever à fes dépens , font pareillement
fort avancés. Le Royaume
de Valence va fuivre cet exemple ..
La plupart des Bâtimens , qui font
arrivez ici de Rofe , où ils ont efté
conftruits , doivent mettre à la voile
au premier jour ; pour aller dans les
Ports de France , y charger des grains
que des Agens Efpagnols y ont achetés,
Les , il entra dans le Port de Barcelonne,
24 Bâtimens de charge , fur
lefquels il y avoit quantité d'habits
pour les Troupes , beaucoup de toiles ,
pour faire des chemiſes & des Tentes ,
& plufieurs caiffes remplies de Sabres
& de Bayonettes , avec une grande
quantité de toutes fortes de grains &
de provifions de bouche. On a û or18
LE MERCURE
dre d'acheter 1600 mulets , & de les
xenir prêts pour le premier Mars.
On a jetté dans Palamos 1800 hommes
en Garnifon . On va travailler à
relever les Fortifications de cette Place
, accommoder & nettoyer les Ports ;
poury mettre les Galéres d'Efpagne
qui feront beaucoup mieux , que dans
le Port de Barcelone.
Tout fe prépare pour faire le beau
Port de Rofe. L'Ingénieur qui en a levé
le Plan , & qui a êté approuvé de
la Cour de Madrid , en eft de retour.
Pour cet effet , on commencera par les
jettées
LB
E grand Convoi qu'on avoit ici
pour aller joindre la Flote Efpagnole
en Sardaigne. Le dernier Convoi qui
mit à la voile le 24 du paffé , étoit compofé
de plus de 60 Bâtimens de char→
ges , fur lefquels il y avoit 3000 hommes
de Troupes réglées de débarque156
LE MERCURE
ment , tant Infanterie , que Cavalerie,
avec quantité de munitions de guerre
& de bouche , & toutes fortes de provifions
, fous l'eſcorte de 3 Vaiffeaux
de guerre; un du premier , & 2 du fecond
rang , avec une Fregate de 40
piéces de canon .
Il arriva le trente de l'autre mois , des
ordres de la Cour de Madrid , pour la
répartition des Quartiers qu'on doit
donner aux Troupes , qui étoient dans
cette Ville & dans les places des environs.
Depuis le deux de ce mois , juf
qu'au 6 inclufivement , près de 35 Ba--·
taillons & 20 Efcadrons fe font mis en
marche , pour fe rendre à leurs Quartiers
, qui font la Seud d'Urgel , la
Viguerie de Tarega , Mont- blanc , Tortoze
, Tarragone , Oftalric , Girone ,
& autres Places circonvoifines . A
l'égard des autres Troupes, qui doivent
encore fortir de cette Ville , & cellès
qui font cantonnées dans le voisinage ,
elles ne partiront que le 20 , pour aller
dans les Villes de Vic , de Solfone ,
Balaguer & Lérida. On comptoir qu'àprés
le départ de toutes ces forces , il
refteroit encore dans cette Capitale
plus de 15000 hommes..
DE DCEM PRE. 187
•
Nous apprenons de Sarragoffe , que
les levées pour les 2 Régimens Arragonois
, fe faifoient avec fuccés . On
compte que celui de Cavalerie fera
complet avant le premier du mois prochain
; & celui d'Infanterie qui doit
eftre de 3 bataillons , de 800 hommes
€3
chacun , le fera à la fin du mois de
Janvier.
Les 2 Régimens de Dragons & d'Infanterie
, que le Royaume de Navarre
fait auffi lever à fes dépens , font pareillement
fort avancés. Le Royaume
de Valence va fuivre cet exemple ..
La plupart des Bâtimens , qui font
arrivez ici de Rofe , où ils ont efté
conftruits , doivent mettre à la voile
au premier jour ; pour aller dans les
Ports de France , y charger des grains
que des Agens Efpagnols y ont achetés,
Les , il entra dans le Port de Barcelonne,
24 Bâtimens de charge , fur
lefquels il y avoit quantité d'habits
pour les Troupes , beaucoup de toiles ,
pour faire des chemiſes & des Tentes ,
& plufieurs caiffes remplies de Sabres
& de Bayonettes , avec une grande
quantité de toutes fortes de grains &
de provifions de bouche. On a û or18
LE MERCURE
dre d'acheter 1600 mulets , & de les
xenir prêts pour le premier Mars.
On a jetté dans Palamos 1800 hommes
en Garnifon . On va travailler à
relever les Fortifications de cette Place
, accommoder & nettoyer les Ports ;
poury mettre les Galéres d'Efpagne
qui feront beaucoup mieux , que dans
le Port de Barcelone.
Tout fe prépare pour faire le beau
Port de Rofe. L'Ingénieur qui en a levé
le Plan , & qui a êté approuvé de
la Cour de Madrid , en eft de retour.
Pour cet effet , on commencera par les
jettées
Fermer
4106
p. 158-160
De Venise, le 4 Décembre.
Début :
Le Czarovitz, autrement le fils aîné de S. M, Cz que l'on [...]
Mots clefs :
Naples, Tsar, Humeur, Déserteurs, Vénitiens, Cavaliers, Munitions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Venise, le 4 Décembre.
De Venife , le 4 Décembre.
E Czarovitz , autrement le fils aîné
Lie S.M. Cz.que l'on attendoit ici à
fon retour deNaples ,n'y eft point venu.
Il a paffé de Boulogne à Verone , pour
fe rendre à Vienne , & delà à Péterbourg,
pour aller trouver le Czar ,
avec qui il eft rentré en grace.
Le deffein échoué fur Antivari , a
mis de mauvais humeur le Sénat . Il
s'en prend à M. de Noftitz qui . commandoit
le débarquement ; & celui ci
rejette la faute fur M. de Mocenigo ,
DE DECEMBRE. 159
qui ne put empêcher , que quelques
Déferteurs qui fe fauvérent par les
Montagnes , n'avertiffent les Turcs de
l'approche des Vénitiens . Mais , il faut
s'en prendre aux mécontentements des
Troupes qui estoient la pûpart débandées.
Comme les noblesVénitiens n'ont
jamais tort , il a efté donné à M. de
Noftitz qui paroît fort content de
quitter ce fervice . On a efté un peu confolé
de ce mauvais fuccez ', par la priſe
de la Prévefa , gardée par 600 Ottomans
& 600 Cavaliers. Le Comman
dant des Infidéles y a efté tué , & les
Vénitiens y ont trouvé aprés 5 jours
d'attaques , 1 piéces de canon , beaucoup
de bagages & de munitions.
Il a paffé ces jours- ci 1000 ou 1200
hommes de Recrues Allemandes , par
le Territoire de Vérone , pour les Régimens
de cette Nation qui fervent
dans le Milanois : On en attend encore
2000 .
Les Vénitiens fe font enfin réfolus de
demander au Roy de Sicile le renvoi
de 2 ou 300 hommes , qui s'eftant révoltés
fur le Vaiffeaux de guerre le
San Pio Vo , s'en eftoient emparés ,
& l'avoient conduit en Sicile ой
160 LE MERCURE
à peine furent- ils débarquez , qu'ils fu
rent arrêtez par ordre du Vice- Roy.
E Czarovitz , autrement le fils aîné
Lie S.M. Cz.que l'on attendoit ici à
fon retour deNaples ,n'y eft point venu.
Il a paffé de Boulogne à Verone , pour
fe rendre à Vienne , & delà à Péterbourg,
pour aller trouver le Czar ,
avec qui il eft rentré en grace.
Le deffein échoué fur Antivari , a
mis de mauvais humeur le Sénat . Il
s'en prend à M. de Noftitz qui . commandoit
le débarquement ; & celui ci
rejette la faute fur M. de Mocenigo ,
DE DECEMBRE. 159
qui ne put empêcher , que quelques
Déferteurs qui fe fauvérent par les
Montagnes , n'avertiffent les Turcs de
l'approche des Vénitiens . Mais , il faut
s'en prendre aux mécontentements des
Troupes qui estoient la pûpart débandées.
Comme les noblesVénitiens n'ont
jamais tort , il a efté donné à M. de
Noftitz qui paroît fort content de
quitter ce fervice . On a efté un peu confolé
de ce mauvais fuccez ', par la priſe
de la Prévefa , gardée par 600 Ottomans
& 600 Cavaliers. Le Comman
dant des Infidéles y a efté tué , & les
Vénitiens y ont trouvé aprés 5 jours
d'attaques , 1 piéces de canon , beaucoup
de bagages & de munitions.
Il a paffé ces jours- ci 1000 ou 1200
hommes de Recrues Allemandes , par
le Territoire de Vérone , pour les Régimens
de cette Nation qui fervent
dans le Milanois : On en attend encore
2000 .
Les Vénitiens fe font enfin réfolus de
demander au Roy de Sicile le renvoi
de 2 ou 300 hommes , qui s'eftant révoltés
fur le Vaiffeaux de guerre le
San Pio Vo , s'en eftoient emparés ,
& l'avoient conduit en Sicile ой
160 LE MERCURE
à peine furent- ils débarquez , qu'ils fu
rent arrêtez par ordre du Vice- Roy.
Fermer
4107
p. 160
De Turin, le 10 Décembre.
Début :
Les ordres viennent d'estre donnés aux Officiers des Troupes, de tenir leurs [...]
Mots clefs :
Officiers, Compagnies, Régiments, Cavalerie, Soldats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Turin, le 10 Décembre.
De Turin , le 10 Décembre.
Es ordres viennent d'eftre donnés
remis
leurs Compagnies complettes pour le
mois de Fevrier prochain. Comme
nous fommes informez qu'il doit arriver
dans
peu, un corps de 10 à 12000
Impériaux dans le Milanois , on prend
ici toutes les précautions néceffaires,
pour empêcher que ces troupes ne faffent
quelques entreprifes fur quelques
unes des Places dépendantes des Etats
de S. M. Sic. C'est pourquoi , on a fait
fortir de leurs quartiers plufieurs Regimens
d'Infanterie , de Cavalerie & de
Dragons ; pour occuper tous les poftes
& les paffages fur nos Frontières ; afin
de prévenir les Troupes Allemandes ,
& en même-tems , obferver leurs démarches
. Le Roy de Sicile a ordonné
que l'on congédiât de chaque Compagnie
, tous les Soldats malingres.
Es ordres viennent d'eftre donnés
remis
leurs Compagnies complettes pour le
mois de Fevrier prochain. Comme
nous fommes informez qu'il doit arriver
dans
peu, un corps de 10 à 12000
Impériaux dans le Milanois , on prend
ici toutes les précautions néceffaires,
pour empêcher que ces troupes ne faffent
quelques entreprifes fur quelques
unes des Places dépendantes des Etats
de S. M. Sic. C'est pourquoi , on a fait
fortir de leurs quartiers plufieurs Regimens
d'Infanterie , de Cavalerie & de
Dragons ; pour occuper tous les poftes
& les paffages fur nos Frontières ; afin
de prévenir les Troupes Allemandes ,
& en même-tems , obferver leurs démarches
. Le Roy de Sicile a ordonné
que l'on congédiât de chaque Compagnie
, tous les Soldats malingres.
Fermer
4108
p. 161-165
A Milan, le 8 Décembre.
Début :
Les Troupes de cet Etat ont fait depuis 8 jours de grands mouvemens. [...]
Mots clefs :
Troupes, Frontières, Régiments, Bataillons, Mouvements des troupes, Cavalerie, Provisions de guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Milan, le 8 Décembre.
A Milan , le 8 Décembre:
Es Troupes de cet Etat ont fait depuis
8 jours de grands mouvemens ,
les unes vers le Mantoüan , le Modénois
& les Etats de Parme ; les autres ,
marchent du côté de la Frontière de
Tofcane & de Gênes : Mais , le tems
pluvieux & la quantité de neiges qui
font tombées & qui tombent actuellement
, ont tellement fait enfler les Riviéres
qu'elles ont inondé une
grande étenduë de Païs , & rendu
les chemins impraticables. Ce contretems
fâcheux a eſté cauſe que, quelques
Régimens qui êtoient déja fort avancés,
n'ont pû continuer leur route, & a obligé
la plus grande partie des Troupes.de
refter dans les endroits où elles fe font
trouvées , eſtant inveſties de toutes
parts par les grandes eaux . On vient
même d'apprendre que 3 Bataillons ,
qui avoient marché du côté des Montagnes
des Frontiéres de la République
de Gênes, eftoient enfermés & environnés
de maniére , qu'ils eftoient
en un péril évident d'eſtre entraînez -
les torrents.>
Décembre
1717.
par
Q
162 LE MERCURE
Sur ces avis , le Prince de Leuvefteinavoit
dépêché au Commandant de
deux Regimens de Cavalerie , & un de
Dragonsqui eftoient à dix mille en deça
de ces Montagnes , de marcher en diligence
au fecours de ces Bataillons . On
eft icy entre la crainte & l'efperance
fur le fort de ces Troupes ; ce qui nous
épouvante , c'est que les Eaux augmentent
de jour à autre.
On eit préfentement occupé, à réparer
à la hafte les Places de cet Erat ;
on les pourvoye abondamment de mu
nitions de guerre & de bouche .
On vient d'établir icy un Confeil de
l'Inconfidence , qui connoiftra de ceux
qui parlent mal du Gouvernement .
On mande de Cadix , qu'on y prépa
roit un grand Convoy , qui fera compofé
de plus de 80 Bâtimens de charges
, fur lefquels on doit embarquer
deux Regimens de Cavalerie & plufieurs
Compagnies de Carabiniers. 58,
piéces de gros Canon , 18 gros Mortiers
; 6000 Boulets , 1600 Bombes
plus de 8000 Grenades , plufieurs miliers
de Carcaffès d'une nouvelle invention
, avec 18 Mortiers pour
lancer ; 1200 Boulers creux , avec if.
les
DE DECEMBRE. 163
'Mortiers à leur ufage , 6000 barils de
poudre , 4000 facs de grains ; outre
une prodigieufe quantité de toutes fortes
de Provifions , aux préparatifs defquels
on travaille avec empreffement.
Sur des ordres de la Cour , on a mis
fur les Chantiers 4 Vaiffeaux de guerre,
3. Fregattes , & ; Galiottes à Bombes.
Tous lesOuvriers propres à la conftruc--
tion des Vaiffeaux , fe rendent icy des
Côtes de Leon,de Galice & de Bifcaye ,
pour avancer ce travail .
On a donné de pareils ordres à
Malaga , à Cartagéne & Alicant ; pour
faire conftruire dans ces Ports , plufieurs
autres Vaiffeaux de Guerre ,
Galiotes & Fregattes , avec s
Galeres :
On a reçû à cet effetde groffes remifes.:
D'un autre côté, on ne néglige rien pour
le départ des Galiotes & des Vaiffeaux
qui doivent leur fervir d'efcorte : Ils »
doivent partir pour la nouvelle Eſpagne
, au commencement de Mars au
plus tard : Selon tous les Avis , cette
Flote fera une des plus fortes & des
plus nombreuſes qui ait efté déftinée
pour l'Amerique.
Les Lettres de Naples du premier
Décembre,portent que le Viceroy êtoits
Q- ij
164 LE MERCURE
plus intrigué que jamais , depuis la prife
de la Sardaigne. Il y a quelques
jours qu'il fortit à cheval , accompagné
d'un grand nombre d'Officiers &
d'Ingenieurs ; pour aller vifiter les nouveaux
Forts qu'il avoit ordonnés de
conftruire,pour la fûreté des Côtes du
Royaume ; mais qu'il avoit êté fort
furpris de voir , que la plupart de ces
ouvrages n'êtoient pasfeulement com
mencés , & qu'il n'y avoit même aucuns
préparatifs pour la conftruction
de ces Forts. Il voulut faire des repri
mandes aux Ingenieurs fur cette négligence,
qui lui fermerent la bouche, en
lui difant que pour travailler il falloit
de l'argent. Ces Lettres ajoûtent, qu'on
y préparoit des logemens pour 4 Regiments
d'Infanterie & de Cavalerie
qui viennent de Hongrie : On avoit de
fréquentes allarmes, desVaiffeaux &des
Galeres d'Efpagne.qui fe font voir tousles
jours le long de cette Côte où ils
font fouvent des prifes . Le 16 fur les 11,
heures du matin , 4 Vaiffeaux de guer.
re & 2 Fregattes Efpagnoles , parûrent
à la vue de ce port ; & vers le midi ,
ils s'approchérent jufques fous leCanon
du Mole , d'où l'on fir plufieurs dé
DE DECEMBRE. 153 ;
charges des Forts , qui n'empêcherent
pas que , les 2 Fregattes foûtenues du
feu des 2 Vaiffeaux de guerre n'enle
vaffent 4 Bâtimens chargés d'huiles &
& 2 autres de grains; aprés quoi elles
allerent rejoindre leurs Vaiffeaux .
On mande de Livourne du 18 , qu'on
avoit vû paffer à la hauteur de ce port ,
un grand nombre de Bâtimens , por
tant Pavillon Efpagnol venant du
côté du détroit ; ce qui faifoit croire
que c'êtoit le grand Convoy de Barcelone
, qui alloit joindre la Flote Ef
pagnole, dont une partie croifoit toû
jours le long de la Côte , depuis Piom
bino jufqu'à Orbitello , & Porto - Ercole
. On a appris que depuis 5 jours ,
elle avoit enlevé 8 Bâtimens chargés
de grains & d'autres provifions, & mu
nitions de guerre, qui êtoient destinées
pour remplir-les -Magazins des Places
Imperiales..
Es Troupes de cet Etat ont fait depuis
8 jours de grands mouvemens ,
les unes vers le Mantoüan , le Modénois
& les Etats de Parme ; les autres ,
marchent du côté de la Frontière de
Tofcane & de Gênes : Mais , le tems
pluvieux & la quantité de neiges qui
font tombées & qui tombent actuellement
, ont tellement fait enfler les Riviéres
qu'elles ont inondé une
grande étenduë de Païs , & rendu
les chemins impraticables. Ce contretems
fâcheux a eſté cauſe que, quelques
Régimens qui êtoient déja fort avancés,
n'ont pû continuer leur route, & a obligé
la plus grande partie des Troupes.de
refter dans les endroits où elles fe font
trouvées , eſtant inveſties de toutes
parts par les grandes eaux . On vient
même d'apprendre que 3 Bataillons ,
qui avoient marché du côté des Montagnes
des Frontiéres de la République
de Gênes, eftoient enfermés & environnés
de maniére , qu'ils eftoient
en un péril évident d'eſtre entraînez -
les torrents.>
Décembre
1717.
par
Q
162 LE MERCURE
Sur ces avis , le Prince de Leuvefteinavoit
dépêché au Commandant de
deux Regimens de Cavalerie , & un de
Dragonsqui eftoient à dix mille en deça
de ces Montagnes , de marcher en diligence
au fecours de ces Bataillons . On
eft icy entre la crainte & l'efperance
fur le fort de ces Troupes ; ce qui nous
épouvante , c'est que les Eaux augmentent
de jour à autre.
On eit préfentement occupé, à réparer
à la hafte les Places de cet Erat ;
on les pourvoye abondamment de mu
nitions de guerre & de bouche .
On vient d'établir icy un Confeil de
l'Inconfidence , qui connoiftra de ceux
qui parlent mal du Gouvernement .
On mande de Cadix , qu'on y prépa
roit un grand Convoy , qui fera compofé
de plus de 80 Bâtimens de charges
, fur lefquels on doit embarquer
deux Regimens de Cavalerie & plufieurs
Compagnies de Carabiniers. 58,
piéces de gros Canon , 18 gros Mortiers
; 6000 Boulets , 1600 Bombes
plus de 8000 Grenades , plufieurs miliers
de Carcaffès d'une nouvelle invention
, avec 18 Mortiers pour
lancer ; 1200 Boulers creux , avec if.
les
DE DECEMBRE. 163
'Mortiers à leur ufage , 6000 barils de
poudre , 4000 facs de grains ; outre
une prodigieufe quantité de toutes fortes
de Provifions , aux préparatifs defquels
on travaille avec empreffement.
Sur des ordres de la Cour , on a mis
fur les Chantiers 4 Vaiffeaux de guerre,
3. Fregattes , & ; Galiottes à Bombes.
Tous lesOuvriers propres à la conftruc--
tion des Vaiffeaux , fe rendent icy des
Côtes de Leon,de Galice & de Bifcaye ,
pour avancer ce travail .
On a donné de pareils ordres à
Malaga , à Cartagéne & Alicant ; pour
faire conftruire dans ces Ports , plufieurs
autres Vaiffeaux de Guerre ,
Galiotes & Fregattes , avec s
Galeres :
On a reçû à cet effetde groffes remifes.:
D'un autre côté, on ne néglige rien pour
le départ des Galiotes & des Vaiffeaux
qui doivent leur fervir d'efcorte : Ils »
doivent partir pour la nouvelle Eſpagne
, au commencement de Mars au
plus tard : Selon tous les Avis , cette
Flote fera une des plus fortes & des
plus nombreuſes qui ait efté déftinée
pour l'Amerique.
Les Lettres de Naples du premier
Décembre,portent que le Viceroy êtoits
Q- ij
164 LE MERCURE
plus intrigué que jamais , depuis la prife
de la Sardaigne. Il y a quelques
jours qu'il fortit à cheval , accompagné
d'un grand nombre d'Officiers &
d'Ingenieurs ; pour aller vifiter les nouveaux
Forts qu'il avoit ordonnés de
conftruire,pour la fûreté des Côtes du
Royaume ; mais qu'il avoit êté fort
furpris de voir , que la plupart de ces
ouvrages n'êtoient pasfeulement com
mencés , & qu'il n'y avoit même aucuns
préparatifs pour la conftruction
de ces Forts. Il voulut faire des repri
mandes aux Ingenieurs fur cette négligence,
qui lui fermerent la bouche, en
lui difant que pour travailler il falloit
de l'argent. Ces Lettres ajoûtent, qu'on
y préparoit des logemens pour 4 Regiments
d'Infanterie & de Cavalerie
qui viennent de Hongrie : On avoit de
fréquentes allarmes, desVaiffeaux &des
Galeres d'Efpagne.qui fe font voir tousles
jours le long de cette Côte où ils
font fouvent des prifes . Le 16 fur les 11,
heures du matin , 4 Vaiffeaux de guer.
re & 2 Fregattes Efpagnoles , parûrent
à la vue de ce port ; & vers le midi ,
ils s'approchérent jufques fous leCanon
du Mole , d'où l'on fir plufieurs dé
DE DECEMBRE. 153 ;
charges des Forts , qui n'empêcherent
pas que , les 2 Fregattes foûtenues du
feu des 2 Vaiffeaux de guerre n'enle
vaffent 4 Bâtimens chargés d'huiles &
& 2 autres de grains; aprés quoi elles
allerent rejoindre leurs Vaiffeaux .
On mande de Livourne du 18 , qu'on
avoit vû paffer à la hauteur de ce port ,
un grand nombre de Bâtimens , por
tant Pavillon Efpagnol venant du
côté du détroit ; ce qui faifoit croire
que c'êtoit le grand Convoy de Barcelone
, qui alloit joindre la Flote Ef
pagnole, dont une partie croifoit toû
jours le long de la Côte , depuis Piom
bino jufqu'à Orbitello , & Porto - Ercole
. On a appris que depuis 5 jours ,
elle avoit enlevé 8 Bâtimens chargés
de grains & d'autres provifions, & mu
nitions de guerre, qui êtoient destinées
pour remplir-les -Magazins des Places
Imperiales..
Fermer
4109
p. 165-166
De Lindau ce 30 Décembre 1717.
Début :
L'Abbé de saint Galle, aprés être relevé d'une grosse maladie, fut [...]
Mots clefs :
Abbé, Maladie, Apoplexie, Décès, Abbayes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Lindau ce 30 Décembre 1717.
De Lindance 30 Décembre 17175 .
'Abbé de faint Galle , aprés être
relevé d'une groffe maladie , fut
attaqué fubitement le 28du paffé , d'une »
Apoplexie , dont il mourut le lende
166 LE MERCURE
main : Il étoit âgé de 78 ans , & en
avoit regné 22. Pour avoir voulu introduire
des nouveautés , & violé les concordats
avec les fujets , dont les Cantons
de Zurik & de Bêrne font les Garants
, il s'êtoit attiré ces 2 Puiffances
qui l'avoient enfin depoffedé de fon
Abbaye & de fes dependances, qu'elles
gardoient en fequeftre depuis 5 ans .
'Abbé de faint Galle , aprés être
relevé d'une groffe maladie , fut
attaqué fubitement le 28du paffé , d'une »
Apoplexie , dont il mourut le lende
166 LE MERCURE
main : Il étoit âgé de 78 ans , & en
avoit regné 22. Pour avoir voulu introduire
des nouveautés , & violé les concordats
avec les fujets , dont les Cantons
de Zurik & de Bêrne font les Garants
, il s'êtoit attiré ces 2 Puiffances
qui l'avoient enfin depoffedé de fon
Abbaye & de fes dependances, qu'elles
gardoient en fequeftre depuis 5 ans .
Fermer
4110
p. 166-167
De Vuirsbourg le 1 Décembre 1717.
Début :
M. le Baron de Hutten, Doyen du Châpitre de cette Ville, aussi illustre par [...]
Mots clefs :
Baron, Doyen, Trésor, Empereur, Christoph Franz von Hutten, Bibliothèque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Vuirsbourg le 1 Décembre 1717.
De Vvirsbourg le 1 Décembre 1717.
M
le Baron de Hutten , Doyen du :
Chapitre de cette Ville, auffi illuftre
par fon favoir quepar fa naifface ,
a découvert un riche Tréfor, en recherchant
les Antiquités de l'Eglife Catédrale
Il a trouvé fous le toit de ce
Vaiffeau , une ancienne Bibliotéque ,.
qui y avoit êté cachée avant la guerre
des Suédois. Outre les Livres imprimés
, il y a plus de 170 manufcrits
en parchemin ou en papier. On y voit
entre autres , les 4 Evangiles écrits du
tems de Charlemagne , ou de Burcard
Evêque de Vvirsbourg , une Bible
de 700 ans : Un Codex Theodofianus
cum aliquibus novellis , Caji inftitutionibus
& Pauli ti libris V. Sententia
DE DECEMBRE. 157
rum , formâ quadrata , litteris femiuncialibus.
On croit que ce dernier manufcrit
, et du tems de l'Empereur
Juftinien Il y a :: auffi plufieurs écrits
de divers Peres de l'Eglife en caracteres
Lombards. M. de Hutten publiera
le Catalogue de cette Biblioteque ,
auquel il fait travailler par Georges .
Conrad Sigler , Bibliotécaire de l'Académie.
M
le Baron de Hutten , Doyen du :
Chapitre de cette Ville, auffi illuftre
par fon favoir quepar fa naifface ,
a découvert un riche Tréfor, en recherchant
les Antiquités de l'Eglife Catédrale
Il a trouvé fous le toit de ce
Vaiffeau , une ancienne Bibliotéque ,.
qui y avoit êté cachée avant la guerre
des Suédois. Outre les Livres imprimés
, il y a plus de 170 manufcrits
en parchemin ou en papier. On y voit
entre autres , les 4 Evangiles écrits du
tems de Charlemagne , ou de Burcard
Evêque de Vvirsbourg , une Bible
de 700 ans : Un Codex Theodofianus
cum aliquibus novellis , Caji inftitutionibus
& Pauli ti libris V. Sententia
DE DECEMBRE. 157
rum , formâ quadrata , litteris femiuncialibus.
On croit que ce dernier manufcrit
, et du tems de l'Empereur
Juftinien Il y a :: auffi plufieurs écrits
de divers Peres de l'Eglife en caracteres
Lombards. M. de Hutten publiera
le Catalogue de cette Biblioteque ,
auquel il fait travailler par Georges .
Conrad Sigler , Bibliotécaire de l'Académie.
Fermer
4111
p. 181-182
« Le mot de la premiere Enigme du Mercure d'Octobre, êtoit la Quenoüille, & non, [...] »
Début :
Le mot de la premiere Enigme du Mercure d'Octobre, êtoit la Quenoüille, & non, [...]
Mots clefs :
Quenouille, Musique, Oublieux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le mot de la premiere Enigme du Mercure d'Octobre, êtoit la Quenoüille, & non, [...] »
Le mot de la premiere Enigme du
Mercure d'Octobre, êtoit la Quenoüille
, & non , le Miroir.
Le mot de la premiere du mois de
182
LE MERCURE
Novembre , eft l'Oublieux , & celui de
la feconde , la Mufique.
Mercure d'Octobre, êtoit la Quenoüille
, & non , le Miroir.
Le mot de la premiere du mois de
182
LE MERCURE
Novembre , eft l'Oublieux , & celui de
la feconde , la Mufique.
Fermer
4112
p. 182
ENIGME.
Début :
Je nais de plus d'une façon : [...]
Mots clefs :
Étincelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E nais de plus d'une façon :
Tan-tôt d'un frere furibon ;
Tan-tôt
par de petites meres »,
Et frétillantes , & légeres ,
Qu'enfante avec effort
Une trop roffe mere ,
Qu'un pere brun maltraite fort ::
Deux meres quelquefois , me produifent
fans pere ;
Quoi qu'elles foient fort mal d'acort.
Dans les champs , quelquefois je me
promene en folle,
Et dans la Vitle par ma mort .
Par-fois j'atrifte ouje confole.
E nais de plus d'une façon :
Tan-tôt d'un frere furibon ;
Tan-tôt
par de petites meres »,
Et frétillantes , & légeres ,
Qu'enfante avec effort
Une trop roffe mere ,
Qu'un pere brun maltraite fort ::
Deux meres quelquefois , me produifent
fans pere ;
Quoi qu'elles foient fort mal d'acort.
Dans les champs , quelquefois je me
promene en folle,
Et dans la Vitle par ma mort .
Par-fois j'atrifte ouje confole.
Fermer
4113
p. 184-185
CHANSON.
Début :
Que l'on gronde, [...]
Mots clefs :
Fronde, Faiblesse, Tendresse, Secours, Amour, Fortune, Douceurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
Ve l'on gronde
Qu'on critique & fronde ;
Je m'en moquerai ,
J'aimerai
Je boirai
>
Tant que je pourai.
C'est fageffe ,
Di-t-on tous les jours
D'éviter la tendreffe :
Mais tout au rebours ;
(bis)
N'eft- ce pas fotife on foibleffe ?
Que de n'avoir par toûjours
Au prompt fecours ;
Que contre la trifteffe
Offrent fans ceffe
recours
Le Vin , les Jeux , les Amours,
Que l'on
gronde ,
Qu'on critique & frondes
Je m'en moquerai,
J'aimerai ,.
Je boirai
Tant queje vivrai. ( bis
Nargue des faveurs
Que nous promet lafortune ;
Puifque
DE DECEMBRE. 185
Puifque les honneurs
Changent les moeurs :
Evitons de pareils féducteurs.
-L'Eclat m'importune ;
Amis , un paifible bonheur
Eft pour un Buveur ;
Et les plus fenfibles douceurs
Pour les tendres coeurs.
Ve l'on gronde
Qu'on critique & fronde ;
Je m'en moquerai ,
J'aimerai
Je boirai
>
Tant que je pourai.
C'est fageffe ,
Di-t-on tous les jours
D'éviter la tendreffe :
Mais tout au rebours ;
(bis)
N'eft- ce pas fotife on foibleffe ?
Que de n'avoir par toûjours
Au prompt fecours ;
Que contre la trifteffe
Offrent fans ceffe
recours
Le Vin , les Jeux , les Amours,
Que l'on
gronde ,
Qu'on critique & frondes
Je m'en moquerai,
J'aimerai ,.
Je boirai
Tant queje vivrai. ( bis
Nargue des faveurs
Que nous promet lafortune ;
Puifque
DE DECEMBRE. 185
Puifque les honneurs
Changent les moeurs :
Evitons de pareils féducteurs.
-L'Eclat m'importune ;
Amis , un paifible bonheur
Eft pour un Buveur ;
Et les plus fenfibles douceurs
Pour les tendres coeurs.
Fermer
4114
p. 185-216
JOURNAL DE PARIS.
Début :
Nous nous contentâmes le mois dernier d'annoncer la mort de M. Santerre. / Jean Baptiste Santerre naquit d'honêtes Parens à Magni, près de Pontoise, [...]
Mots clefs :
Conseil, Finances, Régent, M. Santerre, Décès, Prince, Nature, Peinture, Ennemis, Ouvrages, Parlement, Cardinal, Princesse, Empereur, Duchesse, Abbé, Charges, Invention , Ordonnance, Dons du roi, Négociations, Assassinat, Comédiens, Fable, Pièce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JOURNAL DE PARIS.
Nous nous contentames le mois dernier
d'annoncer la mort de M. Santerre.
Depuis ce tems- là , un de fes Amis particuliers,
curieux d'ailleurs , bon connoiffeur
, m'a communiquécet Eloge, dont je
crois que la lecture fatisfera le Public.
JOURNAL DE PARIS.
Ban Baptifte Santerre naquit d'ho
nêtes Parens à Magni , près de Pontoife
, au mois de Mars de l'année ISSIO
Il perdit fon pere & fa mere dés fa
plus tendre enfance . I hérita d'eux
avec un peu de bien , beaucoup de
candeur & de probité .
.
Ses autres Parens incertains de la
profeffion dans laquelle ils engageroient
cet enfant , fe déterminérent
par le penchant de l'enfant même.
Q
185 LE MERCURE
Ils furent en cela plus faciles & plus
fages que les Parens ordinaires , qui
bornant opiniatrément leur vûë à l'état
où ils fe trouvent , contrarient &
étouffent fouvent dans leurs enfans ,
les difpofitions les plus hûreufes &
les talens les plus marquez . L'ardeur
& le goût que celui - ci montroit pour
le deffin , fit prendre le parti de le
livrer à la Peinture , & de l'amener à
Paris .
M. Santerre eft peut - être l'exemple
le plus fenfible , de ce que peut la feule
Nature en un Sujet qu'elle favoriſe.
Dans l'âge , & au centre des diffipations
, abandonné à lui-même , il ne
palla pas un jour fans faire quelque
êtude quieût raport à fon Art.
Malgré la modeftie & la docilité qui
le caractérifoient ec tous les Eléves,
´il ne put jamais s'empêcher de cher- .
cher la perfection de la Peinture , pardes
routes oppofées à celles qui lui
eltoient indiquées , & qui estoient fuivies
par fes Maîtres . Ils l'en reprenoient
fouvent ; on ne peut les en blamer : Ils
n'eftoient pas obligez de fçavoir , que
la Nature elle - même conduifoit ces.
Eléve pas à pas..
DE DECEMBRE. 187
Le jeune Santerre comprit de bonneheure
, que la feule Nature eftoit un
guide infaillible , & il réfolut de ne
s'attacher qu'à elle .
Il eft vrai, que par une grande méfiance
de foi-même ( qualité néceffaire
& peu commune à fon âge ) il quitta
quelquefois la route ordinaire, & chercha
à imiter les Maîtres les plus eftimés
de fon tems ; mais , il ne tarda gué
res à reconnoitre fon erreur. Averti
par deux perfonnes diftinguées
qui frapées de fes premiers fuccez
lui confeillérent alors de perdre de vûë
tous les Maîtres & de fuivre la feule
Nature , il fe livra à elle fans retour ;
il ne difcontinua plus de la chercher ,
& l'imita fidélement jufqu'au tombeau
.
L'événement juftifia fon choix : Sa
maniere de peindre fut fi différente de
celle de tous les Maîtres connus ,
qu'un jour , Monfeigneur le Régent ,
Prince auffi eftimable par fon grand
goût pour les Sciences & les Arts , que
refpectable par fon Augufle Naiffance
* M. le Marquis de Villarfean &
M. Defpreaux
1
185 LEMERCURE
ayant demandé à M. Santerre , & ayant
appris de lui , quels avoient efté les
Maîtres ; il lui fit l'honneur de lui répondre
: Vous avez bien fait de me.
les nommer ; car je ne les aurois jamais
devinez .
Ce grand Prince l'honoroit de fon
eitime : Il lui en a donné de fréquens témoignages
, il a eu la bonté de venir le
voir travailler plufieurs fois chez lui ;
depuis même que le poids de la
Régence lui laiffe fi peu de moments
libres. Un Suffrage fi éclairé fait feul
Féloge de M. Santerre Le Public
connoiffeur ne m'en défavoüera pas.
Ainfi , moins pour la gloire de cet
illuftre Peintre , que pour la fatisfa
&tion de ceux qui , comme lui , cherchent
le vrai , j'expoferai quelques
principes,& quelques maximes, dont il
a fouvent dit qu'il s'êtoit bien trouvé.J'y
joindrai quelques faits & quelques remarques,
qui acheveront fon caractére .
M. Santerre fit de bonne- heure des
études profondes fur l'Anatomie . Il
fe trouvoit fréquemment aux diffetions
; il en faifoit fouvent chez lui ;
& en parlant de cette Science , il difeit
que dans fon Art, il en fall favoir
DE DECEMBRE: 189
beaucoup , pour en laiffer voir un peu..
Son Principe, pour éviter d'eftre maniéré,
altoit d'imiter en tout la feuleNa--
ture ; parce que la Nature ne fe répétant
prefque jamais , & variant à l'infini
,le Peintre qui ne cherche qu'elle ,,
varie comme elle.
Il difoit fouvent , qu'il avoit apris ce
qu'il fçavoit , avec deux fortes de perfonnes
: La Méchanique de fon Art
dans les Académies & chez les Maitres;
tout le refte, avec les gens d'efprit .
C'est peut-être au commerce de ces
derniers qu'il doit ces penfées & ces
expreffions fines que l'on voit dans fes
Tableaux d'idée , & l'art de porter
ces fineffes de penfées & d'expreffions
jufques dans les Portraits .
Raportant tout la feule Nature
qu'il étudioit fans rélache , il trouvoit
des défauts dans l'antique même , &
dans les plus grands Peintres d'Italie ,
qu'il n'imitoit pas en tout : Il trouvoit
auffi des beautés dans les Modernes &
dans fes Contemporains. Il n'eftimoir
pas outrément les uns ; il rendoit justice
aux autres .
Quand les Connoiffeurs ou fes
Amis le follicitoient de fe faire une
190 LE MERCURE
1
maniére plus expéditive , & de ne pas
fondre fi parfaitement fes ouvrages ;
il leur répondoit deux chofes : La
premiére ; mes ouvrages , il eft vrai ,
font fondus avec un grand foin ; mais
la Nature l'eft encore davantage , &
je cherche à l'imiter : La feconde ; les
meilleurs Tableaux de Raphaél , du
Corege, du Titien & des autres grands
Maîtres font du moins auffi fondus
que les miens . Ainfi , la Nature m'ordonne
, & les exemples des grands
Maîtres me perfuadent de continuer ,..
comme j'ai commencé.
Il n'eft point de foins qu'il ne fe
foit donnés , pour rendre fes ouvrages -
durables , & pour ainfi dire , inaltera
bles : Il obfervoit jufqu'aux enfeignes
des boutiques ; il y remarquoit les couleurs
que le tems & le grand air detruifent
, & celles qu'ils laiffent dans
leur force. Enfin , aprés de mûres réflexions
fur cette partie de fon Art ,
il s'êtoit fait une regle , de n'employer
que des Terres au nombre de 4 ou 5 ,
dont le mélange lui fourniffoit toutes
fes reintes. Comme ces Terres font
fortes & entiéres , le mélange & lunion
en êtoit difficile ; il en venoir à
DE DECEMBRE.
19
boût par une longue patience ; il repeignoit
jufqu'à trois & quatre fois la
même choſe ; & fans le fecours des
laques & des ftils de grain dont il ne
fe fervoit prefque jamais , parce que
le tems les altere ,la patience fecondée
d'un grand jugement donnoit à
fes ouvrages le fondu , la fraicheur ,
& l'union que l'on y remarque. Cette
maniéré lui a fi bien reuffi que l'on
voit de lui des Portraits peints , il y a
vingt , ,trente , & quarante années,
prefque auffi frais que le premier jour .
L'empreffement que le Public avoit
pour les Ouvrages de ce Peintre célébre
, & le prix qu'il y mettoit , n'ont
jamais diminué fa modeſtle , je dirai
même fa timidité : Elle paroiffoit par
tout , excepté dans fes Ouvrages.
Cette difpofition de l'Ame • qu'on
regarde comme une foibleffe , il la
chérifloit & fe la croyoit néceffaire :
Ma timidité , difoit il , m'empefche de
trop préfumer de mes forces , fur les
applaudiſſemens dont le Public m'honore.
Parce que je fuis timide , je veille .
& j'eftudie toûjours , & je me dis fouvent
à moi-mefme , que pour mériter:
une folide réputation , il faut toujours.
•
A
192 LE MERCURE
ignorer qu'elle eft acquife.
•
Par tout ce qui précéde , on comprendra
quel eftoit le caractére de M.-
Santerre. Je me contenterai d'ajouter
ici , pour en donner une idée plus
complete qu'un extérieur fimple
& naturel , eftoit toûjours chez lui
une marque certaine du fonds de fon
Ame. Qui jamais en effet le trouva
différent de ce qu'il paroiffoit eftre ?:
Sa converfation eftoit remplie de fertimens
d'honneur , d'équité , & de mc--
dération. Il aimoit la réputation & la
gloire ; c'eft pour elle feule qu'il a
travaillé toute fa vie , avec tant de .
foins & de peines. Jamais l'intereft nefui
a fait paffer la moindre faute dans
fes Ouvrages , ni emprunter la main
d'autrui , pour hâter fon gain . Il aimoit
le Public , il aimoit ceux qui
travaillent à lui plaire. Senfible à l'a .
mitié , il préféroit le plaifir de travailler
pour fes amis , aux avantages qui
lui eftoient offerts tous les jours par les
Grands & par les Riches. Et pour exprimer
en deux mots , le mérite du Peintre
& celui de l'homme fociable ; if
avoit des Envieux , mais il n'eut jamais
un Ennemi..
Un
DE DECEMBRE. 193
Un caractére fi fage & fi raiſonnable,
ne pouvoit pas fe démentir dans
l'occafion la plus importante. Apeine
fe crut-il menacé de la mort , qu'il remplît
avec une grande préfence d'efprit ,
tous les devoirs d'un bon Chrêtien ; &
aprés une maladie de fept jours , il
mourut enfin , pleuré de fes amis &.
regretté de tout le monde , le 21 de
Novembre , aux Galleries du Louvre ,
où le Roy lui avoit donné un logement
avec une penſion.
Ses principaux Ouvrages , font détaillés
dans le Dictionaire de Morery
de la derniere édition . Il a fait depuis,
entre autres Tableaux , & fuivant
l'ordre des tems , le Portrait de S.
A. S. Mlle de Clermont : Un Tableau
de huit ou neuf pieds de hauteur , réprefentant
les cinq fens , fous les Pottraits
de M. Périchon Notaire , de fa
Femme , & de leurs trois Enfans , to s
cinq de grandeur naturelle & en pie ".
Le Portrait de Mer le Régent auffi
enpied , & grand comme Nature , a .
compagné d'une Minerve & des autributs
de la Régence. Enfin, il a fini peu
de jours avant fa mort , un Tableau e
fept pieds de haut , réprefentant Adam
Décembre 1717. R
194 LE MERCURE
& Eve au Paradis Terreftre , avec un
grand Païfage , & quelques Animaux.
M. Santerre a fouvent dit › que dans
aucun de fes Ouvrages , il n'avoit
pouffé fi loin , felon lui , l'élegance &
la correction du deffin , la finelle de
l'expreffion , & la verité du coloris .
C'eſt par ces côtés qu'il le regardoit,
comme fon chef- d'oeuvre ; le Public
paroît confirmer de jugement , & la
Pofterité en dira peut- être davantage.
Comme il s'étoit répandu depuis
quelques jours dans cette Capitale ,
plufieurs Exemplaires d'un Ecrit qui
a pour Titre : Acte d'Appel de S. E.
M. le Cardinalde Noailles Archevêque
de Paris du 3 Avril 1717 , au Pape
mieux confeillé , & au futur Concile
Général , de la Conftitution de N. S. P.
le Pape Clément XI. du 8 Septembre
1717 , imprimé fans l'aveu & la parsicipation
de ce Prélat. Le Parlement s'affembla
le premier de ce mois & la Cour
faifant droit fur les Conclufions du
Procureur Général du Roy , ordonna
que les Exemplaires dudit Imprimé ,
feroient & demeureroient fupprimez ,
a fait deffenfes à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs & autres , d'en
DE DECORE. 196
-imprimer , vendre , débiter , ou autrement
diftribuer , fous les peines portées
par la Déclaration du 7 Octobre denier
, qui fufpend toutes les Difputes
& les Conteftations formées dans le
Royaume , à l'occafion de la derniere
Conſtitution du Pape .
Madame la Princeffe de Soubize
eft accouchée d'un garçon
Mademoiſelle de Duras , qui a époufé
M le Comte d'Egmont , prit le
29 du mois paffé , le Tabouret, pour la
premiere fois chez le Roy .
Le 2 , Madame permit à Me la
Ducheffe d'Aremberg , qui eft depuis
quelques tems à Paris , de l'aller voir.
Elle a anffi trouvé bon , que Mde la
Comteffè de Kinigfek Epoule de l'Am-
: baffadeur de l'Empereur , ût le même
honneur ; mais , comme ce Seigneur
n'a pas fait fon Entrée publique ,
cetre Dame ne peut pas encore être
reçûë en cérémonie.
Le 3 , on ût des nouvelles certaines
que la fanté du Roy d'Eſpagne fe rétabliffoit
de jour, en jour.
Le même jour , le Parlement fir
brûler par la main du Boureau, un Ecrit
imprimé à 2 colonnes : L'une conté
Rij
196 LE MERCURE
nant la Déclaration du Roy du 7 0-
tobre dernier , & l'autre , une Tra
duction en françois du Type de l'Em
pereur Conftant , qui deffend toutes les
difputes , conteftations & différens formés
dans fon Empire à l'occafion de la
Queſtion* d'une ou de deux volontés en
J. C. Au bas de cet Ecrit,fe trouve une
autre Traduction , intitulée : Le jugement
du Concile de Latran , fur le Type.
On reconnoit aifément , à la vûë de
ce Libelle , quelle a êté l'intention de
ceux qui l'ont répandu dans le Public ;
puifque le Parallele qu'ils font duType
de l'Empereur Conftant & de la Déclaration
du Roy , fait affez entendre ,
que comme le Concile de Latran a condamné
l'un , ils portent le même jugement
fur l'autre : De forte que fuivant
leur opinion , la derniére Déclaration
du Roy porte le caractére d'une Loy
injufte , laquelle ne doit point avoir
d'exécution . Comme cet efprit de
Critique , & en même tems de révolte
, eft un attentat contre l'Autorité
* Héréfie des Monothélites , qui fu
rent ainfi appellez ; parce qu'ils n'admettoient
qu'uneseule volonté en en]. C.
DE DECEMBRE. 197
Royale , la Cour ne pouvoit févir trop
rigoureufement contre un pareil Ecrit
& contre fon Auteur .
Le
Le4 ,les Etats d'Artois affemblez à Arras
, accordérent àS.M. d'un confentement
unanime , le don gratuit ordinaire .
5 , M. de Paris- Fontaine Ayde-
Major Général unique des Gardes du
Corps , fut gratifié par S. M. de la
Brigade -Lieutenance de feu M. de la
Boulaye
Madame Ducheffe de Berry , tine
Toilette , à laquelle fe trouvérent tous
les Miniftres Errangers , avec un grand
nombre de Courtifans.
On fut informé à la Cour , que M.
le Marquis d'Alincourt petit - fils de M.
le Maréchal de Villeroy , s'êtoit rendu
d'Allemagne à Venife , où il arriva le
12 Novembre ; aprés un féjour de
dix jours , il en eft parti pour Rome.
Le 7 , M. l'Abbé Dubois qui, par
ordre de la Cour , êtoit paffé à Londres
depuis quelques femaines , arriva ici
le 7 Décembre , pour rendre compte
à S. A. R. de fa Commiffion ; il deyoit
retourner dans peu .
y
M. de laBellarderie ancien Exempt ,
& Ayde-Major de la Compagnie de
Riij
198 LE MERCURE
Charôt , eft monté à l'Aide- Majorité
de Paris- Fontaine, à condition qu'on
ne le fépareroit pas de fes Camarades,
avec lefquels il avoit coûtume de fervir
M les Aydes- Majors feront le
fervice pour lui , quand il ne poura pas
s'y trouver.
Mgr le Duc s'eft abfenté des Confeils
, Samedy , Dimanche & Lundy ,
à caufe de la petite vérole de Malle de
Charolois , dont cette belle Princeffe
a êté attaquée ; on eſpére qu'elle n'en
fera point marquée.
Depuis que Mer le Duc eft Grand-
Maître des Miniéres de France , on
s'empreffe à lui envoyer plufieurs effais
de Mines d'or & d'argent , tirées des
différentes parties du Royaume ; dans
l'efpérance que ce Prince contribuëra
de tout fon pouvoir , à faire des épreuves
qui puiffent être avantageufes à
l'Etat .
Un Particulier a compofé un nouveau
métal , qui approche tellement de l'argent
, qu'il en a le poids , la couleur &
la dureté. L'Inventeur en follicite le
Privilége , & s'engage de le donner à
so fols la livre ; mais , on ne doute pas
que les Orfèvres & les Poitiers d'étain
DE DECEMBRE. 199
ne s'y oppofent pour empêcher qu'on
ne le mette en oeuvre .
M. le Comte de Clermont paroît
préfentement à la Cour en habit
´d Abbé .
Le 10 , il parut une Ordonnance du
Roy , portant réglement au fujet des
départemens du Confeil des Finances .
Elle est énoncée , comme il s'enfuit . "
→
A MAJESTE, par l'Article dernier
de fon Ordonnance du 14 .
Novembre 1715. fervant de Réglement
pour le Confeil de Finances
ayant ordonné que Monfieur le Duc
d'Orleans fon Oncle Regent , auroit
la faculté de changer tous les ans
ainfi qu'il jugeroit à propos , les Departemens
des membres dudit Confeil
: Eftant d'ailleurs convenable , de
former des Departemens pour les perfonnes
qui y ont efté appellées de.
puis ledit jour 14. Novembre 1715 .
& de faire une nouvelle diftribution,
à ceux qui eftoient chargez de dif
ferentes affaires qui ne fubfiftent plus ;
afin qu'ils puiffent tous travailler pour
le bien de l'Eftat. SA MAJESTE'
s'eftant fait reprefenter ladite Ordonnance
& celle du 24. Novembre
200 LE MERCURE
dernier , de l'avis de Monfieur le Duc
d'Orleans Regent , a Ordonné & Ordonne
que les Departemens particuliers
dudit Confeil , feront reglez à
l'avenir de la maniere fuivante.
LE REGENT , en qualité d'Ordonnateur
, aura feul la Signature de
toures les Ordonnances concernant
les Dépenfès comptables & les Comptans
; tant pour Dépenfes fecrettes ,
Remifes , Interests , qu'autres de toute
nature , ainfi & de la même maniere
que faifoit le feu Roy , conformément
a la Declaration du 23. Septembre
1-715.
,'
LB REGENT aura pareillement
le Trefor Royal & les Parties Cafuelles
fuivant qu'il eft porté par
l'Ordonnance, fervant de Reglement
pour le Confeil de Finances du 14 .
Novembre 1715. & il a commis le
Sr. LE COUSTURIER , pour tenir
feul fous fes ordres , les Regiftres du
Roy , luy rendre compte directement
des Placets qui feront préfentez , pour
demander des Payemens ; Enfemble
pour expédier les Eftats de diftribution
& ordres neceffaires.
LADITE Ordonnance du 14.
:
DE DECEMBRE. 201
Novembre 1715. fervant de Reglement
pour ledit Confeil de Finances ,
fera executée fuivant fa forme & teen
ce qui concerne le Chef dudit
Confeil , le Prefident & le Vice-
Prefident .
neur ,
A l'égard des Départemens.
LE ST. DUC DE LA FORCE Vice-
Prefident , aura les Eftats des Finan--
ces des Généralitez de Toulouſe &
Montpellier , & ceux des Provinces
de Bretagne , Bourgogne , Artois .,
Bearn , Bigorre & Navarre , & les
Cahiers des Eftats defdites Provinces.
LE ST. AMELOT aura Entrée ,
Séance & Voix deliberative audit Confeil
, tant par rapport aux affaires .
du Commerce , qu'aux differens Bu-:
reaux des Finances dont il eft chargé.
LE Sr. LE PELLETIER DESFORTS
aura les Domaines , les Eftats des
Domaines , la Capitation , les Impofitions
des Provinces de Flandres
& de Franche Comté , les Eftats des.
Finances de Provence , & le Cahier
de l'Affemblée des Communautéz
dudit Pays.
LE Sr. ROULLIE' DU COUDRAY aura
202 LE MERCURE
•
l'infpection du Controlle des Quittances
du Tréfor Royal , des Parties
Cafuelles , & autres dependantes du
Controlle General des Finances ; les
Rentes , les grandes & petites Gabelles
, les Etats des Fermes , & les
Cinq Groffes Fermes .
>
LE Sr. LE PELLETIER DE LA
HOUSSAYE aura le Clergé , les
Monnoyes , les Impofitions d'Alface
& de Metz , les Fonds & Eftats au
vray de l'Extraordinaire des Guerres ,
Pain de Munition , Vivres , Artillerie,
des Baftimens & Maifons Royales ,
& de la Marine du Levant & du
Ponant.
LE Sr. FAGON aura les Eaux & Forefts
, les Eftats des Bois , les Chambres
des Compres du Royaume , les
debets & toute autre nature de deniers
& revenans- bons , à la pourfuite & diligence
du Controlleur des Reftes &
autres.
LE Sr. D'ORMESSON aura la Ferme
du Tabac , la Ferme des Poudres
& Salpêtres , les Eftats au vray des
Comptes à rendre du Dixième.
LE Sr. GILBERT DE VOYSINS aura
les Generalitez des Pays d'Elections ,
DE DECEMBRE. 204
pour la Taille , le Taillon , & les
Eftats des Finances defdites Généralitez
.
LE Sr. DE GAUMONT aura les Aydes
& Papier timbré , les Otroys
des Villes & dettes des Communautez .
LE ST . DE BAUDRY aura tous les
Eftats de dépenfe de la Maifon de Sa
Majefté , les Penfions , les Eftats de
dépenfes des Maifons de Madame lat
Ducheffe de Berry , de Madame , du
Regent , & de Madame la Ducheffe
d'Orleans ; les Ponts & Chauffées
Turcies & levées , Barrage & Pavé
de Paris : En ce qui eft de Finance ,
les petites Chancelleries , les Ligues
Suilles .
Le St Dodun aura les Parlemens &
Cours Superieures , la Ferme des Greffes
, Amortiffemens , Franc - Fiefs &
nouveaux Acquets , celle du Contrôlle
& des Infinuations , la Ferme des
Huiles & les Etapes .
Le St de Fourqueux aura le Domaine
d'Occident , le Grand'Confeil , les
Bureaux des Finances.
Il fera établi un Bureau chez le Sr
Amelot Confeiller d'Etat , auquel affilteront
les Srs le Pelletier Desforts ,
>
234 LE MERCURE
•
de la Houffaye Confeillers d'Etat , les
Srs d'Ormeffon , Gilbert de Voyfins &
de Gaumont Maiftres des Requeſtes ;
pour travailler à l'Exécution de l'Art.
IX de l'Edit du mois d'Aouft dernier,
concernant toutes les différentes parties
employées dans tous les Etats qui
s'arrêtent au Confeil.
Il fera pareillement tenu un Bureau
chez le Sr Roüillé du Coudray , auquel
affifteront les Srs Fagon Confeiller
d'Etat , de Baudry , Dodun & de
Fourqueux ; pour travailler en exécution
de l'Article X dudit Etat du mois .
d'Aouft dernier , à dreffer un Etat Général
diftingué par Chapitres de toutes
les Finances des Offices & Droits fupprimez
; afin de pourvoir au payement
des interefts defdites Finances , & au
Remboursement des Capitaux.
Les Traitez ou Négociations , qui
auront paffé par les mains de ceux du
Confeil qui ont des Départemens Particuliers
, feront toujours propofez &
rédigez de concert avec les Chef &
Préfident dudit Confeil , qui recevront
les ordres du Régent,fur ce qui devra
eftre propofé audit Confeil ; & lorfqu'il
s'agira d'écrire des Lettres , &
DEDECEMBRE . 205
de donner ou d'envoyer des ordres
concernant les affaires générales , lefdites
Lettres feront écrites , & les ordres
fignez & envoyez par le Chef
ou par le Préſident dudit Confeil .
LES Fonctions qui appartiennent aux
Chef & Prefident dudit Confeil , fuivant
le préfent Reglement , & l'Ordonnance
du 14. Novembre 17 15.feront
exercées par le Vice- Prefident ,
en cas d'abſence ou maladie des Chef
& Prefident , qui ne leur permettront
pas d'y vacquer ; ce qui aura lieu
pareillement pour l'ancien dudit Confeil
en cas d'abſence , maladie ou empefchement
dudit Vice Preſident .
ORDON NE au furplus Sa Majefté,
que ladite Ordonnance , en forme de
Reglement du 14. Novembre 1715.
feraExecutée fe'on fa forme & teneur,
en tout ce qui n'eft point contraire au
prefent Reglement.
.
On a publié enLorraine , une Bulle
du Pape , par laquelle le S. P. accorde
à S. A. R. la permiffion de lever pendant
3 ans , le vingtiéme denier , fur les
revenus des biens Eccléfiaftiques de
fes Etats , même fur le cafuel des Carez
; en confidération des dépenses
-206
LE MERCURE
que ce Prince fait pour fecourir l'Empire
contre les Infidèles . Les particu-
Iters , dont lesBénéfices font fitués dans
le Barois , principalement ceux de
Ligni qui font du reffort de Paris , fe
difpofent d'appeller comme d'abus , à
ce dernier Tribunal , d'une Bulle qui
n'y a pas êté enregistrée .
Le onze , on publia une Ordonnance
de S. M. , qui deffend expreffément
à toutes perfonnes , de quelque qualité
& condition qu'elle foit , de tenir aucune
afféniblée de Jeux , même dans
les Maifons qui ont pour Infcription .
fur les Portes , les noms des Princes &
Princeffes du Sang Royal . Cette Ordonnance
à û un tel effet , que le lendemain
toutes les Académies de Jeux
ont êté fermées , perfonne n'ayant ofé
y contrevenir.
On a remarqué que M. le Prince
de Cellemaré Ambaffadeur d'Espagne,
n'a jamais voulu permettre qu'on fe
fervit de fon nom ni de fon droit ,
pour ces fortes d'Affemblées Les Fêtes
cependant , n'en ont pas êté moins fréquentes
dans fon Hôtel , où tout s'eft
toûjours paffé avec la derniére magnificence
.
DE DECEMBRE 207
Le 14 , Mst le Duc Regent fe fit
appliquer une feconde fois fur fon oeil ,
le remede Topique de M. Mouffart .
Le même jour , M. le Cardinal de
Rohan arriva ici de Strasbourg par
ordre de la Cour. Le16 , cette Eminence
alla voir Mer le Duc Régent ; & le
lendemain, M. le Cardinal de Noailles .
Le 18 , le Cardinal Archevêque alla
rendre fa vifire à M. de Strasbourg.
Ces deux Eminences paroiffent fort
contentes l'une de l'autre .
Le 15 au matin , on trouva M.
l'Abbé de Bonneuil affaffiné dans fon
Appartement avec fon Valet . Sur le
rapport des Chirurgiens , on a reconnu
qu'ils avoient û latête écrafée à coups
de bâtons de cotret , que les Auteurs
de ce meurtre avoient laiffés dans la
Chambre teins de leur fang ; & que le
Domestique avoit êté tué entre dix &
onze du foir , plus d'une heure avant
fon Maître . Comme l'Abbé étoit allé
fouper en Ville & qu'il ne rentroit ordinairement
que fort tard ils crurentqu'ils
auroient tout le temsde foüillerpar tout ,
& de faire leur main , avant fon retour ;
mais êtant revenu fur le minuit ,
beaucoup plûtôt qu'ils ne l'attendoient
>
208 LE MERCURE
avec fes Porteurs qu'il renvoya malhûreufement
, fans les faire monter
avec lui ; ces Scélérats ne fçachant
comment s'échaper, fans être apperçus
ou rencontrés , piirent fur le champ , le
parti de lui faire éprouver le même
fort qu'à fon Laquais ; ce qu'ils exécutérent
auffi facilement . Ce qui paroît
fort étonnant , c'eſt qu'on ait ôté la vie
à deux hommes ,fans que les Locataires
de la Maifon qui êtoient au deffus ,
au deffous, & à côté de l'endroit où cerse
action Tragique s'eft paffée , n'ayent
rien entendu de tous ces mouvemens.
Outre les coups fur la tête , dont ces
victimes infortunées ont êté affommées
, on a encore remarqué cinq bieflures
poftiches dans le corps du Maître , &
fept dans celui du Valet , faites felon
toutes les apparences , avec un gros
ftilet ; mais on prétend , que ni l'un ,
ny l'autre n'avoit déja plus de vie ,
lorfqu'on leur a porté ces nouveaux
coups ; & que ces Affaffin ; n'en ont
ufé ainfi , que pour mieux s'affûrer de
leur mort. Car , pour l'épée du Valet ,
& un couteau de chaffe du Maître , qui
êtoient auprés des deux cadavres , il n'y
a prefque pointde doute qu'ils n'y ayent
efté
DE DECEMBRE. 209
été mis exprés , pour faire croire qu'ils
s'êtoient battus enfemble . Quoique
M. Mariet Commiffaire , ait trouvé fur
l'Abbé , cinq louis neufs & deux loüis
vieux , fans compter un baffin à barbe
avec l'étuy à favonnere d'argent, il n'y a
prefque point de doute qu'on n'ait enle
vé quelque fomme confidérable.
Le 15 , Madame alla dîner à l'Abbaye
de Chelles , pour y voir Mademoifelle
, qui continue toûjours avec
ferveur fon Noviciar.
"
t
Le 17 , les Comédiens ordinaires da
Roy repréfentérent pour la premiere
fois fur leur Théatre , une Piéce en 3
Actes , en Vers , intitulée : La Métamorphofe
des Dieux , ou les Dieux
Comédiens . Elle eft de la compofition
du fieur Dancourt , & la Mufique des
Intermédes , de M. Mourer.
Le fond ou fujet de la Fable , n'eſt
autre que Jupiter , qui galand , à fon
ordinaire , defcend du Ciel pour cul
tiver , ou plûtôt pour féduire le coeur
d'une jeune Bergere , nommée Corine ,
dont il et éperduement amoureux . Il
amène à fuire les Divinitez , qui peuvent:
contribuer aux plaifirs de fa nonvelle:
Maiwelfactes qu
LE MERCURE
-
Bachus , Faunus &c. Le Maître des
Dieux à qui les déguifemens coutoient
fi peu fe traveftit en Homme d'affaires :
Par malheur pour lui , fa Maîtreffe
n'êtoit point du fiécle , & fon goût n'êtoit
point à la mode. Elle aime un
fimple Berger ; fon nom eft Philene ,
dont le coeur naïf & tendre lui tient
hieu de tout & fair fa félicité . Jupiter
joüoitd'un grand malheur ;car ,peut-être
cette fille eftoit- elle un Phénix unique
en fon efpéce. La fatalité de l'amour
du Dieu ne finit pas là ; Junon eft avertie
de la fortie galante de fon perfide
Epoux Pour la traverfer , elle
prend à fon tour, la figure de la Tante
de la Bergere ; & fous ce déguifement
confeille à ce coeur innocent , de fe referver
tout entiere à fon Perger , & de
tenir ferme contre la fortune & les préfens
du Dieu Partifan. Junon revole
aux Cieux Aprés ceeetite fupercherie
qui fortifie la petite fille dans
fes projets de conftance , la vraie Tante
paroit on la reconnoit par le relâchement
de fa Morale auprès de fa niéce .
Ce relâchement eft d'ufage : M. Dancourt
a faifi le vrai des moeurs de pareilles
Tutrices. Il feroit à fouhaiter
DE DECEMBRE. 211
que les images de ce vrai , n'emportaffent
pas avec elle certain caractére
trop peu ménagé qui en diminuë le
prix. On ne peut critiquer l'Auteur
que fur le choix de fon vrai , non fur
Fexpofition qu'il en a donné , qui n'eſt
que trop en ufage . Jupiter , qui en bon
mary, craint le reffentiment de fa femme
, & qu'elle ne foit affés magicienne ,
pour lui enlever la Corine , charge
Bachus d'un Anneau conftellé, pour en
faire préfent à fa Maîtreffe. Après
bien des façons , elle l'accepte , ayant
reconnu par expérience qu'il avoit la
vertu de rendre invifible quiconque
le porteroit au doigt. La jeune fille fe
fert de la bague contre le Dieu même.
Bien plus , elle fe fouftrait & fait
fouftraire Philéne par fa lumiére magique
aux yeux des Argus qu'il avoit
placé auprés d'elle ; à plus forte taifən
de la Tante moyénenfe , & par fon fecours,
elle a le plaifir de fe livrer à fon
Amant. Jupiter s'emporte contre les
Amours qui l'avoient fi mal fervi : Il·les
accufe du mauvais fuccés de fon in
trigue . Effectivement , ces Dieux fri
Pons s'êtoient piêtez aux deffeins ja
Joux de Junon. Le Maître du Tonnerre
Sij
212
LE MERCURE
voulant s'en vanger , les condamne
dans fa colere, à mourir comme les autres
homines ; & pour rendre fon Arrêt
irrévocable , il en jure par les eaux du
Stix . Devenu plux doux enfuite , par
un nouvel attachement & par les priéres
de Vénus , il adhère à l'adouciffement
que l'Inconftance lui propofe de
mettre à l'effet de fon ferment, qui eft,
que , puifqu'il ne peut plus empêcher
que les Amours ne meurent, il les laiffe
renaître auffitôt dans d'autres coeurs.
Voilà ce qui fonde la Métempficofe des
Amours.
Cette Piéce eft bien êcrite , & remplie
de traits d'efprit variés ; de façon
qu'onperd de vue les fautes principales,
s'il y en a. Jupiter à la vérité n'y eft
pas délicat ; mais , il y eft Partifan'; &
fous certe figure , il y donne les exemples
d'infidélité conjugale , que fourniffent
fouvent les originaux dont il
eft copie.
Il faut convenir que fi cette Comédie
a de quoi plaire , elle tire une partie
de fon agrement des Feftes que Jupiter
ordonne , pour amufer fa chere
Corine dans des Jardins enchantez ,
ù elle est renfermée. La, Mufique
·
DE DECEMBRE. 213
des Intermédes en eft aisée • enjoüée
, bien caractérisée & tout
à fait chantante ; auffi eft- elle de l'Auteur
des Festes de Thalie
Le 18 , les deux Batons d'Exempt
dans la Compagnie de Charôt eftant
vacants , ils ont efté donnés , l'un à
M. d'Augé fils du Comte , Major Génér
ral de la Gendarmerie
efté retiré de ce corps , & l'autre , à M.
d'Anault ,ancien Brigadier de ce Corps
qui avoit
Le 19 , Madame Ducheffe de Berry
tint Toilette , où fe trouvérent tous
les Ambaffadeurs & Miniftres , avec
un grand nombre de Seigneurs & de
Dames qui formoient un cercle magnifique
.
Le 11 , il arriva un Courier de
Bretagne qui a rapporté , que par ordre
du Roy , les Etats de cette Province
avoient esté fufpendus.
Le même jour , Mgr le Duc déclara
aux Maîtres d'Hotel du Roy , que
leur différent avec les premiers Gentils-
hommes de la Chambre , avoit êté
réglé , que fur leurs rémontrances & l'éxamen
de leurs Titres , touchant ce
qui fe pratiquoit du tems de Louis
XIV. Ils avoient êté mantenus en pof214
LE MERCURE
feffion de paroître chez le Roy , avec
leur Bâton de cérémonie , & d'avertir
eux -mêmes S. M. dans fa Chambre ,
dans fon grand Cabinet , chez M. le
Maréchal de Villeroy & chez Madame
la Ducheffe de Vantadour , que la
viande êtoit fervie ; mais , qu'ils n'entreroient
point dans le Cabinet particulier
, le Roy pouvant s'y être enfermé
pour des affaires particuliéres ;
que dans ce cas , ils fe contenteroient
d'avertir l'Huiffier que la viande eft
fur la Table.
2
M. le Comte de Kiniffegg Ambaffa
deur de l'Empereur ayant efté attaqué
en même tems de la goute & d'une
douleur très violente au fondement ;
après avoir êté agité de maux infupportables
pendant 15 jours , M. Anėl
Chirurgien de S. E. jugea à propos de
lui faire l'Opération de la fiftule à
Panus , parce qu'il y remarqua une eſpéce
de dureré fans tumeur fituée entre
le coxix & l'anus , qui fut fuivie
peu de tems après , d'une élévation à
la peau ; c'est ce qui détermina d'abord
ce Chirurgien à plonger fa lancette
de l'épaiffeur d'un pouce , avant
que d'arriver à la matiére qu'il fit écou
•
DE DECEMBRE.
215
•
ler , à la faveur de laquelle il fit le
lendemain 18 la grande Opération ,
en préſence de M. Helvetius le fils ,
Médecin , de M. le Dran le pere , de
M. Maliffain & Tartanfon , trois fameux
Chirurgiens de cette Ville , M.
Dubois célébre Apoticaire , y fut auffi
appellé. Si M. Anel n'avoit pas ouvert
cet abcés auffi ponctuellement ,'
il y avoit à craindre que S. Ex . n'en
ût êtéincommodée le reite de ſa vie
Voilà la deuxième fois que M. Anel
a fait hûreufement 2 cures très périlleufes
à ce Seigneur ; l'une en Italie ,
où il lui tira avec toute la dextérité
imaginable , une bale perdue dans les
chairs ; & l'autre , en cette derniére
occafion , fans qu'il luy foit furvenu le
moindre accident , & fans qu'il ait
û de fiévre : Tous les panfemens ont
êté fuportables & deviennent tous les
jours moins douloureux ; on juge qu'-
il ne faut que cinq femaines pour fon
parfait rétab iffement .
M. l'Abbé Bignon a reçu une Lettre
de M. Arefkin Général Ajudant &
Chambellan , du Czar , êcrite de Peterbourg
le 7 Novembre , dont voici
la fubftance ; il lui marque : Que S.
216 LE MERCURE
"
M. CZ. eft très fatisfaite que l'il'uftre.
Corpsde l'Academie des Sciences veüille
bien l'a gréger au nombre des Membres
qui le composent , en lui offrant fes nobles
travaux * depuis l'année 1699
jufqu'à préfent , comme un Tribut appartenant
de droit à chaque Académicien
; quefon Maître cherchera les occafions
d'en marquer fa reconno : fance ;
& que par la recherche exacte de toutes
les curiofitez les nouveautez que S.
M. pouradécouvrir dans fes Etats , elle
tâchera en les communiquant , de mé
riter le nom d'un bon Membre de cette
illuftre Académie.
du
S. M. approuve fort vôtre pensée ,
Monfieur, qu'en fait de Science , la difinition
fe tire moins du rang , que dis
génie , des talents & de l'application.
Pour ce qui vous concerne , elle est très
fenfible à votre manière d'agir envers
elle , pendant fon féjour en France , &
fouhaite des occafions de vous témoigner
toute l'amitiéqu'elle a confervéepourpous .
Pource qui eft de moi , M,je ne perdrai
jamais le précieux fouvenir de vôt , baute
capacité & decette extréme politeffe qui
• vous attirel'eftime la vénération de tous
les honêtes gens.
d'annoncer la mort de M. Santerre.
Depuis ce tems- là , un de fes Amis particuliers,
curieux d'ailleurs , bon connoiffeur
, m'a communiquécet Eloge, dont je
crois que la lecture fatisfera le Public.
JOURNAL DE PARIS.
Ban Baptifte Santerre naquit d'ho
nêtes Parens à Magni , près de Pontoife
, au mois de Mars de l'année ISSIO
Il perdit fon pere & fa mere dés fa
plus tendre enfance . I hérita d'eux
avec un peu de bien , beaucoup de
candeur & de probité .
.
Ses autres Parens incertains de la
profeffion dans laquelle ils engageroient
cet enfant , fe déterminérent
par le penchant de l'enfant même.
Q
185 LE MERCURE
Ils furent en cela plus faciles & plus
fages que les Parens ordinaires , qui
bornant opiniatrément leur vûë à l'état
où ils fe trouvent , contrarient &
étouffent fouvent dans leurs enfans ,
les difpofitions les plus hûreufes &
les talens les plus marquez . L'ardeur
& le goût que celui - ci montroit pour
le deffin , fit prendre le parti de le
livrer à la Peinture , & de l'amener à
Paris .
M. Santerre eft peut - être l'exemple
le plus fenfible , de ce que peut la feule
Nature en un Sujet qu'elle favoriſe.
Dans l'âge , & au centre des diffipations
, abandonné à lui-même , il ne
palla pas un jour fans faire quelque
êtude quieût raport à fon Art.
Malgré la modeftie & la docilité qui
le caractérifoient ec tous les Eléves,
´il ne put jamais s'empêcher de cher- .
cher la perfection de la Peinture , pardes
routes oppofées à celles qui lui
eltoient indiquées , & qui estoient fuivies
par fes Maîtres . Ils l'en reprenoient
fouvent ; on ne peut les en blamer : Ils
n'eftoient pas obligez de fçavoir , que
la Nature elle - même conduifoit ces.
Eléve pas à pas..
DE DECEMBRE. 187
Le jeune Santerre comprit de bonneheure
, que la feule Nature eftoit un
guide infaillible , & il réfolut de ne
s'attacher qu'à elle .
Il eft vrai, que par une grande méfiance
de foi-même ( qualité néceffaire
& peu commune à fon âge ) il quitta
quelquefois la route ordinaire, & chercha
à imiter les Maîtres les plus eftimés
de fon tems ; mais , il ne tarda gué
res à reconnoitre fon erreur. Averti
par deux perfonnes diftinguées
qui frapées de fes premiers fuccez
lui confeillérent alors de perdre de vûë
tous les Maîtres & de fuivre la feule
Nature , il fe livra à elle fans retour ;
il ne difcontinua plus de la chercher ,
& l'imita fidélement jufqu'au tombeau
.
L'événement juftifia fon choix : Sa
maniere de peindre fut fi différente de
celle de tous les Maîtres connus ,
qu'un jour , Monfeigneur le Régent ,
Prince auffi eftimable par fon grand
goût pour les Sciences & les Arts , que
refpectable par fon Augufle Naiffance
* M. le Marquis de Villarfean &
M. Defpreaux
1
185 LEMERCURE
ayant demandé à M. Santerre , & ayant
appris de lui , quels avoient efté les
Maîtres ; il lui fit l'honneur de lui répondre
: Vous avez bien fait de me.
les nommer ; car je ne les aurois jamais
devinez .
Ce grand Prince l'honoroit de fon
eitime : Il lui en a donné de fréquens témoignages
, il a eu la bonté de venir le
voir travailler plufieurs fois chez lui ;
depuis même que le poids de la
Régence lui laiffe fi peu de moments
libres. Un Suffrage fi éclairé fait feul
Féloge de M. Santerre Le Public
connoiffeur ne m'en défavoüera pas.
Ainfi , moins pour la gloire de cet
illuftre Peintre , que pour la fatisfa
&tion de ceux qui , comme lui , cherchent
le vrai , j'expoferai quelques
principes,& quelques maximes, dont il
a fouvent dit qu'il s'êtoit bien trouvé.J'y
joindrai quelques faits & quelques remarques,
qui acheveront fon caractére .
M. Santerre fit de bonne- heure des
études profondes fur l'Anatomie . Il
fe trouvoit fréquemment aux diffetions
; il en faifoit fouvent chez lui ;
& en parlant de cette Science , il difeit
que dans fon Art, il en fall favoir
DE DECEMBRE: 189
beaucoup , pour en laiffer voir un peu..
Son Principe, pour éviter d'eftre maniéré,
altoit d'imiter en tout la feuleNa--
ture ; parce que la Nature ne fe répétant
prefque jamais , & variant à l'infini
,le Peintre qui ne cherche qu'elle ,,
varie comme elle.
Il difoit fouvent , qu'il avoit apris ce
qu'il fçavoit , avec deux fortes de perfonnes
: La Méchanique de fon Art
dans les Académies & chez les Maitres;
tout le refte, avec les gens d'efprit .
C'est peut-être au commerce de ces
derniers qu'il doit ces penfées & ces
expreffions fines que l'on voit dans fes
Tableaux d'idée , & l'art de porter
ces fineffes de penfées & d'expreffions
jufques dans les Portraits .
Raportant tout la feule Nature
qu'il étudioit fans rélache , il trouvoit
des défauts dans l'antique même , &
dans les plus grands Peintres d'Italie ,
qu'il n'imitoit pas en tout : Il trouvoit
auffi des beautés dans les Modernes &
dans fes Contemporains. Il n'eftimoir
pas outrément les uns ; il rendoit justice
aux autres .
Quand les Connoiffeurs ou fes
Amis le follicitoient de fe faire une
190 LE MERCURE
1
maniére plus expéditive , & de ne pas
fondre fi parfaitement fes ouvrages ;
il leur répondoit deux chofes : La
premiére ; mes ouvrages , il eft vrai ,
font fondus avec un grand foin ; mais
la Nature l'eft encore davantage , &
je cherche à l'imiter : La feconde ; les
meilleurs Tableaux de Raphaél , du
Corege, du Titien & des autres grands
Maîtres font du moins auffi fondus
que les miens . Ainfi , la Nature m'ordonne
, & les exemples des grands
Maîtres me perfuadent de continuer ,..
comme j'ai commencé.
Il n'eft point de foins qu'il ne fe
foit donnés , pour rendre fes ouvrages -
durables , & pour ainfi dire , inaltera
bles : Il obfervoit jufqu'aux enfeignes
des boutiques ; il y remarquoit les couleurs
que le tems & le grand air detruifent
, & celles qu'ils laiffent dans
leur force. Enfin , aprés de mûres réflexions
fur cette partie de fon Art ,
il s'êtoit fait une regle , de n'employer
que des Terres au nombre de 4 ou 5 ,
dont le mélange lui fourniffoit toutes
fes reintes. Comme ces Terres font
fortes & entiéres , le mélange & lunion
en êtoit difficile ; il en venoir à
DE DECEMBRE.
19
boût par une longue patience ; il repeignoit
jufqu'à trois & quatre fois la
même choſe ; & fans le fecours des
laques & des ftils de grain dont il ne
fe fervoit prefque jamais , parce que
le tems les altere ,la patience fecondée
d'un grand jugement donnoit à
fes ouvrages le fondu , la fraicheur ,
& l'union que l'on y remarque. Cette
maniéré lui a fi bien reuffi que l'on
voit de lui des Portraits peints , il y a
vingt , ,trente , & quarante années,
prefque auffi frais que le premier jour .
L'empreffement que le Public avoit
pour les Ouvrages de ce Peintre célébre
, & le prix qu'il y mettoit , n'ont
jamais diminué fa modeſtle , je dirai
même fa timidité : Elle paroiffoit par
tout , excepté dans fes Ouvrages.
Cette difpofition de l'Ame • qu'on
regarde comme une foibleffe , il la
chérifloit & fe la croyoit néceffaire :
Ma timidité , difoit il , m'empefche de
trop préfumer de mes forces , fur les
applaudiſſemens dont le Public m'honore.
Parce que je fuis timide , je veille .
& j'eftudie toûjours , & je me dis fouvent
à moi-mefme , que pour mériter:
une folide réputation , il faut toujours.
•
A
192 LE MERCURE
ignorer qu'elle eft acquife.
•
Par tout ce qui précéde , on comprendra
quel eftoit le caractére de M.-
Santerre. Je me contenterai d'ajouter
ici , pour en donner une idée plus
complete qu'un extérieur fimple
& naturel , eftoit toûjours chez lui
une marque certaine du fonds de fon
Ame. Qui jamais en effet le trouva
différent de ce qu'il paroiffoit eftre ?:
Sa converfation eftoit remplie de fertimens
d'honneur , d'équité , & de mc--
dération. Il aimoit la réputation & la
gloire ; c'eft pour elle feule qu'il a
travaillé toute fa vie , avec tant de .
foins & de peines. Jamais l'intereft nefui
a fait paffer la moindre faute dans
fes Ouvrages , ni emprunter la main
d'autrui , pour hâter fon gain . Il aimoit
le Public , il aimoit ceux qui
travaillent à lui plaire. Senfible à l'a .
mitié , il préféroit le plaifir de travailler
pour fes amis , aux avantages qui
lui eftoient offerts tous les jours par les
Grands & par les Riches. Et pour exprimer
en deux mots , le mérite du Peintre
& celui de l'homme fociable ; if
avoit des Envieux , mais il n'eut jamais
un Ennemi..
Un
DE DECEMBRE. 193
Un caractére fi fage & fi raiſonnable,
ne pouvoit pas fe démentir dans
l'occafion la plus importante. Apeine
fe crut-il menacé de la mort , qu'il remplît
avec une grande préfence d'efprit ,
tous les devoirs d'un bon Chrêtien ; &
aprés une maladie de fept jours , il
mourut enfin , pleuré de fes amis &.
regretté de tout le monde , le 21 de
Novembre , aux Galleries du Louvre ,
où le Roy lui avoit donné un logement
avec une penſion.
Ses principaux Ouvrages , font détaillés
dans le Dictionaire de Morery
de la derniere édition . Il a fait depuis,
entre autres Tableaux , & fuivant
l'ordre des tems , le Portrait de S.
A. S. Mlle de Clermont : Un Tableau
de huit ou neuf pieds de hauteur , réprefentant
les cinq fens , fous les Pottraits
de M. Périchon Notaire , de fa
Femme , & de leurs trois Enfans , to s
cinq de grandeur naturelle & en pie ".
Le Portrait de Mer le Régent auffi
enpied , & grand comme Nature , a .
compagné d'une Minerve & des autributs
de la Régence. Enfin, il a fini peu
de jours avant fa mort , un Tableau e
fept pieds de haut , réprefentant Adam
Décembre 1717. R
194 LE MERCURE
& Eve au Paradis Terreftre , avec un
grand Païfage , & quelques Animaux.
M. Santerre a fouvent dit › que dans
aucun de fes Ouvrages , il n'avoit
pouffé fi loin , felon lui , l'élegance &
la correction du deffin , la finelle de
l'expreffion , & la verité du coloris .
C'eſt par ces côtés qu'il le regardoit,
comme fon chef- d'oeuvre ; le Public
paroît confirmer de jugement , & la
Pofterité en dira peut- être davantage.
Comme il s'étoit répandu depuis
quelques jours dans cette Capitale ,
plufieurs Exemplaires d'un Ecrit qui
a pour Titre : Acte d'Appel de S. E.
M. le Cardinalde Noailles Archevêque
de Paris du 3 Avril 1717 , au Pape
mieux confeillé , & au futur Concile
Général , de la Conftitution de N. S. P.
le Pape Clément XI. du 8 Septembre
1717 , imprimé fans l'aveu & la parsicipation
de ce Prélat. Le Parlement s'affembla
le premier de ce mois & la Cour
faifant droit fur les Conclufions du
Procureur Général du Roy , ordonna
que les Exemplaires dudit Imprimé ,
feroient & demeureroient fupprimez ,
a fait deffenfes à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs & autres , d'en
DE DECORE. 196
-imprimer , vendre , débiter , ou autrement
diftribuer , fous les peines portées
par la Déclaration du 7 Octobre denier
, qui fufpend toutes les Difputes
& les Conteftations formées dans le
Royaume , à l'occafion de la derniere
Conſtitution du Pape .
Madame la Princeffe de Soubize
eft accouchée d'un garçon
Mademoiſelle de Duras , qui a époufé
M le Comte d'Egmont , prit le
29 du mois paffé , le Tabouret, pour la
premiere fois chez le Roy .
Le 2 , Madame permit à Me la
Ducheffe d'Aremberg , qui eft depuis
quelques tems à Paris , de l'aller voir.
Elle a anffi trouvé bon , que Mde la
Comteffè de Kinigfek Epoule de l'Am-
: baffadeur de l'Empereur , ût le même
honneur ; mais , comme ce Seigneur
n'a pas fait fon Entrée publique ,
cetre Dame ne peut pas encore être
reçûë en cérémonie.
Le 3 , on ût des nouvelles certaines
que la fanté du Roy d'Eſpagne fe rétabliffoit
de jour, en jour.
Le même jour , le Parlement fir
brûler par la main du Boureau, un Ecrit
imprimé à 2 colonnes : L'une conté
Rij
196 LE MERCURE
nant la Déclaration du Roy du 7 0-
tobre dernier , & l'autre , une Tra
duction en françois du Type de l'Em
pereur Conftant , qui deffend toutes les
difputes , conteftations & différens formés
dans fon Empire à l'occafion de la
Queſtion* d'une ou de deux volontés en
J. C. Au bas de cet Ecrit,fe trouve une
autre Traduction , intitulée : Le jugement
du Concile de Latran , fur le Type.
On reconnoit aifément , à la vûë de
ce Libelle , quelle a êté l'intention de
ceux qui l'ont répandu dans le Public ;
puifque le Parallele qu'ils font duType
de l'Empereur Conftant & de la Déclaration
du Roy , fait affez entendre ,
que comme le Concile de Latran a condamné
l'un , ils portent le même jugement
fur l'autre : De forte que fuivant
leur opinion , la derniére Déclaration
du Roy porte le caractére d'une Loy
injufte , laquelle ne doit point avoir
d'exécution . Comme cet efprit de
Critique , & en même tems de révolte
, eft un attentat contre l'Autorité
* Héréfie des Monothélites , qui fu
rent ainfi appellez ; parce qu'ils n'admettoient
qu'uneseule volonté en en]. C.
DE DECEMBRE. 197
Royale , la Cour ne pouvoit févir trop
rigoureufement contre un pareil Ecrit
& contre fon Auteur .
Le
Le4 ,les Etats d'Artois affemblez à Arras
, accordérent àS.M. d'un confentement
unanime , le don gratuit ordinaire .
5 , M. de Paris- Fontaine Ayde-
Major Général unique des Gardes du
Corps , fut gratifié par S. M. de la
Brigade -Lieutenance de feu M. de la
Boulaye
Madame Ducheffe de Berry , tine
Toilette , à laquelle fe trouvérent tous
les Miniftres Errangers , avec un grand
nombre de Courtifans.
On fut informé à la Cour , que M.
le Marquis d'Alincourt petit - fils de M.
le Maréchal de Villeroy , s'êtoit rendu
d'Allemagne à Venife , où il arriva le
12 Novembre ; aprés un féjour de
dix jours , il en eft parti pour Rome.
Le 7 , M. l'Abbé Dubois qui, par
ordre de la Cour , êtoit paffé à Londres
depuis quelques femaines , arriva ici
le 7 Décembre , pour rendre compte
à S. A. R. de fa Commiffion ; il deyoit
retourner dans peu .
y
M. de laBellarderie ancien Exempt ,
& Ayde-Major de la Compagnie de
Riij
198 LE MERCURE
Charôt , eft monté à l'Aide- Majorité
de Paris- Fontaine, à condition qu'on
ne le fépareroit pas de fes Camarades,
avec lefquels il avoit coûtume de fervir
M les Aydes- Majors feront le
fervice pour lui , quand il ne poura pas
s'y trouver.
Mgr le Duc s'eft abfenté des Confeils
, Samedy , Dimanche & Lundy ,
à caufe de la petite vérole de Malle de
Charolois , dont cette belle Princeffe
a êté attaquée ; on eſpére qu'elle n'en
fera point marquée.
Depuis que Mer le Duc eft Grand-
Maître des Miniéres de France , on
s'empreffe à lui envoyer plufieurs effais
de Mines d'or & d'argent , tirées des
différentes parties du Royaume ; dans
l'efpérance que ce Prince contribuëra
de tout fon pouvoir , à faire des épreuves
qui puiffent être avantageufes à
l'Etat .
Un Particulier a compofé un nouveau
métal , qui approche tellement de l'argent
, qu'il en a le poids , la couleur &
la dureté. L'Inventeur en follicite le
Privilége , & s'engage de le donner à
so fols la livre ; mais , on ne doute pas
que les Orfèvres & les Poitiers d'étain
DE DECEMBRE. 199
ne s'y oppofent pour empêcher qu'on
ne le mette en oeuvre .
M. le Comte de Clermont paroît
préfentement à la Cour en habit
´d Abbé .
Le 10 , il parut une Ordonnance du
Roy , portant réglement au fujet des
départemens du Confeil des Finances .
Elle est énoncée , comme il s'enfuit . "
→
A MAJESTE, par l'Article dernier
de fon Ordonnance du 14 .
Novembre 1715. fervant de Réglement
pour le Confeil de Finances
ayant ordonné que Monfieur le Duc
d'Orleans fon Oncle Regent , auroit
la faculté de changer tous les ans
ainfi qu'il jugeroit à propos , les Departemens
des membres dudit Confeil
: Eftant d'ailleurs convenable , de
former des Departemens pour les perfonnes
qui y ont efté appellées de.
puis ledit jour 14. Novembre 1715 .
& de faire une nouvelle diftribution,
à ceux qui eftoient chargez de dif
ferentes affaires qui ne fubfiftent plus ;
afin qu'ils puiffent tous travailler pour
le bien de l'Eftat. SA MAJESTE'
s'eftant fait reprefenter ladite Ordonnance
& celle du 24. Novembre
200 LE MERCURE
dernier , de l'avis de Monfieur le Duc
d'Orleans Regent , a Ordonné & Ordonne
que les Departemens particuliers
dudit Confeil , feront reglez à
l'avenir de la maniere fuivante.
LE REGENT , en qualité d'Ordonnateur
, aura feul la Signature de
toures les Ordonnances concernant
les Dépenfès comptables & les Comptans
; tant pour Dépenfes fecrettes ,
Remifes , Interests , qu'autres de toute
nature , ainfi & de la même maniere
que faifoit le feu Roy , conformément
a la Declaration du 23. Septembre
1-715.
,'
LB REGENT aura pareillement
le Trefor Royal & les Parties Cafuelles
fuivant qu'il eft porté par
l'Ordonnance, fervant de Reglement
pour le Confeil de Finances du 14 .
Novembre 1715. & il a commis le
Sr. LE COUSTURIER , pour tenir
feul fous fes ordres , les Regiftres du
Roy , luy rendre compte directement
des Placets qui feront préfentez , pour
demander des Payemens ; Enfemble
pour expédier les Eftats de diftribution
& ordres neceffaires.
LADITE Ordonnance du 14.
:
DE DECEMBRE. 201
Novembre 1715. fervant de Reglement
pour ledit Confeil de Finances ,
fera executée fuivant fa forme & teen
ce qui concerne le Chef dudit
Confeil , le Prefident & le Vice-
Prefident .
neur ,
A l'égard des Départemens.
LE ST. DUC DE LA FORCE Vice-
Prefident , aura les Eftats des Finan--
ces des Généralitez de Toulouſe &
Montpellier , & ceux des Provinces
de Bretagne , Bourgogne , Artois .,
Bearn , Bigorre & Navarre , & les
Cahiers des Eftats defdites Provinces.
LE ST. AMELOT aura Entrée ,
Séance & Voix deliberative audit Confeil
, tant par rapport aux affaires .
du Commerce , qu'aux differens Bu-:
reaux des Finances dont il eft chargé.
LE Sr. LE PELLETIER DESFORTS
aura les Domaines , les Eftats des
Domaines , la Capitation , les Impofitions
des Provinces de Flandres
& de Franche Comté , les Eftats des.
Finances de Provence , & le Cahier
de l'Affemblée des Communautéz
dudit Pays.
LE Sr. ROULLIE' DU COUDRAY aura
202 LE MERCURE
•
l'infpection du Controlle des Quittances
du Tréfor Royal , des Parties
Cafuelles , & autres dependantes du
Controlle General des Finances ; les
Rentes , les grandes & petites Gabelles
, les Etats des Fermes , & les
Cinq Groffes Fermes .
>
LE Sr. LE PELLETIER DE LA
HOUSSAYE aura le Clergé , les
Monnoyes , les Impofitions d'Alface
& de Metz , les Fonds & Eftats au
vray de l'Extraordinaire des Guerres ,
Pain de Munition , Vivres , Artillerie,
des Baftimens & Maifons Royales ,
& de la Marine du Levant & du
Ponant.
LE Sr. FAGON aura les Eaux & Forefts
, les Eftats des Bois , les Chambres
des Compres du Royaume , les
debets & toute autre nature de deniers
& revenans- bons , à la pourfuite & diligence
du Controlleur des Reftes &
autres.
LE Sr. D'ORMESSON aura la Ferme
du Tabac , la Ferme des Poudres
& Salpêtres , les Eftats au vray des
Comptes à rendre du Dixième.
LE Sr. GILBERT DE VOYSINS aura
les Generalitez des Pays d'Elections ,
DE DECEMBRE. 204
pour la Taille , le Taillon , & les
Eftats des Finances defdites Généralitez
.
LE Sr. DE GAUMONT aura les Aydes
& Papier timbré , les Otroys
des Villes & dettes des Communautez .
LE ST . DE BAUDRY aura tous les
Eftats de dépenfe de la Maifon de Sa
Majefté , les Penfions , les Eftats de
dépenfes des Maifons de Madame lat
Ducheffe de Berry , de Madame , du
Regent , & de Madame la Ducheffe
d'Orleans ; les Ponts & Chauffées
Turcies & levées , Barrage & Pavé
de Paris : En ce qui eft de Finance ,
les petites Chancelleries , les Ligues
Suilles .
Le St Dodun aura les Parlemens &
Cours Superieures , la Ferme des Greffes
, Amortiffemens , Franc - Fiefs &
nouveaux Acquets , celle du Contrôlle
& des Infinuations , la Ferme des
Huiles & les Etapes .
Le St de Fourqueux aura le Domaine
d'Occident , le Grand'Confeil , les
Bureaux des Finances.
Il fera établi un Bureau chez le Sr
Amelot Confeiller d'Etat , auquel affilteront
les Srs le Pelletier Desforts ,
>
234 LE MERCURE
•
de la Houffaye Confeillers d'Etat , les
Srs d'Ormeffon , Gilbert de Voyfins &
de Gaumont Maiftres des Requeſtes ;
pour travailler à l'Exécution de l'Art.
IX de l'Edit du mois d'Aouft dernier,
concernant toutes les différentes parties
employées dans tous les Etats qui
s'arrêtent au Confeil.
Il fera pareillement tenu un Bureau
chez le Sr Roüillé du Coudray , auquel
affifteront les Srs Fagon Confeiller
d'Etat , de Baudry , Dodun & de
Fourqueux ; pour travailler en exécution
de l'Article X dudit Etat du mois .
d'Aouft dernier , à dreffer un Etat Général
diftingué par Chapitres de toutes
les Finances des Offices & Droits fupprimez
; afin de pourvoir au payement
des interefts defdites Finances , & au
Remboursement des Capitaux.
Les Traitez ou Négociations , qui
auront paffé par les mains de ceux du
Confeil qui ont des Départemens Particuliers
, feront toujours propofez &
rédigez de concert avec les Chef &
Préfident dudit Confeil , qui recevront
les ordres du Régent,fur ce qui devra
eftre propofé audit Confeil ; & lorfqu'il
s'agira d'écrire des Lettres , &
DEDECEMBRE . 205
de donner ou d'envoyer des ordres
concernant les affaires générales , lefdites
Lettres feront écrites , & les ordres
fignez & envoyez par le Chef
ou par le Préſident dudit Confeil .
LES Fonctions qui appartiennent aux
Chef & Prefident dudit Confeil , fuivant
le préfent Reglement , & l'Ordonnance
du 14. Novembre 17 15.feront
exercées par le Vice- Prefident ,
en cas d'abſence ou maladie des Chef
& Prefident , qui ne leur permettront
pas d'y vacquer ; ce qui aura lieu
pareillement pour l'ancien dudit Confeil
en cas d'abſence , maladie ou empefchement
dudit Vice Preſident .
ORDON NE au furplus Sa Majefté,
que ladite Ordonnance , en forme de
Reglement du 14. Novembre 1715.
feraExecutée fe'on fa forme & teneur,
en tout ce qui n'eft point contraire au
prefent Reglement.
.
On a publié enLorraine , une Bulle
du Pape , par laquelle le S. P. accorde
à S. A. R. la permiffion de lever pendant
3 ans , le vingtiéme denier , fur les
revenus des biens Eccléfiaftiques de
fes Etats , même fur le cafuel des Carez
; en confidération des dépenses
-206
LE MERCURE
que ce Prince fait pour fecourir l'Empire
contre les Infidèles . Les particu-
Iters , dont lesBénéfices font fitués dans
le Barois , principalement ceux de
Ligni qui font du reffort de Paris , fe
difpofent d'appeller comme d'abus , à
ce dernier Tribunal , d'une Bulle qui
n'y a pas êté enregistrée .
Le onze , on publia une Ordonnance
de S. M. , qui deffend expreffément
à toutes perfonnes , de quelque qualité
& condition qu'elle foit , de tenir aucune
afféniblée de Jeux , même dans
les Maifons qui ont pour Infcription .
fur les Portes , les noms des Princes &
Princeffes du Sang Royal . Cette Ordonnance
à û un tel effet , que le lendemain
toutes les Académies de Jeux
ont êté fermées , perfonne n'ayant ofé
y contrevenir.
On a remarqué que M. le Prince
de Cellemaré Ambaffadeur d'Espagne,
n'a jamais voulu permettre qu'on fe
fervit de fon nom ni de fon droit ,
pour ces fortes d'Affemblées Les Fêtes
cependant , n'en ont pas êté moins fréquentes
dans fon Hôtel , où tout s'eft
toûjours paffé avec la derniére magnificence
.
DE DECEMBRE 207
Le 14 , Mst le Duc Regent fe fit
appliquer une feconde fois fur fon oeil ,
le remede Topique de M. Mouffart .
Le même jour , M. le Cardinal de
Rohan arriva ici de Strasbourg par
ordre de la Cour. Le16 , cette Eminence
alla voir Mer le Duc Régent ; & le
lendemain, M. le Cardinal de Noailles .
Le 18 , le Cardinal Archevêque alla
rendre fa vifire à M. de Strasbourg.
Ces deux Eminences paroiffent fort
contentes l'une de l'autre .
Le 15 au matin , on trouva M.
l'Abbé de Bonneuil affaffiné dans fon
Appartement avec fon Valet . Sur le
rapport des Chirurgiens , on a reconnu
qu'ils avoient û latête écrafée à coups
de bâtons de cotret , que les Auteurs
de ce meurtre avoient laiffés dans la
Chambre teins de leur fang ; & que le
Domestique avoit êté tué entre dix &
onze du foir , plus d'une heure avant
fon Maître . Comme l'Abbé étoit allé
fouper en Ville & qu'il ne rentroit ordinairement
que fort tard ils crurentqu'ils
auroient tout le temsde foüillerpar tout ,
& de faire leur main , avant fon retour ;
mais êtant revenu fur le minuit ,
beaucoup plûtôt qu'ils ne l'attendoient
>
208 LE MERCURE
avec fes Porteurs qu'il renvoya malhûreufement
, fans les faire monter
avec lui ; ces Scélérats ne fçachant
comment s'échaper, fans être apperçus
ou rencontrés , piirent fur le champ , le
parti de lui faire éprouver le même
fort qu'à fon Laquais ; ce qu'ils exécutérent
auffi facilement . Ce qui paroît
fort étonnant , c'eſt qu'on ait ôté la vie
à deux hommes ,fans que les Locataires
de la Maifon qui êtoient au deffus ,
au deffous, & à côté de l'endroit où cerse
action Tragique s'eft paffée , n'ayent
rien entendu de tous ces mouvemens.
Outre les coups fur la tête , dont ces
victimes infortunées ont êté affommées
, on a encore remarqué cinq bieflures
poftiches dans le corps du Maître , &
fept dans celui du Valet , faites felon
toutes les apparences , avec un gros
ftilet ; mais on prétend , que ni l'un ,
ny l'autre n'avoit déja plus de vie ,
lorfqu'on leur a porté ces nouveaux
coups ; & que ces Affaffin ; n'en ont
ufé ainfi , que pour mieux s'affûrer de
leur mort. Car , pour l'épée du Valet ,
& un couteau de chaffe du Maître , qui
êtoient auprés des deux cadavres , il n'y
a prefque pointde doute qu'ils n'y ayent
efté
DE DECEMBRE. 209
été mis exprés , pour faire croire qu'ils
s'êtoient battus enfemble . Quoique
M. Mariet Commiffaire , ait trouvé fur
l'Abbé , cinq louis neufs & deux loüis
vieux , fans compter un baffin à barbe
avec l'étuy à favonnere d'argent, il n'y a
prefque point de doute qu'on n'ait enle
vé quelque fomme confidérable.
Le 15 , Madame alla dîner à l'Abbaye
de Chelles , pour y voir Mademoifelle
, qui continue toûjours avec
ferveur fon Noviciar.
"
t
Le 17 , les Comédiens ordinaires da
Roy repréfentérent pour la premiere
fois fur leur Théatre , une Piéce en 3
Actes , en Vers , intitulée : La Métamorphofe
des Dieux , ou les Dieux
Comédiens . Elle eft de la compofition
du fieur Dancourt , & la Mufique des
Intermédes , de M. Mourer.
Le fond ou fujet de la Fable , n'eſt
autre que Jupiter , qui galand , à fon
ordinaire , defcend du Ciel pour cul
tiver , ou plûtôt pour féduire le coeur
d'une jeune Bergere , nommée Corine ,
dont il et éperduement amoureux . Il
amène à fuire les Divinitez , qui peuvent:
contribuer aux plaifirs de fa nonvelle:
Maiwelfactes qu
LE MERCURE
-
Bachus , Faunus &c. Le Maître des
Dieux à qui les déguifemens coutoient
fi peu fe traveftit en Homme d'affaires :
Par malheur pour lui , fa Maîtreffe
n'êtoit point du fiécle , & fon goût n'êtoit
point à la mode. Elle aime un
fimple Berger ; fon nom eft Philene ,
dont le coeur naïf & tendre lui tient
hieu de tout & fair fa félicité . Jupiter
joüoitd'un grand malheur ;car ,peut-être
cette fille eftoit- elle un Phénix unique
en fon efpéce. La fatalité de l'amour
du Dieu ne finit pas là ; Junon eft avertie
de la fortie galante de fon perfide
Epoux Pour la traverfer , elle
prend à fon tour, la figure de la Tante
de la Bergere ; & fous ce déguifement
confeille à ce coeur innocent , de fe referver
tout entiere à fon Perger , & de
tenir ferme contre la fortune & les préfens
du Dieu Partifan. Junon revole
aux Cieux Aprés ceeetite fupercherie
qui fortifie la petite fille dans
fes projets de conftance , la vraie Tante
paroit on la reconnoit par le relâchement
de fa Morale auprès de fa niéce .
Ce relâchement eft d'ufage : M. Dancourt
a faifi le vrai des moeurs de pareilles
Tutrices. Il feroit à fouhaiter
DE DECEMBRE. 211
que les images de ce vrai , n'emportaffent
pas avec elle certain caractére
trop peu ménagé qui en diminuë le
prix. On ne peut critiquer l'Auteur
que fur le choix de fon vrai , non fur
Fexpofition qu'il en a donné , qui n'eſt
que trop en ufage . Jupiter , qui en bon
mary, craint le reffentiment de fa femme
, & qu'elle ne foit affés magicienne ,
pour lui enlever la Corine , charge
Bachus d'un Anneau conftellé, pour en
faire préfent à fa Maîtreffe. Après
bien des façons , elle l'accepte , ayant
reconnu par expérience qu'il avoit la
vertu de rendre invifible quiconque
le porteroit au doigt. La jeune fille fe
fert de la bague contre le Dieu même.
Bien plus , elle fe fouftrait & fait
fouftraire Philéne par fa lumiére magique
aux yeux des Argus qu'il avoit
placé auprés d'elle ; à plus forte taifən
de la Tante moyénenfe , & par fon fecours,
elle a le plaifir de fe livrer à fon
Amant. Jupiter s'emporte contre les
Amours qui l'avoient fi mal fervi : Il·les
accufe du mauvais fuccés de fon in
trigue . Effectivement , ces Dieux fri
Pons s'êtoient piêtez aux deffeins ja
Joux de Junon. Le Maître du Tonnerre
Sij
212
LE MERCURE
voulant s'en vanger , les condamne
dans fa colere, à mourir comme les autres
homines ; & pour rendre fon Arrêt
irrévocable , il en jure par les eaux du
Stix . Devenu plux doux enfuite , par
un nouvel attachement & par les priéres
de Vénus , il adhère à l'adouciffement
que l'Inconftance lui propofe de
mettre à l'effet de fon ferment, qui eft,
que , puifqu'il ne peut plus empêcher
que les Amours ne meurent, il les laiffe
renaître auffitôt dans d'autres coeurs.
Voilà ce qui fonde la Métempficofe des
Amours.
Cette Piéce eft bien êcrite , & remplie
de traits d'efprit variés ; de façon
qu'onperd de vue les fautes principales,
s'il y en a. Jupiter à la vérité n'y eft
pas délicat ; mais , il y eft Partifan'; &
fous certe figure , il y donne les exemples
d'infidélité conjugale , que fourniffent
fouvent les originaux dont il
eft copie.
Il faut convenir que fi cette Comédie
a de quoi plaire , elle tire une partie
de fon agrement des Feftes que Jupiter
ordonne , pour amufer fa chere
Corine dans des Jardins enchantez ,
ù elle est renfermée. La, Mufique
·
DE DECEMBRE. 213
des Intermédes en eft aisée • enjoüée
, bien caractérisée & tout
à fait chantante ; auffi eft- elle de l'Auteur
des Festes de Thalie
Le 18 , les deux Batons d'Exempt
dans la Compagnie de Charôt eftant
vacants , ils ont efté donnés , l'un à
M. d'Augé fils du Comte , Major Génér
ral de la Gendarmerie
efté retiré de ce corps , & l'autre , à M.
d'Anault ,ancien Brigadier de ce Corps
qui avoit
Le 19 , Madame Ducheffe de Berry
tint Toilette , où fe trouvérent tous
les Ambaffadeurs & Miniftres , avec
un grand nombre de Seigneurs & de
Dames qui formoient un cercle magnifique
.
Le 11 , il arriva un Courier de
Bretagne qui a rapporté , que par ordre
du Roy , les Etats de cette Province
avoient esté fufpendus.
Le même jour , Mgr le Duc déclara
aux Maîtres d'Hotel du Roy , que
leur différent avec les premiers Gentils-
hommes de la Chambre , avoit êté
réglé , que fur leurs rémontrances & l'éxamen
de leurs Titres , touchant ce
qui fe pratiquoit du tems de Louis
XIV. Ils avoient êté mantenus en pof214
LE MERCURE
feffion de paroître chez le Roy , avec
leur Bâton de cérémonie , & d'avertir
eux -mêmes S. M. dans fa Chambre ,
dans fon grand Cabinet , chez M. le
Maréchal de Villeroy & chez Madame
la Ducheffe de Vantadour , que la
viande êtoit fervie ; mais , qu'ils n'entreroient
point dans le Cabinet particulier
, le Roy pouvant s'y être enfermé
pour des affaires particuliéres ;
que dans ce cas , ils fe contenteroient
d'avertir l'Huiffier que la viande eft
fur la Table.
2
M. le Comte de Kiniffegg Ambaffa
deur de l'Empereur ayant efté attaqué
en même tems de la goute & d'une
douleur très violente au fondement ;
après avoir êté agité de maux infupportables
pendant 15 jours , M. Anėl
Chirurgien de S. E. jugea à propos de
lui faire l'Opération de la fiftule à
Panus , parce qu'il y remarqua une eſpéce
de dureré fans tumeur fituée entre
le coxix & l'anus , qui fut fuivie
peu de tems après , d'une élévation à
la peau ; c'est ce qui détermina d'abord
ce Chirurgien à plonger fa lancette
de l'épaiffeur d'un pouce , avant
que d'arriver à la matiére qu'il fit écou
•
DE DECEMBRE.
215
•
ler , à la faveur de laquelle il fit le
lendemain 18 la grande Opération ,
en préſence de M. Helvetius le fils ,
Médecin , de M. le Dran le pere , de
M. Maliffain & Tartanfon , trois fameux
Chirurgiens de cette Ville , M.
Dubois célébre Apoticaire , y fut auffi
appellé. Si M. Anel n'avoit pas ouvert
cet abcés auffi ponctuellement ,'
il y avoit à craindre que S. Ex . n'en
ût êtéincommodée le reite de ſa vie
Voilà la deuxième fois que M. Anel
a fait hûreufement 2 cures très périlleufes
à ce Seigneur ; l'une en Italie ,
où il lui tira avec toute la dextérité
imaginable , une bale perdue dans les
chairs ; & l'autre , en cette derniére
occafion , fans qu'il luy foit furvenu le
moindre accident , & fans qu'il ait
û de fiévre : Tous les panfemens ont
êté fuportables & deviennent tous les
jours moins douloureux ; on juge qu'-
il ne faut que cinq femaines pour fon
parfait rétab iffement .
M. l'Abbé Bignon a reçu une Lettre
de M. Arefkin Général Ajudant &
Chambellan , du Czar , êcrite de Peterbourg
le 7 Novembre , dont voici
la fubftance ; il lui marque : Que S.
216 LE MERCURE
"
M. CZ. eft très fatisfaite que l'il'uftre.
Corpsde l'Academie des Sciences veüille
bien l'a gréger au nombre des Membres
qui le composent , en lui offrant fes nobles
travaux * depuis l'année 1699
jufqu'à préfent , comme un Tribut appartenant
de droit à chaque Académicien
; quefon Maître cherchera les occafions
d'en marquer fa reconno : fance ;
& que par la recherche exacte de toutes
les curiofitez les nouveautez que S.
M. pouradécouvrir dans fes Etats , elle
tâchera en les communiquant , de mé
riter le nom d'un bon Membre de cette
illuftre Académie.
du
S. M. approuve fort vôtre pensée ,
Monfieur, qu'en fait de Science , la difinition
fe tire moins du rang , que dis
génie , des talents & de l'application.
Pour ce qui vous concerne , elle est très
fenfible à votre manière d'agir envers
elle , pendant fon féjour en France , &
fouhaite des occafions de vous témoigner
toute l'amitiéqu'elle a confervéepourpous .
Pource qui eft de moi , M,je ne perdrai
jamais le précieux fouvenir de vôt , baute
capacité & decette extréme politeffe qui
• vous attirel'eftime la vénération de tous
les honêtes gens.
Fermer
4115
p. 217-286
LISTE UNIVERSELLE. Du Bureau général d'Adresse & de Rencontre, où chacun peut donner & recevoir avis, de toutes les nécessités & commoditez de la vie & societé civile, remis en meilleur ordre qu'il n'a êté par le passé, pour l'utilité du Public. PAR PERMISSION DU ROY, Contenuë en ses Brévets, Arrêts du Conseil d'Etat, Déclarations, Privilege, Confirmations, Arrêts de la Cour, Sentences & Jugemens donnez en consequence.
Début :
J'ai parlé dans les Mercures précédens, de l'ouverture du Bureau général d'Adresse & de Rencontre, / Le Bureau d'Adresse a paru si utile, que les Rois Henri IV. Louis XIII. Louis XIV. n'ont [...]
Mots clefs :
Bureau d'adresse, Brevets, Privilèges, Rois, Feuille, Mémoire, Dépenses, Velours, Avis, Public, Messagers, Affiches, Liste, Vente, Annonce, Maisons, Libraires, Jardiniers, Biens, Princes étrangers, Marchands, Peintres, Huissiers, Prédicateur, Tapisserie, Tableau, Meubles, Demandes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LISTE UNIVERSELLE. Du Bureau général d'Adresse & de Rencontre, où chacun peut donner & recevoir avis, de toutes les nécessités & commoditez de la vie & societé civile, remis en meilleur ordre qu'il n'a êté par le passé, pour l'utilité du Public. PAR PERMISSION DU ROY, Contenuë en ses Brévets, Arrêts du Conseil d'Etat, Déclarations, Privilege, Confirmations, Arrêts de la Cour, Sentences & Jugemens donnez en consequence.
Ai parlé dans les Mercures précédens
,de l'ouverture du Bureau général
d'Adreffe & de Rencontre , & des avantages
que le Public en retireroit.
Comme je n'en ai donnéjufqu'apréfent
qu'une légére idée , il femble que le Public
exige de moi , que je l'inftruife des
Loix & des Réglemens, que les Direc
teur de cette entrepriſe fe font impofés
pour l'utilité& la commodité publique.
J'ai cru qu'en y ajoûtant la première
Lifte de tous les Effets , Demandes G
Propofitions préfentées audit Bureau .
on détromperoit par cet expofé , beaucoup
de perfonnes qui avoient regardé
jufqu'à préfent , le projet de cet établiffement
, comme impoffible dans l'éxécution.
Voilà cependant les chofes en ordre »
& c'est déja beaucoup pour affermir la
confiance commune. Il faut efpérer
qu'elle ne fera qu'augmenter , & que
l'on appercevra bien- tôt les effets de la
fage régie de ceux qui en font à la tête.
Décembre 1717.
T
218 LE MERCURE
LISTE UNIVERSELLE.
Du Bureau général d'Adreffe & de
Rencontre , où chacun peut donner &
recevoir avis , de toutes les néceffités
& commoditez de la vie & focieté
civile , remis en meilleur ordre qu'il
n'a été par le paffé , pour l'utilité da
Public.
PAR PERMISSION DU ROY ,
Contenue en fes Brévets , Arrêts du .
Confeil d'Etat , Déclarations , Privilege
, Confirmations , Arrêts de
la Cour, Sentences & Jugemens don
nez en confequence .
L
E Bureau d'Adreſſe a paru fi utile
que les Rois Henri IV.
,
Louis XIII. Louis XIV. & Louis XV.
n'ont ceffé de le favorifer par les Brévers
, & Privileges qu'ils en ont accordés.
En effet , pour peu qu'on y
veüille faire attention , l'on reconnoîtra
qu'il n'y a gueres de chofes plus
avantageufes , que l'établiffement de
ce Bureau. Comme les hommes
DE DECEMBRE. 219
font liés entr'eux , par la néceffité
d'un commerce mutuel de befoins &
de fecours réciproques , il arrive tous
les jours , que les uns fouhaitent d'avoir
quelque chofe, dont les autres feroient
bien aife de fe défaire ; & que réciproquement
, les uns cherchent à fe
débaraffer de plufieurs effets , dont d'autres
defireroient de s'accommoder. Ce
qui peut donc être le plus utile pour
le commerce , c'est que chacun de
ceux qui voudroient fe dèfaire de quelque
chofe, fçeût à point nommé, quels
font les gens qui en ont befoin ; & qu'au
contraire, ceux qui voudroient s'accommoder
d'autres choſes , fuffent inftruits
où ils pourroient les trouver : Rien ne
paroît donc plus utile que de trouver
unmoyen facile , par lequel on pût
fatisfaire à ces befoins mutuels .
C'eft ce que nos Rois fe font propofé
dans l'établiffement du Bureau
général d'Adreffe & de Rencontre ,
auquel ce nom n'a êté donné , que
parce que, tout le monde pouvant toûjours
s'y adreffer , chacun y peut rencontrer
ce qu'il chercheroit vainement
ailleurs . C'eft auffi ce qu'on fe propo-
Tij
220 LE MERCURË
fe dans ce Bureau établi ruë faint Sau
veur , dans lequel , chaque particulier
qui aura befoin de quelque chofe
pourra venir propofer ce qu'il defire ;
comme au contraire , celui qui aura
quelque chofe dont il ait deffein de fe
défaire , viendra en donner avis ; afin
que l'on en informe le public.
"
On tiendra dans ce Bureau univerfel
des Regiftres dans lesquels ,
non feulement les perfonnes qui auront
des avis licites & permis à donner ,
mais celles qui voudront en recevoir ,
pouront fe faire enregistrer.
Pour cela , chaque particulier y
fera d'abord dreffer fon Mémoire fur
une feuille , en forme de Minute , fur
laquelle , l'intention du Demandeur y
fera apurée ; après quoi , ce Mémoire
fera infcrit fur le Regiftre dans les 2,4
heures , pendant lefquelles il fera in--
formé avec une prudence tacite , du Domicile
donné ; afin qu'il n'y ait point
d'avis inutiles ; & le tout fe fera moyennant
trois fols feulement , pour
chaque article enregistré , de même
que pour l'Extrait de chaque enrégiftrement
, en cas que l'on défire en
faire tirer un : Et fi on veut que l'avis
DE DECEMBRE. 221
•
paroiffe dans les Liftes courantes , le
Bureau fe contentera de fort peu de
chofe ,pour l'article qu'on fouhaite faire
imprimer , & que l'on réitérera dans
toutes les Editions fuivantes , jufqu'à
ce que l'affaire foit confommée .
L'on rendra le Mémoire le mieux
circonftancié & le plus court qu'il fe
pourra ; & pour éviter même la longueur
& l'embaras , on fe contentera
d'écrire fur le Registre du Bureau , le
nom de celui qui donne l'avis , ou tef
autre qu'il voudra choifir avec la chofe
dont il s'agit ; & on lui donnera un
billet femblable à cet enrégiftrement ,
fel on le rang auquel il fera venu .
On recevra auffi tous les avis des
Provinces de France & des Païs étrangers
, qui indiqueront quelque chofe à
vendre , ou qui marqueront les chofes
que l'on veut achetter. Mais on aura
foin fur les lieux , de payer le port des
Lettres qu'on envoyera : Les dépenfes
que l'onfait pour le Bureau étant déja
aflés grandes , il ne feroit pas jufte que
F'on fût encore chargé de celle- là .
On fera donc imprimer , autant de
fois qu'il fera néceffaire , un petit Livre
qui ne coutera que 2 fols 6 deniers , &
Tiij
222 LE MERCURE
>
qui contiendra tous les AVIS qu'on
aura envoyez au Bureau comme
Terres , on Maisons à vendre ou à
louer , Meubles , Chevaux , Inventaires
, Curiofitez , ou autres chofes
nouvellement arrivées , à vendre à
Paris ou en Province : Livres nouveaux,
inventions touchant , les Arts & les
Sciences , Changement de demeures des
Marchands on Artifans, & autres : Hôtel
à louer , entiere ou portion , on
Chambre garnie.
De même,fiquelqu'un a befoin d'un
habit brodé , d'un meuble de Velours
ou autre effet , on aura foin de le faireimprimer
comme les autres . Si l'on
ne veut pas mettre dans l'Avis ,fon nom,
ni fon adreffe , on poura donner des
Mémoires où cela ne foit point marqué
, & le petit Livre avertita que ce
nom eft au Bureau . Par ce moyen ,
aura l'avantage , fans fe faire
connoître , de fçavoir à qui s'adreffer,
& d'apprendre quels font les gens qui
auront befoin des chofes dont on veut
fe défaire Il en fera de même à l'égard
du prix. On aura foin à l'avenir ,
pour la commodité de ceux qui achetteront
ce petit Livre , de difpofer ces
on
DE DE CEMBRE. 223
avis par Chapitres diftincts avec cha
cun leur titre, comme Maifons à louer;
Maifons à vendre , Meubles, Chevaux ,
Nouveautez, chofes perdues & trou
vées & c.
S
Or , pour éviter les inconveniens
qui arrivent , de ce que les Avis publics
changent tous les jours , & engager
les particuliers à en avertir , on dépofera
au Bureau depuis fols , jufqu'à
un louis , dont fera donné recépiffé
; car , une des principalles commoditez
du Public en ceci , eft de
ne point recevoir d'Avis inutiles. De
même , ceux qui affichent pour toute
leur vie , & qui ont befoin de renouveller
leurs Affiches de tems en tems,
& de faire pour cela , bien de la dépenfe,
en feront quittes pour une mé
diocre fomme par mois , fans autre foin
que d'envoyer payer le mois.
Il eft bon d'avertir, que ceux qui demeurent
en Province , & qui voudront
avoir ces petits Livres , n'auront qu'à
faire tenir l'argent d'un quartier ou
d'une année , par leurs meffagers , ou
amis ou correfpondans ; on fera les paquets
, & on les portera à la pofte ,
fans qu'il en coûte autre chofe , que
le prix des Livrets , avec le port. Tiiij
•
224 LE MERCURE
Ceux qui voudront donner des Avis,
touchant ce petit Livre , pour l'utilité
du Public , pouront les envoyer inceffament
.
Cette nouvelle maniere prévé
nant tous les inconvéniens , on retirerá
de ce Bureau toute l'utilité imagi
nable :Car , on ne poura rien défirer
dans les Provinces & dans la Capitale
du Royaume , dont on ne foit informé
par cette voye , ce qui feroit trés difficile
à découvrir fans ce fecours , ne
feachant à qui s'adreffer , pour avoir
ces chofes , ou pour s'en défaire. Com- ·
me les Avis viendront d'une partie du
Public , ce fera faire préfent à l'autre ,
de ce que le Public lui donne : Ainfi ,
ce canal donnera, lien réciproquement
à tous les particuliers, de fe rendre fervice
les uns aux autres ; enforte que
perfonne n'aura rien qui puiffe ferviz
à un autre , que cet autre ne fçache
auffitôt où trouver celui qui peut l'en
accommoder . Il fe rencontrera même
par là , que la plupart des perfonnes qui
ont des choſes inutiles , qui ne font
publiquement d'aucun débit , & dont
elles demeurent chargées ; & d'autres
aucontraire,ayant befoin de ces chofes ,
DE DECEMBRE. 225
eftant contraints de s'en paffer, faute
de fçavoir où les prendre , les uns &
les autres apprendront par ces petits
Livres , les moyens de s'accommoder ;
ce que l'on peut regarder , comme un
des principaux liens de la focieté ; &
it eft difficile de trouver une voye plus
abregée , plus fûre & moms onéreufe ,
pour fe rendre utile les uns aux autres.
Car ,que peut - on imaginer de plus
commode , que de pouvoir apren
dre en un quart d'heine , fans for
tir de chez foi , & prefque pour rien ,
• tout ce qui peut entrer dans le commerce
des néceffitez de la vie ? L'on pou
ta donc encore fe difpenfer par ce même
moyen, de faire des affiches , dont
la dépenfe eft d'autant plus confidérable
, qu'elle monteroit fouvent auffi
haut , que la forme que produiroit ce
qu'on veut vendre ; lors que les chofes
dont on veut fe défaire , font de peu
deconféquence, & qui font en bien plus
grand nombre que les autres. De plus ,
il y a quantité de chofes pour lesquelles
on ne s'eft point encore fervi d'affiches,
afin d'en informer le Public .
La voye qu'on propofe eft bien plus
facile > car , outre que les affiches no
226 LE MERCURE
font vûës que de ceux qui marchene
dans les rues , & dont la plûpart ſe font
même une espéce de honte de les regarder
& de les lire ; c'eft qu'elles font
en une telle confufion , par le grand
nombre de nouvelles qu'on en trouve
tous les jours , qu'on ne daigneroit y
chercher celles dont on a befoin ; enforte
qu'on ne remarque guéres que
les plus apparentes. Ainfi , chaque particulier,
qui a quelque avis à donner au
public , a donc beaucoup d'interêt de
le faire par le moyen de ce petit Livre;
& l'on peut affûrer que ceux qui s'y
feront mettre , auront un grand avantage
fur ceux qui voudroient épargner
fe peu qu'il en coûte. Car , il eft certain
qu'une maison, par exemple, que par ce
Livrer , on verra être à louer , le fera
beaucoup plûtôt que celle dont on n'eſt
averti que par un écriteau attaché à la
porte. Ceux qui auront quelques mar→
chandifes ou modes nouvelles , quelque
invention ou autre chofe qui foit
d'ufage dans les Provinces , auront encore
un interêt trés confiderable à en
donner avis , par ce petit Livre qui ne
manquera pas d'y être envoyé.
.
DEDECEMBRE.. 227
LISTE
Des principalles chofes pour lesquelles
on peut s'adreffer, & defquelles on
peut faire rencontre aisément au Bureau
général d'Adreffe & de Rencontre
, & quiferont mifes fur le Regiftre
, & imprimées dans les petits
Livres d'Avis.
1. Eux qui voudront vendre des
Terres ou des Maifons à la
Campagne, envoyeront au Bureau , des
mémoires qui marquent en quoi elles
confiftent , & qui en faffent connoître
le prix.
II. Ceux qui auront des Maifons à
vendre à Paris , marqueront le prix &
ce qu'elles contiennent , dans les mémoires
qu'ils envoyeront au Bureau .
III. Ceux qui auront des places
à vendre pour bâtir , doivent marquer
dans leurs mémoires , le nombre des
toifes , le quartier où la place eft fituée
& le prix .
I V. Ceux qui auront des Charges
à vendre , doivent en marquer le prix
dans les mémoires qu'ils envoyeront
128 LE MERCURE
avec les gages & les émolumens qu'ils
en retirent.
V. Ceux qui auront des Rentes à
vendre , marqueront dans leurs mémoires
en quoi elles confiftent."
VI. Ceux qui auront des Biens, dont
la vente fera pourfuivie en Juſtice ,
pouront envoyer leurs mémoires.
VII. Ceux qui auront des Inventaires
à faire , pouront , quelque tems
avant de les ouvrir , envoyer des mémoires
de ce qui s'y doit vendre de plus
remarquable.
VIII. Ceux qui voudront vendre
des Bibliotheques , des Cabinets de
Livres ou des fonds de Librairie , dotvent
faire fçavoir le nombre des vo-
Humes, & fi ce font des Livres de Theo
logie , de Philofophie , de Mathe na
tiques , de Médecine , de Droit , d’Hiftoires
ou de figures , & dans quel lieu
on les peut aller voir ou achetter.
IX. Les Libraires pouront envoyer
des mémoires de leurs Livres nouveaux
, & le prix qu'ils les vendent ,
afin que le Public en föit inftruit On
n'entrera dans aucun détail de ce que
contiennent ces Livres ; mais , l'on fe
contentera de marquer le titre du Li-
C
DE DECEMBRE. 229
vre , le prix & le nom du Libraire .
X. Les Curieux ou autres , qui voudront
le défaire de leurs tableaux
n'auront qu'à en marquer la grandeur ,
ce qu'ils reprefentent , le nom des
Peintres qui les ont faits , & ce qu'ils
les eftiment.
XI. Ceux qui voudront vendre tout
ce qui s'appelle meubles , bijoux , habits
, caroffes , chevaux &c. n'auront
qu'à envoyer des mémoires inftructifs
de toutes ces choſes .
XII. Ceux qui voudront faire pêcher
leurs êtangs , & en vendre le
poiffon , doivent envoyer des mémojres
du lieu & du tems.
XIII. Les Particuliers qui auront
du vin à vendre en gros ou en détail ,
n'auront qu'à faire fçavoir de quel
crû , & de quel prix il eſt .
XIV. Les Jardiniers qui auront des
fruits , fleurs & legumes prématurées
à vendre , n'auront qu'à en envoyer
des mémoires .
XV. Ceux qui voudront achetter
quelques -unes des chofes marquées
dans les articles ci - deffus n'auront
qu'à s'adreffer au Bureau pour en informer
le Public.
›
230 LE MERCURE
XVI. Ceux qui auront des Maifons
ou des appartemens confidérables
à louer , en envoyeront des mémoires
: On en parlera plus amplement
que les écriteaux qui n'en font point
de defcriptions ; on dira en quel quartier
elles fons fituées , ce qu'elles ont
de beau & de commode , & leur prix.
XVII. Ceux qui voudront prendre
des Maifons à loyer, envoyeront auffi
leurs mémoires .
XVIII. Ceux qui auront des Jardins
à louer dans les fauxbourgs de
Paris , ou dans les Villages des envi-
Tons , pouront en faire fçavoir le prix ,
& en quoi ils confiftent; afin qu'on épargne
par là au Public , la peine de faire
plufieurs voyages pour en chercher.
XIX. Ceux qui voudront prendre
des Jardins à loyer , feront la même
choſe.
XX. Ceux qui voudront faire des
échanges de terres , de rentes , & généralement
de tout ce qui fe peut échanger
, marqueront dans leurs mémoires
ce qu'ils veulent donner , &
ce qu'ils veulent avoir.
XXI. Ceux qui auront des Biens
à donner à ferme , envoyeront des
DE DECEMBRE.
231
mémoires bien circonftanciés , & on
les rendra publics .
XXI . Ceux qui voudront prendre des
biens à ferme , feront la même chofe.
XXII . Ceux qui auront des machines
& des découvertes nouvelles ,
utiles au Public , n'auront qu'à le faire
fçavoir au Bureau.
XXIII . Ceux qui chercheront des
gens pour s'affocier avec eux , foit
dans l'exercice de quelque art , foit
pour trafiquer , n'auront qu'à le faire
fçavoir.
XXIV . Les Pinces Etrangers , les
Ambaffadeurs , & les autres Etrangers
de qualité qui arriveront à Paris , pourront
s'adreffer au Bureau , s'ils veulent
que leur train foit fait en peu de
tems. On les fervira , non feulement
en cela , mais encore, en ce qui regarde
beaucoup de chofes dont ils рец-
vent avoir beſoin .
XXV. Tous les Etrangers qui vien
dront à Paris , n'auront qu'à s'adreffer
au Bureau ; on leur dira comment
ils pourront voir ce qu'il y a de curieux
, à qui ils doivent s'adreffer ; &
s'ils veulent, on leur donnera des gens
pour les conduire par tour . On leur
232 LE MERCURE
enfeignera auffi ce qui leur poura
être néceffaire pendant le tems de
leur fejour.
dans
XXVI. Les Maîtres , qui prennent des
Penfionnaires pour étudier ,
étudier , n'auront
qu'à envoyer leurs Mémoires ,
lefquels ils auront foin de marquer
le lieu où ils demeurent , le prix qu'ils
prennent , & le nombre des Penfionnaires
qu'ils ont. Ils doivent même faire
fçavoir , s'ils font d'Eglife , ou mariez
; s'ils ont des Jardins , & s'ils
font logez en bel air .
XXVII. Ceux qui voudront fe mettre
en penfion , n'auront qu'à s'adreffer
au Bureau , on leur rendra fervice.
XXVIII. Les perfonnes publiques qui
fe trouveront chargées de beaucoup
d'affaires , pouront envoyer le lieu
de leur demeure , lors qu'elle "aura
changé ; on en avertira le public , &
fur tout, les gens de Province à qui on
croira faire un grand plaifir . Plufieurs
n'ayant point d'habitude à Patis , font
fouvent embaraffez , au retour de leur
pays, à chercher ceux qui ont eu autrefois
leurs affaires entre les mains ,
ne pouvant les trouver , parce qu'ils
ont changé de demeure,
CeuxDE
DECEMBRE. 233
XXIX. Cenx qui feront intereffez
dans les manufactures , pouront avertir
des chofes à quoi on travaille dans
ces lieux. Beaucoup de gens paffent
fouvent par des Villes , où il y en a
d'établies,fans rien achetter , faute de
fçavoir qu'il y en ait .
XXX . Les Curieux qui voudront
indiquer leurs demeures , & recevoir
ceux qu'on leur envoyera , pour voir
leurs Cabinets , pouront par ce moyen,
faire leurs affaires , foit en vendant ,
foit en troquant.
XXXI. Les Intereffez dans les Vaiffeaux
qui arriveront dans les Ports de
France , n'auront qu'à envoyer le dénombrement
des marchandifes qui feront
dans lefdits Vaiffeaux , & on en
avertira le Public .
XXXII Les Marchands forains
pourront
, avant l'ouverture des Foires , envoyer
des mémoires de tout ce qu'ils
auront fait faire de nouveau , pour y
étre vendu .
XXXIII. Les Peintres fameux , dont
le public fouhaite de voir les Ouvra
ges , & fur tout les Etrangers , envoyeront
leur demeure , & des mémoires
de tout ce qu'ils auront de plus confi
234
LE MERCURE
•
derable , ou qu'ils confervent chez
eux , ou qu'ils ont fait chez des , perfonnes
qui voudront bien les faire voir
aux Etrangers de qualité ; le tout , pour
la gloire de la France , & pour leur
utilité particuliere.
XXXIV . Les Marchands & Artifans
confiderables , qui auront changé de
demeure , , pouront en ' donner avis au
Bureau , qui en informera le Public.
XXXV.Ceux qui établiront des commoditez
pour voyager , doivent en envoyer
des mémoires .
XXXVI . Les Huiffiers qui partiront
pour quelque Province, pouront le faire
fçavoir , par ce moyen ils feront
chargez des affaires de ceux qui en
ent dans les mêmes lieux ou fur la
route ; & il en coûtera bien moins aux
particuliers , qui font fouvent obligez
d'envoyer des Haffiers , & de payer
feuls , tous les frais de leurs voyages.
XXXVII . Ceux qui auront des affaires
en Province , pouront auffi en
donner avis , & en envoyer des mémoires
au Bureau.
XXXVIII. Ceux qui auront fait
quelques pertes , de quelque nature
qu'elles foient , doivent bien marquer
DE DECEMBRE
235
dans les mémoires qu'ils envoyeront
au Bureau , tout ce qu'ils auront perdu
, & ce qu'ils voudront donner à
ceux qui l'auront trouvé .
XXXIX. Ceux qui auront trouvé
quelque chofe , en donneront avis au
Bureau ..
XL. Comme il fe fait de tems en
rems des plaidoyers fameux , que pluhieurs
perfonnes fouhaitent d'entendre,
foit à caufe des matiéres curieufes que
l'on y doit traitter , & dont on eft bien
aife de s'inftruire , foit à caufe du merite
des Avocats ; on croit obliger le
'public, en avertiffant des jours que l'on
doit plaider des caufes fi célébres . Ainfi
, les Parties pour lefquelles ces caufes
fe plaident , ou Meffieurs les Avocats
n'auront qu'à en envoyer des avis .
XLI. Lorfque des Prédicateurs fameux
prêcheront dans quelque Eglife ,
en en pourra auffi donner avis.
XLII. Ceux qui voudront faire des
Leçons ou des Conferences publiques ,
n'auront qu'à envoyer lears avis au
Bureau .
XLIII. Tous ceux enfin , qui voudront
avertir le public de quelque chofe qui
foit de nature à être affiché , ou qui
Vij
236
LE MERCURE
a coûtume de l'être , n'auront qu'a
donner leurs mémoires bien circonf.
tanciés au Bureau , avec pouvoir de les
faire imprimer on ne manquera pas
de les fatisfaire .
ce
Enfin , on peut s'adreffer en ee Bu
reau univerfel , pour tout ce qui peut
entier dans le commerce licite & permis
, qui compofe la focieté civile .
PREMIERE LISTE
Des Avis qui font venus au BUREAU
général d' Adreffe & de Rencontre, ruë-
S., Sauveur , qui donne d'un bout , dars
la rue Montorgueil; de l'autre , dans
la rue S. Denis..
DEUX NAVIRES A VENDRE .
L'un eft de so à 52 piéces de Canony
& l'autre, de 40 à 44 piéces , du port
de 400 à 450 Tonneaux chacun.
On verra au Bureau , l'Etat de leurs
Inventaires & autres Inftructions , pour
y recevoir les offres ..
UNE MAGNIFIQUE TENTURE DE
TAPISSERIE à Vendre .
C'eft un Ouvrage des plus riches
& des plus finis : Elle eft digne de
DE DECEMBRE.. 237
Fattention des curieux : Elle paffe.
30000 , cy
Elle eft au Bureau. grean .
30000
liv.
UNE BAGUE d'un Diamant de dix
huit grains , fort
Elle eft au Bureau.
• 5000
liv.
PLUS . 2. Pendeloques de Diamants
Ils péfent enfemble vingt-deux grains .
Au Bureau.
4500
liv.
UNE VERDURE , TAPISSERIE DE
FLANDRE.
Elle a deux afines & demie de haut ,
fur environ dix- huit aûnes de cours.
Au Bureau.
UN TABLEAU du Rimbran .. 150 liv.
1
On le voit an Bureau.
N° 2. UN TABLEAU de Louis XIV..
Dans fon cadre de bois doré.
L'adreffe eft au Burear.
་
N° 3. UN TABLEAU de Mgr le Grand
Dauphin , Fils de Louis XIV. 33 1
Au Bureau.
N 4 UN TABLEAU de Mgr le Dau
phin , Petit - Fils de Louis XIV : 33 10
Au Bureau.
NS UN TABLEAU repréſentant une
Danaë , dit original
Au Bureau.
60 liv.
Vrij
238
LE MERCURE
Nº 6. DEUX BRAS à bougie , à plaques
de glace de Venife .
An Bureau .
35 liv.
N° 7. DEUX FAUTEUILS à bras , garnis
de crin-
Ils font couverts de morceaux de
rapport , & en partie de velours cramoifi
•
401
.
L'adreffe eft au Bureau.
No S.UNE GARNITURE de fept piéces
de Fayance
Au Bureau.
14 l.
N° 9 UN CABINET,façon de la Chine.
11 eft avec une table à tiroirs , &
deux guéridons affortiffans , 401. ·
Au Bureau.
N 10. N. DEMANDB à emprunter
14000 1. partie Billers de l'Etat .
C'est un Particulier & la Dame fon
époufe , qui déclarent pour 42000 1. de
principal dans Paris , francs & quittes;
à l'exception de 150-1.de rente rachetable
, à laquelle la femme n'eft pas
obligée Les éclairciffements de leurs
biens font contenus fous les Articles ,
depuis No 10 , jufques & compris le
N 18 inclufivement. On en donnera
communication feulement à ceux à
qui la propofition conviendra .
No 19. UN TABLEAU fur toille de 40 f
DE DECEMBRE. 239
Il repréfente un Paifan jouant de
la mufette , copie d'aprés Vandeck,
Au Bureau .
30 1.
N 20 UN TABLEAU fur toille de 10 f
11 repréfente un S. Jerôme , d'aprés
Blanchard
Au Bureau.
20 1.
No 21 UN TABLEAU repréfentant les
Enfans de Jacob vendant leur frere
Jofeph ,
Au Bureau.
Nº. 22. AFFAIRE particulière .
N' 23. AFFAIRE particuliere.
No 24. UN MEUBLE à vendre.
30
l..
C'est un Lit à la Ducheffe de Damas
verd , & reparty de plufieurs étoffes
d'habits à fleurs d'or : Il y a un bordé
d'or fin , qui à la verité eft terny.
L'adreffe eft au Bureau.
No 25. PLus un Bois pour ledit lit,
une Paillaffe , deux Matelas , un
Lit de Plume , deux Couvertures
No 26. Affaire finie.
No 27 Affaire auffi finie.
N° 28. Affaire finie.
300 liv,
N 29. UNSOPHA de Bois à la
Capucine,
240 LEMERCURE
Heft garny de crin & couvert par Bandes
de Tapiflerie , & de Damas à
feurs d'Or.
L'adreffe eft au Bureau.
า
60 liv
N° 30 35. & 32. SIX CHAISES
afforties aux fufdit Soffa.
L'adreffe eft au Bureau .
>
N 33 DEUX TABOURETS de
Bois à la Capucine , affortiffans auf
dites Chaifes
An Bureau.
15. liv.
N34. UN PETIT Bureau à pied de
Biche.
Il eft façon d'Ebeine, couvert de maroquin.
Au Bureau.
1101
No 35 Jufqu'au No 47. Affaires finies .
N° 48. UN PARAVANT à fept.
feuilles.
Il est de bon Drap verd
L'adreffe eft au Bureau.
40 liv.
N 49. UN BON CLAVECIN ordinaire:
à deux Claviers & trois Jeux rgo l ..
Au Burean.
No.
50. N. DEMAND E´un Chien
Brac.
L'adreffe eft au Bureau.
No 51. N DEMANDE deux Lits
Jumeaux de rencontre,qui foient de
Damass
DE DECEMBRE. 241
Damas garnis de leur couche.
L'adreffe eft au Bureau.
No 52. N. DEMANDE une Roquelaure
Ecarlate , qui foit à Boutons d'or &
de rencontre.
L'adreffe eft au Bureau.
No 53 N. DEMANDE à vendre ou
à troquer un Contrat fur une Communauté.
Il est au principal de
L'adreffe eft au Bureau .
20000 1 .
No 54. DEMANDE particuliere.
L'adreffe eft au Bureau .
No ss. N. DEMANDE une Chaiſe
roulante de rencontre
piftoles.
>
L'adreffe eft an Bureau .
d'environ 35
N°. 55. UN TABLEAU repréfentant
un Saint Pierre dans le défert. 20 liv.
Au Bureau.
DEPUIS le N°. 57. jufques & compris
le N° 1 16, le Registre du Bureau n'eſt
chargé que de belles Porcelaines du
Japon , de rencontre , & à trés jufte
prix.
L'on en voit des efchantillons an
Bureau.
N° 117. UNE GARNITURE de bontons
de rencontre .
Décembre 1717. X
242 LE MERCURE
Ils font de pur trait d'argent. II liv.
Au Bureau.
N° 1 IS. UNE BELLE ECHARPE d'hermine
noire 200 liv.
Au Bureau.
LA MESME PERSONNE demande à achetter
un Lit à la Ducheffe , de Damas
cramoifi ; les Tapifleries les
Chaifes & le Sopha affortiſſans.
L'adreffe eft au Bureau.
,
N° 1 19. N. DEMANDE encore un
Meuble de Damas cramoifi.
L'adreffe eft au Bureau .
NI 20. CHAMBRE GARNIE AVEC
UN CABINET A LOVER .
Elle confifte en une Tapifferie à
Oyfeaux , un grand Lit à Houffe verte ,
& un petit Lit dans le Cabinet, avec un
grand Miroir ; & l'on y fournira le
linge de Table ; le tout pour 20 liv,
par mois , cy
20 liv.
L'adreffe eft vis- à - vis les Peres de
l'Oratoire , à l'Image Saint Sulpice.
N° 121 DEMANDE fecrette :Elle peut
convenir à beaucoup de gens , qui ont
de l'argent qu'ils veulent placer fûrement
& fans ufure ; les éclairciffemens
s'en pouront communiquer à
gens propres pour l'exécution.
DE DECEMBRE. 243
L'adreffe eft au Bureau .
N. 122. N. Demande un caroffe
coupé de rencontre .
L'adreffe eft au Bureau.
N. 123. N. Demande une tapifferie
, verdure de Flandre , de fept à
850. livres ; & pour n'avoir point
la peine d'aller de Tapifliers en Tapiffiers
, on prie ceux qui en auront de
cette qualité & de ce prix , de la venir
annoncer au Bureau . On la payera
Comptant.
No. 124. N. Demande à emprunter à
conftitution de rente,neufà 10000. liv.
L'on hypothequera pour dix-huit à
20000. livres de contrats de rente à Paris,
que l'on déclarera francs & quittes.
L'adreffe eft au Bureau .
N. 125. Un Habillement d'homme
complet,neuf & de rencontre , à vendre .
Il eft de drap noir , la culote doublée
de peau;il est pour moyenne taille .
40. liv.
Au Bureau.
No. 125. N. Demande à emprunter
fur des délégations de loyers qui feront
acceptés .
L'on veut fept à 800. livres , qui fe
Xij
244
LE MERCURE
ront remboursées par cinquième , de
quartier en quartier.
L'adreffe eft au Bureau.
N ... 127. N. Demande à acheter une
Terre confidérable , dans l'acquifition
de laquelle , on voudroit paffer des billets
de l'Etat . On voit là fuite de la
propofition au Bureau.
Propofition fecrétté , pour emprunter
cent mille livres.
L'on donnera des fûretés pour plus de
trois cent mille livres, qui ne feront pas
rejettées.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 128. N. Demande à emprunter
soo. livres pour neufmois.
. On donnera de bonnes fûretés.
N. Demande une verdure d'Hollande
, & unlit de Damas uni.
C'eft la même perfonne que deffus :
L'adreffe eft au Bureau .
No. 129. Un juppon , & la tapiſſerie
d'un fauteuil à vendre .
Le juppon eft de damas verd , beau ,
comme neuf, & les morceaux de tapiflerie
pour le fauteuil , n'ont point en
core êté montés , 39 liv.
L'adreffe eft au Bureau .
No. 130. N. Affaire particuliere .
DE
245 DECEMBRE.
No 131. Affaire finie .
No 132.Un Trumeau ,pour cheminée
d'une glace à vendre ,
An Bureau.
70. liv.
No 133. N. Demande à acheter une
Berline , ou un Caroffe coupé.
L'adreffe eft au Bureau.
N' . 134. N. Demande à acheter une
maifon dans Paris .
On fouhaiteroit qu'elle fût à porte
cochere,avec jardin en grand air ; comme
vers l'Eſtrapade : L'on y mettra vingt
à 22000. livres ; & on payera d'abord
moitié en efpeces .
L'adreße eft au Bureau .
No. 135. Une Montre Angloife à
vendre .
La même perfonne demande 12. chemifes
à dentelles ; il y mettra quatre
à 5oo. livres .
No. 136. L'on demande 3000. livres
à conftitution de rente.
L'on déclare pour 30000. livres de
fonds à Paris, francs & quittes.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 137. Diverfes rentes & rembourfemens,
à vendre ou à emprunter deffus ,
avec garantie .
Le tout eft fur dés perfonnes qui font
•
X iij
2~46 LE MERCURE
bonnes , ainfi que les éclairciffemens,
que le propofant en a donné au Bureau ,
le feront connoître .
N° 138. N. Demande une place de
Jardinier.
C'est un homme de 40. ans , marié,
& fans enfans , qui dit fçavoir le jardinage
en perfection : Il entend la culture
des arbres fruitiers des orangers ; il tra
vaille aux fontaines ; il fera connoître
les lieux où il a été.
L'adresse eft au Bureau.
No. 139. N. Demande une place
de Concierge.
C'eſt une femme veuve ,fans enfans;
elle eft propre a être concierge , jardi-
Diere & gouvernante d'enfans.
No. 140. Finie.
No. 141. Plufieurs Commodes , &
Equipages de toillete,à vendre en gros .
Une commode d'écaille de marqueserie
,
On lafera
voir
au Bureau
.
145.
liv.
No. 142. Une autre de bois d'olivier,
48. liv.
L'adresse eft au Bureau.
lée ,
Nº. 143. Une de paliffandre anne-
46.
liv.
DE DECEMBRE. 247
L'adresse eft au Bureau.
No. 144. Une de bois d'olivier , 30. I.
L'adresse eft au Bureau.
No. 145. jufqu'au no. 148. finies .
N. 149. Une de bois de fil d'olivier,
Ladresse eft au Bureau..
30 liv.
No. 1 5o. Un équipage de toilette
ferrée ,
L'adresse eft au Bureau .
No. 151. Une autre de
L'adresse eft an Bureau .
20. liv.
14. liv.
No. 152. Une de bois d'Olivier. 18. 1 .
On poura vendre lefdites Commomodes
en gros , ou on les troquera con .
tre d'autres effets.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 153. Finic .
No. 154. Quarante-fix aûnes & demie
d'or faux , fur foye fine , de rencontre
.
Il eft large de trois travers de doigt ,
& uni ; le tout péfe 7. marcs 4. onces.
L'once eft à vingt fols .
No. 155. Vingt-deux onces de bord,
de même qualité , & au même prix.
On les fera voir au Bureau.
No. 156. Rente à vendre , ou à y faire
emprunt.
X iiij
248 LE MERCURE
C'est uncontrat au principal de 3000.
livres,fur l'Hôtel de Ville , que l'on veut
vendre , ou emprunter deffus 1000. 1 .
Le mari & la femme s'obligeront .
L'adreffe eft au Bureau.
No. 157. Augmentations de gages
montants à 1500. livres , à vendre , ou
à emprunter deffus 400. livres.
No. 158. N. Demande à emprunter
6000. livres.
A rendre dans fix mois ; & l'on hypothequera
pour 1 8000. livres de contrats
,fur la Province de Languedoc.
L'adreffe eft au Bureau .
No. 159. Finie.
No. 160. Un contrat de 1800. livres de
principal , à vendre fur une maiſon.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 161. Affaire particuliere.
No. 162. Finie.
No. 162. N. Demande place de Précepteur.
Le fujet offre d'être éprouvé un mois.
No. 164. Une Maiſon à donner à bail
ou à vendre à Fontainebleau.
Les inftructions font au Bureau.
No. 165. Finie.
N. 165 Avis , pour toifer exactement
les Terres.
DE DECEMBRE. 249
L'Auteur a apporté au Bureau un mémoire
inftructif, touchant la maniere de
tirer les plans des terres , &de renouveller
les terriers : Ceux qui en auront
befoin , s'adrefferont au Bureau , où on
leur donnera communication dudit
mémoire, avec la demeure de l'Auteur.
No167.Six bordures fculptées, non dorées
, avec leurs chapiteaux à vendre.
Mefure des bordures par le dedans.
Une de 39. pouces fur 29. po.
Une de 40 pouces fur 29. po .
Une de 42. pouces fur 31. po.
Une de 36. pouces fur 26. po .
Une de 34. pouces fur 26. po .
Une de 45 pouces fur 33.
Cette dernière eft fans chapiteau.
Les autres font particulierement
propres pour des miroirs.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 168. Affaire particuliere.
No. 159. Un Habit complet pour
femme ; il eft bordé d'or & de foye torfe
, non monté , & de rencontre , le tout
y eft diftribué avec un goût admirable.
sso. liv.
On lefera voir au Bureau.
No. 170. Une garniture brodée de
mouffeline non montée , à vendre.
250
LE MERCURE
Elle contient onze pieces , y compris
les engageantes , & le tour de gorge :
Cette broderie eft des plus parfaites.
On la voit au Bureau.
so. liv.
N. 171. Un Phaeton à cerceau , ou
chaife roulante de rencontre , à vendre.
Elle eft garnie de drap écarlate ,
effyeux de fer . 400.
liv, N». 172.
jufqu'au
110. 174„finies
.
N.
175. N. Demande
à vendre
un
contrat
fur la Ville
.
Il est au principal de 1500. livres.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 176. Finie.
No. 177 N. Demande à vendre un
contrat fur la Ville .
Il eſt au principal de 5000. livres.
Liadreffe eft au Bureau.
No. 178. Finie .
No. 179. Finie.
No. 180. N. Demande d'être Précepteur
, ou un autre emploi ; il fera
connoître qui il eft .
L'adreffe eft au Bureau.
No. 181. N. Affaire particuliere.
No. 182. N. Demande plufieurs meubles
& hardes à acheter.
Sçavoir une tapifferie de 6000. liv.
DE DECEMBRE .
25x
Une montre , d'or de 600. liv.
Un lit de damas cramoifi , ou d'une
autre couleur , & une juppe de velours .
L'adreffe eft au Bureau .
No. 183. N. Demande à emprunter
4000. livres par obligation , un tiers en
argent , & deux tiers en billets d'Etat .
Il a de bons hypotheques à Paris .
L'adreffe eft au Bureau.
{ No. 184. Contrat fur la Ville à vendre
.
Il est au principal des5oo. livres .
No. 185. N. Demande un emploi.
Cette perfonne a eu plufieurs emplois
, dans les Aides , Domaines , &
dans les vivres. Il eft encore propre
pour les affaires du Commerce , foit
de Mer ou autre.
L'adreffe eft au Bureau .
No. 186. N. Demande à acheter une
trouffe de rencontre.
On y mettra jufqu'à dix pistolles.
No. 187.. Affaire particuliere.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 188. Un lit de damas' cramoifi
de rencontre , à vendre .
La houffe eft d'une belle ferge d'aumal.
Au Bureau .
252 LE MERCURE
No. 189. Finie.
No. 190. Finie ..
No. 191. Un Lit brodé en or & en argent
, avec des tapifferies y affortif
fantes.
Au Bureau.
No. 192. Un tableau à vendre .
On le dit un Paul Brille , peint fur
bois,dans fa bordure dorée , d'environ
trois pieds , fur deux pieds & demi de
haut :Il reprefente un Port .
Au Bureau.
No. 193. Un homme qui a été marchand
, demande de l'emploi , ou à folliciter
des payemens en ville.
Quelques Marchands l'en ont déja
chargé.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 193. Une Montre d'or d'Angleterre
, à double boëte , à vendre ; pour
1000. livres.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 195. On demande à acheter des
perles fines , & toutes fortes de diamans
de prix , de rencontre.
L'adreffe eft au Bureau .
No. 196. Un contrat fur la Ville , au
principal de 8000. livres, à vendre , ou
à échanger contre des billets de l'Etat ,
ou autres effets.
L'adreffe
DE DECEMBRE.
253
L'adreffe eft au bureau.
No 197. Un Habit d'homme , velours
cra moifi , richement brodé d'or & non
monté , à vendre , pour
Au bureau.
soo liv
No 198. Une Vefte de taffetas vert , brodée
d'or , doublée de taffetas vert, pour
Au bureau.
100 livres.
No. 199. Une Paire de paremens de
drap écarlate,brodés d'or,comme neufs ,
pour
Au bureau.
90. liv.
No 200. Une riche Houffe brodée
d'or, avec les cuftodes , pour 500. liv.
Au bureau.
Nd. 201. N. Demande à acheter une
Maifon à Paris , ou une Terre d'environ
40000 liv. partie en billets de l'Etat.
Ou bien à placer fûrement le fonds
de pareille fomme.
L'adreffe eft au bureau.
No. 202. On demande un Lit de damas
de Camp.
Il n'importe de quelle couleur.
L'adreffe eft au bureau .
No. 203. Finie .
No 204 Une Maison à vendre à Paris
, ou à emprunter deffus , en atten
dant la vente. Y
1234 LE MERCURE
L'adreße eft au bureau.
No. 205. Cheval Anglois à vendre.
Il eft fous poil gris de fouris, âgé de
huit à neuf ans .
L'adreffe eft au bureau .
No. 206. Maifon à Arcücil prés Pa
is, à vendre.
Elle eft bâtie depuis 10. à 12. ans ; le
prix eft de 3500. livres .
1
Le memoire eft au bureau.
No. 207. Finie .
No 208. Un Tablier à raifeaux d'or,
pour
Au bureau.
No. 209. Finie.
30.
liv
.
No. 210. On demande une maiſon de
canipagne à acheter , du prix de fept à
8000. livres .
L'adresse eft an bureau.
No. 211. On demande une tableà
jouer, garnie de velours , à acheter.
L'adresse eft au bureau.
No. 212. Ondemande à placer environ
50000 livres efpéces , fur des nantiffements
en billets d'Etat , ou autres
effets mobiliaires , dont il fera paffé
acte pardevant Notaires.
L'adresse eft au bureau.
No. 213. Un beau Tableau original, reDE
DECEMBRE . 255
préfentant une fileuſe ; à vendre.
Il est d'un des bons maîtres du fiécle,
pour
Au bureau.
400.
1.
N. 214. On demande à acheter une
Terre, la plus proche deParis que faire
fe pourra , depuis 40000. écus juſqu'à
200000. livres .
Que ladite Terre foit en Château ,
Prés , Bois , &c.
L'adreffe eft au bureau.
No. 215 On demande à emprunter
vingt à 30000. livres d'efpèces .
On hypothequera un bâtiment neuf
à Paris.
L'adreffe eft au bureau .
No 216. On demande une tapifferie,
verdure, d'environ dix aûnes .
L'adresse eft au bureau.
No. 217. On demande une maifon
à louer.
Qu'elle foit fituée depuis le coin
de la rue Saint Sauveur , jufqu'au Palais
Royal , ou dans les rues qui y aboutiffent.
N.218 . Avis , pour mettre des Enfans
en penfion , depuis l'âge d'environ
deux ans .
Pour douze à quinze livres par mois.
Yij
256
LEMERCURE
L'adresse eft au bureau.
No. 219. Affaire particuliere.
No 2 20. Un Habit de la Vannerie du
Louvre , à vendre chez un Tailleur.
L'adresse eft au bureau .
-Changement de demeure.
No. 2 2 1. Monfieur Porus Mc Boutonnier
, qui demeuroit ci - devant ruë
Saint Sauveur , donne avis qu'il de
meure préfentement rue Saint Denis ,
devant la Huche verte , aux vieilles
étuves .
No. 222. Finie.
N. 223. On demande une maifon à
loüer .
Qu'elle foit à porte cochere ou boutique
, fans corps de logis derriere , an
quartier S. Honoré , ou au Faubourg
Saint Germain ; du prix de mille , douze
à quinze cent livres.
L'adreffe eft aus Bureau.
No.2 24. Un Meuble précieux à vendre
.
Il est compofé de fix fauteuils , un
canapé , un écran , deux placets travaillés
en petits points de foye , figures reprefentans
des hiftoires & payfages ; le
tout d'une beauté parfaite , le prix eft
DE DECEMBRE. 257
•
de 2000. livres efpéces & 2000. en
billets de l'Etat.
L'adreffe eft au bureau.
No. 225. Finie .
No. 226. On demande à placer pour
1 2 30. livres de billets de l'Etat.
L'adreffe eft au bureau.
N 227. UN PETIT COFFRET de bois ,
garni de chaton & de filagrame d'argent
, à vendre pour
Au Bureau.
* 25 liv.
No. 228 UN LIT de Tapiflerie à
vendre.
"
Le dedans eft de Taffetas aurore ,
garni de trois pointes , & trois foubaffemens
de Tapifferie par bandes , de
moire aurore ; les deux bonnes - graces
de Tapifferies en plein & les
quatre rideaux doublés en plein de
taffetas aurore , le grand Doffier &
l'Impérial doublé de toile > pour
450 liv.
Un habit d'Eté avec fa vefte , galoné
d'argent fur les manches & les poches
en plein , pardevant & par derriere
, pour 60 liv..
Au Bureau.
No 229. UN PARTICULIER , à quil
il est dû deux années de rentes de sol
Yiij
258
LE MERCURE
par chacun an , payables à Paris , vou
droit les tranfporter avec garantie ,
de même qu'une Promeffe de 312 liv.
10 fols.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 230. Vafes précieux & des Tableaux
originaux à vendre .
L'adreffe eft au Bureau .
No 231. On demande à emprunter
16 à 17000 liv. d'efpéces , fous le
cautionnement d'une perfonne de
Paris connue , & qui pofféde environ
12 à 1 500000 livres de biens en
fonds , confiftants en Maiſons dans .
Paris & en Terres..
L'adreffe eft au bureau ..
No 232. Un Garçon demande à emprunter
20000 1. en espéces, & 10000
1. en billets de l'Etat..
C'est pour 4 ans ; l'on affectera &
hipotequera pour plus d'un million de
biens à Paris .
L'adresse eft au bureau.
No 233 Plufieurs pièces de Dentelles
de Maline à vendre.
" Elles montent à 104 IL. 1 f 6 d. fui
vant la notte inferée au Regiftre du
Bureau qui les fera voir;
No 234 On demande une vefte
DE DECEMBRE.
259
d'Etoffe d'or pour l'efté.
L'adresse eft au bureau .
No 235. On demande à emprunter
1000 1. espéces
L'on hipotequera une maiſon ſciſe
à une demie lieue de Paris , que l'on
déclarera franche & quitte; elle produit
400 l de rentes par an , & indépendamment,
il donnera caution qui certi-.
fiéra que ladite maifon eft franche &
quitte .
L'adresse eft au bureau.
No 235. finie .
No 237. finie.
No 238. L'on demande à placer en
viron 6000 liv. partie en billets d'Etat.-
L'adreffe eft au Bureau .
*
No 239. Demande particuliere : On
en trouvera au Bureau les éclairciffe :
mens néceffaires.
N 240. Cinquante mil livres d'ar .
gent à placer , en donnant de bonnes
feuretés .
L'adresse eft au Bureau.
No 241. finie.
• No 24 Un Particulier demande
à emprunter 4000 liv. à conftitution
de, rente .
C'eft pour les employer ; fçavoir
160 LE MERCURE
2000 liv. au Bailleur de fonds de la
Maifon acquife par ledit particulier ,
& les autres 2000l . pour parachéver de
payer les Ouvriers qui ont travaillé
aux Ouvrages & réparations qui y êtoient
à faire.
L'adresse eft au bureau.
No 243. On demande à acheter une
veille Tapiflerie d'Aubuffon ou d'Auvergne,
de 13 à 14 aûnes de cours ,
fur deux un quart de haut au moins.
On y mettra jufqu'à 250 liv.
L'adresse eft au bureau.
No 244 Dentelles en gros à ven- .
dre. Il y en a environ II aûnes.
274 liv. 13 f. 8 d.
L'adresse eft au bureau.
pour
No 245. Um Habit complet pour
femme à vendre.
Il eft de Damas brodé d'or & fove ,
manteau & juppe de huit lais , non
monté pour
me.
Au bureau:
No 245. Un autre habit
650 liv.
pour fem-
Il eft de Damas brodé , argent &
foye ,la juppe ayant huit lais non mon
té
pour
Au bureau..
350 liv.
DE DECEMBRE. 261
No 247. finie .
No 248.Une Garnitured'Angleterre,
à raiſeau , à 2 piéces fans fond , à vendre
pour
Au bureau.
100 liv.
No 249. Tableaux à vendre .
Sçavoir une Marine fur toille . 35 1.
Une autre grande Marine . 35 liv.
Une Simphonie ou Mufique. 15 liv
Un Hyver.
Une Réveufe
Un Païfage.
Autre Païfage,
30 liv
20 liv
20 liv
20 liv.
liv.
Un Tableau Flamand pour 25
On les fera voir au Bureau.
N 250 Affaire particuliere .
N° 251. Affaire particuliere.
No 252 Un Particulier demande à
emprunter 500 1 efpéces pour 6 mois .
I nantira d'une ordonnance fur le
le Tréfor Royal de 14000 1 . pour la
liquidation d'un office de Sécretaire
du Roy , & il en fera paffé un acte
devant Notaires.
L'adresse eft au bureau.
par
No 253 On demande à emprunter
à conftitution de rente, 4000 1. efpeces
C'est pour employer au parfait payement
d'une Terre de 180000 1. Ainfi,
il y a emploi & un privilege certain .
$262 LE MERCURE
L'adresse eft au bureau.
No 254 On demande un meuble à
acheter.
Qu'il foit complet , il n'importe de
quelle couleur ; mais qu'il foit propre
, avec une batterie de cuisine .
On y mettra environ.
L'adresse eft au bureau.
6000 1.
No ass. Affaire particuliere..
No. 256. On demande à emprunter
200 livres pour un an..
On hypothequera un contrat de
4400. livres fur l'Hôtel de Ville de
Paris,que l'on déclarera franc & quitte.
L'adresse eft au bureau.
No. 257. Un contrat de rente fur
l'Hôtel de Ville à vendre.
Il eft de 5500. livres de principal.
L'adresse eft au bureau.
No.
9.258. Un jeu de paume à vendre.
Il eft d'environ vingt à 2 2000. liv.
L'ddrefse eft au bureau .
No. 259. Demande particuliere.
On en trouvera les éclairciffements
convenables au Bureau .
No. 260. On demande à emprunter
à fond perdu.
On voudroit trouver une perfonne,
qui voulût mettre fur une Terre à fond
perdu , 20000 écus au denier 16. dont
DE DECEMBRE. 26
l'acquiſition eft de 1 20000. livres,produifant
8000. livres de rente par an.
L'adresse eft au bureau.
No. 261. N. Demande à emprunter
20000. livres d'argent .
On nantira de 5000. livres de billets
de l'état , dont fera paffé acte par
devant Notaires.
L'adresse eft au bureau.
No 252. Un Habit d'homme brodé
en argent , à vendre.
Il eft de drap brun , avec les paremens
d'étoffe d'argent , & or fur-brodés
, doublé de chagrin ,couleur de feu,
avec la culotte.
Au bureau.
No. 263. Marché de laine à faire.
Un Particulier voudroit trouver une
perfonne , avec qui il pût faire marché,
pour lui fournir trente livres de laine
par femaine , toute prête à filer , ou
huit à dix livres de filée , ainſi qu'il fera
convenu .
L'adresse eft au bureau.
No. 264. Marché de faffran à faire.
Un Particulier demande qu'on lui
fourniffe huit ou dix livres de faffran
par femaine,lec , ou fraichement cüeilli
, au choix de l'Acheteur , même pour
264 DE DECEMBRE.
plus grande quantité ; ainfi qu'il fera
convenu .
L'adresse eft au bureau.
No. 265. N. Demande à acheter
une Terre , & veut vendre une berline ,
& une chaife de pofte.
Que la terre foit fituée au tour de
Paris , & du prix de dix- huit à 20000.
livres de produit au denier 20.
La Berline eft un caroffe coupé, doublé
de velours, avec les harnois.
La chaife de pofte eft doublée de
drap écarlate.
L'adresse eft au bureau .
No. 266. Affaire particuliere .
No. 266. N. Demande à emprunter
300. livres d'argent pour fix mois.
On hypothequera un contrat de
1400. livres de principal, fur les mouleurs
de bois ; vifé & liquidé , duquel
il fera paffé acte par devant Notaires .
L'adresse eft au bureau.
No. 267. Tapisserie de Flandre à
vendre.
Elle contient fix piéces , ayant enfemble
dix- huit aûnes de cours , fur
deux aûnes & demie de haut , doublée
par bandes, petit cadre bien rembruni ,
& elle eft fraîche , pour
550.
liv.
On
DE DECEMBRE
265
On les fera voir au Bureau.
N°. 268. Affaire particuliere.
No. 269. Affaire particuliere.
N°. 270. Diverses Tentures de tapifleries
, d'Aubuffon , & de félletin ,
& fauteuil à vendre.
Une verdure de fix pièces , fut deux
aûnes un grand tiers d'hauteur , à double
broche bordée à Grotefque , coin à
coquille , bande , mufque tirant 16.
aûnes , un tiers , pour sso. liv.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 271. Six piéces verdure de felletin
, bordée avec des cartouches au milieu
, bandes bleuës , fur deux aûnes &
demie d'hauteur , tirant 17. dûnes , pour
L'adreffe eft au Bureau. an
380. liv.
&
No. 272. Sept pieces de tapifferies ,
verdure trés- fine , fur deux afines & demie
de haut , bords à ornement ,
portes bandes de mufque , deffin avec
des parterres ; tirant 19 , aûnes , cinq ,
fix , pour
1393 liv.
L'alreffe eft au Bureau .
No. 273. Six pieces , verdure fur deux
aûnes & demie d'hauteur , bords , dits
à la Romaine ; coins à Dauphin , bandes
bleuës , tirant dix fept aûnes deux
Ꮓ
266 LE MERCURE
tiers , pour
L'adreffe et au Bureau .
No. 274 Finic .
Nº.
No. 275. Finie .
424.liv.
No. 276. N. Demande à emprunter
2000. livres de billers de l'Etat.
On rembourfera ladite fomme , d'année
en année, par 400. livres en espéces,
& on donnera toutes les fûretés néceffaires.
L'adreße eft au Bureau-
N°. 277. N. Demande à emprunter
2000. livres , ou 1590. feulement d'atgent
.
On hypothequera une Maifon & Terres
, fituées à la valée de Montmorency
, de valeur de 10000. livres , qui fe
ront déclarées franches & quittes.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 278. N. Demande à emprunter
3000, livres en billets de l'Etat.
On prendra ladite fomme à conftitution
; & on hypothequera une Terre
Seigneuriale , eftimée 20000. livres , &
affermée 800 , livres , fituée dans l'Election
de Mantes .
L'adreffe eft au Bureau,
N°. 279. N. Demande à acheter une
Maiſon à Paris ,
DE DECEMBRE 267
Qu'elle foit fituée dans un bon &
beau quartier: On y met ra depuis trente
jufqu'à foooo . livres , & même quelque
chofe de plus ; on payera moitié comptant
, & l'autre moitié en contrat fur
la Vile , ou en bi lets de l'Etat , ou en
conftitution fur la maifon , & fur les autres
biens,
Ou bien , on placera le même fond
fur des maifonsà Paris, ou fur autres bons
privileges & déclarations d'emploi .
L'adreße eft an Bureau.
a
N°. 280. Ñ. Demande à le défaire
d'une Penſion en argent comptant.
Elle eft de 450. livres fur le Tréfor
Royal.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 281. N. Demande à acheter une
bigue & une chêne d'or , de rencontre
.
Que le Diamant foit d'environ soo. I.
L'adreffe eft au Bureau .
No. 282. N. Demande à acheter une
Montre unie de bons Maîtres.
L'alreffe eft au Bureau.
·N °. 283. L'on demande à placer
des billets de l'Etat , de plufieurs manieres.
Z ij
268
LE MERCURE
L'adreffe eft au Bureau.
N°. 284. Ceintures de femmes , cotdons
de Cannes , or , argent & foye , à
vendre.
No. 285. Une couverture de laine blanche
, à vendre.
Au Bureau .
Nº . 286. Un Paravant trés- curieux,
à huit fcüilles , orné de plufieurs figures
d'hommes & d'animaux , à l'endroit
& à l'envers , pour
An Burean.
5oo. liv.
No. 287 N Demande à emprunter
1200 livres en efpéces , pour trois mois. ·
L'on hypothequera un contrat de
l'Hôtel de Ville , au principal de 5000 ,
liyres ; lequel eft à un garçon , qui le
déclarera franc & quitte.
adre e au Bureau ..
No. 288. N. Demande à acheter des
Con rats , fur les Etats de Languedoc
& de Bretagne .
L'adreffe eft au Bureau.
No. 289. On demande une maison à
loüer , & un caroffe coupé à acheter .
Que la maifon foit à porte cochere ,
écurie , remife , cave , & grenier , de huit
à 900. livres , & même 1000. livres de
loyers ; qu'elle foit fituée dans l'undes
DE DECEMBRE 269
Quartiers de Richelieu , Butte de Saint
Roch , ou Faubourg Saint Germain
ou au tour des Théatins , ou de l'Abbaye
Saint Germain des Prés ; & que
le caroffe foit de fept à 8oo . livres.
L'adreffe eft au Bureau.
N°. 290. N. Demande une maiſon
à vendre.
Elle eft fituée à Paris , du côté de la
rue de Bourbon .
La même perfonne demande à emprunter
2000. 1. & on l'hypothequera,
L'adreffe eft au Bureau.
N°. 291 Caléche à vendre. Elle eft
doublée d'un velours cramoifi , les Campannes
de foye aurore , avec cinq grandes
glaces , les cuirs & la dorure belle;
& le tout comme neuf , pour 3000. I.
L'adreffe eft an Bureau.
N°. 292. Office de Secretaire du Roy,
à vendre en la Chancellerie du Parlement
de Besançon , dont la finance eft de
25000. I. il y a les augmentations de
gages .
L'adreße eft au Bureau.
N°. 293. C'est la tapifferie magnifique
qui eft tranfportée au commencement
de la lifte..
N°. 294. Habit , écharpes , fau-
Z iij
270 LE MERCURE
teuils & chaifes à vendre.
L'Habit eft de drap brun , fur couleur
noilette , brodé en argent.
L'écharpe eft de taffetas blanc d'Angleterre
, brodé de plufieurs couleurs en
foye , garnie de feugere ; le corps eft de
gafe noire à fleurs.
Deux deffus de fauteuils de petit
point en laine , à fond blanc.
Un fauteuil de commodité , à fond
de laine noire de petit point, quatre chaifes
, & deux tabourets à fond noir de
pareil deffin , le tout non monté.
L'adreffe eft au Bureau .
N°. 295. N. Demande à ceder deux
fols d'interêt dans une Ferme.
On prendra des billets de l'Etat.
L'adreffe eft an Bureau.
N°. 296. N. Demande à emprunter
soo. livres en espéces pour fix mois .
On nantira de deux quittances de
finances de rachat de Capitation , montant
en principal & inrerêt à 3065. lie
vres 14. fols 4. deniers ; il & en fera
paffé un acte par devant Notaires.
L'adreße et au Bureau.
No. 297. N. Lemande à emprunter
4000. livres ; un tiers en billets de l'E
Tat
1
DE DECEMBRE. 271
Deux Freres feront folidairement une
conftitution de ladite fomme , ou céderont
plufieurs parties de rentes , dont
les principaux font de 44300 l .; ainſi
qu'il eft plus amplement décrit fur le
Registre.
L'adreße eft au Bureau.
N° 298. Caroße coupé à vendre.
Il eft de velours craimoify à rama ,
ge , le tout bon , comme neuf.
L'adreffe eft au Burean.
No 299 Deux Tableaux à vendre.
Ils font de grands Maîtres , l'un reprefente
un Paï fage , & l'autre , une
Tempeſte.
"
On les fera voir au Bureau.
No 300. Une Charge. Une Charge de Confeiller
en la Cour des monnoyes à vendre .
L'adreffe eft au bureau..
Na 301. Affaire particuliére.
N° 302. Contrat de rente fur l'Hô
gel de Ville à vendre.
Il eft de 3000 l. de principal , ou on
empruntera 1200. 1. & on hipotequera
ledit Contrat.
L'adreffe eft au Bureau.
N° 303.N.Demande à acheter des ro
bes de chambre de Damas , & des juppes
de drap de faint- maur.
Z iiij
272 LE MERCURE
Il n'importe de quelles couleurs
foient les robes de chambre.
L'adreße eft au Bureau.
N° 374. N. Demande à acheter une
Tapiflerie .
Qu'elle foit de ferge ou de foye, pro.
pre à un Cabinet.
L'adreffe eft an Bureau.
· N° 305- Contrat de Conftitution
de rente..
C'eft une portion de 7600. 1.
On donnera toutes les facilités convenables..
La même perfonne fouhaiteroit encore
vendre une portion de 3000 ! .
qu'il a fur un Contrat de 6000 1. qui
eft principalement hipotequé fur une
Terre , dont les déniers ont êté employés
à l'acquifition .
L'adreße eft au Bureau.
N ° 306 finie .
N° 307. N. Demande à acheter une
robe de chambre d'homme & de
femme de Calemande ou d'autres
Eroffes.
>
Qu'elles foient de rencontre & à bon
marché .
L'adreffe eft au Bureau.
N° 508. NDemande à acheter une
DE DECEMBRE. 273
Tapiflerie des gobelins , Berline , Bague
, & Pendulle.
Que la Tapiflexie foit de 3 à 4000
1. Que la Bague foit pour homme , &
d'un brillant de 12 à 1500l . & que la
Pendulle foit de 2 à 300 l.
L'adreffe eft au Bureau.
•
N° 309. N. Demande à acheter un
lit de ferge , chaifes , commode , Diamans
& Montre d'or à répetition .
A
Que le Lit de ferge foit couleur de
feu ou cramoify , bordé de blanc avec
fa garniture complerte , & à la ducheffe
, d'environ 4 à 500 l , avec une demie
douzaine de chaifes & une Commode.
Que la Bague pour homme, foit d'un
Diamant brillant de 4 à 500 I , & la
Montre d'or à répetition aufli de 4 a 500
1.
L'adreffe eft au Bureau.
N° 310. On demande à emprunter
de
l'argent.
tés ..
On donnera de trés bonnes feure-
L'adreffe eft au Bureau .
No 311. N. Demande à placer 40000
1. de billets de l'Etat,
Soit à conftitution ou à rendre en
differents tems , ou on les employera en
1
274 LE MERCURE
achat de meubles de differentes natures.
L'adreffe eft aus Bureau .
N° 312. On demande à acheter un
trumeau .
Qu'il foit de cinq pieds d'hauteur
& de ; pieds de largeur.
L'adreffe eft au Bureau,
N° 313 N. Demande une Terre ou
Ferme à acheter.
Que la Terre foit du prix depuis
3000 1. jufqu'à 10000 1. & éloignées
de Paris depuis 6 lieües jufqu'à 3olieües.
L'adreffe eft aus Bureau.
N° 314. N. Demande à achetter une
véfted'Etoffe d'or ou d'argent , & une
juppe de velours noir .
La même perfonne demande un Domeftioue
qui ait au moins 40 ans , fçachant
faire la cuifine & qui foit à toute
main.
L'adreffe eft au Bureau .
N° 315. N. Demande à acheter une
Tapiflerie fine , à perfonnages, d'environ
3000 1.
Plus deux faureüi's .
L'adreße eft au Bureau.
N° 316. N Demande à acheter
Maitons , Terres ou Rentes , ou à plaDE
DECEMBRE. 275
cer un fonds fur divers particuliers .
L'adreje eft an Bureau.
N° 317. N. Demande à acheter des
fauteuils dorés & des rideaux de fenêtres
.
Que les fauteiii's foient faits à la mode,
garnis non couverts, & que les deux
rideaux foient de Damas où de Taffetas
cramoify .
L'adreffe eft au Bureau.
N° 318. N. Demand: à placer ou à
acheter diverfes chofes en billets de
l'Etat , partie en argent.
L'adreße eft au Bureau,
N° 319. N. Demande à acheter Dentelles
, Tabatiére , & Montre d'or pour
homme & pour femme.
L'adreffe eft an Bureau.
N° 320. N. Demande à convertir
des billets d'Etat en rentes, fur des parti
culiers
L'adreffe eft au Bureau.
N° 321. N. Demande à acheter une
Maiſon ,
Qu'elle foit fituée à Paris , & au deffous
de 40000.1 . On payera le prix de
l'acquifition en espéces , pourvû qu'elle
n'ait aucunes charges.
L'adreße eft an Bureau.
275 LE MERCURE
Nº 322. Ce sont deux Navires , dont
il est parlé au ' article de cette Lifte.
No 323. Affaire particuliére.
N° 324. Jufqu'au Nº 329. Affaires
finics .
N° 330. Sept livres de foye d'Italie
fillées , à vendre pour
Au Bureau .
80. l.
N° 331. N. Demande à emprunter
15000 1. efpéces .
C'eft pour achever de payer des Ouvrages
& Bâtiments déja avancés ; l'on
fournira une déclaration d'emploi fur
& Maifons .
L'adreffe eft au Bureau.
Nº 332. On demande un meuble
complet à acheter.
C'est - à - dire , une Tapiflerie de Damas
cramoify , avec 8 fauteuils , un
fopha comme tout neuf; plus un
écran, un trumeau qui ait tout au moins
3 pieds de large , & la hauteur à proportion.
L'adreffe eft au Bureau.
N° 333. N. Demande à acheter un
Diamant brillant en bague , pout homme,
de 10 à 1200 1. & une juppe de
velours noir,
L'adreffe eft an Bureau.
DE DECEMBRE
277
N° 134. Charge d'Aumonier ordinaire
en Cour , à vendre , pour 5000 1.
Elle jouit de tous les Privileges des
grands Commenfeaux de France ; elle
peut être poffedée à fimple Tonfure ;
elle produit de révenu , fçavoir 547 l .
10 f.pour nourriture , payables en argent
par chacun quartier ; 200 1. d'apointements
; 6ol.de fourniture & 180 ' .
de bon par an ; plus un logement à Paris
de trois chambres eftimées 300 1. par an ,
outre deux autres en deux Maifons Royales.
Les frais de reception iront à 150
1. pour l'acquereur.
L'adreße est au Bureas.
No 335. Un gand Tableau reprefentant
le jugement univerfel , à vendre .
Il et de 7 pieds 2 po . de haut , &
de 6 pieds 2 po. de large fur toille ,
de
C'eſt une copie tirée fur l'original , d'aprés
Michel Ange fur leVatican deRome
On le voit au Bureau .
N » 336. Montres à vendre .
>
Depuis ce N jufqu'à 339 , font pluficurs
Montres de differents prix ,
parmi lesquelles il y en a une à répetition
d'or.
A a
278 LE MERCURE
On en donnera l'adreffe.
N 340, Affaire particuliére
No 341. N. Demande à emprunter
soo 1, efpéces.
On hipotequera un Contrat de rente,
fur l'Hôtel de Ville de 4850. 1. de
principal , que l'on déclarera franc &
quitte.
L'adreße eft au bureau.
No 242. Deux bagues à vendre.
L'une eft carrée , taillée en rofe pour,
4501
.
Et l'autre
en coeur
, auffi
taillée
en
rofe
, pour
300
1. Au
bureau
.
N 344 Un Pied de table à confolle,
fculpté , en tête de Dragon d'oré ,
comme neuf, à vendre.
Au bureau.
40 1.
No
345. On
demande
à acheter
à
vie
une
maifon
, à Paris
ou à la Campagne
, de 8 à 900
1. de loyer
.
la
Que la maison de Campagne foit à
3 ou 4 lieues de Paris , fortant par
porte faint Bernard , ou par celle de
faint Antoine , du prix de 4 à 5000 l .
qu'il y ait un peu de terrain en cour
& en jardin.
Que la maifon dansParis , foit à porte
cochere , remite & écurie , avec un
DE DECEMBRE. 279
jardin , il n'importe du quartier ny de
l'éloignement.
L'adresse eft au bureau .
No 346. Un Particulier demande une
place de fécretaire ou gouverneur d'enfans.
Il fçait le Latin , l'Eſpagnol , l'Aritmethique
, & les affaires.
L'adresse eft au burean .
No 347. finie .
No 348. Un (arofse à deux fonds
à vendre .
Il eft de bois peint en ébeine , doublé
de damas à feuilles mortes , & à feurs
noires & aurores , avec 3 belles glaces
, & quatre bons réforts ; il eft d'environ
4. à fool.
L'adresse est au bureau .
No 349. N. Demande à fe deffaire du
billet d'un particulier d'environ 2020 l .
L'adresse du Propofant est au bureau.
No 350 : 351. & 352. font Plufieurs
fichus brodés , or , argent & foye , fur
gaze d'Italie , à vendre.
Les uns font à 3 l . 6 ſ. 6 d . & á
51. 14 f. & les autres à 9 l . 10 f. de
toutes couleurs.
Au burean.
7
No 353. N. Demande à acheter une
bonne Berline. A a ij
LE MERCURE
"
Il n'importe de quelle couleur le dedans
foit.
L'adresse est au bureau.
No 354. N. Demande à acheter un
habit court avec un manteau pour un
Eclefiaftique.
On y mettra jufqu'à 60 1 .
L'adresse est au bureau .
No 355. N. Demande à acheter une
Terre , à haute , moyenne & baffe juftice.
Qu'elle foit hors de toutes capitaineries
, diftante de Paris , depuis 8 jul
qu'à 16 lieües : S'il y a Riviére , en remontant
de Paris , du côté d'Auxerre
ou de Nogent fur Seyne, on fera content
que la diſtance foit d'environ 25 lieües ,
fi plus prêt elle ne fe trouve.
L'adresse eft au bureau ,
No 356. N. Demande à placer des
billets de l'Etat.
L'adrefe eft au bureau .
No 357. Demande à emprunter 1000
1. fur une maison à Paris .
Elle produit 240 1. de rente ; on la
déclarera franche & quitte , & on payera
l'intérêt au dénier 20 .
L'adresse eft au bureau.
No 358. N. Demande à acheter une
DE DECEMBRE 281
maifon aux environs du Palais.
Qu'elle foit à porte cochere ou une
belle porte batarde ; on y mettra environ
L'adresse est au bureau.
30000
1.
No. 359. Ceintures de femmes ; fines,
* de faye , mêlées d'or & d'argent , à vendre.
Il y en a de differents prix , & de di-
- verfes couleurs ; ainfi qu'on en fera voir
au Bureau les échantillons .
1
• Nº, 360. Chaife de poste , comme
neuve , à vendre .
Elle eft doublée de velours , à ramige
, à refforts d'Espagne , Elle a coûté
d'hazard soo . livres , & n'a fait que le
voyage d'Alençon .
L'adresse est au bureau.
N° , 361. N. Demande à emprunter
1000. livres à dé eguer
,
fur des loyers
de maitons pour le remboursement.
L'adrelse est au bureau .
N°. 362. N. Demande à vendre une
maifon à Paris , ou à emprunter 3000.
livres à conflitution .
Elle eft nouvellement rébatie ,
prés de la place Maubert , & a êté acquife
par decret ; pour fûreté de l'emprunt
, on hypothequera ladite maifon
A a iis
282 LE MERCURE
que l'on déclarera franche & quitte ,
avec 20000 livres de principaux fur.
l'Hôtel de Ville .
*
L'adreffe eft au Bureau.
No. 394. Une Montre à vendre.
Elle eft de métal doré, cizelée, à grand
balancier ; émaille blanc , pour 55. liv.
Au Bureau.
No, 565. 7abatiere en étoile , garnie
de piéces d'or , & de chagrin vert , à
vendre.
Au Bureau.
No. 366. N. Demande à acheter des
foyers de marbres , des chambranles en
marbre & en pierre , avec des trumeaux
& gardes-feu do : és ou unis .
L'adreffe eft au Bureau.
No. 367. N. Demande à transporter
un Billet en forme de Quittances , fur
le Tréforier des menus de la Maifon du
Roy.
L'adreffe eft au Bur as.
No. 368. Affaire particuliere.
No. 369 N. Demande à acheter un
Caroffe coupé , ou une Berline à deux
petits fonds , ou coupée
On y mettra ufqu'à mille ou 1200. l-
L'atreffe eft au Bureau .
N°. 370. Chaife de pofte , à vendre.
DE DECEMBRE 283
Elle eft fur quatre rouës , pour 400 .
L'adreße eft au Bureau.
No. 371. Finic .
No. 372. Montre à vendre .
Elle cit de métal de Prince , à grand
balancier , à boëre de chagrin noir , piquée
de cloux d'or , chaine à l'Angloife
de même métal , pour
Au Bureau.
75. liv.
No. 373. Un Particulier demande une
perfonne qui veuille s'accommoder avec
lui , des prétentions qu'il a pour un
compte de tutelle , qui eft pendant au
Bailliage de Tours ; le rendant - compte
fe trouve reliquaraire de 90co . livres ,
& eft fort folvable .
L'adreße eft au Bureau.
N°. 374. Un beaufufil , comme neuf,
à garniture dorée , à vendre, pour 100. 1 .
An Bureau·
Nº . 375. N. Demande à placer 2500.
1vres , partie en billets de l'Etat , partie
en argent , à rendre dans les remps
convenus.
L'adreße eft an Bureau .
No. 376. & 377. Plufieurs piéces de
ruban rayé , mêlé d'argent fur gros
grains, de diverfes couleurs , & à differens
prix, à vendre les uns à 3. livres 5. fols S
284 LE MERCURE
1
*
l'aune , & les autres,à 2. livres 5. fols.
Au Bureau
No. 378. Finie.
No. 379. Un Particulier , Me & ancien
Marchand , demande à s'affocier
avec une perfonne , pour fabriquer des
draps hins.
L'a'reffe eft au bureau,
N° 380 N. Demande à acheter une
Charge d'Architecte ou autres , à conftitution
, au denier 255 ou àરે payer en
quittances de finances d'une autre
charge , liquidées.
L'adreße eft au bureau.
N° . 381. Un Particulier demande un
emploi dans un Bureau , ou place de
Secretaire , ou Gouverneur d'enfans de
Qualité ; il fçait écrire, felon les principes
du plus fçavant Maître de Paris , &
fçait auffi les Mathématiques.
L'adreffe eft an bureau.
N°. 382. N. Demande à tranſporter
des interêrs échûs & à échoir , d'uneCharge
(uprimée , & dont le remboursement
a êté liquidé.
L'adreffe eft au burean .
No. 383. Apartementgarni à loiter.
C'est dans la rue Maubué au Saint-
Efprit , chez Monfieur Marior.
DE DECEMBRE 285
L'ameublement eſt trés propre , & à
lamode : Il fournira la nourriture, fi on
le fouhaite .
N. 384. Une garniture de point , à
raifeau , avec les engagantes , à vendre.
Au bureau.
Nº . 385. Une Enſeigne de cuivre de
la bonne grandeur , reprefentant la Pro-´
vidence , à vendre . .
Au bureau,
No. 386. Une Garde d'épée fur cuivre
doré, à vendre ; elle eft comme neuve,
2. liv. 10, f.
Au bureau.
No. 387. Plufieurs pieces de dentelles
communes , à differens prix , à vendre
.
Au bureau.
Nº . 388. N. Demande à placer 30oo .
livres de billets de l'Etat , ou à acheter
pour ladite fomme, divers effets de rencontre.
L'adresse eft au bureau.
N. 389. Montre à vendre .
Elle eft de métal de Prince doré dans
fa boëte de même métal , cifelée , faite
par Jean Baillon , pour
An bureau.
75.
liv.
N°. 390. boutons de poignets , montés
en or , à vendre.
286 LE MERCURE
"
Ils font d'Angleterre , & garnis de
chiffres , couverts de criftaux taillez ,
pour
Au bureau.
25. liv.
N°. 391. Un brafselet de vermeil ,
avec un chiffre couronné de deux Anges
, à vendre , pour
Au burean.
10. liv.
No. 392. On demande un Caroffe
doublé de velours cramoifi, à quatre pla
ces , avec une catéche à cinq ou fix places
, avec un dais .
L'adresse est an bureau .
,de l'ouverture du Bureau général
d'Adreffe & de Rencontre , & des avantages
que le Public en retireroit.
Comme je n'en ai donnéjufqu'apréfent
qu'une légére idée , il femble que le Public
exige de moi , que je l'inftruife des
Loix & des Réglemens, que les Direc
teur de cette entrepriſe fe font impofés
pour l'utilité& la commodité publique.
J'ai cru qu'en y ajoûtant la première
Lifte de tous les Effets , Demandes G
Propofitions préfentées audit Bureau .
on détromperoit par cet expofé , beaucoup
de perfonnes qui avoient regardé
jufqu'à préfent , le projet de cet établiffement
, comme impoffible dans l'éxécution.
Voilà cependant les chofes en ordre »
& c'est déja beaucoup pour affermir la
confiance commune. Il faut efpérer
qu'elle ne fera qu'augmenter , & que
l'on appercevra bien- tôt les effets de la
fage régie de ceux qui en font à la tête.
Décembre 1717.
T
218 LE MERCURE
LISTE UNIVERSELLE.
Du Bureau général d'Adreffe & de
Rencontre , où chacun peut donner &
recevoir avis , de toutes les néceffités
& commoditez de la vie & focieté
civile , remis en meilleur ordre qu'il
n'a été par le paffé , pour l'utilité da
Public.
PAR PERMISSION DU ROY ,
Contenue en fes Brévets , Arrêts du .
Confeil d'Etat , Déclarations , Privilege
, Confirmations , Arrêts de
la Cour, Sentences & Jugemens don
nez en confequence .
L
E Bureau d'Adreſſe a paru fi utile
que les Rois Henri IV.
,
Louis XIII. Louis XIV. & Louis XV.
n'ont ceffé de le favorifer par les Brévers
, & Privileges qu'ils en ont accordés.
En effet , pour peu qu'on y
veüille faire attention , l'on reconnoîtra
qu'il n'y a gueres de chofes plus
avantageufes , que l'établiffement de
ce Bureau. Comme les hommes
DE DECEMBRE. 219
font liés entr'eux , par la néceffité
d'un commerce mutuel de befoins &
de fecours réciproques , il arrive tous
les jours , que les uns fouhaitent d'avoir
quelque chofe, dont les autres feroient
bien aife de fe défaire ; & que réciproquement
, les uns cherchent à fe
débaraffer de plufieurs effets , dont d'autres
defireroient de s'accommoder. Ce
qui peut donc être le plus utile pour
le commerce , c'est que chacun de
ceux qui voudroient fe dèfaire de quelque
chofe, fçeût à point nommé, quels
font les gens qui en ont befoin ; & qu'au
contraire, ceux qui voudroient s'accommoder
d'autres choſes , fuffent inftruits
où ils pourroient les trouver : Rien ne
paroît donc plus utile que de trouver
unmoyen facile , par lequel on pût
fatisfaire à ces befoins mutuels .
C'eft ce que nos Rois fe font propofé
dans l'établiffement du Bureau
général d'Adreffe & de Rencontre ,
auquel ce nom n'a êté donné , que
parce que, tout le monde pouvant toûjours
s'y adreffer , chacun y peut rencontrer
ce qu'il chercheroit vainement
ailleurs . C'eft auffi ce qu'on fe propo-
Tij
220 LE MERCURË
fe dans ce Bureau établi ruë faint Sau
veur , dans lequel , chaque particulier
qui aura befoin de quelque chofe
pourra venir propofer ce qu'il defire ;
comme au contraire , celui qui aura
quelque chofe dont il ait deffein de fe
défaire , viendra en donner avis ; afin
que l'on en informe le public.
"
On tiendra dans ce Bureau univerfel
des Regiftres dans lesquels ,
non feulement les perfonnes qui auront
des avis licites & permis à donner ,
mais celles qui voudront en recevoir ,
pouront fe faire enregistrer.
Pour cela , chaque particulier y
fera d'abord dreffer fon Mémoire fur
une feuille , en forme de Minute , fur
laquelle , l'intention du Demandeur y
fera apurée ; après quoi , ce Mémoire
fera infcrit fur le Regiftre dans les 2,4
heures , pendant lefquelles il fera in--
formé avec une prudence tacite , du Domicile
donné ; afin qu'il n'y ait point
d'avis inutiles ; & le tout fe fera moyennant
trois fols feulement , pour
chaque article enregistré , de même
que pour l'Extrait de chaque enrégiftrement
, en cas que l'on défire en
faire tirer un : Et fi on veut que l'avis
DE DECEMBRE. 221
•
paroiffe dans les Liftes courantes , le
Bureau fe contentera de fort peu de
chofe ,pour l'article qu'on fouhaite faire
imprimer , & que l'on réitérera dans
toutes les Editions fuivantes , jufqu'à
ce que l'affaire foit confommée .
L'on rendra le Mémoire le mieux
circonftancié & le plus court qu'il fe
pourra ; & pour éviter même la longueur
& l'embaras , on fe contentera
d'écrire fur le Registre du Bureau , le
nom de celui qui donne l'avis , ou tef
autre qu'il voudra choifir avec la chofe
dont il s'agit ; & on lui donnera un
billet femblable à cet enrégiftrement ,
fel on le rang auquel il fera venu .
On recevra auffi tous les avis des
Provinces de France & des Païs étrangers
, qui indiqueront quelque chofe à
vendre , ou qui marqueront les chofes
que l'on veut achetter. Mais on aura
foin fur les lieux , de payer le port des
Lettres qu'on envoyera : Les dépenfes
que l'onfait pour le Bureau étant déja
aflés grandes , il ne feroit pas jufte que
F'on fût encore chargé de celle- là .
On fera donc imprimer , autant de
fois qu'il fera néceffaire , un petit Livre
qui ne coutera que 2 fols 6 deniers , &
Tiij
222 LE MERCURE
>
qui contiendra tous les AVIS qu'on
aura envoyez au Bureau comme
Terres , on Maisons à vendre ou à
louer , Meubles , Chevaux , Inventaires
, Curiofitez , ou autres chofes
nouvellement arrivées , à vendre à
Paris ou en Province : Livres nouveaux,
inventions touchant , les Arts & les
Sciences , Changement de demeures des
Marchands on Artifans, & autres : Hôtel
à louer , entiere ou portion , on
Chambre garnie.
De même,fiquelqu'un a befoin d'un
habit brodé , d'un meuble de Velours
ou autre effet , on aura foin de le faireimprimer
comme les autres . Si l'on
ne veut pas mettre dans l'Avis ,fon nom,
ni fon adreffe , on poura donner des
Mémoires où cela ne foit point marqué
, & le petit Livre avertita que ce
nom eft au Bureau . Par ce moyen ,
aura l'avantage , fans fe faire
connoître , de fçavoir à qui s'adreffer,
& d'apprendre quels font les gens qui
auront befoin des chofes dont on veut
fe défaire Il en fera de même à l'égard
du prix. On aura foin à l'avenir ,
pour la commodité de ceux qui achetteront
ce petit Livre , de difpofer ces
on
DE DE CEMBRE. 223
avis par Chapitres diftincts avec cha
cun leur titre, comme Maifons à louer;
Maifons à vendre , Meubles, Chevaux ,
Nouveautez, chofes perdues & trou
vées & c.
S
Or , pour éviter les inconveniens
qui arrivent , de ce que les Avis publics
changent tous les jours , & engager
les particuliers à en avertir , on dépofera
au Bureau depuis fols , jufqu'à
un louis , dont fera donné recépiffé
; car , une des principalles commoditez
du Public en ceci , eft de
ne point recevoir d'Avis inutiles. De
même , ceux qui affichent pour toute
leur vie , & qui ont befoin de renouveller
leurs Affiches de tems en tems,
& de faire pour cela , bien de la dépenfe,
en feront quittes pour une mé
diocre fomme par mois , fans autre foin
que d'envoyer payer le mois.
Il eft bon d'avertir, que ceux qui demeurent
en Province , & qui voudront
avoir ces petits Livres , n'auront qu'à
faire tenir l'argent d'un quartier ou
d'une année , par leurs meffagers , ou
amis ou correfpondans ; on fera les paquets
, & on les portera à la pofte ,
fans qu'il en coûte autre chofe , que
le prix des Livrets , avec le port. Tiiij
•
224 LE MERCURE
Ceux qui voudront donner des Avis,
touchant ce petit Livre , pour l'utilité
du Public , pouront les envoyer inceffament
.
Cette nouvelle maniere prévé
nant tous les inconvéniens , on retirerá
de ce Bureau toute l'utilité imagi
nable :Car , on ne poura rien défirer
dans les Provinces & dans la Capitale
du Royaume , dont on ne foit informé
par cette voye , ce qui feroit trés difficile
à découvrir fans ce fecours , ne
feachant à qui s'adreffer , pour avoir
ces chofes , ou pour s'en défaire. Com- ·
me les Avis viendront d'une partie du
Public , ce fera faire préfent à l'autre ,
de ce que le Public lui donne : Ainfi ,
ce canal donnera, lien réciproquement
à tous les particuliers, de fe rendre fervice
les uns aux autres ; enforte que
perfonne n'aura rien qui puiffe ferviz
à un autre , que cet autre ne fçache
auffitôt où trouver celui qui peut l'en
accommoder . Il fe rencontrera même
par là , que la plupart des perfonnes qui
ont des choſes inutiles , qui ne font
publiquement d'aucun débit , & dont
elles demeurent chargées ; & d'autres
aucontraire,ayant befoin de ces chofes ,
DE DECEMBRE. 225
eftant contraints de s'en paffer, faute
de fçavoir où les prendre , les uns &
les autres apprendront par ces petits
Livres , les moyens de s'accommoder ;
ce que l'on peut regarder , comme un
des principaux liens de la focieté ; &
it eft difficile de trouver une voye plus
abregée , plus fûre & moms onéreufe ,
pour fe rendre utile les uns aux autres.
Car ,que peut - on imaginer de plus
commode , que de pouvoir apren
dre en un quart d'heine , fans for
tir de chez foi , & prefque pour rien ,
• tout ce qui peut entrer dans le commerce
des néceffitez de la vie ? L'on pou
ta donc encore fe difpenfer par ce même
moyen, de faire des affiches , dont
la dépenfe eft d'autant plus confidérable
, qu'elle monteroit fouvent auffi
haut , que la forme que produiroit ce
qu'on veut vendre ; lors que les chofes
dont on veut fe défaire , font de peu
deconféquence, & qui font en bien plus
grand nombre que les autres. De plus ,
il y a quantité de chofes pour lesquelles
on ne s'eft point encore fervi d'affiches,
afin d'en informer le Public .
La voye qu'on propofe eft bien plus
facile > car , outre que les affiches no
226 LE MERCURE
font vûës que de ceux qui marchene
dans les rues , & dont la plûpart ſe font
même une espéce de honte de les regarder
& de les lire ; c'eft qu'elles font
en une telle confufion , par le grand
nombre de nouvelles qu'on en trouve
tous les jours , qu'on ne daigneroit y
chercher celles dont on a befoin ; enforte
qu'on ne remarque guéres que
les plus apparentes. Ainfi , chaque particulier,
qui a quelque avis à donner au
public , a donc beaucoup d'interêt de
le faire par le moyen de ce petit Livre;
& l'on peut affûrer que ceux qui s'y
feront mettre , auront un grand avantage
fur ceux qui voudroient épargner
fe peu qu'il en coûte. Car , il eft certain
qu'une maison, par exemple, que par ce
Livrer , on verra être à louer , le fera
beaucoup plûtôt que celle dont on n'eſt
averti que par un écriteau attaché à la
porte. Ceux qui auront quelques mar→
chandifes ou modes nouvelles , quelque
invention ou autre chofe qui foit
d'ufage dans les Provinces , auront encore
un interêt trés confiderable à en
donner avis , par ce petit Livre qui ne
manquera pas d'y être envoyé.
.
DEDECEMBRE.. 227
LISTE
Des principalles chofes pour lesquelles
on peut s'adreffer, & defquelles on
peut faire rencontre aisément au Bureau
général d'Adreffe & de Rencontre
, & quiferont mifes fur le Regiftre
, & imprimées dans les petits
Livres d'Avis.
1. Eux qui voudront vendre des
Terres ou des Maifons à la
Campagne, envoyeront au Bureau , des
mémoires qui marquent en quoi elles
confiftent , & qui en faffent connoître
le prix.
II. Ceux qui auront des Maifons à
vendre à Paris , marqueront le prix &
ce qu'elles contiennent , dans les mémoires
qu'ils envoyeront au Bureau .
III. Ceux qui auront des places
à vendre pour bâtir , doivent marquer
dans leurs mémoires , le nombre des
toifes , le quartier où la place eft fituée
& le prix .
I V. Ceux qui auront des Charges
à vendre , doivent en marquer le prix
dans les mémoires qu'ils envoyeront
128 LE MERCURE
avec les gages & les émolumens qu'ils
en retirent.
V. Ceux qui auront des Rentes à
vendre , marqueront dans leurs mémoires
en quoi elles confiftent."
VI. Ceux qui auront des Biens, dont
la vente fera pourfuivie en Juſtice ,
pouront envoyer leurs mémoires.
VII. Ceux qui auront des Inventaires
à faire , pouront , quelque tems
avant de les ouvrir , envoyer des mémoires
de ce qui s'y doit vendre de plus
remarquable.
VIII. Ceux qui voudront vendre
des Bibliotheques , des Cabinets de
Livres ou des fonds de Librairie , dotvent
faire fçavoir le nombre des vo-
Humes, & fi ce font des Livres de Theo
logie , de Philofophie , de Mathe na
tiques , de Médecine , de Droit , d’Hiftoires
ou de figures , & dans quel lieu
on les peut aller voir ou achetter.
IX. Les Libraires pouront envoyer
des mémoires de leurs Livres nouveaux
, & le prix qu'ils les vendent ,
afin que le Public en föit inftruit On
n'entrera dans aucun détail de ce que
contiennent ces Livres ; mais , l'on fe
contentera de marquer le titre du Li-
C
DE DECEMBRE. 229
vre , le prix & le nom du Libraire .
X. Les Curieux ou autres , qui voudront
le défaire de leurs tableaux
n'auront qu'à en marquer la grandeur ,
ce qu'ils reprefentent , le nom des
Peintres qui les ont faits , & ce qu'ils
les eftiment.
XI. Ceux qui voudront vendre tout
ce qui s'appelle meubles , bijoux , habits
, caroffes , chevaux &c. n'auront
qu'à envoyer des mémoires inftructifs
de toutes ces choſes .
XII. Ceux qui voudront faire pêcher
leurs êtangs , & en vendre le
poiffon , doivent envoyer des mémojres
du lieu & du tems.
XIII. Les Particuliers qui auront
du vin à vendre en gros ou en détail ,
n'auront qu'à faire fçavoir de quel
crû , & de quel prix il eſt .
XIV. Les Jardiniers qui auront des
fruits , fleurs & legumes prématurées
à vendre , n'auront qu'à en envoyer
des mémoires .
XV. Ceux qui voudront achetter
quelques -unes des chofes marquées
dans les articles ci - deffus n'auront
qu'à s'adreffer au Bureau pour en informer
le Public.
›
230 LE MERCURE
XVI. Ceux qui auront des Maifons
ou des appartemens confidérables
à louer , en envoyeront des mémoires
: On en parlera plus amplement
que les écriteaux qui n'en font point
de defcriptions ; on dira en quel quartier
elles fons fituées , ce qu'elles ont
de beau & de commode , & leur prix.
XVII. Ceux qui voudront prendre
des Maifons à loyer, envoyeront auffi
leurs mémoires .
XVIII. Ceux qui auront des Jardins
à louer dans les fauxbourgs de
Paris , ou dans les Villages des envi-
Tons , pouront en faire fçavoir le prix ,
& en quoi ils confiftent; afin qu'on épargne
par là au Public , la peine de faire
plufieurs voyages pour en chercher.
XIX. Ceux qui voudront prendre
des Jardins à loyer , feront la même
choſe.
XX. Ceux qui voudront faire des
échanges de terres , de rentes , & généralement
de tout ce qui fe peut échanger
, marqueront dans leurs mémoires
ce qu'ils veulent donner , &
ce qu'ils veulent avoir.
XXI. Ceux qui auront des Biens
à donner à ferme , envoyeront des
DE DECEMBRE.
231
mémoires bien circonftanciés , & on
les rendra publics .
XXI . Ceux qui voudront prendre des
biens à ferme , feront la même chofe.
XXII . Ceux qui auront des machines
& des découvertes nouvelles ,
utiles au Public , n'auront qu'à le faire
fçavoir au Bureau.
XXIII . Ceux qui chercheront des
gens pour s'affocier avec eux , foit
dans l'exercice de quelque art , foit
pour trafiquer , n'auront qu'à le faire
fçavoir.
XXIV . Les Pinces Etrangers , les
Ambaffadeurs , & les autres Etrangers
de qualité qui arriveront à Paris , pourront
s'adreffer au Bureau , s'ils veulent
que leur train foit fait en peu de
tems. On les fervira , non feulement
en cela , mais encore, en ce qui regarde
beaucoup de chofes dont ils рец-
vent avoir beſoin .
XXV. Tous les Etrangers qui vien
dront à Paris , n'auront qu'à s'adreffer
au Bureau ; on leur dira comment
ils pourront voir ce qu'il y a de curieux
, à qui ils doivent s'adreffer ; &
s'ils veulent, on leur donnera des gens
pour les conduire par tour . On leur
232 LE MERCURE
enfeignera auffi ce qui leur poura
être néceffaire pendant le tems de
leur fejour.
dans
XXVI. Les Maîtres , qui prennent des
Penfionnaires pour étudier ,
étudier , n'auront
qu'à envoyer leurs Mémoires ,
lefquels ils auront foin de marquer
le lieu où ils demeurent , le prix qu'ils
prennent , & le nombre des Penfionnaires
qu'ils ont. Ils doivent même faire
fçavoir , s'ils font d'Eglife , ou mariez
; s'ils ont des Jardins , & s'ils
font logez en bel air .
XXVII. Ceux qui voudront fe mettre
en penfion , n'auront qu'à s'adreffer
au Bureau , on leur rendra fervice.
XXVIII. Les perfonnes publiques qui
fe trouveront chargées de beaucoup
d'affaires , pouront envoyer le lieu
de leur demeure , lors qu'elle "aura
changé ; on en avertira le public , &
fur tout, les gens de Province à qui on
croira faire un grand plaifir . Plufieurs
n'ayant point d'habitude à Patis , font
fouvent embaraffez , au retour de leur
pays, à chercher ceux qui ont eu autrefois
leurs affaires entre les mains ,
ne pouvant les trouver , parce qu'ils
ont changé de demeure,
CeuxDE
DECEMBRE. 233
XXIX. Cenx qui feront intereffez
dans les manufactures , pouront avertir
des chofes à quoi on travaille dans
ces lieux. Beaucoup de gens paffent
fouvent par des Villes , où il y en a
d'établies,fans rien achetter , faute de
fçavoir qu'il y en ait .
XXX . Les Curieux qui voudront
indiquer leurs demeures , & recevoir
ceux qu'on leur envoyera , pour voir
leurs Cabinets , pouront par ce moyen,
faire leurs affaires , foit en vendant ,
foit en troquant.
XXXI. Les Intereffez dans les Vaiffeaux
qui arriveront dans les Ports de
France , n'auront qu'à envoyer le dénombrement
des marchandifes qui feront
dans lefdits Vaiffeaux , & on en
avertira le Public .
XXXII Les Marchands forains
pourront
, avant l'ouverture des Foires , envoyer
des mémoires de tout ce qu'ils
auront fait faire de nouveau , pour y
étre vendu .
XXXIII. Les Peintres fameux , dont
le public fouhaite de voir les Ouvra
ges , & fur tout les Etrangers , envoyeront
leur demeure , & des mémoires
de tout ce qu'ils auront de plus confi
234
LE MERCURE
•
derable , ou qu'ils confervent chez
eux , ou qu'ils ont fait chez des , perfonnes
qui voudront bien les faire voir
aux Etrangers de qualité ; le tout , pour
la gloire de la France , & pour leur
utilité particuliere.
XXXIV . Les Marchands & Artifans
confiderables , qui auront changé de
demeure , , pouront en ' donner avis au
Bureau , qui en informera le Public.
XXXV.Ceux qui établiront des commoditez
pour voyager , doivent en envoyer
des mémoires .
XXXVI . Les Huiffiers qui partiront
pour quelque Province, pouront le faire
fçavoir , par ce moyen ils feront
chargez des affaires de ceux qui en
ent dans les mêmes lieux ou fur la
route ; & il en coûtera bien moins aux
particuliers , qui font fouvent obligez
d'envoyer des Haffiers , & de payer
feuls , tous les frais de leurs voyages.
XXXVII . Ceux qui auront des affaires
en Province , pouront auffi en
donner avis , & en envoyer des mémoires
au Bureau.
XXXVIII. Ceux qui auront fait
quelques pertes , de quelque nature
qu'elles foient , doivent bien marquer
DE DECEMBRE
235
dans les mémoires qu'ils envoyeront
au Bureau , tout ce qu'ils auront perdu
, & ce qu'ils voudront donner à
ceux qui l'auront trouvé .
XXXIX. Ceux qui auront trouvé
quelque chofe , en donneront avis au
Bureau ..
XL. Comme il fe fait de tems en
rems des plaidoyers fameux , que pluhieurs
perfonnes fouhaitent d'entendre,
foit à caufe des matiéres curieufes que
l'on y doit traitter , & dont on eft bien
aife de s'inftruire , foit à caufe du merite
des Avocats ; on croit obliger le
'public, en avertiffant des jours que l'on
doit plaider des caufes fi célébres . Ainfi
, les Parties pour lefquelles ces caufes
fe plaident , ou Meffieurs les Avocats
n'auront qu'à en envoyer des avis .
XLI. Lorfque des Prédicateurs fameux
prêcheront dans quelque Eglife ,
en en pourra auffi donner avis.
XLII. Ceux qui voudront faire des
Leçons ou des Conferences publiques ,
n'auront qu'à envoyer lears avis au
Bureau .
XLIII. Tous ceux enfin , qui voudront
avertir le public de quelque chofe qui
foit de nature à être affiché , ou qui
Vij
236
LE MERCURE
a coûtume de l'être , n'auront qu'a
donner leurs mémoires bien circonf.
tanciés au Bureau , avec pouvoir de les
faire imprimer on ne manquera pas
de les fatisfaire .
ce
Enfin , on peut s'adreffer en ee Bu
reau univerfel , pour tout ce qui peut
entier dans le commerce licite & permis
, qui compofe la focieté civile .
PREMIERE LISTE
Des Avis qui font venus au BUREAU
général d' Adreffe & de Rencontre, ruë-
S., Sauveur , qui donne d'un bout , dars
la rue Montorgueil; de l'autre , dans
la rue S. Denis..
DEUX NAVIRES A VENDRE .
L'un eft de so à 52 piéces de Canony
& l'autre, de 40 à 44 piéces , du port
de 400 à 450 Tonneaux chacun.
On verra au Bureau , l'Etat de leurs
Inventaires & autres Inftructions , pour
y recevoir les offres ..
UNE MAGNIFIQUE TENTURE DE
TAPISSERIE à Vendre .
C'eft un Ouvrage des plus riches
& des plus finis : Elle eft digne de
DE DECEMBRE.. 237
Fattention des curieux : Elle paffe.
30000 , cy
Elle eft au Bureau. grean .
30000
liv.
UNE BAGUE d'un Diamant de dix
huit grains , fort
Elle eft au Bureau.
• 5000
liv.
PLUS . 2. Pendeloques de Diamants
Ils péfent enfemble vingt-deux grains .
Au Bureau.
4500
liv.
UNE VERDURE , TAPISSERIE DE
FLANDRE.
Elle a deux afines & demie de haut ,
fur environ dix- huit aûnes de cours.
Au Bureau.
UN TABLEAU du Rimbran .. 150 liv.
1
On le voit an Bureau.
N° 2. UN TABLEAU de Louis XIV..
Dans fon cadre de bois doré.
L'adreffe eft au Burear.
་
N° 3. UN TABLEAU de Mgr le Grand
Dauphin , Fils de Louis XIV. 33 1
Au Bureau.
N 4 UN TABLEAU de Mgr le Dau
phin , Petit - Fils de Louis XIV : 33 10
Au Bureau.
NS UN TABLEAU repréſentant une
Danaë , dit original
Au Bureau.
60 liv.
Vrij
238
LE MERCURE
Nº 6. DEUX BRAS à bougie , à plaques
de glace de Venife .
An Bureau .
35 liv.
N° 7. DEUX FAUTEUILS à bras , garnis
de crin-
Ils font couverts de morceaux de
rapport , & en partie de velours cramoifi
•
401
.
L'adreffe eft au Bureau.
No S.UNE GARNITURE de fept piéces
de Fayance
Au Bureau.
14 l.
N° 9 UN CABINET,façon de la Chine.
11 eft avec une table à tiroirs , &
deux guéridons affortiffans , 401. ·
Au Bureau.
N 10. N. DEMANDB à emprunter
14000 1. partie Billers de l'Etat .
C'est un Particulier & la Dame fon
époufe , qui déclarent pour 42000 1. de
principal dans Paris , francs & quittes;
à l'exception de 150-1.de rente rachetable
, à laquelle la femme n'eft pas
obligée Les éclairciffements de leurs
biens font contenus fous les Articles ,
depuis No 10 , jufques & compris le
N 18 inclufivement. On en donnera
communication feulement à ceux à
qui la propofition conviendra .
No 19. UN TABLEAU fur toille de 40 f
DE DECEMBRE. 239
Il repréfente un Paifan jouant de
la mufette , copie d'aprés Vandeck,
Au Bureau .
30 1.
N 20 UN TABLEAU fur toille de 10 f
11 repréfente un S. Jerôme , d'aprés
Blanchard
Au Bureau.
20 1.
No 21 UN TABLEAU repréfentant les
Enfans de Jacob vendant leur frere
Jofeph ,
Au Bureau.
Nº. 22. AFFAIRE particulière .
N' 23. AFFAIRE particuliere.
No 24. UN MEUBLE à vendre.
30
l..
C'est un Lit à la Ducheffe de Damas
verd , & reparty de plufieurs étoffes
d'habits à fleurs d'or : Il y a un bordé
d'or fin , qui à la verité eft terny.
L'adreffe eft au Bureau.
No 25. PLus un Bois pour ledit lit,
une Paillaffe , deux Matelas , un
Lit de Plume , deux Couvertures
No 26. Affaire finie.
No 27 Affaire auffi finie.
N° 28. Affaire finie.
300 liv,
N 29. UNSOPHA de Bois à la
Capucine,
240 LEMERCURE
Heft garny de crin & couvert par Bandes
de Tapiflerie , & de Damas à
feurs d'Or.
L'adreffe eft au Bureau.
า
60 liv
N° 30 35. & 32. SIX CHAISES
afforties aux fufdit Soffa.
L'adreffe eft au Bureau .
>
N 33 DEUX TABOURETS de
Bois à la Capucine , affortiffans auf
dites Chaifes
An Bureau.
15. liv.
N34. UN PETIT Bureau à pied de
Biche.
Il eft façon d'Ebeine, couvert de maroquin.
Au Bureau.
1101
No 35 Jufqu'au No 47. Affaires finies .
N° 48. UN PARAVANT à fept.
feuilles.
Il est de bon Drap verd
L'adreffe eft au Bureau.
40 liv.
N 49. UN BON CLAVECIN ordinaire:
à deux Claviers & trois Jeux rgo l ..
Au Burean.
No.
50. N. DEMAND E´un Chien
Brac.
L'adreffe eft au Bureau.
No 51. N DEMANDE deux Lits
Jumeaux de rencontre,qui foient de
Damass
DE DECEMBRE. 241
Damas garnis de leur couche.
L'adreffe eft au Bureau.
No 52. N. DEMANDE une Roquelaure
Ecarlate , qui foit à Boutons d'or &
de rencontre.
L'adreffe eft au Bureau.
No 53 N. DEMANDE à vendre ou
à troquer un Contrat fur une Communauté.
Il est au principal de
L'adreffe eft au Bureau .
20000 1 .
No 54. DEMANDE particuliere.
L'adreffe eft au Bureau .
No ss. N. DEMANDE une Chaiſe
roulante de rencontre
piftoles.
>
L'adreffe eft an Bureau .
d'environ 35
N°. 55. UN TABLEAU repréfentant
un Saint Pierre dans le défert. 20 liv.
Au Bureau.
DEPUIS le N°. 57. jufques & compris
le N° 1 16, le Registre du Bureau n'eſt
chargé que de belles Porcelaines du
Japon , de rencontre , & à trés jufte
prix.
L'on en voit des efchantillons an
Bureau.
N° 117. UNE GARNITURE de bontons
de rencontre .
Décembre 1717. X
242 LE MERCURE
Ils font de pur trait d'argent. II liv.
Au Bureau.
N° 1 IS. UNE BELLE ECHARPE d'hermine
noire 200 liv.
Au Bureau.
LA MESME PERSONNE demande à achetter
un Lit à la Ducheffe , de Damas
cramoifi ; les Tapifleries les
Chaifes & le Sopha affortiſſans.
L'adreffe eft au Bureau.
,
N° 1 19. N. DEMANDE encore un
Meuble de Damas cramoifi.
L'adreffe eft au Bureau .
NI 20. CHAMBRE GARNIE AVEC
UN CABINET A LOVER .
Elle confifte en une Tapifferie à
Oyfeaux , un grand Lit à Houffe verte ,
& un petit Lit dans le Cabinet, avec un
grand Miroir ; & l'on y fournira le
linge de Table ; le tout pour 20 liv,
par mois , cy
20 liv.
L'adreffe eft vis- à - vis les Peres de
l'Oratoire , à l'Image Saint Sulpice.
N° 121 DEMANDE fecrette :Elle peut
convenir à beaucoup de gens , qui ont
de l'argent qu'ils veulent placer fûrement
& fans ufure ; les éclairciffemens
s'en pouront communiquer à
gens propres pour l'exécution.
DE DECEMBRE. 243
L'adreffe eft au Bureau .
N. 122. N. Demande un caroffe
coupé de rencontre .
L'adreffe eft au Bureau.
N. 123. N. Demande une tapifferie
, verdure de Flandre , de fept à
850. livres ; & pour n'avoir point
la peine d'aller de Tapifliers en Tapiffiers
, on prie ceux qui en auront de
cette qualité & de ce prix , de la venir
annoncer au Bureau . On la payera
Comptant.
No. 124. N. Demande à emprunter à
conftitution de rente,neufà 10000. liv.
L'on hypothequera pour dix-huit à
20000. livres de contrats de rente à Paris,
que l'on déclarera francs & quittes.
L'adreffe eft au Bureau .
N. 125. Un Habillement d'homme
complet,neuf & de rencontre , à vendre .
Il eft de drap noir , la culote doublée
de peau;il est pour moyenne taille .
40. liv.
Au Bureau.
No. 125. N. Demande à emprunter
fur des délégations de loyers qui feront
acceptés .
L'on veut fept à 800. livres , qui fe
Xij
244
LE MERCURE
ront remboursées par cinquième , de
quartier en quartier.
L'adreffe eft au Bureau.
N ... 127. N. Demande à acheter une
Terre confidérable , dans l'acquifition
de laquelle , on voudroit paffer des billets
de l'Etat . On voit là fuite de la
propofition au Bureau.
Propofition fecrétté , pour emprunter
cent mille livres.
L'on donnera des fûretés pour plus de
trois cent mille livres, qui ne feront pas
rejettées.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 128. N. Demande à emprunter
soo. livres pour neufmois.
. On donnera de bonnes fûretés.
N. Demande une verdure d'Hollande
, & unlit de Damas uni.
C'eft la même perfonne que deffus :
L'adreffe eft au Bureau .
No. 129. Un juppon , & la tapiſſerie
d'un fauteuil à vendre .
Le juppon eft de damas verd , beau ,
comme neuf, & les morceaux de tapiflerie
pour le fauteuil , n'ont point en
core êté montés , 39 liv.
L'adreffe eft au Bureau .
No. 130. N. Affaire particuliere .
DE
245 DECEMBRE.
No 131. Affaire finie .
No 132.Un Trumeau ,pour cheminée
d'une glace à vendre ,
An Bureau.
70. liv.
No 133. N. Demande à acheter une
Berline , ou un Caroffe coupé.
L'adreffe eft au Bureau.
N' . 134. N. Demande à acheter une
maifon dans Paris .
On fouhaiteroit qu'elle fût à porte
cochere,avec jardin en grand air ; comme
vers l'Eſtrapade : L'on y mettra vingt
à 22000. livres ; & on payera d'abord
moitié en efpeces .
L'adreße eft au Bureau .
No. 135. Une Montre Angloife à
vendre .
La même perfonne demande 12. chemifes
à dentelles ; il y mettra quatre
à 5oo. livres .
No. 136. L'on demande 3000. livres
à conftitution de rente.
L'on déclare pour 30000. livres de
fonds à Paris, francs & quittes.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 137. Diverfes rentes & rembourfemens,
à vendre ou à emprunter deffus ,
avec garantie .
Le tout eft fur dés perfonnes qui font
•
X iij
2~46 LE MERCURE
bonnes , ainfi que les éclairciffemens,
que le propofant en a donné au Bureau ,
le feront connoître .
N° 138. N. Demande une place de
Jardinier.
C'est un homme de 40. ans , marié,
& fans enfans , qui dit fçavoir le jardinage
en perfection : Il entend la culture
des arbres fruitiers des orangers ; il tra
vaille aux fontaines ; il fera connoître
les lieux où il a été.
L'adresse eft au Bureau.
No. 139. N. Demande une place
de Concierge.
C'eſt une femme veuve ,fans enfans;
elle eft propre a être concierge , jardi-
Diere & gouvernante d'enfans.
No. 140. Finie.
No. 141. Plufieurs Commodes , &
Equipages de toillete,à vendre en gros .
Une commode d'écaille de marqueserie
,
On lafera
voir
au Bureau
.
145.
liv.
No. 142. Une autre de bois d'olivier,
48. liv.
L'adresse eft au Bureau.
lée ,
Nº. 143. Une de paliffandre anne-
46.
liv.
DE DECEMBRE. 247
L'adresse eft au Bureau.
No. 144. Une de bois d'olivier , 30. I.
L'adresse eft au Bureau.
No. 145. jufqu'au no. 148. finies .
N. 149. Une de bois de fil d'olivier,
Ladresse eft au Bureau..
30 liv.
No. 1 5o. Un équipage de toilette
ferrée ,
L'adresse eft au Bureau .
No. 151. Une autre de
L'adresse eft an Bureau .
20. liv.
14. liv.
No. 152. Une de bois d'Olivier. 18. 1 .
On poura vendre lefdites Commomodes
en gros , ou on les troquera con .
tre d'autres effets.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 153. Finic .
No. 154. Quarante-fix aûnes & demie
d'or faux , fur foye fine , de rencontre
.
Il eft large de trois travers de doigt ,
& uni ; le tout péfe 7. marcs 4. onces.
L'once eft à vingt fols .
No. 155. Vingt-deux onces de bord,
de même qualité , & au même prix.
On les fera voir au Bureau.
No. 156. Rente à vendre , ou à y faire
emprunt.
X iiij
248 LE MERCURE
C'est uncontrat au principal de 3000.
livres,fur l'Hôtel de Ville , que l'on veut
vendre , ou emprunter deffus 1000. 1 .
Le mari & la femme s'obligeront .
L'adreffe eft au Bureau.
No. 157. Augmentations de gages
montants à 1500. livres , à vendre , ou
à emprunter deffus 400. livres.
No. 158. N. Demande à emprunter
6000. livres.
A rendre dans fix mois ; & l'on hypothequera
pour 1 8000. livres de contrats
,fur la Province de Languedoc.
L'adreffe eft au Bureau .
No. 159. Finie.
No. 160. Un contrat de 1800. livres de
principal , à vendre fur une maiſon.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 161. Affaire particuliere.
No. 162. Finie.
No. 162. N. Demande place de Précepteur.
Le fujet offre d'être éprouvé un mois.
No. 164. Une Maiſon à donner à bail
ou à vendre à Fontainebleau.
Les inftructions font au Bureau.
No. 165. Finie.
N. 165 Avis , pour toifer exactement
les Terres.
DE DECEMBRE. 249
L'Auteur a apporté au Bureau un mémoire
inftructif, touchant la maniere de
tirer les plans des terres , &de renouveller
les terriers : Ceux qui en auront
befoin , s'adrefferont au Bureau , où on
leur donnera communication dudit
mémoire, avec la demeure de l'Auteur.
No167.Six bordures fculptées, non dorées
, avec leurs chapiteaux à vendre.
Mefure des bordures par le dedans.
Une de 39. pouces fur 29. po.
Une de 40 pouces fur 29. po .
Une de 42. pouces fur 31. po.
Une de 36. pouces fur 26. po .
Une de 34. pouces fur 26. po .
Une de 45 pouces fur 33.
Cette dernière eft fans chapiteau.
Les autres font particulierement
propres pour des miroirs.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 168. Affaire particuliere.
No. 159. Un Habit complet pour
femme ; il eft bordé d'or & de foye torfe
, non monté , & de rencontre , le tout
y eft diftribué avec un goût admirable.
sso. liv.
On lefera voir au Bureau.
No. 170. Une garniture brodée de
mouffeline non montée , à vendre.
250
LE MERCURE
Elle contient onze pieces , y compris
les engageantes , & le tour de gorge :
Cette broderie eft des plus parfaites.
On la voit au Bureau.
so. liv.
N. 171. Un Phaeton à cerceau , ou
chaife roulante de rencontre , à vendre.
Elle eft garnie de drap écarlate ,
effyeux de fer . 400.
liv, N». 172.
jufqu'au
110. 174„finies
.
N.
175. N. Demande
à vendre
un
contrat
fur la Ville
.
Il est au principal de 1500. livres.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 176. Finie.
No. 177 N. Demande à vendre un
contrat fur la Ville .
Il eſt au principal de 5000. livres.
Liadreffe eft au Bureau.
No. 178. Finie .
No. 179. Finie.
No. 180. N. Demande d'être Précepteur
, ou un autre emploi ; il fera
connoître qui il eft .
L'adreffe eft au Bureau.
No. 181. N. Affaire particuliere.
No. 182. N. Demande plufieurs meubles
& hardes à acheter.
Sçavoir une tapifferie de 6000. liv.
DE DECEMBRE .
25x
Une montre , d'or de 600. liv.
Un lit de damas cramoifi , ou d'une
autre couleur , & une juppe de velours .
L'adreffe eft au Bureau .
No. 183. N. Demande à emprunter
4000. livres par obligation , un tiers en
argent , & deux tiers en billets d'Etat .
Il a de bons hypotheques à Paris .
L'adreffe eft au Bureau.
{ No. 184. Contrat fur la Ville à vendre
.
Il est au principal des5oo. livres .
No. 185. N. Demande un emploi.
Cette perfonne a eu plufieurs emplois
, dans les Aides , Domaines , &
dans les vivres. Il eft encore propre
pour les affaires du Commerce , foit
de Mer ou autre.
L'adreffe eft au Bureau .
No. 186. N. Demande à acheter une
trouffe de rencontre.
On y mettra jufqu'à dix pistolles.
No. 187.. Affaire particuliere.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 188. Un lit de damas' cramoifi
de rencontre , à vendre .
La houffe eft d'une belle ferge d'aumal.
Au Bureau .
252 LE MERCURE
No. 189. Finie.
No. 190. Finie ..
No. 191. Un Lit brodé en or & en argent
, avec des tapifferies y affortif
fantes.
Au Bureau.
No. 192. Un tableau à vendre .
On le dit un Paul Brille , peint fur
bois,dans fa bordure dorée , d'environ
trois pieds , fur deux pieds & demi de
haut :Il reprefente un Port .
Au Bureau.
No. 193. Un homme qui a été marchand
, demande de l'emploi , ou à folliciter
des payemens en ville.
Quelques Marchands l'en ont déja
chargé.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 193. Une Montre d'or d'Angleterre
, à double boëte , à vendre ; pour
1000. livres.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 195. On demande à acheter des
perles fines , & toutes fortes de diamans
de prix , de rencontre.
L'adreffe eft au Bureau .
No. 196. Un contrat fur la Ville , au
principal de 8000. livres, à vendre , ou
à échanger contre des billets de l'Etat ,
ou autres effets.
L'adreffe
DE DECEMBRE.
253
L'adreffe eft au bureau.
No 197. Un Habit d'homme , velours
cra moifi , richement brodé d'or & non
monté , à vendre , pour
Au bureau.
soo liv
No 198. Une Vefte de taffetas vert , brodée
d'or , doublée de taffetas vert, pour
Au bureau.
100 livres.
No. 199. Une Paire de paremens de
drap écarlate,brodés d'or,comme neufs ,
pour
Au bureau.
90. liv.
No 200. Une riche Houffe brodée
d'or, avec les cuftodes , pour 500. liv.
Au bureau.
Nd. 201. N. Demande à acheter une
Maifon à Paris , ou une Terre d'environ
40000 liv. partie en billets de l'Etat.
Ou bien à placer fûrement le fonds
de pareille fomme.
L'adreffe eft au bureau.
No. 202. On demande un Lit de damas
de Camp.
Il n'importe de quelle couleur.
L'adreffe eft au bureau .
No. 203. Finie .
No 204 Une Maison à vendre à Paris
, ou à emprunter deffus , en atten
dant la vente. Y
1234 LE MERCURE
L'adreße eft au bureau.
No. 205. Cheval Anglois à vendre.
Il eft fous poil gris de fouris, âgé de
huit à neuf ans .
L'adreffe eft au bureau .
No. 206. Maifon à Arcücil prés Pa
is, à vendre.
Elle eft bâtie depuis 10. à 12. ans ; le
prix eft de 3500. livres .
1
Le memoire eft au bureau.
No. 207. Finie .
No 208. Un Tablier à raifeaux d'or,
pour
Au bureau.
No. 209. Finie.
30.
liv
.
No. 210. On demande une maiſon de
canipagne à acheter , du prix de fept à
8000. livres .
L'adresse eft an bureau.
No. 211. On demande une tableà
jouer, garnie de velours , à acheter.
L'adresse eft au bureau.
No. 212. Ondemande à placer environ
50000 livres efpéces , fur des nantiffements
en billets d'Etat , ou autres
effets mobiliaires , dont il fera paffé
acte pardevant Notaires.
L'adresse eft au bureau.
No. 213. Un beau Tableau original, reDE
DECEMBRE . 255
préfentant une fileuſe ; à vendre.
Il est d'un des bons maîtres du fiécle,
pour
Au bureau.
400.
1.
N. 214. On demande à acheter une
Terre, la plus proche deParis que faire
fe pourra , depuis 40000. écus juſqu'à
200000. livres .
Que ladite Terre foit en Château ,
Prés , Bois , &c.
L'adreffe eft au bureau.
No. 215 On demande à emprunter
vingt à 30000. livres d'efpèces .
On hypothequera un bâtiment neuf
à Paris.
L'adreffe eft au bureau .
No 216. On demande une tapifferie,
verdure, d'environ dix aûnes .
L'adresse eft au bureau.
No. 217. On demande une maifon
à louer.
Qu'elle foit fituée depuis le coin
de la rue Saint Sauveur , jufqu'au Palais
Royal , ou dans les rues qui y aboutiffent.
N.218 . Avis , pour mettre des Enfans
en penfion , depuis l'âge d'environ
deux ans .
Pour douze à quinze livres par mois.
Yij
256
LEMERCURE
L'adresse eft au bureau.
No. 219. Affaire particuliere.
No 2 20. Un Habit de la Vannerie du
Louvre , à vendre chez un Tailleur.
L'adresse eft au bureau .
-Changement de demeure.
No. 2 2 1. Monfieur Porus Mc Boutonnier
, qui demeuroit ci - devant ruë
Saint Sauveur , donne avis qu'il de
meure préfentement rue Saint Denis ,
devant la Huche verte , aux vieilles
étuves .
No. 222. Finie.
N. 223. On demande une maifon à
loüer .
Qu'elle foit à porte cochere ou boutique
, fans corps de logis derriere , an
quartier S. Honoré , ou au Faubourg
Saint Germain ; du prix de mille , douze
à quinze cent livres.
L'adreffe eft aus Bureau.
No.2 24. Un Meuble précieux à vendre
.
Il est compofé de fix fauteuils , un
canapé , un écran , deux placets travaillés
en petits points de foye , figures reprefentans
des hiftoires & payfages ; le
tout d'une beauté parfaite , le prix eft
DE DECEMBRE. 257
•
de 2000. livres efpéces & 2000. en
billets de l'Etat.
L'adreffe eft au bureau.
No. 225. Finie .
No. 226. On demande à placer pour
1 2 30. livres de billets de l'Etat.
L'adreffe eft au bureau.
N 227. UN PETIT COFFRET de bois ,
garni de chaton & de filagrame d'argent
, à vendre pour
Au Bureau.
* 25 liv.
No. 228 UN LIT de Tapiflerie à
vendre.
"
Le dedans eft de Taffetas aurore ,
garni de trois pointes , & trois foubaffemens
de Tapifferie par bandes , de
moire aurore ; les deux bonnes - graces
de Tapifferies en plein & les
quatre rideaux doublés en plein de
taffetas aurore , le grand Doffier &
l'Impérial doublé de toile > pour
450 liv.
Un habit d'Eté avec fa vefte , galoné
d'argent fur les manches & les poches
en plein , pardevant & par derriere
, pour 60 liv..
Au Bureau.
No 229. UN PARTICULIER , à quil
il est dû deux années de rentes de sol
Yiij
258
LE MERCURE
par chacun an , payables à Paris , vou
droit les tranfporter avec garantie ,
de même qu'une Promeffe de 312 liv.
10 fols.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 230. Vafes précieux & des Tableaux
originaux à vendre .
L'adreffe eft au Bureau .
No 231. On demande à emprunter
16 à 17000 liv. d'efpéces , fous le
cautionnement d'une perfonne de
Paris connue , & qui pofféde environ
12 à 1 500000 livres de biens en
fonds , confiftants en Maiſons dans .
Paris & en Terres..
L'adreffe eft au bureau ..
No 232. Un Garçon demande à emprunter
20000 1. en espéces, & 10000
1. en billets de l'Etat..
C'est pour 4 ans ; l'on affectera &
hipotequera pour plus d'un million de
biens à Paris .
L'adresse eft au bureau.
No 233 Plufieurs pièces de Dentelles
de Maline à vendre.
" Elles montent à 104 IL. 1 f 6 d. fui
vant la notte inferée au Regiftre du
Bureau qui les fera voir;
No 234 On demande une vefte
DE DECEMBRE.
259
d'Etoffe d'or pour l'efté.
L'adresse eft au bureau .
No 235. On demande à emprunter
1000 1. espéces
L'on hipotequera une maiſon ſciſe
à une demie lieue de Paris , que l'on
déclarera franche & quitte; elle produit
400 l de rentes par an , & indépendamment,
il donnera caution qui certi-.
fiéra que ladite maifon eft franche &
quitte .
L'adresse eft au bureau.
No 235. finie .
No 237. finie.
No 238. L'on demande à placer en
viron 6000 liv. partie en billets d'Etat.-
L'adreffe eft au Bureau .
*
No 239. Demande particuliere : On
en trouvera au Bureau les éclairciffe :
mens néceffaires.
N 240. Cinquante mil livres d'ar .
gent à placer , en donnant de bonnes
feuretés .
L'adresse eft au Bureau.
No 241. finie.
• No 24 Un Particulier demande
à emprunter 4000 liv. à conftitution
de, rente .
C'eft pour les employer ; fçavoir
160 LE MERCURE
2000 liv. au Bailleur de fonds de la
Maifon acquife par ledit particulier ,
& les autres 2000l . pour parachéver de
payer les Ouvriers qui ont travaillé
aux Ouvrages & réparations qui y êtoient
à faire.
L'adresse eft au bureau.
No 243. On demande à acheter une
veille Tapiflerie d'Aubuffon ou d'Auvergne,
de 13 à 14 aûnes de cours ,
fur deux un quart de haut au moins.
On y mettra jufqu'à 250 liv.
L'adresse eft au bureau.
No 244 Dentelles en gros à ven- .
dre. Il y en a environ II aûnes.
274 liv. 13 f. 8 d.
L'adresse eft au bureau.
pour
No 245. Um Habit complet pour
femme à vendre.
Il eft de Damas brodé d'or & fove ,
manteau & juppe de huit lais , non
monté pour
me.
Au bureau:
No 245. Un autre habit
650 liv.
pour fem-
Il eft de Damas brodé , argent &
foye ,la juppe ayant huit lais non mon
té
pour
Au bureau..
350 liv.
DE DECEMBRE. 261
No 247. finie .
No 248.Une Garnitured'Angleterre,
à raiſeau , à 2 piéces fans fond , à vendre
pour
Au bureau.
100 liv.
No 249. Tableaux à vendre .
Sçavoir une Marine fur toille . 35 1.
Une autre grande Marine . 35 liv.
Une Simphonie ou Mufique. 15 liv
Un Hyver.
Une Réveufe
Un Païfage.
Autre Païfage,
30 liv
20 liv
20 liv
20 liv.
liv.
Un Tableau Flamand pour 25
On les fera voir au Bureau.
N 250 Affaire particuliere .
N° 251. Affaire particuliere.
No 252 Un Particulier demande à
emprunter 500 1 efpéces pour 6 mois .
I nantira d'une ordonnance fur le
le Tréfor Royal de 14000 1 . pour la
liquidation d'un office de Sécretaire
du Roy , & il en fera paffé un acte
devant Notaires.
L'adresse eft au bureau.
par
No 253 On demande à emprunter
à conftitution de rente, 4000 1. efpeces
C'est pour employer au parfait payement
d'une Terre de 180000 1. Ainfi,
il y a emploi & un privilege certain .
$262 LE MERCURE
L'adresse eft au bureau.
No 254 On demande un meuble à
acheter.
Qu'il foit complet , il n'importe de
quelle couleur ; mais qu'il foit propre
, avec une batterie de cuisine .
On y mettra environ.
L'adresse eft au bureau.
6000 1.
No ass. Affaire particuliere..
No. 256. On demande à emprunter
200 livres pour un an..
On hypothequera un contrat de
4400. livres fur l'Hôtel de Ville de
Paris,que l'on déclarera franc & quitte.
L'adresse eft au bureau.
No. 257. Un contrat de rente fur
l'Hôtel de Ville à vendre.
Il eft de 5500. livres de principal.
L'adresse eft au bureau.
No.
9.258. Un jeu de paume à vendre.
Il eft d'environ vingt à 2 2000. liv.
L'ddrefse eft au bureau .
No. 259. Demande particuliere.
On en trouvera les éclairciffements
convenables au Bureau .
No. 260. On demande à emprunter
à fond perdu.
On voudroit trouver une perfonne,
qui voulût mettre fur une Terre à fond
perdu , 20000 écus au denier 16. dont
DE DECEMBRE. 26
l'acquiſition eft de 1 20000. livres,produifant
8000. livres de rente par an.
L'adresse eft au bureau.
No. 261. N. Demande à emprunter
20000. livres d'argent .
On nantira de 5000. livres de billets
de l'état , dont fera paffé acte par
devant Notaires.
L'adresse eft au bureau.
No 252. Un Habit d'homme brodé
en argent , à vendre.
Il eft de drap brun , avec les paremens
d'étoffe d'argent , & or fur-brodés
, doublé de chagrin ,couleur de feu,
avec la culotte.
Au bureau.
No. 263. Marché de laine à faire.
Un Particulier voudroit trouver une
perfonne , avec qui il pût faire marché,
pour lui fournir trente livres de laine
par femaine , toute prête à filer , ou
huit à dix livres de filée , ainſi qu'il fera
convenu .
L'adresse eft au bureau.
No. 264. Marché de faffran à faire.
Un Particulier demande qu'on lui
fourniffe huit ou dix livres de faffran
par femaine,lec , ou fraichement cüeilli
, au choix de l'Acheteur , même pour
264 DE DECEMBRE.
plus grande quantité ; ainfi qu'il fera
convenu .
L'adresse eft au bureau.
No. 265. N. Demande à acheter
une Terre , & veut vendre une berline ,
& une chaife de pofte.
Que la terre foit fituée au tour de
Paris , & du prix de dix- huit à 20000.
livres de produit au denier 20.
La Berline eft un caroffe coupé, doublé
de velours, avec les harnois.
La chaife de pofte eft doublée de
drap écarlate.
L'adresse eft au bureau .
No. 266. Affaire particuliere .
No. 266. N. Demande à emprunter
300. livres d'argent pour fix mois.
On hypothequera un contrat de
1400. livres de principal, fur les mouleurs
de bois ; vifé & liquidé , duquel
il fera paffé acte par devant Notaires .
L'adresse eft au bureau.
No. 267. Tapisserie de Flandre à
vendre.
Elle contient fix piéces , ayant enfemble
dix- huit aûnes de cours , fur
deux aûnes & demie de haut , doublée
par bandes, petit cadre bien rembruni ,
& elle eft fraîche , pour
550.
liv.
On
DE DECEMBRE
265
On les fera voir au Bureau.
N°. 268. Affaire particuliere.
No. 269. Affaire particuliere.
N°. 270. Diverses Tentures de tapifleries
, d'Aubuffon , & de félletin ,
& fauteuil à vendre.
Une verdure de fix pièces , fut deux
aûnes un grand tiers d'hauteur , à double
broche bordée à Grotefque , coin à
coquille , bande , mufque tirant 16.
aûnes , un tiers , pour sso. liv.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 271. Six piéces verdure de felletin
, bordée avec des cartouches au milieu
, bandes bleuës , fur deux aûnes &
demie d'hauteur , tirant 17. dûnes , pour
L'adreffe eft au Bureau. an
380. liv.
&
No. 272. Sept pieces de tapifferies ,
verdure trés- fine , fur deux afines & demie
de haut , bords à ornement ,
portes bandes de mufque , deffin avec
des parterres ; tirant 19 , aûnes , cinq ,
fix , pour
1393 liv.
L'alreffe eft au Bureau .
No. 273. Six pieces , verdure fur deux
aûnes & demie d'hauteur , bords , dits
à la Romaine ; coins à Dauphin , bandes
bleuës , tirant dix fept aûnes deux
Ꮓ
266 LE MERCURE
tiers , pour
L'adreffe et au Bureau .
No. 274 Finic .
Nº.
No. 275. Finie .
424.liv.
No. 276. N. Demande à emprunter
2000. livres de billers de l'Etat.
On rembourfera ladite fomme , d'année
en année, par 400. livres en espéces,
& on donnera toutes les fûretés néceffaires.
L'adreße eft au Bureau-
N°. 277. N. Demande à emprunter
2000. livres , ou 1590. feulement d'atgent
.
On hypothequera une Maifon & Terres
, fituées à la valée de Montmorency
, de valeur de 10000. livres , qui fe
ront déclarées franches & quittes.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 278. N. Demande à emprunter
3000, livres en billets de l'Etat.
On prendra ladite fomme à conftitution
; & on hypothequera une Terre
Seigneuriale , eftimée 20000. livres , &
affermée 800 , livres , fituée dans l'Election
de Mantes .
L'adreffe eft au Bureau,
N°. 279. N. Demande à acheter une
Maiſon à Paris ,
DE DECEMBRE 267
Qu'elle foit fituée dans un bon &
beau quartier: On y met ra depuis trente
jufqu'à foooo . livres , & même quelque
chofe de plus ; on payera moitié comptant
, & l'autre moitié en contrat fur
la Vile , ou en bi lets de l'Etat , ou en
conftitution fur la maifon , & fur les autres
biens,
Ou bien , on placera le même fond
fur des maifonsà Paris, ou fur autres bons
privileges & déclarations d'emploi .
L'adreße eft an Bureau.
a
N°. 280. Ñ. Demande à le défaire
d'une Penſion en argent comptant.
Elle eft de 450. livres fur le Tréfor
Royal.
L'adreffe eft au Bureau.
No. 281. N. Demande à acheter une
bigue & une chêne d'or , de rencontre
.
Que le Diamant foit d'environ soo. I.
L'adreffe eft au Bureau .
No. 282. N. Demande à acheter une
Montre unie de bons Maîtres.
L'alreffe eft au Bureau.
·N °. 283. L'on demande à placer
des billets de l'Etat , de plufieurs manieres.
Z ij
268
LE MERCURE
L'adreffe eft au Bureau.
N°. 284. Ceintures de femmes , cotdons
de Cannes , or , argent & foye , à
vendre.
No. 285. Une couverture de laine blanche
, à vendre.
Au Bureau .
Nº . 286. Un Paravant trés- curieux,
à huit fcüilles , orné de plufieurs figures
d'hommes & d'animaux , à l'endroit
& à l'envers , pour
An Burean.
5oo. liv.
No. 287 N Demande à emprunter
1200 livres en efpéces , pour trois mois. ·
L'on hypothequera un contrat de
l'Hôtel de Ville , au principal de 5000 ,
liyres ; lequel eft à un garçon , qui le
déclarera franc & quitte.
adre e au Bureau ..
No. 288. N. Demande à acheter des
Con rats , fur les Etats de Languedoc
& de Bretagne .
L'adreffe eft au Bureau.
No. 289. On demande une maison à
loüer , & un caroffe coupé à acheter .
Que la maifon foit à porte cochere ,
écurie , remife , cave , & grenier , de huit
à 900. livres , & même 1000. livres de
loyers ; qu'elle foit fituée dans l'undes
DE DECEMBRE 269
Quartiers de Richelieu , Butte de Saint
Roch , ou Faubourg Saint Germain
ou au tour des Théatins , ou de l'Abbaye
Saint Germain des Prés ; & que
le caroffe foit de fept à 8oo . livres.
L'adreffe eft au Bureau.
N°. 290. N. Demande une maiſon
à vendre.
Elle eft fituée à Paris , du côté de la
rue de Bourbon .
La même perfonne demande à emprunter
2000. 1. & on l'hypothequera,
L'adreffe eft au Bureau.
N°. 291 Caléche à vendre. Elle eft
doublée d'un velours cramoifi , les Campannes
de foye aurore , avec cinq grandes
glaces , les cuirs & la dorure belle;
& le tout comme neuf , pour 3000. I.
L'adreffe eft an Bureau.
N°. 292. Office de Secretaire du Roy,
à vendre en la Chancellerie du Parlement
de Besançon , dont la finance eft de
25000. I. il y a les augmentations de
gages .
L'adreße eft au Bureau.
N°. 293. C'est la tapifferie magnifique
qui eft tranfportée au commencement
de la lifte..
N°. 294. Habit , écharpes , fau-
Z iij
270 LE MERCURE
teuils & chaifes à vendre.
L'Habit eft de drap brun , fur couleur
noilette , brodé en argent.
L'écharpe eft de taffetas blanc d'Angleterre
, brodé de plufieurs couleurs en
foye , garnie de feugere ; le corps eft de
gafe noire à fleurs.
Deux deffus de fauteuils de petit
point en laine , à fond blanc.
Un fauteuil de commodité , à fond
de laine noire de petit point, quatre chaifes
, & deux tabourets à fond noir de
pareil deffin , le tout non monté.
L'adreffe eft au Bureau .
N°. 295. N. Demande à ceder deux
fols d'interêt dans une Ferme.
On prendra des billets de l'Etat.
L'adreffe eft an Bureau.
N°. 296. N. Demande à emprunter
soo. livres en espéces pour fix mois .
On nantira de deux quittances de
finances de rachat de Capitation , montant
en principal & inrerêt à 3065. lie
vres 14. fols 4. deniers ; il & en fera
paffé un acte par devant Notaires.
L'adreße et au Bureau.
No. 297. N. Lemande à emprunter
4000. livres ; un tiers en billets de l'E
Tat
1
DE DECEMBRE. 271
Deux Freres feront folidairement une
conftitution de ladite fomme , ou céderont
plufieurs parties de rentes , dont
les principaux font de 44300 l .; ainſi
qu'il eft plus amplement décrit fur le
Registre.
L'adreße eft au Bureau.
N° 298. Caroße coupé à vendre.
Il eft de velours craimoify à rama ,
ge , le tout bon , comme neuf.
L'adreffe eft au Burean.
No 299 Deux Tableaux à vendre.
Ils font de grands Maîtres , l'un reprefente
un Paï fage , & l'autre , une
Tempeſte.
"
On les fera voir au Bureau.
No 300. Une Charge. Une Charge de Confeiller
en la Cour des monnoyes à vendre .
L'adreffe eft au bureau..
Na 301. Affaire particuliére.
N° 302. Contrat de rente fur l'Hô
gel de Ville à vendre.
Il eft de 3000 l. de principal , ou on
empruntera 1200. 1. & on hipotequera
ledit Contrat.
L'adreffe eft au Bureau.
N° 303.N.Demande à acheter des ro
bes de chambre de Damas , & des juppes
de drap de faint- maur.
Z iiij
272 LE MERCURE
Il n'importe de quelles couleurs
foient les robes de chambre.
L'adreße eft au Bureau.
N° 374. N. Demande à acheter une
Tapiflerie .
Qu'elle foit de ferge ou de foye, pro.
pre à un Cabinet.
L'adreffe eft an Bureau.
· N° 305- Contrat de Conftitution
de rente..
C'eft une portion de 7600. 1.
On donnera toutes les facilités convenables..
La même perfonne fouhaiteroit encore
vendre une portion de 3000 ! .
qu'il a fur un Contrat de 6000 1. qui
eft principalement hipotequé fur une
Terre , dont les déniers ont êté employés
à l'acquifition .
L'adreße eft au Bureau.
N ° 306 finie .
N° 307. N. Demande à acheter une
robe de chambre d'homme & de
femme de Calemande ou d'autres
Eroffes.
>
Qu'elles foient de rencontre & à bon
marché .
L'adreffe eft au Bureau.
N° 508. NDemande à acheter une
DE DECEMBRE. 273
Tapiflerie des gobelins , Berline , Bague
, & Pendulle.
Que la Tapiflexie foit de 3 à 4000
1. Que la Bague foit pour homme , &
d'un brillant de 12 à 1500l . & que la
Pendulle foit de 2 à 300 l.
L'adreffe eft au Bureau.
•
N° 309. N. Demande à acheter un
lit de ferge , chaifes , commode , Diamans
& Montre d'or à répetition .
A
Que le Lit de ferge foit couleur de
feu ou cramoify , bordé de blanc avec
fa garniture complerte , & à la ducheffe
, d'environ 4 à 500 l , avec une demie
douzaine de chaifes & une Commode.
Que la Bague pour homme, foit d'un
Diamant brillant de 4 à 500 I , & la
Montre d'or à répetition aufli de 4 a 500
1.
L'adreffe eft au Bureau.
N° 310. On demande à emprunter
de
l'argent.
tés ..
On donnera de trés bonnes feure-
L'adreffe eft au Bureau .
No 311. N. Demande à placer 40000
1. de billets de l'Etat,
Soit à conftitution ou à rendre en
differents tems , ou on les employera en
1
274 LE MERCURE
achat de meubles de differentes natures.
L'adreffe eft aus Bureau .
N° 312. On demande à acheter un
trumeau .
Qu'il foit de cinq pieds d'hauteur
& de ; pieds de largeur.
L'adreffe eft au Bureau,
N° 313 N. Demande une Terre ou
Ferme à acheter.
Que la Terre foit du prix depuis
3000 1. jufqu'à 10000 1. & éloignées
de Paris depuis 6 lieües jufqu'à 3olieües.
L'adreffe eft aus Bureau.
N° 314. N. Demande à achetter une
véfted'Etoffe d'or ou d'argent , & une
juppe de velours noir .
La même perfonne demande un Domeftioue
qui ait au moins 40 ans , fçachant
faire la cuifine & qui foit à toute
main.
L'adreffe eft au Bureau .
N° 315. N. Demande à acheter une
Tapiflerie fine , à perfonnages, d'environ
3000 1.
Plus deux faureüi's .
L'adreße eft au Bureau.
N° 316. N Demande à acheter
Maitons , Terres ou Rentes , ou à plaDE
DECEMBRE. 275
cer un fonds fur divers particuliers .
L'adreje eft an Bureau.
N° 317. N. Demande à acheter des
fauteuils dorés & des rideaux de fenêtres
.
Que les fauteiii's foient faits à la mode,
garnis non couverts, & que les deux
rideaux foient de Damas où de Taffetas
cramoify .
L'adreffe eft au Bureau.
N° 318. N. Demand: à placer ou à
acheter diverfes chofes en billets de
l'Etat , partie en argent.
L'adreße eft au Bureau,
N° 319. N. Demande à acheter Dentelles
, Tabatiére , & Montre d'or pour
homme & pour femme.
L'adreffe eft an Bureau.
N° 320. N. Demande à convertir
des billets d'Etat en rentes, fur des parti
culiers
L'adreffe eft au Bureau.
N° 321. N. Demande à acheter une
Maiſon ,
Qu'elle foit fituée à Paris , & au deffous
de 40000.1 . On payera le prix de
l'acquifition en espéces , pourvû qu'elle
n'ait aucunes charges.
L'adreße eft an Bureau.
275 LE MERCURE
Nº 322. Ce sont deux Navires , dont
il est parlé au ' article de cette Lifte.
No 323. Affaire particuliére.
N° 324. Jufqu'au Nº 329. Affaires
finics .
N° 330. Sept livres de foye d'Italie
fillées , à vendre pour
Au Bureau .
80. l.
N° 331. N. Demande à emprunter
15000 1. efpéces .
C'eft pour achever de payer des Ouvrages
& Bâtiments déja avancés ; l'on
fournira une déclaration d'emploi fur
& Maifons .
L'adreffe eft au Bureau.
Nº 332. On demande un meuble
complet à acheter.
C'est - à - dire , une Tapiflerie de Damas
cramoify , avec 8 fauteuils , un
fopha comme tout neuf; plus un
écran, un trumeau qui ait tout au moins
3 pieds de large , & la hauteur à proportion.
L'adreffe eft au Bureau.
N° 333. N. Demande à acheter un
Diamant brillant en bague , pout homme,
de 10 à 1200 1. & une juppe de
velours noir,
L'adreffe eft an Bureau.
DE DECEMBRE
277
N° 134. Charge d'Aumonier ordinaire
en Cour , à vendre , pour 5000 1.
Elle jouit de tous les Privileges des
grands Commenfeaux de France ; elle
peut être poffedée à fimple Tonfure ;
elle produit de révenu , fçavoir 547 l .
10 f.pour nourriture , payables en argent
par chacun quartier ; 200 1. d'apointements
; 6ol.de fourniture & 180 ' .
de bon par an ; plus un logement à Paris
de trois chambres eftimées 300 1. par an ,
outre deux autres en deux Maifons Royales.
Les frais de reception iront à 150
1. pour l'acquereur.
L'adreße est au Bureas.
No 335. Un gand Tableau reprefentant
le jugement univerfel , à vendre .
Il et de 7 pieds 2 po . de haut , &
de 6 pieds 2 po. de large fur toille ,
de
C'eſt une copie tirée fur l'original , d'aprés
Michel Ange fur leVatican deRome
On le voit au Bureau .
N » 336. Montres à vendre .
>
Depuis ce N jufqu'à 339 , font pluficurs
Montres de differents prix ,
parmi lesquelles il y en a une à répetition
d'or.
A a
278 LE MERCURE
On en donnera l'adreffe.
N 340, Affaire particuliére
No 341. N. Demande à emprunter
soo 1, efpéces.
On hipotequera un Contrat de rente,
fur l'Hôtel de Ville de 4850. 1. de
principal , que l'on déclarera franc &
quitte.
L'adreße eft au bureau.
No 242. Deux bagues à vendre.
L'une eft carrée , taillée en rofe pour,
4501
.
Et l'autre
en coeur
, auffi
taillée
en
rofe
, pour
300
1. Au
bureau
.
N 344 Un Pied de table à confolle,
fculpté , en tête de Dragon d'oré ,
comme neuf, à vendre.
Au bureau.
40 1.
No
345. On
demande
à acheter
à
vie
une
maifon
, à Paris
ou à la Campagne
, de 8 à 900
1. de loyer
.
la
Que la maison de Campagne foit à
3 ou 4 lieues de Paris , fortant par
porte faint Bernard , ou par celle de
faint Antoine , du prix de 4 à 5000 l .
qu'il y ait un peu de terrain en cour
& en jardin.
Que la maifon dansParis , foit à porte
cochere , remite & écurie , avec un
DE DECEMBRE. 279
jardin , il n'importe du quartier ny de
l'éloignement.
L'adresse eft au bureau .
No 346. Un Particulier demande une
place de fécretaire ou gouverneur d'enfans.
Il fçait le Latin , l'Eſpagnol , l'Aritmethique
, & les affaires.
L'adresse eft au burean .
No 347. finie .
No 348. Un (arofse à deux fonds
à vendre .
Il eft de bois peint en ébeine , doublé
de damas à feuilles mortes , & à feurs
noires & aurores , avec 3 belles glaces
, & quatre bons réforts ; il eft d'environ
4. à fool.
L'adresse est au bureau .
No 349. N. Demande à fe deffaire du
billet d'un particulier d'environ 2020 l .
L'adresse du Propofant est au bureau.
No 350 : 351. & 352. font Plufieurs
fichus brodés , or , argent & foye , fur
gaze d'Italie , à vendre.
Les uns font à 3 l . 6 ſ. 6 d . & á
51. 14 f. & les autres à 9 l . 10 f. de
toutes couleurs.
Au burean.
7
No 353. N. Demande à acheter une
bonne Berline. A a ij
LE MERCURE
"
Il n'importe de quelle couleur le dedans
foit.
L'adresse est au bureau.
No 354. N. Demande à acheter un
habit court avec un manteau pour un
Eclefiaftique.
On y mettra jufqu'à 60 1 .
L'adresse est au bureau .
No 355. N. Demande à acheter une
Terre , à haute , moyenne & baffe juftice.
Qu'elle foit hors de toutes capitaineries
, diftante de Paris , depuis 8 jul
qu'à 16 lieües : S'il y a Riviére , en remontant
de Paris , du côté d'Auxerre
ou de Nogent fur Seyne, on fera content
que la diſtance foit d'environ 25 lieües ,
fi plus prêt elle ne fe trouve.
L'adresse eft au bureau ,
No 356. N. Demande à placer des
billets de l'Etat.
L'adrefe eft au bureau .
No 357. Demande à emprunter 1000
1. fur une maison à Paris .
Elle produit 240 1. de rente ; on la
déclarera franche & quitte , & on payera
l'intérêt au dénier 20 .
L'adresse eft au bureau.
No 358. N. Demande à acheter une
DE DECEMBRE 281
maifon aux environs du Palais.
Qu'elle foit à porte cochere ou une
belle porte batarde ; on y mettra environ
L'adresse est au bureau.
30000
1.
No. 359. Ceintures de femmes ; fines,
* de faye , mêlées d'or & d'argent , à vendre.
Il y en a de differents prix , & de di-
- verfes couleurs ; ainfi qu'on en fera voir
au Bureau les échantillons .
1
• Nº, 360. Chaife de poste , comme
neuve , à vendre .
Elle eft doublée de velours , à ramige
, à refforts d'Espagne , Elle a coûté
d'hazard soo . livres , & n'a fait que le
voyage d'Alençon .
L'adresse est au bureau.
N° , 361. N. Demande à emprunter
1000. livres à dé eguer
,
fur des loyers
de maitons pour le remboursement.
L'adrelse est au bureau .
N°. 362. N. Demande à vendre une
maifon à Paris , ou à emprunter 3000.
livres à conflitution .
Elle eft nouvellement rébatie ,
prés de la place Maubert , & a êté acquife
par decret ; pour fûreté de l'emprunt
, on hypothequera ladite maifon
A a iis
282 LE MERCURE
que l'on déclarera franche & quitte ,
avec 20000 livres de principaux fur.
l'Hôtel de Ville .
*
L'adreffe eft au Bureau.
No. 394. Une Montre à vendre.
Elle eft de métal doré, cizelée, à grand
balancier ; émaille blanc , pour 55. liv.
Au Bureau.
No, 565. 7abatiere en étoile , garnie
de piéces d'or , & de chagrin vert , à
vendre.
Au Bureau.
No. 366. N. Demande à acheter des
foyers de marbres , des chambranles en
marbre & en pierre , avec des trumeaux
& gardes-feu do : és ou unis .
L'adreffe eft au Bureau.
No. 367. N. Demande à transporter
un Billet en forme de Quittances , fur
le Tréforier des menus de la Maifon du
Roy.
L'adreffe eft au Bur as.
No. 368. Affaire particuliere.
No. 369 N. Demande à acheter un
Caroffe coupé , ou une Berline à deux
petits fonds , ou coupée
On y mettra ufqu'à mille ou 1200. l-
L'atreffe eft au Bureau .
N°. 370. Chaife de pofte , à vendre.
DE DECEMBRE 283
Elle eft fur quatre rouës , pour 400 .
L'adreße eft au Bureau.
No. 371. Finic .
No. 372. Montre à vendre .
Elle cit de métal de Prince , à grand
balancier , à boëre de chagrin noir , piquée
de cloux d'or , chaine à l'Angloife
de même métal , pour
Au Bureau.
75. liv.
No. 373. Un Particulier demande une
perfonne qui veuille s'accommoder avec
lui , des prétentions qu'il a pour un
compte de tutelle , qui eft pendant au
Bailliage de Tours ; le rendant - compte
fe trouve reliquaraire de 90co . livres ,
& eft fort folvable .
L'adreße eft au Bureau.
N°. 374. Un beaufufil , comme neuf,
à garniture dorée , à vendre, pour 100. 1 .
An Bureau·
Nº . 375. N. Demande à placer 2500.
1vres , partie en billets de l'Etat , partie
en argent , à rendre dans les remps
convenus.
L'adreße eft an Bureau .
No. 376. & 377. Plufieurs piéces de
ruban rayé , mêlé d'argent fur gros
grains, de diverfes couleurs , & à differens
prix, à vendre les uns à 3. livres 5. fols S
284 LE MERCURE
1
*
l'aune , & les autres,à 2. livres 5. fols.
Au Bureau
No. 378. Finie.
No. 379. Un Particulier , Me & ancien
Marchand , demande à s'affocier
avec une perfonne , pour fabriquer des
draps hins.
L'a'reffe eft au bureau,
N° 380 N. Demande à acheter une
Charge d'Architecte ou autres , à conftitution
, au denier 255 ou àરે payer en
quittances de finances d'une autre
charge , liquidées.
L'adreße eft au bureau.
N° . 381. Un Particulier demande un
emploi dans un Bureau , ou place de
Secretaire , ou Gouverneur d'enfans de
Qualité ; il fçait écrire, felon les principes
du plus fçavant Maître de Paris , &
fçait auffi les Mathématiques.
L'adreffe eft an bureau.
N°. 382. N. Demande à tranſporter
des interêrs échûs & à échoir , d'uneCharge
(uprimée , & dont le remboursement
a êté liquidé.
L'adreffe eft au burean .
No. 383. Apartementgarni à loiter.
C'est dans la rue Maubué au Saint-
Efprit , chez Monfieur Marior.
DE DECEMBRE 285
L'ameublement eſt trés propre , & à
lamode : Il fournira la nourriture, fi on
le fouhaite .
N. 384. Une garniture de point , à
raifeau , avec les engagantes , à vendre.
Au bureau.
Nº . 385. Une Enſeigne de cuivre de
la bonne grandeur , reprefentant la Pro-´
vidence , à vendre . .
Au bureau,
No. 386. Une Garde d'épée fur cuivre
doré, à vendre ; elle eft comme neuve,
2. liv. 10, f.
Au bureau.
No. 387. Plufieurs pieces de dentelles
communes , à differens prix , à vendre
.
Au bureau.
Nº . 388. N. Demande à placer 30oo .
livres de billets de l'Etat , ou à acheter
pour ladite fomme, divers effets de rencontre.
L'adresse eft au bureau.
N. 389. Montre à vendre .
Elle eft de métal de Prince doré dans
fa boëte de même métal , cifelée , faite
par Jean Baillon , pour
An bureau.
75.
liv.
N°. 390. boutons de poignets , montés
en or , à vendre.
286 LE MERCURE
"
Ils font d'Angleterre , & garnis de
chiffres , couverts de criftaux taillez ,
pour
Au bureau.
25. liv.
N°. 391. Un brafselet de vermeil ,
avec un chiffre couronné de deux Anges
, à vendre , pour
Au burean.
10. liv.
No. 392. On demande un Caroffe
doublé de velours cramoifi, à quatre pla
ces , avec une catéche à cinq ou fix places
, avec un dais .
L'adresse est an bureau .
Fermer
4115
LISTE UNIVERSELLE. Du Bureau général d'Adresse & de Rencontre, où chacun peut donner & recevoir avis, de toutes les nécessités & commoditez de la vie & societé civile, remis en meilleur ordre qu'il n'a êté par le passé, pour l'utilité du Public. PAR PERMISSION DU ROY, Contenuë en ses Brévets, Arrêts du Conseil d'Etat, Déclarations, Privilege, Confirmations, Arrêts de la Cour, Sentences & Jugemens donnez en consequence.
4116
p. 286
AVIS AU PUBLIC.
Début :
Toutes les Reconnoissances, que le Bureau d'Adresse & de Rencontre délivrera [...]
Mots clefs :
Bureau d'adresse, Public
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS AU PUBLIC.
AVIS AU PUBLIC.
Outes les Reconnoiſſances , que le
Tou &
tre délivrera au Public , ne feront fignées
que de M. Prieur.
Outes les Reconnoiſſances , que le
Tou &
tre délivrera au Public , ne feront fignées
que de M. Prieur.
Fermer
4117
p. 286-296
Suplément au Journal de Paris.
Début :
Le Roy, aprés avoir assisté à tout l'Office de Noël, [...]
Mots clefs :
Orateur, Sermon, Abbé, Courtisan, Duchesse, Officiers, Duc d'Orléans, Princesse, Marquis, Hommes, Opéra, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suplément au Journal de Paris.
Suplément au Journal de Paris.
LoyedeNo , entendit le beau
E Roy, aprés avoir affifté à tout
,
Sermon du P. Surian de l'Oratoire ,
dont le compliment à S. M. fut trés
applaudi. Cet Orateur Evangélique lui
*
DE DECEMBRE. 287
appliqua hûreufement ces paroles de
Şalomon : Parvulus ego fum , afpice in
me , fecifti me regnare pro patre meo .
Le Roy pendant le Sermon êtoit affis
fur un fauteuil , ayant à fa droite M.
le Card. de Rohan Grand -Aumônier ,
Mrs les Abbez de la Vieuville , Milon
, Maulevrier , d'Argentré & Caulet
fes Aumôniers ; à fa gauche Mgr le
Duc du Maine , & derriere , M. le Duc
de Villeroy & M. de Frejus fon précepteur.
M. le Prince de Cellamaré
Ambaffadeur d'Efpagne étoit vis- àvis
S. M. , & M. le Card . de Polignac
fur la gauche du Prie- Dieu . Toute la
la Chapelle étoit remplie d'un grand
nombre de Courtifans. Madame la
Comteffe d'Egmont fit la quête , pendant
qu'on chantoit le Magnificat à
Vêpres.
>
Le 24 du même mois , veille de Noël ,
Madame , Ducheffe de Berry , fe rendit
à l'Eglife de Saint Sulpice fa
Paroiffe pour y entendre la
Grand'Meffe Elle y arriva à onze
heures & demie , & n'en fortit qu'à
deux : On avoit placé fon Prie- Dieu
au milieu du Chour ; où quarante de
fes Gardes étoient rangez en haye , le
288 * LE MERCURE
4
moufquet fur l'épaule : Au - devant du
prie- Dieu , fur la droite , êtoient M.
I'Archevêque de Tours , fon premier
Aumônier , M. l'Abbé de Rouget , M.
l'Abbé du Tremblé , M. l'Abbé d'Avejan
, & M. l'Abbé d'Anglade fes Aumôniers
, tous en Rochet. A la droite
de fon fauteuil , êtoit Madame la Ducheffe
de Saint Simon fa Dame d'honneur
, Meſdames les Marquifes de
Pons & de Mouchi , fes Dames datours ;
fur fa gauche , M. le Marquis de Cotenfao
fon Chevalier d'honneur , Mrs
le Chevalier d'Hautefort & Comte de
Rions fes premiers Ecuyers : Entre le
fauteuil & le prie Dieu , êtoient fur la
droite , Meldames les Marquifes d'Armentiers
& de Braffac ; fur la gauche,
Mefdames les Marquifes de Laval &
d'Arpajou , fes Dames du Palais : Derriere
fon fauteuil , êtot M. le Marquis
de la Rochefoucault fon Capitaine des
Gardes , & les autres Officiers de fa
Maifon Cette Princeffe alla à l'Offrande
, & donna dix Louis : Elle fit
de grandes libéralitez aux Quêteufes :
Madame de Courtemer y fit la quêre,
& M. le Duc de la Force y rendit les
Pains benits , qui furent portez avec
-
beaucoup
DE DECEMBRE. 289
beaucoup de folennité , accompagnez
de huit Haubois , fix Trompettes &
Timbales. La Grand'Meffe & Laudes
finies , cette Princeffe s'en retourna à
fon Pa'ais du Luxembourg ; efcortée
de fes Gardes du Corps , & de fes cent
Suiffes , dont le Tambour batit aux
champs , en entrant & fortant de l'Eglife
: Cette Princeffe alla le jour de
Noël entendre les Vêpres & le Salut
aux Carmelites de la rue Grenelle.
Le mêmejour Mer le Duc d'Orleans
alla entendre Matines & les trois Meffes
aux Peres de l'Oratoire de la rue
S. Honoré , précedé de M. l'Abbé Saucroix
fon Aumônier en quartier & du
reite de fa Chapelle accompagné
de M's les Marquis de la Fare, d'Etampes
, Capitaine des Gardes ; de M.
le Marquis de Simiane fon premier
Gentilhomme , & du refte de fa Maifon
Ce Prince fe rendit le jour de
Noël à l'Eglife de S. Eustache fa Pa-
Toiffe pour y entendre la grande Meſſe,
MADAME s'y rendit auffi , ayant communié
par les mains de M. de Magnas
fon premier Aumônier : Cette Princeffe
avoit à fa droite M. l'Abbé de Belle-
Fontaine , M. l'Abbé de Verthamon
& M. l'Abbé de la Gerle fes Aumôniers
en Rochet . Madame la Ducheſſe de
D.cembre 1717.
Bb
:
290 LE MERCURE
Brancas fa Dame d'honneurs , Madame
de Chateautiers fa Dame d'atour , M.
le Comte de Mortagne fon Chevalier
d'honneur , & M. le Comte de Simiane
fon premier Ecuyer. Le même
jour , ce Prince & Madame allérent à
1'Eglife entendre les Vêpres & le
Salut.
Le 25. Madame la Ducheffe de
Berry a fait M. le Marquis de Jars la
Roche- Chouart , Major dans fes Gardes
; cette Princeffe a fait aufli donner
un Jufte- au-corps de Brévet d'entrée
chez le Roy, à M. le Marquis de Ryons
Lieutenant de fes Gardes , & Gouverneur
de Cognac.
Toute la Nobleffe de Bretagne fe
conforme aux ordres dn Roy : Elle
envoye deux Députez à S. M. pour
lui faire fes foûmiffions.
On a appris que les Etats de Languedoc
voulant témoigner leur zele
& leur empreffement pour le fervice
du Roy , & fubvenir aux befoins de
l'Etat. , avoient accordé le 14 de ce
'mois d'un commun confentement , le
don gratuit ordinaire. Ils fupplioient
en même tems S. M. de leur conferver
M. de Bafville qui leur eft fort cher ,
& tout à fait néceffaire par fa pru
dence , & par la connoiffance qu'il a
DE DECEMBRE. 291
des affaires de la Province .
· M. l'Abbé Dubois eft reparti depuis
quelques jours pour l'Angleterre.
La Cour a envoyé des Lettres circulaires
aux Infpecteurs des Troupes ,
pour qu'ils ûffent à envoyers leur avis
par écrit , fur la réfolution où l'on eſt
d'augmenter l'Infanterie de Jo hommes
par Compagnie , & la Cavalerie
de Maîtres .
S
M. d'Ofier célébre Généalogifte , a
cédé tous fes Livres & fes Manufcrits
à la Biblioteque du Roy ; ' moyennant
une Penfion de 2000 livres, fa vie du
rant.
On va commencer inceffament l'Im
preffion des Vies des hommes illuftres
de Plutarque , revûës fur le manufcrit ,
& traduites en françois avec des remarques
hiftoriques & critiques , & le
Suplément des comparaifons qui ont
êté perdues . On décorera cet Ouvrage
des Têtes gravées d'aprés les Anti -
ques du Cabinet du Roy , ou autres
Monumens anciens , avec un indice
général de toutes les matiéres , par M.
Dacier de l'Académie Royale des Infcriptions
& belles Lettres , Sécrétaire
perpétuel de l'Académie Françoife ,
& Garde des Livres du Cabinet du
Roy , en VIII . Vol . In quarto , Ou-
B bij
192 LEMERCURE
vrage propofé , par foufcription.
On s'adreffera pour les foufcriptions
anx Libraires ici défignés : A Rome
chez J. B. Andreoli , à Leipfix ,
chez Thomas Fritch , à Londres , chez
Paul Vaillant ; à Léïde , chez P. Vander
Aa ; à la Haye , chez Henry du
Sauzer ; à Bruxelles ; chez F. Foppens;
à Lyon , chez Antoine Boudet ; à
Renres , chez Joſeph Vatart à Tou-
Joufe , chez Jean Tenne ; & à Paris ,
•hez Antoine Urbain Coutelier
Il y a quelques jours que l'on apprit 11
que le Courier revenant d'Espagne
avoit êté arrêté ; qu'on avoit enlevé de
la male deux paquets de Lettres , l'un
pour la Cour , & l'autre , pour l'Italie ,
& qu'on n'avoit point touché aux Lettres
des particuliers.
Les Lettres de Cadix du 7 , portent
que le Vaiffeau l'Hermione étoit entré
dans ce Port , avec prés de 40 millions,
dont 20 en lingois , & le refte en
Cochenilles & en differentes marchandifes
de prix. Ellesajoutent que la Flote
des Indes êroit abordée à la Havanne .
& qu'elle devoit arriver inceffament à
Cadix fort richement chargée.
Madame Ducheffe de Berry , ayant
dans fa Maifon une Charge de Maître
de fa Garde- Robe , qui n'avoit pas
DE DECEMBRE..: 293
efté remplie jufqu'alors , vient d'en
gratifier M. de Bonnivet Capitaine
dans le Régiment de Cavalerie de la
Tremoille Certe Princeffe y a attribué
peu de fonctions ; mais , des appointemens
affez confidérables ; &
cela , en confidération de la naiffance
illuftre de M. Gouffier , Marquis de
Bonnivet , forri de l'une des plus an
ciennes Maifons de Poitou , fi féconde
en grands hommes. -
Le 26 , Madame du Guefclin Cha-.-
noineffe de Miremont , manqua d'être
affaffinée par un Laquais qui la fervoir ..
Il s'êtoit caché fous fon lit , & dans le
tems qu'il la crut endormie , il eftoit
prêt à la percer d'un coup d'épée , lorfque
cette Dame ayant fenti une maint
qui la touchoit , elle fe leva précipi
tament farfon féant , & ayant préfenté
fes mains au devant , elle ûr le bon- :
heur d'empoigner l'épée , & en ayant
gagné le fort,elle ût l'adreffe de def
armer ce fripon , & aïant crié auffitor
aufecours ; elle ût encore la bonté de
kui dire de fe fauver . On prétend que
fa fille de Chambre & ce malhûreux
êtoient d'intelligence pour lui ôter la
vie , & enfuite la voler ; ils font l'un
& l'autre en prifon.
On commence à avoir des indices .
B biij
294 LE MERCURE
-
"
prefque certains de l'Auteur de la
mort de M. l'Abbé de Bonneuil & de
fon Valet. On ne doute plus préfentement
que ce ne foit un nommé Ruelle
, ci- devanr Soldat au Garde , qui
feul a commis ce meurtre. Il eft conf
tant qu'il n'en vouloit qu'au Domeftique
duquel il eftoit ami ; & croyant
avoir le tems, aprés s'en eftre défait, de
faire fa main; mais , comme je l'ai déja
remarqué , l'Abbé eftant arrivé plûtor:
que ce Scélérat n'avoit compté, il fe déermina
fur le champ de le tuer ; & en
teffet , il y a toute apparence que le
Maître eftant entré fans aucune défiance,
il lui affena un coup de lévier fur la
tête dont il l'étourdit , & l'acheva enfuite
: Aprés quoy,il fe retira avec un fac
de 1000 l , une Tabatiere & une Montre
d'or , qu'il remit le lendemain matin
aprés bien des allées & venues à l'Epoufe
du Valet qu'il avoit affaffiné ::
On a des preuves certaines de ce faits,
la femme eft en prifon , & l'on vient
d'apprendre queRuele eftant fur le point
d'eftre arrefté par deux Exempts qui:
l'avoient fuivi à Bar- le- Duc , s'eftoit
plongé un Poignard dans le coeur dont
il est mort. Le fcellé que l'on avoit
d'abord appofé fur toutes les Armoires
& Commodes de M. l'Abbé de BonDE
DECEMBR.E. 195
neuil a efté levé ; on y a encore trouvé
1400 liv . en espéces.
Le 29. l'Opera ouvrit pour la premiere
fois le Bal, tel qu'il s'eft donné
les années précedentes , il continuera
à l'ordinaire. M. Dancourt prépare une
petite Comédie , fous le titre de la Déroute
du Pharaon .
On s'eft mépris dans le Mercure de:
Novembre , lorsqu'on a avancé , que le
Roy d'Espagne avoit exilé le Duc de Linarés
; c'eſt le Duc d'Eſcalona , Grand
Maître de la Maifon du Roy , Chevalier
de la Toifon d'Or , & ci- devant
Vice- Roy de Naples : Il paffe pour un
des plus fçavans hommes de l'Efpagne ;
comme fon exil ne provenoit que de
quelques formalitez du Palais touchant
fa Charge , il ne faut pas être furpris,
fi S. M. C. la rapellé bien- tôt , & fi elle
l'a comblé d'honneurs & de careffes à
fon arrivée , auffi bien que le Comte de
Montijo , qui avoit êté éloigné de la
Cour , pour avoir toleré quelques - uns
de fes Domeftiques furpris en contrebande
.
Feu M. le Noble aïant compofé plufieurs
ouvrages qu'il a fait imprimer
par differents Libraires ; ce qui les rend
trés-rares ; M.. Ribou a crû faire plaifir
au Public de les ramaffer enſemble , &
296
DE
DECEMBRE
d'en donner une nouvelle Edition , fans
aucun retranchement, que de quelques
piéces qui ont paru fous fon nom avant
fa mort , & qui ne font pas de lui.
LoyedeNo , entendit le beau
E Roy, aprés avoir affifté à tout
,
Sermon du P. Surian de l'Oratoire ,
dont le compliment à S. M. fut trés
applaudi. Cet Orateur Evangélique lui
*
DE DECEMBRE. 287
appliqua hûreufement ces paroles de
Şalomon : Parvulus ego fum , afpice in
me , fecifti me regnare pro patre meo .
Le Roy pendant le Sermon êtoit affis
fur un fauteuil , ayant à fa droite M.
le Card. de Rohan Grand -Aumônier ,
Mrs les Abbez de la Vieuville , Milon
, Maulevrier , d'Argentré & Caulet
fes Aumôniers ; à fa gauche Mgr le
Duc du Maine , & derriere , M. le Duc
de Villeroy & M. de Frejus fon précepteur.
M. le Prince de Cellamaré
Ambaffadeur d'Efpagne étoit vis- àvis
S. M. , & M. le Card . de Polignac
fur la gauche du Prie- Dieu . Toute la
la Chapelle étoit remplie d'un grand
nombre de Courtifans. Madame la
Comteffe d'Egmont fit la quête , pendant
qu'on chantoit le Magnificat à
Vêpres.
>
Le 24 du même mois , veille de Noël ,
Madame , Ducheffe de Berry , fe rendit
à l'Eglife de Saint Sulpice fa
Paroiffe pour y entendre la
Grand'Meffe Elle y arriva à onze
heures & demie , & n'en fortit qu'à
deux : On avoit placé fon Prie- Dieu
au milieu du Chour ; où quarante de
fes Gardes étoient rangez en haye , le
288 * LE MERCURE
4
moufquet fur l'épaule : Au - devant du
prie- Dieu , fur la droite , êtoient M.
I'Archevêque de Tours , fon premier
Aumônier , M. l'Abbé de Rouget , M.
l'Abbé du Tremblé , M. l'Abbé d'Avejan
, & M. l'Abbé d'Anglade fes Aumôniers
, tous en Rochet. A la droite
de fon fauteuil , êtoit Madame la Ducheffe
de Saint Simon fa Dame d'honneur
, Meſdames les Marquifes de
Pons & de Mouchi , fes Dames datours ;
fur fa gauche , M. le Marquis de Cotenfao
fon Chevalier d'honneur , Mrs
le Chevalier d'Hautefort & Comte de
Rions fes premiers Ecuyers : Entre le
fauteuil & le prie Dieu , êtoient fur la
droite , Meldames les Marquifes d'Armentiers
& de Braffac ; fur la gauche,
Mefdames les Marquifes de Laval &
d'Arpajou , fes Dames du Palais : Derriere
fon fauteuil , êtot M. le Marquis
de la Rochefoucault fon Capitaine des
Gardes , & les autres Officiers de fa
Maifon Cette Princeffe alla à l'Offrande
, & donna dix Louis : Elle fit
de grandes libéralitez aux Quêteufes :
Madame de Courtemer y fit la quêre,
& M. le Duc de la Force y rendit les
Pains benits , qui furent portez avec
-
beaucoup
DE DECEMBRE. 289
beaucoup de folennité , accompagnez
de huit Haubois , fix Trompettes &
Timbales. La Grand'Meffe & Laudes
finies , cette Princeffe s'en retourna à
fon Pa'ais du Luxembourg ; efcortée
de fes Gardes du Corps , & de fes cent
Suiffes , dont le Tambour batit aux
champs , en entrant & fortant de l'Eglife
: Cette Princeffe alla le jour de
Noël entendre les Vêpres & le Salut
aux Carmelites de la rue Grenelle.
Le mêmejour Mer le Duc d'Orleans
alla entendre Matines & les trois Meffes
aux Peres de l'Oratoire de la rue
S. Honoré , précedé de M. l'Abbé Saucroix
fon Aumônier en quartier & du
reite de fa Chapelle accompagné
de M's les Marquis de la Fare, d'Etampes
, Capitaine des Gardes ; de M.
le Marquis de Simiane fon premier
Gentilhomme , & du refte de fa Maifon
Ce Prince fe rendit le jour de
Noël à l'Eglife de S. Eustache fa Pa-
Toiffe pour y entendre la grande Meſſe,
MADAME s'y rendit auffi , ayant communié
par les mains de M. de Magnas
fon premier Aumônier : Cette Princeffe
avoit à fa droite M. l'Abbé de Belle-
Fontaine , M. l'Abbé de Verthamon
& M. l'Abbé de la Gerle fes Aumôniers
en Rochet . Madame la Ducheſſe de
D.cembre 1717.
Bb
:
290 LE MERCURE
Brancas fa Dame d'honneurs , Madame
de Chateautiers fa Dame d'atour , M.
le Comte de Mortagne fon Chevalier
d'honneur , & M. le Comte de Simiane
fon premier Ecuyer. Le même
jour , ce Prince & Madame allérent à
1'Eglife entendre les Vêpres & le
Salut.
Le 25. Madame la Ducheffe de
Berry a fait M. le Marquis de Jars la
Roche- Chouart , Major dans fes Gardes
; cette Princeffe a fait aufli donner
un Jufte- au-corps de Brévet d'entrée
chez le Roy, à M. le Marquis de Ryons
Lieutenant de fes Gardes , & Gouverneur
de Cognac.
Toute la Nobleffe de Bretagne fe
conforme aux ordres dn Roy : Elle
envoye deux Députez à S. M. pour
lui faire fes foûmiffions.
On a appris que les Etats de Languedoc
voulant témoigner leur zele
& leur empreffement pour le fervice
du Roy , & fubvenir aux befoins de
l'Etat. , avoient accordé le 14 de ce
'mois d'un commun confentement , le
don gratuit ordinaire. Ils fupplioient
en même tems S. M. de leur conferver
M. de Bafville qui leur eft fort cher ,
& tout à fait néceffaire par fa pru
dence , & par la connoiffance qu'il a
DE DECEMBRE. 291
des affaires de la Province .
· M. l'Abbé Dubois eft reparti depuis
quelques jours pour l'Angleterre.
La Cour a envoyé des Lettres circulaires
aux Infpecteurs des Troupes ,
pour qu'ils ûffent à envoyers leur avis
par écrit , fur la réfolution où l'on eſt
d'augmenter l'Infanterie de Jo hommes
par Compagnie , & la Cavalerie
de Maîtres .
S
M. d'Ofier célébre Généalogifte , a
cédé tous fes Livres & fes Manufcrits
à la Biblioteque du Roy ; ' moyennant
une Penfion de 2000 livres, fa vie du
rant.
On va commencer inceffament l'Im
preffion des Vies des hommes illuftres
de Plutarque , revûës fur le manufcrit ,
& traduites en françois avec des remarques
hiftoriques & critiques , & le
Suplément des comparaifons qui ont
êté perdues . On décorera cet Ouvrage
des Têtes gravées d'aprés les Anti -
ques du Cabinet du Roy , ou autres
Monumens anciens , avec un indice
général de toutes les matiéres , par M.
Dacier de l'Académie Royale des Infcriptions
& belles Lettres , Sécrétaire
perpétuel de l'Académie Françoife ,
& Garde des Livres du Cabinet du
Roy , en VIII . Vol . In quarto , Ou-
B bij
192 LEMERCURE
vrage propofé , par foufcription.
On s'adreffera pour les foufcriptions
anx Libraires ici défignés : A Rome
chez J. B. Andreoli , à Leipfix ,
chez Thomas Fritch , à Londres , chez
Paul Vaillant ; à Léïde , chez P. Vander
Aa ; à la Haye , chez Henry du
Sauzer ; à Bruxelles ; chez F. Foppens;
à Lyon , chez Antoine Boudet ; à
Renres , chez Joſeph Vatart à Tou-
Joufe , chez Jean Tenne ; & à Paris ,
•hez Antoine Urbain Coutelier
Il y a quelques jours que l'on apprit 11
que le Courier revenant d'Espagne
avoit êté arrêté ; qu'on avoit enlevé de
la male deux paquets de Lettres , l'un
pour la Cour , & l'autre , pour l'Italie ,
& qu'on n'avoit point touché aux Lettres
des particuliers.
Les Lettres de Cadix du 7 , portent
que le Vaiffeau l'Hermione étoit entré
dans ce Port , avec prés de 40 millions,
dont 20 en lingois , & le refte en
Cochenilles & en differentes marchandifes
de prix. Ellesajoutent que la Flote
des Indes êroit abordée à la Havanne .
& qu'elle devoit arriver inceffament à
Cadix fort richement chargée.
Madame Ducheffe de Berry , ayant
dans fa Maifon une Charge de Maître
de fa Garde- Robe , qui n'avoit pas
DE DECEMBRE..: 293
efté remplie jufqu'alors , vient d'en
gratifier M. de Bonnivet Capitaine
dans le Régiment de Cavalerie de la
Tremoille Certe Princeffe y a attribué
peu de fonctions ; mais , des appointemens
affez confidérables ; &
cela , en confidération de la naiffance
illuftre de M. Gouffier , Marquis de
Bonnivet , forri de l'une des plus an
ciennes Maifons de Poitou , fi féconde
en grands hommes. -
Le 26 , Madame du Guefclin Cha-.-
noineffe de Miremont , manqua d'être
affaffinée par un Laquais qui la fervoir ..
Il s'êtoit caché fous fon lit , & dans le
tems qu'il la crut endormie , il eftoit
prêt à la percer d'un coup d'épée , lorfque
cette Dame ayant fenti une maint
qui la touchoit , elle fe leva précipi
tament farfon féant , & ayant préfenté
fes mains au devant , elle ûr le bon- :
heur d'empoigner l'épée , & en ayant
gagné le fort,elle ût l'adreffe de def
armer ce fripon , & aïant crié auffitor
aufecours ; elle ût encore la bonté de
kui dire de fe fauver . On prétend que
fa fille de Chambre & ce malhûreux
êtoient d'intelligence pour lui ôter la
vie , & enfuite la voler ; ils font l'un
& l'autre en prifon.
On commence à avoir des indices .
B biij
294 LE MERCURE
-
"
prefque certains de l'Auteur de la
mort de M. l'Abbé de Bonneuil & de
fon Valet. On ne doute plus préfentement
que ce ne foit un nommé Ruelle
, ci- devanr Soldat au Garde , qui
feul a commis ce meurtre. Il eft conf
tant qu'il n'en vouloit qu'au Domeftique
duquel il eftoit ami ; & croyant
avoir le tems, aprés s'en eftre défait, de
faire fa main; mais , comme je l'ai déja
remarqué , l'Abbé eftant arrivé plûtor:
que ce Scélérat n'avoit compté, il fe déermina
fur le champ de le tuer ; & en
teffet , il y a toute apparence que le
Maître eftant entré fans aucune défiance,
il lui affena un coup de lévier fur la
tête dont il l'étourdit , & l'acheva enfuite
: Aprés quoy,il fe retira avec un fac
de 1000 l , une Tabatiere & une Montre
d'or , qu'il remit le lendemain matin
aprés bien des allées & venues à l'Epoufe
du Valet qu'il avoit affaffiné ::
On a des preuves certaines de ce faits,
la femme eft en prifon , & l'on vient
d'apprendre queRuele eftant fur le point
d'eftre arrefté par deux Exempts qui:
l'avoient fuivi à Bar- le- Duc , s'eftoit
plongé un Poignard dans le coeur dont
il est mort. Le fcellé que l'on avoit
d'abord appofé fur toutes les Armoires
& Commodes de M. l'Abbé de BonDE
DECEMBR.E. 195
neuil a efté levé ; on y a encore trouvé
1400 liv . en espéces.
Le 29. l'Opera ouvrit pour la premiere
fois le Bal, tel qu'il s'eft donné
les années précedentes , il continuera
à l'ordinaire. M. Dancourt prépare une
petite Comédie , fous le titre de la Déroute
du Pharaon .
On s'eft mépris dans le Mercure de:
Novembre , lorsqu'on a avancé , que le
Roy d'Espagne avoit exilé le Duc de Linarés
; c'eſt le Duc d'Eſcalona , Grand
Maître de la Maifon du Roy , Chevalier
de la Toifon d'Or , & ci- devant
Vice- Roy de Naples : Il paffe pour un
des plus fçavans hommes de l'Efpagne ;
comme fon exil ne provenoit que de
quelques formalitez du Palais touchant
fa Charge , il ne faut pas être furpris,
fi S. M. C. la rapellé bien- tôt , & fi elle
l'a comblé d'honneurs & de careffes à
fon arrivée , auffi bien que le Comte de
Montijo , qui avoit êté éloigné de la
Cour , pour avoir toleré quelques - uns
de fes Domeftiques furpris en contrebande
.
Feu M. le Noble aïant compofé plufieurs
ouvrages qu'il a fait imprimer
par differents Libraires ; ce qui les rend
trés-rares ; M.. Ribou a crû faire plaifir
au Public de les ramaffer enſemble , &
296
DE
DECEMBRE
d'en donner une nouvelle Edition , fans
aucun retranchement, que de quelques
piéces qui ont paru fous fon nom avant
fa mort , & qui ne font pas de lui.
Fermer
4118
p. 296-298
ARTICLE DES MORTS.
Début :
Dame Marie de Comans d'Astrie veuve de Mre Jean Roüillé Comte [...]
Mots clefs :
Comte, Conseiller d'État, Dame, Décès, Veuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DES MORTS.
ARTICLE DES MORTS.
Ame Marie de Comans d'Aftrie
veuve de MreJean RoüilléComte
de Meflay , Confeiller d'Etat ordinaie
mourut le 30. Novembre 1717 :
Elle eftoit fille de Thomas , de Commans
d'Aftrie , Maitre d'Hôtel ordinaire
du Roy , & de Jeanne Forger ,
& elle a eu pour enfans, feu Jean Baptifte
Rouillé , Comte de Melay
Confeiller au Parlement , mort de-
>
puis peu , laiffant pour fils unique de
fon mariage avec feue Anne Catherine
de la Briffe , Anne Jean Rouillé , Comte
de Mellay , Confeiller au Parlement ,
Marie-Anne Rouillé , mariée le 21 .
Decembre
1677 , avec Charles Denis
de Bullion , Marquis de Gallardon ,
Prevoft de Paris , & Gouverneur
des Provinces du Maine , Perche , &
Comté de Laval , morte le 29. Seprembre
1714 , Marguerite
Therefe-
Rouillé , Marieé 1les . May 1687 ,
avec Jean- Baptifte-François de Noail -
les , Marquis de Noailles , &de MorrDE
DECEMBRE. 297
telar Lieutenant General au Gouverne
nent de la Haute Auvergne , &
Marechal des Camps & Armeés du
Roy , 29. leo. Mars 1702 , à Jean
Armand du Pleffis de Vignerod Duc
de Richelieu , Pair de France Chevalier
des ordres du Roy , & Elifabeth
Rouillé , Marieé le 2. Septembre
1683 à Etienne Jean Bouchet Marq. de
Leffart , alors Confeiller au Parlement
de Metz , depuis Maître des Requê→
tes & Confeiller d'Etat.
Mre Pierre de Bragelongne Préfident
honoraire aux Enquestes du Parlement
de Bretagne , où il avoit esté receu dés
l'an 1683 , mourut les Nov. 1717 , il
eftoit fils de Pierre de Bragelongne
Treforier General de l'ordinaire des
uerres , & deClaude delaCour: Il avoit
époufé Marie de Gaumont , foeur de
Mr de Gaumont à préfent Maiftre des
des Requeſtes , & de ce Mariage il ne
luy eftoit resté que Marie Catherine
de Braguelongne , Marieé, en 1709
à Michel Chauvin , Confeiller au Parlement
& Conf. aux Req. du Palais,
mort peu de temps aprésfon Mariage.
Meffire Eftienne Baudouin , Con--
feillier Honoraire de la Grande
Chambré du Parlement de Paris ,
mourut le se Decembre àAthis âgé de
198 LE MERCURE
3 ans , fans eftre marié.
Dame Louife Diane Dauvet des Ma
refts veuve de Mre Gafpard de Caftille
Marquis de Monjeu Baron de
Dracy, mourut le 7. Decembre , laiffant
pour fille unique Marie Louife Chriftine
de Caftille , marieé avec Anne
Marie Jofeph de Lorraine Prince de
Harcourt Madame de Caftille eftoit
Tante de Mr le Comte des Maretts
Grand Fauconier de France .
De Angelique Bellier de Plabuiffon
femme de Mre Ifidore Lotin Chevalier
Seigneur de Charny , Confeiller Honoraire
au Grand Confeil mourut le 10:
Decembre
Ame Marie de Comans d'Aftrie
veuve de MreJean RoüilléComte
de Meflay , Confeiller d'Etat ordinaie
mourut le 30. Novembre 1717 :
Elle eftoit fille de Thomas , de Commans
d'Aftrie , Maitre d'Hôtel ordinaire
du Roy , & de Jeanne Forger ,
& elle a eu pour enfans, feu Jean Baptifte
Rouillé , Comte de Melay
Confeiller au Parlement , mort de-
>
puis peu , laiffant pour fils unique de
fon mariage avec feue Anne Catherine
de la Briffe , Anne Jean Rouillé , Comte
de Mellay , Confeiller au Parlement ,
Marie-Anne Rouillé , mariée le 21 .
Decembre
1677 , avec Charles Denis
de Bullion , Marquis de Gallardon ,
Prevoft de Paris , & Gouverneur
des Provinces du Maine , Perche , &
Comté de Laval , morte le 29. Seprembre
1714 , Marguerite
Therefe-
Rouillé , Marieé 1les . May 1687 ,
avec Jean- Baptifte-François de Noail -
les , Marquis de Noailles , &de MorrDE
DECEMBRE. 297
telar Lieutenant General au Gouverne
nent de la Haute Auvergne , &
Marechal des Camps & Armeés du
Roy , 29. leo. Mars 1702 , à Jean
Armand du Pleffis de Vignerod Duc
de Richelieu , Pair de France Chevalier
des ordres du Roy , & Elifabeth
Rouillé , Marieé le 2. Septembre
1683 à Etienne Jean Bouchet Marq. de
Leffart , alors Confeiller au Parlement
de Metz , depuis Maître des Requê→
tes & Confeiller d'Etat.
Mre Pierre de Bragelongne Préfident
honoraire aux Enquestes du Parlement
de Bretagne , où il avoit esté receu dés
l'an 1683 , mourut les Nov. 1717 , il
eftoit fils de Pierre de Bragelongne
Treforier General de l'ordinaire des
uerres , & deClaude delaCour: Il avoit
époufé Marie de Gaumont , foeur de
Mr de Gaumont à préfent Maiftre des
des Requeſtes , & de ce Mariage il ne
luy eftoit resté que Marie Catherine
de Braguelongne , Marieé, en 1709
à Michel Chauvin , Confeiller au Parlement
& Conf. aux Req. du Palais,
mort peu de temps aprésfon Mariage.
Meffire Eftienne Baudouin , Con--
feillier Honoraire de la Grande
Chambré du Parlement de Paris ,
mourut le se Decembre àAthis âgé de
198 LE MERCURE
3 ans , fans eftre marié.
Dame Louife Diane Dauvet des Ma
refts veuve de Mre Gafpard de Caftille
Marquis de Monjeu Baron de
Dracy, mourut le 7. Decembre , laiffant
pour fille unique Marie Louife Chriftine
de Caftille , marieé avec Anne
Marie Jofeph de Lorraine Prince de
Harcourt Madame de Caftille eftoit
Tante de Mr le Comte des Maretts
Grand Fauconier de France .
De Angelique Bellier de Plabuiffon
femme de Mre Ifidore Lotin Chevalier
Seigneur de Charny , Confeiller Honoraire
au Grand Confeil mourut le 10:
Decembre
Fermer
4119
p. 298
MARIAGES.
Début :
Le 23 Decembre, Messire Pierre-Jean Romanet, Conseiller au Parlement, a [...]
Mots clefs :
Messire, Conseiller au Parlement, Blessure, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Le 23 Decembre, Meffire Pierre- Jean
Romaner , Confeiller au Parlement , a
époufe Dfelle M.Charlo . d'Eftrades, fille
de Mre Godefroi Louis Com.d'Eftrades
Gén.des Arm du Roi, Maire perpétuel , &
Gouv.delaVillede Bordeaux , quieftmort
de fes bleffures la derniere Campagne
de Hongrie ; & de Dame Charlotte le
Normand.
Le 23 Decembre, Meffire Pierre- Jean
Romaner , Confeiller au Parlement , a
époufe Dfelle M.Charlo . d'Eftrades, fille
de Mre Godefroi Louis Com.d'Eftrades
Gén.des Arm du Roi, Maire perpétuel , &
Gouv.delaVillede Bordeaux , quieftmort
de fes bleffures la derniere Campagne
de Hongrie ; & de Dame Charlotte le
Normand.
Fermer
4120
p. 298-299
NOUVELLES DIVERSES.
Début :
Le Nonce du pape a êté obligé de sortir de Naples, par Ordre [...]
Mots clefs :
Nonce du Pape, Cardinal, Prince de Galles, Honneurs, Seigneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES DIVERSES.
NOUVELLES DIVERSES.
E Nonce du Pape a êté obligé de
fortir de Naples , par Ordre de
P'Empereur en 24 heures , & de tout
PEtat en 48 : Le Cardinal Nuzzi eft
DE DECEMBRE. 299
mort , il laiffe un troifiéme Chapeau
vacant.
Le Prince de Galles qui s'étoit retiré
avec la Princeffe fon époufe chez le
Comte de Grantham , eft rentré en
grace avec S. Majefté : Le different que
ce Prince avoit û avec le Duc de Neucaftle
, au fujet du Batême du jeune
Prince , ayant êté terminé à l'amiable.
Le Prince Ragotski a êté reçû à Conftantinople
, avec les mêmes honneurs
qu'on auroit pû rendre au Grand Seigneur
même."
E Nonce du Pape a êté obligé de
fortir de Naples , par Ordre de
P'Empereur en 24 heures , & de tout
PEtat en 48 : Le Cardinal Nuzzi eft
DE DECEMBRE. 299
mort , il laiffe un troifiéme Chapeau
vacant.
Le Prince de Galles qui s'étoit retiré
avec la Princeffe fon époufe chez le
Comte de Grantham , eft rentré en
grace avec S. Majefté : Le different que
ce Prince avoit û avec le Duc de Neucaftle
, au fujet du Batême du jeune
Prince , ayant êté terminé à l'amiable.
Le Prince Ragotski a êté reçû à Conftantinople
, avec les mêmes honneurs
qu'on auroit pû rendre au Grand Seigneur
même."
Fermer
4121
p. 299-[300]
TABLE DES MATIERES.
Début :
Avant-Propos. Examen des Transpositions permises ou défenduës dans le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES MATIERES.
TABLE DES MATIERES.
A
Vant- Propos .
Examen des
Tranfpofitions permifes
ou défendues dans le ftilePoetique,
par le P. du C ,
Imma Conte ,
P. 7
73
レ
TABLE.
77
79
Fragment d'une Lettre de M.PAbbé
de C. à M. le Marq. de ..
Peur de Cupidon, Fable Anacr.à Mlle
Quinaut , par M. Fuselier ,
Diffection du Crane d'un petit Maît. 80
Anatomie du Coeur d'une Coquette , 87
Mem. du Sr de Villars concernant une
Eau de fa compofition qu'il qualifie
Remede Univerfel ,
Lettre d'une Dame fur la perfidie de
fon mari ,
Nouvelles Etrangeres ,
Deuxième Let . en Vers d'Héloïfe à
94
135
143
Abailard, par M. de Beauchamp, 168
Enigmes
Chanfon ,
183
184
185
Journal de Paris , qui commence par
l'Eloge de feu M. Santerre ,
Les Dieux Comédiens , 209
Fragment d'une Let . de M. Areskin
Confeiller Medecin , & non Chambellan
duCzar,àM ľ AbbéBignon215
Premiere Lifte du Bureau d'Adreſſe
de Rencontre , précédée d'un
Avant-propos , le tout envoyé à
l'Auteur du Mercure ,
236
Affaffinat de M. l'Abbé de Bonneuil,
207293
Morts.
Mariage..
Suplément au Journal de Paris,
Nouvelles div.rfes ,``
296
299
300
A
Vant- Propos .
Examen des
Tranfpofitions permifes
ou défendues dans le ftilePoetique,
par le P. du C ,
Imma Conte ,
P. 7
73
レ
TABLE.
77
79
Fragment d'une Lettre de M.PAbbé
de C. à M. le Marq. de ..
Peur de Cupidon, Fable Anacr.à Mlle
Quinaut , par M. Fuselier ,
Diffection du Crane d'un petit Maît. 80
Anatomie du Coeur d'une Coquette , 87
Mem. du Sr de Villars concernant une
Eau de fa compofition qu'il qualifie
Remede Univerfel ,
Lettre d'une Dame fur la perfidie de
fon mari ,
Nouvelles Etrangeres ,
Deuxième Let . en Vers d'Héloïfe à
94
135
143
Abailard, par M. de Beauchamp, 168
Enigmes
Chanfon ,
183
184
185
Journal de Paris , qui commence par
l'Eloge de feu M. Santerre ,
Les Dieux Comédiens , 209
Fragment d'une Let . de M. Areskin
Confeiller Medecin , & non Chambellan
duCzar,àM ľ AbbéBignon215
Premiere Lifte du Bureau d'Adreſſe
de Rencontre , précédée d'un
Avant-propos , le tout envoyé à
l'Auteur du Mercure ,
236
Affaffinat de M. l'Abbé de Bonneuil,
207293
Morts.
Mariage..
Suplément au Journal de Paris,
Nouvelles div.rfes ,``
296
299
300
Fermer
4122
p. 155-156
ENIGME.
Début :
Depuis un trés long-tems je suis fort à la mode, [...]
Mots clefs :
Loterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
D Epuis un trés long-tems jeſuisfort
à la mode
Les ans ne m'oftent rien de tous mes
agrémens.
Paroiffant d'un accés &facile , & comsmode
>
On têmoigne pour moi de grands empreffemens
:
Le Peuple & les Seigneurs , même jufques
au Roy ,
Se font fait un plaifir de s'occuper de
moi :
En habile Coquette amusant d'efperance
,
Je fouffre que pour moi l'on se mette
en dépense ;
Quoi qu'à peu de Mortels je livre
mes faveurs :
Sans craindre des Rivaux les jaloufes
fureurs ,
136
LE MERCURE
Souvent je donne plus à qui le moins
me donne :
Mes partifans trompés , font que l'on
m'abandonne.
On murmure , on ſe plaint ; mais aux
moindres bienfais ,
On oublie aifément tous les maux que
j'ai fais.
D Epuis un trés long-tems jeſuisfort
à la mode
Les ans ne m'oftent rien de tous mes
agrémens.
Paroiffant d'un accés &facile , & comsmode
>
On têmoigne pour moi de grands empreffemens
:
Le Peuple & les Seigneurs , même jufques
au Roy ,
Se font fait un plaifir de s'occuper de
moi :
En habile Coquette amusant d'efperance
,
Je fouffre que pour moi l'on se mette
en dépense ;
Quoi qu'à peu de Mortels je livre
mes faveurs :
Sans craindre des Rivaux les jaloufes
fureurs ,
136
LE MERCURE
Souvent je donne plus à qui le moins
me donne :
Mes partifans trompés , font que l'on
m'abandonne.
On murmure , on ſe plaint ; mais aux
moindres bienfais ,
On oublie aifément tous les maux que
j'ai fais.
Fermer
4123
p. 156-157
AUTRE.
Début :
Des plaisirs je suis la source : [...]
Mots clefs :
Santé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Es plaifirs je fuis la fource :
Je fais des malhûreux .
La derniere refource ;
Et je punis les hareux ,
En defertant d'avec eux.
C'eft de moi que l'amour emprunte fes
délices.
Quoique pourtant je ferve aux vices
,
A la vertu je ne nuis pas .
Et pour les plus devots ,
J'en toujours des appas .
Souvent j'échappe , on le fait bien ,
Et l'on gémit de mon abfence .
On me regarde comme rien ,
Quand on jouit de ma préfence ;
Hommes , retenés bien ces mots !
Frop de ménagement me met fouvent
enfuite
DE FEVRIER
157
Et je fuis bientôt détruite ,
Quand d'un foin importun , l'on trou
ble mon repos.
Es plaifirs je fuis la fource :
Je fais des malhûreux .
La derniere refource ;
Et je punis les hareux ,
En defertant d'avec eux.
C'eft de moi que l'amour emprunte fes
délices.
Quoique pourtant je ferve aux vices
,
A la vertu je ne nuis pas .
Et pour les plus devots ,
J'en toujours des appas .
Souvent j'échappe , on le fait bien ,
Et l'on gémit de mon abfence .
On me regarde comme rien ,
Quand on jouit de ma préfence ;
Hommes , retenés bien ces mots !
Frop de ménagement me met fouvent
enfuite
DE FEVRIER
157
Et je fuis bientôt détruite ,
Quand d'un foin importun , l'on trou
ble mon repos.
Fermer
4124
p. 168-169
ENIGME.
Début :
Nous portons en commun, mes Confreres & moi, [...]
Mots clefs :
Vers alexandrin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Nous partons en commun , mes Con
freres & moi ,
Le nom d'un ancien Roy ,
En guerre redoutable :
Et celui d'un infecte abject & méprifable.
Suis-je animal ? Non , je ne puis ,
Quoi qu'animé parfois , dire que je le
fuis.
Si je vegete ou non ; que le Lecteurg
fonge :
Comme cent végetaux , en naiffant je
m'allonge.
Parfois fur mes pieds de devant ,
Je m'apuye en partant pour fournir ma
cariere ;
Mais , remarquez que plus fouvent ,
Je me roidis fur mes pieds de derriereg
Par cent brides je fuis à l'eftroit retenu.
J'en dis trop , fuis-je reconnu ?
Je ne pais dire reconnue :
La phrafe feroit incongruë ;
Car , c'est au mafculin que mon nom
eft rednit ,
Quoique je fois fouvent femelle.
Et c'est celui qui me conduit ,
Qui
DE MAR S. 169
Qui décide cela , par une bagatelle
Qu'il ôte ou qu'il adjoute , ainsi qu'un
Rotiffeur.
Comparaison qui peut allarmer la pudeur
:.
Pardonnez, fi je la hazarde .
Ainfi qu'un Rotiffeur diftingue la Poularde
.
D'avec Coq ou Chapon , felon que leurs
argots
Sont plus ou moins pointus ou plus longs ;
ou plus gros ;
Ainfi me comparant avec mon long an◄
nexe >
C'est par le bout dupied que l'on con
"noît mon sexe.
Nous partons en commun , mes Con
freres & moi ,
Le nom d'un ancien Roy ,
En guerre redoutable :
Et celui d'un infecte abject & méprifable.
Suis-je animal ? Non , je ne puis ,
Quoi qu'animé parfois , dire que je le
fuis.
Si je vegete ou non ; que le Lecteurg
fonge :
Comme cent végetaux , en naiffant je
m'allonge.
Parfois fur mes pieds de devant ,
Je m'apuye en partant pour fournir ma
cariere ;
Mais , remarquez que plus fouvent ,
Je me roidis fur mes pieds de derriereg
Par cent brides je fuis à l'eftroit retenu.
J'en dis trop , fuis-je reconnu ?
Je ne pais dire reconnue :
La phrafe feroit incongruë ;
Car , c'est au mafculin que mon nom
eft rednit ,
Quoique je fois fouvent femelle.
Et c'est celui qui me conduit ,
Qui
DE MAR S. 169
Qui décide cela , par une bagatelle
Qu'il ôte ou qu'il adjoute , ainsi qu'un
Rotiffeur.
Comparaison qui peut allarmer la pudeur
:.
Pardonnez, fi je la hazarde .
Ainfi qu'un Rotiffeur diftingue la Poularde
.
D'avec Coq ou Chapon , felon que leurs
argots
Sont plus ou moins pointus ou plus longs ;
ou plus gros ;
Ainfi me comparant avec mon long an◄
nexe >
C'est par le bout dupied que l'on con
"noît mon sexe.
Fermer
4125
p. 169
AUTRE.
Début :
Je suis celui que je ne puis pas être ; [...]
Mots clefs :
Ombre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E fuis celui que je ne puis pas
Et celui qui me fait paroître ,
Faroiffant en moi , me détruit.
être
Il ne fait point mon corps ; mais c'est
lui qui le forme.
Par fois qui me cherche , me fuit ;
Vousme devinerez : Attendez-moi fous
l'orme.
E fuis celui que je ne puis pas
Et celui qui me fait paroître ,
Faroiffant en moi , me détruit.
être
Il ne fait point mon corps ; mais c'est
lui qui le forme.
Par fois qui me cherche , me fuit ;
Vousme devinerez : Attendez-moi fous
l'orme.
Fermer
4126
p. 185-186
ENIGME.
Début :
Nous caracteriser, c'est chose assez aisée ; [...]
Mots clefs :
Plume
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Ous caracterifer, c'eft chofe affez aisées
Notre espece eft d'abord nombreuse &&
méprifée :
Nous naiffons , nous croiffons , furtout pour
voyager ,
Nous voyageons auffi fans craindre aucun
danger ;
Et c'eft quand on nous tient encore prifonnieres
:
*
Libres , nous commençons de plus nobles carrieres.
JugeZ, fi vous voulez, par nos employs divers,
Du rang qu'on nous devroit donner dans
l'Univers.
Certaines d'entre nous aux Héros & aux armes
,
Servirent beaucoup autrefois .
Et peuventfe vanter d'avoir affez de charmes
>
Pour être dans ce tems aimées par les Roys :
D'autres en s'immolant pour le répos du
monde ,
,
Font goûter aux Humains une douceur profonde
,
9
Et d'autres ont encore un plus noble deftin
Donnent du luftre an Grec , au Perfan , an
Latin ,
Q
186 LE MERCURE
Servent au Dien des arts, anx filles de Mémoire
Et répandent partout le mépris ou la gloire :
C'eft ma claffe, j'eprouve une trés dure loy ;
On m'écorche, on m'éventre , hélas ! & par
furcroi ,
On me donne un poifon qui pourtant mefait
vivre ;
J'en bois à chaque inftant , & n'en fuis pas
plus yore ,
Eft-ce affez? Il me reste encor un autre emploi,
C'eft qu'on peut rarement me dépeindrefans
moi.
Ous caracterifer, c'eft chofe affez aisées
Notre espece eft d'abord nombreuse &&
méprifée :
Nous naiffons , nous croiffons , furtout pour
voyager ,
Nous voyageons auffi fans craindre aucun
danger ;
Et c'eft quand on nous tient encore prifonnieres
:
*
Libres , nous commençons de plus nobles carrieres.
JugeZ, fi vous voulez, par nos employs divers,
Du rang qu'on nous devroit donner dans
l'Univers.
Certaines d'entre nous aux Héros & aux armes
,
Servirent beaucoup autrefois .
Et peuventfe vanter d'avoir affez de charmes
>
Pour être dans ce tems aimées par les Roys :
D'autres en s'immolant pour le répos du
monde ,
,
Font goûter aux Humains une douceur profonde
,
9
Et d'autres ont encore un plus noble deftin
Donnent du luftre an Grec , au Perfan , an
Latin ,
Q
186 LE MERCURE
Servent au Dien des arts, anx filles de Mémoire
Et répandent partout le mépris ou la gloire :
C'eft ma claffe, j'eprouve une trés dure loy ;
On m'écorche, on m'éventre , hélas ! & par
furcroi ,
On me donne un poifon qui pourtant mefait
vivre ;
J'en bois à chaque inftant , & n'en fuis pas
plus yore ,
Eft-ce affez? Il me reste encor un autre emploi,
C'eft qu'on peut rarement me dépeindrefans
moi.
Fermer
4127
p. 186
AUTRE.
Début :
Ma fin & mon devoir tendent à me cacher [...]
Mots clefs :
Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
MAfin & mon devoir tendent à me
cacher
De quiconque veut me chercher;
Et pour cet effet , je m'attache
A m'habiller d'un air qui me couvre & me
cache.
Je fuis en cet état difficile à trouver ,
Et fi quelqu'un ne m'en veut croire ;
Qu'il prenne foin de m'éprouver ,
Et peut - eftrepour lui,fuis-je la Mer à boire .
MAfin & mon devoir tendent à me
cacher
De quiconque veut me chercher;
Et pour cet effet , je m'attache
A m'habiller d'un air qui me couvre & me
cache.
Je fuis en cet état difficile à trouver ,
Et fi quelqu'un ne m'en veut croire ;
Qu'il prenne foin de m'éprouver ,
Et peut - eftrepour lui,fuis-je la Mer à boire .
Fermer
4128
p. 175-176
ENIGME.
Début :
Je sers à celui qui sert [...]
Mots clefs :
Tente d'armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
JE feve àcelui quiferevert
Vetu de rouge ou de vert ,
Ou de couleur éteinte , on de couleur bril
lante :
Devinés - moi par le Maistre que j'ai .
Onm'êléve pour lui,tant bonne que méchante :
En quittantpere & mere, il m'apele fatante;
Parfois me met en croupe , en habit négligé ;
Parfois fiere & guindée , en Doïaigne eſpagnole
,
Etalant mon Vertugadin ,
J'attens le retour de mon Drole ;
P' iiij
A
176
LE
MERCURE
S
Qui venant coucher dans mon fein
A pour cela frifé la corde.
JE feve àcelui quiferevert
Vetu de rouge ou de vert ,
Ou de couleur éteinte , on de couleur bril
lante :
Devinés - moi par le Maistre que j'ai .
Onm'êléve pour lui,tant bonne que méchante :
En quittantpere & mere, il m'apele fatante;
Parfois me met en croupe , en habit négligé ;
Parfois fiere & guindée , en Doïaigne eſpagnole
,
Etalant mon Vertugadin ,
J'attens le retour de mon Drole ;
P' iiij
A
176
LE
MERCURE
S
Qui venant coucher dans mon fein
A pour cela frifé la corde.
Fermer
4129
p. 176
AUTRE.
Début :
Sans moy, que seroit l'Homme ? rien : [...]
Mots clefs :
Pouls ou artère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.-
moy,que feroit l'Homme ? rien ::
Tout au plus , pourriture . ¡mmondice
;
Şon fort dépend de mon caprice
Je fuis fon ame & Son foutien.
Tantôt foible à l'excés , tantôt fort comme
quatre ,
Je vais tantôt le trot & tantôt doucement :
Mon grand naturel eft de battre ,
Auffi,je bats à tout moment. Auſſi ,
En des temps je bats fort , &j'étourdis mon
homme;
C'est bien pis quand je ne bats pas :
Je l'accable . il languit , lorsqu'un peufort"
je bats ,
Mais,mon Repos eft un coup qui l'affomme.
moy,que feroit l'Homme ? rien ::
Tout au plus , pourriture . ¡mmondice
;
Şon fort dépend de mon caprice
Je fuis fon ame & Son foutien.
Tantôt foible à l'excés , tantôt fort comme
quatre ,
Je vais tantôt le trot & tantôt doucement :
Mon grand naturel eft de battre ,
Auffi,je bats à tout moment. Auſſi ,
En des temps je bats fort , &j'étourdis mon
homme;
C'est bien pis quand je ne bats pas :
Je l'accable . il languit , lorsqu'un peufort"
je bats ,
Mais,mon Repos eft un coup qui l'affomme.
Fermer
4130
p. 129
ENIGME.
Début :
Parmi les Peuples d'Occident [...]
Mots clefs :
Chapeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Predomine unCerveau dontje suis dé-
Armi les Peuples d'Occident
pendant :
Là , jepréfide en Chefpar un ufage utile ,
Moins en Paix qu'à la Guerre , aux Champs
plus qu'à la Ville.
Je prime auffi dans les honneurs
Que l'on rend même aux Grands Seigneurs
5
De qui la politeffe extrême
Y répond fouvent par moi - même.
Et je ne fuis originairement
Qu'un excrément
Tranfmis en forme de parure ,
Dont la fimple figure
Faifant honneur à tous , fert l'homme utilement.
Predomine unCerveau dontje suis dé-
Armi les Peuples d'Occident
pendant :
Là , jepréfide en Chefpar un ufage utile ,
Moins en Paix qu'à la Guerre , aux Champs
plus qu'à la Ville.
Je prime auffi dans les honneurs
Que l'on rend même aux Grands Seigneurs
5
De qui la politeffe extrême
Y répond fouvent par moi - même.
Et je ne fuis originairement
Qu'un excrément
Tranfmis en forme de parure ,
Dont la fimple figure
Faifant honneur à tous , fert l'homme utilement.
Fermer
4131
p. 129-130
AUTRE.
Début :
Je suis ce que je suis ; si je ne le suis pas, [...]
Mots clefs :
Soulier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE .
Jeft qu'on estas jours ce que
E fuis ce que je fuis ; fije ne le fuispas
paroit
dire.
L'on
130
LE MERCURE
Je ſuis rampant , foumis à l'Emploi le plus
bas ;
J'éleve qui me porte, au moins le quart despas
Quoique mes Porteurs foient ma Maitreffe
& mon Maitre.
Jeft qu'on estas jours ce que
E fuis ce que je fuis ; fije ne le fuispas
paroit
dire.
L'on
130
LE MERCURE
Je ſuis rampant , foumis à l'Emploi le plus
bas ;
J'éleve qui me porte, au moins le quart despas
Quoique mes Porteurs foient ma Maitreffe
& mon Maitre.
Fermer
4136
p. 166
AUTRE.
Début :
Trois Peres assemblez m'ont donné la naissance, [...]
Mots clefs :
Poudre à canon
4137
p. 138-139
Autre en Sonnet.
Début :
Avec l'aide de six femelles, [...]
Mots clefs :
Sonnet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre en Sonnet.
Autre en Sonnet.
vec l'aide de fix femelles ,
Huit mâles me donnent le jour ;´
D'autres fois elles ont leur tour ,
Et le plus grand nombre eft pour elles.
****
܂
Dis
12
LYON
1893*
ร
De quoi remplir nos vaites tonneaux .
Ce Dieu fenfib'e à nos defirs
Afare & fagloire & nos plaifirs.
珊譁
r
M
Mij
ubr
ro:
• ar
222
gronie de moi , " muɔ fouvon terėjomnutęSen
Se fepare de l'autre & le tient à l'écart .
A
Autre en Sonnet.
vec l'aide de fix femelles ,
Huit mâles me donnent le jour ;'
D'autres fois elles ont leur tour ,
Et le plus grand nombre eft pour elles.
**R
L
139 D'OCTOBRE
Dans les cercles , dans les ruelles ,
Deux de leurs fruits dignes d'amour ,
Partageant la ville & la Cour,
Firent jadis maintes querelles.
J'excelle difficilement ,
Et merite fi rarement
Une veritable loüange ,
Que, lorfqu'on me trouve à fon gré ,
On ne doit pas trouver étrange
Si le Phoenix m'eſt comparé,
vec l'aide de fix femelles ,
Huit mâles me donnent le jour ;´
D'autres fois elles ont leur tour ,
Et le plus grand nombre eft pour elles.
****
܂
Dis
12
LYON
1893*
ร
De quoi remplir nos vaites tonneaux .
Ce Dieu fenfib'e à nos defirs
Afare & fagloire & nos plaifirs.
珊譁
r
M
Mij
ubr
ro:
• ar
222
gronie de moi , " muɔ fouvon terėjomnutęSen
Se fepare de l'autre & le tient à l'écart .
A
Autre en Sonnet.
vec l'aide de fix femelles ,
Huit mâles me donnent le jour ;'
D'autres fois elles ont leur tour ,
Et le plus grand nombre eft pour elles.
**R
L
139 D'OCTOBRE
Dans les cercles , dans les ruelles ,
Deux de leurs fruits dignes d'amour ,
Partageant la ville & la Cour,
Firent jadis maintes querelles.
J'excelle difficilement ,
Et merite fi rarement
Une veritable loüange ,
Que, lorfqu'on me trouve à fon gré ,
On ne doit pas trouver étrange
Si le Phoenix m'eſt comparé,
Fermer
4138
p. 174-175
ENIGME.
Début :
Je suis utile en toutes les saisons, [...]
Mots clefs :
Pincettes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E fuis utile en toutes les faifons ,>
A la Ville comme au Village ;
Mais , c'eft dans le temps des glaçons
Que je fuis le plus en ufage .
Ma taille eft mince , & mes deux bras
Sont quelquefois auffi longs que ma taille ;
Quelquefois moins ; quand celui qui travaille ,
Croit me donner ou plus ou moins d'appas.
Ce
M
DE
TA
VILLE
LYON
1893 *
CHanlons Hanfons , que la table a vil naftreg
Vous avez cru peut- être
Que Bacchus vous donnoit le jour :
Bachus , fa fuite a beau paroître ;
l'ingrate Iris n'eft plus ce qu'elle devoit être.
Mon efprit ni ma voix n'ont plus le même tour.
Helas Chanfons ! Je commence à connofthe
Que vous étiez des enfans de l'Amour.
Piiij
1, Sa
J
ENIUM E.
WE fuis utile en toutes les faifons ,
A la Ville comme au Village ;
Mais , c'eft dans le temps des glaçons
Que je fuis le plus en ufage.
ح ر م
Ma taille eft mince , & mes deux bras
Sont quelquefois auffi longs que ma taille ;
Quelquefois moins ; quand celui qui travaille ,
Croit me donner ou plus ou moins d'appas .
la
DE NOVEMBRE.
175
On pourroit même fans reproche ,
Appeller ces bras , pieds on mains ,
Pour embrafler un corps qu'avec eux je foûtiens
On les écarte , ou les aproche.
Je garde toûjours la maiſon ;
Un nouveau Maior pour raiſon ,
voudroit me garder dans fa poche.
Par fon difcours , vous fçaurez qui je fuis ;
De mes talens & non de ma figure
Il fait une exacte peinture.
Me nommerai je ? Je ne puis ,
Feuilletez le nouveau Mercure .
E fuis utile en toutes les faifons ,>
A la Ville comme au Village ;
Mais , c'eft dans le temps des glaçons
Que je fuis le plus en ufage .
Ma taille eft mince , & mes deux bras
Sont quelquefois auffi longs que ma taille ;
Quelquefois moins ; quand celui qui travaille ,
Croit me donner ou plus ou moins d'appas.
Ce
M
DE
TA
VILLE
LYON
1893 *
CHanlons Hanfons , que la table a vil naftreg
Vous avez cru peut- être
Que Bacchus vous donnoit le jour :
Bachus , fa fuite a beau paroître ;
l'ingrate Iris n'eft plus ce qu'elle devoit être.
Mon efprit ni ma voix n'ont plus le même tour.
Helas Chanfons ! Je commence à connofthe
Que vous étiez des enfans de l'Amour.
Piiij
1, Sa
J
ENIUM E.
WE fuis utile en toutes les faifons ,
A la Ville comme au Village ;
Mais , c'eft dans le temps des glaçons
Que je fuis le plus en ufage.
ح ر م
Ma taille eft mince , & mes deux bras
Sont quelquefois auffi longs que ma taille ;
Quelquefois moins ; quand celui qui travaille ,
Croit me donner ou plus ou moins d'appas .
la
DE NOVEMBRE.
175
On pourroit même fans reproche ,
Appeller ces bras , pieds on mains ,
Pour embrafler un corps qu'avec eux je foûtiens
On les écarte , ou les aproche.
Je garde toûjours la maiſon ;
Un nouveau Maior pour raiſon ,
voudroit me garder dans fa poche.
Par fon difcours , vous fçaurez qui je fuis ;
De mes talens & non de ma figure
Il fait une exacte peinture.
Me nommerai je ? Je ne puis ,
Feuilletez le nouveau Mercure .
Fermer
4139
p. 175
AUTRE. Par M. D. O. L. V.
Début :
Connu sous le nom d'un grand Roy, [...]
Mots clefs :
Pharaon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE. Par M. D. O. L. V.
AUTRE.
Par M. D. O. L. V.
Cionnu fous le nom d'un grand Roy ,
Je fais faire la paix à qui me fait la guerre ;
Cependant, quoique tout ploye deffous ma loy ,
Celle d'un Roi plus craint pour moi que le Tonnere ,
Me baunit & m'oblige à me cacher d'effroy .
Par M. D. O. L. V.
Cionnu fous le nom d'un grand Roy ,
Je fais faire la paix à qui me fait la guerre ;
Cependant, quoique tout ploye deffous ma loy ,
Celle d'un Roi plus craint pour moi que le Tonnere ,
Me baunit & m'oblige à me cacher d'effroy .
Fermer
4140
p. 148-149
ENIGME.
Début :
Le langage François ne me fait point connoître, [...]
Mots clefs :
Toton
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
E langage François ne me fait point con-
LE noître ,
Il faut étudier pour fçavoir qui je luis .
On a beau m'agiter , je ne cours ni ne fuis;
Car , mon unique emploi me fait toûjours paroître,
Mon corps dur & pefant, eft fans bras & fans mains,
Quoiqu'il ne foit privé ni de pied ai de tête ,
Et fuis encore moins du nombre des humains .
Par mon activité , dans un inftant j'indique ,
DE DECEMBRE.
749
Le Troyen , le Danois , le Ponant & l' Affrique ,
Le Point nommé Zenit , le Point nommé Nadir.
Laffé d'être debout êtant prêt à finir ,
Je chancelle . en yvrogne ; & tombant fans rien
dire ,
Je donne à tous fujet de s'affiger ou de rite.
E langage François ne me fait point con-
LE noître ,
Il faut étudier pour fçavoir qui je luis .
On a beau m'agiter , je ne cours ni ne fuis;
Car , mon unique emploi me fait toûjours paroître,
Mon corps dur & pefant, eft fans bras & fans mains,
Quoiqu'il ne foit privé ni de pied ai de tête ,
Et fuis encore moins du nombre des humains .
Par mon activité , dans un inftant j'indique ,
DE DECEMBRE.
749
Le Troyen , le Danois , le Ponant & l' Affrique ,
Le Point nommé Zenit , le Point nommé Nadir.
Laffé d'être debout êtant prêt à finir ,
Je chancelle . en yvrogne ; & tombant fans rien
dire ,
Je donne à tous fujet de s'affiger ou de rite.
Fermer
4141
p. 149
AUTRE.
Début :
D'une famille assez connuë [...]
Mots clefs :
Spadille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
De
'Une famille affez connuë
Jefuis , & le Maître & le Roi ;
Mon frere me reffemble , & fouvent avec moi
S'unit , pour partager la puiflance abfoluë .
S'il en eft féparé , je lui donne la loi ;
Et quand je le rencontre, auffi-tôt je le tue:
Mais , quand de quatre de nos foeurs
Nous nous joignons tous deux pour en épouser une ,
C'eft alors qu'on nous voit preſque toûjours vaine
queurs',
Triompher & faire fortune.
Parmi les noms dont on m'appelle
Il en est un qui porte & l'horreur & la mort ;
Cependant je connois mainte beauté cruelle
Qui , malgré la fierté , me baiſe avec tranſport.
De
'Une famille affez connuë
Jefuis , & le Maître & le Roi ;
Mon frere me reffemble , & fouvent avec moi
S'unit , pour partager la puiflance abfoluë .
S'il en eft féparé , je lui donne la loi ;
Et quand je le rencontre, auffi-tôt je le tue:
Mais , quand de quatre de nos foeurs
Nous nous joignons tous deux pour en épouser une ,
C'eft alors qu'on nous voit preſque toûjours vaine
queurs',
Triompher & faire fortune.
Parmi les noms dont on m'appelle
Il en est un qui porte & l'horreur & la mort ;
Cependant je connois mainte beauté cruelle
Qui , malgré la fierté , me baiſe avec tranſport.
Fermer
4144
p. 173
AUTRE.
Début :
Je parviens rarement à l'âge de vieillesse ; [...]
Mots clefs :
Honneur d'une fille
4145
p. 155-156
ENIGME.
Début :
Ma tête est un vilain visage ; [...]
Mots clefs :
Cuivre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
M
A tête et un vilain vifage s
Le refte eft d'un homme peur
fage.
Pourtant , des plus glorieux faits ,
A la pofterité j'ai rendu témoignage.
Mille Rois dans la foule oubliez pour ja
mais ceda
odoma , tot 13 obmuro nol-I
Ont tout à coup revêcu par mes traits :
Et fouvent les Heros les plus recommen
dables
k
155 LE MERCURE
De l'immortalité m'ont été redevables
Je fais un ornement des fçavans cabinets
Et je porte le nom des plus grands per-
#fonnages
On ne peut pas compter mes différens ufages.
aujourd'huy ,
Imitant le bruit du tonnere ,
Je fais plus de fracas: que lui.
Demain chez un Aporiquaire ,
>
Pour une medecine ou pour quelque
eclifteres,
L'on me met en mouvement.
Et dans ces deux emplois , un peu differemment
;
De la mort je fuis l'inftrument.
Dans l'Univers entier je fus rendu celebre
Par un funefte embrafement.
Enfin , d'une Pompe funebre
Je fers à l'accompliſſement.
M
A tête et un vilain vifage s
Le refte eft d'un homme peur
fage.
Pourtant , des plus glorieux faits ,
A la pofterité j'ai rendu témoignage.
Mille Rois dans la foule oubliez pour ja
mais ceda
odoma , tot 13 obmuro nol-I
Ont tout à coup revêcu par mes traits :
Et fouvent les Heros les plus recommen
dables
k
155 LE MERCURE
De l'immortalité m'ont été redevables
Je fais un ornement des fçavans cabinets
Et je porte le nom des plus grands per-
#fonnages
On ne peut pas compter mes différens ufages.
aujourd'huy ,
Imitant le bruit du tonnere ,
Je fais plus de fracas: que lui.
Demain chez un Aporiquaire ,
>
Pour une medecine ou pour quelque
eclifteres,
L'on me met en mouvement.
Et dans ces deux emplois , un peu differemment
;
De la mort je fuis l'inftrument.
Dans l'Univers entier je fus rendu celebre
Par un funefte embrafement.
Enfin , d'une Pompe funebre
Je fers à l'accompliſſement.
Fermer
4146
p. 156-157
AUTRE.
Début :
Sans jambes & sans pieds par tout on me promene. [...]
Mots clefs :
Éperons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Ans jambes & fans pieds par tout on
me promene.
Rarement fur la mer , fort fouvent dans la
plaine.
Je fuis dur & cruel , contraire aux pareſfeux.
Trés-utile au vaincu comme au victorieux.
Mon camarade & moi , marchons de compagnie
L'un & l'autre engagés dans la Cavalerie.
D'AVRILY
57
On nous voit exposés au moufquet, au canon,
Et de fameux combats ont porté noftre
nom .
Ans jambes & fans pieds par tout on
me promene.
Rarement fur la mer , fort fouvent dans la
plaine.
Je fuis dur & cruel , contraire aux pareſfeux.
Trés-utile au vaincu comme au victorieux.
Mon camarade & moi , marchons de compagnie
L'un & l'autre engagés dans la Cavalerie.
D'AVRILY
57
On nous voit exposés au moufquet, au canon,
Et de fameux combats ont porté noftre
nom .
Fermer
4147
p. 158-159
ENIGME.
Début :
Un ami de fort loin me vient rendre visite ; [...]
Mots clefs :
Cadran solaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
N ami de fort loin me vient rendre
vifite ;
Sans lui je ne puis rien , il fait tout mon
merite.
Au moment qu'il paroît , il nous naît un
enfant
De genre feminin , & qui marche en naiffant.
La Brunette à l'inftant commence fa carriere,
Sans avoir jamais fait un feul pas en arriere
,
Qu'une fois feulement, en faveur d'un grand
Roi,
DEMA Y.
158
Mais, ayant auffi - tôt pris fon premier emploi
,
Elle inftruit les paffans fans dire une parole
,
Tandis que je leur montre & l'un & l'autre
Pole.
N ami de fort loin me vient rendre
vifite ;
Sans lui je ne puis rien , il fait tout mon
merite.
Au moment qu'il paroît , il nous naît un
enfant
De genre feminin , & qui marche en naiffant.
La Brunette à l'inftant commence fa carriere,
Sans avoir jamais fait un feul pas en arriere
,
Qu'une fois feulement, en faveur d'un grand
Roi,
DEMA Y.
158
Mais, ayant auffi - tôt pris fon premier emploi
,
Elle inftruit les paffans fans dire une parole
,
Tandis que je leur montre & l'un & l'autre
Pole.
Fermer
4148
p. 159
AUTRE.
Début :
Je suis de l'âge de mon pere : [...]
Mots clefs :
Ombre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E fuis de l'âge de mon pere :
Il peut êtrefans moi; mais moi , jamais fans
lui.
On nous confond fouvent ; mais , malheur
à celui
Qui commet en aveugle une erreur fi groffiere.
Je fuis en certain tems plus utile que l'or,
Changeant à tous momens de taille & d'at,
titude ;
Et par cette viciffitude,
Je fis voir autrefois un trés- riche tréfor.
E fuis de l'âge de mon pere :
Il peut êtrefans moi; mais moi , jamais fans
lui.
On nous confond fouvent ; mais , malheur
à celui
Qui commet en aveugle une erreur fi groffiere.
Je fuis en certain tems plus utile que l'or,
Changeant à tous momens de taille & d'at,
titude ;
Et par cette viciffitude,
Je fis voir autrefois un trés- riche tréfor.
Fermer
4149
p. 168-169
ENIGME.
Début :
J'existois avant que de naître ; [...]
Mots clefs :
Vaisseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Exiftois avant que de naître ;
Car mes membres épars en cent lieux differens,
Ne prefentoient de moi nuls fignes aparens :
C'eft de leur union que je tire mon être.
Le premier de mon nom portant devotement
Son pere & fafamille , ainfi qu'un autre
Anée ,
Les fauva des fureurs d'un perfide Element .
Quant à ma deftinée ,
Ells
DE JUIN. 1:09
Elle eft à cent revers fans ceſſe abandonnée ;
Cependant je crains fort de mourir dans
mon
$
>
Et malgré tout le cas que je fais de la vie
Celle en qui le plus je me fie
Eft celle qui le plus me nuit :
Et fouvent à la terre
Je fais entendre mon tonnere.
Par moi plus d'un vainqueur rendit fon nom
fameux ;
Mais je n'ai jamais vû le vaincu malheureux
Frapé d'une main meurtriere
Mordre la pouffiere.
Exiftois avant que de naître ;
Car mes membres épars en cent lieux differens,
Ne prefentoient de moi nuls fignes aparens :
C'eft de leur union que je tire mon être.
Le premier de mon nom portant devotement
Son pere & fafamille , ainfi qu'un autre
Anée ,
Les fauva des fureurs d'un perfide Element .
Quant à ma deftinée ,
Ells
DE JUIN. 1:09
Elle eft à cent revers fans ceſſe abandonnée ;
Cependant je crains fort de mourir dans
mon
$
>
Et malgré tout le cas que je fais de la vie
Celle en qui le plus je me fie
Eft celle qui le plus me nuit :
Et fouvent à la terre
Je fais entendre mon tonnere.
Par moi plus d'un vainqueur rendit fon nom
fameux ;
Mais je n'ai jamais vû le vaincu malheureux
Frapé d'une main meurtriere
Mordre la pouffiere.
Fermer
4150
p. 169-170
AUTRE.
Début :
Ainsi que la Coquette, [...]
Mots clefs :
Loterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE,
A Infique la
Coquette ,
Jamufe l'efperance , & la trompe fouvent.
On fait bien des projets comptant fur ma
conquête ,
Puis en deux tours de main les projets font
au vent.
Sans choix , & fans amour , je difpenfe mes
graces.
Por un favorisé , mille autres immo'ez.
Je produis tour àtour les defirs infenfez
Puis le depit , qui marche fur les traces
De l'efperance folle . Et l'on voit cep´ndant
Gens ferieux , & de poids , affifter gravement
,
Juin
1719
P
170
LE MERCURE
Aux lieux où je répands mes faveurs dan
gerenfes.
Ainfi que la fortune une roue à la main
Je refufe on je fais le bonheur fouverain :
Comme le Jeu , je tends des amorces trompenfes,
Et j'emprunte du fort le caprice malin .
Cependant & cccy n'eft l'effet du deftin.
Des biens & des maux que je caufe
B
•
Un enfant eft la caufe...
A Infique la
Coquette ,
Jamufe l'efperance , & la trompe fouvent.
On fait bien des projets comptant fur ma
conquête ,
Puis en deux tours de main les projets font
au vent.
Sans choix , & fans amour , je difpenfe mes
graces.
Por un favorisé , mille autres immo'ez.
Je produis tour àtour les defirs infenfez
Puis le depit , qui marche fur les traces
De l'efperance folle . Et l'on voit cep´ndant
Gens ferieux , & de poids , affifter gravement
,
Juin
1719
P
170
LE MERCURE
Aux lieux où je répands mes faveurs dan
gerenfes.
Ainfi que la fortune une roue à la main
Je refufe on je fais le bonheur fouverain :
Comme le Jeu , je tends des amorces trompenfes,
Et j'emprunte du fort le caprice malin .
Cependant & cccy n'eft l'effet du deftin.
Des biens & des maux que je caufe
B
•
Un enfant eft la caufe...
Fermer