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1
p. 1172-1173
« Le 24. Avril, le Prévôt des Marchands et Echevins, à la tête du Corps de Ville, [...] »
Début :
Le 24. Avril, le Prévôt des Marchands et Echevins, à la tête du Corps de Ville, [...]
Mots clefs :
Duc, Roi, Ville, Châsse de sainte Geneviève
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texteReconnaissance textuelle : « Le 24. Avril, le Prévôt des Marchands et Echevins, à la tête du Corps de Ville, [...] »
Le 24. Avril , le Prévôt des Marchands
et Echevins , à la tête du Corps de Ville ,
précedez des Gens du Roi , se rendirent
à la Grand'Chambre du Parlement , pour
demander à la Cour un Arrêt pour découvrir
totalement la Châsse de sainte
Genevieve , pour obtenir de la pluye
par son intercession ; l'Arrêt fut rendu
sur le champ , et la Châsse découverte à
six
MAY. 1731. 1573
six heures du soir avec les ceremonies
accoutumées ; depuis ce tems - là on a vû
continuellement des Processions de la
Ville , des Fauxbourgs et de la Campagne
, aller à l'Eglise de sainte Geneviève..
Le 29. Avril , le Marquis d'Antin ,
Petit- fils du Duc d'Antin , fils de la
Comtesse de Toulouze , et frere du Duc
d'Epernon , Capitaine de Vaisseau , prêta
serment de fidelité entre les mains du
Roi , pour la Charge de Vice- Amiral du
Ponant , vacante par la démission volontaire
du Maréchal Duc d'Estrées , auquel
S. M. a conservé les fonctions de cette
Charge pendant dix ans. Ce jeune Selgneur
partit d'ici le 6. de ce mois pour
s'aller embarquer à Toulon , sur l'Esca--
dre commandée par M. du Gué Trouin ,,
Lieutenant General , qui doit mettre en
Mer vers la fin du mois pour aller sur
les Côtes de Barbarie , dans toutes les
Echelles du Levant , &c.
et Echevins , à la tête du Corps de Ville ,
précedez des Gens du Roi , se rendirent
à la Grand'Chambre du Parlement , pour
demander à la Cour un Arrêt pour découvrir
totalement la Châsse de sainte
Genevieve , pour obtenir de la pluye
par son intercession ; l'Arrêt fut rendu
sur le champ , et la Châsse découverte à
six
MAY. 1731. 1573
six heures du soir avec les ceremonies
accoutumées ; depuis ce tems - là on a vû
continuellement des Processions de la
Ville , des Fauxbourgs et de la Campagne
, aller à l'Eglise de sainte Geneviève..
Le 29. Avril , le Marquis d'Antin ,
Petit- fils du Duc d'Antin , fils de la
Comtesse de Toulouze , et frere du Duc
d'Epernon , Capitaine de Vaisseau , prêta
serment de fidelité entre les mains du
Roi , pour la Charge de Vice- Amiral du
Ponant , vacante par la démission volontaire
du Maréchal Duc d'Estrées , auquel
S. M. a conservé les fonctions de cette
Charge pendant dix ans. Ce jeune Selgneur
partit d'ici le 6. de ce mois pour
s'aller embarquer à Toulon , sur l'Esca--
dre commandée par M. du Gué Trouin ,,
Lieutenant General , qui doit mettre en
Mer vers la fin du mois pour aller sur
les Côtes de Barbarie , dans toutes les
Echelles du Levant , &c.
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Résumé : « Le 24. Avril, le Prévôt des Marchands et Echevins, à la tête du Corps de Ville, [...] »
Le 24 avril, le Prévôt des Marchands et les Echevins, accompagnés des Gens du Roi, se rendirent au Parlement pour obtenir un arrêt permettant de découvrir la châsse de sainte Geneviève afin d'obtenir de la pluie. L'arrêt fut immédiatement rendu et la châsse découverte à six heures du soir avec les cérémonies habituelles. Des processions de la Ville, des Faubourgs et de la Campagne se rendirent ensuite à l'église de sainte Geneviève. Le 29 avril, le Marquis d'Antin, petit-fils du Duc d'Antin, fils de la Comtesse de Toulouse et frère du Duc d'Épernon, prêta serment de fidélité au Roi pour la charge de Vice-Amiral du Ponant, vacante après la démission du Maréchal Duc d'Estrées. Le Roi conserva les fonctions de cette charge au Maréchal pendant dix ans. Le Marquis d'Antin quitta Paris le 6 mai pour s'embarquer à Toulon sur l'escadre commandée par M. du Gué Trouin, qui devait prendre la mer à la fin du mois pour se rendre sur les côtes de Barbarie et dans toutes les Échelles du Levant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 2118-2122
« Le Samedi 15 Août, la nouvelle de la maladie du Roi s'étant répanduë, l'Abbé de Ste Geneviéve ordonna [...] »
Début :
Le Samedi 15 Août, la nouvelle de la maladie du Roi s'étant répanduë, l'Abbé de Ste Geneviéve ordonna [...]
Mots clefs :
Châsse de sainte Geneviève, Roi, Découverte, Santé, Rétablissement, Cloches, François Patot, Mandement
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texteReconnaissance textuelle : « Le Samedi 15 Août, la nouvelle de la maladie du Roi s'étant répanduë, l'Abbé de Ste Geneviéve ordonna [...] »
Le Samedi 15 Août, la nouvelle de la maladie du
"Roi s'étant répanduë , l'Abbé de Ste Geneviève ordonna
que la Châffe de la Ste Patronne de Paris ,
feroit découverte par devant, & qu'on chanteroit des
Saluts , pour demander à Dieu le rétabliſſement de
la
SEPTEMBRE. 1744. 2119
-
la fanté de S. M. En conféquence la Châffe fut découverte
au fon de toutes les cloches de l'Abbaye.
Le même jour , fur les 9 heures du foir , M. Dufranc
, Greffier du Parlement , & l'un des Sécretai
res du Roi , fervant en la Cour , fe rendit à Ste Geneviève
, & dit que MM. les Premier Préfident &
Procureur Général , ayant confulté les Registres du
Parlement , y avoient remarqué qu'on avoit ordon
né en pareil cas la découverte de la Châffe , avant
même que le Parlement eût rendu Arrêt , &que devant
être infailliblement rendu le Lundi 17 , les
circonstances actuelles exigeoient provifionellement
cette découverte .
Le Dimanche 16 , cela fut promptement exécuté
pour la grand-Meffe , & le tout annoncé par une
volée des 10 cloches , qui fut repetée le foir à 8
heures.
Le Lundi 17 , M. Yfabeau , auffi Greffier du Parlement
, & Sécretaire du Roi , fervant en cette
Cour , apporta l'Arrêt , portant que ce même jour
M. le Premier Préfident avoit dit à la Cour que la
nouvelle du fâcheux étar ou étoit le Roi , étant arrivée
à Paris , il avoit crû pouvoir ordonner , de concert
avec M. le Procurer Général , que la Chaffe de
Ste Genevieve feroit découverte , afin d'obtenir par
le fecours de la Patronne de la Ville capitale & du
Royaume , la confervation d'un fi grand Monarque
dont la vie eft fi précieuſe à la France ; o ü ile Pro.
cureur Général du Roi, la matiére miſe en délibération
, LA COUR a arrêté & ordonné , que conformément
aux Mandemens qui feront donnés par l'Archevêque
de Paris , il fera fait des Prieres publiques
pour le rétabliſſement de la fanté du Rol , pendant
lefquelles la Châffe de Ste Genevieve demanrera
découverte, ce qui fera mandé aux Abbé & Religieux
de ladite Abbaye, par l'un des Sécretaires du
Roi , fervant en la Cour.
Auffi-tôr
120 MERCURE DE FRANCE.
Auffi tôt l'Abbé de Ste Geneviève donna le Mandement
imprimé , qui va être rapporté.
Ce même jour 17 , fut célebrée , comme le porte
le Mandement , une Meffe folemnelle pour commencer
la Neuvaine .
Mrs les Prevôt des Marchands & Echevins de la
Ville de Paris , toujours attentifs à reclamer leur
Ste Patronne, & à témoigner leur zéle pour la Perfonne
facrée de S. M. avertirent que le lendemain
ils affifteroient à la grande Meffe & qu'ils continue
roient pendant toute la Neuvaine.
Le Mardi 18 , ces Meffieurs furent reçûs à la porte
de l'Eglife par le R. P. Abbé , à la tête de toute fa
Communauté, au fon des cloches & de l'orgue Ils y
font revenus les jours fuivans jufqu'au 26 inclufivement
, & pour témoigner leur joye & leur reconnoiffance
du meilleur état de la fanté du Roi , ils
parurent en Robes rouges de Cérémonie . La Meſſe
d'actions de graces fut célebrée ; on avoit chanté le
Te Deum la veille , auquel avoit pareillement affisté
le Corps de Ville.
Le Mandement du R. P. Abbé de Ste Genevieve
contenoit ce qui fuit.
FRANÇOIS PATOT , Abbé de l'Abbaye
Royale de Ste Geneviève au Mont de Paris , &c.
Nous venons de faire retentir les Temples facrés des
chants de joye & d'allegreffe , & nous avons rendų
de folemnelles actions de graces au Dieu des Armées
, de la protection qu'il a accordée à celles de
notre invincible Monarque , qui lui en a rapporté
toute la gloire ,fans l'attribuer ni à ſon courage, ni
à la valeur de les troupes. Aujourd'hui nos vænx
ont pour objet la fanté de ce Prince , fi chere & fi
précieuse à tous les Sujets ; la moindre altération
qu'elle peut fouffrir , nous allarme & nous engage
à recourir au fouverain Arbitre de nos vies , afin
que
SEPTEMBRE . 1744. 2121
que fléchi par nos prieres , il conferve des jours
d'où dépendent notre bonheur & notre tranquillité .
La Religion & la reconnoiffance exigent de nous
ce tribut. Les fatigues & les travaux que l'amour du
Roi pour fes Sujets l'a porté à effuyer , afin de les
mettre à couvert de la fureur de les ennemis ; les
dangers qu'il a courus , les longs & pénibles voyages
qu'il a entrepris dans cette faifon , tant de preuves
de fa tendreffe , demandent de nous un retour
qui nous rende fenfibles au parfait rétabliſſement
d'une fanté qu'il n'a point craint de facrifier au bien
particulier & commun de fes Peuples . Le Ciel qui
nous a donné ce Prince ficher dans les jours de les
miféricordes , les prolongera pour le bien de la Religion
& de l'Etat , & diffipera les juftes fujets de
nos craintes . Cette Protectrice de la France , qui a
toujours été l'objet de la confiance & de la pieté de
nos Rois , & de celle de leurs Sujets , comme un autre
Ifaïe , nous dira, attendrie fur nos gémiflemens ,
que le Seigneur a écouté les voeux que nous lui
avons adreflés , & que déja celui pour lequel nous
les avons formés en reffent les effets. Renouvellons.
les fans ceffe; nous ne pouvons les interrompre, fans
nous rendre coupables de l'ingratitude la plus condamnable.
A ces caufes , pour nous conformer à l'Arrêt de
ce jour , rendu par la Cour de Parlement , nous ordonnons
que la Châffe de Ste Geneviève , Patronne
de Paris & du Royaume , fera découverte cejourd'hui
, dont la Ville fera avertie par le fon de toutes
les cloches de notre Abbaye ; que le même jour on
célébrera une Meffe folemnelle à neuf heures du
matin ; que pendant le tems que la Châffe demeurera
découverte , on dira au grand Autel des Mefles ,
depuis cinq heures du matin jufqu'à midi ; que quatre
Chanoines Réguliers de cette Eglife iront faire
leurs
2122 MERCURE DE FRANCE.
leurs prieres fucceffivement , felon l'ordre qui leur
fera marqué , devant ladite Châffe , hors le tems des
Meffes qui fe diront au grand Autel , & que tous
lés foirs après Complies fera fait un Salut , qui com .
mencera par une Proceffion dans l'Eglife , à laquelle
on chantera , 1° . les Litanies Aufer à nobis , &c.2°.
l'Antienne de Ste Geneviève , O felix Ancilla , &c.
3°. le Répons , Virtutes ; l'Antienne de la Ste Vierge
, Sub tuum prafidium , & Domine falvum fac Regem
, & l'Antienne Da Pacem ; le y . Dominus opem
ferat illi ; R. Super lectum doloris ejus. Les Orailous ,
la premiere pour le rétablissement de la fanté du
Roi , Omnipotens fempiterne Deus, &c . la deuxième ,
de la Ste Vierge , Concede nos famulos , &c . la troiféme
, de Ste Geneviève , Prafta quafumus , &c. &
la quatrième , pour la Paix , Deus, à quo fanita defideria
, c.
- Nous ordonnons de plus , que pendant que la
Châffe demeurera exposée à la dévotion des Fidéles ,
tous les Prêtres qui célébreront la Meſſe dans notre
Eglife , continueront de dire les Oraifons , Secrettes
& Poftcommunions intitulées dans le Miffel , Pro
Infirmis , pour le Roi . Donné à Paris , en notre Ab.
baye Royale de Ste Geneviève , le 17 Août 1744.
Signé , Fr. François Paror , Abbé de Ste Genevieve
, &c.
"Roi s'étant répanduë , l'Abbé de Ste Geneviève ordonna
que la Châffe de la Ste Patronne de Paris ,
feroit découverte par devant, & qu'on chanteroit des
Saluts , pour demander à Dieu le rétabliſſement de
la
SEPTEMBRE. 1744. 2119
-
la fanté de S. M. En conféquence la Châffe fut découverte
au fon de toutes les cloches de l'Abbaye.
Le même jour , fur les 9 heures du foir , M. Dufranc
, Greffier du Parlement , & l'un des Sécretai
res du Roi , fervant en la Cour , fe rendit à Ste Geneviève
, & dit que MM. les Premier Préfident &
Procureur Général , ayant confulté les Registres du
Parlement , y avoient remarqué qu'on avoit ordon
né en pareil cas la découverte de la Châffe , avant
même que le Parlement eût rendu Arrêt , &que devant
être infailliblement rendu le Lundi 17 , les
circonstances actuelles exigeoient provifionellement
cette découverte .
Le Dimanche 16 , cela fut promptement exécuté
pour la grand-Meffe , & le tout annoncé par une
volée des 10 cloches , qui fut repetée le foir à 8
heures.
Le Lundi 17 , M. Yfabeau , auffi Greffier du Parlement
, & Sécretaire du Roi , fervant en cette
Cour , apporta l'Arrêt , portant que ce même jour
M. le Premier Préfident avoit dit à la Cour que la
nouvelle du fâcheux étar ou étoit le Roi , étant arrivée
à Paris , il avoit crû pouvoir ordonner , de concert
avec M. le Procurer Général , que la Chaffe de
Ste Genevieve feroit découverte , afin d'obtenir par
le fecours de la Patronne de la Ville capitale & du
Royaume , la confervation d'un fi grand Monarque
dont la vie eft fi précieuſe à la France ; o ü ile Pro.
cureur Général du Roi, la matiére miſe en délibération
, LA COUR a arrêté & ordonné , que conformément
aux Mandemens qui feront donnés par l'Archevêque
de Paris , il fera fait des Prieres publiques
pour le rétabliſſement de la fanté du Rol , pendant
lefquelles la Châffe de Ste Genevieve demanrera
découverte, ce qui fera mandé aux Abbé & Religieux
de ladite Abbaye, par l'un des Sécretaires du
Roi , fervant en la Cour.
Auffi-tôr
120 MERCURE DE FRANCE.
Auffi tôt l'Abbé de Ste Geneviève donna le Mandement
imprimé , qui va être rapporté.
Ce même jour 17 , fut célebrée , comme le porte
le Mandement , une Meffe folemnelle pour commencer
la Neuvaine .
Mrs les Prevôt des Marchands & Echevins de la
Ville de Paris , toujours attentifs à reclamer leur
Ste Patronne, & à témoigner leur zéle pour la Perfonne
facrée de S. M. avertirent que le lendemain
ils affifteroient à la grande Meffe & qu'ils continue
roient pendant toute la Neuvaine.
Le Mardi 18 , ces Meffieurs furent reçûs à la porte
de l'Eglife par le R. P. Abbé , à la tête de toute fa
Communauté, au fon des cloches & de l'orgue Ils y
font revenus les jours fuivans jufqu'au 26 inclufivement
, & pour témoigner leur joye & leur reconnoiffance
du meilleur état de la fanté du Roi , ils
parurent en Robes rouges de Cérémonie . La Meſſe
d'actions de graces fut célebrée ; on avoit chanté le
Te Deum la veille , auquel avoit pareillement affisté
le Corps de Ville.
Le Mandement du R. P. Abbé de Ste Genevieve
contenoit ce qui fuit.
FRANÇOIS PATOT , Abbé de l'Abbaye
Royale de Ste Geneviève au Mont de Paris , &c.
Nous venons de faire retentir les Temples facrés des
chants de joye & d'allegreffe , & nous avons rendų
de folemnelles actions de graces au Dieu des Armées
, de la protection qu'il a accordée à celles de
notre invincible Monarque , qui lui en a rapporté
toute la gloire ,fans l'attribuer ni à ſon courage, ni
à la valeur de les troupes. Aujourd'hui nos vænx
ont pour objet la fanté de ce Prince , fi chere & fi
précieuse à tous les Sujets ; la moindre altération
qu'elle peut fouffrir , nous allarme & nous engage
à recourir au fouverain Arbitre de nos vies , afin
que
SEPTEMBRE . 1744. 2121
que fléchi par nos prieres , il conferve des jours
d'où dépendent notre bonheur & notre tranquillité .
La Religion & la reconnoiffance exigent de nous
ce tribut. Les fatigues & les travaux que l'amour du
Roi pour fes Sujets l'a porté à effuyer , afin de les
mettre à couvert de la fureur de les ennemis ; les
dangers qu'il a courus , les longs & pénibles voyages
qu'il a entrepris dans cette faifon , tant de preuves
de fa tendreffe , demandent de nous un retour
qui nous rende fenfibles au parfait rétabliſſement
d'une fanté qu'il n'a point craint de facrifier au bien
particulier & commun de fes Peuples . Le Ciel qui
nous a donné ce Prince ficher dans les jours de les
miféricordes , les prolongera pour le bien de la Religion
& de l'Etat , & diffipera les juftes fujets de
nos craintes . Cette Protectrice de la France , qui a
toujours été l'objet de la confiance & de la pieté de
nos Rois , & de celle de leurs Sujets , comme un autre
Ifaïe , nous dira, attendrie fur nos gémiflemens ,
que le Seigneur a écouté les voeux que nous lui
avons adreflés , & que déja celui pour lequel nous
les avons formés en reffent les effets. Renouvellons.
les fans ceffe; nous ne pouvons les interrompre, fans
nous rendre coupables de l'ingratitude la plus condamnable.
A ces caufes , pour nous conformer à l'Arrêt de
ce jour , rendu par la Cour de Parlement , nous ordonnons
que la Châffe de Ste Geneviève , Patronne
de Paris & du Royaume , fera découverte cejourd'hui
, dont la Ville fera avertie par le fon de toutes
les cloches de notre Abbaye ; que le même jour on
célébrera une Meffe folemnelle à neuf heures du
matin ; que pendant le tems que la Châffe demeurera
découverte , on dira au grand Autel des Mefles ,
depuis cinq heures du matin jufqu'à midi ; que quatre
Chanoines Réguliers de cette Eglife iront faire
leurs
2122 MERCURE DE FRANCE.
leurs prieres fucceffivement , felon l'ordre qui leur
fera marqué , devant ladite Châffe , hors le tems des
Meffes qui fe diront au grand Autel , & que tous
lés foirs après Complies fera fait un Salut , qui com .
mencera par une Proceffion dans l'Eglife , à laquelle
on chantera , 1° . les Litanies Aufer à nobis , &c.2°.
l'Antienne de Ste Geneviève , O felix Ancilla , &c.
3°. le Répons , Virtutes ; l'Antienne de la Ste Vierge
, Sub tuum prafidium , & Domine falvum fac Regem
, & l'Antienne Da Pacem ; le y . Dominus opem
ferat illi ; R. Super lectum doloris ejus. Les Orailous ,
la premiere pour le rétablissement de la fanté du
Roi , Omnipotens fempiterne Deus, &c . la deuxième ,
de la Ste Vierge , Concede nos famulos , &c . la troiféme
, de Ste Geneviève , Prafta quafumus , &c. &
la quatrième , pour la Paix , Deus, à quo fanita defideria
, c.
- Nous ordonnons de plus , que pendant que la
Châffe demeurera exposée à la dévotion des Fidéles ,
tous les Prêtres qui célébreront la Meſſe dans notre
Eglife , continueront de dire les Oraifons , Secrettes
& Poftcommunions intitulées dans le Miffel , Pro
Infirmis , pour le Roi . Donné à Paris , en notre Ab.
baye Royale de Ste Geneviève , le 17 Août 1744.
Signé , Fr. François Paror , Abbé de Ste Genevieve
, &c.
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Résumé : « Le Samedi 15 Août, la nouvelle de la maladie du Roi s'étant répanduë, l'Abbé de Ste Geneviéve ordonna [...] »
Le 15 août, la nouvelle de la maladie du roi se répandit à Paris. L'abbé de Sainte-Geneviève ordonna la découverte de la châsse de Sainte Geneviève et des prières publiques pour implorer le rétablissement du roi. Cette décision fut confirmée par M. Dufranc, greffier du Parlement, jusqu'au 17 août. Le 16 août, la châsse fut découverte pour la grand-messe, annoncée par des cloches. Le 17 août, M. Yfabeau apporta l'arrêt du Parlement confirmant ces mesures. L'abbé publia un mandement ordonnant des prières et des messes solennelles. Les autorités parisiennes participèrent aux messes quotidiennes jusqu'au 26 août, célébrant une messe d'actions de grâces et chantant le Te Deum. Le mandement appelait à la prière pour la santé du roi, soulignant ses sacrifices pour ses sujets et exprimant l'espoir de son rétablissement. Le document détaille les pratiques religieuses à suivre dans l'église. Chaque jour après les Complies, une procession aura lieu avec des chants spécifiques, incluant les Litanies 'Aufer à nobis', l'antienne de Sainte Geneviève 'O felix Ancilla', et d'autres prières. Quatre oraisons seront prononcées : une pour la santé du roi, une pour la Sainte Vierge, une pour Sainte Geneviève, et une pour la paix. Pendant l'exposition de la châsse, les prêtres diront des oraisons pour le roi lors de chaque messe. Le document est signé par Frère François Paror, abbé de Sainte Geneviève, et daté du 17 août 1744 à l'abbaye royale de Sainte Geneviève à Paris.
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