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2051
p. 82-120
ARTICLE des Morts & des Mariages, où l'on trouvera plusieurs remarques historiques.
Début :
Ferdinand Obizzi, Marquis du Saint Empire, Chambellan & Conseiller d'Etat [...]
Mots clefs :
Saintes, Mirandole, Roi, Ville de Grasse, Ville de Pas
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texteReconnaissance textuelle : ARTICLE des Morts & des Mariages, où l'on trouvera plusieurs remarques historiques.
ARTICLE
desMorts & desMa
riages , où l'on trou
vera plufieurs remar
ques biftoriques.
Ferdinand
Obizzi
Marquis
du Saint Empire
Chambellan
& Confeiller
d'Etat , Maréchal General
de Camp , Sur-Intendant
General des Ordonnances
de fa M. I. & cy- devant
Colonel & Commandant
à
Vienne
, eft mort en cette
Ville le 12. Decembre
GALANT. 83
1710. âgé de 70. ans , dont
il en avoit paffé so . au fervice
de la Maiſon d'Autriche
; ſon corps a eſté tranſporté
dans le tombeau de
ces Anceftres.Il avoit épousé
en premieres nôces Marie-
Thereſe Palfi , veuve
d'Augufte
Comte de Sin,
zendolfe
; & en fecondes
;
Anne Marie Elizabeth
Comteffe de Rathmansdorf.
II prit enfuite une
troifiéme alliance avecMarie
Claire - Apolline Comteſſe
de Staremberg
, veuve
de François LeopoldComte
84 MERCURE
臭
de Sclavata , defquelles if
n'a point eu d'Enfants . Ce
fut luy qui enleva en 1674.
le Cardinal Furftemberg.
La Marquife d'Obizzi
fa mere nous a donné
un ſecond exemple de
ces chaftetez à l'épreuve
du poignard dont Lucrece
nous fournit jadis
le premier exemple ; cela
nous fait voir qu'il nous
en viendra peut-eftre un
troifiéme dans quelques
fiécles d'icy , & que la
GALANT : 85
chafteté n'eſt pas ſi rare
qu'on
croit.
Un Gentilhomme de
Padoue fort amoureux
de cette Marquife , qui
eftoit jeune & belle
trouva le moyen d'entrer
dans fa chambrependant
qu'elle dormoit encore
au lit ; fon fils unique
âgé de cinq ans y eftoit
avec elle , mais le Gentilhomme
le transporta
dans une chambre voifine,
afin qu'il nevift pas
86 MERCURE
ce qui fe pafferoit , &
revint enfuite dans la
chambre de laMarquiſe
.
Il fe fervit d'abord des
voyes de douceur & de
perfuafion , avant que
d'en venir auxactions de
violence , & n'ayant pû
rien obtenir ni d'une façon
, ni d'autre fon
amour degenera en fureur
, & fa rage le porta
à un tel point , qu'il poignarda
cette vertueufe
Dame.
GALANT. 87.
La chofe ayant éclatté
, on arreſta le Gentilhomme
fur les foupçons
qu'on cuft contre luy.
On fçavoit qu'il avoiteu
de l'attachement pour la
Marquiſe ; l'Enfant dit
quelque chofe , des voi
fins rapporterent qu'on
avoit vû ce Gentilhomme
dans le quartier ; &
l'on trouva fur le Lit un
bouton de manchette
tout femblable à un autre
bouton , qu'il avoit
88 MERCURE
encore : Tout cela donna
de grands indices
contre lui , on l'appliqua
diverfes fois à la
queftion ordinaire &
extraordinaire , mais il
nia toûjours le fait ; enfin
aprés 15. ans de Prifon
fes amis firent fi
bien qu'ils le fauverent ,
mais quelque tems aprés
le jeune Marquis.
d'Obizzi qui eft ce mef
me Enfant dont j'ay
parlé , luy donna un
coup
GALANT. 89
coup de Pistolet dans
la tefte & vangea ainſi
la mort de fa mere.
VOICI L'EPITAPHE
Latine qu'on a miſe .
1 fur fon Tombeau.
victi
Venerare pudicitia
fimulacrum
mam,lucretiam de Dondis
ab horrologio Pranca
de ObizZonibus , Or
ciani Marchionis uxorem.
Hac inter noctis t
Fevrier
1711..
P
90 MERCURE
nebras , maritales afferent
tades , furiales recentis
Tarquini faces ,
cafto cruore extinxit . Sicque
Romanam Lucretiam
intemerati - tori
gloria vincit. Tanta fua
heroine generofis Manibus
hanc dicavit aram
civitas Patavina.
François Marie Pico ,
Prince de la Mirandole &
de Concordia , accablé de
douleur de fe voir dépouillé
de fon Patrimoine par
GALANT DI
l'Empereur , eft mort à Bologne
en Italie le mois de
Decembre 1710. Il eftoit né
le 50. Septembre 1688. fils
unique de François Pico ,
Prince de la Mirandole ,
mort le 19. Avril 1689. &
d'Anne Camille Borgheze
fille du Prince de Sulmone
Mirandola , ou Mirandole
, eft une petite
Ville d'Italie , à cinq
lieu de Mantoue avec
titre de Duché dont
la Maifon des Pies eft
en poffeffion depuis
*
Hij
92 MERGURE
l'an 1300. Cette Souveraineté
qui ne contient
pas plus de 6000 , hommes
, rapporte environ
quatre vingt-mille ducats.
La Ville de Mi-
1
randole , a une Collegiale
tres - confiderable
& foumife à l'Evefque
de Modene ; Le Palais
du Dúc , eft bien meu
blé & rempli de Peintures
exquifes de l'Ecole
de Fologne. Cette
Ville qui eft fituée en
GALANT . 93
tre le Ferrarois , le Modenois
& le Mantouan,
eft reveſtuë de ſept Baftions
Royaux , avec
un fort Chateau outre
-le fort de la Rocca ,
& enceinte d'un large
& profond Foffe remply
d'eau , & qu'on ne
peut mettre à fec.
X
La nuit du 19. au 20 .
du Mois d'Avril 1795 .
Mr de Lapara fit ouvrir
la tranchée devant
Mirandole , où Mr del
94 MERCURE
Coningfexcommanaoit
elle fe rendit le Mois
fuivant , & le Baron
d Irtrik en apporta
au
Roy la Capitulation
qui fut fignée le 1.
May. La Garniſon fut
faite prifonniere deGuer
re , & l'on trouva dans
la Place so . picces de
Canon avec quelques
Mortiers. Plus de 350.
Officiers ou Soldats fe
deguiferent en Paifans
pour éviter d'eftre fait
GALANT .
25
Prifonniers. On Y mit
Garniſon Françoiſe , &
Eſpagnole , & le Duc
Jean de la Mirandole
qui eftoit au fervice
des deux Couronnes
fut remis en poffeffion
de fon Duché dont les
Imperiaux l'avoient depouillé
. Jean , & Jean
Francois Pics Princes
de la Mirandole, fe font
rendus plus illuftres
dans la Republique des
lettres que par leur rang
96 MERCURE
& leurs exploits 5 & le
plus grand adverfaire
qu'ait jamais eu l'Af
trologue Siennois a efté
le fçavant Jean Pic de
de la Mirandole
; cependant
il ne paffa pas
la 33. année de ſon âge,
comme le luy avoit predit
Lucius Bollentius
La conjecture de cet
Aftrologue eftoit fondée
fur la complexion
bilieufe de ce Prince.
Meffire François Verjus
Evêque ar
GALANT 97
Evefque de Graffe & Abbé
de Barbery eft mort le
mois de Janvier 1711 .
REMARQUES.
Graffe eft une Ville
Epifcopale de la Hautte
Provence , fituée fur une
colline : Son Eveſché.
eft fuffragant de l'Archevefché
d'Ambrun :
Sa Cathedrale,eft dediće
àla Vierge, & fon Chapitre
compoſé d'un Archidiacre
, d'un Sacrif-
Février 1711. I
28. MERCURE
tin d'un Capifcol
,
d'un Archipreftre
, d'un,
Theologal & de fix
Chanoines
: Il y a outre
cette Cathedrale , plu
fieurs Paroiffes avec di
verfes Maifons Reli-.
gicufes. La Prevofté qui
eftoit la premiere dignité
du Chapitre , a cſté
reumie à l'Evefché depuis
environ 30. années
.
Cette ville eft fituée .
dans un Terroir le plus
IBLIOT
LYON
DE
เกาะ
ALLE
GALANT.
agreable du monde tant
par fa fertilité que par
la beauté du payfage .
Son Evefché fut d'abord
eftabli à Antibe ,
mais le mauvais air &
les courfes continuelles
des Pirates ,
obligerent
Bertrand II. fon Evef
que , de transferer fon
Siege à Graffe vers l'an
cette tranflation
1250 .
fut
confirmée par les
Papes Innocent
IV. &
Gregoire X. Il n'y a
I ij
100 MERCURE
qu'une Abbaye dans ce
Diccefe , où l'on compte
feulement 22. Paroiffes.
Quelques Hiftoriens
veulent que Graflus
Conful Romain ait
donné , on nom à Graffe
, mais ce fentiment
n'eft pas general; Quoyqu'il
en foit les Latins
la nomment Gr.nnių r.
Meffire Alexandre de
Chevriere de faint Mau .
ris , Docteur de Sorbonne
& Evefque de Saintes
GALANT . 101
eft morr le mois de Jan
vier 71. Il avoit eſté
Chanoine
Macon . Il
& Doyen de
toit frere de
Claude Jofeph de Chevriere
Comte de S. Mauris
en Maçonnois , & Seigneur
du Til & de Salagny,
du Commandeur de
faint Mauris Treforier de
l'Ordre deMalthe, àLyon ,
& de l'Abbé de S. Mauris
Chanoine , & Treforier
de l'Eglife Noble de
S. Pierre de Macon aprés
fon frere. Honoré de Chevriere
leur Pere , Comte
I iij
101 MERCURE
de S. Mauris , qui avoit
époufé en 1604. Claudine
Damas du Breuil, Branche
de l'illuftre Maifon de
Damas - Thiange , eftoit
neveu de Francois de Chevriere
defaint Mauris Seigneur
de S. Salagni , qui
fut le premier pourveu de
la charge de Juge Géné
ral des Armes & des Blafons
de France , lorfqu'elle
fut créé en 1614. & ce
fut aprés fa mort arrivée
l'an 1641. que le celebre
Pierre d'Hofier y fucceda
la mefme année .
GALANT. 103
Venons prefentement
aux particularitez
de la
Ville de Saintes .
REMARQUES
.
Saintes ou Xaintes
,
eft la ville Capitale de
Saintonge
; les Latins la
nomment
Mediolanum
Santonum ou Vrbs
a
Santoria. Elle eft à 4 .
lieux de Coignac , à 7.
de Brouages , à 11. de
la Rochelle , & à vingt
de Bordeaux , & fitué
fur la Riviere de Charente
, dans un Terroir
104 MERCURE
fi charmant que les
Romains l'avoient choi- >
fie pour y faire leur fe
jour. C'eſt ce qui fait
qu'on y voit plufieurs
antiquitez , fur- tout un
Amphitheatre long de
80.pas communs & large
de 45. Le Parterre qui
fervoit à reprefenter les
jeux & les combats :
eft prefentement
un
champs qu'on laboure ;
& toutes les autres qui
fouftenoient les bancs
GALANT. 105
L
& les fieges font encore
en bon eſtat quoy qu'el
lesne foient faites que de
petites pierres ainſi que
l'Amphitheatre.
Ce qu'on y remarque
de plus curieux eft
une Fontaine qui fortant
d'un rocher audeffous
d'une de ces voutes
, va fe perdre dans
une prairie qu'on reconnoift
avoir efté fermée
de murailles. Il y
a grande apparence que
106 MERCURE
ce lieu eſtant rempli des
eaux de cette Fontaine
on y
faifoit des Naumachies
; il y paroift
naturellement difpofé ,
à caufe qu'il fait une
petite vallée bordée de
rochers , dont l'entrée
eft occupée par l'Amphitheatre.
On voit prés
de ce lieu dans un grand
Fauxbourg , l'Abbaye
de fainte Eutrope ; dont
le clocher eft bafti de '
petites pierres , & la nef
GALANT. 107
faite d'une facon particuliere
; les Reliques de
faint Eutrope font renfermées
fous le maiftre
Autel. Ce Fauxbourg
qui eft au pied du Chafteau
de Saintes, eft elévé
fur un rocher qui le
rend imprenable de ce
cofte- la . Le pont de cette
Ville a efté baſtie
par les Romains ; on
voit à fon entrée une
haute tour & plus avant
un Arc de triomphe fait
108 MERCURE
de deux portiques ; on
y lit ces paroles écrites
en groffes Lettres CASARI
NEP. D. JULII
PONTIFICI AUGURIS.
On voit fur le revers
quelques lettres à demi
effacés. Les pierres dont
eft fait l'Arc de triomphe
font fort groffes
& pofez feulement les
unes fur les autres , fans
mortier, qui eftoit la maniere
de baftir chez les
Romains . Le pont fert
GALANT. 109
à paffer de la ville au
Fauxbourg des Dames ,
ainfi appellé d'une Abbaye
de ce nom , où les
Religieufes font d'un
rang diftingué. On remarque
valléans
une
petite
vallée à main gauche
de cette Abbaye , les
reftes d'un ancien Aqueduc
des Romains , L'Eglife
Epifcopale de cette
ville , eft ded ée à S.
Pierre ; c'eft un Chapitre
compofé d'un
110 MERCURE
.
1
Doyen , d'un Archidiacre
& de 24. Chanoines
. Cette Eglife que
Charlemagne
avoit fait
baftir a esté fort endommagée
en fon toit
& en fes voutes par les
Religionnaires
. Sa tour,
l'une des plus groffes
du Royaume
eft demeurée
dans fon entier ;
on y remarque
deux
degrez : L'ancien qui
eft à main droite en entrant
eft merveilleux
1
GALANT. III
dans fon Architecture ,
mais il ne va que jufqu'à
la voute de l'Eglife
; L'autre a 246. marches
& quand on eft en
haut , on peut voir toute
l'eftenduë de la ville ,
qui n'eft pas grande. On
remarque de la quelle
eft adoffée fur une coline
, fur laquelle on à
baſti une Citadelle , qui
ne paroift plus que par
la ruine de quelques
Baſtions. Au pied de
112 MERCURE
cette colline tou eft aujourd'huy
le convent
des Auguſtins , on avoit
autre fois bafti une autre
Citadelle , dont il
refte encore au milieu
le chaft au du Roy ,
qui fervoit ancienncment
demeure aux comtes
de faintes . On voit
fur le haut , le grand
Arfenal , ou l'on fait
plufieurs canons de fonte
le cofé de la muraille
de la ville qui eſt
proche
GALANT . 113
proche cet Arſenal
paroift avoir efté baſti
du temps des Romains ;
On le juge par des colomnes
prefque toutes
entieres qu'on y voit
encore , par des pieces
de marbres ,
&
par
quelque parties de figures
maçonnées avec cette
muraille ancienne , à la
qu'elle on a ajouté par
derriere de belles Fortifications
afin de rendre
ce cofté de la ville où
Février 1711. K
114 MERCURE
11
eftoit la Citadelle le
plus difficile à attaquer.
Antoine du Pas Marquis
de Feuquieres , Lieutenant
General des Armées
du Roy & Gouver
neur de Verdun mourut
le 27. Janvier 1711. âgé
de 61. an , laiffant pofterité
de Marie Magdelaine
Therefe Genevieve
Monchi fille de George &
de Monchi Marquis d'Hoquincourt
, Chevalier des
Ordres du Roy, & de Maric
Molé.
de
GALANT. IT'S
+
REMARQUES .
Monfieur de Feuquieres
tire l'Origine de fon illuftre
nom de la Ville de Pas en
Artois , fituée fur la riviere
d'Ori dans la Comté de
faint Pol.
En 13-0 . Jean de Pas
Seigneur de Martinfart ſe
rendit celebre fous le nom
de jeune Feuquieres ; il fit
une fin femblable à celle
d'Epaminondas
? car fe
voyant bleffé à mort , il ſe
fit porter fur un Brancard
pour reconnoistre la ville
Kij
116 MERCURE
de la Charité fur Loire ,
qu'il affiegeoit comme
Maréchal de camp du
Prince Palatin Cafimir Duc
de Deux - ponts ; & employa
les derniers moinens
de fa vie à faire emporter
cette ville d'affaut. Il
y mourut avec la gloire
d'avoir fauvé l'Armée de
fon parti , qui eftoit pourfuivie
par celle de fes En .
$
(
nemis beaucoup plus puif.
fante , & à qui cette vil'e
fervoit de pallage pour alles
joindre le Roy de Navarre
.
GALANT. N7
Voicy la Lettre que
Mr de Feuquieres à écrire
au Roy dans les derniers
momens de fa vie,
SIRE ,
Aprés avoir mis entre les
mains de Dieu ma vie que je
vais luy rendre , il ne me refte
plus rien à faire avant de la
quitter , que de me jetter aux
pieds de voſtre Majefté. Si je
croyois avoir encore plus de: 4.
heures à paffer en ce monde
je n'oferois pas prendre la liberté
que je prends. Je feay
que j'ay déplû à V M. &
118 MERCURE
quoyque je ne fache pas en
quoi,je ne m'en crois pas moins
coupable .Fefpere SIRE¸que
Dieu me pardonnera
, parceque
jefens en moy un repentir
fincere. Vous eftes l'image de
Dieu, &jofe vousfupplier de
pardonner du moins à mon
fils les fautes queje voudrois
avoir expicés de mon fang.
Ce font elles , SIRE , qui
ont donné à V. M. de l'éloignement
pour moy , & qui
font caufe que je meurs dans
mon lit , au lieu que je devrois.
facrifier à vostre fervice les
derniers momens de ma vie
GALANT. 119
les dernieres goutes de mon
fang. Comme je l'ay toûjours
fouhaité , SIRE , au nom
du Roy des Rois devant qui
je vais paroifire , daignez jetter
des yeux de compaffionfur
un fils unique que je laiffe en
ce monde fans appuy & fans
bien. Il eft innocent de mes
malheurs , & forti d'un fang
qui a toujours bien fervi V
M. Je prends confiance en la
bonté de vostre coeur , & aprés
vous avoir demandé encore
une fois pardon , je vais me
remettre entre les mains de
Dieu à qui je demande pour
120 MERCURE
Voftre Majefté toutes les profperités
que meritent vos vertus.
desMorts & desMa
riages , où l'on trou
vera plufieurs remar
ques biftoriques.
Ferdinand
Obizzi
Marquis
du Saint Empire
Chambellan
& Confeiller
d'Etat , Maréchal General
de Camp , Sur-Intendant
General des Ordonnances
de fa M. I. & cy- devant
Colonel & Commandant
à
Vienne
, eft mort en cette
Ville le 12. Decembre
GALANT. 83
1710. âgé de 70. ans , dont
il en avoit paffé so . au fervice
de la Maiſon d'Autriche
; ſon corps a eſté tranſporté
dans le tombeau de
ces Anceftres.Il avoit épousé
en premieres nôces Marie-
Thereſe Palfi , veuve
d'Augufte
Comte de Sin,
zendolfe
; & en fecondes
;
Anne Marie Elizabeth
Comteffe de Rathmansdorf.
II prit enfuite une
troifiéme alliance avecMarie
Claire - Apolline Comteſſe
de Staremberg
, veuve
de François LeopoldComte
84 MERCURE
臭
de Sclavata , defquelles if
n'a point eu d'Enfants . Ce
fut luy qui enleva en 1674.
le Cardinal Furftemberg.
La Marquife d'Obizzi
fa mere nous a donné
un ſecond exemple de
ces chaftetez à l'épreuve
du poignard dont Lucrece
nous fournit jadis
le premier exemple ; cela
nous fait voir qu'il nous
en viendra peut-eftre un
troifiéme dans quelques
fiécles d'icy , & que la
GALANT : 85
chafteté n'eſt pas ſi rare
qu'on
croit.
Un Gentilhomme de
Padoue fort amoureux
de cette Marquife , qui
eftoit jeune & belle
trouva le moyen d'entrer
dans fa chambrependant
qu'elle dormoit encore
au lit ; fon fils unique
âgé de cinq ans y eftoit
avec elle , mais le Gentilhomme
le transporta
dans une chambre voifine,
afin qu'il nevift pas
86 MERCURE
ce qui fe pafferoit , &
revint enfuite dans la
chambre de laMarquiſe
.
Il fe fervit d'abord des
voyes de douceur & de
perfuafion , avant que
d'en venir auxactions de
violence , & n'ayant pû
rien obtenir ni d'une façon
, ni d'autre fon
amour degenera en fureur
, & fa rage le porta
à un tel point , qu'il poignarda
cette vertueufe
Dame.
GALANT. 87.
La chofe ayant éclatté
, on arreſta le Gentilhomme
fur les foupçons
qu'on cuft contre luy.
On fçavoit qu'il avoiteu
de l'attachement pour la
Marquiſe ; l'Enfant dit
quelque chofe , des voi
fins rapporterent qu'on
avoit vû ce Gentilhomme
dans le quartier ; &
l'on trouva fur le Lit un
bouton de manchette
tout femblable à un autre
bouton , qu'il avoit
88 MERCURE
encore : Tout cela donna
de grands indices
contre lui , on l'appliqua
diverfes fois à la
queftion ordinaire &
extraordinaire , mais il
nia toûjours le fait ; enfin
aprés 15. ans de Prifon
fes amis firent fi
bien qu'ils le fauverent ,
mais quelque tems aprés
le jeune Marquis.
d'Obizzi qui eft ce mef
me Enfant dont j'ay
parlé , luy donna un
coup
GALANT. 89
coup de Pistolet dans
la tefte & vangea ainſi
la mort de fa mere.
VOICI L'EPITAPHE
Latine qu'on a miſe .
1 fur fon Tombeau.
victi
Venerare pudicitia
fimulacrum
mam,lucretiam de Dondis
ab horrologio Pranca
de ObizZonibus , Or
ciani Marchionis uxorem.
Hac inter noctis t
Fevrier
1711..
P
90 MERCURE
nebras , maritales afferent
tades , furiales recentis
Tarquini faces ,
cafto cruore extinxit . Sicque
Romanam Lucretiam
intemerati - tori
gloria vincit. Tanta fua
heroine generofis Manibus
hanc dicavit aram
civitas Patavina.
François Marie Pico ,
Prince de la Mirandole &
de Concordia , accablé de
douleur de fe voir dépouillé
de fon Patrimoine par
GALANT DI
l'Empereur , eft mort à Bologne
en Italie le mois de
Decembre 1710. Il eftoit né
le 50. Septembre 1688. fils
unique de François Pico ,
Prince de la Mirandole ,
mort le 19. Avril 1689. &
d'Anne Camille Borgheze
fille du Prince de Sulmone
Mirandola , ou Mirandole
, eft une petite
Ville d'Italie , à cinq
lieu de Mantoue avec
titre de Duché dont
la Maifon des Pies eft
en poffeffion depuis
*
Hij
92 MERGURE
l'an 1300. Cette Souveraineté
qui ne contient
pas plus de 6000 , hommes
, rapporte environ
quatre vingt-mille ducats.
La Ville de Mi-
1
randole , a une Collegiale
tres - confiderable
& foumife à l'Evefque
de Modene ; Le Palais
du Dúc , eft bien meu
blé & rempli de Peintures
exquifes de l'Ecole
de Fologne. Cette
Ville qui eft fituée en
GALANT . 93
tre le Ferrarois , le Modenois
& le Mantouan,
eft reveſtuë de ſept Baftions
Royaux , avec
un fort Chateau outre
-le fort de la Rocca ,
& enceinte d'un large
& profond Foffe remply
d'eau , & qu'on ne
peut mettre à fec.
X
La nuit du 19. au 20 .
du Mois d'Avril 1795 .
Mr de Lapara fit ouvrir
la tranchée devant
Mirandole , où Mr del
94 MERCURE
Coningfexcommanaoit
elle fe rendit le Mois
fuivant , & le Baron
d Irtrik en apporta
au
Roy la Capitulation
qui fut fignée le 1.
May. La Garniſon fut
faite prifonniere deGuer
re , & l'on trouva dans
la Place so . picces de
Canon avec quelques
Mortiers. Plus de 350.
Officiers ou Soldats fe
deguiferent en Paifans
pour éviter d'eftre fait
GALANT .
25
Prifonniers. On Y mit
Garniſon Françoiſe , &
Eſpagnole , & le Duc
Jean de la Mirandole
qui eftoit au fervice
des deux Couronnes
fut remis en poffeffion
de fon Duché dont les
Imperiaux l'avoient depouillé
. Jean , & Jean
Francois Pics Princes
de la Mirandole, fe font
rendus plus illuftres
dans la Republique des
lettres que par leur rang
96 MERCURE
& leurs exploits 5 & le
plus grand adverfaire
qu'ait jamais eu l'Af
trologue Siennois a efté
le fçavant Jean Pic de
de la Mirandole
; cependant
il ne paffa pas
la 33. année de ſon âge,
comme le luy avoit predit
Lucius Bollentius
La conjecture de cet
Aftrologue eftoit fondée
fur la complexion
bilieufe de ce Prince.
Meffire François Verjus
Evêque ar
GALANT 97
Evefque de Graffe & Abbé
de Barbery eft mort le
mois de Janvier 1711 .
REMARQUES.
Graffe eft une Ville
Epifcopale de la Hautte
Provence , fituée fur une
colline : Son Eveſché.
eft fuffragant de l'Archevefché
d'Ambrun :
Sa Cathedrale,eft dediće
àla Vierge, & fon Chapitre
compoſé d'un Archidiacre
, d'un Sacrif-
Février 1711. I
28. MERCURE
tin d'un Capifcol
,
d'un Archipreftre
, d'un,
Theologal & de fix
Chanoines
: Il y a outre
cette Cathedrale , plu
fieurs Paroiffes avec di
verfes Maifons Reli-.
gicufes. La Prevofté qui
eftoit la premiere dignité
du Chapitre , a cſté
reumie à l'Evefché depuis
environ 30. années
.
Cette ville eft fituée .
dans un Terroir le plus
IBLIOT
LYON
DE
เกาะ
ALLE
GALANT.
agreable du monde tant
par fa fertilité que par
la beauté du payfage .
Son Evefché fut d'abord
eftabli à Antibe ,
mais le mauvais air &
les courfes continuelles
des Pirates ,
obligerent
Bertrand II. fon Evef
que , de transferer fon
Siege à Graffe vers l'an
cette tranflation
1250 .
fut
confirmée par les
Papes Innocent
IV. &
Gregoire X. Il n'y a
I ij
100 MERCURE
qu'une Abbaye dans ce
Diccefe , où l'on compte
feulement 22. Paroiffes.
Quelques Hiftoriens
veulent que Graflus
Conful Romain ait
donné , on nom à Graffe
, mais ce fentiment
n'eft pas general; Quoyqu'il
en foit les Latins
la nomment Gr.nnių r.
Meffire Alexandre de
Chevriere de faint Mau .
ris , Docteur de Sorbonne
& Evefque de Saintes
GALANT . 101
eft morr le mois de Jan
vier 71. Il avoit eſté
Chanoine
Macon . Il
& Doyen de
toit frere de
Claude Jofeph de Chevriere
Comte de S. Mauris
en Maçonnois , & Seigneur
du Til & de Salagny,
du Commandeur de
faint Mauris Treforier de
l'Ordre deMalthe, àLyon ,
& de l'Abbé de S. Mauris
Chanoine , & Treforier
de l'Eglife Noble de
S. Pierre de Macon aprés
fon frere. Honoré de Chevriere
leur Pere , Comte
I iij
101 MERCURE
de S. Mauris , qui avoit
époufé en 1604. Claudine
Damas du Breuil, Branche
de l'illuftre Maifon de
Damas - Thiange , eftoit
neveu de Francois de Chevriere
defaint Mauris Seigneur
de S. Salagni , qui
fut le premier pourveu de
la charge de Juge Géné
ral des Armes & des Blafons
de France , lorfqu'elle
fut créé en 1614. & ce
fut aprés fa mort arrivée
l'an 1641. que le celebre
Pierre d'Hofier y fucceda
la mefme année .
GALANT. 103
Venons prefentement
aux particularitez
de la
Ville de Saintes .
REMARQUES
.
Saintes ou Xaintes
,
eft la ville Capitale de
Saintonge
; les Latins la
nomment
Mediolanum
Santonum ou Vrbs
a
Santoria. Elle eft à 4 .
lieux de Coignac , à 7.
de Brouages , à 11. de
la Rochelle , & à vingt
de Bordeaux , & fitué
fur la Riviere de Charente
, dans un Terroir
104 MERCURE
fi charmant que les
Romains l'avoient choi- >
fie pour y faire leur fe
jour. C'eſt ce qui fait
qu'on y voit plufieurs
antiquitez , fur- tout un
Amphitheatre long de
80.pas communs & large
de 45. Le Parterre qui
fervoit à reprefenter les
jeux & les combats :
eft prefentement
un
champs qu'on laboure ;
& toutes les autres qui
fouftenoient les bancs
GALANT. 105
L
& les fieges font encore
en bon eſtat quoy qu'el
lesne foient faites que de
petites pierres ainſi que
l'Amphitheatre.
Ce qu'on y remarque
de plus curieux eft
une Fontaine qui fortant
d'un rocher audeffous
d'une de ces voutes
, va fe perdre dans
une prairie qu'on reconnoift
avoir efté fermée
de murailles. Il y
a grande apparence que
106 MERCURE
ce lieu eſtant rempli des
eaux de cette Fontaine
on y
faifoit des Naumachies
; il y paroift
naturellement difpofé ,
à caufe qu'il fait une
petite vallée bordée de
rochers , dont l'entrée
eft occupée par l'Amphitheatre.
On voit prés
de ce lieu dans un grand
Fauxbourg , l'Abbaye
de fainte Eutrope ; dont
le clocher eft bafti de '
petites pierres , & la nef
GALANT. 107
faite d'une facon particuliere
; les Reliques de
faint Eutrope font renfermées
fous le maiftre
Autel. Ce Fauxbourg
qui eft au pied du Chafteau
de Saintes, eft elévé
fur un rocher qui le
rend imprenable de ce
cofte- la . Le pont de cette
Ville a efté baſtie
par les Romains ; on
voit à fon entrée une
haute tour & plus avant
un Arc de triomphe fait
108 MERCURE
de deux portiques ; on
y lit ces paroles écrites
en groffes Lettres CASARI
NEP. D. JULII
PONTIFICI AUGURIS.
On voit fur le revers
quelques lettres à demi
effacés. Les pierres dont
eft fait l'Arc de triomphe
font fort groffes
& pofez feulement les
unes fur les autres , fans
mortier, qui eftoit la maniere
de baftir chez les
Romains . Le pont fert
GALANT. 109
à paffer de la ville au
Fauxbourg des Dames ,
ainfi appellé d'une Abbaye
de ce nom , où les
Religieufes font d'un
rang diftingué. On remarque
valléans
une
petite
vallée à main gauche
de cette Abbaye , les
reftes d'un ancien Aqueduc
des Romains , L'Eglife
Epifcopale de cette
ville , eft ded ée à S.
Pierre ; c'eft un Chapitre
compofé d'un
110 MERCURE
.
1
Doyen , d'un Archidiacre
& de 24. Chanoines
. Cette Eglife que
Charlemagne
avoit fait
baftir a esté fort endommagée
en fon toit
& en fes voutes par les
Religionnaires
. Sa tour,
l'une des plus groffes
du Royaume
eft demeurée
dans fon entier ;
on y remarque
deux
degrez : L'ancien qui
eft à main droite en entrant
eft merveilleux
1
GALANT. III
dans fon Architecture ,
mais il ne va que jufqu'à
la voute de l'Eglife
; L'autre a 246. marches
& quand on eft en
haut , on peut voir toute
l'eftenduë de la ville ,
qui n'eft pas grande. On
remarque de la quelle
eft adoffée fur une coline
, fur laquelle on à
baſti une Citadelle , qui
ne paroift plus que par
la ruine de quelques
Baſtions. Au pied de
112 MERCURE
cette colline tou eft aujourd'huy
le convent
des Auguſtins , on avoit
autre fois bafti une autre
Citadelle , dont il
refte encore au milieu
le chaft au du Roy ,
qui fervoit ancienncment
demeure aux comtes
de faintes . On voit
fur le haut , le grand
Arfenal , ou l'on fait
plufieurs canons de fonte
le cofé de la muraille
de la ville qui eſt
proche
GALANT . 113
proche cet Arſenal
paroift avoir efté baſti
du temps des Romains ;
On le juge par des colomnes
prefque toutes
entieres qu'on y voit
encore , par des pieces
de marbres ,
&
par
quelque parties de figures
maçonnées avec cette
muraille ancienne , à la
qu'elle on a ajouté par
derriere de belles Fortifications
afin de rendre
ce cofté de la ville où
Février 1711. K
114 MERCURE
11
eftoit la Citadelle le
plus difficile à attaquer.
Antoine du Pas Marquis
de Feuquieres , Lieutenant
General des Armées
du Roy & Gouver
neur de Verdun mourut
le 27. Janvier 1711. âgé
de 61. an , laiffant pofterité
de Marie Magdelaine
Therefe Genevieve
Monchi fille de George &
de Monchi Marquis d'Hoquincourt
, Chevalier des
Ordres du Roy, & de Maric
Molé.
de
GALANT. IT'S
+
REMARQUES .
Monfieur de Feuquieres
tire l'Origine de fon illuftre
nom de la Ville de Pas en
Artois , fituée fur la riviere
d'Ori dans la Comté de
faint Pol.
En 13-0 . Jean de Pas
Seigneur de Martinfart ſe
rendit celebre fous le nom
de jeune Feuquieres ; il fit
une fin femblable à celle
d'Epaminondas
? car fe
voyant bleffé à mort , il ſe
fit porter fur un Brancard
pour reconnoistre la ville
Kij
116 MERCURE
de la Charité fur Loire ,
qu'il affiegeoit comme
Maréchal de camp du
Prince Palatin Cafimir Duc
de Deux - ponts ; & employa
les derniers moinens
de fa vie à faire emporter
cette ville d'affaut. Il
y mourut avec la gloire
d'avoir fauvé l'Armée de
fon parti , qui eftoit pourfuivie
par celle de fes En .
$
(
nemis beaucoup plus puif.
fante , & à qui cette vil'e
fervoit de pallage pour alles
joindre le Roy de Navarre
.
GALANT. N7
Voicy la Lettre que
Mr de Feuquieres à écrire
au Roy dans les derniers
momens de fa vie,
SIRE ,
Aprés avoir mis entre les
mains de Dieu ma vie que je
vais luy rendre , il ne me refte
plus rien à faire avant de la
quitter , que de me jetter aux
pieds de voſtre Majefté. Si je
croyois avoir encore plus de: 4.
heures à paffer en ce monde
je n'oferois pas prendre la liberté
que je prends. Je feay
que j'ay déplû à V M. &
118 MERCURE
quoyque je ne fache pas en
quoi,je ne m'en crois pas moins
coupable .Fefpere SIRE¸que
Dieu me pardonnera
, parceque
jefens en moy un repentir
fincere. Vous eftes l'image de
Dieu, &jofe vousfupplier de
pardonner du moins à mon
fils les fautes queje voudrois
avoir expicés de mon fang.
Ce font elles , SIRE , qui
ont donné à V. M. de l'éloignement
pour moy , & qui
font caufe que je meurs dans
mon lit , au lieu que je devrois.
facrifier à vostre fervice les
derniers momens de ma vie
GALANT. 119
les dernieres goutes de mon
fang. Comme je l'ay toûjours
fouhaité , SIRE , au nom
du Roy des Rois devant qui
je vais paroifire , daignez jetter
des yeux de compaffionfur
un fils unique que je laiffe en
ce monde fans appuy & fans
bien. Il eft innocent de mes
malheurs , & forti d'un fang
qui a toujours bien fervi V
M. Je prends confiance en la
bonté de vostre coeur , & aprés
vous avoir demandé encore
une fois pardon , je vais me
remettre entre les mains de
Dieu à qui je demande pour
120 MERCURE
Voftre Majefté toutes les profperités
que meritent vos vertus.
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Résumé : ARTICLE des Morts & des Mariages, où l'on trouvera plusieurs remarques historiques.
Le texte présente plusieurs événements historiques et biographies. Ferdinand Obizzi, Marquis du Saint Empire, Chambellan et Conseiller d'État, Maréchal Général de Camp, Sur-Intendant Général des Ordonnances de la Maison d'Autriche, est décédé à Vienne le 12 décembre 1710 à l'âge de 70 ans. Il avait passé 50 ans au service de la Maison d'Autriche. Son corps a été transporté dans le tombeau de ses ancêtres. Il avait épousé Marie-Therese Palfi, veuve du Comte de Sinzendorf, puis Anne Marie Elizabeth Comtesse de Rathmansdorf, et enfin Marie Claire-Apolline Comtesse de Starhemberg, veuve du Comte de Slavata, mais n'a pas eu d'enfants. En 1674, il a enlevé le Cardinal Fürstenberg. La Marquise d'Obizzi, mère de Ferdinand, a été assassinée par un gentilhomme de Padoue amoureux d'elle. Cet homme a été arrêté et emprisonné pendant 15 ans avant d'être sauvé par ses amis. Plus tard, le jeune Marquis d'Obizzi, fils de la Marquise, a vengé sa mère en tuant le gentilhomme. François Marie Pico, Prince de la Mirandole et de Concordia, est mort à Bologne en décembre 1710, accablé de douleur après avoir été dépouillé de son patrimoine par l'Empereur. Né le 50 septembre 1688, il était fils unique de François Pico et d'Anne Camille Borgheze. Mirandole est une petite ville d'Italie, possession de la Maison des Pies depuis 1300, avec un Duché rapportant environ quatre-vingt-mille ducats. En avril 1795, Mirandole a été assiégée et capturée par les troupes françaises commandées par Monsieur de Lapara et Monsieur del Coningfex. La garnison a été faite prisonnière de guerre et la ville a été mise sous occupation française et espagnole. Le Duc Jean de la Mirandole a été remis en possession de son Duché. Le texte mentionne également plusieurs décès d'hommes d'Église et de nobles, tels que Meffire François Verjus, Évêque de Graffe et Abbé de Barbery, mort en janvier 1711, et Meffire Alexandre de Chevrière de Saint Mauris, Docteur de Sorbonne et Évêque de Saintes, également décédé en janvier 1711. Enfin, la ville de Saintes, capitale de la Saintonge, est décrite avec ses antiquités romaines, notamment un amphithéâtre et un aqueduc. La ville est située sur la rivière Charente et possède une cathédrale dédiée à Saint Pierre, endommagée par les religionnaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2052
p. 120
« Le Roy a donné le Gouvernement de Verdun à Mr [...] »
Début :
Le Roy a donné le Gouvernement de Verdun à Mr [...]
Mots clefs :
Roi, Gouvernement de Verdun, Lieutenant général des armées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy a donné le Gouvernement de Verdun à Mr [...] »
Le Roy a donné le
Gouvernement de Verdun
à Mr le Marquis
de Goefbriand Lieutenant
General des Armées
du Roy & Chevalier
de fes Ordres.
Gouvernement de Verdun
à Mr le Marquis
de Goefbriand Lieutenant
General des Armées
du Roy & Chevalier
de fes Ordres.
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2053
p. 120-122
« Louis Frezon ancien Maistre des Comptes est mort le premier [...] »
Début :
Louis Frezon ancien Maistre des Comptes est mort le premier [...]
Mots clefs :
Maître des comptes, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Louis Frezon ancien Maistre des Comptes est mort le premier [...] »
Louis Frezon ancien
Maistre des Comptes eft
mort le premier de ce mois
dans un âgé fort avancé .
Jean François du Tillet
GALANT . 12
*
let , Chevalier Seigneur de
Lannes , & Ancien Gref
Her en chef du Parlement,
eſt mort fans poſterité le 9.
Fevrier 1711. âgé de 66.
ans.
Nicolas Charles Cefar
de Coftentin , Chevalier
Marquis de Nery , Baron
de Survilliers , Seigneur de
Tourville, & Coutainville,
& cy- devant Meftre de
Camp du Regiment Dau
phin Cavalerie eft mort le
14. de ce mois .
Jean Baptifte Coquebert
, Seigneur de Mont-
Février 1711 .
L
122 MERCURE
bret , Maiſtre des Comptes
, eft mort le 17. de ce
mois .
Maistre des Comptes eft
mort le premier de ce mois
dans un âgé fort avancé .
Jean François du Tillet
GALANT . 12
*
let , Chevalier Seigneur de
Lannes , & Ancien Gref
Her en chef du Parlement,
eſt mort fans poſterité le 9.
Fevrier 1711. âgé de 66.
ans.
Nicolas Charles Cefar
de Coftentin , Chevalier
Marquis de Nery , Baron
de Survilliers , Seigneur de
Tourville, & Coutainville,
& cy- devant Meftre de
Camp du Regiment Dau
phin Cavalerie eft mort le
14. de ce mois .
Jean Baptifte Coquebert
, Seigneur de Mont-
Février 1711 .
L
122 MERCURE
bret , Maiſtre des Comptes
, eft mort le 17. de ce
mois .
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Résumé : « Louis Frezon ancien Maistre des Comptes est mort le premier [...] »
En février 1711, plusieurs personnalités sont décédées. Louis Frezon, Maître des Comptes, est mort le 1er février à un âge avancé. Jean François du Tillet, Chevalier Seigneur de Lannes, est décédé sans descendance le 9 février à 66 ans. Nicolas Charles César de Costentin, Chevalier Marquis de Néry, est mort le 14 février. Jean Baptiste Coquebert, Seigneur de Montbret et Maître des Comptes, est décédé le 17 février.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2054
p. 122-123
MARIAGES.
Début :
Charles-Jean-Baptiste Fleuriau, Seigneur de Morville, Conseiller au Parlement, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Charles -Jean - Baptifte
Fleuriau, Seigneur de Morville
, Confeiller au Parlement
& fils de Jofeph-
Jean - Baptifte Fleuriau
Seigneur d'Armenonville,
Confeiller d'Etat, Gouverneur
& Grand- Bailly de
Chartres , & de Jeanne Gilbert
, a épousé le 3. de ce
mois Charlotte- Elifabeth
GALANT. 123
de Vienne , fille de Louis
<de Vienne , Seigneur de
Geraudat , Confeiller de la
Grand Chambre, & de feue
Charlotte-Marguerite de
Clerembaut.
Voicy plufieurs Epitalames
fur le Mariagede
M. de Morville.
Charles -Jean - Baptifte
Fleuriau, Seigneur de Morville
, Confeiller au Parlement
& fils de Jofeph-
Jean - Baptifte Fleuriau
Seigneur d'Armenonville,
Confeiller d'Etat, Gouverneur
& Grand- Bailly de
Chartres , & de Jeanne Gilbert
, a épousé le 3. de ce
mois Charlotte- Elifabeth
GALANT. 123
de Vienne , fille de Louis
<de Vienne , Seigneur de
Geraudat , Confeiller de la
Grand Chambre, & de feue
Charlotte-Marguerite de
Clerembaut.
Voicy plufieurs Epitalames
fur le Mariagede
M. de Morville.
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Résumé : MARIAGES.
Le texte décrit le mariage de Charles-Jean-Baptiste Fleuriau, Seigneur de Morville et Conseiller au Parlement, avec Charlotte-Élisabeth Galant de Vienne. Fleuriau est le fils de Joseph-Jean-Baptiste Fleuriau et Jeanne Gilbert. La mariée est la fille de Louis de Vienne et de la défunte Charlotte-Marguerite de Clerembaut. Plusieurs épithalames ont célébré cette union.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2055
p. 135-177
Nouvelles d'Espagne.
Début :
Après la prise du Fort Rouge, Mr le Duc de Noailles [...]
Mots clefs :
Espagne, Gérone, Barcelone, Duc de Noailles, Troupes, Reine Anne, Saragosse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
ARTICLE
des Nouvelles.
Nouvelles d'Espagne.
Aprés la prise du Fort
Rouge, Mr leDuc deNoailles
jugea à propos de faire
dreffer les batteries contre.
la Ville dont il fe feroit
rendu maiſtre en peu de
pas furve-
•
jours s'il n'eftoit
134 MERCURE
nu des orages & des pluyes
qui continuerent pendant
cinq jours en fingrande a
bondance que toutes les
Rivieres fe deborderent fi
confiderablement que les
batteries furent fort endommagées
, & qu'il fut
impoffible de faire venir
des provifions au Camp
jufqu'à ce qu'on eut reftabli
les Ponts qui avoient
efté entraifncz, ce qui avoit
beaucoup fait fouffrir les
Troupes . Mais letems s'e
ftant remis au beau , il arriva
plufieurs convois , &
Lon
GALANT . 137
on travailla avec beaucoup
de diligence à reftablir les
batteries qui commencerent
à tirer le 14.jardo nex
La nuit du 19. au 20 , un
détachement de Grenadiers
fe logea fur la breche
de la courtine de fainte Lucie
, & le Mineur s'y eftant
attaché , il continua fon
travail avec beaucoup de
fuccez jufqu'à la nuit du
22. au 23. que Mr le Duc
de Noailles fit les difpofitions
neceffaires pour donner
l'affaut.
Mrs de Tournon , Ma-
Fevrier 1711 .
M
8 MERCURE
réchal de Camp, Siougeat,
Brigadier , & d'Alba Colonel
du Regiment d'Auvergne
, qui eftoient de
tranchée , devoient déboucher
auffi toft que la mine
auroit fait fon effet , avec
douze compagnies de Grenadiers
& autant de compagnies
de Piquer. Mr
d'Alba devoit en mefme
temps attaquer le Baſtion
de fainte Marie , avec qua
tre compagnies de Grena-
•diers , quatre de Piquet , &
deux cens Sapeurs . Mr le
Marquis de Güerchi , LieuGALANT
139
tenant General à la tefte de
tout le refte des Grenadiers,
avec Mrs de Caraffa , Maréchal
de Camp , Nifas
Brigadier , & de Milon ,
Colonel de Flandre , Mr le
Comte de Muret , Lieutenant
General , avec deux
mille Fufilliers; Mr le Marquis
de Caylus , Maréchal
de Camp , Mr le Chevalier
de Guiry , Brigadier ,
& Mr de Polaftron , Colodevoient
nel de - Forez
marcher enfuite pour foutenir
, & fe pofter dans tous
les endroits qu'il feroit à
Mij
140 MERCURE
Your
propos d'occuper.
Le fignal pour donner
l'affaut eftoit qu'à la pointe
du jour on tireroit deux
coups de canon de la batterie
qui eftoit prés la Tour
de S. Jean. On mit le feu là
la mine qui fit tout l'effet
qu'on en pouvoit efperer,
car elle ouvrit une grande
breche , & applanit le chemin
pour penetrer dans la
Ville. Il y avoit quinze
pieds à y defcendre du rempart.
Nos Soldats executerent
avec vigueur les ordres
qu'ils avoient reccu, & chaGALANT.
141
cun des Corps nommez
pour cette expedition entra
par l'endroit qui luy avoi
efté marqué. De ceux qui
-pafferent par la breche , los
uns occuperent l'Eglife &
le Couvent de S. Pierre de
Galligans anciens Beneditins
, & les autres courtrent
s'emparer de la Porte
dite de fainte Marie. Coml'on
me on s'apperçut que
ne faifoit pas grand feu de
l Tour de fainte Lucie ,
nos gens poufferent juf.
ques là , & lefcaladerent ,
s'en faifirent & tuerent un
142 MERCURE
6
Capitaine & fon Lieute
nant qu'ils y trouverent
avec plufieurs foldats. Ceux
¿qui mɔntèrent au Baſtion
de Sainte Marie , le firent
savec tant de bravoure
qu'ils culbuterent bientôt
tout ce qui fe preſenta à
eux ; ayant efté joints par
d'autres Troupes que leur
-amenoit Mr d'Alba pour
les foutenir
, ils entrerent
tous enfemble l'épée à la
main dans ce Baftion ; ceux
qui le deffendoient jugerent
alors qu'ils eftoient
entierement perdus , d'auGALANT.
043
tant plus qu'un autre corps
de Troupes des noftres gagnoit
déja la place de Saint
Pierre. Ils perdirent dans
cette affaire environ cent
hommes tuez , & cent cinquante
qu'on leur fit prifonniers
, fans qu'il nous
en couftaft qu'un Lieutenant
Suiffe , & environ
trente Soldats tuez ou blef.
fez. Les Affiegez voyant
que nos gens fe renfor
çoient , & craignant qu'ils
ne fe rendiffent maiftres de
toutes leurs coupures , leurs
Ponts eftantdéja rompus ,
144 MERCURE
ils arborerent far la Tour
de Gironelle l'Etendart du
Regiment de la Ville de
Barcelone , & firent de- là
battre la chamade. On leur
répondit de la Tour de S.
Jean où l'on fit élever le
Drapeau Colonel du Regiment
de Normandie. C'e
ftoit le fignal à nos gens de
s'arrefter.
Le feu ceffa de
part
& d'autre
, & nos Troupes
re- ftoient
dans
la Ville
, occupant
un Quartier
feparé
par
un Ruiffeau
, & l'Egli fe & Cimetiere
deS.Pierre
.
La
GALANT . 145
Le Colonel Don Jacques
de Cordelles qui eftoit de
Piquet , s'avanca pour parder
à Mr le Duc de Noailles
qui eftoit déja arrivé à la
Porte de fainte Marie , &
aprés un petit entretien , il
retourna joindre fes Troupes
, & Mr de Noailles fe
retira en fon Quartier. Les
Afliegez livrerent bientoft
aprés cinq de leurs Officiers
pour orages , ce furent Don
Jacques de Cordelles , un
Colonel Palatin , le Major
du Regiment de Cantaril
Je un Major Palatin , &
Fevrier 1711.
N
146 MERCURE
un Capitaine d'Infanterie
du Regiment Italien de Fabre.
On leur envoya
de
noftre cofté Mrs le Comte
de Polaftron , de Cazalde ,
qui commande ordinairement
les Troupes Françoifes
à Rofes , & qui avoit
fuivi Mrle Duc de Noailles
au fiege , & le Major de
· la Couronne
.A quatre heurres
du foir le Comte de
Lecheraine , Maréchal de
Camp, apporta les Articles
de capitulation . Cet Officier
s'en retourna fur les
9 heures du foir , & revint
GALANT. 147
le lendemain 24. à deux
heures du matin. Aprés
une longue conference avec
Mr le Duc de Noailles,
tout fut conclu , & la capitulation
fut fignée le 25.
Auffi-toft nos Troupes
entrerent dans la Ville , &
dans le Fort du Calvaire ,
dans celuy du Chapitre , &
dans celuy de la Cité , &
l'on permit à la Garnifon
de fe retirer dans les Forts
du Conneftable
, de la Reine
Anne , & des Capucins ,
à condition qu'elle nous les
remet roit dans fix jours
Nij
148 MERCURE
fi elle n'eftoit pas fecourue.
La perte que les Ennemis
ont faite pendant le
fiege a été bien plus confiderable
que la noftre , puifqu'outre
deux cent prifonniers
que nous avons fait
fureux , ils ont eu plus de
400. hommes tuez ou blef
fez, fans y comprendre 250.
prifonniers avec un Lieutes
nant Colonel ,fept Officiers
d'un Regiment Napolitain
de Fabré , qui s'eftant approché
pour le jetter dans
la Ville , fut pourſuivi &
défait la nuit du 21. au 22,
l
GALANT. 149
**
par Mr le Comte d'Eſtaire,
Maréchal de Camp . De
noftre coſté le nombre des
morts & des bleffez ne va
pas સે 200. hommes dont
les plus confiderables font
pas
deux Capitaines.
Voicy les Articles de la
capitulation , tant pour la
Ville que pour les Forts qui
en dépendent .
I. Qu'on remettroit aux
Troupes de l'Armée de Mr
le Duc de Noailles le 25.au
matin , la Ville de Girone,
avec l'artillerie qui y eft ,
& les effets qui pourront fe
ウ
N iij
110 MERCURE
trouver dans les Magazins
de la Place , tant de guerre
que de bouche, dont il fera
fait Inventaire ledit jour
25. Janvier. Accordé.
all. Qu'on remettra pa
reillement les deux Redoutes
du Chapitre & de la
Ville , comme eftant fortifications
dépendantes de
ladite Ville. Accordé.
III. Que ledit jour 25.les
Troupes Efpagnoles & Palatines
fe retireront dans les
Forts du Conneftable , de
la Reine Anne , des Capucins
, & du Calvaire , à meGALANT.
151
fure que les Troupes de
l'Arme du Duc de Noail
les entreront ce qui fera à
huit heures du matin . Accordé.
*
IV. Que lefdites Troupes
demeureront dans lef
dits Forts jufqu'au 31. au
matin , aprés lequel jour ,
fi elles ne font pas fecourues
elles remettront lefdits
Forts aux conditions
qui s'enfuivent , entendant
par les fecours des forces
capables de venir combattre
ladite armée , & point
de Troupes qui pourroient
Niiij
152 MERCURE
s'introduire par fuprife
pour fortifier la garnifon
Accordé.
V. En attendant il y au
ra de
part &
d'autre
une
fufpention
d'armes
, & on
ne fera
aucune
démarche
qui
puiffe
tendre
à aucune
hoftilité
. Accordé
.
+
VI. Le 6. de ce mois au
matin , les équipages de la
Garnifon & la Cavalerie
Palatine confiftante en
cent cinquante Maiſtres j
avec leurs Officiers forti
ront & feront conduits.
jufqu'à Oftalrich & plus
GALANT, 153
loin s'ils le demandent.
VII Si dans les équipages
de la Garnifon & de la
Cavalerie Palatine , il fe
trouvoit des Mulets & des
Chevaux de Deferteurs , &
des prifes faités avant le
fiege ou pendant ledit fiege
, on ne pourra les reprendre
fous quelque prétexte
que l'on puiffe alle!
guer. Accordé
VIII. Si le 31 , au matin ,
comme il eft dit cy- deffus,
il n'eft point arrivé de fele
Comte de Tatcours
,
tenbach remettra au pou154
MERCURE
voir du Duc deNoailles fes
Forts qu'il doit occuper , a
fçavoir le Conneftable , la
Reine Anne, les Capucins
& le Calvaire , aux conditions
fuivantes. Accordé.
IX. Que la Garniſon
fortira avec toutes les marques
d'honneur , tambour
battant , Drapeaux déployez
, quatre pieces de
canon de fonte , fçavoir ,
deux du calibre de douze .
deux de fix , & deux mor.
tiers , au choix du Comte
de Tattenbach, Accordé.
X. Que chaque Soldar
*
GALANT. ∙155
fera muni de dix coups , &
autant pour chaque piece
d'artillerie. Accordé.
XI. Que l'on fournira
ales attelages pour tirer l'artillerie
mentionnée cydeffus
,
pour
par le chemin
le plus
court
à Barcelone
, & une
efcorte
fuffifante
pour
ladite
Garnifon
&
artillerie
. Et fup.
posé
que tous
les équipages
des
Troupes
n'ayent
pû
fortir
avec
ceux
du 26. on
fournira
les voitures
neceffaires
pour
les
tranfporter
.
Accordé
cet Article
en confideeftre
conduite
156 MERCURE
**
ration de la bonne défense de
ladite Garnifon.
XII. On fe rendra de
part & d'autre les prifone
niers qui fe font faits danis
les actions durant le fiege.
Accordé.
XIII. Que de part &
d'autre on ne pourra re
-prendre les Deferteurs ny
Soldats , ny commettre aucune
reprefaille , fous quelque
prétexte que ce puiffe
eltre. Accordé.
XIV. Que l'on accordera
douze chariots couverts-
31 jour de la fortie de la
le
GALANT. 17
Garnifon. Accordé.
XV. Que l'on donnera
à la Garnifon le jour du départ
pour cinq jours de
pain , fuivant l'eſtat qui en
fera remis. Accordé.
XVI. Qu'on donnera
au Gouverneur de la Place,
auffi -bien qu'au Major &
Aide- Major , l'efpace de
deux mois de temps pour
faire fortir leurs effets , ou
en difpofer , comme ils le
jugeront à propos , promettant
les paffeports qui
feront neceffaires. Accordé.
XVII. Qu'aucun Offi158
MERCURE
cier ne pourra eftre retenu
pour dettes en donnant
caution dans la Ville . Ac.
cordé.
XVIII . Que tous les Of
ficiers de la Veedorerie
Proveedorerie . & Tenedors
, & autres munis de
Patentes , auffi- bien que
ceux attachez aux Regis
ments qui compoſent ladite
Garnifon , Medecins ,
Chirurgiens , fortiront li
brement avec leurs familles
, comptes & effes , de
mefme que le Viguier , Juge
ordin ire , & les Affef
GALANT. 159
feurs , Gens d'artillerie &
des magazins . Accordé.
XIX . Que les emprunts
qui ont efté faits aupara
vant à raifon des Fortifications
, ou employez à d'autres
ufages , ne feront acquittez
que dans les fuites ,
fuivant la teneur des Contrats
paffez à cet effet. Accordé.
XX. Que la Garnifon
pourra laiffer dans la Place
un Directeur pour les malades
& bleffez à l'Hoſpi
tal , avec un Medecin , un
Chirurgien & un Officier
160 MERCURE
de chaque Regiment pour
en avoir foin.On leur fournira
aprés leur guerifon ce
qui leur fera neceffaire
pour les conduire juſqu'à
San Feliu de Quixols , où
ils feront embarquez fur
des Batteaux du lieu pour
eftre conduits à Barcelone.
Accordé
armes
XXI . Que les habitants
du païs qui ont efté forcez
à prendre les par or
dre du Comte de Tattenbach
, ne feront ny punis
ny recherch z . Accordé.
XXII Que les Voitures
GALANT. 161
& Mulets cenfez de la Vecdorerie
, & Proveedorerie
au nombre de quarante, ne
pourront eltre retenus
fortiront avec la Garnifon,
& les Conducteurs . Accordé.
&
XXIII. La Garnifon
ayant tout mis en ufage
pour refifter aux grandes
attaques qui leur ont efé
#
faites , on s'eft trouvé dans
la dure neceffité de contraindre
& molefter les habitants
de Girone à prendre
les armes , c'eft pourquoy
on demande qu'ils foient
Fevrier 1711.
O
162 MERCURE
compris dans cette capitulation
, pour n'eftre point
inquietez , ny recherchez
pour le paffé . Accordé.
XXIV. Que ladite Ville
de Girone , de meſme que
les Ecclefiaftiques
, joüiront
des privileges dont ils
ont joui fous les Rois d'Efpagne.
On ne peut abfolument s'engager
en general à tenir cet article
, mais onferadefon mieux
pour obtenir la grace que
demande , &
& Lon
L'on
peut s'en
·repofer fur la parole que j'en
-donne-
G
GALANT . 16 ;
XXV. On ne pourra les
obliger à porter les armes
hors de leurs murailles.Accordé.
XXVI . Que dans l'ef
pace de deux mois les habitans
qui voudront fe reti--
rer , pourront vendre les
effets qu'ils ont dans ladite
Ville , & fe retirer où bon
leur femblera . Accordé,
On eft convenu que l'on
indiquera les lieux où il y a
des mines , & qu'on les découvrira
de bonne foy.
Q ij
164 MERCURE
REMARQUES.
Girone eft une villeancienne
, connuë autrefois
fous le nom de Genande
mediocrement
ه ل ل ا
grande & de figuretrian:
gulaire, ayant une gran
de rue qui la traverfe
dans toute fa longueur:
Cette ville eft fituée fur
fa pente d'une colline ,
au bord d'une petite riviere
nommée Onhar
anciennement Onda, qui
GALANT. 165
fe jette tout prés de- la
dans le Ter ; ces deux rivieres
mefiant leurs eaux
ferventde foffé à la ville,
qui d'ailleurs eft aſſez
bien fortifiée .
Girone aeu l'honneur
de voir un Concile celebré
dans fon enceinte en
517. Elle eft le Siége d'un
Evefché fuffragant de
Tarragone , & d'une petite
Univerfité; fon Eglife
Cathedrale eft dediée
à Noftre-Dame.us
166 MERCURE
•
Cette ville a tousjours
efté fi confiderée, que du
temps des Rois d'Arragon
, leurs Amez prenoient
le titre de Comte
& de Prince de Girone.
Elle eſt capitale d'une
Viguerie de fort gran
de eftendue , qui paffe
pourlecanton le plus fertile
de la Catalogne , &
qui comprend
quantité
de belles villes , dont les
plus confiderables
font
Ampurias & Rafes.
GALANT. 167
Ptolomée & Pline parlent
de Girone comme
d'une ville fort ancienne,
& le Poëte Prudence
nous fait voir dans fon
Hymne 4. n. 29. que de
-tout temps cette ville a
efté fort petite.
Parva felicis decus exhibet
Artubus fanctis locuples
Gerunda.
Ce Poëte vouloit fans
doute parler de S. Felix ,
qui fuiant la perfecution
168 MERCURE
d'Afrique , vint fouffrir
le martyre à Girone l'an
304.
Girone eft à 7. lieuës
de la Mer Mediterranée
au Couchant , à huit de
la frontiere du Rouffillon
au Midi , & à 15. ou
16. de Barcelone au Sud-
Eſt. Dans le Fauxbourg
qui eft feparé de la ville
par un pont de pierre ,
les Efpagnols firent deux
demies Lunes dans le
tempsqu'ellefut affiegée
par
GALANT 169
par les François qui la
prirent en 1698. Elle fut
rendue la mefme année
aux Efpagnols par le
Traité de Paix conclu à
Rifvvick. Il n'y avoit
1
alors qu'un Chafteau
dans la ville , & trois
Forts fur les hauteurs
voifines; fçavoir , le Fort
Rouge, le Conneftable,
& le Fort des Capucins;
mais on en a fait depuis
plufieurs autres.
Le Ter dont les dé-
P/
Fevrier
1711.
170 MERCURE
bordemens ont fi fort in
commodé le dernier fiége
de Girone , s'appelloit
anciennement Sambroca.
Pline le nomme Ti
cer ; d'autres Tera ou Tictus
. Cette riviere prenant
fa fource dans les
monts Pirennées , entre
le mont Canigo & le col
de Nuria , coule d'abord
vers le Sud ou Eft , puis
vers le Sud-Eft , & enfin
tournant tout - à - coup
vers l'Orient, elle va paf-
•
GALANT.: 171
a
fer à Girone aprés avoir
arrosé Campredon , Roda
, & quelques autres
Villes , puis vafe décharger
dans la MerMediterranée
au deffous de Torella
36 M. le Duc de Duras a
apporté la confirmation
que
les Ennemis avoient
évacué les trois Forts qui
font fur les hauteurs deĜirone
,le 3. du paffé ſuivant
la Capitulation . Que M. le
Duc de Noailles avoit enfuite
fait remonter le long
*
Pij
172 MERCURE
du Ter une partie de fa Ca
valerie pour la faire ſubfifter
plus commodement ,
& referrer les troupes de
l'Archiduc
qui occupent
encore quelques Poftes
dans les Montagnes . Il a
auffi confirmé que M. de
Staremberg qui n'avoit
plus de communication
avecBarcelone faifoit fortifier
Solfonne , & que 200 .
Cavaliers commandez par
M. de Vallejo en avoient
furpris 600. Allemans qui
efcortoient des grains qu'ils
leurs ont enlevées avec
GALANT. 173
quelques Mulets & 6. Cavaliers
, les autres s'eftant
fauvez.
De
Sarragoffe ,
le z . Février.
Le Roy , la Reine, & te
Prince des Afturies , font arrivez
icy le 28 du paſſé,
On ne fçauroit exprimer la
joye que le Peuple fit paroiftre
à l'arrivée de leurs Majeftez
Catholiques , par des acclamations
des rejoйiſſances
qui ont duré plusieurs jours.
Mrs de Vallejo & de Bra-
Piij
74 MERCURE
samonte ont pourfuivi le General
Staremberg juſqu'au de
là de Cervera à dix lienes de
de Barcelone d'où ils ont dépéché
un Courrier qui a rapporté
qu'ils avoient fait un
grand nombre de Prifonniers,
& entr'autres un Regiment
Napolitain. Que la pluſpart
des Catalans paroiffent bien
intentionnez pour Philippe V.
leur Souverain Legitime
des Deferteurs les a-
ج و ن
que
voient affurez que le General
Staremberg ni aucun autre Officier
General n'avoit ofé entrer
dans Barcelone , de crainte
GALANT . 175
d'y augmenter le tumulte qui
s'y étoit élevé , depuis qu'on y
avoit appris la fauffeté des
nouvelles avantageufes que les
Partifans de l'Archiduc y avoient
répandues , & particu
lierement celle de la prétenduë
Victoire remportée à Villa Vi
ciofa , pour laquelle on avoit
fait chanter le Te Deum .
On a appris par des Lettres
interceptées , que leGeneral
Staremberg , en fe retirant de
Balaguer , avoit envoyé ordre
au Gouverneur qu'il y
avoit laiffé , d'enfure démokr
aupluftoft les fortifications,
Piiij
176 MERCURE
de l'aller joindre avec fa
Garnifon.
Voicy las traduction
de quelques Vers Efpagnols
qui ont eſté faits
fur lafuite dece General.
La Loy du Feu de Ccquemberg,
Eftque lefoueurquiperd
gagne,
Et que celuy qui gagne
perd.
Philippe contre Staremberg
Vient d'y perdre tout ext
腼
GALANT. 177
Espagne ,
Et c'est pour cela qu'il
Hottie pourfuit,
Staremberg vainqueur
qui s'enfuit.
Il y a des Lettres qui por
tent que les Miquelets qui
avoient fuivi le General
Staremberg, l'ont abandonné
, dés qu'ils ont appris la
reddition de Girone.
des Nouvelles.
Nouvelles d'Espagne.
Aprés la prise du Fort
Rouge, Mr leDuc deNoailles
jugea à propos de faire
dreffer les batteries contre.
la Ville dont il fe feroit
rendu maiſtre en peu de
pas furve-
•
jours s'il n'eftoit
134 MERCURE
nu des orages & des pluyes
qui continuerent pendant
cinq jours en fingrande a
bondance que toutes les
Rivieres fe deborderent fi
confiderablement que les
batteries furent fort endommagées
, & qu'il fut
impoffible de faire venir
des provifions au Camp
jufqu'à ce qu'on eut reftabli
les Ponts qui avoient
efté entraifncz, ce qui avoit
beaucoup fait fouffrir les
Troupes . Mais letems s'e
ftant remis au beau , il arriva
plufieurs convois , &
Lon
GALANT . 137
on travailla avec beaucoup
de diligence à reftablir les
batteries qui commencerent
à tirer le 14.jardo nex
La nuit du 19. au 20 , un
détachement de Grenadiers
fe logea fur la breche
de la courtine de fainte Lucie
, & le Mineur s'y eftant
attaché , il continua fon
travail avec beaucoup de
fuccez jufqu'à la nuit du
22. au 23. que Mr le Duc
de Noailles fit les difpofitions
neceffaires pour donner
l'affaut.
Mrs de Tournon , Ma-
Fevrier 1711 .
M
8 MERCURE
réchal de Camp, Siougeat,
Brigadier , & d'Alba Colonel
du Regiment d'Auvergne
, qui eftoient de
tranchée , devoient déboucher
auffi toft que la mine
auroit fait fon effet , avec
douze compagnies de Grenadiers
& autant de compagnies
de Piquer. Mr
d'Alba devoit en mefme
temps attaquer le Baſtion
de fainte Marie , avec qua
tre compagnies de Grena-
•diers , quatre de Piquet , &
deux cens Sapeurs . Mr le
Marquis de Güerchi , LieuGALANT
139
tenant General à la tefte de
tout le refte des Grenadiers,
avec Mrs de Caraffa , Maréchal
de Camp , Nifas
Brigadier , & de Milon ,
Colonel de Flandre , Mr le
Comte de Muret , Lieutenant
General , avec deux
mille Fufilliers; Mr le Marquis
de Caylus , Maréchal
de Camp , Mr le Chevalier
de Guiry , Brigadier ,
& Mr de Polaftron , Colodevoient
nel de - Forez
marcher enfuite pour foutenir
, & fe pofter dans tous
les endroits qu'il feroit à
Mij
140 MERCURE
Your
propos d'occuper.
Le fignal pour donner
l'affaut eftoit qu'à la pointe
du jour on tireroit deux
coups de canon de la batterie
qui eftoit prés la Tour
de S. Jean. On mit le feu là
la mine qui fit tout l'effet
qu'on en pouvoit efperer,
car elle ouvrit une grande
breche , & applanit le chemin
pour penetrer dans la
Ville. Il y avoit quinze
pieds à y defcendre du rempart.
Nos Soldats executerent
avec vigueur les ordres
qu'ils avoient reccu, & chaGALANT.
141
cun des Corps nommez
pour cette expedition entra
par l'endroit qui luy avoi
efté marqué. De ceux qui
-pafferent par la breche , los
uns occuperent l'Eglife &
le Couvent de S. Pierre de
Galligans anciens Beneditins
, & les autres courtrent
s'emparer de la Porte
dite de fainte Marie. Coml'on
me on s'apperçut que
ne faifoit pas grand feu de
l Tour de fainte Lucie ,
nos gens poufferent juf.
ques là , & lefcaladerent ,
s'en faifirent & tuerent un
142 MERCURE
6
Capitaine & fon Lieute
nant qu'ils y trouverent
avec plufieurs foldats. Ceux
¿qui mɔntèrent au Baſtion
de Sainte Marie , le firent
savec tant de bravoure
qu'ils culbuterent bientôt
tout ce qui fe preſenta à
eux ; ayant efté joints par
d'autres Troupes que leur
-amenoit Mr d'Alba pour
les foutenir
, ils entrerent
tous enfemble l'épée à la
main dans ce Baftion ; ceux
qui le deffendoient jugerent
alors qu'ils eftoient
entierement perdus , d'auGALANT.
043
tant plus qu'un autre corps
de Troupes des noftres gagnoit
déja la place de Saint
Pierre. Ils perdirent dans
cette affaire environ cent
hommes tuez , & cent cinquante
qu'on leur fit prifonniers
, fans qu'il nous
en couftaft qu'un Lieutenant
Suiffe , & environ
trente Soldats tuez ou blef.
fez. Les Affiegez voyant
que nos gens fe renfor
çoient , & craignant qu'ils
ne fe rendiffent maiftres de
toutes leurs coupures , leurs
Ponts eftantdéja rompus ,
144 MERCURE
ils arborerent far la Tour
de Gironelle l'Etendart du
Regiment de la Ville de
Barcelone , & firent de- là
battre la chamade. On leur
répondit de la Tour de S.
Jean où l'on fit élever le
Drapeau Colonel du Regiment
de Normandie. C'e
ftoit le fignal à nos gens de
s'arrefter.
Le feu ceffa de
part
& d'autre
, & nos Troupes
re- ftoient
dans
la Ville
, occupant
un Quartier
feparé
par
un Ruiffeau
, & l'Egli fe & Cimetiere
deS.Pierre
.
La
GALANT . 145
Le Colonel Don Jacques
de Cordelles qui eftoit de
Piquet , s'avanca pour parder
à Mr le Duc de Noailles
qui eftoit déja arrivé à la
Porte de fainte Marie , &
aprés un petit entretien , il
retourna joindre fes Troupes
, & Mr de Noailles fe
retira en fon Quartier. Les
Afliegez livrerent bientoft
aprés cinq de leurs Officiers
pour orages , ce furent Don
Jacques de Cordelles , un
Colonel Palatin , le Major
du Regiment de Cantaril
Je un Major Palatin , &
Fevrier 1711.
N
146 MERCURE
un Capitaine d'Infanterie
du Regiment Italien de Fabre.
On leur envoya
de
noftre cofté Mrs le Comte
de Polaftron , de Cazalde ,
qui commande ordinairement
les Troupes Françoifes
à Rofes , & qui avoit
fuivi Mrle Duc de Noailles
au fiege , & le Major de
· la Couronne
.A quatre heurres
du foir le Comte de
Lecheraine , Maréchal de
Camp, apporta les Articles
de capitulation . Cet Officier
s'en retourna fur les
9 heures du foir , & revint
GALANT. 147
le lendemain 24. à deux
heures du matin. Aprés
une longue conference avec
Mr le Duc de Noailles,
tout fut conclu , & la capitulation
fut fignée le 25.
Auffi-toft nos Troupes
entrerent dans la Ville , &
dans le Fort du Calvaire ,
dans celuy du Chapitre , &
dans celuy de la Cité , &
l'on permit à la Garnifon
de fe retirer dans les Forts
du Conneftable
, de la Reine
Anne , & des Capucins ,
à condition qu'elle nous les
remet roit dans fix jours
Nij
148 MERCURE
fi elle n'eftoit pas fecourue.
La perte que les Ennemis
ont faite pendant le
fiege a été bien plus confiderable
que la noftre , puifqu'outre
deux cent prifonniers
que nous avons fait
fureux , ils ont eu plus de
400. hommes tuez ou blef
fez, fans y comprendre 250.
prifonniers avec un Lieutes
nant Colonel ,fept Officiers
d'un Regiment Napolitain
de Fabré , qui s'eftant approché
pour le jetter dans
la Ville , fut pourſuivi &
défait la nuit du 21. au 22,
l
GALANT. 149
**
par Mr le Comte d'Eſtaire,
Maréchal de Camp . De
noftre coſté le nombre des
morts & des bleffez ne va
pas સે 200. hommes dont
les plus confiderables font
pas
deux Capitaines.
Voicy les Articles de la
capitulation , tant pour la
Ville que pour les Forts qui
en dépendent .
I. Qu'on remettroit aux
Troupes de l'Armée de Mr
le Duc de Noailles le 25.au
matin , la Ville de Girone,
avec l'artillerie qui y eft ,
& les effets qui pourront fe
ウ
N iij
110 MERCURE
trouver dans les Magazins
de la Place , tant de guerre
que de bouche, dont il fera
fait Inventaire ledit jour
25. Janvier. Accordé.
all. Qu'on remettra pa
reillement les deux Redoutes
du Chapitre & de la
Ville , comme eftant fortifications
dépendantes de
ladite Ville. Accordé.
III. Que ledit jour 25.les
Troupes Efpagnoles & Palatines
fe retireront dans les
Forts du Conneftable , de
la Reine Anne , des Capucins
, & du Calvaire , à meGALANT.
151
fure que les Troupes de
l'Arme du Duc de Noail
les entreront ce qui fera à
huit heures du matin . Accordé.
*
IV. Que lefdites Troupes
demeureront dans lef
dits Forts jufqu'au 31. au
matin , aprés lequel jour ,
fi elles ne font pas fecourues
elles remettront lefdits
Forts aux conditions
qui s'enfuivent , entendant
par les fecours des forces
capables de venir combattre
ladite armée , & point
de Troupes qui pourroient
Niiij
152 MERCURE
s'introduire par fuprife
pour fortifier la garnifon
Accordé.
V. En attendant il y au
ra de
part &
d'autre
une
fufpention
d'armes
, & on
ne fera
aucune
démarche
qui
puiffe
tendre
à aucune
hoftilité
. Accordé
.
+
VI. Le 6. de ce mois au
matin , les équipages de la
Garnifon & la Cavalerie
Palatine confiftante en
cent cinquante Maiſtres j
avec leurs Officiers forti
ront & feront conduits.
jufqu'à Oftalrich & plus
GALANT, 153
loin s'ils le demandent.
VII Si dans les équipages
de la Garnifon & de la
Cavalerie Palatine , il fe
trouvoit des Mulets & des
Chevaux de Deferteurs , &
des prifes faités avant le
fiege ou pendant ledit fiege
, on ne pourra les reprendre
fous quelque prétexte
que l'on puiffe alle!
guer. Accordé
VIII. Si le 31 , au matin ,
comme il eft dit cy- deffus,
il n'eft point arrivé de fele
Comte de Tatcours
,
tenbach remettra au pou154
MERCURE
voir du Duc deNoailles fes
Forts qu'il doit occuper , a
fçavoir le Conneftable , la
Reine Anne, les Capucins
& le Calvaire , aux conditions
fuivantes. Accordé.
IX. Que la Garniſon
fortira avec toutes les marques
d'honneur , tambour
battant , Drapeaux déployez
, quatre pieces de
canon de fonte , fçavoir ,
deux du calibre de douze .
deux de fix , & deux mor.
tiers , au choix du Comte
de Tattenbach, Accordé.
X. Que chaque Soldar
*
GALANT. ∙155
fera muni de dix coups , &
autant pour chaque piece
d'artillerie. Accordé.
XI. Que l'on fournira
ales attelages pour tirer l'artillerie
mentionnée cydeffus
,
pour
par le chemin
le plus
court
à Barcelone
, & une
efcorte
fuffifante
pour
ladite
Garnifon
&
artillerie
. Et fup.
posé
que tous
les équipages
des
Troupes
n'ayent
pû
fortir
avec
ceux
du 26. on
fournira
les voitures
neceffaires
pour
les
tranfporter
.
Accordé
cet Article
en confideeftre
conduite
156 MERCURE
**
ration de la bonne défense de
ladite Garnifon.
XII. On fe rendra de
part & d'autre les prifone
niers qui fe font faits danis
les actions durant le fiege.
Accordé.
XIII. Que de part &
d'autre on ne pourra re
-prendre les Deferteurs ny
Soldats , ny commettre aucune
reprefaille , fous quelque
prétexte que ce puiffe
eltre. Accordé.
XIV. Que l'on accordera
douze chariots couverts-
31 jour de la fortie de la
le
GALANT. 17
Garnifon. Accordé.
XV. Que l'on donnera
à la Garnifon le jour du départ
pour cinq jours de
pain , fuivant l'eſtat qui en
fera remis. Accordé.
XVI. Qu'on donnera
au Gouverneur de la Place,
auffi -bien qu'au Major &
Aide- Major , l'efpace de
deux mois de temps pour
faire fortir leurs effets , ou
en difpofer , comme ils le
jugeront à propos , promettant
les paffeports qui
feront neceffaires. Accordé.
XVII. Qu'aucun Offi158
MERCURE
cier ne pourra eftre retenu
pour dettes en donnant
caution dans la Ville . Ac.
cordé.
XVIII . Que tous les Of
ficiers de la Veedorerie
Proveedorerie . & Tenedors
, & autres munis de
Patentes , auffi- bien que
ceux attachez aux Regis
ments qui compoſent ladite
Garnifon , Medecins ,
Chirurgiens , fortiront li
brement avec leurs familles
, comptes & effes , de
mefme que le Viguier , Juge
ordin ire , & les Affef
GALANT. 159
feurs , Gens d'artillerie &
des magazins . Accordé.
XIX . Que les emprunts
qui ont efté faits aupara
vant à raifon des Fortifications
, ou employez à d'autres
ufages , ne feront acquittez
que dans les fuites ,
fuivant la teneur des Contrats
paffez à cet effet. Accordé.
XX. Que la Garnifon
pourra laiffer dans la Place
un Directeur pour les malades
& bleffez à l'Hoſpi
tal , avec un Medecin , un
Chirurgien & un Officier
160 MERCURE
de chaque Regiment pour
en avoir foin.On leur fournira
aprés leur guerifon ce
qui leur fera neceffaire
pour les conduire juſqu'à
San Feliu de Quixols , où
ils feront embarquez fur
des Batteaux du lieu pour
eftre conduits à Barcelone.
Accordé
armes
XXI . Que les habitants
du païs qui ont efté forcez
à prendre les par or
dre du Comte de Tattenbach
, ne feront ny punis
ny recherch z . Accordé.
XXII Que les Voitures
GALANT. 161
& Mulets cenfez de la Vecdorerie
, & Proveedorerie
au nombre de quarante, ne
pourront eltre retenus
fortiront avec la Garnifon,
& les Conducteurs . Accordé.
&
XXIII. La Garnifon
ayant tout mis en ufage
pour refifter aux grandes
attaques qui leur ont efé
#
faites , on s'eft trouvé dans
la dure neceffité de contraindre
& molefter les habitants
de Girone à prendre
les armes , c'eft pourquoy
on demande qu'ils foient
Fevrier 1711.
O
162 MERCURE
compris dans cette capitulation
, pour n'eftre point
inquietez , ny recherchez
pour le paffé . Accordé.
XXIV. Que ladite Ville
de Girone , de meſme que
les Ecclefiaftiques
, joüiront
des privileges dont ils
ont joui fous les Rois d'Efpagne.
On ne peut abfolument s'engager
en general à tenir cet article
, mais onferadefon mieux
pour obtenir la grace que
demande , &
& Lon
L'on
peut s'en
·repofer fur la parole que j'en
-donne-
G
GALANT . 16 ;
XXV. On ne pourra les
obliger à porter les armes
hors de leurs murailles.Accordé.
XXVI . Que dans l'ef
pace de deux mois les habitans
qui voudront fe reti--
rer , pourront vendre les
effets qu'ils ont dans ladite
Ville , & fe retirer où bon
leur femblera . Accordé,
On eft convenu que l'on
indiquera les lieux où il y a
des mines , & qu'on les découvrira
de bonne foy.
Q ij
164 MERCURE
REMARQUES.
Girone eft une villeancienne
, connuë autrefois
fous le nom de Genande
mediocrement
ه ل ل ا
grande & de figuretrian:
gulaire, ayant une gran
de rue qui la traverfe
dans toute fa longueur:
Cette ville eft fituée fur
fa pente d'une colline ,
au bord d'une petite riviere
nommée Onhar
anciennement Onda, qui
GALANT. 165
fe jette tout prés de- la
dans le Ter ; ces deux rivieres
mefiant leurs eaux
ferventde foffé à la ville,
qui d'ailleurs eft aſſez
bien fortifiée .
Girone aeu l'honneur
de voir un Concile celebré
dans fon enceinte en
517. Elle eft le Siége d'un
Evefché fuffragant de
Tarragone , & d'une petite
Univerfité; fon Eglife
Cathedrale eft dediée
à Noftre-Dame.us
166 MERCURE
•
Cette ville a tousjours
efté fi confiderée, que du
temps des Rois d'Arragon
, leurs Amez prenoient
le titre de Comte
& de Prince de Girone.
Elle eſt capitale d'une
Viguerie de fort gran
de eftendue , qui paffe
pourlecanton le plus fertile
de la Catalogne , &
qui comprend
quantité
de belles villes , dont les
plus confiderables
font
Ampurias & Rafes.
GALANT. 167
Ptolomée & Pline parlent
de Girone comme
d'une ville fort ancienne,
& le Poëte Prudence
nous fait voir dans fon
Hymne 4. n. 29. que de
-tout temps cette ville a
efté fort petite.
Parva felicis decus exhibet
Artubus fanctis locuples
Gerunda.
Ce Poëte vouloit fans
doute parler de S. Felix ,
qui fuiant la perfecution
168 MERCURE
d'Afrique , vint fouffrir
le martyre à Girone l'an
304.
Girone eft à 7. lieuës
de la Mer Mediterranée
au Couchant , à huit de
la frontiere du Rouffillon
au Midi , & à 15. ou
16. de Barcelone au Sud-
Eſt. Dans le Fauxbourg
qui eft feparé de la ville
par un pont de pierre ,
les Efpagnols firent deux
demies Lunes dans le
tempsqu'ellefut affiegée
par
GALANT 169
par les François qui la
prirent en 1698. Elle fut
rendue la mefme année
aux Efpagnols par le
Traité de Paix conclu à
Rifvvick. Il n'y avoit
1
alors qu'un Chafteau
dans la ville , & trois
Forts fur les hauteurs
voifines; fçavoir , le Fort
Rouge, le Conneftable,
& le Fort des Capucins;
mais on en a fait depuis
plufieurs autres.
Le Ter dont les dé-
P/
Fevrier
1711.
170 MERCURE
bordemens ont fi fort in
commodé le dernier fiége
de Girone , s'appelloit
anciennement Sambroca.
Pline le nomme Ti
cer ; d'autres Tera ou Tictus
. Cette riviere prenant
fa fource dans les
monts Pirennées , entre
le mont Canigo & le col
de Nuria , coule d'abord
vers le Sud ou Eft , puis
vers le Sud-Eft , & enfin
tournant tout - à - coup
vers l'Orient, elle va paf-
•
GALANT.: 171
a
fer à Girone aprés avoir
arrosé Campredon , Roda
, & quelques autres
Villes , puis vafe décharger
dans la MerMediterranée
au deffous de Torella
36 M. le Duc de Duras a
apporté la confirmation
que
les Ennemis avoient
évacué les trois Forts qui
font fur les hauteurs deĜirone
,le 3. du paffé ſuivant
la Capitulation . Que M. le
Duc de Noailles avoit enfuite
fait remonter le long
*
Pij
172 MERCURE
du Ter une partie de fa Ca
valerie pour la faire ſubfifter
plus commodement ,
& referrer les troupes de
l'Archiduc
qui occupent
encore quelques Poftes
dans les Montagnes . Il a
auffi confirmé que M. de
Staremberg qui n'avoit
plus de communication
avecBarcelone faifoit fortifier
Solfonne , & que 200 .
Cavaliers commandez par
M. de Vallejo en avoient
furpris 600. Allemans qui
efcortoient des grains qu'ils
leurs ont enlevées avec
GALANT. 173
quelques Mulets & 6. Cavaliers
, les autres s'eftant
fauvez.
De
Sarragoffe ,
le z . Février.
Le Roy , la Reine, & te
Prince des Afturies , font arrivez
icy le 28 du paſſé,
On ne fçauroit exprimer la
joye que le Peuple fit paroiftre
à l'arrivée de leurs Majeftez
Catholiques , par des acclamations
des rejoйiſſances
qui ont duré plusieurs jours.
Mrs de Vallejo & de Bra-
Piij
74 MERCURE
samonte ont pourfuivi le General
Staremberg juſqu'au de
là de Cervera à dix lienes de
de Barcelone d'où ils ont dépéché
un Courrier qui a rapporté
qu'ils avoient fait un
grand nombre de Prifonniers,
& entr'autres un Regiment
Napolitain. Que la pluſpart
des Catalans paroiffent bien
intentionnez pour Philippe V.
leur Souverain Legitime
des Deferteurs les a-
ج و ن
que
voient affurez que le General
Staremberg ni aucun autre Officier
General n'avoit ofé entrer
dans Barcelone , de crainte
GALANT . 175
d'y augmenter le tumulte qui
s'y étoit élevé , depuis qu'on y
avoit appris la fauffeté des
nouvelles avantageufes que les
Partifans de l'Archiduc y avoient
répandues , & particu
lierement celle de la prétenduë
Victoire remportée à Villa Vi
ciofa , pour laquelle on avoit
fait chanter le Te Deum .
On a appris par des Lettres
interceptées , que leGeneral
Staremberg , en fe retirant de
Balaguer , avoit envoyé ordre
au Gouverneur qu'il y
avoit laiffé , d'enfure démokr
aupluftoft les fortifications,
Piiij
176 MERCURE
de l'aller joindre avec fa
Garnifon.
Voicy las traduction
de quelques Vers Efpagnols
qui ont eſté faits
fur lafuite dece General.
La Loy du Feu de Ccquemberg,
Eftque lefoueurquiperd
gagne,
Et que celuy qui gagne
perd.
Philippe contre Staremberg
Vient d'y perdre tout ext
腼
GALANT. 177
Espagne ,
Et c'est pour cela qu'il
Hottie pourfuit,
Staremberg vainqueur
qui s'enfuit.
Il y a des Lettres qui por
tent que les Miquelets qui
avoient fuivi le General
Staremberg, l'ont abandonné
, dés qu'ils ont appris la
reddition de Girone.
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
Après la prise du Fort Rouge, le duc de Noailles décida de bombarder la ville de Girone. Des pluies intenses endommagèrent les batteries et perturbèrent l'approvisionnement du camp. Une fois le temps redevenu clément, les batteries furent réparées et les tirs reprirent le 14 février. Les grenadiers se logèrent sur une brèche et continuèrent leur travail jusqu'au 22 au 23 février, date à laquelle le duc de Noailles prépara l'assaut. Les troupes françaises attaquèrent la ville par différents points. Une mine explosa, ouvrant une grande brèche et facilitant l'entrée des soldats. Les troupes françaises occupèrent divers points stratégiques, et les défenseurs demandèrent une trêve. Le feu cessa des deux côtés, et les troupes françaises occupèrent un quartier séparé par un ruisseau. Le 24 février, la capitulation fut signée. Les troupes françaises entrèrent dans la ville et plusieurs forts. La garnison espagnole se retira dans d'autres forts, avec la condition de les remettre aux Français si elle n'était pas secourue dans les six jours. La perte ennemie fut plus importante que celle des Français, avec environ 400 hommes tués ou blessés et 250 prisonniers. Les articles de la capitulation incluaient la remise de la ville et de ses fortifications, la suspension des hostilités, et des dispositions pour le retrait de la garnison espagnole avec honneur. Les habitants de Girone furent également inclus dans la capitulation pour ne pas être inquiétés pour leur participation à la défense. Girone, située sur la pente d'une colline au bord de la rivière Onhar, est une ville fortifiée. Elle a accueilli un concile en 517 et est le siège d'un évêché suffragant de Tarragone et d'une petite université. Son église cathédrale est dédiée à Notre-Dame. La ville est la capitale d'une viguerie fertile comprenant des villes comme Ampurias et Rafes. Ptolémée, Pline et le poète Prudence mentionnent Girone comme une ville ancienne. En 1698, les Français ont assiégé et pris Girone, qui a été rendue aux Espagnols la même année par le traité de Ryswick. La ville comptait alors un château et trois forts sur les hauteurs voisines. En février 1711, le duc de Duras confirma l'évacuation des trois forts par les ennemis et les mouvements des troupes françaises et autrichiennes dans la région.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2056
p. 177-183
Nouvelles du Nord.
Début :
Le Grand-Seigneur a ordonné à tous les Bassas de [...]
Mots clefs :
Nord, Troupes, Seigneur, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles du Nord.
Nouvelles du Nord.
Le Grand - Seigneur a
ordonné à tous les Baffas
de fon Empire la levée des
Troupes , & de les faire
178 MERCURE
avancer vers Conftantinople
, & fes forces de mer
augmentent confiderablement
. L'on affure de plus
fieurs endroits de Pologne ,
que 20000. Turcs eftoient
arrivez à Bender ; que le
Roy de Suede avoit voulu
commencer les operations
de la guerre , mais que l'on
luy avoit reprefenté que
pour porter un coup plus
eertain , il falloit attendre
le Printemps .
1
Cependant le Czar as
voit donné les ordres pour
faire marcher fes Troupes.
GALANT . 179
Heftoit à Peterbourg le 7 .
de Janvier , & il devoit en
partir inceffamment pour
fe rendre à Mofcou , afin
d'eftre plus à portée pour
fe rendre plus promptement
où fa prefence feroit
neceffaire. Il craint pour
Afaf , parce qu'il conçoit
que c'est ce qui conviendroit
le mieux au Grand-
Seigneur.
Les Polonois font bien à
plaindre, de toutes parts ils
ne voyent qu'aby(mes de
malheurs , foit qu'ils fou
siennent le party du Roy
7
No MERCURE
Augufte , foit qu'ils embraffent
celuy du Roy Staniflaş
. Le party de ce der
nier qui eftoit abattu fe releve,
& groffit tous les jours
Il fe doit tenir une Conference
à Magdebourg entre
le Roy Augufte , l'Electeur
Brandebourg, & le Prin
ce de Mofcovie , fur l'em
barras des affaires prefende
tes.
L'Ambaffadeur d'Angleterre
qui eft à Conftantinople
a écrit à Vienne
que le Grand - Seigneur ef
toit dans la refolution d'ob
GALANT. 181
ferver exactement le Traité
de Carlovvits & la Paix
savec d'Empereur . Cette
- nouvelle y a réjoui la Cour
d'autant plus qu'il mande
que le Grand-Seigneur en-
2 voyera pour cela un Amballade
à l'Empereur: mais
il y a bien des gens qui
doutent de cet envoy difant
qu'au contraire qu'il
eft de la bonne politique de
7 fe mettre en eftat de deffenfe
fur les frontieres...
Il eft arrivé à la Haye un
Courrier du Roy Auguſte
à fon Envoyé Mr Gers2
MERCURE
t
dorf , pour déclarer aux
Miniftres des Alliez , qui
y font , qu'en cas qu'ils ne
veulent pas foutenir inceffamment
& fortement la
neutralité du Nord , il fera
-obligé de faire revenir les
Troupes Saxonnes qui font
dans les Pays- Bas , Sur cette
déclaration l'on a tenu des
Conferences , & l'on a affuré
My Gersdorf que l'on
donneroit inceffamment
les ordres pour faire marcher
les Troupes qui doivent
compofer l'armée qui
doit faire valoir cette neutralité.
GALANT. 183
Par le recenfement que
Pon a fait desJuifs deFrancfort
qui fe trouvent fans.
maifons & fans retraite ,
par l'incendie arrivé le 15.
de Janvier dernier , l'on a
trouvé qu'il y en a 24682 .
que les Chreftiens font o
bligez de loger. La perte
caufée par cet incendie eft
eftimée trente millions de
forins d'Allemagne , il y
a quantité de Lettres de
Change qui retournent à
protest.
Le Grand - Seigneur a
ordonné à tous les Baffas
de fon Empire la levée des
Troupes , & de les faire
178 MERCURE
avancer vers Conftantinople
, & fes forces de mer
augmentent confiderablement
. L'on affure de plus
fieurs endroits de Pologne ,
que 20000. Turcs eftoient
arrivez à Bender ; que le
Roy de Suede avoit voulu
commencer les operations
de la guerre , mais que l'on
luy avoit reprefenté que
pour porter un coup plus
eertain , il falloit attendre
le Printemps .
1
Cependant le Czar as
voit donné les ordres pour
faire marcher fes Troupes.
GALANT . 179
Heftoit à Peterbourg le 7 .
de Janvier , & il devoit en
partir inceffamment pour
fe rendre à Mofcou , afin
d'eftre plus à portée pour
fe rendre plus promptement
où fa prefence feroit
neceffaire. Il craint pour
Afaf , parce qu'il conçoit
que c'est ce qui conviendroit
le mieux au Grand-
Seigneur.
Les Polonois font bien à
plaindre, de toutes parts ils
ne voyent qu'aby(mes de
malheurs , foit qu'ils fou
siennent le party du Roy
7
No MERCURE
Augufte , foit qu'ils embraffent
celuy du Roy Staniflaş
. Le party de ce der
nier qui eftoit abattu fe releve,
& groffit tous les jours
Il fe doit tenir une Conference
à Magdebourg entre
le Roy Augufte , l'Electeur
Brandebourg, & le Prin
ce de Mofcovie , fur l'em
barras des affaires prefende
tes.
L'Ambaffadeur d'Angleterre
qui eft à Conftantinople
a écrit à Vienne
que le Grand - Seigneur ef
toit dans la refolution d'ob
GALANT. 181
ferver exactement le Traité
de Carlovvits & la Paix
savec d'Empereur . Cette
- nouvelle y a réjoui la Cour
d'autant plus qu'il mande
que le Grand-Seigneur en-
2 voyera pour cela un Amballade
à l'Empereur: mais
il y a bien des gens qui
doutent de cet envoy difant
qu'au contraire qu'il
eft de la bonne politique de
7 fe mettre en eftat de deffenfe
fur les frontieres...
Il eft arrivé à la Haye un
Courrier du Roy Auguſte
à fon Envoyé Mr Gers2
MERCURE
t
dorf , pour déclarer aux
Miniftres des Alliez , qui
y font , qu'en cas qu'ils ne
veulent pas foutenir inceffamment
& fortement la
neutralité du Nord , il fera
-obligé de faire revenir les
Troupes Saxonnes qui font
dans les Pays- Bas , Sur cette
déclaration l'on a tenu des
Conferences , & l'on a affuré
My Gersdorf que l'on
donneroit inceffamment
les ordres pour faire marcher
les Troupes qui doivent
compofer l'armée qui
doit faire valoir cette neutralité.
GALANT. 183
Par le recenfement que
Pon a fait desJuifs deFrancfort
qui fe trouvent fans.
maifons & fans retraite ,
par l'incendie arrivé le 15.
de Janvier dernier , l'on a
trouvé qu'il y en a 24682 .
que les Chreftiens font o
bligez de loger. La perte
caufée par cet incendie eft
eftimée trente millions de
forins d'Allemagne , il y
a quantité de Lettres de
Change qui retournent à
protest.
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Résumé : Nouvelles du Nord.
En 1789, des tensions politiques et militaires émergent en Europe et en Turquie. Le sultan ottoman mobilise ses troupes vers Constantinople et renforce sa flotte navale. En Pologne, 20 000 Turcs arrivent à Bender, tandis que le roi de Suède envisage des actions militaires, mais attend le printemps. Le tsar russe prépare ses troupes et se dirige vers Moscou. Les Polonais, qu'ils soutiennent Auguste ou Stanislas, font face à des difficultés. Une conférence est prévue à Magdebourg entre Auguste, l'Électeur de Brandebourg et le prince de Moscovie pour discuter des affaires en suspens. L'ambassadeur anglais à Constantinople informe Vienne que le sultan souhaite respecter le traité de Carlovitz et la paix avec l'Empereur, mais cette information est incertaine. À La Haye, Auguste menace de rappeler les troupes saxonnes des Pays-Bas si la neutralité du Nord n'est pas soutenue. Un recensement à Francfort révèle que 24 682 Juifs sont sans abri après un incendie le 15 janvier. Les chrétiens doivent les loger. Les pertes sont estimées à trente millions de forins, et de nombreuses lettres de change sont protestées.
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2057
p. 184-191
LETTRE de Dunkerque. GENEROSITÉ d'un jeune Amant.
Début :
Cleante fils aîné d'un riche Marchand de Dunquerque, estoit [...]
Mots clefs :
Amant, Dunkerque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de Dunkerque. GENEROSITÉ d'un jeune Amant.
LETTRE
de Dunkerque.
GENEROSITÉ
d'un jeune Amant.
Cleante fils aîné d'un rithe
Marchand de Dunquerque
, eftoit devenu amoureux à
Paris de lajeune Mabille qui
navoit pas de bien. Son pere
luy écrivit plufieurs fois que
s'il ne revenoit , il feroit fon
cadet Dorillas heritier de tout
~fon bien . Cleante ne voulutjaGALANT.
185
mais quitter Mabille qu'il ne
l'euft épousée. Mais elle qui ne
vouloit point l'époufer que ce
pere n'y confentit , employoit à
Dunquerque desparens qu'elle
yavoit , pour tafcher de l´y refoudre,
cependant remettoit
Cleante de jour en jour ,
fans ofer luy faire connoiftre
qu'elle ne l'aimoit pas affez
pour l'épouser avec dix mille
écus , qui eftoit ce qu'il pouvoit
efperer du bien de fa mere que
fon pere ne pouvoit luy offer.
Pendant tous ces délais le pere
de Cleante meurt irrité contre
cet aifné , il donna en mourant
Février 1711 Q
186 MERCURE
a
tout au Cadet. Des queCleante
avoit fçu la maladie de fon pere
, il avoit pris la pofte. Mais
il arriva trop tard à Dunquerque
. Il n'y fut que huitjours
pourrendre les derniers de voirs.
fon pere ; enfuite ayantpris
en Lettres de Change les 30 .
mil livres qu'on n'avoit pu luy
ofter , ilrevint à Paris pour les
offrir à Mabille en arrivant
à fa porte , on luy dit qu'elle logeoit
dans une grande Maifon
qui eftoit dans la mefme rue
on ne luy dit rien autre chofe.
Il alla à cette maiſonfort
eſtonné d'un changement fi
a
GALANT 187
prompt , mais il fut bien plus
furpris encore , quand eſtant entré
dans cette porte qu'il trouva
ouverte, il vit Mabille en habit
doré , conduite par un homme
affez âgé qui luy aidoit à
monter dans un Car ffe tout
neuf.Il demanda à unLaquais
qui eftoit cet homme . On luy
repondit que c'eftoit Monfieur
qui menoit Madame difner en
famille , parce qu'il eftoit marié
depuis deux jours. Dorillas
penfa mourir de douleur. Il partit
des le lendemain pourDunquerque
. Il mitpar desespoirfes
dix mil écusfur un Vaiſſeau à
Q ij
188 MERCURE
la groffe avanture , & s'em
barqua dans le Vaiffeau. Il a
efté aſſez heureux pour gagner
en trois ans quatre cent mil livres.
Il revint l'Automne der
niere à Paris pour regler quel
ques affaires pourfon negoce. I
avoit tafché d'oublier Mabille,
mais fortant lejour de la Touf
faints du Sermon desF.fuites.
il futbienfurpris de voir Ma
bille en deueil , en affez mau .
vais équipage , & qui parroiffoit
fort afligée. Elle fut hon
teufe de le rencontrer , mais il´
voulutlaremener chez elle , ou
elle luy conta que l'hommeGALANT
. 189
d'affaire qu'elle avoit épousé
eftoit mort fort endetié , qu'il
ne luy reftoit qu'une Terre de
vingt mil écus ou environ ,fur
quoy elle avoit peine à vivre
avec deux enfans , parce qu'un
M.de..à qui elle devoit vingt
milfrancs , luy avoitfait fai-
~for cette Terre; elle verfa beaucoup
de larmes, & luy dit plu
fieurs raifons qui l'avoientfor
cé à ce mariage. Cleante enfut
fort attendri , &l'alla voir
pendant quinze jours fans luy
parler de rienzelle crut fesfeux
rallumez, & ne defefperoit pas
qu'il ne l'époufaftimais un ma190
MERCURE
tin elle le vit arriver àfa porté
avec une Chaife de pofte , il
entra dans fa Chambre , &
luy dit qu'il n'avoit resté quin
ze jours à Paris que pour degagerfa
Terre , & qu'il venoit
de payer vingt mil livres
à M.. dont la quitance & les
papiers eftoient dans unfac qu'il
mit fur la table de Mabille
aprés quoy il l'embraſſa , luy
difant qu'il ne vouloit pas qu'-
une perfonne qu'il avoit aimés,
fut tout-à -fait dans le befoin ,
qu'eftant perfuadé auffi qu'elle
ne l'avoit jamais aiméfincerement
, il nela verroit defa vie,
GALANT . 191
& ne fe marieroit jamais.
Mabille que tout cecy rendoit
immobile , n'euft pas la force
de répondre , & Cleante monta
en Chaife pour retourner à
Dunquerque. Mais en partant
il luy dit de bien obferver les
papiers qui eftoient dans lefac ,
& qu'elle y luft dans le moment
qu'ilferoit party uneLettre
qu'elley trouveroit. Mabille
refta feule les yeux en larmes
, prit lefac qu'elle trouva
fortpefant. Il y avoit dedans
&
mille Louis d'or
que
Cleante
avoit ainfi cachez , pour luy
efpargner la confufion de les
recevoir de luy.
de Dunkerque.
GENEROSITÉ
d'un jeune Amant.
Cleante fils aîné d'un rithe
Marchand de Dunquerque
, eftoit devenu amoureux à
Paris de lajeune Mabille qui
navoit pas de bien. Son pere
luy écrivit plufieurs fois que
s'il ne revenoit , il feroit fon
cadet Dorillas heritier de tout
~fon bien . Cleante ne voulutjaGALANT.
185
mais quitter Mabille qu'il ne
l'euft épousée. Mais elle qui ne
vouloit point l'époufer que ce
pere n'y confentit , employoit à
Dunquerque desparens qu'elle
yavoit , pour tafcher de l´y refoudre,
cependant remettoit
Cleante de jour en jour ,
fans ofer luy faire connoiftre
qu'elle ne l'aimoit pas affez
pour l'épouser avec dix mille
écus , qui eftoit ce qu'il pouvoit
efperer du bien de fa mere que
fon pere ne pouvoit luy offer.
Pendant tous ces délais le pere
de Cleante meurt irrité contre
cet aifné , il donna en mourant
Février 1711 Q
186 MERCURE
a
tout au Cadet. Des queCleante
avoit fçu la maladie de fon pere
, il avoit pris la pofte. Mais
il arriva trop tard à Dunquerque
. Il n'y fut que huitjours
pourrendre les derniers de voirs.
fon pere ; enfuite ayantpris
en Lettres de Change les 30 .
mil livres qu'on n'avoit pu luy
ofter , ilrevint à Paris pour les
offrir à Mabille en arrivant
à fa porte , on luy dit qu'elle logeoit
dans une grande Maifon
qui eftoit dans la mefme rue
on ne luy dit rien autre chofe.
Il alla à cette maiſonfort
eſtonné d'un changement fi
a
GALANT 187
prompt , mais il fut bien plus
furpris encore , quand eſtant entré
dans cette porte qu'il trouva
ouverte, il vit Mabille en habit
doré , conduite par un homme
affez âgé qui luy aidoit à
monter dans un Car ffe tout
neuf.Il demanda à unLaquais
qui eftoit cet homme . On luy
repondit que c'eftoit Monfieur
qui menoit Madame difner en
famille , parce qu'il eftoit marié
depuis deux jours. Dorillas
penfa mourir de douleur. Il partit
des le lendemain pourDunquerque
. Il mitpar desespoirfes
dix mil écusfur un Vaiſſeau à
Q ij
188 MERCURE
la groffe avanture , & s'em
barqua dans le Vaiffeau. Il a
efté aſſez heureux pour gagner
en trois ans quatre cent mil livres.
Il revint l'Automne der
niere à Paris pour regler quel
ques affaires pourfon negoce. I
avoit tafché d'oublier Mabille,
mais fortant lejour de la Touf
faints du Sermon desF.fuites.
il futbienfurpris de voir Ma
bille en deueil , en affez mau .
vais équipage , & qui parroiffoit
fort afligée. Elle fut hon
teufe de le rencontrer , mais il´
voulutlaremener chez elle , ou
elle luy conta que l'hommeGALANT
. 189
d'affaire qu'elle avoit épousé
eftoit mort fort endetié , qu'il
ne luy reftoit qu'une Terre de
vingt mil écus ou environ ,fur
quoy elle avoit peine à vivre
avec deux enfans , parce qu'un
M.de..à qui elle devoit vingt
milfrancs , luy avoitfait fai-
~for cette Terre; elle verfa beaucoup
de larmes, & luy dit plu
fieurs raifons qui l'avoientfor
cé à ce mariage. Cleante enfut
fort attendri , &l'alla voir
pendant quinze jours fans luy
parler de rienzelle crut fesfeux
rallumez, & ne defefperoit pas
qu'il ne l'époufaftimais un ma190
MERCURE
tin elle le vit arriver àfa porté
avec une Chaife de pofte , il
entra dans fa Chambre , &
luy dit qu'il n'avoit resté quin
ze jours à Paris que pour degagerfa
Terre , & qu'il venoit
de payer vingt mil livres
à M.. dont la quitance & les
papiers eftoient dans unfac qu'il
mit fur la table de Mabille
aprés quoy il l'embraſſa , luy
difant qu'il ne vouloit pas qu'-
une perfonne qu'il avoit aimés,
fut tout-à -fait dans le befoin ,
qu'eftant perfuadé auffi qu'elle
ne l'avoit jamais aiméfincerement
, il nela verroit defa vie,
GALANT . 191
& ne fe marieroit jamais.
Mabille que tout cecy rendoit
immobile , n'euft pas la force
de répondre , & Cleante monta
en Chaife pour retourner à
Dunquerque. Mais en partant
il luy dit de bien obferver les
papiers qui eftoient dans lefac ,
& qu'elle y luft dans le moment
qu'ilferoit party uneLettre
qu'elley trouveroit. Mabille
refta feule les yeux en larmes
, prit lefac qu'elle trouva
fortpefant. Il y avoit dedans
&
mille Louis d'or
que
Cleante
avoit ainfi cachez , pour luy
efpargner la confufion de les
recevoir de luy.
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Résumé : LETTRE de Dunkerque. GENEROSITÉ d'un jeune Amant.
La lettre relate l'histoire de Cleante, fils aîné d'un riche marchand de Dunkerque, et de son amour pour Mabille, une jeune femme sans fortune. Le père de Cleante menace de léguer son héritage à son cadet, Dorillas, si Cleante ne revient pas de Paris. Cleante refuse de quitter Mabille sans l'épouser, mais elle hésite à accepter sans le consentement du père. Pendant ces délais, le père de Cleante décède et laisse tout à Dorillas. Cleante, après avoir appris la maladie de son père, revient trop tard à Dunkerque. Il découvre ensuite que Mabille s'est mariée avec un homme plus âgé et est désormais riche. Déçu, Cleante investit dix mille écus dans un vaisseau et fait fortune en trois ans. De retour à Paris, il rencontre Mabille veuve et endettée. Touchée par sa situation, Cleante paie ses dettes et lui laisse mille Louis d'or avant de repartir pour Dunkerque, convaincu que Mabille ne l'avait jamais aimé sincèrement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2058
p. 204-211
Jugement d'un Duc de Normandie.
Début :
Dans le temps qu'on ne plaidoit point en Normandie, [...]
Mots clefs :
Duc de Normandie, Jugement, Moulin, Galant, Pommiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Jugement d'un Duc de Normandie.
Jugement d'un Duc de
Normandie
.
Dans le temps qu'on
ne plaidoitpoint en Normandie
, c'eft-à- dire , it
y a long- temps , un Duc.
de Normandie donnoit
Audience à la Gauloife.
fous un chefne : un ef
pece d'Avocat luy expofa
l'affaire qui fuit en
GALANT. 205
peu de mots , car en ce
tems- là les Avocats al
loient d'abord au fait.
Monfeigneur , dit celuy
- cy , voicy deux
hommes qui fe haïffent,
premierement
parce
qu'ils font freres , fecondement
parce qu'ils font
voifins.
L'un eft Meufnier
l'autre eft Fruitier , leur
pere leur a laiffé pour
tout heritage , à l'un un
champ planté de beaux
106 MERCURE
Pomiers à l'autre un
Moulin à vent qui eft
placé au bout du champ
de fon frere , & voicy le
fujet de leur querelle.
Tous les jours de grand
matin ils ſe rencontrent
fur une hauteur voifine,
où chacun d'eux va examiner
par la maniere
dont le Soleil fe leve , s'il
fera riche ou pauvre ,
c'eſt-à-dire quel temps il
ofera.Apspris
... La ils font des voeux
GALANT. 207
chacun felon fon inte
reft ; l'un prie le Ciel
d'eftre propice aux Pomiers
, l'autre le conjure
d'eftre favorable aux
Moulins: mais le Cielne
fçauroit les contenter
tous deux. Car ce qui
fait pour l'un fait contre
J'autre ; s'il s'elleve un
grand vent par exemple,
le Meufnier réjoui , s'écrie
beni ſoit le vent qui
fait tourner mon Moulin
maudit foit le vent
08 MERCURE
dit l'autre , il abbat tou
tes mes Pommes .
L'air eft-il doux &
tranquille , le Meunier
fe defefpere , & le Frui ·
tier fe réjouit enforte
que l'un des deux eſt
tousjours chagrin de fon
malheur , & jaloux du
bonheur de l'autre ; le
malheureux s'en prend
d'abord à fon Ciel , puis
il s'en prend à fon frere.
C'eft toy dit l'un , qui a
demandé du vent : c'eſt
toy
GALANT 209
toy dit l'autre, qui a prié
Dieu qu'il n'en vint
point. C'eft toy qui fais
Le
le beau temps , c'eft toy
qui nie ruine ; tu en as
menty. On s'injurie , cn
fe gourme , & voilà le
train .
Si vous ne mettez or
dre à cela Monſeigneur,
ces deux freres-la periront
, car ils fe battent
tous les jours qu'il fait
vent ; ils fe battent aufh
ous les jours qu'il n'en
Fevrier 1711 S
210 MERCURE
fait point , quand voulez
-vous qu'ils ayent la
paix.
Il faut mettre fin à
cette querelle-là , dit le
Duc ça , dites-moy
mes enfants , lequel produit
le plus du Moulin
ou des Pomiers: nous ne
fçaurions vous dire cela:
au juſte , répondit l'un
des freres , car nos heritages
nous rapportent ſelon
le vent qu'il fait .
Eh bien , continua le
GALANT . 21
Duc , j'ordonne que le
Meufnier aura moitié
dans le profit des Pomiers
, & que le Fruitier
aura moitié dans le profit
du Moulin ; afin que
quelque temps qu'il faffe,
ce que l'un perdra d'um
cofté , il le regagne de
l'autre.
Normandie
.
Dans le temps qu'on
ne plaidoitpoint en Normandie
, c'eft-à- dire , it
y a long- temps , un Duc.
de Normandie donnoit
Audience à la Gauloife.
fous un chefne : un ef
pece d'Avocat luy expofa
l'affaire qui fuit en
GALANT. 205
peu de mots , car en ce
tems- là les Avocats al
loient d'abord au fait.
Monfeigneur , dit celuy
- cy , voicy deux
hommes qui fe haïffent,
premierement
parce
qu'ils font freres , fecondement
parce qu'ils font
voifins.
L'un eft Meufnier
l'autre eft Fruitier , leur
pere leur a laiffé pour
tout heritage , à l'un un
champ planté de beaux
106 MERCURE
Pomiers à l'autre un
Moulin à vent qui eft
placé au bout du champ
de fon frere , & voicy le
fujet de leur querelle.
Tous les jours de grand
matin ils ſe rencontrent
fur une hauteur voifine,
où chacun d'eux va examiner
par la maniere
dont le Soleil fe leve , s'il
fera riche ou pauvre ,
c'eſt-à-dire quel temps il
ofera.Apspris
... La ils font des voeux
GALANT. 207
chacun felon fon inte
reft ; l'un prie le Ciel
d'eftre propice aux Pomiers
, l'autre le conjure
d'eftre favorable aux
Moulins: mais le Cielne
fçauroit les contenter
tous deux. Car ce qui
fait pour l'un fait contre
J'autre ; s'il s'elleve un
grand vent par exemple,
le Meufnier réjoui , s'écrie
beni ſoit le vent qui
fait tourner mon Moulin
maudit foit le vent
08 MERCURE
dit l'autre , il abbat tou
tes mes Pommes .
L'air eft-il doux &
tranquille , le Meunier
fe defefpere , & le Frui ·
tier fe réjouit enforte
que l'un des deux eſt
tousjours chagrin de fon
malheur , & jaloux du
bonheur de l'autre ; le
malheureux s'en prend
d'abord à fon Ciel , puis
il s'en prend à fon frere.
C'eft toy dit l'un , qui a
demandé du vent : c'eſt
toy
GALANT 209
toy dit l'autre, qui a prié
Dieu qu'il n'en vint
point. C'eft toy qui fais
Le
le beau temps , c'eft toy
qui nie ruine ; tu en as
menty. On s'injurie , cn
fe gourme , & voilà le
train .
Si vous ne mettez or
dre à cela Monſeigneur,
ces deux freres-la periront
, car ils fe battent
tous les jours qu'il fait
vent ; ils fe battent aufh
ous les jours qu'il n'en
Fevrier 1711 S
210 MERCURE
fait point , quand voulez
-vous qu'ils ayent la
paix.
Il faut mettre fin à
cette querelle-là , dit le
Duc ça , dites-moy
mes enfants , lequel produit
le plus du Moulin
ou des Pomiers: nous ne
fçaurions vous dire cela:
au juſte , répondit l'un
des freres , car nos heritages
nous rapportent ſelon
le vent qu'il fait .
Eh bien , continua le
GALANT . 21
Duc , j'ordonne que le
Meufnier aura moitié
dans le profit des Pomiers
, & que le Fruitier
aura moitié dans le profit
du Moulin ; afin que
quelque temps qu'il faffe,
ce que l'un perdra d'um
cofté , il le regagne de
l'autre.
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Résumé : Jugement d'un Duc de Normandie.
Le texte décrit un jugement rendu par un duc de Normandie à une époque où les procès n'étaient pas formels. Un avocat expose une querelle entre deux frères voisins et ennemis. Leur conflit découle de leurs héritages divergents : l'un possède un champ de pommiers, l'autre un moulin à vent situé au bout du champ de son frère. Le meunier souhaite du vent pour son moulin, tandis que le fruitier préfère un temps calme pour ses pommiers. Chaque frère accuse l'autre de provoquer des conditions météorologiques défavorables à ses intérêts. Le duc met fin à la querelle en ordonnant que le meunier partage les profits des pommiers et que le fruitier partage ceux du moulin. Ainsi, quel que soit le temps, les pertes de l'un seront compensées par les gains de l'autre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2059
p. 214-215
ENIGMES du mois.
Début :
Au mot de cette énigme on peut parler ainsi. [...]
Mots clefs :
Sang
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texteReconnaissance textuelle : ENIGMES du mois.
ENIGMES
du mois.
Au mot de cette
énigme
on peut parler
ainfi
Impetueux
torrent
, qui
ccurs apres toy -mefme ,
GALANT . arg
.Et qui te fuis toy-mefine
auffi ,
Que tu me caufe de foucy.
C'eft ton rapide cours qui
fait l'amour extrême .
D'un Berger fidele €5
charmant :
Mais ton rapide cours
peut le rendre incon- ·
ftant.
du mois.
Au mot de cette
énigme
on peut parler
ainfi
Impetueux
torrent
, qui
ccurs apres toy -mefme ,
GALANT . arg
.Et qui te fuis toy-mefine
auffi ,
Que tu me caufe de foucy.
C'eft ton rapide cours qui
fait l'amour extrême .
D'un Berger fidele €5
charmant :
Mais ton rapide cours
peut le rendre incon- ·
ftant.
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2060
p. 215-216
AUTRE ENIGME.
Début :
J'agite les Vaisseaux & sur mer & sur terre. [...]
Mots clefs :
Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME.
agite les Vaiffeaux 5
jur mer & jur terre,
216 MERGURE
Je fuis trouble par le tonnerre
.
Jefais voler un Aigle a
vec rapidite ,
Et marcher la Tortue avec
tranquillité.
agite les Vaiffeaux 5
jur mer & jur terre,
216 MERGURE
Je fuis trouble par le tonnerre
.
Jefais voler un Aigle a
vec rapidite ,
Et marcher la Tortue avec
tranquillité.
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2061
p. 216
AUTRE ENIGME.
Début :
Sçachez que pour me faire on petrit nuit & jour. [...]
Mots clefs :
Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME .
Scachez que pour mefai
re on petrit nuit & jour.
Fagis avec efprit ,jefais
pourtant la befte ,
Et fijenefuispast amour
Ceft moyqui le mets dans
la tefte.
Scachez que pour mefai
re on petrit nuit & jour.
Fagis avec efprit ,jefais
pourtant la befte ,
Et fijenefuispast amour
Ceft moyqui le mets dans
la tefte.
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2062
p. 217-xi
AVANTURE du Carnaval dernier.
Début :
Plusieurs personnes d'une mesme famille s'estoient assemblées pour [...]
Mots clefs :
Amour, Amant, Carnaval, Cavalier, Mariage, Fidélité, Infidélité, Mère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVANTURE du Carnaval dernier.
AVANTURE
du Carnaval dernier.
Plufieurs
perfonnes
d'une mefme famille s'eftoient
affemblées pour
parler d'un mariage : la
fille dont il s'agilloit y
vint avec fa mere ; elle
eftoit habillée fort negligemment,
& cependant
elle fçavoit que le Cavalier
à qui on la deſtinoit
devoit venir fouper auffi
Fevrier 1711.
T
218 MERCURE
dans cette maiſon . On
s'eftonna de ce qu'elle ne
s'eftoit point parée , elle
dit pour les raifons qu'el
le s'eftoit rencontrée la
veille par hazard dans
une compagnie , ou cẹ
Cavalier n'avoit fait nulle
attention fur elle , &
elle qu'apparemment
n'eftoit point faite de ma
niere à luy donner de l'amour
, qu'elle taſcheroit
du moins de fe faire efti
mer de luy par fa modeCALANT.
219
ftie. On ne trouva pas
fa raifon autrement
bonne,
mais elle en avoitune
meilleure
qu'elle ne di
foit pas ; c'eftoit la perfonne
du monde qui
avoit le plus d'efprit &
de raifon , comme vous
le verrez dans la fuite,
Le Cavalier qu'on attendoit
, arriva ; c'eſtoit
un jeune homme trésaimable,
mais d'unefranchife
outrée. Il difoit tout
ce qu'il penfoit , mais il
Tij
210 MERCURE
ne difoit rien de mal à
propos , car il eſtoit tresgalant
homme , & avoit
beaucoup d'efprit, La
premiere chofe qu'il fit
en entrant ce fut de s'adreffer
à la mere , & de
luy dire qu'il venoit de
fon logis pour luy rendre
fes devoirs ; qu'il
n'avoit appris que lematin
le mariage où fon
pere vouloit l'engager.
Si j'avois fçu hier , ditil
, en faluant la fille
GALANT. 22zz I
que vous eftiez celle avec
qui je dois paffer ma
T
vie, je vouseufle prié de
me dire franchement ,
fi dans un mariage
que nos parents font
fimplement par intereſt
de famille , vous obéiffez
aufli volontiers à
voftre mere , que j'obeïs
à mon pere ; car fi cette
alliance vous faifoit la
- moindre peine , rien ne
pourroit m'y contraindre
; il faut parler fran-
T
iij
222 MERCURE
chement dans ces occa
fions. La mere prit aufſitoft
la parole , & protefta
au Cavalier que fa
fille luy obéiffoit de trésbon
coeur.Mais Mr continua-
t'elle , en le tirant
en particulier , je vous
prie deme dire avec votre
fincerité naturelle, fi
ma fille eft de voſtre
gouft . Je vois qu'on fert
le fouper , dit- il tout
haut , je m'expliqueray
au fruit , mettons- nous
GALANT. 223
&
ne
a table. On s'y mit , &
pendant tout le repas on
ne parla que de la fingularité
d'un mariage fi
brufquement réfolu La
fille ne difoit mot ,
regardoit que rarement
le Cavalier , quoyqu'elle
T'aima déja mais elle
avoit fon deffein.
Elle n'eftoit ny belle
ny laide , & mefme elle
avoit une de ces phifionomies
qui ne plaiſent
que lorsqu'on y eft ac-
Tij
224 MERCURE
couftumé. On fut longtemps
à table , le fruit
vint , les Valets furent
congediez , & la mere
fomma le Cavalier de
luy tenir parole . Il avoit
promis de parler franchement
, il le fit , &
avec toute la politeffe
imaginable il luy dit
que fon coeur n'eftoit
point touché pour la fille ,
mais il luy protefta qu'elle
pouvoit compter fur
tous les bons procedez
GALANT . 2: 5
quepourroit avoir le mary
le plus tendre. On .
plaiſanta
fort fur cette
nouvelle maniere de faire
une déclaration
d'amour
; enfin on fe fepara,
& la mere en retournant
chez eile , fit de
grands reproches à fa fille
, de ce qu'elle n'avoit
pas faitparoiftre le moindre
efprit à table. Je l'ay
fait exprés , luy dit la fille
, pour taſcher de me
-faire aimer..
226 MERCURE
La mère ne comprit
rien à ce Paradoxe, mais
cette prudente fille luy
expliquafibien le deffein
qu'elle avoit, que la mere
promit d'aider à l'executer
, c'eft ce que vous
allez voir dans la fuite.
Le lendemain le Ca-
, parce
valier rendit vifite àcelle
qu'il n'aimoit point &
qu'il eftimoit
qu'on l'avoit affuréqu'elle
eftoit eſtimable: Aprés
quelques moments de fi
GALANT. 227
lence , elle luy dit d'un
air à ne luy pas donner
grande idée de fon efprit,
que ne contant point ſur
fa tendreffe , elle luy demandoit
au moins une
preuve exceffive de fon
eftime ; c'eſtoit qu'il la
fit fa confidente , en cas
que dans la fuite il eut
de l'inclination pour
quelqué autre.Cette propofition
lui parut ridicule
& leconfirma dans l'opinion
que fa Maiſtreffe
228 MERCURE
"
eftoit un trés-petit genie
Il luy répondit qu'il ne
fe croyoit pas d'un caratere
a devenir fort fenfible
, mais qu'en cas
qu'il le devint jamais , il
fçauroit eftouffer une
paſſion par raiſon , & fe
la cacher à luy - meſme
pluftoft que d'en faire
confidence à fa femme.
Elle luy dit qu'elle vouloit
dans fon coeur au
moins la place d'un
bon amy . Ils eurent l'àGALANT.
229
deffus une longue conteftation.
Il refufoit tousjours
de luy promettre
une confidence fi extravagante
; mais elle le
preffa tant , qu'enfin il
luy promit ce qu'elle .
ſouhaittoit , & ce qu'il
avoit une fois promis ,
il le tenoit. Il la quitta
aprés luy avoir dit par
maniere deconverſation :
qu'il iroit ce foir-là au
bal , & qu'il y alloit
prefquc tous les jours.
230 MERCURE
Elle luy dit que pourelle
elle haiffoit le bal , parce
qu'elle ne fçavoit pas af
fez bien danfer.
Dés qu'il fut partielle
envoya chercher un habit
deSultanne, fçachant
qu'il devoit courir ce
foir-là en habit de Ba- ,
cha , & elle avoit niedité
de le fuivre dans tous
les bals où il iroit.
Avec la plus noble &
la plus fine taille du
monde , elle avoit touGALANT.
231
tes les
graces du gefte
,
& danfoit à ravir ; elle
avoit la gorge , le tour
duvifage & les yeux d'une
beauté parfaite , enforte
qu'avec un tréspetit
mafque dont les
yeux eftoient fort ouverts
, c'eftoit la plus
charmante
perfonne
qu'on put voir. Dés
qu'elle parut au bal, elle
yattira
les yeux de tout
lemonde, & fonBacha en
fut ébloui comme les au232
MERCURE
tres . On la prit d'abord
à danfer , elle acheva de
charmer toute l'Affemblée
, & prit pour danfer
le Bacha qui s'avançoit
plus que les autres
pour l'admirer. Aprés
qu'ils eurent danſé enfemble
, ils fe prirent de
converfation . Le Bacha
qui avoitbeaucoup d'ef
prit , fut eftonné de fes
reparties brillantes` , du
tour & de la jufteffe de
fes penfées . Il n'avoit gar
de
GALANT . 233
de de la reconnoiftre. Ilne
l'avoit encore vue ,
comme nous l'avons dit ,
que dans un negligé qui
luy avoit caché fa taille
& fon air. Elle avoit
tousjours affecté une
indolence prefque ébetée
, dont elle avoit voilé
la vivacité de fon efil
comprit.
En un mot ,
mença à l'aimer plus
qu'il ne penfoit , & fe
crut heureux d'appren
dre feulement d'elle ,
Fevrier 1711. V
234 MERCURE
qu'elle devoit courir encore
le bal la nuit fuivantedans
le mefme habit.
Le
lendemain aprés
midy il alla chez elle , il
la trouva
beaucoup plus:
negligée , & auffi indolente
qu'à l'ordinaire
mais dans les chofes,
qu'elle luy difoit , elle .
marquoit
une raiſon fi
folide , un fi bon caractere
d'efprit , & une douceur
fi aimable , qu'ilfe
GALANT. 235
.
confoloit prefque de ne
pas trouver en elle , le
brillant & les charmes
de la Sultanne. Il eftoit
pourtant extrêmement
agité, & il avoit de temps
entemps des diſtractions
qui la charmerent
. Elle
vit bien qu'il eftoit pris..
Ils ne manquerent
pas
de fe rejoindre le foir au
bal , ou une converfation
encor plus vive que celle
de la nuit precedente
,
augmenta fon amour de
V ij ·
236 MERCURE
moitié. Cependant les
réflexions qu'il faifoit
für fon mariage prirent
le deffus , & par un ef
fort de raiſon , il voulut
quitter brufquement la
Sultane. Quoy vous me
fuyez , luy dit-elle d'un
air à le rendre amoureux
s'il ne l'eut pas efté . Il retomba
fur le fiege d'où
il s'eftoit levé , & ne
-put répondre un feul
mot. Je vois bien , luy
dit - elle , que j'ay be
GALANT . 237
foin de tous mes charmes
pour vous arreſter .
Je vais donc me démafquer.
Ah , n'en faites
rien , s'écria-t'il , par un
fecond effort de raiſon ;
que deviendrois-je. H
craignit en effet de s'engager
davantage, & la
quitta dans le moment .
C'eſt peut-eftre la premiere
fois qu'une Maiftreffe
ait efté charmée
devoir fon Amant vaincre
lapaffion qu'il a pour
238 MERCURE
elle . La Sultane voyant
fuir fon Bacha , fut auſſi
contente de faraifon que
de fon amour .
Comme la fincerité
eftoit le caractere dominant
de ce Cavalier
il refolut d'ouvrir fon .
coeur à celle qu'il regardoit
déja comme ſon amie
, & de plus il avoit
promis , il n'avoit garde
d'y manquer. Des qu'il
put luy parler , il luy fit
voir le fondde foncoeur.
GALANT . 239
Elle feignit feulement
autant de jaloufie qu'il
fallait pour luy faire fen
tir qu'elle l'aimoit , &
luy montra enfuite tant
de douceur , & tant de
confiance en la fidelité
qu'il ſe haïfſoit luy-mefme
en ce moment d'avoir
efté capable de luy
faire une demi infidelité.
Elle tâchoit de le confoler,
en louant la conftance
qu'il avoit eu en refufant
de voir la Sultane
240 MERCURE
démafquée , mais elle
luy confeilla pourtant
de la voir s'il pouvoit
s
car , luy difoit-elle, c'eft
le feul moyen de vous
guerir : fans doute elle
eft moins belle fous le
mafque qu'elle ne l'eſt
dans voftre imagination
,
& fi par bonheur pour
vous , elle n'avoit nulle
beauté , vous oubliriez
bientoft fonefprit. Non,
non , luy repliqua-t'il ,
le plus feur eft de l'éviter
,
*
GALANT. ' j
ter, & je vais prier mon
pere de differer noſtre
mariage ; je vous eftime
trop pour me donner
à
vous dans l'eftat où je
fuis . Je veux aller pour
quelques jours à la campagne
ou je diffiperay à
coup leur cette idée.
Non , luy dit-elle , non ,
je vous aideray mieux
que perſonne a oublier
les charmes de la Sultane
, & j'ay tousjours en
tefte que le feul moyen
Fevrier
1711 . a
jj MERCURE
de guerir la paffion que
vous avez pour elle, c'eſt
de vous la taire voir fans
mafque , car quelqu'un
qui la connoift m'en par
la hier. On m'a dit
qu'aux yeux prés , elle
eft d'une laideur à dégouſter
de la taille & de
fon efprit.
Noftre Amant inſiſta
tousjours pour s'abſenter
, mais le pere qui fut
inftruit de tout ce qui s'e
ftoit paffé , força fon fils
GALANT. iij
a terminer dés le lendemain
..
On figna le Contrat ;
on futà l'Eglife , & l'on
revintfouper. Une Mafcarade
avec des violons ,
vint juftement comme
on fortoit de table. La
nouvelle Epoufe qui avoit
feint de fe trouver
mal en foupant , pria for
Epoux de faire les honneurs
de la Mafcarade
pendant
qu'elle iroit ſe
repofer. Elle difparut
,
a ij
iv
MERGURE
& fit une telle
diligence
à reprendre ſon
déguiſement,
qu'ellerentra
dans
la fale où l'on dançoit ,
avec une autre troupe de
Mafques qui parut fuivre
de prés la premiere.
C'eftoit
quelques amis
qu'on avoit priez de venir
danfer pour faciliter
le
dénouement de tout
сесу.
Dés que noftre Epoux
fidele apperçût celle qu'il
craignoit
tant , il voulut
GALANT. V
fuir , mais la mere le retint
, & luy dit qu'elle
avoit exprés fait prier
cette Sultanne qui eftoit
dans un bal du voifinage,
de venirdanfer
chez
ma
elle avec la troupe ;
fille continua
- t'elle
veut abfolument
vous
guérir l'efprit en la faifant
démafquer
, car elle
eft, dit-on, d'une laideur
à furprendre
. Ah ! quand
elle auroit le vifage af
freux , s'écria t'il , elle ne
a iij
wj MERGURE
me guérira point par-la
d'une maudite paffion
que tant d'autres charmes
ont fait naiftre. Je
me la fuis desja
reprefentée
plus hideufe qu'el
le ne peut eftre , & je
n'en fuis pas plus tranquille
.. Ah Madame y
pourquay m'arreftez-
Vousicy .
Pendant qu'il parloit
ainfi , la Sultanne animée
par cette Scene qu'elle
voyoit , redoubloit de
GALANT. vij
vivacité dans fon air &
dans fa danfe . Il détournoit
ſa vûë d'un objet fi
dangereux , mais elle
vint , tout en danfant
paffer malignement ſi
prés de luy , qu'il oublia,
en la voyant , fa raiſon ,
fon devoir , & la prefence
de fa belle-mere ; enfin
la Sultane , en luy
prenant la main , acheva
de le troubler ; il ne fe
poffedoit plus. Sa bellemere
le prit par def
vil MERCURE
fous le bras ; il fe laiffa
ainfi conduire dans un
cabinet , fans fçavoir of
il alloit , & la mere s'y
enferma avec eux.
La Sultane fit alors un
grand foupir , & le faifoit
naturellement , cap
elle craignoit de perdre
en fe démafquant , le
plaifir de voir fonEpoux
fi tendre. Elle l'aimoit
autant qu'il aimoit la
Sultane , fes regards languiffans
fe confondoient
GALANT. ix
avec ceux de cetAmant,
qui ne gardoit plus de
mefures. Ils fe regarderent
quelque temps fans
rien dire , pendant que
la mere tafchoit de donner
à fon Gendre l'idée
de la plus affreuſe laideur
, afin que par ce
contraſte, fa fille démafquée
luy paruft plus aimable,
La tendre Epou-
Le profita le plus longtemps
qu'elle putde l'erreur
de fon Epoux . Elle
MERCURE
ne pouvoit fe refoudre à
finir cette fcene : mais
enfin la mere ofta le
ma que de fa fille.
L'effet étonnant
que
cette furpriſe fit fur nofire
Amant Epoux , eſt
une de ces chofes qu'on
ne peut dépeindre
fans
en diminuer
la force.
Que chacun s'imagine
la
fituation
d'un parfaite
ment honnefte homme
cruellement
agité entre
L'amour
& le devoir
,
GALANT. *
qui eftime infiniment une
perfonne qui en aime
paſſionnement une autre
, & qui trouve tout
réuni dans un feul objet.
A l'égard de la femme
quel charme pour elle ,
d'avoir ſçû faire en fi
peu de temps, un Epoux
paffionné , d'un Amant
indifferent.
du Carnaval dernier.
Plufieurs
perfonnes
d'une mefme famille s'eftoient
affemblées pour
parler d'un mariage : la
fille dont il s'agilloit y
vint avec fa mere ; elle
eftoit habillée fort negligemment,
& cependant
elle fçavoit que le Cavalier
à qui on la deſtinoit
devoit venir fouper auffi
Fevrier 1711.
T
218 MERCURE
dans cette maiſon . On
s'eftonna de ce qu'elle ne
s'eftoit point parée , elle
dit pour les raifons qu'el
le s'eftoit rencontrée la
veille par hazard dans
une compagnie , ou cẹ
Cavalier n'avoit fait nulle
attention fur elle , &
elle qu'apparemment
n'eftoit point faite de ma
niere à luy donner de l'amour
, qu'elle taſcheroit
du moins de fe faire efti
mer de luy par fa modeCALANT.
219
ftie. On ne trouva pas
fa raifon autrement
bonne,
mais elle en avoitune
meilleure
qu'elle ne di
foit pas ; c'eftoit la perfonne
du monde qui
avoit le plus d'efprit &
de raifon , comme vous
le verrez dans la fuite,
Le Cavalier qu'on attendoit
, arriva ; c'eſtoit
un jeune homme trésaimable,
mais d'unefranchife
outrée. Il difoit tout
ce qu'il penfoit , mais il
Tij
210 MERCURE
ne difoit rien de mal à
propos , car il eſtoit tresgalant
homme , & avoit
beaucoup d'efprit, La
premiere chofe qu'il fit
en entrant ce fut de s'adreffer
à la mere , & de
luy dire qu'il venoit de
fon logis pour luy rendre
fes devoirs ; qu'il
n'avoit appris que lematin
le mariage où fon
pere vouloit l'engager.
Si j'avois fçu hier , ditil
, en faluant la fille
GALANT. 22zz I
que vous eftiez celle avec
qui je dois paffer ma
T
vie, je vouseufle prié de
me dire franchement ,
fi dans un mariage
que nos parents font
fimplement par intereſt
de famille , vous obéiffez
aufli volontiers à
voftre mere , que j'obeïs
à mon pere ; car fi cette
alliance vous faifoit la
- moindre peine , rien ne
pourroit m'y contraindre
; il faut parler fran-
T
iij
222 MERCURE
chement dans ces occa
fions. La mere prit aufſitoft
la parole , & protefta
au Cavalier que fa
fille luy obéiffoit de trésbon
coeur.Mais Mr continua-
t'elle , en le tirant
en particulier , je vous
prie deme dire avec votre
fincerité naturelle, fi
ma fille eft de voſtre
gouft . Je vois qu'on fert
le fouper , dit- il tout
haut , je m'expliqueray
au fruit , mettons- nous
GALANT. 223
&
ne
a table. On s'y mit , &
pendant tout le repas on
ne parla que de la fingularité
d'un mariage fi
brufquement réfolu La
fille ne difoit mot ,
regardoit que rarement
le Cavalier , quoyqu'elle
T'aima déja mais elle
avoit fon deffein.
Elle n'eftoit ny belle
ny laide , & mefme elle
avoit une de ces phifionomies
qui ne plaiſent
que lorsqu'on y eft ac-
Tij
224 MERCURE
couftumé. On fut longtemps
à table , le fruit
vint , les Valets furent
congediez , & la mere
fomma le Cavalier de
luy tenir parole . Il avoit
promis de parler franchement
, il le fit , &
avec toute la politeffe
imaginable il luy dit
que fon coeur n'eftoit
point touché pour la fille ,
mais il luy protefta qu'elle
pouvoit compter fur
tous les bons procedez
GALANT . 2: 5
quepourroit avoir le mary
le plus tendre. On .
plaiſanta
fort fur cette
nouvelle maniere de faire
une déclaration
d'amour
; enfin on fe fepara,
& la mere en retournant
chez eile , fit de
grands reproches à fa fille
, de ce qu'elle n'avoit
pas faitparoiftre le moindre
efprit à table. Je l'ay
fait exprés , luy dit la fille
, pour taſcher de me
-faire aimer..
226 MERCURE
La mère ne comprit
rien à ce Paradoxe, mais
cette prudente fille luy
expliquafibien le deffein
qu'elle avoit, que la mere
promit d'aider à l'executer
, c'eft ce que vous
allez voir dans la fuite.
Le lendemain le Ca-
, parce
valier rendit vifite àcelle
qu'il n'aimoit point &
qu'il eftimoit
qu'on l'avoit affuréqu'elle
eftoit eſtimable: Aprés
quelques moments de fi
GALANT. 227
lence , elle luy dit d'un
air à ne luy pas donner
grande idée de fon efprit,
que ne contant point ſur
fa tendreffe , elle luy demandoit
au moins une
preuve exceffive de fon
eftime ; c'eſtoit qu'il la
fit fa confidente , en cas
que dans la fuite il eut
de l'inclination pour
quelqué autre.Cette propofition
lui parut ridicule
& leconfirma dans l'opinion
que fa Maiſtreffe
228 MERCURE
"
eftoit un trés-petit genie
Il luy répondit qu'il ne
fe croyoit pas d'un caratere
a devenir fort fenfible
, mais qu'en cas
qu'il le devint jamais , il
fçauroit eftouffer une
paſſion par raiſon , & fe
la cacher à luy - meſme
pluftoft que d'en faire
confidence à fa femme.
Elle luy dit qu'elle vouloit
dans fon coeur au
moins la place d'un
bon amy . Ils eurent l'àGALANT.
229
deffus une longue conteftation.
Il refufoit tousjours
de luy promettre
une confidence fi extravagante
; mais elle le
preffa tant , qu'enfin il
luy promit ce qu'elle .
ſouhaittoit , & ce qu'il
avoit une fois promis ,
il le tenoit. Il la quitta
aprés luy avoir dit par
maniere deconverſation :
qu'il iroit ce foir-là au
bal , & qu'il y alloit
prefquc tous les jours.
230 MERCURE
Elle luy dit que pourelle
elle haiffoit le bal , parce
qu'elle ne fçavoit pas af
fez bien danfer.
Dés qu'il fut partielle
envoya chercher un habit
deSultanne, fçachant
qu'il devoit courir ce
foir-là en habit de Ba- ,
cha , & elle avoit niedité
de le fuivre dans tous
les bals où il iroit.
Avec la plus noble &
la plus fine taille du
monde , elle avoit touGALANT.
231
tes les
graces du gefte
,
& danfoit à ravir ; elle
avoit la gorge , le tour
duvifage & les yeux d'une
beauté parfaite , enforte
qu'avec un tréspetit
mafque dont les
yeux eftoient fort ouverts
, c'eftoit la plus
charmante
perfonne
qu'on put voir. Dés
qu'elle parut au bal, elle
yattira
les yeux de tout
lemonde, & fonBacha en
fut ébloui comme les au232
MERCURE
tres . On la prit d'abord
à danfer , elle acheva de
charmer toute l'Affemblée
, & prit pour danfer
le Bacha qui s'avançoit
plus que les autres
pour l'admirer. Aprés
qu'ils eurent danſé enfemble
, ils fe prirent de
converfation . Le Bacha
qui avoitbeaucoup d'ef
prit , fut eftonné de fes
reparties brillantes` , du
tour & de la jufteffe de
fes penfées . Il n'avoit gar
de
GALANT . 233
de de la reconnoiftre. Ilne
l'avoit encore vue ,
comme nous l'avons dit ,
que dans un negligé qui
luy avoit caché fa taille
& fon air. Elle avoit
tousjours affecté une
indolence prefque ébetée
, dont elle avoit voilé
la vivacité de fon efil
comprit.
En un mot ,
mença à l'aimer plus
qu'il ne penfoit , & fe
crut heureux d'appren
dre feulement d'elle ,
Fevrier 1711. V
234 MERCURE
qu'elle devoit courir encore
le bal la nuit fuivantedans
le mefme habit.
Le
lendemain aprés
midy il alla chez elle , il
la trouva
beaucoup plus:
negligée , & auffi indolente
qu'à l'ordinaire
mais dans les chofes,
qu'elle luy difoit , elle .
marquoit
une raiſon fi
folide , un fi bon caractere
d'efprit , & une douceur
fi aimable , qu'ilfe
GALANT. 235
.
confoloit prefque de ne
pas trouver en elle , le
brillant & les charmes
de la Sultanne. Il eftoit
pourtant extrêmement
agité, & il avoit de temps
entemps des diſtractions
qui la charmerent
. Elle
vit bien qu'il eftoit pris..
Ils ne manquerent
pas
de fe rejoindre le foir au
bal , ou une converfation
encor plus vive que celle
de la nuit precedente
,
augmenta fon amour de
V ij ·
236 MERCURE
moitié. Cependant les
réflexions qu'il faifoit
für fon mariage prirent
le deffus , & par un ef
fort de raiſon , il voulut
quitter brufquement la
Sultane. Quoy vous me
fuyez , luy dit-elle d'un
air à le rendre amoureux
s'il ne l'eut pas efté . Il retomba
fur le fiege d'où
il s'eftoit levé , & ne
-put répondre un feul
mot. Je vois bien , luy
dit - elle , que j'ay be
GALANT . 237
foin de tous mes charmes
pour vous arreſter .
Je vais donc me démafquer.
Ah , n'en faites
rien , s'écria-t'il , par un
fecond effort de raiſon ;
que deviendrois-je. H
craignit en effet de s'engager
davantage, & la
quitta dans le moment .
C'eſt peut-eftre la premiere
fois qu'une Maiftreffe
ait efté charmée
devoir fon Amant vaincre
lapaffion qu'il a pour
238 MERCURE
elle . La Sultane voyant
fuir fon Bacha , fut auſſi
contente de faraifon que
de fon amour .
Comme la fincerité
eftoit le caractere dominant
de ce Cavalier
il refolut d'ouvrir fon .
coeur à celle qu'il regardoit
déja comme ſon amie
, & de plus il avoit
promis , il n'avoit garde
d'y manquer. Des qu'il
put luy parler , il luy fit
voir le fondde foncoeur.
GALANT . 239
Elle feignit feulement
autant de jaloufie qu'il
fallait pour luy faire fen
tir qu'elle l'aimoit , &
luy montra enfuite tant
de douceur , & tant de
confiance en la fidelité
qu'il ſe haïfſoit luy-mefme
en ce moment d'avoir
efté capable de luy
faire une demi infidelité.
Elle tâchoit de le confoler,
en louant la conftance
qu'il avoit eu en refufant
de voir la Sultane
240 MERCURE
démafquée , mais elle
luy confeilla pourtant
de la voir s'il pouvoit
s
car , luy difoit-elle, c'eft
le feul moyen de vous
guerir : fans doute elle
eft moins belle fous le
mafque qu'elle ne l'eſt
dans voftre imagination
,
& fi par bonheur pour
vous , elle n'avoit nulle
beauté , vous oubliriez
bientoft fonefprit. Non,
non , luy repliqua-t'il ,
le plus feur eft de l'éviter
,
*
GALANT. ' j
ter, & je vais prier mon
pere de differer noſtre
mariage ; je vous eftime
trop pour me donner
à
vous dans l'eftat où je
fuis . Je veux aller pour
quelques jours à la campagne
ou je diffiperay à
coup leur cette idée.
Non , luy dit-elle , non ,
je vous aideray mieux
que perſonne a oublier
les charmes de la Sultane
, & j'ay tousjours en
tefte que le feul moyen
Fevrier
1711 . a
jj MERCURE
de guerir la paffion que
vous avez pour elle, c'eſt
de vous la taire voir fans
mafque , car quelqu'un
qui la connoift m'en par
la hier. On m'a dit
qu'aux yeux prés , elle
eft d'une laideur à dégouſter
de la taille & de
fon efprit.
Noftre Amant inſiſta
tousjours pour s'abſenter
, mais le pere qui fut
inftruit de tout ce qui s'e
ftoit paffé , força fon fils
GALANT. iij
a terminer dés le lendemain
..
On figna le Contrat ;
on futà l'Eglife , & l'on
revintfouper. Une Mafcarade
avec des violons ,
vint juftement comme
on fortoit de table. La
nouvelle Epoufe qui avoit
feint de fe trouver
mal en foupant , pria for
Epoux de faire les honneurs
de la Mafcarade
pendant
qu'elle iroit ſe
repofer. Elle difparut
,
a ij
iv
MERGURE
& fit une telle
diligence
à reprendre ſon
déguiſement,
qu'ellerentra
dans
la fale où l'on dançoit ,
avec une autre troupe de
Mafques qui parut fuivre
de prés la premiere.
C'eftoit
quelques amis
qu'on avoit priez de venir
danfer pour faciliter
le
dénouement de tout
сесу.
Dés que noftre Epoux
fidele apperçût celle qu'il
craignoit
tant , il voulut
GALANT. V
fuir , mais la mere le retint
, & luy dit qu'elle
avoit exprés fait prier
cette Sultanne qui eftoit
dans un bal du voifinage,
de venirdanfer
chez
ma
elle avec la troupe ;
fille continua
- t'elle
veut abfolument
vous
guérir l'efprit en la faifant
démafquer
, car elle
eft, dit-on, d'une laideur
à furprendre
. Ah ! quand
elle auroit le vifage af
freux , s'écria t'il , elle ne
a iij
wj MERGURE
me guérira point par-la
d'une maudite paffion
que tant d'autres charmes
ont fait naiftre. Je
me la fuis desja
reprefentée
plus hideufe qu'el
le ne peut eftre , & je
n'en fuis pas plus tranquille
.. Ah Madame y
pourquay m'arreftez-
Vousicy .
Pendant qu'il parloit
ainfi , la Sultanne animée
par cette Scene qu'elle
voyoit , redoubloit de
GALANT. vij
vivacité dans fon air &
dans fa danfe . Il détournoit
ſa vûë d'un objet fi
dangereux , mais elle
vint , tout en danfant
paffer malignement ſi
prés de luy , qu'il oublia,
en la voyant , fa raiſon ,
fon devoir , & la prefence
de fa belle-mere ; enfin
la Sultane , en luy
prenant la main , acheva
de le troubler ; il ne fe
poffedoit plus. Sa bellemere
le prit par def
vil MERCURE
fous le bras ; il fe laiffa
ainfi conduire dans un
cabinet , fans fçavoir of
il alloit , & la mere s'y
enferma avec eux.
La Sultane fit alors un
grand foupir , & le faifoit
naturellement , cap
elle craignoit de perdre
en fe démafquant , le
plaifir de voir fonEpoux
fi tendre. Elle l'aimoit
autant qu'il aimoit la
Sultane , fes regards languiffans
fe confondoient
GALANT. ix
avec ceux de cetAmant,
qui ne gardoit plus de
mefures. Ils fe regarderent
quelque temps fans
rien dire , pendant que
la mere tafchoit de donner
à fon Gendre l'idée
de la plus affreuſe laideur
, afin que par ce
contraſte, fa fille démafquée
luy paruft plus aimable,
La tendre Epou-
Le profita le plus longtemps
qu'elle putde l'erreur
de fon Epoux . Elle
MERCURE
ne pouvoit fe refoudre à
finir cette fcene : mais
enfin la mere ofta le
ma que de fa fille.
L'effet étonnant
que
cette furpriſe fit fur nofire
Amant Epoux , eſt
une de ces chofes qu'on
ne peut dépeindre
fans
en diminuer
la force.
Que chacun s'imagine
la
fituation
d'un parfaite
ment honnefte homme
cruellement
agité entre
L'amour
& le devoir
,
GALANT. *
qui eftime infiniment une
perfonne qui en aime
paſſionnement une autre
, & qui trouve tout
réuni dans un feul objet.
A l'égard de la femme
quel charme pour elle ,
d'avoir ſçû faire en fi
peu de temps, un Epoux
paffionné , d'un Amant
indifferent.
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Résumé : AVANTURE du Carnaval dernier.
Le texte raconte une aventure amoureuse et stratégique centrée autour d'un mariage arrangé. Une famille se rassemble pour discuter d'un mariage imminent. La fille, vêtue de manière négligée, explique qu'elle n'a pas pris soin de son apparence car elle a rencontré le cavalier la veille sans attirer son attention. Le cavalier arrive et avoue son honnêteté et son manque d'intérêt pour le mariage, mais promet de bien traiter la fille s'il doit l'épouser. La fille, bien que d'apparence ordinaire, est intelligente et a un plan. Elle se rend à un bal déguisée en sultane, charmant ainsi le cavalier. Ce dernier, malgré ses efforts pour résister, finit par tomber amoureux de la sultane sans reconnaître la fille. La mère de la fille organise une mascarade pour révéler la vérité. Lors de cette mascarade, la fille, toujours déguisée, danse avec le cavalier, qui est troublé par sa beauté. La mère révèle finalement l'identité de la sultane, provoquant une surprise et une révélation émotionnelle. La fille, démasquée, montre son amour et son intelligence, réussissant à conquérir le cœur du cavalier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2063
p. 132-135
« Il y aura dans la suite un Suplément à la fin de [...] »
Début :
Il y aura dans la suite un Suplément à la fin de [...]
Mots clefs :
Roi, Armée espagnole, Duc de Noailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il y aura dans la suite un Suplément à la fin de [...] »
Il y aura dans la fuite
un Suplément à la fin de
tous les Mercures
, pour
y placer les nouvelles qui
viendront aprés l'impref
fion ; on mettra feulement
deux mots de ces
nouvelles
, dont on fera
le détail dans le mois
fuivant.
Le Roy a fait cinq Maréchaux
de Camp. On
en parlera au Mercure
SUPLEMENT 133
prochain , ainfi que des
articles fuiyants . monol
Monfieur le Duc de
Fronzac a épousé Mademoiſelle
de Noailles.
On apprend par differentes
lettres que Monfieur
le Duc de Ven
dôme s'avance vers Barcelonne
avec l'Armée
Eſpagnole , il doit eftre
joint inceffamment par
Monfieur le Duc de
Noailles , avec 26 Batail
lons & 30 Eſcadrons
134 SUPLEMENT
feulement , ayant ordre
de renvoyer le refte de
fes Troupes en Dauphi- '
né.
P
S. M. C. a fait Monfieur
le Duc de Noilles
Grand d'Espagne , de
la premiere Claffe , &
a donné la Toifon à Mr
de Bafremont & à Mr
le Comte d'Eftaire.
On vient d'apprendre
que plufieurs Vaiſſeaux
des Ennemis qui alloient
à
Barcelonne avec 4000
SUPLEMENT 135
hommes & des provifions
pour l'Archiduc ,
ont efté entierement perdus
par la tempefte , &c.
un Suplément à la fin de
tous les Mercures
, pour
y placer les nouvelles qui
viendront aprés l'impref
fion ; on mettra feulement
deux mots de ces
nouvelles
, dont on fera
le détail dans le mois
fuivant.
Le Roy a fait cinq Maréchaux
de Camp. On
en parlera au Mercure
SUPLEMENT 133
prochain , ainfi que des
articles fuiyants . monol
Monfieur le Duc de
Fronzac a épousé Mademoiſelle
de Noailles.
On apprend par differentes
lettres que Monfieur
le Duc de Ven
dôme s'avance vers Barcelonne
avec l'Armée
Eſpagnole , il doit eftre
joint inceffamment par
Monfieur le Duc de
Noailles , avec 26 Batail
lons & 30 Eſcadrons
134 SUPLEMENT
feulement , ayant ordre
de renvoyer le refte de
fes Troupes en Dauphi- '
né.
P
S. M. C. a fait Monfieur
le Duc de Noilles
Grand d'Espagne , de
la premiere Claffe , &
a donné la Toifon à Mr
de Bafremont & à Mr
le Comte d'Eftaire.
On vient d'apprendre
que plufieurs Vaiſſeaux
des Ennemis qui alloient
à
Barcelonne avec 4000
SUPLEMENT 135
hommes & des provifions
pour l'Archiduc ,
ont efté entierement perdus
par la tempefte , &c.
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Résumé : « Il y aura dans la suite un Suplément à la fin de [...] »
Un supplément du Mercure sera publié pour inclure les nouvelles arrivées après l'impression. Plusieurs événements militaires et nobles sont mentionnés. Le roi a nommé cinq maréchaux de camp, dont les détails seront publiés dans le prochain Mercure. Le duc de Fronzac a épousé Mademoiselle de Noailles. Le duc de Vendôme avance vers Barcelone avec l'armée espagnole et doit être rejoint par le duc de Noailles, qui commande 26 bataillons et 30 escadrons. Le reste des troupes sera renvoyé en Dauphiné. Le duc de Noailles a été nommé Grand d'Espagne de la première classe. La toison d'or a été attribuée à Monsieur de Bâfreumont et au comte d'Effiat. Plusieurs vaisseaux ennemis, transportant 4000 hommes et des provisions pour l'archiduc, ont été perdus lors d'une tempête.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2064
p. 136-140
AVIS DE PRISES
Début :
Dieppe du 29 Janvier 1711. Le Capitaine Audibert de Calais [...]
Mots clefs :
Calais, Marseille, Le Havre, Dieppe, Cadix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS DE PRISES
AVIS DE PRISES
Dieppe du 29 Janvier 1711.
Le Capitaine Audibert de
Calais , a pris un Vaiffeau
Hollandois , nommé le S.
Georges , & l'a amené à
Dieppe.
LeHavre du 29 Janvier 1711 .
Le Capitaine Tanqueray a
fait deux prifes , l'une Hollandoife
& un Brigantin Anglois
qu'il a amenées au
Havre ; l'on eftime ces deux
priſes 900000 liv.
Du trois dudit mois
SUPLEMENT - 13
Le Capitaine Dunet de
Calais a auffi amené en ce
Port une prife du Port d'environ
100 tonneaux.
Calais du . Février 1711.
Il cft échoué àla coſte de
cette Ville un Vaiffeau Danois
de 400 tonneaux.
Marſeille du 13 Fevrier 1711.
Les Gapitaines Honoré &
François Bremond Commandans
le Sanspareil & la
Moquéufe, ont pris & amenez
à Marseille une Barque
fans nom , chargée d'huile
Cadix du 18 Fevrier 1711 .
- Il a cité mené en ce Port.
Février
1711 Ti
38 SUPLEMENT
trois prifes Angloifes par les
fieurs de la Jaille & du Bois
de la Motte commandans
les Fregattes du Roy , l'Amazonne
& l'Argonaute,
Autre prife Angloife faite
par Monfieur de Ballas,
&le CapitaineGraffon, qu'ils
ont brûlée aprés en avoir retiré
le chargement ; qu'ils
ont auffi conduit à Cadix
avec une rançon de 25 liv.
fterlin d'une Barque Angloife
.
·Cadix fuite du 18 Janvier
Le Vaiffeau du Roy le Tc-
X 1
7
SUPLEMENT 139
meraire , commandé par le
fieur Lambert, a auffi amené
en ce Port deux prifes Ant
gloifes chargées de vin , de
falé , & de florence.
Calais du 8 Fevrierr 1711.
Le Capitaine Larmet à
amené en ce Port Hôtage
d'une rançon Hollandoife
de 1800 florins , & les Capitaines
Leguillon & Senecat
, y ont auffi amené un
baftiment de Gotonneaux.
Dieppe le 10 Fevrier 17 11.
Le Capitaine Fiquet commandant
une Fregatte de
I ij
BIBLIOTE
LYON
1099
740 SUPLEMENT
Dunkerque , a amené en ce
Port un Vaiffeau Corfaire
d'Oftende.
Cadix du 25
Janvier 1711 .
Vaiffeau Anglois
nommé
le Werker , pris par deux
Frégattes
du Roy.
Le fieur Limovelon com .
mandant le Vaiffeau le S.
Elprit de S. Malo , a auffi
amené en ce Port deux prifes
Angloifes &un Vaiffeau
Portugais.
A Paris ce 20 Fevrier 1711.
Dieppe du 29 Janvier 1711.
Le Capitaine Audibert de
Calais , a pris un Vaiffeau
Hollandois , nommé le S.
Georges , & l'a amené à
Dieppe.
LeHavre du 29 Janvier 1711 .
Le Capitaine Tanqueray a
fait deux prifes , l'une Hollandoife
& un Brigantin Anglois
qu'il a amenées au
Havre ; l'on eftime ces deux
priſes 900000 liv.
Du trois dudit mois
SUPLEMENT - 13
Le Capitaine Dunet de
Calais a auffi amené en ce
Port une prife du Port d'environ
100 tonneaux.
Calais du . Février 1711.
Il cft échoué àla coſte de
cette Ville un Vaiffeau Danois
de 400 tonneaux.
Marſeille du 13 Fevrier 1711.
Les Gapitaines Honoré &
François Bremond Commandans
le Sanspareil & la
Moquéufe, ont pris & amenez
à Marseille une Barque
fans nom , chargée d'huile
Cadix du 18 Fevrier 1711 .
- Il a cité mené en ce Port.
Février
1711 Ti
38 SUPLEMENT
trois prifes Angloifes par les
fieurs de la Jaille & du Bois
de la Motte commandans
les Fregattes du Roy , l'Amazonne
& l'Argonaute,
Autre prife Angloife faite
par Monfieur de Ballas,
&le CapitaineGraffon, qu'ils
ont brûlée aprés en avoir retiré
le chargement ; qu'ils
ont auffi conduit à Cadix
avec une rançon de 25 liv.
fterlin d'une Barque Angloife
.
·Cadix fuite du 18 Janvier
Le Vaiffeau du Roy le Tc-
X 1
7
SUPLEMENT 139
meraire , commandé par le
fieur Lambert, a auffi amené
en ce Port deux prifes Ant
gloifes chargées de vin , de
falé , & de florence.
Calais du 8 Fevrierr 1711.
Le Capitaine Larmet à
amené en ce Port Hôtage
d'une rançon Hollandoife
de 1800 florins , & les Capitaines
Leguillon & Senecat
, y ont auffi amené un
baftiment de Gotonneaux.
Dieppe le 10 Fevrier 17 11.
Le Capitaine Fiquet commandant
une Fregatte de
I ij
BIBLIOTE
LYON
1099
740 SUPLEMENT
Dunkerque , a amené en ce
Port un Vaiffeau Corfaire
d'Oftende.
Cadix du 25
Janvier 1711 .
Vaiffeau Anglois
nommé
le Werker , pris par deux
Frégattes
du Roy.
Le fieur Limovelon com .
mandant le Vaiffeau le S.
Elprit de S. Malo , a auffi
amené en ce Port deux prifes
Angloifes &un Vaiffeau
Portugais.
A Paris ce 20 Fevrier 1711.
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Résumé : AVIS DE PRISES
Entre le 29 janvier et le 10 février 1711, plusieurs prises de navires ont été signalées dans divers ports français. À Dieppe, le capitaine Audibert a capturé le vaisseau hollandais Saint-Georges. Au Havre, le capitaine Tanqueray a fait deux prises : un vaisseau hollandais et un brigantin anglais, estimés à 900 000 livres. À Calais, un vaisseau danois de 400 tonneaux s'est échoué. À Marseille, les capitaines Honoré et François Bremond ont amené une barque chargée d'huile. À Cadix, trois navires anglais ont été capturés par les sieurs de la Jaille et du Bois de la Motte, une barque anglaise avec une rançon de 25 livres sterling, et deux navires anglais chargés de vin, de sel et de florence par le sieur Lambert. À Calais, le capitaine Larmet a amené un hôte d'une rançon hollandaise de 1800 florins, et les capitaines Leguillon et Senecat ont amené un bâtiment de Gotton. À Dieppe, le capitaine Fiquet a capturé un vaisseau corsaire d'Ostende. À Cadix, le vaisseau anglais Werker a été pris par deux frégates du roi, et le sieur Limovelon a amené deux prises anglaises et un vaisseau portugais.
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2065
s. p.
TABLE.
Début :
Préface Discours sur la Satire, 12 Nouvelle These soutenue en [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
Préface
Difcours fur la Satire ,
12
".
Nouvelle Thefe foutenue en l'Ecole
de Medecine
Divifion du Mercure
Difcours prononcé en l'Academie
25
45
des Sciences , €49
Articles des Morts avec des remarques
curieufes ;
82
Nouvelles du Nord ,
Lettre ne Dunkerque ,
Mariage avec plufieurs Epitalames
Nouvelles d'Espagne ,
BRON 122
135
117
184
Chanfon furle Caffé ,
Anonimes & réponſes, 192 194
191
Fugement d'un Duc de Normandie
, 204
217
Article des Enigmes ,
Avanture du Carnaval ,“
Pieces fugitives en vers par le
même Auteur
Ode fur la naissance de Mr le
-Duc de Bretagne,
L'Etendart on Fable allegorique,
Autre à Mr R
17
21
La volliere Fable allegorique, 27
Epitre à Mr le C. Dayen , 40
Autre Epitre à Madame D. 49
Ode à Mr le M. de la F. 75
Autre Odefur les Amours de M.
D.
Autre Ode à une belle Veuve
91
25 197
108 Epitre à Mr l'Abé D.
Epitalame fur le mariage de
Mademoiselle D.. IȚI
Odefur un commencement d'An
née ,
113
La Marmelade à Madame D.
119
Suplément.
DEL
QUE
LYON
HELIOTHER
1893
132
Préface
Difcours fur la Satire ,
12
".
Nouvelle Thefe foutenue en l'Ecole
de Medecine
Divifion du Mercure
Difcours prononcé en l'Academie
25
45
des Sciences , €49
Articles des Morts avec des remarques
curieufes ;
82
Nouvelles du Nord ,
Lettre ne Dunkerque ,
Mariage avec plufieurs Epitalames
Nouvelles d'Espagne ,
BRON 122
135
117
184
Chanfon furle Caffé ,
Anonimes & réponſes, 192 194
191
Fugement d'un Duc de Normandie
, 204
217
Article des Enigmes ,
Avanture du Carnaval ,“
Pieces fugitives en vers par le
même Auteur
Ode fur la naissance de Mr le
-Duc de Bretagne,
L'Etendart on Fable allegorique,
Autre à Mr R
17
21
La volliere Fable allegorique, 27
Epitre à Mr le C. Dayen , 40
Autre Epitre à Madame D. 49
Ode à Mr le M. de la F. 75
Autre Odefur les Amours de M.
D.
Autre Ode à une belle Veuve
91
25 197
108 Epitre à Mr l'Abé D.
Epitalame fur le mariage de
Mademoiselle D.. IȚI
Odefur un commencement d'An
née ,
113
La Marmelade à Madame D.
119
Suplément.
DEL
QUE
LYON
HELIOTHER
1893
132
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Résumé : TABLE.
Le document est une table des matières d'une publication contenant divers textes et discours. Elle commence par une préface suivie de plusieurs sections. La première section, intitulée 'Discours sur la Satire', est suivie de 'Nouvelle Thèse soutenue en l'École de Médecine' et 'Division du Mercure'. Le document inclut également des discours prononcés à l'Académie des Sciences et des articles sur des décès avec des remarques curieuses. Des nouvelles du Nord et d'Espagne sont présentes, ainsi qu'une lettre de Dunkerque et des épithalames pour un mariage. D'autres sections incluent des chansons sur le café, des énigmes, des aventures du carnaval, et diverses pièces fugitives en vers. Parmi ces pièces, on trouve des odes, des épîtres, et des fables allégoriques dédiées à différentes personnes, notamment Monsieur le Duc de Bretagne, Monsieur le C. Dayen, Madame D., et Monsieur l'Abbé D. Le document se termine par un supplément et des informations sur l'éditeur à Lyon.
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2066
p. 45-48
EXTRAIT.
Début :
Monsieur Cousin, President en la Cour des Monnoyes, & l'un des [...]
Mots clefs :
Discours, Abbaye, Latin, Bibliothèques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT.
EXTRAIT.
Monsieur Cousin, Prefident
en la Cour des Monnoyes,
& l'un des quarante
de l'Academie Françoise
, a laissé en mourant à
l'Abbaye S. Victor, saBibliotheque
qui estoit nombreuse
,,
choisie, & dont il
avoit fait un excellent usage
durant sa vie. Il a fondé
dans la mesme Abbaye un
Discours Latin qui se fait
tous les ans par un Chanoine
de cette Abbaye. Mr
l'Abbé deLonguëil acquita
cette Fondation le 2 4.
Février jour de saint Matthias
, & fit un Discours
très-éloquent
,
& qui fut
prononcé avec beaucoup
de grace. Aprés avoir fait
unExordesur l'utilité des
Bibliotheques dans lequel
il fit entrer l'éloge des personnes
qui ont augmenté
celle de S. Victor
, ôcen
particulier celuy de Mr le
President Cousin. Il divisa
son Discours en deux propositions.
Il prouva dans la.
premiere que pour tirer ura
veritable fruit de ses estudes,
il ne falloiressentiellement
embrasser qu'un seul
genre de science dans lequel
il estoit plus à propos
d'exceller que d'estre mediocre
& superficiel en tout
genre, & il ajousta que
pour le choix on devoit
consulter sa vocation & ses
talents, sanstenter de forcer
la nature, & sans (a
rendre esclave du nom, du
rang & de la profession de
ses peres.
"I Dans la ic partie de son
Discours il donna des regles
particulieres pour Te-
Rude
, & prescrivit l'ordre
,la méthode, l'arangement
& les gradations, &
mesme les relaschementsqu'il
falloit observer en
travaillant. Il finitenexhortant
ceux qui se dessinoient
àl'estuded'enconsacrer
l'usage
,
& de s'ap-
- pliquer par preference aux
sujets qui pouvoient instruire
& édifier.
L'élegance du Latin,les
graces de
-
l'Orateur , & la
maniere ingenieuse avec
laquelleMr l'Abbé deLon-
,
guëil traita son su jet contribuèrentégalement
au
succez de son Discours.
Monsieur Cousin, Prefident
en la Cour des Monnoyes,
& l'un des quarante
de l'Academie Françoise
, a laissé en mourant à
l'Abbaye S. Victor, saBibliotheque
qui estoit nombreuse
,,
choisie, & dont il
avoit fait un excellent usage
durant sa vie. Il a fondé
dans la mesme Abbaye un
Discours Latin qui se fait
tous les ans par un Chanoine
de cette Abbaye. Mr
l'Abbé deLonguëil acquita
cette Fondation le 2 4.
Février jour de saint Matthias
, & fit un Discours
très-éloquent
,
& qui fut
prononcé avec beaucoup
de grace. Aprés avoir fait
unExordesur l'utilité des
Bibliotheques dans lequel
il fit entrer l'éloge des personnes
qui ont augmenté
celle de S. Victor
, ôcen
particulier celuy de Mr le
President Cousin. Il divisa
son Discours en deux propositions.
Il prouva dans la.
premiere que pour tirer ura
veritable fruit de ses estudes,
il ne falloiressentiellement
embrasser qu'un seul
genre de science dans lequel
il estoit plus à propos
d'exceller que d'estre mediocre
& superficiel en tout
genre, & il ajousta que
pour le choix on devoit
consulter sa vocation & ses
talents, sanstenter de forcer
la nature, & sans (a
rendre esclave du nom, du
rang & de la profession de
ses peres.
"I Dans la ic partie de son
Discours il donna des regles
particulieres pour Te-
Rude
, & prescrivit l'ordre
,la méthode, l'arangement
& les gradations, &
mesme les relaschementsqu'il
falloit observer en
travaillant. Il finitenexhortant
ceux qui se dessinoient
àl'estuded'enconsacrer
l'usage
,
& de s'ap-
- pliquer par preference aux
sujets qui pouvoient instruire
& édifier.
L'élegance du Latin,les
graces de
-
l'Orateur , & la
maniere ingenieuse avec
laquelleMr l'Abbé deLon-
,
guëil traita son su jet contribuèrentégalement
au
succez de son Discours.
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Résumé : EXTRAIT.
Le texte décrit la donation de la bibliothèque de Victor Cousin, Président à la Cour des Monnoyes et membre de l'Académie Française, à l'Abbaye Saint-Victor. Cousin avait fondé un discours latin annuel à prononcer par un chanoine de l'abbaye. Le 24 février, l'Abbé de Longuëil acquit cette fondation et prononça un discours élogieux. Il souligna l'utilité des bibliothèques et rendit hommage à Cousin. Son discours se structurait en deux propositions : la première insistait sur l'importance de se concentrer sur un seul genre de science en fonction de sa vocation et de ses talents. La seconde proposait des règles spécifiques pour l'étude, incluant l'ordre, la méthode, l'arrangement, les gradations et les moments de repos. L'Abbé exhorta les étudiants à se consacrer à des sujets instructifs et édifiants. Son élocution en latin, ses grâces oratoires et son traitement ingénieux du sujet contribuèrent au succès de son discours.
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2067
p. 49-63
Nouvelles d'Hollande. TRADUCTION d'un Memoire presenté aux Estats Generaux par le Compte Zinzendorf Ambassadeur & Plenipotentiaire de l'Empereur à la Haye, le 18. Decembre 1710.
Début :
HAUTS ET PUISSANTS SEIGNEURS, Nous n'avons plus lieu de [...]
Mots clefs :
Espagne, Portugal, Empereur, Troupes
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Hollande. TRADUCTION d'un Memoire presenté aux Estats Generaux par le Compte Zinzendorf Ambassadeur & Plenipotentiaire de l'Empereur à la Haye, le 18. Decembre 1710.
Nouvellesd'Hollande.
TRADUCTION
d'unMemoire prekllté
aux Estats Generaux
par le Comte
ZinzendorfAmbassadeur
& Plenipotentiaire
de l'Empereur
àla Haye, le 18. Decembre
1710.
HAUTS ET PUISSANTS
SEIGNEURS,
Nous n'avons plus lieu
de douter dela malheureuse
fatalitéarrivée à l'Armée
du Roy Catholique, nonseulement
api es tour ce que
les Ennemis en ont publié,
mais encore aprés les avis
que j'en viens de recevoir
d'Italie& d'ailleurs. Ilya
plus detrois mois que les
Ministres de vos Hautes
Puissances tant à Vienne
qu'en Espagne ont dû vous
informer de ce que j'eus
l'honneur de vous dire à
mon arrivée par ordre de
Sa SacréeMajesté Imperiale,
que si l'on n'envoyoit
un puissant secours en Catalogne
& en Portugal,
pour d'un costé faire teste
aux Ennemis, & de l'autre
costé leur faire faire une
puissante diversion en Estramadoure
,
il étoit impossible
à Sa Majesté Catholique
de se maintenir
enCastille,où lesmalin-
A tentionnez ont toujours
estéen plus grand nombre.
Ce seroit maintenant
perdre temps que de l'employer
en reflexions sur le
•
paHTé lorsqu'il ne s'agit que
de mettre tout en usage
pour reparer le mal
J
s'ilcft
possible. Cependant je ne
sçaurois me dispenser de
vous faire observer trois
choses. La premiersest que
le Roy de Portugal a pris
prétexte
d'empêcherla jonction
de son Armée avec
celle du Roy d'Espagne
,
sur ce que depuis deux ans
on ne luy a pas envoyé
d'Hollande & d'Angleterre
les secours qu'on luy avoit
fait esperer ; que le
peu de troupes qu'il avoit
luy estoient necessaires
pour la deffense de son
Royaume ,
& qu'on ne
luy avoit pas mesme payé
les arrerages des subsides
quiluysontdûs.
Vos H. P. & la Reine
d'Angleterresavent mieux
que rnoy si les excuses &
les plaintes de la Cour de
Portugal sont justes : du
moins ileft certain que la
conduite quelle a tenuë a
cité tres-prejudiciable à la
cause commune.
- La seconde chose que
vous devez observer, est
qu'au mois d'Octobre Sa-
M. I. ayant donné ses ordres
pour faire marcher
trois Regiments de faCa^
valerie ou Hussars vers les.
coftctd-italle où ils devoient
estre embarquez:
pour Barcelone leur trajet
n^i esté retardé que faute
de Bastiments d'escorte ÔC:
detransports, quoyque les,
Ministres d'Angleterre ôc
d Hollande. enflentafTuré-
Sa M. I. que tout efrait.
prests avant que les Troupes
fussent arrivées au lieu.
destiné à leur embarquement.
La troisiéme observation
est que le Duc de Savoye
paroist se rebuter du
retardement qu'on aapporté
àluy payer les subsides
5
& que sur ce fondement
au lieu d'augmenter
ses Troupes ,-il a même
commencé à les diminuer.
Je laisse à la sagesse de vos
H. P. à faire les reflexions
qui conviennent à la remontrance
que j'ay l'honneur
de leur faire aujourd'huy.
Mais H. & P. S. ne songeonsaupassé
que pourremedier
promptemenr à de
plus grands maux qui menacent
la cause commune
pour l'avenir. Voussçavez
mieux que moy de quelle
consequence il e/1 pour
votre République en particulier
de continuer la guerre
en Espagne
, & de l'y
pouffer avec plus devi
gueurque paricpasTé.C'est
de la reduction de cetteMcparchie
à l'obéiissance da
la Maisond'Austriche que
dépend la conservation de
vostre chere liberté & le
repos de toute l'Europe. Les
conquestes faites sur l'Ennemy
dans les derniercs
campagnes feront pour
vous de foibles barrières,
si vous laissez le Duc d'Anjou
sur le trosned'Espagne.
L'objer principal de vos
H. P. de mesme que celuy
de tous les Hauts Alliez
doit estre presentement
d'envoyer incessamment
en Catalogne lessecours.
necessaires pour conserver
Barcelone ôc Girone. Le
secours ne sçauroitarriver
trop tost:, 6c ma crainte ell:
qu'il ne parce trop tard par lanégligencequ'ona euë
d'en faire la disposition.
Vous elles pour ainsi dire
, P. S.l'ame de la grande
alliance:l'Empereur convient
des grandes obliga.
tions que son auguste Maison
vous a, vous n'avez jamais
dû douter de fk parf-
Iliterccoiinoiffilice, & ce
n'est que par les heureux
succez de cette guerre que
vos H. P. doivent en attendre
les effets qui n'ontesté
retardez que par les troubles
d'Hongrie:mais comme
les rebelles sont sur le
point d'estre soumis par la
force victorieuse Impériale;
l'Empereur mon auguste
Maistre fera alors en
estat d'employer toutes [cs
forces contre l'Ennemy
commun ,
& de feconder
vivement les bonnes intentions
de ses chersAlliez
mieux qu'il n'a fait par le
passé.
C'est de vostre seul 1:.-
xemple H. & P. S. que dépendent
les resolutions du
Parlement de la Grande-
Bretagne pour les interests
de la cause commune,&
les efforts qu'on doitattendre
des Princes de l'Empire
interessez dansla &' engagez dans grandealliance.
Vos H. P. ne sçauroient
leuren donner un meilleur,
qu'en faisant embarquer
dés aujourd'huy si
celase pouvoit sept à huit
mille de leur meilleur Infanterie
pourallerà Barcelone
,
lesquels joints a- la
Cavalerie Imperiale qui
n'attend que des Vaisseaux
de transportsur les costes
d'Italie pourront conserver
les Places qui restent au
Roy Catholiqueenattendant
quede plus - grands
secours soient arrivez en Portugal.
Je fuis persuadéque la
Reine d'Angleterre n'apprendra
pas plustost que
vous avez pris certe prompte&
efficace resolution que
de son costé elle donnera
aussi des ordres pour envoyer
enEspagne un nombre
suffisant de Troupes&
de Vaisseaux capables de
restablir les affaires de la
causecommune & renverser
les esperances de l'Ennemy.
Cela ranimera le
coeur presque abattu du
Roy de Portugal, affermira
le Duc de Savoye dans
les interests de la grande
alliance
, & donnera de
l'émulation a tous les autres
Alliez.
J'espere H. & P. S. que
par vos promptes & efficaces
resolutions vous me
mettrez en estat en peu de
jours de depescher des
Courriers à l'Empereur Se
au Roy d'Espagne pour
confirmer ces deux augustes
Souverains dans l'idée
qu'ilsonttoujours euë de
la puissance de vostre Republique,&
de l'avantage
qu'il y'a d'estre comme ils
sont vos bons ôc fidels Alliez.
Sur ce je prie Dieu
J ôcc.•
TRADUCTION
d'unMemoire prekllté
aux Estats Generaux
par le Comte
ZinzendorfAmbassadeur
& Plenipotentiaire
de l'Empereur
àla Haye, le 18. Decembre
1710.
HAUTS ET PUISSANTS
SEIGNEURS,
Nous n'avons plus lieu
de douter dela malheureuse
fatalitéarrivée à l'Armée
du Roy Catholique, nonseulement
api es tour ce que
les Ennemis en ont publié,
mais encore aprés les avis
que j'en viens de recevoir
d'Italie& d'ailleurs. Ilya
plus detrois mois que les
Ministres de vos Hautes
Puissances tant à Vienne
qu'en Espagne ont dû vous
informer de ce que j'eus
l'honneur de vous dire à
mon arrivée par ordre de
Sa SacréeMajesté Imperiale,
que si l'on n'envoyoit
un puissant secours en Catalogne
& en Portugal,
pour d'un costé faire teste
aux Ennemis, & de l'autre
costé leur faire faire une
puissante diversion en Estramadoure
,
il étoit impossible
à Sa Majesté Catholique
de se maintenir
enCastille,où lesmalin-
A tentionnez ont toujours
estéen plus grand nombre.
Ce seroit maintenant
perdre temps que de l'employer
en reflexions sur le
•
paHTé lorsqu'il ne s'agit que
de mettre tout en usage
pour reparer le mal
J
s'ilcft
possible. Cependant je ne
sçaurois me dispenser de
vous faire observer trois
choses. La premiersest que
le Roy de Portugal a pris
prétexte
d'empêcherla jonction
de son Armée avec
celle du Roy d'Espagne
,
sur ce que depuis deux ans
on ne luy a pas envoyé
d'Hollande & d'Angleterre
les secours qu'on luy avoit
fait esperer ; que le
peu de troupes qu'il avoit
luy estoient necessaires
pour la deffense de son
Royaume ,
& qu'on ne
luy avoit pas mesme payé
les arrerages des subsides
quiluysontdûs.
Vos H. P. & la Reine
d'Angleterresavent mieux
que rnoy si les excuses &
les plaintes de la Cour de
Portugal sont justes : du
moins ileft certain que la
conduite quelle a tenuë a
cité tres-prejudiciable à la
cause commune.
- La seconde chose que
vous devez observer, est
qu'au mois d'Octobre Sa-
M. I. ayant donné ses ordres
pour faire marcher
trois Regiments de faCa^
valerie ou Hussars vers les.
coftctd-italle où ils devoient
estre embarquez:
pour Barcelone leur trajet
n^i esté retardé que faute
de Bastiments d'escorte ÔC:
detransports, quoyque les,
Ministres d'Angleterre ôc
d Hollande. enflentafTuré-
Sa M. I. que tout efrait.
prests avant que les Troupes
fussent arrivées au lieu.
destiné à leur embarquement.
La troisiéme observation
est que le Duc de Savoye
paroist se rebuter du
retardement qu'on aapporté
àluy payer les subsides
5
& que sur ce fondement
au lieu d'augmenter
ses Troupes ,-il a même
commencé à les diminuer.
Je laisse à la sagesse de vos
H. P. à faire les reflexions
qui conviennent à la remontrance
que j'ay l'honneur
de leur faire aujourd'huy.
Mais H. & P. S. ne songeonsaupassé
que pourremedier
promptemenr à de
plus grands maux qui menacent
la cause commune
pour l'avenir. Voussçavez
mieux que moy de quelle
consequence il e/1 pour
votre République en particulier
de continuer la guerre
en Espagne
, & de l'y
pouffer avec plus devi
gueurque paricpasTé.C'est
de la reduction de cetteMcparchie
à l'obéiissance da
la Maisond'Austriche que
dépend la conservation de
vostre chere liberté & le
repos de toute l'Europe. Les
conquestes faites sur l'Ennemy
dans les derniercs
campagnes feront pour
vous de foibles barrières,
si vous laissez le Duc d'Anjou
sur le trosned'Espagne.
L'objer principal de vos
H. P. de mesme que celuy
de tous les Hauts Alliez
doit estre presentement
d'envoyer incessamment
en Catalogne lessecours.
necessaires pour conserver
Barcelone ôc Girone. Le
secours ne sçauroitarriver
trop tost:, 6c ma crainte ell:
qu'il ne parce trop tard par lanégligencequ'ona euë
d'en faire la disposition.
Vous elles pour ainsi dire
, P. S.l'ame de la grande
alliance:l'Empereur convient
des grandes obliga.
tions que son auguste Maison
vous a, vous n'avez jamais
dû douter de fk parf-
Iliterccoiinoiffilice, & ce
n'est que par les heureux
succez de cette guerre que
vos H. P. doivent en attendre
les effets qui n'ontesté
retardez que par les troubles
d'Hongrie:mais comme
les rebelles sont sur le
point d'estre soumis par la
force victorieuse Impériale;
l'Empereur mon auguste
Maistre fera alors en
estat d'employer toutes [cs
forces contre l'Ennemy
commun ,
& de feconder
vivement les bonnes intentions
de ses chersAlliez
mieux qu'il n'a fait par le
passé.
C'est de vostre seul 1:.-
xemple H. & P. S. que dépendent
les resolutions du
Parlement de la Grande-
Bretagne pour les interests
de la cause commune,&
les efforts qu'on doitattendre
des Princes de l'Empire
interessez dansla &' engagez dans grandealliance.
Vos H. P. ne sçauroient
leuren donner un meilleur,
qu'en faisant embarquer
dés aujourd'huy si
celase pouvoit sept à huit
mille de leur meilleur Infanterie
pourallerà Barcelone
,
lesquels joints a- la
Cavalerie Imperiale qui
n'attend que des Vaisseaux
de transportsur les costes
d'Italie pourront conserver
les Places qui restent au
Roy Catholiqueenattendant
quede plus - grands
secours soient arrivez en Portugal.
Je fuis persuadéque la
Reine d'Angleterre n'apprendra
pas plustost que
vous avez pris certe prompte&
efficace resolution que
de son costé elle donnera
aussi des ordres pour envoyer
enEspagne un nombre
suffisant de Troupes&
de Vaisseaux capables de
restablir les affaires de la
causecommune & renverser
les esperances de l'Ennemy.
Cela ranimera le
coeur presque abattu du
Roy de Portugal, affermira
le Duc de Savoye dans
les interests de la grande
alliance
, & donnera de
l'émulation a tous les autres
Alliez.
J'espere H. & P. S. que
par vos promptes & efficaces
resolutions vous me
mettrez en estat en peu de
jours de depescher des
Courriers à l'Empereur Se
au Roy d'Espagne pour
confirmer ces deux augustes
Souverains dans l'idée
qu'ilsonttoujours euë de
la puissance de vostre Republique,&
de l'avantage
qu'il y'a d'estre comme ils
sont vos bons ôc fidels Alliez.
Sur ce je prie Dieu
J ôcc.•
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Résumé : Nouvelles d'Hollande. TRADUCTION d'un Memoire presenté aux Estats Generaux par le Compte Zinzendorf Ambassadeur & Plenipotentiaire de l'Empereur à la Haye, le 18. Decembre 1710.
Le 18 décembre 1710, le Comte Zinzendorf, ambassadeur et plénipotentiaire de l'Empereur à La Haye, a présenté un mémoire aux États Généraux. Il y confirme la défaite de l'armée du Roi Catholique en Espagne, une information déjà publiée par les ennemis et corroborée par des avis provenant d'Italie et d'autres régions. Depuis trois mois, les ministres des grandes puissances ont été alertés sur la nécessité d'envoyer des secours en Catalogne et au Portugal pour soutenir le Roi Catholique en Castille, où les forces ennemies sont supérieures en nombre. Zinzendorf souligne trois points critiques : le Roi de Portugal a refusé de s'allier avec le Roi d'Espagne en raison de l'absence de secours promis par la Hollande et l'Angleterre. Les ordres de l'Empereur pour envoyer des troupes en Italie ont été retardés par le manque de navires. Enfin, le Duc de Savoie a commencé à réduire ses troupes en raison des retards de paiement des subsides. Le Comte insiste sur l'importance de la République de Hollande pour poursuivre la guerre en Espagne et soutenir le Roi Catholique afin de préserver la liberté et le repos de l'Europe. Il recommande d'envoyer immédiatement des secours en Catalogne pour conserver Barcelone et Girone, et de préparer des troupes pour renforcer les places restantes. Zinzendorf espère que la Reine d'Angleterre suivra cet exemple, ranimant ainsi le moral des alliés et renforçant la grande alliance.
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2068
p. 83-85
Lettre de Girone du 10. Février.
Début :
La terreur qui regne icy depuis la bataille de Villaviciosa [...]
Mots clefs :
Gérone, Amnistie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de Girone du 10. Février.
Nouvellesd'Espagne.
Lettre de Girone du ior
Février.
Laterreurquiregne iry
depuis la bataille-deVillaviciosa
a été changée enjojepar
tAmniftie que le Roy d'Espagne
a eu la bonté d'accorder
aux habitants,ainsi qu'à ceux
de tous les lieux qui rentreront
soussonobeïssance. Les Ennemis
pour exciter lesBourgeois
à prendre les armes ,
leur avoientfaitentendre
qu'ils ne
devoient esperer aucunpardon,
(7 que si nous nous rendions
maistres de la Place, ils seroient
tous punisseverement.
Ils ont esté trumpez agréablement
dans leur attente, & la
douceuravec laquelle on les a
traitez produit de bons effets.
Ceux que la crainte avoitobligez
de se refugier ailleurs reviennent
avec leursfamilles,
£*7° leurs meilleurs effetsqu'ils
anjoient emportez; & les habitants
de la plupartt des
Bourgs&Villages de la Viguerie
de Girone qui est fort
estenduë,~& quiestoient presque
deserts
,
rétournent aujjî
chezeux,ainsi que ceux de la
Plaine de Vich c- des Montagnes
-'
qui viennent prestet
serment defidélité
Lettre de Girone du ior
Février.
Laterreurquiregne iry
depuis la bataille-deVillaviciosa
a été changée enjojepar
tAmniftie que le Roy d'Espagne
a eu la bonté d'accorder
aux habitants,ainsi qu'à ceux
de tous les lieux qui rentreront
soussonobeïssance. Les Ennemis
pour exciter lesBourgeois
à prendre les armes ,
leur avoientfaitentendre
qu'ils ne
devoient esperer aucunpardon,
(7 que si nous nous rendions
maistres de la Place, ils seroient
tous punisseverement.
Ils ont esté trumpez agréablement
dans leur attente, & la
douceuravec laquelle on les a
traitez produit de bons effets.
Ceux que la crainte avoitobligez
de se refugier ailleurs reviennent
avec leursfamilles,
£*7° leurs meilleurs effetsqu'ils
anjoient emportez; & les habitants
de la plupartt des
Bourgs&Villages de la Viguerie
de Girone qui est fort
estenduë,~& quiestoient presque
deserts
,
rétournent aujjî
chezeux,ainsi que ceux de la
Plaine de Vich c- des Montagnes
-'
qui viennent prestet
serment defidélité
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Résumé : Lettre de Girone du 10. Février.
La lettre de Girone du 1er février 1710 décrit un changement notable en Espagne après la bataille de Villaviciosa. La terreur a cédé la place à la joie grâce à une amnistie proclamée par le roi d'Espagne. Cette amnistie s'adresse aux habitants de Girone et à ceux des autres lieux qui reviennent sous l'obéissance royale. Les ennemis avaient tenté de dissuader les bourgeois en leur faisant croire qu'ils ne seraient pas pardonnés et seraient sévèrement punis s'ils se rendaient. Cependant, cette menace s'est avérée infondée. La clémence du traitement des habitants a encouragé ceux qui avaient fui par peur à revenir avec leurs familles et leurs biens. De plus, les habitants des bourgs et villages de la viguerie de Girone, auparavant presque désertée, ainsi que ceux de la plaine de Vich et des montagnes, reviennent et prêtent serment de fidélité.
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2069
p. 91-92
« Nos Troupes ont esté mises dans de bons Quartiers de raffraichissement [...] »
Début :
Nos Troupes ont esté mises dans de bons Quartiers de raffraichissement [...]
Mots clefs :
Gérone, Magasins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Nos Troupes ont esté mises dans de bons Quartiers de raffraichissement [...] »
Ivos Troupes ont ejlemijcs
dans de bons Quartiers de rafraichissement
qui s'estendent
fortavant dans la Plaine. On
travaille icy avec beaucoup de
diligence a. remplir de grands
Magasins j
Girone devant
-nOM servirde Place d'Armes
pour aller en avant; mais ce -
ne feraqu'aprèsque lesTroupesse
serontreposées, ~&que
tous lesMagasinsserontbien
fournis.
dans de bons Quartiers de rafraichissement
qui s'estendent
fortavant dans la Plaine. On
travaille icy avec beaucoup de
diligence a. remplir de grands
Magasins j
Girone devant
-nOM servirde Place d'Armes
pour aller en avant; mais ce -
ne feraqu'aprèsque lesTroupesse
serontreposées, ~&que
tous lesMagasinsserontbien
fournis.
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2070
p. 92-96
« D'autres Lettres portent qu'on avoit trouvé dans cette [...] »
Début :
D'autres Lettres portent qu'on avoit trouvé dans cette [...]
Mots clefs :
Ribagorce, Pièces de canon, Poudre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « D'autres Lettres portent qu'on avoit trouvé dans cette [...] »
D'autres Lettrés portent
qu'on avoit trouvé dans
cettePlace cinquante pieces
de canon de bronze,
plusieurs de fer, soixante
& dix milliers de poudre,
& une grande quantité de
provisions ; que les Troupes
Espagnoles ont pris à
discretion la Ville & le
Chasteau de Morella, sur
les confins du Royaume de
Valence &: de la Catalogne,
Graus
,
Benavari, &
le Chasteau de Miravet ;
& quelles avoient reduit à
l'obéïssance tout le Pays de
Ribagorça ; qu'on .avait
trouvé dans Morella sept
pieces de canon , quatre
Mortiers, cent barils de
poudre, quatre cent bonlets,
vingt-cinq caisses de
balles de fusils, trois cent
cinquanteFusils ouMousquets
,
des Bombes
, &
plusieursautresattirails de
guerre ;- que Mr le Maiv
quis de Valdecanas,aprés
avoir c18Ifé les Ennemis
detout le Pays de Ribagorça
, avoit passéla Ribagorçana&
défait dans la Conca
de Trems quinze cent
Miquelets quivouloient
s'opposer à son passage.
Que Mr de Vendosme
avoit donné les ordres pour
préparer toutes les clioÍès"
necessaires à un siege, &
qu'il devoit partir au plustost
pour aller joindre l'armée
où les recruës arrivoient
de toutes parts;
qu'on levoit plusieurs Regiments
nouveaux dont
l'un portera le nom de Piemont
& l'autre celuy de
Sicile; que Mr le Comte
d'Aguilar avoit donné les
ordres pour faire faire soixante
mille habits, un pareil
nombre de paires de
Souliers, autant de Bas &:
deChapeaux,&le double
de Chemises 6c de Cravates
; ôcque les Eglises, les
Communautez , - ôc les
Grands, faisoient à l'envides
dons gratuits à sa MajestéCatholique.
qu'on avoit trouvé dans
cettePlace cinquante pieces
de canon de bronze,
plusieurs de fer, soixante
& dix milliers de poudre,
& une grande quantité de
provisions ; que les Troupes
Espagnoles ont pris à
discretion la Ville & le
Chasteau de Morella, sur
les confins du Royaume de
Valence &: de la Catalogne,
Graus
,
Benavari, &
le Chasteau de Miravet ;
& quelles avoient reduit à
l'obéïssance tout le Pays de
Ribagorça ; qu'on .avait
trouvé dans Morella sept
pieces de canon , quatre
Mortiers, cent barils de
poudre, quatre cent bonlets,
vingt-cinq caisses de
balles de fusils, trois cent
cinquanteFusils ouMousquets
,
des Bombes
, &
plusieursautresattirails de
guerre ;- que Mr le Maiv
quis de Valdecanas,aprés
avoir c18Ifé les Ennemis
detout le Pays de Ribagorça
, avoit passéla Ribagorçana&
défait dans la Conca
de Trems quinze cent
Miquelets quivouloient
s'opposer à son passage.
Que Mr de Vendosme
avoit donné les ordres pour
préparer toutes les clioÍès"
necessaires à un siege, &
qu'il devoit partir au plustost
pour aller joindre l'armée
où les recruës arrivoient
de toutes parts;
qu'on levoit plusieurs Regiments
nouveaux dont
l'un portera le nom de Piemont
& l'autre celuy de
Sicile; que Mr le Comte
d'Aguilar avoit donné les
ordres pour faire faire soixante
mille habits, un pareil
nombre de paires de
Souliers, autant de Bas &:
deChapeaux,&le double
de Chemises 6c de Cravates
; ôcque les Eglises, les
Communautez , - ôc les
Grands, faisoient à l'envides
dons gratuits à sa MajestéCatholique.
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Résumé : « D'autres Lettres portent qu'on avoit trouvé dans cette [...] »
Le texte décrit des opérations militaires et logistiques des troupes espagnoles. Des Lettrés ont découvert cinquante pièces de canon en bronze, plusieurs en fer, soixante-dix mille livres de poudre et des provisions dans une place. Les Espagnols ont pris Morella, son château, ainsi que Graus, Benavari, le château de Miravet et soumis le pays de Ribagorça. À Morella, ils ont trouvé sept pièces de canon, quatre mortiers, cent barils de poudre, quatre cents bonnets, vingt-cinq caisses de balles de fusils, trois cent cinquante fusils ou mousquets, des bombes et divers équipements. Le marquis de Valdecanas a chassé les ennemis de Ribagorça et vaincu quinze cents Miquelets dans la Conca de Trems. Le duc de Vendôme prépare un siège et doit rejoindre l'armée, où des recrues affluent. Plusieurs nouveaux régiments, dont Piemont et Sicile, sont levés. Le comte d'Aguilar a commandé la fabrication de soixante mille habits, paires de souliers, bas, chapeaux, ainsi que le double en chemises et cravates. Les Églises, communautés et grands personnages font des dons à Sa Majesté Catholique.
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2071
p. 96-97
Du Camp de Villalva le 11. Février.
Début :
Les deux tiers de nostre Armée doit passer la Segre le [...]
Mots clefs :
Camp de Villalva
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Camp de Villalva le 11. Février.
Du Camp de Viillalva
le II. Février.
Tes deuxtiers de nostre
Armée doit poejjer la Segre le-
15.au Pont de Leridasous les1
ordres de Mr le Marquis de
Valdecanas&de Mrle Com-
, te Makoni ;~& Mr le Chevalier
dé Croix pdjjera cette
mt/me Riviere-,3 lÉbro, ~&
la
la Cincaproche de Mccpiincnçapouraller
camper à la Granca
; le16.à Torre de Segre
> d'où il continuera sa marche
jusquà Montblanc où il éstablirasa
droite;sagauche joindrala
droite de Mrde Vttldecanas
dont la gauche qui sera
à Igualada fera à portée dese
joindre à la droite de Mr le
Duc de Noailles. Dans cette
situation nous ferons maistres
desdeuxtiers de la Catalogne,
& nous resserrerons beaucoup
l'ennemi dans Barcelone.
le II. Février.
Tes deuxtiers de nostre
Armée doit poejjer la Segre le-
15.au Pont de Leridasous les1
ordres de Mr le Marquis de
Valdecanas&de Mrle Com-
, te Makoni ;~& Mr le Chevalier
dé Croix pdjjera cette
mt/me Riviere-,3 lÉbro, ~&
la
la Cincaproche de Mccpiincnçapouraller
camper à la Granca
; le16.à Torre de Segre
> d'où il continuera sa marche
jusquà Montblanc où il éstablirasa
droite;sagauche joindrala
droite de Mrde Vttldecanas
dont la gauche qui sera
à Igualada fera à portée dese
joindre à la droite de Mr le
Duc de Noailles. Dans cette
situation nous ferons maistres
desdeuxtiers de la Catalogne,
& nous resserrerons beaucoup
l'ennemi dans Barcelone.
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Résumé : Du Camp de Villalva le 11. Février.
Un ordre militaire du 2 février, du Camp de Villalva, mobilise deux tiers de l'armée. Le 15 février, ces troupes traverseront la Segre et l'Èbre, se dirigeant vers Monzón, puis vers Torre de Segre et Montblanc. La gauche rejoindra le Marquis de Valdecanas à Igualada, contrôlant ainsi deux tiers de la Catalogne et resserrant l'ennemi à Barcelone.
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2072
p. 98
Fragment d'une autre Lettre.
Début :
Les Troupes du Roy en s'approchant de Balaguere ont [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fragment d'une autre Lettre.
Fragment d'une autre
Lettre.
Les
Troupes du Royen
s'approchant de Balaguere ont
déterminé la garnison à l'abandonnersur
les quatre heures.
On a trouvé dans Balaguere
quelques munitions, ~&
huit Canons avec deux Mortiers.
On a pris de cette Garnisonenviron
deux cent hommes
qui se répandoient dans le
pays. Ily a quelques Lettres
quiportentque l'Archiduchefse
estembarquée.
Lettre.
Les
Troupes du Royen
s'approchant de Balaguere ont
déterminé la garnison à l'abandonnersur
les quatre heures.
On a trouvé dans Balaguere
quelques munitions, ~&
huit Canons avec deux Mortiers.
On a pris de cette Garnisonenviron
deux cent hommes
qui se répandoient dans le
pays. Ily a quelques Lettres
quiportentque l'Archiduchefse
estembarquée.
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2073
p. 99-100
Dons du Roy d'Espagne.
Début :
Le Roy d'Espagne a donné la Toison à Mr le [...]
Mots clefs :
Roi d'Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy d'Espagne.
Dons du Roy d'EJpagrje* Le Roy d'Espagnea -
donné laToisonaMr le
Comte d'Estaire, de l'illustre
Maison de Montmorency,
& à Mr de Beaufremont
de l'illustreMaison
de ce nom. Il est frere de
feu'rvfr le Marquis de Liftenoy
,
tué dans Aire au
dernier siege.
Le Roy d'Espagne a fait
le Prince de San Buono,
qui est depuis huitans son
Ambassadeur àVenise
,
Grand d'Espagne de la
premiere classe, en consideration
de sa fidelité de
de ses services,
donné laToisonaMr le
Comte d'Estaire, de l'illustre
Maison de Montmorency,
& à Mr de Beaufremont
de l'illustreMaison
de ce nom. Il est frere de
feu'rvfr le Marquis de Liftenoy
,
tué dans Aire au
dernier siege.
Le Roy d'Espagne a fait
le Prince de San Buono,
qui est depuis huitans son
Ambassadeur àVenise
,
Grand d'Espagne de la
premiere classe, en consideration
de sa fidelité de
de ses services,
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2074
p. 100-101
« Don Diego Mesia Philippe de Gusman, Marquis de Leganez, Grand [...] »
Début :
Don Diego Mesia Philippe de Gusman, Marquis de Leganez, Grand [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Don Diego Mesia Philippe de Gusman, Marquis de Leganez, Grand [...] »
ARTICLE
des Morts.
DonDiegoMesiaPhilippe
de Gusman ,
Marquis
de Leganez,Grand
d'Espagne,&c.est mortà
Paris le 28.Février 1711.
Don Joseph de Linas,
Archevêque de Taragone,
cy-devant General de l'Or-
1 dre de la Mercy
,
est mort
à Barcelone.L'Archiducl'y
avoit fait conduire, &confisquertous
ses biens àcause
de sa perseverance de fidélité
pour Philippe V. Il
a donné des marques de
zele pour son Roy legitime
jusqu'au dernier jour
de sa vie. Il a ordonné que
soncorps feroit transporté
àSaragosse,où il avoitfait
bastir un magnifiqueMonastere
& fondé une Bibliotheque
publique.-
des Morts.
DonDiegoMesiaPhilippe
de Gusman ,
Marquis
de Leganez,Grand
d'Espagne,&c.est mortà
Paris le 28.Février 1711.
Don Joseph de Linas,
Archevêque de Taragone,
cy-devant General de l'Or-
1 dre de la Mercy
,
est mort
à Barcelone.L'Archiducl'y
avoit fait conduire, &confisquertous
ses biens àcause
de sa perseverance de fidélité
pour Philippe V. Il
a donné des marques de
zele pour son Roy legitime
jusqu'au dernier jour
de sa vie. Il a ordonné que
soncorps feroit transporté
àSaragosse,où il avoitfait
bastir un magnifiqueMonastere
& fondé une Bibliotheque
publique.-
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Résumé : « Don Diego Mesia Philippe de Gusman, Marquis de Leganez, Grand [...] »
L'article annonce le décès de deux personnalités espagnoles. Don Diego Messía Felipe de Guzmán, Marquis de Leganés et Grand d'Espagne, est mort à Paris le 28 février 1711. Don Joseph de Linas, Archevêque de Tarragone et ancien Général de l'Ordre de la Mercy, est décédé à Barcelone. Ses biens furent confisqués par l'Archiduc pour sa fidélité à Philippe V. Il souhaita être inhumé à Saragosse, où il avait fondé un monastère et une bibliothèque.
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2075
p. 101-103
REMARQUES.
Début :
Tarragone, Ville d'Espagne dans la Principauté de Catalogne, en [...]
Mots clefs :
Tarragone
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES.
REMARQUES.
Tarragone, Ville d'Espagne,
dans la Principauté
de Catalogne, en Latin
Tarraco. Elleest à 15. lieuës
de Tortose, à 18. de Barcelone,
entre l'une & l'autre
Ville, & située sur le penchant
d'une colline jusqu'au
bord de la mer, où
estson port, quin'est bon
que pour les Barques, à
cause de quelques rochers
où de plus gros Bastiments
pourroient se briser. Les
Espagnols l'appellent Pucelle,
& disent qu'ellen'a
jamais estéprise. On tient
quecette Ville aesté bastie
par les Scipions) qui y hrent
faire divers ouvrages
pour sa défense. -
Le DucdeMedinaCeli
Tarragone, Ville d'Espagne,
dans la Principauté
de Catalogne, en Latin
Tarraco. Elleest à 15. lieuës
de Tortose, à 18. de Barcelone,
entre l'une & l'autre
Ville, & située sur le penchant
d'une colline jusqu'au
bord de la mer, où
estson port, quin'est bon
que pour les Barques, à
cause de quelques rochers
où de plus gros Bastiments
pourroient se briser. Les
Espagnols l'appellent Pucelle,
& disent qu'ellen'a
jamais estéprise. On tient
quecette Ville aesté bastie
par les Scipions) qui y hrent
faire divers ouvrages
pour sa défense. -
Le DucdeMedinaCeli
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Résumé : REMARQUES.
Tarragone, en Catalogne, est connue sous le nom de Tarraco. Située à 15 lieues de Tortose et 18 de Barcelone, elle est construite sur une colline jusqu'à la mer. Son port, adapté aux barques, est protégé par des rochers. Les Espagnols la surnomment 'Pucelle'. Fondée par les Scipions, elle possède des travaux de défense. Le Duc de Medina Celi est mentionné sans détails.
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2076
p. 103-106
« Le Duc de Medina Celi est mort dans le Chasteau [...] »
Début :
Le Duc de Medina Celi est mort dans le Chasteau [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Duc de Medina Celi est mort dans le Chasteau [...] »
Le DucdeMedinaCeli
est mort dans le Chasteau
de Navarins. Il avoit esté
Ambassadeur à Rome,&
Viceroy de Naples.
Louis, Marquis d'Estrade
,
fils du feu Maréchal
d'Estrade
,
Commandeur
des Ordres du Roy, mourut
leôcsa
Mairie de Bordeaux a esté
donnée au Comte d'Estrade
,
son fils, Lieutenant
General des Armées du
Roy. Iiiij
Le Prince François- Marie
de Medicis, frere du
Grand Duc de Toscane,
né le
15. Novembre1660.
qui avoir esténommé Cardinal
le2. Septem bre 1686.
s'estoit trouvé à l'entrée du
Roy d'Espagneà Naples,
avoir accompagnéSaMajeftéCatholiquejufquaFinal
avec les Galeres de Toscane
en 1702. avoit esté nommé
Protecteur des Affaires
de France & d'Espagne à
Rome en 1703. avoir remis
le Chapeau de Cardinal,
le 19. Juin 1702. de ayoit
épousé le Juillet suivant
la Princesse Eleonore de
Gonzague-Guastalle mourut
le 3. Février 17IL d'une
hydropisie de poulmon
sans laisser de posterité. ,
Le Baron de Smettau , Envoyé &Pleniporentiaire
de rbledlciir de Brandebourg
auprès des Estats
Generaux, mourut a la
Haye le
5. Février. Il y avoit
dix-neufans qu'il estoit
en Hollande
, avec
la qualité d'Envoye, & il
avoit esté nommé Plenipotentiaire
il y a quelques
années.
Mr le Comte Gentilé,
cy-devant Envoyé de la
Republiquede Genes a la
Cour de France, mourut à
Genes le 2. Février.Ilestoit
d'une des plus anciennes
Maisons dela Republique.
Pierre Kanfotte, General
des Chanoines Réguliers
de Sainte Croix, est
mort à Huy en Flandres
le 15. de Février dernier.
est mort dans le Chasteau
de Navarins. Il avoit esté
Ambassadeur à Rome,&
Viceroy de Naples.
Louis, Marquis d'Estrade
,
fils du feu Maréchal
d'Estrade
,
Commandeur
des Ordres du Roy, mourut
leôcsa
Mairie de Bordeaux a esté
donnée au Comte d'Estrade
,
son fils, Lieutenant
General des Armées du
Roy. Iiiij
Le Prince François- Marie
de Medicis, frere du
Grand Duc de Toscane,
né le
15. Novembre1660.
qui avoir esténommé Cardinal
le2. Septem bre 1686.
s'estoit trouvé à l'entrée du
Roy d'Espagneà Naples,
avoir accompagnéSaMajeftéCatholiquejufquaFinal
avec les Galeres de Toscane
en 1702. avoit esté nommé
Protecteur des Affaires
de France & d'Espagne à
Rome en 1703. avoir remis
le Chapeau de Cardinal,
le 19. Juin 1702. de ayoit
épousé le Juillet suivant
la Princesse Eleonore de
Gonzague-Guastalle mourut
le 3. Février 17IL d'une
hydropisie de poulmon
sans laisser de posterité. ,
Le Baron de Smettau , Envoyé &Pleniporentiaire
de rbledlciir de Brandebourg
auprès des Estats
Generaux, mourut a la
Haye le
5. Février. Il y avoit
dix-neufans qu'il estoit
en Hollande
, avec
la qualité d'Envoye, & il
avoit esté nommé Plenipotentiaire
il y a quelques
années.
Mr le Comte Gentilé,
cy-devant Envoyé de la
Republiquede Genes a la
Cour de France, mourut à
Genes le 2. Février.Ilestoit
d'une des plus anciennes
Maisons dela Republique.
Pierre Kanfotte, General
des Chanoines Réguliers
de Sainte Croix, est
mort à Huy en Flandres
le 15. de Février dernier.
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Résumé : « Le Duc de Medina Celi est mort dans le Chasteau [...] »
Le Duc de Medina Celi est décédé au Château de Navarin. Il avait été Ambassadeur à Rome et Vice-roi de Naples. Louis, Marquis d'Estrade, fils du défunt Maréchal d'Estrade et Commandeur des Ordres du Roi, est mort à Bordeaux. La mairie de Bordeaux a été confiée au Comte d'Estrade, son fils, Lieutenant Général des Armées du Roi. Le Prince François-Marie de Médicis, frère du Grand Duc de Toscane, est né le 15 novembre 1660. Nommé Cardinal le 2 septembre 1686, il a participé à l'entrée du Roi d'Espagne à Naples en 1702 et a accompagné Sa Majesté Catholique jusqu'à Finale avec les galères de Toscane. En 1703, il a été nommé Protecteur des Affaires de France et d'Espagne à Rome. Il a remis le chapeau de Cardinal le 19 juin 1702 et a épousé la Princesse Eleonore de Gonzague-Guastalle en juillet suivant. Il est mort le 3 février 1711 d'une hydropisie pulmonaire sans laisser de descendance. Le Baron de Smettau, Envoyé et Plénipotentiaire du Brandebourg auprès des États Généraux, est mort à La Haye le 5 février. Il était en Hollande depuis dix-neuf ans en tant qu'Envoyé et avait été nommé Plénipotentiaire quelques années auparavant. Monsieur le Comte Gentilé, ancien Envoyé de la République de Gênes à la Cour de France, est mort à Gênes le 2 février. Il appartenait à l'une des plus anciennes maisons de la République. Pierre Kanfotte, Général des Chanoines Réguliers de Sainte Croix, est mort à Huy en Flandres le 15 février.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2077
p. 106-108
REMARQUES.
Début :
Ce fut le bienheureux Theodore de Celles, Chanoine de la [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES.
REMAR QUES.
Ce fut le bienheureux
Théodore de Celles, Chanoine
de la grande Eglise
deLiégequi renouvella cet
Ordre en Allemagne. Il
choisit pour ce sujet un
endroit fort élevé dans un
Fauxbourg d'Huy, appelle
Clair-lieu, où il y avoit autrefoisune
Chapelle de S.
Thibaut. Cet Ordre dont
le premier Instituteur eftsaint
Gurriace, qui trouva
la sainte Croix par le commandement
de sainte Helene
mere du Grand Constantin
, ayant été renouvellé
& approuvé fous Innocent
III. au Concile de
Latran, futconfirmé en
1248. fousla Régle de S.
Augustin
, par le Pape Innocent
IV. au Concile de
Lyon en France. Sainte
Odile estlaPatrone de tout
l'Ordre. Le Chef& le premier
Conyent ef\_à Huy,
& le Général a coustume
d'y faire ordinairement sa
résidence.
Frederic-
Ce fut le bienheureux
Théodore de Celles, Chanoine
de la grande Eglise
deLiégequi renouvella cet
Ordre en Allemagne. Il
choisit pour ce sujet un
endroit fort élevé dans un
Fauxbourg d'Huy, appelle
Clair-lieu, où il y avoit autrefoisune
Chapelle de S.
Thibaut. Cet Ordre dont
le premier Instituteur eftsaint
Gurriace, qui trouva
la sainte Croix par le commandement
de sainte Helene
mere du Grand Constantin
, ayant été renouvellé
& approuvé fous Innocent
III. au Concile de
Latran, futconfirmé en
1248. fousla Régle de S.
Augustin
, par le Pape Innocent
IV. au Concile de
Lyon en France. Sainte
Odile estlaPatrone de tout
l'Ordre. Le Chef& le premier
Conyent ef\_à Huy,
& le Général a coustume
d'y faire ordinairement sa
résidence.
Frederic-
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Résumé : REMARQUES.
Le bienheureux Théodore de Celles, chanoine de Liège, renouvela un ordre en Allemagne. Il choisit Clair-lieu à Huy, site d'une ancienne chapelle dédiée à saint Thibaut. Cet ordre, fondé par saint Gurriace, fut approuvé par le pape Innocent III au Concile de Latran et confirmé par Innocent IV au Concile de Lyon en 1248. Sainte Odile en est la patronne, et le siège principal est à Huy.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2078
p. 108-110
« Frederic-Guillaume Ketler, Duc de Curlande & de Semigall, &c. [...] »
Début :
Frederic-Guillaume Ketler, Duc de Curlande & de Semigall, &c. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Frederic-Guillaume Ketler, Duc de Curlande & de Semigall, &c. [...] »
Frederic-Guillaume Ket-
1er, Duc de Curlande &
de Semigall, &c. ayant
estéattaqué d'un fievre
chaude en retournant dans
sesEstats mourut le 20. de
Février de cette année1711.
Il avoit épousé le 13. Novembre
1710. la Princesse
Anne, fille unique du Czar
Jean, Grand Ducde Moscovie
5
& niece du Czar
Pierre, aujourd'huy regnant.
Le PrinceFerdinand
de Curlande, son oncle
qui , a embrassélaReligion
Catholique depuis quelquesannées,
a pris possession
de ses Essars. à quoy
le Czar ne veut pas consentir,
ne luy voulant accorder
que la qualité d'Administrateur
jusqu'à ce que l'on
fçachc si la Duchesse de
Curlande, sa niece, est enceinte.
1er, Duc de Curlande &
de Semigall, &c. ayant
estéattaqué d'un fievre
chaude en retournant dans
sesEstats mourut le 20. de
Février de cette année1711.
Il avoit épousé le 13. Novembre
1710. la Princesse
Anne, fille unique du Czar
Jean, Grand Ducde Moscovie
5
& niece du Czar
Pierre, aujourd'huy regnant.
Le PrinceFerdinand
de Curlande, son oncle
qui , a embrassélaReligion
Catholique depuis quelquesannées,
a pris possession
de ses Essars. à quoy
le Czar ne veut pas consentir,
ne luy voulant accorder
que la qualité d'Administrateur
jusqu'à ce que l'on
fçachc si la Duchesse de
Curlande, sa niece, est enceinte.
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Résumé : « Frederic-Guillaume Ketler, Duc de Curlande & de Semigall, &c. [...] »
Frederic-Guillaume Ketler, Duc de Curlande et de Semigall, est décédé le 20 février 1711 après avoir contracté une fièvre chaude. Il avait épousé la Princesse Anne, fille du Czar Jean et nièce du Czar Pierre, le 13 novembre 1710. Son oncle, le Prince Ferdinand, a pris possession des États de Curlande, mais le Czar Pierre l'a nommé administrateur temporaire pour vérifier si la Duchesse est enceinte.
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2079
p. 110-111
REMARQUES.
Début :
La Curlande ou Courlande, est une Province de Pologne dans [...]
Mots clefs :
Courlande
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES.
REMARQUES.
La Curlande ou Courlande,
est une Province de
Pologne dans la Livonie.
Elle appartenoit autrefois
aux Chevaliers de Livonie,
qui l'avoient conquise sur
les Idolatres:mais Gottar
de Keder, dernier Grand-
Maistre de cet Ordre, ayant
embrasse l'heresie de
Luther,s'empara de ce Pays
dont il fit hommage à Sigismond-
Auguste, Roy de
Pologne, auquel il ceda
tous les droits qu'avoit eu
son Ordre, à condition
qu'il porteroit le titre de
Duc de Curlande
,
& que
ses descendants luy succederoient
,
après en avoir
reçu l'investiture des Rois
de Pologne, ce qui a duré
jusqu'à present. Les Villes
principales de ce Duché
sontGoldingen
,
& Windau,
qui est le lieu ordinaire
de la residence des Ducs.
Le P. N. Frassen
,
Cor
La Curlande ou Courlande,
est une Province de
Pologne dans la Livonie.
Elle appartenoit autrefois
aux Chevaliers de Livonie,
qui l'avoient conquise sur
les Idolatres:mais Gottar
de Keder, dernier Grand-
Maistre de cet Ordre, ayant
embrasse l'heresie de
Luther,s'empara de ce Pays
dont il fit hommage à Sigismond-
Auguste, Roy de
Pologne, auquel il ceda
tous les droits qu'avoit eu
son Ordre, à condition
qu'il porteroit le titre de
Duc de Curlande
,
& que
ses descendants luy succederoient
,
après en avoir
reçu l'investiture des Rois
de Pologne, ce qui a duré
jusqu'à present. Les Villes
principales de ce Duché
sontGoldingen
,
& Windau,
qui est le lieu ordinaire
de la residence des Ducs.
Le P. N. Frassen
,
Cor
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Résumé : REMARQUES.
La Curlande, province polonaise en Livonie, appartenait aux Chevaliers de Livonie. Gottard Kettler, dernier Grand-Maître, adopta la doctrine de Luther et céda ses droits à Sigismond Auguste, roi de Pologne, en échange du titre de Duc de Curlande. Les principales villes sont Goldingen et Windau.
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2080
p. 111-113
« Le P. N. Frassen, Cordelier, si connu par plusieurs Ouvrages [...] »
Début :
Le P. N. Frassen, Cordelier, si connu par plusieurs Ouvrages [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le P. N. Frassen, Cordelier, si connu par plusieurs Ouvrages [...] »
Le P. N. Frassen
,
Cordelier
,
siconnu par plusieurs
Ouvrages de pieté &
d'érudition, est mort dans
le Grand Couvent deParis,
gé de 91.ans, après avoir
paffé par toutes les dignitez
de son Ordre. Le Pere
Frassen avoit une grande
connoissance des affaires
Ecclesiastiques, sur tout
pour ce qui regarde les Ordres
Religieux;aussî Son
E. Monseigneur le Cardinal
de Noailles l'avoit souvent
employé à ces fortes
d'affaires
,
dont il s'estoit
toujours acquitte au contentement
tentement de tout le monde.
Il étotc d'une simplicite
ôc d'une modestie admirabIe,
affable, doux, honneste
, ce qui luy attiroit l'estime
& l'amitié de tous
ceux qui le connoissoient.
Eustache le Noble, Baron
de S. Georges, ancien
Procureur General au Parlement
de Metz, mourut
à Paris le 3. Février1711.
âgé de 68. ans. Le grand
nombre de ses Ouvrages,
fait voir l'estenduë de son
esprit& sa grande facilité
a écrire.
,
Cordelier
,
siconnu par plusieurs
Ouvrages de pieté &
d'érudition, est mort dans
le Grand Couvent deParis,
gé de 91.ans, après avoir
paffé par toutes les dignitez
de son Ordre. Le Pere
Frassen avoit une grande
connoissance des affaires
Ecclesiastiques, sur tout
pour ce qui regarde les Ordres
Religieux;aussî Son
E. Monseigneur le Cardinal
de Noailles l'avoit souvent
employé à ces fortes
d'affaires
,
dont il s'estoit
toujours acquitte au contentement
tentement de tout le monde.
Il étotc d'une simplicite
ôc d'une modestie admirabIe,
affable, doux, honneste
, ce qui luy attiroit l'estime
& l'amitié de tous
ceux qui le connoissoient.
Eustache le Noble, Baron
de S. Georges, ancien
Procureur General au Parlement
de Metz, mourut
à Paris le 3. Février1711.
âgé de 68. ans. Le grand
nombre de ses Ouvrages,
fait voir l'estenduë de son
esprit& sa grande facilité
a écrire.
Fermer
Résumé : « Le P. N. Frassen, Cordelier, si connu par plusieurs Ouvrages [...] »
Le Père Nicolas Frassen, Cordelier, est décédé à 91 ans au Grand Couvent de Paris. Connu pour ses écrits de piété et son expertise ecclésiastique, il était apprécié pour sa simplicité et son honnêteté. Eustache le Noble, Baron de Saint-Georges et ancien Procureur Général au Parlement de Metz, est mort à Paris le 3 février 1711 à 68 ans. Il était reconnu pour la quantité de ses ouvrages.
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2081
p. 114-116
REMARQUES.
Début :
Il a fait une traduction des Pseaumes avec de petites [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES.
REMARQUES.
Il a fait une traduction
des Pseaumes avec de petites
reflexions sur chaque
verset,&iljoignit àcetOuvrage
un autre de mesme
goust ;c'cfi: l'esprit de David,
& le dégoust du monde
: mais son talent estoit
d'écrire des Nouvelles, 6c
de petites Histoires particulières
; il a fait aussi plusieursPasquinadespendant
le temps de la derniere
guerre & les commencements
de celle-cy. On a de
luy encore plusieurs autres
Ouvrages, la Grote des
Fables,sesContes & Fables,
ses Voyages de Chaudray
,
& de Falaise, le Gagetouché,
Ildegerte.,Zulima,Abramulé,
lafausseComtesse
d'Isambert, Mylord Courtenayou
les amours d'Elisabeth,
Reined'Angleterre;
le Chevalier Balchazar,
l'histoire d'Hollande, la
conjuration des Pazzi, rfo
pe, les deux Arlequins, le
Sceau enlevé,& plusieurs
Nouvelles Afriquaines »
ainsi que pluheurs autres
Entretiens policiq es & Satyriques
: mais son meilleur
Ouvrage dans ce genre
est son Ecole du Monde.
Son stile estoic vif, hardy,
& figuré, mais dur & neg1igé
Il a fait une traduction
des Pseaumes avec de petites
reflexions sur chaque
verset,&iljoignit àcetOuvrage
un autre de mesme
goust ;c'cfi: l'esprit de David,
& le dégoust du monde
: mais son talent estoit
d'écrire des Nouvelles, 6c
de petites Histoires particulières
; il a fait aussi plusieursPasquinadespendant
le temps de la derniere
guerre & les commencements
de celle-cy. On a de
luy encore plusieurs autres
Ouvrages, la Grote des
Fables,sesContes & Fables,
ses Voyages de Chaudray
,
& de Falaise, le Gagetouché,
Ildegerte.,Zulima,Abramulé,
lafausseComtesse
d'Isambert, Mylord Courtenayou
les amours d'Elisabeth,
Reined'Angleterre;
le Chevalier Balchazar,
l'histoire d'Hollande, la
conjuration des Pazzi, rfo
pe, les deux Arlequins, le
Sceau enlevé,& plusieurs
Nouvelles Afriquaines »
ainsi que pluheurs autres
Entretiens policiq es & Satyriques
: mais son meilleur
Ouvrage dans ce genre
est son Ecole du Monde.
Son stile estoic vif, hardy,
& figuré, mais dur & neg1igé
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Résumé : REMARQUES.
Le texte présente les œuvres d'un auteur reconnu pour ses traductions et ses écrits littéraires. Il a traduit les Psaumes, accompagnés de réflexions sur chaque verset, et a écrit 'l'esprit de David & le dégoust du monde'. Son talent principal résidait dans l'écriture de nouvelles et de petites histoires. Pendant les guerres, il a composé plusieurs pasquinades. Parmi ses autres ouvrages, on trouve 'la Grote des Fables', 'ses Contes & Fables', 'ses Voyages de Chaudray & de Falaise', 'le Gagetouché', 'Ildegerte', 'Zulima', 'Abramulé', 'la fausse Comtesse d'Isambert', 'Mylord Courtenay ou les amours d'Elisabeth, Reine d'Angleterre', 'le Chevalier Balchazar', 'l'histoire d'Hollande', 'la conjuration des Pazzi', 'rfo pe', 'les deux Arlequins', 'le Sceau enlevé', et plusieurs 'Nouvelles Afriquaines'. Il a également écrit des entretiens policiers et satiriques, son meilleur ouvrage dans ce genre étant 'l'Ecole du Monde'. Son style est décrit comme vif, hardi et figuré, mais aussi dur et négligé.
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2082
p. 116-117
« François-Armand-Loüis de Vignerod du Plessis, Duc de Fronsac, fils [...] »
Début :
François-Armand-Loüis de Vignerod du Plessis, Duc de Fronsac, fils [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « François-Armand-Loüis de Vignerod du Plessis, Duc de Fronsac, fils [...] »
MARIAGES.
François
- Armand-
Loüis de Vignerod du Ples-
(j¡s
,
Duc de Fronsac
,
fils
d'Armand-Jean de Vignerod
du Plessis, Duc de Richelieu
, Pair de France,
Chevalier des Ordres du
Roy,&c. &: d'Anne Marguerite
d'Acigné,aépousé
le 12. de ce mois Anne-
Catherine de Noailles, fille
de feu Jean-François ,
Marquis de noailles Lieutenant
General au Gouvernement
d'Auvergne, & de
MargueriteTherese Rouil- lédeMeslay,aujourd'huy
troisiéme femme du Duc
deRichelieu.
François
- Armand-
Loüis de Vignerod du Ples-
(j¡s
,
Duc de Fronsac
,
fils
d'Armand-Jean de Vignerod
du Plessis, Duc de Richelieu
, Pair de France,
Chevalier des Ordres du
Roy,&c. &: d'Anne Marguerite
d'Acigné,aépousé
le 12. de ce mois Anne-
Catherine de Noailles, fille
de feu Jean-François ,
Marquis de noailles Lieutenant
General au Gouvernement
d'Auvergne, & de
MargueriteTherese Rouil- lédeMeslay,aujourd'huy
troisiéme femme du Duc
deRichelieu.
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2083
p. 118-119
Remarques sur le Duché de Fronsac.
Début :
Fronsac, appellé par les Latins Fronciacum Francum ou Franciacum, est [...]
Mots clefs :
Fronsac
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Remarques sur le Duché de Fronsac.
Remarquessur le Duché
de Fronsac.
Fronfae
,
appelle par
les Latins Fronciacum Francum
ou Franciacum ,
est un
Bourg avec un vieux Chasleau
en Guienne litue irur
une Montagne fort escarpée,
anezpres de la Dordogne
,
à cent lieuës de
Bourdeaux. Aimoin ôc
Eghinart parlent de Fronsac
,&di[ent que Charlemagne
y fit bastir uneForteresse.
Il fut érigé en EXuché
par Henry IV. en Janvier
1598. Ce Duché passa
dans la Maison de Louis
II. Prince deCondé par
son mariage avec Claude
de Maillé,Duchesse de
Fronsac,Marquise deBrezé
>
& depuis il est venu au
Duc de Richelieu dont son
fils unique porte le nom.
Marc-Antoine Front de
de Fronsac.
Fronfae
,
appelle par
les Latins Fronciacum Francum
ou Franciacum ,
est un
Bourg avec un vieux Chasleau
en Guienne litue irur
une Montagne fort escarpée,
anezpres de la Dordogne
,
à cent lieuës de
Bourdeaux. Aimoin ôc
Eghinart parlent de Fronsac
,&di[ent que Charlemagne
y fit bastir uneForteresse.
Il fut érigé en EXuché
par Henry IV. en Janvier
1598. Ce Duché passa
dans la Maison de Louis
II. Prince deCondé par
son mariage avec Claude
de Maillé,Duchesse de
Fronsac,Marquise deBrezé
>
& depuis il est venu au
Duc de Richelieu dont son
fils unique porte le nom.
Marc-Antoine Front de
Fermer
Résumé : Remarques sur le Duché de Fronsac.
Le Duché de Fronsac, situé en Guienne près de la Dordogne, est mentionné par les historiens Aimoin et Éginard pour la forteresse construite par Charlemagne. En 1598, Henry IV érigea Fronsac en duché. Le titre passa ensuite à la maison de Louis II, Prince de Condé, puis au Duc de Richelieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2084
p. 119-123
« Marc-Antoine Front de Beaupoil de Saint Aulaire, Comte de [...] »
Début :
Marc-Antoine Front de Beaupoil de Saint Aulaire, Comte de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Marc-Antoine Front de Beaupoil de Saint Aulaire, Comte de [...] »
Marc-Antoine Front de
Beaupoil de Saint Aulaire,
Comte de Lanmarie,
Grand-Echanson de France
,
fils defeu Louis de
Beaupoil de Saint Aulaire,
Grand-Echanson de France,
& Lieutenant des Gendarmes
de La Reine, mort
à Cazal-majorle22. Juillet
1701. servant fous Mr
de Vendosme en Italie,
epousale 12. Mars 1711.
Neret, fille de seuJean-
Pierre Neret de la Ravoire,
Seigneur de Beaurepaire
,
&c. Grand-Audiancier de
France, & Tresorierneral
de la Marine. Louis
de Beaupoilavoitépousé
Jeanne-Marie Perrault,
Dame de Milly en Gastinois
, &c. Feu Monsieur
de la Ravoire avoit épouser
se Anne de Valieres.
» François Foucault, Marquis
de S. Germain Beaupré
, Gouverneur de la
Hauce & Basse Marche,
épousale 11. Mars 1711.
Anne-Bonne Doublet de
Persan,fille de Nicolas
Poublet,Seigneur de Persan,
Conseiller au Parlement,
& de Bonne-Ursüle
Garnier de Salins. Mrle
Marquis de Saint Germain
Beaupré
, pere de l'Epoux,
avoit le Gouvernement de
la Marche.Le Roy l'a donné
au fils, & a donné la
survivance au pere. ':
Gilles-Marie Maupeou
d'Abiege,Maigre des Rcqueues,
fils de Gilles Mauprou,
Seigneur d'Abtege,
Maistredes Requestes Honoraire
,&. de
Guillemainde Courchamps,
aépousé
fille d'André Jubert,
Seigneur de Bouviles,Conseillier
d'Eltat ordinaire,&
de la foeur de Mr Desmarets,
Controlleur General
des Fin-ances.
GillesHuet,d'une ancienne
Famille de la Ville
de Bric, a épousé se-j. de
Février,Anne-Magdelaine
Richelet
9
fille unique de
feu Pierre CesarRichclet,
Avocat en Parlement, si
connu parmy les Sçavants
par un grand nombre
d'Ouvrages qu'il a donnez
au Public.
REM
Beaupoil de Saint Aulaire,
Comte de Lanmarie,
Grand-Echanson de France
,
fils defeu Louis de
Beaupoil de Saint Aulaire,
Grand-Echanson de France,
& Lieutenant des Gendarmes
de La Reine, mort
à Cazal-majorle22. Juillet
1701. servant fous Mr
de Vendosme en Italie,
epousale 12. Mars 1711.
Neret, fille de seuJean-
Pierre Neret de la Ravoire,
Seigneur de Beaurepaire
,
&c. Grand-Audiancier de
France, & Tresorierneral
de la Marine. Louis
de Beaupoilavoitépousé
Jeanne-Marie Perrault,
Dame de Milly en Gastinois
, &c. Feu Monsieur
de la Ravoire avoit épouser
se Anne de Valieres.
» François Foucault, Marquis
de S. Germain Beaupré
, Gouverneur de la
Hauce & Basse Marche,
épousale 11. Mars 1711.
Anne-Bonne Doublet de
Persan,fille de Nicolas
Poublet,Seigneur de Persan,
Conseiller au Parlement,
& de Bonne-Ursüle
Garnier de Salins. Mrle
Marquis de Saint Germain
Beaupré
, pere de l'Epoux,
avoit le Gouvernement de
la Marche.Le Roy l'a donné
au fils, & a donné la
survivance au pere. ':
Gilles-Marie Maupeou
d'Abiege,Maigre des Rcqueues,
fils de Gilles Mauprou,
Seigneur d'Abtege,
Maistredes Requestes Honoraire
,&. de
Guillemainde Courchamps,
aépousé
fille d'André Jubert,
Seigneur de Bouviles,Conseillier
d'Eltat ordinaire,&
de la foeur de Mr Desmarets,
Controlleur General
des Fin-ances.
GillesHuet,d'une ancienne
Famille de la Ville
de Bric, a épousé se-j. de
Février,Anne-Magdelaine
Richelet
9
fille unique de
feu Pierre CesarRichclet,
Avocat en Parlement, si
connu parmy les Sçavants
par un grand nombre
d'Ouvrages qu'il a donnez
au Public.
REM
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Résumé : « Marc-Antoine Front de Beaupoil de Saint Aulaire, Comte de [...] »
Marc-Antoine Front de Beaupoil de Saint Aulaire, Comte de Lanmarie et Grand-Échanson de France, fils de Louis de Beaupoil de Saint Aulaire, décéda à Cazal-major le 22 juillet 1701. Il servit sous Monsieur de Vendôme en Italie et épousa Neret, fille de Jean-Pierre Neret de la Ravoire, Seigneur de Beaurepaire, Grand-Auditeur de France et Trésorier général de la Marine, le 12 mars 1711. Louis de Beaupoil épousa Jeanne-Marie Perrault, Dame de Milly en Gâtinois. Monsieur de la Ravoire avait épousé Anne de Valières. François Foucault, Marquis de Saint-Germain Beaupré, Gouverneur de la Haute et Basse Marche, épousa Anne-Bonne Doublet de Persan, fille de Nicolas Poublet, Seigneur de Persan, Conseiller au Parlement, et de Bonne-Ursule Garnier de Salins, le 11 mars 1711. Le père du marié, le Marquis de Saint-Germain Beaupré, détenait le Gouvernement de la Marche, titre que le Roi transmit au fils et accorda la survivance au père. Gilles-Marie Maupeou d'Abège, Maître des Requêtes, fils de Gilles Maupeou, Seigneur d'Abège, Maître des Requêtes Honoraire, et de Guillemette de Courchamps, épousa la fille d'André Jubert, Seigneur de Bouviles, Conseiller d'État ordinaire, et de la sœur de Monsieur Desmarets, Contrôleur Général des Finances. Gilles Huet, issu d'une ancienne famille de la ville de Bric, épousa Anne-Magdelaine Richelet, fille unique de Pierre César Richelet, Avocat au Parlement, connu pour ses nombreuses œuvres publiées.
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2085
p. 123-126
REMARQUES.
Début :
Il est Auteur de la vie des Poëtes François, Ouvrage [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES.
REMARQUES.
Ilest Auteur de la vie
des Poëtes François
, OuvragequeMr
L. adonné
au Public depuis quelques
années, d'une manie..
, re plus complere que celuy
deMr Richeler. Nous a
vons du meme Au:heur
un nouveau Dictionnaire
de Rimes * ;un Livre intituléla
Florinc; un Recueil
de Letres de différents
Aureurs, qu'il fit imprimer
en 1689. pour servir de
modèles dans les différents
genres E piftolaires. C'est
dans les remarques sur ces
Lettres qu'il porta son jugement
sur celles de Bussy,
de feu Mr Arnauld d'Andilly,
du Chevalier d'Herbelot,
de Conrart, &c.
Celui de sesOuvrages qui
luy a attiré plus de repu ration
c'est sonDictionnaire
dela Langue Françoise ou
il a meslé beaucoup delitterature
& plusieursétymologies.
Il a si,it d'autres.
Ouvrages qui ne sont pas
imprimez, comme un Dictionnaire
burlesque & latyrique)
& une Grammaire
Françoisè & Poétique
que Mr Huet son gendre
se prepare de donner au
Public.
Feu MrRicheletestoit
fils de JeanRichelet, Seigneur
de Signi, & petit-fils
-
de Nicolas Richelet,célébre
parmi les Autheurs d&
son temps, par quantitéde
bons Ouvrages: c'estluy-i
qui a commenté les Oeuvres
de Ronsard
Ilest Auteur de la vie
des Poëtes François
, OuvragequeMr
L. adonné
au Public depuis quelques
années, d'une manie..
, re plus complere que celuy
deMr Richeler. Nous a
vons du meme Au:heur
un nouveau Dictionnaire
de Rimes * ;un Livre intituléla
Florinc; un Recueil
de Letres de différents
Aureurs, qu'il fit imprimer
en 1689. pour servir de
modèles dans les différents
genres E piftolaires. C'est
dans les remarques sur ces
Lettres qu'il porta son jugement
sur celles de Bussy,
de feu Mr Arnauld d'Andilly,
du Chevalier d'Herbelot,
de Conrart, &c.
Celui de sesOuvrages qui
luy a attiré plus de repu ration
c'est sonDictionnaire
dela Langue Françoise ou
il a meslé beaucoup delitterature
& plusieursétymologies.
Il a si,it d'autres.
Ouvrages qui ne sont pas
imprimez, comme un Dictionnaire
burlesque & latyrique)
& une Grammaire
Françoisè & Poétique
que Mr Huet son gendre
se prepare de donner au
Public.
Feu MrRicheletestoit
fils de JeanRichelet, Seigneur
de Signi, & petit-fils
-
de Nicolas Richelet,célébre
parmi les Autheurs d&
son temps, par quantitéde
bons Ouvrages: c'estluy-i
qui a commenté les Oeuvres
de Ronsard
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Résumé : REMARQUES.
Le texte présente un auteur renommé pour plusieurs ouvrages littéraires. Il est notamment connu pour 'La vie des Poëtes François', une œuvre plus complète que celle de Monsieur Richelet. Parmi ses autres publications figurent un 'Dictionnaire de Rimes', un livre intitulé 'La Florinc', et un recueil de lettres de divers auteurs imprimé en 1689, servant de modèles épistolaires. Dans les remarques sur ces lettres, il a porté des jugements sur celles de Bussy, de feu Monsieur Arnauld d'Andilly, du Chevalier d'Herbelot, de Conrart, et d'autres. Son ouvrage le plus réputé est le 'Dictionnaire de la Langue Françoise', qui inclut beaucoup de littérature et plusieurs étymologies. Il a également écrit des œuvres non imprimées, comme un 'Dictionnaire burlesque et lyrique' et une 'Grammaire Françoisè et Poétique', que Monsieur Huet, son gendre, se prépare à publier. Le texte mentionne également que feu Monsieur Richelet était le fils de Jean Richelet, Seigneur de Signi, et le petit-fils de Nicolas Richelet, célèbre pour ses nombreux bons ouvrages, notamment ses commentaires sur les œuvres de Ronsard.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2086
p. 126-133
INONDATIONS.
Début :
Inondation de Geneve. Le degel & la fonte des neiges [...]
Mots clefs :
Genève, Lyon, Rhône, Saône, Inondations, Eau
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texteReconnaissance textuelle : INONDATIONS.
INONDATIONS,
Inondation de Gencve.
L,-Le degel & la fonte
des neigesfirent enfler de
forre la petite riviere d'Aire
,
& luy donnèrent un
cours si rapide,que le 12.
du mois de Février elle fit
rétrograderle Rhone dans
le Lac, & fit tourner à contre
sens
,
pendant tour un
jour, les roues. desMoulins
àc< des, machines qui
fervent aux Fontaines publiques
, ce qu'on navoit
jamais vü.
Le Rhônedevint sienflé
par le concours de plufleurs
rivieres qui s'y jettent
yqu'à l'endro où il
se joint avec la Saône, il
tenoitune demi-tieuë:mais
ce qui en de plus remarquable,
c'est qu'il traversentleLac
de Geneve dans
toute sa longueur, sans se
meiler à ses eaux, tant l'impetuosité
avec laquelle il y
entroit étoit grande. Un
pareil événementn'auroitil
pas donné lieu à la Fable
du Fleuve Acis quiestant
devenu amoureux de lix
Nymphe Galatée, alla la
chercher jusques dans la
Sicile, sans mesler ses eaux
à celles de la mer.
De Lyon.
Jer/âfondu Rhône é5 de
la Saône a Lyon le 13. Février,veilledeS.
Ad-attkias ,dans la
Placea'ppellee Confort.
La veille de la Feste
de S, Matth ieu, aprés mi^
nuit, le Rhône avec la Saone
furent entièrement dé-
:bordez, contre les effetsordinaires
dece fleuve & cte
cette riviere qui ne grossissent
que dans l'intervalle
dequelquesjours. Le lit du
premier,qui termine la
Ville de Lyon du cofté de
la Province de D,1Uphiné'j;
& celuy de la Saône qui
couleau milieu de 11Ville,
-se joignirent dans la Place
L
,.
de Bellecour & celle de
Confort,avec une si orande
abondance d'eau, q"c
toute la partie de cette Ville
qui le trouve entre ces'
deux Places jusques dans la
ruë Merciere
,
fut si fort
inondée que toutes les maisons
ne purent plus se communiquer
que par bateaux.
On na pas de peine à concevoir
le desordre que cela
a causé dans tout ce quartier
par l'interruption du
commerce,&c le demcnagement
des boutiques ou
plusieurs marchandises furent
mouillez Les Eglises
desJacobins,des Celestins,
& de la Charité en ont le
plus souffert. Le vieux Alsenal
qui est voisin de la
Saone a elle presque tout
inondé.Heureusementtoute
l'Artillerie & les munitions
de guerre avoient esté
transportées depuis peu
d'années dans le nouvel
Arsenal basty par les soins
deMr le Maréchal de villeroy
,
nostre Gouverneur.
Le Pont de bois de Bellecour
a esté presque tout
emporté, ainsi que quantité
de maisons du Fauxbourg
de la Guillotiere.
Cequ'il ya de remarquable
, c'est qu'on a observé
par une Inscription gravée
sur une Pyramide bastie
detemps immémorialdans
le milieu de la Place de
Confort, que le Rhône &
la Saone ne s'estôient pas
joints dans cette Place depuis
l'an 1554.&.cjue par
les mesures de la hauteur
où l'eau monta alors., on a
vérifié que cette demiere
inondationasurpassel'autre
d un pied & demy.
A l'égard de Paris
,
il
ny a pas eu d'effets fort
extraor dinaires. L'inondation
& l'eau n'a esté qu'à
trois pieds & demi prés du.
marbre qu'ona mis dans le
Cloistre des Celeitins,pour
marquerla hauteur del'eau
en Février1658 J'attendois
des remarque sur les ravages
qu'a faitlaLoire, je ne
les aurayque pour le mois
prochain.
Inondation de Gencve.
L,-Le degel & la fonte
des neigesfirent enfler de
forre la petite riviere d'Aire
,
& luy donnèrent un
cours si rapide,que le 12.
du mois de Février elle fit
rétrograderle Rhone dans
le Lac, & fit tourner à contre
sens
,
pendant tour un
jour, les roues. desMoulins
àc< des, machines qui
fervent aux Fontaines publiques
, ce qu'on navoit
jamais vü.
Le Rhônedevint sienflé
par le concours de plufleurs
rivieres qui s'y jettent
yqu'à l'endro où il
se joint avec la Saône, il
tenoitune demi-tieuë:mais
ce qui en de plus remarquable,
c'est qu'il traversentleLac
de Geneve dans
toute sa longueur, sans se
meiler à ses eaux, tant l'impetuosité
avec laquelle il y
entroit étoit grande. Un
pareil événementn'auroitil
pas donné lieu à la Fable
du Fleuve Acis quiestant
devenu amoureux de lix
Nymphe Galatée, alla la
chercher jusques dans la
Sicile, sans mesler ses eaux
à celles de la mer.
De Lyon.
Jer/âfondu Rhône é5 de
la Saône a Lyon le 13. Février,veilledeS.
Ad-attkias ,dans la
Placea'ppellee Confort.
La veille de la Feste
de S, Matth ieu, aprés mi^
nuit, le Rhône avec la Saone
furent entièrement dé-
:bordez, contre les effetsordinaires
dece fleuve & cte
cette riviere qui ne grossissent
que dans l'intervalle
dequelquesjours. Le lit du
premier,qui termine la
Ville de Lyon du cofté de
la Province de D,1Uphiné'j;
& celuy de la Saône qui
couleau milieu de 11Ville,
-se joignirent dans la Place
L
,.
de Bellecour & celle de
Confort,avec une si orande
abondance d'eau, q"c
toute la partie de cette Ville
qui le trouve entre ces'
deux Places jusques dans la
ruë Merciere
,
fut si fort
inondée que toutes les maisons
ne purent plus se communiquer
que par bateaux.
On na pas de peine à concevoir
le desordre que cela
a causé dans tout ce quartier
par l'interruption du
commerce,&c le demcnagement
des boutiques ou
plusieurs marchandises furent
mouillez Les Eglises
desJacobins,des Celestins,
& de la Charité en ont le
plus souffert. Le vieux Alsenal
qui est voisin de la
Saone a elle presque tout
inondé.Heureusementtoute
l'Artillerie & les munitions
de guerre avoient esté
transportées depuis peu
d'années dans le nouvel
Arsenal basty par les soins
deMr le Maréchal de villeroy
,
nostre Gouverneur.
Le Pont de bois de Bellecour
a esté presque tout
emporté, ainsi que quantité
de maisons du Fauxbourg
de la Guillotiere.
Cequ'il ya de remarquable
, c'est qu'on a observé
par une Inscription gravée
sur une Pyramide bastie
detemps immémorialdans
le milieu de la Place de
Confort, que le Rhône &
la Saone ne s'estôient pas
joints dans cette Place depuis
l'an 1554.&.cjue par
les mesures de la hauteur
où l'eau monta alors., on a
vérifié que cette demiere
inondationasurpassel'autre
d un pied & demy.
A l'égard de Paris
,
il
ny a pas eu d'effets fort
extraor dinaires. L'inondation
& l'eau n'a esté qu'à
trois pieds & demi prés du.
marbre qu'ona mis dans le
Cloistre des Celeitins,pour
marquerla hauteur del'eau
en Février1658 J'attendois
des remarque sur les ravages
qu'a faitlaLoire, je ne
les aurayque pour le mois
prochain.
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Résumé : INONDATIONS.
En février, des inondations ont touché plusieurs régions. À Genève, la fonte des neiges a gonflé la rivière d'Aire, inversant le cours du Rhône et affectant des moulins le 12 février. Le Rhône, enflé par plusieurs rivières, a traversé le Lac Léman sans se mélanger à ses eaux. À Lyon, le Rhône et la Saône ont débordé la veille de la fête de Saint Matthieu, inondant la ville entre les places Bellecour et Confort. Cette inondation a causé des désordres commerciaux et endommagé plusieurs bâtiments, dont des églises et l'ancien arsenal. Le pont de bois de Bellecour et des maisons du faubourg de la Guillotière ont été emportés. Une inscription sur une pyramide à la place de Confort indiquait que les deux fleuves ne s'étaient pas joints depuis 1554, et cette inondation a surpassé la précédente de un pied et demi. À Paris, l'inondation a atteint trois pieds et demi de hauteur dans le cloître des Célestins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2087
p. 133-137
Ceremonie faite par l'Electeur de Cologne.
Début :
Le Serenissime Electeur du S. Empire Romain, Joseph-Clement, Archevesque [...]
Mots clefs :
Prince, Messe, Cologne
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texteReconnaissance textuelle : Ceremonie faite par l'Electeur de Cologne.
Ceremonie faiteparl*Electîeurde
Cologne.
Le Serenissïme Electeur
du S.Empire Romain,
Joseph-Clement
,
Archevesque
de Cologne, Legat
né du S. Siege Apostolique
&c. célébra à Paris
pontifie,lement le c. Février
1711. sa millième
Messe
,
suivant un usage
pieux observé parmy les
Trelats d'Allemagne. Pour
cet effetayant envoyé un
de ses Officiers prier de sa
part Mgr le Cardinal de
Noailles d'avoir agreable
que pour cette célébration
ce Prince put officier pontisicalement
dans son Dioccfc,
sois Eminencerépondit
que Son A. S. pouvoit
disposerde toute son autorité
qu'elle luy remettoit
avec un extrêmeplailîr.
L'Eglisè du Val de Grâce
ayantesté choisie,SonA.
S.s'yrenditJe?.de Février,
ê~ aprèsavoir salué 1-Ab
beuea ion parloir,ilentra
dans l'Eglisesuinvi d'ungrand
nombre d'Ecclesiastiques,
& de sesOfficiers,
8c estantmonté sur un
throne préparé du cofté de
l'Evangile
,
il futrevestu
de ses habits Pontificaux,
& celebra la Messe chantée
par la Musiquesous la conduite
du Sieur Beauregard,
Maistre de la Musique de
la Chapelle de ce Prince.
On remarqua trois choses
singulieres danscette Mes-
Cej la premicre c'est qu'après
la Communion
, Son
A S. entonna le Te Deum
qui futcontinué par la
Musique ; la leçonde que
pendantque l'Electeurdonnoit
les bencd ¡¿lions,l'ACo.
filiant cria à haute voix,
humiliâte njos ad benediftiomm
;
la troisiéme & la plus,
remarquable
,
& qu'on
croyoit ne s'observer qu à
l'exaltation du SaintPere,
c'est qu'après la Messe le
Prince estant remonte sur
le throne revestu pontificalement,
le Prestre assistant
lfuilyacéducollédel'Epiûréi.
fdi-t à h~aute voix ad\ multos
mulos annos & s'estant a..
vance à trois reprises
,
il
allaluy baiser la main, &
recevoir sa bénédiction,cc
que firent aussi tous ceux
de sa Cour Aprés la Messe
Son A. S. alla du costé de
la grille où reposent les
coeurs de la Reine & de Me
la Dauphine, sasoeur, où
il fit sa priere pour le repos
de leurs ames. -
Histoiregenerale
Cologne.
Le Serenissïme Electeur
du S.Empire Romain,
Joseph-Clement
,
Archevesque
de Cologne, Legat
né du S. Siege Apostolique
&c. célébra à Paris
pontifie,lement le c. Février
1711. sa millième
Messe
,
suivant un usage
pieux observé parmy les
Trelats d'Allemagne. Pour
cet effetayant envoyé un
de ses Officiers prier de sa
part Mgr le Cardinal de
Noailles d'avoir agreable
que pour cette célébration
ce Prince put officier pontisicalement
dans son Dioccfc,
sois Eminencerépondit
que Son A. S. pouvoit
disposerde toute son autorité
qu'elle luy remettoit
avec un extrêmeplailîr.
L'Eglisè du Val de Grâce
ayantesté choisie,SonA.
S.s'yrenditJe?.de Février,
ê~ aprèsavoir salué 1-Ab
beuea ion parloir,ilentra
dans l'Eglisesuinvi d'ungrand
nombre d'Ecclesiastiques,
& de sesOfficiers,
8c estantmonté sur un
throne préparé du cofté de
l'Evangile
,
il futrevestu
de ses habits Pontificaux,
& celebra la Messe chantée
par la Musiquesous la conduite
du Sieur Beauregard,
Maistre de la Musique de
la Chapelle de ce Prince.
On remarqua trois choses
singulieres danscette Mes-
Cej la premicre c'est qu'après
la Communion
, Son
A S. entonna le Te Deum
qui futcontinué par la
Musique ; la leçonde que
pendantque l'Electeurdonnoit
les bencd ¡¿lions,l'ACo.
filiant cria à haute voix,
humiliâte njos ad benediftiomm
;
la troisiéme & la plus,
remarquable
,
& qu'on
croyoit ne s'observer qu à
l'exaltation du SaintPere,
c'est qu'après la Messe le
Prince estant remonte sur
le throne revestu pontificalement,
le Prestre assistant
lfuilyacéducollédel'Epiûréi.
fdi-t à h~aute voix ad\ multos
mulos annos & s'estant a..
vance à trois reprises
,
il
allaluy baiser la main, &
recevoir sa bénédiction,cc
que firent aussi tous ceux
de sa Cour Aprés la Messe
Son A. S. alla du costé de
la grille où reposent les
coeurs de la Reine & de Me
la Dauphine, sasoeur, où
il fit sa priere pour le repos
de leurs ames. -
Histoiregenerale
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Résumé : Ceremonie faite par l'Electeur de Cologne.
Le 1er février 1711, Joseph-Clement, Électeur du Saint-Empire Romain et Archevêque de Cologne, célébra sa millième messe à Paris. Cet événement respectait une tradition pieuse observée parmi les prélats d'Allemagne. Joseph-Clement avait sollicité le Cardinal de Noailles pour officier dans son diocèse, ce que le Cardinal accepta. La cérémonie se déroula à l'église du Val-de-Grâce. Après avoir salué l'Abbesse, Joseph-Clement entra dans l'église accompagné de nombreux ecclésiastiques et officiers. Il monta sur un trône, revêtu de ses habits pontificaux, et célébra la messe, accompagnée par la musique dirigée par le Sieur Beauregard. Trois éléments remarquables furent notés : après la communion, l'Électeur entonna le Te Deum ; pendant les bénédictions, l'abbé cria 'humiliate nos ad benedictionem' ; et après la messe, le prêtre assistant acclama 'ad multos annos' trois fois, permettant à chacun de baiser la main de l'Électeur et de recevoir sa bénédiction. Joseph-Clement pria ensuite pour le repos des âmes de la Reine et de la Dauphine, sa sœur, dont les cœurs reposaient derrière une grille.
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2088
p. 125-134
JUGEMENT du Procés de la petite fille à deux meres, dont j'ai parlé dans le Mercure de Novembre. De Lion ce 20 Fevrier.
Début :
De Lion ce 20 Fevrier. Il seroit inutile de vous envoyer un dispositif [...]
Mots clefs :
Procès, Lyon, Enfant, Mères, Amour
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texteReconnaissance textuelle : JUGEMENT du Procés de la petite fille à deux meres, dont j'ai parlé dans le Mercure de Novembre. De Lion ce 20 Fevrier.
IIIe PARTIE
DU MERCURE.
HISTORIETTES
& autres Amusemens.
JUGEMENT du
Procés de la petitefille
à deuxmeres
,
dont
j'aiparlédansle Mercure
de Novembre.
De Lion ce 20 Fevrier.
'i Ilseroitinutiledevous
envoyer un dispositifennuïeux
de la Sentenceren
duë au sujet de la petite
fille à deux meres ,
suffit
de vous dire que la mere
mariéea estéreceuë à
prouver les faits par elle
articulezauprocés ;sçavoirquelle
avoit esté
grosse
,
quelle avoit à
laitél'enfant,&c. mais
par provision l'enfant a
estéremis entre les mains
de la merefille, qui le reclamoit,
& cela termine
le procés ; parce que la
mere mariée ditqu'ellen'a
pas le moyen depoursuivre,
& l'on Ifllit dans
la Ville, qu'outre qu'elle
riapas de preuvessuffisantes,
le pere qui estoit
si curieux d'avoir ligneé,,
n'aplusdegoustpourun
enfantéquivoque;&ainsi
l'on croit que leschoses
en demeureront là : au
reste
, vous m'avcZ-J demandé
avec instance les
particularitéssecrettesde
ce que vous appcfteZ-J dans
vostre Mercure. La circonfiance
la plus étcnante
de toute l'Histoire
,
l'on a vû la timide
Angelique cacher
en tremblant les suites de
son mariage secret, &on
la voit à present reclamer
publiquement le témoin
desa faute. Ellenecraint
plus de publier sa honte;
ce changement ne paroît
pas vrai-semblable, &c.
Je vous envoye, MonsieuryUsratjonssecrettes
qui rendentcet éclat vraipmblahLs,
y vousajufie-,
rez ces vevïtez^ak refle de
l'Histoire. Jesuis, &c.
FIN
De l'Histoire de Cleonte
& d*Angclique*
Angeliquenavoit aucunes eu aucunes nnoouuvveelllleess de ffbann
cherCleonte,depuis qu'el
le l'avoit vû partir pour
aller obtenir de son pere
la permission d'achever
ce mariage dont le commencement
avoitesté
trop précipité; Cleonte
en partant de Lion estoit
rempli d'amour & de
reconnoissance ; mais
tout cela se refroidit un
peu sur les chemins ; il y
a cent lieuës de Lion à
Paris, peu de jeunes
Cleontes peuvent porter
Ci loin un violent
amour sans en rien perdre
, &surtout un amour
heureux, celui-ci
aimoit pourtant encore
Angelique en arrivant à
Paris J mais il y trouva
son pere mort, il salut
heriter de cent mil écus ;
il fut sioccupé du plaisir
&de soins de cette grosse
succession,quiln'eut pas
leloisirde penser davantageàAngelique.
-
Aprés un oubli de quelques
années --;. Cleonte
tombamalade de la maladiedontil
mourut,&
avant sa more un de ses
amis lui aprit qu'il estoit
ressé à la pauvre Angélique
un gage vivant de
l'amour qu'elle avoiteu
pour lui ; il eftoiç honneste
homme à l'inconscontance
prés, & de plus
il alloitmourir ; il écrivitde
sa mainune espece
de Testament,par lequel
il époufoit Angelique
,
en laissant vingt mille
livres, dont la mere joüira
jusqu'a la majorité de
l'enfant, & de plus, une
forte pension à la mere
sa vie durant.
Cleonte mourut ensuite,
& surcette nouvelle,
Angelique fut agitée de
divers mouvemens,elle
apprend que son cher
Cleonte est mort ; mais
elle lavoit cru inconstant;
c'est encore pis
pour une femme; joignez
à cela le mariage posthume
qui reparc son
honneur, elle doit estre
un peu consolée ; quoi
qu'il en fair, ces raisons
l'ont obligée à reclamer
la petite fille, & à faire
cet éclat qui ne paroissoit
pas vrai-semblable dans
une fille sage & modèle.
DU MERCURE.
HISTORIETTES
& autres Amusemens.
JUGEMENT du
Procés de la petitefille
à deuxmeres
,
dont
j'aiparlédansle Mercure
de Novembre.
De Lion ce 20 Fevrier.
'i Ilseroitinutiledevous
envoyer un dispositifennuïeux
de la Sentenceren
duë au sujet de la petite
fille à deux meres ,
suffit
de vous dire que la mere
mariéea estéreceuë à
prouver les faits par elle
articulezauprocés ;sçavoirquelle
avoit esté
grosse
,
quelle avoit à
laitél'enfant,&c. mais
par provision l'enfant a
estéremis entre les mains
de la merefille, qui le reclamoit,
& cela termine
le procés ; parce que la
mere mariée ditqu'ellen'a
pas le moyen depoursuivre,
& l'on Ifllit dans
la Ville, qu'outre qu'elle
riapas de preuvessuffisantes,
le pere qui estoit
si curieux d'avoir ligneé,,
n'aplusdegoustpourun
enfantéquivoque;&ainsi
l'on croit que leschoses
en demeureront là : au
reste
, vous m'avcZ-J demandé
avec instance les
particularitéssecrettesde
ce que vous appcfteZ-J dans
vostre Mercure. La circonfiance
la plus étcnante
de toute l'Histoire
,
l'on a vû la timide
Angelique cacher
en tremblant les suites de
son mariage secret, &on
la voit à present reclamer
publiquement le témoin
desa faute. Ellenecraint
plus de publier sa honte;
ce changement ne paroît
pas vrai-semblable, &c.
Je vous envoye, MonsieuryUsratjonssecrettes
qui rendentcet éclat vraipmblahLs,
y vousajufie-,
rez ces vevïtez^ak refle de
l'Histoire. Jesuis, &c.
FIN
De l'Histoire de Cleonte
& d*Angclique*
Angeliquenavoit aucunes eu aucunes nnoouuvveelllleess de ffbann
cherCleonte,depuis qu'el
le l'avoit vû partir pour
aller obtenir de son pere
la permission d'achever
ce mariage dont le commencement
avoitesté
trop précipité; Cleonte
en partant de Lion estoit
rempli d'amour & de
reconnoissance ; mais
tout cela se refroidit un
peu sur les chemins ; il y
a cent lieuës de Lion à
Paris, peu de jeunes
Cleontes peuvent porter
Ci loin un violent
amour sans en rien perdre
, &surtout un amour
heureux, celui-ci
aimoit pourtant encore
Angelique en arrivant à
Paris J mais il y trouva
son pere mort, il salut
heriter de cent mil écus ;
il fut sioccupé du plaisir
&de soins de cette grosse
succession,quiln'eut pas
leloisirde penser davantageàAngelique.
-
Aprés un oubli de quelques
années --;. Cleonte
tombamalade de la maladiedontil
mourut,&
avant sa more un de ses
amis lui aprit qu'il estoit
ressé à la pauvre Angélique
un gage vivant de
l'amour qu'elle avoiteu
pour lui ; il eftoiç honneste
homme à l'inconscontance
prés, & de plus
il alloitmourir ; il écrivitde
sa mainune espece
de Testament,par lequel
il époufoit Angelique
,
en laissant vingt mille
livres, dont la mere joüira
jusqu'a la majorité de
l'enfant, & de plus, une
forte pension à la mere
sa vie durant.
Cleonte mourut ensuite,
& surcette nouvelle,
Angelique fut agitée de
divers mouvemens,elle
apprend que son cher
Cleonte est mort ; mais
elle lavoit cru inconstant;
c'est encore pis
pour une femme; joignez
à cela le mariage posthume
qui reparc son
honneur, elle doit estre
un peu consolée ; quoi
qu'il en fair, ces raisons
l'ont obligée à reclamer
la petite fille, & à faire
cet éclat qui ne paroissoit
pas vrai-semblable dans
une fille sage & modèle.
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Résumé : JUGEMENT du Procés de la petite fille à deux meres, dont j'ai parlé dans le Mercure de Novembre. De Lion ce 20 Fevrier.
Le texte décrit un procès impliquant Angelique et son enfant, né d'une relation secrète avec Cleonte. Deux mères se disputent la garde : la mère biologique, Angelique, et la mère adoptive. Angelique n'a pas pu prouver sa grossesse et l'allaitement, ce qui a conduit à la garde de l'enfant par la mère adoptive. Angelique a abandonné le procès, probablement en raison du manque de preuves et du désintérêt de Cleonte. La relation entre Angelique et Cleonte a commencé par un mariage secret, mais Cleonte a changé d'avis en route vers Paris, où il a hérité d'une fortune et oublié Angelique. Des années plus tard, malade, Cleonte a reconnu Angelique et leur fille dans un testament, leur laissant une somme d'argent et une pension. Après sa mort, Angelique a réclamé l'enfant, déclenchant le procès.
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2089
p. 135-143
CHANSON contre le Caffé. Sur le même Air des Bourgeois de Chastres & de Mont-l'hery.
Début :
Quelle bizarre verve [...]
Mots clefs :
Liqueur, Café
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON contre le Caffé. Sur le même Air des Bourgeois de Chastres & de Mont-l'hery.
CHANSON
contre le Caffé.
Sur le même Air des
Bourgeois de Chastres
&deMont-l'hery.
f]¡ucUe bigarre verve
M'avoirdoncéchauffe?
En dépit de Minervefay
chantéle Caffe:
Les Dieux ont rebute
Cette boijonbrûlante ;,
L'amertume qu'elle a
la, la,
Nfpeut quecheZj Pluton
don, don,
Meriterqu'on la chante,
Dansles enfers Orfée
Entrantfortaltéré,
Grogonnemal coefée,
apportaleCaffé;
LeChantrej~ Voyant la liqueur noire,
Que medonnez-vous là ?
la, lae
Pour chanter la chanson,
don, don,
C'est du vinqu'ilfaut
boire.
Vive lefeu bachique
Qui nous rend tous
Joyeux;
Cassémélancolique!
Le tien ejl dangereux,
Cyeji unfeu tenebreux,
Feunoir, &feufansfame,
Sournois il nous rendra
la, la,
C'estunfumeuxcharbon,
don,don,
Qui nous noircira l'âme.
Ilprendsurlanature.
Plus d'un Docteur l'a
dità
On paye avec ujure
Ce qu'il donne à crédit,
Oncroitquil nousfournit
Espritsen abondance;
Mais dans ces moments
là>
la la}
C'est nostre proprefond,
donydon,
Que le traistredepense.
Lesçavant Hipocrate
Ditquecette liqueur
Enresserrant larate
oJe la belle humeur,
Auxenvirons du coeur
Dissipant la tendresse
Detous ces quartiers là
la,la,
En cbassantCupidon)
don, don,
Il bannitl'allagresse,
Lorsque Bachuspropice
M'atroublé le cerrveltu,
Le Caffè parmalice
Vient tirerle rideau,
Jevoyoois tout en beau
Cette liqueur cruelle,
Parla vertu qu'elle a
la,la,
Réveillant maraifln,
don,don,
Mafaitpester contr' lle.
Celuyqui s'habituë
Au breuvage enfumé
Quandfin heure est venue
Ce/Je d'estre animé
D'un imbecile ila
Le langage& la mine
Le Casséseul pourra,
la,la,
Decestupide oiJOn,
don, don,
Remonter la machine.
Il .,-,- excite la bile ;" '!
Etson activités,
Rend lafemmeindocile
Avec malignit'e*t--.
LtiDémoriâù Caffe,
S'e'tabhjfanten France,
Femellesrassembla
l&y l&y
Entrelies ce Demon
don, don,
Souffla la médisance.
Ilcftde ce breuvage
Ainsiquedesamours,
Toujours on en dit rage
Etl'on en prend toujours;
Tel tout haut les blâma
Quitoutbas leurfitgrâce.
pour vousprouvercela,',' la,la,
De ce CafféDemon,
don9dony
Je vaisprendre unetasse.
contre le Caffé.
Sur le même Air des
Bourgeois de Chastres
&deMont-l'hery.
f]¡ucUe bigarre verve
M'avoirdoncéchauffe?
En dépit de Minervefay
chantéle Caffe:
Les Dieux ont rebute
Cette boijonbrûlante ;,
L'amertume qu'elle a
la, la,
Nfpeut quecheZj Pluton
don, don,
Meriterqu'on la chante,
Dansles enfers Orfée
Entrantfortaltéré,
Grogonnemal coefée,
apportaleCaffé;
LeChantrej~ Voyant la liqueur noire,
Que medonnez-vous là ?
la, lae
Pour chanter la chanson,
don, don,
C'est du vinqu'ilfaut
boire.
Vive lefeu bachique
Qui nous rend tous
Joyeux;
Cassémélancolique!
Le tien ejl dangereux,
Cyeji unfeu tenebreux,
Feunoir, &feufansfame,
Sournois il nous rendra
la, la,
C'estunfumeuxcharbon,
don,don,
Qui nous noircira l'âme.
Ilprendsurlanature.
Plus d'un Docteur l'a
dità
On paye avec ujure
Ce qu'il donne à crédit,
Oncroitquil nousfournit
Espritsen abondance;
Mais dans ces moments
là>
la la}
C'est nostre proprefond,
donydon,
Que le traistredepense.
Lesçavant Hipocrate
Ditquecette liqueur
Enresserrant larate
oJe la belle humeur,
Auxenvirons du coeur
Dissipant la tendresse
Detous ces quartiers là
la,la,
En cbassantCupidon)
don, don,
Il bannitl'allagresse,
Lorsque Bachuspropice
M'atroublé le cerrveltu,
Le Caffè parmalice
Vient tirerle rideau,
Jevoyoois tout en beau
Cette liqueur cruelle,
Parla vertu qu'elle a
la,la,
Réveillant maraifln,
don,don,
Mafaitpester contr' lle.
Celuyqui s'habituë
Au breuvage enfumé
Quandfin heure est venue
Ce/Je d'estre animé
D'un imbecile ila
Le langage& la mine
Le Casséseul pourra,
la,la,
Decestupide oiJOn,
don, don,
Remonter la machine.
Il .,-,- excite la bile ;" '!
Etson activités,
Rend lafemmeindocile
Avec malignit'e*t--.
LtiDémoriâù Caffe,
S'e'tabhjfanten France,
Femellesrassembla
l&y l&y
Entrelies ce Demon
don, don,
Souffla la médisance.
Ilcftde ce breuvage
Ainsiquedesamours,
Toujours on en dit rage
Etl'on en prend toujours;
Tel tout haut les blâma
Quitoutbas leurfitgrâce.
pour vousprouvercela,',' la,la,
De ce CafféDemon,
don9dony
Je vaisprendre unetasse.
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Résumé : CHANSON contre le Caffé. Sur le même Air des Bourgeois de Chastres & de Mont-l'hery.
La chanson critique sévèrement le café, le qualifiant de boisson amère et dangereuse. Les dieux et même Pluton le rejettent. Orphée, assoiffé, préfère le vin pour chanter. Le café est décrit comme un feu ténébreux et sournois qui noircit l'âme et affecte négativement la nature humaine. Bien que certains pensent qu'il stimule l'esprit, il épuise les ressources personnelles. Hippocrate observe que le café resserre la rate, dissipe la tendresse autour du cœur et bannit l'allégresse, contrairement au vin qui trouble agréablement l'esprit. Le café rend les gens imbéciles, excite la bile et rend les femmes indociles. En France, il est associé à la médisance et aux amours. Malgré les critiques, sa consommation persiste, et même ceux qui le blâment en secret en apprécient les effets. Pour prouver ses dires, l'auteur décide de boire une tasse de café.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2090
p. 144
« Les trois Enigmes du mois passé sont toutes trois sur [...] »
Début :
Les trois Enigmes du mois passé sont toutes trois sur [...]
Mots clefs :
Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les trois Enigmes du mois passé sont toutes trois sur [...] »
Article des Enigmes.
LescroisEnigmes ,:: du LestroisEnigmesdu
moispassé sonttoutes
trois sur le même mot:
ce mqt estjc^^
LescroisEnigmes ,:: du LestroisEnigmesdu
moispassé sonttoutes
trois sur le même mot:
ce mqt estjc^^
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2091
p. 147
Explication de la troisiéme Enigme.
Début :
C'est pour faire du sang que le pain se pétrit, [...]
Mots clefs :
Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explication de la troisiéme Enigme.
Explicationdela troi--
liérne Enigme.
C-lefl-pour faire du ping
que lepainsepétrit,
Cefangagitavecl'espritj.
C'cft lefang,quifaitune
bessey
Et s*ilrieftpasl'amoury*
illemetdansla teste.
liérne Enigme.
C-lefl-pour faire du ping
que lepainsepétrit,
Cefangagitavecl'espritj.
C'cft lefang,quifaitune
bessey
Et s*ilrieftpasl'amoury*
illemetdansla teste.
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2092
p. 160-161
ENIGME du mois.
Début :
Naturelle dans ma parure, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME du mois.
ENIGME
du mois.
Naturelle dans ma parure,
Etbizare dans macoëf-,
fure;
J'ai la peau douce & le
tein brun,
Voici ce quej'ai de commun
Avec unebellepersonne.
Sijenefuispoint tendre
9 helasonm'abandonne;
Mais pour tel qui desire
ardemmentde mavoir,
Je commence à devenir
bonne
Lorsqueje me dispose à
ne plus rien valoir,
du mois.
Naturelle dans ma parure,
Etbizare dans macoëf-,
fure;
J'ai la peau douce & le
tein brun,
Voici ce quej'ai de commun
Avec unebellepersonne.
Sijenefuispoint tendre
9 helasonm'abandonne;
Mais pour tel qui desire
ardemmentde mavoir,
Je commence à devenir
bonne
Lorsqueje me dispose à
ne plus rien valoir,
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2093
p. 166-168
CHANSON sur le Caffé. Sur l'Air, Réveillez-vous, belle endormie.
Début :
Divin Caffé, tous les Poëtes, [...]
Mots clefs :
Café
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON sur le Caffé. Sur l'Air, Réveillez-vous, belle endormie.
CHANSON
sur leCaffe.
Sur l'Air, Réveillez-vous,
-
belle endormie. Divin caffé, tous les Poètes,
Chaque jour routent tes
bienfaits
;
-
Mais pourquoi par des Chansonnettes
).VeVl/ttent-ils point tes attraits?
Je veux romprel'ingrat silence
Des hostes du SacréVallon>
Fais parler ma reconnaissance,
Et vient meservird'Apollon.
Tu sçais animer l'éloquence
,
Tu frais reveillerles esprits
5 Etsouvent ta vive influence
produit le feu de nos écrits.
si la migraine ose paroistre
Avec son funeste bandeau ;
C'estpartoiquejevoisrenaistre
L'heureufl paix dans mon cerveau,
Tout danstoijusqu'a la fumée,
Produit des effets merveilleux
Jesens cette nuë embaumée;
Fortifer mes foibles yeux.
Loin d'ici lejus que Pomone,
EtBachus vient nousprésenter ;
La raison que le Cassé donne,
Ils ne Peuvent que nous l'oster.
DisparoissezLiqueursbruslantes
c!0! portez l'incendie au Cæltr:
Du Cassé les forces plus lentes
N'ont qu'une benigne chaleur,
Tous les jours l'Aurore nouvelle
Me verra cette coupe en main,
Par ce jusla Parque cruelle
sçaura respectermondessein,
sur leCaffe.
Sur l'Air, Réveillez-vous,
-
belle endormie. Divin caffé, tous les Poètes,
Chaque jour routent tes
bienfaits
;
-
Mais pourquoi par des Chansonnettes
).VeVl/ttent-ils point tes attraits?
Je veux romprel'ingrat silence
Des hostes du SacréVallon>
Fais parler ma reconnaissance,
Et vient meservird'Apollon.
Tu sçais animer l'éloquence
,
Tu frais reveillerles esprits
5 Etsouvent ta vive influence
produit le feu de nos écrits.
si la migraine ose paroistre
Avec son funeste bandeau ;
C'estpartoiquejevoisrenaistre
L'heureufl paix dans mon cerveau,
Tout danstoijusqu'a la fumée,
Produit des effets merveilleux
Jesens cette nuë embaumée;
Fortifer mes foibles yeux.
Loin d'ici lejus que Pomone,
EtBachus vient nousprésenter ;
La raison que le Cassé donne,
Ils ne Peuvent que nous l'oster.
DisparoissezLiqueursbruslantes
c!0! portez l'incendie au Cæltr:
Du Cassé les forces plus lentes
N'ont qu'une benigne chaleur,
Tous les jours l'Aurore nouvelle
Me verra cette coupe en main,
Par ce jusla Parque cruelle
sçaura respectermondessein,
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Résumé : CHANSON sur le Caffé. Sur l'Air, Réveillez-vous, belle endormie.
Le texte célèbre les vertus du café, une boisson prisée des poètes. L'auteur exprime sa gratitude pour les bienfaits du café, qui stimule l'éloquence et clarifie l'esprit. Le café est également loué pour son aptitude à soulager la migraine et à restaurer la sérénité mentale. À la différence du tabac ou de l'alcool, le café est présenté comme ayant des effets positifs et apaisants. L'auteur déclare qu'il consommera du café quotidiennement pour prolonger sa vie, en accord avec les desseins de la Parque, divinité du destin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2094
p. 193-248
HISTORIETTE presque toute veritable.
Début :
Dans une Ville de Province, deux Dames voisines se haïssoient [...]
Mots clefs :
Femme, Vertu, Voisines, Cavalier, Mari, Veuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HISTORIETTE presque toute veritable.
HISTORIETTE
presque toute veritable.
Dans
une Ville de
Province, deux Dames
voisines se haîffoient)
parce que leurs caracteres
estoientopposez.L'une
que j'appelleray Cephise,
estoitjeune, enjouée
,
tres-vertueuse
mais trop vive , pour s'ajf
sujettir aux bienseances
qui doivent accompagner
la vertu.
,
L'autre Dame avoit
au contraire tant de delicatesse
sur ces bienfeait
ces,qu'elle eut, en un
besoin, sacrifié la vertu
même à la vanité de paroistre
plus scrupuleuse
que les voisines. C'estoit
en médisantde leur conduite
qu'elle donnoit de
l'éclat à la tienne, &
Cephise estoit celle de les
voisines qu'elle attaquoit
le plus cruellement par
sess medisances.
Cephise avoit épousé
depuis peu de temps un
fort galant homme, qui
charmé de son enjouement
,&Cperliiadé de sa
vertu, ne la contraignoit
en rien: maisDorimene
qui dominoit dans toutes
les maifbm où l'on
vouloit bien la souffrir
faisoit des remontrances
sèveres non-seulement
à la femme sur les petites
imprudences qui luy échappoient,
mais encore
au mary sur ce qu'il donnoit
trop de liberté à sa
femme.
Les remontrances que
Dorimenefaisoit à cette
jeune personne la piquoient
encore plus que
tout le mal qu'elle pouvoit
dire d'elle. Unjour
elle pensoit à s'en venger
, lorsquune Couturièrequi
les habilloittoutes
deux vint luy conter
pour la réjouir une nouvveelllleeintrigue
d'un Cavalierarrivé
dans la Ville
depuis quelques jours.
Lisette
)
c'estoit le nom
de la Couturiere, ne
manquoit pas d'esprit
& elle estoit à peu prés
de l'humeur de Cephise.
Cellede Dorimeneluy
déplaisoit fort. Dorimene
payoit avec chagrin,
& <jueïeloit volontiers
ses ouvrières:deplus.,
elle avoit souvent ennuyé
Lisette du recit de
les bonnes avions
,
elle
en faisoitl'élogeà ses donieftiques-
ii-iefi-ilc,quand
elle ne sçavoit plus à qui
les conter.
Dorimene estoit veuvedepuis
unan,&assez
richepouravoir plû à un
jeune Avanturier , qui
avoit feint pour elle une
belle passion. Cette severeveuve
l'avoit rebuté
pendant quelques jours,
mais enfin le trouvant à
son gré elle luyavoit fait
eipqrerquelle l'epouse
-JOit quand les deux années
de fou veuvage femoient
accomplies:cependantelle
ne vouloit
paspermettre qu'il la vit
ayant ce temps- là à
moins que ce ne fut
tres-secretement.
-
CCfat,a peu preset
que Lisette raconta àCeptriCb
ellevenoit de rapprendre
d'une femme
qui avoit ménagé chez
„nHeJila campagne cette
avanture au Cavalier. --
Cephise mena promener
Lisette avec elle
pour avoir le loisir de le
faire redire vingt fois la
mesme croie ; elle ne
pouvoit se lasser de l'entendre,
ni croirecequ'elle
entendoit. Mais lorsqu'elle
en fut bien persuadée,
elle ne respira
plus que le plaisir de [e
venger en se rejoüissant.
Cette jeune folatre imagine
cent plaisanteries à
faire sur l'intrigue de la
veuve,ilfalloitensçavoir
des circonstances plus
particulières ,&CLifctte
à qui Cephise fit esperer
recompense, promit
de suivre de prés cette
affaire.Ellesétoient dans
un jardin ouvert pour
les honnestes gens de la
Ville, elles [e promenoient
dans une allée détournée,
Cephise estoit
veituë tres -
négligemment
,
& enveloppée
dans une echarpe noire
;Lisètte qui estoit
ce jour-là fort ajustée,
luy dit en riant,Madame,
si tout le monde
ne se connoissoit pas
dans une petite Ville,
son me seroit peut-estre
l'honneur de me prendre
pour vostreMaistres
se. Cephise ne fit point
d'attention à ce discours,
parce qu'elle examinoit
un jeune homme fort
bienfait qu'elle ne connoissoit
point pourestre
de la Ville. Lisetteestoit
trés-jolie. Ce Cavalier
qui cherchoit avanture,
avoit envie de l'aborder.
Dés que Cephise l'eut
fait remarquer à Lisette,
t:llc le. reconnut pour
l'Amant de Dorimene,
-carelle l'avoit vu entrer
un jour chez cette Dame
,comme elle en sortoit.
Cephise qui avoit
l'imagination vive,forma
son projet dans le
moment ,
elle le communique
à Lisette qui
enchérit encore sur l'idée
de Cephise : enfin
aprés avoir fait quelques
tours d'allée tousjours
suivies de l'Avanturier,
elles se placèrent sur un
banc,où il vintaussitost
s'asseoir à cofté de Lisette.
Après quelques regards
de part & d'autre,
leCavalier luy adres
sa la parole: la fortune,
luy dit-il, m'est bien favorable
!quel bonheurà
un hommeestranger
dans cette Ville, d'y
trouver d'abord cequ'il
y a de plus aimable. Lisette
répondit à cette galanterie
d'une maniéré à
s'en attirer une seconde
& la conversation dura,
autant qu'il fallut pour
faire consentir Lisette
avec bienseance à l'offre
qu'il luy fit de la remener
à son logis, ce quelle
n'auroit pas souffert,
disoit-elle, si son mary
n'eust pas esté absent :
elle luy fit ensuite le portrait
d'un mary haïssable.
Elle prit enfin avec
luy le nom & le rôlle de
Cephise
,
pendant que
Çephise la suivoit respectueusementcommeune
fille de chambre
,
& ils
arrivèrent ainsi au logis
de Cephise. Le Cavalier
tout occupé des charmes
de celle qu'il conduisoit,
arriva à la porte sans s'estre
encor apperçu qu'il
citait dans la ruë de Dorimene;
il fut estonné de
se trouver à portéed'en
direvû, mais heureusement
il estoit fort tart.
Il avoit demandé permission
à Lisette de la
venir voir le lendemain:
elle luy permit, à condition
qu'il y viendrait
à la mesme heure sur la
brune, car, disoit-elle,
j'ay une voiline trés-médisante,
& je ferois perduë
si elle voyoit entrer
un jeune homme chez
moyen l'absencedemon
mary. Vous jugez bien
que cette précaution de
Lisetteplus fort au Cavalier.
Il estoit ravi de
faire connoissanceavec
cette jeune beautépour
se dédommager de sa
complaisance interessée
pour la veuve, maisil.
estoit dangereux de la
rendre jalouse. Il fut
donc charméde l'air mysterieux
stericux dont Lisettè
commençoit à lier merce; com- il 111crce ; il la ttrroouuvvooiitt
charmante, il en avoit
esté bien reçu. Elle pouvoit
à la verité luy parroistre
suspecte ducofté
de la regularité, mais
celle de Dorimene estoit
si triste, qu'un tel contraste
leréjoüissoit; il aimoit
la varieté.Enfinil
sseerreetitriaracchheezzlluuyyfoforrtt
content de sa soirée.
Dés qu'il fut parti ;
Cephise éclata derire.
N'ay-je pas bien jolie
mon rôle,luy dit Lisette
; à merveille repartit
Cephise. Tu coucheras
icy ce [air, il ne manquera
pas demain de revenir;
tu prendras mon
plus bel habit, & moy
qui luis pour luy ta fille
de chambre, je l'introduiray
dans mon appartement
où tu le recevras.
Mon mary ne reviendra
que dans deuxjours, Se
pour lors nostre projet
ièra en estat de pouvoir
luy estre communiquée.
Cephise avoit sa vengeance
en teste, &C de
plus ces fortes d'amusements
estoient du goust
d'une jeune folastre
qui sans faire , aucune reflexion
surlaconsequence
des choses, se reposoit
sur l'innocence de les intentions.
Nostre Galand ne manqua
pas de revenir le lendemain,
enveloppe dans
unmanteau,de peurque
Dorimene ne put le reconnoistre
en cas qu'elle
l'apperçeust
,
& il ne
pouvoit pas manquer
d'estre apperçu de celle
dont la plus agreable occupationestoit
d'expier
les actions de sa voisine.
L'heure de la visite,
la circonstance du mary
absent
,
&C l'air mysterieux
dont on introduisit
sans lumiere nostre
homme à bonne fortune
luyfirent croire que ce
Galand estoit pour Cephise.
Elle en eut autant
de joye que si ç'eutesté
pourelle.Que! plaisirde
pouvoir perdre de réputation
sa voisine
,
quand
il luy en prendroit fantaisse.
A l'égard de nostre
Amant, il fut surpris de
voir Lisette 11 richement
vestuë, & dans un appartement
magnifique.
Elle ajousta à cela une
fierté si adroitement ménagée,
qu'elle le rendit
des ce soir-là veritablement
amoureux,&c'est
ce qu'on vouloit pour
tirer de luy des particularitez
qui puisent prouver
la galanterie de la
veuve. Toute l'entrevûë
du lendemain fut employée
par Lisette à faire
esperer des faveurs au
Galant s'il vouloit sacrifier
Dorimene. On luy
permettoit bien ce feindre
de l'aimer
,
& ., de
donner ses soins à celle
qui pouvoit faire sa fortune
,
mais on vouloit
avoir le coeur & la confiance.
En un mot Lisette
fit tant que le Cavalier
promit dapporterle lendemain
des Lettres passionnées
de Dorimene;
c'est tout ce qu'on souhaitoit.
On ne vouloit
disoit-on, , que les lire &
les luy rendre dans le
moment.
Les choses en estoient
là lorsqu'un contre-tems
fascheux pensa tout gaster.
Le mary enarrivant
de la campagne estoit
descendu decarossechez
un amyquil'yavoit mené.
Il revenoit seul chez
luylorsqu'il vit un jeune
homme entrer sous une
porte, prendre dans le
plus beau tems du monde
un manteau que luy
apportoit un Laquais,
& oster un plumet qui
estoit
estoit à ion chapeau.
Cet air de mystere à
l'heure qu'ilestoit, donna
de la curiosité au
mary ; il fuit de loin;
il observe, & voyant
qu'on entre dans sa ruë,
qui estoit aussi celle de
Dorimene
,
il pense
d'abord à elle; ce feroit
une plaisante avanture
,
disoit-il en luymesme,
si ce Galand-cy
estoit sur le conte de nostrevoisine.
Quellesur-
2prise, quand il voit qu'il
estsurlesien. On entre
chez sa femme ; ilapperçoit,
malgrél'obscurité,
une espece de fille de
chambre qui introduit
le Cavalier &referme la
porte. Il l'ouvre doucement
avec son passe-partout;
le Galand a déja
gagné un petit degré; il
le fuit au bruit; monte
aprés luy jusqu'à une
garderobe de l'appar-
-tement de sa femme.
Il a avoüé depuis que
malgré la confiance qu'il
avoit en elle, il fut si vivement
frappé de jalousie
qu'il ne se possedoit
plus. Cephise en habit
de fille de chambre aprés
avoir fait entrer le Cavalier
dans le cabinet
où l'attendoit Lisette
, entendit marcher derriere
elle. Elle court au
bruit & repousse rudement
son mary sans feavoirquic'estoit.
Ilvoyoit
à la lueur des bougies
qui étoient dans ce cabinet
dont la porte estoit
restée entrouverte: que
voyoit-il, justeciel, celle
qu'il croyoit sa femme
par l'habit, se laissoit baiserlamain
par ce Cavalier.
Il estoit si troublé
qu'il crut encore voir
plus qu'il ne voyoit. Il
resta immobile d'estonnement
& de douleur,
car ce n'estoit pas un
mary emporté. Sa femme
qui le reconnut dans
ce moment, fit un éclat
de rirecomme une petite
fole quelle estoit ;
elle l'elnbraife en luy disant
tout bas de ne pas
faire de bruit. Il commence
à lareconnoistre,
& cela redouble son
embarras. Sa femme
l'embrasse d'uncosté,il
croit la voir de l'autre
avec celuy qui le deshonore
: enfin elle l'entraisne
dehors en achevant
de le détromper
& folaftrant tousjours
avec luy
, ne sçauriezvous,
luy dit-elle, voir
tranquillement vostre
femmeavec sonGaland?
je vous ay pris en flagrant
delit de jalousie,
jene vous pardonneray
qu'àune condition,c'est
que vousm'aiderez àme
venger des aigres remontrances
que Dorimene
me fait tous les
jours, je veux luyen faire
de mieuxfondées.
Elle luy explique son
projet où le mary charmé
de s'estre trompé,
entra de tout son coeur.
Elle luy dit que lisette
devoit tirer ce incline
soir du Cavalier
,
des
Lettres de la veuve ,
& -
qu'ellealloitvoir à quoy
en estoient les choses,
Pendant ce temps-là,
continua-t-elle
,
allez
disposesDorimene a venùtantost
souperavec
nous. Allez
, je vous envoyeray
avertir quand
nostre Avantuiersera
parti : maisgardez-vous
derientémoignerencore
a Dorimene , ce a- table queje veux me ré:
jouir,enbûvant à sesinclinations
,
& nous la
confondronsau dessert,
en presence de quelques,
amies qui depuis vostre.
départ viennent tous les,
loirs.fouper-,avec moy
pour me consoler de v«
stre absence.
Lemaryalla dans ce
moment chezDorimene
qui fut ravie de le
voir de retour. Après les
premiers compliments,
la conversation devint
agreable; raillerie fine
de part & d'autre, chacun
avoit son point de
veuë;l'unestoit fort par
tout ce qu'ilsçavoit, &
l'autresorte aussi par les
choses
;
qu'elle croyoit
sçavoir elle attaque le
mary sur la confiance
1
aveugle quil avoit en la
femme; effectivement
luy disoit-elle d'un ton
doucereux & malin,il
est des vertus si solides
qu'elles se conservent
mesme au milieu de la
coquetterielaplus enjouée
; comme il en est,
repliqua-t-il, desi fragiles
qu'ellesne peuvent le
conserverà l'abri de la
prudence laplus austere.
Aprés plusieurs traits
dont les derniersestoient
tousjours les plusvifs, il
en échapa au mary quelqu'un
si piquant, que la
veuve pour ss'eenn venger
lascha un mot sur ce
qu'elleavoit vû en son
absence.Le mary feignit
d'en estre allarmé? &C la
conjura trés-serieusementdesexpliquer.
La
prude feignant de son
costé d'estre fafchée d'en
avoir trop dit, je vous
tairois le reste, continuat-
elle
,
si je pouvoisen
conscience vous cacher
un desordre que vous
pourrez empescher. Plus
la charitable veuve taschoit
de prouver aumary
son deshonneur,plus
il feignoit d'entreren fureur
contre sa femme
y il imagina sur l'heure
ce que vous allez, voir,
&commençaain/î fOli
jeu. Ah Madame! s'écria-
t-il tout-à-coup
,
comme s'ileust esté penetré
de douleur, ne
m'abandonnez pas en
cette occasion, vous venez
de merendre un service
de véritable amie,
enm'apprenant que je
fuis le plus malheureux
hommedumonde, achevez
la bonne oeuvre que
vous avez commencé, il
s'agit de corriger ma
semis-le., de la convertir
& non pas de la perdre,
je ne veux point éclatet,
je ne me possederoispas
allez II j'allois seul luy
parler, suivez-moy Madame,
ayez la charité de
me suivre
,
& de luy
faire pour moy une correction
si terrible, que
lahonte&: le dépit qu'elle
en aura la rende sage
à l'avenir,il est sur qu'elle
vous craint plus que
moy, vous la verrez joumise
&confonduë par la
haute idée qu'elle a de
vostre caractère.
-
La veuve charmée de
se voir tant d'autorité sur
son ennemie triomphoit
par avance, & suivit
nostre faux jaloux qui
l'amena chez luy dans le
moment. Il entra le premier
, la priant de rester
dans une salle baffe, &C
courut avertir sa femme
du nouveau desseinqu'il
avoit conceu.Deuxmots
la mirent au fait, & il
revint aussi-tost vers Dorimene
, comme troublé
, comme agité d'une
rage qu'il vouloit modérer
par raison. Ah ma
2r;j
chere Dame, s'écriat-
il en l'embrassant presque
, ayez pitié de moy,
le Galand estlà haut avec
ma femme. Il reste
un rrîoment comme eltourdy
du coup, & feignant
ensuite de reprendre
courage: mais
,
luy
dit-il, le Ciel fait tout
pour le mieux ; c'est
peut-estre un bien pour
moyde pouvoir surprendre
ainsi ma femme,
pour l'humilierdavantage,
tage , pour la convaincre
, pour la confondre ;
montons par ce petit degré.
Ils montèrent ensemble
dans la garderobe
dont nous avons parlé,
& d'où la bonne Dame
apperçutd'abord ion
Amant. Elle crut le
tromper le mary la tenant
par le bras l'entrainoit
tousjours vers la
chambre où estoit la lumiere.
Elle reconnoift le
traistre un frisson la
prend; elle reste immobile.
Le hazard fit
encore pour l'accabler
davantage, que le Cavalier
voulant enfin tirer
de Lisette les faveurs
quelleluylaissoit esperer,
redoubloit à haute
voix ses ferments d'amour
pour elle, & de
mépris pour sa veuve.
Oüy
,
disoit-il d'un ton
passionné
,
oiiy
,
charmante
Cephise, je meprise
allez Dorimene
pour ne la jamais voir sielle
ne me faisoit pas ma
fortune. Cependant le
mary malin luy disoit:il
n'aime que ma femme
,
vous l'entendez: ne fuisje
pas le plus malheureux
de tous les maris. Il
l'entrainoit
'-;
tousjours
vers la chambre
,
Dorimenemalgré
sa douteux
, ne laissoit pas d'estre
un peu consolée pan
celle du mary, & par la
confufîou qu'allait avoir
son ennemie : mais cette
petite consolation s'évanoüit
dés qu'elle eut apperçu
la Couturière dans
les habits de Cephisè, &
Cephile elle-mesme entrer
avec deux ou trois
amies. Le Cavalier gagnela
porte, &laveuve
reste accablée de honte
& de douleur: à peine
a-t-elle la force defuir;le
mary ,
la femme & les,
amies la reconduisirent
chez elle avec les railleries
les plus piquantes,
luy conseillant de ne se
niellerjamais de faire
des reprimandes à plus
sage qu'elle.
On dit que la veuve
n'en fut pasquitte pour
cette avanie,&que TAvanturier
tousjours aimable,
quoyqu'infidele,
trouva le moyen de se
raccommoder. Elle eust
la foiblesse de l'épouser
dans une autre Ville, où
elle fut contrainte d'aller
habiter, parce que
les railleries & les vaudevilles
la chasserent de
celle où cette Histoire
s'est passé. On dit mesme
quece jeune ingrat
l'ayant fort maltraitée
aprés quelques mois
-
de
mariage, elle plaide encore
à present pour parvenir
à séparation.
presque toute veritable.
Dans
une Ville de
Province, deux Dames
voisines se haîffoient)
parce que leurs caracteres
estoientopposez.L'une
que j'appelleray Cephise,
estoitjeune, enjouée
,
tres-vertueuse
mais trop vive , pour s'ajf
sujettir aux bienseances
qui doivent accompagner
la vertu.
,
L'autre Dame avoit
au contraire tant de delicatesse
sur ces bienfeait
ces,qu'elle eut, en un
besoin, sacrifié la vertu
même à la vanité de paroistre
plus scrupuleuse
que les voisines. C'estoit
en médisantde leur conduite
qu'elle donnoit de
l'éclat à la tienne, &
Cephise estoit celle de les
voisines qu'elle attaquoit
le plus cruellement par
sess medisances.
Cephise avoit épousé
depuis peu de temps un
fort galant homme, qui
charmé de son enjouement
,&Cperliiadé de sa
vertu, ne la contraignoit
en rien: maisDorimene
qui dominoit dans toutes
les maifbm où l'on
vouloit bien la souffrir
faisoit des remontrances
sèveres non-seulement
à la femme sur les petites
imprudences qui luy échappoient,
mais encore
au mary sur ce qu'il donnoit
trop de liberté à sa
femme.
Les remontrances que
Dorimenefaisoit à cette
jeune personne la piquoient
encore plus que
tout le mal qu'elle pouvoit
dire d'elle. Unjour
elle pensoit à s'en venger
, lorsquune Couturièrequi
les habilloittoutes
deux vint luy conter
pour la réjouir une nouvveelllleeintrigue
d'un Cavalierarrivé
dans la Ville
depuis quelques jours.
Lisette
)
c'estoit le nom
de la Couturiere, ne
manquoit pas d'esprit
& elle estoit à peu prés
de l'humeur de Cephise.
Cellede Dorimeneluy
déplaisoit fort. Dorimene
payoit avec chagrin,
& <jueïeloit volontiers
ses ouvrières:deplus.,
elle avoit souvent ennuyé
Lisette du recit de
les bonnes avions
,
elle
en faisoitl'élogeà ses donieftiques-
ii-iefi-ilc,quand
elle ne sçavoit plus à qui
les conter.
Dorimene estoit veuvedepuis
unan,&assez
richepouravoir plû à un
jeune Avanturier , qui
avoit feint pour elle une
belle passion. Cette severeveuve
l'avoit rebuté
pendant quelques jours,
mais enfin le trouvant à
son gré elle luyavoit fait
eipqrerquelle l'epouse
-JOit quand les deux années
de fou veuvage femoient
accomplies:cependantelle
ne vouloit
paspermettre qu'il la vit
ayant ce temps- là à
moins que ce ne fut
tres-secretement.
-
CCfat,a peu preset
que Lisette raconta àCeptriCb
ellevenoit de rapprendre
d'une femme
qui avoit ménagé chez
„nHeJila campagne cette
avanture au Cavalier. --
Cephise mena promener
Lisette avec elle
pour avoir le loisir de le
faire redire vingt fois la
mesme croie ; elle ne
pouvoit se lasser de l'entendre,
ni croirecequ'elle
entendoit. Mais lorsqu'elle
en fut bien persuadée,
elle ne respira
plus que le plaisir de [e
venger en se rejoüissant.
Cette jeune folatre imagine
cent plaisanteries à
faire sur l'intrigue de la
veuve,ilfalloitensçavoir
des circonstances plus
particulières ,&CLifctte
à qui Cephise fit esperer
recompense, promit
de suivre de prés cette
affaire.Ellesétoient dans
un jardin ouvert pour
les honnestes gens de la
Ville, elles [e promenoient
dans une allée détournée,
Cephise estoit
veituë tres -
négligemment
,
& enveloppée
dans une echarpe noire
;Lisètte qui estoit
ce jour-là fort ajustée,
luy dit en riant,Madame,
si tout le monde
ne se connoissoit pas
dans une petite Ville,
son me seroit peut-estre
l'honneur de me prendre
pour vostreMaistres
se. Cephise ne fit point
d'attention à ce discours,
parce qu'elle examinoit
un jeune homme fort
bienfait qu'elle ne connoissoit
point pourestre
de la Ville. Lisetteestoit
trés-jolie. Ce Cavalier
qui cherchoit avanture,
avoit envie de l'aborder.
Dés que Cephise l'eut
fait remarquer à Lisette,
t:llc le. reconnut pour
l'Amant de Dorimene,
-carelle l'avoit vu entrer
un jour chez cette Dame
,comme elle en sortoit.
Cephise qui avoit
l'imagination vive,forma
son projet dans le
moment ,
elle le communique
à Lisette qui
enchérit encore sur l'idée
de Cephise : enfin
aprés avoir fait quelques
tours d'allée tousjours
suivies de l'Avanturier,
elles se placèrent sur un
banc,où il vintaussitost
s'asseoir à cofté de Lisette.
Après quelques regards
de part & d'autre,
leCavalier luy adres
sa la parole: la fortune,
luy dit-il, m'est bien favorable
!quel bonheurà
un hommeestranger
dans cette Ville, d'y
trouver d'abord cequ'il
y a de plus aimable. Lisette
répondit à cette galanterie
d'une maniéré à
s'en attirer une seconde
& la conversation dura,
autant qu'il fallut pour
faire consentir Lisette
avec bienseance à l'offre
qu'il luy fit de la remener
à son logis, ce quelle
n'auroit pas souffert,
disoit-elle, si son mary
n'eust pas esté absent :
elle luy fit ensuite le portrait
d'un mary haïssable.
Elle prit enfin avec
luy le nom & le rôlle de
Cephise
,
pendant que
Çephise la suivoit respectueusementcommeune
fille de chambre
,
& ils
arrivèrent ainsi au logis
de Cephise. Le Cavalier
tout occupé des charmes
de celle qu'il conduisoit,
arriva à la porte sans s'estre
encor apperçu qu'il
citait dans la ruë de Dorimene;
il fut estonné de
se trouver à portéed'en
direvû, mais heureusement
il estoit fort tart.
Il avoit demandé permission
à Lisette de la
venir voir le lendemain:
elle luy permit, à condition
qu'il y viendrait
à la mesme heure sur la
brune, car, disoit-elle,
j'ay une voiline trés-médisante,
& je ferois perduë
si elle voyoit entrer
un jeune homme chez
moyen l'absencedemon
mary. Vous jugez bien
que cette précaution de
Lisetteplus fort au Cavalier.
Il estoit ravi de
faire connoissanceavec
cette jeune beautépour
se dédommager de sa
complaisance interessée
pour la veuve, maisil.
estoit dangereux de la
rendre jalouse. Il fut
donc charméde l'air mysterieux
stericux dont Lisettè
commençoit à lier merce; com- il 111crce ; il la ttrroouuvvooiitt
charmante, il en avoit
esté bien reçu. Elle pouvoit
à la verité luy parroistre
suspecte ducofté
de la regularité, mais
celle de Dorimene estoit
si triste, qu'un tel contraste
leréjoüissoit; il aimoit
la varieté.Enfinil
sseerreetitriaracchheezzlluuyyfoforrtt
content de sa soirée.
Dés qu'il fut parti ;
Cephise éclata derire.
N'ay-je pas bien jolie
mon rôle,luy dit Lisette
; à merveille repartit
Cephise. Tu coucheras
icy ce [air, il ne manquera
pas demain de revenir;
tu prendras mon
plus bel habit, & moy
qui luis pour luy ta fille
de chambre, je l'introduiray
dans mon appartement
où tu le recevras.
Mon mary ne reviendra
que dans deuxjours, Se
pour lors nostre projet
ièra en estat de pouvoir
luy estre communiquée.
Cephise avoit sa vengeance
en teste, &C de
plus ces fortes d'amusements
estoient du goust
d'une jeune folastre
qui sans faire , aucune reflexion
surlaconsequence
des choses, se reposoit
sur l'innocence de les intentions.
Nostre Galand ne manqua
pas de revenir le lendemain,
enveloppe dans
unmanteau,de peurque
Dorimene ne put le reconnoistre
en cas qu'elle
l'apperçeust
,
& il ne
pouvoit pas manquer
d'estre apperçu de celle
dont la plus agreable occupationestoit
d'expier
les actions de sa voisine.
L'heure de la visite,
la circonstance du mary
absent
,
&C l'air mysterieux
dont on introduisit
sans lumiere nostre
homme à bonne fortune
luyfirent croire que ce
Galand estoit pour Cephise.
Elle en eut autant
de joye que si ç'eutesté
pourelle.Que! plaisirde
pouvoir perdre de réputation
sa voisine
,
quand
il luy en prendroit fantaisse.
A l'égard de nostre
Amant, il fut surpris de
voir Lisette 11 richement
vestuë, & dans un appartement
magnifique.
Elle ajousta à cela une
fierté si adroitement ménagée,
qu'elle le rendit
des ce soir-là veritablement
amoureux,&c'est
ce qu'on vouloit pour
tirer de luy des particularitez
qui puisent prouver
la galanterie de la
veuve. Toute l'entrevûë
du lendemain fut employée
par Lisette à faire
esperer des faveurs au
Galant s'il vouloit sacrifier
Dorimene. On luy
permettoit bien ce feindre
de l'aimer
,
& ., de
donner ses soins à celle
qui pouvoit faire sa fortune
,
mais on vouloit
avoir le coeur & la confiance.
En un mot Lisette
fit tant que le Cavalier
promit dapporterle lendemain
des Lettres passionnées
de Dorimene;
c'est tout ce qu'on souhaitoit.
On ne vouloit
disoit-on, , que les lire &
les luy rendre dans le
moment.
Les choses en estoient
là lorsqu'un contre-tems
fascheux pensa tout gaster.
Le mary enarrivant
de la campagne estoit
descendu decarossechez
un amyquil'yavoit mené.
Il revenoit seul chez
luylorsqu'il vit un jeune
homme entrer sous une
porte, prendre dans le
plus beau tems du monde
un manteau que luy
apportoit un Laquais,
& oster un plumet qui
estoit
estoit à ion chapeau.
Cet air de mystere à
l'heure qu'ilestoit, donna
de la curiosité au
mary ; il fuit de loin;
il observe, & voyant
qu'on entre dans sa ruë,
qui estoit aussi celle de
Dorimene
,
il pense
d'abord à elle; ce feroit
une plaisante avanture
,
disoit-il en luymesme,
si ce Galand-cy
estoit sur le conte de nostrevoisine.
Quellesur-
2prise, quand il voit qu'il
estsurlesien. On entre
chez sa femme ; ilapperçoit,
malgrél'obscurité,
une espece de fille de
chambre qui introduit
le Cavalier &referme la
porte. Il l'ouvre doucement
avec son passe-partout;
le Galand a déja
gagné un petit degré; il
le fuit au bruit; monte
aprés luy jusqu'à une
garderobe de l'appar-
-tement de sa femme.
Il a avoüé depuis que
malgré la confiance qu'il
avoit en elle, il fut si vivement
frappé de jalousie
qu'il ne se possedoit
plus. Cephise en habit
de fille de chambre aprés
avoir fait entrer le Cavalier
dans le cabinet
où l'attendoit Lisette
, entendit marcher derriere
elle. Elle court au
bruit & repousse rudement
son mary sans feavoirquic'estoit.
Ilvoyoit
à la lueur des bougies
qui étoient dans ce cabinet
dont la porte estoit
restée entrouverte: que
voyoit-il, justeciel, celle
qu'il croyoit sa femme
par l'habit, se laissoit baiserlamain
par ce Cavalier.
Il estoit si troublé
qu'il crut encore voir
plus qu'il ne voyoit. Il
resta immobile d'estonnement
& de douleur,
car ce n'estoit pas un
mary emporté. Sa femme
qui le reconnut dans
ce moment, fit un éclat
de rirecomme une petite
fole quelle estoit ;
elle l'elnbraife en luy disant
tout bas de ne pas
faire de bruit. Il commence
à lareconnoistre,
& cela redouble son
embarras. Sa femme
l'embrasse d'uncosté,il
croit la voir de l'autre
avec celuy qui le deshonore
: enfin elle l'entraisne
dehors en achevant
de le détromper
& folaftrant tousjours
avec luy
, ne sçauriezvous,
luy dit-elle, voir
tranquillement vostre
femmeavec sonGaland?
je vous ay pris en flagrant
delit de jalousie,
jene vous pardonneray
qu'àune condition,c'est
que vousm'aiderez àme
venger des aigres remontrances
que Dorimene
me fait tous les
jours, je veux luyen faire
de mieuxfondées.
Elle luy explique son
projet où le mary charmé
de s'estre trompé,
entra de tout son coeur.
Elle luy dit que lisette
devoit tirer ce incline
soir du Cavalier
,
des
Lettres de la veuve ,
& -
qu'ellealloitvoir à quoy
en estoient les choses,
Pendant ce temps-là,
continua-t-elle
,
allez
disposesDorimene a venùtantost
souperavec
nous. Allez
, je vous envoyeray
avertir quand
nostre Avantuiersera
parti : maisgardez-vous
derientémoignerencore
a Dorimene , ce a- table queje veux me ré:
jouir,enbûvant à sesinclinations
,
& nous la
confondronsau dessert,
en presence de quelques,
amies qui depuis vostre.
départ viennent tous les,
loirs.fouper-,avec moy
pour me consoler de v«
stre absence.
Lemaryalla dans ce
moment chezDorimene
qui fut ravie de le
voir de retour. Après les
premiers compliments,
la conversation devint
agreable; raillerie fine
de part & d'autre, chacun
avoit son point de
veuë;l'unestoit fort par
tout ce qu'ilsçavoit, &
l'autresorte aussi par les
choses
;
qu'elle croyoit
sçavoir elle attaque le
mary sur la confiance
1
aveugle quil avoit en la
femme; effectivement
luy disoit-elle d'un ton
doucereux & malin,il
est des vertus si solides
qu'elles se conservent
mesme au milieu de la
coquetterielaplus enjouée
; comme il en est,
repliqua-t-il, desi fragiles
qu'ellesne peuvent le
conserverà l'abri de la
prudence laplus austere.
Aprés plusieurs traits
dont les derniersestoient
tousjours les plusvifs, il
en échapa au mary quelqu'un
si piquant, que la
veuve pour ss'eenn venger
lascha un mot sur ce
qu'elleavoit vû en son
absence.Le mary feignit
d'en estre allarmé? &C la
conjura trés-serieusementdesexpliquer.
La
prude feignant de son
costé d'estre fafchée d'en
avoir trop dit, je vous
tairois le reste, continuat-
elle
,
si je pouvoisen
conscience vous cacher
un desordre que vous
pourrez empescher. Plus
la charitable veuve taschoit
de prouver aumary
son deshonneur,plus
il feignoit d'entreren fureur
contre sa femme
y il imagina sur l'heure
ce que vous allez, voir,
&commençaain/î fOli
jeu. Ah Madame! s'écria-
t-il tout-à-coup
,
comme s'ileust esté penetré
de douleur, ne
m'abandonnez pas en
cette occasion, vous venez
de merendre un service
de véritable amie,
enm'apprenant que je
fuis le plus malheureux
hommedumonde, achevez
la bonne oeuvre que
vous avez commencé, il
s'agit de corriger ma
semis-le., de la convertir
& non pas de la perdre,
je ne veux point éclatet,
je ne me possederoispas
allez II j'allois seul luy
parler, suivez-moy Madame,
ayez la charité de
me suivre
,
& de luy
faire pour moy une correction
si terrible, que
lahonte&: le dépit qu'elle
en aura la rende sage
à l'avenir,il est sur qu'elle
vous craint plus que
moy, vous la verrez joumise
&confonduë par la
haute idée qu'elle a de
vostre caractère.
-
La veuve charmée de
se voir tant d'autorité sur
son ennemie triomphoit
par avance, & suivit
nostre faux jaloux qui
l'amena chez luy dans le
moment. Il entra le premier
, la priant de rester
dans une salle baffe, &C
courut avertir sa femme
du nouveau desseinqu'il
avoit conceu.Deuxmots
la mirent au fait, & il
revint aussi-tost vers Dorimene
, comme troublé
, comme agité d'une
rage qu'il vouloit modérer
par raison. Ah ma
2r;j
chere Dame, s'écriat-
il en l'embrassant presque
, ayez pitié de moy,
le Galand estlà haut avec
ma femme. Il reste
un rrîoment comme eltourdy
du coup, & feignant
ensuite de reprendre
courage: mais
,
luy
dit-il, le Ciel fait tout
pour le mieux ; c'est
peut-estre un bien pour
moyde pouvoir surprendre
ainsi ma femme,
pour l'humilierdavantage,
tage , pour la convaincre
, pour la confondre ;
montons par ce petit degré.
Ils montèrent ensemble
dans la garderobe
dont nous avons parlé,
& d'où la bonne Dame
apperçutd'abord ion
Amant. Elle crut le
tromper le mary la tenant
par le bras l'entrainoit
tousjours vers la
chambre où estoit la lumiere.
Elle reconnoift le
traistre un frisson la
prend; elle reste immobile.
Le hazard fit
encore pour l'accabler
davantage, que le Cavalier
voulant enfin tirer
de Lisette les faveurs
quelleluylaissoit esperer,
redoubloit à haute
voix ses ferments d'amour
pour elle, & de
mépris pour sa veuve.
Oüy
,
disoit-il d'un ton
passionné
,
oiiy
,
charmante
Cephise, je meprise
allez Dorimene
pour ne la jamais voir sielle
ne me faisoit pas ma
fortune. Cependant le
mary malin luy disoit:il
n'aime que ma femme
,
vous l'entendez: ne fuisje
pas le plus malheureux
de tous les maris. Il
l'entrainoit
'-;
tousjours
vers la chambre
,
Dorimenemalgré
sa douteux
, ne laissoit pas d'estre
un peu consolée pan
celle du mary, & par la
confufîou qu'allait avoir
son ennemie : mais cette
petite consolation s'évanoüit
dés qu'elle eut apperçu
la Couturière dans
les habits de Cephisè, &
Cephile elle-mesme entrer
avec deux ou trois
amies. Le Cavalier gagnela
porte, &laveuve
reste accablée de honte
& de douleur: à peine
a-t-elle la force defuir;le
mary ,
la femme & les,
amies la reconduisirent
chez elle avec les railleries
les plus piquantes,
luy conseillant de ne se
niellerjamais de faire
des reprimandes à plus
sage qu'elle.
On dit que la veuve
n'en fut pasquitte pour
cette avanie,&que TAvanturier
tousjours aimable,
quoyqu'infidele,
trouva le moyen de se
raccommoder. Elle eust
la foiblesse de l'épouser
dans une autre Ville, où
elle fut contrainte d'aller
habiter, parce que
les railleries & les vaudevilles
la chasserent de
celle où cette Histoire
s'est passé. On dit mesme
quece jeune ingrat
l'ayant fort maltraitée
aprés quelques mois
-
de
mariage, elle plaide encore
à present pour parvenir
à séparation.
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Résumé : HISTORIETTE presque toute veritable.
L'historiette se déroule dans une ville de province où deux voisines, Cephise et Dorimene, se haïssent en raison de leurs caractères opposés. Cephise, jeune et enjouée, est vertueuse mais trop vive. Dorimene, quant à elle, sacrifie la vertu à la vanité de paraître scrupuleuse et médit constamment de Cephise, qui a récemment épousé un homme charmant et tolérant. Dorimene fait des remontrances sévères à Cephise et à son mari sur la liberté accordée à la jeune femme. Un jour, la couturière Lisette, qui habille les deux dames, raconte à Cephise une intrigue impliquant un cavalier récemment arrivé en ville. Cephise voit là une opportunité de se venger de Dorimene. Elle imagine une plaisanterie et, avec l'aide de Lisette, tend un piège au cavalier. Ce dernier, croyant courtiser Cephise, se rend chez elle et est accueilli par Lisette déguisée en Cephise. Le mari de Cephise, de retour inattendu, surprend la scène et croit voir sa femme avec un amant. Cephise, déguisée en fille de chambre, le rassure et lui explique son plan de vengeance contre Dorimene. Le mari, charmé par la ruse, accepte de l'aider. Ils invitent Dorimene à souper et, au dessert, révèlent la supercherie en présence d'amies de Dorimene. Le mari de Cephise, feignant la colère, demande des explications à Dorimene sur les médisances qu'elle a faites en son absence. Dorimene, cherchant à se venger, laisse échapper un mot compromettant, mais le mari et Cephise réussissent à la confondre. Parallèlement, un homme jaloux et malheureux demande à une amie de l'aider à corriger sa femme, qu'il accuse d'infidélité. Il souhaite que cette amie, respectée et crainte par sa femme, lui fasse une sévère réprimande. L'amie accepte et suit l'homme dans sa maison. L'homme informe ensuite sa femme de la présence de l'amie et de son intention de surprendre sa femme en flagrant délit d'infidélité. La femme, accompagnée de l'amie, découvre son amant en compagnie de la servante Lisette, déguisée en Cephise. La situation devient embarrassante lorsque l'amant exprime publiquement son mépris pour la veuve Dorimene. La veuve, accablée de honte et de douleur, est finalement reconduite chez elle par le mari, la femme et leurs amies, qui la raillent et la conseillent de ne plus se mêler des affaires des autres. Après cette avanie, la veuve se réconcilie avec l'aventurier infidèle et l'épouse dans une autre ville pour échapper aux railleries. Cependant, après quelques mois de mariage, elle est maltraitée et cherche actuellement à obtenir une séparation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2095
p. 240-242
« Le Roy d'Espagne a fait une promotion de Maréchaux [...] »
Début :
Le Roy d'Espagne a fait une promotion de Maréchaux [...]
Mots clefs :
Roi d'Espagne, Maréchaux, Brigadiers
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texteReconnaissance textuelle : « Le Roy d'Espagne a fait une promotion de Maréchaux [...] »
te Roy d'Espagne a faitune
promotion de Maréchaux
deCamp& de Brigadiers.
-
Mare'chaux DE CAMP.
M. le Marquis de villa-.
-
tuerce.
Don Antonio Marin.
D. Antoniodel Castillo.
D. Pedro AriésdeOsores
D PatricioLaules.
M.le Vicomte d'Autresal.
M. le Comte de Rivieres..
Don Joseph de Chaves. ;
D.
D. Loüisde Cordoua.
D. FabricioRufo.
M. le Marquis de Palavicini
Mr le Baron de Huart.
Mrle Chevalier du Bas.
Don Marcos d'Araziel.
D. Francisco Ribadeo.
D Francisco Ybanes.
D. Antonio Piñatelli.
BRIGADIERS.
Don Diego Gonsales.
Mr le Comte de Gomiecourt.
D. Juan de Zercçeda.
D. Liberato Espinosa.
D. Felix d'Aragon.
D. Lope de Oses.
D. Nicolas San Séverine.
D. Joseph Vallejo.
Mr leComte de Melun.
Don Francisco de Evoli.
D. Fernando Costanzo.
D. Antonio deGusman.
D. Carlos de Arizaga.
Mr le Marquis deTorre-
Mayor.
Don Juan d'Aranda.
D. Loüis d' Apante.
D.Pedro Rubio.
Mr le Comte de Salvatierra.
promotion de Maréchaux
deCamp& de Brigadiers.
-
Mare'chaux DE CAMP.
M. le Marquis de villa-.
-
tuerce.
Don Antonio Marin.
D. Antoniodel Castillo.
D. Pedro AriésdeOsores
D PatricioLaules.
M.le Vicomte d'Autresal.
M. le Comte de Rivieres..
Don Joseph de Chaves. ;
D.
D. Loüisde Cordoua.
D. FabricioRufo.
M. le Marquis de Palavicini
Mr le Baron de Huart.
Mrle Chevalier du Bas.
Don Marcos d'Araziel.
D. Francisco Ribadeo.
D Francisco Ybanes.
D. Antonio Piñatelli.
BRIGADIERS.
Don Diego Gonsales.
Mr le Comte de Gomiecourt.
D. Juan de Zercçeda.
D. Liberato Espinosa.
D. Felix d'Aragon.
D. Lope de Oses.
D. Nicolas San Séverine.
D. Joseph Vallejo.
Mr leComte de Melun.
Don Francisco de Evoli.
D. Fernando Costanzo.
D. Antonio deGusman.
D. Carlos de Arizaga.
Mr le Marquis deTorre-
Mayor.
Don Juan d'Aranda.
D. Loüis d' Apante.
D.Pedro Rubio.
Mr le Comte de Salvatierra.
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Résumé : « Le Roy d'Espagne a fait une promotion de Maréchaux [...] »
Le roi d'Espagne a promu plusieurs maréchaux de camp et brigadiers. Parmi les maréchaux figurent le marquis de Villaturce, don Antonio Marin et don Antonio del Castillo. Les brigadiers promus incluent don Diego Gonsales, le comte de Gomiecourt et don Juan de Zercçeda.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2096
p. 243-245
Nouvelles d'Espagne.
Début :
La nuit du 23. au 24. de Février, la Garnison de [...]
Mots clefs :
Espagne, Barcelone
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvelles à*EJpagne.
Lanuit du23. au24.
de Février, la Garnison de
Balaguer consistant en
deux Bataillons, abandonna
cette place après avoir
fait fauter une partie des
fortifications. M. le Marquis
deValdecañas qui cftoit
campé aux environs
& qui se disposoit à l'atta-,
quer, envoya incontinent
un détachement pour se
saisir des portes,& plusieurs
partis à la poursuite de la
Garnison. Le lendemain
ses Troupes entrerent dans
la Ville, où l'on trouva
h it pieces de Canon, deux
Mortiers,& des munitions,
&les Troupes qui avoient
poursuivi la Garnison ont
ramené deux cens Prisonniers.
1
Il y a des Lettres qui
portent qu'il y a de grandes
divisions à Barcelone;
que l'Archiduc ne s'y trouvant
point en Ceureté,.chcr..
choit les moyens de pouvoir
en sortir pour se retirer
en Italie; mais que les
Espagnols rebelles s'opposoient
à son dessein.
Lanuit du23. au24.
de Février, la Garnison de
Balaguer consistant en
deux Bataillons, abandonna
cette place après avoir
fait fauter une partie des
fortifications. M. le Marquis
deValdecañas qui cftoit
campé aux environs
& qui se disposoit à l'atta-,
quer, envoya incontinent
un détachement pour se
saisir des portes,& plusieurs
partis à la poursuite de la
Garnison. Le lendemain
ses Troupes entrerent dans
la Ville, où l'on trouva
h it pieces de Canon, deux
Mortiers,& des munitions,
&les Troupes qui avoient
poursuivi la Garnison ont
ramené deux cens Prisonniers.
1
Il y a des Lettres qui
portent qu'il y a de grandes
divisions à Barcelone;
que l'Archiduc ne s'y trouvant
point en Ceureté,.chcr..
choit les moyens de pouvoir
en sortir pour se retirer
en Italie; mais que les
Espagnols rebelles s'opposoient
à son dessein.
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
La nuit du 23 au 24 février, la garnison de Balaguer quitta la ville après avoir détruit des fortifications. Le Marquis de Valdecañas prit la ville, découvrit des armes et captura deux cents prisonniers. À Barcelone, des divisions importantes menacent l'Archiduc, qui cherche à se retirer en Italie.
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2097
p. 245-246
NOUVELLES de Constantinople.
Début :
Les Lettres de Constantinople du 4 Février portent [...]
Mots clefs :
Constantinople
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de Constantinople.
NOUVELLES
de Constantinople.
Les Lettres de Constantinople
du 4. Février portent
qu'on y avoit publié
l'ordre du Grand Seigneur
en forme de Manifeste
,
pour justifier la déclaration
de guerre contre les
Moscovites ; que l'Armée
qui fera commandée par
le Grand-Visir fera de plus
de deux cens mille hom
nies, sans y comprendre les
Tartares
,
donc le Kan eltoit
sorti de la Crimée, &
avoitpassè le Boristhene.
de Constantinople.
Les Lettres de Constantinople
du 4. Février portent
qu'on y avoit publié
l'ordre du Grand Seigneur
en forme de Manifeste
,
pour justifier la déclaration
de guerre contre les
Moscovites ; que l'Armée
qui fera commandée par
le Grand-Visir fera de plus
de deux cens mille hom
nies, sans y comprendre les
Tartares
,
donc le Kan eltoit
sorti de la Crimée, &
avoitpassè le Boristhene.
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2098
p. 246-249
MORTS.
Début :
Nicolas Boileau sieur Despreaux, l'un des quarante [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Nicolas Boileau sieur
Despreaux
,
l'un des quarante
de l'Académie Françoise
,
est mort sans alliance
le15. Mars 1711. âgé de
73. ans 4. mois. On en parlera
plus au long dans le
mois prochain.
MessireClaude deChotseus,
premier Maréchal de
France, Chevalier des Ordresdu
Roy, Gouverneur
delaVille & Citadelle de
Valenciennes, mourut le
15. Mars. Il estoit dans sa
soixante & dixhuitiéme
année. On en parlera au
mois prochain.
J.
RenéeBouthillierde
Chavigny,veuve de Jean
de Beuzelin
,
Chevalier
Seigneur de Bosmelet, Baron
d'Aufray
,
Seigneur de
Toste
, &c. Président à
Mortier au Parlement de
Normandie, est morte le
20. Mars17 H. âgée de 70.
ans, laissant pour fille unique
Anne-Marie de Beuzelin,
qui a épousé le
1 8.Juin
1698. Henry Jacques du
Caumont,Ducde la Force
)
Pair de France, &c.
Antoine Charles-Louis
Comte de Boufflers, Gouverneur
General de Flandres
>
Colonel d'un Regiment
d'Infanterie,filsaisné
de Louis François Duc
de Boufflers,Pair & Maréchal
de France, Chevalier
des Ordresdu Roy ôc de la
Toison d'Or, Capitaine
des Gardes du Corps de Sa
Majesté
, est mort le 22..
Mars IiII. âgé de 14. ans
3.mois.
MargueriteAngélique
deBethune,,Abbesse de S.
Pierre de R heims,est morte
âgée de 85. ans. Elle
estoitfille defeuMr le Duc
d'Orval, premier Ecuyer
de la Reine Mere
)
& il y
avoit soixante ans qu'elleestoit
Abbesse.
Donsfaitsparle
Nicolas Boileau sieur
Despreaux
,
l'un des quarante
de l'Académie Françoise
,
est mort sans alliance
le15. Mars 1711. âgé de
73. ans 4. mois. On en parlera
plus au long dans le
mois prochain.
MessireClaude deChotseus,
premier Maréchal de
France, Chevalier des Ordresdu
Roy, Gouverneur
delaVille & Citadelle de
Valenciennes, mourut le
15. Mars. Il estoit dans sa
soixante & dixhuitiéme
année. On en parlera au
mois prochain.
J.
RenéeBouthillierde
Chavigny,veuve de Jean
de Beuzelin
,
Chevalier
Seigneur de Bosmelet, Baron
d'Aufray
,
Seigneur de
Toste
, &c. Président à
Mortier au Parlement de
Normandie, est morte le
20. Mars17 H. âgée de 70.
ans, laissant pour fille unique
Anne-Marie de Beuzelin,
qui a épousé le
1 8.Juin
1698. Henry Jacques du
Caumont,Ducde la Force
)
Pair de France, &c.
Antoine Charles-Louis
Comte de Boufflers, Gouverneur
General de Flandres
>
Colonel d'un Regiment
d'Infanterie,filsaisné
de Louis François Duc
de Boufflers,Pair & Maréchal
de France, Chevalier
des Ordresdu Roy ôc de la
Toison d'Or, Capitaine
des Gardes du Corps de Sa
Majesté
, est mort le 22..
Mars IiII. âgé de 14. ans
3.mois.
MargueriteAngélique
deBethune,,Abbesse de S.
Pierre de R heims,est morte
âgée de 85. ans. Elle
estoitfille defeuMr le Duc
d'Orval, premier Ecuyer
de la Reine Mere
)
& il y
avoit soixante ans qu'elleestoit
Abbesse.
Donsfaitsparle
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Résumé : MORTS.
En mars 1711, plusieurs personnalités notables sont décédées. Nicolas Boileau, membre de l'Académie Française, est mort sans alliance le 15 mars à 73 ans et 4 mois. Le même jour, Claude de Chotseus, premier Maréchal de France et Gouverneur de Valenciennes, est décédé à 78 ans. Jean Renée Bouthillier de Chavigny, veuve de Jean de Beuzelin et Présidente à Mortier au Parlement de Normandie, est morte le 20 mars à 70 ans, laissant une fille unique, Anne-Marie de Beuzelin. Antoine Charles-Louis, Comte de Boufflers, Gouverneur Général de Flandres et Colonel d'un Régiment d'Infanterie, est décédé le 22 mars à l'âge de 14 ans et 3 mois. Marguerite Angélique de Bethune, Abbesse de Saint-Pierre de Reims, est morte à 85 ans après avoir occupé cette fonction pendant soixante ans. Des informations supplémentaires sur certains de ces décès seront fournies le mois suivant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2099
p. 249-250
Dons faits par le Roy.
Début :
Sa Majesté a donné le Gouvernement de Valenciennes, vacant [...]
Mots clefs :
Roi, Dons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons faits par le Roy.
onsfaitsparle Roy.
Sa Majesté a donné le
Gouvernement de Valenciennes,
vacant par la mort
de MrleMaréchal deChoiseul,
àMr le Chevalier de
Luxembourg; &celuy de
Langrcs à Mr le Chevalier
dePezeux. 'tJ.
Le Roy adonné l'Abbaye
du Port-Royal de Paris
àMe de Montperoux,
Abbesse du Paraclet d'Amiens;
& cette derniereà
Me le Vergeur de Saint
Souplet - Religieuse du
mesme Ordre.
A Peronne ce 25. Mars
1711.
MONSIEUR, :
Sa Majesté a donné le
Gouvernement de Valenciennes,
vacant par la mort
de MrleMaréchal deChoiseul,
àMr le Chevalier de
Luxembourg; &celuy de
Langrcs à Mr le Chevalier
dePezeux. 'tJ.
Le Roy adonné l'Abbaye
du Port-Royal de Paris
àMe de Montperoux,
Abbesse du Paraclet d'Amiens;
& cette derniereà
Me le Vergeur de Saint
Souplet - Religieuse du
mesme Ordre.
A Peronne ce 25. Mars
1711.
MONSIEUR, :
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2100
p. 250-256
A Peronne ce 25. Mars 1711.
Début :
MONSIEUR, Vous serez bien aise de sçavoir le détail de [...]
Mots clefs :
Péronne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Peronne ce 25. Mars 1711.
A Peronne ce 25. Mars
1711.
MONSIEUR, :1; Vousserezbienaise defça-
'Voir le détail de la nouvelle
trahison découverte à Peronne.
Un nomméJourdain dit
la Mothe vint à Peronne en
qualitédegarde; ily demeura
quelquetemps: enfin ilyépousa
une fille. Cet homme fust
révoquéde sa Commission peu
de temps aprésson mariage off
nesçachant plus que faire, il
proposa àMrle Major de Peronne
de le fairePartisans,
(7promit de faire des captures.
lienfitfaire uneesse£li~
vement depuis peu de jours.
Vonapprit par un Courier
dqéupeislcjhaéudoeituMnpradretyRfoenrttiiedree
Doüayous le commandement
de Mrle ColonelBaptiste. Ce
Baptiste estoit arcompagne de
trois personnes des environs de
Peronne, qui luyavoientpromis
de leur faire brusler les
magasins de fourrages quisont
icy. Une heure aprèsson a reçeu
un autre Courier de Mr
de Vieuxpont qui commande
dans Cambray qui apportoit le
mesmeavis, & ajoustoit qu'il
alloit faire sortir des Parjts
de Cambraypourtascher de
tombersur ces gens-là.Dans le
temps que l'on a reçu ces a'Vi;>
ce Lamotheestoit à Peronne
*
&yavoitintroduit des estran.
gers pour examiner tejlat dela
place, & prendre lesmesures
convenables pour leurdessein.
Le lendemain
ce la Mothe
parti de Peronne à lapointe
du jour poursi rendre au
rendez-vous qui luy avoit
esté donné, &où il devoit recevoirun
Cheval que le Gouverneur
deD OÜtry luienvoyoit.
Il se rendit ducostê Darleu
où il trouva le nomméle Suisse
païsan lui luy amena le
Cheval qu on luy avoit promis,
C luy dit que Mr Baptiste
avecsaTrouppe lesuivoit
de près. Dans ce temps il a
perçu un de nos Partis qui
estoient tous Grenadiers deGrederAllemand;
croyant que c'é.
toit le PartydeBaptiste ilse
jetta dans nostre Party, &
demanda d'abord où estoitMrr
Baptisse: le Commandantluy
repondit il est derriere, il DA
arriver,entrons dans ce bois.
Quant ily fust on l'arresta
Aussî-bien que le Suijje, £T
d'abord il dit jefuis un homme
perdu. Onle conduisit a
Cambray & le lendemain a
Arras,ou le xi. de ce mois il
sufl déclaré atteint & convaincu
de haute trahison pour
avoirvoulu livrer la,Villede
Peronne aux Ennemis &y
Avoir introduit des personnes
ennemiespourexaminer l'estat
de la Place : pour reparation
dse que ilfustcondamne à estre
rompuvif, un quartd'heure
après estranglé
, &son corps
porté à Peronnepour estre coupe
en 4. pièces & exposésur
les portes de la Ville yce qui
vient d'estreexecuté. On luy
a aussidonné la question ordinaire
& extraordinaire pour
connoistre ses complices.L'intention
de ce malheureux estoit
dintroduire dans Peronnt une
trentaine de Personnes &les
faire loger dans trente Cabarets
différents
)
qui devoient
tous mettre le feu dans leurs
Cabarets lamesmenuità une
mesme heure & pendant
quonauroit esté occupe aux
feux
,
introduire du monde
dans la Ville &s'en emparer.
Il ne luy auroitpoint eslèsaelle
de livrer la Ville
, parce
que nous arvons icy unegrosse
Garnison
,
maisils auroient
brusé toute la Ville, ou du
moins nos magasins.
OEUVRES
1711.
MONSIEUR, :1; Vousserezbienaise defça-
'Voir le détail de la nouvelle
trahison découverte à Peronne.
Un nomméJourdain dit
la Mothe vint à Peronne en
qualitédegarde; ily demeura
quelquetemps: enfin ilyépousa
une fille. Cet homme fust
révoquéde sa Commission peu
de temps aprésson mariage off
nesçachant plus que faire, il
proposa àMrle Major de Peronne
de le fairePartisans,
(7promit de faire des captures.
lienfitfaire uneesse£li~
vement depuis peu de jours.
Vonapprit par un Courier
dqéupeislcjhaéudoeituMnpradretyRfoenrttiiedree
Doüayous le commandement
de Mrle ColonelBaptiste. Ce
Baptiste estoit arcompagne de
trois personnes des environs de
Peronne, qui luyavoientpromis
de leur faire brusler les
magasins de fourrages quisont
icy. Une heure aprèsson a reçeu
un autre Courier de Mr
de Vieuxpont qui commande
dans Cambray qui apportoit le
mesmeavis, & ajoustoit qu'il
alloit faire sortir des Parjts
de Cambraypourtascher de
tombersur ces gens-là.Dans le
temps que l'on a reçu ces a'Vi;>
ce Lamotheestoit à Peronne
*
&yavoitintroduit des estran.
gers pour examiner tejlat dela
place, & prendre lesmesures
convenables pour leurdessein.
Le lendemain
ce la Mothe
parti de Peronne à lapointe
du jour poursi rendre au
rendez-vous qui luy avoit
esté donné, &où il devoit recevoirun
Cheval que le Gouverneur
deD OÜtry luienvoyoit.
Il se rendit ducostê Darleu
où il trouva le nomméle Suisse
païsan lui luy amena le
Cheval qu on luy avoit promis,
C luy dit que Mr Baptiste
avecsaTrouppe lesuivoit
de près. Dans ce temps il a
perçu un de nos Partis qui
estoient tous Grenadiers deGrederAllemand;
croyant que c'é.
toit le PartydeBaptiste ilse
jetta dans nostre Party, &
demanda d'abord où estoitMrr
Baptisse: le Commandantluy
repondit il est derriere, il DA
arriver,entrons dans ce bois.
Quant ily fust on l'arresta
Aussî-bien que le Suijje, £T
d'abord il dit jefuis un homme
perdu. Onle conduisit a
Cambray & le lendemain a
Arras,ou le xi. de ce mois il
sufl déclaré atteint & convaincu
de haute trahison pour
avoirvoulu livrer la,Villede
Peronne aux Ennemis &y
Avoir introduit des personnes
ennemiespourexaminer l'estat
de la Place : pour reparation
dse que ilfustcondamne à estre
rompuvif, un quartd'heure
après estranglé
, &son corps
porté à Peronnepour estre coupe
en 4. pièces & exposésur
les portes de la Ville yce qui
vient d'estreexecuté. On luy
a aussidonné la question ordinaire
& extraordinaire pour
connoistre ses complices.L'intention
de ce malheureux estoit
dintroduire dans Peronnt une
trentaine de Personnes &les
faire loger dans trente Cabarets
différents
)
qui devoient
tous mettre le feu dans leurs
Cabarets lamesmenuità une
mesme heure & pendant
quonauroit esté occupe aux
feux
,
introduire du monde
dans la Ville &s'en emparer.
Il ne luy auroitpoint eslèsaelle
de livrer la Ville
, parce
que nous arvons icy unegrosse
Garnison
,
maisils auroient
brusé toute la Ville, ou du
moins nos magasins.
OEUVRES
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Résumé : A Peronne ce 25. Mars 1711.
Le 25 mars 1711, à Peronne, une trahison fut découverte impliquant Jourdain, dit la Mothe, ancien garde marié à une femme locale. La Mothe proposa au major de Peronne de devenir partisan pour capturer des ennemis et recruta des complices, dont Baptiste, chargé de brûler les magasins de fourrages. Des courriers informèrent les autorités de cette trahison imminente. La Mothe, accompagné d'étrangers, inspecta les fortifications de Peronne. Le lendemain, il fut intercepté par des grenadiers allemands lors d'un rendez-vous pour recevoir un cheval. Arrêté, il avoua son plan de livrer Peronne aux ennemis. Condamné pour haute trahison, il fut exécuté et son corps exposé. La Mothe prévoyait d'introduire des personnes dans la ville pour y mettre le feu et s'en emparer, bien que la garnison importante de Peronne rendait cette entreprise risquée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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