Résultats : 6 texte(s)
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1
p. 263-265
V.
Début :
Pendant ce dernier Carnaval, [...]
Mots clefs :
Carnaval, Déguisement, Divertissement, Dieu, Lanterne, Mercure
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texteReconnaissance textuelle : V.
V.
PEndan Endant ce dernier Carnaval,
Il prit envie aux Dieux d'aller courir le
Bai,
Déguifez (cela vafans dire)
"
264
Extraordinaire-
Mais déguifez tous fi grotesquement,
Qu'eux- mefmes du déguisement:
Ne purent s'empefcher de rire.
A
Jupiter eftoit en Bourgeois ,
Avec un Habit noir, un Collet à Dentelle;
Momus eftoit enVillageois,
Et. Phébus en Joueur de Vielle;
N'estoient - ils pas bien déguiſez tous
trois?
Jupiter voulut que
Mercure
Fuft de ce Divertiſſement.
On l'avertit, il s'en vint promptement:
Il cherchoit un Habillement,
Quand Momus avec luy dit qu'il feroit
gageure,
Que malgré fon déguisement
On le reconnoiftroit , rien qu'à voirfon
allure.
Vous vous trompez, luy dit ce Dieu ga--
lant;
Vous leverrez dans un moment.
Ilretournafon Pourpoint de peliffe,
Il
du Mercure Galant. 265
Il mit un Bonnet de Dragon;
Ilprit la Culotte d'un Suife,
Qui luy venoit jufqu'au talon;
'D'Encre ilfe barbouilla tout le bas du
vifage,
Son Bonnet cachoit tout le haut,
Ilportoit la Lanterne, ou le Flambeau
plûtoft.
C'eftoit- là toutfon Equipage,
Et c'eftoit autant qu'il enfaut
Pourne fe pas faire connoiftre.
Par tout les Dieux furent reçûs,
Partout ils furent reconnus,
Mercurefeul ne le put jamais eftre.
Le Rival du Charbonnier
de Rheims .
PEndan Endant ce dernier Carnaval,
Il prit envie aux Dieux d'aller courir le
Bai,
Déguifez (cela vafans dire)
"
264
Extraordinaire-
Mais déguifez tous fi grotesquement,
Qu'eux- mefmes du déguisement:
Ne purent s'empefcher de rire.
A
Jupiter eftoit en Bourgeois ,
Avec un Habit noir, un Collet à Dentelle;
Momus eftoit enVillageois,
Et. Phébus en Joueur de Vielle;
N'estoient - ils pas bien déguiſez tous
trois?
Jupiter voulut que
Mercure
Fuft de ce Divertiſſement.
On l'avertit, il s'en vint promptement:
Il cherchoit un Habillement,
Quand Momus avec luy dit qu'il feroit
gageure,
Que malgré fon déguisement
On le reconnoiftroit , rien qu'à voirfon
allure.
Vous vous trompez, luy dit ce Dieu ga--
lant;
Vous leverrez dans un moment.
Ilretournafon Pourpoint de peliffe,
Il
du Mercure Galant. 265
Il mit un Bonnet de Dragon;
Ilprit la Culotte d'un Suife,
Qui luy venoit jufqu'au talon;
'D'Encre ilfe barbouilla tout le bas du
vifage,
Son Bonnet cachoit tout le haut,
Ilportoit la Lanterne, ou le Flambeau
plûtoft.
C'eftoit- là toutfon Equipage,
Et c'eftoit autant qu'il enfaut
Pourne fe pas faire connoiftre.
Par tout les Dieux furent reçûs,
Partout ils furent reconnus,
Mercurefeul ne le put jamais eftre.
Le Rival du Charbonnier
de Rheims .
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Résumé : V.
Lors du dernier Carnaval, les Dieux décidèrent de se déguiser de manière grotesque pour participer au bal. Jupiter se déguisa en bourgeois avec un habit noir et un col à dentelle, Momus en villageois, et Phébus en joueur de vielle. Jupiter invita Mercure à se joindre à eux, mais Momus paria que Mercure serait reconnu malgré son déguisement. Mercure accepta le défi et se déguisa avec un pourpoint de pelisse, un bonnet de dragon, une culotte de suisse, et se barbouilla le visage d'encre. Il porta également une lanterne. Tous les autres Dieux furent reconnus, sauf Mercure, qui parvint à rester méconnaissable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 278
II.
Début :
En Cuisinier je me déguise [...]
Mots clefs :
Cuisinier, Déguisement, Cerise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
II.
N Cuifinierje me déguiſe
Au temps de la belle Saifon,
Quand je traite dans ma Maiſon
Je fais lafauffe à la Ceriſe.
N Cuifinierje me déguiſe
Au temps de la belle Saifon,
Quand je traite dans ma Maiſon
Je fais lafauffe à la Ceriſe.
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3
p. 40-51
A MADAME DE.. pour Dodo sa Doguine.
Début :
Cette chere Dodo, cette aimable Doguine, [...]
Mots clefs :
Doguine, Amour, Yeux, Dieu, Beauté, Déguisement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME DE.. pour Dodo sa Doguine.
pourDodosaDoguine.
CEtte chereDodo, cette
aimable Doguine,
L'objet de vos plus doux
transports,
N'est point, Iris, une machine,
-
Comme Descartesl'ima-
, gine,
JO Dont l'instinct: feulement
fait mouvoir les
ressorts
;
EcouEcoutez
un récit fidele
De , tout ce que mes yeux -ont vu,., Un tel fpeftacle eut confondu
Le Philosophe & sa fe-
,
quelle;
En vôtre absence ce matin
Je faisois à Dodo mille &
mille caresses)
Et passant sur sa tête une
flatteuse main,
Je joignois ce discours à
toutes mes tendresses
: Dodo, que vôtre xort est
doux !
Le plus charmant objet
qui soit dans la narure,
Iris, pour qui nous brûlons
tous
D'une ardeur si tendre &
-.
-
si pure,
Iris n'a d'amour que pour
- vous
Vous plaisez à ses yeux, : vousla voyez sans
; cesse,
Et sans redouter son courroux
Vous luy marquez vô tre
tendresse
Quel mortelSe qu, el Dieu
n'en feroit point jaloux?
Ha! si ce Jupiter que nous
vante la Fable,
Estoit un immortel & le
Maître des Dieux
Il seroit sdescendu des cieux
Pour jouïr dundestin femblable,
Ce puissant Dieu de l'univers
, Qui souvent pour quelques
mortelles
Prit tant de changemens
divers,
Se fût fait Doguine pour
elle;
Qu'il eut vécu content
dans de si, beaux liens,
Mais sans rationnement le
.,. Ciel vous a fair naître,
Et vousaprodigué des
biens*'•
• Que vous ne pouvez pas * connoîtrej
En prononçantcesmots
je demeurai surpris
D'une metamorphose étrange
Qui me coupa ;i voix coupalavoix ôc
troubla mes esprits,,
Dodo s'enfle, s'éleve & sa
figure change;
Un éclat merveilleux brille
, ,. detoutesparts,
Dodo n'est plus une doguine,
Elle paroît à mes regards
Sous les charmans appas
d'une beauté divine.
Arrête, me dit-elle, & connois
mon pouvoir,
Je fuis Fée, & l'on sçait
quelles sont nos merveilles
,
On sçait par tout que mes
pareilles,
Sous des déguisemens fouvent
selaissent voir:
Jepréside aux appas, c'est
mon foin ordinaire
De dispenser le don de
plaire:
Heureuxàqui je le dépars.
C'et! moy qui fçut rendre
si belles
Les S*** ôc lesV**
Qui de , tous les humains
enchantent les regards,
Parmi les beaux objets en
qui de ma puiilànce
Brillent les merveilleux effets,
Iris est un des plus parfaits,
Je fus presente à sa naifsance,
,., Ma main prit foin de luy
former
Tous les traits d'un charmant
visage,
Esprit
,
douceur5 prefenr
qu'on doit pluseltimer:
Enfin elle reçût un parfait
assemblage ,.;
-
o
De tout ce qui peutfaire
aImer; ¡. r:c
Ah! si le Ciel avoit fecondé
mon ouvrage
Il l'auroit élevéeauxsupr
mes grandeurs:
Mais l'Amour qui la fuit
repare cet outrage
Par l'empire de tous les
coeurs. i. Avec elle toujoursj'ai priy
plaisir à vivre,
Yj paffe mes plus doux
Inomens, Et fous divers!déguifç--
mens
Je fuis empressëe à la fuivre.
Lorsque dans la retraite
ellealla s'enfermer,
D'y marcher sur fcs pas
je me crus trop heureuse,.
Est-il quelque demeure
affreuse
Qu'elle ne puisse faire ai-
; mer?
J'y goutois àla voir mille
douceurs secretes,
Avec un amusant caquet
Je pris pourréjpiiir de
eau
::
xaufeufes nonnettes
,La figure d'un perroquet.,,
Aujourd'huy tu me vois
paroître
Sous un nouveau dcguife.-
ment,
Et ce n'est qu'à toy feulement
Que je puis me fairecon-
, noître.
A ces mots elle entend du
bruit,
On vient, dit-elle,un jour
tu pourras être in.-
struit v
Du bonheur queje luy
destine
;
Je rentre dans ma peau,
c'ellun arrest des
Cieux,
Je puis être Fée à tes yeux,
Pour toute autre je suis
doguine.
Voila quel est son fort, voi-
-1
-la charmante Iris,
D'où naissent ces appas
dont nous sommes
épris;
En vous voyant briller de
cent beautez parfaites,
Je me doutois toûjours de
quelque enchantement.
On nest point naturelle.
ment
Au/fi charmante que vous
l1l>'Aêtes.
CEtte chereDodo, cette
aimable Doguine,
L'objet de vos plus doux
transports,
N'est point, Iris, une machine,
-
Comme Descartesl'ima-
, gine,
JO Dont l'instinct: feulement
fait mouvoir les
ressorts
;
EcouEcoutez
un récit fidele
De , tout ce que mes yeux -ont vu,., Un tel fpeftacle eut confondu
Le Philosophe & sa fe-
,
quelle;
En vôtre absence ce matin
Je faisois à Dodo mille &
mille caresses)
Et passant sur sa tête une
flatteuse main,
Je joignois ce discours à
toutes mes tendresses
: Dodo, que vôtre xort est
doux !
Le plus charmant objet
qui soit dans la narure,
Iris, pour qui nous brûlons
tous
D'une ardeur si tendre &
-.
-
si pure,
Iris n'a d'amour que pour
- vous
Vous plaisez à ses yeux, : vousla voyez sans
; cesse,
Et sans redouter son courroux
Vous luy marquez vô tre
tendresse
Quel mortelSe qu, el Dieu
n'en feroit point jaloux?
Ha! si ce Jupiter que nous
vante la Fable,
Estoit un immortel & le
Maître des Dieux
Il seroit sdescendu des cieux
Pour jouïr dundestin femblable,
Ce puissant Dieu de l'univers
, Qui souvent pour quelques
mortelles
Prit tant de changemens
divers,
Se fût fait Doguine pour
elle;
Qu'il eut vécu content
dans de si, beaux liens,
Mais sans rationnement le
.,. Ciel vous a fair naître,
Et vousaprodigué des
biens*'•
• Que vous ne pouvez pas * connoîtrej
En prononçantcesmots
je demeurai surpris
D'une metamorphose étrange
Qui me coupa ;i voix coupalavoix ôc
troubla mes esprits,,
Dodo s'enfle, s'éleve & sa
figure change;
Un éclat merveilleux brille
, ,. detoutesparts,
Dodo n'est plus une doguine,
Elle paroît à mes regards
Sous les charmans appas
d'une beauté divine.
Arrête, me dit-elle, & connois
mon pouvoir,
Je fuis Fée, & l'on sçait
quelles sont nos merveilles
,
On sçait par tout que mes
pareilles,
Sous des déguisemens fouvent
selaissent voir:
Jepréside aux appas, c'est
mon foin ordinaire
De dispenser le don de
plaire:
Heureuxàqui je le dépars.
C'et! moy qui fçut rendre
si belles
Les S*** ôc lesV**
Qui de , tous les humains
enchantent les regards,
Parmi les beaux objets en
qui de ma puiilànce
Brillent les merveilleux effets,
Iris est un des plus parfaits,
Je fus presente à sa naifsance,
,., Ma main prit foin de luy
former
Tous les traits d'un charmant
visage,
Esprit
,
douceur5 prefenr
qu'on doit pluseltimer:
Enfin elle reçût un parfait
assemblage ,.;
-
o
De tout ce qui peutfaire
aImer; ¡. r:c
Ah! si le Ciel avoit fecondé
mon ouvrage
Il l'auroit élevéeauxsupr
mes grandeurs:
Mais l'Amour qui la fuit
repare cet outrage
Par l'empire de tous les
coeurs. i. Avec elle toujoursj'ai priy
plaisir à vivre,
Yj paffe mes plus doux
Inomens, Et fous divers!déguifç--
mens
Je fuis empressëe à la fuivre.
Lorsque dans la retraite
ellealla s'enfermer,
D'y marcher sur fcs pas
je me crus trop heureuse,.
Est-il quelque demeure
affreuse
Qu'elle ne puisse faire ai-
; mer?
J'y goutois àla voir mille
douceurs secretes,
Avec un amusant caquet
Je pris pourréjpiiir de
eau
::
xaufeufes nonnettes
,La figure d'un perroquet.,,
Aujourd'huy tu me vois
paroître
Sous un nouveau dcguife.-
ment,
Et ce n'est qu'à toy feulement
Que je puis me fairecon-
, noître.
A ces mots elle entend du
bruit,
On vient, dit-elle,un jour
tu pourras être in.-
struit v
Du bonheur queje luy
destine
;
Je rentre dans ma peau,
c'ellun arrest des
Cieux,
Je puis être Fée à tes yeux,
Pour toute autre je suis
doguine.
Voila quel est son fort, voi-
-1
-la charmante Iris,
D'où naissent ces appas
dont nous sommes
épris;
En vous voyant briller de
cent beautez parfaites,
Je me doutois toûjours de
quelque enchantement.
On nest point naturelle.
ment
Au/fi charmante que vous
l1l>'Aêtes.
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Résumé : A MADAME DE.. pour Dodo sa Doguine.
Le texte est une lettre poétique adressée à Iris, relatant une transformation magique. Le narrateur, en caressant sa chienne Dodosa, exprime son admiration pour Iris, dont Dodosa est amoureuse. Soudain, Dodosa se transforme en une fée divine, présidant aux charmes. Elle révèle avoir donné à Iris ses traits parfaits et avoue passer du temps avec elle sous divers déguisements, y compris celui d'un perroquet. À l'approche de quelqu'un, la fée doit partir, promettant de révéler un jour le bonheur destiné à Iris. Elle reprend alors son apparence de chienne, confirmant qu'elle n'est une fée que pour le narrateur. Le texte se conclut par l'admiration du narrateur pour les charmes surnaturels d'Iris.
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4
p. 54-65
LE DIABLE Masqué. Nouvelle de Venise.
Début :
Ce Carnaval dernier une des jolies femmes de Venise, Provençale [...]
Mots clefs :
Dame, Masque, Diable, Venise, Carnaval, Bourses, Compagnie, Démon, Exorcisme, Déguisement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE DIABLE Masqué. Nouvelle de Venise.
LE DIABLE
Mafqué.
but not Garni ob
Nouvelle de Venife.
CECarnaval dernier une
des jolies femmes de Ve
nife , Provençale de naiſ
fance , & établie dans Ve
GALANT.
·
pece
nife depuis plufieurs années , fit chez elle une af
femblée , qui devint une efde bal. Elle ne manquoit pas d'amans , qui tous
attendoient , pour lui faire
leur declaration en forme,
qu'on eût des nouvelles affurées de la mort de fon
mari. Il s'étoit embarqué il
y avoit déja plufieurs années, & le filence qu'il avoit gardé depuis fon départ faifoit préfumer qu'il
avoit peri Cependant la
Dame obſervoit beaucoup
de regularité dans fa conE iiij
56 MERCURE
duite , & il ne lui faloit pas
moins que les privileges du
Carnaval ,,
pour l'autorifer
à faire chez elle une affem.
blée pareille à celle dont je
vous parle. On venoit de
deffervir une grande colation qu'elle avoir donnée
aprés trois heures de jeu ,
quand on vit entrer un Mafque, qui lui preſenta un momon. Il avoit trouvé la por-
+
'
te ouverte & ne s'étoit
point mis en peine de faire
demander fi on le voudroit
recevoir. Sa brufque entrée
n'étonnaperfonne; la faifon
GALANT. 57
permettoit ces fortes de li
bertez , & dans cette vil
le on left bien venu par
tout avec le maſque. La Da
me reçut le momon , & le
gagna. Le Mafque la pria
den jouer un autre , qu'il
perdit encore. La même
chofe lui étant arrivée cinq
ou fix fois , parce qu'il
brouilloit les dez avec tant
de promptitude, que quand
ils tournoient favorable
ment pour lui , il fembloit
ne s'en pas appercevoir ;
d'autres voulurent jouer à
leur tour : mais ils n'y trou
58 MERCURE
verent pas leur compte , le
Mafque gagna , & ne perdit que contre la Dame ,
qu'il engagea de nouveau
au jeu. La gayeté avec laquelle il foûtint la perte
qu'il continua de faire con
tr'elle , ne laiffa aucun dou
te qu'elle ne fût volontai
re. On s'en expliqua tout
haut : il l'entendit ; & prenant un ton different de
celui dont il s'étoit fervi juf
qu'alors , il declara qu'il étoit le maître des richeſſes,
qu'il ne les aimoit que pour
en faire part à la Dame, &
GALANT.
19
qu'il ne difoit rien qu'il ne
soffrit à juftifier par les ef,
fets. En même temps il découvrit plufieurs bourſes
toutes pleines de pieces
d'or ,qu'il demanda à jouer
en un feul momon , contre
tout ce que la maîtreſſe du
logis voudroit hazarder. La
Dame embaraffée de cette
declaration , renonça au
jeu. On examina le Maſque
avec plus d'attention , &
une femme de la compagnie , que l'âge & la foi
bleffe de l'efprit rendoient
fujette à fe faire des realitez
60 MERCURE
de fes vifions, l'ayant regardé depuis la tête juſqu'aux
pieds , devint pâle, tremblante , & tellement éperdue , qu'elle demeura quel
quetemps lans pouvoir parler. La parole lui étant revenue , elle dit tout bas à
fa voifine , qu'il n'y avoit
point à douter que le Mafque ne fût le Diable ; qu'il
l'avoit marqué en declarant
qu'il étoit le maître des richefſes ; & que fi elle y
vouloit prendre garde , elle
lui verroit des cornes fous
fon bonnet. Le Diable
GALANT. 61
7
mafqué avoit pris une
çoëfure bizarre, qui convenoit en quelque maniere
avec ce que les Peintres
ont accoûtumé de nous reprefenter du Demon : &
c'étoit là- deffus que la credule vifionnaire avoit appuyéfon jugement. Ce qu
elle dit paffa en un moment d'oreille en oreille.
Apparemment elle trouva des efprits foibles comme le fien , & l'on propoſa d'abord l'exorcifme. Ce mot fit connoître au Mafque ce qu'on
62 MERCURE
s'étoit figuré de lui. Il commença tout de bon à faire
le Diable , parla plufieurs
Langues , dont quelques
unes étoient inconnues : &
aprés quelques raiſons expliquées fur ce qui l'avoit
obligé de quitter l'enfer , il
ajoûta qu'il venoit particul
lierement demander une
perfonné de la compagnie,
qui s'étoit donnée à lui ,
protefta qu'elle lui appartenoit , & qu'il ne defampareroitpoint qu'ilne l'eût,
quelques obftacles qu'on y
apportât. Chacun regarda
GALANT. 63
la Dame: ces menacesfembloient s'adreffer à elle , &
le Mafque les avoit pronon.
cées d'une voix creufe qui
embaraffoit les moins fufceptibles de frayeur. Les
uns fe taifoient , les autres
fe parloient bas, &celle qui
avoit donné ouverture à la
diablerie , crioit continuellement à l'exorcifme. L'hif
toire porte quefans confulter perfonne , elle fit venir
des gens d'un caractere à
faire fuir les Demons ; que
le Diable pretendu leur répondit fort pertinemment
64 MERCURE
:
& qu'aprés s'être diverti
quelque temps de leurs zelées conjurations , il leva
le mafque ce qui finit l'avanture par un fort grand
cri que fit la Dame. C'étoit
fon mari , qui avoit paſſé
d'Eſpagne au Perou. Il s'y
étoit enrichi , & revenoit
chargé de tréſors. En arri
vant il avoit appris que fa
femmeregaloit fes plus particulieres amies. C'étoit un
des derniers jours du Carnaval. Cette faifon favorable aux déguiſemens , lui
fit naître l'envie de voir la
fête
GALANT. 65
fête fans être connu , & il
avoit pris pour cela le plus
grotesque habit qu'il eût
pû trouver. Toute l'affemblée lui fic compliment ; &
comme il n'étoit pas fi diable qu'on l'avoit crû , on lui
abandonna la Dame qu'il
venoit chercher , & qu'il
avoit dit fi hautement qui
s'étoit donnée à lui.
Mafqué.
but not Garni ob
Nouvelle de Venife.
CECarnaval dernier une
des jolies femmes de Ve
nife , Provençale de naiſ
fance , & établie dans Ve
GALANT.
·
pece
nife depuis plufieurs années , fit chez elle une af
femblée , qui devint une efde bal. Elle ne manquoit pas d'amans , qui tous
attendoient , pour lui faire
leur declaration en forme,
qu'on eût des nouvelles affurées de la mort de fon
mari. Il s'étoit embarqué il
y avoit déja plufieurs années, & le filence qu'il avoit gardé depuis fon départ faifoit préfumer qu'il
avoit peri Cependant la
Dame obſervoit beaucoup
de regularité dans fa conE iiij
56 MERCURE
duite , & il ne lui faloit pas
moins que les privileges du
Carnaval ,,
pour l'autorifer
à faire chez elle une affem.
blée pareille à celle dont je
vous parle. On venoit de
deffervir une grande colation qu'elle avoir donnée
aprés trois heures de jeu ,
quand on vit entrer un Mafque, qui lui preſenta un momon. Il avoit trouvé la por-
+
'
te ouverte & ne s'étoit
point mis en peine de faire
demander fi on le voudroit
recevoir. Sa brufque entrée
n'étonnaperfonne; la faifon
GALANT. 57
permettoit ces fortes de li
bertez , & dans cette vil
le on left bien venu par
tout avec le maſque. La Da
me reçut le momon , & le
gagna. Le Mafque la pria
den jouer un autre , qu'il
perdit encore. La même
chofe lui étant arrivée cinq
ou fix fois , parce qu'il
brouilloit les dez avec tant
de promptitude, que quand
ils tournoient favorable
ment pour lui , il fembloit
ne s'en pas appercevoir ;
d'autres voulurent jouer à
leur tour : mais ils n'y trou
58 MERCURE
verent pas leur compte , le
Mafque gagna , & ne perdit que contre la Dame ,
qu'il engagea de nouveau
au jeu. La gayeté avec laquelle il foûtint la perte
qu'il continua de faire con
tr'elle , ne laiffa aucun dou
te qu'elle ne fût volontai
re. On s'en expliqua tout
haut : il l'entendit ; & prenant un ton different de
celui dont il s'étoit fervi juf
qu'alors , il declara qu'il étoit le maître des richeſſes,
qu'il ne les aimoit que pour
en faire part à la Dame, &
GALANT.
19
qu'il ne difoit rien qu'il ne
soffrit à juftifier par les ef,
fets. En même temps il découvrit plufieurs bourſes
toutes pleines de pieces
d'or ,qu'il demanda à jouer
en un feul momon , contre
tout ce que la maîtreſſe du
logis voudroit hazarder. La
Dame embaraffée de cette
declaration , renonça au
jeu. On examina le Maſque
avec plus d'attention , &
une femme de la compagnie , que l'âge & la foi
bleffe de l'efprit rendoient
fujette à fe faire des realitez
60 MERCURE
de fes vifions, l'ayant regardé depuis la tête juſqu'aux
pieds , devint pâle, tremblante , & tellement éperdue , qu'elle demeura quel
quetemps lans pouvoir parler. La parole lui étant revenue , elle dit tout bas à
fa voifine , qu'il n'y avoit
point à douter que le Mafque ne fût le Diable ; qu'il
l'avoit marqué en declarant
qu'il étoit le maître des richefſes ; & que fi elle y
vouloit prendre garde , elle
lui verroit des cornes fous
fon bonnet. Le Diable
GALANT. 61
7
mafqué avoit pris une
çoëfure bizarre, qui convenoit en quelque maniere
avec ce que les Peintres
ont accoûtumé de nous reprefenter du Demon : &
c'étoit là- deffus que la credule vifionnaire avoit appuyéfon jugement. Ce qu
elle dit paffa en un moment d'oreille en oreille.
Apparemment elle trouva des efprits foibles comme le fien , & l'on propoſa d'abord l'exorcifme. Ce mot fit connoître au Mafque ce qu'on
62 MERCURE
s'étoit figuré de lui. Il commença tout de bon à faire
le Diable , parla plufieurs
Langues , dont quelques
unes étoient inconnues : &
aprés quelques raiſons expliquées fur ce qui l'avoit
obligé de quitter l'enfer , il
ajoûta qu'il venoit particul
lierement demander une
perfonné de la compagnie,
qui s'étoit donnée à lui ,
protefta qu'elle lui appartenoit , & qu'il ne defampareroitpoint qu'ilne l'eût,
quelques obftacles qu'on y
apportât. Chacun regarda
GALANT. 63
la Dame: ces menacesfembloient s'adreffer à elle , &
le Mafque les avoit pronon.
cées d'une voix creufe qui
embaraffoit les moins fufceptibles de frayeur. Les
uns fe taifoient , les autres
fe parloient bas, &celle qui
avoit donné ouverture à la
diablerie , crioit continuellement à l'exorcifme. L'hif
toire porte quefans confulter perfonne , elle fit venir
des gens d'un caractere à
faire fuir les Demons ; que
le Diable pretendu leur répondit fort pertinemment
64 MERCURE
:
& qu'aprés s'être diverti
quelque temps de leurs zelées conjurations , il leva
le mafque ce qui finit l'avanture par un fort grand
cri que fit la Dame. C'étoit
fon mari , qui avoit paſſé
d'Eſpagne au Perou. Il s'y
étoit enrichi , & revenoit
chargé de tréſors. En arri
vant il avoit appris que fa
femmeregaloit fes plus particulieres amies. C'étoit un
des derniers jours du Carnaval. Cette faifon favorable aux déguiſemens , lui
fit naître l'envie de voir la
fête
GALANT. 65
fête fans être connu , & il
avoit pris pour cela le plus
grotesque habit qu'il eût
pû trouver. Toute l'affemblée lui fic compliment ; &
comme il n'étoit pas fi diable qu'on l'avoit crû , on lui
abandonna la Dame qu'il
venoit chercher , & qu'il
avoit dit fi hautement qui
s'étoit donnée à lui.
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Résumé : LE DIABLE Masqué. Nouvelle de Venise.
Le texte décrit un événement survenu lors du Carnaval à Venise. Une femme provençale, résidente de Venise depuis plusieurs années, organise une assemblée qui se transforme en bal. Elle attend des nouvelles de la mort de son mari, parti en mer plusieurs années auparavant. Lors de cette assemblée, un homme masqué entre sans s'annoncer et participe à des jeux de hasard. Il perd systématiquement contre la maîtresse de maison, ce qui suscite des soupçons. Une femme superstitieuse de la compagnie identifie le masqué comme le Diable en raison de ses déclarations et de son apparence. La rumeur se répand, et certains proposent d'exorciser le Diable. Ce dernier parle plusieurs langues et affirme être venu chercher une personne de l'assemblée qui s'est donnée à lui. La Dame est visée par ces menaces. Finalement, l'homme masqué lève son masque, révélant qu'il s'agit du mari de la Dame, revenu d'Espagne chargé de trésors. Il avait appris que sa femme recevait des amis et avait décidé de se déguiser pour assister à la fête sans être reconnu.
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5
p. 189-195
A MADAME P... Aprés une fete où il avoit paru en habit de Mercure.
Début :
Moy qui fais si souvent les messages d'autrui, [...]
Mots clefs :
Mercure, Déguisement, Messages, Parrain des vers, Parnasse
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texteReconnaissance textuelle : A MADAME P... Aprés une fete où il avoit paru en habit de Mercure.
A MADAME P...
Aprésune fete où il avoit paru en
habit de Mercure.
MOy qui fais fi fouvent
les meffages d'autrui ,
Nepourrai-je en mon nom
m'expliquer aujourd'hui ?
Si l'Amour a pour lui quel
que chofe à vous dire,
Qu'il vienne , n'a til pas des
aîles comme moy ?
Si j'allois vous parler de fa
part , je prévoyn
£190 MERCURE ·
Que je ne mettrois guere à
me faire éconduire. 、
C'eſt donc comme patron
de tous les beaux elprits,
Commeparrain des vers ou
bien, ou mal écrits ,
Commecoufin- germain de
la docte Minerve ,
Et comme nourricier de
toute jeune verve ,
ཐ་
Que Mercure s'offre à vos
-Compul yeux. deshi 2
J'ai fçû que dans ces lieux
On prepare pour vous une
fête charmante ;
Que Comus prend fur lui de
la rendre abondante : -
GALANT. 191
Mais peut être , fans mon
cam fecours,loci
Quelque affaifonnement y
manqueroit toûjours.
Au temps que Jupiter faifoit tant de conquêtes ,
Combien ai-je ordonné de
fêtes :
Pour des fujets qui les meritoient moins ?
Je meſure au merite & mon
azele & mes foins ;
Grandmaîtrede ceremonie
Faflemble le confeil des
Dieux ,
Jeregle les places aux
Cieux , e
192 MERCURE
Et c'eft moy qui jadis fit
naître la manie
Despreféances & des rangsi
Ici je rangerai toute la compagnie ,
Mais fans trouble & fans
differends :..
Aux uns tout prés de vous
je marquerai leur place ;
Qu'ils goûtent ce bonheur
fansfafte & fans audace :51
Pour les autres je ne dis
past)
Que j'empêche leur jalou
fie,
Mais fiez-vous à moy ; ſans
vous prendreà partie
Ils
GALANT.
193
Ils fe plaindront au fort , &
fe plaindront tout bas.
Des deputez du Parnaſſe
Je ferai l'introducteur.
Pour les froidscomplimens
je vous demande grace ,
Permettez que l'efprit fe
fauve fur le cœur ;
Demeurez cependant arbitre fouveraine
Des vers que l'on vous of
frira,
Reprimez des rimeurs la
nation hautaine ,
Decidez comme il vous
plaira:
La verge que je tiens , de
R
Sept. 1712.
194 MERCURE
ferpens enlaffée
Qu'on nomme Caducée
De tout temps a denote
La fageffe & l'autorité
Avec ce fceptre je châtie
Les mal-façons en Poëfie
Sans égard du coupable &
de fa qualite.
Jemets à vos genoux cefceptre refpectable ,
Exercez fur les versun empire certain, Mob
Prenez-le. Mais à peine eftil cn vôtre main ,
Queje fens qu'à moy même
il devient refpectable.
Un prologue fi long pour-
M
GALANT. 195
roit bien vous laffer
Des Jeux & des Plaifirs une
riante eſcorte
Eſt là qui m'attend à la porte,
Ferai-je entrer? allons- nous
commencer?
MOR
Aprésune fete où il avoit paru en
habit de Mercure.
MOy qui fais fi fouvent
les meffages d'autrui ,
Nepourrai-je en mon nom
m'expliquer aujourd'hui ?
Si l'Amour a pour lui quel
que chofe à vous dire,
Qu'il vienne , n'a til pas des
aîles comme moy ?
Si j'allois vous parler de fa
part , je prévoyn
£190 MERCURE ·
Que je ne mettrois guere à
me faire éconduire. 、
C'eſt donc comme patron
de tous les beaux elprits,
Commeparrain des vers ou
bien, ou mal écrits ,
Commecoufin- germain de
la docte Minerve ,
Et comme nourricier de
toute jeune verve ,
ཐ་
Que Mercure s'offre à vos
-Compul yeux. deshi 2
J'ai fçû que dans ces lieux
On prepare pour vous une
fête charmante ;
Que Comus prend fur lui de
la rendre abondante : -
GALANT. 191
Mais peut être , fans mon
cam fecours,loci
Quelque affaifonnement y
manqueroit toûjours.
Au temps que Jupiter faifoit tant de conquêtes ,
Combien ai-je ordonné de
fêtes :
Pour des fujets qui les meritoient moins ?
Je meſure au merite & mon
azele & mes foins ;
Grandmaîtrede ceremonie
Faflemble le confeil des
Dieux ,
Jeregle les places aux
Cieux , e
192 MERCURE
Et c'eft moy qui jadis fit
naître la manie
Despreféances & des rangsi
Ici je rangerai toute la compagnie ,
Mais fans trouble & fans
differends :..
Aux uns tout prés de vous
je marquerai leur place ;
Qu'ils goûtent ce bonheur
fansfafte & fans audace :51
Pour les autres je ne dis
past)
Que j'empêche leur jalou
fie,
Mais fiez-vous à moy ; ſans
vous prendreà partie
Ils
GALANT.
193
Ils fe plaindront au fort , &
fe plaindront tout bas.
Des deputez du Parnaſſe
Je ferai l'introducteur.
Pour les froidscomplimens
je vous demande grace ,
Permettez que l'efprit fe
fauve fur le cœur ;
Demeurez cependant arbitre fouveraine
Des vers que l'on vous of
frira,
Reprimez des rimeurs la
nation hautaine ,
Decidez comme il vous
plaira:
La verge que je tiens , de
R
Sept. 1712.
194 MERCURE
ferpens enlaffée
Qu'on nomme Caducée
De tout temps a denote
La fageffe & l'autorité
Avec ce fceptre je châtie
Les mal-façons en Poëfie
Sans égard du coupable &
de fa qualite.
Jemets à vos genoux cefceptre refpectable ,
Exercez fur les versun empire certain, Mob
Prenez-le. Mais à peine eftil cn vôtre main ,
Queje fens qu'à moy même
il devient refpectable.
Un prologue fi long pour-
M
GALANT. 195
roit bien vous laffer
Des Jeux & des Plaifirs une
riante eſcorte
Eſt là qui m'attend à la porte,
Ferai-je entrer? allons- nous
commencer?
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Résumé : A MADAME P... Aprés une fete où il avoit paru en habit de Mercure.
Mercure, le messager des dieux, adresse une lettre ou un poème à une dame. Il explique qu'il ne peut parler en son nom propre mais peut transmettre un message d'amour. Se présentant comme le patron des beaux esprits et le parrain des vers, Mercure annonce une fête charmante en l'honneur de la dame. Il promet de veiller à ce que tout se déroule sans trouble ni différends et de ranger la compagnie de manière harmonieuse. Mercure se propose également d'introduire les députés du Parnasse et de réprimer la nation hautaine des rimeurs. Il offre à la dame son sceptre, le Caducée, symbole de sagesse et d'autorité, pour qu'elle exerce un empire certain sur les vers. Enfin, il mentionne que des jeux et des plaisirs l'attendent et demande si elle souhaite commencer.
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6
p. 87-95
BOUQUET à Mademoiselle de B...
Début :
Parmi tous les honneurs qu'on s'empresse à vous rendre [...]
Mots clefs :
Honneur, Triomphe, Plaisir, Jaloux, Bouquet, Flore, Assortiment, Déguisement, Flamme, Martyre
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texteReconnaissance textuelle : BOUQUET à Mademoiselle de B...
Il 0 V Q^V' E
à Adademoiselle de B
PArmi
tous leshonneurs
qu'on s'empresse à vous
rendre
Dans un jour de triomphé
& de plaisir pour vous,
Je ne viens point medes
, ma voix aux voeux de
tous
Ce procedé peut vous fafcj
prendre,
Et m'attirer vostre courroux:
Mais un Dieu pour me le
deffendre,
Exprès du Ciel vient
-
de
descendre:
Ce Dieu de ses droits cft:
jaloux,
Et je dois obeïr quoy qu'il
faille entreprendre.
Pour vous faire un Bouquet
je demandois des
fleurs
A la jeune & brillante
Flore,
Aussiton elle en sit éclore,
J'en vis dans Ces jardins de
toutes les couleurs.
J'approche,leurclar & me
charme & m'attache, jen
J'en admire l'assortiment,
Quel fpe&acle à mes yeux
s'offre dans ce moment
Sous les traits du zephire
amour me les arrache.
Je le reconnus aisément
Malgré tout son déguisement,
L'ayant veu dans vos yeux
où souvent il se cache.
a~.
Téméraire mortel, me
y dit il, en courroux,
Vous osez faire un bouquet
a Julie?
Dites quelle
-
est vostre ',: folie?
,Vousprétendez gouster
mes plaisïrs les plus doux,
Et vous cherchez mon ennemie?
Vostre ennemie, ô Ciel
amour? que dites-vous?
Luy dis je avec une surprise
extrême
Julie a trop d'appas pour
déplaire à l'amour,
etest par elle que chaque
jour
On reconnoist vostre pouvoir
supréme,
Ses yeux vifs & perçans
portent dans tous les
coeurs,
Et vos flammes & vos ar-
,
deurs,
eteOE par elle plustost que
par vous que son aime,
Et dans ce barbare sejour
Elle a sceu vous faire une
cour,
Vous me voulez tromper
vousmesme,
Julie a trop dappaspour
déplaire à l'amour.
A lavoir,on setrouble,on
1
s'enflame à l'entendre,
Ses yeux charment les
coeurs, son cfprit les
retient
Sa grâce les enchante §c
quand sa voix survient,
Un coeur luy-mesme a peineà
se comprendre, si
Mille doux mouvemens l'agitenttouràtour,i
C)cfi par elle plutost que
par vous que l'on aime,
Vous me voulez tromper
vous-mesme
Julie a trop d'appas pour
-
déplaire à l'amour.
Julie a mille appas pour
4 engager, pour plaire,
Je le sçais, dit l'amour, &
je ne puis m'en taire, :.
Je dois plus à l'éclac de
ddee*c—etsebsrbirlillalnantstsaatttrtraaititss-.";-1
Qu'à la force de tous les
traits
Dont autrefois m'arma la
-
Déesse ma mere y
Mais il ne faut pas au
surplus
Que Julie en fasse un
abus;
Quand pour ses appas on
soupire
Tendres regards, discoursflateurs
Beaux compliments, Cm~
ris trompeurs,
Sont les salaires du martyre
Qu'elle faitendurer aux
1 cecurs
Ce n'est là proprement
qu'amusermon empire,
Il faut, il faut de soUdes
faveurs,
C'est a ce but que tout
amant aspire.
Je scais bien charmante
Julie
Que je vous dois un bouquccencejour;
< -
Mais je n'aurai pas la folie
Demépriser les ordres de
L'amour;
Aussi pourquoi tousjours
voulezvous vous desfendre,
Vous charmez tous les
coeurs, on ne peut vous
charmer,
Ah c'est assez nous enflamer,
A vostre tour il faut vous
rendre,
Je vous promets des fleurs
si vous voulez aimer.
à Adademoiselle de B
PArmi
tous leshonneurs
qu'on s'empresse à vous
rendre
Dans un jour de triomphé
& de plaisir pour vous,
Je ne viens point medes
, ma voix aux voeux de
tous
Ce procedé peut vous fafcj
prendre,
Et m'attirer vostre courroux:
Mais un Dieu pour me le
deffendre,
Exprès du Ciel vient
-
de
descendre:
Ce Dieu de ses droits cft:
jaloux,
Et je dois obeïr quoy qu'il
faille entreprendre.
Pour vous faire un Bouquet
je demandois des
fleurs
A la jeune & brillante
Flore,
Aussiton elle en sit éclore,
J'en vis dans Ces jardins de
toutes les couleurs.
J'approche,leurclar & me
charme & m'attache, jen
J'en admire l'assortiment,
Quel fpe&acle à mes yeux
s'offre dans ce moment
Sous les traits du zephire
amour me les arrache.
Je le reconnus aisément
Malgré tout son déguisement,
L'ayant veu dans vos yeux
où souvent il se cache.
a~.
Téméraire mortel, me
y dit il, en courroux,
Vous osez faire un bouquet
a Julie?
Dites quelle
-
est vostre ',: folie?
,Vousprétendez gouster
mes plaisïrs les plus doux,
Et vous cherchez mon ennemie?
Vostre ennemie, ô Ciel
amour? que dites-vous?
Luy dis je avec une surprise
extrême
Julie a trop d'appas pour
déplaire à l'amour,
etest par elle que chaque
jour
On reconnoist vostre pouvoir
supréme,
Ses yeux vifs & perçans
portent dans tous les
coeurs,
Et vos flammes & vos ar-
,
deurs,
eteOE par elle plustost que
par vous que son aime,
Et dans ce barbare sejour
Elle a sceu vous faire une
cour,
Vous me voulez tromper
vousmesme,
Julie a trop dappaspour
déplaire à l'amour.
A lavoir,on setrouble,on
1
s'enflame à l'entendre,
Ses yeux charment les
coeurs, son cfprit les
retient
Sa grâce les enchante §c
quand sa voix survient,
Un coeur luy-mesme a peineà
se comprendre, si
Mille doux mouvemens l'agitenttouràtour,i
C)cfi par elle plutost que
par vous que l'on aime,
Vous me voulez tromper
vous-mesme
Julie a trop d'appas pour
-
déplaire à l'amour.
Julie a mille appas pour
4 engager, pour plaire,
Je le sçais, dit l'amour, &
je ne puis m'en taire, :.
Je dois plus à l'éclac de
ddee*c—etsebsrbirlillalnantstsaatttrtraaititss-.";-1
Qu'à la force de tous les
traits
Dont autrefois m'arma la
-
Déesse ma mere y
Mais il ne faut pas au
surplus
Que Julie en fasse un
abus;
Quand pour ses appas on
soupire
Tendres regards, discoursflateurs
Beaux compliments, Cm~
ris trompeurs,
Sont les salaires du martyre
Qu'elle faitendurer aux
1 cecurs
Ce n'est là proprement
qu'amusermon empire,
Il faut, il faut de soUdes
faveurs,
C'est a ce but que tout
amant aspire.
Je scais bien charmante
Julie
Que je vous dois un bouquccencejour;
< -
Mais je n'aurai pas la folie
Demépriser les ordres de
L'amour;
Aussi pourquoi tousjours
voulezvous vous desfendre,
Vous charmez tous les
coeurs, on ne peut vous
charmer,
Ah c'est assez nous enflamer,
A vostre tour il faut vous
rendre,
Je vous promets des fleurs
si vous voulez aimer.
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Résumé : BOUQUET à Mademoiselle de B...
L'auteur d'une lettre poétique adresse ses mots à Mademoiselle de B., expliquant son impossibilité de se joindre aux hommages lors d'un jour de triomphe et de plaisir. Il est retenu par un dieu, probablement l'Amour, qui descend du ciel pour l'en empêcher. L'auteur souhaite offrir un bouquet de fleurs à Mademoiselle de B., mais l'Amour, déguisé en Zéphyr, lui arrache les fleurs en l'accusant de vouloir les offrir à Julie, une autre femme. L'auteur défend Julie, mettant en avant ses nombreux charmes et son pouvoir sur les cœurs. L'Amour reconnaît les attraits de Julie mais avertit que ses charmes ne doivent pas être abusés. Il exige des faveurs en retour des souffrances infligées aux cœurs. L'auteur accepte les ordres de l'Amour et promet des fleurs à Mademoiselle de B. si elle accepte de l'aimer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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