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p. 1-8
APPLICATION D'une Metamorphose d'Ovide, à la prise de Gironne, sous le nom de Maurice & de Gironde.
Début :
Vers les bords du prochain rivage, [...]
Mots clefs :
Métamorphose d'Ovide, Nymphe
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texteReconnaissance textuelle : APPLICATION D'une Metamorphose d'Ovide, à la prise de Gironne, sous le nom de Maurice & de Gironde.
APPLICATION
D'uneMetamorphose
d'Ovide, à laprise de
Gironne,sous le nom
de Maurice& de Gironde.
vers les bords du prochain
rivage,
A l'abry des Monts escarpez
Je vois une Nymphe volagc>
Rire de ses Amans trompez
Gironde fille de Prothée,
Par leur plus tendre effort
ne pûc estre arrestée,
Habile à s'en débarasser,
En Lis ils lavirent changer,
Devenuë Aigle ensuite
,
elle fut dégagée,
Des mains qui croyoient
l'embrasser
Du Guerrier qui la trouve
belle,
Mille desirs secrets ont
échaufé le sein.
Et la Gloire a part au
dessein,
De fixercecoeurinfidelle,
Maurice plein d'ardeur
court au sacré Vallon,
Où sur son entreprise il
consulte Apollon, Tu dois t'attendre à mille
obstacles
, Dit le Dieu clair-voyant,
mais c'est pour tes pareils,
Que le Ciel garde ses Miracles.
Ose tour,& fuis mes conseils,
Avant que la saison nouvelle.
Permette un courslibre aux
Nochers,
Surprend cette Beauté rebelle,
Endormie entre sept Rochers.
Alors qu'elle se fasse, ou
Lyonneou Tygresse,
Qu'elle se change eneaux,
en feux,
Point de relâche, insiste
,
presse
, Qui sçait estre constant à
la fin est heureux,
Maurice marche à longue
traites
,
Envjn pour en troubler le
couts ,
Mille noirs Chevres pieds
ont quitté leurs retraites,
Qu'ils partagent avec les
Ours,
Au premier bruit la Nymphe
alerte
Du Heros medite la perte ,
Mil- éclairs partent de ses
yeux,
Mais c'est en vain, qu'elle
fulmine
-
En vain de sa fureurl'éclat8L
Imperueux,
Fait mugir les échos deJa
rivevoisine,
Maurice n'est pas moins ,
ardent,audacieux,
Gironde par ce témeraire)
Voyant de son courroux le
feupeurespecté,
Confie à l'Element contraire,
Et sa Gloire& sa liberté.
La jeune & timide Nayade,
Qojjn Satyre pour suit de pris
Jamais fous tant de flots ne
cacha ses attraits,
Et la plus humide Plcyade,
Jamais d'un tel torrent n'innonda
les Guerets,
Mais en eau vainement fon-
-
due:
Sans qu'Elle ébranle le
Heros,
A sa premiere forme elle
estenfinrendue,
Et luy fait entendre ces
mots:
Redoute un desespoir fu-
,jar
neste,
Garde - toy d'abuser du
désordre ou je fuis,
Fais grace à mes derniers
réduits,
Et jet'abandonne lereste.
Maurice nesçait pastriompher
à demy,
La Nymphe en dépit d'Elle
admire,
La valeur de son ennemy,
Ellerougit,elle fou pire,
Enfin elle s'écrie en luy
rendant la main,
De ton ardeur confiante on
ne peut se deffendre,
Mais sans doute l'effortqui
me
force à me rendre,
N'etoit pas un effort ht^
main.
D'uneMetamorphose
d'Ovide, à laprise de
Gironne,sous le nom
de Maurice& de Gironde.
vers les bords du prochain
rivage,
A l'abry des Monts escarpez
Je vois une Nymphe volagc>
Rire de ses Amans trompez
Gironde fille de Prothée,
Par leur plus tendre effort
ne pûc estre arrestée,
Habile à s'en débarasser,
En Lis ils lavirent changer,
Devenuë Aigle ensuite
,
elle fut dégagée,
Des mains qui croyoient
l'embrasser
Du Guerrier qui la trouve
belle,
Mille desirs secrets ont
échaufé le sein.
Et la Gloire a part au
dessein,
De fixercecoeurinfidelle,
Maurice plein d'ardeur
court au sacré Vallon,
Où sur son entreprise il
consulte Apollon, Tu dois t'attendre à mille
obstacles
, Dit le Dieu clair-voyant,
mais c'est pour tes pareils,
Que le Ciel garde ses Miracles.
Ose tour,& fuis mes conseils,
Avant que la saison nouvelle.
Permette un courslibre aux
Nochers,
Surprend cette Beauté rebelle,
Endormie entre sept Rochers.
Alors qu'elle se fasse, ou
Lyonneou Tygresse,
Qu'elle se change eneaux,
en feux,
Point de relâche, insiste
,
presse
, Qui sçait estre constant à
la fin est heureux,
Maurice marche à longue
traites
,
Envjn pour en troubler le
couts ,
Mille noirs Chevres pieds
ont quitté leurs retraites,
Qu'ils partagent avec les
Ours,
Au premier bruit la Nymphe
alerte
Du Heros medite la perte ,
Mil- éclairs partent de ses
yeux,
Mais c'est en vain, qu'elle
fulmine
-
En vain de sa fureurl'éclat8L
Imperueux,
Fait mugir les échos deJa
rivevoisine,
Maurice n'est pas moins ,
ardent,audacieux,
Gironde par ce témeraire)
Voyant de son courroux le
feupeurespecté,
Confie à l'Element contraire,
Et sa Gloire& sa liberté.
La jeune & timide Nayade,
Qojjn Satyre pour suit de pris
Jamais fous tant de flots ne
cacha ses attraits,
Et la plus humide Plcyade,
Jamais d'un tel torrent n'innonda
les Guerets,
Mais en eau vainement fon-
-
due:
Sans qu'Elle ébranle le
Heros,
A sa premiere forme elle
estenfinrendue,
Et luy fait entendre ces
mots:
Redoute un desespoir fu-
,jar
neste,
Garde - toy d'abuser du
désordre ou je fuis,
Fais grace à mes derniers
réduits,
Et jet'abandonne lereste.
Maurice nesçait pastriompher
à demy,
La Nymphe en dépit d'Elle
admire,
La valeur de son ennemy,
Ellerougit,elle fou pire,
Enfin elle s'écrie en luy
rendant la main,
De ton ardeur confiante on
ne peut se deffendre,
Mais sans doute l'effortqui
me
force à me rendre,
N'etoit pas un effort ht^
main.
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Résumé : APPLICATION D'une Metamorphose d'Ovide, à la prise de Gironne, sous le nom de Maurice & de Gironde.
Le texte relate une métamorphose inspirée d'Ovide, liée à la prise de Gironde. Gironde, une nymphe fille de Prothée, se transforme pour échapper à ses amants. Maurice, un guerrier, est résolu à capturer la nymphe. Apollon l'avertit des obstacles mais l'encourage à persévérer. Maurice surprend Gironde endormie et la poursuit malgré ses transformations en lionne, tigresse, eaux et feux. Vaincue, Gironde se rend et admire la valeur de Maurice. Elle lui demande de ne pas abuser de sa défaite et lui rend la main, reconnaissant la force de son ardeur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 9-28
LE R. P. D. C** à Monsieur Estienne, Libraire de Paris.
Début :
Monsieur Estienne, eh ! ne m'imprimez pas. [...]
Mots clefs :
Imprimer, Ouvrage, Libraire
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texteReconnaissance textuelle : LE R. P. D. C** à Monsieur Estienne, Libraire de Paris.
LE R. P. -D.C**.
àMonsieurEstienne;
Libraire de Paris.
MonsieurEstienne,eh !ne - m'imprimez pas.
Au nom de Dieu quartier.
Monsieur Estienne,
Jamais en rien, vous le sçavez,
hêlas!
Ne vous fis tort au moins
qu'il me souvienne,
Et si l'ay fait encor, posez le
cas,
Gardezvous bien que rancune
vous tienne
Les rancuniers sont mal
menezlàbas
Si nevoulez que tel mal
vousavienne
Pardonnez-moy d'une ame
bien chrestienne,
Monsieur Estienne
,
ch !
ne m'imprimez pas.
Je sçai qu'en l'art de bien
:.' mouler un Livre,
Vous égalez ces Estiennes
fameux,
Que vous comptez au rang
devosayeux,
Etqui dans vous, commençant
a revivre,
Nous font trouver dans un
de leurs neveux:
Ce que leur siecle a tant
loué dans eux,
Mais quand bien même en
dépitdela Parque,
Pour m'imprimer revenant.
sur leurs pas,
Ils se pourroient échapper
dela Barque,
Où tous mortels vont après
leurs trépas,
Fust-ce Robert, ou fust ce
Charles Estienne,
Je leur dirois toûjours la
même Antienne,
Monsieur Estienne
3
ch !
ne m'imprimez pas,
Ne croyez pas qu'un
chagrin myfantrope
} Me fasse icy le prendre sur
ce ton ,
J'aime lagloireenenfant
d'Helicon:
Mais tel souvent aprés elle
galope,
Dont le Pegase à chaque
moment chope,
Et qu'elle suïc comme on
fuït un larron;
Je la connois, j'ay fait son
Horoscope,
Quand on dit oüy, la quinteuse
ditnon.
Or s'il vous plaist en pareil
accessoire
Irois-je faire uu procès à la
gloire?
Procès sur quoi? d'ailleurs
c'estun grand cas
Sipar Procès la Dame s'aprivoife
:
Mais faisons mieux & pour
éviter noise
Monsieur Estienne, eh ! ne ,.. m'imprimez pas.
Vous me direz, cela vous
plaistàdire,
Je icai le cas qu'on fait de
vos écrits
Les ay souventoüipriser &
lire
Par maints Quidans soidisans
beaux esprits,
La presse est grande à se les
faire écrire,
Or mieux vaudroient moulez
quemanuscrits.
Graces vous rend de vostre
courtoisie:
Car c'est de vous que parc
le compliment,
Honteux seroit de mentir
si crument
Amon profit, de vousc'est
ambrosie,
Que je savoure assez benignement
:
Mais que mes Vers soient
bonne, marchandise
Comme Preschez; ou de
mauvais alloy,
Comme entre-nous me le
paroissàamoy,
Quand seroit vray qu'à
Paris on les prise,
Ne laisserois de vous dire
tout bas
Pour des raisonsque trouverez
de mise
Monsieur Estienne,eh!
nem'imprimezpas.
Quelque parfaitque
puisse estre un Ouvrage
En l'imprimant on luy fait
mauvais tour,
Presque toujours il en reçoit
dommage
Maint en ay vû se hâler au
grand jour
Sur quoi Couvent à par moy
- je recole
Petit écrit donné fous le
manceau
Qu'on se dérobe& qui
vient par bricole,
Ou bien moulé chez Pierre
du Marteau,
Fut-il mauvais nous paroist
toujours beau
Et pour l'avois on ne plaint
la pistole.
Qujl cesse d'estre & secret
&nouveau
On n'en voudra débourser
un obole.
-
J'ay ce Sonnet, mon voisin
ne l'a pas,
Voilà par où le Sonnet m'a
sçu plaire
Ce point de vue en fait le
grand appas; Est-il public; n'en fait on
plusmystere
Il perd son , sel, deslors il
tombe à bas:
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Vers manuscritssouffrent
des négligences
Qu'a , vers moulez on ne
pardonne pas,
Dans les premiers on les
nommelicence,
Làtouts'excuse& se parte
au gros sas;
Dans les seconds la moindre
tache est crime
Point de quartier de la part
d'un Icétcur
Qui sur le tour ,
la cadence
& larime
Ne fait jamais nulle grace à
l'Auteur;
Tant que mes Vers fous
la simple écriture,
N'estanr moulez ni reliez en
veau;
Dans les réduits iront ingnito
Pour eux ne crains de fà.
cheuse avanture;
Lapitié seule en dépit des
matins
Garantira ces pauvres orphelins
Deî'cotfp*cte bec: mais sur
vostre boutique
Si me mettiez jamais en
rang d'oignon,
Point ne seroit de petit
compagnon,
Point de Gnmault qui ne
me fit la nique;
Tels en sçavez qu'on a mis
en beaux draps;
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Dés qu'àParison affiche
un Ouvrage,
C'estletossin que l'on fortne
surluy;
Gens du mêtier à qui tout
fait ombrage
,
Et toujours prests à donner
sur autruy , Pour l'accablcr l'attendant
au passage,
Nouvel Auteur qui se met
sur les rangs,
A son début doit compter s'ilestsage
De bien payer àses petits
Tyrans
Sa bien-venuë & son apprentissage.
Pour les lauriers, & la gloire,&
l'encens,
Qu'aux fiens Phoebus assigne
pour tout gage,
Qu'il ne prétende cfuc:.ad;
mis à partage;
Leur partensouffre, & c'cfi
selonleur sens
Soupe de pain qu'on ôte à
leur potage:
Sur ce pied là, que de gens
sur les bras!
Leur tenir teste & montrer
bon visage
Scroit le mieux,si j'avois du
courage
Mais il me manque, & je
crains les combats.
Monsieur Estienne, eh! ne
m'imprimez pas.
,
è;Ë ,; Je le vois bien, contre toute
avanture
L'espoir flateur du débit
vous rassure;
Car encor bien que soyez
gracieux
Point ne croiray
,
foit dit
sans vous déplaire
Qu'alliez-vous mettre en
frais pour mes beaux yeux?
Si lefaisiez ne seriez bon
Libraire:
Mais s'il advient, comme
tout se peur faire
Que mes écrits par un triste
destin,
De la boutiqueaillentau
magasin,
Et que delà moisis dans la
poussieee,
Ils soient enfin livrez à la
., beurriere,
Ettousen blocvendus pour
un douzain,
Qien diriez-vous? Ce fcroit
bien le pire,
Vous en seriez pour nombre
de Ducats;
Er quant à moy je n'en ferois
que rire
En vous disans avois-jetort
helas!
Monsieur Estienne,eh! ne
m'imprimez pas.
Mais supposons contre tou-
.!1 te apparence
Que lesditsVers,puisqu'ainsivo1usleplaist
Par lafaveur dune heureuse
influence
Seront prisez, & vendus,
qui plus est ;
Je ne dis pas que ne soit
quelquechose
,
Force écrivainss'en contenteroient
bien,
Et puis de gloire une petite
dose,
Chez les Rimeurs ne gasta
jamais rien:
Mais croyez-vous,quoiquel'Ouvrage
plaise
Que l'on n'ait rien d'aill,eurs
à discuter,
Et que auteur en soit pils
à son aise?
Ay vû , pour moy ,
bien
des gens en douter;
Maints en connois qu'on a
menez bienroides,
Et comme on dit plus viste
que le pas;
Chat échaudé, croyezmoy
,
craint l'eau froide.
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Pour ces raisons
,
& pour
bien d'autrescauses
Que sur ce point je pourrois
alleguer,
Mes petits Vers resteront
lettrescloses
Et vous plaira ne les point
divulguer,
De mon vivant ne les vcut
voir paraître,
Quand seray mort alors serez
le maure:
Si demandez quand sera,
vous diray
Que ce sera le plus tardque
pourray.
Vous convient donc un bien
petitattendre,
Et vous prendrez, je croy , le tout en gré;
Ne voudriez que je m'allasse
pendre C ij
Pour abreger, au moins rien
n'en feray,
Si le comptiez, compteriez
sans vostre hôte;
Mais moy deffunt je fuis à
vous sans faute
Prenez mes Vers, faites en
vos choux gras,
Force fera de souffrir ce
martyre,
Parce qu'alors ne pourray
plus vous dire
Monsieur Estienne, eh! ne
m'imprimez pas.
àMonsieurEstienne;
Libraire de Paris.
MonsieurEstienne,eh !ne - m'imprimez pas.
Au nom de Dieu quartier.
Monsieur Estienne,
Jamais en rien, vous le sçavez,
hêlas!
Ne vous fis tort au moins
qu'il me souvienne,
Et si l'ay fait encor, posez le
cas,
Gardezvous bien que rancune
vous tienne
Les rancuniers sont mal
menezlàbas
Si nevoulez que tel mal
vousavienne
Pardonnez-moy d'une ame
bien chrestienne,
Monsieur Estienne
,
ch !
ne m'imprimez pas.
Je sçai qu'en l'art de bien
:.' mouler un Livre,
Vous égalez ces Estiennes
fameux,
Que vous comptez au rang
devosayeux,
Etqui dans vous, commençant
a revivre,
Nous font trouver dans un
de leurs neveux:
Ce que leur siecle a tant
loué dans eux,
Mais quand bien même en
dépitdela Parque,
Pour m'imprimer revenant.
sur leurs pas,
Ils se pourroient échapper
dela Barque,
Où tous mortels vont après
leurs trépas,
Fust-ce Robert, ou fust ce
Charles Estienne,
Je leur dirois toûjours la
même Antienne,
Monsieur Estienne
3
ch !
ne m'imprimez pas,
Ne croyez pas qu'un
chagrin myfantrope
} Me fasse icy le prendre sur
ce ton ,
J'aime lagloireenenfant
d'Helicon:
Mais tel souvent aprés elle
galope,
Dont le Pegase à chaque
moment chope,
Et qu'elle suïc comme on
fuït un larron;
Je la connois, j'ay fait son
Horoscope,
Quand on dit oüy, la quinteuse
ditnon.
Or s'il vous plaist en pareil
accessoire
Irois-je faire uu procès à la
gloire?
Procès sur quoi? d'ailleurs
c'estun grand cas
Sipar Procès la Dame s'aprivoife
:
Mais faisons mieux & pour
éviter noise
Monsieur Estienne, eh ! ne ,.. m'imprimez pas.
Vous me direz, cela vous
plaistàdire,
Je icai le cas qu'on fait de
vos écrits
Les ay souventoüipriser &
lire
Par maints Quidans soidisans
beaux esprits,
La presse est grande à se les
faire écrire,
Or mieux vaudroient moulez
quemanuscrits.
Graces vous rend de vostre
courtoisie:
Car c'est de vous que parc
le compliment,
Honteux seroit de mentir
si crument
Amon profit, de vousc'est
ambrosie,
Que je savoure assez benignement
:
Mais que mes Vers soient
bonne, marchandise
Comme Preschez; ou de
mauvais alloy,
Comme entre-nous me le
paroissàamoy,
Quand seroit vray qu'à
Paris on les prise,
Ne laisserois de vous dire
tout bas
Pour des raisonsque trouverez
de mise
Monsieur Estienne,eh!
nem'imprimezpas.
Quelque parfaitque
puisse estre un Ouvrage
En l'imprimant on luy fait
mauvais tour,
Presque toujours il en reçoit
dommage
Maint en ay vû se hâler au
grand jour
Sur quoi Couvent à par moy
- je recole
Petit écrit donné fous le
manceau
Qu'on se dérobe& qui
vient par bricole,
Ou bien moulé chez Pierre
du Marteau,
Fut-il mauvais nous paroist
toujours beau
Et pour l'avois on ne plaint
la pistole.
Qujl cesse d'estre & secret
&nouveau
On n'en voudra débourser
un obole.
-
J'ay ce Sonnet, mon voisin
ne l'a pas,
Voilà par où le Sonnet m'a
sçu plaire
Ce point de vue en fait le
grand appas; Est-il public; n'en fait on
plusmystere
Il perd son , sel, deslors il
tombe à bas:
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Vers manuscritssouffrent
des négligences
Qu'a , vers moulez on ne
pardonne pas,
Dans les premiers on les
nommelicence,
Làtouts'excuse& se parte
au gros sas;
Dans les seconds la moindre
tache est crime
Point de quartier de la part
d'un Icétcur
Qui sur le tour ,
la cadence
& larime
Ne fait jamais nulle grace à
l'Auteur;
Tant que mes Vers fous
la simple écriture,
N'estanr moulez ni reliez en
veau;
Dans les réduits iront ingnito
Pour eux ne crains de fà.
cheuse avanture;
Lapitié seule en dépit des
matins
Garantira ces pauvres orphelins
Deî'cotfp*cte bec: mais sur
vostre boutique
Si me mettiez jamais en
rang d'oignon,
Point ne seroit de petit
compagnon,
Point de Gnmault qui ne
me fit la nique;
Tels en sçavez qu'on a mis
en beaux draps;
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Dés qu'àParison affiche
un Ouvrage,
C'estletossin que l'on fortne
surluy;
Gens du mêtier à qui tout
fait ombrage
,
Et toujours prests à donner
sur autruy , Pour l'accablcr l'attendant
au passage,
Nouvel Auteur qui se met
sur les rangs,
A son début doit compter s'ilestsage
De bien payer àses petits
Tyrans
Sa bien-venuë & son apprentissage.
Pour les lauriers, & la gloire,&
l'encens,
Qu'aux fiens Phoebus assigne
pour tout gage,
Qu'il ne prétende cfuc:.ad;
mis à partage;
Leur partensouffre, & c'cfi
selonleur sens
Soupe de pain qu'on ôte à
leur potage:
Sur ce pied là, que de gens
sur les bras!
Leur tenir teste & montrer
bon visage
Scroit le mieux,si j'avois du
courage
Mais il me manque, & je
crains les combats.
Monsieur Estienne, eh! ne
m'imprimez pas.
,
è;Ë ,; Je le vois bien, contre toute
avanture
L'espoir flateur du débit
vous rassure;
Car encor bien que soyez
gracieux
Point ne croiray
,
foit dit
sans vous déplaire
Qu'alliez-vous mettre en
frais pour mes beaux yeux?
Si lefaisiez ne seriez bon
Libraire:
Mais s'il advient, comme
tout se peur faire
Que mes écrits par un triste
destin,
De la boutiqueaillentau
magasin,
Et que delà moisis dans la
poussieee,
Ils soient enfin livrez à la
., beurriere,
Ettousen blocvendus pour
un douzain,
Qien diriez-vous? Ce fcroit
bien le pire,
Vous en seriez pour nombre
de Ducats;
Er quant à moy je n'en ferois
que rire
En vous disans avois-jetort
helas!
Monsieur Estienne,eh! ne
m'imprimez pas.
Mais supposons contre tou-
.!1 te apparence
Que lesditsVers,puisqu'ainsivo1usleplaist
Par lafaveur dune heureuse
influence
Seront prisez, & vendus,
qui plus est ;
Je ne dis pas que ne soit
quelquechose
,
Force écrivainss'en contenteroient
bien,
Et puis de gloire une petite
dose,
Chez les Rimeurs ne gasta
jamais rien:
Mais croyez-vous,quoiquel'Ouvrage
plaise
Que l'on n'ait rien d'aill,eurs
à discuter,
Et que auteur en soit pils
à son aise?
Ay vû , pour moy ,
bien
des gens en douter;
Maints en connois qu'on a
menez bienroides,
Et comme on dit plus viste
que le pas;
Chat échaudé, croyezmoy
,
craint l'eau froide.
Monsieur Estienne
,
eh !
ne m'imprimez pas.
Pour ces raisons
,
& pour
bien d'autrescauses
Que sur ce point je pourrois
alleguer,
Mes petits Vers resteront
lettrescloses
Et vous plaira ne les point
divulguer,
De mon vivant ne les vcut
voir paraître,
Quand seray mort alors serez
le maure:
Si demandez quand sera,
vous diray
Que ce sera le plus tardque
pourray.
Vous convient donc un bien
petitattendre,
Et vous prendrez, je croy , le tout en gré;
Ne voudriez que je m'allasse
pendre C ij
Pour abreger, au moins rien
n'en feray,
Si le comptiez, compteriez
sans vostre hôte;
Mais moy deffunt je fuis à
vous sans faute
Prenez mes Vers, faites en
vos choux gras,
Force fera de souffrir ce
martyre,
Parce qu'alors ne pourray
plus vous dire
Monsieur Estienne, eh! ne
m'imprimez pas.
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Résumé : LE R. P. D. C** à Monsieur Estienne, Libraire de Paris.
L'auteur adresse une lettre à Monsieur Estienne, libraire à Paris, pour le supplier de ne pas imprimer ses écrits. Il commence par affirmer qu'il n'a jamais causé de tort à Estienne et le prie de ne pas lui en tenir rigueur. L'auteur reconnaît les compétences d'Estienne en imprimerie, les comparant à celles des célèbres Estienne. Cependant, il exprime des réserves sur la publication de ses vers, craignant qu'ils ne soient pas bien reçus et qu'ils subissent des critiques sévères une fois imprimés. Il souligne que les œuvres manuscrites échappent à certaines critiques que les livres imprimés ne peuvent éviter. L'auteur craint également les rivalités et les critiques des autres auteurs et libraires, exprimant sa peur des combats littéraires et des critiques. Il conclut en demandant à Estienne de ne pas publier ses vers de son vivant, mais de le faire après sa mort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 29-33
Réponse de Mercure sur la Requeste de Monsieur Estienne.
Début :
En mon Bureau, lisois avec besicles [...]
Mots clefs :
Muse, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse de Mercure sur la Requeste de Monsieur Estienne.
Réponse de Mercure sur
la Requeste de Monsieur
Estienne.
En mon Bureau, lisois
avec besicles
Requeste en Vers, Re.
queste par Articles,
Dont chaque article aq,'
oit écrit au bas
Monsieur Estienne, eh !
nemimprimez, pas.
Lors une ivluft & modeste&
timide,
Consine ou Soeur
,
de la
Mused'Ovide,
En rougissantvint me
diretoutbas,
Seigneur Mercure, eh !
ne m'imprimezpas.
e)Ë~
Muse, luj dis-je, onpeut
-
voussatisfaire,
QuunfroidAuteur vienne
dire au contraire,
Imprimez- moy; cesi là
monembarras,
J'ayme bienmieux
,
eh!
ne m'imprimez pas.
Voyons pourtant quelle
Musevous estes,
Chanteriez-vous Amour
ensesgoguettes,
Ou bien Bacchus éguayant
un repas ?
Peut-estre,mais chut, ne
rnlmprlmez,pas.
J'ayfait ces Vers,continua
la Musl,
Que vous li(eZ: don ttout
Paris s'amuse;
Je les dictay3 mais les
dictaytoutbas
A cil qui dit, chut, ne
m'1imprimez pas.
Beaucoup me plaistpareille
retenuë,
Luy dis-je
y
maissi-tost Il qu'on vousavûë
Onestpartropferu devos
appas
Pour enson coeur ne vous
imprimer pas.
Je vois en vous,certain
feu qui petille
,
Vous mepiaisez, par fyotre
humeurgentille,
Priez, criez, ne mécha•
perezpas,
Must,
mafoy vouspoejjè*
rezle pas.
la Requeste de Monsieur
Estienne.
En mon Bureau, lisois
avec besicles
Requeste en Vers, Re.
queste par Articles,
Dont chaque article aq,'
oit écrit au bas
Monsieur Estienne, eh !
nemimprimez, pas.
Lors une ivluft & modeste&
timide,
Consine ou Soeur
,
de la
Mused'Ovide,
En rougissantvint me
diretoutbas,
Seigneur Mercure, eh !
ne m'imprimezpas.
e)Ë~
Muse, luj dis-je, onpeut
-
voussatisfaire,
QuunfroidAuteur vienne
dire au contraire,
Imprimez- moy; cesi là
monembarras,
J'ayme bienmieux
,
eh!
ne m'imprimez pas.
Voyons pourtant quelle
Musevous estes,
Chanteriez-vous Amour
ensesgoguettes,
Ou bien Bacchus éguayant
un repas ?
Peut-estre,mais chut, ne
rnlmprlmez,pas.
J'ayfait ces Vers,continua
la Musl,
Que vous li(eZ: don ttout
Paris s'amuse;
Je les dictay3 mais les
dictaytoutbas
A cil qui dit, chut, ne
m'1imprimez pas.
Beaucoup me plaistpareille
retenuë,
Luy dis-je
y
maissi-tost Il qu'on vousavûë
Onestpartropferu devos
appas
Pour enson coeur ne vous
imprimer pas.
Je vois en vous,certain
feu qui petille
,
Vous mepiaisez, par fyotre
humeurgentille,
Priez, criez, ne mécha•
perezpas,
Must,
mafoy vouspoejjè*
rezle pas.
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Résumé : Réponse de Mercure sur la Requeste de Monsieur Estienne.
Le texte relate une conversation entre Mercure et une muse, apparentée à la Muse d'Ovide, au sujet de la publication de ses vers. La muse, timide, demande à Mercure de ne pas imprimer ses œuvres. Mercure, après avoir lu la requête, exprime son embarras face à des auteurs indécis. Il interroge la muse sur le contenu de ses vers, se demandant s'ils traitent de l'amour ou de Bacchus. La muse révèle qu'elle a écrit des vers appréciés à Paris, mais dictés à quelqu'un qui lui déconseille la publication. Mercure admire sa retenue mais souligne que, une fois connue, elle pourrait susciter le désir de publication. Il perçoit en elle un feu intérieur et une humeur gentille, et lui assure qu'il ne la forcera pas à publier ses vers.
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4
p. 37-40
Bulle d'Or. [titre d'après la table]
Début :
Dans un temps où tous les Princes de l'Empire [...]
Mots clefs :
Mercure galant, Bulle d'Or, Dames
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texteReconnaissance textuelle : Bulle d'Or. [titre d'après la table]
Dans un temps ou
tous les Princes de TEnîpire
ont peut-être des,
interests, & des vûës,
différentes sur l'élection
d'un Empereur
,
& lors
que tout le monde effc
attentif à un événement
si important au repos de
l'Europe, j'aycrû que
chacun feroit bien-aise
de trouver icy la Bulle
d'Or, pièce absolument
necessaire à ceux qui
veulent avoir quelque
connoissancedes affaires
d'Allemagne.
Une Dame, jeune,
jolie,mignonne & fort
parce, monta l'autre jour
avecempressement dans
son garde-meuble , où
je la trouvay fort occupée
à remuer un tas de
gros Livres poudreux&
moisis
,
qui navoient
point vu le jour depuis
qu'elle estoit au monde:
Si vous me trouvez icy
moy-même, me dit-elle,
en me - voyant entrer,
cest que mes gens font
si sots qu'ils n'ont pû
trouver un Livre, ou
l'on ma dit qu'étoit la
Bulle d'Or. Je veux lire
laBulled'Or, tvlonÍieur;
car la Bulle d'Or est à
la mode. Je n'en fuis pas
surpris, luy répondis-je,.
car Bulle d'Or estun petit
mot fort joly, & un
joly mot suffit pour donner
de la curiosié aux
Dames;cependant assise
sur ce tas de Livres, elle
en feuilletoit un gros,
qui pesoit bien trente
livres. Il me parut qu'un
Mercure Galant luy siéroit
mieux à la main qu'-
un gros in folio sur ses
genoux: je mets icy la
Bulle d'Or en faveur de
cette DaIne» 6c peutêtre
de plusieurs autres , qui sanssçavoir de quoy -
il s'agit se demandent
l'une à l'autre: AvcZ-.
mous vû la Bulle d'Or?
comme elles se demandoient
il y a deux mois :
ji'veT^yous vu" Rhadarnijle?
tous les Princes de TEnîpire
ont peut-être des,
interests, & des vûës,
différentes sur l'élection
d'un Empereur
,
& lors
que tout le monde effc
attentif à un événement
si important au repos de
l'Europe, j'aycrû que
chacun feroit bien-aise
de trouver icy la Bulle
d'Or, pièce absolument
necessaire à ceux qui
veulent avoir quelque
connoissancedes affaires
d'Allemagne.
Une Dame, jeune,
jolie,mignonne & fort
parce, monta l'autre jour
avecempressement dans
son garde-meuble , où
je la trouvay fort occupée
à remuer un tas de
gros Livres poudreux&
moisis
,
qui navoient
point vu le jour depuis
qu'elle estoit au monde:
Si vous me trouvez icy
moy-même, me dit-elle,
en me - voyant entrer,
cest que mes gens font
si sots qu'ils n'ont pû
trouver un Livre, ou
l'on ma dit qu'étoit la
Bulle d'Or. Je veux lire
laBulled'Or, tvlonÍieur;
car la Bulle d'Or est à
la mode. Je n'en fuis pas
surpris, luy répondis-je,.
car Bulle d'Or estun petit
mot fort joly, & un
joly mot suffit pour donner
de la curiosié aux
Dames;cependant assise
sur ce tas de Livres, elle
en feuilletoit un gros,
qui pesoit bien trente
livres. Il me parut qu'un
Mercure Galant luy siéroit
mieux à la main qu'-
un gros in folio sur ses
genoux: je mets icy la
Bulle d'Or en faveur de
cette DaIne» 6c peutêtre
de plusieurs autres , qui sanssçavoir de quoy -
il s'agit se demandent
l'une à l'autre: AvcZ-.
mous vû la Bulle d'Or?
comme elles se demandoient
il y a deux mois :
ji'veT^yous vu" Rhadarnijle?
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Résumé : Bulle d'Or. [titre d'après la table]
Le texte aborde l'intérêt suscité par la Bulle d'Or, un document essentiel pour comprendre les affaires d'Allemagne et l'élection d'un Empereur. Dans un contexte où l'Europe est attentive à cet événement, l'auteur présente la Bulle d'Or pour satisfaire la curiosité des lecteurs. Une jeune dame, décrite comme jolie et intelligente, cherche la Bulle d'Or parmi des livres anciens dans son garde-meuble. Elle souhaite lire ce document car il est à la mode. L'auteur note que le terme 'Bulle d'Or' est attrayant et suscite la curiosité, même sans que les personnes sachent exactement de quoi il s'agit. Il compare cette situation à une mode passagère, où les dames se demandent mutuellement si elles ont vu la Bulle d'Or, de la même manière qu'elles demandaient récemment si elles avaient vu le 'Mercure Galant'.
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