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Liste
51
p. 246-248
« Monsieur de Bailleul, Fils de Monsieur de Bailleur President à [...] »
Début :
Monsieur de Bailleul, Fils de Monsieur de Bailleur President à [...]
Mots clefs :
Monsieur de Bailleul, Conseiller au Parlement, Monsieur de Brétonvilliers, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Monsieur de Bailleul, Fils de Monsieur de Bailleur President à [...] »
Monfieur de Bailleul , Fils
deMonfieurde Bailleul Prefident à Mortier , & petit- Fils d'un autre Preſident à Mor
tier , Sur- Intendant des Finances,& Miniſtre d'Etat ſous
la Regence de la feuë Reyne Mere du Roy , a eſté reçeu depuis peu Conſeiller au Parlement. On ne peut donner plus demarques de ſuffiſance qu'il en a donné dans les exa- mensqui luy ont eſté faits.On n'en a point eſté ſurpris , &il n'a fait que confirmer l'opi- nion avantageuſe qu'il avoit fait concevoir de luy par ſes Plaïdoyez , dans lesquels il .
182 LE MERCURE
s'eſtoit fait ſouvent admirer à
la Grand Chambre & ailleurs,
depuis cinq ou fix ans qu'il fréquentoitle Barreau en qua- lité d'Avocat..
Monfieur de Bretonvilliers aeſté auſſi reçeu dans le meſme temps Conſeiller au
Parlement. On ne peut dou- ter qu'il ne ſoit tres- digne de cette Charge , apres qu'il a
exercé pendant deux ans celle de Conſeiller au Chaſtelet
avec toute la capacité qui peut rendreunJuge recomandable.
deMonfieurde Bailleul Prefident à Mortier , & petit- Fils d'un autre Preſident à Mor
tier , Sur- Intendant des Finances,& Miniſtre d'Etat ſous
la Regence de la feuë Reyne Mere du Roy , a eſté reçeu depuis peu Conſeiller au Parlement. On ne peut donner plus demarques de ſuffiſance qu'il en a donné dans les exa- mensqui luy ont eſté faits.On n'en a point eſté ſurpris , &il n'a fait que confirmer l'opi- nion avantageuſe qu'il avoit fait concevoir de luy par ſes Plaïdoyez , dans lesquels il .
182 LE MERCURE
s'eſtoit fait ſouvent admirer à
la Grand Chambre & ailleurs,
depuis cinq ou fix ans qu'il fréquentoitle Barreau en qua- lité d'Avocat..
Monfieur de Bretonvilliers aeſté auſſi reçeu dans le meſme temps Conſeiller au
Parlement. On ne peut dou- ter qu'il ne ſoit tres- digne de cette Charge , apres qu'il a
exercé pendant deux ans celle de Conſeiller au Chaſtelet
avec toute la capacité qui peut rendreunJuge recomandable.
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Résumé : « Monsieur de Bailleul, Fils de Monsieur de Bailleur President à [...] »
Le texte annonce la nomination de deux conseillers au Parlement. Monsieur de Bailleul, fils et petit-fils de présidents à Mortier, est nommé surintendant des finances et ministre d'État. Il a été reconnu pour ses compétences en tant qu'avocat. Monsieur de Bretonvilliers, conseiller au Châtelet depuis deux ans, est également nommé pour sa capacité démontrée.
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52
p. 256-262
« On ne peut exprimer la joye qui se répandit dans [...] »
Début :
On ne peut exprimer la joye qui se répandit dans [...]
Mots clefs :
Gouverneur, Duc de Roquelaure, Bordeaux, Province
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On ne peut exprimer la joye qui se répandit dans [...] »
On ne
peut exprimer la joye qui ſe répandit dans toute cette gra- de Province , ſi-tôt qu'on y
ſceut qu'il en avoit eſté nom- mé Gouverneur ; il y eſtoit dans une fort haute eſtime &
190 LE MERCURE
pour ſa naiſſance , & pour les qualitez particulieres de fa Perſonne. Il arriva à Blaye le 8.de May,où il reçeut les Co- plimensde Meſſieurs les Jurats de Bordeaux , portez par la bouchede Monfieur Chiquet Jurat & ancien Avocar,
accompagné de Monfieur de Jean Procureur Syndic dela Maiſon de Ville. Le lendemain il ſe rendit au Port dudit Blaye àcinq heures du matin , & apres y avoir reçeu tous les honneurs poſſibles par Monfieur de Monbleru Commandant dans la Place,
il monta dans la Maiſon Navale qui luyavoit été envoyée par les Jurats , & fur les dix heures il arriva à Bordeaux au
bruit de tout le CanoduCha-
GALANT. 191
ſteau Trompette, &des Vaif- ſeaux. Monfieur le Comte de
Montaigu Gouverneur du Chaſteau & LieutenantGeneral de la Province , le vint
recevoir ſur le Port, où il luy preſenta les Jurats , à la teſte deſquels ſe trouva Monfieur de la Lange , qui harangua d'une maniere àfaire connoître qu'unGentil- hommen'eſt
pasmoins propre à eſtre bon Orateur que bon Capitaine.
On ne luy avoit point prepa- ré dEntrée , parce qu'il n'en avoit point voulu , pour n'ê- tre pas à charge au Public;
mais quelque précaution qu'il eût priſe pour cacher ſon ar- rivée , elle fut ſocuë incontinent de tout le Peuple , qui accourut en foule ſur le Port,
192 LE MERCURE
&on peut dire que jamais Gouverneur n'a eſté reçeu avec plus d'acclamations. De là , voulant rendre les honneurs deûs au Prélat de cette
grande Ville , il fut conduit à
l'Archeveſché ; apres quoy il alla diſner au Chaſteau Trompepette,où MonfieurdeMon- taigu le régala avec unemag- nificence admirable.Vousſça- vez,Madame,que Monfieurle
Comte de Montaigu eſt un Homme d'un fort grandmé- rité , &que ſa naiſſance nele rendpas moins illuſtre, qu'un grand nombre de belles Al- liances qui font dans ſa Mai- fon. Il a eſté Cornette des
Chevaux- Legers de la Garde
du Roy , & Gouverneur de Rocroy ; & apres avoir meri-
GALANT. 193 té par de grands ſervices la confiance de Sa Majesté &de la feuë Reyne Mere dans des
occaſions tres- importantes, il a eſté choiſy par le Roy pour l'un de ſes Lieutenans dans le
Gouvernementde Guyenne ,
&pour Gouverneur du Chafteau Trompette. Cet Employ marque plus que toute autre choſe l'eſtime particuliere dõt il a toûjours eſté honoré par fon Maiſtre. Tout le monde
ſçait l'importancedece Poſte,
&l'on a veu dans les derniers
temps de quelle conséquence il eſt d'y avoir unHommedot la ſageſſe,la fidelité,&l'expé- rience,mettent en ſeûreté une
Province qui a toûjours eſté enbute aux plus puiſſans En- nemis du Royaume. C'eſt où
194 LE MERCURE
M. de Montaigu avoulu cher- cherdu repos pour ſe délaſſer des longues fatigues qu'il a
cuës àeſſuyerdas les Armées,
nejugeant pas que l'âge , ny méme les pensées qu'ondoit avoir dans un certain temps pourl'autre vie, le püſſentdif penſer derendrejuſqu'au der- nier ſoûpir les ſervices qu'il croît devoir à un Prince qui luy a toûjours donnédes mar- ques de ſa bonté.
Apres ces premiers devoirs rendus à Monfieur le Duc de
Roquelore , toute la ſemaine ſe paſſa à recevoir les Haran- gues de tous les Corps , entre leſquelles celles de Monfieur le Doyen de la Cathedrale, &
deM. de Meſtivier Preſident'
à la Cour des Aydes , ont été
GALANT.
19)
DE
S
été fort eſtimées , ainſi que celles de Monfieur le Lieutenant General du Preſidial de
Bordeaux , & du Juge-Mage d'Auche. Monfieur le Duc
s'embarqua le 14. du méme
mois pour aller à Marmande ſe faire recevoir au Parlement.
Adieu, Madame. Sansa grofleur extraordinaire de ma /
peut exprimer la joye qui ſe répandit dans toute cette gra- de Province , ſi-tôt qu'on y
ſceut qu'il en avoit eſté nom- mé Gouverneur ; il y eſtoit dans une fort haute eſtime &
190 LE MERCURE
pour ſa naiſſance , & pour les qualitez particulieres de fa Perſonne. Il arriva à Blaye le 8.de May,où il reçeut les Co- plimensde Meſſieurs les Jurats de Bordeaux , portez par la bouchede Monfieur Chiquet Jurat & ancien Avocar,
accompagné de Monfieur de Jean Procureur Syndic dela Maiſon de Ville. Le lendemain il ſe rendit au Port dudit Blaye àcinq heures du matin , & apres y avoir reçeu tous les honneurs poſſibles par Monfieur de Monbleru Commandant dans la Place,
il monta dans la Maiſon Navale qui luyavoit été envoyée par les Jurats , & fur les dix heures il arriva à Bordeaux au
bruit de tout le CanoduCha-
GALANT. 191
ſteau Trompette, &des Vaif- ſeaux. Monfieur le Comte de
Montaigu Gouverneur du Chaſteau & LieutenantGeneral de la Province , le vint
recevoir ſur le Port, où il luy preſenta les Jurats , à la teſte deſquels ſe trouva Monfieur de la Lange , qui harangua d'une maniere àfaire connoître qu'unGentil- hommen'eſt
pasmoins propre à eſtre bon Orateur que bon Capitaine.
On ne luy avoit point prepa- ré dEntrée , parce qu'il n'en avoit point voulu , pour n'ê- tre pas à charge au Public;
mais quelque précaution qu'il eût priſe pour cacher ſon ar- rivée , elle fut ſocuë incontinent de tout le Peuple , qui accourut en foule ſur le Port,
192 LE MERCURE
&on peut dire que jamais Gouverneur n'a eſté reçeu avec plus d'acclamations. De là , voulant rendre les honneurs deûs au Prélat de cette
grande Ville , il fut conduit à
l'Archeveſché ; apres quoy il alla diſner au Chaſteau Trompepette,où MonfieurdeMon- taigu le régala avec unemag- nificence admirable.Vousſça- vez,Madame,que Monfieurle
Comte de Montaigu eſt un Homme d'un fort grandmé- rité , &que ſa naiſſance nele rendpas moins illuſtre, qu'un grand nombre de belles Al- liances qui font dans ſa Mai- fon. Il a eſté Cornette des
Chevaux- Legers de la Garde
du Roy , & Gouverneur de Rocroy ; & apres avoir meri-
GALANT. 193 té par de grands ſervices la confiance de Sa Majesté &de la feuë Reyne Mere dans des
occaſions tres- importantes, il a eſté choiſy par le Roy pour l'un de ſes Lieutenans dans le
Gouvernementde Guyenne ,
&pour Gouverneur du Chafteau Trompette. Cet Employ marque plus que toute autre choſe l'eſtime particuliere dõt il a toûjours eſté honoré par fon Maiſtre. Tout le monde
ſçait l'importancedece Poſte,
&l'on a veu dans les derniers
temps de quelle conséquence il eſt d'y avoir unHommedot la ſageſſe,la fidelité,&l'expé- rience,mettent en ſeûreté une
Province qui a toûjours eſté enbute aux plus puiſſans En- nemis du Royaume. C'eſt où
194 LE MERCURE
M. de Montaigu avoulu cher- cherdu repos pour ſe délaſſer des longues fatigues qu'il a
cuës àeſſuyerdas les Armées,
nejugeant pas que l'âge , ny méme les pensées qu'ondoit avoir dans un certain temps pourl'autre vie, le püſſentdif penſer derendrejuſqu'au der- nier ſoûpir les ſervices qu'il croît devoir à un Prince qui luy a toûjours donnédes mar- ques de ſa bonté.
Apres ces premiers devoirs rendus à Monfieur le Duc de
Roquelore , toute la ſemaine ſe paſſa à recevoir les Haran- gues de tous les Corps , entre leſquelles celles de Monfieur le Doyen de la Cathedrale, &
deM. de Meſtivier Preſident'
à la Cour des Aydes , ont été
GALANT.
19)
DE
S
été fort eſtimées , ainſi que celles de Monfieur le Lieutenant General du Preſidial de
Bordeaux , & du Juge-Mage d'Auche. Monfieur le Duc
s'embarqua le 14. du méme
mois pour aller à Marmande ſe faire recevoir au Parlement.
Adieu, Madame. Sansa grofleur extraordinaire de ma /
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Résumé : « On ne peut exprimer la joye qui se répandit dans [...] »
Le texte relate l'arrivée triomphale d'un nouveau gouverneur dans une province française. Sa nomination fut accueillie avec joie par la population, qui le respectait pour sa naissance et ses qualités. Il arriva à Blaye le 8 mai et reçut les compliments des jurats de Bordeaux. Le lendemain, à Bordeaux, il fut accueilli par des honneurs militaires et populaires. Le comte de Montaigu, gouverneur du château Trompette et lieutenant général de la province, le reçut sur le port et lui présenta les jurats. Malgré ses efforts pour rester discret, il fut acclamé par le peuple. Il rencontra ensuite l'archevêque et dîna au château Trompette, où il fut magnifiquement reçu par le comte de Montaigu. Ce dernier, décrit comme un homme de grand mérite, avait servi le roi et la reine mère avec distinction. Il avait été choisi pour son poste en raison de sa sagesse, fidélité et expérience, essentielles pour la sécurité de la province. La semaine suivante, le nouveau gouverneur reçut les harangues de divers corps, dont celles du doyen de la cathédrale et du président à la Cour des Aydes. Il se rendit ensuite à Marmande pour être reçu au Parlement.
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53
p. 61-66
« Cependant, comme j'ay déja commencé à vous parler des Pages [...] »
Début :
Cependant, comme j'ay déja commencé à vous parler des Pages [...]
Mots clefs :
Pages, Écurie, Noms, Charges, Roi
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texteReconnaissance textuelle : « Cependant, comme j'ay déja commencé à vous parler des Pages [...] »
Cependant , comme j'ay déja commencé àvous parler desPages du Roy dans ma derniere Lettre , jacheve icy ce que j'ay encore àvous dire. Ceuxquiont toutes les qualitez neceſſaires.
40 LEMERCVRE
pour eftre du nombre , ſont ſou-- vent obligez d'attendre long-- temps , cet avantage eftant re- cherchéà l'envy par tous ceux quideſcendentdes plus grandes.
Maiſons du Royaume. Comme ils ſervent dans les Armées dés
leur plus grande jeuneffe , &
qu'ils meritent dans un âge peu avancé les Charges quileur font données , il ne faut pas s'éton-- ner ſi la pluſpart deviennent bien-toft capables de comman- der , & fi nous voyons ſouvent les premiers emplois entre des mains de pluſieurs , qui ont eu 1honneur d'eſtre elevez Pages du Roy. Sa Majeſté s'eſtant ren- duë fur la Frontiere avec préci pitation , ne mena avec elle qu'une partiedeſes Pages. Voi- cy les Noms de ceux qui la fuiverent.
(
GALAN T. 41
Pages de la Chambre.
M. des Chapelles.
M. de Guebriant.
M. de Neuville.
LaGrande Ecurie.
M. de Braque.
M. du Mets-Tiercelin.
X
ES Pagesde
e
es
&
eu
nt
:
n
nt
nent
Hes
eu
ges
enCci
lle
i11-
M. de Chevigny.
M.deGanges.
TRELER
100
YON
M. de Serignan,aîne & ca- det.
M.de Pelot.
M. de Monfrein.
Pages de lapetite Ecurie.
M. de Boifdennemets..
M.deNadaillac..
M. de S. Gilles- Lenfant.
M. de la Grange , cadet.
M.deRenanfart.
M. de Bonnefonds , aîné &
cader..
M.de Laval.
M. deMarmagne.
42 LE MERCVRE
M. deBoufv.
M.de Moiffet.
4
M. de Melun.
Je ne parleray point icy de leur Nobleffe , perſonne n'en peut douter , puis que tous les Pages du Roy font obligez d'en faire preuve , avant que d'eſtre reçeus. SaMajestévoulantdon- ner moyenàtous ceux dont je viens de parler, d'apprendre le meſtier de la Guerre , les a fait fervir tour à tour d'Aydes de Camp à ſes Aydes Camp , pen- dant les Sieges de Valenciennes & de Cambray , ce qui leur a
donné lieu d'acompagner fou- vent les Officiers Generaux , &
de ſe trouver dans les endroits
les plus perilleux.
40 LEMERCVRE
pour eftre du nombre , ſont ſou-- vent obligez d'attendre long-- temps , cet avantage eftant re- cherchéà l'envy par tous ceux quideſcendentdes plus grandes.
Maiſons du Royaume. Comme ils ſervent dans les Armées dés
leur plus grande jeuneffe , &
qu'ils meritent dans un âge peu avancé les Charges quileur font données , il ne faut pas s'éton-- ner ſi la pluſpart deviennent bien-toft capables de comman- der , & fi nous voyons ſouvent les premiers emplois entre des mains de pluſieurs , qui ont eu 1honneur d'eſtre elevez Pages du Roy. Sa Majeſté s'eſtant ren- duë fur la Frontiere avec préci pitation , ne mena avec elle qu'une partiedeſes Pages. Voi- cy les Noms de ceux qui la fuiverent.
(
GALAN T. 41
Pages de la Chambre.
M. des Chapelles.
M. de Guebriant.
M. de Neuville.
LaGrande Ecurie.
M. de Braque.
M. du Mets-Tiercelin.
X
ES Pagesde
e
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&
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Hes
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i11-
M. de Chevigny.
M.deGanges.
TRELER
100
YON
M. de Serignan,aîne & ca- det.
M.de Pelot.
M. de Monfrein.
Pages de lapetite Ecurie.
M. de Boifdennemets..
M.deNadaillac..
M. de S. Gilles- Lenfant.
M. de la Grange , cadet.
M.deRenanfart.
M. de Bonnefonds , aîné &
cader..
M.de Laval.
M. deMarmagne.
42 LE MERCVRE
M. deBoufv.
M.de Moiffet.
4
M. de Melun.
Je ne parleray point icy de leur Nobleffe , perſonne n'en peut douter , puis que tous les Pages du Roy font obligez d'en faire preuve , avant que d'eſtre reçeus. SaMajestévoulantdon- ner moyenàtous ceux dont je viens de parler, d'apprendre le meſtier de la Guerre , les a fait fervir tour à tour d'Aydes de Camp à ſes Aydes Camp , pen- dant les Sieges de Valenciennes & de Cambray , ce qui leur a
donné lieu d'acompagner fou- vent les Officiers Generaux , &
de ſe trouver dans les endroits
les plus perilleux.
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Résumé : « Cependant, comme j'ay déja commencé à vous parler des Pages [...] »
Le texte décrit les Pages du Roi, jeunes nobles servant dans les armées dès leur jeunesse et souvent promus rapidement à des postes de commandement. Ces pages, issus des plus grandes maisons du royaume, doivent prouver leur noblesse avant d'être acceptés. Le roi, contraint de se rendre rapidement à la frontière, n'a emmené qu'une partie d'entre eux. Le texte énumère les noms des pages ayant accompagné le roi, répartis en Pages de la Chambre, de la Grande Ecurie et de la Petite Ecurie. Le roi a également donné aux pages l'opportunité d'apprendre le métier de la guerre en les faisant servir comme aides de camp pendant les sièges de Valenciennes et de Cambray, leur permettant ainsi de se trouver dans des situations périlleuses aux côtés des officiers généraux.
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54
p. 66-71
« Je croy qu'ils ont tous fait paroistre un courage [...] »
Début :
Je croy qu'ils ont tous fait paroistre un courage [...]
Mots clefs :
Régiment des gardes, Officiers généraux, Attaque, Cambrai, Citadelle
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texteReconnaissance textuelle : « Je croy qu'ils ont tous fait paroistre un courage [...] »
Je croy qu'ils ont tous faitparoiſtre un coura- ge dignede leur naiſſance , ce- pendant je ne puis rien dire de
GALANT. 43
d:
en
Tes
en
particulier que de ceux , dont le hazard ou leurs Amis m'ont inftruit. Je ſçay ſeulement que la pluſpart ſe ſont ſouvent écha- pez pour aller , comme Volon- taires , auxAttaquesqui ſe ſont faites les jours qu'ils n'eſtoient pointde Garde.
Monfieur de Braque , d'une
le
desplus puiſſantes Maiſons du Royaume , &Meſſieurs de Boif- dennemets & le Feron ſe ſignaHe lerentàla teſteduRegimentdes Gardes , le jour que la Ville de
es
1
S
Valenciennes fut emportée; ils prirent pluſieurs Officiers des Ennemis , auſquels ils donne- rentla vie. Ils les mirent entre
les mains des Mouſquetaires
Noirs & allerent en ſuite au
Guichetde laVille , où ils arriverent des premiers. Meſſieurs de Luxembourg &de Danjeau
44 LE MERCVRE
ayant trouvé unegrande confir- fion entre les foldats qui s'effor- çoientd'entrer , peut-eſtre dans l'efperance du pillage, ordonna,
aux Pages que je viens de nom- mer,de les faire retirer ſur une hauteur , &d'empefcher qu'ils n'aprochaffent.Apres avoirexe- cute cet ordre, ils entrerentdans laVille, où avec plusde pruden- ce qu'on n'en devoit attendre des Perſonnes de leur age , ils empeſcherent le defordre , &
arreſterent quantité de Soldats quiſe preparoient àpiller.. Mrs deBraque,du Mets-Tier- celin &de la Grange , ſe trou- verent à l'Attaque de la Demy- lune qui fut priſe la veille que la Villede Cambray compoſa.
Les deux premiers avecMeſ- fieurs de Ganges & de Pelot furét à l'Attaque de la Contref
GALAN T. 45
SL
1
२
e
S
1-
re
&
ts
r1-
V리
{-
t
carpe de la Citadelle de Cam- bray , où ils ſe ſignalerent à la teſte des Gardes. Ce dernier
eſt Fils de Monfieur de Pelot ,
Premier Preſident au Parlement de Roüen. Le merite de
ce grand Homme eſt aſſez connu , & chacun ſçait que fa haute capacité , & l'exacte ju- ſtice qu'il a toûjours renduë, &
dans cette grande Charge &
dansſon Intendance de Guyen-:
ne , luy ont acquis aupres du Roy une eſtime qui luy permet l'eſperance des plus importans Emplois.
Ms de Serignan , aîné & ca- det, ſe diſtinguerent auſſi à l'At- taque de la Demy-lune qui fut
repriſe.
M le Chevalier de la Grange receut à la Tranchée de Va- lenciennes un coup de Mouf-
46 LE MERCVRE
quet dans le bras qui ne luy fit qu'une contufion : Il en eut
encor une devant Cambray qui luy fut cauſée par un éclatde Grenade. M² du Mets- Tiercelin y eut ſes cheveux brulez en foûtenant les Travailleurs avec
M le Chevalier des Gaux , &
M' de Braque.
GALANT. 43
d:
en
Tes
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particulier que de ceux , dont le hazard ou leurs Amis m'ont inftruit. Je ſçay ſeulement que la pluſpart ſe ſont ſouvent écha- pez pour aller , comme Volon- taires , auxAttaquesqui ſe ſont faites les jours qu'ils n'eſtoient pointde Garde.
Monfieur de Braque , d'une
le
desplus puiſſantes Maiſons du Royaume , &Meſſieurs de Boif- dennemets & le Feron ſe ſignaHe lerentàla teſteduRegimentdes Gardes , le jour que la Ville de
es
1
S
Valenciennes fut emportée; ils prirent pluſieurs Officiers des Ennemis , auſquels ils donne- rentla vie. Ils les mirent entre
les mains des Mouſquetaires
Noirs & allerent en ſuite au
Guichetde laVille , où ils arriverent des premiers. Meſſieurs de Luxembourg &de Danjeau
44 LE MERCVRE
ayant trouvé unegrande confir- fion entre les foldats qui s'effor- çoientd'entrer , peut-eſtre dans l'efperance du pillage, ordonna,
aux Pages que je viens de nom- mer,de les faire retirer ſur une hauteur , &d'empefcher qu'ils n'aprochaffent.Apres avoirexe- cute cet ordre, ils entrerentdans laVille, où avec plusde pruden- ce qu'on n'en devoit attendre des Perſonnes de leur age , ils empeſcherent le defordre , &
arreſterent quantité de Soldats quiſe preparoient àpiller.. Mrs deBraque,du Mets-Tier- celin &de la Grange , ſe trou- verent à l'Attaque de la Demy- lune qui fut priſe la veille que la Villede Cambray compoſa.
Les deux premiers avecMeſ- fieurs de Ganges & de Pelot furét à l'Attaque de la Contref
GALAN T. 45
SL
1
२
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S
1-
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&
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r1-
V리
{-
t
carpe de la Citadelle de Cam- bray , où ils ſe ſignalerent à la teſte des Gardes. Ce dernier
eſt Fils de Monfieur de Pelot ,
Premier Preſident au Parlement de Roüen. Le merite de
ce grand Homme eſt aſſez connu , & chacun ſçait que fa haute capacité , & l'exacte ju- ſtice qu'il a toûjours renduë, &
dans cette grande Charge &
dansſon Intendance de Guyen-:
ne , luy ont acquis aupres du Roy une eſtime qui luy permet l'eſperance des plus importans Emplois.
Ms de Serignan , aîné & ca- det, ſe diſtinguerent auſſi à l'At- taque de la Demy-lune qui fut
repriſe.
M le Chevalier de la Grange receut à la Tranchée de Va- lenciennes un coup de Mouf-
46 LE MERCVRE
quet dans le bras qui ne luy fit qu'une contufion : Il en eut
encor une devant Cambray qui luy fut cauſée par un éclatde Grenade. M² du Mets- Tiercelin y eut ſes cheveux brulez en foûtenant les Travailleurs avec
M le Chevalier des Gaux , &
M' de Braque.
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Résumé : « Je croy qu'ils ont tous fait paroistre un courage [...] »
Le texte décrit les actions héroïques de jeunes nobles durant plusieurs batailles. Monsieur de Braque, Messieurs de Boisfondenets et le Feron se sont distingués lors de la prise de Valenciennes en capturant des officiers ennemis et en les remettant aux Mousquetaires Noirs. Ils ont également été parmi les premiers à atteindre le guichet de la ville. Messieurs de Luxembourg et de Danjeau ont ordonné aux pages de prévenir le pillage, ce que ces derniers ont accompli en arrêtant de nombreux soldats. Lors de l'attaque de la Demy-lune et de la prise de Cambray, Messieurs de Braque, du Mets-Tiercelin et de la Grange se sont illustrés. Messieurs de Ganges et de Pelot ont été remarquables lors de l'attaque de la contrescarpe de la citadelle de Cambray. Monsieur de Serignan et son cadet se sont également distingués lors de la reprise de la Demy-lune. Le Chevalier de la Grange a été blessé à deux reprises, tandis que Monsieur du Mets-Tiercelin a eu les cheveux brûlés en soutenant les travailleurs.
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55
p. 71-76
« Le Roy ayant ordonné comme je vous ay déja marqué [...] »
Début :
Le Roy ayant ordonné comme je vous ay déja marqué [...]
Mots clefs :
Aides de camp, Page, Cambrai, M. de S. Gilles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy ayant ordonné comme je vous ay déja marqué [...] »
Le Roy ayant ordonné, com- meje vous ay dėja marqué , que ſes Pages ſerviroientd'Aydes de Campà ſes aydes de Camp. M
le Prince d'Elbeufqui l'eſtoit de fa Majesté, retint Mº de S.Gilles L'enfant pour le ſien. Il eut licu
d'en eſtre ſatisfait , puis que ce
Page s'eſt trouvé dans toutes les occafions perilleuſes ; il entra dans Valenciennes avec les
MouſquetairesGris; il alla avec Monfieur le Prince d'Elbeuf à
laDemy-lune qu'on prit la veil
GALANT. 47
e20
ec
&
1-
ue
le que la Ville de Cambray ſe
rendit , & il donna avec les Volontaires à l'attaque de la Con- treſcarpe de la Citadelle , où il entrades premiers , avec M² le Marquis de Malofe,&Mile Cote de la Vauguyon. Quand on fut rentré dans la Tranchée,on leur ordonna de prendre des Fafci- nes &de les porter au Logemét,
pour donner exemple aux Tra- vailleurs. M. le Chevalier de
Tilladet qui commandoit en de qualité deBrigadier,donna qua- tre ou cinq Commiſſions à M. de S. Gilles, qu'il reconnut eſtre de bonne volonté , &dont il s'acquita heureuſement. Il le nom- ma le lendemain à Monfieurde
Louvois ; & Monfieurle Prince
d'Elbeuf , qui rendit compte au Royde cequi c'eſtoit paſſe pen- dant la nuit, dit auſſi dubiende
de
Jes
en
ce
es
es
ec
it
48 LE MERCVRE
luy à Sa Majefté. Lemeſme ſe trouva encore avec Meſſieurs de
Serignan à l'Attaque dela De- my-lune qui fut emportée d'a.-
bord, & que les Ennemis repri- rent ; &lors que M. le Marquis d'Uxelles y vint pour encoura- ger nos Gens , ce Page fit une action de vigueur quifutremar- quée. Des raiſons particulieres m'empeſchent de vous en faire le détail ; mais je ne dois pas oublier à vous dire qu'il n'a pas moins d'eſprit que de cœur. Il a fait ce Carnaval une vingtaine de Rondeaux fur des Fables d'Efope , &les a preſentez àMon- fieur le Duc du Mayne d'une maniere toute finguliere. Ils ont efte fortbien receus , je vous en envoye trois , &vous feray part des autres , s'ils plaiſent autant
dans voſtre Province qu'ils ont plû
GALANT. 49
e
1
1-
ane
alres
ire
Das
ne
E
11-
ne
en
art
ant
Ont
plûaux premieres perſonnesde la Cour.
le Prince d'Elbeufqui l'eſtoit de fa Majesté, retint Mº de S.Gilles L'enfant pour le ſien. Il eut licu
d'en eſtre ſatisfait , puis que ce
Page s'eſt trouvé dans toutes les occafions perilleuſes ; il entra dans Valenciennes avec les
MouſquetairesGris; il alla avec Monfieur le Prince d'Elbeuf à
laDemy-lune qu'on prit la veil
GALANT. 47
e20
ec
&
1-
ue
le que la Ville de Cambray ſe
rendit , & il donna avec les Volontaires à l'attaque de la Con- treſcarpe de la Citadelle , où il entrades premiers , avec M² le Marquis de Malofe,&Mile Cote de la Vauguyon. Quand on fut rentré dans la Tranchée,on leur ordonna de prendre des Fafci- nes &de les porter au Logemét,
pour donner exemple aux Tra- vailleurs. M. le Chevalier de
Tilladet qui commandoit en de qualité deBrigadier,donna qua- tre ou cinq Commiſſions à M. de S. Gilles, qu'il reconnut eſtre de bonne volonté , &dont il s'acquita heureuſement. Il le nom- ma le lendemain à Monfieurde
Louvois ; & Monfieurle Prince
d'Elbeuf , qui rendit compte au Royde cequi c'eſtoit paſſe pen- dant la nuit, dit auſſi dubiende
de
Jes
en
ce
es
es
ec
it
48 LE MERCVRE
luy à Sa Majefté. Lemeſme ſe trouva encore avec Meſſieurs de
Serignan à l'Attaque dela De- my-lune qui fut emportée d'a.-
bord, & que les Ennemis repri- rent ; &lors que M. le Marquis d'Uxelles y vint pour encoura- ger nos Gens , ce Page fit une action de vigueur quifutremar- quée. Des raiſons particulieres m'empeſchent de vous en faire le détail ; mais je ne dois pas oublier à vous dire qu'il n'a pas moins d'eſprit que de cœur. Il a fait ce Carnaval une vingtaine de Rondeaux fur des Fables d'Efope , &les a preſentez àMon- fieur le Duc du Mayne d'une maniere toute finguliere. Ils ont efte fortbien receus , je vous en envoye trois , &vous feray part des autres , s'ils plaiſent autant
dans voſtre Province qu'ils ont plû
GALANT. 49
e
1
1-
ane
alres
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Das
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E
11-
ne
en
art
ant
Ont
plûaux premieres perſonnesde la Cour.
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Résumé : « Le Roy ayant ordonné comme je vous ay déja marqué [...] »
Le texte décrit les exploits militaires de M. de Saint-Gilles, un page au service du roi. Le Prince d'Elbeuf, aide de camp du roi, le retint pour son propre service. M. de Saint-Gilles se distingua lors de la prise de Valenciennes, de la reddition de Cambrai et de l'attaque de la contrescarpe de la citadelle. Il fit preuve de courage et de dévouement, notamment en portant des fascines pour encourager les travailleurs. Le Chevalier de Tilladet, commandant en qualité de brigadier, reconnut sa bonne volonté et le recommanda à Monsieur de Louvois. Le Prince d'Elbeuf rendit également compte de ses actions au roi. M. de Saint-Gilles participa également à l'attaque de la Demi-lune, où il fit preuve de vigueur remarquée. En dehors de ses exploits militaires, il montra des talents littéraires en composant des rondeaux sur des fables d'Ésope, qui furent bien reçus à la cour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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56
p. 91-95
« Enfin, Madame, me voila devant S. Omer, où l'abondance [...] »
Début :
Enfin, Madame, me voila devant S. Omer, où l'abondance [...]
Mots clefs :
Saint Omer, Ville, Siège, Abbaye, Lac
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Enfin, Madame, me voila devant S. Omer, où l'abondance [...] »
Enfin, Madame, me voilàdevant S. Omer, où l'abondance
de toutes les choſes que j'ay euës à vous dire m'a empefché d'arriver plutoſt. Avantque de paffer au recit de tout ce qui s'est fait pendant le Siege de
• GALANT. 59
HO
형
plas
rice
01-
ele
anOn
plifor
Dart
Hece
ay
he
de
ui
te
جم
cette Place, je croy vous en de- voir entretenir un moment. Elle
tire fon nom de celuy de Saint Omerqui estoit EvefquedeTe- rüoanne , & elle eſt ſi forte à
cauſe de ſa ſituation , & d'un
nombre infiny de Canaux qui l'environnent , que perſonne avant Loüis le GRAND navoit encore eu l'avantage de s'en pouvoir dire le Vainqueur.
Cettegloireeſtoit refervée à ſes Armes, qui luy ont fait perdre le titre de Pucelle, qu'elle avoir conſervéjuſques là. Ses edifices font tres-beaux, &elle le peut vanter d'avoir dans l'enclos de
ſes murailles unedes plusbelles Abbayes delEurope , foit pour ce qui regarde ſes Baſtimens,
foit pour ce qui regarde ſonRe- venu. CetteVille eſt la ſeconde
duComté d'Artois.Elle est tresi
Суj
60 LE MERCVRE
ancienne , &la Mer qui l'a au- trefois cottoyée, n'en eſt qu'à huit lieuës. Si l'on en croit Ortelius, le Port d'Iccius, où Cefar
s'embarqua pour paffer emAn gleterre y estoit autrefois. On.
voit aupres de la Ville un Lae
couvert de pluſieurs Iffles qui flotent fur l'eau. Elles vont où
le vent les pouffe , & elles font quelquefois agitées , commedes Vaiſſeaux , le vent qui donne dans lesArbres produiſant pref- que le meſme effet des voiles.
Quand le calme eſt grand on at tache des cordes à ces Arbres,
&on tire ces Ifles où l'on veut
Elles ſont ſouvent remplies de toutes fortes d'Animaux qu'on ymene paiſtre. Les Poiffons du Lac ſe retirent deſſous pour ſe mettre à couvert du froid , &
pour éviter les grandes ardeurs
GALANT. 61
M
12
Orfar
An
On
Lac
qui
Com
des
nne
ref
iles.
ar
res,
eut
de
on
du
rfe
&
curs
du Soleil , de maniere qu'on y
en trouve toûjours beaucoup.
On voit fur ce meſme Lac la
grande&belleAbbayedeClairmarets..
Revenons à la Ville. Lors
qu'on fit deffein de l'affieger ,
elle estoit munie de toutes les
choſes neceffaires pourune vi- goureuſe reſiſtance. Monfieur le Prince de Robec , de la Mai
fon de Montmorency, eſtoitde- dans en qualité de Gouverneur de la Provinced'Artois, &Mole
Comtede Saint.Venant comme
Gouverneur de la Ville.
de toutes les choſes que j'ay euës à vous dire m'a empefché d'arriver plutoſt. Avantque de paffer au recit de tout ce qui s'est fait pendant le Siege de
• GALANT. 59
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Dart
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جم
cette Place, je croy vous en de- voir entretenir un moment. Elle
tire fon nom de celuy de Saint Omerqui estoit EvefquedeTe- rüoanne , & elle eſt ſi forte à
cauſe de ſa ſituation , & d'un
nombre infiny de Canaux qui l'environnent , que perſonne avant Loüis le GRAND navoit encore eu l'avantage de s'en pouvoir dire le Vainqueur.
Cettegloireeſtoit refervée à ſes Armes, qui luy ont fait perdre le titre de Pucelle, qu'elle avoir conſervéjuſques là. Ses edifices font tres-beaux, &elle le peut vanter d'avoir dans l'enclos de
ſes murailles unedes plusbelles Abbayes delEurope , foit pour ce qui regarde ſes Baſtimens,
foit pour ce qui regarde ſonRe- venu. CetteVille eſt la ſeconde
duComté d'Artois.Elle est tresi
Суj
60 LE MERCVRE
ancienne , &la Mer qui l'a au- trefois cottoyée, n'en eſt qu'à huit lieuës. Si l'on en croit Ortelius, le Port d'Iccius, où Cefar
s'embarqua pour paffer emAn gleterre y estoit autrefois. On.
voit aupres de la Ville un Lae
couvert de pluſieurs Iffles qui flotent fur l'eau. Elles vont où
le vent les pouffe , & elles font quelquefois agitées , commedes Vaiſſeaux , le vent qui donne dans lesArbres produiſant pref- que le meſme effet des voiles.
Quand le calme eſt grand on at tache des cordes à ces Arbres,
&on tire ces Ifles où l'on veut
Elles ſont ſouvent remplies de toutes fortes d'Animaux qu'on ymene paiſtre. Les Poiffons du Lac ſe retirent deſſous pour ſe mettre à couvert du froid , &
pour éviter les grandes ardeurs
GALANT. 61
M
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qui
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&
curs
du Soleil , de maniere qu'on y
en trouve toûjours beaucoup.
On voit fur ce meſme Lac la
grande&belleAbbayedeClairmarets..
Revenons à la Ville. Lors
qu'on fit deffein de l'affieger ,
elle estoit munie de toutes les
choſes neceffaires pourune vi- goureuſe reſiſtance. Monfieur le Prince de Robec , de la Mai
fon de Montmorency, eſtoitde- dans en qualité de Gouverneur de la Provinced'Artois, &Mole
Comtede Saint.Venant comme
Gouverneur de la Ville.
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Résumé : « Enfin, Madame, me voila devant S. Omer, où l'abondance [...] »
L'auteur d'une lettre relate son arrivée à Saint-Omer, une ville nommée d'après l'évêque de Thérouanne. Saint-Omer est connue pour sa position stratégique et ses nombreux canaux. Avant Louis XIV, aucune tentative de conquête n'avait abouti. La ville possède des édifices magnifiques et abrite l'une des plus belles abbayes d'Europe. Elle est la seconde ville du comté d'Artois et était autrefois bordée par la mer, à huit lieues de distance. Selon Ortelius, le port d'Iccius, où César s'embarqua pour l'Angleterre, se trouvait là. Près de la ville, un lac est couvert d'îles flottantes utilisées pour le pâturage et servant de refuge aux poissons. Le lac abrite également l'abbaye de Clairmarais. Lors du siège, Saint-Omer était bien préparée pour résister, avec le prince de Robec comme gouverneur de la province d'Artois et le comte de Saint-Venant comme gouverneur de la ville.
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57
p. 95-98
« Il est temps de voir de quelle maniere ils se sont [...] »
Début :
Il est temps de voir de quelle maniere ils se sont [...]
Mots clefs :
Noms des officiers généraux, Lieutenants généraux, Brigadiers, Maréchaux de camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il est temps de voir de quelle maniere ils se sont [...] »
Il eſt.
temps de voir de quelle maniere ils ſe ſont defendus, &comment
ils ont eſté attaquez ; mais il faut que je vous diſe auparavant les Noms des Officiers Generaux qui ont fervi pendant ce Siege.....
62 LE MERCVRE
Monfieur de Humieres ,
Mareſchal de France..
• Lieutenans Generaux
;
M. le Comte du Pleffis . :
2
M. le Prince de Soubife.
M. le marquis de laTrouſſe.. Mareſchauxde Camp.
м. le marquis d'Albret.
M. de Sourdy.
4.
M. de la Motre, Commandant
d'Aire.
- м. Stoupp.
Brigadiers.. M. d'Aubarede.
м. de maulmont, Major Ge- neral.
luſieurs autres qui avoient :
mené des Troupes à Monfieur pour la Bataille deCaffel, ont ſervy enfuite pendant le Siege.. Monfieur de Tracy a efté de ce nombre.
2
GALAN T. 63
A
e
ant
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eur
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ce
২
Aydes de CampdeMonfieuKRED
M. le ChevalierdeTauriac. :
M. deGrave , fils ..
M. de Vertot.
M. le Chevalier de Silly.
OM
M. le Chevalier de Courtenay.. i
SonAlteffeRoyale fit enco-- re ſervir pluſieurs autres. Ie les
nommeray en vous marquant les Commiffions qu'elle leurs donna..
Monfieur le Marquis de la Fréſeliere a commandé l'Artil
lerie..
M' de Choiſy a ſervy de pre- mierIngenieur.
temps de voir de quelle maniere ils ſe ſont defendus, &comment
ils ont eſté attaquez ; mais il faut que je vous diſe auparavant les Noms des Officiers Generaux qui ont fervi pendant ce Siege.....
62 LE MERCVRE
Monfieur de Humieres ,
Mareſchal de France..
• Lieutenans Generaux
;
M. le Comte du Pleffis . :
2
M. le Prince de Soubife.
M. le marquis de laTrouſſe.. Mareſchauxde Camp.
м. le marquis d'Albret.
M. de Sourdy.
4.
M. de la Motre, Commandant
d'Aire.
- м. Stoupp.
Brigadiers.. M. d'Aubarede.
м. de maulmont, Major Ge- neral.
luſieurs autres qui avoient :
mené des Troupes à Monfieur pour la Bataille deCaffel, ont ſervy enfuite pendant le Siege.. Monfieur de Tracy a efté de ce nombre.
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Aydes de CampdeMonfieuKRED
M. le ChevalierdeTauriac. :
M. deGrave , fils ..
M. de Vertot.
M. le Chevalier de Silly.
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M. le Chevalier de Courtenay.. i
SonAlteffeRoyale fit enco-- re ſervir pluſieurs autres. Ie les
nommeray en vous marquant les Commiffions qu'elle leurs donna..
Monfieur le Marquis de la Fréſeliere a commandé l'Artil
lerie..
M' de Choiſy a ſervy de pre- mierIngenieur.
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Résumé : « Il est temps de voir de quelle maniere ils se sont [...] »
Le texte présente les officiers généraux ayant servi pendant un siège, dirigé par le maréchal de France, Monsieur de Humieres. Les lieutenants généraux incluent le Comte du Plessis, le Prince de Soubise et le marquis de la Trousse. Les maréchaux de camp sont le marquis d'Albret, Monsieur de Sourdy, Monsieur de la Motre, commandant d'Aire, et Monsieur Stoupp. Les brigadiers sont Monsieur d'Aubarede et Monsieur de Maulmont, major général. Plusieurs officiers ayant participé à la bataille de Cassel, comme Monsieur de Tracy, ont également servi pendant le siège. Les aides de camp de Monsieur le Prince sont le Chevalier de Tauriac, Monsieur de Grave fils, Monsieur de Vertot, le Chevalier de Silly, et le Chevalier de Courtenay. Monsieur le Marquis de la Freslière a commandé l'artillerie, et Monsieur de Choisy a servi en tant que premier ingénieur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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58
p. 98-127
« Dès que Monsieur fut arrivé devant S. Omer, il visita [...] »
Début :
Dès que Monsieur fut arrivé devant S. Omer, il visita [...]
Mots clefs :
Saint Omer, Nuit, Ennemis, Fort, Tranchée, Troupes, Monsieur, Officiers, Canon, Soldats, Dragons, Rivière, Longueval, Chevalier de Lorraine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Dès que Monsieur fut arrivé devant S. Omer, il visita [...] »
Dés que Monfieur fut arrivé
devant S. Omer , il viſita tous
les Quartiers, &choiſit celuyde Blander,parce qu'il eſtoit le plus proche,& qu'ille trouva leplus commode , pour avoir ſouvent
ELA
64 LE MERCVRE
re.
des nouveles dece qui ſe paſſe- roit. Il ne fit pendant pluſieurs jours que reconnoiſtre la Place,
examiner par où elle pouvoit eſtre ſecouruë , & obſerver les
Poſtes qui nous pouvoientmuiLes Ennemis occupoient deux Redoutes ,danslesquelles il y avoitdu Canon. Elles furent emportées par des Détachemens de Navarre , des Vaifſeaux & de Conry. Pendant ce temps ceux de la Place , qui eſtoient maiſtres du Fort de
S..Michel , ſitué ſur unTertre
naturel,également élevéde tous côtez,travailloient àfaire ache ver l'embelliſſementde ce Fort,
comme s'ils euffent eu deſſein
defaire admirer ce Bijou apres la réduction de la Ville , puis qu'il leur a toûjours eſté inutile,
quoy qu'il fuſt le plus parfait de
GALANT. 65
Eur
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les
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he
ort,
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res
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de
leurs Ouvrages. Quelques jours apres que la Place eut eſté blo- quée, un Cornete , qui n'avoit
pas encore quatorze ans , com- batit ſeul àſeul contre unColonel ennemy qui avoit la mine d'unMars , &le fit priſonnier.
- Monfieur ne peut ouvrir la Tranchée fi-toſt qu'il auroit voulu. Il avoit fi peu de Trou- pes que les Quartiers n'auroient pû ſe donner du fecours lesuns aux autres. La circonvallation
eſtoit grande , & il eſtoit impof- fible qu'elle fuſt autrement à
cauſe des marais ; de maniere
qu'il falloit plus de cent mille Hommes pour attaquer cette Placedans les formes , ou qu'elle fuſt aſſiegée par des François que le nombre n'ajamais épouvantez..
LesEnnemis firent une Sortie
66 LE MERCVRE
avant que la Tranchée fuft ou verte. Ils eſtoient cent Hommes
commandez par le major de la Place : ils attaquerent d'abord avec vigueur une Baterie &un Logementque Son Alteffe Rot yale avoit ordonné pour la foû renir. Cette Baterie devoit fervir contre le Fort des Vaches
qu'Elle avoit réſolu de faire attaquer.
Monfieur d'Albret ſoûtint
quelque tempsles Ennemis,puis il les pouffa l'épée à lamain. II cutunCheval tue ſous luy.Mon- feur le Chevalierde Souvray fit merveilles en cette occafion.
Monfieur le marquis de la Vieu- ville s'y trouva , & fon Ecuyer futtué àſes coſtez. Le Majorde laPlacequi commandoit la Sor- tie fut pris avec ſon Ayde-Ma- jor ,àvingt pas de la Contref-
GALANT. 67
ift o
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abon
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Dit ferJaches
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s,puis ain. I
Monray fit
afion
Vieu
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SorMarefcarpe. Monfieur ayant receu le 2. d'Avril quelques Troupes, &
des ordres du Roypour l'ouver- turede la Tranchée , donna les fiens dans toutfon Camp, &fit preparer toutes choſes pourl'e- xecution de ceuxde Sa Majefte.
LaNuit du 4aus
On ouvrit laTranchée.Monfieur vint àTatingue , Quartier de fonArtillerie , pour voir dé- filer la Garde de la Tranchée..
Il s'avança enſuite à l'endroit où eſtoit poſtée la Garde de laCa- valerie, afinde voir porter tou tes les fafcines , &d'encourager par ſa prefence les Soldats àfai- re beaucoup de travail. Son Al- teſſe Royale ne quitta qu'apres minuit, quoy que ſon Quartier fuft éloignédeplus d'une grande lieuë , & que poury retour- ner il faluſt paſſer dans des lieux
68 LE MERCVRE
marécageux , dont des gens moins ardens pourla gloire que des François n'auroient pû for- tir. Les Soldats ne laiſſferent pas d'avancer malgré le mauvais terrain ; & l'on peut juger de la peinequ'ils eurentpar l'avan- ture qui arriva à un Gentilhommede Monfieur le Chevalier de Lorraine. Il enfonça ft avant dans les bouës , que ne pouvantſe retirer, il demandale fecours de deux Soldats : il en
fut quitre pour ſes bottes qui y
reſterent , & pour quelque ar- gent qu'il donna à ceux qui luy preſterent la main. On monta la meſme nuit la Tranchée du
coſté du Fort des Vaches , &
l'on fit quelques Logemens fur laDigue du coſté de la grande Attaque..
.
E GALANT. 69
Lesau matin gen
e que
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LesEnnemisquin'avoient pas fait grand feu pendant la nuit ,
tirerentlematincinqcens coups t pa
uva deCanon, dontun boulet em- ard porta Monfieur de Vins Briga- dierde Cavalerie.
avan ;
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fur
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Lanuit de 5 au 6
Les travaux ſejoignirent.On fit des communications , &l'on
avança juſques à fix-vingt pas de la Contreſcarpe.
Le6
M' de Soubiſe qui avoit fait conduire le Canon pendant la nuit , le fit tirer de fort bonne
heure , &il fut tres-bien ſervy.
Monfieurde Sourdy fit auſſi tra- vailler àuneBaterie. Nos Détachemens pouſſerent leur Tra- vaildu coſté du Fort des Vaches , &chaſſerent pendant le jourlesEnnemisde leurs Loge
70 LE MERCVRE mens. Onacheva un Batardeau
pour détourner le cours de la
Riviere ,& l'on prit un Soldat chargé d'une Lettre du Ducde Villa-Hermoſa , qui mandoit auxAfſiegez qu'ils feroient ſecourtus.
Lanuitdu6an7
On pouſſa desRamaux L'eau fut détournée , &donna lieu de
faire quelques Logemens. Une nouvelle Baterie commença à
tirer.
Lanuit du 7 au 8
Monfieur ayant choiſi leRe- giment des Dragons Dauphins pour attaquer le Fort des Va- ches , ordonna à Monfieur le
Comte de Longueval qui le commande,deſe trouveràl'en- tréedelanuitavecles fix Compagnies de fon Quartier à l'Ab- baye d'Arque , où Monfieur de
GALANT.
ellப
dot
ean
I de
Chevilly , Lieutenant Colonel,
ledevoitjoindre avec les ſix au- tres qu'il commandoit. La Compagniedes Grenadiers du Regi- ment de Humieres estoit au
Rendez vous pourfaire ce qu'on ordonneroit. Avant touteschoſes M de Longueval fit deux Détachemens de 60. Hommes,
commandez chacun par les Uit deuxpremiers Capitaines de ſon Cal Regiment , pour ſoûtenir les Grenadiers & commencer l'Attaque. Les fix premieres Com- pagnies marchoient apres eux,
&les fix autres ſuivoient àquel- que diſtance. Il eſtoit demeuré beaucoupde Dragons pourgar- der les deuxQuartiers , & ilne reſtoit que quatre cens Hom- mes pour l'Attaque. Les choſes eftant ainſi diſpofées , on mar- cha le long de laDigue droit à
Re
ins
Ja
le
m
bde
72 LE MERCVRE
la Baterie , où ayant pris les ordres deM' le Comte du Pleſſfis
d'attaquer aux trois premiers coups de Canon qu'on tireroit,
on avança environ centpasder- riere unpetit Logement que les Ennemisavoient abandonné , &
quelesNoſtres occupoient pour lors. Le terrain pour aller juf- qu'au Fort eſt tres-difficile. Sur lagauche, la Riviere eſt le long de la Digue. Elle paſſe aupied du Fort, &luy ſervant d'avant- foffé va entrer dans Saint Omer.
Au delà de la Riviere il y a une Campagne inondée juſques à
la Ville. Sur la droite eſt un
autre bras de Riviere ,qui tom- bant pareillement à l'autre cô- té du Fort , va paſſer auprés de la Contreſcarpe de la Place ſans y entrer. Le terrain qui eſt au delà de cette Riviere
G
n'eſt
GALANT. 73 n'eſt pas ſi inondé que celuy de la gauche , mais il eſt telle- ment plein de Canaux & de Foſſez , qu'il eſt preſque impof- ſible dele traverſer ; ſi bien que e pour aller au Fort , il faut de el neceſſité marcher entre deux
Do Rivieres , dont le terrain de l'u台
er
ne
jul. ne àl'autre n'a pas vingt pas de St front, aux endroits les plus lar- ges. L'heure de l'Attaque ap- prochant, on fit raſer une partie du Logement dont on a parlé deſſus, pourpouvoir paſſer plus aiſement , & MonfieurdeChevilly ayant eu ordre de M de Longueval de marcher , pen- dantquede fon coſté , pour ne point perdrede temps , il eſtoit occupé à faire porter desEchel- les &des Clayes , il s'avança à
deux cens pas du Fort. Il fit mettre alors tout fon mondefur
Tome IV.
2
I
D
74 LE MERCVRE le ventre , &alla reconnoître à
quelle diſtance on en eſtoit , &
fi ſans eſtre découvert onpou- voit encor s'en approcher. Il trouva que cela ſe pouvoit, les les Ennemis n'ayant point de Sentinelleavancée;fi bienqu'on ſe trouva inſenſiblement à cin
quante pas du Fort. Le ſoin qu'avoient eu les Grenadiers de cacher leurs méches,&le filenxe qu'on obſerva dans tous les mouvemensqu'on fit, contribua beaucoup à faire ſurprendre l'Ennemy , qui ne ſe réveilla qu'aux trois coups de Canon -qu'on tira environ deux heures Cavant le jour. Alors nos Gens commenceret parungrand feu,
mais celuy des Ennemis eſtant ſupérieur & plus ſeur , parce quils ne tiroient qu'à couvert,
nos Grenadiers , & noftre pre- 3
GALANT.
75
300
S
miere troupe de Dragons ſe trouverent bien-toſt hors de combat, la pluſpart des Officiers furent tuez ou bleſſez. La ſecondetroupe eſtant rebutée par ce méchant ſuccés , avoit de la peine à ſe reſoudre dedonner ;
ſi bien que Monfieur de Che- villy fut obligé de faire marcher les fix premieres Compagnies, à
la teſte deſquelles eſtoient tous les Officiers. Il les mena à la Paliſſade,&pour payer d'exem- ple, il ſauta par deſſus , n'ayant trouvé aucune ouverture, parce que le Canon ne l'avoit aucu- nement endommagée. On en arracha quelques-unes ; mais,
-ſoit pour la difficulté d'entrer ,
ſoit pour la trop grande défen- ce des Ennemis , Monfieur de Chevilly ne fut ſuivy que des Officiers,& d'unfortpetit nomk
10
ja
Dij
76 LE MERCVRE
bre de Dragons ; mais il les trou- va d'une fi bonne volonté,qu'a- prés avoir paſſé deux Foffez pleins d'eau , ils les chaſſerent l'épée à la main d'un Ouvrage à l'autre , juſques au Chemin couvert de la Redoute. Ce fut
là où ils firent plus de reſiſtan--
ce , & leur Commandant ayant raſſemblé les Officiers que les
Noftres trouverent teſte pour reſte , on difputa long-temps le terrain, &il yeut de fort grands coups de main donnez. M de Chevilly fut bleffé dans cemo- ment. Le Commandantluy ayat porté un coup de Pertuiſanne dans la cuiffe, qui ne l'atteignit que legerement , il fauta à luy pour la luyarracher ; mais s'é- tant trop avancé, il ſetrouva en- velopé de ſept ou huit Officiers des Ennemis , & fut en mefime
GALANT. 77
ام
temps bleſſe à l'épaule d'un coup dont il tomba , & les En- nemis ne ſe trouvant plus pref- fez des noſtres , eurent le loifir
de ſe rerirer dans leur Redoute,
aparemment pour y faire leur compofition : Mais cela ſervitderien; car Monfieur de
ne leur 00S
Longueval qui attaquoit le long dela Digue avec les fix autres1771
Compagnies , &qui avoit toît- jours chaſſe les Ennemis devant luy avec beaucoup de vigueur,
& tué tout ce qui luy avoit fait reſiſtance , ſe trouva à meſme
hauteur fur la Redoute. Les
Ennemis qui ſe virent pris des deux coſtez , perdirent toute efperance , &mettantles armes bas, ils demanderentquartier. Jl n'y eut que le Colonel Forfaits,
leur Commandant , qui n'en voulutpoint recevoir , & qui ai
Diij
78 LE MERCVRE ma mieux ſe faire tuer, que ſe
rendre. On pritdouzeOfficiers,
&environ cent Soldats ; le reſte
fut tué, le grand feu des goul- drons éclairant ſi bien , qu'on put aiſement n'en laiſſer écha- per aucun. Ainfi finit cette affaire, &l'on peut dire que dans cette Action il s'est fait deschoſes d'une intrepidité & d'une bravoure qu'il feroit difficile d'exprimer. Les Officiers & les
Soldats Ennemis avoient eſté
choiſis fur toute la Garnifon
pourdéfendre cePofte, qui leur eſtoit dela derniere conſequen- ce , comme il a paru dans la fuite par lapriſe dela Ville, &il falloit autant d'opiniâtreté &de fermeté qu'on en eut pour le forcer. Tous nos Officiers y fi- rent éclaterbeaucoupde valeur,
mais ceux qui s'y font le plus
- GALANT9
20
at diftinguez , apres Monfieur le Comte de Longueval , ſur qui roule tout l'honneur de l'Action,
font Meffieurs de Cazemont , le
Chevalierde Montmas, &l'Angellerie, tous trois Capitaines,&
tous trois bleffez : le premier en eſtmort. Monfieur le RouxMajor yaauffi tres-bien fait.
1100
at
Lunt
P
le
30
1
1
لو
La priſe de ceForta eſté une des plus vigoureuſes Actions dont on ait ouy parler depuis long-temps. Il avoit efte atta- quédepuis quatre ou cinq jours parTranchée ouverte,& il avoit eſté batu inutilement par vingt- quatre Pieces de Canon. On
força dans la meſme nuit trois Retranchemens,& l'on paſſaun nombre infiny de Canaux qui défendoient l'approche duFort.
Il eſt de figure ronde , conſtruit de gazon & de terre àl'épreuve,
Dij
80 LE MERCVRE
duCanon. Il y a une Redoute au milieu,encor de figure ronde toute de brique, fur laquelle if
yavoit pluſieurs Pieces d'Artil- lerie. Elle eſt plus élevée que le Ye
Fort. Letout eſt environned'un
grand Foſſe plein d'eau de dix- huit à vingt pieds de large, fur lequel il n'y avoit qu'un petit Pontde deux planchespour en- trer dans le Fort. On l'attaqua partie à la nage , &partie ſur les deux planches. M le Comtede Longueval entra dedasdes pre- miers à la teſte de quelques Dragons, & força les Ennemis qui s'eſtoient retirez dans la Tour. Monfieur le Marefchal
de Humieres , & Monfieur le
Chevalier de Lorraine , vinrent quelque temps apres voir ce Fort : ils furent ſurpris , & ne croyoient pas qu'il fuſt ſi con
E GALANT. 8г
QUE
ent
שרen
fiderable. Ils feliciterent Monont fieur le Comtede Longuevalde i l'action qu'il venoit de faire.
Cependant il arriva des Nou- att velles à Monfieurde la marche
du Prince d'Orange , & ilen- voya Monfieur le Chevalier de Tillecourt dire à Monfieur le
Mareſchal de Humieres , àM
le Chevalier de Lorraine , & à
Monfieur le Comte du Pleſſis,
qu'il avoit quelque choſe àleur communiquer. Ces Meſſieurs les vinrent trouver , & on fe
prepara pour la Bataille. Je n'ay ✓ plus rien à vous en dire , maſeconde & ma troiſième Lettre
vous en ont aſſez parlé. Laif- fons- les donc aller au Combat,. &juſques àleurretour parlons d'autre choſeque de la Guerre.
devant S. Omer , il viſita tous
les Quartiers, &choiſit celuyde Blander,parce qu'il eſtoit le plus proche,& qu'ille trouva leplus commode , pour avoir ſouvent
ELA
64 LE MERCVRE
re.
des nouveles dece qui ſe paſſe- roit. Il ne fit pendant pluſieurs jours que reconnoiſtre la Place,
examiner par où elle pouvoit eſtre ſecouruë , & obſerver les
Poſtes qui nous pouvoientmuiLes Ennemis occupoient deux Redoutes ,danslesquelles il y avoitdu Canon. Elles furent emportées par des Détachemens de Navarre , des Vaifſeaux & de Conry. Pendant ce temps ceux de la Place , qui eſtoient maiſtres du Fort de
S..Michel , ſitué ſur unTertre
naturel,également élevéde tous côtez,travailloient àfaire ache ver l'embelliſſementde ce Fort,
comme s'ils euffent eu deſſein
defaire admirer ce Bijou apres la réduction de la Ville , puis qu'il leur a toûjours eſté inutile,
quoy qu'il fuſt le plus parfait de
GALANT. 65
Eur
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leurs Ouvrages. Quelques jours apres que la Place eut eſté blo- quée, un Cornete , qui n'avoit
pas encore quatorze ans , com- batit ſeul àſeul contre unColonel ennemy qui avoit la mine d'unMars , &le fit priſonnier.
- Monfieur ne peut ouvrir la Tranchée fi-toſt qu'il auroit voulu. Il avoit fi peu de Trou- pes que les Quartiers n'auroient pû ſe donner du fecours lesuns aux autres. La circonvallation
eſtoit grande , & il eſtoit impof- fible qu'elle fuſt autrement à
cauſe des marais ; de maniere
qu'il falloit plus de cent mille Hommes pour attaquer cette Placedans les formes , ou qu'elle fuſt aſſiegée par des François que le nombre n'ajamais épouvantez..
LesEnnemis firent une Sortie
66 LE MERCVRE
avant que la Tranchée fuft ou verte. Ils eſtoient cent Hommes
commandez par le major de la Place : ils attaquerent d'abord avec vigueur une Baterie &un Logementque Son Alteffe Rot yale avoit ordonné pour la foû renir. Cette Baterie devoit fervir contre le Fort des Vaches
qu'Elle avoit réſolu de faire attaquer.
Monfieur d'Albret ſoûtint
quelque tempsles Ennemis,puis il les pouffa l'épée à lamain. II cutunCheval tue ſous luy.Mon- feur le Chevalierde Souvray fit merveilles en cette occafion.
Monfieur le marquis de la Vieu- ville s'y trouva , & fon Ecuyer futtué àſes coſtez. Le Majorde laPlacequi commandoit la Sor- tie fut pris avec ſon Ayde-Ma- jor ,àvingt pas de la Contref-
GALANT. 67
ift o
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Monray fit
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Vieu
cuyer
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SorMarefcarpe. Monfieur ayant receu le 2. d'Avril quelques Troupes, &
des ordres du Roypour l'ouver- turede la Tranchée , donna les fiens dans toutfon Camp, &fit preparer toutes choſes pourl'e- xecution de ceuxde Sa Majefte.
LaNuit du 4aus
On ouvrit laTranchée.Monfieur vint àTatingue , Quartier de fonArtillerie , pour voir dé- filer la Garde de la Tranchée..
Il s'avança enſuite à l'endroit où eſtoit poſtée la Garde de laCa- valerie, afinde voir porter tou tes les fafcines , &d'encourager par ſa prefence les Soldats àfai- re beaucoup de travail. Son Al- teſſe Royale ne quitta qu'apres minuit, quoy que ſon Quartier fuft éloignédeplus d'une grande lieuë , & que poury retour- ner il faluſt paſſer dans des lieux
68 LE MERCVRE
marécageux , dont des gens moins ardens pourla gloire que des François n'auroient pû for- tir. Les Soldats ne laiſſferent pas d'avancer malgré le mauvais terrain ; & l'on peut juger de la peinequ'ils eurentpar l'avan- ture qui arriva à un Gentilhommede Monfieur le Chevalier de Lorraine. Il enfonça ft avant dans les bouës , que ne pouvantſe retirer, il demandale fecours de deux Soldats : il en
fut quitre pour ſes bottes qui y
reſterent , & pour quelque ar- gent qu'il donna à ceux qui luy preſterent la main. On monta la meſme nuit la Tranchée du
coſté du Fort des Vaches , &
l'on fit quelques Logemens fur laDigue du coſté de la grande Attaque..
.
E GALANT. 69
Lesau matin gen
e que
for
LesEnnemisquin'avoient pas fait grand feu pendant la nuit ,
tirerentlematincinqcens coups t pa
uva deCanon, dontun boulet em- ard porta Monfieur de Vins Briga- dierde Cavalerie.
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Lanuit de 5 au 6
Les travaux ſejoignirent.On fit des communications , &l'on
avança juſques à fix-vingt pas de la Contreſcarpe.
Le6
M' de Soubiſe qui avoit fait conduire le Canon pendant la nuit , le fit tirer de fort bonne
heure , &il fut tres-bien ſervy.
Monfieurde Sourdy fit auſſi tra- vailler àuneBaterie. Nos Détachemens pouſſerent leur Tra- vaildu coſté du Fort des Vaches , &chaſſerent pendant le jourlesEnnemisde leurs Loge
70 LE MERCVRE mens. Onacheva un Batardeau
pour détourner le cours de la
Riviere ,& l'on prit un Soldat chargé d'une Lettre du Ducde Villa-Hermoſa , qui mandoit auxAfſiegez qu'ils feroient ſecourtus.
Lanuitdu6an7
On pouſſa desRamaux L'eau fut détournée , &donna lieu de
faire quelques Logemens. Une nouvelle Baterie commença à
tirer.
Lanuit du 7 au 8
Monfieur ayant choiſi leRe- giment des Dragons Dauphins pour attaquer le Fort des Va- ches , ordonna à Monfieur le
Comte de Longueval qui le commande,deſe trouveràl'en- tréedelanuitavecles fix Compagnies de fon Quartier à l'Ab- baye d'Arque , où Monfieur de
GALANT.
ellப
dot
ean
I de
Chevilly , Lieutenant Colonel,
ledevoitjoindre avec les ſix au- tres qu'il commandoit. La Compagniedes Grenadiers du Regi- ment de Humieres estoit au
Rendez vous pourfaire ce qu'on ordonneroit. Avant touteschoſes M de Longueval fit deux Détachemens de 60. Hommes,
commandez chacun par les Uit deuxpremiers Capitaines de ſon Cal Regiment , pour ſoûtenir les Grenadiers & commencer l'Attaque. Les fix premieres Com- pagnies marchoient apres eux,
&les fix autres ſuivoient àquel- que diſtance. Il eſtoit demeuré beaucoupde Dragons pourgar- der les deuxQuartiers , & ilne reſtoit que quatre cens Hom- mes pour l'Attaque. Les choſes eftant ainſi diſpofées , on mar- cha le long de laDigue droit à
Re
ins
Ja
le
m
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72 LE MERCVRE
la Baterie , où ayant pris les ordres deM' le Comte du Pleſſfis
d'attaquer aux trois premiers coups de Canon qu'on tireroit,
on avança environ centpasder- riere unpetit Logement que les Ennemisavoient abandonné , &
quelesNoſtres occupoient pour lors. Le terrain pour aller juf- qu'au Fort eſt tres-difficile. Sur lagauche, la Riviere eſt le long de la Digue. Elle paſſe aupied du Fort, &luy ſervant d'avant- foffé va entrer dans Saint Omer.
Au delà de la Riviere il y a une Campagne inondée juſques à
la Ville. Sur la droite eſt un
autre bras de Riviere ,qui tom- bant pareillement à l'autre cô- té du Fort , va paſſer auprés de la Contreſcarpe de la Place ſans y entrer. Le terrain qui eſt au delà de cette Riviere
G
n'eſt
GALANT. 73 n'eſt pas ſi inondé que celuy de la gauche , mais il eſt telle- ment plein de Canaux & de Foſſez , qu'il eſt preſque impof- ſible dele traverſer ; ſi bien que e pour aller au Fort , il faut de el neceſſité marcher entre deux
Do Rivieres , dont le terrain de l'u台
er
ne
jul. ne àl'autre n'a pas vingt pas de St front, aux endroits les plus lar- ges. L'heure de l'Attaque ap- prochant, on fit raſer une partie du Logement dont on a parlé deſſus, pourpouvoir paſſer plus aiſement , & MonfieurdeChevilly ayant eu ordre de M de Longueval de marcher , pen- dantquede fon coſté , pour ne point perdrede temps , il eſtoit occupé à faire porter desEchel- les &des Clayes , il s'avança à
deux cens pas du Fort. Il fit mettre alors tout fon mondefur
Tome IV.
2
I
D
74 LE MERCVRE le ventre , &alla reconnoître à
quelle diſtance on en eſtoit , &
fi ſans eſtre découvert onpou- voit encor s'en approcher. Il trouva que cela ſe pouvoit, les les Ennemis n'ayant point de Sentinelleavancée;fi bienqu'on ſe trouva inſenſiblement à cin
quante pas du Fort. Le ſoin qu'avoient eu les Grenadiers de cacher leurs méches,&le filenxe qu'on obſerva dans tous les mouvemensqu'on fit, contribua beaucoup à faire ſurprendre l'Ennemy , qui ne ſe réveilla qu'aux trois coups de Canon -qu'on tira environ deux heures Cavant le jour. Alors nos Gens commenceret parungrand feu,
mais celuy des Ennemis eſtant ſupérieur & plus ſeur , parce quils ne tiroient qu'à couvert,
nos Grenadiers , & noftre pre- 3
GALANT.
75
300
S
miere troupe de Dragons ſe trouverent bien-toſt hors de combat, la pluſpart des Officiers furent tuez ou bleſſez. La ſecondetroupe eſtant rebutée par ce méchant ſuccés , avoit de la peine à ſe reſoudre dedonner ;
ſi bien que Monfieur de Che- villy fut obligé de faire marcher les fix premieres Compagnies, à
la teſte deſquelles eſtoient tous les Officiers. Il les mena à la Paliſſade,&pour payer d'exem- ple, il ſauta par deſſus , n'ayant trouvé aucune ouverture, parce que le Canon ne l'avoit aucu- nement endommagée. On en arracha quelques-unes ; mais,
-ſoit pour la difficulté d'entrer ,
ſoit pour la trop grande défen- ce des Ennemis , Monfieur de Chevilly ne fut ſuivy que des Officiers,& d'unfortpetit nomk
10
ja
Dij
76 LE MERCVRE
bre de Dragons ; mais il les trou- va d'une fi bonne volonté,qu'a- prés avoir paſſé deux Foffez pleins d'eau , ils les chaſſerent l'épée à la main d'un Ouvrage à l'autre , juſques au Chemin couvert de la Redoute. Ce fut
là où ils firent plus de reſiſtan--
ce , & leur Commandant ayant raſſemblé les Officiers que les
Noftres trouverent teſte pour reſte , on difputa long-temps le terrain, &il yeut de fort grands coups de main donnez. M de Chevilly fut bleffé dans cemo- ment. Le Commandantluy ayat porté un coup de Pertuiſanne dans la cuiffe, qui ne l'atteignit que legerement , il fauta à luy pour la luyarracher ; mais s'é- tant trop avancé, il ſetrouva en- velopé de ſept ou huit Officiers des Ennemis , & fut en mefime
GALANT. 77
ام
temps bleſſe à l'épaule d'un coup dont il tomba , & les En- nemis ne ſe trouvant plus pref- fez des noſtres , eurent le loifir
de ſe rerirer dans leur Redoute,
aparemment pour y faire leur compofition : Mais cela ſervitderien; car Monfieur de
ne leur 00S
Longueval qui attaquoit le long dela Digue avec les fix autres1771
Compagnies , &qui avoit toît- jours chaſſe les Ennemis devant luy avec beaucoup de vigueur,
& tué tout ce qui luy avoit fait reſiſtance , ſe trouva à meſme
hauteur fur la Redoute. Les
Ennemis qui ſe virent pris des deux coſtez , perdirent toute efperance , &mettantles armes bas, ils demanderentquartier. Jl n'y eut que le Colonel Forfaits,
leur Commandant , qui n'en voulutpoint recevoir , & qui ai
Diij
78 LE MERCVRE ma mieux ſe faire tuer, que ſe
rendre. On pritdouzeOfficiers,
&environ cent Soldats ; le reſte
fut tué, le grand feu des goul- drons éclairant ſi bien , qu'on put aiſement n'en laiſſer écha- per aucun. Ainfi finit cette affaire, &l'on peut dire que dans cette Action il s'est fait deschoſes d'une intrepidité & d'une bravoure qu'il feroit difficile d'exprimer. Les Officiers & les
Soldats Ennemis avoient eſté
choiſis fur toute la Garnifon
pourdéfendre cePofte, qui leur eſtoit dela derniere conſequen- ce , comme il a paru dans la fuite par lapriſe dela Ville, &il falloit autant d'opiniâtreté &de fermeté qu'on en eut pour le forcer. Tous nos Officiers y fi- rent éclaterbeaucoupde valeur,
mais ceux qui s'y font le plus
- GALANT9
20
at diftinguez , apres Monfieur le Comte de Longueval , ſur qui roule tout l'honneur de l'Action,
font Meffieurs de Cazemont , le
Chevalierde Montmas, &l'Angellerie, tous trois Capitaines,&
tous trois bleffez : le premier en eſtmort. Monfieur le RouxMajor yaauffi tres-bien fait.
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La priſe de ceForta eſté une des plus vigoureuſes Actions dont on ait ouy parler depuis long-temps. Il avoit efte atta- quédepuis quatre ou cinq jours parTranchée ouverte,& il avoit eſté batu inutilement par vingt- quatre Pieces de Canon. On
força dans la meſme nuit trois Retranchemens,& l'on paſſaun nombre infiny de Canaux qui défendoient l'approche duFort.
Il eſt de figure ronde , conſtruit de gazon & de terre àl'épreuve,
Dij
80 LE MERCVRE
duCanon. Il y a une Redoute au milieu,encor de figure ronde toute de brique, fur laquelle if
yavoit pluſieurs Pieces d'Artil- lerie. Elle eſt plus élevée que le Ye
Fort. Letout eſt environned'un
grand Foſſe plein d'eau de dix- huit à vingt pieds de large, fur lequel il n'y avoit qu'un petit Pontde deux planchespour en- trer dans le Fort. On l'attaqua partie à la nage , &partie ſur les deux planches. M le Comtede Longueval entra dedasdes pre- miers à la teſte de quelques Dragons, & força les Ennemis qui s'eſtoient retirez dans la Tour. Monfieur le Marefchal
de Humieres , & Monfieur le
Chevalier de Lorraine , vinrent quelque temps apres voir ce Fort : ils furent ſurpris , & ne croyoient pas qu'il fuſt ſi con
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QUE
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שרen
fiderable. Ils feliciterent Monont fieur le Comtede Longuevalde i l'action qu'il venoit de faire.
Cependant il arriva des Nou- att velles à Monfieurde la marche
du Prince d'Orange , & ilen- voya Monfieur le Chevalier de Tillecourt dire à Monfieur le
Mareſchal de Humieres , àM
le Chevalier de Lorraine , & à
Monfieur le Comte du Pleſſis,
qu'il avoit quelque choſe àleur communiquer. Ces Meſſieurs les vinrent trouver , & on fe
prepara pour la Bataille. Je n'ay ✓ plus rien à vous en dire , maſeconde & ma troiſième Lettre
vous en ont aſſez parlé. Laif- fons- les donc aller au Combat,. &juſques àleurretour parlons d'autre choſeque de la Guerre.
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Résumé : « Dès que Monsieur fut arrivé devant S. Omer, il visita [...] »
Le texte décrit les événements militaires autour de la ville de Saint-Omer. À son arrivée, Monfieur choisit le quartier de Blander pour sa proximité et sa commodité. Les ennemis occupaient deux redoutes armées de canons, rapidement prises par des détachements de Navarre, des vaisseaux et de Conry. Pendant ce temps, les défenseurs de la place fortifiaient le Fort Saint-Michel. Les travaux de siège commencèrent mais furent ralentis par le manque de troupes et les marais environnants. Une sortie ennemie fut repoussée, et la tranchée fut ouverte la nuit du 4 avril. Les travaux avancèrent malgré les difficultés du terrain et les tirs ennemis. Le 8 avril, une attaque fut lancée contre le Fort des Vaches. Malgré une résistance acharnée, les assaillants prirent le fort, capturant plusieurs officiers et soldats ennemis. Cette action fut marquée par un grand courage et une bravoure exceptionnelle. Le Fort des Vaches, bien défendu et construit pour résister aux canons, fut finalement pris après une lutte intense. Par ailleurs, le texte relate une communication entre des personnages historiques, sans préciser leur identité exacte. Un individu, non nommé, convoque le Chevalier de Lorraine et Monsieur le Comte du Plessis pour leur transmettre une information importante. Ces derniers se rendent à la convocation et se préparent pour une bataille. L'auteur mentionne qu'il n'a plus rien à ajouter sur le sujet, car ses deuxième et troisième lettres en ont déjà traité en détail. Il suggère de laisser les protagonistes aller au combat et de discuter d'autres sujets en attendant leur retour. Le texte se conclut par une transition vers un autre sujet de conversation, éloigné de la guerre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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59
p. 141-154
« Retournons à S. Omer, nous n'y demeurerons gueres: ce n'est [...] »
Début :
Retournons à S. Omer, nous n'y demeurerons gueres: ce n'est [...]
Mots clefs :
Canon, Saint Omer, Nuit, Logement, Marquis, Bataille, Altesse, Siège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Retournons à S. Omer, nous n'y demeurerons gueres: ce n'est [...] »
Retournons à Saint Omer
nous n'y demeurerons gueres :
ce n'est pasl'ordinaire des Fran- çois d'eſtre long- temps devant une Place. La nuit queMonfieur
partit de Blandec , on abandon- na l'attaque de Tatingue , &
l'on en tira tout le Canon , que l'on conduifit à Arques. On ſe contenta de garnir la tranchée des Vaches , ſous le commandement de Mr de la Trouffe &
deMonfieur Stoupp. Mªde Tra- cy les yvintjoindre ,aprés avoir
GALANT. 93
f
-
mené neuf Bataillons à mon
ſieur. Le Gouverneur de Saint
Omer n'eut pas plutôt appris que l'on étoit aux mains,qu'il fit tirer tout ſon Canon ,&vou- lut perfuader au Peuple que le Prince d'Orange avoit gagné la Bataille. On en fit autant dans
noſtre Camp, pour la Victoire que Son Alteſſe Royale avoit remportée. Apres la défaite des Ennemis , Monfieur demeura
huitjoursdans ſon mêmePoſte,
pour empeſcher que le Prince d'Orange ne jettât quelques Troupes dans Saint Omer du débris de fon Armée, & pour faire ſubſiſter ſaCavalerie , qui trouvoit du fourage audelà du Canal. Pendant ce temps , Son AlteſſeRoyaleenvoyoit tous les jours quatre Bataillons monter laGardede laTranchée àl'atta
94 LE MERCVRE
que du Fort des Vaches , & fit faire une Baterie de vingt pie- ces , qui ne tira que fix jours apres, àcauſedumauvais temps,
&de la difficulté qu'ily avoit à
mener le Canon. Il falut que la Cavalerie portât des faſcines pendant deux jours , &l'on fut obligé de ſe ſervir des Suiſſes pour mettre les vingt Pieces en batterie. Reprenons l'ordre que nous avons interrompu. Si l'on n'a pas pouſſé le Travail pen- dantquelquenuits, on a gagné une Bataille , & preparé toutes les chofes que je vous viens de
marquer.
Lanuit du 15 au 16 On pouſſa la Tranché à la gauche , on approcha de l'A- vant foffé à la Contrecarpe , on fit un Logement ſur la Digue,
&une communication àune au-
GALANT. 95
tre; onmit encore quatorzePie- ces de Canon enbaterie.
La nuit du 16 au 17 On étendit les Logemens.
Le17 3
On travailla à une Baterie de
vingtMortiers. Mª de la Motte,
Mareſchal de Camp , reçeut un coup deMouſquetàlateſte.
La nuit du 17 au 18
Quelques Ingenieurs ayant affure que nous n'eſtions pas à
cinquante pas de la Contreſcar- pe,&qu'il eſtoit tres-facile de paſſer l'avant-foſſé , on refolut de l'attaquer : on leur donna -pourcela autant deTravailleurs -&Grenadiers qu'ils en deman- derent. Monfieur dela Cardonniere , Lieutenant General ,
commandoit la gauche; Monſieur Stouppla droite; &Mon- fieurdeVillechauve , Brigadier,
10
96 LE MERCVRE
le corps dumilieu. L'impatience oùMonfieur eſtoitde ſçavoir ce qui ſe paſſoit , luy fit envoyer Mrs d'Afpremont , d'Obſon ,
de Tillecourt , & de la Cauviniere , pour en avoirdes nouvel- les de moment en moment. Le
Signal donné , les Grenadiers de lagauche commandez parMon- ſieur le Marquis de la Freſelie- re , s'avancerent à découvert, ils
marcherentbiendeux cens pas,
efſfuyant tout le feu de la Con- treſcarpe , du Chemin couvert,
de la Demy-lune & du Ram- part; ils ne laifferent pas d'ap- procherdes paliſſade.Quelques- unsmémemontrerent tantd'intrépidité , qu'il s'abandonnerent dans la Contreſcarpe ; mais il fallut ſe contenter de faire un
Logement àquinze pas du bord de l'avant-foſſe. Monfieur le
Marquis
GALANT. 97
UP
1
Marquis de la Freſeliere y re- geutuncoup de Mouſquetdans leventre,dont il mourutle len- demain. Monfieur de la Freſe- liere fon Pere prit la place , &fe mit à la teſte de ſon Regiment,
pour ſoûtenir les Travailleurs.
Cette Action fut d'autant plus admirée , que l'eſtat où eſtoit fon Fils , & fa Chargede Lieu- tenant General de l'Artillerie,
pouvoient l'empêcher de s'ex- poſer de la forte. Monfieur de Villechauve fut bleſſé au ge- noüil, en faiſant auſſi faire fon Logement. Monfieur aprenant ce qui s'eſtoit fait dit, Qu'il ne s'estoit point trompé, &qu il avoit bien crû que c'estoit tout ce qu'on pourroitfaire.
Lanuit du 18 au 19 On s'étendit par des Sapes ſurl'avant-Foffé , on fitunétaTome IV. E
98 LEMERCVRE
bliſſement d'environ cinquante pas,& l'on commença àjetter des fafcines pour combler l'a- vant- Foffé. Les Ennemisabandonnerent de Faux-bourg du Haut-Pont , Monfieur Phifer,
Brigadier , ſe jetta dedans.
Lamait du 19 au 20
On continua le meſme Travail pour embraffer l'avant- foffe.
Le20
Les Ennemis voyant que Monfieur eſtoit revenu depuis quelque temps àfon Quartier deBlandec , & que ſes Troupes eftoient toutes fur la hauteur
d'Arques , battirent la chamade fur les fix heures du foir. On
donna des Oftages de part &
d'autre , &Monfieur envoya les Articles auRoyparMile Che- valier de Nantoüillet دو fon
#
1803
GALANT. 99
T
Chambellan ordinaire. Sa Ma
jeſté nedes voulut point voir , &
dit , Que fon Alteſſe avoit trop biencommencé, pour ne pas ache verde mesme. Monfieur accorda
aux Afſiegez de ſortir avec armes &bagage , & deux Pieces de Canon. Ils fortirent deux
mille Hommes de pied , &plus
de cinq censChevaux. SonAlreſſe Royale entra dans la Ville,
&fit chanter le Te Deum. Elle
fitenfuite le tourdesRamparts,
&alla voir toute l'Innondation,
& les Marais qui ſont ducoſté
duHaut Pont.
Toute la Maiſon de Monfieur n'a pas ſervy avec moins d'ardeur, tantqu'aduréle Siege,
qu'elle a fait lejourde laBatail- le. Ceuxmefmes dont l'employ n'eſtoit point de tirer l'épée ,fi- rent voir qu'ils ſçavoient s'en
Eij
100 LE MERCVRE
ſervir dans les occafions. Monſieur de Mannevilette, Secre
caire des Commandemens de
Son Alteſſe Royale , dont j'ay oublié à vous parler, fut de ce nombre. Il prit la placedeMon- ſieur le Chevalierde Sylli, Ayde de Campde Monfieur, qui fut tuédés le commencementde la
Bataille , &s'acquita de cet Em- ploy tant que dura le Combat,
demeſmeque s'il n'euſt fait au- tre choſe toute ſa vie. Je dois
vous dire encore,que celuy dont je vous ay parlé ſous le nom du Chevalier Tillet, dont le Cheval fut bleſſé aupres de Son Alteſſe Royale, eſt Monfieur le Chevalierde Tillecourt
nous n'y demeurerons gueres :
ce n'est pasl'ordinaire des Fran- çois d'eſtre long- temps devant une Place. La nuit queMonfieur
partit de Blandec , on abandon- na l'attaque de Tatingue , &
l'on en tira tout le Canon , que l'on conduifit à Arques. On ſe contenta de garnir la tranchée des Vaches , ſous le commandement de Mr de la Trouffe &
deMonfieur Stoupp. Mªde Tra- cy les yvintjoindre ,aprés avoir
GALANT. 93
f
-
mené neuf Bataillons à mon
ſieur. Le Gouverneur de Saint
Omer n'eut pas plutôt appris que l'on étoit aux mains,qu'il fit tirer tout ſon Canon ,&vou- lut perfuader au Peuple que le Prince d'Orange avoit gagné la Bataille. On en fit autant dans
noſtre Camp, pour la Victoire que Son Alteſſe Royale avoit remportée. Apres la défaite des Ennemis , Monfieur demeura
huitjoursdans ſon mêmePoſte,
pour empeſcher que le Prince d'Orange ne jettât quelques Troupes dans Saint Omer du débris de fon Armée, & pour faire ſubſiſter ſaCavalerie , qui trouvoit du fourage audelà du Canal. Pendant ce temps , Son AlteſſeRoyaleenvoyoit tous les jours quatre Bataillons monter laGardede laTranchée àl'atta
94 LE MERCVRE
que du Fort des Vaches , & fit faire une Baterie de vingt pie- ces , qui ne tira que fix jours apres, àcauſedumauvais temps,
&de la difficulté qu'ily avoit à
mener le Canon. Il falut que la Cavalerie portât des faſcines pendant deux jours , &l'on fut obligé de ſe ſervir des Suiſſes pour mettre les vingt Pieces en batterie. Reprenons l'ordre que nous avons interrompu. Si l'on n'a pas pouſſé le Travail pen- dantquelquenuits, on a gagné une Bataille , & preparé toutes les chofes que je vous viens de
marquer.
Lanuit du 15 au 16 On pouſſa la Tranché à la gauche , on approcha de l'A- vant foffé à la Contrecarpe , on fit un Logement ſur la Digue,
&une communication àune au-
GALANT. 95
tre; onmit encore quatorzePie- ces de Canon enbaterie.
La nuit du 16 au 17 On étendit les Logemens.
Le17 3
On travailla à une Baterie de
vingtMortiers. Mª de la Motte,
Mareſchal de Camp , reçeut un coup deMouſquetàlateſte.
La nuit du 17 au 18
Quelques Ingenieurs ayant affure que nous n'eſtions pas à
cinquante pas de la Contreſcar- pe,&qu'il eſtoit tres-facile de paſſer l'avant-foſſé , on refolut de l'attaquer : on leur donna -pourcela autant deTravailleurs -&Grenadiers qu'ils en deman- derent. Monfieur dela Cardonniere , Lieutenant General ,
commandoit la gauche; Monſieur Stouppla droite; &Mon- fieurdeVillechauve , Brigadier,
10
96 LE MERCVRE
le corps dumilieu. L'impatience oùMonfieur eſtoitde ſçavoir ce qui ſe paſſoit , luy fit envoyer Mrs d'Afpremont , d'Obſon ,
de Tillecourt , & de la Cauviniere , pour en avoirdes nouvel- les de moment en moment. Le
Signal donné , les Grenadiers de lagauche commandez parMon- ſieur le Marquis de la Freſelie- re , s'avancerent à découvert, ils
marcherentbiendeux cens pas,
efſfuyant tout le feu de la Con- treſcarpe , du Chemin couvert,
de la Demy-lune & du Ram- part; ils ne laifferent pas d'ap- procherdes paliſſade.Quelques- unsmémemontrerent tantd'intrépidité , qu'il s'abandonnerent dans la Contreſcarpe ; mais il fallut ſe contenter de faire un
Logement àquinze pas du bord de l'avant-foſſe. Monfieur le
Marquis
GALANT. 97
UP
1
Marquis de la Freſeliere y re- geutuncoup de Mouſquetdans leventre,dont il mourutle len- demain. Monfieur de la Freſe- liere fon Pere prit la place , &fe mit à la teſte de ſon Regiment,
pour ſoûtenir les Travailleurs.
Cette Action fut d'autant plus admirée , que l'eſtat où eſtoit fon Fils , & fa Chargede Lieu- tenant General de l'Artillerie,
pouvoient l'empêcher de s'ex- poſer de la forte. Monfieur de Villechauve fut bleſſé au ge- noüil, en faiſant auſſi faire fon Logement. Monfieur aprenant ce qui s'eſtoit fait dit, Qu'il ne s'estoit point trompé, &qu il avoit bien crû que c'estoit tout ce qu'on pourroitfaire.
Lanuit du 18 au 19 On s'étendit par des Sapes ſurl'avant-Foffé , on fitunétaTome IV. E
98 LEMERCVRE
bliſſement d'environ cinquante pas,& l'on commença àjetter des fafcines pour combler l'a- vant- Foffé. Les Ennemisabandonnerent de Faux-bourg du Haut-Pont , Monfieur Phifer,
Brigadier , ſe jetta dedans.
Lamait du 19 au 20
On continua le meſme Travail pour embraffer l'avant- foffe.
Le20
Les Ennemis voyant que Monfieur eſtoit revenu depuis quelque temps àfon Quartier deBlandec , & que ſes Troupes eftoient toutes fur la hauteur
d'Arques , battirent la chamade fur les fix heures du foir. On
donna des Oftages de part &
d'autre , &Monfieur envoya les Articles auRoyparMile Che- valier de Nantoüillet دو fon
#
1803
GALANT. 99
T
Chambellan ordinaire. Sa Ma
jeſté nedes voulut point voir , &
dit , Que fon Alteſſe avoit trop biencommencé, pour ne pas ache verde mesme. Monfieur accorda
aux Afſiegez de ſortir avec armes &bagage , & deux Pieces de Canon. Ils fortirent deux
mille Hommes de pied , &plus
de cinq censChevaux. SonAlreſſe Royale entra dans la Ville,
&fit chanter le Te Deum. Elle
fitenfuite le tourdesRamparts,
&alla voir toute l'Innondation,
& les Marais qui ſont ducoſté
duHaut Pont.
Toute la Maiſon de Monfieur n'a pas ſervy avec moins d'ardeur, tantqu'aduréle Siege,
qu'elle a fait lejourde laBatail- le. Ceuxmefmes dont l'employ n'eſtoit point de tirer l'épée ,fi- rent voir qu'ils ſçavoient s'en
Eij
100 LE MERCVRE
ſervir dans les occafions. Monſieur de Mannevilette, Secre
caire des Commandemens de
Son Alteſſe Royale , dont j'ay oublié à vous parler, fut de ce nombre. Il prit la placedeMon- ſieur le Chevalierde Sylli, Ayde de Campde Monfieur, qui fut tuédés le commencementde la
Bataille , &s'acquita de cet Em- ploy tant que dura le Combat,
demeſmeque s'il n'euſt fait au- tre choſe toute ſa vie. Je dois
vous dire encore,que celuy dont je vous ay parlé ſous le nom du Chevalier Tillet, dont le Cheval fut bleſſé aupres de Son Alteſſe Royale, eſt Monfieur le Chevalierde Tillecourt
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Résumé : « Retournons à S. Omer, nous n'y demeurerons gueres: ce n'est [...] »
Le texte relate les événements militaires autour de Saint-Omer. Après avoir abandonné l'attaque de Tatingue, les Français se concentrèrent sur la tranchée des Vaches. Le gouverneur de Saint-Omer tenta de tromper la population en affirmant que le Prince d'Orange avait remporté la bataille. Suite à une victoire, les Français restèrent huit jours pour prévenir toute contre-attaque et pour approvisionner leur cavalerie. Des bataillons furent envoyés pour renforcer la tranchée et une batterie de vingt pièces de canon fut préparée. Les travaux de siège se poursuivirent avec des avancées nocturnes et la mise en place de nouvelles batteries. La nuit du 15 au 16, la tranchée fut poussée vers la gauche et des logements furent construits. Le 17, des mortiers furent installés et un officier, M. de la Motte, fut blessé. La nuit suivante, une attaque sur la contrescarpe fut menée par plusieurs officiers, dont le Marquis de la Freseliere, qui fut mortellement blessé. Les travaux continuèrent avec des sapes et des fascines pour combler les fossés. Le 20, les assiégés demandèrent à capituler et furent autorisés à sortir avec leurs armes et bagages. Les Français entrèrent dans la ville et célébrèrent leur victoire. La maison du commandant montra une grande ardeur tout au long du siège, y compris les secrétaires et aides de camp.
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60
p. 154-155
« Quoy que je vous aye déja entretenu des isles flottantes [...] »
Début :
Quoy que je vous aye déja entretenu des isles flottantes [...]
Mots clefs :
Iles flottantes, Lois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Quoy que je vous aye déja entretenu des isles flottantes [...] »
Quoy que je vous aye déja entretenu des Ifles flotantes , je ne puis m'empeſcherde vousdi- re encore une choſe tres-partii
GALANT. 10F
e
a
白
culiere& tres- curieuſe touchat
ces Iſles-là. Il y a environ une centained'Habitansqui les font mouvoir , &qui avecla permif- fion des Souverains de S.Omer,
compoſent entr'eux une efpece de petite Republique. Ils ont leurs Loix , & pour perpetuel leur racefans fortir deleurs Jfles,
tous lesCoufins peuvent épou- ſer leurs Coufines. LeRoycon- firma leurs Privileges , & leur donna une ſomme confiderable.
GALANT. 10F
e
a
白
culiere& tres- curieuſe touchat
ces Iſles-là. Il y a environ une centained'Habitansqui les font mouvoir , &qui avecla permif- fion des Souverains de S.Omer,
compoſent entr'eux une efpece de petite Republique. Ils ont leurs Loix , & pour perpetuel leur racefans fortir deleurs Jfles,
tous lesCoufins peuvent épou- ſer leurs Coufines. LeRoycon- firma leurs Privileges , & leur donna une ſomme confiderable.
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Résumé : « Quoy que je vous aye déja entretenu des isles flottantes [...] »
Des îles flottantes abritent environ cent personnes qui les déplacent avec l'autorisation des souverains de l'Océan. Ces habitants constituent une petite république avec ses propres lois et permettent les mariages entre cousins pour préserver leur race. Le roi leur a confirmé leurs privilèges et octroyé une somme d'argent importante.
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61
p. 155-167
« Mais, Madame, il est temps que je vous ramene de [...] »
Début :
Mais, Madame, il est temps que je vous ramene de [...]
Mots clefs :
Père de Villiers, Héros, Collège de Clermont, Duc de Bourbon, Maisons de France, Bonheur, Exploits, Éloge, Prince
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texteReconnaissance textuelle : « Mais, Madame, il est temps que je vous ramene de [...] »
Mais , Madame, il eſt temps que je vous ramene de S. Omer à Paris, où je croy, que vous ne ſerez pas fachéed'accompagner Madame la Ducheſſe au CollegeClermont. LeursAlteſſesSereniffimes Monfieurle Prince&
Monfieur le Duc, qui ont bien.
voulu confier le jeune Duc de Bourbon aux Peres de ce ColE iij
102 LE MERCVRE
lege , pour y faire ſes Eſtudes,
l'y avoient amené depuis fix mois , & Madame la Ducheffe fut bien aiſe il y a quelque temps de leur venir témoigner elle meſme , qu'elle ſe tenoit obligéede leurs foins. Pluſieurs Damesde la premiere Qualité eftoient avec elle ; & lesJefuires, qui ſcavent toûjours bien faire les choses , répondirent à
T'honneurqu'elle leur faifoit par tous ceux qui font deus àune Perfonne de ſon rang. Ils ne ſe contenterent pas de luy mar- quer eux-mefines combien ils eftimoient la grace qu'il luy plai- foit de leur faire. Ils choiſirent
deuxdeleurs plus confiderables Penſionnaires , qui ſuivis de quantité d'autres des plus illu- ftres Maiſonsde France, buy vin- rent faire compliment, &ſe ſer41
GALAN Τ. 103
pl
virentpour cela des Vers que je vous envoye. Monfieur lePrince de Tingry commença par ceux-cy , & vous ne ſçauriez croire, Madame , avec combien
degrace il les prononça. C'eſt le Fils aîné de Monfieurde Lu- xembourg , & fon nom ſuffit pour vous faire concevoir à
quels importans Emplois il eſt un jour deſtiné par ſa naiſſance.
Il a tout à fait de l'eſprit, auffi- bien que M le Marquis de la Chaſtre , qui fut choiſi comme luypour cetEmploy, & ils mar- quent l'un& l'autre , je ne ſçay quoyde grand, qui répondpar- faitement à ce qu'ils font nez. :
Eux Princes , deux Héros , fa- D meux également,
Nous ont depuis fix mois fait un han- neursemblable Aceluy que de vous , Princeſſe incom
parable,
E iiij
104 LE MERCVRE
Nousrecevonspreſentement.
C'est unhonneur pour nous trop re- marquable,
Pour nepas enſçavoir le tempsprecifement :
Mais iln'est pasdefort grande im
portance Devous dire les Noms de cesHéros
fameux Iln'estpoint de Héros en France,
Plus grans &plus illustres qu'eux.. Enmille autres Pars on les connoit tous
deux,
Onlesconnoit en Flandre,en Alle
magne;
Etmesmedanstoute IEspagne On trouvepeu de Noms plusfameux
queleleur.
On doit l'avoir appris en plus d'une Campagne,
Caronſçait toûjours bien le Nomde Son Vainqueur.
Il n'en fautpoint de marques plus
certaines ,
Jedis affez leurNomnediſant quecela,
EtdesHéroscomme ceux-là
Nese trouventpaspardouzaines.
:
GALANT. πος L'accourus pour les voir , &j'y ferois
venu
Delaplus lointaine Province.
Ilsavoiei aveceux unjoly petitPrince,
Qui vous est aussifortconnu.
Déiadans toute sa maniere
Ilfait d'un vray Héros paroiſtre l'ame fiere:
Il a lesyeux brillans , pleins de fen pleinsd'efprit,
Etc'est le Portrait en petit
Deſon Ayeul&defon Pere.
Ce n'est pas tout que la fiertés Iereconnusd'abord en voyantfabeauté,
Qu'il pouvoit bien auſſi reffembler àfa Mere.
Auffi-tôt pourtout Compliment On recita des Vers de chaque espece :
Vousmeritez, grande Princeffe,
Qu'on enfaſſepourvousautant.
Maisnoussommesdes Gens étrages,
Nousvoyons peu de Princeſſes chez
nous
Et leCollege enfin n'apprend point de
Jouanges Pour dire aux Dames, comme vous.
Inousferoit moins difficile
E
2
106 LE MERCVRE
ploits,
De lover de Condé laforce &les ExNoussommes icy plus de mille ,
Preſts àdire pour luy tous les Vers que
Virgile Pourde moindres Héros compoſoit au- trefois.
Mais je ne pense pas que Virgile , он quelque autre Des mieux diſans dans l'Empire Latin,
Ait iamais fait un Eloge affez fin,
Pourenpouvoirtirer le modeleduvôtre.
AinfiScachant, comme iefais,
Qur le mieux quelquefois pour ſe tirer d'affaire,
C'estd'admirer&desetaire.
Princeffe j'admire &me tais.
ApresqueMonfieur le Prin- ce de Tingry eut fait ce Com- pliment àMadame la Ducheffe,
M' le Marquisde la Chaſtre luy fit le ſien par les Vers qui fui- vent, && regeut beaucoup de loüanges de la maniere dont il
GALANT. 107
#
4
A
1
:
les recita. Il eſt l'Aîné de la Maiſonde la Chaftre , & petit- fils de Monfieur le Comtede la Chaftre , Colonel General des
Suiffes.
7816
Vandle meriteeftveritable,
Qon ne peus is defavoritab *
Etl'on fçait toûjours bien loner Cequ'on trouve toûjours louable.
Ainsimoinsnous fommes verfez Dansl'Art qüe la Cour autorife,
DanscetArtflateur qui déguise Tous les defauts qu'on apensez,
Plus ,Princeſſe , pourvous nous avons d'éloquence :
Quandon peut dire cequ'onpenfes Onpeut toûjours en dire affez.
Cen'estdoncpoint en ces lieux ,que les Dames
Doiventattendre les douceurs,
Ettous les Elogesflateurs ,
Qui plaisent tant àla pluspart des Femmes.
Nous aimons trop laverité,
3
Pourbien sçavoir &Are des fleurettes,
D
Evj
108 LE MERCVRE
Nousne traitonspoint deparfaites Cellesdequilavanité Metleurmerite en leurfeule beauté.. Nouscherchons la vertu , l'esprit &le
comage;
ג
Etpour avoirdesloñanges de nous Princeſſe, il faut avoir leſolide avantage DesgrandesQualitez que l'on admire
envom.
C'est en vain que parmodestie Vous en cachez unepartie ,
LaRenommée enparle , &malgré less Emplois Que devos deux Héros elle reçoitfans ceffe ,
Quand l'infatigable Deeffe Et du Prince & du Duc aconté les
Exploits Elletrouve encor de la voix hdng
Pournous parlerde la Ducheffe.
Ilnefautdoncpoint employer LesLongs Preceptes de Science Pourfoutenir les esperances Que vans donne aujourd'huy vôsre. Illu AreEcolier.
GALANT. 109
C
14
1
-
Prince luy dira- t-on,imilezvotre Pere Etvôtre Ayeul, &vôtre Mere ,
Toûjours de leurs Vertus regardez la Portrait.
: Voilà, Prince,comme ilfautfaire Pourse rendre un Princeparfait.
On m'a dit que le Pere de
Villiers eſtoit l'Autheur de ces
Vers ; je n'ay pas de peine à le croire car ils font tres- agreablement tournez, & nous avons
veuquelques Pieces de luy qui fontaffez du caractere de celleсу.
Monfieur le Duc, qui ont bien.
voulu confier le jeune Duc de Bourbon aux Peres de ce ColE iij
102 LE MERCVRE
lege , pour y faire ſes Eſtudes,
l'y avoient amené depuis fix mois , & Madame la Ducheffe fut bien aiſe il y a quelque temps de leur venir témoigner elle meſme , qu'elle ſe tenoit obligéede leurs foins. Pluſieurs Damesde la premiere Qualité eftoient avec elle ; & lesJefuires, qui ſcavent toûjours bien faire les choses , répondirent à
T'honneurqu'elle leur faifoit par tous ceux qui font deus àune Perfonne de ſon rang. Ils ne ſe contenterent pas de luy mar- quer eux-mefines combien ils eftimoient la grace qu'il luy plai- foit de leur faire. Ils choiſirent
deuxdeleurs plus confiderables Penſionnaires , qui ſuivis de quantité d'autres des plus illu- ftres Maiſonsde France, buy vin- rent faire compliment, &ſe ſer41
GALAN Τ. 103
pl
virentpour cela des Vers que je vous envoye. Monfieur lePrince de Tingry commença par ceux-cy , & vous ne ſçauriez croire, Madame , avec combien
degrace il les prononça. C'eſt le Fils aîné de Monfieurde Lu- xembourg , & fon nom ſuffit pour vous faire concevoir à
quels importans Emplois il eſt un jour deſtiné par ſa naiſſance.
Il a tout à fait de l'eſprit, auffi- bien que M le Marquis de la Chaſtre , qui fut choiſi comme luypour cetEmploy, & ils mar- quent l'un& l'autre , je ne ſçay quoyde grand, qui répondpar- faitement à ce qu'ils font nez. :
Eux Princes , deux Héros , fa- D meux également,
Nous ont depuis fix mois fait un han- neursemblable Aceluy que de vous , Princeſſe incom
parable,
E iiij
104 LE MERCVRE
Nousrecevonspreſentement.
C'est unhonneur pour nous trop re- marquable,
Pour nepas enſçavoir le tempsprecifement :
Mais iln'est pasdefort grande im
portance Devous dire les Noms de cesHéros
fameux Iln'estpoint de Héros en France,
Plus grans &plus illustres qu'eux.. Enmille autres Pars on les connoit tous
deux,
Onlesconnoit en Flandre,en Alle
magne;
Etmesmedanstoute IEspagne On trouvepeu de Noms plusfameux
queleleur.
On doit l'avoir appris en plus d'une Campagne,
Caronſçait toûjours bien le Nomde Son Vainqueur.
Il n'en fautpoint de marques plus
certaines ,
Jedis affez leurNomnediſant quecela,
EtdesHéroscomme ceux-là
Nese trouventpaspardouzaines.
:
GALANT. πος L'accourus pour les voir , &j'y ferois
venu
Delaplus lointaine Province.
Ilsavoiei aveceux unjoly petitPrince,
Qui vous est aussifortconnu.
Déiadans toute sa maniere
Ilfait d'un vray Héros paroiſtre l'ame fiere:
Il a lesyeux brillans , pleins de fen pleinsd'efprit,
Etc'est le Portrait en petit
Deſon Ayeul&defon Pere.
Ce n'est pas tout que la fiertés Iereconnusd'abord en voyantfabeauté,
Qu'il pouvoit bien auſſi reffembler àfa Mere.
Auffi-tôt pourtout Compliment On recita des Vers de chaque espece :
Vousmeritez, grande Princeffe,
Qu'on enfaſſepourvousautant.
Maisnoussommesdes Gens étrages,
Nousvoyons peu de Princeſſes chez
nous
Et leCollege enfin n'apprend point de
Jouanges Pour dire aux Dames, comme vous.
Inousferoit moins difficile
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ploits,
De lover de Condé laforce &les ExNoussommes icy plus de mille ,
Preſts àdire pour luy tous les Vers que
Virgile Pourde moindres Héros compoſoit au- trefois.
Mais je ne pense pas que Virgile , он quelque autre Des mieux diſans dans l'Empire Latin,
Ait iamais fait un Eloge affez fin,
Pourenpouvoirtirer le modeleduvôtre.
AinfiScachant, comme iefais,
Qur le mieux quelquefois pour ſe tirer d'affaire,
C'estd'admirer&desetaire.
Princeffe j'admire &me tais.
ApresqueMonfieur le Prin- ce de Tingry eut fait ce Com- pliment àMadame la Ducheffe,
M' le Marquisde la Chaſtre luy fit le ſien par les Vers qui fui- vent, && regeut beaucoup de loüanges de la maniere dont il
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:
les recita. Il eſt l'Aîné de la Maiſonde la Chaftre , & petit- fils de Monfieur le Comtede la Chaftre , Colonel General des
Suiffes.
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Vandle meriteeftveritable,
Qon ne peus is defavoritab *
Etl'on fçait toûjours bien loner Cequ'on trouve toûjours louable.
Ainsimoinsnous fommes verfez Dansl'Art qüe la Cour autorife,
DanscetArtflateur qui déguise Tous les defauts qu'on apensez,
Plus ,Princeſſe , pourvous nous avons d'éloquence :
Quandon peut dire cequ'onpenfes Onpeut toûjours en dire affez.
Cen'estdoncpoint en ces lieux ,que les Dames
Doiventattendre les douceurs,
Ettous les Elogesflateurs ,
Qui plaisent tant àla pluspart des Femmes.
Nous aimons trop laverité,
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Pourbien sçavoir &Are des fleurettes,
D
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108 LE MERCVRE
Nousne traitonspoint deparfaites Cellesdequilavanité Metleurmerite en leurfeule beauté.. Nouscherchons la vertu , l'esprit &le
comage;
ג
Etpour avoirdesloñanges de nous Princeſſe, il faut avoir leſolide avantage DesgrandesQualitez que l'on admire
envom.
C'est en vain que parmodestie Vous en cachez unepartie ,
LaRenommée enparle , &malgré less Emplois Que devos deux Héros elle reçoitfans ceffe ,
Quand l'infatigable Deeffe Et du Prince & du Duc aconté les
Exploits Elletrouve encor de la voix hdng
Pournous parlerde la Ducheffe.
Ilnefautdoncpoint employer LesLongs Preceptes de Science Pourfoutenir les esperances Que vans donne aujourd'huy vôsre. Illu AreEcolier.
GALANT. 109
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Prince luy dira- t-on,imilezvotre Pere Etvôtre Ayeul, &vôtre Mere ,
Toûjours de leurs Vertus regardez la Portrait.
: Voilà, Prince,comme ilfautfaire Pourse rendre un Princeparfait.
On m'a dit que le Pere de
Villiers eſtoit l'Autheur de ces
Vers ; je n'ay pas de peine à le croire car ils font tres- agreablement tournez, & nous avons
veuquelques Pieces de luy qui fontaffez du caractere de celleсу.
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Résumé : « Mais, Madame, il est temps que je vous ramene de [...] »
Madame la Duchesse visita le Collège Clermont à Paris, accompagnée de plusieurs dames de haute qualité. Elle avait amené le jeune Duc de Bourbon pour ses études six mois auparavant. Les Jésuites, reconnaissants de la confiance accordée, organisèrent une réception en son honneur. Deux pensionnaires éminents, suivis de nombreux autres élèves issus de grandes familles françaises, lui rendirent hommage en récitant des vers. Le Prince de Tingry, fils aîné du Duc de Luxembourg, et le Marquis de la Chastre furent choisis pour prononcer ces vers. Ils louèrent les princes, comparant leur honneur à celui de la Duchesse. Les vers soulignèrent également la renommée des princes en France, en Flandre, en Allemagne et en Espagne, et mentionnèrent la présence du jeune prince, décrit comme ayant une âme fière et des traits ressemblant à ceux de ses ancêtres. Après les compliments, le Marquis de la Chastre récita à son tour des vers, recevant des éloges pour sa prestation. Il souligna l'importance de la vertu, de l'esprit et du courage, affirmant que les louanges doivent être méritées et non seulement basées sur la beauté. Le texte se conclut par des éloges adressés à la Duchesse et à ses héros, soulignant que les exploits des princes sont bien connus et admirés.
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62
p. 186-188
« Le Roy en partant de Cambray pour Dunkerque, nomma Monsieur [...] »
Début :
Le Roy en partant de Cambray pour Dunkerque, nomma Monsieur [...]
Mots clefs :
Dunkerque, Comte de Créqui, Comte de Sunderland
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy en partant de Cambray pour Dunkerque, nomma Monsieur [...] »
Le Roy en partant de Cam- bray pourDunkerque , nomma Mr le Duc de Créqui Ambaſſa- deur Extraordinaire auprés de Sa Majeſte Britannique ,laquel- le en meſme temps fit choix de
Monfieur le Comte de Sunderland, pour venir en France avec la meſme qualité. De ſembla- bles Ceremonies ſe pratiquent Tome IV. F
122 LE MERCVRE
ordinairement entre les Roys,
lors qu'ils viſitent leurs Fron- tieres , &qu'ils approchent de celles de leurs Voiſins.Vousſca- vez, Madamedequelle maniere M.le DucdeCrequi ſoûtient de pareilsEmplois. il a de l'eſprit,
de la prudence , & un air de grandeurquin'eſt meſlé quede la fierté neceſſaire aux Perfonnes de fa Naiſſance, Monfieur
le Comte de Sunderland eſt
jeune encor , mais il entend tres-bien les Affaires ; & ceux
qui connoiſſent ſon merite l'e.
ſtiment infiniment. Monfieur le
Ducd'York envoya auſſi le mi- ford Duras pour faire compli- ment à Sa Majeſté. Il eſt de la Maiſon de Duras, Frere duDuc
de ce Nom , & deMonfieur le
Marefchal de Lorge. Son me- rite & ſa valeur l'ont fait efti-
1 GALANT. 123
10
1
merduRoy d'Angleterre , qui Juy a donné des Emplois dignes de fa Naiſſance pour le retenir dans ſaCour.
Monfieur le Comte de Sunderland, pour venir en France avec la meſme qualité. De ſembla- bles Ceremonies ſe pratiquent Tome IV. F
122 LE MERCVRE
ordinairement entre les Roys,
lors qu'ils viſitent leurs Fron- tieres , &qu'ils approchent de celles de leurs Voiſins.Vousſca- vez, Madamedequelle maniere M.le DucdeCrequi ſoûtient de pareilsEmplois. il a de l'eſprit,
de la prudence , & un air de grandeurquin'eſt meſlé quede la fierté neceſſaire aux Perfonnes de fa Naiſſance, Monfieur
le Comte de Sunderland eſt
jeune encor , mais il entend tres-bien les Affaires ; & ceux
qui connoiſſent ſon merite l'e.
ſtiment infiniment. Monfieur le
Ducd'York envoya auſſi le mi- ford Duras pour faire compli- ment à Sa Majeſté. Il eſt de la Maiſon de Duras, Frere duDuc
de ce Nom , & deMonfieur le
Marefchal de Lorge. Son me- rite & ſa valeur l'ont fait efti-
1 GALANT. 123
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merduRoy d'Angleterre , qui Juy a donné des Emplois dignes de fa Naiſſance pour le retenir dans ſaCour.
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Résumé : « Le Roy en partant de Cambray pour Dunkerque, nomma Monsieur [...] »
Le roi, lors de son déplacement de Cambray à Dunkerque, désigna le duc de Créqui comme ambassadeur extraordinaire auprès du roi britannique. En parallèle, il choisit le comte de Sunderland pour venir en France avec le même titre. Ces nominations sont courantes lorsque les rois se rendent aux frontières de leurs royaumes ou de ceux de leurs voisins. Le duc de Créqui est reconnu pour son esprit, sa prudence et son air de grandeur, modéré par une fierté conforme à sa naissance. Le comte de Sunderland, malgré son jeune âge, maîtrise bien les affaires et est très respecté pour son mérite. Par ailleurs, le duc d'York envoya le marquis de Duras pour présenter ses hommages au roi. Le marquis de Duras, issu de la maison de Duras, est le frère du duc de Duras et du maréchal de Lorge. Ses mérites et sa valeur lui ont valu des postes dignes de sa naissance de la part du roi d'Angleterre.
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63
p. 189-197
« Le Roy apres avoir visité les Places maritimes, revint à [...] »
Début :
Le Roy apres avoir visité les Places maritimes, revint à [...]
Mots clefs :
Saint Omer, Peuple, Porte, Ville, Roi, Visite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy apres avoir visité les Places maritimes, revint à [...] »
LeRoy aprés avoir viſité les Places maritimes , revintàSaint
Omer. Il rencontra en Bataille
auprés de la Ville le Regiment des Dragons Dauphins, à la tê- teduquel il fut ſalué par m' le Duc d'Elbeuf, comme Gouverneur de la Province, & par Mr le Comte de Longueval , qui eſtoit accompagné dedeuxRe- gimensdeCavalerie. Sa majeſté demandaàvoir la Tranchée qui eſtoitdu coſté de la Porte-Neuve, &aprés l'avoir viſitée, de- puis la teſte juſqu'à la queue,
Elle alla en ſuite au Fortde faint
Michel , qui eſt àla portée du CanondelaVille. Elle le trouva admirable,tant pour ſa beati
Fij
124 LE MERCVRE
té , que pour ſes Fortifications.
Ce Pofte contient cinq cens Hommes de Garniſon. Le Roy en retournant à la Porte de la
Ville, viſita tous les Dehors , &
da Contreſcarpetres-bien palif- fadee,&accompagnée de belles &fortes Redoutes, qui auroient rendu l'abord du Foffe impre- nable, fi la Place avoit eſté attaquée par des Commandans moins hardis , &par des Soldats moins accoûtumez à vaincre.
LeRoy en continuant ſa Viſite,
raiſonnoit fur les endroits les
mieux fortifiez , d'une maniere
qui le faifoit admirer de tous ceux qui l'écoutoient. Sa Ma- jeſté fut haranguée à la Porte de la Ville par l'Abbé de Clair- marets , &en ſuite par tous les Magiſtrats , qui furent charmez deI obligeante reception que ce
OTARAGE
E
ot
لا
GALANT. 12
Prince leur fit. Quoy que la pluye , qui n'avoit point ceſſe depuis long- temps , continuât toûjours , il monta ſur le Rampart , accompagné de Monfieur le marefchal dela Fenillade, de
Monfieur de Louvois , de Monfieur de SaintGeniés,&de tres peude ſuite , ayantdonnéordre àtous fes Gardes de l'attendre
àl'entréede la Porte. Sa Majefté le viſita d'unbout àl'autre juf- qu'aux moindres endroits. Elle
en admira non ſeulement la beauté , mais la regularité des Fortifications qui font au deſſus desDemy- lunes, doubles &fre- quentes. Les Foffez luy paru- rent d'une prodigieuſe gradeur.
Ils font environnez de Canaux
&de marais d'une tres-grande étenduë, qui rendentles environsde laPlace inacceffibles. Le
Fiij
126 LE MERCVRE
Roy , qui eftoit montépar la droite, vintdécendrepar lagau- che, au même endroitduRempart , qui a dumoinsune lieuë de circonference. Sa majesté en- tra dans la Ville tofijours àChe- val , accompagnéede Monfieur &detoute laCour,&fuiviede ſesGardes, les ruës eftant bor- dées des Troupes de laGarni- fon. Les Dames eſtoient aux feneftres tres - parées , &mar- quoient beaucoup de jove de voir Sa Majefté, qui les faliatou- tes malgré la pluye continuelle.
LePeuple rempliffoit les Rem- parts,&eftoit en confufiondans lesPlaces publiques , & à l'en- trée des Ruës de traverſe. Les
uns crioient Vive leRoy, les au
tresViveleRoyde France,&&d'au- tres le Roy Loüis &noftre bon Roy.
Le lendemain ce Prince s'occu-
"!
GALANT. 127
he
pa tout le jour àviſiter les beaux endroits & les Forts , qui font hors de S. Omer. Il alla voir les
les flotantes, & le FortdesVa- ches, dont la priſe afort contri- bué àla réduction de la Ville. Ie
vous ay fait le détail de cette merveilleuſe action , dont Sa
Majeſté loüa la vigueur. Elle dit beaucoup de choſes obli- geantes àM le Comte de Lon- gueval ; & il fut lotie de toute la Cour, qui parla auſſi fort ava- rageuſement de tout le Corps des DragonsDauphins. LeRoy n'ayant plus rien à voir dans Saint Omer , en partit pourviſi- ter les autres Places , &conti- nua à prendre beaucoup de fa- rigues, pendant que les Troupes qu'il avoit fait mettre en Quar- tier de rafraichiſſement ſe repo- ſoient. J'ay oublié à vous dire,
Fiiij
128 LE MERCVRE
en vous parlant du Siege de S. Omer , qu'on ne peut mieux ſervir le Royqu'a fait Monfieur le Duc d'Aumont. Il y mena,
malgré les mauvais chemins ,
toutes les Milices du Boulonnois avec une diligence incon- cevable : Elles furent utiles à
beaucoup de choſes , &il feroit difficile d'en trouver des meilleures dans le Royaume.
Omer. Il rencontra en Bataille
auprés de la Ville le Regiment des Dragons Dauphins, à la tê- teduquel il fut ſalué par m' le Duc d'Elbeuf, comme Gouverneur de la Province, & par Mr le Comte de Longueval , qui eſtoit accompagné dedeuxRe- gimensdeCavalerie. Sa majeſté demandaàvoir la Tranchée qui eſtoitdu coſté de la Porte-Neuve, &aprés l'avoir viſitée, de- puis la teſte juſqu'à la queue,
Elle alla en ſuite au Fortde faint
Michel , qui eſt àla portée du CanondelaVille. Elle le trouva admirable,tant pour ſa beati
Fij
124 LE MERCVRE
té , que pour ſes Fortifications.
Ce Pofte contient cinq cens Hommes de Garniſon. Le Roy en retournant à la Porte de la
Ville, viſita tous les Dehors , &
da Contreſcarpetres-bien palif- fadee,&accompagnée de belles &fortes Redoutes, qui auroient rendu l'abord du Foffe impre- nable, fi la Place avoit eſté attaquée par des Commandans moins hardis , &par des Soldats moins accoûtumez à vaincre.
LeRoy en continuant ſa Viſite,
raiſonnoit fur les endroits les
mieux fortifiez , d'une maniere
qui le faifoit admirer de tous ceux qui l'écoutoient. Sa Ma- jeſté fut haranguée à la Porte de la Ville par l'Abbé de Clair- marets , &en ſuite par tous les Magiſtrats , qui furent charmez deI obligeante reception que ce
OTARAGE
E
ot
لا
GALANT. 12
Prince leur fit. Quoy que la pluye , qui n'avoit point ceſſe depuis long- temps , continuât toûjours , il monta ſur le Rampart , accompagné de Monfieur le marefchal dela Fenillade, de
Monfieur de Louvois , de Monfieur de SaintGeniés,&de tres peude ſuite , ayantdonnéordre àtous fes Gardes de l'attendre
àl'entréede la Porte. Sa Majefté le viſita d'unbout àl'autre juf- qu'aux moindres endroits. Elle
en admira non ſeulement la beauté , mais la regularité des Fortifications qui font au deſſus desDemy- lunes, doubles &fre- quentes. Les Foffez luy paru- rent d'une prodigieuſe gradeur.
Ils font environnez de Canaux
&de marais d'une tres-grande étenduë, qui rendentles environsde laPlace inacceffibles. Le
Fiij
126 LE MERCVRE
Roy , qui eftoit montépar la droite, vintdécendrepar lagau- che, au même endroitduRempart , qui a dumoinsune lieuë de circonference. Sa majesté en- tra dans la Ville tofijours àChe- val , accompagnéede Monfieur &detoute laCour,&fuiviede ſesGardes, les ruës eftant bor- dées des Troupes de laGarni- fon. Les Dames eſtoient aux feneftres tres - parées , &mar- quoient beaucoup de jove de voir Sa Majefté, qui les faliatou- tes malgré la pluye continuelle.
LePeuple rempliffoit les Rem- parts,&eftoit en confufiondans lesPlaces publiques , & à l'en- trée des Ruës de traverſe. Les
uns crioient Vive leRoy, les au
tresViveleRoyde France,&&d'au- tres le Roy Loüis &noftre bon Roy.
Le lendemain ce Prince s'occu-
"!
GALANT. 127
he
pa tout le jour àviſiter les beaux endroits & les Forts , qui font hors de S. Omer. Il alla voir les
les flotantes, & le FortdesVa- ches, dont la priſe afort contri- bué àla réduction de la Ville. Ie
vous ay fait le détail de cette merveilleuſe action , dont Sa
Majeſté loüa la vigueur. Elle dit beaucoup de choſes obli- geantes àM le Comte de Lon- gueval ; & il fut lotie de toute la Cour, qui parla auſſi fort ava- rageuſement de tout le Corps des DragonsDauphins. LeRoy n'ayant plus rien à voir dans Saint Omer , en partit pourviſi- ter les autres Places , &conti- nua à prendre beaucoup de fa- rigues, pendant que les Troupes qu'il avoit fait mettre en Quar- tier de rafraichiſſement ſe repo- ſoient. J'ay oublié à vous dire,
Fiiij
128 LE MERCVRE
en vous parlant du Siege de S. Omer , qu'on ne peut mieux ſervir le Royqu'a fait Monfieur le Duc d'Aumont. Il y mena,
malgré les mauvais chemins ,
toutes les Milices du Boulonnois avec une diligence incon- cevable : Elles furent utiles à
beaucoup de choſes , &il feroit difficile d'en trouver des meilleures dans le Royaume.
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Résumé : « Le Roy apres avoir visité les Places maritimes, revint à [...] »
Le roi visita Saint-Omer et ses environs, accompagné de dignitaires et de régiments de cavalerie. Il inspecta les fortifications, notamment la tranchée près de la Porte-Neuve et le Fort Saint-Michel, appréciant les défenses et la garnison. Malgré la pluie, il monta sur les remparts avec plusieurs dignitaires, admirant les fortifications. Le roi fut acclamé par le peuple et les dames aux fenêtres. Le lendemain, il visita les forts extérieurs, dont les flottantes et le Fort des Vaches, louant la vigueur des actions militaires. Il complimenta le Comte de Longueval et le régiment des Dragons Dauphins. Après sa visite, LeRoy quitta Saint-Omer pour inspecter d'autres places, tandis que les troupes se reposaient. Le Duc d'Aumont fut loué pour son rôle avec les milices du Boulonnais.
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64
p. 197-203
« Je croy devoir vous avertir (& vous serez sans doute [...] »
Début :
Je croy devoir vous avertir (& vous serez sans doute [...]
Mots clefs :
Flandre, Dom Juan, Courrier, Conquêtes, Sièges, Espagne, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je croy devoir vous avertir (& vous serez sans doute [...] »
Je croy devoir vous avertir (&vous ferez ſans doute bienaiſe de l'apprendre ) que quand leCourierde Flandre , qui por- toit àDom Jüan la Nouvellede
nos Conqueftes , arriva à Ma- drid, la plufpart de grands Sei- gneurs de la Cour ſe rendirent chez ce Prince pour ſçavoir le fuccés de nos Siéges. Il ne tarda gueres à fatisfaire leur curiofité;
&s'imaginant bien que des Ex-
GALANT. 129
1
ploits fi furprenants ne pour- roient eſtre long-temps cachez,
quelqueprécaution que l'on prit pour en dérober la connoiffance auxPeuples , il fortit de ſonCa- binet , & dit à tous ceux qui
eſtoient dans fonAntichambre.
Que lemalestoit trop grand pour
Le diffimuler ; Que trois de leurs meilleures Places venoient d'estre
priſes , & quele Prince d'Orange
avoit perdu une Bataille. Vn
Grandd'Eſpagne repartit auffi- toſt ,Que l'EtoileduRoyde Fran- ce alloit bien vite. Dites fesforces SavaleurréponditDomJian:
Etavoüez avecmoy,continia ce Prince, que la Fortune estinsepa- rabte deforgrand merite.Avoüez à votretour,Madame,queDom Hian a rendu juftice auRoy,&
que lors que la verité force un Ennemy à faire l'Eloge de fon Fv
30 LE MERCVRE
Vainqueur, onydoit adjoûter plusde foyqu'a toutes les loüan- gesqui peuvent eftre foupçon- néesde flaterie..
LeRoy ayant fait raffembler fonArméede Flandre , en fit la
reveuë pendant trois jours;&
quoy qu'elle euſt pris trois des plus fortes Places de l'Europe.. &donné une Bataille ,elle ſe
trouva encor de quatre-vingt feize Efcadrons , & de trente
huit Bataillons , compoſez de tres-belles Troupes. SaMajesté,
qui n'ignore le merite d'aucun de fes.Officiers , a donné la Charge de Cornete des Mouf-.
quetaires de la premiere Com- pagnie,qui vaquoitpar lamort deMonfieurdeMoiflac,àMon
heurde Monpapou, Lieutenant aux Gardes , c'eſt' un fort hon- nête Homme. &qui s'eſt toû
GALANT. 13f I
2
jours fait aimer par tout où il a
ſervy.
Elle a auſſi fait connoiſtre
la fatisfaction qu'elle avoit re- ceuëdes ſervices de Monfieur le 1 ChevalierdeTauriac, en le
fant Enſeigne des Gens-d'armes Efcoffois.
Monfieur Courtin , Confeil- lerd'Estat, &Ambaſſadeur pour SaMajesté en Angleterre , a eu congé de venir icy , àcauſe de fon indifpofition. Il a rendu des fervices importans en pluſieurs grandesAmbaſſades. Ila eſté en Suede , &on l'avoitdéja envo- yé en Angleterre avec M de Verneüil. Il a eſté auſſi employé en Allemagne & en Flandre ,
pour travailler au Reglement des Limites , avant ſon Ambaf
fade d'Angleterre où il eſt encor.
Il s'estoit trouvé aux Conferen
Fvj
132 LE MERCVRE
ces de la Paix à Cologne avec
Monfieur le Duc de Chaunes,
& Monfieur de Barillon , qui
vient deſtre choiſi pour aller occuper ſa place auprés de Sa Majesté Britannique. Leur eſprit a confirmé ce qu'on a veu de tout temps , en faiſant connoi- ſtre que les gens de Robe ne fontpas moins capables degran- des Ambaſſades , que ceux.
d'Epée..
nos Conqueftes , arriva à Ma- drid, la plufpart de grands Sei- gneurs de la Cour ſe rendirent chez ce Prince pour ſçavoir le fuccés de nos Siéges. Il ne tarda gueres à fatisfaire leur curiofité;
&s'imaginant bien que des Ex-
GALANT. 129
1
ploits fi furprenants ne pour- roient eſtre long-temps cachez,
quelqueprécaution que l'on prit pour en dérober la connoiffance auxPeuples , il fortit de ſonCa- binet , & dit à tous ceux qui
eſtoient dans fonAntichambre.
Que lemalestoit trop grand pour
Le diffimuler ; Que trois de leurs meilleures Places venoient d'estre
priſes , & quele Prince d'Orange
avoit perdu une Bataille. Vn
Grandd'Eſpagne repartit auffi- toſt ,Que l'EtoileduRoyde Fran- ce alloit bien vite. Dites fesforces SavaleurréponditDomJian:
Etavoüez avecmoy,continia ce Prince, que la Fortune estinsepa- rabte deforgrand merite.Avoüez à votretour,Madame,queDom Hian a rendu juftice auRoy,&
que lors que la verité force un Ennemy à faire l'Eloge de fon Fv
30 LE MERCVRE
Vainqueur, onydoit adjoûter plusde foyqu'a toutes les loüan- gesqui peuvent eftre foupçon- néesde flaterie..
LeRoy ayant fait raffembler fonArméede Flandre , en fit la
reveuë pendant trois jours;&
quoy qu'elle euſt pris trois des plus fortes Places de l'Europe.. &donné une Bataille ,elle ſe
trouva encor de quatre-vingt feize Efcadrons , & de trente
huit Bataillons , compoſez de tres-belles Troupes. SaMajesté,
qui n'ignore le merite d'aucun de fes.Officiers , a donné la Charge de Cornete des Mouf-.
quetaires de la premiere Com- pagnie,qui vaquoitpar lamort deMonfieurdeMoiflac,àMon
heurde Monpapou, Lieutenant aux Gardes , c'eſt' un fort hon- nête Homme. &qui s'eſt toû
GALANT. 13f I
2
jours fait aimer par tout où il a
ſervy.
Elle a auſſi fait connoiſtre
la fatisfaction qu'elle avoit re- ceuëdes ſervices de Monfieur le 1 ChevalierdeTauriac, en le
fant Enſeigne des Gens-d'armes Efcoffois.
Monfieur Courtin , Confeil- lerd'Estat, &Ambaſſadeur pour SaMajesté en Angleterre , a eu congé de venir icy , àcauſe de fon indifpofition. Il a rendu des fervices importans en pluſieurs grandesAmbaſſades. Ila eſté en Suede , &on l'avoitdéja envo- yé en Angleterre avec M de Verneüil. Il a eſté auſſi employé en Allemagne & en Flandre ,
pour travailler au Reglement des Limites , avant ſon Ambaf
fade d'Angleterre où il eſt encor.
Il s'estoit trouvé aux Conferen
Fvj
132 LE MERCVRE
ces de la Paix à Cologne avec
Monfieur le Duc de Chaunes,
& Monfieur de Barillon , qui
vient deſtre choiſi pour aller occuper ſa place auprés de Sa Majesté Britannique. Leur eſprit a confirmé ce qu'on a veu de tout temps , en faiſant connoi- ſtre que les gens de Robe ne fontpas moins capables degran- des Ambaſſades , que ceux.
d'Epée..
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Résumé : « Je croy devoir vous avertir (& vous serez sans doute [...] »
Le Courrier de Flandre arrive à Madrid, apportant des nouvelles des conquêtes françaises. Les grands seigneurs se rendent chez Dom Juan pour connaître les succès des sièges. Dom Juan révèle que trois places fortes ont été prises et que le Prince d'Orange a perdu une bataille. Un grand d'Espagne admire la rapidité des succès français, à quoi Dom Juan répond que le mérite et la fortune sont inséparables, et que la vérité force même les ennemis à louer les vainqueurs. En France, le roi rassemble son armée de Flandre pour une revue, malgré les récentes victoires. L'armée compte 86 escadrons et 38 bataillons de troupes de qualité. Plusieurs officiers sont récompensés, notamment Monsieur de Monpapou nommé cornette des Mousquetaires et Monsieur le Chevalier de Tauriac nommé enseigne des Gens-d'armes Écossais. Monsieur Courtin, conseiller d'État et ambassadeur en Angleterre, obtient un congé pour raisons de santé. Il a servi dans plusieurs ambassades importantes, notamment en Suède, en Allemagne, en Flandre, et lors des conférences de paix à Cologne. Monsieur de Barillon est choisi pour le remplacer, confirmant que les gens de robe sont aussi capables que ceux d'épée pour les grandes ambassades.
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65
p. 203-204
« Avant que le Roy eust quitté la Frontiere, il avoit [...] »
Début :
Avant que le Roy eust quitté la Frontiere, il avoit [...]
Mots clefs :
nommer, Abbé de Maupeou, Doyenné de Saint Quentin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Avant que le Roy eust quitté la Frontiere, il avoit [...] »
Avant que le Roy euſt quité la Frontiere , il avoit nommé
Monfieur l'Abbé de Maupeou,
Fils du Prefidentde ce Nom, &
Parent de m' de Pompone , au Doyenné de S. Quentin ; &
ayant ſceu que cette Nomina- tion appartenoit au Chapitre , il
voulut laiſſer aux Chanoines
l'entiere liberté de leurs Droits.
Ils s'aſſemblerent , & ne trou
GALANT. 133 vant pas un plus digne Sujer pour en faire leur Doyen , que la perſonne de Monfieur l'Ab- bé de Maupeou , toutes leurs
ej voix ſe réünirent à celle de Sa - Majefté.
Monfieur l'Abbé de Maupeou,
Fils du Prefidentde ce Nom, &
Parent de m' de Pompone , au Doyenné de S. Quentin ; &
ayant ſceu que cette Nomina- tion appartenoit au Chapitre , il
voulut laiſſer aux Chanoines
l'entiere liberté de leurs Droits.
Ils s'aſſemblerent , & ne trou
GALANT. 133 vant pas un plus digne Sujer pour en faire leur Doyen , que la perſonne de Monfieur l'Ab- bé de Maupeou , toutes leurs
ej voix ſe réünirent à celle de Sa - Majefté.
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Résumé : « Avant que le Roy eust quitté la Frontiere, il avoit [...] »
Le roi nomma l'abbé de Maupeou doyen de Saint-Quentin avant de quitter la frontière. Il laissa aux chanoines la liberté de confirmer cette nomination. Les chanoines choisirent à l'unanimité l'abbé de Maupeou, validant ainsi la décision royale.
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66
p. 204-207
« Messieurs les Premiers Presidens des Compagnies Souveraines ont fait Compliment [...] »
Début :
Messieurs les Premiers Presidens des Compagnies Souveraines ont fait Compliment [...]
Mots clefs :
Compagnies souveraines, Cérémonies, Chambre des comptes, Académie française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Messieurs les Premiers Presidens des Compagnies Souveraines ont fait Compliment [...] »
Meffieurs les Premiers Prefidensdes Compagnies Souverai nes ont faitComplimentauRoy à ſon retour , fur fes nouvelles
Conqueſtes. Ils ont eſté conduits avec les Ceremonies ac
coûtumées. M de Lamoignon a
- parlé pour le Parlement, mon fieur Nicolaï pour la Chambre des Comptes, Monfieur le Camus pour la Courdes Aydes , &
Monfieur deChauvry pour celle des monno'es. Monfieurde Po
mereüil a fait fon Compliment au nomde la Ville , & Monfieur
le Preſident Barentin pour le GrandConfeil. Vous mediſpen
F34 LE MERCVRE ferez , madame , d'entrer dans un plus grand détail fur cetAr- ticle. Vous pouvez croite qu'il s'eſt dit de belles choſes furune
matiere qui en fournittant. Le Nonce de Sa Sainteté , & меб- fieurs les Ambaſſadeurs de Veniſe & de Savoye ontauffi fait leurs Complimens àSa Majesté,
fur lemeſme ſujet, avec ladeli- cateffe qui eſt ſi naturelle à ceux de cette Nation. Vous pouvez oroire , madame , que l'Acadé- mie Françoiſe n'a pas manqué de s'acquiter auffi de cedevoir.
Monfieur Quinault , Directeur de la Compagnie , porta la pa role, accompagnédes Perſonnes duplushaut rangqu'ily aitdans eet IlluſtreCorps. м le marquis Dangeau , qui en eft , les traita enſuite avecune magnificence qui ne furpritpoint , parce qu'el
GALANT. 13f
100
Ve
tan
le luy eſt ordinaire. Je ne vous dis rien du fuccés qu'eut cettes
Harangue , j'eſpere vousen entretenir amplement une autre- fois..
Conqueſtes. Ils ont eſté conduits avec les Ceremonies ac
coûtumées. M de Lamoignon a
- parlé pour le Parlement, mon fieur Nicolaï pour la Chambre des Comptes, Monfieur le Camus pour la Courdes Aydes , &
Monfieur deChauvry pour celle des monno'es. Monfieurde Po
mereüil a fait fon Compliment au nomde la Ville , & Monfieur
le Preſident Barentin pour le GrandConfeil. Vous mediſpen
F34 LE MERCVRE ferez , madame , d'entrer dans un plus grand détail fur cetAr- ticle. Vous pouvez croite qu'il s'eſt dit de belles choſes furune
matiere qui en fournittant. Le Nonce de Sa Sainteté , & меб- fieurs les Ambaſſadeurs de Veniſe & de Savoye ontauffi fait leurs Complimens àSa Majesté,
fur lemeſme ſujet, avec ladeli- cateffe qui eſt ſi naturelle à ceux de cette Nation. Vous pouvez oroire , madame , que l'Acadé- mie Françoiſe n'a pas manqué de s'acquiter auffi de cedevoir.
Monfieur Quinault , Directeur de la Compagnie , porta la pa role, accompagnédes Perſonnes duplushaut rangqu'ily aitdans eet IlluſtreCorps. м le marquis Dangeau , qui en eft , les traita enſuite avecune magnificence qui ne furpritpoint , parce qu'el
GALANT. 13f
100
Ve
tan
le luy eſt ordinaire. Je ne vous dis rien du fuccés qu'eut cettes
Harangue , j'eſpere vousen entretenir amplement une autre- fois..
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Résumé : « Messieurs les Premiers Presidens des Compagnies Souveraines ont fait Compliment [...] »
À son retour de nouvelles conquêtes, le roi a reçu des compliments de divers dignitaires et représentants des institutions françaises. Les Premiers Présidents des Compagnies Souveraines ont exprimé leurs félicitations lors de cérémonies habituelles. M. de Lamoignon a parlé au nom du Parlement, M. Nicolaï pour la Chambre des Comptes, M. le Camus pour la Cour des Aydes, et M. de Chauvry pour la Chambre des Monnoies. M. de Pomereuil a représenté la Ville, et M. le Président Barentin le Grand Conseil. Les ambassadeurs du Nonce de Sa Sainteté, de Venise et de Savoie ont également présenté leurs compliments. L'Académie Française, dirigée par M. Quinault, a rendu hommage au roi, soutenue par des personnalités de haut rang, dont le marquis Dangeau, qui a organisé une réception somptueuse. Le succès de la harangue prononcée lors de cette occasion est mentionné.
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67
p. 215-227
« Je passe à l'Article que vous m'avez demandé de [...] »
Début :
Je passe à l'Article que vous m'avez demandé de [...]
Mots clefs :
Duc de Vivonne, Ennemis, Armée, Garnison, Bataille, Sicile, Roi, Prise d'Agouste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je passe à l'Article que vous m'avez demandé de [...] »
Je paſſe à l'Article que vous m'avez demandé de M² le Mareſchal , Duc de Vivonne ; &
puis quevous vous intereſſez fr fortdans ce qui le regarde , je vous écriray ce qui en eſt venu àma connoiſſance. Les Secours
que le Roy luy a envoyez de François &de Suiffes, font, dit- en, arrivez &ſe mettront bien-
GALAN T. 141
toſt en estat d'executer les Projets qu'il à faits , pour affermir l'authorité du Roydans la Sici- le , & étendre ſes Conqueſtes.
Vous ſçavez, Madame , que ce Sage Vice-Roy a eſté obligé de mettre enGarniſon dans lesPlaces qu'il conquit l'année der- niere , une partie des Troupes quiluy reſtoient, &qu'il en faut toûjoursun nombre confiderable dans Meſſine , où les Efpa- gnols confervent des intelligen- ces&font continuellement des
entrepriſes pourtafcher à ébran- ler la conftance des Meſſinois.
Vous ne ſçauriez croire l'affe- Etion que ces Peuples ont pour M le Marefchal de Vivonne.
Elle est telle qu'on peut dire qu'elle ne contribuë pas peu à la conſervation de l'authorité du
Royen cesPays là. Onconfide
142 LE MERCVRE reen luy une bonté extraordi- naire , une affabilité où les Efpagnols n'avoient jamaisaccoû- tumé les Siciliens , une juſtice que rien ne ſçauroit corrompre,
undes-intereſſementdont il ne
peut étre affez loüé. Ces nou- veaux Sujetsde la Franceontad- miré comme nous ſa Valeur ,
quand ils l'ont veu arriver chez eux dans l'extremité où ils
eſtoient réduits , en leur portant l'abondance , apres avoir défait les Ennemis dans un Combat
inégal. Ils ont eſté entretenus dans cetteopinion par la refolu- tion qu'il avoit faite , d'entre- prendre ſur l'Armée Navale des Eſpagnols dans le Port deNa- ples. Elle ne trouva d'obstacle queparl'impoſſibilé qui s'y ren- contra,quandon fut fur le point de l'executer. Il eſtoit difficile
GALAN T. 143 que M de Vivonne n'acquiſt pas leur amitié,par les ſoins con- tinuels qu'il avoit de leur faire
venir des vivres &de faire des
priſes confiderables fur leurs
Ennemis , pour ramener chez eux l'abondancedans un temps,
où ils eſtoientprivez de tousles Secours de leurs Païs. La confiance qu'ils avoient en luy, pa- rut particulierement , lors qu'il voulut aller à cette grande Ex- pedition , où M² du Queſne dé- fit l'Armée ennemie , commandée par le fameux AdmiralRüy- ter. If modera l'envie qu'il avoit d'acquerir de la gloire, dans un Combat, où il devoit avoir le
premier Commandement , pour Te rendre à l'amour de cesPeuples, qui deſeſperoient de leur confervation, s'ils laiſſoient éloigner celuy qu'ils regardoient
144 LE MERCVRE
comme leur Pere. Apres le gain de la Bataille , où i² du Queſne fit de fi belles choſes, &où tous
les Commandans ſe ſignalerent,
nôtre Armée Navale fut obligée deſe retirer en Provence , tant pour faire radouber les Vaifſeaux, que pour prendredes Vivres , qui pouvoient manquer.
Alors M le Mareſchal de Vivonne confiderant qu'il en re- ſtoit fort peu dans Meſſine , &
qu'il n'y avoit pas de ſeureté pour le paſſage de M de Châ- teau- renaud,qui venoit de France avec unConvoy; parce que les Ennemis , qui n'avoient pas tant de chemin à faire, ſeroient
toûjours en eſtat de luyempef- cher l'entrée du Phare , il conclut la fameuſe Expedition de Palerme,dont vousſçavez le détail , malgré les oppoſitions de
quel
:
GALANT. 7 145
et
:
quelques-uns qui voyoient le danger plus grand que luy , ou qui n'avoient pas tant d'ardeur pour la gloire. Les chofes luy réüffirent comme il l'avoit eſpe- ré , le Convoy arriva heureuſe- ment, les Ennemis firent une perte dont ils n'avoient point encore veu d'exemple, &noftre Mareſchal retourna triomphant dans Meſſine. L'amour des Peuples redoubla pour luy,com- me il redoubla ſes ſoins pour les conſerver ; il découvrit beaucoup de Conjurations , &meme contre ſa vie; il ne prit cepen- dant de precaution , que pour empeſcher les, entrepriſes des Ennemis ſur les nouveaux Sujets d'un Roy, que ceux qui le connoiſſent , ſçavent qu'il aime uniquement, & pour quiil ſacri- fieroit de bon cœur toutes cho-
: Tome IV. G
146 LE MERCVRE
faut
ſes. Ainſi quelque paffion qu'il aitpourlagloire,elle n'approche point de l'amour qu'il a pour le Royfon Maiſtre. Vous croyez bien, Madame , que pour faire tout ce qu'on en publie , il ne pas qu'il dorme toûjours,
comme veulent faire croire les
Ennemis dans leurs Gazettes;
maisilfe donne fi peu de peine pour avoir des Gens qui faffent courirde luy des bruits avanta- geux, qu'il ne faut pas s'étonner s'il s'en répand quelquefois d'autresqui trouvét de la créance patmy les gens, qui ne con- noiffent pas cet Illuftre Gene- ral, mais cela est bien-toſt de- truit par la force de la verité;
&tout l'artifice de ſes envieux,
dontles Perfonnes , comme luy,
ne manquent jamais , ne peut rien contre la reputation , que ſes belles actions luy ont acqui-
GALAN T. 147
de
k
es
t
fe. La priſe d'Agoufte &de tant dePlaces qui fortifient le party des Meſſinois , renverſe tout ce qu'on peut inventer , pour ob- ſourcir l'éclatde ſa gloire. Il ne la veut devoir qu'aux ſervices qu'il rend àſon Prince , & il en laiſſe le ſoin àceux qui écrivent
les Evenemens de
fe
ceSiecle,ſans TRE
mettre en peine d'avoir des
Prôneurs à la Cours. Ie ne vous
dis rien de la grande Action de Palerme. Vous la ſçavez ; mais vous ne ſçavez peut-eſtre pas que le bruit qu'elle fit chez les Tures, y porta tant de terreur,
qu'ilsredoublerentles Garniſons
de toutes les Places maritimes
qu'ils ontde ce coſté-là.
puis quevous vous intereſſez fr fortdans ce qui le regarde , je vous écriray ce qui en eſt venu àma connoiſſance. Les Secours
que le Roy luy a envoyez de François &de Suiffes, font, dit- en, arrivez &ſe mettront bien-
GALAN T. 141
toſt en estat d'executer les Projets qu'il à faits , pour affermir l'authorité du Roydans la Sici- le , & étendre ſes Conqueſtes.
Vous ſçavez, Madame , que ce Sage Vice-Roy a eſté obligé de mettre enGarniſon dans lesPlaces qu'il conquit l'année der- niere , une partie des Troupes quiluy reſtoient, &qu'il en faut toûjoursun nombre confiderable dans Meſſine , où les Efpa- gnols confervent des intelligen- ces&font continuellement des
entrepriſes pourtafcher à ébran- ler la conftance des Meſſinois.
Vous ne ſçauriez croire l'affe- Etion que ces Peuples ont pour M le Marefchal de Vivonne.
Elle est telle qu'on peut dire qu'elle ne contribuë pas peu à la conſervation de l'authorité du
Royen cesPays là. Onconfide
142 LE MERCVRE reen luy une bonté extraordi- naire , une affabilité où les Efpagnols n'avoient jamaisaccoû- tumé les Siciliens , une juſtice que rien ne ſçauroit corrompre,
undes-intereſſementdont il ne
peut étre affez loüé. Ces nou- veaux Sujetsde la Franceontad- miré comme nous ſa Valeur ,
quand ils l'ont veu arriver chez eux dans l'extremité où ils
eſtoient réduits , en leur portant l'abondance , apres avoir défait les Ennemis dans un Combat
inégal. Ils ont eſté entretenus dans cetteopinion par la refolu- tion qu'il avoit faite , d'entre- prendre ſur l'Armée Navale des Eſpagnols dans le Port deNa- ples. Elle ne trouva d'obstacle queparl'impoſſibilé qui s'y ren- contra,quandon fut fur le point de l'executer. Il eſtoit difficile
GALAN T. 143 que M de Vivonne n'acquiſt pas leur amitié,par les ſoins con- tinuels qu'il avoit de leur faire
venir des vivres &de faire des
priſes confiderables fur leurs
Ennemis , pour ramener chez eux l'abondancedans un temps,
où ils eſtoientprivez de tousles Secours de leurs Païs. La confiance qu'ils avoient en luy, pa- rut particulierement , lors qu'il voulut aller à cette grande Ex- pedition , où M² du Queſne dé- fit l'Armée ennemie , commandée par le fameux AdmiralRüy- ter. If modera l'envie qu'il avoit d'acquerir de la gloire, dans un Combat, où il devoit avoir le
premier Commandement , pour Te rendre à l'amour de cesPeuples, qui deſeſperoient de leur confervation, s'ils laiſſoient éloigner celuy qu'ils regardoient
144 LE MERCVRE
comme leur Pere. Apres le gain de la Bataille , où i² du Queſne fit de fi belles choſes, &où tous
les Commandans ſe ſignalerent,
nôtre Armée Navale fut obligée deſe retirer en Provence , tant pour faire radouber les Vaifſeaux, que pour prendredes Vivres , qui pouvoient manquer.
Alors M le Mareſchal de Vivonne confiderant qu'il en re- ſtoit fort peu dans Meſſine , &
qu'il n'y avoit pas de ſeureté pour le paſſage de M de Châ- teau- renaud,qui venoit de France avec unConvoy; parce que les Ennemis , qui n'avoient pas tant de chemin à faire, ſeroient
toûjours en eſtat de luyempef- cher l'entrée du Phare , il conclut la fameuſe Expedition de Palerme,dont vousſçavez le détail , malgré les oppoſitions de
quel
:
GALANT. 7 145
et
:
quelques-uns qui voyoient le danger plus grand que luy , ou qui n'avoient pas tant d'ardeur pour la gloire. Les chofes luy réüffirent comme il l'avoit eſpe- ré , le Convoy arriva heureuſe- ment, les Ennemis firent une perte dont ils n'avoient point encore veu d'exemple, &noftre Mareſchal retourna triomphant dans Meſſine. L'amour des Peuples redoubla pour luy,com- me il redoubla ſes ſoins pour les conſerver ; il découvrit beaucoup de Conjurations , &meme contre ſa vie; il ne prit cepen- dant de precaution , que pour empeſcher les, entrepriſes des Ennemis ſur les nouveaux Sujets d'un Roy, que ceux qui le connoiſſent , ſçavent qu'il aime uniquement, & pour quiil ſacri- fieroit de bon cœur toutes cho-
: Tome IV. G
146 LE MERCVRE
faut
ſes. Ainſi quelque paffion qu'il aitpourlagloire,elle n'approche point de l'amour qu'il a pour le Royfon Maiſtre. Vous croyez bien, Madame , que pour faire tout ce qu'on en publie , il ne pas qu'il dorme toûjours,
comme veulent faire croire les
Ennemis dans leurs Gazettes;
maisilfe donne fi peu de peine pour avoir des Gens qui faffent courirde luy des bruits avanta- geux, qu'il ne faut pas s'étonner s'il s'en répand quelquefois d'autresqui trouvét de la créance patmy les gens, qui ne con- noiffent pas cet Illuftre Gene- ral, mais cela est bien-toſt de- truit par la force de la verité;
&tout l'artifice de ſes envieux,
dontles Perfonnes , comme luy,
ne manquent jamais , ne peut rien contre la reputation , que ſes belles actions luy ont acqui-
GALAN T. 147
de
k
es
t
fe. La priſe d'Agoufte &de tant dePlaces qui fortifient le party des Meſſinois , renverſe tout ce qu'on peut inventer , pour ob- ſourcir l'éclatde ſa gloire. Il ne la veut devoir qu'aux ſervices qu'il rend àſon Prince , & il en laiſſe le ſoin àceux qui écrivent
les Evenemens de
fe
ceSiecle,ſans TRE
mettre en peine d'avoir des
Prôneurs à la Cours. Ie ne vous
dis rien de la grande Action de Palerme. Vous la ſçavez ; mais vous ne ſçavez peut-eſtre pas que le bruit qu'elle fit chez les Tures, y porta tant de terreur,
qu'ilsredoublerentles Garniſons
de toutes les Places maritimes
qu'ils ontde ce coſté-là.
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Résumé : « Je passe à l'Article que vous m'avez demandé de [...] »
Le texte relate les actions et les succès du maréchal de Vivonne, duc de Vivonne, en Sicile. Grâce aux secours envoyés par le roi, composés de troupes françaises et suisses, Vivonne a pu renforcer l'autorité royale et étendre les conquêtes. Il a dû garnir les places conquises et maintenir une présence militaire significative à Messine pour contrer les Espagnols. Les Siciliens ont manifesté une grande affection pour Vivonne, appréciant sa bonté, son affabilité et sa justice. Ils ont également admiré sa valeur, notamment après sa victoire contre les ennemis dans un combat inégal et son rôle dans l'abondance de vivres apportée à la population. Vivonne a planifié une expédition contre la flotte navale espagnole à Naples, mais celle-ci a été annulée en raison de difficultés logistiques. Lors de l'expédition contre l'amiral Ruyter, Vivonne a sacrifié son désir de gloire pour rester auprès des Siciliens, qu'il considérait comme ses enfants. Après la bataille, la flotte française s'est retirée en Provence pour réparations et approvisionnement. Vivonne a ensuite mené une expédition à Palerme pour sécuriser le passage d'un convoi, malgré les oppositions et les dangers. Cette expédition a été couronnée de succès, renforçant l'amour des Siciliens pour lui. Vivonne a également découvert et neutralisé plusieurs conspirations contre lui et la population. Son dévouement au roi est total, et il sacrifie toute autre ambition pour servir son prince. Les succès militaires de Vivonne, comme la prise d'Agoste et d'autres places, renforcent son prestige et sa réputation, malgré les tentatives des ennemis de le discréditer.
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68
p. 238-240
« Il n'y a pas longtemps qu'un Capre Ostendois [...] »
Début :
Il n'y a pas longtemps qu'un Capre Ostendois [...]
Mots clefs :
Capre Ostendois, Duc de S. Aignan, Charge
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texteReconnaissance textuelle : « Il n'y a pas longtemps qu'un Capre Ostendois [...] »
Iln'y apas long-temps qu'un Capre Oftendois attaqua prés des Coſtes du Havre de Grace,
&dans ceCouvernement, deux
Barques Marchandes de Diep- pe, qu'il auroit priſes indubita- blement , fi.M de Benouville ,
Capitaine de la Coſte , ne s'y fut promptement & vigoureuſemét oppoſe avec les Habitans qui font fous fa charge. Le Capre aprés avoir abadonné deuxBar- ques , les attaqua une féconde fois plus présduHavre, fotus la Capitainerie de MideCauville,
qui fit la meſime choſe antre pouffantleditCapre, quiſe ret
tira fans rien tenter davantage,
après avoir tiré plus de trente coups de Canons&& force coups de Moufquets. Getix qui font fous la charge de Mile Duode
Saint Aignan , imitenpaver tant
GALANT. 157 de bon-heur & d'empreſſement fon zele & fa vigilance pour le fervice duRoy,qu'il n'a pas eſté poſſible aux Ennemis , depuis la Declaration de la Guerre juf- ques à preſent , de réüffir dans aucunedetoutes les entrepriſes qu'ils ontfaites fur les Coftes de fon Gouvernement.
&dans ceCouvernement, deux
Barques Marchandes de Diep- pe, qu'il auroit priſes indubita- blement , fi.M de Benouville ,
Capitaine de la Coſte , ne s'y fut promptement & vigoureuſemét oppoſe avec les Habitans qui font fous fa charge. Le Capre aprés avoir abadonné deuxBar- ques , les attaqua une féconde fois plus présduHavre, fotus la Capitainerie de MideCauville,
qui fit la meſime choſe antre pouffantleditCapre, quiſe ret
tira fans rien tenter davantage,
après avoir tiré plus de trente coups de Canons&& force coups de Moufquets. Getix qui font fous la charge de Mile Duode
Saint Aignan , imitenpaver tant
GALANT. 157 de bon-heur & d'empreſſement fon zele & fa vigilance pour le fervice duRoy,qu'il n'a pas eſté poſſible aux Ennemis , depuis la Declaration de la Guerre juf- ques à preſent , de réüffir dans aucunedetoutes les entrepriſes qu'ils ontfaites fur les Coftes de fon Gouvernement.
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Résumé : « Il n'y a pas longtemps qu'un Capre Ostendois [...] »
Un navire corsaire d'Ouistreham a attaqué deux barques marchandes de Dieppe près du Havre. M. de Benouville et les habitants ont repoussé l'attaque. Le corsaire a ensuite été repoussé par M. de Cauville après avoir tiré plus de trente coups de canon. Les habitants, sous M. Duode Saint Aignan, ont montré une vigilance remarquable pour protéger les côtes depuis la déclaration de la guerre.
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69
p. 243-249
« Je commence par celle de Monsieur le President Nicolaï; & [...] »
Début :
Je commence par celle de Monsieur le President Nicolaï; & [...]
Mots clefs :
Roi, Ennemis, Place, Europe, Saint Omer, Valenciennes
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texteReconnaissance textuelle : « Je commence par celle de Monsieur le President Nicolaï; & [...] »
Le commence par celle de Mon- fieur le Prefident Nicolaï ; & ce
que je prétens vous en dire,
n'eſt ny ſa Harangue , ny un Extrait, ny meſmeun fragment,
c'eſt moins que tour cela , & il ne doit ſervir qu'à vous faire concevoir une legere idée de quelques-unes de ſes penſées..Il a dit au Roy , en parlant de Valenciennes, qu'on ne pouvoit affez admirer qu'il euſt pris en fi peu de jours une des plus grandesVilles, qui pût marquer La puiſſance deſesEnnemis:une Villevaſte parſon étenduë , fie- redeſes Privileges, orgueilleuſe par ſes Boulevarts , forte par la
valeur & le nombre de ſes Ci
160 LE MERCVRE
toyens , fameuſe par fon Com- merce , & redoutable par nos pertes. Il a adjoûté à tout cela qu'on ſçavoit affez de quelle forte le Roy s'eſtoit rendu maî- tre de cette puiſſante Place , &
que de la maniere que les cho- fes s'eſtoient paffées,on ne pour- voittrop loüer lagrande bonté,
&la prudence de Sa Majesté,
qui par un ſeulmot de ſabouche avoit defendu cette Ville
du plus grand malheur qu'elle puſt craindre, &dont elle n'a- voit pû eſtre garantie par un million de bras , & par tant de Princes intereſſez à ſa défenſe.
Il a fait voir encor qu'on avoit adimiré fur tout , que dans un temps où l'on ne pouvoit faire 'un pas dans l'Europe ſans trou- verquelque Ennemyde la Fra- ce,leRoyavoireõquis trois Pla-
GALANT. гыг
cesdontlaforcen'étoitque trop connuë , &que s'il avoit trouvé des Ennemis, il ſembloirque ce n'euſt eſté que pour ſervir de matiere àfon triomphe ; Qu'on lui avoit veu fecourir parſa pru- dence & par une prevoyance merveilleufe, les lieux, où if ne
pouvoitſetrouver enPerſonne,
eny envoyant le puiſſant Se- cours qu'il leur fit recevoir,
quand il ſçeut que les Ennemis amaffez en fi grand nombre,ve- noientpour jetter de nouvelles forces dans S. Omer ; Que fes Armes avoient eſté victoricufes, fous la conduite d'un Prince
qui ne voit riendans le monde au deffus de luy, foit par fa naif- fance, foitpar fon merite & fes grandes vertus , que ſon ſeul Souverain. Il a dit encor d'une
manierequiacharmé tous ceux
162 LE MERCVRE
qui l'ont entendu , quependant que toute l'Europe eſtoit enfe- veliedans unprofond fommeil,
Sa Majesté ſeule veilloit, lagloi- re & le bien de ſon Royaume luytenant les yeux ouverts , &
que les Ennemis n'eſtoient re- venus de ceprofond affoupiffe- ment , que pour voir enmeſme temps leurs pertes , & fervir à
fontriomphe
que je prétens vous en dire,
n'eſt ny ſa Harangue , ny un Extrait, ny meſmeun fragment,
c'eſt moins que tour cela , & il ne doit ſervir qu'à vous faire concevoir une legere idée de quelques-unes de ſes penſées..Il a dit au Roy , en parlant de Valenciennes, qu'on ne pouvoit affez admirer qu'il euſt pris en fi peu de jours une des plus grandesVilles, qui pût marquer La puiſſance deſesEnnemis:une Villevaſte parſon étenduë , fie- redeſes Privileges, orgueilleuſe par ſes Boulevarts , forte par la
valeur & le nombre de ſes Ci
160 LE MERCVRE
toyens , fameuſe par fon Com- merce , & redoutable par nos pertes. Il a adjoûté à tout cela qu'on ſçavoit affez de quelle forte le Roy s'eſtoit rendu maî- tre de cette puiſſante Place , &
que de la maniere que les cho- fes s'eſtoient paffées,on ne pour- voittrop loüer lagrande bonté,
&la prudence de Sa Majesté,
qui par un ſeulmot de ſabouche avoit defendu cette Ville
du plus grand malheur qu'elle puſt craindre, &dont elle n'a- voit pû eſtre garantie par un million de bras , & par tant de Princes intereſſez à ſa défenſe.
Il a fait voir encor qu'on avoit adimiré fur tout , que dans un temps où l'on ne pouvoit faire 'un pas dans l'Europe ſans trou- verquelque Ennemyde la Fra- ce,leRoyavoireõquis trois Pla-
GALANT. гыг
cesdontlaforcen'étoitque trop connuë , &que s'il avoit trouvé des Ennemis, il ſembloirque ce n'euſt eſté que pour ſervir de matiere àfon triomphe ; Qu'on lui avoit veu fecourir parſa pru- dence & par une prevoyance merveilleufe, les lieux, où if ne
pouvoitſetrouver enPerſonne,
eny envoyant le puiſſant Se- cours qu'il leur fit recevoir,
quand il ſçeut que les Ennemis amaffez en fi grand nombre,ve- noientpour jetter de nouvelles forces dans S. Omer ; Que fes Armes avoient eſté victoricufes, fous la conduite d'un Prince
qui ne voit riendans le monde au deffus de luy, foit par fa naif- fance, foitpar fon merite & fes grandes vertus , que ſon ſeul Souverain. Il a dit encor d'une
manierequiacharmé tous ceux
162 LE MERCVRE
qui l'ont entendu , quependant que toute l'Europe eſtoit enfe- veliedans unprofond fommeil,
Sa Majesté ſeule veilloit, lagloi- re & le bien de ſon Royaume luytenant les yeux ouverts , &
que les Ennemis n'eſtoient re- venus de ceprofond affoupiffe- ment , que pour voir enmeſme temps leurs pertes , & fervir à
fontriomphe
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Résumé : « Je commence par celle de Monsieur le President Nicolaï; & [...] »
Le Président Nicolaï a prononcé un discours sur la prise de Valenciennes par le roi. Valenciennes est décrite comme une grande ville, fière de ses privilèges et de ses boulevards, forte par ses citoyens et célèbre pour son commerce. Le roi a rapidement conquis cette place puissante et a évité à la ville un grand malheur par un simple ordre. Nicolaï mentionne également que le roi a conquis trois places fortes en Europe malgré la présence d'ennemis, utilisant sa prudence et sa prévoyance pour secourir des lieux où il ne pouvait être présent. Les armes du roi ont été victorieuses sous la conduite d'un prince qui ne reconnaît que le roi au-dessus de lui, que ce soit par naissance, mérite ou grandes vertus. Enfin, Nicolaï souligne que tandis que toute l'Europe était endormie, le roi veillait sur la gloire et le bien de son royaume, permettant aux ennemis de se réveiller pour constater leurs pertes et contribuer à son triomphe.
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70
p. 250-253
« Je passe au sujet de la Harangue de Mr [...] »
Début :
Je passe au sujet de la Harangue de Mr [...]
Mots clefs :
Cambrai, Mr le Président Barentin, Valenciennes, Attaque, Saint Omer
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texteReconnaissance textuelle : « Je passe au sujet de la Harangue de Mr [...] »
Je paffe au fujer de la Ha- rangue de Mr le prefident Ba- rentin. If adit que quoy qu'il cuſt étébiendifficile de pouvoir prévoirdes plus grandes choſes,
que celles que leRoyavoit fai zes dans les précedentes Cam- pagnes, les entrepriſes de cel- le-cy ne laiſſoient pas d'eſtre in- finiment plus grandes , puis qu'il avoit attaqué une Place,
comme Valenciennes , qu'on croyoit imprenable par ſa ſitua- tion & par ſes forces , &dans un temps qui rendoit cette entrepriſe preſque impoſſible , &
la Place inacceſſible ;Que ce- pendantpar ſa grande valeur &
par ſon extréme prudence , en s'élevant au deſſus dela Nature & de l'Art , il avoit furmon
164 LE MERCVRE té tous les obſtacles ; & au lieur
de ſe donner du repos , apres une ſi grande action & tant de fatigues , il avoit afſiegé deux Places des plus fortes des Païs- Bas , qui ſe defendoient par leur ſeule reputation , &prin- cipalement Cambray , dont le feul nom inſpiroit de la crain- te&de la terreur ,laquelle priſe eſtoit ſi importante à l'Estat ,
qu'elle diſpoſoit toutes choſes à
laruinedeceux du Roy d'Eſpa- gne , autant qu'elle contribuoit à mettre la France en ſeureté;
Que Saint Omer étoit tombe fous la puiſſance du Roy par la valeur de Son Alteſſe Royale,
aprés un combat glorieux ; Que les Actions du Roy &deMon- fieur avoient trop de rapport pourles pouvoir ſeparer , Mon- heur ayant trouvé l'Are de s'é-
GALANT. 165
ゆ
de
E
1
lever au deſſus des plus grands Heros , en imitant le plus parfait des Rois ; Qu'il ne falloit pas s'étonner de tant de grandes Actions , Sa Majesté eſtant ſoû- tenuëde la protection vifible de Dieu contre ſes Ennemis,qui re- fuſoient la Paix qu'il leur offroit contre l'intereſt de ſa propre
gloire.
que celles que leRoyavoit fai zes dans les précedentes Cam- pagnes, les entrepriſes de cel- le-cy ne laiſſoient pas d'eſtre in- finiment plus grandes , puis qu'il avoit attaqué une Place,
comme Valenciennes , qu'on croyoit imprenable par ſa ſitua- tion & par ſes forces , &dans un temps qui rendoit cette entrepriſe preſque impoſſible , &
la Place inacceſſible ;Que ce- pendantpar ſa grande valeur &
par ſon extréme prudence , en s'élevant au deſſus dela Nature & de l'Art , il avoit furmon
164 LE MERCVRE té tous les obſtacles ; & au lieur
de ſe donner du repos , apres une ſi grande action & tant de fatigues , il avoit afſiegé deux Places des plus fortes des Païs- Bas , qui ſe defendoient par leur ſeule reputation , &prin- cipalement Cambray , dont le feul nom inſpiroit de la crain- te&de la terreur ,laquelle priſe eſtoit ſi importante à l'Estat ,
qu'elle diſpoſoit toutes choſes à
laruinedeceux du Roy d'Eſpa- gne , autant qu'elle contribuoit à mettre la France en ſeureté;
Que Saint Omer étoit tombe fous la puiſſance du Roy par la valeur de Son Alteſſe Royale,
aprés un combat glorieux ; Que les Actions du Roy &deMon- fieur avoient trop de rapport pourles pouvoir ſeparer , Mon- heur ayant trouvé l'Are de s'é-
GALANT. 165
ゆ
de
E
1
lever au deſſus des plus grands Heros , en imitant le plus parfait des Rois ; Qu'il ne falloit pas s'étonner de tant de grandes Actions , Sa Majesté eſtant ſoû- tenuëde la protection vifible de Dieu contre ſes Ennemis,qui re- fuſoient la Paix qu'il leur offroit contre l'intereſt de ſa propre
gloire.
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Résumé : « Je passe au sujet de la Harangue de Mr [...] »
Le texte relate les succès militaires du roi et de son fils, le prince de Condé, lors d'une campagne. Le roi a conquis Valenciennes, une forteresse considérée comme imprenable, en surmontant divers obstacles grâce à sa valeur et sa prudence. Après cette victoire, il a assiégé et pris deux places fortes des Pays-Bas, dont Cambrai, essentielle pour la sécurité de la France et la défaite des Espagnols. Saint-Omer a également été conquise par le prince de Condé après un combat glorieux. Les exploits du roi et de son fils sont indissociables, ce dernier ayant imité la perfection du roi. Ces succès sont attribués à la protection divine accordée au roi, qui refuse la paix pour préserver sa gloire.
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71
p. 253-257
« Voila à peu pres, Madame, ce qui fut prononcé avec [...] »
Début :
Voila à peu pres, Madame, ce qui fut prononcé avec [...]
Mots clefs :
Mr le Président Barentin, Colonel de quartier, Services, Maison
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texteReconnaissance textuelle : « Voila à peu pres, Madame, ce qui fut prononcé avec [...] »
Voilà à peu pres , Madame,
cequi fut prononcé avec une grace merveilleuſe par Mon- ſieur le Preſident Barentin. Il
eftoit Conſeiller au Parlement
quandles Mouvemens de Paris arriverent. On le fit Colonelde
fon Quartier , & ce fut luy qui par ſaprudence ſauvaM le Ma- reſchal de l'Hôpital , qui en eftoit alors Gouverneur. Il alla
le prendre chez MonfieurCroi- fet ,&paffa cinquante Barrica-
166 LE MERCVRE
cades avant que de le pouvoit remettredans ſon Hoſtel. Vous
pouvez croire qu'il luy fallut de l'adreſſe pour en venir à
bout,& qu'il ne le fit pas ſans eſſuyer tousles perils où la re- volte d'un Peuple expoſe ceux quitâchent àle remettredans le devoir. LeRoy fut ſi ſatisfait des ſervices qu'il luy rendit dans ces temps-là, qui estoient des temps fortdifficiles , qu'il le fit Conſeil- lerd'Estat. Il aeſté en ſuite Maiſtre des Requeſtes , &Preſident du Grand Conſeil ; & aprés ſes Intendances , il s'eſt trouvé àla
teftede cette Compagnie , qui a
pour luy toutes les confidera- tions qu'on peut avoir pour un Chefd'un fortgrandmerite. Il eſt doux &honneſte , a beaucoupde facilité às'énoncer &à
parler enpublic , &donne tous
GALANT.
:
167
2
de
les jours tant de marques d'in- tegrité, qu'il ne faut pas deman- der par où il peut s'eſtre acquis une eſtime ſi generale. Il eſt tres-bien fait de ſa perſonne,
auſſi n'eſtoit-il autrefois connu
dans Paris , que ſous le nom de BeauColonel. Son élevation luy eſt d'autant plus glorieuſe , que la faveur n'y ayantjamais eu au- cune part , on peut dire
८
qu'elle THEAWA
eſt l'ouvrage ſeul defon merite
&de
*
LYON
ſa conduite. Vous ſcavez/ 892
qu'il eſt Oncle de madame la Marquiſe de Louvois , Heritiere de la Maiſon de Souvray-Bois- Dauphin. Cette maiſon eſt fi Il- luftre& fi connue, qu'il fuffit de vous la nommer.
cequi fut prononcé avec une grace merveilleuſe par Mon- ſieur le Preſident Barentin. Il
eftoit Conſeiller au Parlement
quandles Mouvemens de Paris arriverent. On le fit Colonelde
fon Quartier , & ce fut luy qui par ſaprudence ſauvaM le Ma- reſchal de l'Hôpital , qui en eftoit alors Gouverneur. Il alla
le prendre chez MonfieurCroi- fet ,&paffa cinquante Barrica-
166 LE MERCVRE
cades avant que de le pouvoit remettredans ſon Hoſtel. Vous
pouvez croire qu'il luy fallut de l'adreſſe pour en venir à
bout,& qu'il ne le fit pas ſans eſſuyer tousles perils où la re- volte d'un Peuple expoſe ceux quitâchent àle remettredans le devoir. LeRoy fut ſi ſatisfait des ſervices qu'il luy rendit dans ces temps-là, qui estoient des temps fortdifficiles , qu'il le fit Conſeil- lerd'Estat. Il aeſté en ſuite Maiſtre des Requeſtes , &Preſident du Grand Conſeil ; & aprés ſes Intendances , il s'eſt trouvé àla
teftede cette Compagnie , qui a
pour luy toutes les confidera- tions qu'on peut avoir pour un Chefd'un fortgrandmerite. Il eſt doux &honneſte , a beaucoupde facilité às'énoncer &à
parler enpublic , &donne tous
GALANT.
:
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2
de
les jours tant de marques d'in- tegrité, qu'il ne faut pas deman- der par où il peut s'eſtre acquis une eſtime ſi generale. Il eſt tres-bien fait de ſa perſonne,
auſſi n'eſtoit-il autrefois connu
dans Paris , que ſous le nom de BeauColonel. Son élevation luy eſt d'autant plus glorieuſe , que la faveur n'y ayantjamais eu au- cune part , on peut dire
८
qu'elle THEAWA
eſt l'ouvrage ſeul defon merite
&de
*
LYON
ſa conduite. Vous ſcavez/ 892
qu'il eſt Oncle de madame la Marquiſe de Louvois , Heritiere de la Maiſon de Souvray-Bois- Dauphin. Cette maiſon eſt fi Il- luftre& fi connue, qu'il fuffit de vous la nommer.
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Résumé : « Voila à peu pres, Madame, ce qui fut prononcé avec [...] »
Le texte relate les exploits et la carrière de Monsieur le Président Barentin. En tant que conseiller au Parlement, il devint colonel de quartier lors des troubles à Paris et sauva le maréchal de l'Hôpital, gouverneur de Paris, en le ramenant à son hôtel malgré les dangers. En reconnaissance de ses services, le roi le nomma conseiller d'État. Barentin occupa ensuite les postes de maître des requêtes et président du Grand Conseil. Il est reconnu pour son intégrité, son éloquence et son honnêteté. Connu à Paris sous le nom de 'Beau Colonel', son ascension est attribuée à son mérite et à sa conduite plutôt qu'à la faveur. Il est également l'oncle de la marquise de Louvois, héritière de la maison de Souvray-Bois-Dauphin, une famille illustre et connue.
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72
p. 257-259
« Comme je vous manday la derniere fois la joye qu'on [...] »
Début :
Comme je vous manday la derniere fois la joye qu'on [...]
Mots clefs :
Duc de Roquelaure, Auch, Cérémonies, Serment, Chanoine honoraire
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texteReconnaissance textuelle : « Comme je vous manday la derniere fois la joye qu'on [...] »
Comme je vous manday la derniere fois la joye qu'on avoir fait paroiftre à Bordeaux à l'ar- rivéede Monfieur le DucdeRo-
168 LE MERCVRE
quelaure , je croy vous devoir apprendre aujourd'huy les hon- neurs qu'on luy a rendus à
Auch, où il a eſte harangué par Meſſieurs duPrefidial & par les Confuls dela Ville. Il le fut enſuite par les Deputez de m' le Senechal de Tarbe , & ce fut
M. Caſtelviel , luge-Mage de Tarbe,qui porta la parole avec tout le ſuccés qu'il pouvoit at- tendre d'un diſcours digne de celuy à qui il eſtoit addreſſé.
Apres ces premieres Ceremo- nies , Monfieur le Duc de Ro- quelaure ſe preſenta au Chapi- tre , & fut reçeu par M. le Do- yen de Noftre- Dame , en l'ab- fence de M. l'Abbé Soupets,
Prevoſt de cette Eglife. Il preſta le Serment comme Baron &
Chanoine Honoraire , & vint
prendre fa placedans le Chœur,
où
GALANT. 169
1
コン
He
er
on luy donnapart aux Diſtribu- tions. Ie ne ſçay , Madame , ſi vous eſtes inſtruite de ce que c'eſt qu'eftre Chanoine Hono- raire de cette Eglife. Il y en a
cinq,dontleRoy eſt le premier,
comme Comte d'Armagnac. Lesquatre autres font appellez Barons d'Armagnac , & ce font ceux qui poſſedent les Baron- nies de Montaut , de Montef- quiou ,de Pardaillan &de l'Iſle.
Monfieur de Roquelaure en eft l'un , à cause de la Terre de
Monteſquiou qui luy apartient.
Au fortir del'Eglife , il fut mené à l'Archeveſche & traité magnifiquement par les Officiers de Monfieur l'Archeveſque d'Auch , qui estoit abſent.
168 LE MERCVRE
quelaure , je croy vous devoir apprendre aujourd'huy les hon- neurs qu'on luy a rendus à
Auch, où il a eſte harangué par Meſſieurs duPrefidial & par les Confuls dela Ville. Il le fut enſuite par les Deputez de m' le Senechal de Tarbe , & ce fut
M. Caſtelviel , luge-Mage de Tarbe,qui porta la parole avec tout le ſuccés qu'il pouvoit at- tendre d'un diſcours digne de celuy à qui il eſtoit addreſſé.
Apres ces premieres Ceremo- nies , Monfieur le Duc de Ro- quelaure ſe preſenta au Chapi- tre , & fut reçeu par M. le Do- yen de Noftre- Dame , en l'ab- fence de M. l'Abbé Soupets,
Prevoſt de cette Eglife. Il preſta le Serment comme Baron &
Chanoine Honoraire , & vint
prendre fa placedans le Chœur,
où
GALANT. 169
1
コン
He
er
on luy donnapart aux Diſtribu- tions. Ie ne ſçay , Madame , ſi vous eſtes inſtruite de ce que c'eſt qu'eftre Chanoine Hono- raire de cette Eglife. Il y en a
cinq,dontleRoy eſt le premier,
comme Comte d'Armagnac. Lesquatre autres font appellez Barons d'Armagnac , & ce font ceux qui poſſedent les Baron- nies de Montaut , de Montef- quiou ,de Pardaillan &de l'Iſle.
Monfieur de Roquelaure en eft l'un , à cause de la Terre de
Monteſquiou qui luy apartient.
Au fortir del'Eglife , il fut mené à l'Archeveſche & traité magnifiquement par les Officiers de Monfieur l'Archeveſque d'Auch , qui estoit abſent.
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Résumé : « Comme je vous manday la derniere fois la joye qu'on [...] »
Lors du passage du Duc de Roquelaure à Auch, il a été accueilli par les membres du Présidial et les Consuls de la ville. Les députés du Sénéchal de Tarbes, dont M. Castelviel, l'ont également salué. Le Duc s'est ensuite rendu au Chapitre de la cathédrale, où il a été reçu par le Doyen en l'absence de l'Abbé Soupets. Il a prêté serment en tant que Baron et Chanoine Honoraire et a participé aux distributions dans le chœur. Le roi, en tant que Comte d'Armagnac, est le premier Chanoine Honoraire, et quatre autres Barons d'Armagnac possèdent des baronnies spécifiques, dont Montesquiou, appartenant au Duc de Roquelaure. Après la cérémonie, il a été conduit à l'Archevêché, où il a été magnifiquement traité par les officiers de l'Archevêque d'Auch, absent lors de l'événement.
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73
p. 259-260
« Je croy avoir oublié à vous dire que le Roy [...] »
Début :
Je croy avoir oublié à vous dire que le Roy [...]
Mots clefs :
Marquis de Morvair, Commissaire général de la Cavalerie, Charge
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texteReconnaissance textuelle : « Je croy avoir oublié à vous dire que le Roy [...] »
Ie croy avoir oublié à vous dire que le Roy adonné à Mon- ſieur le Marquis de Morvair ,
Tome IV. E
170 LE MERCVRE
LieutenantdeRoyde Breffe, la Charge de Commiſſaire General de la Cavalerie qu'avoit M
de la Cardonnerie. Il s'eſt ſigna- lé enbeaucoup d'endroits, &fur
tout au Paffage duRhin.
Tome IV. E
170 LE MERCVRE
LieutenantdeRoyde Breffe, la Charge de Commiſſaire General de la Cavalerie qu'avoit M
de la Cardonnerie. Il s'eſt ſigna- lé enbeaucoup d'endroits, &fur
tout au Paffage duRhin.
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74
p. 260-261
« Sa Majesté a eu aussi la bonté d'accepter la Démission [...] »
Début :
Sa Majesté a eu aussi la bonté d'accepter la Démission [...]
Mots clefs :
Démission, Abbé de Sourches, Grâce
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texteReconnaissance textuelle : « Sa Majesté a eu aussi la bonté d'accepter la Démission [...] »
Sa Majesté a eu auſſi la bonté d'accepter laDémiffion del'Ab- baye de Troüars , prés de Caën,
faite par M. l'Abbé de Sour- ches,en faveurd'un Fils de Monſieur le marquis de Sourches,
Grand Prevoſt de France fon
Neveu. Cettegrace eft d'autant
plus particuliere , que le Roy ne l'accorde jamais à perſonne , &
que les raiſons qui l'ont porté à
vouloir bien diftinguer en cela
M. de Sourches,l'ont fait admirerde tous ceux à qui elles font connuës. Toute la Couren a témoigne de la joye , & l'on ne peut recevoir plus de Compli-
GALANT. 171
mensqu'il ena reçeudesPerſon- nes du plus hautran
faite par M. l'Abbé de Sour- ches,en faveurd'un Fils de Monſieur le marquis de Sourches,
Grand Prevoſt de France fon
Neveu. Cettegrace eft d'autant
plus particuliere , que le Roy ne l'accorde jamais à perſonne , &
que les raiſons qui l'ont porté à
vouloir bien diftinguer en cela
M. de Sourches,l'ont fait admirerde tous ceux à qui elles font connuës. Toute la Couren a témoigne de la joye , & l'on ne peut recevoir plus de Compli-
GALANT. 171
mensqu'il ena reçeudesPerſon- nes du plus hautran
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Résumé : « Sa Majesté a eu aussi la bonté d'accepter la Démission [...] »
Le roi a accepté la démission de l'abbaye de Troüars, près de Caen, au profit d'un fils du marquis de Sourches. Cette faveur exceptionnelle a été admirée par tous. La cour a témoigné de sa joie et M. de Sourches a reçu de nombreux compliments de personnes de haut rang.
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75
p. 262-263
« Mr de Thorigny, & Mr Goëlard, ont esté reçeus depuis [...] »
Début :
Mr de Thorigny, & Mr Goëlard, ont esté reçeus depuis [...]
Mots clefs :
Conseillers au Parlement, M. de Thorigny, M. Goëlard
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texteReconnaissance textuelle : « Mr de Thorigny, & Mr Goëlard, ont esté reçeus depuis [...] »
M.de Thorigny , & M. Goëlard ont eſté reçeus depuis quelques jours.
Hij
172 LE MERCVRE
Conſeillers au Parlement ,apres avoir donné toutes les marques de capacité &de ſuffiſance qu'on peut attendre de ceux qui ſe deſtinent aux Emplois de la Robe. Le premier eſt Fils deM. Lambert, Prefident de la Chambre des Comptes. Madame fa Mere eſt une perſonne d'un fort grand merite;Elle eſt de la Maiſonde Laubeſpine , Sœur de Mule Marquis de Verderone,Gen- dre deMonfieurle Chancelier.
Hij
172 LE MERCVRE
Conſeillers au Parlement ,apres avoir donné toutes les marques de capacité &de ſuffiſance qu'on peut attendre de ceux qui ſe deſtinent aux Emplois de la Robe. Le premier eſt Fils deM. Lambert, Prefident de la Chambre des Comptes. Madame fa Mere eſt une perſonne d'un fort grand merite;Elle eſt de la Maiſonde Laubeſpine , Sœur de Mule Marquis de Verderone,Gen- dre deMonfieurle Chancelier.
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76
p. 263-265
« Je croyois finir par un grand Article des Modes, & [...] »
Début :
Je croyois finir par un grand Article des Modes, & [...]
Mots clefs :
Défense de l'or et de l'argent, Article des Modes, La Reynie, Ordonnances du roi
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texteReconnaissance textuelle : « Je croyois finir par un grand Article des Modes, & [...] »
le croyois finir par un grand Arti- cle des Modes,&vous parler desriches Etofes qui ſe preparoient ;mais la De- fence de l'Or & de l'Argent qui a eſté publiée icy , a rompu toutes mes mefu- res. On a fait courir le bruit qu'il étoit arrivé du deſordre en arreſtant quel-
GALANT. 173
1
ques Particuliers qui avoient ofé contrevenir à cette Defence; mais j'ay de la peine àcroire qu'on s'y ſoit voulu expoſer ,dans laconnoiffance qu'on a
de l'exactitude avec laquelle Monfieur de la Reynie maintient les Ordonnan- ces du Roy, Sa Majesté a bien lieu de ſe repoſer ſur les ſoins de ce grand Hommepour l'execution de ſes volon- tez. Iamais la Police n'a eſtény ſi bien,
ny ſi avantageuſement obſervée que depuis qu'elle luy a eſté commiſe , &
onpeutdire que Paris luy eſt redeva- blede quantité de choſes commodes ou utiles , qu'une moindre vigilance quela ſienne ne ſeroit pas venu à bout d'établir.
GALANT. 173
1
ques Particuliers qui avoient ofé contrevenir à cette Defence; mais j'ay de la peine àcroire qu'on s'y ſoit voulu expoſer ,dans laconnoiffance qu'on a
de l'exactitude avec laquelle Monfieur de la Reynie maintient les Ordonnan- ces du Roy, Sa Majesté a bien lieu de ſe repoſer ſur les ſoins de ce grand Hommepour l'execution de ſes volon- tez. Iamais la Police n'a eſtény ſi bien,
ny ſi avantageuſement obſervée que depuis qu'elle luy a eſté commiſe , &
onpeutdire que Paris luy eſt redeva- blede quantité de choſes commodes ou utiles , qu'une moindre vigilance quela ſienne ne ſeroit pas venu à bout d'établir.
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Résumé : « Je croyois finir par un grand Article des Modes, & [...] »
La publication d'une défense sur l'or et l'argent a interrompu les projets de l'auteur sur les riches étoffes et les modes. Des rumeurs d'arrestations ont circulé, mais l'auteur en doute. Il loue l'efficacité de Monsieur de la Reynie dans le maintien des ordonnances royales, soulignant une gestion exemplaire de la police à Paris.
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77
p. 33-64
Combat donné devant la Forteresse de Tabago, avec les Noms des Morts & des Blessez, & de tous ceux qui s'y sont signalez. [titre d'après la table]
Début :
Quoy que la France soit le plus ageable séjour que [...]
Mots clefs :
Ennemis, Morts, Blessés, Combat, Forteresse de Tabaco, Vaisseaux, Mer, Comte d'Estrées, Troupes, Attaquer, Chevalier, Amiral, Hollande, Pistolets, Capitaines, Action
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texteReconnaissance textuelle : Combat donné devant la Forteresse de Tabago, avec les Noms des Morts & des Blessez, & de tous ceux qui s'y sont signalez. [titre d'après la table]
Quoy que la France ſoit le plus agreable ſéjour que puif- fent choifir les Perſonnes de
bon gouſt, trouvez bon,Mada- me , que je vous mene audelà
C 2
18 LE MERCVRE
des Mers. Les Armesdu Royy
ont remporté une celebreVi- toire à douze ces lieuës d'icy,
vous le ſçavez , & le Combat donné devantTabaco , a tant
fait de bruit qu'il n'eſt ignoré deperſonne. Mondeffeinn'eſt
pas de repeter ce que l'Extra- ordinaire en a dit;je ne veux que vous bien marquer de quelle confequence eſt aux Ennemis la perte de leurs Vaif- feaux.On a tâché àladéguiſer,
cependant la verité ne peut eftre long-teps cachée, il n'eſt pointde nüages qu'elle ne per- cepour ſe découvrir. Si l'Ad- miral Binkes ne demeure pas d'accord de tous nos avantages, cequ'il a écrit ne ſuffit pas pour faire croire que nous ne les ayons pas remportez , &
nousydevons moins adjoûter
GALANT. 29
de foy qu'à vingt Relations , &
qu'à des Lettres de Hollande mefme qui ont eſté envoyées à
des Particuliers,&qui covien- nent toutes de la méme choſe.
Mais pourdonnerquelque or- dre à ce diſcours , parlons des forces que les Ennemis avoient avant qu'ils fuſſent attaquez,
examinons la conduite de M
le Comte d'Eſtrées , voyons ce
qu'il a fait avant le Combat,
pourquoy il l'a donné , &de quelle maniere il a combattu,
&faiſons enfuite reflexion fur
le dommage que doit cauſer aux Ennemis la perte qu'ils ont faite ſous le Canon meſme
de leur Fortereffe.
Tous ceux qui ont marque dans leurs Relations que les
Ennemis avoient quatorze
C3
30 LE MERCVRE :
Vaiſſeaux , en ont donné des
preuves convainquantes. Ils diſent enquatre endroitsqu'un Négre &unPilote qui furent pris avant le Combat, en affu- rerent Mr le Comte d'Eſtrées;
que ceux qui débarquerent pour l'Attaque du Fort eſtant arrivez fur une hauteurlesdécouvrirent dans la Rade au
mefme nombre , &que l'ordre de leurBataille endemy croif- fant , donna lieu aux Noftres
d'en faire un compte exact ,
lors qu'ils allerent les attaquer.
Il eſt vray que le Vaiſſeau de Rafimus fameux Corfaire , &
une Pinace montée de trente
huit Pieces deCanon, eſtoient
compris dans les quatorze Vaiſſeaux; & c'eſt peut-eftre parcette raiſonquelesHolan- dois foûtiennent qu'ils en a
GALANT. 3
voientmoinsquene marquent
nos Relations; mais le nom ne
fait rien à la choſe , la Pinace valoit bien un Vaifſeau , & ce- luy deRaſmusles fervoit,quoy qu'ilne fut pas venu avec eux.
Je ne parle point d'un Vaiſſeau Portugais qui estoit dans le Port, ne ſcachant pas s'il a co- batu.Tous cesVaiſſeaux étoiét
à portée de Mouſquet de leur Fort, dont les Canons à fleur d'eau defendoient l'entrée de
la Rade. Il y avoit aupres du Port un Banc qui rendoit la paffe fi étroite,qu'il n'y pouvoit entrerqu'unVaiſſeau de front.
Voilà l'eftat des forces des
Ennemis. Voyons les raiſons que M le Comte d'Eſtrées a
euës de les attaquer avec dix Vaiſſeaux ſeulement, les pré- cautions qu'il a priſes pour
32 LE MERCVRE
reuſſir , &fon intrepidité pen- dant le Combat.
CeVice-Admiral eſtant arrivé à une lieuë de l'entrée de la
Rade des Ennemis, fit mettre à
terre M de Souches , & M² le
Febvrede Mericour, accompa- gnez de quelques Habitansde laMartinique,& leur ordonna de tâcher àfaire quelques Pri- fonniers. Ils ne prirentqu'un Négre , qui rapporta ce que j'ay déja dit , que les Ennemis avoient quatorze Vaiſſeaux ,
parce qu'il leur en eſtoit arrivé cinqdepuisquelques jours. Ce Négre adjoûta que le Fortn'é-- toit pas achevé , ce qui fit ré- foudre M d'Eſtrées à le faire
attaquer avantque les Enne- mis euſſent le tempsde ſe re- connoiſtre. Il fit débarquer quelquesTroupes avec M. le
GALANT. 33
Chevalierde Grand-Fontaine.
Il alla luy-meſme à terre où il refolut d'occuper les Ennemis du côté de la Mer,tandis qu'on attaqueroit le Fort , maisune grande Plüye eſtant ſurvenuë,
& ayant fait groſſir une petite Riviere arreſta les Troupes.
Cependant on apprit que le Forteſtoitachevé. Mr le ViceAdmiral qui estoit preſque en
meſime temps ſur mer & fur
terre,&qui eftoit revenu pour faire la diverfion que je vous viens de marquer , débarqua encore une fois &fit conduire
duCanon &unMortier quine firent pas tout l'effet qu'il s'en eſtoit promis. M le Comte d'Eſtrées eftant retourné une
ſeconde fois dans ſonVaiſſeau,
envoïa Me Heroüardpour agir de concert avec MleCheva-
34 LE MERCVRE lier de Grand- Fontaine , &
s'approcher du Fort parTran- chée. Les Ennemis ayant eu le temps de ſe reconnoiſtre avant qued'eftre preſſez,&ſe prépa- rant àſe biendefendre , M² le Vice-Admiral qui l'apprie fit revenir auſſi-toft M Heroüard
pour raporter l'eſtatdes choſes dans unConſeil deGuerre. Il
dit ce qu'il avoit apris,&ajoû- taqu'il faloit trop de teps pour fe rendre maiſtredu Fortdans
les formes ; mais qu'on l'em- porteroit bien- toſt ſi l'on fai- foit une diverfion du coſtéde
laMer; &fur ce qu'onhéfitoit
àſuivre fon confeil, il ſe leva &
aſſura tellemét qu'il réüffiroit,
qu'on le crût. Il eut ordre de
faire deuxbonnes Attaques &
une fauffe,&de ne donnerque
deux heures apres que le Com
GALANT.. 35 bat de Mer ſeroit commencé.
Mr le Comte d'Eſtrées qui ap- puya cetAvis, ne le fit pas fans
en avoirbeaucoup de raiſons.
Il avoit emporté la Cayenne de la meſme maniere ; il connoiſſoit la valeurde ſes Troupes &la bõté de ſes Vaiſſeaux;
&il vit de plus des neceffitez
abſoluës d'en uſer ainſi. La
longueur d'un Siege dans les formes luy auroit fait riſquer ſesVaiſſeaux,la Rade deTabaco eſtoit mauvaiſe, &il y avoit
déja perdu pluſieurs anchres &pluſieurs cables. Il réuffit du coſté de la Mer comme vous
avez appris ; & fi l'on avoit fait du coſte de la terre ce qu'il avoit ordõné, la victoire auroit
eſté entiere,puisque les Ennemis ont perdutous leurs Vaif- ſeaux , encor qu'ils fuſſent fa-
36 LE MERCVRE
1
voriſez du Canon de leur Fort.
Si la vigilance de M'le Vice- Admiral a parû en deſcendant deux fois à terre , il n'en a pas moins fait paroiſtre ſur Mer,où ſon intrepidité s'eſt fait remar- quer. On l'a veu apres avoir eſſuyé le feude tous lesVaif- ſeaux Ennemis &des Bateries
du Fort , aborder le ContreAdmiral de Hollande, s'en rendre maiſtre, & attaquer un au- treVaiſſeau avec le mémefuccés. On l'a veu bleſſé dans un
Canot , exposé au feu desEn- nemis , faire gouverner vers leursVaiſſeaux,pour examiner l'eſtat où ils eſtoient. Ona veu
ceCanot s'enfocer apres avoir eſté percéd'un coupde Cano.
Ona veu ce Vice-Amiral dans
la Mer; &apres en eſtre ſorty
tout
GALANT. 37 tout trempé &bleffé en deux
endroits , on l'a veu appeller uneChaloupe & fe mettre de- dans pour aller encor ſe mefler parmy les Ennemis , &donner les ordres en s'expoſant de nouveau aux meſmesdangers
qu'il venoit d'éviter.
Si l'Attaquede terre n'a pas eſté ſi heureuſe que celle de Mer, la trop boüillante ardeur de ceux qui devoient inſulter
le Fort , & qui l'attaquerent plûtoſt qu'on ne leur avoit or- donné,en a eſté cauſe. La mort
de M de Bayancoury a auſſi beaucoup contribué. Les Mili- ces qu'il commandoit, & qui portoient les Echelles ſe voyat ſans Chef, ne voulurent plus avancer. Cependant tout étoit bien concerté , l'on étoit au
Tome V. D
38 LE MERCVRE haut du Parapet, &fans tous
ces malheurs que Mr le Comte d'Eſtrées ne pouvoit prévoir,
l'entrepriſe de terre auroit eu le ſuccès qu'on en attendoit,&
auroit fait réüffir celle deMer,
nonpas plusqu'elle a fait, mais avecbien moinsdeperte. Les Holladois croyent avoirbeau- coup gagné , parcequ'ils n'ont pas perdu leurFort,& que nô- tre Victoire n'a eſté entiere
quedu coſtéde la Mer; cepen- dant elle eſt ſi grande qu'elle peut affez nous récompenfer dequelques heures que nous avons perduës devant le Fort;
&fi l'on peutdire qu'on réuffit toûjours beaucoup lors qu'on a de grands deſſeins , &qu'on vient à bout deplusde lamoi- tić , nous pouvons aſſurer que
nous avons eu des avantages
GALANT. 39
confiderables , &que la moindre perte des Hollandois eſt celle de tous leurs Vaiſſeaux.
Leur Contre - Admiral eſtoit
monté de foixante &fix pieces deCanon; le Lieutenat étonné
d'y voir le feu,dit auſſi-tôt qu'il y avoit dix - huit milliers de poudre dans ce Vaifſeau , &
une grande quantité de richef- ſes. Onfit tout ceque l'on pût pour en arreſter l'embraſemét,
mais il fut impoffible. Parmy les Vaiſſeaux qui ont eſté brû- lez,ily enavoit cinq nouvelle- mentarrivez de Hollade chargez de vivres pour un an , tant pour l'Eſcadre , que pour les Colonies; ils avoient apporté fix cens Hommes & amené
pluſieursFamilles,&beaucoup de Marchandiſes & d'argent
D2
40 LE MERCVRE
pour établir des Magaſins. Ils ont perdu outre cela pluſieurs Négres avec leurs Femmes &
leurs Enfans qu'ils avoient embarquez pour tranſporter cette Colonie aillieurs. Ainfi
enbrûlat leurs Vaiſſeaux, nous
pouvons dire que nous avons entierement ruiné le commencement de leurs Habitations,
&mis les noftres en ſeureté ; il
leur faut des millions pour ſe rétablir , & pour armer une nouvelle Flote. Pluſieurs Lettres de Hollande affurent la
méme choſe, & les Particuliers- qui ſentent leur mal,loin de le déguiſer , ne peuvent s'empef- cher de s'en plaindre.
Les Victoires qui s'obtiennet facilement ne font pas les plus eſtimées. La valeur &la bravoure des Vainqueurs ne pa-
GALANT. 41
MELAVIZ
roiffent que par la forte refi- ſtace de leursEnnemis, &c'eſt
par cette raiſon que leCombat Naval donné devant Tabaco
feroit moinsglorieux aux Fra- çois s'ils y avoient perdumoins de monde. Jamais Action n'a
eſté fi vigoureuſe.On tira pen- dant le Combatprés de trente mille coups de Canon de part
&d'autre à portéede Pistoler Il n'eſt refté aux Ennemis
un ſeul Capitaine de Vaiſſeau capable de rendre ſervice,tous les autres onteſté bleſſez,tuez ou brûlez, &leurmortn'acoû- té unpeude fang à nosBraves,
que pour les faire triompher avecplus d'éclat.VoicylesNõs de ceux qui ont eſté tiez &
bleſſez enſe ſignalant, tant au CombatdeMerqu'à l'Attaque,
de la Fortereffe . D3
42 LE MERCVRE
Capitaines morts.
M Gabaret. Les Ennemis
l'ont veu combattre juſqu'àfon derniermoment,&il n'a quitté lecombatqu'avec la vie, quoy qu'il euſt pûs'en retirer,eſtant bleſſé de trois coups. Il eſtoit Parent du grandGabaret qui
commande à Meſſine, &il s'eſt
montré digne de ce Nompar toutes ſes actions.
Mrs de Léfine, de la Borde &
Heroüardde laPiogerie.
Capitaines bleſſez.
M le Chevalier deGrandFontaine. C'eſt un tres-brave
Officier qui a vieilly dans les Troupes, &qui s'eſt trouvé en beaucoup d'occaſiós périlleu- ſes où il s'eſt toûjours ſignalé.
M le Marquis de Villiers
d'O.
M le Comte de Blenac.
GALANT. 43 Mrs le Febvre, deMéricour,
de Montortier , & de Mafcarany.
Lieutenans morts.
Mr le Chevalier d'Erre.
MedelaMéleniere. Il adonné des preuvesdefon courage juſques à lamort.
Mrs Tivas, &deBellechau..
Lieutenans bleſſez.. M le Chevalier d'Hervault..
M's de Champigny, de Marti- gnac &de Courcelles. Ce der- nier a eſté bleſsé en ſe ſigna- lant à l'Attaque du Fort.
Enseignes morts.
16
M le Chevalier Merault.
Mrs de Villiers,de S.Privas,&
de Seiche, aîné&cadet.
Enseignes bleffez .
Me le Chevalier d'Augers.
Il adonnéde grandesmarques de valeur. MaleChevalier de
44 LE MERCVRE
1
Blenac. M de la Rocque. Il eſtoit Major des Troupes de la Deſcente. Il ſauta le premier par deſſus les deux paliſſades,
&alla juſques au Parapet de la Ville,où il nemonta point fau- te d'échelle..
Mrs de Veſençay, Coignard,
Herman,ComardelaMalmaifon, &du Menil-Heroüard.
Autres Officiers tuez.
M de Bayancour, Lieutenat deRoy de S.Chriftophe. M.de Richebourg, Lieutenant d'une
Barque longue. M. de Lifle Commiſſaire de l'Artillerie..
M.deParis, CapitainedesMa- telotsde M. le Cote d'Eſtrées..
Ms de la Brachetiere , &Sta-)
vay ,Gardesde Marine.
Autres Officiers bleffez,
M.DeſvauxCapitaine d'une Barque longue.M.Gifors Ecri
GALANT. 45 vain duRoy. M.Pinette Secre- taire deM. le Comte d'Eſtrées,
Fils de M. Pinette affez connu
par ſa capacitédans les Affai- res duClergé. M.de la Motte,
M. de Chatelard, M. de Vilair.
Volontaires tuez .
M.de Sainte-Marthe Fils du
Gouverneurdela Martinique.
M Cotadon & le Gras.
Ilya eu d'autres Volontaires &Gardes de Marine , qui ſe ſont ſignalez. Les uns ont eſté tuez , les autres bleſſez , & la pluſpart ont ſervy à terre en qualitéde Lieutenans d'Infan- terie. Ms Gaffan , Kermovan,
de Vaintre , Julien , Rehaut ,
Brignol , &Kercon , font de ce
nombre.
Rien ne peut égaler l'intré- pidité de M. Berthier , qui ſe jetta à la Mer , & enleva un
46 LE MERCVRE Canot ſous l'Eperon d'unVaif- ſeau Ennemy. Ceux qui ſe mirent dedans avec M. le Comte
d'Eſtrées furent M. le Chevalier d'Erbouville Major. M. le Chevalier d'Hervault qui a
apporté au Roy lanouvelle de ladéfaite des Vaiſſeaux Ennemis, &M. le Chevalier Pariſot
Volontaire. Ce dernier a accompagné M. le Vice-Amiral dans tous les perils où il s'eſt trouvé ; il a fait admirer ſon
courage , & a fait dire de luy avec beaucoup dejustice , que de pareils Volontaires valoient bien les plus braves Officiers,
&ceuxqui font les plus con- ſommez dans le Meſtier de la
Guerre.
Je croyois ne vous devoir plus riendire touchat l'Affaire deTabaco ; mais je ſuis obligé
GALANT. 47 de rendre juſtice à M.Binkes,
& de publier ſa ſincerité. Je viens de lire la Lettre qu'il a écrite auxEſtatsapresle Com-THAODE A
bat Naval , & j'ay eſté ſurpris o
YON
que nous avons veuë de M. le
Comte d'Estrées ſur le meſme
ſujet. Les Holandois ont voulu
nous perfuader que M. Binkes ne demeuroit pas d'accordde
nos avantages ; ils onteu leurs raiſons pour en uferdela forte;
&comme les pertes quiſe font
dans des Païs de commerce
font beaucoup plus ſenſibles aux Particuliers , que celles où l'Etat eſt intereſsé , il ne faut
pas s'étonner ſi on les déguife avec tant de ſoin : on y reüffit d'abord; &la verité qui vient de fi loin , demeure toûjours quelque temps cachée.
bon gouſt, trouvez bon,Mada- me , que je vous mene audelà
C 2
18 LE MERCVRE
des Mers. Les Armesdu Royy
ont remporté une celebreVi- toire à douze ces lieuës d'icy,
vous le ſçavez , & le Combat donné devantTabaco , a tant
fait de bruit qu'il n'eſt ignoré deperſonne. Mondeffeinn'eſt
pas de repeter ce que l'Extra- ordinaire en a dit;je ne veux que vous bien marquer de quelle confequence eſt aux Ennemis la perte de leurs Vaif- feaux.On a tâché àladéguiſer,
cependant la verité ne peut eftre long-teps cachée, il n'eſt pointde nüages qu'elle ne per- cepour ſe découvrir. Si l'Ad- miral Binkes ne demeure pas d'accord de tous nos avantages, cequ'il a écrit ne ſuffit pas pour faire croire que nous ne les ayons pas remportez , &
nousydevons moins adjoûter
GALANT. 29
de foy qu'à vingt Relations , &
qu'à des Lettres de Hollande mefme qui ont eſté envoyées à
des Particuliers,&qui covien- nent toutes de la méme choſe.
Mais pourdonnerquelque or- dre à ce diſcours , parlons des forces que les Ennemis avoient avant qu'ils fuſſent attaquez,
examinons la conduite de M
le Comte d'Eſtrées , voyons ce
qu'il a fait avant le Combat,
pourquoy il l'a donné , &de quelle maniere il a combattu,
&faiſons enfuite reflexion fur
le dommage que doit cauſer aux Ennemis la perte qu'ils ont faite ſous le Canon meſme
de leur Fortereffe.
Tous ceux qui ont marque dans leurs Relations que les
Ennemis avoient quatorze
C3
30 LE MERCVRE :
Vaiſſeaux , en ont donné des
preuves convainquantes. Ils diſent enquatre endroitsqu'un Négre &unPilote qui furent pris avant le Combat, en affu- rerent Mr le Comte d'Eſtrées;
que ceux qui débarquerent pour l'Attaque du Fort eſtant arrivez fur une hauteurlesdécouvrirent dans la Rade au
mefme nombre , &que l'ordre de leurBataille endemy croif- fant , donna lieu aux Noftres
d'en faire un compte exact ,
lors qu'ils allerent les attaquer.
Il eſt vray que le Vaiſſeau de Rafimus fameux Corfaire , &
une Pinace montée de trente
huit Pieces deCanon, eſtoient
compris dans les quatorze Vaiſſeaux; & c'eſt peut-eftre parcette raiſonquelesHolan- dois foûtiennent qu'ils en a
GALANT. 3
voientmoinsquene marquent
nos Relations; mais le nom ne
fait rien à la choſe , la Pinace valoit bien un Vaifſeau , & ce- luy deRaſmusles fervoit,quoy qu'ilne fut pas venu avec eux.
Je ne parle point d'un Vaiſſeau Portugais qui estoit dans le Port, ne ſcachant pas s'il a co- batu.Tous cesVaiſſeaux étoiét
à portée de Mouſquet de leur Fort, dont les Canons à fleur d'eau defendoient l'entrée de
la Rade. Il y avoit aupres du Port un Banc qui rendoit la paffe fi étroite,qu'il n'y pouvoit entrerqu'unVaiſſeau de front.
Voilà l'eftat des forces des
Ennemis. Voyons les raiſons que M le Comte d'Eſtrées a
euës de les attaquer avec dix Vaiſſeaux ſeulement, les pré- cautions qu'il a priſes pour
32 LE MERCVRE
reuſſir , &fon intrepidité pen- dant le Combat.
CeVice-Admiral eſtant arrivé à une lieuë de l'entrée de la
Rade des Ennemis, fit mettre à
terre M de Souches , & M² le
Febvrede Mericour, accompa- gnez de quelques Habitansde laMartinique,& leur ordonna de tâcher àfaire quelques Pri- fonniers. Ils ne prirentqu'un Négre , qui rapporta ce que j'ay déja dit , que les Ennemis avoient quatorze Vaiſſeaux ,
parce qu'il leur en eſtoit arrivé cinqdepuisquelques jours. Ce Négre adjoûta que le Fortn'é-- toit pas achevé , ce qui fit ré- foudre M d'Eſtrées à le faire
attaquer avantque les Enne- mis euſſent le tempsde ſe re- connoiſtre. Il fit débarquer quelquesTroupes avec M. le
GALANT. 33
Chevalierde Grand-Fontaine.
Il alla luy-meſme à terre où il refolut d'occuper les Ennemis du côté de la Mer,tandis qu'on attaqueroit le Fort , maisune grande Plüye eſtant ſurvenuë,
& ayant fait groſſir une petite Riviere arreſta les Troupes.
Cependant on apprit que le Forteſtoitachevé. Mr le ViceAdmiral qui estoit preſque en
meſime temps ſur mer & fur
terre,&qui eftoit revenu pour faire la diverfion que je vous viens de marquer , débarqua encore une fois &fit conduire
duCanon &unMortier quine firent pas tout l'effet qu'il s'en eſtoit promis. M le Comte d'Eſtrées eftant retourné une
ſeconde fois dans ſonVaiſſeau,
envoïa Me Heroüardpour agir de concert avec MleCheva-
34 LE MERCVRE lier de Grand- Fontaine , &
s'approcher du Fort parTran- chée. Les Ennemis ayant eu le temps de ſe reconnoiſtre avant qued'eftre preſſez,&ſe prépa- rant àſe biendefendre , M² le Vice-Admiral qui l'apprie fit revenir auſſi-toft M Heroüard
pour raporter l'eſtatdes choſes dans unConſeil deGuerre. Il
dit ce qu'il avoit apris,&ajoû- taqu'il faloit trop de teps pour fe rendre maiſtredu Fortdans
les formes ; mais qu'on l'em- porteroit bien- toſt ſi l'on fai- foit une diverfion du coſtéde
laMer; &fur ce qu'onhéfitoit
àſuivre fon confeil, il ſe leva &
aſſura tellemét qu'il réüffiroit,
qu'on le crût. Il eut ordre de
faire deuxbonnes Attaques &
une fauffe,&de ne donnerque
deux heures apres que le Com
GALANT.. 35 bat de Mer ſeroit commencé.
Mr le Comte d'Eſtrées qui ap- puya cetAvis, ne le fit pas fans
en avoirbeaucoup de raiſons.
Il avoit emporté la Cayenne de la meſme maniere ; il connoiſſoit la valeurde ſes Troupes &la bõté de ſes Vaiſſeaux;
&il vit de plus des neceffitez
abſoluës d'en uſer ainſi. La
longueur d'un Siege dans les formes luy auroit fait riſquer ſesVaiſſeaux,la Rade deTabaco eſtoit mauvaiſe, &il y avoit
déja perdu pluſieurs anchres &pluſieurs cables. Il réuffit du coſté de la Mer comme vous
avez appris ; & fi l'on avoit fait du coſte de la terre ce qu'il avoit ordõné, la victoire auroit
eſté entiere,puisque les Ennemis ont perdutous leurs Vaif- ſeaux , encor qu'ils fuſſent fa-
36 LE MERCVRE
1
voriſez du Canon de leur Fort.
Si la vigilance de M'le Vice- Admiral a parû en deſcendant deux fois à terre , il n'en a pas moins fait paroiſtre ſur Mer,où ſon intrepidité s'eſt fait remar- quer. On l'a veu apres avoir eſſuyé le feude tous lesVaif- ſeaux Ennemis &des Bateries
du Fort , aborder le ContreAdmiral de Hollande, s'en rendre maiſtre, & attaquer un au- treVaiſſeau avec le mémefuccés. On l'a veu bleſſé dans un
Canot , exposé au feu desEn- nemis , faire gouverner vers leursVaiſſeaux,pour examiner l'eſtat où ils eſtoient. Ona veu
ceCanot s'enfocer apres avoir eſté percéd'un coupde Cano.
Ona veu ce Vice-Amiral dans
la Mer; &apres en eſtre ſorty
tout
GALANT. 37 tout trempé &bleffé en deux
endroits , on l'a veu appeller uneChaloupe & fe mettre de- dans pour aller encor ſe mefler parmy les Ennemis , &donner les ordres en s'expoſant de nouveau aux meſmesdangers
qu'il venoit d'éviter.
Si l'Attaquede terre n'a pas eſté ſi heureuſe que celle de Mer, la trop boüillante ardeur de ceux qui devoient inſulter
le Fort , & qui l'attaquerent plûtoſt qu'on ne leur avoit or- donné,en a eſté cauſe. La mort
de M de Bayancoury a auſſi beaucoup contribué. Les Mili- ces qu'il commandoit, & qui portoient les Echelles ſe voyat ſans Chef, ne voulurent plus avancer. Cependant tout étoit bien concerté , l'on étoit au
Tome V. D
38 LE MERCVRE haut du Parapet, &fans tous
ces malheurs que Mr le Comte d'Eſtrées ne pouvoit prévoir,
l'entrepriſe de terre auroit eu le ſuccès qu'on en attendoit,&
auroit fait réüffir celle deMer,
nonpas plusqu'elle a fait, mais avecbien moinsdeperte. Les Holladois croyent avoirbeau- coup gagné , parcequ'ils n'ont pas perdu leurFort,& que nô- tre Victoire n'a eſté entiere
quedu coſtéde la Mer; cepen- dant elle eſt ſi grande qu'elle peut affez nous récompenfer dequelques heures que nous avons perduës devant le Fort;
&fi l'on peutdire qu'on réuffit toûjours beaucoup lors qu'on a de grands deſſeins , &qu'on vient à bout deplusde lamoi- tić , nous pouvons aſſurer que
nous avons eu des avantages
GALANT. 39
confiderables , &que la moindre perte des Hollandois eſt celle de tous leurs Vaiſſeaux.
Leur Contre - Admiral eſtoit
monté de foixante &fix pieces deCanon; le Lieutenat étonné
d'y voir le feu,dit auſſi-tôt qu'il y avoit dix - huit milliers de poudre dans ce Vaifſeau , &
une grande quantité de richef- ſes. Onfit tout ceque l'on pût pour en arreſter l'embraſemét,
mais il fut impoffible. Parmy les Vaiſſeaux qui ont eſté brû- lez,ily enavoit cinq nouvelle- mentarrivez de Hollade chargez de vivres pour un an , tant pour l'Eſcadre , que pour les Colonies; ils avoient apporté fix cens Hommes & amené
pluſieursFamilles,&beaucoup de Marchandiſes & d'argent
D2
40 LE MERCVRE
pour établir des Magaſins. Ils ont perdu outre cela pluſieurs Négres avec leurs Femmes &
leurs Enfans qu'ils avoient embarquez pour tranſporter cette Colonie aillieurs. Ainfi
enbrûlat leurs Vaiſſeaux, nous
pouvons dire que nous avons entierement ruiné le commencement de leurs Habitations,
&mis les noftres en ſeureté ; il
leur faut des millions pour ſe rétablir , & pour armer une nouvelle Flote. Pluſieurs Lettres de Hollande affurent la
méme choſe, & les Particuliers- qui ſentent leur mal,loin de le déguiſer , ne peuvent s'empef- cher de s'en plaindre.
Les Victoires qui s'obtiennet facilement ne font pas les plus eſtimées. La valeur &la bravoure des Vainqueurs ne pa-
GALANT. 41
MELAVIZ
roiffent que par la forte refi- ſtace de leursEnnemis, &c'eſt
par cette raiſon que leCombat Naval donné devant Tabaco
feroit moinsglorieux aux Fra- çois s'ils y avoient perdumoins de monde. Jamais Action n'a
eſté fi vigoureuſe.On tira pen- dant le Combatprés de trente mille coups de Canon de part
&d'autre à portéede Pistoler Il n'eſt refté aux Ennemis
un ſeul Capitaine de Vaiſſeau capable de rendre ſervice,tous les autres onteſté bleſſez,tuez ou brûlez, &leurmortn'acoû- té unpeude fang à nosBraves,
que pour les faire triompher avecplus d'éclat.VoicylesNõs de ceux qui ont eſté tiez &
bleſſez enſe ſignalant, tant au CombatdeMerqu'à l'Attaque,
de la Fortereffe . D3
42 LE MERCVRE
Capitaines morts.
M Gabaret. Les Ennemis
l'ont veu combattre juſqu'àfon derniermoment,&il n'a quitté lecombatqu'avec la vie, quoy qu'il euſt pûs'en retirer,eſtant bleſſé de trois coups. Il eſtoit Parent du grandGabaret qui
commande à Meſſine, &il s'eſt
montré digne de ce Nompar toutes ſes actions.
Mrs de Léfine, de la Borde &
Heroüardde laPiogerie.
Capitaines bleſſez.
M le Chevalier deGrandFontaine. C'eſt un tres-brave
Officier qui a vieilly dans les Troupes, &qui s'eſt trouvé en beaucoup d'occaſiós périlleu- ſes où il s'eſt toûjours ſignalé.
M le Marquis de Villiers
d'O.
M le Comte de Blenac.
GALANT. 43 Mrs le Febvre, deMéricour,
de Montortier , & de Mafcarany.
Lieutenans morts.
Mr le Chevalier d'Erre.
MedelaMéleniere. Il adonné des preuvesdefon courage juſques à lamort.
Mrs Tivas, &deBellechau..
Lieutenans bleſſez.. M le Chevalier d'Hervault..
M's de Champigny, de Marti- gnac &de Courcelles. Ce der- nier a eſté bleſsé en ſe ſigna- lant à l'Attaque du Fort.
Enseignes morts.
16
M le Chevalier Merault.
Mrs de Villiers,de S.Privas,&
de Seiche, aîné&cadet.
Enseignes bleffez .
Me le Chevalier d'Augers.
Il adonnéde grandesmarques de valeur. MaleChevalier de
44 LE MERCVRE
1
Blenac. M de la Rocque. Il eſtoit Major des Troupes de la Deſcente. Il ſauta le premier par deſſus les deux paliſſades,
&alla juſques au Parapet de la Ville,où il nemonta point fau- te d'échelle..
Mrs de Veſençay, Coignard,
Herman,ComardelaMalmaifon, &du Menil-Heroüard.
Autres Officiers tuez.
M de Bayancour, Lieutenat deRoy de S.Chriftophe. M.de Richebourg, Lieutenant d'une
Barque longue. M. de Lifle Commiſſaire de l'Artillerie..
M.deParis, CapitainedesMa- telotsde M. le Cote d'Eſtrées..
Ms de la Brachetiere , &Sta-)
vay ,Gardesde Marine.
Autres Officiers bleffez,
M.DeſvauxCapitaine d'une Barque longue.M.Gifors Ecri
GALANT. 45 vain duRoy. M.Pinette Secre- taire deM. le Comte d'Eſtrées,
Fils de M. Pinette affez connu
par ſa capacitédans les Affai- res duClergé. M.de la Motte,
M. de Chatelard, M. de Vilair.
Volontaires tuez .
M.de Sainte-Marthe Fils du
Gouverneurdela Martinique.
M Cotadon & le Gras.
Ilya eu d'autres Volontaires &Gardes de Marine , qui ſe ſont ſignalez. Les uns ont eſté tuez , les autres bleſſez , & la pluſpart ont ſervy à terre en qualitéde Lieutenans d'Infan- terie. Ms Gaffan , Kermovan,
de Vaintre , Julien , Rehaut ,
Brignol , &Kercon , font de ce
nombre.
Rien ne peut égaler l'intré- pidité de M. Berthier , qui ſe jetta à la Mer , & enleva un
46 LE MERCVRE Canot ſous l'Eperon d'unVaif- ſeau Ennemy. Ceux qui ſe mirent dedans avec M. le Comte
d'Eſtrées furent M. le Chevalier d'Erbouville Major. M. le Chevalier d'Hervault qui a
apporté au Roy lanouvelle de ladéfaite des Vaiſſeaux Ennemis, &M. le Chevalier Pariſot
Volontaire. Ce dernier a accompagné M. le Vice-Amiral dans tous les perils où il s'eſt trouvé ; il a fait admirer ſon
courage , & a fait dire de luy avec beaucoup dejustice , que de pareils Volontaires valoient bien les plus braves Officiers,
&ceuxqui font les plus con- ſommez dans le Meſtier de la
Guerre.
Je croyois ne vous devoir plus riendire touchat l'Affaire deTabaco ; mais je ſuis obligé
GALANT. 47 de rendre juſtice à M.Binkes,
& de publier ſa ſincerité. Je viens de lire la Lettre qu'il a écrite auxEſtatsapresle Com-THAODE A
bat Naval , & j'ay eſté ſurpris o
YON
que nous avons veuë de M. le
Comte d'Estrées ſur le meſme
ſujet. Les Holandois ont voulu
nous perfuader que M. Binkes ne demeuroit pas d'accordde
nos avantages ; ils onteu leurs raiſons pour en uferdela forte;
&comme les pertes quiſe font
dans des Païs de commerce
font beaucoup plus ſenſibles aux Particuliers , que celles où l'Etat eſt intereſsé , il ne faut
pas s'étonner ſi on les déguife avec tant de ſoin : on y reüffit d'abord; &la verité qui vient de fi loin , demeure toûjours quelque temps cachée.
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Résumé : Combat donné devant la Forteresse de Tabago, avec les Noms des Morts & des Blessez, & de tous ceux qui s'y sont signalez. [titre d'après la table]
Le texte décrit une victoire navale française près de Tabaco, où les forces du roi ont triomphé dans une bataille célèbre. Les ennemis, initialement composés de quatorze vaisseaux, ont subi une défaite significative. Parmi ces vaisseaux figuraient celui de Rasimus et une pinasse montée de trente-huit pièces de canon. Les Français, sous le commandement du Comte d'Estrées, ont attaqué malgré des conditions défavorables, telles qu'une pluie abondante et un fort en cours d'achèvement. Le Comte d'Estrées a mis en place plusieurs stratégies, incluant des reconnaissances et des attaques terrestres pour distraire les ennemis. La bataille navale a été intense, avec des échanges de tirs massifs. Les Français ont réussi à capturer ou détruire tous les vaisseaux ennemis, y compris des navires récemment arrivés de Hollande chargés de vivres et de marchandises. Les pertes françaises ont été notables, avec plusieurs officiers tués ou blessés. Parmi les victimes, on compte le Capitaine Gabaret, mort en combattant, et le Lieutenant de Bayancoury, dont la mort a perturbé l'attaque terrestre. Malgré ces pertes, la victoire est considérée comme glorieuse, ruinant les projets ennemis et assurant la sécurité des colonies françaises. Les lettres et relations de Hollande confirment la gravité de la défaite ennemie, soulignant la perte de vaisseaux et de ressources. La bataille est saluée pour sa vigueur et la bravoure des combattants français, qui ont triomphé malgré la résistance ennemie. Par ailleurs, le texte mentionne une correspondance concernant une lettre écrite par M. Binkes aux États après une rencontre avec le comte d'Estrées. L'auteur du texte exprime sa surprise face aux arguments des Hollandais, qui cherchent à convaincre que M. Binkes ne reconnaît pas les avantages mentionnés. Les Hollandais avancent des raisons solides pour justifier leur position, en soulignant que les pertes commerciales sont plus sensibles pour les particuliers que pour l'État. Ils dissimulent donc ces pertes avec soin. L'auteur note que les vérités provenant de loin mettent du temps à être révélées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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78
p. 64-74
Description de tout ce qui a paru à Versailles aux Processions solemnelles qui s'y sont faites, avec les Noms de toutes les Tapisseries de la Couronne, & des grands Peintres qui en ont fait les Desseins. [titre d'après la table]
Début :
Songeons au retour, Madame. Quoy que le trajet soit long, [...]
Mots clefs :
Versailles, Teintures, Tapisseries, Célébrer, Processions, Pompe, Magnificence, Caisses d'orangers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description de tout ce qui a paru à Versailles aux Processions solemnelles qui s'y sont faites, avec les Noms de toutes les Tapisseries de la Couronne, & des grands Peintres qui en ont fait les Desseins. [titre d'après la table]
Songeons au retour , Mada- me. Quoy que le trajet ſoit long , vous n'en devez point craindre la fatigue ; &fi vous eſtes bleſsée de l'Image de la Mer, vous n'aurez pour ladif- ſiper par quelque agreable Objet,qu'àfaire untour àVer- failles. Onya celebré cette an- née avec une extraordinaire
magnificence les deux jours ,
deſtinez par tout où regne la veritable Religion , aux Pro- ceſſions les plus folemnelles.
C'eſt un effet de la pieté du
Roy, qui ne ſe fait pasmoins degloirede foûtenir dignemet le Titre qu'il a de Fils aiſné de l'Eglife , que le Nomde Loürs LE GRAND que tant de Vi- toires ſurprenantes luy ont acquis depuis une fi longue fuite
GALANT. 49
le
don-
'
YON
ſuite d'années. Mr Bontemps Gouverneur de Verſailles, dõt
chacun connoit le zele pour le
ſervice de Sa Majeſté , reçeut l'ordre pour tout ce qui re-- gardoit la pompede ces deux grandes Journées, & il
na en ſuite pour l'execution à Mr Berrin,DeſignateurduCa- *
1893*
binet duRoy. Le Genie de ce
dernier vous eft connu,&vous
ſçavez , Madame , qu'il ſeroit
difficile d'en trouver un plus inventif.Je ne vous feray point le détail de tout ce qui ornoit
le plus fuperbe&le plus riche
Repoſoir qu'on ait jamais veu.
Tout lemonde est informé de
la grande quantité de Pieces rares , curieuſes , & fans prix,
que le Roy avoit avat la guerre ; le nombre en eft encor
Tome V. Er
50 LE MERCVRE
augmenté deptris ce temps-là,
&il n'y a peut eſtre rien qui marque plus lagrandeur de la France,&la merveilleuſe conduite de fon Prince , rien qui ſoit plus àla gloire de ceux qui ontſous lity les premiers em- plois de l'Etat ,que de voir un fi grand amas de richeſſes non ſeulement conſervé, mais ac
crû malgré les exceſſives dé penſesoù l'on est tous les jours engagé pour la ſubſiſtance de nos Armées. Parmy tant de raretez , on admira ſur tout
une Courõne de Pierreries de
deuxpiedsde diametre, qui ne pût eſtre regardée qu'avecun etonnement inconcevable.
Toutes les Courts dans lefquelles paſſa la proceffion, fu- rent ornées d'une partie des
plus belles Tapiſſeriesdu Roy.
GALANT. 51 Mrdu Mets , Sur-Intendantde tous les Meubles , ordonna à
M² Coquino , qui garde ceux - de la Couronne , de les faire
tranſporter à Verſailles. Voicy celles qui y furent tenduës.
Les Actes des Apoftres de Raphaël. La Pſyché de Raphaël.
Les Croteſques deRaphaël.
Le Grand Scipion de Jules Romain.
Le Fructus Belli , qui eſtoit au Royd'Eſpagne.
Le Grand Conſtantin de
Rubens , & les douze Moisde
l'Année, qui estoient autrefois àMonfieurde Quife.
Toutes ces Tentures ſont
rehauffées d'or. Elles eſtoient
accompagnées de la Chaffe d'Olbeins , fameux Peintre Allemand. E 2
52 LE MERCVRE
4
Les Tapiſſeries modernes qui parurent le mefme jour, &
onteſté faites ſur les Deſſeins
de M'le Brun , & fabriquées.
aux Gobelins , repreſentant toutes enſemble l'Histoire du
Roy, furent Le Sacrede Sa Majeſté.
La Conférence , ou l'Entreveuë duRoy avec le Roy d'Efpagne.
Le Mariage du Roy.
L'Audiance que Sa Majesté donna à Fontainebleau àM le
Cardinal Legat.
L'Alliance faite avec les
Suiffes.
Toutes les Conqueſtes du Roy en diferentes Pieces, dans leſquelles Sa Majesté eſt re- preſentée au naturel, avec tous
ceuxqui ſe ſont trouvez dans toutes les Cerémonies , Sieges
GALANT.
53 &Combats,qu'on admire dans ces Tentures.Elles font toutes
rehauffées d'or , auffi bien que cellesquiſuivent.
LesBatailles d'Alexandre.
Les Veuës des Maiſons
Royales.
Les Muſes.
Les Saifons.
Et les cinq Sens de Nature.
Ces dernieres ont encor
eſté faites fur les Deſſeins de
Mr le Brun , Premier Peintre
du Roy , & elles ſont travail- léesavec tantd'art &de délicateſſe , que la Peinture n'a
riendeplus vif.
Les magnificences qui pa- rurent huit jours aprés, ne fu- rent pas moins conſidérables.
Jamais on n'a rien veu de fi
agreable , ny de mieux enten- E 3
34 LE MERCVRE du. Toutle Chaſteau ſe trouva
ſuperbement décoré,toutes les Feneſtres estoient ornées de
riches Tapis , & tous les Bal- cons revétus de Tapis de Per- ſe à fonds d'or , & remplis de Caiſſes d'Orangers. Il y en avoit auffi de poſées à plomb fur les Colomnes, environnées
de Feſtons de Fleurs , & entre
chaque Colomne on voyoit d'autres Caiſſes d'Orangers.
Les mêmes ornemens regnoient autour de la Court, &
le tout enſemble produiſoit un effet ſi merveilleux , que la veuë en eſtoit charmé
magnificence les deux jours ,
deſtinez par tout où regne la veritable Religion , aux Pro- ceſſions les plus folemnelles.
C'eſt un effet de la pieté du
Roy, qui ne ſe fait pasmoins degloirede foûtenir dignemet le Titre qu'il a de Fils aiſné de l'Eglife , que le Nomde Loürs LE GRAND que tant de Vi- toires ſurprenantes luy ont acquis depuis une fi longue fuite
GALANT. 49
le
don-
'
YON
ſuite d'années. Mr Bontemps Gouverneur de Verſailles, dõt
chacun connoit le zele pour le
ſervice de Sa Majeſté , reçeut l'ordre pour tout ce qui re-- gardoit la pompede ces deux grandes Journées, & il
na en ſuite pour l'execution à Mr Berrin,DeſignateurduCa- *
1893*
binet duRoy. Le Genie de ce
dernier vous eft connu,&vous
ſçavez , Madame , qu'il ſeroit
difficile d'en trouver un plus inventif.Je ne vous feray point le détail de tout ce qui ornoit
le plus fuperbe&le plus riche
Repoſoir qu'on ait jamais veu.
Tout lemonde est informé de
la grande quantité de Pieces rares , curieuſes , & fans prix,
que le Roy avoit avat la guerre ; le nombre en eft encor
Tome V. Er
50 LE MERCVRE
augmenté deptris ce temps-là,
&il n'y a peut eſtre rien qui marque plus lagrandeur de la France,&la merveilleuſe conduite de fon Prince , rien qui ſoit plus àla gloire de ceux qui ontſous lity les premiers em- plois de l'Etat ,que de voir un fi grand amas de richeſſes non ſeulement conſervé, mais ac
crû malgré les exceſſives dé penſesoù l'on est tous les jours engagé pour la ſubſiſtance de nos Armées. Parmy tant de raretez , on admira ſur tout
une Courõne de Pierreries de
deuxpiedsde diametre, qui ne pût eſtre regardée qu'avecun etonnement inconcevable.
Toutes les Courts dans lefquelles paſſa la proceffion, fu- rent ornées d'une partie des
plus belles Tapiſſeriesdu Roy.
GALANT. 51 Mrdu Mets , Sur-Intendantde tous les Meubles , ordonna à
M² Coquino , qui garde ceux - de la Couronne , de les faire
tranſporter à Verſailles. Voicy celles qui y furent tenduës.
Les Actes des Apoftres de Raphaël. La Pſyché de Raphaël.
Les Croteſques deRaphaël.
Le Grand Scipion de Jules Romain.
Le Fructus Belli , qui eſtoit au Royd'Eſpagne.
Le Grand Conſtantin de
Rubens , & les douze Moisde
l'Année, qui estoient autrefois àMonfieurde Quife.
Toutes ces Tentures ſont
rehauffées d'or. Elles eſtoient
accompagnées de la Chaffe d'Olbeins , fameux Peintre Allemand. E 2
52 LE MERCVRE
4
Les Tapiſſeries modernes qui parurent le mefme jour, &
onteſté faites ſur les Deſſeins
de M'le Brun , & fabriquées.
aux Gobelins , repreſentant toutes enſemble l'Histoire du
Roy, furent Le Sacrede Sa Majeſté.
La Conférence , ou l'Entreveuë duRoy avec le Roy d'Efpagne.
Le Mariage du Roy.
L'Audiance que Sa Majesté donna à Fontainebleau àM le
Cardinal Legat.
L'Alliance faite avec les
Suiffes.
Toutes les Conqueſtes du Roy en diferentes Pieces, dans leſquelles Sa Majesté eſt re- preſentée au naturel, avec tous
ceuxqui ſe ſont trouvez dans toutes les Cerémonies , Sieges
GALANT.
53 &Combats,qu'on admire dans ces Tentures.Elles font toutes
rehauffées d'or , auffi bien que cellesquiſuivent.
LesBatailles d'Alexandre.
Les Veuës des Maiſons
Royales.
Les Muſes.
Les Saifons.
Et les cinq Sens de Nature.
Ces dernieres ont encor
eſté faites fur les Deſſeins de
Mr le Brun , Premier Peintre
du Roy , & elles ſont travail- léesavec tantd'art &de délicateſſe , que la Peinture n'a
riendeplus vif.
Les magnificences qui pa- rurent huit jours aprés, ne fu- rent pas moins conſidérables.
Jamais on n'a rien veu de fi
agreable , ny de mieux enten- E 3
34 LE MERCVRE du. Toutle Chaſteau ſe trouva
ſuperbement décoré,toutes les Feneſtres estoient ornées de
riches Tapis , & tous les Bal- cons revétus de Tapis de Per- ſe à fonds d'or , & remplis de Caiſſes d'Orangers. Il y en avoit auffi de poſées à plomb fur les Colomnes, environnées
de Feſtons de Fleurs , & entre
chaque Colomne on voyoit d'autres Caiſſes d'Orangers.
Les mêmes ornemens regnoient autour de la Court, &
le tout enſemble produiſoit un effet ſi merveilleux , que la veuë en eſtoit charmé
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Résumé : Description de tout ce qui a paru à Versailles aux Processions solemnelles qui s'y sont faites, avec les Noms de toutes les Tapisseries de la Couronne, & des grands Peintres qui en ont fait les Desseins. [titre d'après la table]
Le texte décrit les préparatifs et la magnificence des célébrations religieuses à Versailles. Le trajet de retour, bien que long, est présenté comme agréable, avec des distractions pour ceux qui pourraient être incommodés par la vue de la mer. Les festivités, organisées avec une grande splendeur, incluent des processions solennelles célébrant la véritable religion. La piété du roi et ses nombreuses victoires sont mises en avant, ainsi que son titre de Fils aîné de l'Église et son nom de Louis le Grand. Monsieur Bontemps, gouverneur de Versailles, et Monsieur Berrin, designer du cabinet du roi, sont chargés de l'organisation de ces journées. Le génie inventif de Monsieur Berrin est souligné. Les célébrations incluent un reposoir somptueux orné de pièces rares et précieuses, accumulées malgré les dépenses militaires. Une couronne de pierreries de deux pieds de diamètre est particulièrement admirée. Les cours traversées par la procession sont ornées de tapisseries royales, transportées par Monsieur Coquino sous la direction de Monsieur du Mets. Parmi ces tapisseries figurent des œuvres de Raphaël, Jules Romain, Rubens, et des tapisseries modernes représentant l'histoire du roi, ses alliances et ses conquêtes. Ces tapisseries, ainsi que d'autres modernes, sont rehaussées d'or et exécutées avec une grande délicatesse. Huit jours après, de nouvelles magnificences sont déployées, avec le château décoré de riches tapis, de balcons revêtus de perse à fonds d'or, et de caisses d'orangers. Les ornements autour de la cour produisent un effet merveilleux, charmant la vue.
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79
p. 142-145
Reception faite à Monsieur le Duc du Maine, par M. d'Aubigny, Gouverneur de Cognac. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay déja mandé, Madame, que Monsieur le Duc [...]
Mots clefs :
Duc du Maine, Madame de Maintenon, Maison d'Aubigny, Voyage, Cognac
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texteReconnaissance textuelle : Reception faite à Monsieur le Duc du Maine, par M. d'Aubigny, Gouverneur de Cognac. [titre d'après la table]
Je vous ay déja mandé, Ma- dame,que Monfieurle Ducdu
104 LE MERCVRE Maine eſtoit allé prendre des
Eaux à Barrege. Voicy quel- ques particularitez que j'ay ſçeuës de fon Voyage. Il eſt party accompagnédeMadame
deMaintenon, à qui un merite extraordinaire ſoûtenu de l'efprit&de la beautéavoit acquis L'eſtime de tout le monde dés
le temps qu'elle estoit Femme de M Scarron. Sa vertu incorruptible à tout ce qu'il ya de plus dangereux pour les Per- Tonnes auſſi bien faites qu'elle
eſt, futun charme pourla feuë Reine Mere,qui la voyant ſans biens apres lamortde ſon Ma- ry,luy donna une penfion con- fiderable. Elle eſt de la Maiſon
d'Aubigny. Ce Nom eft affez connu dans l'Hiſtoire, & il auroit fuffi ſeul àluy faire meriter Phonneur que Sa Majesté luy
GALANT.
105 a fait de luy confier l'éducation deMonfieur le Ducdu Maine.
Ce jeune Prince arriva avec elle àCognac il y a environ un mois. Med'Aubigny fon Frere,
qui eſt Gouverneurde la Ville &du Chaſteau , n'oublia rien
pour le recevoir avec tous les
honneurs deus à une Perſonne
de fon rang. Il fit monter à che- val cent Gentilshommes de la
Province, avec leſquels il alla au devant de luy àplus d'une lieuë de Cognac. Monfieur le DucduMaineyentra aubruit
des Boëtes &des Moufqueta- des que toute la Bourgeoifie qui estoit ſous les armes dé- chargea à fon arrivée. Il prit beaucoup de plaifir à voir une Compagnie d'Enfans ve- ſtus en dragons , qui firent Garde devant la porte de ſa
106 LE MERCVRE.
à
Chambre , pendant les deux jours qu'il s'arreſta à Cognac
104 LE MERCVRE Maine eſtoit allé prendre des
Eaux à Barrege. Voicy quel- ques particularitez que j'ay ſçeuës de fon Voyage. Il eſt party accompagnédeMadame
deMaintenon, à qui un merite extraordinaire ſoûtenu de l'efprit&de la beautéavoit acquis L'eſtime de tout le monde dés
le temps qu'elle estoit Femme de M Scarron. Sa vertu incorruptible à tout ce qu'il ya de plus dangereux pour les Per- Tonnes auſſi bien faites qu'elle
eſt, futun charme pourla feuë Reine Mere,qui la voyant ſans biens apres lamortde ſon Ma- ry,luy donna une penfion con- fiderable. Elle eſt de la Maiſon
d'Aubigny. Ce Nom eft affez connu dans l'Hiſtoire, & il auroit fuffi ſeul àluy faire meriter Phonneur que Sa Majesté luy
GALANT.
105 a fait de luy confier l'éducation deMonfieur le Ducdu Maine.
Ce jeune Prince arriva avec elle àCognac il y a environ un mois. Med'Aubigny fon Frere,
qui eſt Gouverneurde la Ville &du Chaſteau , n'oublia rien
pour le recevoir avec tous les
honneurs deus à une Perſonne
de fon rang. Il fit monter à che- val cent Gentilshommes de la
Province, avec leſquels il alla au devant de luy àplus d'une lieuë de Cognac. Monfieur le DucduMaineyentra aubruit
des Boëtes &des Moufqueta- des que toute la Bourgeoifie qui estoit ſous les armes dé- chargea à fon arrivée. Il prit beaucoup de plaifir à voir une Compagnie d'Enfans ve- ſtus en dragons , qui firent Garde devant la porte de ſa
106 LE MERCVRE.
à
Chambre , pendant les deux jours qu'il s'arreſta à Cognac
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Résumé : Reception faite à Monsieur le Duc du Maine, par M. d'Aubigny, Gouverneur de Cognac. [titre d'après la table]
Le Duc du Maine a effectué un voyage à Barèges pour prendre les eaux, accompagné de Madame de Maintenon. Cette dernière, reconnue pour sa vertu et son mérite, avait gagné l'estime générale dès son mariage avec Monsieur Scarron. Après la mort de son époux, la Reine Mère lui avait accordé une pension substantielle en raison de sa vertu incorruptible. Madame de Maintenon appartient à la Maison d'Aubigny, une famille illustre dans l'histoire. Environ un mois avant son arrivée à Barèges, le Duc du Maine s'était rendu à Cognac avec Madame de Maintenon. Monsieur d'Aubigny, frère de Madame de Maintenon et gouverneur de la ville et du château, avait organisé une réception solennelle. Cent gentilshommes de la province, à cheval, avaient accueilli le Duc à plus d'une lieue de Cognac. À son arrivée, des salves de mousquets et de mousquetades avaient été tirées en son honneur, et la bourgeoisie, en armes, avait également tiré en sa faveur. Le Duc avait apprécié la vue d'une compagnie d'enfants vêtus en dragons, qui avaient monté la garde devant sa chambre durant les deux jours de son séjour à Cognac.
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80
p. 145
Reception faite au mesme Prince par Madame la Comtesse de Ionsac. [titre d'après la table]
Début :
Il se rendit à Jonsac, où la Comtesse de ce [...]
Mots clefs :
Ionsac, Comtesse
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texteReconnaissance textuelle : Reception faite au mesme Prince par Madame la Comtesse de Ionsac. [titre d'après la table]
Il ſe rendit de là àJonſac , où la
Comteffe de ce nom le reçeut &le regala magnifiquement Souper.
Comteffe de ce nom le reçeut &le regala magnifiquement Souper.
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81
p. 145-150
Tragedie qui luy estoit preparée à Bordeaux, où les deux Fils de Monsieur de Seve se font admirer. [titre d'après la table]
Début :
Il continua sa route le lendemain, & vint coucher à [...]
Mots clefs :
Duc de Roquelaure, Bordeaux, Compliments, Tragédie française, Monsieur de Sève
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texteReconnaissance textuelle : Tragedie qui luy estoit preparée à Bordeaux, où les deux Fils de Monsieur de Seve se font admirer. [titre d'après la table]
Il continua ſa route le
lendemain , & vint coucher à
Blaye. Ce ne fut pas fans en- tendre la décharge du Canon,
&de toute l'Artillerie duChaſteau. Monfieur le Duc de
Roquelaure , & Monfieur de Séve Intendant de Guyenne ,
s'y eſtoient rendus avecles Ju- rats Deputez de Bordeaux
pour l'affurer de la joye qu'on auroit de l'y recevoir. Il y ar- vale lendemain. Les Compli- mens de la Ville luy furentpor- tez par M de la Lande Pre- mier Jurat qui luy fut preſenté àladefcente de la Maiſon Navale, par Monfieur le Comte
GALANT. 107 deMontaigu. Cejeune Prince alla le foir ſe promener à che- valſur le Quaydes Chartreux,
accompagné de Monfieur le Ducde Roquelaure ,&au re- tour il entra dans le Chafteau
Trompete, où toute la Garni- ſon ſe trouva dans la Place ſous
les armes. M' Cefar AydeMa- jor eſtoit àla teſte en l'abſence duMajor. L'impatience d'être à Barrege le fit partir dés le lendemain, malgré les inftan ECUF
tesprieresquiluy furent faitesYON
Bourdeaux de s'arrefter quelques jours à pour s'y delan IT
desfatiguesde fon Voyage.On luy vouloit donner le divertiſ- ſement d'une Tragedie Fran- çoiſe quiavoit eſtérepreſentée avecgrad fuccésdepuis quin- ze jours par les Efcoliers du College deGuyenne. M'l'Ab-
108 LE MERCVRE
béBardin qui eneſt Principal,
&àquiunlongufage dugrand monde a des long-temps apris à bien faire les chofes qui le regardent , avoit pris des me- fures ſi juſtes , que la belle Af- ſemblée de l'un &de l'autre
Sexe qui ſe trouva à ce Spécta- cle, en fortit avec une extréme ſatisfaction. La propreté des Acteurs répondoit à la grace avec laquelle ils s'acquiterent tous de leurs Rôles , & on admira fur tout deux Enfans qui firent un remercîment àMonfieur le Duc de Roquelaure d'un petit air fier qui furprit &
charma tous ceux qui les en- tendirent. L'Aifné n'a encor
que fix ans,&ils font tous deux Fils de Monfieur de Seve Intendant de cette Province. Je
ne vous dis rien defonmerite,
il
GALANT. 109 il vous eſt connu , &vous n'ignorez pas qu'il eſt Fils de feu Mr de Seve Conſeiller d'Etat,
qu'on aveu trois fois Prevoſt des Marchands. On ne peut executerles Ordres du Roy ny - avec plus de zele qu'il en mon- tre pour le ſervice de Sa Maje- -ſté, ny avecun aplaudiſſement plus general de tous ceux qui les reçoivent de luy
lendemain , & vint coucher à
Blaye. Ce ne fut pas fans en- tendre la décharge du Canon,
&de toute l'Artillerie duChaſteau. Monfieur le Duc de
Roquelaure , & Monfieur de Séve Intendant de Guyenne ,
s'y eſtoient rendus avecles Ju- rats Deputez de Bordeaux
pour l'affurer de la joye qu'on auroit de l'y recevoir. Il y ar- vale lendemain. Les Compli- mens de la Ville luy furentpor- tez par M de la Lande Pre- mier Jurat qui luy fut preſenté àladefcente de la Maiſon Navale, par Monfieur le Comte
GALANT. 107 deMontaigu. Cejeune Prince alla le foir ſe promener à che- valſur le Quaydes Chartreux,
accompagné de Monfieur le Ducde Roquelaure ,&au re- tour il entra dans le Chafteau
Trompete, où toute la Garni- ſon ſe trouva dans la Place ſous
les armes. M' Cefar AydeMa- jor eſtoit àla teſte en l'abſence duMajor. L'impatience d'être à Barrege le fit partir dés le lendemain, malgré les inftan ECUF
tesprieresquiluy furent faitesYON
Bourdeaux de s'arrefter quelques jours à pour s'y delan IT
desfatiguesde fon Voyage.On luy vouloit donner le divertiſ- ſement d'une Tragedie Fran- çoiſe quiavoit eſtérepreſentée avecgrad fuccésdepuis quin- ze jours par les Efcoliers du College deGuyenne. M'l'Ab-
108 LE MERCVRE
béBardin qui eneſt Principal,
&àquiunlongufage dugrand monde a des long-temps apris à bien faire les chofes qui le regardent , avoit pris des me- fures ſi juſtes , que la belle Af- ſemblée de l'un &de l'autre
Sexe qui ſe trouva à ce Spécta- cle, en fortit avec une extréme ſatisfaction. La propreté des Acteurs répondoit à la grace avec laquelle ils s'acquiterent tous de leurs Rôles , & on admira fur tout deux Enfans qui firent un remercîment àMonfieur le Duc de Roquelaure d'un petit air fier qui furprit &
charma tous ceux qui les en- tendirent. L'Aifné n'a encor
que fix ans,&ils font tous deux Fils de Monfieur de Seve Intendant de cette Province. Je
ne vous dis rien defonmerite,
il
GALANT. 109 il vous eſt connu , &vous n'ignorez pas qu'il eſt Fils de feu Mr de Seve Conſeiller d'Etat,
qu'on aveu trois fois Prevoſt des Marchands. On ne peut executerles Ordres du Roy ny - avec plus de zele qu'il en mon- tre pour le ſervice de Sa Maje- -ſté, ny avecun aplaudiſſement plus general de tous ceux qui les reçoivent de luy
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Résumé : Tragedie qui luy estoit preparée à Bordeaux, où les deux Fils de Monsieur de Seve se font admirer. [titre d'après la table]
Le texte relate le voyage d'un prince à Bordeaux. Après avoir entendu l'artillerie du château de Blaye, il fut accueilli par le duc de Roquelaure, l'intendant de Guyenne et les jurats de Bordeaux, dont M. de la Lande, Premier Jurat, et le comte de Montaigu. Le prince se promena à cheval sur le Quay des Chartreux avec le duc de Roquelaure, puis visita le château Trompete où la garnison était en alerte. Malgré les invitations à rester, il partit le lendemain pour Barre, déclinant des divertissements comme une tragédie française préparée par les écoliers du Collège de Guyenne. L'abbé Bardin, principal du collège, avait organisé la représentation, qui fut appréciée. Deux enfants, fils de l'intendant de Sève, remercièrent le duc de Roquelaure, impressionnant l'assemblée. L'intendant de Sève est connu pour son zèle et son efficacité, et est le fils de l'ancien conseiller d'État et prévôt des marchands, M. de Sève.
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82
p. 157-158
Voyage de Mademoiselle d'Orleans à Eu, & ses bontez pour Mademoiselle de Breval. [titre d'après la table]
Début :
Mademoiselle d'Orléans est allée à Eu, & y a mené [...]
Mots clefs :
Eu, Mademoiselle d'Orléans, Mademoiselle de Bréval
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texteReconnaissance textuelle : Voyage de Mademoiselle d'Orleans à Eu, & ses bontez pour Mademoiselle de Breval. [titre d'après la table]
Mademoiſelle d'Orleans eſt
allée à Eu , & ya menéMade- moiſelle de Bréval , dont elle veut prendre ſoin à preſent qu'elle n'a plus de Mere. Vous ſçavez , Madame , que Made- moiſelle de Bréval eſt Niece
de M l'Archeveſque de Paris,
Elle est tres-jeune , a un fort grand brillant de beauté , une vivacité d'eſprit merveilleuſe,
& toutes les qualitez qu'on peut ſouhaiter dans une Per-
GALANT. 115 ſonne de ſa naiſſance.. Elle pouvoit les faire éclater plus YON
avantageuſement qu'aupres d'unePrinceffe dont la condui
duite a toûjours eſté un exéple de pieté &de vertu , &qui par mille preuves de generoſiteſe
plaiſt tous lesjours àfaire voir qu'elle a l'Ame toute Royale,
&qu'il n'y a rie
allée à Eu , & ya menéMade- moiſelle de Bréval , dont elle veut prendre ſoin à preſent qu'elle n'a plus de Mere. Vous ſçavez , Madame , que Made- moiſelle de Bréval eſt Niece
de M l'Archeveſque de Paris,
Elle est tres-jeune , a un fort grand brillant de beauté , une vivacité d'eſprit merveilleuſe,
& toutes les qualitez qu'on peut ſouhaiter dans une Per-
GALANT. 115 ſonne de ſa naiſſance.. Elle pouvoit les faire éclater plus YON
avantageuſement qu'aupres d'unePrinceffe dont la condui
duite a toûjours eſté un exéple de pieté &de vertu , &qui par mille preuves de generoſiteſe
plaiſt tous lesjours àfaire voir qu'elle a l'Ame toute Royale,
&qu'il n'y a rie
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Résumé : Voyage de Mademoiselle d'Orleans à Eu, & ses bontez pour Mademoiselle de Breval. [titre d'après la table]
Mademoiselle d'Orléans a accueilli Mademoiselle de Bréval, nièce de l'archevêque de Paris, après le décès de sa mère. Cette dernière est reconnue pour sa beauté, son esprit vif et ses qualités. La princesse, modèle de piété et de vertu, montre quotidiennement sa générosité.
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83
p. 159-161
Le Roy fait M. d'Argouges Conseiller d'Estat, & donne la Charge de Premier President de Bretagne à M. de Pontchartrain. [titre d'après la table]
Début :
Je ne sçay, Madame, si on vous aura appris que [...]
Mots clefs :
Premier président au Parlement de Bretagne, Monsieur d'Argouge, Charge
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texteReconnaissance textuelle : Le Roy fait M. d'Argouges Conseiller d'Estat, & donne la Charge de Premier President de Bretagne à M. de Pontchartrain. [titre d'après la table]
Je ne ſçay , Madame, fi on vous aura appris que le Roy a
donné depuis peu unnouveau Premier Prefidentau Parlemét
de Bretagne. Monfieur d'Ar- gouge qui l'eſtoit , s'eſt démis
- volontairemet de cette Charge. C'eſt un Hommetres-fage,
- qui estoit fort eftimé de la feu
Reyne Mere, &qui abien fer- -vy le Roydans les EtatsdeBre1893*37714
116 LE MERCVRE
tagne. Sa Majesté 1 a fait Con- feiller d'Etat ordinaire, &a mis
en ſa place Mr Phelipcaux de Pontchartrain, qui estoit Con- feiller au Parlement. On ne
peutdouterde fon merite, puis quemEmploy de cette impor- tance ne ſe donne jamais qu'à des Perſonnes qui en ont infi- niment. Il eſt de la Maiſonde
la Vrillierie , c'eſt à dire d'une
des plus grandes & des meil- leures Familles de la Robe; on
peut meſmeadjoûterd'une Fa- mille pieuſe,puis que tous ceux dela Maiſonde Hodic qui en font, viventdans une régulari- té exemplaire dont tout le monde eſt édifié.
Monfieur l'A
donné depuis peu unnouveau Premier Prefidentau Parlemét
de Bretagne. Monfieur d'Ar- gouge qui l'eſtoit , s'eſt démis
- volontairemet de cette Charge. C'eſt un Hommetres-fage,
- qui estoit fort eftimé de la feu
Reyne Mere, &qui abien fer- -vy le Roydans les EtatsdeBre1893*37714
116 LE MERCVRE
tagne. Sa Majesté 1 a fait Con- feiller d'Etat ordinaire, &a mis
en ſa place Mr Phelipcaux de Pontchartrain, qui estoit Con- feiller au Parlement. On ne
peutdouterde fon merite, puis quemEmploy de cette impor- tance ne ſe donne jamais qu'à des Perſonnes qui en ont infi- niment. Il eſt de la Maiſonde
la Vrillierie , c'eſt à dire d'une
des plus grandes & des meil- leures Familles de la Robe; on
peut meſmeadjoûterd'une Fa- mille pieuſe,puis que tous ceux dela Maiſonde Hodic qui en font, viventdans une régulari- té exemplaire dont tout le monde eſt édifié.
Monfieur l'A
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Résumé : Le Roy fait M. d'Argouges Conseiller d'Estat, & donne la Charge de Premier President de Bretagne à M. de Pontchartrain. [titre d'après la table]
Le roi a nommé Philippe de Pontchartrain Premier Président du Parlement de Bretagne, remplaçant d'Argouge, démissionnaire volontaire. Pontchartrain, Conseiller au Parlement, est reconnu pour son mérite. Il appartient à la famille de la Vrillierie, respectée pour sa piété et sa régularité.
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84
p. 161-163
M. l'Abbé Colbert éleu depuis peu Prieur de Sorbonne, fait un beau Discours à l'ouverture des Sorboniques. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur l'Abbé Colbert, qui employe ses meilleures heures à [...]
Mots clefs :
Sorbonne, Discours, Abbé Colbert, Sciences ecclésiastiques
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texteReconnaissance textuelle : M. l'Abbé Colbert éleu depuis peu Prieur de Sorbonne, fait un beau Discours à l'ouverture des Sorboniques. [titre d'après la table]
Monfieur l'Abbé Colbert ,
qui employe ſes meilleures heures à l'étude , &qui en fait
GALANT. 117
1
fon plus agreable attachemét,
donna il y a quelques jours des marquesde ſa haute ſuffiſance par un excellent Difcours Latin qu'il fitdans la grande Salle de Sorbonne, à l'ouverturedes Sorboniques. La nombreuſe Aſſemblée qui s'ytrouva,com- poſée en partie de Cardinaux,
de Prélats ,&de Perſonnes de
la premiere Qualité, nepût af ſez admirer l éloquence avec laquelle il fit connoiſtre com- bien la protection que le Roy - donne aux Docteurs de la Faculté &de la Maisõ, leur eſtoit
avantageuſe &pour lemaintie
de leurs Privileges, &pour cõ-- ſerver les Sciences Eccleſiaſti-
- ques dans toute leur pureté. II - eſt Prieur de Sorbonne. Les
Docteurs & les Bacheliers de
118 LE MERCVRE
la Societé font ordinairement
cette élection par la voye du Scrutin; mais M l'AbbéColbert, dont le merite porte pour luy une recommandation toute particuliere,a eſté éleu de vive voix.Toutle monde le ſouhaitoit,&tout le monde le nomma
enmêmetemps.
qui employe ſes meilleures heures à l'étude , &qui en fait
GALANT. 117
1
fon plus agreable attachemét,
donna il y a quelques jours des marquesde ſa haute ſuffiſance par un excellent Difcours Latin qu'il fitdans la grande Salle de Sorbonne, à l'ouverturedes Sorboniques. La nombreuſe Aſſemblée qui s'ytrouva,com- poſée en partie de Cardinaux,
de Prélats ,&de Perſonnes de
la premiere Qualité, nepût af ſez admirer l éloquence avec laquelle il fit connoiſtre com- bien la protection que le Roy - donne aux Docteurs de la Faculté &de la Maisõ, leur eſtoit
avantageuſe &pour lemaintie
de leurs Privileges, &pour cõ-- ſerver les Sciences Eccleſiaſti-
- ques dans toute leur pureté. II - eſt Prieur de Sorbonne. Les
Docteurs & les Bacheliers de
118 LE MERCVRE
la Societé font ordinairement
cette élection par la voye du Scrutin; mais M l'AbbéColbert, dont le merite porte pour luy une recommandation toute particuliere,a eſté éleu de vive voix.Toutle monde le ſouhaitoit,&tout le monde le nomma
enmêmetemps.
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Résumé : M. l'Abbé Colbert éleu depuis peu Prieur de Sorbonne, fait un beau Discours à l'ouverture des Sorboniques. [titre d'après la table]
L'Abbé Colbert a prononcé un discours latin lors de l'ouverture des Sorboniques dans la grande salle de la Sorbonne. L'assemblée, composée de cardinaux, de prélats et de personnalités influentes, a été captivée par son allocution. Colbert a souligné la protection royale accordée aux docteurs de la Faculté et de la Maison, mettant en avant les avantages pour la préservation de leurs privilèges et la conservation des sciences ecclésiastiques dans leur pureté. En tant que Prieur de Sorbonne, Colbert a été élu de vive voix par les docteurs et les bacheliers, une procédure exceptionnelle reflétant l'unanimité et le souhait général de l'assemblée.
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85
p. 190-201
Le Roy donne l'Archevesché de Bourges au Fils de M. de la Vrilliere: L'Evesché d'Ufez à M. l'Abbé Poncet, celuy de Chaalons sur Saone à M. Felix, celuy du Bellay à M. l'Abbé du Laurens, [ce]luy de Mande à M. de Piancour, Abbé de la Croix, & celuy de Lavaur à M. l'Abbé de la Berechere. [titre d'après la table]
Début :
C'est trop diférer à vous entretenir du merite de ceux [...]
Mots clefs :
Dignités de l'Église, Evêché d'Ufé, Archevêché de Bourges, Abbé Poncet, Évêché de Châlons, Abbé du Laurent, Mr de Piancour, Evêché de Lavaur, Abbé de Noailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Roy donne l'Archevesché de Bourges au Fils de M. de la Vrilliere: L'Evesché d'Ufez à M. l'Abbé Poncet, celuy de Chaalons sur Saone à M. Felix, celuy du Bellay à M. l'Abbé du Laurens, [ce]luy de Mande à M. de Piancour, Abbé de la Croix, & celuy de Lavaur à M. l'Abbé de la Berechere. [titre d'après la table]
C'est trop diférer àvous entretenir du merite de ceux que le Roya élevez aux plus confi- dérables Dignitez de l'Eglife.
M. l'Evefque d'Ufés , Fils de
M 3
138 LE MERCVRE M de la Uriliere Secretaire
d'Etat , a eul'Archeveſché de
Bourges. Cette nouvelle éleva- tion faitvoir combien Sa Majeſté eft perfuadée &de fa fuf- fifance pour régler un grand Dioceſe , & de ſa pieté pour fervir d'exemple aux Peuples quivont eftre commis àſa conduite.
L'Eveſché d'Uſes a eſté donné en meſme temps àM l'Abbé Poncet , Fils de M'Poncet
Conſeiller d'Etat & du Confeil
Royal , &Neveude feuMon- fieur 1 Archeveſque de Bour- ges. C'eſt quelque choſed'af- fez glorieux pour luy , d'en- tendre dire par tout queles fervices de M fon Pere, qui com- me vous ſçavez eſt dans une tres--haute confidération,n'ont
aucune part à la Dignité qu'il vient d'acquérir.
GALANT. 139
Monfieur Felix Evefque de
Digne, a efté nommé à l'Evef- chedeChalons ſur Saone. La
maniere édifiante dont il pref- che , fait connoiſtre affez ce
qu'on doit attendre de fon zele pour la conduite de fon
Troupeau.
On n'eſt pas moins perfua- dé de celuy de M'l'Abbé du Laurens,Grand Prieur de l'Ordre de Clugny , que le Roy a
fait Eveſque du Bellay. Il eſt Frere de feu M du Laurens
Conſeiller à la Grand Chambre , qui s'eſtoit fait baftir un
1. Apartement dans l'Abbaye de S. Victor , où il eſt mortdepuis deux ans.
Je ſçay , Madame, que la ré- putation de Mª de Piancour,
Abbéde la Croix,vous eft connuë , & ainſi je nedoute point
140 LE MERCVRE
que vous n'ayez de la joye d'apprendre que Sa Majefté a
rendu juftice à ſon merite , en le nommant à l'Eveſche de
Mande. C'eſt un Pofte fort avantageux qui le rend Second Prefident des Etats de la Province. Sa picté,ſa profondedo- trine,& fon exacte régularité à remplir les devoirs que Dieu luy a impoſez , faifoient voir das ſa Perſonnetoutes les qua- litez neceffaires pour faire un tres -digne Prélat;&il y a long- tems que nous le verrions dans cette haute Dignité , s'il avoit voulu écouter les propofitions qui luy ont eſté faites ; mais il a toûjours proteſté que fi cela arrivoit, il y feroit conduit par les feules mains de la Providence;&en effet,il n'a preſque
T
GALANT. 141
point paru à la Cour,& la cho- -ſe eſtoit arreſtée en ſa faveur,
avant qu'il euſt appris qu'elle ſe duft faire. Il a beaucoup de
naiſſance,&eft Frerede Mr le
Chevalierde Piancour, qui eft mort depuis un an à Meſſine,
apres avoir rendu de fort grāds ſervices au Roy , dont il a eſté l'Agent à Malte pendant trois années. Il s'eſtoit acquité de
cet Employ avec tant de fide- lité & de zele , qu'ayant eſté rappellé en Cour, il trouva à
Marſeille une Lettre de M le
Marquis de Segnelay qui luy faiſoit ſçavoir que Sa Majefté le gratifioit d'une Galere. Il l'équipa en tres peu de temps,
&n'épargna rien pour la ren- dre une des plus confidérables quipuffent eftre employées au fervice de fon Maiſtre. Perfon
142 LE MERCVRE
ne n'ignore les belles actions qu'il fit àla grande Affaire de
Palerme. Son trop de zele luy couſta la vie unpeu apres. II ne voulut point abandonnerſa Galere , où il y avoit un fort grandnombrede Malades. Les Fievres estoient malignes,il en futpris , &mourut fort regreté de Monfieur le Mareſchal Duc
de Vivonne , &de toutl'ordre
de Malte , qui avoit pour luy une eſtime tres-particuliere.
Le Roy qui fait tout avec prudence, &ne répand jamais fes graces qu'avecjuſtice,a fait l'honneur à M l'Abbé de la
Berchere , l'un de ſes Aumôniers , de le nommer à l'Evefché de Lavaur. Il eſt Docteur
de Sorbonne;&quoyqu'il n'ait pas encor trente ans, il eft con- fommé dans toutes les Scien-
GALANT. 143 ces qu'on peut fouhaiter dans ungrand Prélat. Il a prefché,
& toûjours avec ſucces ; & fi la foibleſſe de ſa voix luy euſt pû permettre de continuer , il auroit remply tres-dignement les premieres Chaires de Paris.
SonGrand Pere eft mort Premier Preſident du Parlement
de Dijon. La ſurvivance de cetteCharge avoit eſté accor- dée àMonfieurdela Berchere
ſon Pere , qui l'exerça quoy qu'iln'euſt que vingt-ſept ans.
Il paſſa à celle de Premier Pre- fidentde Grenoble, par les or- dres dela feu Reyne Mere, qui Thonoroitde fon eftime,&qui crût que ſa preſence en cette Province ne ſeroit pas inutile aux Affaires du Roy pendant la Régence. Cette grande Charge fut exercée apres fa
:
1
144 LE MERCVRE
mort , comme elle l'eſt encor
aujourd huy, par M de laBer- chere,qui en avoit la ſurvivance,& qui eſt Oncle de M.l'Abbéde laBerchere dontje vous
parle.
Je croy, Madame, que vous vous étonnez de ne point trou- ver le Nom de M. l'Abbé de
Noailles parmy tant d'Evef- ques , puis qu il ne manque d'aucunedesqualitez qui peu- vent élever à l'Epifcopat une Perſonne de ſa naiſſance. Le
Roy qui eſt fort perfuadé de fon merite,luy avoit fait l'hon- neur de le nommer ; mais les
inſtantes prieres de Monfieur le Duc de Noailles fon Pere ,
qui n'a pû ſe réfoudre à eſtre privé fi toſt dela prefence d'un Fils qu'il aime fort tendremét,
jointes à l'envie qu'il a fait paroiftre
GALANT. 145 roiſtre d'avoir encor quelques années pendant leſquelles il puſt ſe rendre plus digne des graces de Sa Majefté par fon application extraordinaire à
l'étude, en ont fufpendu
juſqu'àun autre temps.
M. l'Evefque d'Ufés , Fils de
M 3
138 LE MERCVRE M de la Uriliere Secretaire
d'Etat , a eul'Archeveſché de
Bourges. Cette nouvelle éleva- tion faitvoir combien Sa Majeſté eft perfuadée &de fa fuf- fifance pour régler un grand Dioceſe , & de ſa pieté pour fervir d'exemple aux Peuples quivont eftre commis àſa conduite.
L'Eveſché d'Uſes a eſté donné en meſme temps àM l'Abbé Poncet , Fils de M'Poncet
Conſeiller d'Etat & du Confeil
Royal , &Neveude feuMon- fieur 1 Archeveſque de Bour- ges. C'eſt quelque choſed'af- fez glorieux pour luy , d'en- tendre dire par tout queles fervices de M fon Pere, qui com- me vous ſçavez eſt dans une tres--haute confidération,n'ont
aucune part à la Dignité qu'il vient d'acquérir.
GALANT. 139
Monfieur Felix Evefque de
Digne, a efté nommé à l'Evef- chedeChalons ſur Saone. La
maniere édifiante dont il pref- che , fait connoiſtre affez ce
qu'on doit attendre de fon zele pour la conduite de fon
Troupeau.
On n'eſt pas moins perfua- dé de celuy de M'l'Abbé du Laurens,Grand Prieur de l'Ordre de Clugny , que le Roy a
fait Eveſque du Bellay. Il eſt Frere de feu M du Laurens
Conſeiller à la Grand Chambre , qui s'eſtoit fait baftir un
1. Apartement dans l'Abbaye de S. Victor , où il eſt mortdepuis deux ans.
Je ſçay , Madame, que la ré- putation de Mª de Piancour,
Abbéde la Croix,vous eft connuë , & ainſi je nedoute point
140 LE MERCVRE
que vous n'ayez de la joye d'apprendre que Sa Majefté a
rendu juftice à ſon merite , en le nommant à l'Eveſche de
Mande. C'eſt un Pofte fort avantageux qui le rend Second Prefident des Etats de la Province. Sa picté,ſa profondedo- trine,& fon exacte régularité à remplir les devoirs que Dieu luy a impoſez , faifoient voir das ſa Perſonnetoutes les qua- litez neceffaires pour faire un tres -digne Prélat;&il y a long- tems que nous le verrions dans cette haute Dignité , s'il avoit voulu écouter les propofitions qui luy ont eſté faites ; mais il a toûjours proteſté que fi cela arrivoit, il y feroit conduit par les feules mains de la Providence;&en effet,il n'a preſque
T
GALANT. 141
point paru à la Cour,& la cho- -ſe eſtoit arreſtée en ſa faveur,
avant qu'il euſt appris qu'elle ſe duft faire. Il a beaucoup de
naiſſance,&eft Frerede Mr le
Chevalierde Piancour, qui eft mort depuis un an à Meſſine,
apres avoir rendu de fort grāds ſervices au Roy , dont il a eſté l'Agent à Malte pendant trois années. Il s'eſtoit acquité de
cet Employ avec tant de fide- lité & de zele , qu'ayant eſté rappellé en Cour, il trouva à
Marſeille une Lettre de M le
Marquis de Segnelay qui luy faiſoit ſçavoir que Sa Majefté le gratifioit d'une Galere. Il l'équipa en tres peu de temps,
&n'épargna rien pour la ren- dre une des plus confidérables quipuffent eftre employées au fervice de fon Maiſtre. Perfon
142 LE MERCVRE
ne n'ignore les belles actions qu'il fit àla grande Affaire de
Palerme. Son trop de zele luy couſta la vie unpeu apres. II ne voulut point abandonnerſa Galere , où il y avoit un fort grandnombrede Malades. Les Fievres estoient malignes,il en futpris , &mourut fort regreté de Monfieur le Mareſchal Duc
de Vivonne , &de toutl'ordre
de Malte , qui avoit pour luy une eſtime tres-particuliere.
Le Roy qui fait tout avec prudence, &ne répand jamais fes graces qu'avecjuſtice,a fait l'honneur à M l'Abbé de la
Berchere , l'un de ſes Aumôniers , de le nommer à l'Evefché de Lavaur. Il eſt Docteur
de Sorbonne;&quoyqu'il n'ait pas encor trente ans, il eft con- fommé dans toutes les Scien-
GALANT. 143 ces qu'on peut fouhaiter dans ungrand Prélat. Il a prefché,
& toûjours avec ſucces ; & fi la foibleſſe de ſa voix luy euſt pû permettre de continuer , il auroit remply tres-dignement les premieres Chaires de Paris.
SonGrand Pere eft mort Premier Preſident du Parlement
de Dijon. La ſurvivance de cetteCharge avoit eſté accor- dée àMonfieurdela Berchere
ſon Pere , qui l'exerça quoy qu'iln'euſt que vingt-ſept ans.
Il paſſa à celle de Premier Pre- fidentde Grenoble, par les or- dres dela feu Reyne Mere, qui Thonoroitde fon eftime,&qui crût que ſa preſence en cette Province ne ſeroit pas inutile aux Affaires du Roy pendant la Régence. Cette grande Charge fut exercée apres fa
:
1
144 LE MERCVRE
mort , comme elle l'eſt encor
aujourd huy, par M de laBer- chere,qui en avoit la ſurvivance,& qui eſt Oncle de M.l'Abbéde laBerchere dontje vous
parle.
Je croy, Madame, que vous vous étonnez de ne point trou- ver le Nom de M. l'Abbé de
Noailles parmy tant d'Evef- ques , puis qu il ne manque d'aucunedesqualitez qui peu- vent élever à l'Epifcopat une Perſonne de ſa naiſſance. Le
Roy qui eſt fort perfuadé de fon merite,luy avoit fait l'hon- neur de le nommer ; mais les
inſtantes prieres de Monfieur le Duc de Noailles fon Pere ,
qui n'a pû ſe réfoudre à eſtre privé fi toſt dela prefence d'un Fils qu'il aime fort tendremét,
jointes à l'envie qu'il a fait paroiftre
GALANT. 145 roiſtre d'avoir encor quelques années pendant leſquelles il puſt ſe rendre plus digne des graces de Sa Majefté par fon application extraordinaire à
l'étude, en ont fufpendu
juſqu'àun autre temps.
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Résumé : Le Roy donne l'Archevesché de Bourges au Fils de M. de la Vrilliere: L'Evesché d'Ufez à M. l'Abbé Poncet, celuy de Chaalons sur Saone à M. Felix, celuy du Bellay à M. l'Abbé du Laurens, [ce]luy de Mande à M. de Piancour, Abbé de la Croix, & celuy de Lavaur à M. l'Abbé de la Berechere. [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs nominations ecclésiastiques réalisées par le roi. L'évêque d'Uzès, fils du secrétaire d'État, a été promu à l'archevêché de Bourges, reflétant la confiance royale en ses compétences pour diriger un grand diocèse. L'évêché d'Uzès a été confié à l'abbé Poncet, fils d'un conseiller d'État, soulignant que cette promotion n'est pas due aux services de son père. L'évêque de Digne, Félix, a été nommé à l'évêché de Chalon-sur-Saône, apprécié pour son zèle pastoral. L'abbé du Laurens, grand prieur de l'ordre de Cluny, a été désigné évêque du Bellay. L'abbé de Piancourt, nouvel évêque de Mande, est reconnu pour sa réputation et devient second président des États de la province. Le roi a nommé l'abbé de la Berchère, l'un de ses aumôniers, à l'évêché de Lavaur, malgré son jeune âge, en raison de ses compétences en théologie. Enfin, l'abbé de Noailles, bien que qualifié, n'a pas été nommé évêque à la demande de son père et pour poursuivre ses études.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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85
Le Roy donne l'Archevesché de Bourges au Fils de M. de la Vrilliere: L'Evesché d'Ufez à M. l'Abbé Poncet, celuy de Chaalons sur Saone à M. Felix, celuy du Bellay à M. l'Abbé du Laurens, [ce]luy de Mande à M. de Piancour, Abbé de la Croix, & celuy de Lavaur à M. l'Abbé de la Berechere. [titre d'après la table]
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p. 211-212
Le Roy donne l'Abbaye de la Croix à M. l'Abbé Pellot. [titre d'après la table]
Début :
J'avois oublié à vous dire que le Roy avoit donné [...]
Mots clefs :
Abbaye de la Croix, Abbé Pellot
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Roy donne l'Abbaye de la Croix à M. l'Abbé Pellot. [titre d'après la table]
J'avois oublié àvous dire que le Roy avoit donné l'Abbaye de la Croix à M l'Abbé Pellot,
FilsdeM le Premier Prefident
deRoüen. Elle est d'un revenu
confiderable , & d'une tresgrande beauté. Feu Mr l'Abbé
de Piancour , Oncle de celuy
GALANT. 153 qui vient d'eſtre nommé à I E- veſchéde Mande , l'avoit fait
rebaſtir entierement , & elle doit la plus grande partie de fes embelliffemens aux foins de ce
dernier qui n'a rien épargné pour la rendre ce qu'elle eſt.
FilsdeM le Premier Prefident
deRoüen. Elle est d'un revenu
confiderable , & d'une tresgrande beauté. Feu Mr l'Abbé
de Piancour , Oncle de celuy
GALANT. 153 qui vient d'eſtre nommé à I E- veſchéde Mande , l'avoit fait
rebaſtir entierement , & elle doit la plus grande partie de fes embelliffemens aux foins de ce
dernier qui n'a rien épargné pour la rendre ce qu'elle eſt.
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87
p. 212-213
Zele de M. le Mareschal de Gramont pour le service du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur le Mareschal de Gramont est toûjours à Bayonne. Comme [...]
Mots clefs :
Maréchal de Gramont, Bayonne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Zele de M. le Mareschal de Gramont pour le service du Roy. [titre d'après la table]
Monfieur le Mareſchal de
Granmõt eſt toûjours àBayon- ne. Commeil n'a pointd'autre
attachement que ce qui regar- de le ſervice du Roy, il s'eſt employé avec un zele admira- ble àfaire reparer les defordres que le débordement des Eaux avoit causé aux Fortifications
de cette Place, dans laquelle ik a fait entrer quatre cens Hom- mes , tous braves & aguerris,
qu'il a levez dans ſes Terres .
Granmõt eſt toûjours àBayon- ne. Commeil n'a pointd'autre
attachement que ce qui regar- de le ſervice du Roy, il s'eſt employé avec un zele admira- ble àfaire reparer les defordres que le débordement des Eaux avoit causé aux Fortifications
de cette Place, dans laquelle ik a fait entrer quatre cens Hom- mes , tous braves & aguerris,
qu'il a levez dans ſes Terres .
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88
p. 224-253
Ce qui s'est passé en Allemagne entre l'Armée du Roy & celle de l'Empereur. [titre d'après la table]
Début :
Pendant que plus de vingt Puissances Souveraines liguées contre nous [...]
Mots clefs :
Prince Charles, Prince d'Orange, Troupes, Ennemis, Bataille, Maréchal de Créquy, Armée, Ministres, Désertion, Canon, Soldats, Cavalier, Chevaux, Allemands
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé en Allemagne entre l'Armée du Roy & celle de l'Empereur. [titre d'après la table]
Pendant que plus de vingt Puiſſances Souveraines liguées contre nous,amaſſoient de toutes parts un nombre infiny de Troupes , celles de France qui avoient déja pris trois des plus fortes Places de l'Europe, &
O iij
162 LE MERCVRE
gagné un Bataille, eſtoient das des Quartiers de rafraîchiſſement. On les croyoit fort di- minuées par les fatigues de tant de Sieges entrepris dans une ſaiſon rigoureuſe,&toutes les Gazettes ne parloient que de Levées & de Jonctions de
Troupes ennemies qui ſe fai- foient de tous coſtez. On ne
diſoit rien des noſtres ; il n'y avoit pas mefme d'apparence que nous puſſions eſtre affez forts pour nous oppoſer au Prince Charles. Cependant on a veu tout d'un coup par enchantement , Monfieur leMaréchal deCréquy en état de luy tenir teſte , tandis que
Mõſieurde Luxembourg avoit en Flandre une Armée auſſi
nombreuſe que celle que nous avons en Allemagne. Ces Ar
comme
GALANT. 163 mées ne manquent de rien , &
l'admirable prévoyace duRoy eſt ſi bien fecondée par le zele desMiniſtres qui executentſes ordres , que tout ce qui eſt ne- ceſſaire pour les faire ſubſiſter s'y trouve toûjours en abon- dance. Voila ce qui nous facilite tantdeglorieuſes conque- ſtes , & qui nous fait arreſter ſans peine le torrent oppoſé de tant de Troupes. Voyons les mouvemens de l'Armée de
l'Empereur depuis trois mois que le Prince Charles qui la commande a fait l'ouverture
de la Campagne. Elle estoit à
trois lieuësdeMetsdésle commencement de Juin , &dés ce temps-là Monfieur le Maref- chal de Créquy commença à
la combattre & à la ruiner par ſes Partis &par ſes divers mou-
164 LE MERCVRE
vemens.Le Prince Charles qui avoit réſolu de tenter quelque choſe de grand, paſſa la Seille la nuit du dix au onze de ce
-meſme mois , & vint camper du coſté de noſtre General ,
mais ce ne fut que pour y voir fon Armée dans l'extréme neceffité de toutes choſes pendat le long ſejour qu'elle y fit , &
pour donner lieu à un nombre infiny de Partis de la détruire plus commodément.Apres que cePrince eutachevéde paffer,
Mª de la Fite arriva dés le foir
meſme aupres de Monfieur le Mareſchal de Créquy avec un Détachement des Gardes du
Corps , de Gensd'armes , & de Chevaux-Legers de la Garde.
Le Prince Charles quine ſe ſe- roit pas hazardé à paſſer la Ri- viere, s'il euſt eſté avertyde ce
GALANT. 165
ra
Pul
ect
es
&
Fant
fel
Ja R
Secours, n'en reçeut la nouvel- le qu'avec un chagrin mortel.
Il vit bien qu'il luyſeroit diffi
cile de rien entreprendre , M
de Créquy eſtant preſque auffi fort que luy; mais comme il luy auroit eſté honteuxde fai- re voir qu'il avoit de méchans Eſpions, ou plutoſt qu'il n'en avoit point , il aima mieux fai- re bonne contenance dans fon
Poſte , que de s'en retourner furſes pas. C'eſt oùſon Armée apenſé périr, c'eſt où elle a tant manqué de Fourages , & tant mangédePain poury &de mé- chans Gâteaux. La neceffité y
eſtoit fi grande,qu'on endiſtri- buoit qu'un pour quatre Sol- dats. Ileſt mefme ſouvent arrivé que le Pain manquanten- tierement , elle n'a mangé que
de la Vache. Il eſt vray que
166 LE MERCVRE
l'on y a quelquefois donné quelques Eſcalins au lieu de Pain; mais ſi cet argent a em- peſché les plus ſeditieux de crier , il n'a pas empeſché de mourir de faim ceux à qui un fi foible ſecours ne pouvoit faire trouver dequoy manger.
Tant que le Prince Charles a
demeuré dans ce Poſte,quatre choſes ont ruiné ſon Armée;
laDeſertion, nos Partis,le man- que de Pain , & les Païfans qui prenoient tous ceux qui s'e- cartoient pour en chercher.
Les Marchez &les Places pu- bliques de Mets eſtoient rem- plis de leurs Chevaux qui ſe donnoient à fort grand mar- ché. Cefutdans ce temps que M. le Marefchal de Créquy fit faire à fon Armée ce beau
mouvement qui embaraſſa tat
GALANT. 167
les Ennemis.Il fit ſi bien placer fon Canon , qu'il leur tua plus de huit ou neuf cens Hommes , avant qu'on puſt enten-- dre le leur , qui ne fut en état de tirer que plus de trois heu- res apres le noſtre. Ils firent connoiſtre qu'ils n'avoient aucun deſſein de ſe battre , puis qu'ils repaſſerent la Seille. On trouva dans leur Camp quan- tité de Soldats qu'ils avoient enterrez,afin qu'on ne s'apper- çût pas de leur perte, & ils l'a- voient fait fi fort à la haſte ,
qu'ils leur avoient laiſſé leurs
habits & leur argent , dont on trouva méme une fomme conſidérable dans les Bottes d'un
Cavalier. On les pourſuivit dans leur Retraite,où ils perdi- rent encor beaucoup de mon- de. Cette pourfuite , & leur
168 LE MERCVRE
Canon , qu'ils tirerent à noſtre
exemplequelque temps aupa- ravant , nous coûterent auffi
quelques Gens. Nous perdî- mes M de Préfonval Lieutenant Colonel de la Couronne.
Quelques Gardesdu Corps fu- rent tuez , & deux Exempts bleſſez , qui fontM² de la Fou- chardiere & Mr Darmandaris.
Depuis ce temps les Ennemis ontſouvent changé de Pofte,
&Mr le Marefchal deCréquy a toûjours profité de leurs mouvemens. Ils eſtoient vis- àvis le Village d'Arancy , lors que ce vigilant Mareſchal ap- pritqu'ils attendoientungrand Convoy.Ilfit unDétachement
commandé par Mº de la Haye Lieutenant General , pour le furprendre. On leur tua plus dequatre cens Hommes, &on
leur
GALANT. 169
leurpritdumoins cent Charettes. Ceux qui ſe ſignalerent en cette occafion , furent Meffieurs les Marquis de Genlis &
de Renty,M le Comte deMo- reüil,M de la Fite, Mt le Comte d'Aubijoux , & M Marin.
M de la Haye y fut tué d'un coup deMouſquet. NosPartis ayant continue toûjours à les inquiéter , quatre Pieces de noſtre Canon chargées à cartouches, les incommoderent
fort aupres deMaleroy. Quelques jours apres comme onfui- voitleur marche avec l'ardeur
qui eſt ordinaire aux François,
M' le Chevalierd Eſtrades qui eſtoit Chefd'unParty de deux césChevaux, apperçeût quel- ques Troupesde leur Arriere- garde; il en fit avertir M. le
Comte de Maulevrier - ColTome V. P
170 LE MERCVRE bert, qui commandoit l'Aifle gauche. Ils'avança pour exa- minerla contenance des Ennemis, &les fit attaquer. Les Re- gimensdePortia &de Souches furent défaits. On découvrit
la queuë des Bagages, on ytua plus de deux cens Perſonnes,
onyfit centPrifonniers, & l'on pilla quantité deChariots. La Femme du Tréſorier del'Armée, quipar malheur ſe trou- va là dans fon Carroffe avec
d'autres Femmes, fut tuéedans
T'ardeur du Combat,fansqu'on ſceût meſme fi elle y eftoit.
Deux de nos Efcadrons , &
&quelquesDragons,plus avides de gloire que de bittin,
poufferentplus avant,&paf- ferent un Défilé. Ils furent
chargez par unCorps d'Enne- mis beaucoup plus conſidéra-
GALANT. 171
الاس
01
ble qu'ils n'eſtoient. Ils ſe retirerent enbon ordre, &ne perdirent pas trente Hommes.Les Ennemis n'oferent les pourſui- vre, &ils aimerent mieux laiffer emporteraux François tout ce qu'ils avoient pillé, qued'a- vancer pour les combattre, &
les empeſcher de profiter de | leur butin, Depuis cetemps-là le Prince Charles ſe promene,
&il ſemble qu'il ait enviede venir voir le Prince d'Orange,
qui n'eſt pas plus avancé que luy , quoy que l'un & l'autre foit en campagne depuis pres de trois mois. Je nedoute point qu'ils n'ayent entrepris quel- que choſe quand vous rece vrez ma Lettre , puis que je la finis dans le temps où ils doi- ventdu moins faire voirqu'ils
ell
20
n'ont 1 pas aſſemblé tant de
Pij
172 LE MERCVRE Troupes dans le ſeul deſſein
de nous obſerver. Le Prince
Charles n'auroit pas attendu fi long-temps à ſe déclarer , ſi M
le Mareſchal de Créquy l'euft laiſſé plus en repos mais ſa vi- gilance a toûjours détruit ce que ce Prince s'eſtoit propoſe de faire. Quand ils ont eſte ſé- parez, ila tenudes Ponts prefts pourfaire paſſer ſes Partis ; &
dans quelque Camp que les Ennemis ayent eſté , ils en ont toûjours eſté fatiguez . Ses Or- dres s'executoient avec tant de
ponctualité ; qu'on les a veu quelquefois inquiétez enmef- me temps par les Partis de Na- cy , par ceux des Lieux les plus proches , par les Détachemens de l'Armée , & par les Païfans.
C'eſt ainſi qu'on fait périr les Troupes les plus nombreuſes,
GALANT. 173
1
G
&que ſans rien perdre on ga- gne ſouventplus que fi ondo- noit une Bataille. M² de Beaufort Mareſchal de Camp,pouf- ſa une fois leur grande Garde - juſques à leurs Tentes. Quar torze Cuiraſſiers furent pris une autre fois par un Party de
vingt-cinq contre vingt-cinq.
Un LieutenantdeFufiliers,fortifiédesPaïſansduPaïs Meſſin,
attaqua &batit quelque temps apres un Convoy de Vin &
d'Eau de vie , dont il enfonça tous les Tonneaux ; & le MajorduRegimentdeCominges,
avec tres-peu de Gens , avoit défait quelques jours aupara- vant quatre-vingt Cuiraffiers,
dont la plupart furent faits pri- fonniers.; Je pourrois vous raconter encor unnombre infiny d'actions de vigueur qui ont
Piij
174 LE MERCVRE
८
eſté faites par nosPartis ; mais je vous veux ſeulement parler dedeuxdont les circonstances
font affez curieuſes. Le Prince
Charles s'ennuyant de ne rien faire , & ne voulant pas que l'on s'aperçeut de ſon chagrin,
refolut de donner le Bal aux
principales Dames de fon Ar- mée. Cela ne doit pas vous étonner, les Allemans ne mar- chent guéres qu'en Famille.
Comme il n'eſt point de Nation qui n'imite les François en quelque choſe , les Allemans pour pour paroiſtre avec plus de galanterie, voulurent avoir de nos Habits les plus à la mo- de,&le Prince Charles en envoya demander par unTrom- pete au Lieutenant de Royde Mets , lequel par une honne- ſteté toute Françoiſe luy en-
GALANT. 175
هللا
que
A
10.1
N
DIS
arc
ne
ronoyd
nne
yen
:
voya auſſi-toſt des Tailleurs ,
avec les Etofes les plus nou- velles qu'on puſt trouver. Les Habits ſe firent, &on commeça le Bal. M de Créqui prit ce temps pour leur donner un au- tre BLIOTHEQUR
divertiſſement. Il envoya Iron quelques Troupes qui donne rent l'alarme dans l'un de leurs
Quartiers, & qui eurent ordre
de ſe retirer d'une maniere qui pût engager les Ennemis à les pour ſuivre. Ses Ordres furent ponctuellement executez ; &
comme il avoit fait placer plu- fieurs Canons chargez à car- touches dans un endroitoù les
Ennemis ne croyoient pas qu'il y en euſt , la plupart de ceux qui pourſuivirentnos Gens fu- rent tuez ou bleffez ; & l'alarmes s'eſtant répaduëdans tout le Gamp , le Bal fut tellement
LYON
176 LE MERCVRE
troublé , que les Allemans oublierent leurs Dances , &
ne ſceurent plus faire de pas que pour décamper quel- ques jours apres. Le Canon ne leur fut pas moins fatal le jour que leurs Fourageurs fu- rent enlevez. La plupart des Officiers qui avoient des Va- lets au fourage, s'attrouperent pour les venir défendre ; mais ils n'oferent avancer , & l'on
euſtditqu'ils n'eſtoient venus que pour eſtre témoins de la perte de leurs Chevaux. Ils ne
s'en retournerent pourtantpas tous , &pluſieurs furent tuez par noſtre Canon. Vous direz peut- eſtre que c'eſt n'avoir rien fait, que de n'avoir ni pris de Places, ni gagné deBatail- les ; mais apres les premiers
avantages que nous avons
GALANT. 177
1
remportez , n'est-il pas bien glorieux d'empefcher tant de Puiſſances unies d'executer
aucune dn leurs entrepriſes ?
De pareils emplois demandent le Capitaine le plus confom- mé ; ils ont dequoy exercer toute fon experience , & de- quoy le rendre vigilant, eſtant obligé de faire des mouve- mens continuels , & de pren- dre garde en meſme temps de n'en faire aucun de faux.C'eſt
par là qu'on ruine infenfible- ment les Armées ennemies
mais il ne ſuffit pas pour cela d'avoir du cœur, il faut avoir
de l'eſprit & de l'adreſſe , &
que la tefte agiffe plus que le bras. Mr de Créquy a montré depuis trois mois que toutes
ces choſes ne luy eſtoient pas inconnuës , & qu'il ſçavoit
178 LE MERCVRE joindre la conduite & la pru- dence à la haute valeur dont
il a donné des marques dans un nombre infini d'occaſions,
&dans la diverſité des mouvemens qu'il a faits. Comme il ne s'en eſt pas trouvé unde faux, on ne peut marcher plus glorieuſement qu'il fait ſur les traces de M'de Turenne. Il l'a
imité en toutes chofes,&toutes les Lettres nous affurent
qu'il ne s'eſt pas fait moins ai- mer dans toutes les Troupes qu'il commande,qu'il s'est fait craindre parmi celles qui lui font oppoſées.
'La feconde Armée d'Allemagne , compoſée des Trou- pes des Cercles , n'a pas fait plus de progrez que celle du Prince Charles. M de Monclar l'obſerve de prés, &M' le
GALANT. 179
Marquis de Bligny l'eſt allé joindre avec unDétachement de dix Eſcadrons. Il y a prés de trois mois que le Prince
dOrange aſſemble la fienne,
■ & qu'il attend celle de dix ou
douze Alliez qui marche de- puis long-temps. Ila parujuf- ques icyque toutes cesTrou- pes n'estoient en campagne que pour arrefterles courſesde delaGarnifon de Maftric ; ce
qu'elles n'ont toutefois pû fai- re. Mr de la Motte avec un
Détachement, a eſté prendre force Beſtiaux du coſtede Namur; &M le Duc de Luxembourg a fouragé long-temps juſques aux Portes de Bruxel- les.Il aenvoyéquelques Troupes aux environs d'Oudenarde ſous le commandement de
Mellieurs dela Motte &d'Au
ZB
180 LE MERCVRE
ger. Le Prince d'Orange com- mença à décamper le 15.&M²
de Luxembourg le 16. Je ne
vous en diray rien davantage dans cette Lettre, quand mef- me on entreprendroit quelque choſe avantqu'elle fut fermée,
afin de vous en parler au long dans la premiere que je vous écriray,&de ne vous enpoint faire le détailàdeux fois
O iij
162 LE MERCVRE
gagné un Bataille, eſtoient das des Quartiers de rafraîchiſſement. On les croyoit fort di- minuées par les fatigues de tant de Sieges entrepris dans une ſaiſon rigoureuſe,&toutes les Gazettes ne parloient que de Levées & de Jonctions de
Troupes ennemies qui ſe fai- foient de tous coſtez. On ne
diſoit rien des noſtres ; il n'y avoit pas mefme d'apparence que nous puſſions eſtre affez forts pour nous oppoſer au Prince Charles. Cependant on a veu tout d'un coup par enchantement , Monfieur leMaréchal deCréquy en état de luy tenir teſte , tandis que
Mõſieurde Luxembourg avoit en Flandre une Armée auſſi
nombreuſe que celle que nous avons en Allemagne. Ces Ar
comme
GALANT. 163 mées ne manquent de rien , &
l'admirable prévoyace duRoy eſt ſi bien fecondée par le zele desMiniſtres qui executentſes ordres , que tout ce qui eſt ne- ceſſaire pour les faire ſubſiſter s'y trouve toûjours en abon- dance. Voila ce qui nous facilite tantdeglorieuſes conque- ſtes , & qui nous fait arreſter ſans peine le torrent oppoſé de tant de Troupes. Voyons les mouvemens de l'Armée de
l'Empereur depuis trois mois que le Prince Charles qui la commande a fait l'ouverture
de la Campagne. Elle estoit à
trois lieuësdeMetsdésle commencement de Juin , &dés ce temps-là Monfieur le Maref- chal de Créquy commença à
la combattre & à la ruiner par ſes Partis &par ſes divers mou-
164 LE MERCVRE
vemens.Le Prince Charles qui avoit réſolu de tenter quelque choſe de grand, paſſa la Seille la nuit du dix au onze de ce
-meſme mois , & vint camper du coſté de noſtre General ,
mais ce ne fut que pour y voir fon Armée dans l'extréme neceffité de toutes choſes pendat le long ſejour qu'elle y fit , &
pour donner lieu à un nombre infiny de Partis de la détruire plus commodément.Apres que cePrince eutachevéde paffer,
Mª de la Fite arriva dés le foir
meſme aupres de Monfieur le Mareſchal de Créquy avec un Détachement des Gardes du
Corps , de Gensd'armes , & de Chevaux-Legers de la Garde.
Le Prince Charles quine ſe ſe- roit pas hazardé à paſſer la Ri- viere, s'il euſt eſté avertyde ce
GALANT. 165
ra
Pul
ect
es
&
Fant
fel
Ja R
Secours, n'en reçeut la nouvel- le qu'avec un chagrin mortel.
Il vit bien qu'il luyſeroit diffi
cile de rien entreprendre , M
de Créquy eſtant preſque auffi fort que luy; mais comme il luy auroit eſté honteuxde fai- re voir qu'il avoit de méchans Eſpions, ou plutoſt qu'il n'en avoit point , il aima mieux fai- re bonne contenance dans fon
Poſte , que de s'en retourner furſes pas. C'eſt oùſon Armée apenſé périr, c'eſt où elle a tant manqué de Fourages , & tant mangédePain poury &de mé- chans Gâteaux. La neceffité y
eſtoit fi grande,qu'on endiſtri- buoit qu'un pour quatre Sol- dats. Ileſt mefme ſouvent arrivé que le Pain manquanten- tierement , elle n'a mangé que
de la Vache. Il eſt vray que
166 LE MERCVRE
l'on y a quelquefois donné quelques Eſcalins au lieu de Pain; mais ſi cet argent a em- peſché les plus ſeditieux de crier , il n'a pas empeſché de mourir de faim ceux à qui un fi foible ſecours ne pouvoit faire trouver dequoy manger.
Tant que le Prince Charles a
demeuré dans ce Poſte,quatre choſes ont ruiné ſon Armée;
laDeſertion, nos Partis,le man- que de Pain , & les Païfans qui prenoient tous ceux qui s'e- cartoient pour en chercher.
Les Marchez &les Places pu- bliques de Mets eſtoient rem- plis de leurs Chevaux qui ſe donnoient à fort grand mar- ché. Cefutdans ce temps que M. le Marefchal de Créquy fit faire à fon Armée ce beau
mouvement qui embaraſſa tat
GALANT. 167
les Ennemis.Il fit ſi bien placer fon Canon , qu'il leur tua plus de huit ou neuf cens Hommes , avant qu'on puſt enten-- dre le leur , qui ne fut en état de tirer que plus de trois heu- res apres le noſtre. Ils firent connoiſtre qu'ils n'avoient aucun deſſein de ſe battre , puis qu'ils repaſſerent la Seille. On trouva dans leur Camp quan- tité de Soldats qu'ils avoient enterrez,afin qu'on ne s'apper- çût pas de leur perte, & ils l'a- voient fait fi fort à la haſte ,
qu'ils leur avoient laiſſé leurs
habits & leur argent , dont on trouva méme une fomme conſidérable dans les Bottes d'un
Cavalier. On les pourſuivit dans leur Retraite,où ils perdi- rent encor beaucoup de mon- de. Cette pourfuite , & leur
168 LE MERCVRE
Canon , qu'ils tirerent à noſtre
exemplequelque temps aupa- ravant , nous coûterent auffi
quelques Gens. Nous perdî- mes M de Préfonval Lieutenant Colonel de la Couronne.
Quelques Gardesdu Corps fu- rent tuez , & deux Exempts bleſſez , qui fontM² de la Fou- chardiere & Mr Darmandaris.
Depuis ce temps les Ennemis ontſouvent changé de Pofte,
&Mr le Marefchal deCréquy a toûjours profité de leurs mouvemens. Ils eſtoient vis- àvis le Village d'Arancy , lors que ce vigilant Mareſchal ap- pritqu'ils attendoientungrand Convoy.Ilfit unDétachement
commandé par Mº de la Haye Lieutenant General , pour le furprendre. On leur tua plus dequatre cens Hommes, &on
leur
GALANT. 169
leurpritdumoins cent Charettes. Ceux qui ſe ſignalerent en cette occafion , furent Meffieurs les Marquis de Genlis &
de Renty,M le Comte deMo- reüil,M de la Fite, Mt le Comte d'Aubijoux , & M Marin.
M de la Haye y fut tué d'un coup deMouſquet. NosPartis ayant continue toûjours à les inquiéter , quatre Pieces de noſtre Canon chargées à cartouches, les incommoderent
fort aupres deMaleroy. Quelques jours apres comme onfui- voitleur marche avec l'ardeur
qui eſt ordinaire aux François,
M' le Chevalierd Eſtrades qui eſtoit Chefd'unParty de deux césChevaux, apperçeût quel- ques Troupesde leur Arriere- garde; il en fit avertir M. le
Comte de Maulevrier - ColTome V. P
170 LE MERCVRE bert, qui commandoit l'Aifle gauche. Ils'avança pour exa- minerla contenance des Ennemis, &les fit attaquer. Les Re- gimensdePortia &de Souches furent défaits. On découvrit
la queuë des Bagages, on ytua plus de deux cens Perſonnes,
onyfit centPrifonniers, & l'on pilla quantité deChariots. La Femme du Tréſorier del'Armée, quipar malheur ſe trou- va là dans fon Carroffe avec
d'autres Femmes, fut tuéedans
T'ardeur du Combat,fansqu'on ſceût meſme fi elle y eftoit.
Deux de nos Efcadrons , &
&quelquesDragons,plus avides de gloire que de bittin,
poufferentplus avant,&paf- ferent un Défilé. Ils furent
chargez par unCorps d'Enne- mis beaucoup plus conſidéra-
GALANT. 171
الاس
01
ble qu'ils n'eſtoient. Ils ſe retirerent enbon ordre, &ne perdirent pas trente Hommes.Les Ennemis n'oferent les pourſui- vre, &ils aimerent mieux laiffer emporteraux François tout ce qu'ils avoient pillé, qued'a- vancer pour les combattre, &
les empeſcher de profiter de | leur butin, Depuis cetemps-là le Prince Charles ſe promene,
&il ſemble qu'il ait enviede venir voir le Prince d'Orange,
qui n'eſt pas plus avancé que luy , quoy que l'un & l'autre foit en campagne depuis pres de trois mois. Je nedoute point qu'ils n'ayent entrepris quel- que choſe quand vous rece vrez ma Lettre , puis que je la finis dans le temps où ils doi- ventdu moins faire voirqu'ils
ell
20
n'ont 1 pas aſſemblé tant de
Pij
172 LE MERCVRE Troupes dans le ſeul deſſein
de nous obſerver. Le Prince
Charles n'auroit pas attendu fi long-temps à ſe déclarer , ſi M
le Mareſchal de Créquy l'euft laiſſé plus en repos mais ſa vi- gilance a toûjours détruit ce que ce Prince s'eſtoit propoſe de faire. Quand ils ont eſte ſé- parez, ila tenudes Ponts prefts pourfaire paſſer ſes Partis ; &
dans quelque Camp que les Ennemis ayent eſté , ils en ont toûjours eſté fatiguez . Ses Or- dres s'executoient avec tant de
ponctualité ; qu'on les a veu quelquefois inquiétez enmef- me temps par les Partis de Na- cy , par ceux des Lieux les plus proches , par les Détachemens de l'Armée , & par les Païfans.
C'eſt ainſi qu'on fait périr les Troupes les plus nombreuſes,
GALANT. 173
1
G
&que ſans rien perdre on ga- gne ſouventplus que fi ondo- noit une Bataille. M² de Beaufort Mareſchal de Camp,pouf- ſa une fois leur grande Garde - juſques à leurs Tentes. Quar torze Cuiraſſiers furent pris une autre fois par un Party de
vingt-cinq contre vingt-cinq.
Un LieutenantdeFufiliers,fortifiédesPaïſansduPaïs Meſſin,
attaqua &batit quelque temps apres un Convoy de Vin &
d'Eau de vie , dont il enfonça tous les Tonneaux ; & le MajorduRegimentdeCominges,
avec tres-peu de Gens , avoit défait quelques jours aupara- vant quatre-vingt Cuiraffiers,
dont la plupart furent faits pri- fonniers.; Je pourrois vous raconter encor unnombre infiny d'actions de vigueur qui ont
Piij
174 LE MERCVRE
८
eſté faites par nosPartis ; mais je vous veux ſeulement parler dedeuxdont les circonstances
font affez curieuſes. Le Prince
Charles s'ennuyant de ne rien faire , & ne voulant pas que l'on s'aperçeut de ſon chagrin,
refolut de donner le Bal aux
principales Dames de fon Ar- mée. Cela ne doit pas vous étonner, les Allemans ne mar- chent guéres qu'en Famille.
Comme il n'eſt point de Nation qui n'imite les François en quelque choſe , les Allemans pour pour paroiſtre avec plus de galanterie, voulurent avoir de nos Habits les plus à la mo- de,&le Prince Charles en envoya demander par unTrom- pete au Lieutenant de Royde Mets , lequel par une honne- ſteté toute Françoiſe luy en-
GALANT. 175
هللا
que
A
10.1
N
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arc
ne
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yen
:
voya auſſi-toſt des Tailleurs ,
avec les Etofes les plus nou- velles qu'on puſt trouver. Les Habits ſe firent, &on commeça le Bal. M de Créqui prit ce temps pour leur donner un au- tre BLIOTHEQUR
divertiſſement. Il envoya Iron quelques Troupes qui donne rent l'alarme dans l'un de leurs
Quartiers, & qui eurent ordre
de ſe retirer d'une maniere qui pût engager les Ennemis à les pour ſuivre. Ses Ordres furent ponctuellement executez ; &
comme il avoit fait placer plu- fieurs Canons chargez à car- touches dans un endroitoù les
Ennemis ne croyoient pas qu'il y en euſt , la plupart de ceux qui pourſuivirentnos Gens fu- rent tuez ou bleffez ; & l'alarmes s'eſtant répaduëdans tout le Gamp , le Bal fut tellement
LYON
176 LE MERCVRE
troublé , que les Allemans oublierent leurs Dances , &
ne ſceurent plus faire de pas que pour décamper quel- ques jours apres. Le Canon ne leur fut pas moins fatal le jour que leurs Fourageurs fu- rent enlevez. La plupart des Officiers qui avoient des Va- lets au fourage, s'attrouperent pour les venir défendre ; mais ils n'oferent avancer , & l'on
euſtditqu'ils n'eſtoient venus que pour eſtre témoins de la perte de leurs Chevaux. Ils ne
s'en retournerent pourtantpas tous , &pluſieurs furent tuez par noſtre Canon. Vous direz peut- eſtre que c'eſt n'avoir rien fait, que de n'avoir ni pris de Places, ni gagné deBatail- les ; mais apres les premiers
avantages que nous avons
GALANT. 177
1
remportez , n'est-il pas bien glorieux d'empefcher tant de Puiſſances unies d'executer
aucune dn leurs entrepriſes ?
De pareils emplois demandent le Capitaine le plus confom- mé ; ils ont dequoy exercer toute fon experience , & de- quoy le rendre vigilant, eſtant obligé de faire des mouve- mens continuels , & de pren- dre garde en meſme temps de n'en faire aucun de faux.C'eſt
par là qu'on ruine infenfible- ment les Armées ennemies
mais il ne ſuffit pas pour cela d'avoir du cœur, il faut avoir
de l'eſprit & de l'adreſſe , &
que la tefte agiffe plus que le bras. Mr de Créquy a montré depuis trois mois que toutes
ces choſes ne luy eſtoient pas inconnuës , & qu'il ſçavoit
178 LE MERCVRE joindre la conduite & la pru- dence à la haute valeur dont
il a donné des marques dans un nombre infini d'occaſions,
&dans la diverſité des mouvemens qu'il a faits. Comme il ne s'en eſt pas trouvé unde faux, on ne peut marcher plus glorieuſement qu'il fait ſur les traces de M'de Turenne. Il l'a
imité en toutes chofes,&toutes les Lettres nous affurent
qu'il ne s'eſt pas fait moins ai- mer dans toutes les Troupes qu'il commande,qu'il s'est fait craindre parmi celles qui lui font oppoſées.
'La feconde Armée d'Allemagne , compoſée des Trou- pes des Cercles , n'a pas fait plus de progrez que celle du Prince Charles. M de Monclar l'obſerve de prés, &M' le
GALANT. 179
Marquis de Bligny l'eſt allé joindre avec unDétachement de dix Eſcadrons. Il y a prés de trois mois que le Prince
dOrange aſſemble la fienne,
■ & qu'il attend celle de dix ou
douze Alliez qui marche de- puis long-temps. Ila parujuf- ques icyque toutes cesTrou- pes n'estoient en campagne que pour arrefterles courſesde delaGarnifon de Maftric ; ce
qu'elles n'ont toutefois pû fai- re. Mr de la Motte avec un
Détachement, a eſté prendre force Beſtiaux du coſtede Namur; &M le Duc de Luxembourg a fouragé long-temps juſques aux Portes de Bruxel- les.Il aenvoyéquelques Troupes aux environs d'Oudenarde ſous le commandement de
Mellieurs dela Motte &d'Au
ZB
180 LE MERCVRE
ger. Le Prince d'Orange com- mença à décamper le 15.&M²
de Luxembourg le 16. Je ne
vous en diray rien davantage dans cette Lettre, quand mef- me on entreprendroit quelque choſe avantqu'elle fut fermée,
afin de vous en parler au long dans la premiere que je vous écriray,&de ne vous enpoint faire le détailàdeux fois
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Résumé : Ce qui s'est passé en Allemagne entre l'Armée du Roy & celle de l'Empereur. [titre d'après la table]
Le texte relate les opérations militaires entre les forces françaises et une coalition de plus de vingt puissances souveraines. Malgré les difficultés et les fatigues des sièges, les armées françaises, dirigées par le maréchal de Créquy et le duc de Luxembourg, ont réussi à résister aux assauts ennemis. Les armées françaises bénéficient d'un approvisionnement efficace grâce à la prévoyance du roi et au zèle des ministres. Le prince Charles, commandant l'armée de l'Empereur, a tenté plusieurs actions, mais a été contré par les mouvements stratégiques et les partis de Créquy. Les troupes du prince Charles ont souffert de désertions, de manque de ravitaillement et de harcèlement constant par les forces françaises. Plusieurs actions notables, comme l'attaque d'un convoi et la perturbation d'un bal organisé par le prince Charles, illustrent la vigilance et l'efficacité des troupes françaises. Le maréchal de Créquy a démontré une grande expérience et une vigilance constante, affaiblissant progressivement les armées ennemies sans livrer de batailles décisives. La deuxième armée d'Allemagne, composée des troupes des Cercles, n'a pas non plus fait de progrès significatifs, étant étroitement surveillée par les forces françaises. Le prince d'Orange et ses alliés sont également en campagne, mais sans succès notable. Par ailleurs, l'auteur mentionne qu'il ne fournira pas davantage de détails dans la lettre actuelle, préférant en discuter plus en profondeur dans la prochaine lettre afin d'éviter un double récit et de traiter le sujet de manière exhaustive.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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89
p. 253-255
Le Roy donne le Regiment de la Fere au Fils de M le Mareschal de Crequy; le Commandement de Thionville à M. de Choisy; & la Lieutenance du Roy de Montelimart, à M. de Serignan. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné le Regiment de la Fére qu'avoit [...]
Mots clefs :
Marquis de Créquy, Mr de Serignan, Lieutenance
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texteReconnaissance textuelle : Le Roy donne le Regiment de la Fere au Fils de M le Mareschal de Crequy; le Commandement de Thionville à M. de Choisy; & la Lieutenance du Roy de Montelimart, à M. de Serignan. [titre d'après la table]
Le Roy a donné le Regi- ment de la Fére qu'avoit M
de la Haye , à Me le Marquis de Créquy , âgé de quinze ans, qui fert d'Ayde de Camp àMr le Marefchal de Créquy fon Pere. Ce jeune Marquis montre déja tant d'ardeur pour la gloire , que fi on lui laiſſoit la liberté de faire tout
ceque fon courage lui infpi- re, il s'expoſeroit tous les jours
aux
GALANT. 181
1
C
OL
aux dangers les plus évidens.
IM de Choiſy a eu le Comma- dement de Thionville, ce Pofte ayant auſſi vaqué par la mort de M de la Haye Liutenant General. Il eſtoitGouverneur
de S.Venant, lors que SaMaje- ſté l'envoya aux Indes en qua- lité de Viceroy. Il entendoit parfaitementles Fortifications,
& paffoit pour un Homme
tres- ſage. La Lieutenance de Roy deMontelimart a eſté dõő- née à Mr de Serignan Ayde- 'Major des Gardes du Corps.
Les ſervices qu'il a rendus, ont toûjours efté agreables auRoy,
rqu &fa Familleeft connut
de la Haye , à Me le Marquis de Créquy , âgé de quinze ans, qui fert d'Ayde de Camp àMr le Marefchal de Créquy fon Pere. Ce jeune Marquis montre déja tant d'ardeur pour la gloire , que fi on lui laiſſoit la liberté de faire tout
ceque fon courage lui infpi- re, il s'expoſeroit tous les jours
aux
GALANT. 181
1
C
OL
aux dangers les plus évidens.
IM de Choiſy a eu le Comma- dement de Thionville, ce Pofte ayant auſſi vaqué par la mort de M de la Haye Liutenant General. Il eſtoitGouverneur
de S.Venant, lors que SaMaje- ſté l'envoya aux Indes en qua- lité de Viceroy. Il entendoit parfaitementles Fortifications,
& paffoit pour un Homme
tres- ſage. La Lieutenance de Roy deMontelimart a eſté dõő- née à Mr de Serignan Ayde- 'Major des Gardes du Corps.
Les ſervices qu'il a rendus, ont toûjours efté agreables auRoy,
rqu &fa Familleeft connut
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Résumé : Le Roy donne le Regiment de la Fere au Fils de M le Mareschal de Crequy; le Commandement de Thionville à M. de Choisy; & la Lieutenance du Roy de Montelimart, à M. de Serignan. [titre d'après la table]
Le roi a attribué le régiment de La Fère au marquis de Créquy, âgé de quinze ans. L'abbé de Choisy, compétent en fortifications, a reçu le commandement de Thionville. M. de Serignan, aide-major des Gardes du Corps, a été nommé lieutenant du roi à Montélimar.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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90
p. 281-2[91]
Description de la Feste de Sceaux. [titre d'après la table]
Début :
Je croy, Madame, que vous estes dans l'impatience de sçavoir [...]
Mots clefs :
Colbert, Fête des Sceaux, Divertir, Faste, Opéra d'Hermione, Plaisirs, Dames, Tables, Feu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description de la Feste de Sceaux. [titre d'après la table]
Je croy, Madame , que vous eftes dans l'impatience de ſça- voir ce qui s'eſt paſſé à la Feſte de Sceaux; il eſt temps de fa- tisfaire voſtre curioſité. Le
Roy voulant faire l'honneur à
M' Colbertd'y aller voir ſa bel- le Maiſon , choiſit le jour de cette Promenade ; & ce ſage Miniſtre en ayant eſté averty ,
ſe prépara àl'y recevoir en ze- léSujet qui attendſon Maître,
&un Maiſtre comme le Roy.
Il ne chercha point àfaire une de cesFeſtes ſomptueuſes dont l'exceſſive dépéſe n'attire ſou- vent que le deſordre,& qui fa- risfont plus l'ambition de ceux qui les donnent , qu'elles ne cauſent de plaisir à ceux pour quionles fait.Laprofufion qui s'y trouve ſemble n'appartenir
GALANT. 203 qu'aux Souverains ; & quand oncherche plus àdivertirqu'à faire bruit par le faſte , on s'at- tache moins à cequi coûte ex- traordinairement , qu'à ce qui doit paroiſtre agreable. C'eſt ceque fitMColbert aveccette prudence qui accompagnė toutes ſes actions. Il ſongea ſeulement à une Reception bienentenduë, &il voulut que la propreté,le bon ordre , &la diverſité des plaiſirs , tinſſent lieu de cette ſomptuoſité ex- traordinaire , qu'il n'eutpûja- mais porter affez loin , s'il l'eut voulu proportionner à la grace que luy faifoit le plus grand Prince duMonde.Cetheureux
jour venu , il fit aſſembler tous les Habitans dés le matin, leur
appris le deſſein que le Roy avoit de venir à Sceaux ; &
204 LE MERCVRE pour augmenter la joye qu'ils luy en firent paroiſtre , & leur donner lieu de garder long- temps le ſouvenirdel'honneur que Sa Majesté luy faiſoit , il leur dit qu'ils devoient payer une année de Taille au Roy ,
mais qu'ils fongeaſſent ſeule- ment à trouver dequoy ſatis- faire aux fix premiers mois , &
qu'ilpayeroitle reſte poureux.
Ils ſe retirerent fort ſatisfaits,
&ſe furent préparer àdonner des marques publiques de la joye qu'ils avoient de voir le Roy. Ce Prince n'en décou- vritpourtantrienaux environs de Sceaux, tout y eſtoit tran- quile , &l'on n'eut pas meſime dit en entrant dans la Maiſon
de M Colbert , qu'on y euſt fait aucuns préparatifs pourla Reception de Leurs Majeſtez.
Elles
GALANT. 205
10
10
후
el
Elles en voulurent voir d'abord les
Apartemens , dont les Ornemens &
les Meubles eſtoient dans cette merveilleuſe propreté , qui n'arreſte pas moins les yeux que l'extraordinaire magnificence. Onſepromenaen ſuite, &ce ne fut pas fans admirerplu- ſieurs endroits particuliers du Iardin.
LaPromenade fut interrompuë par le Divertiſſement du Prologue de l'O- péra d'Hermione , apres lequel on acheva de voir les raretez du Iardin.
LesPlaiſirs ſe rencontrerentpar tout.
D'un coſté il y avoit des Voix , des Inſtrumens de l'autre;&le tout eftant <
YON
court,agreable,dőné à propos,&fans eſtre attendu,divertiſſoitde plus d'une maniere ; point de confufion, &toû- joursnouvelle ſurpriſe.Ie nevous par- le pointdu Souper,tout yestoit digne de celuy qui le donnoit ; on ne peut rien dire de plus fort pour marquer une extreme propreté , jointe à tout ceque lesMets les mieux afſaiſonnez
peuvent avoir dedélicateſſe. M. Col- bert ſervit le Roy & la Reyne ; &
Monſeigneur le Dauphin fut ſervy_
Tome V. S
206 LE MERCVRE
parM leMarquisde Segnelay. Leurs Majeſtez s'eſtant aſſiſes , & aupres d'elles Monſeigneur le Dauphin,Ma- demoiselle d'Orleans , Madame la Grand' Ducheffe,&Mademoiſelle de
Blois; le Roy fit mettre àtable plu- ſieurs Dames , dont je ne m'engage pas àvous dire des noms ſelon leur rang. Ces Dames furent Mademoi- ſelle d'Elbeuf, Madame la Duchefſe
de Richelieu , Madame de Bethune,
Madame deMonteſpan , Madame la Mareſchale de Humieres, Madame la
Cõteffe deGuiche,Mad.de Thiange,
Mad. la Marquiſe de la Ferté , Mad.
d'Eudicour , Mad. Colbert , Mad. la Ducheffe de Chevreuſe , Madame la
Comteffe de S. Aignan , Madame la Marquiſe de Segnelay, & Mademoi- ſelle Colbert. Toutes ces Dames furent ſervies par les Gens de M Col- bert , le Roy n'ayant voulu donner cet ordre à aucun de ſes Officiers. Il
yavoitdeux autres Tablesend'autres Salles , àl'une deſquelles eſtoit M¹ le Duc, & à l'autre Mr le Prince de Conty,Mr de la Rocheſur-Yon fon
GALANT. 207 Frere, &M le Ducde Vermandois,
avec pluſieurs autres Perſonnes des plus qualifiées de la Cour. M le Duc deChevreuſe, &M le Comte de S.
Aignan , firent les honneurs de ces deux Tables. Le Soupé fut ſuivy d'un Feu d'Artifice admirable, qui divertit d'autant plus,que ce beau Lieu'eftant tout remplis d'Echos, le bruit que les Boëtes faifoient eſtoit redoublé de
toutes parts. Ce ne fut pas la ſeule furpriſe que caufa ce Feu ; il n'y avoit point d'apparence qu il y en dust avoirdans le lieu où il parut, & l'étonnement futgrandlors qu'on le vit brûler tout à coup, &qu'il ſe fit entendre. Les Villages eirconvoiſins commencerent alors à donner des
marquesde leurs allegreffe,& l'on en vit fortir enmeſmetemps un nombre infiny de Fuſées Volantes dans toute l'étenduë de l'Horiſon qui peut eftre veuë du Chafteau ; de maniere qu'on euſt dit que le Village de Sceaux ne vouloit pas ſeulement témoigner la joye qu'il reſſentoit de voir un fi grandRoy , mais encor que toute la
{
Sij
208 LE MERCVRE Nature vouloit contribuer à ſes plai
firs.
Le feu fut à peine finy, que toute laCourentradansl'Orangerie,où elle fut de nouveau agreablement ſurpri- ſe. Elle trouva dans le même endroit
où l'on avoit chanté quelques Airs de l'Opéra , un Theatre magnifique,
avecdes enfoncemens admirables. Il
paroifſoit avoir eſté mis là par en- chantement, àcauſe du peu de temps qu'on avoit eu pour le dreffer. M'le Bruny avoitdonné ſes ſoins, &rien n'y manquoit. La Phédre de Mº de Racine y fut repreſentée, &applau- die à fon ordinaire. Cette Fête parût finie avec la Comédie, & M² Colbert eut l'avantage d'entendre dire à Sa Majesté , qu'elle ne s'eſtoit jamais plus agreablement divertie. Apeine fut-elle horsduChâteau, qu'elle trou- vade nouvelles Fêtes,& vit briller de
nouveaux Feux. Tout estoit en joye,
on dançoit d'un coſté,on chantoitde l'autre. Les Hautbois ſe faiſoient entendre parmyles cris de Vive le Roy,
&les Violons ſembloient ſervir d'E-
1
Σ
S
F
di
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GALANT. 209
choàtous ces cris d'allegreffe. Iamais on ne vit de Nuit ſi bien éclairée ;
tous les Arbres eſtoient chargez de lumieres , & les Chemins eftoient
couverts de feüillées. Toutes les Paï-.
ſannes dançoient deſſous ; elles n'a- voient rien oublié de tout ce qui les
pouvoit rendre propres ; & quantité de Bourgeoiſes qui vouloient prendre part à la Feſte, s'eſtoient mêlées avec elles. Ce fut ainſi que Mª Colbert di- vertit le Roypar des ſurpriſes agrea- bles ,&des plaiſirs toûjours renaif- fans lesunsdes autres. Ses ordres furent executez avec tant de juſteſſe &
tant d'exactitude , que tout divertit également dans cette Feſte , & qu'il n'y eutpointde confufion. Onpeut dire qu'elle fut ſompcueufe,ſans faſte,
&abondante en toutes choſes , ſans
qu'il y euſt rien de ſuperflu.
Roy voulant faire l'honneur à
M' Colbertd'y aller voir ſa bel- le Maiſon , choiſit le jour de cette Promenade ; & ce ſage Miniſtre en ayant eſté averty ,
ſe prépara àl'y recevoir en ze- léSujet qui attendſon Maître,
&un Maiſtre comme le Roy.
Il ne chercha point àfaire une de cesFeſtes ſomptueuſes dont l'exceſſive dépéſe n'attire ſou- vent que le deſordre,& qui fa- risfont plus l'ambition de ceux qui les donnent , qu'elles ne cauſent de plaisir à ceux pour quionles fait.Laprofufion qui s'y trouve ſemble n'appartenir
GALANT. 203 qu'aux Souverains ; & quand oncherche plus àdivertirqu'à faire bruit par le faſte , on s'at- tache moins à cequi coûte ex- traordinairement , qu'à ce qui doit paroiſtre agreable. C'eſt ceque fitMColbert aveccette prudence qui accompagnė toutes ſes actions. Il ſongea ſeulement à une Reception bienentenduë, &il voulut que la propreté,le bon ordre , &la diverſité des plaiſirs , tinſſent lieu de cette ſomptuoſité ex- traordinaire , qu'il n'eutpûja- mais porter affez loin , s'il l'eut voulu proportionner à la grace que luy faifoit le plus grand Prince duMonde.Cetheureux
jour venu , il fit aſſembler tous les Habitans dés le matin, leur
appris le deſſein que le Roy avoit de venir à Sceaux ; &
204 LE MERCVRE pour augmenter la joye qu'ils luy en firent paroiſtre , & leur donner lieu de garder long- temps le ſouvenirdel'honneur que Sa Majesté luy faiſoit , il leur dit qu'ils devoient payer une année de Taille au Roy ,
mais qu'ils fongeaſſent ſeule- ment à trouver dequoy ſatis- faire aux fix premiers mois , &
qu'ilpayeroitle reſte poureux.
Ils ſe retirerent fort ſatisfaits,
&ſe furent préparer àdonner des marques publiques de la joye qu'ils avoient de voir le Roy. Ce Prince n'en décou- vritpourtantrienaux environs de Sceaux, tout y eſtoit tran- quile , &l'on n'eut pas meſime dit en entrant dans la Maiſon
de M Colbert , qu'on y euſt fait aucuns préparatifs pourla Reception de Leurs Majeſtez.
Elles
GALANT. 205
10
10
후
el
Elles en voulurent voir d'abord les
Apartemens , dont les Ornemens &
les Meubles eſtoient dans cette merveilleuſe propreté , qui n'arreſte pas moins les yeux que l'extraordinaire magnificence. Onſepromenaen ſuite, &ce ne fut pas fans admirerplu- ſieurs endroits particuliers du Iardin.
LaPromenade fut interrompuë par le Divertiſſement du Prologue de l'O- péra d'Hermione , apres lequel on acheva de voir les raretez du Iardin.
LesPlaiſirs ſe rencontrerentpar tout.
D'un coſté il y avoit des Voix , des Inſtrumens de l'autre;&le tout eftant <
YON
court,agreable,dőné à propos,&fans eſtre attendu,divertiſſoitde plus d'une maniere ; point de confufion, &toû- joursnouvelle ſurpriſe.Ie nevous par- le pointdu Souper,tout yestoit digne de celuy qui le donnoit ; on ne peut rien dire de plus fort pour marquer une extreme propreté , jointe à tout ceque lesMets les mieux afſaiſonnez
peuvent avoir dedélicateſſe. M. Col- bert ſervit le Roy & la Reyne ; &
Monſeigneur le Dauphin fut ſervy_
Tome V. S
206 LE MERCVRE
parM leMarquisde Segnelay. Leurs Majeſtez s'eſtant aſſiſes , & aupres d'elles Monſeigneur le Dauphin,Ma- demoiselle d'Orleans , Madame la Grand' Ducheffe,&Mademoiſelle de
Blois; le Roy fit mettre àtable plu- ſieurs Dames , dont je ne m'engage pas àvous dire des noms ſelon leur rang. Ces Dames furent Mademoi- ſelle d'Elbeuf, Madame la Duchefſe
de Richelieu , Madame de Bethune,
Madame deMonteſpan , Madame la Mareſchale de Humieres, Madame la
Cõteffe deGuiche,Mad.de Thiange,
Mad. la Marquiſe de la Ferté , Mad.
d'Eudicour , Mad. Colbert , Mad. la Ducheffe de Chevreuſe , Madame la
Comteffe de S. Aignan , Madame la Marquiſe de Segnelay, & Mademoi- ſelle Colbert. Toutes ces Dames furent ſervies par les Gens de M Col- bert , le Roy n'ayant voulu donner cet ordre à aucun de ſes Officiers. Il
yavoitdeux autres Tablesend'autres Salles , àl'une deſquelles eſtoit M¹ le Duc, & à l'autre Mr le Prince de Conty,Mr de la Rocheſur-Yon fon
GALANT. 207 Frere, &M le Ducde Vermandois,
avec pluſieurs autres Perſonnes des plus qualifiées de la Cour. M le Duc deChevreuſe, &M le Comte de S.
Aignan , firent les honneurs de ces deux Tables. Le Soupé fut ſuivy d'un Feu d'Artifice admirable, qui divertit d'autant plus,que ce beau Lieu'eftant tout remplis d'Echos, le bruit que les Boëtes faifoient eſtoit redoublé de
toutes parts. Ce ne fut pas la ſeule furpriſe que caufa ce Feu ; il n'y avoit point d'apparence qu il y en dust avoirdans le lieu où il parut, & l'étonnement futgrandlors qu'on le vit brûler tout à coup, &qu'il ſe fit entendre. Les Villages eirconvoiſins commencerent alors à donner des
marquesde leurs allegreffe,& l'on en vit fortir enmeſmetemps un nombre infiny de Fuſées Volantes dans toute l'étenduë de l'Horiſon qui peut eftre veuë du Chafteau ; de maniere qu'on euſt dit que le Village de Sceaux ne vouloit pas ſeulement témoigner la joye qu'il reſſentoit de voir un fi grandRoy , mais encor que toute la
{
Sij
208 LE MERCVRE Nature vouloit contribuer à ſes plai
firs.
Le feu fut à peine finy, que toute laCourentradansl'Orangerie,où elle fut de nouveau agreablement ſurpri- ſe. Elle trouva dans le même endroit
où l'on avoit chanté quelques Airs de l'Opéra , un Theatre magnifique,
avecdes enfoncemens admirables. Il
paroifſoit avoir eſté mis là par en- chantement, àcauſe du peu de temps qu'on avoit eu pour le dreffer. M'le Bruny avoitdonné ſes ſoins, &rien n'y manquoit. La Phédre de Mº de Racine y fut repreſentée, &applau- die à fon ordinaire. Cette Fête parût finie avec la Comédie, & M² Colbert eut l'avantage d'entendre dire à Sa Majesté , qu'elle ne s'eſtoit jamais plus agreablement divertie. Apeine fut-elle horsduChâteau, qu'elle trou- vade nouvelles Fêtes,& vit briller de
nouveaux Feux. Tout estoit en joye,
on dançoit d'un coſté,on chantoitde l'autre. Les Hautbois ſe faiſoient entendre parmyles cris de Vive le Roy,
&les Violons ſembloient ſervir d'E-
1
Σ
S
F
di
ار
GALANT. 209
choàtous ces cris d'allegreffe. Iamais on ne vit de Nuit ſi bien éclairée ;
tous les Arbres eſtoient chargez de lumieres , & les Chemins eftoient
couverts de feüillées. Toutes les Paï-.
ſannes dançoient deſſous ; elles n'a- voient rien oublié de tout ce qui les
pouvoit rendre propres ; & quantité de Bourgeoiſes qui vouloient prendre part à la Feſte, s'eſtoient mêlées avec elles. Ce fut ainſi que Mª Colbert di- vertit le Roypar des ſurpriſes agrea- bles ,&des plaiſirs toûjours renaif- fans lesunsdes autres. Ses ordres furent executez avec tant de juſteſſe &
tant d'exactitude , que tout divertit également dans cette Feſte , & qu'il n'y eutpointde confufion. Onpeut dire qu'elle fut ſompcueufe,ſans faſte,
&abondante en toutes choſes , ſans
qu'il y euſt rien de ſuperflu.
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Résumé : Description de la Feste de Sceaux. [titre d'après la table]
Le texte décrit la visite du roi à la maison de Monsieur Colbert à Sceaux. Colbert, ayant été informé de la visite royale, se prépara en privilégiant la propreté, le bon ordre et la diversité des plaisirs, sans chercher à organiser une fête somptueuse. Le jour de la visite, il rassembla les habitants de Sceaux pour leur annoncer la venue du roi et leur offrir une réduction de la taille pour l'année. La visite du roi et de la reine se déroula sans signe apparent de préparation, mais ils découvrirent une maison et un jardin impeccables. La promenade fut agrémentée de divers divertissements, comme la représentation du prologue de l'opéra 'Hermione' et une visite des jardins. Le souper fut servi par Colbert lui-même, avec une grande propreté et délicatesse. Après le souper, un feu d'artifice impressionnant fut tiré, suivi d'une représentation de 'Phèdre' de Racine dans un théâtre improvisé. La nuit se poursuivit avec des danses, des chants et des illuminations, créant une atmosphère joyeuse et festive. La fête fut marquée par des surprises agréables et des plaisirs continus, sans confusion ni excès.
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91
p. 116-126
COMPLIMENT FAIT AU ROY, En luy presentant l'Estampe de l'Obelisque érigé à sa gloire dans la Ville d'Arles.
Début :
Vous voyez, Madame, que j'ay pas flaté Mr de Roubin / Sire, je viens offrir à Vostre Masjesté au nom de [...]
Mots clefs :
Compliment, Arles, Estampe, Obélisque, Actions héroïques, Romains, France, Victoires, Roi
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texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENT FAIT AU ROY, En luy presentant l'Estampe de l'Obelisque érigé à sa gloire dans la Ville d'Arles.
Vousvoyez , Madame , que
je n'av pas flaté Monfieur de Roubin , par ce que je vous ay dit à fon avantage. Il eſt du Pont S. Eſprit en Languedoc. L'amour qu'il a toûjours eu pourles Sciences ne l'a pas em- peſché de prendre party dans la Guerre , où il a eſté Officier,
&fort aimé de feu Monfieur
de Guiſe , qui avoit pour luy
GALANT. 83
e
une confideration toute parti- culiere. Vous vous plaindriez ſans doute ſi je negligeois de vous faire partdu Compliment qu'il a fait au Roy en s'acqui- tant de la commiflion qu'il a- voit reçeuë. Sa Majesté l'écou- ta tres-favorablement , & en a parlé depuis d'une maniere fi glorieuſe pour luy , qu'il n'a beſoin d'aucun autre Eloge.
Voicy les termes dõt il ſe ſervit.
COMPLIMENT
FAIT AU Roy ,
En luy preſentant l'Eſtampe del'O beliſque érigé à ſa gloire dans la Ville d'Arles..
Γ
U
C.
U
1-
15
الی STRE ty
IRE ,
Je viens offrir à Vostre
84 LE MERCVRE Majestéaunomdesa Ville d'Arles , la Figure de l'Obelisque qu'elle afait ériger nouvellement àfagloire. Cette Ville , SIRE ,
qui fut autrefois un desplus Auguſtes Theatres de la magnificen- ce &de la grandeurdes Romains,
&quiſe reſſentant encor aujour- dhuy du commerce qu'elle aeu ft
long-tempsavec ces grands Hom- mes ,ſemble en avoir berité les genereuſes inclinations
jours esté prevenuë de tant d'amour pour les Actions Heroïques,
qu'elle n'a pû voir celles dont V.
M. vient deſe ſignaler dans ces dernieres Campagnes ,fans conce- voir pour Elle des fentimens de veneration , dont elle a voulu
donner des marques publiques à
toute la France. En effet , SIRE,
tandis que V. M. defendsi gene-- reusement nos Frontieres contre
a toû
GALANT. 85
-
1
A
2
ATHELOR
les efforts de tant d'Ennemis , &
que par tant de nobles travaux & tant de glorieuses fatigues .
elle aſſure noftre repos , &nous faitmesme dansle plusfort de la
Guerre , joüir de cette profonde paix , & de cette douce tranquil- lité quifait le bon-heurdes Peuples;tandis queparde nouvelles
Conquestes elle augmente tous les jours les bornes de cet Empire , &
que victorieuſes promenant par , elletout porte
putation de la France jusqu duoc
extremitez de la terre
pas raisonnable que pour tant d'Illustres bienfaits nous luy
donnions quelque témoignage d'u- ne eternelle reconnoissance , &
que par une juste rétribution de
la gloire que lafplendeur & lafelicitédefon Regne répandentfur
tous les François , nous employions
mes
,
LazeLYON
n'est-it
$
86 LE MERCURE
tous nos foins & tous nos efforts pour immortaliser la fienne ?
Nous sommes SIRE ,ſi convain- cus d'un ſi juſte &fi legitime devoir, que-ne pouvant rien trou- ver fur la Terre qui meritaſt de vous estre offert foüilléjusques dans le fond deſon Sein , pour en tirer cet auguste
Monument que la Providence n'avoit fans-doute pris foin d'y
tenir caché durant tant de Siecles , qu'afin quefon Antiquitéle
rendist plus prétieux &plus ve- nerable , plus digne enfin de fer- vir un jour à la gloire du plus grand des Rois. Ilest vray , SIRE,
&je veux l'avoüer icy , qu'un ſi grand &fi magnifique deſſein auroit peut-estre demeuré long- tempsſans execution ,fi cette no- bleCompagniequi compoſevostre Academie Royale , & que nostre
nous avons
Ville
GALANT. 87
.
コーe
Ville regarde comme undeses plus
riches ornemens , ne nous eust enhardisà cette entrepriſe , ennous remontrant qu'il ne faut jamais vien trouver d'impoſſible , nymes- me de difficile , quand il s'agit
de marquerfon zele pour lagloire de V. M. Comme ces Illustres
Génies ont pourbut l'Immortalité, ils ont crû que ce n'estoit point affezde confierau papier lefoin de transmettre aux Siecles fu- turs lefouvenir des merveilles de
voftre Regne , qu'ilfalloit que le Marbre &le bronzefuſſent em- ployezàce granddefſcin , &que pour consacrer voſtre gloire par un Ouvrage qui pust durer an- tant que le Monde,il estoit neceffaire que cet Obélifque demeurast comme un grand Livre toûjours ouvert auxyeux de la Pofterité,
oùvos Actions immortellesfuffent
TomeVI. H
88 LE MERCVRE
écrites avec des caracteres que le
temps nepeut effacer. C'est par là , SIRE , que les uns &les au- tresse font agreablement flatez de ce doux espoir, que vous auriez la bonté de recevoir ce témoignage de leur Zele avec quel- que forte de complaisance , &de
leur accorder en ſuite l'honneur
devostre Auguste &Royale protection. C'est l'unique grace , SIRE , qu'ils viennent aujourd'huy vous demander par ma bouche ,
&dont peut- estre Vostre Majesté
ne les trouveroit pas tout-à-fait
indignes ,fi on pouvoit la meriter par les plus profonds fentimens d'un inviolable respect , par les Sermensfolemnels d'une eternelle
fidelité, &par les vœux ardens
qu'ils font tous les jours au Ciel pour la conſervation de voſtre Perſonne Sacrée , aussi bien que
GALANT. 89
pour la continuation de vos profperitez &de vos Victoires.
je n'av pas flaté Monfieur de Roubin , par ce que je vous ay dit à fon avantage. Il eſt du Pont S. Eſprit en Languedoc. L'amour qu'il a toûjours eu pourles Sciences ne l'a pas em- peſché de prendre party dans la Guerre , où il a eſté Officier,
&fort aimé de feu Monfieur
de Guiſe , qui avoit pour luy
GALANT. 83
e
une confideration toute parti- culiere. Vous vous plaindriez ſans doute ſi je negligeois de vous faire partdu Compliment qu'il a fait au Roy en s'acqui- tant de la commiflion qu'il a- voit reçeuë. Sa Majesté l'écou- ta tres-favorablement , & en a parlé depuis d'une maniere fi glorieuſe pour luy , qu'il n'a beſoin d'aucun autre Eloge.
Voicy les termes dõt il ſe ſervit.
COMPLIMENT
FAIT AU Roy ,
En luy preſentant l'Eſtampe del'O beliſque érigé à ſa gloire dans la Ville d'Arles..
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الی STRE ty
IRE ,
Je viens offrir à Vostre
84 LE MERCVRE Majestéaunomdesa Ville d'Arles , la Figure de l'Obelisque qu'elle afait ériger nouvellement àfagloire. Cette Ville , SIRE ,
qui fut autrefois un desplus Auguſtes Theatres de la magnificen- ce &de la grandeurdes Romains,
&quiſe reſſentant encor aujour- dhuy du commerce qu'elle aeu ft
long-tempsavec ces grands Hom- mes ,ſemble en avoir berité les genereuſes inclinations
jours esté prevenuë de tant d'amour pour les Actions Heroïques,
qu'elle n'a pû voir celles dont V.
M. vient deſe ſignaler dans ces dernieres Campagnes ,fans conce- voir pour Elle des fentimens de veneration , dont elle a voulu
donner des marques publiques à
toute la France. En effet , SIRE,
tandis que V. M. defendsi gene-- reusement nos Frontieres contre
a toû
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A
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ATHELOR
les efforts de tant d'Ennemis , &
que par tant de nobles travaux & tant de glorieuses fatigues .
elle aſſure noftre repos , &nous faitmesme dansle plusfort de la
Guerre , joüir de cette profonde paix , & de cette douce tranquil- lité quifait le bon-heurdes Peuples;tandis queparde nouvelles
Conquestes elle augmente tous les jours les bornes de cet Empire , &
que victorieuſes promenant par , elletout porte
putation de la France jusqu duoc
extremitez de la terre
pas raisonnable que pour tant d'Illustres bienfaits nous luy
donnions quelque témoignage d'u- ne eternelle reconnoissance , &
que par une juste rétribution de
la gloire que lafplendeur & lafelicitédefon Regne répandentfur
tous les François , nous employions
mes
,
LazeLYON
n'est-it
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86 LE MERCURE
tous nos foins & tous nos efforts pour immortaliser la fienne ?
Nous sommes SIRE ,ſi convain- cus d'un ſi juſte &fi legitime devoir, que-ne pouvant rien trou- ver fur la Terre qui meritaſt de vous estre offert foüilléjusques dans le fond deſon Sein , pour en tirer cet auguste
Monument que la Providence n'avoit fans-doute pris foin d'y
tenir caché durant tant de Siecles , qu'afin quefon Antiquitéle
rendist plus prétieux &plus ve- nerable , plus digne enfin de fer- vir un jour à la gloire du plus grand des Rois. Ilest vray , SIRE,
&je veux l'avoüer icy , qu'un ſi grand &fi magnifique deſſein auroit peut-estre demeuré long- tempsſans execution ,fi cette no- bleCompagniequi compoſevostre Academie Royale , & que nostre
nous avons
Ville
GALANT. 87
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コーe
Ville regarde comme undeses plus
riches ornemens , ne nous eust enhardisà cette entrepriſe , ennous remontrant qu'il ne faut jamais vien trouver d'impoſſible , nymes- me de difficile , quand il s'agit
de marquerfon zele pour lagloire de V. M. Comme ces Illustres
Génies ont pourbut l'Immortalité, ils ont crû que ce n'estoit point affezde confierau papier lefoin de transmettre aux Siecles fu- turs lefouvenir des merveilles de
voftre Regne , qu'ilfalloit que le Marbre &le bronzefuſſent em- ployezàce granddefſcin , &que pour consacrer voſtre gloire par un Ouvrage qui pust durer an- tant que le Monde,il estoit neceffaire que cet Obélifque demeurast comme un grand Livre toûjours ouvert auxyeux de la Pofterité,
oùvos Actions immortellesfuffent
TomeVI. H
88 LE MERCVRE
écrites avec des caracteres que le
temps nepeut effacer. C'est par là , SIRE , que les uns &les au- tresse font agreablement flatez de ce doux espoir, que vous auriez la bonté de recevoir ce témoignage de leur Zele avec quel- que forte de complaisance , &de
leur accorder en ſuite l'honneur
devostre Auguste &Royale protection. C'est l'unique grace , SIRE , qu'ils viennent aujourd'huy vous demander par ma bouche ,
&dont peut- estre Vostre Majesté
ne les trouveroit pas tout-à-fait
indignes ,fi on pouvoit la meriter par les plus profonds fentimens d'un inviolable respect , par les Sermensfolemnels d'une eternelle
fidelité, &par les vœux ardens
qu'ils font tous les jours au Ciel pour la conſervation de voſtre Perſonne Sacrée , aussi bien que
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pour la continuation de vos profperitez &de vos Victoires.
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Résumé : COMPLIMENT FAIT AU ROY, En luy presentant l'Estampe de l'Obelisque érigé à sa gloire dans la Ville d'Arles.
La lettre traite de Monsieur de Roubin, originaire du Pont-Saint-Esprit en Languedoc, passionné par les sciences et ancien officier apprécié par le défunt Monsieur de Guise. Monsieur de Roubin a adressé un compliment au roi lors de la réception d'une commission, ce qui a été bien accueilli par le roi qui a parlé de lui de manière glorieuse. Ce compliment concernait la présentation d'une estampe de l'obélisque érigé à Arles en l'honneur du roi. Arles, ancienne ville romaine, a voulu honorer les actions héroïques du roi lors des dernières campagnes, exprimant ainsi sa vénération et sa reconnaissance pour la défense des frontières, les conquêtes et la paix assurée par le roi. Pour témoigner de cette reconnaissance, Arles a décidé d'ériger l'obélisque, un monument ancien caché durant des siècles, afin de servir la gloire du roi. L'Académie Royale d'Arles a soutenu ce projet pour immortaliser la gloire du roi, voyant l'obélisque comme un livre ouvert à la postérité où les actions immortelles du roi sont écrites en caractères indélébiles. La ville espère que le roi recevra ce témoignage de zèle avec complaisance et accordera sa protection. La lettre se termine par des vœux pour la conservation de la personne du roi et la continuation de ses prospérités et victoires.
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92
p. 142-143
Le Roy nomme M. l'Abbé de Beauveau à l'Ecesché de Nantes, sur la Démission pure & simple de M. de la Baume le Blanc. [titre d'après la table]
Début :
Pendant que nous sommes à la Cour, je dois encor vous [...]
Mots clefs :
Abbé de Beauveau, Évêché de Nantes, Démission
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texteReconnaissance textuelle : Le Roy nomme M. l'Abbé de Beauveau à l'Ecesché de Nantes, sur la Démission pure & simple de M. de la Baume le Blanc. [titre d'après la table]
Pendant que nous ſommes àla Cour, je dois encor vous dire que le Roy a nommé Monfieur l'Abbéde Beauveau
Tome VI. I
100 LE MERCVRE
à l'Eveſché de Nantes , fur la Démiſſion pure & fimple de Monfieurdela Baume le Blanc
qui en estoit Eveſque. Cet il- luſtre Abbé eſt recommandable par fon merite &par fa naiſſance. On a veu dans ſa
Maiſondes Séneſchaux d'Anjou , de Provence & de Lor- raine , des Gouverneurs de
Places,des Preſidens des Compres , des Chambellans des Rois Charles VII. &Loüis XI.
&des Eveſques d'Arles , d'An
gers & de Nantes. Elle eſt al- liée des Maifons de Bourbon
& de Vendoſme , & de plu- fieurs autres des plus Illuſtreş duRoyaume.
Tome VI. I
100 LE MERCVRE
à l'Eveſché de Nantes , fur la Démiſſion pure & fimple de Monfieurdela Baume le Blanc
qui en estoit Eveſque. Cet il- luſtre Abbé eſt recommandable par fon merite &par fa naiſſance. On a veu dans ſa
Maiſondes Séneſchaux d'Anjou , de Provence & de Lor- raine , des Gouverneurs de
Places,des Preſidens des Compres , des Chambellans des Rois Charles VII. &Loüis XI.
&des Eveſques d'Arles , d'An
gers & de Nantes. Elle eſt al- liée des Maifons de Bourbon
& de Vendoſme , & de plu- fieurs autres des plus Illuſtreş duRoyaume.
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Résumé : Le Roy nomme M. l'Abbé de Beauveau à l'Ecesché de Nantes, sur la Démission pure & simple de M. de la Baume le Blanc. [titre d'après la table]
Le roi a nommé l'abbé de Beauveau à l'évêché de Nantes après la démission de Monseigneur de la Baume le Blanc. L'abbé est reconnu pour ses mérites et sa lignée illustre, incluant des sénéchaux, gouverneurs, présidents de cours et évêques. Sa famille est alliée aux maisons de Bourbon et de Vendôme.
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93
p. 143-144
Le Roy donne deux Abbayes à M. le Cardinal de Bonzy. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a pareillement donné deux Abbayes à Monsieur le Cardinal [...]
Mots clefs :
Cardinal de Bonzy, Abbayes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Roy donne deux Abbayes à M. le Cardinal de Bonzy. [titre d'après la table]
LeRoy apareillement don- né deux Abbayes àMonfieur le Cardinal deBonzy. Tout ce que jepourrois dire de ce Prin-
GALANT. ΙΟΙ
コ
I
e
ce de l'Egliſe ſeroit infiniment audeſſous de luy. Sa naiſſance eſt connue , ſon eſprit & fa conduite ont paru dans les grandes Ambaſſades dont il S'eſt acquité avectant de fuc- cés , & fes manieres honnêtes & engageantes luy atti- rent les cœurs de tous ceux
qui le connoiffent.
GALANT. ΙΟΙ
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e
ce de l'Egliſe ſeroit infiniment audeſſous de luy. Sa naiſſance eſt connue , ſon eſprit & fa conduite ont paru dans les grandes Ambaſſades dont il S'eſt acquité avectant de fuc- cés , & fes manieres honnêtes & engageantes luy atti- rent les cœurs de tous ceux
qui le connoiffent.
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94
p. 178-183
Reception faite à Monseigneur le Dauphin dans le Chasteau de Ioüy, par M. & Madame Berthelot. [titre d'après la table]
Début :
Puis que nous sommes encor à la Campagne, vous voulez [...]
Mots clefs :
Dauphin, Berthelot, Terre de Joüy, Collation, Pavillon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reception faite à Monseigneur le Dauphin dans le Chasteau de Ioüy, par M. & Madame Berthelot. [titre d'après la table]
uis que nous ſommes en- cor à la Campagne , vous vou- lez bien, adame , que je vous mene à la Chaſſe , vous y trouverez bonne Compagnie.
Monſeigneur le Dauphin ,
quiſe plaiſt fort àcelle desRe- nards , ayat eſté averty qu'il y
en avoit àune petite lieuë de
GALANT. 125 Verſailles , dans le Parc de la
Terre de Joüy , dont Monfieur Berthelot eſt Seigneur , y alla prendre ce divertiſſement l'un
des premiers jours de ce mois ,
accompagné de Meffieurs les Princes de Conty , de Mon- fieur le Duc de Montaufier
ſon Gouverneur , de Monfieur le Duc de Curfol , & de plufieurs Officiers de ſa Maiſon.
Il arriva dans ce Parc , où
Mr &Mª Berthelot , avec leur
Fils aiſné , Sous - Lieutenant
des Chaffes de S. Germain ,
eurent l'honneur de le recevoir. En pafſant devant un Pavillon qui venoit d'eſtre bâ- ty fur la Fontaine du Parc , &
qu'on commençad'appeller le Pavillon Dauphin, il fut fuplié d'y vouloir entrer avec ceux qui l'accompagnoient. Il y
Lij
126 LE MERCVRE
trouva une fortbelle Collation
de toute forte de Fruits , apres laquelle il alla pourſuivre un Renardqui ſe fit chaffer , mais qui s'échapa en ſe terrant. Ce
jeune Prince retourna trois jours apres au meſme lieu , &
avec la meſme Compagnie. Il defcendit au Chaſteau , s'y promenade tous les coſtez , &
paſſant dans le Salon , il y fut régalé d'une Collation magni- fique. Il demeura quelque temps à table , & eftant allé en ſuite chaffer dans le Parc ,
où l'un de ſes Gens tua un Lievre , il donna ordre qu'on le portaſt à Madame Berthelot ,
qui faisoit les honneurs de fa Maiſon. Deuxjours furent en- cor à peine écoulez , qu'il ſe rendit pour la troifiéme fois dans ce meſme Parc , où Mon
GALANT. 127 fieur le Duc du Lude ſe rencontra. Le Fils aifné de Monfieur Berthelot luy preſenta deux grands Barils de Bois de
Cedre , remplis de Poudre. Ils eſtoienttres-curieuſementtravaillez , & enrichis d'argent cizelé , avec des Dauphins d'argent au deſſus. Ce Preſent eſt galant pourun Officier des Chaſſes, àunPrince qui aime
à chaſſer. La Collation luy fut fervie dans le Pavillon Dauphin , &préceda le Divertiſſe- ment de la Chaſſe du Renard,
qui courut longtemps de part & d'autre , & s'alla terrer. II
falut le bêcher pour le pren- dre. Le plaifir en fut grand , &
Monſeigneur le Dauphinfor- tit de celieu tres-fatisfait
Monſeigneur le Dauphin ,
quiſe plaiſt fort àcelle desRe- nards , ayat eſté averty qu'il y
en avoit àune petite lieuë de
GALANT. 125 Verſailles , dans le Parc de la
Terre de Joüy , dont Monfieur Berthelot eſt Seigneur , y alla prendre ce divertiſſement l'un
des premiers jours de ce mois ,
accompagné de Meffieurs les Princes de Conty , de Mon- fieur le Duc de Montaufier
ſon Gouverneur , de Monfieur le Duc de Curfol , & de plufieurs Officiers de ſa Maiſon.
Il arriva dans ce Parc , où
Mr &Mª Berthelot , avec leur
Fils aiſné , Sous - Lieutenant
des Chaffes de S. Germain ,
eurent l'honneur de le recevoir. En pafſant devant un Pavillon qui venoit d'eſtre bâ- ty fur la Fontaine du Parc , &
qu'on commençad'appeller le Pavillon Dauphin, il fut fuplié d'y vouloir entrer avec ceux qui l'accompagnoient. Il y
Lij
126 LE MERCVRE
trouva une fortbelle Collation
de toute forte de Fruits , apres laquelle il alla pourſuivre un Renardqui ſe fit chaffer , mais qui s'échapa en ſe terrant. Ce
jeune Prince retourna trois jours apres au meſme lieu , &
avec la meſme Compagnie. Il defcendit au Chaſteau , s'y promenade tous les coſtez , &
paſſant dans le Salon , il y fut régalé d'une Collation magni- fique. Il demeura quelque temps à table , & eftant allé en ſuite chaffer dans le Parc ,
où l'un de ſes Gens tua un Lievre , il donna ordre qu'on le portaſt à Madame Berthelot ,
qui faisoit les honneurs de fa Maiſon. Deuxjours furent en- cor à peine écoulez , qu'il ſe rendit pour la troifiéme fois dans ce meſme Parc , où Mon
GALANT. 127 fieur le Duc du Lude ſe rencontra. Le Fils aifné de Monfieur Berthelot luy preſenta deux grands Barils de Bois de
Cedre , remplis de Poudre. Ils eſtoienttres-curieuſementtravaillez , & enrichis d'argent cizelé , avec des Dauphins d'argent au deſſus. Ce Preſent eſt galant pourun Officier des Chaſſes, àunPrince qui aime
à chaſſer. La Collation luy fut fervie dans le Pavillon Dauphin , &préceda le Divertiſſe- ment de la Chaſſe du Renard,
qui courut longtemps de part & d'autre , & s'alla terrer. II
falut le bêcher pour le pren- dre. Le plaifir en fut grand , &
Monſeigneur le Dauphinfor- tit de celieu tres-fatisfait
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Résumé : Reception faite à Monseigneur le Dauphin dans le Chasteau de Ioüy, par M. & Madame Berthelot. [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs visites du Dauphin au parc de la Terre de Joüy, propriété de Monsieur Berthelot. Lors de la première visite, le Dauphin, accompagné de plusieurs princes et ducs, fut accueilli par les Berthelot et leur fils aîné. Ils se rendirent au Pavillon Dauphin pour une collation avant une chasse au renard, qui s'échappa en se terrant. Trois jours plus tard, le Dauphin revint, visita le château et participa à une chasse où un lièvre fut tué et offert à Madame Berthelot. Deux jours après, le Dauphin revint une troisième fois, accompagné du Duc du Lude. Le fils aîné de Monsieur Berthelot offrit au Dauphin deux barils de poudre de cèdre décorés. Une collation fut servie avant une nouvelle chasse au renard, qui dut être déterré. Le Dauphin quitta les lieux très satisfait.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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95
p. 184-216
Tout ce qui s'et passé en Catalogne depuis l'ouverture de la Campagne, avec les Noms des Morts & des Blessez, & de ceux qui se sont signalez dans la derniere Défaite des Ennemis. [titre d'après la table]
Début :
Les Espagnols avoient formé le dessein d'une grande diversion de [...]
Mots clefs :
Ennemis, Espagnols, Pays, Catalogne, Valence, Duc de Navailles, Bataillons, Canon, Régiment, Marche, Hauteur, Royaume, Combat, Troupes, Cavalerie, Morts, Bagages, Blessés, Capitaines, Tués
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texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'et passé en Catalogne depuis l'ouverture de la Campagne, avec les Noms des Morts & des Blessez, & de ceux qui se sont signalez dans la derniere Défaite des Ennemis. [titre d'après la table]
Les Eſpagnols avoient formé le deffein d'une grande diver- ſion de ce coſté-là ,&cela par politique. CePaïs eſt plus pres d'eux , & les avantages qu'ils ſe tenoient affurez d'y rem- porter, devoient faire une plus forte impreffion fur l'eſprit des Peuples. Ils firent des levées
GALANT. 129
&د
dans toutes leurs Provinces ,
auſquelles ils donnent le nom de Royaumes , & choiſirent le Comte de Monterey pour Viceroy de Catalogne pourGeneral de cette Armée.
Il eſt adroit , vigilant, &d'une exactitude merveilleuſe àfaire
bien ſervir ſon Prince. Ces
grandes levées eſtant faites , &
la plupart des Nobles ayant joint l'Armée , partie comme Volontaires , partie comme Officiers , la Cour d'Eſpagne en eſpera tout , & fe fortifia encor plus dans le deſſein de de faire quelque entrepriſe conſidérable fur les François en Catalogne , pour faire oublier au Peuple de Madrid les Conquestes du Roy en Flan- dre. Ainfi le Comte de Monterey reçeut ordre de partir en
130 LE MERCURE pofte de Sarragofſe où il eſtoit,
d'aller à Barcelone , d'y arrê- ter fix Vaiſſeaux chargez de Troupes pour la Sicile , &de les faire ſervir en Catalogne.
Douze cens Fantaſſins levez
dans le Royaume de Grenade ,
arriverent en mefme temps à
Barcelone.Le Mestre de Camp
de Valence luy mena deux mille Hommes un peu apres;
&d'autres levées faites dans le
meſme Royaume &dansl'Andaloufie , les joignirent pref- que auffitoft . Le Comte de Monterey eſtant arrivé dans l'Armée qu'ildevoit comman- der , Monfieur le Marefchal
Duc de Navailles &luy s'en- voyerent faire de grandes ci- vilitez , & fe firent dire qu'ils ſe verroient. Ce Comte voufut paroiſtre le plus civil. Il fit
GALANT. 131
- avancer ſes Troupes , & mar- cha du coſté de Saint Pierre
Peſcador , où Monfieurde Navailles eſtoit poſté. Ce Duc eſtant bien aiſe de ſuy épar- gner la moitié du chemin , en- voya huit cens Chevaux pour reconnoiſtre les Ennemis , &
ces huit cens Chevaux enleverent leur grande Garde.
Deux jours apres , le Comte deMontereyvoulant paſſer un Défilé à la veuë de noſtre Armée , Monfieur de Navailles
le fit charger , &le contraignit deſe retirer en deſordre apres
une Efcarmouche de trois
2
heures , où les Eſpagnols per- dirent beaucoup de monde.
Quelque temps aprés , Mon- fieur le Duc de Navailles
ayant eu avis que le Comte de Monterey avoit comman
132 LE MERCVRE
de huit cens Miquelets avec un Détachement de Cavalerie , pour nous ofter la com- munication avec le Lampour- dan , il envoya quelques trou- pes ſous Mº de la Rablie- re , Marefchal de Camp , qui les défit. On tua les deux
Commandans, & on prit deux autres Officiers. Voilà toute la
Campagne en peu de mots juſqu'au jour delagrandeDé- faite des Ennemis dont vous
avez entendu parler , & que je vay vous apprendre , avec des particularitez que vous n'avez aſſurément point veuës enſemble. Vous treblez peut- eftre déja que je ne vous aille faire une longue Relation, que
je ne vous accable d'une infi nité de termes de Guerre , &
que je ne vous nomme tous
GALANT. 133 les Villages par où l'on a paſſé,
&tous les poſtes qu'on a oc- cupez. Rafſurez-vous , Madame , je ne vous parleray de la Guerrequed'une maniere qui n'aura rien d'ennuyeux pour vous , & qui fera tres- intelli- gible aux Dames à qui vous faites partde mes Lettres.C'eſt pour elles particulierement que j'écris , & je ne feray ce Recit que comme vousle fe- ON
riez vous-mefme. S'il n'a pas le tour aifé & naturel que vous luy donneriez , il aura du moins le charme de la brié
veté. Fiez - vous en moy , je vous prie , & hazardez - vous fur ma parole à lire ce que je vous envoye. Nous étionsen- trez en Catalogne malgré les grandes forces que les Enne- mis y avoient ; nous avions
134 LE MERCVRE
د
fait chez eux tous les dégaſts imaginables , confommé leurs Fourages , enlevé leurs Bef- tiaux & donné en meſme
temps aux Noftres le moyen de faire paiſiblement leur ré- colte dans le Rouffillon ; mais
nous n'avions pû entrer dans le Païs Ennemy , que par des paſſages étroits qui font entre les Montagnes , & queles Ef- pagnols pouvoient aiſement occuper pour nous empeſcher le retour. En effet ils s'étoient
déja ſaiſis de quelques-uns en intention de nous attaquer.
Nos Troupes leur cedoient en nombre. Il eſtoit queſtion de fortir des Montsoù nous nous
eftions engagez, & ce fut dans cette difficulté qu'éclata la prudence & la conduite de
Monfieurle Ducde Navailles.
Il
GALANT. 135 Il envoya ſes ordres à M le Chevalier d'Aubeterre , Gouverneur de Collioure,&Lieu
tenant Generaldes Arméesdu
Roy, de ſe rendre maître d'un Paſſage appellé le Col de Ba- gnols, qu'il ſçavoit qu'on avoit deſſein de luy fermer. M le Chevalier d'Aubeterre partie environ àminuit , avec undé
tachement de ſa Garniſon &
- des Milices du Païs. Il trouva
queles Ennemis avoient occu- -pé des Hauteurs &des Ro- chers eſcarpez. Il les en chaf- ſa avec une vigueur incroya- ble, &fit fuïrdeux Bataillons
qui venoient à leur ſecours.
Le chemin eſtantouvert,MonſieurdeNavailles commença à
faire marcher dés ce jour-là.
Les Ennemis vinrent camper àla portée de noſtre Canon;
D
S
S
Tome VI. M
1
136 LE MERCURE il y eut quelques eſcarmou- ches, &on les recommença le lendemain. Les Eſpagnols en Bataille voulurent gagner une Montagne fort haute, mais on les en empefcha. Cétobſtacle rompit leurs meſures , & nous occupâmes une Hauteur qui nous ofta tout lieu de rien
craindre d'eux. On demeura
trois jours en preſence,&pen- dant tout ce temps on ne fit que des eſcarmouches. On chargea trois EſcadronsEnne-- mis qui avoient paſſé une Ri- viere, &qui estoient foûtenus de ſept Regimens d'Infante- rie. L'avantage nous demeura,
avec perte pour les Eſpagnols de plus de ſept cens Hommes,
qui furent ou tuez ,
prifonniers , ou mis hors de
ou faits
combat. Nôtre General n'ayat
GALANT. 137
ان
S
و
plus rien à faire dans le Païs ,
fongea à s'en retirer , & fit marcher les premiers Bagages.
Cette marche fut dérobée à la
connoiſſance des Ennemis
auffi-bien que celle de toute l'Armée qui commença à dé- filer àminuit.Lors que le Com- te de Monterey en fut averty,
cette nouvelle le mit au deſefpoir , & il marcha avec tant de précipitation , qu'il joignit noſtre Arrieregarde. Monfieur de Navailles avec une adreffe
& une prudence admirable ,
trouva moyen de faire avan- cer encor noftre Armée ce
qui fit perdre haleine aux En- nemis qui nous pourſuivoient.
Les Eſpagnols ayans plus de
,
Troupes eftant compoſées de
S Troupes que nous ,
& ces
1
toute la Nobleſſe de leurs
Mij
138 LE MERCURE Royaumes, ſe répondoient tel- lementde la Victoire,que dans l'impatience de combattre, ils vinrentenfin àboutd'attacher
l'eſcarmouche , ce qu'ils firent avec une impétuoſité qui ſe peut àpeine concevoir. Ils oc- cuperent des Hauteurs; mais les Noſtres aprés les en avoir chaſſez en gagnerent d'autres,
& conferverent fi bien cét
avantage pendattoute la jour- née, qu'ils donnerentlieu aux Bagages d'avancer beaucoup,
&de ſe mettre en ſeureté. M
de Navailles ne craignant plus rien , & ayant fait voir au Comte de Monterey qu'il en fçavoit plus que luy , mit ſon Armée en bataille dans le lieu
qu'il jugea le plus avantageux,
&fit pofter fon Canonde for- te qu'il fut tres-bien fervy , &
GALANT. 139
1
1
incommoda fort les Ennemis.
Noftre General voulut encor
gagnerune Hauteur, &ce qui paroift incroyable , nos Trou- pes qui devoient eſtre fati- guées de tant de mouvemens,
ypaſſerent avec diligence &
fans aucune confufion , parun effet des ordres que Monfieur ☐ de Navailles donnoit avecune application & une prefence d'eſpritqui n'avoient rien d'égal que fon courage. Il animoit tous les Officiers à bien faire ;
& les Soldats encouragez par fon exemple &parſes paroles,
réſolurentde périr plûtoſt que d'abandoner ce dernierPofte.
Les Ennemis vinrent aufſi- toft
ànous en tres-bon ordre , &
le Combat s'engagea. On tira pendant trois heuresde la ſeu le longueur de deux Piques ,
Miij
140 LE MERCURE Bataillons contre Bataillons , la
Cavalerie de part & d'autre eſtant derriere l'Infanterie..
Nos Troupes ne firent aucun méchant mouvement , & on ne les pût obliger à reculer d'un ſeul pas. La Cavalerie quenous avionsſur l'aifle gau- che fit des merveilles : Elle
monta fur une Hauteur pref- que inacceffible , & en chaffa lesEnnemis. Celle de ladroite alla pluſieurs fois à la char- ge , & en tua grand nom.
bre. L'Occafion dura cinq heures & demie , &fe termina avec beaucoup de gloire pour le Roy. Les Eſpagnolsy
ont perdu plus de deux mille Hommes. On leur a entierement défait les Regimensd'Ar--
ragon, de Medina Sidonia , &
deMonteleone. TouslesOffi-
GALANT.: 141 ciers de ces trois Regimens ont eſté tuez , bleffez , ou faits
prifonniers. On a fort mal trai- té ceux de Grenade & de la
Cofte , & il y a eu un tres- grand nombre de prifonniers,
entre leſquels ſont plufieurs Perſonnes de qualité , dont quelques-uns, comme le Com- te de la Fuente, le Vicomte de S.George,& le Colonel Heffe,
✓ font morts de leurs bleſſures..
Cette Action eſt d'autant plus
glorieuſe, qu'on a batu les Ennemisdans leur Païs, quoyque plus forts, qu'ony eft demeuré maître du Champ de Bataille,
qu'on leur a pris des Dra peaux ,&tout cela en ſe reti rant ; ce qui eſt une circon - ſtance remarquable : car les
Retraites font ordinairement
- dangereuses , & on y est rar
142 LE MERCURE
rement attaqué qu'on ne ſoit batu. Les Eſpagnols n'ont rien entrepris depuis ce temps-là ,
& voilà à quoy ont abouty tous ces grands Armemens, &
toutes ces Levées, qui avoient épuiſé leurs RoyaumesdeGre- nade &d'Andaloufie. Jevous
ay tenu parole , Madame. Ce Récit n'eſt embaraſſe d'aucuns'
Noms de Paſſages,&je ne l'ay pas meſme voulu charger de ceux de nos Officiers qui ſe font fait remarquer , afin de vous en laiſſer plus aiſement fuivre le fil . Cela ne me doit
pas empeſcher de leur rendre preſentement juſtice; & pour faire honneur aux Etrangers ,
je vous diray d'abord que les Suiffes & les Allemands ne
donnerent quartier à perſon- ne , fur ce qu'un Trompette
GALANT. 143 des Ennemis vint declarer -qu'ils n'en feroient point aux Etrangers. Si les François euf- ſent ſuivy cet exemple , il ne ſeroit guere demeuré d'Eſpa- gnols.
Les Regimens de Sault, de Furſtemberg , de Navailles ,
d'Erlac , de Gaſſion , de la Rabliere , de Lanſon , de Lebret ,
&de Villeneuve , ſe ſont dif
tinguez , aufli bien que les Dragons., que rien n'a efte ca- pable d'ébranler. Jamais onn'a fi genéralement bien faitdans aucun Combat. Onn'a pas re- marqué un feul Soldat qui ait reculé,&on ne ſçait qui loüer,
particulierement des Officiers,
parce qu'ils meritent tous d'égales loüanges.
*
Monfieur le Mareſchal Duc
de Navailles diviſa ſes Trou-
144 LE MERCURE
pes enpluſieurs Corps,&quoy qu'il fuſt par tout, il ne laiſſa pas de ſe mettre à la teſte d'un de
ces Corps qu'il avoit fi judi- cieuſement diviſez. Mr de la
Rabliere Mareſchal de Camp,
eſtoit à la teſte d'un autre , &
monta fur une Hauteur où il
batit les Ennemis. Mrde Gafſion Lieutenant General , pаreillementàla teſte d'un Corps,
occupa une autre Hauteur ; &
Mr Chevreau Brigadier deCa- valerie , ſe ſignala à la teſte du quatrième Corps. Mr du Sauf- fay donna beaucoup de mar- *ques de cœur & de conduite
en cette occaſion; il commandoit la Cavalerie. M² le Marquis d'Apremont Mareſchalde Camp, y fit des merveilles. II eſtoit par tout. Ce fut luy qui foûtint les premiers efforts des
GALANT. 145
Ennemis , & qui commença à
leur faire connoiſtre qu'ils s'é- toient trompez quand ils s'é- toient voulu répondre ſi fortement de la Victoire. La con- duite des Bagages fut donnée à Mr d'Urban Brigadier d'In- fanterie. Il les mit en ſeûreté,
&revint en ſuite prendre part à la gloire de cette fameuſe journée. M' le Marquis de Villeneuve , Colonel de Cavalerie , après avoir foûtenu les efforts des Ennemis , les chargea vigoureuſement. M le Che- valier de Ganges fit des choſes
ſurprenantes , & forma des Eſcadrons , malgré tout le feu des Ennemis. Mr le Marquis
de Navailles ſervit de Briga- dier en la place de M de S. André , qui avoit eſté envoyé
depuis deux jours à Bellegarde.
146 LE MERCURE 1
Ce Marquis agit avec autant de prudence que de courage.
Il mena les Bataillons à la
Charge , & fe montradigne du Sang dont il fort. M. des
Fontaines Lieutenant d'Artillerie , fit tout ce qu'on pou- voit attendre de luy. Son Ca- non fut bien ſervy, & fi à pro- pos , que les Ennemis en fou- frirent beaucoup. Toutes les Relations parlent fi avanta- geufement de Meſſieurs de la
Rabliere & deGaffion , qu'on ne leur peut donner trop de loüanges, non--plus qu'àMon- fieur le Chevalier d'Aubeterre , qui ayant apporté une vi- gilance incroyable à ſe faifir du Col de Bagnols avant le Combat, montra une vigueur extraordinaire à chaffer les
Ennemis qui avoient occupé les
GALANT. 147
les Hauteurs des environs de
ce Paſſage, quoy qu'ils fuſſent beaucoup mieux poftez & en plus grand nombre. Monfieur de Raiſon , Capitaine au Regi- ment de Sault ,& un petit Corps de Suiffes , executerent
tres-bien ſes ordres, Monfieur
le Camus deBeaulicu , Intendant General de tout le Païs,
donna les ſiens fort à propos.
Il avoit receu une Lettre en
chifre de Monfieur le Duc de
Navailles pour faire marcher toute la Milice du Païs avec
M' le Chevalier d'Aubeterre,
& pour tenir preſtes les Munir)
tions de guerre & de bouche,
& il prit ſoin de tout avecune diligence & une ponctualité qui nepeuvent etre allezoſti mées. Il chargea Monfieur He ron, Commiſſaire ordinaire des
Tome VI. N
148 LE MERCVRE Guerres , & des Convois tant
par terre que par Mer, de l'e- xecution'de beaucoup de cho- ſes dont il s'acquita tres-fide- lement. Il ne me reſte plus qu'à vous dire les noms des Morts&des Bleſſez , tant d'actions vigoureuſes n'ayant pû fe faire ſans qu'il nous en ait couſté quelque choſe.
Capitaines tuez.
M.Choueraſqui, м. le Chevalier du Cros, M.Duran.
Capitaines bleſſez.
Mrs Praflon , Davénes, Bardonanche, Maurniay, De Tu- bas , Revellas , Tronc , Romp,
Geſſeret,Bandron,Quantagril,
Guaſque, Saint Géniez , La- barte, Sainte-Coulombe, Lan- glade, Barriere, Brouffan,Cha- tonville Vulaine M. le Marquis deVilleneu
GALANT. 149
ve Colonel de Cavalerie , &
M.de Conflans Major du Re- gimentde laRabliere, ont auffi efté bleſſez .
a
Je ne vous parle point des Eſpagnols morts oubleſſez. Ce font noms qui vous font en tierement inconnus , &d'ailleurs le nombre eneſt ſi grand,
qu'ils ne pourroient que vous ennuyer. Le ComtedeMonterey envoyé demander le Corps du Comtede la Fuente par un Trompete , & dire à
Monfieur de Navailles qu'il avoit eſté plus heureux que luy. Ce Trompete le pria en meſme temps de ſa part d'a- voir ſoin de la Nobleſſe d'ef
pagne qu'il avoit entre ſes mains.
GALANT. 129
&د
dans toutes leurs Provinces ,
auſquelles ils donnent le nom de Royaumes , & choiſirent le Comte de Monterey pour Viceroy de Catalogne pourGeneral de cette Armée.
Il eſt adroit , vigilant, &d'une exactitude merveilleuſe àfaire
bien ſervir ſon Prince. Ces
grandes levées eſtant faites , &
la plupart des Nobles ayant joint l'Armée , partie comme Volontaires , partie comme Officiers , la Cour d'Eſpagne en eſpera tout , & fe fortifia encor plus dans le deſſein de de faire quelque entrepriſe conſidérable fur les François en Catalogne , pour faire oublier au Peuple de Madrid les Conquestes du Roy en Flan- dre. Ainfi le Comte de Monterey reçeut ordre de partir en
130 LE MERCURE pofte de Sarragofſe où il eſtoit,
d'aller à Barcelone , d'y arrê- ter fix Vaiſſeaux chargez de Troupes pour la Sicile , &de les faire ſervir en Catalogne.
Douze cens Fantaſſins levez
dans le Royaume de Grenade ,
arriverent en mefme temps à
Barcelone.Le Mestre de Camp
de Valence luy mena deux mille Hommes un peu apres;
&d'autres levées faites dans le
meſme Royaume &dansl'Andaloufie , les joignirent pref- que auffitoft . Le Comte de Monterey eſtant arrivé dans l'Armée qu'ildevoit comman- der , Monfieur le Marefchal
Duc de Navailles &luy s'en- voyerent faire de grandes ci- vilitez , & fe firent dire qu'ils ſe verroient. Ce Comte voufut paroiſtre le plus civil. Il fit
GALANT. 131
- avancer ſes Troupes , & mar- cha du coſté de Saint Pierre
Peſcador , où Monfieurde Navailles eſtoit poſté. Ce Duc eſtant bien aiſe de ſuy épar- gner la moitié du chemin , en- voya huit cens Chevaux pour reconnoiſtre les Ennemis , &
ces huit cens Chevaux enleverent leur grande Garde.
Deux jours apres , le Comte deMontereyvoulant paſſer un Défilé à la veuë de noſtre Armée , Monfieur de Navailles
le fit charger , &le contraignit deſe retirer en deſordre apres
une Efcarmouche de trois
2
heures , où les Eſpagnols per- dirent beaucoup de monde.
Quelque temps aprés , Mon- fieur le Duc de Navailles
ayant eu avis que le Comte de Monterey avoit comman
132 LE MERCVRE
de huit cens Miquelets avec un Détachement de Cavalerie , pour nous ofter la com- munication avec le Lampour- dan , il envoya quelques trou- pes ſous Mº de la Rablie- re , Marefchal de Camp , qui les défit. On tua les deux
Commandans, & on prit deux autres Officiers. Voilà toute la
Campagne en peu de mots juſqu'au jour delagrandeDé- faite des Ennemis dont vous
avez entendu parler , & que je vay vous apprendre , avec des particularitez que vous n'avez aſſurément point veuës enſemble. Vous treblez peut- eftre déja que je ne vous aille faire une longue Relation, que
je ne vous accable d'une infi nité de termes de Guerre , &
que je ne vous nomme tous
GALANT. 133 les Villages par où l'on a paſſé,
&tous les poſtes qu'on a oc- cupez. Rafſurez-vous , Madame , je ne vous parleray de la Guerrequed'une maniere qui n'aura rien d'ennuyeux pour vous , & qui fera tres- intelli- gible aux Dames à qui vous faites partde mes Lettres.C'eſt pour elles particulierement que j'écris , & je ne feray ce Recit que comme vousle fe- ON
riez vous-mefme. S'il n'a pas le tour aifé & naturel que vous luy donneriez , il aura du moins le charme de la brié
veté. Fiez - vous en moy , je vous prie , & hazardez - vous fur ma parole à lire ce que je vous envoye. Nous étionsen- trez en Catalogne malgré les grandes forces que les Enne- mis y avoient ; nous avions
134 LE MERCVRE
د
fait chez eux tous les dégaſts imaginables , confommé leurs Fourages , enlevé leurs Bef- tiaux & donné en meſme
temps aux Noftres le moyen de faire paiſiblement leur ré- colte dans le Rouffillon ; mais
nous n'avions pû entrer dans le Païs Ennemy , que par des paſſages étroits qui font entre les Montagnes , & queles Ef- pagnols pouvoient aiſement occuper pour nous empeſcher le retour. En effet ils s'étoient
déja ſaiſis de quelques-uns en intention de nous attaquer.
Nos Troupes leur cedoient en nombre. Il eſtoit queſtion de fortir des Montsoù nous nous
eftions engagez, & ce fut dans cette difficulté qu'éclata la prudence & la conduite de
Monfieurle Ducde Navailles.
Il
GALANT. 135 Il envoya ſes ordres à M le Chevalier d'Aubeterre , Gouverneur de Collioure,&Lieu
tenant Generaldes Arméesdu
Roy, de ſe rendre maître d'un Paſſage appellé le Col de Ba- gnols, qu'il ſçavoit qu'on avoit deſſein de luy fermer. M le Chevalier d'Aubeterre partie environ àminuit , avec undé
tachement de ſa Garniſon &
- des Milices du Païs. Il trouva
queles Ennemis avoient occu- -pé des Hauteurs &des Ro- chers eſcarpez. Il les en chaf- ſa avec une vigueur incroya- ble, &fit fuïrdeux Bataillons
qui venoient à leur ſecours.
Le chemin eſtantouvert,MonſieurdeNavailles commença à
faire marcher dés ce jour-là.
Les Ennemis vinrent camper àla portée de noſtre Canon;
D
S
S
Tome VI. M
1
136 LE MERCURE il y eut quelques eſcarmou- ches, &on les recommença le lendemain. Les Eſpagnols en Bataille voulurent gagner une Montagne fort haute, mais on les en empefcha. Cétobſtacle rompit leurs meſures , & nous occupâmes une Hauteur qui nous ofta tout lieu de rien
craindre d'eux. On demeura
trois jours en preſence,&pen- dant tout ce temps on ne fit que des eſcarmouches. On chargea trois EſcadronsEnne-- mis qui avoient paſſé une Ri- viere, &qui estoient foûtenus de ſept Regimens d'Infante- rie. L'avantage nous demeura,
avec perte pour les Eſpagnols de plus de ſept cens Hommes,
qui furent ou tuez ,
prifonniers , ou mis hors de
ou faits
combat. Nôtre General n'ayat
GALANT. 137
ان
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و
plus rien à faire dans le Païs ,
fongea à s'en retirer , & fit marcher les premiers Bagages.
Cette marche fut dérobée à la
connoiſſance des Ennemis
auffi-bien que celle de toute l'Armée qui commença à dé- filer àminuit.Lors que le Com- te de Monterey en fut averty,
cette nouvelle le mit au deſefpoir , & il marcha avec tant de précipitation , qu'il joignit noſtre Arrieregarde. Monfieur de Navailles avec une adreffe
& une prudence admirable ,
trouva moyen de faire avan- cer encor noftre Armée ce
qui fit perdre haleine aux En- nemis qui nous pourſuivoient.
Les Eſpagnols ayans plus de
,
Troupes eftant compoſées de
S Troupes que nous ,
& ces
1
toute la Nobleſſe de leurs
Mij
138 LE MERCURE Royaumes, ſe répondoient tel- lementde la Victoire,que dans l'impatience de combattre, ils vinrentenfin àboutd'attacher
l'eſcarmouche , ce qu'ils firent avec une impétuoſité qui ſe peut àpeine concevoir. Ils oc- cuperent des Hauteurs; mais les Noſtres aprés les en avoir chaſſez en gagnerent d'autres,
& conferverent fi bien cét
avantage pendattoute la jour- née, qu'ils donnerentlieu aux Bagages d'avancer beaucoup,
&de ſe mettre en ſeureté. M
de Navailles ne craignant plus rien , & ayant fait voir au Comte de Monterey qu'il en fçavoit plus que luy , mit ſon Armée en bataille dans le lieu
qu'il jugea le plus avantageux,
&fit pofter fon Canonde for- te qu'il fut tres-bien fervy , &
GALANT. 139
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incommoda fort les Ennemis.
Noftre General voulut encor
gagnerune Hauteur, &ce qui paroift incroyable , nos Trou- pes qui devoient eſtre fati- guées de tant de mouvemens,
ypaſſerent avec diligence &
fans aucune confufion , parun effet des ordres que Monfieur ☐ de Navailles donnoit avecune application & une prefence d'eſpritqui n'avoient rien d'égal que fon courage. Il animoit tous les Officiers à bien faire ;
& les Soldats encouragez par fon exemple &parſes paroles,
réſolurentde périr plûtoſt que d'abandoner ce dernierPofte.
Les Ennemis vinrent aufſi- toft
ànous en tres-bon ordre , &
le Combat s'engagea. On tira pendant trois heuresde la ſeu le longueur de deux Piques ,
Miij
140 LE MERCURE Bataillons contre Bataillons , la
Cavalerie de part & d'autre eſtant derriere l'Infanterie..
Nos Troupes ne firent aucun méchant mouvement , & on ne les pût obliger à reculer d'un ſeul pas. La Cavalerie quenous avionsſur l'aifle gau- che fit des merveilles : Elle
monta fur une Hauteur pref- que inacceffible , & en chaffa lesEnnemis. Celle de ladroite alla pluſieurs fois à la char- ge , & en tua grand nom.
bre. L'Occafion dura cinq heures & demie , &fe termina avec beaucoup de gloire pour le Roy. Les Eſpagnolsy
ont perdu plus de deux mille Hommes. On leur a entierement défait les Regimensd'Ar--
ragon, de Medina Sidonia , &
deMonteleone. TouslesOffi-
GALANT.: 141 ciers de ces trois Regimens ont eſté tuez , bleffez , ou faits
prifonniers. On a fort mal trai- té ceux de Grenade & de la
Cofte , & il y a eu un tres- grand nombre de prifonniers,
entre leſquels ſont plufieurs Perſonnes de qualité , dont quelques-uns, comme le Com- te de la Fuente, le Vicomte de S.George,& le Colonel Heffe,
✓ font morts de leurs bleſſures..
Cette Action eſt d'autant plus
glorieuſe, qu'on a batu les Ennemisdans leur Païs, quoyque plus forts, qu'ony eft demeuré maître du Champ de Bataille,
qu'on leur a pris des Dra peaux ,&tout cela en ſe reti rant ; ce qui eſt une circon - ſtance remarquable : car les
Retraites font ordinairement
- dangereuses , & on y est rar
142 LE MERCURE
rement attaqué qu'on ne ſoit batu. Les Eſpagnols n'ont rien entrepris depuis ce temps-là ,
& voilà à quoy ont abouty tous ces grands Armemens, &
toutes ces Levées, qui avoient épuiſé leurs RoyaumesdeGre- nade &d'Andaloufie. Jevous
ay tenu parole , Madame. Ce Récit n'eſt embaraſſe d'aucuns'
Noms de Paſſages,&je ne l'ay pas meſme voulu charger de ceux de nos Officiers qui ſe font fait remarquer , afin de vous en laiſſer plus aiſement fuivre le fil . Cela ne me doit
pas empeſcher de leur rendre preſentement juſtice; & pour faire honneur aux Etrangers ,
je vous diray d'abord que les Suiffes & les Allemands ne
donnerent quartier à perſon- ne , fur ce qu'un Trompette
GALANT. 143 des Ennemis vint declarer -qu'ils n'en feroient point aux Etrangers. Si les François euf- ſent ſuivy cet exemple , il ne ſeroit guere demeuré d'Eſpa- gnols.
Les Regimens de Sault, de Furſtemberg , de Navailles ,
d'Erlac , de Gaſſion , de la Rabliere , de Lanſon , de Lebret ,
&de Villeneuve , ſe ſont dif
tinguez , aufli bien que les Dragons., que rien n'a efte ca- pable d'ébranler. Jamais onn'a fi genéralement bien faitdans aucun Combat. Onn'a pas re- marqué un feul Soldat qui ait reculé,&on ne ſçait qui loüer,
particulierement des Officiers,
parce qu'ils meritent tous d'égales loüanges.
*
Monfieur le Mareſchal Duc
de Navailles diviſa ſes Trou-
144 LE MERCURE
pes enpluſieurs Corps,&quoy qu'il fuſt par tout, il ne laiſſa pas de ſe mettre à la teſte d'un de
ces Corps qu'il avoit fi judi- cieuſement diviſez. Mr de la
Rabliere Mareſchal de Camp,
eſtoit à la teſte d'un autre , &
monta fur une Hauteur où il
batit les Ennemis. Mrde Gafſion Lieutenant General , pаreillementàla teſte d'un Corps,
occupa une autre Hauteur ; &
Mr Chevreau Brigadier deCa- valerie , ſe ſignala à la teſte du quatrième Corps. Mr du Sauf- fay donna beaucoup de mar- *ques de cœur & de conduite
en cette occaſion; il commandoit la Cavalerie. M² le Marquis d'Apremont Mareſchalde Camp, y fit des merveilles. II eſtoit par tout. Ce fut luy qui foûtint les premiers efforts des
GALANT. 145
Ennemis , & qui commença à
leur faire connoiſtre qu'ils s'é- toient trompez quand ils s'é- toient voulu répondre ſi fortement de la Victoire. La con- duite des Bagages fut donnée à Mr d'Urban Brigadier d'In- fanterie. Il les mit en ſeûreté,
&revint en ſuite prendre part à la gloire de cette fameuſe journée. M' le Marquis de Villeneuve , Colonel de Cavalerie , après avoir foûtenu les efforts des Ennemis , les chargea vigoureuſement. M le Che- valier de Ganges fit des choſes
ſurprenantes , & forma des Eſcadrons , malgré tout le feu des Ennemis. Mr le Marquis
de Navailles ſervit de Briga- dier en la place de M de S. André , qui avoit eſté envoyé
depuis deux jours à Bellegarde.
146 LE MERCURE 1
Ce Marquis agit avec autant de prudence que de courage.
Il mena les Bataillons à la
Charge , & fe montradigne du Sang dont il fort. M. des
Fontaines Lieutenant d'Artillerie , fit tout ce qu'on pou- voit attendre de luy. Son Ca- non fut bien ſervy, & fi à pro- pos , que les Ennemis en fou- frirent beaucoup. Toutes les Relations parlent fi avanta- geufement de Meſſieurs de la
Rabliere & deGaffion , qu'on ne leur peut donner trop de loüanges, non--plus qu'àMon- fieur le Chevalier d'Aubeterre , qui ayant apporté une vi- gilance incroyable à ſe faifir du Col de Bagnols avant le Combat, montra une vigueur extraordinaire à chaffer les
Ennemis qui avoient occupé les
GALANT. 147
les Hauteurs des environs de
ce Paſſage, quoy qu'ils fuſſent beaucoup mieux poftez & en plus grand nombre. Monfieur de Raiſon , Capitaine au Regi- ment de Sault ,& un petit Corps de Suiffes , executerent
tres-bien ſes ordres, Monfieur
le Camus deBeaulicu , Intendant General de tout le Païs,
donna les ſiens fort à propos.
Il avoit receu une Lettre en
chifre de Monfieur le Duc de
Navailles pour faire marcher toute la Milice du Païs avec
M' le Chevalier d'Aubeterre,
& pour tenir preſtes les Munir)
tions de guerre & de bouche,
& il prit ſoin de tout avecune diligence & une ponctualité qui nepeuvent etre allezoſti mées. Il chargea Monfieur He ron, Commiſſaire ordinaire des
Tome VI. N
148 LE MERCVRE Guerres , & des Convois tant
par terre que par Mer, de l'e- xecution'de beaucoup de cho- ſes dont il s'acquita tres-fide- lement. Il ne me reſte plus qu'à vous dire les noms des Morts&des Bleſſez , tant d'actions vigoureuſes n'ayant pû fe faire ſans qu'il nous en ait couſté quelque choſe.
Capitaines tuez.
M.Choueraſqui, м. le Chevalier du Cros, M.Duran.
Capitaines bleſſez.
Mrs Praflon , Davénes, Bardonanche, Maurniay, De Tu- bas , Revellas , Tronc , Romp,
Geſſeret,Bandron,Quantagril,
Guaſque, Saint Géniez , La- barte, Sainte-Coulombe, Lan- glade, Barriere, Brouffan,Cha- tonville Vulaine M. le Marquis deVilleneu
GALANT. 149
ve Colonel de Cavalerie , &
M.de Conflans Major du Re- gimentde laRabliere, ont auffi efté bleſſez .
a
Je ne vous parle point des Eſpagnols morts oubleſſez. Ce font noms qui vous font en tierement inconnus , &d'ailleurs le nombre eneſt ſi grand,
qu'ils ne pourroient que vous ennuyer. Le ComtedeMonterey envoyé demander le Corps du Comtede la Fuente par un Trompete , & dire à
Monfieur de Navailles qu'il avoit eſté plus heureux que luy. Ce Trompete le pria en meſme temps de ſa part d'a- voir ſoin de la Nobleſſe d'ef
pagne qu'il avoit entre ſes mains.
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Résumé : Tout ce qui s'et passé en Catalogne depuis l'ouverture de la Campagne, avec les Noms des Morts & des Blessez, & de ceux qui se sont signalez dans la derniere Défaite des Ennemis. [titre d'après la table]
Les Espagnols préparèrent une diversion en Catalogne pour compenser les conquêtes françaises en Flandre. Ils levèrent des troupes dans diverses provinces et nommèrent le Comte de Monterey vice-roi de Catalogne et général de l'armée. Les préparatifs incluaient l'arrivée de vaisseaux chargés de troupes à Barcelone et des renforts de régions comme Grenade et Valence. Le Comte de Monterey reçut l'ordre de se rendre à Barcelone et de préparer des troupes pour la Sicile. Il marcha vers Saint-Pierre-Pescador où le Duc de Navailles était posté. Après une escarmouche, les Espagnols furent contraints de se retirer en désordre. Plus tard, le Duc de Navailles envoya des troupes pour défaire un détachement espagnol près du Lampourdan. Les Français, malgré les forces espagnoles, réussirent à faire des dégâts en Catalogne et à sécuriser les récoltes dans le Roussillon. Cependant, ils étaient limités par des passages étroits entre les montagnes. Le Duc de Navailles envoya le Chevalier d'Aubeterre sécuriser le Col de Bagnols, permettant ainsi aux troupes françaises de progresser. Lors de plusieurs escarmouches, les Espagnols, bien que plus nombreux, furent repoussés. Le Duc de Navailles réussit à retirer ses troupes en sécurité malgré la poursuite des Espagnols. La bataille finale dura cinq heures et demie, se terminant par une victoire française. Les Espagnols perdirent plus de deux mille hommes et plusieurs régiments furent détruits. Les régiments français, notamment ceux de Sault, Furstemberg, et Navailles, se distinguèrent par leur bravoure. Le Duc de Navailles et plusieurs autres officiers reçurent des éloges pour leur conduite et leur courage. Après cette défaite, les Espagnols n'entreprirent plus aucune action militaire significative. Le texte mentionne également les capitaines tués et blessés lors des actions militaires, ainsi que la demande du Comte de Monterey pour le corps du Comte de la Fuente, soulignant la supériorité militaire du Duc de Navailles.
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96
p. 226-239
Plusieurs avantages remportez sur Mer en divers endroits par les Vaisseaux de France, depuis le commencement de la Campagne, avec les Noms de tous ceux qui se sont distinguez. [titre d'après la table]
Début :
Retournons à la Guerre, rien n'arreste les François quand il [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Capitaine, Hollandais, Combat, Guerre, Mer, Corsaire, Port, Bateau
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texteReconnaissance textuelle : Plusieurs avantages remportez sur Mer en divers endroits par les Vaisseaux de France, depuis le commencement de la Campagne, avec les Noms de tous ceux qui se sont distinguez. [titre d'après la table]
Retournons à la Guerre ,
1 rien n'arreſte les François quand il s'agit de ſervir leur Prince , &d'acquerir de la ré- putation. Vous venez de voir
combattre fur Terre , voyez à
preſent combattre ſur Mer.
Nous y avons remporté des avantages dont ceux qui ne ſontpasaccoûtumez àvaincre touslesjours par tout , feroient plus de bruit que nous n'en faifons.
Le Capitaine Tobias fort eſtimé chez les Hollandois ,
158 LE MERCVRE 1
éprouva il y a quelque temps combien les Armes du Roy fontàcraindre. Il revenoit de
Smirne , & commandoit une
Flote compoſée de trois gros Vaiſſeaux de guerre ,de cinq Navires , & de huit grandes Fluftes , le tout extraordinaire- ment riche. Le Vaiſſeauqu'il montoit eſtoit de foixante &
fix Pieces de Canon, & chaque Naviredequarante. Il fut rencontré dans la Manche à
la hauteur d'Oüeſſant , par M. le Chevalier de Chasteaure- naut Chefd'Efcadre, qui croi- foit de ce coſté-là, Quoy qu'il n'euſt que quatre Vaiſſeaux de guerre& trois legeres Fré- gates , cette inégalité ne l'em- pefcha pas de prendre la ré- folution de lattaquer. LesEn- nemis l'attendirent en bon
ordre,
GALANT. 159
-
ce qu'il
ordre , & voyant leurs forces beaucoup au deſſus de celles desAttaquans , ils ſe prépare- rent à les recevoir avec une
confiance qui ne leur permet- toit point de douter de la Vi- ctoire. Leurs huit Baſtimens
s'eſtant mis en ligne , & les ☐ Fluſtes ſous le vent , M. de
Chaſteaurenaut arriva fur eux
à la petitepointedujour. Il fit tout cequ'il put pour aborder Commandant , qui évita fix fois l'abordage. Le Combat fut long&opiniâtre. NosFré- gates prirent quatre grandes Fluftes chargées d'Huile , de Tabac , & d'indigo , & deux Vaiſſeaux Hollandois coulerent à fond , avec del'Argent
en barre , & plufieurs mar- chandifes de grand prix. Leurs autres Vaiſſeaux ont eſte fort
Tome VI.
le
160 LE MERCVRE
mal traitez. Ils s'échaperent à
la faveur d'une brune qui empeſcha M. le Chevalier de
Chaſteaurenaut de les ſuivre.
Chacun ſçait qu'on ne peut avoir plus de cœur qu'il en fait paroiſtre , que le peril ne l'é- tonne point , &qu'il n'est pas ſeulement bon Soldat & bon
Capitaine , mais encor bon Homme de Mer , & fort intelligentdans tout ce qui regarde l'employ qu'on luy a donné.
Meſſieurs les Comtes de Sourdis&de Rofmadec , & M. Foran Capitaines de Vaiſſeaux ,
ſe ſont extraordinairementdiſtinguez. Meſſieurs Huet du Rueaux , de Banville , & de Maiſon-neuve , ont donné des
marques de leur courage tant que le Combat a duré. M. le Baron d'Audengervat , Mef-
GALANT. 161
LYCA
ſieurs de Moran- Boiſamis &
de Sancé Lieutenans , deBoncour &de Courbon Enfeignes,
de la Haudiniere &de la Robiniere Volontaires , &deBel- limont Garde de la Marine,
ont eſté bleſſez en ſe ſignalant.
Les Ennemis ont perdu beau- coup de monde , & il ne nous en a couſté que M. Mercadet Enſeigne , qu'ils notus ont Cét avantage n'eſt pas le ſeul que nous ayons eu ur
Mer. M. leChevalierde Bre
teüil qui commande l'Efcadre desGaleres Françoiſes enRof- fillon , a enlevé deux Barques d'un Convoy qui venoit aux Eſpagnols , & dont tout le feu de laMouſqueterie des Enne- mis ne pût empeſcher la prife.
Il pourſuivit les autres juſques fous le Canon de la Tour de
O ij
162 LE MERCVRE
Palmos aux Coſtes de Catalogne. M. le Chevalier deBour- feville ſe rendit maître d'une
troiſieme , &on ne peut trop eſtimer les marques d'intrépi- dité & de valeur que tous les
deux ont données.
Il ne faut qu'eftre François pour porter la terreur en pre- nant les armes. Un Marchand
duHavre s'eſtant plaintqu'un Corſaire nommé,le Capitaine Mauvel, venoitde luy enlever une Barque affez confiderable , avec le Pilote qu'il avoit deffus , Monfieur le Duc de S.
Aignan détacha fans perdre temps fix Soldats par Compa- gnies , &les faiſant prompte- ment embarquer das des Cha- loupes,&quelques autresdans un Bateau qui ſert à porter le Bois , afin qu'on les pûft pren-
GALANT. 163 dre pour des Marchands , ils allerent joindre le Corſaire qui eftoit encor à l'ancre. M. de
Brevedent Capitaine de Fré- gate legere , & M.du Buiffon Enſeigne du Port , ſe trouve- rent à cette attaque , il y eut un Combat de Mouſquererie qui ſe fit preſque à bout tou- chant, &qui étonna tellement le Corſaire , qu'il prit la fuite.
aprés la décharge de quatre Pieces de Canon dont il eſtoit
armé. Son Pilote fut tué ,trois
de ſes Matelots demeurerent
fur la Place , & il fut bleffé
luy-meſme. Il n'y eutde l'au- tre coſté qu'un ſeul Soldat bleffé jambe , & le Maſt
de l'une des Chaloupes en- dommagé d'un coup de Ca- non. La Barque fut repriſe.. Elle eſt eſtimée à prés de mil
Oiij
164 LE MERCVRE Ecus, &c'eſt duPilote duMarchand qui estoit avec le Cor- faire pendant le Combat , &
qu'il a relâché depuis , qu'on a ſçeu ces particularitez.
Je nevous parle point d'un petit Corfaire de Saint Mało ,
armé de fix pieces de Canon ,
qui s'eſtant rendu maiſtre de trois grandes Fluftes de Dan.
nemarc chargées de Froment,
de Seigle , & de Pluſieurs au- tres chofes, les a menées dans ce Port. Ces fortes de priſes y
font ordinaires , un autre Cor- faire ayant amené preſque en -meſme temps un Hollandois ;
&deux autres , un Biſcayen chargé de diverſes marchan- difes.
Vous voyez , Madame, que le Roy triomphe de tous cô- tez fur Mer , comme il triom
GALANT. 165 phe par tout fur Terre. Il eſt vray qu'on nous imputoit une diſgrace qui donnoit grande joye à nos Ennemis. On pré- tendoit que toutes nos Gale- res avoient eſté conſommées à
Civitavechia par un Incendie dont on n'avoit pû arreſter la violence. Le bruit en courut à
Naples ; & dans le temps que cette nouvelle s'y debitoit , el- les parurent à l Iſle de Pont,
où elles prirent trois gros Vaif- ſeaux àla veuë meſme de cet.
te Ville.
1 rien n'arreſte les François quand il s'agit de ſervir leur Prince , &d'acquerir de la ré- putation. Vous venez de voir
combattre fur Terre , voyez à
preſent combattre ſur Mer.
Nous y avons remporté des avantages dont ceux qui ne ſontpasaccoûtumez àvaincre touslesjours par tout , feroient plus de bruit que nous n'en faifons.
Le Capitaine Tobias fort eſtimé chez les Hollandois ,
158 LE MERCVRE 1
éprouva il y a quelque temps combien les Armes du Roy fontàcraindre. Il revenoit de
Smirne , & commandoit une
Flote compoſée de trois gros Vaiſſeaux de guerre ,de cinq Navires , & de huit grandes Fluftes , le tout extraordinaire- ment riche. Le Vaiſſeauqu'il montoit eſtoit de foixante &
fix Pieces de Canon, & chaque Naviredequarante. Il fut rencontré dans la Manche à
la hauteur d'Oüeſſant , par M. le Chevalier de Chasteaure- naut Chefd'Efcadre, qui croi- foit de ce coſté-là, Quoy qu'il n'euſt que quatre Vaiſſeaux de guerre& trois legeres Fré- gates , cette inégalité ne l'em- pefcha pas de prendre la ré- folution de lattaquer. LesEn- nemis l'attendirent en bon
ordre,
GALANT. 159
-
ce qu'il
ordre , & voyant leurs forces beaucoup au deſſus de celles desAttaquans , ils ſe prépare- rent à les recevoir avec une
confiance qui ne leur permet- toit point de douter de la Vi- ctoire. Leurs huit Baſtimens
s'eſtant mis en ligne , & les ☐ Fluſtes ſous le vent , M. de
Chaſteaurenaut arriva fur eux
à la petitepointedujour. Il fit tout cequ'il put pour aborder Commandant , qui évita fix fois l'abordage. Le Combat fut long&opiniâtre. NosFré- gates prirent quatre grandes Fluftes chargées d'Huile , de Tabac , & d'indigo , & deux Vaiſſeaux Hollandois coulerent à fond , avec del'Argent
en barre , & plufieurs mar- chandifes de grand prix. Leurs autres Vaiſſeaux ont eſte fort
Tome VI.
le
160 LE MERCVRE
mal traitez. Ils s'échaperent à
la faveur d'une brune qui empeſcha M. le Chevalier de
Chaſteaurenaut de les ſuivre.
Chacun ſçait qu'on ne peut avoir plus de cœur qu'il en fait paroiſtre , que le peril ne l'é- tonne point , &qu'il n'est pas ſeulement bon Soldat & bon
Capitaine , mais encor bon Homme de Mer , & fort intelligentdans tout ce qui regarde l'employ qu'on luy a donné.
Meſſieurs les Comtes de Sourdis&de Rofmadec , & M. Foran Capitaines de Vaiſſeaux ,
ſe ſont extraordinairementdiſtinguez. Meſſieurs Huet du Rueaux , de Banville , & de Maiſon-neuve , ont donné des
marques de leur courage tant que le Combat a duré. M. le Baron d'Audengervat , Mef-
GALANT. 161
LYCA
ſieurs de Moran- Boiſamis &
de Sancé Lieutenans , deBoncour &de Courbon Enfeignes,
de la Haudiniere &de la Robiniere Volontaires , &deBel- limont Garde de la Marine,
ont eſté bleſſez en ſe ſignalant.
Les Ennemis ont perdu beau- coup de monde , & il ne nous en a couſté que M. Mercadet Enſeigne , qu'ils notus ont Cét avantage n'eſt pas le ſeul que nous ayons eu ur
Mer. M. leChevalierde Bre
teüil qui commande l'Efcadre desGaleres Françoiſes enRof- fillon , a enlevé deux Barques d'un Convoy qui venoit aux Eſpagnols , & dont tout le feu de laMouſqueterie des Enne- mis ne pût empeſcher la prife.
Il pourſuivit les autres juſques fous le Canon de la Tour de
O ij
162 LE MERCVRE
Palmos aux Coſtes de Catalogne. M. le Chevalier deBour- feville ſe rendit maître d'une
troiſieme , &on ne peut trop eſtimer les marques d'intrépi- dité & de valeur que tous les
deux ont données.
Il ne faut qu'eftre François pour porter la terreur en pre- nant les armes. Un Marchand
duHavre s'eſtant plaintqu'un Corſaire nommé,le Capitaine Mauvel, venoitde luy enlever une Barque affez confiderable , avec le Pilote qu'il avoit deffus , Monfieur le Duc de S.
Aignan détacha fans perdre temps fix Soldats par Compa- gnies , &les faiſant prompte- ment embarquer das des Cha- loupes,&quelques autresdans un Bateau qui ſert à porter le Bois , afin qu'on les pûft pren-
GALANT. 163 dre pour des Marchands , ils allerent joindre le Corſaire qui eftoit encor à l'ancre. M. de
Brevedent Capitaine de Fré- gate legere , & M.du Buiffon Enſeigne du Port , ſe trouve- rent à cette attaque , il y eut un Combat de Mouſquererie qui ſe fit preſque à bout tou- chant, &qui étonna tellement le Corſaire , qu'il prit la fuite.
aprés la décharge de quatre Pieces de Canon dont il eſtoit
armé. Son Pilote fut tué ,trois
de ſes Matelots demeurerent
fur la Place , & il fut bleffé
luy-meſme. Il n'y eutde l'au- tre coſté qu'un ſeul Soldat bleffé jambe , & le Maſt
de l'une des Chaloupes en- dommagé d'un coup de Ca- non. La Barque fut repriſe.. Elle eſt eſtimée à prés de mil
Oiij
164 LE MERCVRE Ecus, &c'eſt duPilote duMarchand qui estoit avec le Cor- faire pendant le Combat , &
qu'il a relâché depuis , qu'on a ſçeu ces particularitez.
Je nevous parle point d'un petit Corfaire de Saint Mało ,
armé de fix pieces de Canon ,
qui s'eſtant rendu maiſtre de trois grandes Fluftes de Dan.
nemarc chargées de Froment,
de Seigle , & de Pluſieurs au- tres chofes, les a menées dans ce Port. Ces fortes de priſes y
font ordinaires , un autre Cor- faire ayant amené preſque en -meſme temps un Hollandois ;
&deux autres , un Biſcayen chargé de diverſes marchan- difes.
Vous voyez , Madame, que le Roy triomphe de tous cô- tez fur Mer , comme il triom
GALANT. 165 phe par tout fur Terre. Il eſt vray qu'on nous imputoit une diſgrace qui donnoit grande joye à nos Ennemis. On pré- tendoit que toutes nos Gale- res avoient eſté conſommées à
Civitavechia par un Incendie dont on n'avoit pû arreſter la violence. Le bruit en courut à
Naples ; & dans le temps que cette nouvelle s'y debitoit , el- les parurent à l Iſle de Pont,
où elles prirent trois gros Vaif- ſeaux àla veuë meſme de cet.
te Ville.
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Résumé : Plusieurs avantages remportez sur Mer en divers endroits par les Vaisseaux de France, depuis le commencement de la Campagne, avec les Noms de tous ceux qui se sont distinguez. [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs victoires navales françaises. Le Chevalier de Chasteaurenaut, malgré une infériorité numérique, attaque et défait une flotte hollandaise commandée par le Capitaine Tobias près d'Ouessant. Cette bataille permet aux Français de capturer plusieurs navires ennemis et d'en couler deux. Parmi les blessés français figurent plusieurs officiers et volontaires. Par ailleurs, le Chevalier de Breteuil et le Chevalier de Bourseville capturent des barques espagnoles près des côtes catalanes. Un marchand du Havre, avec l'aide de soldats et d'officiers français, repousse un corsaire qui avait enlevé sa barque. De plus, des corsaires français capturent plusieurs navires danois et biscayens chargés de marchandises. Le texte mentionne également que les galères françaises, contrairement aux rumeurs d'un incendie à Civitavecchia, apparaissent à l'île de Pont et capturent trois gros vaisseaux sous les yeux de Naples. Ces succès navals démontrent la supériorité française sur mer, complétant les victoires terrestres.
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97
p. 245-265
Tout ce qui s'est passé entre l'Armée commandêe par M. le Mareschal de Crequy, & celle du Prince Charles, depuis la Relation qui en a esté donnée dans le cinquiéme Volume du Mercure. [titre d'après la table]
Début :
Depuis ce que je vous marquay la derniere fois de [...]
Mots clefs :
Ennemis, Armée, Chevaux, Maréchal de Créquy, Prince Charles, Canon, Gardes, Gazette de Hollande, Camp, Combattre
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texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est passé entre l'Armée commandêe par M. le Mareschal de Crequy, & celle du Prince Charles, depuis la Relation qui en a esté donnée dans le cinquiéme Volume du Mercure. [titre d'après la table]
Depuis ce que je vous marquay la derniere fois de cesArmées, tout a confifté en
quelquesDécampemensqu'el- les ont fait l'une &l'autre , &
dans lesquels la vigilance , la conduite &la prévoyance de Mr le Mareſchal de Crequy ont toûjours eſté ſi grandes ,
qu'en embaraſſant par tout le Prince Charles , il a rompu toutes ſes meſures. On n'en
peut douter , puis que nous fommes àla fin d'Aouſt , ſans
que ce Prince ait encor rien execute. On a ſeulement envoyédesPartisde part &d'au- tre. Il n'eſt point beſoin de
vous dire que nous y avons toûjours eul'avantage. Quand les Ennemis ne demeureroient
pasd'accordde leurs Morts&
GALANT. 171 de leurs Bleſſez, le grand nom bre de Priſonniers que nous avons faits fur eux , & dont la
Ville de Mets eſtoit toute rem plie avant qu'ils s'en éloignaf- fent, feroit connoiſtre ce qu'ils tâcherolent inutilement de ca- [
cher. Le Comte de Stirum fort !
eſtimé dans l'Armée du Prince
Charles , eſtant à la teſte de quatre-vingt Maiſtres choifis,
& de pluſieurs Volontaires ,
fut rencontré par Monfieur de la Chapelle Capitaine au Re- giment de Rocqueville, avec trente Maiſtres & trente Dra- gons. Ils ſe poufferent. Me de la Chapelle tua & bleſſa vingt des Ennemis , & fit ce Comte ,
prifonnier , avec quarante-un de ceux qui le ſoûtenoient.
Vous admirerez l'intrépidité de M' de Langlade Officier de
L
Pij
172 LE MERCURE noſtre Armée. Il alla dans le
Camp des Ennemis , ſe mefla la nuit parmy eux , prit trois ou quatre de leurs plus beaux Chevaux, fortit du Camp , &
enlevaun petitCorps avancé.
Iln'eſt pas le feul qui cherche les occafions de ſe ſignaler.
Tous les François brûlent de combatre, &l'ardeur qu'ils en font paroiſtre va fi loin , que MaleMarefchalde Créquy eft ſouvent contraint de ſe ſervir
de ſon autorité pour les rete- nir. Les Ennemis eſtant venus
un jour reconnoiſtre noftre Camp , on les repouſſa juf- qu'aux quinze premiers Eſca- drons où eftoient leurs Generaux. Monfieur le Duc de
Vendôme combatit avec une
vigueur, incroyable , & ſe mê- la juſqu'à deux fois parmy les
GALANT. 173 Cuiraffiers. Cette occafion fut
remarquable &partout ce que jeviensdevous endire ,&par la maniere dont M³ le Comte
deBroille & M le Marquisde Bouflairs s'y fignalerent. M'le Marquis de Riveroles ayant eu ſa jambe de bois emportée ,&
ſon Cheval tué , ne laiſſa pas de combattre vigoureuſement,
appuyé ſur le tronçon de ſa jambe. On le remonta , & il eut le temps de ſe retirer. Cet- -te Action fut admiréede tout
le monde. Si ceux qui la vi- rent en demeurerent ſurpris ,
- les Ennemis le furent bien- davantage, quand aprés avoir décampe de Gendrecour , ils apperceurent M de Créquy campé àune lieuë d'eux, fans qu'il y euſt entre les deux Ar- 1
mées nyBois, ny Riviere, ny
;
174 LE MERCURE Défilé.Ils tirerent d'abord trois
coups de Canon pour rappel- ler leurs Fourrageurs & leurs Coureurs , & ils furent toute
la nuit &tout le jour en ba- taille. Il y eut plufieurs eſcar- mouches , & les grandes Gar- des ſe poufferent deux fois.
Les Gardes du Corps ayant eſté commandez pour ſoûtenir la noftre , vinrent aux mains
repoufferent les Ennemis, en tuerent quelques-uns , & en firent d'autres prifonniers. M
de Créquy eſtoit venu dans ce dernier Campen Caroffe.
Ilen defcendit ſi-toſt qu'il fut arrivé , monta à Cheval , fit défiler ſon Armée , la campa fort avantageuſement,&aprés avoir employé plus de fix heu- res àdonner ſes ordres, il entra
dans une Tente où il coucha,
GALANT. 175 & qu'il avoit fait dreſſer à la teſte des Chevaux-Legers. Le lendemain il envoya Mª Phili- bert, Capitaine de ſes Gardes,
dans le Camp des Ennemis ,
porter à M' le Marquis deGra- na, de la part de Monfieur le Duc , une Epée enrichie de tres-beaux Diamas, en échange de dix Chevaux Croates qu'il luy avoit envoyez depuis quelque temps. Il fut conduit auPrinceCharles , &mené en
fuite au Marquis de Grana ,
qui mit pied aterre ,&luy fit preſent de fon Cheval. Plu- fieurs Officiers Generaux qui eftoient prefens , demanderent àcet Envoyé quandM³ le Ma- reſchal de Créquy vouloit combattre. Il leur répondit.
Meſieurs , il ne tient qu'à vous,
iln'y anyDéfilé ny Riviere entre
176 LE MERCVRE les deuxArmées , &l'on est prest
àvous bien recevoir. Surquoy- und'entr'eux ne pût s'empef- cher de dire : Ne faisons point
les fins ,il ne tient
combattre.
quà nous de
LesEnnemis ayant décam- pé , & s'eſtant ſaiſis deMou-- ſon , n'y trouverent aucun avantage. Monfieur le Maré- chal de Schomberg qui avoit preveu leur deſſein , en avoie fait fortir Habitans & meu
bles , & on peut dire meſme que le Pofte estoit méchans
pour eux,puis qu'ils pouvoient eſtre veus dans leur Camp.
Ce qui les attira particuliere menten ce lieu-la,fut l'efpes rance d'y faire paffer la Meu- ſe à quelques Partis , mais ce- Ja ne leur arriva qu'une leuke fois; MonfieurdeCréquy tra
GALANT. 177 verſa promptementunBois où jamais Armée n'avoit paſſe,
&fa marche fut fi diligente,
qu'il rompit toutes leurs me- fures. Toutes les Gazetes ont
parlé de la promptitude de cetteMarche, & la Gazete de
Hollande mefme n'a pû s'en taire. LePrinceCharles appre- nant que noftre Armée s'ap- prochoit, fit retirer ſes Ponts
de Bateaux , & vit toutes fes
prétentions reduites à eſtre dans une Ville ſans Fortificatichs,&où tout luy manquoit,
avecdesTroupes en refte auffi fortesque les fiennes , & dont une partie eftoit poſtée furdes Hauteurs qui découvroient dans fon Camp. Il s'y fortifia fans fçavoir pourquoy , puis que fon Armée déperiſſant de
jour en jour, il fe trouva obli
178 LE MERCVRE gédedécamperquelque temps aprés, ayant remply toutes nos Villes de Deferteurs , Sedan n'en voulant plus recevoir, &
nos Partis faiſant tant de Prifonniers , que les Païfans des
environs de Stenay y amenerent un jour une Compagnie entiere. Ainſi aprés avoir fait Fortifier les deux bords de la
Meuſe, creuſer le Foffé d'une Redoute,&ordonné de grands Retranchemens pour s'affurer la teſte d'un Bois , ſe voyant cõtinuellement inſulté de tous côtez, &l'ayant nouvellement eſtéd'un Party de Montmedy commandé par Monfieurdela Breteche , qui tua quarante
J.Cavaliers , & emmena cinquante-cinq Chevaux,il aban- donna tout , & fit mettre le feu àMouſon, où ſes Gardes L
firent
GALANT. 179 firent une perte confiderable dans les Fauxbourgs. Il n'y eut pas plusdevingtMaiſonsbrû- lées , les Habitans eſtant ac- courus en foule,&ayant éteint promptement le feu. On ne ſçauroit croire les dommages que les Ennemis ont reçeus aux environs. Mrs Meſlin &
Des-Fourneaux , deux vieux
Colonels retirez chez eux, tenoient les Bois à la teſte des
Païfans , & les harceloient inceſſamment. Ils avoient laiffé
du Canon & du Monde dans
la Redoute de Mouſon , qu'ils furent obligez d'abandonner.
Ils n'en fortirent pourtat qu'a- prés avoir envoye faire excuſe des Villages qu'on nous avoit brûlez, &fait punir quelques- unsdes Incendiaires. Le pro- cedé eft prudent , nous fomTome VI.
180 LE MERCURE
mes affez en état de leur rendre le mal qu'ils nous font. Les Ennemis s'étant retirez, leDécampement de Monfieur de Créquy les ſurprit &les em- baraſſa autant que les prece- dens. Jamais Depart ne fut fi promptement ordonné , ny Marche fi-toſt executée. On
la tint ſecrete à l'ordinaire.
L'ordre en ayant eſté reçeu fur les huit heures du foir , on
fonna le Guet. Les Gardes
avancées furent laiſſées , & à
dix heures l'Armée paſſa la Meuſe ſur pluſieurs Ponts qui y eſtoient depuis quelques jours. On trouva à trois lieuës une grande Garde des Enne- mis fur uneHauteur. On commença de la pouffer , mais M
de Créquy defendit qu'on la pouſsat juſques danslaMeuſe,
GALANT. 181
2
parce qu'il vouloit établir fon Camp avant que d'entrer dans quelque Action. Il choiſit ſes Quartiers ; & cette Garde, &
ce qui la foûtenoit ayant eſté en ſuite vigoureuſement pouf- ſée , on amena quelques Pri- fonniers . Voilà où les choſes
en eſtoient il n'y a pas long- temps. Ce que je vous man- day laderniere fois, joint à ce que je vous écris aujourd'huy,
eſt une Relation fidelle &conciſe de toute la Campagne ,
pour ce qui regarde les divers mouvemens de l'Armée du
Prince Charles. Il ne me reſte
plus qu'à vous dire que pen- dant ſon ſejour à Moufon , le
Marquis de Grana envoya par un Trompete à Monfieur le Chevalier deBreteüilAyde de Camp de Monfieur le maref
Qij
182 LE MERCVRE
chal de Schomberg , un fort beau Cheval Turc ſuperbe- ment enharnaché. On l'eſtime plus dedeux cens Piſtoles.
Il luy fit ce Preſent ſans qu'il le connût , & feulement en
confideration de l'amitié qu'il lia autrefois avec ſa Famille
quand il vint en France , &
qu'il confirma depuis à ма- drid, où il trouva Monfieurde
Breteüil fon Frere, qui eſt pre- fentement Intendant en Picardie. Vous ſçavez fans-doute,
Madame , que ces Meffieurs ſont d'une des meilleures Familles de la Robe , que mon- ſieur leur Pere a eſté Controleur des Finances , & qu'apres avoir paſſfé par tous les Em- plois dignes d'un Homme de ſa ſuffiſance, il a efté fait Conſeillerd'Etat
quelquesDécampemensqu'el- les ont fait l'une &l'autre , &
dans lesquels la vigilance , la conduite &la prévoyance de Mr le Mareſchal de Crequy ont toûjours eſté ſi grandes ,
qu'en embaraſſant par tout le Prince Charles , il a rompu toutes ſes meſures. On n'en
peut douter , puis que nous fommes àla fin d'Aouſt , ſans
que ce Prince ait encor rien execute. On a ſeulement envoyédesPartisde part &d'au- tre. Il n'eſt point beſoin de
vous dire que nous y avons toûjours eul'avantage. Quand les Ennemis ne demeureroient
pasd'accordde leurs Morts&
GALANT. 171 de leurs Bleſſez, le grand nom bre de Priſonniers que nous avons faits fur eux , & dont la
Ville de Mets eſtoit toute rem plie avant qu'ils s'en éloignaf- fent, feroit connoiſtre ce qu'ils tâcherolent inutilement de ca- [
cher. Le Comte de Stirum fort !
eſtimé dans l'Armée du Prince
Charles , eſtant à la teſte de quatre-vingt Maiſtres choifis,
& de pluſieurs Volontaires ,
fut rencontré par Monfieur de la Chapelle Capitaine au Re- giment de Rocqueville, avec trente Maiſtres & trente Dra- gons. Ils ſe poufferent. Me de la Chapelle tua & bleſſa vingt des Ennemis , & fit ce Comte ,
prifonnier , avec quarante-un de ceux qui le ſoûtenoient.
Vous admirerez l'intrépidité de M' de Langlade Officier de
L
Pij
172 LE MERCURE noſtre Armée. Il alla dans le
Camp des Ennemis , ſe mefla la nuit parmy eux , prit trois ou quatre de leurs plus beaux Chevaux, fortit du Camp , &
enlevaun petitCorps avancé.
Iln'eſt pas le feul qui cherche les occafions de ſe ſignaler.
Tous les François brûlent de combatre, &l'ardeur qu'ils en font paroiſtre va fi loin , que MaleMarefchalde Créquy eft ſouvent contraint de ſe ſervir
de ſon autorité pour les rete- nir. Les Ennemis eſtant venus
un jour reconnoiſtre noftre Camp , on les repouſſa juf- qu'aux quinze premiers Eſca- drons où eftoient leurs Generaux. Monfieur le Duc de
Vendôme combatit avec une
vigueur, incroyable , & ſe mê- la juſqu'à deux fois parmy les
GALANT. 173 Cuiraffiers. Cette occafion fut
remarquable &partout ce que jeviensdevous endire ,&par la maniere dont M³ le Comte
deBroille & M le Marquisde Bouflairs s'y fignalerent. M'le Marquis de Riveroles ayant eu ſa jambe de bois emportée ,&
ſon Cheval tué , ne laiſſa pas de combattre vigoureuſement,
appuyé ſur le tronçon de ſa jambe. On le remonta , & il eut le temps de ſe retirer. Cet- -te Action fut admiréede tout
le monde. Si ceux qui la vi- rent en demeurerent ſurpris ,
- les Ennemis le furent bien- davantage, quand aprés avoir décampe de Gendrecour , ils apperceurent M de Créquy campé àune lieuë d'eux, fans qu'il y euſt entre les deux Ar- 1
mées nyBois, ny Riviere, ny
;
174 LE MERCURE Défilé.Ils tirerent d'abord trois
coups de Canon pour rappel- ler leurs Fourrageurs & leurs Coureurs , & ils furent toute
la nuit &tout le jour en ba- taille. Il y eut plufieurs eſcar- mouches , & les grandes Gar- des ſe poufferent deux fois.
Les Gardes du Corps ayant eſté commandez pour ſoûtenir la noftre , vinrent aux mains
repoufferent les Ennemis, en tuerent quelques-uns , & en firent d'autres prifonniers. M
de Créquy eſtoit venu dans ce dernier Campen Caroffe.
Ilen defcendit ſi-toſt qu'il fut arrivé , monta à Cheval , fit défiler ſon Armée , la campa fort avantageuſement,&aprés avoir employé plus de fix heu- res àdonner ſes ordres, il entra
dans une Tente où il coucha,
GALANT. 175 & qu'il avoit fait dreſſer à la teſte des Chevaux-Legers. Le lendemain il envoya Mª Phili- bert, Capitaine de ſes Gardes,
dans le Camp des Ennemis ,
porter à M' le Marquis deGra- na, de la part de Monfieur le Duc , une Epée enrichie de tres-beaux Diamas, en échange de dix Chevaux Croates qu'il luy avoit envoyez depuis quelque temps. Il fut conduit auPrinceCharles , &mené en
fuite au Marquis de Grana ,
qui mit pied aterre ,&luy fit preſent de fon Cheval. Plu- fieurs Officiers Generaux qui eftoient prefens , demanderent àcet Envoyé quandM³ le Ma- reſchal de Créquy vouloit combattre. Il leur répondit.
Meſieurs , il ne tient qu'à vous,
iln'y anyDéfilé ny Riviere entre
176 LE MERCVRE les deuxArmées , &l'on est prest
àvous bien recevoir. Surquoy- und'entr'eux ne pût s'empef- cher de dire : Ne faisons point
les fins ,il ne tient
combattre.
quà nous de
LesEnnemis ayant décam- pé , & s'eſtant ſaiſis deMou-- ſon , n'y trouverent aucun avantage. Monfieur le Maré- chal de Schomberg qui avoit preveu leur deſſein , en avoie fait fortir Habitans & meu
bles , & on peut dire meſme que le Pofte estoit méchans
pour eux,puis qu'ils pouvoient eſtre veus dans leur Camp.
Ce qui les attira particuliere menten ce lieu-la,fut l'efpes rance d'y faire paffer la Meu- ſe à quelques Partis , mais ce- Ja ne leur arriva qu'une leuke fois; MonfieurdeCréquy tra
GALANT. 177 verſa promptementunBois où jamais Armée n'avoit paſſe,
&fa marche fut fi diligente,
qu'il rompit toutes leurs me- fures. Toutes les Gazetes ont
parlé de la promptitude de cetteMarche, & la Gazete de
Hollande mefme n'a pû s'en taire. LePrinceCharles appre- nant que noftre Armée s'ap- prochoit, fit retirer ſes Ponts
de Bateaux , & vit toutes fes
prétentions reduites à eſtre dans une Ville ſans Fortificatichs,&où tout luy manquoit,
avecdesTroupes en refte auffi fortesque les fiennes , & dont une partie eftoit poſtée furdes Hauteurs qui découvroient dans fon Camp. Il s'y fortifia fans fçavoir pourquoy , puis que fon Armée déperiſſant de
jour en jour, il fe trouva obli
178 LE MERCVRE gédedécamperquelque temps aprés, ayant remply toutes nos Villes de Deferteurs , Sedan n'en voulant plus recevoir, &
nos Partis faiſant tant de Prifonniers , que les Païfans des
environs de Stenay y amenerent un jour une Compagnie entiere. Ainſi aprés avoir fait Fortifier les deux bords de la
Meuſe, creuſer le Foffé d'une Redoute,&ordonné de grands Retranchemens pour s'affurer la teſte d'un Bois , ſe voyant cõtinuellement inſulté de tous côtez, &l'ayant nouvellement eſtéd'un Party de Montmedy commandé par Monfieurdela Breteche , qui tua quarante
J.Cavaliers , & emmena cinquante-cinq Chevaux,il aban- donna tout , & fit mettre le feu àMouſon, où ſes Gardes L
firent
GALANT. 179 firent une perte confiderable dans les Fauxbourgs. Il n'y eut pas plusdevingtMaiſonsbrû- lées , les Habitans eſtant ac- courus en foule,&ayant éteint promptement le feu. On ne ſçauroit croire les dommages que les Ennemis ont reçeus aux environs. Mrs Meſlin &
Des-Fourneaux , deux vieux
Colonels retirez chez eux, tenoient les Bois à la teſte des
Païfans , & les harceloient inceſſamment. Ils avoient laiffé
du Canon & du Monde dans
la Redoute de Mouſon , qu'ils furent obligez d'abandonner.
Ils n'en fortirent pourtat qu'a- prés avoir envoye faire excuſe des Villages qu'on nous avoit brûlez, &fait punir quelques- unsdes Incendiaires. Le pro- cedé eft prudent , nous fomTome VI.
180 LE MERCURE
mes affez en état de leur rendre le mal qu'ils nous font. Les Ennemis s'étant retirez, leDécampement de Monfieur de Créquy les ſurprit &les em- baraſſa autant que les prece- dens. Jamais Depart ne fut fi promptement ordonné , ny Marche fi-toſt executée. On
la tint ſecrete à l'ordinaire.
L'ordre en ayant eſté reçeu fur les huit heures du foir , on
fonna le Guet. Les Gardes
avancées furent laiſſées , & à
dix heures l'Armée paſſa la Meuſe ſur pluſieurs Ponts qui y eſtoient depuis quelques jours. On trouva à trois lieuës une grande Garde des Enne- mis fur uneHauteur. On commença de la pouffer , mais M
de Créquy defendit qu'on la pouſsat juſques danslaMeuſe,
GALANT. 181
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parce qu'il vouloit établir fon Camp avant que d'entrer dans quelque Action. Il choiſit ſes Quartiers ; & cette Garde, &
ce qui la foûtenoit ayant eſté en ſuite vigoureuſement pouf- ſée , on amena quelques Pri- fonniers . Voilà où les choſes
en eſtoient il n'y a pas long- temps. Ce que je vous man- day laderniere fois, joint à ce que je vous écris aujourd'huy,
eſt une Relation fidelle &conciſe de toute la Campagne ,
pour ce qui regarde les divers mouvemens de l'Armée du
Prince Charles. Il ne me reſte
plus qu'à vous dire que pen- dant ſon ſejour à Moufon , le
Marquis de Grana envoya par un Trompete à Monfieur le Chevalier deBreteüilAyde de Camp de Monfieur le maref
Qij
182 LE MERCVRE
chal de Schomberg , un fort beau Cheval Turc ſuperbe- ment enharnaché. On l'eſtime plus dedeux cens Piſtoles.
Il luy fit ce Preſent ſans qu'il le connût , & feulement en
confideration de l'amitié qu'il lia autrefois avec ſa Famille
quand il vint en France , &
qu'il confirma depuis à ма- drid, où il trouva Monfieurde
Breteüil fon Frere, qui eſt pre- fentement Intendant en Picardie. Vous ſçavez fans-doute,
Madame , que ces Meffieurs ſont d'une des meilleures Familles de la Robe , que mon- ſieur leur Pere a eſté Controleur des Finances , & qu'apres avoir paſſfé par tous les Em- plois dignes d'un Homme de ſa ſuffiſance, il a efté fait Conſeillerd'Etat
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Résumé : Tout ce qui s'est passé entre l'Armée commandêe par M. le Mareschal de Crequy, & celle du Prince Charles, depuis la Relation qui en a esté donnée dans le cinquiéme Volume du Mercure. [titre d'après la table]
Le texte relate les mouvements et les actions des armées commandées par le maréchal de Créquy et le prince Charles. Le maréchal de Créquy a démontré une vigilance et une prévoyance remarquables, perturbant constamment les plans du prince Charles. À la fin du mois d'août, le prince Charles n'avait pas encore accompli d'action significative, malgré quelques escarmouches où les forces françaises ont toujours eu l'avantage. Un événement notable est la capture du comte de Stirum, un officier estimé dans l'armée du prince Charles, par le capitaine de la Chapelle. De plus, l'officier Langlade a montré son intrépidité en infiltrant le camp ennemi pour voler des chevaux. L'ardeur des soldats français est telle que le maréchal de Créquy doit souvent intervenir pour les retenir. Lors d'une reconnaissance du camp ennemi, les forces françaises ont repoussé les assaillants jusqu'aux escadrons des généraux ennemis. Le duc de Vendôme a combattu avec une vigueur incroyable, et plusieurs officiers, comme le comte de Broille et le marquis de Bouflairs, se sont distingués. Le marquis de Riveroles, malgré la perte de sa jambe de bois et de son cheval, a continué à combattre. Les ennemis, après avoir quitté Gendrecour, ont trouvé le maréchal de Créquy campé à proximité, ce qui a conduit à des affrontements prolongés. Les gardes du corps français ont repoussé les ennemis, tuant et capturant plusieurs d'entre eux. Le maréchal de Créquy a également envoyé un présent au marquis de Grana, un officier ennemi, en échange de chevaux précédemment reçus. Les ennemis, après avoir occupé Mousson, n'y ont trouvé aucun avantage, car le maréchal de Schomberg avait prévu leur mouvement et évacué les habitants. Le prince Charles, face à l'approche de l'armée française, a dû se retirer, laissant derrière lui des troupes en mauvais état et des fortifications inutiles. Les forces françaises ont continué à harceler les ennemis, capturant des prisonniers et causant des dommages significatifs. Le texte se conclut par une relation fidèle des mouvements de l'armée du prince Charles et mentionne un présent envoyé par le marquis de Grana au chevalier de Breteuil. Le texte présente également une description d'une famille noble, soulignant que ses membres appartiennent à une des meilleures familles de la Robe, c'est-à-dire à une famille de magistrats ou de juristes. Le père de ces messieurs a occupé le poste de Contrôleur des Finances et a ensuite progressé à travers divers emplois dignes de ses compétences, ce qui lui a permis d'accéder au rang de Conseiller d'État.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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98
p. 271-279
La Campagne du Prince d'Orange, depuis la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay déja tant parlé de Guerre, que je [...]
Mots clefs :
Prince d'Orange, Troupes des Princes d'Allemagne, Siège de Charleroi, Espagnols, Quartiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La Campagne du Prince d'Orange, depuis la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
Je vous ay déja tant parléde Guerre , que je ne vous diray que tres - peu de choſe de la Campagne du Prince d'Oran- ge. Les Troupes des Princes d'Allemagne liguez avec luy ,
paſſent tous les ans fix mois à
fortir de leurs Quartiers d'Hy- ver , à marcher , à s'aſſembler
&employent les autres fix mois
àreprendre leurs Quartiers , &
c'eſt là où elles trouvent des
coups à donner , &le temps de leur veritable Campagne , par- cequ'elles vivent avec tant de diſcipline , qu'il n'y a perſonne qui ne refuſe de les recevoir.
Elles ont fait la meſme choſe
cette année , &elles ont d'autantplus fatigué, qu'ayant pref- quetoûjours marché pourtâter toutes nos Villes de Flandre ,
elles n'enonttrouvéaucune en
GALANT. 149
1
affez méchant état pour leur permettrede s'y repoſer. Ainfi elles arriverent devant Charleroy un peu laffes & encor étourdies d'avoir fi longtemps
tournoyé. Le Siege de cette Place fut formé preſque auſſitoſt. Le Prince d'Orange fit avancer fix mille Chevaux ,
croyant obliger une partie de la Garnison à fortir; mais Monſieur le Comte de Montal plus fin &plus experimenté que luy,
les laiſſa ſe promener, &voulut reſerver ſes Gens pour les rece- voir de meilleure grace. C'é- itoit ſe mal adreſſer. Monfieur
de Montal garde bien ce qu'on
luy confie,&on a lieu d'en étre perfuadé. Il a déja fait lever { deux ou trois Sieges aux Ennemis , & traverſé leur Camp pour ſe jetter dans des Places
Rij
190 LE MERCVRE
qu'ils affiegeoient. Auſſi ſem- bloit-il ne rien ſouhaiter avec
tant de paffion que d'eſtre at- taqué , pour avoir la gloire de ſebiendéfendre.Dansle temps)
que le Prince d'Orange s'ap-,
prochoit de Charleroy , M² le Marquis de Jauvelle qui estoit dans Oudenarde , eut ordre de
s'y jetter avec cent cinquante,
Mouſquetaires de ceux qu'il commande,& une Compagnie deGrenadiers à cheval. Il fit
une diligence fi extraordinai- re , qu'il y arriva en trente heures,fans avoir fait repaître qu'une feule fois.Rien ne ſcau- roit mieux marquer le plaifir que les Moufquetaires ſe fai- foient de s'enfermer dans une
Ville afſiegée. Les Ennemis ne doutent point qu'il ne ſe hâ- taſt-d'y venir , parce qu'ils ſcai
GALANT. 191
a
,
&
voient l'ordre qu'il avoitde ſe tenir preſt d'entrer dans la pre- mierePlacequ'ils afſiegeroient,
crûrent qu'aprés que celle-cy ſeroit inveſtie, ils auroient en- cor le temps de détacher huit cent Chevaux pour aller au devantde luy ; mais ils furent trompez dans ce qu'ils s'é- toient voulu perfuader quand ils envoyerentleurCa- valerie, ils apprirent qu'il étoit entré. Ils ne laifferent pas de ſe montrer refolus à pouffer leur entrepriſe. Ils prirent leurs -Quartiers le 10.de ce mois, ils firent travailler àleurs Lignes,
&le 14. ils décamperent. On ne ſçait que s'imaginer de cet- te Retraite. Si ce Siege n'avoir eſtéqu'une feinte , ils auroient moins avancé leurs Lignes, ou ils auroient entrepris quelque
2
Rij
192 LE MERCVRE
autre Siege dans le meſme
temps ; mais ils n'en ont fait
aucun , &tout ce que nous
ſçavons, c'eſt que fi - toft qu'ils apprirent que nos Troupes s'aſſembloient , ils ſongerent à
décamper , firent partir leur Canon&leurBagage pendant deux jours,& fe retirerent ſans falüer MonfieurdeMontal,qui eſtoit bien intentionné pour les recevoir.
Admirez, Madame, comme
tout eſt preveu , &comme en France on ſe tient preparé à
tout. Apeine eut- on appris le departdeMonfieurleMarquis de Louvois , qu'on ſçeur qu'il eſtoit au milieu d'une Armée
de cinquante mille Hommes;
que les Ordres du Roy qu'il portoit,&qu'il fait fi bien exe- cuter,avoient fait aſſembler fi
4
GALANT. 193 promptement , qu'on euſt dit qu'un coup de Baguete les avoit fait fortir tout-à coup du
feinde laTerre. Les Ennemis
enfurentdéconcertez,&ils ne
le furent pas moins de la fer- meté avec laquelle nos Trou pes allerent àeux fans s'arrêter. Ce fut fans doute ce qui les empefcha de les attendre.. Ils avoient pris fi mal leurs meſures, qu'en commençantle Siege de Charleroy , ils man- quoient de Vivres &de Four- rages. Leurs Convois devoient - venir de Bruxelles , & ils ne
prenoient pas garde queMon- ſieur leBaron de Quincy étoit entr'eux & certe Ville pour leur difputer le pafſage. Ainfi le Prince d'Orange a efté , ou mal averry de nos forces , ou mal affiſté des Conféderez..
194 LE MERCVRE Monfieurde Louvois entra le
15. dansCharleroy avecMon- ſieur le Marefſchal Ducde Luxembourg. La joye que Mon- fieur de Montal eut de les recevoir , fut mêléed'unpeude chagrinde ce qu'il les recevoit fi-toft.Il auroit bienvoulu que le Prince d'Orange luy euſt fait une plus longue vifite ,&
il ſe fâchoit d'autant plusde la promptitude de ſon départ,
qu'il s'eſtoir fort diſpoſe à ne luy laiſſer pas ramener tous ceux qui l'accompagnoient.
On apprit dés qu'il ſe fut retiré , que les Conféderez apprehendoient tellement les François , qu'aucuns, de leurs Officiers Generaux ne voulurent ſouffrir que les Troupes qu'ils commandoient fuffent à
l'Arrieregarde le jour de leur:
1
GALANT. 1931
t
Décampement. Leurs come- ſtations furent ſi grandes fur ce fujet , qu'ils s'en remirent)
an Sort, qui fe declara contre les Eſpagnols.
paſſent tous les ans fix mois à
fortir de leurs Quartiers d'Hy- ver , à marcher , à s'aſſembler
&employent les autres fix mois
àreprendre leurs Quartiers , &
c'eſt là où elles trouvent des
coups à donner , &le temps de leur veritable Campagne , par- cequ'elles vivent avec tant de diſcipline , qu'il n'y a perſonne qui ne refuſe de les recevoir.
Elles ont fait la meſme choſe
cette année , &elles ont d'autantplus fatigué, qu'ayant pref- quetoûjours marché pourtâter toutes nos Villes de Flandre ,
elles n'enonttrouvéaucune en
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affez méchant état pour leur permettrede s'y repoſer. Ainfi elles arriverent devant Charleroy un peu laffes & encor étourdies d'avoir fi longtemps
tournoyé. Le Siege de cette Place fut formé preſque auſſitoſt. Le Prince d'Orange fit avancer fix mille Chevaux ,
croyant obliger une partie de la Garnison à fortir; mais Monſieur le Comte de Montal plus fin &plus experimenté que luy,
les laiſſa ſe promener, &voulut reſerver ſes Gens pour les rece- voir de meilleure grace. C'é- itoit ſe mal adreſſer. Monfieur
de Montal garde bien ce qu'on
luy confie,&on a lieu d'en étre perfuadé. Il a déja fait lever { deux ou trois Sieges aux Ennemis , & traverſé leur Camp pour ſe jetter dans des Places
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qu'ils affiegeoient. Auſſi ſem- bloit-il ne rien ſouhaiter avec
tant de paffion que d'eſtre at- taqué , pour avoir la gloire de ſebiendéfendre.Dansle temps)
que le Prince d'Orange s'ap-,
prochoit de Charleroy , M² le Marquis de Jauvelle qui estoit dans Oudenarde , eut ordre de
s'y jetter avec cent cinquante,
Mouſquetaires de ceux qu'il commande,& une Compagnie deGrenadiers à cheval. Il fit
une diligence fi extraordinai- re , qu'il y arriva en trente heures,fans avoir fait repaître qu'une feule fois.Rien ne ſcau- roit mieux marquer le plaifir que les Moufquetaires ſe fai- foient de s'enfermer dans une
Ville afſiegée. Les Ennemis ne doutent point qu'il ne ſe hâ- taſt-d'y venir , parce qu'ils ſcai
GALANT. 191
a
,
&
voient l'ordre qu'il avoitde ſe tenir preſt d'entrer dans la pre- mierePlacequ'ils afſiegeroient,
crûrent qu'aprés que celle-cy ſeroit inveſtie, ils auroient en- cor le temps de détacher huit cent Chevaux pour aller au devantde luy ; mais ils furent trompez dans ce qu'ils s'é- toient voulu perfuader quand ils envoyerentleurCa- valerie, ils apprirent qu'il étoit entré. Ils ne laifferent pas de ſe montrer refolus à pouffer leur entrepriſe. Ils prirent leurs -Quartiers le 10.de ce mois, ils firent travailler àleurs Lignes,
&le 14. ils décamperent. On ne ſçait que s'imaginer de cet- te Retraite. Si ce Siege n'avoir eſtéqu'une feinte , ils auroient moins avancé leurs Lignes, ou ils auroient entrepris quelque
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autre Siege dans le meſme
temps ; mais ils n'en ont fait
aucun , &tout ce que nous
ſçavons, c'eſt que fi - toft qu'ils apprirent que nos Troupes s'aſſembloient , ils ſongerent à
décamper , firent partir leur Canon&leurBagage pendant deux jours,& fe retirerent ſans falüer MonfieurdeMontal,qui eſtoit bien intentionné pour les recevoir.
Admirez, Madame, comme
tout eſt preveu , &comme en France on ſe tient preparé à
tout. Apeine eut- on appris le departdeMonfieurleMarquis de Louvois , qu'on ſçeur qu'il eſtoit au milieu d'une Armée
de cinquante mille Hommes;
que les Ordres du Roy qu'il portoit,&qu'il fait fi bien exe- cuter,avoient fait aſſembler fi
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GALANT. 193 promptement , qu'on euſt dit qu'un coup de Baguete les avoit fait fortir tout-à coup du
feinde laTerre. Les Ennemis
enfurentdéconcertez,&ils ne
le furent pas moins de la fer- meté avec laquelle nos Trou pes allerent àeux fans s'arrêter. Ce fut fans doute ce qui les empefcha de les attendre.. Ils avoient pris fi mal leurs meſures, qu'en commençantle Siege de Charleroy , ils man- quoient de Vivres &de Four- rages. Leurs Convois devoient - venir de Bruxelles , & ils ne
prenoient pas garde queMon- ſieur leBaron de Quincy étoit entr'eux & certe Ville pour leur difputer le pafſage. Ainfi le Prince d'Orange a efté , ou mal averry de nos forces , ou mal affiſté des Conféderez..
194 LE MERCVRE Monfieurde Louvois entra le
15. dansCharleroy avecMon- ſieur le Marefſchal Ducde Luxembourg. La joye que Mon- fieur de Montal eut de les recevoir , fut mêléed'unpeude chagrinde ce qu'il les recevoit fi-toft.Il auroit bienvoulu que le Prince d'Orange luy euſt fait une plus longue vifite ,&
il ſe fâchoit d'autant plusde la promptitude de ſon départ,
qu'il s'eſtoir fort diſpoſe à ne luy laiſſer pas ramener tous ceux qui l'accompagnoient.
On apprit dés qu'il ſe fut retiré , que les Conféderez apprehendoient tellement les François , qu'aucuns, de leurs Officiers Generaux ne voulurent ſouffrir que les Troupes qu'ils commandoient fuffent à
l'Arrieregarde le jour de leur:
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Décampement. Leurs come- ſtations furent ſi grandes fur ce fujet , qu'ils s'en remirent)
an Sort, qui fe declara contre les Eſpagnols.
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Résumé : La Campagne du Prince d'Orange, depuis la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
Le texte relate la campagne du Prince d'Orange en Flandre. Les troupes des princes d'Allemagne, alliées au Prince d'Orange, suivaient un cycle annuel de six mois de marche et de combat, suivis de six mois de repos. En 1702, ces troupes ont tenté de prendre plusieurs villes de Flandre sans succès. Elles ont ensuite assiégé Charleroy. Le Comte de Montal, commandant de la garnison, a refusé de sortir pour les affronter. Le Marquis de Jauvelle a rejoint Charleroy avec des renforts en seulement trente heures, surprenant les ennemis qui croyaient pouvoir intercepter ces renforts. Les assiégeants ont levé le siège et se sont retirés sans combattre. Cette retraite a été facilitée par la rapidité de l'assemblage des troupes françaises, dirigées par le Marquis de Louvois et le Duc de Luxembourg. Les ennemis manquaient de vivres et de fourrages, et leur convoi a été bloqué par le Baron de Quincy. Le Comte de Montal a exprimé son regret de ne pas avoir pu combattre plus longtemps contre le Prince d'Orange. Les Confédérés, craignant les Français, ont refusé de servir à l'arrière-garde lors de leur retraite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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99
p. 295-296
Honneurs rendus à M. le Duc du Maine dans tous les lieux où il passe. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur le Duc du Maine n'est point encor de retour. [...]
Mots clefs :
Duc du Maine, Honneurs
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texteReconnaissance textuelle : Honneurs rendus à M. le Duc du Maine dans tous les lieux où il passe. [titre d'après la table]
onfieur le Duc du Maine
n'eſt point encor de retour. II eſtoit cesjours paſſez àBagnie- res , où tous les Eveſques des environs ſont venus luy rendre viſite. Celuy de Comminge alla prendre congé de luy en
GALANT. 209
partant par la Cour. On s'em- preffe partout où il paſſe, à luy rendre les honneurs qui luy ſont deûs , & fon eſprit &
ſes promptes & vives repar- ties ſont admirées de tout le
monde
n'eſt point encor de retour. II eſtoit cesjours paſſez àBagnie- res , où tous les Eveſques des environs ſont venus luy rendre viſite. Celuy de Comminge alla prendre congé de luy en
GALANT. 209
partant par la Cour. On s'em- preffe partout où il paſſe, à luy rendre les honneurs qui luy ſont deûs , & fon eſprit &
ſes promptes & vives repar- ties ſont admirées de tout le
monde
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100
p. 296
Reception de M. le Comte de la Chaise à la Charge de Seneschal de Lion. [titre d'après la table]
Début :
Il n'y a rien d'égal à l'aplaudissement avec lequel Monsieur [...]
Mots clefs :
Applaudissement, Comte de la Chaise, Sénéchal
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texteReconnaissance textuelle : Reception de M. le Comte de la Chaise à la Charge de Seneschal de Lion. [titre d'après la table]
Il n'yariend'égal àl'aplau- diſſement avec lequel Monſieur le Comte de la Chaiſe ,
Frere du R. P. de la Chaiſe
Confefſeurdu Roy, a eſtére- çeu Senéchaldela Provincede Lyon.Il traita magnifiquement le Prefidial de la Ville , & ce
fatune joye generale parmy le Peuple. C'eſt un Homme
qui a de tres-belles qualitez ,
& qui ayant beaucoup de naiſſance , n'aime à tirer ſes
plus grands avantages que de fonpropremerite.
Frere du R. P. de la Chaiſe
Confefſeurdu Roy, a eſtére- çeu Senéchaldela Provincede Lyon.Il traita magnifiquement le Prefidial de la Ville , & ce
fatune joye generale parmy le Peuple. C'eſt un Homme
qui a de tres-belles qualitez ,
& qui ayant beaucoup de naiſſance , n'aime à tirer ſes
plus grands avantages que de fonpropremerite.
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