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1
p. 271-279
La Campagne du Prince d'Orange, depuis la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay déja tant parlé de Guerre, que je [...]
Mots clefs :
Prince d'Orange, Troupes des Princes d'Allemagne, Siège de Charleroi, Espagnols, Quartiers
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texteReconnaissance textuelle : La Campagne du Prince d'Orange, depuis la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
Je vous ay déja tant parléde Guerre , que je ne vous diray que tres - peu de choſe de la Campagne du Prince d'Oran- ge. Les Troupes des Princes d'Allemagne liguez avec luy ,
paſſent tous les ans fix mois à
fortir de leurs Quartiers d'Hy- ver , à marcher , à s'aſſembler
&employent les autres fix mois
àreprendre leurs Quartiers , &
c'eſt là où elles trouvent des
coups à donner , &le temps de leur veritable Campagne , par- cequ'elles vivent avec tant de diſcipline , qu'il n'y a perſonne qui ne refuſe de les recevoir.
Elles ont fait la meſme choſe
cette année , &elles ont d'autantplus fatigué, qu'ayant pref- quetoûjours marché pourtâter toutes nos Villes de Flandre ,
elles n'enonttrouvéaucune en
GALANT. 149
1
affez méchant état pour leur permettrede s'y repoſer. Ainfi elles arriverent devant Charleroy un peu laffes & encor étourdies d'avoir fi longtemps
tournoyé. Le Siege de cette Place fut formé preſque auſſitoſt. Le Prince d'Orange fit avancer fix mille Chevaux ,
croyant obliger une partie de la Garnison à fortir; mais Monſieur le Comte de Montal plus fin &plus experimenté que luy,
les laiſſa ſe promener, &voulut reſerver ſes Gens pour les rece- voir de meilleure grace. C'é- itoit ſe mal adreſſer. Monfieur
de Montal garde bien ce qu'on
luy confie,&on a lieu d'en étre perfuadé. Il a déja fait lever { deux ou trois Sieges aux Ennemis , & traverſé leur Camp pour ſe jetter dans des Places
Rij
190 LE MERCVRE
qu'ils affiegeoient. Auſſi ſem- bloit-il ne rien ſouhaiter avec
tant de paffion que d'eſtre at- taqué , pour avoir la gloire de ſebiendéfendre.Dansle temps)
que le Prince d'Orange s'ap-,
prochoit de Charleroy , M² le Marquis de Jauvelle qui estoit dans Oudenarde , eut ordre de
s'y jetter avec cent cinquante,
Mouſquetaires de ceux qu'il commande,& une Compagnie deGrenadiers à cheval. Il fit
une diligence fi extraordinai- re , qu'il y arriva en trente heures,fans avoir fait repaître qu'une feule fois.Rien ne ſcau- roit mieux marquer le plaifir que les Moufquetaires ſe fai- foient de s'enfermer dans une
Ville afſiegée. Les Ennemis ne doutent point qu'il ne ſe hâ- taſt-d'y venir , parce qu'ils ſcai
GALANT. 191
a
,
&
voient l'ordre qu'il avoitde ſe tenir preſt d'entrer dans la pre- mierePlacequ'ils afſiegeroient,
crûrent qu'aprés que celle-cy ſeroit inveſtie, ils auroient en- cor le temps de détacher huit cent Chevaux pour aller au devantde luy ; mais ils furent trompez dans ce qu'ils s'é- toient voulu perfuader quand ils envoyerentleurCa- valerie, ils apprirent qu'il étoit entré. Ils ne laifferent pas de ſe montrer refolus à pouffer leur entrepriſe. Ils prirent leurs -Quartiers le 10.de ce mois, ils firent travailler àleurs Lignes,
&le 14. ils décamperent. On ne ſçait que s'imaginer de cet- te Retraite. Si ce Siege n'avoir eſtéqu'une feinte , ils auroient moins avancé leurs Lignes, ou ils auroient entrepris quelque
2
Rij
192 LE MERCVRE
autre Siege dans le meſme
temps ; mais ils n'en ont fait
aucun , &tout ce que nous
ſçavons, c'eſt que fi - toft qu'ils apprirent que nos Troupes s'aſſembloient , ils ſongerent à
décamper , firent partir leur Canon&leurBagage pendant deux jours,& fe retirerent ſans falüer MonfieurdeMontal,qui eſtoit bien intentionné pour les recevoir.
Admirez, Madame, comme
tout eſt preveu , &comme en France on ſe tient preparé à
tout. Apeine eut- on appris le departdeMonfieurleMarquis de Louvois , qu'on ſçeur qu'il eſtoit au milieu d'une Armée
de cinquante mille Hommes;
que les Ordres du Roy qu'il portoit,&qu'il fait fi bien exe- cuter,avoient fait aſſembler fi
4
GALANT. 193 promptement , qu'on euſt dit qu'un coup de Baguete les avoit fait fortir tout-à coup du
feinde laTerre. Les Ennemis
enfurentdéconcertez,&ils ne
le furent pas moins de la fer- meté avec laquelle nos Trou pes allerent àeux fans s'arrêter. Ce fut fans doute ce qui les empefcha de les attendre.. Ils avoient pris fi mal leurs meſures, qu'en commençantle Siege de Charleroy , ils man- quoient de Vivres &de Four- rages. Leurs Convois devoient - venir de Bruxelles , & ils ne
prenoient pas garde queMon- ſieur leBaron de Quincy étoit entr'eux & certe Ville pour leur difputer le pafſage. Ainfi le Prince d'Orange a efté , ou mal averry de nos forces , ou mal affiſté des Conféderez..
194 LE MERCVRE Monfieurde Louvois entra le
15. dansCharleroy avecMon- ſieur le Marefſchal Ducde Luxembourg. La joye que Mon- fieur de Montal eut de les recevoir , fut mêléed'unpeude chagrinde ce qu'il les recevoit fi-toft.Il auroit bienvoulu que le Prince d'Orange luy euſt fait une plus longue vifite ,&
il ſe fâchoit d'autant plusde la promptitude de ſon départ,
qu'il s'eſtoir fort diſpoſe à ne luy laiſſer pas ramener tous ceux qui l'accompagnoient.
On apprit dés qu'il ſe fut retiré , que les Conféderez apprehendoient tellement les François , qu'aucuns, de leurs Officiers Generaux ne voulurent ſouffrir que les Troupes qu'ils commandoient fuffent à
l'Arrieregarde le jour de leur:
1
GALANT. 1931
t
Décampement. Leurs come- ſtations furent ſi grandes fur ce fujet , qu'ils s'en remirent)
an Sort, qui fe declara contre les Eſpagnols.
paſſent tous les ans fix mois à
fortir de leurs Quartiers d'Hy- ver , à marcher , à s'aſſembler
&employent les autres fix mois
àreprendre leurs Quartiers , &
c'eſt là où elles trouvent des
coups à donner , &le temps de leur veritable Campagne , par- cequ'elles vivent avec tant de diſcipline , qu'il n'y a perſonne qui ne refuſe de les recevoir.
Elles ont fait la meſme choſe
cette année , &elles ont d'autantplus fatigué, qu'ayant pref- quetoûjours marché pourtâter toutes nos Villes de Flandre ,
elles n'enonttrouvéaucune en
GALANT. 149
1
affez méchant état pour leur permettrede s'y repoſer. Ainfi elles arriverent devant Charleroy un peu laffes & encor étourdies d'avoir fi longtemps
tournoyé. Le Siege de cette Place fut formé preſque auſſitoſt. Le Prince d'Orange fit avancer fix mille Chevaux ,
croyant obliger une partie de la Garnison à fortir; mais Monſieur le Comte de Montal plus fin &plus experimenté que luy,
les laiſſa ſe promener, &voulut reſerver ſes Gens pour les rece- voir de meilleure grace. C'é- itoit ſe mal adreſſer. Monfieur
de Montal garde bien ce qu'on
luy confie,&on a lieu d'en étre perfuadé. Il a déja fait lever { deux ou trois Sieges aux Ennemis , & traverſé leur Camp pour ſe jetter dans des Places
Rij
190 LE MERCVRE
qu'ils affiegeoient. Auſſi ſem- bloit-il ne rien ſouhaiter avec
tant de paffion que d'eſtre at- taqué , pour avoir la gloire de ſebiendéfendre.Dansle temps)
que le Prince d'Orange s'ap-,
prochoit de Charleroy , M² le Marquis de Jauvelle qui estoit dans Oudenarde , eut ordre de
s'y jetter avec cent cinquante,
Mouſquetaires de ceux qu'il commande,& une Compagnie deGrenadiers à cheval. Il fit
une diligence fi extraordinai- re , qu'il y arriva en trente heures,fans avoir fait repaître qu'une feule fois.Rien ne ſcau- roit mieux marquer le plaifir que les Moufquetaires ſe fai- foient de s'enfermer dans une
Ville afſiegée. Les Ennemis ne doutent point qu'il ne ſe hâ- taſt-d'y venir , parce qu'ils ſcai
GALANT. 191
a
,
&
voient l'ordre qu'il avoitde ſe tenir preſt d'entrer dans la pre- mierePlacequ'ils afſiegeroient,
crûrent qu'aprés que celle-cy ſeroit inveſtie, ils auroient en- cor le temps de détacher huit cent Chevaux pour aller au devantde luy ; mais ils furent trompez dans ce qu'ils s'é- toient voulu perfuader quand ils envoyerentleurCa- valerie, ils apprirent qu'il étoit entré. Ils ne laifferent pas de ſe montrer refolus à pouffer leur entrepriſe. Ils prirent leurs -Quartiers le 10.de ce mois, ils firent travailler àleurs Lignes,
&le 14. ils décamperent. On ne ſçait que s'imaginer de cet- te Retraite. Si ce Siege n'avoir eſtéqu'une feinte , ils auroient moins avancé leurs Lignes, ou ils auroient entrepris quelque
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Rij
192 LE MERCVRE
autre Siege dans le meſme
temps ; mais ils n'en ont fait
aucun , &tout ce que nous
ſçavons, c'eſt que fi - toft qu'ils apprirent que nos Troupes s'aſſembloient , ils ſongerent à
décamper , firent partir leur Canon&leurBagage pendant deux jours,& fe retirerent ſans falüer MonfieurdeMontal,qui eſtoit bien intentionné pour les recevoir.
Admirez, Madame, comme
tout eſt preveu , &comme en France on ſe tient preparé à
tout. Apeine eut- on appris le departdeMonfieurleMarquis de Louvois , qu'on ſçeur qu'il eſtoit au milieu d'une Armée
de cinquante mille Hommes;
que les Ordres du Roy qu'il portoit,&qu'il fait fi bien exe- cuter,avoient fait aſſembler fi
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GALANT. 193 promptement , qu'on euſt dit qu'un coup de Baguete les avoit fait fortir tout-à coup du
feinde laTerre. Les Ennemis
enfurentdéconcertez,&ils ne
le furent pas moins de la fer- meté avec laquelle nos Trou pes allerent àeux fans s'arrêter. Ce fut fans doute ce qui les empefcha de les attendre.. Ils avoient pris fi mal leurs meſures, qu'en commençantle Siege de Charleroy , ils man- quoient de Vivres &de Four- rages. Leurs Convois devoient - venir de Bruxelles , & ils ne
prenoient pas garde queMon- ſieur leBaron de Quincy étoit entr'eux & certe Ville pour leur difputer le pafſage. Ainfi le Prince d'Orange a efté , ou mal averry de nos forces , ou mal affiſté des Conféderez..
194 LE MERCVRE Monfieurde Louvois entra le
15. dansCharleroy avecMon- ſieur le Marefſchal Ducde Luxembourg. La joye que Mon- fieur de Montal eut de les recevoir , fut mêléed'unpeude chagrinde ce qu'il les recevoit fi-toft.Il auroit bienvoulu que le Prince d'Orange luy euſt fait une plus longue vifite ,&
il ſe fâchoit d'autant plusde la promptitude de ſon départ,
qu'il s'eſtoir fort diſpoſe à ne luy laiſſer pas ramener tous ceux qui l'accompagnoient.
On apprit dés qu'il ſe fut retiré , que les Conféderez apprehendoient tellement les François , qu'aucuns, de leurs Officiers Generaux ne voulurent ſouffrir que les Troupes qu'ils commandoient fuffent à
l'Arrieregarde le jour de leur:
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GALANT. 1931
t
Décampement. Leurs come- ſtations furent ſi grandes fur ce fujet , qu'ils s'en remirent)
an Sort, qui fe declara contre les Eſpagnols.
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Résumé : La Campagne du Prince d'Orange, depuis la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
Le texte relate la campagne du Prince d'Orange en Flandre. Les troupes des princes d'Allemagne, alliées au Prince d'Orange, suivaient un cycle annuel de six mois de marche et de combat, suivis de six mois de repos. En 1702, ces troupes ont tenté de prendre plusieurs villes de Flandre sans succès. Elles ont ensuite assiégé Charleroy. Le Comte de Montal, commandant de la garnison, a refusé de sortir pour les affronter. Le Marquis de Jauvelle a rejoint Charleroy avec des renforts en seulement trente heures, surprenant les ennemis qui croyaient pouvoir intercepter ces renforts. Les assiégeants ont levé le siège et se sont retirés sans combattre. Cette retraite a été facilitée par la rapidité de l'assemblage des troupes françaises, dirigées par le Marquis de Louvois et le Duc de Luxembourg. Les ennemis manquaient de vivres et de fourrages, et leur convoi a été bloqué par le Baron de Quincy. Le Comte de Montal a exprimé son regret de ne pas avoir pu combattre plus longtemps contre le Prince d'Orange. Les Confédérés, craignant les Français, ont refusé de servir à l'arrière-garde lors de leur retraite.
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2
p. 194-202
Extrait d'une Lettre de Gironne le 16 Avril.
Début :
Aprés avoir chassé les rebelles de Repoüilh, & avoir établi [...]
Mots clefs :
Rebelles, Troupes, Plaine de Vic, Bracamonte, Quartiers, Barcelone, Pays, Montagnes, Gérone
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Gironne le 16 Avril.
Extrait d'une Lettre de Gironne
le 16 Avril.
Aprés avoir chaffé les rebelles
de Repoülh , & avoir
établi des quartiers depuis Ollot
& Campredon julqu'à
cette ville là , pour contenir.
cette Montagne & conferver
la communication avec la
Cerdagne , & avoir un corps
GALANT 195
à portée de foûtenir la Plaine
de Vich , voyant que les rebelles
s'eftoient difperfez
dans tout le Luzanez pour
fubfifter , & eftoient dans les
endroits les plus difficiles à
aborder. Je marchay à Ollot
pour renvoyer les troupes
dans leurs quartiers
; mais
j'appris en y arrivant que les
rebelles s'eftoient raffemblez
à Conga , c'est le chemin de
Vich à Barcelone
, & qu'ils y
eftoient en grand nombre ;
Mr de Bracamonte
me mande
qu'ils eftoient même def-
¿cendus dans la Plaine , &
W
Rij
196 MERCURE
avoient brûlé plufieurs maifons
dépendantes de Centeillas
, qui eft un endroit tresfilele
, qu'il marchoit à eux
avec toutes les troupes , &
qu'il me prioit d'envoyer un
gros détachement pour contenir
cette Place pendant fon
abfence. J'y allay moy même ,
je marchay à la Roda , c'eft
l'endroit où eft le Pont fur le
Ter qu'on doit paffer pour en-
'trer dans la Plaine de Vich afin
de pouvoir mieux impoler
aux rebelles. A peine y fus je
aivé que j'appris que les rebelles
s'eltoient retirez fur les
GALANT 197
c't
Tur
urd
ha
pos
fus
les to
urle
Con
hautes Montagnes & dans
des endroits impraticables ,Mr
de Bracamonte ne les y pou
vant attaquer revint à Vich ,
avec les troupes , le lendemain
de mon arrivée , & me propo
fa de chaſtier avec luy Afbu
cas & le Village de Montfeny,
d'où cette canaille tiroit la
fubfiftance , & que c'eftoit le
moyen de les faire fortir d'où
ils eftoient ; au furplus il me
dit qu'il avoit ordre de faire
un exemple de tous ces endroits
- là , ayant taillé en
pieces les deux bataillons
Wallons que l'on envoyoit
Riij.
+98 MERCURE
à fon fervice , & qu'il ne le
pouvoit pas faire dans un Pays
auffi difficile fi je ne me mettois
en état de le favorifer dans
faretraite , commeje voisque ce
feroit toûjours à recommencer
, auffi- toft que les troupes
s'éloignerent de Vich , &
que les rebelles dans le Montfeny
m'inquietoient pour nos
poftes & nos quartiers dans la
Plaine & de la Marine , je ne
balançay pas d'aller à Velladrace
pour favorifer Mr de
Bracamonte , & dans le temps
qu'il marchoit à Aſbuſcas dans
un Pays difficile , j'avançay du
THEQUE
DELA
yad
n
na
des
GALANTY
mienpour aller jufqu
lieuë de- là , & fis occuper
hauteurs de Montagnes par
nos fufiliers des Montagnes.
Tous les rebelles qui comproient
ce Pays imprenable ,
s'enfuirent à la vue de nos
Troupes avec tous les Payfans
qui avoient pris les armes, en
forte que M' de Bracamonte
y arriva tres facilement , ce
Village & plufieurs autres furent
pillez & bruflez . Je vous
puis affurer que Sa Majeſté
Catholique a efté bien vangée
de la perfidie de ces peuples ,
l'on y trouva beaucoup de
R iiij
200 MERCURE
provifions de toutes fortes ;
& je fuis perfuadé que cette
execution a fort dérangé leurs
projets , ils le font jettez depuis
ce temps là du coſté de
la Marine , & comme ils n'étoient
qu'à trois quarts de
lieuë d'Oftalrick & au haut de
nos poftes les plus avancez , je
manday à Mr de Valoufe ,
d'affembler quelques Troupes
de celles qui font de ce coſtélà
afin de s'opposer à leurs
deffeins ; mais leurs féjours ne
leurs a fervi qu'à éxiger des
fubfiftances en vivres & en
argent de plufieurs Villages
GALANT . 201
UT
er
où ils s'eftoient mis , ils font
prefentement répandus de
Tous coftez pour vivre plus fa
cilement , & j'apprens que
400. s'eftoient retirez à Saint
Barthelemy Delgrace , c'est le
chemin de le Luzanez à la
Plaine de Vich , & demanderent
des Sommetans de tous
coftez pour engager une fe
conde fois les Payfans à prendre
les armes pour les faire
paffer vers la Montagne de
Saint Jerome.
Il y a quelques jours que
le mauvais chemin ayant obligé
les Vaiffeaux qui font
202 MERCURE
devant Barcelone de s'en éloigner
, les Barcelonois profiterent
de ce moment pour en
faire fortir so.
Barques & -2 .
Vaiffeaux chargez de familles
qui fe retirent à
Mayorque.
J'appris hier que Mr le
Duc de Popoly faifoit bombarder
Barcelone , & qu'il y
avoit déja beaucoup de maifons
ruuinées , & même le
meilleur quartier.
le 16 Avril.
Aprés avoir chaffé les rebelles
de Repoülh , & avoir
établi des quartiers depuis Ollot
& Campredon julqu'à
cette ville là , pour contenir.
cette Montagne & conferver
la communication avec la
Cerdagne , & avoir un corps
GALANT 195
à portée de foûtenir la Plaine
de Vich , voyant que les rebelles
s'eftoient difperfez
dans tout le Luzanez pour
fubfifter , & eftoient dans les
endroits les plus difficiles à
aborder. Je marchay à Ollot
pour renvoyer les troupes
dans leurs quartiers
; mais
j'appris en y arrivant que les
rebelles s'eftoient raffemblez
à Conga , c'est le chemin de
Vich à Barcelone
, & qu'ils y
eftoient en grand nombre ;
Mr de Bracamonte
me mande
qu'ils eftoient même def-
¿cendus dans la Plaine , &
W
Rij
196 MERCURE
avoient brûlé plufieurs maifons
dépendantes de Centeillas
, qui eft un endroit tresfilele
, qu'il marchoit à eux
avec toutes les troupes , &
qu'il me prioit d'envoyer un
gros détachement pour contenir
cette Place pendant fon
abfence. J'y allay moy même ,
je marchay à la Roda , c'eft
l'endroit où eft le Pont fur le
Ter qu'on doit paffer pour en-
'trer dans la Plaine de Vich afin
de pouvoir mieux impoler
aux rebelles. A peine y fus je
aivé que j'appris que les rebelles
s'eltoient retirez fur les
GALANT 197
c't
Tur
urd
ha
pos
fus
les to
urle
Con
hautes Montagnes & dans
des endroits impraticables ,Mr
de Bracamonte ne les y pou
vant attaquer revint à Vich ,
avec les troupes , le lendemain
de mon arrivée , & me propo
fa de chaſtier avec luy Afbu
cas & le Village de Montfeny,
d'où cette canaille tiroit la
fubfiftance , & que c'eftoit le
moyen de les faire fortir d'où
ils eftoient ; au furplus il me
dit qu'il avoit ordre de faire
un exemple de tous ces endroits
- là , ayant taillé en
pieces les deux bataillons
Wallons que l'on envoyoit
Riij.
+98 MERCURE
à fon fervice , & qu'il ne le
pouvoit pas faire dans un Pays
auffi difficile fi je ne me mettois
en état de le favorifer dans
faretraite , commeje voisque ce
feroit toûjours à recommencer
, auffi- toft que les troupes
s'éloignerent de Vich , &
que les rebelles dans le Montfeny
m'inquietoient pour nos
poftes & nos quartiers dans la
Plaine & de la Marine , je ne
balançay pas d'aller à Velladrace
pour favorifer Mr de
Bracamonte , & dans le temps
qu'il marchoit à Aſbuſcas dans
un Pays difficile , j'avançay du
THEQUE
DELA
yad
n
na
des
GALANTY
mienpour aller jufqu
lieuë de- là , & fis occuper
hauteurs de Montagnes par
nos fufiliers des Montagnes.
Tous les rebelles qui comproient
ce Pays imprenable ,
s'enfuirent à la vue de nos
Troupes avec tous les Payfans
qui avoient pris les armes, en
forte que M' de Bracamonte
y arriva tres facilement , ce
Village & plufieurs autres furent
pillez & bruflez . Je vous
puis affurer que Sa Majeſté
Catholique a efté bien vangée
de la perfidie de ces peuples ,
l'on y trouva beaucoup de
R iiij
200 MERCURE
provifions de toutes fortes ;
& je fuis perfuadé que cette
execution a fort dérangé leurs
projets , ils le font jettez depuis
ce temps là du coſté de
la Marine , & comme ils n'étoient
qu'à trois quarts de
lieuë d'Oftalrick & au haut de
nos poftes les plus avancez , je
manday à Mr de Valoufe ,
d'affembler quelques Troupes
de celles qui font de ce coſtélà
afin de s'opposer à leurs
deffeins ; mais leurs féjours ne
leurs a fervi qu'à éxiger des
fubfiftances en vivres & en
argent de plufieurs Villages
GALANT . 201
UT
er
où ils s'eftoient mis , ils font
prefentement répandus de
Tous coftez pour vivre plus fa
cilement , & j'apprens que
400. s'eftoient retirez à Saint
Barthelemy Delgrace , c'est le
chemin de le Luzanez à la
Plaine de Vich , & demanderent
des Sommetans de tous
coftez pour engager une fe
conde fois les Payfans à prendre
les armes pour les faire
paffer vers la Montagne de
Saint Jerome.
Il y a quelques jours que
le mauvais chemin ayant obligé
les Vaiffeaux qui font
202 MERCURE
devant Barcelone de s'en éloigner
, les Barcelonois profiterent
de ce moment pour en
faire fortir so.
Barques & -2 .
Vaiffeaux chargez de familles
qui fe retirent à
Mayorque.
J'appris hier que Mr le
Duc de Popoly faifoit bombarder
Barcelone , & qu'il y
avoit déja beaucoup de maifons
ruuinées , & même le
meilleur quartier.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Gironne le 16 Avril.
Le texte est un extrait d'une lettre datée du 16 avril, relatant les opérations militaires contre des rebelles dans la région de Gironne. Les forces royales ont d'abord repoussé les rebelles à Repoülh et établi des quartiers entre Ollot, Campredon et Gironne. Leur objectif est de sécuriser la communication avec la Cerdagne et de protéger la plaine de Vich. Les rebelles, initialement dispersés dans le Luzanez, se regroupent à Conga, sur la route de Vich à Barcelone, et incendient des maisons à Centeillas. Les troupes, dirigées par Mr de Bracamonte, se dirigent vers les rebelles, mais ceux-ci se retirent dans des montagnes inaccessibles. Mr de Bracamonte propose de punir les villages d'Asbuscas et Montfeny pour couper les approvisionnements des rebelles. Les forces royales avancent et occupent des hauteurs stratégiques, forçant les rebelles à fuir. Plusieurs villages sont pillés et brûlés, perturbant les projets des rebelles. Ces derniers se déplacent ensuite vers la marine et exigent des subsistances dans divers villages. Les Barcelonois profitent d'une opportunité pour faire sortir des barques et des vaisseaux chargés de familles se retirant à Majorque. Enfin, il est rapporté que le Duc de Popoly bombarde Barcelone, causant des destructions significatives.
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3
p. 193-195
DE STOCKOLM, le premier Février.
Début :
Le Général Manteuffel, après le mauvais succès de son entreprise sur nos quartiers, se retira [...]
Mots clefs :
Général, Quartiers, Retraite, Déserteurs, Prisonniers, Attaque, Bataillons, Comte, Commandant, Officiers, Capitaine, Froid, Températures extrêmes
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texteReconnaissance textuelle : DE STOCKOLM, le premier Février.
De STOKOLM , le premier Février.
Le Général Manteuffel , après le mauvais fuccès
de fon entreprife fur nos quartiers , fe retira
précipitamment à Anclam où il entra le 24
au foir. Il fut pouríuivi par le Général de Lan-
I
>
194 MERCURE DE FRANCE.
tingshaufen , qui lui enleva dans cette retraite
deux piéces de canon , & foixante dix-huit chariots
de bagages. Nous fimes auffi plus de centcinquante
prilonniers , & nous favorifâmes l'évafion
d'un grand nombre de déferteurs . Le Général
de Lantingshaufen , arriva le 25 devant Anclam
: il envoya auffitôt le Baron de Wrangel ,
fon Aide de camp général , au Comte de Monteuffel
, pour le lommer de rompre le pont qu'il
avoit fur la Péene . Sur fon refus , le Comte de
Lantingshaufen fit fes difpofitions pour l'attaquer.
Sept bataillons , commandés par le Comte de
Horn , en furent chargés. L'attaque commença
le 28 au matin , avant le jour , & nos troupes
forcèrent les Pruffiens d'abandonner le Fauxbourg
en deçà de la Péene , & la chauffée qui
conduit à la Ville. Un de nos bataillons , dans la
chaleur de la pourfuite , pénétra avec lesfuyards
dans la Ville. Le Comte de Manteuffel y étoit
occupé à rallier les troupes ; mais trois bieffures
qu'il reçut le mirent hors de combat , & il fut fait
prifonnier avec fon Aide de camp . Cependant
les Pruffiens s'étant ralliés , le bataillon Suédois
fongea à la retraite , & il l'exécuta en fe faifant
jour à travers le Régiment de Kalkstein , qui lui
barroit le pallage. Il fit même prifonniers le
Commandant de ce corps , & plufieurs foldats.
La perte des Prufliens dans cette occafion , &
dans leur incurfion en Pomeranie , a été de
quinze à feize cens hommes. La nôtre a été de
deux à trois cens.
Le Comte de Lantingshaufen envoya le lendemain
de fon expédition , un Officier au Gouverneur
d'Anclam , pour le fommer de nouveau
de détruire fon pont . Cet Officier étoit chargé
de lui déclarer , en cas de refus , que le Général
Suédois ne pourroit fe difpenfer , pour affurer
MARS. 1760. 195
la tranquillité de fes quartiers , de revenir fur
cette Ville , & de la bruler entièrement. Cette
fommation a fait impreffion fur le Commandant
Pruffien , & il a fait rompre le pont.
Le Général de Stutterheim a pris le comman
dement des Pruffiens , à la place du Comte de
Manteuffel. Cet événement a déconcerté les projets
des Pruffiens fur le Mecklembourg. Après
cette expédition , le Comte de Lantingshaufen a
renvoyé les Troupes dans leurs cantonnemens
& fon quartier général eſt établi à Gripswald .
>
Des avis venus de Norwège , apprennent que
le Capitaine Thurot,eft dans un des Ports de cette
Côte , avec fa petite Efcadre. Il y a amené quatre
Vaiffeaux Anglois , qu'il a intercepté à l'entrée
du Sund.
Le froid , qu'on a reffenti jufques vers la fin
du mois dernier , a été d'une rigueur exceffive.
détroit du Sund a été entièrement gelé , de
forte qu'on pouvoit paffer à pied ou en traîneaux ,
de la Selande , en Scanie.
Le Général Manteuffel , après le mauvais fuccès
de fon entreprife fur nos quartiers , fe retira
précipitamment à Anclam où il entra le 24
au foir. Il fut pouríuivi par le Général de Lan-
I
>
194 MERCURE DE FRANCE.
tingshaufen , qui lui enleva dans cette retraite
deux piéces de canon , & foixante dix-huit chariots
de bagages. Nous fimes auffi plus de centcinquante
prilonniers , & nous favorifâmes l'évafion
d'un grand nombre de déferteurs . Le Général
de Lantingshaufen , arriva le 25 devant Anclam
: il envoya auffitôt le Baron de Wrangel ,
fon Aide de camp général , au Comte de Monteuffel
, pour le lommer de rompre le pont qu'il
avoit fur la Péene . Sur fon refus , le Comte de
Lantingshaufen fit fes difpofitions pour l'attaquer.
Sept bataillons , commandés par le Comte de
Horn , en furent chargés. L'attaque commença
le 28 au matin , avant le jour , & nos troupes
forcèrent les Pruffiens d'abandonner le Fauxbourg
en deçà de la Péene , & la chauffée qui
conduit à la Ville. Un de nos bataillons , dans la
chaleur de la pourfuite , pénétra avec lesfuyards
dans la Ville. Le Comte de Manteuffel y étoit
occupé à rallier les troupes ; mais trois bieffures
qu'il reçut le mirent hors de combat , & il fut fait
prifonnier avec fon Aide de camp . Cependant
les Pruffiens s'étant ralliés , le bataillon Suédois
fongea à la retraite , & il l'exécuta en fe faifant
jour à travers le Régiment de Kalkstein , qui lui
barroit le pallage. Il fit même prifonniers le
Commandant de ce corps , & plufieurs foldats.
La perte des Prufliens dans cette occafion , &
dans leur incurfion en Pomeranie , a été de
quinze à feize cens hommes. La nôtre a été de
deux à trois cens.
Le Comte de Lantingshaufen envoya le lendemain
de fon expédition , un Officier au Gouverneur
d'Anclam , pour le fommer de nouveau
de détruire fon pont . Cet Officier étoit chargé
de lui déclarer , en cas de refus , que le Général
Suédois ne pourroit fe difpenfer , pour affurer
MARS. 1760. 195
la tranquillité de fes quartiers , de revenir fur
cette Ville , & de la bruler entièrement. Cette
fommation a fait impreffion fur le Commandant
Pruffien , & il a fait rompre le pont.
Le Général de Stutterheim a pris le comman
dement des Pruffiens , à la place du Comte de
Manteuffel. Cet événement a déconcerté les projets
des Pruffiens fur le Mecklembourg. Après
cette expédition , le Comte de Lantingshaufen a
renvoyé les Troupes dans leurs cantonnemens
& fon quartier général eſt établi à Gripswald .
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Des avis venus de Norwège , apprennent que
le Capitaine Thurot,eft dans un des Ports de cette
Côte , avec fa petite Efcadre. Il y a amené quatre
Vaiffeaux Anglois , qu'il a intercepté à l'entrée
du Sund.
Le froid , qu'on a reffenti jufques vers la fin
du mois dernier , a été d'une rigueur exceffive.
détroit du Sund a été entièrement gelé , de
forte qu'on pouvoit paffer à pied ou en traîneaux ,
de la Selande , en Scanie.
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Résumé : DE STOCKOLM, le premier Février.
Le 1er février, après un échec à Stockholm, le Général Manteuffel se retira à Anclam, poursuivi par le Général Lantingshaufen. Ce dernier captura deux pièces de canon, soixante-dix-huit chariots de bagages, fit plus de cent cinquante prisonniers et favorisa l'évasion de nombreux déserteurs. Le 25 février, Lantingshaufen arriva devant Anclam et demanda à Manteuffel de détruire le pont sur la Péene. Face au refus, Lantingshaufen attaqua avec sept bataillons commandés par le Comte de Horn. L'attaque débuta le 28 au matin, forçant les Prussiens à abandonner le faubourg et la chaussée menant à la ville. Manteuffel fut blessé et fait prisonnier. Les Prussiens se ralliant, un bataillon suédois se retira, capturant le commandant du Régiment de Kalkstein et plusieurs soldats. Les pertes prussiennes furent de quinze à seize cents hommes, contre deux à trois cents pour les Suédois. Lantingshaufen somma le gouverneur d'Anclam de détruire le pont, mençant de brûler la ville en cas de refus. Le pont fut détruit. Le Général Stutterheim remplaça Manteuffel. Lantingshaufen renvoya ses troupes dans leurs cantonnements, établissant son quartier général à Gripswald. Par ailleurs, des nouvelles de Norvège signalèrent la présence du Capitaine Thurot avec quatre vaisseaux anglais interceptés. Un froid rigoureux gela le détroit du Sund, permettant le passage à pied ou en traîneaux entre la Selande et la Scanie.
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p. 187
De HAMBOURG, le 2 Novembre.
Début :
La rigueur de la saison a obligé les troupes Suédoises de prendre [...]
Mots clefs :
Troupes suédoises, Quartiers, Baron, Divisions, Général
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texteReconnaissance textuelle : De HAMBOURG, le 2 Novembre.
De HAMBOURG , le 2 Novembre..
La rigueur de la faifon a obligé les troupes Sat
doifes de prendre des quartiers de Cantonnement.
Elles évacuerent Anclàm le 27 du mois dernier
& elles marcherent fur Grifpwalde où le Baron de
Lantingshaufen a établi fon quartier général. Une
partie de ces troupes forme un cordon le long de
la Péene , de la Trebbel & de la Rechnitz.
La principale divifion de l'Armée Ruffe campe
préfentement dans les environs de Sranſtadt & de
Liffa. La divifion qui eft aux ordres du Général
Comte de Czernichef, eft auprès de Landsberg
fur la Wartha.
La rigueur de la faifon a obligé les troupes Sat
doifes de prendre des quartiers de Cantonnement.
Elles évacuerent Anclàm le 27 du mois dernier
& elles marcherent fur Grifpwalde où le Baron de
Lantingshaufen a établi fon quartier général. Une
partie de ces troupes forme un cordon le long de
la Péene , de la Trebbel & de la Rechnitz.
La principale divifion de l'Armée Ruffe campe
préfentement dans les environs de Sranſtadt & de
Liffa. La divifion qui eft aux ordres du Général
Comte de Czernichef, eft auprès de Landsberg
fur la Wartha.
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Résumé : De HAMBOURG, le 2 Novembre.
Le 2 novembre, les troupes saxonnes se sont cantonnées à cause de l'hiver rigoureux. Elles ont quitté Anklam le 27 octobre pour Grifswalde, où le baron de Lantingshaufen a établi son quartier général. Certaines troupes surveillent les rivières Péene, Trebbel et Rechnitz. Les principales forces russes sont près de Sranstadt et de Liffa, tandis que la division du général comte de Czernichef est à Landsberg sur la Wartha.
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