Résultats : 21288 texte(s)
Détail
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14501
p. 203
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a nommé à l'Evêché d'Autun ; M. l'Abbé Comte de Bouillé, [...]
Mots clefs :
Abbé, Évêché, Diocèse, Abbaye, Ordre
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texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
A Majefté a nommé à l'Evêché d'Autun ;
M. l'Abbé Comte de Bouillé , Doyen des Comtés
de Lyon , & premier Aumônier du Roi ; à l'Ab- .
baye de Brantôme , Ordre de S. Benoît , Dioceſe
de Périgueux , M. l'Abbé Bertin , Vicaire Géné
ral du même Dioceſe , & Conſeiller Clerc au
Parlement de Bordeaux ; à l'Abbaye de Préaux ;
même Ordre , Dioceſe de Lizieux , la Dame de
de Saint - Chamans , Abbeffe de Saint Jean de
Bonneval- lès - Thouars , Diocefe de Poitiers ; à
PAbbaye de Saint Jean de Bonneval - lès - Thouars ,
la Dame Bouchard d'Efparbès- de Luffan- d'Aubeterre
, Grande Prieure de l'Abbaye de Sainte Croix
de Poitiers.
A Majefté a nommé à l'Evêché d'Autun ;
M. l'Abbé Comte de Bouillé , Doyen des Comtés
de Lyon , & premier Aumônier du Roi ; à l'Ab- .
baye de Brantôme , Ordre de S. Benoît , Dioceſe
de Périgueux , M. l'Abbé Bertin , Vicaire Géné
ral du même Dioceſe , & Conſeiller Clerc au
Parlement de Bordeaux ; à l'Abbaye de Préaux ;
même Ordre , Dioceſe de Lizieux , la Dame de
de Saint - Chamans , Abbeffe de Saint Jean de
Bonneval- lès - Thouars , Diocefe de Poitiers ; à
PAbbaye de Saint Jean de Bonneval - lès - Thouars ,
la Dame Bouchard d'Efparbès- de Luffan- d'Aubeterre
, Grande Prieure de l'Abbaye de Sainte Croix
de Poitiers.
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Le roi a nommé plusieurs ecclésiastiques. M. l'Abbé Comte de Bouillé est nommé à l'Évêché d'Autun. M. l'Abbé Bertin devient abbé de Brantôme. La Dame de Saint-Chamans est nommée à l'Abbaye de Préaux. La Dame Bouchard d'Esparbès-de Luffan-d'Aubeterre devient abbesse de Saint Jean de Bonneval-lès-Thouars.
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14502
p. 203-207
MARIAGE ET MORTS.
Début :
Messire Jean-Pierre Damas, Marquis de Thiange, fils de feu Louis-François [...]
Mots clefs :
Mariages, Morts, Damoiselle, Marquis, Lieutenant, Duc, Chevalier, Ambassadeur, Princesse du sang, Abbé
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
MESSIRE Jean - Pierre Damas , Marquis de
Thiange , fils de feu Louis-François Damas , Comte
de Thiange & d'Anlezy , & de Dame Magde206
MERCURE DE FRANCE.
leine- Angélique de Gaffion , époufa le 4 Avril
Damoiselle Michelle-Perette le Veneur-de Tilliezes
, fille de Jacques Tanneguy-le Veneur , Comte
de Tillieres , & de feue Dame Michelle -Julie
Françoife Bouchard d'Eſparbès-de Luffan d'Aubeterre-
de Jonfac. Ils ont reçula Bénédiction Nup
tiale dans la Chapelle de l'hôtel de Châtillon .
Meffire Claude-Antoine de Beziade , Marquis
d'Avarey, Grand Bailli d'Orléans , fils de feu Meffire
Charles , Marquis d'Avarey, &c. de Dame Marguerite
-Elifabeth Meigret , fut marié le { à Angélique-
Adélaïde - Sophie de Mailly , fille de Louis,
Comte de Mailly , Chevalier des Ordres du Roi ,
Lieutenant-Général des Armées de Sa Majefté ,
premier Ecuyer de Madame la Dauphine , & de
Dame Anne -Françoife- Elifabeth Arbalete - de
Melun. La Bénédiction Nuptiale leur a été donnée
dans l'Eglife de Saint Eustache par l'Archevêque
de Toulouſe.
M. le Marquis de Chauvelin , Lieutenant-Général
des Armées du Roi , Grand-Croix honoraire
de l'Ordre de Saint Louis , & Ambaffadeur de Sa
Majefté auprès du Roi de Sardaigne , époufa le
même jour dans la Chapelle particuliere de l'hôtel
du Duc de Broglie , la Demoifelle Agnès - Thérele
Mazade d'Argeville.
Mademoiſelle de Charolois , Princeffe du Sang ,
eft morte en cette Ville le 8 d'Avril , vers les cinq
heures du matin , âgée de foixante - deux ans , neuf
mois & feize jours. Cette Princeffe , qui fe nommoit
Louife-Anne de Bourbon Condé , étoit fille
de Louis , Duc de Bourbon- Conde , Prince du
Sang , Grand- Maître de la Maifon du Roi , &
Gouverneur du Duché de Bourgogne , mort le 4
Mars 1710; & de Louife - Françoife de Bourbon ,.
Légitimée de France, fille du feu Roi, mome le 14
Juin 1743.
MAI. 1758. 207
Mehre N. de Brancas , Abbé Commendataire
de l'Abbaye royale d'Aulnay , Ordre de Cheaux ,
Diocefe de Bayeux , eft décédé le fr du mois
d'Avril.
Mere Charles- Marie - Léopold , Comte de
Dunois , Mestre de Camp en fecond du Régiment
Colonel général des Dragons , & fils aîné du Duc
de Chevreufe , eft mont le 12 à Ruremonde , à
Farmée du bas-Rhin , dans la dir- haitieme année
de fon âge.
MESSIRE Jean - Pierre Damas , Marquis de
Thiange , fils de feu Louis-François Damas , Comte
de Thiange & d'Anlezy , & de Dame Magde206
MERCURE DE FRANCE.
leine- Angélique de Gaffion , époufa le 4 Avril
Damoiselle Michelle-Perette le Veneur-de Tilliezes
, fille de Jacques Tanneguy-le Veneur , Comte
de Tillieres , & de feue Dame Michelle -Julie
Françoife Bouchard d'Eſparbès-de Luffan d'Aubeterre-
de Jonfac. Ils ont reçula Bénédiction Nup
tiale dans la Chapelle de l'hôtel de Châtillon .
Meffire Claude-Antoine de Beziade , Marquis
d'Avarey, Grand Bailli d'Orléans , fils de feu Meffire
Charles , Marquis d'Avarey, &c. de Dame Marguerite
-Elifabeth Meigret , fut marié le { à Angélique-
Adélaïde - Sophie de Mailly , fille de Louis,
Comte de Mailly , Chevalier des Ordres du Roi ,
Lieutenant-Général des Armées de Sa Majefté ,
premier Ecuyer de Madame la Dauphine , & de
Dame Anne -Françoife- Elifabeth Arbalete - de
Melun. La Bénédiction Nuptiale leur a été donnée
dans l'Eglife de Saint Eustache par l'Archevêque
de Toulouſe.
M. le Marquis de Chauvelin , Lieutenant-Général
des Armées du Roi , Grand-Croix honoraire
de l'Ordre de Saint Louis , & Ambaffadeur de Sa
Majefté auprès du Roi de Sardaigne , époufa le
même jour dans la Chapelle particuliere de l'hôtel
du Duc de Broglie , la Demoifelle Agnès - Thérele
Mazade d'Argeville.
Mademoiſelle de Charolois , Princeffe du Sang ,
eft morte en cette Ville le 8 d'Avril , vers les cinq
heures du matin , âgée de foixante - deux ans , neuf
mois & feize jours. Cette Princeffe , qui fe nommoit
Louife-Anne de Bourbon Condé , étoit fille
de Louis , Duc de Bourbon- Conde , Prince du
Sang , Grand- Maître de la Maifon du Roi , &
Gouverneur du Duché de Bourgogne , mort le 4
Mars 1710; & de Louife - Françoife de Bourbon ,.
Légitimée de France, fille du feu Roi, mome le 14
Juin 1743.
MAI. 1758. 207
Mehre N. de Brancas , Abbé Commendataire
de l'Abbaye royale d'Aulnay , Ordre de Cheaux ,
Diocefe de Bayeux , eft décédé le fr du mois
d'Avril.
Mere Charles- Marie - Léopold , Comte de
Dunois , Mestre de Camp en fecond du Régiment
Colonel général des Dragons , & fils aîné du Duc
de Chevreufe , eft mont le 12 à Ruremonde , à
Farmée du bas-Rhin , dans la dir- haitieme année
de fon âge.
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Résumé : MARIAGE ET MORTS.
En avril 1758, plusieurs événements marquants eurent lieu parmi la noblesse française. Le 4 avril, trois mariages notables furent célébrés : Messire Jean-Pierre Damas, Marquis de Thiange, épousa Damoiselle Michelle-Perette le Veneur-de Tilliezes à la Chapelle de l'hôtel de Châtillon. Messire Claude-Antoine de Béziade, Marquis d'Avarey, se maria avec Angélique-Adélaïde-Sophie de Mailly à l'église de Saint-Eustache. Le même jour, M. le Marquis de Chauvelin épousa Mademoiselle Agnès-Thérèse Mazade d'Argeville dans la chapelle particulière de l'hôtel du Duc de Broglie. Le 8 avril, Mademoiselle de Charolois, Princesse du Sang, décéda à l'âge de soixante-deux ans, neuf mois et seize jours. Elle était fille de Louis, Duc de Bourbon-Condé, et de Louise-Françoise de Bourbon. En mai 1758, deux décès furent enregistrés : Mehre N. de Brancas, Abbé Commendataire de l'Abbaye royale d'Aulnay, décéda le premier jour d'avril. Le 12 avril, Me Charles-Marie-Léopold, Comte de Dunois, mourut à Ruremonde à l'âge de trente-huit ans.
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14503
p. 207-210
ARREST du Conseil d'Etat du Roi, qui permet à toutes personnes de faire le commerce des Laines, tant nationales qu'étrangeres, comme aussi de les faire circuler dans tout le Royaume, en exemption de tous droits d'entrée & de sortie, &c. Du 20 Mars 1758. Extraits des Registres du Conseil d'Etat.
Début :
Le Roi s'étant fait représenter, en son Conseil, l'Arrêt rendu [...]
Mots clefs :
Arrêt du Conseil d'État, Commerce de laine, Exemption des droits, Roi, Marchands, Provinces, Royaume
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texteReconnaissance textuelle : ARREST du Conseil d'Etat du Roi, qui permet à toutes personnes de faire le commerce des Laines, tant nationales qu'étrangeres, comme aussi de les faire circuler dans tout le Royaume, en exemption de tous droits d'entrée & de sortie, &c. Du 20 Mars 1758. Extraits des Registres du Conseil d'Etat.
MRREST du Confeil d'Erat du Roi , qui permet
à toutes personnes de faire le commerce des
Laines , tant nationales qu'étrangeres , comme
auffe de lesfaire cirouler dans tout le Royaume
en exemption de tous droits d'entrée & defortie ,
&c. Da 20Mars 1758.
Extrait des Regifres du Confeil d'Etat.
Le Roi s'étant fait répréfenter , en fon Confeil ,
PArrêt renduen icelui le 4 Août 1716 , par lequel
auroit été dérogé aux difpofitions d'autres arrêts
des 9 Mai & 2 Juin 1699 , qui défendent à tous
autres qu'aux Marchands de laine & aux Fabricans
d'acheter des laines pour les revendre &
en faire trafic , & ordonné qu'à la venir ce commerce
feroit entièrement libre & permis à toutes
perfonnes Autre arrêt du 9 Décembre 1749 ,
par lequel Sa Majefté a exempté de tous droits.
d'entrée & de fortie , & des droits locaux dépendans
de la Ferme générale , les laines qui pafferoient
des provinces des cinq groffes Fermes
dans les provinces réputées étrangeres , & des
provinces réputées étrangeres dans celles des
sing groffes Fermes : & Sa Majefté érant infor
·
208 MERCURE DE FRANCE.
mée que par arrêt du 7 Avril 1714 , il a été fait
défenfes de fortir les laines de la province de Lan,
guedoc pour les tranfporter dans les autres provinces
du Royaume , fans en avoir une pers
miffion expreffe & par écrit du fieur Intendant
& Commiffaire départi dans ladite province ;
ce qui empêche l'effet de la liberté que Sa Majesté
a eu intention de procurer au commerce des
laines qu'il paroît fubfifter auffi quelques autres
réglemens , qui reftreignent la liberté de ce commerce.
A quoi Sa Majefté defirant pourvoir ; ouï
le rapport du fieur de Boullongne , Confeiller ordinaire
au Confeil royal , Contrôleur général des
finances , le Roi étant en fon Confeil , a ordonné
& ordonne que les arrêts des 4 Août 1716 &
9 Décembre 1749 , feront exécutés felon leur
forme & teneur en conféquence , permet à toutes
perfonnes de faire le commerce des laines ,
tant nationales qu'étrangeres ; comme auffi de
faire circuler librement lefdites laines dans tout
l'intérieur, du Royaume , en exemption de tous
droits, foit d'entrée & de fort ie , lorfqu'elles pafferont
des provinces réputées étrangeres dans celles
des cinq groffes Fermes , & de celles des cinq
groffes Fermes dans les provinces réputées étran
geres , qu'autres droits locaux , à l'exception néan,
moins de ceux dépendans des Fermes des Aides &
Domaines dérogeant à cet effet Sa Majefté , tant
à l'arrêt du 7 Avril 1714 , qu'à toute autre dif
pofition contraire au préfent arrêt ; fans préjudice
toutefois du droit de ving - cinq livres du
cent pefant , que les laines nationales continueront
d'acquitter à la fortie du Royaume , con
formément à l'article V de l'arrêt du 9 Décem
bre 1749, Enjoint Sa Majefté aux fieurs Intendans
& Commiffaires départis pour l'exécution
MA I. 1758.
203
de fes ordres dans les provinces & généralités
du Royaume , de tenir la main à l'exécution
du préfent arrêt. Fait au Confeil d'Etat da Rõi¹,
Sa Majesté y étant , tenu à Verſailles le vingtieme
jour de Mars mil fept cent cinquante- huit. Signé
Phelipeaux.
LOUIS , par la grace de Dieu , Roi de France
& de Navarre , Dauphin de Viennois , Comte de
Valentinois
& Diois , Provence , Forcalquier
&
terres adjacentes
: A nos amés & féaux Confeillers
en nos Confeils , les ,fieurs Intendans
&
Commiffaires
, départis pour l'exécution
de nos
ordres dans les provinces & généralités
de notre
Royaume ; Salut. Nous vous mandons & enjoignons
par ces préfentes fignées de nous , de
tenir , chacun en droit foi , la main à l'exécution
de, l'arrêt dont l'extrait eft ci -attaché fous le
contre-fcel de notre Chancellerie
, cejourd'hui
rendu en notre Confeil d'Etat , Nous y étante,
pour les caufes y contenus : Comman
ons au
premier notre Huiffier ou Sergent fur ce requis ,
de fignifier ledit arrêt à tous qu'il appartiendra
,
à ce que perfonne n'en ignore ; & de faire pour
l'entiere exécution d'icelui , tous actes & exploits
néceffaires
, fans autre permiffion
, nonobftant
clameur de Haro , Chartre Normande
& lettres
à ce contraires
; aux copies duquel , collationnées
par l'un de nos amés & féaux Confeillers
Secrétaires
, voulons que foi foit ajoûtée comme
aux originaux
: Car tel eft notre plaifir . Donné à
Verfailles
le vingtieme
jour de Mars , l'an de
grace mil fept cent cinquante-huit , & de no
tre regne le quarante- troifieme . Signé LOUIS . Et
plus bas , Par le Roi , Dauphin , Comte de Provence.
Signé Phelipeaux
. Et fcellé.
210 MERCURE DE FRANCE.
Pour le Roi. Collationné aux originaux , par
nous Ecuyer , Confeiller Secrétaire du Roi , Mai
fon , Couronne de France & de fes finances.
à toutes personnes de faire le commerce des
Laines , tant nationales qu'étrangeres , comme
auffe de lesfaire cirouler dans tout le Royaume
en exemption de tous droits d'entrée & defortie ,
&c. Da 20Mars 1758.
Extrait des Regifres du Confeil d'Etat.
Le Roi s'étant fait répréfenter , en fon Confeil ,
PArrêt renduen icelui le 4 Août 1716 , par lequel
auroit été dérogé aux difpofitions d'autres arrêts
des 9 Mai & 2 Juin 1699 , qui défendent à tous
autres qu'aux Marchands de laine & aux Fabricans
d'acheter des laines pour les revendre &
en faire trafic , & ordonné qu'à la venir ce commerce
feroit entièrement libre & permis à toutes
perfonnes Autre arrêt du 9 Décembre 1749 ,
par lequel Sa Majefté a exempté de tous droits.
d'entrée & de fortie , & des droits locaux dépendans
de la Ferme générale , les laines qui pafferoient
des provinces des cinq groffes Fermes
dans les provinces réputées étrangeres , & des
provinces réputées étrangeres dans celles des
sing groffes Fermes : & Sa Majefté érant infor
·
208 MERCURE DE FRANCE.
mée que par arrêt du 7 Avril 1714 , il a été fait
défenfes de fortir les laines de la province de Lan,
guedoc pour les tranfporter dans les autres provinces
du Royaume , fans en avoir une pers
miffion expreffe & par écrit du fieur Intendant
& Commiffaire départi dans ladite province ;
ce qui empêche l'effet de la liberté que Sa Majesté
a eu intention de procurer au commerce des
laines qu'il paroît fubfifter auffi quelques autres
réglemens , qui reftreignent la liberté de ce commerce.
A quoi Sa Majefté defirant pourvoir ; ouï
le rapport du fieur de Boullongne , Confeiller ordinaire
au Confeil royal , Contrôleur général des
finances , le Roi étant en fon Confeil , a ordonné
& ordonne que les arrêts des 4 Août 1716 &
9 Décembre 1749 , feront exécutés felon leur
forme & teneur en conféquence , permet à toutes
perfonnes de faire le commerce des laines ,
tant nationales qu'étrangeres ; comme auffi de
faire circuler librement lefdites laines dans tout
l'intérieur, du Royaume , en exemption de tous
droits, foit d'entrée & de fort ie , lorfqu'elles pafferont
des provinces réputées étrangeres dans celles
des cinq groffes Fermes , & de celles des cinq
groffes Fermes dans les provinces réputées étran
geres , qu'autres droits locaux , à l'exception néan,
moins de ceux dépendans des Fermes des Aides &
Domaines dérogeant à cet effet Sa Majefté , tant
à l'arrêt du 7 Avril 1714 , qu'à toute autre dif
pofition contraire au préfent arrêt ; fans préjudice
toutefois du droit de ving - cinq livres du
cent pefant , que les laines nationales continueront
d'acquitter à la fortie du Royaume , con
formément à l'article V de l'arrêt du 9 Décem
bre 1749, Enjoint Sa Majefté aux fieurs Intendans
& Commiffaires départis pour l'exécution
MA I. 1758.
203
de fes ordres dans les provinces & généralités
du Royaume , de tenir la main à l'exécution
du préfent arrêt. Fait au Confeil d'Etat da Rõi¹,
Sa Majesté y étant , tenu à Verſailles le vingtieme
jour de Mars mil fept cent cinquante- huit. Signé
Phelipeaux.
LOUIS , par la grace de Dieu , Roi de France
& de Navarre , Dauphin de Viennois , Comte de
Valentinois
& Diois , Provence , Forcalquier
&
terres adjacentes
: A nos amés & féaux Confeillers
en nos Confeils , les ,fieurs Intendans
&
Commiffaires
, départis pour l'exécution
de nos
ordres dans les provinces & généralités
de notre
Royaume ; Salut. Nous vous mandons & enjoignons
par ces préfentes fignées de nous , de
tenir , chacun en droit foi , la main à l'exécution
de, l'arrêt dont l'extrait eft ci -attaché fous le
contre-fcel de notre Chancellerie
, cejourd'hui
rendu en notre Confeil d'Etat , Nous y étante,
pour les caufes y contenus : Comman
ons au
premier notre Huiffier ou Sergent fur ce requis ,
de fignifier ledit arrêt à tous qu'il appartiendra
,
à ce que perfonne n'en ignore ; & de faire pour
l'entiere exécution d'icelui , tous actes & exploits
néceffaires
, fans autre permiffion
, nonobftant
clameur de Haro , Chartre Normande
& lettres
à ce contraires
; aux copies duquel , collationnées
par l'un de nos amés & féaux Confeillers
Secrétaires
, voulons que foi foit ajoûtée comme
aux originaux
: Car tel eft notre plaifir . Donné à
Verfailles
le vingtieme
jour de Mars , l'an de
grace mil fept cent cinquante-huit , & de no
tre regne le quarante- troifieme . Signé LOUIS . Et
plus bas , Par le Roi , Dauphin , Comte de Provence.
Signé Phelipeaux
. Et fcellé.
210 MERCURE DE FRANCE.
Pour le Roi. Collationné aux originaux , par
nous Ecuyer , Confeiller Secrétaire du Roi , Mai
fon , Couronne de France & de fes finances.
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Résumé : ARREST du Conseil d'Etat du Roi, qui permet à toutes personnes de faire le commerce des Laines, tant nationales qu'étrangeres, comme aussi de les faire circuler dans tout le Royaume, en exemption de tous droits d'entrée & de sortie, &c. Du 20 Mars 1758. Extraits des Registres du Conseil d'Etat.
Le document est un extrait des registres du Conseil d'État du Roi, daté du 20 mars 1758, traitant du commerce des laines. Le Roi, après avoir été informé des restrictions précédentes, a ordonné l'exécution des arrêts des 4 août 1716 et 9 décembre 1749. Ces arrêts permettent à toutes les personnes de commercer les laines, qu'elles soient nationales ou étrangères, et de les faire circuler librement dans tout le Royaume, en exemption de droits d'entrée et de sortie. Les laines passant des provinces réputées étrangères vers celles des cinq grosses fermes, et vice versa, sont également exemptées de droits locaux, sauf ceux des Fermes des Aides et Domaines. Le Roi a également abrogé l'arrêt du 7 avril 1714, qui interdisait l'exportation des laines du Languedoc sans permission. Les Intendants et Commissaires sont chargés de faire exécuter cet arrêt dans les provinces. Le document est signé par le Roi Louis et le Conseiller Philippeaux.
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14503
14504
p. 210-211
AVIS.
Début :
Nouvelle invention pour les ouvrages d'armées, par le sieur Lafontaine Dulin, [...]
Mots clefs :
Inventions, Vie militaire, Meubles, Expérience métaphysique, Construction, Solidité, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
"
auvelas invention pour les ouvrages d'armées
, par le fieur Lafontaine Dulin , éleve de
l'Ecole Militaire , inftituée par feu M. le Chevalier
de Luffan, Ingenieur. Il eft auteur artifte des
lits , tables , fiéges , tabourets , échaudées , fecrétaires
, cuifinieres , fauteuils , bidets tables
de nuit , tables à écrire , & chaiſes de commodités.
Il fait auffi une nouvelle piece qui
fert de bidet & de chaife de commodité , dans
la même piece , il y a un refervoir , des flacons ,
éponges & une feringue , le tout formant le né
ceffaire des Officiers militaires , tant fur terre
que fur mer, plufieurs de ces pieces font utiles
pour la chaffe.
Le tout fait par principes de Mathématiques ,
combinaiſon Géométrique , & par expérience
Métaphyfique.
Ayant confidéré que toutes les fujetions qui
font dans les ouvrages ordinaires , joint à leur
pefanteur & au grand nombre de pieces qu'il
faut pour faire une des pieces ci deffus , ne font
que très- nuifibles & embarraffantes à monter
pour les Domeftiques , & même pour les voi
turer d'un endroit à l'autre ; j'ai trouvé le moyen
de les réduire , & certaines preces de cinq fix liv.
fans pourtant en diminuer le mérite & la folidité
, au contraire.
Dans ma conſtruction j'ai réuni enfemble
toutes les pieces qu'il faut , pour en faire une ,
MA I. 1758.
211
font par ce moyen plus faciles à monter que
celles dont on fait ufage actuellement.
Je peux parler affirmativement de la folidité
de mes ouvrages , vu qu'ils tombent à plomb
ou perpendiculairement ce qui fait que l'on
eft toujours bien affis : je fais aufli toutes fortes
d'ouvrages de Menuiferie , Ebénisterie , & d'un
bon goût. J'ai eu l'honneur d'en faire pour plufieurs
Officiers Généraux ; pour leurs Alteffes Séréniffimes
Monfeigneur le Comte de Clermont ;
Monfeigneur le Prince de Soubile & de Rohan ;
Monfieur le Marquis de Maurange , Lieutenant
général M. le Marquis de Gamache , M. le
Marquis de Lirie , M. le Comte de Milfort ; &
pour beaucoup de Tapiffiers-Tentiers. L'on trou
ve chez l'Artifte , de ces fortes d'ouvrages prêts
à mettre en ufage.
Il demeure grande rue du Fauxbourg S. Antoine
, chez M. Perfon, Marchand Epicier.
"
auvelas invention pour les ouvrages d'armées
, par le fieur Lafontaine Dulin , éleve de
l'Ecole Militaire , inftituée par feu M. le Chevalier
de Luffan, Ingenieur. Il eft auteur artifte des
lits , tables , fiéges , tabourets , échaudées , fecrétaires
, cuifinieres , fauteuils , bidets tables
de nuit , tables à écrire , & chaiſes de commodités.
Il fait auffi une nouvelle piece qui
fert de bidet & de chaife de commodité , dans
la même piece , il y a un refervoir , des flacons ,
éponges & une feringue , le tout formant le né
ceffaire des Officiers militaires , tant fur terre
que fur mer, plufieurs de ces pieces font utiles
pour la chaffe.
Le tout fait par principes de Mathématiques ,
combinaiſon Géométrique , & par expérience
Métaphyfique.
Ayant confidéré que toutes les fujetions qui
font dans les ouvrages ordinaires , joint à leur
pefanteur & au grand nombre de pieces qu'il
faut pour faire une des pieces ci deffus , ne font
que très- nuifibles & embarraffantes à monter
pour les Domeftiques , & même pour les voi
turer d'un endroit à l'autre ; j'ai trouvé le moyen
de les réduire , & certaines preces de cinq fix liv.
fans pourtant en diminuer le mérite & la folidité
, au contraire.
Dans ma conſtruction j'ai réuni enfemble
toutes les pieces qu'il faut , pour en faire une ,
MA I. 1758.
211
font par ce moyen plus faciles à monter que
celles dont on fait ufage actuellement.
Je peux parler affirmativement de la folidité
de mes ouvrages , vu qu'ils tombent à plomb
ou perpendiculairement ce qui fait que l'on
eft toujours bien affis : je fais aufli toutes fortes
d'ouvrages de Menuiferie , Ebénisterie , & d'un
bon goût. J'ai eu l'honneur d'en faire pour plufieurs
Officiers Généraux ; pour leurs Alteffes Séréniffimes
Monfeigneur le Comte de Clermont ;
Monfeigneur le Prince de Soubile & de Rohan ;
Monfieur le Marquis de Maurange , Lieutenant
général M. le Marquis de Gamache , M. le
Marquis de Lirie , M. le Comte de Milfort ; &
pour beaucoup de Tapiffiers-Tentiers. L'on trou
ve chez l'Artifte , de ces fortes d'ouvrages prêts
à mettre en ufage.
Il demeure grande rue du Fauxbourg S. Antoine
, chez M. Perfon, Marchand Epicier.
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Résumé : AVIS.
L'avis présente l'invention du sieur Lafontaine Dulin, élève de l'École Militaire fondée par le chevalier de Luffan. Dulin, artisan de divers meubles, a créé des lits, tables, sièges, tabourets, échaudées, secrétaires, cuisinières, fauteuils, bidets, tables de nuit, tables à écrire et chaises de commodité. Il a également conçu une pièce combinant bidet et chaise de commodité, équipée d'un réservoir, de flacons, d'éponges et d'une seringue, utile pour les officiers militaires. Plusieurs de ses créations sont adaptées à la chasse. Les meubles de Dulin sont réalisés selon des principes mathématiques et géométriques, simplifiant les sujets et réduisant le nombre de pièces sans compromettre la solidité. Ses constructions permettent de réunir toutes les pièces en une seule, facilitant le montage et le transport. Dulin assure la solidité de ses ouvrages, qui tombent à plomb, garantissant une assise stable. Il a travaillé pour plusieurs officiers généraux et personnalités notables, telles que Monseigneur le Comte de Clermont, Monseigneur le Prince de Soubise et de Rohan, et Monsieur le Marquis de Maurange. Ses œuvres sont disponibles chez lui, situé grande rue du Faubourg Saint-Antoine, chez Monsieur Perfon, marchand épicier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14505
p. 211-212
AUTRE.
Début :
Le sieur Fagonde, Marchand à Paris, rue Saint Denis, à côté de Sainte [...]
Mots clefs :
Eau anticaustique, Guérison, Brûlures, Mal, Cloques, Apaisement
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Life
La fieur Fagonde, Marchand à Paris , rue Saine
Denis, à côté de Sainte Catherine , à l'enfeigne
de la Toilette , débite roujours avee fuccès , l'ean
Anticauftique , ainfi appellée à caufe de fa vertu
fouveraine , pour la guérifon prompte & fure de
toutes fortes de brûlures de quelque nature
qu'elles puiffent être . Perfonne n'ignore combien
eft vive la douleur excitée par l'action du
feu: la guérifon d'une brûlure eft ordinairement
affez longue , parce que le mal augmente pendant
dix à douzejours. Ce n'eft d'abord qu'une
longeur plus ou moins grande : furviennent en
fuire des tumeurs féruſes , vulgairement appel.
212 MERCURE DE FRANCE:
lées cloches , la partie affligée ſe gonfle , & s'er
flamme de plus en plus , tout cela eſt accompagné
de douleurs aiguës , qui fouvent occafionnent
la fièvre , la peau du malade ſe roidit , lés
petites fibres ne pouvant plus faire leurs fonctions
fe détruifent , & enfin on refte fouvent eſtropié
La liqueur Anticauftique , appliquée à froid , &
fouvent renouvellée , remedie à tous ces accidens
: elle commence par appaiſer la douleur ,
& elle arrête enfuite très-promptement tous les
progrès que le mal pourroit faire. Le prix eſt de
3 liv. le flacon de demi- fetier , le demi facon
30 fols. Cette eau peut le tranſporter en tous
lieux & fe conferve toujours , pourvu que les bouteilles
foient bien bouchées. On donnera une
inftruction pour l'employer.
Life
La fieur Fagonde, Marchand à Paris , rue Saine
Denis, à côté de Sainte Catherine , à l'enfeigne
de la Toilette , débite roujours avee fuccès , l'ean
Anticauftique , ainfi appellée à caufe de fa vertu
fouveraine , pour la guérifon prompte & fure de
toutes fortes de brûlures de quelque nature
qu'elles puiffent être . Perfonne n'ignore combien
eft vive la douleur excitée par l'action du
feu: la guérifon d'une brûlure eft ordinairement
affez longue , parce que le mal augmente pendant
dix à douzejours. Ce n'eft d'abord qu'une
longeur plus ou moins grande : furviennent en
fuire des tumeurs féruſes , vulgairement appel.
212 MERCURE DE FRANCE:
lées cloches , la partie affligée ſe gonfle , & s'er
flamme de plus en plus , tout cela eſt accompagné
de douleurs aiguës , qui fouvent occafionnent
la fièvre , la peau du malade ſe roidit , lés
petites fibres ne pouvant plus faire leurs fonctions
fe détruifent , & enfin on refte fouvent eſtropié
La liqueur Anticauftique , appliquée à froid , &
fouvent renouvellée , remedie à tous ces accidens
: elle commence par appaiſer la douleur ,
& elle arrête enfuite très-promptement tous les
progrès que le mal pourroit faire. Le prix eſt de
3 liv. le flacon de demi- fetier , le demi facon
30 fols. Cette eau peut le tranſporter en tous
lieux & fe conferve toujours , pourvu que les bouteilles
foient bien bouchées. On donnera une
inftruction pour l'employer.
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Résumé : AUTRE.
Le texte est une annonce publicitaire pour une liqueur nommée 'Eau Anticaustique', vendue par la fleur Fagonde, marchand à Paris, rue Sainte-Denis, près de Sainte Catherine, sous l'enseigne de la Toilette. Cette eau est reconnue pour son efficacité dans le traitement rapide et sûr des brûlures. Les brûlures sont décrites comme extrêmement douloureuses, avec des symptômes tels que des douleurs vives, des tumeurs, des cloques, un gonflement, une inflammation, et parfois de la fièvre. Ces complications peuvent entraîner une rigidité de la peau, une destruction des fibres, et une estropie. L'Eau Anticaustique, appliquée à froid et renouvelée fréquemment, apaise la douleur et stoppe la progression des dommages. Elle est disponible à 3 livres le flacon de demi-setier et 30 sols le demi-flacon. Les bouteilles doivent être bien bouchées pour assurer une conservation et un transport faciles. Une instruction pour son utilisation est fournie.
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14506
p. 212-214
AUTRE, A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Monsieur, l'attention que vous avez d'insérer dans votre Mercure, tout ce qui peut [...]
Mots clefs :
Remède, Rhumatismes, Sciatique, Paralysie, Tumeurs froides, Écrouelles, Succès, Guérison, Commission royale de médecine
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE, A L'AUTEUR DU MERCURE.
AUTRE ,
A L'AUTEUR DU MERCURE.
MONSIEUR , l'attention que vous avez d'inféser
dans votre Mercure , tout ce qui peut concourir à
l'avantage & à la fatisfaction du public , me fait
efpérer que vous voudrez bien lui annoncer un
Remede nouveau , dont les bons effets ont été conf
tatés par un grand nombre de cures furprenantes.
C'est un Topique éprouvé avec le plus grand fucpour
les Rhumatifmes fimples & goutteup ,
pour la fciatique , la paralifie commençante, pour
toutes les maladies de nerf, les fraîcheurs des parties
, contre les anchilofes , exoftoles , écrouelles
, & généralement contre toutes les tumeurs
froides...
cès
Il agit principalement par les urines , ſouvent
MA 1. 1758. 213
par un fuintement confidérable , qui évacue l'humeur
, & quelquefois par les felles . Comme on
doit être en garde contre les nouveautés en fait de
Médecine , j'ai voulu par moi- même reconnoître
les effets du remede , & ai fuivi quelques maladies
dont la guérifon radicale a levé tous mes doutes.
Vous me permettrez d'en çiter une , que je croyois
au deffus de toutes les reffources de l'art . La nommée
Leroi âgée d'environ 60 ans , demeurant, rue
Dauphine chez un Ceinturonnier , étoit travaillée
depuis plus de trois mois d'un fhumatifme goutteux
, qui lui faifoit fouffrir les plus cuifantes douleurs
elle avoit été traitée inutilement par plufieurs
Médecins & Chirurgiens qui défefpéroient
de fa guérifon. Je la trouvai au lit dans un état pitoyable
, & avec des douleurs fi vives , qu'elle ne
pouvoit le remuer , ni fouffrir qu'on la touchât ;
le bras gauche perclus & entiérement defféché ,
& au genouil du même côté une anchyloſe énorme
; enfin elle étoit à l'extrêmité : un mois de
l'ufage du remede l'a rétablie entiérement . Je vous
en citerois un grand nombre d'autres , fi les barnes
de votre recueil me, permettoient de donner
plus d'étendue à cette lettre. Soyez perfuadé
Monfieur , que c'est l'intérêt feul de la vérité &
celui du public , qui m'ont déterminé à vous écrire.
Ceux qui me connoiffent , n'en douteront
point , & les malades qui auront éprouvé par l'ufage
l'efficacité du topique , nous fçaurons gré à
P'un & à l'autre de l'avoir indiqué. Le privilege qui
vient d'être délivré par M. le premier Médecin du
Roi , & par Mrs de la commiffion royale de Mé→
decine , prouve encore plus que tout ce que je
pourrois dire , qu'on ne fçauroit avoir trop de
confiance en ce remede. Le fieur Berthelot qui le
diftribue, demeure à l'hôtel de Tour, rue du Paon,
214 MERCURE DE FRANCE.
& avertit qu'il ne retirera point de lettres qu'elles
m'aient été affranchies.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Giraud.
A L'AUTEUR DU MERCURE.
MONSIEUR , l'attention que vous avez d'inféser
dans votre Mercure , tout ce qui peut concourir à
l'avantage & à la fatisfaction du public , me fait
efpérer que vous voudrez bien lui annoncer un
Remede nouveau , dont les bons effets ont été conf
tatés par un grand nombre de cures furprenantes.
C'est un Topique éprouvé avec le plus grand fucpour
les Rhumatifmes fimples & goutteup ,
pour la fciatique , la paralifie commençante, pour
toutes les maladies de nerf, les fraîcheurs des parties
, contre les anchilofes , exoftoles , écrouelles
, & généralement contre toutes les tumeurs
froides...
cès
Il agit principalement par les urines , ſouvent
MA 1. 1758. 213
par un fuintement confidérable , qui évacue l'humeur
, & quelquefois par les felles . Comme on
doit être en garde contre les nouveautés en fait de
Médecine , j'ai voulu par moi- même reconnoître
les effets du remede , & ai fuivi quelques maladies
dont la guérifon radicale a levé tous mes doutes.
Vous me permettrez d'en çiter une , que je croyois
au deffus de toutes les reffources de l'art . La nommée
Leroi âgée d'environ 60 ans , demeurant, rue
Dauphine chez un Ceinturonnier , étoit travaillée
depuis plus de trois mois d'un fhumatifme goutteux
, qui lui faifoit fouffrir les plus cuifantes douleurs
elle avoit été traitée inutilement par plufieurs
Médecins & Chirurgiens qui défefpéroient
de fa guérifon. Je la trouvai au lit dans un état pitoyable
, & avec des douleurs fi vives , qu'elle ne
pouvoit le remuer , ni fouffrir qu'on la touchât ;
le bras gauche perclus & entiérement defféché ,
& au genouil du même côté une anchyloſe énorme
; enfin elle étoit à l'extrêmité : un mois de
l'ufage du remede l'a rétablie entiérement . Je vous
en citerois un grand nombre d'autres , fi les barnes
de votre recueil me, permettoient de donner
plus d'étendue à cette lettre. Soyez perfuadé
Monfieur , que c'est l'intérêt feul de la vérité &
celui du public , qui m'ont déterminé à vous écrire.
Ceux qui me connoiffent , n'en douteront
point , & les malades qui auront éprouvé par l'ufage
l'efficacité du topique , nous fçaurons gré à
P'un & à l'autre de l'avoir indiqué. Le privilege qui
vient d'être délivré par M. le premier Médecin du
Roi , & par Mrs de la commiffion royale de Mé→
decine , prouve encore plus que tout ce que je
pourrois dire , qu'on ne fçauroit avoir trop de
confiance en ce remede. Le fieur Berthelot qui le
diftribue, demeure à l'hôtel de Tour, rue du Paon,
214 MERCURE DE FRANCE.
& avertit qu'il ne retirera point de lettres qu'elles
m'aient été affranchies.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Giraud.
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Résumé : AUTRE, A L'AUTEUR DU MERCURE.
La lettre adressée à l'auteur du Mercure annonce un nouveau remède efficace contre diverses affections. Giraud, l'auteur de la lettre, souligne l'intérêt du Mercure pour le bien-être du public. Le remède est un topique éprouvé pour traiter les rhumatismes simples et goutteux, la sciatique, la paralysie commençante, les maladies des nerfs, les fraîcheurs des parties, les anchyloses, les exostoses, les écrouelles et les tumeurs froides. Il agit principalement par les urines et parfois par les selles. Giraud rapporte le cas de la nommée Leroi, âgée d'environ 60 ans, souffrant de rhumatismes goutteux depuis plus de trois mois. Après des traitements infructueux de plusieurs médecins et chirurgiens, elle a été guérie en un mois grâce à ce remède. Giraud mentionne également un privilège délivré par le premier Médecin du Roi et la commission royale de Médecine, confirmant l'efficacité du remède. Le distributeur, le sieur Berthelot, réside à l'hôtel de Tour, rue du Paon.
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14507
p. 214
AUTRE.
Début :
Leclerc, Maître Perruquier, rue de la Harpe, près S. Côme, [...]
Mots clefs :
Pommade, Fortifiant, Cheveux, Sourcils, Succès, Certificats
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LECT
ECLERC , Maître Perruquier
, rue de la Har
pe , près S. Côme , vend & diftribue une Pommade
Chymique
, parfaite pour fortifier la racine
des cheveux , les empêcher
de tomber & les
faire revenir ; elle eft auffi d'ufage pour faire reve
nir les fourcils , & ce n'eft qu'après plufieurs expériences
faites par nombre de perfonnes
qui
en ont fait ufage , qu'il donne des Certificats
de
vérité de l'effet de ladite Pommade
, à tous ceux
& celles qui l'ignorent
; & on ne trouvera la véritable
Pommade
Chymique
que chez le fieur
Leclerc. Il vend le pot 3 liv. & 6 liv.
LECT
ECLERC , Maître Perruquier
, rue de la Har
pe , près S. Côme , vend & diftribue une Pommade
Chymique
, parfaite pour fortifier la racine
des cheveux , les empêcher
de tomber & les
faire revenir ; elle eft auffi d'ufage pour faire reve
nir les fourcils , & ce n'eft qu'après plufieurs expériences
faites par nombre de perfonnes
qui
en ont fait ufage , qu'il donne des Certificats
de
vérité de l'effet de ladite Pommade
, à tous ceux
& celles qui l'ignorent
; & on ne trouvera la véritable
Pommade
Chymique
que chez le fieur
Leclerc. Il vend le pot 3 liv. & 6 liv.
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Résumé : AUTRE.
Maître Leclerc, perruquier rue de la Harpe, vend une pommade chimique pour fortifier les cheveux, prévenir leur chute et favoriser leur repousse. Elle est également efficace pour les sourcils. Les effets sont attestés par des certificats d'utilisateurs. La pommade est disponible uniquement chez Leclerc au prix de 3 ou 6 livres le pot.
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14508
p. 214
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION
.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier ,
le Mercure du mois de Mai , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreſſion. A
Paris , ce 29 Avril 1758.
GUIROY
.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier ,
le Mercure du mois de Mai , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreſſion. A
Paris , ce 29 Avril 1758.
GUIROY
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14509
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Les deux Chiens [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
LES deux Chiens &le Chat , Fable ,
page
Les Abfens ont tort , maxime françoife ; Conte à
Madame P... de M ... de L ...
Vers à Madame la Marquife de Boufflers , par Ma
l'Abbé P...
Lettre à M. de Boiffy 2
Epitre à M. D. H. G, D. T. R.
25
29
Parallele de l'orgueil & de l'élévation des Sentimens
32
Vers fur la mort du Moineau de Madame de St.. 36
Suite fur M. de Fontenelle , par M. l'Abbé Trublet,
contenant des corrections & additions aux arti
cles précédens ,
Vers à Mademoiſelle Frogier- Dupleffis ,
37
36
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Pensées détatraduites
chées , de l'Anglois de Pope & de
Swift ,
ノ
57659
Vers à M. D. G. D. L. R. pour le premier Jour de
l'An , 78
Explication de l'Enigme & du Logegryphe du
fecond Mercure du mois d'Avril ,
Enigme ,
Logogryphe
Chanfon ,
ibida
72
73
74
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
75
Lettre à M. de Boiffy , en réponse à celle du Solitaire
de Bretagne ,
114
314
ART. III. SCIENCES
ET BELLES LETTRES
.. Hiftoire. Lettre de M. Coleffe à M. l'Abbé Hardi ,
127
& c.
Médecine. Obſervations fur les effets de la Poudre
d'Alliot. Par M. de Thierry , Docteur - Régent
de la Faculté de Médecine de Paris , 133
Eloge de M. de Réaumur , lu à l'affemblée publique
de l'Académie Royale des Sciences , & c.
ART. IV. BEAUX-ARTS.
1
Mufique ,
Gravure ,
142
171
172
176
Jayallerie. Lettre à l'Auteur du Mercure , fur les
"feuilles à mettre fous les pierres de différentes
couleurs ,
Manufactures. Réflexions fur la fituation des principales
Manufactures de France , & particuliérement
de celle de Tours ,
Opera ,
ART. V. SPECTACLES.
178
181
Comédie Françoiſe , 182
Comédie Italienne , 183
Profpectus du Théâtre Italien ; 184
Nouveau Ballet du fieur Noverre ,
189
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
193
Nouvelles de la Cour , de Paris , &¿ ‚ 198
Bénéfices donnés , 205
Mariages & Morts ,
ibid.
merce des laines ,
Arrêt du Confeil d'Etat du Roi , au fujet du com→
Avis divers ,
207
21Q
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
LES deux Chiens &le Chat , Fable ,
page
Les Abfens ont tort , maxime françoife ; Conte à
Madame P... de M ... de L ...
Vers à Madame la Marquife de Boufflers , par Ma
l'Abbé P...
Lettre à M. de Boiffy 2
Epitre à M. D. H. G, D. T. R.
25
29
Parallele de l'orgueil & de l'élévation des Sentimens
32
Vers fur la mort du Moineau de Madame de St.. 36
Suite fur M. de Fontenelle , par M. l'Abbé Trublet,
contenant des corrections & additions aux arti
cles précédens ,
Vers à Mademoiſelle Frogier- Dupleffis ,
37
36
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Pensées détatraduites
chées , de l'Anglois de Pope & de
Swift ,
ノ
57659
Vers à M. D. G. D. L. R. pour le premier Jour de
l'An , 78
Explication de l'Enigme & du Logegryphe du
fecond Mercure du mois d'Avril ,
Enigme ,
Logogryphe
Chanfon ,
ibida
72
73
74
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
75
Lettre à M. de Boiffy , en réponse à celle du Solitaire
de Bretagne ,
114
314
ART. III. SCIENCES
ET BELLES LETTRES
.. Hiftoire. Lettre de M. Coleffe à M. l'Abbé Hardi ,
127
& c.
Médecine. Obſervations fur les effets de la Poudre
d'Alliot. Par M. de Thierry , Docteur - Régent
de la Faculté de Médecine de Paris , 133
Eloge de M. de Réaumur , lu à l'affemblée publique
de l'Académie Royale des Sciences , & c.
ART. IV. BEAUX-ARTS.
1
Mufique ,
Gravure ,
142
171
172
176
Jayallerie. Lettre à l'Auteur du Mercure , fur les
"feuilles à mettre fous les pierres de différentes
couleurs ,
Manufactures. Réflexions fur la fituation des principales
Manufactures de France , & particuliérement
de celle de Tours ,
Opera ,
ART. V. SPECTACLES.
178
181
Comédie Françoiſe , 182
Comédie Italienne , 183
Profpectus du Théâtre Italien ; 184
Nouveau Ballet du fieur Noverre ,
189
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
193
Nouvelles de la Cour , de Paris , &¿ ‚ 198
Bénéfices donnés , 205
Mariages & Morts ,
ibid.
merce des laines ,
Arrêt du Confeil d'Etat du Roi , au fujet du com→
Avis divers ,
207
21Q
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections principales. L'Article Premier rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, telles que des fables, des contes, des lettres, des épîtres et des poèmes dédiés à diverses personnes. Parmi les œuvres notables figurent 'Les deux Chiens & le Chat, Fable' et 'Les Abfens ont tort, maxime françoife'. L'Article II traite des nouvelles littéraires, incluant des extraits de livres récents et une lettre en réponse à celle du Solitaire de Bretagne. L'Article III aborde les sciences et les belles-lettres, avec une lettre historique et des observations médicales sur la Poudre d'Alliot par M. de Thierry, ainsi qu'un éloge de M. de Réaumur. L'Article IV se concentre sur les beaux-arts, avec des sections sur la musique, la gravure, la peinture et les manufactures. L'Article V concerne les spectacles, détaillant les programmes de la comédie française et italienne, ainsi que des prospectus et des ballets. Enfin, l'Article VI présente des nouvelles étrangères, des nouvelles de la cour et de Paris, des mariages, des décès et des avis divers, incluant un arrêt du Conseil d'État du Roi au sujet de la merce des laines.
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14510
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 74. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 74. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 74. [...] »
La Chanfon notée doit regarder la page 74.
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14511
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch . Ant . Jombert,
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14512
p. 88
ENIGME.
Début :
J'ai le corps gros & le col mince ; [...]
Mots clefs :
Thermomètre
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
J'AT le corps gros & le col mince -
ΑΙ
Je ſuis fans têté & plein d'eſprit :
Chez le Curieux & le Prince ,
Plus qu'autre part eft mon crédit :
Je ſuis foumis au temps , comme lui, variable :
Je vais & viens ; cependant je fuis ftable ,
Reftant fixe à l'endroit où l'on veut me placer :
C'eft affez , cher Lecteur , je te laiffe y penſer
J'AT le corps gros & le col mince -
ΑΙ
Je ſuis fans têté & plein d'eſprit :
Chez le Curieux & le Prince ,
Plus qu'autre part eft mon crédit :
Je ſuis foumis au temps , comme lui, variable :
Je vais & viens ; cependant je fuis ftable ,
Reftant fixe à l'endroit où l'on veut me placer :
C'eft affez , cher Lecteur , je te laiffe y penſer
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14513
p. 88-90
« Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...] »
Début :
Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...]
Mots clefs :
Mercure, Public, Moulins, Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...] »
Dans le Mercure de Mai nous nous
étions bornés à apprendre au Public que
Mademoiſelle de la Boiffiere , de Moulins ,
défavouoit l'Enigme qui a paru fous fon
nom dans le premier volume du Mercure
d'Avril. Comme il nous eft revenu qu'elle
ne fe contente point de ce défaveu , auJUIN.
1758 . 89
quel elle dit n'avoir aucune part, & qu'elle
fouhaite que nous inférions ici la Lettre
qu'elle nous a écrite à ce fujet , & qui contient
celui qu'elle fait elle- même , nous
ne croyons pas pouvoir lui refuſer la fatisfaction
qu'elle exige de nous. La voici :
MONSIEUR , ONSIEUR , j'ai été extrêmement furpriſe
de trouver dans le premier volume
du Mercure d'Avril , une Enigme au bas
de laquelle eft le nom de Mademoiſelle
de la Boiffiere : c'eft celui fous lequel je
fuis le plus connue , il n'y a point d'autre
perfonne à Moulins qui porte ce nom. Je
puis vous affurer , Monfieur , que cette
Enigme n'eft point de moi , que
l'on vous
en a impofé , & au Public , lorfqu'on vous
l'a adreffée fous mon nom . Je n'ai jamais
donné dans la littérature , encore moins
dans la poéfie. Je ne me flatte pas d'avoir
affez de connoiffance pour juger fi elle eft
bonne ou mauvaiſe , ni affez d'efprit pour
l'entendre. Telle qu'elle eft je la défavoue,
& j'ai tout fujet de me plaindre de la
perfonne qui vous l'a adreffée fous mon
nom. Si on a prétendu me faire honneur ,
de m'ériger en Auteur , en faifant inférer
dans le Mercure un ouvrage auquel je
n'ai aucune part , on auroit dû me demander
mon confentement , & fûrement je ne
go MERCURE DE FRANCE.
fuis pas.
l'aurois pas donné ; je n'ai point la fotte
vanité de vouloir paroître ce que je ne
Si on a voulu me donner un ridicule
, ma plainte eft encore mieux fondée
; je ne crois pas l'avoir mérité : je me
flattois d'avoir vécu jufqu'à préfent de
façon à ne me point faire d'ennemi . De
quelque part que ce procédé vienne , il eft
intéreffant pour moi que le Public foit
défabufé . Ainfi , Monfieur , je vous demande
en grace de vouloir bien inférer
dans votre prochain Mercure la Lettre que
j'ai l'honneur de vous adreffer. Je fuis ,
Monfieur , votre très- humble & très-obéiffante
fervante , LA BOISSIERE.
A Moulins , ce 12 Avril 1758 .
étions bornés à apprendre au Public que
Mademoiſelle de la Boiffiere , de Moulins ,
défavouoit l'Enigme qui a paru fous fon
nom dans le premier volume du Mercure
d'Avril. Comme il nous eft revenu qu'elle
ne fe contente point de ce défaveu , auJUIN.
1758 . 89
quel elle dit n'avoir aucune part, & qu'elle
fouhaite que nous inférions ici la Lettre
qu'elle nous a écrite à ce fujet , & qui contient
celui qu'elle fait elle- même , nous
ne croyons pas pouvoir lui refuſer la fatisfaction
qu'elle exige de nous. La voici :
MONSIEUR , ONSIEUR , j'ai été extrêmement furpriſe
de trouver dans le premier volume
du Mercure d'Avril , une Enigme au bas
de laquelle eft le nom de Mademoiſelle
de la Boiffiere : c'eft celui fous lequel je
fuis le plus connue , il n'y a point d'autre
perfonne à Moulins qui porte ce nom. Je
puis vous affurer , Monfieur , que cette
Enigme n'eft point de moi , que
l'on vous
en a impofé , & au Public , lorfqu'on vous
l'a adreffée fous mon nom . Je n'ai jamais
donné dans la littérature , encore moins
dans la poéfie. Je ne me flatte pas d'avoir
affez de connoiffance pour juger fi elle eft
bonne ou mauvaiſe , ni affez d'efprit pour
l'entendre. Telle qu'elle eft je la défavoue,
& j'ai tout fujet de me plaindre de la
perfonne qui vous l'a adreffée fous mon
nom. Si on a prétendu me faire honneur ,
de m'ériger en Auteur , en faifant inférer
dans le Mercure un ouvrage auquel je
n'ai aucune part , on auroit dû me demander
mon confentement , & fûrement je ne
go MERCURE DE FRANCE.
fuis pas.
l'aurois pas donné ; je n'ai point la fotte
vanité de vouloir paroître ce que je ne
Si on a voulu me donner un ridicule
, ma plainte eft encore mieux fondée
; je ne crois pas l'avoir mérité : je me
flattois d'avoir vécu jufqu'à préfent de
façon à ne me point faire d'ennemi . De
quelque part que ce procédé vienne , il eft
intéreffant pour moi que le Public foit
défabufé . Ainfi , Monfieur , je vous demande
en grace de vouloir bien inférer
dans votre prochain Mercure la Lettre que
j'ai l'honneur de vous adreffer. Je fuis ,
Monfieur , votre très- humble & très-obéiffante
fervante , LA BOISSIERE.
A Moulins , ce 12 Avril 1758 .
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Résumé : « Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...] »
Dans le Mercure de Mai, Mademoiselle de la Boiffiere de Moulins conteste la publication d'une énigme parue sous son nom dans le Mercure d'Avril. Elle exprime son désaveu et demande la publication de sa lettre pour clarifier la situation. Dans cette lettre, datée du 12 avril 1758, elle affirme n'être ni l'auteure de l'énigme ni impliquée dans la littérature ou la poésie. Elle manifeste son mécontentement face à cette usurpation de son nom et souhaite désabuser le public. Mademoiselle de la Boiffiere précise qu'elle n'aurait jamais donné son consentement pour une telle publication et nie chercher à se faire passer pour une auteure. Elle conclut en demandant la publication de sa lettre pour rétablir la vérité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14514
p. 90-92
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis fille de l'air, l'on ne me voit jamais : [...]
Mots clefs :
Mélodie
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGO GRYPHE.
Js fuis fille de l'air , l'on ne me voit jamais : B
Les vents étendent mon empire ;
Et dans le moment où j'expire ,
Au creux d'un rec à demi je renais .
Mon nom contient un pays de l'Attique ;
Une Ville en Hollande , & l'autre en Dauphinés
Et quand il plaît à qui m'a combiné ,
Je deviens un ton de mufique.
J'immortalife & Pindare , & Rouffeau ;
Mes bords font environnés d'eau :
JUIN. 1758.
Je gouverne un état ſur les côtes d'Afrique ,
Où le Chrétien reçoit des fers du Muſulman ;
Et j'embellis par ma ftructure
Un Temple à Rome , à Stamboul le Divan..
Des fimples je fais des victimes ;
Je défends l'innocence , & je punis les crimes ;
Je nourris le Clergé , je nourris le vieillard ;
L'on me recueille fur l'hymette :
Je fus au ciel élevé fur un char ,
Je parois , après la tempête ,
Sur les mâts & fur le gaillard.
De l'Egyptien idolâtre
J'obtins des Autels à Memphis :
D'un fexe léger & folâtre ,
Dans la faifon des amours & des ris ;
Je releve les tendres graces :
Si je lui plais , il plaît par moi.
De l'orage quand les menaces
Répandent un cruel effroi ,
J'offre aux vaiffeaux un für afyle ,
Où dans un parage tranquille ,
Ils bravent la mer en fureur.
Je mords le métal le plus dur.
Diane trouve en moi le nom qu'elle éut d'une
Inle :
Chez les Romains , je divifois les temps :
Victorieux , je montai fur le trône
Des Empereurs de Babylone :
Au fage Grec, je confiai les vents :
2 MERCURE DE FRANCE:
Je fauve un doigt d'une pointe inhumaine ,
Je caufai le trépas du vaillant fils d'Alcmene:
Par moi du corps fe font les mouvemens ;
Je fuis un oifeau de riviere ,
Et des liqueurs la fubftance groffiere
Un fimple contre les poifons :
Enfin , malgré l'éclat du Dieu de la lumiere ,
Si je manquois à l'homme , il iroit à tâtons
Js fuis fille de l'air , l'on ne me voit jamais : B
Les vents étendent mon empire ;
Et dans le moment où j'expire ,
Au creux d'un rec à demi je renais .
Mon nom contient un pays de l'Attique ;
Une Ville en Hollande , & l'autre en Dauphinés
Et quand il plaît à qui m'a combiné ,
Je deviens un ton de mufique.
J'immortalife & Pindare , & Rouffeau ;
Mes bords font environnés d'eau :
JUIN. 1758.
Je gouverne un état ſur les côtes d'Afrique ,
Où le Chrétien reçoit des fers du Muſulman ;
Et j'embellis par ma ftructure
Un Temple à Rome , à Stamboul le Divan..
Des fimples je fais des victimes ;
Je défends l'innocence , & je punis les crimes ;
Je nourris le Clergé , je nourris le vieillard ;
L'on me recueille fur l'hymette :
Je fus au ciel élevé fur un char ,
Je parois , après la tempête ,
Sur les mâts & fur le gaillard.
De l'Egyptien idolâtre
J'obtins des Autels à Memphis :
D'un fexe léger & folâtre ,
Dans la faifon des amours & des ris ;
Je releve les tendres graces :
Si je lui plais , il plaît par moi.
De l'orage quand les menaces
Répandent un cruel effroi ,
J'offre aux vaiffeaux un für afyle ,
Où dans un parage tranquille ,
Ils bravent la mer en fureur.
Je mords le métal le plus dur.
Diane trouve en moi le nom qu'elle éut d'une
Inle :
Chez les Romains , je divifois les temps :
Victorieux , je montai fur le trône
Des Empereurs de Babylone :
Au fage Grec, je confiai les vents :
2 MERCURE DE FRANCE:
Je fauve un doigt d'une pointe inhumaine ,
Je caufai le trépas du vaillant fils d'Alcmene:
Par moi du corps fe font les mouvemens ;
Je fuis un oifeau de riviere ,
Et des liqueurs la fubftance groffiere
Un fimple contre les poifons :
Enfin , malgré l'éclat du Dieu de la lumiere ,
Si je manquois à l'homme , il iroit à tâtons
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14515
p. 195-199
ALLEMAGNE.
Début :
Les Prussiens avoient établi vis-à-vis de l'isle de Rugen, près de [...]
Mots clefs :
Stralsund, Prussiens, Artillerie, Contribution financière, Ratisbonne, Recrutement, Violence, Hambourg, Diminution des contributions, Poméranie, Armée impériale, Quartier général, Silésie, Troupes, Ennemi, Combats, Colonel, Mouvements des troupes
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE STRALSUND , le 9 Avril. 9.
Les Pruffiens avoient établi vis- à - vis de l'iſle de
Rugen , près de Stahlbroë , une batterie qui incommodoit
beaucoup les Suédois . Ceux -ci ayant
pris la réfolution de la détruire , firent partir le 2
du mois d'Avril de Danholm , à un quart de lieue
de cette Ville , plufieurs bâtimens plats chargés
d'artillerie. La canonnade , qui fut très- vive de
part & d'autre , dura depuis cinq heures jufqu'à
neuf heures du matin , & les Suédois font venus à
bout de ruiner entiérement cette batterie.
Depuis les détachemens que les Pruffiens ont
été obligés de faire , pour s'opposer aux progrès
des Ruffiens , ils n'ont plus ici que quinze ou feize
mille hommes. Ainfi les Suédois fe difpofent à
quitter inceffamment l'ifle de Rugen & Stralfund ,
pour pénétrer une feconde fois dans la Poméranie
Pruffienne.
par
Malgré les affurances par écrit , données
le Maréchal de Lehwald aux Etats de la Poméra
nie Suédoife , qu'il ne feroit exigé d'eux aucune
autre contribution que celle qu'ils ont déja
payée , le Comte de Dohna , qui a pris le commandement
de l'armée Pruffienne , leur demande
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
encore foixante mille écus , & une certaine quantité
de bled .
DE RATISBONNE , le 7 Avril.
On écrit de Reftock , que le 28 du mois de
Mars , les Pruffiens ayant empêché d'ouvrir les
portes de la Ville , commencerent de grand matin
à vifiter toutes les maifons , & enleverent indiftinctement
tous ceux qui leur parurent propres
à porter les armes. La vifite dura jufqu'à neufheures
, & quantité de Négocians fe trouvant compris
dans le nombre de ces recrues bourgeoiles de
nouvelle efpece , la confternation fut générale .
Cependant les cris des femmes , des enfans & du
peuple , obligerent le Commandant Pruffien à
faire relâcher plufieurs hommes d'un âge avancé ;
mais ce ne fut qu'en leur déclarant qu'aucun d'eux
ne feroit exempt d'entrer au fervice du Roi de
Pruffe , à moins qu'il ne fût remplacé par un autre
en état de fervir. Comme à cette premiere vifite
, on ne put faire affez de recrue pour completter
le nombre auquel les Pruffiens ont taxé
cette Ville , la nuit fuivante ils recommencerent
à faire de nouvelles recherches , & ils s'emparerent
encore d'un grand nombre d'habitans,
DE HAMBOURG , le 19 Avril.
L'impoffibilité où le trouvent les habitans du
Duché de Mecklenbourg , de payer les contributions
en argent qui leur ont été impofées , a enfia
été reconnue , & le Roi de Pruffe en conféquence
, a permis d'accorder une diminution de
cinq cens mille écus .
Les Troupes Pruffiennes répandues dans ce mê
JUIN. 1758. 197
me Etat , vont l'évacuer , pour se rendre à l'armée
de Poméranie , qui a befoin de renforts . Le
détachement qui bloquoit la ville de Schwerin
étoit déja retiré le 13 .
Tous les avis qui viennent de Pomeranie , marquent
que les Pruffiens fortifient confidérablement
Stettin , & que par ordre du Roi de Pruffe , on
coupe dans les forêts voifines quarante mille paliffades
, pour être tranfportées dans cette Ville.
Du Quartier général de l'Armée Impériale
fur les frontieres de Silefie , le 18 Avril.
Une colonne de Troupes Pruffiennes , aux or
dres du Général de la Mothe.Fouquet , compofée
d'environ fix mille hommes , Infanterie , Cavalerie
& Huffards , s'eft portée de Winfchelbourg à
Braunau , & s'eft emparé de ce pofte , où nous
n'avions qu'un détachement de cent cinquante
hommes , pour obferver les mouvemens de l'ennemi
, & en donner avis fur le champ , avec ordre
de fe retirer , s'il s'avançoit avec des forces
fupérieures. Cette colonne à été bientôt ſuivie
d'un corps d'environ trois mille hommes qui ont
marché de Friedland à Ruppersdorff. Un détachement
de ce corps obligea d'abord nos poftes avancés
de fe replier fur une redoute établie à portée
de Podifch ; mais à l'arrivée de deux cens Huffards
qui venoient relever ces poftes , les ennemis
furent contraints de fe retirer eux-mêmes
jufqu'à Ruppersdorff. Les ennemis dans ce petit
choc n'ont perdu que neuf hommes tués , & deux
faits prifonniers ; mais le nombre de leurs bleffés
doit être plus grand . Nous y avons eu deux foldats
tués , un Lieutenant & onze hommes bleffés ,
& le fieur de Fourar , Lieutenant- Colonel du Ré-
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
giment de Huffards de l'Empereur , ayant eu fon
cheval tué fous lui , a été fait priſonnier , ainfi
que quatre foldats qui venoient pour le dégager.
Le 8 Avril , le Colonel Pruffien le Noble , avec
un bataillon de Volontaires & deux Efcadrons de
Huffards , ayant tout-à-coup débouché d'un bois ,
attaqua vigoureufement nos poftesavancés d'Halbftadt.
La fupériorité du nombre obligea d'abord
les nôtres à fe replier jufqu'à une redoute qui était
hors de portée. Mais le Général Laundon , commandant
dans cette partie , fit fur le champ des
difpofitions qui arrêterent les Pruffiens . Un détachement
de Huffards , foutenu par des Croates ,
tomba rapidement le fabre à la main fur les ennemis
, & les obligea de fe replier eux- mêmes avec
la plus grande précipitation. Les Pruffiens , protégés
par un feu très-vif, tâcherent de regagner
le bois , & d'y reprendre pofte ; mais les Croates
les ayant tournés , les en empêcherent , & les re
menerent battant jufqu'à Halbftadt.
Pendant cette action , un autre détachement
Pruffien , compofé d'Infanterie & de Cavalerie ,
fit la même tentative du côté de Dieterbaſch ;
mais le Général Laundon y pourvut encore , &
l'ennemi fut repouffé avec perte.
Enfin le lendemain , un troifieme corps de
Pruffiens venant de Schwartzwaffer , voulut pénétrer
du côté de Schatzlar ; mais il n'ofa rien
entreprendre , parce que le pofte que nous y
avions , lui parut bien difpofé à le recevoir , & il
s'en retourna comme il étoit venu .
Depuis , le corps du Colonel le Noble , renfor
cé de trois bataillons de Grenadiers , parut vouloir
de nouveau forcer une redoute que nous avions
établie à Potifch. Cependant cette expédition fe
borna à détacher quelques troupes , pour débar
JUIN. 1758. 199
raffer les environs de Hutberg des abbatis qu'on
y avoit faits ; & le pofte que nous y avions , fe
défendit avec tant de vigueur , que l'ennemi fut
contraint d'abandonner l'entreprife. Ainfi toute
la troupe rentra dans fes quartiers à Dieterſbach ,
& travailla fur le champ à fe retrancher près d'une
ferme à portée de-là. La nuit fuivante , le Général
Laundon fit attaquer par les Croates le retranchement
des Pruffiens , & l'ennemi , après quelque
perte , fut encore obligé de fe retirer .
On vient d'apprendre que la ville de Schweidnitz
s'eft rendue aux ennemis , la nuit du 16 au
17 du mois d'Avril , aux mêmes conditions qu'elle
s'étoit rendue ci -devant aux troupes de l'Impératrice-
Reine.
DE STRALSUND , le 9 Avril. 9.
Les Pruffiens avoient établi vis- à - vis de l'iſle de
Rugen , près de Stahlbroë , une batterie qui incommodoit
beaucoup les Suédois . Ceux -ci ayant
pris la réfolution de la détruire , firent partir le 2
du mois d'Avril de Danholm , à un quart de lieue
de cette Ville , plufieurs bâtimens plats chargés
d'artillerie. La canonnade , qui fut très- vive de
part & d'autre , dura depuis cinq heures jufqu'à
neuf heures du matin , & les Suédois font venus à
bout de ruiner entiérement cette batterie.
Depuis les détachemens que les Pruffiens ont
été obligés de faire , pour s'opposer aux progrès
des Ruffiens , ils n'ont plus ici que quinze ou feize
mille hommes. Ainfi les Suédois fe difpofent à
quitter inceffamment l'ifle de Rugen & Stralfund ,
pour pénétrer une feconde fois dans la Poméranie
Pruffienne.
par
Malgré les affurances par écrit , données
le Maréchal de Lehwald aux Etats de la Poméra
nie Suédoife , qu'il ne feroit exigé d'eux aucune
autre contribution que celle qu'ils ont déja
payée , le Comte de Dohna , qui a pris le commandement
de l'armée Pruffienne , leur demande
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
encore foixante mille écus , & une certaine quantité
de bled .
DE RATISBONNE , le 7 Avril.
On écrit de Reftock , que le 28 du mois de
Mars , les Pruffiens ayant empêché d'ouvrir les
portes de la Ville , commencerent de grand matin
à vifiter toutes les maifons , & enleverent indiftinctement
tous ceux qui leur parurent propres
à porter les armes. La vifite dura jufqu'à neufheures
, & quantité de Négocians fe trouvant compris
dans le nombre de ces recrues bourgeoiles de
nouvelle efpece , la confternation fut générale .
Cependant les cris des femmes , des enfans & du
peuple , obligerent le Commandant Pruffien à
faire relâcher plufieurs hommes d'un âge avancé ;
mais ce ne fut qu'en leur déclarant qu'aucun d'eux
ne feroit exempt d'entrer au fervice du Roi de
Pruffe , à moins qu'il ne fût remplacé par un autre
en état de fervir. Comme à cette premiere vifite
, on ne put faire affez de recrue pour completter
le nombre auquel les Pruffiens ont taxé
cette Ville , la nuit fuivante ils recommencerent
à faire de nouvelles recherches , & ils s'emparerent
encore d'un grand nombre d'habitans,
DE HAMBOURG , le 19 Avril.
L'impoffibilité où le trouvent les habitans du
Duché de Mecklenbourg , de payer les contributions
en argent qui leur ont été impofées , a enfia
été reconnue , & le Roi de Pruffe en conféquence
, a permis d'accorder une diminution de
cinq cens mille écus .
Les Troupes Pruffiennes répandues dans ce mê
JUIN. 1758. 197
me Etat , vont l'évacuer , pour se rendre à l'armée
de Poméranie , qui a befoin de renforts . Le
détachement qui bloquoit la ville de Schwerin
étoit déja retiré le 13 .
Tous les avis qui viennent de Pomeranie , marquent
que les Pruffiens fortifient confidérablement
Stettin , & que par ordre du Roi de Pruffe , on
coupe dans les forêts voifines quarante mille paliffades
, pour être tranfportées dans cette Ville.
Du Quartier général de l'Armée Impériale
fur les frontieres de Silefie , le 18 Avril.
Une colonne de Troupes Pruffiennes , aux or
dres du Général de la Mothe.Fouquet , compofée
d'environ fix mille hommes , Infanterie , Cavalerie
& Huffards , s'eft portée de Winfchelbourg à
Braunau , & s'eft emparé de ce pofte , où nous
n'avions qu'un détachement de cent cinquante
hommes , pour obferver les mouvemens de l'ennemi
, & en donner avis fur le champ , avec ordre
de fe retirer , s'il s'avançoit avec des forces
fupérieures. Cette colonne à été bientôt ſuivie
d'un corps d'environ trois mille hommes qui ont
marché de Friedland à Ruppersdorff. Un détachement
de ce corps obligea d'abord nos poftes avancés
de fe replier fur une redoute établie à portée
de Podifch ; mais à l'arrivée de deux cens Huffards
qui venoient relever ces poftes , les ennemis
furent contraints de fe retirer eux-mêmes
jufqu'à Ruppersdorff. Les ennemis dans ce petit
choc n'ont perdu que neuf hommes tués , & deux
faits prifonniers ; mais le nombre de leurs bleffés
doit être plus grand . Nous y avons eu deux foldats
tués , un Lieutenant & onze hommes bleffés ,
& le fieur de Fourar , Lieutenant- Colonel du Ré-
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
giment de Huffards de l'Empereur , ayant eu fon
cheval tué fous lui , a été fait priſonnier , ainfi
que quatre foldats qui venoient pour le dégager.
Le 8 Avril , le Colonel Pruffien le Noble , avec
un bataillon de Volontaires & deux Efcadrons de
Huffards , ayant tout-à-coup débouché d'un bois ,
attaqua vigoureufement nos poftesavancés d'Halbftadt.
La fupériorité du nombre obligea d'abord
les nôtres à fe replier jufqu'à une redoute qui était
hors de portée. Mais le Général Laundon , commandant
dans cette partie , fit fur le champ des
difpofitions qui arrêterent les Pruffiens . Un détachement
de Huffards , foutenu par des Croates ,
tomba rapidement le fabre à la main fur les ennemis
, & les obligea de fe replier eux- mêmes avec
la plus grande précipitation. Les Pruffiens , protégés
par un feu très-vif, tâcherent de regagner
le bois , & d'y reprendre pofte ; mais les Croates
les ayant tournés , les en empêcherent , & les re
menerent battant jufqu'à Halbftadt.
Pendant cette action , un autre détachement
Pruffien , compofé d'Infanterie & de Cavalerie ,
fit la même tentative du côté de Dieterbaſch ;
mais le Général Laundon y pourvut encore , &
l'ennemi fut repouffé avec perte.
Enfin le lendemain , un troifieme corps de
Pruffiens venant de Schwartzwaffer , voulut pénétrer
du côté de Schatzlar ; mais il n'ofa rien
entreprendre , parce que le pofte que nous y
avions , lui parut bien difpofé à le recevoir , & il
s'en retourna comme il étoit venu .
Depuis , le corps du Colonel le Noble , renfor
cé de trois bataillons de Grenadiers , parut vouloir
de nouveau forcer une redoute que nous avions
établie à Potifch. Cependant cette expédition fe
borna à détacher quelques troupes , pour débar
JUIN. 1758. 199
raffer les environs de Hutberg des abbatis qu'on
y avoit faits ; & le pofte que nous y avions , fe
défendit avec tant de vigueur , que l'ennemi fut
contraint d'abandonner l'entreprife. Ainfi toute
la troupe rentra dans fes quartiers à Dieterſbach ,
& travailla fur le champ à fe retrancher près d'une
ferme à portée de-là. La nuit fuivante , le Général
Laundon fit attaquer par les Croates le retranchement
des Pruffiens , & l'ennemi , après quelque
perte , fut encore obligé de fe retirer .
On vient d'apprendre que la ville de Schweidnitz
s'eft rendue aux ennemis , la nuit du 16 au
17 du mois d'Avril , aux mêmes conditions qu'elle
s'étoit rendue ci -devant aux troupes de l'Impératrice-
Reine.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En avril 1758, les Suédois ont détruit une batterie prussienne près de Stahlbroë, sur l'île de Rügen, après une intense canonnade. Les Prussiens, affaiblis par des détachements, ne comptaient plus que 15 à 16 000 hommes dans la région, permettant aux Suédois de préparer une nouvelle incursion en Poméranie prussienne. Le comte de Dohna, nouveau commandant prussien, a demandé aux États de la Poméranie suédoise une contribution supplémentaire de 60 000 écus et une quantité de blé, malgré les assurances du maréchal de Lehwald. À Reftock, les Prussiens ont enlevé des habitants pour les enrôler de force, provoquant une grande consternation. À Hambourg, le roi de Prusse a accordé une réduction de 500 000 écus aux habitants du Duché de Mecklenbourg, incapables de payer les contributions imposées. Les troupes prussiennes ont évacué cette région pour renforcer l'armée en Poméranie, où elles ont fortifié Stettin. Sur les frontières de Silésie, les Prussiens ont pris plusieurs postes avancés de l'armée impériale, notamment à Braunau et Halbstadt, après des affrontements mineurs. Ils ont également tenté sans succès de prendre plusieurs positions impériales, comme Schatzlar et Potifch. La ville de Schweidnitz s'est rendue aux Prussiens la nuit du 16 au 17 avril.
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14516
p. 199-209
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le Roi jugeant à propos de faire passer incessamment entre les mains [...]
Mots clefs :
Roi de France, Nominations, Gouverneur, Précepteur, Capitaine, Colonel, Abbé, Famille royale, Duc, Comte, Audience, États de Bourgogne, États d'Artois, Duc de Bourgogne, Promotion d'officiers généraux et de brigadiers, Promotion des maréchaux de camp, de la Maison du roi, Promotion des maréchaux d'infanterie et de cavalerie, Monseigneur, Cardinaux, Archevêques, Corsaires, Navires anglais, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Le Roi jugeant à propos de faire paffer incef- E
*
famment entre les mains des hommes Monfeigneur
le Duc de Bourgogne , à nommé Gouverneur
de ce Prince M. le Comte de la Vauguyon
Lieutenant général de fes Armées , Chevalier de
fes Ordres , & Menin de Monfeigneur le Dauphin
; Précepteur , M. PEvêque de Limoges ;
Sous-Gouverneurs , MM . les Chevaliers de la Ferriere
& de Beaujeu ; le premier , Brigadier d'Infanterie
, & Capitaine au Régiment des Gardes
Françoifes ; le fecond , Chevalier de l'Ordre de
Saint Jean de Jérufalems Sous - Précepteur , M.
l'Abbé de Radonvilliers , Abbé de l'Abbaye de
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Saint Loup de Troyes ; Lecteur , M. l'Abbé d'Ar
gentré , Vicaire général du Dioceſe de Limoges ;
Gentilshommes de la Manche , M. le Baron de
Luppé , Colonel du Régiment royal Cantabre ;
MM. les Marquis de Marboeuf , Colonel du Régiment
de Dragons de fon nom ; de Montefquiou ,
Colonel dans le Corps des Grenadiers de France ,
& de la Haye , Capitaine de Cavalerie.
Le Roi a donné à M. l'Evêque d'Orléans la futvivance
de la Direction générale des Economats
& de la Régie des biens des Religionnaires , exercées
actuellement par M. le Comte du Muy ; & Sa
Majefté a voulu que ce Prélat pût lui en rendre
compte , lorfque , pour cauſe d'abſence ou de maladie
, M. le Comte du Muy ne'pourroit pas travailler
avec Elle.
Le 23 Avril , le Roi , la Reine , & la Famille
Royale , fignerent le contrat de mariage de M. le
Marquis de la Côte , Officier des Chevaux- Légers
de la Garde , avec Mademoiſelle de Digoine.
M. de Perfan , ci -devant Capitaine au Régiment
Colonel Général de la Cavalerie , a obtenu l'agrément
du Roi pour la place de Lieutenant Meſtre
de Camp du même Régiment.
Le 30 Avril , M. le Comte de la Vauguion &
M. l'Evêque de Limoges , prêterent ferment entre
les mains du Roi ; le premier , en qualité de Gouverneur
de Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
& le ſecond , comme Précepteur de ce Prince.
Le même jour , les Etats de Bourgogne eurent
audience de Sa Majefté . Ils furent préſentés par
M. le Prince de Condé , Gouverneur de la Province
, & par M. le Comte de Saint - Florentin , Minif
tre & Secretaire d'Etat . La députation , qui étoit
conduite par M. Defgranges , Maître des Cérémonies
, étoit compofée , pour le Clergé , de M.
JUIN. 1758. 201
P'Abbé Dufers , qui portoit la parole ; de M. le
Comte de Tonnerre , pour la Nobleſſe , & de M.
de la Ramiffe , Maire d'Auxonne , pour le Tiers-
Etat . Elle eut audience de la Reine & de la Famille
Royale.
Les Etats d'Artois eurent auffi l'honneur d'être
admis à l'audience du Roi , pour la préſentation
du cahier. M. le Duc de Chaulnes , Gouverneur
de la Province , & M. le Comte de Saint - Florentin
, pour le M. le Maréchal - Duc de Belle - Ife
qui a le département de cette Province , & qui
étoit indifpofé , les préſenterent à Sa Majefté , &
ils furent conduits par M. de Gifeux , Maître des
Cérémonies en furvivance. Les Députés étoient ,
pour le Clergé , M. l'Abbé de Cry , Chanoine de
la Cathédrale d'Arras & Vicaire général du Diocefe
, portant la parole ; pour la Nobleffe , M. le
Baron de Wifmes ; & pour le Tiers- Etat , M. de
Camps , Avocat , ancien Echevin de la ville
d'Arras.
Le premier de Mai , la Faculté vérifia le bon
état de la fanté de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
. Il en fut dreffé un procès-verbal qui fut
préfenté à Sa Majefté par M. le Comte de Saint-
Florentin , & on en remit deux copies en forme ,
P'une à Madame la Comteffe de Marfan , & l'autre
à M. le Comte de la Vauguyon. Vers le midi ,
Madame la Comteffe de Marfan conduifit Monfeigneur
le Duc de Bourgogne à l'appartement du
Roi , & remit ce Prince entre les mains de Sa
Majefté , qui lui témoigna toute la fatisfaction du
fuccès de fes foins pour la premiere education de
ce Prince. Un moment après le Roi remit Monſeigneur
le Duc de Bourgogne entre les mains de M.
le Comte de la Vauguyon . Les mouvemens de
l'ame de ce Prince , au moment d'une féparation
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
fenfible , fe peignirent fur fon vifage , & firent
admirer à la fois l'excellence de fon coeur & fa
fermeté dans un âge fi tendre.
Promotion d'Officiers Généraux & de Brigadiers.
Lieutenans Généraux. MM . le Comte de Moncan
, Commandant en Languedoc ; le Marquis de
Crillon ; de Torcy , Commandant à Nancy ; le
Comte d'Afpremont , Commandant un Bataillon
du Régiment des Gardes Françoiſes ; de Landreville
, Lieutenant des Gardes du Corps dans la
Compagnie de Luxembourg ; le Comte d'Affry
Lieutenant Colonel du Régiment des Gardes Suiffes;
le Baillif de Grille , Capitaine - Lieutenant
des Grenadiers à cheval ; le Chevalier du Châte
let ; le Comte de Vauban ; les Marquis de la Che--
ze, d'Havrincour , de Poyanne , de Barbançon ,
ces deux derniers Inspecteurs Généraux de Cavalerie
& de Dragons ; de Berville & d'Efcorailles ,
premier Soulieutenant de la Compagnie des Chevaux-
Légers de la Garde du Roi le Comte de la
Serre , Infpecteur général d'Infanterie ; de Montmort
, Major des Gardes du Corps ; le Marquis
d'Aubeterre ; le Comte de Montmorency ; le
Duc d'Aiguillon , Commandant en Bretagne , &
de Sabrevois , du Corps Royal de l'Artillerie & du
Génie.
Maréchaux de Camp , de la Maison du Roi , Infanterie
Cavalerie..
MM. le Chevalier de Vogué , Exempt des Gar
des du Corps dans la Compagnie de Luxembourg ;
le Baron de Beufenvald , Capitaine au Régiment
des Gardes Suiffes ; le Comte de Chabannes , Soulieutenant
de la feconde Compagnie des Mouf
quetaires; le Marquis de Caryoifin , Soulieutenant
JUIN. 1758. 205
de la premiere Compagnie des Moufquetaires ; le
Vicomte de Merainville , Soulieutenant de la Compagnie
des Gendarmes de la Garde du Roi.
De la Gendarmerie . M. le Comte de Bouville ,
Soulieutenant des Gendarmes Anglois.
De l'Infanterie. MM. de Vaux-de la Broffe ,
Lieutenant Colonel du Régiment du Comte de la
Marche ; le Comte de Polignac , Colonel du Régiment
d'Enghien ; Robert , Colonel Réformé à
la fuite du Régiment de Picardie ; le Comte de
Grammont ; le Marquis de Balleroy ; le Comte
de Waldner , Colonel d'un Régiment Suiffe ; le
le Chevalier de Croifmaré , Lieutenant Colonel du
Régiment du Rói ; Chevalier de Grollier, Colonel
du Régiment de Foix ; le Chevalier de Beauteville ,
Commandant dans les Cevennes ; le Marquis de
Langeron , Colonel du Régiment de Condé,
Du Corps Royal de l'Artillerie. MM. le Chevalier
d'Efpicquetieres & de Roftaing , tous deux du
Corps Royal de l'Artillerie & du Génie.
Du Corps du Génie. M. de Rivérfon , du Corps
Royal de l'Artillerie & du Génie .
De la Cavalerie. MM. le Chevalier de Montbarey
, Lieutenant - Colonel du Régiment Royal ;
les Comtes de Clermont -Tonnerre & de Maugiron
, Mestres de Camp d'un Régiment de Baye ,
Meftre de Camp Réformé à la fuire du Régiment
Royal Rouffillon ; les Marquis de Bellefont & de
Bezons , chacun Meſtre de Camp d'un Régiment.
"'
Des Dragons. MM. les Comtes d'Aubigny
Lieutenant- Colonel du Régiment de Dragons de
Marbeuf, & d'Harcourt- Lillebonne , Meftre de
Camp d'un Régiment de Dragons.
Brigadiers d'Infanterie. MM. le Comte d'Hef
fenftein , Colonel ; le Chevalier d'Aubonne , Capitaine
dans le Régiment des Gardes Françoifes;
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
Conrad- Bely de Belfort , Aide- Major dans le Ré
giment des Gardes Suiffes ; le Chevalier de Montazet
, Colonel Réformé à la fuite du Régiment
d'Eu ; le Marquis d'Hérouville , Colonel du Régiment
de Bourgogne ; les Comtes de Drummontde
Melfort , Colonel Réformé à la fuite du Régiment
Royal Ecoffois , & de Civerac , Colonel da
Régiment Royal des Vaiffeaux ; Filtz - Gerald ,
Colonel Réformé à la fuite du Régiment de Clare ;
le Comte de Lewenhaup , Colonel du Régiment
de Madame la Dauphine ; le Chevalier de Chantilly
, Colonel d'un Régiment de Grenadiers
Royaux le Beuf, Colonel dans le Corps Royal
de l'Artillerie & du Génie , & Chabrié , Colonel-
Commandant un Bataillon du Corps Royal de
l'Artillerie & du Génie .
Brigadiers de Cavalerie. MM . le Marquis de
Montalembert , Enfeigne de la Compagnie des
Chevaux-Légers de la Garde du Roi ; Hébert ,
Aide Major des quatre Compagnies des Gardes
du Corps ; Pinon de Saint- Georges , Meftre de
Camp d'une Brigade de Carabiniers , & du Poral,
Meftre de Camp Réformé à la fuite du Régiment
des Cuir ffiers ; le Marquis de Laubefpine , Meftre
de Camp Réformé à la fuite du Meftre de
Camp géneral ; les Comtes d'Houdetot , Capitaine-
Lieutenant des Gendarmes de Berry , de Bourbon
- Buffet , Meftre de Camp d'un Régiment , &
de Béthune , Meftre de Camp du Régiment Royal
Pologne.
Brigadiers de Dragons . MM. le Vicomte de
Thiange , Meftre de Camp d'un Régiment ; le
Chevalier d'Aubigné , aufli Meſtre de Camp d'un
Régiment.
Sa Majefté a donné le Régiment de Nice , Infanterie
, vacant par la mort de M. le Comte de la
JUIN. 1758 . 205
Queuille , à M. le Marquis de Juigné , Colonel
dans les Grenadiers de France. Les quatre Régimens
de Cavalerie , de Maugiron , de Clermont-
Tonnerre , de Bellefont & de Bezons , vacans par
la promotion , ont été accordés par le Roi ; le
premier , à M. le Comte de Tralegnies , Major
du Régiment royal Etranger ; le fecond , à M. le
Marquis de Noé , Lieutenant - Colonel du Régiment
de Cavalerie de Monfeigneur le Dauphin ;
le troisieme , à M. le Duc de Chartres , & le quatrieme
, à M. le Marquis de Vauffieux , Capitaine
dans le Régiment de Dragons du Roi. M. le Chevalier
de Flamarens a obtenu celui d'Harcourt-
Lillebonne , Dragons , qui vaquoit par la même
promotion.
Le Roi a donné à M. d'Ormeſſon , Intendant
des Finances , la place de Confeiller d'Etat , vacante
par la mort de M. Pallu , Intendant général
des Claffes de la Marine.
MM. les Chevaliers de l'Ordre de Saint Michel
tinrent le 8 Mai Chapitre dans le grand Couvent
des Religieux de l'Obſervance . M. le Maréchal
Duc de Biron , Chevalier des Ordres du Roi , y
préfida en qualité de Commiffaire de Sa Majesté.
Il reçut Chevaliers MM . Maris , Directeur Général
des fontes de l'Artillerie du Royaume , de
l'Eclufe , Doyen des Députés du Commerce , &
Taitbout , Greffier de la Ville.
Le Roi a tenu le Sceau pour la vingt huitieme
& vingt -neuvieme fois.
Le 14 Mai , Fête de la Pentecôte , MM. les
Chevaliers , Commandeurs & Officiers de l'Ordre
du Saint Efprit , s'étant affemblés vers les onze
heures du matin dans le Cabinet du Roi , Sa Majefté
tint chapitre , & Elle nomma les Cardinaux
de Gefvres & de Luynes , Commandeurs de cet
206 MERCURE DE FRANCE.
Ordre. Les preuves de Nobleffe de l'Abbé Comte
de Bernis , lequel avoit été propofé le z Février
dernier , pour être Commandeur du même Ordre
, ayant été préalablement faites , l'information
de fes vie & moeurs & fa profeffion de foi furent
admifes. Le Roi fortit enfuite de fon appartement
pour aller à la Chapelle. Sa Majefté , devant
qui deux Huiffiers de la Chambre portoientleurs
inaffes , étoit en manteau de cérémonie , le
Collier de l'Ordre & celui de la Toifon d'Or pardeffus.
Elle étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin
, de MM . le Duc d'Orléans , le Prince de
Condé , le Comte de Charolois , le Prince de
Conty, le Comte de la Marche , le Comte d'Eu ,
le Duc de Penthievres , & les Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre. Le nouveau
Commandeur en rochet & en camail , marchoit
entre les Chevaliers & les Officiers . Avant la gran
de Meffe , qui fut célébrée par l'Archevêque de
de Narbonne , Prélat - Commandeur de l'Ordre da
Saint-Efprit , Sa Majefté monta for fon trône &
revêtit des marques de l'Ordre M. l'Abbé Comte
de Bernis. Le Roi après la Meffe fut reconduit à
fon appartement en la maniere accoutumée.
Sa Majefté a difpofé du Régiment des Carabi
niers en faveur de Monfeigneur le Comte de Provence
, & Elle a nommé M. le Comte de Giſors ,
Mestre de Camp Lieutenant de ce Régiment.
M. le Duc d'Orléans préfenta le 14 Mai au
Roi , à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin , à
Madame la Dauphine , à Monfeigneur le Duc de
Bourgogne , à Madame Infante , à Madame & à
Mefdames , MM . le Marquis de la Tour- du -Pin ,
& le Chevalier de Durfort , pour remercier Sa
Majefté du Régiment de Chartres , Infanterie ,
accordé au premier , & du Régiment de Chare
JUIN. 1758. 1 07
tres , Cavalerie , accordé au fecond.
Le mêmejour , M. le Prince de Condé préfenta
auffi à Leurs Majeftés & à la Famille Royale , M.
le Comte de Maillé , pour remercier Sa Majefté
du Régiment de Condé , Infanterie , qui lui a été
accordé.
་
Le 16 , le Roi , la Reine , & la Famille Royale
figuerent le contrat de mariage de M. le Duc
de Rohan , avec Damoiſelle Emilie d'Uzès , fille
de M. Charles - Emmanuel , Duc d'Uzès , & de
Dame Emilie de la Rochefoucauld.
Le fieur Gualterio , Archevêque de Mira &
Nonce du Pape , eut le même jour une audience
particuliere du Roi , dans laquelle il fit part à Sa
Majefté de la mort du Pape Benoît XIV , & lui
préſenta une lettre du Sacré Collége. Il fut conduit
à cette audience par M. Dufort , introducteur
des Ambaffadeurs.
୨
Benoît XIV , ( Profper Lambertini ) Bolonnois
, né le 31 Mars 1675 , avoit été nommé
Cardinal le 9 Décembre 1726 , & il fut élevé au
fouverain Pontificat le 17 Août 1740. Il eft mort
âgé de quatre-vingt trois ans , un mois & deux
jours , & en a regné près de dix- huit . La fageffe ,
la modération , la vafte érudition & l'affabilité de
ce Pontife , rendront fa mémoire célebre , & le
font univerſellement regretter.
M. le Cardinal de Tavannes , Archevêque de
Rouen , & Grand Aumônier de France , a été éla
le 19 Avril Provifeur de Sorbonne , à la place du
feu Cardinal de Tencin.
Le Capitaine de Laftre , commandant le Corfaire
le Printemps , de Dunkerque , a pris & conduit
en ce port le Sloop Anglois la Charmante
Elifabeth , chargé de vin , de thé & autres marchandifes.
208 MERCURE DE FRANCE.
Le même Corſaire s'eft emparé d'un autre bâ
timent Anglois , appellé le Jean & Susanne , qui
eft arrivé au Havre , & il a fait de plus trois rançons
montant enfemble à 167 guinées.
La Comteffe de la Serre & l'Europe , autres Corfaires
de Dunkerque , fe font auffi rendus ma
tres , le premier , du bateau Anglois le Bon Succès
, le fecond , du Brigantin la Marguerite , qu'il
a rançonné pour 60 guinées.
On mande de Cherbourg , que le Corfaire le
Conquérant , de ce port , y a conduit un bateau
Anglois chargé de farine & de froment.
Le Capitaine Jean-Baptifte de Cock , comman
dant le Corfaire le Comte de Maurepas , de Dunkerque
, a remis à Morlaix les ôtages de deux ran
çons qu'il a faites , & qui montent enſemble à
760 guinées.
Le Corfaire l'Aurore , de Bayonne , comman
dé
par le Capitaine Guillaume Lavernis , s'eft rendu
maître des navires Anglois le Guillaume ;
chargé d'huile , le Plaifant , de Londres , ayant
pour chargement de la chaux & des briques , qui
a été conduit à Lisbonne , & le Carry , de Londres
, lequel s'eft trouvé en fi mauvais état , qu'on
a été obligé d'y mettre le feu , après en avoir retiré
l'équipage & les principaux effets de la cargaifon.
Le Capitaine Danglade , commandant le Corfaire
l'Aimable Françoife , de Bayonne , a relâché
, moyennant une rançon de 2500 livres fterlings
, le Navire Anglois le Carry , de Glafcow
dont il s'étoit emparé.
On apprend par des lettres écrites de Marſeille ,
que le Brigantin Anglois Cerès , dont la cargaifon
confifte en 40 barriques de fucre , 8 balles
de draps , & balles de cuirs forts , a été pris par
JUI N. 1758 . 209
le Capitaine Pierre Donjon , commandant le Navire
le Saint- Charles , armé en guerre & marchandiſes
, & a été conduit par relâche à Barcelone.
Le 2 de Mai , les Vaiffeaux du Roi le Dragon
, le Belliqueux , le Sphinx , le Hardi , le Floriffant
, les Frégates la Zephire , la Bellone , &
l'Aigrette , le Rhinoceros armé en flûte , & quatre
autres bâtimens frêtés pour le compte du Roi ,
partirent de Rochefort fous les ordres des fieurs de
Maurville & Duchaffaut- Defbenes , Capitaines.
On mande de Dunkerque , que le Capitaine
Robert , commandant le Corfaire la Comteffe de
la Serre , de ce port , a pris & y a fait conduire le
Brigantin Anglois la Réfolution , chargé de fel ,
& qu'il a rançonné pour onze cens cinquante-cinq
guinées quatre autres bâtimens dont il s'étoit emparé.
Il eft arrivé à Breft un navire Anglois de 100
tonneaux , qui a été pris par le fieur Perée , commandant
le Corfaire le Comte de la Riviere , de
Granville , & dont la cargaiſon eft composée de
riz & d'indigo.
Le Roi jugeant à propos de faire paffer incef- E
*
famment entre les mains des hommes Monfeigneur
le Duc de Bourgogne , à nommé Gouverneur
de ce Prince M. le Comte de la Vauguyon
Lieutenant général de fes Armées , Chevalier de
fes Ordres , & Menin de Monfeigneur le Dauphin
; Précepteur , M. PEvêque de Limoges ;
Sous-Gouverneurs , MM . les Chevaliers de la Ferriere
& de Beaujeu ; le premier , Brigadier d'Infanterie
, & Capitaine au Régiment des Gardes
Françoifes ; le fecond , Chevalier de l'Ordre de
Saint Jean de Jérufalems Sous - Précepteur , M.
l'Abbé de Radonvilliers , Abbé de l'Abbaye de
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Saint Loup de Troyes ; Lecteur , M. l'Abbé d'Ar
gentré , Vicaire général du Dioceſe de Limoges ;
Gentilshommes de la Manche , M. le Baron de
Luppé , Colonel du Régiment royal Cantabre ;
MM. les Marquis de Marboeuf , Colonel du Régiment
de Dragons de fon nom ; de Montefquiou ,
Colonel dans le Corps des Grenadiers de France ,
& de la Haye , Capitaine de Cavalerie.
Le Roi a donné à M. l'Evêque d'Orléans la futvivance
de la Direction générale des Economats
& de la Régie des biens des Religionnaires , exercées
actuellement par M. le Comte du Muy ; & Sa
Majefté a voulu que ce Prélat pût lui en rendre
compte , lorfque , pour cauſe d'abſence ou de maladie
, M. le Comte du Muy ne'pourroit pas travailler
avec Elle.
Le 23 Avril , le Roi , la Reine , & la Famille
Royale , fignerent le contrat de mariage de M. le
Marquis de la Côte , Officier des Chevaux- Légers
de la Garde , avec Mademoiſelle de Digoine.
M. de Perfan , ci -devant Capitaine au Régiment
Colonel Général de la Cavalerie , a obtenu l'agrément
du Roi pour la place de Lieutenant Meſtre
de Camp du même Régiment.
Le 30 Avril , M. le Comte de la Vauguion &
M. l'Evêque de Limoges , prêterent ferment entre
les mains du Roi ; le premier , en qualité de Gouverneur
de Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
& le ſecond , comme Précepteur de ce Prince.
Le même jour , les Etats de Bourgogne eurent
audience de Sa Majefté . Ils furent préſentés par
M. le Prince de Condé , Gouverneur de la Province
, & par M. le Comte de Saint - Florentin , Minif
tre & Secretaire d'Etat . La députation , qui étoit
conduite par M. Defgranges , Maître des Cérémonies
, étoit compofée , pour le Clergé , de M.
JUIN. 1758. 201
P'Abbé Dufers , qui portoit la parole ; de M. le
Comte de Tonnerre , pour la Nobleſſe , & de M.
de la Ramiffe , Maire d'Auxonne , pour le Tiers-
Etat . Elle eut audience de la Reine & de la Famille
Royale.
Les Etats d'Artois eurent auffi l'honneur d'être
admis à l'audience du Roi , pour la préſentation
du cahier. M. le Duc de Chaulnes , Gouverneur
de la Province , & M. le Comte de Saint - Florentin
, pour le M. le Maréchal - Duc de Belle - Ife
qui a le département de cette Province , & qui
étoit indifpofé , les préſenterent à Sa Majefté , &
ils furent conduits par M. de Gifeux , Maître des
Cérémonies en furvivance. Les Députés étoient ,
pour le Clergé , M. l'Abbé de Cry , Chanoine de
la Cathédrale d'Arras & Vicaire général du Diocefe
, portant la parole ; pour la Nobleffe , M. le
Baron de Wifmes ; & pour le Tiers- Etat , M. de
Camps , Avocat , ancien Echevin de la ville
d'Arras.
Le premier de Mai , la Faculté vérifia le bon
état de la fanté de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
. Il en fut dreffé un procès-verbal qui fut
préfenté à Sa Majefté par M. le Comte de Saint-
Florentin , & on en remit deux copies en forme ,
P'une à Madame la Comteffe de Marfan , & l'autre
à M. le Comte de la Vauguyon. Vers le midi ,
Madame la Comteffe de Marfan conduifit Monfeigneur
le Duc de Bourgogne à l'appartement du
Roi , & remit ce Prince entre les mains de Sa
Majefté , qui lui témoigna toute la fatisfaction du
fuccès de fes foins pour la premiere education de
ce Prince. Un moment après le Roi remit Monſeigneur
le Duc de Bourgogne entre les mains de M.
le Comte de la Vauguyon . Les mouvemens de
l'ame de ce Prince , au moment d'une féparation
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
fenfible , fe peignirent fur fon vifage , & firent
admirer à la fois l'excellence de fon coeur & fa
fermeté dans un âge fi tendre.
Promotion d'Officiers Généraux & de Brigadiers.
Lieutenans Généraux. MM . le Comte de Moncan
, Commandant en Languedoc ; le Marquis de
Crillon ; de Torcy , Commandant à Nancy ; le
Comte d'Afpremont , Commandant un Bataillon
du Régiment des Gardes Françoiſes ; de Landreville
, Lieutenant des Gardes du Corps dans la
Compagnie de Luxembourg ; le Comte d'Affry
Lieutenant Colonel du Régiment des Gardes Suiffes;
le Baillif de Grille , Capitaine - Lieutenant
des Grenadiers à cheval ; le Chevalier du Châte
let ; le Comte de Vauban ; les Marquis de la Che--
ze, d'Havrincour , de Poyanne , de Barbançon ,
ces deux derniers Inspecteurs Généraux de Cavalerie
& de Dragons ; de Berville & d'Efcorailles ,
premier Soulieutenant de la Compagnie des Chevaux-
Légers de la Garde du Roi le Comte de la
Serre , Infpecteur général d'Infanterie ; de Montmort
, Major des Gardes du Corps ; le Marquis
d'Aubeterre ; le Comte de Montmorency ; le
Duc d'Aiguillon , Commandant en Bretagne , &
de Sabrevois , du Corps Royal de l'Artillerie & du
Génie.
Maréchaux de Camp , de la Maison du Roi , Infanterie
Cavalerie..
MM. le Chevalier de Vogué , Exempt des Gar
des du Corps dans la Compagnie de Luxembourg ;
le Baron de Beufenvald , Capitaine au Régiment
des Gardes Suiffes ; le Comte de Chabannes , Soulieutenant
de la feconde Compagnie des Mouf
quetaires; le Marquis de Caryoifin , Soulieutenant
JUIN. 1758. 205
de la premiere Compagnie des Moufquetaires ; le
Vicomte de Merainville , Soulieutenant de la Compagnie
des Gendarmes de la Garde du Roi.
De la Gendarmerie . M. le Comte de Bouville ,
Soulieutenant des Gendarmes Anglois.
De l'Infanterie. MM. de Vaux-de la Broffe ,
Lieutenant Colonel du Régiment du Comte de la
Marche ; le Comte de Polignac , Colonel du Régiment
d'Enghien ; Robert , Colonel Réformé à
la fuite du Régiment de Picardie ; le Comte de
Grammont ; le Marquis de Balleroy ; le Comte
de Waldner , Colonel d'un Régiment Suiffe ; le
le Chevalier de Croifmaré , Lieutenant Colonel du
Régiment du Rói ; Chevalier de Grollier, Colonel
du Régiment de Foix ; le Chevalier de Beauteville ,
Commandant dans les Cevennes ; le Marquis de
Langeron , Colonel du Régiment de Condé,
Du Corps Royal de l'Artillerie. MM. le Chevalier
d'Efpicquetieres & de Roftaing , tous deux du
Corps Royal de l'Artillerie & du Génie.
Du Corps du Génie. M. de Rivérfon , du Corps
Royal de l'Artillerie & du Génie .
De la Cavalerie. MM. le Chevalier de Montbarey
, Lieutenant - Colonel du Régiment Royal ;
les Comtes de Clermont -Tonnerre & de Maugiron
, Mestres de Camp d'un Régiment de Baye ,
Meftre de Camp Réformé à la fuire du Régiment
Royal Rouffillon ; les Marquis de Bellefont & de
Bezons , chacun Meſtre de Camp d'un Régiment.
"'
Des Dragons. MM. les Comtes d'Aubigny
Lieutenant- Colonel du Régiment de Dragons de
Marbeuf, & d'Harcourt- Lillebonne , Meftre de
Camp d'un Régiment de Dragons.
Brigadiers d'Infanterie. MM. le Comte d'Hef
fenftein , Colonel ; le Chevalier d'Aubonne , Capitaine
dans le Régiment des Gardes Françoifes;
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
Conrad- Bely de Belfort , Aide- Major dans le Ré
giment des Gardes Suiffes ; le Chevalier de Montazet
, Colonel Réformé à la fuite du Régiment
d'Eu ; le Marquis d'Hérouville , Colonel du Régiment
de Bourgogne ; les Comtes de Drummontde
Melfort , Colonel Réformé à la fuite du Régiment
Royal Ecoffois , & de Civerac , Colonel da
Régiment Royal des Vaiffeaux ; Filtz - Gerald ,
Colonel Réformé à la fuite du Régiment de Clare ;
le Comte de Lewenhaup , Colonel du Régiment
de Madame la Dauphine ; le Chevalier de Chantilly
, Colonel d'un Régiment de Grenadiers
Royaux le Beuf, Colonel dans le Corps Royal
de l'Artillerie & du Génie , & Chabrié , Colonel-
Commandant un Bataillon du Corps Royal de
l'Artillerie & du Génie .
Brigadiers de Cavalerie. MM . le Marquis de
Montalembert , Enfeigne de la Compagnie des
Chevaux-Légers de la Garde du Roi ; Hébert ,
Aide Major des quatre Compagnies des Gardes
du Corps ; Pinon de Saint- Georges , Meftre de
Camp d'une Brigade de Carabiniers , & du Poral,
Meftre de Camp Réformé à la fuite du Régiment
des Cuir ffiers ; le Marquis de Laubefpine , Meftre
de Camp Réformé à la fuite du Meftre de
Camp géneral ; les Comtes d'Houdetot , Capitaine-
Lieutenant des Gendarmes de Berry , de Bourbon
- Buffet , Meftre de Camp d'un Régiment , &
de Béthune , Meftre de Camp du Régiment Royal
Pologne.
Brigadiers de Dragons . MM. le Vicomte de
Thiange , Meftre de Camp d'un Régiment ; le
Chevalier d'Aubigné , aufli Meſtre de Camp d'un
Régiment.
Sa Majefté a donné le Régiment de Nice , Infanterie
, vacant par la mort de M. le Comte de la
JUIN. 1758 . 205
Queuille , à M. le Marquis de Juigné , Colonel
dans les Grenadiers de France. Les quatre Régimens
de Cavalerie , de Maugiron , de Clermont-
Tonnerre , de Bellefont & de Bezons , vacans par
la promotion , ont été accordés par le Roi ; le
premier , à M. le Comte de Tralegnies , Major
du Régiment royal Etranger ; le fecond , à M. le
Marquis de Noé , Lieutenant - Colonel du Régiment
de Cavalerie de Monfeigneur le Dauphin ;
le troisieme , à M. le Duc de Chartres , & le quatrieme
, à M. le Marquis de Vauffieux , Capitaine
dans le Régiment de Dragons du Roi. M. le Chevalier
de Flamarens a obtenu celui d'Harcourt-
Lillebonne , Dragons , qui vaquoit par la même
promotion.
Le Roi a donné à M. d'Ormeſſon , Intendant
des Finances , la place de Confeiller d'Etat , vacante
par la mort de M. Pallu , Intendant général
des Claffes de la Marine.
MM. les Chevaliers de l'Ordre de Saint Michel
tinrent le 8 Mai Chapitre dans le grand Couvent
des Religieux de l'Obſervance . M. le Maréchal
Duc de Biron , Chevalier des Ordres du Roi , y
préfida en qualité de Commiffaire de Sa Majesté.
Il reçut Chevaliers MM . Maris , Directeur Général
des fontes de l'Artillerie du Royaume , de
l'Eclufe , Doyen des Députés du Commerce , &
Taitbout , Greffier de la Ville.
Le Roi a tenu le Sceau pour la vingt huitieme
& vingt -neuvieme fois.
Le 14 Mai , Fête de la Pentecôte , MM. les
Chevaliers , Commandeurs & Officiers de l'Ordre
du Saint Efprit , s'étant affemblés vers les onze
heures du matin dans le Cabinet du Roi , Sa Majefté
tint chapitre , & Elle nomma les Cardinaux
de Gefvres & de Luynes , Commandeurs de cet
206 MERCURE DE FRANCE.
Ordre. Les preuves de Nobleffe de l'Abbé Comte
de Bernis , lequel avoit été propofé le z Février
dernier , pour être Commandeur du même Ordre
, ayant été préalablement faites , l'information
de fes vie & moeurs & fa profeffion de foi furent
admifes. Le Roi fortit enfuite de fon appartement
pour aller à la Chapelle. Sa Majefté , devant
qui deux Huiffiers de la Chambre portoientleurs
inaffes , étoit en manteau de cérémonie , le
Collier de l'Ordre & celui de la Toifon d'Or pardeffus.
Elle étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin
, de MM . le Duc d'Orléans , le Prince de
Condé , le Comte de Charolois , le Prince de
Conty, le Comte de la Marche , le Comte d'Eu ,
le Duc de Penthievres , & les Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre. Le nouveau
Commandeur en rochet & en camail , marchoit
entre les Chevaliers & les Officiers . Avant la gran
de Meffe , qui fut célébrée par l'Archevêque de
de Narbonne , Prélat - Commandeur de l'Ordre da
Saint-Efprit , Sa Majefté monta for fon trône &
revêtit des marques de l'Ordre M. l'Abbé Comte
de Bernis. Le Roi après la Meffe fut reconduit à
fon appartement en la maniere accoutumée.
Sa Majefté a difpofé du Régiment des Carabi
niers en faveur de Monfeigneur le Comte de Provence
, & Elle a nommé M. le Comte de Giſors ,
Mestre de Camp Lieutenant de ce Régiment.
M. le Duc d'Orléans préfenta le 14 Mai au
Roi , à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin , à
Madame la Dauphine , à Monfeigneur le Duc de
Bourgogne , à Madame Infante , à Madame & à
Mefdames , MM . le Marquis de la Tour- du -Pin ,
& le Chevalier de Durfort , pour remercier Sa
Majefté du Régiment de Chartres , Infanterie ,
accordé au premier , & du Régiment de Chare
JUIN. 1758. 1 07
tres , Cavalerie , accordé au fecond.
Le mêmejour , M. le Prince de Condé préfenta
auffi à Leurs Majeftés & à la Famille Royale , M.
le Comte de Maillé , pour remercier Sa Majefté
du Régiment de Condé , Infanterie , qui lui a été
accordé.
་
Le 16 , le Roi , la Reine , & la Famille Royale
figuerent le contrat de mariage de M. le Duc
de Rohan , avec Damoiſelle Emilie d'Uzès , fille
de M. Charles - Emmanuel , Duc d'Uzès , & de
Dame Emilie de la Rochefoucauld.
Le fieur Gualterio , Archevêque de Mira &
Nonce du Pape , eut le même jour une audience
particuliere du Roi , dans laquelle il fit part à Sa
Majefté de la mort du Pape Benoît XIV , & lui
préſenta une lettre du Sacré Collége. Il fut conduit
à cette audience par M. Dufort , introducteur
des Ambaffadeurs.
୨
Benoît XIV , ( Profper Lambertini ) Bolonnois
, né le 31 Mars 1675 , avoit été nommé
Cardinal le 9 Décembre 1726 , & il fut élevé au
fouverain Pontificat le 17 Août 1740. Il eft mort
âgé de quatre-vingt trois ans , un mois & deux
jours , & en a regné près de dix- huit . La fageffe ,
la modération , la vafte érudition & l'affabilité de
ce Pontife , rendront fa mémoire célebre , & le
font univerſellement regretter.
M. le Cardinal de Tavannes , Archevêque de
Rouen , & Grand Aumônier de France , a été éla
le 19 Avril Provifeur de Sorbonne , à la place du
feu Cardinal de Tencin.
Le Capitaine de Laftre , commandant le Corfaire
le Printemps , de Dunkerque , a pris & conduit
en ce port le Sloop Anglois la Charmante
Elifabeth , chargé de vin , de thé & autres marchandifes.
208 MERCURE DE FRANCE.
Le même Corſaire s'eft emparé d'un autre bâ
timent Anglois , appellé le Jean & Susanne , qui
eft arrivé au Havre , & il a fait de plus trois rançons
montant enfemble à 167 guinées.
La Comteffe de la Serre & l'Europe , autres Corfaires
de Dunkerque , fe font auffi rendus ma
tres , le premier , du bateau Anglois le Bon Succès
, le fecond , du Brigantin la Marguerite , qu'il
a rançonné pour 60 guinées.
On mande de Cherbourg , que le Corfaire le
Conquérant , de ce port , y a conduit un bateau
Anglois chargé de farine & de froment.
Le Capitaine Jean-Baptifte de Cock , comman
dant le Corfaire le Comte de Maurepas , de Dunkerque
, a remis à Morlaix les ôtages de deux ran
çons qu'il a faites , & qui montent enſemble à
760 guinées.
Le Corfaire l'Aurore , de Bayonne , comman
dé
par le Capitaine Guillaume Lavernis , s'eft rendu
maître des navires Anglois le Guillaume ;
chargé d'huile , le Plaifant , de Londres , ayant
pour chargement de la chaux & des briques , qui
a été conduit à Lisbonne , & le Carry , de Londres
, lequel s'eft trouvé en fi mauvais état , qu'on
a été obligé d'y mettre le feu , après en avoir retiré
l'équipage & les principaux effets de la cargaifon.
Le Capitaine Danglade , commandant le Corfaire
l'Aimable Françoife , de Bayonne , a relâché
, moyennant une rançon de 2500 livres fterlings
, le Navire Anglois le Carry , de Glafcow
dont il s'étoit emparé.
On apprend par des lettres écrites de Marſeille ,
que le Brigantin Anglois Cerès , dont la cargaifon
confifte en 40 barriques de fucre , 8 balles
de draps , & balles de cuirs forts , a été pris par
JUI N. 1758 . 209
le Capitaine Pierre Donjon , commandant le Navire
le Saint- Charles , armé en guerre & marchandiſes
, & a été conduit par relâche à Barcelone.
Le 2 de Mai , les Vaiffeaux du Roi le Dragon
, le Belliqueux , le Sphinx , le Hardi , le Floriffant
, les Frégates la Zephire , la Bellone , &
l'Aigrette , le Rhinoceros armé en flûte , & quatre
autres bâtimens frêtés pour le compte du Roi ,
partirent de Rochefort fous les ordres des fieurs de
Maurville & Duchaffaut- Defbenes , Capitaines.
On mande de Dunkerque , que le Capitaine
Robert , commandant le Corfaire la Comteffe de
la Serre , de ce port , a pris & y a fait conduire le
Brigantin Anglois la Réfolution , chargé de fel ,
& qu'il a rançonné pour onze cens cinquante-cinq
guinées quatre autres bâtimens dont il s'étoit emparé.
Il eft arrivé à Breft un navire Anglois de 100
tonneaux , qui a été pris par le fieur Perée , commandant
le Corfaire le Comte de la Riviere , de
Granville , & dont la cargaiſon eft composée de
riz & d'indigo.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En 1758, plusieurs nominations et événements marquants ont eu lieu à la cour du roi de France. Le roi a nommé M. le Comte de la Vauguyon gouverneur du Duc de Bourgogne, assisté par M. l'Évêque de Limoges en tant que précepteur. Les sous-gouverneurs désignés sont MM. les Chevaliers de la Ferrière et de Beaujeu. M. l'Évêque d'Orléans a été chargé de la direction générale des économats et de la régie des biens des religionnaires. Le 23 avril, le roi, la reine et la famille royale ont signé le contrat de mariage du Marquis de la Côte avec Mademoiselle de Digoine. Le 30 avril, M. le Comte de la Vauguyon et M. l'Évêque de Limoges ont prêté serment au roi. Les États de Bourgogne et d'Artois ont été reçus par le roi, présentés respectivement par M. le Prince de Condé et M. le Duc de Chaulnes. Le 1er mai, la santé du Duc de Bourgogne a été vérifiée et un procès-verbal a été présenté au roi. Plusieurs promotions d'officiers généraux et de brigadiers ont été annoncées, incluant des nominations dans l'infanterie, la cavalerie et les dragons. Le roi a également nommé de nouveaux commandants pour divers régiments. Le 14 mai, lors de la fête de la Pentecôte, le roi a nommé les Cardinaux de Gesvres et de Luynes commandeurs de l'Ordre du Saint-Esprit et a reçu l'Abbé Comte de Bernis comme nouveau commandeur. Le roi a disposé du régiment des Carabiniers en faveur du Comte de Provence et a nommé M. le Comte de Gisors maître de camp lieutenant de ce régiment. Le 16 mai, le roi, la reine et la famille royale ont signé le contrat de mariage du Duc de Rohan avec Damoiselle Emilie d'Uzès. Le même jour, le Nonce du Pape a informé le roi de la mort du Pape Benoît XIV. Parallèlement, plusieurs événements maritimes et nominations ecclésiastiques ont été rapportés. Le Cardinal de Tavannes a été élu Proviseur de Sorbonne le 19 avril, succédant au Cardinal de Tencin. Divers corsaires français ont capturé des navires anglais, obtenant des rançons significatives. Par exemple, le Capitaine Laftre a capturé deux navires anglais, obtenant 167 guinées de rançons. D'autres corsaires, comme la Comtesse de la Serre et l'Europe, ont également réalisé des captures. À Cherbourg, le corsaire le Conquérant a conduit un bateau anglais chargé de farine et de froment. Le Capitaine Jean-Baptiste de Cock a remis des otages à Morlaix après deux rançons totalisant 760 guinées. Le corsaire l'Aurore de Bayonne a capturé plusieurs navires anglais, certains conduits à Lisbonne ou incendiés. Le Capitaine Danglade a relâché un navire anglais après une rançon de 2500 livres sterling. Le Capitaine Pierre Donjon a capturé le Brigantin anglais Cerès et l'a conduit à Barcelone. Le 2 mai, plusieurs vaisseaux du Roi sont partis de Rochefort sous les ordres des Capitaines de Maurville et Duchaffaut-Desbennes. À Dunkerque, le Capitaine Robert a capturé le Brigantin anglais la Révolution et rançonné quatre autres navires. Un navire anglais de 100 tonneaux, capturé par le Capitaine Perée, est arrivé à Brest avec une cargaison de riz et d'indigo.
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14517
p. 209
BÉNÉFICE DONNÉ.
Début :
Sa Majesté a donné le Prieuré de Saint Maurice, Ordre de [...]
Mots clefs :
Prieuré, Ordre, Diocèse, Abbé Bachoud
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texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICE DONNÉ.
BÉNÉFICE DONNÉ.
Sa Majefté a donné le Prieuré de Saint Maurice,
Ordre de Sainte Géneviève , Dioceſe & Ville de
Senlis , à M. l'Abbé Bachoud , Prêtre du Dioceſe
de Lyon.
Sa Majefté a donné le Prieuré de Saint Maurice,
Ordre de Sainte Géneviève , Dioceſe & Ville de
Senlis , à M. l'Abbé Bachoud , Prêtre du Dioceſe
de Lyon.
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14518
p. 210-212
MORTS.
Début :
Louis de Boissy, de l'Académie Françoise, que le grand nombre [...]
Mots clefs :
Louis de Boissy, Auteur du Mercure, Morts, Conseiller d'État, Comtes, Capitaine, Contes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Louis de Boiffy , de l'Académie Françoife ,
que le grand nombre de productions qu'il a mifes
au théâtre , ont rendu célebre , eft mort à Paris
le 19 Avril , âgé de foixante-trois ans 4 mois 24
jours . Il étoit né à Vic en Carladèz dans l'Auvergne
, le 26 novembre 1694 , de Pierre Boilly ,
Confeiller du Roi , Juge Prévôt du Carladèz ; &
de Marie- Félice de Comblat , fortie d'une famille
diftinguée de cette Province. La Cour l'avoit
choisi pour remplacer dans la compoſition du
Mercure de France , teu M. de la Bruere , qui en
avoit obtenu le privilege . Il en avoit été chargé
depuis le mois de Janvier 1755. Il avoit cru ne
pouvoir mieux répondre à l'honneur du choix
qu'on avoit fait de lui pour la direction de ce
Journal , qu'en s'occupant uniquement du travail
que comporte cet ouvrage périodique , qui étoit
devenu l'objet de toute fon application pendant
les dernieres années de fa vie. Il avoit apporté tous
fes foins à intéreffer le public à fa lecture , qu'il
avoit tâché de rendre également agréable & inftructive.
Ce que nous oferons feulement nous permettre
de remarquer à fa louange , c'eft qu'ils n'ont pas
paru avoir été infructueux. Le Mercure paffe actuellement
par brévet entre les mains de M. Marmontel
, dont les talens en divers genres de litté
rature , font affez connus pour n'avoir pas befoin
de nos éloges . Il nous fuffira de dire , que les
contes ingénieux dont il à enrichi ce recueil à
différentes fois , étoient autant de titres pour mériter
qu'on lui en confiât la rédaction . Il doit comJUIN.
1758.
21 P
mencer par le premier volume du mois d'Août.
Nous avertiffons que le Bureau du Mercure conti
nuera de fe tenir chez M. Lutton . C'eſt à lui qu'on
prie d'adreffer les piéces qu'on enverra pour être
inférées dans cet ouvrage.
Dame Marguerite Camille de Grimaldi de Monaco
, épouse de M. Louis de Gand de Merodes de
Montmorency , Prince d'Ifenghien , Maréchal de
France , Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant
- Général de la Province d'Artois , & Gouverneur
des Ville & Citadelle d'Arras, eft morte à Paris, le
27 du mois d'Avril , âgée de cinquante- huit ans.
Dame Marie-Eléonore- Augufte de Bethune
époufe de Meffire Louis - Armand de Seigliere de
Belleforiere , Marquis de Soyecourt , Brigadier
3 des Armées du Roi , Meftre de Camp du Régiment
Dauphin Etranger , Cavalerie , eft décédée
le même jour à Paris , dans fa trente - deuzieme
année.
M. François de Cruffol d'Amboiſe , Archevêque
de Toulouſe , Abbé des Abbayes Royales de
Charroux , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de
Poitiers, & de Saint Germain , même Ordre, Diocèſe
d'Auxerre, eft mort à Paris , le 30 , âgé de cinquante-
cinq ans . Il avoit été nommé à l'Evêché
de Blois en 1734 , & à l'Archevêché de Toulouſe
en 1753.
Meffire René- Bertrand Pallu , Confeiller d'Etat,
Intendant Général des Claffes de la Marine , eft
mort à Paris, le deux de Mai , âgé de foixantefix
ans.
M. le Comte de la Queuille , Brigadier des Armées
du Roi , & Colonel du Régiment de Nice ,
Infanterie , mourut à Paris le 3.
Meffire Paul Sanguin , Marquis de Livry , premier
Maître d'Hôtel du Roi , & Capitaine des
212 MERCURE DE FRANCE.
Chaffes de la Capitainerie Royale de Livry & Bondi
, eft mort à Paris , le 16 , dans la quaranteneuvieme
année de fon âge.
Il est mort dans un des fauxbourgs de Vienne ,
une veuve nommée Catherine Lienhardt , âgée de
cent dix-huit ans.
Il est mort dans la Paroiffe de Saint Saturnin
au Diocèſe de Lodève , une fille appellée Marie
Granouillet , âgée de cent un ans.
La nommée Marie Miraffou , veuve d'un Laboureur
, eft morte dans la Paroiffe de Lagor ,
près d'Ortez en Bearn , le 18 Mars , âgée de cent
huit ans.
Louis de Boiffy , de l'Académie Françoife ,
que le grand nombre de productions qu'il a mifes
au théâtre , ont rendu célebre , eft mort à Paris
le 19 Avril , âgé de foixante-trois ans 4 mois 24
jours . Il étoit né à Vic en Carladèz dans l'Auvergne
, le 26 novembre 1694 , de Pierre Boilly ,
Confeiller du Roi , Juge Prévôt du Carladèz ; &
de Marie- Félice de Comblat , fortie d'une famille
diftinguée de cette Province. La Cour l'avoit
choisi pour remplacer dans la compoſition du
Mercure de France , teu M. de la Bruere , qui en
avoit obtenu le privilege . Il en avoit été chargé
depuis le mois de Janvier 1755. Il avoit cru ne
pouvoir mieux répondre à l'honneur du choix
qu'on avoit fait de lui pour la direction de ce
Journal , qu'en s'occupant uniquement du travail
que comporte cet ouvrage périodique , qui étoit
devenu l'objet de toute fon application pendant
les dernieres années de fa vie. Il avoit apporté tous
fes foins à intéreffer le public à fa lecture , qu'il
avoit tâché de rendre également agréable & inftructive.
Ce que nous oferons feulement nous permettre
de remarquer à fa louange , c'eft qu'ils n'ont pas
paru avoir été infructueux. Le Mercure paffe actuellement
par brévet entre les mains de M. Marmontel
, dont les talens en divers genres de litté
rature , font affez connus pour n'avoir pas befoin
de nos éloges . Il nous fuffira de dire , que les
contes ingénieux dont il à enrichi ce recueil à
différentes fois , étoient autant de titres pour mériter
qu'on lui en confiât la rédaction . Il doit comJUIN.
1758.
21 P
mencer par le premier volume du mois d'Août.
Nous avertiffons que le Bureau du Mercure conti
nuera de fe tenir chez M. Lutton . C'eſt à lui qu'on
prie d'adreffer les piéces qu'on enverra pour être
inférées dans cet ouvrage.
Dame Marguerite Camille de Grimaldi de Monaco
, épouse de M. Louis de Gand de Merodes de
Montmorency , Prince d'Ifenghien , Maréchal de
France , Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant
- Général de la Province d'Artois , & Gouverneur
des Ville & Citadelle d'Arras, eft morte à Paris, le
27 du mois d'Avril , âgée de cinquante- huit ans.
Dame Marie-Eléonore- Augufte de Bethune
époufe de Meffire Louis - Armand de Seigliere de
Belleforiere , Marquis de Soyecourt , Brigadier
3 des Armées du Roi , Meftre de Camp du Régiment
Dauphin Etranger , Cavalerie , eft décédée
le même jour à Paris , dans fa trente - deuzieme
année.
M. François de Cruffol d'Amboiſe , Archevêque
de Toulouſe , Abbé des Abbayes Royales de
Charroux , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de
Poitiers, & de Saint Germain , même Ordre, Diocèſe
d'Auxerre, eft mort à Paris , le 30 , âgé de cinquante-
cinq ans . Il avoit été nommé à l'Evêché
de Blois en 1734 , & à l'Archevêché de Toulouſe
en 1753.
Meffire René- Bertrand Pallu , Confeiller d'Etat,
Intendant Général des Claffes de la Marine , eft
mort à Paris, le deux de Mai , âgé de foixantefix
ans.
M. le Comte de la Queuille , Brigadier des Armées
du Roi , & Colonel du Régiment de Nice ,
Infanterie , mourut à Paris le 3.
Meffire Paul Sanguin , Marquis de Livry , premier
Maître d'Hôtel du Roi , & Capitaine des
212 MERCURE DE FRANCE.
Chaffes de la Capitainerie Royale de Livry & Bondi
, eft mort à Paris , le 16 , dans la quaranteneuvieme
année de fon âge.
Il est mort dans un des fauxbourgs de Vienne ,
une veuve nommée Catherine Lienhardt , âgée de
cent dix-huit ans.
Il est mort dans la Paroiffe de Saint Saturnin
au Diocèſe de Lodève , une fille appellée Marie
Granouillet , âgée de cent un ans.
La nommée Marie Miraffou , veuve d'un Laboureur
, eft morte dans la Paroiffe de Lagor ,
près d'Ortez en Bearn , le 18 Mars , âgée de cent
huit ans.
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Résumé : MORTS.
En avril et mai 1758, plusieurs personnalités notables sont décédées à Paris et dans d'autres régions. Louis de Boiffy, membre de l'Académie Française, est mort le 19 avril à l'âge de soixante-trois ans. Né à Vic en Auvergne, il était connu pour ses œuvres théâtrales et dirigeait le Mercure de France depuis janvier 1755. Jean-François Marmontel lui a succédé à la direction du journal. Marguerite Camille de Grimaldi de Monaco, épouse du Prince d'Isenghien, est décédée le 27 avril à cinquante-huit ans. Le même jour, Marie-Éléonore-Auguste de Béthune, épouse du Marquis de Soyecourt, est morte à trente-deux ans. François de Crussol d'Amboise, Archevêque de Toulouse, est décédé le 30 avril à cinquante-cinq ans. René-Bertrand Pallu, Conseiller d'État et Intendant Général des Classes de la Marine, est mort le 2 mai à soixante-six ans. Le Comte de la Queuille, Brigadier des Armées du Roi, est décédé le 3 mai. Paul Sanguin, Marquis de Livry et premier Maître d'Hôtel du Roi, est mort le 16 mai à quarante-neuf ans. Le texte mentionne aussi le décès de personnes âgées : Catherine Lienhardt à Vienne à cent dix-huit ans, Marie Granouillet au Diocèse de Lodève à cent un ans, et Marie Miraffou en Béarn à cent huit ans.
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14519
p. 212
AVIS.
Début :
Le sieur Cousin vient de perfectionner un bandage à ressort pour l'exomphale [...]
Mots clefs :
Bandage, Exomphale, Succès, Bandages élastiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
Le fieur Coufin vient de perfectionner un bandage
à reffort pour l'exomphale réduit . Il a préfenté
ce bandage à la Faculté de Médecine , qui ,
fur le rapport des Commiffaires qu'elle avoit nommés
pour l'examen , a jugé que ce bandage par
fes grands avantages , furpaffoit de beaucoup ceux
qui avoient jufqu'ici été propofés pour cette maladie.
L'on trouve de plus chez lui , des bandages
élaftiques à reffort & fans reffort , à charnieres &
à corps ouverts . Il a toujours regardé ceux à corps
ouverts d'acier trempé , comme préférables par
leurs fuccès , & fe flatte de contenir toutes les décentes
de telle nature qu'elles puiffent être ; l'on
trouve auffi chez ledit ſieur , botine pour les enfans
, fufpenfoirs & peffaires. Il démeure rue Comteffe
d'Artois , entre la rue Monconfeil & celle de
la Truanderie , à Paris.
Le fieur Coufin vient de perfectionner un bandage
à reffort pour l'exomphale réduit . Il a préfenté
ce bandage à la Faculté de Médecine , qui ,
fur le rapport des Commiffaires qu'elle avoit nommés
pour l'examen , a jugé que ce bandage par
fes grands avantages , furpaffoit de beaucoup ceux
qui avoient jufqu'ici été propofés pour cette maladie.
L'on trouve de plus chez lui , des bandages
élaftiques à reffort & fans reffort , à charnieres &
à corps ouverts . Il a toujours regardé ceux à corps
ouverts d'acier trempé , comme préférables par
leurs fuccès , & fe flatte de contenir toutes les décentes
de telle nature qu'elles puiffent être ; l'on
trouve auffi chez ledit ſieur , botine pour les enfans
, fufpenfoirs & peffaires. Il démeure rue Comteffe
d'Artois , entre la rue Monconfeil & celle de
la Truanderie , à Paris.
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Résumé : AVIS.
Le sieur Coufin a perfectionné un bandage à ressort pour traiter l'exomphale réduit, jugé supérieur par la Faculté de Médecine. Il propose divers bandages élastiques, dont ceux à corps ouverts en acier trempé, considérés comme les plus efficaces. Coufin vend aussi des bottines pour enfants, des suspensoires et des ceintures. Il réside rue Comtesse-d'Artois, à Paris.
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14520
p. 213
AUTRE.
Début :
Le frere François Lefévre, Cordelier à Mante sur Seine, vient d'inventer [...]
Mots clefs :
Machine hydraulique, Arrosage, Pompage d'eau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE frere François Lefevre , Cordelier à Mante
fur Seine , vient d'inventer & conftruire une machine
hydraulique , qui tourne à tous vents , fans
que l'on foit obligé de la tourner comme les moulins
à vents. Elle eft propre à épuifer des marais ,
ou lacs , & donner de l'eau dans les prairies , jardins
& ailleurs ; cette Machine tirera au moins 2
muids ou 600 pintes mefure de Paris , à 12 pieds
d'élévation , à 24 pieds de haut ; elle tirera cinq
quart de muids , ou 375 pintes , & ainfi du refte à
proportion, Dans les vents médiocres , elle fera au
moins cinq tours de roue par minutes , & dans les
vents un peu forts , elle en fera 10 ou 12. L'Auteur
affure qu'elle ne coûtera pas plus de deux mille
livres , à faire faire , les matériaux compris , &
pour la mettre en état d'opérer.
LE frere François Lefevre , Cordelier à Mante
fur Seine , vient d'inventer & conftruire une machine
hydraulique , qui tourne à tous vents , fans
que l'on foit obligé de la tourner comme les moulins
à vents. Elle eft propre à épuifer des marais ,
ou lacs , & donner de l'eau dans les prairies , jardins
& ailleurs ; cette Machine tirera au moins 2
muids ou 600 pintes mefure de Paris , à 12 pieds
d'élévation , à 24 pieds de haut ; elle tirera cinq
quart de muids , ou 375 pintes , & ainfi du refte à
proportion, Dans les vents médiocres , elle fera au
moins cinq tours de roue par minutes , & dans les
vents un peu forts , elle en fera 10 ou 12. L'Auteur
affure qu'elle ne coûtera pas plus de deux mille
livres , à faire faire , les matériaux compris , &
pour la mettre en état d'opérer.
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Résumé : AUTRE.
Le frère François Lefèvre, Cordelier de Mante-sur-Seine, a inventé une machine hydraulique indépendante de la direction du vent. Elle assèche marais et lacs, et fournit de l'eau à des prairies et jardins. Elle élève 600 pintes d'eau à 12 pieds et 375 pintes à 24 pieds. Elle tourne à cinq tours par minute en vent modéré, et jusqu'à 12 tours en vent fort. Son coût ne dépasse pas 2 000 livres.
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14521
p. 213-214
AUTRE.
Début :
Eau souveraine pour guérir les maux de dents, les conserver & fortifier [...]
Mots clefs :
Eau souveraine, Maux de dents, Coton imbibé, Gencives, Scorbut
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
FAU fouveraine pour guérir les maux de dents ,
les conferver & fortifier les gencives : maniere de
s'en fervir .
On en met fix gouttes dans deux cuillerées.
d'eau chaude pour le laver la bouche tous les matins.
Quand on aura mal aux dents , on en prendra
de pure plein une petite cuiller à café , que
l'on gardera dans fa bouche.
On peut mettre du coton imbibé de cette eau
dans la dent gâtée ou cariée. Cette eau appaife la
douleur des dents , les empêche de fe gâter , raffermit
& fait croître les gencives , & guérit le
fcorbut,
214 MERCURE DE FRANCE.
Le prix eft de 3 liv. la bouteille . Il faut s'adref
fer rue Dauphine , au Magafin de Montpellier ,
chez M. Brouet Epicier- Droguifte.
FAU fouveraine pour guérir les maux de dents ,
les conferver & fortifier les gencives : maniere de
s'en fervir .
On en met fix gouttes dans deux cuillerées.
d'eau chaude pour le laver la bouche tous les matins.
Quand on aura mal aux dents , on en prendra
de pure plein une petite cuiller à café , que
l'on gardera dans fa bouche.
On peut mettre du coton imbibé de cette eau
dans la dent gâtée ou cariée. Cette eau appaife la
douleur des dents , les empêche de fe gâter , raffermit
& fait croître les gencives , & guérit le
fcorbut,
214 MERCURE DE FRANCE.
Le prix eft de 3 liv. la bouteille . Il faut s'adref
fer rue Dauphine , au Magafin de Montpellier ,
chez M. Brouet Epicier- Droguifte.
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Résumé : AUTRE.
Le remède 'FAU souveraine' traite les maux de dents et renforce les gencives. En usage quotidien, six gouttes dans deux cuillerées d'eau chaude pour se rincer la bouche. En cas de douleur, une cuillerée à café pure dans la bouche ou sur un coton dans la dent cariée. Soulage la douleur, prévient la carie, raffermit les gencives et guérit le scorbut. Disponible chez M. Brouet, épicier-droguiste, rue Dauphine, au Magasin de Montpellier, à trois livres la bouteille.
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14522
p. 214
Fautes à corriger dans le second Mercure d'Avril.
Début :
Page 71, chargé des dépouilles de quinze ennemis vaincus. Effacez quinze. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans le second Mercure d'Avril.
Fautes à corriger dans le fecond Mercure
d'Avril.
PAGE 71 , chargé des dépouilles de quinze cane
mis vaincus. Effacez quinze.
Page 73 , la poffibilité d'un exécution , lifex, une
d'Avril.
PAGE 71 , chargé des dépouilles de quinze cane
mis vaincus. Effacez quinze.
Page 73 , la poffibilité d'un exécution , lifex, une
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14523
p. 214
Fautes à corriger dans le Mercure de Mai.
Début :
Page 75, que receloit, lisez, qui receloit, &c. Page 86, que l'hypothese [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans le Mercure de Mai.
Fautes à corriger dans le Mercure de Mai.
PAGE-AGE 7, que receloit , lifez, qui receloit, &c.
Page 86 , que l'hypothefe Chronologique de
M. Newton avoit effuyé , &c. lifez effuyée.
Page 87, Schutford , &c. lifex Schuckford.
PAGE-AGE 7, que receloit , lifez, qui receloit, &c.
Page 86 , que l'hypothefe Chronologique de
M. Newton avoit effuyé , &c. lifez effuyée.
Page 87, Schutford , &c. lifex Schuckford.
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14524
p. 214
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier;
le Mercure du mois de Juin , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion. A
Paris , ce 29 Mai 1758.
GUIROY,
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier;
le Mercure du mois de Juin , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion. A
Paris , ce 29 Mai 1758.
GUIROY,
Fermer
14525
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Les Ecoliers & les Amandes [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
Les Ecoliers & les Amandes ameres , Fable ; ES
page s
7
18
28
N'en croyez que vos yeux , Anecdote ,
Epître à Madame de P....
Lettre du P. Barre , Chanoine Régulier de l'Abbaye
de Sainte Géneviève , Chancelier de l'Uni
verfité de Paris , fur les Portraits Hiſtoriques , 21
- Epître ,
Derniere fuite für M. de Fontenelle , par M.
l'Abbé Trublet , contenant des corrections &
additions aux articles précédens ,
Eloge funebre des Athéniens enterrés au Cérami- .
que , traduit du Grec , par le P. Power , Jéfuite ,
30
Vers à Madame C ** , C ** de V ** , de Marfeille
,
87
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Mai ,
Enigme ,
Logogryphe ,
89
ibid.
୨୦
92
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait de la Chronologie fondée fur les
monumens de l'Hiftoire ancienne , contre le
fyftême chronologique ; par M. Fréret , &c, 93
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
116
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES,
Hiftoire, Eloge de M, Nicole , ... 137
216
Botanique
. Mémoire où l'on prouve que les plantes
qui existoient anciennement , & dont on a
vanté les vertus médicinales , doivent exifter
encore , 151
Sujets propofés par l'Académie Royale des Sciences
& Arts , établie à Pau ,
ART. IV. BEAUX-ARTS.
161
Mufique ,
Sculpture ,
Gravure ,
163
165
171
Optique. Lettre de M. l'Abbé de la Ville , à l'Auteur
du Mercure.
Opera ,
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne ,
175
177
178
183
193
Concert Spirituel ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 195
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c , 199
Bénéfice donné , 209
Morts ,
210
Avis divers , 212
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
Les Ecoliers & les Amandes ameres , Fable ; ES
page s
7
18
28
N'en croyez que vos yeux , Anecdote ,
Epître à Madame de P....
Lettre du P. Barre , Chanoine Régulier de l'Abbaye
de Sainte Géneviève , Chancelier de l'Uni
verfité de Paris , fur les Portraits Hiſtoriques , 21
- Epître ,
Derniere fuite für M. de Fontenelle , par M.
l'Abbé Trublet , contenant des corrections &
additions aux articles précédens ,
Eloge funebre des Athéniens enterrés au Cérami- .
que , traduit du Grec , par le P. Power , Jéfuite ,
30
Vers à Madame C ** , C ** de V ** , de Marfeille
,
87
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Mai ,
Enigme ,
Logogryphe ,
89
ibid.
୨୦
92
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait de la Chronologie fondée fur les
monumens de l'Hiftoire ancienne , contre le
fyftême chronologique ; par M. Fréret , &c, 93
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
116
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES,
Hiftoire, Eloge de M, Nicole , ... 137
216
Botanique
. Mémoire où l'on prouve que les plantes
qui existoient anciennement , & dont on a
vanté les vertus médicinales , doivent exifter
encore , 151
Sujets propofés par l'Académie Royale des Sciences
& Arts , établie à Pau ,
ART. IV. BEAUX-ARTS.
161
Mufique ,
Sculpture ,
Gravure ,
163
165
171
Optique. Lettre de M. l'Abbé de la Ville , à l'Auteur
du Mercure.
Opera ,
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne ,
175
177
178
183
193
Concert Spirituel ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 195
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c , 199
Bénéfice donné , 209
Morts ,
210
Avis divers , 212
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en six sections principales. L'Article Premier répertorie diverses pièces fugitives en vers et en prose, telles que des fables, des anecdotes, des épîtres, des lettres et des élégies funèbres. Parmi les œuvres notables figurent 'Les Ecoliers & les Amandes amères' et une épître adressée à Madame de P. L'Article II se consacre aux nouvelles littéraires, incluant une suite d'un extrait de chronologie et des indications de livres récents. L'Article III explore les sciences et les belles-lettres, avec un éloge de M. Nicole et un mémoire sur les plantes médicinales. L'Article IV est dédié aux beaux-arts, couvrant la musique, la sculpture, la gravure et l'optique. L'Article V se concentre sur les spectacles, tels que la comédie française et italienne, ainsi que les concerts spirituels. Enfin, l'Article VI rapporte les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, les bénéfices accordés, les décès et divers avis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14526
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 92. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 92. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 92. [...] »
La Chanfon notée doit regarder la page 92.
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14527
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch , Ant. Jombert,
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14528
p. 81
ENIGME.
Début :
Je suis esprit, ou bien matiere ; [...]
Mots clefs :
Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Ja fuis efprit , ou bien matiere ;
Je fuis au Ciel , & la fable eft ma mere ;
Je fais auffi parmi les minéraux.
L'art qui ma ſéparé de la terre & des eaux ;
De ma fluidité fçait fixer la vîteffe :
Honteuſe du bien que je fais ,
L'humanité rougit de mes bienfaits ;
Elle devroit rougir de ſa foibleffe :
O Vénus ! Arrêtons , je dois être diſcret :
Un mot de plus , je dirois mon fecret :
Quoi ! mon fecret , je ne fuis plus le même :
Formé de mille mains , on me méprife , on
m'aime ;
La curiofité ſe nourrit à me voir :
Semblable au fombre aftre du ſoir ,
Je brille d'une autre lumiere :
Comme lui douze fois , je remplis ma carriere ;
Et bien fouvent en moins d'un mois ,
Je la remplis une feconde fois :
En trois mots finifſons , ma muſe ;
Je fuis Dieu , je guéris , j'amufe.
Par M. G ** , de S. Domingue.
Ja fuis efprit , ou bien matiere ;
Je fuis au Ciel , & la fable eft ma mere ;
Je fais auffi parmi les minéraux.
L'art qui ma ſéparé de la terre & des eaux ;
De ma fluidité fçait fixer la vîteffe :
Honteuſe du bien que je fais ,
L'humanité rougit de mes bienfaits ;
Elle devroit rougir de ſa foibleffe :
O Vénus ! Arrêtons , je dois être diſcret :
Un mot de plus , je dirois mon fecret :
Quoi ! mon fecret , je ne fuis plus le même :
Formé de mille mains , on me méprife , on
m'aime ;
La curiofité ſe nourrit à me voir :
Semblable au fombre aftre du ſoir ,
Je brille d'une autre lumiere :
Comme lui douze fois , je remplis ma carriere ;
Et bien fouvent en moins d'un mois ,
Je la remplis une feconde fois :
En trois mots finifſons , ma muſe ;
Je fuis Dieu , je guéris , j'amufe.
Par M. G ** , de S. Domingue.
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14529
p. 82-84
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis un ornement futile, [...]
Mots clefs :
Mousseline
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGO GRYPH E.
Js fuis un ornement futile , E
Et , malgré cela , fort utile
A certaines gens , dont le nom
Ici feroit hors de faiſon ,
Et qui , corrigeant la fortune ,
Par une adreffe peu commune
Sçavent avee habileté ,
Sous mon tiffu muni d'un rebord travaillé ,
Mettre en jeu maints crochets , où l'un des fens
domine ,
Et fixer quelque temps la Déeffe mutine ,
Qui , du fond d'un cornet , porte l'arrêt affreux ,
Et ruine à jamais un Joueur malheureux.
Aux caprices nouveaux d'une inconſtante mode ,
Je fuis toujours affujetti.
Piece ſouvent fort incommode ,
Je déconcerte l'Etourdi ,
Au gefte léger & folâtre ,
Qui voudroit profaner l'albâtre ,
Que je défends des attentats .
Je vois , Lecteur , ton embarras.
Or-fus , pour me faire connoître ,
Je vais analyſer mon être.
Propres à la combinaiſon ,
Dix pieds compoſent ma ſtructure :
JUILLET. 1758 . 83
Prends en trois , & de la nature
Tu vois une production :
Plante dont les fibres utiles
Offroient à nos Ayeux habiles
L'heureux tiffu , qui des frimats
Fit mépriser les nouveaux attentats.
Tu vois de plus un homme néceffaire
Dans un vaiffeau ; ce qu'offre dans un verre
Du Champenois la fumeufe liqueur.
Ce qui d'un mets corrige la fadeur.
La fille d'Inachus , deux notes de mufique ,
De ma Cloé le plus bel ornement ,
Des eaux un petit habitant ;
De plus un fleuve dans l'Afrique ,
Qui dépofant un utile limon ,
Arrole des pays , où le trifte Orion ,
Quittant le palais de Nérée ,
Ne rafraîchit jamais la terre déſolée.
En un mot , cher Lecteur, mon regne va finis
Anvers , Albion & Maline;
Ja me font faire grife mine.
Bientôt , trifte & pauvre martyr ,
Si dans le jour un mortel téméraire
Ofe montrer mon tiſſu méprifé ,
Tel qu'un hibou que l'aurore a trouvé
Imprudemment forti de fa tanniere ,
On fuit mon afpe&t odieux ,
Ou l'on me pourſuit avec rage.
Je vais donc faire une retraite fage :
D vj
$4 MERCURE DE FRANCE:
Si je ne puis jouir de la clarté des Cieux :
Adieu , jour impofteur , odieuſe lumiere ,
Une bien plus noble carriere
Pour moi s'ouvrira déſormais.
Adieu donc , adieu pour jamais.
Js fuis un ornement futile , E
Et , malgré cela , fort utile
A certaines gens , dont le nom
Ici feroit hors de faiſon ,
Et qui , corrigeant la fortune ,
Par une adreffe peu commune
Sçavent avee habileté ,
Sous mon tiffu muni d'un rebord travaillé ,
Mettre en jeu maints crochets , où l'un des fens
domine ,
Et fixer quelque temps la Déeffe mutine ,
Qui , du fond d'un cornet , porte l'arrêt affreux ,
Et ruine à jamais un Joueur malheureux.
Aux caprices nouveaux d'une inconſtante mode ,
Je fuis toujours affujetti.
Piece ſouvent fort incommode ,
Je déconcerte l'Etourdi ,
Au gefte léger & folâtre ,
Qui voudroit profaner l'albâtre ,
Que je défends des attentats .
Je vois , Lecteur , ton embarras.
Or-fus , pour me faire connoître ,
Je vais analyſer mon être.
Propres à la combinaiſon ,
Dix pieds compoſent ma ſtructure :
JUILLET. 1758 . 83
Prends en trois , & de la nature
Tu vois une production :
Plante dont les fibres utiles
Offroient à nos Ayeux habiles
L'heureux tiffu , qui des frimats
Fit mépriser les nouveaux attentats.
Tu vois de plus un homme néceffaire
Dans un vaiffeau ; ce qu'offre dans un verre
Du Champenois la fumeufe liqueur.
Ce qui d'un mets corrige la fadeur.
La fille d'Inachus , deux notes de mufique ,
De ma Cloé le plus bel ornement ,
Des eaux un petit habitant ;
De plus un fleuve dans l'Afrique ,
Qui dépofant un utile limon ,
Arrole des pays , où le trifte Orion ,
Quittant le palais de Nérée ,
Ne rafraîchit jamais la terre déſolée.
En un mot , cher Lecteur, mon regne va finis
Anvers , Albion & Maline;
Ja me font faire grife mine.
Bientôt , trifte & pauvre martyr ,
Si dans le jour un mortel téméraire
Ofe montrer mon tiſſu méprifé ,
Tel qu'un hibou que l'aurore a trouvé
Imprudemment forti de fa tanniere ,
On fuit mon afpe&t odieux ,
Ou l'on me pourſuit avec rage.
Je vais donc faire une retraite fage :
D vj
$4 MERCURE DE FRANCE:
Si je ne puis jouir de la clarté des Cieux :
Adieu , jour impofteur , odieuſe lumiere ,
Une bien plus noble carriere
Pour moi s'ouvrira déſormais.
Adieu donc , adieu pour jamais.
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14530
p. 183-187
ALLEMAGNE.
Début :
Un corps ennemi de Hussards & de Dragons soutenu de quelque Infanterie, [...]
Mots clefs :
Dresde, Attaque de la ville, Escarmouche, Armée impériale, Moravie, Opérations militaires, Prussiens, Régiments, Général Laudon, Ennemis, Combats, Maréchal, Lieutenant-colonel, Mouvements des troupes, Francfort, Violence, Incendie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE DRESDE , le 18 Mai.
UN corps ennemi de Huffards & de Dragons
9"
foutenu de quelque Infanterie , ayant marché par
des routes détournées avec de l'artillerie vers Zittau
, a tenté de furprendre cette Ville . Mais le
Général Maguire , qui commande les poftes avancés
des Impériaux fur cette frontiere a fait
échouer l'entrepriſe , en faisant avancer des troupes
pour couvrir Zittau . Après une eſcarmouche
affez vive , où il y a eu de part & d'autre beaucoup
de morts & de bleffés , les Pruffiens ont été
forcés d'abandonner la partie.
De l'Armée Impériale en Moravie , le 24.
Mai.
Depuis le 14 de Mai jufqu'à ce jour , les Pruffiens
ont fait bien des mouvemens , foit pour
nous donner le change fur l'objet de leurs opérations
, foit pour nous furprendre. Un gros de
leurs troupes , compofé principalement de Cavalerie
, s'étant porté des deux côtés de Profnitz
pour aller déloger le Marquis de Ville de Predlitz
, dès que ce Cénéral s'apperçut que les enne184
MERCURE DE FRANCE.
mis s'approchoient de lui avec des forces bien fua
rieures aux fiennes ; il fe replia en bon ordre. I
fut cependant pourfuivi jufqu'au défilé de Drillitz,
où après quelques efcarmouches affez vives , les
Huffards Pruffiens atteignirent le Régiment de
Wirtemberg Dragons. Le fieur de Saint- Ighon ,
Major général , qui commandoit ce Régiment ,
ayant laiffé les ennemis s'engager dans le défilé ,
les chargea avec une telle vigueur qu'il les mit
dans le plus grand défordre ; de forte qu'un grand
nombre de fuyards fe jetterent dans des marais
très- profonds. Le même Régiment tomba enfuite
fur un gros de Huffards ennemis qui harceloient
fes Régimens de Modene & de Birkenfeld , Cuiraffiers
, & il les difperfa fi bien qu'il n'en reparut
pas un feul.
Le zo , le Général Laudon ayant été reconnoître
ce qui fe paffoit près d'Olmurz , il obferva que
toutes les difpofitions de l'ennemi tendoient au
fiege de certe Place , attendu que le Maréchal
Keith & le Général de la Mothe Fouquet avoient
pris une nouvelle poſition à Krenau , que le Roi
de Pruffe avec le Prince d'Anhalt . Deffau occupoit
un autre camp à Sħabelin , & que les camps de
Littau & de Czelechowitz étoient confidérable
ment affoiblis.
Un parti de Huffards ennemis s'étoit avancé
près de la petite ville de Namierz dans l'intention
de la piller. Le fieur de Palafti , Major du Régi
ment d'Efterhazi , Huffards , qui fe trouvoit
portée , envoya un détachement qui les fit bientôt
retirer. Les ennemis , pour revenir à la charge ,
fortirent en force du village de Slatenitz , avec de
la Cavalerie & des Dragons : malgré leur fupérioté
, le fieur de Palafti marcha contr'eux avec
deux cens Huffards , & manoeuvra fi bien , qu'il les
obligea de regagner leur pofte
JUILLET. 1758. 185
Le même jour , un détachement du corps de
Jahnus ayant rencontré près de Neuftadt beaucoup
de chariots ennemis deſtinés à charger dans
cette ville des vivres & des fourrages , en prit dixneuf&
quatre- vingts - deux chevaux .
La nuit du 19 au zo , le fieur de Lannius , Lieu
tenant - Colonel du Régiment de Péterwaradin ,
troupes légeres , fut détaché par le Général Jahnus
du côté de Friedland , & il fit de fi bonnes difpo
fitions, qu'ayant furpris les ennemis à Potkerfdorff
& à Annerfdorff , il renverfa totalement les Chaffeurs
, les Huffards & les autres troupes qui occu
poient ces deux poftes. L'allarme fut auffi - tôt répandue
dans la petite ville de Bahren , où étoit le
Général Pruffien Putkomer avec les Régimens de
Bornſtadt & du Prince Henri , Infanterie ; un Basaillon
de convalefcens , un Eſcadron du Régi
ment de Wirtemberg , Dragons , & vingt-une
pieces d'artillerie . Ce Général en conféquence
fortit précipitamment de Bahren , pour occuper
les hauteurs qui l'environnent. Les ennemis dans
cette action ont eu cent quarante hommes tués ,
& on leur a pris trente chevaux avec beaucoup de
bagage, fans compter plus de quatre- vingts Defer
teurs qui nous font venus. Cette affaire a mis en
mouvement tous les poftes des ennemis. Les troupes
qui alloient joindre leur armée par le chemin
qui conduit à Hoff , rétrograderent avec beaucoup
de viteffe , & l'on a fçu que les ennemis avoient
tranfporté de l'endroit où s'eft fait le choc huit
charriots remplis de bleffés. Un Lieutenant intercepta
le même jour entre Bahren & Sternberg
des lettres de l'armée ennemie , qui ont été envoyées
au quartier général.
Cinq Efcadrons de Huffards Proffiens arrivés le
22 à Landshut , & qui cantonnoient fous le canon
186 MERCURE DE FRANCE,
de cette Place , ont pensé être enlevés par le fieur
de Kalnocky , Lieutenant - Général , qui étoit refté
à Trautenau avec un fort détachement. Ce Général
, après les avoir fait reconnoître par le Colonel
Comte de Bethlem , tourna ces cinq Efcadrons
leur tua beaucoup de monde , fit treize prifonniers
, & s'empara de cent deux chevaux . Cette
affaire ne lui a coûté que quatre hommes tués &
dix bleffés .
De leur côté , les ennemis ont voulu furprendre
le Général Laudon , Dix Bataillons , quinze Efcadrons
de Cavalerie , & deux Régimens de Huffards
, fortirent dans ce deffein du camp de Czelechowitz
, & marcherent en trois colonnes fur
Premiftawitz , pour attaquer les poftes avancés
que nous avions dans ce quartier - là . Ce corps
s'étoit mis en marche la nuit à onze heures , & le
Roi de Pruffe y étoit en perfonne. A la pointe du
jour , les Pruffiens firent fur nos poftes un trèsgrand
feu d'artillerie qui les obligea de fe replier.
Mais le Général Laudon s'étant avancé avec deux
Régimens de Huffards , l'ennemi fur le champ fit
halte , & bientôt regagna fon camp. Il fut pourfuivi
par plufieurs détachemens qui ramenerent
quelques prifonniers , & tomberent enfuite le fabre
à la main fur un Bataillon de Grenadiers Pruffiens
poftés dans un village , qu'ils taillerent en
pieces.
C'eft le 13 Mai au foir que s'eft faite la jonc
tion du corps commandé par le Général Harfch
avec notre armée. Nous avons quitté le 23 le
camp de Leutomiffel , pour nous transporter à
Zwittau , & le Général Harſch s'eft porté en même
temps de Nickel à Mahrifch- Tribau.
L'Impératrice-Reine a ordonné d'armer tous les
habitans de cette Province qui , de leur propre
JUILLET. 1758 . 187
mouvement , voudront concourir à la défenſe de
leur pays , ainfi que tous les artifans & les chaffeurs
qui fe trouveront de bonne volonté . Un Receveur
de Lundenbourg , nommé Annibal Boglies
qui , dans les précédentes guerres , a rendu de fort
bons fervices , ayant offert de les conduire , la
Cour a envoyé des ordres de l'employer & de feconder
fon zele.
DE FRANCFORT , le 21 Mai.
Pour colorer la violence commife contre le
droit des gens & les égards dûs aux Souverains ,
dans l'enlèvement de M. le Marquis de Fraigne ,
les gazettes de Berlin l'ont repréſenté fauffement
comme un fimple Voyageur , qui faifoit à Zerbſt
le métier d'Efpion. On eft maintenant bien inftruit
qu'il y réfidoit de l'aveu de la Cour de France.
Ce Marquis avoit trouvé le moyen de s'échapper
de la Citadelle de Magdebourg , où il eft détenu
prifonnier ; mais il a été repris fur la route
de Zerbft , & il eft beaucoup plus étroitement
refferré .
On écrit de Breflau , qu'il y a eu le 13 de Mai
un incendie confidérable à Glogau , que le feu a
pris au College des Jéfuites , & qu'une Eglife Catholique
, une églife des Luthériens , l'hôpital ,
toutes les maiſons voifines , & le village de Bruffo ,
qui eft contigu à la Ville , ont été réduits en cendres.
DE DRESDE , le 18 Mai.
UN corps ennemi de Huffards & de Dragons
9"
foutenu de quelque Infanterie , ayant marché par
des routes détournées avec de l'artillerie vers Zittau
, a tenté de furprendre cette Ville . Mais le
Général Maguire , qui commande les poftes avancés
des Impériaux fur cette frontiere a fait
échouer l'entrepriſe , en faisant avancer des troupes
pour couvrir Zittau . Après une eſcarmouche
affez vive , où il y a eu de part & d'autre beaucoup
de morts & de bleffés , les Pruffiens ont été
forcés d'abandonner la partie.
De l'Armée Impériale en Moravie , le 24.
Mai.
Depuis le 14 de Mai jufqu'à ce jour , les Pruffiens
ont fait bien des mouvemens , foit pour
nous donner le change fur l'objet de leurs opérations
, foit pour nous furprendre. Un gros de
leurs troupes , compofé principalement de Cavalerie
, s'étant porté des deux côtés de Profnitz
pour aller déloger le Marquis de Ville de Predlitz
, dès que ce Cénéral s'apperçut que les enne184
MERCURE DE FRANCE.
mis s'approchoient de lui avec des forces bien fua
rieures aux fiennes ; il fe replia en bon ordre. I
fut cependant pourfuivi jufqu'au défilé de Drillitz,
où après quelques efcarmouches affez vives , les
Huffards Pruffiens atteignirent le Régiment de
Wirtemberg Dragons. Le fieur de Saint- Ighon ,
Major général , qui commandoit ce Régiment ,
ayant laiffé les ennemis s'engager dans le défilé ,
les chargea avec une telle vigueur qu'il les mit
dans le plus grand défordre ; de forte qu'un grand
nombre de fuyards fe jetterent dans des marais
très- profonds. Le même Régiment tomba enfuite
fur un gros de Huffards ennemis qui harceloient
fes Régimens de Modene & de Birkenfeld , Cuiraffiers
, & il les difperfa fi bien qu'il n'en reparut
pas un feul.
Le zo , le Général Laudon ayant été reconnoître
ce qui fe paffoit près d'Olmurz , il obferva que
toutes les difpofitions de l'ennemi tendoient au
fiege de certe Place , attendu que le Maréchal
Keith & le Général de la Mothe Fouquet avoient
pris une nouvelle poſition à Krenau , que le Roi
de Pruffe avec le Prince d'Anhalt . Deffau occupoit
un autre camp à Sħabelin , & que les camps de
Littau & de Czelechowitz étoient confidérable
ment affoiblis.
Un parti de Huffards ennemis s'étoit avancé
près de la petite ville de Namierz dans l'intention
de la piller. Le fieur de Palafti , Major du Régi
ment d'Efterhazi , Huffards , qui fe trouvoit
portée , envoya un détachement qui les fit bientôt
retirer. Les ennemis , pour revenir à la charge ,
fortirent en force du village de Slatenitz , avec de
la Cavalerie & des Dragons : malgré leur fupérioté
, le fieur de Palafti marcha contr'eux avec
deux cens Huffards , & manoeuvra fi bien , qu'il les
obligea de regagner leur pofte
JUILLET. 1758. 185
Le même jour , un détachement du corps de
Jahnus ayant rencontré près de Neuftadt beaucoup
de chariots ennemis deſtinés à charger dans
cette ville des vivres & des fourrages , en prit dixneuf&
quatre- vingts - deux chevaux .
La nuit du 19 au zo , le fieur de Lannius , Lieu
tenant - Colonel du Régiment de Péterwaradin ,
troupes légeres , fut détaché par le Général Jahnus
du côté de Friedland , & il fit de fi bonnes difpo
fitions, qu'ayant furpris les ennemis à Potkerfdorff
& à Annerfdorff , il renverfa totalement les Chaffeurs
, les Huffards & les autres troupes qui occu
poient ces deux poftes. L'allarme fut auffi - tôt répandue
dans la petite ville de Bahren , où étoit le
Général Pruffien Putkomer avec les Régimens de
Bornſtadt & du Prince Henri , Infanterie ; un Basaillon
de convalefcens , un Eſcadron du Régi
ment de Wirtemberg , Dragons , & vingt-une
pieces d'artillerie . Ce Général en conféquence
fortit précipitamment de Bahren , pour occuper
les hauteurs qui l'environnent. Les ennemis dans
cette action ont eu cent quarante hommes tués ,
& on leur a pris trente chevaux avec beaucoup de
bagage, fans compter plus de quatre- vingts Defer
teurs qui nous font venus. Cette affaire a mis en
mouvement tous les poftes des ennemis. Les troupes
qui alloient joindre leur armée par le chemin
qui conduit à Hoff , rétrograderent avec beaucoup
de viteffe , & l'on a fçu que les ennemis avoient
tranfporté de l'endroit où s'eft fait le choc huit
charriots remplis de bleffés. Un Lieutenant intercepta
le même jour entre Bahren & Sternberg
des lettres de l'armée ennemie , qui ont été envoyées
au quartier général.
Cinq Efcadrons de Huffards Proffiens arrivés le
22 à Landshut , & qui cantonnoient fous le canon
186 MERCURE DE FRANCE,
de cette Place , ont pensé être enlevés par le fieur
de Kalnocky , Lieutenant - Général , qui étoit refté
à Trautenau avec un fort détachement. Ce Général
, après les avoir fait reconnoître par le Colonel
Comte de Bethlem , tourna ces cinq Efcadrons
leur tua beaucoup de monde , fit treize prifonniers
, & s'empara de cent deux chevaux . Cette
affaire ne lui a coûté que quatre hommes tués &
dix bleffés .
De leur côté , les ennemis ont voulu furprendre
le Général Laudon , Dix Bataillons , quinze Efcadrons
de Cavalerie , & deux Régimens de Huffards
, fortirent dans ce deffein du camp de Czelechowitz
, & marcherent en trois colonnes fur
Premiftawitz , pour attaquer les poftes avancés
que nous avions dans ce quartier - là . Ce corps
s'étoit mis en marche la nuit à onze heures , & le
Roi de Pruffe y étoit en perfonne. A la pointe du
jour , les Pruffiens firent fur nos poftes un trèsgrand
feu d'artillerie qui les obligea de fe replier.
Mais le Général Laudon s'étant avancé avec deux
Régimens de Huffards , l'ennemi fur le champ fit
halte , & bientôt regagna fon camp. Il fut pourfuivi
par plufieurs détachemens qui ramenerent
quelques prifonniers , & tomberent enfuite le fabre
à la main fur un Bataillon de Grenadiers Pruffiens
poftés dans un village , qu'ils taillerent en
pieces.
C'eft le 13 Mai au foir que s'eft faite la jonc
tion du corps commandé par le Général Harfch
avec notre armée. Nous avons quitté le 23 le
camp de Leutomiffel , pour nous transporter à
Zwittau , & le Général Harſch s'eft porté en même
temps de Nickel à Mahrifch- Tribau.
L'Impératrice-Reine a ordonné d'armer tous les
habitans de cette Province qui , de leur propre
JUILLET. 1758 . 187
mouvement , voudront concourir à la défenſe de
leur pays , ainfi que tous les artifans & les chaffeurs
qui fe trouveront de bonne volonté . Un Receveur
de Lundenbourg , nommé Annibal Boglies
qui , dans les précédentes guerres , a rendu de fort
bons fervices , ayant offert de les conduire , la
Cour a envoyé des ordres de l'employer & de feconder
fon zele.
DE FRANCFORT , le 21 Mai.
Pour colorer la violence commife contre le
droit des gens & les égards dûs aux Souverains ,
dans l'enlèvement de M. le Marquis de Fraigne ,
les gazettes de Berlin l'ont repréſenté fauffement
comme un fimple Voyageur , qui faifoit à Zerbſt
le métier d'Efpion. On eft maintenant bien inftruit
qu'il y réfidoit de l'aveu de la Cour de France.
Ce Marquis avoit trouvé le moyen de s'échapper
de la Citadelle de Magdebourg , où il eft détenu
prifonnier ; mais il a été repris fur la route
de Zerbft , & il eft beaucoup plus étroitement
refferré .
On écrit de Breflau , qu'il y a eu le 13 de Mai
un incendie confidérable à Glogau , que le feu a
pris au College des Jéfuites , & qu'une Eglife Catholique
, une églife des Luthériens , l'hôpital ,
toutes les maiſons voifines , & le village de Bruffo ,
qui eft contigu à la Ville , ont été réduits en cendres.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En mai 1758, plusieurs événements militaires significatifs ont eu lieu en Allemagne et en Moravie. À Dresde, le 18 mai, une force ennemie composée de hussards, de dragons et d'infanterie, soutenue par de l'artillerie, a tenté de surprendre la ville de Zittau. Le général Maguire, commandant les postes avancés des Impériaux, a réussi à repousser cette attaque après une escarmouche violente. En Moravie, du 14 au 24 mai, les Prussiens ont effectué divers mouvements pour tromper ou surprendre les Impériaux. Le marquis de Ville de Predlitz s'est replié en bon ordre face à des forces ennemies supérieures, et le régiment de Wirtemberg Dragons a repoussé les hussards prussiens lors d'une escarmouche près du défilé de Drillitz. Le 20 mai, le général Laudon a observé que les Prussiens se préparaient à assiéger Olmütz, avec des positions ennemies à Krenau et Šabelin. Des détachements impériaux ont également repoussé des attaques ennemies près de Namierz et de Slatenitz. La nuit du 19 au 20 mai, le lieutenant-colonel Lannius a surpris les Prussiens à Potkerstorff et Annerstorff, capturant des chevaux et du bagage. Le 22 mai, le lieutenant-général Kalnocky a attaqué cinq escadrons de hussards prussiens à Landshut, capturant des prisonniers et des chevaux. Les Prussiens ont également tenté de surprendre le général Laudon, mais ont été repoussés. Le 13 mai, le corps commandé par le général Harsch a rejoint l'armée impériale, et l'impératrice-reine a ordonné d'armer les habitants volontaires pour la défense du pays. À Francfort, le 21 mai, les gazettes de Berlin ont faussement représenté le marquis de Fraigne comme un espion, alors qu'il résidait à Zerbst avec l'aveu de la Cour de France. Il avait été repris après s'être échappé de la citadelle de Magdebourg. Un incendie à Glogau, le 13 mai, a détruit plusieurs bâtiments, dont une église catholique, une église luthérienne, un hôpital et des maisons voisines.
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14531
p. 187-189
ITALIE.
Début :
Aussi-tôt que le Pape fut mort, le Cardinal Colonne, Camerlingue de [...]
Mots clefs :
Rome, Mort du Pape, Benoit XIV, Églises, Vatican, Cortège, Chapelle, Médailles, Inscription, Bulle pontificale, Élection pontificale, Cardinaux
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
DE ROME ,
Auffi-tôt
le 13 Mai.
que le Pape fut mort , le Cardinal Coi
lonne , Camerlingue de l'Eglife & Majordôme du
188 MERCURE DE FRANCE:
palais Apoftolique , fe tranſporta dans le palais
Quirinal à l'appartement du Saint Pere , pour faire
la reconnoiffance du corps , & on lui remit l'Anneau
du Pécheur. Peu de temps après , la groffe
cloche du Capitole annonça la mort du Pontife ,
& enfuite toutes les cloches des Eglifes fonnerent.
Le lendemain 6 Mai , le corps du Saint Pere fut
ouvert , embaumé , & expofè fur un lit de parade
en habits pontificaux. Le foir à dix heures , on le
transféra du Quirinal au Vatican , & la marche fe
fit dans cet ordre : une compagnie de Chevaux-
Légers ; les trompettes fonnant en fourdine ; quarante
Eftafiers , & Valets d'écurie tenant des flam
beaux ; le Capitaine des Gardes Suiffes , & le Maître
des Cérémonies à cheval ; le corps du Pape
dans une fuperbe litiere découverte , les Gardes
Suiffes aux deux côtés , & les Pénitenciers de Saint
Pierre portant chacun un flambeau ; fept pieces
de canon ; une autre compagnie de Chevaux-
Légers & les Cuiraffiers , ayant leurs trompettes
& timbales drapées. Quand le convoi fut arrivé ,
le corps fut levé de la litiere & porté dans la Chapelle
Sixtine. Là , le Majordôme lui ôta le chapeau
Papal , & y fubftitua la thiarre . Le 7 ,
corps fut tranfporté à Saint Pierre dans la Chapelle
du Saint- Sacrement , & le peuple fut admis à
lui baifer les pieds. Le y au foir , le corps du Pape
fut mis dans un cercueil de bois de cedre , avec
une bourfe de velours cramoifi , où il y avoit 17
médailles d'or , 17 d'argent , & 17 de bronze. Ces
médailles , dont le nombre répond à celui des années
du Pontificat de Benoît XIV , repréfentent
d'un côté fon portrait & de Pautre les principales
actions de fon regne . Le cercueil de cedre fut embotté
dans une autre caifle de bois , & celle ci
dans un coffre de plomb avec cette infeription
le
JUILLET. 1758.
189
fimple : D. O. M. Benedictus XIV. Pont. Max,
Lambertinus Bononienfis. Vixit Annos LXXXIII.
Menfem I. Dies III. In fummo Pontificatu Ann,
XVII. Menf. VIII. Dies XVII. Obiit V Nonas
Maii. Anno M. DCC. LVIII. Des dix Congréga
tions qui doivent précéder l'entrée des Cardinaux
au Conclave , il s'en eft tenu jufqu'à préfent qua
tre. Dans la premiere qui fe tint le jour du décès
du Pontife , on lut la Bulle concernant l'élection
des Papes ; le Dataire & le Secretaire des Brefs
remirent au Saré College la caffette des Brefs
fignés & non expédiés ; le ſceau des Bulles & l'Anneau
du Pécheur furent rompus. Dans une autre
Congrégation , le Gouverneur de cette Ville fut
confirmé dans fa charge , & deux Orateurs furent
nommés , l'un pour faire l'Oraiſon funebre du
défunt Pontife , l'autre pour prononcer le Dif
cours touchant l'élection d'un Pape. Le Cardinal
d'Argenvilliers a obtenu la permiffion de refter
20 jours dans fon appartement au Quirinal , pour
rétablir fa fanté. Quoique pendant la vacance du
Saint Siege , les foldats du Capitole ayent feuls le
droit de garder les portes de la Ville , on a par
tagé cette fonction entr'eux & les foldats Corfes,
fans avoir égard aux proteftations des premiers,
Les prifonniers élargis à l'occafion de la mort du
Pape , commencent commettre du défordre ;
c'eſt pourquoi le Gouverneur a ordonné aux habi,
tans d'avoir toutes les nuits de la lumiere aux fenêtres
de leurs maiſons.
Des cinquante- cinq Cardinaux qui compoſent
aujourd'hui le Sacré College , il n'y a plus qu'une
feule créature du Pape Clément XI , une feule d'Innocent
XIII , une feule de Benoît XIII , & neuf de
Clément XII. Tous les autres ont été créés par
Benoît XIV , & il a laiffé quinze chapeaux vacaps .
DE ROME ,
Auffi-tôt
le 13 Mai.
que le Pape fut mort , le Cardinal Coi
lonne , Camerlingue de l'Eglife & Majordôme du
188 MERCURE DE FRANCE:
palais Apoftolique , fe tranſporta dans le palais
Quirinal à l'appartement du Saint Pere , pour faire
la reconnoiffance du corps , & on lui remit l'Anneau
du Pécheur. Peu de temps après , la groffe
cloche du Capitole annonça la mort du Pontife ,
& enfuite toutes les cloches des Eglifes fonnerent.
Le lendemain 6 Mai , le corps du Saint Pere fut
ouvert , embaumé , & expofè fur un lit de parade
en habits pontificaux. Le foir à dix heures , on le
transféra du Quirinal au Vatican , & la marche fe
fit dans cet ordre : une compagnie de Chevaux-
Légers ; les trompettes fonnant en fourdine ; quarante
Eftafiers , & Valets d'écurie tenant des flam
beaux ; le Capitaine des Gardes Suiffes , & le Maître
des Cérémonies à cheval ; le corps du Pape
dans une fuperbe litiere découverte , les Gardes
Suiffes aux deux côtés , & les Pénitenciers de Saint
Pierre portant chacun un flambeau ; fept pieces
de canon ; une autre compagnie de Chevaux-
Légers & les Cuiraffiers , ayant leurs trompettes
& timbales drapées. Quand le convoi fut arrivé ,
le corps fut levé de la litiere & porté dans la Chapelle
Sixtine. Là , le Majordôme lui ôta le chapeau
Papal , & y fubftitua la thiarre . Le 7 ,
corps fut tranfporté à Saint Pierre dans la Chapelle
du Saint- Sacrement , & le peuple fut admis à
lui baifer les pieds. Le y au foir , le corps du Pape
fut mis dans un cercueil de bois de cedre , avec
une bourfe de velours cramoifi , où il y avoit 17
médailles d'or , 17 d'argent , & 17 de bronze. Ces
médailles , dont le nombre répond à celui des années
du Pontificat de Benoît XIV , repréfentent
d'un côté fon portrait & de Pautre les principales
actions de fon regne . Le cercueil de cedre fut embotté
dans une autre caifle de bois , & celle ci
dans un coffre de plomb avec cette infeription
le
JUILLET. 1758.
189
fimple : D. O. M. Benedictus XIV. Pont. Max,
Lambertinus Bononienfis. Vixit Annos LXXXIII.
Menfem I. Dies III. In fummo Pontificatu Ann,
XVII. Menf. VIII. Dies XVII. Obiit V Nonas
Maii. Anno M. DCC. LVIII. Des dix Congréga
tions qui doivent précéder l'entrée des Cardinaux
au Conclave , il s'en eft tenu jufqu'à préfent qua
tre. Dans la premiere qui fe tint le jour du décès
du Pontife , on lut la Bulle concernant l'élection
des Papes ; le Dataire & le Secretaire des Brefs
remirent au Saré College la caffette des Brefs
fignés & non expédiés ; le ſceau des Bulles & l'Anneau
du Pécheur furent rompus. Dans une autre
Congrégation , le Gouverneur de cette Ville fut
confirmé dans fa charge , & deux Orateurs furent
nommés , l'un pour faire l'Oraiſon funebre du
défunt Pontife , l'autre pour prononcer le Dif
cours touchant l'élection d'un Pape. Le Cardinal
d'Argenvilliers a obtenu la permiffion de refter
20 jours dans fon appartement au Quirinal , pour
rétablir fa fanté. Quoique pendant la vacance du
Saint Siege , les foldats du Capitole ayent feuls le
droit de garder les portes de la Ville , on a par
tagé cette fonction entr'eux & les foldats Corfes,
fans avoir égard aux proteftations des premiers,
Les prifonniers élargis à l'occafion de la mort du
Pape , commencent commettre du défordre ;
c'eſt pourquoi le Gouverneur a ordonné aux habi,
tans d'avoir toutes les nuits de la lumiere aux fenêtres
de leurs maiſons.
Des cinquante- cinq Cardinaux qui compoſent
aujourd'hui le Sacré College , il n'y a plus qu'une
feule créature du Pape Clément XI , une feule d'Innocent
XIII , une feule de Benoît XIII , & neuf de
Clément XII. Tous les autres ont été créés par
Benoît XIV , & il a laiffé quinze chapeaux vacaps .
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Résumé : ITALIE.
Le 13 mai, après la mort du pape, le cardinal Colonna, en tant que Camerlingue, se rendit au palais Quirinal pour reconnaître le corps et reçut l'Anneau du Pécheur. La mort du pontife fut annoncée par les cloches des églises. Le 14 mai, le corps du pape fut embaumé et exposé en habits pontificaux. Le 15 mai, il fut transféré au Vatican, escorté par divers gardes et pénitenciers, puis placé dans la Chapelle Sixtine. Le 16 mai, le corps fut exposé à la Chapelle du Saint-Sacrement à Saint-Pierre, où le peuple put baiser ses pieds. Le 17 mai, le corps fut placé dans un cercueil de cèdre contenant des médailles représentant les actions du règne de Benoît XIV, puis dans une caisse de bois et un coffre de plomb avec une inscription. Quatre congrégations se tinrent avant le conclave, durant lesquelles l'Anneau du Pécheur et le sceau des bulles furent détruits, et des nominations furent faites. Pendant la vacance du Saint-Siège, des désordres furent commis par des prisonniers libérés, nécessitant des mesures de sécurité. Le Sacré Collège comptait 55 cardinaux, avec 15 chapeaux vacants.
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14532
p. 190-191
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On a reçu par la voie de Bengale de fâcheuses nouvelles de quelques-uns [...]
Mots clefs :
Londres, Indes orientales, Troupes françaises, Colonisation, Attaques, Compagnie des Indes, Vaisseaux, Incendie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 24 Mai.
On a reçu par la voie de Bengale de fâcheuſes
nouvelles de quelques- uns de nos établiflemens
dans les Indes Orientales. Elles portent qu'un
corps de Troupes Françoiſes , aux ordres de M.
de Saint- Paul , s'eft emparé dans le mois de Mai
de l'année derniere de Mellipelly & de Bander-
Malanca , établiffemens Anglois fur la riviere
d'Yanaon ou d'Ingeram , à la côte d'Orixa , au
Nord de la côte de Coromandel . Après la prife de
ces deux Comptoirs , M. de Saint- Paul a marché
vers le Nord avec ſon Détachement , & s'eft joint
près de Chicacole à un autre corps de troupes
Françoifes commandé par M. de Buffi. Ces deux
corps réunis fe font portés fur Vifigapatam , autre
établiffement Anglois , fitué pareillement à la côte
d'Orixa , où il y avoit cent quarante Européens
de garnifon , & environ quatre cens vingt foldats
des troupes du pays. La Ville & le Fort ont capitulé
le 17 Juin 1757. Les Troupes & les Employés
de la Compagnie des Indes ont été faits prifonniers
de guerre. Par cette expédition , nous avons
perdu tous les établiffemens que nous avions au
Nord de Madras , & où nous faifions un commerce
très- confidérable de toile de coton ,
dont la qua-
Jité eft fupérieure à celle des toiles qui fe tirent
de la côte de Coromandel.
La Compagnie des Indes a reçu en même temps
avis que ceux de ſes Vaiffeaux qui ont été l'année
dernière à la Chine , ont manqué leur paffage en
Europe.
Par des lettres de Barbade , datées du 2 Avril
JUILLET. 1758 .
191
dernier , nous apprenons qu'un incendie a confumé
plus de cent maiſons dans la ville de Bridgetown
, capitale de l'Iſe.
DE LONDRES , le 24 Mai.
On a reçu par la voie de Bengale de fâcheuſes
nouvelles de quelques- uns de nos établiflemens
dans les Indes Orientales. Elles portent qu'un
corps de Troupes Françoiſes , aux ordres de M.
de Saint- Paul , s'eft emparé dans le mois de Mai
de l'année derniere de Mellipelly & de Bander-
Malanca , établiffemens Anglois fur la riviere
d'Yanaon ou d'Ingeram , à la côte d'Orixa , au
Nord de la côte de Coromandel . Après la prife de
ces deux Comptoirs , M. de Saint- Paul a marché
vers le Nord avec ſon Détachement , & s'eft joint
près de Chicacole à un autre corps de troupes
Françoifes commandé par M. de Buffi. Ces deux
corps réunis fe font portés fur Vifigapatam , autre
établiffement Anglois , fitué pareillement à la côte
d'Orixa , où il y avoit cent quarante Européens
de garnifon , & environ quatre cens vingt foldats
des troupes du pays. La Ville & le Fort ont capitulé
le 17 Juin 1757. Les Troupes & les Employés
de la Compagnie des Indes ont été faits prifonniers
de guerre. Par cette expédition , nous avons
perdu tous les établiffemens que nous avions au
Nord de Madras , & où nous faifions un commerce
très- confidérable de toile de coton ,
dont la qua-
Jité eft fupérieure à celle des toiles qui fe tirent
de la côte de Coromandel.
La Compagnie des Indes a reçu en même temps
avis que ceux de ſes Vaiffeaux qui ont été l'année
dernière à la Chine , ont manqué leur paffage en
Europe.
Par des lettres de Barbade , datées du 2 Avril
JUILLET. 1758 .
191
dernier , nous apprenons qu'un incendie a confumé
plus de cent maiſons dans la ville de Bridgetown
, capitale de l'Iſe.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 24 mai, des nouvelles ont rapporté que des troupes françaises, dirigées par M. de Saint-Paul, avaient pris possession des établissements anglais de Mellipelly et de Bander-Malanca en mai 1756. Ces établissements se situent sur la rivière d'Yanaon, sur la côte d'Orixa, au nord de la côte de Coromandel. M. de Saint-Paul a ensuite rejoint M. de Bussy près de Chicacole et ensemble, ils ont attaqué Vifigapatam, un autre établissement anglais. La ville et le fort ont capitulé le 17 juin 1757, entraînant la capture des troupes et des employés de la Compagnie des Indes. Cette expédition a conduit à la perte de tous les établissements britanniques au nord de Madras, où un commerce important de toile de coton de haute qualité était effectué. Par ailleurs, la Compagnie des Indes a appris que ses vaisseaux destinés à la Chine avaient manqué leur passage en Europe. De plus, un incendie a détruit plus de cent maisons à Bridgetown, capitale de l'île de Barbade, le 2 avril 1758.
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14533
p. 191-192
« La Flotte Angloise ayant paru le 4 du mois de Juin à la côte [...] »
Début :
La Flotte Angloise ayant paru le 4 du mois de Juin à la côte [...]
Mots clefs :
Flotte anglaise, Saint-Malo, Débarquement, Frégates, Combat naval, Capitaine, Troupes, Retraite des ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Flotte Angloise ayant paru le 4 du mois de Juin à la côte [...] »
La Flotte Angloife ayant paru le 4 du mois de
A
Juin à la côte devant Saint- Malo , elle fit le lendemain
fon débarquement à Cancale . Le Commandant
qui étoit dans le Fort fit une vigoureufe
réfiftance ; mais il fut obligé de céder au feu de
deux Frégates qui avoient ruiné toutes les défenfes
du Fort , & il ſe retira avec fa troupe . Les ennemis
s'étendirent enfuite jufques dans le Fauxbourg
de Saint- Servant ; mais les deux mille hommes
qui y avoient pris pofte , s'en font retirés le 9
avant le jour , & font rentrés dans le camp établi
fur les hauteurs de Paramé . Le Capitaine qui
commandoit dans la redoute du Nés , s'en étant
apperçu , a détaché fon Lieutenant & trente hommes
qui ont pris poſte à la tête du Fauxbourg.
Sur les neuf heures , on a reconnu que la batterie
de mortiers , à laquelle l'ennemi travailloit depuis
plufieurs jours , étoit abandonnée , & qu'il y avoit
un grand mouvement dans le camp. Vers midi ,
a été totalement détendu ; toutes les Troupes fe
font mises en batailles , & à cinq heures elle ont
commencé à défiler vers Cancale. M. le Duc d'Aiguillon
a fait fortir de la Ville , à l'entrée de la
nuit , un Détachement de la Garniſon fous les
ordres de M.leComte de laTour d'Auvergne , compofé
de loixante
Gentilshommes Volontaires ,
d'environ cent cinquante Malouins & de quatre
cents cinquante hommes d'Infanterie , pour éclai
il
192 MERCURE DE FRANCE.
rer la marche des ennemis & entamer leur ar
riere-garde. Ils ont été joints fur les hauteurs de
Paramé par huit cents Gardes- Côtes & deux cents
cinquante Dragons. Le Comte d'Aubigny , Maréchal
de Camp , qui a conduit ce dernier Détachement
, a pris le commandement du tout. Les
Anglois ont laiffé dans leur camp une grande partie
de leurs fubfiftances , & pluſieurs canons encloués.
La retraite précipité des ennemis ne peut être
attribuée qu'à la nouvelle qu'ils ont reçue de la
prochaine arrivée des Troupes qui viennent de
Breft & de l'Orient au fecours de Saint-Malo . On
a fait une diligence incroyable , au moyen des
précautions qu'on a prifes d'établir des chariots
fur la route , pour porter les Soldats fatigués , &
du vin qu'on leur diſtribuoit de diftance en diftance..
A
Juin à la côte devant Saint- Malo , elle fit le lendemain
fon débarquement à Cancale . Le Commandant
qui étoit dans le Fort fit une vigoureufe
réfiftance ; mais il fut obligé de céder au feu de
deux Frégates qui avoient ruiné toutes les défenfes
du Fort , & il ſe retira avec fa troupe . Les ennemis
s'étendirent enfuite jufques dans le Fauxbourg
de Saint- Servant ; mais les deux mille hommes
qui y avoient pris pofte , s'en font retirés le 9
avant le jour , & font rentrés dans le camp établi
fur les hauteurs de Paramé . Le Capitaine qui
commandoit dans la redoute du Nés , s'en étant
apperçu , a détaché fon Lieutenant & trente hommes
qui ont pris poſte à la tête du Fauxbourg.
Sur les neuf heures , on a reconnu que la batterie
de mortiers , à laquelle l'ennemi travailloit depuis
plufieurs jours , étoit abandonnée , & qu'il y avoit
un grand mouvement dans le camp. Vers midi ,
a été totalement détendu ; toutes les Troupes fe
font mises en batailles , & à cinq heures elle ont
commencé à défiler vers Cancale. M. le Duc d'Aiguillon
a fait fortir de la Ville , à l'entrée de la
nuit , un Détachement de la Garniſon fous les
ordres de M.leComte de laTour d'Auvergne , compofé
de loixante
Gentilshommes Volontaires ,
d'environ cent cinquante Malouins & de quatre
cents cinquante hommes d'Infanterie , pour éclai
il
192 MERCURE DE FRANCE.
rer la marche des ennemis & entamer leur ar
riere-garde. Ils ont été joints fur les hauteurs de
Paramé par huit cents Gardes- Côtes & deux cents
cinquante Dragons. Le Comte d'Aubigny , Maréchal
de Camp , qui a conduit ce dernier Détachement
, a pris le commandement du tout. Les
Anglois ont laiffé dans leur camp une grande partie
de leurs fubfiftances , & pluſieurs canons encloués.
La retraite précipité des ennemis ne peut être
attribuée qu'à la nouvelle qu'ils ont reçue de la
prochaine arrivée des Troupes qui viennent de
Breft & de l'Orient au fecours de Saint-Malo . On
a fait une diligence incroyable , au moyen des
précautions qu'on a prifes d'établir des chariots
fur la route , pour porter les Soldats fatigués , &
du vin qu'on leur diſtribuoit de diftance en diftance..
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Résumé : « La Flotte Angloise ayant paru le 4 du mois de Juin à la côte [...] »
Le 4 juin, la flotte anglaise apparut devant Saint-Malo et débarqua à Cancale le lendemain. Le commandant du fort résista mais dut céder face au feu de deux frégates ennemies, ruinant les défenses. Les Anglais avancèrent jusqu'au faubourg de Saint-Servant et se retirèrent le 9 juin avant l'aube, rejoignant leur camp sur les hauteurs de Paramé. Le capitaine de la redoute du Nés envoya des hommes prendre position au faubourg. Vers midi, les troupes ennemies commencèrent à se retirer vers Cancale. Le duc d'Aiguillon envoya un détachement pour éclairer la marche des Anglais et attaquer leur arrière-garde. Ce détachement fut rejoint par des Gardes-Côtes et des Dragons. Les Anglais laissèrent derrière eux des subsistances et des canons encloués, leur retraite étant attribuée à la nouvelle de l'arrivée imminente des troupes de Brest et de l'Orient. Des mesures furent prises pour transporter les soldats fatigués et leur distribuer du vin.
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14534
p. 192-201
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le Roi a accordé à M. le Marquis de Brunoy, la charge de premier [...]
Mots clefs :
Roi, Nominations, Marquis, Ordonnances du roi, Troupes, Rations des soldats, Ingénieur, Régiments, Amérique, Victoires françaises, Marquis de Vaudreuil, Les sauvages, Expéditions, Fort Carillon, Vaisseaux, Corsaires, Navires anglais, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE Roi a accordé à M. le Marquis de Brunoy, la
charge de premier Maître d'Hôtel de Sa Majesté ,
vacante par la mort de M. le Marquis de Livry.
Le 21 Mai , M. le Comte de. Fouquet , nommé
Lieutenant-Général du Pays Meffin , prêta ferment
entre les mains du Roi.
24 Sa Majesté a nommé M. le Marquis d'Efears,
Menin de Monfeigneur le Dauphin.
፡ Il y a trois nouvelles Ordonnances du Roi concernant
les Troupes.
La premiere , du premier Mai , accorde une
augmentation de quatre onces par chaque ration
de pain de munition , dont la fourniture fera faite ,
fant en campagne que dans les garniſons , à commen
cer
JUILLET. 1798. 193
Γ
mencer du premier Juillet prochain , aux Troupes
de Sa Majefté , Françoifes & Etrangeres ; à
l'exception des Officiers auxquels le pain continuera
d'être fourni en campagne fur le pied de
vingt- quatre onces par ration .
Par la feconde , du même jour , il eft réglé que
dans les cas où par la difficulté des fourrages la
ration de Cavalerie ne pourra être compofée de
dix-huit livres de foin , ou de quinze livres de
foin & de cinq livres de paille , elle le fera de
douze livres de foin & de dix livres de paille ,
ou de neufliv. de foin , & de quinze liv. de paille.
Que la ration d'Infanterie fera , dans le même cas',
réduite de feize livres de foin , ou de douze livres
de foin & de huit livres de paille , à dix livres
de foin & dix livres de paille , ou à fept livres
de foin & quinze livres de paille . Que dans tous
les cas où l'avoine exiftant dans les magaſins ,
ne pourroit fuffire pour la confommation de la
Cavalérie & de l'Infanterie , on en fera la diftribution
de préférence à la Cavalerie , & qu'ily fera
fuppléé par rapport à l'Infanterie , avec du feigle ,
de l'orge ou de l'efpaute en paille , & par préférence
avec cette dernier efpece.
La troifieme , dus Mai , porte que les Ingé
nieurs qui avoient été réunis par l'Ordonnance
du 8 Décembre 1755 , au Corps de l'Artillerie ,
fous la dénomination de Corps Royal de l'Artillerie
& du Génie , en feront défunis pour former
un Corps féparé fous la dénomination du Corps
des Ingénieurs. En conféquence les In énieurs
qui ont été incorporés dans les Bataillons du Corps
Royal , en vertu de l'Ordonnance du premier Dé
cembre 1756 , quitteront les charges & emplois
qu'ils rempliffent dans les Bataillons , & fe rendront
dans les réfidences qui leur feront affignées;
LVol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
Ils ne feront dans les places & dans les armées ;
que le fervice d'Ingénieurs , & ne s'occuperont
plus à l'avenir des détails de l'Artillerie . Leur uniforme
fera de drap couleur bleu de Roi , paremens
de velours noirs , doublure de ferge rouge
vefte & culotte rouges ; l'habit fera garni jufqu'à
la taille de boutons de cuivre doré , cinq
fur chaque poche , & autant fur les manches.
teau ,
>
Dans la féance de l'Académie Françoiſe , tennuele
22 Mai , M. de la Curne de Sainte- Palaye,
de l'Académie des Infcriptions,à été élu pour remplir
la place vacante par la mort de M. de Boiffy.
Le Roi fit le 30 de Mai , dans la cour du Châla
revue des deux Compagnies des Moufquetaires
de fa Garde. Sa Majefté paffa dans les
rangs , & après que les deux Compagnies eurent
fait l'exercice à pied , Elle les vit défiler à cheval.
Monfeigneur le Dauphin accompagnoit le
Roi. La Reine , Madame la Dauphine , Madame
& Mefdames Victoire , Sophie & Louiſe , virent
larevue d'un des appartemens du Château.
Sa Majefté tint le même jour le fceau , pour la
trentieme fois.
M. de Moras ayant donné fa démiffion de la
charge de Secrétaire d'Etat au Département de la
Marine , le Roi a confié ce Département à M.
de Maffiac , Lieutenant- Général de fes Armées
Navales , qui prêta ferment entre les mains de
Sa Majefté le premier de ce mois. Le Roi a confervé
à M. de Moras fa place dans les Confeils.
Le Roi a donné le Régiment de Cavalerie de
Lenoncourt à M. le Marquis de Touftain de Viray
, Capitaine de Cavalerie dans le Régiment
Royal- Pologne.
Le Roi a donné le Régiment de Champagne ,
vacant par la nomination de M. le Comte de
Gifors , à l'emploi de Meftre de Camp- Lieute◄
JUILLET. 1758. 195
nant du Régiment des Carabiniers , à M. le Marquis
de Juigné , Colonel dans les Grenadiers de
France.
Celui de Nice , vacant par la mort de M. le
le Comte de la Queuille , à M. le Vicomte de
Cambis , Colonel d'un Régiment d'Infanterie.
Celui de Cambis , à M. le Vicomte de la Tournelle
, Capitaine de Grenadiers dans le même Régiment.
Celui de Cambrefis , vacant par la démiffion
de M. le Marquis de la Châtre , à M. de la Galiffonniere
, Capitaine Aide-Major dans le Régi
ment du Roi , Infanterie.
Celui de Foix , vacant par la promotion de
M. le Chevalier de Grollier au grade de Maréchal
de Camp , à M. le Comte de Rougé
Capitaine dans le Régiment de Vermandois ;
Et celui de Berwick , Irlandois , vacant par la
mort de M. le Comte de Filts - James , au fecond
fils de M. le Duc de Filtz - James , à condition
qu'il n'en prendra le commandement
que lorfqu'il aura rempli le temps de fervice
exigé par le Réglement que le Roi a donné le
29 Avril dernier.
Le Roi a donné à M. le Baron de Wurmfer ,
l'Inſpection des Troupes Allemandes dans fes
Armées .
Sa Majefté a fait choix de M. le Normant
de Mezy , Intendant des Armées Navales , pour
aider M. de Maffiac , Secrétaire d'Etat au Département
de la Marine , dans les fonctions &
dans les détails de ce Département , & fous fes
ordres , avec le titre d'Intendant Général de la
Marine & des Colonies.
Les de Juin , la Maifon de Sorbonne fit dans
fon Eglife un Service folemnel pour Benoît XIV,
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
MM. le Cardinal de Tavannes , le Nonce , &
l'Archevêque d'Embrun y affifterent avec toute
la Maiſon en corps. La Maifon de Sorbonne
n'eft point dans l'ufage de faire des Services à
la mort des Papes ; mais elle a reçu tant de
bienfaits de Benoît XIV , qu'elle a cru devoir
en cette occafion donner des marques particu
lieres de fa reconnoiffance pour lui , & de fon
attachement au Saint Siege. Le feu Pape a fair
préfent à la Maifon de Sorbonne de fon Portrait
, & de tous les Ouvrages.
Le Roi a nommé M. le Comte de Murinais
, premier Cornette des Chevaux - Légers
d'Aquitaine , a la Soulieutenance des Gendarmes
Anglois , vacante par la promotion de M.
le Comte de Bouville , au grade de Maréchal
de Camp.
M. le Comte de Coffé , Guidon des Gendar.
mes d'Aquitaine , à la premiere Cornette des
Chevaux- Legers d'Aquitaine ;
Et M. le Marquis de Montauban , Lieutenant
en fecond dans le Régiment d'Infanterie
du Roi , au Guidon des Gendarmes d'Aquitaine,
On vient d'apprendre par une Goelette expédiée
de Québec , qui a apporté des lettres du
Canada en date du 3 Mai dernier , les nouvelles
fuivantes.
Quoique les expéditions de cet hiver n'ayent
pas été confidérables , cependant les François
ont eu la fupériorité dans toutes les rencon
contres qu'ils ont eues avec les Anglois , foit
par les établiſſemens qu'ils leur ont détruites ,
Toit par les chevelures que leurs Sauvages ont
enlevées. Parmi une infinité de petites entreprifes
, on n'en rapportera que deux , qui ſuffitont
pour faire juger de la bravoure des Canadiens
& des Sauvages nos Alliés .
JUILLET. 1758. 197
M. le Marquis de Vandreuil s'étant détermi
né à faire attaquer le Village Anglois des
Emigrans , fitué fur la riviere de Corlak , fervant
d'entrepôt an ennemis , & rempli de toutes
fortes d'effets & munitions , y envoya M. de
Beletre , Lieutenant des Troupes de la Colonie
, avec un Détachement de trois cens Ca
nadiens & Sauvages. Malgré la rigueur de la
faifon , M. de Beletre arriva près de Corlak
après des peines incroyables ; il ramaffa fur fa
route plufieurs Sauvages des cinq Nations Iroquoifes
& des Onneyoutes qui fe joignirent à
lui , & ayant paffé la riviere , moitié à la nage
& moitié dans l'eau jufqu'au col , il fit tour
de fuite fon plan d'attaque. Le Village étoit
couvert de cinq petits Forts que les Anglois
avoient été contraints d'abandonner depuis la
démolition de Choueguen , mais dont ils s'étoient
remis en poffeffion . M. de Beletre entreprit
de les emporter d'affaut l'un après Pautre
, & il y réuffit part l'épouvante qu'il jetta
parmi les Anglois. Le Chef du Village , qui
commandoit dans le premier , s'étant rendu à
difcrétion , M. de Beletre fe rendit bientôt maître
des autres , & il y fit mettre le feu. Pendant
cete opération , une partie de fa Troupe
s'attacha à piller & à brûler le Village compofé
d'environ foixante maifons . Le pillage fut
très-confidérable : outre une grande quantité de
farines , & de toutes fortes de grains , de munitions
& d'effets de toute efpece , on prit quatre
mille bêtes à cornes , trois mille moutons
autant de cochons , & cinq cents chevaux ; ce
qui ne doit pas furprendre , attendu que les
Anglois avoient formé dans ce Village un magafin
, pour la traite des cinq Nations Iroquoi
Liij
198 MERCURE DE FRANCE.
fes & de celles d'enhaut. On affure que le Chef
feul a fait une perte de quatre cents mille livres
. Une partie de la Garniſon du Fort Kouary
s'étant miſe en marche , pour venir au fecours
des Anglois , fut contrainte de repaffer la riviere
à la nage , après avoir effuyé plufieurs décharges
de moufqueterie . Cette petite expédition
s'eft faite le 13 Novembre dernier , & elle
a été d'autant plus avantageufe , qu'elle a produit
un bon effet fur l'efprit des Sauvages . Les
Anglois y ont perdu cinquante hommes , & on
Jeur a fait cent foixante-dix prifonniers , dont
plufieurs Officiers . La perte des François a été
fort peu confidérable.
La deuxieme expédition s'eſt paffée du côté du
Fort Carillon . M. le Marquis de Vaudreuil ayant
été informé que les Anglois méditoient une entreprife
fur ce Fort , en fit fortir un détachement
d'environ deux cens Canadiens & Sauvages , fous
le commandement de M. du Rentay , Cadet dans
les troupes de la Colonie. A peine M. du Rentay
fut en campagne , qu'il apperçut un détachement
Anglois , dont le nombre étoit prefqu'égal au fien,
qui étoit pofté fur la montage Pelée : c'étoit un
détachement de Troupes d'élite & de coureurs de
bois , commandés par le Major Robert Roger ,
fameux Partifan . Malgré la pofition avantageuſe
de l'ennemi , M. du Rentay l'attaqua , & par une
fuite fimulée , engagea le Major Robert à defcendre
fur lui ; celui - ci donna dans le piege , & defcendit
de la montagne avec précipitation , croyant
pourſuivre des fuyards ; mais il fut bientôt enveloppé.
Le combat fut très-vif , & dura pendant
quatre heures ; les Sauvages leverent la chevelure
au Major Robert Roger , à huit Officiers & à cent
quarante Anglois . On croit que le refte du déta
JUILLET. 1758. 199
chement a péri miférablement , deux Officiers Anglois
ayant été obligés de venir fe réfugier dans
le Fort Carillon. Cette action eft d'autant plus
belle , qu'elle a été conduite par un Cadet , & que
fes camarades , ainfi que les Ĉanadiens & les Sauvages
, ont combattu fous fes ordres avec toute la
valeur & la fubordination poffibles . Il y a eu treize
Iroquois & un Népiffingue tués , & deux Cadets ,
quinze Iroquois , un Abenakife & un Canadien
bleffés dangereufement.
M. le Duc de Modene pour reconnoître les
bons fervices que M. le Comte de Mozone , fon
Plénipotentiaire au Congrès d'Aix- la Chapelle , &
fon Miniftre à la Cour de France , vient d'accorà
Madame la Comteffe de Mozone , fa veuve ,
5000 liv . de rente .
Le Vaiffeau du Roi le Triton & la Frégate la
Minerve , ont pris & conduit à Toulon un Corfaire
Anglois armé de 18 canons , & de 107 hommes
d'équipage .
Deux autres Corfaires Anglois appellés , l'un
la Minerve , de Jerzey , de 10 canons & de 70
hommes d'équipage ; l'autre le Mercure , du même
port , armé de 4 canons & de 31 hommes d'équipage
, ont été pris par la Frégate du Roi la
Félicité, & la Corvette la Tourterelle . Il y avoit fur
le premier de ces Corfaires cinq ôtages provenans
d'un pareil nombre de bâtiment François qu'il
avoit rançonnés.
Le Navire Anglois l'Heureux Retour , de 115
tonneaux , charg de charbon de terre , a été pris
par le Corfaire le Duc d'Ayen , de Boulogne , qui
l'a fait conduire au Havre.
Les Corfaires le Conquérant & l'Agrippe , de
Cherbourg , ont pris & conduit en ce port , l'un
un Brigantin Anglois chargé de lin , l'autre un
liv
200 MERCURE DE FRANCE.
Navire de 90 tonneaux chargé de tuiles.
Il eft de plus arrivé à Cherbourg un Navire
Anglois de 90 tonneaux , qui a été pris par le
Corfaire le Printemps , de Dunkerque , & qui eft
chargé de bled.
Les Corfaires le Comte de la Riviere & le Mefny,
de Granville , ont fait deux rançons , l'une de
200 livres fterlings , l'autre de 700 guinées.
Le Corfaire la Menette , de l'Orient , a pris &
conduit à Morlaix trois Bateaux Anglois , dont un
eft chargé de poiffon frais , & les deux autres de
grains.
>
Le Navire Anglois le Menavé , de 80 tonneaux,
chargé de boeuf, de lard & de beurre d'Irlande
a été pris par le Corfaire la Comteffe de Bentheim ,
qui l'a fait conduire au Port- Louis.
Le Capitaine Anglade , commandant le Corfaire
la Françoife , de Bayonne , a rançonné pour
2500 livres fterlings un Navire Anglois , dont il
s'étoit rendu maître..
La Gentille , autre Corfaire de Bayonne , s'eft
emparé d'un Navire Anglois chargé de harengs ,
qui a été conduit par relâche dans un port d'Efpagne.
La Frégate du Roi la Danaé , & la Corvette
l'Harmonie , fe font emparé d'un petit Corſaire
de Jerzey , armé de 4 canons , qui a été conduit
au Havre.
Le Senaw Anglois le Mairg , de 140 tonneaux
chargé de charbon de terre , a été pris par le
Corfaire l'Aventurier , de Dunkerque , où il eft
arrivé.
Le Corfaire le Don de Dieu y a auffi fait con
duire un Bateau Anglois qui étoit fur fon left , &
il a rançonné pour quatre - vingts- quinze guinées
un autre Bâtiment dont il s'étoit emparé..
JUILLET. 1758. ΣΟΥ
Le Corfaire le Duc d'Ayen a pris & conduit au
Havre le Navire Anglois le Prince Frédéric , de
120 tonneaux , chargé de raifins & de tartre.
On mande de Granville , que le Corfaire le
Machault , de ce port , a rançonné pour cinq
mille livres sterlings le Navire Anglois la Marie
dont il s'eft emparé.
Le Capitaine Avice , commandant le Corfaire
la Comteffe de Bentheim , s'eft rendu maître du
Corfaire Anglois la Tartare , de Briſtol , armé
de 24 canons & de 100 hommes d'équipage , & il
P'a fait conduire à Cherbourg.
Le même Corfaire a pris & conduit à Saint-
Malo le Navire Anglois la Conformation , de 275
tonneaux , chargé de 997 barrils de riz & de bois
d'acajou .
Il eft arrivé à Morlaix un Senaw Anglois appellé
la Bety , de 180 tonneaux , chargé de tabac ,
de merrain & de fer. Ce Bâtiment a été pris par
le Capitaine de Lille , commandant le Corfaire la
Fulvie , de Dunkerque.
LE Roi a accordé à M. le Marquis de Brunoy, la
charge de premier Maître d'Hôtel de Sa Majesté ,
vacante par la mort de M. le Marquis de Livry.
Le 21 Mai , M. le Comte de. Fouquet , nommé
Lieutenant-Général du Pays Meffin , prêta ferment
entre les mains du Roi.
24 Sa Majesté a nommé M. le Marquis d'Efears,
Menin de Monfeigneur le Dauphin.
፡ Il y a trois nouvelles Ordonnances du Roi concernant
les Troupes.
La premiere , du premier Mai , accorde une
augmentation de quatre onces par chaque ration
de pain de munition , dont la fourniture fera faite ,
fant en campagne que dans les garniſons , à commen
cer
JUILLET. 1798. 193
Γ
mencer du premier Juillet prochain , aux Troupes
de Sa Majefté , Françoifes & Etrangeres ; à
l'exception des Officiers auxquels le pain continuera
d'être fourni en campagne fur le pied de
vingt- quatre onces par ration .
Par la feconde , du même jour , il eft réglé que
dans les cas où par la difficulté des fourrages la
ration de Cavalerie ne pourra être compofée de
dix-huit livres de foin , ou de quinze livres de
foin & de cinq livres de paille , elle le fera de
douze livres de foin & de dix livres de paille ,
ou de neufliv. de foin , & de quinze liv. de paille.
Que la ration d'Infanterie fera , dans le même cas',
réduite de feize livres de foin , ou de douze livres
de foin & de huit livres de paille , à dix livres
de foin & dix livres de paille , ou à fept livres
de foin & quinze livres de paille . Que dans tous
les cas où l'avoine exiftant dans les magaſins ,
ne pourroit fuffire pour la confommation de la
Cavalérie & de l'Infanterie , on en fera la diftribution
de préférence à la Cavalerie , & qu'ily fera
fuppléé par rapport à l'Infanterie , avec du feigle ,
de l'orge ou de l'efpaute en paille , & par préférence
avec cette dernier efpece.
La troifieme , dus Mai , porte que les Ingé
nieurs qui avoient été réunis par l'Ordonnance
du 8 Décembre 1755 , au Corps de l'Artillerie ,
fous la dénomination de Corps Royal de l'Artillerie
& du Génie , en feront défunis pour former
un Corps féparé fous la dénomination du Corps
des Ingénieurs. En conféquence les In énieurs
qui ont été incorporés dans les Bataillons du Corps
Royal , en vertu de l'Ordonnance du premier Dé
cembre 1756 , quitteront les charges & emplois
qu'ils rempliffent dans les Bataillons , & fe rendront
dans les réfidences qui leur feront affignées;
LVol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
Ils ne feront dans les places & dans les armées ;
que le fervice d'Ingénieurs , & ne s'occuperont
plus à l'avenir des détails de l'Artillerie . Leur uniforme
fera de drap couleur bleu de Roi , paremens
de velours noirs , doublure de ferge rouge
vefte & culotte rouges ; l'habit fera garni jufqu'à
la taille de boutons de cuivre doré , cinq
fur chaque poche , & autant fur les manches.
teau ,
>
Dans la féance de l'Académie Françoiſe , tennuele
22 Mai , M. de la Curne de Sainte- Palaye,
de l'Académie des Infcriptions,à été élu pour remplir
la place vacante par la mort de M. de Boiffy.
Le Roi fit le 30 de Mai , dans la cour du Châla
revue des deux Compagnies des Moufquetaires
de fa Garde. Sa Majefté paffa dans les
rangs , & après que les deux Compagnies eurent
fait l'exercice à pied , Elle les vit défiler à cheval.
Monfeigneur le Dauphin accompagnoit le
Roi. La Reine , Madame la Dauphine , Madame
& Mefdames Victoire , Sophie & Louiſe , virent
larevue d'un des appartemens du Château.
Sa Majefté tint le même jour le fceau , pour la
trentieme fois.
M. de Moras ayant donné fa démiffion de la
charge de Secrétaire d'Etat au Département de la
Marine , le Roi a confié ce Département à M.
de Maffiac , Lieutenant- Général de fes Armées
Navales , qui prêta ferment entre les mains de
Sa Majefté le premier de ce mois. Le Roi a confervé
à M. de Moras fa place dans les Confeils.
Le Roi a donné le Régiment de Cavalerie de
Lenoncourt à M. le Marquis de Touftain de Viray
, Capitaine de Cavalerie dans le Régiment
Royal- Pologne.
Le Roi a donné le Régiment de Champagne ,
vacant par la nomination de M. le Comte de
Gifors , à l'emploi de Meftre de Camp- Lieute◄
JUILLET. 1758. 195
nant du Régiment des Carabiniers , à M. le Marquis
de Juigné , Colonel dans les Grenadiers de
France.
Celui de Nice , vacant par la mort de M. le
le Comte de la Queuille , à M. le Vicomte de
Cambis , Colonel d'un Régiment d'Infanterie.
Celui de Cambis , à M. le Vicomte de la Tournelle
, Capitaine de Grenadiers dans le même Régiment.
Celui de Cambrefis , vacant par la démiffion
de M. le Marquis de la Châtre , à M. de la Galiffonniere
, Capitaine Aide-Major dans le Régi
ment du Roi , Infanterie.
Celui de Foix , vacant par la promotion de
M. le Chevalier de Grollier au grade de Maréchal
de Camp , à M. le Comte de Rougé
Capitaine dans le Régiment de Vermandois ;
Et celui de Berwick , Irlandois , vacant par la
mort de M. le Comte de Filts - James , au fecond
fils de M. le Duc de Filtz - James , à condition
qu'il n'en prendra le commandement
que lorfqu'il aura rempli le temps de fervice
exigé par le Réglement que le Roi a donné le
29 Avril dernier.
Le Roi a donné à M. le Baron de Wurmfer ,
l'Inſpection des Troupes Allemandes dans fes
Armées .
Sa Majefté a fait choix de M. le Normant
de Mezy , Intendant des Armées Navales , pour
aider M. de Maffiac , Secrétaire d'Etat au Département
de la Marine , dans les fonctions &
dans les détails de ce Département , & fous fes
ordres , avec le titre d'Intendant Général de la
Marine & des Colonies.
Les de Juin , la Maifon de Sorbonne fit dans
fon Eglife un Service folemnel pour Benoît XIV,
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
MM. le Cardinal de Tavannes , le Nonce , &
l'Archevêque d'Embrun y affifterent avec toute
la Maiſon en corps. La Maifon de Sorbonne
n'eft point dans l'ufage de faire des Services à
la mort des Papes ; mais elle a reçu tant de
bienfaits de Benoît XIV , qu'elle a cru devoir
en cette occafion donner des marques particu
lieres de fa reconnoiffance pour lui , & de fon
attachement au Saint Siege. Le feu Pape a fair
préfent à la Maifon de Sorbonne de fon Portrait
, & de tous les Ouvrages.
Le Roi a nommé M. le Comte de Murinais
, premier Cornette des Chevaux - Légers
d'Aquitaine , a la Soulieutenance des Gendarmes
Anglois , vacante par la promotion de M.
le Comte de Bouville , au grade de Maréchal
de Camp.
M. le Comte de Coffé , Guidon des Gendar.
mes d'Aquitaine , à la premiere Cornette des
Chevaux- Legers d'Aquitaine ;
Et M. le Marquis de Montauban , Lieutenant
en fecond dans le Régiment d'Infanterie
du Roi , au Guidon des Gendarmes d'Aquitaine,
On vient d'apprendre par une Goelette expédiée
de Québec , qui a apporté des lettres du
Canada en date du 3 Mai dernier , les nouvelles
fuivantes.
Quoique les expéditions de cet hiver n'ayent
pas été confidérables , cependant les François
ont eu la fupériorité dans toutes les rencon
contres qu'ils ont eues avec les Anglois , foit
par les établiſſemens qu'ils leur ont détruites ,
Toit par les chevelures que leurs Sauvages ont
enlevées. Parmi une infinité de petites entreprifes
, on n'en rapportera que deux , qui ſuffitont
pour faire juger de la bravoure des Canadiens
& des Sauvages nos Alliés .
JUILLET. 1758. 197
M. le Marquis de Vandreuil s'étant détermi
né à faire attaquer le Village Anglois des
Emigrans , fitué fur la riviere de Corlak , fervant
d'entrepôt an ennemis , & rempli de toutes
fortes d'effets & munitions , y envoya M. de
Beletre , Lieutenant des Troupes de la Colonie
, avec un Détachement de trois cens Ca
nadiens & Sauvages. Malgré la rigueur de la
faifon , M. de Beletre arriva près de Corlak
après des peines incroyables ; il ramaffa fur fa
route plufieurs Sauvages des cinq Nations Iroquoifes
& des Onneyoutes qui fe joignirent à
lui , & ayant paffé la riviere , moitié à la nage
& moitié dans l'eau jufqu'au col , il fit tour
de fuite fon plan d'attaque. Le Village étoit
couvert de cinq petits Forts que les Anglois
avoient été contraints d'abandonner depuis la
démolition de Choueguen , mais dont ils s'étoient
remis en poffeffion . M. de Beletre entreprit
de les emporter d'affaut l'un après Pautre
, & il y réuffit part l'épouvante qu'il jetta
parmi les Anglois. Le Chef du Village , qui
commandoit dans le premier , s'étant rendu à
difcrétion , M. de Beletre fe rendit bientôt maître
des autres , & il y fit mettre le feu. Pendant
cete opération , une partie de fa Troupe
s'attacha à piller & à brûler le Village compofé
d'environ foixante maifons . Le pillage fut
très-confidérable : outre une grande quantité de
farines , & de toutes fortes de grains , de munitions
& d'effets de toute efpece , on prit quatre
mille bêtes à cornes , trois mille moutons
autant de cochons , & cinq cents chevaux ; ce
qui ne doit pas furprendre , attendu que les
Anglois avoient formé dans ce Village un magafin
, pour la traite des cinq Nations Iroquoi
Liij
198 MERCURE DE FRANCE.
fes & de celles d'enhaut. On affure que le Chef
feul a fait une perte de quatre cents mille livres
. Une partie de la Garniſon du Fort Kouary
s'étant miſe en marche , pour venir au fecours
des Anglois , fut contrainte de repaffer la riviere
à la nage , après avoir effuyé plufieurs décharges
de moufqueterie . Cette petite expédition
s'eft faite le 13 Novembre dernier , & elle
a été d'autant plus avantageufe , qu'elle a produit
un bon effet fur l'efprit des Sauvages . Les
Anglois y ont perdu cinquante hommes , & on
Jeur a fait cent foixante-dix prifonniers , dont
plufieurs Officiers . La perte des François a été
fort peu confidérable.
La deuxieme expédition s'eſt paffée du côté du
Fort Carillon . M. le Marquis de Vaudreuil ayant
été informé que les Anglois méditoient une entreprife
fur ce Fort , en fit fortir un détachement
d'environ deux cens Canadiens & Sauvages , fous
le commandement de M. du Rentay , Cadet dans
les troupes de la Colonie. A peine M. du Rentay
fut en campagne , qu'il apperçut un détachement
Anglois , dont le nombre étoit prefqu'égal au fien,
qui étoit pofté fur la montage Pelée : c'étoit un
détachement de Troupes d'élite & de coureurs de
bois , commandés par le Major Robert Roger ,
fameux Partifan . Malgré la pofition avantageuſe
de l'ennemi , M. du Rentay l'attaqua , & par une
fuite fimulée , engagea le Major Robert à defcendre
fur lui ; celui - ci donna dans le piege , & defcendit
de la montagne avec précipitation , croyant
pourſuivre des fuyards ; mais il fut bientôt enveloppé.
Le combat fut très-vif , & dura pendant
quatre heures ; les Sauvages leverent la chevelure
au Major Robert Roger , à huit Officiers & à cent
quarante Anglois . On croit que le refte du déta
JUILLET. 1758. 199
chement a péri miférablement , deux Officiers Anglois
ayant été obligés de venir fe réfugier dans
le Fort Carillon. Cette action eft d'autant plus
belle , qu'elle a été conduite par un Cadet , & que
fes camarades , ainfi que les Ĉanadiens & les Sauvages
, ont combattu fous fes ordres avec toute la
valeur & la fubordination poffibles . Il y a eu treize
Iroquois & un Népiffingue tués , & deux Cadets ,
quinze Iroquois , un Abenakife & un Canadien
bleffés dangereufement.
M. le Duc de Modene pour reconnoître les
bons fervices que M. le Comte de Mozone , fon
Plénipotentiaire au Congrès d'Aix- la Chapelle , &
fon Miniftre à la Cour de France , vient d'accorà
Madame la Comteffe de Mozone , fa veuve ,
5000 liv . de rente .
Le Vaiffeau du Roi le Triton & la Frégate la
Minerve , ont pris & conduit à Toulon un Corfaire
Anglois armé de 18 canons , & de 107 hommes
d'équipage .
Deux autres Corfaires Anglois appellés , l'un
la Minerve , de Jerzey , de 10 canons & de 70
hommes d'équipage ; l'autre le Mercure , du même
port , armé de 4 canons & de 31 hommes d'équipage
, ont été pris par la Frégate du Roi la
Félicité, & la Corvette la Tourterelle . Il y avoit fur
le premier de ces Corfaires cinq ôtages provenans
d'un pareil nombre de bâtiment François qu'il
avoit rançonnés.
Le Navire Anglois l'Heureux Retour , de 115
tonneaux , charg de charbon de terre , a été pris
par le Corfaire le Duc d'Ayen , de Boulogne , qui
l'a fait conduire au Havre.
Les Corfaires le Conquérant & l'Agrippe , de
Cherbourg , ont pris & conduit en ce port , l'un
un Brigantin Anglois chargé de lin , l'autre un
liv
200 MERCURE DE FRANCE.
Navire de 90 tonneaux chargé de tuiles.
Il eft de plus arrivé à Cherbourg un Navire
Anglois de 90 tonneaux , qui a été pris par le
Corfaire le Printemps , de Dunkerque , & qui eft
chargé de bled.
Les Corfaires le Comte de la Riviere & le Mefny,
de Granville , ont fait deux rançons , l'une de
200 livres fterlings , l'autre de 700 guinées.
Le Corfaire la Menette , de l'Orient , a pris &
conduit à Morlaix trois Bateaux Anglois , dont un
eft chargé de poiffon frais , & les deux autres de
grains.
>
Le Navire Anglois le Menavé , de 80 tonneaux,
chargé de boeuf, de lard & de beurre d'Irlande
a été pris par le Corfaire la Comteffe de Bentheim ,
qui l'a fait conduire au Port- Louis.
Le Capitaine Anglade , commandant le Corfaire
la Françoife , de Bayonne , a rançonné pour
2500 livres fterlings un Navire Anglois , dont il
s'étoit rendu maître..
La Gentille , autre Corfaire de Bayonne , s'eft
emparé d'un Navire Anglois chargé de harengs ,
qui a été conduit par relâche dans un port d'Efpagne.
La Frégate du Roi la Danaé , & la Corvette
l'Harmonie , fe font emparé d'un petit Corſaire
de Jerzey , armé de 4 canons , qui a été conduit
au Havre.
Le Senaw Anglois le Mairg , de 140 tonneaux
chargé de charbon de terre , a été pris par le
Corfaire l'Aventurier , de Dunkerque , où il eft
arrivé.
Le Corfaire le Don de Dieu y a auffi fait con
duire un Bateau Anglois qui étoit fur fon left , &
il a rançonné pour quatre - vingts- quinze guinées
un autre Bâtiment dont il s'étoit emparé..
JUILLET. 1758. ΣΟΥ
Le Corfaire le Duc d'Ayen a pris & conduit au
Havre le Navire Anglois le Prince Frédéric , de
120 tonneaux , chargé de raifins & de tartre.
On mande de Granville , que le Corfaire le
Machault , de ce port , a rançonné pour cinq
mille livres sterlings le Navire Anglois la Marie
dont il s'eft emparé.
Le Capitaine Avice , commandant le Corfaire
la Comteffe de Bentheim , s'eft rendu maître du
Corfaire Anglois la Tartare , de Briſtol , armé
de 24 canons & de 100 hommes d'équipage , & il
P'a fait conduire à Cherbourg.
Le même Corfaire a pris & conduit à Saint-
Malo le Navire Anglois la Conformation , de 275
tonneaux , chargé de 997 barrils de riz & de bois
d'acajou .
Il eft arrivé à Morlaix un Senaw Anglois appellé
la Bety , de 180 tonneaux , chargé de tabac ,
de merrain & de fer. Ce Bâtiment a été pris par
le Capitaine de Lille , commandant le Corfaire la
Fulvie , de Dunkerque.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le document relate divers événements et nominations à la cour du roi. Le marquis de Brunoy a été nommé premier Maître d'Hôtel du roi, succédant au marquis de Livry. Le comte de Fouquet a prêté serment en tant que Lieutenant-Général du Pays Meffin, et le marquis d'Effears a été nommé Menin du Dauphin. Trois ordonnances royales concernant les troupes ont été publiées : la première augmente la ration de pain, la deuxième régule les rations de fourrage en cas de difficulté, et la troisième rétablit le corps des Ingénieurs séparément de l'Artillerie. À l'Académie Française, de la Curne de Sainte-Palaye a été élu pour remplacer Boiffy. Le roi a passé en revue les Mousquetaires et a tenu le sceau pour la trentième fois. Plusieurs changements ont eu lieu dans les départements et régiments, notamment au Département de la Marine avec Moras et Massiac, et dans divers régiments de cavalerie et d'infanterie. Des nouvelles du Canada rapportent des succès militaires des Français contre les Anglais. Le duc de Modène a accordé une rente à la veuve du comte de Mozone. Plusieurs prises de navires anglais par des vaisseaux français sont également mentionnées. En juillet 1758, plusieurs actions navales impliquant des corsaires français ont été rapportées. La Gentille, un corsaire de Bayonne, a capturé un navire anglais chargé de harengs, lequel a été conduit dans un port espagnol. La frégate royale Danaé et la corvette l'Harmonie ont pris un petit corsaire de Jersey armé de quatre canons, conduit au Havre. Le corsaire l'Aventurier, de Dunkerque, a capturé le senau anglais le Mairg, chargé de charbon, et l'a ramené à Dunkerque. Le corsaire le Don de Dieu a conduit un bateau anglais et a rançonné un autre bâtiment pour quatre-vingt-quinze guinées. Le corsaire le Duc d'Ayen a pris le navire anglais le Prince Frédéric, chargé de raisins et de tartre, et l'a conduit au Havre. À Granville, le corsaire le Machault a rançonné le navire anglais la Marie pour cinq mille livres sterlings. Le capitaine Avice, commandant le corsaire la Comtesse de Bentheim, a capturé le corsaire anglais la Tartare, armé de vingt-quatre canons et cent hommes d'équipage, et l'a conduit à Cherbourg. Le même corsaire a également pris le navire anglais la Conformation, chargé de riz et de bois d'acajou, et l'a conduit à Saint-Malo. Enfin, le corsaire la Fulvie, de Dunkerque, a capturé le senau anglais la Bety, chargé de tabac, de merrain et de fer, lequel a été conduit à Morlaix.
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14535
p. 201-202
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
La Dame d'Aubeterre, que le Roi avoit nommée à l'Abbaye de [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Religieuse, Abbé, Chanoine
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texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
A Dame d'Aubeterre , que le Roi avoit nommée
à l'Abbaye de Saint Jean de Bonneval - lez-
Thouars , Ordre de Citeaux , Diocefe de Poitiers,
ayant fupplié Sa Majefté de lui permettre de ne
pas l'accepter , cette Abbaye a été donnée à la
Dame de la Guiche , Religieufe Bénédictine de
P'Abbaye de Saint Julien , à Dijon ; l'Abbaye de
Saint Germain d'Auxerre , Ordre de Saint Benoît
à M. PAbbé Dutrouffet d'Héricourt , Confeiller-
Clerc du Parlement de Paris , lequel a remis celle
de Saint Crefpin- le-Grand , Diocefe & ville de
"*
Liv
)-
202 MERCURE DE FRANCE,
Soiffons , & l'Abbaye de Saint Cheron , Ordre de
Saint Auguftin , Dioceſe de Chartres, à M. l'Abbé
Riviere , Chanoine de Saint Merry , & Clerc de la
Chapelle de la Reine .
A Dame d'Aubeterre , que le Roi avoit nommée
à l'Abbaye de Saint Jean de Bonneval - lez-
Thouars , Ordre de Citeaux , Diocefe de Poitiers,
ayant fupplié Sa Majefté de lui permettre de ne
pas l'accepter , cette Abbaye a été donnée à la
Dame de la Guiche , Religieufe Bénédictine de
P'Abbaye de Saint Julien , à Dijon ; l'Abbaye de
Saint Germain d'Auxerre , Ordre de Saint Benoît
à M. PAbbé Dutrouffet d'Héricourt , Confeiller-
Clerc du Parlement de Paris , lequel a remis celle
de Saint Crefpin- le-Grand , Diocefe & ville de
"*
Liv
)-
202 MERCURE DE FRANCE,
Soiffons , & l'Abbaye de Saint Cheron , Ordre de
Saint Auguftin , Dioceſe de Chartres, à M. l'Abbé
Riviere , Chanoine de Saint Merry , & Clerc de la
Chapelle de la Reine .
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Le Roi a redistribué plusieurs abbayes. Dame d'Aubeterre a refusé l'Abbaye de Saint Jean de Bonneval, attribuée à la Dame de la Guiche. L'Abbaye de Saint Germain d'Auxerre a été donnée à M. l'Abbé Dutrouffet d'Héricourt, qui a cédé l'Abbaye de Saint Crefpin-le-Grand. L'Abbaye de Saint Cheron a été attribuée à M. l'Abbé Rivière.
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14536
p. 202-203
MARIAGES ET MORTS.
Début :
Messire Louis-Marie-Bretagne-Dominique de Rohan-Chabot, Duc de Rohan, [...]
Mots clefs :
Duc de Rohan, Mariage, Pair de France, Gouverneur, Lieutenant, Dame, Morts, Auteur
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
MESSIRE Louis-Marie-Bretagne-Dominique de
Rohan -Chabot , Duc de Rohan , Pair de France
Prince de Léon , a été marié le 23 Mai par M.
l'Archevêque d'Alby, dans la Chapelle particuliere
de l'hôtel d'Uzès, avec Damoiſelle Emilie de Cruffol
d'Uzès , fille de Charles- Emmanuel de Cruffol,
Duc d'Uzès , Pair de France , & de feue Emilie
de la Rochefoucauld. M. le Duc de Rohan avoit
épousé en premieres noces Charlotte- Rofalie de
Châtillon .
•
Le même jour , Meffire Marie- Jofeph - Louis
d'Albert d'Ailly , Vidame d'Amiens , Cornette de
la compagnie des Chevaux - Légers de la Garde du
Roi , fils de Michel - Ferdinand d'Albert d'Ailly ,
Duc de Chaulnes , Pair de France , Vidame d'Amiens
, Chevalier des Ordres du Roi , Capitaine-
Lieutenant des Chevaux - Légers de fa Garde
Lieutenant général de fes Armées , Gouverneur &
Lieutenant général des Provinces de Picardie &
d'Artois , & d'Anne-Marie-Jofephine Bonnier , a
épousé Damoiselle Marie- Paule Angélique d'Albert
, fille de Marie- Charles Louis d'Albert , Duc
de Chevreule , Lieutenant général des Armées du
Roi , Colonel général des Dragons , Gouverneur
& Lieutenant général pour le Roi de la Ville
Prévôté & Vicomté de Paris , & de Henriette-
Nicole d'Egmont- Pigna telly , Dame d'honneur
JUILLET. 1758. 203
de la Reine. La Bénédiction leur a été donnée dans
l'Eglife de la Paroiffe de Dampierre , par M. l'Evêque
de Chartres, premier Aumônier de la Reine.
Leur contrat de mariage avoit été figné le 21 par
Leurs Majeftés & la Famille Royale.
Dame Louife - Françoife Gonet , femme de M.
Pierre Dufour , Ecuyer , Maître d'Hôtel du Roi ,
Nourrice de Monfeigneur le Dauphin , & premiere
Femme de Chambre de Madame la Dau
phine , eft morte à Versailles le 20 Mai.
Meffire Etienne-Marie , Marquis d'Eſcorailles ,
Lieutenant général des Armées du Roi , ancien
premier Soulieutenant des Chevaux - Légers de la
Garde , eft mort en cette Ville le 31 âgé de cinquante-
huit ans.
Damoiselle Marguerite de Luffan , Auteur de
plufieurs Ouvrages qui lui affurent une place diftinguée
parmi les perfonnes de fon fexe , connues
honorablement dans les Lettres par leurs talens ,
eft morte à Paris le 31 Mai , âgée d'environ 72 ans.
La Cour , pour récompenfer fon mérite , lui avoit
accordé depuis 1755 , 2000 livres de gratification
annuelle fur le Mercure , en vertu des pensions
que le Roi accorde fur le produit de cet Ouvrage
périodique.
MESSIRE Louis-Marie-Bretagne-Dominique de
Rohan -Chabot , Duc de Rohan , Pair de France
Prince de Léon , a été marié le 23 Mai par M.
l'Archevêque d'Alby, dans la Chapelle particuliere
de l'hôtel d'Uzès, avec Damoiſelle Emilie de Cruffol
d'Uzès , fille de Charles- Emmanuel de Cruffol,
Duc d'Uzès , Pair de France , & de feue Emilie
de la Rochefoucauld. M. le Duc de Rohan avoit
épousé en premieres noces Charlotte- Rofalie de
Châtillon .
•
Le même jour , Meffire Marie- Jofeph - Louis
d'Albert d'Ailly , Vidame d'Amiens , Cornette de
la compagnie des Chevaux - Légers de la Garde du
Roi , fils de Michel - Ferdinand d'Albert d'Ailly ,
Duc de Chaulnes , Pair de France , Vidame d'Amiens
, Chevalier des Ordres du Roi , Capitaine-
Lieutenant des Chevaux - Légers de fa Garde
Lieutenant général de fes Armées , Gouverneur &
Lieutenant général des Provinces de Picardie &
d'Artois , & d'Anne-Marie-Jofephine Bonnier , a
épousé Damoiselle Marie- Paule Angélique d'Albert
, fille de Marie- Charles Louis d'Albert , Duc
de Chevreule , Lieutenant général des Armées du
Roi , Colonel général des Dragons , Gouverneur
& Lieutenant général pour le Roi de la Ville
Prévôté & Vicomté de Paris , & de Henriette-
Nicole d'Egmont- Pigna telly , Dame d'honneur
JUILLET. 1758. 203
de la Reine. La Bénédiction leur a été donnée dans
l'Eglife de la Paroiffe de Dampierre , par M. l'Evêque
de Chartres, premier Aumônier de la Reine.
Leur contrat de mariage avoit été figné le 21 par
Leurs Majeftés & la Famille Royale.
Dame Louife - Françoife Gonet , femme de M.
Pierre Dufour , Ecuyer , Maître d'Hôtel du Roi ,
Nourrice de Monfeigneur le Dauphin , & premiere
Femme de Chambre de Madame la Dau
phine , eft morte à Versailles le 20 Mai.
Meffire Etienne-Marie , Marquis d'Eſcorailles ,
Lieutenant général des Armées du Roi , ancien
premier Soulieutenant des Chevaux - Légers de la
Garde , eft mort en cette Ville le 31 âgé de cinquante-
huit ans.
Damoiselle Marguerite de Luffan , Auteur de
plufieurs Ouvrages qui lui affurent une place diftinguée
parmi les perfonnes de fon fexe , connues
honorablement dans les Lettres par leurs talens ,
eft morte à Paris le 31 Mai , âgée d'environ 72 ans.
La Cour , pour récompenfer fon mérite , lui avoit
accordé depuis 1755 , 2000 livres de gratification
annuelle fur le Mercure , en vertu des pensions
que le Roi accorde fur le produit de cet Ouvrage
périodique.
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Résumé : MARIAGES ET MORTS.
En mai et juin 1758, deux mariages et quatre décès notables ont été enregistrés. Le 23 mai, le Duc de Rohan, Louis-Marie-Bretagne-Dominique de Rohan-Chabot, a épousé Damoiselle Emilie de Cruffol d'Uzès. Il avait précédemment épousé Charlotte-Rofalie de Châtillon. Le même jour, Marie-Joseph-Louis d'Albert d'Ailly, Vidame d'Amiens, a épousé Damoiselle Marie-Paule Angélique d'Albert dans l'église de Dampierre. Leur contrat de mariage avait été signé le 21 mai par Leurs Majestés et la Famille Royale. Parmi les décès, Dame Louise-Françoise Gonet, nourrice du Dauphin et première femme de chambre de la Dauphine, est morte à Versailles le 20 mai. Étienne-Marie, Marquis d'Escorailles, Lieutenant général des Armées du Roi, est décédé à Paris le 31 mai à l'âge de cinquante-huit ans. Damoiselle Marguerite de Luffan, auteure de plusieurs ouvrages, est morte à Paris le 31 mai à l'âge d'environ 72 ans. Elle recevait une gratification annuelle de 2000 livres depuis 1755 pour ses contributions littéraires.
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14537
p. 203-204
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Onzieme traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Daniel, Compagnie de Tourville, entré le premier Décembre, est sorti [...]
Mots clefs :
Malade, Guérison, Soldats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Onzieme traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal - Duc de Biron.
Onzieme traitement depuis ſon établiſſement.
Le nommé Daniel , Compagnie LE de Tourville ,
entré le premier Décembre, eft forti le 10 Janvier
parfaitement guéri . I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Le nommé Lavertu , Compagnie de la Ferriere,
entré le premier Décembre , eft forti le 10 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Mille , Compagnie de Champignelles
, entré le 22 Décembre , eft forti le 31 Janvier
parfaitement guéri ..
Le nommé Joly , Compagnie de Coettrieux
entré le 23 Décembre , eft forti le 31 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Popin , Compagne de Gauville ,
entré le s Janvier , eft forti le 14 Février parfaitement
guéri .
f
Le nommé Pagnon , Compagnie de Poudenx ,
entré les Janvier , eft forti le 14 Février parfaitement
guéri.
Le nommé Légal , Compagnie de la Tour ,
entré les Janvier , eft forti le 14 Février parfaite.
ment guéri .
Il faut obferver que le nombre des malades
diminue par celui des foldats guéris , & par le
départ du Régiment des Gardes.
Onzieme traitement depuis ſon établiſſement.
Le nommé Daniel , Compagnie LE de Tourville ,
entré le premier Décembre, eft forti le 10 Janvier
parfaitement guéri . I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Le nommé Lavertu , Compagnie de la Ferriere,
entré le premier Décembre , eft forti le 10 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Mille , Compagnie de Champignelles
, entré le 22 Décembre , eft forti le 31 Janvier
parfaitement guéri ..
Le nommé Joly , Compagnie de Coettrieux
entré le 23 Décembre , eft forti le 31 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Popin , Compagne de Gauville ,
entré le s Janvier , eft forti le 14 Février parfaitement
guéri .
f
Le nommé Pagnon , Compagnie de Poudenx ,
entré les Janvier , eft forti le 14 Février parfaitement
guéri.
Le nommé Légal , Compagnie de la Tour ,
entré les Janvier , eft forti le 14 Février parfaite.
ment guéri .
Il faut obferver que le nombre des malades
diminue par celui des foldats guéris , & par le
départ du Régiment des Gardes.
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Onzieme traitement depuis son établissement.
Le document décrit le onzième traitement de l'hôpital du Maréchal-Duc de Biron. Plusieurs soldats ont été soignés et déclarés parfaitement guéris. Daniel, de la Compagnie LE de Tourville, est entré le 1er décembre et sorti le 10 janvier. Lavertu, de la Compagnie de la Ferriere, a suivi le même parcours. Mille, de la Compagnie de Champignelles, est entré le 22 décembre et sorti le 31 janvier. Joly, de la Compagnie de Coettrieux, a été soigné entre le 23 décembre et le 31 janvier. Popin, de la Compagnie de Gauville, est entré le 5 janvier et sorti le 14 février. Pagnon, de la Compagnie de Poudenx, et Légal, de la Compagnie de la Tour, sont entrés les 5 et 6 janvier respectivement et sont sortis le 14 février. Le nombre de malades diminue grâce aux soldats guéris et au départ du Régiment des Gardes.
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14538
p. 204-211
Nouvelles épreuves faites à Toulouse, à Rennes en Bretagne, à Lyon, à Besançon & à l'Armée, sous les yeux des Magistrats, des Médecins & des Chirurgiens.
Début :
Vous recevrez, Monsieur, avec la présente, les certificats de MM. les Médecins [...]
Mots clefs :
Toulouse, M. Laboric, M. Keyser, Dragées, Maladies vénériennes, Succès, Certificats, Médecins, Chirurgiens, Guérison, Rennes, Cure, Besançon, Lyon, M. Rey, M. Dupont
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles épreuves faites à Toulouse, à Rennes en Bretagne, à Lyon, à Besançon & à l'Armée, sous les yeux des Magistrats, des Médecins & des Chirurgiens.
Nouvelles épreuves faites à Toulouse , à Rennes en:
Bretagne , à Lyon , à Besançon & à l'Armée
fous les yeux des Magifirats , des Médecins &
des Chirurgiens.
TOULOUSE.
Lettre de M. Laborie , Maître en Chirurgie à Touloufe
, à M. Keyſer , en datte du 2 Mars 1758 .
Vous recevrez , Monfieur , avec la préfente , les
certificats de MM. les Médecins & Chirurgiens ,,
de MM. les Capitouls , & de M. le Préſident de
Nupces , qui a bien voulu me donner fon atteftation
particuliere , & que fon amour pour le bien
publie & le foulagement de l'humanité a engagé
JUILLET. 1758. 201
a permettre que je traitaffe chez lui & fous fes
yeux avec vos dragées , les deux derniers de mes
malades. Je me flatte , Monfieur , que l'on ne
doutera pas de l'authenticité de ces atteftations , &
je ne puis m'empêcher de rendre ici juftice à la
vérité , & au zele impartial de mes Confreres , &
en particulier de M. Camoire , notre Lieutenant ,
lefquels, bien loin de témoigner aucune forte de
répugnance à voir les effets de votre remede , ont
été enchantés de fes fuccès prompts & certains
& m'ont donné leurs certificats avec autant de
plaifir que de fatisfaction.
Certificat de Meffieurs Sicret & Lapuyade , Maitres
en Chirurgie , à Toulouse.
Nous , Maîtres en Chirurgie de la ville de Touloufe
, certifions à qui il appartiendra , que le
fieur Laboric , notre Confrere , a traité fous nos
yeux par l'ufage des dragées de M. Keyfer , deux
malades de cette Ville , mari & femme , qui, après
avoir fubi quatre traitemens inutiles par les frictions
, avoient encore plufieurs fymptômes de v...
des douleurs nocturnes dans tous les membres ,
des excroiffances vénériennes & un ulcere au gofier
qui avoit conftamment réfifté à tous les reme
des. Nous atteftons ici avec plaifir que tous ces
fymptômes ont cédé en très- peu de temps à l'ufage
des dragées , pendant la durée duquel ces ma
lades n'ont éprouvé aucune incommodité remarquable
, qu'ils ont toujours vaqué à leurs affaires ,
& que l'un & l'autre nous ont paru bien & parfaitement
guéris . A Toulouſe , le 2 Mars 1758.
Signé , Sicret & Lapuyade.
Certificat de Meffieurs les Caritouls.
Nous , Capitouls , Gouverneurs de la ville de
Touloufe , Chefs des Nobles , Juges des caufes
206 MERCURE DE FRANCE.
civiles & criminelles , & de la police de ladite
Ville & gardiage d'icelle , à tous ceux qui ces
préfentes Lettres verront , Salut. Sçavoir faiſons ,
& atteftons que les fignatures de MM . Sicret &
Lapuyade , Chirurgiens - Jurés de cette Ville , ciappofées
, font véritables , & que foi doit y être
ajoutée en jugement & dehors. En témoins de quoi
nous avons figné ces Préfentes , fait contrefigner
par notre Secretaire Greffier , & à icelles fait appoſer
le fceau des Armes de la Ville. A Toulouſe ,
ce 22 Mars 1758. Signé , Pagés - de Suttes : Tournico,
Capitoul, Chef du Confiftoire. Par Meffieurs.
Savanier.
Certificat de Meffieurs les Médecins , & de M. le
Lieutenant de M. le Premier Chirurgien.
"
Nous , Docteurs en Médecine , le Lieutenant
de M. le premier Chirurgien du Roi , & les Maîtres
en Chirurgie fouffignés , certifions avoir vu
& vérifié l'état actuel d'un homme & d'une femme
mariés auxquels nous avons trouvés , 1º. au mari
des puftules fulfureufes au front , à la tête , à la
bouche & au meaton , des tuméfactions & plufieurs
ulceres chancreux & quantité d'autres
fymptômes très - graves . L'on fupprime ici les
mots défagréables. A la femme un anneau de
crêtes , moles , indolentes & autres fymptômes
très -confidérables . Qu'enfuite des traitemens faits
par M. Laboric , notre Confrere , avec les dragées
de M. Keyſer , nous avons revus & examinés les
malades ci- deffus ; & qu'en conféquence , nous
certifions qu'après des examens & vifites réitérées,
nous avons trouvé tous les accidens & ſymptômes
dont il eft fait mention, radicalement détruits ,
de façon qu'il n'en refte point veftige , que l'homme
& la femme jouiffent d'une fanté parfaite , &
JUILLET. 1758. 207
que pendant l'ufage des remedes de M. Keyfer ,
ils n'ont éprouvé aucune espece d'incommodité.
En foi de quoi , &c. A Toulouſe > ce 25 Mars
1758. Signé , Meynard , Ponderous , Docteurs en
Médecine ; Camoire , Fronton ,
fils , Crouzet , Cazabon , &c .
pere , Fronten
Certificat de M. le Marquis de Nupces , Préfident à
Mortier au Parlement.
9
Je, fouffigné, déclare que la nommée Segonzat
& fon mari de ma terre de Florentin , attaqués
d'une maladie fi confidérable , qu'ils avoient été
obligés de fe faire tranfporter fur une charette ,
ont été traités dans mon hôtel par M. Laboric
& qu'ils font partis en très - bonne fanté , ce qui
annonce une guériſon parfaite. En foi de quoi
j'ai figné . A Toulouſe , le 28 Mars 1758. De
Nupces , Préfident au Parlement.
Certificat de Meffieurs les Capitouls .
.
Nous , Capitouls , Gouverneurs , & c. fçavoir
faifons que les feings appofés au bas du Préfent ,
fçavoir de MM . Ponderons & Meynard , Médecins
de cette Ville ; Camoire , Fronton pere &
fils , Crouzet & Cazabon , Chirurgiens , font les
feings véritables , & que foi doit y être ajoutée.
En témoin de quoi , & c. nous avons fignés. Tournico,
Pagés , Defuttes . Par Meffieurs , Savanier.
RENNE S.
Lettre de M. Dupont , Maître en Chirurgie , Démonftrateur
Royal , à M. Keyfer , en datte da
26 Mars.
C'eft avec le plus grand plaifir , Monfieur , que
je me trouve dans le cas de pouvoir attefter l'efficacité
de vos dragées pour la cure des maladies
t
208 MERCURE DE FRANCE.
vénériennes. Lorfque vous eûtes la bonté de me
propofer votre correfpondance , j'eus l'honneur
de vous répondre que je ne pouvois l'accepter
fans m'être convaincu par mes expériences de la
fupériorité de votre méthode : vous convîntes de
ce préalable. Les trois fujets de la maladie def
quels je vous ai précédemment fait le détail fe
préfenterent , je les ai guéris. Je fuis convaincu
& en conféquence j'accepte avec autant de plaifir
que de reconnoiffance l'offre que vous m'avez
faite. Je joins ici le certificat de M. Sevoy , Docteur
en Médecine , qui a vu & fuivi ces malades.
J'ai l'honneur d'être , &c . Dupont , Démonſtra
teur Royal en Chirurgie à Rennes.
Certificat de M. Sevoy , Docteur en Médecine a
Rennes , en Bretagne.
Je fouffigné Docteur en Médecine , Aggrégé
au College des Médecins de Rennes, certifie avoir
vu & vifité Pierre Coliant , âgé de 40 ans , Jeanne
Rocher, fa femme , âgée de 35 , & fon enfant d'environ
3 ans , tous trois attaqués de maladie vénérienne
très - grave, Pon fupprime ici les détails ,
lefquels, ayant été tous trois traités par les dragées
de M. Keyfer , adminiftrés par M. Dupont , Mai
tre Chirurgien à Rennes & ayant commencé à
en prendre le 2 Janvier 1758 , j'ai vu & vifité les
mêmes perfonnes deux mois après , & les ai trouvées
fans aucun de ces fymptômes , & paroiffant
jouir d'une bonne fanté, malgré l'inclémence de
la faifon. A Rennes , ce 23 Mars 1758. Sevoy »
Médecin.
"
BESANÇON.
Lettre de M. Juffy, Maître en Chirurgie , à M.
Keyfer , en datte du 24 Mars 1758.
Je ferois bien malheureux , Monfieur , fi votre
JUILLET. 175 269
remède ayant partout les plus heureux fuccès , je
n'avois la fatisfaction de vous apprendre qu'il m'a
parfaitement réuſſi ſur un Employé attaqué de la
maladie vénérienne la plus confirmée , & fur le
nommé Luguet , Aubergifte , qui avoit lavoûte &
le voile du palais ulcéré , & qui avoit été déja
inutilement traité par les frictions. L'on fupprime
ici les détails de ces maladies dont les vilains mots
ne paroiffent pas néceffaires , mais qui étoient des
plus graves , & lefquels font parfaitement guéris.
Ce qui me prouve autentiquement la vérité que
vous m'aviez annoncée , & in'engage à donner à
votre méthode la préférence qu'elle mérite à tous
égards , ces malades ayant vaqué à leurs affaires ,
& n'ayant reffenti aucune efpèce d'incommodités .
J'ai l'honneur d'être , &c. Juffy , Maître en Chirurgie
à Befançon.
ΕΥΟΝ.
Lettre de M. Rey , Maitre en Chirurgie, à M
Keyfer , en datte du 2 Avril 1758.
Celle - ci eft , Monfieur , pour vous prévenir
que les épreuves qu'il a plu à M. le Prévôt des
Marchands & à MM. les Recteurs de l'Hôtel-
Dieu , de me faire faire de deux malades attaqués
des maladies vénériennes les plus graves , étant
achevées , & ces deux malades venant de fortir
parfaitement guéris, un de Meffieurs les Recteurs
vient d'envoyer à M. le Prévôt des Marchands ,
actuellement à Paris , les Certificats qui m'ont
été donnés par mes Confreres chargés de fuivre ces
expériences , & lefquels Certificats doivent être
préſentés à M. le Duc de Villeroy & à M. le Ma
réchal de Biron. Tous les malades dont je vous ai
parlé dans mes dernieres font -entierement guéris ,
210 MERCURE DE FRANCE.
1
n'ont éprouvé aucuns accidens , & jouiffent de la
meilleure fanté . J'en ai plufieurs nouveaux , de
l'état defquels je vous entretiendrai par le Courier
prochain. J'ai l'honneur d'être , &c. Rey , Maître
en Chirurgie à Lyon.
Nouveau Certificat de M. Garengeot , à l'occasion
de l'ufage qu'il vient de faire par lui- même des
dragées à l'Armée du Roi.
E'on n'a encore vu dans les repliques de M.
Keyfer à fes adverfaires , que deux de mès Certificats
fous l'autorité de deux Seigneurs qui exigeoient
que je fuiviffe ce Praticien dans le traitement
d'un nombre déterminé de fes malades , &
que je leur en rendiffe compte fuivant la probité
qu'ils me connoiffoient . Or j'attefte de plus aujourd'hui
que ce Chirurgien m'ayant reconnu
verfé dans le genre de maladie qui l'occupe , m'a
confié de fon remede. Me trouvant enfuite dans
une pofition où je ne pouvois traiter trois Officiers
par la méthode ordinaire ; je me fuis fervi
avec fuccès dudit remede , quoique ces Militaires
fuffent affujettis à paffer toute une campagne
dans des plaines , à n'avoir d'autre domicile que
leur tente , aux exercices de leur état qui confiftent
à monter de temps à autre des gardes , à
coucher ſouvent au bivouac , à des marches trèsfréquentes
, & à un régime peu convenable . Je
donne moins ces trois exemples pour modele ,
que pour faire connoître aux perſonnes en état
d'obferver un certain régime , d'être à portée
d'une adminiftration judicieufe & journaliere du
remede , & des acceffoires qui font quelquefois
d'une néceffité abfolue , qu'elles fe trouveront
guéries fans s'être abfentées de leurs exercices que
l'on fuppofe modérés , & fans qu'on ſe ſoit apJUILLET.
1758.
21X
२
perçu de leur incommodité ; avantage très- grand
pour plufieurs. Fait à Paris , le 17 Mars 1758.
Croiffant- de Garengeot .
Bretagne , à Lyon , à Besançon & à l'Armée
fous les yeux des Magifirats , des Médecins &
des Chirurgiens.
TOULOUSE.
Lettre de M. Laborie , Maître en Chirurgie à Touloufe
, à M. Keyſer , en datte du 2 Mars 1758 .
Vous recevrez , Monfieur , avec la préfente , les
certificats de MM. les Médecins & Chirurgiens ,,
de MM. les Capitouls , & de M. le Préſident de
Nupces , qui a bien voulu me donner fon atteftation
particuliere , & que fon amour pour le bien
publie & le foulagement de l'humanité a engagé
JUILLET. 1758. 201
a permettre que je traitaffe chez lui & fous fes
yeux avec vos dragées , les deux derniers de mes
malades. Je me flatte , Monfieur , que l'on ne
doutera pas de l'authenticité de ces atteftations , &
je ne puis m'empêcher de rendre ici juftice à la
vérité , & au zele impartial de mes Confreres , &
en particulier de M. Camoire , notre Lieutenant ,
lefquels, bien loin de témoigner aucune forte de
répugnance à voir les effets de votre remede , ont
été enchantés de fes fuccès prompts & certains
& m'ont donné leurs certificats avec autant de
plaifir que de fatisfaction.
Certificat de Meffieurs Sicret & Lapuyade , Maitres
en Chirurgie , à Toulouse.
Nous , Maîtres en Chirurgie de la ville de Touloufe
, certifions à qui il appartiendra , que le
fieur Laboric , notre Confrere , a traité fous nos
yeux par l'ufage des dragées de M. Keyfer , deux
malades de cette Ville , mari & femme , qui, après
avoir fubi quatre traitemens inutiles par les frictions
, avoient encore plufieurs fymptômes de v...
des douleurs nocturnes dans tous les membres ,
des excroiffances vénériennes & un ulcere au gofier
qui avoit conftamment réfifté à tous les reme
des. Nous atteftons ici avec plaifir que tous ces
fymptômes ont cédé en très- peu de temps à l'ufage
des dragées , pendant la durée duquel ces ma
lades n'ont éprouvé aucune incommodité remarquable
, qu'ils ont toujours vaqué à leurs affaires ,
& que l'un & l'autre nous ont paru bien & parfaitement
guéris . A Toulouſe , le 2 Mars 1758.
Signé , Sicret & Lapuyade.
Certificat de Meffieurs les Caritouls.
Nous , Capitouls , Gouverneurs de la ville de
Touloufe , Chefs des Nobles , Juges des caufes
206 MERCURE DE FRANCE.
civiles & criminelles , & de la police de ladite
Ville & gardiage d'icelle , à tous ceux qui ces
préfentes Lettres verront , Salut. Sçavoir faiſons ,
& atteftons que les fignatures de MM . Sicret &
Lapuyade , Chirurgiens - Jurés de cette Ville , ciappofées
, font véritables , & que foi doit y être
ajoutée en jugement & dehors. En témoins de quoi
nous avons figné ces Préfentes , fait contrefigner
par notre Secretaire Greffier , & à icelles fait appoſer
le fceau des Armes de la Ville. A Toulouſe ,
ce 22 Mars 1758. Signé , Pagés - de Suttes : Tournico,
Capitoul, Chef du Confiftoire. Par Meffieurs.
Savanier.
Certificat de Meffieurs les Médecins , & de M. le
Lieutenant de M. le Premier Chirurgien.
"
Nous , Docteurs en Médecine , le Lieutenant
de M. le premier Chirurgien du Roi , & les Maîtres
en Chirurgie fouffignés , certifions avoir vu
& vérifié l'état actuel d'un homme & d'une femme
mariés auxquels nous avons trouvés , 1º. au mari
des puftules fulfureufes au front , à la tête , à la
bouche & au meaton , des tuméfactions & plufieurs
ulceres chancreux & quantité d'autres
fymptômes très - graves . L'on fupprime ici les
mots défagréables. A la femme un anneau de
crêtes , moles , indolentes & autres fymptômes
très -confidérables . Qu'enfuite des traitemens faits
par M. Laboric , notre Confrere , avec les dragées
de M. Keyſer , nous avons revus & examinés les
malades ci- deffus ; & qu'en conféquence , nous
certifions qu'après des examens & vifites réitérées,
nous avons trouvé tous les accidens & ſymptômes
dont il eft fait mention, radicalement détruits ,
de façon qu'il n'en refte point veftige , que l'homme
& la femme jouiffent d'une fanté parfaite , &
JUILLET. 1758. 207
que pendant l'ufage des remedes de M. Keyfer ,
ils n'ont éprouvé aucune espece d'incommodité.
En foi de quoi , &c. A Toulouſe > ce 25 Mars
1758. Signé , Meynard , Ponderous , Docteurs en
Médecine ; Camoire , Fronton ,
fils , Crouzet , Cazabon , &c .
pere , Fronten
Certificat de M. le Marquis de Nupces , Préfident à
Mortier au Parlement.
9
Je, fouffigné, déclare que la nommée Segonzat
& fon mari de ma terre de Florentin , attaqués
d'une maladie fi confidérable , qu'ils avoient été
obligés de fe faire tranfporter fur une charette ,
ont été traités dans mon hôtel par M. Laboric
& qu'ils font partis en très - bonne fanté , ce qui
annonce une guériſon parfaite. En foi de quoi
j'ai figné . A Toulouſe , le 28 Mars 1758. De
Nupces , Préfident au Parlement.
Certificat de Meffieurs les Capitouls .
.
Nous , Capitouls , Gouverneurs , & c. fçavoir
faifons que les feings appofés au bas du Préfent ,
fçavoir de MM . Ponderons & Meynard , Médecins
de cette Ville ; Camoire , Fronton pere &
fils , Crouzet & Cazabon , Chirurgiens , font les
feings véritables , & que foi doit y être ajoutée.
En témoin de quoi , & c. nous avons fignés. Tournico,
Pagés , Defuttes . Par Meffieurs , Savanier.
RENNE S.
Lettre de M. Dupont , Maître en Chirurgie , Démonftrateur
Royal , à M. Keyfer , en datte da
26 Mars.
C'eft avec le plus grand plaifir , Monfieur , que
je me trouve dans le cas de pouvoir attefter l'efficacité
de vos dragées pour la cure des maladies
t
208 MERCURE DE FRANCE.
vénériennes. Lorfque vous eûtes la bonté de me
propofer votre correfpondance , j'eus l'honneur
de vous répondre que je ne pouvois l'accepter
fans m'être convaincu par mes expériences de la
fupériorité de votre méthode : vous convîntes de
ce préalable. Les trois fujets de la maladie def
quels je vous ai précédemment fait le détail fe
préfenterent , je les ai guéris. Je fuis convaincu
& en conféquence j'accepte avec autant de plaifir
que de reconnoiffance l'offre que vous m'avez
faite. Je joins ici le certificat de M. Sevoy , Docteur
en Médecine , qui a vu & fuivi ces malades.
J'ai l'honneur d'être , &c . Dupont , Démonſtra
teur Royal en Chirurgie à Rennes.
Certificat de M. Sevoy , Docteur en Médecine a
Rennes , en Bretagne.
Je fouffigné Docteur en Médecine , Aggrégé
au College des Médecins de Rennes, certifie avoir
vu & vifité Pierre Coliant , âgé de 40 ans , Jeanne
Rocher, fa femme , âgée de 35 , & fon enfant d'environ
3 ans , tous trois attaqués de maladie vénérienne
très - grave, Pon fupprime ici les détails ,
lefquels, ayant été tous trois traités par les dragées
de M. Keyfer , adminiftrés par M. Dupont , Mai
tre Chirurgien à Rennes & ayant commencé à
en prendre le 2 Janvier 1758 , j'ai vu & vifité les
mêmes perfonnes deux mois après , & les ai trouvées
fans aucun de ces fymptômes , & paroiffant
jouir d'une bonne fanté, malgré l'inclémence de
la faifon. A Rennes , ce 23 Mars 1758. Sevoy »
Médecin.
"
BESANÇON.
Lettre de M. Juffy, Maître en Chirurgie , à M.
Keyfer , en datte du 24 Mars 1758.
Je ferois bien malheureux , Monfieur , fi votre
JUILLET. 175 269
remède ayant partout les plus heureux fuccès , je
n'avois la fatisfaction de vous apprendre qu'il m'a
parfaitement réuſſi ſur un Employé attaqué de la
maladie vénérienne la plus confirmée , & fur le
nommé Luguet , Aubergifte , qui avoit lavoûte &
le voile du palais ulcéré , & qui avoit été déja
inutilement traité par les frictions. L'on fupprime
ici les détails de ces maladies dont les vilains mots
ne paroiffent pas néceffaires , mais qui étoient des
plus graves , & lefquels font parfaitement guéris.
Ce qui me prouve autentiquement la vérité que
vous m'aviez annoncée , & in'engage à donner à
votre méthode la préférence qu'elle mérite à tous
égards , ces malades ayant vaqué à leurs affaires ,
& n'ayant reffenti aucune efpèce d'incommodités .
J'ai l'honneur d'être , &c. Juffy , Maître en Chirurgie
à Befançon.
ΕΥΟΝ.
Lettre de M. Rey , Maitre en Chirurgie, à M
Keyfer , en datte du 2 Avril 1758.
Celle - ci eft , Monfieur , pour vous prévenir
que les épreuves qu'il a plu à M. le Prévôt des
Marchands & à MM. les Recteurs de l'Hôtel-
Dieu , de me faire faire de deux malades attaqués
des maladies vénériennes les plus graves , étant
achevées , & ces deux malades venant de fortir
parfaitement guéris, un de Meffieurs les Recteurs
vient d'envoyer à M. le Prévôt des Marchands ,
actuellement à Paris , les Certificats qui m'ont
été donnés par mes Confreres chargés de fuivre ces
expériences , & lefquels Certificats doivent être
préſentés à M. le Duc de Villeroy & à M. le Ma
réchal de Biron. Tous les malades dont je vous ai
parlé dans mes dernieres font -entierement guéris ,
210 MERCURE DE FRANCE.
1
n'ont éprouvé aucuns accidens , & jouiffent de la
meilleure fanté . J'en ai plufieurs nouveaux , de
l'état defquels je vous entretiendrai par le Courier
prochain. J'ai l'honneur d'être , &c. Rey , Maître
en Chirurgie à Lyon.
Nouveau Certificat de M. Garengeot , à l'occasion
de l'ufage qu'il vient de faire par lui- même des
dragées à l'Armée du Roi.
E'on n'a encore vu dans les repliques de M.
Keyfer à fes adverfaires , que deux de mès Certificats
fous l'autorité de deux Seigneurs qui exigeoient
que je fuiviffe ce Praticien dans le traitement
d'un nombre déterminé de fes malades , &
que je leur en rendiffe compte fuivant la probité
qu'ils me connoiffoient . Or j'attefte de plus aujourd'hui
que ce Chirurgien m'ayant reconnu
verfé dans le genre de maladie qui l'occupe , m'a
confié de fon remede. Me trouvant enfuite dans
une pofition où je ne pouvois traiter trois Officiers
par la méthode ordinaire ; je me fuis fervi
avec fuccès dudit remede , quoique ces Militaires
fuffent affujettis à paffer toute une campagne
dans des plaines , à n'avoir d'autre domicile que
leur tente , aux exercices de leur état qui confiftent
à monter de temps à autre des gardes , à
coucher ſouvent au bivouac , à des marches trèsfréquentes
, & à un régime peu convenable . Je
donne moins ces trois exemples pour modele ,
que pour faire connoître aux perſonnes en état
d'obferver un certain régime , d'être à portée
d'une adminiftration judicieufe & journaliere du
remede , & des acceffoires qui font quelquefois
d'une néceffité abfolue , qu'elles fe trouveront
guéries fans s'être abfentées de leurs exercices que
l'on fuppofe modérés , & fans qu'on ſe ſoit apJUILLET.
1758.
21X
२
perçu de leur incommodité ; avantage très- grand
pour plufieurs. Fait à Paris , le 17 Mars 1758.
Croiffant- de Garengeot .
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Résumé : Nouvelles épreuves faites à Toulouse, à Rennes en Bretagne, à Lyon, à Besançon & à l'Armée, sous les yeux des Magistrats, des Médecins & des Chirurgiens.
En 1758, plusieurs villes françaises ont mené des épreuves et certifications pour évaluer l'efficacité des dragées de M. Keyser dans le traitement des maladies vénériennes. À Toulouse, M. Laborie, maître en chirurgie, a traité deux malades sous la supervision de médecins et chirurgiens. Ces derniers ont attesté de la guérison rapide et sans inconvénients des patients. Les Capitouls, les médecins, et M. le Président de Nupces ont confirmé l'authenticité de ces témoignages. À Rennes, M. Dupont et M. Sevoy ont certifié la guérison de trois patients grâce aux dragées de M. Keyser. À Besançon, M. Juffy a rapporté le succès du traitement sur un employé et un aubergiste. À Lyon, M. Rey a informé de la guérison de deux malades sous la supervision de M. le Prévôt des Marchands et des Recteurs de l'Hôtel-Dieu. Enfin, M. Garengeot a attesté de l'efficacité du remède sur trois officiers de l'armée, malgré les conditions difficiles de la campagne militaire.
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14539
p. 211
« M. Keyser ose se flatter que le Public reconnoîtra de plus en plus la [...] »
Début :
M. Keyser ose se flatter que le Public reconnoîtra de plus en plus la [...]
Mots clefs :
Vérité, Authentique, Attestations, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. Keyser ose se flatter que le Public reconnoîtra de plus en plus la [...] »
M. Keyfer ofe fe flatter que le Public reconnoîtra
de plus en plus la vérité , & qu'il verra que
les atteftations auffi authentiques & auffi multipliées
, qu'il a l'honneur de lui préfenter tous les
mois , & venant de toutes parts , mériteront bien
plus de foi que les mauvais & faux Libelles que
la noirceur de fes ennemis ofé enfanter dans la
feule vue de lui nuire , & auxquels il ne répondra
plus par la fuite.
de plus en plus la vérité , & qu'il verra que
les atteftations auffi authentiques & auffi multipliées
, qu'il a l'honneur de lui préfenter tous les
mois , & venant de toutes parts , mériteront bien
plus de foi que les mauvais & faux Libelles que
la noirceur de fes ennemis ofé enfanter dans la
feule vue de lui nuire , & auxquels il ne répondra
plus par la fuite.
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14540
p. 211-212
AVIS.
Début :
Il vient de s'établir, rue des Boulangers Saint Victor, une Manufacture de Miroirs [...]
Mots clefs :
Manufacture, Miroirs, Grossissement, Formes variées, Loupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
Il vient de s'établir , rue des Boulangers Saint
L
Victor , une Manufacture de Miroirs de réflection ,
en glaces courbées . Ces Miroirs font vulgaire .
ment nommés Miroirs à groffir : on pourra les
commander de toutes les grandeurs que pourront
porter les glaces de la Manufacture Royale.
On trouvera auffi dans cette Manufacture des
cryftaux de pendule de toutes dimenſions & courbures
, auffi réguliers & auffi bien polis que ceux
d'Angleterre , & comme il y en aura toujours un
fonds de plus de trois cens tout-faits ,
les Horlogers pourront les choifir & fe les procurer
fur le champ , ce qu'ils n'ont jamais été à
portée de faire jufqu'à préfent.
Meffieurs
On pourra enfin y faire courber des glaces en
toutes fortes de figures & de formes , pour garnir
les portes courbées des bibliotheques , des coins ,
quoicontenant
des effets qu'on veut laiffer voir ,
qu'enfermés , & pour les croifées des falons ronds
ou ovales.
212 MERCURE DE FRANCE.
On pourra auffi avoir ces glaces étamées par
ee côté concave ou par ce côté convexe , foit
pour orner des encoignures arrondies d'appartemens
, foit pour en compoſer des vales de parterre
ou de fallon , foit pour en faire des furtouts
de table , & leur faire répéter en petit & en totalité
les objets qui les environnent ; ce qui produit
un fpectacle des plus agréables & des plus furprenans..
On y fabrique auffi des loupes à l'eau d'une
nouvelle invention , par la réunion de deux de ces
glaces courbées en portion de fphere , tellement
travaillées , qu'elles tiennent l'eau entr'elles fans
monture ni maftic , & peuvent être auffi nettoyées
d'un moment à l'autre , & fucceffivement remplies
des diverfes liqueurs dont on voudra comparer la
réfraction . La poffibilité de faire ces loupes de
toutes grandeurs, jointe à leur parfaite tranfparence
, leur donne fur celle de verre folide des avantages
qu'il feroit fuperflu de détailler.
C'eft aux Artiſtes & aux Curieux d'inventer ; ils
font invités à faire part de leurs idées fur les différentes
applications que l'on peut faire de cette
maniere de courber & d'étamer ces glaces : ils
trouveront dans ce nouvel établiffement toute la
docilité & toutes les facilités poffibles.
Il vient de s'établir , rue des Boulangers Saint
L
Victor , une Manufacture de Miroirs de réflection ,
en glaces courbées . Ces Miroirs font vulgaire .
ment nommés Miroirs à groffir : on pourra les
commander de toutes les grandeurs que pourront
porter les glaces de la Manufacture Royale.
On trouvera auffi dans cette Manufacture des
cryftaux de pendule de toutes dimenſions & courbures
, auffi réguliers & auffi bien polis que ceux
d'Angleterre , & comme il y en aura toujours un
fonds de plus de trois cens tout-faits ,
les Horlogers pourront les choifir & fe les procurer
fur le champ , ce qu'ils n'ont jamais été à
portée de faire jufqu'à préfent.
Meffieurs
On pourra enfin y faire courber des glaces en
toutes fortes de figures & de formes , pour garnir
les portes courbées des bibliotheques , des coins ,
quoicontenant
des effets qu'on veut laiffer voir ,
qu'enfermés , & pour les croifées des falons ronds
ou ovales.
212 MERCURE DE FRANCE.
On pourra auffi avoir ces glaces étamées par
ee côté concave ou par ce côté convexe , foit
pour orner des encoignures arrondies d'appartemens
, foit pour en compoſer des vales de parterre
ou de fallon , foit pour en faire des furtouts
de table , & leur faire répéter en petit & en totalité
les objets qui les environnent ; ce qui produit
un fpectacle des plus agréables & des plus furprenans..
On y fabrique auffi des loupes à l'eau d'une
nouvelle invention , par la réunion de deux de ces
glaces courbées en portion de fphere , tellement
travaillées , qu'elles tiennent l'eau entr'elles fans
monture ni maftic , & peuvent être auffi nettoyées
d'un moment à l'autre , & fucceffivement remplies
des diverfes liqueurs dont on voudra comparer la
réfraction . La poffibilité de faire ces loupes de
toutes grandeurs, jointe à leur parfaite tranfparence
, leur donne fur celle de verre folide des avantages
qu'il feroit fuperflu de détailler.
C'eft aux Artiſtes & aux Curieux d'inventer ; ils
font invités à faire part de leurs idées fur les différentes
applications que l'on peut faire de cette
maniere de courber & d'étamer ces glaces : ils
trouveront dans ce nouvel établiffement toute la
docilité & toutes les facilités poffibles.
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Résumé : AVIS.
L'avis annonce l'ouverture d'une manufacture de miroirs à réflexion, située rue des Boulangers Saint Victor. Cette manufacture produit des miroirs à glaces courbées, appelés miroirs à groffir, disponibles en diverses tailles. Elle propose également des cristaux de pendule de toutes dimensions et courbures, comparables en qualité à ceux d'Angleterre, avec un stock permanent de plus de trois cents pièces prêtes à l'emploi. Les horlogers peuvent ainsi se procurer ces cristaux immédiatement, ce qui n'était pas possible auparavant. La manufacture offre également la possibilité de courber des glaces pour garnir des portes courbées, des coins, des effets à laisser voir, ou des croisées de salons ronds ou ovales. Les glaces peuvent être étamées sur le côté concave ou convexe pour orner des encoignures arrondies, composer des vases ou créer des fourreaux de table reproduisant les objets environnants. De plus, la manufacture fabrique des loupes à l'eau, une nouvelle invention constituée de deux glaces courbées en portion de sphère, permettant de contenir l'eau sans montage ni mastic. Ces loupes peuvent être nettoyées et remplies de divers liquides pour comparer leur réfraction. Leur transparence et leur adaptabilité en font un produit supérieur aux loupes en verre solide. Les artistes et les curieux sont invités à proposer des idées sur les applications possibles de ces glaces courbées et étamées, et trouveront toute la coopération nécessaire dans cette nouvelle manufacture.
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14541
p. 212-213
AUTRE.
Début :
Bechique souverain, ou Syrop pectoral, approuvé par brevet du 24 Août 1750, [...]
Mots clefs :
Dame veuve Mouton, Sirop béchique, Sirop pectoral, Humeurs engorgées, Lymphe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
BECHIQUE fouverain , ou Syrop pectoral , approuvé
par brevet du 24 Août 1750 , pour les maladies
de poitrine , comme rhume , toux invétérées
, oppreffion , foibleffe de poitrine , & afthme
humide. Ce Béchique ayant la propriété de fondre
& d'atténuer les humeurs engorgées dans le poulmon
, d'adoucir l'acrimonie de la lymphe , en
JUILLET. 1758. 213
T
tant que balfamique , & de rétablir les forces abatques
, en rappellant peu à peu l'appétit & le fommeil
,comme parfait reftaurant , produit des effets
fi rapides dans les maladies ci - énoncées , que la
Bouteille taxée à fix livres , fcellée & étiquetée
à l'ordinaire , eft fuffifante pour en éprouver toute
l'efficacité avec fuccès. Il ne fe débite que chez la
Dame veuve Mouton , Marchande Apothicaire
de Paris , rue S. Denis , à côté de la rue Théve
not , vis-à- vis le Roi François.
BECHIQUE fouverain , ou Syrop pectoral , approuvé
par brevet du 24 Août 1750 , pour les maladies
de poitrine , comme rhume , toux invétérées
, oppreffion , foibleffe de poitrine , & afthme
humide. Ce Béchique ayant la propriété de fondre
& d'atténuer les humeurs engorgées dans le poulmon
, d'adoucir l'acrimonie de la lymphe , en
JUILLET. 1758. 213
T
tant que balfamique , & de rétablir les forces abatques
, en rappellant peu à peu l'appétit & le fommeil
,comme parfait reftaurant , produit des effets
fi rapides dans les maladies ci - énoncées , que la
Bouteille taxée à fix livres , fcellée & étiquetée
à l'ordinaire , eft fuffifante pour en éprouver toute
l'efficacité avec fuccès. Il ne fe débite que chez la
Dame veuve Mouton , Marchande Apothicaire
de Paris , rue S. Denis , à côté de la rue Théve
not , vis-à- vis le Roi François.
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Résumé : AUTRE.
Le remède 'Béchique' ou 'Syrop pectoral', approuvé le 24 août 1750, traite les maladies de poitrine comme le rhume et l'asthme. Il fluidifie les humeurs pulmonaires, adoucit la lymphe et restaure les forces. Vendu en bouteilles de six livres, il est disponible chez la Dame veuve Mouton, apothicaire à Paris, rue Saint-Denis.
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14542
p. 213
AUTRE.
Début :
Le sieur Chinon enseigne l'ordre des Ecritures du Commerce maritime, [...]
Mots clefs :
Enseignement, Connaissances générales, Colons, Marchands, Navigateurs, Finances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E fieur Chinon enfeigne l'ordre des Ecritu
res du Commerce maritime , la formation des
Comptes d'armemens & des défarmemens , Cargaifons
pour l'Amérique & la Guinée , Décomptes
d'Equipages , Traite des Noirs , la difpofition
du Tableau de leurs Ventes , l'ordre que l'on
tient par rapport à l'argent des Ifles , celui des retours
des Navires qui ont fait la Traite , Affrétemens
de Navires , ou Chartepartie , Affurance ,
Prime , Groffes Aventures , Cambie de Groffe ,
Eret , Pacotilles , Avaries ordinaires & extraordi
naires , la Tenue des Livres , les Changes , enfin
toutes les Regles & les Instructions qui en dépen
dent , & qui font abfolument néceffaires aux perfonnes
qui ont deffein de paffer à l'Amérique ,
pour s'y établir , ou de travailler chez les Habitans,
Négocians, Armateurs & Marchands , même
pour ceux qui navigent, & qui defireroient entrer
au fervice de la Compagnie des Indes . Sa demeure
eftrue des Vieux Auguſtins, du côté de celle Montmartre
, au coin de la rue , chez le fieur Château ,
vis-à-vis la Croix d'Or. On le trouvera dans fa
Claffe , depuis huit heures du matin, jufqu'à midi.
E fieur Chinon enfeigne l'ordre des Ecritu
res du Commerce maritime , la formation des
Comptes d'armemens & des défarmemens , Cargaifons
pour l'Amérique & la Guinée , Décomptes
d'Equipages , Traite des Noirs , la difpofition
du Tableau de leurs Ventes , l'ordre que l'on
tient par rapport à l'argent des Ifles , celui des retours
des Navires qui ont fait la Traite , Affrétemens
de Navires , ou Chartepartie , Affurance ,
Prime , Groffes Aventures , Cambie de Groffe ,
Eret , Pacotilles , Avaries ordinaires & extraordi
naires , la Tenue des Livres , les Changes , enfin
toutes les Regles & les Instructions qui en dépen
dent , & qui font abfolument néceffaires aux perfonnes
qui ont deffein de paffer à l'Amérique ,
pour s'y établir , ou de travailler chez les Habitans,
Négocians, Armateurs & Marchands , même
pour ceux qui navigent, & qui defireroient entrer
au fervice de la Compagnie des Indes . Sa demeure
eftrue des Vieux Auguſtins, du côté de celle Montmartre
, au coin de la rue , chez le fieur Château ,
vis-à-vis la Croix d'Or. On le trouvera dans fa
Claffe , depuis huit heures du matin, jufqu'à midi.
Fermer
Résumé : AUTRE.
Le texte présente un ouvrage intitulé 'E fieur Chinon enfeigne l'ordre des Ecritures du Commerce maritime'. Cet ouvrage traite divers aspects du commerce maritime, incluant la formation des comptes d'armement et de désarmement, les cargaisons pour l'Amérique et la Guinée, les décomptes d'équipages, la traite des Noirs, la gestion de l'argent des îles, les retours des navires ayant effectué la traite, les affrétements de navires, les assurances, les primes, les grosses aventures, le change de grosse, les effets, les pacotilles, les avaries ordinaires et extraordinaires, la tenue des livres et les changes. Ces règles et instructions sont destinées aux personnes souhaitant s'établir ou travailler en Amérique, ainsi qu'aux négociants, armateurs, marchands et aux personnes naviguant et désirant entrer au service de la Compagnie des Indes. L'auteur réside chez le sieur Château, vis-à-vis la Croix d'Or, dans la classe des Vieux Augustins, côté Montmartre, et est disponible de huit heures du matin à midi.
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14543
p. 214
Fautes à corriger dans le Mercure de Juin.
Début :
Page 106, lign. 12, Ossimandias, lisez Osimandias. Page 111, ligne 8 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans le Mercure de Juin.
Fautes à corriger dans le Mercure de Juin.
PAGE 106, lign. 12 , Offimandias , lifex Ofimandias.
Page 111 , ligne 8 , pour les établir , lifez pour
Pétablir. M
Ibid. ligne 18, de la navigation qu'ils avoient entrepris
, lifez qu'ils avoient entrepriſe.
Page 112 , ligne 10, fixa l'expoſition , liſez la pofition
.
Page 146 , ligne 12 , fi M. Nicole n'a pu épaiſſir ,
lifez éclaircir.
PAGE 106, lign. 12 , Offimandias , lifex Ofimandias.
Page 111 , ligne 8 , pour les établir , lifez pour
Pétablir. M
Ibid. ligne 18, de la navigation qu'ils avoient entrepris
, lifez qu'ils avoient entrepriſe.
Page 112 , ligne 10, fixa l'expoſition , liſez la pofition
.
Page 146 , ligne 12 , fi M. Nicole n'a pu épaiſſir ,
lifez éclaircir.
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14544
p. 214
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le premier volume du [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier, ᎪᎥ
le premier volume du Mercure du mois de Juillet
, & je n'y ai rien trouvé qui puiſſe en empêcher
l'impreffion . A Paris, ce 29 Juin 1758 .
GUIROY.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier, ᎪᎥ
le premier volume du Mercure du mois de Juillet
, & je n'y ai rien trouvé qui puiſſe en empêcher
l'impreffion . A Paris, ce 29 Juin 1758 .
GUIROY.
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14545
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. La Fauvette & [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
LAA Fauvette & la Tourterelle , Fable, pages
Les Rivales réunies , Conte ,
Stances à Mlle Coraline, & c. 33
Vers à une Dame qui difoit que les Converfations
amoureuſes l'ennuyoient , & qu'elles chafferoit
tous les Amans ,
342
35
215
Réflexions fur la force d'efprit , par M. D. G. à
Béthune ,
Eloge fur la Médiocrité , ou Réponse aux Vers
qu'on lit dans le premier Mercure d'Avril 1758 ,
44
45
46
Vers fur le Mariage de M. le Vidame d'Amiens ,
avec Mademoiſelle de Chevreuſe ,
Des Queſtions & des Queftionneurs ,
Imitation de la quatrieme Ode du premier Livre
d'Horace , 53
Lettre de Mademoiſelle de Tui... à Madame la
Marquife de ... fur la lecture des Romans , 55
Mufette ,
58
Les Bienséances font des loix pour le Sage , Difcours
,
60
Vers à mademoiſelle de J ... qui avoit demandé
des Vers à l'Auteur , 79
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Juin ,
Enigme ,
Logogryphe ,
Chanfon , Couplet Anacréontique,
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
80
81
82
84
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
85
Lettre de M. Bomare- de Valmont , à M. de Féligonde
, &c.
97.
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Phyfique. Lettre de M. Olivier - de Villeneuve ,
Docteur-Médecin de la Faculté de Montpellier,
fur le Triomphe de l'Ether , à l'Auteur du Mercure
,
127
Séance publique de l'Académie Royale de Chirurgie,
147
21-6
ART. IV . BEAUX-ARTS,
Mufique,
Gravure ,
Architecture ,
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
165
166
167
173
Lettre de M. *** à l'Auteur du Mercure , fur •
un accident arrivé dans le mouvement des Machines
de l'Opéra , à la deuxieme repréſentation
des Fêtes de Paphos ,
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne ,
174
177
178
182 Concert Spirituel ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
183
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c , 191
Bénéfices donnés ,
201
Mariages & Morts , 202
Supplément à P'Article Chirurgie ,
Avis divers ,
203
211
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
LAA Fauvette & la Tourterelle , Fable, pages
Les Rivales réunies , Conte ,
Stances à Mlle Coraline, & c. 33
Vers à une Dame qui difoit que les Converfations
amoureuſes l'ennuyoient , & qu'elles chafferoit
tous les Amans ,
342
35
215
Réflexions fur la force d'efprit , par M. D. G. à
Béthune ,
Eloge fur la Médiocrité , ou Réponse aux Vers
qu'on lit dans le premier Mercure d'Avril 1758 ,
44
45
46
Vers fur le Mariage de M. le Vidame d'Amiens ,
avec Mademoiſelle de Chevreuſe ,
Des Queſtions & des Queftionneurs ,
Imitation de la quatrieme Ode du premier Livre
d'Horace , 53
Lettre de Mademoiſelle de Tui... à Madame la
Marquife de ... fur la lecture des Romans , 55
Mufette ,
58
Les Bienséances font des loix pour le Sage , Difcours
,
60
Vers à mademoiſelle de J ... qui avoit demandé
des Vers à l'Auteur , 79
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Juin ,
Enigme ,
Logogryphe ,
Chanfon , Couplet Anacréontique,
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
80
81
82
84
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
85
Lettre de M. Bomare- de Valmont , à M. de Féligonde
, &c.
97.
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Phyfique. Lettre de M. Olivier - de Villeneuve ,
Docteur-Médecin de la Faculté de Montpellier,
fur le Triomphe de l'Ether , à l'Auteur du Mercure
,
127
Séance publique de l'Académie Royale de Chirurgie,
147
21-6
ART. IV . BEAUX-ARTS,
Mufique,
Gravure ,
Architecture ,
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
165
166
167
173
Lettre de M. *** à l'Auteur du Mercure , fur •
un accident arrivé dans le mouvement des Machines
de l'Opéra , à la deuxieme repréſentation
des Fêtes de Paphos ,
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne ,
174
177
178
182 Concert Spirituel ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
183
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c , 191
Bénéfices donnés ,
201
Mariages & Morts , 202
Supplément à P'Article Chirurgie ,
Avis divers ,
203
211
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication, organisée en six sections principales. L'article premier répertorie des pièces fugitives en vers et en prose, telles que des fables, contes, stances, réflexions, élégies et lettres. Parmi les œuvres mentionnées figurent 'La Fauvette & la Tourterelle' et 'Les Rivales réunies'. L'article II se concentre sur les nouvelles littéraires, incluant des extraits de livres récents et une lettre de M. Bomare de Valmont. L'article III explore les sciences et les belles-lettres, avec une lettre sur le triomphe de l'éther et une séance publique de l'Académie Royale de Chirurgie. L'article IV traite des beaux-arts, mentionnant la musique, la gravure et l'architecture. L'article V est dédié aux spectacles, couvrant l'opéra, la comédie française, la comédie italienne et les concerts spirituels. Enfin, l'article VI inclut les nouvelles étrangères, les événements de la cour et de Paris, ainsi que des annonces de mariages, de décès et divers avis.
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14546
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 84. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 84. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 84. [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 84.
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14547
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch , Ant. Jombert.
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14549
p. 99-100
LOGOGRYPHE.
Début :
Je regne de tout temps, fille de l'Indigence : [...]
Mots clefs :
Agriculture
14550
p. 197-200
ALLEMAGNE.
Début :
Sur l'avis qu'avoit depuis quelques jours le Maréchal Comte de Daun, [...]
Mots clefs :
Moravie, Armée impériale, Ravitaillement, Comte, Ennemi, Général Laudon, Prusse, Explosions, Canons, Baron de Ziskowitz, Capitaine, Régiments, Mouvements des troupes, Ratisbonne, Lettres
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
De l'Armée Impériale en Moravie , le 2
Juillet.
SUR l'avis qu'avoit depuis quelques jours le
Maréchal Comte de Daun , qu'un convoi confidérable
chargé de vivres & de munitions de guerre
, étoit en route pour arriver à l'armée du Roi
de Pruffe , ce Général envoya le Comte de Lau
don & le Baron de Ziskowitz avec de forts Détachemens
, pour tâcher de l'intercepter. Le 28 du
mois de Juin , le Général Laudon attaqua ce convoi
près de Gunderfdorff ; mais le retard du Baron
de Ziskowitz , qui n'étoit pas encore à portée ,
l'obligea de fe retirer pour l'attendre. Pendant ce
court délai , l'ennemi reçut du renfort , & l'escorte
du convoi fe trouva de plus de quinze mille hommes.
Le lendemain , les deux Généraux de Laudon
& de Ziskowitz le trouvant rapprochés , concerterent
leur opération , & l'exécuterent le 30. A
dix heures & demie du matin , pendant que l'ennemi
étoit occupé à faire défiler les charriots
derriere lefquels il s'étoit retranché près de Neudorffel
, le Baron de Ziskowitz attaqua. Les Pruf
fiens qui avoient gagné des hauteurs , & qui manoeuvroient
avec toute l'habileté poffible , firent
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
la plus belle défenfe ; leur cavalerie fort fupérieure
à la nôtre , fe rallia jufqu'à quatre fois , mais enfin
elle fut défaite & mife en déroute. Leur infanterie
tint beaucoup plus long-temps , & fut de même
entiérement culbutée . Le convoi ennemi dont
s'empara le Général Laudon , confiftoit en plus de
trois mille charriots chargés de vivres , de munitions
de guerre , & d'habillemens pour les troupes.
Comme le feu du canon avoit tué la plus grande
partie des chevaux & des conducteurs , on fut
obligé de faire fauter la poudre , les bombes &
les grenades chargées , & de brûler la farine &
tous les charriots. Ceux qui étoient chargés d'argent
échapperent avec l'avant - garde Pruffienne ;
mais dans la premiere attaque du 28 , l'ennemi
perdit à Gundersdorff près d'un million de florins,
qui fut pillé en partie par nos troupes légeres &
par les payfans , en partie par les Pruffiens mêmes.
Nos troupes ont pris fur le champ de bataille fix
pieces de canon , un Major général , deux Majors ,
beaucoup d'Officiers & près de fept cens foldats.
La perte des enne nis en morts monte à mille out
douze cens hommes , & la nôtre à près de cinq
cens.
Le Baron de Ziskowitz de fon côté enleva fix
pieces de canon & mille charriots qu'il fit aufh
fauter. I fit de plus prifonniers un Major , vingthuit
Officiers , & deux bataillons de Grenadiers.
Plus de cinq cens Pruffiens ont resté fur le champ
de bataille , & fa perte ne va guere à plus de cent
homes.
L'action a duré depuis midi jufqu'à quatre heu
res , avec une bravoure & une opiniâtreté égales
des deux parts. Le feu du canon & de la moufquc➡
terie ne s'eft pas ralenti un inftant. Tous les Offi.
ciers Généraux & les Commandans des Corps le
JUILLET. 1758 . 199
font extrêmement diftingués ; & entr'autres le
Comte de Caramelly , Commandant du Régiment
de Deux-Ponts ; le fieur Rouvoy , Capitaine d'Artillerie
, qui a fi bien fait fervir le canon , que
prefque chaque coup a porté ; le fieur de Brantano,
Colonel des Waradins ; le Comte de Nafely , Colonel
de Collowrath ; le fieur de Stampach , Lieutenant-
Colonel du même Régiment ; le fieur de
Riefe , Lieutenant- Colonel des Waradins ; le fieur
de Grimau , Major de Stharemberg ; le fieur de
Caldevel , Capitaine de Grenadiers de Vieux Wol
fenbuttel ; le fieur Grifoni , Capitaine de Grenadiers
de Konigseg , & le premier Lieutenant de
Ruft , Aide de Camp du Général Laudon. Les
Régimens de Nadafty , de Deux - Ponts , de Collowrath
, infanterie ; les Grenadiers , & en général
tous les Corps ont fuppléé par leur intrépidité à
l'inégalité du nombre. Trois mille Croates &
foixante Huffards , aux ordres du Major Hamiluſe
, ont été détachés vers Neyff , pour tâcher d'enlever
huit cens charriots de remonte , qui font près
de cette Ville .
Le même jour 30 Juin , le Comte de Daun fit
attaquer par fes troupes légeres les poftes avancés
de l'ennemi . Le Roi de Pruffe croyant qu'il vouloit
en venir à un engagement général , retira
précipitamment tous fes poftes ; mais notre Général
leva fon camp à dix heures du foir , & n'ayant
laiffé repofer fon armée que deux heures , il paffa
le lendemain la Morave , fit une marche de cinq à
fix lieues d'Allemagne , & s'approcha des portes
d'Olmutz. Ainfi par cette pofition , l'armée Impériale
fe trouvoit non feulement à portée de fe
courir de toutes façons la Place affiégée , mais de
fournir encore des détachemens néceffaires pour
faire, conjointement avec la garnifon , une fortie,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
moyennant laquelle on auroit culbuté fans rel
fource le Corps ennemi qui formoit le fiege , enlevé
toute fon artillerie , & rendu la retraite des
Pruffiens en Siléfie extrêmement difficile . Le Roi
de Pruffe
ayant connu le danger , cette confidération
jointe au manque de vivres & de munitions
de guerre , l'obligea de lever le fiege ; ce qu'il fit
le 2 à trois heures du matin , après avoir fait faire
pendant toute la nuit un feu continuel pour cou
vrir fon deffein . L'ennemi a abandonné dans fes
retranchemens un feul canon de batterie , cinq
mortiers , & une grande quantité de bombes &
de grenades. H eft poursuivi dans fa retraite par
les Généraux de Laudon , de Ziskowitz , de Saint-
Ignon , de Bucow & de Ville , dont les détachemens
forment enſemble un Corps d'environ vingtquatre
mille hommes.
DE RATISBONNE , le 19 Juins
Plufieurs lettres de Berlin marquent , qu'un
Corps de Huffards , de Croates & de Pandoures a
pénétré par la Luface dans le Brandebourg , fans
que les Pruffiens ayent eu aucun avis de fa marche.
Elles ajoutent que ce Corps a tiré des contributions
confidérables , qu'il a enlevé beaucoup
de bétail , & qu'il a pris un détachement de cent
Fufiliers , & de vingt Huffards Pruffiens qu'on
avoit envoyés contre lui .
Les mêmes lettres affurent encore , que le Général
Haddick a auffi pénétré dans le Brandebourg
avec un Corps de huit mille hommes , &
qu'il s'eft réuni avec un gros Corps de Ruffiens
aux environs de Cuftrin & de Landſberg.
De l'Armée Impériale en Moravie , le 2
Juillet.
SUR l'avis qu'avoit depuis quelques jours le
Maréchal Comte de Daun , qu'un convoi confidérable
chargé de vivres & de munitions de guerre
, étoit en route pour arriver à l'armée du Roi
de Pruffe , ce Général envoya le Comte de Lau
don & le Baron de Ziskowitz avec de forts Détachemens
, pour tâcher de l'intercepter. Le 28 du
mois de Juin , le Général Laudon attaqua ce convoi
près de Gunderfdorff ; mais le retard du Baron
de Ziskowitz , qui n'étoit pas encore à portée ,
l'obligea de fe retirer pour l'attendre. Pendant ce
court délai , l'ennemi reçut du renfort , & l'escorte
du convoi fe trouva de plus de quinze mille hommes.
Le lendemain , les deux Généraux de Laudon
& de Ziskowitz le trouvant rapprochés , concerterent
leur opération , & l'exécuterent le 30. A
dix heures & demie du matin , pendant que l'ennemi
étoit occupé à faire défiler les charriots
derriere lefquels il s'étoit retranché près de Neudorffel
, le Baron de Ziskowitz attaqua. Les Pruf
fiens qui avoient gagné des hauteurs , & qui manoeuvroient
avec toute l'habileté poffible , firent
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
la plus belle défenfe ; leur cavalerie fort fupérieure
à la nôtre , fe rallia jufqu'à quatre fois , mais enfin
elle fut défaite & mife en déroute. Leur infanterie
tint beaucoup plus long-temps , & fut de même
entiérement culbutée . Le convoi ennemi dont
s'empara le Général Laudon , confiftoit en plus de
trois mille charriots chargés de vivres , de munitions
de guerre , & d'habillemens pour les troupes.
Comme le feu du canon avoit tué la plus grande
partie des chevaux & des conducteurs , on fut
obligé de faire fauter la poudre , les bombes &
les grenades chargées , & de brûler la farine &
tous les charriots. Ceux qui étoient chargés d'argent
échapperent avec l'avant - garde Pruffienne ;
mais dans la premiere attaque du 28 , l'ennemi
perdit à Gundersdorff près d'un million de florins,
qui fut pillé en partie par nos troupes légeres &
par les payfans , en partie par les Pruffiens mêmes.
Nos troupes ont pris fur le champ de bataille fix
pieces de canon , un Major général , deux Majors ,
beaucoup d'Officiers & près de fept cens foldats.
La perte des enne nis en morts monte à mille out
douze cens hommes , & la nôtre à près de cinq
cens.
Le Baron de Ziskowitz de fon côté enleva fix
pieces de canon & mille charriots qu'il fit aufh
fauter. I fit de plus prifonniers un Major , vingthuit
Officiers , & deux bataillons de Grenadiers.
Plus de cinq cens Pruffiens ont resté fur le champ
de bataille , & fa perte ne va guere à plus de cent
homes.
L'action a duré depuis midi jufqu'à quatre heu
res , avec une bravoure & une opiniâtreté égales
des deux parts. Le feu du canon & de la moufquc➡
terie ne s'eft pas ralenti un inftant. Tous les Offi.
ciers Généraux & les Commandans des Corps le
JUILLET. 1758 . 199
font extrêmement diftingués ; & entr'autres le
Comte de Caramelly , Commandant du Régiment
de Deux-Ponts ; le fieur Rouvoy , Capitaine d'Artillerie
, qui a fi bien fait fervir le canon , que
prefque chaque coup a porté ; le fieur de Brantano,
Colonel des Waradins ; le Comte de Nafely , Colonel
de Collowrath ; le fieur de Stampach , Lieutenant-
Colonel du même Régiment ; le fieur de
Riefe , Lieutenant- Colonel des Waradins ; le fieur
de Grimau , Major de Stharemberg ; le fieur de
Caldevel , Capitaine de Grenadiers de Vieux Wol
fenbuttel ; le fieur Grifoni , Capitaine de Grenadiers
de Konigseg , & le premier Lieutenant de
Ruft , Aide de Camp du Général Laudon. Les
Régimens de Nadafty , de Deux - Ponts , de Collowrath
, infanterie ; les Grenadiers , & en général
tous les Corps ont fuppléé par leur intrépidité à
l'inégalité du nombre. Trois mille Croates &
foixante Huffards , aux ordres du Major Hamiluſe
, ont été détachés vers Neyff , pour tâcher d'enlever
huit cens charriots de remonte , qui font près
de cette Ville .
Le même jour 30 Juin , le Comte de Daun fit
attaquer par fes troupes légeres les poftes avancés
de l'ennemi . Le Roi de Pruffe croyant qu'il vouloit
en venir à un engagement général , retira
précipitamment tous fes poftes ; mais notre Général
leva fon camp à dix heures du foir , & n'ayant
laiffé repofer fon armée que deux heures , il paffa
le lendemain la Morave , fit une marche de cinq à
fix lieues d'Allemagne , & s'approcha des portes
d'Olmutz. Ainfi par cette pofition , l'armée Impériale
fe trouvoit non feulement à portée de fe
courir de toutes façons la Place affiégée , mais de
fournir encore des détachemens néceffaires pour
faire, conjointement avec la garnifon , une fortie,
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
moyennant laquelle on auroit culbuté fans rel
fource le Corps ennemi qui formoit le fiege , enlevé
toute fon artillerie , & rendu la retraite des
Pruffiens en Siléfie extrêmement difficile . Le Roi
de Pruffe
ayant connu le danger , cette confidération
jointe au manque de vivres & de munitions
de guerre , l'obligea de lever le fiege ; ce qu'il fit
le 2 à trois heures du matin , après avoir fait faire
pendant toute la nuit un feu continuel pour cou
vrir fon deffein . L'ennemi a abandonné dans fes
retranchemens un feul canon de batterie , cinq
mortiers , & une grande quantité de bombes &
de grenades. H eft poursuivi dans fa retraite par
les Généraux de Laudon , de Ziskowitz , de Saint-
Ignon , de Bucow & de Ville , dont les détachemens
forment enſemble un Corps d'environ vingtquatre
mille hommes.
DE RATISBONNE , le 19 Juins
Plufieurs lettres de Berlin marquent , qu'un
Corps de Huffards , de Croates & de Pandoures a
pénétré par la Luface dans le Brandebourg , fans
que les Pruffiens ayent eu aucun avis de fa marche.
Elles ajoutent que ce Corps a tiré des contributions
confidérables , qu'il a enlevé beaucoup
de bétail , & qu'il a pris un détachement de cent
Fufiliers , & de vingt Huffards Pruffiens qu'on
avoit envoyés contre lui .
Les mêmes lettres affurent encore , que le Général
Haddick a auffi pénétré dans le Brandebourg
avec un Corps de huit mille hommes , &
qu'il s'eft réuni avec un gros Corps de Ruffiens
aux environs de Cuftrin & de Landſberg.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 2 juillet, l'Armée Impériale en Moravie fut informée d'un convoi prussien transportant des vivres et des munitions. Le Maréchal Comte de Daun envoya le Comte de Laudon et le Baron de Ziskowitz pour l'intercepter. Le 28 juin, Laudon attaqua près de Gundersdorff mais dut se retirer en attendant Ziskowitz. Les Prussiens reçurent des renforts, portant leur effectif à plus de quinze mille hommes. Le 30 juin, Laudon et Ziskowitz attaquèrent conjointement et capturèrent le convoi, qui comprenait plus de trois mille charriots chargés de vivres, de munitions et d'habits. En raison des pertes de chevaux et de conducteurs, une partie des munitions dut être détruite. Les Prussiens perdirent près d'un million de florins lors de la première attaque et environ mille cent douze hommes sur le champ de bataille. Les troupes impériales capturèrent six pièces de canon, un Major général, deux Majors, de nombreux officiers et près de sept cents soldats. Le Baron de Ziskowitz captura également six pièces de canon et mille charriots, faisant prisonniers un Major, vingt-huit officiers et deux bataillons de Grenadiers. L'action dura de midi à quatre heures, avec une bravoure égale des deux côtés. Le même jour, le Comte de Daun fit attaquer les postes avancés prussiens, forçant le Roi de Prusse à lever le siège d'Olmutz. Les Prussiens abandonnèrent des canons, des mortiers et des munitions et furent poursuivis par les généraux impériaux. Par ailleurs, des lettres de Berlin rapportèrent des incursions de troupes impériales en Brandebourg, où elles tirèrent des contributions et capturèrent des détachements prussiens.
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