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1
p. 125-132
EXTRAIT du Mémoire lû par M. de Réaumur, à l'Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, du 15 Novembre 1730. sur des Thermomètres d'une nouvelle Construction, dont les dégrez donnent des idées d'un chaud et d'un froid, qui peuvent être rapportez à des mesures connuës.
Début :
Les Thermomètres ne sont pas seulement des instruments à l'usage [...]
Mots clefs :
Thermomètre, M. de Réaumur, Mesure de température, Construction, Comparaison
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Mémoire lû par M. de Réaumur, à l'Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, du 15 Novembre 1730. sur des Thermomètres d'une nouvelle Construction, dont les dégrez donnent des idées d'un chaud et d'un froid, qui peuvent être rapportez à des mesures connuës.
EXTRAIT du Mémoire la par M. de
Réaumur, à l'Assemblée publique de l'Académie
Royale des Sciences , du 15 Novembre
1730.sur des Thermomètres d'une
nouvelle Construction , dont les dégrez
donnent des idées d'un chaud et d'un
froid , qui peuvent être rapportez à des
mesures connuës .
Es Thermomètres ne sont pas seule
Live
ment des instrumens à l'usage des
Phisiciens ; generalement on aime à les
consulter , sur tout lorsque le froid de
l'Hyver est rude , ou que la chaleur de
l'Eté est accablante. On aime à comparer
le froid ou le chaud qu'on ressent actuel
lement avec celui des années précédentes.
On aimeroit à sçavoir combien ils sont
éloignez du plus grand froid , ou du plus
grand chaud des autres climats. Mais la
construction des Thermomètres qu'on a
faits jusques icy , ne les rend pas propres
à nous donner sur tout cela des connoissances
bien satisfaisantes.
Il faudroit pouvoir comparer les dégrez
de froid et de chaud , marquez par
differens Thermomètres , en differentes
saisons , en differentes années , et en differens
païs . Or comment faire cette comparaison,
si les Thermomètres , tels que nous
les
126 MERCURE DE FRANCE.
à
les avons aujourd'hui , étant exposez à
un même air , expriment les changemens
de temperature d'air par des nombres de
dégrez differens , er de dégrez dont les
rapports réels nous sont inconnus ! De
deux Thermomètres placez à côté l'un de
Pautre , l'un montera de 7 à 8 dégrez ,
pendant que l'autre ne montera que de
3 à 4 , plus ou moins. Ils parlent tous des
langues differentes ; on n'entend que celle
du Thermomètre qu'on a suivi pendant
plusieurs années; encore ne l'entend-t- on
que très - confusément. On sçait bien le
nombre de dégrez qui se trouve entre le
plus grand froid qu'il a marqué dans une
année , et le plus grand froid qu'il a marqué
dans une autre , mais ces dégrez ne
nous donnent aucune idée distincte d'une
mesure de froid , ou de chaud ; car qu'est
ce qu'un dégré d'un Thermomètre ? On
connoît assez la principale des causes
d'où naist l'irrégularité des marches des
Thermomètres qui sont le plus en usage ,
et qu'on appelle Thermomètres de Florence.
Ils consistent dans une Boule ,
adaptée à un Tube , une certaine quartité
d'esprit de vin coloré y est renfermée
selon que le diamètre de la Boule
est plus ou moins grand , par rapport
celui du Tuyau , la liqueur s'éleve plus
ou moins dans le Tuyau. Pendant te
à
même
JANVIER. 1731. 1 27
même changement de temperature d'air ,
elle marque plus ou moins de dégrez
sur des Thermomètres de même hauteur,
parce que les dégrez sont des parties éga→
dans lesquels la longueur du Tuyau
a été divisée arbitrairement. Comme on
ignore le rapport du Diamètre de la
Boule à celui du Tube , on ignore aussi
les rapports des dégrez des differens
Thermomètres.
Une autre source encore de variétez
considérables , à laquelle on n'a pas pris
assez garde jusques à aujourd'hui , ou du
moins à laquelle on n'a pas cherché à re
medier ; c'est la qualité de l'esprit de vin
qu'on y renferme. M. de Reaumur fait
remarquer que plus les esprits de vins
sont forts , et plus ils sont dilatables , qu'il
y a des Thermomètres remplis d'esprit
de vin très- rectifié , d'autres remplis de
simple Eau- de-vie , et d'autres remplis
d'esprit de vin de biens des qualitez
moyennes entre les deux précédentes . De
sorte que quand on seroit parvenu , ce
qui n'est pas possible, à déterminer exactement
les rapports des diamètres des
Boules à ceux des Tubes , dans differents
Thermomètes , leurs dégrez ne sçauroient
être comparez ensemble , dès qu'ils scroient
remplis d'esprit de vin de differen
tes qualitez , et qu'on ignoreroit , comme
on
128 MERCURE DE FRANCE
on l'a ignoré jusques icy , les differences
qui sont entre les qualitez de ces esprits
de vin. Les Physiciens qui avoient interêt
à perfectionner les Thermomètres en ont
imaginé de bien des formes ; mais celle
des anciens a prévalu ; c'est le Thermomètre
de Florence , qu'on trouve presque
par tout.
M. de Réaumur conserve aussi la même
forme à celui qu'il propose dans ce Mémoire.
L'extérieur en paroît en quelque
sorte le même , quoique sa construction
soit totalement differente. Voici les principes
sur lesquels elle est fondées. Premierement
il détermine le caractere de
l'esprit de vin qu'il fait entrer dans le
Thermomètre , et le détermine de façon
qu'on pourra en tout Païs avoir de pareil
esprit de vin , en reconnoître la qualité.
Secondement , il mesure exactement la
quantité de l'esprit de vin qu'il fait entrer
dans le Thermomètre. Cette quantité
est composée d'un nombre déterminé
de petites mesures connues , de mille
mesures , par exemple .
Troisiémement , les dégrez ne sont
plus des portions arbitraires de la longueur
du Tube , et toutes égales entr'elles
en longueur ; ce sont des portions
du Tube égales entr'elles en capacité , et
égaJANVIER.
1731. 129
égales chacune à une de ces parties ou mesures
, dont le volume total est composé;
chacune est , par exemple , une milliéme
partie de ce volume .
Quatrièmement , il fixe , il détermine
ce volume de mille parties par la congel
lation artificielle de l'eau , c'est à dire ,
par de l'eau qu'il fait geler , autour de
l'esprit de vin . C'est lorsque cet esprit
de vin est condensé par la congellation
artificielle de l'eau que son volume est de
mille parties ou mesures. Or l'esprit de
vin qu'il choisit est tel que son volume
étant mille , lorsqu'il est condensé par la
glace artificielle , il est 1080 lorsqu'il est
dilaté par la plus grande chaleur que l'eau
bouillante puisse lui donner , sans le faire
bouillir.
Ainsi tout est connu , tout est mesuré
dans ces nouveaux Thermomètres. Tous
aussi expriment leurs dégrez de la même
maniere , et toujours d'une maniere intelligible.
On les y compte à commencer
depuis le terme de la congellation de l'eau.
Les dégrez qui sont au dessous sont les
dégrez descendans , ou les dégrez de condensation
; et les dégrez qui sont au dessus
sont les dégrez ascendans ou les dégrez
de dilatation. Tous ces dégrez nous
donnent des idées de mesures de chaleur
telles que nous pouvons les demander.Ils
nous
130 MERCURE DE FRANCE
nous apprennent continuellement combien
s'est dilaté , ou combien s'est condensé
un volume connu d'une liqueur
connuë. Quand la liqueur s'est élevée au
20° dégré au dessus de la congellation de
l'eau ; nous savons qu'un volume de liqueur
qui est mille dans le temps de la
congellation de l'eau , est devenu 1020 ,
c'est-à- dire , que le premier volume s'est
dilaté d'une cinquantième partie , de
même quand la liqueur est descenduë de
20 dégrez au dessous du terme de la
congellation ; nous sçavons que le volume
qui étoit mille , est devenu 980 , ou
qu'il s'est condensé d'une so partie , plus
qu'il ne l'est par la congellation artificielle
de l'eau.
On ne sçauroit entrer icy dans le détail
des pratiques qu'on doit suivre pour
construire exactement ces Thermomètres,
quoiquelles soient simples et faciles ,
on ne pourroit faire entendre tout ce qui
sert à les faciliter , à les abreger , à leur
donner de la précision , sans copier dans
toute leur étendue les explications qui en
ont été rapportées dans le Mémoire même.
Tout se fait , la mesure à la main.
Nous nous contenterons de faire remarquer
que les Tubes et les Boules de ces
Thermomètres ont beaucoup plus de capacité
que les Boules et les Tubes des
TherJANVIER.
1731. 13r
Thermomètres ordinaires . Il seroit im
possible de mesurer exactement les portions
des capacitez égales , qui doivent
marquer les dégrez , dans des Tubes presque
capillaires , tels que sont ceux des
Thermomètres ordinaires. M. de Réaumur
prend pour les siens des Tubes aussi
gros que le sont ceux des bons Baromè
tres simples car les Baromètres simples ,
faits de Tubes capillaires ne valent rien,
et il prend des Boules de trois pouces et
demi , ou quatre pouces de diamètre,
Si on cut commencé faire des monpar
tres,on n'auroit point eu de mesures exactes
du temps , jusques à ce que quelqu'un
cut proposé de faire de plus grandes
Horloges , comme sont les Pendules. C'est
ce qui est arrivé aux Thermomètres . On
a commencé par les construire d'une trespetite
capacité, et on n'a pas pensé assez- tôt
qu'il étoit essentiel de leur donner une
capacité plus grande , si on vouloit en
faire des instrumens exacts pour mesurer
le froid et le chaud.
La solidité des principes sur lesquels
ces nouveaux Thermomètres sont construits
est incontestable, mais on pourroit
douter si la pratique répond icy assez
exactement à la théorie. Les Thermomè
tres qui ont été construits , font voir
qu'elle y répond , même plus exactement
qu'on
132 MERCURE DE FRANCE
qu'on n'eut osé l'attendre. Lorsqu'on en
place 7 à 8 , ou un plus grand nombre ,
les uns à côté des autres ; on a le plaisir
de voir qu'ils marquent tous le même
dégré de froid ou de chaud.A peine trouve-
t-on entre ceux qui s'écartent le plus,
une difference d'un quart de dégré , ou
d'un de dégré.
On vend actuellement de ces Thermomètres
chez les Sieurs Cholets , Marchands Fayanciers
, à la Levrette , rue S. Honoré , vis-àvis
la rue de l'Echelle , et au coin de la ruë
des Fondeurs , qui monte à la Butte saint
Roch.
Comme leur perfection dépend de l'attention
avec laquelle ils ont été construits , et
qu'on auroit pu craindre que les Ouvriers
pour aller plus vite , leur eussent laissé des
deffants. M. Pitot , de l'Academie Royale
des Sciences , s'est chargé de verifier tous
ceux qui se vendent chez les Marchands
ci-dessus , et de les parapher.
Réaumur, à l'Assemblée publique de l'Académie
Royale des Sciences , du 15 Novembre
1730.sur des Thermomètres d'une
nouvelle Construction , dont les dégrez
donnent des idées d'un chaud et d'un
froid , qui peuvent être rapportez à des
mesures connuës .
Es Thermomètres ne sont pas seule
Live
ment des instrumens à l'usage des
Phisiciens ; generalement on aime à les
consulter , sur tout lorsque le froid de
l'Hyver est rude , ou que la chaleur de
l'Eté est accablante. On aime à comparer
le froid ou le chaud qu'on ressent actuel
lement avec celui des années précédentes.
On aimeroit à sçavoir combien ils sont
éloignez du plus grand froid , ou du plus
grand chaud des autres climats. Mais la
construction des Thermomètres qu'on a
faits jusques icy , ne les rend pas propres
à nous donner sur tout cela des connoissances
bien satisfaisantes.
Il faudroit pouvoir comparer les dégrez
de froid et de chaud , marquez par
differens Thermomètres , en differentes
saisons , en differentes années , et en differens
païs . Or comment faire cette comparaison,
si les Thermomètres , tels que nous
les
126 MERCURE DE FRANCE.
à
les avons aujourd'hui , étant exposez à
un même air , expriment les changemens
de temperature d'air par des nombres de
dégrez differens , er de dégrez dont les
rapports réels nous sont inconnus ! De
deux Thermomètres placez à côté l'un de
Pautre , l'un montera de 7 à 8 dégrez ,
pendant que l'autre ne montera que de
3 à 4 , plus ou moins. Ils parlent tous des
langues differentes ; on n'entend que celle
du Thermomètre qu'on a suivi pendant
plusieurs années; encore ne l'entend-t- on
que très - confusément. On sçait bien le
nombre de dégrez qui se trouve entre le
plus grand froid qu'il a marqué dans une
année , et le plus grand froid qu'il a marqué
dans une autre , mais ces dégrez ne
nous donnent aucune idée distincte d'une
mesure de froid , ou de chaud ; car qu'est
ce qu'un dégré d'un Thermomètre ? On
connoît assez la principale des causes
d'où naist l'irrégularité des marches des
Thermomètres qui sont le plus en usage ,
et qu'on appelle Thermomètres de Florence.
Ils consistent dans une Boule ,
adaptée à un Tube , une certaine quartité
d'esprit de vin coloré y est renfermée
selon que le diamètre de la Boule
est plus ou moins grand , par rapport
celui du Tuyau , la liqueur s'éleve plus
ou moins dans le Tuyau. Pendant te
à
même
JANVIER. 1731. 1 27
même changement de temperature d'air ,
elle marque plus ou moins de dégrez
sur des Thermomètres de même hauteur,
parce que les dégrez sont des parties éga→
dans lesquels la longueur du Tuyau
a été divisée arbitrairement. Comme on
ignore le rapport du Diamètre de la
Boule à celui du Tube , on ignore aussi
les rapports des dégrez des differens
Thermomètres.
Une autre source encore de variétez
considérables , à laquelle on n'a pas pris
assez garde jusques à aujourd'hui , ou du
moins à laquelle on n'a pas cherché à re
medier ; c'est la qualité de l'esprit de vin
qu'on y renferme. M. de Reaumur fait
remarquer que plus les esprits de vins
sont forts , et plus ils sont dilatables , qu'il
y a des Thermomètres remplis d'esprit
de vin très- rectifié , d'autres remplis de
simple Eau- de-vie , et d'autres remplis
d'esprit de vin de biens des qualitez
moyennes entre les deux précédentes . De
sorte que quand on seroit parvenu , ce
qui n'est pas possible, à déterminer exactement
les rapports des diamètres des
Boules à ceux des Tubes , dans differents
Thermomètes , leurs dégrez ne sçauroient
être comparez ensemble , dès qu'ils scroient
remplis d'esprit de vin de differen
tes qualitez , et qu'on ignoreroit , comme
on
128 MERCURE DE FRANCE
on l'a ignoré jusques icy , les differences
qui sont entre les qualitez de ces esprits
de vin. Les Physiciens qui avoient interêt
à perfectionner les Thermomètres en ont
imaginé de bien des formes ; mais celle
des anciens a prévalu ; c'est le Thermomètre
de Florence , qu'on trouve presque
par tout.
M. de Réaumur conserve aussi la même
forme à celui qu'il propose dans ce Mémoire.
L'extérieur en paroît en quelque
sorte le même , quoique sa construction
soit totalement differente. Voici les principes
sur lesquels elle est fondées. Premierement
il détermine le caractere de
l'esprit de vin qu'il fait entrer dans le
Thermomètre , et le détermine de façon
qu'on pourra en tout Païs avoir de pareil
esprit de vin , en reconnoître la qualité.
Secondement , il mesure exactement la
quantité de l'esprit de vin qu'il fait entrer
dans le Thermomètre. Cette quantité
est composée d'un nombre déterminé
de petites mesures connues , de mille
mesures , par exemple .
Troisiémement , les dégrez ne sont
plus des portions arbitraires de la longueur
du Tube , et toutes égales entr'elles
en longueur ; ce sont des portions
du Tube égales entr'elles en capacité , et
égaJANVIER.
1731. 129
égales chacune à une de ces parties ou mesures
, dont le volume total est composé;
chacune est , par exemple , une milliéme
partie de ce volume .
Quatrièmement , il fixe , il détermine
ce volume de mille parties par la congel
lation artificielle de l'eau , c'est à dire ,
par de l'eau qu'il fait geler , autour de
l'esprit de vin . C'est lorsque cet esprit
de vin est condensé par la congellation
artificielle de l'eau que son volume est de
mille parties ou mesures. Or l'esprit de
vin qu'il choisit est tel que son volume
étant mille , lorsqu'il est condensé par la
glace artificielle , il est 1080 lorsqu'il est
dilaté par la plus grande chaleur que l'eau
bouillante puisse lui donner , sans le faire
bouillir.
Ainsi tout est connu , tout est mesuré
dans ces nouveaux Thermomètres. Tous
aussi expriment leurs dégrez de la même
maniere , et toujours d'une maniere intelligible.
On les y compte à commencer
depuis le terme de la congellation de l'eau.
Les dégrez qui sont au dessous sont les
dégrez descendans , ou les dégrez de condensation
; et les dégrez qui sont au dessus
sont les dégrez ascendans ou les dégrez
de dilatation. Tous ces dégrez nous
donnent des idées de mesures de chaleur
telles que nous pouvons les demander.Ils
nous
130 MERCURE DE FRANCE
nous apprennent continuellement combien
s'est dilaté , ou combien s'est condensé
un volume connu d'une liqueur
connuë. Quand la liqueur s'est élevée au
20° dégré au dessus de la congellation de
l'eau ; nous savons qu'un volume de liqueur
qui est mille dans le temps de la
congellation de l'eau , est devenu 1020 ,
c'est-à- dire , que le premier volume s'est
dilaté d'une cinquantième partie , de
même quand la liqueur est descenduë de
20 dégrez au dessous du terme de la
congellation ; nous sçavons que le volume
qui étoit mille , est devenu 980 , ou
qu'il s'est condensé d'une so partie , plus
qu'il ne l'est par la congellation artificielle
de l'eau.
On ne sçauroit entrer icy dans le détail
des pratiques qu'on doit suivre pour
construire exactement ces Thermomètres,
quoiquelles soient simples et faciles ,
on ne pourroit faire entendre tout ce qui
sert à les faciliter , à les abreger , à leur
donner de la précision , sans copier dans
toute leur étendue les explications qui en
ont été rapportées dans le Mémoire même.
Tout se fait , la mesure à la main.
Nous nous contenterons de faire remarquer
que les Tubes et les Boules de ces
Thermomètres ont beaucoup plus de capacité
que les Boules et les Tubes des
TherJANVIER.
1731. 13r
Thermomètres ordinaires . Il seroit im
possible de mesurer exactement les portions
des capacitez égales , qui doivent
marquer les dégrez , dans des Tubes presque
capillaires , tels que sont ceux des
Thermomètres ordinaires. M. de Réaumur
prend pour les siens des Tubes aussi
gros que le sont ceux des bons Baromè
tres simples car les Baromètres simples ,
faits de Tubes capillaires ne valent rien,
et il prend des Boules de trois pouces et
demi , ou quatre pouces de diamètre,
Si on cut commencé faire des monpar
tres,on n'auroit point eu de mesures exactes
du temps , jusques à ce que quelqu'un
cut proposé de faire de plus grandes
Horloges , comme sont les Pendules. C'est
ce qui est arrivé aux Thermomètres . On
a commencé par les construire d'une trespetite
capacité, et on n'a pas pensé assez- tôt
qu'il étoit essentiel de leur donner une
capacité plus grande , si on vouloit en
faire des instrumens exacts pour mesurer
le froid et le chaud.
La solidité des principes sur lesquels
ces nouveaux Thermomètres sont construits
est incontestable, mais on pourroit
douter si la pratique répond icy assez
exactement à la théorie. Les Thermomè
tres qui ont été construits , font voir
qu'elle y répond , même plus exactement
qu'on
132 MERCURE DE FRANCE
qu'on n'eut osé l'attendre. Lorsqu'on en
place 7 à 8 , ou un plus grand nombre ,
les uns à côté des autres ; on a le plaisir
de voir qu'ils marquent tous le même
dégré de froid ou de chaud.A peine trouve-
t-on entre ceux qui s'écartent le plus,
une difference d'un quart de dégré , ou
d'un de dégré.
On vend actuellement de ces Thermomètres
chez les Sieurs Cholets , Marchands Fayanciers
, à la Levrette , rue S. Honoré , vis-àvis
la rue de l'Echelle , et au coin de la ruë
des Fondeurs , qui monte à la Butte saint
Roch.
Comme leur perfection dépend de l'attention
avec laquelle ils ont été construits , et
qu'on auroit pu craindre que les Ouvriers
pour aller plus vite , leur eussent laissé des
deffants. M. Pitot , de l'Academie Royale
des Sciences , s'est chargé de verifier tous
ceux qui se vendent chez les Marchands
ci-dessus , et de les parapher.
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Résumé : EXTRAIT du Mémoire lû par M. de Réaumur, à l'Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, du 15 Novembre 1730. sur des Thermomètres d'une nouvelle Construction, dont les dégrez donnent des idées d'un chaud et d'un froid, qui peuvent être rapportez à des mesures connuës.
Le 15 novembre 1730, René-Antoine Ferchault de Réaumur présente à l'Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences un mémoire sur de nouveaux thermomètres. Ces instruments sont utilisés non seulement par les physiciens, mais aussi par le public pour comparer les températures actuelles avec celles des années précédentes ou d'autres climats. Cependant, les thermomètres existants, notamment ceux de Florence, ne fournissent pas des mesures satisfaisantes en raison de leurs constructions variées et des différences dans les liquides utilisés, comme l'esprit de vin de qualités diverses. Réaumur propose une nouvelle construction de thermomètres pour résoudre ces problèmes. Il standardise la qualité et la quantité de l'esprit de vin utilisé, mesure les degrés en portions égales de capacité plutôt que de longueur, et fixe les degrés par rapport à la congélation et à l'ébullition de l'eau. Ainsi, tous les thermomètres expriment les degrés de la même manière, permettant des comparaisons précises et intelligibles. Les nouveaux thermomètres sont construits avec des tubes et des boules de plus grande capacité, similaires à ceux des baromètres simples, pour assurer une mesure exacte. Les tests montrent que ces thermomètres sont très précis, avec des écarts minimes entre eux. Ils sont disponibles à la vente chez les Sieurs Cholets, et leur construction est vérifiée par M. Pitot pour garantir leur exactitude.
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2
p. 1950-1955
EXPERIENCES curieuses sur la Glace artificielle.
Début :
Mettez dans une bouteille de verre quatre onces de sel Ammoniac réduit [...]
Mots clefs :
Thermomètre, Eau, Glace, Froid, Nitre, Sel
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texteReconnaissance textuelle : EXPERIENCES curieuses sur la Glace artificielle.
EXPERIENCES curieuses surla
Glace artificielle.
Ettez dans une bouteille de verre
quatre onces de sel Ammoniac ré
duit en poudre , séche , très-fine ; bou
chez- la exactement , afin que cette pou
dre ne contracte aucune humidité. Lais
sez la dans de l'eau exposée à l'air froid.
pendant la nuit , pour que le sel Am
moniac , l'eau et le verre soient égale
mentfroids. Le lendemain matin plon
gez le Thermometre de Fahrenheit dans
cette
SEPTEMBRE 1737 1951
cette eau , et remarquez à quel degré le
Mercure s'arrête. Versez alors dans dou
ze onces de cette eau les quatre onces de
sel Ammoniac qu'on a laissé se refroidir
dans la bouteille. Après l'avoir bien mêlé
et bien dissous , plongez votre instru
ment dans cette solution , vous verrez
le Mercure descendre de 28 degrés , si
l'air n'a que s1 degrés de chaleur. Donc
une partie desel Ammoniac dissous dans
trois parties d'eau , augmente le froid de
28 degrés , et par conséquent on peut
toujours faire un froid glacial , pourvûp
que la chaleur de l'air n'excede pas 60.
degrés. En effet l'eau commence àse ge
ler au 32 degré, suivant le Thermo
metre de Fahrenheit. Ainsi plus l'air se
refroidit en déclinant du 60. au 32. de
gré , plus il est aisé de faire de la glace ,
parce qu'alors l'eau est plus froide. D'où
il suit que si elle étoit déja prête àse gla
cer naturellement, le mélange dont nous
venons de parler feroit descendre la li
queur du Thermometre au 4e degré.
Veut on faire un froid bien plus consi
dérable ? il n'y a qu'à mettre dans un
large vaisseau , rempli de la premiere so
lution de sel Ammoniac, un autre vais
seau plus petit plein d'eau ; comme à
mesurequ'il se refroidit, il communi
que
1952 MERCURE DE FRANCE
que àcette eau leplusgrand froid qu'elle
puisse recevoir dece mélange, il estévi
dentquesi l'onjette de nouveau sel Am
moniacdans cette eau refroidie, on pou
ra faire, pendant les plus vives ardeurs
de la Canicule , un froid comparable
celui de l'hyver ; et par conséquent au
défaut de glace on pouroit ainsi rafraî
chir le vin & toutes sortes de liqueurs
durant l'Eté. Cette Expérience qu'on'
peut faire aisément , et à peu de frais,
est de M. Boheraave (a);
Envoici une autrede Fahrenheit , qui
est beaucoup plus surprenante,et qui est
raportée par le mêmeAuteur. Fahrenheit
s'avisaun jourd'hyver(1729)de répandre
sur de la glace deux onces d'Esprit de
Nitre y ayant aussi tôt plongé son in
strument', la liqueur descendit quatre
degrés plus bas qu'O. Lorsque cetEsprit
fut aussi refroidi que l'air , qui n'avoit
alors que 16 degrés de chaleur , il en
répandit encore sept onces ; son Ther
mometredescendit de 30 degrés , depuist
1 sur Ojusqu'à 14 sous O. Il versa une
troisième fois dumême Espritsur lereste
de la glace déja refroidie ; sur le champ
la liqueur du Thermoscope descendit à
29 au dessous d'O. Comme l'Esprit de
(a) Element, Chymia deigne
Nitre
SEPTEMBRE. 1737 1933
Nitre vint à manquer , il eut recours à
l'Esprit de sel Marin ,froidde 17 degrés.
Il n'en cut pas plutôt versé sur la glace
fondue , que le Thermometre s'arrêta à¹
8 degrés au-delà d'O; il en répanditune
seconde fois , le Mercure descendit jus
qu'à 14 sous O. L'évenementpiqua la
curiosité de cet industrieux Ouvrier. Il
fit acheter de nouvel Esprit de Nitre;
mais comme par malheur vint ledégel ,
il ne pensa plus qu'au moyen de consér
verlefroid artificiel qu'il venoit de faire.
Pour cela il fit faite trois vaisseaux de
cuivre cylindriques , larges de près de 6
pouces et demi chacun, dans lesquels il
mit trois autres vaisseaux de verre cy
lindriques , larges de trois pouces et dé
mi. Comme il yavoit entre le verre et
le cuivre un pouce et demi de vuide
tout , il eut soin de le remplir exacte
par
ment de cotton , afin d'émpêcher l'im
pression de l'air , et de conserver ainsi
sonfroid plus long-tems. Ensuite, après
avoir rempli les vaisseaux de verre de la
glace qui étoit en partie fondue , il mit
dans ces vaisseaux des tuyaux de verre
detrois quarts de pouce delargeur pleins
d'Esprit de Nitre temperé de 32 degrés
et de l'eau qui s'étoit separée de la glace
fondue. Il répandit ensuite de l'Esprit
de
1954 MERCURE DE FRANCE
de Nitre surla glace, à quatre reprises,
fe Mercure descendit jusqu'à 40 degrés
au dessous O. L'Esprit de Nitre s'étoit
lui-même tellement condensé , en se mê
lant avec la glace fondue, qu'il formoit
des cristaux minces, pointus , longs d'un
demi
pouce.
Est-il rien de si surprenant
dans la Nature! L'an 1709 , durant le
grand hyver , le Thermometre de Fah
renheit s'arrêta en Irlande au premier
degré. Le 16 Janvier 1729. il ne mar
quoit que s degrés dans le Jardin de l'A
cadémie de Leyde , comme M. Boer
haave l'a observé. Et voilà un froid arti
ficiel qui surpasse de 40 degrés le plus
grand froid que la Nature ait produit.
Ajoûtez40 à 32 degrés où la glacese for
me, vous sentirez une chaleur insup
portable. L'eau est donc devenuë plus
froide de 72 degrés qu'elle n'est ordinai
rement, lorsqu'elle commence à sechan
ger en glace. Il y a long-tems que les
Chymistes ont observé qu'on pouvoit
refroidir l'eau par le mélange de certains
sels : mais auroient ils pû prévoir qu'il
eût été possible defaire un sigrandfroid?
cependant quelfroid plus excessifencore
ne pouroit-on pas produire par d'autres
moyens qui nous sont inconnus ? et que
deviendroit toute la Nature , si son Au
teus
SEPTEMBRE. 1737 1958
teur ne lui avoit pas prescrit des bornes
qu'elle ne peut passer?
Glace artificielle.
Ettez dans une bouteille de verre
quatre onces de sel Ammoniac ré
duit en poudre , séche , très-fine ; bou
chez- la exactement , afin que cette pou
dre ne contracte aucune humidité. Lais
sez la dans de l'eau exposée à l'air froid.
pendant la nuit , pour que le sel Am
moniac , l'eau et le verre soient égale
mentfroids. Le lendemain matin plon
gez le Thermometre de Fahrenheit dans
cette
SEPTEMBRE 1737 1951
cette eau , et remarquez à quel degré le
Mercure s'arrête. Versez alors dans dou
ze onces de cette eau les quatre onces de
sel Ammoniac qu'on a laissé se refroidir
dans la bouteille. Après l'avoir bien mêlé
et bien dissous , plongez votre instru
ment dans cette solution , vous verrez
le Mercure descendre de 28 degrés , si
l'air n'a que s1 degrés de chaleur. Donc
une partie desel Ammoniac dissous dans
trois parties d'eau , augmente le froid de
28 degrés , et par conséquent on peut
toujours faire un froid glacial , pourvûp
que la chaleur de l'air n'excede pas 60.
degrés. En effet l'eau commence àse ge
ler au 32 degré, suivant le Thermo
metre de Fahrenheit. Ainsi plus l'air se
refroidit en déclinant du 60. au 32. de
gré , plus il est aisé de faire de la glace ,
parce qu'alors l'eau est plus froide. D'où
il suit que si elle étoit déja prête àse gla
cer naturellement, le mélange dont nous
venons de parler feroit descendre la li
queur du Thermometre au 4e degré.
Veut on faire un froid bien plus consi
dérable ? il n'y a qu'à mettre dans un
large vaisseau , rempli de la premiere so
lution de sel Ammoniac, un autre vais
seau plus petit plein d'eau ; comme à
mesurequ'il se refroidit, il communi
que
1952 MERCURE DE FRANCE
que àcette eau leplusgrand froid qu'elle
puisse recevoir dece mélange, il estévi
dentquesi l'onjette de nouveau sel Am
moniacdans cette eau refroidie, on pou
ra faire, pendant les plus vives ardeurs
de la Canicule , un froid comparable
celui de l'hyver ; et par conséquent au
défaut de glace on pouroit ainsi rafraî
chir le vin & toutes sortes de liqueurs
durant l'Eté. Cette Expérience qu'on'
peut faire aisément , et à peu de frais,
est de M. Boheraave (a);
Envoici une autrede Fahrenheit , qui
est beaucoup plus surprenante,et qui est
raportée par le mêmeAuteur. Fahrenheit
s'avisaun jourd'hyver(1729)de répandre
sur de la glace deux onces d'Esprit de
Nitre y ayant aussi tôt plongé son in
strument', la liqueur descendit quatre
degrés plus bas qu'O. Lorsque cetEsprit
fut aussi refroidi que l'air , qui n'avoit
alors que 16 degrés de chaleur , il en
répandit encore sept onces ; son Ther
mometredescendit de 30 degrés , depuist
1 sur Ojusqu'à 14 sous O. Il versa une
troisième fois dumême Espritsur lereste
de la glace déja refroidie ; sur le champ
la liqueur du Thermoscope descendit à
29 au dessous d'O. Comme l'Esprit de
(a) Element, Chymia deigne
Nitre
SEPTEMBRE. 1737 1933
Nitre vint à manquer , il eut recours à
l'Esprit de sel Marin ,froidde 17 degrés.
Il n'en cut pas plutôt versé sur la glace
fondue , que le Thermometre s'arrêta à¹
8 degrés au-delà d'O; il en répanditune
seconde fois , le Mercure descendit jus
qu'à 14 sous O. L'évenementpiqua la
curiosité de cet industrieux Ouvrier. Il
fit acheter de nouvel Esprit de Nitre;
mais comme par malheur vint ledégel ,
il ne pensa plus qu'au moyen de consér
verlefroid artificiel qu'il venoit de faire.
Pour cela il fit faite trois vaisseaux de
cuivre cylindriques , larges de près de 6
pouces et demi chacun, dans lesquels il
mit trois autres vaisseaux de verre cy
lindriques , larges de trois pouces et dé
mi. Comme il yavoit entre le verre et
le cuivre un pouce et demi de vuide
tout , il eut soin de le remplir exacte
par
ment de cotton , afin d'émpêcher l'im
pression de l'air , et de conserver ainsi
sonfroid plus long-tems. Ensuite, après
avoir rempli les vaisseaux de verre de la
glace qui étoit en partie fondue , il mit
dans ces vaisseaux des tuyaux de verre
detrois quarts de pouce delargeur pleins
d'Esprit de Nitre temperé de 32 degrés
et de l'eau qui s'étoit separée de la glace
fondue. Il répandit ensuite de l'Esprit
de
1954 MERCURE DE FRANCE
de Nitre surla glace, à quatre reprises,
fe Mercure descendit jusqu'à 40 degrés
au dessous O. L'Esprit de Nitre s'étoit
lui-même tellement condensé , en se mê
lant avec la glace fondue, qu'il formoit
des cristaux minces, pointus , longs d'un
demi
pouce.
Est-il rien de si surprenant
dans la Nature! L'an 1709 , durant le
grand hyver , le Thermometre de Fah
renheit s'arrêta en Irlande au premier
degré. Le 16 Janvier 1729. il ne mar
quoit que s degrés dans le Jardin de l'A
cadémie de Leyde , comme M. Boer
haave l'a observé. Et voilà un froid arti
ficiel qui surpasse de 40 degrés le plus
grand froid que la Nature ait produit.
Ajoûtez40 à 32 degrés où la glacese for
me, vous sentirez une chaleur insup
portable. L'eau est donc devenuë plus
froide de 72 degrés qu'elle n'est ordinai
rement, lorsqu'elle commence à sechan
ger en glace. Il y a long-tems que les
Chymistes ont observé qu'on pouvoit
refroidir l'eau par le mélange de certains
sels : mais auroient ils pû prévoir qu'il
eût été possible defaire un sigrandfroid?
cependant quelfroid plus excessifencore
ne pouroit-on pas produire par d'autres
moyens qui nous sont inconnus ? et que
deviendroit toute la Nature , si son Au
teus
SEPTEMBRE. 1737 1958
teur ne lui avoit pas prescrit des bornes
qu'elle ne peut passer?
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Résumé : EXPERIENCES curieuses sur la Glace artificielle.
Le texte traite des expériences visant à créer de la glace artificielle et à produire du froid intense. En septembre 1737, une méthode est mise en avant pour abaisser la température de l'eau en dissolvant du sel ammoniac dans celle-ci. L'utilisation d'un thermomètre de Fahrenheit révèle que le mercure descend de 28 degrés lors de cette dissolution. Cette technique permet de générer un froid glacial tant que la température ambiante reste inférieure à 60 degrés Fahrenheit. Une autre expérience, menée par Fahrenheit en 1729, démontre que l'ajout d'esprit de nitre sur de la glace fait chuter le thermomètre jusqu'à -30 degrés. Pour maintenir ce froid artificiel, Fahrenheit utilise des récipients en cuivre et en verre isolés avec du coton, atteignant ainsi -40 degrés. Ces expériences montrent qu'il est possible d'atteindre des températures extrêmement basses de manière artificielle, dépassant les records naturels observés en Irlande en 1709 et à Leyde en 1729.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 94-96
LOGOGRYPHE.
Début :
Mon frere, ces jours-ci, parut sur l'horison, [...]
Mots clefs :
Thermomètre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
On frere ,ces jours- ci , parut fur l'horiſon ,
Aujourd'hui c'eſt à moi de monter fur la fcene,
Lecteur , à me trouver tu n'auras pas de peine.
Mais .... puis-je me flater d'être lû ? Pourquoi
non ?
On l'a bien lu ; je lui reffemble :
Pourquoi ne me liroit -on pas ?
Quoique même réduit , même lit nous raffemble
Jamais nous n'avons de débats.
Le paflager , fur fon voyage ,
Auffi bien que tout l'équipage
Nous confultent toujours avant de s'embarquer.
Le petit- maître avant de ſe parer ;
Lajeune & brillante coquette
Avant de faire fa toilette,
Et ce n'eft que fur nos avis
Qu'elle compofe ſa parure ,
Et prend tel ou tel autre habit.
Enfin .... Mais , c'eft affez , paffons à ma ftruc
ture.
JUILLET.
95 $754.
Trente mots au moins je contiens ,
Latins , François , Italiens ;
Mais j'en retrancherai une bonné partie.
Un Lecteur ailément s'ennuie
Quand fon efprit eft trop long-tems gêné.
Je renferme d'abord un mot de procédure ;
Un ornement d'Architecture ,
Certain métal d'un chacun recherché :
Ce qui finit notre carriere
Et fait rentrer l'homme dans la pouſſiere ;
Un poiffon qui , dit-on , malgré le cours des
eaux
Arrête les plus forts vaiffeaux.
Deux mots affez communs , l'un dans l'Aftrono
mie ,
L'autre dans la Géométrie ;
Le chef-d'oeuvre du Créateur ;
Une élévation , mais de peu de hauteur ;
Cette ville du monde autrefois la maîtreffe ,
La premiere aujourd'hui de l'empire chrétien ;
Une province de la Grece ;
Ce par quoi quelques muficiens
Rendent leur mémoire immortelle ;
Le nom de cette belle
Dont l'amant fe noya par un excès d'ardeur ;
Un élément , un arbre , un terme de cuiſine ,
Une conjonction ou Françoiſe ou Latine ,
Qu'importe un mot Latin qui défigne la peur ,
Un autre Italien , qui s'exprime par craindre
96 MERCURE DE FRANCE.
Un autre enfin qui marque le trépas.
Si je voulois je ne finirois pas ;
Mais , ce feroit , Lecteur , trop long-tems te contraindre.
D. P. N. T.
'A Nogent-fur- Seine le 3 Mai 1754º
On frere ,ces jours- ci , parut fur l'horiſon ,
Aujourd'hui c'eſt à moi de monter fur la fcene,
Lecteur , à me trouver tu n'auras pas de peine.
Mais .... puis-je me flater d'être lû ? Pourquoi
non ?
On l'a bien lu ; je lui reffemble :
Pourquoi ne me liroit -on pas ?
Quoique même réduit , même lit nous raffemble
Jamais nous n'avons de débats.
Le paflager , fur fon voyage ,
Auffi bien que tout l'équipage
Nous confultent toujours avant de s'embarquer.
Le petit- maître avant de ſe parer ;
Lajeune & brillante coquette
Avant de faire fa toilette,
Et ce n'eft que fur nos avis
Qu'elle compofe ſa parure ,
Et prend tel ou tel autre habit.
Enfin .... Mais , c'eft affez , paffons à ma ftruc
ture.
JUILLET.
95 $754.
Trente mots au moins je contiens ,
Latins , François , Italiens ;
Mais j'en retrancherai une bonné partie.
Un Lecteur ailément s'ennuie
Quand fon efprit eft trop long-tems gêné.
Je renferme d'abord un mot de procédure ;
Un ornement d'Architecture ,
Certain métal d'un chacun recherché :
Ce qui finit notre carriere
Et fait rentrer l'homme dans la pouſſiere ;
Un poiffon qui , dit-on , malgré le cours des
eaux
Arrête les plus forts vaiffeaux.
Deux mots affez communs , l'un dans l'Aftrono
mie ,
L'autre dans la Géométrie ;
Le chef-d'oeuvre du Créateur ;
Une élévation , mais de peu de hauteur ;
Cette ville du monde autrefois la maîtreffe ,
La premiere aujourd'hui de l'empire chrétien ;
Une province de la Grece ;
Ce par quoi quelques muficiens
Rendent leur mémoire immortelle ;
Le nom de cette belle
Dont l'amant fe noya par un excès d'ardeur ;
Un élément , un arbre , un terme de cuiſine ,
Une conjonction ou Françoiſe ou Latine ,
Qu'importe un mot Latin qui défigne la peur ,
Un autre Italien , qui s'exprime par craindre
96 MERCURE DE FRANCE.
Un autre enfin qui marque le trépas.
Si je voulois je ne finirois pas ;
Mais , ce feroit , Lecteur , trop long-tems te contraindre.
D. P. N. T.
'A Nogent-fur- Seine le 3 Mai 1754º
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4
p. 88
ENIGME.
Début :
J'ai le corps gros & le col mince ; [...]
Mots clefs :
Thermomètre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
J'AT le corps gros & le col mince -
ΑΙ
Je ſuis fans têté & plein d'eſprit :
Chez le Curieux & le Prince ,
Plus qu'autre part eft mon crédit :
Je ſuis foumis au temps , comme lui, variable :
Je vais & viens ; cependant je fuis ftable ,
Reftant fixe à l'endroit où l'on veut me placer :
C'eft affez , cher Lecteur , je te laiffe y penſer
J'AT le corps gros & le col mince -
ΑΙ
Je ſuis fans têté & plein d'eſprit :
Chez le Curieux & le Prince ,
Plus qu'autre part eft mon crédit :
Je ſuis foumis au temps , comme lui, variable :
Je vais & viens ; cependant je fuis ftable ,
Reftant fixe à l'endroit où l'on veut me placer :
C'eft affez , cher Lecteur , je te laiffe y penſer
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