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501
p. 217-225
LA FRANCE AU ROY SUR LA PAIX Faite au mois de Mars 1714.
Début :
GRAND ROY, dont le pouvoir, la profonde sagesse, [...]
Mots clefs :
Paix, Empire, Roi, Gloire, Villars
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA FRANCE AU ROY SUR LA PAIX Faite au mois de Mars 1714.
LA FRANCE
AU ROY
SUR LA PAIX
Faite au mois de Mars 1714.
**
I
GRAND ROY , dont
le pouvoir , la profonde : T
fageffe ,
"
Malgré tes envieux , me
redonnent la Paix ,
Sincerement unie avec A
cette Déeffe ,
Avril 1714
. T
218 MERCURE
Serre fi bien nos noeuds ,
qu'ils durent à jamais ,
米米
Fais plus : pour mieux joüir
du doux fruit de tes
peines ,
Précipite , à l'inſtant , la
Difcorde aux Enfers ,
Puiffe t'elle y gémir fous
les plus dures chaînes ,
Tandis que tu feras l'amour
de l'Univers !
Ses lâches favoris , liguez
contre sta gloire ,
"2
Auroient pû m'accabler
d'un Monde d'Ennemis ,
GALANT. 219
Si
Villars ,
qu'accompagne
en tous lieux la Victoire ,
Ne les eût diviſez , batus ,
pris , ou foûmis
.
**
Attentif à ta voix , guidé
par tes Oracles
Inftruit par tes projets fi
prudemment
dictez ,
Chaque jour , fa valeur en
fantoit les Miracles ,
Qui font & fon triomphe ';
& mes
profpéritez...
Bior
**
A peine , Denain pris , il
Tij
220 MERCURE
court forcer Marchiennes
i
S'empare de Douay , du
Quefnoy , de Bouchain ,
Pouffe les Efcadrons , qui
bloquoient Valenciennes
Et fait fuir , à la fois ,
& Batave , & Germain,
**
L'affreux Hyver l'arrefte
& fon Armée altiére ,
Avide de la Gloire , & craignant
le repos ,
En murmure ; & l'on void
par cette audace fiére ,
GALANT. 221
Que de tous mes foldats il
a fait des Héros.
Une treve furvient , la Paix
fuit .
L'Allemagne
La refuſe ; & l'Anglois l'en
follicite en vain :
Elle veut éprouver le fort
d'une Campagne
,
Et fe croid forte affez , pour
deffendre le Rhin.
20
A.
L'actif Villars y vole : il fe
faifit de Spire ,
Arbore mes Drapeaux
Tiij
222 MERCURE
I
fur le fort de Manheim ,
Attaque , prend Landau
défole tout l'Empire ,
Se porte fous Mayence ,
& fait trembler le Mein,
3
Keiferloutre eft repris ;
tandis que l'on s'apprefte
,
Pour couronner fonfront
de plus brillans lauriers 】
A faire de Fribourg l'importante
conquefte ,
Quoy qu'il foit foûtenu par
cent milles Guerriers.
GALANT. 223
un
Vaubonne oppofe
Camp , il le force , il
l'en chaffe
Marche , affiége , fait tefte
à mes fiers Ennemis ,
Qui loin de tout rifquer ,
pour fauver cette place ,
Confentent qu'en fes mains
tous les forts foient remis .
బల
Ainfi Fribourg réduit
tout l'Empire & fes
Princes
N'ayant
plus de barriere
à
mettre entre eux & moy ,
Dans la crainte de voir en-
T iiij
224 MERCURE
vahir leurs Provinces ,
Te demandent la Paix ,
pour calmer leur effroy.
En Vainqueur modéré , tu
la rends à la Terre ,
Et pour combler Villars
d'un bonheur fouverain ,
Tu veux , puifque fon bras
a terminé la Guerre ,
Que la Paix foit encor l'ou
vrage de fa main.
20
Chargé luy feul , Grand
Roy , de cet honneur
infigne ,
GALANT. 225
Il la traite , & l'acheve, en
Héros Glorieux ;
,
Plus d'un de tes ſujets pouvoit
en eſtre digne
Mais perfonne à mon gré,
n'eût pû la faire mieux.
AU ROY
SUR LA PAIX
Faite au mois de Mars 1714.
**
I
GRAND ROY , dont
le pouvoir , la profonde : T
fageffe ,
"
Malgré tes envieux , me
redonnent la Paix ,
Sincerement unie avec A
cette Déeffe ,
Avril 1714
. T
218 MERCURE
Serre fi bien nos noeuds ,
qu'ils durent à jamais ,
米米
Fais plus : pour mieux joüir
du doux fruit de tes
peines ,
Précipite , à l'inſtant , la
Difcorde aux Enfers ,
Puiffe t'elle y gémir fous
les plus dures chaînes ,
Tandis que tu feras l'amour
de l'Univers !
Ses lâches favoris , liguez
contre sta gloire ,
"2
Auroient pû m'accabler
d'un Monde d'Ennemis ,
GALANT. 219
Si
Villars ,
qu'accompagne
en tous lieux la Victoire ,
Ne les eût diviſez , batus ,
pris , ou foûmis
.
**
Attentif à ta voix , guidé
par tes Oracles
Inftruit par tes projets fi
prudemment
dictez ,
Chaque jour , fa valeur en
fantoit les Miracles ,
Qui font & fon triomphe ';
& mes
profpéritez...
Bior
**
A peine , Denain pris , il
Tij
220 MERCURE
court forcer Marchiennes
i
S'empare de Douay , du
Quefnoy , de Bouchain ,
Pouffe les Efcadrons , qui
bloquoient Valenciennes
Et fait fuir , à la fois ,
& Batave , & Germain,
**
L'affreux Hyver l'arrefte
& fon Armée altiére ,
Avide de la Gloire , & craignant
le repos ,
En murmure ; & l'on void
par cette audace fiére ,
GALANT. 221
Que de tous mes foldats il
a fait des Héros.
Une treve furvient , la Paix
fuit .
L'Allemagne
La refuſe ; & l'Anglois l'en
follicite en vain :
Elle veut éprouver le fort
d'une Campagne
,
Et fe croid forte affez , pour
deffendre le Rhin.
20
A.
L'actif Villars y vole : il fe
faifit de Spire ,
Arbore mes Drapeaux
Tiij
222 MERCURE
I
fur le fort de Manheim ,
Attaque , prend Landau
défole tout l'Empire ,
Se porte fous Mayence ,
& fait trembler le Mein,
3
Keiferloutre eft repris ;
tandis que l'on s'apprefte
,
Pour couronner fonfront
de plus brillans lauriers 】
A faire de Fribourg l'importante
conquefte ,
Quoy qu'il foit foûtenu par
cent milles Guerriers.
GALANT. 223
un
Vaubonne oppofe
Camp , il le force , il
l'en chaffe
Marche , affiége , fait tefte
à mes fiers Ennemis ,
Qui loin de tout rifquer ,
pour fauver cette place ,
Confentent qu'en fes mains
tous les forts foient remis .
బల
Ainfi Fribourg réduit
tout l'Empire & fes
Princes
N'ayant
plus de barriere
à
mettre entre eux & moy ,
Dans la crainte de voir en-
T iiij
224 MERCURE
vahir leurs Provinces ,
Te demandent la Paix ,
pour calmer leur effroy.
En Vainqueur modéré , tu
la rends à la Terre ,
Et pour combler Villars
d'un bonheur fouverain ,
Tu veux , puifque fon bras
a terminé la Guerre ,
Que la Paix foit encor l'ou
vrage de fa main.
20
Chargé luy feul , Grand
Roy , de cet honneur
infigne ,
GALANT. 225
Il la traite , & l'acheve, en
Héros Glorieux ;
,
Plus d'un de tes ſujets pouvoit
en eſtre digne
Mais perfonne à mon gré,
n'eût pû la faire mieux.
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Résumé : LA FRANCE AU ROY SUR LA PAIX Faite au mois de Mars 1714.
En mars 1714, une paix est signée, célébrant les exploits militaires du maréchal de Villars au service du roi de France. Le roi exprime sa gratitude pour la paix retrouvée et loue la valeur de Villars, qui a divisé, battu et soumis les ennemis. Villars a mené plusieurs campagnes victorieuses, prenant des villes comme Denain, Douay, Bouchain et Landau, et repoussant les forces ennemies. Malgré une trêve et les tentatives de paix refusées par l'Allemagne et l'Angleterre, Villars a continué ses offensives, forçant les ennemis à demander la paix. Le roi, reconnaissant les mérites de Villars, lui confie la tâche d'achever la paix, soulignant que personne n'aurait pu mieux accomplir cette mission.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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502
p. 227-247
EXTRAIT du Traité de Paix conclud entre le Roy & l'Empereur, le 6. Mars dernier.
Début :
I. Il y aura une Paix Chrestienne universelle & une [...]
Mots clefs :
Roi, Empereur, Traité, Guerre, Empire, Droits, Électeur, Dépendances, Généraux, Ratifications
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Traité de Paix conclud entre le Roy & l'Empereur, le 6. Mars dernier.
EXTRAIT du Traité de
Paix conclud entre le Roy
& l'Empereur , le 6. Mars
dernier.
I.
IL y aura une Paix Chreftienne
univerfelle & une
amitié perpetuelle & fincere
entre fa, Majefté Imperiale
& le Roy Tres-
Chreftien .
228 MERCURE
II.
Il y aura un perpetuel
oubli & Amniftie de ce qui
s'eft fait dans cette
guerre .
III.
fi
Les Traitez de Weftphalie
, de Nimegue & de Rifwick
, feront executez
ce n'eft en ce qu'il y fera
expreffément derogé.
IV.
Le Roy rendra à l'Empereur
le vieux Brifach &
toutes fes dependances fituées
à la droite du Rhin ,
celles qui font à gauche demeurant
au Roy avec le
Fort du Mortier
.
GALANT. 2292
V.
Le Roy rendra auffi Fribourg
en l'eftat où il eft ,
avec tous les Forts , toutes
les archives & autres efcritures.
VI. MAT
རཱང ༔
>
Le Fort de Kell fera
pareillement rendu ; & le
Fort de la Pile & autres
jufqu'au Fort Louis , feront
rafez , fans qu'ils puiffent
eftre reftablis , & la navigation
du Rhin demeurera
11 libre , fans qu'on y puiffe :
d exiger de nouveaux droits,
230 MERCURE
VII.
Brifach , Fribourg &
Kell , feront rendus de
bonne foy , avec l'artillerie
qui y eftoit.
VIII .
Le Roy fera rafer les
fortifications faite vis à vis
d'Huningue & dans l'iſle ,
& demolir le Pont conftruit
en cet endroit , de mefme
du Pont qui conduit du
Fort Louis , au Fort de Se
lingen , qui ſera auffi raſé ,
& que le Fort Loüis demeurera
au Roy Tres-
Chreftien
.
GALANT . 231
IX .
Le Roy fera auffi rafer
les fortifications de Birſch
& de Hombourg , qui ne
pourront eftre reftablies.
X.
Tous les lieux cy- deffus
nommez , feront rendus
trente jours aprés le Traité
à faire entre l'Empereur ,
l'Empire & le Roy Tres-
Chreftien,
XI.
Les places qui doivent
eftre demolies , le feront au
plus tard , deux mois aprés
Ï'eſchange des ratifications.
"
{
132 MERCURE
XII.
Le Roy promet d'executer
le Traité de Rifwick , & de
rendre tout ce quia efté pris
ou confifqué fur quelque
Prince ou Eftat .
XIII .
Reciproquement
l'Empereur
confent que le Roy
jouiffe de Landau & de ſes
dependances
, comme il en
jouiſſoit avant la guerre ,
fe faifant fort d'obtenir le
confentement
& l'approbation
de l'Empire.
XIV .
Le Roy reconnoiſtra
la
dignité
GALANT. 233
I
dignité Electorale dans la
Maifon de Brunswich Ha
nover.
XV.i
L'Electeur de Cologne
& l'Electeur de Baviere fe
ront reftablis dans tous
leurs Eftats ,
dignitez
rangs , prerogatives
, &
droits , comme ils en jouif
foient avant la guerre. On
leur rendra de bonne foy
tous leurs meubles , pierre-
I ries & autres effets , com-
DJ
me , auffi l'artillerie & les
munitions fpecifiées dans
les Inventaires. L'Electeur
་
Avril
1714.
V
$
234 MERCURE
de Cologne fera reftabli
dáns fon Archevefché de
Cologne, dans fes Evefchez
d'Hildesheim , de Ratifbo
ne , de Liege & dans fa Prevofté
de Berchtholfgaden
,
& il n'y aura dans Bonne
en temps de Paix , que les
Gardes de l'Electeur , mais
en temps de guerre l'Empereur
y pourra mettre les
troupes neceffaires. Ces
deux Princes feront tenus
de demander & de prendre
de l'Empereur le renouvellement
de l'inveftiture
de leurs Electorats , Princi
A
GALANT 235
5
1
I
pautez , Fiefs , Titres &
Droits , ainfi que les autres
Electeurs & Princes de
l'Empire.
XVI.
Les Officiers domefti
ques & vaffaux qui ont
fuivi l'un ou l'autre parti ,
jouiront de l'Amniftie , &
feront reftablis dans leurs
biens , charges & dignitez .
XVII .
Cette reftitution fe fera
un mois aprés l'efchange
des ratifications du Traité.
XVIII .
Si la Maiſon de Baviere
Vij
236 MERCURE
aprés fon reftabliſſement
total , trouve qu'il luy convienne
de faire quelques
changements de fes Eftats
contre d'autres , le Roy ne
s'y oppofera pas .
XIX .
Sa Majefté Tres - Chref
tienne ayant remis aux Eftats
Generaux pour la Maifon
d'Auftriche les Païs
Bas Espagnols tels que le
Roy Charles II. les poffedoit
, confent que l'Empereur
en prenne poffeffion ;
fauf les conventions que Sa
Majeſté Imperiale fera avec
GALANT . 237
les Eftars Generaux pour
leur barriere ; & le Roy de
Pruffe retiendra tout ce
qu'il poffede actuellement
du haut quartier de Gueldres
.
XX.
Le Roy ayant cedé aux
Eftats Generaux pour la
Maiſon d'Auftriche Menin
& fa Verge , Tournay & le
Tournailis Sa Majesté
confent qu'ils les rendent
à l'Empereur , quand ils
en feront convenus ,
5 aprés que les ratifications
du Traité à faire entre
&
238 MERCURE
l'Empereur , l'Empire & la
France auront efte efchangées
; & Saint Amand avec
fes dependances , & Mortagne
fans dependances , demeureront
au Roy.
XXI.
Sa Majefté Tres- Chref
tienne confirme la ceffion
qu'elle a faite aux Etats
Generaux , en faveur de la
Maiſon d'Auftriche , de
Furnes , de Furnambacht
de la Kenoque , de Loo ,
de Dixmude , d'lpres , de
Rouffelar , de Poperingue ,
de Warneton , de Comi-
3.
GALANT. 239
nes & de Warwick .
XXII.
La navigation de la Lys
depuis l'embouchure de la
Deule en remontant , fera
libre , & on n'y eftablira ny
peages ny impoſts.
XXXIII.
1 Il y aura un oubli & amniftie
perpetuelle & reciproque
de tout ce qui a
efté fait pendant cette
= guerre par les fujets des
Pays-Bas.
XXIV .
Ils pourront de part &
d'autre librement nego
240 MERCURE
cier,vendre & aliener , mef
me à des eftrangers , fans
autre permiffion que ce
Traité.
XXV.
Les mefmes fujets jouiront
de tout leurs biens , benefices
, charges & droits
comme avant la guerre
XXVI .
A l'egard des rentes affectées
fur quelque Province ,
on payera de coſté & d'autre
fa quote part , felon ce
que chacun poffede .
3167 XXVII. nog alt
Dans les pays cedez par
le
GALANT. 241
Roy , tout fera maintenu
en l'eftat où il eftoit , à l'égard
de la Religion Catholique
, des Magiftrats qui ne
pourront eftre que Catholiques
, du Clergé , des Monafteres
, Communautez &
autres..
XXVIII .
Ils feront maintenus dans
leurs Privileges , Droits &
Couftumes .
XXIX .
Les Beneficiers jouiront
des Benefices qui leur ont
efté conferez pendant la
guerre par l'un des deux
partis. X
242 MERCURE
XXX.
Comme cette Paix ne
doit eftre interrompuë fous
aucun prétexte , le Roy
promet de laiffer jouir tranquillement
l'Empereur de
tous les Eftats qu'il poffede
actuellement en Italie
l'Empereur promettant de
fon cofté de ne point troubler
la neutralité de l'Italie,
fuivant le Traité conclu à
Utrecht le 14. Mars 1713.
XXXI.
Comme auffi de rendre
bonne & promte juftice fur
leurs prétentions aux Ducs
GALANT 243
de Guaftalle & de la Mirandole
, & au Prince de Caftiglione.
XXXII.
Les autres prétentions
propofées de part & d'autre
ont efté remiſes au Traité
à faire entre l'Empereur,
l'Empire & le Roy Tres-
Chreftien. >
XXXIII
Auquel Traité , l'Empe
reur promet que les Elec
teurs , Princes & Eftats de
l'Empire envoyeront des
pleins pouvoirs ou une Deputation
avec des pleins
X ij
244 MERCURE
pouvoirs , & qu'ils confentiront
à tous les points dont
on eft convenu dans le
fent Traité.
XXXIV .
pre-
Les conferences fe tiendront
dans une des trois
Villes qui feront nommées
en Suiffe , où elles commenceront
le 15. Avril ou
le 1. May au plus tard , &
feront terminées dans deux
où trois mois au plus tard.
XXXV.
Toutes hoftilitez ceffe
ront à la fignature de ce
Traité ; toutes contribu
GALANT. 245
tions à l'efchange des ratifications
, & tous prifonniers
d'Eftat & de guerre
feront renvoyez ſans rançon
.
XXXVI.
Le commerce
fera libre
comme avant la guerre.
XXXVII
.
Ce Traité fera ratifié
dans un mois .
Les trois Articles ſeparez
contiennent que l'Empereur
ayant pris des Titres
que le Roy ne pouvoit
admettre , on eft convenu
que les qualitez priſes ou
·X iij⋅
246 MERCURE
obmiſes de part & d'autre
ne donneront aucun droit,
ny ne cauſeront aucun prejudice
aux parties contractantes,
* V II. H
Que la
conjoncture prefente
n'ayant pas laiffé le
temps d'obferver les formalitez
requiſes à l'égard
de l'Empire , & le Traité
ayant efté redigé en Langue
Françoiſe contre la
couſtume obfervée ordinairement
dans les Traitez
faits entre l'Empereur
l'Empire & la France , cela
ne pourra eſtre allegué
GALANT . 247
pour exemple , ou tirer à
confequence.
III.
Que l'Empereur ayant
nommé Schaffoufe , Bade
& Frawenfeld en Suiffe ,
le Marefchal de Villars
n'ayant pû recevoir la nomination
que Sa Majesté
Tres - Chreftienne à faite
de l'une des trois , il l'envoyera
par un courier au
Prince Eugene . Fait au Palais
de Raftadt le 6. Mars
1714. Signé , EUGENE de
Savoye , le Mareſchal Duc
DE VILLARS , ratifié par
le Roy le 23. Mars 1714 .
Paix conclud entre le Roy
& l'Empereur , le 6. Mars
dernier.
I.
IL y aura une Paix Chreftienne
univerfelle & une
amitié perpetuelle & fincere
entre fa, Majefté Imperiale
& le Roy Tres-
Chreftien .
228 MERCURE
II.
Il y aura un perpetuel
oubli & Amniftie de ce qui
s'eft fait dans cette
guerre .
III.
fi
Les Traitez de Weftphalie
, de Nimegue & de Rifwick
, feront executez
ce n'eft en ce qu'il y fera
expreffément derogé.
IV.
Le Roy rendra à l'Empereur
le vieux Brifach &
toutes fes dependances fituées
à la droite du Rhin ,
celles qui font à gauche demeurant
au Roy avec le
Fort du Mortier
.
GALANT. 2292
V.
Le Roy rendra auffi Fribourg
en l'eftat où il eft ,
avec tous les Forts , toutes
les archives & autres efcritures.
VI. MAT
རཱང ༔
>
Le Fort de Kell fera
pareillement rendu ; & le
Fort de la Pile & autres
jufqu'au Fort Louis , feront
rafez , fans qu'ils puiffent
eftre reftablis , & la navigation
du Rhin demeurera
11 libre , fans qu'on y puiffe :
d exiger de nouveaux droits,
230 MERCURE
VII.
Brifach , Fribourg &
Kell , feront rendus de
bonne foy , avec l'artillerie
qui y eftoit.
VIII .
Le Roy fera rafer les
fortifications faite vis à vis
d'Huningue & dans l'iſle ,
& demolir le Pont conftruit
en cet endroit , de mefme
du Pont qui conduit du
Fort Louis , au Fort de Se
lingen , qui ſera auffi raſé ,
& que le Fort Loüis demeurera
au Roy Tres-
Chreftien
.
GALANT . 231
IX .
Le Roy fera auffi rafer
les fortifications de Birſch
& de Hombourg , qui ne
pourront eftre reftablies.
X.
Tous les lieux cy- deffus
nommez , feront rendus
trente jours aprés le Traité
à faire entre l'Empereur ,
l'Empire & le Roy Tres-
Chreftien,
XI.
Les places qui doivent
eftre demolies , le feront au
plus tard , deux mois aprés
Ï'eſchange des ratifications.
"
{
132 MERCURE
XII.
Le Roy promet d'executer
le Traité de Rifwick , & de
rendre tout ce quia efté pris
ou confifqué fur quelque
Prince ou Eftat .
XIII .
Reciproquement
l'Empereur
confent que le Roy
jouiffe de Landau & de ſes
dependances
, comme il en
jouiſſoit avant la guerre ,
fe faifant fort d'obtenir le
confentement
& l'approbation
de l'Empire.
XIV .
Le Roy reconnoiſtra
la
dignité
GALANT. 233
I
dignité Electorale dans la
Maifon de Brunswich Ha
nover.
XV.i
L'Electeur de Cologne
& l'Electeur de Baviere fe
ront reftablis dans tous
leurs Eftats ,
dignitez
rangs , prerogatives
, &
droits , comme ils en jouif
foient avant la guerre. On
leur rendra de bonne foy
tous leurs meubles , pierre-
I ries & autres effets , com-
DJ
me , auffi l'artillerie & les
munitions fpecifiées dans
les Inventaires. L'Electeur
་
Avril
1714.
V
$
234 MERCURE
de Cologne fera reftabli
dáns fon Archevefché de
Cologne, dans fes Evefchez
d'Hildesheim , de Ratifbo
ne , de Liege & dans fa Prevofté
de Berchtholfgaden
,
& il n'y aura dans Bonne
en temps de Paix , que les
Gardes de l'Electeur , mais
en temps de guerre l'Empereur
y pourra mettre les
troupes neceffaires. Ces
deux Princes feront tenus
de demander & de prendre
de l'Empereur le renouvellement
de l'inveftiture
de leurs Electorats , Princi
A
GALANT 235
5
1
I
pautez , Fiefs , Titres &
Droits , ainfi que les autres
Electeurs & Princes de
l'Empire.
XVI.
Les Officiers domefti
ques & vaffaux qui ont
fuivi l'un ou l'autre parti ,
jouiront de l'Amniftie , &
feront reftablis dans leurs
biens , charges & dignitez .
XVII .
Cette reftitution fe fera
un mois aprés l'efchange
des ratifications du Traité.
XVIII .
Si la Maiſon de Baviere
Vij
236 MERCURE
aprés fon reftabliſſement
total , trouve qu'il luy convienne
de faire quelques
changements de fes Eftats
contre d'autres , le Roy ne
s'y oppofera pas .
XIX .
Sa Majefté Tres - Chref
tienne ayant remis aux Eftats
Generaux pour la Maifon
d'Auftriche les Païs
Bas Espagnols tels que le
Roy Charles II. les poffedoit
, confent que l'Empereur
en prenne poffeffion ;
fauf les conventions que Sa
Majeſté Imperiale fera avec
GALANT . 237
les Eftars Generaux pour
leur barriere ; & le Roy de
Pruffe retiendra tout ce
qu'il poffede actuellement
du haut quartier de Gueldres
.
XX.
Le Roy ayant cedé aux
Eftats Generaux pour la
Maiſon d'Auftriche Menin
& fa Verge , Tournay & le
Tournailis Sa Majesté
confent qu'ils les rendent
à l'Empereur , quand ils
en feront convenus ,
5 aprés que les ratifications
du Traité à faire entre
&
238 MERCURE
l'Empereur , l'Empire & la
France auront efte efchangées
; & Saint Amand avec
fes dependances , & Mortagne
fans dependances , demeureront
au Roy.
XXI.
Sa Majefté Tres- Chref
tienne confirme la ceffion
qu'elle a faite aux Etats
Generaux , en faveur de la
Maiſon d'Auftriche , de
Furnes , de Furnambacht
de la Kenoque , de Loo ,
de Dixmude , d'lpres , de
Rouffelar , de Poperingue ,
de Warneton , de Comi-
3.
GALANT. 239
nes & de Warwick .
XXII.
La navigation de la Lys
depuis l'embouchure de la
Deule en remontant , fera
libre , & on n'y eftablira ny
peages ny impoſts.
XXXIII.
1 Il y aura un oubli & amniftie
perpetuelle & reciproque
de tout ce qui a
efté fait pendant cette
= guerre par les fujets des
Pays-Bas.
XXIV .
Ils pourront de part &
d'autre librement nego
240 MERCURE
cier,vendre & aliener , mef
me à des eftrangers , fans
autre permiffion que ce
Traité.
XXV.
Les mefmes fujets jouiront
de tout leurs biens , benefices
, charges & droits
comme avant la guerre
XXVI .
A l'egard des rentes affectées
fur quelque Province ,
on payera de coſté & d'autre
fa quote part , felon ce
que chacun poffede .
3167 XXVII. nog alt
Dans les pays cedez par
le
GALANT. 241
Roy , tout fera maintenu
en l'eftat où il eftoit , à l'égard
de la Religion Catholique
, des Magiftrats qui ne
pourront eftre que Catholiques
, du Clergé , des Monafteres
, Communautez &
autres..
XXVIII .
Ils feront maintenus dans
leurs Privileges , Droits &
Couftumes .
XXIX .
Les Beneficiers jouiront
des Benefices qui leur ont
efté conferez pendant la
guerre par l'un des deux
partis. X
242 MERCURE
XXX.
Comme cette Paix ne
doit eftre interrompuë fous
aucun prétexte , le Roy
promet de laiffer jouir tranquillement
l'Empereur de
tous les Eftats qu'il poffede
actuellement en Italie
l'Empereur promettant de
fon cofté de ne point troubler
la neutralité de l'Italie,
fuivant le Traité conclu à
Utrecht le 14. Mars 1713.
XXXI.
Comme auffi de rendre
bonne & promte juftice fur
leurs prétentions aux Ducs
GALANT 243
de Guaftalle & de la Mirandole
, & au Prince de Caftiglione.
XXXII.
Les autres prétentions
propofées de part & d'autre
ont efté remiſes au Traité
à faire entre l'Empereur,
l'Empire & le Roy Tres-
Chreftien. >
XXXIII
Auquel Traité , l'Empe
reur promet que les Elec
teurs , Princes & Eftats de
l'Empire envoyeront des
pleins pouvoirs ou une Deputation
avec des pleins
X ij
244 MERCURE
pouvoirs , & qu'ils confentiront
à tous les points dont
on eft convenu dans le
fent Traité.
XXXIV .
pre-
Les conferences fe tiendront
dans une des trois
Villes qui feront nommées
en Suiffe , où elles commenceront
le 15. Avril ou
le 1. May au plus tard , &
feront terminées dans deux
où trois mois au plus tard.
XXXV.
Toutes hoftilitez ceffe
ront à la fignature de ce
Traité ; toutes contribu
GALANT. 245
tions à l'efchange des ratifications
, & tous prifonniers
d'Eftat & de guerre
feront renvoyez ſans rançon
.
XXXVI.
Le commerce
fera libre
comme avant la guerre.
XXXVII
.
Ce Traité fera ratifié
dans un mois .
Les trois Articles ſeparez
contiennent que l'Empereur
ayant pris des Titres
que le Roy ne pouvoit
admettre , on eft convenu
que les qualitez priſes ou
·X iij⋅
246 MERCURE
obmiſes de part & d'autre
ne donneront aucun droit,
ny ne cauſeront aucun prejudice
aux parties contractantes,
* V II. H
Que la
conjoncture prefente
n'ayant pas laiffé le
temps d'obferver les formalitez
requiſes à l'égard
de l'Empire , & le Traité
ayant efté redigé en Langue
Françoiſe contre la
couſtume obfervée ordinairement
dans les Traitez
faits entre l'Empereur
l'Empire & la France , cela
ne pourra eſtre allegué
GALANT . 247
pour exemple , ou tirer à
confequence.
III.
Que l'Empereur ayant
nommé Schaffoufe , Bade
& Frawenfeld en Suiffe ,
le Marefchal de Villars
n'ayant pû recevoir la nomination
que Sa Majesté
Tres - Chreftienne à faite
de l'une des trois , il l'envoyera
par un courier au
Prince Eugene . Fait au Palais
de Raftadt le 6. Mars
1714. Signé , EUGENE de
Savoye , le Mareſchal Duc
DE VILLARS , ratifié par
le Roy le 23. Mars 1714 .
Fermer
Résumé : EXTRAIT du Traité de Paix conclud entre le Roy & l'Empereur, le 6. Mars dernier.
Le traité de paix signé le 6 mars entre le roi et l'empereur établit une paix chrétienne universelle et une amitié perpétuelle entre leurs majestés. Il prévoit l'oubli et l'amnistie des actions commises durant la guerre. Les traités de Westphalie, Nimègue et Ryswick seront respectés, sauf dérogation expresse. Le roi rendra à l'empereur Brisach et ses dépendances situées à droite du Rhin, ainsi que Fribourg et le fort de Kehl, avec leur artillerie. La navigation du Rhin restera libre, sans nouveaux droits. Le roi rasera les fortifications vis-à-vis d'Huningue et démolira certains ponts et forts. Tous les lieux nommés seront rendus trente jours après le traité, et les places à démolir le seront deux mois après l'échange des ratifications. Le roi promet d'exécuter le traité de Ryswick et de rendre tout ce qui a été pris ou confisqué. L'empereur consent à ce que le roi jouisse de Landau et de ses dépendances. Le roi reconnaîtra la dignité électorale dans la maison de Brunswick-Hanover et restaurera les électeurs de Cologne et de Bavière dans leurs États, dignités, rangs, prérogatives et droits. Les officiers domestiques et vassaux qui ont suivi l'un ou l'autre parti jouiront de l'amnistie et seront rétablis dans leurs biens, charges et dignités. La navigation de la Lys sera libre, sans péages ni imposts. Les sujets des Pays-Bas bénéficieront d'un oubli et d'une amnistie perpétuelle et réciproque. Les rentes affectées à une province seront payées proportionnellement. Dans les pays cédés par le roi, la religion catholique, les magistrats, le clergé, les monastères et les communautés seront maintenus. Les privilèges, droits et coutumes seront également maintenus. Les bénéficiers jouiront des bénéfices qui leur ont été conférés pendant la guerre. La paix ne sera pas interrompue, et chaque partie laissera l'autre jouir tranquillement de ses États. Les conférences pour finaliser le traité se tiendront en Suisse et seront terminées dans les deux ou trois mois suivant leur début. Toutes hostilités cesseront à la signature du traité, et les prisonniers seront renvoyés sans rançon. Le commerce sera libre comme avant la guerre. Le traité sera ratifié dans un mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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503
p. 218-253
« Je ne croy pas qu'on ait vû beaucoup de [...] »
Début :
Je ne croy pas qu'on ait vû beaucoup de [...]
Mots clefs :
Constantinople, Lettre, Homme, Voyage, Animal, Empire, Guerre, Paris, Ambassadeur, Perse, Seigneur, Coeur, Nouvelles, Madrid, Empire ottoman, Géorgie, Frontières, Bijoux, Loup
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je ne croy pas qu'on ait vû beaucoup de [...] »
Vll beaucoup de Let-
tres comme ce lle-ci
,
qu'un de mes amis m'é-
crit de Constantinople,
dattée du 20. Avril.
J'étois fort en peine de
vous, mon cher L F.lors-
que vôtre lettre est heureu-
sement venuë me tir r .fin
quictude. Vôtrestile libre
& enjoüé, & vos nouvelles
badines n'ont pas mal con-
tribuéà me persuader que
vous vous portez bien: mais
la lâcheté de vos reflexions,
& l'indolence de vôtre philofophie
m'ont mis dans
une telle colere contre
vous, que je n'ai pas le courage
de vous feliciter fur
ſanté dont vous joüiffez ,
puiſque vous avez reſolu de
l'employer plus mal que je
n'aurois jamais oſe me l'imaginer.
Vous voulez maintenant
que tous les amis que vous
avez laiſſez dans les differentes
regions du monde ,
foient fûrs de vous trouver
à Paris juſqu'à la fin de vos
jours. JJaaddiiss on avoit le plai-
T
GALANT.
219
fir de s'entretenir quelquefois
avec vous du Nort au
Sud , & de l'Eſt à l'Oüeft ;
je comptois mêmeque vous
n'abandonneriez pas nôtre
nouvel Ambaſſadeur, aprés
le portrait que vous m'avez
fait , & de fon merite,
& des obligatious que vous
lui avez . Neanmoins il partira
ſans vous , pendant que
vous vivrez à Paris comme
un Parifien , & qu'éternel.
lement ſujet à un coup de
cloche , la Samaritaine reglera
tous les momens de
vôtre vie . Voila en verité
Tij
220 MERCURE
une plaiſante profeffion
pour un homme de vôtre
humeur.
L'audacieux Simon de
Bellegarde , qui recom
mence à preſent pour la
troiſième fois le voyage de
la Byſſinie, arriva ici avanthier.
Je dînai & je ſoupai
hier avec lui. Il me dit qu'il
vous avoit vû à Madrid ,
dans le deſſein de le ſuivre
de prés. Il ajoûta même qu'il
avoit quelque legere intention
de vous attendre à fa
maiſon de Scutari , où il va
paſſer quelquetemps,avant
GALANT. 221
d'entreprendre ( avec fon
grand Negre qu'il a retrouvé
) de courir à la dé
couverte du Temple de Jupiter
Hammon , & de retourner
en Ethiopie. Je lui
dis , aprés pluſieurs bagatelles
que nous debitâmes
fur votre compte , que s'il
n'attendoit que vous pour
aller rendre viſite au Prête-
Jean , il n'avoit que faire de
ſe charger de bouſſole , ni
d'eau , pour traverſer plus
commodément les fables
de l'Egypte. En même
temps je lui montrai vôtre
Tiij
222 MERCURE
Lettre. Je ne veux pas vous
faire rougir de toutes les
injures dont il vous accabla.
Il vous traita d'homme
fans coeur & fans foy ;
enfin il acheva ſa declamation
par cette belle fentence
: Morbleu , dit il , il n'a
pas tant de tort ; il a fait trop
de chemin inutile depuis qu'il
est au monde, pour ne pas se
refoudre en confcience à être
faineant jusqu'àla mort ;
je ferai bien furpris fi à la fin
cette reſolution n'est pasſuivie
de quelques voeux melancoliques.
Mais vous ne faites
GALANT.
223
point d'attention , lui disje,
à ce qu'il me mande ,
&vous ne voyez pas qu'il
aime mieux travailler à Paris
à faire imprimer ſes
- voyages , & peut - être les
nôtres. Oh ma foy , repritil
, il fait bien , & cet employ
me paroît fort d'accord
avec fes faillies. Ecrivez-lui
au plûtôt , que je mette un mot
dans votre Lettre , & promettons-
lui bien des merveilles.
**Ainſi nous nous ſeparames
tous deux , affez mortifiez
d'être fûrs de ne vous
revoirde long temps : mais
Tiiij
224 MERCURE
ſi vous m'aimez toûjours ,
mon cher L. F. faites du
moins que vos Lettres me
confolent de vôtre abſence.
De mon côté j'eſpere
ne vous pas mal dedommager
de vôtre exactitude.
Le depit que j'ai eu en
liſant votre Lettre , de vous
voir capable de la foibleſſe
de vous forger enfin l'idée
du repos dont vous vous
flatez , avant de ſentir que
le public vous fatiguera
peut- être plus que tous les
monts & tous les vaux de
l'univers , devroit , ſi j'étois
GALANT 225
&
d'humeur vindicative ,
m'empêcher d'étendre plus
loin ma réponſe: mais mon
interêt l'emporte ſur mon
depit , & j'apprehendrois
trop de voir bientôt finir
de vôtre côté nôtre commerce
epiftolaire , ſi je ne
vous écrivois que des nouvelles
inutiles pour vous ,
ou indifferentes à ceux à
qui vous pouvez les com.
muniquer.Ainſi je vais vous
entretenir de la Georgie ,
de la Perſe , de Bizance , &
de moy.
Il y a quelque tempsqu'il
226 MERCURE
vint ici un des principaux
Timars de la Georgie, avec
qui je me liai d'amitié , de
façon à ne m'en pouvoir
jamais dédire , tant il me
donna d'eſtime pour lui.
Avant de vous apprendre
ce qu'il m'a conté de fon
hiſtoire , j'ai deux mots a
vous dire de la qualité de
fon employ.
Un Timar dans cet Empire
eft ordinairement un
homme de guerre , à qui
l'on donne la joüiffance &
le revenu d'une certaine
quantité de terres ( qu'on
GALANT.
227
i
appelle timariot. ) Les uns
valent plus , les autres
moins. Il y en a qui rapportent
quatre cens, cinq cens ,
mille , &juſqu'à deux mille
écus de rente. Il y en a
beaucoup au deſſous. Ceux
à qui on donne ces places ,
font obligez , dans tous les
beſoins de l'Etat , de ſe ranger
, au premier bruit de
guerre , ſous l'étendart de
la Religion , & de mener
avec eux à leurs dépens , au
moins un ou deux cavaliers
ou fantaſſins de leur
timariot. Ces Timars font
228 MERCURE
de vrais tyrans dans l'éten
duë de leur domaine. Celui-
ci en a un des plus con
fiderables , & il m'a juré
que , ſans inquieter jamais
ſes vaffaux , le ſien lui val
loit tous les ans plus de cinq
cens ſequins de rente ; aufli
eft il fort riche Il s'appelle
Oſmin Kara. C'eſt un vieux
Muſſulmane, recomman
bleppar ſa bonne mine autant
qu'il l'eſt depuis longtemps
par ſa valeur. Il eſt
fils d'un de ces enfans de
tribut qu'on appelle Azamoglans.
Il ſervoit dans les
GALANT.
229
Janiſſaires lorſqueMahomet
quatre fut dépoſſedé par
quar
fon frere Soliman III. Il
ſe trouva malheureuſement
engagé étroitement dans
le parti de ces deux fameux
ſeditieux Fetfagi & Haggi
Ali , dont la revolte penſa
caufer la ruine entiere de
l'Empire Othoman. Ce fut
lui , qui aprés avoir été des
plusanimez &des plus heureux
au pillage de la maiſon
&des richeſſes du grand
Treſorier ,entra le premier
le fabre & la flame à la
main dans la maiſon du
230 MERCURE
grand Viſir Siaous , qui ,
aprés avoir mal à propos
remis le ſceau de l'Empire
dans les mains du Muphti ,
au milieu de cet affreux de
fordre fut tué d'un coupde
piſtolet , que Haggi Ali lui
tira dans la tête. Il fut un
de ceux qui ſçut le mieux
&le plus fecretement profiter
des joyaux qui furent
arrachez aux femmes &
aux enfans de ce malheu
reux Vifir , qu'on traîna
comme lui dans les ruës de
Conſtantinople , aprés les
avoir égorgez. Enfin ce fut
GALANT...
231
lui qui ſauva la plus jeune
fille de Siaous avec une ef
clave , qu'il vendit publiquement
quatre ſequins à
un Marchand Arabe , qui
lui promit en ſecret de les
lui rendre pour le même
prix , lors qu'il voudroit les
racheter ; ce qu'il fit lorfque
le tumulte fut appaifé.
On s'étonne rarement ici)
des actes de bonne foy, l'uſage
eſt de n'y pas manquer
Oſmin Kara confia avec
ſon argent & ſes bijoux ,
cette petite fille,feul refte
zoulo
232 MERCURE
de la famille des deux
grands Viſirs Cuprogli , qui
avoient fi heureuſement
travaillé pour l'agrandiffement
& pour la gloire de
l'Empire Othoman , à un
vieux Marchand Armenien
ſon ami, établi dans le faux.
bourg de Galata. Ce bon
homme garda ce dépôt
chez lui pendant dix ans ,
qu'Ofmin , qui eut ordre
d'aller fervir dans les Ja
niſſaires de Babylone , paffa
fur les frontieres de la Perſe
, qui menaçoit alors le
grand Seigneur de lui do
clarer
GALANT. 233
clarer la guerre. Afon re
tour à Conſtantinople , on
lui donna un timariot de
deux cens ſequins de rente.
Désqu'ilſe vit en poffeffion
d'un azile , il alla chez ſon
ami , qui lui rendit , avec
ſes bijoux , la fille de Siaous
grande , bien faite &belle.
Elle avoit juſqu'alors ignoré
ſa naiſſance ; il la lui ap
prit , & en même temps il
lui demanda ſi elle vouloit
l'épouſer. Elle y confentit.
La ceremonie de ce ma
riage ſe fit à la Turque. Il
remercia ſon ami , il prit
May 1714. V
234 MERCURE
congé de lui , & il ſe retira
avec ſon épouſe dans ſon
timariot , où il a toûjours
vêcu avec elle comme s'il
lui eût été défendu d'avoir
plus d'une femme.
Il ya cinq ans que le
dernier Vifir depolé , qui
l'avoit toûjours conſideré ,
changea ſon timariot pour
celui qu'il poſſede. Nya
trois mois qu'il étoit ici , &
c'eſt de lui que j'ai appris
le petit trait d'hiſtoire que
vous allez lire .
J'étois , me dit - il un
jour , dans les Janiſſaires du
GALANT. 235
Sultan Solyman , qui ( pour
nous punir des troubles
que nôtre union avec les
Spahis avoit caufez dans
Conſtantinople ) nous envoya
fur les frontieres de
la Perſe , lors qu'un ſujet
du Sophi me tomba entre
les mains. Toutes les raifons
& toutes les regles de
la guerre le rendoient mon
prifonnier : mais je trouvai
tant de probité dans cet
homme , que , loin de fon,
ger àa m'en faire un eſclave,
je tâchai ſeulementde m'en
faire un ami , & j'y reüffis.
V ij
236 MERCURE
Un jour me promenant
avec lui parmi un ggrraand
nombre de tombeaux ,
(dont on voit encore des
ruïnes magnifiques à un
ne:) Vous m'aimez , me
quart de lieuë de Babylodit-
il , fans me connoître ;
cela ne me fuffit pas , je
veux vous apprendre qui je
fuis, pour voir comme vous
me traiterez lorſque vous
me connoîtrez. Je m'appelle
Achmet Ereb. La vertu
qui fait ma nobleſſe a fait
les honneurs & les infortunes
de ma vie. Le Sophi
GALANT. 237
mon Seigneur m'a comblé
pendant dix ans des biens
qu'il vient de m'ôter en un
jour. Mes ennemis lui ont
perfuadé que j'avois trouvé
un trefor. Quoique je n'aye
jamais poffedé d'autres richeſſes
que celles qu'il m'a
données , il a neanmoins
crû mes accuſateurs. Enfin
aun de ſes Officiers vint un
ſoir me dire que le Sophi
m'ordonnoit de me rendre
le lendemain , aprés la premiere
priere , au pied de ſa
Tribune , pour répondre au
crime dont on m'accuſoit.
238 MERCURE
Ce Prince aimoit beau.
coup la pêche , & il y avoit
alors plus de deux ans que
je travaillois avec ma femme
à lui faire , de ſes propres
largeſles ,un preſent
qui pût lui plaire. C'eſt un
filet qui a ſoixante pieds de
longueur , fur trois de hauteur,
dont tout le rezeau eft
d'or fin , fans aucun mélange
de foye ; au lieu de
plomb , j'ai mis de diſtance
en diſtance des boules d'or
& d'argent , & pour foû .
tenir le poids du filet , le
cordon qui reſte ſur l'eau
GALANT. 239
eſt garni de pieces de cedre
& de liege attachées
au filet avec des anneaux
d'or. Voila , lui dis je, en le
lui preſentant le lendemain
matin , le treſor que je pof.
fede. Je dois à la generofité
de Ta Hauteſſe tout l'or
dont il eſt enrichi , & lorf
quej'ai entrepris de le faije
ne l'ai jamais deftiné
qu'au plaifir de Ta Hauteſſe.
Dieu est tout puiſſant
&tout mifericordieux , &
le faint Prophete m'entend.
Je lui donnai avec cela un
zirtlan que j'aimois, & qui
re
240 MERCURE
me parloit commeunhomme.
Pour recompenſe de
ma bonne foy , on a bien
reçû mon preſent. Je me
ſuis appauvri à le faire , &
le Sophi m'a chaffé. Voila
cequ'Oſmin me conta.
Que penſez-vous , mon
cher L. F. de la politique
de cet homme ? Auriezvous
en ſa place donné vô
tre filet ? l'auriez-vous gardé
? auriez vous , aux yeux
de vôtre Juge montré vô.
tre richefle , ou foûtenu võ.
tre pauvreté ? N'y avoit - il
que de la vertu à faire l'un
ou
GALANT.
241
2
ou l'autre ? Enfin comment
vous feriez-vous défendu? ...
Mais à propos du zirtlan
que je viens de vous nommer,
je veux vous apprendre
ce que c'eſt , ſi vous ne
le ſçavez pas ; à la bonne
heure ſi vous le ſçavez , je
n'ai rien de mieux à faire.
C'eſt un animal que les
Tarcs appellent zirtlan , &
les autres nations byena.
Cet animal eſt de la taille
d'un loup ordinaire. Il entend
parfaitement la voix
humaine , & il comprend à
merveille le ſens de toutes
May 1714.
X
242 MERCURE
१०
2
les paroles qu'il entend.
Ofmin, qui en a depuis longtemps
apprivoiſez , m'a affuré
qu'ils lui avoient quelquefois
répondu des mots
bien articulez , & fort relatifs
à ceux qu'il leur avoit
dits. La maniere dont on
le prend eſt admirable.
Ceux qui font affez hardis
pour lui donner la chaffe
approchent de ſa caverne ,
qu'un monceau d'oſſemens
&de carcaffes des animaux
qu'il a dévorez rend toûjours
fort reconnoiſſable.
Le plus audacieux de ces
GALANT. 243
chaſſeurs entre dans la caverne
, tenant à ſa main le
bout d'une corde, dont ſes
camarades 'tiennent l'autre
àla porte. Sitôt qu'il met
le pieddans l'antre , il cric
de toute ſa force , joctur ,
* joctur , ucala. Cela veutdire ,
il n'y eſt pas , il n'y eſt pas ;
2 & en criant toûjours , il n'y
Deſt pas , il arrive juſqu'auprés
de ce terrible animal ,
qui ſe ſerre contre la terre ,
perfuadé que les hommes
qui le cherchent ne mencent
point , & qu'ils font
apparemment ſûrs de ne le
C
7
Xij
244 MERCURE
pas trouver , puis qu'ils dilent
toûjours qu'il n'y eft
pas. Alors le chaſſeur , fans
diſcontinuer de crier , il n'y
eſt pas , lui paſſe ſa corde
entre les cuiffes , l'attache
demaniere à ne le pas manquer.
Il laiſſe enſuite traf
ner la corde à terre ; puis à
meſure qu'il ſe retire à reculon
, il crie , juſqu'à ce
qu'il ſoit dehors , il n'y eſt
pas : mais dés qu'il a regagné
la porte de cet affreux
gîte , il crie de toute fa force
avec ſes camarades , il y
eſt , il y eft, il y eſt. L'aniGALANT.
245
mal qui ſe voit ainſi découvert
, s'élance auffitôt
avec fureur pour devorer
ſes ennemis : mais il eſt ſi
bien pris , qu'en fortant de
ſa caverne ou on le tuë , ou
il s'enferme dans une grande
machine faite, exprés
pour le prendre en vie .
Si je n'avois pas vû cet
animal ; ſi je n'étois pas für
qu'il entend & comprend
les fons de la voixde l'homme
, & fi je ne croyois pas
de bonne foy ce qu'Ofmin
m'en a raconté , je ne pourrois
pas encore me perfua-
Xiij
246 MERCURE
der que ce que le ſage &
ſçavant Augerius Giſlenius
Buſbequius en a écrit ne
fût un vrai conte à dormir
debout. Je vous envoye exprés
ceque nous en a dit ce
Miniſtre qui , comme vous
ſçavez , fut ici long-temps
Ambaſſadeur de l'Empereur
Maximilien auprés du
Grand Sultan Solyman premier.
Voici les termes de
l'original.
Extractum Epift. 1. Aug.
G. B... p. 74. de hyænis.
Jam ride quantùm lubet ,
GALANT. 247
ram.
fi unquam riſiſti ; fabulam audies
quam ex ore populi refe-
Aiunt hyenam , ( quam
ipfi zirtlan vocant)fermonem
intelligere humanum , ( veteres
imitari dixerunt ) proptereaque
à venatoribus hunc in
modum capi. Accedunt ad ejus
cavernam,quam ex offiumcumulo
deprehendi facile eft . Subit
unus cum fune , cujus partem
extremam fociis tenendam foris
relinquit ; ipſe identidem
pronuntians , joctur , joctur ,
ucala ; illam fe non reperire
illam non adeffe introrepit. At
hyena quese latere, nefcirique
X iiij
248 MERCURE
ex ejus fermone putat , manet
immota , donec fibi crus fune
vinciatur ; fubinde venatore
illam non adeffe clamitante.
Deinde cum iifdem verbis retrocedit
: fed ubi jam ex fpelunca
evafit , de repente cla
more magno hyænam intus effe
pronuntiat ; quo illa intellecto,
vehementi impetu ut fugam
capiat nequicquam profilit , venatoribus
per funem quo crus
ei implicatum diximus retinentibus.
Sic eam vel occidi , vel
adhibita industria narrant vivam
capi. Nam animalſevum
eft , & quod se impigrè deffendat.
GALANT. 249
Ainſi vous pouvez , mon
ami , juger de ce que j'en
ai vû , par ce qu'en ditBufbek.
A l'égarddes contemporains
, ſon témoignage
fait fort peu pour mon difcours
, puiſque l'avantage
quej'ai d'être , me doit rendre
au moins auffi croyable
que lui , qui n'eſt plus ;
d'ailleurs ce n'eſt pas àvous
que je voudrois en impofer.
Au reſte , je vous avouë
qu'il n'y a rien de curieux
dans les Lettres que Buſbek
a écrite de ce pays.ci , dont
250 MERCURE
je n'aye eu une envie extrême
de m'éclaircir par moymême
; & tout ce qu'il a
dit des elephans , des cigales&
des fourmis , eſt admirable
& vrai: mais je vous
en entretiendrai une autre
fois , & l'emplette que j'ai
faite il y a quelque temps
de deux filles d'un pays
dont il fait un plaifant détail,
me fournira , avec l'hiftoire
des animaux dont il
parle, la matiere de ma pre
miere lettre . Celle- ci est
longue, mon ami: mais ily
ahuit cens lieuës entre nous
GALANT. 251
deux , la terre eſt peu fûre
pour nos correſpondances ,
les navires , les fregates, les
galeres , les caïques , les
tartanes , & les barques ne
partent pas tous les jours :
ainſi major è longinquo reverentia.
Par conſequent mes
lettres , quelque longues
qu'elles foient , ne doivent
jamais vous ennuyer.
Le deſtin du Roy de Suede
paroît meilleur qu'il n'a
été depuis long- temps.
M. Setun, Ambaſſadeur
d'Angleterre ici , m'a dit
qu'ilſouhaitoit debon coeur
1
2524
MERCURE
entretenir avec vous unc
relation égale. Ce Miniftre
m'a paru fort ſenſible à la
nouvelle de la mort du fils
du Milord Lexington , fon
neveu & vôtre ami
que
vous avez vù mourir a Madrid.
Les termes dont vous
ةي
vous ſervez en parlant de
ce jeune Seigneur lui ont
fait concevoir tant d'eſtime
pour vous , qu'il ne ceſſe
de me demander fi je ſuis
bien fûr que vous m'enver
rez exactement des nouvelles
de France. Je vous
en prie avec la derniere infGALANT.
253
:
tance , & fuis de tout mon
coeur , mon cher L. F.
Vôtre , &c.
tres comme ce lle-ci
,
qu'un de mes amis m'é-
crit de Constantinople,
dattée du 20. Avril.
J'étois fort en peine de
vous, mon cher L F.lors-
que vôtre lettre est heureu-
sement venuë me tir r .fin
quictude. Vôtrestile libre
& enjoüé, & vos nouvelles
badines n'ont pas mal con-
tribuéà me persuader que
vous vous portez bien: mais
la lâcheté de vos reflexions,
& l'indolence de vôtre philofophie
m'ont mis dans
une telle colere contre
vous, que je n'ai pas le courage
de vous feliciter fur
ſanté dont vous joüiffez ,
puiſque vous avez reſolu de
l'employer plus mal que je
n'aurois jamais oſe me l'imaginer.
Vous voulez maintenant
que tous les amis que vous
avez laiſſez dans les differentes
regions du monde ,
foient fûrs de vous trouver
à Paris juſqu'à la fin de vos
jours. JJaaddiiss on avoit le plai-
T
GALANT.
219
fir de s'entretenir quelquefois
avec vous du Nort au
Sud , & de l'Eſt à l'Oüeft ;
je comptois mêmeque vous
n'abandonneriez pas nôtre
nouvel Ambaſſadeur, aprés
le portrait que vous m'avez
fait , & de fon merite,
& des obligatious que vous
lui avez . Neanmoins il partira
ſans vous , pendant que
vous vivrez à Paris comme
un Parifien , & qu'éternel.
lement ſujet à un coup de
cloche , la Samaritaine reglera
tous les momens de
vôtre vie . Voila en verité
Tij
220 MERCURE
une plaiſante profeffion
pour un homme de vôtre
humeur.
L'audacieux Simon de
Bellegarde , qui recom
mence à preſent pour la
troiſième fois le voyage de
la Byſſinie, arriva ici avanthier.
Je dînai & je ſoupai
hier avec lui. Il me dit qu'il
vous avoit vû à Madrid ,
dans le deſſein de le ſuivre
de prés. Il ajoûta même qu'il
avoit quelque legere intention
de vous attendre à fa
maiſon de Scutari , où il va
paſſer quelquetemps,avant
GALANT. 221
d'entreprendre ( avec fon
grand Negre qu'il a retrouvé
) de courir à la dé
couverte du Temple de Jupiter
Hammon , & de retourner
en Ethiopie. Je lui
dis , aprés pluſieurs bagatelles
que nous debitâmes
fur votre compte , que s'il
n'attendoit que vous pour
aller rendre viſite au Prête-
Jean , il n'avoit que faire de
ſe charger de bouſſole , ni
d'eau , pour traverſer plus
commodément les fables
de l'Egypte. En même
temps je lui montrai vôtre
Tiij
222 MERCURE
Lettre. Je ne veux pas vous
faire rougir de toutes les
injures dont il vous accabla.
Il vous traita d'homme
fans coeur & fans foy ;
enfin il acheva ſa declamation
par cette belle fentence
: Morbleu , dit il , il n'a
pas tant de tort ; il a fait trop
de chemin inutile depuis qu'il
est au monde, pour ne pas se
refoudre en confcience à être
faineant jusqu'àla mort ;
je ferai bien furpris fi à la fin
cette reſolution n'est pasſuivie
de quelques voeux melancoliques.
Mais vous ne faites
GALANT.
223
point d'attention , lui disje,
à ce qu'il me mande ,
&vous ne voyez pas qu'il
aime mieux travailler à Paris
à faire imprimer ſes
- voyages , & peut - être les
nôtres. Oh ma foy , repritil
, il fait bien , & cet employ
me paroît fort d'accord
avec fes faillies. Ecrivez-lui
au plûtôt , que je mette un mot
dans votre Lettre , & promettons-
lui bien des merveilles.
**Ainſi nous nous ſeparames
tous deux , affez mortifiez
d'être fûrs de ne vous
revoirde long temps : mais
Tiiij
224 MERCURE
ſi vous m'aimez toûjours ,
mon cher L. F. faites du
moins que vos Lettres me
confolent de vôtre abſence.
De mon côté j'eſpere
ne vous pas mal dedommager
de vôtre exactitude.
Le depit que j'ai eu en
liſant votre Lettre , de vous
voir capable de la foibleſſe
de vous forger enfin l'idée
du repos dont vous vous
flatez , avant de ſentir que
le public vous fatiguera
peut- être plus que tous les
monts & tous les vaux de
l'univers , devroit , ſi j'étois
GALANT 225
&
d'humeur vindicative ,
m'empêcher d'étendre plus
loin ma réponſe: mais mon
interêt l'emporte ſur mon
depit , & j'apprehendrois
trop de voir bientôt finir
de vôtre côté nôtre commerce
epiftolaire , ſi je ne
vous écrivois que des nouvelles
inutiles pour vous ,
ou indifferentes à ceux à
qui vous pouvez les com.
muniquer.Ainſi je vais vous
entretenir de la Georgie ,
de la Perſe , de Bizance , &
de moy.
Il y a quelque tempsqu'il
226 MERCURE
vint ici un des principaux
Timars de la Georgie, avec
qui je me liai d'amitié , de
façon à ne m'en pouvoir
jamais dédire , tant il me
donna d'eſtime pour lui.
Avant de vous apprendre
ce qu'il m'a conté de fon
hiſtoire , j'ai deux mots a
vous dire de la qualité de
fon employ.
Un Timar dans cet Empire
eft ordinairement un
homme de guerre , à qui
l'on donne la joüiffance &
le revenu d'une certaine
quantité de terres ( qu'on
GALANT.
227
i
appelle timariot. ) Les uns
valent plus , les autres
moins. Il y en a qui rapportent
quatre cens, cinq cens ,
mille , &juſqu'à deux mille
écus de rente. Il y en a
beaucoup au deſſous. Ceux
à qui on donne ces places ,
font obligez , dans tous les
beſoins de l'Etat , de ſe ranger
, au premier bruit de
guerre , ſous l'étendart de
la Religion , & de mener
avec eux à leurs dépens , au
moins un ou deux cavaliers
ou fantaſſins de leur
timariot. Ces Timars font
228 MERCURE
de vrais tyrans dans l'éten
duë de leur domaine. Celui-
ci en a un des plus con
fiderables , & il m'a juré
que , ſans inquieter jamais
ſes vaffaux , le ſien lui val
loit tous les ans plus de cinq
cens ſequins de rente ; aufli
eft il fort riche Il s'appelle
Oſmin Kara. C'eſt un vieux
Muſſulmane, recomman
bleppar ſa bonne mine autant
qu'il l'eſt depuis longtemps
par ſa valeur. Il eſt
fils d'un de ces enfans de
tribut qu'on appelle Azamoglans.
Il ſervoit dans les
GALANT.
229
Janiſſaires lorſqueMahomet
quatre fut dépoſſedé par
quar
fon frere Soliman III. Il
ſe trouva malheureuſement
engagé étroitement dans
le parti de ces deux fameux
ſeditieux Fetfagi & Haggi
Ali , dont la revolte penſa
caufer la ruine entiere de
l'Empire Othoman. Ce fut
lui , qui aprés avoir été des
plusanimez &des plus heureux
au pillage de la maiſon
&des richeſſes du grand
Treſorier ,entra le premier
le fabre & la flame à la
main dans la maiſon du
230 MERCURE
grand Viſir Siaous , qui ,
aprés avoir mal à propos
remis le ſceau de l'Empire
dans les mains du Muphti ,
au milieu de cet affreux de
fordre fut tué d'un coupde
piſtolet , que Haggi Ali lui
tira dans la tête. Il fut un
de ceux qui ſçut le mieux
&le plus fecretement profiter
des joyaux qui furent
arrachez aux femmes &
aux enfans de ce malheu
reux Vifir , qu'on traîna
comme lui dans les ruës de
Conſtantinople , aprés les
avoir égorgez. Enfin ce fut
GALANT...
231
lui qui ſauva la plus jeune
fille de Siaous avec une ef
clave , qu'il vendit publiquement
quatre ſequins à
un Marchand Arabe , qui
lui promit en ſecret de les
lui rendre pour le même
prix , lors qu'il voudroit les
racheter ; ce qu'il fit lorfque
le tumulte fut appaifé.
On s'étonne rarement ici)
des actes de bonne foy, l'uſage
eſt de n'y pas manquer
Oſmin Kara confia avec
ſon argent & ſes bijoux ,
cette petite fille,feul refte
zoulo
232 MERCURE
de la famille des deux
grands Viſirs Cuprogli , qui
avoient fi heureuſement
travaillé pour l'agrandiffement
& pour la gloire de
l'Empire Othoman , à un
vieux Marchand Armenien
ſon ami, établi dans le faux.
bourg de Galata. Ce bon
homme garda ce dépôt
chez lui pendant dix ans ,
qu'Ofmin , qui eut ordre
d'aller fervir dans les Ja
niſſaires de Babylone , paffa
fur les frontieres de la Perſe
, qui menaçoit alors le
grand Seigneur de lui do
clarer
GALANT. 233
clarer la guerre. Afon re
tour à Conſtantinople , on
lui donna un timariot de
deux cens ſequins de rente.
Désqu'ilſe vit en poffeffion
d'un azile , il alla chez ſon
ami , qui lui rendit , avec
ſes bijoux , la fille de Siaous
grande , bien faite &belle.
Elle avoit juſqu'alors ignoré
ſa naiſſance ; il la lui ap
prit , & en même temps il
lui demanda ſi elle vouloit
l'épouſer. Elle y confentit.
La ceremonie de ce ma
riage ſe fit à la Turque. Il
remercia ſon ami , il prit
May 1714. V
234 MERCURE
congé de lui , & il ſe retira
avec ſon épouſe dans ſon
timariot , où il a toûjours
vêcu avec elle comme s'il
lui eût été défendu d'avoir
plus d'une femme.
Il ya cinq ans que le
dernier Vifir depolé , qui
l'avoit toûjours conſideré ,
changea ſon timariot pour
celui qu'il poſſede. Nya
trois mois qu'il étoit ici , &
c'eſt de lui que j'ai appris
le petit trait d'hiſtoire que
vous allez lire .
J'étois , me dit - il un
jour , dans les Janiſſaires du
GALANT. 235
Sultan Solyman , qui ( pour
nous punir des troubles
que nôtre union avec les
Spahis avoit caufez dans
Conſtantinople ) nous envoya
fur les frontieres de
la Perſe , lors qu'un ſujet
du Sophi me tomba entre
les mains. Toutes les raifons
& toutes les regles de
la guerre le rendoient mon
prifonnier : mais je trouvai
tant de probité dans cet
homme , que , loin de fon,
ger àa m'en faire un eſclave,
je tâchai ſeulementde m'en
faire un ami , & j'y reüffis.
V ij
236 MERCURE
Un jour me promenant
avec lui parmi un ggrraand
nombre de tombeaux ,
(dont on voit encore des
ruïnes magnifiques à un
ne:) Vous m'aimez , me
quart de lieuë de Babylodit-
il , fans me connoître ;
cela ne me fuffit pas , je
veux vous apprendre qui je
fuis, pour voir comme vous
me traiterez lorſque vous
me connoîtrez. Je m'appelle
Achmet Ereb. La vertu
qui fait ma nobleſſe a fait
les honneurs & les infortunes
de ma vie. Le Sophi
GALANT. 237
mon Seigneur m'a comblé
pendant dix ans des biens
qu'il vient de m'ôter en un
jour. Mes ennemis lui ont
perfuadé que j'avois trouvé
un trefor. Quoique je n'aye
jamais poffedé d'autres richeſſes
que celles qu'il m'a
données , il a neanmoins
crû mes accuſateurs. Enfin
aun de ſes Officiers vint un
ſoir me dire que le Sophi
m'ordonnoit de me rendre
le lendemain , aprés la premiere
priere , au pied de ſa
Tribune , pour répondre au
crime dont on m'accuſoit.
238 MERCURE
Ce Prince aimoit beau.
coup la pêche , & il y avoit
alors plus de deux ans que
je travaillois avec ma femme
à lui faire , de ſes propres
largeſles ,un preſent
qui pût lui plaire. C'eſt un
filet qui a ſoixante pieds de
longueur , fur trois de hauteur,
dont tout le rezeau eft
d'or fin , fans aucun mélange
de foye ; au lieu de
plomb , j'ai mis de diſtance
en diſtance des boules d'or
& d'argent , & pour foû .
tenir le poids du filet , le
cordon qui reſte ſur l'eau
GALANT. 239
eſt garni de pieces de cedre
& de liege attachées
au filet avec des anneaux
d'or. Voila , lui dis je, en le
lui preſentant le lendemain
matin , le treſor que je pof.
fede. Je dois à la generofité
de Ta Hauteſſe tout l'or
dont il eſt enrichi , & lorf
quej'ai entrepris de le faije
ne l'ai jamais deftiné
qu'au plaifir de Ta Hauteſſe.
Dieu est tout puiſſant
&tout mifericordieux , &
le faint Prophete m'entend.
Je lui donnai avec cela un
zirtlan que j'aimois, & qui
re
240 MERCURE
me parloit commeunhomme.
Pour recompenſe de
ma bonne foy , on a bien
reçû mon preſent. Je me
ſuis appauvri à le faire , &
le Sophi m'a chaffé. Voila
cequ'Oſmin me conta.
Que penſez-vous , mon
cher L. F. de la politique
de cet homme ? Auriezvous
en ſa place donné vô
tre filet ? l'auriez-vous gardé
? auriez vous , aux yeux
de vôtre Juge montré vô.
tre richefle , ou foûtenu võ.
tre pauvreté ? N'y avoit - il
que de la vertu à faire l'un
ou
GALANT.
241
2
ou l'autre ? Enfin comment
vous feriez-vous défendu? ...
Mais à propos du zirtlan
que je viens de vous nommer,
je veux vous apprendre
ce que c'eſt , ſi vous ne
le ſçavez pas ; à la bonne
heure ſi vous le ſçavez , je
n'ai rien de mieux à faire.
C'eſt un animal que les
Tarcs appellent zirtlan , &
les autres nations byena.
Cet animal eſt de la taille
d'un loup ordinaire. Il entend
parfaitement la voix
humaine , & il comprend à
merveille le ſens de toutes
May 1714.
X
242 MERCURE
१०
2
les paroles qu'il entend.
Ofmin, qui en a depuis longtemps
apprivoiſez , m'a affuré
qu'ils lui avoient quelquefois
répondu des mots
bien articulez , & fort relatifs
à ceux qu'il leur avoit
dits. La maniere dont on
le prend eſt admirable.
Ceux qui font affez hardis
pour lui donner la chaffe
approchent de ſa caverne ,
qu'un monceau d'oſſemens
&de carcaffes des animaux
qu'il a dévorez rend toûjours
fort reconnoiſſable.
Le plus audacieux de ces
GALANT. 243
chaſſeurs entre dans la caverne
, tenant à ſa main le
bout d'une corde, dont ſes
camarades 'tiennent l'autre
àla porte. Sitôt qu'il met
le pieddans l'antre , il cric
de toute ſa force , joctur ,
* joctur , ucala. Cela veutdire ,
il n'y eſt pas , il n'y eſt pas ;
2 & en criant toûjours , il n'y
Deſt pas , il arrive juſqu'auprés
de ce terrible animal ,
qui ſe ſerre contre la terre ,
perfuadé que les hommes
qui le cherchent ne mencent
point , & qu'ils font
apparemment ſûrs de ne le
C
7
Xij
244 MERCURE
pas trouver , puis qu'ils dilent
toûjours qu'il n'y eft
pas. Alors le chaſſeur , fans
diſcontinuer de crier , il n'y
eſt pas , lui paſſe ſa corde
entre les cuiffes , l'attache
demaniere à ne le pas manquer.
Il laiſſe enſuite traf
ner la corde à terre ; puis à
meſure qu'il ſe retire à reculon
, il crie , juſqu'à ce
qu'il ſoit dehors , il n'y eſt
pas : mais dés qu'il a regagné
la porte de cet affreux
gîte , il crie de toute fa force
avec ſes camarades , il y
eſt , il y eft, il y eſt. L'aniGALANT.
245
mal qui ſe voit ainſi découvert
, s'élance auffitôt
avec fureur pour devorer
ſes ennemis : mais il eſt ſi
bien pris , qu'en fortant de
ſa caverne ou on le tuë , ou
il s'enferme dans une grande
machine faite, exprés
pour le prendre en vie .
Si je n'avois pas vû cet
animal ; ſi je n'étois pas für
qu'il entend & comprend
les fons de la voixde l'homme
, & fi je ne croyois pas
de bonne foy ce qu'Ofmin
m'en a raconté , je ne pourrois
pas encore me perfua-
Xiij
246 MERCURE
der que ce que le ſage &
ſçavant Augerius Giſlenius
Buſbequius en a écrit ne
fût un vrai conte à dormir
debout. Je vous envoye exprés
ceque nous en a dit ce
Miniſtre qui , comme vous
ſçavez , fut ici long-temps
Ambaſſadeur de l'Empereur
Maximilien auprés du
Grand Sultan Solyman premier.
Voici les termes de
l'original.
Extractum Epift. 1. Aug.
G. B... p. 74. de hyænis.
Jam ride quantùm lubet ,
GALANT. 247
ram.
fi unquam riſiſti ; fabulam audies
quam ex ore populi refe-
Aiunt hyenam , ( quam
ipfi zirtlan vocant)fermonem
intelligere humanum , ( veteres
imitari dixerunt ) proptereaque
à venatoribus hunc in
modum capi. Accedunt ad ejus
cavernam,quam ex offiumcumulo
deprehendi facile eft . Subit
unus cum fune , cujus partem
extremam fociis tenendam foris
relinquit ; ipſe identidem
pronuntians , joctur , joctur ,
ucala ; illam fe non reperire
illam non adeffe introrepit. At
hyena quese latere, nefcirique
X iiij
248 MERCURE
ex ejus fermone putat , manet
immota , donec fibi crus fune
vinciatur ; fubinde venatore
illam non adeffe clamitante.
Deinde cum iifdem verbis retrocedit
: fed ubi jam ex fpelunca
evafit , de repente cla
more magno hyænam intus effe
pronuntiat ; quo illa intellecto,
vehementi impetu ut fugam
capiat nequicquam profilit , venatoribus
per funem quo crus
ei implicatum diximus retinentibus.
Sic eam vel occidi , vel
adhibita industria narrant vivam
capi. Nam animalſevum
eft , & quod se impigrè deffendat.
GALANT. 249
Ainſi vous pouvez , mon
ami , juger de ce que j'en
ai vû , par ce qu'en ditBufbek.
A l'égarddes contemporains
, ſon témoignage
fait fort peu pour mon difcours
, puiſque l'avantage
quej'ai d'être , me doit rendre
au moins auffi croyable
que lui , qui n'eſt plus ;
d'ailleurs ce n'eſt pas àvous
que je voudrois en impofer.
Au reſte , je vous avouë
qu'il n'y a rien de curieux
dans les Lettres que Buſbek
a écrite de ce pays.ci , dont
250 MERCURE
je n'aye eu une envie extrême
de m'éclaircir par moymême
; & tout ce qu'il a
dit des elephans , des cigales&
des fourmis , eſt admirable
& vrai: mais je vous
en entretiendrai une autre
fois , & l'emplette que j'ai
faite il y a quelque temps
de deux filles d'un pays
dont il fait un plaifant détail,
me fournira , avec l'hiftoire
des animaux dont il
parle, la matiere de ma pre
miere lettre . Celle- ci est
longue, mon ami: mais ily
ahuit cens lieuës entre nous
GALANT. 251
deux , la terre eſt peu fûre
pour nos correſpondances ,
les navires , les fregates, les
galeres , les caïques , les
tartanes , & les barques ne
partent pas tous les jours :
ainſi major è longinquo reverentia.
Par conſequent mes
lettres , quelque longues
qu'elles foient , ne doivent
jamais vous ennuyer.
Le deſtin du Roy de Suede
paroît meilleur qu'il n'a
été depuis long- temps.
M. Setun, Ambaſſadeur
d'Angleterre ici , m'a dit
qu'ilſouhaitoit debon coeur
1
2524
MERCURE
entretenir avec vous unc
relation égale. Ce Miniftre
m'a paru fort ſenſible à la
nouvelle de la mort du fils
du Milord Lexington , fon
neveu & vôtre ami
que
vous avez vù mourir a Madrid.
Les termes dont vous
ةي
vous ſervez en parlant de
ce jeune Seigneur lui ont
fait concevoir tant d'eſtime
pour vous , qu'il ne ceſſe
de me demander fi je ſuis
bien fûr que vous m'enver
rez exactement des nouvelles
de France. Je vous
en prie avec la derniere infGALANT.
253
:
tance , & fuis de tout mon
coeur , mon cher L. F.
Vôtre , &c.
Fermer
Résumé : « Je ne croy pas qu'on ait vû beaucoup de [...] »
L'auteur reçoit une lettre de son ami à Constantinople, datée du 20 avril. La lettre rassure l'auteur sur la santé de son ami mais le met en colère par ses réflexions et sa philosophie. L'ami exprime son intention de s'installer à Paris pour le reste de ses jours, ce qui déçoit l'auteur qui comptait sur ses visites et son soutien à l'ambassadeur. Simon de Bellegarde, en route pour la Byssinie, a rencontré l'ami à Madrid et a exprimé son mépris pour sa décision de se reposer. L'auteur discute ensuite de sa rencontre avec un Timar géorgien nommé Osmin Kara, qui lui raconte son histoire et celle d'Achmet Ereb, un sujet du Sophi de Perse. Osmin Kara avait sauvé la fille d'un grand vizir et l'avait épousée. Achmet Ereb, après avoir été accusé à tort de posséder un trésor, a offert au Sophi un filet en or et une hyène apprivoisée pour prouver sa loyauté, mais a été exilé malgré tout. L'auteur pose des questions sur la politique et la vertu d'Achmet Ereb. Le texte décrit également une méthode de capture des hyènes, animaux réputés pour comprendre et imiter les sons humains. Les chasseurs approchent la tanière de la hyène et utilisent des appâts sonores pour la tromper. Un homme, attaché par une corde, entre dans la tanière en répétant 'il y est, il y est' jusqu'à ce qu'il soit dehors. La hyène, croyant que l'homme est toujours à l'intérieur, sort pour l'attaquer et se fait capturer ou tuer. Cette méthode est basée sur les écrits d'Augerius Gislenius et Busbequius, ancien ambassadeur de l'Empereur Maximilien auprès du Sultan Solyman. Le narrateur mentionne également des correspondances entre amis, discutant de sujets variés comme les animaux et les nouvelles politiques, notamment le destin du Roi de Suède et la mort du fils de Lord Lexington.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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504
p. 280-288
Supplement aux nouvelles.
Début :
On écrit de Hambourg que les dernieres lettres de Copenhague [...]
Mots clefs :
Roi, Carrosse, Hommes, Cour, Combat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Supplement aux nouvelles.
Supplement aux nouvelles.
On écrit de Hambourg
que les dernieres lettres de
Copenhague portoient que
'armée du Roy de Danne
mark
GALANT. 281
marck ſe monte à trente
mille hommes , qu'aprés
les obſeques de la Reine
ſa Mere , il eſt revenu de
Rofſchild à Copenhague.
Cette Princeſſe étoit Fille
de Guillaume VI. Langgrave
de Heſſe- Caffel, elle
étoit née le 27. Avril 1650 .
elle épouſa le 15. Juin 1667.
Chreftien V. Roy de Dannemarck
, dont elle a eu
ſeptEnfans, deſquels qua
tre font morts. Les trois autres
font (Frederic IV. à
preſent, regnant , né le
Octobre 1671. Sophie Ed-
May 1714. Aa
282 MERCURE
vvige née le 28. Août 1677.
Charles né le 25. Octobre
1680. On dit qu'il y a eu un
combat en Finlande ,où les
Mofcovites ont eu l'avantage
; d'autres affûrent que
le Czar à la tête de so.
mille hommes fait le tour
de la mer de Bothnie, pour
s'avancer dans la Suede
malgré la longueur du
chemin, & la difficulté des
paſlages enfin le bruir
court qu'il y a eu un com
bat naval entre les Suedois
& les Danois , & que les
Danois ontétébattus : mais
1
GALANT. 22.8833
on n'ajoûte pas beaucoup
de foy à toutes ces nouvelles.
On mande de Vienne
du 13. May que les Comtes
de Goës & de Seilern , Plenipotentiaires
de l'Empereur
, font partis le 6. pour
ſe rendre à Bade en Suiſſe.
La priſon de l'Hoſpodar de
Valaquie , qu'on a arrêté
avec ſes trois fils, ſans qu'on
en ſcache la caufe , fait
fonner bien du monde.
L'Hiſtoire de la victoire du
Bacha de Bagdad n'eſt pas.
veritable : mais il eſt vray
rai-
Aa ij
284 MERCURE
1
qu'il a été battu par les
Bachas de Damas & d'A
dep. skisthanos πο
De Madridale 15. May.
Le vieux Alcade Hali qui
commandoit depuis quinze
ans les fiege de Ceuta eſt
enfin mort. Un des Fils du
Roy de Maroc a pris fa
place, fon audace , & plus
de 20. mille hommes d'aumentation
qu'il a reçûs ,
font apprehender qu'il ne
tienne à ſon pere la parole
qu'il lui a donnée de prendre
cette place en quinze
jours. Ces menaces ont dé
1
GALANT. 285
,
terminé la Cour à envoyer
en Andaloufie avec un
renfort confiderable de
troupes , une groſſe quantité
de toutes fortes de proviſions,
pour les faire paf
fer à Ceura. Il y a quelque
temps qu'on n'a reçû ici
aucune nouvelle confide
rable du camp devantBarcelonne.
On mande ſeulement
que le BrigadierDon
Geronimo de Solis eft for
ti de Tarragone avec un
gros détachement pour en
joindre un plus fort àVil
lefranche de Panados,&
286 MERCURE
aller attaquer un corps de
rebeiles, qui s'eſt retranché
au pont d'Armentera
le Cayano, th
fur
De Rome le 5. May. Les
differens entre les Genois
& cette Cour à l'occaſion
des cenfures , publiées
contre le Pere Granelli ,
Religieux de l'Ordre de S.
François , ne paroiffent ,
point encore en termes
d'accommodement. LeRoi
de Sicile ne veut rien relâcher
de ſes droits à cette
Cour. L'audiance que les
Cardinal Aquaviva eut du
GALANT. 287
1
Pape le 25. Avril ſur les dif
ferens que la Cour deMadrid
a avec celle- ci , paroît
n'être d'aucune utilité , ni
pour l'un ni pour l'autre.
Le mariage du Prince de
Paleſtrin Barbarin avec la
Fille de las Princeſſe de
Piombino a été conclu ;
c'eſt le Cardinal Ottoboni
qui'en a fait lademande au
nomdu Prince.
De Paris. Le 27. de ce
mois M. Buys & M. de Goflinga
, Ambaſſadeurs extraordinaires
de Hollande ,
firent leur entrée publique
:
288 MERCURE
en cette ville , ſuivis d'un
cortege des plus magnifiques.
Les 2. Secretaires de
l'ambaffade étoient dans le
2. caroffe deM. Buys . Les4.
Gentilshommes de l'Ambaffadeurdans
le caroffe de
Madame. Les 2.fous Secre
taires de l'ambaſſade dans le
3. caroffe de M. de Goflinga.
Dans le 3. caroffe de M. Buys
eroitM. ſon fils, avec les 2. Au.
móniers de l'abaſlade. La ſuite
deMM. les Ambaſladeurs étoit
cõpoſée de 8. Pages, 2. Ecuyers,
&15. caroffes à fix chevaux , de
pluſieurs Gentilshommes, de 2.
Suites à cheval,& de 36. Valets
depied, tons richement habillez.
FIN.
On écrit de Hambourg
que les dernieres lettres de
Copenhague portoient que
'armée du Roy de Danne
mark
GALANT. 281
marck ſe monte à trente
mille hommes , qu'aprés
les obſeques de la Reine
ſa Mere , il eſt revenu de
Rofſchild à Copenhague.
Cette Princeſſe étoit Fille
de Guillaume VI. Langgrave
de Heſſe- Caffel, elle
étoit née le 27. Avril 1650 .
elle épouſa le 15. Juin 1667.
Chreftien V. Roy de Dannemarck
, dont elle a eu
ſeptEnfans, deſquels qua
tre font morts. Les trois autres
font (Frederic IV. à
preſent, regnant , né le
Octobre 1671. Sophie Ed-
May 1714. Aa
282 MERCURE
vvige née le 28. Août 1677.
Charles né le 25. Octobre
1680. On dit qu'il y a eu un
combat en Finlande ,où les
Mofcovites ont eu l'avantage
; d'autres affûrent que
le Czar à la tête de so.
mille hommes fait le tour
de la mer de Bothnie, pour
s'avancer dans la Suede
malgré la longueur du
chemin, & la difficulté des
paſlages enfin le bruir
court qu'il y a eu un com
bat naval entre les Suedois
& les Danois , & que les
Danois ontétébattus : mais
1
GALANT. 22.8833
on n'ajoûte pas beaucoup
de foy à toutes ces nouvelles.
On mande de Vienne
du 13. May que les Comtes
de Goës & de Seilern , Plenipotentiaires
de l'Empereur
, font partis le 6. pour
ſe rendre à Bade en Suiſſe.
La priſon de l'Hoſpodar de
Valaquie , qu'on a arrêté
avec ſes trois fils, ſans qu'on
en ſcache la caufe , fait
fonner bien du monde.
L'Hiſtoire de la victoire du
Bacha de Bagdad n'eſt pas.
veritable : mais il eſt vray
rai-
Aa ij
284 MERCURE
1
qu'il a été battu par les
Bachas de Damas & d'A
dep. skisthanos πο
De Madridale 15. May.
Le vieux Alcade Hali qui
commandoit depuis quinze
ans les fiege de Ceuta eſt
enfin mort. Un des Fils du
Roy de Maroc a pris fa
place, fon audace , & plus
de 20. mille hommes d'aumentation
qu'il a reçûs ,
font apprehender qu'il ne
tienne à ſon pere la parole
qu'il lui a donnée de prendre
cette place en quinze
jours. Ces menaces ont dé
1
GALANT. 285
,
terminé la Cour à envoyer
en Andaloufie avec un
renfort confiderable de
troupes , une groſſe quantité
de toutes fortes de proviſions,
pour les faire paf
fer à Ceura. Il y a quelque
temps qu'on n'a reçû ici
aucune nouvelle confide
rable du camp devantBarcelonne.
On mande ſeulement
que le BrigadierDon
Geronimo de Solis eft for
ti de Tarragone avec un
gros détachement pour en
joindre un plus fort àVil
lefranche de Panados,&
286 MERCURE
aller attaquer un corps de
rebeiles, qui s'eſt retranché
au pont d'Armentera
le Cayano, th
fur
De Rome le 5. May. Les
differens entre les Genois
& cette Cour à l'occaſion
des cenfures , publiées
contre le Pere Granelli ,
Religieux de l'Ordre de S.
François , ne paroiffent ,
point encore en termes
d'accommodement. LeRoi
de Sicile ne veut rien relâcher
de ſes droits à cette
Cour. L'audiance que les
Cardinal Aquaviva eut du
GALANT. 287
1
Pape le 25. Avril ſur les dif
ferens que la Cour deMadrid
a avec celle- ci , paroît
n'être d'aucune utilité , ni
pour l'un ni pour l'autre.
Le mariage du Prince de
Paleſtrin Barbarin avec la
Fille de las Princeſſe de
Piombino a été conclu ;
c'eſt le Cardinal Ottoboni
qui'en a fait lademande au
nomdu Prince.
De Paris. Le 27. de ce
mois M. Buys & M. de Goflinga
, Ambaſſadeurs extraordinaires
de Hollande ,
firent leur entrée publique
:
288 MERCURE
en cette ville , ſuivis d'un
cortege des plus magnifiques.
Les 2. Secretaires de
l'ambaffade étoient dans le
2. caroffe deM. Buys . Les4.
Gentilshommes de l'Ambaffadeurdans
le caroffe de
Madame. Les 2.fous Secre
taires de l'ambaſſade dans le
3. caroffe de M. de Goflinga.
Dans le 3. caroffe de M. Buys
eroitM. ſon fils, avec les 2. Au.
móniers de l'abaſlade. La ſuite
deMM. les Ambaſladeurs étoit
cõpoſée de 8. Pages, 2. Ecuyers,
&15. caroffes à fix chevaux , de
pluſieurs Gentilshommes, de 2.
Suites à cheval,& de 36. Valets
depied, tons richement habillez.
FIN.
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Résumé : Supplement aux nouvelles.
Le texte relate divers événements politiques et militaires en Europe. À Hambourg, l'armée danoise compte trente mille hommes, et le roi est revenu à Copenhague après les funérailles de sa mère, la reine Sophie Amalie, née en 1650 et épouse de Christian V depuis 1667. Ils ont eu sept enfants, dont trois survivants : Frédéric IV, Sophie Edwige et Charles. En Finlande, des combats opposent Moscovites et Suédois, mais les détails restent incertains. À Vienne, les comtes de Goës et de Seilern se rendent en Suisse. L'arrestation de l'Hospodar de Valachie et de ses fils soulève des questions. À Madrid, la mort de l'Alcade Hali à Ceuta et les menaces du fils du roi du Maroc poussent la cour à envoyer des renforts. En Espagne, des troupes sont déployées contre des rebelles près de Barcelone. À Rome, des différends entre les Génois et la cour pontificale persistent, notamment concernant le Père Granelli. Le mariage du Prince de Palestrina avec la fille de la Princesse de Piombino est annoncé. Enfin, à Paris, les ambassadeurs extraordinaires de Hollande, M. Buys et M. de Goslinga, font une entrée publique magnifiquement orchestrée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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505
p. 112-119
Nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
La paix qui est à la veille d'être concluë entre tous [...]
Mots clefs :
Empereur, Roi, Comte, Camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles, [titre d'après la table]
La paix qui eſt à la veille
d'être concluë entre tous
les Princes du Nord , & la
tranquilité dont l'Europe
va joüir , vont deſormais
faciliter les moyens d'éta.
blir des correſpondances ,
dont les nouvelles ne feront
ni
GALANT . 43
J
ni moins agreables , ni
moins intereſſantes , pour
n'être plus chargées du détail
des alarmes de la
fi
Les rebeles Catalans &
Barcelonois touchent au
moment de leur reduction.
Voiciunt extrait d'une
lettre que j'ai reçûë du
camp devant Barcelone ,
dattée du 29.May.
Aprés un ample détail de
tout ce qui s'eſt paffé au
- poſte des Capucins , que
Male Comte d'Eſtaires ,
Maréchal de Camp& Che -
Juin 1714 K
114 MERCURE
人
valier de la Toiſon d'Or , a
emporté avec toute la valeur
imaginable , on ajoûte
qu'on prend de ſi juſtes
meſures pour attaquer cette
ville avec la derniere vigueur
, qu'elle ne peut évi
ter d'être miſe en poudre ;
que M. Orry eſttoûjours au
camp , où il auroit voulu
traiter avec les Barcelo
nois , qui n'en ont point
voulu entendre parler , &
qui difent toûjours qu'ils
periront plutôt tous , que
de ſe rendre fans un ordre
de l'Empereur : mais mala
GALANTI
gré leurs beaux diſcours
on eft perfuadé qu'ils ne
défendront rien, fi on les
attaque auſſi vivement qu
ils l'apprehendent
On a eu avis de Varſovie
parune lettre du 12. deMay,
que le Palatin de Maſovie
feroit forti de Conſtantinople
depuis plus d'un mois
avec une entiere fatisfacu
tion , s'il avoit voulu con
fentir à figner le traité que
leGrandViſir lui a propofé
touchant lepaſſage du Roy
de Suede par la Pologhe,
& lacceffion debrUkraine.
Kij
116 MERCURE
Le Roy de Pologne a trouvécettedemandedesTurcsi
ſi injuſte , qu'il a ordonné à
ſes Generaux Saxons de te
nir leurs troupes prêtes à
marcher au premier ordre.
On apprehende fort que la
Nobleſſe de Lithuanie
celle de la grande Pologne
ne cauſe ici des defordres
anſquels il fera fort difficile
de remedier , ſi leRoyn'arrêre
pas les vexations & les
executions militaires que
les troupes Saxones font
fur leurs terres , & dont el
les demandent la fatisfac
GALANT. 117
tion qu'elles pretendent
leur être dûë.
On écrit de Hambourg ,
que la Reine d'Angleterre
a fait propoſer une ſuſpenſion
d'armes auRoy de Danemark
, à laquelle il a refufé
de conſentir auſſi bien
que le Czar.
Toutes les lettres d'Allemagne
ne parlent que de
la bonne intelligence du
Roy de Suede avec le
Grand Seigneur,qu'il a prié
de donner les ordres neceſſaires
pour fon retour
dans ſes Etats.i.amlyngby
118 MERCURE
Le May le Comte de
Seilern , Plenipotentiaire
de l'Empereur , partit de
Vienne , pour aller à l'afſemblée
de Bade en Suiſſe
travailler à la paix entre la
France & l'Empire.....
Le 11. le Comte de Goës,
auffi Plenipotentiaire de
l'Empereur , prit la même
route. Les conferences ont
été ouvertes le 4. à l'affemblée
de Bade.
On écrit de Milan que
Don Vincenzo Gonzaga ,
Duc de Guastalla , eft mort
d'apoplexie le 28. Avril, âgé
GALANT. 119
de quatre- vingt ans, a
Le s. May Aleſſandro Aldobrandini
, Nonce duPape
, fit ſon entrée publique
dans Venife.
Le 10. Fête de l'Afcenfion
,leDoge,accompagné
dusNonce , monta fur le
Bucentaure , où il fit , comme
cela ſe pratique tous les
ans à pareil jour , la ceremonie
d'époufer la mer.
d'être concluë entre tous
les Princes du Nord , & la
tranquilité dont l'Europe
va joüir , vont deſormais
faciliter les moyens d'éta.
blir des correſpondances ,
dont les nouvelles ne feront
ni
GALANT . 43
J
ni moins agreables , ni
moins intereſſantes , pour
n'être plus chargées du détail
des alarmes de la
fi
Les rebeles Catalans &
Barcelonois touchent au
moment de leur reduction.
Voiciunt extrait d'une
lettre que j'ai reçûë du
camp devant Barcelone ,
dattée du 29.May.
Aprés un ample détail de
tout ce qui s'eſt paffé au
- poſte des Capucins , que
Male Comte d'Eſtaires ,
Maréchal de Camp& Che -
Juin 1714 K
114 MERCURE
人
valier de la Toiſon d'Or , a
emporté avec toute la valeur
imaginable , on ajoûte
qu'on prend de ſi juſtes
meſures pour attaquer cette
ville avec la derniere vigueur
, qu'elle ne peut évi
ter d'être miſe en poudre ;
que M. Orry eſttoûjours au
camp , où il auroit voulu
traiter avec les Barcelo
nois , qui n'en ont point
voulu entendre parler , &
qui difent toûjours qu'ils
periront plutôt tous , que
de ſe rendre fans un ordre
de l'Empereur : mais mala
GALANTI
gré leurs beaux diſcours
on eft perfuadé qu'ils ne
défendront rien, fi on les
attaque auſſi vivement qu
ils l'apprehendent
On a eu avis de Varſovie
parune lettre du 12. deMay,
que le Palatin de Maſovie
feroit forti de Conſtantinople
depuis plus d'un mois
avec une entiere fatisfacu
tion , s'il avoit voulu con
fentir à figner le traité que
leGrandViſir lui a propofé
touchant lepaſſage du Roy
de Suede par la Pologhe,
& lacceffion debrUkraine.
Kij
116 MERCURE
Le Roy de Pologne a trouvécettedemandedesTurcsi
ſi injuſte , qu'il a ordonné à
ſes Generaux Saxons de te
nir leurs troupes prêtes à
marcher au premier ordre.
On apprehende fort que la
Nobleſſe de Lithuanie
celle de la grande Pologne
ne cauſe ici des defordres
anſquels il fera fort difficile
de remedier , ſi leRoyn'arrêre
pas les vexations & les
executions militaires que
les troupes Saxones font
fur leurs terres , & dont el
les demandent la fatisfac
GALANT. 117
tion qu'elles pretendent
leur être dûë.
On écrit de Hambourg ,
que la Reine d'Angleterre
a fait propoſer une ſuſpenſion
d'armes auRoy de Danemark
, à laquelle il a refufé
de conſentir auſſi bien
que le Czar.
Toutes les lettres d'Allemagne
ne parlent que de
la bonne intelligence du
Roy de Suede avec le
Grand Seigneur,qu'il a prié
de donner les ordres neceſſaires
pour fon retour
dans ſes Etats.i.amlyngby
118 MERCURE
Le May le Comte de
Seilern , Plenipotentiaire
de l'Empereur , partit de
Vienne , pour aller à l'afſemblée
de Bade en Suiſſe
travailler à la paix entre la
France & l'Empire.....
Le 11. le Comte de Goës,
auffi Plenipotentiaire de
l'Empereur , prit la même
route. Les conferences ont
été ouvertes le 4. à l'affemblée
de Bade.
On écrit de Milan que
Don Vincenzo Gonzaga ,
Duc de Guastalla , eft mort
d'apoplexie le 28. Avril, âgé
GALANT. 119
de quatre- vingt ans, a
Le s. May Aleſſandro Aldobrandini
, Nonce duPape
, fit ſon entrée publique
dans Venife.
Le 10. Fête de l'Afcenfion
,leDoge,accompagné
dusNonce , monta fur le
Bucentaure , où il fit , comme
cela ſe pratique tous les
ans à pareil jour , la ceremonie
d'époufer la mer.
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Résumé : Nouvelles, [titre d'après la table]
En juin 1714, des développements politiques et militaires significatifs se produisent en Europe. Une paix entre les princes du Nord est annoncée, promettant une tranquillité facilitant les correspondances. En Espagne, les rebelles catalans et barcelonais sont sur le point d'être vaincus après un assaut réussi au poste des Capucins par le comte d'Estaires. Les mesures contre Barcelone sont décrites comme implacables, malgré la volonté des Barcelonais de résister. En Pologne, le roi refuse les demandes turques concernant le passage du roi de Suède et l'accession de l'Ukraine, préparant ses troupes à une confrontation. La reine d'Angleterre propose une suspension d'armes au roi de Danemark, mais cette proposition est refusée par le Danemark et le Czar. En Allemagne, une bonne intelligence est notée entre le roi de Suède et le Grand Seigneur. Les plénipotentiaires de l'Empereur, le comte de Seilern et le comte de Goës, se rendent à l'assemblée de Bade pour travailler à la paix entre la France et l'Empire. Enfin, le duc de Guastalla, Don Vincenzo Gonzaga, décède d'apoplexie, et le nonce du Pape, Alessandro Aldobrandini, fait son entrée publique à Venise.
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506
p. 93-97
Copie de ce qui fut exposé par M. le Duc de Popoly dans le conseil de guerre tenu au camp devant Barcelonne le 3. Juin 1715.
Début :
Par un courrier extraordinaire arrivé de la Cour en ce [...]
Mots clefs :
Siège, Troupes, Duc de Popoli
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Copie de ce qui fut exposé par M. le Duc de Popoly dans le conseil de guerre tenu au camp devant Barcelonne le 3. Juin 1715.
Copie de ce quifut expoJepar
: M. le-Ducde Popoly dans le conjetl de guerretentf au
camp devant BarcelonneAs
3.
Juin1714.
;
Par un courier extraordinaire
arrivé de la Cour en
ce camp le premier de ce
mois,les dépêches du Roy
fontconnoîtrequeSaMajessé
compte non seulement
que ce bombardement
aété poussede toute
la force ordonnée en premier
l cU'i maisencore que
la tranchée que Sa Majest
avoit precedemment or
donné que l'on ouvrît se
roit actuellement avancée
de maniere que Sa Majeste
esperoit que la place seroit
incessamment reduite.
On n'a pas jusqu'a present
pris la resolution d'ouvrir
la tranchée, ni d'attaquer
la place en forme,
parce qu'onajugé qu'on
n'a pas ici assez de troupes,
sur-toutassezd'infanterie.
Comme on sçait que
quelques-uns de Messieurs
les Officiersgénéraux sont
d'opinion qu'on peut tirer
:aÍfez de troupes des detachemens,
&de celles de
M. desValdecanas& de
Thoy , pour faire ce siege,
j'ai jugé à propos de faire
remettre & communiquer
Jetât destroupes qui font
acrueHemcncaucamp, &
celles qui sont en detachement,
afin que chacun de
Messieursles Officiers ge.
neraux donne secretement
par éçrit son avis, sur une
affaire; de si grande importance,
expliquantla maniéré
&l'endroit par où il
saur attaquerlaplace,ga
der les postesnecessaires d
ce c~mp~ÔD veiller emirêïfi
Jfcmpszàla" tctehfeiVatiè<
desplaresdeilaG^akygnd
évltcr le©Jnûilt?cs^qu
dansletemps* du siege
rebeles pa:ys
de faire à cettearmée.
MessieurslesOfficier
Generaux diront aussileur
sentimens s'il>conjyiémîr4
commencer le siege auparavant
que les troupes de
nosdétachemensarrivent
au•camp,& ondemande
leurs opinions par écrit
pour
pour en être mieux éclaircis,
& qu'on puisse sur cette
affaire garder un inviolable
secret : rien n'est plus important.
Aucamp devant ;
Barcelone ce 3. Juin 1714.
Signé, Le Duc de Popoly.
: M. le-Ducde Popoly dans le conjetl de guerretentf au
camp devant BarcelonneAs
3.
Juin1714.
;
Par un courier extraordinaire
arrivé de la Cour en
ce camp le premier de ce
mois,les dépêches du Roy
fontconnoîtrequeSaMajessé
compte non seulement
que ce bombardement
aété poussede toute
la force ordonnée en premier
l cU'i maisencore que
la tranchée que Sa Majest
avoit precedemment or
donné que l'on ouvrît se
roit actuellement avancée
de maniere que Sa Majeste
esperoit que la place seroit
incessamment reduite.
On n'a pas jusqu'a present
pris la resolution d'ouvrir
la tranchée, ni d'attaquer
la place en forme,
parce qu'onajugé qu'on
n'a pas ici assez de troupes,
sur-toutassezd'infanterie.
Comme on sçait que
quelques-uns de Messieurs
les Officiersgénéraux sont
d'opinion qu'on peut tirer
:aÍfez de troupes des detachemens,
&de celles de
M. desValdecanas& de
Thoy , pour faire ce siege,
j'ai jugé à propos de faire
remettre & communiquer
Jetât destroupes qui font
acrueHemcncaucamp, &
celles qui sont en detachement,
afin que chacun de
Messieursles Officiers ge.
neraux donne secretement
par éçrit son avis, sur une
affaire; de si grande importance,
expliquantla maniéré
&l'endroit par où il
saur attaquerlaplace,ga
der les postesnecessaires d
ce c~mp~ÔD veiller emirêïfi
Jfcmpszàla" tctehfeiVatiè<
desplaresdeilaG^akygnd
évltcr le©Jnûilt?cs^qu
dansletemps* du siege
rebeles pa:ys
de faire à cettearmée.
MessieurslesOfficier
Generaux diront aussileur
sentimens s'il>conjyiémîr4
commencer le siege auparavant
que les troupes de
nosdétachemensarrivent
au•camp,& ondemande
leurs opinions par écrit
pour
pour en être mieux éclaircis,
& qu'on puisse sur cette
affaire garder un inviolable
secret : rien n'est plus important.
Aucamp devant ;
Barcelone ce 3. Juin 1714.
Signé, Le Duc de Popoly.
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Résumé : Copie de ce qui fut exposé par M. le Duc de Popoly dans le conseil de guerre tenu au camp devant Barcelonne le 3. Juin 1715.
Le 3 juin 1714, le Duc de Popoly, stationné devant Barcelone, reçoit des dépêches royales annonçant une réduction imminente de la place forte par bombardement et avancée de la tranchée. Cependant, aucune décision n'est prise pour attaquer en raison d'un manque de troupes, notamment d'infanterie. Certains officiers suggèrent de rassembler des troupes des détachements et des forces de M. des Valdecanas et de Thoy pour le siège. Le Duc demande aux officiers de soumettre secrètement leurs avis écrits sur la stratégie d'attaque, le positionnement des postes, et la sécurité des provisions et munitions. Ils doivent également indiquer si le siège peut commencer avant l'arrivée des troupes des détachements. Cette démarche vise à éclairer la décision tout en gardant le secret sur cette affaire cruciale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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507
p. 97-102
Copie d'une lettre écrite au camp devant Barcelonne le 14. Juin 1714.
Début :
Quoique mes instances ayent été inutiles, lorsque [...]
Mots clefs :
Barcelone, Camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Copie d'une lettre écrite au camp devant Barcelonne le 14. Juin 1714.
<Copie d'unei lettre écrite au
camp-devant Barcelonne
le 14.Juin 1714.
Quoique mes instances
ayent été inutiles, lorsque
je fus à Madrid pour rassembler
toutes les trou pes,
les places de guerre, pour
se mettre en état de terminer
l'affaire de Barcelonne; ilparoît aujourd'hui que le
resultat d'un grand conseil
,
de guerre est qu'il faut assembler
,
sans perdre de
temps, toutes les troupes
qu'on pourra,quoique tard,
par les raisonsqu'entraîne
avec elle la longueur de
pareilles affaires, & ouvrir
latranchée. Ce Courierpart
pour porter au Roy nos
sentimens par écrit, & pour
supplierSaMajesté d'envoyer
ses ordres à Meilîeuçs
de Thoy & Valdecanas
,
pour qu'ils nous envoyenc
leurs troupes, après avoir
muni les places. Gonzales
a encore battu un corps de
rebeles proche S. Martin;
cent - cinquante hommes
ont été tuez, quarante prisonniers,&
en les poursuivant
nos gens se sont rendus
maîtres du château de
saint Martin;le Gouverneur
avec les principaux ont été
pendus à la porte,
Le bombardement continuë
assez favorablement;
plus de cinqà six mil maifons
sont déja abattuës:
mais je croy qu'il ne se terminera
pas sans que nous
ayons cinq cens hommes de
suez ou bleffiZ) compris l'af
faire des Capucins. Il paroît
que nous sommes assez
de sentiment,pour que l'atraque
se fasse depuisla
porte neuve jusquau bas-
{Íon du Levant. Si elle s'execute
ainG, tous les travaux
faits pour le bombardement
deviennent inutiles,
&l'on conserveraseulement
les Capucins. if,
Ces jours passez M. de
Verbonne a été blessépar
le feu d'une de nos bombes
: mais ce ne fera rien.
Le même jour, M. de
Grandpré, commandant
l'artillerie, après avoirreridu
compte de cet accident
à M. de.Popoli
, reçut lui
& son valet, en passant vis
à vis la tante d'un vivandier
,
quelques grains de
plomb dune arme qui le
lâcha aussi par malheur..
M. de Ribadeo a aussi été
blene d'une pierre à la tranchée,
mais legerement. Le
Comte de Vignolle,Brigadier
, est en danger de
mort de sa blessure, & depuis
ilest mort. Il êtoitCapitaine
aux GardesEspagnoles.
camp-devant Barcelonne
le 14.Juin 1714.
Quoique mes instances
ayent été inutiles, lorsque
je fus à Madrid pour rassembler
toutes les trou pes,
les places de guerre, pour
se mettre en état de terminer
l'affaire de Barcelonne; ilparoît aujourd'hui que le
resultat d'un grand conseil
,
de guerre est qu'il faut assembler
,
sans perdre de
temps, toutes les troupes
qu'on pourra,quoique tard,
par les raisonsqu'entraîne
avec elle la longueur de
pareilles affaires, & ouvrir
latranchée. Ce Courierpart
pour porter au Roy nos
sentimens par écrit, & pour
supplierSaMajesté d'envoyer
ses ordres à Meilîeuçs
de Thoy & Valdecanas
,
pour qu'ils nous envoyenc
leurs troupes, après avoir
muni les places. Gonzales
a encore battu un corps de
rebeles proche S. Martin;
cent - cinquante hommes
ont été tuez, quarante prisonniers,&
en les poursuivant
nos gens se sont rendus
maîtres du château de
saint Martin;le Gouverneur
avec les principaux ont été
pendus à la porte,
Le bombardement continuë
assez favorablement;
plus de cinqà six mil maifons
sont déja abattuës:
mais je croy qu'il ne se terminera
pas sans que nous
ayons cinq cens hommes de
suez ou bleffiZ) compris l'af
faire des Capucins. Il paroît
que nous sommes assez
de sentiment,pour que l'atraque
se fasse depuisla
porte neuve jusquau bas-
{Íon du Levant. Si elle s'execute
ainG, tous les travaux
faits pour le bombardement
deviennent inutiles,
&l'on conserveraseulement
les Capucins. if,
Ces jours passez M. de
Verbonne a été blessépar
le feu d'une de nos bombes
: mais ce ne fera rien.
Le même jour, M. de
Grandpré, commandant
l'artillerie, après avoirreridu
compte de cet accident
à M. de.Popoli
, reçut lui
& son valet, en passant vis
à vis la tante d'un vivandier
,
quelques grains de
plomb dune arme qui le
lâcha aussi par malheur..
M. de Ribadeo a aussi été
blene d'une pierre à la tranchée,
mais legerement. Le
Comte de Vignolle,Brigadier
, est en danger de
mort de sa blessure, & depuis
ilest mort. Il êtoitCapitaine
aux GardesEspagnoles.
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Résumé : Copie d'une lettre écrite au camp devant Barcelonne le 14. Juin 1714.
Le 14 juin 1714, une lettre du camp devant Barcelone relate les efforts infructueux de l'auteur à Madrid pour rassembler les troupes et les places de guerre afin de terminer l'affaire de Barcelone. Un grand conseil de guerre a décidé d'assembler rapidement toutes les troupes disponibles et d'ouvrir une tranchée. Un courrier est envoyé au roi pour solliciter l'envoi des troupes de Meilîeuçs de Thoy et Valdecanas après la fortification des places. Gonzales a récemment vaincu un corps de rebelles près de Saint-Martin, tuant 150 hommes et en capturant 40, et a pris le château de Saint-Martin, où le gouverneur et les principaux responsables ont été pendus. Le bombardement de Barcelone progresse favorablement, avec plus de 5 000 à 6 000 maisons détruites. Cependant, 500 hommes supplémentaires de Suez ou de Bledfiz sont nécessaires pour achever l'affaire des Capucins. Une attaque depuis la porte neuve jusqu'au bastion du Levant est envisagée, rendant les travaux de bombardement inutiles sauf pour les Capucins. Plusieurs incidents impliquant des officiers sont rapportés, notamment la mort du Comte de Vignolle, Brigadier, des suites de ses blessures.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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508
p. 102-108
Copie d'une autre lettre écrite au camp devant Barcelonne le 14. Juin.
Début :
Je vous ai écrit, mon cher Monsieur, un peu à [...]
Mots clefs :
Barcelone, Camp, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Copie d'une autre lettre écrite au camp devant Barcelonne le 14. Juin.
Copie d'une autre lettre écrits
au camp devant Barcelonne
le J4. Juin.
Je vous ai écrit, mosi
cher Monsieur, un peu à
la hâte le lendemain de la
prise des Capucins. M. de
Popoli m'avoir dit qu'il al.
loit faire partir son courier:
mais comme le paysest plus
révolté que jamais, je ne
sçai comment ils feront
pour le faire passer. Les ennemis
se [one emparez de
Villanueva, où nous avions
garnison, laquelle a été
obligée de l'abandonner ;
&nous avons plusieurs pof,
tesaveclefqueJsils nous
ont coupé les communications
sans beaucoup de
peine. Les volontaires ont
enlevé dans le fauxbourg
- de. Mataro trois compagnies
de cavalerie. Nous
avons vu1\ entrer ce matin
ddeeuuxxaâsssseezzggrroossbbââttiimnleennss
dans Barcelonne. Le feu
vient de prendre à une tretitaine
de bombes qu'on
chargeoic à la queuë de la
Tranchée
;
elles ont fauté
avec quelques barils de
poudre. On dit que c'est le
bombardier qui y a mis le
feu en enfonçant la fusee.
Je ne sçai point encore le
dérail de la perteque nous
aura causée cet accident; je
sçai feulement que huit de
nos soldars François, qui
servoient les bombardiers,
ont été tuez, & deux petits
corps de gardes Espagnols
qui écoient dans le voifinage,
ont été fort endommagez.
Voila bien du vilain
que je vous dis tout de suite
,
il faut vous dire le beau.
On fait monter tous les
jours un Maréchal de Camp
à la tranchée, avec six compagnies
de grenadiers &
six cens hommes d'infanterie.
Nous avons fait une
belle parallele à 120. toises
en avant des Capucins, qui
n'est pas à 400. toises de la
place. Meilleurs les- Artilleurs
de marine ont fait
derricre nôtre paralelleune
magnifique batterie à bombes
pour vingt mortiers, à
la gauche & à la droite de
laquelle nous avons deux
bonnes redoutes.. M. de
Grandpré n'a pas voulu
d'autres travailleurs que des
nos François pour faire sa
batterie. Je viens de la visiser
dans le moment ;
les
plattes- formes sont faites,
& l'on ameneactuellement
les mortiers : on fera en
état de tirer demain. La
ville ne peur éviter d'être
mise en poudre; ils le [ça.
vent, & n'en sont pas plus
dociles.
M. Orry me donna il y
a trois jours un gros paquet
pour le faire passer dans
Barcelonne, me disant:
Vous sçavez bien qu'ils ne
veulent rien entendre de
la part de M de Popoli. Je
vous prie de dire à M. de
Guerchy de ma part, que
ce ne sont que des lettres
,
de plusieurs particuliers ôc
gens de consideration qui
sont fortis de Barcelonne,
qui écrivenr à leurs amis;
pour leur faire ouvrir les
yeux sur leur situation, &
leur conseillent de prendre
le bon parti. Nous fîmes
passer le paquet par un de
- nos tambours. Le Jurât prit
le paquet, & le tambour
rapporta réponse à M. de
Guerchy, l'affuranr toujours
que rien ne les obligeroit
à se rendre qu'un
ordre de l'Empereur.
Je vous envoye un érat
present des troupes, en attendant
que l'arrivéede M.
le Duc de Bervick change
la disposition de nôtre armee.
au camp devant Barcelonne
le J4. Juin.
Je vous ai écrit, mosi
cher Monsieur, un peu à
la hâte le lendemain de la
prise des Capucins. M. de
Popoli m'avoir dit qu'il al.
loit faire partir son courier:
mais comme le paysest plus
révolté que jamais, je ne
sçai comment ils feront
pour le faire passer. Les ennemis
se [one emparez de
Villanueva, où nous avions
garnison, laquelle a été
obligée de l'abandonner ;
&nous avons plusieurs pof,
tesaveclefqueJsils nous
ont coupé les communications
sans beaucoup de
peine. Les volontaires ont
enlevé dans le fauxbourg
- de. Mataro trois compagnies
de cavalerie. Nous
avons vu1\ entrer ce matin
ddeeuuxxaâsssseezzggrroossbbââttiimnleennss
dans Barcelonne. Le feu
vient de prendre à une tretitaine
de bombes qu'on
chargeoic à la queuë de la
Tranchée
;
elles ont fauté
avec quelques barils de
poudre. On dit que c'est le
bombardier qui y a mis le
feu en enfonçant la fusee.
Je ne sçai point encore le
dérail de la perteque nous
aura causée cet accident; je
sçai feulement que huit de
nos soldars François, qui
servoient les bombardiers,
ont été tuez, & deux petits
corps de gardes Espagnols
qui écoient dans le voifinage,
ont été fort endommagez.
Voila bien du vilain
que je vous dis tout de suite
,
il faut vous dire le beau.
On fait monter tous les
jours un Maréchal de Camp
à la tranchée, avec six compagnies
de grenadiers &
six cens hommes d'infanterie.
Nous avons fait une
belle parallele à 120. toises
en avant des Capucins, qui
n'est pas à 400. toises de la
place. Meilleurs les- Artilleurs
de marine ont fait
derricre nôtre paralelleune
magnifique batterie à bombes
pour vingt mortiers, à
la gauche & à la droite de
laquelle nous avons deux
bonnes redoutes.. M. de
Grandpré n'a pas voulu
d'autres travailleurs que des
nos François pour faire sa
batterie. Je viens de la visiser
dans le moment ;
les
plattes- formes sont faites,
& l'on ameneactuellement
les mortiers : on fera en
état de tirer demain. La
ville ne peur éviter d'être
mise en poudre; ils le [ça.
vent, & n'en sont pas plus
dociles.
M. Orry me donna il y
a trois jours un gros paquet
pour le faire passer dans
Barcelonne, me disant:
Vous sçavez bien qu'ils ne
veulent rien entendre de
la part de M de Popoli. Je
vous prie de dire à M. de
Guerchy de ma part, que
ce ne sont que des lettres
,
de plusieurs particuliers ôc
gens de consideration qui
sont fortis de Barcelonne,
qui écrivenr à leurs amis;
pour leur faire ouvrir les
yeux sur leur situation, &
leur conseillent de prendre
le bon parti. Nous fîmes
passer le paquet par un de
- nos tambours. Le Jurât prit
le paquet, & le tambour
rapporta réponse à M. de
Guerchy, l'affuranr toujours
que rien ne les obligeroit
à se rendre qu'un
ordre de l'Empereur.
Je vous envoye un érat
present des troupes, en attendant
que l'arrivéede M.
le Duc de Bervick change
la disposition de nôtre armee.
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Résumé : Copie d'une autre lettre écrite au camp devant Barcelonne le 14. Juin.
Le 4 juin, une lettre est écrite depuis le camp devant Barcelone. L'auteur mentionne des troubles rendant difficile l'envoi de courriers. Les ennemis ont pris Villanueva, coupant les communications, mais les volontaires ont capturé trois compagnies de cavalerie à Mataro. Ce matin, deux grosses batteries sont entrées à Barcelone, où un incendie a éclaté, causant la mort de huit soldats français et endommageant des gardes espagnols. Malgré ces obstacles, les opérations militaires avancent. Une parallèle a été construite à 120 toises des Capucins et à 400 toises de la place. Les artilleurs de marine ont érigé une batterie de vingt mortiers avec deux redoutes, prêts à tirer le lendemain. La ville est menacée, mais les défenseurs restent intransigeants. M. Orry a confié des lettres à l'auteur pour influencer les habitants de Barcelone, mais les autorités ont refusé de se rendre, n'obéissant qu'à un ordre de l'Empereur. L'auteur envoie également un état des troupes, en attendant l'arrivée du Duc de Bervick pour modifier la disposition de l'armée.
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509
p. 109-115
Estat present des troupes de l'armée de Catalogne.
Début :
L'infanterie du Roy, compris les detachemens de Bracamonte & [...]
Mots clefs :
Détachements, Infanterie, Cavalerie, Camp, Poudres, Dragons
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texteReconnaissance textuelle : Estat present des troupes de l'armée de Catalogne.
Estat prejent des troupes de
l'armée de Catalogne.
L'infanterie du Roy
compris les detachemens
de Bracamonte ôc Gonzales,
& les autres deux petits,
un du côté de Calaf, ôc
l'autre de Bubernes
, compris
les malades & les blessez,
est de 10010.
Cinq compagnies de
Gardes Valones, 400.
L'infanterie de France,
compris le detachement
de Bracamonte
,
lespoftci
de S. Hierôme, de Mongat
& autres ,
est de 6000.
M. le Marquis de Valdecanas,
comprises les garnisons
de Tortose& Tarragone,
avoit au mois de Janvier
environ 5000.
M. le Marquisde Thoy,
comprises les garnirons de
Lerida., Balaguer, Ager,
Berga, Castel-Ciudad ôc
Cervera, avoit au mois d'Avril
environ 1000.
A Martoreil un bataillon
d'environ 100.
A Mataro deux bataillons,
qui sontd'environ600.
A Ostalrich un bataillon
, & un detachement de
deux bataillons de Mataro,
., 550.
A Vich, avec M. de Bracamonte,
outre les detachemens
de l'armée, deux
bataillons, qui font environ
700.
Total de l'infanterie, 24360.
i Cavalerie. »*1erie.
La cavalerie montée qui
1cil prelentement dans ce
camp , compris les deta,.
chemens de Bracamonte &
Gonzales, est de3141.
Celle qui est aux ordres
de M. de Valdecanas est
d'environ • 1100.
-' Celle qui est avec M. le
Marquis de Thoy est environ
de 700.
1 A Martoreil quatre efcadrons,
qui seront environ
de.350.
A Mataro deux escadrons,
quifont environ 160.
A Vich, outre les derachemens
de l'armée, cavalerie
demontée presente
aucamp,cy 207.
Le
Le regiment de Luquely
démonté fait cent hom-
[nés)CY .., 100%
Total de la cavalerie^5859.
Dragons.
Dragons montez au
camp, compris les detachemens
de Bracamontc-
& Gonzales
,
& les,esca-T
drons qui sont dehors, t66jï
Dragons remontez aacamp
font
tous 898.
M le Marquis de Valde-:
canas doit avoir àpied de
a cheval environ ,300.
1-< Total des dragonsy 3865.,
Les poftcs qu'il faut gar-'
der au camp font le sorts
du Llobregat, avec un magafin
de poudres.
Lamaison deNavarro,
Nacre Dame del Puerto, la.
Bergerie,& fcs retranche-,
mens,, fonc les magasins de,
poudres du parcde ladroite;
Les villages de Sartia ôc
Pedralras
3
ou font les de-.
pôrs des vivres., & un grand
magafin/de. poudres les
deux Hôpitaux de l'Hospitalet
& de Garcia; le parc
de l'artillerie de la gauche,
le fort du Befos, outre les
gardes de la ligne de contrevallation,
celles des Ge.
néraux, celles des drapeaux
& des piquets, sans compter
les travailleurs & les
detachemens qu'on fait
journellement pour lescon-
VOIS.
l'armée de Catalogne.
L'infanterie du Roy
compris les detachemens
de Bracamonte ôc Gonzales,
& les autres deux petits,
un du côté de Calaf, ôc
l'autre de Bubernes
, compris
les malades & les blessez,
est de 10010.
Cinq compagnies de
Gardes Valones, 400.
L'infanterie de France,
compris le detachement
de Bracamonte
,
lespoftci
de S. Hierôme, de Mongat
& autres ,
est de 6000.
M. le Marquis de Valdecanas,
comprises les garnisons
de Tortose& Tarragone,
avoit au mois de Janvier
environ 5000.
M. le Marquisde Thoy,
comprises les garnirons de
Lerida., Balaguer, Ager,
Berga, Castel-Ciudad ôc
Cervera, avoit au mois d'Avril
environ 1000.
A Martoreil un bataillon
d'environ 100.
A Mataro deux bataillons,
qui sontd'environ600.
A Ostalrich un bataillon
, & un detachement de
deux bataillons de Mataro,
., 550.
A Vich, avec M. de Bracamonte,
outre les detachemens
de l'armée, deux
bataillons, qui font environ
700.
Total de l'infanterie, 24360.
i Cavalerie. »*1erie.
La cavalerie montée qui
1cil prelentement dans ce
camp , compris les deta,.
chemens de Bracamonte &
Gonzales, est de3141.
Celle qui est aux ordres
de M. de Valdecanas est
d'environ • 1100.
-' Celle qui est avec M. le
Marquis de Thoy est environ
de 700.
1 A Martoreil quatre efcadrons,
qui seront environ
de.350.
A Mataro deux escadrons,
quifont environ 160.
A Vich, outre les derachemens
de l'armée, cavalerie
demontée presente
aucamp,cy 207.
Le
Le regiment de Luquely
démonté fait cent hom-
[nés)CY .., 100%
Total de la cavalerie^5859.
Dragons.
Dragons montez au
camp, compris les detachemens
de Bracamontc-
& Gonzales
,
& les,esca-T
drons qui sont dehors, t66jï
Dragons remontez aacamp
font
tous 898.
M le Marquis de Valde-:
canas doit avoir àpied de
a cheval environ ,300.
1-< Total des dragonsy 3865.,
Les poftcs qu'il faut gar-'
der au camp font le sorts
du Llobregat, avec un magafin
de poudres.
Lamaison deNavarro,
Nacre Dame del Puerto, la.
Bergerie,& fcs retranche-,
mens,, fonc les magasins de,
poudres du parcde ladroite;
Les villages de Sartia ôc
Pedralras
3
ou font les de-.
pôrs des vivres., & un grand
magafin/de. poudres les
deux Hôpitaux de l'Hospitalet
& de Garcia; le parc
de l'artillerie de la gauche,
le fort du Befos, outre les
gardes de la ligne de contrevallation,
celles des Ge.
néraux, celles des drapeaux
& des piquets, sans compter
les travailleurs & les
detachemens qu'on fait
journellement pour lescon-
VOIS.
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Résumé : Estat present des troupes de l'armée de Catalogne.
Le document décrit l'état des troupes de l'armée de Catalogne, en détaillant les effectifs de l'infanterie, de la cavalerie et des dragons. L'infanterie totale compte 24 360 hommes, incluant les Gardes Valones, l'infanterie française, et les troupes sous les commandements des marquis de Valdecanas et de Thoy. La cavalerie montée totalise 5 859 hommes, répartis entre diverses unités et commandements. Les dragons, quant à eux, totalisent 3 865 hommes, incluant les dragons montés et ceux sous le commandement du marquis de Valdecanas. Le texte mentionne également les postes à garder au camp, les magasins de poudre, les hôpitaux, et les diverses gardes et détachements nécessaires pour les travaux et les convois.
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510
p. 257-269
DISCOURS que Mr le Mareschal de Villars prononça dans l'Académie Françoise à sa réception, le Samedi 23 Juin. 1714.
Début :
J'ay promis le mois dernier le harangue de Mr le / MESSIEURS, Si l'honneur que vous avez bien voulu me faire de [...]
Mots clefs :
Académie française, Gloire, Guerre, Éloquence, Cardinal de Richelieu, Paix, Maréchal de Villars
511
p. 291-294
EXTRAIT D'une Lettre écrite le 15. au Camp devant Barcelone.
Début :
Si nous en voulions croire tous les bruits qui ont couru [...]
Mots clefs :
Barcelone, Vaisseaux, Barques, Tambour, Camp
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT D'une Lettre écrite le 15. au Camp devant Barcelone.
EXTRAIT.
Diune Lettre écrite le 15.
au Camp devantBarcelone.
Si nous en voulions croire
tous les bruits qui ont couru
,les Barcelonnois n'attendoient
que le départ de
M. le Duc de Popali pour
se rendre; aepfodant:Ürift
parti avant hier, & ces
gens-là n'ont envoyé aucune
députation. Ilestvray
qu'ils envoyerent le onze
un Tambour, fous prétexte
de repener un Cheval
voie par un Valetdéserteur.
M. leMaretchal deBerwik
fie renvoyer le Tambour,
& leur fie dire qu'il ne vouloit
aucun commerce avec
3eùx. Ilsenvoyerent hierun
Trompette à M.de Guerchy,
avec une Lettre. M.
le Maréchal fit renvoyer
Jun & l'autre,sansvouloir
qu'on ouvrist la Lettre, Ôc lemesmesoir fit ouvrirla
-tranchée par dix Battail-
Jans qui n'ont pu se loger
cematin dans la parallele,
attendu qu'on n'a paseu le
temps pendant lanuit de la
mettre enestat de recevoir
les troupes;on la va persectionner
,
& nos affaires
wontallerleurtrain. Nous
attendons encore huitBattaillons
le quatorze, &onze
le dix-huit. On prétend
queces gens-là n'ont que
douze cens hommes de
troupesreglées, les déferteurs
ne leur en donnent
pas plus de quatrecens,le
resteest comparé,d'Etudiants
, d'Artisans & de
Moines. Ilsont tirécette
nuit& ce matin assezde
cation, & n'ontblessépensonne
;nous yavonsresté
avec M.Je Mareschal jusqu'aminuit.
Il lileurvenoitun convoy
deMaillorque composé de
quatreVaisseaux & vingesept
Barques;mais il h'est
rntréque deux Vaisseaux&
quatre Barques dans laPlace.
Diune Lettre écrite le 15.
au Camp devantBarcelone.
Si nous en voulions croire
tous les bruits qui ont couru
,les Barcelonnois n'attendoient
que le départ de
M. le Duc de Popali pour
se rendre; aepfodant:Ürift
parti avant hier, & ces
gens-là n'ont envoyé aucune
députation. Ilestvray
qu'ils envoyerent le onze
un Tambour, fous prétexte
de repener un Cheval
voie par un Valetdéserteur.
M. leMaretchal deBerwik
fie renvoyer le Tambour,
& leur fie dire qu'il ne vouloit
aucun commerce avec
3eùx. Ilsenvoyerent hierun
Trompette à M.de Guerchy,
avec une Lettre. M.
le Maréchal fit renvoyer
Jun & l'autre,sansvouloir
qu'on ouvrist la Lettre, Ôc lemesmesoir fit ouvrirla
-tranchée par dix Battail-
Jans qui n'ont pu se loger
cematin dans la parallele,
attendu qu'on n'a paseu le
temps pendant lanuit de la
mettre enestat de recevoir
les troupes;on la va persectionner
,
& nos affaires
wontallerleurtrain. Nous
attendons encore huitBattaillons
le quatorze, &onze
le dix-huit. On prétend
queces gens-là n'ont que
douze cens hommes de
troupesreglées, les déferteurs
ne leur en donnent
pas plus de quatrecens,le
resteest comparé,d'Etudiants
, d'Artisans & de
Moines. Ilsont tirécette
nuit& ce matin assezde
cation, & n'ontblessépensonne
;nous yavonsresté
avec M.Je Mareschal jusqu'aminuit.
Il lileurvenoitun convoy
deMaillorque composé de
quatreVaisseaux & vingesept
Barques;mais il h'est
rntréque deux Vaisseaux&
quatre Barques dans laPlace.
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Résumé : EXTRAIT D'une Lettre écrite le 15. au Camp devant Barcelone.
La lettre, datée du 15, est rédigée depuis le camp devant Barcelone. Les Barcelonais, qui attendaient le départ du Duc de Popali pour se rendre, n'ont pas envoyé de députation après son départ. Le 11, un tambour a été envoyé pour récupérer un cheval volé, mais le maréchal de Berwick l'a renvoyé, refusant tout commerce. Hier, un trompette a été renvoyé avec une lettre non ouverte. La même soirée, une tranchée a été ouverte par dix bataillons, mais ceux-ci n'ont pu se loger dans la parallèle faute de temps. Les opérations suivent le plan prévu, avec l'arrivée attendue de huit bataillons le 14 et onze le 18. Les forces ennemies comptent environ 1 200 hommes réguliers et 400 déserteurs, complétées par des étudiants, artisans et moines. Les ennemis ont tiré sans faire de blessés. Le maréchal et l'auteur de la lettre sont restés sur place jusqu'à minuit. Un convoi de Majorque, composé de quatre vaisseaux et vingt-sept barques, a été signalé, mais seuls deux vaisseaux et quatre barques ont atteint la place.
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512
p. 296-300
Nouvelles. De Hambourg, de Dannemarck, de Stralzund, de la Haye, de Vienne, de Perpignan. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Hambourg le 30. Juillet que les Lettres de [...]
Mots clefs :
Suède, Hommes, Commandant
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles. De Hambourg, de Dannemarck, de Stralzund, de la Haye, de Vienne, de Perpignan. [titre d'après la table]
On écrit de Hambourg le
50. Juillet que les Lettres de
Suede ne sont aucune mention
de ce Combat Naval
donton par le depuis longtemps
Elles marquent aucontraire
que les deux Flotes n'avoient
encore pû se joindre,
& que celle de Suede se renforçoit
de jour en jour, par
lesBastiments qui la venoient
joindre, ensorte qu'elle estoit
beaucoup fuperieurc à celle
des Moscovites.
Le Roy de Dannemark est
encore occupé à fairelarevûë
de ses Troupes qui ne pourront
estreassemblezque dans
le quinze dumois prochain:
Comme la saison s'avance, on
ne croit pas qu'il puisse faire
de grands progrez cetteCampagne.
Il doit cependant l'ouvrit
parl'attaque de l'Isled'Higelant
; & pour cette expédition
,
il fait embarquer de
-
l'Artillerie,des Bombes&des
Mortiers. Cette Isleestdedifsicile
accez,d'autant que pour
en approcher, il faut passer entre
des écuëils dangereux, &
que d'ailleurs le passage enest
dessendu par des Forts tresescarpez.
On écrit de Stralzund que
le General Duker a fous cette
Place un Corps de 9. à 10.mil
hommes ausquels le Commandant
de Wismar joindra
trois mil hommes en cas de
besoin. Mais il ne fera point
de mouvement que lesDanois
nee nsoietntratetacphezrà iqsuelequ.e
Le Roy Auguste qui partit
de Dresde le1 3. pour retourner
en Pologne,dépêcha le
jour de devant son départ, divers
Courriers. Celuyqu'ila
envoyé au Roy de Dannemar
k a esté enlevé dans le
M kelbourg par un Parti de
la Garnison de Wismarquil'a
mené au Commandant de
cette Place
,
& les dépêches
ont esté envoyez àlaRegence
deSuede.
50. Juillet que les Lettres de
Suede ne sont aucune mention
de ce Combat Naval
donton par le depuis longtemps
Elles marquent aucontraire
que les deux Flotes n'avoient
encore pû se joindre,
& que celle de Suede se renforçoit
de jour en jour, par
lesBastiments qui la venoient
joindre, ensorte qu'elle estoit
beaucoup fuperieurc à celle
des Moscovites.
Le Roy de Dannemark est
encore occupé à fairelarevûë
de ses Troupes qui ne pourront
estreassemblezque dans
le quinze dumois prochain:
Comme la saison s'avance, on
ne croit pas qu'il puisse faire
de grands progrez cetteCampagne.
Il doit cependant l'ouvrit
parl'attaque de l'Isled'Higelant
; & pour cette expédition
,
il fait embarquer de
-
l'Artillerie,des Bombes&des
Mortiers. Cette Isleestdedifsicile
accez,d'autant que pour
en approcher, il faut passer entre
des écuëils dangereux, &
que d'ailleurs le passage enest
dessendu par des Forts tresescarpez.
On écrit de Stralzund que
le General Duker a fous cette
Place un Corps de 9. à 10.mil
hommes ausquels le Commandant
de Wismar joindra
trois mil hommes en cas de
besoin. Mais il ne fera point
de mouvement que lesDanois
nee nsoietntratetacphezrà iqsuelequ.e
Le Roy Auguste qui partit
de Dresde le1 3. pour retourner
en Pologne,dépêcha le
jour de devant son départ, divers
Courriers. Celuyqu'ila
envoyé au Roy de Dannemar
k a esté enlevé dans le
M kelbourg par un Parti de
la Garnison de Wismarquil'a
mené au Commandant de
cette Place
,
& les dépêches
ont esté envoyez àlaRegence
deSuede.
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Résumé : Nouvelles. De Hambourg, de Dannemarck, de Stralzund, de la Haye, de Vienne, de Perpignan. [titre d'après la table]
Le 50 juillet, des lettres de Hambourg indiquent qu'aucun combat naval n'a eu lieu entre les flottes suédoise et moscovite, car elles ne se sont pas encore rencontrées. La flotte suédoise s'accroît quotidiennement avec l'arrivée de nouveaux navires, surpassant ainsi celle des Moscovites. Le roi de Danemark passe en revue ses troupes, prêtes le 15 du mois suivant, mais l'avancement de la saison limite ses actions. Il prévoit d'attaquer l'île d'Higelant, défendue par des écueils et des forts. À Stralzund, le général Duker dispose de 9 à 10 000 hommes, renforçables par 3 000 hommes de Wismar, mais n'agira pas avant l'arrivée des Danois. Le roi Auguste, parti de Dresde le 13 juillet, a envoyé des courriers, dont un destiné au roi de Danemark, intercepté près de Kiel et transmis à la régence de Suède.
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513
p. 302-305
De Vienne le 4. Aoust.
Début :
Le jour du depart du Prince Eugene pour Baden, n'est pas [...]
Mots clefs :
Empereur, Vienne, Turcs, Roi de Suède, Régiments d'infanterie
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texteReconnaissance textuelle : De Vienne le 4. Aoust.
De Viennele4.Aoust.
Le jour du départ du Prince
Eugene pour Baden, n'est pas
encore fixé, il assiste souvent
aux Conseils secrets, qui se
tiennent à l'arrivée des Exprés
qui viennent de Baden : mais
le resultatn'en est point rendu
publique.
Les Princes Protestants ont
envoyé leurs griefs à l'Empereur,
mais il les a renvoyez
à la Diete On dit que tout
ce qui regarde les deux Electeurs
est fini, & qu'il ne reste
plus qu'à decider des pretentions
des Princes d'Italie, ainsi
on compte que tout fera terminé
le mois prochain.
On ne sçait pas bien encore
quelle route prendra le Roy
jde Suede, Suivant les dernieres
nouvelles qu'on en a cuës, il
estoit encore a Demir-Toca,
attendant les ordres &de l'argent
du Grand Seigneur, pour
se mettre en marche.
Comme les Turcs font avancer
des troupes du costé
de Belgrade, pour y camper,
l'Empereur a envoyé des ordres
en Italie, pour en faire
revenir quatre Regimens d'Infanterie,
cinq deCavalerie&
deux de Dragons, pour les
envoyer en Hongrie, où on
pretend avoir à tout événement,
40. ou 50000. hommes
, non compris les garnisons,
dans le mois de Septembre
tembre prochain,auquel tems
l'Empereur doit aller à Presbourg.
Le jour du départ du Prince
Eugene pour Baden, n'est pas
encore fixé, il assiste souvent
aux Conseils secrets, qui se
tiennent à l'arrivée des Exprés
qui viennent de Baden : mais
le resultatn'en est point rendu
publique.
Les Princes Protestants ont
envoyé leurs griefs à l'Empereur,
mais il les a renvoyez
à la Diete On dit que tout
ce qui regarde les deux Electeurs
est fini, & qu'il ne reste
plus qu'à decider des pretentions
des Princes d'Italie, ainsi
on compte que tout fera terminé
le mois prochain.
On ne sçait pas bien encore
quelle route prendra le Roy
jde Suede, Suivant les dernieres
nouvelles qu'on en a cuës, il
estoit encore a Demir-Toca,
attendant les ordres &de l'argent
du Grand Seigneur, pour
se mettre en marche.
Comme les Turcs font avancer
des troupes du costé
de Belgrade, pour y camper,
l'Empereur a envoyé des ordres
en Italie, pour en faire
revenir quatre Regimens d'Infanterie,
cinq deCavalerie&
deux de Dragons, pour les
envoyer en Hongrie, où on
pretend avoir à tout événement,
40. ou 50000. hommes
, non compris les garnisons,
dans le mois de Septembre
tembre prochain,auquel tems
l'Empereur doit aller à Presbourg.
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Résumé : De Vienne le 4. Aoust.
Le 4 août à Vienne, le départ du Prince Eugène pour Baden n'est pas encore déterminé. Il participe régulièrement aux Conseils secrets, mais les décisions ne sont pas divulguées. Les Princes Protestants ont soumis leurs plaintes à l'Empereur, qui les a redirigées vers la Diète. Les questions concernant les deux Électeurs sont supposément résolues, ne laissant que les revendications des Princes d'Italie à traiter. Une conclusion est attendue pour le mois suivant. La route du Roi de Suède reste incertaine. Il se trouvait à Demir-Toca, attendant les instructions et les fonds du Grand Seigneur. Les Turcs déplacent des troupes vers Belgrade. En réponse, l'Empereur a ordonné le rappel de plusieurs régiments d'infanterie, de cavalerie et de dragons d'Italie pour les envoyer en Hongrie. L'objectif est de rassembler 40 000 à 50 000 hommes, en plus des garnisons, d'ici septembre, lorsque l'Empereur doit se rendre à Presbourg.
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514
p. 305-307
De Perpignan, le 2.
Début :
Nous venons d'apprendre du Camp de Barcelone, les [...]
Mots clefs :
Perpignan, Fossé, Batteries, Camp de Barcelone
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Perpignan, le 2.
De Perpignan,le2.
Nous venons d'apprendre
) du Camp de Barcelone, les
nouvelles suivantes. Le30du
passé, Monsieur le Mareschal
de Berwick voyant qu'une
partie des deffenses, des assiegez
estoitruinée par nos batteries,
resolut de faire attaquer
le Chemin couvert;on
l'emporta sans aucunes resistances.
Ceux qui le defifea*
doient prirent la fuite au premier
mouvement que nos
troupes firent, & on s'y logea
sans peine. Ils parurent
le lendemain le long du fossé,
dans le dessein de le reprendre;
on y vit mesme à leur teste
quantité de Moynes & deCapucins
qui les exhortoient à
faire bien leur devoir. Cependant
loin d'oser rienentreprendre,
ils rentrerent promptemenr
dans leur Ville. On
travaille à establir des batteries
sur la Contrescarpe, pour
battre en bréche le Corps de
la place: la grande Courtine
est presque toute ruinée ; te
Mineur est attaché à un des
Bastions de l'attaque: celuy de
SainteClaire est tout ouvert,
& on faitestat que le 8. où
.,
le 10. pour le plus tard, on
pourra donner l'assaut gencral
à la place. Cette lettre adjouste
que les assiegez qui ne
sçaventny sedeffendreny se
rendre
,
persistent toûjours
dans leur obstination, & qu'ils
travaillent à faire derrière la
bréche un grand retranchement
avec un fossé profond,
qui comprend toutle fondde
fatuauc.
Nous venons d'apprendre
) du Camp de Barcelone, les
nouvelles suivantes. Le30du
passé, Monsieur le Mareschal
de Berwick voyant qu'une
partie des deffenses, des assiegez
estoitruinée par nos batteries,
resolut de faire attaquer
le Chemin couvert;on
l'emporta sans aucunes resistances.
Ceux qui le defifea*
doient prirent la fuite au premier
mouvement que nos
troupes firent, & on s'y logea
sans peine. Ils parurent
le lendemain le long du fossé,
dans le dessein de le reprendre;
on y vit mesme à leur teste
quantité de Moynes & deCapucins
qui les exhortoient à
faire bien leur devoir. Cependant
loin d'oser rienentreprendre,
ils rentrerent promptemenr
dans leur Ville. On
travaille à establir des batteries
sur la Contrescarpe, pour
battre en bréche le Corps de
la place: la grande Courtine
est presque toute ruinée ; te
Mineur est attaché à un des
Bastions de l'attaque: celuy de
SainteClaire est tout ouvert,
& on faitestat que le 8. où
.,
le 10. pour le plus tard, on
pourra donner l'assaut gencral
à la place. Cette lettre adjouste
que les assiegez qui ne
sçaventny sedeffendreny se
rendre
,
persistent toûjours
dans leur obstination, & qu'ils
travaillent à faire derrière la
bréche un grand retranchement
avec un fossé profond,
qui comprend toutle fondde
fatuauc.
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Résumé : De Perpignan, le 2.
Le 2 octobre, des rapports du camp de Barcelone indiquent que le 30 septembre, le maréchal de Berwick a ordonné l'attaque du chemin couvert, pris sans résistance. Les défenseurs se sont retirés dès les premiers mouvements des troupes assaillantes. Le 1er octobre, ils ont tenté de reprendre le chemin couvert avec le soutien de moines et de capucins, mais se sont rapidement retirés dans la ville. Les assiégeants installent des batteries sur la contrescarpe pour bombarder le corps de la place. La grande courtine est presque entièrement détruite, et un mineur est actif sur un bastion de l'attaque. Le bastion de Sainte-Claire est ouvert, et un assaut général est prévu pour le 8 ou le 10 octobre. Malgré leur situation, les assiégés, incapables de se défendre ou de se rendre, construisent un grand retranchement avec un fossé profond derrière la brèche, couvrant tout le fond du faubourg.
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515
p. 308-311
ETAT des Brigades des Troupes Françoises qui doivent estre au Camp, devant Barcelone, depuis le 21. Juillet.
Début :
Mrs DE BALINCOURT. Brigades. Bataillons. Normandie. 3. Artois. 2. Lamarche. [...]
Mots clefs :
Brigades, Troupes françaises, Barcelone
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texteReconnaissance textuelle : ETAT des Brigades des Troupes Françoises qui doivent estre au Camp, devant Barcelone, depuis le 21. Juillet.
ETAT
DesBrigades desTroupes Françoises
qui doivent estre as.
Camp , devant Barcelone,
depuis le 21Juillet.
Mls DE BALINCOURT.
Brigades.* Bataillons,
Normandie. 3.
Artois. 2.
Lamarche. A.
7
ROISSY.
Audetot. ,. U
Bombardiers. i.
La Couronne. z.
4* DALBA.
Talleran. 1.
Danois. i.
Royal Artillerie.i.
Auvergne. Z. -SSANSAY.
La Marina 3.
-
Bcauvoifist z.
Sanlay. 2.
1.1
NONAN.
Anjou. a*
Meâoc., i*
Province.
• Z.
Bassigny. 1.
îi•
SAUVEBEUF.
liaReine. 3»
ponthiew 211
Blcfois.
-
1 il »
CURTY.
, - ~, Qilcànl.wi
Quercy. 2..
LIflc de France. t.
6.
COURTEN.
Gaftellasi3;
courtem. 3.
&4
50.Bat.
DesBrigades desTroupes Françoises
qui doivent estre as.
Camp , devant Barcelone,
depuis le 21Juillet.
Mls DE BALINCOURT.
Brigades.* Bataillons,
Normandie. 3.
Artois. 2.
Lamarche. A.
7
ROISSY.
Audetot. ,. U
Bombardiers. i.
La Couronne. z.
4* DALBA.
Talleran. 1.
Danois. i.
Royal Artillerie.i.
Auvergne. Z. -SSANSAY.
La Marina 3.
-
Bcauvoifist z.
Sanlay. 2.
1.1
NONAN.
Anjou. a*
Meâoc., i*
Province.
• Z.
Bassigny. 1.
îi•
SAUVEBEUF.
liaReine. 3»
ponthiew 211
Blcfois.
-
1 il »
CURTY.
, - ~, Qilcànl.wi
Quercy. 2..
LIflc de France. t.
6.
COURTEN.
Gaftellasi3;
courtem. 3.
&4
50.Bat.
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Résumé : ETAT des Brigades des Troupes Françoises qui doivent estre au Camp, devant Barcelone, depuis le 21. Juillet.
Le document, signé par le maréchal de Balincourt, détaille les brigades françaises devant Barcelone depuis le 21 juillet. Il liste les brigades de Normandie, Artois, Lamarche, et d'autres unités comme les bombardiers et le Royal Artillerie. Les bataillons proviennent de diverses provinces françaises, avec des effectifs précisés pour chaque unité.
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516
p. 311-312
Extrait d'une Lettre de Tarragone. [titre d'après la table]
Début :
Une Lettre de Tarragone du 28. du passé, marque que [...]
Mots clefs :
Tarragone, Rebelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Tarragone. [titre d'après la table]
Une Lettre de Tarragone
du 2. 8. du passé, marque que
le Marquis de Thouy qui
commande dans le District
de cette place,ayant joint le
Marquis del Pual, qui avoir
fcpt àhuit cent Rebelles, l'avoit
attaque & entierement
defait, & que mesme il avoit
eu peine à se sauver à Cardonne
avec environ trente
hommes de ses troupes.
du 2. 8. du passé, marque que
le Marquis de Thouy qui
commande dans le District
de cette place,ayant joint le
Marquis del Pual, qui avoir
fcpt àhuit cent Rebelles, l'avoit
attaque & entierement
defait, & que mesme il avoit
eu peine à se sauver à Cardonne
avec environ trente
hommes de ses troupes.
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517
p. 316-319
Extrait d'une Lettre de Caditz du 15. Juillet.
Début :
Les Saltins continuent à croiser dans nos Mers : il attaquent [...]
Mots clefs :
Roi, Cadix, Vaisseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Caditz du 15. Juillet.
Extrait aune Lettre deLaaitz 'v du ., ~ity 1illrt.
Les Saltins. continuent à
croiser dm* nos Mers: ilsattaquent
encore les Vaisseaux
Anglois, nonobstant qu'on
nous ait assuté que le Roy de
Maroc avoit renouvelle la
Paix avec les Anglois. Ils
poursuvirentle10jusques
sous lecanon denostre Mole
deux Badimente--,tviai-chauds
de cette Nation quialloicnt
dans la Mediterrannée,où ils
prirent le
1 2.e;un grosNavire
Portugais: mais comme ilsl'amenotent,
ils furent rencontrez
par les deuxVaisseaux de
guerre quele Roy de Portugal
a fait forcir, pour leuraller
donner la chasle & pour evU
ter une alboh. quoyquîli
fussent quatre Bastiments,ils.
abandonnerent leurs prises &
se sauverent en faisant forcede
voile, & emmenerent leséquipages
qu'ils avoient fait entrer
sur leursbords.
Onajamais veuëtantde
BastimentsAnglois& Hollan-
,-dois qu'il y en a dans nostre
Port presentement tous chargez
de diver ses marchandises.
Al'égard des Portugais,ilsn'y
ont accez que pour se mettra
à l'abri des gros temps & des
Corsaires. On desarme des
Vaisseaux qui sont revenus de
Ja Mediterrannée, &on arme
deux Fregates, sans qu on dise
à quoyon les destine.
-"
Il arrive presque tous les
jours icy des soldars Anglois
de la garnison de Gibraltar,
lesquels quittent le service,
parce qu'ils ne font pas payez.
Les Saltins. continuent à
croiser dm* nos Mers: ilsattaquent
encore les Vaisseaux
Anglois, nonobstant qu'on
nous ait assuté que le Roy de
Maroc avoit renouvelle la
Paix avec les Anglois. Ils
poursuvirentle10jusques
sous lecanon denostre Mole
deux Badimente--,tviai-chauds
de cette Nation quialloicnt
dans la Mediterrannée,où ils
prirent le
1 2.e;un grosNavire
Portugais: mais comme ilsl'amenotent,
ils furent rencontrez
par les deuxVaisseaux de
guerre quele Roy de Portugal
a fait forcir, pour leuraller
donner la chasle & pour evU
ter une alboh. quoyquîli
fussent quatre Bastiments,ils.
abandonnerent leurs prises &
se sauverent en faisant forcede
voile, & emmenerent leséquipages
qu'ils avoient fait entrer
sur leursbords.
Onajamais veuëtantde
BastimentsAnglois& Hollan-
,-dois qu'il y en a dans nostre
Port presentement tous chargez
de diver ses marchandises.
Al'égard des Portugais,ilsn'y
ont accez que pour se mettra
à l'abri des gros temps & des
Corsaires. On desarme des
Vaisseaux qui sont revenus de
Ja Mediterrannée, &on arme
deux Fregates, sans qu on dise
à quoyon les destine.
-"
Il arrive presque tous les
jours icy des soldars Anglois
de la garnison de Gibraltar,
lesquels quittent le service,
parce qu'ils ne font pas payez.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Caditz du 15. Juillet.
Le texte décrit les activités des corsaires en Méditerranée. Malgré les assurances de paix entre le Maroc et l'Angleterre, les corsaires attaquent toujours les vaisseaux anglais, notamment près de la Mole. Ils ont capturé un gros navire portugais, mais ont dû fuir face à deux vaisseaux de guerre portugais, abandonnant leurs prises et libérant les équipages capturés. Actuellement, plusieurs vaisseaux anglais et hollandais chargés de marchandises sont présents dans un port. Les navires portugais n'y accèdent que pour se protéger des tempêtes et des corsaires. Des vaisseaux revenus de Méditerranée sont désarmés, tandis que deux frégates sont armées sans destination précise. Par ailleurs, des soldats anglais de la garnison de Gibraltar désertent fréquemment en raison de l'absence de paiement de leur solde.
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518
p. 330-345
Suite des Nouvelles de Paris.
Début :
L'Edit du Roy qui appelle à la succession de la Couronne [...]
Mots clefs :
Duc du Maine, Comte de Toulouse, Roi, Parlement, Archevêque de Canterbury, Batterie, Armées, Cérémonie, Notre-Dame de la Merci, Messe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de Paris.
Suite des Nouvelles de Paris. 4. L'Edit du Roy qui appelle
-1 la succession de la Couronne
M. le Duc du Maine, &
M. le Comte de Toulouse Se
leurs descendans masses., au
deffaut de tous les Princes du
Sang Royal, & qui ordonne
qu'ils jouiront des mêmes
rangs, honneurs,& préféances
que lesdits Princes duSang,
après tous lesdits Princes) fut
presente le deux de ce mois au
Parlement
,
M. le Duc d'Enguien
,M.le Princede Conty,
M. le Duc du Maine,&M. le
Comte de Toulouse s'estams
rendus au Palais. Les Pairs qui
,sîy trouvèrent, furent L' Archevêque
Duc deReims, l'Evêque
Comte de Noyon, Ecclesiastiques
;le Duc d'I^zés,
ole Dnuc de Sully, le Duc de S. ie Duc dela Force, le
Duc de Rohanle Duc de Luxembourg
,te Ducd'Estrées,
le Duc deGrammont, le Duc
Mazarin ,le DucdeTresmes,
le Duc deNoailles, leDuc de
Charost,leDuc d'Albrer,le
Duc deChaulnes, le Ducde
Vittars le Duc Dantin.m
>• M. de Mesmes, Premier
Président ayant : expliqué les
intentions du Roy, M. Joly
de Fleury, Avocat General
presenta l'Editde Sa Majesté)
qui fut lû: les Chambresas-
-fcn^lpes, l'Arrest d'eregistremcnt
fut ensuite prononcé
suivant lesconclusions duProcureur
Général. u M.leMatéchal deVillars
partis le n- de sa Terre de
Veaux,alla coucherà Troyes,
& le 12.à Langres,d'oùil alla
continuersa route vers Baden.
Le Prince Eugène doit
arriverezmême temps,,&on
croit que dans huit ou dix
jours ils auront terminé tout
ce quiresteàregler-, "i-.
Les Lettres du Camp devant
Barcelonnc du7portent
que le 3. lesAssiegezenleverent
quatreMineursEspagnols
&en tuerentdeux par ia faute
de ceux qui les soutenoient »
& qui s'estoient posté trop
loin. Aprésmidy 400. hommes
sortirent pourenlever les
Mineurs François du Bastion
de la Porte Neuve.,,, & ils firent
marcher devant eux soixante&
dixhommes ;mais ils
furent toustuez par les Grenadiers
,
excepté un qu'ils firent
prifennier. Le 4. on avançaune
partie des Batteries.Le j.milnommesfirent une fol'.
tie du cofté des Capucins,
surprirent une Redoute où à
019liolunm >dom
dix- huit furent tuez;on y accourut
,on les repoussà,&on
entua un grand nombre, sans
autre perte que de deux Soldats
tuez. Le6. une Batterie
de dix Canonstira tout le jour
contre le Bastion de Sainte
Claire. Le 7. quatre autres
Batteries tirèrent de fort prés.
Monsieur Dupuys Vauban
reçut un coup de Mousquet
audessous de l'épaule qui sort
à costé de la mammelle, mais
sans danger parce quil n'y a
aucune fraction,&qu'iln'entre
pas dans la capacité. On
dévoie Ic 11. oule 12. faire
jouer les Mines, & donner
J'assaut pour fc loger sur la
brêchcoà l'on meneradu Canonafinde
ruiner les Retranchements.
Les Barcelonnois firent le
50, répandre un écrit dans la
Catalogne pourexhorter tous
les peuples à les secourir dans
le danger oùils sont, &daller
joindre Armangoll'un de
leurs;Chefs qui tientla Campagne
:plusieurs lieux ont envoyez
cet écrit & les ordres
d'Armangol ànos Généraux;
d'autres l'alloientjoindrevers
Ostalerie ,.' Les
Les Lettres de Londres du
vingt de ce mois portentque
tout y estoitfort tranquille,
ainsi que danstoute la Grande
Bretagne ,
où jusques alors il
n'y avait. pas eu le moindre
mouvementLaRégence continuoit
à donner les ordres, au
dedans & au dehors; elle est
composée des Regents nommezparle
Parlement
,
qui
sont, l'Archevêque de Cantorbery
,
le Duc de Bukinhan
Président duConseil, leGrand
Tresorier,le Chancelier .&
Garde des Sceaux, Pierre le
Lord
,
Chef de Justice particulipr,&
le Comte cieStraf-|
lf'oArtmpirreamuietré.Commissaire de
Le Duc de Hanower en
avoit ajouté dix neufautres
par des Listes écrites de sa
main qu'ilavoit envëez à l'Archevêque
de Cantorbery ,au
Chancelier,&
- au lieur
Creyemberg son Résident.Le
Duc Schresbury que la feuë
Reinedéclarale 10. Grand
Tresorier, prit le2.possession.
de cette Charge, & commença
à en faire lafonction;commelaLoterie
dequatorze cens
; mil livresSterlin nese rem-
,', 4
plissoit pas, les 26. Regents y
ont souscrit pour des grandes
sommes
,
& on croit que le
reste fera bientôt remply par
la Banque Royale
, & par les
Marchands. Le 16. leChancelierfit
au nom des Regents
un Discours aux deux Chambres
du Parlement pour leurs
recommander l'union & la si'.
dclité pour le nouveau Roy
Georges, & il exhorta les
Communes à suppléer aux
Subsides qui cessoient par le
decés de la Reine,ce qu'elles
accordèrent le même jour.
Il y a environ un mois que
quatre ou cinq deMessieurs les
Mousquetaires ayant elleà li
chasse, sur la Terre deChamp
qui appartient à.M. de Bourvallais,
son Concierge alla les
prierde se retirer,a, moins
qu'ils n'eussent permission de
luy de chasser.En ayant elle
averty ,il en porta sa,p1aintc
à M. le Marquis de Vains qui
commande la Compagnie ;
depuis, ayant appris que l'on
avoit, répandu dans le Public
qu'il avoit dit qu'illes avoit
fait dcfarmer ,il a cru devoir
aller à l'Hostel des Mou(quc-I.
taires,lorsque la Compagnie I
fèroit assemblée,certifier que
ces bruits estoient faux, ce
qu'il a fait en termes forthonneftes,#
dônt M.le Marquis de
Vains, Mssieurs les Officiers'
&U Compagnie ont essé tresfetisfaits.
Le premier Dimanche déf
cé moisla Fetic-dc Nostre.
DDaamtneed-edlc.aI Mercy fut solem- 48
c-rcy fol tn«i--
m(ee dans l'Eglisede son Ordre
au Maraisprés l'Hostel dc"
Soubjzc. La grande Messe y
fut chantée en plein-chant&
au goût Italien
,
& Madame
la Princesse de Rohan yrenditkPain-
Bcni qui fut presenté
pourelle par son Aumônier
14 y en eut quatre ornez de
Cierges &de Banderolles, pre-
Cedez desSuisses de sa Maisons
des Timballes, des Trompettes
des Gendarmes de la Garde,
& autres de la Maison du
Roy. Le Sermon fut prononcé
,avant lesVêpres,«par M
l'Abbé le Paige
,
Docteur de
Sorbonne. Il fit connoistre
d'une manière fort éloquente
la grandeur & la qualité de
l'Ordre de la Mercy dans fork
établissement, & sa charité
dans le quatrièmevoeu que ces
Religieux font de rester en
- 'k 1 i
otage pour laredemption des.
Captifs. Les Vespres furent
suivies d'une Procession dont
la magnificence, l'ordre & la
pieté firent une des plus belles
cer1emonbie que leur Eglise ait célébré.
Messire Loüis de Bouchez,
Chevalier
y
Seigneur, Comte
de Montsoreau
,
Marquis de
Souches,& du Belley
,
Baron
d'Abondant, Lieutenant General
des Armées du Roy,
prêtaferment de fidelité entre
les mains du Roy, de la
Charge de Grand Prevost, le
jour de la Feste du Roy, dont
ilest filleul. Ffiiij
Son pere Louis
-
François
de Bouchez exerçât cette.
Charge avec dignité pendant
48. ou 49. ans. Il avoitesté:
reçu en survivance. de cette.
Charge de Jean de Bouchez,.
ayeul de Loüis, qu'il avoit eu.
de Mle Maréchal d'Hoquincourt.
Monsieur le Marquis de.
Lignerac
,
Brigadier des Armées
du Roy, a esté pourveu.
de la Charge de Lieutenant.
General de la Province du..
Haut Auvergne, dont il a prêté
le ferment entre les mains,
de Sa Majesté. Le premier de.
ccmoiil à (Hé aussi pourveu.
de celle de Grand Bailly du
Haut Auvergne
,
doncil doit
p/êter serment auParlement.
-1 la succession de la Couronne
M. le Duc du Maine, &
M. le Comte de Toulouse Se
leurs descendans masses., au
deffaut de tous les Princes du
Sang Royal, & qui ordonne
qu'ils jouiront des mêmes
rangs, honneurs,& préféances
que lesdits Princes duSang,
après tous lesdits Princes) fut
presente le deux de ce mois au
Parlement
,
M. le Duc d'Enguien
,M.le Princede Conty,
M. le Duc du Maine,&M. le
Comte de Toulouse s'estams
rendus au Palais. Les Pairs qui
,sîy trouvèrent, furent L' Archevêque
Duc deReims, l'Evêque
Comte de Noyon, Ecclesiastiques
;le Duc d'I^zés,
ole Dnuc de Sully, le Duc de S. ie Duc dela Force, le
Duc de Rohanle Duc de Luxembourg
,te Ducd'Estrées,
le Duc deGrammont, le Duc
Mazarin ,le DucdeTresmes,
le Duc deNoailles, leDuc de
Charost,leDuc d'Albrer,le
Duc deChaulnes, le Ducde
Vittars le Duc Dantin.m
>• M. de Mesmes, Premier
Président ayant : expliqué les
intentions du Roy, M. Joly
de Fleury, Avocat General
presenta l'Editde Sa Majesté)
qui fut lû: les Chambresas-
-fcn^lpes, l'Arrest d'eregistremcnt
fut ensuite prononcé
suivant lesconclusions duProcureur
Général. u M.leMatéchal deVillars
partis le n- de sa Terre de
Veaux,alla coucherà Troyes,
& le 12.à Langres,d'oùil alla
continuersa route vers Baden.
Le Prince Eugène doit
arriverezmême temps,,&on
croit que dans huit ou dix
jours ils auront terminé tout
ce quiresteàregler-, "i-.
Les Lettres du Camp devant
Barcelonnc du7portent
que le 3. lesAssiegezenleverent
quatreMineursEspagnols
&en tuerentdeux par ia faute
de ceux qui les soutenoient »
& qui s'estoient posté trop
loin. Aprésmidy 400. hommes
sortirent pourenlever les
Mineurs François du Bastion
de la Porte Neuve.,,, & ils firent
marcher devant eux soixante&
dixhommes ;mais ils
furent toustuez par les Grenadiers
,
excepté un qu'ils firent
prifennier. Le 4. on avançaune
partie des Batteries.Le j.milnommesfirent une fol'.
tie du cofté des Capucins,
surprirent une Redoute où à
019liolunm >dom
dix- huit furent tuez;on y accourut
,on les repoussà,&on
entua un grand nombre, sans
autre perte que de deux Soldats
tuez. Le6. une Batterie
de dix Canonstira tout le jour
contre le Bastion de Sainte
Claire. Le 7. quatre autres
Batteries tirèrent de fort prés.
Monsieur Dupuys Vauban
reçut un coup de Mousquet
audessous de l'épaule qui sort
à costé de la mammelle, mais
sans danger parce quil n'y a
aucune fraction,&qu'iln'entre
pas dans la capacité. On
dévoie Ic 11. oule 12. faire
jouer les Mines, & donner
J'assaut pour fc loger sur la
brêchcoà l'on meneradu Canonafinde
ruiner les Retranchements.
Les Barcelonnois firent le
50, répandre un écrit dans la
Catalogne pourexhorter tous
les peuples à les secourir dans
le danger oùils sont, &daller
joindre Armangoll'un de
leurs;Chefs qui tientla Campagne
:plusieurs lieux ont envoyez
cet écrit & les ordres
d'Armangol ànos Généraux;
d'autres l'alloientjoindrevers
Ostalerie ,.' Les
Les Lettres de Londres du
vingt de ce mois portentque
tout y estoitfort tranquille,
ainsi que danstoute la Grande
Bretagne ,
où jusques alors il
n'y avait. pas eu le moindre
mouvementLaRégence continuoit
à donner les ordres, au
dedans & au dehors; elle est
composée des Regents nommezparle
Parlement
,
qui
sont, l'Archevêque de Cantorbery
,
le Duc de Bukinhan
Président duConseil, leGrand
Tresorier,le Chancelier .&
Garde des Sceaux, Pierre le
Lord
,
Chef de Justice particulipr,&
le Comte cieStraf-|
lf'oArtmpirreamuietré.Commissaire de
Le Duc de Hanower en
avoit ajouté dix neufautres
par des Listes écrites de sa
main qu'ilavoit envëez à l'Archevêque
de Cantorbery ,au
Chancelier,&
- au lieur
Creyemberg son Résident.Le
Duc Schresbury que la feuë
Reinedéclarale 10. Grand
Tresorier, prit le2.possession.
de cette Charge, & commença
à en faire lafonction;commelaLoterie
dequatorze cens
; mil livresSterlin nese rem-
,', 4
plissoit pas, les 26. Regents y
ont souscrit pour des grandes
sommes
,
& on croit que le
reste fera bientôt remply par
la Banque Royale
, & par les
Marchands. Le 16. leChancelierfit
au nom des Regents
un Discours aux deux Chambres
du Parlement pour leurs
recommander l'union & la si'.
dclité pour le nouveau Roy
Georges, & il exhorta les
Communes à suppléer aux
Subsides qui cessoient par le
decés de la Reine,ce qu'elles
accordèrent le même jour.
Il y a environ un mois que
quatre ou cinq deMessieurs les
Mousquetaires ayant elleà li
chasse, sur la Terre deChamp
qui appartient à.M. de Bourvallais,
son Concierge alla les
prierde se retirer,a, moins
qu'ils n'eussent permission de
luy de chasser.En ayant elle
averty ,il en porta sa,p1aintc
à M. le Marquis de Vains qui
commande la Compagnie ;
depuis, ayant appris que l'on
avoit, répandu dans le Public
qu'il avoit dit qu'illes avoit
fait dcfarmer ,il a cru devoir
aller à l'Hostel des Mou(quc-I.
taires,lorsque la Compagnie I
fèroit assemblée,certifier que
ces bruits estoient faux, ce
qu'il a fait en termes forthonneftes,#
dônt M.le Marquis de
Vains, Mssieurs les Officiers'
&U Compagnie ont essé tresfetisfaits.
Le premier Dimanche déf
cé moisla Fetic-dc Nostre.
DDaamtneed-edlc.aI Mercy fut solem- 48
c-rcy fol tn«i--
m(ee dans l'Eglisede son Ordre
au Maraisprés l'Hostel dc"
Soubjzc. La grande Messe y
fut chantée en plein-chant&
au goût Italien
,
& Madame
la Princesse de Rohan yrenditkPain-
Bcni qui fut presenté
pourelle par son Aumônier
14 y en eut quatre ornez de
Cierges &de Banderolles, pre-
Cedez desSuisses de sa Maisons
des Timballes, des Trompettes
des Gendarmes de la Garde,
& autres de la Maison du
Roy. Le Sermon fut prononcé
,avant lesVêpres,«par M
l'Abbé le Paige
,
Docteur de
Sorbonne. Il fit connoistre
d'une manière fort éloquente
la grandeur & la qualité de
l'Ordre de la Mercy dans fork
établissement, & sa charité
dans le quatrièmevoeu que ces
Religieux font de rester en
- 'k 1 i
otage pour laredemption des.
Captifs. Les Vespres furent
suivies d'une Procession dont
la magnificence, l'ordre & la
pieté firent une des plus belles
cer1emonbie que leur Eglise ait célébré.
Messire Loüis de Bouchez,
Chevalier
y
Seigneur, Comte
de Montsoreau
,
Marquis de
Souches,& du Belley
,
Baron
d'Abondant, Lieutenant General
des Armées du Roy,
prêtaferment de fidelité entre
les mains du Roy, de la
Charge de Grand Prevost, le
jour de la Feste du Roy, dont
ilest filleul. Ffiiij
Son pere Louis
-
François
de Bouchez exerçât cette.
Charge avec dignité pendant
48. ou 49. ans. Il avoitesté:
reçu en survivance. de cette.
Charge de Jean de Bouchez,.
ayeul de Loüis, qu'il avoit eu.
de Mle Maréchal d'Hoquincourt.
Monsieur le Marquis de.
Lignerac
,
Brigadier des Armées
du Roy, a esté pourveu.
de la Charge de Lieutenant.
General de la Province du..
Haut Auvergne, dont il a prêté
le ferment entre les mains,
de Sa Majesté. Le premier de.
ccmoiil à (Hé aussi pourveu.
de celle de Grand Bailly du
Haut Auvergne
,
doncil doit
p/êter serment auParlement.
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Résumé : Suite des Nouvelles de Paris.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et militaires. Le 2 du mois, un édit royal a été présenté au Parlement, désignant le Duc du Maine et le Comte de Toulouse comme successeurs à la couronne, après tous les Princes du Sang. Les pairs présents incluaient l'Archevêque Duc de Reims, le Duc d'Izé, le Duc de Sully, et plusieurs autres. L'édit a été lu et enregistré après les conclusions du Procureur Général. Le Maréchal de Villars a quitté sa terre de Veaux pour se rendre à Baden afin de rencontrer le Prince Eugène et régler des affaires militaires. À Barcelone, les assiégés ont tenté des opérations contre les mineurs français, mais ont subi des pertes. Les Barcelonnois ont également appelé à l'aide dans la Catalogne. À Londres, la Régence continue de fonctionner tranquillement, composée de régents nommés par le Parlement, incluant l'Archevêque de Cantorbery et le Duc de Buckingham. Le Duc de Schresbury a pris possession de la charge de Grand Trésorier. Les régents ont souscrit à une loterie pour lever des fonds. En France, un incident impliquant des Mousquetaires et le Concierge de M. de Bourvallais a été résolu par le Marquis de Vains. Une fête solennelle de l'Ordre de la Mercy a été célébrée à l'église du Marais, avec une messe en plein-chant et un sermon prononcé par l'Abbé le Paige. Enfin, Louis de Bouchez a prêté serment pour la charge de Grand Prévost, succédant à son père. Le Marquis de Lignerac a été nommé Lieutenant Général de la Province du Haut Auvergne et Grand Bailly du Haut Auvergne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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519
p. 276-304
NOUVELLES de ce qui se passe dans Barcelone, & la disposition des Troupes.
Début :
Du 21. Aoust. Il y a dans cette place 2000. [...]
Mots clefs :
Barcelone, Hommes, Rebelles, Mines, Troupes, Régiment, Tranchée, Armes, Bataille, Maréchal de Berwick, Détachement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de ce qui se passe dans Barcelone, & la disposition des Troupes.
NOUVELLES
** de ce qui ſe paſſe dans Barcelone
, & la difpofition des
Troupes.
Du 21. Aouft
Il ya dans cette Place 2000.
hommes de Troupes reglées
tant Infanterie que Cavalerie.
Les Chefs des Rebelles
font le premier Villaroüel ,
le ſecond c'eſtoit Poanton
Lieutenant General , il eſt
deferté ,& fon employ eft
encore vacant..
GALANT 277
Ilya un Major General de
Bataille qui s'appelle Jozepet.
Celuy qui commande la
Cavaleric est le Chevalier
Romana , le Commandant de
l'Artillerie eſt Balet qui eft
auſſi Ingenieur en chef Bru
no Torner eft Capitaine de
Bombardiers , & Pacheras eft
Capitaine des Mineurs .
Le Regiment de la Colonelle
est composé de fix Ba
taillons de soo. hommes,
Le nombre des Habitans
qui prennent les armes &qui
font actuellement le Service
va à 3000. hommes qui font
178 MERCURE
parmy les Troupes reglées ;
&le Regiment de la Colo-
7 Les Places d'Armes font
au nombre de trois , la pre
miere s'étend depuis Sainte
Catherine juſqu'à la Chapelle
de Marcos , la ſeconde au
Palais ,& la troifiéme à la
Mercediosla
- Ceux qui occupent la Demi-
Lune de la porte neuve ,
ont actuellement unRenfort
à faint Pierre & au Jardin de
ce Convent.
Le renfort de la breſche eſt
à laplacede ſaint Pierre.Ceux
GALANT 299
qui gardent la Denni Lune de
fainte Claire ont le leur à la
Celuy de la garde du Baf
tion du Levant eft à l'Aucata.
Dans l'écurie de l'Aucata ,
il y a toûjours cent chevaux
de Piguet quo
ס נ ו כ כ
obDans le Jardin de Gury , ily
aauffi cens chevaux de Piquet
hors laVille le long de laMer.
Le fignal pour l'allarme c'eſt
le toquefin , lors duquel ils
font tous obligez de prendre
les armes , & ceux qui refuſent
de marcher font pris &
mis en prifon.
280 MERCURE
1
La coupure qui eſt derriere
la bieſche prend depuis la
porte neuve juſqu'aux Poten
ces; l'ona abattu toutes les
Egliſes&maiſonsdepuis faint
Auguſtin juſqu'aux Bouche-
Cette coupure eſt dans ſa
perfection ; il y a une grande
place d'armes,avec un grand
foffé de douze pieds de profondeur
& dix de largeur. La
muraille eſt de pierre & de
terre d'argile ; l'on y a mis
cinq pieces de canon ſur les
deux coſtez chargées à
touche.
a car-
1
Il
GALANT. 281
Ilyadans la PlaceunConfeil
de guerre qu'on appelle
Junta magna , où aſſiſtent le
Gouverneur de laProvince appelléTorrellas
, qui eſtant fort
âgé a pour Lieutenans Don
Francifco Sayol ,DonJoſeph
de Pinot, le Comte de Po
nonos,leComte de Plazencia,
leMarquis de Sermanat , Don
Fiancilco Sivaller , & Don
Emmanuel Ferrer, coup inq
Ceux qui ont foin de faire
payer les Troupes, font Salvador
Felice , Juan Llinas , Ci
toven , Chattople Llado , le
Docteur Monnar,Medecin
Septembre 1714. Aa
281 MERCURE
/
4
Francifco Moſcaro , Marchand
auffi bien que Joſeph
Durand , Muriano Durand,
Comallas , Juan Albaret ,&
le nommé Fer. L'argent ſe
prend par tout où l'on ſçait
qu'il yen a de gré ou de for
co , & ceux qui refuſent dele
donner font pris & mis en
prifon.
Le nombre des bleſſez depuis
qu'on bat en brefehe
pour aller à 600 hommes.
Lc 14. Août le Comte
Don Jofeph Mata,DonCar
los Ribera ,Don Magin Ninot,
Don Francifco de laVoGALANY.
ga,& le fils du Juge Salvador
furent tuez; le fils aîné de Be
rardo avec deux fils de Llinas
farent bleſſeze 2ob ediểu
Ua sûr dans l'action du
même jour soo hommes tucz
A
A Gironne le 8, Septembre
D
Par lesLettres ddou quarre,
Monfieur , que je viens de
IsEcupiti du Campideyang
Barcelone,j'apppprreenndd que les
nouvelles batteries conti
nuoient àtiter vivement pour
ouvrir les nouvelles breches
Aaij
284 MERCURE
& qu'elles eltoient prelqueen
eftat auſſi bien que les Mines.
L'on me mande que M. le
Maréchal de Berwick avoit
fait fommet le 3. les Barcelonois
pour la premiere &
derniere fois ; ils répondirent
qu'ils alloient aff mbler leurs
Confeils que cela feroit un
peu long , mais qu'ils feroient
A
leurs réponſes Le 4 au foir
tirer de
elle n'eſtoir pas encore venue.
L'on continue cependant de
part & d'autre &l'on
croit qu'ils ne ſe prefferont
pas de la faire , parce que le
defordre que les caux ont
A
GALANT. 285
1
fait à la tranchée & dans les
Mines leur a donné de nou
velles efperances &relevé leur
courages il eſt certain que la
famine eſt dans cette Places
beaucoup de gens voudroient
en fortir , mais M. le Maréchal
de Berwick veurs que
Ponles'y faffe rentrer & cela
s'execute régulierement. Le 32
plus de 200 perſonnes entre
Jefquelles ily avoir beaucoup
defemmes ,parurent hors de
la Ville pour fortirsen implo
rant lamifericorde du Roy&
crane vive Philippes Vo mais
en les obligeaàrentrer
286 MERCURE
que
Il fait un temps fi affreux
depuis 10, ou 12. jours que
toutes les tranchées ont eſté
inondées , & qu'il eſt entré
beaucoup d'eau dans les Mines
,ce qui retardera encore
le Siege quelque tempsiolo
Paredes Lettres du
je viens de recevoir de Mataro
, l'on me mande qu'un
Enſeigne ayantdeferté de la
Place avec fix foldats , avoit
dit que le Confeil eſtoit encore
affemblé ,que l'on difoit
que trois perfonnes avoient
ſté nommées pour aller par
Jet àMonfieur deMaréchal de
GALANT. 287
Berwick, alçavoir leGeneral
de Bataille Joſeper , le Marquis
de Tamarit ,& le Comte
de Placentia. Que l'on ne ſçavoit
pas quel jour ce feroit;
mais que s'il y avoit quelque
retardement ce n'estoit qu'à
cauſe du déſordre que l'on
[çavoit que les eaux avoient
fait dans la tranchée & dane
les Mines, ce qui leur avoi
selevé le courage.201
Quant à ce qui ſe paſſedans
IePaysducoſtéde la Marine,le
Village de Saint Hiſcle a eſté
pillé Sentierement brulé
par le détachement deMon
188 MERCURE
fieur de Valloute queſtoir
à Tordera ; & deux autres
des Troupes d'Eſpagne qui
s'y estoient joint Les Rebelles
ſe ſont appro hez ' aprés
avoir abandonne Canet ; mais
lors qu'ils fçûrent que l'on
marchoit de ce colte là , ils
fitent la même manoeuvre ,
ainſi la chofe fut faite fans
refittance
C'eſt unVillage ſitué dans
un pays tres difficile prés de
la Mer qui ſervoit de retraite
& de magaſin aux Rebelles
dont ils farfoient continuellement
porter des vivres
Saint
GALANT. 289
Saint Paul & Canet pour
Barcelone.
Monfieur de Vallouſe a
auſſi fait bruler à ſon retour
ſept Barques de Barcelone
avec leurs agrés qu'il trouva
àCanet & à Saint Paul.
Pour ce qui eſt de la Montagne,
Monfieur de Rauchop
eſt toûjours avec un détachement
du coſté de Ripoüille ,
& Meragas ,s'eſt retiré un
peu plus loin du côté de la
Puebla qui eſt à quatre heures
de là.
Les Rebelles s'y eſtoient
aſſemblez pour faire de nou-
Septembre 17 14 . Bb
290 MERCURE
veau ſoulever le pays ; mais
comme l'on n'a ſçû depuis
qu'ils avoient marché du côté
de Manresa , Monfieur de
Bracamonté profite de ce
temps là pour aller bruler de
nouveau Arbucia où il y a un
autre corps de Rebelles. Monfieur
le Comte de Frenne a
envoyé un détachement dans
la Plaine de Vich , pour le
favoriſer dans ſon expedition :
c'eſt un endroitdans le Mouſigny
qui eſt continuellement
ſous les armes & qui fert de
retraite & de magaſin aux
Rebelles.
GALANT. 297
Le deux de ce mois au matin
trois Officiers de Cavaleric
de la Ville vinrent au Camp
commedeferteurs. M. le Marêchal
de Berwick les interrogea
, les fit garder à veuë , &
enſuite embarquer pour Pcniſcola.
Le meſme jour deux unCapitaine
de Volontaires du
Marquis Delpoal deferta , &
eût une longue conference
avec M. le Mareſchal qui le fit
refter chez luy; l'on croit qu'il
doit aller joindre quelqu'un
des Camps volans detachez de
l'Armée contre cesRebelles.
Bb ij
292 MERCURE
Les nouvelles breches &
les mines vont parfaitement
bien , mais une grande pluye
qu'il fit hier pendant dix à
douze heures a inondé la
plus grande partie de la tranchée
,& fur tout mis beaucoup
d'eau dans les mines ,
dont quelque partie s'eſt
éboulée : on travailie à reparer
les dommages , cependant
ces orages réïterez cauſent du
retardement. Les Affiegez
pretendent avoir eventé la
mine des Eſpagnols qui eſt
ſous la courtine prés l'angle
rentrant du Baſtion de la porGALANT.
293
re neuve.. Mais on dit qu'elle
n'eſt point endommagée
d'autant plus que l'on a poufſé
un rameau d'un autre côté;
d'ailleurs on aſſeure que les
breches dont le nombre augmente
tous les jours , & qui
quand cette mine n'y ſeroit
pas feront encore 6. attaques,
Leront encore plus que ſuffifantes
,&tout ſe diſpoſe pour
leſdites attaques. Les Dragons
en auront une. Mole Marefchal
fait faire des échelles ,&
l'on en a déja porté beaucoup
avec un grand nombre de
grenades aux dépoſts que l'on
Bb iij
294 MERCURE
a formez prés les débouchez
marquez pour l'attaque des
breches.
M. le Maréchal voulut bien
les faire ſommer hier 3 à 10 .
heures du matin avant de les
expoſer à un affaut general ,
ils répondirent qu'ils affembleroient
leur conſeil : une
heure aprés ils demanderent fi
l'on ſouhaitoit pour ôrages
des hommes de guerre ou de
Magiftrature , ajoûtant qu'ils
ne pouvoient ceffer de tirer ,
de maniere que le feu a toûjours
continué de part &
d'autre;&quoyqu'il y ait prés
GALANT . 295
de 36. heures , il ne paroît pas
qu'ils ayent encore fait de réponſe.
L'on aſſeure neanmoins
qu'il eſt venu cette nuit deux
Exprés avec des Lettres dú
ſieur Villaroël qui ont fait
éveiller Monfieur le Maref
chal ; mais comme il a dit à
tout le monde que ce n'eſtoit
que des deferteurs , on a jugé
qu'il vouloit qu'on ignoraft
le reſte.
Le pain eft tres - rare & fort
cher dans Barcelone , d'où
les femmes viennent en grand
nombre fur le bordde nos lignes
pour tâcher d'en fortir ,
B b iiij
J
296 MERCURE
A
mais M. le Maréchal a donné
ordre par toutde les faire rentrer
par forcedans la Ville.
2. M. de Sardini Montriel
Lieutenant Colonel du Regiment
de la Marine , homme
tres eſtimé de toutes les manieres
a eu ce matin une jambe
emportée d'un coup de canon
, & l'autre tres endommagée
en deſcendant la tranchéc.
Enfin aprés trois jours entiers
pendant leſquels les Barcelonois
ont fait pluſieurs
aſſemblées generales leſquelles
auroient dû naturellement
GALANT. 297
finir pour envoyer les trois
Deputez qu'ils avoient nommez
dés le premier jour : le
réſultat du tout a eſté que le
nommé Jozepet General de
Bataille dans cette Ville ayant
demandé hier à parler àMonfieur
le Chevalier d'Hasfeld
qui eſtoit de tranchée , luy
rendit pour réponſe que la
Ville ne vouloit écouter aucunes
propefkions & luy demanda
enfuite s'il vouloit
quelque choſe de plus ; cela
fini il luy conſeilla de ſe retirer
promptement , &l'on recommença
à tirer de part & d'au298
MERCURE
tres ; l'extravagance de cette
réponſe étant encore mieux
marquée en Efpagnol comme
elle a eſté faite , on en joint
une copie à la preſente.
:
La nuit du quatre au cinq
les Affiegez firent une fortic
par deux endroits du chemin
couvert qui eſt prés de la
Redoute de la Mer , ils tomberent
fur les deux Compagnies
des Grensers du Regiment
d'Auvergne qui les
chafferent & leur tuerent
treize hommes ; mais des
Officiers de ces deux Compagnies
, ily en eutdeux deblef.
GALANT. 299
ſez , deux morts & vingtun
Grenadiers tuez oubleffez.
La nuit du cinq au fix il fit
une ſi grande pluye que ces
inondations réïterées obligerent
d'abandonner la Mine
des Eſpagnols , celle du ſieur
de Lorme pouvant eſtre plus
facilement réparée,on compte
qu'elle ſera en état au plus
tard le neuf..
Il entra encore avant hier
•aprés midy dans Barcelone
deux groffes Barques chargées
de proviſions à la veuë
de toute l'Armée ; on parle
d'en armer vingt- cinq ou tren300
MERCURE
te pour s'oppoſer à tous les
petits Baſtimens qu'ils font
entrer de cette maniere dans
laPlace.
Les Rebelles de la Montagne
s'eſtant raſſemblez devant
Manreze au nombre de plus
de 4000. l'ont attaqué &même
bleſſé à mort le Gouverneur
; mais les détachemens
qui ſont toûjours en campagne
s'eſtant réünis les en ont
chaffez.
Monfieur de Sardiny Lieutenant
Colonel du Regiment
de la Marine eſt mort des
bleſſures dont on a parlé. 3
GALANT 301
Respuesta bichaporla ciudadde
Barcelona dopalabra altenienté
General detrinxera Cavallero
d'Hasfeld el dia 6. Setiembre
1714. Segun que el general detrinxera
hauia propuesto dias.
Laciudad ha hecho tresjuntas
a refuelto lo figuiente.
La ciudad noquiere admittir
propofition alguna quiere V. E.
algoMas?
Le 7. de ce mois les Barcelonois
firent la réponſe ſuivante
à la ſommation qui leur
avoit été faite deux jours
avant.
Un Officier vint ſur labre302
MERCURE
che , & demanda à parler à
l'Officier General commendant
la tranchée , qui étoit M.
leChevalier d'Hasfeld , il luy
lut la réponſe , contenant que
la Députation de Barcelone
faiſoit ſçavoir à M. le Maréchal
de Berwick qu'elle n'avoit
aucune propoſitionàfaire
ni à recevoir.
Le 11. on a donné l'aſſaut
general fans avoir pu ſe
ſervir des Mines qui ſe trouvoient
toutes noyées , & on
s'eſt empaté de tous les trois
Baſtions attaquez , &des retranchemens
; les Barcelonois
GALANT. 303
eſtoient retranchez dans les
maiſons , & dans les ruës , &
avoient demandé à capituler ,
fur quoyMonfieur le Maref
chal de Berwick leur fit répondre
qu'ils ne pouvoient
demander autre choſe que
d'eſtre pris à diſcretion.
On en étoit là lors que M.
le Ducde Mortemart eft party.
On attend la fin de cette
affaire par M. le Marquis de
Broglio.
e M. de la Villemenu , Colonel
d'Orleans a un coup de
fufil au travers du corps .
M. de Tailleran la cuiſſe
coupéc.
304 MERCURE
M. dHoudetot un coup
de fuſil dans l'aîne.
** de ce qui ſe paſſe dans Barcelone
, & la difpofition des
Troupes.
Du 21. Aouft
Il ya dans cette Place 2000.
hommes de Troupes reglées
tant Infanterie que Cavalerie.
Les Chefs des Rebelles
font le premier Villaroüel ,
le ſecond c'eſtoit Poanton
Lieutenant General , il eſt
deferté ,& fon employ eft
encore vacant..
GALANT 277
Ilya un Major General de
Bataille qui s'appelle Jozepet.
Celuy qui commande la
Cavaleric est le Chevalier
Romana , le Commandant de
l'Artillerie eſt Balet qui eft
auſſi Ingenieur en chef Bru
no Torner eft Capitaine de
Bombardiers , & Pacheras eft
Capitaine des Mineurs .
Le Regiment de la Colonelle
est composé de fix Ba
taillons de soo. hommes,
Le nombre des Habitans
qui prennent les armes &qui
font actuellement le Service
va à 3000. hommes qui font
178 MERCURE
parmy les Troupes reglées ;
&le Regiment de la Colo-
7 Les Places d'Armes font
au nombre de trois , la pre
miere s'étend depuis Sainte
Catherine juſqu'à la Chapelle
de Marcos , la ſeconde au
Palais ,& la troifiéme à la
Mercediosla
- Ceux qui occupent la Demi-
Lune de la porte neuve ,
ont actuellement unRenfort
à faint Pierre & au Jardin de
ce Convent.
Le renfort de la breſche eſt
à laplacede ſaint Pierre.Ceux
GALANT 299
qui gardent la Denni Lune de
fainte Claire ont le leur à la
Celuy de la garde du Baf
tion du Levant eft à l'Aucata.
Dans l'écurie de l'Aucata ,
il y a toûjours cent chevaux
de Piguet quo
ס נ ו כ כ
obDans le Jardin de Gury , ily
aauffi cens chevaux de Piquet
hors laVille le long de laMer.
Le fignal pour l'allarme c'eſt
le toquefin , lors duquel ils
font tous obligez de prendre
les armes , & ceux qui refuſent
de marcher font pris &
mis en prifon.
280 MERCURE
1
La coupure qui eſt derriere
la bieſche prend depuis la
porte neuve juſqu'aux Poten
ces; l'ona abattu toutes les
Egliſes&maiſonsdepuis faint
Auguſtin juſqu'aux Bouche-
Cette coupure eſt dans ſa
perfection ; il y a une grande
place d'armes,avec un grand
foffé de douze pieds de profondeur
& dix de largeur. La
muraille eſt de pierre & de
terre d'argile ; l'on y a mis
cinq pieces de canon ſur les
deux coſtez chargées à
touche.
a car-
1
Il
GALANT. 281
Ilyadans la PlaceunConfeil
de guerre qu'on appelle
Junta magna , où aſſiſtent le
Gouverneur de laProvince appelléTorrellas
, qui eſtant fort
âgé a pour Lieutenans Don
Francifco Sayol ,DonJoſeph
de Pinot, le Comte de Po
nonos,leComte de Plazencia,
leMarquis de Sermanat , Don
Fiancilco Sivaller , & Don
Emmanuel Ferrer, coup inq
Ceux qui ont foin de faire
payer les Troupes, font Salvador
Felice , Juan Llinas , Ci
toven , Chattople Llado , le
Docteur Monnar,Medecin
Septembre 1714. Aa
281 MERCURE
/
4
Francifco Moſcaro , Marchand
auffi bien que Joſeph
Durand , Muriano Durand,
Comallas , Juan Albaret ,&
le nommé Fer. L'argent ſe
prend par tout où l'on ſçait
qu'il yen a de gré ou de for
co , & ceux qui refuſent dele
donner font pris & mis en
prifon.
Le nombre des bleſſez depuis
qu'on bat en brefehe
pour aller à 600 hommes.
Lc 14. Août le Comte
Don Jofeph Mata,DonCar
los Ribera ,Don Magin Ninot,
Don Francifco de laVoGALANY.
ga,& le fils du Juge Salvador
furent tuez; le fils aîné de Be
rardo avec deux fils de Llinas
farent bleſſeze 2ob ediểu
Ua sûr dans l'action du
même jour soo hommes tucz
A
A Gironne le 8, Septembre
D
Par lesLettres ddou quarre,
Monfieur , que je viens de
IsEcupiti du Campideyang
Barcelone,j'apppprreenndd que les
nouvelles batteries conti
nuoient àtiter vivement pour
ouvrir les nouvelles breches
Aaij
284 MERCURE
& qu'elles eltoient prelqueen
eftat auſſi bien que les Mines.
L'on me mande que M. le
Maréchal de Berwick avoit
fait fommet le 3. les Barcelonois
pour la premiere &
derniere fois ; ils répondirent
qu'ils alloient aff mbler leurs
Confeils que cela feroit un
peu long , mais qu'ils feroient
A
leurs réponſes Le 4 au foir
tirer de
elle n'eſtoir pas encore venue.
L'on continue cependant de
part & d'autre &l'on
croit qu'ils ne ſe prefferont
pas de la faire , parce que le
defordre que les caux ont
A
GALANT. 285
1
fait à la tranchée & dans les
Mines leur a donné de nou
velles efperances &relevé leur
courages il eſt certain que la
famine eſt dans cette Places
beaucoup de gens voudroient
en fortir , mais M. le Maréchal
de Berwick veurs que
Ponles'y faffe rentrer & cela
s'execute régulierement. Le 32
plus de 200 perſonnes entre
Jefquelles ily avoir beaucoup
defemmes ,parurent hors de
la Ville pour fortirsen implo
rant lamifericorde du Roy&
crane vive Philippes Vo mais
en les obligeaàrentrer
286 MERCURE
que
Il fait un temps fi affreux
depuis 10, ou 12. jours que
toutes les tranchées ont eſté
inondées , & qu'il eſt entré
beaucoup d'eau dans les Mines
,ce qui retardera encore
le Siege quelque tempsiolo
Paredes Lettres du
je viens de recevoir de Mataro
, l'on me mande qu'un
Enſeigne ayantdeferté de la
Place avec fix foldats , avoit
dit que le Confeil eſtoit encore
affemblé ,que l'on difoit
que trois perfonnes avoient
ſté nommées pour aller par
Jet àMonfieur deMaréchal de
GALANT. 287
Berwick, alçavoir leGeneral
de Bataille Joſeper , le Marquis
de Tamarit ,& le Comte
de Placentia. Que l'on ne ſçavoit
pas quel jour ce feroit;
mais que s'il y avoit quelque
retardement ce n'estoit qu'à
cauſe du déſordre que l'on
[çavoit que les eaux avoient
fait dans la tranchée & dane
les Mines, ce qui leur avoi
selevé le courage.201
Quant à ce qui ſe paſſedans
IePaysducoſtéde la Marine,le
Village de Saint Hiſcle a eſté
pillé Sentierement brulé
par le détachement deMon
188 MERCURE
fieur de Valloute queſtoir
à Tordera ; & deux autres
des Troupes d'Eſpagne qui
s'y estoient joint Les Rebelles
ſe ſont appro hez ' aprés
avoir abandonne Canet ; mais
lors qu'ils fçûrent que l'on
marchoit de ce colte là , ils
fitent la même manoeuvre ,
ainſi la chofe fut faite fans
refittance
C'eſt unVillage ſitué dans
un pays tres difficile prés de
la Mer qui ſervoit de retraite
& de magaſin aux Rebelles
dont ils farfoient continuellement
porter des vivres
Saint
GALANT. 289
Saint Paul & Canet pour
Barcelone.
Monfieur de Vallouſe a
auſſi fait bruler à ſon retour
ſept Barques de Barcelone
avec leurs agrés qu'il trouva
àCanet & à Saint Paul.
Pour ce qui eſt de la Montagne,
Monfieur de Rauchop
eſt toûjours avec un détachement
du coſté de Ripoüille ,
& Meragas ,s'eſt retiré un
peu plus loin du côté de la
Puebla qui eſt à quatre heures
de là.
Les Rebelles s'y eſtoient
aſſemblez pour faire de nou-
Septembre 17 14 . Bb
290 MERCURE
veau ſoulever le pays ; mais
comme l'on n'a ſçû depuis
qu'ils avoient marché du côté
de Manresa , Monfieur de
Bracamonté profite de ce
temps là pour aller bruler de
nouveau Arbucia où il y a un
autre corps de Rebelles. Monfieur
le Comte de Frenne a
envoyé un détachement dans
la Plaine de Vich , pour le
favoriſer dans ſon expedition :
c'eſt un endroitdans le Mouſigny
qui eſt continuellement
ſous les armes & qui fert de
retraite & de magaſin aux
Rebelles.
GALANT. 297
Le deux de ce mois au matin
trois Officiers de Cavaleric
de la Ville vinrent au Camp
commedeferteurs. M. le Marêchal
de Berwick les interrogea
, les fit garder à veuë , &
enſuite embarquer pour Pcniſcola.
Le meſme jour deux unCapitaine
de Volontaires du
Marquis Delpoal deferta , &
eût une longue conference
avec M. le Mareſchal qui le fit
refter chez luy; l'on croit qu'il
doit aller joindre quelqu'un
des Camps volans detachez de
l'Armée contre cesRebelles.
Bb ij
292 MERCURE
Les nouvelles breches &
les mines vont parfaitement
bien , mais une grande pluye
qu'il fit hier pendant dix à
douze heures a inondé la
plus grande partie de la tranchée
,& fur tout mis beaucoup
d'eau dans les mines ,
dont quelque partie s'eſt
éboulée : on travailie à reparer
les dommages , cependant
ces orages réïterez cauſent du
retardement. Les Affiegez
pretendent avoir eventé la
mine des Eſpagnols qui eſt
ſous la courtine prés l'angle
rentrant du Baſtion de la porGALANT.
293
re neuve.. Mais on dit qu'elle
n'eſt point endommagée
d'autant plus que l'on a poufſé
un rameau d'un autre côté;
d'ailleurs on aſſeure que les
breches dont le nombre augmente
tous les jours , & qui
quand cette mine n'y ſeroit
pas feront encore 6. attaques,
Leront encore plus que ſuffifantes
,&tout ſe diſpoſe pour
leſdites attaques. Les Dragons
en auront une. Mole Marefchal
fait faire des échelles ,&
l'on en a déja porté beaucoup
avec un grand nombre de
grenades aux dépoſts que l'on
Bb iij
294 MERCURE
a formez prés les débouchez
marquez pour l'attaque des
breches.
M. le Maréchal voulut bien
les faire ſommer hier 3 à 10 .
heures du matin avant de les
expoſer à un affaut general ,
ils répondirent qu'ils affembleroient
leur conſeil : une
heure aprés ils demanderent fi
l'on ſouhaitoit pour ôrages
des hommes de guerre ou de
Magiftrature , ajoûtant qu'ils
ne pouvoient ceffer de tirer ,
de maniere que le feu a toûjours
continué de part &
d'autre;&quoyqu'il y ait prés
GALANT . 295
de 36. heures , il ne paroît pas
qu'ils ayent encore fait de réponſe.
L'on aſſeure neanmoins
qu'il eſt venu cette nuit deux
Exprés avec des Lettres dú
ſieur Villaroël qui ont fait
éveiller Monfieur le Maref
chal ; mais comme il a dit à
tout le monde que ce n'eſtoit
que des deferteurs , on a jugé
qu'il vouloit qu'on ignoraft
le reſte.
Le pain eft tres - rare & fort
cher dans Barcelone , d'où
les femmes viennent en grand
nombre fur le bordde nos lignes
pour tâcher d'en fortir ,
B b iiij
J
296 MERCURE
A
mais M. le Maréchal a donné
ordre par toutde les faire rentrer
par forcedans la Ville.
2. M. de Sardini Montriel
Lieutenant Colonel du Regiment
de la Marine , homme
tres eſtimé de toutes les manieres
a eu ce matin une jambe
emportée d'un coup de canon
, & l'autre tres endommagée
en deſcendant la tranchéc.
Enfin aprés trois jours entiers
pendant leſquels les Barcelonois
ont fait pluſieurs
aſſemblées generales leſquelles
auroient dû naturellement
GALANT. 297
finir pour envoyer les trois
Deputez qu'ils avoient nommez
dés le premier jour : le
réſultat du tout a eſté que le
nommé Jozepet General de
Bataille dans cette Ville ayant
demandé hier à parler àMonfieur
le Chevalier d'Hasfeld
qui eſtoit de tranchée , luy
rendit pour réponſe que la
Ville ne vouloit écouter aucunes
propefkions & luy demanda
enfuite s'il vouloit
quelque choſe de plus ; cela
fini il luy conſeilla de ſe retirer
promptement , &l'on recommença
à tirer de part & d'au298
MERCURE
tres ; l'extravagance de cette
réponſe étant encore mieux
marquée en Efpagnol comme
elle a eſté faite , on en joint
une copie à la preſente.
:
La nuit du quatre au cinq
les Affiegez firent une fortic
par deux endroits du chemin
couvert qui eſt prés de la
Redoute de la Mer , ils tomberent
fur les deux Compagnies
des Grensers du Regiment
d'Auvergne qui les
chafferent & leur tuerent
treize hommes ; mais des
Officiers de ces deux Compagnies
, ily en eutdeux deblef.
GALANT. 299
ſez , deux morts & vingtun
Grenadiers tuez oubleffez.
La nuit du cinq au fix il fit
une ſi grande pluye que ces
inondations réïterées obligerent
d'abandonner la Mine
des Eſpagnols , celle du ſieur
de Lorme pouvant eſtre plus
facilement réparée,on compte
qu'elle ſera en état au plus
tard le neuf..
Il entra encore avant hier
•aprés midy dans Barcelone
deux groffes Barques chargées
de proviſions à la veuë
de toute l'Armée ; on parle
d'en armer vingt- cinq ou tren300
MERCURE
te pour s'oppoſer à tous les
petits Baſtimens qu'ils font
entrer de cette maniere dans
laPlace.
Les Rebelles de la Montagne
s'eſtant raſſemblez devant
Manreze au nombre de plus
de 4000. l'ont attaqué &même
bleſſé à mort le Gouverneur
; mais les détachemens
qui ſont toûjours en campagne
s'eſtant réünis les en ont
chaffez.
Monfieur de Sardiny Lieutenant
Colonel du Regiment
de la Marine eſt mort des
bleſſures dont on a parlé. 3
GALANT 301
Respuesta bichaporla ciudadde
Barcelona dopalabra altenienté
General detrinxera Cavallero
d'Hasfeld el dia 6. Setiembre
1714. Segun que el general detrinxera
hauia propuesto dias.
Laciudad ha hecho tresjuntas
a refuelto lo figuiente.
La ciudad noquiere admittir
propofition alguna quiere V. E.
algoMas?
Le 7. de ce mois les Barcelonois
firent la réponſe ſuivante
à la ſommation qui leur
avoit été faite deux jours
avant.
Un Officier vint ſur labre302
MERCURE
che , & demanda à parler à
l'Officier General commendant
la tranchée , qui étoit M.
leChevalier d'Hasfeld , il luy
lut la réponſe , contenant que
la Députation de Barcelone
faiſoit ſçavoir à M. le Maréchal
de Berwick qu'elle n'avoit
aucune propoſitionàfaire
ni à recevoir.
Le 11. on a donné l'aſſaut
general fans avoir pu ſe
ſervir des Mines qui ſe trouvoient
toutes noyées , & on
s'eſt empaté de tous les trois
Baſtions attaquez , &des retranchemens
; les Barcelonois
GALANT. 303
eſtoient retranchez dans les
maiſons , & dans les ruës , &
avoient demandé à capituler ,
fur quoyMonfieur le Maref
chal de Berwick leur fit répondre
qu'ils ne pouvoient
demander autre choſe que
d'eſtre pris à diſcretion.
On en étoit là lors que M.
le Ducde Mortemart eft party.
On attend la fin de cette
affaire par M. le Marquis de
Broglio.
e M. de la Villemenu , Colonel
d'Orleans a un coup de
fufil au travers du corps .
M. de Tailleran la cuiſſe
coupéc.
304 MERCURE
M. dHoudetot un coup
de fuſil dans l'aîne.
Fermer
520
p. 123-138
Nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Passons maintenant aux nouvelles. Le Prince Royal Electoral de Saxe [...]
Mots clefs :
Roi, Prince, Sa Majesté, Duc, Lettres, Hongrie, Pologne, Troupes, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles. [titre d'après la table]
Le Prince Royal Electoral
de Saxe , fils unique du
Roy Auguſte , arriva au
commencement du mois
dernier à Paris , aprés avoir
voyagé en Italie & en Allemagne.
Vers la fin du même
mois ce Prince fut à
Fontainebleau , où il fut
2
preſenté au Roy par Madame
, accompagné du Palatin
de Livonie &de pluſieurs
autres Seigneurs. Ce
Prince fut charmé de l'accüeil
qu'il reçut du Roy ,
Lij
124 MERCURE
auſſi bien que tous les Seigneurs
qui l'accompa
gnoient.
La Reine Doüairiere de
Pologne arriva à Lyon le
18. du mois d'Août , aprés
avoir traverſé une partie de
la Provence & tout le Dauphiné
dans un coche d'eau ,
qu'on lui avoit preparé
pour lui épargner les fatigues
du voyage par terre.
Elle deſcendit à l'Archevêché.
A fon débarquement
M. le Maréchal de Villeroy
fut la complimenter. Il lui
donna la main juſqu'à fa
1
GALANT.
125
chaiſe à porteurs. Il fut accompagné
de M. l'Intendant
, & de M. le Prevôt
des Marchands , ſuivi de
tout le Corps des Echevins
de Lyon , qui harangua
auſſi Sa Majesté Polonoiſe
avant qu'elle débarquât.
Elle avoit avec elle la jeune
Princeſſe de Sobieski ſa petite-
fille.Elle partit de Lyon
en litiere le 29. & la Princeffe
Sobieski dans une autre
avec ſa Gouvernante. Sa
Majefté Polonoiſe s'embarqua
à Roüanne ſur la Loire
, & fut accompagnée de
Liij
126 MERCURE
M. leMaréchal de Villeroy,
& de plus de trente carofſes
, qui la ſuivirent plus
d'une lieuë hors des portes
de la ville. Le 11. Septembre
elle arriva à Nevers ,
où elle fut reçûë au bruit
du canon par le Corps de
Ville en robe rouge , les habitans
étant ſous les armes,
&elle en partit le 12. pour
aller à Blois .
Il y a certains articles de
nouvelles où le precieux
langage du Journal de Verdun
ſe preſente malgrémoy
à mon imagination. En-
1
1
1
GALANT. 127
tr'autres fur celles qu'il debite
de Vienne : * On ajoute
, dit - il , qu'ily étoit arrivé
des Commiſſaires pour y recevoir
des remiſes que les Banquiers
de Hambourg & de
Hollande y ont faitfaire pour
le fervice du Roy de Suede.
M. Hyſteen , qui refide depuis
quelque temps à Petri-Vvaradin
par ordre de Sa Majesté
Suedoiſe , doit faire la deftination
2 de cet argent : mais jufqu'à
ce qu'on ait avis de l'arrivée
de ce Prince fur les Etats
des Princes Chrétiens , on ap-
*Page 278.
L'iiij
128 MERCURE
prehendera toûjours que que
nouvel acroc de l'inconstante 3
varieté dts Infideles.
Que veut- il dire par ces
mots de ſervices, de faire
la deſtination 2 , & d'acroc
de l'inconftante 3 varieté,
&c. Parle-t- il François ou
Allobroge ? & pourquoy
tient - il le même langage
par tout ?
Il eſt neanmoins conſtant
que le départ du Roy de
Suede de Demir-Tcoa eft
mandé de tant d'endroits
differens , qu'on n'oſe prefqueplus
en douter. Les der-
:
GALANT.
129
nieres lettres de Vienne le
confirment, & ajoûtent que
ce Prince traverſera inco
gnitò les Pays Hereditaires
de l'Empereur , qui a donné
ordre qu'on regalât par
tout Sa Majesté Suedoile ,
& qu'on lui donnât dans
tous les lieux de ſon paffage
des marques réelles d'une
amitié & d'une intelligence
parfaite. Le Comte de Villlek
étoit à la veille de partir
pour la Hongrie , afin d'y
recevoir ce Monarque de
la part de l'Empereur, dont
une partie des équipages a
130 MERCURE
pris depuis quelques jours
la route de Presbourg. Le
départ de Sa Majesté Imperiale
pour Presbourg eft
fixé au 10. cependant elle
aordonnéà la Chancellerie
de la Cour de Hongrie de
difpofer toute choſe pour la
conclufion de la Diere , &
d'affifter au couronnement
de l'Imperatrice en qualité
de Reine de Hongrie.
On écrit de Varſovie ,
que le z. de ce mois le Roy
de Pologne fit la revûë de
ſes Gardes à pied , que le
General Cyan marchera
GALANT. 131
vers le Palatinat de Sandomir
avec les Gardes à cheval
, & qu'il ſe joindra aux
troupes Saxonnes qui y
font,plus de huit mille hommes
de la Nobleſſe de Pologne
étant déja montez à
cheval. Le Roy fait affembler
toutes ſes troupes &
fon artillerie; & nonobſtant
la diſette, qui eft grande en
ce pays , & dans les Provinces
les plus fertiles du
Royaume , il fait faire de
grands amas de fourrages ,
d'avoines , de blez , pour la
ſubſiſtance de fon armée.
132 MERCURE
On dit qu'il a deffein des'avancer
à Coſmice , au deçà
de Steczica , afin d'y être à
portée d'obſerver les defſeins
de la Nobleſſe. Les
Dietes des Palatinats de
Maſovie & de Kaliſch ſe
ſont ſeparées fans avoir pris
aucunes refolutions. Ainfi
on voit encore peu de difpoſition
au rétabliſſement
d'une pafaite tranquilité
dans ce Royaume.
On mande de Madrid ,
que le 27. du mois dernier
le Roy alla du Pardo à l'Egliſe
de Notre-Dame d'A
GALANT.
133
tocha , où le Te Deum fur:
chanté en preſence des
Grands, qui s'y étoient rendus
pour rendre graces à
Dieu de la priſe de Barce
lone ,& des heureux ſuccés
de la guerre de Catalogne,
dont on trouvera le détail
dans la ſuite de ce Journal.
Les dernieres lettres de
Rome portent qu'entr'au.
tres audiences confidera
bles que le Pape avoit données
, malgré ſes infirmitez
qui continuent toûjours ,
l'Ambaſſadeur de Malthe
en avoit cu une de Sa Sain-
:
134 MERCURE
:
teté , dans laquelle il lui
avoit donné à connoître
que les Chevaliers de cet
Ordre prenoient ombrage
de l'armement naval des
Turcs , qui intrigue aufli
beaucoup les Venitiens. On
écrit de Veniſe , que l'équipage
du vaiſſeau l'Union ,
arrivé de Smirne , a rapporté
que trois Bachas de
la petite Aſie s'étant revól
tez , avoient mis so. ou 60.
mille hommes en campagne,
& qu'ils demandoient
la tête du Grand Vifir. Si
cette revolte ſe confirme,
GALANT.
135
elle donnera de l'occupation
au Divan , qui paroif->
foit diſpoſé à rompre avec
quelque puiſſance voiſine ;
joint à cela qu'elle empêchera
l'arrivée des cara.
vanes de Perſe à Smirne.
On écrit de Londres , que
le Roy continue à faire de
grands changemens dans
lesCharges. Celle de Capitaine
general des troupes
d'Ecoſſe a été donnée aus
Duc d'Argyle, avec leGouvernement
du château d'E
dimbourg , & celui de Port
Mahon. Le Duc de Mont136
MERCURE
roſſe a été fait Secretaire
d'Etat pour l'Ecoſſe , à la
place du Comte de Maar.
Le Duc de Roxborough a
été fair Garde du Sceau Privé
du même pays, à la place
du Duc d'Athol. Le Marquis
d'Annandale a eu la
Charge de Chancelier que
poſſedoit le Comtede Finlater
& de Seafiel. Le Duc
Schrevvsbury a deman
à ſe demettre de la Charge
de Grand Treſorier , & on
croit que la Treſorerie ſera
adminiſtrée par cinq Commiſſaires
. Le Duc de Som
de
merſet
:
GALANT.
137
merſetpretendoità laCharge
de premier Gentilhomme
de la Chambre : mais il
a accepté la Charge de
grand Ecuyer qu'on lui offroit.
Milord Marlboroug ,
outre la Charge de Capi
taine general des forces
d'Angleterre , a encore obtenu
celle de Colonel du
premier regiment des Gardes
, & celle de grand Maî
tre de l'artillerie. Le Comte
de Sunderland ſon gendre,
qui a été fait Viceroy d'Irlande
, a ordre de partir au
plûtôt , pour aller prendre
Octob. 1714. M
138 MERCURE
poſſeſſion de fon Gouvernement.
Les lettres de Lisbonne
du 14. du mois dernier portent
qu'on y attendoit avec
impatience la flote du Brefil
, au devant de laquelle
on avoit envoyé quatre
vaiſſeaux de guerre , pour
lamettreà couvert des Corfaires
d'Alger & de Salé qui
font en mer.
de Saxe , fils unique du
Roy Auguſte , arriva au
commencement du mois
dernier à Paris , aprés avoir
voyagé en Italie & en Allemagne.
Vers la fin du même
mois ce Prince fut à
Fontainebleau , où il fut
2
preſenté au Roy par Madame
, accompagné du Palatin
de Livonie &de pluſieurs
autres Seigneurs. Ce
Prince fut charmé de l'accüeil
qu'il reçut du Roy ,
Lij
124 MERCURE
auſſi bien que tous les Seigneurs
qui l'accompa
gnoient.
La Reine Doüairiere de
Pologne arriva à Lyon le
18. du mois d'Août , aprés
avoir traverſé une partie de
la Provence & tout le Dauphiné
dans un coche d'eau ,
qu'on lui avoit preparé
pour lui épargner les fatigues
du voyage par terre.
Elle deſcendit à l'Archevêché.
A fon débarquement
M. le Maréchal de Villeroy
fut la complimenter. Il lui
donna la main juſqu'à fa
1
GALANT.
125
chaiſe à porteurs. Il fut accompagné
de M. l'Intendant
, & de M. le Prevôt
des Marchands , ſuivi de
tout le Corps des Echevins
de Lyon , qui harangua
auſſi Sa Majesté Polonoiſe
avant qu'elle débarquât.
Elle avoit avec elle la jeune
Princeſſe de Sobieski ſa petite-
fille.Elle partit de Lyon
en litiere le 29. & la Princeffe
Sobieski dans une autre
avec ſa Gouvernante. Sa
Majefté Polonoiſe s'embarqua
à Roüanne ſur la Loire
, & fut accompagnée de
Liij
126 MERCURE
M. leMaréchal de Villeroy,
& de plus de trente carofſes
, qui la ſuivirent plus
d'une lieuë hors des portes
de la ville. Le 11. Septembre
elle arriva à Nevers ,
où elle fut reçûë au bruit
du canon par le Corps de
Ville en robe rouge , les habitans
étant ſous les armes,
&elle en partit le 12. pour
aller à Blois .
Il y a certains articles de
nouvelles où le precieux
langage du Journal de Verdun
ſe preſente malgrémoy
à mon imagination. En-
1
1
1
GALANT. 127
tr'autres fur celles qu'il debite
de Vienne : * On ajoute
, dit - il , qu'ily étoit arrivé
des Commiſſaires pour y recevoir
des remiſes que les Banquiers
de Hambourg & de
Hollande y ont faitfaire pour
le fervice du Roy de Suede.
M. Hyſteen , qui refide depuis
quelque temps à Petri-Vvaradin
par ordre de Sa Majesté
Suedoiſe , doit faire la deftination
2 de cet argent : mais jufqu'à
ce qu'on ait avis de l'arrivée
de ce Prince fur les Etats
des Princes Chrétiens , on ap-
*Page 278.
L'iiij
128 MERCURE
prehendera toûjours que que
nouvel acroc de l'inconstante 3
varieté dts Infideles.
Que veut- il dire par ces
mots de ſervices, de faire
la deſtination 2 , & d'acroc
de l'inconftante 3 varieté,
&c. Parle-t- il François ou
Allobroge ? & pourquoy
tient - il le même langage
par tout ?
Il eſt neanmoins conſtant
que le départ du Roy de
Suede de Demir-Tcoa eft
mandé de tant d'endroits
differens , qu'on n'oſe prefqueplus
en douter. Les der-
:
GALANT.
129
nieres lettres de Vienne le
confirment, & ajoûtent que
ce Prince traverſera inco
gnitò les Pays Hereditaires
de l'Empereur , qui a donné
ordre qu'on regalât par
tout Sa Majesté Suedoile ,
& qu'on lui donnât dans
tous les lieux de ſon paffage
des marques réelles d'une
amitié & d'une intelligence
parfaite. Le Comte de Villlek
étoit à la veille de partir
pour la Hongrie , afin d'y
recevoir ce Monarque de
la part de l'Empereur, dont
une partie des équipages a
130 MERCURE
pris depuis quelques jours
la route de Presbourg. Le
départ de Sa Majesté Imperiale
pour Presbourg eft
fixé au 10. cependant elle
aordonnéà la Chancellerie
de la Cour de Hongrie de
difpofer toute choſe pour la
conclufion de la Diere , &
d'affifter au couronnement
de l'Imperatrice en qualité
de Reine de Hongrie.
On écrit de Varſovie ,
que le z. de ce mois le Roy
de Pologne fit la revûë de
ſes Gardes à pied , que le
General Cyan marchera
GALANT. 131
vers le Palatinat de Sandomir
avec les Gardes à cheval
, & qu'il ſe joindra aux
troupes Saxonnes qui y
font,plus de huit mille hommes
de la Nobleſſe de Pologne
étant déja montez à
cheval. Le Roy fait affembler
toutes ſes troupes &
fon artillerie; & nonobſtant
la diſette, qui eft grande en
ce pays , & dans les Provinces
les plus fertiles du
Royaume , il fait faire de
grands amas de fourrages ,
d'avoines , de blez , pour la
ſubſiſtance de fon armée.
132 MERCURE
On dit qu'il a deffein des'avancer
à Coſmice , au deçà
de Steczica , afin d'y être à
portée d'obſerver les defſeins
de la Nobleſſe. Les
Dietes des Palatinats de
Maſovie & de Kaliſch ſe
ſont ſeparées fans avoir pris
aucunes refolutions. Ainfi
on voit encore peu de difpoſition
au rétabliſſement
d'une pafaite tranquilité
dans ce Royaume.
On mande de Madrid ,
que le 27. du mois dernier
le Roy alla du Pardo à l'Egliſe
de Notre-Dame d'A
GALANT.
133
tocha , où le Te Deum fur:
chanté en preſence des
Grands, qui s'y étoient rendus
pour rendre graces à
Dieu de la priſe de Barce
lone ,& des heureux ſuccés
de la guerre de Catalogne,
dont on trouvera le détail
dans la ſuite de ce Journal.
Les dernieres lettres de
Rome portent qu'entr'au.
tres audiences confidera
bles que le Pape avoit données
, malgré ſes infirmitez
qui continuent toûjours ,
l'Ambaſſadeur de Malthe
en avoit cu une de Sa Sain-
:
134 MERCURE
:
teté , dans laquelle il lui
avoit donné à connoître
que les Chevaliers de cet
Ordre prenoient ombrage
de l'armement naval des
Turcs , qui intrigue aufli
beaucoup les Venitiens. On
écrit de Veniſe , que l'équipage
du vaiſſeau l'Union ,
arrivé de Smirne , a rapporté
que trois Bachas de
la petite Aſie s'étant revól
tez , avoient mis so. ou 60.
mille hommes en campagne,
& qu'ils demandoient
la tête du Grand Vifir. Si
cette revolte ſe confirme,
GALANT.
135
elle donnera de l'occupation
au Divan , qui paroif->
foit diſpoſé à rompre avec
quelque puiſſance voiſine ;
joint à cela qu'elle empêchera
l'arrivée des cara.
vanes de Perſe à Smirne.
On écrit de Londres , que
le Roy continue à faire de
grands changemens dans
lesCharges. Celle de Capitaine
general des troupes
d'Ecoſſe a été donnée aus
Duc d'Argyle, avec leGouvernement
du château d'E
dimbourg , & celui de Port
Mahon. Le Duc de Mont136
MERCURE
roſſe a été fait Secretaire
d'Etat pour l'Ecoſſe , à la
place du Comte de Maar.
Le Duc de Roxborough a
été fair Garde du Sceau Privé
du même pays, à la place
du Duc d'Athol. Le Marquis
d'Annandale a eu la
Charge de Chancelier que
poſſedoit le Comtede Finlater
& de Seafiel. Le Duc
Schrevvsbury a deman
à ſe demettre de la Charge
de Grand Treſorier , & on
croit que la Treſorerie ſera
adminiſtrée par cinq Commiſſaires
. Le Duc de Som
de
merſet
:
GALANT.
137
merſetpretendoità laCharge
de premier Gentilhomme
de la Chambre : mais il
a accepté la Charge de
grand Ecuyer qu'on lui offroit.
Milord Marlboroug ,
outre la Charge de Capi
taine general des forces
d'Angleterre , a encore obtenu
celle de Colonel du
premier regiment des Gardes
, & celle de grand Maî
tre de l'artillerie. Le Comte
de Sunderland ſon gendre,
qui a été fait Viceroy d'Irlande
, a ordre de partir au
plûtôt , pour aller prendre
Octob. 1714. M
138 MERCURE
poſſeſſion de fon Gouvernement.
Les lettres de Lisbonne
du 14. du mois dernier portent
qu'on y attendoit avec
impatience la flote du Brefil
, au devant de laquelle
on avoit envoyé quatre
vaiſſeaux de guerre , pour
lamettreà couvert des Corfaires
d'Alger & de Salé qui
font en mer.
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521
p. 349-350
ENIGME.
Début :
Je marche avec grand bruit, & comme à pas comptez, [...]
Mots clefs :
Armée
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME .
Je marche avec grand bruit , &
comme à pas comptez ,
Ma tête va devant , & toûjours
lapremiere ,
Mes ailes fontà mes costez ,
Et ma queüe en marchandſuit mon
corps par derriere,
Je vis, je manze& bois , comme
les animaux
Et ma tête , &mon corps ,
queüe,& mes ailes
&ma
Répandent des douleurs mortelles ,
350 MERCURE
1
[
Et cauſentſouventdegrandsmaux.
Cependant je ne fuis , ny bête à
quatre pates ,
Volatil , ny reptile , insecte , ny
poisson,
Je nesuis pas non plus au rang
des automates ,
Aprés cela je laiſſe à deviner mon
nom.
Je marche avec grand bruit , &
comme à pas comptez ,
Ma tête va devant , & toûjours
lapremiere ,
Mes ailes fontà mes costez ,
Et ma queüe en marchandſuit mon
corps par derriere,
Je vis, je manze& bois , comme
les animaux
Et ma tête , &mon corps ,
queüe,& mes ailes
&ma
Répandent des douleurs mortelles ,
350 MERCURE
1
[
Et cauſentſouventdegrandsmaux.
Cependant je ne fuis , ny bête à
quatre pates ,
Volatil , ny reptile , insecte , ny
poisson,
Je nesuis pas non plus au rang
des automates ,
Aprés cela je laiſſe à deviner mon
nom.
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522
p. 175-176
ENIGME.
Début :
Je sers à celui qui sert [...]
Mots clefs :
Tente d'armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
JE feve àcelui quiferevert
Vetu de rouge ou de vert ,
Ou de couleur éteinte , on de couleur bril
lante :
Devinés - moi par le Maistre que j'ai .
Onm'êléve pour lui,tant bonne que méchante :
En quittantpere & mere, il m'apele fatante;
Parfois me met en croupe , en habit négligé ;
Parfois fiere & guindée , en Doïaigne eſpagnole
,
Etalant mon Vertugadin ,
J'attens le retour de mon Drole ;
P' iiij
A
176
LE
MERCURE
S
Qui venant coucher dans mon fein
A pour cela frifé la corde.
JE feve àcelui quiferevert
Vetu de rouge ou de vert ,
Ou de couleur éteinte , on de couleur bril
lante :
Devinés - moi par le Maistre que j'ai .
Onm'êléve pour lui,tant bonne que méchante :
En quittantpere & mere, il m'apele fatante;
Parfois me met en croupe , en habit négligé ;
Parfois fiere & guindée , en Doïaigne eſpagnole
,
Etalant mon Vertugadin ,
J'attens le retour de mon Drole ;
P' iiij
A
176
LE
MERCURE
S
Qui venant coucher dans mon fein
A pour cela frifé la corde.
Fermer
523
p. 166
AUTRE.
Début :
Trois Peres assemblez m'ont donné la naissance, [...]
Mots clefs :
Poudre à canon
524
p. 133-134
AUTRE.
Début :
J'ay de mon nom plusieurs parens, [...]
Mots clefs :
Canon
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
FAy de mon nom plufieurs parens ,
Mais nos emplois font differens :
134.
LE MERCURE
Ici ma voix égale à celle du tonnerre
Effraye au réjouit la terre.
Là
pour
donner à la beauté
la santé . Et la fraicheur
D'un infinuant petit frere
F'emprunte le doux miniftere:
Pour l'embellir , ou pour sa guérison,
alfaut que le rafé la prenne en trahison .
Autrefois j'étois à la mode ;
Il n'étoit ni Baron , ni Cemte , ni Marquis
.
Qui fans moi put être bien mis ,
Mais on m'a planté là comme trop incommode.
Lorfque les buveurs font en train ,
Dans un repas mon bachique refrain
Celebre les faveurs du charmant Dieu du vin :
Mais changeant de ton & de mode ,
5 Et de maxime & de méthode ,
Je deviens grave & férieux ,
Et c'eft de mes emplois tout le plus glorieux .
FAy de mon nom plufieurs parens ,
Mais nos emplois font differens :
134.
LE MERCURE
Ici ma voix égale à celle du tonnerre
Effraye au réjouit la terre.
Là
pour
donner à la beauté
la santé . Et la fraicheur
D'un infinuant petit frere
F'emprunte le doux miniftere:
Pour l'embellir , ou pour sa guérison,
alfaut que le rafé la prenne en trahison .
Autrefois j'étois à la mode ;
Il n'étoit ni Baron , ni Cemte , ni Marquis
.
Qui fans moi put être bien mis ,
Mais on m'a planté là comme trop incommode.
Lorfque les buveurs font en train ,
Dans un repas mon bachique refrain
Celebre les faveurs du charmant Dieu du vin :
Mais changeant de ton & de mode ,
5 Et de maxime & de méthode ,
Je deviens grave & férieux ,
Et c'eft de mes emplois tout le plus glorieux .
Fermer
525
p. 103
TROISIÈME ENIGME.
Début :
Un Tableau d'ordinaire est toûjours attaché, [...]
Mots clefs :
Bannière
526
p. 38-47
EXTRAIT d'un Discours Latin prononcé au College de Louis le Grand, sur la longue durée de la paix dont jouit la France, sous le Regne de Louis XV.
Début :
Le I. Decembre, le Pere de la Sante, Jesuite, l'un des Professeurs [...]
Mots clefs :
Paix, Orateur, Règne, Louis XV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'un Discours Latin prononcé au College de Louis le Grand, sur la longue durée de la paix dont jouit la France, sous le Regne de Louis XV.
EX' TRAIT£un Discours. Latin prononcé
au College de Louis le Grand , fur la
longue durée de la. paix dont jouit la
France ? fous le Regne de Louis XV.
LE Decembre , le Pere de lai
Sante, Jésuite, l'un des Professeurs
de Rethorique , au College de Louis le
Grand , fit l'éloge de la Paix t dont joiiit
la France depuis plusieursannées, fous le
regne de Louis XV. La salle où se pafla
cette action ,étoit magnifiquement parée.
Ce discours fut prononcé .en prescnee de
M. le Cardinal dè ;Bilïy,de quantité de
Prélats , & de personnes de distinction ,
& il répond ;pa.rfaitetnent à la reputa
tion que s'£Ét' Acquit l'Auteur par d'au-
..E'a : . ' ; "«
7 AN VIE R. 1714. 39
tres íemblables Pieces d'Eloquence , dorçt
nous avons donné l'Extrait les années
precedentes.
' L'Orateur commence par insinuer ,
que comme chaque Roi de l'auguste
Maison de Bourbon , a merité un nom
dlstinctif , qui caracterise les principaux
évenemensde íà vie , chaque Regne de
vrait auffi avoir un nom particulier qui
le distinguat des autres. Sur ce principe
'il .voudrait qu'on appellât le regne de
tìenry I V. le regne de la clemence ,
celui de Louis X IH. le regne de la jus-
.cice , celui de Louis X 1 V. Je regne
de. la victoire , enfin celui de Louis
X V. le regne de la pai.x , puiíqu'elle
est née , puisqu'elle a crû avec ce Monar
que , & que vrai.semblablement elle diu
rera autant , ou plus que si*n regne.
Ce début conduit naturellement le Pa
negyriste à la division de iòn diícours,
où il prétend faire voir la naissance , le
progrès , & la durée de la derniere paix ,
dont il mesure en quelque íorte les disselens
âges, fus ceux même du Roi. Il
montre qu'elle a commencée íôus d'heujreux
auspices , qu'elle s'est avancée par
de sages conseils , qu'elle est íondée fur
4es conditions propres à la perpetuer.
Ces trois propositions partagent l'éloge
de la paix.
^0 MERCURE DE FRANCE.
.1/
Les commencemens de cette paix sem>;
îblent d'autant plus heureux à l'Orateur ,
qu'on entra en négociation dans un.tems
où la paix étoit plus ineíperée , &où elle
pouyoit être plus glorieuse &c plus avan
tageuse à la Francç.
.Paix inesperée , vô la difference de
caractere & d'interêt des nations qui
étoient alors en .guerre , &jque l'Orateur j
Concilie toutes , en les faisant. se regarder I
c.hacune par l'endroit le plus capable de
réiinir tant de genies .opposes , & en
leur faisant trouver un interêt commua
dans cette réunion. Cet endroit a été pour
l'habile Orateur , un de ces morceaux que
l'éloquence embellit de tout ce qu'elle
peut emprunter de la beauté du style , de
k délicateíse des pensées, de la solidité
des reflexions & de la vivacité de l'acr
tion.
Paix glorieuse , parce que ce n'est
qu'après nous être glorieusement relevez
de nos pertes par la victoire de Denain ,
par le recouvrement de la plupart de
nos places de Flandre f parla prise de
quelques.unes des plus fortes Villes de ï.
l'Allemagne qu'on a procedé tout de
bon à la paix generale, Ceci donne lieu à
un magnifique éloge du Maréchal de VilJ
ANVIER i7t4. 41
lars ,& à une élegante description de la
conference qu'il eut à Rastad avec le
Prmce Eugene , dont le caractere est
heureusement pris. L'Orateur fait un
gracieux paralelle de ces deux grands
Generaux avec Scipion & Annibal réunis
pour traiter de la paix ; mais il fait voir
l'avantage jqu'ont les deux Heros mo
dernes fur les deux anciens. Ce trait est
nouveau.
Enfin , paix avantageuse , vûlebeíôin
qu'en avoient les nations d'Europe , qui
toutes y ont trouvé leur compte , comme
l'Orateur le prouve , fie vu les conjonc
tures où elle a été negociée , c'est.à.dire,
quand la France étoit íùr le point de per
dre un grand Roi , & à là veille d'une
minorité ., source seconde de troubles ,
íîir tout quand le Royaume n'est pas en
paix au dehors.
.Rien de plus intereilânt pour le Roi ,
que la conclusion de cette premiere par-
Eie. L'Orateur felicite ce Prince d'avoir
goûté les prémices de la paix aveccelles
du Trône ; en cela plus heureux qu'Au
guste , qui ne put jouir des douceurs de
la paix que íûr la fin de íòn Empire , en
core fut-ce une paix achetée au prix de
bien des cruautez , au lieu que celle ci
n'a point coûté de sang au Roi , qui l'a
vûë naî;re avec lui , & a eu le bonheur
C d'à
4* MERCURE DE FRANCE.
d'avoir ce crait de ressemblance avec 1$
Roi des Rois , donc il est la viye image
fur lacerre.
Ce premier poinc ne rapprochanc que
des objets pour la plupart éloignés , avpit
besoin de couce l'adrefle & de touce l'é
loquence de l'Orateur , pour être recíi
aussi favorablement qu'U l'a été.
Il'
Le íêcond est beaucoup plus piquant , ij[
a les gfaces de la nouveauté par la proxi
mité des choies qu'on y traite. L'Orateur
y peint les progrès merveilleux que fit
la paix , par les foins du feu Duc d'Or
leans. Il represente ce Prince comme uç
habile & grand politique , qui fait ser
vir à la paix un rare genie soutenu d'une
admirable fermeté d'ame ; genie qu'il em.
ploye à presenter íàns cesle de nouvel
les amorces de paix 5 fermeté dont il use
pour en écarter les obstacles.
Le premier article est un portrait na
turel de cet heureux genie occupé à exa
miner & £ connoître à fond les divers in
terêts des Puislances étrangeres , à pene
trer leurs yûès , à discerner le fort & le
foible de chaque nation , à les amener
toutes par differentes voyes à son but ,
à se rendre lui.même impenetrable aux
esprits les plus clair.voyans , à déguiser
JANVIER i724, 4j
iles plus importans projets fous un air
aisé, ou vert & ingenu i à couvrit ses
desseins d'un eípece de jeu i à faire du
secret fame- de ses entreprises , & à in
spirer la même dexterité, la même sageslè,
& la même aisance à. tous ceux qui le
servoient dans les négociations de paix.
Le íecond article est une peinture alle
gorique, mais des plus brillantes de la ma
noeuvre que fit cet habile Pilote qui tint
toujours ferme le gouvernail ,qui sembla
.«'être rendu maître des .vents , qui lçut le
grand art de prévenir -ou d'écarter les tem
pêtes , d'éviter ou de bxaver les écueils,
d'entretenir le calme & de conduire ion
vaiíîeau à bon port.
La mort de ce grand Prince , les lar
mes de la pieuse Princesse , son épouse ,
les regrets d'un auguste fils , si digne de
íâ tendreíïe , & si cher à toute la France,
terminent ces deux articles qui furent
maniés par le Panegyriste avec une fi
nesse d'expressions , & un goût de pen
sées , dont l'Assemblée fit l'éloge par ses
applaudissemens. Il retombe eníuite íur
l'heureux choix qu'a fait le Roi de
Monsieur le Duc, pour remplacer le Prin-
.ce-, que la France vient de perdre. Le ca
ractere de cet auguste Ministre n'e<t des
plus brillans que parce qu'il est vrai. Ou*
»tie plusieurs grandes quaU'ez dont l'ex.
C i) trait
44. MERCURE DE FRANCE. .
trait íèroit trop long , il prouve sa bonté
pour le peuple par le premier usage qu'il
a fait de sa nouvelle autorité,pour le sou
lager , son discernement pour le vrai me
rite, & son amour pour la justice, parle
soin qu'il a eu de presenter au Roi un di
gne sujet pour mettre à la tête du pre
mier Parlement du ;Royaume. Tout le
monde a reconnu avec d'autant plus de
plaisir cet illustre Magistrat au portrait
tracé par l'Orateur , qu'il l'avoit orné de
ses veritables couleurs, & qu'il l'avoit
placé dans le jour , où M. de Novion ,
bien qu'ennemi de la louange , ai meroíc
luí.meme à se reconnoître . U finit ce se
cond point par la douce esperance dont
il flatte ses Auditeurs , que Monsieur le
Duc mettra la derniere main au grand
ouvrage de la paix , si fort avancé par le:
genie & la fermeté de son Predecesseur
de glorieuse mémoire. s
[ U I.
La troisième partie ne cede en rien à
la seconde , quoi qu'elle semble beau
coup moins fournir à l'éloquence de
l'Orateur. Il y parle des fondemens fur
lesquels est appuyée la paix , & qui la
doivent rendre durable > il les reduit à
trois principaux .. i°. à l'exacte fidelité
ayee laquelle les Puissances intéressée*
JANVIER ïfî4V 4?
observent les conventions & les traitez
reglez entr'elles. i°. Aux Alliances con
tractées entre les Maisons des Souverains
& des Princes. Aux congrès pacifi
ques établis pour donner à la' paix la der
niere perfection , & en prévenir la rup
ture. . ^
Comme' nous apprenons que lé di£
cours de l'Auteur est fous la preste, 8c
va bien-tôt paroître , nous n'entrerons
point dans les preuves de ces trois arti
cles. Qu'il nous soit feulement permis.
d'ajoûter un mot fur la conclusion de toute
la Piece. C'est une idée des plus inge
nieusement imaginées Se des plus. noble
ment remplies. L'on y represente les
Plenipotentiaires des Couronnes > envoyés
à Cambray, comme d'excellens Ouvriers
qui travaillent à la structure du Temple
de la Paix, où- chacun d'eux pose fa pierre,
jusqu'à ce que ce grand ouvrage projette
par un second David , soit consommé
par le pacifique Salomon, c'est.à.dire,
par le Roi , que l'Auteur invite à conía
crer ce monument au Dieu de la paix ,
& d'y réunir par les liens sacrez de la
même Religion tous les François , &c
tous les autres Peuples , en sorte qu'il
n'y ait plus qu'une feule bergerie 6c un
seul Pasteur. Il lui fait envisager cette
double paix de l'Eglise & de l'Europe ,
com
4* MERCURE DE FRANCË^
comme un oeuvre digne de sa pieté , de'
sa prudence, de sa qualité de Roi très-
Chrétien, & de Fils aîné de l'Eglise. En--
fin il propose le desiein d'une Inscription'
que l'on pourra graver íur le frontispice
de cet auguste édifice à la gloire du Mo
narque.
Ce seroit défigurer cette inscription ,
que de vouloir la mettre ici, après l'a
voir simplement entendue' reciter. Un
mot ou transposé , ou traduit peu correc.
tement 3lui feroit perdre son prix. Noos .
renvoyons. les Lecteurs à l'imprimé des
Discours, aufli.bien que pour les aqtres.
endroits que nous n'avons osé toucher.
Il est vrai que le papier n'aura pas tout'
l'agrément de l'action vive & animée }
mais en recompense il donnera le temps
de goûter à loisir ce que le feu de l'Ora
teur dérobe quelquefois à l'attention de
l'auditeur ; d'ailleurs ce n'est que dans
une lecture qu'on admire , comme il faut,
ces traits que k Pere de la Sante a sçû
rendre inimitables ; j'entends les caracte
res. Un caractere achevé dans l'éloquen
ce , & un portrait fini dans la peinture ,
ex kent le même sentiment, je veux dire,
ce cri d'applaudiísement universel causé
par l'agréable surprise de voir la copie
heureusement semblable en tout à l'ori
ginal. Telles étoient les acclamations
qu'on
JANVIER if 14. 47
qu'on donnoit à tous Ceux qu'a touché
l'Orateur dans le Discours Latin , dont il
feroit difficile de rendre la majesté & la
pureté de stile en François.
au College de Louis le Grand , fur la
longue durée de la. paix dont jouit la
France ? fous le Regne de Louis XV.
LE Decembre , le Pere de lai
Sante, Jésuite, l'un des Professeurs
de Rethorique , au College de Louis le
Grand , fit l'éloge de la Paix t dont joiiit
la France depuis plusieursannées, fous le
regne de Louis XV. La salle où se pafla
cette action ,étoit magnifiquement parée.
Ce discours fut prononcé .en prescnee de
M. le Cardinal dè ;Bilïy,de quantité de
Prélats , & de personnes de distinction ,
& il répond ;pa.rfaitetnent à la reputa
tion que s'£Ét' Acquit l'Auteur par d'au-
..E'a : . ' ; "«
7 AN VIE R. 1714. 39
tres íemblables Pieces d'Eloquence , dorçt
nous avons donné l'Extrait les années
precedentes.
' L'Orateur commence par insinuer ,
que comme chaque Roi de l'auguste
Maison de Bourbon , a merité un nom
dlstinctif , qui caracterise les principaux
évenemensde íà vie , chaque Regne de
vrait auffi avoir un nom particulier qui
le distinguat des autres. Sur ce principe
'il .voudrait qu'on appellât le regne de
tìenry I V. le regne de la clemence ,
celui de Louis X IH. le regne de la jus-
.cice , celui de Louis X 1 V. Je regne
de. la victoire , enfin celui de Louis
X V. le regne de la pai.x , puiíqu'elle
est née , puisqu'elle a crû avec ce Monar
que , & que vrai.semblablement elle diu
rera autant , ou plus que si*n regne.
Ce début conduit naturellement le Pa
negyriste à la division de iòn diícours,
où il prétend faire voir la naissance , le
progrès , & la durée de la derniere paix ,
dont il mesure en quelque íorte les disselens
âges, fus ceux même du Roi. Il
montre qu'elle a commencée íôus d'heujreux
auspices , qu'elle s'est avancée par
de sages conseils , qu'elle est íondée fur
4es conditions propres à la perpetuer.
Ces trois propositions partagent l'éloge
de la paix.
^0 MERCURE DE FRANCE.
.1/
Les commencemens de cette paix sem>;
îblent d'autant plus heureux à l'Orateur ,
qu'on entra en négociation dans un.tems
où la paix étoit plus ineíperée , &où elle
pouyoit être plus glorieuse &c plus avan
tageuse à la Francç.
.Paix inesperée , vô la difference de
caractere & d'interêt des nations qui
étoient alors en .guerre , &jque l'Orateur j
Concilie toutes , en les faisant. se regarder I
c.hacune par l'endroit le plus capable de
réiinir tant de genies .opposes , & en
leur faisant trouver un interêt commua
dans cette réunion. Cet endroit a été pour
l'habile Orateur , un de ces morceaux que
l'éloquence embellit de tout ce qu'elle
peut emprunter de la beauté du style , de
k délicateíse des pensées, de la solidité
des reflexions & de la vivacité de l'acr
tion.
Paix glorieuse , parce que ce n'est
qu'après nous être glorieusement relevez
de nos pertes par la victoire de Denain ,
par le recouvrement de la plupart de
nos places de Flandre f parla prise de
quelques.unes des plus fortes Villes de ï.
l'Allemagne qu'on a procedé tout de
bon à la paix generale, Ceci donne lieu à
un magnifique éloge du Maréchal de VilJ
ANVIER i7t4. 41
lars ,& à une élegante description de la
conference qu'il eut à Rastad avec le
Prmce Eugene , dont le caractere est
heureusement pris. L'Orateur fait un
gracieux paralelle de ces deux grands
Generaux avec Scipion & Annibal réunis
pour traiter de la paix ; mais il fait voir
l'avantage jqu'ont les deux Heros mo
dernes fur les deux anciens. Ce trait est
nouveau.
Enfin , paix avantageuse , vûlebeíôin
qu'en avoient les nations d'Europe , qui
toutes y ont trouvé leur compte , comme
l'Orateur le prouve , fie vu les conjonc
tures où elle a été negociée , c'est.à.dire,
quand la France étoit íùr le point de per
dre un grand Roi , & à là veille d'une
minorité ., source seconde de troubles ,
íîir tout quand le Royaume n'est pas en
paix au dehors.
.Rien de plus intereilânt pour le Roi ,
que la conclusion de cette premiere par-
Eie. L'Orateur felicite ce Prince d'avoir
goûté les prémices de la paix aveccelles
du Trône ; en cela plus heureux qu'Au
guste , qui ne put jouir des douceurs de
la paix que íûr la fin de íòn Empire , en
core fut-ce une paix achetée au prix de
bien des cruautez , au lieu que celle ci
n'a point coûté de sang au Roi , qui l'a
vûë naî;re avec lui , & a eu le bonheur
C d'à
4* MERCURE DE FRANCE.
d'avoir ce crait de ressemblance avec 1$
Roi des Rois , donc il est la viye image
fur lacerre.
Ce premier poinc ne rapprochanc que
des objets pour la plupart éloignés , avpit
besoin de couce l'adrefle & de touce l'é
loquence de l'Orateur , pour être recíi
aussi favorablement qu'U l'a été.
Il'
Le íêcond est beaucoup plus piquant , ij[
a les gfaces de la nouveauté par la proxi
mité des choies qu'on y traite. L'Orateur
y peint les progrès merveilleux que fit
la paix , par les foins du feu Duc d'Or
leans. Il represente ce Prince comme uç
habile & grand politique , qui fait ser
vir à la paix un rare genie soutenu d'une
admirable fermeté d'ame ; genie qu'il em.
ploye à presenter íàns cesle de nouvel
les amorces de paix 5 fermeté dont il use
pour en écarter les obstacles.
Le premier article est un portrait na
turel de cet heureux genie occupé à exa
miner & £ connoître à fond les divers in
terêts des Puislances étrangeres , à pene
trer leurs yûès , à discerner le fort & le
foible de chaque nation , à les amener
toutes par differentes voyes à son but ,
à se rendre lui.même impenetrable aux
esprits les plus clair.voyans , à déguiser
JANVIER i724, 4j
iles plus importans projets fous un air
aisé, ou vert & ingenu i à couvrit ses
desseins d'un eípece de jeu i à faire du
secret fame- de ses entreprises , & à in
spirer la même dexterité, la même sageslè,
& la même aisance à. tous ceux qui le
servoient dans les négociations de paix.
Le íecond article est une peinture alle
gorique, mais des plus brillantes de la ma
noeuvre que fit cet habile Pilote qui tint
toujours ferme le gouvernail ,qui sembla
.«'être rendu maître des .vents , qui lçut le
grand art de prévenir -ou d'écarter les tem
pêtes , d'éviter ou de bxaver les écueils,
d'entretenir le calme & de conduire ion
vaiíîeau à bon port.
La mort de ce grand Prince , les lar
mes de la pieuse Princesse , son épouse ,
les regrets d'un auguste fils , si digne de
íâ tendreíïe , & si cher à toute la France,
terminent ces deux articles qui furent
maniés par le Panegyriste avec une fi
nesse d'expressions , & un goût de pen
sées , dont l'Assemblée fit l'éloge par ses
applaudissemens. Il retombe eníuite íur
l'heureux choix qu'a fait le Roi de
Monsieur le Duc, pour remplacer le Prin-
.ce-, que la France vient de perdre. Le ca
ractere de cet auguste Ministre n'e<t des
plus brillans que parce qu'il est vrai. Ou*
»tie plusieurs grandes quaU'ez dont l'ex.
C i) trait
44. MERCURE DE FRANCE. .
trait íèroit trop long , il prouve sa bonté
pour le peuple par le premier usage qu'il
a fait de sa nouvelle autorité,pour le sou
lager , son discernement pour le vrai me
rite, & son amour pour la justice, parle
soin qu'il a eu de presenter au Roi un di
gne sujet pour mettre à la tête du pre
mier Parlement du ;Royaume. Tout le
monde a reconnu avec d'autant plus de
plaisir cet illustre Magistrat au portrait
tracé par l'Orateur , qu'il l'avoit orné de
ses veritables couleurs, & qu'il l'avoit
placé dans le jour , où M. de Novion ,
bien qu'ennemi de la louange , ai meroíc
luí.meme à se reconnoître . U finit ce se
cond point par la douce esperance dont
il flatte ses Auditeurs , que Monsieur le
Duc mettra la derniere main au grand
ouvrage de la paix , si fort avancé par le:
genie & la fermeté de son Predecesseur
de glorieuse mémoire. s
[ U I.
La troisième partie ne cede en rien à
la seconde , quoi qu'elle semble beau
coup moins fournir à l'éloquence de
l'Orateur. Il y parle des fondemens fur
lesquels est appuyée la paix , & qui la
doivent rendre durable > il les reduit à
trois principaux .. i°. à l'exacte fidelité
ayee laquelle les Puissances intéressée*
JANVIER ïfî4V 4?
observent les conventions & les traitez
reglez entr'elles. i°. Aux Alliances con
tractées entre les Maisons des Souverains
& des Princes. Aux congrès pacifi
ques établis pour donner à la' paix la der
niere perfection , & en prévenir la rup
ture. . ^
Comme' nous apprenons que lé di£
cours de l'Auteur est fous la preste, 8c
va bien-tôt paroître , nous n'entrerons
point dans les preuves de ces trois arti
cles. Qu'il nous soit feulement permis.
d'ajoûter un mot fur la conclusion de toute
la Piece. C'est une idée des plus inge
nieusement imaginées Se des plus. noble
ment remplies. L'on y represente les
Plenipotentiaires des Couronnes > envoyés
à Cambray, comme d'excellens Ouvriers
qui travaillent à la structure du Temple
de la Paix, où- chacun d'eux pose fa pierre,
jusqu'à ce que ce grand ouvrage projette
par un second David , soit consommé
par le pacifique Salomon, c'est.à.dire,
par le Roi , que l'Auteur invite à conía
crer ce monument au Dieu de la paix ,
& d'y réunir par les liens sacrez de la
même Religion tous les François , &c
tous les autres Peuples , en sorte qu'il
n'y ait plus qu'une feule bergerie 6c un
seul Pasteur. Il lui fait envisager cette
double paix de l'Eglise & de l'Europe ,
com
4* MERCURE DE FRANCË^
comme un oeuvre digne de sa pieté , de'
sa prudence, de sa qualité de Roi très-
Chrétien, & de Fils aîné de l'Eglise. En--
fin il propose le desiein d'une Inscription'
que l'on pourra graver íur le frontispice
de cet auguste édifice à la gloire du Mo
narque.
Ce seroit défigurer cette inscription ,
que de vouloir la mettre ici, après l'a
voir simplement entendue' reciter. Un
mot ou transposé , ou traduit peu correc.
tement 3lui feroit perdre son prix. Noos .
renvoyons. les Lecteurs à l'imprimé des
Discours, aufli.bien que pour les aqtres.
endroits que nous n'avons osé toucher.
Il est vrai que le papier n'aura pas tout'
l'agrément de l'action vive & animée }
mais en recompense il donnera le temps
de goûter à loisir ce que le feu de l'Ora
teur dérobe quelquefois à l'attention de
l'auditeur ; d'ailleurs ce n'est que dans
une lecture qu'on admire , comme il faut,
ces traits que k Pere de la Sante a sçû
rendre inimitables ; j'entends les caracte
res. Un caractere achevé dans l'éloquen
ce , & un portrait fini dans la peinture ,
ex kent le même sentiment, je veux dire,
ce cri d'applaudiísement universel causé
par l'agréable surprise de voir la copie
heureusement semblable en tout à l'ori
ginal. Telles étoient les acclamations
qu'on
JANVIER if 14. 47
qu'on donnoit à tous Ceux qu'a touché
l'Orateur dans le Discours Latin , dont il
feroit difficile de rendre la majesté & la
pureté de stile en François.
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Résumé : EXTRAIT d'un Discours Latin prononcé au College de Louis le Grand, sur la longue durée de la paix dont jouit la France, sous le Regne de Louis XV.
En décembre, un jésuite et professeur de rhétorique au Collège de Louis le Grand prononça un discours élogieux sur la longue paix dont jouissait la France sous le règne de Louis XV. Cet événement eut lieu en présence du Cardinal de Bissy, de nombreux prélats et personnes de distinction. L'orateur suggéra que chaque règne des Bourbons devrait avoir un nom distinctif, proposant d'appeler celui de Louis XV le 'règne de la paix'. Il divisa son discours en trois parties : la naissance, le progrès et la durée de cette paix. L'orateur souligna que les négociations de paix commencèrent à un moment inattendu et particulièrement glorieux pour la France. Il mentionna la victoire de Denain et le recouvrement des places de Flandre comme préludes à la paix générale. Il fit également un parallèle entre les maréchaux Villars et le Prince Eugène, les comparant à Scipion et Hannibal. La paix était avantageuse pour toutes les nations d'Europe, qui y trouvèrent leur compte. L'orateur félicita Louis XV d'avoir goûté les prémices de la paix dès le début de son règne, le comparant à Auguste qui n'en jouit qu'à la fin de son empire. Le discours détailla ensuite les progrès de la paix sous l'influence du Duc d'Orléans, décrit comme un habile politique. Après la mort du Duc, l'orateur loua le choix du Roi de nommer le Duc de Bourbon pour le remplacer. Il mentionna trois principes de la paix : la fidélité aux conventions, les alliances entre souverains et les congrès pacifiques. Le discours se conclut par une métaphore des plénipotentiaires travaillant à la construction du 'Temple de la Paix', invitant le Roi à consacrer cet ouvrage au Dieu de la paix et à unir tous les peuples sous une même religion. L'orateur proposa une inscription pour ce monument, dont la récitation exacte est renvoyée à l'impression du discours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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527
p. 122-123
Turquie.
Début :
L'Envoyé du Roy de Perse à Constantinople, eut audience du Grand [...]
Mots clefs :
Perse, Grand vizir, Troupes, Roi de Perse, Géorgie, Constantinople
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texteReconnaissance textuelle : Turquie.
Turquie.
L'Envoyé du Roy de Perse à ConfV
tantinople , eut audience du Grand'
Visir au commencement de l'autre mois*
Il se plaignit de Pentrée des Troupes du
G. S. dans la Georgie , & dans d^iutres.
Provinces de la Perse. Ce Premier Mi
nistre lui répondit que S. H. s'étoit çrûe
obligée de s'aíTurer de ces Provinces pour
. arrêter le progrès des Troupes du Czar*.
dont la grande puissance causoit de l'om
brage à la Porte. Le G. V. a asíuré cet
Envoyé que S. H. ne feroit retirer ses
troupes , que lorsque le Roy de Perse së
íèroit mis à sa discretion , & qu'il n'anïoit
plus de liaison particuliere avec S»'
Majesté Czarienne.
On aslure que l'armée Othomane , qui
est commandée par Hassan , Eacha de'
Bag ht , s'est emparée de Schirmanshacn.
&í de Hamedan , Villes coníiderables fur
la route d'Ispahan ; que l'autre armée du
Grand
S ÁNVI £R 1724. 123
Grand Seigneur , de 40000 hommes ,
commandée par le Bacha de Baslòra t
fils du Bacha Haslàn , est entrée dans la
Province dé Schiwan , & qu'elle íe dis
pose à faire le siege d'Erivan , après s'ê
tre emparée de la Ville de Gangia.
La troisième armée du G. S. comman
dée par Achmet ,. Bacha , est en Georgie
où elle a fait de très.grands progrès , &
. on croit qu'elle va marcher vers la Ca
pitale de la Perse. L'armée de l'Usurpa
teur Miry.Mamouth , n'est, dit-on , com
posée que de 30000. hommes.
Quelques lettres portent qu'une partie
des troupes du Grand Seigneur qui avoient
penetré dans la Georgie , avoient été atta
quées par celles du Roy de Perse ; que
ces dernieres avoient eu l'avantage, &
que les Turcs avoient été contraints de.
& retirer du côté de Tiflis.
On mande de Constantinople que il
le Divan prend la réíolution de declarer
la guerre à la Russie,on arborera la gran
de queue de cheval dès que le Grand Viíìr
sera prêt à partir peur aller se mettre
à la tète de l'armée qui sera, dit.on , com
posée de izocoo; hommes, outre 4 5 000.
Tartares.
On ajoute que Gianum Coggia, estr
en gr nde faveur à la Porte, qu'il a 1*
direction des aífaires de la Marine, &
qx'ii est admis au Divan.
L'Envoyé du Roy de Perse à ConfV
tantinople , eut audience du Grand'
Visir au commencement de l'autre mois*
Il se plaignit de Pentrée des Troupes du
G. S. dans la Georgie , & dans d^iutres.
Provinces de la Perse. Ce Premier Mi
nistre lui répondit que S. H. s'étoit çrûe
obligée de s'aíTurer de ces Provinces pour
. arrêter le progrès des Troupes du Czar*.
dont la grande puissance causoit de l'om
brage à la Porte. Le G. V. a asíuré cet
Envoyé que S. H. ne feroit retirer ses
troupes , que lorsque le Roy de Perse së
íèroit mis à sa discretion , & qu'il n'anïoit
plus de liaison particuliere avec S»'
Majesté Czarienne.
On aslure que l'armée Othomane , qui
est commandée par Hassan , Eacha de'
Bag ht , s'est emparée de Schirmanshacn.
&í de Hamedan , Villes coníiderables fur
la route d'Ispahan ; que l'autre armée du
Grand
S ÁNVI £R 1724. 123
Grand Seigneur , de 40000 hommes ,
commandée par le Bacha de Baslòra t
fils du Bacha Haslàn , est entrée dans la
Province dé Schiwan , & qu'elle íe dis
pose à faire le siege d'Erivan , après s'ê
tre emparée de la Ville de Gangia.
La troisième armée du G. S. comman
dée par Achmet ,. Bacha , est en Georgie
où elle a fait de très.grands progrès , &
. on croit qu'elle va marcher vers la Ca
pitale de la Perse. L'armée de l'Usurpa
teur Miry.Mamouth , n'est, dit-on , com
posée que de 30000. hommes.
Quelques lettres portent qu'une partie
des troupes du Grand Seigneur qui avoient
penetré dans la Georgie , avoient été atta
quées par celles du Roy de Perse ; que
ces dernieres avoient eu l'avantage, &
que les Turcs avoient été contraints de.
& retirer du côté de Tiflis.
On mande de Constantinople que il
le Divan prend la réíolution de declarer
la guerre à la Russie,on arborera la gran
de queue de cheval dès que le Grand Viíìr
sera prêt à partir peur aller se mettre
à la tète de l'armée qui sera, dit.on , com
posée de izocoo; hommes, outre 4 5 000.
Tartares.
On ajoute que Gianum Coggia, estr
en gr nde faveur à la Porte, qu'il a 1*
direction des aífaires de la Marine, &
qx'ii est admis au Divan.
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Résumé : Turquie.
En Turquie, l'envoyé du roi de Perse a rencontré le Grand Visir à Constantinople pour protester contre l'entrée des troupes ottomanes en Géorgie et dans d'autres provinces persanes. Le Grand Visir a justifié cette occupation par la nécessité de contrer l'avancée des troupes russes. Il a assuré que les troupes ottomanes ne se retireraient que lorsque le roi de Perse serait sous la discrétion du sultan et n'aurait plus de liens avec la Russie. L'armée ottomane, dirigée par Hassan, Eacha de Bagdad, a pris les villes de Schirmanshah et Hamedan sur la route d'Ispahan. Une autre armée de 40 000 hommes, commandée par le Bacha de Basra, a pénétré en province de Schiwan et se prépare à assiéger Erivan après avoir pris Gangia. Une troisième armée, dirigée par Achmet Bacha, opère en Géorgie et avance vers la capitale perse. L'armée de l'usurpateur Miry Mamouth est estimée à 30 000 hommes. Des rapports indiquent que des troupes ottomanes en Géorgie ont été attaquées par les forces persanes, qui ont pris l'avantage et repoussé les Turcs vers Tiflis. À Constantinople, le Divan a décidé de déclarer la guerre à la Russie. Une armée de 120 000 hommes, renforcée par 45 000 Tartares, se prépare sous le commandement du Grand Visir. Gianum Coggia, en grande faveur à la Porte, dirige les affaires de la marine et est admis au Divan.
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529
p. 151-152
De Perse.
Début :
Les Lettres d'Isaphan portent qu'on esperoit d'y rendre inutiles les projets du Prince [...]
Mots clefs :
Troupes, Sultan, Prince, Perse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Perse.
\D E P E R S E .
LEs Lettres d'Ispahan portent qu'on espe*
roit d'y rendre inutiles les projets du Prin
ce- Thamas, qui en se rendant seudataire du
Grand Mogol, en cas qu'il puifle re- ' onter
fur le Trône de ses ancêtres , a engagé ce
Prince à mettre fur pied deux Armées trésnombreuses
, qui doivent marcher au Printems
prochain vers les Frontières de Perse;
On espère auísr que le Grand Seigneur envoyera
une Ambassade au Grand Mogol , pour
le détourner de faire aucune entreprise sur la
Perse , & pour lui proposer quelque accommo
dement en faveur du Prince Thamas, auquel
oh assure qu'il a donné une £e ses filles en
Mariage.
Le.Commercc d'Ispahan est entièrement ín--
terrompuî >
1?* MERCURE DE FRANCÉ.
tersotnpa ; la misère du Peuple y estextrêmè «
& personne n'ose entreprendre d'y envoyer
des Marchandises , ni d'en faire venir , à cause'
du grand nombre de brigands qui font fur les
chemins , & qui piíient les Caravann'es. QuoiÎue
les Magazins des Negocians d'Europe'
oient vuides , & que leuis Facteurs foienc
présentement inutiles , le Sultan Acheraf con
tinue cependant de leur faire payer très- sou
vent des taxes considérables pour fe conserver
deux Généraux de ses troupes , dont il auroic
touc à craindre s'il ne contentoit pas leur ava
rice. Les Troupes du Sultan Acheraf sont en'
quartiers dans les environs d'Ifpahan , & elles
peuvent se rafferabler en deux foij vingt- qua«*
tíe heures, pour former une Armée de cirv:
quante à soixante- mille hommes.
LEs Lettres d'Ispahan portent qu'on espe*
roit d'y rendre inutiles les projets du Prin
ce- Thamas, qui en se rendant seudataire du
Grand Mogol, en cas qu'il puifle re- ' onter
fur le Trône de ses ancêtres , a engagé ce
Prince à mettre fur pied deux Armées trésnombreuses
, qui doivent marcher au Printems
prochain vers les Frontières de Perse;
On espère auísr que le Grand Seigneur envoyera
une Ambassade au Grand Mogol , pour
le détourner de faire aucune entreprise sur la
Perse , & pour lui proposer quelque accommo
dement en faveur du Prince Thamas, auquel
oh assure qu'il a donné une £e ses filles en
Mariage.
Le.Commercc d'Ispahan est entièrement ín--
terrompuî >
1?* MERCURE DE FRANCÉ.
tersotnpa ; la misère du Peuple y estextrêmè «
& personne n'ose entreprendre d'y envoyer
des Marchandises , ni d'en faire venir , à cause'
du grand nombre de brigands qui font fur les
chemins , & qui piíient les Caravann'es. QuoiÎue
les Magazins des Negocians d'Europe'
oient vuides , & que leuis Facteurs foienc
présentement inutiles , le Sultan Acheraf con
tinue cependant de leur faire payer très- sou
vent des taxes considérables pour fe conserver
deux Généraux de ses troupes , dont il auroic
touc à craindre s'il ne contentoit pas leur ava
rice. Les Troupes du Sultan Acheraf sont en'
quartiers dans les environs d'Ifpahan , & elles
peuvent se rafferabler en deux foij vingt- qua«*
tíe heures, pour former une Armée de cirv:
quante à soixante- mille hommes.
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Résumé : De Perse.
Le texte décrit des tensions politiques et économiques en Perse et en Inde. Le Prince Thamas, allié au Grand Mogol, a préparé deux armées pour une possible offensive contre la Perse au printemps. Les autorités persanes espèrent qu'une ambassade du Grand Seigneur dissuadera le Grand Mogol et proposera un accord en faveur de Thamas, qui épouserait une fille du Grand Seigneur. À Ispahan, le commerce est interrompu en raison de la misère du peuple et de la présence de brigands sur les routes, dissuadant les marchands d'envoyer ou de recevoir des marchandises. Malgré les magasins vides et les facteurs inutiles, le Sultan Acheraf impose des taxes élevées pour maintenir deux généraux. Les troupes du Sultan sont stationnées près d'Ispahan et peuvent rapidement former une armée de 40 000 à 60 000 hommes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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530
p. 152-154
TURQUIE ET AFRIQUE.
Début :
Les Regences de Tripoli & de Tunis, ne sont point broüillées avec le Grand Seigneur [...]
Mots clefs :
Tunis, Régence
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET AFRIQUE.
T U R. Q_U í E E T A F F R I Q^U E
LEs Régences de Tripoli & de Tunis, ne?
font point brouillées avec le Grand Sei
gneur , comme le bruit s'en étoit répandu , 8c
Sa Hautesse vient de les assurer de nouveau de
fa protection. On est dans la crainte d-'uné ré
volte g.enerale eiv Egypte, dont les Pachas
oppriment les Peuples , fans leur rendre au
cune justice dans la repartition des impositions.
Le bruit s'est répandu à Constantinople , que
les Turcs ont remporté une victoire complette
fur les rebelles- d'Hgypte, dont il est resté en
viron 40000. fur le Champ de bataille.
On écrit d'Alger, que le Bey de cette Ré
gence avoit fait dire au Commandant des trois
Vaisseaux de Guerre Holhndoisf, qui ont porté
cette année à H Régence ses présens des Etats
Généraux, qu'il n'étoit pa* content de ces
JANVI E R. I7?«. 15 $
frésensj que k Divan les avoit trouye? d'.une
valeur beaucoup inférieure à celle des présens
que la République étoit convenue d'envoyer
tous les ans: lé Commandant ayant pv,omis
que ceux de Tannée prochaine seroient beau
coup plus considérables , le Bey l'assura que
la Régence n'avoit aucun deflèin de violer les
conventions faites avec la République d'Hol
lande , mais qu'elle exigeoit que les itats Gé
néraux & leurs sujets Negocians cessaient de
prêter le Pavillon Hollandois aux Espagnols j
Portugais & Italiens , avec lesquels les Alger
riens sont en guerre, ainsi que cela étoit arri
vé , même depuis trois mois. Ce fut à cette
condition que le Bey fit rendre à ce Comman
dant les effets qui avoient été pris fur un Vais
seau Hollandois vers la fin d'Octobre dernier.
On a apris de Tanger , que Muley-Abdala
«toit actuellement paisible poíksseur des Royau
mes de Maroc & de Fez i que les Blancs & les
•Noirs lui avoient prêté serment de fidélité , Sr ,
que n'ayant que le Royaume de Sus à conqué
rir , on croyoit qu'il rétabliroit bien-tôt fa ré
sidence à Miquenez j que le bruit couroit qu'il
alloit recommencer les Sièges de Ceuta & de
Mellilla.» pour occuper une partie de ses
Troupes , qui dans l'inaction pourroient lui
devenir infidelles ; ces Lettres ajoutent , que ce
Prjnce traitoit les Esclaves Chrétiens avec
beaucoup d'humanité, & qu'il avoit déja don
né la liberté 3 plusieurs d'entre euxi dont ses
services lui avoient été agréables.
On écrit de Tunis , que le Bey de cette Ré
gence s'étoit rendu à Sous* , pour en fajre
rérablir les fortifications qui avoient été ncfligces
depuis plusieurs années , il prétend en
aire une boune Place , & y établit le Com
merce.
7,54 MERCURE DE FRANCE,
merce. La même Régence a envoyé des Dé
putez à celle de /Tripoli , pour . travailler au
jreglement de leurs limites.
Les dernieres Lettres de Tunis portent que
le Bey de cette Ville avoit remporté une vic
toire complète fur le rebelle Ali-Pacha , son
/Neveu , & que s'étant emparé des hauteurs
& des passages des Montagnes , oii s'étoit
retiré le reste des rebelles , ils a voient demandé
à capituler , ce qu'on leur avoit accorde' ; de
Ibrte que cette Régence jouissoit préserfKmeiït
d'une profonde tranquillisé»
LEs Régences de Tripoli & de Tunis, ne?
font point brouillées avec le Grand Sei
gneur , comme le bruit s'en étoit répandu , 8c
Sa Hautesse vient de les assurer de nouveau de
fa protection. On est dans la crainte d-'uné ré
volte g.enerale eiv Egypte, dont les Pachas
oppriment les Peuples , fans leur rendre au
cune justice dans la repartition des impositions.
Le bruit s'est répandu à Constantinople , que
les Turcs ont remporté une victoire complette
fur les rebelles- d'Hgypte, dont il est resté en
viron 40000. fur le Champ de bataille.
On écrit d'Alger, que le Bey de cette Ré
gence avoit fait dire au Commandant des trois
Vaisseaux de Guerre Holhndoisf, qui ont porté
cette année à H Régence ses présens des Etats
Généraux, qu'il n'étoit pa* content de ces
JANVI E R. I7?«. 15 $
frésensj que k Divan les avoit trouye? d'.une
valeur beaucoup inférieure à celle des présens
que la République étoit convenue d'envoyer
tous les ans: lé Commandant ayant pv,omis
que ceux de Tannée prochaine seroient beau
coup plus considérables , le Bey l'assura que
la Régence n'avoit aucun deflèin de violer les
conventions faites avec la République d'Hol
lande , mais qu'elle exigeoit que les itats Gé
néraux & leurs sujets Negocians cessaient de
prêter le Pavillon Hollandois aux Espagnols j
Portugais & Italiens , avec lesquels les Alger
riens sont en guerre, ainsi que cela étoit arri
vé , même depuis trois mois. Ce fut à cette
condition que le Bey fit rendre à ce Comman
dant les effets qui avoient été pris fur un Vais
seau Hollandois vers la fin d'Octobre dernier.
On a apris de Tanger , que Muley-Abdala
«toit actuellement paisible poíksseur des Royau
mes de Maroc & de Fez i que les Blancs & les
•Noirs lui avoient prêté serment de fidélité , Sr ,
que n'ayant que le Royaume de Sus à conqué
rir , on croyoit qu'il rétabliroit bien-tôt fa ré
sidence à Miquenez j que le bruit couroit qu'il
alloit recommencer les Sièges de Ceuta & de
Mellilla.» pour occuper une partie de ses
Troupes , qui dans l'inaction pourroient lui
devenir infidelles ; ces Lettres ajoutent , que ce
Prjnce traitoit les Esclaves Chrétiens avec
beaucoup d'humanité, & qu'il avoit déja don
né la liberté 3 plusieurs d'entre euxi dont ses
services lui avoient été agréables.
On écrit de Tunis , que le Bey de cette Ré
gence s'étoit rendu à Sous* , pour en fajre
rérablir les fortifications qui avoient été ncfligces
depuis plusieurs années , il prétend en
aire une boune Place , & y établit le Com
merce.
7,54 MERCURE DE FRANCE,
merce. La même Régence a envoyé des Dé
putez à celle de /Tripoli , pour . travailler au
jreglement de leurs limites.
Les dernieres Lettres de Tunis portent que
le Bey de cette Ville avoit remporté une vic
toire complète fur le rebelle Ali-Pacha , son
/Neveu , & que s'étant emparé des hauteurs
& des passages des Montagnes , oii s'étoit
retiré le reste des rebelles , ils a voient demandé
à capituler , ce qu'on leur avoit accorde' ; de
Ibrte que cette Régence jouissoit préserfKmeiït
d'une profonde tranquillisé»
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Résumé : TURQUIE ET AFRIQUE.
En 1798, les régences de Tripoli et de Tunis sont en paix avec le Grand Seigneur, qui leur a renouvelé sa protection. En Égypte, les Pachas oppressent la population et une révolte est redoutée. Les Turcs ont vaincu les rebelles égyptiens, causant environ 40 000 morts. À Alger, le Bey se plaint de la faible valeur des présents des États Généraux hollandais et exige que les Hollandais cessent de prêter leur pavillon à des nations ennemies. Le Bey a libéré des effets pris sur un vaisseau hollandais sous condition. Au Maroc, Muley-Abdallah règne pacifiquement sur les royaumes de Maroc et de Fez et traite les esclaves chrétiens avec humanité. À Tunis, le Bey a renforcé les fortifications de Sousse et envoyé des députés à Tripoli pour régler leurs limites. Il a également vaincu le rebelle Ali-Pacha, son neveu, restaurant ainsi la tranquillité dans la régence.
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531
p. 158
ALLEMAGNE.
Début :
Les Juifs ont offert à l'Empereur de lui faire un prêt de quatre cent mille Florins, dans [...]
Mots clefs :
Capitaine, Roi, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
Allemagne.
LEs Juifs ont offert àTEmpereur de lui faire
un prêt de quatre cent mille Florins , dans,
l'efperance d'obtenir la révocation de l'Edic
publié à Prague en 1717- par lequel il r/est per
mis qu'aux aîncz des familles Juives de se ma
rier.
Il y a dans le Palatinat & aux environs une
Troupe de Mendians & d'autres gens fans aveu,
qui mettent le feu aux Granges des Faisans
qui leur refusent retraite. Ils brûlèrent il y
a quelques jours une Ferme tres - considéra
ble , qui appartient à l' Abbesse de Gravent-
Raindorff. On en a déja arrêté plusieurs qui
doivent être exécutez dans quelques jours , &
l'on a envoyé divers détacheroens de Troupes
contre les autres.
On apprend de Dresde que le Régiment des
grands Grenadiers du Roy de Pologne sera,
bien- tôt complet , par les foins que l'on prend
de lui envoyer de plusieurs endroits des hom
mes d'une taille extraordinaire. Outre cette
Troupe qui sera une des plus belles de l'Europe,
on va former une Compagnie de deux cens
Erands Mousquetaires > tous Gentilhommes,
e Roy en fera le Capitaine > & le Prince Lui
bornirsHy Capitaine- Lieutenants
LEs Juifs ont offert àTEmpereur de lui faire
un prêt de quatre cent mille Florins , dans,
l'efperance d'obtenir la révocation de l'Edic
publié à Prague en 1717- par lequel il r/est per
mis qu'aux aîncz des familles Juives de se ma
rier.
Il y a dans le Palatinat & aux environs une
Troupe de Mendians & d'autres gens fans aveu,
qui mettent le feu aux Granges des Faisans
qui leur refusent retraite. Ils brûlèrent il y
a quelques jours une Ferme tres - considéra
ble , qui appartient à l' Abbesse de Gravent-
Raindorff. On en a déja arrêté plusieurs qui
doivent être exécutez dans quelques jours , &
l'on a envoyé divers détacheroens de Troupes
contre les autres.
On apprend de Dresde que le Régiment des
grands Grenadiers du Roy de Pologne sera,
bien- tôt complet , par les foins que l'on prend
de lui envoyer de plusieurs endroits des hom
mes d'une taille extraordinaire. Outre cette
Troupe qui sera une des plus belles de l'Europe,
on va former une Compagnie de deux cens
Erands Mousquetaires > tous Gentilhommes,
e Roy en fera le Capitaine > & le Prince Lui
bornirsHy Capitaine- Lieutenants
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Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne, les Juifs ont sollicité l'Empereur pour un prêt de quatre cent mille florins afin d'obtenir la révocation de l'édit de 1717, qui limite les mariages aux aînés des familles juives. Dans le Palatinat, des mendiants et des personnes sans aveu incendient les granges des fermiers refusant de les accueillir. Une ferme de l'Abbesse de Gravent-Raindorff a été touchée, et plusieurs suspects arrêtés doivent être exécutés. Des troupes ont été déployées pour capturer les autres responsables. À Dresde, le régiment des grands grenadiers du roi de Pologne sera bientôt complet grâce à l'arrivée de nouvelles recrues de grande taille. Par ailleurs, une compagnie de deux cents grands mousquetaires, tous gentilshommes, est en formation. Le roi en sera le capitaine, et le prince héritier sera capitaine-lieutenant.
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532
p. 158-159
ITALIE.
Début :
On apprend de Rome que la veille de Noël les Cardinaux qui étoient restez au Palais [...]
Mots clefs :
Turcs, Soldats, Rivière, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
Italie.
s~\ N apprend de Rome que la veille de Noël
V^/ les Cardinaux qui étoient restez au Palais
du Vatican , pour assister à l'Office de la nuit ,
furent traitez magnifiquement ; ils entendirent
pnfuite les Matines & la Mejse de Minuit, que
- J A N VI E R. 17 3.0. 1 5*
Je Pape célébra pontificalement, ainsi que celle
íiu jour de la t ète. Entre les deux grandes Mes
ses Sa Sainteté en dit une basle,pendant laquel
le elle lacra le Père Manara, Barnabite ,de Savoye
, nouvel Evêque d'AIexandriedelaPaille.
Une Compagnie de Marchands de diverses
Villes d'Italie ont fait présenter par le Baron
Tinti un Proiet pour faire creuser un Canal, par
le moyen duquel les eaux de l'Adige s'ecou-
Jerontplus alternent, & cette Rivière devien
dra navigable jusqu'à Ostiglia;ce qui íeroit fa-
Vofableau commerce de Trieste, parce quon y
pourroit transporter par tau des Marchandi
ses de plusieurs Villes d'Italie, ils demandent
que pour les dédommager des dépenses qu'ifs
auront faites pour ce Canal, on leur accorde
pendant dix années les péages qu'on levé fur
cette Rivière.
On écrit de Florence que deux Galiotes dçs
Côtes de Barbarie ont fait depuis peu une des
cente du côté de Recoieggio; & lur le point da
jour les Turcs qui étoient restez lur ces deux
Bâtimens ayant feint de se battre & tiré plusieurs
coups de Fusil , des gens du pais & plusieurs
Soldats de la Garnison de lJorto-Vecchio ac
coururent sur ce rivage pour être spectateurs
du combat. Sept Soldats qui s'étoient trop
avancez furent envelopez & faits esclaves par
les Turcs qui étoient à terre,
s~\ N apprend de Rome que la veille de Noël
V^/ les Cardinaux qui étoient restez au Palais
du Vatican , pour assister à l'Office de la nuit ,
furent traitez magnifiquement ; ils entendirent
pnfuite les Matines & la Mejse de Minuit, que
- J A N VI E R. 17 3.0. 1 5*
Je Pape célébra pontificalement, ainsi que celle
íiu jour de la t ète. Entre les deux grandes Mes
ses Sa Sainteté en dit une basle,pendant laquel
le elle lacra le Père Manara, Barnabite ,de Savoye
, nouvel Evêque d'AIexandriedelaPaille.
Une Compagnie de Marchands de diverses
Villes d'Italie ont fait présenter par le Baron
Tinti un Proiet pour faire creuser un Canal, par
le moyen duquel les eaux de l'Adige s'ecou-
Jerontplus alternent, & cette Rivière devien
dra navigable jusqu'à Ostiglia;ce qui íeroit fa-
Vofableau commerce de Trieste, parce quon y
pourroit transporter par tau des Marchandi
ses de plusieurs Villes d'Italie, ils demandent
que pour les dédommager des dépenses qu'ifs
auront faites pour ce Canal, on leur accorde
pendant dix années les péages qu'on levé fur
cette Rivière.
On écrit de Florence que deux Galiotes dçs
Côtes de Barbarie ont fait depuis peu une des
cente du côté de Recoieggio; & lur le point da
jour les Turcs qui étoient restez lur ces deux
Bâtimens ayant feint de se battre & tiré plusieurs
coups de Fusil , des gens du pais & plusieurs
Soldats de la Garnison de lJorto-Vecchio ac
coururent sur ce rivage pour être spectateurs
du combat. Sept Soldats qui s'étoient trop
avancez furent envelopez & faits esclaves par
les Turcs qui étoient à terre,
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Résumé : ITALIE.
En 1730, à Rome, la veille de Noël, les cardinaux ont été reçus au Palais du Vatican et ont assisté aux Matines et à la Messe de Minuit célébrées par le Pape. Le jour de Noël, le Pape a célébré une grande messe et a consacré le Père Manara, Barnabite de Savoie, nouvel évêque d'Alexandrie de la Paille. À Mantoue, une compagnie de marchands italiens, représentée par le Baron Tinti, a proposé de creuser un canal pour rendre la rivière Adige navigable jusqu'à Ostiglia, facilitant ainsi le commerce avec Trieste. Ils ont demandé en échange les péages levés sur cette rivière pendant dix ans pour couvrir leurs dépenses. Par ailleurs, à Florence, deux galiotes des Côtes de Barbarie ont effectué une descente près de Recoieggio. Les Turcs à bord de ces navires ont simulé un combat, attirant des spectateurs locaux et des soldats. Sept soldats, trop avancés, ont été capturés et réduits en esclavage par les Turcs présents sur la terre.
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533
p. 168-169
ESPAGNE.
Début :
On mande de Seville que le premier de ce mois, les Ministres Plenipotentiaires du [...]
Mots clefs :
Roi, Alliance, Traité de paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
Es p a c n e.
ON mande de Seville que le premier de ce
mois , les Ministres Plénipotentiaires du
S.oi Très Chrétienne S. M. Catholique , & du
Roy d'Angleterre ». y firent, l'échange des iatir.
> ikations
JANVTER". 1730: Y**1
ftcations du Traité de Paix , d'union , d'amitié
& d'alliance deffensive , conclu dans la méme
Ville le 9 du mois de Novembre dernier , onattend
dans quelques jours un pareil acte d'é
change de ratification de la part des Etats Gé
néraux des Provinces unies, dont l' Ambassa
deur Extraordinaire &Plènipotentiare a accédé
à ce Traité le i 1 du même mois.
On a appris de Lisbonne que le iî Novem
bre un Vaisseau chargé pour le compte des Fer--
miers du Tabac, fut entièrement brûlé, ri per
sonnes y ont péri. II s'apelloit le S. Gabriel.
Le 5» de ce mois , le Marquis de Erancaí
Ambassadeur du Roy Très Chrétien , termina
les Fêtes qu'il a données à SeviUe , à l occasion
de la Naissance dû Dauphin , par un très- beau
Feu d'Artifice qui fut tiré vis-â-vis le Collège
Royal de S. Felme , en présence de Leurs Maiestez
& des Princes & Princesses de la Famille
Royale qui étoient aux fenêtres du Palais dé
í'Arcaçar.
Le 10. on publia dans les Places & Carre-*
fours de Madrid , avec lés cérémonies accou
tumées , le Traite.de Paix , d'union , d' amitié
& d'alliance défensive , conclu ì SeviUe le j.
Novembre dernier .entre le Roy Tr. Ch. le Roi
d'Espagne , le Roi d'Angleterre & les Etats
Généraux des Provinces Unies. Lé soir & le*
deux nuits suivantes il y eut des Feux, des
Hluminations & d'autres marques de réjouit
Ëtnce dans toutes les-rues de la Ville.
ON mande de Seville que le premier de ce
mois , les Ministres Plénipotentiaires du
S.oi Très Chrétienne S. M. Catholique , & du
Roy d'Angleterre ». y firent, l'échange des iatir.
> ikations
JANVTER". 1730: Y**1
ftcations du Traité de Paix , d'union , d'amitié
& d'alliance deffensive , conclu dans la méme
Ville le 9 du mois de Novembre dernier , onattend
dans quelques jours un pareil acte d'é
change de ratification de la part des Etats Gé
néraux des Provinces unies, dont l' Ambassa
deur Extraordinaire &Plènipotentiare a accédé
à ce Traité le i 1 du même mois.
On a appris de Lisbonne que le iî Novem
bre un Vaisseau chargé pour le compte des Fer--
miers du Tabac, fut entièrement brûlé, ri per
sonnes y ont péri. II s'apelloit le S. Gabriel.
Le 5» de ce mois , le Marquis de Erancaí
Ambassadeur du Roy Très Chrétien , termina
les Fêtes qu'il a données à SeviUe , à l occasion
de la Naissance dû Dauphin , par un très- beau
Feu d'Artifice qui fut tiré vis-â-vis le Collège
Royal de S. Felme , en présence de Leurs Maiestez
& des Princes & Princesses de la Famille
Royale qui étoient aux fenêtres du Palais dé
í'Arcaçar.
Le 10. on publia dans les Places & Carre-*
fours de Madrid , avec lés cérémonies accou
tumées , le Traite.de Paix , d'union , d' amitié
& d'alliance défensive , conclu ì SeviUe le j.
Novembre dernier .entre le Roy Tr. Ch. le Roi
d'Espagne , le Roi d'Angleterre & les Etats
Généraux des Provinces Unies. Lé soir & le*
deux nuits suivantes il y eut des Feux, des
Hluminations & d'autres marques de réjouit
Ëtnce dans toutes les-rues de la Ville.
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Résumé : ESPAGNE.
En janvier 1730, à Séville, les ministres plénipotentiaires du roi Très Chrétien et du roi d'Angleterre ont échangé les ratifications du traité de paix, d'union, d'amitié et d'alliance défensive signé le 9 novembre précédent. Les États Généraux des Provinces Unies sont également attendus pour adhérer au traité, leur ambassadeur ayant déjà approuvé le 11 novembre. À Lisbonne, le 11 novembre, le vaisseau Saint-Gabriel, chargé pour les fermiers du tabac, a été détruit par un incendie sans perte humaine. Le 5 janvier, le marquis de Françay, ambassadeur du roi Très Chrétien, a conclu les festivités pour la naissance du Dauphin par un feu d'artifice à Séville, en présence des majestés et des princes de la famille royale. Le 10 janvier, le traité de paix a été publié à Madrid avec des cérémonies traditionnelles, suivi de réjouissances publiques.
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534
p. 169-170
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Sur la fin du mois dernier, près de 160 Vaisseaux Marchands sont partis de differens [...]
Mots clefs :
Commerce, Traité de paix, Brouillard
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
Grande B r. s ta gine»
SUr la fin du mois dernier , près de irfo Vaisa
seaux Marchands font partis de disserens*
Bores 4e ce Royaume pour aller dans les Pays.
Etrangeis*
i7<5 MERCURE DE FRANCE.
Étrangers , ce qu'on n'avoit pas vû depuis píttlîeuis~
années.
Le t. Janvier , il arriva à Londres un Cou
rier dépêché de Seville avec les Cedules du
Roi d'Espagne que la Compagnie de la Mer du
Sud attendòit pour continuer son Commerce ,
& pour faire partir le nouveau Vaiiïèau qu'elle
fait construire» j
Le Comte de Stair . ci-devanr Ambassadeur
de France , a été nommé par le»Roi Admirai
d' Ecosse avec mille liv. sterlings d'apointemens.
Le 17. il y eut à Londres' un brouillard fí
-épais 1 que vers les quatre heures après midi
on fut obligé d'allumer des Lanternes & des
Flambeaux pour aller dans les ruës : il arriva
plusieurs accidens fur la Tamise , & un Gen
tilhomme qui se promenoit dans le Parc de
5. James, ne voyant plus à le conduire ,
tomba dans le Canal , où il se seroit noyé in
failliblement . fi deux Soldats qui étoienc au
près , ne l'euííent secouru.
Le 18. on publia dans les Places , Carre»
fours, & aurres lieux accoutumez, le Traité
de Paix d'union , d'amitié & d'alliance défen
sive, conclu à Seville , le 9. du mois de No
vembre dernier.
SUr la fin du mois dernier , près de irfo Vaisa
seaux Marchands font partis de disserens*
Bores 4e ce Royaume pour aller dans les Pays.
Etrangeis*
i7<5 MERCURE DE FRANCE.
Étrangers , ce qu'on n'avoit pas vû depuis píttlîeuis~
années.
Le t. Janvier , il arriva à Londres un Cou
rier dépêché de Seville avec les Cedules du
Roi d'Espagne que la Compagnie de la Mer du
Sud attendòit pour continuer son Commerce ,
& pour faire partir le nouveau Vaiiïèau qu'elle
fait construire» j
Le Comte de Stair . ci-devanr Ambassadeur
de France , a été nommé par le»Roi Admirai
d' Ecosse avec mille liv. sterlings d'apointemens.
Le 17. il y eut à Londres' un brouillard fí
-épais 1 que vers les quatre heures après midi
on fut obligé d'allumer des Lanternes & des
Flambeaux pour aller dans les ruës : il arriva
plusieurs accidens fur la Tamise , & un Gen
tilhomme qui se promenoit dans le Parc de
5. James, ne voyant plus à le conduire ,
tomba dans le Canal , où il se seroit noyé in
failliblement . fi deux Soldats qui étoienc au
près , ne l'euííent secouru.
Le 18. on publia dans les Places , Carre»
fours, & aurres lieux accoutumez, le Traité
de Paix d'union , d'amitié & d'alliance défen
sive, conclu à Seville , le 9. du mois de No
vembre dernier.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
À la fin du mois précédent, plusieurs navires marchands ont quitté le Royaume depuis Irfo Vaisa pour des pays étrangers, un événement rare depuis plusieurs années. Le 1er janvier, un courrier est arrivé à Londres depuis Séville, apportant des cédules du roi d'Espagne destinées à la Compagnie de la Mer du Sud pour poursuivre son commerce et lancer un nouveau vaisseau en construction. Le comte de Stair, ancien ambassadeur de France, a été nommé amiral d'Écosse avec une rémunération de mille livres sterling. Le 17 janvier, un épais brouillard à Londres a nécessité l'allumage de lanternes et de flambeaux pour la circulation. Plusieurs accidents se sont produits sur la Tamise, et un gentilhomme a failli se noyer dans un canal du parc de Saint James avant d'être secouru par deux soldats. Le 18 janvier, le traité de paix d'union, d'amitié et d'alliance défensive, conclu à Séville le 9 novembre précédent, a été publié dans les lieux publics.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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535
p. 376-377
TURQUIE ET PERSE.
Début :
On apprend de Constantinople, qu'on y avoit reçu avis, que le Prince Thamas [...]
Mots clefs :
Prince, Sultan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
T xj r Q_u ie et Perse.
ON apprend de Constantinople, qu'on y
avoit reçu avis , que le Prince Thamas
ayant été joint par quelques troupes de Maymud
, l'un des principaux Seigneurs de la
Province de Candahar , avoit défait en trois
combats la principale armée du Sultan Achec
F E V R I Ë R. I7îq. 377
raf ; qu'il s'étoìt rendu maître quelques jours
après de BenJer- Abassi ; que par la prise de
Cette Pbce importante , le reste des troupe*
. du Sultan Acheraf n'avoit plus de communia
cation avec la ville d'Ispahan , dont le Prince
Thamas avoir résolu de former le siège , aussi-,
tôt qu'il auroitreçu les secours que se Grandi
Mogol lui envoyé. Ces nouvelles, dont le GrJ
Vizir a reçu h confirmation, l'ont obligé d'as
sembler extraordJtairement le Divan , pou*
délibérer si on donneroit du secours au Sultan
Acheraf ; niais les avis ont été partagez ; il est
Cependant arrivé à Constantinople un Envoyé
Extraordinaire du Prince Thamas,qui a obtenu
que la Porte reíteroit neutre.
On a appris depuis que le Prince Thamas
i'étoit emparé de Cafoin 8r de quelques autres
Places ; que les troupes du Mogol étoient en
trées en Perse, &que le Sultan Acheraf a voit
été obligé de se retirer à Ispahan , où on ne
croyoit pas qu'il fut en état de soutenir un
- Siège.
ON apprend de Constantinople, qu'on y
avoit reçu avis , que le Prince Thamas
ayant été joint par quelques troupes de Maymud
, l'un des principaux Seigneurs de la
Province de Candahar , avoit défait en trois
combats la principale armée du Sultan Achec
F E V R I Ë R. I7îq. 377
raf ; qu'il s'étoìt rendu maître quelques jours
après de BenJer- Abassi ; que par la prise de
Cette Pbce importante , le reste des troupe*
. du Sultan Acheraf n'avoit plus de communia
cation avec la ville d'Ispahan , dont le Prince
Thamas avoir résolu de former le siège , aussi-,
tôt qu'il auroitreçu les secours que se Grandi
Mogol lui envoyé. Ces nouvelles, dont le GrJ
Vizir a reçu h confirmation, l'ont obligé d'as
sembler extraordJtairement le Divan , pou*
délibérer si on donneroit du secours au Sultan
Acheraf ; niais les avis ont été partagez ; il est
Cependant arrivé à Constantinople un Envoyé
Extraordinaire du Prince Thamas,qui a obtenu
que la Porte reíteroit neutre.
On a appris depuis que le Prince Thamas
i'étoit emparé de Cafoin 8r de quelques autres
Places ; que les troupes du Mogol étoient en
trées en Perse, &que le Sultan Acheraf a voit
été obligé de se retirer à Ispahan , où on ne
croyoit pas qu'il fut en état de soutenir un
- Siège.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
Le prince Thamas, appuyé par les troupes de Maymud, seigneur de Candahar, a vaincu l'armée du sultan Acheraf lors de trois batailles. Il a ensuite pris le contrôle de Benjer-Abassi, isolant ainsi les forces restantes du sultan d'Ispahan. Thamas prévoit de mettre le siège devant Ispahan après avoir reçu des renforts du Grand Mogol. À Constantinople, le Grand Vizir a convoqué le Divan pour discuter d'un éventuel soutien au sultan Acheraf, mais les opinions étaient divisées. Un envoyé de Thamas a obtenu la neutralité de la Porte ottomane. Thamas a également conquis d'autres places, dont Cafoin, et les troupes mogoles ont pénétré en Perse. Le sultan Acheraf s'est retiré à Ispahan, où sa capacité à résister à un siège est incertaine.
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536
p. 384-386
ITALIE.
Début :
On écrit de Livourne que l'Agneau blanc, Vaisseau Hollandois, y étoit arrivé le [...]
Mots clefs :
Pape, République
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
I ? A l 1 E«
ON écrit de Livourne que Y Agneau lìnnc t
Vaisseau Hollandois , y étoh arrivé le
ínois dernier , venant du Levant , après s'être
échapé heureusement d'un Corsaire d'Alger
qui s'en étoit emparé , sous prétexte que fou
Passeport étoit trop vieux. Douze Turcs dé
voient le conduire à Alger; mais une terri -
père étant survenue sort à propos , & ce Bâ
timent ayant perdu le Corsaire de vuë , dix
Matelots Hollandois qui étoient restez fur ce
íîavire , attaquèrent les douze Turcs , en tuè
rent six j & se rendirent maîtres des autres.
Le Comte d'Almenera , ci-devant Viceroy
de Sicile, » qu* étoit allé à Rome pour entrer
dans les Ordres5re$ut le Dimanche if. Janvier
le Diaconat » & le lendemain le Pape lui con
féra l'Ordre de Prêtrise.
On a publié à Florence une Ordonnance du
Grand
FEVRIER, f 75 è:' ifs
CrandDuc, portant deffenses de se masques'
avant quatre heures du soir , & de l'étre en
core après huit , comme aussi de commettre
aucune irrévérence devant les Eglises , & au
cun desordre aux Spectacles & Feílins pu
blics.
La République de Luques a fait offrir une
pension considérable à 'M. Servioni , s'il veut
K démettre de l'Evêché de cette ville, auquel
le Pape l'a nommé. Il a demandé le coníen»
fentement de Sa Sainteté , pour se déterminer
à accepter cette offre > & on croit qu'il lui seta
accordé pour ne pas compromettre le S. Siège
avec cette Republique , qui veut absolument'
avoir un Ecclésiastique Luquois pour son Evê
que.
Le 19. Janvier , le Chapitre de S. Pierre fk
Célébrer la première Messe solemnelle qu'il a>
fondée, pour demander à Dieu la conserva
tion de la santé du Pape , & le repos de son
ame après fa mort, en reconnoissance de ce
que Sa Sainteté a déchargé let Chanoines da
payement d'une somme considérable qu'ils dé
voient à la Chambre Apostolique.
La Cérémonie de la Béatification du Véné
rable Pierre Fourier , Curé de Matincourt »
Fondateur des Chanoines Réguliers de la
Paix , se fit ce méme jour dansl'Eglise de saint
Pierre , avec la solemnité accoutumée.
Le Gouverneur de Milan a donné ordre $
tous les ouvriers ausquels on avoit permis
de travailler à leurs ouvrages dans les Corpsde-
Garde de la Porte Tosa , d'en emporter
leurs métiers . pour faire place aux troupes
Impériales qu'on attend incessamment à Milan*
On écrit de Gènes que le 24. du mois der
nier M. Marie Balbi y .avoit été éiw Doge de
cette
}8é MERCURE DE FRANCE.
cette République , à la place de M. Grimaldi,
dont les deux années e'toient expirées.
ON écrit de Livourne que Y Agneau lìnnc t
Vaisseau Hollandois , y étoh arrivé le
ínois dernier , venant du Levant , après s'être
échapé heureusement d'un Corsaire d'Alger
qui s'en étoit emparé , sous prétexte que fou
Passeport étoit trop vieux. Douze Turcs dé
voient le conduire à Alger; mais une terri -
père étant survenue sort à propos , & ce Bâ
timent ayant perdu le Corsaire de vuë , dix
Matelots Hollandois qui étoient restez fur ce
íîavire , attaquèrent les douze Turcs , en tuè
rent six j & se rendirent maîtres des autres.
Le Comte d'Almenera , ci-devant Viceroy
de Sicile, » qu* étoit allé à Rome pour entrer
dans les Ordres5re$ut le Dimanche if. Janvier
le Diaconat » & le lendemain le Pape lui con
féra l'Ordre de Prêtrise.
On a publié à Florence une Ordonnance du
Grand
FEVRIER, f 75 è:' ifs
CrandDuc, portant deffenses de se masques'
avant quatre heures du soir , & de l'étre en
core après huit , comme aussi de commettre
aucune irrévérence devant les Eglises , & au
cun desordre aux Spectacles & Feílins pu
blics.
La République de Luques a fait offrir une
pension considérable à 'M. Servioni , s'il veut
K démettre de l'Evêché de cette ville, auquel
le Pape l'a nommé. Il a demandé le coníen»
fentement de Sa Sainteté , pour se déterminer
à accepter cette offre > & on croit qu'il lui seta
accordé pour ne pas compromettre le S. Siège
avec cette Republique , qui veut absolument'
avoir un Ecclésiastique Luquois pour son Evê
que.
Le 19. Janvier , le Chapitre de S. Pierre fk
Célébrer la première Messe solemnelle qu'il a>
fondée, pour demander à Dieu la conserva
tion de la santé du Pape , & le repos de son
ame après fa mort, en reconnoissance de ce
que Sa Sainteté a déchargé let Chanoines da
payement d'une somme considérable qu'ils dé
voient à la Chambre Apostolique.
La Cérémonie de la Béatification du Véné
rable Pierre Fourier , Curé de Matincourt »
Fondateur des Chanoines Réguliers de la
Paix , se fit ce méme jour dansl'Eglise de saint
Pierre , avec la solemnité accoutumée.
Le Gouverneur de Milan a donné ordre $
tous les ouvriers ausquels on avoit permis
de travailler à leurs ouvrages dans les Corpsde-
Garde de la Porte Tosa , d'en emporter
leurs métiers . pour faire place aux troupes
Impériales qu'on attend incessamment à Milan*
On écrit de Gènes que le 24. du mois der
nier M. Marie Balbi y .avoit été éiw Doge de
cette
}8é MERCURE DE FRANCE.
cette République , à la place de M. Grimaldi,
dont les deux années e'toient expirées.
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Résumé : ITALIE.
Le texte décrit plusieurs événements historiques. À Livourne, le vaisseau hollandais 'L'Agneau' a été capturé par un corsaire algérien en raison d'un passeport périmé. Douze Turcs devaient le conduire à Alger, mais une tempête a permis aux matelots hollandais de reprendre le contrôle du navire. Le Comte d'Almenera, ancien vice-roi de Sicile, a reçu les ordres du diaconat et de prêtrise à Rome. À Florence, une ordonnance du Grand-Duc a interdit le port de masques avant 16h et après 20h, ainsi que les comportements irrévérencieux devant les églises et les désordres lors des spectacles publics. La République de Lucques a proposé une pension à M. Servioni pour qu'il démissionne de son poste d'évêque, offre qu'il a acceptée après avoir obtenu le consentement du Pape. Le 19 janvier, le Chapitre de Saint-Pierre a célébré une messe solennelle pour la santé du Pape et le repos de son âme, ainsi que la béatification du vénérable Pierre Fourier. À Milan, le gouverneur a ordonné aux ouvriers de retirer leurs métiers des corps de garde pour faire place aux troupes impériales. Enfin, à Gênes, M. Marie Balbi a été élu doge, succédant à M. Grimaldi.
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537
p. 591-592
ALLEMAGNE.
Début :
On a appris de Dresde que le 18. du mois dernier, le Roi de Prusse y arriva à 11. heures [...]
Mots clefs :
Régiment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Odernier , le Roi de Pruffe y arriva à 11. heu- Na appris de Drefde , que le 18. du mois
rés du foir, S. M. en partit le 25 , après avoir pris
part à tous les
Divertiffemens du Carnaval.
H Oa
592 MERCURE DE FRANCE .
On a envoyé ordre à deux Bataillons du Régiment
d'Alcaudete , & à deux autres du Regiment
de Ketler , de fe tenir prêts à partir pour
l'Italie , où on envoye encore quatre Efcadrons
du Regiment de Cavalerie de Palfi , quatre du
Régiment dit le Jeune Eugene , fix de celui d'Hohenzollern
, quatre du vieux Wirtemberg , fix du
Regiment du Comte Vinceflas de Lichtenſtein ,
fix de celui du Prince Ferdinand de Baviere , & le
Regiment entier de Huffars de Zumgemberg. On
dit que le Comte Maximilien de Staremberg ,
commandera les Troupes de l'Empereur en Italie.
Odernier , le Roi de Pruffe y arriva à 11. heu- Na appris de Drefde , que le 18. du mois
rés du foir, S. M. en partit le 25 , après avoir pris
part à tous les
Divertiffemens du Carnaval.
H Oa
592 MERCURE DE FRANCE .
On a envoyé ordre à deux Bataillons du Régiment
d'Alcaudete , & à deux autres du Regiment
de Ketler , de fe tenir prêts à partir pour
l'Italie , où on envoye encore quatre Efcadrons
du Regiment de Cavalerie de Palfi , quatre du
Régiment dit le Jeune Eugene , fix de celui d'Hohenzollern
, quatre du vieux Wirtemberg , fix du
Regiment du Comte Vinceflas de Lichtenſtein ,
fix de celui du Prince Ferdinand de Baviere , & le
Regiment entier de Huffars de Zumgemberg. On
dit que le Comte Maximilien de Staremberg ,
commandera les Troupes de l'Empereur en Italie.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le roi de Prusse arrive à Oder après avoir quitté Dresde le 25. En Italie, des ordres sont envoyés à plusieurs bataillons et escadrons pour se tenir prêts. Le Comte Maximilien de Starhemberg est nommé commandant des troupes impériales en Italie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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538
p. 682-697
SUITE des Troubles d'Egypte. Extrait d'une Lettre écrite du Caire le 30. Août 1729.
Début :
Au mois de Juin dernier, les Beys qui s'étoient retirez au Saïdy, dans [...]
Mots clefs :
Rebelles, Égypte, Le Caire, Troupes, Hommes, Pacha , Beys, Commandant
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texteReconnaissance textuelle : SUITE des Troubles d'Egypte. Extrait d'une Lettre écrite du Caire le 30. Août 1729.
SUITE des Troubles d'Egypte. Extrait
d'une Lettre écrite du Caire le 30.
Août 1729.
Aqui
U mois de Juin dernier , les Beys
qui s'étoient retirez au Saïdy , dans
la haute Egypte , lors de la deffaite totale
de Cherkes Mehemet Bey , arrivée en
1725. commencerent à donner des foupçons
aux Commandans du Païs , dont
Zulficar Bey eft le principal Chef , par
les intelligences qu'ils avoient dans la
Ville du Caire , ce qui fit redoubler les
attentions à chaffer ou à faire executer les
Rebelles qui reftoient dans la Ville ; ceux
qui purent éviter de perir par le Sabre
prirent le parti de s'aller joindre à ceux
de la haute Egypte , dont le nombre s'accrut
confiderablement ce qui donna
beaucoup d'inquiétude à nos Commandans
, & les détermina enfin à envoyer
un Corps de 3000. hommes pour tâcher
de les réduire , ou de les difperfer.
,
Ceux de la haute Egypte ne s'endormirent
pas de leur côté, ils s'étoient précautionnez
long- temps auparavant en fe
joignant aux Arabes , dont un des Beys.
Rebelles avoit époufé une Princeffe , fille
d'un des principaux Emirs de cette Nation,
AVRIL. 1730. 683
A
tion , ce qui leur donna le courage de
s'opposer au Corps de Troupes dont on
vient de parler. Le 5. Juillet dernier , co
Corps commença à fe mettre en marche.
Les Rebelles marcherent prefque en même
temps , ils fe rencontrerent bientôt ,
& camperent les uns devant les autres
fans coup ferir.
Quelquesjours après , Soliman Bey, Chef
des Rebelles , envoya dire à Ofman Bey ,
Commandant des Troupes du Caire , qu'il
n'étoit pas bien aife de combattre contre
Les freres , que la Religion Mufulmane ,
dont ils étoient tous , le lui deffendoit
ce qui ayant été pris par Ofman Bey pour
une marque de foibleffe , il fe détermina
au combat qui fut donné le 13. Juillet ,
mais il eut le malheur d'y fuccomber avec
le plus grand nombre des fiens , dont
plus de 350. pafferent du côté des Rebelles.
Dans la mêlée Soliman Bey atteignit
Ofman Bey d'un coup de Lance , &
s'en rendit enfuite bientôt le maître ; il
lui reprocha fes cruautez & les mauvaiſes
manieres que ceux de fon parti avoient
eues avec lui , après quoi il lui coupa luimême
la tête d'un coup de Sabre. Les
autres Beys & ceux qui font échapez
dont le nombre eft fort petit , font prefque
tous bleffez , celui des morts eft trèsconfiderable.
Cij Deux
684 MERCURE DE FRANCE
Deux jours après cette défaite , Cherkez
Mehemet Bey ,qui étoit fugitif depuis fa
déroute de 1725. rentra dans le Royaume
& joignit les Beys du Saïdy , ce qui a
beaucoup renforcé ce Parti ; ayant fait
cette jonction à la tête de 400. Maugre
bins ou Africains de Barbarie , ce renfort
fit prendre la réfolution aux Beys d'écrire
à ceux du Caire , qu'ils euffent à ne
plus envoyer de Troupes contre eux ,
étant bien réfolus d'aller au-devant pour
les combattre , ce qui obligea les Beys.
du Caire à prendre mieux leurs meſures,
ne doutant pas fur cette fierté qu'il n'y
eût dans la Ville quelqu'un qui les trahiffoit.
Ils ne furent pas long- temps à décou
vrir que c'étoit le Pacha d'Egypte lui ,
même , qui abufant de l'autorité dont il
eft revêtu , favorifoit les Rebelles , furquoi
ils s'affemblerent & prirent la réſolution
de le deftituer , ce qu'ils executerent
de cette maniere le 19. Juillet. Tous
les Beys & autres Puiffances du Pays ,
s'étant affemblez à Carameidam , * ils
firent prier le Pacha d'y venir pour conferer
enfemble fur les moyens de faire
cefler les troubles caufez par les Rebel
les ; le Pacha fe rendit à l'Affemblée ;
mais il n'y fut pas plutôt arrivé qu'on
* La Place Noire lieu oùse font les Executions:
lui
AVRIL 1730. 683
lui déclara la réſolution qu'on venoit de
prendre de le deftituer , ce qui fut executé
fur le champ ; il n'en parut point ému ,
on croit même qu'il n'eft pas fâché de
cette deftitution dans les conjonctures prefentes
. Cependant le Pacha affectant toûtjours
un air tranquille , s'adreffa au Tefterdar
ou Tréforier General , préſent à
cette Aſſemblée , à qui il dit , c'eſt donc
à vous à être Kaimakan ou Lieutenant
General du Gouvernement , ce que celuicy
refufa. Alors Zulficar Bey , qui eſt tout
puiffant dans le Parti , dit qu'ils avoient
réfolu d'élire MehemetBey, fils deDervich
Bey pour Kaimakan,à quoi lePacha confentit
; il lui vétitleCaftant ouRobe d'honneur
& lui fit prefent d'une belle Vefte doublée
d'une riche Peau , après quoi le Pacha fe
retira dans la maifon qu'on lui avoit préparée
, où il doit refter fous bonne garde,
en attendant les ordres de la Porte ; il
a reçû depuis bien des mortifications
de la des Puiffances du Pays , jufqu'à
confentir qu'on coupât la tête à trois de
fes Gens , qui étoient ſuſpects au Parti
dominant.
part
Au refte , cette deftitution a fait un
grand changement dans le Pays , ceux.de
la Ville en paroiffent plus tranquilles ,
& ceux de la Campagne ne remuent plus
eependant les Beys d'ici préparent un
Ciij Corps
686 MERCURE DE FRANCE
Corps de 6000. hommes pour l'envoyer
contre les Rebelles , qu'on dit s'être
retranchez dans la haute Egypte , attendant
de pied ferme ceux qui doivent aller
les attaquer. On ne le pourra que par eau,
car nous fommes dans le temps de la
croiffance du Nil . Comme ces Comman
dans ont épuisé leurs fonds , & que pour
la continuation de la guerre , la folde des
6000. hommes & les autres dépenses , il
leur faut plus d'un million cinq cens mille
livres , ils tyrannifent le Peuple & taxent
tous les Marchands , ce qui fait crier hautement
contre leur Gouvernement.
Le 28. nous apprîmes qu'un Corps des
Rebelles s'étoit avancé jufqu'à deux journées
du Caire ; à cette nouvelle on s'affembla
& on confia les poftes du dehors
de la Ville à divers Seigneurs , qui avec
leurs Troupes , fe chargerent de les garder
, & comme on eft toûjouts perfuadé
que le Pacha favorife les Rebelles ,
on
alla lui ordonner de la part des Commandans
, de fortir de fa demeure pour
être conduit à la Prifon de Jofeph , fituée
dans le Château ; c'eft le lieu ordinaire
où l'on execute les Pachas lorsqu'il y a
des ordres de la Porte pour les faire mourir.
Le Pacha parut confterné, & dit qu'il
n'avoit rien fait qui méritât la mort , mais
que fi on devoit l'executer , il falloit
que
AVRIL 1730. 687
que ce fût à la porte de l'Hôtel des Jan- ,
niffaires , comme étant de leur Corps ; il
y fut conduit fur le chimp ; Zulficar Bey
ordonna qu'il y refteroit fous la garde..
d'un Bey ; dès que ce Bey fut arrivé à la
porte des Jannillaires pour y executer les ,
ordres de Zulficar , l'un des anciens Kia- :
hias ou Lieutenans des Janniffaires , fe
leva & dit en s'adreffant à tout le Corps ,
permettrez vous , mes freres , qu'on nous
faffe un tel affront , & ne fommes- nous
pas affez puiffants pour garder nous- mê- ,
mes un Pacha ; ces paroles prononcées :
avec force par un ancien Oficier du
Corps , firent une telle impreffion qu'on
envoya dire fur le champ au Bey de fe
retirer, ce que celui- cy nè fè fit pas dire .
deux fois.
qu'il
Le 29. Zulficar fit fortir toutes fes fem
mes de fa maiſon & tout ce qu'il avoit
de plus précieux , & fit travailler à des
affuts deCanon pour pouvoir monter ceux
avoit fait venir d'Alexandrie des
deux Barques Tripolines qu'il avoit confifquées
, & fait vendre à l'enchere , fur
ce que ceux de Tripoly avoient donné
retraite à Cherkez Mehemet Bey. On ne
put rien apprendre des Rebelles de tout
ce jour là , tous les poftes du dehors continuant
à être gardez .
Le 30. il partit d'ici un détachement
Ciiij de
688 MERCURE DE FRANCE
de 5oo. hommes , commandez par un
Bey , pour aller reconnoître les ennemis ,
qu'on affuroit n'être plus qu'à deux journées
d'ici , & en même- temps un autre
Bey alla fe pofter avec des Troupes &
des Canons fur une élévation qui commande
le Château & une partie de la
Ville ; les poftes continuerent à être exactement
gardez .
›
Le 31. il y eut une petite allarme aur
fujet des 5oo. hommes qu'on avoit envoyez
pour reconnoître les Ennemis , on
affuroit qu'ils avoient été battus & taillez
en pieces ; cependant on continua à envoyer
des Troupes & des Munitions aux
divers Officiers qui occupoient les dehors
de la Ville. Le même jour ceux- cy , peu
accoûtumez aux travaux de la guerre ,
envoyerent dire à Zulficar & à Youffep
Kiahia Officiers dans le Corps des
Azabs , qu'ils euffent à fortir du Caire ,
pour les venir joindre & aller enfemble
attaquer les Rebelles; ceux - cy répondirent
qu'ils ne pouvoient fortir que dans deux
ou trois jours ; on affure qu'ils fe méfient
de ceux qui ont fait cette demande , les
croyant d'intelligence avec les Rebelles .
Le premier Août , les 500. hommes en- ၂၁ ဝ .
voyez pour reconnoître les Ennemis ,
s'en retournerent épouvantez d'une ca-
* Azabs , Corps de Milice,
nonade
.
AVRIL 1730. 689
nonade dont ils furent régalez à leur approche
, ce qui les dérouta totalement.
Le même jour on vint affurer le Bey
Commandant , que les Rebelles n'avoient
tout au plus que 200. hommes de bonnes
Troupes , & 3. à 400. Arabes fort mal
équipez , ce qu'on prit grand foin de publier
pour donner du courage aux Troupes.
Le même jour il arriva au Caire un
Tartare , dépêché par un Aga de la Porte
, arrivé de Conftantinople à Damiette ,
qu'on difoit porteur de la confirmation
du Pacha deftitué. On ne voulut pas
permettre à ce Courier de voir le Pacha
toûjours prifonnier chez les Janniffaires;
le. Kiahia ou Lieutenant de ce Pacha
ayant demandé de pouvoir refter dans la
maifon qu'il occupoit auparavant , pour
avoir foin de fes femmes & de fa famille,
on le lui accorda , mais auffi - tôt qu'il y
fut entré , on lui donna des Gardes , de
forte que ce Lieutenant devint auffi
Prifonnier.
a;
Cependant l'Aga des Janniffaires , pour
calmer la Populace , fit crier par toute
la Ville que la paix & la tranquillité
étoient rétablies , qu'il n'y avoit plus rien
à craindre , & qu'on pouvoit ouvrir les
Boutiques. Mais on continua d'arrêter
tous les Bâtimens trouvez fur le Nil , pour
C v tranf
690 MERCURE DE FRANCE
tranfporter des Munitions de guerre &
de bouche à ceux qui font au bout du
vieux Caire , fur la même Riviere , pour
fervir à réduire les Rebelles.
,
Le 2. on envoya un Commandement à
Damiette pour y arrêter l'Aga , Porteur
de la confirmation du Pacha & les
6000. hommes deftinez pour aller at
taquer les Rebelles partirent. Le Procès
Verbal qu'on a coûtume de dreffer contre
le Pacha lorfqu'on le deftituë , pour envoyer
à la Porte , n'étoit pas encore fi
gné de toutes les Puiffances , mais il le
fut le 3. & on l'envoya à Conftantinople
on apprit ce jour là que les 6000. hommes
avoient fait une marche de 8. heures
confécutives , après quoi ils avoient
fait alte pour laiffer paffer les chaleurs
, & que les Rebelles attendoient
toujours de pied ferme. On apprit auffi
qu'il y avoit trois Beys du parti des Rebelles
dans la Ville , & on arrêta un homme
qui leur portoit des Provifions , mais
ayant fait inveftir la maifon indiquée ,
on ne les y trouva pas , ce qui inquiete
fort le Commandant, perfuadé qu'ils font
cachez dans cette grande Ville , où ils fomentent
les troubles .
Le 4. le bruit fe répandit que les Rebelles
en étoient venus aux mains avec
les 6000. hommes envoyez de la Ville
&
AVRIL 1730. 691
&
que ceux- cy
les avoient deffaits , &
on affure que Soliman Bey étoit mort les
armes à la main , & que Cherkes Mehemet
Bey avoit pris la fuite. Un Chef des
Arabes du parti de Zulficar , arriva en
même- temps & confirma cette nouvelle.
On crut au Caire qu'il apportoit la tête
de Soliman Bey & celle des fix autres
Grands de fon parti ; cet Arabe fut fort
bien reçû du Bey , qui lui fit prefent d'une
belle Peliffe de Samour , d'un Cheval
& d'un Village ; il fit diftribuer deux
poignées de Sequins aux Gens de fa fuite.
Sur cette nouvelle le Commandant rappella
le Bey qui étoit de garde fur la hauteur
qui domine le Château , lequel aban
donna auffi-tôt fon pofte & rentra dans
la Ville avec tous fes Gens. Le Peuple
plaignit extrémement le fort de Soliman
Bey , qui étoit adoré à cauſe de ſes bonnes
qualitez , & les Religieux Latins le
regretterent comme leur plus grand' Protecteur
dans le Pays .
Le 5. une partie des Troupes envoyées
contre les Rebelles rentra dans la Ville
avec quelques - uns des Commandans ; on
publia qu'il n'y avoit eu qu'un petit
choc , & que les Rebelles n'étant pas les:
plus forts , s'étoient retranchez entre deux
Montagnes qui les rendoient maîtres du
paffage , & on affura que Soliman Bey
692 MERCURE DE FRANCE
-1
& Cherkez étoient encore en vie & toujours
très-unis , que la prétenduë tête
qu'on avoit apportée de Soliman Bey ,
étoit celle de Marram Aly Bey , autre
Chef des Rebelles , lequel ayant eu fon
cheval tué fous lui , fut pris & eut la tête
coupée..
>
Le 6. les nouvelles varierent , on confirma
la mort de Soliman Bey , & la
deffaite des Rebelles
ajoûtant que
Cherkez Mehemet Bey , ayant été pourfuivi
, s'étoit refugié dans un Village avec
environ 400. hommes de Troupes ; làdeffus
Zulficar Bey fortit pour faire défiler
les Troupes qui étoient rentrées du
côté de ce Village pour l'inveftir & fe
rendre maître de Cherkez . Ce même jour
on amena Cara Muftapha , Chaoux des
Janniffaires , du parti des Rebelles , lequel
ayant été interrogé par le Bey Commandant
, ne daigna pas lui répondre .
Il fut conduit à l'Hôtel des Janniffaires
& interrogé par les Officiers de fon Corps,
il s'obſtina à ne vouloir rien déclarer
fur quoi on lui fit couper la tête .
Le 7. le Commandant fortit encore de
la Ville pour achever de faire repaffer la
Riviere aux Troupes commandées pour
prendre Cherkez , & en même- temps on
X fit voiturer des Munitions de guerre &
de bouche.
Le
AVRIL 1730. 693
Le 8. on continua d'affurer que SolimanBey
n'étoit pas mort, que dans la derniere
affaire qui s'eft paffée , une balle de
Moufquet ne lui avoit fait qu'éfleurer le
nez , & qu'il étoit toûjours avec Cherkez,
& en état de fe bien deffendre ; cependant
la politique des Commandans continuoit
de le faire paffer pour mort dans
le public , & l'autre Bey rencoigné dans
un Village , prêt à fe rendre ; ce qui eſt,
dit-on , bien different de la verité .
Le 9. on fit fortir le Pacha de l'Hôtel
des Janniffaires & on le renvoya dans fa
premiere maiſon , où il eft toûjours gardé ;
on continue de garder exactement les
Poftes du dedans de la Ville.
Le 10. on apprit que Cherkez s'étoit
retiré dans le Village de Manouri , fitué
dans la Behera , prefque au milieu du
chemin de Roffette à Alexandrie , &
qu'ayant fait alliance avec les Arabes de
cette Contrée , il s'étoit , pour ainfi dire ,
rendu le maître de cette Prefqu'Ifle , d'où
oncroyoit qu'il feroit difficile de le chaffer.
Le 11. le Bey Commandant , taxa toutes
les Boutiques de la Ville à un Sequin
chacune , ce qui doit lui rendre près de
vingt mille Sequins , outre cela il envoya
de temps - en-temps faire des emprunts
aux Habitans les plus aifez du Caire , ce
qui n'augmente pas la confiance , & na
link
694
MERCURE DE FRANCE
lui attire pas l'amitié du Peuple.
Le 12. on apprit que Cherkez & fes
amis avoient abandonné leurs poftes de
la Montagne , & qu'ils avoient parcouru
divers Villages de la Behere , qu'ils avoient
mis à contribution .
Le 13. Aly Bey , Commandant des Troupes
de la Ville , fut renforcé par un petit
Détachement que Zulficar lui envoya.
Ce même jour on fit la ceremonie accoûtumée
de couper le Nil, qui étoit venu
au point fixe de fa croiffance , depuis:
il a encore augmenté ; deforte que les
terres vont dans peu de temps être inondées
, ce qui pourra favorifer Cher
kez dans fa retraite , s'il a ce deffein- là.
>
Le 14. Cherkez Bey s'avança au Fioume,.
canton de la Behere , avec les Troupes
où , en chemin faifant , il fut , dit -on ,
attaqué par le Kiimakan d'un Village ,
qui lui tua une trentaine d'hommes : enfuite
de quoi il arriva au Fioume , où il
fe délaffi pendant deux jours fans être
inquieté de perfonne.
Le 15. Aly Bey envoya dire qu'il s'en
retournoit , ne fe fentant pas affez fort
pour attaquer Cherkez , qui , fuivant les
apparences , ne cherche qu'à fatiguer ceux
qui vont pour le combattre , & ce jour
là il commença d'entrer partie des Troupes
d'Aly Bey dans la Ville.
Lo
"AVRIL 1730.
695
Le 16. il arriva un Courier de la Mec
que, avec avis que la Caravane arrivetoit
dans une quinzaine de jours , il donna
auffi pour nouvelle que Mehemet Pacha
, cy-devant Pacha du Caire & preſentement
de Gedda , étoit mort à la Mecque
, en moins de trois jours , ce qu'on
affure être le motif du Voyage de Janem
Koaga à la Mecque , qui avoit , dit-on
ordre de la Porte, d'empoifonner ce Vizir.
Aly Bey arriva ce jour-là avec le refte de
fes Troupes , mais il campa dehors.
Le 17. on apprit que Cherkez Bey étoit
venu camper à deux journées du Caire
au même endroit où il avoit été ci -de-
,
vant battu , fur quoi Aly Bey envoya dire
qu'il ne vouloit plus entrer , mais qu'il
vouloit aller combattre Cherkez &
qu'on eut à lui envoyer des Troupes ; à
quoi on s'appliqua pendant toute la jour
née. On affure que la diverfion qu'avoit
fait Cherkez de courir vers Alexandrie
où les Troupes du Caire le fuivirent ,
n'étoit pas fans deffein , puifque Soliman
Bey qui avoit été bleffé dans la premiere:
Bataille s'étoit retiré dans un Village pour
fe faire guerir , & afin qu'on ne foupçonnât
rien de ce qui fe paffoit, Cherkez
avoit attiré bien loin les Troupes du Caire
& c.
· Le 18. le Kaïmakan fit appeller en plein
Divan
696 MERCURE DE FRANCE
Divan les Vizirs Aly & Uffein Qurb bigi
de Rofferte , aufquels il revêtit le Caftan
de Bey. Le Parti regnant a fait cependant
tout ce qu'il a pû pour remettre Dekir
Pacha en place ; mais celui- ci a remercié,
& delà , on conjecture avec fondement
que le Procès Verbal contre ce Pacha n'a
pas encore été envoyé à la Porte. Aly Bey
partit avec de nouvelles Troupes pour
aller combattre Cherkez ; mais on apprehende
l'inondation ne feconde pas
fon deffein. Zulficar Bey a mis la tête de
Cherkez Bey à prix , offrant de donner
dix mille fequins à ceux qui l'ameneront
en vie , & deux mille fequins à ceux qui
apporteront fa tête feulement.
que
J
Le 19. Uffein , un des nouveaux Beys,
fortit de la Ville avec 400. hommes de
Milice & alla camper hors du Vieux
Caire , fans qu'on ait fçû dans quel deffein
; les uns croyent que c'eft pour garder
les avenues , & les autres pour être
plus à portée de donner du fecours à Aly
Bey.
Le 20. on apprit que apprit que Cherkez avoit
décampé de l'endroit où il étoit , & qu'il
s'étoit mis en marche pour aller dans la
Haute Egypte , ce qui a fair refoudre Aly
Bey de s'en retourner . On affure que Cher
kez , en chemin faifant , arrête tous les
Batteaux qui tranfportent des grains au
1
Caire
AVRIL 1730. 697
Caire , & qu'il revend enfuite à fort bon
compte. Comme on ne parle en aucune
maniere plus de Soliman Bey , cela fait
croire qu'il eft effectivement mort . Uffein
Bey rentra ce jour là dans la Ville ; mais
les Troupes refterent dehors .
Le 21. les Beys & les autres Puiffances
de la Ville allerent complimenter les deux
nouveaux Beys , aufquels le Pacha n'a
pas voulu envoyer le Pavillon , fuivant
Fufage ; car quoique celui- ci foit deftitué,
il faut que le Pavillon leur foit envoyé
par
l'Homme direct du Grand - Seigneur.
On a réfolu d'envoyer les Kaïmakans dans
la Haute Egypte , chacun dans leur Village
, pour voir s'ils pourront y arriver
fans empêchement , après quoi le Bey ,
Gouverneur de cette Province , s'y rendra
auffi , mais fi au contraire les Kaïmakans
font obligés de s'en retourner , on
formera une nouvelle Thegeride ou Camp
volant pour réduire ceux qui s'oppofent.
à la tranquillité du Pays.
d'une Lettre écrite du Caire le 30.
Août 1729.
Aqui
U mois de Juin dernier , les Beys
qui s'étoient retirez au Saïdy , dans
la haute Egypte , lors de la deffaite totale
de Cherkes Mehemet Bey , arrivée en
1725. commencerent à donner des foupçons
aux Commandans du Païs , dont
Zulficar Bey eft le principal Chef , par
les intelligences qu'ils avoient dans la
Ville du Caire , ce qui fit redoubler les
attentions à chaffer ou à faire executer les
Rebelles qui reftoient dans la Ville ; ceux
qui purent éviter de perir par le Sabre
prirent le parti de s'aller joindre à ceux
de la haute Egypte , dont le nombre s'accrut
confiderablement ce qui donna
beaucoup d'inquiétude à nos Commandans
, & les détermina enfin à envoyer
un Corps de 3000. hommes pour tâcher
de les réduire , ou de les difperfer.
,
Ceux de la haute Egypte ne s'endormirent
pas de leur côté, ils s'étoient précautionnez
long- temps auparavant en fe
joignant aux Arabes , dont un des Beys.
Rebelles avoit époufé une Princeffe , fille
d'un des principaux Emirs de cette Nation,
AVRIL. 1730. 683
A
tion , ce qui leur donna le courage de
s'opposer au Corps de Troupes dont on
vient de parler. Le 5. Juillet dernier , co
Corps commença à fe mettre en marche.
Les Rebelles marcherent prefque en même
temps , ils fe rencontrerent bientôt ,
& camperent les uns devant les autres
fans coup ferir.
Quelquesjours après , Soliman Bey, Chef
des Rebelles , envoya dire à Ofman Bey ,
Commandant des Troupes du Caire , qu'il
n'étoit pas bien aife de combattre contre
Les freres , que la Religion Mufulmane ,
dont ils étoient tous , le lui deffendoit
ce qui ayant été pris par Ofman Bey pour
une marque de foibleffe , il fe détermina
au combat qui fut donné le 13. Juillet ,
mais il eut le malheur d'y fuccomber avec
le plus grand nombre des fiens , dont
plus de 350. pafferent du côté des Rebelles.
Dans la mêlée Soliman Bey atteignit
Ofman Bey d'un coup de Lance , &
s'en rendit enfuite bientôt le maître ; il
lui reprocha fes cruautez & les mauvaiſes
manieres que ceux de fon parti avoient
eues avec lui , après quoi il lui coupa luimême
la tête d'un coup de Sabre. Les
autres Beys & ceux qui font échapez
dont le nombre eft fort petit , font prefque
tous bleffez , celui des morts eft trèsconfiderable.
Cij Deux
684 MERCURE DE FRANCE
Deux jours après cette défaite , Cherkez
Mehemet Bey ,qui étoit fugitif depuis fa
déroute de 1725. rentra dans le Royaume
& joignit les Beys du Saïdy , ce qui a
beaucoup renforcé ce Parti ; ayant fait
cette jonction à la tête de 400. Maugre
bins ou Africains de Barbarie , ce renfort
fit prendre la réfolution aux Beys d'écrire
à ceux du Caire , qu'ils euffent à ne
plus envoyer de Troupes contre eux ,
étant bien réfolus d'aller au-devant pour
les combattre , ce qui obligea les Beys.
du Caire à prendre mieux leurs meſures,
ne doutant pas fur cette fierté qu'il n'y
eût dans la Ville quelqu'un qui les trahiffoit.
Ils ne furent pas long- temps à décou
vrir que c'étoit le Pacha d'Egypte lui ,
même , qui abufant de l'autorité dont il
eft revêtu , favorifoit les Rebelles , furquoi
ils s'affemblerent & prirent la réſolution
de le deftituer , ce qu'ils executerent
de cette maniere le 19. Juillet. Tous
les Beys & autres Puiffances du Pays ,
s'étant affemblez à Carameidam , * ils
firent prier le Pacha d'y venir pour conferer
enfemble fur les moyens de faire
cefler les troubles caufez par les Rebel
les ; le Pacha fe rendit à l'Affemblée ;
mais il n'y fut pas plutôt arrivé qu'on
* La Place Noire lieu oùse font les Executions:
lui
AVRIL 1730. 683
lui déclara la réſolution qu'on venoit de
prendre de le deftituer , ce qui fut executé
fur le champ ; il n'en parut point ému ,
on croit même qu'il n'eft pas fâché de
cette deftitution dans les conjonctures prefentes
. Cependant le Pacha affectant toûtjours
un air tranquille , s'adreffa au Tefterdar
ou Tréforier General , préſent à
cette Aſſemblée , à qui il dit , c'eſt donc
à vous à être Kaimakan ou Lieutenant
General du Gouvernement , ce que celuicy
refufa. Alors Zulficar Bey , qui eſt tout
puiffant dans le Parti , dit qu'ils avoient
réfolu d'élire MehemetBey, fils deDervich
Bey pour Kaimakan,à quoi lePacha confentit
; il lui vétitleCaftant ouRobe d'honneur
& lui fit prefent d'une belle Vefte doublée
d'une riche Peau , après quoi le Pacha fe
retira dans la maifon qu'on lui avoit préparée
, où il doit refter fous bonne garde,
en attendant les ordres de la Porte ; il
a reçû depuis bien des mortifications
de la des Puiffances du Pays , jufqu'à
confentir qu'on coupât la tête à trois de
fes Gens , qui étoient ſuſpects au Parti
dominant.
part
Au refte , cette deftitution a fait un
grand changement dans le Pays , ceux.de
la Ville en paroiffent plus tranquilles ,
& ceux de la Campagne ne remuent plus
eependant les Beys d'ici préparent un
Ciij Corps
686 MERCURE DE FRANCE
Corps de 6000. hommes pour l'envoyer
contre les Rebelles , qu'on dit s'être
retranchez dans la haute Egypte , attendant
de pied ferme ceux qui doivent aller
les attaquer. On ne le pourra que par eau,
car nous fommes dans le temps de la
croiffance du Nil . Comme ces Comman
dans ont épuisé leurs fonds , & que pour
la continuation de la guerre , la folde des
6000. hommes & les autres dépenses , il
leur faut plus d'un million cinq cens mille
livres , ils tyrannifent le Peuple & taxent
tous les Marchands , ce qui fait crier hautement
contre leur Gouvernement.
Le 28. nous apprîmes qu'un Corps des
Rebelles s'étoit avancé jufqu'à deux journées
du Caire ; à cette nouvelle on s'affembla
& on confia les poftes du dehors
de la Ville à divers Seigneurs , qui avec
leurs Troupes , fe chargerent de les garder
, & comme on eft toûjouts perfuadé
que le Pacha favorife les Rebelles ,
on
alla lui ordonner de la part des Commandans
, de fortir de fa demeure pour
être conduit à la Prifon de Jofeph , fituée
dans le Château ; c'eft le lieu ordinaire
où l'on execute les Pachas lorsqu'il y a
des ordres de la Porte pour les faire mourir.
Le Pacha parut confterné, & dit qu'il
n'avoit rien fait qui méritât la mort , mais
que fi on devoit l'executer , il falloit
que
AVRIL 1730. 687
que ce fût à la porte de l'Hôtel des Jan- ,
niffaires , comme étant de leur Corps ; il
y fut conduit fur le chimp ; Zulficar Bey
ordonna qu'il y refteroit fous la garde..
d'un Bey ; dès que ce Bey fut arrivé à la
porte des Jannillaires pour y executer les ,
ordres de Zulficar , l'un des anciens Kia- :
hias ou Lieutenans des Janniffaires , fe
leva & dit en s'adreffant à tout le Corps ,
permettrez vous , mes freres , qu'on nous
faffe un tel affront , & ne fommes- nous
pas affez puiffants pour garder nous- mê- ,
mes un Pacha ; ces paroles prononcées :
avec force par un ancien Oficier du
Corps , firent une telle impreffion qu'on
envoya dire fur le champ au Bey de fe
retirer, ce que celui- cy nè fè fit pas dire .
deux fois.
qu'il
Le 29. Zulficar fit fortir toutes fes fem
mes de fa maiſon & tout ce qu'il avoit
de plus précieux , & fit travailler à des
affuts deCanon pour pouvoir monter ceux
avoit fait venir d'Alexandrie des
deux Barques Tripolines qu'il avoit confifquées
, & fait vendre à l'enchere , fur
ce que ceux de Tripoly avoient donné
retraite à Cherkez Mehemet Bey. On ne
put rien apprendre des Rebelles de tout
ce jour là , tous les poftes du dehors continuant
à être gardez .
Le 30. il partit d'ici un détachement
Ciiij de
688 MERCURE DE FRANCE
de 5oo. hommes , commandez par un
Bey , pour aller reconnoître les ennemis ,
qu'on affuroit n'être plus qu'à deux journées
d'ici , & en même- temps un autre
Bey alla fe pofter avec des Troupes &
des Canons fur une élévation qui commande
le Château & une partie de la
Ville ; les poftes continuerent à être exactement
gardez .
›
Le 31. il y eut une petite allarme aur
fujet des 5oo. hommes qu'on avoit envoyez
pour reconnoître les Ennemis , on
affuroit qu'ils avoient été battus & taillez
en pieces ; cependant on continua à envoyer
des Troupes & des Munitions aux
divers Officiers qui occupoient les dehors
de la Ville. Le même jour ceux- cy , peu
accoûtumez aux travaux de la guerre ,
envoyerent dire à Zulficar & à Youffep
Kiahia Officiers dans le Corps des
Azabs , qu'ils euffent à fortir du Caire ,
pour les venir joindre & aller enfemble
attaquer les Rebelles; ceux - cy répondirent
qu'ils ne pouvoient fortir que dans deux
ou trois jours ; on affure qu'ils fe méfient
de ceux qui ont fait cette demande , les
croyant d'intelligence avec les Rebelles .
Le premier Août , les 500. hommes en- ၂၁ ဝ .
voyez pour reconnoître les Ennemis ,
s'en retournerent épouvantez d'une ca-
* Azabs , Corps de Milice,
nonade
.
AVRIL 1730. 689
nonade dont ils furent régalez à leur approche
, ce qui les dérouta totalement.
Le même jour on vint affurer le Bey
Commandant , que les Rebelles n'avoient
tout au plus que 200. hommes de bonnes
Troupes , & 3. à 400. Arabes fort mal
équipez , ce qu'on prit grand foin de publier
pour donner du courage aux Troupes.
Le même jour il arriva au Caire un
Tartare , dépêché par un Aga de la Porte
, arrivé de Conftantinople à Damiette ,
qu'on difoit porteur de la confirmation
du Pacha deftitué. On ne voulut pas
permettre à ce Courier de voir le Pacha
toûjours prifonnier chez les Janniffaires;
le. Kiahia ou Lieutenant de ce Pacha
ayant demandé de pouvoir refter dans la
maifon qu'il occupoit auparavant , pour
avoir foin de fes femmes & de fa famille,
on le lui accorda , mais auffi - tôt qu'il y
fut entré , on lui donna des Gardes , de
forte que ce Lieutenant devint auffi
Prifonnier.
a;
Cependant l'Aga des Janniffaires , pour
calmer la Populace , fit crier par toute
la Ville que la paix & la tranquillité
étoient rétablies , qu'il n'y avoit plus rien
à craindre , & qu'on pouvoit ouvrir les
Boutiques. Mais on continua d'arrêter
tous les Bâtimens trouvez fur le Nil , pour
C v tranf
690 MERCURE DE FRANCE
tranfporter des Munitions de guerre &
de bouche à ceux qui font au bout du
vieux Caire , fur la même Riviere , pour
fervir à réduire les Rebelles.
,
Le 2. on envoya un Commandement à
Damiette pour y arrêter l'Aga , Porteur
de la confirmation du Pacha & les
6000. hommes deftinez pour aller at
taquer les Rebelles partirent. Le Procès
Verbal qu'on a coûtume de dreffer contre
le Pacha lorfqu'on le deftituë , pour envoyer
à la Porte , n'étoit pas encore fi
gné de toutes les Puiffances , mais il le
fut le 3. & on l'envoya à Conftantinople
on apprit ce jour là que les 6000. hommes
avoient fait une marche de 8. heures
confécutives , après quoi ils avoient
fait alte pour laiffer paffer les chaleurs
, & que les Rebelles attendoient
toujours de pied ferme. On apprit auffi
qu'il y avoit trois Beys du parti des Rebelles
dans la Ville , & on arrêta un homme
qui leur portoit des Provifions , mais
ayant fait inveftir la maifon indiquée ,
on ne les y trouva pas , ce qui inquiete
fort le Commandant, perfuadé qu'ils font
cachez dans cette grande Ville , où ils fomentent
les troubles .
Le 4. le bruit fe répandit que les Rebelles
en étoient venus aux mains avec
les 6000. hommes envoyez de la Ville
&
AVRIL 1730. 691
&
que ceux- cy
les avoient deffaits , &
on affure que Soliman Bey étoit mort les
armes à la main , & que Cherkes Mehemet
Bey avoit pris la fuite. Un Chef des
Arabes du parti de Zulficar , arriva en
même- temps & confirma cette nouvelle.
On crut au Caire qu'il apportoit la tête
de Soliman Bey & celle des fix autres
Grands de fon parti ; cet Arabe fut fort
bien reçû du Bey , qui lui fit prefent d'une
belle Peliffe de Samour , d'un Cheval
& d'un Village ; il fit diftribuer deux
poignées de Sequins aux Gens de fa fuite.
Sur cette nouvelle le Commandant rappella
le Bey qui étoit de garde fur la hauteur
qui domine le Château , lequel aban
donna auffi-tôt fon pofte & rentra dans
la Ville avec tous fes Gens. Le Peuple
plaignit extrémement le fort de Soliman
Bey , qui étoit adoré à cauſe de ſes bonnes
qualitez , & les Religieux Latins le
regretterent comme leur plus grand' Protecteur
dans le Pays .
Le 5. une partie des Troupes envoyées
contre les Rebelles rentra dans la Ville
avec quelques - uns des Commandans ; on
publia qu'il n'y avoit eu qu'un petit
choc , & que les Rebelles n'étant pas les:
plus forts , s'étoient retranchez entre deux
Montagnes qui les rendoient maîtres du
paffage , & on affura que Soliman Bey
692 MERCURE DE FRANCE
-1
& Cherkez étoient encore en vie & toujours
très-unis , que la prétenduë tête
qu'on avoit apportée de Soliman Bey ,
étoit celle de Marram Aly Bey , autre
Chef des Rebelles , lequel ayant eu fon
cheval tué fous lui , fut pris & eut la tête
coupée..
>
Le 6. les nouvelles varierent , on confirma
la mort de Soliman Bey , & la
deffaite des Rebelles
ajoûtant que
Cherkez Mehemet Bey , ayant été pourfuivi
, s'étoit refugié dans un Village avec
environ 400. hommes de Troupes ; làdeffus
Zulficar Bey fortit pour faire défiler
les Troupes qui étoient rentrées du
côté de ce Village pour l'inveftir & fe
rendre maître de Cherkez . Ce même jour
on amena Cara Muftapha , Chaoux des
Janniffaires , du parti des Rebelles , lequel
ayant été interrogé par le Bey Commandant
, ne daigna pas lui répondre .
Il fut conduit à l'Hôtel des Janniffaires
& interrogé par les Officiers de fon Corps,
il s'obſtina à ne vouloir rien déclarer
fur quoi on lui fit couper la tête .
Le 7. le Commandant fortit encore de
la Ville pour achever de faire repaffer la
Riviere aux Troupes commandées pour
prendre Cherkez , & en même- temps on
X fit voiturer des Munitions de guerre &
de bouche.
Le
AVRIL 1730. 693
Le 8. on continua d'affurer que SolimanBey
n'étoit pas mort, que dans la derniere
affaire qui s'eft paffée , une balle de
Moufquet ne lui avoit fait qu'éfleurer le
nez , & qu'il étoit toûjours avec Cherkez,
& en état de fe bien deffendre ; cependant
la politique des Commandans continuoit
de le faire paffer pour mort dans
le public , & l'autre Bey rencoigné dans
un Village , prêt à fe rendre ; ce qui eſt,
dit-on , bien different de la verité .
Le 9. on fit fortir le Pacha de l'Hôtel
des Janniffaires & on le renvoya dans fa
premiere maiſon , où il eft toûjours gardé ;
on continue de garder exactement les
Poftes du dedans de la Ville.
Le 10. on apprit que Cherkez s'étoit
retiré dans le Village de Manouri , fitué
dans la Behera , prefque au milieu du
chemin de Roffette à Alexandrie , &
qu'ayant fait alliance avec les Arabes de
cette Contrée , il s'étoit , pour ainfi dire ,
rendu le maître de cette Prefqu'Ifle , d'où
oncroyoit qu'il feroit difficile de le chaffer.
Le 11. le Bey Commandant , taxa toutes
les Boutiques de la Ville à un Sequin
chacune , ce qui doit lui rendre près de
vingt mille Sequins , outre cela il envoya
de temps - en-temps faire des emprunts
aux Habitans les plus aifez du Caire , ce
qui n'augmente pas la confiance , & na
link
694
MERCURE DE FRANCE
lui attire pas l'amitié du Peuple.
Le 12. on apprit que Cherkez & fes
amis avoient abandonné leurs poftes de
la Montagne , & qu'ils avoient parcouru
divers Villages de la Behere , qu'ils avoient
mis à contribution .
Le 13. Aly Bey , Commandant des Troupes
de la Ville , fut renforcé par un petit
Détachement que Zulficar lui envoya.
Ce même jour on fit la ceremonie accoûtumée
de couper le Nil, qui étoit venu
au point fixe de fa croiffance , depuis:
il a encore augmenté ; deforte que les
terres vont dans peu de temps être inondées
, ce qui pourra favorifer Cher
kez dans fa retraite , s'il a ce deffein- là.
>
Le 14. Cherkez Bey s'avança au Fioume,.
canton de la Behere , avec les Troupes
où , en chemin faifant , il fut , dit -on ,
attaqué par le Kiimakan d'un Village ,
qui lui tua une trentaine d'hommes : enfuite
de quoi il arriva au Fioume , où il
fe délaffi pendant deux jours fans être
inquieté de perfonne.
Le 15. Aly Bey envoya dire qu'il s'en
retournoit , ne fe fentant pas affez fort
pour attaquer Cherkez , qui , fuivant les
apparences , ne cherche qu'à fatiguer ceux
qui vont pour le combattre , & ce jour
là il commença d'entrer partie des Troupes
d'Aly Bey dans la Ville.
Lo
"AVRIL 1730.
695
Le 16. il arriva un Courier de la Mec
que, avec avis que la Caravane arrivetoit
dans une quinzaine de jours , il donna
auffi pour nouvelle que Mehemet Pacha
, cy-devant Pacha du Caire & preſentement
de Gedda , étoit mort à la Mecque
, en moins de trois jours , ce qu'on
affure être le motif du Voyage de Janem
Koaga à la Mecque , qui avoit , dit-on
ordre de la Porte, d'empoifonner ce Vizir.
Aly Bey arriva ce jour-là avec le refte de
fes Troupes , mais il campa dehors.
Le 17. on apprit que Cherkez Bey étoit
venu camper à deux journées du Caire
au même endroit où il avoit été ci -de-
,
vant battu , fur quoi Aly Bey envoya dire
qu'il ne vouloit plus entrer , mais qu'il
vouloit aller combattre Cherkez &
qu'on eut à lui envoyer des Troupes ; à
quoi on s'appliqua pendant toute la jour
née. On affure que la diverfion qu'avoit
fait Cherkez de courir vers Alexandrie
où les Troupes du Caire le fuivirent ,
n'étoit pas fans deffein , puifque Soliman
Bey qui avoit été bleffé dans la premiere:
Bataille s'étoit retiré dans un Village pour
fe faire guerir , & afin qu'on ne foupçonnât
rien de ce qui fe paffoit, Cherkez
avoit attiré bien loin les Troupes du Caire
& c.
· Le 18. le Kaïmakan fit appeller en plein
Divan
696 MERCURE DE FRANCE
Divan les Vizirs Aly & Uffein Qurb bigi
de Rofferte , aufquels il revêtit le Caftan
de Bey. Le Parti regnant a fait cependant
tout ce qu'il a pû pour remettre Dekir
Pacha en place ; mais celui- ci a remercié,
& delà , on conjecture avec fondement
que le Procès Verbal contre ce Pacha n'a
pas encore été envoyé à la Porte. Aly Bey
partit avec de nouvelles Troupes pour
aller combattre Cherkez ; mais on apprehende
l'inondation ne feconde pas
fon deffein. Zulficar Bey a mis la tête de
Cherkez Bey à prix , offrant de donner
dix mille fequins à ceux qui l'ameneront
en vie , & deux mille fequins à ceux qui
apporteront fa tête feulement.
que
J
Le 19. Uffein , un des nouveaux Beys,
fortit de la Ville avec 400. hommes de
Milice & alla camper hors du Vieux
Caire , fans qu'on ait fçû dans quel deffein
; les uns croyent que c'eft pour garder
les avenues , & les autres pour être
plus à portée de donner du fecours à Aly
Bey.
Le 20. on apprit que apprit que Cherkez avoit
décampé de l'endroit où il étoit , & qu'il
s'étoit mis en marche pour aller dans la
Haute Egypte , ce qui a fair refoudre Aly
Bey de s'en retourner . On affure que Cher
kez , en chemin faifant , arrête tous les
Batteaux qui tranfportent des grains au
1
Caire
AVRIL 1730. 697
Caire , & qu'il revend enfuite à fort bon
compte. Comme on ne parle en aucune
maniere plus de Soliman Bey , cela fait
croire qu'il eft effectivement mort . Uffein
Bey rentra ce jour là dans la Ville ; mais
les Troupes refterent dehors .
Le 21. les Beys & les autres Puiffances
de la Ville allerent complimenter les deux
nouveaux Beys , aufquels le Pacha n'a
pas voulu envoyer le Pavillon , fuivant
Fufage ; car quoique celui- ci foit deftitué,
il faut que le Pavillon leur foit envoyé
par
l'Homme direct du Grand - Seigneur.
On a réfolu d'envoyer les Kaïmakans dans
la Haute Egypte , chacun dans leur Village
, pour voir s'ils pourront y arriver
fans empêchement , après quoi le Bey ,
Gouverneur de cette Province , s'y rendra
auffi , mais fi au contraire les Kaïmakans
font obligés de s'en retourner , on
formera une nouvelle Thegeride ou Camp
volant pour réduire ceux qui s'oppofent.
à la tranquillité du Pays.
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Résumé : SUITE des Troubles d'Egypte. Extrait d'une Lettre écrite du Caire le 30. Août 1729.
En août 1729, les beys retirés au Saïdy en Haute-Égypte, après la défaite de Cherkes Mehemet Bey en 1725, commencèrent à susciter des soupçons parmi les commandants du Caire, notamment Zulficar Bey. Les rebelles restants dans la ville furent soit chassés, soit exécutés, beaucoup rejoignant les rebelles en Haute-Égypte. En juillet 1730, un corps de 3 000 hommes fut envoyé pour les réduire, mais les rebelles, alliés aux Arabes, résistèrent. Le 13 juillet, après un refus de combat de Soliman Bey, chef des rebelles, une bataille éclata. Ofman Bey, commandant des troupes du Caire, fut tué par Soliman Bey, qui lui reprocha ses cruautés avant de lui couper la tête. Cette défaite renforça les rebelles avec le retour de Cherkes Mehemet Bey et un renfort de 400 Maugrebins. Les beys du Caire découvrirent que le Pacha d'Égypte favorisait les rebelles et le destituèrent le 19 juillet. Mehemet Bey, fils de Dervich Bey, fut nommé lieutenant général. Malgré cette destitution, les troubles continuèrent. Les beys préparèrent un corps de 6 000 hommes pour attaquer les rebelles retranchés en Haute-Égypte. Le Pacha, emprisonné, subissait des mortifications. Les commandants, manquant de fonds, tyrannisaient le peuple pour financer la guerre. Le 28 août, des rebelles approchèrent du Caire, renforçant les mesures de sécurité. Le Pacha fut transféré en prison, mais les Jannissaires refusèrent de le garder, le considérant comme l'un des leurs. Zulficar Bey renforça les défenses de la ville. Le 31 août, une alarme fut déclenchée par une attaque sur les éclaireurs. Les commandants continuèrent à envoyer des troupes et des munitions. Le 1er août, les éclaireurs revinrent épouvantés par une embuscade. Les nouvelles sur la situation des rebelles variaient, mais les commandants restaient vigilants. Le 5 août, une partie des troupes rentra au Caire, affirmant une résistance des rebelles. Le 6 août, la mort de Soliman Bey fut confirmée, et Cherkes Mehemet Bey se réfugia dans un village. Zulficar Bey préparait une nouvelle offensive. Du 6 au 21 avril 1730, plusieurs événements marquants se déroulèrent au Caire et dans ses environs. Cara Muftapha, un chef rebelle, fut exécuté après avoir refusé de répondre aux interrogatoires. Le commandant de la ville continua de renforcer les troupes et de préparer des munitions pour affronter Cherkez. Des rumeurs circulaient sur la mort de Soliman Bey, bien que la politique officielle le déclarât mort, des informations suggéraient qu'il était toujours en vie et prêt à se défendre. Cherkez se retira dans le village de Manouri, s'alliant avec les Arabes locaux pour contrôler la région. Le commandant de la ville imposa une taxe sur les boutiques et fit des emprunts auprès des habitants. Cherkez et ses alliés pillèrent divers villages de la Behere. Aly Bey, commandant des troupes, fut renforcé et participa à la cérémonie de la coupe du Nil. Cherkez attaqua le Fioume et se délasça sans être inquiété. Aly Bey, jugeant ses forces insuffisantes, décida de ne pas attaquer Cherkez. Un courrier de La Mecque annonça la mort de Mehemet Pacha et l'arrivée imminente de la caravane. Aly Bey et Uffein Qurb bigi furent nommés Beys, et Aly Bey partit combattre Cherkez, bien que l'inondation puisse entraver ses plans. Uffein sortit de la ville avec des milices, et Cherkez se déplaça vers la Haute Égypte, interrompant le transport de grains vers Le Caire. Les Beys et autres autorités complimentèrent les nouveaux Beys, et des préparatifs furent faits pour envoyer des Kaïmakans en Haute Égypte afin de rétablir l'ordre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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539
p. 697-702
Autres Lettres de Constantinople du 15. & 28 Novembre 1729.
Début :
Le Kam de Tartarie est entré dans la Crimée sans aucune opposition, les [...]
Mots clefs :
Chah, Troupes, Turcs, Perse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autres Lettres de Constantinople du 15. & 28 Novembre 1729.
Autres Lettres de Conftantinople du 15. &
28 Novembre 1729 .
E Kam de Tartarie eft entré dans la
Crimée fans aucune oppofition , les
fils de Dely Sultan n'ayant pas trouvé les
Peuples difpofés à favoriler les vûës qu'ils
avoieng
698 MERCURE DE FRANCE
avoient de venger la mort de leur pere.
On affure que la tranquillité eft parfaitement
rétablie dans ce Pays là.
Les troubles continuent en Egypte . II .
y a eu plufieurs Combaez entre quelques
Détachemens des Troupes de Zulficar &
celles de Cherkés Beys ; mais il n'y en a
eu aucun de decifif. Zulficar eft Maître au.
Caire , & Cherkez Bey fe tient dans le
Saïdy , Province de la Haute Egypte.
Le Grand- Seigneur ayant été informé.
que Zulficar avoit fait dépofer Bekir Pacha
, qui étoit Pacha du Caire , y a nom
mé Abdoula Pacha , de la famille des Cuprulis
, pour le remplacer ; mais ce nouveau
Pacha étant arrivé au Caire , Zulfiear
& les autres Grands du Pays n'ont pas
voulu le reconnoître ; on dit auffi que ce
Gouverneur ayant trouvé cette Province
dans la confufion , & jugé qu'il ne feroir
pas facile de s'y maintenir,à moins de voufoir
fuivre aveuglement les volontés de
Zulficar , avoit écrit à la Porte pour être
difpenfé d'accepter ce Pachalik .
L'autorité du G. S. n'a jamais été bien
établie en Egypte ; mais il paroit qu'elle
y eft encore plus affoiblie dans la conjonctu
repréfente.Tous les Turcs qui arrivent
au Caire , venant de Conftantinople , y
font regardés de mauvais cil ; on affure
même qu'on ne les Y laiffe pas libres >
&
AVRIL. 1730. 699
& qu'on leur donne des Gardes. Il eft cer
tain que le G. S. n'eft pas fans inquiétude
fur ce qui fe paffe dans ce Pays là , & il
a été tenu plufieurs Conferences à ce fujet
par les Miniftres de la Porte , aufquelles
on a fait affifter les perfonnes les
plus confiderables de l'Empire , pour les
confulter fur les expediens que l'on crois
roit les plus convenables ; mais on prétend
qu'il n'y a été pris aucune réſolu¬
tion.
La Perle ne jouit pas d'une plus grande
tranquillité que l'Egypte par les derniers
avis qu'on en a reçû. On a appris qu'il y
avoit eu deux Batailles données entre
Acheraf Kam & Schah Thamas , & qu'Acheraf
qui commandoit fon Armée à la
derniere les avoit perdues toutes deux ,
ce qui avoit diminué confiderablement
fes Troupes ; on affure même qu'il ne lui
fera pas poffible de les rétablir , ayant
entierement aliené les Perfans par les
cruautés qu'il a exercées contr'eux , &
ne pouvant faire venir des Troupes de la
Province de Candahar par la difficulté
des paffages , & parceque le frere de Mi.
ri-Mahmoud s'eft rendu Maître de cette
Province ; on ne doute pas que fi Schah
Thamas fçait profiter de la fituation où
fe trouve Acheraf qui a été obligé de s'en.
fuir du côté d'Amadam , il ne fe rende
bientôt
700 MERCURE DE FRANCE
bientôt maître d'Ifpaham , & qu'il ne
chaffe Acheraf du Royaume de Perfe .
Quoique la Porte eut fait des honneur's
infinis à l'Ambaffadeur d'Acheraf , &
qu'elle eut paru ne faire que peu de cas
de celui de Schah Thamas lors de fon
arrivée à Conftantinople , on s'apperçoit
depuis les dernieres nouvelles venues de
Perfe que les difpofitions des Miniftres
de la Porte font changées à l'égard
de ce dernier , qu'ils ont de grandes
attentions pour lui , & lui donnant dans
łe Public bien des applaudiffemens fur
fon caractere & fur fon génie , ce qui perfuade
qu'ils fe détacheront infenfiblement
d'Acheraf ; & qu'après avoir pris le parti
d'affifter indirectement Schah Thamas
dans les commencemens , ils fe détermi
neront à lui donner des fecours ouvertement
dans la fuite.
Un frere Bâtard de Schah Thamas qui
vient auffi difputer la Couronne de Perfe
s'étoit avancé jufqu'à Bagdat dans l'intention
de venir demander du fecours au
G. S. pour l'execution de fon projet ; il
lui avoit été mandé de refter à Bagdat juf
qu'à nouvel ordre ; on prétend qu'il lui
a été permis enfuite de venir à Conftantinople
, & qu'il y doit arriver inceffamment.
Les Turcs fe font déterminés à l'y
attirer , en vûë de contenir par là Schah
Thamas
AVRIL. 1730. 701
Thamas , & pour le réduire plus facilement
à executer le Traité de partage fait
par la médiation du Roi entre les Turcs
& les Mofcovites , les differends furvenus
fur les frontieres de Perfe , entre les
Turcs & les Mofcovites n'ont eu juſqu'à
prefent aucunes fuites d'un certain éclat;
mais on a lieu de croire que leur aigreur
n'eft pas éteinte , fur- tout de la part
des
Turcs qui ont été traités avec beaucoup
de hauteur par les Mofcovites. On attend
avec impatience le retour de l'Aga envoyé
à Molcou , pour fçavoir le traitement
qui lui aura été fait par le Czar ,
& la fatisfaction qu'il aura reçûë de ce
Prince , fur les plaintes qu'il avoit été
lui porter des violences exercées par fes
Troupes,
t
Il y a des gens qui prétendent que cet
Aga eft revenu depuis quelques jours , &
qu'on le fait refter caché à Coftantinople ,
afin de lui donner des inftructions fur
la maniere dont les Miniftres de la Porte
trouveront à propos qu'il s'explique au
fujet du voyage qu'il vient de faire . Si le
Vizir fuivoit les mouvemens du Peuple ,
les Turcs feroient bientôt en guerre avec
les Mofcovites ; mais il paroît être dans
des difpofitions oppofées.
Par les Lettres arrivées aujourd'hui 28 .
Novembre de Perfe , on apprend que
Schab
702 MERCURE DE FRANCE
Schah Thamas dont les Troupes ont été
groffies par les fecours qu'il a reçus de
Mofcovie , s'eft rendu maître de Cafbin,
qu'Acheraf s'eft retiré dans les Montagnes
avec ce qui lui refte de Troupes , & qu'il
ne peut pas même fe jetter dans Ifpaham,
dont on dit que les chemins lui ont été
coupez par Schah Thamas. On ajoûte
que la Porte fait marcher beaucoup de
Troupes fur les Frontieres de Perfe fans
qu'on fçache encore à quoi elles font deftinées
, & quel fera le parti que prendra
le Grand-Seigneur.
28 Novembre 1729 .
E Kam de Tartarie eft entré dans la
Crimée fans aucune oppofition , les
fils de Dely Sultan n'ayant pas trouvé les
Peuples difpofés à favoriler les vûës qu'ils
avoieng
698 MERCURE DE FRANCE
avoient de venger la mort de leur pere.
On affure que la tranquillité eft parfaitement
rétablie dans ce Pays là.
Les troubles continuent en Egypte . II .
y a eu plufieurs Combaez entre quelques
Détachemens des Troupes de Zulficar &
celles de Cherkés Beys ; mais il n'y en a
eu aucun de decifif. Zulficar eft Maître au.
Caire , & Cherkez Bey fe tient dans le
Saïdy , Province de la Haute Egypte.
Le Grand- Seigneur ayant été informé.
que Zulficar avoit fait dépofer Bekir Pacha
, qui étoit Pacha du Caire , y a nom
mé Abdoula Pacha , de la famille des Cuprulis
, pour le remplacer ; mais ce nouveau
Pacha étant arrivé au Caire , Zulfiear
& les autres Grands du Pays n'ont pas
voulu le reconnoître ; on dit auffi que ce
Gouverneur ayant trouvé cette Province
dans la confufion , & jugé qu'il ne feroir
pas facile de s'y maintenir,à moins de voufoir
fuivre aveuglement les volontés de
Zulficar , avoit écrit à la Porte pour être
difpenfé d'accepter ce Pachalik .
L'autorité du G. S. n'a jamais été bien
établie en Egypte ; mais il paroit qu'elle
y eft encore plus affoiblie dans la conjonctu
repréfente.Tous les Turcs qui arrivent
au Caire , venant de Conftantinople , y
font regardés de mauvais cil ; on affure
même qu'on ne les Y laiffe pas libres >
&
AVRIL. 1730. 699
& qu'on leur donne des Gardes. Il eft cer
tain que le G. S. n'eft pas fans inquiétude
fur ce qui fe paffe dans ce Pays là , & il
a été tenu plufieurs Conferences à ce fujet
par les Miniftres de la Porte , aufquelles
on a fait affifter les perfonnes les
plus confiderables de l'Empire , pour les
confulter fur les expediens que l'on crois
roit les plus convenables ; mais on prétend
qu'il n'y a été pris aucune réſolu¬
tion.
La Perle ne jouit pas d'une plus grande
tranquillité que l'Egypte par les derniers
avis qu'on en a reçû. On a appris qu'il y
avoit eu deux Batailles données entre
Acheraf Kam & Schah Thamas , & qu'Acheraf
qui commandoit fon Armée à la
derniere les avoit perdues toutes deux ,
ce qui avoit diminué confiderablement
fes Troupes ; on affure même qu'il ne lui
fera pas poffible de les rétablir , ayant
entierement aliené les Perfans par les
cruautés qu'il a exercées contr'eux , &
ne pouvant faire venir des Troupes de la
Province de Candahar par la difficulté
des paffages , & parceque le frere de Mi.
ri-Mahmoud s'eft rendu Maître de cette
Province ; on ne doute pas que fi Schah
Thamas fçait profiter de la fituation où
fe trouve Acheraf qui a été obligé de s'en.
fuir du côté d'Amadam , il ne fe rende
bientôt
700 MERCURE DE FRANCE
bientôt maître d'Ifpaham , & qu'il ne
chaffe Acheraf du Royaume de Perfe .
Quoique la Porte eut fait des honneur's
infinis à l'Ambaffadeur d'Acheraf , &
qu'elle eut paru ne faire que peu de cas
de celui de Schah Thamas lors de fon
arrivée à Conftantinople , on s'apperçoit
depuis les dernieres nouvelles venues de
Perfe que les difpofitions des Miniftres
de la Porte font changées à l'égard
de ce dernier , qu'ils ont de grandes
attentions pour lui , & lui donnant dans
łe Public bien des applaudiffemens fur
fon caractere & fur fon génie , ce qui perfuade
qu'ils fe détacheront infenfiblement
d'Acheraf ; & qu'après avoir pris le parti
d'affifter indirectement Schah Thamas
dans les commencemens , ils fe détermi
neront à lui donner des fecours ouvertement
dans la fuite.
Un frere Bâtard de Schah Thamas qui
vient auffi difputer la Couronne de Perfe
s'étoit avancé jufqu'à Bagdat dans l'intention
de venir demander du fecours au
G. S. pour l'execution de fon projet ; il
lui avoit été mandé de refter à Bagdat juf
qu'à nouvel ordre ; on prétend qu'il lui
a été permis enfuite de venir à Conftantinople
, & qu'il y doit arriver inceffamment.
Les Turcs fe font déterminés à l'y
attirer , en vûë de contenir par là Schah
Thamas
AVRIL. 1730. 701
Thamas , & pour le réduire plus facilement
à executer le Traité de partage fait
par la médiation du Roi entre les Turcs
& les Mofcovites , les differends furvenus
fur les frontieres de Perfe , entre les
Turcs & les Mofcovites n'ont eu juſqu'à
prefent aucunes fuites d'un certain éclat;
mais on a lieu de croire que leur aigreur
n'eft pas éteinte , fur- tout de la part
des
Turcs qui ont été traités avec beaucoup
de hauteur par les Mofcovites. On attend
avec impatience le retour de l'Aga envoyé
à Molcou , pour fçavoir le traitement
qui lui aura été fait par le Czar ,
& la fatisfaction qu'il aura reçûë de ce
Prince , fur les plaintes qu'il avoit été
lui porter des violences exercées par fes
Troupes,
t
Il y a des gens qui prétendent que cet
Aga eft revenu depuis quelques jours , &
qu'on le fait refter caché à Coftantinople ,
afin de lui donner des inftructions fur
la maniere dont les Miniftres de la Porte
trouveront à propos qu'il s'explique au
fujet du voyage qu'il vient de faire . Si le
Vizir fuivoit les mouvemens du Peuple ,
les Turcs feroient bientôt en guerre avec
les Mofcovites ; mais il paroît être dans
des difpofitions oppofées.
Par les Lettres arrivées aujourd'hui 28 .
Novembre de Perfe , on apprend que
Schab
702 MERCURE DE FRANCE
Schah Thamas dont les Troupes ont été
groffies par les fecours qu'il a reçus de
Mofcovie , s'eft rendu maître de Cafbin,
qu'Acheraf s'eft retiré dans les Montagnes
avec ce qui lui refte de Troupes , & qu'il
ne peut pas même fe jetter dans Ifpaham,
dont on dit que les chemins lui ont été
coupez par Schah Thamas. On ajoûte
que la Porte fait marcher beaucoup de
Troupes fur les Frontieres de Perfe fans
qu'on fçache encore à quoi elles font deftinées
, & quel fera le parti que prendra
le Grand-Seigneur.
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Résumé : Autres Lettres de Constantinople du 15. & 28 Novembre 1729.
En novembre 1729, Kam de Tartarie a envahi la Crimée sans rencontrer de résistance, les fils de Dely Sultan n'ayant pas réussi à obtenir de soutien pour venger leur père. La situation en Crimée s'est stabilisée. En Égypte, les troubles persistent entre les troupes de Zulficar et celles de Cherkés Bey. Zulficar contrôle Le Caire, tandis que Cherkés Bey est dans la province du Saïdy. Le Grand Seigneur a nommé Abdoula Pacha pour remplacer Bekir Pacha, mais Zulficar et les notables du pays n'ont pas reconnu ce nouveau gouverneur. Cette situation affaiblit l'autorité du Grand Seigneur, qui consulte ses ministres sans prendre de décision. En Perse, deux batailles ont opposé Acheraf Kam et Schah Thamas, ce dernier remportant les deux victoires. Acheraf, affaibli et impopulaire, a dû fuir. La Porte ottomane, initialement favorable à Acheraf, semble désormais soutenir Schah Thamas, lui accordant des applaudissements publics. Un frère bâtard de Schah Thamas est attendu à Constantinople pour obtenir du soutien contre Schah Thamas. Les relations entre les Turcs et les Moscovites restent tendues en raison des violences exercées par les troupes moscovites. Un Aga envoyé à Moscou est revenu et reste caché à Constantinople pour recevoir des instructions. Les Turcs se préparent à la guerre, mais le Vizir semble opposé à cette option. Les dernières nouvelles indiquent que Schah Thamas, renforcé par des troupes moscovites, a pris Cafbin et contraint Acheraf à se retirer. La Porte ottomane mobilise des troupes à la frontière perse, mais leur destination reste incertaine.
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540
p. 812-813
ALLEMAGNE.
Début :
Mr. Brawe, Ministre Plenipotentiaire du Duc de Brunswick-Wolfembutel ; reçut [...]
Mots clefs :
Troupes, Roi d'Angleterre, Roi de Prusse
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLE MAGNE.
Mr.Duc de Brunfwick-Wolfembutel ; reçur r . Brawe , Miniftre Plenipotentiaire du
le 13 Mars , des mains de l'Empereur , Pinvef
titure
AVRIL. 813 1730 :
titure du Duché de Brunfwick .
On apprend de Caffel que le Roy de Suede
doit y aller faire un voyage inceffamment ,
pour prendre poffeffion de fes nouveaux Etats.
On a publié à Drefde une Ordonnance du
Roy de Pologne, par laquelle il eft défendu aux
Lutheriens de cette Ville , fous des peines tresrigoureuſes
, de fe trouver aux Offices & autres
Ceremonies de la Chapelle Catholique du Palais.
Le 30 Mars , on celebra dans la Chapelle de
l'Imperatrice Amelie , à Vienne , une des Fêtes
annuelles de l'Ordre de la Croiſade. Il y cut
pendant la journée treize exhortations , aufquelles
les Dames de cet Ordre fe trouverent alter
nativement..
On a eu avis de Berlin, que les differends entre
le Roy d'Angleterre & le Roy de Pruffe ,.
étoient accommodez & qu'on devoit faire inceffamment
l'échange des Soldats Hanovriens
& Pruffiens, qui ont donné lieu à ces differends.
L'Evêque de Bamberg & de Wurtbourg , Vice-
Chancelier de l'Empire , a promis de fournir à
S. M. I. 6000. hommes de fes Troupes.
Le General Wallis doit commander celles
qu'on envoye en Sicile. Elles formeront un
Corps de 14000. hommes.
Le fecond Corps de Troupes , deftiné pour
la Lombardie & la Calabre eft en marche. Le 28
Mars on fit partir encore pour l'Italie huit Bataillons
, quatre Compagnies de Grenadiers &
quatorze Eſcadrons qu'on a tiré d'Hongrie .
Mr.Duc de Brunfwick-Wolfembutel ; reçur r . Brawe , Miniftre Plenipotentiaire du
le 13 Mars , des mains de l'Empereur , Pinvef
titure
AVRIL. 813 1730 :
titure du Duché de Brunfwick .
On apprend de Caffel que le Roy de Suede
doit y aller faire un voyage inceffamment ,
pour prendre poffeffion de fes nouveaux Etats.
On a publié à Drefde une Ordonnance du
Roy de Pologne, par laquelle il eft défendu aux
Lutheriens de cette Ville , fous des peines tresrigoureuſes
, de fe trouver aux Offices & autres
Ceremonies de la Chapelle Catholique du Palais.
Le 30 Mars , on celebra dans la Chapelle de
l'Imperatrice Amelie , à Vienne , une des Fêtes
annuelles de l'Ordre de la Croiſade. Il y cut
pendant la journée treize exhortations , aufquelles
les Dames de cet Ordre fe trouverent alter
nativement..
On a eu avis de Berlin, que les differends entre
le Roy d'Angleterre & le Roy de Pruffe ,.
étoient accommodez & qu'on devoit faire inceffamment
l'échange des Soldats Hanovriens
& Pruffiens, qui ont donné lieu à ces differends.
L'Evêque de Bamberg & de Wurtbourg , Vice-
Chancelier de l'Empire , a promis de fournir à
S. M. I. 6000. hommes de fes Troupes.
Le General Wallis doit commander celles
qu'on envoye en Sicile. Elles formeront un
Corps de 14000. hommes.
Le fecond Corps de Troupes , deftiné pour
la Lombardie & la Calabre eft en marche. Le 28
Mars on fit partir encore pour l'Italie huit Bataillons
, quatre Compagnies de Grenadiers &
quatorze Eſcadrons qu'on a tiré d'Hongrie .
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Résumé : ALLEMAGNE.
En mars 1730, le duc de Brunswick-Wolfenbüttel a reçu la plénipotence impériale. Le roi de Suède envisageait de se rendre en Allemagne pour prendre possession de ses nouveaux États. À Dresde, une ordonnance du roi de Pologne interdisait aux luthériens d'assister aux cérémonies de la chapelle catholique du palais, sous peine de sanctions sévères. Le 30 mars, une fête annuelle de l'Ordre de la Croisade a été célébrée à Vienne. À Berlin, les différends entre le roi d'Angleterre et le roi de Prusse ont été résolus, et un échange de soldats hanovriens et prussiens était imminent. L'évêque de Bamberg et de Wurtzbourg, vice-chancelier de l'Empire, a promis de fournir 6 000 hommes à l'empereur. Le général Wallis devait commander les troupes envoyées en Sicile, formant un corps de 14 000 hommes. Un second corps de troupes, destiné à la Lombardie et à la Calabre, était en marche. Le 28 mars, huit bataillons, quatre compagnies de grenadiers et quatorze escadrons provenant de Hongrie ont été envoyés en Italie.
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541
p. 835-846
LISTE des Régiments de Cavalerie qui composeront les Camps qu'on formera dans peu.
Début :
Celui de la Sambre, commandé par le Prince de Tingri, Lieutenant General. [...]
Mots clefs :
Régiments de cavalerie, Escadrons, Camps
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texteReconnaissance textuelle : LISTE des Régiments de Cavalerie qui composeront les Camps qu'on formera dans peu.
LISTE des Régimens de Cavalerie
qui compoferont les Camps qu'on
formera dans peu.
Celui de la Sambre , commandé par le Prince
de Tingri , Lieutenant General
Efcadrons . Efcadrons,
Colonel General ,
4
Le Roi , 3
Mestre de Camp Ge- 1
neral
3
Royal Cuiraffiers ,
Royal Cravates ,
3
3
Dau
$46 MERCURE DE FRANCE,
Escadron. Efcadron.
Dauphin T
Bretagne ,
Berry ,
3 Vaflé , 3.
3 La Motte Houdan-
3 cour , 3
Comte de Clermont , 3 La Ferronaye , 3
Lambefc
S. Simon *
Gefvres 2.
3 Cheppy * 3 3 Coffe
3
3 Ruffec 3
• 3
3
4
La Roche Foucault , 3
En tout 19. Regimens 58. Eſcadrons.
Le Campde la Meufe , commandé par le Comte
de Belle- Ifle.
Efcadrons
Royal Etranger
Royal Rouffilon ,
Royal Allemand
3
Escadrons
La Tour , 3
Lorraine >
3
Montreuil
La Reine , 3 * Brion ,
Le Roi Staniflas 3
Lenoncourt
Orleans x 3 Rolen ,
Bourbon > 3 Bethune
"
Touloufe 3 Nogent , 3
Villeroy * 3 Mouchy ,
18. Regimens 55. Eſcadrons.
Le Camp de la Saone , commandé par le Duc
de Levy.
Efcadrons
Commiffaire General, 3 Cayeux ,
"
Efcadrons
३.
Royal ,
3 De Turenne, 3:
Royal Piémont , 3 Vauldrey
Dauphin Etranger , 3 Peyre ,
Anjou 3 Aumont ,"
Condé , 3 D'Urfort
3
Du Mame
3 Levy , 3
Du Chaylar , 3 Du Luc , 3
Villars , 3 Noailles ,
Luynes, 3
qui compoferont les Camps qu'on
formera dans peu.
Celui de la Sambre , commandé par le Prince
de Tingri , Lieutenant General
Efcadrons . Efcadrons,
Colonel General ,
4
Le Roi , 3
Mestre de Camp Ge- 1
neral
3
Royal Cuiraffiers ,
Royal Cravates ,
3
3
Dau
$46 MERCURE DE FRANCE,
Escadron. Efcadron.
Dauphin T
Bretagne ,
Berry ,
3 Vaflé , 3.
3 La Motte Houdan-
3 cour , 3
Comte de Clermont , 3 La Ferronaye , 3
Lambefc
S. Simon *
Gefvres 2.
3 Cheppy * 3 3 Coffe
3
3 Ruffec 3
• 3
3
4
La Roche Foucault , 3
En tout 19. Regimens 58. Eſcadrons.
Le Campde la Meufe , commandé par le Comte
de Belle- Ifle.
Efcadrons
Royal Etranger
Royal Rouffilon ,
Royal Allemand
3
Escadrons
La Tour , 3
Lorraine >
3
Montreuil
La Reine , 3 * Brion ,
Le Roi Staniflas 3
Lenoncourt
Orleans x 3 Rolen ,
Bourbon > 3 Bethune
"
Touloufe 3 Nogent , 3
Villeroy * 3 Mouchy ,
18. Regimens 55. Eſcadrons.
Le Camp de la Saone , commandé par le Duc
de Levy.
Efcadrons
Commiffaire General, 3 Cayeux ,
"
Efcadrons
३.
Royal ,
3 De Turenne, 3:
Royal Piémont , 3 Vauldrey
Dauphin Etranger , 3 Peyre ,
Anjou 3 Aumont ,"
Condé , 3 D'Urfort
3
Du Mame
3 Levy , 3
Du Chaylar , 3 Du Luc , 3
Villars , 3 Noailles ,
Luynes, 3
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Résumé : LISTE des Régiments de Cavalerie qui composeront les Camps qu'on formera dans peu.
Le document énumère les régiments de cavalerie constituant trois camps militaires : la Sambre, la Meuse et la Saône. Le camp de la Sambre, dirigé par le Prince de Tingri, comprend 19 régiments et 58 escadrons, incluant les régiments du Roi, Royal Cuiraffiers, Royal Cravates, Dauphin, Bretagne et Berry. Le camp de la Meuse, sous le commandement du Comte de Belle-Isle, compte 18 régiments et 55 escadrons, avec des régiments tels que Royal Etranger, Royal Rouffilon, Royal Allemand, La Tour, Lorraine et La Reine. Enfin, le camp de la Saône, dirigé par le Duc de Levy, inclut les régiments Royal, Royal Piémont, Dauphin Etranger, Anjou, Condé et Villars. Chaque camp est précisé avec le nombre d'escadrons par régiment.
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542
p. 1026
SUEDE.
Début :
Les forces Navales du Roi consistent actuellement en 36. Vaisseaux de ligne & 19. Frégates, [...]
Mots clefs :
Suède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE
Es forces Navales du Roi confiftent actuelle
ment en 36. Vaiffeaux de ligne & 19. Frégafans
compter les Galeres & les autres Bâtités
,
mens
plats
.
On mande de Stokolm , que les 6000 , hommes
de Troupes Sedoifes qui doivent entrer au ſervice
du Roi Très- Chrétien & de S. M. Britannique ,
étant arrivez à Yftedt , pour s'y embarquer au
premier ordre , ce Corps de Troupes , qui eft
compofé de quatre Régimens d'Infanterie & de
deux de Cavalerie , doit être renforcé en Pomera- ·
nie par un autre Régiment qui y eft en quartier.
Es forces Navales du Roi confiftent actuelle
ment en 36. Vaiffeaux de ligne & 19. Frégafans
compter les Galeres & les autres Bâtités
,
mens
plats
.
On mande de Stokolm , que les 6000 , hommes
de Troupes Sedoifes qui doivent entrer au ſervice
du Roi Très- Chrétien & de S. M. Britannique ,
étant arrivez à Yftedt , pour s'y embarquer au
premier ordre , ce Corps de Troupes , qui eft
compofé de quatre Régimens d'Infanterie & de
deux de Cavalerie , doit être renforcé en Pomera- ·
nie par un autre Régiment qui y eft en quartier.
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Résumé : SUEDE.
Le roi de Suède dispose de 36 vaisseaux de ligne et 19 frégates. 6 000 soldats suédois, composés de quatre régiments d'infanterie et deux de cavalerie, sont arrivés à Ystädt pour embarquer au service du roi de France et du roi d'Angleterre. Un autre régiment en Poméranie doit renforcer ce corps de troupes.
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543
p. 1035-1037
LETTRE écrite de Metz le 15. Mars 1730. au sujet des nouvelles Cazernes.
Début :
Le 12. de ce mois la Bourgeoisie de Metz s'étant assemblée, avec la permission du Lieutenant [...]
Mots clefs :
Évêque, Casernes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Metz le 15. Mars 1730. au sujet des nouvelles Cazernes.
LETTRE écrite de Metz le 15. Mars
1730. aufujet des nouvelles Cazernes .
L
E 12. de ce mois la Bourgeoifie de Metz s'étant
affemblée , avec la permiffion du Lieutenant
de Roi , vint au Palais Epifcopal remercier
le Duc de Coiflin , Evêque de cette Ville , de ce
que , non-content d'avoir fait conftruire à fes dépens
en 1727. un Corps de Cazernes & des Pavillons
en la Place du Champ- a- Seille , pour le
foulagement du Peuple , il venoit de commencer
encore fur la même Place de nouveaux corps de
Cazernes & des Pavillons qui feront fuffifans pour
loger à l'aife trois Bataillons avec leurs Officiers ,
& cela dans un temps où le prix des Materiaux
de toute elpece eft exceffif , à caufe des nouvelles
Fortifications que le Roi fait faire fous les ordres
du Comte de Belleifle , qui rendront Metz unë
des plus fortes Places de l'Europe.
Ces Bourgeois ont témoigné dans leur compliment
à leur Evêque , qu'ils étoient d'autant
plus fienfibles à ce nouvel effet de fa génerofité ,
qu'ils avoient moins de fujet de s'y attendre fi - tôt,
parce que depuis la conftruction des premieres
Cazernes en 1727. il avoit augmenté d'un nouveau
corps de logis compofé de 16. Chambres ,
d'un grand Ouvroir & de plufieurs autres commoditez
, la Maiſon du Refuge , qu'il a fondée
Il y a quelques années , pour renfermer les filles
d'unc
1036 MERCURE DE FRANCE
d'une vie ſcandaleufe , & que voulant que tout
fon Diocèfe refentît les effets falutaires de fon
zele & de fa generofité , on venoit d'achever le
mois dernier un Séminaire , qu'il a fait bâtir pour
yfaire élever dans l'efprit ecclefiaftique par un
Directeur & un Sous-Maitre,vingt jeunes pauvres
Erudians , moitié François , moitié Allemands ,
Sujets du Roy.
Ils auroient pú ajoûter la charité , digne des
Evêques des premiers fiecles , que cet illuftre Prélat
a exercée à la Naiffancé de Monfeigneur le
Dauphin , envers les prifonniers détenus pour
dettes , dont plufieurs arrêtez pour contrebande ,
ne pouvant payer l'amende , devoient être condamnez
aux Galeres.
Le 14. du même mois les trois Ordres de la
Ville vinrent en corps faire le même remerciement
à M. de Metz , dont les aumônes abondantes
ne diminuent point après de fi grandes dépenfes.
On efpere que ces Edifices feront achevez dans
un an, ils formeront une Place entierement parée,
d'un quarré long de 55. toifes de longeur , fur
32. de large. Chaque façade des deux grands
Corps qui font paralleles , eft de 47. toiſes , &
celle des Pavillons , de 28. toifes . Les quatre Avenuës
de la Place feront fermées de Grilles de fer,
deux Fontaines y fourniront de l'eau , & les
Troupes auront une étendue fuffifante pour faire
leurs Exercices & leurs mouvemens.
On a déja donné une Deſcription bien détail→、
lée de ces premiers Corps de Cazernes ,
dans un
Mercure de l'année 1728. on peut y avoir recours
pour le former une jufte idée de ces fuperbes
Edifices.
Voici une Infcription qui avoit été faite pour
Le Seminaire de l'Evêque de Metz.
ProM.
A Y. 1730. 1037
Providus inde gregem Coiflinus pafcit in avum.
Mais ce Prélat n'a pas voulu qu'on lût au- deſſus
de la Porte, il a mieux aimé y faire mettre ces paroles
: Probentur primùm & fic miniftrent. 1.
Timoth. 3. 10,
1730. aufujet des nouvelles Cazernes .
L
E 12. de ce mois la Bourgeoifie de Metz s'étant
affemblée , avec la permiffion du Lieutenant
de Roi , vint au Palais Epifcopal remercier
le Duc de Coiflin , Evêque de cette Ville , de ce
que , non-content d'avoir fait conftruire à fes dépens
en 1727. un Corps de Cazernes & des Pavillons
en la Place du Champ- a- Seille , pour le
foulagement du Peuple , il venoit de commencer
encore fur la même Place de nouveaux corps de
Cazernes & des Pavillons qui feront fuffifans pour
loger à l'aife trois Bataillons avec leurs Officiers ,
& cela dans un temps où le prix des Materiaux
de toute elpece eft exceffif , à caufe des nouvelles
Fortifications que le Roi fait faire fous les ordres
du Comte de Belleifle , qui rendront Metz unë
des plus fortes Places de l'Europe.
Ces Bourgeois ont témoigné dans leur compliment
à leur Evêque , qu'ils étoient d'autant
plus fienfibles à ce nouvel effet de fa génerofité ,
qu'ils avoient moins de fujet de s'y attendre fi - tôt,
parce que depuis la conftruction des premieres
Cazernes en 1727. il avoit augmenté d'un nouveau
corps de logis compofé de 16. Chambres ,
d'un grand Ouvroir & de plufieurs autres commoditez
, la Maiſon du Refuge , qu'il a fondée
Il y a quelques années , pour renfermer les filles
d'unc
1036 MERCURE DE FRANCE
d'une vie ſcandaleufe , & que voulant que tout
fon Diocèfe refentît les effets falutaires de fon
zele & de fa generofité , on venoit d'achever le
mois dernier un Séminaire , qu'il a fait bâtir pour
yfaire élever dans l'efprit ecclefiaftique par un
Directeur & un Sous-Maitre,vingt jeunes pauvres
Erudians , moitié François , moitié Allemands ,
Sujets du Roy.
Ils auroient pú ajoûter la charité , digne des
Evêques des premiers fiecles , que cet illuftre Prélat
a exercée à la Naiffancé de Monfeigneur le
Dauphin , envers les prifonniers détenus pour
dettes , dont plufieurs arrêtez pour contrebande ,
ne pouvant payer l'amende , devoient être condamnez
aux Galeres.
Le 14. du même mois les trois Ordres de la
Ville vinrent en corps faire le même remerciement
à M. de Metz , dont les aumônes abondantes
ne diminuent point après de fi grandes dépenfes.
On efpere que ces Edifices feront achevez dans
un an, ils formeront une Place entierement parée,
d'un quarré long de 55. toifes de longeur , fur
32. de large. Chaque façade des deux grands
Corps qui font paralleles , eft de 47. toiſes , &
celle des Pavillons , de 28. toifes . Les quatre Avenuës
de la Place feront fermées de Grilles de fer,
deux Fontaines y fourniront de l'eau , & les
Troupes auront une étendue fuffifante pour faire
leurs Exercices & leurs mouvemens.
On a déja donné une Deſcription bien détail→、
lée de ces premiers Corps de Cazernes ,
dans un
Mercure de l'année 1728. on peut y avoir recours
pour le former une jufte idée de ces fuperbes
Edifices.
Voici une Infcription qui avoit été faite pour
Le Seminaire de l'Evêque de Metz.
ProM.
A Y. 1730. 1037
Providus inde gregem Coiflinus pafcit in avum.
Mais ce Prélat n'a pas voulu qu'on lût au- deſſus
de la Porte, il a mieux aimé y faire mettre ces paroles
: Probentur primùm & fic miniftrent. 1.
Timoth. 3. 10,
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Résumé : LETTRE écrite de Metz le 15. Mars 1730. au sujet des nouvelles Cazernes.
Le 12 mars 1730, la bourgeoisie de Metz, avec l'autorisation du Lieutenant du Roi, s'est réunie pour remercier le Duc de Coislain, Évêque de Metz, d'avoir construit des casernes et des pavillons sur la Place du Champ-à-Seille. En 1727, l'Évêque avait déjà financé des bâtiments pour aider le peuple. Actuellement, il entreprend de nouveaux travaux pour loger trois bataillons, malgré les coûts élevés des matériaux dus aux nouvelles fortifications ordonnées par le Comte de Belle-Isle. Les bourgeois ont exprimé leur gratitude, soulignant qu'ils ne s'attendaient pas à une telle générosité si tôt. Depuis 1727, l'Évêque a également agrandi la Maison du Refuge pour les filles de vie scandaleuse et achevé un séminaire pour éduquer vingt jeunes pauvres, moitié Français, moitié Allemands. Il a aussi aidé les prisonniers pour dettes, notamment ceux arrêtés pour contrebande. Le 14 mars, les trois ordres de la ville ont également remercié l'Évêque pour ses aumônes. Les travaux devraient être achevés dans un an, formant une place pavée de 55 toises sur 32, avec des grilles de fer et deux fontaines. Une description des premières casernes a été publiée dans le Mercure de 1728. L'Évêque a choisi une inscription biblique pour le séminaire.
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544
p. 1037-1038
PROMOTION des Officiers des Galeres, faite par le Roi le 15. Avril 1730.
Début :
Capitaines de Galeres. Mrs De Tournefort, Major. De Gardane. [...]
Mots clefs :
Promotion, Officiers des galères
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROMOTION des Officiers des Galeres, faite par le Roi le 15. Avril 1730.
PROMOTION des Officiers des Galeres,
par le Roi le Is.
Avril 1730. faite
Capitaines de Galeres.
Mrs De Tournefort , Major.
De Gardane .
Capitaines- Lieutenans,
De Bernage , l'aîné.
De Langerie.
Gailhac de Caumont.
Lieutenans de Galeres.
De Chaumont.
Du
Guay.
Marquis de Blaças.
Chevalier d'Albert. "
De Soiflans- Villars.
Chevalier de Glandéves , Ayde-Major.
Chevalier de Raouffet , Ayde-Major.
Marquis de Levy,
Enfeignes de Galeres.
Chevalier de Cabre Roquevaire,
De Caftelane d'Hademar.
De Gantés.
Comte de Pontis d'Hurtis.
Chevalier d'Argent.
D'Albert.
Chevalier de Jarente,
I De
1038 MERCURE DE FRANCE
De Chaumont.
De Grandmaiſon.
Chevalier de Gadagne,
Marquis de Bonnivet.
par le Roi le Is.
Avril 1730. faite
Capitaines de Galeres.
Mrs De Tournefort , Major.
De Gardane .
Capitaines- Lieutenans,
De Bernage , l'aîné.
De Langerie.
Gailhac de Caumont.
Lieutenans de Galeres.
De Chaumont.
Du
Guay.
Marquis de Blaças.
Chevalier d'Albert. "
De Soiflans- Villars.
Chevalier de Glandéves , Ayde-Major.
Chevalier de Raouffet , Ayde-Major.
Marquis de Levy,
Enfeignes de Galeres.
Chevalier de Cabre Roquevaire,
De Caftelane d'Hademar.
De Gantés.
Comte de Pontis d'Hurtis.
Chevalier d'Argent.
D'Albert.
Chevalier de Jarente,
I De
1038 MERCURE DE FRANCE
De Chaumont.
De Grandmaiſon.
Chevalier de Gadagne,
Marquis de Bonnivet.
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Résumé : PROMOTION des Officiers des Galeres, faite par le Roi le 15. Avril 1730.
En avril 1730, le roi a promulgué une promotion d'officiers des galères. Les promotions incluent les capitaines de galères : Monsieur de Tournefort et Monsieur de Gardane. Les capitaines-lieutenants promus sont : Monsieur de Bernage l'aîné, Monsieur de Langerie et Gailhac de Caumont. Les lieutenants de galères promus sont : Monsieur de Chaumont, Marquis de Blaças et Chevalier d'Albert. Les enseignes de galères promus sont : Chevalier de Cabre Roquevaire et Marquis de Bonnivet. Les aides-majors promus sont : Chevalier de Glandèves et Chevalier de Raouffet.
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545
p. 1222-1223
ALLEMAGNE.
Début :
On assure que le commandement general des Troupes de l'Empereur en Italie a été donné [...]
Mots clefs :
Troupes de l'empereur en Italie, Tonnerre
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N affure
a
le commandement general des
Troupes de l'Empereur en Italie à été donné
au General Comte de Mercy , & que le Comte
de Daun y commandera par interim jufqu'à
fon arrivée , que le Duc Regent de Wirtemberg
commandera fur le Rhin en qualité de Maréchal
de Camp General de l'Empire. On vient d'apprendre
que les -Princes Frederick & Louis de
Wirtemberg , qui ont offert leurs fervices à l'Empereur
, commanderont en Italie en cas de guerre.
On écrit de Manheim que l'Electeur Palatin
avoit promis de fournir 8000. hommes de fes
Troupes à S. M. I. en cas que l'Empire fut attaqué.
Le 24. Mai , vers les 9. heures du foir , le ton .
nerre tomba fur le nouveau Clocher de Peglife
de S. Pierre à Berlin ; il y mit le feu , & en moins
d'un quart d'heure la Tour fut détruite ; par fa
chute,le feu fe communiqua à l'Eglife & aux maifons
voisines avec tant de violence & de rapidité
que les maifons de plufieurs rues étoient déja réduites
en cendre au départ du Courrier.
On apprend de Drefde que le Roi de Pologne
étoit arrivé au Camp de Muhiberg , accompagné
de plufieurs Princes de l'Empire & de la principale
Nobleffe de la Haute & Baffe Saxe , & que
le Duc de Saxe Gotha avoit fait présent à
1. Vol
S.
JUIN
1223
1730 .
•
S. M. P. du Regiment des Grenadiers à Cheval
qu'il a fait lever depuis un an dans la Principauté
Alembourg.
N affure
a
le commandement general des
Troupes de l'Empereur en Italie à été donné
au General Comte de Mercy , & que le Comte
de Daun y commandera par interim jufqu'à
fon arrivée , que le Duc Regent de Wirtemberg
commandera fur le Rhin en qualité de Maréchal
de Camp General de l'Empire. On vient d'apprendre
que les -Princes Frederick & Louis de
Wirtemberg , qui ont offert leurs fervices à l'Empereur
, commanderont en Italie en cas de guerre.
On écrit de Manheim que l'Electeur Palatin
avoit promis de fournir 8000. hommes de fes
Troupes à S. M. I. en cas que l'Empire fut attaqué.
Le 24. Mai , vers les 9. heures du foir , le ton .
nerre tomba fur le nouveau Clocher de Peglife
de S. Pierre à Berlin ; il y mit le feu , & en moins
d'un quart d'heure la Tour fut détruite ; par fa
chute,le feu fe communiqua à l'Eglife & aux maifons
voisines avec tant de violence & de rapidité
que les maifons de plufieurs rues étoient déja réduites
en cendre au départ du Courrier.
On apprend de Drefde que le Roi de Pologne
étoit arrivé au Camp de Muhiberg , accompagné
de plufieurs Princes de l'Empire & de la principale
Nobleffe de la Haute & Baffe Saxe , & que
le Duc de Saxe Gotha avoit fait présent à
1. Vol
S.
JUIN
1223
1730 .
•
S. M. P. du Regiment des Grenadiers à Cheval
qu'il a fait lever depuis un an dans la Principauté
Alembourg.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En 1730, plusieurs nominations militaires et événements notables ont eu lieu en Allemagne. Le général comte de Mercy a été nommé commandant général des troupes impériales en Italie, avec le comte de Daun comme commandant par intérim. Le duc régent de Wurtemberg a été désigné maréchal de camp général de l'Empire sur le Rhin. Les princes Frédéric et Louis de Wurtemberg se tiennent prêts à commander en Italie en cas de conflit. L'électeur Palatin a promis de fournir 8 000 hommes à l'Empereur en cas d'attaque contre l'Empire. Le 24 mai, la foudre a détruit le clocher de l'église Saint-Pierre à Berlin, provoquant un incendie qui a endommagé plusieurs maisons voisines. À Dresde, le roi de Pologne est arrivé au camp de Muhlberg, accompagné de princes de l'Empire et de la noblesse saxonne. Le duc de Saxe-Gotha a offert au roi de Pologne un régiment de grenadiers à cheval récemment levé dans la principauté d'Alembourg.
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546
p. 1223-1226
ITALIE.
Début :
Le Sacré College désirant de faire cesser les differends du Saint Siege avec la Cour de [...]
Mots clefs :
Italie, Naples, Tremblement de terre, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E Sacré College défirant de faire ceffer les
Ldifferends du Saint Siege avec la Cour de
Portugal , a écrit à M. Aldobrandini, Nonce en
Efpagne , d'employer toutes fortes de moyens
pour engager Sa Majefté Portugaife à permettre
aux Cardinaux fes Sujets , ou du moins au Cardinal
de Motta , de venir à Rome , & de lui
donner fes pleins pouvoirs pour finir cette affaire,
On a rendu au Cardinal Cofcia tous les meu→
bles , linges , hardes & vaiffaille d'argent ; on n'a
gardé au Chateau S. Ange que fa Bibliotheque &
fes papiers que le Sacré College fait examiner.
Le 12. Mai , vers les 10. heures du foir , on
fentit à Rome une fecouffe de tremblement de
terre affez violente qui dura environ 6 minutes
& n'a caufé aucun dommage ; mais elle a été plus
confiderable à Tivoli , où elle a fait tomber quelques
murailles , & elle a abbatu prefque toutes
les Maifons de la petite Ville de Norcia , où plufeurs
perfonnes ont été enfevelies fous les ruines;
les autres habitans ont quitté leurs maifons , &
fe font fauvés fur la Place de S. Simon;
On a appris de Venife qu'une Montagne voifine
de la petite Ville de Chiapeffa s'étoit ouverte
le 2 Mai , vers les 9 heures du matin , après une
violente fecouffe de tremblement de terre, & qu'elle
avoit englouti plus de 30 maifons avec une partie
de ceux qui les habitoient ,
Le dernier tremblement de terre qu'on reffen
tit à Rome le 12 du mois dernier , a caufé beau-
I. Vol. coup
1224 MERCURE DE FRANCE
coup de dommages dans les Villes de Notcia ,
d'Aquila , de Cafcia , de Virfa , de Matrica , de
Monteleone & dans plufieurs Bourgs & Villages
des environs. Il y a eu à Norcia trois fecouffes ,
dont la derniere a été fi violente , que toutes les
Maifons de la Ville ont été renverfées de fond
en comble , à la réſerve de la Maifon de Ville &
des Couvents de S. François & de S. Antoine.
On a appris que depuis ce jour-là juſqu'au 14
on avoit déterré 400 perfonnes enfevelies fous
les ruines; les unes mortes & les autres eftropiées.
Cette Ville fituée dans l'Ombrie , près le Mont
Apennin , pouvoit contenir 4000 habitans , qui
la plupart fe retirerent à la Campagne, où ils font
dans une grande mifere. On y a fait venir 500
Soldats qu'on a mis autour des Murs & aux Por
bes , pour arrêter & fouiller tous ceux qui fortent
, afin de prévenir le pillage des effets qu'on
retire de deffous les démolitions. Ce tremblement
de terre s'eft fait fentir à Spolette , mais il n'y a
caufé aucun dommage confiderable.
Le 22 , on envoya de Rome à Norcia 3000
écus d'aumône pour les habitans de cette Ville ,
avec plufieurs Chirurgiens pour panfer les bleffez,
& des Médecins pour traiter les malades. On a
envoyé depuis d'autres fecours d'argent.
Les Cardinaux , Chefs d'Ordres , ont fait arrêter
un Religieux qui , prêchant dans une des
principales Eglifes de Rome , a été affez témé
raire pour prédire & affurer que la nuit du 14 au
15 May , la Ville de Rome feroit renversée de
fond en comble par un tremblement de terre , &
que cet évenement avoit été annoncé en fonge à
une de fes pénitentes, །
Le 17. les Cardinaux ordonnerent des Prieres
publiques pendant trois jours , dans differentes
Eglifes de Rome, & une Neuvaine dans l'Eglife
+
I Vol. de
JUI N. 1730. 1225
de S. Philippe de Neri , pour demander à Dieu
les lumieres neceffaires pour l'Election du Pape.
Les Pourvoyeurs du Conclave ont reçû ordre
d'y faire de nouvelles Provifions d'Huille , de
Bougies , de Bois & de Charbon.
Le bruit court que les Cardinaux de Schrot
tembach & Czacki ont reçû ordre de fe rendre
en diligence au Conclave , pour augmenter le
nombre de ceux qui font affectionnez à l'Empe
teur.
Le Cardinal Innico Carraccioli Napolitain
ayant vifité,fuivant la coutume , l'Eglife de faint
Pierre , entra le 21 du mois dernier au Concla
ve , où il y a prefentement 54 Cardinaux.
Le Commandeur Santini , nommé par le
Grand-Maître de Malte au Prieuré de Rome , a
offert au Sacré Collège d'en donner fa démiffion
, à condition d'une penfion fur ce Prieuré
, auquel les Cardinaux ont nommé le fecond
fils du Chevalier de S. George.
On apprend de Boulogne , qu'au commence→
ment du mois dernier , des Ouvriers travaillant
dans l'Eglife de S. Dominique de la même Ville,
y trouverent le tombeau de Lucius , Roy de
Sardaigne.
Pae un Courrier dépêché d'Anconne , on a re
çu avis qu'il étoit arrivé dans la Marche 3000
hommes de Troupes Impériales qui doivent fe
rendre dans le Royaume de Naples.
Le 25 Avril , on chanta à Naples un Te Deum,
folemnel , en mémoire de ce que cette Ville fut
préfervée de l'Incendie dont elle étoit menacée
par la chute de la Bourre enflammée d'un Canon
qui tomba dans le Magazin des Poudres du Châ
teau de l'Oeuf, lorsqu'on faifoit en 1723. des
décharges d'Artillerie à la fin d'un Te Deum
qu'on avoit chanté , pour rendre graces à Dieu
1. Val
da H
226 MERCURE DE FRANCE
de ce que cette Ville avoit été préfervée de la
communication du mal Contagieux qu'on crainoit
alors.
Le Comte de Wallis qui eft arrivé depuis peu
d'Allemagne à Naples, doit partir pour la Sicile,
pour aller commander en chef les Troupes de
PEmpereur.
On a appris de l'Ile de Corfe , par la voye de
Genes , que M. Venerolo avoit fait fommer trois
fois les Rebelles de cette Ifle de quitter les armes,
fans qu'ils cuffent obéi; & que ces Montagnards
ayant eu l'audace , au contraire , de venir piller
plufieurs Maifons de Campagne à quelques lieuës
de Baftia , le Commiffaire General de la Répus
Blique étoit parti ,à la tête de 500 hommes, pour
fes diffiper, Ces Lettres ajoutent qu'on doutoit à
Genes que les Corfes vouluffent rentrer dans leur
devoir , & qu'ils paroiffoient déterminez à fe
fouftraire à la domination de la République ;
e qui faifoit craindre qu'ils ne fuflent affurez
de la protection fecrete de quelque Puiffance.
E Sacré College défirant de faire ceffer les
Ldifferends du Saint Siege avec la Cour de
Portugal , a écrit à M. Aldobrandini, Nonce en
Efpagne , d'employer toutes fortes de moyens
pour engager Sa Majefté Portugaife à permettre
aux Cardinaux fes Sujets , ou du moins au Cardinal
de Motta , de venir à Rome , & de lui
donner fes pleins pouvoirs pour finir cette affaire,
On a rendu au Cardinal Cofcia tous les meu→
bles , linges , hardes & vaiffaille d'argent ; on n'a
gardé au Chateau S. Ange que fa Bibliotheque &
fes papiers que le Sacré College fait examiner.
Le 12. Mai , vers les 10. heures du foir , on
fentit à Rome une fecouffe de tremblement de
terre affez violente qui dura environ 6 minutes
& n'a caufé aucun dommage ; mais elle a été plus
confiderable à Tivoli , où elle a fait tomber quelques
murailles , & elle a abbatu prefque toutes
les Maifons de la petite Ville de Norcia , où plufeurs
perfonnes ont été enfevelies fous les ruines;
les autres habitans ont quitté leurs maifons , &
fe font fauvés fur la Place de S. Simon;
On a appris de Venife qu'une Montagne voifine
de la petite Ville de Chiapeffa s'étoit ouverte
le 2 Mai , vers les 9 heures du matin , après une
violente fecouffe de tremblement de terre, & qu'elle
avoit englouti plus de 30 maifons avec une partie
de ceux qui les habitoient ,
Le dernier tremblement de terre qu'on reffen
tit à Rome le 12 du mois dernier , a caufé beau-
I. Vol. coup
1224 MERCURE DE FRANCE
coup de dommages dans les Villes de Notcia ,
d'Aquila , de Cafcia , de Virfa , de Matrica , de
Monteleone & dans plufieurs Bourgs & Villages
des environs. Il y a eu à Norcia trois fecouffes ,
dont la derniere a été fi violente , que toutes les
Maifons de la Ville ont été renverfées de fond
en comble , à la réſerve de la Maifon de Ville &
des Couvents de S. François & de S. Antoine.
On a appris que depuis ce jour-là juſqu'au 14
on avoit déterré 400 perfonnes enfevelies fous
les ruines; les unes mortes & les autres eftropiées.
Cette Ville fituée dans l'Ombrie , près le Mont
Apennin , pouvoit contenir 4000 habitans , qui
la plupart fe retirerent à la Campagne, où ils font
dans une grande mifere. On y a fait venir 500
Soldats qu'on a mis autour des Murs & aux Por
bes , pour arrêter & fouiller tous ceux qui fortent
, afin de prévenir le pillage des effets qu'on
retire de deffous les démolitions. Ce tremblement
de terre s'eft fait fentir à Spolette , mais il n'y a
caufé aucun dommage confiderable.
Le 22 , on envoya de Rome à Norcia 3000
écus d'aumône pour les habitans de cette Ville ,
avec plufieurs Chirurgiens pour panfer les bleffez,
& des Médecins pour traiter les malades. On a
envoyé depuis d'autres fecours d'argent.
Les Cardinaux , Chefs d'Ordres , ont fait arrêter
un Religieux qui , prêchant dans une des
principales Eglifes de Rome , a été affez témé
raire pour prédire & affurer que la nuit du 14 au
15 May , la Ville de Rome feroit renversée de
fond en comble par un tremblement de terre , &
que cet évenement avoit été annoncé en fonge à
une de fes pénitentes, །
Le 17. les Cardinaux ordonnerent des Prieres
publiques pendant trois jours , dans differentes
Eglifes de Rome, & une Neuvaine dans l'Eglife
+
I Vol. de
JUI N. 1730. 1225
de S. Philippe de Neri , pour demander à Dieu
les lumieres neceffaires pour l'Election du Pape.
Les Pourvoyeurs du Conclave ont reçû ordre
d'y faire de nouvelles Provifions d'Huille , de
Bougies , de Bois & de Charbon.
Le bruit court que les Cardinaux de Schrot
tembach & Czacki ont reçû ordre de fe rendre
en diligence au Conclave , pour augmenter le
nombre de ceux qui font affectionnez à l'Empe
teur.
Le Cardinal Innico Carraccioli Napolitain
ayant vifité,fuivant la coutume , l'Eglife de faint
Pierre , entra le 21 du mois dernier au Concla
ve , où il y a prefentement 54 Cardinaux.
Le Commandeur Santini , nommé par le
Grand-Maître de Malte au Prieuré de Rome , a
offert au Sacré Collège d'en donner fa démiffion
, à condition d'une penfion fur ce Prieuré
, auquel les Cardinaux ont nommé le fecond
fils du Chevalier de S. George.
On apprend de Boulogne , qu'au commence→
ment du mois dernier , des Ouvriers travaillant
dans l'Eglife de S. Dominique de la même Ville,
y trouverent le tombeau de Lucius , Roy de
Sardaigne.
Pae un Courrier dépêché d'Anconne , on a re
çu avis qu'il étoit arrivé dans la Marche 3000
hommes de Troupes Impériales qui doivent fe
rendre dans le Royaume de Naples.
Le 25 Avril , on chanta à Naples un Te Deum,
folemnel , en mémoire de ce que cette Ville fut
préfervée de l'Incendie dont elle étoit menacée
par la chute de la Bourre enflammée d'un Canon
qui tomba dans le Magazin des Poudres du Châ
teau de l'Oeuf, lorsqu'on faifoit en 1723. des
décharges d'Artillerie à la fin d'un Te Deum
qu'on avoit chanté , pour rendre graces à Dieu
1. Val
da H
226 MERCURE DE FRANCE
de ce que cette Ville avoit été préfervée de la
communication du mal Contagieux qu'on crainoit
alors.
Le Comte de Wallis qui eft arrivé depuis peu
d'Allemagne à Naples, doit partir pour la Sicile,
pour aller commander en chef les Troupes de
PEmpereur.
On a appris de l'Ile de Corfe , par la voye de
Genes , que M. Venerolo avoit fait fommer trois
fois les Rebelles de cette Ifle de quitter les armes,
fans qu'ils cuffent obéi; & que ces Montagnards
ayant eu l'audace , au contraire , de venir piller
plufieurs Maifons de Campagne à quelques lieuës
de Baftia , le Commiffaire General de la Répus
Blique étoit parti ,à la tête de 500 hommes, pour
fes diffiper, Ces Lettres ajoutent qu'on doutoit à
Genes que les Corfes vouluffent rentrer dans leur
devoir , & qu'ils paroiffoient déterminez à fe
fouftraire à la domination de la République ;
e qui faifoit craindre qu'ils ne fuflent affurez
de la protection fecrete de quelque Puiffance.
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Résumé : ITALIE.
En mai 1730, plusieurs événements marquants se sont produits en Italie. Le Sacré Collège a sollicité l'intervention du nonce en Espagne, M. Aldobrandini, auprès du roi du Portugal pour permettre à certains cardinaux, dont le Cardinal de Motta, de se rendre à Rome afin de résoudre des conflits. Les biens du Cardinal Coscia lui ont été restitués, à l'exception de sa bibliothèque et de ses papiers, qui sont examinés par le Sacré Collège. Le 12 mai, un violent tremblement de terre a frappé Rome, causant des dégâts à Tivoli et détruisant presque toutes les maisons de Norcia, où plusieurs personnes ont été ensevelies. Un autre séisme, le 2 mai, a ouvert une montagne près de Chiapessa, engloutissant plus de 30 maisons. Un précédent tremblement de terre, le 12 du mois précédent, avait déjà causé des dommages importants dans plusieurs villes, notamment Norcia, où 400 personnes ont été déterrées, mortes ou blessées. Des secours, incluant des aumônes et des médecins, ont été envoyés à Norcia. À Rome, un religieux a été arrêté pour avoir prédit la destruction de la ville par un tremblement de terre. Les cardinaux ont ordonné des prières publiques pour demander des lumières pour l'élection du pape. Des préparatifs ont été faits pour le conclave, et des cardinaux ont été convoqués pour augmenter le nombre de ceux favorables à l'empereur. Le Cardinal Innico Caraccioli a rejoint le conclave, où 54 cardinaux sont présents. D'autres événements notables incluent la découverte du tombeau de Lucius, roi de Sardaigne, à Boulogne, l'arrivée de troupes impériales dans la Marche d'Ancône, un Te Deum à Naples pour commémorer un incendie évité, et des troubles à l'île de Corfou où des rebelles refusent de se soumettre à la République. Le Comte de Wallis doit partir pour la Sicile afin de commander les troupes de l'empereur.
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547
p. 1286-1292
LES CONQUESTES du Maréchal Duc de Villars, Protecteur de l'Academie des Belles Lettres de Marseille. ODE.
Début :
Tandis qu'au Temple de Mémoire, [...]
Mots clefs :
Duc de Villars, Conquêtes, Gloire, Victoire, Ardeur , Prudence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES CONQUESTES du Maréchal Duc de Villars, Protecteur de l'Academie des Belles Lettres de Marseille. ODE.
LES CONQUESTES
du Maréchal
Duc de Villars , Protecteur de l'Acade
mie des Belles Lettres de Marseille.
O DE .
Tandis qu'au Temple de Mémoire ,
La fidelle Clio , par des traits éclatans ,
Grave ta glorieuſe hiſtoire ,
Sûre de triompher de l'outrage des temps ,
VILLARS , daigne avouer l'audace ,
D'un Eleve zélé de ce nouveau Parnaſſe ,
Que font refleurit tes bienfaits.
Et permets qu'il confie aux accords de fa Lyre ,
Ce qu'à tous les François infpire ,
L'éclat de tes Exploits qu'ils n'oubliront jamais.
K
Quelle ardeur dès ma tendre enfance ,
Quel zele à les chanter m'excita mille fois ,
Lorfqu'à la gloire de la France ,
Tes triomphes laffoient la Déeffe aux cent voix !
IL Vol.
Lorsqu'à
JUIN. 1730. 1287
Lorfqu'à tes Drapéaux enchaînée ,
Chaque jour la victoire à l'Aigle conſternée ,
Préparoit de nouveaux revers ;
Quels étoient mes tranfports , mais je n'ofai les
croire ;/
La crainte de trahir ta gloire ,
Infléxible toujours , me refufà des Vers.
Sans ceffe à ma Muſe charmée ,
Tu t'offrois au milieu des horreurs des combats,
Guidé par Bellone enflammée ·
Répandant l'épouvante & la mort fur tes pas.
Dans tes yeux quel feu magnanime ,
Infpire à tes Soldats le tranfport qui t'anime !
D'un regard tu faits des Héros.
On diroit que ton ame , en chacun d'eux tranf
mife ,
Les aiguillonne , les maîtriſe ,
Et qu'ils font tes Soldats bien moins que tes
rivaux.
Icy dans un inftant Critique
Où Minerve elle même enfeigne à tout ofer ,
Soudain ton courage héroïque
Frape le coup hardi qu'elle vient de peſer.
Quel fuccès fuit ta noble audace !
Fredelingue te voit , nouveau Dieu de la Thrace,
Foudroier le Germain ſurpris ;
Et l'on doute en voyant les fruits de ta victoire:
II. Vol. Bij S'il
1288 MERCURE DE FRANCE.
1
S'il te revenoit plus de gloire
D'avoir exécuté que d'avoir entrepris.
Là , redoublant envain leur rage
Ni l'hyver , ni le Rhin n'ofent te retenir
Sur l'ennemi gronde l'orage ,
Avant que fa prudence ait pû le prévenir.
Je vois des troupes renversées ,
où par
Od tombant fous tes coups,
fées.
Tout eft glacée par la terreur ;
toi difper-
La Quinche à ton effort voit ceder leurs redoutes,
Kiell témoin de leurs déroutes
Tombe,à peine attaqué,fous la loy du vainqueur.
讚
Mais contre ton ardeur guerriere ,
Contre tous tes fuccès , raffurant le Germain ,
Une redoutable Barriere
De fes vaftes Etats , te ferme le Chemin.
Je vois de fuperbes aziles ,
Des Boulevars féconds en déluges utiles ,
T'oppofer leurs murs fourcilleux ;
Tous prêts , contre l'effort de ton ardent cou
rage ,
A mettre à couvert de l'orage
Sous un rempart flottant leurs Maîtres orgueilleux.
II.Val, Tel
JUIN. 1730. 1289
Tel de la Cime des Montagnes ,
Un fier torrent qui fond à bonds précipitez ,
S'indigne au milieu des campagnes
D'une Digue oppofée à fes flots irritez ,
Soudain fon onde fremiflante ,
A travers les débris de la maffe impuiffante ,
S'ouvre mille chemins nouveaux ;
Fier de cette victoire , & maître de la plaine ",
Il force , il arrache , il entraîne
Les Arbres , les Moiffons , les Jardins , les Troupeaux.
Tel, de l'obftacle tu t'indignes .
Et plus prompt que ces feux qui frappent en brillant
,
Tu forces ces fameufes lignes ,
Dignes de fuccomber fous un tel affaillant.
La plus légere réſiſtance
Suffit à ces guerriers dont la vaine arrogance ,
Trop prompte vient de te braver ;
Ces pâles déffenfeurs que la frayeur maitriſe ,
Gédent , frapez de l'entrepriſe ,
Sûrs que qui la forma , ne peut que l'achever..
Dans cette Contrée éperduë ,,
Quel champ par cet exploit ton bras s'eſt - il ouvert
?
L'épouvante au loin répanduë
I. Vol. En
B. iij
1290 MERCURE DE FRANCE
En fait devant tes pas un immenfe défert.
Où fuiront ces troupes
craintives ?
Le Danube effrayé voit déja fur fes rives ,
Flotter tes Etendarts vainqueurs.
Par de juftes tributs , chaque ville allarmée ,
Enrichit ta terrible armée.
Et par là fe dérobe à de juftes rigueurs.
Bien-tôt quelle fcene terrible !
Combien dans un combat, de combats renaiffans
Quatre fois ton bras invincible
Punit de l'ennemi les efforts impuiffans.
Mais Dieux ! ton fang rougit la plaine.
On t'emporte mourant , la victoire incertaine
Hélite , n'ofe fe fixer ,
Et laiffant du combat l'avantage en balance
Montre que ta feule preſence ,
2
Au parti qu'elle eût pris , auroit pu la forcer..
Mais une plus brillante image .
M'attire vers Denain ; que j'en fuis enchanté !
Que dois-je admirer d'avantage .
Ta valeur , ta prudence , ou ton activité ?
Quel fecret , quelle diligence !
Quelle marche quels foins ! fleuves, lignes, dif
tance,
Tous obftacles font fuperflus.
II. Tola
Eugéne
JUIN. 1730. 1291
Eugene confterné, part , preffe, vole , arrive ,
Guide une reffource tardive ,
Vient fecourir fon camp , fon camp n'est déja
plus.
Déja ton courage intrépide ,
Forçant un fier Rempart , bordé de Bataillons
Dans l'ardent tranfport qui te guide ,
-A de morts , & de fang rempli fes Pavillons.
Tout périt , céde , ou par la fuite
Tâche envain d'échaper à ta vive pourſuite ;
Quels antres pourront les cacher ?
Ah! la mort fous tes coups leur paroît fi terrible
Que , pour fuir ton bras invincible ,
Dans les eaux de Lefcaut,'ils courent la chercher.
Bien-tôt de la Flandre effrayée ,
Succombent fous tes coups les plus fieres Citez
La Ligue eft par tout foudroyée,
Déja par fes revers tous tes jours font comptez
Arrête , Mars & la Victoire
Ne fçauroient ajoûter à l'éclat de ta gloire.
Borne tes rapides travaux
En ramenant la paix fignale ta prudence ,
Villars , il eft beau que la France
Te doive également gloire & fon repos..
20 II. Vol. Mufes
B. iij.
1292 MERCURE DE FRANCE
Mufes fous la paifible olive
Partagez un loifir à l'Etat précieux:
Villars vous aime , vous cultive ,
Quel amour plus fateur , quels foins plus glo
rieux ?
De fes dons , un nouveau Lycée ,
Qui fleurit fous fes loix au ſein de la Phocée-
Ceint le front de vos nourriffons.
> Chantez fon nom fans vous fa gloire eft immortelle..
Mais c'eft l'ardeur de votre zele
Qui doit s'éternifer dans vos doctes chanſons.
du Maréchal
Duc de Villars , Protecteur de l'Acade
mie des Belles Lettres de Marseille.
O DE .
Tandis qu'au Temple de Mémoire ,
La fidelle Clio , par des traits éclatans ,
Grave ta glorieuſe hiſtoire ,
Sûre de triompher de l'outrage des temps ,
VILLARS , daigne avouer l'audace ,
D'un Eleve zélé de ce nouveau Parnaſſe ,
Que font refleurit tes bienfaits.
Et permets qu'il confie aux accords de fa Lyre ,
Ce qu'à tous les François infpire ,
L'éclat de tes Exploits qu'ils n'oubliront jamais.
K
Quelle ardeur dès ma tendre enfance ,
Quel zele à les chanter m'excita mille fois ,
Lorfqu'à la gloire de la France ,
Tes triomphes laffoient la Déeffe aux cent voix !
IL Vol.
Lorsqu'à
JUIN. 1730. 1287
Lorfqu'à tes Drapéaux enchaînée ,
Chaque jour la victoire à l'Aigle conſternée ,
Préparoit de nouveaux revers ;
Quels étoient mes tranfports , mais je n'ofai les
croire ;/
La crainte de trahir ta gloire ,
Infléxible toujours , me refufà des Vers.
Sans ceffe à ma Muſe charmée ,
Tu t'offrois au milieu des horreurs des combats,
Guidé par Bellone enflammée ·
Répandant l'épouvante & la mort fur tes pas.
Dans tes yeux quel feu magnanime ,
Infpire à tes Soldats le tranfport qui t'anime !
D'un regard tu faits des Héros.
On diroit que ton ame , en chacun d'eux tranf
mife ,
Les aiguillonne , les maîtriſe ,
Et qu'ils font tes Soldats bien moins que tes
rivaux.
Icy dans un inftant Critique
Où Minerve elle même enfeigne à tout ofer ,
Soudain ton courage héroïque
Frape le coup hardi qu'elle vient de peſer.
Quel fuccès fuit ta noble audace !
Fredelingue te voit , nouveau Dieu de la Thrace,
Foudroier le Germain ſurpris ;
Et l'on doute en voyant les fruits de ta victoire:
II. Vol. Bij S'il
1288 MERCURE DE FRANCE.
1
S'il te revenoit plus de gloire
D'avoir exécuté que d'avoir entrepris.
Là , redoublant envain leur rage
Ni l'hyver , ni le Rhin n'ofent te retenir
Sur l'ennemi gronde l'orage ,
Avant que fa prudence ait pû le prévenir.
Je vois des troupes renversées ,
où par
Od tombant fous tes coups,
fées.
Tout eft glacée par la terreur ;
toi difper-
La Quinche à ton effort voit ceder leurs redoutes,
Kiell témoin de leurs déroutes
Tombe,à peine attaqué,fous la loy du vainqueur.
讚
Mais contre ton ardeur guerriere ,
Contre tous tes fuccès , raffurant le Germain ,
Une redoutable Barriere
De fes vaftes Etats , te ferme le Chemin.
Je vois de fuperbes aziles ,
Des Boulevars féconds en déluges utiles ,
T'oppofer leurs murs fourcilleux ;
Tous prêts , contre l'effort de ton ardent cou
rage ,
A mettre à couvert de l'orage
Sous un rempart flottant leurs Maîtres orgueilleux.
II.Val, Tel
JUIN. 1730. 1289
Tel de la Cime des Montagnes ,
Un fier torrent qui fond à bonds précipitez ,
S'indigne au milieu des campagnes
D'une Digue oppofée à fes flots irritez ,
Soudain fon onde fremiflante ,
A travers les débris de la maffe impuiffante ,
S'ouvre mille chemins nouveaux ;
Fier de cette victoire , & maître de la plaine ",
Il force , il arrache , il entraîne
Les Arbres , les Moiffons , les Jardins , les Troupeaux.
Tel, de l'obftacle tu t'indignes .
Et plus prompt que ces feux qui frappent en brillant
,
Tu forces ces fameufes lignes ,
Dignes de fuccomber fous un tel affaillant.
La plus légere réſiſtance
Suffit à ces guerriers dont la vaine arrogance ,
Trop prompte vient de te braver ;
Ces pâles déffenfeurs que la frayeur maitriſe ,
Gédent , frapez de l'entrepriſe ,
Sûrs que qui la forma , ne peut que l'achever..
Dans cette Contrée éperduë ,,
Quel champ par cet exploit ton bras s'eſt - il ouvert
?
L'épouvante au loin répanduë
I. Vol. En
B. iij
1290 MERCURE DE FRANCE
En fait devant tes pas un immenfe défert.
Où fuiront ces troupes
craintives ?
Le Danube effrayé voit déja fur fes rives ,
Flotter tes Etendarts vainqueurs.
Par de juftes tributs , chaque ville allarmée ,
Enrichit ta terrible armée.
Et par là fe dérobe à de juftes rigueurs.
Bien-tôt quelle fcene terrible !
Combien dans un combat, de combats renaiffans
Quatre fois ton bras invincible
Punit de l'ennemi les efforts impuiffans.
Mais Dieux ! ton fang rougit la plaine.
On t'emporte mourant , la victoire incertaine
Hélite , n'ofe fe fixer ,
Et laiffant du combat l'avantage en balance
Montre que ta feule preſence ,
2
Au parti qu'elle eût pris , auroit pu la forcer..
Mais une plus brillante image .
M'attire vers Denain ; que j'en fuis enchanté !
Que dois-je admirer d'avantage .
Ta valeur , ta prudence , ou ton activité ?
Quel fecret , quelle diligence !
Quelle marche quels foins ! fleuves, lignes, dif
tance,
Tous obftacles font fuperflus.
II. Tola
Eugéne
JUIN. 1730. 1291
Eugene confterné, part , preffe, vole , arrive ,
Guide une reffource tardive ,
Vient fecourir fon camp , fon camp n'est déja
plus.
Déja ton courage intrépide ,
Forçant un fier Rempart , bordé de Bataillons
Dans l'ardent tranfport qui te guide ,
-A de morts , & de fang rempli fes Pavillons.
Tout périt , céde , ou par la fuite
Tâche envain d'échaper à ta vive pourſuite ;
Quels antres pourront les cacher ?
Ah! la mort fous tes coups leur paroît fi terrible
Que , pour fuir ton bras invincible ,
Dans les eaux de Lefcaut,'ils courent la chercher.
Bien-tôt de la Flandre effrayée ,
Succombent fous tes coups les plus fieres Citez
La Ligue eft par tout foudroyée,
Déja par fes revers tous tes jours font comptez
Arrête , Mars & la Victoire
Ne fçauroient ajoûter à l'éclat de ta gloire.
Borne tes rapides travaux
En ramenant la paix fignale ta prudence ,
Villars , il eft beau que la France
Te doive également gloire & fon repos..
20 II. Vol. Mufes
B. iij.
1292 MERCURE DE FRANCE
Mufes fous la paifible olive
Partagez un loifir à l'Etat précieux:
Villars vous aime , vous cultive ,
Quel amour plus fateur , quels foins plus glo
rieux ?
De fes dons , un nouveau Lycée ,
Qui fleurit fous fes loix au ſein de la Phocée-
Ceint le front de vos nourriffons.
> Chantez fon nom fans vous fa gloire eft immortelle..
Mais c'eft l'ardeur de votre zele
Qui doit s'éternifer dans vos doctes chanſons.
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Résumé : LES CONQUESTES du Maréchal Duc de Villars, Protecteur de l'Academie des Belles Lettres de Marseille. ODE.
Le texte célèbre les conquêtes du Maréchal Duc de Villars, protecteur de l'Académie des Belles Lettres de Marseille. Il commence par louer les exploits militaires de Villars, soulignant son courage et son leadership sur le champ de bataille. Le poète décrit les victoires de Villars, notamment contre les forces allemandes, et son habileté à surmonter les obstacles, comme les fortifications ennemies et les conditions climatiques difficiles. Les succès de Villars sont marqués par des batailles décisives, telles que celle de Denain, où son intervention rapide et stratégique a retourné le cours des combats. Le texte met également en avant la terreur et l'admiration que les ennemis éprouvaient face à Villars, ainsi que les tributs et les richesses obtenus après les victoires. La campagne militaire de Villars se conclut par une paix glorieuse, apportant à la France à la fois la victoire et la tranquillité. Enfin, le poème exalte l'amour de Villars pour les arts et les lettres, soulignant son soutien à l'Académie des Belles Lettres et son désir de voir son nom immortalisé dans les chansons et les écrits des muses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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548
p. 1310-1319
TRADUCTION Du Poëme de Petrone, sur la Guerre civile.
Début :
Les Pays éclairez par le flambeau du monde, [...]
Mots clefs :
Guerre civile, Rome, Sang, Fortune, Romains
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRADUCTION Du Poëme de Petrone, sur la Guerre civile.
TRADUCTION
Du Poëme de Petrone ,fur la Guerre civile..
LEs Pays éclairez par le flambeau du monde
Ce vafte compofé de la Terre & de l'Onde
Rome poffedoit tout , & fouhaitoit encor ,
Quelque abîme au- delà ; recele- t'il de l'or ?
C'eft Pays ennemi ; bien- tôt pour fa conquête
On arme des vaiffeaux , une flote s'apprête ,
On cherche , on veur de Por ; les Dieux trop
inhumains
Par ce prefent cruel , divifent les Romains ;
Les plaifirs prodiguez à l'uſage ordinaire ,
Sont à peine goûtez par le fimple vulgaire ;
La perle d'Affyrie eft en proye au foldat ;
La pourpre trop commune a perdu ſon éclat ;
La nouveauté l'efface , à peine en Arabie ,
Trouve- t'on des parfums , du marbre eu Numidie
;
Le Sere eft dépouillé de fes rares toiſons .
Rome réunit tout dans fes vaftes maiſons.
Que je prévoi de maux ! une fecrete rage ,
Au milieu de la paix , infpire le carnage,
Le Maure eft étonné de voir fur des vaiffeaux
Tranfporter avec foin de cruels animaux ;
Les Tigres arrachez des forefts de l'Afrique ,
11, Vol ,
Viennens
JUI N. 1730. 1311
Viennent donner dans Rome une ſcene tragique
Du fang des Citoyens les theatres fumans ;
D'un peuple furieux font les amuſemens ;
Dirai -je, en quels excès cette Rome s'abîme ?
On va chercher en Perfe un exemple de crime .
J'en parle avec horreur , au fortir de berceau
Les hommes mutilez font un fexe nouveau.
Ces lâches inftrumens , d'une flâme impudique ,
Malgré l'effort du tems & fa Loi tyranique ,
Confervent par le fer , leurs criminels appas ;
La nature fe cherche , & ne fe trouve pas ;
L'excès regne par tout , on bannit la tendreſſe.
Pour faire triompher ces fils de la moleffe ;
Leur indolent maintien , leurs cheveux ajustez,
Ces divers noms d'habits par le luxe inventez
Tous ces attraits nouveaux qui défigurent l'hom
me ,
Sont autant d'hameçons où l'on voit courir Rog
me ;
Le Maure en efclavage arrive par troupeaux ;
Les cedres transformez en des meubles nou
yeaux ,
S'applaniffent en table ; où leur couleur dorée
D'un mélange de Pourpre artiftement parée ,
Semble combattre l'or, par un éclat trompeur
Couchez fur ces Autels , les Romains en fureur
Immolent , à l'envi , la raifon trop fevere';
Les fens font leur Idole , & pour les failsfaire ,
L'on voit de toutes parts le foldat furieux "
II.Vol. Cij Ravir
1312 MERCURE DE FRANCE
Ravir ce que la terre offre de précieux ;
En vain deffous les flots qui baignent la Sicile
Le Scare pourfuivi va chercher un azile ,
On l'amene vivant ; dans l'huitre du Lucrin
On trouve le fecret de repater la faim ;
Le ventre ingenieux fçait rendre tout facile
Du Phaſe dépeuplé , le rivage eft tranquille
Et fes arbres jadis fi chargez d'Habitans
Ne font plus agitez que dú fouffle des vents .
Jufques au champ de Mars Rome dans l'efclavage
,
Au gré de l'intereft dirige fon fuffrage ;
Le Peuple , le Senat , marchands de leur faveur
Vendent publiquement le pouvoir & l'honneur ' ;
Même dans les veillards cette vertu févere ,
La liberté Romaine aujourd'hui dégenere ;
Le merite eft l'argent , les charges font à prix
La majefté par- là tombe dans le mépris ;
Caton par-là fuccombe , ou plutôt pour fa
gloire ,
Le Peuple on le bravant rougit de la victoire ;
Caton injuftement privé du Confulat ,
Fait la honte de Rome , il en ternit l'éclat ,
Il entraîne avec lui l'honneur & la puiffance ;
1
Les moeurs fans gouvernail rappellent la licence;
Rome , de fes forfaits le prix & l'artiſan ,
Sans efpoir de vengeur eft fon propre tyran ;
Par le luxe & l'ufure également vaincuë ,
Dans deux gouffres affreux elle reste abatue , 11. Vol.
JUIN. 1730. 1313 .
Sur tous fes Citoyens , fur leurs poffeffions ,
L'hypoteque a par tout gravé fes actions ;
Cet air contagieux , courant de veine en veine
Jufques aux inteftins a porté la gangrene :
Fout refpire la guerre ; on efpere en fes coups ;
On croit dans les hafards trouver un fort plus
doux ;
L'audace fans reffource , ofe tout entreprendre ;
Des remèdes communs on ne doit rien attendre
La guerre , la fureur , eft le feul déformais
Qui puiffe ôter à Rome un fang auffi mauvais.
La fortune avoit mis les Cohortes Romaines ,
Dans trois partis divers , fous trois grands Ca
pitaines ;
Bellone à ces trois Chefs gardant un mêmë fort,
Leur porte en trois endroits une femblable mort.
Chez le Parthe Craffus va terminer fa vie ;
Pompée eft égorgé fur les flots de Lybie ;
Jules au Capitole en proye à des Romains ,
De fes enfans ingrats , enfanglante les mains
Raffembler ces grands Morts , étoit trop entre
prendre ,
S
On diroit que la terre a divifé leur cendre ,
Ne pouvant dans un lieu foûtenir leurs tom
beaux
C'eft ainfi que la gloire honnore ces Heros.
Entre Naple & ces champs où regnoit la Juftice
11. Vol. IL
Cij
1314 MERCURE DE FRANCE
L
Il eſt un lieu borné d'un affreux précipice
Le Cocyte l'arrofe , & dans les environs ,
Répand l'efprit mortel de fes exhalaiſons.
Là , jamais le printemps ne porta la verdure
Jamais un feul gazon n'y para la nature ;
Jamais on n'entendit les tendres arbriffeaux
Y mêler leur murmure aux accens des oiſeaux ;
Les Roches dans la mouffe au hazard entaffées
Parmi quelques cyprès affreufement placées ,
En font tout l'ornement , & dans ce noir cahos
Paroiffent aux regards comme autant de tom
beaux .
Là , le Dieu des Enfers, d'une tête enflâmée ;
Perçant un tourbillon de feux & de fumée
་
y
Parut , & découvrant la fortune en fon cours
Il l'appelle , l'arrête & lui tient ce difcours :
» Décffe , dont les loix par toi feule bornées 33
Des hommes & des Dieux , reglent les deftif
nées "
» Et qui courant toûjours après la nouveauté
Ne peus dans aucun bien laiffer de fûreté ,
" Quoi donc! l'unique Rome ignore ton Empire!
Tu formas fa grandeur , ne peus- tu la détruire
?
» Voi ces lâches Romains , d'eux- mêmes ennemis
,
Profaner ce haut rang où ta main les a mis
Ces dépouilles , ces biens entaffez par la guer-
***
Ces
JUI N. 1730 . 1315
1
Ces prefens infinis que leur produit la terre ,
→ Tout devient l'inftrument d'un demon furieux,
Qui leur ronge le coeur , en leur charmant les
yeux ;
Ils font des maiſons d'or ; jufques dans les
nuées ,
» De cens nouveaux Palais les faces font pouf
fées ,
30
Ils repouffent les eaux , ils traverfent les airs ;
Dans le milieu des champs ils font naître des
mers ;
Enfin l'on voit par tout d'un mouvement red
belle ;
Les élemens changer leur forme naturelle
Jufques dans mon Palais , j'ai fenti leurs ef
forts ;
La terre dans fon fein cache en vain fes tré
fors ,
Perçans en mille endroits les folides campa
gnes ,
Des autres gemiffans , ils tirent des monta
gnes ;
Et tandis qu'épuisée en uſages divers ,
La pierre par leurs mains s'entaffe dans les
airs "
→ Phebus de mes états échauffant la frontiere
Fait aux fombres enfers efperer la lumiere ;
Va donc , Fortune , va ; la guerre eft dans tes
mains ,
» Va¸ cours chaffer la paix , cours armer les
Romains
R
11, Vol. Coe
1316 MERCURE DE FRANCE
Qu'on ne voye en tous lieux que fáng , que
funerailles ;
Redouble mes fujets par cent & cent batailles,
Mon fceptre dès long- temps n'eft plus enfan
glanté:
De ma chere Alecton voi le flanc agité ;
€ » Rien n'a calmé fa foif depuis cette journée ,
Ou du brave Sylla la fureur couronnée ,
Fit naître dans les champs & des bleds & des
fruits ,
» Teints encore du fang dont ils furent nourris
I dit , puis écartant la terre qui le preffe ,
Il joint avec fa main , la main de la Déeffe..
La Fortune auffi-tôt d'une legere voix ,
Commença ce diſcouts : Prince, dont les Loir,
Retiennent pour toujours dans une nuit profonde
,
Tous ceux que leCocyte a portés fur fon onde,
Si je puis en ce jour , fans bleffer mon pouvoir
N
➡ annoncer fûrement ce qu'on va bien - tôt voir,
Tes voeux font exaucez ; mon coeur plein de
< colere ,
S'accorde avec le tien ; il faut les fatisfaire :
Je haï ce que j'ai fait pour ces Peuples ingrats;
Mon bras va renverfer l'ouvrage de mon bras;
C'en eft fait , il est temps de contenter ma
rage ;
11, Vol. Mêlons
JUIN. 1730. 1317
Melons par tout les cris, les feux & le carnage;
Mais quoi je voi déja le Tage épouvanté
Par un double combat , Pharfale
enfanglanté,
Je voi trembler le Nil , & fremir la Lybie ,
Je voi fur les buchers perir la Theffalie ;
Déja dans Actium , les coups d'un Dieu ven→
geur ,
Font entendre des cris
d'épouvante & d'hor
reurs.
➡Va donc ; de tes Etats , ouvre tous les palla
ges ;.
»Du Cocyte alteré prépare les Rivages ;
☛ Pour paffer les mortels qui courent au trépas
» Caron , le feul Caron ne te fuffira pas ;
te faut une flotte ; & toi , pâle Déeſſe
Alecton , que la foif , depuis fi long - tems
preffe ,
» Du fang qui va couler ,,fais cens ragoûts divers
;
Le monde par morceaux và tomber aux En
fers.
Elle parloit encor , lorfqu'un affreux nuage ,
Percé de mille feux , à grand bruit fe partage ;
Pluton connoît la voix du Souverain des Dieux
Difparoît & s'enfuit loin du jour & des Cieux .
annoncée
Par des fignes divers , la terre menacée ,
Auffi- tôt dans le Ciel , voit fa perte
Le Soleil obfcurci retire les rayons ;
H. VOL CY Le
1318 MERCURE DE FRANCE
On croit voir dans les airs marcher des legions
Diane , avec regret fourniffant fa carriere ,
Aux crimes des humains refuſe ſa lumiere ;
Les Rochers avec bruit quittant le haut des
monts ,
Vont par bonds éclatant foudroyer les valons ,
Les fleuves ne font plus bornez par leurs rivages>
En des lieux inconnus ils s'ouvrent des paffages
Ethna jufques au Ciel , élevanr fes torrens ,
Semble contre les Dieux feconder les Titans ;
D'un vain bruit de combats , les Echos retentiffent
;
Les morts font ranimez ; les fepulchres gemif
fent ;
On voit errer par tout des Phantômes affreux a
D'un aftre menaçant les flamboyans cheveux ,
Sement déja par tout l'horreur & l'incendie ;
Le fang enfin , le fang tombe en forme de
pluye...
Ces préfages bien - tôt font fuivis des effets :
Cefar de fa vengeance écoutant les projets ,
Et laiffant des climats en conquêtes fertiles ,
Quitte le fer gaulois pour les armes civiles.
Dans cet enchaînement de monts audacieux
Qui femblent attacher la Terre avec les Cieux ,
On découvre un Rocher , ou plutôt dans la nuë ,
Son front trop élevé diſparoît à la vûë ,
Les Alpes dans ce lieu confervent un Autel
11. Vol.
D'Alci
JUIN. 1319
1730 .
D'Alcide de fes faits , monument éternel ;
De neige & de glaçons les roches revêtues
De cet affreux féjour ferinent les avenuës ;
Le Soleil n'en a pû bannir les aquilons ,
L'hyver y regne feul de toutes les faifons.
Le refte fera dans le prochain Mercure
Du Poëme de Petrone ,fur la Guerre civile..
LEs Pays éclairez par le flambeau du monde
Ce vafte compofé de la Terre & de l'Onde
Rome poffedoit tout , & fouhaitoit encor ,
Quelque abîme au- delà ; recele- t'il de l'or ?
C'eft Pays ennemi ; bien- tôt pour fa conquête
On arme des vaiffeaux , une flote s'apprête ,
On cherche , on veur de Por ; les Dieux trop
inhumains
Par ce prefent cruel , divifent les Romains ;
Les plaifirs prodiguez à l'uſage ordinaire ,
Sont à peine goûtez par le fimple vulgaire ;
La perle d'Affyrie eft en proye au foldat ;
La pourpre trop commune a perdu ſon éclat ;
La nouveauté l'efface , à peine en Arabie ,
Trouve- t'on des parfums , du marbre eu Numidie
;
Le Sere eft dépouillé de fes rares toiſons .
Rome réunit tout dans fes vaftes maiſons.
Que je prévoi de maux ! une fecrete rage ,
Au milieu de la paix , infpire le carnage,
Le Maure eft étonné de voir fur des vaiffeaux
Tranfporter avec foin de cruels animaux ;
Les Tigres arrachez des forefts de l'Afrique ,
11, Vol ,
Viennens
JUI N. 1730. 1311
Viennent donner dans Rome une ſcene tragique
Du fang des Citoyens les theatres fumans ;
D'un peuple furieux font les amuſemens ;
Dirai -je, en quels excès cette Rome s'abîme ?
On va chercher en Perfe un exemple de crime .
J'en parle avec horreur , au fortir de berceau
Les hommes mutilez font un fexe nouveau.
Ces lâches inftrumens , d'une flâme impudique ,
Malgré l'effort du tems & fa Loi tyranique ,
Confervent par le fer , leurs criminels appas ;
La nature fe cherche , & ne fe trouve pas ;
L'excès regne par tout , on bannit la tendreſſe.
Pour faire triompher ces fils de la moleffe ;
Leur indolent maintien , leurs cheveux ajustez,
Ces divers noms d'habits par le luxe inventez
Tous ces attraits nouveaux qui défigurent l'hom
me ,
Sont autant d'hameçons où l'on voit courir Rog
me ;
Le Maure en efclavage arrive par troupeaux ;
Les cedres transformez en des meubles nou
yeaux ,
S'applaniffent en table ; où leur couleur dorée
D'un mélange de Pourpre artiftement parée ,
Semble combattre l'or, par un éclat trompeur
Couchez fur ces Autels , les Romains en fureur
Immolent , à l'envi , la raifon trop fevere';
Les fens font leur Idole , & pour les failsfaire ,
L'on voit de toutes parts le foldat furieux "
II.Vol. Cij Ravir
1312 MERCURE DE FRANCE
Ravir ce que la terre offre de précieux ;
En vain deffous les flots qui baignent la Sicile
Le Scare pourfuivi va chercher un azile ,
On l'amene vivant ; dans l'huitre du Lucrin
On trouve le fecret de repater la faim ;
Le ventre ingenieux fçait rendre tout facile
Du Phaſe dépeuplé , le rivage eft tranquille
Et fes arbres jadis fi chargez d'Habitans
Ne font plus agitez que dú fouffle des vents .
Jufques au champ de Mars Rome dans l'efclavage
,
Au gré de l'intereft dirige fon fuffrage ;
Le Peuple , le Senat , marchands de leur faveur
Vendent publiquement le pouvoir & l'honneur ' ;
Même dans les veillards cette vertu févere ,
La liberté Romaine aujourd'hui dégenere ;
Le merite eft l'argent , les charges font à prix
La majefté par- là tombe dans le mépris ;
Caton par-là fuccombe , ou plutôt pour fa
gloire ,
Le Peuple on le bravant rougit de la victoire ;
Caton injuftement privé du Confulat ,
Fait la honte de Rome , il en ternit l'éclat ,
Il entraîne avec lui l'honneur & la puiffance ;
1
Les moeurs fans gouvernail rappellent la licence;
Rome , de fes forfaits le prix & l'artiſan ,
Sans efpoir de vengeur eft fon propre tyran ;
Par le luxe & l'ufure également vaincuë ,
Dans deux gouffres affreux elle reste abatue , 11. Vol.
JUIN. 1730. 1313 .
Sur tous fes Citoyens , fur leurs poffeffions ,
L'hypoteque a par tout gravé fes actions ;
Cet air contagieux , courant de veine en veine
Jufques aux inteftins a porté la gangrene :
Fout refpire la guerre ; on efpere en fes coups ;
On croit dans les hafards trouver un fort plus
doux ;
L'audace fans reffource , ofe tout entreprendre ;
Des remèdes communs on ne doit rien attendre
La guerre , la fureur , eft le feul déformais
Qui puiffe ôter à Rome un fang auffi mauvais.
La fortune avoit mis les Cohortes Romaines ,
Dans trois partis divers , fous trois grands Ca
pitaines ;
Bellone à ces trois Chefs gardant un mêmë fort,
Leur porte en trois endroits une femblable mort.
Chez le Parthe Craffus va terminer fa vie ;
Pompée eft égorgé fur les flots de Lybie ;
Jules au Capitole en proye à des Romains ,
De fes enfans ingrats , enfanglante les mains
Raffembler ces grands Morts , étoit trop entre
prendre ,
S
On diroit que la terre a divifé leur cendre ,
Ne pouvant dans un lieu foûtenir leurs tom
beaux
C'eft ainfi que la gloire honnore ces Heros.
Entre Naple & ces champs où regnoit la Juftice
11. Vol. IL
Cij
1314 MERCURE DE FRANCE
L
Il eſt un lieu borné d'un affreux précipice
Le Cocyte l'arrofe , & dans les environs ,
Répand l'efprit mortel de fes exhalaiſons.
Là , jamais le printemps ne porta la verdure
Jamais un feul gazon n'y para la nature ;
Jamais on n'entendit les tendres arbriffeaux
Y mêler leur murmure aux accens des oiſeaux ;
Les Roches dans la mouffe au hazard entaffées
Parmi quelques cyprès affreufement placées ,
En font tout l'ornement , & dans ce noir cahos
Paroiffent aux regards comme autant de tom
beaux .
Là , le Dieu des Enfers, d'une tête enflâmée ;
Perçant un tourbillon de feux & de fumée
་
y
Parut , & découvrant la fortune en fon cours
Il l'appelle , l'arrête & lui tient ce difcours :
» Décffe , dont les loix par toi feule bornées 33
Des hommes & des Dieux , reglent les deftif
nées "
» Et qui courant toûjours après la nouveauté
Ne peus dans aucun bien laiffer de fûreté ,
" Quoi donc! l'unique Rome ignore ton Empire!
Tu formas fa grandeur , ne peus- tu la détruire
?
» Voi ces lâches Romains , d'eux- mêmes ennemis
,
Profaner ce haut rang où ta main les a mis
Ces dépouilles , ces biens entaffez par la guer-
***
Ces
JUI N. 1730 . 1315
1
Ces prefens infinis que leur produit la terre ,
→ Tout devient l'inftrument d'un demon furieux,
Qui leur ronge le coeur , en leur charmant les
yeux ;
Ils font des maiſons d'or ; jufques dans les
nuées ,
» De cens nouveaux Palais les faces font pouf
fées ,
30
Ils repouffent les eaux , ils traverfent les airs ;
Dans le milieu des champs ils font naître des
mers ;
Enfin l'on voit par tout d'un mouvement red
belle ;
Les élemens changer leur forme naturelle
Jufques dans mon Palais , j'ai fenti leurs ef
forts ;
La terre dans fon fein cache en vain fes tré
fors ,
Perçans en mille endroits les folides campa
gnes ,
Des autres gemiffans , ils tirent des monta
gnes ;
Et tandis qu'épuisée en uſages divers ,
La pierre par leurs mains s'entaffe dans les
airs "
→ Phebus de mes états échauffant la frontiere
Fait aux fombres enfers efperer la lumiere ;
Va donc , Fortune , va ; la guerre eft dans tes
mains ,
» Va¸ cours chaffer la paix , cours armer les
Romains
R
11, Vol. Coe
1316 MERCURE DE FRANCE
Qu'on ne voye en tous lieux que fáng , que
funerailles ;
Redouble mes fujets par cent & cent batailles,
Mon fceptre dès long- temps n'eft plus enfan
glanté:
De ma chere Alecton voi le flanc agité ;
€ » Rien n'a calmé fa foif depuis cette journée ,
Ou du brave Sylla la fureur couronnée ,
Fit naître dans les champs & des bleds & des
fruits ,
» Teints encore du fang dont ils furent nourris
I dit , puis écartant la terre qui le preffe ,
Il joint avec fa main , la main de la Déeffe..
La Fortune auffi-tôt d'une legere voix ,
Commença ce diſcouts : Prince, dont les Loir,
Retiennent pour toujours dans une nuit profonde
,
Tous ceux que leCocyte a portés fur fon onde,
Si je puis en ce jour , fans bleffer mon pouvoir
N
➡ annoncer fûrement ce qu'on va bien - tôt voir,
Tes voeux font exaucez ; mon coeur plein de
< colere ,
S'accorde avec le tien ; il faut les fatisfaire :
Je haï ce que j'ai fait pour ces Peuples ingrats;
Mon bras va renverfer l'ouvrage de mon bras;
C'en eft fait , il est temps de contenter ma
rage ;
11, Vol. Mêlons
JUIN. 1730. 1317
Melons par tout les cris, les feux & le carnage;
Mais quoi je voi déja le Tage épouvanté
Par un double combat , Pharfale
enfanglanté,
Je voi trembler le Nil , & fremir la Lybie ,
Je voi fur les buchers perir la Theffalie ;
Déja dans Actium , les coups d'un Dieu ven→
geur ,
Font entendre des cris
d'épouvante & d'hor
reurs.
➡Va donc ; de tes Etats , ouvre tous les palla
ges ;.
»Du Cocyte alteré prépare les Rivages ;
☛ Pour paffer les mortels qui courent au trépas
» Caron , le feul Caron ne te fuffira pas ;
te faut une flotte ; & toi , pâle Déeſſe
Alecton , que la foif , depuis fi long - tems
preffe ,
» Du fang qui va couler ,,fais cens ragoûts divers
;
Le monde par morceaux và tomber aux En
fers.
Elle parloit encor , lorfqu'un affreux nuage ,
Percé de mille feux , à grand bruit fe partage ;
Pluton connoît la voix du Souverain des Dieux
Difparoît & s'enfuit loin du jour & des Cieux .
annoncée
Par des fignes divers , la terre menacée ,
Auffi- tôt dans le Ciel , voit fa perte
Le Soleil obfcurci retire les rayons ;
H. VOL CY Le
1318 MERCURE DE FRANCE
On croit voir dans les airs marcher des legions
Diane , avec regret fourniffant fa carriere ,
Aux crimes des humains refuſe ſa lumiere ;
Les Rochers avec bruit quittant le haut des
monts ,
Vont par bonds éclatant foudroyer les valons ,
Les fleuves ne font plus bornez par leurs rivages>
En des lieux inconnus ils s'ouvrent des paffages
Ethna jufques au Ciel , élevanr fes torrens ,
Semble contre les Dieux feconder les Titans ;
D'un vain bruit de combats , les Echos retentiffent
;
Les morts font ranimez ; les fepulchres gemif
fent ;
On voit errer par tout des Phantômes affreux a
D'un aftre menaçant les flamboyans cheveux ,
Sement déja par tout l'horreur & l'incendie ;
Le fang enfin , le fang tombe en forme de
pluye...
Ces préfages bien - tôt font fuivis des effets :
Cefar de fa vengeance écoutant les projets ,
Et laiffant des climats en conquêtes fertiles ,
Quitte le fer gaulois pour les armes civiles.
Dans cet enchaînement de monts audacieux
Qui femblent attacher la Terre avec les Cieux ,
On découvre un Rocher , ou plutôt dans la nuë ,
Son front trop élevé diſparoît à la vûë ,
Les Alpes dans ce lieu confervent un Autel
11. Vol.
D'Alci
JUIN. 1319
1730 .
D'Alcide de fes faits , monument éternel ;
De neige & de glaçons les roches revêtues
De cet affreux féjour ferinent les avenuës ;
Le Soleil n'en a pû bannir les aquilons ,
L'hyver y regne feul de toutes les faifons.
Le refte fera dans le prochain Mercure
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Résumé : TRADUCTION Du Poëme de Petrone, sur la Guerre civile.
Le poème de Pétrone décrit la situation de Rome après ses conquêtes, où la ville aspire à de nouvelles victoires et prépare une flotte pour envahir un pays ennemi. La société romaine est marquée par l'excès et la décadence. Les plaisirs sont abondants, les ressources rares sont accaparées, et les mœurs se dégradent. Rome est comparée à un tyran sans espoir de vengeur, vaincue par le luxe et l'usure. Les citoyens sont endettés, et la guerre semble inévitable pour purifier Rome de ses maux. La Fortune, invoquée par Pluton, décide de détruire Rome en raison de l'ingratitude de ses habitants. Elle décrit la décadence romaine, où les éléments naturels sont altérés par l'ambition humaine. La Fortune et Pluton préparent une guerre dévastatrice, annonçant des signes de catastrophe imminente : obscurcissement du soleil, tremblements de terre, éruptions volcaniques, et apparitions de spectres. Ces présages sont suivis d'effets concrets : César, cherchant vengeance, quitte les conquêtes fertiles pour se tourner vers les armes civiles. Le texte se termine par la description d'un rocher élevé dans les Alpes, où un autel dédié à Alcide (Hercule) est conservé, symbolisant la grandeur passée de Rome.
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549
p. 1428
TURQUIE.
Début :
Selon quelques Lettres de Constantinople, le Sultan Acheraf y étoit arrivé, accompagné [...]
Mots clefs :
Turquie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE.
TURQUI E.
Elon quelques Lettres de Conftantinople , le
Sultan Acheraf y étoit arrivé , accompagné
de peu de perfonnes , ayant été obligé d'abandonner
ceux de fon parti , & de faire courir le
bruit qu'il avoit été affaffiné en voulant fe fouftraire
à la pourfuite du nouveau Roy de Perſe.
On a appris par ces Lettres que le Grand Seigneur
ne fortoit plus du Serail , & qu'il n'y
voyoit que fon fils Aîné , le Grand Vifir , l'Aga
des Janiffaires & fes Medecins ; & que S. H.avoit
envoyé mille bourfes à la Mecque pour obtenir
le rétabliffement de fa fanté , par les prieges des
Dervis qui deffervent la Mofquée de cette Ville.
Par d'autres Lettres du 9 May , on apprend
que
le Grand Seigneur fe portoit un peu mieux
depuis que S. H. faifoit ufage de certaine
Eau
Minérale , qu'un Médecin
de l'Ile de Chio lui
avoit confeillé de prendre ; qu'on avoit envoyé
ordre aux Commandans
des Troupes
qu'on a
fait défiler vers les Frontières de Perfe ; de prendre
toutes fortes de mefures pour la confervation
des Provinces
conquifes
fur ce Royaume
,
& d'empêcher
en même temps que les Soldats
ne commiffent
aucune hoftilité, parce que le Gr.
Seigneur
veut éviter d'entrer
en guerre avec le
nouveau Roy de Perſe.
Elon quelques Lettres de Conftantinople , le
Sultan Acheraf y étoit arrivé , accompagné
de peu de perfonnes , ayant été obligé d'abandonner
ceux de fon parti , & de faire courir le
bruit qu'il avoit été affaffiné en voulant fe fouftraire
à la pourfuite du nouveau Roy de Perſe.
On a appris par ces Lettres que le Grand Seigneur
ne fortoit plus du Serail , & qu'il n'y
voyoit que fon fils Aîné , le Grand Vifir , l'Aga
des Janiffaires & fes Medecins ; & que S. H.avoit
envoyé mille bourfes à la Mecque pour obtenir
le rétabliffement de fa fanté , par les prieges des
Dervis qui deffervent la Mofquée de cette Ville.
Par d'autres Lettres du 9 May , on apprend
que
le Grand Seigneur fe portoit un peu mieux
depuis que S. H. faifoit ufage de certaine
Eau
Minérale , qu'un Médecin
de l'Ile de Chio lui
avoit confeillé de prendre ; qu'on avoit envoyé
ordre aux Commandans
des Troupes
qu'on a
fait défiler vers les Frontières de Perfe ; de prendre
toutes fortes de mefures pour la confervation
des Provinces
conquifes
fur ce Royaume
,
& d'empêcher
en même temps que les Soldats
ne commiffent
aucune hoftilité, parce que le Gr.
Seigneur
veut éviter d'entrer
en guerre avec le
nouveau Roy de Perſe.
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Résumé : TURQUIE.
Le texte traite des événements impliquant le sultan Acheraf et le sultan ottoman, nommé le Grand Seigneur. Acheraf est parvenu à Constantinople avec une escorte réduite, ayant dû feindre sa mort pour échapper au nouveau roi de Perse. À Constantinople, le Grand Seigneur, souffrant de santé, réside au sérail et ne reçoit que son fils aîné, le grand vizir, l'aga des janissaires et ses médecins. Il a également envoyé des fonds à La Mecque pour obtenir des prières en faveur de sa guérison. Des lettres du 9 mai rapportent une légère amélioration de sa santé grâce à une eau minérale recommandée par un médecin de l'île de Chio. Par ailleurs, des ordres ont été donnés aux commandants des troupes aux frontières de Perse pour maintenir les provinces conquises et éviter les conflits avec le nouveau roi de Perse, afin d'éviter une guerre.
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550
p. 1434-1435
RUSSIE.
Début :
La Czarine a fait dire au Comte de Wratislaw Ambassadeur Extraordinaire de l'Empereur, [...]
Mots clefs :
Troupes, Tsarine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE .
A Czarine a fait dire au Comte de Wratislaw,
Antalladeur Extraordinaire de l'Empereur
qu'elle ne pourroit pas fournir cette année à
S. M. I. les 30000. hommes promis par les
Traités faits il y a trois ou quatre ans , parcequ'elle
avoit befoin de toutes fes Troupes pour
conferver les Provinces conquifes fur la Perfe
II. Vol. ayant
JUIN. 1730 1435
ayant reçu des avis certains que le Sultan Schach
Thamas avoit pris la réfolution de faire tous fes
efforts pour fe remettre en poffeffion de ces Provinces
, auffi -tôt qu'il auroit diffipé le refte de
l'Armée du Sultan Acheraf.
On a appris depuis que le nouveau Roi de
Perfe envoyoit à Mofcou un Ambaffadeur pour
complimenter la Czarine fur fon Avenement à la
Couronne , & que ce Prince avoit permis aux
Mofcovites de négocier à Ipaham en toute li
berté.
On a fait équiper à Cronstadt quatre Vaiſſeaux
de Guerre & cinq Frégates pour former une Ef
cadre qui fera commandée par le Contre- Amiral
Kas. On ne fçait pas pour quelle expedition.
A Czarine a fait dire au Comte de Wratislaw,
Antalladeur Extraordinaire de l'Empereur
qu'elle ne pourroit pas fournir cette année à
S. M. I. les 30000. hommes promis par les
Traités faits il y a trois ou quatre ans , parcequ'elle
avoit befoin de toutes fes Troupes pour
conferver les Provinces conquifes fur la Perfe
II. Vol. ayant
JUIN. 1730 1435
ayant reçu des avis certains que le Sultan Schach
Thamas avoit pris la réfolution de faire tous fes
efforts pour fe remettre en poffeffion de ces Provinces
, auffi -tôt qu'il auroit diffipé le refte de
l'Armée du Sultan Acheraf.
On a appris depuis que le nouveau Roi de
Perfe envoyoit à Mofcou un Ambaffadeur pour
complimenter la Czarine fur fon Avenement à la
Couronne , & que ce Prince avoit permis aux
Mofcovites de négocier à Ipaham en toute li
berté.
On a fait équiper à Cronstadt quatre Vaiſſeaux
de Guerre & cinq Frégates pour former une Ef
cadre qui fera commandée par le Contre- Amiral
Kas. On ne fçait pas pour quelle expedition.
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Résumé : RUSSIE.
En juin 1730, la czarine de Russie informe le Comte de Wratislaw, ambassadeur extraordinaire de l'Empereur, qu'elle ne peut pas fournir les 30 000 hommes promis par les traités antérieurs. Cette décision est justifiée par la nécessité de conserver les provinces conquises sur la Perse. La czarine a appris que le sultan Shah Thamas prévoit de récupérer ces provinces dès que l'armée du sultan Acheraf sera dissipée. Par ailleurs, le nouveau roi de Perse envoie un ambassadeur à Moscou pour féliciter la czarine de son avènement au trône et autorise les Moscovites à négocier librement à Ipaham. De plus, quatre vaisseaux de guerre et cinq frégates ont été équipés à Cronstadt pour former une escadre commandée par le contre-amiral Kas, dont la destination reste inconnue.
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