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851
p. 963-967
Imitation de N. S. J. Ch. [titre d'après la table]
Début :
IMITATION de Notre Seigneur Jesus-Christ, traduite et revûë sur l'ancien [...]
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texteReconnaissance textuelle : Imitation de N. S. J. Ch. [titre d'après la table]
IMITATION de Notre Seigneur Jesus-Christ,
traduite et revûë sur l'ancien
original françois , d'où l'on a tiré un
Chapitre qui manque dans les autres Edi-
tions . Par M. l'Abbé Lenglet Dufresnoy ;
nouvelle Edition , in- 12. àParis , chés Án-
dré Cailleau, Quay des Augustins. 1737.
Cette nouvelle Edition de l'Imitation
de J.C.n'est pas un Ouvrage du caractere
des autres Livres de ce genre. Le hazard
fit trouver à M. l'Abbé Lenglet , lors
qu'il étoit en Flandres , quelques impri-
més gothiques , sous le titre de l'internelle
Consolation , ou de la Confolation interieu-
A l'inspection du Livre il remarqua
que
964 MERCURE DE FRANCE
que c'étoit celui de l'Imitation de J. C.
sous un autre nom , et dans un autre
ordre. Il n'en fallut pas d'avantage pour
exciter sa curiosité et pour l'animer à
faire quelques recherches , qui lui réüs-
sirent. Il remarqua non- seulement dans
ees anciens exemplaires beaucoup de
différences essentielles , mais il observa
même qu'il y avoit au Livre premier un
Chapitre entier,qui manquoit dans tou-
tes les Imitations ordinaires. De retour
à Paris , il continua ses recherches , et
trouva dans la célébre Bibliotheque de
l'Abbaye de Saint Germain des Prés
d'autres Exemplaires imprimés de ce
même Livre , et toujours sous le même
titre. M. l'Abbé Lenglet se détermina
donc à faire imprimer dans les Pays Bas
en 1731. une Edition nouvelle de l'Imi-
tation de J. C. avec ce nouveau Chapitre ,
qui fait le XXVIe, du premier Livre. Il
donne aujourd'hui de nouveau cette mê
me Edition qu'il a revûë exactement sur
ces Originaux. C'est une obligation que
Fon a aux recherches de cet Auteur.
La Préface de M. l'Abbé Lenglet , qui
est curieuse et instructive , tend à prou-
ver que l'original de l'Imitation de Jesus-
Christ , est françois , & que le latin n'en
est qu'une Traduction , qui a même
quel
MAY.
1737.
965
quelquefois abregé les paroles du premier
Auteur. M. l'Abbé Lenglet jerte les yeux
sur Gerson , Chancelier de l'Eglise et de
l'Université de Paris , au commencement
du XVe. siecle pour lui attribuer cette
pieuse production. Il a scrupuleusement
examiné toutes les Editions antiques du
François qui lui sont tombées entre les
mains , et pas une n'a marqué que ce fût
une Traduction . Elles font seulement
connoître que c'est un Livre nouvelle-
ment imprimé et corrigé. Cependant
c'étoit une gloire que nos anciens ne lais
soient point échaper ; ils préferoient la
qualité de Traducteur à celle d'Auteur,
qui leur paroissoit moins sçavante .
Le nouvel Editeur croit par- là qu'il
peut concilier les deux Traditions
•
dont l'une donne ce Livre à Gerson et
Pautre à Thomas à Kempis. Gerson aura
fait le Livre en François et Thomas à
Kempis l'aura traduit en Latin , en l'ac-
commodant néanmoins à la vie Religieu
se ; au lieu que l'Auteur original ne par-
le dans tout son Livre que des Chrétiens
en général. Ainsi les deux Traditions
sont également recevables , mais cepen-
dant à différens égards. En ce cas , l'E-
dition de Bresse en Italie de 1435. qui,
la premiere, attribue ce Livre à Gerson ,
n'a
966 MERCURE DE FRANCE
n'a pas moins raison que celle d'Aus-
bourg de 1475. et une autre de 1485. qui
la donnent à Thomas à Kempis ; à l'un
comme Auteur , et à l'autre comme Tra
ducteur.
Notre nouvel Editeur à raison de s'é-
tonner que tant de personnes habiles ,
les Naudés , les Frontons , les Launois , et
même les Dupins , ayant traité cette fa-
meuse controverse sur l'Auteur de ce
Livre , pas un n'ait d'écouvert cet Ou-
vrage François imprimé tant de fois . Il
est hors de doute qu'il auroit fait chan-
ger le systême de la dispute.
Mais quand le célébre Gerson auroit-il
fait cet Ouvrage ? Ce seroit sans doute
dans sa retraite. Cet illustre Théolo-
gien qui avoit assisté au Concile de Cons-
tance , ne revint plus à Paris , il voya-
gea et se retira ensuite à Lyon , où il me-
na une vie obscure et pénitente , et il y
mourut l'an 1429. Ce seroit là sansdoute,
qu'il auroit fait ce Livre pour raprocher
les maximes de la Vie Intérieure , de la
Vie commune de Jesus- Christ et de ses
Apôtres,
Pour marquer ce qu'on doit penser de
cette nouvelle Traduction , on se con-
tentera de marquer ici ce qu'en dit M..
l'Abbé de Marcilli , Docteur de la Mai-
son
MAY.
1737.
967
son et Societé de Sorbonne , dans son
Aprobation , que » la beauté du style ,
» la noblesse des expressions n'ôte rien à
» la simplicité convenable à un Ouvrage
» de ce genre , et lui donne un nouveau
» mérite au - dessus de celles qui ont paru
»jusques à présent . Le Traducteur habi-
le a le talent de rendre plus sensibles.
» les pensées de l'Auteur en quelques en-
» droits , qui avoient besoin d'être éclair-
>> cis : mais la découverte qu'il a faite d'un
>>
Chapitre , qui manquoit au premier
» Livre , enrichit sa Traduction d'un
» morceau excellent. Les personnes qui
» ont le vrai goût de la pieté ( que nul
>>Livre n'est plus capable de leur inspirer
» que celui de l'Imitation de J. C. ) sçau- .
>> ront bon gré à M. Lenglet et de sa re-
» cherche et de cette addition.
M. l'Abbé Lenglet voulant faire voir
le caractere de l'Auteur original , a mis le
XVIe. Chapitre du premier Livre dans
notre vieux Gaulois , tel qu'il l'a trouvé
dans ses Exemplaires.
traduite et revûë sur l'ancien
original françois , d'où l'on a tiré un
Chapitre qui manque dans les autres Edi-
tions . Par M. l'Abbé Lenglet Dufresnoy ;
nouvelle Edition , in- 12. àParis , chés Án-
dré Cailleau, Quay des Augustins. 1737.
Cette nouvelle Edition de l'Imitation
de J.C.n'est pas un Ouvrage du caractere
des autres Livres de ce genre. Le hazard
fit trouver à M. l'Abbé Lenglet , lors
qu'il étoit en Flandres , quelques impri-
més gothiques , sous le titre de l'internelle
Consolation , ou de la Confolation interieu-
A l'inspection du Livre il remarqua
que
964 MERCURE DE FRANCE
que c'étoit celui de l'Imitation de J. C.
sous un autre nom , et dans un autre
ordre. Il n'en fallut pas d'avantage pour
exciter sa curiosité et pour l'animer à
faire quelques recherches , qui lui réüs-
sirent. Il remarqua non- seulement dans
ees anciens exemplaires beaucoup de
différences essentielles , mais il observa
même qu'il y avoit au Livre premier un
Chapitre entier,qui manquoit dans tou-
tes les Imitations ordinaires. De retour
à Paris , il continua ses recherches , et
trouva dans la célébre Bibliotheque de
l'Abbaye de Saint Germain des Prés
d'autres Exemplaires imprimés de ce
même Livre , et toujours sous le même
titre. M. l'Abbé Lenglet se détermina
donc à faire imprimer dans les Pays Bas
en 1731. une Edition nouvelle de l'Imi-
tation de J. C. avec ce nouveau Chapitre ,
qui fait le XXVIe, du premier Livre. Il
donne aujourd'hui de nouveau cette mê
me Edition qu'il a revûë exactement sur
ces Originaux. C'est une obligation que
Fon a aux recherches de cet Auteur.
La Préface de M. l'Abbé Lenglet , qui
est curieuse et instructive , tend à prou-
ver que l'original de l'Imitation de Jesus-
Christ , est françois , & que le latin n'en
est qu'une Traduction , qui a même
quel
MAY.
1737.
965
quelquefois abregé les paroles du premier
Auteur. M. l'Abbé Lenglet jerte les yeux
sur Gerson , Chancelier de l'Eglise et de
l'Université de Paris , au commencement
du XVe. siecle pour lui attribuer cette
pieuse production. Il a scrupuleusement
examiné toutes les Editions antiques du
François qui lui sont tombées entre les
mains , et pas une n'a marqué que ce fût
une Traduction . Elles font seulement
connoître que c'est un Livre nouvelle-
ment imprimé et corrigé. Cependant
c'étoit une gloire que nos anciens ne lais
soient point échaper ; ils préferoient la
qualité de Traducteur à celle d'Auteur,
qui leur paroissoit moins sçavante .
Le nouvel Editeur croit par- là qu'il
peut concilier les deux Traditions
•
dont l'une donne ce Livre à Gerson et
Pautre à Thomas à Kempis. Gerson aura
fait le Livre en François et Thomas à
Kempis l'aura traduit en Latin , en l'ac-
commodant néanmoins à la vie Religieu
se ; au lieu que l'Auteur original ne par-
le dans tout son Livre que des Chrétiens
en général. Ainsi les deux Traditions
sont également recevables , mais cepen-
dant à différens égards. En ce cas , l'E-
dition de Bresse en Italie de 1435. qui,
la premiere, attribue ce Livre à Gerson ,
n'a
966 MERCURE DE FRANCE
n'a pas moins raison que celle d'Aus-
bourg de 1475. et une autre de 1485. qui
la donnent à Thomas à Kempis ; à l'un
comme Auteur , et à l'autre comme Tra
ducteur.
Notre nouvel Editeur à raison de s'é-
tonner que tant de personnes habiles ,
les Naudés , les Frontons , les Launois , et
même les Dupins , ayant traité cette fa-
meuse controverse sur l'Auteur de ce
Livre , pas un n'ait d'écouvert cet Ou-
vrage François imprimé tant de fois . Il
est hors de doute qu'il auroit fait chan-
ger le systême de la dispute.
Mais quand le célébre Gerson auroit-il
fait cet Ouvrage ? Ce seroit sans doute
dans sa retraite. Cet illustre Théolo-
gien qui avoit assisté au Concile de Cons-
tance , ne revint plus à Paris , il voya-
gea et se retira ensuite à Lyon , où il me-
na une vie obscure et pénitente , et il y
mourut l'an 1429. Ce seroit là sansdoute,
qu'il auroit fait ce Livre pour raprocher
les maximes de la Vie Intérieure , de la
Vie commune de Jesus- Christ et de ses
Apôtres,
Pour marquer ce qu'on doit penser de
cette nouvelle Traduction , on se con-
tentera de marquer ici ce qu'en dit M..
l'Abbé de Marcilli , Docteur de la Mai-
son
MAY.
1737.
967
son et Societé de Sorbonne , dans son
Aprobation , que » la beauté du style ,
» la noblesse des expressions n'ôte rien à
» la simplicité convenable à un Ouvrage
» de ce genre , et lui donne un nouveau
» mérite au - dessus de celles qui ont paru
»jusques à présent . Le Traducteur habi-
le a le talent de rendre plus sensibles.
» les pensées de l'Auteur en quelques en-
» droits , qui avoient besoin d'être éclair-
>> cis : mais la découverte qu'il a faite d'un
>>
Chapitre , qui manquoit au premier
» Livre , enrichit sa Traduction d'un
» morceau excellent. Les personnes qui
» ont le vrai goût de la pieté ( que nul
>>Livre n'est plus capable de leur inspirer
» que celui de l'Imitation de J. C. ) sçau- .
>> ront bon gré à M. Lenglet et de sa re-
» cherche et de cette addition.
M. l'Abbé Lenglet voulant faire voir
le caractere de l'Auteur original , a mis le
XVIe. Chapitre du premier Livre dans
notre vieux Gaulois , tel qu'il l'a trouvé
dans ses Exemplaires.
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Résumé : Imitation de N. S. J. Ch. [titre d'après la table]
En 1737, l'abbé Lenglet Dufresnoy a publié une nouvelle édition de l'*Imitation de Notre Seigneur Jésus-Christ*, découverte en Flandres sous le titre *Internelle Consolation*. Lors de ses recherches, Lenglet a identifié des différences notables et un chapitre manquant dans les éditions existantes. Ce chapitre, ajouté comme le XXVIe du premier livre, a été retrouvé dans des exemplaires anciens de la bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Lenglet attribue l'œuvre originale à Jean Gerson, chancelier de l'Église et de l'Université de Paris au début du XVe siècle, et suggère que Thomas à Kempis en aurait fait une traduction latine adaptée à la vie religieuse. Cette hypothèse réconcilie les traditions attribuant l'ouvrage soit à Gerson, soit à Kempis. Lenglet exprime sa surprise que des érudits comme Naudé, Fronton, Launois et Dupin n'aient pas découvert ces versions françaises imprimées. Il propose que Gerson aurait écrit l'œuvre durant sa retraite à Lyon, où il est décédé en 1429. L'édition est approuvée par l'abbé de Marcilli, qui loue la beauté du style et la découverte du chapitre manquant. Lenglet inclut également le XVIe chapitre du premier livre en ancien français pour illustrer le caractère de l'auteur original.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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852
p. 970-982
Lettre sur le Passage du Roy et de la Reine de Pologne, par la Champagne, [titre d'après la table]
Début :
LETTRE écrite par M. *** à M. *** au sujet du Passage du Roy et de la Reine de [...]
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texteReconnaissance textuelle : Lettre sur le Passage du Roy et de la Reine de Pologne, par la Champagne, [titre d'après la table]
LETTRE écrite par M. *** à M. ***
au sujet du Passage du Roy et de la Reine de
Pologne par la Champagne , en allant prendre
possession de leurs Etats de Lorraine. A Chaalons
chés
res
MAY.
1737
971
chés Seneuze , 1737. brochure in 4. de 12. pa-
ges. La Lettre est datée du 25. Avril.
L'Ecrivain déclare dabord avec modestie qu'on
ne doit s'atacher qu'à la vérité d.s faits qu'il ra-
porte et non à la délicatesse du stile. Il commen-
ce ainsi sa narration. Le Roy de Pologne partit
de Meudon en poste le premier Avril , ce Prince
n'a séjourné en aucun endroit , il vint coucher à
Mont-Saint- Pere, Terre limitrophe de cette Pro-
vince , qui apartient à M. Paris du Vernay.
De Mont-Saint-Pere,le Roy de Pologne se ren-
dit à Epernay , il fit l'honneur à M. d'Aubigny,
Lieutenant General et Subdelegué de M. l'Inten-
dant , de dîner chés lui.
Le Roy fit aussi l'honneur à M. de Saint Clair,
Chevalier de S. Louis , Exempt des Gardes du
Corps , Gendre de M. d'Aubigni , de le faire
manger à sa table. La Bourgeoisie qui étoit sous
ler Armes , bordoit les rues, et monta la garde
chés le Roy jusqu'au départ de Sa Majesté
Elle fut escortée d'abord par la Maréchaussée ;
une Compagnie du Régiment de Pont , Cavale
rie , qui est en quartier dans le Village d'Athie ,
conduisit ce Prince jusqu'à Jalon , une autre du
mêine Régiment releva cette premiere , ct l'accom-
pagna jusqu'à Aulnay; les Diles de ce Lieu , vétuës
galamment , et M. le Curé ensuite , complimen-
terent S. M. Voici l'un et l'autre de ces Compli
mens , et les Réponses du Roy de Pologne ; Pune
de ces Dlles s'étant avancée , dit avec beaucoup
de grace , en lui présentant le vin d'honneur .
SIRE , nous vous offrons au nom de nos Pe-
>
defoibles marques de leurs respects , nous ac-
compagnons notre offrande de vœux sinceres que
nous faisons pour votre santé puissiez- vous SIRE
Lorsque nous serons ayeules , recevoir de notre pos
terit
972 MERCURE DE FRANCE
terité les mêmes hommages , et voir la vôtre faire
le bonheur de l'Europe.
Le Roy de Pologne aplaudit en souriant à la
saillie de cette jeune personne , il lui souhai
ta l'accomplissement de ses désirs , dans les-
quels il lui dit qu'il se trouvoit fort interessé
ces Dlles s'étant éloignées , M. le Dieu , Curé
d'Aulnay, âgé de près de 80. ans, s'avança et dit.
SIRE , il y a long- temps que je vis, mais dans
le cours de mes années , je n'ai pas eû un jour si
flateur l'ai le bonheur de voir un grand Roy que
son Héroisme fait respecter de toutes les Nations
un Roy tojours égal à lui- même , malgré le concours
des évenemens les plus marqués , c'est le vrai ca-
ractere de la vertu ; nos vœux , SIRE , ont déja
été plusieurs fois portés jusqu'au Trône du Roy des
Rois pour la conservation et la prospérité de V. M.
Les François , SIRE , et moi en particulier , s'y
interessent sincerement et relativement à votre Per
sonne sacrée , et par reconnoissance pour le don que
le Ciel nous a fait de Monseigneur le Dauphin vo-
tre petit-Fils , qui assure le repos de cet Empire
je redoublerai mes prieres , SIRE , pour qu'une
parfaite sécurité pendant une longue suite d'années
vous conduise à la vie éternelle.
Le Roy parut satisfait de ce Compliment , il
en remercia fort gracieusement M. le Curé, et le
conjura de se ressouvenir de la promesse qu'il
lui faisoit de prier Dieu pour lui,
A la sortie du Bac d'Aulnay , de l'autre côté
de la Riviere de Marne, le Roy de Pologne trous
va une Brigade de la Maréchaussée qui l'escorta
jusqu'à Chaalons ; en chemin il trouva une au-
tre Compagnie du même Régiment de Pont, qui
augmenta l'escorte ; S. M. arriva en cette Ville
sur les quatre heures , précedé d'un nouveau dé-
tachement
MAY.
1737.
973
tachement de la Maréchaussée , commandé par
le Prévôt Géneral , et de deux Chaises de poste ,
dans lesquelles il y avoit deux Seigneurs de sa
Maison , plusieurs de ses Officiers suivoient à
cheval , le Carosse de M. de Beaupré , qui étoit
allé au- devant de S. M. venoit après , un troi-
siéme Escadron du Régiment de Pont fermoit la
marche. Le Roy passa au milieu d'une foule de
Peuple accourue de toutes parts pour voir S. M.
laquelle pour répondre à cet empressement,bais-
sa les glaces de sa Chaise et ordonna à son Pos-
tillon d'aller au petit pas.
De Chaalons, S. M. se rendit à Sary, Château
de M. l'Evêque, situé à l'extremité du Jard, pro-
menade la plus belle qu'il y ait dans aucune Vil-
le de France ; ce Château est très -beau et très-
commode ; on le concevra aisément en se rapel-
lant que les Evêques de Chaalons y ont toujours
reçu les Princes et Princesses du Sang, M. le Duc
d'Orleans et M. le Duc y ont été mariés .
M. l'Evêque , accompagné du Marquis de
Choiseul , Lieutenant Général de la Province ,
de l'Abbé de Saint Mémie , ses Freres , et des
Personnes les plus distinguées de Chaalons , re-
çut S. M. à la descente de sa Chaise ; ce Prélat
comptoit que le Roy de Pologne lui feroit l'hon-
neur de souper et coucher chés lui , mais com-
me il étoit encore de bonne heure , ce Prince
jugea à propos de ne s'arrêter qu'environ uns
heure, et d'aller à Saint Dizier
3
après avoir em-
brassé M. l'Evêque et lui avoir témoigné com-
bien il étoit sensible à sa politesse ; S. M. em-
brassa pareillement M. l'Intendant , et lui té-
moigna qu'elle étoit très-contente des attentions
qu'il avoit eues pour lui dans son Département.
L'Evêque de Chaalons présenta au Roy son
Neveu,
974 MERCURE DE FRANCE
Neveu , fils du Marquis de Choiseul , en lui di-
sant ,
qu'étant né en Lorraine il étoit du nom-
bre de ses Sujets , ce jeune Seigneur , qui joint à
une phisionomie des plus heureuses , beaucoup
d'esprit et de graces, servoit alors à boire à S.M.
qui avec cette douce et noble affabilité qui releve
toutes ses actions , dit, en mettant la main sur
l'épaule de cet aimable Enfant , J'en prends pos-
session avec bien du plaisir.
Les Officiers de Ville de Chaalons s'étant ren
dus à Sary , furent introduits auprès de S. M.
par M. l'Evêque , ils présenterent à ce Prince le
vin d'honneur, qu'il accepta ; ces Mrs et les Per
sonnes de consideration qui s'étoient rendus à
Sary , furent invités par M. l'Evêque d'y rester
au soupé, qui étoit destiné pour S. M. De Sary ,
le Roy se rendit à Saint Dizier , & c .
La Reine de Pologne partit de Meudon le 3.
Avril et arriva à 7 heures du soir au Château de
Congy, qui apartient à M,de Chasot , Président
à Mortier au Parlement de Metz ; Ș. A. S. Ma-
demoiselle de Clermont y logea en 1725 , lors-
qu'elle alla à Strasbourg pour le Mariage de la
Reine. M. l'Intendant reçut la Reine de Pologne
à la descente de son Carosse , que tous les Habi-
tans de ce Lieu entouroient ; les femmes offri-
rent leur présent à S. M. qui consistoit en un
Mouton orné d'une infinité de rubans, & c. sur les
huit heures la R. de P. soupa à son petit couverts
on ne fera point le détail des differens mets qui
furent servis avec une délicatesse et une attention
infinies de la part de M.l'Intendant , qui fit aussi
servir à soupé aux Seigneurs et Dames de la sui-
te de S. M.
Le lendemain la Reine de Pol. après avoir en
tendu la Messe , partit pour Sary. Elle alla dîner
au
MAY.
1737.
975
u Château de Reineville , à cinq lieues de Chaa-
lons . M. de Beaupré avoit cû soin que tout y
für en abondance; l'Evêque s'y étant aussi rendu,
i's reçurent S. M. à la descente de son Ca-
rosse ; plusieurs femmes en habit des bonnes Fê.
tes , présenterent à la Reine un Lapin blanc ,
orné de rubans , &c.
La Reine étant partie de Reineville de bonne
heure, arriva à Chaalons vers les 5. heures , et se
rendit ensuite au Château de Sary , où elle a sé-
journé. Son Entrée en cette Ville fut fort belle ,
plusieurs Brigades de Maréchaussées , comman-
dées par le Prévôt Géneral , étoient de la suite ;
deux Compagnies du Régiment de Pont et les
Pages de S. M. environnoient son Carosse ; M.
l'Evêque et M. l'Intendant précedoient , chacun
dans leur Chaise de poste , afin de recevoir S. M.
à Sary , cinq Carosses à six chevaux , dans les-
quels étoient les Dames et Seigneurs de la suite
de la Reine , & c. La Compagnie de l'Arquebuse
de Chaalons étoit sous les Armes à l'entrée de la
Ville , les Milices Bourgeoises bordoient les rues
jusqu'à la porte de la superbe Promenade dont on
a parlé.
S.M. fut reçue à Sary par les mêmes Personnes
qui s'y étoient trouvées lors du passage du Roy;
l'Evêque de Chaalons et le Marquis de Choi-
seul , curent l'honneur de lui présenter la main.
S. M. soupa à son petit couvert et se coucha
de bonne heure.
Le lendemain elle entendit la Messe à 11. heu-
res dans la Chapelle du Château , les Officiers de
Ville furent présentés à S. M. par le Marquis de
Choiseul, ils lui offrirent dans une corbeille très-
galamment ornée toutes sortes de confitures
seches.
G La
976 MERCURE DE FRANCE
La Reine dîna à son petit couvert à midy ;
elle reçut sur les cinq heutes les respects du R.P.
Baltus , Recteur des jésuites de Chaalons , &c.
Lorsque la Reine de Pologne eut fait ses dé-
pêches pour le Roy son Epoux , elle en chargea
le Marquis de Choiseul , et nomma en même-
temps Mad. son Epouse Dame de son Palais ;
M. de Choiseul en remercia S. M. dans des ter-
mes pleins de reconnoissance; il partit à l'instang
pour Luneville.
Le 7. Avril 5. M. entendit la Messe à dix heu
res , dîna une heure après à son petit couvert et
partit à midy.
On ne peut rien dire de plus obligeant que ce
que la Reine dit à l'Evêque , sur la réception
que lui a fait ce Prélat ; il fut remercié aussi par
la Comtesse de Linange et par les autres Sei-
gneurs et Dames de la Cour.
M. de Beaupré monra dans sa Chaise de poste
pour préceder S. M. à Vitry ; elle y arriva à 6.
heures du soir , escortée par un détachement de
la Maréchaussée.
L'élite de la Milice Bourgeoise sous les Armes
avec des cocardes blanches , formoit une double
haye dans les rues , jusqu'au logement de la Rei-
ne; le Marquis de Vilaine , Gouverneur de la
Ville étoit à la tête. S M. fut reçûë à la descen-
te de son Carosse par M. de la Galaiziere , In-
tendant de Lorraine et de Bar , qui lui donna la
main jusques dans son Apartement.
Les Maire et Echevins , qui furent présentés
par M. l'Intendant , offrirent leurs présens à la
Reine , ils furent très - bien reçus
elle admit en-
suite à son Audience plusieurs Officiers des Trou-
pes du Roy , elle en reconnut quelques- uns , et
leur donna des témoignages de son souvenir;le P.
Prieur
MAY.
1737.
977
Brieur de la Charité de cette Ville fut aussi ad-
mis à rendre ses respects à la Reine , il lui pré-
senta un Ananas d'une prodigieuse grosseur.
A huit heures S. M. soupa à son petit couvert,
il y cut cinq autres tables , dont l'une étoit de
30. couverts , et les autres de 25. et 20. qui fu-
sent servies avec une propreté et une délicatessé
qui passe tout ce qu'on peut imaginer.
L'attention de M. l'Intendant ne se borna pas
aux Personnes de distinction , il voulut que gé-
neralement tous les gens de la snite se ressentis-
sent de sa magnificence ; on cur servit un sou◄
pé convenable et force vin de Champagne.
Le lendeman , jour du départ , S. M. alla en-
tendre la Messe à sept heures à la Collégiale, elle
fut reçue à l'entrée de la principale porte par le
Chapitre , qui lui avoit fait préparer un tapis de
pied et un careau sur lequel la Reine se mit à
genoux pour baiser la Croix , qui lui fut présentée
par le Doyen , S. M. s'étant levée elle reçut l'Eau
benite ; ensuite le Doyen prononça ce Discours .
MADAME ,
Le Chapitre de l'Eglise Royale de cette Ville
rend avec un respectueux empressement ses très-
humbles devoirs à V.M.Nous allons , MADAME,
célebrer les saints Misteres pour demander à Dieu
la conservation de V. M. et le bonheur de toute la
Famille Royale , c'est aux seules Prieres que se ter
minent dans le Temple du Seigneur les Camplimens
des Ministres du Roy des Rois.
La Reine salua le Clergé qui l'accompagna
jusqu'à son Prie- Dieu , M. l'Intendant,donnoit
la main à S. M. La Messe finie , le Doyen à la
droite de la Reine , précedé de tout le Chapitre,
la conduisit jusqu'à son Carosse . M. l'Intendant
continua de donner la main à S. M. Au milieu
G ij
.
de
·
978 MERCURE DE FRANCE
de la Nef , elle eut la bonté de se tourner
du côté du Doyen , et lui dit : M. je vous
remercie et toute votre Compagnie , de la réception
gracieuse que vous m'avezfaite. Le Doyen lui ré-
pondit : MADA ME , nous désirons ardemment
que les Prieres que nous venons de faire pour V.M.
soient exaucées, nous avons prié de tout notre cœur.
Ensuite la Reine monta en Carosse pour se
rendre à S. Dizier , escortée par un détachement
de Maréchaussée , un instant après M. l'Inten-
dant partit en paste , afin de préceder S. M.
S. M. arriva le 11. sur les midy à S. Dizier ,
escortée d'un détachement de la Maréchaussée
de l'Arquebuse et les Milices Bourgeoises bor-
doient les rues ; cette Princesse logea au Château
que M. de Beaupré avoit fait meubler. Les Maire.
et Echevins qu'il présenta à la Reine , lui offri
rent leurs présens , et furent reçus très-gracieu-
sement.
S. M. dina à son petit couvert , elle fut servie
comme si elle cût mangé en public ;
il y eug
plusieurs autres tables également bien servies par
les soins de M. de Beaupré , S. M. partit à trois
heures pour aller coucher à Bar. Elle témoigna
à M. de Beaupré combien elle étoit satisfaite de
ses attentions , &c. Tous les Seigneurs et Dames
de sa Cour le complimenterent dans des termes
remplis de reconnoissance. Il a suivi S. M. jus◄
qu'à Bar.
Dès qu'on fut assuré que la Reine de Pologne
étoit arrivée sur la Frontiere de ses nouveaux
Etats, une nombreuse Compagnie de Chevaliers
proprement vétus d'un uniforme blanc avec pa-
remens rouges , alla à sa rencontre et revint le
même jour , marchant devant le Carosse de
S. M. au bruit des Instrumens Militaires,
Sur
MAY.
1737-
979
Sur le chemin , à quelque distance de Bar-le-
Duc , la Reine trouva une Compagnie de jeunes
Gens à pied , qui avoient passé la nuit sous des
Tentes , en attendant son arrivée. Cette Compa-
gnie formée à son honneur , lui servit d'escorte.
Lorsque la Reine arriva aux portes de la Ville,
elle y trouva environ trois mille Bourgeois qui
étoient rangés sous des Drapeaux magnifiques,
et qui la suivirent jusques au Château.
En entrant dans cette Place , elle fut compli-
mentée par M. le Commandant , et en avançant
un peu plus loin , elle parut agréablement sur-
prise d'un Spectacle que présentoit à ses yeux la
Jeunesse du College des Jésuites. Ces jeunes Gens
etoient partie à pied et partie à cheval . Ceux des
Classes inférieures , au nombre de quarante ,
étoient à pied , habillés à la Polonoise , ayans
tous un habit d'écarlate bordé de fourures d'her
mine,et sur l'habillement des écharpes de prix . Hs
avoient des bonnets rouges qui cachoient entie
rement leurs cheveux , et dont la pointe garnie
d'une frange d'argent , s'élevoit au - dessus d'une
fourure très- propre. Devant eux pendoient de
petits coutelas , et ils tenoient à la main des
Etendards très riches , les uns aux Armes de Pos
logne , de Leczinski , les autres aux Armes de
Lorraine et de Bar.
Ceux des Classes supérieures étoient à cheval
au nombre de 24. botés à la Połonoise , habillés
comme les autres d'écarlate , et portant des bon-
nets de même , mais ayant tous le Sabre à la
main.
Ces deux Corps étoient rangés dans la cour inte
rieure du Château sur deux lignes, en demi cercle,
ayant à une extremité leur Tambour , habillé à
la Romaine , et à une autre deux Clercs , dong
Giij
l'un
980 MERCURE DE FRANCE
P'un étoit à cheval , représentant tous les Clercs-
du College , et l'autre à pied , en manteau long,
qui se disposoit à parler. A leurs côtés étoient
Mrs les Militaires de la Garde , présentant les
Armes.
Aussi- tôt que la Reine fut près de ces jeunes:
Gens ainsi disposés , les premiers baisserent leurs
Erendarts pour la saluer ; ce qui se fit avec beau-
coup d'ordre et au grand contentement de S. M.
La Reine inonta ensuite dans son Apartement,
introduite par M. le Chancelier et Garde des
Sceaux , précedée de quelques - uns des Polonois,
qui portoient des Etendarts aux Armes de Bar.
Après que M. le Chancelier eut fait son com-
pliment , un Ecolier eut aussi l'honneur de com
plimenter Sa Majesté au nom du College..
La Reine répondit avec bonté : Je suis très-
sensible à votre Compliment , je vous en remercie ,
mais je veux voir encore une fois la Jeunesse Po-
lonoise.
Sur cela on donna ordre à cette Jeunesse de se
rendre dans l'Apartement de S. M. et là ces jeu-
nes Gens passant tous devant elle , les uns après-
les autres , ils eurent l'honneur de la saluer de
rechef avec l'Etendart.
Ils sortirent ensuite deux à deux et revinrent
avec les Cavaliers Polonois au College. Peu de
temps après le Canon du Château se fit entendre;
on ne doit pas oublier ici la maniere gracieuse
dont S. M. remercia la Noblesse et toutes les
Compagnies de cette Ville , qui étoient dans les
différentes Chambres de son Apartement , &c..
Elle leur témoigna qu'elle étoit très- satisfaite de.
leur zele et de tout ce qu'on faisoit pour elle .
Sur le soir , vers les huit heures , le Château
et toute la Ville étant illuminés , on tira un très-
beau
MAY.
1737.
981
beau Feu d'artifice , qu'on avoit artistement pla
cé sur un bâtiment à deux étages , orné de De-
vises à l'honneur du Roy et de la Reine , et sur-
monté d'une Renommée , qui tenoit d'ung main
les Armes de Pologne et de l'autre sa Trompete .
Après quoi la Reine se mit à table , et comme
elle a un grand fond de pieté et de religion, inal-
gré toutes ses fatigues et la délicatesse de son
tempérament , elle ne prit qu'une simple colla-
tion
Alors les Dames curent l'honneur de lui
faire la réverence, et en furent très gracieusement
reçûës.
Le lendemain 12. Avril , S. M. entendit la
Messe dans la Chapelle du Château , où elle fut
complimentée par le Doyen de certe Eglise.
Après avoir oui la Messe , elle monta dans
son Carosse. Aussi -tôt la Jeunesse Polonoise
qui avoit repris son premier poste , se mit en
marche sur deux lignes , ceux qui étoient à che-
val , marchant immédiatement devant le Caros-
se de la Reine , et ceux qui étoient à pied mar-
chant à la tête avec leurs Etendarts. Les autres
Carosses suivoient , bordés de la nouvelle Com-
pagnie à pied, et suivis d'une partie de la Bour-
geolie , tap iis que l'autre bordoit les rues .
On marcha dans cet ordre jusques hors de la
Ville, &c. La Reine fut de nouveau complimentée
au nom des Ecoliers Elle eur la bonté de dire plus
sieurs fois qu'elle étoit très- contente, et que ceux
qui étoient à pied pouvoient s'en retourner , ce
qu'ils firent à la suite de la Bourgeoisie.
Pour les autres qui étoient à cheval , ils eurent
l'honneur de marcher devant le Carosse de S. M.
jusqu'à la premiere Bourgade. La Compagnie
des Chevaliers qui avoient attendu la Reine ,
continua à l'accompagner jusques vers Ligny au
Giiij
bruig
982 MERCURE DE FRANCE
bruit des Trompettes et des Timbales. Ensuite
S. M. les remercia de la maniere du monde la
plus obligeante.
au sujet du Passage du Roy et de la Reine de
Pologne par la Champagne , en allant prendre
possession de leurs Etats de Lorraine. A Chaalons
chés
res
MAY.
1737
971
chés Seneuze , 1737. brochure in 4. de 12. pa-
ges. La Lettre est datée du 25. Avril.
L'Ecrivain déclare dabord avec modestie qu'on
ne doit s'atacher qu'à la vérité d.s faits qu'il ra-
porte et non à la délicatesse du stile. Il commen-
ce ainsi sa narration. Le Roy de Pologne partit
de Meudon en poste le premier Avril , ce Prince
n'a séjourné en aucun endroit , il vint coucher à
Mont-Saint- Pere, Terre limitrophe de cette Pro-
vince , qui apartient à M. Paris du Vernay.
De Mont-Saint-Pere,le Roy de Pologne se ren-
dit à Epernay , il fit l'honneur à M. d'Aubigny,
Lieutenant General et Subdelegué de M. l'Inten-
dant , de dîner chés lui.
Le Roy fit aussi l'honneur à M. de Saint Clair,
Chevalier de S. Louis , Exempt des Gardes du
Corps , Gendre de M. d'Aubigni , de le faire
manger à sa table. La Bourgeoisie qui étoit sous
ler Armes , bordoit les rues, et monta la garde
chés le Roy jusqu'au départ de Sa Majesté
Elle fut escortée d'abord par la Maréchaussée ;
une Compagnie du Régiment de Pont , Cavale
rie , qui est en quartier dans le Village d'Athie ,
conduisit ce Prince jusqu'à Jalon , une autre du
mêine Régiment releva cette premiere , ct l'accom-
pagna jusqu'à Aulnay; les Diles de ce Lieu , vétuës
galamment , et M. le Curé ensuite , complimen-
terent S. M. Voici l'un et l'autre de ces Compli
mens , et les Réponses du Roy de Pologne ; Pune
de ces Dlles s'étant avancée , dit avec beaucoup
de grace , en lui présentant le vin d'honneur .
SIRE , nous vous offrons au nom de nos Pe-
>
defoibles marques de leurs respects , nous ac-
compagnons notre offrande de vœux sinceres que
nous faisons pour votre santé puissiez- vous SIRE
Lorsque nous serons ayeules , recevoir de notre pos
terit
972 MERCURE DE FRANCE
terité les mêmes hommages , et voir la vôtre faire
le bonheur de l'Europe.
Le Roy de Pologne aplaudit en souriant à la
saillie de cette jeune personne , il lui souhai
ta l'accomplissement de ses désirs , dans les-
quels il lui dit qu'il se trouvoit fort interessé
ces Dlles s'étant éloignées , M. le Dieu , Curé
d'Aulnay, âgé de près de 80. ans, s'avança et dit.
SIRE , il y a long- temps que je vis, mais dans
le cours de mes années , je n'ai pas eû un jour si
flateur l'ai le bonheur de voir un grand Roy que
son Héroisme fait respecter de toutes les Nations
un Roy tojours égal à lui- même , malgré le concours
des évenemens les plus marqués , c'est le vrai ca-
ractere de la vertu ; nos vœux , SIRE , ont déja
été plusieurs fois portés jusqu'au Trône du Roy des
Rois pour la conservation et la prospérité de V. M.
Les François , SIRE , et moi en particulier , s'y
interessent sincerement et relativement à votre Per
sonne sacrée , et par reconnoissance pour le don que
le Ciel nous a fait de Monseigneur le Dauphin vo-
tre petit-Fils , qui assure le repos de cet Empire
je redoublerai mes prieres , SIRE , pour qu'une
parfaite sécurité pendant une longue suite d'années
vous conduise à la vie éternelle.
Le Roy parut satisfait de ce Compliment , il
en remercia fort gracieusement M. le Curé, et le
conjura de se ressouvenir de la promesse qu'il
lui faisoit de prier Dieu pour lui,
A la sortie du Bac d'Aulnay , de l'autre côté
de la Riviere de Marne, le Roy de Pologne trous
va une Brigade de la Maréchaussée qui l'escorta
jusqu'à Chaalons ; en chemin il trouva une au-
tre Compagnie du même Régiment de Pont, qui
augmenta l'escorte ; S. M. arriva en cette Ville
sur les quatre heures , précedé d'un nouveau dé-
tachement
MAY.
1737.
973
tachement de la Maréchaussée , commandé par
le Prévôt Géneral , et de deux Chaises de poste ,
dans lesquelles il y avoit deux Seigneurs de sa
Maison , plusieurs de ses Officiers suivoient à
cheval , le Carosse de M. de Beaupré , qui étoit
allé au- devant de S. M. venoit après , un troi-
siéme Escadron du Régiment de Pont fermoit la
marche. Le Roy passa au milieu d'une foule de
Peuple accourue de toutes parts pour voir S. M.
laquelle pour répondre à cet empressement,bais-
sa les glaces de sa Chaise et ordonna à son Pos-
tillon d'aller au petit pas.
De Chaalons, S. M. se rendit à Sary, Château
de M. l'Evêque, situé à l'extremité du Jard, pro-
menade la plus belle qu'il y ait dans aucune Vil-
le de France ; ce Château est très -beau et très-
commode ; on le concevra aisément en se rapel-
lant que les Evêques de Chaalons y ont toujours
reçu les Princes et Princesses du Sang, M. le Duc
d'Orleans et M. le Duc y ont été mariés .
M. l'Evêque , accompagné du Marquis de
Choiseul , Lieutenant Général de la Province ,
de l'Abbé de Saint Mémie , ses Freres , et des
Personnes les plus distinguées de Chaalons , re-
çut S. M. à la descente de sa Chaise ; ce Prélat
comptoit que le Roy de Pologne lui feroit l'hon-
neur de souper et coucher chés lui , mais com-
me il étoit encore de bonne heure , ce Prince
jugea à propos de ne s'arrêter qu'environ uns
heure, et d'aller à Saint Dizier
3
après avoir em-
brassé M. l'Evêque et lui avoir témoigné com-
bien il étoit sensible à sa politesse ; S. M. em-
brassa pareillement M. l'Intendant , et lui té-
moigna qu'elle étoit très-contente des attentions
qu'il avoit eues pour lui dans son Département.
L'Evêque de Chaalons présenta au Roy son
Neveu,
974 MERCURE DE FRANCE
Neveu , fils du Marquis de Choiseul , en lui di-
sant ,
qu'étant né en Lorraine il étoit du nom-
bre de ses Sujets , ce jeune Seigneur , qui joint à
une phisionomie des plus heureuses , beaucoup
d'esprit et de graces, servoit alors à boire à S.M.
qui avec cette douce et noble affabilité qui releve
toutes ses actions , dit, en mettant la main sur
l'épaule de cet aimable Enfant , J'en prends pos-
session avec bien du plaisir.
Les Officiers de Ville de Chaalons s'étant ren
dus à Sary , furent introduits auprès de S. M.
par M. l'Evêque , ils présenterent à ce Prince le
vin d'honneur, qu'il accepta ; ces Mrs et les Per
sonnes de consideration qui s'étoient rendus à
Sary , furent invités par M. l'Evêque d'y rester
au soupé, qui étoit destiné pour S. M. De Sary ,
le Roy se rendit à Saint Dizier , & c .
La Reine de Pologne partit de Meudon le 3.
Avril et arriva à 7 heures du soir au Château de
Congy, qui apartient à M,de Chasot , Président
à Mortier au Parlement de Metz ; Ș. A. S. Ma-
demoiselle de Clermont y logea en 1725 , lors-
qu'elle alla à Strasbourg pour le Mariage de la
Reine. M. l'Intendant reçut la Reine de Pologne
à la descente de son Carosse , que tous les Habi-
tans de ce Lieu entouroient ; les femmes offri-
rent leur présent à S. M. qui consistoit en un
Mouton orné d'une infinité de rubans, & c. sur les
huit heures la R. de P. soupa à son petit couverts
on ne fera point le détail des differens mets qui
furent servis avec une délicatesse et une attention
infinies de la part de M.l'Intendant , qui fit aussi
servir à soupé aux Seigneurs et Dames de la sui-
te de S. M.
Le lendemain la Reine de Pol. après avoir en
tendu la Messe , partit pour Sary. Elle alla dîner
au
MAY.
1737.
975
u Château de Reineville , à cinq lieues de Chaa-
lons . M. de Beaupré avoit cû soin que tout y
für en abondance; l'Evêque s'y étant aussi rendu,
i's reçurent S. M. à la descente de son Ca-
rosse ; plusieurs femmes en habit des bonnes Fê.
tes , présenterent à la Reine un Lapin blanc ,
orné de rubans , &c.
La Reine étant partie de Reineville de bonne
heure, arriva à Chaalons vers les 5. heures , et se
rendit ensuite au Château de Sary , où elle a sé-
journé. Son Entrée en cette Ville fut fort belle ,
plusieurs Brigades de Maréchaussées , comman-
dées par le Prévôt Géneral , étoient de la suite ;
deux Compagnies du Régiment de Pont et les
Pages de S. M. environnoient son Carosse ; M.
l'Evêque et M. l'Intendant précedoient , chacun
dans leur Chaise de poste , afin de recevoir S. M.
à Sary , cinq Carosses à six chevaux , dans les-
quels étoient les Dames et Seigneurs de la suite
de la Reine , & c. La Compagnie de l'Arquebuse
de Chaalons étoit sous les Armes à l'entrée de la
Ville , les Milices Bourgeoises bordoient les rues
jusqu'à la porte de la superbe Promenade dont on
a parlé.
S.M. fut reçue à Sary par les mêmes Personnes
qui s'y étoient trouvées lors du passage du Roy;
l'Evêque de Chaalons et le Marquis de Choi-
seul , curent l'honneur de lui présenter la main.
S. M. soupa à son petit couvert et se coucha
de bonne heure.
Le lendemain elle entendit la Messe à 11. heu-
res dans la Chapelle du Château , les Officiers de
Ville furent présentés à S. M. par le Marquis de
Choiseul, ils lui offrirent dans une corbeille très-
galamment ornée toutes sortes de confitures
seches.
G La
976 MERCURE DE FRANCE
La Reine dîna à son petit couvert à midy ;
elle reçut sur les cinq heutes les respects du R.P.
Baltus , Recteur des jésuites de Chaalons , &c.
Lorsque la Reine de Pologne eut fait ses dé-
pêches pour le Roy son Epoux , elle en chargea
le Marquis de Choiseul , et nomma en même-
temps Mad. son Epouse Dame de son Palais ;
M. de Choiseul en remercia S. M. dans des ter-
mes pleins de reconnoissance; il partit à l'instang
pour Luneville.
Le 7. Avril 5. M. entendit la Messe à dix heu
res , dîna une heure après à son petit couvert et
partit à midy.
On ne peut rien dire de plus obligeant que ce
que la Reine dit à l'Evêque , sur la réception
que lui a fait ce Prélat ; il fut remercié aussi par
la Comtesse de Linange et par les autres Sei-
gneurs et Dames de la Cour.
M. de Beaupré monra dans sa Chaise de poste
pour préceder S. M. à Vitry ; elle y arriva à 6.
heures du soir , escortée par un détachement de
la Maréchaussée.
L'élite de la Milice Bourgeoise sous les Armes
avec des cocardes blanches , formoit une double
haye dans les rues , jusqu'au logement de la Rei-
ne; le Marquis de Vilaine , Gouverneur de la
Ville étoit à la tête. S M. fut reçûë à la descen-
te de son Carosse par M. de la Galaiziere , In-
tendant de Lorraine et de Bar , qui lui donna la
main jusques dans son Apartement.
Les Maire et Echevins , qui furent présentés
par M. l'Intendant , offrirent leurs présens à la
Reine , ils furent très - bien reçus
elle admit en-
suite à son Audience plusieurs Officiers des Trou-
pes du Roy , elle en reconnut quelques- uns , et
leur donna des témoignages de son souvenir;le P.
Prieur
MAY.
1737.
977
Brieur de la Charité de cette Ville fut aussi ad-
mis à rendre ses respects à la Reine , il lui pré-
senta un Ananas d'une prodigieuse grosseur.
A huit heures S. M. soupa à son petit couvert,
il y cut cinq autres tables , dont l'une étoit de
30. couverts , et les autres de 25. et 20. qui fu-
sent servies avec une propreté et une délicatessé
qui passe tout ce qu'on peut imaginer.
L'attention de M. l'Intendant ne se borna pas
aux Personnes de distinction , il voulut que gé-
neralement tous les gens de la snite se ressentis-
sent de sa magnificence ; on cur servit un sou◄
pé convenable et force vin de Champagne.
Le lendeman , jour du départ , S. M. alla en-
tendre la Messe à sept heures à la Collégiale, elle
fut reçue à l'entrée de la principale porte par le
Chapitre , qui lui avoit fait préparer un tapis de
pied et un careau sur lequel la Reine se mit à
genoux pour baiser la Croix , qui lui fut présentée
par le Doyen , S. M. s'étant levée elle reçut l'Eau
benite ; ensuite le Doyen prononça ce Discours .
MADAME ,
Le Chapitre de l'Eglise Royale de cette Ville
rend avec un respectueux empressement ses très-
humbles devoirs à V.M.Nous allons , MADAME,
célebrer les saints Misteres pour demander à Dieu
la conservation de V. M. et le bonheur de toute la
Famille Royale , c'est aux seules Prieres que se ter
minent dans le Temple du Seigneur les Camplimens
des Ministres du Roy des Rois.
La Reine salua le Clergé qui l'accompagna
jusqu'à son Prie- Dieu , M. l'Intendant,donnoit
la main à S. M. La Messe finie , le Doyen à la
droite de la Reine , précedé de tout le Chapitre,
la conduisit jusqu'à son Carosse . M. l'Intendant
continua de donner la main à S. M. Au milieu
G ij
.
de
·
978 MERCURE DE FRANCE
de la Nef , elle eut la bonté de se tourner
du côté du Doyen , et lui dit : M. je vous
remercie et toute votre Compagnie , de la réception
gracieuse que vous m'avezfaite. Le Doyen lui ré-
pondit : MADA ME , nous désirons ardemment
que les Prieres que nous venons de faire pour V.M.
soient exaucées, nous avons prié de tout notre cœur.
Ensuite la Reine monta en Carosse pour se
rendre à S. Dizier , escortée par un détachement
de Maréchaussée , un instant après M. l'Inten-
dant partit en paste , afin de préceder S. M.
S. M. arriva le 11. sur les midy à S. Dizier ,
escortée d'un détachement de la Maréchaussée
de l'Arquebuse et les Milices Bourgeoises bor-
doient les rues ; cette Princesse logea au Château
que M. de Beaupré avoit fait meubler. Les Maire.
et Echevins qu'il présenta à la Reine , lui offri
rent leurs présens , et furent reçus très-gracieu-
sement.
S. M. dina à son petit couvert , elle fut servie
comme si elle cût mangé en public ;
il y eug
plusieurs autres tables également bien servies par
les soins de M. de Beaupré , S. M. partit à trois
heures pour aller coucher à Bar. Elle témoigna
à M. de Beaupré combien elle étoit satisfaite de
ses attentions , &c. Tous les Seigneurs et Dames
de sa Cour le complimenterent dans des termes
remplis de reconnoissance. Il a suivi S. M. jus◄
qu'à Bar.
Dès qu'on fut assuré que la Reine de Pologne
étoit arrivée sur la Frontiere de ses nouveaux
Etats, une nombreuse Compagnie de Chevaliers
proprement vétus d'un uniforme blanc avec pa-
remens rouges , alla à sa rencontre et revint le
même jour , marchant devant le Carosse de
S. M. au bruit des Instrumens Militaires,
Sur
MAY.
1737-
979
Sur le chemin , à quelque distance de Bar-le-
Duc , la Reine trouva une Compagnie de jeunes
Gens à pied , qui avoient passé la nuit sous des
Tentes , en attendant son arrivée. Cette Compa-
gnie formée à son honneur , lui servit d'escorte.
Lorsque la Reine arriva aux portes de la Ville,
elle y trouva environ trois mille Bourgeois qui
étoient rangés sous des Drapeaux magnifiques,
et qui la suivirent jusques au Château.
En entrant dans cette Place , elle fut compli-
mentée par M. le Commandant , et en avançant
un peu plus loin , elle parut agréablement sur-
prise d'un Spectacle que présentoit à ses yeux la
Jeunesse du College des Jésuites. Ces jeunes Gens
etoient partie à pied et partie à cheval . Ceux des
Classes inférieures , au nombre de quarante ,
étoient à pied , habillés à la Polonoise , ayans
tous un habit d'écarlate bordé de fourures d'her
mine,et sur l'habillement des écharpes de prix . Hs
avoient des bonnets rouges qui cachoient entie
rement leurs cheveux , et dont la pointe garnie
d'une frange d'argent , s'élevoit au - dessus d'une
fourure très- propre. Devant eux pendoient de
petits coutelas , et ils tenoient à la main des
Etendards très riches , les uns aux Armes de Pos
logne , de Leczinski , les autres aux Armes de
Lorraine et de Bar.
Ceux des Classes supérieures étoient à cheval
au nombre de 24. botés à la Połonoise , habillés
comme les autres d'écarlate , et portant des bon-
nets de même , mais ayant tous le Sabre à la
main.
Ces deux Corps étoient rangés dans la cour inte
rieure du Château sur deux lignes, en demi cercle,
ayant à une extremité leur Tambour , habillé à
la Romaine , et à une autre deux Clercs , dong
Giij
l'un
980 MERCURE DE FRANCE
P'un étoit à cheval , représentant tous les Clercs-
du College , et l'autre à pied , en manteau long,
qui se disposoit à parler. A leurs côtés étoient
Mrs les Militaires de la Garde , présentant les
Armes.
Aussi- tôt que la Reine fut près de ces jeunes:
Gens ainsi disposés , les premiers baisserent leurs
Erendarts pour la saluer ; ce qui se fit avec beau-
coup d'ordre et au grand contentement de S. M.
La Reine inonta ensuite dans son Apartement,
introduite par M. le Chancelier et Garde des
Sceaux , précedée de quelques - uns des Polonois,
qui portoient des Etendarts aux Armes de Bar.
Après que M. le Chancelier eut fait son com-
pliment , un Ecolier eut aussi l'honneur de com
plimenter Sa Majesté au nom du College..
La Reine répondit avec bonté : Je suis très-
sensible à votre Compliment , je vous en remercie ,
mais je veux voir encore une fois la Jeunesse Po-
lonoise.
Sur cela on donna ordre à cette Jeunesse de se
rendre dans l'Apartement de S. M. et là ces jeu-
nes Gens passant tous devant elle , les uns après-
les autres , ils eurent l'honneur de la saluer de
rechef avec l'Etendart.
Ils sortirent ensuite deux à deux et revinrent
avec les Cavaliers Polonois au College. Peu de
temps après le Canon du Château se fit entendre;
on ne doit pas oublier ici la maniere gracieuse
dont S. M. remercia la Noblesse et toutes les
Compagnies de cette Ville , qui étoient dans les
différentes Chambres de son Apartement , &c..
Elle leur témoigna qu'elle étoit très- satisfaite de.
leur zele et de tout ce qu'on faisoit pour elle .
Sur le soir , vers les huit heures , le Château
et toute la Ville étant illuminés , on tira un très-
beau
MAY.
1737.
981
beau Feu d'artifice , qu'on avoit artistement pla
cé sur un bâtiment à deux étages , orné de De-
vises à l'honneur du Roy et de la Reine , et sur-
monté d'une Renommée , qui tenoit d'ung main
les Armes de Pologne et de l'autre sa Trompete .
Après quoi la Reine se mit à table , et comme
elle a un grand fond de pieté et de religion, inal-
gré toutes ses fatigues et la délicatesse de son
tempérament , elle ne prit qu'une simple colla-
tion
Alors les Dames curent l'honneur de lui
faire la réverence, et en furent très gracieusement
reçûës.
Le lendemain 12. Avril , S. M. entendit la
Messe dans la Chapelle du Château , où elle fut
complimentée par le Doyen de certe Eglise.
Après avoir oui la Messe , elle monta dans
son Carosse. Aussi -tôt la Jeunesse Polonoise
qui avoit repris son premier poste , se mit en
marche sur deux lignes , ceux qui étoient à che-
val , marchant immédiatement devant le Caros-
se de la Reine , et ceux qui étoient à pied mar-
chant à la tête avec leurs Etendarts. Les autres
Carosses suivoient , bordés de la nouvelle Com-
pagnie à pied, et suivis d'une partie de la Bour-
geolie , tap iis que l'autre bordoit les rues .
On marcha dans cet ordre jusques hors de la
Ville, &c. La Reine fut de nouveau complimentée
au nom des Ecoliers Elle eur la bonté de dire plus
sieurs fois qu'elle étoit très- contente, et que ceux
qui étoient à pied pouvoient s'en retourner , ce
qu'ils firent à la suite de la Bourgeoisie.
Pour les autres qui étoient à cheval , ils eurent
l'honneur de marcher devant le Carosse de S. M.
jusqu'à la premiere Bourgade. La Compagnie
des Chevaliers qui avoient attendu la Reine ,
continua à l'accompagner jusques vers Ligny au
Giiij
bruig
982 MERCURE DE FRANCE
bruit des Trompettes et des Timbales. Ensuite
S. M. les remercia de la maniere du monde la
plus obligeante.
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Résumé : Lettre sur le Passage du Roy et de la Reine de Pologne, par la Champagne, [titre d'après la table]
En avril 1737, le roi et la reine de Pologne traversèrent la Champagne pour prendre possession des États de Lorraine. Le roi quitta Meudon le 1er avril et passa par plusieurs villes, dont Mont-Saint-Père et Épernay, où il reçut des honneurs et des réceptions officielles. À Épernay, il dîna chez M. d'Aubigny et M. de Saint Clair, et la bourgeoisie locale monta la garde. Escorté par la maréchaussée et des compagnies du régiment de Pont, il fut complimenté à Aulnay par des demoiselles et le curé. Il continua vers Châlons, accueilli par l'évêque et les notables locaux, puis vers Saint-Dizier après une halte à Sary. La reine, quant à elle, quitta Meudon pour le château de Congy, où elle fut accueillie par l'intendant et les habitants. Elle se rendit ensuite à Châlons-en-Champagne, accueillie par les officiers de la ville et l'évêque. Elle séjourna au château de Sary et continua vers Vitry, où elle fut reçue par le gouverneur et l'intendant. À Vitry, elle reçut divers officiers et le prieur de la charité, qui lui offrit un ananas. Elle logea et fut nourrie avec magnificence avant de poursuivre son voyage vers Saint-Dizier, où elle fut accueillie par des détachements de maréchaussée et des milices bourgeoises. Elle logea au château préparé par M. de Beaupré et exprima sa satisfaction. À Bar-le-Duc, elle fut accueillie par une compagnie de chevaliers et trois mille bourgeois, et un feu d'artifice fut tiré en son honneur. En Pologne, la reine assista à une messe et fut escortée par la jeunesse polonaise jusqu'à la première bourgade, accompagnée par les Chevaliers et des musiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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853
p. 985
Académie Royale de Soissons, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le Lundi 29. Avril, l'Académie Royale de Soissons, tint son Assemblée publique dans le [...]
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texteReconnaissance textuelle : Académie Royale de Soissons, &c. [titre d'après la table]
Le Lundi 29. Avril, l'Académie Royale de
Soissons, tint son Assemblée publique dans le
Palais Episcopal. M. Vernier, Directeur de cette
Académie , en fit l'ouverture par un sçavant Dis-
Cours , après lequel on fit la lecture de la Dis-
sertation qui avoit remporté le Prix , dont le
Sujet étoit : L'Epoque de l'établissement de la Re-
ligion Chrétienne dans le Soissonnois , et les progrès`
du Christianisme dans le même Pays , avec le nom
des premiers Evêques de Soissons et la durée de leur
Episcopat jusqu'à la fin du quatrieme siecle Cette
Dissertation fut déclarée être de M. le Beuf,
Chanoine et Sous- Chantre de l'Eglise d'Auxerre,
qui étoit présent à l'Assemblée. M. l'Evêque ,
Instituteur de ce Prix , lui remit une Médaille
d'or toute semblable à celle dont nous avons fait
la description dans les années précedentes, excep-
té que dans l'Exergue on lit M. DCC. XXXVII.
Soissons, tint son Assemblée publique dans le
Palais Episcopal. M. Vernier, Directeur de cette
Académie , en fit l'ouverture par un sçavant Dis-
Cours , après lequel on fit la lecture de la Dis-
sertation qui avoit remporté le Prix , dont le
Sujet étoit : L'Epoque de l'établissement de la Re-
ligion Chrétienne dans le Soissonnois , et les progrès`
du Christianisme dans le même Pays , avec le nom
des premiers Evêques de Soissons et la durée de leur
Episcopat jusqu'à la fin du quatrieme siecle Cette
Dissertation fut déclarée être de M. le Beuf,
Chanoine et Sous- Chantre de l'Eglise d'Auxerre,
qui étoit présent à l'Assemblée. M. l'Evêque ,
Instituteur de ce Prix , lui remit une Médaille
d'or toute semblable à celle dont nous avons fait
la description dans les années précedentes, excep-
té que dans l'Exergue on lit M. DCC. XXXVII.
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Résumé : Académie Royale de Soissons, &c. [titre d'après la table]
Le 29 avril, l'Académie Royale de Soissons tint son Assemblée publique au Palais Episcopal. M. Vernier ouvrit la séance. On lut ensuite la dissertation primée sur l'établissement du christianisme dans le Soissonnois et ses premiers évêques jusqu'au IVe siècle. L'auteur, M. le Beuf, reçut une médaille d'or de M. l'Évêque.
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854
p. 1022-1026
ITALIE.
Début :
Le 5. Avril on publia à Rome le Decret pour la Canonisation de la Bienheureuse Catherine [...]
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Le 5. Avril on publia à Rome le Decret pour
la Canonisation de la Bienheureuse Catherine
Tine Fieschi de Genes , dont la Cérémonie a dů
se faire le 28. ainsi que celle de la Canonisation
des Bienheureux Vincent et Regis ; et de la
Bienheureuse Falconieri.
La correspondance étant rétablie entre les
Cours de Vienne et de Madrid , le Cardinal
'Aquaviva , chargé des affaires du Roy d'Espa-
gne auprès du Saint Siege , envoya le 7. Avril
dernier complimenter à cette occasion le Car
dinal del Giudice.
La Congrégation des Rites a décidé que dans
La Cérémonie de la Canonisation des Bienheu-
eux Vincent et Regis , ce premier auroit la
préséance
MAY.
1737.
préséance comme Fondateur d'Ordre.
1023
Le Comte Trivelli, célebre Poëte , et Jean-
Baptiste Jacoboni , Prêtre , Auteurs des Satyres
répandues à Rome depuis quelque temps contre
le S. Siege, et contre les Personnes les plus con-
siderables , ont été condamnés à mort , le pre-
mier eut la tête tranchée dans la Place du Pont
Saint-Ange , le 23. Février dernier. Il reconnue
en mourant le mauvais usage qu'il avoit fait de
ses talens. Le Pere Santo Canale , Jesuite , qui
Pexhorta à la mort , eut bien de la peine à lui
faire entendre raison sur la Religion , voulant
mourir dans les sentimens de libertinage dans
lesquels il avoit vêcu , et il ne se rendit aux vives
instances de son Confesseur que peu de tems
avant qu'on le menât au suplice. It donna des
marques d'un sincere repentir , et mourut avec
beaucoup de fermeté et de résignation , Le Prêtre
Jacoboni fut condamné au même suplice ; on
2 commué sa peine en celle des Galeres , le Car
dinal Guadagni , l'un des plus maltraités dans
ees Satyres , ayant vivement et généreusement
sollicité pour lui sauver la vie.
. En conséquence de l'ordre envoyé par l'Em-
pereur au Comte de Traun , de prendre posses
sion des Duchés de Parme et de Plaisance , au
nom de S. M. Imp. ce Comte se rendit le 16.
du mois passé à Parme. Le Prince de Lobkowitz
qui y commande , alla au devant de lui à quel-
ques mille de la Ville , et les Députés des Ma-
gistrats le reçûrent hors des Portes. Lorsque le
Comte de Traun entra dans la Ville , il fut sa-
lué par une triple décharge de l'Artillerie des
remparts. Ayant été conduit par le Prince de
Lobkowitz et par les Députés des Magistrats au
Palais qu'on avoit préparé pour le racevoir , il
I
yfur
1024 MERCURE DE FRANCE
y fut complimenté par le Clergé , par la No-
blesse et par les Tribunaux, et l'aprèsmidi il re
çût , au nom de l'Empereur , le serment de f
delité des Habitans. Il communiqua aux Magis
trats les résolutions de S. M. Imp. par raport à
l'administration des affaires de ce Duché et au
Gouvernement de cette Ville , dans laquelle elle
se propose d'établir une Junte semblable à celle
qui vient d'être établie à Mantoüe.
On aprend de Turin que le 21. Avril , jour
fixé pour P'Entrée de la Reine dans cette Capi
tale , leurs Majestés étant parties du Château de
Ja Venerie vers les sept heures du soir , trouve-
rent sur leur chemin le Régiment Royal Pié
mont Cavalerie , et les deux Régimens de Dra-
gons du Roy et de la Reine , qui les accompa
gnerent pendant la marche le long de la Rive
du Pô , oposée à celle par laquelle leurs Majes
és passerent pour se rendre à Turiu ; on avoit
allumé des feux de distance en distance , et la
Maison de Plaisance de la Reine , bâtie sur la
Montagne vis à-vis la Porte du Pô, étoit enție-
rement illuminée.
L'arrivée du Roy et de la Reine fut annon-
cée au Peuple par une triple Salve de 150. pic-
ces de Canon , placées sur les remparts de la
Ville et de la Citadelle , et leurs Majestés ayant
été reçûës à la Porte du Pô par les Magistrats ,
et par le Corps de Ville , la marche de l'Entrée
commença par une Troupe de 200. Marchands
à cheval , ayant à leur tête le Vicaire de la Ville.
Cinq Carosses du Roy , attelés de six Chevaux ,
précédoient celui du Corps, qui éton escorté
par un détachement des Gardes , et dans lequel
leurs Majestés étoient seules avec le Duc de
Savoye,
Le
MAY.
1737.
1025
Le Roy et la Reine étoient suivis de cinq au-
tres Carosses attelés aussi de six chevaux , après
lesquels marchoient trois Escadrons des Gardes
du Corps , et les quinze Escadrons de Cavale-
rie et de Dragons qui étoient venus de la Ve-
nerie avec leurs Majestés.
La ruë du Pô étoit bordée des deux côtés jus-
qu'au Palais du Duc de Savoye par la Bourgeoi-
sie qui étoit en haye sous les armes ; chaque
Corps de Métier étant distingué par des unifor-
mes et des Drapeaux differens. Deux Bataillone
du Regiment des Gardes à pied, deux du Regi-
ment de Rhebinder , et deux de celui de Lom."
bardie , bordoient le reste du chemin depuis le
Palais du Duc de Savoye jusqu'au Palais Royal,
lequel étoit illuminé ainsi que celui du Duc de
Savoye , et toutes les Places publiques , selon
l'ordre de leur Architecture. Toutes les ruës
étoient aussi illuminées,et il y avoit aux premier,"
second et troisième étages de toutes les mai-
sons , cinq lumieres à chaque croisée, Cette il-
lumination formoit un spectacle que la seule
Ville de Turin est capable de fournir à cause de
la régularité de ses Bâtimens,
.
tiré vis-à-vis ce Palais.
t.
Leurs Majestés , en arrivant au Palais ,
trouverent les Ministres étrangers , et les Sei
gneurs et Dames de la Cour. La Reine après s'ê- Ÿ
tre reposée quelque temps, alla au Palais du Duc
de Savoye pour voir un feu d'artifice qui fut
Le lendemain S. M. reçut les complimens
des Ministres étrangers , des Ministres d'Etat
et de la principale Noblesse , qui fut admise à
lui baiser la main.
7
Le Palais du Roy , celui du Duc de Savoye ,
les Places publiques , et toutes les Maisons de la
I ij
Ville
1026 MERCURE DE FRANCE
Ville ont été illuminées pendant quatre nuits
consecutives de la même maniere qu'ils l'avoient
été le jour de l'Entrée de la Reine;
Le 5. Avril on publia à Rome le Decret pour
la Canonisation de la Bienheureuse Catherine
Tine Fieschi de Genes , dont la Cérémonie a dů
se faire le 28. ainsi que celle de la Canonisation
des Bienheureux Vincent et Regis ; et de la
Bienheureuse Falconieri.
La correspondance étant rétablie entre les
Cours de Vienne et de Madrid , le Cardinal
'Aquaviva , chargé des affaires du Roy d'Espa-
gne auprès du Saint Siege , envoya le 7. Avril
dernier complimenter à cette occasion le Car
dinal del Giudice.
La Congrégation des Rites a décidé que dans
La Cérémonie de la Canonisation des Bienheu-
eux Vincent et Regis , ce premier auroit la
préséance
MAY.
1737.
préséance comme Fondateur d'Ordre.
1023
Le Comte Trivelli, célebre Poëte , et Jean-
Baptiste Jacoboni , Prêtre , Auteurs des Satyres
répandues à Rome depuis quelque temps contre
le S. Siege, et contre les Personnes les plus con-
siderables , ont été condamnés à mort , le pre-
mier eut la tête tranchée dans la Place du Pont
Saint-Ange , le 23. Février dernier. Il reconnue
en mourant le mauvais usage qu'il avoit fait de
ses talens. Le Pere Santo Canale , Jesuite , qui
Pexhorta à la mort , eut bien de la peine à lui
faire entendre raison sur la Religion , voulant
mourir dans les sentimens de libertinage dans
lesquels il avoit vêcu , et il ne se rendit aux vives
instances de son Confesseur que peu de tems
avant qu'on le menât au suplice. It donna des
marques d'un sincere repentir , et mourut avec
beaucoup de fermeté et de résignation , Le Prêtre
Jacoboni fut condamné au même suplice ; on
2 commué sa peine en celle des Galeres , le Car
dinal Guadagni , l'un des plus maltraités dans
ees Satyres , ayant vivement et généreusement
sollicité pour lui sauver la vie.
. En conséquence de l'ordre envoyé par l'Em-
pereur au Comte de Traun , de prendre posses
sion des Duchés de Parme et de Plaisance , au
nom de S. M. Imp. ce Comte se rendit le 16.
du mois passé à Parme. Le Prince de Lobkowitz
qui y commande , alla au devant de lui à quel-
ques mille de la Ville , et les Députés des Ma-
gistrats le reçûrent hors des Portes. Lorsque le
Comte de Traun entra dans la Ville , il fut sa-
lué par une triple décharge de l'Artillerie des
remparts. Ayant été conduit par le Prince de
Lobkowitz et par les Députés des Magistrats au
Palais qu'on avoit préparé pour le racevoir , il
I
yfur
1024 MERCURE DE FRANCE
y fut complimenté par le Clergé , par la No-
blesse et par les Tribunaux, et l'aprèsmidi il re
çût , au nom de l'Empereur , le serment de f
delité des Habitans. Il communiqua aux Magis
trats les résolutions de S. M. Imp. par raport à
l'administration des affaires de ce Duché et au
Gouvernement de cette Ville , dans laquelle elle
se propose d'établir une Junte semblable à celle
qui vient d'être établie à Mantoüe.
On aprend de Turin que le 21. Avril , jour
fixé pour P'Entrée de la Reine dans cette Capi
tale , leurs Majestés étant parties du Château de
Ja Venerie vers les sept heures du soir , trouve-
rent sur leur chemin le Régiment Royal Pié
mont Cavalerie , et les deux Régimens de Dra-
gons du Roy et de la Reine , qui les accompa
gnerent pendant la marche le long de la Rive
du Pô , oposée à celle par laquelle leurs Majes
és passerent pour se rendre à Turiu ; on avoit
allumé des feux de distance en distance , et la
Maison de Plaisance de la Reine , bâtie sur la
Montagne vis à-vis la Porte du Pô, étoit enție-
rement illuminée.
L'arrivée du Roy et de la Reine fut annon-
cée au Peuple par une triple Salve de 150. pic-
ces de Canon , placées sur les remparts de la
Ville et de la Citadelle , et leurs Majestés ayant
été reçûës à la Porte du Pô par les Magistrats ,
et par le Corps de Ville , la marche de l'Entrée
commença par une Troupe de 200. Marchands
à cheval , ayant à leur tête le Vicaire de la Ville.
Cinq Carosses du Roy , attelés de six Chevaux ,
précédoient celui du Corps, qui éton escorté
par un détachement des Gardes , et dans lequel
leurs Majestés étoient seules avec le Duc de
Savoye,
Le
MAY.
1737.
1025
Le Roy et la Reine étoient suivis de cinq au-
tres Carosses attelés aussi de six chevaux , après
lesquels marchoient trois Escadrons des Gardes
du Corps , et les quinze Escadrons de Cavale-
rie et de Dragons qui étoient venus de la Ve-
nerie avec leurs Majestés.
La ruë du Pô étoit bordée des deux côtés jus-
qu'au Palais du Duc de Savoye par la Bourgeoi-
sie qui étoit en haye sous les armes ; chaque
Corps de Métier étant distingué par des unifor-
mes et des Drapeaux differens. Deux Bataillone
du Regiment des Gardes à pied, deux du Regi-
ment de Rhebinder , et deux de celui de Lom."
bardie , bordoient le reste du chemin depuis le
Palais du Duc de Savoye jusqu'au Palais Royal,
lequel étoit illuminé ainsi que celui du Duc de
Savoye , et toutes les Places publiques , selon
l'ordre de leur Architecture. Toutes les ruës
étoient aussi illuminées,et il y avoit aux premier,"
second et troisième étages de toutes les mai-
sons , cinq lumieres à chaque croisée, Cette il-
lumination formoit un spectacle que la seule
Ville de Turin est capable de fournir à cause de
la régularité de ses Bâtimens,
.
tiré vis-à-vis ce Palais.
t.
Leurs Majestés , en arrivant au Palais ,
trouverent les Ministres étrangers , et les Sei
gneurs et Dames de la Cour. La Reine après s'ê- Ÿ
tre reposée quelque temps, alla au Palais du Duc
de Savoye pour voir un feu d'artifice qui fut
Le lendemain S. M. reçut les complimens
des Ministres étrangers , des Ministres d'Etat
et de la principale Noblesse , qui fut admise à
lui baiser la main.
7
Le Palais du Roy , celui du Duc de Savoye ,
les Places publiques , et toutes les Maisons de la
I ij
Ville
1026 MERCURE DE FRANCE
Ville ont été illuminées pendant quatre nuits
consecutives de la même maniere qu'ils l'avoient
été le jour de l'Entrée de la Reine;
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Résumé : ITALIE.
En avril 1737, plusieurs événements significatifs se déroulèrent en Italie. Le 5 avril, un décret fut publié à Rome pour la canonisation de Catherine Tine Fieschi de Gênes, Vincent, Régis et Falconieri, avec une cérémonie prévue pour le 28 avril. La Congrégation des Rites attribua à saint Vincent la préséance lors de la cérémonie en raison de son rôle de fondateur d'ordre. La correspondance entre les cours de Vienne et de Madrid fut rétablie, et le cardinal Aquaviva félicita le cardinal del Giudice à cette occasion. Le comte Trivelli, poète, et Jean-Baptiste Jacoboni, prêtre, furent condamnés pour avoir écrit des satires contre le Saint-Siège et des personnalités influentes. Trivelli fut exécuté le 23 février après avoir reconnu ses erreurs. Jacoboni, initialement condamné à mort, vit sa peine commuée en travaux forcés grâce à l'intervention du cardinal Guadagni. Sur ordre de l'empereur, le comte de Traun prit possession des duchés de Parme et de Plaisance le 16 avril, en présence du prince de Lobkowitz et des magistrats locaux. Il reçut le serment de fidélité des habitants et communiqua les résolutions impériales concernant l'administration du duché. À Turin, le 21 avril, le roi et la reine firent une entrée solennelle dans la capitale, accompagnés de régiments militaires et accueillis par des salves de canons. La ville était illuminée, et les rues bordées de bourgeois en armes. Le roi et la reine furent reçus par les magistrats et les dignitaires.
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855
p. 1149-1157
La Religion ou Théologie des Turcs, [titre d'après la table]
Début :
GANNEAU débite un Livre intitulé la Religion ou Théologie des [...]
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texteReconnaissance textuelle : La Religion ou Théologie des Turcs, [titre d'après la table]
GANNEAU débite un Livre intitulé
la Religion ou Théologie des
Turcs , par Echialle Moufti , avec la Pro-
fession de Foy de Mahomet , Fils de Pir
Ali, en deux Volumes in- 12 . A Bruxelles,
chés François Foppens. M. DCC. IV.
Cet Ouvrage est divisé en trois Par-
ties ; les deux premieres ne contiennent
que des Traditions extravagantes de dif-
ferens Docteurs Mahometans sur l'état
de l'Homme à l'agonie , après la mort
jusqr ' au Jugement dernier , et au Ju-
gement dernier; des Descriptions imagi-
naires de ce redoutable jour , du Para-
dis et de l'Enfer ; le tout composé à des-
sein d'épouvanter les Pécheurs , et prin-
1. Vol.
Evi
cipalement
(1150 MERCURE DE FRANCE
cipalement les Peuples qui ne sont pas
soumis à l'Alcoran , qui seuls sont me-
nacés de peines éternelles , desquelles
tous les Mahometans sont exempts par
le privilege de leur Religion . La Traduc-
tion en est assés exacte , à cela près que
le Traducteur a un peu adouci les ex-
travagances les plus outrées de l'original,
qui multiplie tous les biens et les maux
par le nombre de 70000. qui lui est fá-
vori. Par exemple ,
il y a des endroits
dans ce Livre , où , en faisant la descrip
tion de certains Anges , l'Auteur dit que
leurs têtes touchent le Ciel Empirée , et
de leurs pieds est à l'Orient du Ciel ,
l'autre à son Occident ; que du bout
2
leurs pieds le centre de la Terre ; qu'un *
d'une de leurs aîles à celui de l'autre il y
x
2-7000 . années de chemin ; qu'ils ont
76000. têtes ; à chaque rête 70000. bou--
chés dans chaque bouche 70000. lan-
gues
;
que toutes ces langues ne sont
occupées nuit et jour qu'à louer leur
Créateur , et que chacune de ces langues
rend à Dieu autant de louange à chaque
instant , que tous les Peuples de la terre -
lui en poutoient rendre en 70000. an
nées.s
Toutes ces Opinions ; au reste
I -Vol
ne
sont point de foy chés les Mahometans ;
elles
JUIN.
1737.
HIST
elles sont reçûës du plus grand nombre,
mais les Sçavans de cette Religion les re-
jettent , parce qu'elles ne sont pas fon
dées sur l'Alcoran , et ce n'est pas un pè-
ché de n'y point ajoûter foy,
Ce que tous les Mahometans sont obli-
gés en conscience de croire , est renfer-
mé dans la troisiéme Partie de cet Ou-
vrage , qui est le Testament de Maho-
met , Fils de Pir Ali , qui contient sa
+
Profession de Foy en abregé , dans la
quelle il n'a obmis aucun point essentiel
de la Foy Mahometane. Il la commence
comme tout Traité de Théologie , par
l'idée de Dieu en 7. Chapitres. Il pro-
fesse son Unité , et pour détruire la Tri-
nité , il soûtient dans le premier Chap
que Dieu n'a point de Compagnon , et
pour nier la Divinité de J. C. il professe
que Dieu n'a ni engendré ,
"
ni été en-
gendré. Au reste il a de l'Etre supréme
à peu près la même idée que nous.
De l'idée de Dieu , l'Auteur, Chapitre
VIII. passe aux Anges, qu'il croit com-
posés de matiere subtile. Il reconnoît
104. Livres Divins publiés dans le Monde
par differens Prophetes , mais il n'en
nomme que quatre, Chap. I X sçavoir ;
Vol
43
l'Ancien Testament les Pseaumes , l'E-
vangile et l'Alcoran , le dernier de tous
ว
152 MERCURE DE FRANCE
et le plus parfait ; il assure même , Ch.
VI. que ce Livre est incrée et éternel .
L'Auteur traite de la Prédestination
dans plusieurs differens Chapitres de son
Ouvrage; mais tout ce qu'il en raporte est
toujours fondé sur le même principe ,
qui est que Dieu est Auteur du bien et
du mal , Chap. IV. Dieu a créé , dit-il ,
Chap. VII. les bonnes œuvres et les pe-
chés , le bien et le mal. Dieu a créé tous
les pechés et les crimes , et les a inscrits
dans le Livre du Destin , Chap . XXII.
parce que , dit-il tout de suite, Dieu fait
ce qu'il veut , et agit selon ses Decrets ,
et il ne se passe rien qui ne soit entiere-
ment conforme à ses Decrets et Volonté.
De-là , Ch. IV. il tire des conséquences
nécessaires ; c'est que Dieu n'a point sou
haité le salut des Réprouvés; qu'il ne peut
être offensé , Chap. I. par les crimes , ni
glorifié par les bonnes œuvres , d'autant
que c'est lui , dit-il, Ch. VII. qui a créé les
bonnes œuvres et les pechés ,le bien er le
mal. On doit conclure de cette Doctrine,
que l'Homme ne peut ni mériter , ni dé-
mériter ; aussi Dieu , Chap. XVIII . dis-
posera- t-il , à sa volonté , des actions des
Hommes au jour du Jugement , ôtant
aux Réprouvés leurs bonnes œuvres ,
pour les donner aux Elûs , et rendant en
I. V
échange
JUIN.
'1737.
1153
échange aux Reprouvés les pechés que
les Elûs auront commis. Pour les Elûs
,
ils sont aisés à connoître ; ce sont les
Mahometans , car il n'y a point de pe-
ché irrémissible , Chap. XXVIII. que
celui de ne pas croire à Mahomet ; et
pourvû qu'il reste à un Mahometan à la
mort autant de foy qu'un atôme , fut il
d'ailleurs coupable d'un nombre infini
de crimes les plus atroces , il souffrira
tout au plus en Enfer une espace de temps
proportionné à ses pechés , et à la fin
Il sera sauvé, Chap . XIX. L'Auteur se
reprend même un peu après , Chapitre
XXVI. et paroît douter que les Maho-
metans soient punis dans l'autre monde
des pechés dont ils n'auront paspas fait
pe-
nitence. Au reste la penitence des Ma-
hometans n'a rien de difficile , elle con-
siste seulement , Chap. L X. à se repen-
tir des pechés qu'ils ont commis , parce
qu'ils ont mérité les peines de l'Enfer.
L'Auteur traite des Prophetes , et en
particulier de Mahomet, de ses Miracles,
de sa Naissance et de sa Mort ; des trois
premiers Caliphes qui lui ont succedé ;
ensuite il passe aux Quatre Fins de
l'Homme , et vient à la Foy Mahome-
tane , qui consiste à croire en Dieu seul
et à Mahomet, Pour ce qui est de la Re-
I. Vol.
ligion
154 MERCURE DE FRANCE
ligion , il suffit de la sçavoir en abregé
Chap. XXIV . sans en raisonner ni
chercher à en donner de preuve claire
et évidente. Ce n'est pas en faire l'élo-
ge;
l'Auteur en reduit les devoirs essen-
tiels à six ; sçavoir , Recevoir l'Alcoran;
-P
Reciter tous les jours la Profession de
Foy; ( Il n'y a point de Dieu que Dieu ;
Mahomet est son Prophete ) et faire les
cinq Prieres ; Observer les Ablutions ;
Jeûner la Lune du Ramazan ; donner
aux Pauvres la Dixme de son revenu ;
et faire le Pèlerinage de la Mecque, Chap.
XXXVIII Mais de ces six Devoirs l'Au
teur paroît donner la préference à l'Ablu-
tion , en disant: L'essentiel du Mahome-
tisme consiste principalement dans la pu
reté du Corps. Chap. LXXXV.Les Sçavans,
sans mépriser ce point de la Loy , le font
consister dans la pureté de l'Ame : mais
c'est ici l'opinion commune. Cet Auteur,
en parlant de l'Ablution
LXXXVIII.
•
Chapitre
établit les mérites ou
démérites des Femmes , ce qui supose
nécessairement leur salut ou leur dam
nation , et qui détruit l'opinion qu'on a
en Europe,que les Mahometans excluent
les Femmes du Paradis. Un Mahometan
peut apostasier sans renier formellement
sa Religion; on apelle cela tomber dans
I¿Vol .
l'infidelité
#
JUIN
1737
Iss
Finfidelité ; c'est, comme nous dirions,
devenir Payen , être excommunié. Ea
cet état ses exercices de Religion sont
sans mérite ; son mariage est nul ; le de-
voir en est illicite; il n'est pas permis à
un autre de manger d'un animal que cet
Apostat auroit égorgé; toutes ses bonnes
euvres passées sont détruites , et pour
comble de maux , il est permis de le tuer.
L'Apostat , Chap: LXVI. en est quitte
cependant pour demander pardon à Dieu
de son Apostasie, et reciter la Profession
de Foy ; après quoi il se remarie avec sa
Femme , ou avec ses Femmes , s'il ena
plusieurs , et recommence le Pelerinage
de la Mecque , quoiqu'il l'eût déja fait.
L'Auteur cite 51. façons d'apostasier
ainsi ; et entr'autres nier la Prédestina-
tion formelle , c'est apostasier ; douter
de la verité d'un passage de l'Alcoran ,
c'est apostasier ; dire , en parlant de
Dieu , le Dieu qui est au Ciel, c'est apos
tasier. Mais ce qui paroît singulier , c'est
que , Chap. LXVII. dire que les Juifs
sont meilleurs que les Chrétiens
c'est
apostasier ; parce qu'un Juif a plus de
malice que tous les Chrétiens ensem-
ble. On trouve dans tout l'Ouvrage de
beaux principes de Morale , et un en-
trautres bien surprenant dans un Turt,
I. Vol.
Chap .
1156 MERCURE DE FRANCE
Chap. XXXIV. c'est qu'il est défendu
de tirer l'épée contre son Prince légiti
me, quelque cruel et Tyran qu'il puisse
être. Il dit aussi , Chap. XXIX. qu'il ne
faut décider du bon ni du mauvais sort
d'aucune Personne morte, excepté des Pro-
phetes, et de certains fameux Reprouvés,
desquels il donne pour exemple , deux
Persecuteurs de Mahomet. L'Auteur avan-
ce aussi plusieurs autres principes de Mo-
rale qui ne sont pas à suivre. Il prétend,
par exemple , Chap. L. qu'il est permis
de desirer les biens et les dignités que
possedent les gens qui en font mauvais
usage.
Il avance aussi , Chap. LII. qu'on
peut hair non seulement le peché , mais
encore le Pecheur à cause de ses pechés.
Au reste l'Auteur adopte les rêveries
des autres Mahometans à la lettre. Il
prétend Chap. XI que l'Antechrist est
venu du temps de Mahomet , qui l'a
fait releguer dans un desert à l'extrémité
du Monde, où il doit rester lié jusqu'au
jour du Jugement qu'il reparoîtra pour
être tué par J. C.
L'Auteur ordonne de son enterrement,
les cérémonies qu'il veut qu'on y obser
ve , et les aumônes qu'il veut qu'on y
fasse ; il donne ensuite des Regles pour
1.Vola
JUIN.
1737.
1157
la Priere en général , et l'explication des
principales Prieres ; et finit par recom-
mander à ses Enfans et à ses Freres d'at-
tendre leur fortune de Dieu , et de ne la
jamais acheter par des bassesses.
Cette troisiéme Partie mérite d'être
lûë par les Personnes qui veulent con-
noître la Religion Mahometane ; le Tex-
te en est correct , mais on se croit obligé
d'avertir que les Notes n'en sont pas
exactes ; le Traducteur paroît avoir tra-
vaillé sur un sujet dans lequel il n'étoit
pas si bien versé que dans la connoissan-
ce de la Langue.
la Religion ou Théologie des
Turcs , par Echialle Moufti , avec la Pro-
fession de Foy de Mahomet , Fils de Pir
Ali, en deux Volumes in- 12 . A Bruxelles,
chés François Foppens. M. DCC. IV.
Cet Ouvrage est divisé en trois Par-
ties ; les deux premieres ne contiennent
que des Traditions extravagantes de dif-
ferens Docteurs Mahometans sur l'état
de l'Homme à l'agonie , après la mort
jusqr ' au Jugement dernier , et au Ju-
gement dernier; des Descriptions imagi-
naires de ce redoutable jour , du Para-
dis et de l'Enfer ; le tout composé à des-
sein d'épouvanter les Pécheurs , et prin-
1. Vol.
Evi
cipalement
(1150 MERCURE DE FRANCE
cipalement les Peuples qui ne sont pas
soumis à l'Alcoran , qui seuls sont me-
nacés de peines éternelles , desquelles
tous les Mahometans sont exempts par
le privilege de leur Religion . La Traduc-
tion en est assés exacte , à cela près que
le Traducteur a un peu adouci les ex-
travagances les plus outrées de l'original,
qui multiplie tous les biens et les maux
par le nombre de 70000. qui lui est fá-
vori. Par exemple ,
il y a des endroits
dans ce Livre , où , en faisant la descrip
tion de certains Anges , l'Auteur dit que
leurs têtes touchent le Ciel Empirée , et
de leurs pieds est à l'Orient du Ciel ,
l'autre à son Occident ; que du bout
2
leurs pieds le centre de la Terre ; qu'un *
d'une de leurs aîles à celui de l'autre il y
x
2-7000 . années de chemin ; qu'ils ont
76000. têtes ; à chaque rête 70000. bou--
chés dans chaque bouche 70000. lan-
gues
;
que toutes ces langues ne sont
occupées nuit et jour qu'à louer leur
Créateur , et que chacune de ces langues
rend à Dieu autant de louange à chaque
instant , que tous les Peuples de la terre -
lui en poutoient rendre en 70000. an
nées.s
Toutes ces Opinions ; au reste
I -Vol
ne
sont point de foy chés les Mahometans ;
elles
JUIN.
1737.
HIST
elles sont reçûës du plus grand nombre,
mais les Sçavans de cette Religion les re-
jettent , parce qu'elles ne sont pas fon
dées sur l'Alcoran , et ce n'est pas un pè-
ché de n'y point ajoûter foy,
Ce que tous les Mahometans sont obli-
gés en conscience de croire , est renfer-
mé dans la troisiéme Partie de cet Ou-
vrage , qui est le Testament de Maho-
met , Fils de Pir Ali , qui contient sa
+
Profession de Foy en abregé , dans la
quelle il n'a obmis aucun point essentiel
de la Foy Mahometane. Il la commence
comme tout Traité de Théologie , par
l'idée de Dieu en 7. Chapitres. Il pro-
fesse son Unité , et pour détruire la Tri-
nité , il soûtient dans le premier Chap
que Dieu n'a point de Compagnon , et
pour nier la Divinité de J. C. il professe
que Dieu n'a ni engendré ,
"
ni été en-
gendré. Au reste il a de l'Etre supréme
à peu près la même idée que nous.
De l'idée de Dieu , l'Auteur, Chapitre
VIII. passe aux Anges, qu'il croit com-
posés de matiere subtile. Il reconnoît
104. Livres Divins publiés dans le Monde
par differens Prophetes , mais il n'en
nomme que quatre, Chap. I X sçavoir ;
Vol
43
l'Ancien Testament les Pseaumes , l'E-
vangile et l'Alcoran , le dernier de tous
ว
152 MERCURE DE FRANCE
et le plus parfait ; il assure même , Ch.
VI. que ce Livre est incrée et éternel .
L'Auteur traite de la Prédestination
dans plusieurs differens Chapitres de son
Ouvrage; mais tout ce qu'il en raporte est
toujours fondé sur le même principe ,
qui est que Dieu est Auteur du bien et
du mal , Chap. IV. Dieu a créé , dit-il ,
Chap. VII. les bonnes œuvres et les pe-
chés , le bien et le mal. Dieu a créé tous
les pechés et les crimes , et les a inscrits
dans le Livre du Destin , Chap . XXII.
parce que , dit-il tout de suite, Dieu fait
ce qu'il veut , et agit selon ses Decrets ,
et il ne se passe rien qui ne soit entiere-
ment conforme à ses Decrets et Volonté.
De-là , Ch. IV. il tire des conséquences
nécessaires ; c'est que Dieu n'a point sou
haité le salut des Réprouvés; qu'il ne peut
être offensé , Chap. I. par les crimes , ni
glorifié par les bonnes œuvres , d'autant
que c'est lui , dit-il, Ch. VII. qui a créé les
bonnes œuvres et les pechés ,le bien er le
mal. On doit conclure de cette Doctrine,
que l'Homme ne peut ni mériter , ni dé-
mériter ; aussi Dieu , Chap. XVIII . dis-
posera- t-il , à sa volonté , des actions des
Hommes au jour du Jugement , ôtant
aux Réprouvés leurs bonnes œuvres ,
pour les donner aux Elûs , et rendant en
I. V
échange
JUIN.
'1737.
1153
échange aux Reprouvés les pechés que
les Elûs auront commis. Pour les Elûs
,
ils sont aisés à connoître ; ce sont les
Mahometans , car il n'y a point de pe-
ché irrémissible , Chap. XXVIII. que
celui de ne pas croire à Mahomet ; et
pourvû qu'il reste à un Mahometan à la
mort autant de foy qu'un atôme , fut il
d'ailleurs coupable d'un nombre infini
de crimes les plus atroces , il souffrira
tout au plus en Enfer une espace de temps
proportionné à ses pechés , et à la fin
Il sera sauvé, Chap . XIX. L'Auteur se
reprend même un peu après , Chapitre
XXVI. et paroît douter que les Maho-
metans soient punis dans l'autre monde
des pechés dont ils n'auront paspas fait
pe-
nitence. Au reste la penitence des Ma-
hometans n'a rien de difficile , elle con-
siste seulement , Chap. L X. à se repen-
tir des pechés qu'ils ont commis , parce
qu'ils ont mérité les peines de l'Enfer.
L'Auteur traite des Prophetes , et en
particulier de Mahomet, de ses Miracles,
de sa Naissance et de sa Mort ; des trois
premiers Caliphes qui lui ont succedé ;
ensuite il passe aux Quatre Fins de
l'Homme , et vient à la Foy Mahome-
tane , qui consiste à croire en Dieu seul
et à Mahomet, Pour ce qui est de la Re-
I. Vol.
ligion
154 MERCURE DE FRANCE
ligion , il suffit de la sçavoir en abregé
Chap. XXIV . sans en raisonner ni
chercher à en donner de preuve claire
et évidente. Ce n'est pas en faire l'élo-
ge;
l'Auteur en reduit les devoirs essen-
tiels à six ; sçavoir , Recevoir l'Alcoran;
-P
Reciter tous les jours la Profession de
Foy; ( Il n'y a point de Dieu que Dieu ;
Mahomet est son Prophete ) et faire les
cinq Prieres ; Observer les Ablutions ;
Jeûner la Lune du Ramazan ; donner
aux Pauvres la Dixme de son revenu ;
et faire le Pèlerinage de la Mecque, Chap.
XXXVIII Mais de ces six Devoirs l'Au
teur paroît donner la préference à l'Ablu-
tion , en disant: L'essentiel du Mahome-
tisme consiste principalement dans la pu
reté du Corps. Chap. LXXXV.Les Sçavans,
sans mépriser ce point de la Loy , le font
consister dans la pureté de l'Ame : mais
c'est ici l'opinion commune. Cet Auteur,
en parlant de l'Ablution
LXXXVIII.
•
Chapitre
établit les mérites ou
démérites des Femmes , ce qui supose
nécessairement leur salut ou leur dam
nation , et qui détruit l'opinion qu'on a
en Europe,que les Mahometans excluent
les Femmes du Paradis. Un Mahometan
peut apostasier sans renier formellement
sa Religion; on apelle cela tomber dans
I¿Vol .
l'infidelité
#
JUIN
1737
Iss
Finfidelité ; c'est, comme nous dirions,
devenir Payen , être excommunié. Ea
cet état ses exercices de Religion sont
sans mérite ; son mariage est nul ; le de-
voir en est illicite; il n'est pas permis à
un autre de manger d'un animal que cet
Apostat auroit égorgé; toutes ses bonnes
euvres passées sont détruites , et pour
comble de maux , il est permis de le tuer.
L'Apostat , Chap: LXVI. en est quitte
cependant pour demander pardon à Dieu
de son Apostasie, et reciter la Profession
de Foy ; après quoi il se remarie avec sa
Femme , ou avec ses Femmes , s'il ena
plusieurs , et recommence le Pelerinage
de la Mecque , quoiqu'il l'eût déja fait.
L'Auteur cite 51. façons d'apostasier
ainsi ; et entr'autres nier la Prédestina-
tion formelle , c'est apostasier ; douter
de la verité d'un passage de l'Alcoran ,
c'est apostasier ; dire , en parlant de
Dieu , le Dieu qui est au Ciel, c'est apos
tasier. Mais ce qui paroît singulier , c'est
que , Chap. LXVII. dire que les Juifs
sont meilleurs que les Chrétiens
c'est
apostasier ; parce qu'un Juif a plus de
malice que tous les Chrétiens ensem-
ble. On trouve dans tout l'Ouvrage de
beaux principes de Morale , et un en-
trautres bien surprenant dans un Turt,
I. Vol.
Chap .
1156 MERCURE DE FRANCE
Chap. XXXIV. c'est qu'il est défendu
de tirer l'épée contre son Prince légiti
me, quelque cruel et Tyran qu'il puisse
être. Il dit aussi , Chap. XXIX. qu'il ne
faut décider du bon ni du mauvais sort
d'aucune Personne morte, excepté des Pro-
phetes, et de certains fameux Reprouvés,
desquels il donne pour exemple , deux
Persecuteurs de Mahomet. L'Auteur avan-
ce aussi plusieurs autres principes de Mo-
rale qui ne sont pas à suivre. Il prétend,
par exemple , Chap. L. qu'il est permis
de desirer les biens et les dignités que
possedent les gens qui en font mauvais
usage.
Il avance aussi , Chap. LII. qu'on
peut hair non seulement le peché , mais
encore le Pecheur à cause de ses pechés.
Au reste l'Auteur adopte les rêveries
des autres Mahometans à la lettre. Il
prétend Chap. XI que l'Antechrist est
venu du temps de Mahomet , qui l'a
fait releguer dans un desert à l'extrémité
du Monde, où il doit rester lié jusqu'au
jour du Jugement qu'il reparoîtra pour
être tué par J. C.
L'Auteur ordonne de son enterrement,
les cérémonies qu'il veut qu'on y obser
ve , et les aumônes qu'il veut qu'on y
fasse ; il donne ensuite des Regles pour
1.Vola
JUIN.
1737.
1157
la Priere en général , et l'explication des
principales Prieres ; et finit par recom-
mander à ses Enfans et à ses Freres d'at-
tendre leur fortune de Dieu , et de ne la
jamais acheter par des bassesses.
Cette troisiéme Partie mérite d'être
lûë par les Personnes qui veulent con-
noître la Religion Mahometane ; le Tex-
te en est correct , mais on se croit obligé
d'avertir que les Notes n'en sont pas
exactes ; le Traducteur paroît avoir tra-
vaillé sur un sujet dans lequel il n'étoit
pas si bien versé que dans la connoissan-
ce de la Langue.
Fermer
Résumé : La Religion ou Théologie des Turcs, [titre d'après la table]
Le texte 'La Religion ou Théologie des Turcs' est une traduction par Ganneau d'un ouvrage d'Echialle Moufti, structuré en trois parties. Les deux premières parties décrivent les traditions mahométanes concernant l'état de l'homme à l'agonie, après la mort et jusqu'au Jugement dernier, ainsi que des visions imaginaires du Paradis et de l'Enfer pour effrayer les pécheurs. Certaines extravagances de l'original, comme les dimensions des anges, sont adoucies dans la traduction. Ces croyances ne sont pas universellement acceptées par les musulmans, car elles ne sont pas fondées sur l'Alcoran. La troisième partie contient le testament de Mahomet, fils de Pir Ali, qui expose la profession de foi mahométane, affirmant l'unité de Dieu et niant la Trinité et la divinité de Jésus-Christ. Mahomet reconnaît l'existence de 104 livres divins, mais n'en nomme que quatre : l'Ancien Testament, les Psaumes, l'Évangile et l'Alcoran, ce dernier étant considéré comme le plus parfait et éternel. Le texte traite également de la prédestination, affirmant que Dieu est l'auteur du bien et du mal, et que l'homme ne peut ni mériter ni démériter. Les élus sont les musulmans, qui peuvent être sauvés même s'ils ont commis des crimes. Les devoirs essentiels de l'islam sont réduits à six : recevoir l'Alcoran, réciter quotidiennement la profession de foi, accomplir les cinq prières, observer les ablutions, jeûner pendant le mois du Ramadan, donner la dîme aux pauvres et effectuer le pèlerinage à La Mecque. L'auteur insiste sur la pureté du corps, tandis que les savants mettent l'accent sur la pureté de l'âme. Le texte aborde aussi la condition des femmes en islam, affirmant qu'elles ne sont pas exclues du paradis. Il explique les conséquences de l'apostasie, qui incluent la nullité du mariage et l'illégitimité des actions religieuses. L'apostat peut se racheter en demandant pardon et en récitant la profession de foi. Diverses formes d'apostasie sont mentionnées, ainsi que des principes moraux comme l'interdiction de tirer l'épée contre un prince légitime. Le texte se conclut par des recommandations sur les cérémonies funéraires et l'attente de la fortune divine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
856
p. 1158
« LETTRES de M. B....... sur differens sujets de Morale et de Pieté. A [...] »
Début :
LETTRES de M. B....... sur differens sujets de Morale et de Pieté. A [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LETTRES de M. B....... sur differens sujets de Morale et de Pieté. A [...] »
LETTRES de M. B....... sur differens
sujets de Morale et de Pieté. A
Paris , chés Charles Osmont , ruë Saint
Jacques , à l'Olivier , 1737. in 12.
sujets de Morale et de Pieté. A
Paris , chés Charles Osmont , ruë Saint
Jacques , à l'Olivier , 1737. in 12.
Fermer
857
p. 1203-1208
ITALIE.
Début :
Le 5 du mois dernier, jour que le Pape avoit marqué pour la prise de possession de la dignité [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Le 5 du mois dernier, jour que le Pape avoit
marqué pour la prise de possession de la dignité
de Sénateur de Rome par le Comte de
Bielk , ce Comte revétu de son habit de Sénateur
qui consiste en une Soutane de Satin cramoisi
et une longue Robe de Brocard d'or , et accom-
pagné de M. Capograssi , son Maître de Cham-
bre , se rendit du Capitole au Palais du Quiri
nal dans un Carosse attelé de six chevaux et
suivi de deux autres Carosses. Ayant été reçu
avec les ceremonies accoûtumées par M. Lazare
Palavicini , Archevêque de Thebes , Maître de
Chambre de Sa Sainteté , il fut introduit dans la
chambre du Pape par Mrs Jean- Baptiste Gam-
barucci , Archevêque d'Amasie , et Ignace Reali ,
premiers Maîtres des Ceremonies ; et après qu'il
cut fait trois génuflexions et baisé les pieds de Sa
I. Vol.
Sainteté
1204 MERCURE DE FRANCE
Sainteté , il prêta le Serment de fidelité. Le Pape
mit ensuite un Sceptre d'yvoire entre les mains
du nouveau Sénateur en disant , Accipe Sceptrum
et esto Senator Urbis.
Le Comte de Bielk reçut la Benediction de Sa
Sainteté, et il se retira , étant reconduit par le
Maître de Chambre. Lorsqu'il fut dans la Cour
du Palais , le Marquis François Ortieri , Grand-
Ecuyer du Pape , lui présenta de la part de Sa
Sainte
un très- beau Cheval blanc , couvert
d'une Housse de velours cramoisi , relevée d'une
riche broderie d'or , avec les étriers d'argent
sur lequel le nouveau Sénateur monta pour
aller
à la Place Barberine , où l'attendoit sous les ar
mes la Milice Bourgeoise , composée de quator-
ze Compagnies chacune de quarante
hom-
mes , et d'où il continua sa marche dans l'ordre
suivant : Le Barigel du Capitole à cheval , à la
tête de ses Sbirres ; M. Felix Gama , Capitaine
des Connétables et des Milices des quartiers de
la Ville, suivi de deux Pages , qui portoient dea
Ecussons aux Armes du Comte de Bielk ; les 14.
Compagnies de la Milice Bourgeoise , précedées
chacune de ses Tambours et de son Enseigne , et
entre les sept premieres Compagnies et les sept
dernieres M. Antoine Gai portant l'Etendart du
Peuple Romain ; le Maître d'Hôtel et l'Ecuyer
du Sénateur ; vingt Mules avec des couvertures
à ses Armes et dix Chevaux de selle avec de ma-
gnifiques Housses , conduits chacun par un Pal-
frenier , portant sur sa Casaque et à son bonnes
les Armes de Bielk ; la Compagnie des Chevau
Legers de la Garde du Pape. Les Palfreniers des
Cardinaux , montés sur des Mules et portant les
chapeaux de leurs Maîtres attachés sur leurs
épaules ; les 14. Huissiers des Tribunaux Capi
I. Vol.
tolins ;
JUI N.
I. Val.
1737.
1205
tolins ; un grand nombre de Gentilshommes des
Cardinaux ; quatre tambours de la Livrée du
Peuple Romain , laquelle est d'écarlate avec des
galons d'or , et quatre Trompettes à cheval avec
la même Livrée. Ils étoient suivis par deux Pa-
ges , dont l'un portoit la Cornette du Peuple
Romain , et l'autre un Etendart aux Armes de
Bielk. Derriere eux marchoient les Caporioni ou
Chefs des Quartiers, précedés de deux Tambours
aux Livrées du Peuple Romain ; les Suisses de la
Garde du Pape , ayant à leur tête le Chevalier
Jean- François- Leopold Phiffer d'Althissoffen ,
Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem ,
leur Commandant ; deux Pages , dont celui qui
étoit à droite portoit l'épée haute , et celui qui
étoit à gauche avoit sur ses épaules le Chapeau
du Sénateur , couvert de Brocard d'or et doublé
de velours cramoisi ; les Palfreniers du Comte
de Bielk , vétus de Livrées d'écarlate avec des
galons d'or , et ayant des Plumets bleu et or
sur leurs chapeaux et les Serviteurs du Peuple
Romain , tenant en main des Piques dorées.
Le Comte de Bielk venoit ensuite, étant pré-
cedé de M. François Gaëtan Diversini , Maître-
des Céremonies , et suivi des deux Juges Collate-
raux , et de tous les Officiers des Tribunaux Ca-
pitolins. La marche étoit fermée par les trois
Carosses de ce Comte , et par un grand nombre
d'autres Carosses de Cortege , qui avoient été
envoyés par les Cardinaux , et par la plupart
des Personnes de distinction. "
Lorsque la Cavalcade entra dans le Cours , on
At une Salve generale de l'Artillerie du Château
Saint Ange , et en arrivant au Capitole , elle fut
saluée par une décharge generale de la Mous-
queterie de toute la Milice de la Ville : on tira
ausse
1206 MERCURE DE FRANCE
aussi un grand nombre de Boëtes , et les Clo-
ches de toutes les Eglises sonnerent.
Le nouveau Senateur, étant descendu de Che-
val à l'Eglise de Sainte Marie d'Ara Coeli , qui
apartient au Peuple Romain , fut réçû à ia porte
par les Superieurs de l'Ordre des Freres Mineurs
de l'Observance , et il alla faire sa priere devant
le Saint Sacrement , et baiser le Grand Autel.
Il se rendit ensuite au Capitole , ayant trou-
vé en chemin les Conservateurs
Prieur du Peuple Romain ,
et le
revétus de Robes
de brocard d'or , lesquels , après l'avoir com
plimenté , le conduisirent dans la grande Salle ,
qui étoit ornée avec beaucoup de magnificence.
Le Comte de Biex prit place à son Tribunal
ayant les Conservateurs et le Prieur du Peuple
Romain à ses côtés , et en face les Caporivons
et les autres Officiers du Capitole, et après avoir
remis au Marquis Emile Massimi, Premier Con-
servateur , le Bref de Sa Sainteté , lequel fut l
à haute voix par le Greffier du Senat , il jura de
faire observer les Statuts de Rome.
Il accompagna ensuite les Conservateurs jus-
qu'à la porte de la grand Salle , et quand il fus
tourné dans son Apartement, il reçut les com-
plimens accoûtumés de la part des Cardinaux
ainsi que de celle des Ministres Etrangers et de
la Noblesse.
Le Pape a accordé au Comte de Bielk la per-
mission d'avoir le Dais et la Cloche, même dans
les occasions où il ne sera pas accompagné par
les Conservateurs du Capitole , distinction dont
n'avoient point joüi ses Prédecesseurs.
On aprend de Rome que la corespondance est
entierement retablie entre les Ministres des Cours
de Vienne et de Madrid , et que le Cardinal
I. Vol.
Cienfuegos
JUIN.
ont rendu visite.
1737.
1207
Cienfuegos , ayant envoyé complimenter à ce
sujet les Cardinaux Belluga et Aquaviva , ils lui
On assure que le Roy des deux Siciles a accor
dé l'Exequatur des Bulles des Prelats nommés
par le Pape,ce qui donne lieu de regarder comme
Prochaine ia conclusion de l'accommodement
de leurs Majestés Catholique et Sicilienne avec
le Saint Siege.
Quelques Cardinaux ayant refusé d'accorder
au Comte de Bielk les honneurs du Dais et du
Son de la Cloche , quoiqu'il les eût reçûs chés
le Cardinal Doyen , ce Comte a discontinué de
rendre ses visites au Sacré College.
Le Cardinal Coscia a obtenu la permission
d'aller encore cette année prendre les Bains d'Is-
chia , et il est parti pour s'y rendre.
Le 11. May , le Pere I defonse de la Presenta-
tion , natif de Prague , fut élû Général de l'Or-
dre des Religieux Carmes Déchaussés dans le
Chapitre qu'ils tinrent dans leur Couvent de
Sainte Therese et de S. Jean de la Croix.
Les Clercs Réguliers de la Congregation de
la Divine Providence , ont élû le Pere André
Bolognetti pour leur Général.
Les Lettres de Genes de la fin du mois der-
nier portent que 13. Barques , à bord desquelles
étoient des Troupes et des Munitions , mirent au
même mois à la voile pour l'Isle de Corse
Į. Vol.
>
sous l'escorte de deux Galeres , qui , à leur re-
tour , devoient donner la chasse aux Corsaires
de Barbarie , dont un a enlevé , il y a quelque
temps , un Bâtiment chargé de 100. muids de
Farine
et qui étoit destiné pour la Bastie.
M. Rivarola a mandé au Senat que les Re-
belles ayant été avertis que le Gouverneur de
Calenzano
1208 MERCURE DE FRANCE
Calenzano devoit faire sortir un détachement de
la Garnison de cette Place , pour enlever des
Bestiaux qu'ils faisoient paître dans les prairies
voisines , ils avoient posté en embuscade 300.
Hommes qui avoient surpris ce détachement ,
et qu'il y avoit cu 60. Genois de tués ou faits
prisonniers en cette occasion.
On a apris en même temps qu'il y avoit eu
dans les environs de la Bastie , un violent oura-
gan , accompagné de grêle d'une telle grosseur,
que la plupart des Vignes avoient été ruinées, et
que plusieurs Bestiaux avoient été tués dans la
campagne.
Le 5 du mois dernier, jour que le Pape avoit
marqué pour la prise de possession de la dignité
de Sénateur de Rome par le Comte de
Bielk , ce Comte revétu de son habit de Sénateur
qui consiste en une Soutane de Satin cramoisi
et une longue Robe de Brocard d'or , et accom-
pagné de M. Capograssi , son Maître de Cham-
bre , se rendit du Capitole au Palais du Quiri
nal dans un Carosse attelé de six chevaux et
suivi de deux autres Carosses. Ayant été reçu
avec les ceremonies accoûtumées par M. Lazare
Palavicini , Archevêque de Thebes , Maître de
Chambre de Sa Sainteté , il fut introduit dans la
chambre du Pape par Mrs Jean- Baptiste Gam-
barucci , Archevêque d'Amasie , et Ignace Reali ,
premiers Maîtres des Ceremonies ; et après qu'il
cut fait trois génuflexions et baisé les pieds de Sa
I. Vol.
Sainteté
1204 MERCURE DE FRANCE
Sainteté , il prêta le Serment de fidelité. Le Pape
mit ensuite un Sceptre d'yvoire entre les mains
du nouveau Sénateur en disant , Accipe Sceptrum
et esto Senator Urbis.
Le Comte de Bielk reçut la Benediction de Sa
Sainteté, et il se retira , étant reconduit par le
Maître de Chambre. Lorsqu'il fut dans la Cour
du Palais , le Marquis François Ortieri , Grand-
Ecuyer du Pape , lui présenta de la part de Sa
Sainte
un très- beau Cheval blanc , couvert
d'une Housse de velours cramoisi , relevée d'une
riche broderie d'or , avec les étriers d'argent
sur lequel le nouveau Sénateur monta pour
aller
à la Place Barberine , où l'attendoit sous les ar
mes la Milice Bourgeoise , composée de quator-
ze Compagnies chacune de quarante
hom-
mes , et d'où il continua sa marche dans l'ordre
suivant : Le Barigel du Capitole à cheval , à la
tête de ses Sbirres ; M. Felix Gama , Capitaine
des Connétables et des Milices des quartiers de
la Ville, suivi de deux Pages , qui portoient dea
Ecussons aux Armes du Comte de Bielk ; les 14.
Compagnies de la Milice Bourgeoise , précedées
chacune de ses Tambours et de son Enseigne , et
entre les sept premieres Compagnies et les sept
dernieres M. Antoine Gai portant l'Etendart du
Peuple Romain ; le Maître d'Hôtel et l'Ecuyer
du Sénateur ; vingt Mules avec des couvertures
à ses Armes et dix Chevaux de selle avec de ma-
gnifiques Housses , conduits chacun par un Pal-
frenier , portant sur sa Casaque et à son bonnes
les Armes de Bielk ; la Compagnie des Chevau
Legers de la Garde du Pape. Les Palfreniers des
Cardinaux , montés sur des Mules et portant les
chapeaux de leurs Maîtres attachés sur leurs
épaules ; les 14. Huissiers des Tribunaux Capi
I. Vol.
tolins ;
JUI N.
I. Val.
1737.
1205
tolins ; un grand nombre de Gentilshommes des
Cardinaux ; quatre tambours de la Livrée du
Peuple Romain , laquelle est d'écarlate avec des
galons d'or , et quatre Trompettes à cheval avec
la même Livrée. Ils étoient suivis par deux Pa-
ges , dont l'un portoit la Cornette du Peuple
Romain , et l'autre un Etendart aux Armes de
Bielk. Derriere eux marchoient les Caporioni ou
Chefs des Quartiers, précedés de deux Tambours
aux Livrées du Peuple Romain ; les Suisses de la
Garde du Pape , ayant à leur tête le Chevalier
Jean- François- Leopold Phiffer d'Althissoffen ,
Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem ,
leur Commandant ; deux Pages , dont celui qui
étoit à droite portoit l'épée haute , et celui qui
étoit à gauche avoit sur ses épaules le Chapeau
du Sénateur , couvert de Brocard d'or et doublé
de velours cramoisi ; les Palfreniers du Comte
de Bielk , vétus de Livrées d'écarlate avec des
galons d'or , et ayant des Plumets bleu et or
sur leurs chapeaux et les Serviteurs du Peuple
Romain , tenant en main des Piques dorées.
Le Comte de Bielk venoit ensuite, étant pré-
cedé de M. François Gaëtan Diversini , Maître-
des Céremonies , et suivi des deux Juges Collate-
raux , et de tous les Officiers des Tribunaux Ca-
pitolins. La marche étoit fermée par les trois
Carosses de ce Comte , et par un grand nombre
d'autres Carosses de Cortege , qui avoient été
envoyés par les Cardinaux , et par la plupart
des Personnes de distinction. "
Lorsque la Cavalcade entra dans le Cours , on
At une Salve generale de l'Artillerie du Château
Saint Ange , et en arrivant au Capitole , elle fut
saluée par une décharge generale de la Mous-
queterie de toute la Milice de la Ville : on tira
ausse
1206 MERCURE DE FRANCE
aussi un grand nombre de Boëtes , et les Clo-
ches de toutes les Eglises sonnerent.
Le nouveau Senateur, étant descendu de Che-
val à l'Eglise de Sainte Marie d'Ara Coeli , qui
apartient au Peuple Romain , fut réçû à ia porte
par les Superieurs de l'Ordre des Freres Mineurs
de l'Observance , et il alla faire sa priere devant
le Saint Sacrement , et baiser le Grand Autel.
Il se rendit ensuite au Capitole , ayant trou-
vé en chemin les Conservateurs
Prieur du Peuple Romain ,
et le
revétus de Robes
de brocard d'or , lesquels , après l'avoir com
plimenté , le conduisirent dans la grande Salle ,
qui étoit ornée avec beaucoup de magnificence.
Le Comte de Biex prit place à son Tribunal
ayant les Conservateurs et le Prieur du Peuple
Romain à ses côtés , et en face les Caporivons
et les autres Officiers du Capitole, et après avoir
remis au Marquis Emile Massimi, Premier Con-
servateur , le Bref de Sa Sainteté , lequel fut l
à haute voix par le Greffier du Senat , il jura de
faire observer les Statuts de Rome.
Il accompagna ensuite les Conservateurs jus-
qu'à la porte de la grand Salle , et quand il fus
tourné dans son Apartement, il reçut les com-
plimens accoûtumés de la part des Cardinaux
ainsi que de celle des Ministres Etrangers et de
la Noblesse.
Le Pape a accordé au Comte de Bielk la per-
mission d'avoir le Dais et la Cloche, même dans
les occasions où il ne sera pas accompagné par
les Conservateurs du Capitole , distinction dont
n'avoient point joüi ses Prédecesseurs.
On aprend de Rome que la corespondance est
entierement retablie entre les Ministres des Cours
de Vienne et de Madrid , et que le Cardinal
I. Vol.
Cienfuegos
JUIN.
ont rendu visite.
1737.
1207
Cienfuegos , ayant envoyé complimenter à ce
sujet les Cardinaux Belluga et Aquaviva , ils lui
On assure que le Roy des deux Siciles a accor
dé l'Exequatur des Bulles des Prelats nommés
par le Pape,ce qui donne lieu de regarder comme
Prochaine ia conclusion de l'accommodement
de leurs Majestés Catholique et Sicilienne avec
le Saint Siege.
Quelques Cardinaux ayant refusé d'accorder
au Comte de Bielk les honneurs du Dais et du
Son de la Cloche , quoiqu'il les eût reçûs chés
le Cardinal Doyen , ce Comte a discontinué de
rendre ses visites au Sacré College.
Le Cardinal Coscia a obtenu la permission
d'aller encore cette année prendre les Bains d'Is-
chia , et il est parti pour s'y rendre.
Le 11. May , le Pere I defonse de la Presenta-
tion , natif de Prague , fut élû Général de l'Or-
dre des Religieux Carmes Déchaussés dans le
Chapitre qu'ils tinrent dans leur Couvent de
Sainte Therese et de S. Jean de la Croix.
Les Clercs Réguliers de la Congregation de
la Divine Providence , ont élû le Pere André
Bolognetti pour leur Général.
Les Lettres de Genes de la fin du mois der-
nier portent que 13. Barques , à bord desquelles
étoient des Troupes et des Munitions , mirent au
même mois à la voile pour l'Isle de Corse
Į. Vol.
>
sous l'escorte de deux Galeres , qui , à leur re-
tour , devoient donner la chasse aux Corsaires
de Barbarie , dont un a enlevé , il y a quelque
temps , un Bâtiment chargé de 100. muids de
Farine
et qui étoit destiné pour la Bastie.
M. Rivarola a mandé au Senat que les Re-
belles ayant été avertis que le Gouverneur de
Calenzano
1208 MERCURE DE FRANCE
Calenzano devoit faire sortir un détachement de
la Garnison de cette Place , pour enlever des
Bestiaux qu'ils faisoient paître dans les prairies
voisines , ils avoient posté en embuscade 300.
Hommes qui avoient surpris ce détachement ,
et qu'il y avoit cu 60. Genois de tués ou faits
prisonniers en cette occasion.
On a apris en même temps qu'il y avoit eu
dans les environs de la Bastie , un violent oura-
gan , accompagné de grêle d'une telle grosseur,
que la plupart des Vignes avoient été ruinées, et
que plusieurs Bestiaux avoient été tués dans la
campagne.
Fermer
Résumé : ITALIE.
Le 5 du mois précédent, le comte de Bielk a été nommé Sénateur de Rome. Vêtu de l'habit sénatorial, il s'est rendu au Palais du Quirinal en carrosse, accompagné de son maître de chambre et suivi de deux autres carrosses. Reçu par l'archevêque de Thèbes, il a prêté serment de fidélité au Pape, qui lui a remis un sceptre d'ivoire et lui a donné sa bénédiction. Il a ensuite monté un cheval blanc offert par le Pape. La procession s'est dirigée vers la Place Barberine, où la milice bourgeoise l'attendait. La cavalcade a traversé Rome sous les salves d'artillerie et les décharges de mousqueterie. À l'église Sainte-Marie-d'Ara-Coeli, le comte a prié et baisé le grand autel. Au Capitole, il a juré de respecter les statuts de Rome et a reçu les compliments des cardinaux, des ministres étrangers et de la noblesse. Le Pape lui a accordé une distinction spéciale : l'autorisation d'utiliser le dais et la cloche sans la présence des conservateurs du Capitole. En juin 1737, la correspondance entre les ministres des cours de Vienne et de Madrid a été rétablie. Le roi des Deux-Siciles a accordé l'exéquatur des bulles des prélats nommés par le pape. Le comte de Bielke a cessé de rendre visite au Sacré Collège après que certains cardinaux aient refusé de lui accorder les honneurs du dais et du son de cloche. Le cardinal Coscia a obtenu la permission de se rendre aux bains d'Ischia. Le père Hyacinthe de la Présentation a été élu général des Carmélites déchaussés, et le père André Bolognetti général des Clercs réguliers de la Congrégation de la Divine Providence. À Gênes, des barques escortées par deux galères ont navigué vers l'île de Corse pour contrer les corsaires barbaresques. En Toscane, des rebelles ont attaqué un détachement de Calenzano, tuant ou capturant 60 Génois. Un violent orage a causé des dégâts aux vignes et tué des bestiaux près de la Bastie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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858
p. 1208-1217
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
SA MAJESTÉ a accordé au Marquis d'Havrincourt , Mestre de Camp-Lieutenant [...]
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
SA MAJESTÉ a accordé au Marquis
d'Havrincourt , Mestre de Camp-Lieutenant
du Régiment des Cuirassiers
du Roy , le Gouvernement d'Hesdin ,
vacant par la démission du Marquis
d'Havrincourt , son Pere.
M. de Chavigny , que le Roy a nom-
mé son Envoyé Extraordinaire auprès
du Roy de Dannemare , a pris congé de
S. M. et il est parti pour se rendre à
Coppenhague.
Le Marquis de Souvré , Maître de la
1. Vol.
Garde-
JUIN.
1737.
1209
Garde-Robe du Roy , et qui a été nom-
mê par S. M. pour aller à Luneville com-
plimenter le Roy de Pologne sur son ar-
rivée en Lorraine , s'est acquitté de cette
commission , et il a eu l'honneur d'en
rendre compte au Roy.
Le 29. Avril,il y eut Concert chés la Reine,M.
Destouches Sur-Intendant de la Musique du Roy,
y fit chanter le Prologue et le premier Acte de
son Opera de Callirhoé, qu'on continua le 6. et
le 8. May ; les principaux Rôlles furent exécu-
tés par les Diles d'Aigremont, Deschamps et Ma-
thieu , et par les sieurs d'Angerville et Jeliot.
Le 13. le 18. et le 20. on concerta l'Opera
d'Iphigenie, dont le premier Rôlle fut chanté par
la Dile d'Aigremont , et celui d'Electre par la
Dile Mathieu ; ceux d'Oreste , de Thoas et de
Pilade , par les sieurs d'Angerville , Petillot et
du Bourg .
Le 22. et le 27. on donna à la Reine l'Opera
d'Armide ; la Dlle Antier remplit parfaitement
bien le premier Rôlle , et les autres furent chan-
tés par les sieurs Petillot et d'Angerville , avec la
même précision.
Le 30. May , Fête de l'Ascension , il y eut
Concert Spirituel au Château des Tuilleries , ou
l'on chanta un très-beau Motet ( Diligam te )
de feu M. Gillet , Maître de Musique de la Ca-
thedrale de Toulouse ; il fut suivi d'une nou-
velle suite de Symphonie , du sieur Aubert, très-
bien executée et fort aplaudie. Le sieur Buffar-
ì
din de Marseille , Ordinaire de la Musique du
Roy de Pologne ,
pour
la
Electeur de Saxe
executa
premiere fois un Concerto de Flûte qui
1. Vol.
fur
1210 MERCURE DE FRANCE
fut generalement aplaudi. Le Concert fut termi-
né par le Cantate , Motet du sieur Cheron, Or-
dinaire de l'Académie Royale de Musique.
Le 9. Juin , Fête de la Pentecôte , on executa
au même Concert une autre suite de Sympho
nie du sieur Aubert , qui fut suivie d'un Moter
de M. Gervais , Maître de Musique de la Cha-
pelle du Roy. La Dile Hottererre joûa un Con-
certo avec les mêmes aplaudisssmens dont le Pu-
blic l'a déja honorée. Le Te Deum de M. de la
Lande ter mina le Concert.
Le 20 jour de la Fête Dieu , on chanta le
Pange lingua du même Auteur , qui fut suivi da
petit Motet O Jesu , de M. Destouches , Sur-In-
tendant de la Musique du Roy. Le sieur Angelo
Valoti , nouveau Violon Italien , executa un
Concerto au gré du Public , et la Dile Regnaut
chanta pour la première fois dans le dernier
Moret le Recit Qui annuntiat avec aplaudisse-
ment.
Le 23 , May, les Superieurs des Religieux Be-
nedictins de la Congregation de 5. Maur se ren-
dirent à l'Abbaye de S. Germain -des- Prés pour
l'élection du Superieur Général , et ouvrirent
le matin leur Assemblée par une Messe solem-
nelle du S. Esprit. L'après- dinée , sur les deux
heures , les mêmes Superieurs assemblés élûrent,
au premier Scrutin , pour Général ,
le R. P.
Dom René Laneau. Ce Religieux avoit été con-
secutivement Assistant de trois Généraux´, et
depuis la mort du R. P. Dom Claude Dupré ,
dernier Général , il gouvernoit la Congregation
sous le nom de Vicaire Général. La joye qui
étoit marquée sur tous les visages , pendant la
Cérémonie de la Proclamation ,
fir connoître à
seux du dehors , qui y ont assisté , que ce R,
I. Vol.
Pere
1
JUIN.
tous ses Confreres.
•
1737
1211
Pere a également les cœurs et la véneration de
Le Cardinal de Fleury alla le 3. Juin au Jar-
din Royal, accompagné du Comte de Maurepas
et de M. Orry , Controlleur Général des Finan
ces , pour voir les augmentations et , les repara-
sions faites et à faire. M. Dufay , Intendant de
ce Jardin , reçût S. E. qui parut trés-satisfaite
du bon ordre qu'elle y trouva , de la beauté des
Serres , et du nombre prodigieux de Plantes
étrangeres dont ce Jardin est presentement
xempli.
Le 8. Juin , veille de la Fête de la Pen
tecôte , le Roy revêtu du Grand Collier
de l'Ordre du S. Esprit , se rendit à la
Chapelle du Château de Versailles , où
S. M. communia par les mains de l'Ar-
chevêque de Vienne , Premier Aumô-
nier de S. M. Le Roy toucha ensuite un
grand nombre de Malades.
Pendant la Messe , que le Roy enten-
dit , après avoir communié , l'Evêque
d'Acqs prêta serment de fidelité entre
les mains de S. M. L'après-midi le Roy
assista aux premieres Vêpres.
Le 9. jour de la Fête , les Chevaliers ,
Commandeurs , et Officiers de l'Ordre
du S. Esprit , s'étant rendus vers les 11.
heures du matin dans le Cabinet du Roy,
S.M. tint un Chapitre,dans lequel le Prin-
ce Vaïny , qui avoit été proposé le 1. du
I.Vol.
H
mois
1212 MERCURE DE FRANCE
mois de Janvier dernier, pour être nom-
mé Chevalier, fut admis après que l'Ab..
bé de Pomponne , Chancelier des Ordres
du Roy , eut raporté qu'il avoit satisfait
à ce qui est porté par les Statuts. Le Cha-
pitre étant fini , le Roy se rendit à la
Chapelle du Château , étant précédé du
Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon, du
Comte de Clermont , du Prince de Con-
ty , du Prince de Dombes , du Comte
d'Eu , et des Chevaliers, Commandeurs
et Officiers de l'Ordre. Le Roy, devant
lequel les deux Huissiers de la Chambre
portoient leurs Masses , étoit en Man-
reau , le Collier de l'Ordre par- dessus ,
ainsi
que
les Chevaliers. Le Cardinal de
Polignac et le Cardinal de Bissy mar-
choient derriere S. M. Le Roy entendi
la Grande Messe , chantée par la Musi-
que , à laquelle l'Archevêque de Vien-
ne ,
Prelat , Commandeur de l'Ordre du
Saint Esprit , officia Pontificalement.
La Reine , Monseigneur le Dauphin
et Mesdames de France , entendirent la
même Messe dans la Tribune.
L'après midi , le Roy entendit le Ser-
mon du Pere Dureau , Cordelier, et en-
suite les Vêpres , qui furent chantées par
la Musique , et auxquelles le même Pre-
lat officia. La Reine assista aux Vêpres
dans la Tribune,
Le
JUIN.
1737.
1213
Le 11. Don Louis d'Acunha, Ambassa
deur du Roy de Portugal, cut sa premiere
Audience particuliere du Roy. Il eut en-
suite Audience de la Reine , de Monsei
gneur le Dauphin et de Mesdames de
France , et il fut conduit à ces Audien-
ces par M. de Verneüil , Introducteur
des Ambassadeurs.
Le 10. les Députés des Etats de Bour-
gogne eurent Audience du Roy.Ils furent
presentés par le Duc de Bourbon, Gouver
neur de la Province , et par le Comte de
S. Florentin, Secretaire d'Etat, et conduits
en la maniere accoûtumée par le Marquis
de Dreux, Grand Maître des Cérémonies,
et par M.Desgranges Maître des Cérémo-
nies. La Députation étoit composée de
l'Abbé Gagne de Perigny,Abbé de Châtil-
lon sur Seine , pour le Clergé , qui por-
ta la parole; du Comte de la Tournelle, *
pour la Noblesse, de M.Pourcher, Dépu-
té du Tiers- Etat , et de M. Perchet , Sin-
dic Général de la Province. Ces Députés
eurent ensuite Audience de la Reine , de
Monseigneur le Dauphin et de Mesda-
mes de France.
Le 16. le Chevalier Venier , Ambas-
* Son Bisayeul a eu l'honneur de se trouver trois
fois à la tête de la Noblesse de cette Province en la
même qualité.
1. Vol.
Hij
sadeur
1214 MERCURE DE FRANCE
sadeur ordinaire de la Republique de
Venise , fit son Entrée publique en cette
Ville
le Maréchal de Biron et Mon-
sieur de Verneuil, Introducteur des Am-
bassadeurs , allerent le prendre dans les
Carosses de leurs Majestés au Convent
de Picpus , d'où la Marche se fit en cet
ordre. Le Carosse de l'Introducteur ;
ceux du Maréchal de Biron , précédés
de son Ecuyer et de deux Pages à che-
val; un Suisse de l'Ambassadeur à che
val , sa livrée à pied , quatre de ses Offi-
ciers , deux Ecuyers et six Pages à che-
val ; le Carosse du Roy , aux côtés du-
quel marchoient la livrée du Maréchal
de Biron et celle de M. de Verneü ; le
Carosse de la Reine ; celui de Madame
la Duchesse d'Orleans ; ceux du Duc
d'Orleans , de la Duchesse de Bourbon
Douairiere , du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty, premiere Doüairiere , de la Prin-
cesse de Conty , seconde Doüairiere , du
Prince de Conty , de la Duchesse du
Maine, du Prince de Dombes, du Com-
te d'Eu , du Comte et de la Comtesse
de Toulouse , et celui de M. Amelot
Ministre et Secretaire d'Etat , ayant le
Département des Affaires étrangeres . Les
1. Vol.
quatro
JUIN.
1737.
1218
quatre Carosses de l'Ambassadeur mar
choient ensuite à une distance de trente
Ou quarante pas. Lorsque l'Ambassadeur
fut arrivé à son Hôtel , il fut compli-
menté de la part du Roy par le Duc de
Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre de S. M. de la part de la
Reine , par le Comte de Tessé , son pre-
mier Ecuyer , et de la part de Madame la
Duchesse d'Orleans , par le Marquis de
Crevecœur , Premier Ecuyer de S. A. R.
Le 18. le Prince de Lambesc et M, de
Verneuil , Introducteur des Ambassa-
deur , allerent prendre l'Ambassadeur
en son Hôtel dans les Carosses du Roy
et de la Reine , et ils le conduisirent à
Versailles , où il eut sa premiere Au-
dience publique du Roy : il trouva àson
passage, dans l'Avant-cour du Château
les Compagnies des Gardes Françoises et
Suisses sous les Armes , les Tambours
apellant ; dans la Cour les Gardes de la
Porte et ceux de la Prevôté de l'Hôtel
sous les Armes à leurs postes ordinaires
et sur l'Escalier , les Cent - Suisses en ha
bits de cérémonie , la Hallebarde à la
main. Il fut reçû en dedans de la Sale
des Gardes par le Duc de Bethune , Ca
pitaine des Gardes du Corps , qui étoient
en haye et sous les Armes. Après l'Au-
I.Vol.
Hiij
dience
121 MERCURE DE FRANCE
dience du Roy , l'Ambassadeur fut con-
duit à l'Audience de la Reine et à celle
de Monseigneur le Dauphin par le Prin-
ce de Lambèse , et par M. de Verneuil
Introducteur des Ambassadeurs. Il fut
conduit ensuite à celle de Mesdames de
France ; et après avoir été traité par les
Officiers du Roy, il fut reconduit à Pa-
ris dans les Carosses de leurs Majestés
avec les cérémonies accoûtumées.
Le 20. Fête du S. Sacrement , le Roy
se rendit à l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau de Versailles , où S. M. entendit la
Grande Messe , après avoir assisté à la
Procession , qui , suivant l'usage , alla à
La Chapelle.
La Reine s'y rendit lorsque la Proces-
sion y arriva. Monseigneur le Dauphin
et Mesdames de France virent passer la
Procession.
Le 27. May , on chanta au Concert
de la Reine un Divertissement intitulé
le Triomphe de la Paix , dont les Paroles
sont de M. Morand , et la Musique de
M. Mathieu , Ordinaire de la Musique
du Roy. Il fut chanté par les Dlles Ma-
hieu , d'Aigremont et Deschamps , et reçut
beaucoup d'aplaudissement.
Le 29. May et le premier Juin , on
1. Vel.
chanta
JUIN.
1737.
1217
chanta devant la Reine le Ballet du Triom-
phe de l'Harmonie , dont on vient de don-
ner l'Extrait ; les Dlles Pellissier et Erre-
mens, et le sieur Chassé exécuterent avec
succès les Rôles qui les concernoient.
Les. et le 12 Juin S.M. entendit l'Opera
de Telemaque , mis en Musique par M.
Destouches , Sur- Intendant de la Musique
du Roy , les Diles Antier et Mathieu
chanterent les Rôles de Calypso et d'Eu
charis , avec autant de goût que de pré .
cision . Les sieurs Petillot et d'Angerville
remplirent ceux de Telemaque et d'Adras-
te. Le reste de l'Opera fut exécuté d'une
façon très-brillante. La Reine eut la bonté
d'en marquer sa satisfaction à l'Auteur.
Le 17. S. M. voulut entendre , pour
la seconde fois , le Divertissement du
Triopmhe de la Paix , et en parut aussi
contente que la premiere. On parlera
plus au long de ce Divertissement.
SA MAJESTÉ a accordé au Marquis
d'Havrincourt , Mestre de Camp-Lieutenant
du Régiment des Cuirassiers
du Roy , le Gouvernement d'Hesdin ,
vacant par la démission du Marquis
d'Havrincourt , son Pere.
M. de Chavigny , que le Roy a nom-
mé son Envoyé Extraordinaire auprès
du Roy de Dannemare , a pris congé de
S. M. et il est parti pour se rendre à
Coppenhague.
Le Marquis de Souvré , Maître de la
1. Vol.
Garde-
JUIN.
1737.
1209
Garde-Robe du Roy , et qui a été nom-
mê par S. M. pour aller à Luneville com-
plimenter le Roy de Pologne sur son ar-
rivée en Lorraine , s'est acquitté de cette
commission , et il a eu l'honneur d'en
rendre compte au Roy.
Le 29. Avril,il y eut Concert chés la Reine,M.
Destouches Sur-Intendant de la Musique du Roy,
y fit chanter le Prologue et le premier Acte de
son Opera de Callirhoé, qu'on continua le 6. et
le 8. May ; les principaux Rôlles furent exécu-
tés par les Diles d'Aigremont, Deschamps et Ma-
thieu , et par les sieurs d'Angerville et Jeliot.
Le 13. le 18. et le 20. on concerta l'Opera
d'Iphigenie, dont le premier Rôlle fut chanté par
la Dile d'Aigremont , et celui d'Electre par la
Dile Mathieu ; ceux d'Oreste , de Thoas et de
Pilade , par les sieurs d'Angerville , Petillot et
du Bourg .
Le 22. et le 27. on donna à la Reine l'Opera
d'Armide ; la Dlle Antier remplit parfaitement
bien le premier Rôlle , et les autres furent chan-
tés par les sieurs Petillot et d'Angerville , avec la
même précision.
Le 30. May , Fête de l'Ascension , il y eut
Concert Spirituel au Château des Tuilleries , ou
l'on chanta un très-beau Motet ( Diligam te )
de feu M. Gillet , Maître de Musique de la Ca-
thedrale de Toulouse ; il fut suivi d'une nou-
velle suite de Symphonie , du sieur Aubert, très-
bien executée et fort aplaudie. Le sieur Buffar-
ì
din de Marseille , Ordinaire de la Musique du
Roy de Pologne ,
pour
la
Electeur de Saxe
executa
premiere fois un Concerto de Flûte qui
1. Vol.
fur
1210 MERCURE DE FRANCE
fut generalement aplaudi. Le Concert fut termi-
né par le Cantate , Motet du sieur Cheron, Or-
dinaire de l'Académie Royale de Musique.
Le 9. Juin , Fête de la Pentecôte , on executa
au même Concert une autre suite de Sympho
nie du sieur Aubert , qui fut suivie d'un Moter
de M. Gervais , Maître de Musique de la Cha-
pelle du Roy. La Dile Hottererre joûa un Con-
certo avec les mêmes aplaudisssmens dont le Pu-
blic l'a déja honorée. Le Te Deum de M. de la
Lande ter mina le Concert.
Le 20 jour de la Fête Dieu , on chanta le
Pange lingua du même Auteur , qui fut suivi da
petit Motet O Jesu , de M. Destouches , Sur-In-
tendant de la Musique du Roy. Le sieur Angelo
Valoti , nouveau Violon Italien , executa un
Concerto au gré du Public , et la Dile Regnaut
chanta pour la première fois dans le dernier
Moret le Recit Qui annuntiat avec aplaudisse-
ment.
Le 23 , May, les Superieurs des Religieux Be-
nedictins de la Congregation de 5. Maur se ren-
dirent à l'Abbaye de S. Germain -des- Prés pour
l'élection du Superieur Général , et ouvrirent
le matin leur Assemblée par une Messe solem-
nelle du S. Esprit. L'après- dinée , sur les deux
heures , les mêmes Superieurs assemblés élûrent,
au premier Scrutin , pour Général ,
le R. P.
Dom René Laneau. Ce Religieux avoit été con-
secutivement Assistant de trois Généraux´, et
depuis la mort du R. P. Dom Claude Dupré ,
dernier Général , il gouvernoit la Congregation
sous le nom de Vicaire Général. La joye qui
étoit marquée sur tous les visages , pendant la
Cérémonie de la Proclamation ,
fir connoître à
seux du dehors , qui y ont assisté , que ce R,
I. Vol.
Pere
1
JUIN.
tous ses Confreres.
•
1737
1211
Pere a également les cœurs et la véneration de
Le Cardinal de Fleury alla le 3. Juin au Jar-
din Royal, accompagné du Comte de Maurepas
et de M. Orry , Controlleur Général des Finan
ces , pour voir les augmentations et , les repara-
sions faites et à faire. M. Dufay , Intendant de
ce Jardin , reçût S. E. qui parut trés-satisfaite
du bon ordre qu'elle y trouva , de la beauté des
Serres , et du nombre prodigieux de Plantes
étrangeres dont ce Jardin est presentement
xempli.
Le 8. Juin , veille de la Fête de la Pen
tecôte , le Roy revêtu du Grand Collier
de l'Ordre du S. Esprit , se rendit à la
Chapelle du Château de Versailles , où
S. M. communia par les mains de l'Ar-
chevêque de Vienne , Premier Aumô-
nier de S. M. Le Roy toucha ensuite un
grand nombre de Malades.
Pendant la Messe , que le Roy enten-
dit , après avoir communié , l'Evêque
d'Acqs prêta serment de fidelité entre
les mains de S. M. L'après-midi le Roy
assista aux premieres Vêpres.
Le 9. jour de la Fête , les Chevaliers ,
Commandeurs , et Officiers de l'Ordre
du S. Esprit , s'étant rendus vers les 11.
heures du matin dans le Cabinet du Roy,
S.M. tint un Chapitre,dans lequel le Prin-
ce Vaïny , qui avoit été proposé le 1. du
I.Vol.
H
mois
1212 MERCURE DE FRANCE
mois de Janvier dernier, pour être nom-
mé Chevalier, fut admis après que l'Ab..
bé de Pomponne , Chancelier des Ordres
du Roy , eut raporté qu'il avoit satisfait
à ce qui est porté par les Statuts. Le Cha-
pitre étant fini , le Roy se rendit à la
Chapelle du Château , étant précédé du
Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon, du
Comte de Clermont , du Prince de Con-
ty , du Prince de Dombes , du Comte
d'Eu , et des Chevaliers, Commandeurs
et Officiers de l'Ordre. Le Roy, devant
lequel les deux Huissiers de la Chambre
portoient leurs Masses , étoit en Man-
reau , le Collier de l'Ordre par- dessus ,
ainsi
que
les Chevaliers. Le Cardinal de
Polignac et le Cardinal de Bissy mar-
choient derriere S. M. Le Roy entendi
la Grande Messe , chantée par la Musi-
que , à laquelle l'Archevêque de Vien-
ne ,
Prelat , Commandeur de l'Ordre du
Saint Esprit , officia Pontificalement.
La Reine , Monseigneur le Dauphin
et Mesdames de France , entendirent la
même Messe dans la Tribune.
L'après midi , le Roy entendit le Ser-
mon du Pere Dureau , Cordelier, et en-
suite les Vêpres , qui furent chantées par
la Musique , et auxquelles le même Pre-
lat officia. La Reine assista aux Vêpres
dans la Tribune,
Le
JUIN.
1737.
1213
Le 11. Don Louis d'Acunha, Ambassa
deur du Roy de Portugal, cut sa premiere
Audience particuliere du Roy. Il eut en-
suite Audience de la Reine , de Monsei
gneur le Dauphin et de Mesdames de
France , et il fut conduit à ces Audien-
ces par M. de Verneüil , Introducteur
des Ambassadeurs.
Le 10. les Députés des Etats de Bour-
gogne eurent Audience du Roy.Ils furent
presentés par le Duc de Bourbon, Gouver
neur de la Province , et par le Comte de
S. Florentin, Secretaire d'Etat, et conduits
en la maniere accoûtumée par le Marquis
de Dreux, Grand Maître des Cérémonies,
et par M.Desgranges Maître des Cérémo-
nies. La Députation étoit composée de
l'Abbé Gagne de Perigny,Abbé de Châtil-
lon sur Seine , pour le Clergé , qui por-
ta la parole; du Comte de la Tournelle, *
pour la Noblesse, de M.Pourcher, Dépu-
té du Tiers- Etat , et de M. Perchet , Sin-
dic Général de la Province. Ces Députés
eurent ensuite Audience de la Reine , de
Monseigneur le Dauphin et de Mesda-
mes de France.
Le 16. le Chevalier Venier , Ambas-
* Son Bisayeul a eu l'honneur de se trouver trois
fois à la tête de la Noblesse de cette Province en la
même qualité.
1. Vol.
Hij
sadeur
1214 MERCURE DE FRANCE
sadeur ordinaire de la Republique de
Venise , fit son Entrée publique en cette
Ville
le Maréchal de Biron et Mon-
sieur de Verneuil, Introducteur des Am-
bassadeurs , allerent le prendre dans les
Carosses de leurs Majestés au Convent
de Picpus , d'où la Marche se fit en cet
ordre. Le Carosse de l'Introducteur ;
ceux du Maréchal de Biron , précédés
de son Ecuyer et de deux Pages à che-
val; un Suisse de l'Ambassadeur à che
val , sa livrée à pied , quatre de ses Offi-
ciers , deux Ecuyers et six Pages à che-
val ; le Carosse du Roy , aux côtés du-
quel marchoient la livrée du Maréchal
de Biron et celle de M. de Verneü ; le
Carosse de la Reine ; celui de Madame
la Duchesse d'Orleans ; ceux du Duc
d'Orleans , de la Duchesse de Bourbon
Douairiere , du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty, premiere Doüairiere , de la Prin-
cesse de Conty , seconde Doüairiere , du
Prince de Conty , de la Duchesse du
Maine, du Prince de Dombes, du Com-
te d'Eu , du Comte et de la Comtesse
de Toulouse , et celui de M. Amelot
Ministre et Secretaire d'Etat , ayant le
Département des Affaires étrangeres . Les
1. Vol.
quatro
JUIN.
1737.
1218
quatre Carosses de l'Ambassadeur mar
choient ensuite à une distance de trente
Ou quarante pas. Lorsque l'Ambassadeur
fut arrivé à son Hôtel , il fut compli-
menté de la part du Roy par le Duc de
Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre de S. M. de la part de la
Reine , par le Comte de Tessé , son pre-
mier Ecuyer , et de la part de Madame la
Duchesse d'Orleans , par le Marquis de
Crevecœur , Premier Ecuyer de S. A. R.
Le 18. le Prince de Lambesc et M, de
Verneuil , Introducteur des Ambassa-
deur , allerent prendre l'Ambassadeur
en son Hôtel dans les Carosses du Roy
et de la Reine , et ils le conduisirent à
Versailles , où il eut sa premiere Au-
dience publique du Roy : il trouva àson
passage, dans l'Avant-cour du Château
les Compagnies des Gardes Françoises et
Suisses sous les Armes , les Tambours
apellant ; dans la Cour les Gardes de la
Porte et ceux de la Prevôté de l'Hôtel
sous les Armes à leurs postes ordinaires
et sur l'Escalier , les Cent - Suisses en ha
bits de cérémonie , la Hallebarde à la
main. Il fut reçû en dedans de la Sale
des Gardes par le Duc de Bethune , Ca
pitaine des Gardes du Corps , qui étoient
en haye et sous les Armes. Après l'Au-
I.Vol.
Hiij
dience
121 MERCURE DE FRANCE
dience du Roy , l'Ambassadeur fut con-
duit à l'Audience de la Reine et à celle
de Monseigneur le Dauphin par le Prin-
ce de Lambèse , et par M. de Verneuil
Introducteur des Ambassadeurs. Il fut
conduit ensuite à celle de Mesdames de
France ; et après avoir été traité par les
Officiers du Roy, il fut reconduit à Pa-
ris dans les Carosses de leurs Majestés
avec les cérémonies accoûtumées.
Le 20. Fête du S. Sacrement , le Roy
se rendit à l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau de Versailles , où S. M. entendit la
Grande Messe , après avoir assisté à la
Procession , qui , suivant l'usage , alla à
La Chapelle.
La Reine s'y rendit lorsque la Proces-
sion y arriva. Monseigneur le Dauphin
et Mesdames de France virent passer la
Procession.
Le 27. May , on chanta au Concert
de la Reine un Divertissement intitulé
le Triomphe de la Paix , dont les Paroles
sont de M. Morand , et la Musique de
M. Mathieu , Ordinaire de la Musique
du Roy. Il fut chanté par les Dlles Ma-
hieu , d'Aigremont et Deschamps , et reçut
beaucoup d'aplaudissement.
Le 29. May et le premier Juin , on
1. Vel.
chanta
JUIN.
1737.
1217
chanta devant la Reine le Ballet du Triom-
phe de l'Harmonie , dont on vient de don-
ner l'Extrait ; les Dlles Pellissier et Erre-
mens, et le sieur Chassé exécuterent avec
succès les Rôles qui les concernoient.
Les. et le 12 Juin S.M. entendit l'Opera
de Telemaque , mis en Musique par M.
Destouches , Sur- Intendant de la Musique
du Roy , les Diles Antier et Mathieu
chanterent les Rôles de Calypso et d'Eu
charis , avec autant de goût que de pré .
cision . Les sieurs Petillot et d'Angerville
remplirent ceux de Telemaque et d'Adras-
te. Le reste de l'Opera fut exécuté d'une
façon très-brillante. La Reine eut la bonté
d'en marquer sa satisfaction à l'Auteur.
Le 17. S. M. voulut entendre , pour
la seconde fois , le Divertissement du
Triopmhe de la Paix , et en parut aussi
contente que la premiere. On parlera
plus au long de ce Divertissement.
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En juin 1737, plusieurs événements notables se sont déroulés à la cour de France. Le roi a nommé le Marquis d'Havrincourt gouverneur d'Hesdin, succédant à son père. M. de Chavigny a été désigné Envoyé Extraordinaire auprès du roi de Dannemare et a quitté Paris pour Copenhague. Le Marquis de Souvré a été envoyé à Luneville pour féliciter le roi de Pologne à l'occasion de son arrivée en Lorraine. Divers concerts et opéras ont été organisés pour la reine, incluant 'Callirhoé', 'Iphigénie' et 'Armide'. Des concerts spirituels ont également eu lieu aux Tuileries pour la fête de l'Ascension, la Pentecôte et la Fête-Dieu, avec des œuvres de compositeurs tels que Gillet, Aubert, Buffardin, Cheron, Gervais, La Lande et Destouches. Les Bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur ont élu Dom René Laneau comme Supérieur Général le 23 mai. Le Cardinal de Fleury a visité le Jardin Royal le 3 juin, exprimant sa satisfaction quant aux améliorations réalisées. Le 8 juin, le roi a communié à la chapelle du château de Versailles et a touché un grand nombre de malades. Le 11 juin, Don Louis d'Acunha, ambassadeur du roi de Portugal, a eu sa première audience privée avec le roi, suivie d'audiences avec la reine, le dauphin et Mesdames de France. Le 10 juin, les députés des États de Bourgogne ont été reçus par le roi. Le 16 juin, le chevalier Venier, ambassadeur de Venise, a fait son entrée publique à Paris et a été conduit à Versailles pour des audiences publiques. Le 20 juin, lors de la fête du Saint-Sacrement, le roi a assisté à la procession et à la grande messe à l'église paroissiale du château de Versailles. Des divertissements musicaux ont également eu lieu, notamment 'Le Triomphe de la Paix' et 'Le Triomphe de l'Harmonie', tous deux appréciés par la reine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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859
p. 1217-1237
MORTS, NAISSANCES, Et Mariages.
Début :
Le 28. Mars D. Henriette-Louise de Beauvau, veuve depuis le 10. Juin 1727. de Henri [...]
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, Et Mariages.
MORTS, NAISSANCES,
Et Mariages.
Le 28. Mars D. Henriette-Louise de Beauvau, veuve depuis le 10. Juin 1727. de Henri
de Choiseul-la Riviere , apellé le Marquis de
Choiseul , Comte de la Riviere , Chevigny ,
I. Vol .
Hiiij
1218 MERCURE DE FRANCE
et Couloutre , Vicomte de Bouconville , Ba
ron de Lux , Seigneur de Giry , Chassy , Briga-
dier des Armées du Roy, ancien Mestre de Camp
du Regiment de la Reine Cavalerie, avec lequet
elle avoit été mariée le 28. Avril 1711. mou-
rut à Paris , âgée d'environ 51. ans. Elle étoit
Fille puinée de Gabriel - Henri de Beauvau ,
Marquis de Montgauger , Comte de Crissé ,
ci- devant Capitaine des Gardes de feu Phi-
lipe , Fils de France , Duc d'Orleans , et de feuë
Marie- Angelique de Saint André , sa premiere
Femme. Elle laisse pour Fils unique César - Ga-
briel de Choiseul- la- Riviere, Comte de la Rivie-
re , apellé le Marquis de Choiseul , né le 14.
Août 1712. Mestre de Camp de Cavalerie, Sous-
Lieutenant de la Compagnie des Chevau Le-
gers Dauphins , du 25. Mars 1734. et aupara➡
vant Cornette de celle des Chevau - Legers de
Berri , dont le mariage avec Marie de Champa-
gne de Villaines est raporté dans le Mercure du
mois de May 1732. p. 1022.
Le 31. D. Louise - Henriette - Françoise de
Lorraine ,Duchesse Douairiere de Bouillon , Fille
aînée d'Anne- Marie- Joseph de Lorraine , Com .
re et Prince de Guise sur Moselle , et de feuë D.
Marie-Louise- Christine de Castille
·
Heritiere de Montjeu , morte le 11.Janv. 1736.
mourut à Paris , après une longue maladie de
poitrine , âgée de 30. ans. Elle avoit été mariée
le 21. Mars 1725. avec Emmanuel - Théodose
de la Tour , Duc de Bouillon , Vicomte de Tu-
renne, Duc d'Albret,et de Châteauthierry, Com-
te d'Auvergne , d'Evreux et du bas Armagnac ,
Baron de la Tour et de Mongaçon , &c. Pair ,
et ci -devant Grand Chambellan de France, Gou-
verneur et Lieutenant General du haut et bas
I. Vel,
Jeannin,
Auvergne
JUIN.
née le 20. Décembre 1728.
1737.
1219
Auvergne , mort le 17. May 1730. Elle étois
sa quatriéme Femme. Elle laisse de lui une Fille,
Le 1. Avril Jean- Luc, de Lauzieres, Marquis
deThemines- Cardailhac, Mestre de Camp de Ca-
valerie, par Brevet du premier Décembre 1718.
Gouverneur des Ville et Château de Dommes
en Perigord , par Provisions du 1. Juin 1721.
et Gentilhomme de la Chambre du Duc d'Or- .
leans , par autres Provisions du 5. Mars 1724.
mourut à Paris , âgé de 63. ans. Il avoit été
Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem ,
dont il quitta la Croix , lorsqu'il se maria le
13. Novembre 1730. avec Angelique - Sophie
d'Hautefort , Fille de feu Charles-Louis d'Hau-
tefort, Marquis de Surville , Lieutenant General
des Armées du Roy , et de Louise de Crevant-
d'Humieres. Le Duc d'Orleans lui accorda alors
une pension de 4000. livres pour le dédomma-
ger de la perte d'une de 3000. livres qui lui
avoit été accordée sur l'Evêché de Perigueux. le
11. Janvier 1721. Il étoit Fils puiné de feu
Henri de Lauzieres , Seigneur de Saint Beaulize,
et du Bosc , et de Marie de Nogaret de Tre-
lans. Le Duc d'Estrées , dernier mort , lui avoit
fait une donation entrevifs de plusieurs Terres
et Seigneuries provenantes de la Maison de Lau-
zieres-Themines , le 11. May 1721. Elles lai
furent disputées par les Soeurs du Donataire ,
mais il fut confirmé dans la proprieté , posses-
sion et jouissance de ces Terres , par Arrêt
contradictoire du Parlement de Toulouse du 29.
May 1728 .
Le 3. D. Cecile- Catherine de Falconis , Dame
d'Auvilliers , Veuve d'Antoine d'Amanzé, Com-
se de Choffailles en Mâconnois , Seigneur d'Ar-
I. Vel
Hr singes
1220 MERCURE DE FRANCE
singes , de Vize , de Ballemont , de Saint Ger-
main de la Montagne, &c. avec lequel elle avoit
été mariée le 17. Juin 1705. mourut à Paris ,
âgée d'environ fr. ans, laissant un Fils âgé de 20.
ans › et une Fille plus jeune. Elle étoit Fille de
Pierre -Louis de Falconis , Seigneur d'Auvilliers-
et de Lierval , mort le 17. Mars 1692. et d'Eli-
zabeth de Monthelon , morte au mois de Jan-
vier 1729.
Le 4. Leonor-Hubert de Grivel , Marquis
d'Ouroy , Colonel d'un Regiment d'Infanterie
de son nom , ci- devant de Vendôme par Com--
mission du 27. Juin 1726. Fils aîné de Paul
de Grivel
?
Comte d'Ouroüer , en
1
Berri
qu'on prononce Ouroy) de Grossauve, &c..
autrefois Mestre de Camp- Lieutenant du Regi-
ment d'Anjou Cavalerie , et de feuë Dame Mar-
guerite-Françoise le Bourgoing de Faulin , dont
on a annoncé la mort dans le Mercure du mois.
de May 1736. p. 1032. mourut à Paris , âgé
de 28. ans , et sans avoir été marié.
Le 9: Nicolas-Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , de Palaiseau et de Champlant , Bri--
gadier des Armées du Roy , ci- devant Lieute-
nant General , et Commandant pour S. M. au
Gouvernement de l'Isle de France et Soisson-
nois, mourut à Paris âgé de 74. ans ri. mois,
Son Corps fut aporté le 11. au soir de Saint Sul-
pice , sa Paroisse , à Saint Merry , où il a étés
inhumé dans la Chapelle de, sa Famille. Son
Coeur a été porté à Palaiseau . Il avoit été d'a→
bord Capitaine dans le Reginent du Roy. Il fut
fait ensuite Colonel de celui de Hainaut au mois
de Septembre 1684. H servit à la tête de ce Re-
giment en Savoye sous le Maréchal de Ca-
anat , et il se distingua à la Bataille de la Staf
I. Voli
-farde
JUIN.
1737.
1221
farde en Piémont le 18. Août 1690. Il eut le
Regiment d'Artois au mois de Septembre 1692
et il fut fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars
1693. Il alla au mois de Mars 1699. à Bruxel-
les , avec le caractere d'Envoyé Extraordinaire
du Roy vers le feu Electeur Duc de Baviere ,
pour le complimenter sur la mort du Prince
Electoral , son Fils. Il étoit Fils aîné de feu Si
mon Arnauld , Marquis de Pomponne , Minis-
tre d'Etat , et Sur- Intendant General des Postes
et Relais de France , ci-devant Secretaire d'Etat
ayant le Département des Affaires étrangeres ,
mort le 26. Septembre 1699: à l'âge de 81. ans,
et de Catherine- Renée Ladvocat , morte le 31.
Décembre 1711. à l'âge de 75. ans , Sœur aînée
de Charlote- Renée l'Advocat , Veuve du Mar
quis de Vins , actuellement vivante. Le Marquis
de Pomponne , qui vient de mourir , étoit Fre
re de l'Abbé de Pomponne , Conseiller d'Etat
Ordinaire , et Chancelier des Ordres du Roy ,
et de la Marquise de Torcy-Colbert ; il avoit
été marié le 11. Mars 1694 avec Constance de
Harville de Palaiseau , Fille de feu François de
Harville des Ursins , Marquis de Palaiseau , de
Doué et de Trainel, Chevalier de l'Ordre du Roi,
Maréchal de Cap de ses Armées, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de Charleville,et de Monto-
himpe , mort le 12 Octobre 1701 et de feuë
Anne de Comans d'Astry , sa seconde Femme ,
morte au mois d'Août 1693. Il avoit eu d'elle
Henri Charles Arnauld , Comte de Pomponne ,
mort le trente Juillet 1711. âgé de quator-
ze ans ; Jean Baptiste - François - Felix Ar-
nauld de Pomponne, mort dans la 10. année de
son âge , le 22% Avril 1713 et Catherine- Cons "
tance-Emilie Arnauld de Pomponne , restée Fille
IA-Foto-
H-vj
miques
1220 MERCURE DE FRANCE
"
singes , de Vize , de Ballemont , de Saint Ger-
main de la Montagne, &c. avec lequel elle avoit
été mariée le 17. Juin 1705. mourut à Paris
âgée d'environ fr. ans,laissant un Fils âgé de 20.-
ans , et une Fille plus jeune. Elle étoit Fille de
Pierre-Louis de Falconis , Seigneur d'Auvilliers-
et de Lierval , mort le 17. Mars 1692. et d'Eli-
zabeth de Monthelon , morte au mois de Jan-
vier 1729.
Le 4. Leonor-Hubert de Grivel , Marquis
d'Ourey , Colonel d'un Regiment d'Infanterie
de son nom , ci- devant de Vendôme par Com--
mission du 27. Juin 1726. Fils aîné de Paui
de Grivel , Comte d'Ourouer
en
Berri 9
qu'on prononce Ouroy) de Grossauve, &c..
autrefois Mestre de Camp- Lieutenant du Regi-
ment d'Anjou Cavalerie , et de feue Dame Mar-
guerite -Françoise le Bourgoing de Faulin , dont
ön a annoncé la mort dans le Mercure du mois.
de May 1736. p. 1032. mourut à Paris , âgé
de 28. ans, et sans avoir été marié.
Le 9. Nicolas- Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , de Palaiseau et de Champlant , Bri--
gadier des Armées du Roy , ci-devant Lieute-
nant General , et Commandant pour S. M. au
Gouvernement de l'Isle de France et Soisson-
nois, mourut à Paris âgé de 74. ans ri. mois,
Son Corps fut aporté le 11. au soir de Saint Sul-
pice , sa Paroisse , à Saint Merry , où il a été
inhumé dans la Chapelle de, sa Famille. Son
Coeur a été porté à Palaiseau. Il avoit été d'a—
bord Capitaine dans le Reginent du Roy. Il fut
fait ensuite Colonel de celui de Hainaut au mois
de Septembre 1684. H servit à la tête de ce Re-
giment en Savoye sous le Maréchal de Ca-
nar , et il se distingua à la Bataille de la Staf-
I. Vali
farde
JUIN.
farde en Piémont le
1737.
1221
18. Août 1690. Il eut le
Regiment d'Artois au mois de Septembre 1692
et il fut fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars
1693. Il alla au mois de Mars 1699. à Bruxel
les , avec le caractere d'Envoyé Extraordinaire
du Roy vers le feu Electeur Duc de Baviere ,
pour le complimenter sur la mort du Prince
Electoral , son Fils. Il étoit Fils aîné de feu Si
mon Arnauld , Marquis de Pomponne , Minis-
tre d'Etat , et Sur - Intendant General des Postes
et Relais de France , ci-devant Secretaire d'Etat
ayant le Département des Affaires étrangeres ,
mort le 26. Septembre 1699 ; à l'âge de 81. ans,
et de Catherine- Renée Ladvocat , morte le 31.
Décembre 1711. à l'âge de 75. ans , Sœur aînée
de Charlote- Renée l'Advocat , Veuve du Mara
quis de Vins , actuellement vivante. Le Marquis
de Pomponne , qui vient de mourir , étoit Fre→
re de l'Abbé de Pomponne , Conseiller d'Etat
Ordinaire , et Chancelier des Ordres du Roy ,
et de la Marquise de Torcy-Colbert ; il avoit
été marié le 11. Mars 1694 avec Constance de
Harville de Palaiseau , Fille de feu François de
Harville des Ursins , Marquis de Palaiseau , de
Doué et de Trainel, Chevalier de l'Ordre du Roi,
Maréchal de Cainp de ses Armées, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de Charleville,et de Monto-
himpe , mort le 12 Octobre 1701 et de feuë
Anne de Comans d'Astry , sa seconde Femme ,
morte au mois d'Août 1693. Il avoit eu d'elle
Henri Charles Arnauld , Comte de Pomponne ,
mort le trente Juillet 1711. âgé de quator-
·
ze ans ; Jean Baptiste - François- Felix Ar-
nauld de Pomponne, mort dans la 10. année de
son âge , le 22 Avril 17136 et-Catherine- Cons
tance- Emilie Arnauld de Pomponne , restée Fille
Is-Vols-
Hivj
miquet
1222 MERCURE DE FRANCE
unique, mariée le 25 Juin 1715. avec Jean-Joa-i
chim Rouault , Comte de Cayeu , aujourd'hu
Marquis de Gamaches, et Maréchal de Camp des
Armées du Roy.,
Le 12. Philipe Hecquet , Docteur-Regent, an-
cien Professeur , et ancien Doyen de la Faculté
de Médecine de Paris , connu par plusieurs Ou-
vrages de sa Profession , qu'il avoit rendus pu-
blics mourut âgé de 74. ans. Il avoit quité
•
depuis 1o. ans l'exercice de la Medecine , il s'é-
toit retiré dans l'Enclos du Convent des Car-
melites du Fauxbourg S. Jacques. On prétend
qu'il y avoit 30. ans qu'il n'avoit mangé de
viande , ni bû de vin .
Le 13. Nicolas Henin , Conseiller du Roy ea
son Grand Conseil , où il avoit été reçû le s .
May 1688. mourut après avoir été trois jours
entiers en apoplexie létargique.
Il étoit âgé de
82. ans 11. mois 10. jours , étant né le 3. May
1654. Il étoit veuf d'Anne- Henriette Brice
dont il laisse deux Fils et une Fille , ainsi qu'on
l'a raporté en annonçant la mort de cette Da-
me dans le Mercure du mois de Novembre
1734. P. 1530.
Le 26. Louis le Goux de la Berchere , Comte
de la Rochepot , Marquis de Santenay , Baron de
Thoisy, Seigneur de la Berchere , Conseiller d'E-
tat ordinaire , mourut à Paris subitement en alg
lant se mettre à table pour dîner. Il étoit dans la
61. année de son âge , étant né le 10. Octobre
1676. il avoit été successivement Conseiller au
Parlement de Paris le 14.Janvier 1699. Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy le 29
Juillet 1703. et Chancelier et Garde des. Sceaux
de Charles de France , Duc de Berri , le 11. Dé-
sembre 1710. Il perdit cette Charge à la mort de
1. Velo
JUIN.
1737.
1223
ce Prince , et ayant été fait Conseiller d'Etat au
mois de May 1715. il se démit de celle de Maî
tre des Requêtes , et obtint des Lettres d'Hono-
raire le 22. Juin de la même année. Il étoit veuf
sans enfans depuis le 16. Mars 1729. de Magde-
leine-Charlotte Voisin , fille aînée du feu Chan-
celier de France de ce nom , et fils de feu Urbain
le Goux de la Berchere , Marquis de Santenay ,
&c. Maître des RequêtesHonoraire de l'Hôtel du
Roy , ci-devant Intendant successivement à
Moulins , à Riom , à Montauban et à Rouen ,
mort le 30. Août 1721. à l'âge de 79. ans , es
d'Antoinette le Févre d'Eaubonne , morte le 29%
Décembre 1708. âgée de 17. ans.
Le 27. Jean- Baptiste Poncy de Neuville , Prê-
tre, mourut à Paris dans la 39. année de son
âge. Les heureux talens dont il étoit orné , le
font universellement regretter , comme un sujet
également utile à la Religion qu'il a défendue
avec un zele infatigable par ses éloquents et so
lides Sermons ; et à la République des Lettres ,
qu'il a enrichie de plusieurs Ouvrages poëtiques
qui ont mérité plus d'une fois d'être couronnés .
dans l'Académie des Jeux Floraux. Il étoit d'ail
leurs autant estimable par les qualités du cœur
que par celles de l'esprit. Il prononça l'année
derniere avec beaucoup de succès dans l'Eglise
des R R. PP. de l'Oratoire , le Panégyrique de
S. Louis , en présence de deux célebres Acadé
mies. Il a aussi prêché plusieurs Sermons dans
l'Eglise Paroissiale de S. Sulpice et dans d'autres
Eglises de la Ville . Un redoublement de zele
pour les devoirs de son Ministere dans les cir-
constances de la fin du Carême , lui a causé la
maladie qui l'a enlevé en très-peu de jours.
Le même jour D. Jeanne-Louise d'Herbouville
I. Vd.
épouse
1224 MERCURE DE FRANCE
épouse de Charles de Houdetot , dit le Comte de
Houdetot , Chevalier Seigneur de Fontaines-le-
Châtel , de S. Germain des Essours , des Autieux,
&c. son cousin paternel et maternel du 3. au 4.
mourut après une courte maladie d'un abcès dans
la tête , à Paris dans la 26. année de son âge ,
étant née le s. Décembre 1711. elle étoit fille
d'Adrien , Marquis d'Herbouville , Chevalier-
Seigneur de S. Jean du Cardonnay , la Cour-le-
Comte , la Gaillarde , le Bourgdun , Luneray ,
S Pierre le Vieux , Baron de Longueval , Lagny,
fe Marqué , Bellan , &c. ci - devant premier Ea-
seigne de la Compagnie des Gendarmes de la
Garde du Roy , Mestre de Camp de Cavalerie ,
er de D. Françoise- Chrétienne Dauvet des Ma-
rets ; elle laisse un garçon et une fille en bas àge,
n'ayant été mariée qu'au mois de Novembre
1731. c'étoit la cinquiéme alliance réciproque
que ces deux Maisons , qui sont d'une ancienne
Noblesse de Normandie , avoient faites entre-el-
les. La Généalogie de celle de Houdetot est rå-
portée dans le Tome VIII.des Grands Officiers de
la Couronne , au Chapitre des Grands-Maîtres
des Arbalêrriers , page 16. Ses Armes sont d'ar-
gent à une bande d'azur , chargée de trois anne
lets d'or remplis , celui du milieu d'un Lion ,
les deux autres d'une Aigle à deux têtes , et Dia-
prée d'or. Herbouville porte de gueules à une
Fleur de Lys d'or.
Le nommé Félix de la Mata , mourut le 28.
Avril à Pampelune , âgé de 125. ans ; il s'étoit
marié à l'âge de 110. ans pour la troisième fois,
et il a eu trois enfans de sa derniere femme.
et.
Le 29. Dile Marie Cousinet , Dame.de Boisro-
ger , fille de Robert Coasinet , Maître ordinaire
en-l Chambre des Compres de Paris , mort le
JUIN.
L. Vol
1737.
1225
36. Août 1701. et de Di Elizabeth-Catherine
Rousselet , morte le premier May 1694. mourut
d'une fluxion de poitrine à Paris , dans un âge
avancé , sans avoir été mariée..
Le même jour François Gacon , ancien Avocat
au Parlement de Paris , où il avoit été immatri-
culé le 4. Février 1698. et l'un des grands Con-
sultans du Palais , mourut âgé d'environ 63 ans.
Le même jour D. Jeanne-Margueritte de Bre-
han , veuve depuis le 27. Mars 1713. de Charles,
Marquis de Sévigné , Seigneur des Rochers ,
Lieutenant pour le Roy de la Ville de Nantes et
Comté Nantois, et auparavant Sous-Lieutenant
de la Compagnie des Gendarmes Dauphins, avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Fevrier
1-684. mourut à Paris, sans enfans , âgée de 69.
ans. Elle étoit sœur de Jean- François Amalrie
de Bréhan , Comte de Mauron et de Plélo , Sei-
gueur de Galinée , ci-devant Conseiller au Par-
fement de Bretagne ; tous deux enfans de Mau-
rille de Breban , aussi Comte de Mauron et de
Plélo , et de D. Louise de Quelen. Feu Charles?
Marquis de Sévigné , étoit frere de feuë Fran-
go:se -Marguerite de Sévigné , troisiéme femme.
de François Adhemar de Monteil de Castelane ,
Comte de Grignan , Chevalier des Ordres du
Roy ,, et seul Lieutenant General au Gouverne
ment de Provence, morte le 13. Août 1705. tous
deux enfans de Henry , Marquis de Sévigné, Sei-
gneur des Rochers , Maréchal des Camps et Ar
mées du Roy, et Gouverneur de la Ville de Fou-
geres en Bretagne , qui fut tué en 1651. dans un
combat singulier contre le Chevalier d'Albret ,,
et de Marie de Rabutin de Chantal , morte au
mois de May 1696. après s'être renduë celebre
par son esprit et par ses Lettres à la Comtesse de
Grignan ,
1226 MERCURE DE FRANCE
Grignan , sa fille , dont on a donné un Recueil
au Public en 1734. en 6. vol. in 12.
Le 2. May Antoine- Simon le Courtois , Ecuyer
Seigneur d'Avery et de Chome , ci-devant Con
trôleur Géneral des Fermes de Languedoc , ze.
Fils de feu Pierre le Courtois , Ecuyer Conseil-
ler au Siege Présidial de Troyes , et de Margue-
ritte Laigneau , mourut à Paris , laissant de D.
Marthe Ricaud, sa femme, Jacques le Courtois
d'Averly , Conseiller en la Cour des Aydes de
Paris , où il a été reçû le 10. May 1735.
Le 3. mourut subitement à Paris à l'Hôtel de
la Bibliotheque du Roy , âgé de 78. ans , Louis
de Targny , Prêtre du Diocèse de Noyon , Doc-
teur en Théologie de la Faculté de Paris , du 22.
Septembre 1688. l'un des Gardes de la Biblio-
theque du Roy , depuis le mois de Janvier 1712.
et Abbé Commandataire de l'Abbaye de S. Lo ,
Ordre de S. Augustin , Diocèse de Coutances
qu'il avoit obtenuë le 13. May 1724. en remet-
tant celle de Sainte Marie d'Obasine , Ordre de
Citeaux , Diocèse de Limoges , qui lui avoit été
accordée le 17. Octobre . 1723. il s'étoit démis il
y avoit environ 18. mois de la Dignité de Chan-
tre de l'Eglise Métropolitaine de Rheims ,et avoit
été autrefois Principal du College de Dainville.
François Sévin , Pensionnaire depuis 1726. de
l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-
Lettres , dans laquelle il avoit été reçû Eleve dès
1711. et ensuite Associé en 1714. a cû la Place
de Garde de la Bibliotheque du Roy, vacante par
la mort de Louis de Targny ; il en faisoit les
fonctions depuis quelques années.
Le 3. Dom Etienne Richard , General de
l'Ordre des Chartreux , mourut à la grande Char-
treuse en Dauphiné, dans la 69. année de son
I. Val
âge,
JUIN 1737.
I. Vol.
1227
ge , et dans la 6. de son Géneralat , ayant été
élû le 3. Février 1732. il étoit alors Prieur de la
Chartreuse de Castres en Languedoc , et Visiteur
de la Province d'Aquitaine.Dom Michel de Lar-
nage Prieur de la Chartreuse de S. Hugon , a été
élu Géneral en son lieu et place.
Le 4. Ferdinand , Duc de Curlande , et de Se-
migalle , qui depuis deux à trois ans faisoit son
séjour le plus ordinaire à Dantzig , y mourut
dans la 82. année de son âge , étant né le 2. No-
vembre 1655. il étoit 4 fils de Jacques , Duc de
Curlande et de Semigalle , mort le 31. Décembre
1682.et de Louise-Charlotte de Brandebourg,
morte le 29. Août 1676. il avoit embrasse la
Religion Catholique en 1698. et il avoit été au-
trefois Lieutenant d'Artillerie des Troupes de
l'Electeur de Brandebourg et ensuite du Roy de
Pologne. Après la mort du Duc Frederic Casi-
mir , son frere aîné , arrivée le
22. Janvier .
1698. il eut la Régence et l'administration du
Duché de Curlande jusqu'en 1710. pendant la
minorité du Duc Frédéric Guillaume , son ne-
veu , qui mourut le 21. Janvier 1711. il devoit
être son successeur , étant le seul mâle qui restất
de sa Maison , mais Anne Juanowna , veuve de
son neveu , quoique sans enfans , garda ses Etats
jusqu'en 1730. qu'elle fut apellée au Trône de
la Monarchie de Russie ; ensorte qu'il ne reçut
l'investiture du Duché de Curlande et de ses dépen
dances du Roy de Pologne , que le 28. Février
1731. Il s'étoit marié le 25. Septembre 1730.
avec Jeanne- Magdelaine de Saxe , née le 17.
Mars 1708, fille de feu Jean- Georges , Duc de
Saxe-Weissenfels , et de Frederique- Elizabeth de
Saxe-Eysenach. Il n'en a point eû d'enfans , de-
sorte qu'en lui finit la Maison de Ketler , qui
avoit
1228 MERCURE DE FRANCE
avoit été investie du Duché de Curlande et de
Semigalle , le 5. Mars 1562. par Sigismond, Roy
de Pologne , en la personne de Gothard Ketler ,
Gentilhomme du Duché de Bergue , er dernier
Grand-Maître de l'Ordre des Chevaliers de Li-
vonie , Bisayeul du Duc qui vient de mourir.
Les Zacharie Morel, Seigneur de la Brosse en
Brie , et de S. Oüen , Conseiller et Doyen du
Parlement , et Doyen des Conseillers de la Ville
.de Paris , mourut dans la 84. année de son âge
et la sf . de sa Magistrature , ayant été reçû
Consciller au Parlement le 6. May 1682. il mon-
ta à la Grand'Chambre au mois de Novembre
1714. et en devint Doyen le 25. Avril 1735. I
étoit fils de Daniel Morel , Seigneur de Stain-
ville, Haussignemont, Courbevoye, & c. Conseil
ler-Secretaire du Roy et de ses Finances, et Maître
de la Chambre aux Deniers de S. M. mort le 12
Avril 1697. et d'Elisabeth Henryet, morte le 27
Décembre 1691. et il avoit épousé défunte Mi-
chelle-Angélique Titon , fille de feu Maximi-
lien Titon , Baron de Berre , Seigneur d'Ognon,
&c. aussi Secretaire du Roy , et de ses Finances ,
et Directeur General du Magazin des Armes de
S. M. et de feüe Marguerite Becaille. Il en laisse
un fils , qui a été ci- devant dans le Service Mi-
litaire , er deux filles , tous trois non mariés.
Le 6. D. Marie- Anne Boileau , veuve depuis le
20. Janvier 1710. de Philipe Gourdon , Consei
ler-Secretaire du Roy , Maison , Couronne de
France et de ses Finances, et Secretaire des Com-
mandemens de feue Dile Marie de Lorraine ,
Duchesse de Guise , mourut d'une fluxion de
poitrine , âgée d'environ 76. ans, laissant un fils.
Le 7. May , Jean-Baptiste-Jacques de Saint
Remy, Marquis de Cossé , Seigneur de la Motte-
L.Voli
Fouqué
JUIN.
1737.
1229
Fouqué de Montgoubert , &c. mourut en son
Château de la Motte , en Normandie , âgé d'en-
viron 67. ans. Il avoit épousé en 1700. Marie-
Therese-Nicole de Montgommery, fille de Fran-
çois , Comte de Montgommery , Chevalier de
l'Ordre du Roy, et de Marie- Louise de Grisson,
Dame de la Motte- Villebouzin , près de Long-
jumeau et du Mesnil. Elle mourut le 29. Mars
1733. il avoit eû d'elle deux enfans ; sçavoir,
Jean-Baptiste-François de S. Remy , mort le 25
Avril 1726. âgé de 23. ans , et Marie- Magde-
laine de S. Remy , aujourd'hui seule et unique
heritiere de sa Maison , qui fut mariée le 20
Décembre 1725. avec Guy- Antoine de S. Si-
mon, Marquis de Courtomer , Mestre de Camp
de Cavalerie , ci- devant Capitaine des Gardes
du Corps de feue la Duchesse de Berry , qui a été
dans sa jeunesse Chevalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , et qui devint en 1724. l'aîné de
sa Maison par la mort sans enfans de Jacques-
Antoine de S. Simon , son frere , Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil , Colonel du
Régiment de Soissonnois,
Le 8. D. Marie- Madelaine- Therese - Gene-
viéve de Mouchy d'Hocquincourt , Veuve depuis
le 27. Janvier 1711. d'Antoine de Pas , Mar-
quis de Feuquieres , Lieutenant General des Ar
mées du Roy , Gouverneur des Ville et Cita-
delle de Verdun , et Païs Verdunois , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , et ancien Che-
valier d'Honneur du Parlement de Metz , avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Janvier
1695. mourut à Paris dans le Monastere de
Port - Royal , âgée de 68. ans. Elle étoit Fille
de Georges de Mouchy , Marquis d'Hocquin-
Court , Chevalier des Ordres du Roy , Lieute
1. Val.
nang
*
1228 MERCURE DE FRANCE
avoit été investie du Duché de Curlande et de
Semigalle , le 5. Mars 1562. par Sigismond, Roy
de Pologne , en la personne de Gothard Ketler ,
Gentilhomme du Duché de Bergue , er dernier
Grand-Maître de l'Ordre des Chevaliers de Li-
vonie , Bisayeul du Duc qui vient de mourir.
Les Zacharie Morel, Seigneur de la Brosse en
Brie , et de S. Ouen , Conseiller et Doyen du
Parlement , et Doyen des Conseillers de la Ville
de Paris , mourut dans la 84. année de son âge ,
et la sf . de sa Magistrature , ayant été reçû
Conseiller au Parlement le 6. May 1682. il mon
ta à la Grand'Chambre au mois de Novembre
1714. et en devint Doyen le 25. Avril 1735. I
étoit fils de Daniel Morel , Seigneur de Stain-
ville, Haussignemont , Courbevoye, & c. Conseil
ler- Secretaire du Roy et de ses Finances, et Maître
de la Chambre aux Deniers de S. M. mort le 12
Avril 1697. et d'Elisabeth Henryet, morte le 27
Décembre 1691. et il avoit épousé défunte Mi-
chelle-Angélique Titon , fille de feu Maximi-
lien Titon , Baron de Berre , Seigneur d'Ognon,
&c. aussi Secretaire du Roy , et de ses Finances,
et Directeur General du Magazin des Armes de
S. M. et de feue Marguerite Becaille. Il en laisse
un fils , qui a été ci- devant dans le Service Mi-
litaire , er deux filles , tous trois non mariés.
Le 6. D. Marie- Anne Boileau , veuve depuis le
20. Janvier 1710. de Philipe Gourdon , Consei
ler-Secretaire du Roy , Maison , Couronne de
France et de ses Finances, et Secretaire des Com-
mandemens de feue Dile Marie de Lorraine ,
Duchesse de Guise , mourut d'une fluxion de
poitrine , âgée d'environ 76. ans, laissant un fils.
Le 7. May , Jean-Baptiste-Jacques de Saint
Remy, Marquis de Cossé , Seigneur de la Motte-
I Vol
Fouqué
JUIN.
1737.
1229
Fouqué de Montgoubert , &c. mourut en son
Château de la Motte , en Normandie , âgé d'en-
viron 67. ans. Il avoit épousé en 1700. Marie-
Therese-Nicole de Montgommery, fille de Fran-
çois , Comte de Montgommery , Chevalier de
P'Ordre du Roy, et de Marie- Louise de Grisson,
Dame de la Motte-Villebouzin , près de Long-
jumeau et du Mesnil. Elle mourut le 29. Mars
1733. il avoit cû d'elle deux enfans ; sçavoir
"
Jean- Baptiste-François de S. Remy , mort le 25
Avril 1726. âgé de 23. ans , et Marie- Magde-
Laine de S. Remy , aujourd'hui seule et unique
heritiere de sa Maison , qui fut mariée le 20
Décembre 1725. avec Guy- Antoine de S. Si-
mon, Marquis de Courtomer , Mestre de Camp
de Cavalerie , ci- devant Capitaine des Gardes
du Corps de feue la Duchesse de Berry , qui a été
dans sa jeunesse Chevalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , et qui devint en 1724. l'aîné de
sa Maison par la mort sans enfans de Jacques-
Antoine de S. Simon , son frere , Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil , Colonel du
Régiment de Soissonnois,
Le 8. D. Marie- Madelaine- Therese Genc-
viéve de Mouchy d'Hocquincourt , Veuve depuis
le 27. Janvier 1711. d'Antoine de Pas , Mar-
quis de Feuquieres , Lieutenant General des Ar-
mées du Roy , Gouverneur des Ville et Cita-
delle de Verdun , et Païs Verdunois , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Loüis , et ancien Che-
valier d'Honneur du Parlement de Metz , avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Janvier
1695. mourut à Paris dans le Monastere de
Port- Royal , âgée de 68. ans. Elle étoit Fille
de Georges de Mouchy , Marquis d'Hocquin-
Court , Chevalier des Ordres du Roy , Lieute
I. Val.
nang
230 MERCURE DE FRANCE
nant General de ses Armées , Grand-Bailly et
Gouverneur de Peronne , Montdidier et Roye ,
mort au mois de Décembre 1689. et de Dame
Marie Molé de Jusanvigny , morte le 21. Jan-
vier 1694. Il ne lui restoit plus qu'une Fille , qui
est D. Pauline- Corisande de Pas- Feuquieres ,
née le 19. Janvier 1704. et mariée le 30. Jan-
vier 1720. avec Joachim Adolphe de Seigliere
Marquis de Soyecourt , Chevalier de l'Ordre
Militaire de Saint Louis , Brigadier des Armées
du Roy , ci-devant Colonel du Regiment de
Bourgogne.
Le 9. Jean-Jacques du Bergier , Seigneur des
Salles , et de Montaumer , Gentilhomme Ore
dinaire du feu Duc d'Orleans , mourut à Paris
en la Maison des PP. de la Doctrine Chrétien-
ne , dans un âge fort avancé.
Il étoit Fils de
Jean-Jacques Bergier , Seigneur des Salles , et
de Marie de Machaut , et veuf de Marie Gene-
viéve Routtier, morte le 24. Janvier 1731. âgée
de 74. ans, Fille de Michel Routtier Payeur des
Rentes de l'Hôtel de Ville de Paris , et de Ge
nevieve Lalleman.
Le 11. Augustin de la lacquerie de Simphalle,
natif de Beauvais en Picardie , Chanoine-Dia-
cre de l'Eglise Métropolitaine de Paris,mourut âgé
de 84.ans comple:s moins un jour, étant né le 12.
May 1653. Il étoit petit Neveu du célebre Clau-
de Joly , Chantre , Chanoine et Official de Pa-
ris , mort le 16. Janvier 1700. dans la 94 an-
née de son âge , qui lui avoit resigné avant sa
mort son Canonicat , auquel il fut reçû le 25.
du même mois de Janvier. Il étoit auparavant
Chanoine et Théologal de l'Eglise de Tournay.
Claude Joly avoit succedé en 1631. dans ce Ca
nonicat à Gui Loysel , son Oncle ; celui- ci à
I. Vol.
Arnoul
JUIN.
17370
1231
Arnoul du Mesnil , son grand Oncle en 1590.
et ce dernier à Paul du Mesnil , son Frere , en
$ 178 . ainsi il y avoit 159. ans que ce Bénéfice
étoit dans cette Famille.
Le 12. D. Catherine Turgot de Saint Clair ;
Epouse de Claude-Charles Hatte de Chevilly
Brigadier des Armées du Roy , Chevalier de
l'Ordre Militaire de S. Louis , et ci-devant Ca-
pitaine au Regiment des Gardes Françoises , et
auparavant veuve de Gilles d'Aligre , Seigneur
de Boislandry et de Beauvoir , Conseiller au
Parlement de Paris , decédé le 12. Avril 1711 .
mourut à Paris après 6, mois d'une maladie de
langueur, âgée d'environ 65. ans , sans laisser
d'enfans. Elle étoit fille de feu Antoine Turgot ,
Seigneur de S, Clair , Lanteuil , le Ménil-Gon-
douin
Belon , Sainte Honorine , &c. mort
Sous-Doïen des Maîtres des Requêtes de l'Hôtel
du Roy , le 15. Février 1713. et de feuë D,
Jeanne du Tillet , morte le 12 May 1728,
Le 13. Sœur Angelique de Lanfernat , sur
nommée de Tous - les- Saints , Religieuse, Ursuli-
ne du Convent de Crevant , ou Cavant en Au-
xerrois, mourut dans ce Monastere, âgée de plus
d'un Siécle. Elle étoit fille afnée de Charles de
Lanfernat , Ecuyer , Seigneur de la Jaque mi-
niere , et des Bards , et de D. Claude-Marie du
Plessis de la Perrine , Dame d'Asnieres , quifu
rent mariés par Contrat du 28. Décembre 1635,
Elle fur ondoyée au Château de la Jacquemi-
niere au Perche , et baptisée peu de jours après
dans l'Eglise de Moncorbon , le jour de Noël
?
25. Décembre 1636. Elle avoit deux Sœurs ca-
dettes , Religieuses au Convent des Ursulines de
Crevant , où elles sont mortes en reputation de
Sainteté ,
gées de plus de 80. ans, Elle prit à
J. Vol.
Jeug
1232 MERCURE DE FRANCE
leur exemple le même parti ; et après son No-
viciat , elle fut admise à la Profession le s. No-
vembre 1662. Elle a édifié , pendant sa vie
1
toute la Communauté par ses vertus , et par sa
régularité à remplir les Observances de son état,
dont elle ne s'estjamais relâchée , même dans sa
vieillesse la plus avancée. Feu Edme de Lanfer-
nat , son frere , Seigneur de la Jacqueminiere et
d'Asnieres , mort au mois d'Octobre 1718. a
laissé de Catherine Sauvat , qu'il avoit épousée
Je 9. Juin 1676, et du chef de laquelle il étoit
devenu Seigneur de Villars , Paroisse de Cham-
pignelles près de S. Fargeau en Puisaye ; entre
autres Enfans , Jean
·
Baptiste de Lanfernat ,
Seigneur de Villars , marié avec Damoisel
le Guillaume de Marsangis , d'auprès de Sens ,
et Charlote de Lanfernat , mariée avec Joseph
de Montigny , Seigneur de Montigny- les-Has-
tes , Paroisse de Pereux. On a parlé de la Fa-
mille de Lanfernat dans le Mercure du mois
de Février 1731. p. 284 à l'occasion de la mort
de D. Louise- Marie de Lanfernat , Dame de
Courteilles- le-Guerin , du Teil , et de Cham-
moteux , Veuve de François de l'Osmone , Sei-
gneur du Bois-de- la-Pierre , Exempt des Gardes
du Corps du Roy , et Chevalier de l'Ordre de
S. Louis , laquelle s'étoit fait connoître par son
talent pour la Poësie , et par les Recherches et
Mémoires qu'elle avoit faites sur l'Histoire de
Normandie.
Le 14 May , Louis de Rochechouart, Seigneur
de Montigny et du Monceau , qui avoit servi
dans sa jeunesse en qualité d'Enseigne , et en-
suite de Lieutenant des Galeres , mourut dans
son Château de Montigny , dans la Forêt d'Or-
leans , âgé de 72. ans 10 mois. 11 étoit fils
I. Vol.
d'Isaac
du Roi.
JUIN.
1737.
1233
Isaac- Louis de Rochechouart , Seigneur de
Montigny, de la Brosse et du Monceau , Baron
de Loury dans la Forêt d'Orleans, mort en 1683.
et de Françoise le Conquerant , sa premiere fem-
me , et il avoit épousé en 1692. Elizabeth de
Cugnac , fille de Philipe de Cugnac , Baron de
Jouy en Beauce , et d'Elizabeth de Morain-
ville, Il en laisse Louis-Philipe-Esprit-Juvenal
de Rochechouart, Chevalier des Ordres de N.D.
du Mont Carmel , et de S. Lazare de Jerusalem,
Capitaine dans le Regiment de la Reine Infan-
terie; Pierre-Jules-César de Rochechouart, Evê-
que d'Evreux , sacré le 15. Février 1734. Jo-
seph de Rochechouart , et Louise Elisabeth de
Rochechouart , mariée le 10. Décembre 1731.
avec Henri Lambert d'Herbigny , Marquis de
Thibouville , ci-devant Mestre de Camp du Re-
giment de Dragons de la Reine.
Le 17. D. Marguerite de Lalive , veuve depuis
le 17. Juin 1731. de Jean Martial de Jaucen de
la Perriére, Seigneur de Crosne , et de Noisy sur
Seine,Conseiller-Secretaire du Roi, Maison,Cou-
ronne de France et de ses Finances , ancien Re-
ceveur general des Finances de Flandres , et an-
cien Fermier general , mourut en son Châ-
teau de Crosne , âgée d'environ 84. ans , lais-
sant 2. filles,qui sont D. Marie Anne de Jaucen,
veuve de Pierre Larcher , Marquis d'Arey , et
de Vindici, Seigneur d'Avrilly , Bailli d'Epée de
Vermandois , et Président en la Chambre des
Comptes de Paris , et D. Marguerite Françoise
de Jaucen, épouse de François- Louis - Martial de
Montiers , Comte de Merinville , Vicomte de
Brigueil , Baron de Montrocher , et de Château-
brun, Capitaine-Lieutenant de la Compagnie des
Gendarmes de la Reine , et Brigadier des Armées
Lo
234 MERCURE DE FRANCE
Le 27. La Dlle Lucas , fille aînée de feu An-
toine-Jean Lucas , Seigneur de Romeval , et de
Neuvirelle , Conseiller en la Grand'Chambre du
Parlement de Paris mort le 7. Décembre 1728.
et de D. Anne Magdelaine Loyseau , sa veuve ,
mourut
>
âgée de 21. ans ou environ .
Le 29. Alexis Paneau , Conseiller-Secretaire da
Roi,Maison,Couronne de France et de ses Finan.
ces, Honoraire , et ancien Directeur general des
Aydes et Entrées de la Ville de Paris, aussi ancien
Payeur des Rentes de l'Hôtel de Ville , mourut
dans la 100e. année de son âge , étant né au mois
de Juillet 1637. Il avoit été marié 1º. avec Vic-
toire Elian , Femme de Chambre des Enfans de
France , morte le 22. Septembre 1694. 2 ° avec
Jeanne- Angelique le Vaillant , sœur de François
le Vaillant , Conseiller au Grand Conseil. Il
laisse de celle-ci 2. filles qui ne sont point ma-
riées , et de la premiere un fils apellé le sieur
d'Arty, qui lui a succedé dans l'Emploi de Di-
recteur General des Aydes et Entrées de Paris ,
et qui a épousé une des filles de Louis Guillau-
me , Ecuier , Sieur de Fontaine, Commissaire et
Controlleur de la Marine au Département de
Flandres et de Picardie , et de Marie Armande
Carton.
Le premier Juin , D. Marie- Thérese Colbert ,
veuve depuis le 6. Novembre 1725. de Jacques
Eleonor Rouxel, Comte de Medavy et de Gran-
cey , Maréchal de France , Chevalier des Or-
dres du Roi , Gouverneur de la Ville et Princi-
pauté de Sedan, avec lequel elle avoit été mariée
le 12. Juin 1685. mourut à Paris , âgée de 68 .
ans , sans laisser d'enfans. Elle étoit fille d'E-
douard-François Colbert , Comte de Maulevrier,
Baron de la Frogerie &c. Chevalier des Ordres
da
I. Vol.
JUIN.
1737.
1235
du Roi , Lieutenant General de ses Armées , or
Gouverneur des Ville et Citadelle de Tournay
>
mort le 31. Mai 1693. et de Marie Magdelaine
Bautrude Serrant , morte le 10. Mars 1700.
Le même jour D. Louise - Emilie de la Tour
d'Auvergne, ancienne Abbesse de l'Abbaye Roya
ie de Montmartre-lès- Paris , mourut dans le
Monastere du Prieuré du Cherchemidi , où elle
s'étoit retirée, dans la 70. aunée de son âge . Elle
étoit Professe de l'Abbaye de N. D. de Soissons,
de l'Ordre de S. Benoît, elle fut nommée au mois
de Février 1707. Abbesse de S. Remy de Villers-
Côte-Rets , du même Ordre , Diocèse de Sois-
sons,d'où elle fut transferée au mois de Novem-
bre 1727. à celle de Montmartre , dont elle
donna sa démission au mois de Février 1735.
Elle étoit fille de Frédéric- Maurice de la Tour ,
Comte d'Auvergne et d'Oliergues , Marquis de
Lanquais, Colonel Général de la Cavalerie Lé
gere de France , Lieutenant Général des Armées
du Roy , Gouverneur et Sénéchal du haut et bas
Limosin , mort le 23. Novembre 1707. et de
Henriette- Françoise de Hohen- Zollern , Mar-
quise de Berg-op - Zoom , sa premiere femme
morte le 17. Octobre 1698.
Le 7. Avril , pâquit dans le Château de Wailly
Marie Anne Christiane Josephine, fille premiere
née de Louis Ferdinand Joseph de Croy , Duo
d'Havré , et de Croy , Prince du Saint Empire ,
Grand d'Espagne de la premiere Classe, Châtelain
heréditaire de Mons , Marquis de Thie-le Châ-
teau,&c. Colonel du Régiment de la Couronne,
et de D. Marie- Louise Cunegonde de Montmo-
rency-Luxembourg , mariés le 16. Janvier de
Pannée derniere 1736. elle fut baptisée le lende-
I
main
1236 MERCURE DE FRANCE
main 8. par l'Evêque d'Amiens dans l'Eglise pa,
roissiale de ce lieu au bruit de plusieurs déchar
ges de canon. Les Parain et Maraine furent
Louis Christian de Montmorency - Luxembourg,
Comte Souverain de Luxe , Comte de Beau-
mont , Seigneur de Dollor , Maréchal de France ,
Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant Gene
ral au Gouvernement de Flandres , et Gouver
neur de Valenciennes
la baptisée.
Ayeul maternel
"
et
D. Marie-Anne Cesarée Lanti, Duchesse Dožiai-
riere d'Havré , et de Croy , Ayeule paternelle de
Quelques semaines après cette cérémonie , il
y eut dans les Jardins du Château de Wailly un
fort -beau feu d'artifice , qui fut tiré entre 9. et
10. heures du soir avec beaucoup de succès. Il
fut accompagné d'une illumination d'environ
3000. lampions dont toutes les fenêtres du Châ-
teau étoient entourées ; quantité de piramides
sur les bords d'un Canal , qui passe au milieu
du jardin , étoient aussi garnies de lampions ,
et formoient par la reverberation de leur lumie
re dans le canal un objet fort charmant à la vûë,
Plusieurs personnes de la premiere distinction
de la Province , se trouverent à cette fête.
Le premier Avril dernier , D. Joachim- An
toine Ximenès , Marquis d'Ariza , et de la Guar-
dia , Amirante heréditaire du Royaume d'Arra-
gon , Grand d'Espagne de la premiere Classe ,
veuf de feie. D. Rose Perez de Gusman Bueno
Sylva et Mendoza , épousa dans la Chapelle
du Château de Wailly à 4. lieues d'Amiens en
Picardie , Dlle Marie Anne. Charlotte de Croy,
âgée d'environ 20. ans, seconde fille de feu Jean-
Baptiste Erançois Joseph.de Croy , Duc d'Ha
J Vol.
γκέ
JU IN.
1737.
1237
ré et de Croy , Marquis de Wailly , Prince de
l'Empire, Grand d'Espagne de la premiere Clas-
se , mort le 24. Mai 1727. et de D. Marie An-
ne Cesarée Lanti , sa veuve , Duchesse Douai-
riere d'Havré et de Croy. La cerémonie des Fian
çailles , et des Epousailles fut faite par Louis-
François d'Orleans de la Mothe , Evêque d'A-
miens.
Et Mariages.
Le 28. Mars D. Henriette-Louise de Beauvau, veuve depuis le 10. Juin 1727. de Henri
de Choiseul-la Riviere , apellé le Marquis de
Choiseul , Comte de la Riviere , Chevigny ,
I. Vol .
Hiiij
1218 MERCURE DE FRANCE
et Couloutre , Vicomte de Bouconville , Ba
ron de Lux , Seigneur de Giry , Chassy , Briga-
dier des Armées du Roy, ancien Mestre de Camp
du Regiment de la Reine Cavalerie, avec lequet
elle avoit été mariée le 28. Avril 1711. mou-
rut à Paris , âgée d'environ 51. ans. Elle étoit
Fille puinée de Gabriel - Henri de Beauvau ,
Marquis de Montgauger , Comte de Crissé ,
ci- devant Capitaine des Gardes de feu Phi-
lipe , Fils de France , Duc d'Orleans , et de feuë
Marie- Angelique de Saint André , sa premiere
Femme. Elle laisse pour Fils unique César - Ga-
briel de Choiseul- la- Riviere, Comte de la Rivie-
re , apellé le Marquis de Choiseul , né le 14.
Août 1712. Mestre de Camp de Cavalerie, Sous-
Lieutenant de la Compagnie des Chevau Le-
gers Dauphins , du 25. Mars 1734. et aupara➡
vant Cornette de celle des Chevau - Legers de
Berri , dont le mariage avec Marie de Champa-
gne de Villaines est raporté dans le Mercure du
mois de May 1732. p. 1022.
Le 31. D. Louise - Henriette - Françoise de
Lorraine ,Duchesse Douairiere de Bouillon , Fille
aînée d'Anne- Marie- Joseph de Lorraine , Com .
re et Prince de Guise sur Moselle , et de feuë D.
Marie-Louise- Christine de Castille
·
Heritiere de Montjeu , morte le 11.Janv. 1736.
mourut à Paris , après une longue maladie de
poitrine , âgée de 30. ans. Elle avoit été mariée
le 21. Mars 1725. avec Emmanuel - Théodose
de la Tour , Duc de Bouillon , Vicomte de Tu-
renne, Duc d'Albret,et de Châteauthierry, Com-
te d'Auvergne , d'Evreux et du bas Armagnac ,
Baron de la Tour et de Mongaçon , &c. Pair ,
et ci -devant Grand Chambellan de France, Gou-
verneur et Lieutenant General du haut et bas
I. Vel,
Jeannin,
Auvergne
JUIN.
née le 20. Décembre 1728.
1737.
1219
Auvergne , mort le 17. May 1730. Elle étois
sa quatriéme Femme. Elle laisse de lui une Fille,
Le 1. Avril Jean- Luc, de Lauzieres, Marquis
deThemines- Cardailhac, Mestre de Camp de Ca-
valerie, par Brevet du premier Décembre 1718.
Gouverneur des Ville et Château de Dommes
en Perigord , par Provisions du 1. Juin 1721.
et Gentilhomme de la Chambre du Duc d'Or- .
leans , par autres Provisions du 5. Mars 1724.
mourut à Paris , âgé de 63. ans. Il avoit été
Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem ,
dont il quitta la Croix , lorsqu'il se maria le
13. Novembre 1730. avec Angelique - Sophie
d'Hautefort , Fille de feu Charles-Louis d'Hau-
tefort, Marquis de Surville , Lieutenant General
des Armées du Roy , et de Louise de Crevant-
d'Humieres. Le Duc d'Orleans lui accorda alors
une pension de 4000. livres pour le dédomma-
ger de la perte d'une de 3000. livres qui lui
avoit été accordée sur l'Evêché de Perigueux. le
11. Janvier 1721. Il étoit Fils puiné de feu
Henri de Lauzieres , Seigneur de Saint Beaulize,
et du Bosc , et de Marie de Nogaret de Tre-
lans. Le Duc d'Estrées , dernier mort , lui avoit
fait une donation entrevifs de plusieurs Terres
et Seigneuries provenantes de la Maison de Lau-
zieres-Themines , le 11. May 1721. Elles lai
furent disputées par les Soeurs du Donataire ,
mais il fut confirmé dans la proprieté , posses-
sion et jouissance de ces Terres , par Arrêt
contradictoire du Parlement de Toulouse du 29.
May 1728 .
Le 3. D. Cecile- Catherine de Falconis , Dame
d'Auvilliers , Veuve d'Antoine d'Amanzé, Com-
se de Choffailles en Mâconnois , Seigneur d'Ar-
I. Vel
Hr singes
1220 MERCURE DE FRANCE
singes , de Vize , de Ballemont , de Saint Ger-
main de la Montagne, &c. avec lequel elle avoit
été mariée le 17. Juin 1705. mourut à Paris ,
âgée d'environ fr. ans, laissant un Fils âgé de 20.
ans › et une Fille plus jeune. Elle étoit Fille de
Pierre -Louis de Falconis , Seigneur d'Auvilliers-
et de Lierval , mort le 17. Mars 1692. et d'Eli-
zabeth de Monthelon , morte au mois de Jan-
vier 1729.
Le 4. Leonor-Hubert de Grivel , Marquis
d'Ouroy , Colonel d'un Regiment d'Infanterie
de son nom , ci- devant de Vendôme par Com--
mission du 27. Juin 1726. Fils aîné de Paul
de Grivel
?
Comte d'Ouroüer , en
1
Berri
qu'on prononce Ouroy) de Grossauve, &c..
autrefois Mestre de Camp- Lieutenant du Regi-
ment d'Anjou Cavalerie , et de feuë Dame Mar-
guerite-Françoise le Bourgoing de Faulin , dont
on a annoncé la mort dans le Mercure du mois.
de May 1736. p. 1032. mourut à Paris , âgé
de 28. ans , et sans avoir été marié.
Le 9: Nicolas-Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , de Palaiseau et de Champlant , Bri--
gadier des Armées du Roy , ci- devant Lieute-
nant General , et Commandant pour S. M. au
Gouvernement de l'Isle de France et Soisson-
nois, mourut à Paris âgé de 74. ans ri. mois,
Son Corps fut aporté le 11. au soir de Saint Sul-
pice , sa Paroisse , à Saint Merry , où il a étés
inhumé dans la Chapelle de, sa Famille. Son
Coeur a été porté à Palaiseau . Il avoit été d'a→
bord Capitaine dans le Reginent du Roy. Il fut
fait ensuite Colonel de celui de Hainaut au mois
de Septembre 1684. H servit à la tête de ce Re-
giment en Savoye sous le Maréchal de Ca-
anat , et il se distingua à la Bataille de la Staf
I. Voli
-farde
JUIN.
1737.
1221
farde en Piémont le 18. Août 1690. Il eut le
Regiment d'Artois au mois de Septembre 1692
et il fut fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars
1693. Il alla au mois de Mars 1699. à Bruxel-
les , avec le caractere d'Envoyé Extraordinaire
du Roy vers le feu Electeur Duc de Baviere ,
pour le complimenter sur la mort du Prince
Electoral , son Fils. Il étoit Fils aîné de feu Si
mon Arnauld , Marquis de Pomponne , Minis-
tre d'Etat , et Sur- Intendant General des Postes
et Relais de France , ci-devant Secretaire d'Etat
ayant le Département des Affaires étrangeres ,
mort le 26. Septembre 1699: à l'âge de 81. ans,
et de Catherine- Renée Ladvocat , morte le 31.
Décembre 1711. à l'âge de 75. ans , Sœur aînée
de Charlote- Renée l'Advocat , Veuve du Mar
quis de Vins , actuellement vivante. Le Marquis
de Pomponne , qui vient de mourir , étoit Fre
re de l'Abbé de Pomponne , Conseiller d'Etat
Ordinaire , et Chancelier des Ordres du Roy ,
et de la Marquise de Torcy-Colbert ; il avoit
été marié le 11. Mars 1694 avec Constance de
Harville de Palaiseau , Fille de feu François de
Harville des Ursins , Marquis de Palaiseau , de
Doué et de Trainel, Chevalier de l'Ordre du Roi,
Maréchal de Cap de ses Armées, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de Charleville,et de Monto-
himpe , mort le 12 Octobre 1701 et de feuë
Anne de Comans d'Astry , sa seconde Femme ,
morte au mois d'Août 1693. Il avoit eu d'elle
Henri Charles Arnauld , Comte de Pomponne ,
mort le trente Juillet 1711. âgé de quator-
ze ans ; Jean Baptiste - François - Felix Ar-
nauld de Pomponne, mort dans la 10. année de
son âge , le 22% Avril 1713 et Catherine- Cons "
tance-Emilie Arnauld de Pomponne , restée Fille
IA-Foto-
H-vj
miques
1220 MERCURE DE FRANCE
"
singes , de Vize , de Ballemont , de Saint Ger-
main de la Montagne, &c. avec lequel elle avoit
été mariée le 17. Juin 1705. mourut à Paris
âgée d'environ fr. ans,laissant un Fils âgé de 20.-
ans , et une Fille plus jeune. Elle étoit Fille de
Pierre-Louis de Falconis , Seigneur d'Auvilliers-
et de Lierval , mort le 17. Mars 1692. et d'Eli-
zabeth de Monthelon , morte au mois de Jan-
vier 1729.
Le 4. Leonor-Hubert de Grivel , Marquis
d'Ourey , Colonel d'un Regiment d'Infanterie
de son nom , ci- devant de Vendôme par Com--
mission du 27. Juin 1726. Fils aîné de Paui
de Grivel , Comte d'Ourouer
en
Berri 9
qu'on prononce Ouroy) de Grossauve, &c..
autrefois Mestre de Camp- Lieutenant du Regi-
ment d'Anjou Cavalerie , et de feue Dame Mar-
guerite -Françoise le Bourgoing de Faulin , dont
ön a annoncé la mort dans le Mercure du mois.
de May 1736. p. 1032. mourut à Paris , âgé
de 28. ans, et sans avoir été marié.
Le 9. Nicolas- Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , de Palaiseau et de Champlant , Bri--
gadier des Armées du Roy , ci-devant Lieute-
nant General , et Commandant pour S. M. au
Gouvernement de l'Isle de France et Soisson-
nois, mourut à Paris âgé de 74. ans ri. mois,
Son Corps fut aporté le 11. au soir de Saint Sul-
pice , sa Paroisse , à Saint Merry , où il a été
inhumé dans la Chapelle de, sa Famille. Son
Coeur a été porté à Palaiseau. Il avoit été d'a—
bord Capitaine dans le Reginent du Roy. Il fut
fait ensuite Colonel de celui de Hainaut au mois
de Septembre 1684. H servit à la tête de ce Re-
giment en Savoye sous le Maréchal de Ca-
nar , et il se distingua à la Bataille de la Staf-
I. Vali
farde
JUIN.
farde en Piémont le
1737.
1221
18. Août 1690. Il eut le
Regiment d'Artois au mois de Septembre 1692
et il fut fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars
1693. Il alla au mois de Mars 1699. à Bruxel
les , avec le caractere d'Envoyé Extraordinaire
du Roy vers le feu Electeur Duc de Baviere ,
pour le complimenter sur la mort du Prince
Electoral , son Fils. Il étoit Fils aîné de feu Si
mon Arnauld , Marquis de Pomponne , Minis-
tre d'Etat , et Sur - Intendant General des Postes
et Relais de France , ci-devant Secretaire d'Etat
ayant le Département des Affaires étrangeres ,
mort le 26. Septembre 1699 ; à l'âge de 81. ans,
et de Catherine- Renée Ladvocat , morte le 31.
Décembre 1711. à l'âge de 75. ans , Sœur aînée
de Charlote- Renée l'Advocat , Veuve du Mara
quis de Vins , actuellement vivante. Le Marquis
de Pomponne , qui vient de mourir , étoit Fre→
re de l'Abbé de Pomponne , Conseiller d'Etat
Ordinaire , et Chancelier des Ordres du Roy ,
et de la Marquise de Torcy-Colbert ; il avoit
été marié le 11. Mars 1694 avec Constance de
Harville de Palaiseau , Fille de feu François de
Harville des Ursins , Marquis de Palaiseau , de
Doué et de Trainel, Chevalier de l'Ordre du Roi,
Maréchal de Cainp de ses Armées, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de Charleville,et de Monto-
himpe , mort le 12 Octobre 1701 et de feuë
Anne de Comans d'Astry , sa seconde Femme ,
morte au mois d'Août 1693. Il avoit eu d'elle
Henri Charles Arnauld , Comte de Pomponne ,
mort le trente Juillet 1711. âgé de quator-
·
ze ans ; Jean Baptiste - François- Felix Ar-
nauld de Pomponne, mort dans la 10. année de
son âge , le 22 Avril 17136 et-Catherine- Cons
tance- Emilie Arnauld de Pomponne , restée Fille
Is-Vols-
Hivj
miquet
1222 MERCURE DE FRANCE
unique, mariée le 25 Juin 1715. avec Jean-Joa-i
chim Rouault , Comte de Cayeu , aujourd'hu
Marquis de Gamaches, et Maréchal de Camp des
Armées du Roy.,
Le 12. Philipe Hecquet , Docteur-Regent, an-
cien Professeur , et ancien Doyen de la Faculté
de Médecine de Paris , connu par plusieurs Ou-
vrages de sa Profession , qu'il avoit rendus pu-
blics mourut âgé de 74. ans. Il avoit quité
•
depuis 1o. ans l'exercice de la Medecine , il s'é-
toit retiré dans l'Enclos du Convent des Car-
melites du Fauxbourg S. Jacques. On prétend
qu'il y avoit 30. ans qu'il n'avoit mangé de
viande , ni bû de vin .
Le 13. Nicolas Henin , Conseiller du Roy ea
son Grand Conseil , où il avoit été reçû le s .
May 1688. mourut après avoir été trois jours
entiers en apoplexie létargique.
Il étoit âgé de
82. ans 11. mois 10. jours , étant né le 3. May
1654. Il étoit veuf d'Anne- Henriette Brice
dont il laisse deux Fils et une Fille , ainsi qu'on
l'a raporté en annonçant la mort de cette Da-
me dans le Mercure du mois de Novembre
1734. P. 1530.
Le 26. Louis le Goux de la Berchere , Comte
de la Rochepot , Marquis de Santenay , Baron de
Thoisy, Seigneur de la Berchere , Conseiller d'E-
tat ordinaire , mourut à Paris subitement en alg
lant se mettre à table pour dîner. Il étoit dans la
61. année de son âge , étant né le 10. Octobre
1676. il avoit été successivement Conseiller au
Parlement de Paris le 14.Janvier 1699. Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy le 29
Juillet 1703. et Chancelier et Garde des. Sceaux
de Charles de France , Duc de Berri , le 11. Dé-
sembre 1710. Il perdit cette Charge à la mort de
1. Velo
JUIN.
1737.
1223
ce Prince , et ayant été fait Conseiller d'Etat au
mois de May 1715. il se démit de celle de Maî
tre des Requêtes , et obtint des Lettres d'Hono-
raire le 22. Juin de la même année. Il étoit veuf
sans enfans depuis le 16. Mars 1729. de Magde-
leine-Charlotte Voisin , fille aînée du feu Chan-
celier de France de ce nom , et fils de feu Urbain
le Goux de la Berchere , Marquis de Santenay ,
&c. Maître des RequêtesHonoraire de l'Hôtel du
Roy , ci-devant Intendant successivement à
Moulins , à Riom , à Montauban et à Rouen ,
mort le 30. Août 1721. à l'âge de 79. ans , es
d'Antoinette le Févre d'Eaubonne , morte le 29%
Décembre 1708. âgée de 17. ans.
Le 27. Jean- Baptiste Poncy de Neuville , Prê-
tre, mourut à Paris dans la 39. année de son
âge. Les heureux talens dont il étoit orné , le
font universellement regretter , comme un sujet
également utile à la Religion qu'il a défendue
avec un zele infatigable par ses éloquents et so
lides Sermons ; et à la République des Lettres ,
qu'il a enrichie de plusieurs Ouvrages poëtiques
qui ont mérité plus d'une fois d'être couronnés .
dans l'Académie des Jeux Floraux. Il étoit d'ail
leurs autant estimable par les qualités du cœur
que par celles de l'esprit. Il prononça l'année
derniere avec beaucoup de succès dans l'Eglise
des R R. PP. de l'Oratoire , le Panégyrique de
S. Louis , en présence de deux célebres Acadé
mies. Il a aussi prêché plusieurs Sermons dans
l'Eglise Paroissiale de S. Sulpice et dans d'autres
Eglises de la Ville . Un redoublement de zele
pour les devoirs de son Ministere dans les cir-
constances de la fin du Carême , lui a causé la
maladie qui l'a enlevé en très-peu de jours.
Le même jour D. Jeanne-Louise d'Herbouville
I. Vd.
épouse
1224 MERCURE DE FRANCE
épouse de Charles de Houdetot , dit le Comte de
Houdetot , Chevalier Seigneur de Fontaines-le-
Châtel , de S. Germain des Essours , des Autieux,
&c. son cousin paternel et maternel du 3. au 4.
mourut après une courte maladie d'un abcès dans
la tête , à Paris dans la 26. année de son âge ,
étant née le s. Décembre 1711. elle étoit fille
d'Adrien , Marquis d'Herbouville , Chevalier-
Seigneur de S. Jean du Cardonnay , la Cour-le-
Comte , la Gaillarde , le Bourgdun , Luneray ,
S Pierre le Vieux , Baron de Longueval , Lagny,
fe Marqué , Bellan , &c. ci - devant premier Ea-
seigne de la Compagnie des Gendarmes de la
Garde du Roy , Mestre de Camp de Cavalerie ,
er de D. Françoise- Chrétienne Dauvet des Ma-
rets ; elle laisse un garçon et une fille en bas àge,
n'ayant été mariée qu'au mois de Novembre
1731. c'étoit la cinquiéme alliance réciproque
que ces deux Maisons , qui sont d'une ancienne
Noblesse de Normandie , avoient faites entre-el-
les. La Généalogie de celle de Houdetot est rå-
portée dans le Tome VIII.des Grands Officiers de
la Couronne , au Chapitre des Grands-Maîtres
des Arbalêrriers , page 16. Ses Armes sont d'ar-
gent à une bande d'azur , chargée de trois anne
lets d'or remplis , celui du milieu d'un Lion ,
les deux autres d'une Aigle à deux têtes , et Dia-
prée d'or. Herbouville porte de gueules à une
Fleur de Lys d'or.
Le nommé Félix de la Mata , mourut le 28.
Avril à Pampelune , âgé de 125. ans ; il s'étoit
marié à l'âge de 110. ans pour la troisième fois,
et il a eu trois enfans de sa derniere femme.
et.
Le 29. Dile Marie Cousinet , Dame.de Boisro-
ger , fille de Robert Coasinet , Maître ordinaire
en-l Chambre des Compres de Paris , mort le
JUIN.
L. Vol
1737.
1225
36. Août 1701. et de Di Elizabeth-Catherine
Rousselet , morte le premier May 1694. mourut
d'une fluxion de poitrine à Paris , dans un âge
avancé , sans avoir été mariée..
Le même jour François Gacon , ancien Avocat
au Parlement de Paris , où il avoit été immatri-
culé le 4. Février 1698. et l'un des grands Con-
sultans du Palais , mourut âgé d'environ 63 ans.
Le même jour D. Jeanne-Margueritte de Bre-
han , veuve depuis le 27. Mars 1713. de Charles,
Marquis de Sévigné , Seigneur des Rochers ,
Lieutenant pour le Roy de la Ville de Nantes et
Comté Nantois, et auparavant Sous-Lieutenant
de la Compagnie des Gendarmes Dauphins, avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Fevrier
1-684. mourut à Paris, sans enfans , âgée de 69.
ans. Elle étoit sœur de Jean- François Amalrie
de Bréhan , Comte de Mauron et de Plélo , Sei-
gueur de Galinée , ci-devant Conseiller au Par-
fement de Bretagne ; tous deux enfans de Mau-
rille de Breban , aussi Comte de Mauron et de
Plélo , et de D. Louise de Quelen. Feu Charles?
Marquis de Sévigné , étoit frere de feuë Fran-
go:se -Marguerite de Sévigné , troisiéme femme.
de François Adhemar de Monteil de Castelane ,
Comte de Grignan , Chevalier des Ordres du
Roy ,, et seul Lieutenant General au Gouverne
ment de Provence, morte le 13. Août 1705. tous
deux enfans de Henry , Marquis de Sévigné, Sei-
gneur des Rochers , Maréchal des Camps et Ar
mées du Roy, et Gouverneur de la Ville de Fou-
geres en Bretagne , qui fut tué en 1651. dans un
combat singulier contre le Chevalier d'Albret ,,
et de Marie de Rabutin de Chantal , morte au
mois de May 1696. après s'être renduë celebre
par son esprit et par ses Lettres à la Comtesse de
Grignan ,
1226 MERCURE DE FRANCE
Grignan , sa fille , dont on a donné un Recueil
au Public en 1734. en 6. vol. in 12.
Le 2. May Antoine- Simon le Courtois , Ecuyer
Seigneur d'Avery et de Chome , ci-devant Con
trôleur Géneral des Fermes de Languedoc , ze.
Fils de feu Pierre le Courtois , Ecuyer Conseil-
ler au Siege Présidial de Troyes , et de Margue-
ritte Laigneau , mourut à Paris , laissant de D.
Marthe Ricaud, sa femme, Jacques le Courtois
d'Averly , Conseiller en la Cour des Aydes de
Paris , où il a été reçû le 10. May 1735.
Le 3. mourut subitement à Paris à l'Hôtel de
la Bibliotheque du Roy , âgé de 78. ans , Louis
de Targny , Prêtre du Diocèse de Noyon , Doc-
teur en Théologie de la Faculté de Paris , du 22.
Septembre 1688. l'un des Gardes de la Biblio-
theque du Roy , depuis le mois de Janvier 1712.
et Abbé Commandataire de l'Abbaye de S. Lo ,
Ordre de S. Augustin , Diocèse de Coutances
qu'il avoit obtenuë le 13. May 1724. en remet-
tant celle de Sainte Marie d'Obasine , Ordre de
Citeaux , Diocèse de Limoges , qui lui avoit été
accordée le 17. Octobre . 1723. il s'étoit démis il
y avoit environ 18. mois de la Dignité de Chan-
tre de l'Eglise Métropolitaine de Rheims ,et avoit
été autrefois Principal du College de Dainville.
François Sévin , Pensionnaire depuis 1726. de
l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-
Lettres , dans laquelle il avoit été reçû Eleve dès
1711. et ensuite Associé en 1714. a cû la Place
de Garde de la Bibliotheque du Roy, vacante par
la mort de Louis de Targny ; il en faisoit les
fonctions depuis quelques années.
Le 3. Dom Etienne Richard , General de
l'Ordre des Chartreux , mourut à la grande Char-
treuse en Dauphiné, dans la 69. année de son
I. Val
âge,
JUIN 1737.
I. Vol.
1227
ge , et dans la 6. de son Géneralat , ayant été
élû le 3. Février 1732. il étoit alors Prieur de la
Chartreuse de Castres en Languedoc , et Visiteur
de la Province d'Aquitaine.Dom Michel de Lar-
nage Prieur de la Chartreuse de S. Hugon , a été
élu Géneral en son lieu et place.
Le 4. Ferdinand , Duc de Curlande , et de Se-
migalle , qui depuis deux à trois ans faisoit son
séjour le plus ordinaire à Dantzig , y mourut
dans la 82. année de son âge , étant né le 2. No-
vembre 1655. il étoit 4 fils de Jacques , Duc de
Curlande et de Semigalle , mort le 31. Décembre
1682.et de Louise-Charlotte de Brandebourg,
morte le 29. Août 1676. il avoit embrasse la
Religion Catholique en 1698. et il avoit été au-
trefois Lieutenant d'Artillerie des Troupes de
l'Electeur de Brandebourg et ensuite du Roy de
Pologne. Après la mort du Duc Frederic Casi-
mir , son frere aîné , arrivée le
22. Janvier .
1698. il eut la Régence et l'administration du
Duché de Curlande jusqu'en 1710. pendant la
minorité du Duc Frédéric Guillaume , son ne-
veu , qui mourut le 21. Janvier 1711. il devoit
être son successeur , étant le seul mâle qui restất
de sa Maison , mais Anne Juanowna , veuve de
son neveu , quoique sans enfans , garda ses Etats
jusqu'en 1730. qu'elle fut apellée au Trône de
la Monarchie de Russie ; ensorte qu'il ne reçut
l'investiture du Duché de Curlande et de ses dépen
dances du Roy de Pologne , que le 28. Février
1731. Il s'étoit marié le 25. Septembre 1730.
avec Jeanne- Magdelaine de Saxe , née le 17.
Mars 1708, fille de feu Jean- Georges , Duc de
Saxe-Weissenfels , et de Frederique- Elizabeth de
Saxe-Eysenach. Il n'en a point eû d'enfans , de-
sorte qu'en lui finit la Maison de Ketler , qui
avoit
1228 MERCURE DE FRANCE
avoit été investie du Duché de Curlande et de
Semigalle , le 5. Mars 1562. par Sigismond, Roy
de Pologne , en la personne de Gothard Ketler ,
Gentilhomme du Duché de Bergue , er dernier
Grand-Maître de l'Ordre des Chevaliers de Li-
vonie , Bisayeul du Duc qui vient de mourir.
Les Zacharie Morel, Seigneur de la Brosse en
Brie , et de S. Oüen , Conseiller et Doyen du
Parlement , et Doyen des Conseillers de la Ville
.de Paris , mourut dans la 84. année de son âge
et la sf . de sa Magistrature , ayant été reçû
Consciller au Parlement le 6. May 1682. il mon-
ta à la Grand'Chambre au mois de Novembre
1714. et en devint Doyen le 25. Avril 1735. I
étoit fils de Daniel Morel , Seigneur de Stain-
ville, Haussignemont, Courbevoye, & c. Conseil
ler-Secretaire du Roy et de ses Finances, et Maître
de la Chambre aux Deniers de S. M. mort le 12
Avril 1697. et d'Elisabeth Henryet, morte le 27
Décembre 1691. et il avoit épousé défunte Mi-
chelle-Angélique Titon , fille de feu Maximi-
lien Titon , Baron de Berre , Seigneur d'Ognon,
&c. aussi Secretaire du Roy , et de ses Finances ,
et Directeur General du Magazin des Armes de
S. M. et de feüe Marguerite Becaille. Il en laisse
un fils , qui a été ci- devant dans le Service Mi-
litaire , er deux filles , tous trois non mariés.
Le 6. D. Marie- Anne Boileau , veuve depuis le
20. Janvier 1710. de Philipe Gourdon , Consei
ler-Secretaire du Roy , Maison , Couronne de
France et de ses Finances, et Secretaire des Com-
mandemens de feue Dile Marie de Lorraine ,
Duchesse de Guise , mourut d'une fluxion de
poitrine , âgée d'environ 76. ans, laissant un fils.
Le 7. May , Jean-Baptiste-Jacques de Saint
Remy, Marquis de Cossé , Seigneur de la Motte-
L.Voli
Fouqué
JUIN.
1737.
1229
Fouqué de Montgoubert , &c. mourut en son
Château de la Motte , en Normandie , âgé d'en-
viron 67. ans. Il avoit épousé en 1700. Marie-
Therese-Nicole de Montgommery, fille de Fran-
çois , Comte de Montgommery , Chevalier de
l'Ordre du Roy, et de Marie- Louise de Grisson,
Dame de la Motte- Villebouzin , près de Long-
jumeau et du Mesnil. Elle mourut le 29. Mars
1733. il avoit eû d'elle deux enfans ; sçavoir,
Jean-Baptiste-François de S. Remy , mort le 25
Avril 1726. âgé de 23. ans , et Marie- Magde-
laine de S. Remy , aujourd'hui seule et unique
heritiere de sa Maison , qui fut mariée le 20
Décembre 1725. avec Guy- Antoine de S. Si-
mon, Marquis de Courtomer , Mestre de Camp
de Cavalerie , ci- devant Capitaine des Gardes
du Corps de feue la Duchesse de Berry , qui a été
dans sa jeunesse Chevalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , et qui devint en 1724. l'aîné de
sa Maison par la mort sans enfans de Jacques-
Antoine de S. Simon , son frere , Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil , Colonel du
Régiment de Soissonnois,
Le 8. D. Marie- Madelaine- Therese - Gene-
viéve de Mouchy d'Hocquincourt , Veuve depuis
le 27. Janvier 1711. d'Antoine de Pas , Mar-
quis de Feuquieres , Lieutenant General des Ar
mées du Roy , Gouverneur des Ville et Cita-
delle de Verdun , et Païs Verdunois , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , et ancien Che-
valier d'Honneur du Parlement de Metz , avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Janvier
1695. mourut à Paris dans le Monastere de
Port - Royal , âgée de 68. ans. Elle étoit Fille
de Georges de Mouchy , Marquis d'Hocquin-
Court , Chevalier des Ordres du Roy , Lieute
1. Val.
nang
*
1228 MERCURE DE FRANCE
avoit été investie du Duché de Curlande et de
Semigalle , le 5. Mars 1562. par Sigismond, Roy
de Pologne , en la personne de Gothard Ketler ,
Gentilhomme du Duché de Bergue , er dernier
Grand-Maître de l'Ordre des Chevaliers de Li-
vonie , Bisayeul du Duc qui vient de mourir.
Les Zacharie Morel, Seigneur de la Brosse en
Brie , et de S. Ouen , Conseiller et Doyen du
Parlement , et Doyen des Conseillers de la Ville
de Paris , mourut dans la 84. année de son âge ,
et la sf . de sa Magistrature , ayant été reçû
Conseiller au Parlement le 6. May 1682. il mon
ta à la Grand'Chambre au mois de Novembre
1714. et en devint Doyen le 25. Avril 1735. I
étoit fils de Daniel Morel , Seigneur de Stain-
ville, Haussignemont , Courbevoye, & c. Conseil
ler- Secretaire du Roy et de ses Finances, et Maître
de la Chambre aux Deniers de S. M. mort le 12
Avril 1697. et d'Elisabeth Henryet, morte le 27
Décembre 1691. et il avoit épousé défunte Mi-
chelle-Angélique Titon , fille de feu Maximi-
lien Titon , Baron de Berre , Seigneur d'Ognon,
&c. aussi Secretaire du Roy , et de ses Finances,
et Directeur General du Magazin des Armes de
S. M. et de feue Marguerite Becaille. Il en laisse
un fils , qui a été ci- devant dans le Service Mi-
litaire , er deux filles , tous trois non mariés.
Le 6. D. Marie- Anne Boileau , veuve depuis le
20. Janvier 1710. de Philipe Gourdon , Consei
ler-Secretaire du Roy , Maison , Couronne de
France et de ses Finances, et Secretaire des Com-
mandemens de feue Dile Marie de Lorraine ,
Duchesse de Guise , mourut d'une fluxion de
poitrine , âgée d'environ 76. ans, laissant un fils.
Le 7. May , Jean-Baptiste-Jacques de Saint
Remy, Marquis de Cossé , Seigneur de la Motte-
I Vol
Fouqué
JUIN.
1737.
1229
Fouqué de Montgoubert , &c. mourut en son
Château de la Motte , en Normandie , âgé d'en-
viron 67. ans. Il avoit épousé en 1700. Marie-
Therese-Nicole de Montgommery, fille de Fran-
çois , Comte de Montgommery , Chevalier de
P'Ordre du Roy, et de Marie- Louise de Grisson,
Dame de la Motte-Villebouzin , près de Long-
jumeau et du Mesnil. Elle mourut le 29. Mars
1733. il avoit cû d'elle deux enfans ; sçavoir
"
Jean- Baptiste-François de S. Remy , mort le 25
Avril 1726. âgé de 23. ans , et Marie- Magde-
Laine de S. Remy , aujourd'hui seule et unique
heritiere de sa Maison , qui fut mariée le 20
Décembre 1725. avec Guy- Antoine de S. Si-
mon, Marquis de Courtomer , Mestre de Camp
de Cavalerie , ci- devant Capitaine des Gardes
du Corps de feue la Duchesse de Berry , qui a été
dans sa jeunesse Chevalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , et qui devint en 1724. l'aîné de
sa Maison par la mort sans enfans de Jacques-
Antoine de S. Simon , son frere , Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil , Colonel du
Régiment de Soissonnois,
Le 8. D. Marie- Madelaine- Therese Genc-
viéve de Mouchy d'Hocquincourt , Veuve depuis
le 27. Janvier 1711. d'Antoine de Pas , Mar-
quis de Feuquieres , Lieutenant General des Ar-
mées du Roy , Gouverneur des Ville et Cita-
delle de Verdun , et Païs Verdunois , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Loüis , et ancien Che-
valier d'Honneur du Parlement de Metz , avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Janvier
1695. mourut à Paris dans le Monastere de
Port- Royal , âgée de 68. ans. Elle étoit Fille
de Georges de Mouchy , Marquis d'Hocquin-
Court , Chevalier des Ordres du Roy , Lieute
I. Val.
nang
230 MERCURE DE FRANCE
nant General de ses Armées , Grand-Bailly et
Gouverneur de Peronne , Montdidier et Roye ,
mort au mois de Décembre 1689. et de Dame
Marie Molé de Jusanvigny , morte le 21. Jan-
vier 1694. Il ne lui restoit plus qu'une Fille , qui
est D. Pauline- Corisande de Pas- Feuquieres ,
née le 19. Janvier 1704. et mariée le 30. Jan-
vier 1720. avec Joachim Adolphe de Seigliere
Marquis de Soyecourt , Chevalier de l'Ordre
Militaire de Saint Louis , Brigadier des Armées
du Roy , ci-devant Colonel du Regiment de
Bourgogne.
Le 9. Jean-Jacques du Bergier , Seigneur des
Salles , et de Montaumer , Gentilhomme Ore
dinaire du feu Duc d'Orleans , mourut à Paris
en la Maison des PP. de la Doctrine Chrétien-
ne , dans un âge fort avancé.
Il étoit Fils de
Jean-Jacques Bergier , Seigneur des Salles , et
de Marie de Machaut , et veuf de Marie Gene-
viéve Routtier, morte le 24. Janvier 1731. âgée
de 74. ans, Fille de Michel Routtier Payeur des
Rentes de l'Hôtel de Ville de Paris , et de Ge
nevieve Lalleman.
Le 11. Augustin de la lacquerie de Simphalle,
natif de Beauvais en Picardie , Chanoine-Dia-
cre de l'Eglise Métropolitaine de Paris,mourut âgé
de 84.ans comple:s moins un jour, étant né le 12.
May 1653. Il étoit petit Neveu du célebre Clau-
de Joly , Chantre , Chanoine et Official de Pa-
ris , mort le 16. Janvier 1700. dans la 94 an-
née de son âge , qui lui avoit resigné avant sa
mort son Canonicat , auquel il fut reçû le 25.
du même mois de Janvier. Il étoit auparavant
Chanoine et Théologal de l'Eglise de Tournay.
Claude Joly avoit succedé en 1631. dans ce Ca
nonicat à Gui Loysel , son Oncle ; celui- ci à
I. Vol.
Arnoul
JUIN.
17370
1231
Arnoul du Mesnil , son grand Oncle en 1590.
et ce dernier à Paul du Mesnil , son Frere , en
$ 178 . ainsi il y avoit 159. ans que ce Bénéfice
étoit dans cette Famille.
Le 12. D. Catherine Turgot de Saint Clair ;
Epouse de Claude-Charles Hatte de Chevilly
Brigadier des Armées du Roy , Chevalier de
l'Ordre Militaire de S. Louis , et ci-devant Ca-
pitaine au Regiment des Gardes Françoises , et
auparavant veuve de Gilles d'Aligre , Seigneur
de Boislandry et de Beauvoir , Conseiller au
Parlement de Paris , decédé le 12. Avril 1711 .
mourut à Paris après 6, mois d'une maladie de
langueur, âgée d'environ 65. ans , sans laisser
d'enfans. Elle étoit fille de feu Antoine Turgot ,
Seigneur de S, Clair , Lanteuil , le Ménil-Gon-
douin
Belon , Sainte Honorine , &c. mort
Sous-Doïen des Maîtres des Requêtes de l'Hôtel
du Roy , le 15. Février 1713. et de feuë D,
Jeanne du Tillet , morte le 12 May 1728,
Le 13. Sœur Angelique de Lanfernat , sur
nommée de Tous - les- Saints , Religieuse, Ursuli-
ne du Convent de Crevant , ou Cavant en Au-
xerrois, mourut dans ce Monastere, âgée de plus
d'un Siécle. Elle étoit fille afnée de Charles de
Lanfernat , Ecuyer , Seigneur de la Jaque mi-
niere , et des Bards , et de D. Claude-Marie du
Plessis de la Perrine , Dame d'Asnieres , quifu
rent mariés par Contrat du 28. Décembre 1635,
Elle fur ondoyée au Château de la Jacquemi-
niere au Perche , et baptisée peu de jours après
dans l'Eglise de Moncorbon , le jour de Noël
?
25. Décembre 1636. Elle avoit deux Sœurs ca-
dettes , Religieuses au Convent des Ursulines de
Crevant , où elles sont mortes en reputation de
Sainteté ,
gées de plus de 80. ans, Elle prit à
J. Vol.
Jeug
1232 MERCURE DE FRANCE
leur exemple le même parti ; et après son No-
viciat , elle fut admise à la Profession le s. No-
vembre 1662. Elle a édifié , pendant sa vie
1
toute la Communauté par ses vertus , et par sa
régularité à remplir les Observances de son état,
dont elle ne s'estjamais relâchée , même dans sa
vieillesse la plus avancée. Feu Edme de Lanfer-
nat , son frere , Seigneur de la Jacqueminiere et
d'Asnieres , mort au mois d'Octobre 1718. a
laissé de Catherine Sauvat , qu'il avoit épousée
Je 9. Juin 1676, et du chef de laquelle il étoit
devenu Seigneur de Villars , Paroisse de Cham-
pignelles près de S. Fargeau en Puisaye ; entre
autres Enfans , Jean
·
Baptiste de Lanfernat ,
Seigneur de Villars , marié avec Damoisel
le Guillaume de Marsangis , d'auprès de Sens ,
et Charlote de Lanfernat , mariée avec Joseph
de Montigny , Seigneur de Montigny- les-Has-
tes , Paroisse de Pereux. On a parlé de la Fa-
mille de Lanfernat dans le Mercure du mois
de Février 1731. p. 284 à l'occasion de la mort
de D. Louise- Marie de Lanfernat , Dame de
Courteilles- le-Guerin , du Teil , et de Cham-
moteux , Veuve de François de l'Osmone , Sei-
gneur du Bois-de- la-Pierre , Exempt des Gardes
du Corps du Roy , et Chevalier de l'Ordre de
S. Louis , laquelle s'étoit fait connoître par son
talent pour la Poësie , et par les Recherches et
Mémoires qu'elle avoit faites sur l'Histoire de
Normandie.
Le 14 May , Louis de Rochechouart, Seigneur
de Montigny et du Monceau , qui avoit servi
dans sa jeunesse en qualité d'Enseigne , et en-
suite de Lieutenant des Galeres , mourut dans
son Château de Montigny , dans la Forêt d'Or-
leans , âgé de 72. ans 10 mois. 11 étoit fils
I. Vol.
d'Isaac
du Roi.
JUIN.
1737.
1233
Isaac- Louis de Rochechouart , Seigneur de
Montigny, de la Brosse et du Monceau , Baron
de Loury dans la Forêt d'Orleans, mort en 1683.
et de Françoise le Conquerant , sa premiere fem-
me , et il avoit épousé en 1692. Elizabeth de
Cugnac , fille de Philipe de Cugnac , Baron de
Jouy en Beauce , et d'Elizabeth de Morain-
ville, Il en laisse Louis-Philipe-Esprit-Juvenal
de Rochechouart, Chevalier des Ordres de N.D.
du Mont Carmel , et de S. Lazare de Jerusalem,
Capitaine dans le Regiment de la Reine Infan-
terie; Pierre-Jules-César de Rochechouart, Evê-
que d'Evreux , sacré le 15. Février 1734. Jo-
seph de Rochechouart , et Louise Elisabeth de
Rochechouart , mariée le 10. Décembre 1731.
avec Henri Lambert d'Herbigny , Marquis de
Thibouville , ci-devant Mestre de Camp du Re-
giment de Dragons de la Reine.
Le 17. D. Marguerite de Lalive , veuve depuis
le 17. Juin 1731. de Jean Martial de Jaucen de
la Perriére, Seigneur de Crosne , et de Noisy sur
Seine,Conseiller-Secretaire du Roi, Maison,Cou-
ronne de France et de ses Finances , ancien Re-
ceveur general des Finances de Flandres , et an-
cien Fermier general , mourut en son Châ-
teau de Crosne , âgée d'environ 84. ans , lais-
sant 2. filles,qui sont D. Marie Anne de Jaucen,
veuve de Pierre Larcher , Marquis d'Arey , et
de Vindici, Seigneur d'Avrilly , Bailli d'Epée de
Vermandois , et Président en la Chambre des
Comptes de Paris , et D. Marguerite Françoise
de Jaucen, épouse de François- Louis - Martial de
Montiers , Comte de Merinville , Vicomte de
Brigueil , Baron de Montrocher , et de Château-
brun, Capitaine-Lieutenant de la Compagnie des
Gendarmes de la Reine , et Brigadier des Armées
Lo
234 MERCURE DE FRANCE
Le 27. La Dlle Lucas , fille aînée de feu An-
toine-Jean Lucas , Seigneur de Romeval , et de
Neuvirelle , Conseiller en la Grand'Chambre du
Parlement de Paris mort le 7. Décembre 1728.
et de D. Anne Magdelaine Loyseau , sa veuve ,
mourut
>
âgée de 21. ans ou environ .
Le 29. Alexis Paneau , Conseiller-Secretaire da
Roi,Maison,Couronne de France et de ses Finan.
ces, Honoraire , et ancien Directeur general des
Aydes et Entrées de la Ville de Paris, aussi ancien
Payeur des Rentes de l'Hôtel de Ville , mourut
dans la 100e. année de son âge , étant né au mois
de Juillet 1637. Il avoit été marié 1º. avec Vic-
toire Elian , Femme de Chambre des Enfans de
France , morte le 22. Septembre 1694. 2 ° avec
Jeanne- Angelique le Vaillant , sœur de François
le Vaillant , Conseiller au Grand Conseil. Il
laisse de celle-ci 2. filles qui ne sont point ma-
riées , et de la premiere un fils apellé le sieur
d'Arty, qui lui a succedé dans l'Emploi de Di-
recteur General des Aydes et Entrées de Paris ,
et qui a épousé une des filles de Louis Guillau-
me , Ecuier , Sieur de Fontaine, Commissaire et
Controlleur de la Marine au Département de
Flandres et de Picardie , et de Marie Armande
Carton.
Le premier Juin , D. Marie- Thérese Colbert ,
veuve depuis le 6. Novembre 1725. de Jacques
Eleonor Rouxel, Comte de Medavy et de Gran-
cey , Maréchal de France , Chevalier des Or-
dres du Roi , Gouverneur de la Ville et Princi-
pauté de Sedan, avec lequel elle avoit été mariée
le 12. Juin 1685. mourut à Paris , âgée de 68 .
ans , sans laisser d'enfans. Elle étoit fille d'E-
douard-François Colbert , Comte de Maulevrier,
Baron de la Frogerie &c. Chevalier des Ordres
da
I. Vol.
JUIN.
1737.
1235
du Roi , Lieutenant General de ses Armées , or
Gouverneur des Ville et Citadelle de Tournay
>
mort le 31. Mai 1693. et de Marie Magdelaine
Bautrude Serrant , morte le 10. Mars 1700.
Le même jour D. Louise - Emilie de la Tour
d'Auvergne, ancienne Abbesse de l'Abbaye Roya
ie de Montmartre-lès- Paris , mourut dans le
Monastere du Prieuré du Cherchemidi , où elle
s'étoit retirée, dans la 70. aunée de son âge . Elle
étoit Professe de l'Abbaye de N. D. de Soissons,
de l'Ordre de S. Benoît, elle fut nommée au mois
de Février 1707. Abbesse de S. Remy de Villers-
Côte-Rets , du même Ordre , Diocèse de Sois-
sons,d'où elle fut transferée au mois de Novem-
bre 1727. à celle de Montmartre , dont elle
donna sa démission au mois de Février 1735.
Elle étoit fille de Frédéric- Maurice de la Tour ,
Comte d'Auvergne et d'Oliergues , Marquis de
Lanquais, Colonel Général de la Cavalerie Lé
gere de France , Lieutenant Général des Armées
du Roy , Gouverneur et Sénéchal du haut et bas
Limosin , mort le 23. Novembre 1707. et de
Henriette- Françoise de Hohen- Zollern , Mar-
quise de Berg-op - Zoom , sa premiere femme
morte le 17. Octobre 1698.
Le 7. Avril , pâquit dans le Château de Wailly
Marie Anne Christiane Josephine, fille premiere
née de Louis Ferdinand Joseph de Croy , Duo
d'Havré , et de Croy , Prince du Saint Empire ,
Grand d'Espagne de la premiere Classe, Châtelain
heréditaire de Mons , Marquis de Thie-le Châ-
teau,&c. Colonel du Régiment de la Couronne,
et de D. Marie- Louise Cunegonde de Montmo-
rency-Luxembourg , mariés le 16. Janvier de
Pannée derniere 1736. elle fut baptisée le lende-
I
main
1236 MERCURE DE FRANCE
main 8. par l'Evêque d'Amiens dans l'Eglise pa,
roissiale de ce lieu au bruit de plusieurs déchar
ges de canon. Les Parain et Maraine furent
Louis Christian de Montmorency - Luxembourg,
Comte Souverain de Luxe , Comte de Beau-
mont , Seigneur de Dollor , Maréchal de France ,
Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant Gene
ral au Gouvernement de Flandres , et Gouver
neur de Valenciennes
la baptisée.
Ayeul maternel
"
et
D. Marie-Anne Cesarée Lanti, Duchesse Dožiai-
riere d'Havré , et de Croy , Ayeule paternelle de
Quelques semaines après cette cérémonie , il
y eut dans les Jardins du Château de Wailly un
fort -beau feu d'artifice , qui fut tiré entre 9. et
10. heures du soir avec beaucoup de succès. Il
fut accompagné d'une illumination d'environ
3000. lampions dont toutes les fenêtres du Châ-
teau étoient entourées ; quantité de piramides
sur les bords d'un Canal , qui passe au milieu
du jardin , étoient aussi garnies de lampions ,
et formoient par la reverberation de leur lumie
re dans le canal un objet fort charmant à la vûë,
Plusieurs personnes de la premiere distinction
de la Province , se trouverent à cette fête.
Le premier Avril dernier , D. Joachim- An
toine Ximenès , Marquis d'Ariza , et de la Guar-
dia , Amirante heréditaire du Royaume d'Arra-
gon , Grand d'Espagne de la premiere Classe ,
veuf de feie. D. Rose Perez de Gusman Bueno
Sylva et Mendoza , épousa dans la Chapelle
du Château de Wailly à 4. lieues d'Amiens en
Picardie , Dlle Marie Anne. Charlotte de Croy,
âgée d'environ 20. ans, seconde fille de feu Jean-
Baptiste Erançois Joseph.de Croy , Duc d'Ha
J Vol.
γκέ
JU IN.
1737.
1237
ré et de Croy , Marquis de Wailly , Prince de
l'Empire, Grand d'Espagne de la premiere Clas-
se , mort le 24. Mai 1727. et de D. Marie An-
ne Cesarée Lanti , sa veuve , Duchesse Douai-
riere d'Havré et de Croy. La cerémonie des Fian
çailles , et des Epousailles fut faite par Louis-
François d'Orleans de la Mothe , Evêque d'A-
miens.
Fermer
Résumé : MORTS, NAISSANCES, Et Mariages.
En 1737, plusieurs personnalités françaises ont connu des événements marquants. Parmi les décès notables, Henriette-Louise de Beauvau, veuve de Henri de Choiseul-la Rivière, est décédée à Paris à 51 ans, laissant un fils unique. Louise-Henriette-Françoise de Lorraine, duchesse douairière de Bouillon, est morte à 30 ans après une longue maladie, laissant une fille. Jean-Luc de Lauzieres, marquis de Thémines-Cardailhac, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, est décédé à 63 ans. Cécile-Catherine de Falconis, dame d'Auvilliers, a laissé un fils de 20 ans et une fille plus jeune. Le marquis de Pomponne est décédé, laissant une épouse et trois enfants, dont deux fils décédés jeunes et une fille mariée. Léonor-Hubert de Grivel, marquis d'Ouroy, colonel d'infanterie, est mort à 28 ans sans être marié. Nicolas-Simon Arnauld, marquis de Pomponne, brigadier des armées du roi, est décédé à 74 ans. Philipe Hecquet, docteur-régent et ancien doyen de la Faculté de Médecine de Paris, est mort à 74 ans après dix ans d'inactivité médicale. Nicolas Henin, conseiller du roi, est décédé à 82 ans. En juin 1737, Thoisy, seigneur de la Berchère, conseiller d'État, est mort subitement à 61 ans. Jean-Baptiste Poncy de Neuville, prêtre, est décédé à 39 ans. Jeanne-Louise d'Herbouville, épouse de Charles de Houdetot, est morte à 26 ans, laissant deux jeunes enfants. Félix de la Mata est décédé à 125 ans, ayant eu trois enfants de sa dernière épouse. Marie Cousinet, dame de Boisroger, est morte d'une fluxion de poitrine. En mai 1737, plusieurs autres personnalités notables sont décédées, dont Antoine-Simon le Courtois, Louis de Targny, Dom Étienne Richard, Ferdinand, duc de Curlande, Marie-Anne Boileau, et Jean-Baptiste-Jacques de Saint-Rémy, marquis de Cossé. Simon, marquis de Courtomer, devint l'aîné de sa maison en 1724 après la mort de son frère Jacques-Antoine. Marie-Madelaine-Thérèse-Geneviève de Mouchy d'Hocquincourt, veuve d'Antoine de Pas, marquis de Feuquières, décéda à Paris à 68 ans, laissant une fille mariée. Zacharie Morel, seigneur de la Brosse et conseiller au Parlement de Paris, mourut à 84 ans.
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860
p. 1237-1256
ARRESTS NOTABLES, EDITS, &c.
Début :
ARREST du 11. Décembre 1736. portant Reglement géneral pour le commerce du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES, EDITS, &c.
ARRESTS NOTABLES,
EDITS, &c.
ARREST du 11. Décembre 1736. portant Reglement géneral pour le commerce du
Tabac au Comté de Bourgogne , par lequel Sa
Majesté ordonne l'exécution des 26. Articles
Contenus audit Arrêt.
ORDONNANCE du Roy , du 8. Janvier sui
vant,portant réduction des Régimens d'Infante-
rie Allemande , par laquelle S. M. ordonne l'exe
cution des dix Articles qui y sont contenus.
AUTRE du même jour , portant rétablisse-
ment des Congés d'ancienneté , dont la déli-
vrance avoit été suspenduë par celle du Is. Fé
vrier 1734.
AUTRE du même jour , pour réduire les
Troupes Suisses et Grisonnes qui sont au Ser-
vice de S. M. et regler leur payement.
1 AUTRE du même jour , portant réduction
dans les Régimens de Hussards , qui ordonne
I. Kol.
I ij , l'execution
1238 MERCURE DE FRANCE
Eexecution des huit Articles qui y sont contenus.
AUTRE du même jour , portant réduction
des Compagnies de Cavalerie Françoise et Etrans
gere , et de Carabiniers.
AUTRE du même jour , pour réduire tou-
tes les Compagnies des Régimens d'Infanterie
Françoise , à trente hommes.
AUTRE du même jour , pour réduire les
Compagnies des Régimens de Dragons à vingt-
cinq , dont quinze à cheval et dix à pied.
AUTRE du même jour , concernant la ré-
duction des quatre Compagnies des Gardes du
Corps , par laquelle S. M. ordonne qu'à com
mencer du 20. du présent mois de Janvier ,
il
sera réformé cinq Gardes par Brigade , à raison
de trente par Compagnie , et au total cent vingt
Gardes, &c.
AUTRE du même jour , pour réduire la
Compagnie des Grenadiers à cheval du Roy , a
cent trente Maîtres , avec quatre Tambours.
AUTRE du même jour , pour retranches
les cinquante Mousquetaires à cheval , dont
chacune des premiere et seconde Compagnies
avoient été augmentées par Ordonnance du pre-
mier Mars 1734.
AUTRE du même jour , pour réduire les
trente Compagnies ordinaires du Régiment des
Gardes Françoises , à cent dix hommes chacune ,
Bon compris les Officiers.
I.Vol
AUTRE
JUIN.
1737.
seize Compagnies de la Gendarmerie.
1235
AUTRE du même jour , pour réduire les
AUTRE du même jour , pour réduire les
Compagnies des Régimens d'infanterie Iklan-
coise à trente hommes , et composer les Batail-
lons de dix - sept Compagnies , de même que les
Bataillons François,
AUTRE du même jour , contenant 44. pa
ges , portant Reglement pour le payement des
Troupes de Sa Majesté , par laquelle il est dit
que S. M. ayant fait expédier ses ofdres pour le
licenciement et les réductións qu'elle s'est déter-
minée de faire dans ses Troupes , tant Françoises
qu'Etrangeres , à l'occasion de la Paix ; et vou-
Tant expliquer ses intentions sur la composition ,
après la réforme , et l'entretenement de celles
qu'elle a résolu de conserver ; elie a ordonné et
ordonne l'execution de tous les Articles conte-
nus en ladite Ordonnance , &c.
AUTRE du 1o. pour faire
retournee
dans les Provinces et Generalités du Royaumë
Jes Cavaliers , Dragons et Soldats François qui
seront réformés , et leur défendre de commettre
aucun désordre ni de passer dans les Pays Etran-
gers , sur les peines qui y sont contenues.
SENTENCE de Police du 11. qui renouvelle
les défenses à tous Boulangers , Meûniers , Bras-
seurs et autres , d'acheter aucuns Grains et Fa-
rines , et à tous Fermiers , Laboureurs et autres,
d'en vendre par montre , dans l'étenduë de huit
lieues aux environs de Paris..
1. Vol.
I iij
ARREST
1240 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 15. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1737. le délai accordé par ce-
lui du 17. Janvier 1736. pour la modération des
droits de Marc d'Or , Sceau et autres frais de
Provisions des Offices qui se Itveront , vacans
aux Revenus Casuels , pendant le courant de la-
dite année.
AUTRE du 22. qui ordonne que les Ser-
ges de Crevecœur , d'Hardivilliers et des autres
Manufactures , qu'il a été d'usage jusqu'à pré-
sent de vendre à la piece , pouront à l'avenir
être vendues à l'aune et sur le pied de l'auna-
ge que contiendra chaque piece desdites Ser-
ges.
AUTRE du même jour , qui confisque plu-
sieurs Pieces d'Etoffes de Soye de Fabriques
étrangeres ou du Royaume , saisies tant dans
le Magasin des sieurs Viot et Desfossez , Asso-
ciés , que dans celui du sieur Bougier , faute de
marques ou plombs de Fabrique ; et les con-
damne en dix livres d'amende , pour chacune
Piece d'Etoffes saisies.
AUTRE du même jour , portant confisca-
tion de plusieurs Pieces et Coupons d'Etoffes de
Soye de fabriques étrangeres ou du Royaume ,
saisies dans le Magasin du sieur Charles - Louis
Chauvin , Marchand de Soye en gros , faute de
marques ou plombs de Fabrique , et le condam-
ne en dix livres d'amende pour chaque Piece
d'Etoffes saisies.
SENTENCE de Police du 25. qui condam
me le sieur Menin en trois mille livres d'amen-
I. Vol
ge
JUIN 1737.
I iij
1241
de pour avoir donné à jouer dans sa maison au
Jeu de Pharaon , et le sieur de Colmenil en millo
livres d'amende pour y avoir été trouvé caillant
audit Jeu.
LETTRES Patentes du Roy , sur le Re
glement fait et arrêté le 15. Janvier 1737. pour
la Teinture des Etoffes de Laine , et des Laines
servant à leur fabrication , contenant ledit Re-
glement 93 Articles , dont S. M. ordonne l'e-
xecution. Données à Versailles le 29. Janvier
1737. Registrées en Parlement le 12. Mars
suivant.
ORDONNANCE de Police du 30. qui
fait défenses à tous Limonadiers, Marchands de
Vin et autres , de souffrir que l'on joue chés eux
aux Jeux de Pair-ou-non , aux Dés et autres
Jeux de hazard , sous peine de trois mille livres
d'amende , et de mille livres d'amende aussi
contre chaque Particulier qui y sera trouvé jouant
auxdits Jeux.
ARREST du Parlemens , au sujet d'un Mé
moire imprimé & c.
Ce jour, les Gens du Roi sont entrés , et Maî-
tre Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Sei-
gneur Roy , portant la parole , ont dit : Qu'il
ne leur est pas permis de se taire sur un Mé-
moire imprimé du sieur Marquis de Bauffre-
mont , qui d'ailleurs leur seroit étranger par son
objet , dont la connoissance est soumise à un
autre Tribunal ; mais dans lequel ils trouvent
ce qui interesse le plus nécessairement leur mi-
sistere , et ce qui apartient le plus immédia
tement à l'autorité de la Cour.
I. Vol.
Qu'on
1240 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 15. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1737. le délai accordé par ce-
lui du 17. Janvier 1736. pour la modération des
droits de Marc d'Or , Sceau et autres frais de
Provisions des Offices qui se leveront , vacans
aux Revenus Casuels , pendant le courant de la-
dite année.
AUTRE du 22. qui ordonne que les Ser-
ges de Crevecœur , d'Hardivilliers et des autres
Manufactures , qu'il a été d'usage jusqu'à pré-
sent de vendre à la piece , pouront à l'avenir
être vendues à l'aune et sur le pied de l'auna-
ge que contiendra chaque piece desdites Ser-
ges.
AUTRE du même jour , qui confisque plu-
sieurs Pieces d'Etoffes de Soye de Fabriques
étrangeres ou du Royaume , saisies tant dans
le Magasin des sicurs Viot et Desfossez , Asso-
ciés , que dans celui du sieur Bougier , faute de
marques ou plombs de Fabrique ; et les con-
damne en dix livres d'amende , pour chacune
Piece d'Etoffes saisies.
AUTRE du même jour , portant confisca-
tion de plusieurs Pieces et Coupons d'Etoffes de
Soye de fabriques étrangeres ou du Royaume ,
saisies dans le Magasin du sieur Charles - Louis
Chauvin , Marchand de Soye en gros , faute de
marques ou plombs de Fabrique , et le condam-
ne en dix livres d'amende pour chaque Piece-
d'Etoffes saisies.
SENTENCE de Police du 25. qui condam
me le sieur Menin en trois mille livres d'amen-
I. Vol
de
JUIN 1737.
I. Vol.
1241
de pour avoir donné à jouer dans sa maison au
Jeu de Pharaon , et le sieur de Colmenil en millo
livres d'amende pour y avoir été trouvé taillant
audit Jeu.
LETTRES Patentes du Roy , sur le Re
glement fait et arrêté le 15. Janvier 1737. pour
la Teinture des Etoffes de Laine , et des Laines
servant à leur fabrication , contenant ledit Re-
glement 93 Articles , dont S. M. ordonne l'e-
xecution. Données à Versailles le 29. Janvier
1737. Registrées en Parlement le 12. Mars
suivant.
ORDONNANCE de Police du 30. qui
fait défenses à tous Limonadiers, Marchands de
Vin et autres , de souffrir que l'on joue chés cux
aux Jeux de Pair -ou-non , aux Dés et autres
Jeux de hazard , sous peine de trois mille livres
d'amende , et de mille livres d'amende aussi
contre chaque Particulier qui y sera trouvé jouant
auxdits Jeux.
ARREST du Parlemens , au sujet d'un Mé
moire imprimé & c.
Ce jour , les Gens du Roi sont entrés , et Maî-
tre Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Sei-
gneur Roy , portant la parole , ont dit : Qu'il
ne leur est pas permis de se taire sur un Mé-
moire imprimé du sieur Marquis de Bauffre-
mont , qui d'ailleurs leur seroit étranger par son
objet , dont la connoissance est soumise à un
autre Tribunal ; mais dans lequel ils trouvent
ce qui interesse le plus nécessairement leur mi-
sistere , et ce qui apartient le plus immédia
tement à l'autorité de la Cour.
I iiij
Qu'on
•
1242 MERCURE DE FRANCE
Qu'on y lit à la page 7. que la Dame Mar-
quise de Bauffremont est effectivement Heleine
de Courtenay, Princesse du Sang Royal de France
:
et que comme si ce n'étoit pas assés qu'un tel
Mémoire eût été hazardé au fond d'une Pro-
vince à l'extrémité du Royaume ; un Ecrivain
qui met au jour des feuilles successives sous le ti-
tre, d'Observations sur les Ecrits modernes , vient
de lui donner un nouveau degré de publicité à
Paris jusque sous nos yeux , par l'extrait qu'il
en a fait dans ses feuilles du 12. Janvier , dans
lequel il a transcrit les propres termes de l'èn-
droit où est employée cette qualité.
Qu'ils ne s'étendront point sur ce qui se passa
en la Cour au commencement du dernier siecle,
aux premieres tentatives de quelques personnes
de la maison de Courtenay , pour s'arroger
s'il eût été possible , quelque commencement de
possession d'une pareille qualité. Que les mo-
numens qui reposent dans le Greffe de la Cour
en font foy : et que ce qu'on y voit à ce sujet
sera à jamais une preuve mémorable du zele de
ceux qui exerçoient alors le Ministere dont ils
at l'honneur d'être revétus..
Mais que ni la mémoire des choses passées ,
ni l'exemple de leurs Prédécesseurs , ne sont né-
cessaires pour authoriser une démarche qu'ils
ne pouroient obmettre , sans manquer au plus
sacré de leurs devoirs , et sans être responsables
de leur silence , au Roi , à l'Etat et à la Cour.
Qu'on ne peut trop sentir de quelle extrême
conséquence il est , que le caractere auguste qui
distingue en France les Princes du Sang Royal,
ne puisse au gré de l'opinion et des conjectures ,
devenir l'objet d'ambitieuses prétentions Qu'au-
trement , plus une Maison seroit illustre , plus
les
JUIN.
17278
dans la nuit des temps reculés
T243
les traces de son ancienne origine se perdroient
quence pour d'autres Maisons.
et plus il lui
seroit facile de se laisser éblouir aux idées Ala-
teuses , dont la temérité ou l'artifice cheiche-
roient à repaître son ambition , et que lors mê-
me qu'elle viendroit à s'éteindre , son éxemple
demeureroit toujours capable de tirer à consé
Que ce sont ces considérations , dont la Cour
sçaura mieux peser encore toute l'importance ,
qui leur ont dicté les Conclusions qu'ils ont
l'honneur de lui remettre
et le sujet.
Mémoire et lesdites Feuilles.
avec le Mémoire ,
et les Feuilles imprimées qui en font l'occasion:
Lequel Mémoire , et lesquelles Feuilles ils ont
laissé sur le Bureau , avec les Conclusions par
écrit du Procureur Général du Roi contre ledit
:
Eux retirés Vú l'imprimé intitulé : Mémoire
pour Messive Louis Benigne , Marquis de Baufre-
mont , c. contenant quinze pages , ensemble
les Feuilles intitulées: Observations sur les Ecrits
modernes, Lettre quatre vingt-dix-neuf, commen.
çant à la page cent-quatre- vingt- treize , et fi-
nissant à la page deux - cent-seize , dattées à la
fin , le douze Janvier mil sept-cent trente-fept. A
Paris , chés Chaubert : Conclusions du Procu-
1eur Général du Roi, La matiere sur ce mise en
délibération.
La Cour a arrêté et ordonné que les termes
Heleine de Courtenay , Princesse du Sang Royal
de France , étant au bas de la page sept dudit
Mémoire , demeureront rayés et suprimés , et
que les Feuilles intitulées
Observations sur les
Ecrits modernes , Lettre quatre-vingt- dix-neuf ,
lesdites Feuilles commençant à là page cent-qua-
I. Vol.
Ly
tre
244 MERCURE DE FRANCE
tre-vingt-treize , et finissant à la page deux-
cent-seize , dattées à la fin, le douze Janvier mil-
sept-cent-trente-sept. A Paris , chés Chaubert , se-
font et demeureront suprimées ; Fait inhibitions
et défenses , tant audit de Bauffremont qu'à tous
autres , d'employer lesdits titre et qualité pour
ladite Heleine de Courtenay , et notamment à
tous Libraires et Imprimeurs et tous autres , de
les employer dans aucuns Livres ou Imprimés ,,
et pareillement d'imprimer , vendre et cébiter ,
ou autrement distribuer tant lesdites Feuilles que
ledit Mémoire , avec les termes cy- dessus ; le
tout à peine d'être procedé extraordinairement
contre les Contrevenans , Enjoint à tous ceux
qui auroient des Exemplaires dudit Mémoire ,
ou desdites Feuilles , de les aporter au Greffe de
la Cour , pour être lesdites Feuilles suprimées ,
et les termes cy- dessus rayés dudit Mémoire..
Ordonne en outre que Copies collationnées du
présent Arrêt, seront envoyées dans les Baillia-
ges et Sénéchaussées du Ressort pour y être lû ,.
publié et registré : Enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roi, d'y tenir la main , et
en certifier la Cour dans le mois. Fait en Par-
lement le sept Février mil- sept-cent trente-sept .
Signé YSABEAU..
ORDONNANCE du Roi , du 11. au sujet
des Deserteurs des troupes des Isles Françoises.
de l'Amérique , par laquelle il est dit que Sae
Majesté voulant exciter de plus en plus ses Su-
jets des Isles Françoises de l'Amérique à arrê-
ter les Deserteurs des troupes qu'Elle y entre-
tient , E le a ordonné et ordonne que par le Tré-
sorier general de la Marine il sera payé , sut-
les ordonnances des Intendans ou Commissai
I. Vola
IRE
JUIN.
I. Vah
1737.
1245
res ordonnateurs auxdites Isles , la somme de
cent livres pour chaque deserteur desdites trou-
pes , à celui ou à ceux qui en auront fait la cap-
ture , et l'ameneront.
DECLARATION du Rey , qui regle la for
me en laquelle les Procurations pour résigner
les Bénéfices doivent êtres faites. Donnée à Ver-
sailles le 14. Février registrée en Parlement
le 13. Mars.
ARREST du 15. qui commet le sieur de
Saint Contest de la Chataigneraye , Maître des
Requêtes , pour défendre , en qualité de Procu-
reur General , aux demandes en cassation des
jugemens de competence..
AUTRE du 17. par lequel il est dit que le
Roi ayant été informé de ce qui s'est passé dan's
la Ville de Douay , à l'occasion de la mort d'un
Chanoine du Chapitre de S. Amé ; S. M. au-
roit jugé à propos de se faire rendre un compte
éxact de cette affaire , dont l'importance lui a
paru mériter son attention à quoy voulant
pourvoir , Sa Majesté étant en son Conseil , a
ordonné et ordonne que les déliberations capi-
tulaires du Chapitre de S. Amé , concernant le
dit Chanoine, et les Ordonnances 'en Jugement ,
rendues à son égard , ensemble les Apellations
simples ou comme d'abus , si aucunes en ont
été interjettées seront incessamment remises en-
tre les mains du sieur d'Argenvilliers , Secretaire
d'Etat , pour y être pourvû par Sa Majesté
ainsi qu'il apartiendra , sur le compte qui lui
sera rendu desdites pieces. : Sa Majesté réservant
à sa Personne la connoissance de cette affaire,
Evj
cife
1246 MERCURE DE FRANCE
circonstances et dépendances , et icelle interdi-
sant à toutes ses Cours et autres Juges , jusqu'à
Ce qu'autrement par Elle il en ait été ordonné
ORDONNANCE du Roi du 25. concernant
la réduction des Compagnies de Grenadiers
en faveur de ceux des Grenadiers qui se trou- .
veront déplacés par le retranchement porté par
l'ordonnance du 8. Janvier dernier , et entrenus
avec leur même paye jusqu'à ce qu'ils rentrent
dans les Compagnies d'où ils seront sortis ,
ou
qu'ils montent aux grades qui leur seront ac-
cordés suivant leurs talens et bonne conduite.
ARREST du 26. portant qu'Antoine Hog-
guer sera tenu de défendre dans huitaine , à la
demande du Controlleur des bons d'Etats con
tre lui , en restitution de neuf millions deux cent
quatre-vingt-dix mil cinq cent quatre-vingt- six
livres d'une part , en rentes sur les Tailles , et
de neuf cent quarante-quatre mille livres , d'au-
tre , en argent , comme indûement par lui sur-
prises , sinon qu'il sera fait droit.
EDIT DU ROY, portant supression de
la Charge de Garde des Sceaux de France. Don
né à Versailles au mois de Février 1737.
LOUIS par la grace de Dieu Roy de Fran-
ce et de Navarre ; à tous présens et à venir , S -
LUT. Les Sceaux de France étant à présent en
nos mains , nous avons crû que rien n'étoit plus
convenable au bien de notre Service et à celui
du Public , que d'en remettre la garde et l'éxer-
cice à notre très- cher et féal Chevalier Chance-
Tier de France. A ces causes , et autres à ce nods
mouvans , de l'avis de notre Conseil , et de no-
I. Val..
LEB
JUIN.
1. Vol
1737.
1247
tre certaine science , pleine puissance et autor té
Royale , nous avons éteint et suprimé , étei-
gnons et suprimons par ces Présentes , signées
de notre main , les titre , état et Office de Garde
des Sceaux de France , rétabli par nos Lettres
Patentes du mois d'Août 1727. Voulons qu'i-
celles et tout leur contenu , soit et demeure dès-
à-présent et à l'avenir , nul et comme´non ave--
au , ainsi que toutes les clauses et dispositions
contenues en icelles en vertu des Présentes . Si
donnons en mandement à nos amés et feaux
Conseillers , les Gens tenans notre Grand - Con
seil , que ces Présentes il ayent à faire lire et re-
gistrer , pour le contenu en icelles être gardé et
observé selon sa forme et teneur , nonobstant
tous Edits , Déclarations , Lettres Patentes , Ré-
gfemens et autres titres à ce contraires , auxquels
nous avons dérogé et dérogeons par ces Pié
sentes , pour ce regard seulement ; car tel est no-
tre plaisir
;
et afin que ce soit chose ferme et
stable à toujours , nous avons aposé notre Sce}
à cesdites Présentes Donné , &c .
Lu , publié en l'Audience du Grand- Conseil du
Roy et enregistré ès Registres dudit Conseil , pour
être gardé, observé et ex cuté selon sa forme et te-
neur , suivant l'Arrêt dud t Conseil de ce jourd'hui
21. Février 1737. Signé , TOURN A'Y.
Registré au Parlement le 7. Mars suivant.
REGLEMENT signé du Roy, du 2. Mars,
Sur ce qui doit êre observé à l'égard des Equi
pages des Navires qui partent des Ports de Pro-
vence , et au sujet des Passagers qui s'y embar
quent , par raport aux Expéditions des Patentes
de santé.
AUTRI
248 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , concernant les
Equipages des Bâteaux et autres Bâtimens qui
naviguent seulement dans le Port et à la Baye
de Marseille.
ARREST du 3 qui ordonne l'èxecution de
celui du 12. Janvier 1734 portant établissement
de la Commission pour le Jugement en dernier
ressort des comptes et affaires concernant l'E-
conomat et les Biens des Religionnaires fugitifs,
avec augmentation de Commissaires..
AUTRE du 18. qui ordonne la supression
de plusieurs Quvrages saisis chés le nommé
Redé , Imprimeur à Amiens , surpris en contra
vention aux Reglemens de Police , et qui le dé-
clare déchu de la qualité d'Imprimeur.
ARREST du Parlement , au sujet d'une
Feuille imprimée et d'une These de Théologie.
CE JOUR les Gens du Roy sont entrés, et
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat du-
dit Seigneur Roy , portant la parole , ont dit:
Qu'une Feuille clandestine , imprimée sans
autre t tre que celui de Suite du Suplément , sous
la date du 15. Janvier dernier , est tombée depuis
peu entre leurs mains ; et que comme ils ont apris
qu'elle étoit répandue dans le Public , ils n'ont
pas c , à la vue de ce qu'elle contient , pouvoir
sous silence.
a Cour en jugera comme eux , si elle
seulement ce qui regarde diverses
ont nommées dans cette Feuille,
ent compromises , mais encore
de dangereux pour le Pablic,
n présente des esprits sur les af
Laires
JUIN 1737.
Y249'
faires de l'Eglise , et ce qu'elle renferme de faits;,
d'expressions et de discours , capables de porter
à son dernier période un fu qui ne se fait que
trop sen ir , et que l'on ne doit chercher qu'à
éteindre ..
Qu'ils croyent donc n'avoir besoin que de la
mettre sous les yeux de la Cour pour l'engager
à la proscrire ; et pour trouver dans son autorité
respectable un préservatif qui fasse sentir au Pa-
blic , combien il doit être en garde contre tout:
ce qui peut tendre à de tels excès.
Que pour ne pas multiplier sans nécessité ses
Arrets , ils auront l'honneur de lui rendre comp-
te en même-temps d'une These soutenue dans
la Faculté de Théologie de Rheims , qui , quoi-
qu'un peu plus ancienne , n'est cependant aussi
parvenue que depuis peu à leur connoissance.
Qu'ils n'ont pas lieu de reprocher à cette These
d'être tombée en tout dans un égal oubli de nos
Maximes. Qu'ils y en reconnaissent au contraire
plusieurs exprimées d'une maniere que l'on ne
sçauroit qu'aprouver. Mais qu'il est d'autres ar--
ticles sur lesquels elle s'en écarte trop pour être :
excusée ; et que ce mélange aujourd'hui trop
ordinaire , ne doit pas la mettre à couvert de la
Censure de la Cour.
Que la Cour sçaura mieux le connoître
ble de conséquences dangereuses.
Que la Cour sçait quelle a été de tout t
la fermeté inébranlable de la France .
ral dans l'ordre de la Puissance sp
τί
le
discerner par ses lumieres, que par toute la discus-
sion dans laquelle ils pouroient entrer sur cette
These; qu'ils se bornent à un seul exemple choi
entre ce qu'ils y ont remarqué de plus susce
´ment à maintenir la supériorité du C
Vole
•
•
1250 MERCURE DE FRANCE
encore à le regarder comme faisant une partic
principale et essentielle de l'institution de 1 Eglise.
Que la Cour n'a pas sans doute oublié ce qu'elle
a fait à ce sujet en diverses occasions. Que quoi-
que persuadée , comme il est vrai , que les Con-
ciles géneraux ne sont pas toujours nécessaires
pour terminer toute question qui s'éleve , soit
sur la Discipline ou sur la Foi , elle n'en a pas été
moins en garde contre tout ce qui pouvoit insi
nuer qu'ils ne sont nécessaires en aucun cas.
Que c'est pour cela qu'en 1663. par un Arrêt
solemnel , elie réprouva cette proposition dans
une These de Théologie : Concilia generalia ad
extirpandas bareses , schismata et alia incommoda
tol enda , admodum sunt utilia , non tamen abso-
lutè necessaria. Que dans la These d'aujourd'hui
la même proposition se trouve en d'autres ter-
mes , mais , qui loin d'en affoiblir le sens , sem-
blent plutôt y donner plus de force et d'énergie :
Congregare Concilia magna utilitatis , nullius ab-
soluta necessitatis En faut-il davantage pour fon-
der les Conclusions qu'ils ont prises pour la su
pression de cette These , aussi--bien que de la
Feuille imprimée , et qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun de ces deux Ecrits?
Eux retirés : Vû par la Cour ladite Feuille im
primée sous le titre , Suite du Suplément , 15.
janvier 1737. ensemble ladite These soutemë
dans la Faculté de Théologie de Rheims le
31.
Décembre 1736. par Charles Batteux , Pro ma-
jore ordinarii , et les Conclusions par écrit du
Procureur General du Roy sur lesdits Ecrits. La
matiere sur ce mise en Déli eration ,
LA COUR a arrêté et ordonné que laditt
Feuille et ladite These seront suprimées , Enjoine
à tous ceux qui en auroient des Exemplaires , de
I. Vol.
jes
JUIN.
1737.
1251
Les aporter à cet effet au Greffe de ladite Cour
Fait inhibitions et défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs et autres de quelque état,
qualité et condition qu'ils soient , de vendre, dé-
biter ou autrement distribuer aucuns Exemplaires'
de ladite Feuille et de ladite These , à peine de
punition exemplaire; et que Copies collationnées
du présent Arrêt seront envoyées dans les Bail-
liges et Sénéchaussées du Ressort , pour y être
lu , publié et registré , enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roy d'y tenir la main , et
d'en certifier la Cour dans un mois. Fait en Par-
lement le 18 Mars 1737. Signé DUFRANC.
ARREST du 19. Mars , qui exempte des
droits de Massicault , et modére à moitié les au-
tres droits dûs à Rouen et au Havre , sur les
Vins du Languedoc et de Roussillon , qui seront
destinés pour la provision de Paris.
ORDONNANCE DU Roy du 30. par la
quelle il est dit que S. M. desirant mettre sous
le Titre de Royal - Pologne , le Regiment de Ca-
valerie qui est sous celui du Roy Stanislas , et
voulant qu'il prenne à l'avenir dans la Cavalerie
un rang convenable à ce Titre , S. M. a ordonné
et ordonne qu'il portera à l'avenir le nom de
Royal- Pologne, et prendra rang dans les Garni
sons,Quartiers Campemens, Armées, et par- tout
ailleurs , après le Regiment Royal de Carabi
niers , et avant tous les autres qui sont actuelle-
ment sur pied ; nonobstant ce qui est porté par
POrdonnance du 24. Décembre 1725. qui avoit
fixé le rang de ce Regiment après celui de la
Reine , et toutes autres Ordonnances et Regle
mens à ce contraires , auxquels S. M: a dérogé
et déroge par ladite Ordonnance.
11252 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 2. Avril, Portant Exemption
des Droits du Domaine d'Occident , pour les
Marchandises du crû des Isles du Vent de l'A-
merique , qui seront transportées en Canada er
à l'Isle- Royale..
AUTRE du même jour, Qui permet aux Né
gocians de Marseille d'introduire , pour la con-
sommation du Royaume , les Caffés provenant
du cru des Isles Françoises de l'Amerique , en
payant dix livres du cent pesant , et d'en en-
voyer à Geneve en transit , sans payer aucuns
Droits ; le tout en observant les formalités pres
crites.
ORDONNANCE DU ROY du ro. Avril,
Qui enjoint aux Officiers des Troupes d'Infan-
gerie , Cavalerie et Dragons , de porter l'habit
uniforme pendant le temps qu'ils seront aux
Corps.
AUTRE du 23. Qui permet que les Bâti-
mens François soient adressés aux Négocians
Etrangers établis dans les Echelles du Levant ,
dans le cas où ils auront été fretés en entier par
des Etrangers.
ARREST du même jour , Pour faciliter
La perception des Arrerages des Rentes Viageres
acquises sur l'Hôtel de Ville de Paris
Etrangers.
suit.
par
AUTRE du 5. May , dont la tencur
LE ROY s'étant fait representer l'Arrêt ren-
u par Sa Majesté le 9. Décembre 1731. par
1. Vol.
les
lequel
JUIN.
I. Fol
+1737
1253
lequel elle auroit ordonné la Supression d'une
feuille imprimée commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare ..... Episcopus ,
Dux Laudunensis , avec une Formule ordinaire
de l'Aprobation des Confesseurs , une Explica-
tion des Cas reservés au Pape ou à l'Evêque , et
des Avis adressés aux Confesseurs , Sa Majesté
auroit été informée que , contre le respect qui
est dû à cet Arrêt , on commençoit à répandre
dans le Public un Ouvrage imprimé sans nom
d'Imprimeur , sans Privilege ni Permission, qui
a pour titre , Ordonnance de M. l'Evêque Duc de
Laon,second Pair de France, & c.où il paroît qu'on
veut faire revivre et regarder comme subsistant,
ce que le Roy ajugé à propos de suprimer par son
autorité. Et S. M. s'étant fait rendre un comp-
te plus exact de cet Ouvrage, Elle auroit recon-
nu que l'exemple d'une pareille contravention
doit être d'autant moins toleré, qu'il est à crain-
dre que l'esprit qui regne dans cet Imprimé , et
la dureté des expressions dont il est rempli ,
n'excirent une nouvelle émotion dans les esprits:
à quoi étant nécessaire de pourvoir , pour as-
sûrer l'exécution des Arrêts émanés de l'autori-
té du Roy , et éloigner tout ce qui peut troubler
la tranquillité publique , SA MAJESTE' E'TANT
EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que
ledit Ouvrage , imprimé sous le titre d'Ordon-
nance de M.l'Evêque Duc de Laon ,second Pair de
France , &c. sera et demeurera suprimé , &c.
AUTRE du 21. Qui accorde un Délay
jusqu'au dernier Décembre 1737. pour le Con-
trôle des Actes de Foy et Hommage , Décla-
rations et Reconnoissances aux Papiers Terriers
et autres.
LETTRES
1254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu-
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren .
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran-
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
puisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
I. Vol.
-que
JUIN.
1737.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en gypte mais
comme ledit sieur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
qu'il Nous plairoit regler ,
il Nous a
très-humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
et desirant favora-
blement traiter dedit sieur Meiffen , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES ,
et autres
ace Nous mouvans ', de l'avis de notre Conseil,
qui a vu le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre- Scel de notre Chancel-
erie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me,Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis-
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très- expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
ctuire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause ,
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
J. Vol.
*iaux
7254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren .
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie : Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
puisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
1. Vol.
que
JUIN..1737.
J. Vol.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en gypte : mais
comme ledit sicur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
il Nous a
très- humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
qu'il Nous p'airoit regler ,
et desirant favora-
blement traiter dedit sieur Meiffen , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES ,
et autres
ice Nous mouvans , de l'avis de notre Conseil,
qui a vu le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre- Scel de notre Chancel-
crie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me , Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très-expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
tuire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , à
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
tiaux
1246 MERCURE DE FRANCE
circonstances et dépendances , et icelle interdi-
sant à toutes ses Cours et autres Juges , jusqu'à
Ce qu'autrement par Elle il en ait été ordonné.
ORDONNANCE du Roi du 25. concernant
la réduction des Compagnies de Grenadiers
en faveur de ceux des Grenadiers qui se trou-.
veront déplacés par le retranchement porté par
l'ordonnance du 8. Janvier dernier , et entrenus
avec leur même paye jusqu'à ce qu'ils rentrent
dans les Compagnies d'où ils seront sortis , ou
qu'ils montent aux grades qui leur seront ac-
cordés suivant leurs talens et bonne conduite.
ARREST du 26. portant qu'Antoine Hog-
guer sera tenu de défendre dans huitaine , à la
demande du Controlleur des bons d'Etats con
tre lui , en restitution de neuf millions deux cent
quatre- vingt-dix mil cinq cent quatre-vingt-six
livres d'une part , en rentes sur les Tailles , et
de neuf cent quarante-quatre mille livres , d'au-
tre , en argent , comme indûement par lui sur-
prises , sinon qu'il sera fait droit.
EDIT DU ROY, portant supression de
la Charge de Garde des Sceaux de France. Don
Lé à Versailles au mois de Février 1737.
LOUIS par Ia grace de Dieu Roy de Fran-
ce et de Navarre ; à tous présens et à venir , SA-
IU T. Les Sceaux de France étant à présent en
nos mains , nous avons crû que rien n'étoit plus
convenable au bien de notre Service et à celui
"du Public , que d'en remettre la garde et l'éxer-
cice à notre très-cher et féal Chevalier Chance-
Tier de France. A ces causes , et autres à cẹ nods
mouvans , de l'avis de notre Conseil , et de no-
I. Val.
JUIN.
1737.
1247
tre certaine science , pleine puissance et autor té
Royale , nous avons éteint et suprimé , étei-
gnons et suprimons par ces Présentes , signées
de notre main , les titre , état et Office de Garde
des Sceaux de France , rétabli par nos Lettreg
Patentes du mois d'Août 1727. Voulons qu'i-
celles et tout leur contenu , soit et demeure dès-
à- présent et à l'avenir , nul et comme non ave--
nu , ainsi que toutes les clauses et dispositions
contenues en icelles en vertu des Présentes. Si
donuous en mandement à nos amés et feaux
Conseillers , les Gens tenans notre Grand- Con-
seil , que ces Présentes il ayent à faire lire et re-
gistrer , pour le contenu en icelles être gardé et
observé selon sa forme et teneur , nonobstanť
fous Edits , Déclarations , Lettres Patentes , Ré
gfemens et autres titres à ce contraires , auxquels
nous avons dérogé et dérogcons par ces Pié
senies , pour ce regard seulement ; car tel est no-
tre plaisir , et afin que ce soit chose ferme et
stable à toujours , nous avons aposé notre Sce
ă cesdites Présentes Donné , &c.
Lú , publié en l'Audience du Grand- Conseil du
Roy et enregistré ès Registres dudit Conseil , pour
être gardé, observé et ex cuté selon sa forme et te-
neur , suivant l'Arrêt dud 1 Conseil de ce jourd'hui
21. Février 1737. Signé , TOURNAY.
Registré au Parlement le 7. Mars suivant.
REGLEMENT signé du Roy, du 2. Mars
Sur ce qui doit êre observé à l'égard des Equi
pages des Navires qui partent des Pòrts de Pro-
vence , et au sujet des Passagers qui s'y embar
quent , par raport aux Expéditions des Patentes
de santé.
1. Vol
AUTRI
T248 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , concernant les
Equipages des Bâteaux et autres Bâtimens qui
naviguent seulement dans le Port et à la Baye
de Marseille.
ARREST du 3 qui ordonne l'èxecution de
celui du 12. Janvier 1734 portant établissement
de la Commission pour le Jugement en dernier
ressort des comptes et affaires concernant l'E-
conomat et les Biens des Religionnaires fugitifs,
avec augmentation de Commissaires.
AUTRE du 18. qui ordonne la supression
de plusieurs Ouvrages saisis chés le nommé
Redé , Imprimeur à Amiens , surpris en contra
vention aux Reglemens de Police , et qui le dé-
clare déchu de la qualité d'Imprimeur.
ARREST du Parlement , au sujet d'une
Feuille imprimée et d'une These de Théologie.
CE JOUR les Gens du Roy sont entrés, er
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat du-
dit Seigneur Roy , portant la parole , ont dit :
Qu'une Feuille clandestine , imprimée sans
autre t tre que celui de Suite du Suplément ,
la date du 15. Janvier dernier , est tombée depuis
peu entre leurs mains, et que comme ils ont apris
qu'elle étoit répandue dans le Public , ils n'ont
pas crû , à la vue de ce qu'elle contient , pouvoir
la passer sous silence .
Que la Cour en jugera comme eux , si elle
considere non-seulement ce qui regarde diverses
Personnes qui sont nommées dans cette Feuille,
et qui s'y trouvent compromises , mais encore
plus ce qu'elle a de dangereux pour le Pablic ,
dans la disposition présente des esprits sur les af
L.. Vole
Sous
faires
JUIN 1737.
Le Volo
Y'49'
faires de l'Eglise , et ce qu'elle renferme de faits;,
d'expressions et de discours , capables de porter
à son dernier période un fu qui ne se fait que
trop sen ir , et que l'on ne doit chercher qu'à
éteindre..
Qu'ils croyent donc n'avoir besoin que de la
mettre sous les yeux de la Cour pour l'engager
à la proscrire ; et pour trouver dans son autorité
respectable un préservatif qui fasse sentir au Pa-
blic , combien il doit être en garde contre tout:
ce qui peut tendre à de tels excès.
Que pour ne pas multiplier sans nécessité sés
Arrets , ils auront l'honneur de lui rendre comp-
te en même-temps d'une These soutenue dans
la Faculté de Théologie de Rheims , qui , quoi-
qu'un peu plus ancienne n'est cependant aussi
parvenue que depuis peu à leur counoissance.
Qu'ils n'ont pas lieu de reprocher à certe These
d'être tombée en tout dans un égal oubli de nos
Maximes. Qu'ils y en reconnoissent au contraire
plusieurs exprimées d'une maniere que l'on ne
sçauroit qu'aprouver. Mais qu'il est d'autres ar-
ticles sur lesquels elle s'en écarte trop pour être:
excusée ; et que ce mélange aujourd'hui trop
ordinaire , ne doit pas la mettre à couvert de la
Censure de la Cour.
Que la Cour sçaura mieux le connoître
le
discerner par ses lumieres, que par toute la discus-
sion dans laquelle ils pouroient entrer sur cette
These; qu'ils se bornent à un seul exemple choisi
entre ce qu'ils y ont remarqué de plus suscepti
ble de conséquences dangereuses.
Que la Cour sçait quelle a été de tout temps
la fermeté inébranlable de la France , non-seule
´ment à maintenir la supériorité du Concile géne
ral dans l'ordre de la Puissance spirituelle , mais
encore
1250 MERCURE DE FRANCE
encore à le regarder comme faisant une partie
principale et essentielle de l'institution de l Eglise.
Que la Cour n'a pas sans doute oublié ce qu'elle
a fait à ce sujet en diverses occasions. Que quoi-
que persuadée , comme il est vrai , que les Con-
ciles géneraux ne sont pas toujours nécessaires
pour terminer toute question qui s'éleve , soit
sur la Discipline ou sur la Foi , elle n'en a pas été
moins en garde contre tout ce qui pouvoit insi-
nuer qu'ils ne sont nécessaires en aucun cas .
Que c'est pour cela qu'en 1663. par un Arrêt
solemnel , elle réprouva cette proposition dans
une These de Théologie : Concilia generalia ad
extirpandas bareses , schismata et alia incommoda
tol enda , admodum sunt utilia , non tamen abso-
lutè necessaria. Que dans la These d'aujourd'hui
la même proposition se trouve en d'autres ter-
mes , mais , qui loin d'en affoiblir le sens , sem-
blent plutôt y donner plus de force et d'énergie :
Congregare Concilia magna utilitatis , nullius ab-
soluta necessitatis En faut-il davantage pour fon-
der les Conclusions qu'ils ont prises pour la su
pression de cette These , aussi- bien que de la
Feuille imprimée , et qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun de ces deux Ecrits?
Eux retirés : Vû par la Cour ladite Feuille im
primée sous le titre , Suite du Suplément , 15.
janvier 1737. ensemble ladite These soutene
dans la Faculté de Théologie de Rheims le
31-
Décembre 1736. par Charles Batteux , Pro ma-
jore ordinarii , et les Conclusions par écrit du
Procureur General du Roy sur lesdits Ecrits. La
matiere sur ce mise en Déli eration ,
LA COUR a arrêté et ordonné que ladit☛
Feuille et ladite These seront suprimées , Enjoint
à tous ceux qui en auroient des Exemplaires , de
J. Vol.
jes
JUIN.
1737.
1251
les aporter à cet effet au Greffe de ladite Cour !
Fait inhibitions et défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs et autres de quelque état,
qualité et condition qu'ils soient , de vendre, dé-
biter ou autrement distribuer aucuns Exemplaires'
de ladite Feuille et de ladite These , à peine de
punition exemplaire; et que Copies collationnées
du présent Arrêt seront envoyées dans les Bail-
liges et Sénéchaussées du Ressort , pour y être
Iû , publié et registré , enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roy d'y tenir la main , er
d'en certifier la Cour dans un mois. Fait en Par-
lement le 18 Mars 1737. Signé DUFRANC.
ARREST du 19. Mars , qui exempte des
droits de Massicault , et modére à moitié les au-
tres droits dûs à Rouen et au Havre , sur les
Vins du Languedoc et de Roussillon , qui seront
destinés pour la provision de Paris.
ORDONNANCE DU Roy du 30. par la
quelle il est dit que S. M. desirant mettre sous
le Titre de Royal- Pologne , le Regiment de Ca-
valerie qui est sous celui du Roy Stanislas , et
voulant qu'il prenne à l'avenir dans la Cavalerie
un rang convenable à ce Titre , S. M. a ordonné
et ordonne qu'il portera à l'avenir le nom de
Royal-Pologne, et prendra rang dans les Garni
sons,Quartiers Campemens, Armées, et par- tout
ailleurs , après le Regiment Royal de Carabi
niers , et avant tous les autres qui sont actuelle-
ment sur pied ; nonobstant ce qui est porté par
l'Ordonnance du 24. Décembre 1725. qui avoit
fixé le rang de ce Regiment après celui de la
Reine , et toutes autres Ordonnances et Regle
mens à ce contraires , auxquels S. M : a dérogé
et déroge par ladite Ordonnance.
1252 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 2. Avril, Portant Exemption
des Droits du Domaine d'Occident , pour les
Marchandises du crú des Isles du Vent de l'A-
merique , qui seront transportées en Canada et
à l'Isle- Royale.
AUTRE du même jour, Qui permet aux Né-
gocians de Marseille d'introduire , pour la con-
sommation du Royaume , les Caffés provenant
du crû des Isles Françoises de l'Amerique , en
payant dix livres du cent pesant , et d'en en-
voyer à Geneve en transit , sans payer aucuns
Droits ; le tout en observant les formalités pres.
crites.
ORDONNANCE DU ROY du 10. Avril,
Qui enjoint aux Officiers des Troupes d'Infan-
terie , Cavalerie et Dragons , de porter l'habit
uniforme pendant le temps qu'ils seront aux
Corps.
AUTRE du 23. Qui permet que les Bâti-
mens François soient adressés aux Négocians
Etrangers établis dans les Echelles du Levant
7
dans le cas où ils auront été fretés en entier par
des Etrangers.
ARREST du même jour , Pour faciliter
la perception des Arrerages des Rentes Viageres
acquises sur l'Hôtel de Ville de Paris par les
Etrangers.
AUTRE du 5. May , dont la teneur
suit.
LE ROY s'étant fait representer l'Arrêt ren-
du par Sa Majesté le 9. Décembre 1731, par
1. Vol.
lequel
JUIN.
I. Vola
1737
1253
lequel elle auroit ordonné la Supression d'une
feuille imprimée commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare ..... Episcopus
Dux Laudunensis , avec une Formule ordinaire
de l'Aprobation des Confesseurs , une Explica-
tion des Cas reservés au Pape ou à l'Evêque , er
des Avis adressés aux Confesseurs , Sa Majesté
auroit été informée que , contre le respect qui
est dû à cet Arrêt , on commençoit à répandre
dans le Public un Ouvrage imprimé sans nom
d'Imprimeur , sans Privilege ni Permission, qui
a pour titre , Ordonnance de M. l'Evêque Duc de
Laon,second Pair de France, &c.où il paroît qu'on
veut faire revivre et regarder comme subsistant,
ce que le Roy a jugé à propos de suprimer parson
autorité. Et S. M. s'étant fait rendre un comp-
te plus exact de cet Ouvrage, Elle auroit recon-
nu que l'exemple d'une pareille contravention
doit être d'autant moins toleré, qu'il est à crain--
dre que l'esprit qui regne dans cet Imprimé , et
la dureté des expressions dont il est rempli ,
n'excitent une nouvelle émotion dans les esprits :
à quoi étant nécessaire de pourvoir , pour as-
sûrer l'exécution des Arrêts émanés de l'autori
té du Roy , et éloigner tout ce qui peut troubler
la tranquillité publique , SA MAJESTE' E'TANT
EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que
edit Ouvrage , imprimé sous le titre d'Ordon-
nance de M.l'Evêque Duc de Laon, secon¹ Pair de
France , &c. sera et demeurera suprimé , & c.
AUTRE du 21. Qui accorde un Délay
jusqu'au dernier Décembre 1737. pour le Con-
trôlle des Actes de Foy et Hommage , Décla-
rations et Reconnoissances aux Papiers Terriers
ft autres.
LETTRES
2254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu-
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren.
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie : Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
paisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
I. Vol.
que
JUIN.. 1737.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en Egypte : mais
comme ledit sieur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
il Nous a
très-humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
qu'il Nous plairoit regler ,
et desirant favora-
blement traiter ledit sieur Meiffren , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES , et autres
ace Nous mouvans , de l'avis de notre Conseil,
qui a vû le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre-Scel de notre Chancel-
lerie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me , Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis-
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très-expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
Cruire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , à
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
J. Vol.
riaux
1256 MERCURE DE FRANCE
riaux , outils , et ustenciles qui auroient servi à
leur fabrication ,
et de quinze cent livres d'a-
mende , aplicable un tiers à notre profit, un tiers
au profit du Sicur Meiffren , ses Hoirs et ayans
cause, et l'autre tiers au profit de l'Hôpital le
plus prochain du lieu où il sera contrevenu aux
Presentes. SI DONNONS EN MANDEMENT à nos
amés et feaux Conseillers les Gens tenans nos
Cours de Parlement , et à tous autres nos Of
ciers et Justiciers qu'il apartiendra , que du con-
tenu des Presentes ils fassent jouir et user ledit
sieur Exposant , ses Hoirs et ayans cause , plei-
nement et paisiblement, cessant et faisant cesser
tous troubles et empêchemens contraires. CAR
tel est notre plaisir. DONNE' à Versailles le tren-
tiéme jour d'Avril , l'an de Grace mil sept cent
trente sept , et de notre Regne le vingt- deuxié-
me , Signé , LOUIS , Et plus bas , par le Roy,
PHE PEAUX.
Nous croyons devoir ajoûter que , par les dif
ferens effets de cette Machine , il semble qu'elle
doit être extrémement composée , elle est ce-
pendant très-simple , peu couteuse et de presque
nul entretien. Depuis qu'elle a été vûë et exa-
minée par Messieurs de l'Académie des Sciences,
le sieur Meiffren l'a encore beaucoup perfection-
née , ensorte qu'il n'y a personne qui ne soit
frapé de cette Invention , une des plus utiles
qui ait encore été trouvée en ce genre.
EDITS, &c.
ARREST du 11. Décembre 1736. portant Reglement géneral pour le commerce du
Tabac au Comté de Bourgogne , par lequel Sa
Majesté ordonne l'exécution des 26. Articles
Contenus audit Arrêt.
ORDONNANCE du Roy , du 8. Janvier sui
vant,portant réduction des Régimens d'Infante-
rie Allemande , par laquelle S. M. ordonne l'exe
cution des dix Articles qui y sont contenus.
AUTRE du même jour , portant rétablisse-
ment des Congés d'ancienneté , dont la déli-
vrance avoit été suspenduë par celle du Is. Fé
vrier 1734.
AUTRE du même jour , pour réduire les
Troupes Suisses et Grisonnes qui sont au Ser-
vice de S. M. et regler leur payement.
1 AUTRE du même jour , portant réduction
dans les Régimens de Hussards , qui ordonne
I. Kol.
I ij , l'execution
1238 MERCURE DE FRANCE
Eexecution des huit Articles qui y sont contenus.
AUTRE du même jour , portant réduction
des Compagnies de Cavalerie Françoise et Etrans
gere , et de Carabiniers.
AUTRE du même jour , pour réduire tou-
tes les Compagnies des Régimens d'Infanterie
Françoise , à trente hommes.
AUTRE du même jour , pour réduire les
Compagnies des Régimens de Dragons à vingt-
cinq , dont quinze à cheval et dix à pied.
AUTRE du même jour , concernant la ré-
duction des quatre Compagnies des Gardes du
Corps , par laquelle S. M. ordonne qu'à com
mencer du 20. du présent mois de Janvier ,
il
sera réformé cinq Gardes par Brigade , à raison
de trente par Compagnie , et au total cent vingt
Gardes, &c.
AUTRE du même jour , pour réduire la
Compagnie des Grenadiers à cheval du Roy , a
cent trente Maîtres , avec quatre Tambours.
AUTRE du même jour , pour retranches
les cinquante Mousquetaires à cheval , dont
chacune des premiere et seconde Compagnies
avoient été augmentées par Ordonnance du pre-
mier Mars 1734.
AUTRE du même jour , pour réduire les
trente Compagnies ordinaires du Régiment des
Gardes Françoises , à cent dix hommes chacune ,
Bon compris les Officiers.
I.Vol
AUTRE
JUIN.
1737.
seize Compagnies de la Gendarmerie.
1235
AUTRE du même jour , pour réduire les
AUTRE du même jour , pour réduire les
Compagnies des Régimens d'infanterie Iklan-
coise à trente hommes , et composer les Batail-
lons de dix - sept Compagnies , de même que les
Bataillons François,
AUTRE du même jour , contenant 44. pa
ges , portant Reglement pour le payement des
Troupes de Sa Majesté , par laquelle il est dit
que S. M. ayant fait expédier ses ofdres pour le
licenciement et les réductións qu'elle s'est déter-
minée de faire dans ses Troupes , tant Françoises
qu'Etrangeres , à l'occasion de la Paix ; et vou-
Tant expliquer ses intentions sur la composition ,
après la réforme , et l'entretenement de celles
qu'elle a résolu de conserver ; elie a ordonné et
ordonne l'execution de tous les Articles conte-
nus en ladite Ordonnance , &c.
AUTRE du 1o. pour faire
retournee
dans les Provinces et Generalités du Royaumë
Jes Cavaliers , Dragons et Soldats François qui
seront réformés , et leur défendre de commettre
aucun désordre ni de passer dans les Pays Etran-
gers , sur les peines qui y sont contenues.
SENTENCE de Police du 11. qui renouvelle
les défenses à tous Boulangers , Meûniers , Bras-
seurs et autres , d'acheter aucuns Grains et Fa-
rines , et à tous Fermiers , Laboureurs et autres,
d'en vendre par montre , dans l'étenduë de huit
lieues aux environs de Paris..
1. Vol.
I iij
ARREST
1240 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 15. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1737. le délai accordé par ce-
lui du 17. Janvier 1736. pour la modération des
droits de Marc d'Or , Sceau et autres frais de
Provisions des Offices qui se Itveront , vacans
aux Revenus Casuels , pendant le courant de la-
dite année.
AUTRE du 22. qui ordonne que les Ser-
ges de Crevecœur , d'Hardivilliers et des autres
Manufactures , qu'il a été d'usage jusqu'à pré-
sent de vendre à la piece , pouront à l'avenir
être vendues à l'aune et sur le pied de l'auna-
ge que contiendra chaque piece desdites Ser-
ges.
AUTRE du même jour , qui confisque plu-
sieurs Pieces d'Etoffes de Soye de Fabriques
étrangeres ou du Royaume , saisies tant dans
le Magasin des sieurs Viot et Desfossez , Asso-
ciés , que dans celui du sieur Bougier , faute de
marques ou plombs de Fabrique ; et les con-
damne en dix livres d'amende , pour chacune
Piece d'Etoffes saisies.
AUTRE du même jour , portant confisca-
tion de plusieurs Pieces et Coupons d'Etoffes de
Soye de fabriques étrangeres ou du Royaume ,
saisies dans le Magasin du sieur Charles - Louis
Chauvin , Marchand de Soye en gros , faute de
marques ou plombs de Fabrique , et le condam-
ne en dix livres d'amende pour chaque Piece
d'Etoffes saisies.
SENTENCE de Police du 25. qui condam
me le sieur Menin en trois mille livres d'amen-
I. Vol
ge
JUIN 1737.
I iij
1241
de pour avoir donné à jouer dans sa maison au
Jeu de Pharaon , et le sieur de Colmenil en millo
livres d'amende pour y avoir été trouvé caillant
audit Jeu.
LETTRES Patentes du Roy , sur le Re
glement fait et arrêté le 15. Janvier 1737. pour
la Teinture des Etoffes de Laine , et des Laines
servant à leur fabrication , contenant ledit Re-
glement 93 Articles , dont S. M. ordonne l'e-
xecution. Données à Versailles le 29. Janvier
1737. Registrées en Parlement le 12. Mars
suivant.
ORDONNANCE de Police du 30. qui
fait défenses à tous Limonadiers, Marchands de
Vin et autres , de souffrir que l'on joue chés eux
aux Jeux de Pair-ou-non , aux Dés et autres
Jeux de hazard , sous peine de trois mille livres
d'amende , et de mille livres d'amende aussi
contre chaque Particulier qui y sera trouvé jouant
auxdits Jeux.
ARREST du Parlemens , au sujet d'un Mé
moire imprimé & c.
Ce jour, les Gens du Roi sont entrés , et Maî-
tre Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Sei-
gneur Roy , portant la parole , ont dit : Qu'il
ne leur est pas permis de se taire sur un Mé-
moire imprimé du sieur Marquis de Bauffre-
mont , qui d'ailleurs leur seroit étranger par son
objet , dont la connoissance est soumise à un
autre Tribunal ; mais dans lequel ils trouvent
ce qui interesse le plus nécessairement leur mi-
sistere , et ce qui apartient le plus immédia
tement à l'autorité de la Cour.
I. Vol.
Qu'on
1240 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 15. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1737. le délai accordé par ce-
lui du 17. Janvier 1736. pour la modération des
droits de Marc d'Or , Sceau et autres frais de
Provisions des Offices qui se leveront , vacans
aux Revenus Casuels , pendant le courant de la-
dite année.
AUTRE du 22. qui ordonne que les Ser-
ges de Crevecœur , d'Hardivilliers et des autres
Manufactures , qu'il a été d'usage jusqu'à pré-
sent de vendre à la piece , pouront à l'avenir
être vendues à l'aune et sur le pied de l'auna-
ge que contiendra chaque piece desdites Ser-
ges.
AUTRE du même jour , qui confisque plu-
sieurs Pieces d'Etoffes de Soye de Fabriques
étrangeres ou du Royaume , saisies tant dans
le Magasin des sicurs Viot et Desfossez , Asso-
ciés , que dans celui du sieur Bougier , faute de
marques ou plombs de Fabrique ; et les con-
damne en dix livres d'amende , pour chacune
Piece d'Etoffes saisies.
AUTRE du même jour , portant confisca-
tion de plusieurs Pieces et Coupons d'Etoffes de
Soye de fabriques étrangeres ou du Royaume ,
saisies dans le Magasin du sieur Charles - Louis
Chauvin , Marchand de Soye en gros , faute de
marques ou plombs de Fabrique , et le condam-
ne en dix livres d'amende pour chaque Piece-
d'Etoffes saisies.
SENTENCE de Police du 25. qui condam
me le sieur Menin en trois mille livres d'amen-
I. Vol
de
JUIN 1737.
I. Vol.
1241
de pour avoir donné à jouer dans sa maison au
Jeu de Pharaon , et le sieur de Colmenil en millo
livres d'amende pour y avoir été trouvé taillant
audit Jeu.
LETTRES Patentes du Roy , sur le Re
glement fait et arrêté le 15. Janvier 1737. pour
la Teinture des Etoffes de Laine , et des Laines
servant à leur fabrication , contenant ledit Re-
glement 93 Articles , dont S. M. ordonne l'e-
xecution. Données à Versailles le 29. Janvier
1737. Registrées en Parlement le 12. Mars
suivant.
ORDONNANCE de Police du 30. qui
fait défenses à tous Limonadiers, Marchands de
Vin et autres , de souffrir que l'on joue chés cux
aux Jeux de Pair -ou-non , aux Dés et autres
Jeux de hazard , sous peine de trois mille livres
d'amende , et de mille livres d'amende aussi
contre chaque Particulier qui y sera trouvé jouant
auxdits Jeux.
ARREST du Parlemens , au sujet d'un Mé
moire imprimé & c.
Ce jour , les Gens du Roi sont entrés , et Maî-
tre Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Sei-
gneur Roy , portant la parole , ont dit : Qu'il
ne leur est pas permis de se taire sur un Mé-
moire imprimé du sieur Marquis de Bauffre-
mont , qui d'ailleurs leur seroit étranger par son
objet , dont la connoissance est soumise à un
autre Tribunal ; mais dans lequel ils trouvent
ce qui interesse le plus nécessairement leur mi-
sistere , et ce qui apartient le plus immédia
tement à l'autorité de la Cour.
I iiij
Qu'on
•
1242 MERCURE DE FRANCE
Qu'on y lit à la page 7. que la Dame Mar-
quise de Bauffremont est effectivement Heleine
de Courtenay, Princesse du Sang Royal de France
:
et que comme si ce n'étoit pas assés qu'un tel
Mémoire eût été hazardé au fond d'une Pro-
vince à l'extrémité du Royaume ; un Ecrivain
qui met au jour des feuilles successives sous le ti-
tre, d'Observations sur les Ecrits modernes , vient
de lui donner un nouveau degré de publicité à
Paris jusque sous nos yeux , par l'extrait qu'il
en a fait dans ses feuilles du 12. Janvier , dans
lequel il a transcrit les propres termes de l'èn-
droit où est employée cette qualité.
Qu'ils ne s'étendront point sur ce qui se passa
en la Cour au commencement du dernier siecle,
aux premieres tentatives de quelques personnes
de la maison de Courtenay , pour s'arroger
s'il eût été possible , quelque commencement de
possession d'une pareille qualité. Que les mo-
numens qui reposent dans le Greffe de la Cour
en font foy : et que ce qu'on y voit à ce sujet
sera à jamais une preuve mémorable du zele de
ceux qui exerçoient alors le Ministere dont ils
at l'honneur d'être revétus..
Mais que ni la mémoire des choses passées ,
ni l'exemple de leurs Prédécesseurs , ne sont né-
cessaires pour authoriser une démarche qu'ils
ne pouroient obmettre , sans manquer au plus
sacré de leurs devoirs , et sans être responsables
de leur silence , au Roi , à l'Etat et à la Cour.
Qu'on ne peut trop sentir de quelle extrême
conséquence il est , que le caractere auguste qui
distingue en France les Princes du Sang Royal,
ne puisse au gré de l'opinion et des conjectures ,
devenir l'objet d'ambitieuses prétentions Qu'au-
trement , plus une Maison seroit illustre , plus
les
JUIN.
17278
dans la nuit des temps reculés
T243
les traces de son ancienne origine se perdroient
quence pour d'autres Maisons.
et plus il lui
seroit facile de se laisser éblouir aux idées Ala-
teuses , dont la temérité ou l'artifice cheiche-
roient à repaître son ambition , et que lors mê-
me qu'elle viendroit à s'éteindre , son éxemple
demeureroit toujours capable de tirer à consé
Que ce sont ces considérations , dont la Cour
sçaura mieux peser encore toute l'importance ,
qui leur ont dicté les Conclusions qu'ils ont
l'honneur de lui remettre
et le sujet.
Mémoire et lesdites Feuilles.
avec le Mémoire ,
et les Feuilles imprimées qui en font l'occasion:
Lequel Mémoire , et lesquelles Feuilles ils ont
laissé sur le Bureau , avec les Conclusions par
écrit du Procureur Général du Roi contre ledit
:
Eux retirés Vú l'imprimé intitulé : Mémoire
pour Messive Louis Benigne , Marquis de Baufre-
mont , c. contenant quinze pages , ensemble
les Feuilles intitulées: Observations sur les Ecrits
modernes, Lettre quatre vingt-dix-neuf, commen.
çant à la page cent-quatre- vingt- treize , et fi-
nissant à la page deux - cent-seize , dattées à la
fin , le douze Janvier mil sept-cent trente-fept. A
Paris , chés Chaubert : Conclusions du Procu-
1eur Général du Roi, La matiere sur ce mise en
délibération.
La Cour a arrêté et ordonné que les termes
Heleine de Courtenay , Princesse du Sang Royal
de France , étant au bas de la page sept dudit
Mémoire , demeureront rayés et suprimés , et
que les Feuilles intitulées
Observations sur les
Ecrits modernes , Lettre quatre-vingt- dix-neuf ,
lesdites Feuilles commençant à là page cent-qua-
I. Vol.
Ly
tre
244 MERCURE DE FRANCE
tre-vingt-treize , et finissant à la page deux-
cent-seize , dattées à la fin, le douze Janvier mil-
sept-cent-trente-sept. A Paris , chés Chaubert , se-
font et demeureront suprimées ; Fait inhibitions
et défenses , tant audit de Bauffremont qu'à tous
autres , d'employer lesdits titre et qualité pour
ladite Heleine de Courtenay , et notamment à
tous Libraires et Imprimeurs et tous autres , de
les employer dans aucuns Livres ou Imprimés ,,
et pareillement d'imprimer , vendre et cébiter ,
ou autrement distribuer tant lesdites Feuilles que
ledit Mémoire , avec les termes cy- dessus ; le
tout à peine d'être procedé extraordinairement
contre les Contrevenans , Enjoint à tous ceux
qui auroient des Exemplaires dudit Mémoire ,
ou desdites Feuilles , de les aporter au Greffe de
la Cour , pour être lesdites Feuilles suprimées ,
et les termes cy- dessus rayés dudit Mémoire..
Ordonne en outre que Copies collationnées du
présent Arrêt, seront envoyées dans les Baillia-
ges et Sénéchaussées du Ressort pour y être lû ,.
publié et registré : Enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roi, d'y tenir la main , et
en certifier la Cour dans le mois. Fait en Par-
lement le sept Février mil- sept-cent trente-sept .
Signé YSABEAU..
ORDONNANCE du Roi , du 11. au sujet
des Deserteurs des troupes des Isles Françoises.
de l'Amérique , par laquelle il est dit que Sae
Majesté voulant exciter de plus en plus ses Su-
jets des Isles Françoises de l'Amérique à arrê-
ter les Deserteurs des troupes qu'Elle y entre-
tient , E le a ordonné et ordonne que par le Tré-
sorier general de la Marine il sera payé , sut-
les ordonnances des Intendans ou Commissai
I. Vola
IRE
JUIN.
I. Vah
1737.
1245
res ordonnateurs auxdites Isles , la somme de
cent livres pour chaque deserteur desdites trou-
pes , à celui ou à ceux qui en auront fait la cap-
ture , et l'ameneront.
DECLARATION du Rey , qui regle la for
me en laquelle les Procurations pour résigner
les Bénéfices doivent êtres faites. Donnée à Ver-
sailles le 14. Février registrée en Parlement
le 13. Mars.
ARREST du 15. qui commet le sieur de
Saint Contest de la Chataigneraye , Maître des
Requêtes , pour défendre , en qualité de Procu-
reur General , aux demandes en cassation des
jugemens de competence..
AUTRE du 17. par lequel il est dit que le
Roi ayant été informé de ce qui s'est passé dan's
la Ville de Douay , à l'occasion de la mort d'un
Chanoine du Chapitre de S. Amé ; S. M. au-
roit jugé à propos de se faire rendre un compte
éxact de cette affaire , dont l'importance lui a
paru mériter son attention à quoy voulant
pourvoir , Sa Majesté étant en son Conseil , a
ordonné et ordonne que les déliberations capi-
tulaires du Chapitre de S. Amé , concernant le
dit Chanoine, et les Ordonnances 'en Jugement ,
rendues à son égard , ensemble les Apellations
simples ou comme d'abus , si aucunes en ont
été interjettées seront incessamment remises en-
tre les mains du sieur d'Argenvilliers , Secretaire
d'Etat , pour y être pourvû par Sa Majesté
ainsi qu'il apartiendra , sur le compte qui lui
sera rendu desdites pieces. : Sa Majesté réservant
à sa Personne la connoissance de cette affaire,
Evj
cife
1246 MERCURE DE FRANCE
circonstances et dépendances , et icelle interdi-
sant à toutes ses Cours et autres Juges , jusqu'à
Ce qu'autrement par Elle il en ait été ordonné
ORDONNANCE du Roi du 25. concernant
la réduction des Compagnies de Grenadiers
en faveur de ceux des Grenadiers qui se trou- .
veront déplacés par le retranchement porté par
l'ordonnance du 8. Janvier dernier , et entrenus
avec leur même paye jusqu'à ce qu'ils rentrent
dans les Compagnies d'où ils seront sortis ,
ou
qu'ils montent aux grades qui leur seront ac-
cordés suivant leurs talens et bonne conduite.
ARREST du 26. portant qu'Antoine Hog-
guer sera tenu de défendre dans huitaine , à la
demande du Controlleur des bons d'Etats con
tre lui , en restitution de neuf millions deux cent
quatre-vingt-dix mil cinq cent quatre-vingt- six
livres d'une part , en rentes sur les Tailles , et
de neuf cent quarante-quatre mille livres , d'au-
tre , en argent , comme indûement par lui sur-
prises , sinon qu'il sera fait droit.
EDIT DU ROY, portant supression de
la Charge de Garde des Sceaux de France. Don
né à Versailles au mois de Février 1737.
LOUIS par la grace de Dieu Roy de Fran-
ce et de Navarre ; à tous présens et à venir , S -
LUT. Les Sceaux de France étant à présent en
nos mains , nous avons crû que rien n'étoit plus
convenable au bien de notre Service et à celui
du Public , que d'en remettre la garde et l'éxer-
cice à notre très- cher et féal Chevalier Chance-
Tier de France. A ces causes , et autres à ce nods
mouvans , de l'avis de notre Conseil , et de no-
I. Val..
LEB
JUIN.
1. Vol
1737.
1247
tre certaine science , pleine puissance et autor té
Royale , nous avons éteint et suprimé , étei-
gnons et suprimons par ces Présentes , signées
de notre main , les titre , état et Office de Garde
des Sceaux de France , rétabli par nos Lettres
Patentes du mois d'Août 1727. Voulons qu'i-
celles et tout leur contenu , soit et demeure dès-
à-présent et à l'avenir , nul et comme´non ave--
au , ainsi que toutes les clauses et dispositions
contenues en icelles en vertu des Présentes . Si
donnons en mandement à nos amés et feaux
Conseillers , les Gens tenans notre Grand - Con
seil , que ces Présentes il ayent à faire lire et re-
gistrer , pour le contenu en icelles être gardé et
observé selon sa forme et teneur , nonobstant
tous Edits , Déclarations , Lettres Patentes , Ré-
gfemens et autres titres à ce contraires , auxquels
nous avons dérogé et dérogeons par ces Pié
sentes , pour ce regard seulement ; car tel est no-
tre plaisir
;
et afin que ce soit chose ferme et
stable à toujours , nous avons aposé notre Sce}
à cesdites Présentes Donné , &c .
Lu , publié en l'Audience du Grand- Conseil du
Roy et enregistré ès Registres dudit Conseil , pour
être gardé, observé et ex cuté selon sa forme et te-
neur , suivant l'Arrêt dud t Conseil de ce jourd'hui
21. Février 1737. Signé , TOURN A'Y.
Registré au Parlement le 7. Mars suivant.
REGLEMENT signé du Roy, du 2. Mars,
Sur ce qui doit êre observé à l'égard des Equi
pages des Navires qui partent des Ports de Pro-
vence , et au sujet des Passagers qui s'y embar
quent , par raport aux Expéditions des Patentes
de santé.
AUTRI
248 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , concernant les
Equipages des Bâteaux et autres Bâtimens qui
naviguent seulement dans le Port et à la Baye
de Marseille.
ARREST du 3 qui ordonne l'èxecution de
celui du 12. Janvier 1734 portant établissement
de la Commission pour le Jugement en dernier
ressort des comptes et affaires concernant l'E-
conomat et les Biens des Religionnaires fugitifs,
avec augmentation de Commissaires..
AUTRE du 18. qui ordonne la supression
de plusieurs Quvrages saisis chés le nommé
Redé , Imprimeur à Amiens , surpris en contra
vention aux Reglemens de Police , et qui le dé-
clare déchu de la qualité d'Imprimeur.
ARREST du Parlement , au sujet d'une
Feuille imprimée et d'une These de Théologie.
CE JOUR les Gens du Roy sont entrés, et
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat du-
dit Seigneur Roy , portant la parole , ont dit:
Qu'une Feuille clandestine , imprimée sans
autre t tre que celui de Suite du Suplément , sous
la date du 15. Janvier dernier , est tombée depuis
peu entre leurs mains ; et que comme ils ont apris
qu'elle étoit répandue dans le Public , ils n'ont
pas c , à la vue de ce qu'elle contient , pouvoir
sous silence.
a Cour en jugera comme eux , si elle
seulement ce qui regarde diverses
ont nommées dans cette Feuille,
ent compromises , mais encore
de dangereux pour le Pablic,
n présente des esprits sur les af
Laires
JUIN 1737.
Y249'
faires de l'Eglise , et ce qu'elle renferme de faits;,
d'expressions et de discours , capables de porter
à son dernier période un fu qui ne se fait que
trop sen ir , et que l'on ne doit chercher qu'à
éteindre ..
Qu'ils croyent donc n'avoir besoin que de la
mettre sous les yeux de la Cour pour l'engager
à la proscrire ; et pour trouver dans son autorité
respectable un préservatif qui fasse sentir au Pa-
blic , combien il doit être en garde contre tout:
ce qui peut tendre à de tels excès.
Que pour ne pas multiplier sans nécessité ses
Arrets , ils auront l'honneur de lui rendre comp-
te en même-temps d'une These soutenue dans
la Faculté de Théologie de Rheims , qui , quoi-
qu'un peu plus ancienne , n'est cependant aussi
parvenue que depuis peu à leur connoissance.
Qu'ils n'ont pas lieu de reprocher à cette These
d'être tombée en tout dans un égal oubli de nos
Maximes. Qu'ils y en reconnaissent au contraire
plusieurs exprimées d'une maniere que l'on ne
sçauroit qu'aprouver. Mais qu'il est d'autres ar--
ticles sur lesquels elle s'en écarte trop pour être :
excusée ; et que ce mélange aujourd'hui trop
ordinaire , ne doit pas la mettre à couvert de la
Censure de la Cour.
Que la Cour sçaura mieux le connoître
ble de conséquences dangereuses.
Que la Cour sçait quelle a été de tout t
la fermeté inébranlable de la France .
ral dans l'ordre de la Puissance sp
τί
le
discerner par ses lumieres, que par toute la discus-
sion dans laquelle ils pouroient entrer sur cette
These; qu'ils se bornent à un seul exemple choi
entre ce qu'ils y ont remarqué de plus susce
´ment à maintenir la supériorité du C
Vole
•
•
1250 MERCURE DE FRANCE
encore à le regarder comme faisant une partic
principale et essentielle de l'institution de 1 Eglise.
Que la Cour n'a pas sans doute oublié ce qu'elle
a fait à ce sujet en diverses occasions. Que quoi-
que persuadée , comme il est vrai , que les Con-
ciles géneraux ne sont pas toujours nécessaires
pour terminer toute question qui s'éleve , soit
sur la Discipline ou sur la Foi , elle n'en a pas été
moins en garde contre tout ce qui pouvoit insi
nuer qu'ils ne sont nécessaires en aucun cas.
Que c'est pour cela qu'en 1663. par un Arrêt
solemnel , elie réprouva cette proposition dans
une These de Théologie : Concilia generalia ad
extirpandas bareses , schismata et alia incommoda
tol enda , admodum sunt utilia , non tamen abso-
lutè necessaria. Que dans la These d'aujourd'hui
la même proposition se trouve en d'autres ter-
mes , mais , qui loin d'en affoiblir le sens , sem-
blent plutôt y donner plus de force et d'énergie :
Congregare Concilia magna utilitatis , nullius ab-
soluta necessitatis En faut-il davantage pour fon-
der les Conclusions qu'ils ont prises pour la su
pression de cette These , aussi--bien que de la
Feuille imprimée , et qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun de ces deux Ecrits?
Eux retirés : Vû par la Cour ladite Feuille im
primée sous le titre , Suite du Suplément , 15.
janvier 1737. ensemble ladite These soutemë
dans la Faculté de Théologie de Rheims le
31.
Décembre 1736. par Charles Batteux , Pro ma-
jore ordinarii , et les Conclusions par écrit du
Procureur General du Roy sur lesdits Ecrits. La
matiere sur ce mise en Déli eration ,
LA COUR a arrêté et ordonné que laditt
Feuille et ladite These seront suprimées , Enjoine
à tous ceux qui en auroient des Exemplaires , de
I. Vol.
jes
JUIN.
1737.
1251
Les aporter à cet effet au Greffe de ladite Cour
Fait inhibitions et défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs et autres de quelque état,
qualité et condition qu'ils soient , de vendre, dé-
biter ou autrement distribuer aucuns Exemplaires'
de ladite Feuille et de ladite These , à peine de
punition exemplaire; et que Copies collationnées
du présent Arrêt seront envoyées dans les Bail-
liges et Sénéchaussées du Ressort , pour y être
lu , publié et registré , enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roy d'y tenir la main , et
d'en certifier la Cour dans un mois. Fait en Par-
lement le 18 Mars 1737. Signé DUFRANC.
ARREST du 19. Mars , qui exempte des
droits de Massicault , et modére à moitié les au-
tres droits dûs à Rouen et au Havre , sur les
Vins du Languedoc et de Roussillon , qui seront
destinés pour la provision de Paris.
ORDONNANCE DU Roy du 30. par la
quelle il est dit que S. M. desirant mettre sous
le Titre de Royal - Pologne , le Regiment de Ca-
valerie qui est sous celui du Roy Stanislas , et
voulant qu'il prenne à l'avenir dans la Cavalerie
un rang convenable à ce Titre , S. M. a ordonné
et ordonne qu'il portera à l'avenir le nom de
Royal- Pologne, et prendra rang dans les Garni
sons,Quartiers Campemens, Armées, et par- tout
ailleurs , après le Regiment Royal de Carabi
niers , et avant tous les autres qui sont actuelle-
ment sur pied ; nonobstant ce qui est porté par
POrdonnance du 24. Décembre 1725. qui avoit
fixé le rang de ce Regiment après celui de la
Reine , et toutes autres Ordonnances et Regle
mens à ce contraires , auxquels S. M: a dérogé
et déroge par ladite Ordonnance.
11252 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 2. Avril, Portant Exemption
des Droits du Domaine d'Occident , pour les
Marchandises du crû des Isles du Vent de l'A-
merique , qui seront transportées en Canada er
à l'Isle- Royale..
AUTRE du même jour, Qui permet aux Né
gocians de Marseille d'introduire , pour la con-
sommation du Royaume , les Caffés provenant
du cru des Isles Françoises de l'Amerique , en
payant dix livres du cent pesant , et d'en en-
voyer à Geneve en transit , sans payer aucuns
Droits ; le tout en observant les formalités pres
crites.
ORDONNANCE DU ROY du ro. Avril,
Qui enjoint aux Officiers des Troupes d'Infan-
gerie , Cavalerie et Dragons , de porter l'habit
uniforme pendant le temps qu'ils seront aux
Corps.
AUTRE du 23. Qui permet que les Bâti-
mens François soient adressés aux Négocians
Etrangers établis dans les Echelles du Levant ,
dans le cas où ils auront été fretés en entier par
des Etrangers.
ARREST du même jour , Pour faciliter
La perception des Arrerages des Rentes Viageres
acquises sur l'Hôtel de Ville de Paris
Etrangers.
suit.
par
AUTRE du 5. May , dont la tencur
LE ROY s'étant fait representer l'Arrêt ren-
u par Sa Majesté le 9. Décembre 1731. par
1. Vol.
les
lequel
JUIN.
I. Fol
+1737
1253
lequel elle auroit ordonné la Supression d'une
feuille imprimée commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare ..... Episcopus ,
Dux Laudunensis , avec une Formule ordinaire
de l'Aprobation des Confesseurs , une Explica-
tion des Cas reservés au Pape ou à l'Evêque , et
des Avis adressés aux Confesseurs , Sa Majesté
auroit été informée que , contre le respect qui
est dû à cet Arrêt , on commençoit à répandre
dans le Public un Ouvrage imprimé sans nom
d'Imprimeur , sans Privilege ni Permission, qui
a pour titre , Ordonnance de M. l'Evêque Duc de
Laon,second Pair de France, & c.où il paroît qu'on
veut faire revivre et regarder comme subsistant,
ce que le Roy ajugé à propos de suprimer par son
autorité. Et S. M. s'étant fait rendre un comp-
te plus exact de cet Ouvrage, Elle auroit recon-
nu que l'exemple d'une pareille contravention
doit être d'autant moins toleré, qu'il est à crain-
dre que l'esprit qui regne dans cet Imprimé , et
la dureté des expressions dont il est rempli ,
n'excirent une nouvelle émotion dans les esprits:
à quoi étant nécessaire de pourvoir , pour as-
sûrer l'exécution des Arrêts émanés de l'autori-
té du Roy , et éloigner tout ce qui peut troubler
la tranquillité publique , SA MAJESTE' E'TANT
EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que
ledit Ouvrage , imprimé sous le titre d'Ordon-
nance de M.l'Evêque Duc de Laon ,second Pair de
France , &c. sera et demeurera suprimé , &c.
AUTRE du 21. Qui accorde un Délay
jusqu'au dernier Décembre 1737. pour le Con-
trôle des Actes de Foy et Hommage , Décla-
rations et Reconnoissances aux Papiers Terriers
et autres.
LETTRES
1254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu-
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren .
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran-
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
puisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
I. Vol.
-que
JUIN.
1737.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en gypte mais
comme ledit sieur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
qu'il Nous plairoit regler ,
il Nous a
très-humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
et desirant favora-
blement traiter dedit sieur Meiffen , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES ,
et autres
ace Nous mouvans ', de l'avis de notre Conseil,
qui a vu le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre- Scel de notre Chancel-
erie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me,Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis-
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très- expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
ctuire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause ,
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
J. Vol.
*iaux
7254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren .
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie : Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
puisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
1. Vol.
que
JUIN..1737.
J. Vol.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en gypte : mais
comme ledit sicur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
il Nous a
très- humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
qu'il Nous p'airoit regler ,
et desirant favora-
blement traiter dedit sieur Meiffen , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES ,
et autres
ice Nous mouvans , de l'avis de notre Conseil,
qui a vu le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre- Scel de notre Chancel-
crie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me , Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très-expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
tuire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , à
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
tiaux
1246 MERCURE DE FRANCE
circonstances et dépendances , et icelle interdi-
sant à toutes ses Cours et autres Juges , jusqu'à
Ce qu'autrement par Elle il en ait été ordonné.
ORDONNANCE du Roi du 25. concernant
la réduction des Compagnies de Grenadiers
en faveur de ceux des Grenadiers qui se trou-.
veront déplacés par le retranchement porté par
l'ordonnance du 8. Janvier dernier , et entrenus
avec leur même paye jusqu'à ce qu'ils rentrent
dans les Compagnies d'où ils seront sortis , ou
qu'ils montent aux grades qui leur seront ac-
cordés suivant leurs talens et bonne conduite.
ARREST du 26. portant qu'Antoine Hog-
guer sera tenu de défendre dans huitaine , à la
demande du Controlleur des bons d'Etats con
tre lui , en restitution de neuf millions deux cent
quatre- vingt-dix mil cinq cent quatre-vingt-six
livres d'une part , en rentes sur les Tailles , et
de neuf cent quarante-quatre mille livres , d'au-
tre , en argent , comme indûement par lui sur-
prises , sinon qu'il sera fait droit.
EDIT DU ROY, portant supression de
la Charge de Garde des Sceaux de France. Don
Lé à Versailles au mois de Février 1737.
LOUIS par Ia grace de Dieu Roy de Fran-
ce et de Navarre ; à tous présens et à venir , SA-
IU T. Les Sceaux de France étant à présent en
nos mains , nous avons crû que rien n'étoit plus
convenable au bien de notre Service et à celui
"du Public , que d'en remettre la garde et l'éxer-
cice à notre très-cher et féal Chevalier Chance-
Tier de France. A ces causes , et autres à cẹ nods
mouvans , de l'avis de notre Conseil , et de no-
I. Val.
JUIN.
1737.
1247
tre certaine science , pleine puissance et autor té
Royale , nous avons éteint et suprimé , étei-
gnons et suprimons par ces Présentes , signées
de notre main , les titre , état et Office de Garde
des Sceaux de France , rétabli par nos Lettreg
Patentes du mois d'Août 1727. Voulons qu'i-
celles et tout leur contenu , soit et demeure dès-
à- présent et à l'avenir , nul et comme non ave--
nu , ainsi que toutes les clauses et dispositions
contenues en icelles en vertu des Présentes. Si
donuous en mandement à nos amés et feaux
Conseillers , les Gens tenans notre Grand- Con-
seil , que ces Présentes il ayent à faire lire et re-
gistrer , pour le contenu en icelles être gardé et
observé selon sa forme et teneur , nonobstanť
fous Edits , Déclarations , Lettres Patentes , Ré
gfemens et autres titres à ce contraires , auxquels
nous avons dérogé et dérogcons par ces Pié
senies , pour ce regard seulement ; car tel est no-
tre plaisir , et afin que ce soit chose ferme et
stable à toujours , nous avons aposé notre Sce
ă cesdites Présentes Donné , &c.
Lú , publié en l'Audience du Grand- Conseil du
Roy et enregistré ès Registres dudit Conseil , pour
être gardé, observé et ex cuté selon sa forme et te-
neur , suivant l'Arrêt dud 1 Conseil de ce jourd'hui
21. Février 1737. Signé , TOURNAY.
Registré au Parlement le 7. Mars suivant.
REGLEMENT signé du Roy, du 2. Mars
Sur ce qui doit êre observé à l'égard des Equi
pages des Navires qui partent des Pòrts de Pro-
vence , et au sujet des Passagers qui s'y embar
quent , par raport aux Expéditions des Patentes
de santé.
1. Vol
AUTRI
T248 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , concernant les
Equipages des Bâteaux et autres Bâtimens qui
naviguent seulement dans le Port et à la Baye
de Marseille.
ARREST du 3 qui ordonne l'èxecution de
celui du 12. Janvier 1734 portant établissement
de la Commission pour le Jugement en dernier
ressort des comptes et affaires concernant l'E-
conomat et les Biens des Religionnaires fugitifs,
avec augmentation de Commissaires.
AUTRE du 18. qui ordonne la supression
de plusieurs Ouvrages saisis chés le nommé
Redé , Imprimeur à Amiens , surpris en contra
vention aux Reglemens de Police , et qui le dé-
clare déchu de la qualité d'Imprimeur.
ARREST du Parlement , au sujet d'une
Feuille imprimée et d'une These de Théologie.
CE JOUR les Gens du Roy sont entrés, er
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat du-
dit Seigneur Roy , portant la parole , ont dit :
Qu'une Feuille clandestine , imprimée sans
autre t tre que celui de Suite du Suplément ,
la date du 15. Janvier dernier , est tombée depuis
peu entre leurs mains, et que comme ils ont apris
qu'elle étoit répandue dans le Public , ils n'ont
pas crû , à la vue de ce qu'elle contient , pouvoir
la passer sous silence .
Que la Cour en jugera comme eux , si elle
considere non-seulement ce qui regarde diverses
Personnes qui sont nommées dans cette Feuille,
et qui s'y trouvent compromises , mais encore
plus ce qu'elle a de dangereux pour le Pablic ,
dans la disposition présente des esprits sur les af
L.. Vole
Sous
faires
JUIN 1737.
Le Volo
Y'49'
faires de l'Eglise , et ce qu'elle renferme de faits;,
d'expressions et de discours , capables de porter
à son dernier période un fu qui ne se fait que
trop sen ir , et que l'on ne doit chercher qu'à
éteindre..
Qu'ils croyent donc n'avoir besoin que de la
mettre sous les yeux de la Cour pour l'engager
à la proscrire ; et pour trouver dans son autorité
respectable un préservatif qui fasse sentir au Pa-
blic , combien il doit être en garde contre tout:
ce qui peut tendre à de tels excès.
Que pour ne pas multiplier sans nécessité sés
Arrets , ils auront l'honneur de lui rendre comp-
te en même-temps d'une These soutenue dans
la Faculté de Théologie de Rheims , qui , quoi-
qu'un peu plus ancienne n'est cependant aussi
parvenue que depuis peu à leur counoissance.
Qu'ils n'ont pas lieu de reprocher à certe These
d'être tombée en tout dans un égal oubli de nos
Maximes. Qu'ils y en reconnoissent au contraire
plusieurs exprimées d'une maniere que l'on ne
sçauroit qu'aprouver. Mais qu'il est d'autres ar-
ticles sur lesquels elle s'en écarte trop pour être:
excusée ; et que ce mélange aujourd'hui trop
ordinaire , ne doit pas la mettre à couvert de la
Censure de la Cour.
Que la Cour sçaura mieux le connoître
le
discerner par ses lumieres, que par toute la discus-
sion dans laquelle ils pouroient entrer sur cette
These; qu'ils se bornent à un seul exemple choisi
entre ce qu'ils y ont remarqué de plus suscepti
ble de conséquences dangereuses.
Que la Cour sçait quelle a été de tout temps
la fermeté inébranlable de la France , non-seule
´ment à maintenir la supériorité du Concile géne
ral dans l'ordre de la Puissance spirituelle , mais
encore
1250 MERCURE DE FRANCE
encore à le regarder comme faisant une partie
principale et essentielle de l'institution de l Eglise.
Que la Cour n'a pas sans doute oublié ce qu'elle
a fait à ce sujet en diverses occasions. Que quoi-
que persuadée , comme il est vrai , que les Con-
ciles géneraux ne sont pas toujours nécessaires
pour terminer toute question qui s'éleve , soit
sur la Discipline ou sur la Foi , elle n'en a pas été
moins en garde contre tout ce qui pouvoit insi-
nuer qu'ils ne sont nécessaires en aucun cas .
Que c'est pour cela qu'en 1663. par un Arrêt
solemnel , elle réprouva cette proposition dans
une These de Théologie : Concilia generalia ad
extirpandas bareses , schismata et alia incommoda
tol enda , admodum sunt utilia , non tamen abso-
lutè necessaria. Que dans la These d'aujourd'hui
la même proposition se trouve en d'autres ter-
mes , mais , qui loin d'en affoiblir le sens , sem-
blent plutôt y donner plus de force et d'énergie :
Congregare Concilia magna utilitatis , nullius ab-
soluta necessitatis En faut-il davantage pour fon-
der les Conclusions qu'ils ont prises pour la su
pression de cette These , aussi- bien que de la
Feuille imprimée , et qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun de ces deux Ecrits?
Eux retirés : Vû par la Cour ladite Feuille im
primée sous le titre , Suite du Suplément , 15.
janvier 1737. ensemble ladite These soutene
dans la Faculté de Théologie de Rheims le
31-
Décembre 1736. par Charles Batteux , Pro ma-
jore ordinarii , et les Conclusions par écrit du
Procureur General du Roy sur lesdits Ecrits. La
matiere sur ce mise en Déli eration ,
LA COUR a arrêté et ordonné que ladit☛
Feuille et ladite These seront suprimées , Enjoint
à tous ceux qui en auroient des Exemplaires , de
J. Vol.
jes
JUIN.
1737.
1251
les aporter à cet effet au Greffe de ladite Cour !
Fait inhibitions et défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs et autres de quelque état,
qualité et condition qu'ils soient , de vendre, dé-
biter ou autrement distribuer aucuns Exemplaires'
de ladite Feuille et de ladite These , à peine de
punition exemplaire; et que Copies collationnées
du présent Arrêt seront envoyées dans les Bail-
liges et Sénéchaussées du Ressort , pour y être
Iû , publié et registré , enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roy d'y tenir la main , er
d'en certifier la Cour dans un mois. Fait en Par-
lement le 18 Mars 1737. Signé DUFRANC.
ARREST du 19. Mars , qui exempte des
droits de Massicault , et modére à moitié les au-
tres droits dûs à Rouen et au Havre , sur les
Vins du Languedoc et de Roussillon , qui seront
destinés pour la provision de Paris.
ORDONNANCE DU Roy du 30. par la
quelle il est dit que S. M. desirant mettre sous
le Titre de Royal- Pologne , le Regiment de Ca-
valerie qui est sous celui du Roy Stanislas , et
voulant qu'il prenne à l'avenir dans la Cavalerie
un rang convenable à ce Titre , S. M. a ordonné
et ordonne qu'il portera à l'avenir le nom de
Royal-Pologne, et prendra rang dans les Garni
sons,Quartiers Campemens, Armées, et par- tout
ailleurs , après le Regiment Royal de Carabi
niers , et avant tous les autres qui sont actuelle-
ment sur pied ; nonobstant ce qui est porté par
l'Ordonnance du 24. Décembre 1725. qui avoit
fixé le rang de ce Regiment après celui de la
Reine , et toutes autres Ordonnances et Regle
mens à ce contraires , auxquels S. M : a dérogé
et déroge par ladite Ordonnance.
1252 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 2. Avril, Portant Exemption
des Droits du Domaine d'Occident , pour les
Marchandises du crú des Isles du Vent de l'A-
merique , qui seront transportées en Canada et
à l'Isle- Royale.
AUTRE du même jour, Qui permet aux Né-
gocians de Marseille d'introduire , pour la con-
sommation du Royaume , les Caffés provenant
du crû des Isles Françoises de l'Amerique , en
payant dix livres du cent pesant , et d'en en-
voyer à Geneve en transit , sans payer aucuns
Droits ; le tout en observant les formalités pres.
crites.
ORDONNANCE DU ROY du 10. Avril,
Qui enjoint aux Officiers des Troupes d'Infan-
terie , Cavalerie et Dragons , de porter l'habit
uniforme pendant le temps qu'ils seront aux
Corps.
AUTRE du 23. Qui permet que les Bâti-
mens François soient adressés aux Négocians
Etrangers établis dans les Echelles du Levant
7
dans le cas où ils auront été fretés en entier par
des Etrangers.
ARREST du même jour , Pour faciliter
la perception des Arrerages des Rentes Viageres
acquises sur l'Hôtel de Ville de Paris par les
Etrangers.
AUTRE du 5. May , dont la teneur
suit.
LE ROY s'étant fait representer l'Arrêt ren-
du par Sa Majesté le 9. Décembre 1731, par
1. Vol.
lequel
JUIN.
I. Vola
1737
1253
lequel elle auroit ordonné la Supression d'une
feuille imprimée commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare ..... Episcopus
Dux Laudunensis , avec une Formule ordinaire
de l'Aprobation des Confesseurs , une Explica-
tion des Cas reservés au Pape ou à l'Evêque , er
des Avis adressés aux Confesseurs , Sa Majesté
auroit été informée que , contre le respect qui
est dû à cet Arrêt , on commençoit à répandre
dans le Public un Ouvrage imprimé sans nom
d'Imprimeur , sans Privilege ni Permission, qui
a pour titre , Ordonnance de M. l'Evêque Duc de
Laon,second Pair de France, &c.où il paroît qu'on
veut faire revivre et regarder comme subsistant,
ce que le Roy a jugé à propos de suprimer parson
autorité. Et S. M. s'étant fait rendre un comp-
te plus exact de cet Ouvrage, Elle auroit recon-
nu que l'exemple d'une pareille contravention
doit être d'autant moins toleré, qu'il est à crain--
dre que l'esprit qui regne dans cet Imprimé , et
la dureté des expressions dont il est rempli ,
n'excitent une nouvelle émotion dans les esprits :
à quoi étant nécessaire de pourvoir , pour as-
sûrer l'exécution des Arrêts émanés de l'autori
té du Roy , et éloigner tout ce qui peut troubler
la tranquillité publique , SA MAJESTE' E'TANT
EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que
edit Ouvrage , imprimé sous le titre d'Ordon-
nance de M.l'Evêque Duc de Laon, secon¹ Pair de
France , &c. sera et demeurera suprimé , & c.
AUTRE du 21. Qui accorde un Délay
jusqu'au dernier Décembre 1737. pour le Con-
trôlle des Actes de Foy et Hommage , Décla-
rations et Reconnoissances aux Papiers Terriers
ft autres.
LETTRES
2254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu-
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren.
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie : Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
paisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
I. Vol.
que
JUIN.. 1737.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en Egypte : mais
comme ledit sieur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
il Nous a
très-humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
qu'il Nous plairoit regler ,
et desirant favora-
blement traiter ledit sieur Meiffren , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES , et autres
ace Nous mouvans , de l'avis de notre Conseil,
qui a vû le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre-Scel de notre Chancel-
lerie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me , Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis-
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très-expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
Cruire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , à
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
J. Vol.
riaux
1256 MERCURE DE FRANCE
riaux , outils , et ustenciles qui auroient servi à
leur fabrication ,
et de quinze cent livres d'a-
mende , aplicable un tiers à notre profit, un tiers
au profit du Sicur Meiffren , ses Hoirs et ayans
cause, et l'autre tiers au profit de l'Hôpital le
plus prochain du lieu où il sera contrevenu aux
Presentes. SI DONNONS EN MANDEMENT à nos
amés et feaux Conseillers les Gens tenans nos
Cours de Parlement , et à tous autres nos Of
ciers et Justiciers qu'il apartiendra , que du con-
tenu des Presentes ils fassent jouir et user ledit
sieur Exposant , ses Hoirs et ayans cause , plei-
nement et paisiblement, cessant et faisant cesser
tous troubles et empêchemens contraires. CAR
tel est notre plaisir. DONNE' à Versailles le tren-
tiéme jour d'Avril , l'an de Grace mil sept cent
trente sept , et de notre Regne le vingt- deuxié-
me , Signé , LOUIS , Et plus bas , par le Roy,
PHE PEAUX.
Nous croyons devoir ajoûter que , par les dif
ferens effets de cette Machine , il semble qu'elle
doit être extrémement composée , elle est ce-
pendant très-simple , peu couteuse et de presque
nul entretien. Depuis qu'elle a été vûë et exa-
minée par Messieurs de l'Académie des Sciences,
le sieur Meiffren l'a encore beaucoup perfection-
née , ensorte qu'il n'y a personne qui ne soit
frapé de cette Invention , une des plus utiles
qui ait encore été trouvée en ce genre.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES, EDITS, &c.
Entre décembre 1736 et juin 1737, plusieurs arrêtés et ordonnances royales ont été publiés en France. En décembre 1736, un arrêt a régulé le commerce du tabac en Bourgogne. En janvier 1737, des ordonnances royales ont visé à réduire les effectifs militaires, affectant divers régiments et unités. Une ordonnance de 44 pages a régulé le paiement des troupes et les réformes post-paix. D'autres mesures ont interdit l'achat et la vente de grains sans autorisation autour de Paris, prolongé des délais pour la modération des droits sur les offices vacants, et réglementé la vente des serges. Des confiscations et amendes ont été prononcées contre des marchands de soieries ne respectant pas les marques de fabrique. Les jeux de hasard dans les lieux publics ont été interdits, avec des amendes sévères. En juin 1737, plusieurs décisions judiciaires et administratives ont été prises. Un arrêt a prolongé le délai pour la modération des droits sur les offices vacants jusqu'au 31 décembre 1737. D'autres arrêts ont permis la vente des serges à l'aune et confisqué des étoffes de soie sans marques. Une sentence de police a condamné des individus pour jeux de hasard. Le Parlement a examiné un mémoire du marquis de Bauffremont sur la protection des Princes du Sang Royal. Des décisions judiciaires et royales ont inclus la suppression de certains titres et documents, et l'interdiction de leur distribution. Une ordonnance royale a offert une récompense pour la capture des déserteurs des troupes des îles françaises d'Amérique. Divers arrêts ont nommé des défenseurs, traité de la mort d'un chanoine, et ordonné la restitution de sommes indûment perçues. Un édit royal a supprimé la charge de Garde des Sceaux de France, transférant cette responsabilité au Chevalier Chancellor de France. Le Parlement a également traité de la proscription de certains écrits jugés dangereux. En 1737, la Cour de France a pris plusieurs décisions importantes. Le 18 mars, elle a ordonné la suppression d'une feuille imprimée intitulée 'Suite du Suplément' et d'une thèse de Charles Batteux, soutenue à la Faculté de Théologie de Reims en 1736, en raison de propositions jugées dangereuses. Le 19 mars, un arrêt a exempté les vins du Languedoc et de Roussillon, destinés à Paris, des droits de Massicault et a réduit de moitié les autres droits à Rouen et au Havre. Le 30 mars, le roi a renommé le régiment de cavalerie du Roi Stanislas en 'Royal-Pologne'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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861
p. 1298-1315
VII. LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. Maillart, ancien Avocat au Parlement, sur quelques Sujets de Litterature.
Début :
Vous sçavez, Monsieur, que la hardiesse et un esprit de curiosité, [...]
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texteReconnaissance textuelle : VII. LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. Maillart, ancien Avocat au Parlement, sur quelques Sujets de Litterature.
VII. LETTRE de M. D. L. R.
écrite à M. Maillart, ancien Avocat
au Parlement, sur quelques Sujets de
Litterature.
Vous sçavez, Monsieur, que la hardiesse
et un esprit de curiosité,
poussés quelquefois au- delà des bornes ,
II Vol.
for:
JUIN.
1737.
1299 .
font une partie du génie de notre Na-
tion. Les François veulent tout voir ,
tout sçavoir par eux- mêmes , les choses
sur tout qui offrent un grand Spectacle ,
sans s'embarasser du péril , s'il y en a , à
contenter leur curiosité. Jusqu'ici nos
Voyageurs les plus hardis croyoient avoir
beaucoup fait de visiter les principales
Mosquées des grandes Villes de l'Empire
Turc , en prenant les occasions favora-
bles , les précautions nécessaires , dont la
plus indispensable , après la paye de l'In
troducteur , est de ne jamais tenter l'a-
vanture , que lorsque ces Temples sont
déserts,avant ou après le temps de la Prie-
re publique, On sçait ce qui pensa en coû
ter à N. Grelot, Voyageur du Levant des
plusestimables,quand il entreprit de lever
tous les Plans de l'Interieur de sainte So-
phie de Constantinople , et combien il
s'estima heureux d'en être quitte pour
une grêle de coups de Papouches ou Pan-
toufles Turques, et pour un torrent d'in-
jures ; ceremonie avec laquelle il fut re-
reconduit jusqu'à la derniere porte de ce
* Son Livre est intitulé , Relation nouvelle d'un
Voyage de Constantinople , enrichie de Plans , le-
és par l'Auteur , &c. 1. Vol in 4. de 306. pages.
A Paris , chés la veuve de D. Foucault , 1680,
Il est devenu fort rare,
II. Vol.
fameux
1300 MERCURE DE FRANCE
fameux Temple. Il faut lire l'avanture
dans le Livre même , qui est d'ailleurs un
bon Livre.
Mais nous n'avions point encore vû de
François assés hardi , pour ne pas dire
téméraire , pour entreprendre d'entrer
dans le Temple de sainte Sophie , et d'as-
sister à la Priere publique dans une des
plus grandes Solemnités du Mahométis-
me, honorée encore de la présence du G.S.
accompagné de toute sa Cour, &c. C'est
cependant , Monsieur , ce qui est enfin
arrivé , comme vous l'allez voir dans le
Narré qui suit. Je l'ai trouvé parmi les
papiers de feu M. Desroches, qui , com.
me vous sçavez , me sont nouvellement
arrivés de Constantinople. Je n'ai pas be
soin d'autre garant de la vérité du fait ,
étant d'ailleurs déja instruit de ce fait , et
connoissant par moi -même les Acteurs
que je vais mettre sur la Scene. Voici le
Narré en question .
Il y avoit long- temps que nous avions
envie de voir sainte Sophie une des nuits
du Ramazan, Carême des Turcs pendant
qu'on y fait Lakicham Namas , ou la se-
conde Priere du soir. Ce que nous en ra
portoient les Turcs , augmentoit notre
curiosité , et nous n'étions retenus pour
la satisfaire , que par l'impossibilité où
11. Vol.
nous
UIN.
1737.
1301
nous avions été jusqu'ici d'en trouver un
assés hardi pour nous y conduire. Nous
trouvâmes enfin fort heureusement no-
tre fait.Un Jannissaire de nos amis,brave
comme un César , prudent comme un
Ulysse, et sur le tout notre Barbier, s'of-
frit à nous , et nous rendit la chose plus
aisée que nous ne l'avions crû d'abord, en
nous menant souper chés un Grand Sei-
gneur de notre connoissance, qui le prote-
geoit et qui nous donna un homme de
confiance , un Dervich et quatre autres
de ses Gens, afin que nous fussions moins
remarqués dans le nombre.
Après le soupé , et qu'on nous eut don-
né les instructions nécessaires pour faire
la Priere , pour diriger notre marche , en
marchant les pieds cagneux , et pour
quitter , reprendre et porter nos Papou-
ches à l'entrée, à la sortie et pendant que
nous serions dans la Mosquée , nous en
prîmes fort modestement le chemin .
M.... étoit déguisé en habit de Der-
vich , et bien nous en prit. Outre ung
ceinture de cuir
و
relevée d'un gros
bouton de cristal er un prodigieux Čha-
pelet , il affectoit un air de modestie et de
componction qui semble être naturel à
cette espece de Moines. Pour M .... il
avoit caché ses cheveux sous un immense
11. Vol.
Turban
1302 MERCURE DE FRANCE
Turban d'Effendi , et il en avoit pris les
habits ; pour moi , on jugea à ma dé-
marche trop libre que je serois moins
soupçonné , étant habillé en Jannissaire.
Nous nous rendîmes donc en cet équi
page à la Porte de Sainte Sophie.
Il y
avoit ce soir là des Gens du Serrail qui
en défendoient l entrée , parce qu'étant
le dernier Vendredi du Kamazan , et le
Grand Seigneur , et tous les Grands de
l'Empire devant s'y trouver , on y jet-
toit de l'argent au Peuple , de maniere
que le concours y étoit extraordinaire.
Bien nous prit , comme je l'ai déja
dit , que M.... fut habillé en Dervich,
sans cette circonstance nous n'aurions
pas été plus privilegiés que les autres ;
mais comme il étoit à notre tête mar-
motant quelques paroles de l'Alcoran ,
on craignit sans doute de s'attirer la ma-
lediction du Ciel , si on repoussoit un
Dervich si respectable par le sacrifice
qu'il avoit fait à Dieu de sajeunesse. En-
ez , lui dit-on , vous et votre compagnie
dans le Temple de la Sagesse. Le Roy des
Rois est trop juste pour en refuserl'entrée aux
Anges du Seigneur. Il remercia son In-
troducteur en levant les yeux vers le
Ciel, il entra , et nous le suivîmes le plus
modestement qu'il nous fut possible ,
II. Vol.
après
JUIN.
1737.
1303
après avoir quitté nos Papouches à la
Porte ,les avoir prises de la main droite ,
et avoir croisé pardevant nos Pelisses , ou
Robes fourées , de la main gauche.
Nous fumes saisis un instant après
d'admiration et de crainte , car ce ne fut
que lorsque nous nous trouvâmes au mi-
lieu de la Mosquée , exposés à la vûë du
Grand Seigneur , et de tout ce qu'il y a
de plus considerable dans Constantino-
ple , que nous connûmes le peril où no-
tre curiosité nous avoit engagés ; mais
ne pouvant plus reculer , il fallut payer
d'effronterie , et notre Conducteur ayant
commencé de marcher , nous fimes plu-
sieurs tours dans la Mosquée , et dans
les trois Galeries, en quoi, nous nous ex-
posâmes d'autant plus que M..... et
moi , qui n'avions point de moustaches,
étions fort examinés ; nous fûmes ensui-
te nous mettre à genoux les jambes croi-
sées comme les Tailleurs , au milieu de
la Mosquée , où nous eumes le loisir de
satisfaire notre curiosité , et c'est de- là
que je vis les choses que je vais vous ra-
porter.
Le vaste Vaisseau de Sainte Sophie étoit
si fort illuminé qu'il pouvoit y avoir so.
mille Lampions au moins ; mais il n'y
avoit que deux gros Cierges dans le Sanc-
II. Vol.
Ctuaire
1304 MERCURE DE FRANCE
tuaire à côté d'une espece d'Autel, sur
lequel étoit aparamment l'Alcoran , car
j'y vis sur un Pupitre un Livre ouvert ,
écrit à la main , et grand in -folio. La
Chaire du Monfii , ou Premier Ministre
de la Religion , étoit aussi fort illumi
née , et on avoit suspendu vis à vis une
maniere de Lustre dont les Lampions
étoient disposés de maniere qu'ils for-
moient les Caracteres Turcs qui compo-
sent le nom de DIEU. Il y avoit aussi
environ 1000. Tentes , qui contenoient
chacune depuis 3. jusqu'à sept Person-
nes, Elles étoient occupées par des Dé-
vots , entretenus aux dépens de la Mos-
quée , et qui n'en sortoient jamais que
pour des nécessités indispensables. Ils se
relevoient tour à tour pour prier Dieu ;
ce qu'ils faisoient en se dandinant et en
branlant continuellement la tête; ou bien
ils étoient comme ravis en extase ,
en
fixant les yeux sur quelque objer. Outre
ceux-ci , on voyoit encore des Santons
ou especes d'Hermites , distribués en dif-
ferens Endroits , et qui rencherissent par
la bizarrerie de leu.s habits , ou par l'ex-
travagance de leurs postures , sur nos
Arlequins Ici , l'un écumoit à force d'a-
voir prononcé avec vehemence , et du
fond de la poitrine, le mot Allah , DIEU.
11. Vol,
Là
JUIN.
1737.
1305
Là, on en voyoit un autre qui , les bras
aussi étendus qu'il pouvoit , regardoit
vers le Ciel d'un oeil menaçant. Ailleurs,
l'un avoit la tête baissée , les bras croisés
sur sa poitrine , et la vûë fixée à terre ;
Plus loin , un autre apuyé contre une
colonne ,s'occupoit à baiser humblement
les pieds et le bas de la Robe de ceux qui
passoient. Enfin il y avoit tant de pos-
tures et d'attitudes differentes , qu'il fau-
droit un Livre entier pour en décrire la´
varieté et le ridicule , ou pour mieux di-
re , il faut les voit pour s'en faire une
juste idée.
Mais le moment de la Priere étant ve-
nu , le Moufti , du haut de sa Chaire
fut le premier à la commencer. Le Grand
Seigneur , accompagné du Selictar , ou
Grand Ecuyer , du Kislar Agassi , Chef
des Eunuques noirs , et du Kapon Agas-
si, Chef des Eunuques blancs, le suivit,
et tout le Monde se prépara a l'imiter.
Ensuite de quoi un cri terrible de toute
l'Assemblée , qui fit retentir la voûte, et
nous surprit d'autant plus que nous n'y
étions pas préparés , en annonça le com-
mencement.
Alors nous mîmes en pratique les le-
çons qu'on nous avoit données , et nous
nous en acquitâmes si bien , que ceux
11, Vol.
Cap 15
'qu'
11300
qui nous avoient peut-être soupçonnés
de n'être point Turcs , s'en repentirent
interieurement , et quelques-uns même
sortirent de la Mosquée pour s'aller pur-
ger par une ablution du peché , qu'ils
croyoient avoir commis , par ce doute ;
du moins un Effendi , ou Homme de
Loy , à qui nous en avons parlé depuis ,
nous a-t-il confirmés dans cette pensée,
Mais comme nous étions dans le fort
et dans la chaleur de la Priere , que nous
nous prosternions plusieurs fois à terre
nous relevant toujours la face tournée
vers l'Orient , tant de mouvemens , qui
tenoient un peu de la convulsion , firent
délier la Sesse du Turban de M....
il y porta d'abord les mains pour la ra-
commoder , mais tous les differens tours
qu'il faut faire avec cette Mousseline
l'embarassant , il n'en put venir à bout.
D'un autre côté nous n'osions interom-
pre notre prétendue Priere pour l'aider ,
ce qui nous jettoit dans une situation ter-
rible , aprehendant toujours que ses che-
veux , en se découvrant, ne nous décou-
vrissent aussi.Heureusement un Homme
de Loy , qui étoit derriere lui , nous tira
de cet embaras , en la lui racommodant
charitablement. La Sesse est une piece de
Mousseline qui forme le Turban par ses
differens tours &c.
Echapés
JUIN 1737.
1307
Echapés que nous fumes de ce danger,
nous en courûmes un bien plus grand.
Ce fut en sortant de la Mosquée , que
le Grand Visir , sans autre suite que cel-
de quatre Hassekis , ou Chefs d'une Bri
gade de Bostangis , dont deux portoient
de grands fanaux , se trouva , sans que
personne s'en fût aperçu , au milieu de
nous. Cet aspect nous troubla ; les Turcs
même , qui étoient avec nous , en furent
effrayés ; et , pour dire la verité , nous
ne faisions pas trop bonne contenance
lorsque le Grand Visir fit arrêter ses Gens,
et après nous avoir examiné des pieds
jusqu'à la tête ' , mais particulierement
M.... il demanda tout haut à un de
ceux qui le suivoient , s'il ne connoissoit
pas ce Dervich ? Celui- ci lui ayant ré-
pondu que non : Sifait bien moi , repli-
qua le Visir , je le connois , et sa phisiono-
mie ne me trompe pas. Après quoi il con
tinua son chemin , et nous gagnâmes
au plus vite une des Portes de la Mos-
quée.
Le dessein qué nous avions d'abord
projetté d'aller à celle de Sultan Achmet,
n'eut point lieu. Nous étions trop allar-
més pour affronter de nouveaux dangers ;
nous sortimes donc de Sainte Sophie ,
dans la resolution de nous en retourner,
11. Vol.
Cij
et
1308 MERCURE DE FRANCE
et pour cet effet nous prîmes le chemin
de l'Echelle de Bakché Kapoussi, ou Por-
te du Jardin , mais nous n'étions pas
quittes de toutes nos frayeurs. Des Bos-
tangis , Gardes des Maisons Royales
,
que nous trouvions dans tous les coins
des rues où nous passions , et qui nous
suivcient , en observant nos démarches,
les augmentelent. Nous doublâmes pour-
tant si bien le pas , que nous gagnâmes
P'Echelle,et nous nous embarquâmes tous
dans un même Caïque , sans que person-
ne y mit aucune oposition . Nous ordon-
nâmes à nos Bâteliers de nous conduire
à Tophana , ou à l'Arsenal , et nous
étions prêts d'aborder à cette derniere
Echelle , lorsqu'un Bâteau de 7. paires
de rames vint sur nous. Nous n'avions
pas encore eu le temps de nous recon-
noître qu'il nous aborda , et deux Per-
sonnes , l'une desquelles étoit le Reïs, ou
Patron du Bâteau du Grand Visir , et
l'autre un Eunuque de ce Ministre , sau-
terent dans notre Caïque , et penserent
le renverser. Nous ne sçavions ce qu'ils
vouloient , ni de la part de qui ils ve-
noient , mais comme nous étions abîmés
dans nos réflexions , et que nous crai-
gnions d'ailleurs de nous découvrir , si
nous parlions, personne n'en cut le cou
II. Vol.
rage
JUIN.
1737.
tage, et nous les laissâmes faire.
coup d'attention , Mrs ...
1309
Ils examinerent d'abord , avec beau-
mais
quand ils furent venus à moi , ( c'est jus-
tement , dirent-ils , l'Homme que nous
cherchons. ) Comment , Coquin , con-
tinuerent- ils , mener des Femmes dégui-
sées , et en temps de Ramazan , allons ,
il faut venir chés le Grand Visir. A ce
mot de Femmes , qui nous fit connoître
qu'on nous prenoit pour des Turcs ,
nous fumes tout rassurés. Nos Turcs ce-
pendant y regardant de plus près , et
voyant bien que je n'avois point de che-
veux , mais bien du poil au menton
nous firent des excuses de leur méprise ,
et s'en retournerent heureusement pour
eux , car il étoit déja accouru plus de
·500. Topdgis , ou Canoniers , à l'Echelle
de Tophana , qui se seroient jettés à la
la Mer pour nous secourir à la moindre
insulte qu'on nous auroit faire , nous
prenant pour être de leurs Camarades ,
parce que l'Homme de confiance que
nous avions avec nous, et dont ils avoient.
entendu la voix , étoit effectivement un
de leurs Officiers ; ce fut- là , Dieu mer
ci, le dernier des perils que nous coûtu-
mes; nous mîmes pied à terre,et nous nous
retirâmes sains et saufs chacun chés soi ,
II. Vol.
Ciiij
bien
1310 MERCURE DE FRANCE
blen-heureux d'en avoir été quittes pour
la peur, car si on nous eut reconnu quand
nous étions dans Sainte Sophie , ou la
Populace nous auroit assommés sur le
champ , ou si nous étions échapés de ses
mains , il n'y avoit toujours qu'à choisir,
ou de perdre la tête , ou de se faire
Mahometan .
La réflexion qu'il est naturel de faire
sur les differens dangers que nous cou-
rumes , c'est que le Grand Visir
qui
reconnut sans doute M..... comme
ayant été un Drogman , ou Interprete ,
fort employé sous M. le Marquis de …… .
voulut seulement lui faire peur , lors-
qu'il dit tout haut qu'il le connoissoit
bien ; et qu'il passa outre ; et que les
Bostangis , que nous trouvions dans les
ruës , et qui nous examinoient tant ,
avoient effectivement été postés pour em
pêcher qu'il ne se glissât des Femmes dé-
guisées dans la Mosquée , comme cela
arrive quelquefois; et qu'ils ne nous sui-
virent que parce qu'à notre démarche
embarassée , ils crurent qu'il y en avoit
parmi nous , ce qui les engagea à en-
voyer un Caïque après le nôtre , pour
éclaircir leurs soupçons.
A ce recit, qui ne vous aura sans dou
te point ennuyé, trouvez bon, Monsieur,
II. Vol..
que
JUIN.
1737
1312
que j'ajoûte deux ou trois Observations,
La premiere est que M. Desroches n'é-
toit point de cette Partie , et qu'il n'y a
eu d'autre part que celle de la Narration
abregée , et mise dans le stile que vous
venez de voir , d'après un Mémoire plus
ample donné par ces Messieurs.
Ces derniers risquerent assurément
beaucoup , mais ils étoient jeunes , et
curieux. On doit dans la rencontre du
Grand Visir considerer particulierement
la bonté , ou plûtôt la prudence et la po-
litique de ce Premier Ministre , qui re
connut aisément une Personne qu'il
voyoit souvent dans son Palais , mais qui
aima mieux dissimuler que de faire une
affaire d'éclat et de Religion' , dont les
suites pouvoient être fâcheuses , & c.
Passons à un autre sujet.Vous sçavez,
par ma derniere lettre , que sous l'Am-
bassade du Vicomte d'Andrezel , Mon-
sieur Desroches fut chargé d'une Com-
mission importante pour l'Echelle de Sa
lonique , et que cette Ville , autrefois cé-
lebre sous le nom de Tessalonique , est
encore la Capitale de toute la Macedoi-
ne. Notre Ami , en partant de Constan-
tinople , s'étoit bien proposé de profiter
de l'occasion , pour parcourir toute cette
grande Province , à l'avantage de la Lit-
II. Vola
Cv terature,
1312 MERCURE DE FRANCE
terature , et sur tout de l'Antiquariat.
C'est ce qu'il me paroît avoir très bien
execute;car dans le triage et dans l'arran-
gement que j'ai faitde ses Papiers j'ai trou
vé de quoi remplir un Porte- feüille en-
tier de toutes sesObservations &c, surSa
lonique et la Macedoine. J'ai mis à la tête
de tout ce Recueil le Passeport original ,
écrit en Turc du Pacha , Gouverneur de
la Province , qui étoit alors à Constanti-
Rople , et dont M. D. R. trouva à pro-
pos de se munir avant son départ. Com-
me cette Piece peut avoir sa curiosité , et
que je présume que vous n'en avez pas
encore vû de cette espece , en voici une
Traduction exacte:
PASSE PORT du Pacha
de Salonique.
A tous les Docteurs, Grands Etendars
de la Loy, Modeles des Vertus, Seigneurs
Cadis , qui sont en Charge depuis le
Seuil de Félicité jusqu'à Salonique, que
vos vertus soyent multipliées , et vous
la gloire et l'ornement de vos égaux ; les
Commandans des Janissaires , Grands
Officiers des Provinces , et Autres qu'il
apartiendra , qui sont sur la même rou-
te que vos Dignités soyent augmentées..
2
La Cour du Grand Seigneur.
Iilt Vol..
Nous
JUIN.
1737
7313'
Nous vous faisons sçavoir que le Gentil-
homme , Porteur de ce present Ordre ,
nommé Pierre Desroches , l'un des Offi-
Hers de l'Ambassadeur de Francé au même
Seüil de Félicité, étant obligé d'aller à Sa-
lonique pour quelques affaires,après la fin
desquelles il doit revenir ici , ledit Ordre:
lui a été expedié, afin que, lorsqu'il vous
sera presenté,vous aportiez tous vos soins'
à empêcher quesur toute la route, tant en
allant qu'en revenant , personne ne l'in-
quiete ; ni le fasse inquieter, qu'il fut soit
au contraire donné toute liberté d'aller et
de venir en sûreté , ainsi qu'aux trois
Domestiques qui sont à sa suite , et au
Janissaire qui l'accompagne pour sa gare
de. C'est ce que nous esperons de vos.
soins et de vos attentions , qui doivent
contribuer à son heureux voyage. Don-
né le 26. de la Lune de Rebiuleuvel , l'An
1139. C'est-à- dire le zo . Novembre 1726.
Les mots suivans sont écrits dans le
Sceau du Pacha , qui se nomme Maho
met, dont l'empreinte est sur l'Origi
nal : Vous êtes le Dispensateur des secours
que vous accordez à Mahomet dans son
Etat et dans le temps.
Je finirai ma Lettre par un échantil-
lon de la curiosité et de la sagacité de
M. Desroches , en raportant ici l'une des
II. Vol
Cvj
Inscrip
1314 MERCURE DE FRANCE
Inscriptions Grecques qu'il a recueillies
dans ce voyage , telle que je la trouve en
ouvrant au hazard le Porte - feuille en
question , accompagnée d'un petit Cont
mentaire de sa façon.
ΠΟΛΕΙΤΑΡΧΟΥΝΤΩΝ, ΣΩΣΙΠΑΤΡΟΥ,
ΤΟΥ , ΚΛΕΟΠΑΤΡΑΣ , ΚΑΙ , ΛΟΥΚΙΟΥ,
ΠΟΝΤΙΟΥ , ΣΕΚΟ ΔΟΥΙΟΥ , ΑΥΟΥ ,
ΛΟΥΙΟΝ , ΣΑΒΕΙΝΟΥ , ΔΗΜΗΤΡΙΟΥ
ΤΟΥ , ΦΑΥΣΤΟΥ , ΔΗΜΗΤΡΙΟΥ , ΤΟΥ
ΝΕΙΚΟΠΟΛΕΟΣ , ΖΟΛΟΥ ΤΟΥ , ΠΑΡΜΕ
,
ΝΙΟΝΟΣ, ΤΟΥ , ΚΑΙΜΕΝΙΣΚΟΥ, ΓΑΛΟΥ ,
ΑΤΙΛΛΗΙΟΥ , ΠΟΤΕΙΤΟΥ , ΤΑΜΙΟΥ ,
ΤΗΣ,ΠΟΛΕΟΣ, ΤΑΙΡΟΥ , ΤΟΥ ΑΜΜΙΑΣ ,
ΤΟΥ , ΚΑΙΡΙΛΟΥ , ΓΥΜΝΑΣΙΑΡΚΟΥΝ
ΤΟΣ , ΤΑΙΡΟΥ , ΤΟΥ , ΚΑΙ ΡΗΓΛΟΥ .
En entrant à Salonique par la Porte
du Verdar, ) c'est M. Desroches qui par
le ) on trouve à droite sur le Jambage
de la seconde Porte , car il y en a deux ,
une grande Pierre avec l'Inscription cy-
dessus , à laquelle il ne manquoit rien ,.
du moins à ce qu'il m'a paru , et que j'at
copiée lettre pour lettre , et ligne pour
ligne. Cette Inscription ne contenant
presque que des noms propres , il est
difficile d'en tirer un sens bien clair :
mais ce que je vais ajoûter servira peut-
être à fonder quelques conjectures. Sur .
II. Vol .
BAG
JUIN
1737.
1315
une autre Pierre de ce même Jambage ,
du côté qui est en face quand on entre
›
il y a unCheval qu'un jeune Garçon tient
par la bride , et un Homme debout qui
paroît s'apuyer du dos contre ce Cheval:
.
et sur l'autre Jambage de cette Porte il
y a précisément les mêmes figures posées
en symétrie, à la même hauteur ; c'est
à - dire , environ à trois pieds de terre :
et toutes ces Figures , quoique mutilées,
font encore voir qu'elles ne sont pas sor-
ties d'une mauvaise main. Peut être y
avoit il autrefois à cette Porte , ou aux
environs , quelque Place , où quelque-
Lieu pour l'exercice des Chevaux com-
me le mot de ΓΥΜΝΑΣΙΑΡΚΟΥΝΤΟΣ
semble l'insinuer , et que tous ceux dont
les noms sont cités dans cette Inscrip
tion s'y étoient distingués , & c.
Je suis , Monsieur , & c.
écrite à M. Maillart, ancien Avocat
au Parlement, sur quelques Sujets de
Litterature.
Vous sçavez, Monsieur, que la hardiesse
et un esprit de curiosité,
poussés quelquefois au- delà des bornes ,
II Vol.
for:
JUIN.
1737.
1299 .
font une partie du génie de notre Na-
tion. Les François veulent tout voir ,
tout sçavoir par eux- mêmes , les choses
sur tout qui offrent un grand Spectacle ,
sans s'embarasser du péril , s'il y en a , à
contenter leur curiosité. Jusqu'ici nos
Voyageurs les plus hardis croyoient avoir
beaucoup fait de visiter les principales
Mosquées des grandes Villes de l'Empire
Turc , en prenant les occasions favora-
bles , les précautions nécessaires , dont la
plus indispensable , après la paye de l'In
troducteur , est de ne jamais tenter l'a-
vanture , que lorsque ces Temples sont
déserts,avant ou après le temps de la Prie-
re publique, On sçait ce qui pensa en coû
ter à N. Grelot, Voyageur du Levant des
plusestimables,quand il entreprit de lever
tous les Plans de l'Interieur de sainte So-
phie de Constantinople , et combien il
s'estima heureux d'en être quitte pour
une grêle de coups de Papouches ou Pan-
toufles Turques, et pour un torrent d'in-
jures ; ceremonie avec laquelle il fut re-
reconduit jusqu'à la derniere porte de ce
* Son Livre est intitulé , Relation nouvelle d'un
Voyage de Constantinople , enrichie de Plans , le-
és par l'Auteur , &c. 1. Vol in 4. de 306. pages.
A Paris , chés la veuve de D. Foucault , 1680,
Il est devenu fort rare,
II. Vol.
fameux
1300 MERCURE DE FRANCE
fameux Temple. Il faut lire l'avanture
dans le Livre même , qui est d'ailleurs un
bon Livre.
Mais nous n'avions point encore vû de
François assés hardi , pour ne pas dire
téméraire , pour entreprendre d'entrer
dans le Temple de sainte Sophie , et d'as-
sister à la Priere publique dans une des
plus grandes Solemnités du Mahométis-
me, honorée encore de la présence du G.S.
accompagné de toute sa Cour, &c. C'est
cependant , Monsieur , ce qui est enfin
arrivé , comme vous l'allez voir dans le
Narré qui suit. Je l'ai trouvé parmi les
papiers de feu M. Desroches, qui , com.
me vous sçavez , me sont nouvellement
arrivés de Constantinople. Je n'ai pas be
soin d'autre garant de la vérité du fait ,
étant d'ailleurs déja instruit de ce fait , et
connoissant par moi -même les Acteurs
que je vais mettre sur la Scene. Voici le
Narré en question .
Il y avoit long- temps que nous avions
envie de voir sainte Sophie une des nuits
du Ramazan, Carême des Turcs pendant
qu'on y fait Lakicham Namas , ou la se-
conde Priere du soir. Ce que nous en ra
portoient les Turcs , augmentoit notre
curiosité , et nous n'étions retenus pour
la satisfaire , que par l'impossibilité où
11. Vol.
nous
UIN.
1737.
1301
nous avions été jusqu'ici d'en trouver un
assés hardi pour nous y conduire. Nous
trouvâmes enfin fort heureusement no-
tre fait.Un Jannissaire de nos amis,brave
comme un César , prudent comme un
Ulysse, et sur le tout notre Barbier, s'of-
frit à nous , et nous rendit la chose plus
aisée que nous ne l'avions crû d'abord, en
nous menant souper chés un Grand Sei-
gneur de notre connoissance, qui le prote-
geoit et qui nous donna un homme de
confiance , un Dervich et quatre autres
de ses Gens, afin que nous fussions moins
remarqués dans le nombre.
Après le soupé , et qu'on nous eut don-
né les instructions nécessaires pour faire
la Priere , pour diriger notre marche , en
marchant les pieds cagneux , et pour
quitter , reprendre et porter nos Papou-
ches à l'entrée, à la sortie et pendant que
nous serions dans la Mosquée , nous en
prîmes fort modestement le chemin .
M.... étoit déguisé en habit de Der-
vich , et bien nous en prit. Outre ung
ceinture de cuir
و
relevée d'un gros
bouton de cristal er un prodigieux Čha-
pelet , il affectoit un air de modestie et de
componction qui semble être naturel à
cette espece de Moines. Pour M .... il
avoit caché ses cheveux sous un immense
11. Vol.
Turban
1302 MERCURE DE FRANCE
Turban d'Effendi , et il en avoit pris les
habits ; pour moi , on jugea à ma dé-
marche trop libre que je serois moins
soupçonné , étant habillé en Jannissaire.
Nous nous rendîmes donc en cet équi
page à la Porte de Sainte Sophie.
Il y
avoit ce soir là des Gens du Serrail qui
en défendoient l entrée , parce qu'étant
le dernier Vendredi du Kamazan , et le
Grand Seigneur , et tous les Grands de
l'Empire devant s'y trouver , on y jet-
toit de l'argent au Peuple , de maniere
que le concours y étoit extraordinaire.
Bien nous prit , comme je l'ai déja
dit , que M.... fut habillé en Dervich,
sans cette circonstance nous n'aurions
pas été plus privilegiés que les autres ;
mais comme il étoit à notre tête mar-
motant quelques paroles de l'Alcoran ,
on craignit sans doute de s'attirer la ma-
lediction du Ciel , si on repoussoit un
Dervich si respectable par le sacrifice
qu'il avoit fait à Dieu de sajeunesse. En-
ez , lui dit-on , vous et votre compagnie
dans le Temple de la Sagesse. Le Roy des
Rois est trop juste pour en refuserl'entrée aux
Anges du Seigneur. Il remercia son In-
troducteur en levant les yeux vers le
Ciel, il entra , et nous le suivîmes le plus
modestement qu'il nous fut possible ,
II. Vol.
après
JUIN.
1737.
1303
après avoir quitté nos Papouches à la
Porte ,les avoir prises de la main droite ,
et avoir croisé pardevant nos Pelisses , ou
Robes fourées , de la main gauche.
Nous fumes saisis un instant après
d'admiration et de crainte , car ce ne fut
que lorsque nous nous trouvâmes au mi-
lieu de la Mosquée , exposés à la vûë du
Grand Seigneur , et de tout ce qu'il y a
de plus considerable dans Constantino-
ple , que nous connûmes le peril où no-
tre curiosité nous avoit engagés ; mais
ne pouvant plus reculer , il fallut payer
d'effronterie , et notre Conducteur ayant
commencé de marcher , nous fimes plu-
sieurs tours dans la Mosquée , et dans
les trois Galeries, en quoi, nous nous ex-
posâmes d'autant plus que M..... et
moi , qui n'avions point de moustaches,
étions fort examinés ; nous fûmes ensui-
te nous mettre à genoux les jambes croi-
sées comme les Tailleurs , au milieu de
la Mosquée , où nous eumes le loisir de
satisfaire notre curiosité , et c'est de- là
que je vis les choses que je vais vous ra-
porter.
Le vaste Vaisseau de Sainte Sophie étoit
si fort illuminé qu'il pouvoit y avoir so.
mille Lampions au moins ; mais il n'y
avoit que deux gros Cierges dans le Sanc-
II. Vol.
Ctuaire
1304 MERCURE DE FRANCE
tuaire à côté d'une espece d'Autel, sur
lequel étoit aparamment l'Alcoran , car
j'y vis sur un Pupitre un Livre ouvert ,
écrit à la main , et grand in -folio. La
Chaire du Monfii , ou Premier Ministre
de la Religion , étoit aussi fort illumi
née , et on avoit suspendu vis à vis une
maniere de Lustre dont les Lampions
étoient disposés de maniere qu'ils for-
moient les Caracteres Turcs qui compo-
sent le nom de DIEU. Il y avoit aussi
environ 1000. Tentes , qui contenoient
chacune depuis 3. jusqu'à sept Person-
nes, Elles étoient occupées par des Dé-
vots , entretenus aux dépens de la Mos-
quée , et qui n'en sortoient jamais que
pour des nécessités indispensables. Ils se
relevoient tour à tour pour prier Dieu ;
ce qu'ils faisoient en se dandinant et en
branlant continuellement la tête; ou bien
ils étoient comme ravis en extase ,
en
fixant les yeux sur quelque objer. Outre
ceux-ci , on voyoit encore des Santons
ou especes d'Hermites , distribués en dif-
ferens Endroits , et qui rencherissent par
la bizarrerie de leu.s habits , ou par l'ex-
travagance de leurs postures , sur nos
Arlequins Ici , l'un écumoit à force d'a-
voir prononcé avec vehemence , et du
fond de la poitrine, le mot Allah , DIEU.
11. Vol,
Là
JUIN.
1737.
1305
Là, on en voyoit un autre qui , les bras
aussi étendus qu'il pouvoit , regardoit
vers le Ciel d'un oeil menaçant. Ailleurs,
l'un avoit la tête baissée , les bras croisés
sur sa poitrine , et la vûë fixée à terre ;
Plus loin , un autre apuyé contre une
colonne ,s'occupoit à baiser humblement
les pieds et le bas de la Robe de ceux qui
passoient. Enfin il y avoit tant de pos-
tures et d'attitudes differentes , qu'il fau-
droit un Livre entier pour en décrire la´
varieté et le ridicule , ou pour mieux di-
re , il faut les voit pour s'en faire une
juste idée.
Mais le moment de la Priere étant ve-
nu , le Moufti , du haut de sa Chaire
fut le premier à la commencer. Le Grand
Seigneur , accompagné du Selictar , ou
Grand Ecuyer , du Kislar Agassi , Chef
des Eunuques noirs , et du Kapon Agas-
si, Chef des Eunuques blancs, le suivit,
et tout le Monde se prépara a l'imiter.
Ensuite de quoi un cri terrible de toute
l'Assemblée , qui fit retentir la voûte, et
nous surprit d'autant plus que nous n'y
étions pas préparés , en annonça le com-
mencement.
Alors nous mîmes en pratique les le-
çons qu'on nous avoit données , et nous
nous en acquitâmes si bien , que ceux
11, Vol.
Cap 15
'qu'
11300
qui nous avoient peut-être soupçonnés
de n'être point Turcs , s'en repentirent
interieurement , et quelques-uns même
sortirent de la Mosquée pour s'aller pur-
ger par une ablution du peché , qu'ils
croyoient avoir commis , par ce doute ;
du moins un Effendi , ou Homme de
Loy , à qui nous en avons parlé depuis ,
nous a-t-il confirmés dans cette pensée,
Mais comme nous étions dans le fort
et dans la chaleur de la Priere , que nous
nous prosternions plusieurs fois à terre
nous relevant toujours la face tournée
vers l'Orient , tant de mouvemens , qui
tenoient un peu de la convulsion , firent
délier la Sesse du Turban de M....
il y porta d'abord les mains pour la ra-
commoder , mais tous les differens tours
qu'il faut faire avec cette Mousseline
l'embarassant , il n'en put venir à bout.
D'un autre côté nous n'osions interom-
pre notre prétendue Priere pour l'aider ,
ce qui nous jettoit dans une situation ter-
rible , aprehendant toujours que ses che-
veux , en se découvrant, ne nous décou-
vrissent aussi.Heureusement un Homme
de Loy , qui étoit derriere lui , nous tira
de cet embaras , en la lui racommodant
charitablement. La Sesse est une piece de
Mousseline qui forme le Turban par ses
differens tours &c.
Echapés
JUIN 1737.
1307
Echapés que nous fumes de ce danger,
nous en courûmes un bien plus grand.
Ce fut en sortant de la Mosquée , que
le Grand Visir , sans autre suite que cel-
de quatre Hassekis , ou Chefs d'une Bri
gade de Bostangis , dont deux portoient
de grands fanaux , se trouva , sans que
personne s'en fût aperçu , au milieu de
nous. Cet aspect nous troubla ; les Turcs
même , qui étoient avec nous , en furent
effrayés ; et , pour dire la verité , nous
ne faisions pas trop bonne contenance
lorsque le Grand Visir fit arrêter ses Gens,
et après nous avoir examiné des pieds
jusqu'à la tête ' , mais particulierement
M.... il demanda tout haut à un de
ceux qui le suivoient , s'il ne connoissoit
pas ce Dervich ? Celui- ci lui ayant ré-
pondu que non : Sifait bien moi , repli-
qua le Visir , je le connois , et sa phisiono-
mie ne me trompe pas. Après quoi il con
tinua son chemin , et nous gagnâmes
au plus vite une des Portes de la Mos-
quée.
Le dessein qué nous avions d'abord
projetté d'aller à celle de Sultan Achmet,
n'eut point lieu. Nous étions trop allar-
més pour affronter de nouveaux dangers ;
nous sortimes donc de Sainte Sophie ,
dans la resolution de nous en retourner,
11. Vol.
Cij
et
1308 MERCURE DE FRANCE
et pour cet effet nous prîmes le chemin
de l'Echelle de Bakché Kapoussi, ou Por-
te du Jardin , mais nous n'étions pas
quittes de toutes nos frayeurs. Des Bos-
tangis , Gardes des Maisons Royales
,
que nous trouvions dans tous les coins
des rues où nous passions , et qui nous
suivcient , en observant nos démarches,
les augmentelent. Nous doublâmes pour-
tant si bien le pas , que nous gagnâmes
P'Echelle,et nous nous embarquâmes tous
dans un même Caïque , sans que person-
ne y mit aucune oposition . Nous ordon-
nâmes à nos Bâteliers de nous conduire
à Tophana , ou à l'Arsenal , et nous
étions prêts d'aborder à cette derniere
Echelle , lorsqu'un Bâteau de 7. paires
de rames vint sur nous. Nous n'avions
pas encore eu le temps de nous recon-
noître qu'il nous aborda , et deux Per-
sonnes , l'une desquelles étoit le Reïs, ou
Patron du Bâteau du Grand Visir , et
l'autre un Eunuque de ce Ministre , sau-
terent dans notre Caïque , et penserent
le renverser. Nous ne sçavions ce qu'ils
vouloient , ni de la part de qui ils ve-
noient , mais comme nous étions abîmés
dans nos réflexions , et que nous crai-
gnions d'ailleurs de nous découvrir , si
nous parlions, personne n'en cut le cou
II. Vol.
rage
JUIN.
1737.
tage, et nous les laissâmes faire.
coup d'attention , Mrs ...
1309
Ils examinerent d'abord , avec beau-
mais
quand ils furent venus à moi , ( c'est jus-
tement , dirent-ils , l'Homme que nous
cherchons. ) Comment , Coquin , con-
tinuerent- ils , mener des Femmes dégui-
sées , et en temps de Ramazan , allons ,
il faut venir chés le Grand Visir. A ce
mot de Femmes , qui nous fit connoître
qu'on nous prenoit pour des Turcs ,
nous fumes tout rassurés. Nos Turcs ce-
pendant y regardant de plus près , et
voyant bien que je n'avois point de che-
veux , mais bien du poil au menton
nous firent des excuses de leur méprise ,
et s'en retournerent heureusement pour
eux , car il étoit déja accouru plus de
·500. Topdgis , ou Canoniers , à l'Echelle
de Tophana , qui se seroient jettés à la
la Mer pour nous secourir à la moindre
insulte qu'on nous auroit faire , nous
prenant pour être de leurs Camarades ,
parce que l'Homme de confiance que
nous avions avec nous, et dont ils avoient.
entendu la voix , étoit effectivement un
de leurs Officiers ; ce fut- là , Dieu mer
ci, le dernier des perils que nous coûtu-
mes; nous mîmes pied à terre,et nous nous
retirâmes sains et saufs chacun chés soi ,
II. Vol.
Ciiij
bien
1310 MERCURE DE FRANCE
blen-heureux d'en avoir été quittes pour
la peur, car si on nous eut reconnu quand
nous étions dans Sainte Sophie , ou la
Populace nous auroit assommés sur le
champ , ou si nous étions échapés de ses
mains , il n'y avoit toujours qu'à choisir,
ou de perdre la tête , ou de se faire
Mahometan .
La réflexion qu'il est naturel de faire
sur les differens dangers que nous cou-
rumes , c'est que le Grand Visir
qui
reconnut sans doute M..... comme
ayant été un Drogman , ou Interprete ,
fort employé sous M. le Marquis de …… .
voulut seulement lui faire peur , lors-
qu'il dit tout haut qu'il le connoissoit
bien ; et qu'il passa outre ; et que les
Bostangis , que nous trouvions dans les
ruës , et qui nous examinoient tant ,
avoient effectivement été postés pour em
pêcher qu'il ne se glissât des Femmes dé-
guisées dans la Mosquée , comme cela
arrive quelquefois; et qu'ils ne nous sui-
virent que parce qu'à notre démarche
embarassée , ils crurent qu'il y en avoit
parmi nous , ce qui les engagea à en-
voyer un Caïque après le nôtre , pour
éclaircir leurs soupçons.
A ce recit, qui ne vous aura sans dou
te point ennuyé, trouvez bon, Monsieur,
II. Vol..
que
JUIN.
1737
1312
que j'ajoûte deux ou trois Observations,
La premiere est que M. Desroches n'é-
toit point de cette Partie , et qu'il n'y a
eu d'autre part que celle de la Narration
abregée , et mise dans le stile que vous
venez de voir , d'après un Mémoire plus
ample donné par ces Messieurs.
Ces derniers risquerent assurément
beaucoup , mais ils étoient jeunes , et
curieux. On doit dans la rencontre du
Grand Visir considerer particulierement
la bonté , ou plûtôt la prudence et la po-
litique de ce Premier Ministre , qui re
connut aisément une Personne qu'il
voyoit souvent dans son Palais , mais qui
aima mieux dissimuler que de faire une
affaire d'éclat et de Religion' , dont les
suites pouvoient être fâcheuses , & c.
Passons à un autre sujet.Vous sçavez,
par ma derniere lettre , que sous l'Am-
bassade du Vicomte d'Andrezel , Mon-
sieur Desroches fut chargé d'une Com-
mission importante pour l'Echelle de Sa
lonique , et que cette Ville , autrefois cé-
lebre sous le nom de Tessalonique , est
encore la Capitale de toute la Macedoi-
ne. Notre Ami , en partant de Constan-
tinople , s'étoit bien proposé de profiter
de l'occasion , pour parcourir toute cette
grande Province , à l'avantage de la Lit-
II. Vola
Cv terature,
1312 MERCURE DE FRANCE
terature , et sur tout de l'Antiquariat.
C'est ce qu'il me paroît avoir très bien
execute;car dans le triage et dans l'arran-
gement que j'ai faitde ses Papiers j'ai trou
vé de quoi remplir un Porte- feüille en-
tier de toutes sesObservations &c, surSa
lonique et la Macedoine. J'ai mis à la tête
de tout ce Recueil le Passeport original ,
écrit en Turc du Pacha , Gouverneur de
la Province , qui étoit alors à Constanti-
Rople , et dont M. D. R. trouva à pro-
pos de se munir avant son départ. Com-
me cette Piece peut avoir sa curiosité , et
que je présume que vous n'en avez pas
encore vû de cette espece , en voici une
Traduction exacte:
PASSE PORT du Pacha
de Salonique.
A tous les Docteurs, Grands Etendars
de la Loy, Modeles des Vertus, Seigneurs
Cadis , qui sont en Charge depuis le
Seuil de Félicité jusqu'à Salonique, que
vos vertus soyent multipliées , et vous
la gloire et l'ornement de vos égaux ; les
Commandans des Janissaires , Grands
Officiers des Provinces , et Autres qu'il
apartiendra , qui sont sur la même rou-
te que vos Dignités soyent augmentées..
2
La Cour du Grand Seigneur.
Iilt Vol..
Nous
JUIN.
1737
7313'
Nous vous faisons sçavoir que le Gentil-
homme , Porteur de ce present Ordre ,
nommé Pierre Desroches , l'un des Offi-
Hers de l'Ambassadeur de Francé au même
Seüil de Félicité, étant obligé d'aller à Sa-
lonique pour quelques affaires,après la fin
desquelles il doit revenir ici , ledit Ordre:
lui a été expedié, afin que, lorsqu'il vous
sera presenté,vous aportiez tous vos soins'
à empêcher quesur toute la route, tant en
allant qu'en revenant , personne ne l'in-
quiete ; ni le fasse inquieter, qu'il fut soit
au contraire donné toute liberté d'aller et
de venir en sûreté , ainsi qu'aux trois
Domestiques qui sont à sa suite , et au
Janissaire qui l'accompagne pour sa gare
de. C'est ce que nous esperons de vos.
soins et de vos attentions , qui doivent
contribuer à son heureux voyage. Don-
né le 26. de la Lune de Rebiuleuvel , l'An
1139. C'est-à- dire le zo . Novembre 1726.
Les mots suivans sont écrits dans le
Sceau du Pacha , qui se nomme Maho
met, dont l'empreinte est sur l'Origi
nal : Vous êtes le Dispensateur des secours
que vous accordez à Mahomet dans son
Etat et dans le temps.
Je finirai ma Lettre par un échantil-
lon de la curiosité et de la sagacité de
M. Desroches , en raportant ici l'une des
II. Vol
Cvj
Inscrip
1314 MERCURE DE FRANCE
Inscriptions Grecques qu'il a recueillies
dans ce voyage , telle que je la trouve en
ouvrant au hazard le Porte - feuille en
question , accompagnée d'un petit Cont
mentaire de sa façon.
ΠΟΛΕΙΤΑΡΧΟΥΝΤΩΝ, ΣΩΣΙΠΑΤΡΟΥ,
ΤΟΥ , ΚΛΕΟΠΑΤΡΑΣ , ΚΑΙ , ΛΟΥΚΙΟΥ,
ΠΟΝΤΙΟΥ , ΣΕΚΟ ΔΟΥΙΟΥ , ΑΥΟΥ ,
ΛΟΥΙΟΝ , ΣΑΒΕΙΝΟΥ , ΔΗΜΗΤΡΙΟΥ
ΤΟΥ , ΦΑΥΣΤΟΥ , ΔΗΜΗΤΡΙΟΥ , ΤΟΥ
ΝΕΙΚΟΠΟΛΕΟΣ , ΖΟΛΟΥ ΤΟΥ , ΠΑΡΜΕ
,
ΝΙΟΝΟΣ, ΤΟΥ , ΚΑΙΜΕΝΙΣΚΟΥ, ΓΑΛΟΥ ,
ΑΤΙΛΛΗΙΟΥ , ΠΟΤΕΙΤΟΥ , ΤΑΜΙΟΥ ,
ΤΗΣ,ΠΟΛΕΟΣ, ΤΑΙΡΟΥ , ΤΟΥ ΑΜΜΙΑΣ ,
ΤΟΥ , ΚΑΙΡΙΛΟΥ , ΓΥΜΝΑΣΙΑΡΚΟΥΝ
ΤΟΣ , ΤΑΙΡΟΥ , ΤΟΥ , ΚΑΙ ΡΗΓΛΟΥ .
En entrant à Salonique par la Porte
du Verdar, ) c'est M. Desroches qui par
le ) on trouve à droite sur le Jambage
de la seconde Porte , car il y en a deux ,
une grande Pierre avec l'Inscription cy-
dessus , à laquelle il ne manquoit rien ,.
du moins à ce qu'il m'a paru , et que j'at
copiée lettre pour lettre , et ligne pour
ligne. Cette Inscription ne contenant
presque que des noms propres , il est
difficile d'en tirer un sens bien clair :
mais ce que je vais ajoûter servira peut-
être à fonder quelques conjectures. Sur .
II. Vol .
BAG
JUIN
1737.
1315
une autre Pierre de ce même Jambage ,
du côté qui est en face quand on entre
›
il y a unCheval qu'un jeune Garçon tient
par la bride , et un Homme debout qui
paroît s'apuyer du dos contre ce Cheval:
.
et sur l'autre Jambage de cette Porte il
y a précisément les mêmes figures posées
en symétrie, à la même hauteur ; c'est
à - dire , environ à trois pieds de terre :
et toutes ces Figures , quoique mutilées,
font encore voir qu'elles ne sont pas sor-
ties d'une mauvaise main. Peut être y
avoit il autrefois à cette Porte , ou aux
environs , quelque Place , où quelque-
Lieu pour l'exercice des Chevaux com-
me le mot de ΓΥΜΝΑΣΙΑΡΚΟΥΝΤΟΣ
semble l'insinuer , et que tous ceux dont
les noms sont cités dans cette Inscrip
tion s'y étoient distingués , & c.
Je suis , Monsieur , & c.
Fermer
Résumé : VII. LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. Maillart, ancien Avocat au Parlement, sur quelques Sujets de Litterature.
En juin 1737, une lettre de M. D. L. R. à M. Maillart met en lumière la curiosité et l'audace des Français, notamment leur intérêt pour l'exploration des mosquées de l'Empire Turc. Par exemple, N. Grelot avait dessiné les plans de Sainte-Sophie à Constantinople, ce qui lui avait valu des coups et des injures. La lettre relate une aventure où un Français, déguisé en derviche, et ses compagnons, déguisés en jannissaire et en effendi, pénétrèrent dans Sainte-Sophie pendant une prière publique en présence du Grand Seigneur. Leur guide, un jannissaire ami, les aida à se fondre dans la foule grâce à des déguisements appropriés. À l'intérieur, ils admirèrent la mosquée brillamment illuminée et observèrent les dévots. Lors de la prière, ils imitèrent les mouvements des fidèles, mais un incident survint lorsque le turban de l'un d'eux se défit. À la sortie, ils croisèrent le Grand Visir, qui les examina attentivement. Après avoir quitté Sainte-Sophie, ils furent suivis par des gardes royaux, les Bostangis, qui les suspectaient de transporter des femmes déguisées pendant le mois de Ramadan. Ils s'embarquèrent sur un caïque et furent interceptés par un bateau du Grand Visir. Reconnaissant leur erreur, les occupants du bateau s'excusèrent et repartirent. Les Français échappèrent ainsi à un danger potentiellement mortel. Le Grand Visir, ayant reconnu l'un des hommes comme un ancien drogman, évita tout esclandre. Par ailleurs, M. Desroches, absent lors de cet incident, avait été envoyé en mission à Salonique, où il recueillit des observations sur l'antiquité et la littérature de la région. Un ordre du Grand Seigneur, daté du 20 novembre 1726, demandait de faciliter le voyage de Desroches et de protéger ses accompagnateurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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862
p. 1330-1332
ODE Imitée du Pseaume XIX.
Début :
Si jamais dans le rang où le Ciel vous fit naître, [...]
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texteReconnaissance textuelle : ODE Imitée du Pseaume XIX.
ODE
Imitée du Pseaume XIX.
Si jamais dans le rang où le Ciel vous fit naître,
Vous éprouviez du sort l'implacable courroux 2
JI. Vola
Invoqucz
JUIN.
1737.
1338
Invoquez le Seigneur, il peut tout , il est maftre
D'en arrêter les coups.
Que du haut de Sion , le Séjour de sa gloire ,
Contre vos ennemis il protege vos jours ,
Et que dans vos combats l'Ange de la Victoire ,
Vous précede toujours.
來
Qu'il détourne vos pas des bords du précipices
Qu'i soit à chaque instant prêt à vous soûtenir;
Qu'il ne perde jamais de votre sacrifice
Le tendre souvenir.
Qu'a ves justes desirs il soit toujours propice ;
Qu'il ne refuse rien à l'ardeur de vos vœux ;
Qu'il regle vos desseins , et qu'il les affermisse,
Malgré vos envieux.
諾
Je connois maintenant jusqu'où va sa puissance;
Il a sauvé son Christ des mains de ses Bour
reaux ;
Les cruels essayoient déja sur l'innocence
Leurs perfides couteaux.
11.Vol.
D iij
Mais
7332 MERCURE DE FRANCE
Mais du haut de Sion il entend sa priere
Il vient , il va punir des projets odieux :
Je le vois , il paroît , une juste colere
Eclate dans ses yeux.
İnsensés ! ils ont mis leur plus ferme esperance
Dans un nombre impuissant de Chars et de
Chevaux :
Mais pour nous , le Seigneur fait seul notre assu→
rance
Contre ces fiers Rivaux.
Quel spectacle ! grand Dieu ! quel revers ef-
froyable !
Quelle aveugle fureur les a transportés tous è
Je les vois se percer de ce fer détestable
Qu'ils dressoient contre nous.
Seigneur , entends nos vœux pour le sage Mo
narque ,
Qu'il te plut accorder à l'Etat ébranlé :
Et tu mettras pour nous, par cette seule marque,
Le comble à ta bonté.
N. R. Haudicquer, âgé de 16. ans, de la Ville d'Eu.
Imitée du Pseaume XIX.
Si jamais dans le rang où le Ciel vous fit naître,
Vous éprouviez du sort l'implacable courroux 2
JI. Vola
Invoqucz
JUIN.
1737.
1338
Invoquez le Seigneur, il peut tout , il est maftre
D'en arrêter les coups.
Que du haut de Sion , le Séjour de sa gloire ,
Contre vos ennemis il protege vos jours ,
Et que dans vos combats l'Ange de la Victoire ,
Vous précede toujours.
來
Qu'il détourne vos pas des bords du précipices
Qu'i soit à chaque instant prêt à vous soûtenir;
Qu'il ne perde jamais de votre sacrifice
Le tendre souvenir.
Qu'a ves justes desirs il soit toujours propice ;
Qu'il ne refuse rien à l'ardeur de vos vœux ;
Qu'il regle vos desseins , et qu'il les affermisse,
Malgré vos envieux.
諾
Je connois maintenant jusqu'où va sa puissance;
Il a sauvé son Christ des mains de ses Bour
reaux ;
Les cruels essayoient déja sur l'innocence
Leurs perfides couteaux.
11.Vol.
D iij
Mais
7332 MERCURE DE FRANCE
Mais du haut de Sion il entend sa priere
Il vient , il va punir des projets odieux :
Je le vois , il paroît , une juste colere
Eclate dans ses yeux.
İnsensés ! ils ont mis leur plus ferme esperance
Dans un nombre impuissant de Chars et de
Chevaux :
Mais pour nous , le Seigneur fait seul notre assu→
rance
Contre ces fiers Rivaux.
Quel spectacle ! grand Dieu ! quel revers ef-
froyable !
Quelle aveugle fureur les a transportés tous è
Je les vois se percer de ce fer détestable
Qu'ils dressoient contre nous.
Seigneur , entends nos vœux pour le sage Mo
narque ,
Qu'il te plut accorder à l'Etat ébranlé :
Et tu mettras pour nous, par cette seule marque,
Le comble à ta bonté.
N. R. Haudicquer, âgé de 16. ans, de la Ville d'Eu.
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Résumé : ODE Imitée du Pseaume XIX.
Le poème 'ODE', imité du Psaume XIX et daté de juin 1737, est une prière adressée au Seigneur pour solliciter sa protection et son aide. Le poète, N. R. Haudicquer, âgé de 16 ans et originaire de la ville d'Eu, invoque Dieu afin qu'il protège contre les ennemis, guide dans les combats et prévienne les dangers. Il exprime sa confiance en la puissance divine, illustrée par le sauvetage du Christ. Le texte décrit la défaite des ennemis qui mettent leur espoir dans leurs forces militaires, tandis que les fidèles trouvent leur assurance en Dieu. Le poète demande ensuite à Dieu de soutenir un monarque sage pour l'État ébranlé, considérant cela comme une preuve suprême de la bonté divine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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863
p. 1336-1338
ODE SACRÉE Sur le Pseaume De profundis.
Début :
De l'excès affreux de misere [...]
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texteReconnaissance textuelle : ODE SACRÉE Sur le Pseaume De profundis.
ODE SACRÉE
Sur le Pseaume De profundis.
De l'excès affreux de misere
Qu'attire sur ma tête un indigne adultere ,
Seigneur , j'ose élever mes soupirs jusqu'à toià
Laisse-toi fléchir par mes larmes ;
Sensible à mes justes allarmes ,
Regarde mon désordre et calme mon effroi.
Au jour propice et redoutable ,
Qui doit regler le sort du juste et du coupable
Si tu viens nous juger dans ta séverité ,
Quelhomme à l'aspect de son crime,
Au pied de ton Thrône sublime ,
Quel homme , ô Dieu, poura trouver sa sûreté ?
Je vois déja la foudre prête
A fraper ces pécheurs dont l'orgueilleuse tête ,
Sous le joug du Seigneur , ne sçut jamais fléchir;
Juge aussi juste que sévere ,
Des traits lancés par ta colere ,
Quels lieux assés deserts pouront les affranchir?
II. Vol.
Que
JUIN.
1737.
Que ne devrois-je point attendre
Mais ta clemence est mon refuge ;
De ses maux mon ame touchée ,
Gemit , soupire enfin de s'y voir attachée
Et la sentinelle attentive ,
1337
Deserteur de ta Loy , j'osai tout entreprendre ,
Pour contenter , helas ! un criminel desir ;
David apaisera son Juge ,
Par l'aveu de son crime et par son repentir.
Ses cris vifs et pressans t'implorent nuit etjour,
De l'Aurore , à son gré , tardive ,
Par des vœux moins ardens apelle le retour.
Que vois-je! Quel secours propice !
Le Seigneur attendri comble le précipice ,
Que creusoient sous mes pas mes criminelles,
mains ;
Il me sauve , il est mon refuge ,
Je vois mon Pere dans mon Juge ;
Il punit à regret les coupables Humains.
Vous donc , que captive le monde ,
Pécheurs , cœurs endurcis,de l'orage qui gronde ;
Songez à détourner les redoutables coups ,
II. Vel.
D vj
Dérobez-
1338 MERCURE DE FRANCE
Dérobez-vous à sa vengeance
:
Changez la seule penitence
Peut de son bras puissant desarmer le couroux
D. C. J. J. J.
Sur le Pseaume De profundis.
De l'excès affreux de misere
Qu'attire sur ma tête un indigne adultere ,
Seigneur , j'ose élever mes soupirs jusqu'à toià
Laisse-toi fléchir par mes larmes ;
Sensible à mes justes allarmes ,
Regarde mon désordre et calme mon effroi.
Au jour propice et redoutable ,
Qui doit regler le sort du juste et du coupable
Si tu viens nous juger dans ta séverité ,
Quelhomme à l'aspect de son crime,
Au pied de ton Thrône sublime ,
Quel homme , ô Dieu, poura trouver sa sûreté ?
Je vois déja la foudre prête
A fraper ces pécheurs dont l'orgueilleuse tête ,
Sous le joug du Seigneur , ne sçut jamais fléchir;
Juge aussi juste que sévere ,
Des traits lancés par ta colere ,
Quels lieux assés deserts pouront les affranchir?
II. Vol.
Que
JUIN.
1737.
Que ne devrois-je point attendre
Mais ta clemence est mon refuge ;
De ses maux mon ame touchée ,
Gemit , soupire enfin de s'y voir attachée
Et la sentinelle attentive ,
1337
Deserteur de ta Loy , j'osai tout entreprendre ,
Pour contenter , helas ! un criminel desir ;
David apaisera son Juge ,
Par l'aveu de son crime et par son repentir.
Ses cris vifs et pressans t'implorent nuit etjour,
De l'Aurore , à son gré , tardive ,
Par des vœux moins ardens apelle le retour.
Que vois-je! Quel secours propice !
Le Seigneur attendri comble le précipice ,
Que creusoient sous mes pas mes criminelles,
mains ;
Il me sauve , il est mon refuge ,
Je vois mon Pere dans mon Juge ;
Il punit à regret les coupables Humains.
Vous donc , que captive le monde ,
Pécheurs , cœurs endurcis,de l'orage qui gronde ;
Songez à détourner les redoutables coups ,
II. Vel.
D vj
Dérobez-
1338 MERCURE DE FRANCE
Dérobez-vous à sa vengeance
:
Changez la seule penitence
Peut de son bras puissant desarmer le couroux
D. C. J. J. J.
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Résumé : ODE SACRÉE Sur le Pseaume De profundis.
L'ode sacrée 'Sur le Psaume De profundis' exprime une profonde détresse due à la misère causée par un adultère. Le poète implore Dieu de pardonner ses péchés et de calmer sa peur du jugement divin. Il redoute la sévérité de Dieu et imagine la foudre frappant les orgueilleux. Cependant, il espère en la clémence divine, s'inspirant du repentir de David qui apaisa Dieu. Le poète reconnaît ses fautes et se réjouit de la grâce de Dieu qui le sauve malgré ses crimes. Il invite les pécheurs à se repentir pour éviter la vengeance divine. L'œuvre se conclut par un appel à la pénitence afin de désarmer la colère de Dieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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864
p. 1357-1368
ELOGE du R. P. Dom Claude Dupré, Superieur General des Benedictins de la Congrégation de S. Maur.
Début :
Le R. P. Dom Claude Dupré nâquit à Bresolles, petite Ville du Perche, [...]
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texteReconnaissance textuelle : ELOGE du R. P. Dom Claude Dupré, Superieur General des Benedictins de la Congrégation de S. Maur.
ELOGE du R. P. Dom Claude Dupré,
Superieur General des Benedictins de la
Congrégation de S. Maur.
Le R. P. Dom Claude Dupré nâquit
à Bresolles, petite Ville du Perche,
dans le Diocèse de Chartres , le 18. No
vembre 1667.d'une fort honnête Famille.
A l'âge d'onze ans ses Parens l'envoyerenɛ
à Paris. Après avoir étudié quelque temps
au College de Montaigu , il alla à Caën
achever ses Humanités , et partout il fit
admirer son amour pour les Lettres , et
son assiduité au travail. C'étoit peu pour
lui que les heures d'étude et les devoirs
de Classe ordinaires. Avare de son temps
II. Vol.
E iiij .
et
1358 MERCURE DE FRANCE
et avide de science , les momens que ses
Condisciples passoient à de vains amu-
semens, notre jeune Ecolier les employoit
à la lecture des bons Livres , ou dans la
compagnie des Personnes qui pouvoient
contribuer à son avancement. Ses pro-
menades et ses récréations se bornoient
à l'Abbaye de S. Etienne de Caën , où il
s'entretenoit de matieres de pieté avec
quelques Religieux , dont il avoit fait
connoissance , et s'édifioit de la retraite ,
du silence et de la régularité de cette
Communauté. Leur genre de vie fatoit
Insensiblement son inclination , et la
grace secondant le penchant naturel qu'il
avoit pour la solitude , il se sentit vive-
ment pressé du désir de se faire Religieux.
Fidele à sa vocation , il quitta le Monde
et sortit de Caën à l'insçû de ses Parens,
pour se retirer dans le Monastere de
Lyre.
Là, revêtu de l'habit Religieux, notre
jeune Novice s'apliquoit tout entier à
étudier et à remplir les devoirs de l'Etat
qu'il vouloit embrasser , lorsque son Pe-
re se rendit à Lyre , et le sollicita par
tout ce que la Nature a de plus tendre ,
de retourner avec lui dans le Monde pour
être sa compagnie et sa consolation . Mais
le Novice , ferme dans sa résolution
II. Vol.
Consomma
JUIN 1737.
11, Ꮴ !
1359
consomma son sacrifice avec joye le 10.
Août 1686. par les vœux solennels de
la Religion.
Après sa Profession , il fut envoyé à
S. Ouën de Roüen , pour y faire son Sé-
minaire. Le P. Dom Simon Bougis , qui
en étoit Prieur , déja prévenu sur les
heureuses dispositions du Frere Dupré ,
le reçut , avec complaisance , au nombre
de ses Eleves , et s'apliqua avec soin à
cultiver cette jeune Plante et à la conduite
à sa perfection. Notre jeune Profès fit de
si grands progrès dans la vertu , qu'il
devint en peu de temps l'exemple et le
modele du Séminaire. Il passa ainsi deux
années dans la pratique la plus exacte de
l'observance Réguliere. Apliqué ensuite
par ses Supérieurs à la Philosophie et à
la Théologie , il reprit son ancien goût
pour l'Etude , mais sans jamais perdre le
but de sa vocation . Les succès répondi
rent parfaitement à l'habileté de ses Maî-
tres , et sa pieté ne souffrir rien des athi-
blissemens que la sécheresse et la dissi
pation des Études causent souvent.
Au sortir de ses Etudes , on l'envoya
à Jumiéges , Maison très retirée er pro-
pre à ses inclinations. Il reçut à la fin de
Fannée l'Ordre de Prêtrise , et peu de
temps après les Supérieurs Ini confierent
E v
iédu-
1360 MERCURE DE FRANCE
l'éducation de la Jeunesse , ils lui firent
>
enseigner successivement les Belles- Let
tres au College de Tyron , la Philosophie
à Fécamp , et la Théologie à Caën. Il
s'étudia à former ses Disciples autant par
ses exemples que par ses leçons ; sa con-
duite leur inspiroit également l'amour
pour la vertu et l'ardeur pour les Sciences.
Le Chapitre General de 1705. le nom-
ma Prieur de Saint- Pere de Chartres.
Toute la Province aprouva ce choix ; il
en fut lui seul consterné ; il fit des re-
montrances , il insista , il gémit , il pleu-
ra , mais inutilement
ร
il fallut se sou-
mettre. A la tête de sa Communauté , il
prit pour regle de conduite l'exemple du
bon Pasteur. Dur à lui même , humain
pour ses freres, prévenant officieusement
les besoins de ses Religieux , portant
tout le poids de la Supériorité , sans en
goûter les douceurs ; il possedoit à un
dégré supérieur le don de la parole. Rien
de plus solide , rien de plus pathétique
que les Exhortations qu'il faisoit à ses
Religieux , ils l'écoutoient toujours avec
plaisir , même dans la censure de leurs
fautes.
Le Chapitre General de 1708. instruit
de ses vertus et de ses bonnes qualités
crut devoir lui confer un poste plus con-
II. Vol.
sidérable.
JUIN.
II. Vol.
1737.
1361
sidérable. Il y fut nommé Abbé de Saint
Martin de Séez. Cette nouvelle dignité ,
soûtenuë de tous les talens qui rendent
un homme recommandable , auroit pû lui
procurer des amis distingués , et le faire
briller au-dehors ; mais se renfermant
dans les bornes de son Etat , il évita , au-
tant qu'il put , de paroître et de se ré-
pandre parmi les Séculiers. Malgré tou
tes ses précautions il fut respecté dans le
Pays et connu pendant six ans qu'il gou-
verna cette Abbaye , pour un saint et
sçavant Religieux , qui joignoir aux bel-
les connoissances un excellent caractere.
Les idées avantageuses qu'on avoit de
lui , loin de flater son amour propre , net
servirent qu'à le rendre encore plus hum-
ble. Il souffroit impatiemment des élo-
ges et des attentions qu'il croyoit ne pas
mériter ; et regardant la supériorité com-
me un écueil , il fit tous ses efforts pour
s'en décharger au Chapitre General de
1714. dont il étoit Membre. Il y étoit
destiné pour remplir un des premiers
postes de la Province de Bretagne ; mais
Il préfera l'Office de Secretaire du R. P.
General aux Supériorités les plus hono-
rables.
Il exerça cet Emploi pendant six ans
avec tout le zele et l'attachement que
E vj
méritoit
1362 MERCURE DE FRANCE
méritoit l'entiere confiance dont l'hono-
roit le R. P. Dom Charles de l'Hostalled
rie. Ce R.P. ayant demandé et obtenu sa
décharge au Chapitre de 1720. son Se-
cretaire sollicita vivement la permission
de rentrer dans la retraite et dans la so-
litude , dont il faisoit ses délices ; mais
on n'eut aucun égard à ses prieres , et
malgré toutes ses repugnances , il fuc
nommé par ce Chapitre Visiteur de Nor-
mandie , et par celui de 1723. Visiteur
de la Province de France.
Devenu le Pere des Religieux de ces
Provinces , il en fit le bonheur et l'ad-
miration: il les gouverna avec toute la
fermeté , la douceur et la modération
qu'on pouvoit attendre de son grand
zele , de son bon cœur et de sa charité
paternelle. Son autorité soûtenuë par
l'exemple de ses vertus , y fut toujours
universellement respectée et aimée. Les
Religieux de France ne le virent sortir
qu'à regret de leur Province : il emporta
leurs cœurs et leurs vœux en les quittant
pour aller en 1726. à Fécamp gouverner
cette Abbaye , la premiere et la plus dis-
tinguée de la Normandie.
En changeant de poste, Dom Dupré
ne changea pas de conduite : même zele
pour la discipline réguliere , même rete-
II. Vol
JUIN.
1737.
1363
#ue pour le dehors. Renfermé dans l'in-
terieur de son Monastere , il se livra tout
entier aux besoins de ses Religieux . Obli-
gé par son Office de Grand Vicaire de
l'Archevêque de Rouen , de communi-
quer avec les Seculiers , pour l'exercice
de la Jurisdiction sur plusieurs Paroisses ,
il s'y prêta , mais toujours en vrai Reli-
gieux , satisfaisant simplement aux de-
voirs de sa Charge-
Député de sa Province , Définiteur et
Secretaire du Chapitre de 1729. il y fut
nommé Prieur de l'Abbaye de S. Ger-
main-des- Prez : mais un orage fâcheux
ayant troublé la paix de la Congrégation ,
il prit le parti de la retraite , et renvoya
son Obedience ; il insista long - temps
pour obtenir sa démission , et ne se ren-
dit à S. Germain qu'aux ordres précis et
réïterés du R. P. Général . Peu accoûtu-
mé au grand Monde, ennemi du tumul-
te et des embaras , il se contenta de lever
les mains au Ciel , tandis que les Supe-
rieurs majeurs travailloient à rétablir le
calme dans la Congrégation.
Ilfutpeu de temps après élû Assistant
du R. P. Général. Telle étoit sa situation
lorsqu'il se vit obligé en 1735. par la
mort inopinée du R. P. Général Dom
Hervé Menard , de présider en qualité
11. Fol.
de
1364 MERCURE DEFRANCE
de Vicaire Général à toute la Congréga-
tion. Il soûtint le poids de cette Charge
avec une constance qui le fit admirer.
Sans rien relâcher de sa régularité , de
son assiduité aux exercices , et de ses
austerités , il s'occupa infatigablement à
chercher les moyens de ramener dans la
Congrégation la subordination et la paix,
que les disputes du temps et les élections
précedentes y avoient extrémement al
Terées.
Son accès libre , aisé et affable , ses
entretiens familiers , agréables et insi-
Huans , ses lettres tendres , affectives et
paternelles, lui attirerent d'abord la con-
fiance des Religieux. Les très-humbles
Remontrances qu'il fit au Roy , de con-
cert avec le P. Assistant et quelques Su-
perieurs , pour la levée des exclusions et
la liberté des suffrages dans le prochain
Chapitre , les ordres pleins de bonté et
de clemence qu'il obtint de S. M. au
mois de Mars 1736. et la lettre qu'il
écrivit à tous les Monasteres le lende
main pour les notifier , acheverent de
concilier les Esprits.
Le 3. May 1736. il fit l'ouverture du
Chapitre par un Discours si éloquent et
si pathetique,qu'il pénétra tous les cœurs
et les réunit tellement , que toutes les
Fl. Vol.
élections
JUIN.
1737.
temps de la Congrégation.
1365
élections s'y firent avec une tranquillité
et une modestie dignes des premiers
Après avoir été élû unanimement Dé-
finiteur et Président de ce Chapitre , il
fut aussi élû d'une voix unanime et pro-
clamé Général de la Congrégation le 27.
du même mois. Cette place étoit dûë à
sa grande régularité et à son zele pour le
bon ordre et pour la discipline. Tous les
Religieux le desiroient et le demandoient
depuis long-temps. Tous aplaudirent à
ce choix; lui seul s'en affligea , et l'abon
dance des larmes qu'il versa, au moment
de son élection , et dans la cérémonie de
son installation , fut une preuve bien
sensible de la peine qu'il en ressentoir.
Ses Religieux ne furent pas les seuls
qui se réjouirent de son élection . Le Pape
l'honora d'un Bref, par lequel il lui mar
quoit la joye qu'il avoit de voir si digne-
ment remplie la premiere Place d'une
Congrégation , qui lui étoit chere et pré-
cieuse, M. le Cardinal de Fleury l'hono
ra d'un accueil très - favorable. S. E. aut
fa bonté de le presenter au Roy et à la
Reine
Elle fit à Leurs Majestés l'Eloge
de la Congrégation et du Général en pre-
sence de toute la Cour , dans les termes
les plus obligeans . Le Public ne prit pas
II.Vab
mcins
"
1366 MERCURE DE FRANCE
moins de part à l'heureux succès du Cha
pitre. Le nouveau Général füt reçû par-
tout avec joye , avec distinction ; et ce-
lui qui , jusqu'alors, n'avoit cherché qu'à
se cacher , se vit, avec étonnement, con-
nu et recherché de tout le Monde. Il re-
çut des marques d'une consideration par
ticuliere du Roy et de la Reine de Polo-
gne, lorsqu'il leur presenta une Relique
de S. Benoît , que L. M. lui avoient de-
mandée avec empressement; la noble sim
plicité avec laquelle il les harangua ,
louée de toute la Cour.
fut
Cependant le Seigneur répandoir ses
graces et ses bénédictions sur son gou-
vernement : la science et la pieté repre-
noient une nouvelle vigueur , lorsqu'une
mort prématurée enleva ce digne Géné-
ral à sa Congrégation . Il avoit prédir ,
au moment de son élection , qu'il ne
verroit pas la fin de l'année. En effet, un
travail dur , continuel et opiniâtre , joint
à une vie extrémement pénitente et aus-
tere, épuisa bien- tôt ses forces ,et le con-
duisit en peu de temps au tombeau.
Dès le mois d'Août il se sentir attaqué
d'une sécheresse de poitrine, qui fit crain-
dre pour sa vie . Son corps s'affoiblissoit
à vûë d'œil , et sa poitrine s'alteroit de
plus en plus.
11 Vol.,
A
JUIN.
II. Vol.
17376
1367
Au commencement de l'Avent il se
Trouva fort opressé. Le Médecin lui pres-
crivit un regime de vie ; mais il ne fut
pas possible de lui faire rompre le jeûne
et l'abstinence , et tout ce qu'on put ga
gner sur lui , fut qu'il ne se leveroit pas
la nuit pour aller à Matines , exercice
auquel il avoit été toujours fort assidu.
Quelques saignées faites à propos , lui
donnerent un peu de relâche , et mesu-
rant ses forces sur son courage , il entre-
prit de dire les trois Messes de Noël : il
célébra encore la Messe le jour de Saint
Etienne , mais avec beaucoup de peine ,
et pour la derniere fois.
Le Dimanche suivant, se trouvant plus
mal , il apella son Confesseur , et se pré-
para par une Confession générale à rece-
voir le S. Viatique et l'Extréme- Onction,
Le P. Assistant se disposoit à les lui apor
ter, le Malade les attendoit avec une sain-
te impatience , mais une violente palpi-
tation de cœur lui ôtant tout à coup la
respiration , sans qu'on pût lui donner
aucun secours , le P. Delville , son Se-
cretaire , qui ne le quittoit point , l'ex-
horta à avoir recours au Seigneur. Je
mets , lui répondit- il , toute ma confiance
en sa misericorde , et en prononçant ces
paroles il expira le 30. Décembre 1736.
à trois
1368 MERCURE DE FRANCE
à 3. heures après midi, âgé d'environ 70.
ans. Il fut inhumé le lendemain avec les
cérémonies accoûtumées auprès de ses
Prédécesseurs , vers le milieu du Chœur
de la grande Chapelle de la Vierge. Les
Généraux d'Ordre qui étoient à Paris ,
un très grand nombre d'Ecclesiastiques
et de Religieux assisterent à ses Obse-
ques , et au Service solemnel qui se fit
le 2. de Janvier. S. E. M. le Cardinal de
Fleury a bien voulu honorer sa Mémoi
re par une de ses Lettres , écrite sur ce
sujer au P. Vicaire Général dans les ter-
mes les plus tendres et les plus consolans.
Cette Mémoire sera toujours précieuse
à une Congrégation dans laquelle il avoit
rétabli la paix et le bon ordre , par les
rares exemples de pieté et de toutes les
Vertus Religieuses dont il l'a édifiée'pen-
dant son gouvernement.
Superieur General des Benedictins de la
Congrégation de S. Maur.
Le R. P. Dom Claude Dupré nâquit
à Bresolles, petite Ville du Perche,
dans le Diocèse de Chartres , le 18. No
vembre 1667.d'une fort honnête Famille.
A l'âge d'onze ans ses Parens l'envoyerenɛ
à Paris. Après avoir étudié quelque temps
au College de Montaigu , il alla à Caën
achever ses Humanités , et partout il fit
admirer son amour pour les Lettres , et
son assiduité au travail. C'étoit peu pour
lui que les heures d'étude et les devoirs
de Classe ordinaires. Avare de son temps
II. Vol.
E iiij .
et
1358 MERCURE DE FRANCE
et avide de science , les momens que ses
Condisciples passoient à de vains amu-
semens, notre jeune Ecolier les employoit
à la lecture des bons Livres , ou dans la
compagnie des Personnes qui pouvoient
contribuer à son avancement. Ses pro-
menades et ses récréations se bornoient
à l'Abbaye de S. Etienne de Caën , où il
s'entretenoit de matieres de pieté avec
quelques Religieux , dont il avoit fait
connoissance , et s'édifioit de la retraite ,
du silence et de la régularité de cette
Communauté. Leur genre de vie fatoit
Insensiblement son inclination , et la
grace secondant le penchant naturel qu'il
avoit pour la solitude , il se sentit vive-
ment pressé du désir de se faire Religieux.
Fidele à sa vocation , il quitta le Monde
et sortit de Caën à l'insçû de ses Parens,
pour se retirer dans le Monastere de
Lyre.
Là, revêtu de l'habit Religieux, notre
jeune Novice s'apliquoit tout entier à
étudier et à remplir les devoirs de l'Etat
qu'il vouloit embrasser , lorsque son Pe-
re se rendit à Lyre , et le sollicita par
tout ce que la Nature a de plus tendre ,
de retourner avec lui dans le Monde pour
être sa compagnie et sa consolation . Mais
le Novice , ferme dans sa résolution
II. Vol.
Consomma
JUIN 1737.
11, Ꮴ !
1359
consomma son sacrifice avec joye le 10.
Août 1686. par les vœux solennels de
la Religion.
Après sa Profession , il fut envoyé à
S. Ouën de Roüen , pour y faire son Sé-
minaire. Le P. Dom Simon Bougis , qui
en étoit Prieur , déja prévenu sur les
heureuses dispositions du Frere Dupré ,
le reçut , avec complaisance , au nombre
de ses Eleves , et s'apliqua avec soin à
cultiver cette jeune Plante et à la conduite
à sa perfection. Notre jeune Profès fit de
si grands progrès dans la vertu , qu'il
devint en peu de temps l'exemple et le
modele du Séminaire. Il passa ainsi deux
années dans la pratique la plus exacte de
l'observance Réguliere. Apliqué ensuite
par ses Supérieurs à la Philosophie et à
la Théologie , il reprit son ancien goût
pour l'Etude , mais sans jamais perdre le
but de sa vocation . Les succès répondi
rent parfaitement à l'habileté de ses Maî-
tres , et sa pieté ne souffrir rien des athi-
blissemens que la sécheresse et la dissi
pation des Études causent souvent.
Au sortir de ses Etudes , on l'envoya
à Jumiéges , Maison très retirée er pro-
pre à ses inclinations. Il reçut à la fin de
Fannée l'Ordre de Prêtrise , et peu de
temps après les Supérieurs Ini confierent
E v
iédu-
1360 MERCURE DE FRANCE
l'éducation de la Jeunesse , ils lui firent
>
enseigner successivement les Belles- Let
tres au College de Tyron , la Philosophie
à Fécamp , et la Théologie à Caën. Il
s'étudia à former ses Disciples autant par
ses exemples que par ses leçons ; sa con-
duite leur inspiroit également l'amour
pour la vertu et l'ardeur pour les Sciences.
Le Chapitre General de 1705. le nom-
ma Prieur de Saint- Pere de Chartres.
Toute la Province aprouva ce choix ; il
en fut lui seul consterné ; il fit des re-
montrances , il insista , il gémit , il pleu-
ra , mais inutilement
ร
il fallut se sou-
mettre. A la tête de sa Communauté , il
prit pour regle de conduite l'exemple du
bon Pasteur. Dur à lui même , humain
pour ses freres, prévenant officieusement
les besoins de ses Religieux , portant
tout le poids de la Supériorité , sans en
goûter les douceurs ; il possedoit à un
dégré supérieur le don de la parole. Rien
de plus solide , rien de plus pathétique
que les Exhortations qu'il faisoit à ses
Religieux , ils l'écoutoient toujours avec
plaisir , même dans la censure de leurs
fautes.
Le Chapitre General de 1708. instruit
de ses vertus et de ses bonnes qualités
crut devoir lui confer un poste plus con-
II. Vol.
sidérable.
JUIN.
II. Vol.
1737.
1361
sidérable. Il y fut nommé Abbé de Saint
Martin de Séez. Cette nouvelle dignité ,
soûtenuë de tous les talens qui rendent
un homme recommandable , auroit pû lui
procurer des amis distingués , et le faire
briller au-dehors ; mais se renfermant
dans les bornes de son Etat , il évita , au-
tant qu'il put , de paroître et de se ré-
pandre parmi les Séculiers. Malgré tou
tes ses précautions il fut respecté dans le
Pays et connu pendant six ans qu'il gou-
verna cette Abbaye , pour un saint et
sçavant Religieux , qui joignoir aux bel-
les connoissances un excellent caractere.
Les idées avantageuses qu'on avoit de
lui , loin de flater son amour propre , net
servirent qu'à le rendre encore plus hum-
ble. Il souffroit impatiemment des élo-
ges et des attentions qu'il croyoit ne pas
mériter ; et regardant la supériorité com-
me un écueil , il fit tous ses efforts pour
s'en décharger au Chapitre General de
1714. dont il étoit Membre. Il y étoit
destiné pour remplir un des premiers
postes de la Province de Bretagne ; mais
Il préfera l'Office de Secretaire du R. P.
General aux Supériorités les plus hono-
rables.
Il exerça cet Emploi pendant six ans
avec tout le zele et l'attachement que
E vj
méritoit
1362 MERCURE DE FRANCE
méritoit l'entiere confiance dont l'hono-
roit le R. P. Dom Charles de l'Hostalled
rie. Ce R.P. ayant demandé et obtenu sa
décharge au Chapitre de 1720. son Se-
cretaire sollicita vivement la permission
de rentrer dans la retraite et dans la so-
litude , dont il faisoit ses délices ; mais
on n'eut aucun égard à ses prieres , et
malgré toutes ses repugnances , il fuc
nommé par ce Chapitre Visiteur de Nor-
mandie , et par celui de 1723. Visiteur
de la Province de France.
Devenu le Pere des Religieux de ces
Provinces , il en fit le bonheur et l'ad-
miration: il les gouverna avec toute la
fermeté , la douceur et la modération
qu'on pouvoit attendre de son grand
zele , de son bon cœur et de sa charité
paternelle. Son autorité soûtenuë par
l'exemple de ses vertus , y fut toujours
universellement respectée et aimée. Les
Religieux de France ne le virent sortir
qu'à regret de leur Province : il emporta
leurs cœurs et leurs vœux en les quittant
pour aller en 1726. à Fécamp gouverner
cette Abbaye , la premiere et la plus dis-
tinguée de la Normandie.
En changeant de poste, Dom Dupré
ne changea pas de conduite : même zele
pour la discipline réguliere , même rete-
II. Vol
JUIN.
1737.
1363
#ue pour le dehors. Renfermé dans l'in-
terieur de son Monastere , il se livra tout
entier aux besoins de ses Religieux . Obli-
gé par son Office de Grand Vicaire de
l'Archevêque de Rouen , de communi-
quer avec les Seculiers , pour l'exercice
de la Jurisdiction sur plusieurs Paroisses ,
il s'y prêta , mais toujours en vrai Reli-
gieux , satisfaisant simplement aux de-
voirs de sa Charge-
Député de sa Province , Définiteur et
Secretaire du Chapitre de 1729. il y fut
nommé Prieur de l'Abbaye de S. Ger-
main-des- Prez : mais un orage fâcheux
ayant troublé la paix de la Congrégation ,
il prit le parti de la retraite , et renvoya
son Obedience ; il insista long - temps
pour obtenir sa démission , et ne se ren-
dit à S. Germain qu'aux ordres précis et
réïterés du R. P. Général . Peu accoûtu-
mé au grand Monde, ennemi du tumul-
te et des embaras , il se contenta de lever
les mains au Ciel , tandis que les Supe-
rieurs majeurs travailloient à rétablir le
calme dans la Congrégation.
Ilfutpeu de temps après élû Assistant
du R. P. Général. Telle étoit sa situation
lorsqu'il se vit obligé en 1735. par la
mort inopinée du R. P. Général Dom
Hervé Menard , de présider en qualité
11. Fol.
de
1364 MERCURE DEFRANCE
de Vicaire Général à toute la Congréga-
tion. Il soûtint le poids de cette Charge
avec une constance qui le fit admirer.
Sans rien relâcher de sa régularité , de
son assiduité aux exercices , et de ses
austerités , il s'occupa infatigablement à
chercher les moyens de ramener dans la
Congrégation la subordination et la paix,
que les disputes du temps et les élections
précedentes y avoient extrémement al
Terées.
Son accès libre , aisé et affable , ses
entretiens familiers , agréables et insi-
Huans , ses lettres tendres , affectives et
paternelles, lui attirerent d'abord la con-
fiance des Religieux. Les très-humbles
Remontrances qu'il fit au Roy , de con-
cert avec le P. Assistant et quelques Su-
perieurs , pour la levée des exclusions et
la liberté des suffrages dans le prochain
Chapitre , les ordres pleins de bonté et
de clemence qu'il obtint de S. M. au
mois de Mars 1736. et la lettre qu'il
écrivit à tous les Monasteres le lende
main pour les notifier , acheverent de
concilier les Esprits.
Le 3. May 1736. il fit l'ouverture du
Chapitre par un Discours si éloquent et
si pathetique,qu'il pénétra tous les cœurs
et les réunit tellement , que toutes les
Fl. Vol.
élections
JUIN.
1737.
temps de la Congrégation.
1365
élections s'y firent avec une tranquillité
et une modestie dignes des premiers
Après avoir été élû unanimement Dé-
finiteur et Président de ce Chapitre , il
fut aussi élû d'une voix unanime et pro-
clamé Général de la Congrégation le 27.
du même mois. Cette place étoit dûë à
sa grande régularité et à son zele pour le
bon ordre et pour la discipline. Tous les
Religieux le desiroient et le demandoient
depuis long-temps. Tous aplaudirent à
ce choix; lui seul s'en affligea , et l'abon
dance des larmes qu'il versa, au moment
de son élection , et dans la cérémonie de
son installation , fut une preuve bien
sensible de la peine qu'il en ressentoir.
Ses Religieux ne furent pas les seuls
qui se réjouirent de son élection . Le Pape
l'honora d'un Bref, par lequel il lui mar
quoit la joye qu'il avoit de voir si digne-
ment remplie la premiere Place d'une
Congrégation , qui lui étoit chere et pré-
cieuse, M. le Cardinal de Fleury l'hono
ra d'un accueil très - favorable. S. E. aut
fa bonté de le presenter au Roy et à la
Reine
Elle fit à Leurs Majestés l'Eloge
de la Congrégation et du Général en pre-
sence de toute la Cour , dans les termes
les plus obligeans . Le Public ne prit pas
II.Vab
mcins
"
1366 MERCURE DE FRANCE
moins de part à l'heureux succès du Cha
pitre. Le nouveau Général füt reçû par-
tout avec joye , avec distinction ; et ce-
lui qui , jusqu'alors, n'avoit cherché qu'à
se cacher , se vit, avec étonnement, con-
nu et recherché de tout le Monde. Il re-
çut des marques d'une consideration par
ticuliere du Roy et de la Reine de Polo-
gne, lorsqu'il leur presenta une Relique
de S. Benoît , que L. M. lui avoient de-
mandée avec empressement; la noble sim
plicité avec laquelle il les harangua ,
louée de toute la Cour.
fut
Cependant le Seigneur répandoir ses
graces et ses bénédictions sur son gou-
vernement : la science et la pieté repre-
noient une nouvelle vigueur , lorsqu'une
mort prématurée enleva ce digne Géné-
ral à sa Congrégation . Il avoit prédir ,
au moment de son élection , qu'il ne
verroit pas la fin de l'année. En effet, un
travail dur , continuel et opiniâtre , joint
à une vie extrémement pénitente et aus-
tere, épuisa bien- tôt ses forces ,et le con-
duisit en peu de temps au tombeau.
Dès le mois d'Août il se sentir attaqué
d'une sécheresse de poitrine, qui fit crain-
dre pour sa vie . Son corps s'affoiblissoit
à vûë d'œil , et sa poitrine s'alteroit de
plus en plus.
11 Vol.,
A
JUIN.
II. Vol.
17376
1367
Au commencement de l'Avent il se
Trouva fort opressé. Le Médecin lui pres-
crivit un regime de vie ; mais il ne fut
pas possible de lui faire rompre le jeûne
et l'abstinence , et tout ce qu'on put ga
gner sur lui , fut qu'il ne se leveroit pas
la nuit pour aller à Matines , exercice
auquel il avoit été toujours fort assidu.
Quelques saignées faites à propos , lui
donnerent un peu de relâche , et mesu-
rant ses forces sur son courage , il entre-
prit de dire les trois Messes de Noël : il
célébra encore la Messe le jour de Saint
Etienne , mais avec beaucoup de peine ,
et pour la derniere fois.
Le Dimanche suivant, se trouvant plus
mal , il apella son Confesseur , et se pré-
para par une Confession générale à rece-
voir le S. Viatique et l'Extréme- Onction,
Le P. Assistant se disposoit à les lui apor
ter, le Malade les attendoit avec une sain-
te impatience , mais une violente palpi-
tation de cœur lui ôtant tout à coup la
respiration , sans qu'on pût lui donner
aucun secours , le P. Delville , son Se-
cretaire , qui ne le quittoit point , l'ex-
horta à avoir recours au Seigneur. Je
mets , lui répondit- il , toute ma confiance
en sa misericorde , et en prononçant ces
paroles il expira le 30. Décembre 1736.
à trois
1368 MERCURE DE FRANCE
à 3. heures après midi, âgé d'environ 70.
ans. Il fut inhumé le lendemain avec les
cérémonies accoûtumées auprès de ses
Prédécesseurs , vers le milieu du Chœur
de la grande Chapelle de la Vierge. Les
Généraux d'Ordre qui étoient à Paris ,
un très grand nombre d'Ecclesiastiques
et de Religieux assisterent à ses Obse-
ques , et au Service solemnel qui se fit
le 2. de Janvier. S. E. M. le Cardinal de
Fleury a bien voulu honorer sa Mémoi
re par une de ses Lettres , écrite sur ce
sujer au P. Vicaire Général dans les ter-
mes les plus tendres et les plus consolans.
Cette Mémoire sera toujours précieuse
à une Congrégation dans laquelle il avoit
rétabli la paix et le bon ordre , par les
rares exemples de pieté et de toutes les
Vertus Religieuses dont il l'a édifiée'pen-
dant son gouvernement.
Fermer
Résumé : ELOGE du R. P. Dom Claude Dupré, Superieur General des Benedictins de la Congrégation de S. Maur.
Claude Dupré est né à Bresolles, dans le diocèse de Chartres, le 18 novembre 1667. À l'âge de onze ans, il fut envoyé à Paris puis à Caen pour ses études, où il se distingua par son amour des lettres et son assiduité. Passionné par la lecture et la compagnie des personnes érudites, il rejoignit le monastère de Lyre en 1686. Après avoir prononcé ses vœux, il fut envoyé à Saint-Ouen de Rouen pour son séminaire, où il excella en philosophie et en théologie. Ordonné prêtre, il enseigna les belles-lettres, la philosophie et la théologie dans divers collèges. En 1705, il devint prieur de Saint-Père de Chartres et en 1708, abbé de Saint-Martin de Séez, reconnu pour sa sainteté et son savoir. En 1720, il fut nommé secrétaire du supérieur général. En 1723, il fut désigné Visiteur de Normandie puis de la Province de France, où il gouverna avec fermeté, douceur et charité. En 1726, il devint abbé de Fécamp et en 1729, prieur de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Après la mort de Dom Hervé Menard en 1735, il présida la congrégation en tant que Vicaire Général. En mai 1736, il fut élu Général de la Congrégation. Sa vie austère et son travail incessant épuisèrent ses forces, et il mourut prématurément le 30 décembre 1736 à l'âge d'environ 70 ans, après avoir prédit qu'il ne verrait pas la fin de l'année. Ses funérailles eurent lieu le lendemain, en présence de nombreux ecclésiastiques et religieux. Le Cardinal de Fleury rendit hommage à sa mémoire, soulignant son rôle dans le rétablissement de la paix et du bon ordre au sein de sa congrégation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
865
p. 1382-1395
Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
Début :
SUITE des Lettres de M....... sur la Bibliotheque Italique, ou Histoire Litteraire [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
SUITE des Lettres de M....... sur la
Bibliotheque Italique, ou Histoire Litteraire
de l'Italie. Tomes VIII. et IX. 1730 ,
AGenève , chez Marc- Michel Bousquet et
Compagnie , pp. 278. et pp. 276.
Dix Articles , Monsieur , font tout le
contenu du VIII. Volume de la Bibliote-
que Italique dont je ne toucherai ici que
les Principaux. Le premier présente un
Ouvrage important de M.Fontanini écrit
en Latin. Nos Journalistes en ont traduit
le Titre de cette maniere. Défenses des
Diplômes anciens contre les doutes éle-
vés par le P. Germon , dans l'Ouvrage
qui a pour Titre : De Veteribus Regum
Francorum Diplomatibus , & c. En deux
Livres, avec un Appendix sur les anciens
Auteurs , par M. Juste Fontanini du
11. Vol
Frioul,
JUIN.
II.Vol.
1737.
1383
Frioul , Profeffeur public en Eloquence à
Rome. Rome 1705. pp. 287. sans l'Epi-
tre dédicatoire & l'Indice des Chapitres.
Le P. Germon Jesuite avoit critiqué
I'Ouvrage du P. Mabillon : De Re Diplo
matica : et il avoit proposé dans son Ou
vrage : De Veteribus Regum , &c. beau-
coup de doutes , & même des preuves ,
d'abord contre tous les Diplômes en ge-
neral , & ensuite contre plusieurs de ceux
que le P. Mabillon avoit tenus en parti-
culier pour authentiques . C'est cet Ou-
vrage du P. Germon , que M. Fontanini
s'attacha alors à réfuter dans sa défense-
des Diplômes , qu'il divisa en deux Par-
ties , dont la premiere est employée à
détruire les argumens du P. Germon con⚫
tre les Diplômes en general , et la secon-
de , à justifier en particulier l'authenti
cité de quelques Diplômes publiés par
le P. Mabillon, & attaqués par son Criti-
que. Le Journaliste ne donne ici l'Extrait"
que de la premiere Partie. On peut voir
sur cette dispute du P. Germon les Me-
moires de Trevoux du mois de Mai 1713 .
p. 843. et le troisiéme Volume de l'Ou-
vrage du même Jesuite , dans lequel il
répond à M. Fontanini.
LeJournaliste reprend dans l'article 20
la suite de l'Extrait qu'il avoit donné dans
Fy
le:
1384 MERCURE DE FRANCE
le VI. Volume , du 7. Tome du Recueil.
de M. Muratori : c'est à- dire , 1 ° . de la
Chronique de Sicard , Evêque de Cremo-
ne , Ecrivain du XIII. Siecle , dont l'Ou-
vrage commence à la Naissance de J. C.
et finit en 1221. Cet Auteur étoit mort
dès l'an 1215. Ainsi il faut qu'il ait eu
un Continuateur. 2°. D'une courte Chro-
nique de Cremone depuis l'an 1096.
jusques à l'an 1232. par un Anonyme.
3 °. L'Histoire de la Conquête de la Ter-
re Sainte , écrite en François par Bernard
Trésorier , et traduite en Latin par Fran-
çois Sipino de Bologne , Dominiquain.
Cet Ouvrage finit en 1230.Ilne paroît pas
qu'il dût entrer dans un Recueil des His-
toriens d'Italie , mais la part que les Ita-
liens ont eue aux Guerres d'Outre- Mer
la découverte de cette Piece , qui étoit
comme perdue , et enfin la Nation du
Traducteur qui étoit Italien , ont déter-
miné M. Muratori , à lui donner place
dans son Recueil. Les Auteurs de la Bi-
bliotheque Italique font une comparai-
son curieuse de plusieurs endroits de cer-
te Histoire de Bernard , avec la nouvelle
Histoire d'Angleterre de M. Rapin , dans
les Points qui sont traités par P'un et par
Pautre de ces Historiens. 4°. Une Chro-
nique de Fossanova , depuis la premiere
II. Vol.
annće
JUIN.
11. Vol.
1737.
1385
année de l'Ere Chrétienne jusqu'à l'an-
née 1217. 5°. Une Chronique de l'Egli-
se d'Ateno , depuis Jules Cesar jusqu'à
l'an 1355. c'est peu de chose. 6. Une
autre du Monastere de la Trinité de Ca
va , depuis l'an 569. jusqu'à l'an 1318 ..
c'est pour la premiere fois qu'elle paroît.
M. Muratori l'a recueillie de plusieurs
Mss. differens. 7° . Une Chronique de Ri-
chard de S. Germain depuis l'an 1189.
Epoque de la mort de Guillaume Roi de
Sicile , jusqu'à l'an 1243. 8. Les Ephe-
merides de Naples , ou le Journal de ce
qui s'est passé dans ce Royaume depuis
Fan 1247. jusqu'à l'an 1268. par Mat
thieu Spinelli de Giowenazzo , publié en
Italien pour la premiere fois , avec les
Notes du P. Papebrock.
L'Article III. est employé à donner
un Extrait plus étendu de l'Ouvrage du
Comte de Mezabarba , dont le Journa-
liste avoit déja tracé le plan dans le Tome
V. Il donne dans le I V. Article , la sui-
te de l'Extrait du Voyage Historique d'I-
talie. Il y a peu de choses à vous en dire,
sinon que l'on n'y épargne jamais les
traits de Satyre , sur ce qui peut avoir ra-
· port à la Religion Romaine. A la fin de
l'article le Journaliste soutient contre
l'Auteur du Voyage , qu'un Prince ou
F vj
12
1386 MERCURE DE FRANCE
un Ambassadeur Protestant ne peut bai
ser les pieds du Pape par honneur , sans
blesser sa conscience et sa Religion .
La suite de la Lettre manuscrite du
Comte de..... sur le Caractere des Ita
liens , fait le V. article. Il continue à
traiter de l'Etat de l'Italie par raport aux
Sciences. Dans cette partie de sa Lettre ,
illes regarde particulierement du côtédes
Langues ; de l'Italienne d'abord , puis
de la Latine, de la Grecque, de l'Hebreu ,
du Chaldaïque , et de l'Arabe. Le Comte
y,
donne une notice des meilleurs Au-
teurs Italiens qui ayent cultivé depuis le
XVI. Siecle , ou qui cultivent encore
aujourd'hui ces Langues . L'Auteur passe
ensuite au goût et à l'Etude des Medail-
les , et de tout ce qui concerne l'Antiqui
té, et il a soin de nommer les principaux
Sçavans d'Italie qui s'y sont apliqués.
Cette Lettre est assurément une Piece
curieuse , et qui mériteroit bien qu'on
Pimprimât entiere dans un seul Volume ş
elle serviroit à faire connoître le progrès
et l'état present des Sciences en Italie de-
puis le XVI. Siécle , et à désabuser ceux-
qui croyent que tout l'esprit du monde
est renfermé dans leur propre Pays. Le
Journaliste y a ajoûté au bas des pages ,..
un détail très- recherché de tout ce qui:
II. Vol
concerne
JUIN.
1737
1387
concerne les Sçavans et les Ouvrages dont
il est parlé dans la Lettre. Sans ce detail
elle sembleroit manquer d'une partie es
sentielle.
Je ne m'arrêterai pas sur l'Extrait dư
III. Tome des œuvres du Cardinal Noris
qui fait l'Art. VI. ni sur le VII. Art. qui
n'est qu'une Critique de l'Edition des
Chroniques de Villani , qui a été faite à
Milan en 1729 , et à laquelle on en pre-
fère une autre qu'on préparoit alors à
Florence.
J'obmets aussi les deux articles qui
suivent, les sujets en étant ou peu impor-
tans,ou très- connus, pour dire un mot des
Nouvelles Litteraires de ce VIII . Tome .
lesquelles on trouve pour la pluspart dans
d'autres Journaux , comme la nouvelle
Edition de Cornelius à Lapide , et de la
Byzantine , faites à Venise , l'une chés
Albrizzy, et l'autre chés Giavarina . Celui-
ci a encore imprimé l'Euchologe des Grecs
du P. Goar: et les Antiquités Romaines
de Grævius, de Gronovius & de Sallengre.
On aprend de Milan que le P. Orsi Do
minicain , a fait imprimer une Differta-
rion sur l'invocation du S. Esprit dans
les Liturgies Grecques et Orientalès , I.
vol. 4. Milan 1736. Il s'attache à éclair-
cir les Actes du Concile de Florence , et
LK Vol.
à prou-
7388 MERCURE DE FRANCE
à prouver que le sentiment des Grecs
n'est pas aussi fondé sur la tradition que
l'ont avancé les Peres Touttée , Benedic-
tin , dans son Edition de Saint Cyrille
de Jerusalem , et le Brun de l'Oratoire
dans son Livre des Lyturgies.
Il me reste , Monsieur , à parcourir ict
les principaux articles du IX. Tome de
ce Journal. Le premier et le plus consi-
derable regarde la Bibliotheque Orienta-
tale de M. Asseman , Syrien , et Sçavant
Maronite du Mont- Liban. Cet Ouvrage
a pour Titre : Bibiotheca Orientalis ( Cle.
mentino- Vaticana ) &c. ou Bibliotheque
Orientale Clementine du Vatican , dans la
quelle Joseph Asseman Syrien , Maronių ,
Docteur en Théologie , & c , a revi et aran.
rangé des Mss. Syriaques , Arabes, Persans,
Turcs , Hebreux , Samaritains , Armeniens,
Ethy piens , Grecs , Egyptiens , Georgiens ,
et Malabares , aporiés du Lev ant , et mis
dans la Biblioteque du Vatican , par l'ordre
du Pape Clement XI. separé les vrais Ecrits
des suposés , et donné la vie de chaque Aw-
teur. IV. Tom. fol. Rome 1719.
Cet Article est important , et c'est
ce me semble parler un peu tard de
ce qui en fait le sujet : voici ce qui a
donné occasion à ce grand travail. Cle-
mentXI. avoit envoyé en 1707 en Egyp
11. Vol
te
JUI N.
II. Vole
1737.
7389
te le Maronite Elie , Cousin de M. Asse
man ,pour y acheter des Manuscrits des
Moines du Désert. Il n'y en put acque-
zit que 40 dans le Monastere de Sceie ou
Sait , quoiqu'il y eût une Grote remplie
de Mss. Arabes , Cophtes,et Syriaques, en-
tassés sans ordre les uns sur les autres. Ils
furent aportés à Rome sur la fin de 1707.
Entre cette année et l'année 1715 , le
Pape acquit pour la Bibliotheque Vatica-
ne un grand nombre de Mss. Orientaux
de differentes Bibliotheques , entre les-
quels étoient ceux du fameux Voya-
geur Pietro della Valle. Clement XI . en-
voya encore en 1715 , en Orient à la re-
cherche des Mss .
Il en chargea M. As-
seman , qui avoit déja été préposé depuis
l'an 1707 , par le Pape , au soin et à l'exa-
men des Mss. Orientaux. M. Asseman
en acquit un assés bon nombre , soit en
Egypte , où il alla deux fois , soit en Sy-
rie. Il ne fut de retour à Rome que deux
ans après.
Jusques là on n'avoir connu des Au-
feurs Chaldéens , Syriens et Arabes , que
ce que S. Jerôme , Gennade , Abraham
Ecchellensis , et Fauste Neiron , Maroni-
res suivis par Cave et pir Hottinger , en
avoient dit, ce qui n'étoit pas fort consi-
derable. M. Asseman à l'aide de ses sça-
vautes
1390 MERCURE DE FRANCE
vantes recherches , des differens Ecrivains
qu'il a consultés , et des Mss. nombreux
de la Bibliotheque Vaticane , répand un
grand jour sur la Litterature de ces Na-
tions. Il rectifie ce que des Sçavans ont
dit de moins juste sur la Chronologie ,
sur la Topographie , sur les noms et les
Actions de plusieurs Hommes illustres ,
et il éclaircit beaucoup l'Histoire Eccle-
siastique , dans tout ce qui concerne l'o
rigine , les erreurs , les progrès des Mo
nophysites , des Nestoriens , des Mono-
thelites , et les tumultes que ces Sectes
ont causés dans l'Asie. On voit aussi dans
cet Ouvrage la suite de tous les Patriar
ches de chaque Secte , ce que le R. P. let
Quien recherchoit avec tant de soin pour
son Oriens Christianus , la Succession dest
Evêques , les principales Actions , et les
Ecrits des plus celebres de ces Auteurs.
Pour ce qui regarde le Plan de l'Ouvra
gé , je n'entens pas bien l'exposition que
les Journalistes de Genève en donnent ,
lorsqu'à la page 16 du vol . dont nous
parlons , ils disent que la matiere des Re
marques et des Differtations de M. Asse-
man est divisée en 4 Classes , sur le
plan de la Bibliotheque Orientale. La
premiere des Auteurs Syriens Ortho-
doxes , Jacobites , et Nestoriens , soit
MI. Vol
qu'ils
JUIN.
à un autre Article.
1737.
1357
qu'ils ayent écrit premierement en Syria
que , ou qu'ils ayent été traduits de quel
que autre langue en celle-là. La seconde
Classe des Auteurs Arabes , soit Chré-
tiens , soit Mahometans. La troisiéme des
Livres des Cophtes , et des Ethyopiens ,
outre quelques Monumens de la Science
des Persans et des Turcs. La quatriéme
enfin des Livres sacrés en Syriaque et en
Arabe , tels que sont la Bible , les Rituels,
&c. Voilà donc quatre Classes que les
Journalistes disent faire lePlan de cetOu
vrage ; cependant, page 22 , ils disent que
l'Ouvrage est partagé en 4 Tom . Le pre-
mier des Auteurs Syriens Orthodoxes ;
le second des Auteurs Syriens Jacobites ;
le troisiéme des Syriens Nestoriens ; le
quatrième des Ecrivains des autres Na
tions , soit Orthodoxes , soit Héretiques ,
qui ont été traduits en Syriaque. Or ces
Tomes , comme l'on voit , ne remplis
sent que la premiere Classe du Plan ge
neral , à moins que ce ne soit le premier
vol. seul , qui contienne ces quatre Tom.
ce qu'il auroit fallu specifier.
Je n'entrerai pas dans un plus long dé
tail , ni sur l'execution de ce Plan , ni sur
l'extrait qu'on en trouve ici. On voit assés
par ce que je viens de dire , l'importance
de l'Ouvrage de M. Asseman , et je passe
L'His
1392 MERCURE DE FRANCE
L'Histoire des Differends entre la Cour
de Rome et celle du Roy de Sardaigne sous
Benoit XIII. et sous le Pape Clement
XII. n'est gueres susceptible d'Extrait,
et demanderoit un trop long détail . On
poura
la voir dans le Livre même , il
est imprimé à Turin par Valetta , İm-
primeur du Roy de Sardaigne , 1. Vol.
in-fol. de 365. pages , ou dans la Biblio-
teque Italique, Tome IX.art. 3. et T. X.
árt. 5.
Je ne vous parlerai point non plus de
l'Histoire du Royaume de Naples , du Ju-
risconsulte Giannone, dont les Journalis-
tes de Genêve donnent l'Extrait avec
quelque complaisance. Cet Ouvrage a
été défendu. On accuse l'Auteur d'avoir
mêlé avec quelques verités beaucoup de
conjectures qui prennent un air de vrai-
semblance , par le tour que l'Historien
leur donne : conjectures cependant qu'il
avance comme des faits certains , sur les-
quels roulent toutes les déclamations va-
gues dont son Ouvrage est rempli.
L'Art. 4. du même I X. Tome contient
la Suite de la Lettre manuscrite du Comte
de .... sur le Caractere des Italiens. Nos
Journalistes en accompagnent l'Extrait
à leur ordinaire , de Notes curieuses et
interessantes sur les Ouvrages de la Vie
II. Vol.
des
JUIN.
II. Vol.
1737.
1393
des Sçavans et des Hommes Illustres ci-
tés dans la Lettre du Comte.
Les Sçavans d'Italie se sont distingués
également dans la Critique diplomati-
que , et dans la connoissance de l'Histoi-
re Ancienne , Romaine, Grecque, Egyp-
tienne et Etrusque, & c. A cette occasion
l'Auteur de la
Lettre fait un bel
éloge de M. le Marquis Maffei , dont la
vaste érudition , dit- il , a eujusqu'ici très-
peu d'exemples parmi les Nations Ultra-
montaines.
La Géométrie , la plus sublime même,
a fait de grands progrès en Italie , ensor-
te que M. de Fontenelle n'a pu s'empê-
cher d'avouer la superiorité des Géome-
tres de l'Italie et de l'Allemagne , pour
résoudre les Problêmes les plus difficiles.
La Méchanique , l'Hydrostatique, l'Op-
tique , la Dioptrique , &c. n'ont pas été
négligées. Pour l'Astronomie , la Géo-
graphie et la Navigation , elles sont moins
cultivées en Italie qu'ailleurs ; quoiqu'on
ne laisse pas d'y avoir de très bons Mé-
moires d'Astronomie, entre lesquels ceux
de M.M. Manfredi et Bianchini doivent
assurément tenir le premier rang.
On ne rend pas assés de justice parmi
les autres Nations , aux découvertes que
les Italiens ont faites sur la Physique
l'Anato
•
1394 MERCURE DE FRANCE
l'Anatomie et la Medecine. L'Auteur
nomme à son ordinaire les Principaux
Italiens qui se sont rendus célébres par
le succès de leurs travaux et de leurs
Ecrits dans ces Sciences. En parlant des
Philosophes de cette Nation , il dit que
ces Sçavans , en dévelopant la Nature du
Mouvement, du Choc et de la Pression ,
abandonnent tout-à- fait ces termes vui-
des de Sens , tels que ceux d'Horreur , de
Sympathie, d'Apétit et autres, qui quoique
déguisés par differens termes , subsis-
tent encore chés plusieurs Philosophes
en Angleterre et ailleurs , sous les noms
de Force Plastique , d'Harmonie et d'At-
traction.
Les Italiens ont de bons Metaphysi-
ciens , peu ou point de Chymistes, moins
de Botanistes qu'en Angleterre , et des
Chirurgiens inferieurs en tout point aux
François. L'Italie abonde en Jurisconsul
tes , sur-tout à Rome et à Naples . La
fin de cette Lettre se trouve dans le X.
Tome , et traite des Beaux Arts.
On aprend dans les Nouvelles Litte-
raires , Article de Florence , ce qui suit :
Une mort subite nous a enlevé le Docteur
Francesco del TEGLIA , Professeur en
Philosophie Morale , dans le temps mê-
me qu'il recitoit une Harangue , le s
II. Vol
Janvier
JUIN.
1737.
13951
Janvier 1731. en presence d'une belle
Assemblée. Il étoit âgé de 60. ans. Dis-
ciple du fameux Poëte Menzini , dont
il a commenté les Oeuvres ,
il en avoit
reçû un bel éloge en forme d'augure ,
lorsqu'il étoit encore dans l'enfance. Ce
qui avoit donné lieu à cet éloge en Vers
Italiens , raporté dans le Journal, est une
Piece de Poësie Latine qu'il publia à l'âge
d'onze ans , contenant un Panegyrique
de Saint Joseph , par où il eût mérité
une place entre les Enfans Illustres de M.
Baillet , s'il eût pû être connu de lui.
Dès lors il ne fit que croître en mérite
et en belles connoissances , étant devenu
un grand Orateur et un grand Poëte
cant en Latin qu'en Toscan. Il a laissé
plusieurs Ouvrages en Vers et en Prose,
qui sont imprimés.
M. l'Abbé Gori , pour exprimer la
perte que fait la Republique des Lettres,
et pour honorer la Pompe funebre de cet
Homme Illustre , fit une belle Inscrip-
tion Latine , qui se lisoit dans un Car-
touche au Frontispice de l'Eglise où il a
été inhumé. L'Inscription est aussi ra-
portée dans le même Article.
Bibliotheque Italique, ou Histoire Litteraire
de l'Italie. Tomes VIII. et IX. 1730 ,
AGenève , chez Marc- Michel Bousquet et
Compagnie , pp. 278. et pp. 276.
Dix Articles , Monsieur , font tout le
contenu du VIII. Volume de la Bibliote-
que Italique dont je ne toucherai ici que
les Principaux. Le premier présente un
Ouvrage important de M.Fontanini écrit
en Latin. Nos Journalistes en ont traduit
le Titre de cette maniere. Défenses des
Diplômes anciens contre les doutes éle-
vés par le P. Germon , dans l'Ouvrage
qui a pour Titre : De Veteribus Regum
Francorum Diplomatibus , & c. En deux
Livres, avec un Appendix sur les anciens
Auteurs , par M. Juste Fontanini du
11. Vol
Frioul,
JUIN.
II.Vol.
1737.
1383
Frioul , Profeffeur public en Eloquence à
Rome. Rome 1705. pp. 287. sans l'Epi-
tre dédicatoire & l'Indice des Chapitres.
Le P. Germon Jesuite avoit critiqué
I'Ouvrage du P. Mabillon : De Re Diplo
matica : et il avoit proposé dans son Ou
vrage : De Veteribus Regum , &c. beau-
coup de doutes , & même des preuves ,
d'abord contre tous les Diplômes en ge-
neral , & ensuite contre plusieurs de ceux
que le P. Mabillon avoit tenus en parti-
culier pour authentiques . C'est cet Ou-
vrage du P. Germon , que M. Fontanini
s'attacha alors à réfuter dans sa défense-
des Diplômes , qu'il divisa en deux Par-
ties , dont la premiere est employée à
détruire les argumens du P. Germon con⚫
tre les Diplômes en general , et la secon-
de , à justifier en particulier l'authenti
cité de quelques Diplômes publiés par
le P. Mabillon, & attaqués par son Criti-
que. Le Journaliste ne donne ici l'Extrait"
que de la premiere Partie. On peut voir
sur cette dispute du P. Germon les Me-
moires de Trevoux du mois de Mai 1713 .
p. 843. et le troisiéme Volume de l'Ou-
vrage du même Jesuite , dans lequel il
répond à M. Fontanini.
LeJournaliste reprend dans l'article 20
la suite de l'Extrait qu'il avoit donné dans
Fy
le:
1384 MERCURE DE FRANCE
le VI. Volume , du 7. Tome du Recueil.
de M. Muratori : c'est à- dire , 1 ° . de la
Chronique de Sicard , Evêque de Cremo-
ne , Ecrivain du XIII. Siecle , dont l'Ou-
vrage commence à la Naissance de J. C.
et finit en 1221. Cet Auteur étoit mort
dès l'an 1215. Ainsi il faut qu'il ait eu
un Continuateur. 2°. D'une courte Chro-
nique de Cremone depuis l'an 1096.
jusques à l'an 1232. par un Anonyme.
3 °. L'Histoire de la Conquête de la Ter-
re Sainte , écrite en François par Bernard
Trésorier , et traduite en Latin par Fran-
çois Sipino de Bologne , Dominiquain.
Cet Ouvrage finit en 1230.Ilne paroît pas
qu'il dût entrer dans un Recueil des His-
toriens d'Italie , mais la part que les Ita-
liens ont eue aux Guerres d'Outre- Mer
la découverte de cette Piece , qui étoit
comme perdue , et enfin la Nation du
Traducteur qui étoit Italien , ont déter-
miné M. Muratori , à lui donner place
dans son Recueil. Les Auteurs de la Bi-
bliotheque Italique font une comparai-
son curieuse de plusieurs endroits de cer-
te Histoire de Bernard , avec la nouvelle
Histoire d'Angleterre de M. Rapin , dans
les Points qui sont traités par P'un et par
Pautre de ces Historiens. 4°. Une Chro-
nique de Fossanova , depuis la premiere
II. Vol.
annće
JUIN.
11. Vol.
1737.
1385
année de l'Ere Chrétienne jusqu'à l'an-
née 1217. 5°. Une Chronique de l'Egli-
se d'Ateno , depuis Jules Cesar jusqu'à
l'an 1355. c'est peu de chose. 6. Une
autre du Monastere de la Trinité de Ca
va , depuis l'an 569. jusqu'à l'an 1318 ..
c'est pour la premiere fois qu'elle paroît.
M. Muratori l'a recueillie de plusieurs
Mss. differens. 7° . Une Chronique de Ri-
chard de S. Germain depuis l'an 1189.
Epoque de la mort de Guillaume Roi de
Sicile , jusqu'à l'an 1243. 8. Les Ephe-
merides de Naples , ou le Journal de ce
qui s'est passé dans ce Royaume depuis
Fan 1247. jusqu'à l'an 1268. par Mat
thieu Spinelli de Giowenazzo , publié en
Italien pour la premiere fois , avec les
Notes du P. Papebrock.
L'Article III. est employé à donner
un Extrait plus étendu de l'Ouvrage du
Comte de Mezabarba , dont le Journa-
liste avoit déja tracé le plan dans le Tome
V. Il donne dans le I V. Article , la sui-
te de l'Extrait du Voyage Historique d'I-
talie. Il y a peu de choses à vous en dire,
sinon que l'on n'y épargne jamais les
traits de Satyre , sur ce qui peut avoir ra-
· port à la Religion Romaine. A la fin de
l'article le Journaliste soutient contre
l'Auteur du Voyage , qu'un Prince ou
F vj
12
1386 MERCURE DE FRANCE
un Ambassadeur Protestant ne peut bai
ser les pieds du Pape par honneur , sans
blesser sa conscience et sa Religion .
La suite de la Lettre manuscrite du
Comte de..... sur le Caractere des Ita
liens , fait le V. article. Il continue à
traiter de l'Etat de l'Italie par raport aux
Sciences. Dans cette partie de sa Lettre ,
illes regarde particulierement du côtédes
Langues ; de l'Italienne d'abord , puis
de la Latine, de la Grecque, de l'Hebreu ,
du Chaldaïque , et de l'Arabe. Le Comte
y,
donne une notice des meilleurs Au-
teurs Italiens qui ayent cultivé depuis le
XVI. Siecle , ou qui cultivent encore
aujourd'hui ces Langues . L'Auteur passe
ensuite au goût et à l'Etude des Medail-
les , et de tout ce qui concerne l'Antiqui
té, et il a soin de nommer les principaux
Sçavans d'Italie qui s'y sont apliqués.
Cette Lettre est assurément une Piece
curieuse , et qui mériteroit bien qu'on
Pimprimât entiere dans un seul Volume ş
elle serviroit à faire connoître le progrès
et l'état present des Sciences en Italie de-
puis le XVI. Siécle , et à désabuser ceux-
qui croyent que tout l'esprit du monde
est renfermé dans leur propre Pays. Le
Journaliste y a ajoûté au bas des pages ,..
un détail très- recherché de tout ce qui:
II. Vol
concerne
JUIN.
1737
1387
concerne les Sçavans et les Ouvrages dont
il est parlé dans la Lettre. Sans ce detail
elle sembleroit manquer d'une partie es
sentielle.
Je ne m'arrêterai pas sur l'Extrait dư
III. Tome des œuvres du Cardinal Noris
qui fait l'Art. VI. ni sur le VII. Art. qui
n'est qu'une Critique de l'Edition des
Chroniques de Villani , qui a été faite à
Milan en 1729 , et à laquelle on en pre-
fère une autre qu'on préparoit alors à
Florence.
J'obmets aussi les deux articles qui
suivent, les sujets en étant ou peu impor-
tans,ou très- connus, pour dire un mot des
Nouvelles Litteraires de ce VIII . Tome .
lesquelles on trouve pour la pluspart dans
d'autres Journaux , comme la nouvelle
Edition de Cornelius à Lapide , et de la
Byzantine , faites à Venise , l'une chés
Albrizzy, et l'autre chés Giavarina . Celui-
ci a encore imprimé l'Euchologe des Grecs
du P. Goar: et les Antiquités Romaines
de Grævius, de Gronovius & de Sallengre.
On aprend de Milan que le P. Orsi Do
minicain , a fait imprimer une Differta-
rion sur l'invocation du S. Esprit dans
les Liturgies Grecques et Orientalès , I.
vol. 4. Milan 1736. Il s'attache à éclair-
cir les Actes du Concile de Florence , et
LK Vol.
à prou-
7388 MERCURE DE FRANCE
à prouver que le sentiment des Grecs
n'est pas aussi fondé sur la tradition que
l'ont avancé les Peres Touttée , Benedic-
tin , dans son Edition de Saint Cyrille
de Jerusalem , et le Brun de l'Oratoire
dans son Livre des Lyturgies.
Il me reste , Monsieur , à parcourir ict
les principaux articles du IX. Tome de
ce Journal. Le premier et le plus consi-
derable regarde la Bibliotheque Orienta-
tale de M. Asseman , Syrien , et Sçavant
Maronite du Mont- Liban. Cet Ouvrage
a pour Titre : Bibiotheca Orientalis ( Cle.
mentino- Vaticana ) &c. ou Bibliotheque
Orientale Clementine du Vatican , dans la
quelle Joseph Asseman Syrien , Maronių ,
Docteur en Théologie , & c , a revi et aran.
rangé des Mss. Syriaques , Arabes, Persans,
Turcs , Hebreux , Samaritains , Armeniens,
Ethy piens , Grecs , Egyptiens , Georgiens ,
et Malabares , aporiés du Lev ant , et mis
dans la Biblioteque du Vatican , par l'ordre
du Pape Clement XI. separé les vrais Ecrits
des suposés , et donné la vie de chaque Aw-
teur. IV. Tom. fol. Rome 1719.
Cet Article est important , et c'est
ce me semble parler un peu tard de
ce qui en fait le sujet : voici ce qui a
donné occasion à ce grand travail. Cle-
mentXI. avoit envoyé en 1707 en Egyp
11. Vol
te
JUI N.
II. Vole
1737.
7389
te le Maronite Elie , Cousin de M. Asse
man ,pour y acheter des Manuscrits des
Moines du Désert. Il n'y en put acque-
zit que 40 dans le Monastere de Sceie ou
Sait , quoiqu'il y eût une Grote remplie
de Mss. Arabes , Cophtes,et Syriaques, en-
tassés sans ordre les uns sur les autres. Ils
furent aportés à Rome sur la fin de 1707.
Entre cette année et l'année 1715 , le
Pape acquit pour la Bibliotheque Vatica-
ne un grand nombre de Mss. Orientaux
de differentes Bibliotheques , entre les-
quels étoient ceux du fameux Voya-
geur Pietro della Valle. Clement XI . en-
voya encore en 1715 , en Orient à la re-
cherche des Mss .
Il en chargea M. As-
seman , qui avoit déja été préposé depuis
l'an 1707 , par le Pape , au soin et à l'exa-
men des Mss. Orientaux. M. Asseman
en acquit un assés bon nombre , soit en
Egypte , où il alla deux fois , soit en Sy-
rie. Il ne fut de retour à Rome que deux
ans après.
Jusques là on n'avoir connu des Au-
feurs Chaldéens , Syriens et Arabes , que
ce que S. Jerôme , Gennade , Abraham
Ecchellensis , et Fauste Neiron , Maroni-
res suivis par Cave et pir Hottinger , en
avoient dit, ce qui n'étoit pas fort consi-
derable. M. Asseman à l'aide de ses sça-
vautes
1390 MERCURE DE FRANCE
vantes recherches , des differens Ecrivains
qu'il a consultés , et des Mss. nombreux
de la Bibliotheque Vaticane , répand un
grand jour sur la Litterature de ces Na-
tions. Il rectifie ce que des Sçavans ont
dit de moins juste sur la Chronologie ,
sur la Topographie , sur les noms et les
Actions de plusieurs Hommes illustres ,
et il éclaircit beaucoup l'Histoire Eccle-
siastique , dans tout ce qui concerne l'o
rigine , les erreurs , les progrès des Mo
nophysites , des Nestoriens , des Mono-
thelites , et les tumultes que ces Sectes
ont causés dans l'Asie. On voit aussi dans
cet Ouvrage la suite de tous les Patriar
ches de chaque Secte , ce que le R. P. let
Quien recherchoit avec tant de soin pour
son Oriens Christianus , la Succession dest
Evêques , les principales Actions , et les
Ecrits des plus celebres de ces Auteurs.
Pour ce qui regarde le Plan de l'Ouvra
gé , je n'entens pas bien l'exposition que
les Journalistes de Genève en donnent ,
lorsqu'à la page 16 du vol . dont nous
parlons , ils disent que la matiere des Re
marques et des Differtations de M. Asse-
man est divisée en 4 Classes , sur le
plan de la Bibliotheque Orientale. La
premiere des Auteurs Syriens Ortho-
doxes , Jacobites , et Nestoriens , soit
MI. Vol
qu'ils
JUIN.
à un autre Article.
1737.
1357
qu'ils ayent écrit premierement en Syria
que , ou qu'ils ayent été traduits de quel
que autre langue en celle-là. La seconde
Classe des Auteurs Arabes , soit Chré-
tiens , soit Mahometans. La troisiéme des
Livres des Cophtes , et des Ethyopiens ,
outre quelques Monumens de la Science
des Persans et des Turcs. La quatriéme
enfin des Livres sacrés en Syriaque et en
Arabe , tels que sont la Bible , les Rituels,
&c. Voilà donc quatre Classes que les
Journalistes disent faire lePlan de cetOu
vrage ; cependant, page 22 , ils disent que
l'Ouvrage est partagé en 4 Tom . Le pre-
mier des Auteurs Syriens Orthodoxes ;
le second des Auteurs Syriens Jacobites ;
le troisiéme des Syriens Nestoriens ; le
quatrième des Ecrivains des autres Na
tions , soit Orthodoxes , soit Héretiques ,
qui ont été traduits en Syriaque. Or ces
Tomes , comme l'on voit , ne remplis
sent que la premiere Classe du Plan ge
neral , à moins que ce ne soit le premier
vol. seul , qui contienne ces quatre Tom.
ce qu'il auroit fallu specifier.
Je n'entrerai pas dans un plus long dé
tail , ni sur l'execution de ce Plan , ni sur
l'extrait qu'on en trouve ici. On voit assés
par ce que je viens de dire , l'importance
de l'Ouvrage de M. Asseman , et je passe
L'His
1392 MERCURE DE FRANCE
L'Histoire des Differends entre la Cour
de Rome et celle du Roy de Sardaigne sous
Benoit XIII. et sous le Pape Clement
XII. n'est gueres susceptible d'Extrait,
et demanderoit un trop long détail . On
poura
la voir dans le Livre même , il
est imprimé à Turin par Valetta , İm-
primeur du Roy de Sardaigne , 1. Vol.
in-fol. de 365. pages , ou dans la Biblio-
teque Italique, Tome IX.art. 3. et T. X.
árt. 5.
Je ne vous parlerai point non plus de
l'Histoire du Royaume de Naples , du Ju-
risconsulte Giannone, dont les Journalis-
tes de Genêve donnent l'Extrait avec
quelque complaisance. Cet Ouvrage a
été défendu. On accuse l'Auteur d'avoir
mêlé avec quelques verités beaucoup de
conjectures qui prennent un air de vrai-
semblance , par le tour que l'Historien
leur donne : conjectures cependant qu'il
avance comme des faits certains , sur les-
quels roulent toutes les déclamations va-
gues dont son Ouvrage est rempli.
L'Art. 4. du même I X. Tome contient
la Suite de la Lettre manuscrite du Comte
de .... sur le Caractere des Italiens. Nos
Journalistes en accompagnent l'Extrait
à leur ordinaire , de Notes curieuses et
interessantes sur les Ouvrages de la Vie
II. Vol.
des
JUIN.
II. Vol.
1737.
1393
des Sçavans et des Hommes Illustres ci-
tés dans la Lettre du Comte.
Les Sçavans d'Italie se sont distingués
également dans la Critique diplomati-
que , et dans la connoissance de l'Histoi-
re Ancienne , Romaine, Grecque, Egyp-
tienne et Etrusque, & c. A cette occasion
l'Auteur de la
Lettre fait un bel
éloge de M. le Marquis Maffei , dont la
vaste érudition , dit- il , a eujusqu'ici très-
peu d'exemples parmi les Nations Ultra-
montaines.
La Géométrie , la plus sublime même,
a fait de grands progrès en Italie , ensor-
te que M. de Fontenelle n'a pu s'empê-
cher d'avouer la superiorité des Géome-
tres de l'Italie et de l'Allemagne , pour
résoudre les Problêmes les plus difficiles.
La Méchanique , l'Hydrostatique, l'Op-
tique , la Dioptrique , &c. n'ont pas été
négligées. Pour l'Astronomie , la Géo-
graphie et la Navigation , elles sont moins
cultivées en Italie qu'ailleurs ; quoiqu'on
ne laisse pas d'y avoir de très bons Mé-
moires d'Astronomie, entre lesquels ceux
de M.M. Manfredi et Bianchini doivent
assurément tenir le premier rang.
On ne rend pas assés de justice parmi
les autres Nations , aux découvertes que
les Italiens ont faites sur la Physique
l'Anato
•
1394 MERCURE DE FRANCE
l'Anatomie et la Medecine. L'Auteur
nomme à son ordinaire les Principaux
Italiens qui se sont rendus célébres par
le succès de leurs travaux et de leurs
Ecrits dans ces Sciences. En parlant des
Philosophes de cette Nation , il dit que
ces Sçavans , en dévelopant la Nature du
Mouvement, du Choc et de la Pression ,
abandonnent tout-à- fait ces termes vui-
des de Sens , tels que ceux d'Horreur , de
Sympathie, d'Apétit et autres, qui quoique
déguisés par differens termes , subsis-
tent encore chés plusieurs Philosophes
en Angleterre et ailleurs , sous les noms
de Force Plastique , d'Harmonie et d'At-
traction.
Les Italiens ont de bons Metaphysi-
ciens , peu ou point de Chymistes, moins
de Botanistes qu'en Angleterre , et des
Chirurgiens inferieurs en tout point aux
François. L'Italie abonde en Jurisconsul
tes , sur-tout à Rome et à Naples . La
fin de cette Lettre se trouve dans le X.
Tome , et traite des Beaux Arts.
On aprend dans les Nouvelles Litte-
raires , Article de Florence , ce qui suit :
Une mort subite nous a enlevé le Docteur
Francesco del TEGLIA , Professeur en
Philosophie Morale , dans le temps mê-
me qu'il recitoit une Harangue , le s
II. Vol
Janvier
JUIN.
1737.
13951
Janvier 1731. en presence d'une belle
Assemblée. Il étoit âgé de 60. ans. Dis-
ciple du fameux Poëte Menzini , dont
il a commenté les Oeuvres ,
il en avoit
reçû un bel éloge en forme d'augure ,
lorsqu'il étoit encore dans l'enfance. Ce
qui avoit donné lieu à cet éloge en Vers
Italiens , raporté dans le Journal, est une
Piece de Poësie Latine qu'il publia à l'âge
d'onze ans , contenant un Panegyrique
de Saint Joseph , par où il eût mérité
une place entre les Enfans Illustres de M.
Baillet , s'il eût pû être connu de lui.
Dès lors il ne fit que croître en mérite
et en belles connoissances , étant devenu
un grand Orateur et un grand Poëte
cant en Latin qu'en Toscan. Il a laissé
plusieurs Ouvrages en Vers et en Prose,
qui sont imprimés.
M. l'Abbé Gori , pour exprimer la
perte que fait la Republique des Lettres,
et pour honorer la Pompe funebre de cet
Homme Illustre , fit une belle Inscrip-
tion Latine , qui se lisoit dans un Car-
touche au Frontispice de l'Eglise où il a
été inhumé. L'Inscription est aussi ra-
portée dans le même Article.
Fermer
Résumé : Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
Le texte traite de la 'Bibliothèque Italique', une œuvre littéraire historique axée sur l'Italie, en se concentrant sur les tomes VIII et IX publiés en 1730 à Genève. Le tome VIII contient dix articles. Le premier article défend les diplômes anciens contre les critiques du Père Germon, en s'appuyant sur un ouvrage de Juste Fontanini. L'article II présente des extraits de chroniques italiennes de Ludovico Antonio Muratori. L'article III propose un extrait détaillé de l'œuvre du Comte de Mezabarba, tandis que l'article IV poursuit un 'Voyage Historique d'Italie' avec des éléments satiriques sur la religion romaine. L'article V contient une lettre sur le caractère des Italiens et les sciences en Italie depuis le XVIe siècle. Le texte évoque également diverses publications et découvertes littéraires, telles que des œuvres du Cardinal Noris, les Chroniques de Villani, et des éditions de Cornelius à Lapide, de la Byzantine, et des Antiquités Romaines de Grævius. Il met en lumière la Bibliothèque Orientale de Joseph Asseman, qui a compilé des manuscrits orientaux pour la Bibliothèque du Vatican sous le pontificat de Clément XI. Ces manuscrits proviennent de l'Égypte et de la Syrie et ont été acquis grâce à des missions maronites. La collection inclut des manuscrits en syriaque, arabe, persan, turc, hébreu, et d'autres langues. Asseman a distingué les écrits authentiques et fourni des informations biographiques sur chaque auteur, contribuant ainsi à l'éclairage de la littérature chaldéenne, syrienne et arabe, et corrigeant des erreurs chronologiques et topographiques. Le texte aborde également des ouvrages historiques comme l'Histoire des différends entre la Cour de Rome et celle du Roi de Sardaigne, et l'Histoire du Royaume de Naples par Giannone. Il mentionne des lettres sur le caractère des Italiens et des savants italiens notables dans divers domaines, ainsi que la mort du Docteur Francesco del Teglia.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
866
p. 1398-1399
Discours Evangéliques, &c. [titre d'après la table]
Début :
DISCOURS EVANGELIQUES Sur differentes Verités de la Religion, et d'autant [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours Evangéliques, &c. [titre d'après la table]
DISCOURS EVANGELIQUES Sur differentes
Verités de la Religion, et d'autant
plus utiles dans chaque état , que les su
jets et les desseins en sont plus particu-
liers, et plus rarement traités. Leurs Tex-
tes sont pris ordinairement des Evangi
les de l'Avent et du Carême. Par le P. L.
R. D. S. D. Tome troisiéme. A Paris ,
chés de Billy , Quay des Augustins , à S.
Jerôme;le Clerc, Grand - Salle du Palais, à
la Prudence ; Gissey , rue de la Vieille
Bouclerie , à l'Arbre de Jessé , et Clou-
sier, rue S. Jacques, à l'Ecu de France
1727. in- 12.
e Public a déja reçû favorablement
les deux premiers Volumes de cet Ou
L'Auteur pour le rendre plus par-
vrage. L'Auteur
fait , et pour satisfaire à l'empressement
des Lecteurs , a donné ce troisiéme To-
me , dans lequel , aussi-bien que dans
les deux premiers, on trouve un stile vif,
soûtenu , coulant , un tour naturel , in-
telligible , suivi , persuasif , et des apli-
cations justes et frequentes de l'Ecriture
Sainte.
Ce troiséme Volume contient cinq
discours , dont le premier traite des mo
tifs et des dispositions pour aprocher de
la Sainte Table.
Le second roule sur la devotion ena
II. Vol.
vers
1
i
4
الر
JUI N.
1737
faire pour arriver au Ciel .
1399
Wert Marie , renfe rmée dansle Rosaire.
Le troisième , explique ce qu'il y a à
Le quatrième comprend les Vertus
d'un Apôtre , exprimées dans Saint Do-
minique.
Et le cinquiéme , fait connoître les
dangers du monde , pour le grand Ou-
vrage du Salut.
Verités de la Religion, et d'autant
plus utiles dans chaque état , que les su
jets et les desseins en sont plus particu-
liers, et plus rarement traités. Leurs Tex-
tes sont pris ordinairement des Evangi
les de l'Avent et du Carême. Par le P. L.
R. D. S. D. Tome troisiéme. A Paris ,
chés de Billy , Quay des Augustins , à S.
Jerôme;le Clerc, Grand - Salle du Palais, à
la Prudence ; Gissey , rue de la Vieille
Bouclerie , à l'Arbre de Jessé , et Clou-
sier, rue S. Jacques, à l'Ecu de France
1727. in- 12.
e Public a déja reçû favorablement
les deux premiers Volumes de cet Ou
L'Auteur pour le rendre plus par-
vrage. L'Auteur
fait , et pour satisfaire à l'empressement
des Lecteurs , a donné ce troisiéme To-
me , dans lequel , aussi-bien que dans
les deux premiers, on trouve un stile vif,
soûtenu , coulant , un tour naturel , in-
telligible , suivi , persuasif , et des apli-
cations justes et frequentes de l'Ecriture
Sainte.
Ce troiséme Volume contient cinq
discours , dont le premier traite des mo
tifs et des dispositions pour aprocher de
la Sainte Table.
Le second roule sur la devotion ena
II. Vol.
vers
1
i
4
الر
JUI N.
1737
faire pour arriver au Ciel .
1399
Wert Marie , renfe rmée dansle Rosaire.
Le troisième , explique ce qu'il y a à
Le quatrième comprend les Vertus
d'un Apôtre , exprimées dans Saint Do-
minique.
Et le cinquiéme , fait connoître les
dangers du monde , pour le grand Ou-
vrage du Salut.
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Résumé : Discours Evangéliques, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Discours évangéliques sur différentes vérités de la religion' a été publié en 1727 à Paris. Il se compose de trois tomes, le troisième étant décrit ici. Les deux premiers volumes ont été bien reçus, encourageant ainsi la publication du troisième. Ce dernier contient cinq discours. Le premier traite des conditions requises pour s'approcher de la Sainte Table. Le second discute de la dévotion nécessaire pour accéder au ciel. Le troisième discours examine les vertus de Marie, particulièrement celles illustrées par le Rosaire. Le quatrième explore les vertus d'un apôtre selon saint Dominique. Enfin, le cinquième met en garde contre les dangers du monde pour le salut éternel. L'auteur est apprécié pour son style vif, soutenu, naturel et persuasif, ainsi que pour ses nombreuses références appropriées aux Écritures saintes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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867
p. 1412-1413
Morts d'Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 14. Avril, mourut à Basle Christophe Iselin, Professeur en Théologie dans l'Université de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts d'Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Le 14. Avril, mourut à Basle Christophe Iselin,
Professeur en Théologie dans l'Université de
cette Ville, et Associé de l'Académie Royale des
Inscriptions et Belles- Lettres de Paris.
1
Mathieu Marais , Avocat au Parlement de Pa
ris , distingué dans sa Profession , sur tout pour
les Consultations , mourut le 21. Juin, âgé d'en-
viron 73. ans. Il avoir fort cultivé les Lettres ,
et étoit lié avec plusieurs Sçavans de réputation.
M. Bayle a parlé de lui avec éloge en plusieurs
Endroits de son Dictionaire , et encore plus
dans ses Lettres , il y en a même plusieurs dans
le Recuci imprimé , qui lui sont adressées , et
ce sont les plus interessantes. Bayle avoit raison,
car M. Marais lui avoit communiqué de très-
amples Mémoires , il avoit même fait des Arti-
cles particuliers du Dictionaire Critique. L'Ab-
bé le Clerc , qui a fait la Critique de Bayle , l'a-
dressa à M. Marais , dont il respectoit le mérite
e connoissoit l'érudition . Enfin toutes les Per-
11. Vol.
sonnes
JUIN.
1737
1415
sonnes qui l'ont fréquenté , témoignent qu'il
étoit d'un commerce doux et aimable , commu-
ni quant volontiers ce qu'il sçavoit. Il n'avoit pay
é é marié,
On aprend de Londres , que l'Epouse du sicur
Thomas Martin , accoucha le 16. de ce mos
Ratchiff, de trois garçons et d'une fille.
Professeur en Théologie dans l'Université de
cette Ville, et Associé de l'Académie Royale des
Inscriptions et Belles- Lettres de Paris.
1
Mathieu Marais , Avocat au Parlement de Pa
ris , distingué dans sa Profession , sur tout pour
les Consultations , mourut le 21. Juin, âgé d'en-
viron 73. ans. Il avoir fort cultivé les Lettres ,
et étoit lié avec plusieurs Sçavans de réputation.
M. Bayle a parlé de lui avec éloge en plusieurs
Endroits de son Dictionaire , et encore plus
dans ses Lettres , il y en a même plusieurs dans
le Recuci imprimé , qui lui sont adressées , et
ce sont les plus interessantes. Bayle avoit raison,
car M. Marais lui avoit communiqué de très-
amples Mémoires , il avoit même fait des Arti-
cles particuliers du Dictionaire Critique. L'Ab-
bé le Clerc , qui a fait la Critique de Bayle , l'a-
dressa à M. Marais , dont il respectoit le mérite
e connoissoit l'érudition . Enfin toutes les Per-
11. Vol.
sonnes
JUIN.
1737
1415
sonnes qui l'ont fréquenté , témoignent qu'il
étoit d'un commerce doux et aimable , commu-
ni quant volontiers ce qu'il sçavoit. Il n'avoit pay
é é marié,
On aprend de Londres , que l'Epouse du sicur
Thomas Martin , accoucha le 16. de ce mos
Ratchiff, de trois garçons et d'une fille.
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Résumé : Morts d'Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Le 14 avril, Christophe Iselin, professeur de théologie à l'Université de Bâle et associé de l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres de Paris, décéda. Le 21 juin, Mathieu Marais, avocat au Parlement de Paris, connu pour ses consultations juridiques, mourut à l'âge d'environ 73 ans. Marais était un érudit respecté, lié à plusieurs savants renommés. Pierre Bayle le mentionna favorablement dans son Dictionnaire et dans ses lettres, notamment celles publiées dans un recueil imprimé. Marais avait contribué au Dictionnaire Critique de Bayle en fournissant des mémoires et des articles. L'abbé le Clerc, critique de Bayle, admirait également Marais pour son mérite et son érudition. Marais était apprécié pour son caractère doux et aimable, partageant volontiers ses connaissances. Il n'était jamais marié. Par ailleurs, on apprit de Londres que l'épouse de Thomas Martin accoucha le 16 juin de trois garçons et d'une fille.
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868
p. 1432-1434
ITALIE.
Début :
Par les Lettres de Rome, on aprend que le 11. de ce mois, les Armes de Stanislas premier, [...]
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Par les Lettres de Rome, on aprend que le
11. de ce mois, les Armes de Stanislas premier,
Roy de Pologne , Duc de Loraine et de
Bar , furent placées sur la porte de l'Eglise de
S. Nicolas des Lorains , où l'on chanta à cette
occasion une Messe solemnelle , et le Te Deum
?
auquel le Duc de Saint Aignan , Ambassadeur
du Roy de France , assista avec un grand nom
bre de Personnes de distinction.
Le Roy Stanislas a nommé le Chevalier Col-
trolini son Agent en cette Cour.
Il s'est commis à Rome depuis peu plusieurs
meurtres , entr'autres celui du Supérieur du
College des Ecossois , lequel a été assassiné par
un jeune Protestant , qui feignoit de vouloir fai-
ze abjuration entre ses mains ; et celui d'une
II. Vol
Tourie re
L
JUIN.
1727.
1433
Touriere des Religieuses Ursulines , qui a été
tuée à coups de coûteau par un Prêtre du Pays
de Liége. L'un et l'autre de ces assassins ont pris
la fuite , mais la diligence avec laquelle on les
a suivis , fait esperer qu'ils seront arrêtés.
On aprend de Naples que depuis le 22. du
mois de May , le Mont Vesuve a cessé de jetter
des flammes et des matieres bitumineuses . Peu
s'en est fallu que le principal des Torrens en-
flammés qui en sortoient , et dont la violence
étoit telle qu'ils parcouroient en une minute l'es-
pace de deux pas Géométriques , n'ait entiere-
ment enseveli le Bourg de la Torre del Greco.
Après avoir rempli une ravine très -profonde ,
il avoit déja gagné le grand chemin et renversé
l'Eglise du Purgatoire , ainsi qu'une partie de
celle des Religieux Carmes , et il eut causé de
plus grands ravages , si l'on n'eût pris le parti
de couper un Pont qui étoit sur la même ravi-
ne. Par ce moyen le Torent prit son cours vers
la Mer , et il ne s'arrêta qu'à une portée de fu-
sil du rivage , de sorte qu'apresent les Voya-
geur sont obligés de marcher tout proche de la
Côte pour aller du côté de Salerne. Ce Torrent
qui étoit large de plus de cinquante pieds , avoit
cinq toises de profondeur , et dans quelques en-
droits creux , cette profondeur étoit de plus de
vingt toises. La matiere dont il étoit composé
ressembloit à de l'écume de Fer , tant pour la
couleur que pour la dureté , et c'est un mélan-
ge de fer , de souffre , de sel commun , de sal-
pêtre et de pierres calcinées.
Pendant que les flammes étoient à leur plus
haut dégré de violence , les Provinces de la Ca
pitanate et de Monte- Fuscoli ont été envelopée
dans d'épaisses tenebres ; on y a senti plusieur
II. Val
H vj
secousse
1434 MERCURE DE FRANCE
secousses de tremblement de Terre assés fortes
et l'on entendoit de toutes parts des bruits sou-
terrains effrayans.
La Bourgade d'Ottaïano sur le penchant de
la Montagne a été fort endommagée par une
pluye continuelle de cendres et de pierres d'une
grosseur énorme ; presque toutes les Maisons y
sont devenues inhabitables , et dans un Convent
de Filles , il y a eu trois Religieuses de tuées et
deux de blessées dangereusement.
Toutes les Fermes des environs de Somma
qui produisent d'excellents Fruits et des Vins re
nominés , ont été ruinées , et on ne compte pas
d'y faire de Recolte cette année.
On attend des nouvelles plus détaillées de ce
qui est arrivé en plusieurs endroits du Royau-
ine de Naples. Cette Ville n'a souffert aucuu
dommage. Le Roy a envoyé un Corps d'infan-
terie pour garder les Maisons qui ont été aban➡
données par les Habitans de la Torre del Greco.
Par les Lettres de Rome, on aprend que le
11. de ce mois, les Armes de Stanislas premier,
Roy de Pologne , Duc de Loraine et de
Bar , furent placées sur la porte de l'Eglise de
S. Nicolas des Lorains , où l'on chanta à cette
occasion une Messe solemnelle , et le Te Deum
?
auquel le Duc de Saint Aignan , Ambassadeur
du Roy de France , assista avec un grand nom
bre de Personnes de distinction.
Le Roy Stanislas a nommé le Chevalier Col-
trolini son Agent en cette Cour.
Il s'est commis à Rome depuis peu plusieurs
meurtres , entr'autres celui du Supérieur du
College des Ecossois , lequel a été assassiné par
un jeune Protestant , qui feignoit de vouloir fai-
ze abjuration entre ses mains ; et celui d'une
II. Vol
Tourie re
L
JUIN.
1727.
1433
Touriere des Religieuses Ursulines , qui a été
tuée à coups de coûteau par un Prêtre du Pays
de Liége. L'un et l'autre de ces assassins ont pris
la fuite , mais la diligence avec laquelle on les
a suivis , fait esperer qu'ils seront arrêtés.
On aprend de Naples que depuis le 22. du
mois de May , le Mont Vesuve a cessé de jetter
des flammes et des matieres bitumineuses . Peu
s'en est fallu que le principal des Torrens en-
flammés qui en sortoient , et dont la violence
étoit telle qu'ils parcouroient en une minute l'es-
pace de deux pas Géométriques , n'ait entiere-
ment enseveli le Bourg de la Torre del Greco.
Après avoir rempli une ravine très -profonde ,
il avoit déja gagné le grand chemin et renversé
l'Eglise du Purgatoire , ainsi qu'une partie de
celle des Religieux Carmes , et il eut causé de
plus grands ravages , si l'on n'eût pris le parti
de couper un Pont qui étoit sur la même ravi-
ne. Par ce moyen le Torent prit son cours vers
la Mer , et il ne s'arrêta qu'à une portée de fu-
sil du rivage , de sorte qu'apresent les Voya-
geur sont obligés de marcher tout proche de la
Côte pour aller du côté de Salerne. Ce Torrent
qui étoit large de plus de cinquante pieds , avoit
cinq toises de profondeur , et dans quelques en-
droits creux , cette profondeur étoit de plus de
vingt toises. La matiere dont il étoit composé
ressembloit à de l'écume de Fer , tant pour la
couleur que pour la dureté , et c'est un mélan-
ge de fer , de souffre , de sel commun , de sal-
pêtre et de pierres calcinées.
Pendant que les flammes étoient à leur plus
haut dégré de violence , les Provinces de la Ca
pitanate et de Monte- Fuscoli ont été envelopée
dans d'épaisses tenebres ; on y a senti plusieur
II. Val
H vj
secousse
1434 MERCURE DE FRANCE
secousses de tremblement de Terre assés fortes
et l'on entendoit de toutes parts des bruits sou-
terrains effrayans.
La Bourgade d'Ottaïano sur le penchant de
la Montagne a été fort endommagée par une
pluye continuelle de cendres et de pierres d'une
grosseur énorme ; presque toutes les Maisons y
sont devenues inhabitables , et dans un Convent
de Filles , il y a eu trois Religieuses de tuées et
deux de blessées dangereusement.
Toutes les Fermes des environs de Somma
qui produisent d'excellents Fruits et des Vins re
nominés , ont été ruinées , et on ne compte pas
d'y faire de Recolte cette année.
On attend des nouvelles plus détaillées de ce
qui est arrivé en plusieurs endroits du Royau-
ine de Naples. Cette Ville n'a souffert aucuu
dommage. Le Roy a envoyé un Corps d'infan-
terie pour garder les Maisons qui ont été aban➡
données par les Habitans de la Torre del Greco.
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Résumé : ITALIE.
Le 11 juin 1727, les armes de Stanislas Ier, roi de Pologne et duc de Lorraine et de Bar, ont été exposées à Rome à la porte de l'église Saint-Nicolas-des-Lorrains. Une messe solennelle et un Te Deum ont été célébrés en présence du duc de Saint-Aignan, ambassadeur de France, et de nombreuses personnalités. Stanislas a nommé le chevalier Coltrolini comme son agent à Rome. Récemment, plusieurs meurtres ont eu lieu à Rome, dont celui du supérieur du Collège des Écossais et d'une tourière des religieuses ursulines. Les assassins sont en fuite, mais des mesures sont prises pour les arrêter. À Naples, depuis le 22 mai, le mont Vesuve a cessé de projeter des flammes et des matières bitumineuses. Un torrent enflammé a détruit plusieurs bâtiments à la Torre del Greco, incluant une église et une partie d'un couvent carmes. Pour éviter davantage de dégâts, un pont a été coupé, dirigeant le torrent vers la mer. Ce torrent contenait un mélange de fer, de soufre, de sel, de salpêtre et de pierres calcinées. Les provinces de la Campanate et de Monte-Fuscoli ont été plongées dans des ténèbres épaisses, accompagnées de secousses sismiques et de bruits souterrains. La bourgade d'Ottajano a été endommagée par une pluie continue de cendres et de pierres, rendant de nombreuses maisons inhabitables et causant la mort de trois religieuses et blessant deux autres.
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869
p. 1440-1444
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le Roy a donné au Prince de Nassau, l'agrément du Régiment de la [...]
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le Roy a donné au Prince de Nassau, l'agrément du Régiment de la
Marine , dont le Marquis de Mirepoix
étoit Colonel.
Le
1
t
JUIN.
1737.
1441
Le 4 de ce mois Madame la jeune Du-
chesse de Bourbon ,dont la santé se retablit
tous les jours , et qui aime beaucoup les
belles Fleurs , alla se promener dans le
Jardin du sieur le Fevre , qu'elle trouva
encore plus fleuri , qu'elle ne l'avoit es-
peré , la Saison étant déja bien avancée
pour les Fleurs du Printemps , dont l'ar-
deur du Soleil avoit précipité la durée
dans presque tous les Jardins feuristes
de Paris. S. A. S. s'y promena agréable
ment , s'y reposa et en sortit satisfaite
d'un Bouquet des plus belles Fleurs que
le sieur le Fevre eut l'honneur de lui
présenter.
On trouve chés ledit sieur le Fevre
toutes sortes de Graines Médicinales
D
Potageres et de Fleurs ; des Oignons ,
des Plantes et des Semences de toutes les
especes , pour l'ornement des Jardins.
Son Jardin est Ruë de Vaugirard at-
tenant le mur du Luxembourget le Cer
ceau d'or , Fauxbourg S. Germain ; mais
sa demeure principale , et plus conmo-
de pour le Public , est au milieu du Quay
de la Mégisserie , à l'Enseigne du Coq
de la bonne Foy. On lit sur son Plafond
cette dévise. Sanat , nutrit, et ornat.
Le 16. les Députés des Etats d'Artois.
curent audience du Roy : ils y furent
11. Vol.
presentés
7442 MERCURE DE FRANCE
présentés par le Duc d'Elbeuf, Gouver-
neur de la Province , et par M. d'Anger
villiers , Ministre et Secretaire d'Etat,
et conduits en la maniere accoûtumée
par le Grand Maître et par le Maître des
Ceremonies. La députation étoit com-
posée de l'Abbé de la Grange , Grand-
Vicaire du Diocèse d'Arras pour le Cler-
gé , qui porta la parole ; du Comte de
la Bussiere pour la Noblesse , et de M.
Ansar , Conseiller et Pensionnaire de la
Ville d'Arras , Deputé du Tiers- Etat.
Le 18. Juin , les Maîtres de Musique
et Musiciens de Paris , firent celebrer
dans l'Eglise des grands Augustins une
Messe solemnelle à plusieurs Choeurs da
Musique ,, pour le repos des Ames da
leurs défunts Confreres.
Le 26. de ce mois , le Roy accompa-
gné de Monseigneur le Dauphin , fit
dans la cour du Château de Versailles la
revûë des deux Compagnies des Mous-
quetaires de la Garde de S. M. Le Roy
passa dans les rangs , et après qu'ils eu-
rent fait l'exercice , S. M. les vit défiler.
La Reine et Mesdames de France virens
cette revûë du Balcon de l'Apartement
du Comte de Clermont.
II. Vol.
Le
JUIN.
1737-
1443
Le 20. Juin, Fête du Saint Sacrement
le Roy et la Reine entendirent les Vê-
pres dans la Chapelle du Château de Ver
sailles , et Leurs Majestés assisterent au
Salut qui fut chanté par la Musique.
Le 27. jour de l'Octave , le Roy ac .
co mpagné du Duc d'Orleans , du Comte
de Clermont , du Prince de Dombes et
du Comte d'Eu , se rendit à l'Eglise de
la Paroisse du Château , et S. M. y en-
tendit la Grand'Messe , après avoir assis
té à la Procession .
Pendant l'Octave , le Roy a assisté
tous les jours au Salut, Le 25. et le 26. la
Reine l'a entendu dans la Chapelle, Le
22. Monseigneur le Dauphin assista aų
Salut dans l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau , et Mesdames de France y assiste-
rent dans l'Eglise de la Paroisse de Saint
Louis.
Le 30. de ce mois , Monseigneur le
Dauphin vint de Versailles à Paris se
promener au Cours et dans dans le Jar
din des Thuilleries.
Le Duc d'Ancenis , Capitaine des
Gardes du Corps en survivance du Duc
de Bethune son Pere , a été nommé par
le Roy , Mestre de Camp du Regiment
II. Vol.
de
#444 MERCURE DE FRANCE
de Cavalerie, dont le Duc de Chevreuse,
Mestre de Camp général de Dragons , a
été Mestre de Camp.
Le Roy a donné au Prince de Nassau, l'agrément du Régiment de la
Marine , dont le Marquis de Mirepoix
étoit Colonel.
Le
1
t
JUIN.
1737.
1441
Le 4 de ce mois Madame la jeune Du-
chesse de Bourbon ,dont la santé se retablit
tous les jours , et qui aime beaucoup les
belles Fleurs , alla se promener dans le
Jardin du sieur le Fevre , qu'elle trouva
encore plus fleuri , qu'elle ne l'avoit es-
peré , la Saison étant déja bien avancée
pour les Fleurs du Printemps , dont l'ar-
deur du Soleil avoit précipité la durée
dans presque tous les Jardins feuristes
de Paris. S. A. S. s'y promena agréable
ment , s'y reposa et en sortit satisfaite
d'un Bouquet des plus belles Fleurs que
le sieur le Fevre eut l'honneur de lui
présenter.
On trouve chés ledit sieur le Fevre
toutes sortes de Graines Médicinales
D
Potageres et de Fleurs ; des Oignons ,
des Plantes et des Semences de toutes les
especes , pour l'ornement des Jardins.
Son Jardin est Ruë de Vaugirard at-
tenant le mur du Luxembourget le Cer
ceau d'or , Fauxbourg S. Germain ; mais
sa demeure principale , et plus conmo-
de pour le Public , est au milieu du Quay
de la Mégisserie , à l'Enseigne du Coq
de la bonne Foy. On lit sur son Plafond
cette dévise. Sanat , nutrit, et ornat.
Le 16. les Députés des Etats d'Artois.
curent audience du Roy : ils y furent
11. Vol.
presentés
7442 MERCURE DE FRANCE
présentés par le Duc d'Elbeuf, Gouver-
neur de la Province , et par M. d'Anger
villiers , Ministre et Secretaire d'Etat,
et conduits en la maniere accoûtumée
par le Grand Maître et par le Maître des
Ceremonies. La députation étoit com-
posée de l'Abbé de la Grange , Grand-
Vicaire du Diocèse d'Arras pour le Cler-
gé , qui porta la parole ; du Comte de
la Bussiere pour la Noblesse , et de M.
Ansar , Conseiller et Pensionnaire de la
Ville d'Arras , Deputé du Tiers- Etat.
Le 18. Juin , les Maîtres de Musique
et Musiciens de Paris , firent celebrer
dans l'Eglise des grands Augustins une
Messe solemnelle à plusieurs Choeurs da
Musique ,, pour le repos des Ames da
leurs défunts Confreres.
Le 26. de ce mois , le Roy accompa-
gné de Monseigneur le Dauphin , fit
dans la cour du Château de Versailles la
revûë des deux Compagnies des Mous-
quetaires de la Garde de S. M. Le Roy
passa dans les rangs , et après qu'ils eu-
rent fait l'exercice , S. M. les vit défiler.
La Reine et Mesdames de France virens
cette revûë du Balcon de l'Apartement
du Comte de Clermont.
II. Vol.
Le
JUIN.
1737-
1443
Le 20. Juin, Fête du Saint Sacrement
le Roy et la Reine entendirent les Vê-
pres dans la Chapelle du Château de Ver
sailles , et Leurs Majestés assisterent au
Salut qui fut chanté par la Musique.
Le 27. jour de l'Octave , le Roy ac .
co mpagné du Duc d'Orleans , du Comte
de Clermont , du Prince de Dombes et
du Comte d'Eu , se rendit à l'Eglise de
la Paroisse du Château , et S. M. y en-
tendit la Grand'Messe , après avoir assis
té à la Procession .
Pendant l'Octave , le Roy a assisté
tous les jours au Salut, Le 25. et le 26. la
Reine l'a entendu dans la Chapelle, Le
22. Monseigneur le Dauphin assista aų
Salut dans l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau , et Mesdames de France y assiste-
rent dans l'Eglise de la Paroisse de Saint
Louis.
Le 30. de ce mois , Monseigneur le
Dauphin vint de Versailles à Paris se
promener au Cours et dans dans le Jar
din des Thuilleries.
Le Duc d'Ancenis , Capitaine des
Gardes du Corps en survivance du Duc
de Bethune son Pere , a été nommé par
le Roy , Mestre de Camp du Regiment
II. Vol.
de
#444 MERCURE DE FRANCE
de Cavalerie, dont le Duc de Chevreuse,
Mestre de Camp général de Dragons , a
été Mestre de Camp.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En juin 1737, plusieurs événements marquants se sont déroulés à la cour française. Le roi a attribué le Régiment de la Marine au Prince de Nassau, succédant ainsi au Marquis de Mirepoix. Le 4 juin, la Duchesse de Bourbon, en convalescence, s'est promenée dans le jardin du sieur Le Fevre, admirant les fleurs et découvrant diverses graines. Le 16 juin, les députés des États d'Artois ont été reçus par le roi, introduits par le Duc d'Elbeuf et M. d'Angervilliers. La délégation incluait l'Abbé de la Grange, le Comte de la Bussière et M. Ansar. Le 18 juin, les musiciens de Paris ont célébré une messe pour leurs confrères défunts. Le 26 juin, le roi et le Dauphin ont passé en revue les mousquetaires à Versailles, observés par la reine et Mesdames de France. Lors de la fête du Saint-Sacrement, le 20 juin, le roi et la reine ont assisté aux vêpres et au salut à la chapelle de Versailles. Le 27 juin, le roi a participé à la grand-messe et à la procession paroissiale avec plusieurs princes. Durant l'octave, le roi, la reine et le Dauphin ont assisté quotidiennement aux cérémonies religieuses.
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870
p. 1444-1448
FESTE donnée à Bayonne.
Début :
Le 11. jour du mois de Juin, troisiéme Fête de la Pentecôte, les deux [...]
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texteReconnaissance textuelle : FESTE donnée à Bayonne.
FESTE donnée à Bayonne.
Le 11. jour du mois de Juin, troisiéme
Fête de la Pentecôte, les deux
Compagnies de Grenadiers du Regiment
de Chartres , en garnison à Bayonne ,
furent commandées avec un détachement
de 300. Hommes pour la Bénédiction des
Drapeaux ; la Troupe en bataille dans
l'Eglise et formant la Haye dans la Nef,
l'Evêque de Bayonne à la tête de tout
son Chapitre et du Clergé , suivi de M.
d'Adoncourt , Brigadier des Armées du
Roy , et Commandant à Bayonne , de
tout l'Etat Major de la Place , de M. le
Comte d'Estampes , Colonel- Lieutenant
du Regiment de Chartres , et tous les
Officiers du Regiment, arriva dans l'Egli-
se ; il prononça un très-beau et très élo-
quent Discours dans lequel il eut l'art de
persuader toutes les vertus de l'Hérois-
me par celles même de la Religion la
plus Chrétienne , il y fit entrer l'éloge
du feu Duc d'Orleans , Regent , du
Duc d'Orleans d'aujourd'hui , et de ces
deux exemples , joints aux dispositions
favorables et prématurées qu'on décou-
II. Vol.
vre
JUIN.
1737.
vre dans le Duc de Chartres ,
1445
il tira les
moyens pour montrer les hautes espe-
rances qu'on devoit concevoir de ce jeu
ne Prince ; après la Bénédiction des Dra-
peaux , on chanta un Te Deum au bruit
d'une nombreuse Artillerie , placée de-
vant la Cathédrale. Tous les Vaisseaux
qui étoient sur la Riviere répondirent
par plusieurs décharges de Canon.
Les Officiers du Régiment de Char-
tres étant bien
·
aises de donner au
Public des marques autentiques de la
joye qu'ils ont d'avoir le Duc de Char-
tres pour leur nouveau Colonel , et de
la grace que S. M. leur a faite de leur
rendre un nom qu'ils ont eu l'honneur
de porter depuis leur création, du vivant
du Duc d'Orleans Regent , et successi-
vement du Duc d'Orleans d'aujourd'hui,
donnerent , à cette occasion , une Fête
magnifique et parfaitement bien enten-
due , et ne crurent pouvoir choisir une
plus favorable, ni une plus auguste jour-
née pour la célébrer , persuadés que si
S. A. R. le Prince Emmanuel de Portu-
gal, qui étoit à Bayonne, vouloit l'hono-
rer de sa presence , rien ne manqueroit
à cette brillante Cérémonie. Ils prirent
la liberté d'aller l'en prier à son Palais en
corps ; le Prince , avec sa bonté ordinai
11. Vol.
1440 MERCURE DE FRANC
te , leur promit d'y venir. Toutes les
Dames de la Ville et les Messieurs y fu-
rent invités , ettous les differens Corps
Militaires.
Le même jour à cinq heures du soir
en representa une Comédie; ce Specta-
ele fut des plus brillants , et avec un
grand concours. Après la Comédie on
se rendit à l'Hôtel de Ville ; en passant
+
sur la Place de Grammont , on y cut
l'agréable surprise d'un Spectacle nou-
veau. La Bourse étoit le Lieu que les
Lieutenans du Régiment de Chartres
avoient choisi pour donner leur Fêre , à
l'exemple des Capitaines ; cette Place se
trouva toute illuminée et décorée de la
façon la plus galante. La Reine d'Espa
gne , informée du succès decette Déco-
ration
passa exprès sur le Pont Mayo
pour jouir du coup d'œil ; les Officiers ,
sensibles à cet honneur , n'oublierent
rien pour rendre à Sa Majesté tous ceux
qu'une conjoncture si fateuse , mais
si peu attenduë , pût leur permettre , on
la salua par un grand bruit de Boëtes et
de Canon , et la Reine remplie de bon-
té , leur députa aussi tôt un de ses Gen-
tilshommes pour les remercier de leurs
/ attentions.
Toute la Façade de l'Hôtel de Ville
11.Vol.
étoit
JUIN 1737
3447
étoit décorée et illuminée dans un autre
goût qui n'étoit pas moins galant , et de
plus, embellie d'un nombre de Trophées
très-convenables au sujet. Le Prince de
Portugal y arriva sur les neuf heures du
soir, et il fut reçû avec tout l'éclat dû à sa
Dignité , par une Garde composée d'un
Capitaine, d'un Lieutenant et d'un Ensei-
gne. Il fit l'honneur aux Officiers du Ré-
giment de Chartres de souper à une Table
de 150. Couverts , dressée en Fer-à-che-
val dans une des Salles de l'Hôtel de Vil
le , et à laquelle étoient invitées toutes
les Dames de distinction de la Ville ; il y
fut servi , pendant tout le repas , par M.
le Comte d'Etampes , de concert avec M.
le Marquis de Pinafuentes , Majordôme
de la Reine d'Espagne , que S. M. avoit
envoyé à cet effet. On cut attention de
laisser un intervalle entre le Prince et
ceux qui étoient à sa droite et à sa gau-
che ; la Santé du Roy et de la Reine , de
la Reine d'Espagne , celle du Prince de
Portugal et du Duc de Chartres y fu-
rent portées et bûës avec le respect et la
décence convenables, et annoncées au Pu-
blic par des décharges néirerées tant sur
Terre que sur Mer ; il y eut plusieurs au-
tres Tables servies avec abondance et dé-
licatesse.
11, Vol
Le
1
1448 MERCURE DE FRANCE
Le repas fini , le Prince se rendit dans
une Salle magnifique où S. A. R. voulut
bien ouvrir le Bal et en faire les hon-
neurs , et Elle dansa pendant une partic
de la nuit ; on n'oublia rien de toutes les
attentions et de toutes les recherches qui
peuvent rendre une Fête éclatante et
agréable : S. A. R. en se retirant donna
aux Officiers du Régiment de Chartres
des témoignages particuliers de tout l'a
grément qu'Elle y avoit eu.
L'intention des Officiers étant que
tout le Monde prît part à cette ré-
jouissance , on fit donner du vin à tous
les Soldats du Régiment ; cette distri
bution fut faite avec tant de regle , et
le Soldat usa de cette liberalité avec tant
de sagesse , qu'à travers la joye il fut aisé
de reconnoître la bonne discipline à la
quelle il est accoûtumé.
Le 11. jour du mois de Juin, troisiéme
Fête de la Pentecôte, les deux
Compagnies de Grenadiers du Regiment
de Chartres , en garnison à Bayonne ,
furent commandées avec un détachement
de 300. Hommes pour la Bénédiction des
Drapeaux ; la Troupe en bataille dans
l'Eglise et formant la Haye dans la Nef,
l'Evêque de Bayonne à la tête de tout
son Chapitre et du Clergé , suivi de M.
d'Adoncourt , Brigadier des Armées du
Roy , et Commandant à Bayonne , de
tout l'Etat Major de la Place , de M. le
Comte d'Estampes , Colonel- Lieutenant
du Regiment de Chartres , et tous les
Officiers du Regiment, arriva dans l'Egli-
se ; il prononça un très-beau et très élo-
quent Discours dans lequel il eut l'art de
persuader toutes les vertus de l'Hérois-
me par celles même de la Religion la
plus Chrétienne , il y fit entrer l'éloge
du feu Duc d'Orleans , Regent , du
Duc d'Orleans d'aujourd'hui , et de ces
deux exemples , joints aux dispositions
favorables et prématurées qu'on décou-
II. Vol.
vre
JUIN.
1737.
vre dans le Duc de Chartres ,
1445
il tira les
moyens pour montrer les hautes espe-
rances qu'on devoit concevoir de ce jeu
ne Prince ; après la Bénédiction des Dra-
peaux , on chanta un Te Deum au bruit
d'une nombreuse Artillerie , placée de-
vant la Cathédrale. Tous les Vaisseaux
qui étoient sur la Riviere répondirent
par plusieurs décharges de Canon.
Les Officiers du Régiment de Char-
tres étant bien
·
aises de donner au
Public des marques autentiques de la
joye qu'ils ont d'avoir le Duc de Char-
tres pour leur nouveau Colonel , et de
la grace que S. M. leur a faite de leur
rendre un nom qu'ils ont eu l'honneur
de porter depuis leur création, du vivant
du Duc d'Orleans Regent , et successi-
vement du Duc d'Orleans d'aujourd'hui,
donnerent , à cette occasion , une Fête
magnifique et parfaitement bien enten-
due , et ne crurent pouvoir choisir une
plus favorable, ni une plus auguste jour-
née pour la célébrer , persuadés que si
S. A. R. le Prince Emmanuel de Portu-
gal, qui étoit à Bayonne, vouloit l'hono-
rer de sa presence , rien ne manqueroit
à cette brillante Cérémonie. Ils prirent
la liberté d'aller l'en prier à son Palais en
corps ; le Prince , avec sa bonté ordinai
11. Vol.
1440 MERCURE DE FRANC
te , leur promit d'y venir. Toutes les
Dames de la Ville et les Messieurs y fu-
rent invités , ettous les differens Corps
Militaires.
Le même jour à cinq heures du soir
en representa une Comédie; ce Specta-
ele fut des plus brillants , et avec un
grand concours. Après la Comédie on
se rendit à l'Hôtel de Ville ; en passant
+
sur la Place de Grammont , on y cut
l'agréable surprise d'un Spectacle nou-
veau. La Bourse étoit le Lieu que les
Lieutenans du Régiment de Chartres
avoient choisi pour donner leur Fêre , à
l'exemple des Capitaines ; cette Place se
trouva toute illuminée et décorée de la
façon la plus galante. La Reine d'Espa
gne , informée du succès decette Déco-
ration
passa exprès sur le Pont Mayo
pour jouir du coup d'œil ; les Officiers ,
sensibles à cet honneur , n'oublierent
rien pour rendre à Sa Majesté tous ceux
qu'une conjoncture si fateuse , mais
si peu attenduë , pût leur permettre , on
la salua par un grand bruit de Boëtes et
de Canon , et la Reine remplie de bon-
té , leur députa aussi tôt un de ses Gen-
tilshommes pour les remercier de leurs
/ attentions.
Toute la Façade de l'Hôtel de Ville
11.Vol.
étoit
JUIN 1737
3447
étoit décorée et illuminée dans un autre
goût qui n'étoit pas moins galant , et de
plus, embellie d'un nombre de Trophées
très-convenables au sujet. Le Prince de
Portugal y arriva sur les neuf heures du
soir, et il fut reçû avec tout l'éclat dû à sa
Dignité , par une Garde composée d'un
Capitaine, d'un Lieutenant et d'un Ensei-
gne. Il fit l'honneur aux Officiers du Ré-
giment de Chartres de souper à une Table
de 150. Couverts , dressée en Fer-à-che-
val dans une des Salles de l'Hôtel de Vil
le , et à laquelle étoient invitées toutes
les Dames de distinction de la Ville ; il y
fut servi , pendant tout le repas , par M.
le Comte d'Etampes , de concert avec M.
le Marquis de Pinafuentes , Majordôme
de la Reine d'Espagne , que S. M. avoit
envoyé à cet effet. On cut attention de
laisser un intervalle entre le Prince et
ceux qui étoient à sa droite et à sa gau-
che ; la Santé du Roy et de la Reine , de
la Reine d'Espagne , celle du Prince de
Portugal et du Duc de Chartres y fu-
rent portées et bûës avec le respect et la
décence convenables, et annoncées au Pu-
blic par des décharges néirerées tant sur
Terre que sur Mer ; il y eut plusieurs au-
tres Tables servies avec abondance et dé-
licatesse.
11, Vol
Le
1
1448 MERCURE DE FRANCE
Le repas fini , le Prince se rendit dans
une Salle magnifique où S. A. R. voulut
bien ouvrir le Bal et en faire les hon-
neurs , et Elle dansa pendant une partic
de la nuit ; on n'oublia rien de toutes les
attentions et de toutes les recherches qui
peuvent rendre une Fête éclatante et
agréable : S. A. R. en se retirant donna
aux Officiers du Régiment de Chartres
des témoignages particuliers de tout l'a
grément qu'Elle y avoit eu.
L'intention des Officiers étant que
tout le Monde prît part à cette ré-
jouissance , on fit donner du vin à tous
les Soldats du Régiment ; cette distri
bution fut faite avec tant de regle , et
le Soldat usa de cette liberalité avec tant
de sagesse , qu'à travers la joye il fut aisé
de reconnoître la bonne discipline à la
quelle il est accoûtumé.
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Résumé : FESTE donnée à Bayonne.
Le 11 juin 1737, à Bayonne, les grenadiers du régiment de Chartres participèrent à la bénédiction des drapeaux lors de la fête de la Pentecôte. L'évêque de Bayonne, entouré de dignitaires religieux et militaires, prononça un discours honorant le duc d'Orléans défunt, le duc d'Orléans actuel et le duc de Chartres. Après la bénédiction, un Te Deum fut chanté, accompagné de salves d'artillerie et de canons des vaisseaux sur la rivière. Les officiers du régiment de Chartres organisèrent une fête en l'honneur du duc de Chartres, nouveau colonel du régiment. Le prince Emmanuel de Portugal fut invité et assista à la cérémonie. Une comédie fut représentée, suivie d'une réception à l'hôtel de ville, où la place de Grammont était illuminée et décorée. La reine d'Espagne passa pour admirer les décorations et fut saluée par des salves d'artillerie. À l'hôtel de ville, le prince de Portugal fut accueilli avec éclat et participa à un souper de 150 couverts, servi par le comte d'Estampes et le marquis de Pinafuentes. Des toasts furent portés en l'honneur du roi, de la reine, de la reine d'Espagne, du prince de Portugal et du duc de Chartres. Après le repas, le prince ouvrit le bal et dansa une partie de la nuit. Les officiers distribuèrent du vin aux soldats, illustrant ainsi la discipline et la sagesse des troupes.
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871
p. 1451-1454
BENEFICES DONNÉS, Feüille du 3. Juillet 1737.
Début :
L'Evêché de Nîmes, vacant par le décès de M de la Parisiere, à M. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNÉS, Feüille du 3. Juillet 1737.
BENEFICES DONNÉS,
Feüille du 3. Juillet 1737.
L'Evêché de Nîmes, vacant par le
décès de M de la Parisiere, à M.
de Becdelievre , Prêtre , Vicaire General
de Perigueux.
L'Evêché de Luçon , vacant par le dé-
cès de M. de Bussy Rabutin , à M. de
Verthamon de Chavagnac , Prêtre , Vi-
caire General de Limoges.
L'Evêché d'Angoulême , vacant par le
décès de M. de Bernard de Rezay , à
M. du Verdier, Prêtre, Doyen et Vicaire
General d'Angoulême.
L'Abbaye Commandataire de Buzaj j
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Nantes
vacante par le décès de M. de Caumartin ,
Evêque de Blois , à M. de Rosser de Ro-
cozel de Fleury , Clerc tonsuré du Dio
cèse de Narbonne.
L'Abbaye Commandataire de Simorre'}
Ordre de S. Benoît , Diocèse d'Auch ,
vacante par le décès de M. de Puget , à
M. de Grossoles de Flamarens , Prêtre ,
Vicaire General de Narbonne.
L'Abbaye Commandataire de la Fre
nade, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Saint
IL. Vol.
Iiij
tes,
1452 MERCURE DE FRANCE
tes , vacante par la démission pure et
simple du dernier Titulaire Commanda-
taire , à M. de Montesquiou- Poylebon ,
Prêtre du Diocèse d'Auch .
L'Abbaye Commandataire de Flavigny ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse d'Autun , va-
cante par le décès de M.de Bussy Rabutin
Evêque de Luçon , à M. de Piolenc ,
Clerc tonsuré du Diocèse d'Aix.
L'Abbaye Commandataire de Tous-
saints d'Angers , Ordre de S. Augustin ,
vacante par le décès de M. de Brussy , à
M. de Grandhomme de Giseux , Prêtre
du Diocèse d'Angers.
L'Abbaye Commandataire de Bellefon
taine , Ordre de S. Benoît , Diocèse de la
Rochelle , vacante par le décès de M:
Maréchal , à M. de Blanes ...
du Diocèse de ....
L'Abbaye Commandataire de Bonne-
fontaine , Ordre de Cîtcaux , Diocèse de
Rheims , vacante par le décès de M. Ma-
réchal , à M. de Vienne ..... du Dio-
cèse de .... et Conseiller au Parlement
de Paris .
L'Abbaye Commandataire de Valsecret,
Ordre de Prémontré , Diocèse de Sois-
sons , vacante par le décès de M. de
Charmont , à M. le Clerc ...... du
Diocèse de .....
II. Vol.
• du
L'Abbaye
JU. IN.
II. Vol.
1737.
1453
L'Abbaye Commandataire de Valchré-
tien , Ordre de Prémontré , Diocèse de
Soissons , vacante par le décès de M. le
Begue de Majenville , à M. Richard ,
Prêtre , Chapelain du Roy.
L'Abbaye Commandataire de Cercan .
ceaux , Ordre de Citeaux , Diocèse de
Sens , vacante par le décès de M. Coëffy,
à M. de la Chabrerie , Prêtre du Diocèse
de ....
L'Abbaye Commandataire de S. Pierre
d'Auxerre , Ordre de S. Augustin , va-
cante par la démission pure et simple de
M. de la Chabrerie , à M. Hardoin, Prê-
tre , Chanoine de Sens.
L'Abbaye Commandataire de Belle-
vaux , Ordre de Prémontré , Diocèse de
Nevers , vacante par le décès de M. de
Bussy Rabutin , Evêque de Luçon , à
M. de Sollieres , Prêtre , Doyen de la
Cathédrale de Nevers.
L'Abbaye Commandataire de Juncels ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Beziers ,
›
vacante par le décès de M. de Massillan ,
à M. de Villevert , Clerc tonsuré du
Diocèse de Montpellier.
L'Abbaye Commandataire du Palais ,
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Limoges,
vacante par le décès de M. de la Deveze ,
à M. de Thouron ... du Diocèse de ...
I jiij
L'Ab.
1454 MERCURE DE FRANCE
L'Abbaye Commandataire de Tenail-
les
Ordre de Prémontré , Diocèse de
Laon , vacante par le décès de M. Tes-
sier des Farges , à M. Dandelau , Au-
mônier du Roy.
L'Abbaye Commandataire de S. Re-
main de Blaye , Ordre de S. Augustin
Diocése de Bourdeaux , vacante par la
démission de M. le Blond , à M. dư
Lau , Prêtre , Vicaire General de Noyon.
Le Prieuré Commandataire , Conven-
tuel et électif de Lespan , Ordre du Val-
des-Choux , Diocèse d'Auxerre , vacanť
par le décès de M. de Bussy Rabutin
Evêque de Luçon , à M. Des Guilles
d'Argence.
L'Abbaye de N. D. de Vignogore ,
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Mon-
tpelier
vacante par la démission de
La Dame de Bernis , à la Dame de Ves-
trie de Montales
Abbaye,
Feüille du 3. Juillet 1737.
L'Evêché de Nîmes, vacant par le
décès de M de la Parisiere, à M.
de Becdelievre , Prêtre , Vicaire General
de Perigueux.
L'Evêché de Luçon , vacant par le dé-
cès de M. de Bussy Rabutin , à M. de
Verthamon de Chavagnac , Prêtre , Vi-
caire General de Limoges.
L'Evêché d'Angoulême , vacant par le
décès de M. de Bernard de Rezay , à
M. du Verdier, Prêtre, Doyen et Vicaire
General d'Angoulême.
L'Abbaye Commandataire de Buzaj j
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Nantes
vacante par le décès de M. de Caumartin ,
Evêque de Blois , à M. de Rosser de Ro-
cozel de Fleury , Clerc tonsuré du Dio
cèse de Narbonne.
L'Abbaye Commandataire de Simorre'}
Ordre de S. Benoît , Diocèse d'Auch ,
vacante par le décès de M. de Puget , à
M. de Grossoles de Flamarens , Prêtre ,
Vicaire General de Narbonne.
L'Abbaye Commandataire de la Fre
nade, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Saint
IL. Vol.
Iiij
tes,
1452 MERCURE DE FRANCE
tes , vacante par la démission pure et
simple du dernier Titulaire Commanda-
taire , à M. de Montesquiou- Poylebon ,
Prêtre du Diocèse d'Auch .
L'Abbaye Commandataire de Flavigny ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse d'Autun , va-
cante par le décès de M.de Bussy Rabutin
Evêque de Luçon , à M. de Piolenc ,
Clerc tonsuré du Diocèse d'Aix.
L'Abbaye Commandataire de Tous-
saints d'Angers , Ordre de S. Augustin ,
vacante par le décès de M. de Brussy , à
M. de Grandhomme de Giseux , Prêtre
du Diocèse d'Angers.
L'Abbaye Commandataire de Bellefon
taine , Ordre de S. Benoît , Diocèse de la
Rochelle , vacante par le décès de M:
Maréchal , à M. de Blanes ...
du Diocèse de ....
L'Abbaye Commandataire de Bonne-
fontaine , Ordre de Cîtcaux , Diocèse de
Rheims , vacante par le décès de M. Ma-
réchal , à M. de Vienne ..... du Dio-
cèse de .... et Conseiller au Parlement
de Paris .
L'Abbaye Commandataire de Valsecret,
Ordre de Prémontré , Diocèse de Sois-
sons , vacante par le décès de M. de
Charmont , à M. le Clerc ...... du
Diocèse de .....
II. Vol.
• du
L'Abbaye
JU. IN.
II. Vol.
1737.
1453
L'Abbaye Commandataire de Valchré-
tien , Ordre de Prémontré , Diocèse de
Soissons , vacante par le décès de M. le
Begue de Majenville , à M. Richard ,
Prêtre , Chapelain du Roy.
L'Abbaye Commandataire de Cercan .
ceaux , Ordre de Citeaux , Diocèse de
Sens , vacante par le décès de M. Coëffy,
à M. de la Chabrerie , Prêtre du Diocèse
de ....
L'Abbaye Commandataire de S. Pierre
d'Auxerre , Ordre de S. Augustin , va-
cante par la démission pure et simple de
M. de la Chabrerie , à M. Hardoin, Prê-
tre , Chanoine de Sens.
L'Abbaye Commandataire de Belle-
vaux , Ordre de Prémontré , Diocèse de
Nevers , vacante par le décès de M. de
Bussy Rabutin , Evêque de Luçon , à
M. de Sollieres , Prêtre , Doyen de la
Cathédrale de Nevers.
L'Abbaye Commandataire de Juncels ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Beziers ,
›
vacante par le décès de M. de Massillan ,
à M. de Villevert , Clerc tonsuré du
Diocèse de Montpellier.
L'Abbaye Commandataire du Palais ,
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Limoges,
vacante par le décès de M. de la Deveze ,
à M. de Thouron ... du Diocèse de ...
I jiij
L'Ab.
1454 MERCURE DE FRANCE
L'Abbaye Commandataire de Tenail-
les
Ordre de Prémontré , Diocèse de
Laon , vacante par le décès de M. Tes-
sier des Farges , à M. Dandelau , Au-
mônier du Roy.
L'Abbaye Commandataire de S. Re-
main de Blaye , Ordre de S. Augustin
Diocése de Bourdeaux , vacante par la
démission de M. le Blond , à M. dư
Lau , Prêtre , Vicaire General de Noyon.
Le Prieuré Commandataire , Conven-
tuel et électif de Lespan , Ordre du Val-
des-Choux , Diocèse d'Auxerre , vacanť
par le décès de M. de Bussy Rabutin
Evêque de Luçon , à M. Des Guilles
d'Argence.
L'Abbaye de N. D. de Vignogore ,
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Mon-
tpelier
vacante par la démission de
La Dame de Bernis , à la Dame de Ves-
trie de Montales
Abbaye,
Fermer
Résumé : BENEFICES DONNÉS, Feüille du 3. Juillet 1737.
Le document du 3 juillet 1737 énumère divers bénéfices ecclésiastiques attribués après des vacances dues à des décès ou des démissions. L'Évêché de Nîmes est confié à M. de Becdelievre, celui de Luçon à M. de Verthamon de Chavagnac, et celui d'Angoulême à M. du Verdier. Plusieurs abbayes commandataires changent également de titulaires : Buzay à M. de Rosser de Rocozel de Fleury, Simorre à M. de Grossoles de Flamarens, La Frénade à M. de Montesquiou-Poylebon, Flavigny à M. de Piolenc, Toussaints d'Angers à M. de Grandhomme de Giseux, Bellefontaine à M. de Blanes, Bonnefontaine à M. de Vienne, Valsecret à M. Richard, Valchrétien à M. Richard, Cercanceaux à M. de la Chabrerie, Saint-Pierre d'Auxerre à M. Hardouin, Bellevaux à M. de Sollières, Juncels à M. de Villevert, Le Palais à M. de Thouron, Tenailles à M. Dandelau, Saint-Romain de Blaye à M. du Lau, et le prieuré de Lespan à M. Des Guilles d'Argence. L'abbaye Notre-Dame de Vignogoul passe de la Dame de Bernis à la Dame de Vestrie de Montales.
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872
p. 1988
LOGOGRYPHE en Réponse à un Logogryphe du Mercure de Juin 1737. premier volume.
Début :
Quoi, l'on trouve dans Charlatan, [...]
Mots clefs :
Chantre
873
p. 1148-1149
LOGOGRYPHE.
Début :
Mes Etats sont plus grands que ceux de tous les Rois, [...]
Mots clefs :
Providence
874
p. 1149
AUTRE.
Début :
Tu t'abuses, Lecteur, si tu veux me comprendre. [...]
Mots clefs :
Incarnation
875
p. 1601-1613
Histoire du Ciel, &c. [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE DU CIEL, consideré selon les idées des Poëtes, des Philosophes & [...]
Mots clefs :
Matière, Terre, Monde, Figures, Ciel, Dieu, Corps, Origine, Soleil, Mouvement, Moïse, Philosophes, Païens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire du Ciel, &c. [titre d'après la table]
HISTOIRE DU CrEL, considerésea
lon les idées des Poëtes , des Philosophes&
de Moyse, &c. 2. Volumes in-12. AParis ,
chés la veuve Etienne , ruë S. Jacques , à la
Vertu M. D'CC. XXXIX.
2
L'intention générale de l'Histoire du Ciel
se déclare dabord par le Frontispice. Dans
une très-jolie Estampe , dessinée & gravée
par M. le Bas , on voit le Philosophe Démo
crite , retiré dans les Tombeaux d'Abdére
& fort occupé àtracer les figures des affais
semens par lesquels ils'imagine que les Atô
mes se sont raprochés & ontformé le Mon
de. Un Bourgeois d'Abdére , blessé par l'in
utilité de cette étude , prend une Ardoise
qui s'est détachée d'un Tombeau , & y écrie
ces paroles :
Démocrite, à quoipenses-tu ? l'Homme n'est
Ras.
1302 MERCURE DE FRANCE
pas fait pour construire la Terre , maispour la
cultiver. Les Laboureurs & les Passans qui
lisent ou entendent lire cette Epigram
me,semoquentdu Philosophe. L'un haus
se les épaules ; l'autre éclatte de rire ; tous.
sentent que nous avons reçû assés d'intelli
gence pour reglernotre travail & nos mœurs;
mais que nous avons peu de lumieres sur ce
quin'a pas été confié à nos soins , ni soumis
à notre gouvernement.
Ce principe si conforme à la sagesse de
Dieu,& à l'expérience que nous faisons de sa
conduite , ne paroît guere suivi dans les
Etudes ordinaires. On s'y occupe peu du
possible , du nécessaire & de l'usuel , mais
on yfait, avec apareil, des recherches péni
bles pour expliquer ce qui nous passe; &
c'est pourramener lesEtudes desjeunes gens
à leur véritable objet , que l'Auteur entre
prend de leur faire connoîtreles bornes & la.
portée de leur esprit sur la plus curieuse de.
toutes les questions. Il n'y apersonne qui ne
souhaite naturellement, de sçavoir quelle est
l'origine du Monde , comment le Ĉiel & la
Terre ont été construits , quelles sont les in-.
fluences du Ciel sur la Terre , & quelle est
la composition intime de tous ces differens.
corps,
Pour réunir sur cette matiere importante.
ce qu'il est possible d'en sçavoir, l'Auteur
commence
JUILLET. 1739 1603
commence par examiner ce que les plus
beaux génies de l'Antiquité Payenne nous
enont apris dans les Ecrits qui nous restent.
Il examine ensuite les opinions des Philoso
phes des differens âges , sur la structure du
Monde. Il compare en dernier lieu ce que
notre propre expérience nous en aprend '
avec ce que les Livres Saints nous en disent.
Il est vrai que les Payens ont converti en
autant de Fables ce qu'ils avoient apris de
leurs Peres sur les mouvemens du Ciel & sur
ses raports avec la Terre ; mais l'Auteur , en
recherchant l'origine de ces contes bizares
découvre une foule de témoignages rendus
par l'Antiquité Payenne , à la vérité de l'His
toire du Genre Humain & de la Création;
telle que Moyse nous la raporte. Il est bien
éloigné de penser que les Payens ayent ima
giné leurs Fables d'après les differens traits
raportés dans les Livres Saints, Livres dont
les Payens n'avoient aucune connoissance ;
mais il démontre que tout le Paganisme est
une altération sensible des vérités primitives
& des Coûtumes transmises aux Hébreux &
à toutes les Familles de l'Univers par les En
fans de Noé.
Tout sonpremier Tome tend àfaire voir,
1º. que les principales Coûtumes de l'Idola
trie étoient innocentes dans leur origine , &
les mêmes que celles des Hébreux , parce
qu'elles
1664 MERCURE DE FRANCE
qu'elles couloient de la même source }
relatives au culte du même Dieu &
fondées sur les mêmes esperances. 2°. Que
>
les figures bizarres que les Idolâtres ont ho
norées comme des Dieux , n'étoient dans
leur institution que des Symboles ou des Si
gnes populaires , destinés à regler l'ordre des
Fêtes & des travaux; mais qu'elles furent pri
ses dansla suite pour ce qu'ellesprésentoient
à l'œil , & converties en autant de Divinités,
dispersées dans les differentes parties du Ciel.
L'Explication donnée par quelques An
ciens aux Signes de l'Ecrevisse , du Capri
corne & dela Vierge , lui donne lieu de fai
re voir que tous les Signes duZodiaquesont
des figures Symboliques , destinées à faire
entendre aux Peuples ce qui se pratiquoit
dans la Societé, à mesure que le Soleil pas→
soit sous chacun de ces Signes. Il démontre
que ces Signes sont plus anciens que la
Colonie des Egyptiens , d'où il sait qu'ils
sont d'un établissement antérieur à la disper
sion des Enfans de Noé. Tel est le premier
échantillon des Symboles employés par les
premiers Hommes, pour se regler entre eux,
lorsque notre Ecriture courante n'étoit pas
encore inventée. Par le moyen de cesFigures
& debien d'autres d'un goût semblable, qui
étoient publiquement exposées en Egypte ,
pour avertir les Habitans , soit du moment
précis
JUILLE T. 1739 1609
précis oùle Nilse débordoit, soitdu coursdu
Soleil , ou de l'ordre des Fêtes , & de la sui
te des travaux rustiques ; l'Auteur fait voir
que les Anciens annonçoient au Peuple tout
ce quil'interessoit , en plaçant dans les As
semblées certaines Figures Symboliques, qui
étoient comme autant d'Affiches ou de Si
>
gnes , dont le sens étoit connu.
Ainsi pour faire entendre aux Egyptiens
que labrillante Etoile , nommée la Canicu
le , commençoit àse montrer le matin , &
qu'il étoit temps de se retirer avec des pro
visions sur des Terrasses elevées, pour s'y
garantir du débordement qui suivoit de près
le lever de cet Astre , on plaçoit dans l'As
semblée la Figure d'Anubis , c'est-à-dire ,
d'un Donneurd'avis. C'étoit un hommequi
faisoit un signe de la main droite , & à qui
on donnoit la tête & le nom de l'Animal fi
dele , qui avertit la Famille des aproches du
voleur. On lui mettoit des aîles aux pieds ,
pour annoncer le besoin d'une prompte re
traite, une marmite au bras, pour marquerle
besoin de provisions , & une perche à la
main , pouravertir d'observer la profondeur
de l'eau , d'où dépendoit le salut de l'E
gypte.
La Sphinx, composée d'uncorps deLion
couché, & d'une tête, de jeune fille , se pla
çoit sur untherme d'uneha uteurdéterminée!
pour
170 MERCURE DE FRANCE
pour marquer l'élevation précise qu'il falloit
›
donner aux Terrasses & pour avertir le
Peuple de demeurer en repos tout le temps
quele Soleil mettroit à parcourir les Signes
du Lion & de la Vierge. Differens Oiseaux
signifioient les differens vents dont il falloit
observer le retour, pour regler certaines Opé
rations communes, telles que l'Arpentage
des terres, après la retraite des Eaux , les Se
mailles , la culture des Légumes , &c.
L'extrême simplicité de ces premieres Ex
plications , conduit l'Auteur à examiner le
sens du Soleil , ou du Cercle qu'on voit sur
tant de Figures Egyptiennes. Il montre que
c'est le Symbole de Dieu ; que le Serpent
qu'on y joignoit ordinairement , & qu'on
nommoitEVA, servoit à peindre la vie; qu'un
Conducteur, armé d'un foüet ou d'un Scep
tre , étoit le Symbole du Soleil ou de l'an
née qui regle la Nature ; qu'une Mere fécon
de, portant differens feuillages , selon les
saisons , avec un Sistre ou un Inftrument de
réjouiffance , étoit le Symbole de la Terre &
des Fêtes qu'on célebroit en chaque saison,
pourremercier Dieu des productions de la
Terre; que le Croiffant de Lune , posé sur
la tête de cette Femme , étoit l'annonce de
la Fête de la nouvelle Lune , &c. Que cette
Femmeavec une faucille , annonçoit la Fête
du commencement des Moiffons ; avec un
grand
JUILLE T. 1739. 1607
grand Poisson, la Pêche de la fin de l'hyver;
avec une Corne de Chevre sauvage , d'où
sortent des Epis, des Fruits & des Pavots ,
l'abondance & le repos dont onjouit après
toutes les récoltes, à l'entrée de l'hyver.
Al'aide de ces premiers traits & d'une
foule d'autres , que nous ne pouvons rapor
ter , le Lecteur aperçoit tout d'un coup que
ces Figures , qui n'étoient que des Lettres
des Ecriteaux , ou des Enseignes , propres
avertir le Peuple , sont devenus des Dieux ,
qui on été diftribués dans tous les Aftres &
dans les differentes parties du Ciel & de la
Terre. On a peine à concevoir comment
l'esprit de l'homme s'eft porté jusqu'à cet
égarement. On demande quelle eft l'origine.
de cette étrange méprise.
L'Auteur démontre que c'eft l'ouvrage de
la cupidité & de l'ignorance ; que les Egyp
tiens & tous les Peuples qui imitoient leurs
Usages, plus sensibles aux biens terreftres &
au plaisir , qu'à la juftice , négligerent dans
leurs Fêtes , les leçons de Religion & les
avis de toute espece qu'on leur don
noit par ces Figures , que l'introduction de
l'Ecriture courante aida encore à faire négli
ger le sens de laSymbolique, qui se conferva
dans le cérémonial des Fêtes.
Que les Figures d'Hommes , de Femmes
d'Oiseaux,de Feuillages, de Serpens & d'au
tres
608 MERCURE DE FRANCE
tres Animaux , furent peu àpeu prises gros
sierement pour ce qu'elles présentoient à
l'œil, qu'on prit Osiris , surmonté d'un Cer
cle Solaire , pour un homme qui habitoit
dans le Soleil; qu'Isis , avec son Croiffant ,
fut prise pourune femme qui faisoit sa rési
dence dans la Lunes qu'Anubis , oule Don
neur d'avis , fut pris pour le Meffager, qui
étoit chargé de signifier leurs ordres ; que
tes Oiseaux avoient auffi commiffion d'a
prendre aux Hommes tout cequi les interes
soit. De-là l'Idolâtrie , la Divination , les
Augures , & toutes les folies du Paganisme.
L'Auteur entre ici dans un détail interes
sant. Chaque page présente une agréable
nouveauté; & , quoiqu'il ne donne ses pen
sées quepourdes conjectures , elles se trou
vent tellement liées & si conformesau sens
naturel de tous les noms des Dieux, qu'il en
résulte une démonstration satisfaisante. L'a
vantage qui revient de cette Explication du
Ciel Poëtique , n'est
pas
seulement de pou
voirenfin rapeller à une origine fort simple
tous ces Dieux & ces Usages si étranges, que
nous trouvons à chaque pas dans les Auteurs
Payens; mais c'est spécialement de voir que
les idées & les pratiques des Anciens avant
l'introduction de l'Idolâtrie , sont précisé
ment les mêmes qu'avoient les Enfans de
Noé &lespremiers Patriarches ; ce qui don
ne
JUILLET. 1739: 1609
ne une grande idée des Livres de Moyse:
Dans la discuffion que le sçavant Auteur
fait ensuite desdifferens Systêmes des Philo,
sophes sur l'origine réelle ou possible de lá
Terre & des Cieux, il prouve que tous se
réunissent en un point , qui eft de dire, que
le Monde eft composé d'une matiere com
mune, ou éternellement préexiftante , ou
sortie des mains de Dieu. Tous les Philoso
phes, & ensuite les Athées, en contrefaisant
les Philosophes, ont dit qu'une matiere muë
suffisoit pour produire le Monde. M. Plu
che et bien éloigné de penser que nos
grands Philosophes ayent voulu favoriser
PAthéisme.
Mais si l'on démontre àun Athéequi croit
l'éternité de la matiere & du mouvement,
que la matiere , muë d'une façon géné
rale , ne peutproduire ni un Monde, ni un
grain de Métal déterminé , l'Athéïsme eſt
sans reſſource , on lui enleve l'unique princi
pe qu'il ait de tout temps effayé de faire va
loir.
Or c'est ce qu'on entreprend ici, & on dé
truit ce principe imaginaire, nonpar des rai
sonnemens , mais par des Expériences , d'où
il résulte , non seulement contre les Athées,
mais contre les hypotheses des Philosophes,
qu'il n'y a point de matiere premiere , qu'il
'y anon plus de matiere en général , que
d'esprit
1610 MERCURE DE FRANCE
'd'esprit en général ; que si Dieu créoit des
Esprits , ce seroit des intelligences Angéli
ques ou humaines , & nondes Esprits indé
terminés; que, s'il crée un corps, c'eſt untel
corps , & nonun corps engénéral , quin'eſt
qu'une pensée ou une idée abstraite ; qu'à la
vérité , les corps mêlangés & les corps orga
nisés sont composés de differens Elemens ,
qui s'uniffent & se séparent , mais que ces
Elemens, comme l'Eau, l'Air, le Sel , le Feu,
chaque Métal, le Sable, la Terre, &c. sont
des corps invariables en leur nature , que le
mouvement n'a pû les convertir de matiere
premiere en matiere d'une telle nature, puis-'
qu'aucun mouvement imaginable ne peut
changer ungrain de fer en autre chose qu'à
ce qu'il eft , ni produire un grain d'or où il
n'y en avoit point, que le mouvement peut
entretenir le Monde , & en varier la Scene;
mais qu'il n'a pû le former , ni y rien pro
duire de nouveau; que c'eft donc un conseil,
une intention déterminée & non un mouve
ment qui a fait éclore chaque chose. Il suit
encore des Expériences raportées par l'Au
teur , que le nombre des especes d'Elemens.
eft déterminé & indeftructible dans la natu
re, quele nombre des especes organisées eft
également déterminé , ensorte que les Mons
tres sont tous sans fécondité, parce que cette
fécondité détruiroit les especes primitives ,
qui
JUILLE T. 1739. 1611
qui sont invariables , comme la volonté de
celui qui les a faites. Par- là il se trouve dé
montréquela poffibilité d'un Monde prove
nu d'une matiere miſe en mouvement d'une
façon générale , & tourbillonnant tant qu'on
voudra , eft une idée infoûtenable, que
le
plus petit grain d'or, comme les délinéamens
d'un Moucheron dans fon œuf, ont befoin
d'une créationfpéciale ; & que dans la natu
re, letout & les parties font l'ouvrage d'au
tant d'intentions qui leur ont affigné leur
être , leur nature , leur liaifon & leurs fonc
tions.
Onne comprend rien à ce qu'établiffent
les Philofophes , quand ils veulent conftrui
re le Monde par des affaiffemens , par des
tourbillons , ou par des attractions , parce
qu'on fent bien qu'un mouvement général ,
qui ne peut former les délinéamens d'un
poulet, ne peut pas, àplus forte raiſon, orga
nifer l'Univers. D'ailleurs il eft clair que ces
hypothéfes générales font une pure perte de
temps, puifque le Monde eft fait , & que
Dieune nous a donné des lumieres quepour
les chofes qu'il nous a chargés de faire ou de
gouverner. Mais comme il nous invite par
des présens perpétuels à une perpétuelle re
connoiffance, & à une continuelle activité
il nous a rendus très-clair-voyans fur fes in
tentions & fur l'uſage de fes dons. Ainsi no
Gret
1612 MERCURE DE FRANCE
tre vraye Physique eft de connoître notre
deftination & la portée de notre esprit , de
faire des tentatives , d'étudier la correspon
dance de tous les Etres qui nous environ
nent, avec nos besoins , & d'en faire valoir
les services pour le profit de la Societé. Cet
te Physique, dont l'excellence eft démontrée
par une Expérience de six mille ans , eft pré
cisément la Physique de Moyse , qui affigne
la création de chaque Elément & de chaque
espece organisées, à autant de volontés spa
ciales , & qui fait consifter le sçavoir de
l'homme , non à étudier la nature de ce qui
l'environne , mais à mettre en œuvre ce que
Dieu a fait pour lui,
C'eftainsi
nsi que
que M. Pluche a sçû tirer admi
rablement bien des Belles Lettres & de la
Philosophie , ce qui étoit le plus capable de
donner aux jeunes gens une vénération pro
fonde pour les Livres Saints, & pour leurin
culquer même avant qu'ils les ayent lûs , les
premieres vérités de la Révélation. Il finit
par quelques Reflexions très-mesurées, mais
intereffantes , sur les inconvéniens qu'il se- .
roit à desirer qu'on évitât dans la méthode
d'enseigner les Humanités & la Philosophie.
Il n'eft pas étonnant, au refte, que la Cour,la
Ville & laProvince,faffent un si bon accueil
à unAuteur qui joint partout la plus grande
modération aux vûës les plus nobles & les
plus
JUILLET. 1739. 1613
plus Chrétiennes. On ne pouvoit faire au Pu
blic un plus beau, ni un plus riche Présent
lon les idées des Poëtes , des Philosophes&
de Moyse, &c. 2. Volumes in-12. AParis ,
chés la veuve Etienne , ruë S. Jacques , à la
Vertu M. D'CC. XXXIX.
2
L'intention générale de l'Histoire du Ciel
se déclare dabord par le Frontispice. Dans
une très-jolie Estampe , dessinée & gravée
par M. le Bas , on voit le Philosophe Démo
crite , retiré dans les Tombeaux d'Abdére
& fort occupé àtracer les figures des affais
semens par lesquels ils'imagine que les Atô
mes se sont raprochés & ontformé le Mon
de. Un Bourgeois d'Abdére , blessé par l'in
utilité de cette étude , prend une Ardoise
qui s'est détachée d'un Tombeau , & y écrie
ces paroles :
Démocrite, à quoipenses-tu ? l'Homme n'est
Ras.
1302 MERCURE DE FRANCE
pas fait pour construire la Terre , maispour la
cultiver. Les Laboureurs & les Passans qui
lisent ou entendent lire cette Epigram
me,semoquentdu Philosophe. L'un haus
se les épaules ; l'autre éclatte de rire ; tous.
sentent que nous avons reçû assés d'intelli
gence pour reglernotre travail & nos mœurs;
mais que nous avons peu de lumieres sur ce
quin'a pas été confié à nos soins , ni soumis
à notre gouvernement.
Ce principe si conforme à la sagesse de
Dieu,& à l'expérience que nous faisons de sa
conduite , ne paroît guere suivi dans les
Etudes ordinaires. On s'y occupe peu du
possible , du nécessaire & de l'usuel , mais
on yfait, avec apareil, des recherches péni
bles pour expliquer ce qui nous passe; &
c'est pourramener lesEtudes desjeunes gens
à leur véritable objet , que l'Auteur entre
prend de leur faire connoîtreles bornes & la.
portée de leur esprit sur la plus curieuse de.
toutes les questions. Il n'y apersonne qui ne
souhaite naturellement, de sçavoir quelle est
l'origine du Monde , comment le Ĉiel & la
Terre ont été construits , quelles sont les in-.
fluences du Ciel sur la Terre , & quelle est
la composition intime de tous ces differens.
corps,
Pour réunir sur cette matiere importante.
ce qu'il est possible d'en sçavoir, l'Auteur
commence
JUILLET. 1739 1603
commence par examiner ce que les plus
beaux génies de l'Antiquité Payenne nous
enont apris dans les Ecrits qui nous restent.
Il examine ensuite les opinions des Philoso
phes des differens âges , sur la structure du
Monde. Il compare en dernier lieu ce que
notre propre expérience nous en aprend '
avec ce que les Livres Saints nous en disent.
Il est vrai que les Payens ont converti en
autant de Fables ce qu'ils avoient apris de
leurs Peres sur les mouvemens du Ciel & sur
ses raports avec la Terre ; mais l'Auteur , en
recherchant l'origine de ces contes bizares
découvre une foule de témoignages rendus
par l'Antiquité Payenne , à la vérité de l'His
toire du Genre Humain & de la Création;
telle que Moyse nous la raporte. Il est bien
éloigné de penser que les Payens ayent ima
giné leurs Fables d'après les differens traits
raportés dans les Livres Saints, Livres dont
les Payens n'avoient aucune connoissance ;
mais il démontre que tout le Paganisme est
une altération sensible des vérités primitives
& des Coûtumes transmises aux Hébreux &
à toutes les Familles de l'Univers par les En
fans de Noé.
Tout sonpremier Tome tend àfaire voir,
1º. que les principales Coûtumes de l'Idola
trie étoient innocentes dans leur origine , &
les mêmes que celles des Hébreux , parce
qu'elles
1664 MERCURE DE FRANCE
qu'elles couloient de la même source }
relatives au culte du même Dieu &
fondées sur les mêmes esperances. 2°. Que
>
les figures bizarres que les Idolâtres ont ho
norées comme des Dieux , n'étoient dans
leur institution que des Symboles ou des Si
gnes populaires , destinés à regler l'ordre des
Fêtes & des travaux; mais qu'elles furent pri
ses dansla suite pour ce qu'ellesprésentoient
à l'œil , & converties en autant de Divinités,
dispersées dans les differentes parties du Ciel.
L'Explication donnée par quelques An
ciens aux Signes de l'Ecrevisse , du Capri
corne & dela Vierge , lui donne lieu de fai
re voir que tous les Signes duZodiaquesont
des figures Symboliques , destinées à faire
entendre aux Peuples ce qui se pratiquoit
dans la Societé, à mesure que le Soleil pas→
soit sous chacun de ces Signes. Il démontre
que ces Signes sont plus anciens que la
Colonie des Egyptiens , d'où il sait qu'ils
sont d'un établissement antérieur à la disper
sion des Enfans de Noé. Tel est le premier
échantillon des Symboles employés par les
premiers Hommes, pour se regler entre eux,
lorsque notre Ecriture courante n'étoit pas
encore inventée. Par le moyen de cesFigures
& debien d'autres d'un goût semblable, qui
étoient publiquement exposées en Egypte ,
pour avertir les Habitans , soit du moment
précis
JUILLE T. 1739 1609
précis oùle Nilse débordoit, soitdu coursdu
Soleil , ou de l'ordre des Fêtes , & de la sui
te des travaux rustiques ; l'Auteur fait voir
que les Anciens annonçoient au Peuple tout
ce quil'interessoit , en plaçant dans les As
semblées certaines Figures Symboliques, qui
étoient comme autant d'Affiches ou de Si
>
gnes , dont le sens étoit connu.
Ainsi pour faire entendre aux Egyptiens
que labrillante Etoile , nommée la Canicu
le , commençoit àse montrer le matin , &
qu'il étoit temps de se retirer avec des pro
visions sur des Terrasses elevées, pour s'y
garantir du débordement qui suivoit de près
le lever de cet Astre , on plaçoit dans l'As
semblée la Figure d'Anubis , c'est-à-dire ,
d'un Donneurd'avis. C'étoit un hommequi
faisoit un signe de la main droite , & à qui
on donnoit la tête & le nom de l'Animal fi
dele , qui avertit la Famille des aproches du
voleur. On lui mettoit des aîles aux pieds ,
pour annoncer le besoin d'une prompte re
traite, une marmite au bras, pour marquerle
besoin de provisions , & une perche à la
main , pouravertir d'observer la profondeur
de l'eau , d'où dépendoit le salut de l'E
gypte.
La Sphinx, composée d'uncorps deLion
couché, & d'une tête, de jeune fille , se pla
çoit sur untherme d'uneha uteurdéterminée!
pour
170 MERCURE DE FRANCE
pour marquer l'élevation précise qu'il falloit
›
donner aux Terrasses & pour avertir le
Peuple de demeurer en repos tout le temps
quele Soleil mettroit à parcourir les Signes
du Lion & de la Vierge. Differens Oiseaux
signifioient les differens vents dont il falloit
observer le retour, pour regler certaines Opé
rations communes, telles que l'Arpentage
des terres, après la retraite des Eaux , les Se
mailles , la culture des Légumes , &c.
L'extrême simplicité de ces premieres Ex
plications , conduit l'Auteur à examiner le
sens du Soleil , ou du Cercle qu'on voit sur
tant de Figures Egyptiennes. Il montre que
c'est le Symbole de Dieu ; que le Serpent
qu'on y joignoit ordinairement , & qu'on
nommoitEVA, servoit à peindre la vie; qu'un
Conducteur, armé d'un foüet ou d'un Scep
tre , étoit le Symbole du Soleil ou de l'an
née qui regle la Nature ; qu'une Mere fécon
de, portant differens feuillages , selon les
saisons , avec un Sistre ou un Inftrument de
réjouiffance , étoit le Symbole de la Terre &
des Fêtes qu'on célebroit en chaque saison,
pourremercier Dieu des productions de la
Terre; que le Croiffant de Lune , posé sur
la tête de cette Femme , étoit l'annonce de
la Fête de la nouvelle Lune , &c. Que cette
Femmeavec une faucille , annonçoit la Fête
du commencement des Moiffons ; avec un
grand
JUILLE T. 1739. 1607
grand Poisson, la Pêche de la fin de l'hyver;
avec une Corne de Chevre sauvage , d'où
sortent des Epis, des Fruits & des Pavots ,
l'abondance & le repos dont onjouit après
toutes les récoltes, à l'entrée de l'hyver.
Al'aide de ces premiers traits & d'une
foule d'autres , que nous ne pouvons rapor
ter , le Lecteur aperçoit tout d'un coup que
ces Figures , qui n'étoient que des Lettres
des Ecriteaux , ou des Enseignes , propres
avertir le Peuple , sont devenus des Dieux ,
qui on été diftribués dans tous les Aftres &
dans les differentes parties du Ciel & de la
Terre. On a peine à concevoir comment
l'esprit de l'homme s'eft porté jusqu'à cet
égarement. On demande quelle eft l'origine.
de cette étrange méprise.
L'Auteur démontre que c'eft l'ouvrage de
la cupidité & de l'ignorance ; que les Egyp
tiens & tous les Peuples qui imitoient leurs
Usages, plus sensibles aux biens terreftres &
au plaisir , qu'à la juftice , négligerent dans
leurs Fêtes , les leçons de Religion & les
avis de toute espece qu'on leur don
noit par ces Figures , que l'introduction de
l'Ecriture courante aida encore à faire négli
ger le sens de laSymbolique, qui se conferva
dans le cérémonial des Fêtes.
Que les Figures d'Hommes , de Femmes
d'Oiseaux,de Feuillages, de Serpens & d'au
tres
608 MERCURE DE FRANCE
tres Animaux , furent peu àpeu prises gros
sierement pour ce qu'elles présentoient à
l'œil, qu'on prit Osiris , surmonté d'un Cer
cle Solaire , pour un homme qui habitoit
dans le Soleil; qu'Isis , avec son Croiffant ,
fut prise pourune femme qui faisoit sa rési
dence dans la Lunes qu'Anubis , oule Don
neur d'avis , fut pris pour le Meffager, qui
étoit chargé de signifier leurs ordres ; que
tes Oiseaux avoient auffi commiffion d'a
prendre aux Hommes tout cequi les interes
soit. De-là l'Idolâtrie , la Divination , les
Augures , & toutes les folies du Paganisme.
L'Auteur entre ici dans un détail interes
sant. Chaque page présente une agréable
nouveauté; & , quoiqu'il ne donne ses pen
sées quepourdes conjectures , elles se trou
vent tellement liées & si conformesau sens
naturel de tous les noms des Dieux, qu'il en
résulte une démonstration satisfaisante. L'a
vantage qui revient de cette Explication du
Ciel Poëtique , n'est
pas
seulement de pou
voirenfin rapeller à une origine fort simple
tous ces Dieux & ces Usages si étranges, que
nous trouvons à chaque pas dans les Auteurs
Payens; mais c'est spécialement de voir que
les idées & les pratiques des Anciens avant
l'introduction de l'Idolâtrie , sont précisé
ment les mêmes qu'avoient les Enfans de
Noé &lespremiers Patriarches ; ce qui don
ne
JUILLET. 1739: 1609
ne une grande idée des Livres de Moyse:
Dans la discuffion que le sçavant Auteur
fait ensuite desdifferens Systêmes des Philo,
sophes sur l'origine réelle ou possible de lá
Terre & des Cieux, il prouve que tous se
réunissent en un point , qui eft de dire, que
le Monde eft composé d'une matiere com
mune, ou éternellement préexiftante , ou
sortie des mains de Dieu. Tous les Philoso
phes, & ensuite les Athées, en contrefaisant
les Philosophes, ont dit qu'une matiere muë
suffisoit pour produire le Monde. M. Plu
che et bien éloigné de penser que nos
grands Philosophes ayent voulu favoriser
PAthéisme.
Mais si l'on démontre àun Athéequi croit
l'éternité de la matiere & du mouvement,
que la matiere , muë d'une façon géné
rale , ne peutproduire ni un Monde, ni un
grain de Métal déterminé , l'Athéïsme eſt
sans reſſource , on lui enleve l'unique princi
pe qu'il ait de tout temps effayé de faire va
loir.
Or c'est ce qu'on entreprend ici, & on dé
truit ce principe imaginaire, nonpar des rai
sonnemens , mais par des Expériences , d'où
il résulte , non seulement contre les Athées,
mais contre les hypotheses des Philosophes,
qu'il n'y a point de matiere premiere , qu'il
'y anon plus de matiere en général , que
d'esprit
1610 MERCURE DE FRANCE
'd'esprit en général ; que si Dieu créoit des
Esprits , ce seroit des intelligences Angéli
ques ou humaines , & nondes Esprits indé
terminés; que, s'il crée un corps, c'eſt untel
corps , & nonun corps engénéral , quin'eſt
qu'une pensée ou une idée abstraite ; qu'à la
vérité , les corps mêlangés & les corps orga
nisés sont composés de differens Elemens ,
qui s'uniffent & se séparent , mais que ces
Elemens, comme l'Eau, l'Air, le Sel , le Feu,
chaque Métal, le Sable, la Terre, &c. sont
des corps invariables en leur nature , que le
mouvement n'a pû les convertir de matiere
premiere en matiere d'une telle nature, puis-'
qu'aucun mouvement imaginable ne peut
changer ungrain de fer en autre chose qu'à
ce qu'il eft , ni produire un grain d'or où il
n'y en avoit point, que le mouvement peut
entretenir le Monde , & en varier la Scene;
mais qu'il n'a pû le former , ni y rien pro
duire de nouveau; que c'eft donc un conseil,
une intention déterminée & non un mouve
ment qui a fait éclore chaque chose. Il suit
encore des Expériences raportées par l'Au
teur , que le nombre des especes d'Elemens.
eft déterminé & indeftructible dans la natu
re, quele nombre des especes organisées eft
également déterminé , ensorte que les Mons
tres sont tous sans fécondité, parce que cette
fécondité détruiroit les especes primitives ,
qui
JUILLE T. 1739. 1611
qui sont invariables , comme la volonté de
celui qui les a faites. Par- là il se trouve dé
montréquela poffibilité d'un Monde prove
nu d'une matiere miſe en mouvement d'une
façon générale , & tourbillonnant tant qu'on
voudra , eft une idée infoûtenable, que
le
plus petit grain d'or, comme les délinéamens
d'un Moucheron dans fon œuf, ont befoin
d'une créationfpéciale ; & que dans la natu
re, letout & les parties font l'ouvrage d'au
tant d'intentions qui leur ont affigné leur
être , leur nature , leur liaifon & leurs fonc
tions.
Onne comprend rien à ce qu'établiffent
les Philofophes , quand ils veulent conftrui
re le Monde par des affaiffemens , par des
tourbillons , ou par des attractions , parce
qu'on fent bien qu'un mouvement général ,
qui ne peut former les délinéamens d'un
poulet, ne peut pas, àplus forte raiſon, orga
nifer l'Univers. D'ailleurs il eft clair que ces
hypothéfes générales font une pure perte de
temps, puifque le Monde eft fait , & que
Dieune nous a donné des lumieres quepour
les chofes qu'il nous a chargés de faire ou de
gouverner. Mais comme il nous invite par
des présens perpétuels à une perpétuelle re
connoiffance, & à une continuelle activité
il nous a rendus très-clair-voyans fur fes in
tentions & fur l'uſage de fes dons. Ainsi no
Gret
1612 MERCURE DE FRANCE
tre vraye Physique eft de connoître notre
deftination & la portée de notre esprit , de
faire des tentatives , d'étudier la correspon
dance de tous les Etres qui nous environ
nent, avec nos besoins , & d'en faire valoir
les services pour le profit de la Societé. Cet
te Physique, dont l'excellence eft démontrée
par une Expérience de six mille ans , eft pré
cisément la Physique de Moyse , qui affigne
la création de chaque Elément & de chaque
espece organisées, à autant de volontés spa
ciales , & qui fait consifter le sçavoir de
l'homme , non à étudier la nature de ce qui
l'environne , mais à mettre en œuvre ce que
Dieu a fait pour lui,
C'eftainsi
nsi que
que M. Pluche a sçû tirer admi
rablement bien des Belles Lettres & de la
Philosophie , ce qui étoit le plus capable de
donner aux jeunes gens une vénération pro
fonde pour les Livres Saints, & pour leurin
culquer même avant qu'ils les ayent lûs , les
premieres vérités de la Révélation. Il finit
par quelques Reflexions très-mesurées, mais
intereffantes , sur les inconvéniens qu'il se- .
roit à desirer qu'on évitât dans la méthode
d'enseigner les Humanités & la Philosophie.
Il n'eft pas étonnant, au refte, que la Cour,la
Ville & laProvince,faffent un si bon accueil
à unAuteur qui joint partout la plus grande
modération aux vûës les plus nobles & les
plus
JUILLET. 1739. 1613
plus Chrétiennes. On ne pouvoit faire au Pu
blic un plus beau, ni un plus riche Présent
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Résumé : Histoire du Ciel, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Histoire du Ciel' examine les perspectives des poètes, philosophes et de Moïse sur l'origine et la structure du monde. L'auteur compare les connaissances humaines avec celles des Livres Saints, démontrant que les mythes païens, bien que fantaisistes, contiennent des éléments de vérité sur l'histoire humaine et la création tels que rapportés par Moïse. Le paganisme est décrit comme une déformation des vérités primitives transmises aux Hébreux et à toutes les familles de l'univers par les enfants de Noé. Le premier tome montre que les principales coutumes idolâtres étaient initialement innocentes et similaires à celles des Hébreux, provenant de la même source et vouées au culte du même Dieu. Les symboles comme Anubis ou la Sphinx servaient à transmettre des informations cruciales, telles que les périodes de débordement du Nil ou les mouvements du soleil. Ces symboles, devenus des dieux, sont attribués à la cupidité, à l'ignorance et à la négligence des enseignements religieux. Le texte explore l'évolution des symboles égyptiens vers l'idolâtrie, soulignant que les idées et pratiques des Anciens avant l'idolâtrie étaient proches de celles des descendants de Noé et des premiers patriarches. Il critique les philosophes qui tentent d'expliquer la création par des phénomènes naturels comme des affaissements, des tourbillons ou des attractions, affirmant que le monde est déjà créé et que Dieu a donné à l'humanité des lumières pour comprendre et utiliser les choses selon Sa volonté. Selon l'auteur, la véritable physique consiste à connaître sa destination et la portée de son esprit, à étudier la correspondance entre les êtres et les besoins humains, et à utiliser ces connaissances pour le bien de la société. Le texte loue M. Pluche pour son aptitude à inculquer aux jeunes une vénération profonde pour les Livres Saints et les vérités de la Révélation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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877
p. 1352-1355
LES REGRETS de S. Augustin, sur la Mort de Sainte Monique. ELEGIE, par M. d'Arnaud.
Début :
Enfin, cruelle Mort, ta main vient de trancher [...]
Mots clefs :
Mère, Yeux, Dieu, Main, Jours, Vertu, Saint Augustin, Sainte Monique
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texteReconnaissance textuelle : LES REGRETS de S. Augustin, sur la Mort de Sainte Monique. ELEGIE, par M. d'Arnaud.
LES REGRETS de S. Augustin , sur la
Mort de Sainte Monique.
ELEGIE , par M. d'Arnaud.
Enfin ,cruelle Mort , ta main vient de trancher
Des jours qu'au fil des miens tout sembloit attacher;
Dans la nuit du tombeau ma Mere descenduë ,
A mes voeux impuissants ne sera point renduë
C'en est fait ; pour jamais ; les Ombres du trépas
Obscurcissent ces yeux qui veilloient sur mes pas ;
Pour jamais le Destin enleve à ma jeunesse
L'apui que tant de fois rechercha sa foiblesse ,
Lorsque des passions le souffle corrupteur ,
Répandant sur ma vie une triste langueur ,
Flétrit dans son printemps sa fleur encor trop tendre,
Qui des Zéphirs trompeurs n'avoit pû se défendre ,
Et de la volupté respirant le poison ,
N'avoit jamais goûté l'air pur de la raison ;
Par la main des Plaisirs cette fleur cultivée ,
Etoit dans son Aurore à périr réservée ;
C'est toi seul, ô mon Dieu, dont le bras-Tout-Puissant
Loin d'elle , détourna cet orage naissant ,
Releva tout à coup sa tige dessechée ,
Qui prête à succomber , vers la terre panchée ,
Attendoit
JUIN.
1353
1740.
Attendoit que les vents , ou le fer inhumain ,
Du cours de sa langueur vinssent hâter la fin ;
C'est , toi qui me couvrant de ton aîle attentive,
Rapellas dans mon coeur la vertu fugitive ,
Par la voix d'une Mere excitas ints remords ;
De mes sens révoltés étouffas les transports ,
Et m'arrachant au joug où m'entraînoit le crime ,
Pour m'élever à toi , me tiras de l'abîme ;
Après m'avoir comblé de tes plus grands bienfaits,
N'avois- tu pas , Seigneur , oublié mes forfaits ?
Falloit- il égaler le suplice à l'offense ?
Mesurer ta justice au poids de ta clémence ,
Et m'ôtant tout le bien que tu m'avois donné ,
Me rendre plus sensible & plus infortuné ?
Ma Mere a donc pour moi désarmé ta justice ?
Des crimes de son fils elle n'est point complice ,
Tu sçais , grand Dieu , tu sçais pour ce fils malheureux
,
Dans quels torrens de pleurs se sont noyés ses yeux,
Tu sçais avec quel soin entretenant ma flâme ,
'De tes feux immortels elle embrasa mon ame ;
Hélas ! combien de fois craignant pour moi tes
coups ,
A-t'elle , par ses voeux , suspendu ton courroux ?
Combien de fois baignant tes Autels de ses larmes,
T'a- t'elle , pour son fils , expliqué ses allarmes
De l'Hérésie enfin m'arrachant le bandeau ,
Elle fit à mes yeux briller un jour nouveau ;
II. Vol. E Je
354 MERCURE DE FRANCE
Je me rapelle encor ces adieux si funestes ,
Qui de ses tristes jours ont consacré les restes .
O mon fils , me dit- elle , en essuyant mes pleurs ,
Le Seigneur marque enfin un terme à mes douleurs,
Des chaînes de ce corps mon ame dégagée ,
Du joug des passions ne sera plus chargée ;
Je vais au sein de Dieu , qui m'apelle aujourd'hui,
Reprendre un nouvel Etre & plus digne de lui ;
Je vous laisse au milieu d'une Mer orageuse ,
En nauffrages féconde , & toujours dangeureuse ;
Les vents que sur ses bords les plaisirs font regner,
Du Port de la Vertu sçauront vous éloigner ;
Quelquefois retenant leur souffle trop rapide ,
Ils pourront vous tromper par un calme perfide ,
Craignez de ces Zéphirs la maligne douceur ,
Leur haleine souvent précipite à l'erreur ;
D'écueils & de debris cette Mer est couverte ,
Ses bords semés de fleurs , menent à notre perte ;
N'en aprochez jamais , ces bords délicieux
Corrompront votre coeur en séduisant vos yeux ,
Et d'objets effrayans vous dérobant l'image ,
Vous conduiront sans peine au- devant du naufrage,
Enfin pour arriver au Port de la Vertu ,
Il faut que votre coeur par vous soit combattu ,
Fuyez la volupté , Sirene enchantereffe ,
Elle sçait de nos sens surprendre la foiblesse ,
De ses chants séducteurs redoutez les apasz
Dieu
JUIN. 17407
1358
>
Dieu sera le Pilote , & de son propre bras
Poussant votre Vaisseau vers cet heureux rivage ,
Mettra vos jours serains à l'abri de l'orage .
Tel étoit , ô ma Mere ; en ce moment cruel
Le discours qu'en ta bouche avoit mis l'Éternel ,
Tel étoit le chemin que ta main languissante
Traçoit aux premiers pas de ma vertu naissante.
Depuis que de tes jours le flambeau s'est éteint ,
J'ai desiré le sort que pour toi j'avois craint.
De mes yeux le Soleil r'ouvre- t'il la paupiere ,
Le Soleil voit mes yeux chercher partout ma Mere,
La nuit succede- t'elle à l'Astre qui nous luit ,
Je demande ma Mere aux ombres de la nuit ;
En vain mes tristes yeux ne s'ouvrent que pour elle ,
En vain ma foible voix en ces lieux la rapelle ,
Ainsi que mes regards , mes cris sont superflus ,
Tout me dit , tout m'aprend que ma Mere n'est
plus ;
O toi , de tes Elus & le Pere , & le Juge "
Toi , qui des malheureux es l'unique réfuge ,
Entends ma voix plaintive , & sois mon Protecteur
Fais voler devant moi l'Ange Consolateur ,
Pour combattre mes maux , Dieu , prête- moi tes
Armes ,
Que ta divine main daigne essuyer mes larmes ,
Et qu'en toi retrouvant les biens que j'ai perdus ,
Ma Mere & mon bonheur par toi me soit rendus.
Mort de Sainte Monique.
ELEGIE , par M. d'Arnaud.
Enfin ,cruelle Mort , ta main vient de trancher
Des jours qu'au fil des miens tout sembloit attacher;
Dans la nuit du tombeau ma Mere descenduë ,
A mes voeux impuissants ne sera point renduë
C'en est fait ; pour jamais ; les Ombres du trépas
Obscurcissent ces yeux qui veilloient sur mes pas ;
Pour jamais le Destin enleve à ma jeunesse
L'apui que tant de fois rechercha sa foiblesse ,
Lorsque des passions le souffle corrupteur ,
Répandant sur ma vie une triste langueur ,
Flétrit dans son printemps sa fleur encor trop tendre,
Qui des Zéphirs trompeurs n'avoit pû se défendre ,
Et de la volupté respirant le poison ,
N'avoit jamais goûté l'air pur de la raison ;
Par la main des Plaisirs cette fleur cultivée ,
Etoit dans son Aurore à périr réservée ;
C'est toi seul, ô mon Dieu, dont le bras-Tout-Puissant
Loin d'elle , détourna cet orage naissant ,
Releva tout à coup sa tige dessechée ,
Qui prête à succomber , vers la terre panchée ,
Attendoit
JUIN.
1353
1740.
Attendoit que les vents , ou le fer inhumain ,
Du cours de sa langueur vinssent hâter la fin ;
C'est , toi qui me couvrant de ton aîle attentive,
Rapellas dans mon coeur la vertu fugitive ,
Par la voix d'une Mere excitas ints remords ;
De mes sens révoltés étouffas les transports ,
Et m'arrachant au joug où m'entraînoit le crime ,
Pour m'élever à toi , me tiras de l'abîme ;
Après m'avoir comblé de tes plus grands bienfaits,
N'avois- tu pas , Seigneur , oublié mes forfaits ?
Falloit- il égaler le suplice à l'offense ?
Mesurer ta justice au poids de ta clémence ,
Et m'ôtant tout le bien que tu m'avois donné ,
Me rendre plus sensible & plus infortuné ?
Ma Mere a donc pour moi désarmé ta justice ?
Des crimes de son fils elle n'est point complice ,
Tu sçais , grand Dieu , tu sçais pour ce fils malheureux
,
Dans quels torrens de pleurs se sont noyés ses yeux,
Tu sçais avec quel soin entretenant ma flâme ,
'De tes feux immortels elle embrasa mon ame ;
Hélas ! combien de fois craignant pour moi tes
coups ,
A-t'elle , par ses voeux , suspendu ton courroux ?
Combien de fois baignant tes Autels de ses larmes,
T'a- t'elle , pour son fils , expliqué ses allarmes
De l'Hérésie enfin m'arrachant le bandeau ,
Elle fit à mes yeux briller un jour nouveau ;
II. Vol. E Je
354 MERCURE DE FRANCE
Je me rapelle encor ces adieux si funestes ,
Qui de ses tristes jours ont consacré les restes .
O mon fils , me dit- elle , en essuyant mes pleurs ,
Le Seigneur marque enfin un terme à mes douleurs,
Des chaînes de ce corps mon ame dégagée ,
Du joug des passions ne sera plus chargée ;
Je vais au sein de Dieu , qui m'apelle aujourd'hui,
Reprendre un nouvel Etre & plus digne de lui ;
Je vous laisse au milieu d'une Mer orageuse ,
En nauffrages féconde , & toujours dangeureuse ;
Les vents que sur ses bords les plaisirs font regner,
Du Port de la Vertu sçauront vous éloigner ;
Quelquefois retenant leur souffle trop rapide ,
Ils pourront vous tromper par un calme perfide ,
Craignez de ces Zéphirs la maligne douceur ,
Leur haleine souvent précipite à l'erreur ;
D'écueils & de debris cette Mer est couverte ,
Ses bords semés de fleurs , menent à notre perte ;
N'en aprochez jamais , ces bords délicieux
Corrompront votre coeur en séduisant vos yeux ,
Et d'objets effrayans vous dérobant l'image ,
Vous conduiront sans peine au- devant du naufrage,
Enfin pour arriver au Port de la Vertu ,
Il faut que votre coeur par vous soit combattu ,
Fuyez la volupté , Sirene enchantereffe ,
Elle sçait de nos sens surprendre la foiblesse ,
De ses chants séducteurs redoutez les apasz
Dieu
JUIN. 17407
1358
>
Dieu sera le Pilote , & de son propre bras
Poussant votre Vaisseau vers cet heureux rivage ,
Mettra vos jours serains à l'abri de l'orage .
Tel étoit , ô ma Mere ; en ce moment cruel
Le discours qu'en ta bouche avoit mis l'Éternel ,
Tel étoit le chemin que ta main languissante
Traçoit aux premiers pas de ma vertu naissante.
Depuis que de tes jours le flambeau s'est éteint ,
J'ai desiré le sort que pour toi j'avois craint.
De mes yeux le Soleil r'ouvre- t'il la paupiere ,
Le Soleil voit mes yeux chercher partout ma Mere,
La nuit succede- t'elle à l'Astre qui nous luit ,
Je demande ma Mere aux ombres de la nuit ;
En vain mes tristes yeux ne s'ouvrent que pour elle ,
En vain ma foible voix en ces lieux la rapelle ,
Ainsi que mes regards , mes cris sont superflus ,
Tout me dit , tout m'aprend que ma Mere n'est
plus ;
O toi , de tes Elus & le Pere , & le Juge "
Toi , qui des malheureux es l'unique réfuge ,
Entends ma voix plaintive , & sois mon Protecteur
Fais voler devant moi l'Ange Consolateur ,
Pour combattre mes maux , Dieu , prête- moi tes
Armes ,
Que ta divine main daigne essuyer mes larmes ,
Et qu'en toi retrouvant les biens que j'ai perdus ,
Ma Mere & mon bonheur par toi me soit rendus.
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Résumé : LES REGRETS de S. Augustin, sur la Mort de Sainte Monique. ELEGIE, par M. d'Arnaud.
L'élégie 'Les Regrets de S. Augustin sur la Mort de Sainte Monique' de M. d'Arnaud exprime la douleur de l'auteur suite au décès de sa mère, Sainte Monique. Cette dernière avait été une figure protectrice et guidante dans sa vie. L'auteur regrette profondément la perte de son soutien moral et spirituel, soulignant qu'elle l'avait sauvé de nombreuses tentations et erreurs. Sainte Monique avait prié pour lui, l'avait guidé loin de l'hérésie et l'avait encouragé à suivre la voie de la vertu. Lors de leurs derniers adieux, elle l'avait mis en garde contre les dangers des plaisirs et des passions, et l'avait exhorté à rester sur le chemin de la vertu. Depuis sa mort, l'auteur ressent un vide immense et appelle Dieu à le consoler et à lui rendre le bonheur perdu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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878
p. 2689-2690
AUTRE.
Début :
D'onze Lettres formé, je chante les hauts faits [...]
Mots clefs :
Martyrologe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
D'Onze Lettres formé, je chante les hauts faits
De ces héros comblés de gloire ,
De ces braves , dont la mémoire
Doit être précieufe & célébre à jamais
Un de mes pieds ôté , qu'en deux on me divife ,
La premiere moitié préfente à vos efprits .
Un athlete vainqueur qui remporte le prix ,
Superieur à ceux que l'on vantoit à Pife .
Dans la feconde on renferme les foux .
Dix , huit , neuf; cinq , trois , onze. Ah ! que je
fuis aimable !
De moi tous les grands coeurs font épris ,font jaloux.
Quatre, cinq , dix, trois, onze , Animal redoutable ;
Un, deux, dix , cinq , & onze ; un cas pendable;
Quatre , cinq, trois : un Royaume cité
En plufieurs lieux de l'Evangile ;
Deux, cinq , donne un Vin fort vanté .
Deux, trois, un, fept, cinq , fix & onze : un meuble
utile ,
Dix
2690 MERCURE DE FRANCE
Dix, fept, deux : Lieu connu par l'Inquifition ,
Huit, neuf, cinq, dix & onze , eft Riviere fameuſe
Cinq, trois & onze , aveugle Paffion ,
Un, fept, cinq, trois & onze , Etoffe précieuſe ,
Un , deux , fix , onze : Eau croupie & bourbeufe,
Cinq , un & deux , dix & onze , autrefois
L'hérétique a tenté de détruire mon culte ,
Onze, huit, deux , d'lfraël un des Rois ,
Trois , cinq , quatre, onze , avant l'Office on me
confulte .
Sept, trois , dix & onze , eft un Grain ,
Dont quelquefois on fait du Pain ,
Un, deux, fix, cinq , mon nom , belle Agnès, vous
fait rire ,
Deux, cinq & trois , l'on me refpire ,
Quatre, deux, dix & onze , un Fleuve renommé,
Deux, un & cinq , chofe rare en ce monde ,
Six,deux,un, onze , Inftrument qui fend l'Onde
Un , deux, fix , dix & onze , eſt à tout imprimé ;
Mais crainte qu'à la fin l'Eſprit ne s'alambique ,
En quatre mots , cher Lecteur , on finit ,
On trouve en moi trois Notes de Mufique ,
Et cinq Villes encore , et je n'ai pas tout dite
D'Onze Lettres formé, je chante les hauts faits
De ces héros comblés de gloire ,
De ces braves , dont la mémoire
Doit être précieufe & célébre à jamais
Un de mes pieds ôté , qu'en deux on me divife ,
La premiere moitié préfente à vos efprits .
Un athlete vainqueur qui remporte le prix ,
Superieur à ceux que l'on vantoit à Pife .
Dans la feconde on renferme les foux .
Dix , huit , neuf; cinq , trois , onze. Ah ! que je
fuis aimable !
De moi tous les grands coeurs font épris ,font jaloux.
Quatre, cinq , dix, trois, onze , Animal redoutable ;
Un, deux, dix , cinq , & onze ; un cas pendable;
Quatre , cinq, trois : un Royaume cité
En plufieurs lieux de l'Evangile ;
Deux, cinq , donne un Vin fort vanté .
Deux, trois, un, fept, cinq , fix & onze : un meuble
utile ,
Dix
2690 MERCURE DE FRANCE
Dix, fept, deux : Lieu connu par l'Inquifition ,
Huit, neuf, cinq, dix & onze , eft Riviere fameuſe
Cinq, trois & onze , aveugle Paffion ,
Un, fept, cinq, trois & onze , Etoffe précieuſe ,
Un , deux , fix , onze : Eau croupie & bourbeufe,
Cinq , un & deux , dix & onze , autrefois
L'hérétique a tenté de détruire mon culte ,
Onze, huit, deux , d'lfraël un des Rois ,
Trois , cinq , quatre, onze , avant l'Office on me
confulte .
Sept, trois , dix & onze , eft un Grain ,
Dont quelquefois on fait du Pain ,
Un, deux, fix, cinq , mon nom , belle Agnès, vous
fait rire ,
Deux, cinq & trois , l'on me refpire ,
Quatre, deux, dix & onze , un Fleuve renommé,
Deux, un & cinq , chofe rare en ce monde ,
Six,deux,un, onze , Inftrument qui fend l'Onde
Un , deux, fix , dix & onze , eſt à tout imprimé ;
Mais crainte qu'à la fin l'Eſprit ne s'alambique ,
En quatre mots , cher Lecteur , on finit ,
On trouve en moi trois Notes de Mufique ,
Et cinq Villes encore , et je n'ai pas tout dite
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880
p. 1354-1356
VERS SUR LA SECHERESSE.
Début :
Seigneur, à nos vœux sois propice ; [...]
Mots clefs :
Dieu, Sécheresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS SUR LA SECHERESSE.
VERS SUR LA SECHERESSE.
Seigneur , à nos vœux fois propice ;
Ecoute nos gémiffemens ;
Fais finir ces longs châtimens
Donttu punis notre malice.
Ton bras s'eft fait affés fentir
Sur ton Peuple toujours coupable
Que tabonté , Dieu fecourable,
Pardonne à notre repentir.
Et que
Vois nos maux & notre mifere .
Laiffe-toi toucher à nos pleurs ,
l'excès de nos malheurs,
Défarme ta jufte colere..
Nos crimes ont fermé les Cieux;
Les Eaux n'arrofent plus la terre ,
Les champs d'une onde falutaire
Sentent le befoin en toux Lieux.
Le Laboureur faifi de crainte ,
Voit par-là fruftrer fon efpoir ;.
Il n'eſt pas même en fon pouvoir
D'étouffer fa trop trifte plainte..
Ton
JUIN.
Ton Eglife , par ſes ſoupirs
Fait voir l'excès de fa trifteffe ;
Prouve-lui , Grand Dieu , ta tendreffe,,
En fatisfaifant fes défirs..
1742.
Par fes vœux & parLes prieres
Elle demande un promptfecours
Elle t'implore tous les jours
Dans le plus facré des Myfteres..
Ovous, Patronne de Paris ,
Anosvœux toûjours favorable ,
Devotre Peuple miſérable
Ecoutez les lugubres cris.
Fléchiffez ce Dieu de juſtice ,.
Que nous avons tant offenſé ;
Sur une cœur de regrets percé,
Que fon ire fe ralentiffe.
Tel autrefois fur le Carmel,.
On vit un Prophete fenfible
Aux foupirs d'un Peuple infléxibles .
Faire ouvrir les voutes du Ciel..
Ainfi notre fainte Bergere
Exauce fon peuple affligé,
1355
Qui
1356 MERCURE DE FRANCE
Qui s'en retourne ſoulagé ,
Dès qu'il expofe fa mifere.
Le Ciel fenfible à nos foupirs,
Se couvre auffi-tôt d'un nuage ;
Le vent fouffle & forme un orage ,
Qui metle comble à nos défirs.
Témoignons par des fonsjoyeux
Notre ardeur & notre allegreffe ,
Et que nos Cantiques las ceffe.
Retentiflent jufques aux Cieux..
Seigneur , à nos vœux fois propice ;
Ecoute nos gémiffemens ;
Fais finir ces longs châtimens
Donttu punis notre malice.
Ton bras s'eft fait affés fentir
Sur ton Peuple toujours coupable
Que tabonté , Dieu fecourable,
Pardonne à notre repentir.
Et que
Vois nos maux & notre mifere .
Laiffe-toi toucher à nos pleurs ,
l'excès de nos malheurs,
Défarme ta jufte colere..
Nos crimes ont fermé les Cieux;
Les Eaux n'arrofent plus la terre ,
Les champs d'une onde falutaire
Sentent le befoin en toux Lieux.
Le Laboureur faifi de crainte ,
Voit par-là fruftrer fon efpoir ;.
Il n'eſt pas même en fon pouvoir
D'étouffer fa trop trifte plainte..
Ton
JUIN.
Ton Eglife , par ſes ſoupirs
Fait voir l'excès de fa trifteffe ;
Prouve-lui , Grand Dieu , ta tendreffe,,
En fatisfaifant fes défirs..
1742.
Par fes vœux & parLes prieres
Elle demande un promptfecours
Elle t'implore tous les jours
Dans le plus facré des Myfteres..
Ovous, Patronne de Paris ,
Anosvœux toûjours favorable ,
Devotre Peuple miſérable
Ecoutez les lugubres cris.
Fléchiffez ce Dieu de juſtice ,.
Que nous avons tant offenſé ;
Sur une cœur de regrets percé,
Que fon ire fe ralentiffe.
Tel autrefois fur le Carmel,.
On vit un Prophete fenfible
Aux foupirs d'un Peuple infléxibles .
Faire ouvrir les voutes du Ciel..
Ainfi notre fainte Bergere
Exauce fon peuple affligé,
1355
Qui
1356 MERCURE DE FRANCE
Qui s'en retourne ſoulagé ,
Dès qu'il expofe fa mifere.
Le Ciel fenfible à nos foupirs,
Se couvre auffi-tôt d'un nuage ;
Le vent fouffle & forme un orage ,
Qui metle comble à nos défirs.
Témoignons par des fonsjoyeux
Notre ardeur & notre allegreffe ,
Et que nos Cantiques las ceffe.
Retentiflent jufques aux Cieux..
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881
p. 1382-1383
LOGOGRYPHE.
Début :
Pour te prouver, Lecteur, jusqu'où va ma tendresse, [...]
Mots clefs :
Idolâtrie
883
p. 1125-1128
EXTRAIT d'une Lettre de M..... sur l'origine de l'usage de réciter trois fois Ave Maria à midi.
Début :
Dans ce que le R. P. Texte a écrit depuis neuf ou dix ans, M. sur un ancien [...]
Mots clefs :
Louis XI, Ave Maria, Salutation angélique, Louis le Gros, Ordonnance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de M..... sur l'origine de l'usage de réciter trois fois Ave Maria à midi.
EXTRAIT d'une Lettre de M.....fur
l'origine de l'ufage de réciter trois fois
D
Ave Maria à midi.
Ans ce que le R. P. Texte a écrit depuis
neuf ou dix ans , M. fur un ancien
Jetton orné de la Légende , Ave Maria
, il a appellé au fecours de l'explication ,
qu'il en donne, deux Ordonnances de Louis
XI ; la premiere , dit-il , datée du premier
Mai 1472 , fut donnée , pour faire réciter la
Salutation Angélique trois fois le jour , au fon
de la cloche ; pour ce qui eft de midi, Louis XI
ne fit que renouveller ce qui fe pratiquoit fous
Louis le Gros , décédé en 1137 ; voila ce que
je lis dans fon Ecrit , inféré dans le Mercure
de Juin 1735 , & une preuve certaine que
ce R. P. eft bien perfuadé de ce qu'il a écrit
en 1735 , eft qu'en 1740 , dans le Mercure
de
Y126 MERCURE DE FRANCE.
de Juin premier Volume , il répete en abregé
la même chofe , écrivant à M. Péliffier
de Féligonde , qui demandoit à s'inftruire
fur ces anciens Jettons marqués de l'Ave
Maria. Ce fut , dit-il , ce Roi ( Louis XI )
qui ordonna le premier Mai 1472 , que l'on
fonneroit trois fois le jour l'Ave Maria , Louis
le Gros qui regnoit en 1137 , ne l'ayant ordonné
que pour le midi.
Il me paroît que l'on peut réduire ces deux
Morceaux du R. P. Texte , à deux propofitions
; l'une confifte à affûrer que fous Louis
le Gros , décédé en 1137 , la pratique de réciter
à midi la Salutation Angélique , fubfiftoit
déja, & que c'étoit ce Roi qui l'avoit
ordonné ; l'autre Propofition eft que Louis
XI ordonna le premier Mai qu'on récitât la
Salutation Angélique trois fois le jour au
fon de la cloche.
Quelque haute que foit l'idée que j'ai des
profondes recherches du fçavant Pere Texte,
je crains bien qu'il ne fe foit trompé au ſujet
de l'Ordonnance
de Louis VI, autrement
Louis le Gros , & ce qui me porte à le
craindre , eft que felon lesMonumens
du Regne
de Louis XI , ce dernier Prince n'inftitua
que l'Ave Maria de midi & non pas
celui du matin ni celui du foir , que quelques
Monumens, échappés à la fagacité de ce
Pere , prouvent être plus anciens que le Regne
du même Louis XI. A
voning
JUI N. 1744. 1127
A l'égard de l'établiſſement de l'Ave de
midi , voici ce qu'en dit l'Auteur de la Chronique
du Greffier de l'Hôtel de Ville de Paris
, qui étoit contemporain. » Et le dit pre-
» mier jour de Mai 1472 , fut fait à Paris
» une moult belle & notable Proceffion
» en l'Eglife & fait ung prefchement bien
» folemnel par ung Docteur en
Docteur en Théologie,
» nommé Maiftre Jehan Beete , natif de
Tours , lequel dift & déclaira entre autres
» chofes , que le Roi avoit finguliere confi-
» dence en la benoifte Vierge Marie, prioit
» & exhortoit fon bon populaire , manans
» & habitans de la Cité de Paris, que doref-
» navant à l'heure de midi que fonneroit à
l'Eglife dudit Paris la groffe cloche , cha-
» cun feuft fléchi ung genoüil en terre , en
» difant Ave Maria , pour donner bonne
paix au Royaume de France .
«
99
Parmi les Hiftoriens modernes , je me
contenterai , de crainte d'être long , de citer
ce qu'en dit le Pere Daniel , en une fimple
ligne à la fin de la Vie de Louis XI . Ce fut
lu , dit- il, qui établit en France la coûtume de
fonner l'Angelus à midi.
Pour que je ceffe de craindre que le R. P.
Texte n'ait pris le change dans ce qu'il a
écrit fur l'établiffement des Ave ou Angelus,
je prends la liberté de lui demander où fe
trouve l'Ordonnance du Roi Louis le Gros,
qui ,
1128 MERCURE DE FRANCE.
qui , felon lui , établit à midi la récitation
de l'Ave? Je fuis d'autant plus curieux de la
connoître , que ni Duchefne , ni Dom Mabillon
, ni M. Du Cange , ni Dom Martenne
, tous quatre grands Scrutateurs des anciens
Monumens de la Monarchie , ne diſent
rien de cette Ordonnance, quoique les
trois derniers euffent eûr occafion de la produire
dans ce qu'ils ont écrit fur la Salutation,
Ave Maria, fi elle leur eût été connuë.
M. Secouffe, qui fupplée à ce qui manque au
Recueil d'Ordonnances de M. de Lauriere ,
& Dom Martin Bouquet , Bénédictin , qui ramaffe
tous les Monumens qui regardent nos
Rois, auront, fans doute , beaucoup d'obligation
au P.Texte , s'il leur indique où eft contenuë
la teneur de cette Ordonnance ; ea
mon particulier, je le prie de la tranfmettre
en fon entier au Public par le canal du Mercure
, afin qu'on revienne du préjugé où
l'on eft , que la Salutation Angélique du
foir & du matin eft d'un établiffement plus
ancien que celle de midi.
De B..... ce 31 Mars 1744.
l'origine de l'ufage de réciter trois fois
D
Ave Maria à midi.
Ans ce que le R. P. Texte a écrit depuis
neuf ou dix ans , M. fur un ancien
Jetton orné de la Légende , Ave Maria
, il a appellé au fecours de l'explication ,
qu'il en donne, deux Ordonnances de Louis
XI ; la premiere , dit-il , datée du premier
Mai 1472 , fut donnée , pour faire réciter la
Salutation Angélique trois fois le jour , au fon
de la cloche ; pour ce qui eft de midi, Louis XI
ne fit que renouveller ce qui fe pratiquoit fous
Louis le Gros , décédé en 1137 ; voila ce que
je lis dans fon Ecrit , inféré dans le Mercure
de Juin 1735 , & une preuve certaine que
ce R. P. eft bien perfuadé de ce qu'il a écrit
en 1735 , eft qu'en 1740 , dans le Mercure
de
Y126 MERCURE DE FRANCE.
de Juin premier Volume , il répete en abregé
la même chofe , écrivant à M. Péliffier
de Féligonde , qui demandoit à s'inftruire
fur ces anciens Jettons marqués de l'Ave
Maria. Ce fut , dit-il , ce Roi ( Louis XI )
qui ordonna le premier Mai 1472 , que l'on
fonneroit trois fois le jour l'Ave Maria , Louis
le Gros qui regnoit en 1137 , ne l'ayant ordonné
que pour le midi.
Il me paroît que l'on peut réduire ces deux
Morceaux du R. P. Texte , à deux propofitions
; l'une confifte à affûrer que fous Louis
le Gros , décédé en 1137 , la pratique de réciter
à midi la Salutation Angélique , fubfiftoit
déja, & que c'étoit ce Roi qui l'avoit
ordonné ; l'autre Propofition eft que Louis
XI ordonna le premier Mai qu'on récitât la
Salutation Angélique trois fois le jour au
fon de la cloche.
Quelque haute que foit l'idée que j'ai des
profondes recherches du fçavant Pere Texte,
je crains bien qu'il ne fe foit trompé au ſujet
de l'Ordonnance
de Louis VI, autrement
Louis le Gros , & ce qui me porte à le
craindre , eft que felon lesMonumens
du Regne
de Louis XI , ce dernier Prince n'inftitua
que l'Ave Maria de midi & non pas
celui du matin ni celui du foir , que quelques
Monumens, échappés à la fagacité de ce
Pere , prouvent être plus anciens que le Regne
du même Louis XI. A
voning
JUI N. 1744. 1127
A l'égard de l'établiſſement de l'Ave de
midi , voici ce qu'en dit l'Auteur de la Chronique
du Greffier de l'Hôtel de Ville de Paris
, qui étoit contemporain. » Et le dit pre-
» mier jour de Mai 1472 , fut fait à Paris
» une moult belle & notable Proceffion
» en l'Eglife & fait ung prefchement bien
» folemnel par ung Docteur en
Docteur en Théologie,
» nommé Maiftre Jehan Beete , natif de
Tours , lequel dift & déclaira entre autres
» chofes , que le Roi avoit finguliere confi-
» dence en la benoifte Vierge Marie, prioit
» & exhortoit fon bon populaire , manans
» & habitans de la Cité de Paris, que doref-
» navant à l'heure de midi que fonneroit à
l'Eglife dudit Paris la groffe cloche , cha-
» cun feuft fléchi ung genoüil en terre , en
» difant Ave Maria , pour donner bonne
paix au Royaume de France .
«
99
Parmi les Hiftoriens modernes , je me
contenterai , de crainte d'être long , de citer
ce qu'en dit le Pere Daniel , en une fimple
ligne à la fin de la Vie de Louis XI . Ce fut
lu , dit- il, qui établit en France la coûtume de
fonner l'Angelus à midi.
Pour que je ceffe de craindre que le R. P.
Texte n'ait pris le change dans ce qu'il a
écrit fur l'établiffement des Ave ou Angelus,
je prends la liberté de lui demander où fe
trouve l'Ordonnance du Roi Louis le Gros,
qui ,
1128 MERCURE DE FRANCE.
qui , felon lui , établit à midi la récitation
de l'Ave? Je fuis d'autant plus curieux de la
connoître , que ni Duchefne , ni Dom Mabillon
, ni M. Du Cange , ni Dom Martenne
, tous quatre grands Scrutateurs des anciens
Monumens de la Monarchie , ne diſent
rien de cette Ordonnance, quoique les
trois derniers euffent eûr occafion de la produire
dans ce qu'ils ont écrit fur la Salutation,
Ave Maria, fi elle leur eût été connuë.
M. Secouffe, qui fupplée à ce qui manque au
Recueil d'Ordonnances de M. de Lauriere ,
& Dom Martin Bouquet , Bénédictin , qui ramaffe
tous les Monumens qui regardent nos
Rois, auront, fans doute , beaucoup d'obligation
au P.Texte , s'il leur indique où eft contenuë
la teneur de cette Ordonnance ; ea
mon particulier, je le prie de la tranfmettre
en fon entier au Public par le canal du Mercure
, afin qu'on revienne du préjugé où
l'on eft , que la Salutation Angélique du
foir & du matin eft d'un établiffement plus
ancien que celle de midi.
De B..... ce 31 Mars 1744.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de M..... sur l'origine de l'usage de réciter trois fois Ave Maria à midi.
Le texte examine l'origine de la pratique de réciter trois fois l'Ave Maria au son de la cloche, en mettant en lumière les contributions des rois Louis XI et Louis le Gros. Selon le Père Texte, Louis XI aurait institué par une ordonnance du 1er mai 1472 la récitation de l'Ave Maria trois fois par jour, confirmant ainsi une pratique déjà établie à midi sous Louis le Gros. Toutefois, l'auteur de la lettre remet en question cette affirmation. Il mentionne que des sources contemporaines et des historiens modernes, tels que le Père Daniel, attribuent à Louis XI uniquement l'institution de l'Angelus à midi. L'auteur demande au Père Texte de fournir la preuve de l'ordonnance de Louis le Gros, soulignant que plusieurs érudits n'ont jamais fait référence à cette ordonnance. Pour clarifier les origines de cette pratique religieuse, l'auteur invite le Père Texte à publier le contenu de ladite ordonnance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
884
p. 1546-1560
LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. le Marquis de B. sur quelques sujets de Litterature.
Début :
IL paroît, M. que M. le Cardinal Quirini est persuadé que pour être dignement [...]
Mots clefs :
Lettre, Édition, Saint Éphrem, Augustin Calmet, Dominus regnavit a ligno, Angelo Maria Querini, Savants, Église, Paroles, Savant, Sujet, Version, Claude Gros de Boze, P. Tournemine, Pape, Hymne, Hébreu, Psaumes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. le Marquis de B. sur quelques sujets de Litterature.
LETTRE de M. D. L. R. écrite à M.
le Marquis de B. fur quelques fujets de
Litterature.
L paroît , M. que M. le Cardinal Quirini
I eft perfuadé que pour être dignement
affocié à une Académie , telle que celle des
Infcriptions & Belles- Lettres , il faut en
quelque façon faire preuve que de tout
tems on a aimé l'Etude , qu'on l'a cultivé
dès la jeuneffe , & qu'on ne l'abandonne
point dans la vieilleffe. Ce fçavant Evêque
de Breſcia avoit fait entrer dans fa Lettre à
M. Freret , Sécrétaire de cette Académie ,
un détail de tous les Ouvrages qu'il a compofés
, & publiés depuis fa jeuneffe . Dans
celle-ci , adreffée à M. de Boze , ci- devant
Sécrétaire , & aujourd'hui Directeur de la
même Académie , il continuë d'indiquer les
Ouvrages aufquels il s'applique actuellement
dans un âge , lequel quoiqu'avancé
ne fe reffent heureufement point des incommodités
, que les années accumulées ne manquent
gueres d'amener.
Après un remercîment à M. le Directeur ,
d'avoir bien voulu procurer l'Extrait que le
Journal des Sçavans du mois d'Août dernier
JUILLET. ' 1744. 7547
a donné de la Lettre de remercîment , que
S. E. écrivit à l'Académie après fa nomination
, il lui marque fon extrême fatisfaction
d'une Lettre qu'il a reçûë de M. le Chancelier
fur le même fujet, du 12 Septembre dernier
, dans laquelle ce digne Chef de la Juftice
fe fait un plaifir de le remercier de n'avoir
pas oublié dans fon Ouvrage le féjour
qu'il avoit fait à Frefnes , il y a plus de
trente ans.
: Il remercie encore M. de Boze d'avoir
fur la fin du même Extrait rappellé fon-refus
de l'Evêché de Padouc , & fon attachement
conftant à celui de Breſcia,furquoi il marque
en pallant fa reconnoiffance aux Auteurs du
Mercure de France , qui dans leur Journal
du mois d'Avril dernier , ont donné en François
dans fon entier la Lettre Paftorale de S.
E. adreflée au Peuple de Brefcia , au fujet de
fon attachement à l'Eglife de ce nom.
M. le Cardinal paffe enfuite aux Eloges
que M. de Boze mérite à fi jufte titre , par
la maniere également polie , modefte &
folide , dont il s'eft exprimé fur le fentiment
de M. Mazochius , au fujet de la figure
du jeune homme qui paroît fur le Diptyque
, dont S. E. avoit propofé l'explication
à tous les Sçavans de l'Europe , & que
les mêmes Auteurs du Mercure le font fait
un plaifir de faire graver dans celui du mois
de Novembre 1742. Cij Ces
1548 MERCURE DE FRANCE .
Ces devoirs d'une obligation indifpenfa
ble remplis , notre fçavant Cardinal entre
dans le détail des travaux Litteraires qui
l'ont occupé à Rome pendant près de deux
mois. Il déclare d'abord à M. de Boze, qu'il
a mis la derniere main , avec le plus de diligence
qui lui a été poffible , à fon Edition
des Euvres de S. Ephrem, enfuite qu'il s'eft
particulierement appliqué à éclaircir la
Queftion , qui s'eft élevée de nouveau , &
avec plus de chaleur que jamais , au ſujet
de ces paroles , Dominus regnavit a LIGNO ,
comme il paroît par plufieurs Volumes du
Mercure , furquoi il a fallu confulter un
grand nombre de Manufcrits de la Bibliothéque
du Vatican. Enfin qu'il a été occupé
à réunir en un corps d'Ouvrage les Lettres
du Cardinal Reginaldus Polus .
que
Pour ce qui eft de l'Edition de S. Ephrem,
il lui apprend que le V Tome , qu'il vient
de donner , eft le penultiéme de tout l'Ouvrage
, qu'il s'eft preffé de finir le VI , afin
l'Edition entiere puiffe bientôt paroître
fous les aufpices de Benoît XIV , qui gouverne
aujourd'hui l'Eglife , dont les Livres
fur la Beatification & la Canoniſation des ·
Saints , font généralement eftimés , que
les Heterodoxes même en font l'Eloge
comme il paroît par le Journal Litteraire de
Lipfic , & qu'on en prépare actuellement à
Padoug
JUILLET. 1744.
1549
Padoue une nouvelle Edition , avec des
augmentations confidérables .
Il ajoûte que ce grand Pape continuë de
marquer beaucoup de bienveillance aux
Sçavans qui compofent des Ouvrages uti
les , foit à Rome , foit ailleurs , reconnoiffant
que le S. Siége tire fa principale gloire
de la Science , & de la Piété . Et comme les
Auteurs , qui lui dédient leurs Livres , ne
manquent gueres de comparer fon amour
pour les Lettres , à celui dont fût animé le
Pape Nicolas V. M. le Cardinal Quirini déclare
que dans fa Dédicace des OEuvres de
S. Ephrem , il a pris de-là occafion de dire
à Benoît XIV , que ce même Pape fe diſtinguafurtout
dans le choix qu'il fit des Per-
Tonnes les plus verfées dans les Langues
Grecque & Latine , pour traduire l'Iliade
& l'Odyffée d'Homere du Grec en Latin ;
& parmi ces Sçavans , il nomme par diftinction
François Philelphe , à qui Nicolas V. Pape
, propofa de donner une très-belle Maifon
dans Rome , & dix mille Ecus d'Or de
récompenfe ; & Charles Aretin qu'il demanda
par fes Lettres à la République de
Florence. Enfin , s'écrie-t'il , fi le Souverain
Pontife , qu'on vient de nommer , avoit
tant d'empreffement
pour procurer une
Traduction exacte des OEuvres d'Homere
n'eut-il pas regardé comme un vrai bonheur
C iij ar-
>
1550 MERCURE DE FRANCE.
arrivé à la Bibliothéque du Vatican , de lui
voir enfanter l'Edition d'un Pere fr Saint "
fi célébre dans toute l'Eglife Orientale , &
dont les Ecrits , au fentiment de S. Jerôme
, alloient prefque de pair avec les Livres
Canoniques.
Il revient au fecond Article de.fes occupations
Litteraires durant fon dernier féjour
à Rome , Article qui eft tout- à- fait lié au
premier , concernant l'Edition des OEuvres
de Saint Ephrem , car il s'agiffoit de bien
examiner par les Manufcrits du Vatican , fi
cette Leçon Dominus regnavit A LIGNO ,
étoit appuyée de l'autorité du texte de ce
Saint Docteur en fon premier Sermon de la
Refurrection , comme quelques Sçavans
l'ont prétendu , entr'autres Gerard Voffius
dans fa Verfion du même Difcours , & non
pas tout-à-fait , dit -il , fans quelque efpece
de fondement .
Ici , M. je fuis obligé d'interrompre mon
Extrait,pour faire précéder un petit Eclairciffement
fur le fujer en queftion , fanst
quoi ce que va dire le fçavant Cardinal des
Piéces inférées dans le Mercure fur cette
matiere , pourroit paroître obfcur , même
en France , à l'égard de quelques Lecteurs ,
qui font peu au fait de cette conteſtation
Litteraire : voici en peu de paroles, ce qu'il
eft néceffaire de fçavoir.
J'ent
JUILLET. 1744. 11551
J'entendois l'Office dans le Choeur de
l'Eglife de S. Germain -des-Prez un des jours
de la femaine Sainte 1733 , & lorsqu'on
chanta l'Hymne Vexilla Regis , &c. je fus
particulierement frappé de cette Strophe :
Impletafunt que concinit
David fideli carmine
Dicens in Nationibus ,
Regnavit à ligno Deus.
Je n'y avois jamais fait attention , & j'ignorois
même que ce regnavit à ligno eur
jamais fait une difficulté parmi les Sçavans .
David , dis - je , en moi -même , felon le pieux
Auteur de l'Hymne , a donc chanté prophé
tiquement dans fes Pfeaumes , que J. C.
régneroit par le bois de la Croix , & c'est ce
que
d'abord après le Service , j'allai chercher
dans la Vulgate , ne me fouvenant pas d'y
avoir jamais lû rien de pareil . Il eft vrai que
dans le Pf. XCV , v. 10 , on trouve ces paroles
: Dicite in Gentibus quia Dominus regnavit
, & rien davantage. Eft-ce affés pour
attribuer à David la Prophétie en queftion
C'eft cependant Fortunat , Evêque de Poitiers
, felon la plus commune opinion , qui
a compofé cette Hymne au VI Siécle , & il
y a preuve qu'on l'a chantée en France dès
le IX.
J'ouvris tout de fuite dans mon Cabinet
C iiij
le
1552 MERCURE DE FRANCE.
le Pleautier de Genebrard , ou fon Edition
des Pfeaumes , felon la Vulgate , accompagnée
de fçavans Commentaires , dont il y
a eu cinq Editions. La mienne eft d'Anvers
de 1592 & la derniere. Son Commentaire
fur ce 10 Verfet du Pf. 95 , eft fort long &
rempli , felon la coûtume de l'Auteur , de
beaucoup d'érudition , mais qui ne m'a ni
plainement inftruit , ni déterminé. Car fi
d'un côté Genebrard convient que regnavit
à ligno n'eſt point dans le Texte Hébreu , il
prétend de l'autre que les Septante l'ont
ajoûté par un Efprit prophétique , en traduifant
ce Verfet trois cent ans avant J. C.
C'eft ainfi , dit-il , que les Anciens l'ont
toûjours cité , fçavoir , S. Juftin Martyr
Lactance , Tertullien , Arnobe , S. Auguftin
, Caffiodore , (a) Theodulphe , le Pfeautier
Romain , & c. c'étoit , felon lui , la maniere
des Anciens , en traduiſant l'Ecriture ,
d'inférer quelques mots en paffant , pour
fervir à l'intelligence de ce que la Lettre
renferme de mifterieux , furquoi G. donne
plufieurs exemples , &c.
Mais eft- ce affés' encore une fois en bonne
Critique pour admettre des paroles , qui
ne fe trouvent ni dans le Texte Hébreu
qui eft l'Original , ni dans les Exemplaires ,
(a ) Theodulphe , Evêque d'Orleans , auquel Gel
nebrard attribue l'Hymne , Vexilla Regis.
que
JUILLET. 1744. 1553
que nous avons aujourd'hui de la Verfion
des Septante , premiers Auteurs , felon Genebrard
, de cette Addition ? Ce qui , à
vous dire le vrai , M. me parût affés embarraffant.
par
Mon embarras diminua, lorfque j'eus confulté
le fçavant Dom Auguftin Calmet,dont
le travail fur les Pfeaumes , a acquis chés
moi depuis long- tems , une eftime particu
liere. Dom Calmet convient dans fon Commentaire,
que l'Addition regnavit à ligno eft
ancienne , & il ajoûte aux Autorités , citées
Genebrard , celles de S. Leon Pape , de
l'Auteur de l'Opufcule des Montagnes de Sina
de Sion , fous le nom de S. Cyrille , le
Pleautier Gothique , celui de S. Germaindes-
Prez , celui de Chartres , tous Monumens
, où on lit Dominus regnavit à ligno ;
mais il dit en même-tems que ces paroles
ne font ni dans l'Hébreu , ni dans le Chaldaïque
, ni dans le Syriaque , ni dans les
anciennes Verfions Grecques , faites fur
l'Hébreu , ni dans la Vulgate , l'Arabe &
l'Ethiopienne , faites fur les Septante , ni
dans la Verfion de S. Jerôme , faite fur
l'Hébreu .
Je m'abftiens , M. de rapporter ici toute
la Doctrine de D. Calmet , qui m'a beaucoup
éclairé fur ce fujet. Je me contente de
dire avec lui , & après plufieurs autres Sça
Cy vans
1554 MERCURE DE FRANCE.
vans qu'il cite , qu'il eft très-problable que
ces paroles a ligno , ayant été mifes par
quelqu'un à la marge de fon Pfeautier , à
l'endroit de regnavit , furent enfuite incon
fideremment fourrées dans le Texte , d'où
enfin elles ont été bannies , parce qu'on a
reconnu qu'elles n'étoient ni dans les Sources
Hébraiques , ni dans les anciennes. Verfions
des Grecs..
Inftruit de la maniere que je viens de le
dire , fur un fujet qui m'avoit toujours été
étranger , & fouhaitant d'en apprendre da
vantage , j'écrivis à M. Foubert , Docteur de
Sorbonne , la Lettre qui eft imprimée dans
le Mercure du mois d'Août 1733`, pour
l'engager à faire auffi de fon côté quelques
recherches , le priant de commencer par le
Pleautier , qui eft dans la Bibliothèque de
Sorbonne , l'un des plus beaux Monumens
en ce genre & des plus rates.
Au lieu de la Réponfe que j'attendois de
M. l'Abbé Foubert , je fus affés étonné d'en
recevoir directement , & fur ce même fu et
une du feu Pere Tournemine , avec qui j'étois
véritablement en commerce Litteraire ,
mais fans jamais avoir eu enfemble aucuneforte
de conteftation . Dans cette Réponſe ,.
le fçavant Jefuite employa toute fon érudition
, toute fon éloquence , pour me dire &
me foutenir poliment que j'étois dans l'erreur
JUILLET . 1744. 1555
reur , & que regnavit à ligno n'eſt pas une
Addition , mais que c'eft la Verfion fidelle
da Texte Original ; ainfi , conclut le P. T.
l'Auteur de l'Hymne Vexilla Regis foit
Fortunat , foit Theodulphe, a pûregarder ces
paroles à ligno , comme Originales dans la
Sainte Ecriture.
"
J'avouerai cependant que fi quelque chofe
m'embarraffa dans cette Réponse du P. T.
c'est l'endroit que voici , écrit d'un air de
confiance & fur le ton décifif.
>> Ce feroit parler trop affirmativement ,
»de dire que cette Addition étoit inconnue
Ȉ tout l'Orient. S. Ephrem , Syrien , l'a ci-
» tée dans fon premier Sermon de la Réſurrection.
Il la lifoit donc dans les Manuf
» crits de la Verfion Syriaque de fon Eglife ,
»Verfion traduite fur les Septante , & auffi
ancienne que l'Eglife ; les Verfions pofte-
>> rieures n'ont pas la même autorité.
Vous fentez , M. comme moi , tout le
poids de cette allegation ; nous verrons en
fon lieu de quelle valeur elle fera dans notre
conteſtation .
Cependant je fis imprimer la Réponse du
P. T. dans le Mercure du mois de Septem
bre fuivant , & je pris en même - tems des
mefures avec Dom Calmet , pour qu'il vou
lut bien foutenir lui- même notre caufe commune
, contre un Adverfaire célébre , c'eſt-
Cvj
a1556
MERCURE DE FRANCE.
à-dire , répondre à la Lettre du P. Tournemine
, que je lui envoyai , avec la mienne,
écrite à M. le Docteur Foubert.
Dom Calmet , qui depuis le féjour qu'il
a fait à Paris dans l'Abbaye S. Germain
m'honore d'une amitié particuliere , eur
d'abord quelque peine à fe déterminer , il
le fit cependant , ne mettant qu'une clauſe
à la permiffion qu'il m'accorda d'imprimer
La Réponſe.
"
» J'ai reçû , me dit il , dans fa Lettre du
» 2 Janvier 1734 , tant de marques de bienveillance
du R. P. Tournemine pendant
» mon féjour à Paris ; il a annoncé mes Ou-
» vrages dans fes Journaux d'une maniere
» fi honnête & fi polie , que je ne puis me
réfoudre à entrer avec lui dans aucune
» conteſtation . Si donc vous jugez à propos
» de faire quelque ufage de ce que j'ai l'hon-
»neur de vous écrire , je vous prie de le lui
»communiquer auparavant , & de lui dé-
» clarer que je le rends abfolument le maî-
» tre de tout. Avec cette condition je vais
» vous expofer ce que je penſe fur le`ſujet
>> en queftion.
En me conformant à cette difpofition , je
fis mon devoir à l'égard du P. T. qui répon
dit par d'autres politeffes , & m'accorda toute
la liberté dont j'avois befoin. La Réponse
de D. C. fut donc imprimée dans le Mercure
JUILLET. 744 15ST
cure du mois de Mai 1734 , fous ce titre
LETTRE du R. P. Dom Augustin Calmet ,
Abbé de Senones , au fujet d'une Prophétie attribuée
au Roi David , &c.
Que vous dirai-je , M. de cette Réponse
qui m'étoit directement adreffée ? Elle emporta
tous les fuffrages par la maniere folide
, lumineufe & polie , dont tous les Argumens
du P. T. font difcutés , & en mêmetems
refutés.
pas
Je fus charmné , fur tout , de voir l'allegation
, tirée de l'autorité de S. Ephrem , qui
m'avoir embarraflé , entierement détruite.
Il eſt vrai , dit Dom Calmet , qu'on lit Dominus
regnavit à ligno , dans l'Edition Latine
du Sermon qu'on cite , mais on ne lit
ligno dans l'Edition Grecque d'Angleterre ,
c. Bientôt le Cardinal Quirini , en conti
nuant , comme je vais faire , l'Extrait de fa
Lettre , nous éclairera encore davantage fur
ce fait important , & ne laiffera aucun lieu
de douter de la prévention du P. T. principale
caufe de fa méprife. La Réponſe de D.
Calmet eft datée de l'Abbaye de Senones le z
Janvier 1734.
Cependant le P. T. n'eut pas plutôt lû
cette Réponſe , qu'il fe mit en état de répliquer
par une Lettre qu'il me fit l'honneur de
m'adreffer , datée du 6 Mai 1734 , & que
je fis imprimer tout de fuite dans le . Vol.
du
1558 MERCURE DE FRANCE
du Mercure du mois de Juin 1734.
Le fçavant Jefuite la commença par ces
mots : » Vous m'avez , M. donné un Ad-
» verfaire redoutable , mais j'ai depuis long-
» tems l'honneur d'être ami du R. P. Dom
» Calmet , nous ne combattrons que de ci-
» vilité.
Cette civilité , en effet , & tous les égards
poffibles font bien marqués dans la Réplique
du P. T. mais on n'y trouve rien qui
détruife les bonnes raifons de fon Illuftre
Adverfaire ; vous en jugerez , M. par l'article
qui regarde S. Ephrem , que j'eftime le
plus effentiel.
" Je conviens , dit le P. T. que la Citation
de S. Ephrem peut être conteftée. Dans la
> Traduction Latine du Sermon de la Croix
»on lit à ligno ; ces deux mots ne font point
» dans le Grec , imprimé en Angleterre , je
»l'avoue. J'ai cependant de la peine à croire
»que le Traducteur Latin les eût mis dans
»fa Verfion , s'ils n'étoient pas dans le Ma
» nufcrit Grec ; quel intérêt l'auroit obligé
»à cette falfification , dans un tems où la
Vulgate , en laquelle ces deux mots ne
font point , étoit reçue par toute l'Eglife
>>
&c.
.
D.
. Nous ne jugeâmes point à propos ,
Calmer & moi , d'infifter fur cette Réplique
, & de fatiguer le P. T. & le Public par
142
JUILLET. 1744. 1559
un nouvel Ecrit , fur une Queftion qui me
paroiffoit bien difcutée & jugée par les Sçavans
en notre faveur.
Je m'avifai peu de tems après , pour don
ner indirectement quelque fatisfaction au
P. T. de lui propofer l'éclairciffement & la
défenfe du fameux paffage de Jofeph l'Hiftorien
, qui rend un témoignage fi remarquable
en faveur de J. C. & cela parce que
Dom Calmet , dans fa Lettre citée , fembloit
douter , à l'occafion du regnavit à ligno,
de l'autenticité de ce paffage de l'Hif
torien Grec .
Je me dois fçavoir bon gré de ma tentative
, car elle a donné lieu à un fort bon
Ouvrage du P. T. qu'il me fit l'honneur de
m'adreffer peu de tems avant fa mort , &
dont je ne manquerai pas , M..de vous rendre
compte en tems & lieu..
Les chofes étoient en cet état,lorfque j'ap
pris que l'Edition des OEuvres de S. Ephrem,
entreprife par le Cardinal Quirini , étoit
déja fort avancée , ce qui me fit réfoudre de
le prendre pour Arbitre, & de lui déférer le
Jugement diffinitif de notre conteftation ,
tant en qualité d'Editeur de S. Ephrem
qu'en celle de Sçavant du premier Ordre, &
de Bibliotéquaire du Vatican. Vous verrez
qu'il falloit tout cela enfemble.
>
Vous le verrez , dis-je , par le compte
qui
1560 MERCURE DE FRANCE.
qui me reste à vous rendre de la Lettre de
M: le Cardinal à M. de Boze . Mais je n'ap
perçois , M. que la mienne excederoit certaines
bornes , fi je ne m'arrêtois ici en vous
promettant inceffamment la fuite & la fin
de mon Extrait.
J'ai l'honneur d'être , & c.
A Paris , le 29 Juin 1744.
le Marquis de B. fur quelques fujets de
Litterature.
L paroît , M. que M. le Cardinal Quirini
I eft perfuadé que pour être dignement
affocié à une Académie , telle que celle des
Infcriptions & Belles- Lettres , il faut en
quelque façon faire preuve que de tout
tems on a aimé l'Etude , qu'on l'a cultivé
dès la jeuneffe , & qu'on ne l'abandonne
point dans la vieilleffe. Ce fçavant Evêque
de Breſcia avoit fait entrer dans fa Lettre à
M. Freret , Sécrétaire de cette Académie ,
un détail de tous les Ouvrages qu'il a compofés
, & publiés depuis fa jeuneffe . Dans
celle-ci , adreffée à M. de Boze , ci- devant
Sécrétaire , & aujourd'hui Directeur de la
même Académie , il continuë d'indiquer les
Ouvrages aufquels il s'applique actuellement
dans un âge , lequel quoiqu'avancé
ne fe reffent heureufement point des incommodités
, que les années accumulées ne manquent
gueres d'amener.
Après un remercîment à M. le Directeur ,
d'avoir bien voulu procurer l'Extrait que le
Journal des Sçavans du mois d'Août dernier
JUILLET. ' 1744. 7547
a donné de la Lettre de remercîment , que
S. E. écrivit à l'Académie après fa nomination
, il lui marque fon extrême fatisfaction
d'une Lettre qu'il a reçûë de M. le Chancelier
fur le même fujet, du 12 Septembre dernier
, dans laquelle ce digne Chef de la Juftice
fe fait un plaifir de le remercier de n'avoir
pas oublié dans fon Ouvrage le féjour
qu'il avoit fait à Frefnes , il y a plus de
trente ans.
: Il remercie encore M. de Boze d'avoir
fur la fin du même Extrait rappellé fon-refus
de l'Evêché de Padouc , & fon attachement
conftant à celui de Breſcia,furquoi il marque
en pallant fa reconnoiffance aux Auteurs du
Mercure de France , qui dans leur Journal
du mois d'Avril dernier , ont donné en François
dans fon entier la Lettre Paftorale de S.
E. adreflée au Peuple de Brefcia , au fujet de
fon attachement à l'Eglife de ce nom.
M. le Cardinal paffe enfuite aux Eloges
que M. de Boze mérite à fi jufte titre , par
la maniere également polie , modefte &
folide , dont il s'eft exprimé fur le fentiment
de M. Mazochius , au fujet de la figure
du jeune homme qui paroît fur le Diptyque
, dont S. E. avoit propofé l'explication
à tous les Sçavans de l'Europe , & que
les mêmes Auteurs du Mercure le font fait
un plaifir de faire graver dans celui du mois
de Novembre 1742. Cij Ces
1548 MERCURE DE FRANCE .
Ces devoirs d'une obligation indifpenfa
ble remplis , notre fçavant Cardinal entre
dans le détail des travaux Litteraires qui
l'ont occupé à Rome pendant près de deux
mois. Il déclare d'abord à M. de Boze, qu'il
a mis la derniere main , avec le plus de diligence
qui lui a été poffible , à fon Edition
des Euvres de S. Ephrem, enfuite qu'il s'eft
particulierement appliqué à éclaircir la
Queftion , qui s'eft élevée de nouveau , &
avec plus de chaleur que jamais , au ſujet
de ces paroles , Dominus regnavit a LIGNO ,
comme il paroît par plufieurs Volumes du
Mercure , furquoi il a fallu confulter un
grand nombre de Manufcrits de la Bibliothéque
du Vatican. Enfin qu'il a été occupé
à réunir en un corps d'Ouvrage les Lettres
du Cardinal Reginaldus Polus .
que
Pour ce qui eft de l'Edition de S. Ephrem,
il lui apprend que le V Tome , qu'il vient
de donner , eft le penultiéme de tout l'Ouvrage
, qu'il s'eft preffé de finir le VI , afin
l'Edition entiere puiffe bientôt paroître
fous les aufpices de Benoît XIV , qui gouverne
aujourd'hui l'Eglife , dont les Livres
fur la Beatification & la Canoniſation des ·
Saints , font généralement eftimés , que
les Heterodoxes même en font l'Eloge
comme il paroît par le Journal Litteraire de
Lipfic , & qu'on en prépare actuellement à
Padoug
JUILLET. 1744.
1549
Padoue une nouvelle Edition , avec des
augmentations confidérables .
Il ajoûte que ce grand Pape continuë de
marquer beaucoup de bienveillance aux
Sçavans qui compofent des Ouvrages uti
les , foit à Rome , foit ailleurs , reconnoiffant
que le S. Siége tire fa principale gloire
de la Science , & de la Piété . Et comme les
Auteurs , qui lui dédient leurs Livres , ne
manquent gueres de comparer fon amour
pour les Lettres , à celui dont fût animé le
Pape Nicolas V. M. le Cardinal Quirini déclare
que dans fa Dédicace des OEuvres de
S. Ephrem , il a pris de-là occafion de dire
à Benoît XIV , que ce même Pape fe diſtinguafurtout
dans le choix qu'il fit des Per-
Tonnes les plus verfées dans les Langues
Grecque & Latine , pour traduire l'Iliade
& l'Odyffée d'Homere du Grec en Latin ;
& parmi ces Sçavans , il nomme par diftinction
François Philelphe , à qui Nicolas V. Pape
, propofa de donner une très-belle Maifon
dans Rome , & dix mille Ecus d'Or de
récompenfe ; & Charles Aretin qu'il demanda
par fes Lettres à la République de
Florence. Enfin , s'écrie-t'il , fi le Souverain
Pontife , qu'on vient de nommer , avoit
tant d'empreffement
pour procurer une
Traduction exacte des OEuvres d'Homere
n'eut-il pas regardé comme un vrai bonheur
C iij ar-
>
1550 MERCURE DE FRANCE.
arrivé à la Bibliothéque du Vatican , de lui
voir enfanter l'Edition d'un Pere fr Saint "
fi célébre dans toute l'Eglife Orientale , &
dont les Ecrits , au fentiment de S. Jerôme
, alloient prefque de pair avec les Livres
Canoniques.
Il revient au fecond Article de.fes occupations
Litteraires durant fon dernier féjour
à Rome , Article qui eft tout- à- fait lié au
premier , concernant l'Edition des OEuvres
de Saint Ephrem , car il s'agiffoit de bien
examiner par les Manufcrits du Vatican , fi
cette Leçon Dominus regnavit A LIGNO ,
étoit appuyée de l'autorité du texte de ce
Saint Docteur en fon premier Sermon de la
Refurrection , comme quelques Sçavans
l'ont prétendu , entr'autres Gerard Voffius
dans fa Verfion du même Difcours , & non
pas tout-à-fait , dit -il , fans quelque efpece
de fondement .
Ici , M. je fuis obligé d'interrompre mon
Extrait,pour faire précéder un petit Eclairciffement
fur le fujer en queftion , fanst
quoi ce que va dire le fçavant Cardinal des
Piéces inférées dans le Mercure fur cette
matiere , pourroit paroître obfcur , même
en France , à l'égard de quelques Lecteurs ,
qui font peu au fait de cette conteſtation
Litteraire : voici en peu de paroles, ce qu'il
eft néceffaire de fçavoir.
J'ent
JUILLET. 1744. 11551
J'entendois l'Office dans le Choeur de
l'Eglife de S. Germain -des-Prez un des jours
de la femaine Sainte 1733 , & lorsqu'on
chanta l'Hymne Vexilla Regis , &c. je fus
particulierement frappé de cette Strophe :
Impletafunt que concinit
David fideli carmine
Dicens in Nationibus ,
Regnavit à ligno Deus.
Je n'y avois jamais fait attention , & j'ignorois
même que ce regnavit à ligno eur
jamais fait une difficulté parmi les Sçavans .
David , dis - je , en moi -même , felon le pieux
Auteur de l'Hymne , a donc chanté prophé
tiquement dans fes Pfeaumes , que J. C.
régneroit par le bois de la Croix , & c'est ce
que
d'abord après le Service , j'allai chercher
dans la Vulgate , ne me fouvenant pas d'y
avoir jamais lû rien de pareil . Il eft vrai que
dans le Pf. XCV , v. 10 , on trouve ces paroles
: Dicite in Gentibus quia Dominus regnavit
, & rien davantage. Eft-ce affés pour
attribuer à David la Prophétie en queftion
C'eft cependant Fortunat , Evêque de Poitiers
, felon la plus commune opinion , qui
a compofé cette Hymne au VI Siécle , & il
y a preuve qu'on l'a chantée en France dès
le IX.
J'ouvris tout de fuite dans mon Cabinet
C iiij
le
1552 MERCURE DE FRANCE.
le Pleautier de Genebrard , ou fon Edition
des Pfeaumes , felon la Vulgate , accompagnée
de fçavans Commentaires , dont il y
a eu cinq Editions. La mienne eft d'Anvers
de 1592 & la derniere. Son Commentaire
fur ce 10 Verfet du Pf. 95 , eft fort long &
rempli , felon la coûtume de l'Auteur , de
beaucoup d'érudition , mais qui ne m'a ni
plainement inftruit , ni déterminé. Car fi
d'un côté Genebrard convient que regnavit
à ligno n'eſt point dans le Texte Hébreu , il
prétend de l'autre que les Septante l'ont
ajoûté par un Efprit prophétique , en traduifant
ce Verfet trois cent ans avant J. C.
C'eft ainfi , dit-il , que les Anciens l'ont
toûjours cité , fçavoir , S. Juftin Martyr
Lactance , Tertullien , Arnobe , S. Auguftin
, Caffiodore , (a) Theodulphe , le Pfeautier
Romain , & c. c'étoit , felon lui , la maniere
des Anciens , en traduiſant l'Ecriture ,
d'inférer quelques mots en paffant , pour
fervir à l'intelligence de ce que la Lettre
renferme de mifterieux , furquoi G. donne
plufieurs exemples , &c.
Mais eft- ce affés' encore une fois en bonne
Critique pour admettre des paroles , qui
ne fe trouvent ni dans le Texte Hébreu
qui eft l'Original , ni dans les Exemplaires ,
(a ) Theodulphe , Evêque d'Orleans , auquel Gel
nebrard attribue l'Hymne , Vexilla Regis.
que
JUILLET. 1744. 1553
que nous avons aujourd'hui de la Verfion
des Septante , premiers Auteurs , felon Genebrard
, de cette Addition ? Ce qui , à
vous dire le vrai , M. me parût affés embarraffant.
par
Mon embarras diminua, lorfque j'eus confulté
le fçavant Dom Auguftin Calmet,dont
le travail fur les Pfeaumes , a acquis chés
moi depuis long- tems , une eftime particu
liere. Dom Calmet convient dans fon Commentaire,
que l'Addition regnavit à ligno eft
ancienne , & il ajoûte aux Autorités , citées
Genebrard , celles de S. Leon Pape , de
l'Auteur de l'Opufcule des Montagnes de Sina
de Sion , fous le nom de S. Cyrille , le
Pleautier Gothique , celui de S. Germaindes-
Prez , celui de Chartres , tous Monumens
, où on lit Dominus regnavit à ligno ;
mais il dit en même-tems que ces paroles
ne font ni dans l'Hébreu , ni dans le Chaldaïque
, ni dans le Syriaque , ni dans les
anciennes Verfions Grecques , faites fur
l'Hébreu , ni dans la Vulgate , l'Arabe &
l'Ethiopienne , faites fur les Septante , ni
dans la Verfion de S. Jerôme , faite fur
l'Hébreu .
Je m'abftiens , M. de rapporter ici toute
la Doctrine de D. Calmet , qui m'a beaucoup
éclairé fur ce fujet. Je me contente de
dire avec lui , & après plufieurs autres Sça
Cy vans
1554 MERCURE DE FRANCE.
vans qu'il cite , qu'il eft très-problable que
ces paroles a ligno , ayant été mifes par
quelqu'un à la marge de fon Pfeautier , à
l'endroit de regnavit , furent enfuite incon
fideremment fourrées dans le Texte , d'où
enfin elles ont été bannies , parce qu'on a
reconnu qu'elles n'étoient ni dans les Sources
Hébraiques , ni dans les anciennes. Verfions
des Grecs..
Inftruit de la maniere que je viens de le
dire , fur un fujet qui m'avoit toujours été
étranger , & fouhaitant d'en apprendre da
vantage , j'écrivis à M. Foubert , Docteur de
Sorbonne , la Lettre qui eft imprimée dans
le Mercure du mois d'Août 1733`, pour
l'engager à faire auffi de fon côté quelques
recherches , le priant de commencer par le
Pleautier , qui eft dans la Bibliothèque de
Sorbonne , l'un des plus beaux Monumens
en ce genre & des plus rates.
Au lieu de la Réponfe que j'attendois de
M. l'Abbé Foubert , je fus affés étonné d'en
recevoir directement , & fur ce même fu et
une du feu Pere Tournemine , avec qui j'étois
véritablement en commerce Litteraire ,
mais fans jamais avoir eu enfemble aucuneforte
de conteftation . Dans cette Réponſe ,.
le fçavant Jefuite employa toute fon érudition
, toute fon éloquence , pour me dire &
me foutenir poliment que j'étois dans l'erreur
JUILLET . 1744. 1555
reur , & que regnavit à ligno n'eſt pas une
Addition , mais que c'eft la Verfion fidelle
da Texte Original ; ainfi , conclut le P. T.
l'Auteur de l'Hymne Vexilla Regis foit
Fortunat , foit Theodulphe, a pûregarder ces
paroles à ligno , comme Originales dans la
Sainte Ecriture.
"
J'avouerai cependant que fi quelque chofe
m'embarraffa dans cette Réponse du P. T.
c'est l'endroit que voici , écrit d'un air de
confiance & fur le ton décifif.
>> Ce feroit parler trop affirmativement ,
»de dire que cette Addition étoit inconnue
Ȉ tout l'Orient. S. Ephrem , Syrien , l'a ci-
» tée dans fon premier Sermon de la Réſurrection.
Il la lifoit donc dans les Manuf
» crits de la Verfion Syriaque de fon Eglife ,
»Verfion traduite fur les Septante , & auffi
ancienne que l'Eglife ; les Verfions pofte-
>> rieures n'ont pas la même autorité.
Vous fentez , M. comme moi , tout le
poids de cette allegation ; nous verrons en
fon lieu de quelle valeur elle fera dans notre
conteſtation .
Cependant je fis imprimer la Réponse du
P. T. dans le Mercure du mois de Septem
bre fuivant , & je pris en même - tems des
mefures avec Dom Calmet , pour qu'il vou
lut bien foutenir lui- même notre caufe commune
, contre un Adverfaire célébre , c'eſt-
Cvj
a1556
MERCURE DE FRANCE.
à-dire , répondre à la Lettre du P. Tournemine
, que je lui envoyai , avec la mienne,
écrite à M. le Docteur Foubert.
Dom Calmet , qui depuis le féjour qu'il
a fait à Paris dans l'Abbaye S. Germain
m'honore d'une amitié particuliere , eur
d'abord quelque peine à fe déterminer , il
le fit cependant , ne mettant qu'une clauſe
à la permiffion qu'il m'accorda d'imprimer
La Réponſe.
"
» J'ai reçû , me dit il , dans fa Lettre du
» 2 Janvier 1734 , tant de marques de bienveillance
du R. P. Tournemine pendant
» mon féjour à Paris ; il a annoncé mes Ou-
» vrages dans fes Journaux d'une maniere
» fi honnête & fi polie , que je ne puis me
réfoudre à entrer avec lui dans aucune
» conteſtation . Si donc vous jugez à propos
» de faire quelque ufage de ce que j'ai l'hon-
»neur de vous écrire , je vous prie de le lui
»communiquer auparavant , & de lui dé-
» clarer que je le rends abfolument le maî-
» tre de tout. Avec cette condition je vais
» vous expofer ce que je penſe fur le`ſujet
>> en queftion.
En me conformant à cette difpofition , je
fis mon devoir à l'égard du P. T. qui répon
dit par d'autres politeffes , & m'accorda toute
la liberté dont j'avois befoin. La Réponse
de D. C. fut donc imprimée dans le Mercure
JUILLET. 744 15ST
cure du mois de Mai 1734 , fous ce titre
LETTRE du R. P. Dom Augustin Calmet ,
Abbé de Senones , au fujet d'une Prophétie attribuée
au Roi David , &c.
Que vous dirai-je , M. de cette Réponse
qui m'étoit directement adreffée ? Elle emporta
tous les fuffrages par la maniere folide
, lumineufe & polie , dont tous les Argumens
du P. T. font difcutés , & en mêmetems
refutés.
pas
Je fus charmné , fur tout , de voir l'allegation
, tirée de l'autorité de S. Ephrem , qui
m'avoir embarraflé , entierement détruite.
Il eſt vrai , dit Dom Calmet , qu'on lit Dominus
regnavit à ligno , dans l'Edition Latine
du Sermon qu'on cite , mais on ne lit
ligno dans l'Edition Grecque d'Angleterre ,
c. Bientôt le Cardinal Quirini , en conti
nuant , comme je vais faire , l'Extrait de fa
Lettre , nous éclairera encore davantage fur
ce fait important , & ne laiffera aucun lieu
de douter de la prévention du P. T. principale
caufe de fa méprife. La Réponſe de D.
Calmet eft datée de l'Abbaye de Senones le z
Janvier 1734.
Cependant le P. T. n'eut pas plutôt lû
cette Réponſe , qu'il fe mit en état de répliquer
par une Lettre qu'il me fit l'honneur de
m'adreffer , datée du 6 Mai 1734 , & que
je fis imprimer tout de fuite dans le . Vol.
du
1558 MERCURE DE FRANCE
du Mercure du mois de Juin 1734.
Le fçavant Jefuite la commença par ces
mots : » Vous m'avez , M. donné un Ad-
» verfaire redoutable , mais j'ai depuis long-
» tems l'honneur d'être ami du R. P. Dom
» Calmet , nous ne combattrons que de ci-
» vilité.
Cette civilité , en effet , & tous les égards
poffibles font bien marqués dans la Réplique
du P. T. mais on n'y trouve rien qui
détruife les bonnes raifons de fon Illuftre
Adverfaire ; vous en jugerez , M. par l'article
qui regarde S. Ephrem , que j'eftime le
plus effentiel.
" Je conviens , dit le P. T. que la Citation
de S. Ephrem peut être conteftée. Dans la
> Traduction Latine du Sermon de la Croix
»on lit à ligno ; ces deux mots ne font point
» dans le Grec , imprimé en Angleterre , je
»l'avoue. J'ai cependant de la peine à croire
»que le Traducteur Latin les eût mis dans
»fa Verfion , s'ils n'étoient pas dans le Ma
» nufcrit Grec ; quel intérêt l'auroit obligé
»à cette falfification , dans un tems où la
Vulgate , en laquelle ces deux mots ne
font point , étoit reçue par toute l'Eglife
>>
&c.
.
D.
. Nous ne jugeâmes point à propos ,
Calmer & moi , d'infifter fur cette Réplique
, & de fatiguer le P. T. & le Public par
142
JUILLET. 1744. 1559
un nouvel Ecrit , fur une Queftion qui me
paroiffoit bien difcutée & jugée par les Sçavans
en notre faveur.
Je m'avifai peu de tems après , pour don
ner indirectement quelque fatisfaction au
P. T. de lui propofer l'éclairciffement & la
défenfe du fameux paffage de Jofeph l'Hiftorien
, qui rend un témoignage fi remarquable
en faveur de J. C. & cela parce que
Dom Calmet , dans fa Lettre citée , fembloit
douter , à l'occafion du regnavit à ligno,
de l'autenticité de ce paffage de l'Hif
torien Grec .
Je me dois fçavoir bon gré de ma tentative
, car elle a donné lieu à un fort bon
Ouvrage du P. T. qu'il me fit l'honneur de
m'adreffer peu de tems avant fa mort , &
dont je ne manquerai pas , M..de vous rendre
compte en tems & lieu..
Les chofes étoient en cet état,lorfque j'ap
pris que l'Edition des OEuvres de S. Ephrem,
entreprife par le Cardinal Quirini , étoit
déja fort avancée , ce qui me fit réfoudre de
le prendre pour Arbitre, & de lui déférer le
Jugement diffinitif de notre conteftation ,
tant en qualité d'Editeur de S. Ephrem
qu'en celle de Sçavant du premier Ordre, &
de Bibliotéquaire du Vatican. Vous verrez
qu'il falloit tout cela enfemble.
>
Vous le verrez , dis-je , par le compte
qui
1560 MERCURE DE FRANCE.
qui me reste à vous rendre de la Lettre de
M: le Cardinal à M. de Boze . Mais je n'ap
perçois , M. que la mienne excederoit certaines
bornes , fi je ne m'arrêtois ici en vous
promettant inceffamment la fuite & la fin
de mon Extrait.
J'ai l'honneur d'être , & c.
A Paris , le 29 Juin 1744.
Fermer
Résumé : LETTRE de M. D. L. R. écrite à M. le Marquis de B. sur quelques sujets de Litterature.
Dans une lettre au Marquis de B., le Cardinal Quirini aborde des sujets littéraires et son engagement académique. Il insiste sur la nécessité d'un amour constant pour l'étude pour appartenir à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, illustrant cela par ses propres travaux littéraires, même à un âge avancé. Il exprime sa gratitude envers M. de Boze, Directeur de l'Académie, pour divers extraits et rappels concernant ses refus d'évêchés et son attachement à l'Église de Brescia, soulignant sa politesse et modestie. Le Cardinal mentionne ses travaux récents à Rome, notamment la finalisation de l'édition des œuvres de Saint Éphrem et l'examen de la question des paroles 'Dominus regnavit a LIGNO'. Il évoque la bienveillance du pape Benoît XIV envers les savants, comparant son amour pour les lettres à celui du pape Nicolas V. La lettre se conclut par une réflexion sur l'importance de la traduction des œuvres d'Homère et des écrits de Saint Éphrem. En juillet 1744, l'auteur relate une expérience personnelle en 1733 lors de l'office à l'église de Saint-Germain-des-Prés. Intrigué par une strophe de l'hymne 'Vexilla Regis' mentionnant une prophétie de David, il entreprend des recherches. Il découvre que cette prophétie n'apparaît ni dans la Vulgate ni dans les versions modernes des Septante, mais était présente dans certaines versions anciennes. La controverse académique autour de cette prophétie implique plusieurs érudits, dont le Père Tournemine et Dom Calmet. L'auteur publie la réponse du Père Tournemine dans le Mercure de France et collabore avec Dom Calmet pour réfuter ses arguments. La controverse se termine sans vainqueur clair, mais l'auteur décide de faire appel au Cardinal Quirini pour trancher la question en raison de son expertise sur les œuvres de Saint Éphrem.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
885
p. 1739-1748
SUITE de l'Extrait de la Lettre de M. le Cardinal Quirini, écrite à M. de Boze, Directeur de l'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres.
Début :
Notre Cause, Monsieur, au sujet du 10 Verset du Pseaume 95, ne pouvoit [...]
Mots clefs :
Lettre, Saint Éphrem, Oeuvres de piété, Édition, Pape, Vatican, Angleterre, Rome, Traduction, Manuscrits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Extrait de la Lettre de M. le Cardinal Quirini, écrite à M. de Boze, Directeur de l'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres.
SUITE de l'Extrait de la Lettre de M. le
Cardinal Quirini , écrite à M. de Boze ,
Directeur de l'Académie Royale des Infcriptions
& Belles- Lettres.
N
Otre Caufe , Monfieur , au fujet du
10 Verfet du Pleaume 95 , ne pouvoit
tomber en de meilleures mains. M. le
Cardinal , après avoir examiné la Queſtion ,
après avoir lû tout ce qui a été imprimé ſur
ce fujet en differens Mercures , s'arrêtant au
point important , & qui eft le plus de fa
compétence , déclare hautement , page 13 ,
que la Leçon regnavit A LIGNO , manque
abfolument dans tous les Manufcrits Grecs
du Vatican des OEuvres de S. Ephrem . Carent
ii omnes , ne uno quidem excepto , quos diligenter
infpexi. Il demande enfuite ce que
répondroit à cela le P. Tournemine , s'il
étoit encore au monde ? Quid ad hac Doctiff.
Pater Turnemenius , fi in vivis degeret ,
refponderet Il ajoûte que cette Leçon manque
pareillement aux Manufcrits d'Angleterre
, fur lefquels a été faite l'Edition d'Oxford
, ainfi qu'au Manufcrit de la Bibliothéque
de S. Mare de Venife , qu'il a eu foin
de faire confulter.
que
Et parce que
>
le P. Tournemine avoit dit
Bij affir1740
MERCURE DE FRANCE.
- affirmativement dans fa Lettre imprimée
dans le Mercure de Septembre 1733 , &
conclu que S. Ephrem lifoit cette addition
dans les Manufcrits de la Verfion Syriaque de
fon Eglife , Verfion traduite fur les Septante
&c , le fçavant Cardinal employe deux pages
in 4° . de fa Lettre , pour réfuter cette
conclufion , & l'erreur générale où étoit le
P. Tournemine fur ce fujet. Il lui démontre
qu'il a crû fans un fondement fuffifant , que
ces deux mots à ligno étoient dans le 10 V.
du Pf. 95 , même avant l'établiſſement du
Chriftianifme , puifqu'on ne les trouve pas
dans les Exemplaires Grecs , dont Origene
s'eft fervi pour rédiger fes Héxaples.
›
A l'égard de la Verfion Syriaque de
l'Eglife d'Edeffe , dans laquelle le P. Î, prétendoit
que S. Ephrem lifoit regnavit à
ligno , je rapporterai ici la réponſe du Cardinal
Q. dans fes propres termes. Primo non
aliam Verfionem Syriacam novimus prater
eam in
qua additio illa non comparet ; deinde
textus Syriacus ejus Sermonis , nec in Vaticana
Bibliotheca , nec alibi ( quod fciamus ) reperitur.
Demum Manufcripti Gracum ejufdem
textum afferentes , ii certe quos fuperius laudavi
, ea additione deftituuntur.
L'Argument que tiroit le P. T. du filence
de Tryphon , difputant avec S. Juftin , ne
paroît auffi d'aucune conféquence. Enfin ces
mots
AOUST. 1744. 1741
mots à ligno manquant dans la Vulgate de
S. Jerôme , dans le texte Grec de l'ancien
Teftament des MM. du Vatican , plus autentiques
, imprimé en 1588 par les foins
du fçavant Cardinal Antoine Caraffa , Bibliotéquaire
, il eft aifé de voir , dit M.
Quirini , que le Fevre d'Etaples , Auguftin
Juftinien , Simon de Muiz , & en dernier
lieu , fans parler de plufieurs autres Sçavans,
Dom Auguſtin Calmet , ont eu grande raifon
de foupçonner que c'eft une note ajoutée
d'abord par quelque pieux Chrétien à la
marge du Pleaume , laquelle a depuis paffé
dans le Texte , par l'ignorance de quelque
Copiſte , ou autrement.
J
L'Illuftre Auteur de cette Lettre parle enfuite
des foins qu'il s'eft donnés & qu'il fe
donne encore pour le Recueil des Lettres
du Cardinal Reginaldus Polus , Archevêque
de Cantorbery , Grand Défenfeur de la Religion
Catholique , dans le commencement
des troubles d'Angleterre . L'Abbé Schanar
Allemand , avoit commencé d'en former un
Recueil , mais le Cardinal Quirini en a découvert
trois ou quatre fois davantage. Il
eft vrai que ces Lettres ne fe trouvent que
dans un Volume de la Bibliotéque Vaticane
, dont l'Ecriture eft très-difficile à lire.
mais aucune difficulté n'étant capable de le
rebuter dans fon entrepriſe , il a fi fort
Biij avancé
>
1742 MERCURE DE FRANCE.
>
avancé cette Collection, que les préliminai
res font déja imprimés , fçavoir , la Vie de
Reginald Polus traduite en Latin par
André Dudith , fur l'Edition Italienne de
Louis Beccatelli ; la Préface de fon Ouvrage
, De unitate Ecclefia , adreffé à l'Empereur
Charles V. une autre Préface du même Ouvrage
au Roi d'Ecoffe , enfin une Epitre
apologétique au Parlement d'Angleterre ,
&c. Il fe propofe à cette occafion de faire
voir clairement la fauffeté de tout ce que
Burnet a écrit contre Polus , dans fon Hiftoire
de la Réformation d'Angleterre .
Pour faire juger de quelle importance
font ces Lettres de Polus , le Docte Editeur
en rapporte ici deux en entier , la premiere
écrite en Latin à André Gritti , Doge de
Venife , par laquelle on voit que Polus fe
regardoit plûtôt comme Vénitien , que
comme Anglois , à caufe de fa longue réftdence
à Venife. Cette Lettre eft datée de
Rome 1536. La feconde en Langue Italienne
, eft écrite au Cardinal Contarini
Légat à Bologne , & datée auffi de Rome le
2 Juin 1542 .
On trouvera dans ce même Recueil une
autre Lettre de Polus , écrite au même Cardinal
Contarini , où fe lit un Fait fingulier
& bien honorable à la Ville de Modene ,
fçavoir la création de trois Cardinaux
en un même jour tous trois nés à
2
MoA
O UST. 1744. 1743
>
Modene , & tous trois
diftingués
par
une éminente
Vertu
tels furent
Gregoire
Cortez
, Abbé Bénédictin
, Thomas
Badi
de l'Ordre
de S. Dominique
, Maître
du S.
Palais , & Jean Moron
. Mi allegro
, dit
Polus dans cette Lettre , Con V. S. Rma una
altra volta di questa trinita
di novi Cardinali
, dali quali non afpetto major frutto chè
quefto che fiano uniti fempre » in eodem Spi-
» ritu & non tres , fed unum cor & una
»anima
in illo , cujus Spiritus
illos electos
effe mihi perfuadeo
, & quefta
é la mia
allegrezza
, &c.
C'eſt le Pape Paul III , qui fit cette création
remarquable , ce qui donne occafion
au Cardinal Quirini de parler de la finguliere
attention de ce fouverain Pontife , à
donner le Chapeau de Cardinal à des fujets
Sçavans & Vertueux , tels que furent Contarini
, Polus , Bembe , Caraffe , depuis Pape
, fous le nom de Paul IV ; Sadolet , Evêque
de Carpentras ; Frederic Fregofe , Evêque
d'Engubio , qu'il fallut contraindre &
forcer par un Commandement exprès du
Pape , d'accepter cette dignité , & plufieurs
autres qui ont illuftré le tems heureux auquel
le Pape Paul III, & le Cardinal Polus ,
qui en fait fouvent mention dans fes Lettres
, ont vêcu .
Sur la fin de cette Lettre à M. de Boze ,
Biiij
il.
1744 MERCURE DE FRANCE.
il est encore parlé du Pape Benoît XIV , lequel
, outre fa fcience parfaite des Saintes
Ecritures, poffede aufli les Auteurs de la belle
Litterature , & n'a pas même oublié les Sentences
& les Fleurs des Anciens Poëtes
qu'il recite auffi facilement dans l'occafion' ,
que s'il ne faifoi que d'achever fes Humanités.
Il femble que le Cardinal Quirini ait
quelque regret de finir fa Lettre , déja affés
étendue & remplie de tant de matieres différentes
, car après avoir fait à M. de Boze
le Compliment laconique , ufité dans la
Langue Latine , Vale , il le faluë une feconde
fois , Vale iterum , le priant en même-
tems , de vouloir bien faluer de fa part
le Chancelier de France : Virum Ampliſſimum
, cui quantum debeam , initium hujus
Epiftola declaravit , & de lui dire qu'il fe
rappelle encore agréablement le féjour qu'il
a fait autrefois dans fa magnifique Maiſon
de Frefne , & les entretiens qu'il y a eû
avec plufieurs Sçavans , &c . Mais ajoutez ,
s'il vous plaît , dit-il , que furtout je n'oublierai
jamais ce qui fût dit la premiere fois
que j'entrai dans cette Maifon , dont l'Illuftre
Seigneur étoit alors Procureur Général
du Parlement. Je dis en riant : Me voici
dans le Château où l'on forge les foudres contre
le Vatican. Pardonnez-moi , me réponditil
A OUST. 1744. 1743
il , ce font les Boucliers contre les foudres du
Vatican , que l'on forge dans cette Maifon.
» Hæc , ajoute-t'il , non ita bene meminif
» fem , nifi fingularem adverfus Virum il-
» lum , & munere quo fungitur , & fuis vir-
» tutibus Clariffimum , obfervantiam me-
» cum in Italiam exportaffem.
La Lettre eft enfin terminée par un troifiéme
falut à M. de Boze. Vale tertium , Vir
Doctiffime & amiciffime . Elle eft datée de
Brefcia le 23 Décembre 1743 .
Vous avez vû , M. dans la premiere partie
de cet Extrait , l'état ou la diligence du fçavant
Cardinal , & fon amour pour le travail
, avoient conduit l'Edition des OEuvres
de S. Ephrem. Depuis la date de fa Lettre ,
il y a lieu de croire que l'impreffion du VI
& dernier Tome eft bien avancée , peutêtre
même achevée , cependant on a vû ici
depuis peu , avec autant de plaifir que d'édification
, la Traduction Françoife des Euvres
de Piété de S. Ephrem , tirées des premiers
Volumes de la nouvelle Edition de
Rome. Je me fais un devoir de vous en parler
ici , par
le rapport effentiel qu'a cette
Traduction avec le principal fujet de ma
Lettre.
Ce Livre eft intitulé OEUVRES de Piété de
S..EPHREM , Diacre d'Edeffe , & Docteur de
l'Eglife , traduites en François fur la nouvelle
Edi-
Bv
1746 MERCURE DE FRANCE.
Elition de Rome , 2 Vol . 8 ° . d'environ 500
pages chacun. A Paris , chés Didot , Quai des
Auguftins , à la Bible d'Or , MDCC XLIV .
L'Auteur de cette Traduction , au lieu
d'une longue Préface que fembloient exiger
de lui le mérite de S. Ephrem, & celui de
fes Ouvrages , nous donne à la tête du premier
Tome un EXTRAIT des Mémoires de
M. de Tillemont , Tome VIII , 1713 , pour
donner , dit-il , une connoiffance de l'Auteur
& de fes Ouvrages. Il ne pouvoit fans
doute mieux faire , car M. de Tillemont
d'ailleurs Ecrivain également folide & poli,
a épuifé ce grand fujet.Il a fuivi S. Ephrem ,
depuis fa naiffance jufqu'à fa mort , & jufqu'après
fa mort , puifqu'il nous parle de
fon Teftament , d'un miracle fait en mourant
, d'un autre miracle après fa mort , &
enfin des Difciples du Saint Docteur , ce qui
fait un morceau d'Hiftoire varié , également
curieux , & édifiant..
Après cet EXTRAIT de M. de Tillemont
qui occupe 88 pages , fuit le TE'MOIGNAGE
de S. Gregoire de Nyffe , tiré de fon Panégyrique
de S. Ephrem. Ce Témoignage eft fort
court , mais il contient des chofes, admirables
fur l'énergie & fur l'efficacité de fon
Eloquence , &c .
Vous n'attendez pas fans doute de moi ,
M. un Extrait de ces OEuvres de Piété ; ce
n'eft
AOUST. 1744 1747
n'eft pas là le fujet d'une fimple Lettre. Je
me bornerai à vous indiquer les principales
matieres , qui y font traitées , en vous rapportant
quelques- uns des différens Titres ,
qui font à la tête de chaque OEuvre.
Dans le I Volume il eft traité des Vertus
des Vices. De la crainte de Dien. De la
Charité. De la Longanimité. De la Douceur
De la Vérité. Du Menfonge. De l'Obéiſſance.
De la Défobéiffance , & du Murmure. De la
Médifance & des Médifans. De la Temperan
ce & de la Continence. Difcours de Piété ou
de la véritable & parfaite vie Religieufe , &
de la Componition . Difcours contre ceux qui
vivant mal , recherchent ambitieusement les
bonneurs & les dignités.
Le II Volume contient un Difcours des
Paffions & des troubles de l'ame. Sermon de la
Pénitence. Exhortation à la Piété. Difcours:
fur le fecond avénement. Difcours fur les
Saints Peres , morts en paix. Eloges des Pafteurs
, & des Solitaires de la Mésopotamie.
Lettre de S. Ephrem à un jeune Religieux.
Inftructions fur la Piété, en IV Parties. Traité
de la Vertu en X Chapitres. Maximes fur
la Vie Spirituelle.Elévation & Priere à JESUSCHRIST.
J'ai entrepris , M. la lecture de ces deux
Volumes , & je fuis fort fatisfait de ce que
j'en ai déja vû. Je fouhaite que vous ayez
B vj
la
#
1748 MERCURE DE FRANCE.
même curiofité que moi . J'ai l'honneur
d'être , Monfieur , &c.
A Paris , le rs Juillet 1744.
P.S. Je ne fçais , M. comment j'ai oublié
de vous obferver que pour faciliter l'intelligence
des Oeuvres de Piété de S. Ephrem ,
dont on vient de donner la Traduction
l'habile Traducteur a mis à la tête de prefque
chaque Traité le fujet ou l'Analyfe du
Traité , tiré de l'Article de S. Ephrem , tel
qu'il eft compofé dans la Bibliotéque des
Auteurs Eccléfiaftiques , par Dom Remy
Ceillier , Bénédictin de la Congrégation de
S. Vanne.
Il me reste à exhorter ce pieux Traducteur
d'achever fon entrepriſe , c'est- à- dire ,
de nous donner de la même maniere , la fuite
des Oeuvres de Piété de S. Ephrem , tirée
de l'Edition entiere de fes Ouvrages , pour
l'honneur de la Religion , & pour l'avancement
fpirituel des Fidéles.
Cardinal Quirini , écrite à M. de Boze ,
Directeur de l'Académie Royale des Infcriptions
& Belles- Lettres.
N
Otre Caufe , Monfieur , au fujet du
10 Verfet du Pleaume 95 , ne pouvoit
tomber en de meilleures mains. M. le
Cardinal , après avoir examiné la Queſtion ,
après avoir lû tout ce qui a été imprimé ſur
ce fujet en differens Mercures , s'arrêtant au
point important , & qui eft le plus de fa
compétence , déclare hautement , page 13 ,
que la Leçon regnavit A LIGNO , manque
abfolument dans tous les Manufcrits Grecs
du Vatican des OEuvres de S. Ephrem . Carent
ii omnes , ne uno quidem excepto , quos diligenter
infpexi. Il demande enfuite ce que
répondroit à cela le P. Tournemine , s'il
étoit encore au monde ? Quid ad hac Doctiff.
Pater Turnemenius , fi in vivis degeret ,
refponderet Il ajoûte que cette Leçon manque
pareillement aux Manufcrits d'Angleterre
, fur lefquels a été faite l'Edition d'Oxford
, ainfi qu'au Manufcrit de la Bibliothéque
de S. Mare de Venife , qu'il a eu foin
de faire confulter.
que
Et parce que
>
le P. Tournemine avoit dit
Bij affir1740
MERCURE DE FRANCE.
- affirmativement dans fa Lettre imprimée
dans le Mercure de Septembre 1733 , &
conclu que S. Ephrem lifoit cette addition
dans les Manufcrits de la Verfion Syriaque de
fon Eglife , Verfion traduite fur les Septante
&c , le fçavant Cardinal employe deux pages
in 4° . de fa Lettre , pour réfuter cette
conclufion , & l'erreur générale où étoit le
P. Tournemine fur ce fujet. Il lui démontre
qu'il a crû fans un fondement fuffifant , que
ces deux mots à ligno étoient dans le 10 V.
du Pf. 95 , même avant l'établiſſement du
Chriftianifme , puifqu'on ne les trouve pas
dans les Exemplaires Grecs , dont Origene
s'eft fervi pour rédiger fes Héxaples.
›
A l'égard de la Verfion Syriaque de
l'Eglife d'Edeffe , dans laquelle le P. Î, prétendoit
que S. Ephrem lifoit regnavit à
ligno , je rapporterai ici la réponſe du Cardinal
Q. dans fes propres termes. Primo non
aliam Verfionem Syriacam novimus prater
eam in
qua additio illa non comparet ; deinde
textus Syriacus ejus Sermonis , nec in Vaticana
Bibliotheca , nec alibi ( quod fciamus ) reperitur.
Demum Manufcripti Gracum ejufdem
textum afferentes , ii certe quos fuperius laudavi
, ea additione deftituuntur.
L'Argument que tiroit le P. T. du filence
de Tryphon , difputant avec S. Juftin , ne
paroît auffi d'aucune conféquence. Enfin ces
mots
AOUST. 1744. 1741
mots à ligno manquant dans la Vulgate de
S. Jerôme , dans le texte Grec de l'ancien
Teftament des MM. du Vatican , plus autentiques
, imprimé en 1588 par les foins
du fçavant Cardinal Antoine Caraffa , Bibliotéquaire
, il eft aifé de voir , dit M.
Quirini , que le Fevre d'Etaples , Auguftin
Juftinien , Simon de Muiz , & en dernier
lieu , fans parler de plufieurs autres Sçavans,
Dom Auguſtin Calmet , ont eu grande raifon
de foupçonner que c'eft une note ajoutée
d'abord par quelque pieux Chrétien à la
marge du Pleaume , laquelle a depuis paffé
dans le Texte , par l'ignorance de quelque
Copiſte , ou autrement.
J
L'Illuftre Auteur de cette Lettre parle enfuite
des foins qu'il s'eft donnés & qu'il fe
donne encore pour le Recueil des Lettres
du Cardinal Reginaldus Polus , Archevêque
de Cantorbery , Grand Défenfeur de la Religion
Catholique , dans le commencement
des troubles d'Angleterre . L'Abbé Schanar
Allemand , avoit commencé d'en former un
Recueil , mais le Cardinal Quirini en a découvert
trois ou quatre fois davantage. Il
eft vrai que ces Lettres ne fe trouvent que
dans un Volume de la Bibliotéque Vaticane
, dont l'Ecriture eft très-difficile à lire.
mais aucune difficulté n'étant capable de le
rebuter dans fon entrepriſe , il a fi fort
Biij avancé
>
1742 MERCURE DE FRANCE.
>
avancé cette Collection, que les préliminai
res font déja imprimés , fçavoir , la Vie de
Reginald Polus traduite en Latin par
André Dudith , fur l'Edition Italienne de
Louis Beccatelli ; la Préface de fon Ouvrage
, De unitate Ecclefia , adreffé à l'Empereur
Charles V. une autre Préface du même Ouvrage
au Roi d'Ecoffe , enfin une Epitre
apologétique au Parlement d'Angleterre ,
&c. Il fe propofe à cette occafion de faire
voir clairement la fauffeté de tout ce que
Burnet a écrit contre Polus , dans fon Hiftoire
de la Réformation d'Angleterre .
Pour faire juger de quelle importance
font ces Lettres de Polus , le Docte Editeur
en rapporte ici deux en entier , la premiere
écrite en Latin à André Gritti , Doge de
Venife , par laquelle on voit que Polus fe
regardoit plûtôt comme Vénitien , que
comme Anglois , à caufe de fa longue réftdence
à Venife. Cette Lettre eft datée de
Rome 1536. La feconde en Langue Italienne
, eft écrite au Cardinal Contarini
Légat à Bologne , & datée auffi de Rome le
2 Juin 1542 .
On trouvera dans ce même Recueil une
autre Lettre de Polus , écrite au même Cardinal
Contarini , où fe lit un Fait fingulier
& bien honorable à la Ville de Modene ,
fçavoir la création de trois Cardinaux
en un même jour tous trois nés à
2
MoA
O UST. 1744. 1743
>
Modene , & tous trois
diftingués
par
une éminente
Vertu
tels furent
Gregoire
Cortez
, Abbé Bénédictin
, Thomas
Badi
de l'Ordre
de S. Dominique
, Maître
du S.
Palais , & Jean Moron
. Mi allegro
, dit
Polus dans cette Lettre , Con V. S. Rma una
altra volta di questa trinita
di novi Cardinali
, dali quali non afpetto major frutto chè
quefto che fiano uniti fempre » in eodem Spi-
» ritu & non tres , fed unum cor & una
»anima
in illo , cujus Spiritus
illos electos
effe mihi perfuadeo
, & quefta
é la mia
allegrezza
, &c.
C'eſt le Pape Paul III , qui fit cette création
remarquable , ce qui donne occafion
au Cardinal Quirini de parler de la finguliere
attention de ce fouverain Pontife , à
donner le Chapeau de Cardinal à des fujets
Sçavans & Vertueux , tels que furent Contarini
, Polus , Bembe , Caraffe , depuis Pape
, fous le nom de Paul IV ; Sadolet , Evêque
de Carpentras ; Frederic Fregofe , Evêque
d'Engubio , qu'il fallut contraindre &
forcer par un Commandement exprès du
Pape , d'accepter cette dignité , & plufieurs
autres qui ont illuftré le tems heureux auquel
le Pape Paul III, & le Cardinal Polus ,
qui en fait fouvent mention dans fes Lettres
, ont vêcu .
Sur la fin de cette Lettre à M. de Boze ,
Biiij
il.
1744 MERCURE DE FRANCE.
il est encore parlé du Pape Benoît XIV , lequel
, outre fa fcience parfaite des Saintes
Ecritures, poffede aufli les Auteurs de la belle
Litterature , & n'a pas même oublié les Sentences
& les Fleurs des Anciens Poëtes
qu'il recite auffi facilement dans l'occafion' ,
que s'il ne faifoi que d'achever fes Humanités.
Il femble que le Cardinal Quirini ait
quelque regret de finir fa Lettre , déja affés
étendue & remplie de tant de matieres différentes
, car après avoir fait à M. de Boze
le Compliment laconique , ufité dans la
Langue Latine , Vale , il le faluë une feconde
fois , Vale iterum , le priant en même-
tems , de vouloir bien faluer de fa part
le Chancelier de France : Virum Ampliſſimum
, cui quantum debeam , initium hujus
Epiftola declaravit , & de lui dire qu'il fe
rappelle encore agréablement le féjour qu'il
a fait autrefois dans fa magnifique Maiſon
de Frefne , & les entretiens qu'il y a eû
avec plufieurs Sçavans , &c . Mais ajoutez ,
s'il vous plaît , dit-il , que furtout je n'oublierai
jamais ce qui fût dit la premiere fois
que j'entrai dans cette Maifon , dont l'Illuftre
Seigneur étoit alors Procureur Général
du Parlement. Je dis en riant : Me voici
dans le Château où l'on forge les foudres contre
le Vatican. Pardonnez-moi , me réponditil
A OUST. 1744. 1743
il , ce font les Boucliers contre les foudres du
Vatican , que l'on forge dans cette Maifon.
» Hæc , ajoute-t'il , non ita bene meminif
» fem , nifi fingularem adverfus Virum il-
» lum , & munere quo fungitur , & fuis vir-
» tutibus Clariffimum , obfervantiam me-
» cum in Italiam exportaffem.
La Lettre eft enfin terminée par un troifiéme
falut à M. de Boze. Vale tertium , Vir
Doctiffime & amiciffime . Elle eft datée de
Brefcia le 23 Décembre 1743 .
Vous avez vû , M. dans la premiere partie
de cet Extrait , l'état ou la diligence du fçavant
Cardinal , & fon amour pour le travail
, avoient conduit l'Edition des OEuvres
de S. Ephrem. Depuis la date de fa Lettre ,
il y a lieu de croire que l'impreffion du VI
& dernier Tome eft bien avancée , peutêtre
même achevée , cependant on a vû ici
depuis peu , avec autant de plaifir que d'édification
, la Traduction Françoife des Euvres
de Piété de S. Ephrem , tirées des premiers
Volumes de la nouvelle Edition de
Rome. Je me fais un devoir de vous en parler
ici , par
le rapport effentiel qu'a cette
Traduction avec le principal fujet de ma
Lettre.
Ce Livre eft intitulé OEUVRES de Piété de
S..EPHREM , Diacre d'Edeffe , & Docteur de
l'Eglife , traduites en François fur la nouvelle
Edi-
Bv
1746 MERCURE DE FRANCE.
Elition de Rome , 2 Vol . 8 ° . d'environ 500
pages chacun. A Paris , chés Didot , Quai des
Auguftins , à la Bible d'Or , MDCC XLIV .
L'Auteur de cette Traduction , au lieu
d'une longue Préface que fembloient exiger
de lui le mérite de S. Ephrem, & celui de
fes Ouvrages , nous donne à la tête du premier
Tome un EXTRAIT des Mémoires de
M. de Tillemont , Tome VIII , 1713 , pour
donner , dit-il , une connoiffance de l'Auteur
& de fes Ouvrages. Il ne pouvoit fans
doute mieux faire , car M. de Tillemont
d'ailleurs Ecrivain également folide & poli,
a épuifé ce grand fujet.Il a fuivi S. Ephrem ,
depuis fa naiffance jufqu'à fa mort , & jufqu'après
fa mort , puifqu'il nous parle de
fon Teftament , d'un miracle fait en mourant
, d'un autre miracle après fa mort , &
enfin des Difciples du Saint Docteur , ce qui
fait un morceau d'Hiftoire varié , également
curieux , & édifiant..
Après cet EXTRAIT de M. de Tillemont
qui occupe 88 pages , fuit le TE'MOIGNAGE
de S. Gregoire de Nyffe , tiré de fon Panégyrique
de S. Ephrem. Ce Témoignage eft fort
court , mais il contient des chofes, admirables
fur l'énergie & fur l'efficacité de fon
Eloquence , &c .
Vous n'attendez pas fans doute de moi ,
M. un Extrait de ces OEuvres de Piété ; ce
n'eft
AOUST. 1744 1747
n'eft pas là le fujet d'une fimple Lettre. Je
me bornerai à vous indiquer les principales
matieres , qui y font traitées , en vous rapportant
quelques- uns des différens Titres ,
qui font à la tête de chaque OEuvre.
Dans le I Volume il eft traité des Vertus
des Vices. De la crainte de Dien. De la
Charité. De la Longanimité. De la Douceur
De la Vérité. Du Menfonge. De l'Obéiſſance.
De la Défobéiffance , & du Murmure. De la
Médifance & des Médifans. De la Temperan
ce & de la Continence. Difcours de Piété ou
de la véritable & parfaite vie Religieufe , &
de la Componition . Difcours contre ceux qui
vivant mal , recherchent ambitieusement les
bonneurs & les dignités.
Le II Volume contient un Difcours des
Paffions & des troubles de l'ame. Sermon de la
Pénitence. Exhortation à la Piété. Difcours:
fur le fecond avénement. Difcours fur les
Saints Peres , morts en paix. Eloges des Pafteurs
, & des Solitaires de la Mésopotamie.
Lettre de S. Ephrem à un jeune Religieux.
Inftructions fur la Piété, en IV Parties. Traité
de la Vertu en X Chapitres. Maximes fur
la Vie Spirituelle.Elévation & Priere à JESUSCHRIST.
J'ai entrepris , M. la lecture de ces deux
Volumes , & je fuis fort fatisfait de ce que
j'en ai déja vû. Je fouhaite que vous ayez
B vj
la
#
1748 MERCURE DE FRANCE.
même curiofité que moi . J'ai l'honneur
d'être , Monfieur , &c.
A Paris , le rs Juillet 1744.
P.S. Je ne fçais , M. comment j'ai oublié
de vous obferver que pour faciliter l'intelligence
des Oeuvres de Piété de S. Ephrem ,
dont on vient de donner la Traduction
l'habile Traducteur a mis à la tête de prefque
chaque Traité le fujet ou l'Analyfe du
Traité , tiré de l'Article de S. Ephrem , tel
qu'il eft compofé dans la Bibliotéque des
Auteurs Eccléfiaftiques , par Dom Remy
Ceillier , Bénédictin de la Congrégation de
S. Vanne.
Il me reste à exhorter ce pieux Traducteur
d'achever fon entrepriſe , c'est- à- dire ,
de nous donner de la même maniere , la fuite
des Oeuvres de Piété de S. Ephrem , tirée
de l'Edition entiere de fes Ouvrages , pour
l'honneur de la Religion , & pour l'avancement
fpirituel des Fidéles.
Fermer
Résumé : SUITE de l'Extrait de la Lettre de M. le Cardinal Quirini, écrite à M. de Boze, Directeur de l'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres.
Dans une lettre à M. de Boze, le Cardinal Quirini aborde l'absence de la leçon 'regnavit à ligno' dans le Psaume 95, verset 10, des manuscrits grecs du Vatican des Œuvres de Saint Éphrem. Il conteste la conclusion du Père Tournemine selon laquelle Saint Éphrem aurait lu cette addition dans les manuscrits syriaques. Quirini souligne également l'absence de ces mots dans les exemplaires grecs utilisés par Origène et dans la Vulgate de Saint Jérôme, ainsi que dans les manuscrits du Vatican. Le Cardinal mentionne ses efforts pour rassembler les lettres du Cardinal Reginald Pole, archevêque de Cantorbéry, et se propose de réfuter les écrits de Burnet contre Pole. Il cite des correspondances de Pole, notamment avec le Doge de Venise et le Cardinal Contarini. Il note aussi la création de trois cardinaux modénois par le Pape Paul III, soulignant la préférence de ce dernier pour des sujets savants et vertueux. La lettre évoque plusieurs figures religieuses et intellectuelles notables, telles que Contarini, Polus, Bembe, Caraffe, Sadolet, et Frédéric Fregofe, actifs sous les pontificats de Paul III et du cardinal Polus. Le pape Benoît XIV est mentionné pour sa vaste connaissance des Saintes Écritures et de la littérature classique. Quirini conclut en évoquant une anecdote sur une visite chez le chancelier de France et mentionne la traduction française des œuvres de piété de saint Éphrem, publiée en deux volumes à Paris chez Didot. Cette traduction inclut des extraits des mémoires de M. de Tillemont et un témoignage de saint Grégoire de Nysse. Le rédacteur exprime son intérêt pour cette lecture et encourage le traducteur à poursuivre son travail pour honorer la religion et promouvoir l'avancement spirituel des fidèles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
886
p. 1761-1763
EPITRE, A M. H..... Chanoine de ..... sur son Sermon du Dimanche de la Passion.
Début :
Lorsque je vois H.... en Chaire, [...]
Mots clefs :
Ardeur, Discours, Voix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE, A M. H..... Chanoine de ..... sur son Sermon du Dimanche de la Passion.
EPITRE ,
A M. H..... Chanoine de ..... fur foo
Sermon du
Dimanche de la Paffion.
L Orfque je vois H .... en Chaire ,
'Animé d'une fainte ardeur ,
S'élever contre le Pécheur ,
Il me femble voir , fous Tibere ;
De Jefus le Saint Précurseur ,
Dans le Défert , avec douceur ,
Nous remontrer notre miſere.
Hélas ! quand je le confidere ,
Quelle jufteffe en fes difcours !
Quelle pureté de Doctrine !
La Grace vient à fon fecours ;
Ah ! c'eſt en vain que je m'obſtine ;
C'eſt un vrai
mouvement du Ciel ,
Qui , pour que je te pûffe entendre
M'a fait entrer à Saint Michel:
Oui , c'eſt - là que je te vis prendre
La défenfe de l'Eternel ,
Et commeun autre Samuel ,
J
Pa
1762 MERCURE DE FRANCE
Par tes difcours faire répandre
Des larmes à tout Ifraël.
Ce n'eft pas la voix d'un Mortel ;
C'eft Dieu qui me force à me rendre.
Pourfuis , digne Prédicateur ;
Déclare hardiment la guerre
Aux crimes , au vice , à l'erreur ,
Qui , plus que jamais , fur la terre
Exerce à préſent ſa fureur ;
Pénetre jufqu'au fond du coeur
Du libertin , de ce faux frere ,
Qui , malgré le jour qui l'éclaire ,
Recherche encore avec ardeur ,
Comment il pourra faire taire
Cette voix , ce remords vengeur ,
Qui combat dans fon intérieur
Une femence falutaire ;
Exerce ta fainte ferveur ;
C'eft à la Vigne du Seigneur
Que tu dois travailler fans ceffe ,
Exhorte , parle , preffe ;
N'appréhende point les Cenfeurs ;
Imite tes Prédéceffeurs
Dans
A OUST. 1744.
1765
Dans cette carriere éclatante ;
La moiffon devient abondante ,
Et l'on a beſoin d'Ouvriers ;
Vole fur les pas des premiers ,
Qui , lors de l'Egliſe naiſſante ,
Kemporterent tant de Lauriers .
Par leur conduite édifiante.
Accepte ce petit Bouquet ,
Que de ma part on te préſente ;
Si ton ame eft reconnoiffante ,
Tu me garderas le fecret.
?
Ne cherche point à me connoître
Car ce feroit un tems perdu ;
Si mon nom ne t'eſt pas connu ,
Le tems te l'apprendra peut-être.
A M. H..... Chanoine de ..... fur foo
Sermon du
Dimanche de la Paffion.
L Orfque je vois H .... en Chaire ,
'Animé d'une fainte ardeur ,
S'élever contre le Pécheur ,
Il me femble voir , fous Tibere ;
De Jefus le Saint Précurseur ,
Dans le Défert , avec douceur ,
Nous remontrer notre miſere.
Hélas ! quand je le confidere ,
Quelle jufteffe en fes difcours !
Quelle pureté de Doctrine !
La Grace vient à fon fecours ;
Ah ! c'eſt en vain que je m'obſtine ;
C'eſt un vrai
mouvement du Ciel ,
Qui , pour que je te pûffe entendre
M'a fait entrer à Saint Michel:
Oui , c'eſt - là que je te vis prendre
La défenfe de l'Eternel ,
Et commeun autre Samuel ,
J
Pa
1762 MERCURE DE FRANCE
Par tes difcours faire répandre
Des larmes à tout Ifraël.
Ce n'eft pas la voix d'un Mortel ;
C'eft Dieu qui me force à me rendre.
Pourfuis , digne Prédicateur ;
Déclare hardiment la guerre
Aux crimes , au vice , à l'erreur ,
Qui , plus que jamais , fur la terre
Exerce à préſent ſa fureur ;
Pénetre jufqu'au fond du coeur
Du libertin , de ce faux frere ,
Qui , malgré le jour qui l'éclaire ,
Recherche encore avec ardeur ,
Comment il pourra faire taire
Cette voix , ce remords vengeur ,
Qui combat dans fon intérieur
Une femence falutaire ;
Exerce ta fainte ferveur ;
C'eft à la Vigne du Seigneur
Que tu dois travailler fans ceffe ,
Exhorte , parle , preffe ;
N'appréhende point les Cenfeurs ;
Imite tes Prédéceffeurs
Dans
A OUST. 1744.
1765
Dans cette carriere éclatante ;
La moiffon devient abondante ,
Et l'on a beſoin d'Ouvriers ;
Vole fur les pas des premiers ,
Qui , lors de l'Egliſe naiſſante ,
Kemporterent tant de Lauriers .
Par leur conduite édifiante.
Accepte ce petit Bouquet ,
Que de ma part on te préſente ;
Si ton ame eft reconnoiffante ,
Tu me garderas le fecret.
?
Ne cherche point à me connoître
Car ce feroit un tems perdu ;
Si mon nom ne t'eſt pas connu ,
Le tems te l'apprendra peut-être.
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Résumé : EPITRE, A M. H..... Chanoine de ..... sur son Sermon du Dimanche de la Passion.
L'épître est adressée à un chanoine nommé H., prêcheur à l'église Saint-Michel. L'auteur admire ses sermons, les comparant à ceux de Jean-Baptiste et de Samuel, et loue la justesse et la pureté de sa doctrine. Cette éloquence est attribuée à une grâce divine. L'auteur encourage le chanoine à poursuivre sa mission de dénonciation des crimes, du vice et de l'erreur avec la même ardeur. Il l'incite à imiter ses prédécesseurs et à œuvrer sans relâche pour la 'Vigne du Seigneur', malgré les éventuelles critiques. En conclusion, l'auteur offre un 'petit Bouquet' en signe de reconnaissance et demande au chanoine de garder secrète son identité, suggérant que le temps pourrait révéler son nom.
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887
p. 1828-1829
VII & VIII Vol. de la Collection des OEuvres de M. Bossuet, [titre d'après la table]
Début :
Le septiéme & le huitiéme Volumes de la Collection des Oeuvres de M. Bossuet, [...]
Mots clefs :
Oeuvres, Jacques Bénigne Bossuet
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texteReconnaissance textuelle : VII & VIII Vol. de la Collection des OEuvres de M. Bossuet, [titre d'après la table]
Le feptiéme & le huitiéme Volumes de
la Collection des Oeuvres de M. Boffuet
Evêque de Meaux , paroiffent depuis peu
Paris , chés le Mercier , la veuve Alix , Barois
, fils , & Boudet , Libraires , in-fol . 1744.
Le feptiéme Volume contient les Ecrits de
M. Boffuet , à l'occafion des difputes , qui fe
font élevées au fujet du Livre des Maximes
des Saints , la Politique tirée des propres paroles
de l'Ecriture-Sainte , & fon Traité fur
la Comédie. Le huitiéme comprend le Difcoursfur
l'Hiftoire Universelle , une Lettre
au Pape Innocent XI , avec la Réponſe .?
les
AOUST. 1744. 1829
les Oraifons Funébres , & le Difcours que
M. Boffuet prononça lorfqu'il fut reçû à
l'Académie Françoiſe,
la Collection des Oeuvres de M. Boffuet
Evêque de Meaux , paroiffent depuis peu
Paris , chés le Mercier , la veuve Alix , Barois
, fils , & Boudet , Libraires , in-fol . 1744.
Le feptiéme Volume contient les Ecrits de
M. Boffuet , à l'occafion des difputes , qui fe
font élevées au fujet du Livre des Maximes
des Saints , la Politique tirée des propres paroles
de l'Ecriture-Sainte , & fon Traité fur
la Comédie. Le huitiéme comprend le Difcoursfur
l'Hiftoire Universelle , une Lettre
au Pape Innocent XI , avec la Réponſe .?
les
AOUST. 1744. 1829
les Oraifons Funébres , & le Difcours que
M. Boffuet prononça lorfqu'il fut reçû à
l'Académie Françoiſe,
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Résumé : VII & VIII Vol. de la Collection des OEuvres de M. Bossuet, [titre d'après la table]
En août 1744, les septième et huitième volumes des œuvres de Bossuet, évêque de Meaux, ont été publiés à Paris. Le septième volume comprend ses écrits sur les 'Maximes des Saints', la 'Politique tirée des propres paroles de l'Écriture Sainte' et un traité sur la comédie. Le huitième volume inclut un discours sur l'histoire universelle, une lettre au pape Innocent XI, des oraisons funèbres et un discours pour son admission à l'Académie française.
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888
p. 1833-1834
Essais d'Exhortations, &c. [titre d'après la table]
Début :
ESSAIS d'Exhortations, avant & après l'Administration du très-saint Viatique, [...]
Mots clefs :
Sacrements, Exhortations
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texteReconnaissance textuelle : Essais d'Exhortations, &c. [titre d'après la table]
ESSAIS d'Exhortations , avant & après
l'Adminiſtration du très - faint Viatique'
des Sacremens de Batême , de l'Extrême-
Onction , & du Mariage , avec divers motifs.
& Actes pour la confolation des Malades ,
& des Mourans , & quelques Exhortations
pour les Fiançailles. Par un Prêtre de l'Oratoire
, 1 vol. in- 12 . de 544 pag . fans la Table
, & l'Avertiffement ; à Paris , chés le
Mercier , Imprimeur-Libraire de l'Hôtelde-
Ville , ruë S. Jacques , au Livre d'Or ,
M. DCC . XLIV .
Le feul Titre de ce Livre en fait connoître
l'importance , & marque la modeftie du
pieux Auteur , qui , fous le nom d'Eſſais ,
nous donne un Ouvrage achevé & des plus
édifians que la Piété Chrétienne puiffe défirer.
و د
» Il y a lieu de croire , dit * un des Doc-
» teurs en Théologie de la Faculté de Paris ,
qui l'ont approuvé , que cet Ouvrage fera
» très- utile à ceux qui font chargés de l'Ad-
»miniftration des Sacremens , & que l'onction
qui accompagne les paroles de la
* M. le Boyer , Théologal de l'Eglife de Toulouse.
F » Sain1834
MERCURE DE FRANCE.
» Sainte Ecriture , que l'Auteur a ramaffées
»avec foin , produira dans les Fidéles les
>> fentimens , dans lefquels ils doivent
» être , lorfqu'ils approchent des Sacremens.
l'Adminiſtration du très - faint Viatique'
des Sacremens de Batême , de l'Extrême-
Onction , & du Mariage , avec divers motifs.
& Actes pour la confolation des Malades ,
& des Mourans , & quelques Exhortations
pour les Fiançailles. Par un Prêtre de l'Oratoire
, 1 vol. in- 12 . de 544 pag . fans la Table
, & l'Avertiffement ; à Paris , chés le
Mercier , Imprimeur-Libraire de l'Hôtelde-
Ville , ruë S. Jacques , au Livre d'Or ,
M. DCC . XLIV .
Le feul Titre de ce Livre en fait connoître
l'importance , & marque la modeftie du
pieux Auteur , qui , fous le nom d'Eſſais ,
nous donne un Ouvrage achevé & des plus
édifians que la Piété Chrétienne puiffe défirer.
و د
» Il y a lieu de croire , dit * un des Doc-
» teurs en Théologie de la Faculté de Paris ,
qui l'ont approuvé , que cet Ouvrage fera
» très- utile à ceux qui font chargés de l'Ad-
»miniftration des Sacremens , & que l'onction
qui accompagne les paroles de la
* M. le Boyer , Théologal de l'Eglife de Toulouse.
F » Sain1834
MERCURE DE FRANCE.
» Sainte Ecriture , que l'Auteur a ramaffées
»avec foin , produira dans les Fidéles les
>> fentimens , dans lefquels ils doivent
» être , lorfqu'ils approchent des Sacremens.
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Résumé : Essais d'Exhortations, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Essais d'Exhortations, avant & après l'Administration du très-faint Viatique des Sacremens de Batême, de l'Extrême-Onction, & du Mariage, avec divers motifs & Actes pour la confolation des Malades, & des Mourans, & quelques Exhortations pour les Fiançailles' est rédigé par un prêtre de l'Oratoire. Publié à Paris en 1744, ce livre de 544 pages ne comporte ni table des matières ni avertissement. Il vise à renforcer la piété chrétienne lors de l'administration des sacrements. Approuvé par M. le Boyer, docteur en théologie et théologal de l'Église de Toulouse, l'ouvrage est jugé utile pour ceux qui administrent les sacrements. L'auteur y rassemble des passages de la Sainte Écriture pour inspirer les fidèles lors de leur approche des sacrements.
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889
p. 1882-1884
MANDEMENT de S. E. M. le Cardinal de Tencin, au sujet de la prise d'Ypres.
Début :
PIERRE DE GUERIN DE TENCIN, Cardinal, Prêtre de la Sainte Eglise Romaine, [...]
Mots clefs :
Lyon, Mandement, Ypres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MANDEMENT de S. E. M. le Cardinal de Tencin, au sujet de la prise d'Ypres.
MANDEMENT de S. E. M. le Cardinal
de Tencin , au fujet de la priſe d'Ypres .
PIERRE DE GUERIN DE TENCIN , Cardinal
, Prêtre de la Sainte Eglife Romaine
, du Titre des Saints Nérée & Aquilée ,
Archevêque & Comte de Lyon , Primat de
France , Commandeur de l'Ordre du Saint-
Efprit , Miniftre d'Etat , &c . ,
A tous Abbés , Doyens , Chapitres
Prieurs , Curés , Vicaires & autres Eccléfiaftii
AOUST. 1744. 1885
tiques Séculiers & Réguliers , & à tous les
Fidéles de notre Diocéfe : SALUT & Bénédiction
en Notre- Seigneur.
Nos Voeux unis à ceux de notre Augufte
Monarque, mes très chers Freres , font montés
jufqu'au Trône du Tout- Puiffant , & en
ont obtenu de nouveaux fuccès , plus rapides
que nous n'ofons peut-être les efperer.
Ils ne font pas cependant le principal fujet
des actions de graces que nous devons au
Seigneur. Ce qui les exige infiniment da
vantage , c'eft la confervation de la Perfonne
Sacrée du Roi au milieu des périls , ou
fa valeur & fon amour pour les Peuples
l'ont exposé. Qui de nous , mes très-chers
Freres , n'a pas tremblé au recit de ces périls
? Et la joyce de voir ceffer , du moins
pour quelque tems , les frayeurs qu'ils nous
infpiroient , n'a-t'elle pas été le premier
mouvement qui s'eft élevé dans tous les
coeurs à la nouvelle de la Prife d'Ypres ?
Puiffe une prompte & folide Paix bannir
pour toujours ces vives allarmes ! Jufqueslà
nous aurons acheté trop chérement les
plus glorieufes Conquêtes.
A CES CAUSES , Nous Cardinal Archevêque
& Comte de Lyon fufdit , après en
avoir fait conférer de notre part avec nos
vénérables Freres Meffieurs les Doyen , Cha
noines & Chapitre de l'Eglife Comtes de
Hij Lyon ,
1884 MERCURE DE FRANCE.
Lyon , avons ordonné & ordonnons que le
Dimanche dix -neuf du préfent mois de
Juillet , à dix heures du matin , le Te Deum
fera chanté folemnellement avec le Pfeaume
Exaudiat , & les Oraifons en Actions de
Graces de la Prife d'Ypres , dans notre Egli
fe Primatiale , où les Compagnies , qui ont
accoûtumé d'affifter à de pareilles cérémonies
font invitées , de fe rendre .
A l'égard des autres Villes , Bourgs &
Villages de notre Diocèfe , nous ordonnons
que le Dimanche ou la Fête après la reception
de notre préfent Mandement , on chantera
pareillement le Te Deum , le Pfeaume
Exaudiat , & les Oraifons pour le même
fujer : Et fera notre préfent Mandement lû ,
publié & affiché par tout où befoin ſera .
DONNE' à Paris le huit du mois de Juillet
1744. Signé , P. CARD, DE TENCIN .
de Tencin , au fujet de la priſe d'Ypres .
PIERRE DE GUERIN DE TENCIN , Cardinal
, Prêtre de la Sainte Eglife Romaine
, du Titre des Saints Nérée & Aquilée ,
Archevêque & Comte de Lyon , Primat de
France , Commandeur de l'Ordre du Saint-
Efprit , Miniftre d'Etat , &c . ,
A tous Abbés , Doyens , Chapitres
Prieurs , Curés , Vicaires & autres Eccléfiaftii
AOUST. 1744. 1885
tiques Séculiers & Réguliers , & à tous les
Fidéles de notre Diocéfe : SALUT & Bénédiction
en Notre- Seigneur.
Nos Voeux unis à ceux de notre Augufte
Monarque, mes très chers Freres , font montés
jufqu'au Trône du Tout- Puiffant , & en
ont obtenu de nouveaux fuccès , plus rapides
que nous n'ofons peut-être les efperer.
Ils ne font pas cependant le principal fujet
des actions de graces que nous devons au
Seigneur. Ce qui les exige infiniment da
vantage , c'eft la confervation de la Perfonne
Sacrée du Roi au milieu des périls , ou
fa valeur & fon amour pour les Peuples
l'ont exposé. Qui de nous , mes très-chers
Freres , n'a pas tremblé au recit de ces périls
? Et la joyce de voir ceffer , du moins
pour quelque tems , les frayeurs qu'ils nous
infpiroient , n'a-t'elle pas été le premier
mouvement qui s'eft élevé dans tous les
coeurs à la nouvelle de la Prife d'Ypres ?
Puiffe une prompte & folide Paix bannir
pour toujours ces vives allarmes ! Jufqueslà
nous aurons acheté trop chérement les
plus glorieufes Conquêtes.
A CES CAUSES , Nous Cardinal Archevêque
& Comte de Lyon fufdit , après en
avoir fait conférer de notre part avec nos
vénérables Freres Meffieurs les Doyen , Cha
noines & Chapitre de l'Eglife Comtes de
Hij Lyon ,
1884 MERCURE DE FRANCE.
Lyon , avons ordonné & ordonnons que le
Dimanche dix -neuf du préfent mois de
Juillet , à dix heures du matin , le Te Deum
fera chanté folemnellement avec le Pfeaume
Exaudiat , & les Oraifons en Actions de
Graces de la Prife d'Ypres , dans notre Egli
fe Primatiale , où les Compagnies , qui ont
accoûtumé d'affifter à de pareilles cérémonies
font invitées , de fe rendre .
A l'égard des autres Villes , Bourgs &
Villages de notre Diocèfe , nous ordonnons
que le Dimanche ou la Fête après la reception
de notre préfent Mandement , on chantera
pareillement le Te Deum , le Pfeaume
Exaudiat , & les Oraifons pour le même
fujer : Et fera notre préfent Mandement lû ,
publié & affiché par tout où befoin ſera .
DONNE' à Paris le huit du mois de Juillet
1744. Signé , P. CARD, DE TENCIN .
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Résumé : MANDEMENT de S. E. M. le Cardinal de Tencin, au sujet de la prise d'Ypres.
Le Cardinal Pierre de Guerin de Tencin, Archevêque de Lyon, a émis un mandement le 8 juillet 1744. Il y exprime sa gratitude envers Dieu pour les succès militaires et la protection du roi. La prise d'Ypres est particulièrement célébrée. Le Cardinal ordonne qu'un Te Deum soit chanté solennellement le dimanche 19 juillet à 10 heures à l'église primatiale de Lyon, accompagné du psaume Exaudiat et des prières de remerciement. Les compagnies habituelles sont conviées. Dans les autres localités du diocèse, le Te Deum et les prières doivent être chantés le dimanche ou la fête suivant la réception du mandement. Ce dernier doit être lu, publié et affiché partout où nécessaire.
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890
p. 1884-1885
Le Te Deum chanté à N. D. [titre d'après la table]
Début :
S. M. ayant écrit à l'Archevêque de Paris, pour faire rendre à Dieu des actions de graces [...]
Mots clefs :
Roi, Archevêque de Paris, Te Deum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Te Deum chanté à N. D. [titre d'après la table]
S. M. ayant écrit à l'Archevêque de Paris ,
pour faire rendre à Dieu des actions de graces
folemnelles des avantages remportés par
les armées de France & d'Efpagne fur les
troupes du Roi de Sardaigne , on chanta le
12 après-midi dans l'Eglife Métropolitaine
le Te Deum , auquel l'Archevêque de Paris
officia pontificalement. Le Chancelier de
France , accompagné de plufieursConfeillers
d'Etat & Maîtres des Requêtes , y affifta
ainfi
AOUST. 1744. 1885
ainfi que le Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aydes & le Corps
de Ville , qui y avoient été invités de la
part du Roi par M. Defgranges , Maître des
Cérémonies . Voici la teneur de la Lettre du
Roi & du Mandement de M. l'Archevêque
de Paris , en conféquence defquels on a
chanté le Te Deum.
pour faire rendre à Dieu des actions de graces
folemnelles des avantages remportés par
les armées de France & d'Efpagne fur les
troupes du Roi de Sardaigne , on chanta le
12 après-midi dans l'Eglife Métropolitaine
le Te Deum , auquel l'Archevêque de Paris
officia pontificalement. Le Chancelier de
France , accompagné de plufieursConfeillers
d'Etat & Maîtres des Requêtes , y affifta
ainfi
AOUST. 1744. 1885
ainfi que le Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aydes & le Corps
de Ville , qui y avoient été invités de la
part du Roi par M. Defgranges , Maître des
Cérémonies . Voici la teneur de la Lettre du
Roi & du Mandement de M. l'Archevêque
de Paris , en conféquence defquels on a
chanté le Te Deum.
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Résumé : Le Te Deum chanté à N. D. [titre d'après la table]
Le roi a ordonné à l'archevêque de Paris d'organiser un Te Deum pour célébrer les victoires françaises et espagnoles contre le roi de Sardaigne. Le 12 août 1744, cette cérémonie a eu lieu à l'église métropolitaine de Paris, présidée par l'archevêque en habits pontificaux. Plusieurs dignitaires et représentants d'institutions parisiennes y ont assisté sur invitation du roi.
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891
p. 1885-1886
LETTRE du Roi, écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum en actions de graces des avantages remportés par les Armées de France & d'Espagne sur les Troupes du Roi de Sardaigne.
Début :
MON Cousin, après la perte que le Roi de Sardaigne a faite du Comté [...]
Mots clefs :
Roi de Sardaigne, Te Deum, Actions de grâces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Roi, écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum en actions de graces des avantages remportés par les Armées de France & d'Espagne sur les Troupes du Roi de Sardaigne.
LETTRE du Roi , écrite à M. l'Arche
vêque de Paris , pour faire chanter le Te
Deum en actions de graces des avantages
remportés par les Armées de France &
d'Espagne fur les Troupes du Roi de Sardaigne.
ON COUSIN , après la perte que le
M Roi de Sardaigne a faire du Comté
de Nice , il avoit raffemblé toutes fes forces
pour fermer l'entrée du Piedmont à mon
Frere , Coufin & Gendre l'Infant Dom Philippe
, & pour l'empêcher de pénétrer dans
les Etats qui lui font dévolus par les droits
du Sang. Mais mon Armée réunie à celle
d'Espagne , fous le commandement de mondit
Frere & de mon Coufin le Prince de
Conty , vient de furmonter tous les obſtacles
, que la nature & l'art oppofoient à ce
paffage. Les Retranchemens des Vallées de
Sture & du Château Dauphin ont été forcés
les 18 & 19 du mois dernier ; les Trou-
H iij pes
1886 MERCURE DE FRANCE.
pes qui les défendoient ont été défaites ,
leurs principaux Officiers tués ou faits prifonniers
, & le Château Dauphin abandonné
, avec l'Artillerie dont il étoit muni. Les
avantages qui réfultent de cette operation ,
en ouvrant à nos Armées les débouchés de
la Plaine de Piedmont , font une fuite de la
protection que Dieu accorde à la juftice de
mes armes ; & voulant lui rendre les actions
de graces qui lui en font dûës , je vous
écris cette Lettre pour vous dire , que mon
intention eft , que vous faffiez chanter le
Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine de ma
bonne Ville de Paris , & autres de votre
Diocéfe , avec les folemnités requifes , au
jour & à l'heure que le Grand-Maître , ou
le Maître des Cérémonies vous dira de ma
part , & invitiez tous ceux qu'il que vous y
conviendra d'y affifter . Sur ce , je prie Dieu ,
qu'il vous ait , MON COUSIN , en fa fainte
& digne garde. Ecrit à Metz les Août
1744. Signé , LOUIS ; Et plus bas , PHELYPEAUX
.
vêque de Paris , pour faire chanter le Te
Deum en actions de graces des avantages
remportés par les Armées de France &
d'Espagne fur les Troupes du Roi de Sardaigne.
ON COUSIN , après la perte que le
M Roi de Sardaigne a faire du Comté
de Nice , il avoit raffemblé toutes fes forces
pour fermer l'entrée du Piedmont à mon
Frere , Coufin & Gendre l'Infant Dom Philippe
, & pour l'empêcher de pénétrer dans
les Etats qui lui font dévolus par les droits
du Sang. Mais mon Armée réunie à celle
d'Espagne , fous le commandement de mondit
Frere & de mon Coufin le Prince de
Conty , vient de furmonter tous les obſtacles
, que la nature & l'art oppofoient à ce
paffage. Les Retranchemens des Vallées de
Sture & du Château Dauphin ont été forcés
les 18 & 19 du mois dernier ; les Trou-
H iij pes
1886 MERCURE DE FRANCE.
pes qui les défendoient ont été défaites ,
leurs principaux Officiers tués ou faits prifonniers
, & le Château Dauphin abandonné
, avec l'Artillerie dont il étoit muni. Les
avantages qui réfultent de cette operation ,
en ouvrant à nos Armées les débouchés de
la Plaine de Piedmont , font une fuite de la
protection que Dieu accorde à la juftice de
mes armes ; & voulant lui rendre les actions
de graces qui lui en font dûës , je vous
écris cette Lettre pour vous dire , que mon
intention eft , que vous faffiez chanter le
Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine de ma
bonne Ville de Paris , & autres de votre
Diocéfe , avec les folemnités requifes , au
jour & à l'heure que le Grand-Maître , ou
le Maître des Cérémonies vous dira de ma
part , & invitiez tous ceux qu'il que vous y
conviendra d'y affifter . Sur ce , je prie Dieu ,
qu'il vous ait , MON COUSIN , en fa fainte
& digne garde. Ecrit à Metz les Août
1744. Signé , LOUIS ; Et plus bas , PHELYPEAUX
.
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Résumé : LETTRE du Roi, écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum en actions de graces des avantages remportés par les Armées de France & d'Espagne sur les Troupes du Roi de Sardaigne.
Le roi a écrit à l'archevêque de Paris pour ordonner le chant du Te Deum afin de célébrer les victoires des armées françaises et espagnoles contre les troupes du roi de Sardaigne. Après la perte du comté de Nice, le roi de Sardaigne avait rassemblé ses forces pour empêcher l'Infant Dom Philippe d'accéder à ses États légitimes. Les armées alliées, dirigées par le frère du roi et le prince de Conti, ont surmonté divers obstacles, y compris les retranchements des vallées de Sture et du château Dauphin, conquis les 18 et 19 du mois précédent. Les défenseurs ont été vaincus, leurs principaux officiers tués ou capturés, et le château Dauphin abandonné avec son artillerie. Ces succès permettent aux armées alliées d'accéder à la plaine du Piémont, prouvant la protection divine accordée à la justice des armes du roi. Le roi souhaite exprimer sa gratitude par le chant du Te Deum dans l'église métropolitaine de Paris et dans d'autres églises du diocèse, avec les solennités appropriées, à une date et heure déterminées par le Grand-Maître ou le Maître des Cérémonies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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892
p. 1886-1889
Mandement en conséquence, [titre d'après la table]
Début :
En conséquence l'Archevêque de Paris donna un Mandement, dont voici la teneur. / CHARLES-GASPARD-GUILLAUME DE Vintimille des Comtes de Marseille du Luc, [...]
Mots clefs :
Dieu, Roi, Armées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mandement en conséquence, [titre d'après la table]
En conféquence l'Archevêque de Paris
donna un Mandement , dont voici la teneur.
CHARLES - GASPARD-GUILLAUME DE
Vintimille des Comtes de Marfeille du Luc ,
par la Miféricorde Divine , & par la grace
du S. Siége Apoftolique , Archevêque de
Paris , &c.
Les
A O UST. 1744. 1987
Les Armées de France & d'Efpagne , après
la Conquête du Comté de Nice , viennent
de s'ouvrir l'entrée du Piedmont , & par
des prodiges de valeur , elles ont triomphé
de tous les obftacles , que l'Art & la Nature
fembloient oppofer de concert à leurs projets.
S'il eft jufte d'applaudir & à la fageffe des
Chefs qui ont conduit l'entrepriſe , & à la
valeur des Soldats qui l'ont exécutée , il
l'eft encore plus de benir & de louer celui ,
qui a donné aux uns cette fuperiorité de
génie propre à tout entreprendre avec ſuccès
, & aux autres cette intrépidité & cette
ardeur , qui ont fait l'étonnement & la furpriſe
de l'ennemi vaincu & mis en fuite.
C'eft en Dieu , que résident La fageffe & la
force :l'une & l'autre ne font dans l'hommet
que des biens émanés de cette fource iné
puifable , & tous les avantages qui en font
les fuites & les effets , doivent être regardés
comme autant de faveurs du Ciel , qui exigent
de notre part un tribut de louanges &
d'actions de
graces.
Convaincu de ces vérités, David fe voyant
délivré des mains de tous fes ennemis , s'écrioit
dans un faint tranfport : Le Seigneur
eft mon appui , mon réfuge & mon libérateur
mon aide , mon protecteur & mon afyle . Vous
m'avez donné , ajoûtoit ce faint Roi , parlant
Hiiij
à
1888 MERCURE DE FRANCE.
à Dieu , la force pour combattre , & vous avez
abattu fous moi ceux qui s'élevoient contre moi ,
c'est pourquoije publierai vos louanges , & je
chanterai des Cantiques à la gloire de votre
Saint Nom.
Entrons dans ces fentimens & imitons
cet exemple. Redevables à Dieu de l'évenement
qui fait aujourd'hui le füjet de l'allegreffe
publique , faifons retentir nos faints
Temples des témoignages de notre reconnoillance
envers lui.
Mais au milieu de notre joye , fouvenonsnous
, que notre augufte Monarque eft actuellement
occupé à repouffer les efforts de
fes ennemis , & qu'il ne fut jamais plus convenable
de redoubler nos voeux & nos prieres
pour la profpérité de fès armes , & pour
la confervation de fa Perfonne facrée. Puiffe
le fuccès répondre à fes défirs ! que le Nom
du Dieu de Jacob foit fa protection & la défenfe
; que du San&iuaire de fa gloire & du
haut de la céleste Sion , le Seigneur lui envoye
un puiffant fecours ; qu'il lui accorde
toutes chofes felon fon coeur , & qu'il ne lui refufe
aucune de fes demandes ; qu'enfin il fauve
de tout accident fâcheux un Roi , qui fupporte
les fatigues de la guerre & s'expofe
aux plus grands périls , pour procurer &
faire goûter à fes Peuples les fruits de la
Paix !
A
AOUST. 1744. 1889
A CES CAUSES , & pour nous conformer
aux intentions de Sa Majefté , après en avoir
conféré avec nos vénérables Freres les
Doyen , Chanoines & Chapitre de notre
Eglife Métropolitaine : Nous ordonnons ,
qu'en actions de graces des avantages remportés
par les armées de France & d'Efpagne
fur les Troupes du Roi de Sardaigne ,
Mercredi prochain douze du préſent mois
d'Août , on chantera le Te Deum dans notredite
Eglife, après lequel on dira l'Antienne ,
Domine falvum fac Regem , & c. avec le Verfet
, Fiat manus tua , & c . & l'Oraiſon Pro
Rege & ejus Exercitu . Que Dimanche ſeize
du même mois , il fera pareillement chanté ,
avec ladite Antienne , dans toutes les Abbayes
, Chapitres , Paroiffes , Communautés
Séculiéres & Régulieres de la Ville & des
Fauxbourgs de Paris , & le Dimanche qui
fuivra la reception de notre préfent Mande
ment , dans toutes les autres Eglifes de notre
Diocèfe. SI VOUS MANDONS , que ces
Préfentes vous ayez à notifier à tous Abbés,
Prieurs , Curés , Superieurs & Superieures
des Communautés exemptes & non exemp
tes , à ce qu'ils n'en ignorent . DONNE ' à
Paris en notre Palais Archiépiſcopal le 10
Août 1744. Signé , CHARLES , Archevêque
de Paris , &c.
donna un Mandement , dont voici la teneur.
CHARLES - GASPARD-GUILLAUME DE
Vintimille des Comtes de Marfeille du Luc ,
par la Miféricorde Divine , & par la grace
du S. Siége Apoftolique , Archevêque de
Paris , &c.
Les
A O UST. 1744. 1987
Les Armées de France & d'Efpagne , après
la Conquête du Comté de Nice , viennent
de s'ouvrir l'entrée du Piedmont , & par
des prodiges de valeur , elles ont triomphé
de tous les obftacles , que l'Art & la Nature
fembloient oppofer de concert à leurs projets.
S'il eft jufte d'applaudir & à la fageffe des
Chefs qui ont conduit l'entrepriſe , & à la
valeur des Soldats qui l'ont exécutée , il
l'eft encore plus de benir & de louer celui ,
qui a donné aux uns cette fuperiorité de
génie propre à tout entreprendre avec ſuccès
, & aux autres cette intrépidité & cette
ardeur , qui ont fait l'étonnement & la furpriſe
de l'ennemi vaincu & mis en fuite.
C'eft en Dieu , que résident La fageffe & la
force :l'une & l'autre ne font dans l'hommet
que des biens émanés de cette fource iné
puifable , & tous les avantages qui en font
les fuites & les effets , doivent être regardés
comme autant de faveurs du Ciel , qui exigent
de notre part un tribut de louanges &
d'actions de
graces.
Convaincu de ces vérités, David fe voyant
délivré des mains de tous fes ennemis , s'écrioit
dans un faint tranfport : Le Seigneur
eft mon appui , mon réfuge & mon libérateur
mon aide , mon protecteur & mon afyle . Vous
m'avez donné , ajoûtoit ce faint Roi , parlant
Hiiij
à
1888 MERCURE DE FRANCE.
à Dieu , la force pour combattre , & vous avez
abattu fous moi ceux qui s'élevoient contre moi ,
c'est pourquoije publierai vos louanges , & je
chanterai des Cantiques à la gloire de votre
Saint Nom.
Entrons dans ces fentimens & imitons
cet exemple. Redevables à Dieu de l'évenement
qui fait aujourd'hui le füjet de l'allegreffe
publique , faifons retentir nos faints
Temples des témoignages de notre reconnoillance
envers lui.
Mais au milieu de notre joye , fouvenonsnous
, que notre augufte Monarque eft actuellement
occupé à repouffer les efforts de
fes ennemis , & qu'il ne fut jamais plus convenable
de redoubler nos voeux & nos prieres
pour la profpérité de fès armes , & pour
la confervation de fa Perfonne facrée. Puiffe
le fuccès répondre à fes défirs ! que le Nom
du Dieu de Jacob foit fa protection & la défenfe
; que du San&iuaire de fa gloire & du
haut de la céleste Sion , le Seigneur lui envoye
un puiffant fecours ; qu'il lui accorde
toutes chofes felon fon coeur , & qu'il ne lui refufe
aucune de fes demandes ; qu'enfin il fauve
de tout accident fâcheux un Roi , qui fupporte
les fatigues de la guerre & s'expofe
aux plus grands périls , pour procurer &
faire goûter à fes Peuples les fruits de la
Paix !
A
AOUST. 1744. 1889
A CES CAUSES , & pour nous conformer
aux intentions de Sa Majefté , après en avoir
conféré avec nos vénérables Freres les
Doyen , Chanoines & Chapitre de notre
Eglife Métropolitaine : Nous ordonnons ,
qu'en actions de graces des avantages remportés
par les armées de France & d'Efpagne
fur les Troupes du Roi de Sardaigne ,
Mercredi prochain douze du préſent mois
d'Août , on chantera le Te Deum dans notredite
Eglife, après lequel on dira l'Antienne ,
Domine falvum fac Regem , & c. avec le Verfet
, Fiat manus tua , & c . & l'Oraiſon Pro
Rege & ejus Exercitu . Que Dimanche ſeize
du même mois , il fera pareillement chanté ,
avec ladite Antienne , dans toutes les Abbayes
, Chapitres , Paroiffes , Communautés
Séculiéres & Régulieres de la Ville & des
Fauxbourgs de Paris , & le Dimanche qui
fuivra la reception de notre préfent Mande
ment , dans toutes les autres Eglifes de notre
Diocèfe. SI VOUS MANDONS , que ces
Préfentes vous ayez à notifier à tous Abbés,
Prieurs , Curés , Superieurs & Superieures
des Communautés exemptes & non exemp
tes , à ce qu'ils n'en ignorent . DONNE ' à
Paris en notre Palais Archiépiſcopal le 10
Août 1744. Signé , CHARLES , Archevêque
de Paris , &c.
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Résumé : Mandement en conséquence, [titre d'après la table]
En août 1744, l'Archevêque de Paris, Charles-Gaspard-Guillaume de Vintimille, publia un mandement après les victoires des armées françaises et espagnoles sur le Comté de Nice et leur entrée en Piémont. Il attribua ces succès à la grâce divine et loua la sagesse des chefs et le courage des soldats. L'archevêque souligna que toute sagesse et force proviennent de Dieu et que les victoires doivent être vues comme des faveurs divines. Il cita le roi David pour illustrer la reconnaissance envers Dieu. Il ordonna des actions de grâce, incluant le chant du Te Deum et des prières pour le roi, le 12 août dans la cathédrale, le 16 août dans toutes les églises de Paris et ses faubourgs, et le dimanche suivant dans tout le diocèse. Le mandement fut signé le 10 août 1744.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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893
p. 1894-1895
Le Te Deum chanté à Metz, [titre d'après la table]
Début :
On chanta le 8 après midi dans l'Eglise Cathédrale le Te Deum en action de graces [...]
Mots clefs :
Roi, Te Deum, Fièvre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Te Deum chanté à Metz, [titre d'après la table]
On chanta le 8 après midi dans l'Eglife
Cathédrale le Te Deum en action de graces
de la priſe du Château Dauphin & des retranchemens
de la Vallée de Sture , & l'Evêque
de Metz y officia pontificalement.
Toutes les Maifons de cette Ville furent
illuminées pendant la nuit , & il y eut des
feux & des réjouiffances publiques.
Le Roi ne put aflifter au Te Deum , parce
qu'il s'étoit trouvé incommodé pendant la
nuit pécédente. S. M. ayant de la fievre , accomAOUST.
1744. 1895
compagnée d'une douleur de tête , fut faignée
au bras dans l'après midi . La fiévre
étant très- médiocre le 9 au matin , S. M.
prit une médecine , dont l'effet lui procura
beaucoup de foulagement par la diminution
des accidens de la maladie , ce qui donnoit
lieu d'efpérer que le Roi feroit bien- tôt entierement
rétabli.
Cathédrale le Te Deum en action de graces
de la priſe du Château Dauphin & des retranchemens
de la Vallée de Sture , & l'Evêque
de Metz y officia pontificalement.
Toutes les Maifons de cette Ville furent
illuminées pendant la nuit , & il y eut des
feux & des réjouiffances publiques.
Le Roi ne put aflifter au Te Deum , parce
qu'il s'étoit trouvé incommodé pendant la
nuit pécédente. S. M. ayant de la fievre , accomAOUST.
1744. 1895
compagnée d'une douleur de tête , fut faignée
au bras dans l'après midi . La fiévre
étant très- médiocre le 9 au matin , S. M.
prit une médecine , dont l'effet lui procura
beaucoup de foulagement par la diminution
des accidens de la maladie , ce qui donnoit
lieu d'efpérer que le Roi feroit bien- tôt entierement
rétabli.
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Résumé : Le Te Deum chanté à Metz, [titre d'après la table]
Le 8 août 1744, un Te Deum fut chanté à Metz pour célébrer la prise du Château Dauphin et des retranchements de la Vallée de Sture. L'évêque de Metz officia. La ville fut illuminée et des réjouissances eurent lieu. Le roi, souffrant de fièvre et de maux de tête, ne put assister à la cérémonie. Le 9 août, sa fièvre légère lui permit de prendre un médicament apaisant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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894
p. 1898
« Le même jour, Fête de l'Assomption de la Ste Vierge, la Procession solemnelle qui se [...] »
Début :
Le même jour, Fête de l'Assomption de la Ste Vierge, la Procession solemnelle qui se [...]
Mots clefs :
Assomption de la Sainte Vierge, Procession
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texteReconnaissance textuelle : « Le même jour, Fête de l'Assomption de la Ste Vierge, la Procession solemnelle qui se [...] »
Le même jour , Fête de l'Affomption de la
Ste Vierge , la Proceffion folemnelle qui ſe
fait tous les ans à pareil jour , en exécution
du Vou de Louis XIII , fe fit avec les cérémonies
ordinaires , & l'Abbé d'Harcourt ,
Doyen du Chapitre de l'Eglife Métropolitaine
, y officia. Le Parlement , la Chambre
, y
des Comptes , la Cour des Aides & le Corps
de Ville , y affifterent , ainfi qu'au Salut ,
qui fut célébré à l'occafion des Prieres de
Quarante- heures , ordonnées par l'Archevêque
de Paris , pour demander à Dieu le rétabliffement
de la fanté du Roi , & qu'on
commença le même jour.
Ste Vierge , la Proceffion folemnelle qui ſe
fait tous les ans à pareil jour , en exécution
du Vou de Louis XIII , fe fit avec les cérémonies
ordinaires , & l'Abbé d'Harcourt ,
Doyen du Chapitre de l'Eglife Métropolitaine
, y officia. Le Parlement , la Chambre
, y
des Comptes , la Cour des Aides & le Corps
de Ville , y affifterent , ainfi qu'au Salut ,
qui fut célébré à l'occafion des Prieres de
Quarante- heures , ordonnées par l'Archevêque
de Paris , pour demander à Dieu le rétabliffement
de la fanté du Roi , & qu'on
commença le même jour.
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Résumé : « Le même jour, Fête de l'Assomption de la Ste Vierge, la Procession solemnelle qui se [...] »
Le 15 août, jour de l'Assomption, une procession solennelle a été organisée selon le vœu de Louis XIII. Dirigée par l'abbé d'Harcourt, elle a réuni plusieurs institutions parisiennes. L'archevêque de Paris a ordonné des prières des Quarante-Heures pour la guérison du roi, débutées ce jour-là.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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895
p. 1899-1902
Suite de la Maladie du Roi, / Arrivée de la Reine à Metz, [titre d'après la table]
Début :
On a appris de Metz du 18 de ce mois, que la médecine qu'on fit prendre au Roi le [...]
Mots clefs :
Roi, Douleur de tête, Fièvre, Évacuations, Redoublement, Saignée du pied
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texteReconnaissance textuelle : Suite de la Maladie du Roi, / Arrivée de la Reine à Metz, [titre d'après la table]
On a appris de Metz du 18 de ce mois ,
que la médecine qu'on fit prendre au Roi le
onze , eut un effet affés heureux , & qu'elle
procura des évacuations très- abondantes ,
mais qu'elle ne diminua pas , ainfi qu'on l'avoit
efperé , la fiévre & la douleur de tête.
L'une & l'autre étant confidérablement augmentées
, vers les cinq heures après midi
on fe détermina à une feconde faignée du
pied , qui fut faite à huit heures du foir ,
lorfqu'on put juger que l'opération du
gatif étoit finie. Cette faignée procura au
Roi pendant la nuit & le jour fuivant , de la
tranfpiration , du calme dans le poulx , &
quelques heures de fommeil , & elle affoiblit
un peu la douleur de tête , laqueile
avoit été très- vive la veille , & avoit parû
s'être fixée à la tempe droite.
pur-
Les évacuations continuerent le 12 avec
affés d'abondance , & elles donnerent lieu
de croire que l'état de foulagement , dans
lequel le Roi fe trouvoit , pourroit ſe foûtenir
, mais le 13 à trois heures du matin
S. M. eut un redoublement de fiévre trèsviolent
, & la douleur de tête , qui l'accompagnoit
, étant fort augmentée , on chercha
à en prévenir les fuites par une troifiéme faignée
du pied , à laquelle on eut recours à
fept heures du matin , & qui ne diminua
point les deux caufes , qui pouvoient rendre
la maladie dangereufe , Le
1900 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi l'ayant reconnu & jugeant de fon
état , fit appeller le Pere Peruffeau , & après
avoir entendu la Meffe , il le confefla. S.M.
demanda enfuite le Viatique , qui lui fut
apporté par l'Evêque de Soiffons , fon Premier
Aumônier , & elle le reçût vers les trois
heures après midi en préfence de toute la
Cour , avec beaucoup de pieté , & avec des
fentimens de Religion , auffi dignes d'un
Chrétien , que capables de faire juger de fa
parfaite réfignation à la volonté de Dieu . A
fix heures du foir , la douleur de tête & la
fiévre fe foûtenant avec la plus grande violence
, on fit au Roi une quatrième faignée
du pied. On fe fervit encore du même remede
le 14 à fix heures du matin ; on chercha
à entretenir la liberté du ventre , & le
foir du même jour , on appliqua des Sancfuës
fur la tempe droite , où le Roi fentoit
la plus grande douleur . Toutes ces précautions
prifes contre l'augmentation de la maladie,
ne procurerent aucun foulagement aut
Roi , & ne diminuerent point la fiévre ; elle
redoubla à dix heures & demie du foir avec
une douleur de tête infupportable , accompagnée
d'une grande agitation , & le Roi
ayant fouhaité vers les deux heures du matin
de recevoir l'Extrême- Onction , elle lui
fut adminiftrée par l'Evêque de Soiſſons. A
ce redoublement , il s'en joignit à quatre
heures
A O UST. 1744. 1901'
heures du matin un fecond , qui fut encore
plus confidérable , & pendant lequel le Roi
étant, tombé dans un affoupiffement trèseffrayant
, on employa avec fuccès le fecours
des vefficatoires, On donna auffi au Roi un
purgatif qui produifit beaucoup d'effet , &
les vives allarmes que l'état , dans lequel
S. M. étoit le matin , ayoit cauſées , diminuerent
un peu vers les deux heures après
midi.
Depuis ce moment le Roi a eu la tête libre,
& il a dormi à plufieurs repriſes ; la
fiévre a été moins violente ; les évacuations
qui ont été entretenues , ont répondu à ce
qu'on efperoit , & S. M. a été beaucoup
mieux le 15 au foir & le lendemain . Le redoublement
qu'on craignoit pour le 16 au
foir , a retardé de quelques heures , & il n'a
commencé le 17 qu'à une heure & demie du
matin ; il a été moins violent que les précédens
, mais il a été marqué par un très grand
affoupiffement , à la fin duquel on a donné
au Roi un léger purgatif, pour entretenir
Les évacuations. Il y en a eû plufieurs qui
ont rendu la tête très-libre , & ont diminué
l'émotion du poulx.
Le Roi a pallé la nuit du 17 affés tranquillement
; le redoublement de fiéyre a été médiocre
, & il a fini à cinq heures du matin.
On a continué l'ufage des purgatifs , & les
évacua1902
MERCURE DE FRANCE.
évacuations , qu'ils ont procurées , ont fait
efperer que le redoublement qu'on craignoit
pour la nuit du 19 , feroit moins fort que
précédens , le poulx du Roi n'ayant pas
encore été en auffi bon état qu'il l'a été depuis
le 18 au matin , & qu'il a continué de
l'être le foir.
La Reine arriva à Metz le 17 , vers minuit.
que la médecine qu'on fit prendre au Roi le
onze , eut un effet affés heureux , & qu'elle
procura des évacuations très- abondantes ,
mais qu'elle ne diminua pas , ainfi qu'on l'avoit
efperé , la fiévre & la douleur de tête.
L'une & l'autre étant confidérablement augmentées
, vers les cinq heures après midi
on fe détermina à une feconde faignée du
pied , qui fut faite à huit heures du foir ,
lorfqu'on put juger que l'opération du
gatif étoit finie. Cette faignée procura au
Roi pendant la nuit & le jour fuivant , de la
tranfpiration , du calme dans le poulx , &
quelques heures de fommeil , & elle affoiblit
un peu la douleur de tête , laqueile
avoit été très- vive la veille , & avoit parû
s'être fixée à la tempe droite.
pur-
Les évacuations continuerent le 12 avec
affés d'abondance , & elles donnerent lieu
de croire que l'état de foulagement , dans
lequel le Roi fe trouvoit , pourroit ſe foûtenir
, mais le 13 à trois heures du matin
S. M. eut un redoublement de fiévre trèsviolent
, & la douleur de tête , qui l'accompagnoit
, étant fort augmentée , on chercha
à en prévenir les fuites par une troifiéme faignée
du pied , à laquelle on eut recours à
fept heures du matin , & qui ne diminua
point les deux caufes , qui pouvoient rendre
la maladie dangereufe , Le
1900 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi l'ayant reconnu & jugeant de fon
état , fit appeller le Pere Peruffeau , & après
avoir entendu la Meffe , il le confefla. S.M.
demanda enfuite le Viatique , qui lui fut
apporté par l'Evêque de Soiffons , fon Premier
Aumônier , & elle le reçût vers les trois
heures après midi en préfence de toute la
Cour , avec beaucoup de pieté , & avec des
fentimens de Religion , auffi dignes d'un
Chrétien , que capables de faire juger de fa
parfaite réfignation à la volonté de Dieu . A
fix heures du foir , la douleur de tête & la
fiévre fe foûtenant avec la plus grande violence
, on fit au Roi une quatrième faignée
du pied. On fe fervit encore du même remede
le 14 à fix heures du matin ; on chercha
à entretenir la liberté du ventre , & le
foir du même jour , on appliqua des Sancfuës
fur la tempe droite , où le Roi fentoit
la plus grande douleur . Toutes ces précautions
prifes contre l'augmentation de la maladie,
ne procurerent aucun foulagement aut
Roi , & ne diminuerent point la fiévre ; elle
redoubla à dix heures & demie du foir avec
une douleur de tête infupportable , accompagnée
d'une grande agitation , & le Roi
ayant fouhaité vers les deux heures du matin
de recevoir l'Extrême- Onction , elle lui
fut adminiftrée par l'Evêque de Soiſſons. A
ce redoublement , il s'en joignit à quatre
heures
A O UST. 1744. 1901'
heures du matin un fecond , qui fut encore
plus confidérable , & pendant lequel le Roi
étant, tombé dans un affoupiffement trèseffrayant
, on employa avec fuccès le fecours
des vefficatoires, On donna auffi au Roi un
purgatif qui produifit beaucoup d'effet , &
les vives allarmes que l'état , dans lequel
S. M. étoit le matin , ayoit cauſées , diminuerent
un peu vers les deux heures après
midi.
Depuis ce moment le Roi a eu la tête libre,
& il a dormi à plufieurs repriſes ; la
fiévre a été moins violente ; les évacuations
qui ont été entretenues , ont répondu à ce
qu'on efperoit , & S. M. a été beaucoup
mieux le 15 au foir & le lendemain . Le redoublement
qu'on craignoit pour le 16 au
foir , a retardé de quelques heures , & il n'a
commencé le 17 qu'à une heure & demie du
matin ; il a été moins violent que les précédens
, mais il a été marqué par un très grand
affoupiffement , à la fin duquel on a donné
au Roi un léger purgatif, pour entretenir
Les évacuations. Il y en a eû plufieurs qui
ont rendu la tête très-libre , & ont diminué
l'émotion du poulx.
Le Roi a pallé la nuit du 17 affés tranquillement
; le redoublement de fiéyre a été médiocre
, & il a fini à cinq heures du matin.
On a continué l'ufage des purgatifs , & les
évacua1902
MERCURE DE FRANCE.
évacuations , qu'ils ont procurées , ont fait
efperer que le redoublement qu'on craignoit
pour la nuit du 19 , feroit moins fort que
précédens , le poulx du Roi n'ayant pas
encore été en auffi bon état qu'il l'a été depuis
le 18 au matin , & qu'il a continué de
l'être le foir.
La Reine arriva à Metz le 17 , vers minuit.
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Résumé : Suite de la Maladie du Roi, / Arrivée de la Reine à Metz, [titre d'après la table]
Le texte décrit l'état de santé dégradé du Roi, qui souffre d'une fièvre intense et de douleurs à la tête. Le 18 du mois, il apparaît que les médicaments administrés le 11 n'ont pas apporté de soulagement. Le 12, malgré des évacuations abondantes, la fièvre et la douleur s'intensifient. Le 13, une nouvelle saignée est effectuée sans succès. Le Roi reçoit les derniers sacrements avec dévotion. Les jours suivants, divers traitements sont tentés, incluant des saignées, des purgatifs et des applications de sangsues, mais sans amélioration significative. Le 17, le Roi passe une nuit paisible et son état montre une légère amélioration. La Reine arrive à Metz le soir du 17.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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896
p. 1914-1916
TE DEUM chanté à la Chapelle du Palais à Paris, pour la Convalescence du Roi.
Début :
LE Parlement ayant été informé de la maladie du Roi, s'assembla le 17 Août & arrêta que M. [...]
Mots clefs :
Parlement, Roi, Chapelle, Cour, Te Deum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TE DEUM chanté à la Chapelle du Palais à Paris, pour la Convalescence du Roi.
TEDEUM chanté à la Chapelle du Palais
à Paris , pour la Convalescence du Roi,
L
E Parlement été informé de la maladie ayant
du Roi , s'affembla le 17 Août & arrêta que M.
Dufranc , le plus ancien des quatre Sécretaires du
Roi , fervant près la Cour de Parlement , feroit député
en cette qualité pour aller à Metz s'informer
au nom de la Cour de la fanté du Roi , & témoigner
à S. M. la part que fon Parlement prenoit à fa maladie.
M. Dufranc ,étant parti le lendemain 18 , arriva
à Metz le 19 , & fat introduit dans la chanbre
du Roi par le Duc de Bouillon , Grand Chambellan
de France. Il rendit compte à S. M. du fujer
de fa députation . Le Roi répondit qu'il étoit trèsfenfible
aux inquiétudes de fon Parlement , que gra
ces à Dieu , fa fanté étoit beaucoup meilleure , &
& qu'il pouvoit en affûrer le Parlement. M. Dufranc
, étant de retour à Paris le 21 au foir , M.
le Premier Préfident fut auffi - tôt avertir le Corps
`du Parlement , de fe trouver le lendemain à l'affem .
blée des Chambres.
Le 22 à 10 heures du matin, les Chambres étant
affemblées , M. Dufranc rendit compte de fa députation
& de la réponſe du Roi , dont il fut fait regiftre
, & il fut arrêté que la Cour feroit chanter
fur le champ un Te Deum en la Chapelle de la
grand'Salle du Palais , en actions de graces de la
Convalescence du Roi : les ordres ayant été donnés
auffiA
OUST. 17.44. 1915
auffi - tôt pour faire les difpofitions néceffaires & tout
étant prêt vers l'heure de midi , Mrs du Parlement
fortirent de la Grand'Chambre en Corps de Cour
précédés du premier Huiffier , & de huit autres Huif
fiers de fervice & du Greffier , qui tenoit ce jour la
plume à la Grand'Chambre.
M. le Premier Préſident & MM . les Préſidens à
Mortier fe placerent fur lesBanquettes qui étoient à
gauche du côté de l'Evangile , enfuite MM. les
Confeillers d'honneur , quatre de MM . les Maîtres
des Requêtes , MM. les Préfidens des Enquêtes &
Requêtes , & Mrs les Confeillers de Grand- Chambre
des Enquêtes & des Requêtes fe placerent du
même côté fur le refte des Banquettes , & fur celles
qui étoient du côté de l'Epitre . L'affemblée étant
fort nombreuſe , on fut obligé de doubler & de tripler
les rangs.
Les Avocats étoient fur un Banc à gauche , der
riere M. le Premier Préfident & Mrs les autres Préfidens
& Confeillers.
M. Feydeau de Marville , Lieutenant Général de
Police , affifta à cette cérémonie & prit place parmi
MM. du Parlement , en qualité de Maître des Requêtes
.
Sur un Banc , dans le fond de la Salle , en face de
la Chapelle, étoient Mrs les Gens du Roi , & à côté
d'eux , MM . les Sécretaires de la Cour . Sur deux
autres Bancs derriere celui - ci , étoient les Subſtituts
de M. le Procureur Général , & fur un quatrième
Banc plufieurs Greffiers du Parlement .
Les Huiffiers du Parlement étoient fur un Banc à
gauche , proche la Chapelle , le premier Huiffier
ayant un Siége à part pour lui & un Prie - Dieu.
M. Duval , Commandant du Guet , qui étoit préfent
à cette cérémonie , avoit pofé derriere les Bancs,
depuis la Chapelle jufqu'à la porte de la Grand-
I vj Cham-
+
1916 MERCURE DE FRANCE.
Chambre , un double rang de Soldats du Guet pour
empêcher la confufion.
Lorfque le Parlement fut arrivé , le Clergé de la
Ste Chapelle , qui avoit été invité pour venir chanter
le Te Deum , vint proceffionnellement ; M. de
Vichy de Chanron , qui en eft le Tréforier , étant
revêtu de les habits Pontificaux , entonna le Te
Deum , qui fut continué par le Choeur de Mufique
de la Ste Chapelle, auquel s'étoient joints beaucoup
d'autres Chantres , Muticiens , & quantité d'Inftruimens.
Après le Te Deum, on chanta Domine falvum
fac Regem auffi en Mufique ; ces deux morceaux
qui étoient l'un & l'autre de la compofition de
l'Abbé de la Croix , Maître de Mufique de la Ste
Chapelle , furent très - bien exécutés. M. le Tréfo-
Tier ayant dit les Oraifons & Pricres accoutumées
& donné la Bénédiction , s'en retourna avec fon
Clergé dans le même ordre qu'il étoit venu .
à Paris , pour la Convalescence du Roi,
L
E Parlement été informé de la maladie ayant
du Roi , s'affembla le 17 Août & arrêta que M.
Dufranc , le plus ancien des quatre Sécretaires du
Roi , fervant près la Cour de Parlement , feroit député
en cette qualité pour aller à Metz s'informer
au nom de la Cour de la fanté du Roi , & témoigner
à S. M. la part que fon Parlement prenoit à fa maladie.
M. Dufranc ,étant parti le lendemain 18 , arriva
à Metz le 19 , & fat introduit dans la chanbre
du Roi par le Duc de Bouillon , Grand Chambellan
de France. Il rendit compte à S. M. du fujer
de fa députation . Le Roi répondit qu'il étoit trèsfenfible
aux inquiétudes de fon Parlement , que gra
ces à Dieu , fa fanté étoit beaucoup meilleure , &
& qu'il pouvoit en affûrer le Parlement. M. Dufranc
, étant de retour à Paris le 21 au foir , M.
le Premier Préfident fut auffi - tôt avertir le Corps
`du Parlement , de fe trouver le lendemain à l'affem .
blée des Chambres.
Le 22 à 10 heures du matin, les Chambres étant
affemblées , M. Dufranc rendit compte de fa députation
& de la réponſe du Roi , dont il fut fait regiftre
, & il fut arrêté que la Cour feroit chanter
fur le champ un Te Deum en la Chapelle de la
grand'Salle du Palais , en actions de graces de la
Convalescence du Roi : les ordres ayant été donnés
auffiA
OUST. 17.44. 1915
auffi - tôt pour faire les difpofitions néceffaires & tout
étant prêt vers l'heure de midi , Mrs du Parlement
fortirent de la Grand'Chambre en Corps de Cour
précédés du premier Huiffier , & de huit autres Huif
fiers de fervice & du Greffier , qui tenoit ce jour la
plume à la Grand'Chambre.
M. le Premier Préſident & MM . les Préſidens à
Mortier fe placerent fur lesBanquettes qui étoient à
gauche du côté de l'Evangile , enfuite MM. les
Confeillers d'honneur , quatre de MM . les Maîtres
des Requêtes , MM. les Préfidens des Enquêtes &
Requêtes , & Mrs les Confeillers de Grand- Chambre
des Enquêtes & des Requêtes fe placerent du
même côté fur le refte des Banquettes , & fur celles
qui étoient du côté de l'Epitre . L'affemblée étant
fort nombreuſe , on fut obligé de doubler & de tripler
les rangs.
Les Avocats étoient fur un Banc à gauche , der
riere M. le Premier Préfident & Mrs les autres Préfidens
& Confeillers.
M. Feydeau de Marville , Lieutenant Général de
Police , affifta à cette cérémonie & prit place parmi
MM. du Parlement , en qualité de Maître des Requêtes
.
Sur un Banc , dans le fond de la Salle , en face de
la Chapelle, étoient Mrs les Gens du Roi , & à côté
d'eux , MM . les Sécretaires de la Cour . Sur deux
autres Bancs derriere celui - ci , étoient les Subſtituts
de M. le Procureur Général , & fur un quatrième
Banc plufieurs Greffiers du Parlement .
Les Huiffiers du Parlement étoient fur un Banc à
gauche , proche la Chapelle , le premier Huiffier
ayant un Siége à part pour lui & un Prie - Dieu.
M. Duval , Commandant du Guet , qui étoit préfent
à cette cérémonie , avoit pofé derriere les Bancs,
depuis la Chapelle jufqu'à la porte de la Grand-
I vj Cham-
+
1916 MERCURE DE FRANCE.
Chambre , un double rang de Soldats du Guet pour
empêcher la confufion.
Lorfque le Parlement fut arrivé , le Clergé de la
Ste Chapelle , qui avoit été invité pour venir chanter
le Te Deum , vint proceffionnellement ; M. de
Vichy de Chanron , qui en eft le Tréforier , étant
revêtu de les habits Pontificaux , entonna le Te
Deum , qui fut continué par le Choeur de Mufique
de la Ste Chapelle, auquel s'étoient joints beaucoup
d'autres Chantres , Muticiens , & quantité d'Inftruimens.
Après le Te Deum, on chanta Domine falvum
fac Regem auffi en Mufique ; ces deux morceaux
qui étoient l'un & l'autre de la compofition de
l'Abbé de la Croix , Maître de Mufique de la Ste
Chapelle , furent très - bien exécutés. M. le Tréfo-
Tier ayant dit les Oraifons & Pricres accoutumées
& donné la Bénédiction , s'en retourna avec fon
Clergé dans le même ordre qu'il étoit venu .
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Résumé : TE DEUM chanté à la Chapelle du Palais à Paris, pour la Convalescence du Roi.
Le Parlement de Paris, informé de la maladie du roi, s'est réuni le 17 août et a envoyé M. Dufranc à Metz pour évaluer son état de santé. M. Dufranc a rencontré le roi le 19 août et a rapporté une amélioration. De retour à Paris le 21 août, il a informé le Parlement, qui a décidé de célébrer un Te Deum en action de grâce. Le 22 août, les chambres du Parlement se sont assemblées pour écouter le compte rendu de M. Dufranc. La cérémonie religieuse a eu lieu dans la chapelle de la grand'salle du Palais, dirigée par M. de Vichy de Chanron, avec la participation du chœur de la Sainte-Chapelle et d'autres musiciens. Après le Te Deum, le 'Domine salvum fac Regem' a été chanté, suivi de prières et d'une bénédiction.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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897
p. 1922-1923
« M. Dufranc, Sécretaire du Roi, servant près de la Cour de Parlement, & que cette Compagnie [...] »
Début :
M. Dufranc, Sécretaire du Roi, servant près de la Cour de Parlement, & que cette Compagnie [...]
Mots clefs :
Parlement, Roi, Paris, Te Deum, Sainte-Chapelle
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texteReconnaissance textuelle : « M. Dufranc, Sécretaire du Roi, servant près de la Cour de Parlement, & que cette Compagnie [...] »
M. Dufranc , Sécretaire du Roi , fervant près de
la Cour de Parlement , & que cette Compagnie
avoit envoyé à Metz , pour fçavoir des nouvelles
de
A O UST. 1744 . 1923
de la fanté de S. M. étant revenu à Paris , & ayant
informé le Parlement , que tous les accidens de la
maladie du Roi étoient entierement ceffés , le Parlement
fe rendit le 23 au matin dans l'Eglife de la
Ste Chapelle pour remercier Dieu d'avoir rendu S.
M. aux voeux de la France , & il Y affifta au Te
Deum , auquel le Tréforier de la Ste Chapelle officia
pontificalement.
Le même jour au foir , il y eut à Paris des réjoäiffances
publiques , par ordre du Parlement , à l'oc
cafion de la Convalefcence du Roi , & toutes les
rues furent illuminées. Il feroit difficile d'exprimer
en combien de manieres le Peuple témoigna fa
joye. La Ville fut en mouvement pendant toute la
nuit , & peu d'événemens ont été célébrés par des
acclamations fi générales & fi réitérées.
la Cour de Parlement , & que cette Compagnie
avoit envoyé à Metz , pour fçavoir des nouvelles
de
A O UST. 1744 . 1923
de la fanté de S. M. étant revenu à Paris , & ayant
informé le Parlement , que tous les accidens de la
maladie du Roi étoient entierement ceffés , le Parlement
fe rendit le 23 au matin dans l'Eglife de la
Ste Chapelle pour remercier Dieu d'avoir rendu S.
M. aux voeux de la France , & il Y affifta au Te
Deum , auquel le Tréforier de la Ste Chapelle officia
pontificalement.
Le même jour au foir , il y eut à Paris des réjoäiffances
publiques , par ordre du Parlement , à l'oc
cafion de la Convalefcence du Roi , & toutes les
rues furent illuminées. Il feroit difficile d'exprimer
en combien de manieres le Peuple témoigna fa
joye. La Ville fut en mouvement pendant toute la
nuit , & peu d'événemens ont été célébrés par des
acclamations fi générales & fi réitérées.
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Résumé : « M. Dufranc, Sécretaire du Roi, servant près de la Cour de Parlement, & que cette Compagnie [...] »
En 1744, M. Dufranc, secrétaire du Roi, rapporta au Parlement la guérison du Roi après une mission à Metz. Le 23, le Parlement pria à la Sainte-Chapelle et organisa des réjouissances publiques. Paris s'illumina, et le peuple célébra la convalescence du Roi toute la nuit avec des acclamations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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898
p. 1923
« Le 25, Fête de S. Louis, la Procession des Carmes du Grand Convent, à laquelle le Corps de [...] »
Début :
Le 25, Fête de S. Louis, la Procession des Carmes du Grand Convent, à laquelle le Corps de [...]
Mots clefs :
Fête de Saint-Louis, Carmes
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texteReconnaissance textuelle : « Le 25, Fête de S. Louis, la Procession des Carmes du Grand Convent, à laquelle le Corps de [...] »
Le 25 , Fête de S. Louis , la Proceffion des Car
mes du Grand Convent , à laquelle le Corps de
Ville affifta , alla fuivant la coûtume , à la Chapelle
des Thuilleries , où ces Religieux chanterent la
Meffe.
mes du Grand Convent , à laquelle le Corps de
Ville affifta , alla fuivant la coûtume , à la Chapelle
des Thuilleries , où ces Religieux chanterent la
Meffe.
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899
p. 1923
« Le même jour, l'Académie Françoise célébra la Fête de S. Louis dans la Chapelle du Louvre. Pendant [...] »
Début :
Le même jour, l'Académie Françoise célébra la Fête de S. Louis dans la Chapelle du Louvre. Pendant [...]
Mots clefs :
Fête de Saint-Louis, Académie française
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texteReconnaissance textuelle : « Le même jour, l'Académie Françoise célébra la Fête de S. Louis dans la Chapelle du Louvre. Pendant [...] »
Le même jour , l'Académie Françoiſe célébra la
Fête de S. Louis dans la Chapelle du Louvre. Pendant
la Meffe ,on chanta un Pleaume en Mufique, &
l'Abbé de l'Eclufe des Loges prononça le Panégyrique
du Saint.
Fête de S. Louis dans la Chapelle du Louvre. Pendant
la Meffe ,on chanta un Pleaume en Mufique, &
l'Abbé de l'Eclufe des Loges prononça le Panégyrique
du Saint.
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900
p. 1923
« L'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres, & celle des Sciences, célébrerent la même [...] »
Début :
L'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres, & celle des Sciences, célébrerent la même [...]
Mots clefs :
Académie des inscriptions et belles-lettres, Académie des sciences, Fête de Saint-Louis
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texteReconnaissance textuelle : « L'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres, & celle des Sciences, célébrerent la même [...] »
L'Académie Royale des Infcriptions & Belles
Lettres , & celle des Sciences , célébrerent la même
Fête dans l'Eglife des Prêtres de l'Oratoire , où le
Panégyrique du Saint fut prononcé par M. Adam
Curé de la Paroiffe de S. Barthelemi.
Lettres , & celle des Sciences , célébrerent la même
Fête dans l'Eglife des Prêtres de l'Oratoire , où le
Panégyrique du Saint fut prononcé par M. Adam
Curé de la Paroiffe de S. Barthelemi.
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