SUITE des Lettres de M....... sur la
Bibliotheque Italique, ou Histoire Litteraire
de l'Italie. Tomes VIII. et IX. 1730 ,
AGenève , chez Marc- Michel Bousquet et
Compagnie , pp. 278. et pp. 276.
Dix Articles , Monsieur , font tout le
contenu du VIII. Volume de la Bibliote-
que Italique dont je ne toucherai ici que
les Principaux. Le premier présente un
Ouvrage important de M.Fontanini écrit
en Latin. Nos Journalistes en ont traduit
le Titre de cette maniere. Défenses des
Diplômes anciens contre les doutes éle-
vés par le P. Germon , dans l'Ouvrage
qui a pour Titre : De Veteribus Regum
Francorum Diplomatibus , & c. En deux
Livres, avec un Appendix sur les anciens
Auteurs , par M. Juste Fontanini du
11. Vol
Frioul,
JUIN.
II.Vol.
1737.
1383
Frioul , Profeffeur public en Eloquence à
Rome. Rome 1705. pp. 287. sans l'Epi-
tre dédicatoire & l'Indice des Chapitres.
Le P. Germon Jesuite avoit critiqué
I'Ouvrage du P. Mabillon : De Re Diplo
matica : et il avoit proposé dans son Ou
vrage : De Veteribus Regum , &c. beau-
coup de doutes , & même des preuves ,
d'abord contre tous les Diplômes en ge-
neral , & ensuite contre plusieurs de ceux
que le P. Mabillon avoit tenus en parti-
culier pour authentiques . C'est cet Ou-
vrage du P. Germon , que M. Fontanini
s'attacha alors à réfuter dans sa défense-
des Diplômes , qu'il divisa en deux Par-
ties , dont la premiere est employée à
détruire les argumens du P. Germon con⚫
tre les Diplômes en general , et la secon-
de , à justifier en particulier l'authenti
cité de quelques Diplômes publiés par
le P. Mabillon, & attaqués par son Criti-
que. Le Journaliste ne donne ici l'Extrait"
que de la premiere Partie. On peut voir
sur cette dispute du P. Germon les Me-
moires de Trevoux du mois de Mai 1713 .
p. 843. et le troisiéme Volume de l'Ou-
vrage du même Jesuite , dans lequel il
répond à M. Fontanini.
LeJournaliste reprend dans l'article 20
la suite de l'Extrait qu'il avoit donné dans
Fy
le:
1384 MERCURE DE FRANCE
le VI. Volume , du 7. Tome du Recueil.
de M. Muratori : c'est à- dire , 1 ° . de la
Chronique de Sicard , Evêque de Cremo-
ne , Ecrivain du XIII. Siecle , dont l'Ou-
vrage commence à la Naissance de J. C.
et finit en 1221. Cet Auteur étoit mort
dès l'an 1215. Ainsi il faut qu'il ait eu
un Continuateur. 2°. D'une courte Chro-
nique de Cremone depuis l'an 1096.
jusques à l'an 1232. par un Anonyme.
3 °. L'Histoire de la Conquête de la Ter-
re Sainte , écrite en François par Bernard
Trésorier , et traduite en Latin par Fran-
çois Sipino de Bologne , Dominiquain.
Cet Ouvrage finit en 1230.Ilne paroît pas
qu'il dût entrer dans un Recueil des His-
toriens d'Italie , mais la part que les Ita-
liens ont eue aux Guerres d'Outre- Mer
la découverte de cette Piece , qui étoit
comme perdue , et enfin la Nation du
Traducteur qui étoit Italien , ont déter-
miné M. Muratori , à lui donner place
dans son Recueil. Les Auteurs de la Bi-
bliotheque Italique font une comparai-
son curieuse de plusieurs endroits de cer-
te Histoire de Bernard , avec la nouvelle
Histoire d'Angleterre de M. Rapin , dans
les Points qui sont traités par P'un et par
Pautre de ces Historiens. 4°. Une Chro-
nique de Fossanova , depuis la premiere
II. Vol.
annće
JUIN.
11. Vol.
1737.
1385
année de l'Ere Chrétienne jusqu'à l'an-
née 1217. 5°. Une Chronique de l'Egli-
se d'Ateno , depuis Jules Cesar jusqu'à
l'an 1355. c'est peu de chose. 6. Une
autre du Monastere de la Trinité de Ca
va , depuis l'an 569. jusqu'à l'an 1318 ..
c'est pour la premiere fois qu'elle paroît.
M. Muratori l'a recueillie de plusieurs
Mss. differens. 7° . Une Chronique de Ri-
chard de S. Germain depuis l'an 1189.
Epoque de la mort de Guillaume Roi de
Sicile , jusqu'à l'an 1243. 8. Les Ephe-
merides de Naples , ou le Journal de ce
qui s'est passé dans ce Royaume depuis
Fan 1247. jusqu'à l'an 1268. par Mat
thieu Spinelli de Giowenazzo , publié en
Italien pour la premiere fois , avec les
Notes du P. Papebrock.
L'Article III. est employé à donner
un Extrait plus étendu de l'Ouvrage du
Comte de Mezabarba , dont le Journa-
liste avoit déja tracé le plan dans le Tome
V. Il donne dans le I V. Article , la sui-
te de l'Extrait du Voyage Historique d'I-
talie. Il y a peu de choses à vous en dire,
sinon que l'on n'y épargne jamais les
traits de Satyre , sur ce qui peut avoir ra-
· port à la Religion Romaine. A la fin de
l'article le Journaliste soutient contre
l'Auteur du Voyage , qu'un Prince ou
F vj
12
1386 MERCURE DE FRANCE
un Ambassadeur Protestant ne peut bai
ser les pieds du Pape par honneur , sans
blesser sa conscience et sa Religion .
La suite de la Lettre manuscrite du
Comte de..... sur le Caractere des Ita
liens , fait le V. article. Il continue à
traiter de l'Etat de l'Italie par raport aux
Sciences. Dans cette partie de sa Lettre ,
illes regarde particulierement du côtédes
Langues ; de l'Italienne d'abord , puis
de la Latine, de la Grecque, de l'Hebreu ,
du Chaldaïque , et de l'Arabe. Le Comte
y,
donne une notice des meilleurs Au-
teurs Italiens qui ayent cultivé depuis le
XVI. Siecle , ou qui cultivent encore
aujourd'hui ces Langues . L'Auteur passe
ensuite au goût et à l'Etude des Medail-
les , et de tout ce qui concerne l'Antiqui
té, et il a soin de nommer les principaux
Sçavans d'Italie qui s'y sont apliqués.
Cette Lettre est assurément une Piece
curieuse , et qui mériteroit bien qu'on
Pimprimât entiere dans un seul Volume ş
elle serviroit à faire connoître le progrès
et l'état present des Sciences en Italie de-
puis le XVI. Siécle , et à désabuser ceux-
qui croyent que tout l'esprit du monde
est renfermé dans leur propre Pays. Le
Journaliste y a ajoûté au bas des pages ,..
un détail très- recherché de tout ce qui:
II. Vol
concerne
JUIN.
1737
1387
concerne les Sçavans et les Ouvrages dont
il est parlé dans la Lettre. Sans ce detail
elle sembleroit manquer d'une partie es
sentielle.
Je ne m'arrêterai pas sur l'Extrait dư
III. Tome des œuvres du Cardinal Noris
qui fait l'Art. VI. ni sur le VII. Art. qui
n'est qu'une Critique de l'Edition des
Chroniques de Villani , qui a été faite à
Milan en 1729 , et à laquelle on en pre-
fère une autre qu'on préparoit alors à
Florence.
J'obmets aussi les deux articles qui
suivent, les sujets en étant ou peu impor-
tans,ou très- connus, pour dire un mot des
Nouvelles Litteraires de ce VIII . Tome .
lesquelles on trouve pour la pluspart dans
d'autres Journaux , comme la nouvelle
Edition de Cornelius à Lapide , et de la
Byzantine , faites à Venise , l'une chés
Albrizzy, et l'autre chés Giavarina . Celui-
ci a encore imprimé l'Euchologe des Grecs
du P. Goar: et les Antiquités Romaines
de Grævius, de Gronovius & de Sallengre.
On aprend de Milan que le P. Orsi Do
minicain , a fait imprimer une Differta-
rion sur l'invocation du S. Esprit dans
les Liturgies Grecques et Orientalès , I.
vol. 4. Milan 1736. Il s'attache à éclair-
cir les Actes du Concile de Florence , et
LK Vol.
à prou-
7388 MERCURE DE FRANCE
à prouver que le sentiment des Grecs
n'est pas aussi fondé sur la tradition que
l'ont avancé les Peres Touttée , Benedic-
tin , dans son Edition de Saint Cyrille
de Jerusalem , et le Brun de l'Oratoire
dans son Livre des Lyturgies.
Il me reste , Monsieur , à parcourir ict
les principaux articles du IX. Tome de
ce Journal. Le premier et le plus consi-
derable regarde la Bibliotheque Orienta-
tale de M. Asseman , Syrien , et Sçavant
Maronite du Mont- Liban. Cet Ouvrage
a pour Titre : Bibiotheca Orientalis ( Cle.
mentino- Vaticana ) &c. ou Bibliotheque
Orientale Clementine du Vatican , dans la
quelle Joseph Asseman Syrien , Maronių ,
Docteur en Théologie , & c , a revi et aran.
rangé des Mss. Syriaques , Arabes, Persans,
Turcs , Hebreux , Samaritains , Armeniens,
Ethy piens , Grecs , Egyptiens , Georgiens ,
et Malabares , aporiés du Lev ant , et mis
dans la Biblioteque du Vatican , par l'ordre
du Pape Clement XI. separé les vrais Ecrits
des suposés , et donné la vie de chaque Aw-
teur. IV. Tom. fol. Rome 1719.
Cet Article est important , et c'est
ce me semble parler un peu tard de
ce qui en fait le sujet : voici ce qui a
donné occasion à ce grand travail. Cle-
mentXI. avoit envoyé en 1707 en Egyp
11. Vol
te
JUI N.
II. Vole
1737.
7389
te le Maronite Elie , Cousin de M. Asse
man ,pour y acheter des Manuscrits des
Moines du Désert. Il n'y en put acque-
zit que 40 dans le Monastere de Sceie ou
Sait , quoiqu'il y eût une Grote remplie
de Mss. Arabes , Cophtes,et Syriaques, en-
tassés sans ordre les uns sur les autres. Ils
furent aportés à Rome sur la fin de 1707.
Entre cette année et l'année 1715 , le
Pape acquit pour la Bibliotheque Vatica-
ne un grand nombre de Mss. Orientaux
de differentes Bibliotheques , entre les-
quels étoient ceux du fameux Voya-
geur Pietro della Valle. Clement XI . en-
voya encore en 1715 , en Orient à la re-
cherche des Mss .
Il en chargea M. As-
seman , qui avoit déja été préposé depuis
l'an 1707 , par le Pape , au soin et à l'exa-
men des Mss. Orientaux. M. Asseman
en acquit un assés bon nombre , soit en
Egypte , où il alla deux fois , soit en Sy-
rie. Il ne fut de retour à Rome que deux
ans après.
Jusques là on n'avoir connu des Au-
feurs Chaldéens , Syriens et Arabes , que
ce que S. Jerôme , Gennade , Abraham
Ecchellensis , et Fauste Neiron , Maroni-
res suivis par Cave et pir Hottinger , en
avoient dit, ce qui n'étoit pas fort consi-
derable. M. Asseman à l'aide de ses sça-
vautes
1390 MERCURE DE FRANCE
vantes recherches , des differens Ecrivains
qu'il a consultés , et des Mss. nombreux
de la Bibliotheque Vaticane , répand un
grand jour sur la Litterature de ces Na-
tions. Il rectifie ce que des Sçavans ont
dit de moins juste sur la Chronologie ,
sur la Topographie , sur les noms et les
Actions de plusieurs Hommes illustres ,
et il éclaircit beaucoup l'Histoire Eccle-
siastique , dans tout ce qui concerne l'o
rigine , les erreurs , les progrès des Mo
nophysites , des Nestoriens , des Mono-
thelites , et les tumultes que ces Sectes
ont causés dans l'Asie. On voit aussi dans
cet Ouvrage la suite de tous les Patriar
ches de chaque Secte , ce que le R. P. let
Quien recherchoit avec tant de soin pour
son Oriens Christianus , la Succession dest
Evêques , les principales Actions , et les
Ecrits des plus celebres de ces Auteurs.
Pour ce qui regarde le Plan de l'Ouvra
gé , je n'entens pas bien l'exposition que
les Journalistes de Genève en donnent ,
lorsqu'à la page 16 du vol . dont nous
parlons , ils disent que la matiere des Re
marques et des Differtations de M. Asse-
man est divisée en 4 Classes , sur le
plan de la Bibliotheque Orientale. La
premiere des Auteurs Syriens Ortho-
doxes , Jacobites , et Nestoriens , soit
MI. Vol
qu'ils
JUIN.
à un autre Article.
1737.
1357
qu'ils ayent écrit premierement en Syria
que , ou qu'ils ayent été traduits de quel
que autre langue en celle-là. La seconde
Classe des Auteurs Arabes , soit Chré-
tiens , soit Mahometans. La troisiéme des
Livres des Cophtes , et des Ethyopiens ,
outre quelques Monumens de la Science
des Persans et des Turcs. La quatriéme
enfin des Livres sacrés en Syriaque et en
Arabe , tels que sont la Bible , les Rituels,
&c. Voilà donc quatre Classes que les
Journalistes disent faire lePlan de cetOu
vrage ; cependant, page 22 , ils disent que
l'Ouvrage est partagé en 4 Tom . Le pre-
mier des Auteurs Syriens Orthodoxes ;
le second des Auteurs Syriens Jacobites ;
le troisiéme des Syriens Nestoriens ; le
quatrième des Ecrivains des autres Na
tions , soit Orthodoxes , soit Héretiques ,
qui ont été traduits en Syriaque. Or ces
Tomes , comme l'on voit , ne remplis
sent que la premiere Classe du Plan ge
neral , à moins que ce ne soit le premier
vol. seul , qui contienne ces quatre Tom.
ce qu'il auroit fallu specifier.
Je n'entrerai pas dans un plus long dé
tail , ni sur l'execution de ce Plan , ni sur
l'extrait qu'on en trouve ici. On voit assés
par ce que je viens de dire , l'importance
de l'Ouvrage de M. Asseman , et je passe
L'His
1392 MERCURE DE FRANCE
L'Histoire des Differends entre la Cour
de Rome et celle du Roy de Sardaigne sous
Benoit XIII. et sous le Pape Clement
XII. n'est gueres susceptible d'Extrait,
et demanderoit un trop long détail . On
poura
la voir dans le Livre même , il
est imprimé à Turin par Valetta , İm-
primeur du Roy de Sardaigne , 1. Vol.
in-fol. de 365. pages , ou dans la Biblio-
teque Italique, Tome IX.art. 3. et T. X.
árt. 5.
Je ne vous parlerai point non plus de
l'Histoire du Royaume de Naples , du Ju-
risconsulte Giannone, dont les Journalis-
tes de Genêve donnent l'Extrait avec
quelque complaisance. Cet Ouvrage a
été défendu. On accuse l'Auteur d'avoir
mêlé avec quelques verités beaucoup de
conjectures qui prennent un air de vrai-
semblance , par le tour que l'Historien
leur donne : conjectures cependant qu'il
avance comme des faits certains , sur les-
quels roulent toutes les déclamations va-
gues dont son Ouvrage est rempli.
L'Art. 4. du même I X. Tome contient
la Suite de la Lettre manuscrite du Comte
de .... sur le Caractere des Italiens. Nos
Journalistes en accompagnent l'Extrait
à leur ordinaire , de Notes curieuses et
interessantes sur les Ouvrages de la Vie
II. Vol.
des
JUIN.
II. Vol.
1737.
1393
des Sçavans et des Hommes Illustres ci-
tés dans la Lettre du Comte.
Les Sçavans d'Italie se sont distingués
également dans la Critique diplomati-
que , et dans la connoissance de l'Histoi-
re Ancienne , Romaine, Grecque, Egyp-
tienne et Etrusque, & c. A cette occasion
l'Auteur de la
Lettre fait un bel
éloge de M. le Marquis Maffei , dont la
vaste érudition , dit- il , a eujusqu'ici très-
peu d'exemples parmi les Nations Ultra-
montaines.
La Géométrie , la plus sublime même,
a fait de grands progrès en Italie , ensor-
te que M. de Fontenelle n'a pu s'empê-
cher d'avouer la superiorité des Géome-
tres de l'Italie et de l'Allemagne , pour
résoudre les Problêmes les plus difficiles.
La Méchanique , l'Hydrostatique, l'Op-
tique , la Dioptrique , &c. n'ont pas été
négligées. Pour l'Astronomie , la Géo-
graphie et la Navigation , elles sont moins
cultivées en Italie qu'ailleurs ; quoiqu'on
ne laisse pas d'y avoir de très bons Mé-
moires d'Astronomie, entre lesquels ceux
de M.M. Manfredi et Bianchini doivent
assurément tenir le premier rang.
On ne rend pas assés de justice parmi
les autres Nations , aux découvertes que
les Italiens ont faites sur la Physique
l'Anato
•
1394 MERCURE DE FRANCE
l'Anatomie et la Medecine. L'Auteur
nomme à son ordinaire les Principaux
Italiens qui se sont rendus célébres par
le succès de leurs travaux et de leurs
Ecrits dans ces Sciences. En parlant des
Philosophes de cette Nation , il dit que
ces Sçavans , en dévelopant la Nature du
Mouvement, du Choc et de la Pression ,
abandonnent tout-à- fait ces termes vui-
des de Sens , tels que ceux d'Horreur , de
Sympathie, d'Apétit et autres, qui quoique
déguisés par differens termes , subsis-
tent encore chés plusieurs Philosophes
en Angleterre et ailleurs , sous les noms
de Force Plastique , d'Harmonie et d'At-
traction.
Les Italiens ont de bons Metaphysi-
ciens , peu ou point de Chymistes, moins
de Botanistes qu'en Angleterre , et des
Chirurgiens inferieurs en tout point aux
François. L'Italie abonde en Jurisconsul
tes , sur-tout à Rome et à Naples . La
fin de cette Lettre se trouve dans le X.
Tome , et traite des Beaux Arts.
On aprend dans les Nouvelles Litte-
raires , Article de Florence , ce qui suit :
Une mort subite nous a enlevé le Docteur
Francesco del TEGLIA , Professeur en
Philosophie Morale , dans le temps mê-
me qu'il recitoit une Harangue , le s
II. Vol
Janvier
JUIN.
1737.
13951
Janvier 1731. en presence d'une belle
Assemblée. Il étoit âgé de 60. ans. Dis-
ciple du fameux Poëte Menzini , dont
il a commenté les Oeuvres ,
il en avoit
reçû un bel éloge en forme d'augure ,
lorsqu'il étoit encore dans l'enfance. Ce
qui avoit donné lieu à cet éloge en Vers
Italiens , raporté dans le Journal, est une
Piece de Poësie Latine qu'il publia à l'âge
d'onze ans , contenant un Panegyrique
de Saint Joseph , par où il eût mérité
une place entre les Enfans Illustres de M.
Baillet , s'il eût pû être connu de lui.
Dès lors il ne fit que croître en mérite
et en belles connoissances , étant devenu
un grand Orateur et un grand Poëte
cant en Latin qu'en Toscan. Il a laissé
plusieurs Ouvrages en Vers et en Prose,
qui sont imprimés.
M. l'Abbé Gori , pour exprimer la
perte que fait la Republique des Lettres,
et pour honorer la Pompe funebre de cet
Homme Illustre , fit une belle Inscrip-
tion Latine , qui se lisoit dans un Car-
touche au Frontispice de l'Eglise où il a
été inhumé. L'Inscription est aussi ra-
portée dans le même Article.