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1
p. 1424-1426
LETTRE écrite de Constantinople le 14. Février 1737.
Début :
Mr Fawkener, Ambassadeur d'Angleterre à la Por[t]e, se prépare à se rendre incessamment [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople le 14. Février 1737.
LETTRE écrite de Constantinople le
14. Février 1737.
Mr Fawkener, Ambassadeur d'Angleterre
à la Por[t]e, se prépare à se rendre incessamment
au Camp du Grand Visi , on dit qu'il
sera suivi de près par M. Calkoën , Ambassa-
deur d'Hollande.
11. Vol,
Soliman
simplicité.
JUI N.
1737.
1425
Soliman Pacha fut nommé le 20. Janvier
Capitan Pacha , où Amiral , il étoit ci- devant
Bey , ou Capitaine de Galere.
Le 4. de ce mois les Patriarches Armeniens
de Jerusalem et de Constantinople , et le Noncé
du Patriarche Armenien de Perse , accompa-
gaés d'un nombre de Metropolitains et de plu-
sieurs Personnes des plus notables de leur Na-
tion , vinrent dîner chés M. l'Ambassadeur de
France , qui les traita splendidement ; les deux
Patriarches en s'en retournant entrerent dans la
Chapelle du Palais , où ils firent leurs prieres
qu'ils accompagnerent de beaucoup de génu-
flexions , le Patriarche de Jerusalem alla même
baiser l'Autel. Ils admirerent les differentes Pein
tures dont cette Chapelle est ornée , et sur tout
le Mausolée qui renferme le Cœur de M. le
Comte des Alleurs , Ambassadeur de France a
la Porte , cet Ouvrage qui a été fait à Venise est
veritablement d'un grand goût et d'une noble
1
- Le 7. Février M. le Marquis de Villeneuve ,
Ambassadeur de France , eut une Audience de
Kajmakan dans une Maison de plaisance située,
au Fauxbourg de Youp.
Le 8. un Vaisseau de Guerre de Tripoly de
Barbarie entra dans le Port de Constantinople ,
il aporte au Grand Seigneur le tribut , ou pre-
sent, que cette Republique envoye à sa Hautese.
Le 9. M. l'Ambassadeur de France fit sa pre-
miere visite à Soliman , nouveau Capitan Pacha.
On a apris que M. Dahlman arriva le 21 .
Janvier au Camp du Grand Visir , et qu'il eut
le 26. une audience de ce premier Ministre qui
lui fit present d'une Pelisse de Samour , d'un
Cheval harnaché et d'un Sabre ; Mad. Dahlman .
II. Vel
Hij
qui
1426 MERCURE DE FRANCE
qui avoit pris la route de Vienne , dois , dit-on , a
revenir à Andrinople.
On travaille toujours avec beaucoup d'acti
vité dans l'Arsenal de cette Ville à la construç
tion d'un grand nombre de Galiotes , Brigan
eins et Bateaux plats , destinés à passer dans la
Mer noire dès que la Saison le permettra.
14. Février 1737.
Mr Fawkener, Ambassadeur d'Angleterre
à la Por[t]e, se prépare à se rendre incessamment
au Camp du Grand Visi , on dit qu'il
sera suivi de près par M. Calkoën , Ambassa-
deur d'Hollande.
11. Vol,
Soliman
simplicité.
JUI N.
1737.
1425
Soliman Pacha fut nommé le 20. Janvier
Capitan Pacha , où Amiral , il étoit ci- devant
Bey , ou Capitaine de Galere.
Le 4. de ce mois les Patriarches Armeniens
de Jerusalem et de Constantinople , et le Noncé
du Patriarche Armenien de Perse , accompa-
gaés d'un nombre de Metropolitains et de plu-
sieurs Personnes des plus notables de leur Na-
tion , vinrent dîner chés M. l'Ambassadeur de
France , qui les traita splendidement ; les deux
Patriarches en s'en retournant entrerent dans la
Chapelle du Palais , où ils firent leurs prieres
qu'ils accompagnerent de beaucoup de génu-
flexions , le Patriarche de Jerusalem alla même
baiser l'Autel. Ils admirerent les differentes Pein
tures dont cette Chapelle est ornée , et sur tout
le Mausolée qui renferme le Cœur de M. le
Comte des Alleurs , Ambassadeur de France a
la Porte , cet Ouvrage qui a été fait à Venise est
veritablement d'un grand goût et d'une noble
1
- Le 7. Février M. le Marquis de Villeneuve ,
Ambassadeur de France , eut une Audience de
Kajmakan dans une Maison de plaisance située,
au Fauxbourg de Youp.
Le 8. un Vaisseau de Guerre de Tripoly de
Barbarie entra dans le Port de Constantinople ,
il aporte au Grand Seigneur le tribut , ou pre-
sent, que cette Republique envoye à sa Hautese.
Le 9. M. l'Ambassadeur de France fit sa pre-
miere visite à Soliman , nouveau Capitan Pacha.
On a apris que M. Dahlman arriva le 21 .
Janvier au Camp du Grand Visir , et qu'il eut
le 26. une audience de ce premier Ministre qui
lui fit present d'une Pelisse de Samour , d'un
Cheval harnaché et d'un Sabre ; Mad. Dahlman .
II. Vel
Hij
qui
1426 MERCURE DE FRANCE
qui avoit pris la route de Vienne , dois , dit-on , a
revenir à Andrinople.
On travaille toujours avec beaucoup d'acti
vité dans l'Arsenal de cette Ville à la construç
tion d'un grand nombre de Galiotes , Brigan
eins et Bateaux plats , destinés à passer dans la
Mer noire dès que la Saison le permettra.
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2
p. 1426-1428
EXTRAIT d'une autre Lettre écrite de Constantinople du 6. May 1737.
Début :
On a écrit de Babadag du 22. Mars, que le Kan des Tartares après son expedition en [...]
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une autre Lettre écrite de Constantinople du 6. May 1737.
EXTRAIT d'une autre Lettre écrite
de Constantinople du 6. May 1737.
On a écrit de Babadag du 22. Mars, que le Kan des Tartares après son expedition en
devoit être de retour à Baccheseraï.
Ukraine avoit repris la roure de Crimée et qu'il
Le 28. Mars l'Armée Navale sortit de ce Port;
elle étoit composée de 15. Galeres , er de 200.
Galiotes , ou Brigantins , et de 6 Fregates.
Le 30. il y eut un Incendie à Constantino-
ple qui causa un grand dommage par une quan-
rité considerable de Ris , d'Huile , de Legumes
et autre provisions , qui ont été consumées par
le feu.
Le 29. le Mektoupgi , ou Secretaire du Grand
Visir arriva à Constantinople. Le 30. il fut te-
nu un grand Divan à la Porte, où assisterent les
Principaux des Gens de Loy et les Chefs des Mi-
lices. On y exposa la necessité de faire la Paix.
Le Mufty donna son Terfa, portant qu'il étoit
permis de faire la Paix avec les Infidéles , lors-
qu'on ne pouvoit continuer la Guerre sans s'ex-
poser à un peril évident ; sur cette décision , il
fut resolu de donner pouvoir aux Plénipoten-
tiaires du Grand Seigneur de faire la Paix aux
meilleures conditions qu'il seroit possible, On
II. Vol,
présume
JUIN.
prix que ce soit.
1737
1427
présumé qu'ils ont l'ordre de la faire à quelque
Le 26. du même mois , l'Ambassadeur d'An-
gleterre , qui étoit parti le 26. Février de Cons-
tantinople , arriva au Camp. On a apris que le
Grand Visir ayant voulu lui donner la Pelisse de
Samour , il l'avoit refusée , alleguant pour rai
son , qu'il ne devoit avoir cette marque de dis-
tinction qu'en qualité de Médiateur , et qu'il
n'auroit cette qualité que lorsque la Médiation
de Sa Majesté Britannique auroit été acceptée par
la Czarine , comme elle l'avoit été par la Porte.
Le s . Avril M. Stanidski alla à l'Audience
du Caïmakan , et le 7. à celle du Grand Sei-
gneur , en qualité d'Internonce , pour notifier à
la Porte Pavenement de l'Electeur de Saxe au
Trône de Pologne.
Le 17. Avril l'Ambassadeur d'Hollande afri
va à Babadag , il fit notifier son arrivée par son
Secretaire aux Ambassadeurs d'Allemagne et
d'Angleterre , ces Ambassadeurs lui envoyerent
leurs Secretaires , mais ils ne l'ont vû , ni l'un ,
ni l'autre.
Le 18. Avril M. Dahlman partit de Babadag
pour se rendre àKudak,qui a été fixé pour le lieu
des Conferences. Saïde- Effendy le suivit deux
jour après ; le Reys- Effendy devoit se mettre en
marche le 15. avec les autres Plenipotentiaires ,
et le Drogman de la Porte. On écrit du 23 Avril
de Babadag que l'Ambassadeur de Hollande
n'avoit pas encore eu audience du Grand Visir ;
que l'on disoit que cet Ambassadeur , ni celui
d'Angleterre n'iroient point à Kudac , et qu'ils
suivroient le Grand Visir , qui devoit partir de
Babadag vers le milieu du mois de May , passer
le Danube et s'avancer jusques à Castal.
Le Kan des Tartares dernier deposé, qui avoit
II. Pol.
Hiij
сн
1428 MERCURE DE FRANCE
eu la permission de resider à Hullipoly , a été
depuis quelques jours relegué de nouveau à
Scio.
On publie que le Kan des Tartares regnant ,
a refusé de se rendre au Camp du Grand Visir ,
et qu'il est occupé à fortifier Precops et Kilbour-
non , dans le soupçon où il est que la Porte ne
soit d'intelligence avec l'Empereur et les Mos-
covites , pour faciliter à ces derniers la Con-
quête de la Crimée.
Le 2. May , la Flote qui étoit encore à l'em-
bouchure de la Mer noire , mit à la Voile. On
a fait revenir dans ce Port deux Fregates , d'où
on a déchargé quantité de Canons de Campa-
gne , qui avoient été destinés pour l'Armée du
Grand Visir , et que l'on s'étoit proposé de faire
passer à Issatchi par la Mer noire et le Danube.
Les Bâtimens qui avoient été fretés pour trans-
porter les Troupes d'Asie à Taman , ont été en-
voyés à la traite du Bled. Toutes ces circonstan
ces semblent annoncer la Paix.
de Constantinople du 6. May 1737.
On a écrit de Babadag du 22. Mars, que le Kan des Tartares après son expedition en
devoit être de retour à Baccheseraï.
Ukraine avoit repris la roure de Crimée et qu'il
Le 28. Mars l'Armée Navale sortit de ce Port;
elle étoit composée de 15. Galeres , er de 200.
Galiotes , ou Brigantins , et de 6 Fregates.
Le 30. il y eut un Incendie à Constantino-
ple qui causa un grand dommage par une quan-
rité considerable de Ris , d'Huile , de Legumes
et autre provisions , qui ont été consumées par
le feu.
Le 29. le Mektoupgi , ou Secretaire du Grand
Visir arriva à Constantinople. Le 30. il fut te-
nu un grand Divan à la Porte, où assisterent les
Principaux des Gens de Loy et les Chefs des Mi-
lices. On y exposa la necessité de faire la Paix.
Le Mufty donna son Terfa, portant qu'il étoit
permis de faire la Paix avec les Infidéles , lors-
qu'on ne pouvoit continuer la Guerre sans s'ex-
poser à un peril évident ; sur cette décision , il
fut resolu de donner pouvoir aux Plénipoten-
tiaires du Grand Seigneur de faire la Paix aux
meilleures conditions qu'il seroit possible, On
II. Vol,
présume
JUIN.
prix que ce soit.
1737
1427
présumé qu'ils ont l'ordre de la faire à quelque
Le 26. du même mois , l'Ambassadeur d'An-
gleterre , qui étoit parti le 26. Février de Cons-
tantinople , arriva au Camp. On a apris que le
Grand Visir ayant voulu lui donner la Pelisse de
Samour , il l'avoit refusée , alleguant pour rai
son , qu'il ne devoit avoir cette marque de dis-
tinction qu'en qualité de Médiateur , et qu'il
n'auroit cette qualité que lorsque la Médiation
de Sa Majesté Britannique auroit été acceptée par
la Czarine , comme elle l'avoit été par la Porte.
Le s . Avril M. Stanidski alla à l'Audience
du Caïmakan , et le 7. à celle du Grand Sei-
gneur , en qualité d'Internonce , pour notifier à
la Porte Pavenement de l'Electeur de Saxe au
Trône de Pologne.
Le 17. Avril l'Ambassadeur d'Hollande afri
va à Babadag , il fit notifier son arrivée par son
Secretaire aux Ambassadeurs d'Allemagne et
d'Angleterre , ces Ambassadeurs lui envoyerent
leurs Secretaires , mais ils ne l'ont vû , ni l'un ,
ni l'autre.
Le 18. Avril M. Dahlman partit de Babadag
pour se rendre àKudak,qui a été fixé pour le lieu
des Conferences. Saïde- Effendy le suivit deux
jour après ; le Reys- Effendy devoit se mettre en
marche le 15. avec les autres Plenipotentiaires ,
et le Drogman de la Porte. On écrit du 23 Avril
de Babadag que l'Ambassadeur de Hollande
n'avoit pas encore eu audience du Grand Visir ;
que l'on disoit que cet Ambassadeur , ni celui
d'Angleterre n'iroient point à Kudac , et qu'ils
suivroient le Grand Visir , qui devoit partir de
Babadag vers le milieu du mois de May , passer
le Danube et s'avancer jusques à Castal.
Le Kan des Tartares dernier deposé, qui avoit
II. Pol.
Hiij
сн
1428 MERCURE DE FRANCE
eu la permission de resider à Hullipoly , a été
depuis quelques jours relegué de nouveau à
Scio.
On publie que le Kan des Tartares regnant ,
a refusé de se rendre au Camp du Grand Visir ,
et qu'il est occupé à fortifier Precops et Kilbour-
non , dans le soupçon où il est que la Porte ne
soit d'intelligence avec l'Empereur et les Mos-
covites , pour faciliter à ces derniers la Con-
quête de la Crimée.
Le 2. May , la Flote qui étoit encore à l'em-
bouchure de la Mer noire , mit à la Voile. On
a fait revenir dans ce Port deux Fregates , d'où
on a déchargé quantité de Canons de Campa-
gne , qui avoient été destinés pour l'Armée du
Grand Visir , et que l'on s'étoit proposé de faire
passer à Issatchi par la Mer noire et le Danube.
Les Bâtimens qui avoient été fretés pour trans-
porter les Troupes d'Asie à Taman , ont été en-
voyés à la traite du Bled. Toutes ces circonstan
ces semblent annoncer la Paix.
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3
p. 1428-1429
AFRIQUE.
Début :
Les avis reçus depuis peu de la côte d'Afrique portent que le nouveau Dey de Tunis ayant apris [...]
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texteReconnaissance textuelle : AFRIQUE.
AFRIQUE.
Les avis reçus depuis peu de la côte d'Afrique
portent que le nouveau Dey de Tunis ayant apris
que l'ancien Dey s'étoit retiré dans les environs
d'Ausolette avec le petit nombre de Troupes qui
demeurent attachées à son Parti , il étoit allé
Pattaquer dans ses retranchemens , qu'il l'avoit
obligé de s'enfuir à Souza , Ville bâtie sur le bord
de la Mer , er que depuis peu le nouveau . Dey
s'est rendu devant cette Place dans le dessein
d'en entreprendre le Siége par Terre et par Mer.
Selon les dernieres Lettres écrites du Port de
Sainte Croix en Barbarie , il n'y a point d'apa-
rence qu'on puisse voir si tôt la fin des troubles
II. Vol
qui
JUIN.
1737
1429
qui agitent depuis long-temps le Royaume de
Maroc. La plus grande partie des Habitans du
plat Pays , est attachée aux interêts de Muley-
Lariba, que l'Armée des Noirs a élú à la place de
Muley Abdhalla ; mais les Habitans des Mon-
tagnes suivent le parti de ce dernier ; et il est
d'autant plus difficile de les en detacher , qu'ac-
coutumés au brigandage , ils ont le specieux
pretexte des droits de leur Chef pour commet
tre impunément toutes sortes d'excès. Muley-
Abdhalla a fait raser tous les Châteaux et dé-
ruire tous les Ouvrages exterieurs qui défen-
doient les aproches de la Ville de Fez , esperant
que les Habitans se trouvant par là plus exposés
aux insultes de ses Troupes , ils se determine-
roient plus facilement à abandonner le parti de
son Concurrent. Cependant il n'a point encore
tiré de cet acte d'hostilité l'avantage qu'il en
attendoit, et les Habitans , tout depourvûs qu'ils
sont de défenses , n'en sont pas moins fidéles à
Muley-Lariba. Ceux de Ste Croix et de Sophie
se sont déterminés à garder une exacte Neutra-
lité entre les deux prétendans au Trône ; et ayant
refusé de recevoir les Troupes de l'un et l'autre
de ces Princes , ils entretiennent des Garnisons à
leurs dépens , pour empêcher que l'un des deux
ne leur donne la Loy.
Il continue d'aborder à Ste Croix un nom-
bre extraordinaire de Vaisseaux qui vont y char-
ger des Grains , et le Bled y est toujours à un
prix modique , quoique les Saurerelles ayent
causé cette année que que dommage dans les
Campagnes voisines . On écrit de plusieurs au-
tres endroits de l'Afrique , que ces insectes y
ont fait beaucoup de ravage , et qu'on y étoit
menacé d'une très - grande disette.
Les avis reçus depuis peu de la côte d'Afrique
portent que le nouveau Dey de Tunis ayant apris
que l'ancien Dey s'étoit retiré dans les environs
d'Ausolette avec le petit nombre de Troupes qui
demeurent attachées à son Parti , il étoit allé
Pattaquer dans ses retranchemens , qu'il l'avoit
obligé de s'enfuir à Souza , Ville bâtie sur le bord
de la Mer , er que depuis peu le nouveau . Dey
s'est rendu devant cette Place dans le dessein
d'en entreprendre le Siége par Terre et par Mer.
Selon les dernieres Lettres écrites du Port de
Sainte Croix en Barbarie , il n'y a point d'apa-
rence qu'on puisse voir si tôt la fin des troubles
II. Vol
qui
JUIN.
1737
1429
qui agitent depuis long-temps le Royaume de
Maroc. La plus grande partie des Habitans du
plat Pays , est attachée aux interêts de Muley-
Lariba, que l'Armée des Noirs a élú à la place de
Muley Abdhalla ; mais les Habitans des Mon-
tagnes suivent le parti de ce dernier ; et il est
d'autant plus difficile de les en detacher , qu'ac-
coutumés au brigandage , ils ont le specieux
pretexte des droits de leur Chef pour commet
tre impunément toutes sortes d'excès. Muley-
Abdhalla a fait raser tous les Châteaux et dé-
ruire tous les Ouvrages exterieurs qui défen-
doient les aproches de la Ville de Fez , esperant
que les Habitans se trouvant par là plus exposés
aux insultes de ses Troupes , ils se determine-
roient plus facilement à abandonner le parti de
son Concurrent. Cependant il n'a point encore
tiré de cet acte d'hostilité l'avantage qu'il en
attendoit, et les Habitans , tout depourvûs qu'ils
sont de défenses , n'en sont pas moins fidéles à
Muley-Lariba. Ceux de Ste Croix et de Sophie
se sont déterminés à garder une exacte Neutra-
lité entre les deux prétendans au Trône ; et ayant
refusé de recevoir les Troupes de l'un et l'autre
de ces Princes , ils entretiennent des Garnisons à
leurs dépens , pour empêcher que l'un des deux
ne leur donne la Loy.
Il continue d'aborder à Ste Croix un nom-
bre extraordinaire de Vaisseaux qui vont y char-
ger des Grains , et le Bled y est toujours à un
prix modique , quoique les Saurerelles ayent
causé cette année que que dommage dans les
Campagnes voisines . On écrit de plusieurs au-
tres endroits de l'Afrique , que ces insectes y
ont fait beaucoup de ravage , et qu'on y étoit
menacé d'une très - grande disette.
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4
p. 1430
POLOGNE.
Début :
On écrit de Curlande que les Etats du Duché de ce nom, devoient proceder le 11. de ce mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
On écrit de Curlande que les Etats du Duché
de ce nom, devoient proceder le 11. de ce mois
à l'Election d'un nouveau Duc , et que quel
ques Troupes de la Czarine sont entrées dans le
Pays , et ont été distribuées par leur Comman
dant dans les Bailliages sur lesquels le Douaire
de la Czarine a été assigné , lorsqu'elle épousa
le Duc Frederic Guillaume, Predecesseur du Duc
Ferdinand.
On a apris de Lithuanie , qu'il y avoit eu de-
puis peu un grand Incendie à Wilna , Capita-
le de ce grand Duché , et que cinq Convents
et plusieurs Palais avoient été reduits en cendres
avec la moitié des Maisons de la Ville.
Le Roy Auguste et la Republique de Polo
gne ayant consenti que le Congrès dans lequel
on doit regler les conditions de l'accommode-
ment proposé entre le Grand Seigneur et la
Czarine , se tint dans une Ville de ce Royaume ,
et Sa Hautesse étant convenue avec S. M. Cz.
que les Ministres Plenipotentiaires s'assemble-
roient à Niemirow , petite Ville située dans la
Podolie , et qui apartient au grand Général de
la Couronne , ce Seigneur a envoyé un Officier
au Grand Visir pour sçavoir de lui quand les
Ministres Plenipotentiaires du Grand Seigneur
partiroient de Kudack pour le lieu destiné aux
Conférences.
On écrit de Curlande que les Etats du Duché
de ce nom, devoient proceder le 11. de ce mois
à l'Election d'un nouveau Duc , et que quel
ques Troupes de la Czarine sont entrées dans le
Pays , et ont été distribuées par leur Comman
dant dans les Bailliages sur lesquels le Douaire
de la Czarine a été assigné , lorsqu'elle épousa
le Duc Frederic Guillaume, Predecesseur du Duc
Ferdinand.
On a apris de Lithuanie , qu'il y avoit eu de-
puis peu un grand Incendie à Wilna , Capita-
le de ce grand Duché , et que cinq Convents
et plusieurs Palais avoient été reduits en cendres
avec la moitié des Maisons de la Ville.
Le Roy Auguste et la Republique de Polo
gne ayant consenti que le Congrès dans lequel
on doit regler les conditions de l'accommode-
ment proposé entre le Grand Seigneur et la
Czarine , se tint dans une Ville de ce Royaume ,
et Sa Hautesse étant convenue avec S. M. Cz.
que les Ministres Plenipotentiaires s'assemble-
roient à Niemirow , petite Ville située dans la
Podolie , et qui apartient au grand Général de
la Couronne , ce Seigneur a envoyé un Officier
au Grand Visir pour sçavoir de lui quand les
Ministres Plenipotentiaires du Grand Seigneur
partiroient de Kudack pour le lieu destiné aux
Conférences.
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5
p. 1430-1432
ALLEMAGNE.
Début :
On a apris de Vienne que le depart du Duc de Loraine pour l'Armée, étoit fixé au 12. de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
On a apris de Vienne que le depart du Duc
de Loraine pour l'Armée, étoit fixé au 12. de
ec mois , et que l'Empereur lui a assigné 500000.
II. Vol
Florins
1
JUIN.
1737.
1431
Florins pour les dépenses qu'il sera obligé de
faire pendant la Campagne.
1
L'Empereur a établi a Inspruck une Tonti-
ne , dont le Capital montera à deux millions de
Florins , et dont la Chambre du Commerce dur
Tirol aura la direction . Cette Tontine sera dis-
tribuée en quatre Classes, dans chacune desquel-
les il y aura mille actions , et chaque action sera
de foo. Florins. La premiere Classe doit être
composée d'Actionnaires au dessous de vingt-
cinq ans , qui retireront sept pour cent d'inte
rê ; la seconde de personnes depuis vingt- cinq
ans jusqu'à quarante , auxquelles ont donnera
un pour cent d'interêr ; de plus
la troisiéme
de personnes depuis quarante ans jusqu'à cin-
quante-einq, qui auront neuf pour cent ; et la
quatrième , d'interessés au dessus de cinquante-
cinq ans , qui jouiront du denier dix.
A mesure qu'il mourra des Actionnaires , la
moitié des revenus de leurs actions sera repartie
entre les survivans. Les Etrangers pouront s'in-
teresser dans cette Tontine , et S. M. I. leur
promet que leurs Dividens
seront exempts
dé toute diminution ou imposition , et qu'ils ne
seront saisis sous aucun pretexte , pas même en
cas de Guerre avec les Nations dont seront les
Actionnaires.
Le 18. de ce mois , il arriva à Dresde de Mit-
tau , un Seigneur Curlandois que les Etats du
Duché de Curlande , ont depêché au Roy Au-
guste de Pologne , pour lui donner avis que s'é-
tant assemblés le
2. afin de proceder à l'Elec-
tion d'un nouveau Duc , ils avoient élû pour
Souverain le Comte de Biron , grand Chain-
bellan de la Czarine.
On aprend de Toplitz que le Roy Auguste et
la Reine son Epouse y étoient arrivés au com-
11 Vol.
H v
mencement
1432 MERCURE DE FRANCE
mencement de ce mois , pour y prendre les Eaux
Minerales d'Eger ; que le ro. la Bourgeoisie tira
à l'Oiseau en presence de S. M. qui fit l'honneur
aux Habitans de tirer avec eux , et qui remporta
le prix.
On écrit de Berlin que le 3. de ce mois ,
le
Roy de Prusse , dont la santé est entierement
retablie , fit la revûë generale des Troupes qu'il
avoit fait venir dans les environs de cette Ville.
Ces Troupes qui consistoient en quatorze Ba-
taillons , demeurerent sous les Armes pendant
quatorze heures. Quoique le Prince Royal eût
eu la veille un accès de Fiévre , il ne laissa pas
d'assister à cette revûë , et malgré la chaleur ex-
cessive il fut toujours à la tête de son Regiment,
mais aussitôt après la revûë il fut obligé de se
mettre au lit.
On a apris de Vienne que le depart du Duc
de Loraine pour l'Armée, étoit fixé au 12. de
ec mois , et que l'Empereur lui a assigné 500000.
II. Vol
Florins
1
JUIN.
1737.
1431
Florins pour les dépenses qu'il sera obligé de
faire pendant la Campagne.
1
L'Empereur a établi a Inspruck une Tonti-
ne , dont le Capital montera à deux millions de
Florins , et dont la Chambre du Commerce dur
Tirol aura la direction . Cette Tontine sera dis-
tribuée en quatre Classes, dans chacune desquel-
les il y aura mille actions , et chaque action sera
de foo. Florins. La premiere Classe doit être
composée d'Actionnaires au dessous de vingt-
cinq ans , qui retireront sept pour cent d'inte
rê ; la seconde de personnes depuis vingt- cinq
ans jusqu'à quarante , auxquelles ont donnera
un pour cent d'interêr ; de plus
la troisiéme
de personnes depuis quarante ans jusqu'à cin-
quante-einq, qui auront neuf pour cent ; et la
quatrième , d'interessés au dessus de cinquante-
cinq ans , qui jouiront du denier dix.
A mesure qu'il mourra des Actionnaires , la
moitié des revenus de leurs actions sera repartie
entre les survivans. Les Etrangers pouront s'in-
teresser dans cette Tontine , et S. M. I. leur
promet que leurs Dividens
seront exempts
dé toute diminution ou imposition , et qu'ils ne
seront saisis sous aucun pretexte , pas même en
cas de Guerre avec les Nations dont seront les
Actionnaires.
Le 18. de ce mois , il arriva à Dresde de Mit-
tau , un Seigneur Curlandois que les Etats du
Duché de Curlande , ont depêché au Roy Au-
guste de Pologne , pour lui donner avis que s'é-
tant assemblés le
2. afin de proceder à l'Elec-
tion d'un nouveau Duc , ils avoient élû pour
Souverain le Comte de Biron , grand Chain-
bellan de la Czarine.
On aprend de Toplitz que le Roy Auguste et
la Reine son Epouse y étoient arrivés au com-
11 Vol.
H v
mencement
1432 MERCURE DE FRANCE
mencement de ce mois , pour y prendre les Eaux
Minerales d'Eger ; que le ro. la Bourgeoisie tira
à l'Oiseau en presence de S. M. qui fit l'honneur
aux Habitans de tirer avec eux , et qui remporta
le prix.
On écrit de Berlin que le 3. de ce mois ,
le
Roy de Prusse , dont la santé est entierement
retablie , fit la revûë generale des Troupes qu'il
avoit fait venir dans les environs de cette Ville.
Ces Troupes qui consistoient en quatorze Ba-
taillons , demeurerent sous les Armes pendant
quatorze heures. Quoique le Prince Royal eût
eu la veille un accès de Fiévre , il ne laissa pas
d'assister à cette revûë , et malgré la chaleur ex-
cessive il fut toujours à la tête de son Regiment,
mais aussitôt après la revûë il fut obligé de se
mettre au lit.
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6
p. 1432-1434
ITALIE.
Début :
Par les Lettres de Rome, on aprend que le 11. de ce mois, les Armes de Stanislas premier, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Par les Lettres de Rome, on aprend que le
11. de ce mois, les Armes de Stanislas premier,
Roy de Pologne , Duc de Loraine et de
Bar , furent placées sur la porte de l'Eglise de
S. Nicolas des Lorains , où l'on chanta à cette
occasion une Messe solemnelle , et le Te Deum
?
auquel le Duc de Saint Aignan , Ambassadeur
du Roy de France , assista avec un grand nom
bre de Personnes de distinction.
Le Roy Stanislas a nommé le Chevalier Col-
trolini son Agent en cette Cour.
Il s'est commis à Rome depuis peu plusieurs
meurtres , entr'autres celui du Supérieur du
College des Ecossois , lequel a été assassiné par
un jeune Protestant , qui feignoit de vouloir fai-
ze abjuration entre ses mains ; et celui d'une
II. Vol
Tourie re
L
JUIN.
1727.
1433
Touriere des Religieuses Ursulines , qui a été
tuée à coups de coûteau par un Prêtre du Pays
de Liége. L'un et l'autre de ces assassins ont pris
la fuite , mais la diligence avec laquelle on les
a suivis , fait esperer qu'ils seront arrêtés.
On aprend de Naples que depuis le 22. du
mois de May , le Mont Vesuve a cessé de jetter
des flammes et des matieres bitumineuses . Peu
s'en est fallu que le principal des Torrens en-
flammés qui en sortoient , et dont la violence
étoit telle qu'ils parcouroient en une minute l'es-
pace de deux pas Géométriques , n'ait entiere-
ment enseveli le Bourg de la Torre del Greco.
Après avoir rempli une ravine très -profonde ,
il avoit déja gagné le grand chemin et renversé
l'Eglise du Purgatoire , ainsi qu'une partie de
celle des Religieux Carmes , et il eut causé de
plus grands ravages , si l'on n'eût pris le parti
de couper un Pont qui étoit sur la même ravi-
ne. Par ce moyen le Torent prit son cours vers
la Mer , et il ne s'arrêta qu'à une portée de fu-
sil du rivage , de sorte qu'apresent les Voya-
geur sont obligés de marcher tout proche de la
Côte pour aller du côté de Salerne. Ce Torrent
qui étoit large de plus de cinquante pieds , avoit
cinq toises de profondeur , et dans quelques en-
droits creux , cette profondeur étoit de plus de
vingt toises. La matiere dont il étoit composé
ressembloit à de l'écume de Fer , tant pour la
couleur que pour la dureté , et c'est un mélan-
ge de fer , de souffre , de sel commun , de sal-
pêtre et de pierres calcinées.
Pendant que les flammes étoient à leur plus
haut dégré de violence , les Provinces de la Ca
pitanate et de Monte- Fuscoli ont été envelopée
dans d'épaisses tenebres ; on y a senti plusieur
II. Val
H vj
secousse
1434 MERCURE DE FRANCE
secousses de tremblement de Terre assés fortes
et l'on entendoit de toutes parts des bruits sou-
terrains effrayans.
La Bourgade d'Ottaïano sur le penchant de
la Montagne a été fort endommagée par une
pluye continuelle de cendres et de pierres d'une
grosseur énorme ; presque toutes les Maisons y
sont devenues inhabitables , et dans un Convent
de Filles , il y a eu trois Religieuses de tuées et
deux de blessées dangereusement.
Toutes les Fermes des environs de Somma
qui produisent d'excellents Fruits et des Vins re
nominés , ont été ruinées , et on ne compte pas
d'y faire de Recolte cette année.
On attend des nouvelles plus détaillées de ce
qui est arrivé en plusieurs endroits du Royau-
ine de Naples. Cette Ville n'a souffert aucuu
dommage. Le Roy a envoyé un Corps d'infan-
terie pour garder les Maisons qui ont été aban➡
données par les Habitans de la Torre del Greco.
Par les Lettres de Rome, on aprend que le
11. de ce mois, les Armes de Stanislas premier,
Roy de Pologne , Duc de Loraine et de
Bar , furent placées sur la porte de l'Eglise de
S. Nicolas des Lorains , où l'on chanta à cette
occasion une Messe solemnelle , et le Te Deum
?
auquel le Duc de Saint Aignan , Ambassadeur
du Roy de France , assista avec un grand nom
bre de Personnes de distinction.
Le Roy Stanislas a nommé le Chevalier Col-
trolini son Agent en cette Cour.
Il s'est commis à Rome depuis peu plusieurs
meurtres , entr'autres celui du Supérieur du
College des Ecossois , lequel a été assassiné par
un jeune Protestant , qui feignoit de vouloir fai-
ze abjuration entre ses mains ; et celui d'une
II. Vol
Tourie re
L
JUIN.
1727.
1433
Touriere des Religieuses Ursulines , qui a été
tuée à coups de coûteau par un Prêtre du Pays
de Liége. L'un et l'autre de ces assassins ont pris
la fuite , mais la diligence avec laquelle on les
a suivis , fait esperer qu'ils seront arrêtés.
On aprend de Naples que depuis le 22. du
mois de May , le Mont Vesuve a cessé de jetter
des flammes et des matieres bitumineuses . Peu
s'en est fallu que le principal des Torrens en-
flammés qui en sortoient , et dont la violence
étoit telle qu'ils parcouroient en une minute l'es-
pace de deux pas Géométriques , n'ait entiere-
ment enseveli le Bourg de la Torre del Greco.
Après avoir rempli une ravine très -profonde ,
il avoit déja gagné le grand chemin et renversé
l'Eglise du Purgatoire , ainsi qu'une partie de
celle des Religieux Carmes , et il eut causé de
plus grands ravages , si l'on n'eût pris le parti
de couper un Pont qui étoit sur la même ravi-
ne. Par ce moyen le Torent prit son cours vers
la Mer , et il ne s'arrêta qu'à une portée de fu-
sil du rivage , de sorte qu'apresent les Voya-
geur sont obligés de marcher tout proche de la
Côte pour aller du côté de Salerne. Ce Torrent
qui étoit large de plus de cinquante pieds , avoit
cinq toises de profondeur , et dans quelques en-
droits creux , cette profondeur étoit de plus de
vingt toises. La matiere dont il étoit composé
ressembloit à de l'écume de Fer , tant pour la
couleur que pour la dureté , et c'est un mélan-
ge de fer , de souffre , de sel commun , de sal-
pêtre et de pierres calcinées.
Pendant que les flammes étoient à leur plus
haut dégré de violence , les Provinces de la Ca
pitanate et de Monte- Fuscoli ont été envelopée
dans d'épaisses tenebres ; on y a senti plusieur
II. Val
H vj
secousse
1434 MERCURE DE FRANCE
secousses de tremblement de Terre assés fortes
et l'on entendoit de toutes parts des bruits sou-
terrains effrayans.
La Bourgade d'Ottaïano sur le penchant de
la Montagne a été fort endommagée par une
pluye continuelle de cendres et de pierres d'une
grosseur énorme ; presque toutes les Maisons y
sont devenues inhabitables , et dans un Convent
de Filles , il y a eu trois Religieuses de tuées et
deux de blessées dangereusement.
Toutes les Fermes des environs de Somma
qui produisent d'excellents Fruits et des Vins re
nominés , ont été ruinées , et on ne compte pas
d'y faire de Recolte cette année.
On attend des nouvelles plus détaillées de ce
qui est arrivé en plusieurs endroits du Royau-
ine de Naples. Cette Ville n'a souffert aucuu
dommage. Le Roy a envoyé un Corps d'infan-
terie pour garder les Maisons qui ont été aban➡
données par les Habitans de la Torre del Greco.
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7
p. 1434-1438
de l'[Is]le de Corse, &c. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de la Bastie, Capitale de l'Ile de Corse, que la nouvelle qu'on y avoit reçuë au [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : de l'[Is]le de Corse, &c. [titre d'après la table]
On écrit de la Bastie, Capitale de l'Ile de
Corse, que la nouvelle qu'on y avoit reçuë au
commencement de ce mois , de la détention du
principal Chef des Rebelles en Hollande , don-
noit lieu d'esperer qu'ils ne tarderoient pas à
rentrer dans leur devoir , et que M. Rivarola ,
dès qu'il eut été instruit de la consternation re-
pandue à cette occasion dans leur Camp, leur
fit sçavoir que la Republique leur offroit une
Amnistie generale , et les mêmes conditions qui
leur avoient été accordées ci-devant par la mé-
diation de l'Empereur. Ils auroient peut- être ac-
cepté les propositions de M. Rivarola , si pen
dant qu'ils étoient occupés à déliberer sur le
parti qu'ils prendroient , il n'étoit arrivé à la
Plage d'Aleria deux Officiers , par lesquels leur
II. Vol.
principal
JUIN.
1737.
1435
principal Chef leur donnoit avis qu'à la verité
il étoit arrêté pour dettes à Amsterdam ,
mais
qu'il seroit bientôt mis en liberté , et qu'il ne
tarderoit pas à revenir dans cette Isle. Les assu-
rances données par ces deux Officiers ayant
changé absolument la disposition des Esprits ,
les Rebelles se sont avancés en grand nombre
jusqu'au pied du Glacis de la Bascie malgré le
feu du Canon et de la Mousqueterie , et ils ont
crié aux Sentinelles , qu'ils étoient déterminés à
souffrir plûtôt les dernieres extremités que de
rentrer sous la Domination de la Republique
et que s'ils perdoient leur Chef ,
à recouvrer leur liberté.
•
ils lui trou-
veroient bientôt un Successeur qui les aideroit
Leur aproche a causé une grande allarme
dans cette Ville , mais le grand feu qu'on a fair
sur eux les a obligés de retourner à leur Camp ,
où ils ont emmené sept ou huit Prisonniers qu'ils
ont fait dans un Poste avancé. Quoiqu'ils soient
demeurés dans l'inaction depuis qu'ils se sont
retirés , M. Rivarola a redoublé les Gardes de
tous les principaux Postes , et on travaille avec
d'autant plus de diligence à prendre des mesures
pour s'oposer à leurs entreprises , qu'on a été
informé que leur Chef étoit en chemin pour
revenir les joindre , et que le bruit vient même
de se repandre qu'il est déja arrivé dans cette
Isle.
Les Rebelles ont fait publier par son ordre
un Manifeste , dans lequel il entreprend de ré-
pondre au Decret qui le
II. Vol.
eclare Seducteur des
Peuples , Fauteur des troubles , ennemi de la
Republique , et coupable de haute trahison . Il
dit dans ce Manifeste , qu'il ne merite pas les
diverses denominations qui lui sont données
dans
1436 MERCURE DE FRANCE
dans le Decret de la Republique , puisque ce
n'est pas lui qui a suscité les troubles dont la
Corse est agitée , et qu'ils n'ont d'autre source
que les divers mécontentemens que des Habitans
de l'Isle pretendent avoir reçûs des Genois ; que
si ceux-ci avoient eu veritablement à cœur la
tranquillité de cette Isle , ils auroient fait éprou-
ver d'autres traitemens à un Peuple qui ne s'é-
toit soumis qu'à condition que la Republique
seroit fidelle à des Conventions stipulées sous la
garentie de l'Empereur , que pour lui il n'est
venu en Corse qu'après y avoir été apellé par
les Habitans , et que quand il seroit tel que les
Genois pretendent l'insinuer, la Providence ne
feroit en cette occasion à l'égard d'une Na-
tion oprimée que ce qu'elle a fait ci-devant en
faveur de plusieurs autres Peuples , lorsqu'elle
leur a envoyé des Liberateurs , dont on n'avoit
pas lieu d'attendre , d'abord les grands succès
qu'on a vus dans la suite.
Il ajoûte en finissant , qu'en vertu du pouvoir
que la Nation lui a donné , il défend aux Ge-
nois de demeurer en Corse sous peine de la vie ,
et il declare que les Corses ne conclûront point
La Paix avec la Republique , à moins qu'el
le ne renonce à la Possession de leur Isle , et
qu'elle ne leur restitue tout l'argent qu'elle en a
tiré par les impositions.
Les Lettres de Genes du 11. de ce mois, por
tent qu'on n'y a point encore reçu d'avis cer-
tain du retour du principal Chef des Rebelles
dans l'Isle de Corse , mais la plupart des lettres
de la Bastie marquent qu'on croit qu'il y est arri-
vé , parce que le Chanoine Orticone , et quel-
ques autres de ses Adherans se sont rendus pré-
cipitamment à Aleria
IL. Val
ONE
où l'on dit qu'il a de-
barqué,
JUIN.
1737.
1437
barqué. On a apris , par ces Lettres, qu'un déta-
chement d'environ trente hommes de la Garni-
son de la Place avoit tué quelques uns des Ou-
vriers qui travailloient aux Salines retablies par
les Rebeles , et que ces derniers avoient fait di
re à M. Rivarola qu'ils traiteroient les Sujets de
la Képublique avec la même rigueur qu'on trai-
tait les personnes attachées à leur parti. Les mê
mes avis portent que le bruit couroit que le fa-
meux Louis Ciaferri , un des anciens Chefs des
Rebelles étoit mort dans leur camp.
T
Les Lettres du 18. portent que l'inaction dans
laquelle se tiennent les Rebelles de Corse , don-
ne lieu de conjecturer que leur principal Chef
n'y est pas encore revenu , comme on l'avoit
publié. On a apris en dernier lieu qu'il regne
beaucoup de division parmi eux , que leurs dif-
ferends sont souvent suivis de voyes de fait ,
quelquefois de meurtres, mais que remplis d'ani-
mosité dans leurs querelles particulieres, ils sem
blent être toujouts prêts à les oublier et à se réu-
nir , dès qu'il s'agit de leur interêt commun.
Leur obstination à persister dans leur revolte a
déterminé le Senat à attendre des occasions plus
favorables pour les soumettre , et à se contenter
de songer à la conservation des Places qui sont
demeurées sous la Domination de la Republique..
Les Salines d'Aleria , que les Rebelles ont ré-
tablies , sont si abondantes qu'ils comptent d'en
tirer assés de sel , non seulement pour leur con-
sommation , mais encore pour en fournir aux
Etrangers. Ils ont découvert dans une Mine de
Fer , située aux environs d'Alizani , une Mine
qui leur produit beaucoup de ce Metal . Leurs
Chefs ont établi à Orena une Manufacture de
Cuir, par le moyen de laquelle ils seront en étag
II. Vol.
et
de
T438 MERCURE DE FRANCE
de se procurer plusieurs commodités que les
Etrangers leur faisoient acheter fort cher.
Corse, que la nouvelle qu'on y avoit reçuë au
commencement de ce mois , de la détention du
principal Chef des Rebelles en Hollande , don-
noit lieu d'esperer qu'ils ne tarderoient pas à
rentrer dans leur devoir , et que M. Rivarola ,
dès qu'il eut été instruit de la consternation re-
pandue à cette occasion dans leur Camp, leur
fit sçavoir que la Republique leur offroit une
Amnistie generale , et les mêmes conditions qui
leur avoient été accordées ci-devant par la mé-
diation de l'Empereur. Ils auroient peut- être ac-
cepté les propositions de M. Rivarola , si pen
dant qu'ils étoient occupés à déliberer sur le
parti qu'ils prendroient , il n'étoit arrivé à la
Plage d'Aleria deux Officiers , par lesquels leur
II. Vol.
principal
JUIN.
1737.
1435
principal Chef leur donnoit avis qu'à la verité
il étoit arrêté pour dettes à Amsterdam ,
mais
qu'il seroit bientôt mis en liberté , et qu'il ne
tarderoit pas à revenir dans cette Isle. Les assu-
rances données par ces deux Officiers ayant
changé absolument la disposition des Esprits ,
les Rebelles se sont avancés en grand nombre
jusqu'au pied du Glacis de la Bascie malgré le
feu du Canon et de la Mousqueterie , et ils ont
crié aux Sentinelles , qu'ils étoient déterminés à
souffrir plûtôt les dernieres extremités que de
rentrer sous la Domination de la Republique
et que s'ils perdoient leur Chef ,
à recouvrer leur liberté.
•
ils lui trou-
veroient bientôt un Successeur qui les aideroit
Leur aproche a causé une grande allarme
dans cette Ville , mais le grand feu qu'on a fair
sur eux les a obligés de retourner à leur Camp ,
où ils ont emmené sept ou huit Prisonniers qu'ils
ont fait dans un Poste avancé. Quoiqu'ils soient
demeurés dans l'inaction depuis qu'ils se sont
retirés , M. Rivarola a redoublé les Gardes de
tous les principaux Postes , et on travaille avec
d'autant plus de diligence à prendre des mesures
pour s'oposer à leurs entreprises , qu'on a été
informé que leur Chef étoit en chemin pour
revenir les joindre , et que le bruit vient même
de se repandre qu'il est déja arrivé dans cette
Isle.
Les Rebelles ont fait publier par son ordre
un Manifeste , dans lequel il entreprend de ré-
pondre au Decret qui le
II. Vol.
eclare Seducteur des
Peuples , Fauteur des troubles , ennemi de la
Republique , et coupable de haute trahison . Il
dit dans ce Manifeste , qu'il ne merite pas les
diverses denominations qui lui sont données
dans
1436 MERCURE DE FRANCE
dans le Decret de la Republique , puisque ce
n'est pas lui qui a suscité les troubles dont la
Corse est agitée , et qu'ils n'ont d'autre source
que les divers mécontentemens que des Habitans
de l'Isle pretendent avoir reçûs des Genois ; que
si ceux-ci avoient eu veritablement à cœur la
tranquillité de cette Isle , ils auroient fait éprou-
ver d'autres traitemens à un Peuple qui ne s'é-
toit soumis qu'à condition que la Republique
seroit fidelle à des Conventions stipulées sous la
garentie de l'Empereur , que pour lui il n'est
venu en Corse qu'après y avoir été apellé par
les Habitans , et que quand il seroit tel que les
Genois pretendent l'insinuer, la Providence ne
feroit en cette occasion à l'égard d'une Na-
tion oprimée que ce qu'elle a fait ci-devant en
faveur de plusieurs autres Peuples , lorsqu'elle
leur a envoyé des Liberateurs , dont on n'avoit
pas lieu d'attendre , d'abord les grands succès
qu'on a vus dans la suite.
Il ajoûte en finissant , qu'en vertu du pouvoir
que la Nation lui a donné , il défend aux Ge-
nois de demeurer en Corse sous peine de la vie ,
et il declare que les Corses ne conclûront point
La Paix avec la Republique , à moins qu'el
le ne renonce à la Possession de leur Isle , et
qu'elle ne leur restitue tout l'argent qu'elle en a
tiré par les impositions.
Les Lettres de Genes du 11. de ce mois, por
tent qu'on n'y a point encore reçu d'avis cer-
tain du retour du principal Chef des Rebelles
dans l'Isle de Corse , mais la plupart des lettres
de la Bastie marquent qu'on croit qu'il y est arri-
vé , parce que le Chanoine Orticone , et quel-
ques autres de ses Adherans se sont rendus pré-
cipitamment à Aleria
IL. Val
ONE
où l'on dit qu'il a de-
barqué,
JUIN.
1737.
1437
barqué. On a apris , par ces Lettres, qu'un déta-
chement d'environ trente hommes de la Garni-
son de la Place avoit tué quelques uns des Ou-
vriers qui travailloient aux Salines retablies par
les Rebeles , et que ces derniers avoient fait di
re à M. Rivarola qu'ils traiteroient les Sujets de
la Képublique avec la même rigueur qu'on trai-
tait les personnes attachées à leur parti. Les mê
mes avis portent que le bruit couroit que le fa-
meux Louis Ciaferri , un des anciens Chefs des
Rebelles étoit mort dans leur camp.
T
Les Lettres du 18. portent que l'inaction dans
laquelle se tiennent les Rebelles de Corse , don-
ne lieu de conjecturer que leur principal Chef
n'y est pas encore revenu , comme on l'avoit
publié. On a apris en dernier lieu qu'il regne
beaucoup de division parmi eux , que leurs dif-
ferends sont souvent suivis de voyes de fait ,
quelquefois de meurtres, mais que remplis d'ani-
mosité dans leurs querelles particulieres, ils sem
blent être toujouts prêts à les oublier et à se réu-
nir , dès qu'il s'agit de leur interêt commun.
Leur obstination à persister dans leur revolte a
déterminé le Senat à attendre des occasions plus
favorables pour les soumettre , et à se contenter
de songer à la conservation des Places qui sont
demeurées sous la Domination de la Republique..
Les Salines d'Aleria , que les Rebelles ont ré-
tablies , sont si abondantes qu'ils comptent d'en
tirer assés de sel , non seulement pour leur con-
sommation , mais encore pour en fournir aux
Etrangers. Ils ont découvert dans une Mine de
Fer , située aux environs d'Alizani , une Mine
qui leur produit beaucoup de ce Metal . Leurs
Chefs ont établi à Orena une Manufacture de
Cuir, par le moyen de laquelle ils seront en étag
II. Vol.
et
de
T438 MERCURE DE FRANCE
de se procurer plusieurs commodités que les
Etrangers leur faisoient acheter fort cher.
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8
p. 1438-1439
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Le 2. de ce mois le Roy se rendit à la Chambre des Pairs, avec les cérémonies accoûtumées, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE-BRETAGNE.
Le 2. de ce mois le Roy se rendit à la Chambre
des Pairs, avec les cérémonies accoûtumées,
et S. M. ayant mandé la Chambre des
Communes , fit aux deux Chambres le discours
suivant.
MY LORDS , ET MESSIEURS ,
Je suis venu ici pour mettrefin à cette Séance
du Parlement , afin que vous ayez la liberté de
vous retirer dans vos Provinces, et de contribuer,
selon vos divers Emplois au maintien de la Paix
et du bien du Royaume. Je vous remercie des mar-
ques particulieres que vous m'avez données de
votre affection et de votre zele pour ma Person-
ne et pour mon honneur , etj'espere que la sagesse et
la justice que vous avez fait paroître à l'occasion
de quelques incidens
extraordinaires , prévien-
dront à l'avenir de pareils ar´entats. La conduite
de ce Parlement a été si égale dans toutes ses dé-
liberations sur les Affaires publiques , qu'il seroit
aussi injuste de n'en point avoir de reconnoissan-
ce, qu'il est inutile d'enraporter toutes lesparticu-
larités..
MESSIEURS DE LA CHAMBRE DES COMMUNES ,
Le soin que vous avez pris de lever les Subsides
nécessaires pour le Service de l'année courante ,
la maniere la moins onereuse à mon Peuple , est
une nouvelle preuve de votre attention toujours
égale à soutenir mon Gouvernement & les interêts
de votre Patrie.
1 MY LORDS ET MESSIEURS ,
Vous ne pouvez ignorer combien les honnêtes
II. Vol.
de
Gens
JUIN.
II. Vol.
1737.
1439
Genset les Personnes de bonnes mœurs se trouvent
justement scandalisés et offensés de la licence qui
regne dans le temps present , sous l'ombre et le pré-
texte de la liberté , et combien il est absolument
nécessaire de reprimer cet abus excessifpar unejus-
te et vigoureuse execution des Loix. C'est un usage
qui n'est devenu que trop général , que de braver
toute autorité , de mépriser la Magistrature, et mê
me de s'oposer à l'execution des Loix, quoi que celar
soit aussipréjudiciable aux libertés du Peuplequ'aux
Prérogatives de la Couronne , le soutien de l'une
étant inséparable de la Protection de l'autre. J'ai
pris les Loix du Pays pour regle constante de mes
actions , etje m'attends aussi que mes Sujets feront
leurprincipal devoir de la soumission que ces me-
mes Loix leur imposent , et qu'il est de leur interêt
d'avoir toujours pour mon Autorité et pour mon
Gouvernement.
Le Lord Chancelier prorogea ensuite le Par-
lement par ordre de S. M. jusqu'au 15.du mois
d'Août,
Le 2. de ce mois le Roy se rendit à la Chambre
des Pairs, avec les cérémonies accoûtumées,
et S. M. ayant mandé la Chambre des
Communes , fit aux deux Chambres le discours
suivant.
MY LORDS , ET MESSIEURS ,
Je suis venu ici pour mettrefin à cette Séance
du Parlement , afin que vous ayez la liberté de
vous retirer dans vos Provinces, et de contribuer,
selon vos divers Emplois au maintien de la Paix
et du bien du Royaume. Je vous remercie des mar-
ques particulieres que vous m'avez données de
votre affection et de votre zele pour ma Person-
ne et pour mon honneur , etj'espere que la sagesse et
la justice que vous avez fait paroître à l'occasion
de quelques incidens
extraordinaires , prévien-
dront à l'avenir de pareils ar´entats. La conduite
de ce Parlement a été si égale dans toutes ses dé-
liberations sur les Affaires publiques , qu'il seroit
aussi injuste de n'en point avoir de reconnoissan-
ce, qu'il est inutile d'enraporter toutes lesparticu-
larités..
MESSIEURS DE LA CHAMBRE DES COMMUNES ,
Le soin que vous avez pris de lever les Subsides
nécessaires pour le Service de l'année courante ,
la maniere la moins onereuse à mon Peuple , est
une nouvelle preuve de votre attention toujours
égale à soutenir mon Gouvernement & les interêts
de votre Patrie.
1 MY LORDS ET MESSIEURS ,
Vous ne pouvez ignorer combien les honnêtes
II. Vol.
de
Gens
JUIN.
II. Vol.
1737.
1439
Genset les Personnes de bonnes mœurs se trouvent
justement scandalisés et offensés de la licence qui
regne dans le temps present , sous l'ombre et le pré-
texte de la liberté , et combien il est absolument
nécessaire de reprimer cet abus excessifpar unejus-
te et vigoureuse execution des Loix. C'est un usage
qui n'est devenu que trop général , que de braver
toute autorité , de mépriser la Magistrature, et mê
me de s'oposer à l'execution des Loix, quoi que celar
soit aussipréjudiciable aux libertés du Peuplequ'aux
Prérogatives de la Couronne , le soutien de l'une
étant inséparable de la Protection de l'autre. J'ai
pris les Loix du Pays pour regle constante de mes
actions , etje m'attends aussi que mes Sujets feront
leurprincipal devoir de la soumission que ces me-
mes Loix leur imposent , et qu'il est de leur interêt
d'avoir toujours pour mon Autorité et pour mon
Gouvernement.
Le Lord Chancelier prorogea ensuite le Par-
lement par ordre de S. M. jusqu'au 15.du mois
d'Août,
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9
p. 1439-1440
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Début :
Le 30. May, Anne-Joseph Comte de Tornielle et de Brionne, Marquis de Gerbeviller, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Le 30. May, Anne-Joseph Comte de Tornielle
et de Brionne, Marquis de Gerbeviller,
Conseiller, Chevalier d'honneur en la Cour Sou-
veraine de Loraine et Barois , Grand - Bailly de
Nancy , Conseiller d'Etat , et Grand- Chambel-
lan du Duc de Loraine , mourut à Nancy , ou
il s'étoit rendu de Vienne depuis quelque temps
à l'occasion du Reglement de la cession du Du-
ché de Loraine. Il étoit âgé de 73. ans ; son
corps fut transporté le premier Juin à Gerbevil-
Jeri
1440 MERCURE DE FRANCE
ler , où il fut inhumé le lendemain dans l'Eglist
des Carmes , lieu de la sépulture de ses Ancêtres.
Il avoit épousé en 1700. Antoinette- Louise de
Lambertye, fille de Georgs , Marquis de Lim-
bertye, Baron de Cons, Conseiller d'Etat, Bailly
de Nancy , et Ma échal de Loraine , et de Chris-
tine de Lenoncourt de Blainville , sa premiere
femme. I. la laisse veuve sans enfans, n'en ayant
jamais cù d'elle. Henri- Hiacinthe , Comte de
Tornicile, Grand- Aumônier de Loraine , Grand
Doyen de l'Eglise Primatiale de Nancy, &c son
frere puîné , et le seul qu'il eut , mourut à Nan-
cy le 2 Avril de l'année derniere 1736. ainsi
ĉette Familie , originaire de Novare en Lombar-
die , et qui s'étoit etablie en Loraine sur la fin
du 16 siecle , se trouve éteinte. On en trouve la
Gé éalogie dans le Dictionaire de Morery de
1725. et dans le Suplément de 1735.. On månde
de Nancy que les grands biens du Marquis
de Gerbeviller passent au neveu de la Da-
me sa veuve , qui est fils du Marquis de Lam-
bertye , et qui prend à présent le titre de Comte
de Tornielle.
Le 16. Juin , la Duchesse Doüairiere de Nor-
thumberland , mourut à sa Terre de Trogmore,
près de Windsor , dans la 106° année de son âge,
Le 30. May, Anne-Joseph Comte de Tornielle
et de Brionne, Marquis de Gerbeviller,
Conseiller, Chevalier d'honneur en la Cour Sou-
veraine de Loraine et Barois , Grand - Bailly de
Nancy , Conseiller d'Etat , et Grand- Chambel-
lan du Duc de Loraine , mourut à Nancy , ou
il s'étoit rendu de Vienne depuis quelque temps
à l'occasion du Reglement de la cession du Du-
ché de Loraine. Il étoit âgé de 73. ans ; son
corps fut transporté le premier Juin à Gerbevil-
Jeri
1440 MERCURE DE FRANCE
ler , où il fut inhumé le lendemain dans l'Eglist
des Carmes , lieu de la sépulture de ses Ancêtres.
Il avoit épousé en 1700. Antoinette- Louise de
Lambertye, fille de Georgs , Marquis de Lim-
bertye, Baron de Cons, Conseiller d'Etat, Bailly
de Nancy , et Ma échal de Loraine , et de Chris-
tine de Lenoncourt de Blainville , sa premiere
femme. I. la laisse veuve sans enfans, n'en ayant
jamais cù d'elle. Henri- Hiacinthe , Comte de
Tornicile, Grand- Aumônier de Loraine , Grand
Doyen de l'Eglise Primatiale de Nancy, &c son
frere puîné , et le seul qu'il eut , mourut à Nan-
cy le 2 Avril de l'année derniere 1736. ainsi
ĉette Familie , originaire de Novare en Lombar-
die , et qui s'étoit etablie en Loraine sur la fin
du 16 siecle , se trouve éteinte. On en trouve la
Gé éalogie dans le Dictionaire de Morery de
1725. et dans le Suplément de 1735.. On månde
de Nancy que les grands biens du Marquis
de Gerbeviller passent au neveu de la Da-
me sa veuve , qui est fils du Marquis de Lam-
bertye , et qui prend à présent le titre de Comte
de Tornielle.
Le 16. Juin , la Duchesse Doüairiere de Nor-
thumberland , mourut à sa Terre de Trogmore,
près de Windsor , dans la 106° année de son âge,
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