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7651
p. 199-213
Dédicace de la Statue du Roy, dans la Place Royale de Nancy.
Début :
Sa Majesté Polonoise, Duc de Lorraine & de Bar, ayant conçu en 1752 [...]
Mots clefs :
Hôtel de ville, Sa Majesté, Statue, Naissance, Cérémonies, Duc de Gesvres, Duc de Fleury, Marchands, Régiments, Loterie
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texteReconnaissance textuelle : Dédicace de la Statue du Roy, dans la Place Royale de Nancy.
Dédicace de la Statue du Roy , dans la Place
Royale de Nancy.
Sa Majesté Polonoife , Duc de Lorraine & de
Bar , ayant conçu en 1752 le deflein de faire élever
un monument de fa tendreffe à Sa Majesté
Très-Chrétienne , a dreffé elle - même le plan
d'une place , dont l'exécution confiée à M. Heré
de Corny, fon premier Architecte , répond à la
magnificence des idées de Sa Majesté & à la gran
deur du fujet . Les édifices qui environnent cette
place , font d'une fymmétrie parfaite . Celui du
fond eft deftiné à l'Hôtel de Ville . Ceux de droite
& de gauche forment quatre pavillons . La place
eft terminée par un Corps de bâtimens à un
étage , qui fait retour pour donner une rue de
communication de la Ville Neuve à la Ville
Vieille. Au fond de la rue eft un arc de triomphe
, compoféde trois portiques. Dans les quatre
angles de la place , dont l'extérieur eft décoré
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
d'une architecture d'ordre Corinthien en pilaftres
, on a mis quatre grands grillages fur un
plan ceintré. Les deux du fond font employés à
mafquer les baftions . Ils forment chacun un grand
portique & deux petits. Le portique du milieu
eft une cafcade , où l'on voit la figure de Neptune
fur fon char tiré par des chevaux marins ;
d'un côté , un fleuve & une Nayade ; & de l'autre
un dragon. Toutes les eaux que jettent ces différentes
figures , fe répandent en nappes dans un
vafte baffin. Les fontaines des petits portiques
font ornées de grouppes d'enfans qui jouent avec
des poiffons. Les deux autres grands grillages
font aux angles de l'Hôtel de Ville , & ils forment
deux effeces de portes Flamandes , de vingtdeux
pieds d'ouvertures , deftinés pour donner entrée
à quatre rues.
Au milieu de la place s'éleve un piedestal de
marbre blanc , fur lequel eft la ftatue pedeftre
de Louis XV habillé à la Romaine , cuiraflé &
revêtu du manteau royal . Cette figure de bronze
eft haute de onze pieds. Quatre bas reliefs auffi
de bronze décorent les quatre faces du piedeftal ,
& repréfentent , le premier le mariage du Roi
Très - Chrétien ; le fecond la paix conclue à Vienne
; le 3e la prife de poffeffion de la Lorraine ; le
quatrieme l'Academie des Sciences & Belles - Lettres
établie dans cette ville. Aux quatre angles du
piedeftal , fur le pallier des marches font quatre
figures coloffales , qui repréfentent la prudence ,
la juftice , la valeur & la clémence.
Sa Majefté Polonoiſe ayant fixé le jour de la
Dédicace de la ftatue au 26 Novembre ,vingt trois
jours auparavant à la Malgrange. La fête ne pouvoit
mieux commencer que par des actions de
graces , pour la naiffance de Monfeigneur le Com
ง
JANVIER. 1756. 201
te de Provence. Le Roi fe rendit le 25 à l'églife
primatiale , pour y aflitter à une Meffe folemnelle
, & au Te Deum. Le Primat revêtu de fes
habits pontificaux , reçut Sa Majesté à la porte de
l'églife , où les Compagnies fupérieures , les autres
Corps de Juftice , & le Clergé féculier &
régulier s'étoient rendus.
疹
Le lendemain 26 , Sa Majefté entendit dans
P'églife de Bon-Secours une Mefle célébrée par le
Primat. Vers midi , Sa Majefté arriva ici avec
toute la pompe de la Royauté. Le Régiment d'Infanterie
du Roi Très -Chrétien en garnifon dans
cette ville , bordoit en haie les rues depuis la porte
Saint Nicolas jufqu'à la place royale . Sa Majefté
Polonoife fut faluée de trois décharges de
l'artillerie des remparts. A la porte de l'Hôtel de
Ville , elle fut complimentée par M. Thibault ,
Lieutenant- Général de Police , à la tête des Magiftrats
.
Sa Majefté s'étant placée fur le balcon du grand
fallon de l'Hôtel de Ville , un Héraut d'Armes ,
précédé des Timballiers & Trompettes des plaifirs,"
& monté fur un cheval richement caparaçonné ,
fortit de deffous l'arc de triomphe , & en s'avançant
par la droite , il fit le tour de la place . Devant
chaque pavillon , il fit à haute voix la proclamation
de la Dédicace de la ftatue. La Nobleſſe
& le peuple répondirent à l'envi par des acclamations
réitérées. Alors on ôta de deffus la ftatue le
voile qui la couvroit , & de nouvelles acclamations
en couronnerent la Dédicace. Pendant la
cérémonie , l'artillerie des remparts & la moufqueterie
du Régiment du Roi Très - Chrétien firent
des falves continuelles .
Au lieu d'eau il coula du vin des Fontaines de
la place pendant le refte du jour . Quatre Confeil-
I y
202 MERCURE DE FRANCE.
lers de l'Hôtel de Ville jetterent à pleines mains
de l'argent par les fenêtres des quatre pavillons ,
& l'on diftr bua en même - tems dans toute la ville
des largeffes confidérables aux pauvres honteux .
Sa Majesté reçut les complimens de fa Cour fupérieure
, de fa Chambre des Comptes , de l'Académie
des Sciences & Belles- Lettres , & des quatre
Chapitres de Chanoineffes de Remiremont
d'Epinal , de Bouxieres & de Pouffay.
Sur les quatre heures elle fe rendit à la falle de
la Comédie , où elle entendit un prologue relatif
à la cérémonie du jour. L'Auteur des paroles eft
M. Paliffot de Montenoy , & la Mufique eft de M.
Surat . Après le fpectacle , Sa Majefté paffa à la
falle du bal paré que donnoit la Ville. Il étoit
compofé de toute la haute Nobleffe de Lorraine ,
& d'Etrangers de la plus grande diftinction , que le
défir de faire leur cour à Sa Majefté avoit attirés
de toutes parts. Le Roi y demeura une demi-heure,
& partit enfuite au bruit de l'artillerie , & au
milieu des acclamations dictées par l'allégrefle
générale.
En paffant près de la grande place de la Ville
Neuve , Sa Majefté y vit les Soldats & Sergens
des quatre Bataillons du Régiment du Roi , affis
à de longues tables , où la Ville leur avoit fait
fervir un repas dans lequel il régna autant d'ordre
que d'abondance. Les tables formoient un
quarré. Elles étoient éclairées par cinq pyramides
, dont quatre de vingt- trois pieds , & celle
du milieu de quarante , toutes furmontées de
fleurs de lys couronnées , ayant dans leurs corps
les armes de Sa Majefté Polonoife , & celles de la
Ville en feu tranfparent. Le devant & le derriere
des tables étoient ornés des faifceaux d'armes
du Régiment , fur chacun defquels il y avoit une
JANVIE R. 1756. 203
fleur de lys illuminée. Les drapeaux étoient déployés
autour des tables , fur lefquelles veillont
le Corps des Officiers , le Marquis de Guerchy ,
Colonel-Lieutenant , à la tête .
A la fuite du bal paré il y eut grand bal
mafqué à l'Hôtel de Ville.
Sa Majesté revint ici le 27. La Place royale
étoit illuminée fuivant l'ordre de l'architecture .
Après avoir confidéré l'illumination , le Roi defcendit
du grand fallon de l'Hôtel de Ville pour
fe rendre fous le periftile de l'arc de triomphe.
Avant fa fortie , M. Thibault lui préfenta fur
le feuil de la porte une médaille d'or . Eile porte
d'un côté la tête de Sa Majesté Polonoife avec cette
infcription : Stanislaus Í , Rex Polonia , Magnus
Duc Lithuania , Lotharingia & Barri . Au revers
eft la ftatue pedeſtre de Louis XV fur fon piedeftal
, avec cette légende : Uriufque immortalitati,
Et pour exergue , Civitas Nanceiana . MDCCLV.
En recevant cette médaille , qui a été gravée
par la Dame de Saint Urbain , Sa Majesté eut la
bonté de dire aux Magiftrtas : Meffieurs , fur ce médaillon
eft mon effigie , mais les vôtres font gravées
dans mon coeur.
On tira enfuite le magnifique feu d'artifice ,
qui avoit été préparé . Sa Majesté après le feu ,
retourna à la place royale , pour voir une feconde
fois l'illumination , & elle partit enfin au bruit de
nouvelles falves d'artillerie & de moufqueterie.
Pendant les trois jours qu'ont duré les réjouiffances
publiques , les habitans de Nancy ont fait
les honneurs de la Ville , en tenant table ouverte
pour les Etrangers , qui , après avoir admiré les
magnificences dont ils ont été témoins , ont remporté
la plus haute idée de l'amour fincere &
refpectueux des Lorrains pour leurs Majeftés
Très- Chrétienne & Polonoife.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Cette fête n'a point été particuliere à la ville
de Nancy : elle a été générale dans toutes les
villes & dans les bourgs de la Lorraine & du
Barrois.
Le 14 Décembre , les Députés de la Ville de
Nancy eurent l'honneur de préſenter au Roi les
Médailles d'or & d'argent , qui ont été frappées
à l'occafion de cette Dédicace. Le Roi pour leur
donner de fa fatisfaction une marque diftinguée ,
les reçut dans fon cabinet. Ils furent préfentés à Sa
Majefté par M. le Duc de Fleury, premier Gentilhomme
de la Chambre , Gouverneur & Lieutenant-
Général de Lorraine & du Barrois, & par M.
le Comte d'Argenfon, Miniftre & Secrétaire d'Etat.
Les Députés eurent le même honneur chez la
Reine , chez Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, Monfeigneur le Duc de Berry , & Monfeigneur
le Comte de Provence , ainfi que chez Madame
, & chez Mefdames Victoire , Sophie &
Louife, étant préfentés de même par M. le Duc de
Fleury , & M. le Comte d'Argenfon. La Députation
étoit compofée de M. Thibault , Lieutenant-
Général de Police , & Chef du Magiſtrat de
Nancy ; de M. Breton , Confeiller pour la Nobleffe
; de M. Puiffeur , Confeiller pour le Tiers-
Etat ; & de M. Richer , Confeiller , Tréforier de
l'Hôtel de Ville de Nancy. M. Thibault porta la
parole.
Le 12 , la rentrée de la Cour des Aides fe fit
avec les cérémonies ordinaires. Après la Meffe
célébrée , felon la coutume , dans la falle de la
Cour , les trois Chambres s'affemblerent dans la
premiere , & l'on fit la lecture des Ordonnances
& des Réglemens. Les Huifliers ayant prêté ferJANVIER
. 1756. 205
ment , M. de Lamoignon de Malesherbes , Premier
Préfident , prononça un difcours fur le choix
des Etudes. Enfuite M. Boula de Mareuil , fecond
Avocat Général , prit la parole , & haranguafur
Pemploi du Tems.
M. de Landreville , Maréchal de Camp & chef
de Brigade des Gardes du Corps , vint le 17 Novembre
, de la part du Roi , annoncer la naiffance
de Monfeigneur le Comte de Provence au Corps
de ville qui s'étoit affemblé fur la premiere nouvelle
que Madame la Dauphine avoit reffenti
quelques douleurs. M. le Marquis de Dreux , Grand
Maître des cérémonies , a remis en même tems
au Corps de ville une lettre de Sa Majeſté ſur le
même ſujet. Auffi - tôt les Prévôt des Marchands
& Echevins firent annoncer à toute la ville , par
une falve générale de l'artillerie , & par la cloche
de l'Hôtel de ville , qui a fonné jufqu'à minuit ,
la nouvelle faveur qu'il a plu à Dieu d'accorder à
la France.
A fix heures du foir on fit une feconde falve
de l'artillerie , après laquelle les Prévôt des Marchands
& Echevins allumerent , avec les cérémonies
ordinaires , le bucher qui avoit été dreſſé
dans la Place devant l'Hôtel de ville . On tira enfuite
une grande quantité de fufées volantes ; on
fit couler dans les quatre coins de la place des
fontaines de vin , & on diftribua au peuple du
pain & des viandes. Plufieurs Orcheftres remplis
de Muficiens , mêlerent le fon de leurs inftrumens
aux acclamations dictées par l'alegreffe
publique. La façade de l'Hôtel de ville fut illuminée
le foir par plufieurs filets de terrines , ainfi
que l'hôtel du Duc de Gefvres , Gouverneur de
Paris , celui du Prévôt des Marchands & les maifons
des Echevins & Officiers du Bureau de la
ville,
206 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi ayant écrit à l'Archevêque de Paris
pour faire rendre à Dieu de folemnelles actions
de graces à l'occafion de la naiffance de Monfeigneur
le Comte de Provence , on chanta le 23
Novembre le Te Deum dans l'églife Métropolitaine
, & l'Abbé de Saint Exupery , Doyen du
Chapitre , y officia. Le Chancelier & le Garde
des Sceaux , accompagnés de plufieurs Confeillers
d'Etat & Maîtres des Requêtes , y affifterent , ainfi
que le Parlement , la Chambre des Comptes ,
la Cour des Aides , & le Corps de ville , qui y
avoient été invités de la part de Sa Majesté par
le Marquis de Dreux , Grand Maître des cérémonies.
On tira le même jour dans la place de l'Hôtel
de ville , par ordre des Prévôt des Marchands &
Echevins , un très -beau feu d'artifice . La décoration
repréfentoit un Temple de Lucine , formant
par fon plan un quarré régulier de marbre blanc.
Une ordonnance compofite , portée fur un focle
& terminée par un attique , préfentoit fur chaque
face du quarré quatre colonnes ifolées , embraffées
par des branches de lys , & grouppées
deux à deux , qui foutenoient un fronton triangulaire.
A côté des colonnes étoient des figures de
fept pieds de proportion , repréfentant des Vertus.
Le milieu des façades étoit ouvert par un portique
élevé fur des dégrés de marbre blanc , qui
conduifoient jufqu'à l'autel , fur lequel étoit placée
la Déeffe . Les colonnes , les frontons , les panneaux
du focle & de l'attique étoient de marbre
ferancolin. L'intérieur du temple étoit de bréche
violette. Les chapiteaux , la frife , les moulures ,
les bas reliefs & les figures étoient en or . Au-deffus
du fronton étoit le médaillon des armes du
Roi , fupporté par le Génie de la France , & par
JANVIER. 1756. 207
une Renommée. Des Amours , foutenus fur des
nuages , formoient différens jeux , & fervoient
de couronnement à tout l'édifice . Le temple avoit
ving- cinq pieds de largeur fur quarante de hauteur.
Il portoit fur une terraffe de quarante-huit
pieds de baſe , dont les appuis formoient autour
de l'édifice principal , une enceinte décorée dans
tous les angles par des acroteres qui foutenoient
des vafes de fleurs . On montoit fur la terrafle
par des perrons diftribués fur toutes les faces .
Après l'artifice , la façade de l'Hôtel de ville fut
illuminée avec autant de goût que de magnifi- *
cence. Toutes les colonnes dans leur pourtour
étoient garnies de lampions . Des filets de terrines
regnoient le long des entablemens. Plufieurs
Juftres formés de lanternes de verre éclairoient
les autres parties . La place vis - à- vis de l'Hôtel de
ville étoit entourée d'Ifs , portant chacun plus de
cent cinquante lumieres .
Il y eut auffi de magnifiques illuminations
aux hôtels du Duc de Gefvres & du Prévôt des
Marchands , ainfi qu'aux maifons des Echevins &
des principaux Officiers du Corps de Ville .
Des fontaines de vin coulerent dans ces différens
endroits , de même que dans la place de
l'Hôtel de ville , & dans les autres principales places
de Paris ; & l'on diftribua du pain & des viandes
au peuple. On avoit placé des orcheftres partout
où le faifoient ces diftributions.
La cloche de l'Hôtel de ville fonna en tocfin
depuis cinq heures du matin juſqu'à minuit. Pendant
la journée il y eut quatre falves d'artillerie ;
une à cinq heures du matin , une à midi , une pendant
le Te Deum , & la derniere avant le feu
d'artifice .
Le 23 , la Vicomteffe de Cambis fut préſentée
à leurs Majeftés .
208 MERCURE DE FRANCE.
Le 24 , le Corps de ville alla à l'Eglife paroiffiale
de Saint Jean en Greve , pour rendre les
actions particulieres de graces ; & il affifta à un
Te Deum qu'il fic chanter en mufique L'Hôtel
de ville , les hôtels du Duc de Gefvres & du Prévôt
des Marchands , & les maiſons des Echevins
& des principaux Officiers du Corps de Ville furent
de nouveau illuminés.
Le Marquis de Braffac , un des Chambellans du
Roi de Pologne Duc de Lorraine & de Bar , eft
venu de la part de Sa Majefté Polonoiſe pour
complimenter ieurs Majeftés & la Famille royale
fur la naiffance de Monfeigneur le Comte de Provence
; & le 24 Novembre il s'acquitta de cette
commiffion.
M. Séguier , Avocat Général du Parlement ,
ouvrit le 24 les Audiences de la Grand'Chambre ,
par une barangue fur l'Emulation. Cette harangue
fut fuivie d'un difcours de M. de Maupeou , premier
Préfident , fur le Vice de la Jalousie.
Selon les lettres de Bordeaux , on y effuya le
premier Novembre une fecouffe de tremblement
de terre qui dura quelques minutes . Elle fut accompagnée
d'une agitation extraordinaire des
eaux de la Garonne. Heureufement la ville n'a
fouffert aucun dommage.
Conformément à l'ordre que le Roi avoit donné
, le Régiment des Gardes Suiffes s'affembla
à Versailles le 29 de Novembre dans la place
d'armes vis - à-vis de la grille du château , & il
forma un bataillon quarré. A midi & demi M. le
Comte d'Eu ayant averti le Roi , que le Régiment
étoit fous les armes , Sa Majesté monta à cheval ,
accompagnée de M.le Comte d'Argenfon ,Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le département de laGuerre,
ainsi que de M.le Marquis de Paulmy , Secrétaire
JANVIER. 1756. 209
d'Etat en ſurvivance de M. le Comte d'Argenſon.
Le Bataillon quarré s'ouvrit à l'arrivée du Roi ; Sa
Majefté y entra avec la fuite & avec les Officiers
des Gardes du Corps , & le Bataillon ſe referma
fur le champ , les Gardes du Corps reftant en
dehors. Les Capitaines des Gardes Suifles firent
un cercle autour de Sa Majefté ; les Lieutenans
formerent un fecond cercle , & les Sergens un
troifieme. Après que les tambours eurent battu
le ban , le Roi ordonna au Régiment de reconnoître
le Comte d'Eu pour Colonel Général des
Suiffes & Grifons , & de lui obéir en tout ce qui
concerne le fervice de Sa Majefté. Enfuite le Roi
fortit du Bataillon , & alla fe placer vis- à- vis de
la petite Ecurie , d'où Sa Majesté vit défiler le
Régiment. Le Comte d'Eu étoit à la tête. Lorfque
la premiere ligne fut paffée , ce Prince fe
plaça auprès de Sa Majeſté. Il donna le même jour
dans fon château de Clagny un fomptueux dîner
aux Officiers du Régiment , & il fit diftribuer du
pain , de la viande & du vin à tous les foldats .
Sur ce qui a été repréſenté au Roi , qu'entre les
différens moyens qui peuvent concourir avec ceux
que Sa Majefté s'elt déja procurés , pour fubvenir
aux dépenses extraordinaires auxquelles les circonftances
préfentes l'obligent , il n'en eft point
de plus facile & de plus défiré qu'une nouvelle
Loterie ; Sa Majesté s'y eſt d'autant plus volontiers
déterminée , que l'augmentation du bail de
fes Fermes la met en état d'y fatisfaire , fans rien
prendre fur fex autres revenus. En conféquence ,
par un Arrêt du Confeil d'Etat , du 11 de Novembre
, elle a établi une troiſieme Loterie royale.
Cette Loterie dont l'exécution durera douze
ans , à compter du premier Avril 1756 , & dont
le Roi a fixé le fonds à la fomme de trente mil
210 MERCURE DE FRANCE.
lions de livres , fut ouverte le 1t de Décembre au
Tréfor royal. Elle fera compofée de so mille billets
, chacun de fix cens livres. Il y aura cent mille
lots , dont cinquante mille , dits de rembourfement,
qui éteindront & amortiront le capital des
billets & cinquante mille de faveur , aufquels les
billets amortis par le remboursement qui leur
fera parvenu , participeront nonobftant ledit rem
bourfement. Les cent mille lots feront diftribués
en quatorze Tirages pendant le cours des douzé
années que durera la Loterie. Le premier tirage
du premier femeftre fe fera le 15 du mois d'Avril
prochain , & les cinq autres d'année en année au
même tems . Ces fix premiers tirages feront de
lots de rembourfement. Le feptieme qui fera de
faveur , ſe fera un mois après. Le premier des fix
tirages du deuxieme femeftre qui feront également
pour lots de remboursement , fe fera le 15
Avril 1762 , les cinq autres auffi d'année en année,
& le quatorzieme & dernier qui fera de faveur ,
un mois après le fixieme du fecond femeftre. Les
vingt-quatre mille deux ceux quarante huit billets,
qui auront obtenu les lots de rembourſement dans
les fix tirages du Ir femeftre , participeront feuls
au tirage de faveur qui les fuivra. De même les
vingt-cinq mille fept cens cinquante- deux billets.
aufquels feront échus les lots de remboursement
des fix tirages du deuxieme femeftre , auront feuls
part au quatorzieme tirage , qui formera la clôture
de la Loterie . A chacun des douze tirages
pour lots de remboursement il y aura un premier
lot de vingt mille livres , un fecond de dix mille,
un troifieme de quatre mille , deux autres de deux
mille. Dans le premier des deux tirages de faveur
le premier lot fera de cent vingt mille livies
, & le fecond de cinquante mille . Le princiJANVIE
R. 1756. 211
pal lot du quatorzieme & dernier tirage fera de
deux cens mille livres , & le fecond de quatrevingt
mille. Sa Majefté attribue pendant chacune
des deuxieme & fubfequentes années de l'exécution
de la Loterie , jufques & compris la onzieme,
vingt-quatre livres à chacun des billets qui entreront
dans la roue , pour concourir en chaque femeftre
au gain des lots de remboursement , & ce
jufqu'à ce qu'il leur en foit échu un à chacun ;
laquelle attribution fera payée , même pour l'année
révolue , au tems que lefdits lots échoiront
fans aucune réduction deſdits lots.
Il paroît une Ordonnance du Roi pour augmenter
de dix Maîtres chaque Compagnie des Régimens
de Cavalerie, tant Françoifes qu'Etrangeres,
même celles des cinq Brigades du Régiment des
Carabiniers.
Sa Majesté a accordé des lettres d'ennobliffement
à M. Daran , l'un de fes Chirurgiens , qui
s'eft acquis un nom célébre dans toute l'Europe.
Le Marquis de Soragna , Gentilhomme de la
Chambre de l'Infant Duc de Parme , & qui eft
venu de la part de ce Prince & de Madame Infante
pour complimenter leurs Majestés fur la naiffance
de Monfeigneur le Comte de Provence
s'acquitta le 16 de fa commiffion. Il fut préfenté
par Don Jaimes Mafones de Lima & Sotomayor,
Ambaffadeur Extraordinaire & Plénipotentiaire
du Roi d'Efpagne.
Six cloches de la nouvelle Eglife Paroiffiale de
Saint Louis à Verfailles furent bénites le 15. M. le
Duc de Fleury & Me. la Ducheffe de Laynes , Dame
d'honneur de la Reine , les tinrent au nom de
leurs Majeftés & de la Famille royale. Le Curé de
la Paroiffe fit la cérémonie. Il y eut mufique , illumination
, feu , & plufieurs falves de mouſqueterie,
212 MERCURE DE FRANCE.
Le 14,Mdme la Marquise de Gamaches fut préfentée
à leurs Majeftés & à la Famille royale .
Dans ces préfentations elle prit le tabouret
comme Grande d'Espagne , ayant hérité de la
Grandeffe par la mort du Maréchal de la Mothe .
Houdancourt , dont elle eft fille unique.
Madame la Marquiſe de Brehant fut préſentée le
même jour.
Le 17 M. le Marquis de Marigny, Directeur Général
des Bâtimens , Arts & Manufactures , préfenta
à Leurs Majeftés plufieurs pieces de Tapif
ferie en haute- liffe , de la Manufacture des Gobelins.
Quatre de ces pieces repréfentent : la premiere
, Jafon affoupiffant le Dragon , enlevant
la Toifon d'Or , & partant avec Medée : la
deuxieme , le mariage de Jafon & de Creüfe , fille
du Roi de Corinthe : la troisieme , Creuſe confumée
par le feu de la robe fatale , dont Medée
lui a fait préfent : la quatrieme , Medée poignar
dant les deux fils qu'elle avoit eus de Jafon , &
embrafant Corinthe. Ces morceaux ont été exécutés
fur des Tableaux de feu M. de Troy , & ils
font les trois premiers de M. Cozette , & le dernier
de M. Audran. Trois autres Pieces font de M.
Audran. Les ſujets font la Scene s du quatrieme
Acte de l'Opera de Roland : la Scene 4 du cinquieme
Acte d'Armide , d'après feu M. Coypel
& l'Entrée de Marc - Antoine à Ephefe
d'après M. Nattoire , Directeur de l'Académie
de Peinture à Rome. Une huitieme Piece de l'exécution
de M. Cozette , eft une copie d'un Tableau
de M. Parrocel , d'Avignon , repréfentant
la Sainte-Famille , & qui a trois pieds deux pouces
de haut , fur deux pieds cinq pouces de large.
Par une Ordonnance du 8 de ce mois , le Roi
a réglé que les Bataillons du Régiment Royal
JANVIER . 1756. 213
Artillerie , les Compagnies de Mineurs & d'Ouvriers
qui fervent à leur fuite , les Officiers d'Artillerie
& les Ingénieurs , ne feroient dorénavant
qu'un feul & même Corps , fous la dénomination
de Corps Royal de l'Artillerie & du Génie.
On a répandu mal -à-propos le bruit , que le
Coche d'eau d'Auxerre avoit péri. Cette Voiture
n'a pas couru le moindre danger , & celles
de cette efpece ne vont que lorfque la riviere eft
navigable.
Le 18 Décembre les Actions de la Compagnie
des Indes étoient à quatorze cens quatre-vingt livres
les Billets de la premiere Loterie Royale à
huit cens quarante quatre ; ceux de la feconde
Loterie à fept cens vingt - huit , & ceux de la
troifieme Loterie à fix cens vingt-trois.
Royale de Nancy.
Sa Majesté Polonoife , Duc de Lorraine & de
Bar , ayant conçu en 1752 le deflein de faire élever
un monument de fa tendreffe à Sa Majesté
Très-Chrétienne , a dreffé elle - même le plan
d'une place , dont l'exécution confiée à M. Heré
de Corny, fon premier Architecte , répond à la
magnificence des idées de Sa Majesté & à la gran
deur du fujet . Les édifices qui environnent cette
place , font d'une fymmétrie parfaite . Celui du
fond eft deftiné à l'Hôtel de Ville . Ceux de droite
& de gauche forment quatre pavillons . La place
eft terminée par un Corps de bâtimens à un
étage , qui fait retour pour donner une rue de
communication de la Ville Neuve à la Ville
Vieille. Au fond de la rue eft un arc de triomphe
, compoféde trois portiques. Dans les quatre
angles de la place , dont l'extérieur eft décoré
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
d'une architecture d'ordre Corinthien en pilaftres
, on a mis quatre grands grillages fur un
plan ceintré. Les deux du fond font employés à
mafquer les baftions . Ils forment chacun un grand
portique & deux petits. Le portique du milieu
eft une cafcade , où l'on voit la figure de Neptune
fur fon char tiré par des chevaux marins ;
d'un côté , un fleuve & une Nayade ; & de l'autre
un dragon. Toutes les eaux que jettent ces différentes
figures , fe répandent en nappes dans un
vafte baffin. Les fontaines des petits portiques
font ornées de grouppes d'enfans qui jouent avec
des poiffons. Les deux autres grands grillages
font aux angles de l'Hôtel de Ville , & ils forment
deux effeces de portes Flamandes , de vingtdeux
pieds d'ouvertures , deftinés pour donner entrée
à quatre rues.
Au milieu de la place s'éleve un piedestal de
marbre blanc , fur lequel eft la ftatue pedeftre
de Louis XV habillé à la Romaine , cuiraflé &
revêtu du manteau royal . Cette figure de bronze
eft haute de onze pieds. Quatre bas reliefs auffi
de bronze décorent les quatre faces du piedeftal ,
& repréfentent , le premier le mariage du Roi
Très - Chrétien ; le fecond la paix conclue à Vienne
; le 3e la prife de poffeffion de la Lorraine ; le
quatrieme l'Academie des Sciences & Belles - Lettres
établie dans cette ville. Aux quatre angles du
piedeftal , fur le pallier des marches font quatre
figures coloffales , qui repréfentent la prudence ,
la juftice , la valeur & la clémence.
Sa Majefté Polonoiſe ayant fixé le jour de la
Dédicace de la ftatue au 26 Novembre ,vingt trois
jours auparavant à la Malgrange. La fête ne pouvoit
mieux commencer que par des actions de
graces , pour la naiffance de Monfeigneur le Com
ง
JANVIER. 1756. 201
te de Provence. Le Roi fe rendit le 25 à l'églife
primatiale , pour y aflitter à une Meffe folemnelle
, & au Te Deum. Le Primat revêtu de fes
habits pontificaux , reçut Sa Majesté à la porte de
l'églife , où les Compagnies fupérieures , les autres
Corps de Juftice , & le Clergé féculier &
régulier s'étoient rendus.
疹
Le lendemain 26 , Sa Majefté entendit dans
P'églife de Bon-Secours une Mefle célébrée par le
Primat. Vers midi , Sa Majefté arriva ici avec
toute la pompe de la Royauté. Le Régiment d'Infanterie
du Roi Très -Chrétien en garnifon dans
cette ville , bordoit en haie les rues depuis la porte
Saint Nicolas jufqu'à la place royale . Sa Majefté
Polonoife fut faluée de trois décharges de
l'artillerie des remparts. A la porte de l'Hôtel de
Ville , elle fut complimentée par M. Thibault ,
Lieutenant- Général de Police , à la tête des Magiftrats
.
Sa Majefté s'étant placée fur le balcon du grand
fallon de l'Hôtel de Ville , un Héraut d'Armes ,
précédé des Timballiers & Trompettes des plaifirs,"
& monté fur un cheval richement caparaçonné ,
fortit de deffous l'arc de triomphe , & en s'avançant
par la droite , il fit le tour de la place . Devant
chaque pavillon , il fit à haute voix la proclamation
de la Dédicace de la ftatue. La Nobleſſe
& le peuple répondirent à l'envi par des acclamations
réitérées. Alors on ôta de deffus la ftatue le
voile qui la couvroit , & de nouvelles acclamations
en couronnerent la Dédicace. Pendant la
cérémonie , l'artillerie des remparts & la moufqueterie
du Régiment du Roi Très - Chrétien firent
des falves continuelles .
Au lieu d'eau il coula du vin des Fontaines de
la place pendant le refte du jour . Quatre Confeil-
I y
202 MERCURE DE FRANCE.
lers de l'Hôtel de Ville jetterent à pleines mains
de l'argent par les fenêtres des quatre pavillons ,
& l'on diftr bua en même - tems dans toute la ville
des largeffes confidérables aux pauvres honteux .
Sa Majesté reçut les complimens de fa Cour fupérieure
, de fa Chambre des Comptes , de l'Académie
des Sciences & Belles- Lettres , & des quatre
Chapitres de Chanoineffes de Remiremont
d'Epinal , de Bouxieres & de Pouffay.
Sur les quatre heures elle fe rendit à la falle de
la Comédie , où elle entendit un prologue relatif
à la cérémonie du jour. L'Auteur des paroles eft
M. Paliffot de Montenoy , & la Mufique eft de M.
Surat . Après le fpectacle , Sa Majefté paffa à la
falle du bal paré que donnoit la Ville. Il étoit
compofé de toute la haute Nobleffe de Lorraine ,
& d'Etrangers de la plus grande diftinction , que le
défir de faire leur cour à Sa Majefté avoit attirés
de toutes parts. Le Roi y demeura une demi-heure,
& partit enfuite au bruit de l'artillerie , & au
milieu des acclamations dictées par l'allégrefle
générale.
En paffant près de la grande place de la Ville
Neuve , Sa Majefté y vit les Soldats & Sergens
des quatre Bataillons du Régiment du Roi , affis
à de longues tables , où la Ville leur avoit fait
fervir un repas dans lequel il régna autant d'ordre
que d'abondance. Les tables formoient un
quarré. Elles étoient éclairées par cinq pyramides
, dont quatre de vingt- trois pieds , & celle
du milieu de quarante , toutes furmontées de
fleurs de lys couronnées , ayant dans leurs corps
les armes de Sa Majefté Polonoife , & celles de la
Ville en feu tranfparent. Le devant & le derriere
des tables étoient ornés des faifceaux d'armes
du Régiment , fur chacun defquels il y avoit une
JANVIE R. 1756. 203
fleur de lys illuminée. Les drapeaux étoient déployés
autour des tables , fur lefquelles veillont
le Corps des Officiers , le Marquis de Guerchy ,
Colonel-Lieutenant , à la tête .
A la fuite du bal paré il y eut grand bal
mafqué à l'Hôtel de Ville.
Sa Majesté revint ici le 27. La Place royale
étoit illuminée fuivant l'ordre de l'architecture .
Après avoir confidéré l'illumination , le Roi defcendit
du grand fallon de l'Hôtel de Ville pour
fe rendre fous le periftile de l'arc de triomphe.
Avant fa fortie , M. Thibault lui préfenta fur
le feuil de la porte une médaille d'or . Eile porte
d'un côté la tête de Sa Majesté Polonoife avec cette
infcription : Stanislaus Í , Rex Polonia , Magnus
Duc Lithuania , Lotharingia & Barri . Au revers
eft la ftatue pedeſtre de Louis XV fur fon piedeftal
, avec cette légende : Uriufque immortalitati,
Et pour exergue , Civitas Nanceiana . MDCCLV.
En recevant cette médaille , qui a été gravée
par la Dame de Saint Urbain , Sa Majesté eut la
bonté de dire aux Magiftrtas : Meffieurs , fur ce médaillon
eft mon effigie , mais les vôtres font gravées
dans mon coeur.
On tira enfuite le magnifique feu d'artifice ,
qui avoit été préparé . Sa Majesté après le feu ,
retourna à la place royale , pour voir une feconde
fois l'illumination , & elle partit enfin au bruit de
nouvelles falves d'artillerie & de moufqueterie.
Pendant les trois jours qu'ont duré les réjouiffances
publiques , les habitans de Nancy ont fait
les honneurs de la Ville , en tenant table ouverte
pour les Etrangers , qui , après avoir admiré les
magnificences dont ils ont été témoins , ont remporté
la plus haute idée de l'amour fincere &
refpectueux des Lorrains pour leurs Majeftés
Très- Chrétienne & Polonoife.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Cette fête n'a point été particuliere à la ville
de Nancy : elle a été générale dans toutes les
villes & dans les bourgs de la Lorraine & du
Barrois.
Le 14 Décembre , les Députés de la Ville de
Nancy eurent l'honneur de préſenter au Roi les
Médailles d'or & d'argent , qui ont été frappées
à l'occafion de cette Dédicace. Le Roi pour leur
donner de fa fatisfaction une marque diftinguée ,
les reçut dans fon cabinet. Ils furent préfentés à Sa
Majefté par M. le Duc de Fleury, premier Gentilhomme
de la Chambre , Gouverneur & Lieutenant-
Général de Lorraine & du Barrois, & par M.
le Comte d'Argenfon, Miniftre & Secrétaire d'Etat.
Les Députés eurent le même honneur chez la
Reine , chez Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, Monfeigneur le Duc de Berry , & Monfeigneur
le Comte de Provence , ainfi que chez Madame
, & chez Mefdames Victoire , Sophie &
Louife, étant préfentés de même par M. le Duc de
Fleury , & M. le Comte d'Argenfon. La Députation
étoit compofée de M. Thibault , Lieutenant-
Général de Police , & Chef du Magiſtrat de
Nancy ; de M. Breton , Confeiller pour la Nobleffe
; de M. Puiffeur , Confeiller pour le Tiers-
Etat ; & de M. Richer , Confeiller , Tréforier de
l'Hôtel de Ville de Nancy. M. Thibault porta la
parole.
Le 12 , la rentrée de la Cour des Aides fe fit
avec les cérémonies ordinaires. Après la Meffe
célébrée , felon la coutume , dans la falle de la
Cour , les trois Chambres s'affemblerent dans la
premiere , & l'on fit la lecture des Ordonnances
& des Réglemens. Les Huifliers ayant prêté ferJANVIER
. 1756. 205
ment , M. de Lamoignon de Malesherbes , Premier
Préfident , prononça un difcours fur le choix
des Etudes. Enfuite M. Boula de Mareuil , fecond
Avocat Général , prit la parole , & haranguafur
Pemploi du Tems.
M. de Landreville , Maréchal de Camp & chef
de Brigade des Gardes du Corps , vint le 17 Novembre
, de la part du Roi , annoncer la naiffance
de Monfeigneur le Comte de Provence au Corps
de ville qui s'étoit affemblé fur la premiere nouvelle
que Madame la Dauphine avoit reffenti
quelques douleurs. M. le Marquis de Dreux , Grand
Maître des cérémonies , a remis en même tems
au Corps de ville une lettre de Sa Majeſté ſur le
même ſujet. Auffi - tôt les Prévôt des Marchands
& Echevins firent annoncer à toute la ville , par
une falve générale de l'artillerie , & par la cloche
de l'Hôtel de ville , qui a fonné jufqu'à minuit ,
la nouvelle faveur qu'il a plu à Dieu d'accorder à
la France.
A fix heures du foir on fit une feconde falve
de l'artillerie , après laquelle les Prévôt des Marchands
& Echevins allumerent , avec les cérémonies
ordinaires , le bucher qui avoit été dreſſé
dans la Place devant l'Hôtel de ville . On tira enfuite
une grande quantité de fufées volantes ; on
fit couler dans les quatre coins de la place des
fontaines de vin , & on diftribua au peuple du
pain & des viandes. Plufieurs Orcheftres remplis
de Muficiens , mêlerent le fon de leurs inftrumens
aux acclamations dictées par l'alegreffe
publique. La façade de l'Hôtel de ville fut illuminée
le foir par plufieurs filets de terrines , ainfi
que l'hôtel du Duc de Gefvres , Gouverneur de
Paris , celui du Prévôt des Marchands & les maifons
des Echevins & Officiers du Bureau de la
ville,
206 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi ayant écrit à l'Archevêque de Paris
pour faire rendre à Dieu de folemnelles actions
de graces à l'occafion de la naiffance de Monfeigneur
le Comte de Provence , on chanta le 23
Novembre le Te Deum dans l'églife Métropolitaine
, & l'Abbé de Saint Exupery , Doyen du
Chapitre , y officia. Le Chancelier & le Garde
des Sceaux , accompagnés de plufieurs Confeillers
d'Etat & Maîtres des Requêtes , y affifterent , ainfi
que le Parlement , la Chambre des Comptes ,
la Cour des Aides , & le Corps de ville , qui y
avoient été invités de la part de Sa Majesté par
le Marquis de Dreux , Grand Maître des cérémonies.
On tira le même jour dans la place de l'Hôtel
de ville , par ordre des Prévôt des Marchands &
Echevins , un très -beau feu d'artifice . La décoration
repréfentoit un Temple de Lucine , formant
par fon plan un quarré régulier de marbre blanc.
Une ordonnance compofite , portée fur un focle
& terminée par un attique , préfentoit fur chaque
face du quarré quatre colonnes ifolées , embraffées
par des branches de lys , & grouppées
deux à deux , qui foutenoient un fronton triangulaire.
A côté des colonnes étoient des figures de
fept pieds de proportion , repréfentant des Vertus.
Le milieu des façades étoit ouvert par un portique
élevé fur des dégrés de marbre blanc , qui
conduifoient jufqu'à l'autel , fur lequel étoit placée
la Déeffe . Les colonnes , les frontons , les panneaux
du focle & de l'attique étoient de marbre
ferancolin. L'intérieur du temple étoit de bréche
violette. Les chapiteaux , la frife , les moulures ,
les bas reliefs & les figures étoient en or . Au-deffus
du fronton étoit le médaillon des armes du
Roi , fupporté par le Génie de la France , & par
JANVIER. 1756. 207
une Renommée. Des Amours , foutenus fur des
nuages , formoient différens jeux , & fervoient
de couronnement à tout l'édifice . Le temple avoit
ving- cinq pieds de largeur fur quarante de hauteur.
Il portoit fur une terraffe de quarante-huit
pieds de baſe , dont les appuis formoient autour
de l'édifice principal , une enceinte décorée dans
tous les angles par des acroteres qui foutenoient
des vafes de fleurs . On montoit fur la terrafle
par des perrons diftribués fur toutes les faces .
Après l'artifice , la façade de l'Hôtel de ville fut
illuminée avec autant de goût que de magnifi- *
cence. Toutes les colonnes dans leur pourtour
étoient garnies de lampions . Des filets de terrines
regnoient le long des entablemens. Plufieurs
Juftres formés de lanternes de verre éclairoient
les autres parties . La place vis - à- vis de l'Hôtel de
ville étoit entourée d'Ifs , portant chacun plus de
cent cinquante lumieres .
Il y eut auffi de magnifiques illuminations
aux hôtels du Duc de Gefvres & du Prévôt des
Marchands , ainfi qu'aux maifons des Echevins &
des principaux Officiers du Corps de Ville .
Des fontaines de vin coulerent dans ces différens
endroits , de même que dans la place de
l'Hôtel de ville , & dans les autres principales places
de Paris ; & l'on diftribua du pain & des viandes
au peuple. On avoit placé des orcheftres partout
où le faifoient ces diftributions.
La cloche de l'Hôtel de ville fonna en tocfin
depuis cinq heures du matin juſqu'à minuit. Pendant
la journée il y eut quatre falves d'artillerie ;
une à cinq heures du matin , une à midi , une pendant
le Te Deum , & la derniere avant le feu
d'artifice .
Le 23 , la Vicomteffe de Cambis fut préſentée
à leurs Majeftés .
208 MERCURE DE FRANCE.
Le 24 , le Corps de ville alla à l'Eglife paroiffiale
de Saint Jean en Greve , pour rendre les
actions particulieres de graces ; & il affifta à un
Te Deum qu'il fic chanter en mufique L'Hôtel
de ville , les hôtels du Duc de Gefvres & du Prévôt
des Marchands , & les maiſons des Echevins
& des principaux Officiers du Corps de Ville furent
de nouveau illuminés.
Le Marquis de Braffac , un des Chambellans du
Roi de Pologne Duc de Lorraine & de Bar , eft
venu de la part de Sa Majefté Polonoiſe pour
complimenter ieurs Majeftés & la Famille royale
fur la naiffance de Monfeigneur le Comte de Provence
; & le 24 Novembre il s'acquitta de cette
commiffion.
M. Séguier , Avocat Général du Parlement ,
ouvrit le 24 les Audiences de la Grand'Chambre ,
par une barangue fur l'Emulation. Cette harangue
fut fuivie d'un difcours de M. de Maupeou , premier
Préfident , fur le Vice de la Jalousie.
Selon les lettres de Bordeaux , on y effuya le
premier Novembre une fecouffe de tremblement
de terre qui dura quelques minutes . Elle fut accompagnée
d'une agitation extraordinaire des
eaux de la Garonne. Heureufement la ville n'a
fouffert aucun dommage.
Conformément à l'ordre que le Roi avoit donné
, le Régiment des Gardes Suiffes s'affembla
à Versailles le 29 de Novembre dans la place
d'armes vis - à-vis de la grille du château , & il
forma un bataillon quarré. A midi & demi M. le
Comte d'Eu ayant averti le Roi , que le Régiment
étoit fous les armes , Sa Majesté monta à cheval ,
accompagnée de M.le Comte d'Argenfon ,Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le département de laGuerre,
ainsi que de M.le Marquis de Paulmy , Secrétaire
JANVIER. 1756. 209
d'Etat en ſurvivance de M. le Comte d'Argenſon.
Le Bataillon quarré s'ouvrit à l'arrivée du Roi ; Sa
Majefté y entra avec la fuite & avec les Officiers
des Gardes du Corps , & le Bataillon ſe referma
fur le champ , les Gardes du Corps reftant en
dehors. Les Capitaines des Gardes Suifles firent
un cercle autour de Sa Majefté ; les Lieutenans
formerent un fecond cercle , & les Sergens un
troifieme. Après que les tambours eurent battu
le ban , le Roi ordonna au Régiment de reconnoître
le Comte d'Eu pour Colonel Général des
Suiffes & Grifons , & de lui obéir en tout ce qui
concerne le fervice de Sa Majefté. Enfuite le Roi
fortit du Bataillon , & alla fe placer vis- à- vis de
la petite Ecurie , d'où Sa Majesté vit défiler le
Régiment. Le Comte d'Eu étoit à la tête. Lorfque
la premiere ligne fut paffée , ce Prince fe
plaça auprès de Sa Majeſté. Il donna le même jour
dans fon château de Clagny un fomptueux dîner
aux Officiers du Régiment , & il fit diftribuer du
pain , de la viande & du vin à tous les foldats .
Sur ce qui a été repréſenté au Roi , qu'entre les
différens moyens qui peuvent concourir avec ceux
que Sa Majefté s'elt déja procurés , pour fubvenir
aux dépenses extraordinaires auxquelles les circonftances
préfentes l'obligent , il n'en eft point
de plus facile & de plus défiré qu'une nouvelle
Loterie ; Sa Majesté s'y eſt d'autant plus volontiers
déterminée , que l'augmentation du bail de
fes Fermes la met en état d'y fatisfaire , fans rien
prendre fur fex autres revenus. En conféquence ,
par un Arrêt du Confeil d'Etat , du 11 de Novembre
, elle a établi une troiſieme Loterie royale.
Cette Loterie dont l'exécution durera douze
ans , à compter du premier Avril 1756 , & dont
le Roi a fixé le fonds à la fomme de trente mil
210 MERCURE DE FRANCE.
lions de livres , fut ouverte le 1t de Décembre au
Tréfor royal. Elle fera compofée de so mille billets
, chacun de fix cens livres. Il y aura cent mille
lots , dont cinquante mille , dits de rembourfement,
qui éteindront & amortiront le capital des
billets & cinquante mille de faveur , aufquels les
billets amortis par le remboursement qui leur
fera parvenu , participeront nonobftant ledit rem
bourfement. Les cent mille lots feront diftribués
en quatorze Tirages pendant le cours des douzé
années que durera la Loterie. Le premier tirage
du premier femeftre fe fera le 15 du mois d'Avril
prochain , & les cinq autres d'année en année au
même tems . Ces fix premiers tirages feront de
lots de rembourfement. Le feptieme qui fera de
faveur , ſe fera un mois après. Le premier des fix
tirages du deuxieme femeftre qui feront également
pour lots de remboursement , fe fera le 15
Avril 1762 , les cinq autres auffi d'année en année,
& le quatorzieme & dernier qui fera de faveur ,
un mois après le fixieme du fecond femeftre. Les
vingt-quatre mille deux ceux quarante huit billets,
qui auront obtenu les lots de rembourſement dans
les fix tirages du Ir femeftre , participeront feuls
au tirage de faveur qui les fuivra. De même les
vingt-cinq mille fept cens cinquante- deux billets.
aufquels feront échus les lots de remboursement
des fix tirages du deuxieme femeftre , auront feuls
part au quatorzieme tirage , qui formera la clôture
de la Loterie . A chacun des douze tirages
pour lots de remboursement il y aura un premier
lot de vingt mille livres , un fecond de dix mille,
un troifieme de quatre mille , deux autres de deux
mille. Dans le premier des deux tirages de faveur
le premier lot fera de cent vingt mille livies
, & le fecond de cinquante mille . Le princiJANVIE
R. 1756. 211
pal lot du quatorzieme & dernier tirage fera de
deux cens mille livres , & le fecond de quatrevingt
mille. Sa Majefté attribue pendant chacune
des deuxieme & fubfequentes années de l'exécution
de la Loterie , jufques & compris la onzieme,
vingt-quatre livres à chacun des billets qui entreront
dans la roue , pour concourir en chaque femeftre
au gain des lots de remboursement , & ce
jufqu'à ce qu'il leur en foit échu un à chacun ;
laquelle attribution fera payée , même pour l'année
révolue , au tems que lefdits lots échoiront
fans aucune réduction deſdits lots.
Il paroît une Ordonnance du Roi pour augmenter
de dix Maîtres chaque Compagnie des Régimens
de Cavalerie, tant Françoifes qu'Etrangeres,
même celles des cinq Brigades du Régiment des
Carabiniers.
Sa Majesté a accordé des lettres d'ennobliffement
à M. Daran , l'un de fes Chirurgiens , qui
s'eft acquis un nom célébre dans toute l'Europe.
Le Marquis de Soragna , Gentilhomme de la
Chambre de l'Infant Duc de Parme , & qui eft
venu de la part de ce Prince & de Madame Infante
pour complimenter leurs Majestés fur la naiffance
de Monfeigneur le Comte de Provence
s'acquitta le 16 de fa commiffion. Il fut préfenté
par Don Jaimes Mafones de Lima & Sotomayor,
Ambaffadeur Extraordinaire & Plénipotentiaire
du Roi d'Efpagne.
Six cloches de la nouvelle Eglife Paroiffiale de
Saint Louis à Verfailles furent bénites le 15. M. le
Duc de Fleury & Me. la Ducheffe de Laynes , Dame
d'honneur de la Reine , les tinrent au nom de
leurs Majeftés & de la Famille royale. Le Curé de
la Paroiffe fit la cérémonie. Il y eut mufique , illumination
, feu , & plufieurs falves de mouſqueterie,
212 MERCURE DE FRANCE.
Le 14,Mdme la Marquise de Gamaches fut préfentée
à leurs Majeftés & à la Famille royale .
Dans ces préfentations elle prit le tabouret
comme Grande d'Espagne , ayant hérité de la
Grandeffe par la mort du Maréchal de la Mothe .
Houdancourt , dont elle eft fille unique.
Madame la Marquiſe de Brehant fut préſentée le
même jour.
Le 17 M. le Marquis de Marigny, Directeur Général
des Bâtimens , Arts & Manufactures , préfenta
à Leurs Majeftés plufieurs pieces de Tapif
ferie en haute- liffe , de la Manufacture des Gobelins.
Quatre de ces pieces repréfentent : la premiere
, Jafon affoupiffant le Dragon , enlevant
la Toifon d'Or , & partant avec Medée : la
deuxieme , le mariage de Jafon & de Creüfe , fille
du Roi de Corinthe : la troisieme , Creuſe confumée
par le feu de la robe fatale , dont Medée
lui a fait préfent : la quatrieme , Medée poignar
dant les deux fils qu'elle avoit eus de Jafon , &
embrafant Corinthe. Ces morceaux ont été exécutés
fur des Tableaux de feu M. de Troy , & ils
font les trois premiers de M. Cozette , & le dernier
de M. Audran. Trois autres Pieces font de M.
Audran. Les ſujets font la Scene s du quatrieme
Acte de l'Opera de Roland : la Scene 4 du cinquieme
Acte d'Armide , d'après feu M. Coypel
& l'Entrée de Marc - Antoine à Ephefe
d'après M. Nattoire , Directeur de l'Académie
de Peinture à Rome. Une huitieme Piece de l'exécution
de M. Cozette , eft une copie d'un Tableau
de M. Parrocel , d'Avignon , repréfentant
la Sainte-Famille , & qui a trois pieds deux pouces
de haut , fur deux pieds cinq pouces de large.
Par une Ordonnance du 8 de ce mois , le Roi
a réglé que les Bataillons du Régiment Royal
JANVIER . 1756. 213
Artillerie , les Compagnies de Mineurs & d'Ouvriers
qui fervent à leur fuite , les Officiers d'Artillerie
& les Ingénieurs , ne feroient dorénavant
qu'un feul & même Corps , fous la dénomination
de Corps Royal de l'Artillerie & du Génie.
On a répandu mal -à-propos le bruit , que le
Coche d'eau d'Auxerre avoit péri. Cette Voiture
n'a pas couru le moindre danger , & celles
de cette efpece ne vont que lorfque la riviere eft
navigable.
Le 18 Décembre les Actions de la Compagnie
des Indes étoient à quatorze cens quatre-vingt livres
les Billets de la premiere Loterie Royale à
huit cens quarante quatre ; ceux de la feconde
Loterie à fept cens vingt - huit , & ceux de la
troifieme Loterie à fix cens vingt-trois.
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Résumé : Dédicace de la Statue du Roy, dans la Place Royale de Nancy.
En 1752, Stanislas Leszczyński, Duc de Lorraine et de Bar, initia la construction de la Place Royale à Nancy en hommage à Louis XV. Cette place, conçue par Emmanuel Héré, est caractérisée par des édifices symétriques, dont l'Hôtel de Ville et quatre pavillons. Elle est embellie par des fontaines et un arc de triomphe avec trois portiques. Au centre, une statue de Louis XV en bronze, haute de onze pieds, est entourée de quatre bas-reliefs représentant des événements significatifs de son règne. La dédicace de la statue eut lieu le 26 novembre 1755, après une messe solennelle et un Te Deum, suivie d'une procession, des salves d'artillerie et des distributions de vin et d'argent aux habitants. En 1756, des festivités furent organisées à Nancy et à Paris pour honorer Stanislas Ier de Pologne et Louis XV. Ces événements comprenaient des illuminations, des feux d'artifice et des distributions de nourriture et de vin. À Paris, des cérémonies similaires furent organisées, et un Te Deum fut chanté le 23 novembre pour célébrer la naissance du comte de Provence. Louis XV institua une troisième Loterie royale pour financer des dépenses extraordinaires, dotée d'un fonds de trente millions deux cent dix mille livres, commençant le 1er avril 1756. Des augmentations dans les régiments de cavalerie et des lettres d'anoblissement furent également décrétées. En janvier 1756, le roi ordonna la création du Corps Royal de l'Artillerie et du Génie en fusionnant divers bataillons et compagnies. Une rumeur erronée avait signalé la perte du coche d'eau d'Auxerre, mais celui-ci n'était pas en danger. Les actions de la Compagnie des Indes étaient évaluées à 1480 livres, tandis que les billets des loteries royales se négociaient à des valeurs variées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7652
p. 213
BENEFICES DONNÉS.
Début :
Le Roi a donné l'Abbaye de S. Armand, Ordre de S. Benoît, [...]
Mots clefs :
Ordre de St-Benoît, Diocèses, Vicaire général, Sa Majesté, Cardinal de la Rochefoucauld
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNÉS.
BENEFICES
DONNÉ s.
LE Roi a donné l'Abbaye de S. Amand , Ordre
de S. Benoît , Diocèle de Cambrai , au Cardinal
d'Yorck.
Sa Majesté a accordé l'Abbaye de S. Vandrille ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèſe de Rouen , au
Cardinal de la Rochefoucauld .
Elle a auffi donné l'Abbaye d'Aumale , Ordre de
Saint Benoît , Diocèfe de Rouen , à l'Abbé de
Savary de Breves , Vicaire Général de l'Archevêché
de Vienne ; celle de Chezi , même Ordre ,
Diocèfe de Soiffons , à l'Abbé Thierri , Chancelier
de l'Eglife Métropolitaine
& de l'Univerfité
de Paris ; celle de Beaulieu , Ordre de Saint Auguftin
, Diocèfe de Boulogne , à l'Abbé de Mons ,
Vicaire Général de l'Evêché de Saint - Flour ; &
Dioceile
de Ferrieres , Ordre de Saint Benoît ,
cèfe de Poitiers , à l'Abbé de Fretat de Sarra ,
Vicaire Général de l'Evêché du Puy,
DONNÉ s.
LE Roi a donné l'Abbaye de S. Amand , Ordre
de S. Benoît , Diocèle de Cambrai , au Cardinal
d'Yorck.
Sa Majesté a accordé l'Abbaye de S. Vandrille ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèſe de Rouen , au
Cardinal de la Rochefoucauld .
Elle a auffi donné l'Abbaye d'Aumale , Ordre de
Saint Benoît , Diocèfe de Rouen , à l'Abbé de
Savary de Breves , Vicaire Général de l'Archevêché
de Vienne ; celle de Chezi , même Ordre ,
Diocèfe de Soiffons , à l'Abbé Thierri , Chancelier
de l'Eglife Métropolitaine
& de l'Univerfité
de Paris ; celle de Beaulieu , Ordre de Saint Auguftin
, Diocèfe de Boulogne , à l'Abbé de Mons ,
Vicaire Général de l'Evêché de Saint - Flour ; &
Dioceile
de Ferrieres , Ordre de Saint Benoît ,
cèfe de Poitiers , à l'Abbé de Fretat de Sarra ,
Vicaire Général de l'Evêché du Puy,
Fermer
Résumé : BENEFICES DONNÉS.
Le roi a attribué plusieurs abbayes à des personnalités ecclésiastiques. L'Abbaye de Saint-Amand au Cardinal d'York, Saint-Wandrille au Cardinal de La Rochefoucauld, Aumale à l'Abbé de Savary de Brèves, Chezy à l'Abbé Thierry, Beaulieu à l'Abbé de Mons et Ferrières à l'Abbé de Fretat de Sarra.
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7653
p. 214-218
LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Vous serez sans doute informé, Monsieur, du malheur que vient [...]
Mots clefs :
Tremblement de terre, Portugal, Effondrements, Incendie, Tsunami, Lisbonne, Dégâts, Morts
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
LETTRE
A L'AUTEUR DU MERCURE .
De Lisbonne , ce 25 Novembre , 1755.
Vous ferez fans doute informé , Monfieur
, du malheur que vient d'effuyer le
Portugal. Le premier de Novembre à neuf
heures quarante- cinq minutes du matin ,
par un temps calme & le ciel le plus ferain
, le mercure étant à vingt- fept pouces
fept lignes , & le termometre de M. de
Réaumur à quatorze degrés , la terre trembla
par trois reprifes. La premiere fecouffe
fut fi foible qu'elle n'épouvanta prefque
perfonne , & dura à peu près une minute :
mais après un intervalle de trente à quarante
fecondes , la terre trembla de nouveau
, mais avec tant de violence que la
plupart des maifons commencerent à crouler.
Cette feconde fecouffe dura à peu près
huit ou dix minutes . Il y eut encore un intervalle
de deux minutes à peu près ; ce que je
préfume , parce que la pouffiere que caufa
l'écroulement des maifons , & qui étoit fi
épaiffe que le foleil en étoit totalement
obfcurci , baiffa peu à peu , & rendit au
jour affez de clarté pour que l'on pût s'envifager
& fe reconnoître.
JANVIE R. 1756. 215
Une troifieme fecouffe reconfondit tout
de nouveau ; les maifons qui avoient réfifté
jufqu'alors , tomberent avec fracas. Le ciel
s'obfurcit , & la terre fembloit vouloir
rentrer dans le cahos . Les gémiffemens des
mourans , les cris de ceux qui étoient expofés
au danger , les fecouffes réitérées de
la terre, l'obfcurité du jour augmentoient le
trouble , la confufion , l'horreur & l'effroi.
Enfin , après dix à douze minutes , tout ſe
calma . Mais notre malheur n'étoit pas
encore à fon comble. A peine commençions-
nous à refpirer , le feu parut dans
différens quartiers de la Ville. Le vent qui
fouffloit avec violence , excitoit la flamme.
Perfonne ne penfa à empêcher fa voracité ,
on ne fongea qu'à fauver fa vie , & à fuir
vers la campagne : les tremblemens de terre
fe fuccédoient toujours foibles à la vérité
, mais trop violens pour des gens qui
avoient échappé à une mort qui fembloit
inévitable. Ainfi Lifbonne devint en peu
de tems une feconde Troie.
On auroit pu fans doute apporter quelque
remede au feu , fi la mer n'eût menacé
de fubmerger la ville ; ou du moins
le peuple effrayé par une fi horrible
cataſtrophe , fe le perfuada , en voyant les
Alots entrer avec fureur dans des lieux ou
il fembloit impoffible que la mer pût
jamais parvenir.
216 MERCURE DE FRANCE.
Dans le commencement du tremblement
, quelques perfonnes croyant trouver
un afyle fur les eaux , s'y expoferent ;
mais la mer ne leur fut pas plus favorable
car le flux portoit vaiffeaux ,
barques , batteaux contre le rivage , les
écrafoit les uns contre les autres , &
bientôt les retirant avec violence , fembloit
vouloir les engloutir avec les malheureux
qu'ils portoient.
Ce flux & reflux dura toute la nuit
& fe faifoit fentir plus fortement de cinq
en cinq minutes. L'effroi n'a pas encore
ceffé ; car il n'y a pas de jour que nous
n'ayons fenti deux ou trois fecouffes.
J'ai remarqué que les plus fortes , que
l'on peut comparer à un coup de canon
tiré dans un fouterrein , fe font toujours
fentir à la fortie de la Lune , & vers le
crépuscule du matin.
Le 8. vers les cinq heures & demie du
matin , nons avons fenti une fecouffe de
peu de durée , mais très violente. Le
16. à trois heures & demie après midi ,
la terre bailla & fit le même effet que
le d'un navire à la cape. corps
On affure que la mer a furpaffé de 9 .
pieds le plus grand débordement dont on
fe fouvienne en Portugal.
Le tremblement & le feu ont détruit
1S
JANVIER. 1756. 217
18 paroilles , prefque tous les couvens ,
& les plus beaux Palais de Liſbonne , tels
que le Palais du Roi , celui de Bragance ,
le Tréfor , les Hôtels des Ducs de Cadaval
, de Lafoens & d'Avéiro , ceux des
Marquis de Valence , de Lourical , de
Tavora , de Marialva , de Limiares , de
Frontiere , d'Anjeja , des Comtes de
Vimieiro , d'Atouguia , das Galvéas , de
Saint Jacques , d'Alva , de Coucoulin :
l'Hôtel de l'Ambaffadeur d'Efpagne l'a
enfeveli fous fes ruines. Le chantier ,
toutes les douanes pleines de marchandifes
, les Magafins publics du bled ont
été confumés . Les environs de Lisbonne
ont prefque tous été détruits . Les Bourgs
d'Alverca , Alandra , Villa Franca , Caftanheira
, Povos , Alenquer , Sétuval ,
font prefque entierement ravagés. La
partie baffe de Santarem a beaucoup
fouffert , de même que Peniche & la
fortereffe de Cafcaes . Quelques villes du
Royaume des Algarves ont été détruites
moins le tremblement de terre , que
par la mer qui a inondé une lieue de
Pays. La pointe du Cap de la Boque s'eft
affaiffée. La fameufe bibliotheque de S.
Dominique , celle du Comte de Ericeira
& celle du Comte de Vimieiro , célébres
I. Vol.
par
K
218 MERCURE DE FRANCE.
par leurs manufcrits rares , ont été la
proie des flammes.
On ne fçait pas encore le nombre des
morts. On conjecture qu'il doit monter
de 30. à 40. mille perfonnes. Tout le
monde campe , depuis le Roi jufqu'au
dernier membre de la République.
Pedegache.
A L'AUTEUR DU MERCURE .
De Lisbonne , ce 25 Novembre , 1755.
Vous ferez fans doute informé , Monfieur
, du malheur que vient d'effuyer le
Portugal. Le premier de Novembre à neuf
heures quarante- cinq minutes du matin ,
par un temps calme & le ciel le plus ferain
, le mercure étant à vingt- fept pouces
fept lignes , & le termometre de M. de
Réaumur à quatorze degrés , la terre trembla
par trois reprifes. La premiere fecouffe
fut fi foible qu'elle n'épouvanta prefque
perfonne , & dura à peu près une minute :
mais après un intervalle de trente à quarante
fecondes , la terre trembla de nouveau
, mais avec tant de violence que la
plupart des maifons commencerent à crouler.
Cette feconde fecouffe dura à peu près
huit ou dix minutes . Il y eut encore un intervalle
de deux minutes à peu près ; ce que je
préfume , parce que la pouffiere que caufa
l'écroulement des maifons , & qui étoit fi
épaiffe que le foleil en étoit totalement
obfcurci , baiffa peu à peu , & rendit au
jour affez de clarté pour que l'on pût s'envifager
& fe reconnoître.
JANVIE R. 1756. 215
Une troifieme fecouffe reconfondit tout
de nouveau ; les maifons qui avoient réfifté
jufqu'alors , tomberent avec fracas. Le ciel
s'obfurcit , & la terre fembloit vouloir
rentrer dans le cahos . Les gémiffemens des
mourans , les cris de ceux qui étoient expofés
au danger , les fecouffes réitérées de
la terre, l'obfcurité du jour augmentoient le
trouble , la confufion , l'horreur & l'effroi.
Enfin , après dix à douze minutes , tout ſe
calma . Mais notre malheur n'étoit pas
encore à fon comble. A peine commençions-
nous à refpirer , le feu parut dans
différens quartiers de la Ville. Le vent qui
fouffloit avec violence , excitoit la flamme.
Perfonne ne penfa à empêcher fa voracité ,
on ne fongea qu'à fauver fa vie , & à fuir
vers la campagne : les tremblemens de terre
fe fuccédoient toujours foibles à la vérité
, mais trop violens pour des gens qui
avoient échappé à une mort qui fembloit
inévitable. Ainfi Lifbonne devint en peu
de tems une feconde Troie.
On auroit pu fans doute apporter quelque
remede au feu , fi la mer n'eût menacé
de fubmerger la ville ; ou du moins
le peuple effrayé par une fi horrible
cataſtrophe , fe le perfuada , en voyant les
Alots entrer avec fureur dans des lieux ou
il fembloit impoffible que la mer pût
jamais parvenir.
216 MERCURE DE FRANCE.
Dans le commencement du tremblement
, quelques perfonnes croyant trouver
un afyle fur les eaux , s'y expoferent ;
mais la mer ne leur fut pas plus favorable
car le flux portoit vaiffeaux ,
barques , batteaux contre le rivage , les
écrafoit les uns contre les autres , &
bientôt les retirant avec violence , fembloit
vouloir les engloutir avec les malheureux
qu'ils portoient.
Ce flux & reflux dura toute la nuit
& fe faifoit fentir plus fortement de cinq
en cinq minutes. L'effroi n'a pas encore
ceffé ; car il n'y a pas de jour que nous
n'ayons fenti deux ou trois fecouffes.
J'ai remarqué que les plus fortes , que
l'on peut comparer à un coup de canon
tiré dans un fouterrein , fe font toujours
fentir à la fortie de la Lune , & vers le
crépuscule du matin.
Le 8. vers les cinq heures & demie du
matin , nons avons fenti une fecouffe de
peu de durée , mais très violente. Le
16. à trois heures & demie après midi ,
la terre bailla & fit le même effet que
le d'un navire à la cape. corps
On affure que la mer a furpaffé de 9 .
pieds le plus grand débordement dont on
fe fouvienne en Portugal.
Le tremblement & le feu ont détruit
1S
JANVIER. 1756. 217
18 paroilles , prefque tous les couvens ,
& les plus beaux Palais de Liſbonne , tels
que le Palais du Roi , celui de Bragance ,
le Tréfor , les Hôtels des Ducs de Cadaval
, de Lafoens & d'Avéiro , ceux des
Marquis de Valence , de Lourical , de
Tavora , de Marialva , de Limiares , de
Frontiere , d'Anjeja , des Comtes de
Vimieiro , d'Atouguia , das Galvéas , de
Saint Jacques , d'Alva , de Coucoulin :
l'Hôtel de l'Ambaffadeur d'Efpagne l'a
enfeveli fous fes ruines. Le chantier ,
toutes les douanes pleines de marchandifes
, les Magafins publics du bled ont
été confumés . Les environs de Lisbonne
ont prefque tous été détruits . Les Bourgs
d'Alverca , Alandra , Villa Franca , Caftanheira
, Povos , Alenquer , Sétuval ,
font prefque entierement ravagés. La
partie baffe de Santarem a beaucoup
fouffert , de même que Peniche & la
fortereffe de Cafcaes . Quelques villes du
Royaume des Algarves ont été détruites
moins le tremblement de terre , que
par la mer qui a inondé une lieue de
Pays. La pointe du Cap de la Boque s'eft
affaiffée. La fameufe bibliotheque de S.
Dominique , celle du Comte de Ericeira
& celle du Comte de Vimieiro , célébres
I. Vol.
par
K
218 MERCURE DE FRANCE.
par leurs manufcrits rares , ont été la
proie des flammes.
On ne fçait pas encore le nombre des
morts. On conjecture qu'il doit monter
de 30. à 40. mille perfonnes. Tout le
monde campe , depuis le Roi jufqu'au
dernier membre de la République.
Pedegache.
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Résumé : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
Le 1er novembre 1755, Lisbonne a été frappée par un violent tremblement de terre à 9 heures 45 du matin, par un temps calme et un ciel serein. Le séisme s'est manifesté en trois secousses principales. La première, de faible intensité, a duré environ une minute. La seconde, plus puissante, a provoqué l'effondrement de nombreuses habitations et a duré huit à dix minutes. Une troisième secousse a suivi après un court intervalle, accentuant le chaos. Des incendies, attisés par un vent violent, se sont déclarés, poussant la population à fuir vers la campagne. Parallèlement, la mer a submergé certains quartiers, aggravant la catastrophe. Les secousses ont persisté avec des intensités variables jusqu'au 16 novembre. Le bilan humain est estimé entre 30 000 et 40 000 morts. Parmi les bâtiments détruits figurent le Palais du Roi et plusieurs couvents. Les environs de Lisbonne et certaines villes des Algarves ont également subi des dommages significatifs. Les bibliothèques de São Domingos, ainsi que celles des comtes d'Ériceira et de Vimieiro, ont été entièrement détruites.
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7654
p. 218-229
MARIAGES ET MORTS.
Début :
François-Martial Comte de Choiseul-Beaupré, Brigadier, Inspecteur général de l'Infanterie, & [...]
Mots clefs :
Mariages, Morts, Roi de Pologne, Lieutenant général des armées, Comte de Choiseul-Beaupré, Maréchal de Beranger, Marquis de Sablonieres, Marquis d'Asfeld, Comte de Rochemore, Louis Hardouin-Jacques-Auguste de Grout-de Beaufort
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
François-Martial Comte de Choifeul - Beaupré ,
Brigadier , Inspecteur général de l'Infanterie , &
Menin de Monfeigneur le Dauphin , veuf depuis
1753 de Charlotte-Rofalie de Romanet , époufa
le 24 Juin Demoiſelle N ... Thiroux de Mauregard
; la bénédiction nuptiale leur a été donnée à
Paris dans la chapelle de la maifon de la Dame
de Lailly : le Roi avoit figné le 22 leur contrat de
mariage.
Raymond- Pierre , Marquis de Beranger , Comte
du Guat , Chevalier d'honneur de Madame la
Dauphine en furvivance , & Colonel dans le corps
des Grenadiers de France , époufa le 2 de Juillet
Marie-Françoile de Saffenage , fille de Charles-
François , Marquis de Saffenage , fecond Baron
du Dauphiné , Commiffaire né des Etats de cette
province , Brigadier de Cavalerie , Chevalier des
Ordres du Roi ; & Chevalier d'honneur de Madame
la Dauphine , & de Marie- Françoife- Camille
de Saffenage , Baronne de Saffenage , Marquife
de Pont- en - Royan , Comtefle de Montallier.
La bénédiction nuptiale leur fut donnée par
1.
JANVIER. 1756. 219
l'Archevêque de Sens , dans l'Eglife de la Paroifle
du château , à Verfailles . Le Marquis de
Beranger eft fils de feu Pierre , Comte de Beranger
, Lieutenant général des armées du Roi , &
Chevalier des Ordres de fa Majefté , & de Dame
Antoinette-Françoife Boucher d'Orsay.
Voyez fur les Maifons de Beranger & de Saffenage,
les Tablettes hiftoriques , IV. Part. page
54 fuivantes.
Meffire René-Théophile de Maupeon , Marquis
de Sablonieres , Colonel du Régiment d'Infanterie
de Bigorre , fils de feu Meffire René-
Theophile de Maupeou , Marquis de Sablonieres,
Lieutenant général des armées du Roi , Infpecteur
général d'Infanterie , & .de Dame Jeane-
René Blanchard de Banneville , épouſa le 13 Juillet
dans la Chapelle du château de Paris - Fontaine
, Damoiſelle Marie - Julie de Caqueray de-
Maucomble.
Meffire Claude-Etienne Bidal , Marquis d'Affeld
, Maréchal des camps & armées du Roi , fut
marié le 14 à Damoifelle Anne- Louiſe-Charlotte
Pajot de Villeperot , fille de feu Meffire
Pierre-Maximilien Pajot de Villeperot , Maréchal
de camps , & de Dame Louiſe- Génévieve
Pajot. La bénédiction nuptiale leur fut donnée à
Paris par l'Archevêque de Narbonne , dans l'Eglife
de S. Germain l'Auxerrois. Leur contrat
de mariage avoit été figné le 8 par leurs Majeftés.
Le Marquis d'Asfeld eft fils de feu Claude-François
Bidal , Marquis d'Asfeld , Maréchal de France ,
Chevalier de l'Ordre de la Toifon d'or , Commandeur
de celui de S. Louis , Gouverneur des
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
ville & citadelle de Strafbourg , Directeur géné
ral des fortifications de France , Lieutenant Général
des armées du Roi ; & de feu Dame Anne le
Clerc- de- Lafferille. -
Voyez la VII. Part. des Tablettes hiſtoriques.
page 84.
Meffire Anne-Joachim - Annibal Comte de Rochemore
, fils de Mefire Jean-Louis-Annibal de
Rochemore & de Dame Catherine - Pauline de
Fays- de Rochepierre , époufa le 31 Juillet à Vivier
, Damoiselle Judith de Boufchet , fille de Meffire
Louis de Boufchet , Marquis de Sourches , Comte
de Montforeau , Lieutenant général des armées
du Roi , Prevôt de l'Hôtel de fa Majefté, & Grand
Prevôt de France , & de feue Charlotte-Antonine
de Gontaut de Biron. La bénédiction nuptiale leur
a été donnée par l'Evêque de Viviers.
Claude -Antoine- Cleriadus Comte de Choiseul ,
Lieutenant général de la Province de Champagne
& de Brie , Guidon de Gendarmerie , Meftre de
Camp de Cavalerie , Chambellan & Capitaine des
Gardes du Corps du Roi de Pologne , Duc de Lorraine
& de Bar , époufa le 1 Sept. au château de Harouel
en Lorraine , Diane- Gabriele , Marquife de
la Baume - Montrevel , ci -devant Chanoineffe de
Kemiremont , fille de feu Charles - Ferdinand-
François , Marquis de la Baume Montrevel , Meſtre
de Camp de Cavalerie & de Elifabeth - Charlotte de
Beauvau. La bénédiction nuptiale leur a été donnée
par l'Abbé de Choifeul , Vicaire général &
Grand Archidiacre de Châlons fur Marne . Le
Comte de Choifeul eft fils de Charles - Marie ,
Marquis de Choifeul Beaupré , Lieutenant général
des armées du Roi , & ci - devant Chevalier
JANVIER. 1756. 221
d'honneur de la feu Reine de Pologne , & de
Henriette-Charlotte de Balompierve , Dame du
Palais de cette Princelle .
François- Jacques Damas d'Antigny , Comte de
Ruffey , Baron de Chevreau , Gouverneur de la
fouveraineté de Dombes , fils de Jofeph - François
Damas , Marquis d'Antigny , Conite de Ruffey
& de Commarin , Baron de Chevreau , Colonel
du Régiment de Boulonnois , Brigadier des
armées du Roi , mort en 1736 , & de Maric-Judith
de Vienne , Comteffe de Commarin , a épousé
le 6 Octobre Zephirine-Félicité de Rochechouart ,
fille de Charles de Rochechouart , Lieutenant
Général des armées du Roi , Ambaffadeur de fa
Majefté auprès de l'Infant Don Philippe , Duc
de Parme , & de Marie- Françoife de Conflans
d'Armentieres , Dame de Madame la Dauphine.
Monſeigneur l'Evêque Duc de Laon , fon oncle
paternel , leur a donné la bénédiction nuptiale
dans la Paroiffe de S. Sulpice.
Ces maifons font trop connues pour avoir be
foin d'en donner la généalogie . Nous renvoyons
à tous les Généalogiſtes qui en ont parlé Voyez
pour la maison de Damas le P. Anfelme. Généalogie
des Grands Officiers de la Couronne , trorfiéme
édition en 1733 , tome 8 , page 339 , à
l'article des Grands Maîtres de la Maifon du
Roi. Pour la maiſon de Vienne , l'article des
Amiraux de France , même édition , page 804 :
& pour la maifon de Rochechouart , le même
ouvrage , tome IV. page 649.
Demoiſelle Catherine - Henriette Canonville
de Raffetot , eft morte à Paris le premier Juin.
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffire Charles - Pierre- Jofeph de Caftagnet de
Tanchoue , Brigadier des Gardes du Corps , eft
décédé le 12 à Paris.
Meffire Jean - Baptifte Duval de Morgny , fils
de Meffire Yves - Michel Duval de Morgny
-Préfident à la Chambre des Comptes de Rouen ,
eft mort à Paris le 26.
Eleonore-Marie de Montmorenci-Luxembourg-
Tingry , époufe de Meffire Louis -Leon Potier de
Gefures , Comte de Trefmes , Lieutenant - Géné–
ral des armées du Roi , Gouverneur des ville &
château de Ponteau de Mer , & Lieutenant pour
Sa Majefté au Bailliage de Rouen & pays de Caux ,
eft morte le 3 Juillet dans la quarante- neuvieme
année de fon âge.
Jacques- Nompar de Caumont , Duc de Caumont
, Pair de France par la démiffion du Duc de
la Force fon pere , mourut à Bagnieres le 14 ,
âgé de quarante-un ans.
Louis Benigne , Marquis de Baufrement & de
Liftenois, fubftitué aux noms & armes des maiſons
de Vienne Liftenois de Villelume & de Gorrevod ,
Seigneur héréditaire du Duché de Pontdevaux
Chevalier de l'Ordre de laToiſon d'or , Grand Bailli
d'Aval & Lieutenant - Général des armées du Roi ,
mourut à Paris le 18 Juillet , âgé d'environ foixante-
treize ans .
Voyez les Tablettes hiſtoriques , IV partie , p.
388 ; lave, p. 269..
Meffire Louis Hardouin- Jacques - Augufte de
Grout de Beaufort , penfionné du Roi , ci - devant
Capitaine au Régiment de Briouze , Infanterie
, eft décédé dans le mois de Juillet dernier
JANVIE R. 1756. 223
la terre de la Harie en Baffe -Normandie , âgé
d'environ foixante-dix -huit ans . Il eut l'honneur
d'avoir beaucoup de part dans les bonnes graces
de feu Louis XIV , & de Monfeigneur le Grand
Dauphin , & fut toujours de leur Cour jufqu'à
leur mort . Il étoit fils de feu Louis -Hardouin
de Grout-de Beaufort , Capitaine au Régiment
Dauphin , qui avoit été nommé par Mlle de
Montpenfier , dite Mademoiſelle , & petit fils de
feu Louis- Hardouin de Grout , ou Groulth - de
Beaufort , Chevalier de l'Ordre du Roi , Gentilhomme
ordinaire de fa Chambre , nommé Major
des Gardes du Corps . Il vint en France fur la
fin du regne de Louis XIII , & éprouva les
bontés de la Reine - Mere Anne d'Autriche. Louis
Hardouin , qui donne occafion à cet article ,
laiffe deux fils & une fille ; fçavoir , Anne- Ange-
Gabriel de Grout de Beaufort , Préfident en la
Cour des Monnoies à Paris ; Louis de Grout- de
Beaufort , Religieux de l'ancienne Obfervance de
l'Ordre de Cluni , Prieur en titre de Notre-Dame
de Mainfat; Marie-Magdeleine de Grout de Beaufort
, Religieufe Bernardine à l'Abbaye de Villers-
Cannivet , près Falaiſe en Normandie. Cette famille
qui eft originaire d'Allemagne , s'eft bien
alliée depuis qu'elle eft en France.
Meffire Louis-François Vivet de Montelus ;
Evêque d'Alais , & Abbé de l'Abbaye Royale &
féculiere de S. Gilles , Diocéfe de Nifme , eft
mort à Alais le 21 dans la foixante - feiziéme année
de fon âge. Il avoit été nommé en 1727 à
l'Evêché de S. Brieux , & en 1744 à celui d'Alais.
Meffire N... Soucelier , Abbé de l'Abbaye de
5. Paul - lez- Sens , & Doyen de Bray-fur- Seine ,
K iv
224 MERCURE DE FRANCE .
eft mort en cette derniere ville le 24 , âgé d'envi
ron cinquante- fept ans.
Meffire Chriſtophe, Marquis de Cuftine , grand
Bailli de Nanci , mourut à Nanci le 26 dans fa
quatre-vingt- quinziéme année. Après - avoir fervi
en France jufqu'au fiége de Bonne , & avoir
obtenu le grade de Lieutenant- Colonel , il paffa
au fervice de l'Empereur Léopold , & fit toutes
les campagnes de Hongrie contre les Turcs ,
depuis 1683 jufqu'en 1697. Il revint alors en
Lorraine avec le Duc Léopold , qui le nomma
d'abord fon premier Chambellan , enfuite Colonel
de fon Régiment des Gardes , Commandant
en Lorraine , Gouverneur des ville & citadelle
de Nanci , & Confeiller d'Etat d'épée . Le
Marquis de Cuftine à la ceffion de la Lorraine
refta attaché à la France malgré les offres avantageufes
de l'Empereur Charles VI . le Roi de Pologne
Duc de Lorraine & de Bar , lui donna le
grand Baillage de Nanci , & le Roi le gratifia
d'une penfion de 4000 liv. que Sa Majefté a bien
voulu continuer à fa famille .
Louife-Françoise de Rohan-Rohan , veuve de
Gui- Paul- Jules Mazarin , Duc de Mazarin & de
la Meilleraye , Pair de France , Prince de Châr
teau-Porcien , Gouverneur des villes du Port-
Louis , de Hennebont & de Quimperlay , mou
rut à Paris le 27 Juillet , âgée de foixante ans.
Demoiſelle Petronille - Elizabeth Maffon de
Melay, fille de Mefire Antoine- Lambert Maffon
de Mellay , Préfident en la Chambre des
Comptes , eft morte à Paris le 6 Août.
>
Demoiſelle Julie -Apolline - Géneviève Hubers
"
JANVIER. 1756. 225
Fontenu , Baronne d'Evon , Vicomtefle de Prémartin
, eft morte à Paris le 12 , & a été inhuméc
le lendemain à S. Sulpice.
Dame Bonne Barillon , veuve de Meffire François-
Germain le Camus , Marquis de Bligny ,
Maréchal de Camp , eft morte à Paris le 13 ,
& a été inhumée à S. Sulpice.
Dame Marie-Magdelaine de la Vieuville , veu
ve de Meffire Céfar- Alexandre de Baudéan, Com
te de Parabere , eſt morte le 14 à Paris , âgée
de foixante- deux ans.
Meffire Jean- Gabriel de la Porte du Theil,
Chevalier des Ordres de N. D. du Mont-Carmel
& de Saint - Lazare , Secrétaire de la chambre
& du cabinet de Sa Majefté & des comman
demens de Monfeigneur le Dauphin & de Mefdames
de France , eft mort à Paris le 17 Août
âgé de foixante- douze ans. Il avoit été ci-devant
premier Commis des affaires étrangeres : il
fat chargé en différens temps de la part du
Roi , de commiffions importantes dans plufieurs
Cours de l'Europe : en 1747 il affifta aux conférences
de Breda en qualité de Miniftre Plemipotentiaire
, & fut revêtu du titre d'Ambafla--
deur extraordinaire & Plenipotentiaire à cellesqui
fe tinrent en 1748 à Aix- la- Chapelle . Lestalens
& le zéle avec lefquels il s'eft acquitté de
ces différens emplois , lui ont mérité les marques
de fatisfaction & de bonté dont le Roi a bien vou--
lu l'honorer..
Meffire Jean Baptifte Bofe , Chancelier & Gar
de des Sceaux des Ordres Royaux , Militaires &
Hafpitaliers de Notre Dame du Mont Carmel &
K
226 MERCURE DE FRANCE.
de S. Lazare , de Jérufalem , & Confeiller d'honneur
de la Cour des Aides , dans laquelle il a été
pendant quarante - fept ans Procureur- Général , eft
mort le 18 Août à Paris , âgé de quatre-vingt- deux
ans.
Meffire Jean - François Boyer , ancien Evêque
de Mirepoix , Abbé de l'Abbaye de Corbie , Ordre
de S. Benoît , Diocèſe d'Amiens , l'un des quarante
de l'Académie Françoiſe , honoraire de l'Académie
royale des Infcriptions & Belles- Lettres ,
& de l'Académie royale des Sciences , mourut à
Verſailles le 20 dans fa quatre - vingt - unieme
année . Il avoit été Précepteur de Monſeigneur
le Dauphin , & enfuite premier Aumônier de Madame
la Dauphine . En 1743 , à la mort du Cardinal
de Fleury , le Roi chargea l'ancien Evêque de
Mirepoix du détail des affaires qui concernent la
nomination aux Bénéfices.
Claude- Lamoral- Hyacinthe-Ferdinand , Prince
de Ligne , & du S. Empire , Chevalier de l'Ordre
de S. Hubert , mourut à Paris le 30 , âgé de foixante-
douze ans.
Voyez les Tablettes hiftoriques , III. part. pag.
70 ; & lave, p. 158 .
Meffire Guy- Michel Billard de Loriere , fous-
Doyen des Confeillers du Grand Confeil, Seigneur
de Charenton , eft mort à Paris le 31 , âgé de
foixante-quinze ans. Il a été préfenté à S André
des Arts , & tranſporté en l'égliſe paroiffiale de
Charenton .
Damoiselle Claire-Françoiſe de Roncherolles de
Heuqueville , eft morte le 4 Septembre à Paris.
JANVIE R. 1756. 227
Jofeph-Marie d'Hoftun , Duc d'Hoftun , Pair
de France , Comte de Tallard , Chevalier des Ordres
du Roi , Brigadier d'Infanterie , Gouverneur
de Franche-Comté , & Gouverneur particulier des
Ville & Citadelle de Befançon , mourut à Paris.
le 6 Septembre , âgé de près de foixante - onze
ans. Par fa mort eſt éteint le Duché de Hoftun ,
qui avoit été érigé par Lettres - Patentes , du mois
de Mars 1712 , en faveur de Camille d'Heftun
Comte de Tallard , Maréchal de France , & qui
fut déclaré Pairie , par Lettres - Patentes du mois
de Mars 1715 , en faveur du Duc qui vient de
mourir , & qui étoit fils du Maréchal de Tallard .
Meffire Edme-Marie Duval de Sainte Marie ,
Grand Prévôt Général de la Cavalerie de France &
Etrangere, eft mort à Baubigny , près de Pantin,
le 7 , & a été inhumé dans l'Eglife paroiffiale de
ce lieu .
Meffire Charles-Nicolas Rouillé d'Orfeuil , Enfeigne
au Régiment des Gardes Françoiles , eft
mort à Paris le 11.
Meffire Charles- François Renouard , Doyen
des Confeillers honoraires à la Grand'Chambre
de Parlement de Paris , eft mort le 20 en fon
Château de Fleuri , près d'Auxerre , âgé de quatrevingt-
trois ans.
Mellire Louis-Etienne Jobal , fecond Préfident
du Parlement de Metz , eft mort à Paris le 24
âgé de foixante-buit ans.
Meffire Jean-Profper Goujon de Gafville , Maltre
des Requêtes honoraire & ancien Intendant
de Rouen , eft mort à Paris le même jour , âgé
de foixante-quatorze ans.
Kj
22S MERCURE DE FRANCE
Louis Charles - Antoine de Saint Simon de
Courtomer , Chevalier de l'Ordre de Saint Jean
de Jérufalem , Lieutenant au Régiment du Roi
infanterie , fils de feu Meffire Guy- Antoine de
Saint - Simon , Chevalier Seigneur Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil - Bonnin , Meftre
de Camp de cavalerie , Capitaine des Gardes
de feu fon Alteffe Royale Madame Ducheffe de
Berry ; & de Dame Marie - Magdelaine de Saint
Remi , Marquife de Courtomer , Dame de la
Motte-Fouqué & Mongoubert , Dame Chateleine.
de Pecoux eft décédé le 3 Novembre au Château
de la Motte- Fouqué en Normandie , âgé de
vingt-un ans huit mois.
;
Meffire Jean de Mailly, Marquis de Mailly-Hau
court , mourut le 7 Décembre au Château de la
Roche de Vaux , dans le Maine , âgé de quatrevingt-
quatre ans. Le Comte de Mailly , fon fils ,
Lieutenant-Général des Armées du Roi , & Infpecteur
de la Cavalerie , ayant perdu deux fre-.
res , dont l'un étoit Eccléfiaftique , & l'autre Che-.
valier de Malte , eft le feul qui refte de cette
Branche. Le Chevalier eft mort à Vienne en Autriche
après la derniere campagne de Hongrie ,
où il étoit allé finir les Caravanes .
Le nommé Marais eft mort à Honfleur , dans :
la cent-fixieme année de fon âge. Il n'a connu.
aucune des infirmités de la vieilleffe .
Dom Jacques-Nicolas Maumouffeau , Supérieur
Général de la Congrégation de Saint Maur ,
mourut le 12 Décembre , à Paris , en l'Abbaye de
Saint Germain-des-Prés , dans la foixante- onzieme
année de fon âge , & dans la cinquante - troi-
Geme de fa Profeffion Religieufe .
JANVIER. 1756. 229
Dame Marie-Louiſe Henriette de Beaumanoir-
Lavardin , veuve de Meffire Jacques- Louis , Marquis
de Beringhen , Maréchal des Camps & Armées
du Roi , Premier Ecuyer de Sa Majesté , &
Gouverneur des Ville & Citadelle de Marſeille ,
mourut en cette Ville le 14 Décembre , âgée de
foixante- cinq ans..
François-Martial Comte de Choifeul - Beaupré ,
Brigadier , Inspecteur général de l'Infanterie , &
Menin de Monfeigneur le Dauphin , veuf depuis
1753 de Charlotte-Rofalie de Romanet , époufa
le 24 Juin Demoiſelle N ... Thiroux de Mauregard
; la bénédiction nuptiale leur a été donnée à
Paris dans la chapelle de la maifon de la Dame
de Lailly : le Roi avoit figné le 22 leur contrat de
mariage.
Raymond- Pierre , Marquis de Beranger , Comte
du Guat , Chevalier d'honneur de Madame la
Dauphine en furvivance , & Colonel dans le corps
des Grenadiers de France , époufa le 2 de Juillet
Marie-Françoile de Saffenage , fille de Charles-
François , Marquis de Saffenage , fecond Baron
du Dauphiné , Commiffaire né des Etats de cette
province , Brigadier de Cavalerie , Chevalier des
Ordres du Roi ; & Chevalier d'honneur de Madame
la Dauphine , & de Marie- Françoife- Camille
de Saffenage , Baronne de Saffenage , Marquife
de Pont- en - Royan , Comtefle de Montallier.
La bénédiction nuptiale leur fut donnée par
1.
JANVIER. 1756. 219
l'Archevêque de Sens , dans l'Eglife de la Paroifle
du château , à Verfailles . Le Marquis de
Beranger eft fils de feu Pierre , Comte de Beranger
, Lieutenant général des armées du Roi , &
Chevalier des Ordres de fa Majefté , & de Dame
Antoinette-Françoife Boucher d'Orsay.
Voyez fur les Maifons de Beranger & de Saffenage,
les Tablettes hiftoriques , IV. Part. page
54 fuivantes.
Meffire René-Théophile de Maupeon , Marquis
de Sablonieres , Colonel du Régiment d'Infanterie
de Bigorre , fils de feu Meffire René-
Theophile de Maupeou , Marquis de Sablonieres,
Lieutenant général des armées du Roi , Infpecteur
général d'Infanterie , & .de Dame Jeane-
René Blanchard de Banneville , épouſa le 13 Juillet
dans la Chapelle du château de Paris - Fontaine
, Damoiſelle Marie - Julie de Caqueray de-
Maucomble.
Meffire Claude-Etienne Bidal , Marquis d'Affeld
, Maréchal des camps & armées du Roi , fut
marié le 14 à Damoifelle Anne- Louiſe-Charlotte
Pajot de Villeperot , fille de feu Meffire
Pierre-Maximilien Pajot de Villeperot , Maréchal
de camps , & de Dame Louiſe- Génévieve
Pajot. La bénédiction nuptiale leur fut donnée à
Paris par l'Archevêque de Narbonne , dans l'Eglife
de S. Germain l'Auxerrois. Leur contrat
de mariage avoit été figné le 8 par leurs Majeftés.
Le Marquis d'Asfeld eft fils de feu Claude-François
Bidal , Marquis d'Asfeld , Maréchal de France ,
Chevalier de l'Ordre de la Toifon d'or , Commandeur
de celui de S. Louis , Gouverneur des
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
ville & citadelle de Strafbourg , Directeur géné
ral des fortifications de France , Lieutenant Général
des armées du Roi ; & de feu Dame Anne le
Clerc- de- Lafferille. -
Voyez la VII. Part. des Tablettes hiſtoriques.
page 84.
Meffire Anne-Joachim - Annibal Comte de Rochemore
, fils de Mefire Jean-Louis-Annibal de
Rochemore & de Dame Catherine - Pauline de
Fays- de Rochepierre , époufa le 31 Juillet à Vivier
, Damoiselle Judith de Boufchet , fille de Meffire
Louis de Boufchet , Marquis de Sourches , Comte
de Montforeau , Lieutenant général des armées
du Roi , Prevôt de l'Hôtel de fa Majefté, & Grand
Prevôt de France , & de feue Charlotte-Antonine
de Gontaut de Biron. La bénédiction nuptiale leur
a été donnée par l'Evêque de Viviers.
Claude -Antoine- Cleriadus Comte de Choiseul ,
Lieutenant général de la Province de Champagne
& de Brie , Guidon de Gendarmerie , Meftre de
Camp de Cavalerie , Chambellan & Capitaine des
Gardes du Corps du Roi de Pologne , Duc de Lorraine
& de Bar , époufa le 1 Sept. au château de Harouel
en Lorraine , Diane- Gabriele , Marquife de
la Baume - Montrevel , ci -devant Chanoineffe de
Kemiremont , fille de feu Charles - Ferdinand-
François , Marquis de la Baume Montrevel , Meſtre
de Camp de Cavalerie & de Elifabeth - Charlotte de
Beauvau. La bénédiction nuptiale leur a été donnée
par l'Abbé de Choifeul , Vicaire général &
Grand Archidiacre de Châlons fur Marne . Le
Comte de Choifeul eft fils de Charles - Marie ,
Marquis de Choifeul Beaupré , Lieutenant général
des armées du Roi , & ci - devant Chevalier
JANVIER. 1756. 221
d'honneur de la feu Reine de Pologne , & de
Henriette-Charlotte de Balompierve , Dame du
Palais de cette Princelle .
François- Jacques Damas d'Antigny , Comte de
Ruffey , Baron de Chevreau , Gouverneur de la
fouveraineté de Dombes , fils de Jofeph - François
Damas , Marquis d'Antigny , Conite de Ruffey
& de Commarin , Baron de Chevreau , Colonel
du Régiment de Boulonnois , Brigadier des
armées du Roi , mort en 1736 , & de Maric-Judith
de Vienne , Comteffe de Commarin , a épousé
le 6 Octobre Zephirine-Félicité de Rochechouart ,
fille de Charles de Rochechouart , Lieutenant
Général des armées du Roi , Ambaffadeur de fa
Majefté auprès de l'Infant Don Philippe , Duc
de Parme , & de Marie- Françoife de Conflans
d'Armentieres , Dame de Madame la Dauphine.
Monſeigneur l'Evêque Duc de Laon , fon oncle
paternel , leur a donné la bénédiction nuptiale
dans la Paroiffe de S. Sulpice.
Ces maifons font trop connues pour avoir be
foin d'en donner la généalogie . Nous renvoyons
à tous les Généalogiſtes qui en ont parlé Voyez
pour la maison de Damas le P. Anfelme. Généalogie
des Grands Officiers de la Couronne , trorfiéme
édition en 1733 , tome 8 , page 339 , à
l'article des Grands Maîtres de la Maifon du
Roi. Pour la maiſon de Vienne , l'article des
Amiraux de France , même édition , page 804 :
& pour la maifon de Rochechouart , le même
ouvrage , tome IV. page 649.
Demoiſelle Catherine - Henriette Canonville
de Raffetot , eft morte à Paris le premier Juin.
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffire Charles - Pierre- Jofeph de Caftagnet de
Tanchoue , Brigadier des Gardes du Corps , eft
décédé le 12 à Paris.
Meffire Jean - Baptifte Duval de Morgny , fils
de Meffire Yves - Michel Duval de Morgny
-Préfident à la Chambre des Comptes de Rouen ,
eft mort à Paris le 26.
Eleonore-Marie de Montmorenci-Luxembourg-
Tingry , époufe de Meffire Louis -Leon Potier de
Gefures , Comte de Trefmes , Lieutenant - Géné–
ral des armées du Roi , Gouverneur des ville &
château de Ponteau de Mer , & Lieutenant pour
Sa Majefté au Bailliage de Rouen & pays de Caux ,
eft morte le 3 Juillet dans la quarante- neuvieme
année de fon âge.
Jacques- Nompar de Caumont , Duc de Caumont
, Pair de France par la démiffion du Duc de
la Force fon pere , mourut à Bagnieres le 14 ,
âgé de quarante-un ans.
Louis Benigne , Marquis de Baufrement & de
Liftenois, fubftitué aux noms & armes des maiſons
de Vienne Liftenois de Villelume & de Gorrevod ,
Seigneur héréditaire du Duché de Pontdevaux
Chevalier de l'Ordre de laToiſon d'or , Grand Bailli
d'Aval & Lieutenant - Général des armées du Roi ,
mourut à Paris le 18 Juillet , âgé d'environ foixante-
treize ans .
Voyez les Tablettes hiſtoriques , IV partie , p.
388 ; lave, p. 269..
Meffire Louis Hardouin- Jacques - Augufte de
Grout de Beaufort , penfionné du Roi , ci - devant
Capitaine au Régiment de Briouze , Infanterie
, eft décédé dans le mois de Juillet dernier
JANVIE R. 1756. 223
la terre de la Harie en Baffe -Normandie , âgé
d'environ foixante-dix -huit ans . Il eut l'honneur
d'avoir beaucoup de part dans les bonnes graces
de feu Louis XIV , & de Monfeigneur le Grand
Dauphin , & fut toujours de leur Cour jufqu'à
leur mort . Il étoit fils de feu Louis -Hardouin
de Grout-de Beaufort , Capitaine au Régiment
Dauphin , qui avoit été nommé par Mlle de
Montpenfier , dite Mademoiſelle , & petit fils de
feu Louis- Hardouin de Grout , ou Groulth - de
Beaufort , Chevalier de l'Ordre du Roi , Gentilhomme
ordinaire de fa Chambre , nommé Major
des Gardes du Corps . Il vint en France fur la
fin du regne de Louis XIII , & éprouva les
bontés de la Reine - Mere Anne d'Autriche. Louis
Hardouin , qui donne occafion à cet article ,
laiffe deux fils & une fille ; fçavoir , Anne- Ange-
Gabriel de Grout de Beaufort , Préfident en la
Cour des Monnoies à Paris ; Louis de Grout- de
Beaufort , Religieux de l'ancienne Obfervance de
l'Ordre de Cluni , Prieur en titre de Notre-Dame
de Mainfat; Marie-Magdeleine de Grout de Beaufort
, Religieufe Bernardine à l'Abbaye de Villers-
Cannivet , près Falaiſe en Normandie. Cette famille
qui eft originaire d'Allemagne , s'eft bien
alliée depuis qu'elle eft en France.
Meffire Louis-François Vivet de Montelus ;
Evêque d'Alais , & Abbé de l'Abbaye Royale &
féculiere de S. Gilles , Diocéfe de Nifme , eft
mort à Alais le 21 dans la foixante - feiziéme année
de fon âge. Il avoit été nommé en 1727 à
l'Evêché de S. Brieux , & en 1744 à celui d'Alais.
Meffire N... Soucelier , Abbé de l'Abbaye de
5. Paul - lez- Sens , & Doyen de Bray-fur- Seine ,
K iv
224 MERCURE DE FRANCE .
eft mort en cette derniere ville le 24 , âgé d'envi
ron cinquante- fept ans.
Meffire Chriſtophe, Marquis de Cuftine , grand
Bailli de Nanci , mourut à Nanci le 26 dans fa
quatre-vingt- quinziéme année. Après - avoir fervi
en France jufqu'au fiége de Bonne , & avoir
obtenu le grade de Lieutenant- Colonel , il paffa
au fervice de l'Empereur Léopold , & fit toutes
les campagnes de Hongrie contre les Turcs ,
depuis 1683 jufqu'en 1697. Il revint alors en
Lorraine avec le Duc Léopold , qui le nomma
d'abord fon premier Chambellan , enfuite Colonel
de fon Régiment des Gardes , Commandant
en Lorraine , Gouverneur des ville & citadelle
de Nanci , & Confeiller d'Etat d'épée . Le
Marquis de Cuftine à la ceffion de la Lorraine
refta attaché à la France malgré les offres avantageufes
de l'Empereur Charles VI . le Roi de Pologne
Duc de Lorraine & de Bar , lui donna le
grand Baillage de Nanci , & le Roi le gratifia
d'une penfion de 4000 liv. que Sa Majefté a bien
voulu continuer à fa famille .
Louife-Françoise de Rohan-Rohan , veuve de
Gui- Paul- Jules Mazarin , Duc de Mazarin & de
la Meilleraye , Pair de France , Prince de Châr
teau-Porcien , Gouverneur des villes du Port-
Louis , de Hennebont & de Quimperlay , mou
rut à Paris le 27 Juillet , âgée de foixante ans.
Demoiſelle Petronille - Elizabeth Maffon de
Melay, fille de Mefire Antoine- Lambert Maffon
de Mellay , Préfident en la Chambre des
Comptes , eft morte à Paris le 6 Août.
>
Demoiſelle Julie -Apolline - Géneviève Hubers
"
JANVIER. 1756. 225
Fontenu , Baronne d'Evon , Vicomtefle de Prémartin
, eft morte à Paris le 12 , & a été inhuméc
le lendemain à S. Sulpice.
Dame Bonne Barillon , veuve de Meffire François-
Germain le Camus , Marquis de Bligny ,
Maréchal de Camp , eft morte à Paris le 13 ,
& a été inhumée à S. Sulpice.
Dame Marie-Magdelaine de la Vieuville , veu
ve de Meffire Céfar- Alexandre de Baudéan, Com
te de Parabere , eſt morte le 14 à Paris , âgée
de foixante- deux ans.
Meffire Jean- Gabriel de la Porte du Theil,
Chevalier des Ordres de N. D. du Mont-Carmel
& de Saint - Lazare , Secrétaire de la chambre
& du cabinet de Sa Majefté & des comman
demens de Monfeigneur le Dauphin & de Mefdames
de France , eft mort à Paris le 17 Août
âgé de foixante- douze ans. Il avoit été ci-devant
premier Commis des affaires étrangeres : il
fat chargé en différens temps de la part du
Roi , de commiffions importantes dans plufieurs
Cours de l'Europe : en 1747 il affifta aux conférences
de Breda en qualité de Miniftre Plemipotentiaire
, & fut revêtu du titre d'Ambafla--
deur extraordinaire & Plenipotentiaire à cellesqui
fe tinrent en 1748 à Aix- la- Chapelle . Lestalens
& le zéle avec lefquels il s'eft acquitté de
ces différens emplois , lui ont mérité les marques
de fatisfaction & de bonté dont le Roi a bien vou--
lu l'honorer..
Meffire Jean Baptifte Bofe , Chancelier & Gar
de des Sceaux des Ordres Royaux , Militaires &
Hafpitaliers de Notre Dame du Mont Carmel &
K
226 MERCURE DE FRANCE.
de S. Lazare , de Jérufalem , & Confeiller d'honneur
de la Cour des Aides , dans laquelle il a été
pendant quarante - fept ans Procureur- Général , eft
mort le 18 Août à Paris , âgé de quatre-vingt- deux
ans.
Meffire Jean - François Boyer , ancien Evêque
de Mirepoix , Abbé de l'Abbaye de Corbie , Ordre
de S. Benoît , Diocèſe d'Amiens , l'un des quarante
de l'Académie Françoiſe , honoraire de l'Académie
royale des Infcriptions & Belles- Lettres ,
& de l'Académie royale des Sciences , mourut à
Verſailles le 20 dans fa quatre - vingt - unieme
année . Il avoit été Précepteur de Monſeigneur
le Dauphin , & enfuite premier Aumônier de Madame
la Dauphine . En 1743 , à la mort du Cardinal
de Fleury , le Roi chargea l'ancien Evêque de
Mirepoix du détail des affaires qui concernent la
nomination aux Bénéfices.
Claude- Lamoral- Hyacinthe-Ferdinand , Prince
de Ligne , & du S. Empire , Chevalier de l'Ordre
de S. Hubert , mourut à Paris le 30 , âgé de foixante-
douze ans.
Voyez les Tablettes hiftoriques , III. part. pag.
70 ; & lave, p. 158 .
Meffire Guy- Michel Billard de Loriere , fous-
Doyen des Confeillers du Grand Confeil, Seigneur
de Charenton , eft mort à Paris le 31 , âgé de
foixante-quinze ans. Il a été préfenté à S André
des Arts , & tranſporté en l'égliſe paroiffiale de
Charenton .
Damoiselle Claire-Françoiſe de Roncherolles de
Heuqueville , eft morte le 4 Septembre à Paris.
JANVIE R. 1756. 227
Jofeph-Marie d'Hoftun , Duc d'Hoftun , Pair
de France , Comte de Tallard , Chevalier des Ordres
du Roi , Brigadier d'Infanterie , Gouverneur
de Franche-Comté , & Gouverneur particulier des
Ville & Citadelle de Befançon , mourut à Paris.
le 6 Septembre , âgé de près de foixante - onze
ans. Par fa mort eſt éteint le Duché de Hoftun ,
qui avoit été érigé par Lettres - Patentes , du mois
de Mars 1712 , en faveur de Camille d'Heftun
Comte de Tallard , Maréchal de France , & qui
fut déclaré Pairie , par Lettres - Patentes du mois
de Mars 1715 , en faveur du Duc qui vient de
mourir , & qui étoit fils du Maréchal de Tallard .
Meffire Edme-Marie Duval de Sainte Marie ,
Grand Prévôt Général de la Cavalerie de France &
Etrangere, eft mort à Baubigny , près de Pantin,
le 7 , & a été inhumé dans l'Eglife paroiffiale de
ce lieu .
Meffire Charles-Nicolas Rouillé d'Orfeuil , Enfeigne
au Régiment des Gardes Françoiles , eft
mort à Paris le 11.
Meffire Charles- François Renouard , Doyen
des Confeillers honoraires à la Grand'Chambre
de Parlement de Paris , eft mort le 20 en fon
Château de Fleuri , près d'Auxerre , âgé de quatrevingt-
trois ans.
Mellire Louis-Etienne Jobal , fecond Préfident
du Parlement de Metz , eft mort à Paris le 24
âgé de foixante-buit ans.
Meffire Jean-Profper Goujon de Gafville , Maltre
des Requêtes honoraire & ancien Intendant
de Rouen , eft mort à Paris le même jour , âgé
de foixante-quatorze ans.
Kj
22S MERCURE DE FRANCE
Louis Charles - Antoine de Saint Simon de
Courtomer , Chevalier de l'Ordre de Saint Jean
de Jérufalem , Lieutenant au Régiment du Roi
infanterie , fils de feu Meffire Guy- Antoine de
Saint - Simon , Chevalier Seigneur Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil - Bonnin , Meftre
de Camp de cavalerie , Capitaine des Gardes
de feu fon Alteffe Royale Madame Ducheffe de
Berry ; & de Dame Marie - Magdelaine de Saint
Remi , Marquife de Courtomer , Dame de la
Motte-Fouqué & Mongoubert , Dame Chateleine.
de Pecoux eft décédé le 3 Novembre au Château
de la Motte- Fouqué en Normandie , âgé de
vingt-un ans huit mois.
;
Meffire Jean de Mailly, Marquis de Mailly-Hau
court , mourut le 7 Décembre au Château de la
Roche de Vaux , dans le Maine , âgé de quatrevingt-
quatre ans. Le Comte de Mailly , fon fils ,
Lieutenant-Général des Armées du Roi , & Infpecteur
de la Cavalerie , ayant perdu deux fre-.
res , dont l'un étoit Eccléfiaftique , & l'autre Che-.
valier de Malte , eft le feul qui refte de cette
Branche. Le Chevalier eft mort à Vienne en Autriche
après la derniere campagne de Hongrie ,
où il étoit allé finir les Caravanes .
Le nommé Marais eft mort à Honfleur , dans :
la cent-fixieme année de fon âge. Il n'a connu.
aucune des infirmités de la vieilleffe .
Dom Jacques-Nicolas Maumouffeau , Supérieur
Général de la Congrégation de Saint Maur ,
mourut le 12 Décembre , à Paris , en l'Abbaye de
Saint Germain-des-Prés , dans la foixante- onzieme
année de fon âge , & dans la cinquante - troi-
Geme de fa Profeffion Religieufe .
JANVIER. 1756. 229
Dame Marie-Louiſe Henriette de Beaumanoir-
Lavardin , veuve de Meffire Jacques- Louis , Marquis
de Beringhen , Maréchal des Camps & Armées
du Roi , Premier Ecuyer de Sa Majesté , &
Gouverneur des Ville & Citadelle de Marſeille ,
mourut en cette Ville le 14 Décembre , âgée de
foixante- cinq ans..
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Résumé : MARIAGES ET MORTS.
En 1756, plusieurs événements marquants ont eu lieu au sein de l'aristocratie française, notamment des mariages et des décès notables. Parmi les unions distinguées, François-Martial Comte de Choiseul-Beaupré, brigadier et inspecteur général de l'infanterie, a épousé le 24 juin une demoiselle Thiroux de Mauregard. Raymond-Pierre, Marquis de Bérenger, colonel des grenadiers de France, s'est marié le 2 juillet avec Marie-Françoise de Saffénage. René-Théophile de Maupeou, marquis de Sablonnières, a uni le 13 juillet son destin à celui de Marie-Julie de Caqueray de Maucomble. Claude-Étienne Bidal, marquis d'Asfeld, a convolé en justes noces le 14 juillet avec Anne-Louise-Charlotte Pajot de Villeperot. Anne-Joaquim-Annibal Comte de Rochemore a épousé le 31 juillet demoiselle Judith de Boufchet. Claude-Antoine-Cleriadus Comte de Choiseul a célébré son mariage le 1er septembre avec Diane-Gabrielle, marquise de la Baume-Montrevel. Enfin, François-Jacques Damas d'Antigny, comte de Ruffey, a épousé le 6 octobre Zephirine-Félicité de Rochechouart. Du côté des décès, demoiselle Catherine-Henriette Canonville de Raffetot est décédée à Paris le 1er juin. Charles-Pierre-Joseph de Castagnet de Tanchoue, brigadier des gardes du corps, est mort le 12 juin à Paris. Jean-Baptiste Duval de Morgny, fils de Yves-Michel Duval de Morgny, président à la Chambre des comptes de Rouen, a également péri. Yves-Michel Duval de Morgny, Président à la Chambre des Comptes de Rouen, est décédé à Paris le 26 juillet. Éléonore-Marie de Montmorency-Luxembourg-Tingry, épouse de Louis-Léon Potier de Gesvres, Comte de Tresmes, Lieutenant-Général des armées du Roi, Gouverneur des ville et château de Pont-Audemer, et Lieutenant pour Sa Majesté au Bailliage de Rouen et pays de Caux, est morte le 3 juillet à l'âge de 49 ans. Jacques-Nompar de Caumont, Duc de Caumont et Pair de France, est décédé à Bagnères le 14 juillet à l'âge de 41 ans. Louis Bénigne, Marquis de Bauffremont et de Ligniville, Chevalier de l'Ordre de la Toison d'or, Grand Bailli d'Aval et Lieutenant-Général des armées du Roi, est mort à Paris le 18 juillet à environ 63 ans.
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7655
p. 229-230
AVIS
Début :
Le Bon Jardinier. Almanach pour l'année 1756, contenant une idée [...]
Mots clefs :
Almanach, Jardinage, Tablettes historiques, topographiques & physiques, Catalogue des livres de la bibliothèque, Bernard de Chantant, Librairie
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texteReconnaissance textuelle : AVIS
AVIS
Almanach LE BON JARDINIER.
pour l'année 1756 , contenant une idée
générale des quatre fortes de Jardins , lest
régles pour les cultiver , & la maniere
d'élever les plus belles fleurs. A Paris ,
chez Guillyn , quai des Auguftins. 1756.
On trouve chez le même Libraire , chez
Ganeau , rue S. Severin , & chez Defventes
, à Dijon , les Tablettes hiftoriques , topographiques
& Phyfiques de Bourgogne ,
pour l'année 1756 .
Catalogue des Livres de la Bibliotheque
de feu M. Bernard de Chantant , Con-.
feiller au Parlement de Dijon , dont la
vente fe fera dans cette ville. L'on trouve
ce Catalogue à Paris , chez Guillyn , quay
des Augustins , qui donnera les éclairciffemens
néceffaires : il fe chargera de faire.
230 MERCURE DE FRANCE .
acheter les Livres que l'on lui commettra ,
& de les remettre aux acquéreurs à Paris :
on peut auffi s'adreffer chez Defventes à
Dijon.
Almanach LE BON JARDINIER.
pour l'année 1756 , contenant une idée
générale des quatre fortes de Jardins , lest
régles pour les cultiver , & la maniere
d'élever les plus belles fleurs. A Paris ,
chez Guillyn , quai des Auguftins. 1756.
On trouve chez le même Libraire , chez
Ganeau , rue S. Severin , & chez Defventes
, à Dijon , les Tablettes hiftoriques , topographiques
& Phyfiques de Bourgogne ,
pour l'année 1756 .
Catalogue des Livres de la Bibliotheque
de feu M. Bernard de Chantant , Con-.
feiller au Parlement de Dijon , dont la
vente fe fera dans cette ville. L'on trouve
ce Catalogue à Paris , chez Guillyn , quay
des Augustins , qui donnera les éclairciffemens
néceffaires : il fe chargera de faire.
230 MERCURE DE FRANCE .
acheter les Livres que l'on lui commettra ,
& de les remettre aux acquéreurs à Paris :
on peut auffi s'adreffer chez Defventes à
Dijon.
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Résumé : AVIS
En 1756, 'Le Bon Jardinier' offre des conseils sur les types de jardins, leur culture et l'élevage des fleurs. Disponible chez Guillyn à Paris. Les 'Tablettes historiques de Bourgogne' sont aussi vendues chez Guillyn, Ganeau à Paris et Defventes à Dijon. Le catalogue de la bibliothèque de Bernard de Chantant est en vente à Dijon et Paris, avec Guillyn et Defventes comme intermédiaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7656
p. 230
AUTRE.
Début :
Le Sieur Compigné, Marchand Tabletier, Privilegié du Roi, qui demeuroit [...]
Mots clefs :
Sieur Compigné, Tablettes, Métaux, Dessins, Paysages, Fleurs, Carton
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E Sieur Compigné , Marchand Tabletier , Pri
vilegié du Roi , qui demeuroit ci- devant dans
le Temple , donne avis au Public qu'il a tranfporté
fes fabriques de Tabatieres d'écaille & de
carton , rue Grenetal , à l'enfeigne du Roi David ,
où le vafte emplacement lui a permis de l'augmenter
confidérablement ; pour mériter dans fon
art, les éloges du Public & des gens de goût , il
travaille tous les jours à le perfectionner.
Depuis plufieurs années , il exécute avec fes
tours des deffeins d'étoffe de toute espece.
Il va inceffamment mettre au jour différens
deffeins de fa compofition , qu'il exécute fur l'écaille
& fur le carton ; l'effet de ce travail eft d'autant
plus frappant qu'il repréfente le naturel .
Ceux qui défireront les avoir fur or & fur argent
, ou autres métaux , pourront les lui commander
: il les rendra avec autant de précifion
que tels deffeins Chinois , de fleurs , d'architecture
, de païfage , & autres qu'on voudroit ſe
procurer.
Il double en écaille les tabatieres de carton :
il raccommode les unes & les autres , & vend des
deux efpeces à très -jufte prix , en gros & en
détail.
On trouvera encore chez lui des affortimens
de toutes efpeces , en ce qui concerne la Tabletterie.
E Sieur Compigné , Marchand Tabletier , Pri
vilegié du Roi , qui demeuroit ci- devant dans
le Temple , donne avis au Public qu'il a tranfporté
fes fabriques de Tabatieres d'écaille & de
carton , rue Grenetal , à l'enfeigne du Roi David ,
où le vafte emplacement lui a permis de l'augmenter
confidérablement ; pour mériter dans fon
art, les éloges du Public & des gens de goût , il
travaille tous les jours à le perfectionner.
Depuis plufieurs années , il exécute avec fes
tours des deffeins d'étoffe de toute espece.
Il va inceffamment mettre au jour différens
deffeins de fa compofition , qu'il exécute fur l'écaille
& fur le carton ; l'effet de ce travail eft d'autant
plus frappant qu'il repréfente le naturel .
Ceux qui défireront les avoir fur or & fur argent
, ou autres métaux , pourront les lui commander
: il les rendra avec autant de précifion
que tels deffeins Chinois , de fleurs , d'architecture
, de païfage , & autres qu'on voudroit ſe
procurer.
Il double en écaille les tabatieres de carton :
il raccommode les unes & les autres , & vend des
deux efpeces à très -jufte prix , en gros & en
détail.
On trouvera encore chez lui des affortimens
de toutes efpeces , en ce qui concerne la Tabletterie.
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Résumé : AUTRE.
Le Sieur Compigné, marchand tabletier privilégié du Roi, annonce son déménagement. Ses fabriques de tabatières en écaille et en carton sont désormais situées rue Grenetal, à l'enseigne du Roi David. Ce nouveau site permet une augmentation significative de la production. Compigné se consacre quotidiennement à l'amélioration de son art et réalise divers dessins sur différentes étoffes depuis plusieurs années. Il prévoit de présenter bientôt de nouveaux dessins sur écaille et carton, réputés pour leur réalisme. Il accepte également des commandes pour des dessins sur or, argent ou autres métaux, représentant des motifs chinois, des fleurs, des architectures, des paysages, etc. Compigné propose de doubler les tabatières en écaille, de réparer celles en carton ou en écaille, et vend ces articles à des prix équitables, en gros ou au détail. Il offre également une gamme d'accessoires liés à la tabletterie.
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7657
p. 231
AUTRE.
Début :
Le sieur Georges Douay, Marchand fabriquant de Gazes, demeurant rue [...]
Mots clefs :
Gazes, Marly d'Angleterre, Motifs variés
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E fieur Georges Douay, Marchand fabriquant
vis le Bon Paſteur , Fauxbourg S. Marceau à Paris
, donne avis aux Négocians qu'il poffede le
fecret de faire le Marly d'Angleterre , de toutes
les façons qu'il puiffe fe faire ; fçavoir , à carreau ,
rayé & uni , noir & blanc , & du plus beau blanc
qu'on puiffe le défirer.
E fieur Georges Douay, Marchand fabriquant
vis le Bon Paſteur , Fauxbourg S. Marceau à Paris
, donne avis aux Négocians qu'il poffede le
fecret de faire le Marly d'Angleterre , de toutes
les façons qu'il puiffe fe faire ; fçavoir , à carreau ,
rayé & uni , noir & blanc , & du plus beau blanc
qu'on puiffe le défirer.
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7658
p. 231-232
AUTRE.
Début :
On a fait depuis plusieurs années différentes tentatives en Horlogerie, [...]
Mots clefs :
Horlogerie, Pendules, Perfectionnement, Nouvelle méthode
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
ON a fait depuis plufieurs années différentes
tentatives en Horlogerie , pour fimplifier les pendules
, & furtout celles d'obfervation ; mais le
haut prix auquel on étoit obligé de les mettre ,
a toujours affez prouvé au Public , & fait fentir
à leurs Auteurs mêmes , qu'elles n'étoient rien
moins que fimples.
En voici une dont la préciſion & la folidité
font à toute épreuve , & dont on n'a voulu faire
part au Public , qu'après des expériences réitérées
depuis environ huit années par des Aftronoines
& autres Connoiffeurs en ce genre. La nouvelle
conftruction de celle - ci en eft une preuve fatiffaifante
, puifqu'elle offre l'avantage d'une machine
perfectionnée principalement par des
voies très-peu difpendieufes : fa fimplicité ne peur
échapper à quiconque voudra l'examiner & faire
attention à la modicité du prix de ces pendules ,
qui n'eft que de vingt piftoles tout ajustées dans
feurs caiffes de transport . Ce motif d'oeconomie
joint à leur exactitude , en a fait débiter un aſſez
grand nombre,
23,2 MERCURE DE FRANCE.
Ces pendules font renfermées dans des boëtesde
cuivre , ajustées d'une façon nouvelle par des
vis qui les font mouvoir, & qui fervent à les fixer
dans leurs échappemens , d'une maniere au
fimple que folide. On les place à fix pieds environ
de hauteur , ce qui fuffit pour les faire aller
à peu près quinze jours ; elles marquent les heures
, les minutes & les fecondes , & toutes leurs
aiguilles font placées concentriquement . Elles ne
fonnent point , mais on fçait d'ailleurs qu'une
fonnerie eft inutile aux Pendules d'obfervation.
Le pendule fe brife en trois parties d'une façon
nouvelle , & cela fans fe féparer , afin de diminuer
le volume de la caiffe , & rendre par-là ces
machines plus portatives. La caiffe qui leur fert
d'enveloppe , a environ dix-huit pouces de longueur
fur fept à huit pouces de largeur & d'épaiffeur.
On donne à ceux qui prennent de ces Pendules
une petite inftruction fur la façon de les
conduire & de les placer ; & ces Pendules fe trouvent
chez leur Auteur M. Gallonde , Horloger
du Roi , rue Quincanpoix .
Le fieur Gallonde avertit auffi qu'il a fait une
Loterie d'une Pendule finguliere & unique en
fon genre ; cette Loterie eft composée de millè
billets à raison de fix livres le billet , & qu'il ne
lui en refte plus que très- peu. Le jour du tirage
eft fixé au 27 de Janvier prochain , l'après- midi ,
au College de Navarre. Ceux qui fouhaiteront
prendre de ces billets , auront la bonté d'envoyer.
chez M. Gallonde.
ON a fait depuis plufieurs années différentes
tentatives en Horlogerie , pour fimplifier les pendules
, & furtout celles d'obfervation ; mais le
haut prix auquel on étoit obligé de les mettre ,
a toujours affez prouvé au Public , & fait fentir
à leurs Auteurs mêmes , qu'elles n'étoient rien
moins que fimples.
En voici une dont la préciſion & la folidité
font à toute épreuve , & dont on n'a voulu faire
part au Public , qu'après des expériences réitérées
depuis environ huit années par des Aftronoines
& autres Connoiffeurs en ce genre. La nouvelle
conftruction de celle - ci en eft une preuve fatiffaifante
, puifqu'elle offre l'avantage d'une machine
perfectionnée principalement par des
voies très-peu difpendieufes : fa fimplicité ne peur
échapper à quiconque voudra l'examiner & faire
attention à la modicité du prix de ces pendules ,
qui n'eft que de vingt piftoles tout ajustées dans
feurs caiffes de transport . Ce motif d'oeconomie
joint à leur exactitude , en a fait débiter un aſſez
grand nombre,
23,2 MERCURE DE FRANCE.
Ces pendules font renfermées dans des boëtesde
cuivre , ajustées d'une façon nouvelle par des
vis qui les font mouvoir, & qui fervent à les fixer
dans leurs échappemens , d'une maniere au
fimple que folide. On les place à fix pieds environ
de hauteur , ce qui fuffit pour les faire aller
à peu près quinze jours ; elles marquent les heures
, les minutes & les fecondes , & toutes leurs
aiguilles font placées concentriquement . Elles ne
fonnent point , mais on fçait d'ailleurs qu'une
fonnerie eft inutile aux Pendules d'obfervation.
Le pendule fe brife en trois parties d'une façon
nouvelle , & cela fans fe féparer , afin de diminuer
le volume de la caiffe , & rendre par-là ces
machines plus portatives. La caiffe qui leur fert
d'enveloppe , a environ dix-huit pouces de longueur
fur fept à huit pouces de largeur & d'épaiffeur.
On donne à ceux qui prennent de ces Pendules
une petite inftruction fur la façon de les
conduire & de les placer ; & ces Pendules fe trouvent
chez leur Auteur M. Gallonde , Horloger
du Roi , rue Quincanpoix .
Le fieur Gallonde avertit auffi qu'il a fait une
Loterie d'une Pendule finguliere & unique en
fon genre ; cette Loterie eft composée de millè
billets à raison de fix livres le billet , & qu'il ne
lui en refte plus que très- peu. Le jour du tirage
eft fixé au 27 de Janvier prochain , l'après- midi ,
au College de Navarre. Ceux qui fouhaiteront
prendre de ces billets , auront la bonté d'envoyer.
chez M. Gallonde.
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Résumé : AUTRE.
Le texte décrit une innovation en horlogerie concernant les pendules d'observation. Contrairement aux tentatives précédentes coûteuses, cette nouvelle pendule est précise, robuste et économique, vendue à vingt pistoles avec son étui de transport. Elle est conçue pour être simple et fiable, avec des boîtes en cuivre ajustées par vis pour une fixation solide et facile. Placée à environ six pieds de hauteur, elle fonctionne pendant quinze jours et affiche les heures, minutes et secondes grâce à des aiguilles concentriques. La pendule est divisée en trois parties sans séparation, réduisant ainsi le volume de l'étui et facilitant le transport. L'étui mesure environ dix-huit pouces de longueur sur sept pouces de largeur et d'épaisseur. Des instructions pour l'utilisation et le placement sont fournies. M. Gallonde, horloger du Roi, situé rue Quincampoix, propose également une loterie pour une pendule unique, composée de mille billets à six livres chacun, avec un tirage prévu le 27 janvier au Collège de Navarre.
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7659
p. 233
AUTRE.
Début :
Le Sieur Maillard au College des Trois-Evêques, Place de Cambray, [...]
Mots clefs :
Sieur Maillard, Étrennes, Ornements, Vignettes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE Sieur MAILLARD au College des Trois-
Evêques , Place de Cambray , près la rue Saint-
Jacques , fait & vend différens fujets d'Etrennes
gravés & enluminés , ornés de vignettes . Il mérite
la préférence par le choix qu'il a fait de tout
ce qui peut amufer & inferuire ; Emblêmes facrés
, petites Fables , Devifes , Complimens , Sou
haits heureux , Bouquets , &c. avec lesquels on
peut compoſer ou orner des Tabacieres , Ecrans. ,
Almanachs , &c . Il continue de faire & vendre
toutes fortes de caracteres , deffeins , vignettes.,
& papiers à lettres peints en vignettes. On le
trouve tous les jours juſqu'à midi.
LE Sieur MAILLARD au College des Trois-
Evêques , Place de Cambray , près la rue Saint-
Jacques , fait & vend différens fujets d'Etrennes
gravés & enluminés , ornés de vignettes . Il mérite
la préférence par le choix qu'il a fait de tout
ce qui peut amufer & inferuire ; Emblêmes facrés
, petites Fables , Devifes , Complimens , Sou
haits heureux , Bouquets , &c. avec lesquels on
peut compoſer ou orner des Tabacieres , Ecrans. ,
Almanachs , &c . Il continue de faire & vendre
toutes fortes de caracteres , deffeins , vignettes.,
& papiers à lettres peints en vignettes. On le
trouve tous les jours juſqu'à midi.
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Résumé : AUTRE.
Le Sieur Maillard, au Collège des Trois-Evêques, Place de Cambray, propose des articles de fin d'année gravés et enluminés : emblèmes sacrés, fables, devises, compliments, vœux, et bouquets pour tabatières, écrans, almanachs. Il vend aussi caractères, dessins, vignettes et papiers à lettres peints. Ouvert tous les jours jusqu'à midi.
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7660
p. 233-234
AUTRE.
Début :
Mademoiselle Collet continue de vendre pour l'utilité du Public, une [...]
Mots clefs :
Mademoiselle Collet, Pommade, Hémorroïdes, Guérison, Sans effets secondaires
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Mademoiſelle COLLET continue de vendre
pour l'utilité du Public , une pomade de fa compofition
qui foulage dans l'inftant , & guérit radicalement
les Hémorroïdes tant internes qu'externes
, fuffent- elles ulcérées & fiftuleuſes ; cette
pomade eft fi connue qu'elle n'a pas besoin de
recommandation , la preuve en a été faite à
l'Hôtel Royal des Invalides , par ordre de feu
Monfieur de Breteuil , Miniftre d'Etat , M. Morand
, Chirurgien , lui a délivré fon certificat
après avoir vu les guérifons des perfonnes qui
en étoient affligées , de même que M. Peirard ,
Chirurgien Accoucheur de la Reine , & plufieurs
autres Chirurgiens & perfonnes de diftinction.
Cette Pomade ne peut produire aucun mauvais
effet. Ceux qui craignent par un préjugé mal
234 MERCURE DE FRANCE.
fondé de fe faire guérir radicalement , pourront
en ufer feulement pour fe foulager dans leurs
fouffrances. Toutes les perfonnes qui feront ufage
de certe pomade , ne doivent avoir aucune
crainte de la fiftule , au contraire elle la détourneroit.
Cette Pomade fe garde autant de tems que
l'on veut , & fe peut transporter par tout , pourvû
qu'on ait foin de la garantir de la chaleur &
& du feu Elle avertit le Public qu'il n'y a qu'elle
feule qui débite fa Pomade , & fon nom eft audeffus
de chaque écrit de fa main.
Les moindres pôts font de 3 liv . de 6 liv. de
10 liv. de 12 liv . de 18 liv . de 20 liv . & de tous
les prix que l'on fouhaitera , on donnera la façon
de s'en fervir aux perfonnes qui voudront en faire
ufage ; on aura la bonté d'affranchir les ports de
Lettres.
Mademoiſelle Collet demeure rue des Petits-
Champs, vis-à-vis la petite porte S. Honoré , dans
la maifon de M. Jollivet , Marchand Papetier , à
l'enſeigne de l'Espérance.
Mademoiſelle COLLET continue de vendre
pour l'utilité du Public , une pomade de fa compofition
qui foulage dans l'inftant , & guérit radicalement
les Hémorroïdes tant internes qu'externes
, fuffent- elles ulcérées & fiftuleuſes ; cette
pomade eft fi connue qu'elle n'a pas besoin de
recommandation , la preuve en a été faite à
l'Hôtel Royal des Invalides , par ordre de feu
Monfieur de Breteuil , Miniftre d'Etat , M. Morand
, Chirurgien , lui a délivré fon certificat
après avoir vu les guérifons des perfonnes qui
en étoient affligées , de même que M. Peirard ,
Chirurgien Accoucheur de la Reine , & plufieurs
autres Chirurgiens & perfonnes de diftinction.
Cette Pomade ne peut produire aucun mauvais
effet. Ceux qui craignent par un préjugé mal
234 MERCURE DE FRANCE.
fondé de fe faire guérir radicalement , pourront
en ufer feulement pour fe foulager dans leurs
fouffrances. Toutes les perfonnes qui feront ufage
de certe pomade , ne doivent avoir aucune
crainte de la fiftule , au contraire elle la détourneroit.
Cette Pomade fe garde autant de tems que
l'on veut , & fe peut transporter par tout , pourvû
qu'on ait foin de la garantir de la chaleur &
& du feu Elle avertit le Public qu'il n'y a qu'elle
feule qui débite fa Pomade , & fon nom eft audeffus
de chaque écrit de fa main.
Les moindres pôts font de 3 liv . de 6 liv. de
10 liv. de 12 liv . de 18 liv . de 20 liv . & de tous
les prix que l'on fouhaitera , on donnera la façon
de s'en fervir aux perfonnes qui voudront en faire
ufage ; on aura la bonté d'affranchir les ports de
Lettres.
Mademoiſelle Collet demeure rue des Petits-
Champs, vis-à-vis la petite porte S. Honoré , dans
la maifon de M. Jollivet , Marchand Papetier , à
l'enſeigne de l'Espérance.
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Résumé : AUTRE.
Le texte décrit une pommade élaborée par Mademoiselle Collet pour traiter les hémorroïdes internes et externes, même ulcérées et fistuleuses. Cette pommade est reconnue pour son efficacité rapide et son absence d'effets secondaires. Elle a été validée à l'Hôtel Royal des Invalides sur ordre de Monsieur de Breteuil, Ministre d'État, avec des certifications de chirurgiens éminents tels que Monsieur Morand et Monsieur Peirard, chirurgien accoucheur de la Reine. La pommade permet de soulager les douleurs sans risque de complications. Pour une bonne conservation, elle doit être protégée de la chaleur et du feu. Mademoiselle Collet assure être la seule à commercialiser cette pommade, identifiable par son nom sur chaque étiquette. Les pots sont disponibles en diverses tailles et prix, allant de 3 à 20 livres, avec des instructions d'utilisation fournies. Les frais de port des lettres incombent à l'expéditeur. Mademoiselle Collet réside rue des Petits-Champs, face à la petite porte Saint-Honoré, dans la maison de Monsieur Jollivet, marchand papetier, à l'enseigne de l'Espérance.
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7661
p. 234-235
AUTRE.
Début :
Le public est averti que M. Seignette Conseiller au présidial de la [...]
Mots clefs :
M. Seignette, Sel polychreste, Ester Seignette, La Rochelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE public eft averti que M. Seignette Confeillier
au préfidial de la Rochelle y demeurant rue
des Auguftins , continue de compofer & débiter
le véritable fel polychrefte ainfi qu'il a toujours
fait depuis la mort de fon pere Medecin de S. A. R.
Monfeigneur le Duc Dorléans . Il met comme cidevant
fon parafe dans chaque paquet , ceux qui
auront befoin de fon fel peuvent s'adreffer directement
à lui a l'adreffe c'y deffus on trouve à Paris
du fel de fa compofition chez le fieur le Fébvre
JANVIE R. 1756. 235
Marchand Epicier , rue des Arcis au coin de la
rue de la Vannerie , à côté de la petite vertu .
Le Public eft auffi averti que la Demoiſelle
Efter Seignette , Marchande Droguiſte à la Rochelle
, continue de compofer & débiter le véritable
fel Polichrefte , ainfi qu'elle a toujours fait
depuis la mort de fon pere. Elle met fon parafe
dans le dedans de chaque paquet , & tous ceux
qui ne l'ont pas,font faux & fuppofés aujourd'hui.
Ceux qui en auront befoin , pourront s'adreffer
directement à elle , à l'adreffe ci - deffus . Elle en
envoie à tous ceux qui lui font l'honneur de lui
en demander.
LE public eft averti que M. Seignette Confeillier
au préfidial de la Rochelle y demeurant rue
des Auguftins , continue de compofer & débiter
le véritable fel polychrefte ainfi qu'il a toujours
fait depuis la mort de fon pere Medecin de S. A. R.
Monfeigneur le Duc Dorléans . Il met comme cidevant
fon parafe dans chaque paquet , ceux qui
auront befoin de fon fel peuvent s'adreffer directement
à lui a l'adreffe c'y deffus on trouve à Paris
du fel de fa compofition chez le fieur le Fébvre
JANVIE R. 1756. 235
Marchand Epicier , rue des Arcis au coin de la
rue de la Vannerie , à côté de la petite vertu .
Le Public eft auffi averti que la Demoiſelle
Efter Seignette , Marchande Droguiſte à la Rochelle
, continue de compofer & débiter le véritable
fel Polichrefte , ainfi qu'elle a toujours fait
depuis la mort de fon pere. Elle met fon parafe
dans le dedans de chaque paquet , & tous ceux
qui ne l'ont pas,font faux & fuppofés aujourd'hui.
Ceux qui en auront befoin , pourront s'adreffer
directement à elle , à l'adreffe ci - deffus . Elle en
envoie à tous ceux qui lui font l'honneur de lui
en demander.
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Résumé : AUTRE.
L'annonce informe que M. Seignette, conseiller au présidial de La Rochelle, résidant rue des Augustins, fabrique et vend le véritable sel polychreste, une activité qu'il poursuit depuis la mort de son père, médecin du Duc d'Orléans. Chaque paquet est signé par M. Seignette pour garantir son authenticité. À Paris, ce sel est disponible chez le sieur Le Febvre, marchand épicier, rue des Arcis au coin de la rue de la Vannerie, près de la petite vertu. De plus, Mademoiselle Esther Seignette, marchande droguiste à La Rochelle, continue également la fabrication et la vente de ce sel selon la tradition familiale. Elle signe également chaque paquet pour assurer l'authenticité du produit. Les intéressés peuvent acheter le sel directement auprès de M. Seignette ou de Mademoiselle Esther Seignette, qui expédie également le produit sur demande.
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7662
p. 235
AUTRE.
Début :
Le Sieur d'Ardel ancien Echevin de Chamberri, donne avis au [...]
Mots clefs :
Eau royale, Sieur d'Ardel, Frères Alice Sommini, Liqueurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE Steur d'Ardel ancien Echevin de Chamberri
, donne avis au Public que fon Bureau pour
la diftribution général de fon Eau Royale , eft
toujours chez le fieur Bertaut , rue S. Antoine ,
au coin de la rue Percée , à Paris .
Les freres Alice Sommini , de Lunéville , Diftillateurs
du Roi de Pologne , donnent aufli avis ,
qu'ils viennent d'établir chez ledit fieur Bertaut ,
un entrepôt général de toutes leurs liqueurs ; le
Public y trouvera le même avantage de les prendre
audit entrepôt , que s'ils les tiroient directement
de Lunéville , tant pour le prix que pour la
qualité.
LE Steur d'Ardel ancien Echevin de Chamberri
, donne avis au Public que fon Bureau pour
la diftribution général de fon Eau Royale , eft
toujours chez le fieur Bertaut , rue S. Antoine ,
au coin de la rue Percée , à Paris .
Les freres Alice Sommini , de Lunéville , Diftillateurs
du Roi de Pologne , donnent aufli avis ,
qu'ils viennent d'établir chez ledit fieur Bertaut ,
un entrepôt général de toutes leurs liqueurs ; le
Public y trouvera le même avantage de les prendre
audit entrepôt , que s'ils les tiroient directement
de Lunéville , tant pour le prix que pour la
qualité.
Fermer
Résumé : AUTRE.
À Paris, le Sieur d'Ardel, ancien échevin de Chambéry, distribue son Eau Royale chez le sieur Bertaut, rue Saint-Antoine. Les frères Alice Sommini, distillateurs du Roi de Pologne, ouvrent un entrepôt de leurs liqueurs au même endroit, offrant des prix et une qualité équivalents à ceux de Lunéville.
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7663
p. 235-236
AUTRE.
Début :
Le sieur d'Offemont qui a inventé des corps d'une ingénieuse [...]
Mots clefs :
Corps, Enfants, Taille, Dérangement des os, Sieur d'Ossemont, Ouvrage médical
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE fieur d'Offemont qui a inventé des corps
d'une ingénieufe ftructure , tant pour prévenir
que pour corriger le défaut de la taille des enfans ,
en a préfenté deux , un de chaque fexe , au Cabi236
MERCURE DE FRANCE.
net des Curiofités, au Jardin du Roi, qui y ont été
agréés pour y être vus au nombres des Curieufes
inventions. Il en fait pour le jour & pour la nuit ;
ceux de la nuit ne nuifent aucunement au repo's.
Tous ces corps fervent un jour d'un côté & l'autze
de l'autre côté , afin que la taille ne prenne aucune
forme contraire à la fanté & à l'ordre naturel
, pour empêcher le dérangement des os , ou
opérer le parfait rétabliffement de ceux qui pouroient
être dérangés. Ces corps font droits dans
toutes leurs parties , ont une parfaite folidité , fans
aucuns ferremens qui font toujours très-dangereux
, & caufent fouvent de très- grands dérangemens
dans la taille .
Le fieur d'Offemont. diftribue chez lui un Livre
contenant les détails des différentes formes de
Les corps : pour en prouver l'utilité , il a l'approbation
de plufieurs perfonnes illuftres qui
en ont fait ufage , & celle de Meffieurs du Collége
& Accadémie Royale de Chirurgie, qui en
ont reconnu la bonté & la perfection : il a le
privilége du Roi de faire imprimer ſes livres.
Sa demeure eft rue de la Verrerie , vis-à-vis
l'Eglife S. Meri , à côté du Coq lié de Perles , au
fecond fur le devant , à Paris.
LE fieur d'Offemont qui a inventé des corps
d'une ingénieufe ftructure , tant pour prévenir
que pour corriger le défaut de la taille des enfans ,
en a préfenté deux , un de chaque fexe , au Cabi236
MERCURE DE FRANCE.
net des Curiofités, au Jardin du Roi, qui y ont été
agréés pour y être vus au nombres des Curieufes
inventions. Il en fait pour le jour & pour la nuit ;
ceux de la nuit ne nuifent aucunement au repo's.
Tous ces corps fervent un jour d'un côté & l'autze
de l'autre côté , afin que la taille ne prenne aucune
forme contraire à la fanté & à l'ordre naturel
, pour empêcher le dérangement des os , ou
opérer le parfait rétabliffement de ceux qui pouroient
être dérangés. Ces corps font droits dans
toutes leurs parties , ont une parfaite folidité , fans
aucuns ferremens qui font toujours très-dangereux
, & caufent fouvent de très- grands dérangemens
dans la taille .
Le fieur d'Offemont. diftribue chez lui un Livre
contenant les détails des différentes formes de
Les corps : pour en prouver l'utilité , il a l'approbation
de plufieurs perfonnes illuftres qui
en ont fait ufage , & celle de Meffieurs du Collége
& Accadémie Royale de Chirurgie, qui en
ont reconnu la bonté & la perfection : il a le
privilége du Roi de faire imprimer ſes livres.
Sa demeure eft rue de la Verrerie , vis-à-vis
l'Eglife S. Meri , à côté du Coq lié de Perles , au
fecond fur le devant , à Paris.
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Résumé : AUTRE.
Le texte décrit une invention du sieur d'Offemont destinée à prévenir et corriger les défauts de taille chez les enfants. Ces dispositifs, nommés 'corps', sont conçus pour être portés jour et nuit sans perturber le repos. Ils sont droits et robustes, éliminant ainsi les risques associés aux ferrures traditionnelles. Deux exemplaires de ces dispositifs ont été présentés au Jardin du Roi et reconnus comme innovations intéressantes. Le sieur d'Offemont a également publié un livre illustrant diverses formes de ces dispositifs, soutenu par des personnalités influentes et des membres du Collège et de l'Académie Royale de Chirurgie. Il détient un privilège royal pour l'impression de ses ouvrages et réside rue de la Verrerie à Paris, près de l'église Saint-Merry.
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7664
p. 236-238
AUTRE.
Début :
Chervain, ci-devant, Officier de maison, actuellement Négociant à Paris, donne avis que [...]
Mots clefs :
Bijoux en sucre, Chervain, Nouvelles pièces, Utile et agréable
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
CHERVAIN , ci -devant Officier de maiſon ;
actuellement Négociant à Paris , donne avis que
depuis vingt ans qu'il a imaginé les bijoux en
fucre , ayant toujours travaillé dans le dernier
goût , il eft parvenu encore à fe faire connoître
avantageufement par les nouvelles piéces qu'il a
compofées cette année , lefquelles réuniffeat
JANVIE R. 1756. 237
l'utile & l'agréable tout enſemble ; il ofe fe flatter
d'avoir pouffé les ouvrages en fucre au dernier
degré il a furtout une piece furnommée le
Palais de Bacchus , conronné d'un treillage rempli
de raifins ; le petit tonneau fur lequel Bacchus
eft en triomphe , répand toutes fortes de
liqueurs les plus fines & les plus excellentes ,
fans que la liqueur ne gâte nin'humecte le fucre
; les barils font de différentes façons .
Il a auffi une botte d'afperges , imitant le naturel
à s'y méprende.
Un grouppe d'enfans portans une corbeille de
feurs.
Une corbeille nouvelle , garnie de fleurs les
mieux choifies avec de l'artifice aux quatre coins ,
fait & exécuté par le fieur Gautier , Artificier
ordinaire du Roi & de fes menus plaifirs .
Un pot d'ornement en façon de la Manufacture
Royale de Vincennes , des petits paniers
à jour , des petits buffets , de trente - deux façons
de tabatieres en facre , tant rondes que
quarrées , peintes en miniature dans le dernier
goût , des Tabatieres de Bergamotte peintes auffi
en toutes fortes de beaux camayeux ; toutes fortes
d'ouvrages au Cabriolet , & autres que l'on
ne peut détailler ; vingt - neufà trente façons de
petits paftillages des plus excellens , pour remplir
les ouvrages qu'il vend. Il tient chez lui magafin
de dragées de Verdun , toutes fortes de fruits ,
figures , & ouvrages à devifes , toutes fortes d'attrapes
dans quelque genre qu'elles puiffent être .
Ces fortes de bijoux s'envoient dans les Provinces
, par la précaution que l'on a de faire
faire des étuis pour chaque piece . Il eft connu
Four vendre en confcience. Il fait auffi les envois
238 MERCURE DE FRANCE.
de toutes les marchandiſes qu'on lui demande :
le tout à jufte prix.
> Il demeure rue Montmartre au coin de la
rue du Jour , près S. Euftache , la porte cochere
vis-à-vis le Notaire , à Paris.
CHERVAIN , ci -devant Officier de maiſon ;
actuellement Négociant à Paris , donne avis que
depuis vingt ans qu'il a imaginé les bijoux en
fucre , ayant toujours travaillé dans le dernier
goût , il eft parvenu encore à fe faire connoître
avantageufement par les nouvelles piéces qu'il a
compofées cette année , lefquelles réuniffeat
JANVIE R. 1756. 237
l'utile & l'agréable tout enſemble ; il ofe fe flatter
d'avoir pouffé les ouvrages en fucre au dernier
degré il a furtout une piece furnommée le
Palais de Bacchus , conronné d'un treillage rempli
de raifins ; le petit tonneau fur lequel Bacchus
eft en triomphe , répand toutes fortes de
liqueurs les plus fines & les plus excellentes ,
fans que la liqueur ne gâte nin'humecte le fucre
; les barils font de différentes façons .
Il a auffi une botte d'afperges , imitant le naturel
à s'y méprende.
Un grouppe d'enfans portans une corbeille de
feurs.
Une corbeille nouvelle , garnie de fleurs les
mieux choifies avec de l'artifice aux quatre coins ,
fait & exécuté par le fieur Gautier , Artificier
ordinaire du Roi & de fes menus plaifirs .
Un pot d'ornement en façon de la Manufacture
Royale de Vincennes , des petits paniers
à jour , des petits buffets , de trente - deux façons
de tabatieres en facre , tant rondes que
quarrées , peintes en miniature dans le dernier
goût , des Tabatieres de Bergamotte peintes auffi
en toutes fortes de beaux camayeux ; toutes fortes
d'ouvrages au Cabriolet , & autres que l'on
ne peut détailler ; vingt - neufà trente façons de
petits paftillages des plus excellens , pour remplir
les ouvrages qu'il vend. Il tient chez lui magafin
de dragées de Verdun , toutes fortes de fruits ,
figures , & ouvrages à devifes , toutes fortes d'attrapes
dans quelque genre qu'elles puiffent être .
Ces fortes de bijoux s'envoient dans les Provinces
, par la précaution que l'on a de faire
faire des étuis pour chaque piece . Il eft connu
Four vendre en confcience. Il fait auffi les envois
238 MERCURE DE FRANCE.
de toutes les marchandiſes qu'on lui demande :
le tout à jufte prix.
> Il demeure rue Montmartre au coin de la
rue du Jour , près S. Euftache , la porte cochere
vis-à-vis le Notaire , à Paris.
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Résumé : AUTRE.
Chervain, ancien officier devenu négociant à Paris, fabrique depuis vingt ans des bijoux en pâte de haute qualité et innovants. Parmi ses créations récentes, on note 'Le Palais de Bacchus', une pièce où un treillage de raisins entoure un petit tonneau dispensant diverses liqueurs sans endommager la pâte. D'autres œuvres remarquables incluent une botte d'asperges réaliste, un groupe d'enfants portant une corbeille de fleurs, et une corbeille garnie de fleurs artisanales. Chervain propose également des objets décoratifs tels que des pots d'ornement, des paniers ajourés, des tabatières variées, et des pastillages pour ornements. Il vend aussi des dragées, des fruits artificiels, des figures et des attrapes. Les produits sont expédiés dans les provinces avec soin, chacun protégé par un étui. Chervain assure la vente en toute conscience et à juste prix. Son magasin est situé rue Montmartre, au coin de la rue du Jour, près de l'église Saint-Eustache à Paris.
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7665
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le premier volume du [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
AP PROBATION.
' Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier
, le premier volume du Mercure de Janvier
, & je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreſſion. A Paris , ce 27 Décemb. 1755 .
GUIROY.
' Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier
, le premier volume du Mercure de Janvier
, & je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreſſion. A Paris , ce 27 Décemb. 1755 .
GUIROY.
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7667
p. 238-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers faits à la campagne, [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
V
Ers faits à la campagne , par M. de Baſtide
page 7
La Navette d'amour , ou l'origine des Navettes ,
II
239
21
Vers pour accompagner un manchon donné à
Mademoiſelle ***
Députation de voeux à Mademoiſelle V*** , pour
le premier jour de l'An 1756. 22
Lettre à l'Auteur du Mercure fur une nouvelle
traduction de Lucrece ,
Ode au nouvel An ,
23
29
31
Réponse de M. Def... Gendarme Ecoffois , à M.
du L...
Lettre d'une jeune Dame Hollandoife, à l'Auteur
de la Toilette des Dames ,
33
Vers à Madame la Baronne de Ponçardin , par M.
Lemarié ,
36
Vers du même Auteur , à Mademoiſelle *** en
lui envoyant uu ruban dans une bourſe , ibid.
Bouquet ,
Vers fur les dangers de la guerre ,
37
38
Lettre à l'Auteur du Mercure au fujet de M. Rouffeau
de Genève .
Avis d'un Anonyme par M. Rouffeau ,
39
42
Ode fur la naiffance de Monfeigneur le Comte de
Provence , par M. Teifferenc , de Lodève , 45
Remerciement du même , Auteur à M. le Duc de
Béthune , après qu'il lui eut fait l'honneur de
le recevoir Garde- du - corps ,
Lettre à M. de B. fur le Roman Anglois intitulé :
Hiftoire du Chevalier Charles Grandifon , 50
Chanfon ,
49
78
79
Madrigal , à une Dame déguiſée en chevalier de
Malte ,
Explication du mot de l'Enigme & du Logogryphe
du fecond volume du Mercure de Decembre
,
Enigmes & Logogryphes ,
Chanfon ,
Ibid.
ibida
821
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Difcours prononcé le jour de la Dédicace de la
240
Place Royale de Nancy ,
83
Lettre à l'Auteur du Mercure au fujet de la vie de
Bacon , 96
Précis , annonces & indications des livres nouveaux
,
97
Aflemblée Publique de J'Académie des Belles-
Lettres de Marſeille , 124
129
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Phyfique. Obfervations fur une Lettre de l'Année
Littéraire ,
Médecine & Métallurgie. Lettre au fujet des Eaux
Minérales de Pafly ,
Séance publique de l'Académie Royale des Sciences
,
138
145
Séance publique de l'Académie des Infcriptions &
Belles- Lettres , 146
Prix proposé par l'Académie de Chirurgie , 148
ART. IV. BEAUX ARTS.
151 Mufique.
Peinture . Suite des Mémoires d'une Société de
Gens de Lettres , publiés en l'année 2355 , 152
Gravure. 169
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoife.
171
Comédie Italienne. 172
Concert Spirituel. 173
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
175
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
182
Camp de Valence ,
Relation de ce qui s'eſt paſſé en Canada ,
Bénéfices donnés .
Lettre de Lisbonne .
Mariages & morts.
Avis .
186
191
213
214
216
229
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
V
Ers faits à la campagne , par M. de Baſtide
page 7
La Navette d'amour , ou l'origine des Navettes ,
II
239
21
Vers pour accompagner un manchon donné à
Mademoiſelle ***
Députation de voeux à Mademoiſelle V*** , pour
le premier jour de l'An 1756. 22
Lettre à l'Auteur du Mercure fur une nouvelle
traduction de Lucrece ,
Ode au nouvel An ,
23
29
31
Réponse de M. Def... Gendarme Ecoffois , à M.
du L...
Lettre d'une jeune Dame Hollandoife, à l'Auteur
de la Toilette des Dames ,
33
Vers à Madame la Baronne de Ponçardin , par M.
Lemarié ,
36
Vers du même Auteur , à Mademoiſelle *** en
lui envoyant uu ruban dans une bourſe , ibid.
Bouquet ,
Vers fur les dangers de la guerre ,
37
38
Lettre à l'Auteur du Mercure au fujet de M. Rouffeau
de Genève .
Avis d'un Anonyme par M. Rouffeau ,
39
42
Ode fur la naiffance de Monfeigneur le Comte de
Provence , par M. Teifferenc , de Lodève , 45
Remerciement du même , Auteur à M. le Duc de
Béthune , après qu'il lui eut fait l'honneur de
le recevoir Garde- du - corps ,
Lettre à M. de B. fur le Roman Anglois intitulé :
Hiftoire du Chevalier Charles Grandifon , 50
Chanfon ,
49
78
79
Madrigal , à une Dame déguiſée en chevalier de
Malte ,
Explication du mot de l'Enigme & du Logogryphe
du fecond volume du Mercure de Decembre
,
Enigmes & Logogryphes ,
Chanfon ,
Ibid.
ibida
821
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Difcours prononcé le jour de la Dédicace de la
240
Place Royale de Nancy ,
83
Lettre à l'Auteur du Mercure au fujet de la vie de
Bacon , 96
Précis , annonces & indications des livres nouveaux
,
97
Aflemblée Publique de J'Académie des Belles-
Lettres de Marſeille , 124
129
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Phyfique. Obfervations fur une Lettre de l'Année
Littéraire ,
Médecine & Métallurgie. Lettre au fujet des Eaux
Minérales de Pafly ,
Séance publique de l'Académie Royale des Sciences
,
138
145
Séance publique de l'Académie des Infcriptions &
Belles- Lettres , 146
Prix proposé par l'Académie de Chirurgie , 148
ART. IV. BEAUX ARTS.
151 Mufique.
Peinture . Suite des Mémoires d'une Société de
Gens de Lettres , publiés en l'année 2355 , 152
Gravure. 169
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoife.
171
Comédie Italienne. 172
Concert Spirituel. 173
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
175
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
182
Camp de Valence ,
Relation de ce qui s'eſt paſſé en Canada ,
Bénéfices donnés .
Lettre de Lisbonne .
Mariages & morts.
Avis .
186
191
213
214
216
229
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document est organisé en six sections principales. L'Article Premier rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, telles que des poèmes, lettres et dédicaces adressées à divers destinataires, ainsi que des avis sur des traductions et œuvres littéraires. Les auteurs mentionnés incluent M. de Bastide, M. Def... et M. Lemarié. L'Article II présente des nouvelles littéraires, avec des discours, lettres et annonces de livres nouveaux, comme une lettre sur la vie de Bacon et une assemblée publique de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille. L'Article III explore les sciences et les belles-lettres, incluant des observations en physique, des discussions sur les eaux minérales, et des séances des académies royales des Sciences et des Inscriptions et Belles-Lettres. L'Article IV se focalise sur les beaux-arts, avec des sections dédiées à la musique, la peinture et la gravure. L'Article V liste les spectacles, tels que la comédie française, la comédie italienne et les concerts spirituels. Enfin, l'Article VI couvre les nouvelles étrangères, les événements à la cour et à Paris, des relations sur le Canada, des bénéfices donnés, des mariages, des décès et divers avis.
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7668
p. 240
« La Chanson notée doit regarder la page 82. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 82. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 82. [...] »
La Chanfon notée doit regarder la page 82.
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7669
p. 240
« De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch. A. JOMBERT.
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7670
p. 69-70
ENIGME.
Début :
Rien n'est égal à moi sous la voute des cieux. [...]
Mots clefs :
Diamant
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Rien n'eft égal à moi fous la voute des cieux;
L'on m'admire partout , mais pourras- tu bien
croire
Que mon deftin brillant puiffe être plein d'horreurs.
Apprens donc , cher Lecteur , que de cruels malheurs
Me conduifent toujours à ce faîte de gloire ,
Pouffés par l'intérêt , les avides humains
Courent pour me trouver dans des climats lointains
,
Malgré le fimple habit dont la fage nature
Semble m'avoir couvert pour tromper ces tyrans ,
Je ne puis échapper à leurs yeux pénétrans`,
Me trouver eft pour eux une heureuſe avan
ture.
T
On les voit , animés d'un plaifir fans égal,
M'arracher fans pitié de mon païs natal ,
Et forcer mes pareils , & comble d'infortunes !
A m'ôter mon habit , à me charger de coups ,
Dont la marque à jamais paroît aux yeux de tous.
Alors je fuis chéri des blondes & des brunes ,
Par mon mérite ſeul ſur le trône placé ,
Des Rois les plus puiffans j'orne la majefté.
Du tems qui détruit tout , je crains peu les outrages
,
70 MERCURE DE FRANCE .
Efclave fans retour , dans ma captivité
Si je joins mes attraits à ceux de la beauté ,
Je lui fais dans les coeurs caufer mille ravages ,
Si l'on ne me plaint pas , Lecteur , apprends
pourquoi , L
C'est que dans l'univers, rien n'eft plus dur que
moi.
Par Mademoiselle Gouin , de Rouen.
Rien n'eft égal à moi fous la voute des cieux;
L'on m'admire partout , mais pourras- tu bien
croire
Que mon deftin brillant puiffe être plein d'horreurs.
Apprens donc , cher Lecteur , que de cruels malheurs
Me conduifent toujours à ce faîte de gloire ,
Pouffés par l'intérêt , les avides humains
Courent pour me trouver dans des climats lointains
,
Malgré le fimple habit dont la fage nature
Semble m'avoir couvert pour tromper ces tyrans ,
Je ne puis échapper à leurs yeux pénétrans`,
Me trouver eft pour eux une heureuſe avan
ture.
T
On les voit , animés d'un plaifir fans égal,
M'arracher fans pitié de mon païs natal ,
Et forcer mes pareils , & comble d'infortunes !
A m'ôter mon habit , à me charger de coups ,
Dont la marque à jamais paroît aux yeux de tous.
Alors je fuis chéri des blondes & des brunes ,
Par mon mérite ſeul ſur le trône placé ,
Des Rois les plus puiffans j'orne la majefté.
Du tems qui détruit tout , je crains peu les outrages
,
70 MERCURE DE FRANCE .
Efclave fans retour , dans ma captivité
Si je joins mes attraits à ceux de la beauté ,
Je lui fais dans les coeurs caufer mille ravages ,
Si l'on ne me plaint pas , Lecteur , apprends
pourquoi , L
C'est que dans l'univers, rien n'eft plus dur que
moi.
Par Mademoiselle Gouin , de Rouen.
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7671
p. 70-71
LOGOGRYPHE.
Début :
J'ai différens emplois ; [...]
Mots clefs :
Mortier
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
J.'Ai différens emplois ;
On me fait fervir à la
guerre ,
avec dédain
Soit par mer , foit par terre
Pour venger le courroux des Rois.
Tu me vois avec moins d'allarmes,
Décorer l'homme & relever les armes ;
Mais quittant les honneurs , je fuis
Travaillé par un vil humain.
Avec fept pieds on me compoſe ,
Si de l'un à l'autre on tranfpofe ,
On trouvera d'abord un mortel couronné ,
De Courtisans environné :
Une, ville en Héros féconde ,
Ce qui porte un vaiffeau de l'un à l'autre monde
Deux Saints fort connus ,à Paris , l
Un mot d'Eglife, un métal de grand prix ,
JANVIER. 1756. 71
Un terme négatif , deux notes de mufique ,
Le nom d'un habitant d'Afrique ,
Le préfent incivil d'un eftomac glouton ,
Un jeu la moitié d'un tricon ,
D'an livre entier une partie ,
La fin & l'agrément des vers ,
Un air chanté dans les concerts ,
La Nymphe en vache convertie ,
Un des fept péchés capitaux ,
Une plante qui très -fort pique ,
Une étoffe de foye , une Cour Papiſtique ,
Un animal , qui ronge les manteaux
Ce que tu dois faire à la chaffe
Si tu veux remplir ta beface :
Admire mon dernier effort ,
Tu me vois rire en t'annonçant la mort,
12
Par D. P. S.
J.'Ai différens emplois ;
On me fait fervir à la
guerre ,
avec dédain
Soit par mer , foit par terre
Pour venger le courroux des Rois.
Tu me vois avec moins d'allarmes,
Décorer l'homme & relever les armes ;
Mais quittant les honneurs , je fuis
Travaillé par un vil humain.
Avec fept pieds on me compoſe ,
Si de l'un à l'autre on tranfpofe ,
On trouvera d'abord un mortel couronné ,
De Courtisans environné :
Une, ville en Héros féconde ,
Ce qui porte un vaiffeau de l'un à l'autre monde
Deux Saints fort connus ,à Paris , l
Un mot d'Eglife, un métal de grand prix ,
JANVIER. 1756. 71
Un terme négatif , deux notes de mufique ,
Le nom d'un habitant d'Afrique ,
Le préfent incivil d'un eftomac glouton ,
Un jeu la moitié d'un tricon ,
D'an livre entier une partie ,
La fin & l'agrément des vers ,
Un air chanté dans les concerts ,
La Nymphe en vache convertie ,
Un des fept péchés capitaux ,
Une plante qui très -fort pique ,
Une étoffe de foye , une Cour Papiſtique ,
Un animal , qui ronge les manteaux
Ce que tu dois faire à la chaffe
Si tu veux remplir ta beface :
Admire mon dernier effort ,
Tu me vois rire en t'annonçant la mort,
12
Par D. P. S.
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7672
p. 72-80
CHANSON EN DIALOGUE.
Début :
AH voici bian d'une autre affaire. [...]
Mots clefs :
Roi, Âme, Citoyen, Paysan, Roi de Pologne, Citoyen de Genève
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON EN DIALOGUE.
CHANSON EN
DIALOGUE.
A
Le Paysan.
H voici bian d'une autre affaire .
Et j'allons voir un biau fracas ;
Il n'eft , ma foi , rien für la terre
A comparer à STANISLAS ;
Aufli l'on s'écrie ,
D'une ame ravie ,
Dès qu'on en parle , ou qu'on le voit
C'eſt un grand Roi , c'eſt un bon Roi !
Le
Citoyen .
Eft-il un feul trait dans l'Hiftoire
Semblable à cet événement !
Un Roi confacre la mémoire
D'un autre Roi de fon vivant :
Dans fa capitale ,
Lui-même il l'inſtale ,
Sur l'airain il grave la foi ,
Qu'on doit au Roi , qu'on doit au Roi.
Le
Paysan.
Palfangué , le joli vacarme !
Quand monté fur un biau cheval ,
En habit d'or le zéro d'arme
Entonnera le chant Royal !
Déja
JANVIER . 1756. 73
Déja l'on s'écrie ,
D'une ame ravie ,
Vive le Roi , vive le Roi ,
Vive le Roi , vive le Roi !
Le Citoyen.
On bat aux champs , le Roi s'avance :
La joie eft peinte fur fon front ;
Tout s'embellit par la préfence ,
Et tout retentit de fon nom ;
La France attendrie ,
L'Europe ravie ,
Le monde entier dit comme moi :
C'eſt un grand Roi , c'eſt un bon Roi.
Le Paysan.
J'aimons d'entendre la fanfare
De la trompette & du tambour ,
Moufquets , canons , qual tintamare !
Allons , crions à notre tour ,
D'une ame ravie ,
D'une ame attendrie ,
Vive le Roi , vive le Roi !
"
Oh le grand Roi ! oh le bon Roi !
Le Citoyen.
Au nom de l'heureuſe Auftrafie ,
Nos Magiftrats vont dignement
Faire au pere de la Patrie
Un folemnel remerciment
II.Vol. D
74
MERCURE DE FRANCE.
D'une ame ravie ,
Comme eux l'on s'écrie ,
Qu'il eft doux de fuivre la loi
De ce grand Roi , de ce bon Roi !
Le Paysan.
Par refpect tous nos gens de guerre
Baiffont devant lui leurs drapiaux ,
Et nous , ne fçachant comment faire ,
Je jettons en l'air nos chapiaux ;
D'une ame ravie ,
D'une ame attendrie ,
Tout chacun crie ainfi
que
Vive le Roi , vive le Roi !
moi ;
Le Citoyen.
(1) De notre docte Académie ,
Je vois l'un & l'autre Orateur ,
Avec une grace infinie ,
Plaire à l'efprit , parler au coeur ,
Auffi l'on s'écrie
D'une ame ravie ,
( 1 ) M. le Comte de Breffey , Meftre de Camp de
Cavalerie , ancien Capitaine des Gardes du Corps,
Directeur actuel de la Société Royale de Nanci ,
harangua le Roi au nom de la Compagnie.
M. le Comte de Treffan , Lieutenant Général
des Armées du Roi , prononça le Diſcours relatif
à la folemnité de la Dédicace . Ce Diſcours eft im
primé dans le Mercure précédent .
JANVIER. 1756. 75
Tous enſemble , & tous d'une voix,
Ainfi l'on doit parler aux Rois !
Le Paysan.
Que notre Gendre a bonne mine ,
Sur fon pié d'étal tout mâbré :
Du haut de fa gloire il domine
Où fon biau pere eſt adoré ;
Auffi l'on s'écrie
D'une ame ravie ,
En bon Lorrains , en vieux Gaulois ,'
Vivent nos Rois , vivent nos Loir !
Le Citoyen.
Quelle touchante fymphonie !
J'entens les vieillards , les enfans ,
Joindre leurs voeux à l'harmonie
Des plus beaux fons , des plus doux chants ;
Leur ame ravie ,
Leur ame attendrie
Chante les plus chéris des Rois ,
Tous d'une voix , tous d'une voix.
Le Payfan.
L'allégreffe feroit parfaite ,
Si les deux Rois étion préfan ,
Ne pouvant être de la fête ,
LOUIS envoy fon Régiman ;
Auffi l'on s'écrie ,
D'une ame ravie ,
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
Tout comme aux champs de Fontenoi ,
Vive le Roi , vive le Roi !
Le Citoyen.
Pour faire aimer dans tous les âges ,
Le doux empire des Titus ,
En bronze on grave leurs images ,
Leurs noms , leurs bienfaits , leurs vertus ;
C'eft fur ce modèle ,
Qu'aujourd'hui le zèle
Grave les traits de notre Roi ,
De ce grand Roi , de ce bon Roi.
Le Paysan.
Sur un biau tiatre en dorures ,
J'ons vu des Dames , des Monfieux ;
Qui danfiont comme des peintures ,
Qui difcouriont , on ne peut mieux ;
D'une ame ravie ,
D'une ame attendrie ,
Tretous difiont de notre Roi ,
C'est un grand Roi , c'eſt un bon Roi ,
Le Citoyen.
Il retrace le caractere
De tous nos Princes bienfaifans ;
La Patrie en lui trouve un pere ,
Tous les fujets font fes enfans :
Auffi l'on s'écrie ,
D'une ame attendrie ,
JANVIER. 1756. 77
Qu'un peuple est heureux fous la loi
D'un fi bon Roi , d'un fi bon Roi !
Le Paysan.
Morgué , c'eft un grand politique ,
Je fons heureux , il eſt content :
Pour cela voici fa rubrique ,
Il a nos coeurs , j'ons fon argent ;
Auffi chacun crie ,
D'une ame ravie ,
Que béni foit notre bon Roi !
C'eft un vrai Roi , c'eſt ´un vrai Roi
Le Citoyen.
(1 )Faut-il parler , faut-il écrire
Faut-il converfer finement .?
Tout ce qui vient de lui refpire
L'efprit , le gout , le fentiment ;
Auffi Pon s'écrie ,
D'un ame ravie ,
Qu'il penfe en fage , & parle en Roi !
L'habile Roi , l'aimable Roi !
Le Paysan.
J'avons compté ( chofe incroyable )
( z ) J'avons compté cent bâtimens ,
(1) Voyez la voix libre du Citoyen , le Difcours
d'un anonyme à la Société Royale de Nancy , la Réfutation
du Citoyen de Genève , c.
(2) Il y a ici une erreur de calcul dans le comp.
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
Très-vaftes , d'un gout admirable ,
Finis & payés dans trois ans ;
Auffi l'on s'écrie ,
Eft- ce par magie ,
Que l'on voit tout ce que l'on voit ?
Le riche Roi , qu'un ſage Roi !
Le Citoyen.
1
(1 ) C'est lui , qui de ces édifices ,
Fit les defleins , traça les plans ;
Ce n'est que d'après les efquiffes ,
Qu'on vit éclorre les talens :
Auffi l'on s'écrie ,
Quoi ! juſqu'au génie ,
Jufqu'aux Arts il donne la loi ?
C'eft plus qu'un Roi , c'est plus qu'un Roi.
Le Payfan.
Jarni , l'on dit qu'il eft Chimiste ,
( 2 ) Tout ce qu'il fait eft furprenant ,
te du Payfan , car on ne compte que quatre-vinge
dix-neuf Edifices nouvellement conftruits par le
Roi , même en y comprenant les deux nouvelles
Portes de la Ville , les deux Arcs de triomphe &
les Bâtimens pour loger tous les Officiers de la
Garniſon.
(1 ) C'eft le Roi de Pologne qui conçut l'idée
& donna de fa main l'Efquiffe du Kiofque & du
Treffle de Luneville , du Château & du Sallon de
Chanteux , du Pavillon Royal & du Pont de Commercy.
(2) Voyez le Rocher organique & hydrauliJANVIER.
1756. 79
Qu'avec l'Artifte il eft Artiste ,
Qu'il boute à quia le Sçavant ;
Auffi fans envie ,
Chacun d'eux s'écrie ,
Certe , il en fçait plus long que moi !
En tout , ma foi , c'eſt un grand Roi !
Le Citoyen.
Mais quel éclat ! mille fufées
Changent la nuit en un beau jour !
En foleils , en pluie , en trophées ,
Des feux renaiffent tour à tour ;
Auffi l'on s'écrie ,
D'une ame ravie ,
Tout brille au gré de notre Roi ,
De ce grand Roi , de ce bon Roi!
Le
Paysan.
Pargoy , j'ons fait bonne jornée ,
Sans travailler , j'ons de l'argent ;
Ils le jetiont à la poignée ;
J'ons attrapé dix écus blan ,
Çà , chantons victoire ,
Voici de quoi boire :
Buvons à la fanté du Roi ,
De ce grand Roi , de ce bon Roi.
que de Luneville , le Bateau de nouvelle conftruction
, qui par le moyen du feu remonte les Rivieres
, les diverfes machines pour varier la chute des
eaux & faciliter l'élévation des poids.
Div
To
MERCURE DE FRANCE
Le
Citoyen.
Que l'arbitre des deſtinées ,
Veille fur fes précieux jours !
Et qu'aux dépens de nos années ,
Il en prolonge l'heureux cours !
D'une ame ravie ,
Que long- tems on crie ,
Dans la Lorraine & le Barrois ,
Vivent nos Rois , vivent nos Rois !
Le Paysan.
Vive la France & la Lorraine !
Vive LOUIS plus de cent ans !
Vive la chere & digne Reyne !
Ses enfans & petits enfans !
Le
Citoyen.
D'une ame attendrie , "
Le Paysan.
D'une ame ravie ,
Le
Citoyen.
Chantons ,
Le Paysan.
Crions ,
Les deux
enfemble.
Tous à la fois ,
Vivent nos Rois , vivent nos Rois ↓
DIALOGUE.
A
Le Paysan.
H voici bian d'une autre affaire .
Et j'allons voir un biau fracas ;
Il n'eft , ma foi , rien für la terre
A comparer à STANISLAS ;
Aufli l'on s'écrie ,
D'une ame ravie ,
Dès qu'on en parle , ou qu'on le voit
C'eſt un grand Roi , c'eſt un bon Roi !
Le
Citoyen .
Eft-il un feul trait dans l'Hiftoire
Semblable à cet événement !
Un Roi confacre la mémoire
D'un autre Roi de fon vivant :
Dans fa capitale ,
Lui-même il l'inſtale ,
Sur l'airain il grave la foi ,
Qu'on doit au Roi , qu'on doit au Roi.
Le
Paysan.
Palfangué , le joli vacarme !
Quand monté fur un biau cheval ,
En habit d'or le zéro d'arme
Entonnera le chant Royal !
Déja
JANVIER . 1756. 73
Déja l'on s'écrie ,
D'une ame ravie ,
Vive le Roi , vive le Roi ,
Vive le Roi , vive le Roi !
Le Citoyen.
On bat aux champs , le Roi s'avance :
La joie eft peinte fur fon front ;
Tout s'embellit par la préfence ,
Et tout retentit de fon nom ;
La France attendrie ,
L'Europe ravie ,
Le monde entier dit comme moi :
C'eſt un grand Roi , c'eſt un bon Roi.
Le Paysan.
J'aimons d'entendre la fanfare
De la trompette & du tambour ,
Moufquets , canons , qual tintamare !
Allons , crions à notre tour ,
D'une ame ravie ,
D'une ame attendrie ,
Vive le Roi , vive le Roi !
"
Oh le grand Roi ! oh le bon Roi !
Le Citoyen.
Au nom de l'heureuſe Auftrafie ,
Nos Magiftrats vont dignement
Faire au pere de la Patrie
Un folemnel remerciment
II.Vol. D
74
MERCURE DE FRANCE.
D'une ame ravie ,
Comme eux l'on s'écrie ,
Qu'il eft doux de fuivre la loi
De ce grand Roi , de ce bon Roi !
Le Paysan.
Par refpect tous nos gens de guerre
Baiffont devant lui leurs drapiaux ,
Et nous , ne fçachant comment faire ,
Je jettons en l'air nos chapiaux ;
D'une ame ravie ,
D'une ame attendrie ,
Tout chacun crie ainfi
que
Vive le Roi , vive le Roi !
moi ;
Le Citoyen.
(1) De notre docte Académie ,
Je vois l'un & l'autre Orateur ,
Avec une grace infinie ,
Plaire à l'efprit , parler au coeur ,
Auffi l'on s'écrie
D'une ame ravie ,
( 1 ) M. le Comte de Breffey , Meftre de Camp de
Cavalerie , ancien Capitaine des Gardes du Corps,
Directeur actuel de la Société Royale de Nanci ,
harangua le Roi au nom de la Compagnie.
M. le Comte de Treffan , Lieutenant Général
des Armées du Roi , prononça le Diſcours relatif
à la folemnité de la Dédicace . Ce Diſcours eft im
primé dans le Mercure précédent .
JANVIER. 1756. 75
Tous enſemble , & tous d'une voix,
Ainfi l'on doit parler aux Rois !
Le Paysan.
Que notre Gendre a bonne mine ,
Sur fon pié d'étal tout mâbré :
Du haut de fa gloire il domine
Où fon biau pere eſt adoré ;
Auffi l'on s'écrie
D'une ame ravie ,
En bon Lorrains , en vieux Gaulois ,'
Vivent nos Rois , vivent nos Loir !
Le Citoyen.
Quelle touchante fymphonie !
J'entens les vieillards , les enfans ,
Joindre leurs voeux à l'harmonie
Des plus beaux fons , des plus doux chants ;
Leur ame ravie ,
Leur ame attendrie
Chante les plus chéris des Rois ,
Tous d'une voix , tous d'une voix.
Le Payfan.
L'allégreffe feroit parfaite ,
Si les deux Rois étion préfan ,
Ne pouvant être de la fête ,
LOUIS envoy fon Régiman ;
Auffi l'on s'écrie ,
D'une ame ravie ,
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
Tout comme aux champs de Fontenoi ,
Vive le Roi , vive le Roi !
Le Citoyen.
Pour faire aimer dans tous les âges ,
Le doux empire des Titus ,
En bronze on grave leurs images ,
Leurs noms , leurs bienfaits , leurs vertus ;
C'eft fur ce modèle ,
Qu'aujourd'hui le zèle
Grave les traits de notre Roi ,
De ce grand Roi , de ce bon Roi.
Le Paysan.
Sur un biau tiatre en dorures ,
J'ons vu des Dames , des Monfieux ;
Qui danfiont comme des peintures ,
Qui difcouriont , on ne peut mieux ;
D'une ame ravie ,
D'une ame attendrie ,
Tretous difiont de notre Roi ,
C'est un grand Roi , c'eſt un bon Roi ,
Le Citoyen.
Il retrace le caractere
De tous nos Princes bienfaifans ;
La Patrie en lui trouve un pere ,
Tous les fujets font fes enfans :
Auffi l'on s'écrie ,
D'une ame attendrie ,
JANVIER. 1756. 77
Qu'un peuple est heureux fous la loi
D'un fi bon Roi , d'un fi bon Roi !
Le Paysan.
Morgué , c'eft un grand politique ,
Je fons heureux , il eſt content :
Pour cela voici fa rubrique ,
Il a nos coeurs , j'ons fon argent ;
Auffi chacun crie ,
D'une ame ravie ,
Que béni foit notre bon Roi !
C'eft un vrai Roi , c'eſt ´un vrai Roi
Le Citoyen.
(1 )Faut-il parler , faut-il écrire
Faut-il converfer finement .?
Tout ce qui vient de lui refpire
L'efprit , le gout , le fentiment ;
Auffi Pon s'écrie ,
D'un ame ravie ,
Qu'il penfe en fage , & parle en Roi !
L'habile Roi , l'aimable Roi !
Le Paysan.
J'avons compté ( chofe incroyable )
( z ) J'avons compté cent bâtimens ,
(1) Voyez la voix libre du Citoyen , le Difcours
d'un anonyme à la Société Royale de Nancy , la Réfutation
du Citoyen de Genève , c.
(2) Il y a ici une erreur de calcul dans le comp.
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
Très-vaftes , d'un gout admirable ,
Finis & payés dans trois ans ;
Auffi l'on s'écrie ,
Eft- ce par magie ,
Que l'on voit tout ce que l'on voit ?
Le riche Roi , qu'un ſage Roi !
Le Citoyen.
1
(1 ) C'est lui , qui de ces édifices ,
Fit les defleins , traça les plans ;
Ce n'est que d'après les efquiffes ,
Qu'on vit éclorre les talens :
Auffi l'on s'écrie ,
Quoi ! juſqu'au génie ,
Jufqu'aux Arts il donne la loi ?
C'eft plus qu'un Roi , c'est plus qu'un Roi.
Le Payfan.
Jarni , l'on dit qu'il eft Chimiste ,
( 2 ) Tout ce qu'il fait eft furprenant ,
te du Payfan , car on ne compte que quatre-vinge
dix-neuf Edifices nouvellement conftruits par le
Roi , même en y comprenant les deux nouvelles
Portes de la Ville , les deux Arcs de triomphe &
les Bâtimens pour loger tous les Officiers de la
Garniſon.
(1 ) C'eft le Roi de Pologne qui conçut l'idée
& donna de fa main l'Efquiffe du Kiofque & du
Treffle de Luneville , du Château & du Sallon de
Chanteux , du Pavillon Royal & du Pont de Commercy.
(2) Voyez le Rocher organique & hydrauliJANVIER.
1756. 79
Qu'avec l'Artifte il eft Artiste ,
Qu'il boute à quia le Sçavant ;
Auffi fans envie ,
Chacun d'eux s'écrie ,
Certe , il en fçait plus long que moi !
En tout , ma foi , c'eſt un grand Roi !
Le Citoyen.
Mais quel éclat ! mille fufées
Changent la nuit en un beau jour !
En foleils , en pluie , en trophées ,
Des feux renaiffent tour à tour ;
Auffi l'on s'écrie ,
D'une ame ravie ,
Tout brille au gré de notre Roi ,
De ce grand Roi , de ce bon Roi!
Le
Paysan.
Pargoy , j'ons fait bonne jornée ,
Sans travailler , j'ons de l'argent ;
Ils le jetiont à la poignée ;
J'ons attrapé dix écus blan ,
Çà , chantons victoire ,
Voici de quoi boire :
Buvons à la fanté du Roi ,
De ce grand Roi , de ce bon Roi.
que de Luneville , le Bateau de nouvelle conftruction
, qui par le moyen du feu remonte les Rivieres
, les diverfes machines pour varier la chute des
eaux & faciliter l'élévation des poids.
Div
To
MERCURE DE FRANCE
Le
Citoyen.
Que l'arbitre des deſtinées ,
Veille fur fes précieux jours !
Et qu'aux dépens de nos années ,
Il en prolonge l'heureux cours !
D'une ame ravie ,
Que long- tems on crie ,
Dans la Lorraine & le Barrois ,
Vivent nos Rois , vivent nos Rois !
Le Paysan.
Vive la France & la Lorraine !
Vive LOUIS plus de cent ans !
Vive la chere & digne Reyne !
Ses enfans & petits enfans !
Le
Citoyen.
D'une ame attendrie , "
Le Paysan.
D'une ame ravie ,
Le
Citoyen.
Chantons ,
Le Paysan.
Crions ,
Les deux
enfemble.
Tous à la fois ,
Vivent nos Rois , vivent nos Rois ↓
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Résumé : CHANSON EN DIALOGUE.
La chanson dialoguée célèbre les mérites de Stanislas Leszczyński, roi de Pologne et duc de Lorraine, ainsi que ceux de Louis XV. Les personnages expriment une grande admiration et dévotion envers le roi, le qualifiant de 'grand Roi' et 'bon Roi'. Ils soulignent sa grandeur et ses qualités exceptionnelles. Divers événements et célébrations en l'honneur du roi sont mentionnés, tels que des défilés, des discours officiels et des manifestations de joie publique. Un événement marquant est la consécration de la mémoire du roi de son vivant, avec des inscriptions sur des monuments en bronze. La population, incluant les militaires et les civils, manifeste sa loyauté et son enthousiasme en lançant leurs chapeaux en l'air et en acclamant le roi avec des cris de joie. Des orateurs comme le Comte de Breffey et le Comte de Treffan prononcent des discours soulignant les vertus et les bienfaits du roi pour la patrie. Le roi est loué pour ses réalisations concrètes, telles que la construction de bâtiments magnifiques et l'encouragement des arts et des sciences. Le texte mentionne également des innovations techniques comme le bateau à vapeur et diverses machines hydrauliques. Les personnages expriment leur joie et leur gratitude pour les festivités et les largesses royales, souhaitant longue vie au roi et à ses descendants.
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7673
p. 217-218
DU NORD.
Début :
Quelque attentif que le Gouvernement soit à maintenir la sureté [...]
Mots clefs :
Varsovie, Stockholm, Sûreté publique, Vols et brigandages, Exécutions, Mal contagieux, Secousses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DUNOR D.
DE WARSOVIE , le 29 Novembre.
QuelUelque attentif que le Gouvernement foit
à maintenir la fureté publique dans cette ville ,
les vols y font toujours fréquens. La femaine
derniere encore , le magafin d'un riche négociant
Arménien a été forcé , & l'on en a enlevé beau→
coup de marchandiſes de grande valeur . Les Juifs
étant foupçonnés d'être complices des voleurs ,
ou du moins de les favorifer , on a chaffé de cette
capitale toutes les perfonnes de cette nation , par
un decret qui fut publié avant-hier , & qui a été
exécuté aujourd'hui . Depuis quelques jours , on
a arrêté dix brigands , & hier on fe faifit d'un de
leurs chefs.
Au commencement du mois dernier , il arriva
de Bender à Laticzew un jeune Turc , qu'on fçavoit
avoir été domeftique dans la premiere de
ces deux villes. Sa dépenfe furpaffant de beaucoup
les facultés d'un homme de ſon état , il
fur mis aux arrêts , & interrogé par ordre des
Magiftrats . Il déclara qu'il avoit hérité du bien
de fon Maître , qui l'avoit inftitué fon légataire
, & qui étoit mort de la pefte avec toute fa
famille. Quelques jours après il mourut. Les prifonniers
qui avoient été renfermés avec lui dans
La même chambre , & même les Geoliers qui
II. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE.
les avoient fervis , ne tarderent pas à avoir le
même fort. Ces accidens ont d'abord caufé beaucoup
d'épouvante à Laticzew , & même dans la
ville de Nimirow , qui en eft voifine. La plupart
des habitans ont abandonné leurs maifons , & fe
font retirés dans les bois. Mais aucun d'eux n'étant
mort depuis avec des fymptomes de mal
contagieux , les inquiétudes font entierement
diffipées.
DE STOCKHOLM , le 9 Decembre.
Suivant les nouvelles de Dalecarlie , & de quel
ques autres provinces , on y a fenti le premier du
mois dernier une fecouffe , pendant laquelle les
eaux de plufieurs rivieres & de différens lacs ont
été extrêmement agitées.
DE WARSOVIE , le 29 Novembre.
QuelUelque attentif que le Gouvernement foit
à maintenir la fureté publique dans cette ville ,
les vols y font toujours fréquens. La femaine
derniere encore , le magafin d'un riche négociant
Arménien a été forcé , & l'on en a enlevé beau→
coup de marchandiſes de grande valeur . Les Juifs
étant foupçonnés d'être complices des voleurs ,
ou du moins de les favorifer , on a chaffé de cette
capitale toutes les perfonnes de cette nation , par
un decret qui fut publié avant-hier , & qui a été
exécuté aujourd'hui . Depuis quelques jours , on
a arrêté dix brigands , & hier on fe faifit d'un de
leurs chefs.
Au commencement du mois dernier , il arriva
de Bender à Laticzew un jeune Turc , qu'on fçavoit
avoir été domeftique dans la premiere de
ces deux villes. Sa dépenfe furpaffant de beaucoup
les facultés d'un homme de ſon état , il
fur mis aux arrêts , & interrogé par ordre des
Magiftrats . Il déclara qu'il avoit hérité du bien
de fon Maître , qui l'avoit inftitué fon légataire
, & qui étoit mort de la pefte avec toute fa
famille. Quelques jours après il mourut. Les prifonniers
qui avoient été renfermés avec lui dans
La même chambre , & même les Geoliers qui
II. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE.
les avoient fervis , ne tarderent pas à avoir le
même fort. Ces accidens ont d'abord caufé beaucoup
d'épouvante à Laticzew , & même dans la
ville de Nimirow , qui en eft voifine. La plupart
des habitans ont abandonné leurs maifons , & fe
font retirés dans les bois. Mais aucun d'eux n'étant
mort depuis avec des fymptomes de mal
contagieux , les inquiétudes font entierement
diffipées.
DE STOCKHOLM , le 9 Decembre.
Suivant les nouvelles de Dalecarlie , & de quel
ques autres provinces , on y a fenti le premier du
mois dernier une fecouffe , pendant laquelle les
eaux de plufieurs rivieres & de différens lacs ont
été extrêmement agitées.
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Résumé : DU NORD.
À Varsovie, malgré les efforts du gouvernement pour maintenir l'ordre, les vols sont fréquents. Un magasin appartenant à un riche négociant arménien a été cambriolé, entraînant l'expulsion des Juifs accusés de complicité. Dix brigands ont été arrêtés, dont un chef la veille du décret. À Laticzew, un jeune Turc a été arrêté pour des dépenses excessives, prétendant avoir hérité de son maître décédé de la peste. Son décès, suivi de ceux de ses codétenus et geôliers, a provoqué une panique due à la peur de l'épidémie, poussant les habitants à fuir. Cependant, l'absence de nouveaux cas a apaisé les craintes. À Stockholm, des nouvelles signalent une secousse sismique en Dalécarlie et autres provinces le 1er décembre, perturbant les eaux des rivières et lacs.
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7674
p. 218-219
ALLEMAGNE.
Début :
Le 30 du mois dernier, on rendit de solemnelles actions de graces [...]
Mots clefs :
Dresde, Hambourg, Naissance, Madame la Dauphine, Portugal, Tremblement de terre, Secours, Navires, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE DRESDE , le 8 Decembre.
Le 30 du mois dernier , on rendit de folemnelles
actions de graces dans toutes les églifes de
cette ville , pour les heureufes couches de Madame
la Dauphine.
DE HAMBOURG , le 10 Decembre.
Sur la nouvelle de l'affreux déſaftre que le Por
tugal vient d'effuyer , la Régence de cette ville a
réfolu de faire partir inceffamment quatre navires
chargés de tous les fecours néceffaires dont
ce Royaume infortuné peut avoir befoin. La plú
part des Hambourgeois qui étoient établis à Lif
bonne , fe font heureufement fauvés , mais leurs
maiſons & leurs effets ont été enveloppés dans la
JANVIER. 1756. 219
difgrace commune , & ont été détruits , ou par
le tremblement , ou par le feu.
DE DRESDE , le 8 Decembre.
Le 30 du mois dernier , on rendit de folemnelles
actions de graces dans toutes les églifes de
cette ville , pour les heureufes couches de Madame
la Dauphine.
DE HAMBOURG , le 10 Decembre.
Sur la nouvelle de l'affreux déſaftre que le Por
tugal vient d'effuyer , la Régence de cette ville a
réfolu de faire partir inceffamment quatre navires
chargés de tous les fecours néceffaires dont
ce Royaume infortuné peut avoir befoin. La plú
part des Hambourgeois qui étoient établis à Lif
bonne , fe font heureufement fauvés , mais leurs
maiſons & leurs effets ont été enveloppés dans la
JANVIER. 1756. 219
difgrace commune , & ont été détruits , ou par
le tremblement , ou par le feu.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 30 novembre, des actions de grâce eurent lieu à Dresde pour les récentes couches de la Dauphine. Le 10 décembre, Hambourg envoya quatre navires de secours au Portugal après un tremblement de terre. La plupart des Hambourgeois à Lisbonne survécurent, mais leurs biens furent détruits.
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7675
p. 219-221
ESPAGNE.
Début :
Le Roi désirant de favoriser les progrès des Sciences, particulierement [...]
Mots clefs :
Madrid, Sa Majesté, Financement des sciences, Tremblements de terre, Maroc, Dégâts, Tetuan, Tanger, Épouvante, Victimes de catastrophes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE MADRID , le 16 Decembre.
Le Roi défirant de favorifer les progrès des
Sciences , particulierement de celles qui femblent
devoir être les plus utiles , a donné au Collège de
Médecine la maifon de plaifance de Migafcalientes
, afin qu'on y forme un jardin des plantes
. En même tems Sa Majesté a affigné une
fomme confiderable , tant pour l'entretien de ce
jardin , que pour la fondation de deux chaires de
Botanique dont elle difpofè en faveur de Don
Jofeph Quer & de Don Juan Mingar. Don Jofeph
Zugnol , premier Médecin du Roi , aura la direction
de cet établiſſement.
Le premier du mois dernier on reffentit à
Maroc un affreux tremblement de terre , à la
même heure qu'en Efpagne. La plupart des
maiſons & des édifices publics de cette ville ont
été totalement renversés , & une grande multirude
d'habitans a été enfevelie fous les ruines.
Le nombre des perfonnes qui ont péri , ne peut
pas encore le fixer. A huit lieues de cette ville
la terre s'eft ouverte , & a englouti une peuplade
entiere d'Arabes , avec leurs tentes , pavillons
chevaux , chameaux , mules , & généralement.
tous leurs beftiaux. Un fort qu'ils avoient pour
leur chef-lieu , & dans lequel il y avoit cinq
mille perfonnes , a difparn. Il a péri auffi fix
mille hommes de Cavalerie qui étoient dans dif
férens quartiers autour de ce fort , fans qu'il
en foit échappé un feul. Dans les villes de Safi
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
& de Sainte-Croix , il y a eu auffi beaucoup de
maifons & d'édifices ruinés qui ont écrasé un
nombre confidérable de perfonnes. La mer fe
retira , & s'éleva enfuite à une hauteur , dont
l'hiftoire ne rapporte point d'exemple. Elle cau
fa un notable dommage aux vaiffeaux qui étoient
dans l'un & l'autre port , & elle remplit tous
les environs de la côte de divers débris qu'elle
jetta fort avant dans les terres , avec une quantité
prodigieufe de poiffon.
On apprend par les lettres de Tetuan , du 24
du même mois , que le 18 à dix heures du foir ,
on y avoit éprouvé pendant quatre minutes ,
ainfi que dans les peuplades des environs , un
fecond tremblement de terre auffi fort que le
premier qu'il avoit continué avec moins de
force jufqu'à l'après- midi du jour ſuivant ; mais
que le 20
à deux heures du matin , à cinq , à
neuf & à midi , il avoit recommencé avec la même
violence que la premiere fois, Tous les ha
bitans fe font fauvés à la campagne , où ils
étoient encore au départ des lettres dans une
confternation générale-
Le même tremblement de terre s'eſt fait ſentir
à Tanger. Les fecouffes y ont été plus ou
moins fortes par intervalles. On y a remarqué
que pendant vingt- quatre heures l'eau s'étoit retige
, & que toutes les fontaines étoient demeurées
à Tec.
Il vient d'arriver un exprès de Fez , avec la nouvelle
que les tremblemens de terre du 18 & du
19 , avoient ruiné la plupart des édifices & des
maifons des deux villes de Fez , où plus de trois
mille perfonnes avoient perdu la vie ; que dans
le même jour la fameufe ville de Méquinez
avoit été détruite , & qu'il n'y reftoit qu'une
JANVIER. 1756 . 221
feule maiſon. Tous les habitans ſe font retirés
dans les champs , où ils font campés. On compte
que quatre mille Maures ont été enterrés fous
les ruines , ainfi que huit mille Juifs qui vivoient
dans un quartier féparé , & dont le nombre
montoit jufqu'à feize mille. Les mêmes lettres
ajoutent qu'on reffent dans toute cette partie
de l'Afrique de continuels mouvemens de
la terre , & qu'on entend des bruits fourds qui
répandent partout l'épouvante.
DE MADRID , le 16 Decembre.
Le Roi défirant de favorifer les progrès des
Sciences , particulierement de celles qui femblent
devoir être les plus utiles , a donné au Collège de
Médecine la maifon de plaifance de Migafcalientes
, afin qu'on y forme un jardin des plantes
. En même tems Sa Majesté a affigné une
fomme confiderable , tant pour l'entretien de ce
jardin , que pour la fondation de deux chaires de
Botanique dont elle difpofè en faveur de Don
Jofeph Quer & de Don Juan Mingar. Don Jofeph
Zugnol , premier Médecin du Roi , aura la direction
de cet établiſſement.
Le premier du mois dernier on reffentit à
Maroc un affreux tremblement de terre , à la
même heure qu'en Efpagne. La plupart des
maiſons & des édifices publics de cette ville ont
été totalement renversés , & une grande multirude
d'habitans a été enfevelie fous les ruines.
Le nombre des perfonnes qui ont péri , ne peut
pas encore le fixer. A huit lieues de cette ville
la terre s'eft ouverte , & a englouti une peuplade
entiere d'Arabes , avec leurs tentes , pavillons
chevaux , chameaux , mules , & généralement.
tous leurs beftiaux. Un fort qu'ils avoient pour
leur chef-lieu , & dans lequel il y avoit cinq
mille perfonnes , a difparn. Il a péri auffi fix
mille hommes de Cavalerie qui étoient dans dif
férens quartiers autour de ce fort , fans qu'il
en foit échappé un feul. Dans les villes de Safi
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
& de Sainte-Croix , il y a eu auffi beaucoup de
maifons & d'édifices ruinés qui ont écrasé un
nombre confidérable de perfonnes. La mer fe
retira , & s'éleva enfuite à une hauteur , dont
l'hiftoire ne rapporte point d'exemple. Elle cau
fa un notable dommage aux vaiffeaux qui étoient
dans l'un & l'autre port , & elle remplit tous
les environs de la côte de divers débris qu'elle
jetta fort avant dans les terres , avec une quantité
prodigieufe de poiffon.
On apprend par les lettres de Tetuan , du 24
du même mois , que le 18 à dix heures du foir ,
on y avoit éprouvé pendant quatre minutes ,
ainfi que dans les peuplades des environs , un
fecond tremblement de terre auffi fort que le
premier qu'il avoit continué avec moins de
force jufqu'à l'après- midi du jour ſuivant ; mais
que le 20
à deux heures du matin , à cinq , à
neuf & à midi , il avoit recommencé avec la même
violence que la premiere fois, Tous les ha
bitans fe font fauvés à la campagne , où ils
étoient encore au départ des lettres dans une
confternation générale-
Le même tremblement de terre s'eſt fait ſentir
à Tanger. Les fecouffes y ont été plus ou
moins fortes par intervalles. On y a remarqué
que pendant vingt- quatre heures l'eau s'étoit retige
, & que toutes les fontaines étoient demeurées
à Tec.
Il vient d'arriver un exprès de Fez , avec la nouvelle
que les tremblemens de terre du 18 & du
19 , avoient ruiné la plupart des édifices & des
maifons des deux villes de Fez , où plus de trois
mille perfonnes avoient perdu la vie ; que dans
le même jour la fameufe ville de Méquinez
avoit été détruite , & qu'il n'y reftoit qu'une
JANVIER. 1756 . 221
feule maiſon. Tous les habitans ſe font retirés
dans les champs , où ils font campés. On compte
que quatre mille Maures ont été enterrés fous
les ruines , ainfi que huit mille Juifs qui vivoient
dans un quartier féparé , & dont le nombre
montoit jufqu'à feize mille. Les mêmes lettres
ajoutent qu'on reffent dans toute cette partie
de l'Afrique de continuels mouvemens de
la terre , & qu'on entend des bruits fourds qui
répandent partout l'épouvante.
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Résumé : ESPAGNE.
En Espagne, le roi a donné au Collège de Médecine la maison de plaisance de Miguelajén pour créer un jardin des plantes. Il a financé l'entretien de ce jardin et la création de deux chaires de Botanique, dirigées par Don Joseph Quer et Don Juan Mingar, sous la supervision de Don Joseph Zuniga. Le 1er décembre, un violent tremblement de terre a frappé Marrakech au Maroc, détruisant la plupart des bâtiments et causant de nombreuses victimes. À huit lieues de la ville, une peuplade arabe a été engloutie avec ses biens et ses animaux. Les villes de Safi et de Santa Cruz ont également subi des destructions importantes. La mer s'est retirée puis élevée, endommageant les navires et laissant des débris sur les côtes. Le 18 décembre, un second tremblement de terre a touché Tétouan, suivi de réplicas jusqu'au lendemain. Le 20 décembre, de nouveaux séismes ont frappé, poussant les habitants à se réfugier à la campagne. À Tanger, les secousses ont varié en intensité, et l'eau des fontaines s'est retirée pendant vingt-quatre heures. À Fès, les tremblements de terre des 18 et 19 décembre ont détruit la plupart des bâtiments, faisant plus de trois mille morts. La ville de Meknès a été presque entièrement détruite, avec quatre mille Maures et huit mille Juifs tués.
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7676
p. 221-223
ITALIE.
Début :
Les Jésuites, dans le Chapitre qu'ils tinrent le 30 Novembre, ont élu [...]
Mots clefs :
Rome, Gênes, Général des Jésuites, Élection, Patricien Grimaldi, Corse
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
DE ROME , le 6 Decembre.
Les Jéfuites , dans le Chapitre qu'ils tinrent le
30 Novembre , ont élu pour leur Général le Pere
Louis Centurione , Génois . L'après - midi , ce nouveau
Général alla rendre fes refpects au Pape , &
recevoir la bénédiction de Sa Sainteté.
DE GENES , le
15
Decembre.
La connoiffance que le Patricien Jean -Jacques
Grimaldi a acquife de la Corfe pendant le long
féjour qu'il y a fait , & le zele avec lequel il veut
bien expofer fa perfonne pour rétablir l'ordre
dans l'intérieur de l'ifle , a déterminé le Gouvernement
à lui en confier le foin , de concert avec
le Patricien Jofeph Doria , qui lui a fuccédé en
qualité de Commiffaire Général . La premiere
opération du Patricien Grimaldi a été de faire
conftruire fur une éminence appellée l'Ifola Roffa
, une redoute , qui bat la Plage du même nom
par où il fe faifoit ci - devant beaucoup de débarquemens
frauduleux , Cette redoute a battu parti-
Kiij
i22 MERCURE DE FRANCE.
culierement en ruine dans le continent un fort
qui fervoit à les favorifer. Le Patricien Grimaldi
eft paffé delà à S. Florent. Après avoir mis cette
pla e en état de défenſe , il a fait rafer plufieurs
redoutes qui la dominoient du côté de la terre.
Il s'eft mis enfuite à la tête d'un certain nombre
de Piquets , avec lefquels il a deffein de pénétrer
peu-à- peu dans tous les endroits de l'ifle
Jes plus propres au brigandage , & dont les habitans
font plus difpofés à fuivre les impreffions
de ceux qui trouvent leur intérêt à le perpétuer.
Le 16 du mois dernier , il avoit déja franchi les
plaines d'Oletta & la province de Nebbio , jufques
& compris le même village d'Oletta. Tous les
poftes de Paoli fe font repliés fucceffivement les
uns fur les autres. Dans les environs du village
d'Oletta , fe croyant fuffifamment en force ils
ont fait front. Mais les meſures ont été fi bien
prifes , que malgré leur nombre & la vivacité de
leur feu ils ont été bientôt mis en fuite.
Le Général Génois eft resté maître de tout le
pays qu'il a parcouru , fans avoir fait d'autre perte
que celle d'un ſoldat . A la vérité , il en a couté
trois ou quatre à un détachement qui eft forti
trop foible de la Baftie quelques momens après
l'action , & qui a donné dans le gros des fuyards.
Le 24 du mois dernier , il furprit un de leur
poftes affez confidérable ; & le 27 M. Bacigalu
po , Officier de beaucoup de mérite qui eft fous
Tes ordres , fit abattre en leur préfence plus de
quatre cens arbres pour effayer de rendre les
chemins un peu plus furs , fans qu'aucun des
Rébelles ofât s'y oppofer. Le 4 de ce mois ,
Général Génois , après avoir fait occuper la men
tagne de Penne-Roffe , chargea un détachement
commandé par un de leurs principaux Chefs ,
JANVIER. 1756. 223
nommé Cafa Bianca . Ce détachement prit auflitôt
la fuite , à l'exception de quarante hommes ,
qui furent tués ou faits prifonniers. Le Commandant
qui fut bleflé mortellement , fut du nombre
des derniers . Les troupes Génoiſes n'ont pas
perdu un foldat dans cette action,
DE ROME , le 6 Decembre.
Les Jéfuites , dans le Chapitre qu'ils tinrent le
30 Novembre , ont élu pour leur Général le Pere
Louis Centurione , Génois . L'après - midi , ce nouveau
Général alla rendre fes refpects au Pape , &
recevoir la bénédiction de Sa Sainteté.
DE GENES , le
15
Decembre.
La connoiffance que le Patricien Jean -Jacques
Grimaldi a acquife de la Corfe pendant le long
féjour qu'il y a fait , & le zele avec lequel il veut
bien expofer fa perfonne pour rétablir l'ordre
dans l'intérieur de l'ifle , a déterminé le Gouvernement
à lui en confier le foin , de concert avec
le Patricien Jofeph Doria , qui lui a fuccédé en
qualité de Commiffaire Général . La premiere
opération du Patricien Grimaldi a été de faire
conftruire fur une éminence appellée l'Ifola Roffa
, une redoute , qui bat la Plage du même nom
par où il fe faifoit ci - devant beaucoup de débarquemens
frauduleux , Cette redoute a battu parti-
Kiij
i22 MERCURE DE FRANCE.
culierement en ruine dans le continent un fort
qui fervoit à les favorifer. Le Patricien Grimaldi
eft paffé delà à S. Florent. Après avoir mis cette
pla e en état de défenſe , il a fait rafer plufieurs
redoutes qui la dominoient du côté de la terre.
Il s'eft mis enfuite à la tête d'un certain nombre
de Piquets , avec lefquels il a deffein de pénétrer
peu-à- peu dans tous les endroits de l'ifle
Jes plus propres au brigandage , & dont les habitans
font plus difpofés à fuivre les impreffions
de ceux qui trouvent leur intérêt à le perpétuer.
Le 16 du mois dernier , il avoit déja franchi les
plaines d'Oletta & la province de Nebbio , jufques
& compris le même village d'Oletta. Tous les
poftes de Paoli fe font repliés fucceffivement les
uns fur les autres. Dans les environs du village
d'Oletta , fe croyant fuffifamment en force ils
ont fait front. Mais les meſures ont été fi bien
prifes , que malgré leur nombre & la vivacité de
leur feu ils ont été bientôt mis en fuite.
Le Général Génois eft resté maître de tout le
pays qu'il a parcouru , fans avoir fait d'autre perte
que celle d'un ſoldat . A la vérité , il en a couté
trois ou quatre à un détachement qui eft forti
trop foible de la Baftie quelques momens après
l'action , & qui a donné dans le gros des fuyards.
Le 24 du mois dernier , il furprit un de leur
poftes affez confidérable ; & le 27 M. Bacigalu
po , Officier de beaucoup de mérite qui eft fous
Tes ordres , fit abattre en leur préfence plus de
quatre cens arbres pour effayer de rendre les
chemins un peu plus furs , fans qu'aucun des
Rébelles ofât s'y oppofer. Le 4 de ce mois ,
Général Génois , après avoir fait occuper la men
tagne de Penne-Roffe , chargea un détachement
commandé par un de leurs principaux Chefs ,
JANVIER. 1756. 223
nommé Cafa Bianca . Ce détachement prit auflitôt
la fuite , à l'exception de quarante hommes ,
qui furent tués ou faits prifonniers. Le Commandant
qui fut bleflé mortellement , fut du nombre
des derniers . Les troupes Génoiſes n'ont pas
perdu un foldat dans cette action,
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Résumé : ITALIE.
Le 6 décembre, les Jésuites élisent le Père Louis Centurione comme nouveau Général et il reçoit la bénédiction papale le même jour. À Gênes, le 15 décembre, Jean-Jacques Grimaldi est nommé commissaire général de Corse avec Joseph Doria. Grimaldi commence par construire une redoute sur l'Isola Rossa pour prévenir les débarquements illégaux. Il fortifie ensuite Saint-Florent et érige plusieurs redoutes pour défendre la ville. Il mène des opérations pour sécuriser les zones à risque de brigandage, traversant les plaines d'Oletta et la province de Nebbio jusqu'au village d'Oletta. Le 16 novembre, il repousse les postes de Paoli et prend le contrôle de la région sans pertes. Le 24 novembre, il surprend un poste rebelle important. Le 27 novembre, l'officier Bacigalupo ouvre des chemins sans rencontrer d'opposition. Le 4 décembre, les troupes génoises occupent la montagne de Penne-Rossa et repoussent un détachement rebelle commandé par Casa Bianca, tuant ou capturant quarante hommes, dont le commandant blessé mortellement, sans subir de pertes.
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7677
p. 223-224
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Les Seigneurs passerent le 16 Decembre le Bill de la taxe sur les terres. [...]
Mots clefs :
Londres, Taxes sur les terres, Vaisseaux marchands, Comte de Marchmont, Sa Majesté, Charges gouvernementales
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE- BRETAGNE.
DE LONDRES , le 22 Decembre.
Les Seigneurs pafferent le 16 Decembre le Bil
de la taxe fur les terres . Le 12 de ce mois , la
Chambre des Communes accorda au Roi cent
mille livres fterlings, pour mettre Sa Majesté en
état de remplir les engagemens avec l'Impératrice
de Ruffie ; & cinquante- quatre mille cent quarante
pour fatisfaire au traité conclu avec le Landgrave
de Heffe- Caffel.
Il a été ordonné d'augmenter de dix hommes
chaque Efcadron des Régimens de Dragons fur
l'établiſſement de la Grande Bretagne. Les trois
-Régimens des Gardes à pied on ordre de prépa
rer leurs bagages. On affure que le Gouverner
ment fera pafler au Printems prochain un corps
de troupes Angloifes dans les Pays-Bas. 4
Le Comte d'Egmont s'étant excufé d'accepter
la charge de Tréforier Général des troupes , le
Roi l'a partagée entre le Comte de Darlington &
M. Hay.
Tous les vaiffeaux marchands qui étoient prêts
à faire voile de Spithead pour Lifbonne , lors
qu'on été informé de la ruine de cette ville
feront déchargés inceffamment.
On affure que le Comte Marchmont doit fe
rendre à Berlin en qualité d'Envoyé Extraordi
K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
naire & Plénipotentiaire de Sa Majefté auprès du
Roi de Pruffe. Le Roi a nommé le Duc de Marlboroug
, Grand Maître de l'Artillerie ; le Comte
de Gower , Garde du Sceau Privé ; le Comte de
Sandwich , Garde des Forêts d'Angleterre ; le
Comte de Hilfbouroug , Tréforier de la Maifon
de Sa Majesté. Le Roi a difpofé du Gouvernement
de la nouvelle Ecofle , vacant par la démiffion
du Colonel Hopfon , en faveur de M. Lawrence
, Lieutenant - Gouverneur de cette Province.
DE LONDRES , le 22 Decembre.
Les Seigneurs pafferent le 16 Decembre le Bil
de la taxe fur les terres . Le 12 de ce mois , la
Chambre des Communes accorda au Roi cent
mille livres fterlings, pour mettre Sa Majesté en
état de remplir les engagemens avec l'Impératrice
de Ruffie ; & cinquante- quatre mille cent quarante
pour fatisfaire au traité conclu avec le Landgrave
de Heffe- Caffel.
Il a été ordonné d'augmenter de dix hommes
chaque Efcadron des Régimens de Dragons fur
l'établiſſement de la Grande Bretagne. Les trois
-Régimens des Gardes à pied on ordre de prépa
rer leurs bagages. On affure que le Gouverner
ment fera pafler au Printems prochain un corps
de troupes Angloifes dans les Pays-Bas. 4
Le Comte d'Egmont s'étant excufé d'accepter
la charge de Tréforier Général des troupes , le
Roi l'a partagée entre le Comte de Darlington &
M. Hay.
Tous les vaiffeaux marchands qui étoient prêts
à faire voile de Spithead pour Lifbonne , lors
qu'on été informé de la ruine de cette ville
feront déchargés inceffamment.
On affure que le Comte Marchmont doit fe
rendre à Berlin en qualité d'Envoyé Extraordi
K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
naire & Plénipotentiaire de Sa Majefté auprès du
Roi de Pruffe. Le Roi a nommé le Duc de Marlboroug
, Grand Maître de l'Artillerie ; le Comte
de Gower , Garde du Sceau Privé ; le Comte de
Sandwich , Garde des Forêts d'Angleterre ; le
Comte de Hilfbouroug , Tréforier de la Maifon
de Sa Majesté. Le Roi a difpofé du Gouvernement
de la nouvelle Ecofle , vacant par la démiffion
du Colonel Hopfon , en faveur de M. Lawrence
, Lieutenant - Gouverneur de cette Province.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 16 décembre, les Seigneurs ont validé le billet de la taxe sur les terres. Le 12 décembre, la Chambre des Communes a alloué au roi 100 000 livres sterling pour des engagements avec l'impératrice de Russie et 54 140 livres pour un traité avec le landgrave de Hesse-Cassel. Chaque escadron des régiments de dragons en Grande-Bretagne sera augmenté de dix hommes. Les trois régiments des Gardes à pied doivent préparer leurs bagages. Un corps de troupes anglaises sera envoyé dans les Pays-Bas au printemps. La charge de trésorier général des troupes, refusée par le comte d'Egmont, a été partagée entre le comte de Darlington et M. Hay. Les vaisseaux marchands prêts à partir de Spithead pour Lisbonne seront déchargés en raison de la destruction de cette ville. Le comte Marchmont est nommé envoyé extraordinaire et plénipotentiaire auprès du roi de Prusse. Le roi a nommé plusieurs dignitaires : le duc de Marlborough grand maître de l'artillerie, le comte de Gower garde du sceau privé, le comte de Sandwich garde des forêts d'Angleterre, et le comte de Hillsborough trésorier de la maison royale. M. Lawrence est désigné gouverneur de la Nouvelle-Écosse, succédant au colonel Hopkins.
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7678
p. 224-228
« Il y a eu des illuminations & des feux de joie dans les terres [...] »
Début :
Il y a eu des illuminations & des feux de joie dans les terres [...]
Mots clefs :
Famille royale, Chevalier, Lieutenant, Ambassadeur, Tremblement de terre, Crue du Rhône, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il y a eu des illuminations & des feux de joie dans les terres [...] »
Il y a eu des illuminations & des feux de joie
'dans les terres de M. le Marquis de Monpefat ,
du Dauphiné & du Languedoc à l'occafion de la
naiffance de Monfeigneur le Comte de Provence.
2 Le 23 , M. le Duc de Mirepoix prit 'congé de
leurs Majeftés & de la Famille Royale. Il part
inceffamment pour aller tenir les Etats de Languedoc
, qui doivent s'affembler le mois prochain.
" M. le Chevalier Chauvelin Lieutenant - Général
des armées du Roi , & fon Ambaffadeur
auprès du Roi de Sardaigne étant arrivé depuis
peu de Turin , fut préfenté le 21 à Sa Majesté
par M. Rouillé , Miniftre & Secrétaire d'Etat ,
ayant le département des Affaires étrangeres.
Le même jour , Madame la Maréchale de Lo
JANVIE R. 1756 . 225
wendalh fit fes révérences au Roi , à la Reine , &
à la Famille Royale .
Madame la Marquife de Conflans fut préfentée
le même jour à leurs Majeftés.
On a fenti une legere fecouffe de tremblement
de terre à Besançon , & dans d'autres villes
de la Franche- Comté. M. de la Lande , de
l'Académie Royale des Sciences , a mandé à cette
Académie , que le 9 Décembre , à deux heures
quarts après-midi , il y avoit eu auffi deux fecouf-
Bourg-en Breffe .
Les eaux du Rhône , groffies par une fonte fubite
des neiges , font montées à une hauteur à
laquelle on ne les avoit jamais vués. Ce fleuve
a rompu toutes les digues. Une furface de plus
de quarante lieues quarrées , que contient le territoire
d'Arles , a été totalement fubmergée , à
P'exception feulement du fommet de quelques.
monticules. Les deux bras du fleuve qui entourent
l'ifle de Camargue , n'ont fait qu'une feule
riviere , & ils ont couvert entierement cette ifle.
Près de trente mille bêtes à laine ont été noyées,
ainfi qu'un nombre prodigieux de bêtes à cornes ,
de chevaux & de mulets. La ville d'Arles a , ellemême
beaucoup fouffert. A Tarascon , les eaux
ont paffé par- deflus les grandes chauffées , & ont
inondé la campagne jufqu'à huit pieds de hauteur.
Elles étoient au niveau du premier étage
des maifons dans la ville baffe. La ville d'Avignon
a été expofée au même fléau . L'inondation
y a fait écrouler plufieurs maiſons , & en a
ébranlé un grand nombre d'autres. Dans le Comtat
Venaiffin , auffi bien qu'en Provence , on a
fait une perte immenſe en bled , vin , huile , &
autres denrées.
Madame la Dauphine fut relevée de fes cou
K.v
226 MERCURE DE FRANCE.
ches le 28 du mois dernier , dans la chapelle du
Château. L'Archevêque de Sens , premier Aumônier
de cette Princeffe , fit la cérémonie , en préfence
du Curé de l'Eglife paroiffiale de Notre-
Dame.
Le même jour , Madame la Comteffe de Beuzeville
, à l'occafion de la mort du Comte fon
époux , fit fes révérences à leurs Majeſtés , & à la
Famille Royale.
Le même jour , M. Jannel , Chevalier de Saint
Michel , ci- devant Contrôleur Général des Poftes
& Relais de France , nommé le 24 pour fuc
céder à feu M. de Gerfeuil , Intendant Général
des Poftes & Relais de France , a été préſenté en
la même qualité au Roi dans fon cabinet par M.
le Comte d'Argenſon , Surintendant des Poftes .
M. Jannel a été Secrétaire du Congrès de Soiffons.
I eft connu d'ailleurs par plufieurs négociations
importantes , dont il a été chargé en différentes
Cours.
Le premier jour de l'an , les Princes & Prin
ceffes , ainfi que les Seigneurs & Dames de la
Cour , ont eu l'honneur de complimenter le Roi
fur la nouvelle année. Le Corps de Ville a rendu
à cette occafion fes refpects à leurs Majeftés & à
la Famille Royale.
Les Chevaliers , Commandeurs , & Officiers de
l'Ordre du Saint Efprit , s'étant afſemblés vers les
onze heures du matin dans le cabinet du Roi ; Sa
Majefté a tenu un Chapitre , dans lequel elle a
nommé Chevaliers de fes Ordres le Prince Camille
de Lorraine , le Duc d'Harcourt , le Duc de Fitz-
James , le Duc d'Aiguillon ; le Comte de Stainville
, Ambaffadeur Extraordinaire du Roi auprès
du Saint Siege ; le Comte de Bafchi , Ambaffadeur
de Sa Majesté en Portugal ; le Marquis de SaintJANVIER.
1756 . 227
Viral , Chevalier d'honneur de Madame Ducheffe
de Parme ; le Prince Jablonowski , & le Prince
Louis de Wirtemberg. Le Roi eft forti enfuite de
fon appartement pour aller à la chapelle. Sa Majefté
, devant qui les deux Huiffiers de la Chambre
portoient leurs Maffes , étoit en manteau , le
collier de l'Ordre par-deffus , ainfi que celui de
P'Ordre de la Toifon d'Or. Elle étoit précédée de
Mgr. le Dauphin , du Duc d'Orléans , du Prince
de Condé , du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Prince de Conty , du Comte de la
Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre ,
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
POrdre. Après la grand'Mefle , qui a été célébrée
par le Prince Conftantin , premier Aumônier
du Roi , & Prélat Commandeur de l'Ordre
du Saint Efprit , Sa Majefté a été reconduite à fon
appartement en la maniere accoutumée.
1. Le Roi a donné à M. le Maréchal Duc de Belle-
Ine le commandement général des côtes maritimes
depuis Bayonne juſqu'à Dunkerque.
Sa Majefté a accordé à M. le Comte de Dunois ,
fils aîné de M. le Duc de Chevreuſe , la Commiffion
du fecond Meftre de Camp- Lieutenant du
Régiment du Colonel général des Dragons , & le
commandement de ce Régiment en l'absence du
Marquis de Goyon , Brigadier , qui en eft prez
mier Mestre de Camp- Lieutenant .
On mande de Bruxelles , que la nuit du 26 au
27 Décembre , il y a eu deux fecouffes de tremblement
de terre , l'une à onze heures trois quarts,
l'autre à minuit. Elle n'ont pas été violentes.
Le 31 du mois dernier , les Actions de la Compagnie
des Indes étoient à quatorze cens vingt li
vres : les Billets de la feconde Loterie Royale à
fept cens vingt- deux, & ceux de la troifieme Lo-
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
terie à fix cens vingt- un. Ceux de la premiere
fixe.
'dans les terres de M. le Marquis de Monpefat ,
du Dauphiné & du Languedoc à l'occafion de la
naiffance de Monfeigneur le Comte de Provence.
2 Le 23 , M. le Duc de Mirepoix prit 'congé de
leurs Majeftés & de la Famille Royale. Il part
inceffamment pour aller tenir les Etats de Languedoc
, qui doivent s'affembler le mois prochain.
" M. le Chevalier Chauvelin Lieutenant - Général
des armées du Roi , & fon Ambaffadeur
auprès du Roi de Sardaigne étant arrivé depuis
peu de Turin , fut préfenté le 21 à Sa Majesté
par M. Rouillé , Miniftre & Secrétaire d'Etat ,
ayant le département des Affaires étrangeres.
Le même jour , Madame la Maréchale de Lo
JANVIE R. 1756 . 225
wendalh fit fes révérences au Roi , à la Reine , &
à la Famille Royale .
Madame la Marquife de Conflans fut préfentée
le même jour à leurs Majeftés.
On a fenti une legere fecouffe de tremblement
de terre à Besançon , & dans d'autres villes
de la Franche- Comté. M. de la Lande , de
l'Académie Royale des Sciences , a mandé à cette
Académie , que le 9 Décembre , à deux heures
quarts après-midi , il y avoit eu auffi deux fecouf-
Bourg-en Breffe .
Les eaux du Rhône , groffies par une fonte fubite
des neiges , font montées à une hauteur à
laquelle on ne les avoit jamais vués. Ce fleuve
a rompu toutes les digues. Une furface de plus
de quarante lieues quarrées , que contient le territoire
d'Arles , a été totalement fubmergée , à
P'exception feulement du fommet de quelques.
monticules. Les deux bras du fleuve qui entourent
l'ifle de Camargue , n'ont fait qu'une feule
riviere , & ils ont couvert entierement cette ifle.
Près de trente mille bêtes à laine ont été noyées,
ainfi qu'un nombre prodigieux de bêtes à cornes ,
de chevaux & de mulets. La ville d'Arles a , ellemême
beaucoup fouffert. A Tarascon , les eaux
ont paffé par- deflus les grandes chauffées , & ont
inondé la campagne jufqu'à huit pieds de hauteur.
Elles étoient au niveau du premier étage
des maifons dans la ville baffe. La ville d'Avignon
a été expofée au même fléau . L'inondation
y a fait écrouler plufieurs maiſons , & en a
ébranlé un grand nombre d'autres. Dans le Comtat
Venaiffin , auffi bien qu'en Provence , on a
fait une perte immenſe en bled , vin , huile , &
autres denrées.
Madame la Dauphine fut relevée de fes cou
K.v
226 MERCURE DE FRANCE.
ches le 28 du mois dernier , dans la chapelle du
Château. L'Archevêque de Sens , premier Aumônier
de cette Princeffe , fit la cérémonie , en préfence
du Curé de l'Eglife paroiffiale de Notre-
Dame.
Le même jour , Madame la Comteffe de Beuzeville
, à l'occafion de la mort du Comte fon
époux , fit fes révérences à leurs Majeſtés , & à la
Famille Royale.
Le même jour , M. Jannel , Chevalier de Saint
Michel , ci- devant Contrôleur Général des Poftes
& Relais de France , nommé le 24 pour fuc
céder à feu M. de Gerfeuil , Intendant Général
des Poftes & Relais de France , a été préſenté en
la même qualité au Roi dans fon cabinet par M.
le Comte d'Argenſon , Surintendant des Poftes .
M. Jannel a été Secrétaire du Congrès de Soiffons.
I eft connu d'ailleurs par plufieurs négociations
importantes , dont il a été chargé en différentes
Cours.
Le premier jour de l'an , les Princes & Prin
ceffes , ainfi que les Seigneurs & Dames de la
Cour , ont eu l'honneur de complimenter le Roi
fur la nouvelle année. Le Corps de Ville a rendu
à cette occafion fes refpects à leurs Majeftés & à
la Famille Royale.
Les Chevaliers , Commandeurs , & Officiers de
l'Ordre du Saint Efprit , s'étant afſemblés vers les
onze heures du matin dans le cabinet du Roi ; Sa
Majefté a tenu un Chapitre , dans lequel elle a
nommé Chevaliers de fes Ordres le Prince Camille
de Lorraine , le Duc d'Harcourt , le Duc de Fitz-
James , le Duc d'Aiguillon ; le Comte de Stainville
, Ambaffadeur Extraordinaire du Roi auprès
du Saint Siege ; le Comte de Bafchi , Ambaffadeur
de Sa Majesté en Portugal ; le Marquis de SaintJANVIER.
1756 . 227
Viral , Chevalier d'honneur de Madame Ducheffe
de Parme ; le Prince Jablonowski , & le Prince
Louis de Wirtemberg. Le Roi eft forti enfuite de
fon appartement pour aller à la chapelle. Sa Majefté
, devant qui les deux Huiffiers de la Chambre
portoient leurs Maffes , étoit en manteau , le
collier de l'Ordre par-deffus , ainfi que celui de
P'Ordre de la Toifon d'Or. Elle étoit précédée de
Mgr. le Dauphin , du Duc d'Orléans , du Prince
de Condé , du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Prince de Conty , du Comte de la
Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre ,
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
POrdre. Après la grand'Mefle , qui a été célébrée
par le Prince Conftantin , premier Aumônier
du Roi , & Prélat Commandeur de l'Ordre
du Saint Efprit , Sa Majefté a été reconduite à fon
appartement en la maniere accoutumée.
1. Le Roi a donné à M. le Maréchal Duc de Belle-
Ine le commandement général des côtes maritimes
depuis Bayonne juſqu'à Dunkerque.
Sa Majefté a accordé à M. le Comte de Dunois ,
fils aîné de M. le Duc de Chevreuſe , la Commiffion
du fecond Meftre de Camp- Lieutenant du
Régiment du Colonel général des Dragons , & le
commandement de ce Régiment en l'absence du
Marquis de Goyon , Brigadier , qui en eft prez
mier Mestre de Camp- Lieutenant .
On mande de Bruxelles , que la nuit du 26 au
27 Décembre , il y a eu deux fecouffes de tremblement
de terre , l'une à onze heures trois quarts,
l'autre à minuit. Elle n'ont pas été violentes.
Le 31 du mois dernier , les Actions de la Compagnie
des Indes étoient à quatorze cens vingt li
vres : les Billets de la feconde Loterie Royale à
fept cens vingt- deux, & ceux de la troifieme Lo-
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
terie à fix cens vingt- un. Ceux de la premiere
fixe.
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Résumé : « Il y a eu des illuminations & des feux de joie dans les terres [...] »
En janvier 1756, plusieurs événements notables ont marqué la France. La naissance du Comte de Provence a été célébrée par des illuminations et des feux de joie dans les terres du Marquis de Monpezat, du Dauphiné et du Languedoc. Le Duc de Mirepoix a quitté la famille royale pour se rendre aux États de Languedoc. Le Chevalier Chauvelin, Lieutenant-Général des armées du Roi et Ambassadeur auprès du Roi de Sardaigne, a été présenté au Roi par M. Rouillé, Ministre et Secrétaire d'État aux Affaires étrangères. Madame la Maréchale de Lowendahl et Madame la Marquise de Conflans ont également été présentées à leurs Majestés. Une légère secousse sismique a été ressentie à Besançon et dans d'autres villes de la Franche-Comté, ainsi qu'à Bourg-en-Bresse. Les eaux du Rhône, gonflées par la fonte rapide des neiges, ont inondé une vaste région, submergeant notamment la ville d'Arles et l'île de Camargue. Cette inondation a causé la mort de milliers d'animaux et endommagé de nombreuses habitations à Arles, Tarascon et Avignon. En Provence et dans le Comtat Venaissin, des pertes importantes en blé, vin, huile et autres denrées ont été enregistrées. Madame la Dauphine a accouché le 28 décembre dans la chapelle du Château. Madame la Comtesse de Beuzeville a présenté ses respects à la famille royale suite au décès de son époux. M. Jannel a été nommé Intendant Général des Postes et Relais de France et présenté au Roi par le Comte d'Argenson. Le 1er janvier, les princes, princesses et membres de la cour ont complimenté le Roi pour la nouvelle année.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7679
p. 228-235
NAISSANCES ET MORTS.
Début :
Le 11 Novembre, l'Abbé de Lorraine, & Mademoiselle de Brionne, au nom [...]
Mots clefs :
Naissances, Morts, Chauvelin, Lieutenant général des armées, Charlotte de Lorraine, Duc de Rochechouart, Baron de Veuilli Hautevesnes, Grands officiers de la couronne, Brigadier
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texteReconnaissance textuelle : NAISSANCES ET MORTS.
NAISSANCE
ET MORTS..
LE 11 Novembre , l'Abbé de Lorraine , &
Mademoiſelle de Brionnė , au nom du Prince
Charles de Lorraine , Gouverneur des Pays- bas ;
& de la Princeſſe Charlotte de Lorraine , tinrent
fur les Fonts dans l'égliſe de S. Germain-l'Auxerrois
une fille du Comte de Brionne, Grand Ecuyer
de France , laquelle fut nommée Anne-Charlotte,
La cérémonie fut fuivie d'une fête que donna
J'Abbé de Lorraine, ..
5
Jacques-Nompar de Caumont , Duc de Caumont
, Pair de France , fils de M. le Duc de la
Force , eft décédé à Bagnieres le 14 Juiller, 175.5: 1 âgé de quarante-un ans. Il avoit épousé Dame
Marie-Louife de Noailles , fille de M. le Maréchal
de Noailles. La maison de Caumont -la korce eft
fi connue par fon ancienneté , qu'il eft inutile
d'en dire davantage, an
Le 25
I
Août mourut en ſon château du Grand,
val fous Sucy , Meflire Nicolas Daine , Confeile
ler , Secrétaire du Roi , Maifon - Couronne de
France & de fes Finances , Syndic de fa Compagnie
, ancien premier Secrétaire au département
de la guerre , fils de feu Marius-Bafile Daine ,
Infpecteur Général de l'habillement des troupes
de Sa Majefté ; & de défunte Damoiselle Marie-
Magdeleine de Montigny. Illaifle de fon mariage
avec Dainoifelle Sufanne de Wefterbourg un fils ,
Meffire Marius - Jean - Baptifte - Nicolas Daine
JANVIER. 1756. 229
Confeiller du Roi , fon Procureur au Bureau ,
Chambre des Finances & Voyerie de la Généralité
de Paris , Affocié de l'Académie Royale des
Sciences & Belles - Lettres de Pruffe; & deux filles.
Dame Marie- Marthe Landry , veuve de Meffire
Pierre-Gui-Baltazard Emé de Guiffrey de Monteynard
, Comte de Marcieu , Marquis de Boultieres
, Maréchal des camps & armées du Roi ,
Gouverneur des ville & citadelle de Grenoble , &
fous Lieutenant des Gendarmes de la Garde ordinaire
de Sa Majefté , mourut à Paris. le premier
Octobre , âgée de vingt- un ans.
Voyez le Mercure d'Octobre de l'année 1753 .
Dame Anne- Elifabeth Filleul , veuve de Paul
de Montefquiou , Comte d'Artagnan , Brigadier
de Cavalerie , eft morte le 2 à Paris dans la cinquante-
cinquieme année.
Voyez fur Pilluftre Maifon de Montefquiou les
Tablettes biftoriques , VIIe partie , pag. 30s , &
Les grands Officiers de la Couronne , tome VII ,
pag. 262.
"
Meffire Jean- Antoine-François de S. Simon de
Courtomer ; Comte de la Noue , connu fous le
nom de Chevalier de Courtomer , Brigadier d'In
fanterie, ci- devant Capitaine d'une Compagnie de
Grenadiers dans le Régiment des Gardes Françoifes
, mourut le 6 Octobre au Château de Mezy en
bafle Normandie , dans la cinquante -'feptiemé
année de fon âge .
Armande -Amélie Du Plaffis - Richelieu – d'Aiguillon
, fille d'Emmanuel - Armand - Louis dur
Pleflis -Richelieu , Duc d'Aiguillon , Pair de Fran
ce, Maréchal des Camps & Armées du Roi , Lieutenant
Général pour Sa Majeſté dans le Comté
Nantois, & Commandant en Bretagne, nommé Che
valier des Ordres du Roi le 1 Janvier 1756 ; & de
-
230 MERCURE DE FRANCE .
Louife- Félicité de Brebant-Mauron , eft morte
à Paris le 13 Octobre , âgée de trois ans.
Meffire Bernard Chauvelin , Seigneur de Beauféjour
, Confeiller d'Etat ordinaire , eft mort à
Paris le 16 dans fa quatre- vingt-troifiéme année.
Il étoit veuf depuis le 21 Juillet 1735 , de
Catherine Martin , de laquelle il a faillé pour
enfans.
1º. Jacques- Bernard Chauvelin , d'abord Confeiller
au Parlement en 1725 , Maître des Requê
tes en 1728 , Intendant d'Amiens en 1731 , &
actuellement Confeiller d'Etat & Intendant des
Finances depuis 1751. Il a époufé le 16 Février
1719 , Marie , fille de Jean Ourfin , Secrétaire du
Roi & Receveur Général des Finances de la
généralité de Caen , de laquelle il a eu un fils ,
mort en 1737 , & cinq filles actuellement vi
vantes.
2º, Louis-Germain Chauvelin , Abbé de Saint
Jouin , Diocéfe de Poitiers , Doyen de l'Eglife
du Mans , & Chanoine honoraire de celle de
Paris.
3. Bernard- Louis , appellé le Chevalier de
Chauvelin , Commandeur de l'Ordre de Sain
Louis , Lieutenant général des armées du Roi ,
nommé Ambaffadeur auprès du Roi de Sardaigne
en 1753.
4. Henri-Pierre Chauvelin , Abbé Commen
dataire de Montiere-Ramey , Chanoine Hono
raire de l'Eglife de Paris , & Confeiller- Clerc
au Parlement.
5. Marie-Reine Chauvelin , morte en 1739 ,
ayant été mariée en 1734 à Gui Chartraire , Seigneur
de Ragny , & c.
M. Chauvelin dont nous annonçons la mort ,
avoit été fucceffivement Confeiller au Parlement,
JANVIE R. 1756. 23 ?
Maître des Requêtes , Intendant de Tours , d'Alençon
& d'Amiens , & Confeiller d'Erat & Maître
des Requêtes honoraire ; il étoit iffu de Jacques
Chauvelin , Treforier de France en la Généralité
de Paris , frere du célébre François Chauvelin,
reçu en 1562 Avocat au Parlement de Paris,
dont il fut la lumiere & l'oracle ; ce même François
Chauvelin, fut depuis Intendant des affaires en
France , de Marie Stuart Reine d'Ecoffe , & femme
de François II , enfuite Maître des Requêtes
de la Reine Catherine de Médicis , & Procureur
Général de Marie de Médicis , feconde femme de
Henri IV. Il fat bifayeul de Louis Chauvelin , Seignear
de Crifenoi , Maître des Requêtes & Confeiller
d'Etat ordinaire , mort en 1719 ; ce dernier
cut pour enfans.
I. Louis Chauvelin , mort le z Août 1715 , Avocat
Général au Parlement , & Grand Tréforier ,
Commandeur des Ordres du Roi ; laiffant pour
'enfans , 1 °. Louis Chauvelin , Seigneur de Crifenoi
, &c. aujourd'hui Préfident du Parlement de
Paris , lequel a épousé le 25 Novembre 1729
Marie-Renée , fille d'Antoine Jacomel , Seigneur
d'Atis & de Bienaffife , Capitaine de Grenadiers
dans le régiment de Souppa ; de cette alliance if
n'y a point d'enfans. 20. Magdeleine-Françoife
Chauvelin , veuve da Mars 1744 , de . Denis-
Louis Talon , Marquis du Tremblai , Préſident da
Parlement de Paris.
- II. Germain Louis Chauvelin , Marquis de
Grofbois , &c. Succeffivement Confeiller au Grand
Confeil , Maître des Requêtes , Avocat Général
au Parlement , Préfident à Mortier en 1718 ,
dont il s'eft demis en 1746 , Garde des Sceaux de
France en 1727 , qu'il a remis en 1737 , avec la
charge de Secrétaire d'Etat au département des
232 MERCURE DE FRANCE.
affaires étrangeres , dont il avoit été pourvu la
même année 1727 ; & Secrétaire - Commandeur
des ordres du Roi en 1736. Il a été marié le 12
Août 1718 à Anne , fille de Claude Cahouet , Seigneur
de Beauvais , premier Préfident des Tréforiers
de France , en la Généralité d'Orleans , &
'de N... Fontaines - des - Montées. De cette alliance
font fortis. 1 °. Claude - Louis Chauvelin , mort
Gouverneur de Brie - Comte - Robert en 1750 .
2º. Anne-Germain Chauvelin , mort jeune. 3°.
Anne-Efpérance Chauvelin , née en 1725 , veuve
fans enfans depuis 1748 , de Henri -François-
René Edouard Colbert , Comte de Maulevrier ,
Sous-Lieutenant des Gendarmes Anglois. 4° . Anne-
Magdeleine Chauvelin , née le 19 Novembre
1727, femme de Louis - Michel Chamillart , Comte
de la Suze , &c . Lieutenant général des armées
du Roi , & Grand Maréchal des Logis de ſa Maifon.
5. Anne -Sabine - Rofalie Chauvelin , née en
1732 , époufe de Jean - François de la Rochefou
cauld , Comte de Surgeres , Cornette des Gendarmes
de Flandres.
III. Angelique-Henriette Chauvelin , qui a été
mariée le 1 Mai 1712 , à Anne - Claude de Thiard .
Marquis de Biffy , Lieutenant général des Armées
du Roi.
Chauvelin, porte pour armes, d'argent au choux
pommé arraché de finople entouré par la tige
d'unferpent d'or , la tête en haut .
Anne- Charlotte de Conflans , fille de Hubert ,
Comte de Conflans , Lieutenant - Général des
armées navales , eft décédée à Paris , & a été inhumée
le 18 Octobre à S. Sulpice .
Damoiſelle Thérefe Charron de Menars de Neuville
, morte à Paris , âgée de quatre-vingt ans
futinhumée le 21 à S. Euftache.
JANVIER. 1756. 233
Marie -Magdeleine- Jofephe de Croy -Havre,
veuve de Paſcal - Gaëtan d'Aragon , Comte d'Aliffe
, de la branche des Ducs de Laurenzano
mourut à Bruxelles le 27 Octobre , âgée de foixante-
quinze ans. Elle étoit fille de Ferdinand-
François- Jofeph de Croy , Duc d'Havré , Prince
& Maréchal de l'Empire , Grand d'Eſpagne de la
premiere claffe , & Chevalier de l'Ordre de la toifon
d'or , & de Jofephe - Barbe de Hallewin ,
derniere de fa maiſon.
Meffire Michel-Antoine Barberie de Courteille ,
Abbé de l'Abbaye de Beaulieu , Ordre de faint
Auguftin , Diocèle de Boulogne , eft mort le
28 , âgé d'environ foixante- dix ans.
Auguftin- François de Rochechouart-Mortem art,
Comte de Vihiers,eft mort à Paris le 31 Octobre,
âgé de quatorze ans , étant né le 21 Juin 1741 .
Il étoit unique fils de Jean- Baptifte - Victor de
Rochechouart-Mortemart, Duc de Rochechouart,
Pair de France , & Brigadier d'Infanterie ; & de
fa premiere femme Eléonore - Gabrielle- Louife-
Françoile de Crux , morte le 3 Octobre 1742. Le
Duc de Rochechouart avoit époufé en fecondes
noces le 13 Janvier 1749 , Marie- Therefe- Sophie
de Rouvroy , de laquelle il eft refté veuf fans
enfans , le 21 Février 1750. Il a été marié en troifiemes
noces le premier Mai 1751 , avec Charlotte-
Natalie de Manneville , fille de Henri- Jofeph
, Comte de Manneville , Gouverneur de
Dieppe , de laquelle il a pour fils Victurnien-
Jean -Baptifte - Marie de Rochechouart , né le g
Février 1752
N
Voyez fur la Maifon de Rochechouart les
grands Officiers de la Couronne , tom. IV. p. 649.
Dom Honoré, Abbé de l'Abbaye Régulière, de
S. Amand , Ordre de S. Benoît, Diocèle de Tour234
MERCURE DE FRANCE.
nay , eft mort dans le mois d'Octobre en fon
Abbaye.
Charles-Louis de Lorraine , Prince de Pons &
de Mortagne , Comte de Marfan , Souverain de
Bedeilles , Marquis de Mirambeau , Chevalier des
Ordres du Roi , & Lieutenant- Général des armées
de Sa Majeſté , mourut à Paris le 1 Novembre
, âgé de cinquante-neuf ans onze mois
& treize jours , étant né le 19 Novembre 1696.
Il étoit fils de Charles de Lorraine , Comte dé
Marfan , mort le 13 Novembre 1708 , & de
Catherine-Théréfe de Goyon - Matignon , morte le
7 Décembre 1699. De fon mariage avec feue
Elizabeth de Roquelaure , il a eu Gafton-Jean-
Baptifte de Lorraine , Comte de Marfan , Brigadier
d'infanterie , & Colonel du Régiment de
fon nom , marié en 1736 à Marie - Louiſe de
Roban- Soubize , aujourd'hui Gouvernante des
enfans de France , lequel mourut le 2 Mai 1743 ;
Louis-Jofeph de Lorraine , Chevalier de l'Ordre
de Saint Jean de Jérufalem , mort le 13 Janvier
1727 ; Camille-Louis de Loraine , connu fous le
nom de Prince Camille , Maréchal des camps
& armées du Roi ; Léopoldine- Elizabeth -Charlotte
de Lorraine , d'abord Chanoineffe de l'Abbaye
de Remiremont , enfuite mariée le i Mars
1733 , à Joachim de Zuniga Soto - Mayor , Comte
de Bejar , Grand d'Efpagne ; Louife-Henriette
Gabrielle de Lorraine , mariée à Godefroi- Charles-
Henri de la Tour d'Auvergne , Prince de
Turenne , Maréchal de camp , Colonel général
de la Cavalerie de France ; & Marguerite- Louiſe-
Elizabeth de Lorraine , Chanoineffe de Remiremont.
Le 26 Novembre 1755 , eft morte à Château,
Thieri , Dame Marianne de Valfan , veuve deJANVIER.
1756 . 1756. 235
puis les Novembre 1745 , de Pierre de Cugnac ,
Chevalier Seigneur Baron de Veuilli , Hautevefnes,
Lici- lez -Chanoines & autres lieux , âgée de
foixante-onze ans trois mois & vingt- cinq jours;
elle étoit fille de François de Vaffan , d'une ancienne
nobleffe du Valois , & d'Anne Provoſt.
Elle avoit pour fils unique , Anne- Gabriel
Marquis de Cugnac , Chevalier Seigneur Baron de
Veuilli , Hautevefnes , Lici-lez- Chanoines , Bezale-
Gueri & autres lieux , décedé au Château de
Veuilli , le 28 Novembre 1755 , âgé de quarantefept
ans & neuf mois ; il avoit fervi Lieutenant
dans le régiment des Gardes Françoiſes , & avoit
épousé en 1728 , Jeanne -Marie-Jofeph Guyon ,
fille d'Armand-Jacque Guyon , & de Marie de
Bauoncle , duquel mariage il laiffe trois filles ,
fçavoir Jeanne- Anne-Magdeleine de Cugnac ,
Marie-Louife de Cugnac , mariée à N ... Forget ,
Capitaine général des Fauconneries du cabinet
du Roi , & Henriette-Diane de Cugnac.
Voyez pour la généalogie de cette mailon ,
le Mercure de Décembre 1745 , & l'Hiftoire
généalogique des Grands Officiers de la Couronne
, du Pere Anfelme , chapitre des grands Mattes
des eaux & forêts de France , & des Chevaliers
du Saint-Elprit.
ET MORTS..
LE 11 Novembre , l'Abbé de Lorraine , &
Mademoiſelle de Brionnė , au nom du Prince
Charles de Lorraine , Gouverneur des Pays- bas ;
& de la Princeſſe Charlotte de Lorraine , tinrent
fur les Fonts dans l'égliſe de S. Germain-l'Auxerrois
une fille du Comte de Brionne, Grand Ecuyer
de France , laquelle fut nommée Anne-Charlotte,
La cérémonie fut fuivie d'une fête que donna
J'Abbé de Lorraine, ..
5
Jacques-Nompar de Caumont , Duc de Caumont
, Pair de France , fils de M. le Duc de la
Force , eft décédé à Bagnieres le 14 Juiller, 175.5: 1 âgé de quarante-un ans. Il avoit épousé Dame
Marie-Louife de Noailles , fille de M. le Maréchal
de Noailles. La maison de Caumont -la korce eft
fi connue par fon ancienneté , qu'il eft inutile
d'en dire davantage, an
Le 25
I
Août mourut en ſon château du Grand,
val fous Sucy , Meflire Nicolas Daine , Confeile
ler , Secrétaire du Roi , Maifon - Couronne de
France & de fes Finances , Syndic de fa Compagnie
, ancien premier Secrétaire au département
de la guerre , fils de feu Marius-Bafile Daine ,
Infpecteur Général de l'habillement des troupes
de Sa Majefté ; & de défunte Damoiselle Marie-
Magdeleine de Montigny. Illaifle de fon mariage
avec Dainoifelle Sufanne de Wefterbourg un fils ,
Meffire Marius - Jean - Baptifte - Nicolas Daine
JANVIER. 1756. 229
Confeiller du Roi , fon Procureur au Bureau ,
Chambre des Finances & Voyerie de la Généralité
de Paris , Affocié de l'Académie Royale des
Sciences & Belles - Lettres de Pruffe; & deux filles.
Dame Marie- Marthe Landry , veuve de Meffire
Pierre-Gui-Baltazard Emé de Guiffrey de Monteynard
, Comte de Marcieu , Marquis de Boultieres
, Maréchal des camps & armées du Roi ,
Gouverneur des ville & citadelle de Grenoble , &
fous Lieutenant des Gendarmes de la Garde ordinaire
de Sa Majefté , mourut à Paris. le premier
Octobre , âgée de vingt- un ans.
Voyez le Mercure d'Octobre de l'année 1753 .
Dame Anne- Elifabeth Filleul , veuve de Paul
de Montefquiou , Comte d'Artagnan , Brigadier
de Cavalerie , eft morte le 2 à Paris dans la cinquante-
cinquieme année.
Voyez fur Pilluftre Maifon de Montefquiou les
Tablettes biftoriques , VIIe partie , pag. 30s , &
Les grands Officiers de la Couronne , tome VII ,
pag. 262.
"
Meffire Jean- Antoine-François de S. Simon de
Courtomer ; Comte de la Noue , connu fous le
nom de Chevalier de Courtomer , Brigadier d'In
fanterie, ci- devant Capitaine d'une Compagnie de
Grenadiers dans le Régiment des Gardes Françoifes
, mourut le 6 Octobre au Château de Mezy en
bafle Normandie , dans la cinquante -'feptiemé
année de fon âge .
Armande -Amélie Du Plaffis - Richelieu – d'Aiguillon
, fille d'Emmanuel - Armand - Louis dur
Pleflis -Richelieu , Duc d'Aiguillon , Pair de Fran
ce, Maréchal des Camps & Armées du Roi , Lieutenant
Général pour Sa Majeſté dans le Comté
Nantois, & Commandant en Bretagne, nommé Che
valier des Ordres du Roi le 1 Janvier 1756 ; & de
-
230 MERCURE DE FRANCE .
Louife- Félicité de Brebant-Mauron , eft morte
à Paris le 13 Octobre , âgée de trois ans.
Meffire Bernard Chauvelin , Seigneur de Beauféjour
, Confeiller d'Etat ordinaire , eft mort à
Paris le 16 dans fa quatre- vingt-troifiéme année.
Il étoit veuf depuis le 21 Juillet 1735 , de
Catherine Martin , de laquelle il a faillé pour
enfans.
1º. Jacques- Bernard Chauvelin , d'abord Confeiller
au Parlement en 1725 , Maître des Requê
tes en 1728 , Intendant d'Amiens en 1731 , &
actuellement Confeiller d'Etat & Intendant des
Finances depuis 1751. Il a époufé le 16 Février
1719 , Marie , fille de Jean Ourfin , Secrétaire du
Roi & Receveur Général des Finances de la
généralité de Caen , de laquelle il a eu un fils ,
mort en 1737 , & cinq filles actuellement vi
vantes.
2º, Louis-Germain Chauvelin , Abbé de Saint
Jouin , Diocéfe de Poitiers , Doyen de l'Eglife
du Mans , & Chanoine honoraire de celle de
Paris.
3. Bernard- Louis , appellé le Chevalier de
Chauvelin , Commandeur de l'Ordre de Sain
Louis , Lieutenant général des armées du Roi ,
nommé Ambaffadeur auprès du Roi de Sardaigne
en 1753.
4. Henri-Pierre Chauvelin , Abbé Commen
dataire de Montiere-Ramey , Chanoine Hono
raire de l'Eglife de Paris , & Confeiller- Clerc
au Parlement.
5. Marie-Reine Chauvelin , morte en 1739 ,
ayant été mariée en 1734 à Gui Chartraire , Seigneur
de Ragny , & c.
M. Chauvelin dont nous annonçons la mort ,
avoit été fucceffivement Confeiller au Parlement,
JANVIE R. 1756. 23 ?
Maître des Requêtes , Intendant de Tours , d'Alençon
& d'Amiens , & Confeiller d'Erat & Maître
des Requêtes honoraire ; il étoit iffu de Jacques
Chauvelin , Treforier de France en la Généralité
de Paris , frere du célébre François Chauvelin,
reçu en 1562 Avocat au Parlement de Paris,
dont il fut la lumiere & l'oracle ; ce même François
Chauvelin, fut depuis Intendant des affaires en
France , de Marie Stuart Reine d'Ecoffe , & femme
de François II , enfuite Maître des Requêtes
de la Reine Catherine de Médicis , & Procureur
Général de Marie de Médicis , feconde femme de
Henri IV. Il fat bifayeul de Louis Chauvelin , Seignear
de Crifenoi , Maître des Requêtes & Confeiller
d'Etat ordinaire , mort en 1719 ; ce dernier
cut pour enfans.
I. Louis Chauvelin , mort le z Août 1715 , Avocat
Général au Parlement , & Grand Tréforier ,
Commandeur des Ordres du Roi ; laiffant pour
'enfans , 1 °. Louis Chauvelin , Seigneur de Crifenoi
, &c. aujourd'hui Préfident du Parlement de
Paris , lequel a épousé le 25 Novembre 1729
Marie-Renée , fille d'Antoine Jacomel , Seigneur
d'Atis & de Bienaffife , Capitaine de Grenadiers
dans le régiment de Souppa ; de cette alliance if
n'y a point d'enfans. 20. Magdeleine-Françoife
Chauvelin , veuve da Mars 1744 , de . Denis-
Louis Talon , Marquis du Tremblai , Préſident da
Parlement de Paris.
- II. Germain Louis Chauvelin , Marquis de
Grofbois , &c. Succeffivement Confeiller au Grand
Confeil , Maître des Requêtes , Avocat Général
au Parlement , Préfident à Mortier en 1718 ,
dont il s'eft demis en 1746 , Garde des Sceaux de
France en 1727 , qu'il a remis en 1737 , avec la
charge de Secrétaire d'Etat au département des
232 MERCURE DE FRANCE.
affaires étrangeres , dont il avoit été pourvu la
même année 1727 ; & Secrétaire - Commandeur
des ordres du Roi en 1736. Il a été marié le 12
Août 1718 à Anne , fille de Claude Cahouet , Seigneur
de Beauvais , premier Préfident des Tréforiers
de France , en la Généralité d'Orleans , &
'de N... Fontaines - des - Montées. De cette alliance
font fortis. 1 °. Claude - Louis Chauvelin , mort
Gouverneur de Brie - Comte - Robert en 1750 .
2º. Anne-Germain Chauvelin , mort jeune. 3°.
Anne-Efpérance Chauvelin , née en 1725 , veuve
fans enfans depuis 1748 , de Henri -François-
René Edouard Colbert , Comte de Maulevrier ,
Sous-Lieutenant des Gendarmes Anglois. 4° . Anne-
Magdeleine Chauvelin , née le 19 Novembre
1727, femme de Louis - Michel Chamillart , Comte
de la Suze , &c . Lieutenant général des armées
du Roi , & Grand Maréchal des Logis de ſa Maifon.
5. Anne -Sabine - Rofalie Chauvelin , née en
1732 , époufe de Jean - François de la Rochefou
cauld , Comte de Surgeres , Cornette des Gendarmes
de Flandres.
III. Angelique-Henriette Chauvelin , qui a été
mariée le 1 Mai 1712 , à Anne - Claude de Thiard .
Marquis de Biffy , Lieutenant général des Armées
du Roi.
Chauvelin, porte pour armes, d'argent au choux
pommé arraché de finople entouré par la tige
d'unferpent d'or , la tête en haut .
Anne- Charlotte de Conflans , fille de Hubert ,
Comte de Conflans , Lieutenant - Général des
armées navales , eft décédée à Paris , & a été inhumée
le 18 Octobre à S. Sulpice .
Damoiſelle Thérefe Charron de Menars de Neuville
, morte à Paris , âgée de quatre-vingt ans
futinhumée le 21 à S. Euftache.
JANVIER. 1756. 233
Marie -Magdeleine- Jofephe de Croy -Havre,
veuve de Paſcal - Gaëtan d'Aragon , Comte d'Aliffe
, de la branche des Ducs de Laurenzano
mourut à Bruxelles le 27 Octobre , âgée de foixante-
quinze ans. Elle étoit fille de Ferdinand-
François- Jofeph de Croy , Duc d'Havré , Prince
& Maréchal de l'Empire , Grand d'Eſpagne de la
premiere claffe , & Chevalier de l'Ordre de la toifon
d'or , & de Jofephe - Barbe de Hallewin ,
derniere de fa maiſon.
Meffire Michel-Antoine Barberie de Courteille ,
Abbé de l'Abbaye de Beaulieu , Ordre de faint
Auguftin , Diocèle de Boulogne , eft mort le
28 , âgé d'environ foixante- dix ans.
Auguftin- François de Rochechouart-Mortem art,
Comte de Vihiers,eft mort à Paris le 31 Octobre,
âgé de quatorze ans , étant né le 21 Juin 1741 .
Il étoit unique fils de Jean- Baptifte - Victor de
Rochechouart-Mortemart, Duc de Rochechouart,
Pair de France , & Brigadier d'Infanterie ; & de
fa premiere femme Eléonore - Gabrielle- Louife-
Françoile de Crux , morte le 3 Octobre 1742. Le
Duc de Rochechouart avoit époufé en fecondes
noces le 13 Janvier 1749 , Marie- Therefe- Sophie
de Rouvroy , de laquelle il eft refté veuf fans
enfans , le 21 Février 1750. Il a été marié en troifiemes
noces le premier Mai 1751 , avec Charlotte-
Natalie de Manneville , fille de Henri- Jofeph
, Comte de Manneville , Gouverneur de
Dieppe , de laquelle il a pour fils Victurnien-
Jean -Baptifte - Marie de Rochechouart , né le g
Février 1752
N
Voyez fur la Maifon de Rochechouart les
grands Officiers de la Couronne , tom. IV. p. 649.
Dom Honoré, Abbé de l'Abbaye Régulière, de
S. Amand , Ordre de S. Benoît, Diocèle de Tour234
MERCURE DE FRANCE.
nay , eft mort dans le mois d'Octobre en fon
Abbaye.
Charles-Louis de Lorraine , Prince de Pons &
de Mortagne , Comte de Marfan , Souverain de
Bedeilles , Marquis de Mirambeau , Chevalier des
Ordres du Roi , & Lieutenant- Général des armées
de Sa Majeſté , mourut à Paris le 1 Novembre
, âgé de cinquante-neuf ans onze mois
& treize jours , étant né le 19 Novembre 1696.
Il étoit fils de Charles de Lorraine , Comte dé
Marfan , mort le 13 Novembre 1708 , & de
Catherine-Théréfe de Goyon - Matignon , morte le
7 Décembre 1699. De fon mariage avec feue
Elizabeth de Roquelaure , il a eu Gafton-Jean-
Baptifte de Lorraine , Comte de Marfan , Brigadier
d'infanterie , & Colonel du Régiment de
fon nom , marié en 1736 à Marie - Louiſe de
Roban- Soubize , aujourd'hui Gouvernante des
enfans de France , lequel mourut le 2 Mai 1743 ;
Louis-Jofeph de Lorraine , Chevalier de l'Ordre
de Saint Jean de Jérufalem , mort le 13 Janvier
1727 ; Camille-Louis de Loraine , connu fous le
nom de Prince Camille , Maréchal des camps
& armées du Roi ; Léopoldine- Elizabeth -Charlotte
de Lorraine , d'abord Chanoineffe de l'Abbaye
de Remiremont , enfuite mariée le i Mars
1733 , à Joachim de Zuniga Soto - Mayor , Comte
de Bejar , Grand d'Efpagne ; Louife-Henriette
Gabrielle de Lorraine , mariée à Godefroi- Charles-
Henri de la Tour d'Auvergne , Prince de
Turenne , Maréchal de camp , Colonel général
de la Cavalerie de France ; & Marguerite- Louiſe-
Elizabeth de Lorraine , Chanoineffe de Remiremont.
Le 26 Novembre 1755 , eft morte à Château,
Thieri , Dame Marianne de Valfan , veuve deJANVIER.
1756 . 1756. 235
puis les Novembre 1745 , de Pierre de Cugnac ,
Chevalier Seigneur Baron de Veuilli , Hautevefnes,
Lici- lez -Chanoines & autres lieux , âgée de
foixante-onze ans trois mois & vingt- cinq jours;
elle étoit fille de François de Vaffan , d'une ancienne
nobleffe du Valois , & d'Anne Provoſt.
Elle avoit pour fils unique , Anne- Gabriel
Marquis de Cugnac , Chevalier Seigneur Baron de
Veuilli , Hautevefnes , Lici-lez- Chanoines , Bezale-
Gueri & autres lieux , décedé au Château de
Veuilli , le 28 Novembre 1755 , âgé de quarantefept
ans & neuf mois ; il avoit fervi Lieutenant
dans le régiment des Gardes Françoiſes , & avoit
épousé en 1728 , Jeanne -Marie-Jofeph Guyon ,
fille d'Armand-Jacque Guyon , & de Marie de
Bauoncle , duquel mariage il laiffe trois filles ,
fçavoir Jeanne- Anne-Magdeleine de Cugnac ,
Marie-Louife de Cugnac , mariée à N ... Forget ,
Capitaine général des Fauconneries du cabinet
du Roi , & Henriette-Diane de Cugnac.
Voyez pour la généalogie de cette mailon ,
le Mercure de Décembre 1745 , & l'Hiftoire
généalogique des Grands Officiers de la Couronne
, du Pere Anfelme , chapitre des grands Mattes
des eaux & forêts de France , & des Chevaliers
du Saint-Elprit.
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Résumé : NAISSANCES ET MORTS.
En 1755 et 1756, plusieurs événements marquants et décès notables ont été enregistrés. Le 11 novembre 1755, Anne-Charlotte, fille du Comte de Brionne, fut baptisée à l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois. Le Duc de Caumont, Jacques-Nompar de Caumont, décéda à Bagnères le 14 juillet 1755 à l'âge de quarante-et-un ans, laissant derrière lui Marie-Louise de Noailles, son épouse. Le 25 août 1755, Nicolas Daine, Conseiller et Secrétaire du Roi, mourut dans son château du Grand Val sous Sucy, laissant un fils et deux filles. En octobre 1755, plusieurs décès notables furent enregistrés, incluant Dame Marie-Marthe Landry, veuve de Pierre-Gui-Baltazard Emé de Guiffrey de Monteynard, Dame Anne-Élisabeth Filleul, veuve de Paul de Montesquiou, Comte d'Artagnan, et le Chevalier de Courtomer, Brigadier d'Infanterie. Armande-Amélie Du Plessis-Richelieu d'Aiguillon, fille du Duc d'Aiguillon, mourut à Paris le 13 octobre 1755 à l'âge de trois ans. Bernard Chauvelin, Seigneur de Beauféjour et Conseiller d'État, décéda à Paris le 16 janvier 1756 à l'âge de quatre-vingt-trois ans, laissant cinq enfants, dont Jacques-Bernard Chauvelin, Conseiller d'État et Intendant des Finances, et Louis-Germain Chauvelin, Abbé de Saint-Jouin. L'arquis de Grofbois occupa diverses fonctions importantes, telles que Conseiller au Grand Conseil, Maître des Requêtes, Avocat Général au Parlement, Président à Mortier en 1718, Garde des Sceaux de France en 1727, et Secrétaire d'État aux affaires étrangères en 1727. Il fut également Secrétaire-Commandeur des ordres du Roi en 1736. Il se maria le 12 août 1718 à Anne, fille de Claude Cahouet, et ils eurent six enfants. Le texte mentionne également plusieurs autres décès notables, tels que ceux d'Anne-Charlotte de Conflans, Damoiselle Thérèse Charron de Menars de Neuville, Marie-Magdeleine-Joseph de Croy-Havré, Meffire Michel-Antoine Barberie de Courteille, Augustin-François de Rochechouart-Mortemart, Dom Honoré, Charles-Louis de Lorraine, et Dame Marianne de Valfan. Une famille noble est également présentée, avec un individu ayant épousé Jeanne-Marie-Joseph Guyon en 1728.
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7680
p. 235-236
AVIS
Début :
Le Sieur Besson Oculiste, reçu à S. Côme, fait avec succès [...]
Mots clefs :
Sieur Besson, Oculiste , Maladies des yeux, Opérations, Pommade, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : AVIS
AVIS .
LE Sieur Beffon Oculite , reçu à S. Côme , fait
avec fuccès toutes les opérations qui font néceffaires
aux maladies des yeux.
Il fe dit poffeffeur d'une Eau , qui à la vertu de
fortifier les foibleffes de la vue , foit qu'elles proviennent
de maladies , ou d'une trop grande ap236
MERCURE DE FRANCE .
plication ; elle réfout les humeurs vicieufes dont
le féjour altére les organes de l'oeil , elle diffipe
les brouillards , & éclaircit la vue.
Il débite auffi une Pommade qui guérit les
maladies des paupieres , tels que font les ulceres
prurigineux, comme la galle, la gratelle , les dartres
qui s'attachent à leur bord , d'où découle
une fanie ou chaffie baveuſe & gluante , quelquefois
féche & dure , qui colle les paupieres pendant
la nuit , caufe des gonflemens , des durétes , démangeaifons
de chaleur & des rougeurs , tant à
l'oeil qu'aux paupieres.
Ladite Pommade les détruit promptement.
Les bouteilles de fon Eau font de 3 , 6 & 121.
Les pots de Pommade font de 30 fols 3 & 6 liv .
Il donne la maniere néceffaire de fe fervir de
ces remédes qui peuvent fe tranfporter dans les
Pays étrangers , fans fe corrompre ni perdre de
leur qualité.
On trouve chez lui tous les fecours néceſſaires ;
pour toutes les autres maladies des yeux.
On le trouve chez lui depuis huit heures jufqu'à
onze , & depuis deux jufqu'à cinq ; il va chez les
perfonnes qui lui font l'honneur de l'appeller ,
il prie ceux qui lui écriront de faire un petit
état de leur maladie & d'affranchir les lettres.
Sa demeure eft à Paris rue Montmartre , entre
la rue du Mail & la rue des Foffés , vis-à- vis le
Caffé de Billard.
Nota. Il vient d'achever la guérifon d'un enfant
né aveugle , fils de la Dame Benoiſt , demeurant
à Saint Denis , porte Pontoife ; il avoit un an
quand il l'a entrepris , & n'avoit jamais eu l'afage
de la lumiere ; il eft radicalement guéri , &
diftingue parfaitement les objets.
LE Sieur Beffon Oculite , reçu à S. Côme , fait
avec fuccès toutes les opérations qui font néceffaires
aux maladies des yeux.
Il fe dit poffeffeur d'une Eau , qui à la vertu de
fortifier les foibleffes de la vue , foit qu'elles proviennent
de maladies , ou d'une trop grande ap236
MERCURE DE FRANCE .
plication ; elle réfout les humeurs vicieufes dont
le féjour altére les organes de l'oeil , elle diffipe
les brouillards , & éclaircit la vue.
Il débite auffi une Pommade qui guérit les
maladies des paupieres , tels que font les ulceres
prurigineux, comme la galle, la gratelle , les dartres
qui s'attachent à leur bord , d'où découle
une fanie ou chaffie baveuſe & gluante , quelquefois
féche & dure , qui colle les paupieres pendant
la nuit , caufe des gonflemens , des durétes , démangeaifons
de chaleur & des rougeurs , tant à
l'oeil qu'aux paupieres.
Ladite Pommade les détruit promptement.
Les bouteilles de fon Eau font de 3 , 6 & 121.
Les pots de Pommade font de 30 fols 3 & 6 liv .
Il donne la maniere néceffaire de fe fervir de
ces remédes qui peuvent fe tranfporter dans les
Pays étrangers , fans fe corrompre ni perdre de
leur qualité.
On trouve chez lui tous les fecours néceſſaires ;
pour toutes les autres maladies des yeux.
On le trouve chez lui depuis huit heures jufqu'à
onze , & depuis deux jufqu'à cinq ; il va chez les
perfonnes qui lui font l'honneur de l'appeller ,
il prie ceux qui lui écriront de faire un petit
état de leur maladie & d'affranchir les lettres.
Sa demeure eft à Paris rue Montmartre , entre
la rue du Mail & la rue des Foffés , vis-à- vis le
Caffé de Billard.
Nota. Il vient d'achever la guérifon d'un enfant
né aveugle , fils de la Dame Benoiſt , demeurant
à Saint Denis , porte Pontoife ; il avoit un an
quand il l'a entrepris , & n'avoit jamais eu l'afage
de la lumiere ; il eft radicalement guéri , &
diftingue parfaitement les objets.
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Résumé : AVIS
Le document présente les services du Sieur Beffon Oculite, spécialiste des maladies oculaires. Il propose une eau fortifiante pour la vue, efficace contre les humeurs vicieuses et les brouillards oculaires. Il commercialise également une pommade traitant divers maux des paupières, tels que les ulcères prurigineux, la galle, la gratelle et les dartres, qui causent des sécrétions, des gonflements, des démangeaisons et des rougeurs. Ses produits sont disponibles en différentes tailles et prix. Le Sieur Beffon garantit leur efficacité même après transport à l'étranger et fournit des instructions d'utilisation. Il offre des consultations à domicile et reçoit les patients à son domicile parisien, rue Montmartre, entre la rue du Mail et la rue des Fossés, face au Café de Billard. Récemment, il a guéri un enfant né aveugle, fils de la Dame Benoist de Saint-Denis, qui peut désormais distinguer les objets.
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7681
p. 237-238
ERRATA Pour le second volume de Décembre.
Début :
Page 56, lig. 26, à M. le Marquis de Livri, lis. à M. le Marquis [...]
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texteReconnaissance textuelle : ERRATA Pour le second volume de Décembre.
ERRATA
Pour le fecond volume de Décembre.
PAGE 56 , lig. 26 , à M. le Marquis de Livri ,
lif. à M. le Marquis de Givri.
Page 131 , ligne 16 , des démonftrations d'admirations
, lif. d'admiration.
Pour le premier volume de ce mois.
Page 15 , lig. 30. toutes fois que vous fongerez ,
lif. toutes les fois.
Page 31 , lig. 7 , n'en trouble point le cours , lif.
n'en troublent point le cours.
Pag. 36 , lig. 8 , fi Ponçardin , lif. fi Ponçardin.
Page 44 , lig. 29 , au tems que perdois , líf. que
je perdois.
Page 67 , lig. 14 , fur le Comte de la Signora ,
lif. fur le compte de la Signora.
Page 75 , lig. 7 , quelque peu connue , lif. quelque
peu connu .
Page 94 , lig. premiere , attaches à fon ſervice ,
lif. attachés.
Page 120 , lig. 18 , trois partis , lif. trois parties.
Page 124 , lig. 8 , nous en avoit prié , lif. nous
en avoit priés.
Page 148 , lig. 23 , ceux qui enveront , lif. ceux
qui enverront.
Page 154, lig. 8 , les a conduit , lif. les a conduits.
Page 172 , lig. 10 , la Coquête corrigée , lif. la
Coquette , &c.
Même page , lig. 13 , qu'el- mettront, lif. qu'elles
mettront .
238
Même pag. lig 19 , Roland , ou le Médecin a moureux
, lif: Bolan , &c.
Page 174 , lig. 12 , fon nouveau concert , lifex
fon nouveau concerto.
Pour le fecond volume de Décembre.
PAGE 56 , lig. 26 , à M. le Marquis de Livri ,
lif. à M. le Marquis de Givri.
Page 131 , ligne 16 , des démonftrations d'admirations
, lif. d'admiration.
Pour le premier volume de ce mois.
Page 15 , lig. 30. toutes fois que vous fongerez ,
lif. toutes les fois.
Page 31 , lig. 7 , n'en trouble point le cours , lif.
n'en troublent point le cours.
Pag. 36 , lig. 8 , fi Ponçardin , lif. fi Ponçardin.
Page 44 , lig. 29 , au tems que perdois , líf. que
je perdois.
Page 67 , lig. 14 , fur le Comte de la Signora ,
lif. fur le compte de la Signora.
Page 75 , lig. 7 , quelque peu connue , lif. quelque
peu connu .
Page 94 , lig. premiere , attaches à fon ſervice ,
lif. attachés.
Page 120 , lig. 18 , trois partis , lif. trois parties.
Page 124 , lig. 8 , nous en avoit prié , lif. nous
en avoit priés.
Page 148 , lig. 23 , ceux qui enveront , lif. ceux
qui enverront.
Page 154, lig. 8 , les a conduit , lif. les a conduits.
Page 172 , lig. 10 , la Coquête corrigée , lif. la
Coquette , &c.
Même page , lig. 13 , qu'el- mettront, lif. qu'elles
mettront .
238
Même pag. lig 19 , Roland , ou le Médecin a moureux
, lif: Bolan , &c.
Page 174 , lig. 12 , fon nouveau concert , lifex
fon nouveau concerto.
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Résumé : ERRATA Pour le second volume de Décembre.
Le document présente une liste d'errata pour les volumes de décembre, visant à corriger diverses erreurs typographiques et grammaticales. Pour le deuxième volume, les corrections incluent des modifications de noms, de phrases et de termes spécifiques. Par exemple, 'M. le Marquis de Livri' devient 'M. le Marquis de Givri', et 'des démonstrations d'admirations' est rectifié en 'd'admiration'. Le premier volume voit principalement des ajustements grammaticaux et orthographiques, comme 'toutes fois que vous fongerez' corrigé en 'toutes les fois', et 'n'en trouble point le cours' modifié en 'n'en troublent point le cours'. D'autres corrections concernent des titres et des noms propres, tels que 'fi Ponçardin' et 'fur le Comte de la Signora'. Enfin, des corrections de conjugaison et de ponctuation sont également mentionnées, comme 'qu'el- mettront' corrigé en 'qu'elles mettront' et 'Roland, ou le Médecin a moureux' rectifié en 'Bolan'.
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7682
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second volume du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
AP PROBATIO N.
' Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chance
lier , le fecond volume du Mercure de Janvier
,& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreffion. A Paris , ce 13 Janvier 1756.
GUIROY.
' Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chance
lier , le fecond volume du Mercure de Janvier
,& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreffion. A Paris , ce 13 Janvier 1756.
GUIROY.
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7683
p. 238-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers sur les Coquettes, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VErs Ers fur les Coquettes , par M. de Baſtide ,
pages
Les Mémoires d'un homme à bonnes fortunes ,.par
le même Auteur , 7
Vers àM. Monin , Secrétaire de M. le Prince de
Conty ,
18
Envoi d'une branche de Laurier cueillie fur le
tombeau de Virgile , par S. A. R. Madame la
Margrave de Bareith , au Roi de Pruffe fon
20
frere ,
Ellai fur le caractere des Nations , par M. Hume ,
21
Vers à Mademoiſelle *** pour le renouvellement
de l'année ,
239
Rondeau en ſtyle de Marot ,
50
Lettre à l'Auteur du Mercure au fujet des Mariages,
Bouquet ,
Madrigal ,
Fable. Le mouton , & le buiffon ,
60
ibid.
61
Lettre de Mlle Pliffon à l'Auteur du Mercure ,
62
Portraits de fix fameux Peintres de l'école d'Ita
fie ,
66
68
Explication du mot des Enigmes & des Logogryphes
du 1 volume du Mercure de Janvier,
Enigme & Logogryphe , 69
Chanfon à l'occafion de la Statue élevée dans la
place Royale de Nancy , 72
Vers de M ... à Madame de ***. en lui envoyant
des lacets de Conftantinople ,
Avis de l'Auteur du Mercure ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
81
ibid.
83
Lettre de M. de M .. à M. de S..au fujet des écrits
Anglois fur les limites de l'Amérique ,
Extraits , précis ou indication des livres nouveaux,
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
87,
Hiftoire. Mémoire fur les anciennes repréſentations
théâtrales pieuſes , où le mêlange de la
fiction a quelquefois obfcurci le fonds de la vé-
M. l'Abbé le Boeuf , de l'Académie des
119 rité; par
Belles -Lettres
,
Métallurgie
. Réponfe
de M. de Machy
aux obfervations
de M. Cadet
, inférées
dans
le premier
volume
du Mercure
de Décembre
, 134
Chirurgie
. Differtation
fur le ver plat ou folitai-
146
re ,
240
Séance publique de l'Académie des Sciences , &
Belles- Lettres de Befiers ,
ART. IV. BEAUX ARTS.
157
173 Mufique.
Peinture. Lettre écrite de Bruxelles fur le fecret
de tranfporter les tableaux fur de nouveaux
fonds , & de les réparer
174
Lettre de M. Gautier à l'Auteur du Mercure , &
réponſe à la lettre anonyme fur l'invention
d'imprimer en tableaux ,
189
204
205
Gravure.
Architecture.
ART. V.
SPECTACLES.
Comédie Françoiſe.
209
Comédie Italienne.
ibid.
Précis de l'Epouſe ſuivante ,
210
Programme des Fêtes Parifiennes ,
212
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres
217
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
224
Naiffance , & Morts ,
228
'Avis.
235
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VErs Ers fur les Coquettes , par M. de Baſtide ,
pages
Les Mémoires d'un homme à bonnes fortunes ,.par
le même Auteur , 7
Vers àM. Monin , Secrétaire de M. le Prince de
Conty ,
18
Envoi d'une branche de Laurier cueillie fur le
tombeau de Virgile , par S. A. R. Madame la
Margrave de Bareith , au Roi de Pruffe fon
20
frere ,
Ellai fur le caractere des Nations , par M. Hume ,
21
Vers à Mademoiſelle *** pour le renouvellement
de l'année ,
239
Rondeau en ſtyle de Marot ,
50
Lettre à l'Auteur du Mercure au fujet des Mariages,
Bouquet ,
Madrigal ,
Fable. Le mouton , & le buiffon ,
60
ibid.
61
Lettre de Mlle Pliffon à l'Auteur du Mercure ,
62
Portraits de fix fameux Peintres de l'école d'Ita
fie ,
66
68
Explication du mot des Enigmes & des Logogryphes
du 1 volume du Mercure de Janvier,
Enigme & Logogryphe , 69
Chanfon à l'occafion de la Statue élevée dans la
place Royale de Nancy , 72
Vers de M ... à Madame de ***. en lui envoyant
des lacets de Conftantinople ,
Avis de l'Auteur du Mercure ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
81
ibid.
83
Lettre de M. de M .. à M. de S..au fujet des écrits
Anglois fur les limites de l'Amérique ,
Extraits , précis ou indication des livres nouveaux,
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
87,
Hiftoire. Mémoire fur les anciennes repréſentations
théâtrales pieuſes , où le mêlange de la
fiction a quelquefois obfcurci le fonds de la vé-
M. l'Abbé le Boeuf , de l'Académie des
119 rité; par
Belles -Lettres
,
Métallurgie
. Réponfe
de M. de Machy
aux obfervations
de M. Cadet
, inférées
dans
le premier
volume
du Mercure
de Décembre
, 134
Chirurgie
. Differtation
fur le ver plat ou folitai-
146
re ,
240
Séance publique de l'Académie des Sciences , &
Belles- Lettres de Befiers ,
ART. IV. BEAUX ARTS.
157
173 Mufique.
Peinture. Lettre écrite de Bruxelles fur le fecret
de tranfporter les tableaux fur de nouveaux
fonds , & de les réparer
174
Lettre de M. Gautier à l'Auteur du Mercure , &
réponſe à la lettre anonyme fur l'invention
d'imprimer en tableaux ,
189
204
205
Gravure.
Architecture.
ART. V.
SPECTACLES.
Comédie Françoiſe.
209
Comédie Italienne.
ibid.
Précis de l'Epouſe ſuivante ,
210
Programme des Fêtes Parifiennes ,
212
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres
217
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
224
Naiffance , & Morts ,
228
'Avis.
235
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication divisée en six sections. La première, 'Pièces fugitives en vers et en prose', regroupe des poèmes, lettres et énigmes, incluant des œuvres de M. de Bastide comme 'Vers pour les Coquettes' et 'Les Mémoires d'un homme à bonnes fortunes'. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires', contient des lettres et extraits sur les écrits relatifs aux limites de l'Amérique. La troisième section, 'Sciences et Belles-Lettres', explore des sujets historiques et techniques, tels que les représentations théâtrales pieuses et des discussions sur la métallurgie et la chirurgie. La quatrième section, 'Beaux-Arts', traite de la musique, la peinture, la gravure et l'architecture, avec des échanges sur les techniques artistiques. La cinquième section, 'Spectacles', offre des informations sur les comédies françaises et italiennes et les fêtes parisiennes. Enfin, la sixième section, 'Nouvelles étrangères', inclut des nouvelles de la cour, des naissances, des décès et divers avis.
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7684
p. 240
« De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch. A. JOMBERT.
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7685
p. 99-100
ENIGME.
Début :
Dans plus d'un cachot j'emprisonne [...]
Mots clefs :
Gants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Dans plus d'un cachot j'empriſonge
Tous ceux qui fe fervent de moi.
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
Malgré d'étroits liens dont je les environne ,
Ce font eux qui me font la loi .
Je fuis par fois blanc comme albâtre ,
Par fois plus brun que le geai le plus noir ;
Ma contradiction ne fe peut concevoir.
Je fers à l'Eglife , au Théâtre.
En hyver , en été , par rufe , fans defſein ,
J'enferme des beautés , des horreurs dans mon ſein.
On m'emploie à finir les plus riches parures.
Tombai - je dans le difcrédit ?
Je fers à panfer des bleffures.
Mes égaux coûtent cher à maintes créatures.
Exiftons-nous , pour elles tout eft dit.
Lecteur , ne fois point interdit ,
Tu vas me deviner fans peine.
Quoique fouple & galant , ce n'eft point fans
effort ,
Que malgré moi , la jeune Iris m'entraîne
Au point qui couronne mon fort ;
Encore faut- il qu'elle m'enchaîne.
Dans l'efprit cependant de l'aimable inhumaine
Mon indocilité ne me fit jamais tort .
Je dois à mes captifs toutes mes gentilleffes ...
Mais quel tranfport audacieux !
Finis , Damon ; vainement tu t'empreffes
De me trahir par des foins fpécieux.
Non , ce n'eft point à moi qu'en veulent tes ca
reffes ,
C'eft à l'objet charmant que je voile à tes yeux ,
Par M. D. B.
Dans plus d'un cachot j'empriſonge
Tous ceux qui fe fervent de moi.
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
Malgré d'étroits liens dont je les environne ,
Ce font eux qui me font la loi .
Je fuis par fois blanc comme albâtre ,
Par fois plus brun que le geai le plus noir ;
Ma contradiction ne fe peut concevoir.
Je fers à l'Eglife , au Théâtre.
En hyver , en été , par rufe , fans defſein ,
J'enferme des beautés , des horreurs dans mon ſein.
On m'emploie à finir les plus riches parures.
Tombai - je dans le difcrédit ?
Je fers à panfer des bleffures.
Mes égaux coûtent cher à maintes créatures.
Exiftons-nous , pour elles tout eft dit.
Lecteur , ne fois point interdit ,
Tu vas me deviner fans peine.
Quoique fouple & galant , ce n'eft point fans
effort ,
Que malgré moi , la jeune Iris m'entraîne
Au point qui couronne mon fort ;
Encore faut- il qu'elle m'enchaîne.
Dans l'efprit cependant de l'aimable inhumaine
Mon indocilité ne me fit jamais tort .
Je dois à mes captifs toutes mes gentilleffes ...
Mais quel tranfport audacieux !
Finis , Damon ; vainement tu t'empreffes
De me trahir par des foins fpécieux.
Non , ce n'eft point à moi qu'en veulent tes ca
reffes ,
C'eft à l'objet charmant que je voile à tes yeux ,
Par M. D. B.
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7686
p. 101-102
LOGOGRYPHE.
Début :
Né du plus horrible adultere, [...]
Mots clefs :
Minotaure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Né du plus horrible adultere ,
É
A peine eus-je reçu le jour
Que l'on me ravit à ma mere ,
Et qu'on m'éloigna de la Cour.
Dans mes neuf pieds , je donne un Patriarche ;
Connu par la vigre & par l'Arche ,.
Et la fille d'Eréfichton.
Une ville ou jadis régnoit Pigmalion :
Une autre dont Homere a chanté la défaite.
La femme de l'Erebe , & le fameux Poëte ;
Qui de nos jours chanta le grand Henri ;
Ce que fille à quinze ans préfere au nom d'ami .
Un fleuve en Allemagne , une riviere en France ,
Le Dieu , qui met fous fa puiffance
yeux,
Les mortels ainfi que les dieux ;
Un mal à craindre pour les
Un ami de Céfar qui fuivit Cléopâtre ,
Une couleur oppofée à l'albâtre ,
Un Poëte lyrique , un arbre , une faiſon ,
Ce que l'on voit fouvent contraire à la raiſon ,
La fille de Cadmus , mere de Mélicerte ;
Un ennemi des Juifs qui confpira leur perte ;
Deux des rois d'Ifraël , deux pronoms , un métal
Qui caufe des Mortels ou le bien ou le mal ;
Un fameux miſantrope , un mont de l'Italie ,
Un autre dans la Grece , un Roi de Theffalie ,
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
Deux Muſes ; je finis , ce n'eft pourtant pas tout ,
Mais je crains d'ennuyer , fi je vais jufqu'au bout.
Par Mademoiselle Moniſeau.
Né du plus horrible adultere ,
É
A peine eus-je reçu le jour
Que l'on me ravit à ma mere ,
Et qu'on m'éloigna de la Cour.
Dans mes neuf pieds , je donne un Patriarche ;
Connu par la vigre & par l'Arche ,.
Et la fille d'Eréfichton.
Une ville ou jadis régnoit Pigmalion :
Une autre dont Homere a chanté la défaite.
La femme de l'Erebe , & le fameux Poëte ;
Qui de nos jours chanta le grand Henri ;
Ce que fille à quinze ans préfere au nom d'ami .
Un fleuve en Allemagne , une riviere en France ,
Le Dieu , qui met fous fa puiffance
yeux,
Les mortels ainfi que les dieux ;
Un mal à craindre pour les
Un ami de Céfar qui fuivit Cléopâtre ,
Une couleur oppofée à l'albâtre ,
Un Poëte lyrique , un arbre , une faiſon ,
Ce que l'on voit fouvent contraire à la raiſon ,
La fille de Cadmus , mere de Mélicerte ;
Un ennemi des Juifs qui confpira leur perte ;
Deux des rois d'Ifraël , deux pronoms , un métal
Qui caufe des Mortels ou le bien ou le mal ;
Un fameux miſantrope , un mont de l'Italie ,
Un autre dans la Grece , un Roi de Theffalie ,
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
Deux Muſes ; je finis , ce n'eft pourtant pas tout ,
Mais je crains d'ennuyer , fi je vais jufqu'au bout.
Par Mademoiselle Moniſeau.
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7687
p. 211-212
DU NORD.
Début :
Entre les différens effets que le tremblement de terre, du premier [...]
Mots clefs :
Stockholm, Copenhague, Tremblements de terre, Affaissement des terres, Crue, Globe de feu, Débordement des lacs, Dégâts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NORD.
DE STOCKHOLM , le 30 Décembre.
Entre les différens effets que le tremblentent de
tërre, du premier Novembre , a produits en Dale
earlie , on a remarqué que pendant la crue extraordinaire
des eaux des lacs de Frixem & de
Stora-Leed , le terrein des environs s'eft affaillé
avec un grand bruit , & qu'il s'eft relevé à meſure
que ces lacs font rentrés dans leur lit. Les lettres
de Wexio dans le Smaland marquent , que le 28
du même mois , à huit heures cinquante-une minutes
du foir , on apperçut au ciel un globe de
feu , dont le diametre apparent étoit de la grandeur
de celui de la lune , lorfqu'elle eft dans fon
plein. Ce globe courut rapidement du fud - oueft
au nord- est. Ainfi que plufieurs cometes il traînoit
après lui une queue lumineufe . Il ſe détacha
de ce globe une portion , qui après s'être développée
, remplit un très-grand efpace , & répandit
une clarté égale à celle du jour. La durée de
ce phénomene fut de trente fecondes.
Selon les avis reçus de la Gothie occidentale
, le tremblement de teire du premier Novembre
s'y eft fait fentir avec beaucoup de violence.
De très-gros arbres ont été renversés. En plufieurs
endroits , les eaux ont páru mugir . Sut le lac de
(
212 MERCURE DE FRANCE.
Miorn, près de Gothenbourg , la plupart des ra
deaux ont été emportés & difperfés de côté &
d'autre .
DE COPPENHAGUE, le 19 Déc.
Le 10 Septembre , vers minuit , on fentit une
violente fecouffe de tremblement de terre dans le
diftrict de Hufewig. Il y en eut le lendemain
plufieurs autres . Celle des deux heures après-midi
renverfa un grand nombre de maiſons. On a
perdu par ces accidens une quantité confidérable
de provifions d'hyver. Pendant prefque toute la
journée du 12 , les eaux d'une petite riviere , qui
coule près de Nord- Syffel , devinrent blanches
comme du lait.
DE STOCKHOLM , le 30 Décembre.
Entre les différens effets que le tremblentent de
tërre, du premier Novembre , a produits en Dale
earlie , on a remarqué que pendant la crue extraordinaire
des eaux des lacs de Frixem & de
Stora-Leed , le terrein des environs s'eft affaillé
avec un grand bruit , & qu'il s'eft relevé à meſure
que ces lacs font rentrés dans leur lit. Les lettres
de Wexio dans le Smaland marquent , que le 28
du même mois , à huit heures cinquante-une minutes
du foir , on apperçut au ciel un globe de
feu , dont le diametre apparent étoit de la grandeur
de celui de la lune , lorfqu'elle eft dans fon
plein. Ce globe courut rapidement du fud - oueft
au nord- est. Ainfi que plufieurs cometes il traînoit
après lui une queue lumineufe . Il ſe détacha
de ce globe une portion , qui après s'être développée
, remplit un très-grand efpace , & répandit
une clarté égale à celle du jour. La durée de
ce phénomene fut de trente fecondes.
Selon les avis reçus de la Gothie occidentale
, le tremblement de teire du premier Novembre
s'y eft fait fentir avec beaucoup de violence.
De très-gros arbres ont été renversés. En plufieurs
endroits , les eaux ont páru mugir . Sut le lac de
(
212 MERCURE DE FRANCE.
Miorn, près de Gothenbourg , la plupart des ra
deaux ont été emportés & difperfés de côté &
d'autre .
DE COPPENHAGUE, le 19 Déc.
Le 10 Septembre , vers minuit , on fentit une
violente fecouffe de tremblement de terre dans le
diftrict de Hufewig. Il y en eut le lendemain
plufieurs autres . Celle des deux heures après-midi
renverfa un grand nombre de maiſons. On a
perdu par ces accidens une quantité confidérable
de provifions d'hyver. Pendant prefque toute la
journée du 12 , les eaux d'une petite riviere , qui
coule près de Nord- Syffel , devinrent blanches
comme du lait.
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Résumé : DU NORD.
Le 30 décembre, des rapports de Stockholm détaillent les conséquences du tremblement de terre du 1er novembre en Dalécarlie. Les lacs de Frixem et de Stora-Leed ont connu une crue suivie d'un affaissement et d'un relèvement du terrain. À Wexio, le 28 novembre à 8h51, un globe de feu a traversé le ciel du sud-ouest au nord-est, laissant une traînée lumineuse et illuminant une large zone pendant trente secondes. En Gothie occidentale, le séisme a été violent, abattant de grands arbres et dispersant des radoux près de Mjörn, proche de Göteborg. Le 19 décembre, depuis Copenhague, il est signalé qu'un séisme a frappé le district de Husewig le 10 septembre, détruisant plusieurs maisons et provoquant des pertes de provisions. Le 12 septembre, les eaux d'une petite rivière près de Nord-Syssel sont devenues blanches comme du lait durant presque toute la journée.
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7688
p. 212-213
ALLEMAGNE.
Début :
Une forte secousse de tremblement de terre se fit sentir ici [...]
Mots clefs :
Munich, Töplitz, Secousses, Bains thermaux, Dégâts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE TEPLITZ , le 9 Décembre.
Une forte fecouffe de tremblement de terre fa
fit fentir ici le premier de ce mois . Elle ne cauſa
aucun dommage , mais elle affecta fingulierement
les bains chauds de cette ville , qui , ayant
été découverts en 762 , n'avoient point éprouvé
depuis près de mille ans le moindre changement.
Sur le midi , l'eau de la fource fe troubla. Bien
tot elle ceffa de couler. Quelques minutes après
elle revint à grands flots , mais fort épaiffe , &
auffi rouge que du fang. Pendant un quart-d'heure
elle fut abfolument froide. Elle reprit infenfiblement
fa limpidité & fon dégré de chaleur
ordinaire. Depuis cette fecouffe ," la fontaine eft
devenue plus abondante. Lorsqu'on avoit vuidé
les bains , il falloit huit heures pour les remplin,
à préfent il n'en faut plus que quatre. On foupFEVRIER.
1756. 213
çonne qu'il s'eft formé une feconde fource à côsé
de la premiere.
DE MUNICH , le 20 Décembre.
Il y eut ici le 9 de ce mois une légere ſecouſſe
de tremblement de terre . Le même jour on en
fentit une à Donawert. Elle a ébranlé le couvent
des Capucins , & endommagé une partie des murailles
de l'Abbaye de Sainte Croix. A Ingolstadt,
les eaux des fontaines baifferent confidérablement
, & devinrent d'une couleur rouffâtre. Le
11 , on éprouva une nouvelle fecouffe en divers
endroits de cet Electorat.
DE TEPLITZ , le 9 Décembre.
Une forte fecouffe de tremblement de terre fa
fit fentir ici le premier de ce mois . Elle ne cauſa
aucun dommage , mais elle affecta fingulierement
les bains chauds de cette ville , qui , ayant
été découverts en 762 , n'avoient point éprouvé
depuis près de mille ans le moindre changement.
Sur le midi , l'eau de la fource fe troubla. Bien
tot elle ceffa de couler. Quelques minutes après
elle revint à grands flots , mais fort épaiffe , &
auffi rouge que du fang. Pendant un quart-d'heure
elle fut abfolument froide. Elle reprit infenfiblement
fa limpidité & fon dégré de chaleur
ordinaire. Depuis cette fecouffe ," la fontaine eft
devenue plus abondante. Lorsqu'on avoit vuidé
les bains , il falloit huit heures pour les remplin,
à préfent il n'en faut plus que quatre. On foupFEVRIER.
1756. 213
çonne qu'il s'eft formé une feconde fource à côsé
de la premiere.
DE MUNICH , le 20 Décembre.
Il y eut ici le 9 de ce mois une légere ſecouſſe
de tremblement de terre . Le même jour on en
fentit une à Donawert. Elle a ébranlé le couvent
des Capucins , & endommagé une partie des murailles
de l'Abbaye de Sainte Croix. A Ingolstadt,
les eaux des fontaines baifferent confidérablement
, & devinrent d'une couleur rouffâtre. Le
11 , on éprouva une nouvelle fecouffe en divers
endroits de cet Electorat.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 1er décembre, une forte secousse sismique a été ressentie à Teplitz sans provoquer de dommages. Les bains chauds de la ville, découverts en 762, ont été affectés : l'eau de la source s'est troublée, a cessé de couler, puis est revenue en grands flots épais et rouges, devenant temporairement froide avant de retrouver sa limpidité et sa température habituelle. Depuis cet événement, la fontaine est devenue plus abondante, remplissant les bains en quatre heures au lieu de huit. Une seconde source semble s'être formée à côté de la première. Le 9 décembre, une légère secousse a également été ressentie à Munich et à Donawert, endommageant partiellement les murailles de l'Abbaye de Sainte Croix. À Ingolstadt, les eaux des fontaines ont changé de couleur, prenant une teinte rouillée. Le 11 décembre, une nouvelle secousse a été ressentie dans divers endroits de l'Électorat.
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7689
p. 213-216
ESPAGNE.
Début :
Nous avons éprouvé le même tremblement, dont les lettres de Portugal [...]
Mots clefs :
Ceuta, Belém, Compostelle, Cadix, Málaga, Tremblements de terre, Crue de la mer, Décrue de la mer, Dégâts, Vols et brigandages, Maladies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE CEUTA , le 24 Novembre.
Nous avons éprouvé le même tremblement ,
dont les lettres de Portugal rapportent des effets
fi funcftes. Le premier de ce mois , à dix heures
dix minutes du matin , nous eûmes une fecouffe
qui dura environ trente fecondes . Elle fut fuivie
peu après de quelques autres plus légeres , dont
la durée fut de trois minutes. Les fept pointes
du fommet de la montagnedes Sept Freres ont
paru s'élever & s'abaiffer , foit que ce mouvement
ait été réel , foit que ce n'ait été qu'une apparence
occafionnée dans les yeux des Spectateurs
par le propre mouvement de leurs corps.
La mer monta de la hauteur de fept pieds , & un
quart-d'heure après elle baiffa tellement , qu'il
refta quantité de barques & de poiffons à fec fur
le fable. Ces flux & feflux fe fuccéderent alternativement
jufqu'au lendemain matin ; mais à
deux heures après-midi ils commencerent à diminuer
par dégrés . Le 3 , à fept heures du matin ,
214 MERCURE DE FRANCE.
nous effuyâmes une nouvelle fecouffe affez vi
ve , mais très-courte. Il y en eut une légere le
4 , à deux heures après-midi. Les , à huit heures
un quart du foir , nouvelle fecouffle plus forte
que les deux précédentes. On en a eu encore
quelques- unes depuis le 6 jufqu'au 16. Le 17 , à
dix heures & demie du matin , on en reffentit
une autre plus confidérable , accompagnée d'une
horrible tempête . Pendant les fecoufles du premier
de ce mois , les fontaines de cette ville &
du château ont ceffé de couler. Leurs eaux font
enfuite revenues avec autant de rapidité que d'abondance.
Les Maures qui bloquent cette ville , épouvantés
par le tremblement , s'étoient réfugiés
dans l'intérieur des terres. Ils font revenus dans
leur camp , depuis que leur premiere terreur eſt
diffipée.
On mande de Tanger , que de même qu'ici ,
pendant le tremblement les fontaines ont tari , &
qu'enfuite elles ont donné une grande abondance
d'eau rouge comme du fang ; que la mer fur
la côte voisine a monté de cinquante pieds , &
que fes eaux dans cette crue ont perdu prefque
toute leur amertume & toute leur falure.
DE BELEM , le 19 Décembre.
Les exemples de févérité étant néceffaires pour
réprimer les brigandages qui fe commettent journellement
dans ce Royaume , on a exécuté depuis
quinze jours plus de deux cens perfonnes
convaincues de différens délits . Quoique les tremblemens
de terre n'ayent pas entiérement ceffé ,
les & qu'il y ait eu encore le 11 une fecouffe ,
habitans de Lifbonne commencent à ſe remettre
เอา
Les
OL
D
C
FEVRIER. 1756. 215
T
de leur épouvante. Ils font occupés à chercher
dans les ruines de cette malheureufe ville ceux
de leurs effets , qui ont échappé à la voracité des
Hammes , & à l'avidité des voleurs . Il regne quantité
de maladies cauſées par la rigueur de la faifon,
& par les autres incommodités auxquelles
les riches comme les pauvres , ont été exposés
dans le défaftre général. Sa Majesté ne s'eft point
encore expliquée , & elle feroit rebâtir Lisbonne ,
ou fi elle fonderoit iei une nouvelle ville .
DE COMPOSTELLE , le 22 Novemb.
Cette ville n'a pas été exemte du fléau , qui a
caufé en plufieurs endroits tant de ravage ; mais
elle en a peu fouffert. Celle de la Corogne a
efluyé des allarmes plus confidérables. Voici la
copie d'une lettre écrite de ce port. « Le trem-
» blement de terre du premier de ce mois s'eft
» fait fentir ici d'une façon très -violente . Il a du-
» ré cinq minutes. Tous les édifices en ont été
» ébranlés ; cependant il n'y en a eu aucun de
>> renverfé . La mier pendant les fecouffes s'enfla
» prodigieufement. En plufieurs endroits elle Ra-
» roiffoit bouillonner. A midi elle monta telle-
» ment , qu'on ne l'avoit jamais vue à une pa-
» reille hauteur. Depuis une heure jufqu'à une
» heure & demie , elle monta & baiffa fept fois,
> On devoit avoir la baffe mer à fix heures du
» foir , à fept heures & demie on ne l'avoit pas
encore. Peu après la mer baiffa un tiers de plus
que dans les plus vives eaux. La pleine mer paroiffant
devoir venir à proportion , l'on crai-
» gnit que la ville ne fût fubmergée Les flux &
>> reflux ne cefferent que fur les dix heures du ma-
» tin du jour fuivant , que l'oude reprit enfin fon
» affiette ordinaire .
216 MERCURE DE FRANCE .
DE CADIX , le 14 Décembre.
A quelque diſtance de ce port on a découvert
depuis peu un rocher , qui juſqu'à préſent
n'avoit pas été apperçu des Navigateurs . On conjecture
qu'il a été formé par les effets du dernier
tremblement. Le vaiffeau de guerre Anglois le
Briſtol, en allant au devant d'une flotte qui
de Turquie , a heurté contre cet écueil. Ce bâtiment
a été obligé de relâcher ici pour réparer le
dommage qu'il a fouffert.
revient
DE MALAGA , le 10 Décembre.
On fentit le 27 du mois dernier à Cordoue une
fecoufle affez forte. Il y en eut une ici le 29.
Pendant plufieurs jours on a remarqué une agitation
extraordinaire dans les eaux.
DE CEUTA , le 24 Novembre.
Nous avons éprouvé le même tremblement ,
dont les lettres de Portugal rapportent des effets
fi funcftes. Le premier de ce mois , à dix heures
dix minutes du matin , nous eûmes une fecouffe
qui dura environ trente fecondes . Elle fut fuivie
peu après de quelques autres plus légeres , dont
la durée fut de trois minutes. Les fept pointes
du fommet de la montagnedes Sept Freres ont
paru s'élever & s'abaiffer , foit que ce mouvement
ait été réel , foit que ce n'ait été qu'une apparence
occafionnée dans les yeux des Spectateurs
par le propre mouvement de leurs corps.
La mer monta de la hauteur de fept pieds , & un
quart-d'heure après elle baiffa tellement , qu'il
refta quantité de barques & de poiffons à fec fur
le fable. Ces flux & feflux fe fuccéderent alternativement
jufqu'au lendemain matin ; mais à
deux heures après-midi ils commencerent à diminuer
par dégrés . Le 3 , à fept heures du matin ,
214 MERCURE DE FRANCE.
nous effuyâmes une nouvelle fecouffe affez vi
ve , mais très-courte. Il y en eut une légere le
4 , à deux heures après-midi. Les , à huit heures
un quart du foir , nouvelle fecouffle plus forte
que les deux précédentes. On en a eu encore
quelques- unes depuis le 6 jufqu'au 16. Le 17 , à
dix heures & demie du matin , on en reffentit
une autre plus confidérable , accompagnée d'une
horrible tempête . Pendant les fecoufles du premier
de ce mois , les fontaines de cette ville &
du château ont ceffé de couler. Leurs eaux font
enfuite revenues avec autant de rapidité que d'abondance.
Les Maures qui bloquent cette ville , épouvantés
par le tremblement , s'étoient réfugiés
dans l'intérieur des terres. Ils font revenus dans
leur camp , depuis que leur premiere terreur eſt
diffipée.
On mande de Tanger , que de même qu'ici ,
pendant le tremblement les fontaines ont tari , &
qu'enfuite elles ont donné une grande abondance
d'eau rouge comme du fang ; que la mer fur
la côte voisine a monté de cinquante pieds , &
que fes eaux dans cette crue ont perdu prefque
toute leur amertume & toute leur falure.
DE BELEM , le 19 Décembre.
Les exemples de févérité étant néceffaires pour
réprimer les brigandages qui fe commettent journellement
dans ce Royaume , on a exécuté depuis
quinze jours plus de deux cens perfonnes
convaincues de différens délits . Quoique les tremblemens
de terre n'ayent pas entiérement ceffé ,
les & qu'il y ait eu encore le 11 une fecouffe ,
habitans de Lifbonne commencent à ſe remettre
เอา
Les
OL
D
C
FEVRIER. 1756. 215
T
de leur épouvante. Ils font occupés à chercher
dans les ruines de cette malheureufe ville ceux
de leurs effets , qui ont échappé à la voracité des
Hammes , & à l'avidité des voleurs . Il regne quantité
de maladies cauſées par la rigueur de la faifon,
& par les autres incommodités auxquelles
les riches comme les pauvres , ont été exposés
dans le défaftre général. Sa Majesté ne s'eft point
encore expliquée , & elle feroit rebâtir Lisbonne ,
ou fi elle fonderoit iei une nouvelle ville .
DE COMPOSTELLE , le 22 Novemb.
Cette ville n'a pas été exemte du fléau , qui a
caufé en plufieurs endroits tant de ravage ; mais
elle en a peu fouffert. Celle de la Corogne a
efluyé des allarmes plus confidérables. Voici la
copie d'une lettre écrite de ce port. « Le trem-
» blement de terre du premier de ce mois s'eft
» fait fentir ici d'une façon très -violente . Il a du-
» ré cinq minutes. Tous les édifices en ont été
» ébranlés ; cependant il n'y en a eu aucun de
>> renverfé . La mier pendant les fecouffes s'enfla
» prodigieufement. En plufieurs endroits elle Ra-
» roiffoit bouillonner. A midi elle monta telle-
» ment , qu'on ne l'avoit jamais vue à une pa-
» reille hauteur. Depuis une heure jufqu'à une
» heure & demie , elle monta & baiffa fept fois,
> On devoit avoir la baffe mer à fix heures du
» foir , à fept heures & demie on ne l'avoit pas
encore. Peu après la mer baiffa un tiers de plus
que dans les plus vives eaux. La pleine mer paroiffant
devoir venir à proportion , l'on crai-
» gnit que la ville ne fût fubmergée Les flux &
>> reflux ne cefferent que fur les dix heures du ma-
» tin du jour fuivant , que l'oude reprit enfin fon
» affiette ordinaire .
216 MERCURE DE FRANCE .
DE CADIX , le 14 Décembre.
A quelque diſtance de ce port on a découvert
depuis peu un rocher , qui juſqu'à préſent
n'avoit pas été apperçu des Navigateurs . On conjecture
qu'il a été formé par les effets du dernier
tremblement. Le vaiffeau de guerre Anglois le
Briſtol, en allant au devant d'une flotte qui
de Turquie , a heurté contre cet écueil. Ce bâtiment
a été obligé de relâcher ici pour réparer le
dommage qu'il a fouffert.
revient
DE MALAGA , le 10 Décembre.
On fentit le 27 du mois dernier à Cordoue une
fecoufle affez forte. Il y en eut une ici le 29.
Pendant plufieurs jours on a remarqué une agitation
extraordinaire dans les eaux.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 1er novembre, Ceuta a été frappée par un puissant tremblement de terre suivi de multiples répliques. Les montagnes des Sept Frères ont semblé bouger, et la mer a connu des flux et reflux anormaux, laissant des bateaux échoués. Les fontaines de la ville ont cessé de couler avant de reprendre avec abondance. Les Maures, d'abord effrayés, sont retournés à leur camp. À Tanger, les fontaines ont également tari puis ont produit de l'eau rouge, et la mer a monté de cinquante pieds, perdant son amertume et sa salure. À Belém, malgré les secousses persistantes, les habitants de Lisbonne tentaient de se remettre de leur frayeur et cherchaient leurs biens parmi les ruines. De nombreuses exécutions ont eu lieu pour réprimer les pillages. La santé publique était compromise par les conditions hivernales et les difficultés générales. À Compostelle, les dégâts étaient minimes, contrairement à La Corogne où le séisme a duré cinq minutes, ébranlant tous les bâtiments sans en détruire. La mer a connu des mouvements inhabituels, montant et descendant sept fois en peu de temps. À Cadix, un nouveau rocher a été découvert, probablement formé par le dernier tremblement de terre. Un navire anglais a heurté cet écueil et a dû se réfugier à Cadix pour réparations. À Malaga, une secousse a été ressentie le 27 novembre à Cordoue et le 29 novembre à Malaga. Une agitation inhabituelle des eaux a été observée pendant plusieurs jours.
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7690
p. 216-217
ITALIE.
Début :
Depuis trois semaines on a essuyé dans toute la partie méridionale de [...]
Mots clefs :
Naples, Rome, Milan, Orages violents, Découverte archéologique, Tremblement de terre, Dégâts, Incendie, Guerre Tunis - Alger
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI
E.
DE NAPLES , le 6 Décembre.
Depuis trois ſemaines on a effuyé dans toute
la partie méridionale de l'Italie des orages auffi
fréquens que violens , qui ont caufe de grands
dommages , tant à la campagne que dans les villes
,& beaucoup de naufrages fur les côtes.
DE ROME , le 16 Décembre.
avec
En creufant la terre près d'Orte , on a trouvé
un chandelier de la hauteur d'un homme ,
un grand piedeſtal en forme de pupitre . Ce chandelier
eft d'un métal de compoſition. Sa Sainteté
a ordonné de fouiller dans l'endroit d'où l'on a
tiré cette antiquité , pour voir ſi l'on n'en découvrira
pas quelques autres,
DE
FEVRIER. 1756. 217
DE MILAN , le 26 Décembre.
1 2
Le tremblement de terre qu'on a fenti ici le
de ce mois , a été plus effrayant que celui du premier
Novembre. La bibliothéque Ambrofienne a
éprouvé de fi rudes fecouffes , qu'on l'a crue fur
le point d'être renversée. Les murs du Collége
de Breve ont été confidérablement ébranlés , & la
façade de la falle des exercices publics s'eft entr'-
ouverte.
Le feu a pris ici le 28 du mois dernier , &
tout le quartier de la porte du Tefin a été confumé
par les flammes. Diverfes lettres affurent
qu'il y a eu au Grand Caire un incendie encore
plus terrible. Que plus de fix mille maiſons ont
été brulées , & que la perte causée par cet embrafement
monte à vingt millions . Selon les nouvelles
des côtes de Barbarie , la guerre continue
vivement entre la Régence de Tunis & celle d'Alger.
La Régence de Tripoli s'eft jointe aux Tunifiens.
E.
DE NAPLES , le 6 Décembre.
Depuis trois ſemaines on a effuyé dans toute
la partie méridionale de l'Italie des orages auffi
fréquens que violens , qui ont caufe de grands
dommages , tant à la campagne que dans les villes
,& beaucoup de naufrages fur les côtes.
DE ROME , le 16 Décembre.
avec
En creufant la terre près d'Orte , on a trouvé
un chandelier de la hauteur d'un homme ,
un grand piedeſtal en forme de pupitre . Ce chandelier
eft d'un métal de compoſition. Sa Sainteté
a ordonné de fouiller dans l'endroit d'où l'on a
tiré cette antiquité , pour voir ſi l'on n'en découvrira
pas quelques autres,
DE
FEVRIER. 1756. 217
DE MILAN , le 26 Décembre.
1 2
Le tremblement de terre qu'on a fenti ici le
de ce mois , a été plus effrayant que celui du premier
Novembre. La bibliothéque Ambrofienne a
éprouvé de fi rudes fecouffes , qu'on l'a crue fur
le point d'être renversée. Les murs du Collége
de Breve ont été confidérablement ébranlés , & la
façade de la falle des exercices publics s'eft entr'-
ouverte.
Le feu a pris ici le 28 du mois dernier , &
tout le quartier de la porte du Tefin a été confumé
par les flammes. Diverfes lettres affurent
qu'il y a eu au Grand Caire un incendie encore
plus terrible. Que plus de fix mille maiſons ont
été brulées , & que la perte causée par cet embrafement
monte à vingt millions . Selon les nouvelles
des côtes de Barbarie , la guerre continue
vivement entre la Régence de Tunis & celle d'Alger.
La Régence de Tripoli s'eft jointe aux Tunifiens.
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Résumé : ITALIE.
En décembre 1755 et janvier 1756, plusieurs événements marquants ont eu lieu en Italie et dans la région méditerranéenne. En Italie du Sud, des orages violents ont causé des dégâts importants dans les zones rurales et urbaines, entraînant plusieurs naufrages. À Rome, une découverte archéologique significative a été réalisée avec la trouvaille d'un chandelier de taille humaine et d'un grand piédestal près d'Orte, incitant le pape à ordonner des fouilles supplémentaires. À Milan, un tremblement de terre le 26 décembre a endommagé la bibliothèque Ambrosienne et le Collège de Brève, suivi d'un incendie le 28 décembre qui a détruit le quartier de la porte du Tesin. Parallèlement, un incendie majeur au Grand Caire a détruit plus de six mille maisons, causant des pertes estimées à vingt millions. En Afrique du Nord, des conflits armés persistaient entre les régences de Tunis, Alger et Tripoli.
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7691
p. 217-219
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
On a reçu avis qu'il y avoit eu à la Barbade, [...]
Mots clefs :
Londres, Comté de Hereford, Tremblement de terre, Dégâts, Colonies américaines, Soulèvement des amérindiens, Troubles
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE - BRETAGNE.
DE LONDRES , le 15 Janvier.
On a reçu avis qu'il y avoit eu à la Barbade ;
à Antigoa , & dans la plupart des autres Illes fous
le Vent , une agitation dans les eaux , ſemblable
à celle qu'on a remarqué , en divers endroits de
l'Europe.
On écrit du village de Glonfow , près de la
Wye dans le Comté de Hereford , qu'on y a été
fort allarmé le 18 du mois dernier par une violente
fecouffe de tremblement de terre , accompagnée
d'un bruit fouterrein affreux , Environ à
cinq cens pas de ce village , un terrein de près
K
218 MERCURE DE FRANCE.
de deux arpens s'eft abîmé. Selon les lettres de la
nouvelle Angleterre , cette province n'a pas été
exemte du fléau qui a caufé tant de ravage en
Europe & en Afrique. Le 18 Novembre , la ville
de Bofton a fouffert plufieurs fecouffes , & il y eft
tombé un grand nombre de cheminées & de toits
de maifons . Pendant ce tremblement , les eaux
partout font montées fubitement de vingt pieds.
Le 6 Janvier , on expédia fept couriers
pour différentes Cours. Il s'eft tenu ces jours- ci
plufieurs Confeils . Le Gouvernement a reçu de la
Virginie , & de la nouvelle Ecoffe des dépêches
qui ont été tenues fecretes , ce qui fait juger
qu'elles ne font pas favorables. Quelques lettres
écrites de ces Colonies à digers particuliers , af
furent que les Sauvages y ont fait de grands ravages.
On a été inftruit par les mêmes avis , que
le 18 du mois de Novembre il y avoit eu de fortes
fecouffes de tremblement de terre à Philadelphie
& à la nouvelle York , ainsi qu'en d'autres
endroits de la côte de l'Amérique Septentrionale,
mais qu'elles n'avoient caufé aucun dommage
notable . Ces lettres confirment que les opérations
militaires des Généraux Johnſon & Shirley
font abfolument fufpendues. Depuis quelques
jours on a commencé la vente des marchandifes
fujettes à dépériffement , qui font à bord des
vaiffeaux pris fur les François. Elle fe fait en préfence
des principales perfonnes des équipages
de chaque bâtiment. On fait prendre aux Capitaines
un duplicata de la note des marchandifes ,
& du prix qu'elles font vendues . I eft décidé
que chaque Régiment de Dragons aura défor
mais un Efcadron de Huffards. Chaque Compagnie
des trois Régimens des Gardes à pied doit
être portée de foixante- dix hommes à quatrevingt-
dix.
FEVRIE R. 1756. 219
Les derniers avis qu'on a reçus de nos Colonies
ne font pas plus favorables que les précédens.
On parle de faire paffer quelques troupes
à la Virginie , & l'on affure que le Roi a envoyé
ordre de lever plufieurs nouveaux Régimens
dans l'Amérique Septentrionale.
DE LONDRES , le 15 Janvier.
On a reçu avis qu'il y avoit eu à la Barbade ;
à Antigoa , & dans la plupart des autres Illes fous
le Vent , une agitation dans les eaux , ſemblable
à celle qu'on a remarqué , en divers endroits de
l'Europe.
On écrit du village de Glonfow , près de la
Wye dans le Comté de Hereford , qu'on y a été
fort allarmé le 18 du mois dernier par une violente
fecouffe de tremblement de terre , accompagnée
d'un bruit fouterrein affreux , Environ à
cinq cens pas de ce village , un terrein de près
K
218 MERCURE DE FRANCE.
de deux arpens s'eft abîmé. Selon les lettres de la
nouvelle Angleterre , cette province n'a pas été
exemte du fléau qui a caufé tant de ravage en
Europe & en Afrique. Le 18 Novembre , la ville
de Bofton a fouffert plufieurs fecouffes , & il y eft
tombé un grand nombre de cheminées & de toits
de maifons . Pendant ce tremblement , les eaux
partout font montées fubitement de vingt pieds.
Le 6 Janvier , on expédia fept couriers
pour différentes Cours. Il s'eft tenu ces jours- ci
plufieurs Confeils . Le Gouvernement a reçu de la
Virginie , & de la nouvelle Ecoffe des dépêches
qui ont été tenues fecretes , ce qui fait juger
qu'elles ne font pas favorables. Quelques lettres
écrites de ces Colonies à digers particuliers , af
furent que les Sauvages y ont fait de grands ravages.
On a été inftruit par les mêmes avis , que
le 18 du mois de Novembre il y avoit eu de fortes
fecouffes de tremblement de terre à Philadelphie
& à la nouvelle York , ainsi qu'en d'autres
endroits de la côte de l'Amérique Septentrionale,
mais qu'elles n'avoient caufé aucun dommage
notable . Ces lettres confirment que les opérations
militaires des Généraux Johnſon & Shirley
font abfolument fufpendues. Depuis quelques
jours on a commencé la vente des marchandifes
fujettes à dépériffement , qui font à bord des
vaiffeaux pris fur les François. Elle fe fait en préfence
des principales perfonnes des équipages
de chaque bâtiment. On fait prendre aux Capitaines
un duplicata de la note des marchandifes ,
& du prix qu'elles font vendues . I eft décidé
que chaque Régiment de Dragons aura défor
mais un Efcadron de Huffards. Chaque Compagnie
des trois Régimens des Gardes à pied doit
être portée de foixante- dix hommes à quatrevingt-
dix.
FEVRIE R. 1756. 219
Les derniers avis qu'on a reçus de nos Colonies
ne font pas plus favorables que les précédens.
On parle de faire paffer quelques troupes
à la Virginie , & l'on affure que le Roi a envoyé
ordre de lever plufieurs nouveaux Régimens
dans l'Amérique Septentrionale.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
En janvier 1756, des tremblements de terre ont été enregistrés dans diverses régions, y compris les Caraïbes, la Grande-Bretagne et l'Amérique du Nord. À la Barbade et à Antigua, une agitation sous-marine a été notée. En Grande-Bretagne, un séisme a endommagé le village de Glonfow. Aux États-Unis, Boston a subi plusieurs secousses le 18 novembre, provoquant la chute de cheminées et de toits, ainsi qu'une montée subite des eaux. Des tremblements ont aussi été ressentis à Philadelphie et New York, sans dommages majeurs. Sur le plan militaire, les opérations des généraux Johnson et Shirley ont été suspendues. Les autorités britanniques ont commencé la vente des marchandises saisies sur des navires français et ont décidé d'ajouter un escadron de hussards à chaque régiment de dragons. Chaque compagnie des trois régiments des Gardes à pied passera de soixante-dix à quatre-vingt-dix hommes. Les nouvelles des colonies américaines restent défavorables, avec des rapports de raids amérindiens. Des troupes pourraient être envoyées en Virginie, et le roi a ordonné le recrutement de nouveaux régiments en Amérique du Nord.
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7692
p. 219-222
LETTRE à l'Auteur du Mercure, par M. l'Abbé Moreilhon, Prêtre, Docteur en Théologie, Curé de Portet, Jurvielle, & Pobeau, Diocèse de Commenges.
Début :
Un étrange phénomene, Monsieur, a répandu l'effroi dans ce coin de l'Univers. [...]
Mots clefs :
Tremblement de terre, Jurvielle, Eau rouge, Prodige, Fontaines, Couleur de l'eau, Phénomène mystérieux
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure, par M. l'Abbé Moreilhon, Prêtre, Docteur en Théologie, Curé de Portet, Jurvielle, & Pobeau, Diocèse de Commenges.
LETTRE à l'Auteur du Mercure , par M.
l'Abbé Moreilhon , Prêtre , Docteur en
Théologie , Curé de Portet , Jurvielle , &
Pobean , Diocèfe de Commenges.
UN étrange phénomene , Monfieut , a répandu
l'effroi dans ce coin de l'Univers. Il pourra
mériter l'attention du Public , fi vous daignez
P'expofer à fes yeux dans un de vos recueils périodiques.
Le premier de ce mois , un vieux Paſteur con
duifit fes moutons dans la prairie de Jurvielle.
C'est un petit Bourg fitué à l'extrêmité de la vallée
de Larbouft , dans la Généralité d'Auch ,
tout au pied des Pyrenées. Vers les onze heures
du matin , ce Berger s'aflit auprès d'une fontaine
où il avoit accoutumé de faire fes champêtres repas.
Il avoit déja bu de cette eau pure dans le
creux de fa main , lorfqu'il vit tout- à -coup fa
Cource fe troubler , au point qu'il la crut changée
en fots de fang.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Effrayé du fpectacle il fuit d'un lieu qui avoit
fait jufqu'alors fes plus cheres délices ; mais à
peine a -t'il fait quelque pas , que le ruiffeau qui
ferpente dans le vallon , lui préfente un femblable
prodige. Il appelle d'autres Paſteurs. Des
cris mêlés de gémiflemens fe font entendre au
loin . Un peuple nombreux accourt au bord du
Ruiffeau. On crie de plus en plus au miracle. La
crainte redouble à chaque inftant , & l'allarme
vint me troubler dans les fonctions du faint miniftere
dont j'étois occupé.
Je voulois me convaincre par moi - même du
fujet de la terreur publique. J'allai fur les lieux
& je vis qu'on ne m'en avoit point impofé. Les
caux du ruiffeau étoient d'une couleur parfaitement
reffemblante à celle d'un fang livide . Je
remontai à la fource , & par la verification exacte
que j'en fis , je trouvai le long du vallon quatre
fontaines qui avoient fouffert le même changement.
Non feulement le cryſtal de leurs eaux ne
préfentoit plus fa tranfparence ordinaire , mais
leur goût & leur odeur étoient aufli changée ;
& dans le courant cette liqueur dépofoit une efpece
de limon , tel que le mar du caffé au
clair.
Ce n'eft pas tout. L'émotion populaire me
rendit témoin d'un autre prodige ; tandis que
les quatre fources dont j'ai parlé , avoient pris
une couleur rouge en coulant. de l'Ouestau Sud,
ily en a deux du côté de ce même vallon , dont
les eaux étoient blanches , comme fi l'on y avoir'
détrempé du plâtre. Je continuai mes obferva-"
tions vis- à- vis de ces fontaines qui coulent duNord
at Sud. Après les avoir examinées je trouvai que
cette cau fentoit la vafe , & que les parties craffes
qu'elle entraînoit , étoient de la véritable argille ,
FEVRIER. 1756. 221
Je m'informai fi l'on n'avoit jamais vu un pareil
changement dans ces fontaines , & des perfonnes
âgées de quatre-vingts ans me certifierent qu'elles
n'avoient point vu , ni même oui dire , que
la diverfité des faifons eût produit dans ces fources
la moindre altération. Le tems étoit affez ferein
, & mes foins ne me mirent point à même
de foupçonner quelque caufe extérieure qui eût
trait à cet événement .
Pendant environ fix heures , le changement de
couleur dans ces différentes fontaines fut toujours
au même dégré , fans qu'il furvînt aucune altération
dans plus de vingt fources qui fe trouvent
au-deffus , au- deffous , & à côté , dans l'efpace
d'environ demi - quart de lieue que, contient le
vallon de Jurvielle. Dans la nuit , le prodige diminua
, & vers les huit heures du lendemain matin
les fontaines furent parfaitement rétablies dans
leur étát naturel.
J'avois auguré qu'un tremblement de terre ou
des feux fouterreins avoient pu occafionner le
prétendu miracle. Mes conjectures fe font , à mon
avis , trouvées plus vraisemblables , lorfque les
nouvelles publiques ont annoncé les ravages arrivés
par le tremblement de terre qui a eu lieu
le même jour , premier Novembre à Sévile , à
Cadix, à Salamanque, à Ségovie, à Carthagene, à
Valence , à Bilbao , & furtout à Liſbonne.
Mais comment les fecouffes de la terre ébranlée
à l'embouchure du Tage & du Guadalquivir ,
ont- elles pu troubler des fontaines fituées à quatre
cens lieues de diftance ? Quand le tremblement
de terre auroit été encore plus violent &
plus étendu dans les provinces voifines du détroit
de Gibraltar , fe feroit-il communiqué jufqu'à
P'extrémité de la Gafcogne : Les Pyrenées ne font
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
ils pas une barriere fuffifante pour y mettre obf
tacle ? La communication a - t'elle pu fe faire
dans deux heures de tems, puifque le tremblement
a commencé dans Lifbonne à neuf heures, & qu'ici
les fources ont changé de couleur à onze heures
du matin D'où vient la teinture rouge des quatre
fontaines , & la couleur blanche des deux autres
fources dont j'ai parlé , fi les feux fouterreins,
la crue de la mer , ou l'ébranlement de la terre en
font la véritable cauſe D'où vient que les fontaines
voisines font demeurées dans leur état naturel ?
Ne pourroit-on pas dire , en adoptant l'opinion
commune , fur l'origine des fontaines , que celles-
ci tirent leur fource d'un grand refervoir , où
il s'eft fait quelque éboulement qui a communiqué
à l'eau la différente couleur , felon la différente
qualité du terrein ? Les fonctions rédoutables
dont je fuis furchargé , me rendent depuis
long tems étranger à la Philofophie. Je n'ai donc
garde de prévenir le jugement des Sçavans fur
les queftions propofées. Je me fuis borné à conftater
les faits avec exactitude , & je me contente
de les expofer avec fimplicité .
*
4
J'ai l'honneur d'être , &c.
Ce 20 Novembre 1755.
l'Abbé Moreilhon , Prêtre , Docteur en
Théologie , Curé de Portet , Jurvielle , &
Pobean , Diocèfe de Commenges.
UN étrange phénomene , Monfieut , a répandu
l'effroi dans ce coin de l'Univers. Il pourra
mériter l'attention du Public , fi vous daignez
P'expofer à fes yeux dans un de vos recueils périodiques.
Le premier de ce mois , un vieux Paſteur con
duifit fes moutons dans la prairie de Jurvielle.
C'est un petit Bourg fitué à l'extrêmité de la vallée
de Larbouft , dans la Généralité d'Auch ,
tout au pied des Pyrenées. Vers les onze heures
du matin , ce Berger s'aflit auprès d'une fontaine
où il avoit accoutumé de faire fes champêtres repas.
Il avoit déja bu de cette eau pure dans le
creux de fa main , lorfqu'il vit tout- à -coup fa
Cource fe troubler , au point qu'il la crut changée
en fots de fang.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Effrayé du fpectacle il fuit d'un lieu qui avoit
fait jufqu'alors fes plus cheres délices ; mais à
peine a -t'il fait quelque pas , que le ruiffeau qui
ferpente dans le vallon , lui préfente un femblable
prodige. Il appelle d'autres Paſteurs. Des
cris mêlés de gémiflemens fe font entendre au
loin . Un peuple nombreux accourt au bord du
Ruiffeau. On crie de plus en plus au miracle. La
crainte redouble à chaque inftant , & l'allarme
vint me troubler dans les fonctions du faint miniftere
dont j'étois occupé.
Je voulois me convaincre par moi - même du
fujet de la terreur publique. J'allai fur les lieux
& je vis qu'on ne m'en avoit point impofé. Les
caux du ruiffeau étoient d'une couleur parfaitement
reffemblante à celle d'un fang livide . Je
remontai à la fource , & par la verification exacte
que j'en fis , je trouvai le long du vallon quatre
fontaines qui avoient fouffert le même changement.
Non feulement le cryſtal de leurs eaux ne
préfentoit plus fa tranfparence ordinaire , mais
leur goût & leur odeur étoient aufli changée ;
& dans le courant cette liqueur dépofoit une efpece
de limon , tel que le mar du caffé au
clair.
Ce n'eft pas tout. L'émotion populaire me
rendit témoin d'un autre prodige ; tandis que
les quatre fources dont j'ai parlé , avoient pris
une couleur rouge en coulant. de l'Ouestau Sud,
ily en a deux du côté de ce même vallon , dont
les eaux étoient blanches , comme fi l'on y avoir'
détrempé du plâtre. Je continuai mes obferva-"
tions vis- à- vis de ces fontaines qui coulent duNord
at Sud. Après les avoir examinées je trouvai que
cette cau fentoit la vafe , & que les parties craffes
qu'elle entraînoit , étoient de la véritable argille ,
FEVRIER. 1756. 221
Je m'informai fi l'on n'avoit jamais vu un pareil
changement dans ces fontaines , & des perfonnes
âgées de quatre-vingts ans me certifierent qu'elles
n'avoient point vu , ni même oui dire , que
la diverfité des faifons eût produit dans ces fources
la moindre altération. Le tems étoit affez ferein
, & mes foins ne me mirent point à même
de foupçonner quelque caufe extérieure qui eût
trait à cet événement .
Pendant environ fix heures , le changement de
couleur dans ces différentes fontaines fut toujours
au même dégré , fans qu'il furvînt aucune altération
dans plus de vingt fources qui fe trouvent
au-deffus , au- deffous , & à côté , dans l'efpace
d'environ demi - quart de lieue que, contient le
vallon de Jurvielle. Dans la nuit , le prodige diminua
, & vers les huit heures du lendemain matin
les fontaines furent parfaitement rétablies dans
leur étát naturel.
J'avois auguré qu'un tremblement de terre ou
des feux fouterreins avoient pu occafionner le
prétendu miracle. Mes conjectures fe font , à mon
avis , trouvées plus vraisemblables , lorfque les
nouvelles publiques ont annoncé les ravages arrivés
par le tremblement de terre qui a eu lieu
le même jour , premier Novembre à Sévile , à
Cadix, à Salamanque, à Ségovie, à Carthagene, à
Valence , à Bilbao , & furtout à Liſbonne.
Mais comment les fecouffes de la terre ébranlée
à l'embouchure du Tage & du Guadalquivir ,
ont- elles pu troubler des fontaines fituées à quatre
cens lieues de diftance ? Quand le tremblement
de terre auroit été encore plus violent &
plus étendu dans les provinces voifines du détroit
de Gibraltar , fe feroit-il communiqué jufqu'à
P'extrémité de la Gafcogne : Les Pyrenées ne font
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
ils pas une barriere fuffifante pour y mettre obf
tacle ? La communication a - t'elle pu fe faire
dans deux heures de tems, puifque le tremblement
a commencé dans Lifbonne à neuf heures, & qu'ici
les fources ont changé de couleur à onze heures
du matin D'où vient la teinture rouge des quatre
fontaines , & la couleur blanche des deux autres
fources dont j'ai parlé , fi les feux fouterreins,
la crue de la mer , ou l'ébranlement de la terre en
font la véritable cauſe D'où vient que les fontaines
voisines font demeurées dans leur état naturel ?
Ne pourroit-on pas dire , en adoptant l'opinion
commune , fur l'origine des fontaines , que celles-
ci tirent leur fource d'un grand refervoir , où
il s'eft fait quelque éboulement qui a communiqué
à l'eau la différente couleur , felon la différente
qualité du terrein ? Les fonctions rédoutables
dont je fuis furchargé , me rendent depuis
long tems étranger à la Philofophie. Je n'ai donc
garde de prévenir le jugement des Sçavans fur
les queftions propofées. Je me fuis borné à conftater
les faits avec exactitude , & je me contente
de les expofer avec fimplicité .
*
4
J'ai l'honneur d'être , &c.
Ce 20 Novembre 1755.
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Résumé : LETTRE à l'Auteur du Mercure, par M. l'Abbé Moreilhon, Prêtre, Docteur en Théologie, Curé de Portet, Jurvielle, & Pobeau, Diocèse de Commenges.
Le 1er novembre 1755, un événement inhabituel s'est produit dans la vallée de Larboust, près de Jurvielle, aux pieds des Pyrénées. Un berger observa que l'eau de plusieurs fontaines et du ruisseau local avait subitement changé de couleur, prenant une teinte rougeâtre. Cette observation fut confirmée par l'abbé Moreilhon, curé de Portet, Jurvielle et Pobean, qui nota que quatre fontaines avaient changé de couleur : certaines étaient devenues rouges et d'autres blanches. Ce phénomène dura environ six heures avant de disparaître. L'abbé Moreilhon suggéra que ce changement pourrait être lié à un tremblement de terre qui avait eu lieu le même jour à Lisbonne, Séville, Cadix et d'autres villes espagnoles. Cependant, il souligna les difficultés logistiques et géographiques pour expliquer comment ce séisme aurait pu affecter des sources situées à plusieurs centaines de lieues de distance. Il mentionna également la possibilité d'un éboulement dans un réservoir souterrain, mais se déclara incompétent pour déterminer les causes exactes du phénomène, se contentant de rapporter les faits observés.
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7693
p. 222-233
« Les Chevaliers, Commandeurs & Officiers de l'Ordre du Saint-Esprit, [...] »
Début :
Les Chevaliers, Commandeurs & Officiers de l'Ordre du Saint-Esprit, [...]
Mots clefs :
Roi, Bataillons, Protection des frontières, Sa Majesté britannique, Différends, Colonies américaines, Apaisement, Naissance du Prince
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texteReconnaissance textuelle : « Les Chevaliers, Commandeurs & Officiers de l'Ordre du Saint-Esprit, [...] »
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint -Efprit , tous en Manteau de
deuil , s'étant affemblés le a de Janvier , vers les
dix heures du matin dans le Cabinet du Roi , Sa
Majefté fortit de fon appartement pour aller à la
Chapelle. Le Roi , devant qui les deux Huiffiers
de la Chambre portoient leurs Maffes , étoit en
Manteau violet ,le Collier de l'Ordre par- deffus ,
ainfi que celui de l'Ordre de la Toifon d'Or. Sa
FEVRI E R. 1756. 223
Majefté étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin
, du Duc d'Orléans , du Prince de Condé ,
du Comte de Clermont , du Prince de Conty , du
Comte de la Marche , du Comte d'Eu , du Duc
de Penthiévre , & des Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre . Elle affifta à la Meffe de
Requiem , que l'Archevêque de Narbonne , Prélat
Commandeur de l'Ordre du Saint - Esprit , célébra
pour le repos des ames des Chevaliers morts pendant
le cours de l'année derniere. Enfuite Sa Ma
jefté fut reconduite à fon appartement , ains
qu'Elle étoit venue à la Chapelle.
Le 3 , les Députés des Etats de Bretagne eurent
audience du Roi . Ils furent préfentés à Sa Majesté
par M. le Duc de Penthievre , Gouverneur de la
Province , & par M. le Comte de Saint Florentin ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat , & conduits par M.
le Marquis de Dreux , Grand Maître des Cérémonies.
La Députation étoit compofée pour le Cler.
gé , de M. l'Evêque de Nantes qui porta la parole ;
de M. le Comte de Polignac pour la Nobleffe , &
de M. Marion , Député du Commerce de Saint-
Malo , pour le Tiers- Etat.
Le 4, Madame la Marquife de Broglie fur
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale.
M. de Machault , Garde des Sceaux de France ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat ayant le Département
de la Marine , préſenta le même jour au Roi M. le
Chevalier de Tourville , Officier des Vaiffeaux de
Sa Majesté.
Les Officiers Généraux qui feront employés
fur les côtes de l'Océan , depuis Dunkerque jufqu'à
la frontiere d'Efpagne , fous les ordres de M.
le Maréchal Duc de Belle-Ifle , font :
LIEUTENANS-GENERAUX , Meffieurs , le Mar
quis de Clermont Gallerande , fur les côtes de
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Saintonge , Païs d'Aunis & Poitou . Le Comte
d'Eftrées & le Duc d'Harcourt , côtes de Normandie
& du Gouvernement du Havre . Le Prince de
Soubize , côtes de Flandre. Le Duc de Chaulnes ,
côtes de Picardie & Calaifis. M. de Crémille , le
Marquis d'Hérouville , côtes de Guyenne , de
Bayonne & du Païs de Labour. Le Comte de Saint
Germain , côtes de Flandre.
t.
MARECHAUX DE CAMP . MM . le Duc d'Aiguillon
, côtes de Bretagne . Du Barail , côtes de
Flandre. Le Marquis de Dreux , côtes de Saintonge
, Païs d'Aunis & Poitou, Le Marquis de Puyfegur
, côtes de Normandie & du Gouvernement
du Havre. Le Marquis de Voyer , M. Lally , dans
le Boulonnois. Le Marquis de Narbonne , côtes
de Guyenne , de Bayonne & du Pais de Labour.
Le Marquis de Curfay , côtes de Bretagne. Le
Comte de Raymond , côtes de Normandie & du
Gouvernement du Havre .
T
Le Maréchal Duc de Richelieu , à qui le Roi a
donné le commandement général des côtes de la
Méditerranée depuis la frontiere d'Eſpagne jufqu'au
Var , aura fous fes ordres trois Lieutenans-
Généraux, & deux Maréchaux de Camp .
LIEUTENANS- GENERAUX employés fous les ordres
de ce Maréchal. Le Duc de Mirepoix , fur les côtes
de Languedoc. Le Comte de Graville , côtes
de Rouffillon . Le Marquis de Maillebois , côtes
de Provence.
MARECHAUX DE CAMP qui ferviront fous les
mêmes ordres. Le Comte de Moncan , côtes de
Languedoc. Le Comte de Lannion , côtes de Provence
.
On a annoncé l'année derniere , que l'Académie
de Pau avoit propofé pour le Sujet du Prix
qu'elle doit diftribuer en 1756 , L'utilité des déFEVRIER.
1756. 225
44
couvertesfaites dans les Sciences fous le Regne de
Louis XV. Une des Pieces de Poélies qui ont été
envoyées à cette Académie , a été adreffée par la
Pofte à l'Abbé de Sorberio , ci - devant Secrétaire
de la Compagnie , & on lit au bas cette Sentence ,
Eft aliquidfub Sole novum. L'Auteur n'a pas joine
à fon Poëme le billet cacheté qui devoit contenir
fon nom , & fur lequel devoit être répetée la
Sentence ci- deſſus mentionnée. Il eft averti qu'il
ne peut entrer en concours s'il ne répare cette
omiffion , en envoyant une autre copie de fon
ouvrage , accompagnée d'un Billet dans lequel i
obferve les deux formalités dont on vient de parler.
On a appris que le 21 du mois dernier il y avoit
eu un nouveau tremblement de terre à Lisbonne.
Plufieurs des maifons qui n'avoient été qu'ébranlées
, ont été détruites . Leur chûte a fait périt
encore plus de trois cens perfonnes. Nouvelle
incertaine .
Sur la démiſſion volontaire'de M. le Duc de
Bethune en faveur de M. le Duc de Charoft fon
petit- fils , le Roi a accordé à ce dernier la Lieurtenance
- Générale de Picardie & du Boulonnois ,
ainfi que le Gouvernement des Ville & Citadelle
de Calais.
On apprend de Luneville , que le Roi ayant
nommé Commandeur Honoraire de l'Ordre Royal
& Militaire de Saint Louis M. de Baye , Brigadier
de Cavalerie , Commandant les deux Compagnies
des Cadets Gentilshommes du Roi de Pologne
Duc de Lorraine & de Bar , Sa Majefté Polonoife
a fait l'honneur à cet Officier , de le revêtir lui-
-même du grand Cordon rouge.
La nuit du 26 au 27 de Décembre , on fentit
à Rocroy deux legeres fecouffes de tremblement
de terre , la premiere à onze heures cin-
K v
226 MERCURE DE FRANCE.
quante-fix minutes , la feconde à minuit douze
minutes . Elles s'annoncerent par un bruit fourd
de peu de durée , & le Ciel , au rapport des fentinelles
qui étoient pour lors en faction , parut tour
en feu.
M. Rouillé , Miniftre & Secrétaire d'Etat ayant
le Département des Affaires Etrangeres , écrivit
le 21 du même mois à Monfieur Fox , Secrétaire
d'Etat du Roi d'Angleterre , la Lettre fuivante.
·
Monfieur , c'est par ordre du Roi mon Maître ,
que j'ai l'honneur d'envoyer à votre Excellence le
Mémoire que je joins ici , &c.
« Il n'a pas tenu au Roi que les différends concernant
l'Amérique n'ayent été terminés par les
» voies de la conciliation , & Sa Majesté eft en
» état de le démontrer à l'Univers entier par des
preuves authentiques.
Le Roi , toujours animé du défir le plus fin-
» cere de maintenir le repos public & la plus parfaite
intelligence avec Sa Majefté Britannique
» a fuivi avec la bonne foi & la confiance la plus
entiere la négociation relative à cet objet.
» Les affurances que le Roi de la Grande Bre-
» tagne & fes Miniftres renouvelloient fans ceffe
» de vive voix & par écrit , étoient fi formelles
» & fi préciſes fur les difpofitions pacifiques de Sa
Majefté Britannique , que le Roi fe feroit re-
» proché le moindre doute fur la droiture des in-
» tentions de la Cour de Londres .
» Il n'eft guere poflible de concevoir com-
» ment ces affurances pouvoient fe concilier avec
ples ordres offenfifs , donnés en Novembre 1754
au Général Braddock , & au mois d'Avril 1755à
» P'Amiral Bofſcawen.
» L'attaque au mois de Juillet dernier , & la
prife de deux vaiffeaux du Roi en pleine mer &
7 FEVRIER. 1756. 227
D fans déclaration de guerre , étoient une infulte
publique au pavillon de Sa Majefté ; & elle auroit
témoigné fur le champ tout le jufte reffen-
» tinient que lui infpiroit une entrepriſe fi irrégu
liere & fi violente , fi elle avoit pu croire que
» P'Amiral Boscawen n'eût agi que par les ordres.
» de la Cour.
» Le même motif avoit d'abord fufpendu le
» jugement du Roi fur les pirateries que les vaiffeaux
de guerre Anglois exercent depuis plu
» fieurs mois contre la navigation & le commervce
des fujets de Sa Majefté , au mépris du droit
des gens , de la foi des traités , des ufages établis
parmi les nations policées , & des égards
» qu'elles fe doivent réciproquement.
Le Roi avoit lieu d'attendre des fentimens
de Sa Majefté Britannique , qu'à fon retour à
» Londres elle défavoueroit la conduite de fon
Amirauté & de fes Officiers de mer , & qu'elle
» donneroit à Sa Majefté une fatisfaction'
tionnée à l'injure & au dommage,
propor
» Mais le Roi voyant que le Roi d'Angleterre
» bien loin de punir les brigandages de la Marine
» Angloife , les encourage au contraire , en demandant
à fes Sujets de nouveaux fecours con
» tre la France , Sa Majesté manqueroit à ce qu'el
» le doit à fa propre gloire , à la dignité de ſa
» Couronne , & à la défenfe de fes peoples , fi
elle différoit plus long - tems d'exiger du Roi
» de la Grande Bretagne une réparation éclatante:
» de l'outrage fait au pavillon François , & des
dommages caufes aux Sujets du Roi,
Sa Majefté croit donc devoir s'adreffer direc
tement à Sa Majefté Britannique , & lui deman
der la rehitution prompte & entiere de tous les
» vaiffeaux Francois , tant de guerre que mar-
3Y
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
chands, qui, contre toutes les loix & contre tou
tes les bienséances , ont été pris par la Marine
» Angloife , & de tous les Officiers , Soldats , Ma-
» telots , Artillerie , Munitions , Marchandifes , &
genéralement de tout ce qui appartenoit à ces
>> vaiffeaux .
»
» Le Roi aimera toujours mieux devoir à l'équité
du Roi d'Angleterre qu'à tout autre moyen
»la fatisfaction que Sa Majeſté a droit de recla-
» mer & toutes les Puiffances verront fans dou
» te dans la démarche qu'elle s'eft déterminée à
» faire une nouvelle preuve bien ſenſible de cet
» amour conftant pour la paix , qui dirige fes
» confeils & fes réfolutions.
» Si Sa Majefté Britannique ordonne la refti-
» tution des vailleaux dont il s'agit , le Roi fera
» difpofé à entier en négociation fur les autres
fatisfactions qui lui font légitimement dues , &
» continuera de fe prêter , comme il a fait précé-
» demment à un accommodement équitable &
» folide fur les difcuffions qui concernent l'Amé
>> rique.
» Mais fi , contre toute efpérance , le Roi d'Angleterre
fe refufe à la réquifition que le Roi luí
» fait , Sa Majefté regardera će deni de jufticé
» comme la déclaration de guerre la plus authen-
» tique , & comme un deffein forme par la Cour
» de Londres , de troubler le repos de l'Europe .
M. Fox á fait à M. Rouillé la réponſe qui fuit
& qui eft datée de Whitehall , le 13 Janvier.
Monfieur , j'ai reçu le 3 de ce mois la lettre
dont votre Excellence m'a honoré , en date du zí
du mois paffé , avec le Mémoire dont elle étoit accompagnée
. Je n'ai pas tardé à les mettre devant
le Roi mon Maître, c'eft par fes ordres que j'ai
P'honneur d'informer votre Excellence que Sa Ma
FEVRIER. 1756. 229
jefté continue de fouhaiter la confervation de la
tranquillité publique ; mais quoique le Roi fe prê
tera volontiers à un accommodement équitable &
folide , Sa Majesté ne fçauroit accorder la deman
de qu'on fait de la reftitution prompte entiere
de tous les vaiffeaux François , & de tout ce qui y
appartenoit , comme une condition préliminaire à
toute négociation ; le Roi n'ayant rien fait dans
toutes fes démarches , que ce que les hoftilités com
mencées pas la France en tems de pleine paix ( dont
on a les preuves les plus authentiques ) , & ce que
Sa Majesté doit à fon honneur , à la défense des
droits & poffeffions de fa Couronne , & à la fureté
defes Royaumes, ont rendu jufte indifpenfable.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Le 18 M. le Duc de Charoft prêta ferment
entre les mains du Roi , pour la Lieutenance- Générale
de Picardie & du Boulonnais , & pour le
Gouvernement
des Ville & Citadelle de Calais .
Monfeigneur le Dauphin & Madame la Dauphine
vinrent le 19 de Janvier à Paris , pour rendre
à Dieu leurs folemnelles actions de graces , à
l'occafion de la naiffance de Monfeigneur le Comte
de Provence. Ce Prince & cette Princeffe arriverent
fur les trois heures & demie après- midi à
PEglife Métropolitaine , & furent reçus à la porte
de l'Eglife par l'Abbé de Saint- xupery , Doyen
du Chapitre , à la tête des Chanoines . Ayant été
conduits dans le Choeur , ils affifterent au Te
Deum , auquel le Doyen officia . En fortant , ils
firent leur priere à la Chapelle de la Vierge . De
1'Eglife Métropolitaine , Monfeigneur le Dau
phin & Madame Pa Dauphine fe rendirent à celle
de Sainte Geneviévé . L'Abbé , à la tête de fa Communauté
, les reçut à la porte de l'Eglife . Lorfque
ce Prince & cette Princeffe furent entrés dans le
230 MERCURE DE FRANCE.
Choeur , on célebra le Salut. La Châffe de Sainte
Géneviéve étoit découverte. Monfeigneur le Dauphin
& Madame la Dauphine , en arrivant à l'Eglife
Métropolitaine & à celle de Sainte Géneviéve
, ont trouvé une Compagnie des Gardes Françoifes
& une des Gardes Suiffes fous les armes . Le
foir , ce Prince & cette Princeffe retournerent à
Verfailles. Le peuple eft accouru partout en foule
fur leur paffage , & a témoigné par fes acclamations
la joie que lui caufoit leur préfence.
Sa Majesté voulant qu'il foit pourvu au remplacement
des Soldats , qui manquent dans les
Bataillons de Milice , & en même- tems à la levée
de l'augmentation qu'Elle a réfolu de faire dans
ces Bataillons , a ordonné ce qui fuit . ARTICLE I.
Les Bataillons de Milice , qui font actuellement
compofés de cinq cens hommes en dix Compa
gnies , feront portés à cinq cens quatre-vingt-dix
hommes chacun , formant le même nombre de
dix Compagnies , dont une de Grenadiers de cinquante
hommes , une de Grenadiers Poftiches de
foixante , & huit de Fufiliers de pareil nombre ;
les neuf Compagnies , tant de Grenadiers Poftiches
que de Fusiliers , devant être augmentées
chacune de dix hommes. ART. II. Entend Sa Majefté
, que , conformément aux ordres qu'Elle
donnés pour fufpendre la délivrance des congés
d'ancienneté aux Cavaliers , Dragons & Soldats
de fes troupes , il ne foit également délivré aucun
congé d'ancienneté aux Soldats de fes Bataillons
de Milice pendant la préfente année ; fe réſervant
de régler ceux qui devront être expédiés dans la
fuite. ART. III. Veut Sa Majefté , qu'il foit incel
famment procédé par le fieur Berryer , Lieutenant-
Général de Police de la Ville de Paris , &
par les Intendans des Provinces & Généralités di
FEVRIER. 1756. 271
A
Royaume , ou leurs Subdélégués , à la levée tant
des remplacemens qu'il y a à faire pour completer
le fonds actuel des Bataillons de Milice de
leurs Départemens , que des quatre -vingt- dix
hommes d'augmentation par Bataillon , enforte
qu'ils puiffent être affemblés auffi- tôt que Sa Majesté
le preferira .
L'honneur qu'a la Provence , de voir porter fon
nom au troifiéme petit - Fils de France , faifoit à la
Ville d'Aix une loi de célébrer la naiffance de ce
Prince , par des réjouiffances éclatantes. La Fêtefut
annoncée le 12 de Décembre par plufieurs
troupes de Trompettes , de Tambours & de Tambourins
qui parcoururent la Ville . Le 14 , on
chanta le Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine.
Un Bucher fut allumé dans la Place des Prêcheurs.
Devant l'Hôtel du Gouvernement , dont la façade
étoit illuminée avec autant de goût que de magnificence
, s'élevoit un Arc de Triomphe , fous lequel
le Duc de Villars fir diftribuer des viandes au
peuple pendant quatre heures confécutives . Toute
la nuit , il coula des quatre angles du Buffet quatre
Fontaines de vin. Une Cavalcade d'environ deux
cens Citoyens , divifés en quatre Compagnies
différemment habillées , fe promena dans les principales
rues. Trois de ces Compagnies , l'une de
Mafques de divers caracteres , l'autre de Cavaliers
Turcs , la troifiéme vêtue d'un riche uniforme
militaire , précédoient un Char orné de dorures
& d'emblêmes , & rempli de Symphonistes. Au
fond de ce Char , on voyoit deux perfonnes ,
dont l'une repréſentoit la Provence tenant dans fes
bras un Enfant , & l'autre le Roi René , qui regardoit
cet enfant avec complaifance . La quatriéme
Compagnie , habillée à la Chinoife ,fuivait
le Char. Chaque Compagnieavoit fes laftrumens,
232 MERCURE DE FRANCE.
*
fes Etendards & fes Officiers ; & la bride du cheval
de chaque Cavalier étoit tenue par un Valet
mafqué , lequel portoit un flambeau. Quinze Bergeres
& autant de Bergers fe rendirent chez M. le
Duc de Villars en chantant l'événement qui
caufoit l'allégreffe publique , & en exprimant la
leur d'une maniere d'autant plus tonchante
qu'elle étoit plus naïve . Il y eut au Gouvernement
un fouper fomptueux , & l'on y fervit huit tables,
compofant enfemble deux cens cinquante couverts.
M. le Duc de Villars donna le lendemain dans
la Salle de l'Hôtel de Ville un Bal , pendant lequel
on diftribua des rafraîchiffemens de toute
efpece Le 21 , ce Seigneur a la tête des Confuls
& du Corps de Ville , affifta à la Meffe , que la
Ville fit chanter dans l'Eghte des Dominicains . A
Pentrée de la nuit , on tira dans la Place de l'Hô .
tul de Ville , un feu d'artifice qui dura trois quarts
d'heure. La face de cet Hôtel étoit illuminée en
lampions & en pots à feu. Toutes les perfonnes
de diftinction y fouperent. Cette Fête , dans laquelle
la Nobleffe & le peuple ont fait éclater à
l'envi leur zele & leur joie , fera mémorable particuliérement
pour les pauvres . La Ville en a habillé
& diverſement fecouru un très- grand nombre,
& M. le Duc de Villars a répandu fes largeſſes
fur tous ceux qui le font préfentés.
Pendant le cours de l'année derniere , il eft
mort à Paris vingt mille vingt- une perſonnes :
il s'y eft fait dix-neuf mille quatre cens douze
baptêmes , & quatre mille cinq cens un mariages;
& il y a eu quatre mille deux cens foixantetreize
Enfans Trouvés.
Le 22 , les Actions de la Compagnie des Indes
étoient à quatorze cens livres : les Billets de la
premiere Loterie Royale , à huit cens vingt-cinq;
FEVRIER. 1756. 233
& ceux de la troifiéme Loterie , à fix cens dix- huit.
Ceux de la Seconde n'avoient point de prix fixe.
l'Ordre du Saint -Efprit , tous en Manteau de
deuil , s'étant affemblés le a de Janvier , vers les
dix heures du matin dans le Cabinet du Roi , Sa
Majefté fortit de fon appartement pour aller à la
Chapelle. Le Roi , devant qui les deux Huiffiers
de la Chambre portoient leurs Maffes , étoit en
Manteau violet ,le Collier de l'Ordre par- deffus ,
ainfi que celui de l'Ordre de la Toifon d'Or. Sa
FEVRI E R. 1756. 223
Majefté étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin
, du Duc d'Orléans , du Prince de Condé ,
du Comte de Clermont , du Prince de Conty , du
Comte de la Marche , du Comte d'Eu , du Duc
de Penthiévre , & des Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre . Elle affifta à la Meffe de
Requiem , que l'Archevêque de Narbonne , Prélat
Commandeur de l'Ordre du Saint - Esprit , célébra
pour le repos des ames des Chevaliers morts pendant
le cours de l'année derniere. Enfuite Sa Ma
jefté fut reconduite à fon appartement , ains
qu'Elle étoit venue à la Chapelle.
Le 3 , les Députés des Etats de Bretagne eurent
audience du Roi . Ils furent préfentés à Sa Majesté
par M. le Duc de Penthievre , Gouverneur de la
Province , & par M. le Comte de Saint Florentin ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat , & conduits par M.
le Marquis de Dreux , Grand Maître des Cérémonies.
La Députation étoit compofée pour le Cler.
gé , de M. l'Evêque de Nantes qui porta la parole ;
de M. le Comte de Polignac pour la Nobleffe , &
de M. Marion , Député du Commerce de Saint-
Malo , pour le Tiers- Etat.
Le 4, Madame la Marquife de Broglie fur
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale.
M. de Machault , Garde des Sceaux de France ,
Miniftre & Secrétaire d'Etat ayant le Département
de la Marine , préſenta le même jour au Roi M. le
Chevalier de Tourville , Officier des Vaiffeaux de
Sa Majesté.
Les Officiers Généraux qui feront employés
fur les côtes de l'Océan , depuis Dunkerque jufqu'à
la frontiere d'Efpagne , fous les ordres de M.
le Maréchal Duc de Belle-Ifle , font :
LIEUTENANS-GENERAUX , Meffieurs , le Mar
quis de Clermont Gallerande , fur les côtes de
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Saintonge , Païs d'Aunis & Poitou . Le Comte
d'Eftrées & le Duc d'Harcourt , côtes de Normandie
& du Gouvernement du Havre . Le Prince de
Soubize , côtes de Flandre. Le Duc de Chaulnes ,
côtes de Picardie & Calaifis. M. de Crémille , le
Marquis d'Hérouville , côtes de Guyenne , de
Bayonne & du Païs de Labour. Le Comte de Saint
Germain , côtes de Flandre.
t.
MARECHAUX DE CAMP . MM . le Duc d'Aiguillon
, côtes de Bretagne . Du Barail , côtes de
Flandre. Le Marquis de Dreux , côtes de Saintonge
, Païs d'Aunis & Poitou, Le Marquis de Puyfegur
, côtes de Normandie & du Gouvernement
du Havre. Le Marquis de Voyer , M. Lally , dans
le Boulonnois. Le Marquis de Narbonne , côtes
de Guyenne , de Bayonne & du Pais de Labour.
Le Marquis de Curfay , côtes de Bretagne. Le
Comte de Raymond , côtes de Normandie & du
Gouvernement du Havre .
T
Le Maréchal Duc de Richelieu , à qui le Roi a
donné le commandement général des côtes de la
Méditerranée depuis la frontiere d'Eſpagne jufqu'au
Var , aura fous fes ordres trois Lieutenans-
Généraux, & deux Maréchaux de Camp .
LIEUTENANS- GENERAUX employés fous les ordres
de ce Maréchal. Le Duc de Mirepoix , fur les côtes
de Languedoc. Le Comte de Graville , côtes
de Rouffillon . Le Marquis de Maillebois , côtes
de Provence.
MARECHAUX DE CAMP qui ferviront fous les
mêmes ordres. Le Comte de Moncan , côtes de
Languedoc. Le Comte de Lannion , côtes de Provence
.
On a annoncé l'année derniere , que l'Académie
de Pau avoit propofé pour le Sujet du Prix
qu'elle doit diftribuer en 1756 , L'utilité des déFEVRIER.
1756. 225
44
couvertesfaites dans les Sciences fous le Regne de
Louis XV. Une des Pieces de Poélies qui ont été
envoyées à cette Académie , a été adreffée par la
Pofte à l'Abbé de Sorberio , ci - devant Secrétaire
de la Compagnie , & on lit au bas cette Sentence ,
Eft aliquidfub Sole novum. L'Auteur n'a pas joine
à fon Poëme le billet cacheté qui devoit contenir
fon nom , & fur lequel devoit être répetée la
Sentence ci- deſſus mentionnée. Il eft averti qu'il
ne peut entrer en concours s'il ne répare cette
omiffion , en envoyant une autre copie de fon
ouvrage , accompagnée d'un Billet dans lequel i
obferve les deux formalités dont on vient de parler.
On a appris que le 21 du mois dernier il y avoit
eu un nouveau tremblement de terre à Lisbonne.
Plufieurs des maifons qui n'avoient été qu'ébranlées
, ont été détruites . Leur chûte a fait périt
encore plus de trois cens perfonnes. Nouvelle
incertaine .
Sur la démiſſion volontaire'de M. le Duc de
Bethune en faveur de M. le Duc de Charoft fon
petit- fils , le Roi a accordé à ce dernier la Lieurtenance
- Générale de Picardie & du Boulonnois ,
ainfi que le Gouvernement des Ville & Citadelle
de Calais.
On apprend de Luneville , que le Roi ayant
nommé Commandeur Honoraire de l'Ordre Royal
& Militaire de Saint Louis M. de Baye , Brigadier
de Cavalerie , Commandant les deux Compagnies
des Cadets Gentilshommes du Roi de Pologne
Duc de Lorraine & de Bar , Sa Majefté Polonoife
a fait l'honneur à cet Officier , de le revêtir lui-
-même du grand Cordon rouge.
La nuit du 26 au 27 de Décembre , on fentit
à Rocroy deux legeres fecouffes de tremblement
de terre , la premiere à onze heures cin-
K v
226 MERCURE DE FRANCE.
quante-fix minutes , la feconde à minuit douze
minutes . Elles s'annoncerent par un bruit fourd
de peu de durée , & le Ciel , au rapport des fentinelles
qui étoient pour lors en faction , parut tour
en feu.
M. Rouillé , Miniftre & Secrétaire d'Etat ayant
le Département des Affaires Etrangeres , écrivit
le 21 du même mois à Monfieur Fox , Secrétaire
d'Etat du Roi d'Angleterre , la Lettre fuivante.
·
Monfieur , c'est par ordre du Roi mon Maître ,
que j'ai l'honneur d'envoyer à votre Excellence le
Mémoire que je joins ici , &c.
« Il n'a pas tenu au Roi que les différends concernant
l'Amérique n'ayent été terminés par les
» voies de la conciliation , & Sa Majesté eft en
» état de le démontrer à l'Univers entier par des
preuves authentiques.
Le Roi , toujours animé du défir le plus fin-
» cere de maintenir le repos public & la plus parfaite
intelligence avec Sa Majefté Britannique
» a fuivi avec la bonne foi & la confiance la plus
entiere la négociation relative à cet objet.
» Les affurances que le Roi de la Grande Bre-
» tagne & fes Miniftres renouvelloient fans ceffe
» de vive voix & par écrit , étoient fi formelles
» & fi préciſes fur les difpofitions pacifiques de Sa
Majefté Britannique , que le Roi fe feroit re-
» proché le moindre doute fur la droiture des in-
» tentions de la Cour de Londres .
» Il n'eft guere poflible de concevoir com-
» ment ces affurances pouvoient fe concilier avec
ples ordres offenfifs , donnés en Novembre 1754
au Général Braddock , & au mois d'Avril 1755à
» P'Amiral Bofſcawen.
» L'attaque au mois de Juillet dernier , & la
prife de deux vaiffeaux du Roi en pleine mer &
7 FEVRIER. 1756. 227
D fans déclaration de guerre , étoient une infulte
publique au pavillon de Sa Majefté ; & elle auroit
témoigné fur le champ tout le jufte reffen-
» tinient que lui infpiroit une entrepriſe fi irrégu
liere & fi violente , fi elle avoit pu croire que
» P'Amiral Boscawen n'eût agi que par les ordres.
» de la Cour.
» Le même motif avoit d'abord fufpendu le
» jugement du Roi fur les pirateries que les vaiffeaux
de guerre Anglois exercent depuis plu
» fieurs mois contre la navigation & le commervce
des fujets de Sa Majefté , au mépris du droit
des gens , de la foi des traités , des ufages établis
parmi les nations policées , & des égards
» qu'elles fe doivent réciproquement.
Le Roi avoit lieu d'attendre des fentimens
de Sa Majefté Britannique , qu'à fon retour à
» Londres elle défavoueroit la conduite de fon
Amirauté & de fes Officiers de mer , & qu'elle
» donneroit à Sa Majefté une fatisfaction'
tionnée à l'injure & au dommage,
propor
» Mais le Roi voyant que le Roi d'Angleterre
» bien loin de punir les brigandages de la Marine
» Angloife , les encourage au contraire , en demandant
à fes Sujets de nouveaux fecours con
» tre la France , Sa Majesté manqueroit à ce qu'el
» le doit à fa propre gloire , à la dignité de ſa
» Couronne , & à la défenfe de fes peoples , fi
elle différoit plus long - tems d'exiger du Roi
» de la Grande Bretagne une réparation éclatante:
» de l'outrage fait au pavillon François , & des
dommages caufes aux Sujets du Roi,
Sa Majefté croit donc devoir s'adreffer direc
tement à Sa Majefté Britannique , & lui deman
der la rehitution prompte & entiere de tous les
» vaiffeaux Francois , tant de guerre que mar-
3Y
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
chands, qui, contre toutes les loix & contre tou
tes les bienséances , ont été pris par la Marine
» Angloife , & de tous les Officiers , Soldats , Ma-
» telots , Artillerie , Munitions , Marchandifes , &
genéralement de tout ce qui appartenoit à ces
>> vaiffeaux .
»
» Le Roi aimera toujours mieux devoir à l'équité
du Roi d'Angleterre qu'à tout autre moyen
»la fatisfaction que Sa Majeſté a droit de recla-
» mer & toutes les Puiffances verront fans dou
» te dans la démarche qu'elle s'eft déterminée à
» faire une nouvelle preuve bien ſenſible de cet
» amour conftant pour la paix , qui dirige fes
» confeils & fes réfolutions.
» Si Sa Majefté Britannique ordonne la refti-
» tution des vailleaux dont il s'agit , le Roi fera
» difpofé à entier en négociation fur les autres
fatisfactions qui lui font légitimement dues , &
» continuera de fe prêter , comme il a fait précé-
» demment à un accommodement équitable &
» folide fur les difcuffions qui concernent l'Amé
>> rique.
» Mais fi , contre toute efpérance , le Roi d'Angleterre
fe refufe à la réquifition que le Roi luí
» fait , Sa Majefté regardera će deni de jufticé
» comme la déclaration de guerre la plus authen-
» tique , & comme un deffein forme par la Cour
» de Londres , de troubler le repos de l'Europe .
M. Fox á fait à M. Rouillé la réponſe qui fuit
& qui eft datée de Whitehall , le 13 Janvier.
Monfieur , j'ai reçu le 3 de ce mois la lettre
dont votre Excellence m'a honoré , en date du zí
du mois paffé , avec le Mémoire dont elle étoit accompagnée
. Je n'ai pas tardé à les mettre devant
le Roi mon Maître, c'eft par fes ordres que j'ai
P'honneur d'informer votre Excellence que Sa Ma
FEVRIER. 1756. 229
jefté continue de fouhaiter la confervation de la
tranquillité publique ; mais quoique le Roi fe prê
tera volontiers à un accommodement équitable &
folide , Sa Majesté ne fçauroit accorder la deman
de qu'on fait de la reftitution prompte entiere
de tous les vaiffeaux François , & de tout ce qui y
appartenoit , comme une condition préliminaire à
toute négociation ; le Roi n'ayant rien fait dans
toutes fes démarches , que ce que les hoftilités com
mencées pas la France en tems de pleine paix ( dont
on a les preuves les plus authentiques ) , & ce que
Sa Majesté doit à fon honneur , à la défense des
droits & poffeffions de fa Couronne , & à la fureté
defes Royaumes, ont rendu jufte indifpenfable.
J'ai l'honneur d'être , &c.
Le 18 M. le Duc de Charoft prêta ferment
entre les mains du Roi , pour la Lieutenance- Générale
de Picardie & du Boulonnais , & pour le
Gouvernement
des Ville & Citadelle de Calais .
Monfeigneur le Dauphin & Madame la Dauphine
vinrent le 19 de Janvier à Paris , pour rendre
à Dieu leurs folemnelles actions de graces , à
l'occafion de la naiffance de Monfeigneur le Comte
de Provence. Ce Prince & cette Princeffe arriverent
fur les trois heures & demie après- midi à
PEglife Métropolitaine , & furent reçus à la porte
de l'Eglife par l'Abbé de Saint- xupery , Doyen
du Chapitre , à la tête des Chanoines . Ayant été
conduits dans le Choeur , ils affifterent au Te
Deum , auquel le Doyen officia . En fortant , ils
firent leur priere à la Chapelle de la Vierge . De
1'Eglife Métropolitaine , Monfeigneur le Dau
phin & Madame Pa Dauphine fe rendirent à celle
de Sainte Geneviévé . L'Abbé , à la tête de fa Communauté
, les reçut à la porte de l'Eglife . Lorfque
ce Prince & cette Princeffe furent entrés dans le
230 MERCURE DE FRANCE.
Choeur , on célebra le Salut. La Châffe de Sainte
Géneviéve étoit découverte. Monfeigneur le Dauphin
& Madame la Dauphine , en arrivant à l'Eglife
Métropolitaine & à celle de Sainte Géneviéve
, ont trouvé une Compagnie des Gardes Françoifes
& une des Gardes Suiffes fous les armes . Le
foir , ce Prince & cette Princeffe retournerent à
Verfailles. Le peuple eft accouru partout en foule
fur leur paffage , & a témoigné par fes acclamations
la joie que lui caufoit leur préfence.
Sa Majesté voulant qu'il foit pourvu au remplacement
des Soldats , qui manquent dans les
Bataillons de Milice , & en même- tems à la levée
de l'augmentation qu'Elle a réfolu de faire dans
ces Bataillons , a ordonné ce qui fuit . ARTICLE I.
Les Bataillons de Milice , qui font actuellement
compofés de cinq cens hommes en dix Compa
gnies , feront portés à cinq cens quatre-vingt-dix
hommes chacun , formant le même nombre de
dix Compagnies , dont une de Grenadiers de cinquante
hommes , une de Grenadiers Poftiches de
foixante , & huit de Fufiliers de pareil nombre ;
les neuf Compagnies , tant de Grenadiers Poftiches
que de Fusiliers , devant être augmentées
chacune de dix hommes. ART. II. Entend Sa Majefté
, que , conformément aux ordres qu'Elle
donnés pour fufpendre la délivrance des congés
d'ancienneté aux Cavaliers , Dragons & Soldats
de fes troupes , il ne foit également délivré aucun
congé d'ancienneté aux Soldats de fes Bataillons
de Milice pendant la préfente année ; fe réſervant
de régler ceux qui devront être expédiés dans la
fuite. ART. III. Veut Sa Majefté , qu'il foit incel
famment procédé par le fieur Berryer , Lieutenant-
Général de Police de la Ville de Paris , &
par les Intendans des Provinces & Généralités di
FEVRIER. 1756. 271
A
Royaume , ou leurs Subdélégués , à la levée tant
des remplacemens qu'il y a à faire pour completer
le fonds actuel des Bataillons de Milice de
leurs Départemens , que des quatre -vingt- dix
hommes d'augmentation par Bataillon , enforte
qu'ils puiffent être affemblés auffi- tôt que Sa Majesté
le preferira .
L'honneur qu'a la Provence , de voir porter fon
nom au troifiéme petit - Fils de France , faifoit à la
Ville d'Aix une loi de célébrer la naiffance de ce
Prince , par des réjouiffances éclatantes. La Fêtefut
annoncée le 12 de Décembre par plufieurs
troupes de Trompettes , de Tambours & de Tambourins
qui parcoururent la Ville . Le 14 , on
chanta le Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine.
Un Bucher fut allumé dans la Place des Prêcheurs.
Devant l'Hôtel du Gouvernement , dont la façade
étoit illuminée avec autant de goût que de magnificence
, s'élevoit un Arc de Triomphe , fous lequel
le Duc de Villars fir diftribuer des viandes au
peuple pendant quatre heures confécutives . Toute
la nuit , il coula des quatre angles du Buffet quatre
Fontaines de vin. Une Cavalcade d'environ deux
cens Citoyens , divifés en quatre Compagnies
différemment habillées , fe promena dans les principales
rues. Trois de ces Compagnies , l'une de
Mafques de divers caracteres , l'autre de Cavaliers
Turcs , la troifiéme vêtue d'un riche uniforme
militaire , précédoient un Char orné de dorures
& d'emblêmes , & rempli de Symphonistes. Au
fond de ce Char , on voyoit deux perfonnes ,
dont l'une repréſentoit la Provence tenant dans fes
bras un Enfant , & l'autre le Roi René , qui regardoit
cet enfant avec complaifance . La quatriéme
Compagnie , habillée à la Chinoife ,fuivait
le Char. Chaque Compagnieavoit fes laftrumens,
232 MERCURE DE FRANCE.
*
fes Etendards & fes Officiers ; & la bride du cheval
de chaque Cavalier étoit tenue par un Valet
mafqué , lequel portoit un flambeau. Quinze Bergeres
& autant de Bergers fe rendirent chez M. le
Duc de Villars en chantant l'événement qui
caufoit l'allégreffe publique , & en exprimant la
leur d'une maniere d'autant plus tonchante
qu'elle étoit plus naïve . Il y eut au Gouvernement
un fouper fomptueux , & l'on y fervit huit tables,
compofant enfemble deux cens cinquante couverts.
M. le Duc de Villars donna le lendemain dans
la Salle de l'Hôtel de Ville un Bal , pendant lequel
on diftribua des rafraîchiffemens de toute
efpece Le 21 , ce Seigneur a la tête des Confuls
& du Corps de Ville , affifta à la Meffe , que la
Ville fit chanter dans l'Eghte des Dominicains . A
Pentrée de la nuit , on tira dans la Place de l'Hô .
tul de Ville , un feu d'artifice qui dura trois quarts
d'heure. La face de cet Hôtel étoit illuminée en
lampions & en pots à feu. Toutes les perfonnes
de diftinction y fouperent. Cette Fête , dans laquelle
la Nobleffe & le peuple ont fait éclater à
l'envi leur zele & leur joie , fera mémorable particuliérement
pour les pauvres . La Ville en a habillé
& diverſement fecouru un très- grand nombre,
& M. le Duc de Villars a répandu fes largeſſes
fur tous ceux qui le font préfentés.
Pendant le cours de l'année derniere , il eft
mort à Paris vingt mille vingt- une perſonnes :
il s'y eft fait dix-neuf mille quatre cens douze
baptêmes , & quatre mille cinq cens un mariages;
& il y a eu quatre mille deux cens foixantetreize
Enfans Trouvés.
Le 22 , les Actions de la Compagnie des Indes
étoient à quatorze cens livres : les Billets de la
premiere Loterie Royale , à huit cens vingt-cinq;
FEVRIER. 1756. 233
& ceux de la troifiéme Loterie , à fix cens dix- huit.
Ceux de la Seconde n'avoient point de prix fixe.
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Résumé : « Les Chevaliers, Commandeurs & Officiers de l'Ordre du Saint-Esprit, [...] »
En janvier 1756, plusieurs événements marquants eurent lieu en France. Les membres de l'Ordre du Saint-Esprit célébrèrent une messe de Requiem pour les défunts de l'année précédente. Le roi reçut les députés des États de Bretagne le 3 février, et le 4 février, la Marquise de Broglie et le Chevalier de Tourville furent présentés à la famille royale. Des officiers généraux furent désignés pour surveiller les côtes de l'Océan et de la Méditerranée. L'Académie de Pau lança un sujet pour son prix littéraire sur l'utilité des découvertes scientifiques. Un tremblement de terre à Lisbonne fit de nouvelles victimes, et le Duc de Charost succéda à son grand-père comme Lieutenant Général de Picardie et du Boulonnais. Le roi de Pologne nomma M. de Baye Commandeur Honoraire de l'Ordre de Saint-Louis, et des secousses sismiques furent ressenties à Rocroy. M. Rouillé, Secrétaire d'État aux Affaires Étrangères, écrivit à Monsieur Fox au sujet de différends en Amérique. La correspondance diplomatique entre la France et la Grande-Bretagne concernait des conflits américains et des incidents maritimes. Le roi de France souhaitait résoudre ces conflits par la conciliation et demanda la restitution des vaisseaux capturés, condition préalable à toute négociation. Le représentant britannique refusa cette restitution, invoquant des hostilités françaises et la défense des droits britanniques. En France, le Dauphin et la Dauphine participèrent à des cérémonies religieuses à Paris avant de retourner à Versailles. Le roi augmenta les effectifs des bataillons de milice et suspendit les congés d'ancienneté. Aix-en-Provence fêta la naissance du troisième fils du roi. À Paris, les statistiques démographiques montraient 20 021 décès, 19 412 baptêmes, 4 501 mariages, et 4 263 enfants trouvés. Les actions de la Compagnie des Indes étaient évaluées à 1 400 livres, les billets de la première loterie royale à 825 livres, et ceux de la troisième loterie à 618 livres.
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7694
p. 233
BENEFICES DONNÉS.
Début :
Le Roi a donné à l'Abbaye Réguliere & Elective de Marback, Ordre [...]
Mots clefs :
Abbaye, Dom Hergott, Diocèse de Bayeux, Dame de Baneville
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNÉS.
BENEFICES DONNÉS.
Le Roi a donné l'Abbaye Réguliere & Elective
de Marback , Ordre de Saint Auguftin , Diocèfe
de Bafle , à Dom Hergott , Religieux de cette
Abbaye , & celle de Cordillon , Ordre de Saint
Benoît , Diocèfe de Bayeux , à la Dame de Banneville
, Religieufe dudit Ordre .
Le Roi a donné l'Abbaye Réguliere & Elective
de Marback , Ordre de Saint Auguftin , Diocèfe
de Bafle , à Dom Hergott , Religieux de cette
Abbaye , & celle de Cordillon , Ordre de Saint
Benoît , Diocèfe de Bayeux , à la Dame de Banneville
, Religieufe dudit Ordre .
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7695
p. 233-235
Mariage & Morts.
Début :
Messire N..... Marquis de Bréhant, Brigadier d'Infanterie, & Colonel du Régiment de [...]
Mots clefs :
Marquis de Bréhant, Mariage, Morts, Maison de Melun, Comte
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texteReconnaissance textuelle : Mariage & Morts.
Mariage & Morts.
M Effire N..... Marquis de Bréhant , Brigadier
d'Infanterie , & Colonel du Régiment de Picardie
, époufa le 17 Novembre au Château de
Bercy, Demoiselle N..... Tafchereau de Baudry
, fille de feu Meffire Gabriel - Talchereau de
Baudry , Confeiller d'Etat ordinaire , & Intendant
des Finances , mort le 22 Avril 1755. Le jour du
mariage le Régiment de Picardie donna à la Garnifon
de Valenciennes un fouper , qui fut fuivi
d'un bal auquel toute la Ville fut invitée.
Louis-Charles , Comte de la Mothe- Houdancourt
, Maréchal de France , Grand d'Espagne de
la premiere Claffe , Chevalier des Ordres du Roi ,
Chevalier d'honneur de la Reine &Gouverneur de
Gravelines , eft mort à Paris le 3 Novemb. âgé de
68 ans. Le Roi a difpofé de la charge de Chevalier
d'honneur de la Reine , vacante parfalnmort, en faveur
du Comte de Saulx-Tavannes , Lieutenant-
Général des Armées du Roi , Gouverneur du Châ
234 MERCURE DE FRANCE.
teau du Taureau en Baffe- Bretagne , & l'un des
Menins de Monfeigneur le Dauphin.
Le 27 Novembre , mourut dans fes terres de
Normandie , Louife- Elifabeth de Melun , Marquife
de Langheac ; elle avoit époufé en premieres
noces Alexandre - Théodofe , Comte de Melun,
Meftre de camp du régiment Royal , fon coufin
germain, mort en 1739 ; & en fecondes, Gilbert-
Allire , Marquis de Langheac : de ce mariage
elle laiffe trois filles ,& deux du premier , feu!
refte de la derniere branche de fon illuftre maifon
: ( 1 ) Charle- Alexandre-Albert de Melun , Vicomte
de Gand , grand pere de la Marquife
de Langheac , en étoit l'auteur. Il étoit fils puîné
de Guillaume de Melun , Prince d'Epinoi , &
d'Erneftine de Ligne-Aremberg , & avoit pour
frere 1°, Alexandre-Guillaume , Prince d'Epinoi ,
dont par la mort de fon petit-fils , Louis, créé Duc
de Joyeufe , tué par un cerf à Chantilli le 31 Juillet
1724 , tous les biens pafferent à fa foeur , Anne-
Julie-Adelaïde , Princeffe de Soubiſe . 2 °. François
- Philippe de Melun , Marquis de Richebourg
dont la poftérité mafculine s'eft pareillement
éteinte , par la mort de Philippe Marquis de
Kichebourg , Grand d'Efpagne de la premiere
claffe , & celle de Guillaume Comte de Beauffart,
auffi Grand d'Espagne , fes petits-fils . Le Vicomte
de Gand , par Renée de Rupiere fa femme
fut pere de trois fils ; Alexandre l'aîné , Marquis
de Melun , époufa Elifabeth de Rohan- Gué-
(1 ) Robert, Moine de S. Remi de Rheims , écrivant:
en 1089, dans fon Hiftoire d'Antioche , Contemporain
de Guillaume de Melun , dit le Charpentier
par fa valeur par fa force , le dit iſſu de race
royale
FEVRIER . 1756. 235
A
menée, dont une fille unique , Louife- Armande ,
mariée avec Gabriel Vicomte de Melun , le troifiéme
des freres de fon pere , mort en 1740 , Lieutenant
général des armées du Roi , Commandant
à Abbeville ; c'eft de ce mariage qu'étoit iffue
la Marquife de Langheac ; & fon premier mari ,
de celui de Charlotte de Monchy - Senarpont
avec Ambroise Comte de Melun , autre frere
de fon pere , & grand pere , tous trois fils du
Vicomte de Gand.
Marie - Louiſe - Victoire de Gramont , épouſe
d'Antoine Duc de Gramont , Pair de France
Souverain de Bidache , Brigadier d'Infanterie ,
Gouverneur & Lieutenant- Général de Navarre
& de Bearn , mourut à Paris le 11 de Janvier ,
âgée de trente-trois ans .
- Meffire Louis Antoine du Fos , Marquis de
Mery , eft mort le 12 au château de la Taule en
Picardie , dans fa cinquante - fixième année.
Meffire Henri , Comte de Bukeley , Chevalier
des Ordres de Sa Majefté , & Lieutenant - Général
de les armées , eft mort en cette ville le 14 .
Dame Jeanne-Thérefe- Pélagie d'Albert , veuve
de Meffire Louis de Guilhelm de Caftelnau de
Clermont Lodeve , Marquis de Seffac , Maître de
la Garde-robe du Roi , eft morte en cette ville le
14,dans la quatre-vingt-uniéme année de fon âge.
Geneviève de Gontant-Biron , veuve de Louis
"Duc de Gramont , Pair de France , Lieutenant-
Général des armées du Roi , Gouverneur & Lieutenant
- Général de Navarre & de Bearn , & Colonel
du Régiment des Gardes Françoifes , mourut
à Paris le is , agée de cinquante- neuf ans.
Le Pere Jean- Baptifte Radominski , Confeffeur
de la Reine , eft mort à Verſailles le 18 , âgé de
foixante- dix ans. Il étoit de la Compagnie de Jefus,,
& Polonois de Nation..
M Effire N..... Marquis de Bréhant , Brigadier
d'Infanterie , & Colonel du Régiment de Picardie
, époufa le 17 Novembre au Château de
Bercy, Demoiselle N..... Tafchereau de Baudry
, fille de feu Meffire Gabriel - Talchereau de
Baudry , Confeiller d'Etat ordinaire , & Intendant
des Finances , mort le 22 Avril 1755. Le jour du
mariage le Régiment de Picardie donna à la Garnifon
de Valenciennes un fouper , qui fut fuivi
d'un bal auquel toute la Ville fut invitée.
Louis-Charles , Comte de la Mothe- Houdancourt
, Maréchal de France , Grand d'Espagne de
la premiere Claffe , Chevalier des Ordres du Roi ,
Chevalier d'honneur de la Reine &Gouverneur de
Gravelines , eft mort à Paris le 3 Novemb. âgé de
68 ans. Le Roi a difpofé de la charge de Chevalier
d'honneur de la Reine , vacante parfalnmort, en faveur
du Comte de Saulx-Tavannes , Lieutenant-
Général des Armées du Roi , Gouverneur du Châ
234 MERCURE DE FRANCE.
teau du Taureau en Baffe- Bretagne , & l'un des
Menins de Monfeigneur le Dauphin.
Le 27 Novembre , mourut dans fes terres de
Normandie , Louife- Elifabeth de Melun , Marquife
de Langheac ; elle avoit époufé en premieres
noces Alexandre - Théodofe , Comte de Melun,
Meftre de camp du régiment Royal , fon coufin
germain, mort en 1739 ; & en fecondes, Gilbert-
Allire , Marquis de Langheac : de ce mariage
elle laiffe trois filles ,& deux du premier , feu!
refte de la derniere branche de fon illuftre maifon
: ( 1 ) Charle- Alexandre-Albert de Melun , Vicomte
de Gand , grand pere de la Marquife
de Langheac , en étoit l'auteur. Il étoit fils puîné
de Guillaume de Melun , Prince d'Epinoi , &
d'Erneftine de Ligne-Aremberg , & avoit pour
frere 1°, Alexandre-Guillaume , Prince d'Epinoi ,
dont par la mort de fon petit-fils , Louis, créé Duc
de Joyeufe , tué par un cerf à Chantilli le 31 Juillet
1724 , tous les biens pafferent à fa foeur , Anne-
Julie-Adelaïde , Princeffe de Soubiſe . 2 °. François
- Philippe de Melun , Marquis de Richebourg
dont la poftérité mafculine s'eft pareillement
éteinte , par la mort de Philippe Marquis de
Kichebourg , Grand d'Efpagne de la premiere
claffe , & celle de Guillaume Comte de Beauffart,
auffi Grand d'Espagne , fes petits-fils . Le Vicomte
de Gand , par Renée de Rupiere fa femme
fut pere de trois fils ; Alexandre l'aîné , Marquis
de Melun , époufa Elifabeth de Rohan- Gué-
(1 ) Robert, Moine de S. Remi de Rheims , écrivant:
en 1089, dans fon Hiftoire d'Antioche , Contemporain
de Guillaume de Melun , dit le Charpentier
par fa valeur par fa force , le dit iſſu de race
royale
FEVRIER . 1756. 235
A
menée, dont une fille unique , Louife- Armande ,
mariée avec Gabriel Vicomte de Melun , le troifiéme
des freres de fon pere , mort en 1740 , Lieutenant
général des armées du Roi , Commandant
à Abbeville ; c'eft de ce mariage qu'étoit iffue
la Marquife de Langheac ; & fon premier mari ,
de celui de Charlotte de Monchy - Senarpont
avec Ambroise Comte de Melun , autre frere
de fon pere , & grand pere , tous trois fils du
Vicomte de Gand.
Marie - Louiſe - Victoire de Gramont , épouſe
d'Antoine Duc de Gramont , Pair de France
Souverain de Bidache , Brigadier d'Infanterie ,
Gouverneur & Lieutenant- Général de Navarre
& de Bearn , mourut à Paris le 11 de Janvier ,
âgée de trente-trois ans .
- Meffire Louis Antoine du Fos , Marquis de
Mery , eft mort le 12 au château de la Taule en
Picardie , dans fa cinquante - fixième année.
Meffire Henri , Comte de Bukeley , Chevalier
des Ordres de Sa Majefté , & Lieutenant - Général
de les armées , eft mort en cette ville le 14 .
Dame Jeanne-Thérefe- Pélagie d'Albert , veuve
de Meffire Louis de Guilhelm de Caftelnau de
Clermont Lodeve , Marquis de Seffac , Maître de
la Garde-robe du Roi , eft morte en cette ville le
14,dans la quatre-vingt-uniéme année de fon âge.
Geneviève de Gontant-Biron , veuve de Louis
"Duc de Gramont , Pair de France , Lieutenant-
Général des armées du Roi , Gouverneur & Lieutenant
- Général de Navarre & de Bearn , & Colonel
du Régiment des Gardes Françoifes , mourut
à Paris le is , agée de cinquante- neuf ans.
Le Pere Jean- Baptifte Radominski , Confeffeur
de la Reine , eft mort à Verſailles le 18 , âgé de
foixante- dix ans. Il étoit de la Compagnie de Jefus,,
& Polonois de Nation..
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Résumé : Mariage & Morts.
Le texte évoque plusieurs événements familiaux et décès parmi la noblesse française. Le marquis de Bréhant, brigadier d'infanterie et colonel du régiment de Picardie, a épousé demoiselle Tafchereau de Baudry le 17 novembre au château de Bercy. À cette occasion, le régiment de Picardie a organisé un souper et un bal pour la garnison de Valenciennes. Parmi les décès notables, on compte celui de Louis-Charles, comte de la Mothe-Houdancourt, maréchal de France et gouverneur de Gravelines, décédé à Paris le 3 novembre à l'âge de 68 ans. Sa charge de chevalier d'honneur de la Reine a été attribuée au comte de Saulx-Tavannes. Louise-Élisabeth de Melun, marquise de Langheac, est décédée le 27 novembre en Normandie. Elle avait été mariée à Alexandre-Théodore, comte de Melun, puis à Gilbert-Alire, marquis de Langheac, laissant trois filles de son second mariage et deux du premier. Marie-Louise-Victoire de Gramont, épouse d'Antoine duc de Gramont, est morte à Paris le 11 janvier à l'âge de trente-trois ans. D'autres décès incluent ceux de Louis-Antoine du Fos, marquis de Mery, Henri, comte de Bukeley, Jeanne-Thérèse-Pélagie d'Albert, veuve du marquis de Sessac, Geneviève de Gontaut-Biron, veuve du duc de Gramont, et le père Jean-Baptiste Radominski, confesseur de la Reine.
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7696
p. 236
AVIS
Début :
Bechique souverain, ou syrop pectoral approuvé par Brevet du 24 Août [...]
Mots clefs :
Sirop béchique, Sirop pectoral, Maladies de poitrine, Humeurs engorgées, Guérison, Dame veuve Mouton
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS
AVIS
BEchique fouverain , ou fyrop pectoral approuvé
par Brevet du 24 Août 1750 , pour les maladies
de poitrine , comme rhume , toux invétérées
, oppreffion , foiblefle de poitrine , & afthme
humide. Ce Béchique ayant la propriété de fondre
& d'atténuer les humeurs engorgées dans le
poumon , d'adoucir l'acrimonie de la lymphe en
tant que balfamique , & rétablir les forces abattues
, en rappellant peu- à- peu l'appétit & le fommeil
, comme parfait reftaurant , produit des effets
fi rapides dans les maladies énoncées , que la bouteille
taxée à fix livres , fcellée & étiquêtée à l'ordinaire
, eft fuffifante pour en procurer toute
P'efficacité avec fuccès.
Il ne le débite que chez la Dame veuve Mouton
, Marchande Apothicaire de Paris , rue faint
Denis , à côté de la rue Thevenot , vis - à- vis le
Roi François.
BEchique fouverain , ou fyrop pectoral approuvé
par Brevet du 24 Août 1750 , pour les maladies
de poitrine , comme rhume , toux invétérées
, oppreffion , foiblefle de poitrine , & afthme
humide. Ce Béchique ayant la propriété de fondre
& d'atténuer les humeurs engorgées dans le
poumon , d'adoucir l'acrimonie de la lymphe en
tant que balfamique , & rétablir les forces abattues
, en rappellant peu- à- peu l'appétit & le fommeil
, comme parfait reftaurant , produit des effets
fi rapides dans les maladies énoncées , que la bouteille
taxée à fix livres , fcellée & étiquêtée à l'ordinaire
, eft fuffifante pour en procurer toute
P'efficacité avec fuccès.
Il ne le débite que chez la Dame veuve Mouton
, Marchande Apothicaire de Paris , rue faint
Denis , à côté de la rue Thevenot , vis - à- vis le
Roi François.
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Résumé : AVIS
Le texte décrit le 'Béchique fouverain' ou 'fyrop pectoral', un remède approuvé le 24 août 1750 pour traiter les maladies de poitrine comme le rhume, la toux persistante, l'oppression, la faiblesse de poitrine et l'asthme humide. Il dissout et atténue les humeurs pulmonaires, adoucit l'acidité de la lymphe et restaure les forces. Une bouteille, taxée à six livres, est vendue par la Dame veuve Mouton, marchande apothicaire à Paris, rue Saint-Denis, près de la rue Thévenot.
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7697
p. 236-237
AUTRE.
Début :
La veuve du sieur Bunon, Dentiste des Enfants de France, donne avis qu'elle [...]
Mots clefs :
Remèdes, Veuve Bunon, Élixir anti-scorbutique, Soins, Dents, Gencives, Eau souveraine, Opiate, Poudre de corail
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LA veuve du fieur Bunon , Dentiste des Enfans
de France , donne avis qu'elle débite journellement
chez elle , rue fainte Avoye , au coin de
la rue de Braque , chez M. Georget fon frere ,
Chirurgien , les remedes de feu fon mari , dont
elle a feule la compofition , & qu'elle a toujours
préparés elle -même .
Sçavoir ;
1º. Un Elixir anti-fcorbutique qui affermit les
dents , diffipe le gonflement & l'inflammation
FEVRIER. 1756 . 237
des gencives , les fortifie , les fait recroître , diffipe
& prévient toutes les afflictions fcorbutiques ,
& appaiſe la douleur des dents .
20. Une eau appellée Souveraine , qui affermit
auffi les dents , rétablit les gencives , en diffipe
toutes tumeurs , chancres & boutons qui viennent
auffi à la langue , à l'intérieur des levres
& des joues en fe rinçant la bouche de quelques
gouttes dans de l'eau tous les jours , & elle la
rend fraîche & fans odeur , & en éloigne les
corruptions ; elle calme la douleur des dents.
3º. Un Opiat pour affermir & blanchir les
dents , diffiper le fang épais & groffier des gencives
, qui les rend tendres & moliaffes , & caufe
de l'odeur à la bouche.
4°. Une poudre de corail pour blanchir les
dents & les entretenir ; elle empêche que le limon
ne fe forme en tartre , & qu'il ne corrompe
les gencives , & elle les conferve fermes & bonnes
; de forte qu'elle peut fuffire pour les perfonnes
qui ont foin de leurs dents , fans qu'ilfoit
néceffaire de les faire nettoyer.
Les plus petites bouteilles d'Elixir font d'une
livre dix fols.
Les plus petites bouteilles d'eau Souveraine
font d'une livre quatre fols , mais plus grandes
que celles de l'Elixir .
Les petits pots d'Opiate font d'une livre dix fols.
Les boîtes de poudre de Corail font d'une liv.
quatre fols.
LA veuve du fieur Bunon , Dentiste des Enfans
de France , donne avis qu'elle débite journellement
chez elle , rue fainte Avoye , au coin de
la rue de Braque , chez M. Georget fon frere ,
Chirurgien , les remedes de feu fon mari , dont
elle a feule la compofition , & qu'elle a toujours
préparés elle -même .
Sçavoir ;
1º. Un Elixir anti-fcorbutique qui affermit les
dents , diffipe le gonflement & l'inflammation
FEVRIER. 1756 . 237
des gencives , les fortifie , les fait recroître , diffipe
& prévient toutes les afflictions fcorbutiques ,
& appaiſe la douleur des dents .
20. Une eau appellée Souveraine , qui affermit
auffi les dents , rétablit les gencives , en diffipe
toutes tumeurs , chancres & boutons qui viennent
auffi à la langue , à l'intérieur des levres
& des joues en fe rinçant la bouche de quelques
gouttes dans de l'eau tous les jours , & elle la
rend fraîche & fans odeur , & en éloigne les
corruptions ; elle calme la douleur des dents.
3º. Un Opiat pour affermir & blanchir les
dents , diffiper le fang épais & groffier des gencives
, qui les rend tendres & moliaffes , & caufe
de l'odeur à la bouche.
4°. Une poudre de corail pour blanchir les
dents & les entretenir ; elle empêche que le limon
ne fe forme en tartre , & qu'il ne corrompe
les gencives , & elle les conferve fermes & bonnes
; de forte qu'elle peut fuffire pour les perfonnes
qui ont foin de leurs dents , fans qu'ilfoit
néceffaire de les faire nettoyer.
Les plus petites bouteilles d'Elixir font d'une
livre dix fols.
Les plus petites bouteilles d'eau Souveraine
font d'une livre quatre fols , mais plus grandes
que celles de l'Elixir .
Les petits pots d'Opiate font d'une livre dix fols.
Les boîtes de poudre de Corail font d'une liv.
quatre fols.
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Résumé : AUTRE.
La veuve du dentiste Bunon, spécialiste des enfants en France, vend quotidiennement des remèdes préparés par son défunt mari. Ces produits comprennent un élixir antiforbutique qui renforce les dents, dissout les gonflements et inflammations des gencives, prévient les affections scorbutiques et apaise les douleurs dentaires. Une eau souveraine est également proposée, qui renforce les dents, rétablit les gencives, dissout les tumeurs et les chancres, et rafraîchit la bouche. Un opiat est disponible pour renforcer et blanchir les dents, dissoudre le sang épais des gencives et éliminer les mauvaises odeurs. Enfin, une poudre de corail est offerte pour blanchir et entretenir les dents, prévenir la formation de tartre et conserver les gencives en bonne santé. Les prix varient : les petites bouteilles d'élixir coûtent une livre dix sols, celles d'eau souveraine une livre quatre sols, les petits pots d'opiat une livre dix sols, et les boîtes de poudre de corail une livre quatre sols.
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7698
p. 238
ERRATA. pour le second Volume de Janvier.
Début :
Page 21, lig. 19, au lieu de enfaite, lis. en Suisse. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ERRATA. pour le second Volume de Janvier.
ERRAT A.
pour le fecond Volume de Janvier.
Page 11 , lig. 19 , au lieu de enfuite , lis. en
Suiffe .
Page 81 , lig. 16 , un Enigme , lif. une Enigme.
Pag. 91 , Poéfies del Signor Abbate Pietro Metaltafio
, lif. Poéfie del Signor , &c.
Page 101 ,lig. 9 , l'heure du pafla- , lif. du paflage
.
Page 180 , lig. 21 , au lieu de c'est tout , lis. c'eft
tout dire.
Page 188 , lig. 18 , au lieu de paroiffent , lif.
paroiffoient obfcures.
Page 189 , lig. 11 , au lieu de Saturne , lif. Juturne
.
Page 215 , lig. 12 , un cartouche en forme de médailles
, lif en forme de médaillon.
pour le fecond Volume de Janvier.
Page 11 , lig. 19 , au lieu de enfuite , lis. en
Suiffe .
Page 81 , lig. 16 , un Enigme , lif. une Enigme.
Pag. 91 , Poéfies del Signor Abbate Pietro Metaltafio
, lif. Poéfie del Signor , &c.
Page 101 ,lig. 9 , l'heure du pafla- , lif. du paflage
.
Page 180 , lig. 21 , au lieu de c'est tout , lis. c'eft
tout dire.
Page 188 , lig. 18 , au lieu de paroiffent , lif.
paroiffoient obfcures.
Page 189 , lig. 11 , au lieu de Saturne , lif. Juturne
.
Page 215 , lig. 12 , un cartouche en forme de médailles
, lif en forme de médaillon.
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Résumé : ERRATA. pour le second Volume de Janvier.
Le document liste des corrections pour le deuxième volume d'un ouvrage, concernant le mois de janvier. Les modifications incluent : page 11, ligne 19, 'enfuite' devient 'en'; page 81, ligne 16, 'un Enigme' devient 'une Enigme'; page 91, correction du titre 'Poésies del Signor Abbate Pietro Metaltafio' en 'Poésie del Signor'. D'autres corrections concernent les pages 101, 180, 188, 189 et 215.
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7699
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
AP PROBATION.
Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier
, le Mercure du mois de Février , & je n'y
ai rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion.
A Paris , ce 29 Janvier 1756.
GUIROY.
Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier
, le Mercure du mois de Février , & je n'y
ai rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion.
A Paris , ce 29 Janvier 1756.
GUIROY.
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7700
p. 239-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Etrennes d'un Berger [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
page s
9
Trennes d'an Berger à fa Bergere ,
Les Graces de l'Ingénuité , Nouvelle ,
La Souche & le Marronnier ' , Fable ,
Etrennes à M. de Fontenelle de l'Académic Françoife
,
50
52
Examen de la Surdité & de la Cécité , par un
Sourd →
Portrait du Roi ,
Vers à M. D*** , par M. de Baſtide
53
70
72
Differtation du même Auteur fur les égards qu'u
ne femme doit à un galant homme qui lui
fait une déclaration d'amour 75
91
Vers d'un garçon Perruquier à fes pratiques , 89
Les Songes , Tirade chantante ,
Lettre adreffée à l'Auteur du portrait de l'honnêre
homme , 97
Mot de l'Enigme & du Logogryphe du fecond
volume de Janvier ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
99
ibid.
102
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES.
Séance publique de l'Académie des Belles- Lettres
de Montauban , 103
Extraits , précis ou indications des Livres nouveaux
,
Lettre au fujet de Meffieurs Guis & Guys
122
131
Lettre d'un Profeffeur de l'Univerfité de Paris , à
M. de Saint-foix ,
Réponse de M. de Saint-foix ,
133
136
240
Réponse de Dom Pelletier à la lettre qui lui a été
adreflée dans le premier Mercure de Décembre
,
Lettre de M. de Chevrier à Dom Pelletier ,
137
141
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire . Obfervations fur les différens fons
de la lettre T , avec les moyens de les fixer , 145
Médailles ,
Phyfique . Lettre fur le tremblement de terre
arrivé à Lisbonne ,
148
149
Hiftoire naturelle. Anecdote finguliere au fujet
d'un Lion marin , 163
`Médecine. Mémoire au fujet de l'héméralopie, par
M. Fournier , Médecin de l'Hôtel - Dieu de
Montpellier ,
168
Chirurgie . Lettre au Frere Côme , au fujet de fon
Lithotome caché ,
174
Séance publique de l'Académie des Sciences , &
Belles- Lettres de Dijon ,
Mufique.
ART. IV. BEAUX ARTS.
180
199
Peinture. Explication de deux Tableaux allégoriques
, par M. Gofmond de Vernon ,
Gravure.
200
207
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe .
209
Comédie Italienne. ibid.
Avis au fujet de l'Opéra , ibid.
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
211
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
219
Bénéfices donnés ,
233
Mariage , & Morts ,
ibid.
Avis. 236
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
page s
9
Trennes d'an Berger à fa Bergere ,
Les Graces de l'Ingénuité , Nouvelle ,
La Souche & le Marronnier ' , Fable ,
Etrennes à M. de Fontenelle de l'Académic Françoife
,
50
52
Examen de la Surdité & de la Cécité , par un
Sourd →
Portrait du Roi ,
Vers à M. D*** , par M. de Baſtide
53
70
72
Differtation du même Auteur fur les égards qu'u
ne femme doit à un galant homme qui lui
fait une déclaration d'amour 75
91
Vers d'un garçon Perruquier à fes pratiques , 89
Les Songes , Tirade chantante ,
Lettre adreffée à l'Auteur du portrait de l'honnêre
homme , 97
Mot de l'Enigme & du Logogryphe du fecond
volume de Janvier ,
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
99
ibid.
102
ART. II. NOUVELLES LITTÉRAIRES.
Séance publique de l'Académie des Belles- Lettres
de Montauban , 103
Extraits , précis ou indications des Livres nouveaux
,
Lettre au fujet de Meffieurs Guis & Guys
122
131
Lettre d'un Profeffeur de l'Univerfité de Paris , à
M. de Saint-foix ,
Réponse de M. de Saint-foix ,
133
136
240
Réponse de Dom Pelletier à la lettre qui lui a été
adreflée dans le premier Mercure de Décembre
,
Lettre de M. de Chevrier à Dom Pelletier ,
137
141
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire . Obfervations fur les différens fons
de la lettre T , avec les moyens de les fixer , 145
Médailles ,
Phyfique . Lettre fur le tremblement de terre
arrivé à Lisbonne ,
148
149
Hiftoire naturelle. Anecdote finguliere au fujet
d'un Lion marin , 163
`Médecine. Mémoire au fujet de l'héméralopie, par
M. Fournier , Médecin de l'Hôtel - Dieu de
Montpellier ,
168
Chirurgie . Lettre au Frere Côme , au fujet de fon
Lithotome caché ,
174
Séance publique de l'Académie des Sciences , &
Belles- Lettres de Dijon ,
Mufique.
ART. IV. BEAUX ARTS.
180
199
Peinture. Explication de deux Tableaux allégoriques
, par M. Gofmond de Vernon ,
Gravure.
200
207
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe .
209
Comédie Italienne. ibid.
Avis au fujet de l'Opéra , ibid.
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
211
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
219
Bénéfices donnés ,
233
Mariage , & Morts ,
ibid.
Avis. 236
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en six sections. La première, 'Pièces fugitives en vers et en prose', contient des poèmes, fables, lettres et dissertations, incluant 'Trennes d'an Berger à fa Bergere' et 'La Souche & le Marronnier'. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires', regroupe des comptes rendus de séances académiques, des extraits de livres récents et des échanges épistolaires entre intellectuels. La troisième section, 'Sciences et Belles Lettres', couvre des sujets tels que la grammaire, la physique, l'histoire naturelle, la médecine et la chirurgie, avec des contributions comme une lettre sur le tremblement de terre de Lisbonne et un mémoire sur l'héméralopie. La quatrième section, 'Beaux Arts', se concentre sur la peinture et la gravure, expliquant des tableaux allégoriques. La cinquième section, 'Spectacles', mentionne des représentations de comédies françaises et italiennes ainsi qu'un avis sur l'opéra. Enfin, la sixième section, 'Nouvelles étrangères', inclut des nouvelles de la cour, des bénéfices accordés, des annonces de mariages et de décès, et divers avis.
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