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3301
p. 153-154
« QUANTUM litteris debeat virtus. Oratio habita jussu & nomine Universitatis [...] »
Début :
QUANTUM litteris debeat virtus. Oratio habita jussu & nomine Universitatis [...]
Mots clefs :
Académie, Discours, Jean-Jacques Rousseau, Attaquer
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texteReconnaissance textuelle : « QUANTUM litteris debeat virtus. Oratio habita jussu & nomine Universitatis [...] »
QUANTUM litteris debeat virtus..
Oratio habitajuſſu &nomine Univerfitatis
ad folemnem præmiorum diſtributionem
in majoribus Sorbonæ ſcholis , die
Jovis duodecimâAugufti 1751. àChrſtiano
leRoy , éloquentiæ Profeſſore in Collegio
Cardimalitio. Parifius apud Thibout.
L'éloquent diſcours de M. Rouſſeau,
Gy
154 MERCUREDEFRANCE.
,
couronné par l'Académie de Dijon , a
été attaqué fucceſſivement dans notre Jour-
-nal par un Grand-Prince qui aime
les hommes & qui encourage lesArts par
fon exemple & par ſesrécompenfes ; par
M. Gautierde la Société Royale de Nan .
ci , & en dernier lieu , dans le Mercure
de Décembre , parM. Borde : fon difcours
lû à l'Académie de Lyon ,
beaucoup de bruit à Paris , & y a reçu
les plus grands éloges. M. le Roi a traité
le même ſujet au nom de l'Univerſité. La
crainte de trop entretenir le public de la
même queſtion , nous empêche de donner
un extrait de cet ouvrages il mérite
d'être lu par tous ceux qui aiment les
Lettres , & un ftile Latin fort & véhément.
Oratio habitajuſſu &nomine Univerfitatis
ad folemnem præmiorum diſtributionem
in majoribus Sorbonæ ſcholis , die
Jovis duodecimâAugufti 1751. àChrſtiano
leRoy , éloquentiæ Profeſſore in Collegio
Cardimalitio. Parifius apud Thibout.
L'éloquent diſcours de M. Rouſſeau,
Gy
154 MERCUREDEFRANCE.
,
couronné par l'Académie de Dijon , a
été attaqué fucceſſivement dans notre Jour-
-nal par un Grand-Prince qui aime
les hommes & qui encourage lesArts par
fon exemple & par ſesrécompenfes ; par
M. Gautierde la Société Royale de Nan .
ci , & en dernier lieu , dans le Mercure
de Décembre , parM. Borde : fon difcours
lû à l'Académie de Lyon ,
beaucoup de bruit à Paris , & y a reçu
les plus grands éloges. M. le Roi a traité
le même ſujet au nom de l'Univerſité. La
crainte de trop entretenir le public de la
même queſtion , nous empêche de donner
un extrait de cet ouvrages il mérite
d'être lu par tous ceux qui aiment les
Lettres , & un ftile Latin fort & véhément.
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Résumé : « QUANTUM litteris debeat virtus. Oratio habita jussu & nomine Universitatis [...] »
Le texte discute du discours de Jean-Jacques Rousseau, couronné par l'Académie de Dijon, qui a suscité diverses réactions. Ce discours a été critiqué par un Grand-Prince, M. Gautier de la Société Royale de Nantes et M. Borde, dont le discours a été présenté à l'Académie de Lyon. Malgré ces critiques, le discours de Rousseau a suscité un grand intérêt à Paris et a reçu de nombreux éloges. Le Roi a également abordé le même sujet au nom de l'Université. En raison de la crainte de prolonger la discussion, le texte ne fournit pas d'extrait de l'ouvrage, bien qu'il soit recommandé pour ceux qui aiment les lettres et est noté pour son style latin fort et véhément.
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3302
p. 154-155
« QUO potissimum in instituendis pueris sublevari possit magistrorum labor. Oratio [...] »
Début :
QUO potissimum in instituendis pueris sublevari possit magistrorum labor. Oratio [...]
Mots clefs :
Collège du Cardinal-Lemoine
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texteReconnaissance textuelle : « QUO potissimum in instituendis pueris sublevari possit magistrorum labor. Oratio [...] »
QUO potissimum in instituendis pueris
sublevari possit magistrorum labor. Oratio
habita pro scholarum instauratione in Col-
legio Cardinalitio, à. Christiano le Roy
Eloquentiæ Professore, die Lunæ undeci-
mâ mensis Octobris, anno 1751. Parisiis
apud Thibout, Regis, nec non Academiae
Parisiensis typographum. In platea Came-
racensi. 1751.
Personne n'étoit micux en état de trai-
ter cette importante question que l'Auteur
FEVRIER.
1752. 155
de ce discours, qui fait depuis quelques
années d'heureux efforts pour redonner au
Collège du Cardinal le Moine, l'éclat
qu'il a eu aut refois. Quoique nous n'aions
pas l'honneur de conoître M. le Roi, nous
ne craindrons pas de dire sur la foi de la
voix publique, que c'est un des hommes du
Royaume qui montrent plus de zéle &
de capacité pour l'instruction des jeunes
gens. Quand est-ce qu'on fera dans le
monde le cas qu'il convient d'un talent si
nécessaire & si rare?
sublevari possit magistrorum labor. Oratio
habita pro scholarum instauratione in Col-
legio Cardinalitio, à. Christiano le Roy
Eloquentiæ Professore, die Lunæ undeci-
mâ mensis Octobris, anno 1751. Parisiis
apud Thibout, Regis, nec non Academiae
Parisiensis typographum. In platea Came-
racensi. 1751.
Personne n'étoit micux en état de trai-
ter cette importante question que l'Auteur
FEVRIER.
1752. 155
de ce discours, qui fait depuis quelques
années d'heureux efforts pour redonner au
Collège du Cardinal le Moine, l'éclat
qu'il a eu aut refois. Quoique nous n'aions
pas l'honneur de conoître M. le Roi, nous
ne craindrons pas de dire sur la foi de la
voix publique, que c'est un des hommes du
Royaume qui montrent plus de zéle &
de capacité pour l'instruction des jeunes
gens. Quand est-ce qu'on fera dans le
monde le cas qu'il convient d'un talent si
nécessaire & si rare?
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Résumé : « QUO potissimum in instituendis pueris sublevari possit magistrorum labor. Oratio [...] »
Le 11 octobre 1751, Christian Le Roy, professeur d'éloquence, a prononcé un discours lors de la réouverture du Collège du Cardinal Lemoine à Paris. Il y met en avant les efforts de l'auteur Févier pour restaurer la réputation du collège. Les auteurs admirent son zèle et ses compétences exceptionnelles en éducation, soulignant la rareté de tels talents.
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3303
p. 155-156
« CELEBRATIONS des mariages de la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale [...] »
Début :
CELEBRATIONS des mariages de la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale [...]
Mots clefs :
Ville, Église, Paris, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : « CELEBRATIONS des mariages de la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale [...] »
CELEBRATIONS des mariages de
la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale
de Saint Merry à Paris, faites le Mar-
dy 9 Novembre 1751. à l'occasion de la
naissance de Monseigueur le Duc de Bour
gogne; exhortation à ce sujet; par M.
Artaud Docteur de Sorbonne, Chefcier-
Curé dela dite Eglise. A Paris chez Heris-
sant, rue neuve Notre-Dame.
Si M. Artaud ne jouissoit pas depnis,
long-tems de la réputation de bien parler,
il l'auroit acquise par deux exhortations
que nous annonçons; elles sont pleines,
d'onction & de véhémence. L'Auteur y a
fait ingénieusement entrer tout ce que les
circonstances réunies de la naissance de
Fvj
156 MERCUREDEFRANCE.
Monseigneur le Duc de Bourgogne & de
la magnificence de la Ville luifournissoient.
la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale
de Saint Merry à Paris, faites le Mar-
dy 9 Novembre 1751. à l'occasion de la
naissance de Monseigueur le Duc de Bour
gogne; exhortation à ce sujet; par M.
Artaud Docteur de Sorbonne, Chefcier-
Curé dela dite Eglise. A Paris chez Heris-
sant, rue neuve Notre-Dame.
Si M. Artaud ne jouissoit pas depnis,
long-tems de la réputation de bien parler,
il l'auroit acquise par deux exhortations
que nous annonçons; elles sont pleines,
d'onction & de véhémence. L'Auteur y a
fait ingénieusement entrer tout ce que les
circonstances réunies de la naissance de
Fvj
156 MERCUREDEFRANCE.
Monseigneur le Duc de Bourgogne & de
la magnificence de la Ville luifournissoient.
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Résumé : « CELEBRATIONS des mariages de la Ville, de l'Eglise Collégiale & Paroissiale [...] »
Le 9 novembre 1751, la Ville et l'Église Collégiale et Paroissiale de Saint Merry à Paris célèbrent la naissance du Duc de Bourgogne. M. Artaud, Docteur de Sorbonne et chef-curé, prononce une exhortation reconnue pour son éloquence et sa véhémence. Le livre est publié à Paris chez Hérissant.
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3304
p. 156
« LES hauts faits d'Esplandian. Suite d'Amadis des Gaules. A Amsterdam, chez [...] »
Début :
LES hauts faits d'Esplandian. Suite d'Amadis des Gaules. A Amsterdam, chez [...]
Mots clefs :
Amadis de Gaule, Esplandian
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texteReconnaissance textuelle : « LES hauts faits d'Esplandian. Suite d'Amadis des Gaules. A Amsterdam, chez [...] »
LES hauts faits d'Esplandian. Suite
d'Amadis des Gaules. A Amsterdam, chez
Jean François Jolly, & se vend à Paeris
chez la veuve Pissot, à la descente duPont-
Neuf. Deux volumes in- 8°.
On vient de faire pour Esplandian ce
qu'on fit l'an dernier pour Amadis; on le
fait agit plus de suite, raifonner plus
sensément, & parlet plus poliment qu'il
ne faisoit. On a retranché de cet ouvrage
ancien, diffus & célebre, tout ce qui
ctoit long, plat, de mauvais gout, & on
lui a prêté ce qu'il pouvoit tirer d'agré-
ment de la politesse & du style de notre
slécle. Tous ces changemens sont le fruit
de l'amusement d'une personne du sexe,
fort connue par ses talens, son esprit & ses
connoissances.
d'Amadis des Gaules. A Amsterdam, chez
Jean François Jolly, & se vend à Paeris
chez la veuve Pissot, à la descente duPont-
Neuf. Deux volumes in- 8°.
On vient de faire pour Esplandian ce
qu'on fit l'an dernier pour Amadis; on le
fait agit plus de suite, raifonner plus
sensément, & parlet plus poliment qu'il
ne faisoit. On a retranché de cet ouvrage
ancien, diffus & célebre, tout ce qui
ctoit long, plat, de mauvais gout, & on
lui a prêté ce qu'il pouvoit tirer d'agré-
ment de la politesse & du style de notre
slécle. Tous ces changemens sont le fruit
de l'amusement d'une personne du sexe,
fort connue par ses talens, son esprit & ses
connoissances.
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Résumé : « LES hauts faits d'Esplandian. Suite d'Amadis des Gaules. A Amsterdam, chez [...] »
Le texte décrit une édition révisée des 'Hauts faits d'Esplandian', suite du roman 'Amadis des Gaules'. Publiée à Amsterdam et Paris, cette version supprime les passages inutiles et améliore le style. Les modifications, attribuées à une femme talentueuse, enrichissent le texte avec une langue plus polie et contemporaine.
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3305
p. 156-157
« ALMANACH historique des Ducs de Bourgogne, contenant l'Histoire de [...] »
Début :
ALMANACH historique des Ducs de Bourgogne, contenant l'Histoire de [...]
Mots clefs :
Ducs de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ALMANACH historique des Ducs de Bourgogne, contenant l'Histoire de [...] »
ALMANACH historique des Ducs
de Bourgogne, contenant l'Histoire de
la naisfance des premiers fils de France,
portant aujourd'hui le nom de Duc de Bour-
gogne & la relation fuccinte des fetes don-
nées à cetre occasion, fuivie de l'abrégé de
la vie de ces Princes, avec le Calen-
15
1752.
FEVRIER.
drier pour l'an 1752. Par LL. FF. LL. à Pa-
ris. 1752.
de Bourgogne, contenant l'Histoire de
la naisfance des premiers fils de France,
portant aujourd'hui le nom de Duc de Bour-
gogne & la relation fuccinte des fetes don-
nées à cetre occasion, fuivie de l'abrégé de
la vie de ces Princes, avec le Calen-
15
1752.
FEVRIER.
drier pour l'an 1752. Par LL. FF. LL. à Pa-
ris. 1752.
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3306
p. 157-158
« L'Académie des Belles-Lettres de Corse distribuera le 25 Août 1752, fête de [...] »
Début :
L'Académie des Belles-Lettres de Corse distribuera le 25 Août 1752, fête de [...]
Mots clefs :
Académie des belles-lettres de Corse, Prix, Peuples, Discours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Académie des Belles-Lettres de Corse distribuera le 25 Août 1752, fête de [...] »
L'Académie des Belles Lettres de Cor-
se distribuera le 25. Août 1752, fête de
Saint Louis, deux prix consistans chacun
en une médaille d'or de la valeur de
500 livres monnoye de France.
Le premier, pour lequel tout le mon-
de pourra concourir, à la réserve des Aca-
démiciens, sera adjugé à celui qui dé-
montreta avec plus de netteté: Quelle
pouvoit être la politique des Goths, en dè-
truisant les Aris, & les Sciences, puisque
ces menmes peuples ont laisse des modeles qui
justifient qu'ils s'y sont appliques.
Le discours écrit en prose italienne
latine ou françoise, d'un quart d'heure
de lecture au moins, ou d'une demie heu-
re au plus, ne sera reçu que jusqu'au pre-
mier Juin exclusivement.e
Les discours seront adressés franc de
port au Secretaire perpétuel de l'Acade-
mie des Belles-Lettres de Corse à Bastia,
ou à Paris à M. de Chevrier, tue des
vieux Augustins, qui les fera passer ca-
chetés au même Secretaire.
Le second prix fondé pour les Corses
sera accordé à celui d'entr'eux qui prou-
Hues hO
158 MERCUREDE FRANCE.
Vera plus solidement que les Loix ne pes-
veni etre durables qu autant qu'elles soni ap-
Propriées au naturel, & au temperament des
peuples pour lesquel: elles doivent eire faites.
se distribuera le 25. Août 1752, fête de
Saint Louis, deux prix consistans chacun
en une médaille d'or de la valeur de
500 livres monnoye de France.
Le premier, pour lequel tout le mon-
de pourra concourir, à la réserve des Aca-
démiciens, sera adjugé à celui qui dé-
montreta avec plus de netteté: Quelle
pouvoit être la politique des Goths, en dè-
truisant les Aris, & les Sciences, puisque
ces menmes peuples ont laisse des modeles qui
justifient qu'ils s'y sont appliques.
Le discours écrit en prose italienne
latine ou françoise, d'un quart d'heure
de lecture au moins, ou d'une demie heu-
re au plus, ne sera reçu que jusqu'au pre-
mier Juin exclusivement.e
Les discours seront adressés franc de
port au Secretaire perpétuel de l'Acade-
mie des Belles-Lettres de Corse à Bastia,
ou à Paris à M. de Chevrier, tue des
vieux Augustins, qui les fera passer ca-
chetés au même Secretaire.
Le second prix fondé pour les Corses
sera accordé à celui d'entr'eux qui prou-
Hues hO
158 MERCUREDE FRANCE.
Vera plus solidement que les Loix ne pes-
veni etre durables qu autant qu'elles soni ap-
Propriées au naturel, & au temperament des
peuples pour lesquel: elles doivent eire faites.
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Résumé : « L'Académie des Belles-Lettres de Corse distribuera le 25 Août 1752, fête de [...] »
L'Académie des Belles Lettres de Corse a annoncé la distribution de deux prix lors de la fête de Saint Louis le 25 août 1752. Chaque prix comprend une médaille d'or valorisée à 500 livres françaises. Le premier prix est ouvert à tous, sauf aux académiciens, et récompense le meilleur discours expliquant la politique des Goths envers les arts et les sciences. Les discours, en prose italienne, latine ou française, doivent durer entre un quart d'heure et une demi-heure et être soumis avant le 1er juin. Les candidatures peuvent être envoyées au secrétaire perpétuel de l'Académie à Bastia ou à M. de Chevrier à Paris. Le second prix est réservé aux Corses et distingue celui qui démontre le mieux que les lois doivent être adaptées à la nature et au tempérament des peuples auxquels elles s'appliquent.
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3307
p. 158
« GEOGRAPHIE MODERNE, précédée d'un petit traité de la Sphere & du [...] »
Début :
GEOGRAPHIE MODERNE, précédée d'un petit traité de la Sphere & du [...]
Mots clefs :
Géographie, Sphère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « GEOGRAPHIE MODERNE, précédée d'un petit traité de la Sphere & du [...] »
GEOGRAPHIE MODERNE, précédée
d'un petit traité de la Sphere & du
Globe, ornée de traits d'Histoire natu-
relle & politique, & terminée pat une
Géographie Ecclésiastique où l'on trou-
vera tous les Archevêchés & Evêchés de
l'Eglise Catholique, & les principaux des
Eglises Schismatiques, avec une table des
longitudes & latitudes des principales Vil-
les du monde, & une autte des noms
des lieux contenus dans cette Géogra-
phie: par M. l'Abbé Nicole de la Croix.
Nouvelle Edition revue, corrigée & con-
sidérablement augmentée. A Paris, chez
Jean Thomas Herissant, rue Saint Jac-
ques, 1752. 2 vol. in- 12.
Le titre de cet Ouvrage est si éten-
du qu'il peut presque tenir licu d'un
extrait. Nous avons consulté cette Géogra-
phie sur un assez grand nombre d'articles,
& nous avons trouvé dans tous, les éclair-
cissemens que nous y cherchions. Ces
épteuves nous authorisent à dire que ce
Livre est un des meilleurs qui ayent été
faits en ce genre.
d'un petit traité de la Sphere & du
Globe, ornée de traits d'Histoire natu-
relle & politique, & terminée pat une
Géographie Ecclésiastique où l'on trou-
vera tous les Archevêchés & Evêchés de
l'Eglise Catholique, & les principaux des
Eglises Schismatiques, avec une table des
longitudes & latitudes des principales Vil-
les du monde, & une autte des noms
des lieux contenus dans cette Géogra-
phie: par M. l'Abbé Nicole de la Croix.
Nouvelle Edition revue, corrigée & con-
sidérablement augmentée. A Paris, chez
Jean Thomas Herissant, rue Saint Jac-
ques, 1752. 2 vol. in- 12.
Le titre de cet Ouvrage est si éten-
du qu'il peut presque tenir licu d'un
extrait. Nous avons consulté cette Géogra-
phie sur un assez grand nombre d'articles,
& nous avons trouvé dans tous, les éclair-
cissemens que nous y cherchions. Ces
épteuves nous authorisent à dire que ce
Livre est un des meilleurs qui ayent été
faits en ce genre.
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Résumé : « GEOGRAPHIE MODERNE, précédée d'un petit traité de la Sphere & du [...] »
L'ouvrage 'Géographie Moderne', rédigé par l'Abbé Nicole de la Croix et publié en 1752 à Paris, comprend deux volumes couvrant des aspects géographiques, historiques et ecclésiastiques. Il traite de la sphère, du globe, de l'histoire naturelle et politique, et détaille les archevêchés et évêchés catholiques ainsi que les églises schismatiques. Il inclut des tables de longitudes et latitudes des principales villes et une liste des lieux mentionnés. Cet ouvrage est reconnu pour ses éclaircissements précis.
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3308
p. 159
« EXPERIENCES & observations sur l'Electricité faites à Philadelphie en Amérique [...] »
Début :
EXPERIENCES & observations sur l'Electricité faites à Philadelphie en Amérique [...]
Mots clefs :
Électricité, Benjamin Franklin, Découverte, Observations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « EXPERIENCES & observations sur l'Electricité faites à Philadelphie en Amérique [...] »
EXPERIENCES & observations sur
l'Electricité faites à Philadelphie en Amérique
par M. Benjamin Frantlin, & com-
muniquées dans plusieurs Letrres à M. P.
Collinson de laSociété Royale de Londres
traduites de l'Anglois. 4 Paris, chez Du-
raud, rue Saint Jacques 1752., un vo-
lume in 12.
Ce nouvel Ouvrage sur l'Electricité a
comme deux Parties: la premiere qui est
du Traducteur, est une Histoire exacte
détaillée & bien écrite de cette décou-
verte: la seconde, est un recueil d'Obser-
vations, ausquelles il ne paroît pas possi-
ble de refuser sa croyance, quoiqu'elles
soient singulieres, & qu'elles vien-
nent de loin.
l'Electricité faites à Philadelphie en Amérique
par M. Benjamin Frantlin, & com-
muniquées dans plusieurs Letrres à M. P.
Collinson de laSociété Royale de Londres
traduites de l'Anglois. 4 Paris, chez Du-
raud, rue Saint Jacques 1752., un vo-
lume in 12.
Ce nouvel Ouvrage sur l'Electricité a
comme deux Parties: la premiere qui est
du Traducteur, est une Histoire exacte
détaillée & bien écrite de cette décou-
verte: la seconde, est un recueil d'Obser-
vations, ausquelles il ne paroît pas possi-
ble de refuser sa croyance, quoiqu'elles
soient singulieres, & qu'elles vien-
nent de loin.
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Résumé : « EXPERIENCES & observations sur l'Electricité faites à Philadelphie en Amérique [...] »
L'ouvrage 'Expériences & observations sur l'Électricité faites à Philadelphie en Amérique' de Benjamin Franklin, traduit en 1752, comprend deux parties. La première relate l'histoire des découvertes électriques. La seconde rassemble des observations authentiques et variées sur ce sujet.
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3309
p. 159-160
« LETTRES d'une Peruvienne. Nouvelle Edition, augmentée de plusieurs Lettres, [...] »
Début :
LETTRES d'une Peruvienne. Nouvelle Edition, augmentée de plusieurs Lettres, [...]
Mots clefs :
Introduction, Françoise de Graffigny
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LETTRES d'une Peruvienne. Nouvelle Edition, augmentée de plusieurs Lettres, [...] »
LETTRES d'une Peruvienne. Nouvelle
Edition, augmentée de plusieurs
Lettres, & d'une Introduction à l'His-
toite. A Paris, chez Durhesne rue Saint
Jacques 1752 2 vol. in 12.
L'Introduction Historique qui est à la
tente du premier volume, roule sur l'His-
toire, les Arts, les Mœeurs, la Religion
des Péruviens. Quoique le morceau qui-
est tout neuf ne soitopas de trente pages,
il est suffisant, parce que Madame de
ted byGo
60 MERCUREDEFRANCE.
Graffigny peint d'un trait tous ces grands
objets. Dans le corps de l'Ouvrage on
trouvera quelques Lettres nouvelles &
beaucoup d'additions & de changemens
aux anciennes: ce sont des Observations
sur nos moeurs faites avec beaucoup de
sagacité, & rendues avec un agrément
infini. Le second volume est terminé par
Cenie, Ouvrage Dramatique qui a réuni
les suffrages des gens de goût & des gens
vertueux. La nouvelle Edition que nous
annonçons, assurera à Madame de Graffi-
gny la réputation très-brillante & très-
étendue dont elle jouit.
Edition, augmentée de plusieurs
Lettres, & d'une Introduction à l'His-
toite. A Paris, chez Durhesne rue Saint
Jacques 1752 2 vol. in 12.
L'Introduction Historique qui est à la
tente du premier volume, roule sur l'His-
toire, les Arts, les Mœeurs, la Religion
des Péruviens. Quoique le morceau qui-
est tout neuf ne soitopas de trente pages,
il est suffisant, parce que Madame de
ted byGo
60 MERCUREDEFRANCE.
Graffigny peint d'un trait tous ces grands
objets. Dans le corps de l'Ouvrage on
trouvera quelques Lettres nouvelles &
beaucoup d'additions & de changemens
aux anciennes: ce sont des Observations
sur nos moeurs faites avec beaucoup de
sagacité, & rendues avec un agrément
infini. Le second volume est terminé par
Cenie, Ouvrage Dramatique qui a réuni
les suffrages des gens de goût & des gens
vertueux. La nouvelle Edition que nous
annonçons, assurera à Madame de Graffi-
gny la réputation très-brillante & très-
étendue dont elle jouit.
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Résumé : « LETTRES d'une Peruvienne. Nouvelle Edition, augmentée de plusieurs Lettres, [...] »
Le texte décrit une édition augmentée des 'Lettres d'une Péruvienne' de Madame de Graffigny, publiée à Paris en 1752. Cette édition, composée de deux volumes, inclut une introduction historique de trente pages sur l'histoire, les arts, les mœurs et la religion des Péruviens. Elle contient également de nouvelles lettres ainsi que des ajouts et des modifications aux lettres précédentes. Les observations sur les mœurs européennes y sont présentées avec sagacité et agrément. Le second volume se conclut par 'Cénie', une pièce dramatique ayant reçu un bon accueil critique. Cette nouvelle édition est destinée à renforcer la réputation déjà brillante et étendue de Madame de Graffigny.
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3310
p. 160-162
« DE felici ortu Serenissimi Burgundiae Ducis Oratio habita in Regio Ludovici Magni [...] »
Début :
DE felici ortu Serenissimi Burgundiae Ducis Oratio habita in Regio Ludovici Magni [...]
Mots clefs :
Discours, Style épigrammatique, Style figuré, Exorde
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DE felici ortu Serenissimi Burgundiae Ducis Oratio habita in Regio Ludovici Magni [...] »
DE felici ortu Serenissimi Burgundiae
Ducis Oratio habita in Regio Ludovici Magni
Collegio Societatis Jesu; die Veneris pri-
ma Octobris, anno Domini 1751: à Jacobo
Duparc, ejusdem Societatis Sacerdot. Pa-
risiis, ex Tipographia Thiboust, 1751.
Ce discours nous a paru écrit avec beau-
coup de logique, d'ordre & de goût. L'O-
rateur a évité avec soin le style épigram-
matique & figuré, si souvent reproché,
& avec tant de raison à notre siecle. Sa-
marche est toujours sage & du ton de
Lexorde que nous allons transcrire.
» Fuit illa Voterum in consignandis lae-
titiae monumentis consuetudo, ut is
FEVRIER. 1752.
161
»quid faustum Imperio fortunatumque
„eveniret, illud in aere plerumque ad
„aternam rei memoriam curarent ex-
»primi cum hac inscriptione Felicitas pu-
»blica. Quae quàm temeraria fuerit ap-
»pellatio, quàm saepè inanitatis plenissi-
»ma, satis vel ex hoc uno colligitur,
„ quòd illam ob cruentas victorias vulgò
»consecra verint, quarum gloria non po-
» tuit ad victores Populos, nisi cum plu-
»ribus eorumdem infortumis, pertinere.
„At verò in hac communi omnium
»laetitiâ, quam attulit Serenissimi Bur-
„ gundiae Ducis ortus fortunatissimus
»nemo me, opinor, adulationis insimu-
»labit vel imprudentiae, si in auro, si in
»marmore, si in locis monumentisque
»publicis has voces, jam in Gallorum
»animis altiùs exaratas, inscribi oporte-
»re contendam, quae publicam felicita-
vtem natam esse significent. Quis enim
» eam felicitatem neget, posse publicam
»appellari, quae non solius Aulae am-
»bitu terminisque sit definita, non in
» solam stirpem Regiam permanarit, sed
» per varias totius Imperii Gallici partes
»diffundatur; neque vim aut robur ca-
u piat è vulgaribus laetitiae testimoniis,
»at solidis ranonum argumentis sit sta-
ubilita.
a
162 MERCUREDEFRANCE.
»Nam, ut rem mente conceptam va
„bis explicem, dico Galliam totam
„ cum aliqua Regia proles expectatur,
nquae sit spes Regni pretiosissima, duplici
»nec mediocri timore commoveri vehe-
» menter solere; ne scilicet expetita pro
»les mascula vel non prodeat in lucem
„ quo nihil esse potest Regiae Familiae fit-
„mitati magis inimicum; vel, postquam
„prodiit, non eos parentes habeat à qui-
„bus regaliter in publicam utilitatem
»instituatur, quo nihil populis accide-
„re solet magis incommodum. Igitur id-
»circo & Regiæe Familiae, & Gallicae
n Genti gratulabimur, quia Dux Burgun-
»diae Serenissimus, 1. in Regiae stirpis
„firmitatem opportunè nascitur; 2. in
»Imperii Gallici utilitatem regaliter ins-
»tituetur.
Ducis Oratio habita in Regio Ludovici Magni
Collegio Societatis Jesu; die Veneris pri-
ma Octobris, anno Domini 1751: à Jacobo
Duparc, ejusdem Societatis Sacerdot. Pa-
risiis, ex Tipographia Thiboust, 1751.
Ce discours nous a paru écrit avec beau-
coup de logique, d'ordre & de goût. L'O-
rateur a évité avec soin le style épigram-
matique & figuré, si souvent reproché,
& avec tant de raison à notre siecle. Sa-
marche est toujours sage & du ton de
Lexorde que nous allons transcrire.
» Fuit illa Voterum in consignandis lae-
titiae monumentis consuetudo, ut is
FEVRIER. 1752.
161
»quid faustum Imperio fortunatumque
„eveniret, illud in aere plerumque ad
„aternam rei memoriam curarent ex-
»primi cum hac inscriptione Felicitas pu-
»blica. Quae quàm temeraria fuerit ap-
»pellatio, quàm saepè inanitatis plenissi-
»ma, satis vel ex hoc uno colligitur,
„ quòd illam ob cruentas victorias vulgò
»consecra verint, quarum gloria non po-
» tuit ad victores Populos, nisi cum plu-
»ribus eorumdem infortumis, pertinere.
„At verò in hac communi omnium
»laetitiâ, quam attulit Serenissimi Bur-
„ gundiae Ducis ortus fortunatissimus
»nemo me, opinor, adulationis insimu-
»labit vel imprudentiae, si in auro, si in
»marmore, si in locis monumentisque
»publicis has voces, jam in Gallorum
»animis altiùs exaratas, inscribi oporte-
»re contendam, quae publicam felicita-
vtem natam esse significent. Quis enim
» eam felicitatem neget, posse publicam
»appellari, quae non solius Aulae am-
»bitu terminisque sit definita, non in
» solam stirpem Regiam permanarit, sed
» per varias totius Imperii Gallici partes
»diffundatur; neque vim aut robur ca-
u piat è vulgaribus laetitiae testimoniis,
»at solidis ranonum argumentis sit sta-
ubilita.
a
162 MERCUREDEFRANCE.
»Nam, ut rem mente conceptam va
„bis explicem, dico Galliam totam
„ cum aliqua Regia proles expectatur,
nquae sit spes Regni pretiosissima, duplici
»nec mediocri timore commoveri vehe-
» menter solere; ne scilicet expetita pro
»les mascula vel non prodeat in lucem
„ quo nihil esse potest Regiae Familiae fit-
„mitati magis inimicum; vel, postquam
„prodiit, non eos parentes habeat à qui-
„bus regaliter in publicam utilitatem
»instituatur, quo nihil populis accide-
„re solet magis incommodum. Igitur id-
»circo & Regiæe Familiae, & Gallicae
n Genti gratulabimur, quia Dux Burgun-
»diae Serenissimus, 1. in Regiae stirpis
„firmitatem opportunè nascitur; 2. in
»Imperii Gallici utilitatem regaliter ins-
»tituetur.
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Résumé : « DE felici ortu Serenissimi Burgundiae Ducis Oratio habita in Regio Ludovici Magni [...] »
Jacques Duparc, membre de la Société de Jésus, a prononcé un discours à l'occasion de la naissance du duc de Bourgogne le 1er octobre 1751. Ce discours est apprécié pour sa logique, son ordre et son absence de style épigrammatique. Duparc évoque l'habitude ancienne de graver des inscriptions pour commémorer des événements heureux, souvent liés à des victoires sanglantes. Il souligne que la naissance du duc de Bourgogne est une source de joie authentique pour tout le royaume de France, et non seulement pour la cour ou la famille royale. Cette joie est fondée sur des arguments solides plutôt que sur des témoignages superficiels. La France, traditionnellement anxieuse lors de l'attente d'un héritier royal, se réjouit de cette naissance favorable, qui promet un héritier bien éduqué et dévoué à l'intérêt général du royaume.
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3311
p. 162-163
« LES Curieux reçurent avec empressement, il y a quelques années, un essai [...] »
Début :
LES Curieux reçurent avec empressement, il y a quelques années, un essai [...]
Mots clefs :
Feux d'artifice, Gravures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LES Curieux reçurent avec empressement, il y a quelques années, un essai [...] »
LES Curieux reçurent avec empressement,
il y a quelques années, un essai
sur les Feux d'Artifice de M. Perinet
Dorval. Cet essai est devenu un Traité
complet dans une nouvelle Edition: elle
a été faite à Berne, & se trouve à Paris,
chez Jombert, Libraire, rue Dauphine.
On ne peut rien ajoûter à la clarté, à l'or-
dre, à la précision qui regnent dans Cetie
production. Ce n est pas seulement le
163
FEVRIER. 1752.
meilleur Ouvrage qu'on ait sur cette ma-
tiere; c'est encore le seul sur lequel on
puisse compter. Quoique les gravures en
soient fort belles & en grand nombre,
c'est le moindre des avantages quon y
trouvera.
il y a quelques années, un essai
sur les Feux d'Artifice de M. Perinet
Dorval. Cet essai est devenu un Traité
complet dans une nouvelle Edition: elle
a été faite à Berne, & se trouve à Paris,
chez Jombert, Libraire, rue Dauphine.
On ne peut rien ajoûter à la clarté, à l'or-
dre, à la précision qui regnent dans Cetie
production. Ce n est pas seulement le
163
FEVRIER. 1752.
meilleur Ouvrage qu'on ait sur cette ma-
tiere; c'est encore le seul sur lequel on
puisse compter. Quoique les gravures en
soient fort belles & en grand nombre,
c'est le moindre des avantages quon y
trouvera.
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Résumé : « LES Curieux reçurent avec empressement, il y a quelques années, un essai [...] »
L'ouvrage 'Essai sur les Feux d'Artifice' de M. Perinet Dorval, initialement acclamé, a été réédité à Berne et est disponible à Paris chez Jombert. Ce traité se distingue par sa clarté, son ordre et sa précision. Il est reconnu comme le seul ouvrage fiable sur les feux d'artifice, malgré ses nombreuses illustrations de qualité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3312
p. 163-168
« HISTOIRE des Révolutions de l'Empire des Arabes ; par M. l'Abbé de Marigny, [...] »
Début :
HISTOIRE des Révolutions de l'Empire des Arabes ; par M. l'Abbé de Marigny, [...]
Mots clefs :
Arabes, Aurangzeb, Prince, François Augier Marigny, Extérieur, Enfants, Habits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRE des Révolutions de l'Empire des Arabes ; par M. l'Abbé de Marigny, [...] »
HISTOIRE des Révolutions de l'Empire
des Arabes ; par M. l'Abbé de Marigny,
Tom. 3 & 4. A Paris chez Gissey
Bordelei & Ganeau.
Le commencement de l'Ouvrage que
nous annonçons a paru mê liocrement in-
teressant; les Scenes sont plus vives, plus
variées & plus importantes dans les deux
nouveaux volumes qu'on nons donne au-
jourd'hui; le cinquiême & le sixième se-
ront encore plus agréables pour nous
parce que l'Europe, la France même se-
ront le Théâtre d'une grande partie des
évenemens que l'on y lira. LesRévolutions
arrivées dans le Mogol & dans la Perse,
occupent l'Historien dans les deux volu-
mesqu'il vient de publier. LePrince le plus
célebre de ces deux vastes Empires, c'est
Aurengzeb mort en 1707. Voici le por-
trait qu'en fait M. l'Abbé de Marigny.
Aurengzeb n avoit rien de grand dans
l'extérieur, son visageétoit sec & déchar-
né, il avoit les yeux vifs, & qui sem-
164 MERCUREDEFRANCE.
bloient percet jusques dans l'intérieur &
ceux qu'il regardoit. Les mouvemens &
son visage laisserent rarement pénétre
les sentimens dont il étoit affecté, soit
de joie ou de tristesse. Une profonde dis-
simulation étoit le point fondamental
de sa politique. Il étoit impénétrable aux
plus claitvoyans, soit dans ses discours,
soit dans sa conduite; tonjours maître de
son extérieur, il ne laissoit point voir ce
qci se passoit dans le fond de son coeur,
& il ne confioit jamais ses pensées à ses
femmes, à ses amis ou à ses enfans. On
loue la régularité de ses moeurs qui
étoient conformes aux principes moraux,
son assiduité aux prices publiques, où
il édifioit les plus religieux; son absti-
nence du vin & des autres plaisirs inno-
cens, dont il ne faisoit aucun usage. Il
parut touiours occupé de ses devoirs,
iors même qu'il n'étoit que Vice-Roi de
Decan. Curieux de s'instruire sut tout ce
qui regardoit le Gouvernement civil ou
militaite, il écoutoit avec pla sir ceux
qui étoient capables de lui donner des
instructions sur ce sujet. Ce Prince étoit
extremement sérieux, parloit peu, & af-
fectoit une modestie extraordinaire, soit
dans ses meubles, ses habits, ou dans ses
équipages; desorte que cet exterieur se-
FEVRIER. 1752.
165
vere, & cette grande simpiicité annon-
çoient plûtôt un Philosophe qu'un grand
Prince. L'ambition cependant étoit le
grand mobile de toutes ses actions, &
Ion peut dire que ce fut cette passion
qui le porta aux plus grands crimes. Tout
ce qui le pouvoit conduire au Thrône
lui parut permis, & les devoirs les plus
sacres ne furent pas capables de l'arrêtet
dans l'exécution de ses desseins. Il ne res-
pectoit ni les jugemens du Public, ni la
Religion même qu'il fit souvent servir
à ses vûes politiques. Il ne du: ses plus
grands succès qu'à ses ruses & à sa fourbe-
rie. Il étoit jaloux du mérite des autres
& de ses enfans même, & leurs succès
lui causoient les plus grands chagrins ;
son coeur étoit inaccessible à la clémence,
à la générosité, & à la reconnoissance;
l'avarice, la mésiance & la cruautéj
trouvoient seulement place. Son génie
étoit vaste, il rassembloit dans un seul
point de vue les projets les plus impor-
tans, & en découvroit en même temps
toutes les difficultés & les différens
movens pour les faire réussir. Le poison,
la séduction, la trahison, &c. etoient,
disoit-il, les moyens les plus prompts &
les plus surs pour se délivrer de ses en-
nemis, & épargner le sang des soldats;
tized by
166 MERCUREDE FRANCE.
son habileté pour l'exécution de ses de-
testables maximes étoit si surprenante,
qu'il étoit presque impossible d'échappe
à ses embûches. Sa pénétration & sa pré-
sence d'esprit dans les circonstances cri-
tiques, etoient si extraordinaires, & ce
Prince étoit si fertile en expédiens, que
le vulgaire s'imaginoit qu'il étoit inspire
par quelque Démon familier.
Enfin cet Empereur neut point de
principes réels de vertu. Ce n'étoit qu'un
hypocrite & un imposteur qui se jouoit
de Dieu & des hommes. S'il étoit frugal
sobre, modeste, religieux, c'étoit plu-
tôt par goût, par humeur, par tempera-
ment que par vertu. Sa santé exigeoit
qu'il vecût avec tempérance & frugalité,
il s'en faisoit honneur devant les hom-
mes, pour avoir occasion de persécuter
ceux qui étoient sujets à l'intempérance,
& aux excès du boire & du manger; lors-
que ses intérêts, sa vengeance, sa ja-
lousie, son avarice ou son ambition exi-
geoient quelques victimes, il coloroit du
prérexte de Religion ou du bien de l'Etat,
la perte ou la disgrace de ses ennemis;
ses amis mêmen en étoient souvent pas
exempts. Aurengzeb sçut par la seule
crainte de son nom maintenir la tranqui-
lité de ses Etats, arrêter les projets de
FEVRIER. 1752. 167
ses fils, les tenir toujours dans la dé-
pendance, & inspirer à ses sujets la
crainte dont il étoit continuellement agi-
té. En un mot ce Prince fut un fils dé-
naturé, un mauvais pere, perfide ami,
ennemi redoutable, infidele, parjure,
cruel, avare, imposteur, détesté de tous
ses sujets & de ses propres enfans.
Pour achever de peindre Aurengzeb,
nous ajouterons un trait, & nous nous
servirons encore des propres termes de
M. l'Abbé de Marigny.
Aurengzeb fit publier dans ses Etats
que tous les Faquirs eussent à se rendre
à un jour marqué dans une plaine qu'il
leur indiqua, afin d'avoir le plaisir de
manger avec eux; après le repas, Au-
rengzeb fit apporter des calaques neuves
qu il avoit fait faire exprès, & en fit pré-
sent d'une à chaque Faquir, ordonnant en
même tems de s'emparer des vieux habits,
& de les metre en un tas. Les Faquirs fi-
rent beaucoup de difficultés pout quitter
leurs haillons & pour accepter un habit.
neuf, mais il fallut obéir. Aurengzeb fit
ensuite brûler toutes ces hardes, & lors-
qu'elles furent brûlées, on trouva quan-
tité d'or & d'argent. Ce Prince n'igno-
roit pas les ruses de ces prétendus moi-
nes: il sçavoit qu'ils recevoient beau-
168 MERCUREDE FRANCE.
coup pat le moyen des aumônes, & qu
cet argent étoit coulu dans les replis d:
leurs habits; c est ce qui l'engagea à s.
rendre maître des vieilles hardes, sous
prétexte qu'il vouloit gratifier les man-
dians d'un habit neuf.
des Arabes ; par M. l'Abbé de Marigny,
Tom. 3 & 4. A Paris chez Gissey
Bordelei & Ganeau.
Le commencement de l'Ouvrage que
nous annonçons a paru mê liocrement in-
teressant; les Scenes sont plus vives, plus
variées & plus importantes dans les deux
nouveaux volumes qu'on nons donne au-
jourd'hui; le cinquiême & le sixième se-
ront encore plus agréables pour nous
parce que l'Europe, la France même se-
ront le Théâtre d'une grande partie des
évenemens que l'on y lira. LesRévolutions
arrivées dans le Mogol & dans la Perse,
occupent l'Historien dans les deux volu-
mesqu'il vient de publier. LePrince le plus
célebre de ces deux vastes Empires, c'est
Aurengzeb mort en 1707. Voici le por-
trait qu'en fait M. l'Abbé de Marigny.
Aurengzeb n avoit rien de grand dans
l'extérieur, son visageétoit sec & déchar-
né, il avoit les yeux vifs, & qui sem-
164 MERCUREDEFRANCE.
bloient percet jusques dans l'intérieur &
ceux qu'il regardoit. Les mouvemens &
son visage laisserent rarement pénétre
les sentimens dont il étoit affecté, soit
de joie ou de tristesse. Une profonde dis-
simulation étoit le point fondamental
de sa politique. Il étoit impénétrable aux
plus claitvoyans, soit dans ses discours,
soit dans sa conduite; tonjours maître de
son extérieur, il ne laissoit point voir ce
qci se passoit dans le fond de son coeur,
& il ne confioit jamais ses pensées à ses
femmes, à ses amis ou à ses enfans. On
loue la régularité de ses moeurs qui
étoient conformes aux principes moraux,
son assiduité aux prices publiques, où
il édifioit les plus religieux; son absti-
nence du vin & des autres plaisirs inno-
cens, dont il ne faisoit aucun usage. Il
parut touiours occupé de ses devoirs,
iors même qu'il n'étoit que Vice-Roi de
Decan. Curieux de s'instruire sut tout ce
qui regardoit le Gouvernement civil ou
militaite, il écoutoit avec pla sir ceux
qui étoient capables de lui donner des
instructions sur ce sujet. Ce Prince étoit
extremement sérieux, parloit peu, & af-
fectoit une modestie extraordinaire, soit
dans ses meubles, ses habits, ou dans ses
équipages; desorte que cet exterieur se-
FEVRIER. 1752.
165
vere, & cette grande simpiicité annon-
çoient plûtôt un Philosophe qu'un grand
Prince. L'ambition cependant étoit le
grand mobile de toutes ses actions, &
Ion peut dire que ce fut cette passion
qui le porta aux plus grands crimes. Tout
ce qui le pouvoit conduire au Thrône
lui parut permis, & les devoirs les plus
sacres ne furent pas capables de l'arrêtet
dans l'exécution de ses desseins. Il ne res-
pectoit ni les jugemens du Public, ni la
Religion même qu'il fit souvent servir
à ses vûes politiques. Il ne du: ses plus
grands succès qu'à ses ruses & à sa fourbe-
rie. Il étoit jaloux du mérite des autres
& de ses enfans même, & leurs succès
lui causoient les plus grands chagrins ;
son coeur étoit inaccessible à la clémence,
à la générosité, & à la reconnoissance;
l'avarice, la mésiance & la cruautéj
trouvoient seulement place. Son génie
étoit vaste, il rassembloit dans un seul
point de vue les projets les plus impor-
tans, & en découvroit en même temps
toutes les difficultés & les différens
movens pour les faire réussir. Le poison,
la séduction, la trahison, &c. etoient,
disoit-il, les moyens les plus prompts &
les plus surs pour se délivrer de ses en-
nemis, & épargner le sang des soldats;
tized by
166 MERCUREDE FRANCE.
son habileté pour l'exécution de ses de-
testables maximes étoit si surprenante,
qu'il étoit presque impossible d'échappe
à ses embûches. Sa pénétration & sa pré-
sence d'esprit dans les circonstances cri-
tiques, etoient si extraordinaires, & ce
Prince étoit si fertile en expédiens, que
le vulgaire s'imaginoit qu'il étoit inspire
par quelque Démon familier.
Enfin cet Empereur neut point de
principes réels de vertu. Ce n'étoit qu'un
hypocrite & un imposteur qui se jouoit
de Dieu & des hommes. S'il étoit frugal
sobre, modeste, religieux, c'étoit plu-
tôt par goût, par humeur, par tempera-
ment que par vertu. Sa santé exigeoit
qu'il vecût avec tempérance & frugalité,
il s'en faisoit honneur devant les hom-
mes, pour avoir occasion de persécuter
ceux qui étoient sujets à l'intempérance,
& aux excès du boire & du manger; lors-
que ses intérêts, sa vengeance, sa ja-
lousie, son avarice ou son ambition exi-
geoient quelques victimes, il coloroit du
prérexte de Religion ou du bien de l'Etat,
la perte ou la disgrace de ses ennemis;
ses amis mêmen en étoient souvent pas
exempts. Aurengzeb sçut par la seule
crainte de son nom maintenir la tranqui-
lité de ses Etats, arrêter les projets de
FEVRIER. 1752. 167
ses fils, les tenir toujours dans la dé-
pendance, & inspirer à ses sujets la
crainte dont il étoit continuellement agi-
té. En un mot ce Prince fut un fils dé-
naturé, un mauvais pere, perfide ami,
ennemi redoutable, infidele, parjure,
cruel, avare, imposteur, détesté de tous
ses sujets & de ses propres enfans.
Pour achever de peindre Aurengzeb,
nous ajouterons un trait, & nous nous
servirons encore des propres termes de
M. l'Abbé de Marigny.
Aurengzeb fit publier dans ses Etats
que tous les Faquirs eussent à se rendre
à un jour marqué dans une plaine qu'il
leur indiqua, afin d'avoir le plaisir de
manger avec eux; après le repas, Au-
rengzeb fit apporter des calaques neuves
qu il avoit fait faire exprès, & en fit pré-
sent d'une à chaque Faquir, ordonnant en
même tems de s'emparer des vieux habits,
& de les metre en un tas. Les Faquirs fi-
rent beaucoup de difficultés pout quitter
leurs haillons & pour accepter un habit.
neuf, mais il fallut obéir. Aurengzeb fit
ensuite brûler toutes ces hardes, & lors-
qu'elles furent brûlées, on trouva quan-
tité d'or & d'argent. Ce Prince n'igno-
roit pas les ruses de ces prétendus moi-
nes: il sçavoit qu'ils recevoient beau-
168 MERCUREDE FRANCE.
coup pat le moyen des aumônes, & qu
cet argent étoit coulu dans les replis d:
leurs habits; c est ce qui l'engagea à s.
rendre maître des vieilles hardes, sous
prétexte qu'il vouloit gratifier les man-
dians d'un habit neuf.
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Résumé : « HISTOIRE des Révolutions de l'Empire des Arabes ; par M. l'Abbé de Marigny, [...] »
L'ouvrage 'Histoire des Révolutions de l'Empire des Arabes' de l'Abbé de Marigny, publié en deux volumes, explore les révolutions dans l'Empire moghol et en Perse. Aurengzeb, prince notable de ces empires, décédé en 1707, est caractérisé par un visage sec et décharné ainsi que des yeux perçants. Il excellait dans l'art de la dissimulation et affichait une apparence de régularité morale, d'abstinence des plaisirs et de modestie extrême. Cependant, son ambition le conduisit à commettre des crimes pour accéder au trône. Il employait la ruse, la trahison et le poison pour éliminer ses rivaux et était jaloux des mérites des autres. Aurengzeb se montrait cruel envers ses propres enfants et manquait de véritables principes de vertu, utilisant souvent la religion comme prétexte pour persécuter ses adversaires. Il maintenait l'ordre par la crainte et était détesté tant par ses sujets que par ses enfants. Un exemple de sa ruse est illustré par son stratagème pour découvrir les richesses cachées parmi les habits des faquirs. Connaissant les pratiques des moines, il confisqua leurs vieux habits sous prétexte de leur offrir des habits neufs afin de récupérer les aumônes cachées dans leurs vêtements.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3313
p. 168-173
« LETTRES sur la certitude des signes de la mort, où l'on rassure les Citoyens de la crainte [...] »
Début :
LETTRES sur la certitude des signes de la mort, où l'on rassure les Citoyens de la crainte [...]
Mots clefs :
Mort, Noyés, Signes de la mort, Sujets, Antoine Louis, Putréfaction, Jacques-Jean Bruhier d'Ablaincourt, Corps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LETTRES sur la certitude des signes de la mort, où l'on rassure les Citoyens de la crainte [...] »
LETTRES sur la certitude des signes de la
mort, où l'on rassure les Citoyens de la crainte
d'être enterrés vivans, avec des Observa-
tions & des expériences sut les Noyés. Par
M. Louis, Conseiller & Commissaire pour les
Extraits de l'Acedémie Royale de Chirurgie
Démonstrateur Royal, & membre de la So-
ciété Royale de Lyon. A Paris, chez Michel
L'ambert, rue Saint Jacques, 1752.
Il ne peut y avoit de sort plus triste, que celui
d'être enterré vivant. Le horreurs d'une pa-
reille situation sont inexptimables, elles doi-
vent surpasset celles des plus grands supplices.
Rien n'interessent donc plus les hommes dans
que que tang qu'il soient placés, que la dé-
couverte des signes certains de la mort. M.
Winilow a fait soutenir en 1744, une these
aux Ecoles de Médecine, où il dit qu'il n'y
a de signes certains de cet etat que la putré-
faction des sujets. M Bruhier a traduit & com-
menté la these de M. Winslov. Il a donné sur
cette matiere un Ouvrage qui a été favora-
blement reçu du Public. M. Louis soutient an-
jourd'hui qu'il y a des signes certains de la
mort indépendans de la putréfaction. Son Ouvra-
ge est en torme de Lettres, elles sont au nom-
bre de six: daus la premiere, il examine les princi-
pales autorités qui ont servi de fondement à l'opi-
nion
FEVRIER.
169
1752.
nion de l'incertitude des signes de la mort, & il
prétend que les Auteurs d'après lesquels l'on a
argumenté, ont été d'un sentiment contraire à
celui qu'on leur préte.
M. Louis dir dans la seconde Lettre que la
question à résoudre sur les signes de la mort
est de nature à ne l'être que par les faits. Il
ne nie aucun de ceux que Messieurs Winslov
& Bruhier ont rapportés, mais il prétend que
les uns prouvent directement la certitude des
signes de la niort, & que les autres ne font
au plus qu'un argument positif de la negligen-
ce, du peu d'attention, de l'ignorance, peut-
étre même de la méchanceté de ceux par qui
l'état des malades a été illusoire. Il entre à ce
sujet dans des détails curieux & interessans.
M. L. ne se dissimule pas que des personnes
mêmes de l'Art ne se soient trompées aux si-
gnes de la mort. Cela est arrivé au grand Ve-
sale, le premier Anatomiste de son siécle; mais
c'est sclon M. L. une erreur personnelle d'où
l'on ne peut tirer aucune conséquence. M. Wins-
low, en parlant de cettæ malheureuse avanture,
dit qu'elle est artivée ala honto éternelle de l'Ana-
tomiste imprudent, & M. Bruhier en conclut que dans
le cas meme ou un Chirurgien est requis de proceder
à l'ouverture d'un corps, il ne peut, sans s'exposer
à être homitide, la commencer avant que d'etre
sur de la mort i c'est-a-dire, quand il y a des si-
gnes de putrefaction, & que le corps vexhale une
odeur cadavreuse.
M Louis fait à ce sujet le raisonnement sui-
vant par lequel on pourra juger de son style. La
postérité se rapellera sans doute avec des senti-
mens d'estime & de reconnoissance le nom & les
travaux des hommes illustres qui ont aggran-
H
ne
170 MERCUREDE FRANCE.
dit l'empire des Sciences, sous le Regne glo-
rieux da Prince qui les a protégées avec le
plus de bonté. Suivant le principe posé, elle ne
pourroit se souvenir de M. Winssov qu'avec des
sentimens d'horreur. Ce scavant & laborieux
Anatomiste, fixé parmi nous par les bienfaits
du Roi, pout l'honneur de la Nation, doit prin-
cipalement sa grande réputation à son Traité
d'Anatomie. Cet Ouviage immottel n'est point
un simple recueil de ce que d'autres ont enseigné
du écrit avant lui sut des sujets qu'il traito: c'est
une exposition fidele & exacte, des découvertes
qu'il a faites lui-même par des dissections fré-
quemment & différemment repetées. Il ne setoit
donc parvenu à déterminer la situation des vis-
ceres avec autant de justesse & de précision qu'il
l'a fait, qu'en s'exposant à commettre presque
autant de meurtres qu'il a ouvert de cadavres.
Car il n'a pu certainement se servit pour ceci
de sujets putréfiés, & qui auroicot exhalé une
odeur fétide avant que d'en faire usage. Sui-
vant M. Winslow, l'insensibilité des sujets
lorsqu'on fait sur eux das incisions, n'est pas
une preuve cerraine qu'ils sont morts. Qui ga-
rantira donc à M. Winssov qu'il n'a pas com-
mis un grand nombre d'homicides? Suivant cette
idée; il auroit pu être plus heureux que Vesale,
sans être moins coupable; Vesale nous paroît
antant à plaindre qu'à blâmer; & M. Winslov
n'auroit acquis sa réputation si étendue & si
bien méritée que par un nombre d'imprudences
dont une seule auroit pu, selon sa propte ex-
pression, le couvrit d'une honte éternelle.
Les coutumes des anciens peuples à l'égard
des motts ont servi de raisons à M. Bruhier
pour soutenir que les signes de la mort étoient
171
1752.
FEVRIER.
fucertains. M. L. rappelle hissoriquement dans sa
croisiémeLettre toutes ces coutumes, & ilcroitqu'on
n'en peut rien conclure en faveur de cette opinion.
L'Antiquité sainte & prophane sont la base des
raisonnemens qu'il employe à ce sujet: les person-
nes que les discussions qui concernent les Arts &
les Sciences amusent le moins, liront cette Lettre
avec satisfaction. M. L. donne enfin dans sa
quatrième Lettre les signes caractéristiques de
la mort: Ils ne les tirent point de l'examen du poulx
ni de la respiration. Les incisions sont aussi des
épreuves furtives, parce qu'elles prouvent au
plus l'insenfibilité des sujets; la roideur & l'in-
flexibilité des membres, & l'examen des yeux
des sujets lui fournissent des preuves manifestes
de la mort: Il faut lire ces choses dans l'Au-
teur même qui donne les distinctions nécessai-
res pour ne pas se tromper sur un objet aussi
important. Ce qu'il dit paroît d'autant plus so-
lide qu'il trouve dans les faits mêmes, rap-
portés par les Auteurs qui sont du sentiment
opposé, des raisons décisives en faveur da sien.
C'est un concours d'expériences & d'observa-
tions qui forment un corps de preuves, à l'é-
vidence desquelles il ne semble pis qu'on puis-
se se refuser. Ce qu'il y a d'assez singulier
c'est que M. Louis prérende que la putrefaction
des sujets n'est point un signe tellemert certain de
la mort qu'il ne puisse induire en erreur, &
exposer des personnes à être enterrées sous les
simples apparences de la mort. Si cela est, on
doit lui sçavoir un gré infini de nous avoir dé-
trompé sur une marque que tout le monde re-
gardoit comme infaillible. „ Si l'on se contente
„d'un commencement de putréfaction, les ta-
»ches livides de la peau, & la mauvaise odeur
Hij
GOog
172 MERCUREDE FRANCE.
„du sujet détermineront le jugement; mais les
„taches livides ne sont point des uiarques cer-
»taines de pourriture, & l'on sçait qu en ma-
» ladie surtout, le corps peut exhaler une odeur
»trés-fétide. La putrefaction parfaite, à la-
„ quelle personne ne peut se méprendre, ne
nmet pas infailliblement à l'abri du danger af-
„ freux de donnet la sepulture aux vivans. Ne
„ voyons-nous :as tous les jours des petson-
„ nes survivre à la perte de leurs membres dont
» la pourriture s'étoit empatée : La pourtitu e
„ne peut elle pas attaquer de n'êine un sujet
»dans l'état équivoque que M. Bruhier, suppo-
»se, c'est à-dire, dans la situation où il pen-
»se, que sans avoir perdu la vie, elle ne se
nmanifeste néanmoins par aucune marque ex-
„térieure? Ainsi dire vaguement qu'il faut at-
tendre la putrétaction, c'est donner un pié-
» cepte fort dangercux, pour les sujets mêmes
»en qui la putrefaction se manisestera.
M. Louis distingue ici la pourriture qui
attaque un corps vivant, de celle qui s'empa-
re d'un mort. Chacun a des caracteres distine-
tifs qui lui sont propres, M. L. l'assure, il
les établit d'après l'expérience, & cette distinc-
tion n'auroit pas du, selon lui, échapper à
ceux qui ont donné la putréfaction comme un
signe infaillible de la mort. » Ces observations
„ (c'est M. L. qui parle) sont faites d'oprès
»la nature même, & si l'on croyoit devoir
»attendre la putréfaction des sujets, il sauaroit
„ bien distinguer ces signes: car la vie d'un hom-
„me étant d'un prix inestimable, on ne doit
„rien négliger de ce qui peut prévenit le dan-
„ger de donner la sépulture à un homme vi-
» vant; quand dans la révolution de plusicurs
1752. 173
FEVRIER.
»siécles, il n'y auroit qu'une personne, qui
par le défaut de ces connoissances pût de-
„venir la victime du sentiment que nous re-
„futons, cela susfiroit pour justisier les dis-
„tinctions caractéristiques que nous avons
„indiquées.
M. Louis passe ensuite à l'examen des incon-
veniens inséparablement attachés à la conser-
vation des morts, jusqu'à la manifestation de la
pourtiture. Il parle par occasion de l'abus de
l'inhumation dans les Eglises. Ensin M. L. dans
sa sixième Lettre examine les réglemens pro-
jettés par M. Bruhier au sujet des enterreniens
précipités, il se réunit à lui pour en prouver l'ex-
it:me importance.
A cet Ouvrage M. Louis a joint des Mé-
moires sur la cause de la mort des Noyés, & sut
les différens secours qu'on peut donner à ceux
que l'on croit noyés, pour les rappeller d'une
mort apparente a la vie. Les bornes de cer
Ouvrage ne nous permettent pas d'insister sur
ces productions qui font honneur à la sagacité
& aux recherches de l'Auteur.
Les expériences sont démonstratives. Ce qui
est dit sur la cause de la mort des Noyés est une
déconverte fort importante. Les sccours pour
en prositer sont indiqués rélativement à l'état
des Noyés, & dans un ordre qui, faute d'avoir
été observé, a pu plus d'une fois être prejudi-
ciable à ceux que l'on secouroit.
Le Livre.tiês. curieux que nous annonçons
est terminé par la traduction de la These de M-
Winslow qui a donné occasion à l'Ouvrage
mème.
mort, où l'on rassure les Citoyens de la crainte
d'être enterrés vivans, avec des Observa-
tions & des expériences sut les Noyés. Par
M. Louis, Conseiller & Commissaire pour les
Extraits de l'Acedémie Royale de Chirurgie
Démonstrateur Royal, & membre de la So-
ciété Royale de Lyon. A Paris, chez Michel
L'ambert, rue Saint Jacques, 1752.
Il ne peut y avoit de sort plus triste, que celui
d'être enterré vivant. Le horreurs d'une pa-
reille situation sont inexptimables, elles doi-
vent surpasset celles des plus grands supplices.
Rien n'interessent donc plus les hommes dans
que que tang qu'il soient placés, que la dé-
couverte des signes certains de la mort. M.
Winilow a fait soutenir en 1744, une these
aux Ecoles de Médecine, où il dit qu'il n'y
a de signes certains de cet etat que la putré-
faction des sujets. M Bruhier a traduit & com-
menté la these de M. Winslov. Il a donné sur
cette matiere un Ouvrage qui a été favora-
blement reçu du Public. M. Louis soutient an-
jourd'hui qu'il y a des signes certains de la
mort indépendans de la putréfaction. Son Ouvra-
ge est en torme de Lettres, elles sont au nom-
bre de six: daus la premiere, il examine les princi-
pales autorités qui ont servi de fondement à l'opi-
nion
FEVRIER.
169
1752.
nion de l'incertitude des signes de la mort, & il
prétend que les Auteurs d'après lesquels l'on a
argumenté, ont été d'un sentiment contraire à
celui qu'on leur préte.
M. Louis dir dans la seconde Lettre que la
question à résoudre sur les signes de la mort
est de nature à ne l'être que par les faits. Il
ne nie aucun de ceux que Messieurs Winslov
& Bruhier ont rapportés, mais il prétend que
les uns prouvent directement la certitude des
signes de la niort, & que les autres ne font
au plus qu'un argument positif de la negligen-
ce, du peu d'attention, de l'ignorance, peut-
étre même de la méchanceté de ceux par qui
l'état des malades a été illusoire. Il entre à ce
sujet dans des détails curieux & interessans.
M. L. ne se dissimule pas que des personnes
mêmes de l'Art ne se soient trompées aux si-
gnes de la mort. Cela est arrivé au grand Ve-
sale, le premier Anatomiste de son siécle; mais
c'est sclon M. L. une erreur personnelle d'où
l'on ne peut tirer aucune conséquence. M. Wins-
low, en parlant de cettæ malheureuse avanture,
dit qu'elle est artivée ala honto éternelle de l'Ana-
tomiste imprudent, & M. Bruhier en conclut que dans
le cas meme ou un Chirurgien est requis de proceder
à l'ouverture d'un corps, il ne peut, sans s'exposer
à être homitide, la commencer avant que d'etre
sur de la mort i c'est-a-dire, quand il y a des si-
gnes de putrefaction, & que le corps vexhale une
odeur cadavreuse.
M Louis fait à ce sujet le raisonnement sui-
vant par lequel on pourra juger de son style. La
postérité se rapellera sans doute avec des senti-
mens d'estime & de reconnoissance le nom & les
travaux des hommes illustres qui ont aggran-
H
ne
170 MERCUREDE FRANCE.
dit l'empire des Sciences, sous le Regne glo-
rieux da Prince qui les a protégées avec le
plus de bonté. Suivant le principe posé, elle ne
pourroit se souvenir de M. Winssov qu'avec des
sentimens d'horreur. Ce scavant & laborieux
Anatomiste, fixé parmi nous par les bienfaits
du Roi, pout l'honneur de la Nation, doit prin-
cipalement sa grande réputation à son Traité
d'Anatomie. Cet Ouviage immottel n'est point
un simple recueil de ce que d'autres ont enseigné
du écrit avant lui sut des sujets qu'il traito: c'est
une exposition fidele & exacte, des découvertes
qu'il a faites lui-même par des dissections fré-
quemment & différemment repetées. Il ne setoit
donc parvenu à déterminer la situation des vis-
ceres avec autant de justesse & de précision qu'il
l'a fait, qu'en s'exposant à commettre presque
autant de meurtres qu'il a ouvert de cadavres.
Car il n'a pu certainement se servit pour ceci
de sujets putréfiés, & qui auroicot exhalé une
odeur fétide avant que d'en faire usage. Sui-
vant M. Winslow, l'insensibilité des sujets
lorsqu'on fait sur eux das incisions, n'est pas
une preuve cerraine qu'ils sont morts. Qui ga-
rantira donc à M. Winssov qu'il n'a pas com-
mis un grand nombre d'homicides? Suivant cette
idée; il auroit pu être plus heureux que Vesale,
sans être moins coupable; Vesale nous paroît
antant à plaindre qu'à blâmer; & M. Winslov
n'auroit acquis sa réputation si étendue & si
bien méritée que par un nombre d'imprudences
dont une seule auroit pu, selon sa propte ex-
pression, le couvrit d'une honte éternelle.
Les coutumes des anciens peuples à l'égard
des motts ont servi de raisons à M. Bruhier
pour soutenir que les signes de la mort étoient
171
1752.
FEVRIER.
fucertains. M. L. rappelle hissoriquement dans sa
croisiémeLettre toutes ces coutumes, & ilcroitqu'on
n'en peut rien conclure en faveur de cette opinion.
L'Antiquité sainte & prophane sont la base des
raisonnemens qu'il employe à ce sujet: les person-
nes que les discussions qui concernent les Arts &
les Sciences amusent le moins, liront cette Lettre
avec satisfaction. M. L. donne enfin dans sa
quatrième Lettre les signes caractéristiques de
la mort: Ils ne les tirent point de l'examen du poulx
ni de la respiration. Les incisions sont aussi des
épreuves furtives, parce qu'elles prouvent au
plus l'insenfibilité des sujets; la roideur & l'in-
flexibilité des membres, & l'examen des yeux
des sujets lui fournissent des preuves manifestes
de la mort: Il faut lire ces choses dans l'Au-
teur même qui donne les distinctions nécessai-
res pour ne pas se tromper sur un objet aussi
important. Ce qu'il dit paroît d'autant plus so-
lide qu'il trouve dans les faits mêmes, rap-
portés par les Auteurs qui sont du sentiment
opposé, des raisons décisives en faveur da sien.
C'est un concours d'expériences & d'observa-
tions qui forment un corps de preuves, à l'é-
vidence desquelles il ne semble pis qu'on puis-
se se refuser. Ce qu'il y a d'assez singulier
c'est que M. Louis prérende que la putrefaction
des sujets n'est point un signe tellemert certain de
la mort qu'il ne puisse induire en erreur, &
exposer des personnes à être enterrées sous les
simples apparences de la mort. Si cela est, on
doit lui sçavoir un gré infini de nous avoir dé-
trompé sur une marque que tout le monde re-
gardoit comme infaillible. „ Si l'on se contente
„d'un commencement de putréfaction, les ta-
»ches livides de la peau, & la mauvaise odeur
Hij
GOog
172 MERCUREDE FRANCE.
„du sujet détermineront le jugement; mais les
„taches livides ne sont point des uiarques cer-
»taines de pourriture, & l'on sçait qu en ma-
» ladie surtout, le corps peut exhaler une odeur
»trés-fétide. La putrefaction parfaite, à la-
„ quelle personne ne peut se méprendre, ne
nmet pas infailliblement à l'abri du danger af-
„ freux de donnet la sepulture aux vivans. Ne
„ voyons-nous :as tous les jours des petson-
„ nes survivre à la perte de leurs membres dont
» la pourriture s'étoit empatée : La pourtitu e
„ne peut elle pas attaquer de n'êine un sujet
»dans l'état équivoque que M. Bruhier, suppo-
»se, c'est à-dire, dans la situation où il pen-
»se, que sans avoir perdu la vie, elle ne se
nmanifeste néanmoins par aucune marque ex-
„térieure? Ainsi dire vaguement qu'il faut at-
tendre la putrétaction, c'est donner un pié-
» cepte fort dangercux, pour les sujets mêmes
»en qui la putrefaction se manisestera.
M. Louis distingue ici la pourriture qui
attaque un corps vivant, de celle qui s'empa-
re d'un mort. Chacun a des caracteres distine-
tifs qui lui sont propres, M. L. l'assure, il
les établit d'après l'expérience, & cette distinc-
tion n'auroit pas du, selon lui, échapper à
ceux qui ont donné la putréfaction comme un
signe infaillible de la mort. » Ces observations
„ (c'est M. L. qui parle) sont faites d'oprès
»la nature même, & si l'on croyoit devoir
»attendre la putréfaction des sujets, il sauaroit
„ bien distinguer ces signes: car la vie d'un hom-
„me étant d'un prix inestimable, on ne doit
„rien négliger de ce qui peut prévenit le dan-
„ger de donner la sépulture à un homme vi-
» vant; quand dans la révolution de plusicurs
1752. 173
FEVRIER.
»siécles, il n'y auroit qu'une personne, qui
par le défaut de ces connoissances pût de-
„venir la victime du sentiment que nous re-
„futons, cela susfiroit pour justisier les dis-
„tinctions caractéristiques que nous avons
„indiquées.
M. Louis passe ensuite à l'examen des incon-
veniens inséparablement attachés à la conser-
vation des morts, jusqu'à la manifestation de la
pourtiture. Il parle par occasion de l'abus de
l'inhumation dans les Eglises. Ensin M. L. dans
sa sixième Lettre examine les réglemens pro-
jettés par M. Bruhier au sujet des enterreniens
précipités, il se réunit à lui pour en prouver l'ex-
it:me importance.
A cet Ouvrage M. Louis a joint des Mé-
moires sur la cause de la mort des Noyés, & sut
les différens secours qu'on peut donner à ceux
que l'on croit noyés, pour les rappeller d'une
mort apparente a la vie. Les bornes de cer
Ouvrage ne nous permettent pas d'insister sur
ces productions qui font honneur à la sagacité
& aux recherches de l'Auteur.
Les expériences sont démonstratives. Ce qui
est dit sur la cause de la mort des Noyés est une
déconverte fort importante. Les sccours pour
en prositer sont indiqués rélativement à l'état
des Noyés, & dans un ordre qui, faute d'avoir
été observé, a pu plus d'une fois être prejudi-
ciable à ceux que l'on secouroit.
Le Livre.tiês. curieux que nous annonçons
est terminé par la traduction de la These de M-
Winslow qui a donné occasion à l'Ouvrage
mème.
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Résumé : « LETTRES sur la certitude des signes de la mort, où l'on rassure les Citoyens de la crainte [...] »
En 1752, M. Louis, conseiller et commissaire de l'Académie Royale de Chirurgie, publie 'Lettres sur la certitude des signes de la mort'. Cet ouvrage explore la distinction entre la vie et la mort, soulignant l'horreur d'être enterré vivant. M. Louis critique les travaux de M. Winslow et M. Bruhier, qui considèrent la putréfaction comme le seul signe certain de la mort. Il affirme qu'il existe des signes indépendants de la putréfaction. L'auteur examine les autorités ayant soutenu l'incertitude des signes de la mort et conteste leurs arguments, tout en reconnaissant certaines erreurs passées, comme celles de Vesale. M. Louis propose des critères pour déterminer la mort, tels que la rigidité des membres et l'examen des yeux, plutôt que le pouls ou la respiration. Il met en garde contre les dangers de l'inhumation prématurée et distingue la putréfaction chez les vivants de celle chez les morts. Il critique les pratiques d'inhumation dans les églises et approuve les règlements de M. Bruhier visant à prévenir les enterrements précipités. Le livre inclut également des mémoires sur les causes de la mort des noyés et les secours à leur apporter, insistant sur l'importance de suivre un ordre précis pour sauver des vies. L'ouvrage se conclut par la traduction de la thèse de M. Winslow.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3314
p. 173-175
« ESSAI d'une nouvelle Théorie de la résistance des fluides. Pat M. d'Alembert, de l'Académie [...] »
Début :
ESSAI d'une nouvelle Théorie de la résistance des fluides. Pat M. d'Alembert, de l'Académie [...]
Mots clefs :
Théorie, Résistance des fluides, Académie royale des sciences, Lettres, Argenson, René Louis de Voyer de Paulmy d'Argenson, Savants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ESSAI d'une nouvelle Théorie de la résistance des fluides. Pat M. d'Alembert, de l'Académie [...] »
ESSAI d'une nouvelle Théorie de la résistance
174 MERCUREDEFRANCE.
des fluides. Pat M. d'Alembert, de l'Académie
Royale des Sciences de Paris, de celle de Prusse
& de la Société Royale de Londres. Chez David,
l'aîné, tue Saint Jacques, à la Plume d'or.
A la tête de cet ouvrage est une introduction
assez étendue, dont l'Extrat a été la dans l'As-
semblée publique de l'Académie Royale des
Sciences, du 13 Novembre dernier, & reçu très-
favorablement du public. Cet Extrait a été inseré
dans le Mercure de Janvier, premier volume,
& nous dispense d'entrer daus un gtand détail sut
cet ouvrage, dont il n'appartient d'ailleurs de
juger qu'i un petit nombre de Géométres. Mais
nous ne pouvons nous empêcher d'apptendie à
nos Lecteurs, que l'ouvrage est dédie à M. le
Marquis d'Argenson, Ministre d'Etat, ci-devant
Secretaite d'Etat au Département des Adaites
Etrangeres, si estimé & si chéri de tous ceux qui
l'approchent, par son amour pour les Lettres,
par le succès avec lequel il les cultive en vtai Phi-
lo ophe, par la maniere dont il traite les Sçavans,
& part la douceur de son caractère & de ses mœuts.
Voici l'Epître:
Monseigneur le Marquis d'Argenson,
Miuistre a' Etat.
Monscigneur, les Sçavans & les Ecrivans cé-
lebres qui vous approchent en si gtand nombre
applaudiront à l'hommage que je vous rends. Le
respect qu'ils vous temoignent est d'autant plus
sincère, que l'attachement en est le principe: &
d'autant plus juste, que vous ne pensez pas à l'e-
xger. Vous devez, Monseigneur, un sentiment
si flatteur & si vrai, à cette familiarité sans or-
gueil avec laquelle vous accueillez les talens, &
gitized by Goo
FEVRIER.
1752.
175
qui seule peut rendre la société des Grands & des
gens de Lettres également digne des uns & des
autres. Votre commerce, utile & agréable par
une étendue de connoissances, qui vous assure le
suffrage de la partie la plus éclatrée de notre Na-
tion, est encore pour tous ceux qui vous en vir on-
nent une leçon continuelle de modestie, de can-
deur, d'amour du bien public, & de toutes les
vertus que notre slécle se contente d'estimer. Phi-
losophe enhin dans vos sentimens & dans votte
conduite, vous joignez à cette qualité trop rare
& qui en renferme tant d'autres, le mérite plus ra-
re encore de l'avoir sans ostentation. Puisse votre
exemple, Monseigneur, & celui de votre illustre
Maison, apprendre à la plupart de nos Mécenes,
trop multipliés aujourd'hut pour la gloire & le
bien des Lettres, que le vrai moyen d'honorer le
mérite en le protégeant, est de s'honorer soi-
même par la maniere dont on le distingue. Je suio
avec un profond respect, &c.
174 MERCUREDEFRANCE.
des fluides. Pat M. d'Alembert, de l'Académie
Royale des Sciences de Paris, de celle de Prusse
& de la Société Royale de Londres. Chez David,
l'aîné, tue Saint Jacques, à la Plume d'or.
A la tête de cet ouvrage est une introduction
assez étendue, dont l'Extrat a été la dans l'As-
semblée publique de l'Académie Royale des
Sciences, du 13 Novembre dernier, & reçu très-
favorablement du public. Cet Extrait a été inseré
dans le Mercure de Janvier, premier volume,
& nous dispense d'entrer daus un gtand détail sut
cet ouvrage, dont il n'appartient d'ailleurs de
juger qu'i un petit nombre de Géométres. Mais
nous ne pouvons nous empêcher d'apptendie à
nos Lecteurs, que l'ouvrage est dédie à M. le
Marquis d'Argenson, Ministre d'Etat, ci-devant
Secretaite d'Etat au Département des Adaites
Etrangeres, si estimé & si chéri de tous ceux qui
l'approchent, par son amour pour les Lettres,
par le succès avec lequel il les cultive en vtai Phi-
lo ophe, par la maniere dont il traite les Sçavans,
& part la douceur de son caractère & de ses mœuts.
Voici l'Epître:
Monseigneur le Marquis d'Argenson,
Miuistre a' Etat.
Monscigneur, les Sçavans & les Ecrivans cé-
lebres qui vous approchent en si gtand nombre
applaudiront à l'hommage que je vous rends. Le
respect qu'ils vous temoignent est d'autant plus
sincère, que l'attachement en est le principe: &
d'autant plus juste, que vous ne pensez pas à l'e-
xger. Vous devez, Monseigneur, un sentiment
si flatteur & si vrai, à cette familiarité sans or-
gueil avec laquelle vous accueillez les talens, &
gitized by Goo
FEVRIER.
1752.
175
qui seule peut rendre la société des Grands & des
gens de Lettres également digne des uns & des
autres. Votre commerce, utile & agréable par
une étendue de connoissances, qui vous assure le
suffrage de la partie la plus éclatrée de notre Na-
tion, est encore pour tous ceux qui vous en vir on-
nent une leçon continuelle de modestie, de can-
deur, d'amour du bien public, & de toutes les
vertus que notre slécle se contente d'estimer. Phi-
losophe enhin dans vos sentimens & dans votte
conduite, vous joignez à cette qualité trop rare
& qui en renferme tant d'autres, le mérite plus ra-
re encore de l'avoir sans ostentation. Puisse votre
exemple, Monseigneur, & celui de votre illustre
Maison, apprendre à la plupart de nos Mécenes,
trop multipliés aujourd'hut pour la gloire & le
bien des Lettres, que le vrai moyen d'honorer le
mérite en le protégeant, est de s'honorer soi-
même par la maniere dont on le distingue. Je suio
avec un profond respect, &c.
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Résumé : « ESSAI d'une nouvelle Théorie de la résistance des fluides. Pat M. d'Alembert, de l'Académie [...] »
Le texte présente l'essai 'Essai d'une nouvelle Théorie de la résistance des fluides' rédigé par Pat M. d'Alembert, membre de plusieurs académies scientifiques. Publié chez David, l'aîné, rue Saint Jacques, à la Plume d'or, l'ouvrage comprend une introduction présentée à l'Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences le 13 novembre précédent et publiée dans le Mercure de Janvier. L'ouvrage est dédié au Marquis d'Argenson, Ministre d'État et ancien Secrétaire d'État aux Affaires Étrangères, reconnu pour son soutien aux lettres et son respect envers les savants. La dédicace souligne les qualités du marquis, telles que ses connaissances étendues, sa modestie, sa candeur, son amour du bien public et ses vertus philosophiques, sans ostentation. L'auteur exprime l'espoir que l'exemple du marquis inspire les mécènes contemporains à honorer le mérite de manière authentique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3315
p. 175
« HISTOIRE de la Comtesse de Gondez écrite par elle même. Nouvelle édition. A Paris, chez [...] »
Début :
HISTOIRE de la Comtesse de Gondez écrite par elle même. Nouvelle édition. A Paris, chez [...]
Mots clefs :
Comtesse de Gondez, Anecdotes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRE de la Comtesse de Gondez écrite par elle même. Nouvelle édition. A Paris, chez [...] »
HISTOIRE de la Comtesse de Gondez écrite
par elle même. Nouvelle édition. A Paris, chez
la veuve Pissot, Quai de Conti, 1751.
Nous faisissons avec plaifir l'occasion de cette
réimpression, pour donner la liste des ouvrages de
Mademoise de Lusian. La Comtesse de Gondez,
deux volumes; les Veillées de Thessalie, quatre
volumes; les Anecdotes de Philippe Auguste, six
volumes; les Anecdotes de la Cour de François I.
trois volumes; les Annales de la Cour de Henri
II. deux volumes; Marie, Reine d'Angleterre
un volume. Ces productions qui ont toutes réus-
si, & dont quelques-unes ont eu & mérité un
succès éclatant, se trouvent chez la veuve Pissot.
par elle même. Nouvelle édition. A Paris, chez
la veuve Pissot, Quai de Conti, 1751.
Nous faisissons avec plaifir l'occasion de cette
réimpression, pour donner la liste des ouvrages de
Mademoise de Lusian. La Comtesse de Gondez,
deux volumes; les Veillées de Thessalie, quatre
volumes; les Anecdotes de Philippe Auguste, six
volumes; les Anecdotes de la Cour de François I.
trois volumes; les Annales de la Cour de Henri
II. deux volumes; Marie, Reine d'Angleterre
un volume. Ces productions qui ont toutes réus-
si, & dont quelques-unes ont eu & mérité un
succès éclatant, se trouvent chez la veuve Pissot.
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Résumé : « HISTOIRE de la Comtesse de Gondez écrite par elle même. Nouvelle édition. A Paris, chez [...] »
En 1751, la veuve Pissot réédite 'Histoire de la Comtesse de Gondez' à Paris. Cette réédition inclut une liste des œuvres de Mademoiselle de Lusian : 'La Comtesse de Gondez' en deux volumes, 'Les Veillées de Thessalie' en quatre volumes, 'Les Anecdotes de Philippe Auguste' en six volumes, 'Les Anecdotes de la Cour de François I.' en trois volumes, 'Les Annales de la Cour de Henri II' en deux volumes, et 'Marie, Reine d'Angleterre' en un volume. Ces ouvrages ont connu un grand succès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3316
p. 176
« HISTOIRE du Prince Titi, Quatriéme édition. A Paris, chez la veuve Pissot, Quai de Conti. [...] »
Début :
HISTOIRE du Prince Titi, Quatriéme édition. A Paris, chez la veuve Pissot, Quai de Conti. [...]
Mots clefs :
Prince Titi, Roman, Morceaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRE du Prince Titi, Quatriéme édition. A Paris, chez la veuve Pissot, Quai de Conti. [...] »
HISTOIRE du Prince Titi, Quatriéme édition.
A Paris, chez la veuve Pissot, Quai de Conti.
Tout le monde sçait que ce Roman est de
M. de Saint Hyacinthe, & qu'il est fort plaisant.
On trouve chez le même Libraire une Collection
du même Autent, fort connue sous le titre de
Recueil de divers écrits sut l'amour, l'amitié, la
politesse, les sentimens agréables, l'esprit & le
cœur. Il y a plusieurs de ces morceaux qui sont
de la meilleure main, & de la plus grande déli-
catesse.
A Paris, chez la veuve Pissot, Quai de Conti.
Tout le monde sçait que ce Roman est de
M. de Saint Hyacinthe, & qu'il est fort plaisant.
On trouve chez le même Libraire une Collection
du même Autent, fort connue sous le titre de
Recueil de divers écrits sut l'amour, l'amitié, la
politesse, les sentimens agréables, l'esprit & le
cœur. Il y a plusieurs de ces morceaux qui sont
de la meilleure main, & de la plus grande déli-
catesse.
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3317
p. 176
EXTRAIT d'une Lettre écrite à l'Auteur du Mercure.
Début :
Dans votre Mercure, Monsieur, du mois de Janvier 1752, page 154. je trouve ce qui suit : [...]
Mots clefs :
Éclipse, Commencement, Marseille, Nuages
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite à l'Auteur du Mercure.
EXTRAIT d'une Lettre écrite
à l'Auteur du Mercure.
Dans votre Mercure, Monsieur, du mois de
Janvier 1752, page 154. je trouve ce qui suit :
„On a avancé dans le premier tome du Mercure
»du mois de Décembre dernier, qu'il y a près de
»4 minutes de difference dans le commencement de
»l'éclipse observée (en reduisant au Meridien de
»Paris) a Marseille & à Turin. Mais où a t'on
„ pris le commencement de cette éclipse observée
» à Marseille ? M. Maraldi, qui s'est servi de l'ob-
»servation faite à Marseille par le Pere Pezenas
„Jesuite, n'en connoît pas d'autre, & assure que
»ce Pere n'a pas observé le commencement de
»cette Eclipse, parce que le Ciel étoit couvert
„de nuages: il est en état de le prouver par la
»Relation de cette observation envoyée, & c.
Voici ce qu'on lit dans le Journal.
»9 Juin, Eclipse de Lune. Elle ne paroissoit pas
»commancée à 11 heures 26 min. On voyoit ce-
»pendant une espéce de penombie, que l'on ne
» pouvoit pas distinguer des nuages.
à l'Auteur du Mercure.
Dans votre Mercure, Monsieur, du mois de
Janvier 1752, page 154. je trouve ce qui suit :
„On a avancé dans le premier tome du Mercure
»du mois de Décembre dernier, qu'il y a près de
»4 minutes de difference dans le commencement de
»l'éclipse observée (en reduisant au Meridien de
»Paris) a Marseille & à Turin. Mais où a t'on
„ pris le commencement de cette éclipse observée
» à Marseille ? M. Maraldi, qui s'est servi de l'ob-
»servation faite à Marseille par le Pere Pezenas
„Jesuite, n'en connoît pas d'autre, & assure que
»ce Pere n'a pas observé le commencement de
»cette Eclipse, parce que le Ciel étoit couvert
„de nuages: il est en état de le prouver par la
»Relation de cette observation envoyée, & c.
Voici ce qu'on lit dans le Journal.
»9 Juin, Eclipse de Lune. Elle ne paroissoit pas
»commancée à 11 heures 26 min. On voyoit ce-
»pendant une espéce de penombie, que l'on ne
» pouvoit pas distinguer des nuages.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite à l'Auteur du Mercure.
L'auteur réfute une information du *Mercure* de janvier 1752 sur une différence de quatre minutes dans l'observation d'une éclipse lunaire à Marseille et Turin. Il précise que l'observation à Marseille, attribuée au Père Pezenas, est erronée car le ciel était couvert. Le journal indique que l'éclipse n'avait pas commencé à 11 heures 26 minutes, mais qu'une pénombre, confondue avec les nuages, était visible.
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3318
p. 177
RÉPONSE.
Début :
A 12 h. 26 min. à Marseille, on doit compter 12 h. 14 min. au Méridien de Paris : donc, si [...]
Mots clefs :
Éclipse, Marseille, Paris, Méridien, Calcul
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE.
RÉPONSE.
A 12 h. 26 min. à Marseille, on doit compter
12 h. 14 min. au Méridien de Paris : donc, si
Pobservation de Turin est exacte, & si le com-
mencement de l'Eclipse qu'on y observe est 12 h.
10 min. (en réduisant au Méridien de Paris) il
en faut conclure, qu'a 12 h. 26 min. à Marseille,
l'Eclipse de Lunc devoit être commencée, & qu'il
s'étoit déja écoulé 4 min. depuis le vrai commen-
cement de l'Eclipse.
L'observation de Marseille s'accorde d'ailleum
précisément à la même minute, avec le calcul fait
par un scavant Astronome, qui ayant adopté le
Saros Caldaique de M. Hallai, s'est servi d'une
Eclipse de Lune observée il y a dix-huit ans
pour prédire d'une maniere décisive (connoissant
l'erreur des Tables par cet artifice) le commence-
ment & la fin de cette Eclipse.
Car on trouve le calcul & la phase de l'Eclipse
de Lune, du mois de Juin dernier, chez M. Ju-
lien, qui vend les Cartes Célestes & Geographi-
ques, à l'Hôtel de Soubise, à Paris.
A 12 h. 26 min. à Marseille, on doit compter
12 h. 14 min. au Méridien de Paris : donc, si
Pobservation de Turin est exacte, & si le com-
mencement de l'Eclipse qu'on y observe est 12 h.
10 min. (en réduisant au Méridien de Paris) il
en faut conclure, qu'a 12 h. 26 min. à Marseille,
l'Eclipse de Lunc devoit être commencée, & qu'il
s'étoit déja écoulé 4 min. depuis le vrai commen-
cement de l'Eclipse.
L'observation de Marseille s'accorde d'ailleum
précisément à la même minute, avec le calcul fait
par un scavant Astronome, qui ayant adopté le
Saros Caldaique de M. Hallai, s'est servi d'une
Eclipse de Lune observée il y a dix-huit ans
pour prédire d'une maniere décisive (connoissant
l'erreur des Tables par cet artifice) le commence-
ment & la fin de cette Eclipse.
Car on trouve le calcul & la phase de l'Eclipse
de Lune, du mois de Juin dernier, chez M. Ju-
lien, qui vend les Cartes Célestes & Geographi-
ques, à l'Hôtel de Soubise, à Paris.
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Résumé : RÉPONSE.
Le texte décrit l'observation et la prédiction d'une éclipse lunaire. À Marseille, l'éclipse a commencé à 12 h 22 min, soit 4 minutes avant l'heure prévue basée sur une observation à Turin ajustée au méridien de Paris. Cette observation confirme les calculs d'un astronome utilisant le Saros caldaïque de M. Halley et une éclipse précédente. Les détails sont disponibles chez M. Julien à Paris.
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3319
p. 178
« HEQUET, Graveur, demeurant à Paris, Place de Cambrai, travaille actuellement à un [...] »
Début :
HEQUET, Graveur, demeurant à Paris, Place de Cambrai, travaille actuellement à un [...]
Mots clefs :
Vente, Catalogue, Estampes
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texteReconnaissance textuelle : « HEQUET, Graveur, demeurant à Paris, Place de Cambrai, travaille actuellement à un [...] »
HEQUET, Graveur, demeurant à Paris, Place
de Cambrai, travaille actuellement à un
Catalogue d'Estampes, pour une vente des plus
considerables qu'il y ait eue depuis long-teius
& qui se fera au commencement du Careme pro-
chain. Cette vente sera composée de plusieurs
Cabinets remplis des plus belles Estampes de tou-
tes les Ecoles, & des plus ercellens Graveurs.
Les épreuves en sont parfaites, & d'une condition
extraordinaire. Les Curieux pourront s'en con-
vaincre par la libarté qu'ils auront de les voir
plusicurs jours svant la vente, & la publication du
Catalogue, qu'on tachera de cistribuer à la fin de
Février procham, leur donnera le tems nécessaire
pour faire des choix avant d'acheter.
de Cambrai, travaille actuellement à un
Catalogue d'Estampes, pour une vente des plus
considerables qu'il y ait eue depuis long-teius
& qui se fera au commencement du Careme pro-
chain. Cette vente sera composée de plusieurs
Cabinets remplis des plus belles Estampes de tou-
tes les Ecoles, & des plus ercellens Graveurs.
Les épreuves en sont parfaites, & d'une condition
extraordinaire. Les Curieux pourront s'en con-
vaincre par la libarté qu'ils auront de les voir
plusicurs jours svant la vente, & la publication du
Catalogue, qu'on tachera de cistribuer à la fin de
Février procham, leur donnera le tems nécessaire
pour faire des choix avant d'acheter.
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Résumé : « HEQUET, Graveur, demeurant à Paris, Place de Cambrai, travaille actuellement à un [...] »
Le graveur Hequet, résidant à Paris, prépare un catalogue d'estampes pour une vente exceptionnelle au début du Carême. La vente inclut des cabinets avec des estampes remarquables de diverses écoles et graveurs renommés, en excellent état. Les amateurs pourront examiner les œuvres avant la vente et consulter le catalogue publié fin février.
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3320
p. 178
« M. LAUNAY, beau-frere de M. Toussaint, a retrouvé à force de soins & de recherches, le secret [...] »
Début :
M. LAUNAY, beau-frere de M. Toussaint, a retrouvé à force de soins & de recherches, le secret [...]
Mots clefs :
M. Launay, Porcelaine
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texteReconnaissance textuelle : « M. LAUNAY, beau-frere de M. Toussaint, a retrouvé à force de soins & de recherches, le secret [...] »
M. LAUNAY, beau-frere de M. Toussaint, a
retrouvé à force de soins & de recherches, le secret
des couleurs sur l'email & la porcelaine, qui
s'étoit perdu à la mort de feu M. Launay; il fait
même le pourpre & le carmin plus beaux qu'ont
potré ne les a jamais faits C'est le jugement qu'en
porté Messieurs les Directeurs de la Manufacture
de Porcelaine, établie à Vincennes.
retrouvé à force de soins & de recherches, le secret
des couleurs sur l'email & la porcelaine, qui
s'étoit perdu à la mort de feu M. Launay; il fait
même le pourpre & le carmin plus beaux qu'ont
potré ne les a jamais faits C'est le jugement qu'en
porté Messieurs les Directeurs de la Manufacture
de Porcelaine, établie à Vincennes.
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3321
p. 178
« ON trouve chez tous les Marchands ordinaires de Musique, des Piéces de Clavecin, composées [...] »
Début :
ON trouve chez tous les Marchands ordinaires de Musique, des Piéces de Clavecin, composées [...]
Mots clefs :
Pièces de clavecin, M. Clément, Madame Le Clair
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texteReconnaissance textuelle : « ON trouve chez tous les Marchands ordinaires de Musique, des Piéces de Clavecin, composées [...] »
ON trouve chez tous les Marchands ordinaires
de Musique, des Piéces de Clavecin, composées
par M. Clément, gravées par Madame le Clair
& dédiées à M. Guyar, Directeur Génetal des
Monnoyes de France.
de Musique, des Piéces de Clavecin, composées
par M. Clément, gravées par Madame le Clair
& dédiées à M. Guyar, Directeur Génetal des
Monnoyes de France.
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3322
p. 179
« LES Sieurs Longchamps & Janvier, Géographes à Paris, rue Saint Jacques, à l'Enseigne de [...] »
Début :
LES Sieurs Longchamps & Janvier, Géographes à Paris, rue Saint Jacques, à l'Enseigne de [...]
Mots clefs :
Vertu, Vrai mérite, Empire du coeur
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texteReconnaissance textuelle : « LES Sieurs Longchamps & Janvier, Géographes à Paris, rue Saint Jacques, à l'Enseigne de [...] »
LES Sieurs Longchamps & Janvier, Géographes
à Paris, rue Saint Jacques, à l'Enseigne de
la Place des Victoires, viennent de mettre au jout
une Carte de Geographie, allégorique de l'Em-
pire du Cœut, représentant les differentes pas-
sions du cœur.
Et six Ecrans dans le même genre, représen-
tant d'un côté le vrai mérite, & de l'autre l'écueil
de la vertu dans les differens états de la société.
Le premier donne une idée générale du vrai &
faux mérite.
Le second, représente le choix & l'ulage que
l'on peut faire des plaisits.
Le troisiéme, montre le bon & le mauvais em-
ploi des richesses.
Le quatrième, fait voir le vrai mérite, & l'é-
cueil de la vertu des Ecclésiastiques.
Le cinquieme, représeute la justice & l'ini-
quité.
Le sixième, dépeint les vertus & les défauts
des Militaires.
Tout cela est instructif & moral, & aura bien
tOt une suite.
à Paris, rue Saint Jacques, à l'Enseigne de
la Place des Victoires, viennent de mettre au jout
une Carte de Geographie, allégorique de l'Em-
pire du Cœut, représentant les differentes pas-
sions du cœur.
Et six Ecrans dans le même genre, représen-
tant d'un côté le vrai mérite, & de l'autre l'écueil
de la vertu dans les differens états de la société.
Le premier donne une idée générale du vrai &
faux mérite.
Le second, représente le choix & l'ulage que
l'on peut faire des plaisits.
Le troisiéme, montre le bon & le mauvais em-
ploi des richesses.
Le quatrième, fait voir le vrai mérite, & l'é-
cueil de la vertu des Ecclésiastiques.
Le cinquieme, représeute la justice & l'ini-
quité.
Le sixième, dépeint les vertus & les défauts
des Militaires.
Tout cela est instructif & moral, & aura bien
tOt une suite.
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Résumé : « LES Sieurs Longchamps & Janvier, Géographes à Paris, rue Saint Jacques, à l'Enseigne de [...] »
Les géographes Longchamps et Janvier ont publié une carte allégorique de l'Empire du Cœur et six écrans illustrant le mérite et les écueils de la vertu. Les thèmes abordés incluent le vrai mérite, les plaisirs, l'emploi des richesses, la vertu ecclésiastique, la justice et les vertus militaires. Ces œuvres visent à instruire moralement. Une suite est prévue.
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3323
p. 182
« L'Académie Royale de Musique a remis au Théâtre le 14 Janvier, la Tragédie d'Omphale ; [...] »
Début :
L'Académie Royale de Musique a remis au Théâtre le 14 Janvier, la Tragédie d'Omphale ; [...]
Mots clefs :
Omphale, Académie royale de musique
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texteReconnaissance textuelle : « L'Académie Royale de Musique a remis au Théâtre le 14 Janvier, la Tragédie d'Omphale ; [...] »
L'Académie Royale de Musique a remis au
Théâtre le 14 Janvier, la Tragédie d'Omphale ;
les patoles en sont de M. de la Motte & la mu-
que de M. Destouche; l'un Poëte & l'autre Mu-
ficion de réputation. Cet ouvrage donné pour la
premiere sois en 1701, a été repris en 1721 & en
1733.
Les tolles d'Alcide, d'Omphale, d'Iplis & de
Maito, sont remplis par M. de Chassé, Mlle, Fel,
M. Jeliotte; & Mlle Chevalier, avec toute
la perfection que comportent leuis divers ta-
lens.
Théâtre le 14 Janvier, la Tragédie d'Omphale ;
les patoles en sont de M. de la Motte & la mu-
que de M. Destouche; l'un Poëte & l'autre Mu-
ficion de réputation. Cet ouvrage donné pour la
premiere sois en 1701, a été repris en 1721 & en
1733.
Les tolles d'Alcide, d'Omphale, d'Iplis & de
Maito, sont remplis par M. de Chassé, Mlle, Fel,
M. Jeliotte; & Mlle Chevalier, avec toute
la perfection que comportent leuis divers ta-
lens.
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3324
p. 182
« L'Académie Royale ne donne le nouvel Opéra que deux fois par semaine ; elle continue les [...] »
Début :
L'Académie Royale ne donne le nouvel Opéra que deux fois par semaine ; elle continue les [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Fragments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Académie Royale ne donne le nouvel Opéra que deux fois par semaine ; elle continue les [...] »
L'Académie Royale ne donne le nouvel Opéra
que deux fois par semaine ; elle continue les
Marers & les Jeudis les représentations des frag.
mens.
que deux fois par semaine ; elle continue les
Marers & les Jeudis les représentations des frag.
mens.
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3325
p. 182-188
« Les Comédiens François continuent avec succès les représentations de Varon, & se prépar[e]nt à donner [...] »
Début :
Les Comédiens François continuent avec succès les représentations de Varon, & se prépar[e]nt à donner [...]
Mots clefs :
Géronte, L'Ormoy, Timante, Damis, Valet, Comtesse, Maître, Comédiens-Français, Julie, Écus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Comédiens François continuent avec succès les représentations de Varon, & se prépar[e]nt à donner [...] »
Les Comédiens François continuent avec succès
les représentations de Varon, & se prépar[e]nt à donner
d'autres nouveautés.
Le Valet Muître, Comédie en vers & en trois
Actes par M. de Moissy, représentée pour la
premiere fois le six Octobre 1751. A Paris chea
Duchene, tue S. Jacques.
Geronte est un homme riche, crédule & si fort
prévenu pour l'Ormoy, son premier Domesti-
que, qu'il se laisse entierement gouvernet p.r
ui. Timante frere de Geronte, est un homme
FEVRIER.
183
1752.
fincére & sensé; les deux freres n'on point d'en-
fans, ils ont pour héritiers, Damis & Julie, fils
de deux frères aîné; de Geronte & de Timante.
Geronte est tuteur de Damis, Timante l'est
de Julie, le pou de bien des Pupilles, ne laisse
pas que de faire entre-eux la matiere d'un proces,
Timante pour le terminer a formé le ptojet de
marier son neveu avec sa niéce; ce dessein se trou-
ve d'autant plus raisonnable, que le cousin aime
la cousine & en est également aimé. Geronte
veut an contraire unit Damis avec une Comtesse
de la connoissance de l'Ormoy qui est bien nom-
mé le Valet Maître. Timante fait tous ses efforts
pour désabuser Geronte sur le compte de ce Valet
qui est uo fourbe achevé; Geronte ne veut rien-
écouter; il traite durement son frere & l'assu-
re que ce n'est point l'Ormoy qui s'oppose à
l'afrangement des affaires de Damis & de
Julie, c'est moi, dit-il, qui veux plaider, il
convient que c'est l'Ormoy qui propose la Com-
tesse pour Damis, il renvoye son frere &
appelle l'Ormoy qui répond en maîtte, & dit
qu'il n'est pas visible, Geronte l'appelle de
nouveau, le valet vient en tobbe de chanibre,
Geronte au lieu d'en être choqué, paroit satisfait
de ce qu'il obéit si promptement, il n'est qustion
entr'eux que de la Comtesse dont l'Ormoy vaute
les appas & le caractere, elle a selon lui, vingt
mille écus d'argent comptant, c'est une veuve
presque neuve, qui n'a été mariée que quinze
mois; Geronte quitte l'Ormoy en luidisant
de l'avertir quand son Procureur viendra; Valen-
tin, valet de Timante veut parler a Geronte, il
est étonné du ton de l'Ormoy, qu'il trouve assis
dans le fauteuil de son maître; il le prie de lui
développer les ressorts, qui d'un valet en sont
aO
184 MERCUREDEFRANCE.
un homme de conséquence: l'Ormoy aptès l'a-
voit régardé avec compassion, lui ordonne d'é-
couter attentivement.
En deux mots je te veux dévoiler ce mystere,
De Timante en secret connois le caractete,
Etudie avec art ses vertus, ses deffauts
Distingne tous ses goûts & sens-les à propos;
De lui plaire en tous points faits ton unique étude-
Valentin.
Bon.
L'Ormoy.
Ce noviciat peut d'abord être rude
Mais dans la vie humaine un de nos grands talens
Est de sçavoir connoître & mener de tels gens:
Oui, par là près d'un Maître on voit ce qu'on peut
faire.
On gouverne les sots, on plast quand on veut
plaire.
On projette avec fruit, on demande, on obtient;
Ce qu'on veut proteger sans force on le soutient
Et les ressorts cachés de la metamorphose
Font par un tel valet plus que le Maître n'ose.
Valentin sort fort content & dans la ferme re-
solution de profiter de la leçon de l'Ormoy. Le
Procureur arrive, l'Ormoy qui veut sçavoir les af-
faires de son Maître en prend si bien le tou & les
manieres, que le Procureur en est la dupe: il
parle chicane & procedure, il bavarde, il s'é-
chauffe, & daus le fort de son enthousiasme Ge-
00
5
FEVRIER. 1752.
185
ronte sutvient, le Procureur surpris & confus
s'emporte contre le Valet, Geronte l'appaise en
lui promettant de n'entrer dans aucun acco-
modement. Damis & Julie ont cependant beau-
coup d'inquiétude, Damis de peur d'être deshé-
rité feint de consentir à son mariage avec la Com-
tesse, il croit d'ailleurs déconvrir pat là le secret de
l'Ormoy; ce fourbe de son côté forme la résolu-
tion de prendre dans le costre fort de Geronte les
vingt mille écus que la préteudue Comtesse qui est
sa sœur doit apporter en dot à Damis, sauf à ren-
dre cette somme après le mariage, il est forcé
d'en prévenir Damis qu'il croit amoureux de la
fausse Comtesse; mais il n'a garde de l'avertir
que cetre fausse Comiesse est sa sœur & en servi-
ce comme lui. Damis apprend avec plaisir le
vol de l'Ormoy, en se promettant d'en faire
avertir son oncle. L'Ormoy instiuit sa sœur de
tous ses tours & lui donne des avis pour se bien
conduire dans cette intrigue, elle va chez Geron-
te, elle y demande Damis qui fait quelques dif-
ficultés sur le mariage convenu. Geronte que-
relle son neuven qui prend le parti de feindre
de nouveau. L'Ormoy a appris de Valentin que
son Maître l'a chassé, parce qu'il n'imitoit que
trop son précepteur en fourberie & en insolence
que Geronte par les soins de Timante, doit rece-
voir une lettre de Guyenne, par laquelle on l'inf-
truit de la naissance de la Comtesse & des fourbe-
ries de son Domestique chéri; il faut par consé-
quent détourner l'orage qui est sur le point d'écla-
ter, & l'Ormoy prend le parti d'engager Geronte
à rompre absolument avec son frere. Cette trans-
action, dit il, que Timante a si fort à cœur pour
finir les affaires de Damis & de Julie, est faite de
concert avec votre Procureur, qui vous trompe;
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.
186 MERCURÉDEFRANCE.
ce n'est que pour empêcher le mariage de la Com-
tesse, & préparer celui de Julie, vous êtes bon,
ils vous y feront consentir, me perdiont dans
votre espiit & je n'emporterai pour récompense de
mes services, que votre indignation. Geronte jette
feu & flamme sut son frete & rassure l'Ormoy
on apporte une lettre de la poste, l'Ormoy en-
tend dire qu'elle vient de Guyenne, le sa:sfille-
ment le prend, comment parer le coup? Geronte
heureusement n'a point ses lunettes, il envoye
l'Ormoy les chercher, il se donne bien de garde
de les donner, il offte de lire la lettre, Geronte
y consent, l'Ormoy en change sut le champ le
seus & les termes, elle étoit toute à son désavan-
tage; elle lui devient toute favorable, il n'ole
meme lire tout haut l'éloge qu'on fait de lui, &e-
ronte veut qu'il continue, & il achere son pané-
yrique; Geronte demande la lettre pour la ser-
rer, mais l'Oimoy a la précaution de la déchiret
par modestie, Geronte en est si content qu'il lui
donne mille écus de pension. Timante ensuite
veut envain d'étromper Geronte, il a beau lui
dire des que votre l'Ormoy a déchiré la lettre, vous
êtes pris pour dupe, Geronte persiste dans sa
prévention. Valentin valet chassé par Timante a
été cho si par l'Ormoy pour être un des domesti-
que de Geronte, sans que le Maître en fût infor-
mé, il est sujet à s'ennivrer & paroit dans cet état,
dors de la dispute des deux freres, il commence
par dire du mal de son premier Maître, ce qui
rejouit Geronte, mais après il dit encore pis du
dernier, c'est selon lui un sot, un imbécile que
l'Ormoy méne comme il veut: alors appercevant
les deux freres il veut changer de ton, Gerovie
se met en colere, l'Ivtogne s'enfuit en disant-
que l'Ormoy le protège & qu'il lui portera ses
ed by G
FEVRIER. 1752.
187
plaintes; certe scene donne lieu à Timante d'ins-
truire Geronte des desseins de l'Ormoy & de l'ori-
gine de la prétendue Comtesse, c'est sa sœur, ajou-
te-t'il, c'est une intriguante & vous avez un
soible pour votre valet qui n'est pas excusa-
ble.
Puisqu'il faut dire ce que je pense,
Si certains grands Valets peuvent tout aujour-
d'hui,
L'affection n'est pas leur plus solide appui;
Mais leur pouvoir sur nous, vient de notre foi-
blesse
Nous leur confions trop ce qui nous intéresse,
Et témoins journaliers de nos plus grands def-
fauts
Nous leut ouvrons nos cœurs toujours mal
propos;
Ils sçavent nos secrets, nos torts, nos injus-
tices,
Et nous n'aimons en eux que l'écho de nos
vices;
C'est ainsi qu'un Valet devient Maître de nous,
C'est ainsi que l'Ormoy se l'est rendu de vous,
Qu'il vous trompe sur tout.
Timante emmene son frere pour lui commu-
niquer un projet qui doit démasquer l'O. moy:
ce projet réussit, cat Geronte, en apprenant à l'Or-
moy qu'il sçait positivement que la prétendue
Mues u
188 MERCURE DE FRANCE.
Comtesse est sa sœir, & feignant d'en être ples
aise que faché, fait assez adtoitement donuet
son Valet dans le panneau. Alors Geronte ne di-
simule plus son ressentiment, il déconcerte en-
tierement l'Ormoy, mais ce fripon imagine d'a-
bord un autre stratageme en soutenant que sa
soeur n'en est pas moins de condition, qu'ils sont
tous deux issus de parens distinguez qui ont prodi-
gué leurs biens au service & là dessus il batit na
Roman fort pathétique, qui attendrit Geronte.
L'Ormoy qui s'apperçoit du succès de l'histoire
qu'il vient de fobriquet, avoue ingénuement i
Geronte que de concert avec Damis il lui a pris
vingt millle écus pour former une dot à sa sœur.
Ou sont. ils, demande Geronte, je les ai, répond
l'Ormoy, & je vais vous les tendre: non mon
cher, réplique le bon homme, je dote ta soeus
de ces vingt mille écus; la fausse Comtesse qui
s'étoit cachée paroit pénetrée de reconnoissance, &
Timante, Damis & Julie, entrent dans l'appar-
tement de Geronte, ils se réunissent tous trois
contre l'Ormoy, & Geronre en prend plus vi-
vement son parti; mais l'apparition subite du
Procureur qui venoit apporter une transaction
& qui reconnoit la fausse Comtesse pour une cer-
taine Louison servante de sa femme, acheve de
confondre l'intriguant & P'intriguante qui fut obli-
gée de tout avouet. Geronte laisse cependant i
l'Oimoy, par l'avis, de Timante, les mille
écus de pension qu'il Jui avoit donnez, à condi-
tion que Louison en auroit moitié, les vingt
mille écus sont rendus & le procès de Damis & de
Julie se termine par leur mariage.
les représentations de Varon, & se prépar[e]nt à donner
d'autres nouveautés.
Le Valet Muître, Comédie en vers & en trois
Actes par M. de Moissy, représentée pour la
premiere fois le six Octobre 1751. A Paris chea
Duchene, tue S. Jacques.
Geronte est un homme riche, crédule & si fort
prévenu pour l'Ormoy, son premier Domesti-
que, qu'il se laisse entierement gouvernet p.r
ui. Timante frere de Geronte, est un homme
FEVRIER.
183
1752.
fincére & sensé; les deux freres n'on point d'en-
fans, ils ont pour héritiers, Damis & Julie, fils
de deux frères aîné; de Geronte & de Timante.
Geronte est tuteur de Damis, Timante l'est
de Julie, le pou de bien des Pupilles, ne laisse
pas que de faire entre-eux la matiere d'un proces,
Timante pour le terminer a formé le ptojet de
marier son neveu avec sa niéce; ce dessein se trou-
ve d'autant plus raisonnable, que le cousin aime
la cousine & en est également aimé. Geronte
veut an contraire unit Damis avec une Comtesse
de la connoissance de l'Ormoy qui est bien nom-
mé le Valet Maître. Timante fait tous ses efforts
pour désabuser Geronte sur le compte de ce Valet
qui est uo fourbe achevé; Geronte ne veut rien-
écouter; il traite durement son frere & l'assu-
re que ce n'est point l'Ormoy qui s'oppose à
l'afrangement des affaires de Damis & de
Julie, c'est moi, dit-il, qui veux plaider, il
convient que c'est l'Ormoy qui propose la Com-
tesse pour Damis, il renvoye son frere &
appelle l'Ormoy qui répond en maîtte, & dit
qu'il n'est pas visible, Geronte l'appelle de
nouveau, le valet vient en tobbe de chanibre,
Geronte au lieu d'en être choqué, paroit satisfait
de ce qu'il obéit si promptement, il n'est qustion
entr'eux que de la Comtesse dont l'Ormoy vaute
les appas & le caractere, elle a selon lui, vingt
mille écus d'argent comptant, c'est une veuve
presque neuve, qui n'a été mariée que quinze
mois; Geronte quitte l'Ormoy en luidisant
de l'avertir quand son Procureur viendra; Valen-
tin, valet de Timante veut parler a Geronte, il
est étonné du ton de l'Ormoy, qu'il trouve assis
dans le fauteuil de son maître; il le prie de lui
développer les ressorts, qui d'un valet en sont
aO
184 MERCUREDEFRANCE.
un homme de conséquence: l'Ormoy aptès l'a-
voit régardé avec compassion, lui ordonne d'é-
couter attentivement.
En deux mots je te veux dévoiler ce mystere,
De Timante en secret connois le caractete,
Etudie avec art ses vertus, ses deffauts
Distingne tous ses goûts & sens-les à propos;
De lui plaire en tous points faits ton unique étude-
Valentin.
Bon.
L'Ormoy.
Ce noviciat peut d'abord être rude
Mais dans la vie humaine un de nos grands talens
Est de sçavoir connoître & mener de tels gens:
Oui, par là près d'un Maître on voit ce qu'on peut
faire.
On gouverne les sots, on plast quand on veut
plaire.
On projette avec fruit, on demande, on obtient;
Ce qu'on veut proteger sans force on le soutient
Et les ressorts cachés de la metamorphose
Font par un tel valet plus que le Maître n'ose.
Valentin sort fort content & dans la ferme re-
solution de profiter de la leçon de l'Ormoy. Le
Procureur arrive, l'Ormoy qui veut sçavoir les af-
faires de son Maître en prend si bien le tou & les
manieres, que le Procureur en est la dupe: il
parle chicane & procedure, il bavarde, il s'é-
chauffe, & daus le fort de son enthousiasme Ge-
00
5
FEVRIER. 1752.
185
ronte sutvient, le Procureur surpris & confus
s'emporte contre le Valet, Geronte l'appaise en
lui promettant de n'entrer dans aucun acco-
modement. Damis & Julie ont cependant beau-
coup d'inquiétude, Damis de peur d'être deshé-
rité feint de consentir à son mariage avec la Com-
tesse, il croit d'ailleurs déconvrir pat là le secret de
l'Ormoy; ce fourbe de son côté forme la résolu-
tion de prendre dans le costre fort de Geronte les
vingt mille écus que la préteudue Comtesse qui est
sa sœur doit apporter en dot à Damis, sauf à ren-
dre cette somme après le mariage, il est forcé
d'en prévenir Damis qu'il croit amoureux de la
fausse Comtesse; mais il n'a garde de l'avertir
que cetre fausse Comiesse est sa sœur & en servi-
ce comme lui. Damis apprend avec plaisir le
vol de l'Ormoy, en se promettant d'en faire
avertir son oncle. L'Ormoy instiuit sa sœur de
tous ses tours & lui donne des avis pour se bien
conduire dans cette intrigue, elle va chez Geron-
te, elle y demande Damis qui fait quelques dif-
ficultés sur le mariage convenu. Geronte que-
relle son neuven qui prend le parti de feindre
de nouveau. L'Ormoy a appris de Valentin que
son Maître l'a chassé, parce qu'il n'imitoit que
trop son précepteur en fourberie & en insolence
que Geronte par les soins de Timante, doit rece-
voir une lettre de Guyenne, par laquelle on l'inf-
truit de la naissance de la Comtesse & des fourbe-
ries de son Domestique chéri; il faut par consé-
quent détourner l'orage qui est sur le point d'écla-
ter, & l'Ormoy prend le parti d'engager Geronte
à rompre absolument avec son frere. Cette trans-
action, dit il, que Timante a si fort à cœur pour
finir les affaires de Damis & de Julie, est faite de
concert avec votre Procureur, qui vous trompe;
Nigitized by Goo
.
186 MERCURÉDEFRANCE.
ce n'est que pour empêcher le mariage de la Com-
tesse, & préparer celui de Julie, vous êtes bon,
ils vous y feront consentir, me perdiont dans
votre espiit & je n'emporterai pour récompense de
mes services, que votre indignation. Geronte jette
feu & flamme sut son frete & rassure l'Ormoy
on apporte une lettre de la poste, l'Ormoy en-
tend dire qu'elle vient de Guyenne, le sa:sfille-
ment le prend, comment parer le coup? Geronte
heureusement n'a point ses lunettes, il envoye
l'Ormoy les chercher, il se donne bien de garde
de les donner, il offte de lire la lettre, Geronte
y consent, l'Ormoy en change sut le champ le
seus & les termes, elle étoit toute à son désavan-
tage; elle lui devient toute favorable, il n'ole
meme lire tout haut l'éloge qu'on fait de lui, &e-
ronte veut qu'il continue, & il achere son pané-
yrique; Geronte demande la lettre pour la ser-
rer, mais l'Oimoy a la précaution de la déchiret
par modestie, Geronte en est si content qu'il lui
donne mille écus de pension. Timante ensuite
veut envain d'étromper Geronte, il a beau lui
dire des que votre l'Ormoy a déchiré la lettre, vous
êtes pris pour dupe, Geronte persiste dans sa
prévention. Valentin valet chassé par Timante a
été cho si par l'Ormoy pour être un des domesti-
que de Geronte, sans que le Maître en fût infor-
mé, il est sujet à s'ennivrer & paroit dans cet état,
dors de la dispute des deux freres, il commence
par dire du mal de son premier Maître, ce qui
rejouit Geronte, mais après il dit encore pis du
dernier, c'est selon lui un sot, un imbécile que
l'Ormoy méne comme il veut: alors appercevant
les deux freres il veut changer de ton, Gerovie
se met en colere, l'Ivtogne s'enfuit en disant-
que l'Ormoy le protège & qu'il lui portera ses
ed by G
FEVRIER. 1752.
187
plaintes; certe scene donne lieu à Timante d'ins-
truire Geronte des desseins de l'Ormoy & de l'ori-
gine de la prétendue Comtesse, c'est sa sœur, ajou-
te-t'il, c'est une intriguante & vous avez un
soible pour votre valet qui n'est pas excusa-
ble.
Puisqu'il faut dire ce que je pense,
Si certains grands Valets peuvent tout aujour-
d'hui,
L'affection n'est pas leur plus solide appui;
Mais leur pouvoir sur nous, vient de notre foi-
blesse
Nous leur confions trop ce qui nous intéresse,
Et témoins journaliers de nos plus grands def-
fauts
Nous leut ouvrons nos cœurs toujours mal
propos;
Ils sçavent nos secrets, nos torts, nos injus-
tices,
Et nous n'aimons en eux que l'écho de nos
vices;
C'est ainsi qu'un Valet devient Maître de nous,
C'est ainsi que l'Ormoy se l'est rendu de vous,
Qu'il vous trompe sur tout.
Timante emmene son frere pour lui commu-
niquer un projet qui doit démasquer l'O. moy:
ce projet réussit, cat Geronte, en apprenant à l'Or-
moy qu'il sçait positivement que la prétendue
Mues u
188 MERCURE DE FRANCE.
Comtesse est sa sœir, & feignant d'en être ples
aise que faché, fait assez adtoitement donuet
son Valet dans le panneau. Alors Geronte ne di-
simule plus son ressentiment, il déconcerte en-
tierement l'Ormoy, mais ce fripon imagine d'a-
bord un autre stratageme en soutenant que sa
soeur n'en est pas moins de condition, qu'ils sont
tous deux issus de parens distinguez qui ont prodi-
gué leurs biens au service & là dessus il batit na
Roman fort pathétique, qui attendrit Geronte.
L'Ormoy qui s'apperçoit du succès de l'histoire
qu'il vient de fobriquet, avoue ingénuement i
Geronte que de concert avec Damis il lui a pris
vingt millle écus pour former une dot à sa sœur.
Ou sont. ils, demande Geronte, je les ai, répond
l'Ormoy, & je vais vous les tendre: non mon
cher, réplique le bon homme, je dote ta soeus
de ces vingt mille écus; la fausse Comtesse qui
s'étoit cachée paroit pénetrée de reconnoissance, &
Timante, Damis & Julie, entrent dans l'appar-
tement de Geronte, ils se réunissent tous trois
contre l'Ormoy, & Geronre en prend plus vi-
vement son parti; mais l'apparition subite du
Procureur qui venoit apporter une transaction
& qui reconnoit la fausse Comtesse pour une cer-
taine Louison servante de sa femme, acheve de
confondre l'intriguant & P'intriguante qui fut obli-
gée de tout avouet. Geronte laisse cependant i
l'Oimoy, par l'avis, de Timante, les mille
écus de pension qu'il Jui avoit donnez, à condi-
tion que Louison en auroit moitié, les vingt
mille écus sont rendus & le procès de Damis & de
Julie se termine par leur mariage.
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Résumé : « Les Comédiens François continuent avec succès les représentations de Varon, & se prépar[e]nt à donner [...] »
La pièce 'Le Valet Maître' est une comédie en vers et en trois actes écrite par M. de Moissy, représentée pour la première fois le 6 octobre 1751 à Paris. L'intrigue tourne autour de Geronte, un homme riche et crédule, et de son frère Timante, plus raisonnable. Ils sont les tuteurs respectifs de Damis et Julie, enfants de leurs frères aînés. Geronte souhaite marier Damis à une comtesse recommandée par Ormoy, son domestique manipulateur, tandis que Timante propose de marier Damis et Julie, qui s'aiment. Ormoy, surnommé 'le Valet Maître', manipule Geronte pour ses propres intérêts en vantant les mérites de la comtesse, une veuve récente avec une dot de vingt mille écus. Valentin, valet de Timante, découvre cette manipulation. Damis, inquiet d'être déshérité, feint de consentir au mariage pour découvrir les plans d'Ormoy. Ormoy prévoit de voler la dot, révélée être sa sœur. Damis informe son oncle Geronte. Ormoy, chassé par Geronte, tente de semer la discorde entre les frères. Une lettre révèle la véritable nature de la comtesse. Ormoy manipule Geronte en modifiant une lettre et en se vantant de ses qualités, obtenant une pension de mille écus. Timante et Valentin démasquent Ormoy. Geronte découvre la supercherie et décide de doter la sœur d'Ormoy avec les vingt mille écus détournés. Le procureur reconnaît la fausse comtesse comme une servante, confondant les imposteurs. Geronte conserve la pension partagée avec la servante et récupère les vingt mille écus. Finalement, Damis et Julie se marient.
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3326
p. 191-189
« La Gageure Comédie en trois actes & en vers libres, représentée pour la premiere fois, par les [...] »
Début :
La Gageure Comédie en trois actes & en vers libres, représentée pour la premiere fois, par les [...]
Mots clefs :
Comédie, Théâtre, Gageure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Gageure Comédie en trois actes & en vers libres, représentée pour la premiere fois, par les [...] »
La Gageure Comédie en trois actes & en vers
libres, représentée pour la premiere fois, pat les
FEVRIER. 1752.
189
Comediens Italiens en 1741, & reprise depuis
louvent au Théâtre. A Paris chez le même,
1752.
L'impression de cette Comédie nous donne
l'occasion d'annoncer qu'elle est de M. Procope
Habile Médecin, Poëte aimable & homme de
beaucoup d'esprit; il ne s'en déclara pas l'Au-
teur, lors des premieres représentations; on l'at-
tribua, dans ce tems à un M. Lagrange. mort de-
puis plusieurs années.
La Gageure est une Comédie bien écrite, il y
a des choses ingénieuses, fines, il y en a même
de gayes, sur tout dans le rolle d'Angelique : ce
qui devient plus rare de jour en jour. Le caractere
de Dupeville Juge bas Normand, est bienfait
celui de Damis Officier Gascon, pourroit être
plus plaisant; en génétal la piéce fait toujours
Plaisit, on souhaiteroit y tronver plus d'act on;
Il est vrai qu'on en exige moins au Théâtre Ita-
lien qu'au Théâtre de Moliere, ce qui ne paroit
pas raisonnable, puisque les rolles d'Arlequin &
des autre Masques, ne peuvent amuser que par
une action conciuuelle.
libres, représentée pour la premiere fois, pat les
FEVRIER. 1752.
189
Comediens Italiens en 1741, & reprise depuis
louvent au Théâtre. A Paris chez le même,
1752.
L'impression de cette Comédie nous donne
l'occasion d'annoncer qu'elle est de M. Procope
Habile Médecin, Poëte aimable & homme de
beaucoup d'esprit; il ne s'en déclara pas l'Au-
teur, lors des premieres représentations; on l'at-
tribua, dans ce tems à un M. Lagrange. mort de-
puis plusieurs années.
La Gageure est une Comédie bien écrite, il y
a des choses ingénieuses, fines, il y en a même
de gayes, sur tout dans le rolle d'Angelique : ce
qui devient plus rare de jour en jour. Le caractere
de Dupeville Juge bas Normand, est bienfait
celui de Damis Officier Gascon, pourroit être
plus plaisant; en génétal la piéce fait toujours
Plaisit, on souhaiteroit y tronver plus d'act on;
Il est vrai qu'on en exige moins au Théâtre Ita-
lien qu'au Théâtre de Moliere, ce qui ne paroit
pas raisonnable, puisque les rolles d'Arlequin &
des autre Masques, ne peuvent amuser que par
une action conciuuelle.
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Résumé : « La Gageure Comédie en trois actes & en vers libres, représentée pour la premiere fois, par les [...] »
'La Gageure' est une comédie en trois actes et en vers libres, jouée pour la première fois en février 1752 par les Comédiens Italiens à Paris. L'auteur présumé est M. Procope, un médecin, poète et homme d'esprit, bien que M. Lagrange ait été initialement crédité. La pièce est appréciée pour son écriture et ses éléments ingénieux et gais, notamment à travers le rôle d'Angélique. Le personnage de Dupeville, un juge normand, est bien conçu, tandis que celui de Damis, un officier gascon, pourrait être amélioré. La pièce plaît au public, mais manque d'action, un défaut moins critiqué au Théâtre Italien qu'au Théâtre de Molière. Les rôles comme celui d'Arlequin nécessitent une action continue pour divertir.
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3327
p. 189-190
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
Le Concert du Vendredi 24 Décembre, commença par Fugit nox Motet à grand choeur agréablement [...]
Mots clefs :
Concert, Motet, Fugit nox, Noëls, Mlle Bourgeois, M. Daquin
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texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL.
Le Concert du Vendredi 24 Décembre, commença
par Fugit nox Motet à grand choeur agréablement
menlé de Noels, dans lequel M. Daquin Organiste du
Roi joua seul. Suivit une symphonie de M. Pinaire.
Le Benedictus Dominus Pl. 14. Motet nouveau à
grand chœur de M. Cordelet fit plaisit; M. Ga-
viniès joua seul & bien. Mlle Bourgeois dont la
réputation augmente tous les jours, chanta Quem-
ed by Goc
390 MERCUREDEFRANCE.
admodum, petit Motet de M. Mouret. le Concert
finit par Coeli enarrant, sublime Motet de M. Mon-
donville.
Le Concert du jour de Noel fut plus frappant par
le brillant de l'assemblée, par le choix des ouvra-
ges, par la perfection de l'exécution. Il commen-
ça commela veille pat Fugit nox, mêlé de Noels.
M. Boismortier a mis beaucoup d'art, de goût &
de soin dans cette composition. M. Daquin
y joua seul de l'orgue, fit grand plaisir. Mlle
Bourgeois répeta Quemodmodum, & le chanta
encore mieux que la veille. Tout le monde con-
noit le Cantæte de M. de Lalande. Il y avoit long-
tems que M. Gaviniès n'avoit tité d'aussi beaux
sons de son violon, qu'il fit ce jour-là. Le Fenite
ex:iltemus qui termine le concert, mit le comble
à la satisfaction de l'assemblée.
Le Concert du Vendredi 24 Décembre, commença
par Fugit nox Motet à grand choeur agréablement
menlé de Noels, dans lequel M. Daquin Organiste du
Roi joua seul. Suivit une symphonie de M. Pinaire.
Le Benedictus Dominus Pl. 14. Motet nouveau à
grand chœur de M. Cordelet fit plaisit; M. Ga-
viniès joua seul & bien. Mlle Bourgeois dont la
réputation augmente tous les jours, chanta Quem-
ed by Goc
390 MERCUREDEFRANCE.
admodum, petit Motet de M. Mouret. le Concert
finit par Coeli enarrant, sublime Motet de M. Mon-
donville.
Le Concert du jour de Noel fut plus frappant par
le brillant de l'assemblée, par le choix des ouvra-
ges, par la perfection de l'exécution. Il commen-
ça commela veille pat Fugit nox, mêlé de Noels.
M. Boismortier a mis beaucoup d'art, de goût &
de soin dans cette composition. M. Daquin
y joua seul de l'orgue, fit grand plaisir. Mlle
Bourgeois répeta Quemodmodum, & le chanta
encore mieux que la veille. Tout le monde con-
noit le Cantæte de M. de Lalande. Il y avoit long-
tems que M. Gaviniès n'avoit tité d'aussi beaux
sons de son violon, qu'il fit ce jour-là. Le Fenite
ex:iltemus qui termine le concert, mit le comble
à la satisfaction de l'assemblée.
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Résumé : CONCERT SPIRITUEL.
Les concerts des 24 et 25 décembre présentèrent plusieurs œuvres musicales notables. Le 24 décembre, le Concert Spirituel débuta avec le motet 'Fugit nox' joué par M. Daquin à l'orgue, suivi d'une symphonie de M. Pinaire. Le motet 'Benedictus Dominus' de M. Cordelet et la performance de M. Gaviniès au violon furent appréciés. Mlle Bourgeois chanta 'Quemodmodum', un motet de M. Mouret. Le concert se conclut avec 'Coeli enarrant' de M. Mondonville. Le 25 décembre, le concert débuta également par 'Fugit nox', incluant des Noëls composés par M. Boismortier. M. Daquin joua seul à l'orgue, suscitant l'admiration. Mlle Bourgeois interpréta à nouveau 'Quemodmodum' avec plus de maîtrise. La cantate de M. de Lalande fut également exécutée. M. Gaviniès produisit des sons remarquables au violon. Le concert se termina par 'Finite est', suscitant une grande satisfaction.
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3328
p. 190-191
CONCERTS A LA COUR.
Début :
Mois de Janvier. Le Samedi 8. on chanta l'Acte de Zelindor ou du [...]
Mots clefs :
Rôles, Paroles, Musique, Acte, Chanter, Zélindor, Églé, Pygmalion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONCERTS A LA COUR.
CONCERTS A LA COUR.
Mois de Janvier.
Le Samedi 8. on chanta l'Acte de Zelindor ou du
Sisphe. Mlles Chevalier & de Selle, MM. Jcliotie
& la Garde, en ont chanté les Roles
Les Paroles de cet acte sont de M. de Moncrif
Lecteur de la Reine, & l'un des 40 de l'Académie
Françoise.
La musique de Mrs Rebel & Francœur, Sur-
Intendans de la musique de la Chambre du
Roi.
Le Lundi 10. on chanta l'Acte d'Eglé; Paroles
de M. de Logeon Secrétaire des com mandemens
FEVRIER.
1752.
191
de son Altesse Sérénissime M. le Comte de Cler-
mont. La musique de M. de la Garde Musicien de
la Chambre du Roi. Mlles Fel & de Selle, & M.
le Chassé en ont chanté les Roles-
Le Samedi 15. on chantal'Acte de Pigmælion
Paroles de M. de la Mothe; musique de
Monsieur Rameeu. Mlles Matthieu & Cana-
vas, & M. Geliotte en ont chanté les Roles.
Mois de Janvier.
Le Samedi 8. on chanta l'Acte de Zelindor ou du
Sisphe. Mlles Chevalier & de Selle, MM. Jcliotie
& la Garde, en ont chanté les Roles
Les Paroles de cet acte sont de M. de Moncrif
Lecteur de la Reine, & l'un des 40 de l'Académie
Françoise.
La musique de Mrs Rebel & Francœur, Sur-
Intendans de la musique de la Chambre du
Roi.
Le Lundi 10. on chanta l'Acte d'Eglé; Paroles
de M. de Logeon Secrétaire des com mandemens
FEVRIER.
1752.
191
de son Altesse Sérénissime M. le Comte de Cler-
mont. La musique de M. de la Garde Musicien de
la Chambre du Roi. Mlles Fel & de Selle, & M.
le Chassé en ont chanté les Roles-
Le Samedi 15. on chantal'Acte de Pigmælion
Paroles de M. de la Mothe; musique de
Monsieur Rameeu. Mlles Matthieu & Cana-
vas, & M. Geliotte en ont chanté les Roles.
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Résumé : CONCERTS A LA COUR.
En janvier 1752, plusieurs concerts ont eu lieu à la cour. Le 8 janvier, 'Zelindor ou du Sisphe' a été interprété par Mlles Chevalier et de Selle, MM. Jéliotte et la Garde. Les paroles étaient de M. de Moncrif, la musique de MM. Rebel et Francœur. Le 10 janvier, 'Églé' a été chanté par Mlles Fel et de Selle, M. le Chassé, avec des paroles de M. de Logeon et la musique de M. de la Garde. Le 15 février, 'Pygmalion' a été présenté par Mlles Matthieu et Canavas, M. Jéliotte, avec des paroles de M. de la Motte et la musique de Monsieur Rameau.
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3329
p. 6-10
LETTRE à Monsieur Pirrhon.
Début :
La Lettre suivante est d'un des plus grands Ministres de l'Europe, & d'un / J'ai cru, avec raison, ne pouvoir mieux m'adresser qu'à vous, Monsieur, [...]
Mots clefs :
Monde, Vertus, Attention, Vice, Lieu, Vertu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à Monsieur Pirrhon.
La Lettre suivante est d'un des plus
grands Ministres de l'Europe, & d'un
Citoyen digne de l'ancienne Rome. Quoi-
que le soin de soutenir la glorte & de fai-
re le bonheur de la Suede sa Patrie, ait
paru fixer toute son attention, il est par-
venu à exceller dans la morale, dans les
Belles Lettres & dans la connoissance des
Arts, parce que les hommes de génie ont
du temps pour tout. La France qui a long
tems joui de tant de talens & de vertus a
reçu en les perdant, l'unique consolation
qu'elle pouvoit espérer: le plus ancien de
ses alliés lui a donné une nouvelle marque
de considération & d'attachement par le
choix du Successeur de M. le Comte de
Tessin.
NXX(XXXXXXIXXXXXXXI
LETTRE à Monsieur Pirrhon.
J'ai cru, avec raison, ne pouvoir
mieux m'adresser qu'à vous, Monsieur,
pour le rafinement & l'exécution
Digizes b. 009
MARS. 1752.
d'une idée, peut-être mal digerée, qui
m'est venue; mais entre vos mains elle
prendra aisément & surement, si vous
voulez vous en donner la peine, le poli,
& l'air de justesse qui lui manque dans sa
premiere naissance.
Voici ce que je défire: je voudrois quę
l'on s'appliquâs à caractériser & à analy-
ser daus les Piéces comiques, les vertus,
avec la même force, la même justesse &
le même pinceau dont jusqu'ici on a ca-
ractérisé les vices; & qu'on en fit exac-
tement voit le contraste. Par exemple, si
l'on entreprennoit de peindre le Généreux
par opposition à l'Avare; le prudent ou
l'homme de conseilspout figurer contre
l'Etourdi; le vrai Brave contre le Fanfa-
ron; l'honnente homme contre mille ca-
racteres de fourbes; le sincere obligeant
contre le Flatteur; la femme vertueuse
contre la Coquette, & ainsi des autres.
Les trais brillans du vrai mérite animę-
roient, à mon avis, pour le moins autant,
& toucheroient surement davantage, que
le ridicule du vice ne canse de l'indigna-
tion, puisque ce dernier fait quasi tou-
jours rire, & perd par-là de son effet,
au lieu que l'autre est toujours respectable,
& n'a rien qui puisse diviser ou dis-
traire l'attention.
A iiij
8 MERCUREDE FRANCE.
J'en juge par moi-même: j'aime mieux
m'appliquer à imiter les exemples ver-
tueux, qu'à connoître & fuir les vi-
cieux: les derniers par eux mêmes, ne
peuvent m'inspirer qu'une inaction, au
lieu que les autres réveillent, animent &
font agir; car la différence est très-réelle
entre n'être pas vicieux, ou être vertueux.
Je pense que tout le monde sent cela
comme moi.
Il résulte encore un autre inconvenient
de ce qu'on néglige de faire voir le bien
avec la même exactitude que le mal, en ce
que l'on voit tous les jours que pour évi-
ter l'excès que l'on représente, on tom-
be, faute de connoître le vrai, dans le
défaut contraire; de sorte que, pour se
garantir de l'avarice on devient prodi-
gue; pour n'être pas coquette, on se fait
prude; & nos jeunes gens, pour ne pas
passer pour poltrons, deviennent souvent
bretteurs.
On pourroit objecter, que ce que je
souhaite est le but des Tragédies; mais
outre qu'elles nous tracent, la plupart du
temps, des vertus ou farouches, ou uni-
quement propres à l'Héroisme, elles con-
duisent toujours à un dénouëment san-
glant, qui interesse, saisit l'attention en-
tiere, & fait négliger les caracteres.
MARS.
1752.
9
Ce n'est donc pas là ce que je deman-
de; mais des actions plus unies, des
vertus à l'usage de tout le monde & plus
à portée de l'humanité, & de la vie
journaliere; & qu'au lieu de blâmer le
vice, on s'attachât principalement à ho-
norer la vertu.
A mon avis, c'est la seule chose qui
manque au Théâtre François, d'ailleurs
si parfait, tant à l'égard des Auteurs
que des Acteurs, qu'il fait le modéle
de tous les autres Théâtres du monde,
& l'admiration d'une Nation, dont les
jugemens sur le produit de l'esprit sont
si surs & si justes.
D'où vient donc ce manquement? Se-
toit-ce que les traits grossiers du vice sont
plus aisés à faisir que les trais fins &
délicats de la vertu? Car pour le jeu du
Théâtre, il seroit le même, & je pense
que si l'on représentoit la femme sage du
monde, on y pourroit mêler des sujets
qui tenterorent fa vertu, dont les fausses
démarches produiroient des Sçenes très-
réjouissantes. En un mot, je voudrois
qu on fît du moins quelques Piéces où
le Héros fût parfait, & où l'on ne
connûnt les vices que par opposition à ce
premner perfonnage, c est-a-dire, tout
le contraire des Comédies jouées, jus-
AV
10 MERCUREDEFRANCE.
qu'ici, & que l'on donne encore jour-
nellement: & par-là on apptendroit qu'il
ne susfit point de n'être pas ingrat
mais qu'il faut être reconnoissant: que
ce n'est pas assez de ne point mentir.
mais jusqu'où il faut dire vrai: & une
infinité d'autres mérites & bienséances
dont on ignore la juste définition.
Si j'en disois davantage, je passerois
ma portée, & excederois le plan que je
me suis proposé de ne vous offrir, Mon-
sieur, qu une piéce appareillée, & qui
reste à limer par la main du Maître.
Que ne doit-on pas attendte de l'Au-
reur de Gustave?
Gustave, ce grand Roi, doit sa nouvelle gloire,
Et son nouvel éclat, Pirthon, à tes écrits,
Et son nom, justement immortel dans l'Histoire
Qui ne paroissoit plus connu qu'aux beaux esprits,
Graces à tes talens, & ta Muse feconde,
Sous des traits ravissans, reparoît dans le monde.
Je suis; avec une parfaite considération.
MONSIEUR,
Votre très-humble & très-
obéissant serviteur,
LE COMTE DE TESSIN.
grands Ministres de l'Europe, & d'un
Citoyen digne de l'ancienne Rome. Quoi-
que le soin de soutenir la glorte & de fai-
re le bonheur de la Suede sa Patrie, ait
paru fixer toute son attention, il est par-
venu à exceller dans la morale, dans les
Belles Lettres & dans la connoissance des
Arts, parce que les hommes de génie ont
du temps pour tout. La France qui a long
tems joui de tant de talens & de vertus a
reçu en les perdant, l'unique consolation
qu'elle pouvoit espérer: le plus ancien de
ses alliés lui a donné une nouvelle marque
de considération & d'attachement par le
choix du Successeur de M. le Comte de
Tessin.
NXX(XXXXXXIXXXXXXXI
LETTRE à Monsieur Pirrhon.
J'ai cru, avec raison, ne pouvoir
mieux m'adresser qu'à vous, Monsieur,
pour le rafinement & l'exécution
Digizes b. 009
MARS. 1752.
d'une idée, peut-être mal digerée, qui
m'est venue; mais entre vos mains elle
prendra aisément & surement, si vous
voulez vous en donner la peine, le poli,
& l'air de justesse qui lui manque dans sa
premiere naissance.
Voici ce que je défire: je voudrois quę
l'on s'appliquâs à caractériser & à analy-
ser daus les Piéces comiques, les vertus,
avec la même force, la même justesse &
le même pinceau dont jusqu'ici on a ca-
ractérisé les vices; & qu'on en fit exac-
tement voit le contraste. Par exemple, si
l'on entreprennoit de peindre le Généreux
par opposition à l'Avare; le prudent ou
l'homme de conseilspout figurer contre
l'Etourdi; le vrai Brave contre le Fanfa-
ron; l'honnente homme contre mille ca-
racteres de fourbes; le sincere obligeant
contre le Flatteur; la femme vertueuse
contre la Coquette, & ainsi des autres.
Les trais brillans du vrai mérite animę-
roient, à mon avis, pour le moins autant,
& toucheroient surement davantage, que
le ridicule du vice ne canse de l'indigna-
tion, puisque ce dernier fait quasi tou-
jours rire, & perd par-là de son effet,
au lieu que l'autre est toujours respectable,
& n'a rien qui puisse diviser ou dis-
traire l'attention.
A iiij
8 MERCUREDE FRANCE.
J'en juge par moi-même: j'aime mieux
m'appliquer à imiter les exemples ver-
tueux, qu'à connoître & fuir les vi-
cieux: les derniers par eux mêmes, ne
peuvent m'inspirer qu'une inaction, au
lieu que les autres réveillent, animent &
font agir; car la différence est très-réelle
entre n'être pas vicieux, ou être vertueux.
Je pense que tout le monde sent cela
comme moi.
Il résulte encore un autre inconvenient
de ce qu'on néglige de faire voir le bien
avec la même exactitude que le mal, en ce
que l'on voit tous les jours que pour évi-
ter l'excès que l'on représente, on tom-
be, faute de connoître le vrai, dans le
défaut contraire; de sorte que, pour se
garantir de l'avarice on devient prodi-
gue; pour n'être pas coquette, on se fait
prude; & nos jeunes gens, pour ne pas
passer pour poltrons, deviennent souvent
bretteurs.
On pourroit objecter, que ce que je
souhaite est le but des Tragédies; mais
outre qu'elles nous tracent, la plupart du
temps, des vertus ou farouches, ou uni-
quement propres à l'Héroisme, elles con-
duisent toujours à un dénouëment san-
glant, qui interesse, saisit l'attention en-
tiere, & fait négliger les caracteres.
MARS.
1752.
9
Ce n'est donc pas là ce que je deman-
de; mais des actions plus unies, des
vertus à l'usage de tout le monde & plus
à portée de l'humanité, & de la vie
journaliere; & qu'au lieu de blâmer le
vice, on s'attachât principalement à ho-
norer la vertu.
A mon avis, c'est la seule chose qui
manque au Théâtre François, d'ailleurs
si parfait, tant à l'égard des Auteurs
que des Acteurs, qu'il fait le modéle
de tous les autres Théâtres du monde,
& l'admiration d'une Nation, dont les
jugemens sur le produit de l'esprit sont
si surs & si justes.
D'où vient donc ce manquement? Se-
toit-ce que les traits grossiers du vice sont
plus aisés à faisir que les trais fins &
délicats de la vertu? Car pour le jeu du
Théâtre, il seroit le même, & je pense
que si l'on représentoit la femme sage du
monde, on y pourroit mêler des sujets
qui tenterorent fa vertu, dont les fausses
démarches produiroient des Sçenes très-
réjouissantes. En un mot, je voudrois
qu on fît du moins quelques Piéces où
le Héros fût parfait, & où l'on ne
connûnt les vices que par opposition à ce
premner perfonnage, c est-a-dire, tout
le contraire des Comédies jouées, jus-
AV
10 MERCUREDEFRANCE.
qu'ici, & que l'on donne encore jour-
nellement: & par-là on apptendroit qu'il
ne susfit point de n'être pas ingrat
mais qu'il faut être reconnoissant: que
ce n'est pas assez de ne point mentir.
mais jusqu'où il faut dire vrai: & une
infinité d'autres mérites & bienséances
dont on ignore la juste définition.
Si j'en disois davantage, je passerois
ma portée, & excederois le plan que je
me suis proposé de ne vous offrir, Mon-
sieur, qu une piéce appareillée, & qui
reste à limer par la main du Maître.
Que ne doit-on pas attendte de l'Au-
reur de Gustave?
Gustave, ce grand Roi, doit sa nouvelle gloire,
Et son nouvel éclat, Pirthon, à tes écrits,
Et son nom, justement immortel dans l'Histoire
Qui ne paroissoit plus connu qu'aux beaux esprits,
Graces à tes talens, & ta Muse feconde,
Sous des traits ravissans, reparoît dans le monde.
Je suis; avec une parfaite considération.
MONSIEUR,
Votre très-humble & très-
obéissant serviteur,
LE COMTE DE TESSIN.
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Résumé : LETTRE à Monsieur Pirrhon.
Dans une lettre datée de mars 1752, le Comte de Tessin s'adresse à Monsieur Pirrhon, reconnu pour ses talents littéraires. Le Comte propose d'améliorer la représentation des vertus dans les pièces comiques en les décrivant avec autant de précision et de justesse que les vices. Il suggère de mettre en scène des personnages vertueux tels que le généreux, le prudent ou l'honnête homme, en opposition à des personnages vicieux comme l'avare, l'étourdi ou le flatteur. Selon lui, les vertus devraient inspirer davantage à l'action et être plus respectables que les vices, qui souvent suscitent le rire et perdent ainsi de leur impact. Le Comte critique également les tragédies, qui présentent fréquemment des vertus héroïques ou farouches et se concluent par des dénouements sanglants. Il privilégie des vertus accessibles et utiles à la vie quotidienne. Il déplore que le théâtre français, malgré sa perfection, manque de représentations de la vertu. Il propose de créer des pièces où le héros serait parfait et où les vices seraient montrés par opposition à ce modèle de vertu. Enfin, le Comte de Tessin exprime son admiration pour les écrits de Pirrhon, qui ont contribué à la renommée du roi Gustave de Suède. La lettre se conclut par une expression de haute considération et de respect envers Pirrhon.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3330
p. 17-25
LETTRE De M. de la Sauvagere, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis, Ingénieur en chef du Port Louis, à l'Auteur du Mercure, sur la persuosion où l'on est que le Port Louis est un lieu fort ancien, connu autrefois sous le nom de Blavet.
Début :
Tout le monde est persuadé, Monsieur, que le lieu où est aujourd'hui [...]
Mots clefs :
Port-Louis, Blavet, Ville, Nom, Roi, Lieu, Port, Citadelle, Bretagne
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE De M. de la Sauvagere, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis, Ingénieur en chef du Port Louis, à l'Auteur du Mercure, sur la persuosion où l'on est que le Port Louis est un lieu fort ancien, connu autrefois sous le nom de Blavet.
LETTRE
De M. de la Sauvagere, Chevalier de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis, Ingénieur
en chef du Port Louis, à l'Auteur
du Mercure, sur la persuosion où l'on est
que le Port Louis est un lieu fort ancien,
connu autrefois sous le nom de Blavet. ,
Tout le monde est persuadé, Monsieur,
que le lieu où est aujourd'hui
la ville & citadelle du Port Louis, s'appel-
loit anciennement Blavet. Cette croyance
se trouve répandue dans plusieurs ouvrages
imprimés, & particuliérement dans ceux
qui ont été publiés sur la Géographie de-
puis 160 ans: il n'y a qui que ce soit qui
ne suive le torrent qui entraine à le penser.
Ce sentiment ne fait aucun doute, même
dans cette Province de Bretagne; & les
Habitans du Port Louis & des Villes voi-
sines le croyent fermement.
Il est étonnant, Monficur, qu'une telle
erreur se soit transmise depuis le premier
qui l'a dit, sans être scrutec & relevée par
personne jusqu'aujourd'hui. Il m'a paru
que le Public, & surtout ceux qui ont de
l'amour pour tout ce qui peut tendre à la
18 MERCURE DE FRANCE.
perfection de la Géographie, recevroient
avec plaisit, les preuves que je vais essayer
de rapporter, qui ont servi à me désabu-
ser sur certè pretendue antique origine.
Il seroit trop long de faire ici la nomen-
clature de tous les livres où il est parlé du
Port Louis, comme d'une ville ancienne
appellée autrefois Blavet: les uns la placent
à une demie lieue au-dessus, sur la riviere
de Blavet, les autres veulent qu'elle ait
été rebatie sur ses mêmes ruines.
Ces deux sentimens ont aussi peu de
vraisemblance l'un que l'autre. Quiconque
connoitra la Topographie des environs
du Port Louis, ne pourra disconvenir de
l'absurdité de cette position, puisque
l'embouchure de la riviere de Blavet en
est éloignée de plus d'une lieue; on ne
connoît d'ailleurs aucuns vestiges aux en-
virons, qui puissent donuer le moindre in-
dice qu'il y ait eu une autre ville autrefois
au voisinage du Port Louis.
Cependant on s'est tellement mis dans
l'esprit que le Port Louis s'étoit de tous
les tems appellé Blavet, que plusieurs sça-
vans des derniers siécles ont employé toute
leur sagacité pour en cherchet l'origine
dans la haute antiquité, entr'autres Or-
telius (a) & le célebre Historiographe M.
(al Ortolii Thesaurus Geographicus.
MARS. 1752.
19
de Valois (a), lequel rapportant un pas-
sage de l'ancienne notice (b) de l'Empire
Romain soutient que le mot Bablia, que
l'on y lit, doit s'expliquer par Blavet,
nom ancien du lieu où est le Port Louis:
Prafectus militum Carronentium Bablia, où
il remarque qu'il faut lire Blabitta ou Bla-
vitta: ce lieu appellé par les Anciens Ba-
blia, étoit une forteresse importante, où les
Romains tenoient une garnison de troupes
appellées Carroneuses, sous les ordres d'un
Duc ou Général de l'Armorique, qui cer-
tainement doit s'entendre de Blaye, ville
du Bourdelois sur la Garonne, que Pto-
leméè (c) appelle Portus Santonum, Promon-
torium Santonum; & le Poëte Ausone (d) à
la fin du quatrième siécle Blavia Militaris;
Gregoite de Tours (e) Blavia, & l'Itine-
raire d'Antonin met Blavetum, Blavia &
Blavium, sur le chemin de Bourdeaux à
Autun, & par consequent ne peut s'appli-
quet à l'endroit où est placé le Port Louis.
Ce qui confirme de plus en plus qu'il
(a) Valesius netitiae Galliarum. Voyez les Preuves
de la Nouvelle Hist. de Bret. de Dom Hyacinte-
Maurice. T. I. col. 163.
(6) Notice de l'Empire Romain; sect. 61.
(c) Ptolomai Cosmographie sive Geographia lib. 2.
(d) Ausoni Burdigalensis Opera ep. X. ad Paulum.
(e) Gregor. Tur. glor. Conf.
20 MERCUREDE FRANCE.
n'y a jamais eu anciennement de ville du
nom de Blavet, sur cette partie meridio-
nale de la Côte de Bretagne, c'est qu'il
nen est rien dit dans aucun des anciens
Historiens de ce Duché: il nen est fait au-
cunè mention dans la collection des Titres
de la Province, par le sçavant Benedictin,
de la nouvelle Histoire de Bretagne, où
on ne la trouve nulle part, soit dans les
archives du Domaine du Roi, dont le fond
releve, soit dans les titres des Seigneurs
voisins, ou ceux des vassaux qui en posse-
doient le terrein ou les cabanes qui y
étoient, losqu'en 1486. François II. Duc
de Bretagne (a) y envoya Jean Prince d'O-
range, & Jean Sire de Rieux accompagnés
de quantité de Gentils-Hommes & de
commerçans, pour en examiner la situa-
tion & le Port, où le Duc de Bretagne dès-
lors avoit dessein d'y faire l'établissement
d'une ville de commercé, dont il fut fait
un Procès-verbal, dans lequel ce lieu est
nommé Loc-Peran, petit Hameau habité
par des Pêcheurs, qui signifie en Langue du
pays, Lieu de S. Pierre, à cause d'une cha-
pelle sous l'invocation de ce Saint qui exis-
te encore aujourd'hui.
Le petit Hameau de Loc Peran étoit en-
eore le même l'an 1590. dans le tems des
(a) MS.
MARS. 1752.
21
révolutions de la Ligue. Le Duc de Mer-
cœeur (a) y attira 4000 Espagnols qu'il
avoit demandés au Roi d'Espague Philip-
pe II, qui débarquerent le 12 Octobre.
Le premier soin de ces troupes, fut
de s'y retrancher du côté de la terre, dont
quelques vestiges des murs & les fossés se
remarquent encore aujourd'hui; & com-
me le Port ou Golphe (à l'entrée duquel
est placé le Port Louis ) s'appelloit Bla-
vet (du nom de la principale Riviere qui
s'y jette) les Espagnols nommerent l'en-
droit où ils avoient débarqué, du nom
du Port. Voilà l'époque du nom Blavet,
donné à l'endroit où est le Pott-Louis :
& par la raison que dans ces temps de
guerres civiles, le débarquement des
Espagnols en Bretagne, faisoit l'atten-
tion de toute l'Europe. Le lieu où ils
avoient pris poste fit grand bruit; toutes
les Histoires en firent mention, sous le
nom de Blavet, ainsi que les Espagnols le
nommoient, & il a continué à être ap-
pellé de même, sans toutes les circons-
tances où il en a été depuis ce moment
question, jusqu'au temps qu'il a pris le
nom du Port Louis. Il est dit dans le
(a) Voyez le P. Dan. Hist. de Fr. in-4°. T. IX.
p. 511, 561. T. X. p. 33, 207, 208. & Pr. de sa
nouv. Hist. de Bret. T. III. col. 1715.
22 MERCURE DE FRANCE
Traité de Paix de Vervins, l'an 1598, que
le Roi d'Espagne fera restitution de la for-
teresse de Blavet au Roi Henry IV.
Les Géographes Blaeu (a) & Jansson (b)
par une fiction Géographique tracée
dans le Cabinet, ont placé cette forte-
resse dans leurs Cartes, isolée au milleu
du Golphe. Le sçavant Abbé de Longue-
rie (c), Piganiol de la Force (d), dans la
description qu'ils font du Port Louis
disent, qu'il s'appelloit anciennement
Blavet.
Les Princes mécontens (e) en 1610,
y établirent un Fort sur la pointe la plus
avancée dans la mer, précisément dans
le même emplacement de la citadelle ac-
tuelle, à l'entrée du Port, dont les vais-
seaux rangent les murs de très-près. Ce
Fort ayant ensuite été remis au Marquis
de Cœuvre par le Duc de Vendôme, le
Roi en ordonna la démolition.
Le Roi Louis XIII. peu de temps
après, prit la résolution, par le conseil
du grand Cardinal de Richelieu, d'y
établir une Ville de Commerce, & d'y cons-
(a) Geograpbia Blaviana.
(5) Atlas de Jean Jansson.
(c) Description de la France, p. 91.
(d) Description de la France, T. 6. p. 235.
(e) Moreri & un Manuscrit.
MARS. 1752.
23
truire une Citadelle: la direction en fut
confiée à M. le Maréchal de Brissac. Sa
Majesté voulut que cette nouvelle Ville
fût nommée de son nom, & les Lettres
Patentes en furent expédiées le 18 Juil-
let 1618.
La Citadelle n'étoit point achevée en
1625, lorsque M. de Soubise, (a) com-
mandant une flotte de vaisseaux Roche-
lois (dans ces temps malheureux qu'ils ne
se rapellent qu'avec douleur, ) étant en-
tré dans ce Port, dans le dessein de fai-
re le siège de la Citadelle, & de s'en em-
parer, les Ducs de Vendôme, de Retz &
de Brissac, instruits de cette invasion,
accoururent au secours: le Marquis de
Molac se jetta avec cent Gentils-hommes
Bretons dans la Citadelle, ce qui obli-
gea M. de Soubise à se rembarquer pré-
cipitamment pendant la nuit avec toutes
ses troupes qui commirent avant que de
partir, mille desordres dans la Ville,
où ils mirent le feu par tout, entrerent
dans les Eglises, les saccagerent, brise-
rent les images des Saints, les vases sa-
crés, & même pousserent leur exécrable
fureur jusques sur les Hosties.
Ce ne fut que dans la suite, que la
(a) Mezeray, Hist. de France, & le P. Daniel,
Tom. X. p. 15. 18, 27 Jan.
24 MERCUREDEFRANCE.
Ville fut fermée de murs par les soins &
les frais du Maréchal de la Meilleraye,
qui en fut fait Gouverneur après le Duc
de Brissac, par l'alliance qu'il contracta
avec la fille da ce Prince: il paroît que
cette enceinte fut finie avant l'an 1655;
& en considération des dépenses que le
Maréchal de la Meilleraye avoit faites
pour enfermer la Ville de murs, on lui
accorda, en forme de dédommagement,
la perception des droits sur les Boissons
dans l'intérieur de la Ville, dont le re-
venu avoit-passé en succession à la Maison
de Mazarin comme leur patrimoine qui
par un arrangement qui vient tout à
l'heure de se faire entre le Roi & la Mai-
son de Mazarin, sont actuellement per-
çus au nom de Sa Majesté.
La Compagnie des Indes (a) avoit eu
dessein, sous le regne du Roi Louis XIV.
de former au Port Louis son établisse-
ment; Sa Majesté en accorda la permis-
sion, par une Déclaration de l'an 1666;
mais cette Compagnie préféra un terrain
vague à l'intérêt de la rivière de Pons-
corf, à une lieue au nord, de l'autre
côté du Port Louis dans le même Gol-
phe
(a) Preuves de l'Hist. de la Compagnie des
Indes. p. 208.
MARS. 1752.
25
phe que l'on a nommé l'Orient, à cause
de la partie du monde, où cette Com-
pagnie fait son commerce, qui est un
des plus considérables établissemens qu'il
y ait jamais eu, tant par la construction
d'une quantité considérable de vaisseaux,
que par les magnifiques Magazins que
l'on y a bâtis, & que l'on augmente
chaque année.
J'ai insensiblement, Monsieur, éten-
du ma Lettre au delà des bornes qui
en étoient le motif; mais on ne peut
guères se dispenser en parlant d'une Ville,
de dire les principales choses qui peu-
vent l'intéresser. J'en passe beaucoup sous
silence dans la crainte d'abuser plus long.
temps d'une place, qui peut être plus
essentiellement remplie dans votre Mer-
cure: je suis, &c.
De M. de la Sauvagere, Chevalier de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis, Ingénieur
en chef du Port Louis, à l'Auteur
du Mercure, sur la persuosion où l'on est
que le Port Louis est un lieu fort ancien,
connu autrefois sous le nom de Blavet. ,
Tout le monde est persuadé, Monsieur,
que le lieu où est aujourd'hui
la ville & citadelle du Port Louis, s'appel-
loit anciennement Blavet. Cette croyance
se trouve répandue dans plusieurs ouvrages
imprimés, & particuliérement dans ceux
qui ont été publiés sur la Géographie de-
puis 160 ans: il n'y a qui que ce soit qui
ne suive le torrent qui entraine à le penser.
Ce sentiment ne fait aucun doute, même
dans cette Province de Bretagne; & les
Habitans du Port Louis & des Villes voi-
sines le croyent fermement.
Il est étonnant, Monficur, qu'une telle
erreur se soit transmise depuis le premier
qui l'a dit, sans être scrutec & relevée par
personne jusqu'aujourd'hui. Il m'a paru
que le Public, & surtout ceux qui ont de
l'amour pour tout ce qui peut tendre à la
18 MERCURE DE FRANCE.
perfection de la Géographie, recevroient
avec plaisit, les preuves que je vais essayer
de rapporter, qui ont servi à me désabu-
ser sur certè pretendue antique origine.
Il seroit trop long de faire ici la nomen-
clature de tous les livres où il est parlé du
Port Louis, comme d'une ville ancienne
appellée autrefois Blavet: les uns la placent
à une demie lieue au-dessus, sur la riviere
de Blavet, les autres veulent qu'elle ait
été rebatie sur ses mêmes ruines.
Ces deux sentimens ont aussi peu de
vraisemblance l'un que l'autre. Quiconque
connoitra la Topographie des environs
du Port Louis, ne pourra disconvenir de
l'absurdité de cette position, puisque
l'embouchure de la riviere de Blavet en
est éloignée de plus d'une lieue; on ne
connoît d'ailleurs aucuns vestiges aux en-
virons, qui puissent donuer le moindre in-
dice qu'il y ait eu une autre ville autrefois
au voisinage du Port Louis.
Cependant on s'est tellement mis dans
l'esprit que le Port Louis s'étoit de tous
les tems appellé Blavet, que plusieurs sça-
vans des derniers siécles ont employé toute
leur sagacité pour en cherchet l'origine
dans la haute antiquité, entr'autres Or-
telius (a) & le célebre Historiographe M.
(al Ortolii Thesaurus Geographicus.
MARS. 1752.
19
de Valois (a), lequel rapportant un pas-
sage de l'ancienne notice (b) de l'Empire
Romain soutient que le mot Bablia, que
l'on y lit, doit s'expliquer par Blavet,
nom ancien du lieu où est le Port Louis:
Prafectus militum Carronentium Bablia, où
il remarque qu'il faut lire Blabitta ou Bla-
vitta: ce lieu appellé par les Anciens Ba-
blia, étoit une forteresse importante, où les
Romains tenoient une garnison de troupes
appellées Carroneuses, sous les ordres d'un
Duc ou Général de l'Armorique, qui cer-
tainement doit s'entendre de Blaye, ville
du Bourdelois sur la Garonne, que Pto-
leméè (c) appelle Portus Santonum, Promon-
torium Santonum; & le Poëte Ausone (d) à
la fin du quatrième siécle Blavia Militaris;
Gregoite de Tours (e) Blavia, & l'Itine-
raire d'Antonin met Blavetum, Blavia &
Blavium, sur le chemin de Bourdeaux à
Autun, & par consequent ne peut s'appli-
quet à l'endroit où est placé le Port Louis.
Ce qui confirme de plus en plus qu'il
(a) Valesius netitiae Galliarum. Voyez les Preuves
de la Nouvelle Hist. de Bret. de Dom Hyacinte-
Maurice. T. I. col. 163.
(6) Notice de l'Empire Romain; sect. 61.
(c) Ptolomai Cosmographie sive Geographia lib. 2.
(d) Ausoni Burdigalensis Opera ep. X. ad Paulum.
(e) Gregor. Tur. glor. Conf.
20 MERCUREDE FRANCE.
n'y a jamais eu anciennement de ville du
nom de Blavet, sur cette partie meridio-
nale de la Côte de Bretagne, c'est qu'il
nen est rien dit dans aucun des anciens
Historiens de ce Duché: il nen est fait au-
cunè mention dans la collection des Titres
de la Province, par le sçavant Benedictin,
de la nouvelle Histoire de Bretagne, où
on ne la trouve nulle part, soit dans les
archives du Domaine du Roi, dont le fond
releve, soit dans les titres des Seigneurs
voisins, ou ceux des vassaux qui en posse-
doient le terrein ou les cabanes qui y
étoient, losqu'en 1486. François II. Duc
de Bretagne (a) y envoya Jean Prince d'O-
range, & Jean Sire de Rieux accompagnés
de quantité de Gentils-Hommes & de
commerçans, pour en examiner la situa-
tion & le Port, où le Duc de Bretagne dès-
lors avoit dessein d'y faire l'établissement
d'une ville de commercé, dont il fut fait
un Procès-verbal, dans lequel ce lieu est
nommé Loc-Peran, petit Hameau habité
par des Pêcheurs, qui signifie en Langue du
pays, Lieu de S. Pierre, à cause d'une cha-
pelle sous l'invocation de ce Saint qui exis-
te encore aujourd'hui.
Le petit Hameau de Loc Peran étoit en-
eore le même l'an 1590. dans le tems des
(a) MS.
MARS. 1752.
21
révolutions de la Ligue. Le Duc de Mer-
cœeur (a) y attira 4000 Espagnols qu'il
avoit demandés au Roi d'Espague Philip-
pe II, qui débarquerent le 12 Octobre.
Le premier soin de ces troupes, fut
de s'y retrancher du côté de la terre, dont
quelques vestiges des murs & les fossés se
remarquent encore aujourd'hui; & com-
me le Port ou Golphe (à l'entrée duquel
est placé le Port Louis ) s'appelloit Bla-
vet (du nom de la principale Riviere qui
s'y jette) les Espagnols nommerent l'en-
droit où ils avoient débarqué, du nom
du Port. Voilà l'époque du nom Blavet,
donné à l'endroit où est le Pott-Louis :
& par la raison que dans ces temps de
guerres civiles, le débarquement des
Espagnols en Bretagne, faisoit l'atten-
tion de toute l'Europe. Le lieu où ils
avoient pris poste fit grand bruit; toutes
les Histoires en firent mention, sous le
nom de Blavet, ainsi que les Espagnols le
nommoient, & il a continué à être ap-
pellé de même, sans toutes les circons-
tances où il en a été depuis ce moment
question, jusqu'au temps qu'il a pris le
nom du Port Louis. Il est dit dans le
(a) Voyez le P. Dan. Hist. de Fr. in-4°. T. IX.
p. 511, 561. T. X. p. 33, 207, 208. & Pr. de sa
nouv. Hist. de Bret. T. III. col. 1715.
22 MERCURE DE FRANCE
Traité de Paix de Vervins, l'an 1598, que
le Roi d'Espagne fera restitution de la for-
teresse de Blavet au Roi Henry IV.
Les Géographes Blaeu (a) & Jansson (b)
par une fiction Géographique tracée
dans le Cabinet, ont placé cette forte-
resse dans leurs Cartes, isolée au milleu
du Golphe. Le sçavant Abbé de Longue-
rie (c), Piganiol de la Force (d), dans la
description qu'ils font du Port Louis
disent, qu'il s'appelloit anciennement
Blavet.
Les Princes mécontens (e) en 1610,
y établirent un Fort sur la pointe la plus
avancée dans la mer, précisément dans
le même emplacement de la citadelle ac-
tuelle, à l'entrée du Port, dont les vais-
seaux rangent les murs de très-près. Ce
Fort ayant ensuite été remis au Marquis
de Cœuvre par le Duc de Vendôme, le
Roi en ordonna la démolition.
Le Roi Louis XIII. peu de temps
après, prit la résolution, par le conseil
du grand Cardinal de Richelieu, d'y
établir une Ville de Commerce, & d'y cons-
(a) Geograpbia Blaviana.
(5) Atlas de Jean Jansson.
(c) Description de la France, p. 91.
(d) Description de la France, T. 6. p. 235.
(e) Moreri & un Manuscrit.
MARS. 1752.
23
truire une Citadelle: la direction en fut
confiée à M. le Maréchal de Brissac. Sa
Majesté voulut que cette nouvelle Ville
fût nommée de son nom, & les Lettres
Patentes en furent expédiées le 18 Juil-
let 1618.
La Citadelle n'étoit point achevée en
1625, lorsque M. de Soubise, (a) com-
mandant une flotte de vaisseaux Roche-
lois (dans ces temps malheureux qu'ils ne
se rapellent qu'avec douleur, ) étant en-
tré dans ce Port, dans le dessein de fai-
re le siège de la Citadelle, & de s'en em-
parer, les Ducs de Vendôme, de Retz &
de Brissac, instruits de cette invasion,
accoururent au secours: le Marquis de
Molac se jetta avec cent Gentils-hommes
Bretons dans la Citadelle, ce qui obli-
gea M. de Soubise à se rembarquer pré-
cipitamment pendant la nuit avec toutes
ses troupes qui commirent avant que de
partir, mille desordres dans la Ville,
où ils mirent le feu par tout, entrerent
dans les Eglises, les saccagerent, brise-
rent les images des Saints, les vases sa-
crés, & même pousserent leur exécrable
fureur jusques sur les Hosties.
Ce ne fut que dans la suite, que la
(a) Mezeray, Hist. de France, & le P. Daniel,
Tom. X. p. 15. 18, 27 Jan.
24 MERCUREDEFRANCE.
Ville fut fermée de murs par les soins &
les frais du Maréchal de la Meilleraye,
qui en fut fait Gouverneur après le Duc
de Brissac, par l'alliance qu'il contracta
avec la fille da ce Prince: il paroît que
cette enceinte fut finie avant l'an 1655;
& en considération des dépenses que le
Maréchal de la Meilleraye avoit faites
pour enfermer la Ville de murs, on lui
accorda, en forme de dédommagement,
la perception des droits sur les Boissons
dans l'intérieur de la Ville, dont le re-
venu avoit-passé en succession à la Maison
de Mazarin comme leur patrimoine qui
par un arrangement qui vient tout à
l'heure de se faire entre le Roi & la Mai-
son de Mazarin, sont actuellement per-
çus au nom de Sa Majesté.
La Compagnie des Indes (a) avoit eu
dessein, sous le regne du Roi Louis XIV.
de former au Port Louis son établisse-
ment; Sa Majesté en accorda la permis-
sion, par une Déclaration de l'an 1666;
mais cette Compagnie préféra un terrain
vague à l'intérêt de la rivière de Pons-
corf, à une lieue au nord, de l'autre
côté du Port Louis dans le même Gol-
phe
(a) Preuves de l'Hist. de la Compagnie des
Indes. p. 208.
MARS. 1752.
25
phe que l'on a nommé l'Orient, à cause
de la partie du monde, où cette Com-
pagnie fait son commerce, qui est un
des plus considérables établissemens qu'il
y ait jamais eu, tant par la construction
d'une quantité considérable de vaisseaux,
que par les magnifiques Magazins que
l'on y a bâtis, & que l'on augmente
chaque année.
J'ai insensiblement, Monsieur, éten-
du ma Lettre au delà des bornes qui
en étoient le motif; mais on ne peut
guères se dispenser en parlant d'une Ville,
de dire les principales choses qui peu-
vent l'intéresser. J'en passe beaucoup sous
silence dans la crainte d'abuser plus long.
temps d'une place, qui peut être plus
essentiellement remplie dans votre Mer-
cure: je suis, &c.
Fermer
Résumé : LETTRE De M. de la Sauvagere, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis, Ingénieur en chef du Port Louis, à l'Auteur du Mercure, sur la persuosion où l'on est que le Port Louis est un lieu fort ancien, connu autrefois sous le nom de Blavet.
M. de la Sauvagerie, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis et ingénieur en chef du Port Louis, réfute l'idée que Port Louis ait été autrefois appelé Blavet. Cette croyance, répandue depuis 160 ans dans divers ouvrages géographiques, est largement acceptée par les habitants du Port Louis et des environs. Cependant, aucune preuve topographique ou historique ne confirme l'existence d'une ville nommée Blavet à cet endroit. Des savants comme Ortelius et M. de Valois ont tenté de trouver l'origine de Blavet dans l'antiquité, mais leurs interprétations sont incorrectes. Par exemple, le terme 'Bablia' mentionné dans une ancienne notice romaine se réfère à Blaye, et non à Blavet. Les historiens bretons et les archives royales ne font mention d'aucune ville nommée Blavet. En 1486, le site était connu sous le nom de Loc-Peran, un petit hameau de pêcheurs. En 1590, durant les guerres de la Ligue, le Duc de Mercœur y attira des troupes espagnoles qui nommèrent l'endroit Blavet. Le traité de Vervins de 1598 stipulait que l'Espagne devait restituer la forteresse de Blavet au roi Henri IV. Plusieurs géographes mentionnent Blavet comme l'ancien nom de Port-Louis. En 1610, des princes mécontents établirent un fort à l'emplacement actuel de la citadelle de Port-Louis, qui fut démoli sur ordre de Louis XIII. Richelieu recommanda la construction d'une ville de commerce et d'une citadelle, nommée Port-Louis par lettres patentes du 18 juillet 1618. En 1625, la citadelle fut défendue contre M. de Soubise par le marquis de Molac. La ville fut ensuite fortifiée par le maréchal de la Meilleraye. Sous Louis XIV, la Compagnie des Indes envisagea de s'établir à Port-Louis mais préféra un terrain voisin, nommé l'Orient.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3331
p. 30-51
REFLEXIONS Sur l'exil écrites en François par Mylord Bolingbroke, mort en Angleterre le 26 Décembre 1751.
Début :
La dissipation de l'esprit & la longueur du temps sont les remedes ausquels [...]
Mots clefs :
Exil, Homme, Vertu, Pays, Hommes, Heureux, Fortune, Place, Monde, Mal, Brutus , Mort, Esprit, Perte, Marcellus
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texteReconnaissance textuelle : REFLEXIONS Sur l'exil écrites en François par Mylord Bolingbroke, mort en Angleterre le 26 Décembre 1751.
REFLEXIONS
Sur l'exil écrites en François par Mylord
Bolingbroke, mort en Angleterre le 26
Décembre 1751.
La dissipation de l'esprit & la longueur
du temps sont les remedes ausquels
la plupart des hommes ont recours dans
leurs afflictions; mais le premier n'ope-
re que pour un temps, le second a un ef-
set tardif: l'un & l'autre sont indignes
d'un homme sage.
Nous fuirons-nous nous-mêmes pour
fuit nos infortunes, & nous imagine-
rons-nous follement que le mal est gué-
ri, parce que nous trouvons quelques
momens de relâche dans nos peines?
Nous lamenterons-nous jusquau dernier
soupir, & pleurerons-nous, jusqu'à ce
que nos yeux ne puissent plus fournir des
larmes? Attendrons-nous du temps une
délivrance languissante & incertaine?
différerons-nous à être heureux jusqu'à
ce que nous ayons oublié que nous som-
mes misérables, & donnerons-nous à la
foiblesse de nos facultés une tranquilité
qui doit être l'effet de leurs forces? Met-
MARS. 1752.
31
tons au contraire toutes nos afflictions
passées & présentes à la fois devant
nos yeux.
Résolvons-nous de les surmonter plu-
tôt que de les fuir, & au lieu d'en user
le sentiment par une longue & ignomi-
nieuse patience, cherchons le fond de la
playe, & opérons une cure immédiate
& radicale.
Laissons les soupirs, les pleurs, les foi-
blesses & l'accablement sous les moindres
coups de la mauvaise fortune, à ces mal-
heureux, dont les esprits tendres & déli-
cats ont été énervés par un long cours
de prospérités; que ceux qui ont passé
des années de calamité surmontent le
poids des plus rudes coups avec une
immuable & noble constance.
Les malheurs non interrompus pro-
duisent ce salutaire effet: ils endurcis-
sent. Vous me demanderez si je prétends
être arrivé à la perfection, de la vertu
Stoîque: je vous répondrai que non.
Foible & connoissant ma foiblesse,
je ne présume pas de ma force; ję suis
l'avis que l'Oracle donna à Zenon, &
soumis à la conduite de la Philosophie,
j'en emprunte la force dont j'ai besoin,
& j'y trouve un port assuré contre les
orages de la fortune.
Biiij
Itized by Goog
32 MERCUREDE FRANCE.
Il est vrai que la Philosophie a ses
fanfarons aussi bien que la guerre, &
c'est une raisonnable précaution, que de
prendre garde que, pendant que nous
visons à nous élever audessus de l'hom-
me, nous ne tombions au dessous.
Mais fi évitant avec soin le merveil-
leux & toutes les extravagances du Por-
tique, nous adhérons aux seules doc-
trines ausquelles notre raison exempte
de préjugés se soumet avec plaisir; nous
nous mettrons dans une heureuse indépen-
dance, & deviendrons supérieurs aux
infortunes de la vie.
Pour parvenir à cette grande fin, il
est nécessaire que nous soyons attentifs
à découvrir les secrettes ruses, & les at-
taques ouvertes de la fortune, avant
qu'elles nous atteignent: lorsqu'elles
tombent sans être attendues, il est diffi-
cile de leur résister; mais ceux qui les
attendent les repousseront aisément.
L'invasion soudaine d'un ennemi ren-
verse ceux qui ne sont pas fur leurs gar-
des, mais quiconque prévoit la guerre &
s'y prépare, soutiendra sans difficulté
la plus rude attaque. J'ai appris depuis
long. tems cette importante leçon, & ne
me suis jamais fié à la fortune, quand
même elle sembloit être en paix avec
0
MARS. 1752.
33
moi. J'ai placé les richesses, les hon-
neurs, la réputation & tous les avanta-
ges que la perfide indulgence versoit
sur moi, de façon qu'elle pût les re-
prendre sans me causer de trouble. J'ai
mis un intervale entr'eux & moi;
elle les a pris, mais elle n'a pu me les
arracher.
Nul homme ne souffre par la mau-
vaise fortune que celui qui a été dé-
çu par la bonne: si nous nous passion-
nons pour ses dons; si nous nous imagi-
nons qu'ils nous appartienent, & qu'ils
doivent nous rester perpetuellement;
si nous nous appuyons sur eux, & que
nous fondions en eux notre considéra-
tion, nous nous abimerons dans tou-
te l'amertume du chagrin, aussi-tôt que
nous aurons perdu ces biens faux & pas-
sagers, & notre vain & puérile esprit
vuide de solides plaisirs se trouvera des-
titué de ceux mêmes qui sont imaginai-
res; mais si nous ne nous laissons point
emporter à la prospérité, l'adversité ne
pourra nous abbattre. Notre ame sera à
l'épreuve des dangers de l'une & de l'au-
tre. Ayant sondé nos forces, nous en
serons surs, & nous aurons appris au
milieu de la félicité à soutenir l'infor-
tune.
BV
3o
34 MERCURE DE FRANCE.
Il est beaucoup plus difficile d'exa-
miner & de juger par soi-même que de
former ses opinions sur la parole d'autrui;
c'est pourquoi la plupart des hommes
empruntent des autres celles qu'ils ont
sur toutes les affaires de la vie & de la
mort: de-là vient qu'ils sont si unani-
mement ardens à la poursuite des cho-
ses qui n ont qu'un spécieux & trom-
peur éclat. De-là vient aussi que dans
les choses qui font appellées des mal-
heurs, il n'y a rien qui soit aussi dur &
aussi terrible que le cri général nous le
fait entendre. Le mot d'exil, par exem-
ple, patoîit rude, parce que la multi-
tude en a ainsi ordonné; mais ce juge-
ment sera abrogé aux yeux du Sage qui
ne juge pas des choses par les apparen-
ces, mais par ce qu'elles sont: c est un
point que nous allons discuter.
Quest-ce que l'exil? C'est un change-
mentde place, & pour que vous ne disiez
pas que je diminue le mal, j'ajoûterai
que ce changement de place est fréquem-
ment accompagné de beaucoup d'autres
inconvéniens, de la perte des biens
dont vous jouissiez, du rang que vous
teniez, du pouvoir que vous exerciez,
de la séparation de votre famille & de
vos amis, du mépris dans lequel vous
MARS.
=35
1752.
pouvez tomber, de l'ignominie dont
ceux qui vous ont chassé, efsayeront de
noircir votre innocence. Je parlerai dans
la suite en détail de toutes ces choses.
Présentement considérons quel mal-
heur il y a dans un changement de place
solitairement pris & en lui-même.
Vivre éloigné de sa Patrie est un in-
convénient qui vous paroit intolérable;
mais si cela est ainsi, comment arrive-
t-il à un nombre infini de gens de passer
leur vie par choix hors de leur pro-
pre Pays.
Considérez combien les rues de Lon-
dres & de Paris sont remplies; appel-
lez ces millions d'hommes par leur nom,
& leur demandez de quel Pays ils
sont: combien en trouverez-vous de dif-
férentes parties de la tetre qui sont ve-
nus habiter ces grandes Villes, lesquelles
fournissent la plus grande dissipation &
les plus grands encouragemens de vertu
& de vices. Quelques-uns y font attirés
par l'ambition, & quelques autres
sont conduits par le devoir. Plusieurs se
rendent là pour perfectionner leur ef-
prit, & plusieurs pour augmenter leur
fortune. Les uns apportent leur beauté
& les autres leur éloquence au marché.
Allez plus loin, & examinez les zones
Bvj
36 MERCUREDEFRANCE.
brûlantes & glacées, les extrêmités les
plus reculées de l'Orient & du Couchant:
visitez les Nations sauvages de l'Afrique,
ou les plus barbares régions du Nord,
vous ne trouverez point de climat si
mauvais, ni de Pays si sauvage, où
il ny ait quelques gens qui viennent
l'habiter par choix.
Parmi les innombrables extravagances
qui passent par l'esprit des hommes,
nous pouvons justement compter l'idée
d'une sécrerte affection indépendante &
supérieure à notre raison, que nous sup-
posons avoir pour notre pays, comme
s'il y avoit quelque vertu physique en
chaque canton de terre qui produisît su-
rement cet effet en ceux qui y naissent.
L'amour de la Patrie est plus puissant que
la raison, & comme si le Heimrey étoit
une maladie universelle inséparable d'un
corps humain & non particuliere aux Suis-
ses qui semblent n avoir été faits que pour
leurs montagnes, comme leurs montagnes
pour eux.
Cette notion peut avoir contribué à
la sureté & à la grandeur des Etats, &
pour cet effet elle a été habilement cul-
tivée & appuyée des préjugés de l'édu-
cacation. Il est atrivé aux hommes sur
ce sujet ce qui leur arrive sur plusieurs
MARS.
1752.
37
autres; à force d'entendre dire qu'une cho-
se doit être, ils parviennent à persua-
der aux autres & à croire eux mêmes
qu elle est.
Nous aimons le pays dans lequel
nous sommes nés à cause des biens par-
ticuliers que nous en recevons, & que
nous pourrions aussi-bien recevoir d'un
autre. Un homme sage se regarde
comme citoyen du monde, & quand
vous lui demandez où est son Pays, ain-
si qu'Anaxagoras, il vous montre le
Ciel.
Il y a encore d'autres personnes qui
ont imaginé que comme tout l'Univers
souffre une continuelle rotation, & que
la Nature semble se délecter ou se con-
server par cette révolution perpétuelle,
de inême il y a dans les esprits des hom-
mes une naturelle inquiétude laquelle les
porte à changer de place & d'habitation.
Cette opinion a au moins une apparen-
ce de vérité dont les autres manquent,
& est autant favorisée par l'expérience,
que l'autre en est contredite.
Mais quelques soient les raisons qui
ont du varier infiniment en un nom-
bre infini d'occasions & en un espace de
tems immense; c est un fait vrai que les
familles & les Nations du monde ont été
38 MERCURE DEFRANCE.
dans une continuelle agitation autour de
la face du globe, chassant & étant chas-
sées tour à tour. Quel nombre de Colo-
nies l'Asie a-t-elle envoyé à l'Europe;
les Phéniciens ont planté les côtes de
la mer méditerrannée, & poussé leurs éta-
blissemens même dans l'Océan. Les Etru-
riens étoient Asiatiques d'extraction, &
sans aller plus loin, les Romains, ces
Maîtres du Monde, reconnoistoient un
Troyen exilé pour Fondateur de leur
Empire.
Combien de transmigrations ont été
en retour de celle ci d'Europe en Afie
elles ne pourroient être nombrées. Car
outre l'Eolique, l'lonique & d'au-
tres à peu près d'égale renommée, les
Grecs, durant plusieurs fiècles firent de
continuelles expéditions, & bâtirent des
Villes en plusieurs parties de l'Asie: les
Gaulois y pénétrerent aussi, & y éta-
blirent un Royaume. Les Scythes Euro-
péens passerent dans ces vastes Provin-
ces, & porterent leurs armes jusqu'aux
confins de l'Egypte. Alexandre subjugua
tout depuis l'Hélespont jusqu'à l'Inde, ba-
tit des villes, & établit des Colonies pour
assurer ces conquêtes & éterniser son nom.
L'Afrique a reçu de l'une & de l'autre de
ces parties du Monde des Habitans &
MARS. 1752.
39
des Maîtres. Comme elle en a reçu,
elle en a donné: les Tyriens bâtirent
la Ville, & fonderent la République de
Carthage, & le grec a été le langage
d'Egypte.
Dans l'Antiquité la plus reculée nous
entendons parler de Belus en Caldée, &
de Sésostris, établissant ces Colonies ba-
za nées dans Colchos. L'Espagne n'a-t-
elle pas été dans ces derniers siécles
sous la domination des Maures.
Si nous venons à l'Histoire Runic,
nous trouverons nos Peres les Gots con-
duits par Woden & par Thors premie-
ment leur Héros & ensuite leurs Divi-
nités, de la Tartarie Asiatique en Eu-
rope; & qui peut nous assurer que c'é-
toit leur premiere transmigration? ils re-
vinrent peut-être en Asie par l'Est du
continent auquel leur fils ont depuis na-
vigé de l'Europe par le Woust; & ainsi
dans la progression de trois ou quatre
mille ans la même race d'homme a
poussé ses conquêtes & ses habitations
autour du globe.
Le monde est un grand désert où tous
les hommes ont erré & joûté l'un con-
tre l'autre depuis la création. Quelques-
uns ont changé de place par nécessité, &
quelques autres par choix. Une nation
40 MERCUREDEFRANCE.
a désiré de se faisir de ce qu'une autre
étoit lasse de posséder, & il seroit dif-
ficile de marquer quel Pays est aujour-
d'hui entre les mains de ses premiers
Habitans.
Ainsi le Destin a ordonné que rien
ne peut être long-temps dans le même
état; & que sont toutes ces transplan-
tations de Peuples, sinon autant d'exils:
Varon le plus sçavant des Romains di-
soit que, puisque la Nature est la même
par tout, il ne devoit y avoir rien de
fâcheux dans un changement de place
pris en lui-même, & dépouillé des au-
tres inconvéniens qui suivent l'exil. Mar-
cus Brutus ajoûtoit, que puisqu'on ne
peut empêcher ceux qui vont dans un
banissement de porter leur vertu par-
tout, on ne peut les rendre malheu-
reux. Que si quelqu'un croit que chacu-
ne de ces consolations prise séparément
ne suffit pas, il doit avouer au moins
que l'une & l'autre jointes ensemble
sont un grand acheminement à dissiper les
terreurs de l'exil. Car ne devons-nous pas
regarder comme des bagatelles tout ce
que nous laissons derriere nous, en com-
paraison des deux plus précieuses choses
dont les hommes puissent jouir, & que
nous sommes assurés qu'ils nous sui-
41
MARS.
1752.
vront par tout où nous tournerons nos
pas, la même nature & notre propre
vertu ? Croyez-moi; la Providence a eta-
bli un tel ordre dans le monde que,
de tout ce qui nous appartient, la moins
estimable part peut scule tomber sous la
volonté des autres, la meilleure est hors
de la portée du pouvoir humain.
Ainsi marchant intrépidement la tête
haute par tout où nous serons menés par
le cours des accidens humains, en quel-
que licu qu'ils nous conduisent, sur
quelque côte que nous soyons jettés
nous ne nous trouverons pas absolument
étrangers; nous rencontrerons des hom-
mes, créatures de la même espéce,
doués des mêmes facultés, & nés sous
les mêmes loix de nature: nous ver-
rons les mêmes vertus & les mêmes vi-
ces partir des mêmes principes géné-
raux, mais variés en mille façons diffé-
rentes & contraires, selon cette infinité
de loix & de coutumes qui sont établies
pour la même fin universelle, c'est-
a-dire pour la conservation de la So-
ciété. Nous ressentirons la même révolu-
tion de faisons, le même Soleil, la mê-
me lune; cette même voûte azurée &
parsemée d'étoiles, sera par tout éten-
due sur notre tête. Il ny a point de
42 MERCURE DE FRANCE.
partie du Monde, d'où nous ne puis-
sions admirer, ces planettes qui roulent
comme la nôtre en différens orbites au-
tout du même Soleil, & tandis que je
suis ravi par de telles contemplations,
tandis que mon ame est ainsi élevée au
ciel, que m'importe quelle terre je fou-
le à mes pieds. Brutus rapportoit dans
le livre qu'il a écrit sur la vertu, qu'il
avoit vu Marcellus en exil à Mitilene
vivant dans tout le bonheur dont la na-
ture humaine est capable, & cultivant
avec autant d'assiduité que jamais, toutes
sortes de louables connoissances; il ajoû-
toit que ce spectacle lui fit croire que,
s'en retournant sans Marcellus, c'étoit
lui même, & non ce dernier qui étoit
banni.
O Marcellus beaucoup plus heureux
quand Brutus approuva ton exil, que
quand la Répubiique approuva ton Con-
sulat! Quelle plus forte preuve du mé-
rite de ce grand homme, que de voir
que ceux qui le laissoient en exil, se re-
gardoient eux-mêmes comme bannis, &
qu'il s'attiroit l'admiration de celui qui
paroissoit un objet d'admiration à son
Caton même!
Brutus rapportoit encore que Cesat
passa sans s'arrêter à Mitilene, parce
MARS.
1752.
43
qu'il ne pouvoit soutenir la vue de Mar-
cellus dans un état si indigne de lui.
Son rétablissement fut enfin obtenu pat
la publique intercession du Senat entier,
qui étoit tellement affligé, que tous les
Senateurs paroissoient avoir les mêmes
sentimens que Brutus, & au lieu de les
supplier pour Marcellus, supplier pour
eux mêmes, ils regardoient comme un exil
de vivre plus long tems sans Marcellus; il
s'en retournoit dans son pays avec hon-
neur, mais surement il demeuroit en exil
avec un plus grand honneur encore,
lorsque Brutus ne pouvoit le résondre à
le quitter, ni Cesar à le voir. L'un &
l'autre portoient témoignage à son méri-
te: Brutus affligé, & Cesar rougissant
d'aller à Rome sans lui.
Métellus Numidicus avoir éprouvé la
même destinée quelques années aupara-
vant. Pendant que le peuple qui est tou-
jours le plus sûr instrument de sa propre
servitude étoit occupé à passer sous la con-
duite de Marius, les fondemens de cette
tyrannie qui fut achevée par Cesar
Métellus seul, au milieu d'un Senat ti-
mide & d'une insolente populace, refu-
sa de confirmer les pernicieuses Loix du
Tribun Saturninus; fa constance devint
ion crime, & l'exil sa punition, une Fac-
Digsinad vo 009
44 MERCURE DE FRANCE.
tion effrenée prévalant contre lui. Les
meilleurs Citoyens armés pour sa défen-
se, étoient prêts à donner leur vie pour
conserver tant de vertu à leur Républi-
que; mais ayant manqué de la persua-
der, il ne trouva pas juste de la con-
traindre: il jugea dans cette phrénésie
de la République Romaine, comme le
divin Platon jugea dans la décadence de
celle d'Athenes. Métellus sçavoit que
si ses Citoyens se corrigeoient, il seroit
rappellé, & s'ils ne se corrigeoient pas
qu'il ne pouvoit être nulle part plus mal
qu'à Rome: il alla volontairement en
exil, & par tout où il passoit, il por-
toit avec lui les symptômes d'un Gouver-
nement malade, & le prognostic d'une
République expirante. L'esprit qui l'ani-
ma pendant son exil paroitra mieux pat
un fragment d'une de ses Lettres, qu'Au-
lugelle, pour l'amour du mot Amilcar
nous a conservé dans une pédantes-
que compilation de phrases usitées par
l'Analiste Claudius, illi verò omni jure
atque honestate interdicti, ego neque aquâ
neque igne careo & summâ gloriâ tru-
niscor.
Heureux Métellus, heureux en ta
propre vertu, heureux en ton pieux fils,
& en cet ami qui te ressembloit en mé-
MARS.
1752.
45
rite & en fortune. Rutillius avoit défen-
fendu l'Asie contre les exactions des Pu-
blicains, conformément à l'étroite justi-
ce dont il faisoit profession. Cette pro-
bité l'avoit rendu odieux à la faction de
Marius; cette haine fit jurer sa perte.
L'homme le plus intègre fut accusé de
corruption, le plus vertueux fut pour-
suivi par le méprisable Apicius, nom
dévoué à l'infamie. Ceux qui avoient
suscité la fausse accusation étoient les Ju-
ges, & prononcerent l'injuste sentence
contre lui: à peine daigna-t-il défendre
sa cause, mais il se retira dans l'Orient,
où la vertu Romaine, que Rome ne
pouvoit plus soutenir, fut reçue avec
honneur: or Rutillius sera-t il réputé
avoir été malheureux? quand ceux qui
le condamnerent, ont été par cette ac-
tion transmis comme des criminels au tri-
bunal de la postérité; quand il fut plus
facile de l'obliger à quitter son Pays
que de l'obliger à souffrir que son exil
finit; quand lui scul osa refuser le Dic-
tateur Silla, & étant rappellé chez lui
non-seulement refusa d'y aller, mais s'en
éloigna encore davantage. Vous me di-
rez, que vous proposez- vous par ces exem-
ples dont une multitude peut être re-
cueillie dans l'Histoire des siécles passés:
46 MERCUREDEFRANCE.
Je me propose de montrer que com-
me le changement de place considéré en
lui-même ne peut cendre nul homme
malheureux: ainsi les autres maux qui
sont généralement reprochés à l'exil ne
peuvent arriver aux hommes sages &
vertueux, où s'ils leur arrivent, ne peu-
vent les rendre misérables. L'effet de ces
maux dépend non de leur propre natu-
re, mais du caractere de celui auquel
ils tombent en partage.
Les pierres sont dures, les glaçons
sont froids, & tous ceux qui les tou-
chent les sentent de même; mais les
bons ou les mauvais évenemens de la for,
tune se font sentir par rapport aux qua-
lités qui sont en nous: ils sont en eux-
mêmes indifférens, & ne sont que des
accidens communs. Ils n acquierent des
forces que par notre vice ou par notre
foiblesse, la fortune ne speut dispenser ni
félicités ni malheurs, à moins que nous
ne coopérions avec esse.
L'homme qui est malheureux par la
perte de son bien, ne seroit pas heureux
en le possédant.
Ceux qui méritent de jouir des avanta-
ges qu'ôte l'exil, ne seront point mal-
heureux quand ils en seront privés. Je
suis fâché de faire une exception à cette
MARS. 1752.
47
régle: mais Ciceron en est un exemple
si remarquable, qu'il ne peut être ni ca-
ché ni passé sous silence. Ce grand hom-
me qui avoit sauvé sa Patrie, qui
n'avoit craint en soutenant cette cause,
ni les insultes d'un parti furieux, ni les
poignards des Assassins, quand il vint à
soufftir pour cette même cause, succom-
ba sous le poids, il deshonora ce ba-
nissement que l'indulgente Providence
destinoit comme un moyen de rendre
sa gloire complette: incertain où il iroit
& ce qu'il feroit; craintif comme une
femme, ou chagrin comme un enfant,
il lamentoit la perte de son rang, de ses
richesses, de sa considération: son élo-
quence ne servoit qu'à peindre son igno-
minie avec de plus vives couleurs, il
pleuroit sur les ruines de sa belle maison
que Clodius avoit démolie: & sa sépa-
ration de Térentia qu'il répudia peu de
temps après, étoit peut-être une afflic-
tion pour lui dans ce moment.
Tout devient insoutenable à l'homme
qui est une fois subjugué par la dou-
leut; il regrette ce dont il jouissoit sans
plaisir, & surchargé déja, il succombe
sous le poids le plus léger: enfin cette
conduite de Ciceron fut telle que ses
amis, aussi-bien que ses ennemis, crurent
48 MERCURE DE FRANCE.
crurent qu'il avoit perdu le sens. Cesar
voyoit avec une sécrette satisfaction
l'homme qui avoit refusé d'être son Lieu-
tenant pleurer sous la verge de Clodius:
Pompée esperoit de trouver quelque ex-
cuse à son, ingratitude, dans le mépris
auquel s'exposoit l'ami qu'il avoit aban-
donné: Atticus même le trouva trop
misérablement attaché à sa premiere for-
tune, & le lui reprocha: Atticus de qui
les plus grands talens étoient l'usure &
l'art de se ménager entre les deux par-
tis; qui plaçoit son principal mérite à
être riche, & qui auroit été noté d'in-
famie à Athenes pour garder des mesures
avec les deux partis. Atticus même rougis-
soit pour Ciceron, & l'homme le moins
sincere qui vêcunt prit le style de Caton,
J'ai insisté sur cet exemple qui auto-
rise la vérité que nous venons d'établir
& qui nous en enseigne une autre de
grande importance.
Les hommes sages sont certainement
supérieurs à tous les maux de l'exil,
mais dans un étroit & stoique sens. Ce-
lui qui a laissé dans son ame une seule
passion sans être subjuguée, ne peut mé-
riter ce nom. Ce n'est pas assez que nous
ayons étudié tous les devoirs de la vie
publique & privée, que nous les ayons
parfaitement
MARS. 1752.
49
parfaitement connus, & qu'aux yeux
du monde nous vivions conformément
à ces devoirs. Une passion qui n est
qu'assoupie dans le coeur, & qui a échap-
pé à notre examen, ou que nous avons
regardée avec indulgence comme pardon-
nable, ou même que nous avons peut-
etre encouragée comme un principe pro-
pre à exciter notre vertu, peut dans un
tems ou daus l'autre détrusre, notre tran-
quilité, & gâter notre caractere entier.
Quand la vertu a encuirassé l'ame de tous
côntés, s'il m'est permis de me servir de
cetre expression, nous sommes de tous
contés in vulnerables, mais Achille fut bles-
sé au talon.
La moindre partie qui ne sera pas
apperçue ou qui sera négligée, peut nous
exposer à une blessure mortelle. La rai-
son ne peut obtenir l'absolue domina-
tion de nos ames par une seule victoire.
Le vice a plusieurs corps de réserve
qu'il faut battre, plusieurs forteresses
qu'il faut emporter. Nous pouvons résis-
ter aux plus rudes attaques de la fortu-
ne, & céder aux plus foibles. Nous pou-
vons avoir gagné le dessus de l'avarice,
la plus générale maladie de l'esprit, &
néanmoins être esclave de l'ambition.
Nous pouvons avoir délivré notre ame
C
50 MERCUREDEFRANCE.
de la peur de la mort, & néammoine
quesqu'autre peur pourra se cacher en
elle. C'étoit le cas de Ciceron: la vanité
étoit son vice capital. Cette vanité avoit
échauffé son zéle, animé son habileté;
encouragé l'amout de son Pays, & sou-
tenu sa constance contre Catilina; mais
elle donna à Clodius une entiere victoi-
re sur lui, il n'etoit pas effrayé de per-
dre la vie, & de quitter biens, hon-
neurs & toutes les choses dont il pleu-
toit la perte, mais il étoit efftayé de
vivre & d'en être privé: il auroit pro-
bablement vû la mort dans certe occasion
avec la même fermeté avec laquelle il
dit à Nopilius Lenas, son Client & son
meurtrier: Approche véteran, & si au
moins tu peux faire ceci, coupe-moi la
tête; mais il ne pouvoit soutenit de se
voir lui même & diêtre vû par d'autres,
dépouillé de ces ornemens dont il avoit
accoutumé d'etre entouté: ce qui le fit
se répandre ainsi en plusieurs honteuses
expressions.
Possum oblivisci qui fuerim; non sentire
qui sim; quo caream honore, quâ gloriâ.
Et parlant à son frere, citavi ne vide-
rem, ne aut illius luctum squalloremque aspi-
cerem, aut me perditum illi afflictumque
efferrem. Il avoit pensé à la mort, il y
MARS. 1752.
avoit préparé son esprit; il y avoit eu
même des occasions, où sa vanité auroit
été flattée par cette mort. La même va-
nité l'avoit empêché dans la prospérité
de supposer qu'un pareil revers put lui
arriver, celui-ci arrivant, le surprit &
le frappa d'étonnement. Il étoit encore
entêté de la pompe & du tracas de Ro-
me, fumum & opes strepitumque Romae. Il
étoit encorę attaché à toutes ces choses
que l'habitude rend nécessaites, & que
la nature a laissées indifférentes: nous
en avons fait l'énumération ci-dessus
il est tems de descendre à un examen
plus particulier.
La suite dans le prochain Mercure,
Sur l'exil écrites en François par Mylord
Bolingbroke, mort en Angleterre le 26
Décembre 1751.
La dissipation de l'esprit & la longueur
du temps sont les remedes ausquels
la plupart des hommes ont recours dans
leurs afflictions; mais le premier n'ope-
re que pour un temps, le second a un ef-
set tardif: l'un & l'autre sont indignes
d'un homme sage.
Nous fuirons-nous nous-mêmes pour
fuit nos infortunes, & nous imagine-
rons-nous follement que le mal est gué-
ri, parce que nous trouvons quelques
momens de relâche dans nos peines?
Nous lamenterons-nous jusquau dernier
soupir, & pleurerons-nous, jusqu'à ce
que nos yeux ne puissent plus fournir des
larmes? Attendrons-nous du temps une
délivrance languissante & incertaine?
différerons-nous à être heureux jusqu'à
ce que nous ayons oublié que nous som-
mes misérables, & donnerons-nous à la
foiblesse de nos facultés une tranquilité
qui doit être l'effet de leurs forces? Met-
MARS. 1752.
31
tons au contraire toutes nos afflictions
passées & présentes à la fois devant
nos yeux.
Résolvons-nous de les surmonter plu-
tôt que de les fuir, & au lieu d'en user
le sentiment par une longue & ignomi-
nieuse patience, cherchons le fond de la
playe, & opérons une cure immédiate
& radicale.
Laissons les soupirs, les pleurs, les foi-
blesses & l'accablement sous les moindres
coups de la mauvaise fortune, à ces mal-
heureux, dont les esprits tendres & déli-
cats ont été énervés par un long cours
de prospérités; que ceux qui ont passé
des années de calamité surmontent le
poids des plus rudes coups avec une
immuable & noble constance.
Les malheurs non interrompus pro-
duisent ce salutaire effet: ils endurcis-
sent. Vous me demanderez si je prétends
être arrivé à la perfection, de la vertu
Stoîque: je vous répondrai que non.
Foible & connoissant ma foiblesse,
je ne présume pas de ma force; ję suis
l'avis que l'Oracle donna à Zenon, &
soumis à la conduite de la Philosophie,
j'en emprunte la force dont j'ai besoin,
& j'y trouve un port assuré contre les
orages de la fortune.
Biiij
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32 MERCUREDE FRANCE.
Il est vrai que la Philosophie a ses
fanfarons aussi bien que la guerre, &
c'est une raisonnable précaution, que de
prendre garde que, pendant que nous
visons à nous élever audessus de l'hom-
me, nous ne tombions au dessous.
Mais fi évitant avec soin le merveil-
leux & toutes les extravagances du Por-
tique, nous adhérons aux seules doc-
trines ausquelles notre raison exempte
de préjugés se soumet avec plaisir; nous
nous mettrons dans une heureuse indépen-
dance, & deviendrons supérieurs aux
infortunes de la vie.
Pour parvenir à cette grande fin, il
est nécessaire que nous soyons attentifs
à découvrir les secrettes ruses, & les at-
taques ouvertes de la fortune, avant
qu'elles nous atteignent: lorsqu'elles
tombent sans être attendues, il est diffi-
cile de leur résister; mais ceux qui les
attendent les repousseront aisément.
L'invasion soudaine d'un ennemi ren-
verse ceux qui ne sont pas fur leurs gar-
des, mais quiconque prévoit la guerre &
s'y prépare, soutiendra sans difficulté
la plus rude attaque. J'ai appris depuis
long. tems cette importante leçon, & ne
me suis jamais fié à la fortune, quand
même elle sembloit être en paix avec
0
MARS. 1752.
33
moi. J'ai placé les richesses, les hon-
neurs, la réputation & tous les avanta-
ges que la perfide indulgence versoit
sur moi, de façon qu'elle pût les re-
prendre sans me causer de trouble. J'ai
mis un intervale entr'eux & moi;
elle les a pris, mais elle n'a pu me les
arracher.
Nul homme ne souffre par la mau-
vaise fortune que celui qui a été dé-
çu par la bonne: si nous nous passion-
nons pour ses dons; si nous nous imagi-
nons qu'ils nous appartienent, & qu'ils
doivent nous rester perpetuellement;
si nous nous appuyons sur eux, & que
nous fondions en eux notre considéra-
tion, nous nous abimerons dans tou-
te l'amertume du chagrin, aussi-tôt que
nous aurons perdu ces biens faux & pas-
sagers, & notre vain & puérile esprit
vuide de solides plaisirs se trouvera des-
titué de ceux mêmes qui sont imaginai-
res; mais si nous ne nous laissons point
emporter à la prospérité, l'adversité ne
pourra nous abbattre. Notre ame sera à
l'épreuve des dangers de l'une & de l'au-
tre. Ayant sondé nos forces, nous en
serons surs, & nous aurons appris au
milieu de la félicité à soutenir l'infor-
tune.
BV
3o
34 MERCURE DE FRANCE.
Il est beaucoup plus difficile d'exa-
miner & de juger par soi-même que de
former ses opinions sur la parole d'autrui;
c'est pourquoi la plupart des hommes
empruntent des autres celles qu'ils ont
sur toutes les affaires de la vie & de la
mort: de-là vient qu'ils sont si unani-
mement ardens à la poursuite des cho-
ses qui n ont qu'un spécieux & trom-
peur éclat. De-là vient aussi que dans
les choses qui font appellées des mal-
heurs, il n'y a rien qui soit aussi dur &
aussi terrible que le cri général nous le
fait entendre. Le mot d'exil, par exem-
ple, patoîit rude, parce que la multi-
tude en a ainsi ordonné; mais ce juge-
ment sera abrogé aux yeux du Sage qui
ne juge pas des choses par les apparen-
ces, mais par ce qu'elles sont: c est un
point que nous allons discuter.
Quest-ce que l'exil? C'est un change-
mentde place, & pour que vous ne disiez
pas que je diminue le mal, j'ajoûterai
que ce changement de place est fréquem-
ment accompagné de beaucoup d'autres
inconvéniens, de la perte des biens
dont vous jouissiez, du rang que vous
teniez, du pouvoir que vous exerciez,
de la séparation de votre famille & de
vos amis, du mépris dans lequel vous
MARS.
=35
1752.
pouvez tomber, de l'ignominie dont
ceux qui vous ont chassé, efsayeront de
noircir votre innocence. Je parlerai dans
la suite en détail de toutes ces choses.
Présentement considérons quel mal-
heur il y a dans un changement de place
solitairement pris & en lui-même.
Vivre éloigné de sa Patrie est un in-
convénient qui vous paroit intolérable;
mais si cela est ainsi, comment arrive-
t-il à un nombre infini de gens de passer
leur vie par choix hors de leur pro-
pre Pays.
Considérez combien les rues de Lon-
dres & de Paris sont remplies; appel-
lez ces millions d'hommes par leur nom,
& leur demandez de quel Pays ils
sont: combien en trouverez-vous de dif-
férentes parties de la tetre qui sont ve-
nus habiter ces grandes Villes, lesquelles
fournissent la plus grande dissipation &
les plus grands encouragemens de vertu
& de vices. Quelques-uns y font attirés
par l'ambition, & quelques autres
sont conduits par le devoir. Plusieurs se
rendent là pour perfectionner leur ef-
prit, & plusieurs pour augmenter leur
fortune. Les uns apportent leur beauté
& les autres leur éloquence au marché.
Allez plus loin, & examinez les zones
Bvj
36 MERCUREDEFRANCE.
brûlantes & glacées, les extrêmités les
plus reculées de l'Orient & du Couchant:
visitez les Nations sauvages de l'Afrique,
ou les plus barbares régions du Nord,
vous ne trouverez point de climat si
mauvais, ni de Pays si sauvage, où
il ny ait quelques gens qui viennent
l'habiter par choix.
Parmi les innombrables extravagances
qui passent par l'esprit des hommes,
nous pouvons justement compter l'idée
d'une sécrerte affection indépendante &
supérieure à notre raison, que nous sup-
posons avoir pour notre pays, comme
s'il y avoit quelque vertu physique en
chaque canton de terre qui produisît su-
rement cet effet en ceux qui y naissent.
L'amour de la Patrie est plus puissant que
la raison, & comme si le Heimrey étoit
une maladie universelle inséparable d'un
corps humain & non particuliere aux Suis-
ses qui semblent n avoir été faits que pour
leurs montagnes, comme leurs montagnes
pour eux.
Cette notion peut avoir contribué à
la sureté & à la grandeur des Etats, &
pour cet effet elle a été habilement cul-
tivée & appuyée des préjugés de l'édu-
cacation. Il est atrivé aux hommes sur
ce sujet ce qui leur arrive sur plusieurs
MARS.
1752.
37
autres; à force d'entendre dire qu'une cho-
se doit être, ils parviennent à persua-
der aux autres & à croire eux mêmes
qu elle est.
Nous aimons le pays dans lequel
nous sommes nés à cause des biens par-
ticuliers que nous en recevons, & que
nous pourrions aussi-bien recevoir d'un
autre. Un homme sage se regarde
comme citoyen du monde, & quand
vous lui demandez où est son Pays, ain-
si qu'Anaxagoras, il vous montre le
Ciel.
Il y a encore d'autres personnes qui
ont imaginé que comme tout l'Univers
souffre une continuelle rotation, & que
la Nature semble se délecter ou se con-
server par cette révolution perpétuelle,
de inême il y a dans les esprits des hom-
mes une naturelle inquiétude laquelle les
porte à changer de place & d'habitation.
Cette opinion a au moins une apparen-
ce de vérité dont les autres manquent,
& est autant favorisée par l'expérience,
que l'autre en est contredite.
Mais quelques soient les raisons qui
ont du varier infiniment en un nom-
bre infini d'occasions & en un espace de
tems immense; c est un fait vrai que les
familles & les Nations du monde ont été
38 MERCURE DEFRANCE.
dans une continuelle agitation autour de
la face du globe, chassant & étant chas-
sées tour à tour. Quel nombre de Colo-
nies l'Asie a-t-elle envoyé à l'Europe;
les Phéniciens ont planté les côtes de
la mer méditerrannée, & poussé leurs éta-
blissemens même dans l'Océan. Les Etru-
riens étoient Asiatiques d'extraction, &
sans aller plus loin, les Romains, ces
Maîtres du Monde, reconnoistoient un
Troyen exilé pour Fondateur de leur
Empire.
Combien de transmigrations ont été
en retour de celle ci d'Europe en Afie
elles ne pourroient être nombrées. Car
outre l'Eolique, l'lonique & d'au-
tres à peu près d'égale renommée, les
Grecs, durant plusieurs fiècles firent de
continuelles expéditions, & bâtirent des
Villes en plusieurs parties de l'Asie: les
Gaulois y pénétrerent aussi, & y éta-
blirent un Royaume. Les Scythes Euro-
péens passerent dans ces vastes Provin-
ces, & porterent leurs armes jusqu'aux
confins de l'Egypte. Alexandre subjugua
tout depuis l'Hélespont jusqu'à l'Inde, ba-
tit des villes, & établit des Colonies pour
assurer ces conquêtes & éterniser son nom.
L'Afrique a reçu de l'une & de l'autre de
ces parties du Monde des Habitans &
MARS. 1752.
39
des Maîtres. Comme elle en a reçu,
elle en a donné: les Tyriens bâtirent
la Ville, & fonderent la République de
Carthage, & le grec a été le langage
d'Egypte.
Dans l'Antiquité la plus reculée nous
entendons parler de Belus en Caldée, &
de Sésostris, établissant ces Colonies ba-
za nées dans Colchos. L'Espagne n'a-t-
elle pas été dans ces derniers siécles
sous la domination des Maures.
Si nous venons à l'Histoire Runic,
nous trouverons nos Peres les Gots con-
duits par Woden & par Thors premie-
ment leur Héros & ensuite leurs Divi-
nités, de la Tartarie Asiatique en Eu-
rope; & qui peut nous assurer que c'é-
toit leur premiere transmigration? ils re-
vinrent peut-être en Asie par l'Est du
continent auquel leur fils ont depuis na-
vigé de l'Europe par le Woust; & ainsi
dans la progression de trois ou quatre
mille ans la même race d'homme a
poussé ses conquêtes & ses habitations
autour du globe.
Le monde est un grand désert où tous
les hommes ont erré & joûté l'un con-
tre l'autre depuis la création. Quelques-
uns ont changé de place par nécessité, &
quelques autres par choix. Une nation
40 MERCUREDEFRANCE.
a désiré de se faisir de ce qu'une autre
étoit lasse de posséder, & il seroit dif-
ficile de marquer quel Pays est aujour-
d'hui entre les mains de ses premiers
Habitans.
Ainsi le Destin a ordonné que rien
ne peut être long-temps dans le même
état; & que sont toutes ces transplan-
tations de Peuples, sinon autant d'exils:
Varon le plus sçavant des Romains di-
soit que, puisque la Nature est la même
par tout, il ne devoit y avoir rien de
fâcheux dans un changement de place
pris en lui-même, & dépouillé des au-
tres inconvéniens qui suivent l'exil. Mar-
cus Brutus ajoûtoit, que puisqu'on ne
peut empêcher ceux qui vont dans un
banissement de porter leur vertu par-
tout, on ne peut les rendre malheu-
reux. Que si quelqu'un croit que chacu-
ne de ces consolations prise séparément
ne suffit pas, il doit avouer au moins
que l'une & l'autre jointes ensemble
sont un grand acheminement à dissiper les
terreurs de l'exil. Car ne devons-nous pas
regarder comme des bagatelles tout ce
que nous laissons derriere nous, en com-
paraison des deux plus précieuses choses
dont les hommes puissent jouir, & que
nous sommes assurés qu'ils nous sui-
41
MARS.
1752.
vront par tout où nous tournerons nos
pas, la même nature & notre propre
vertu ? Croyez-moi; la Providence a eta-
bli un tel ordre dans le monde que,
de tout ce qui nous appartient, la moins
estimable part peut scule tomber sous la
volonté des autres, la meilleure est hors
de la portée du pouvoir humain.
Ainsi marchant intrépidement la tête
haute par tout où nous serons menés par
le cours des accidens humains, en quel-
que licu qu'ils nous conduisent, sur
quelque côte que nous soyons jettés
nous ne nous trouverons pas absolument
étrangers; nous rencontrerons des hom-
mes, créatures de la même espéce,
doués des mêmes facultés, & nés sous
les mêmes loix de nature: nous ver-
rons les mêmes vertus & les mêmes vi-
ces partir des mêmes principes géné-
raux, mais variés en mille façons diffé-
rentes & contraires, selon cette infinité
de loix & de coutumes qui sont établies
pour la même fin universelle, c'est-
a-dire pour la conservation de la So-
ciété. Nous ressentirons la même révolu-
tion de faisons, le même Soleil, la mê-
me lune; cette même voûte azurée &
parsemée d'étoiles, sera par tout éten-
due sur notre tête. Il ny a point de
42 MERCURE DE FRANCE.
partie du Monde, d'où nous ne puis-
sions admirer, ces planettes qui roulent
comme la nôtre en différens orbites au-
tout du même Soleil, & tandis que je
suis ravi par de telles contemplations,
tandis que mon ame est ainsi élevée au
ciel, que m'importe quelle terre je fou-
le à mes pieds. Brutus rapportoit dans
le livre qu'il a écrit sur la vertu, qu'il
avoit vu Marcellus en exil à Mitilene
vivant dans tout le bonheur dont la na-
ture humaine est capable, & cultivant
avec autant d'assiduité que jamais, toutes
sortes de louables connoissances; il ajoû-
toit que ce spectacle lui fit croire que,
s'en retournant sans Marcellus, c'étoit
lui même, & non ce dernier qui étoit
banni.
O Marcellus beaucoup plus heureux
quand Brutus approuva ton exil, que
quand la Répubiique approuva ton Con-
sulat! Quelle plus forte preuve du mé-
rite de ce grand homme, que de voir
que ceux qui le laissoient en exil, se re-
gardoient eux-mêmes comme bannis, &
qu'il s'attiroit l'admiration de celui qui
paroissoit un objet d'admiration à son
Caton même!
Brutus rapportoit encore que Cesat
passa sans s'arrêter à Mitilene, parce
MARS.
1752.
43
qu'il ne pouvoit soutenir la vue de Mar-
cellus dans un état si indigne de lui.
Son rétablissement fut enfin obtenu pat
la publique intercession du Senat entier,
qui étoit tellement affligé, que tous les
Senateurs paroissoient avoir les mêmes
sentimens que Brutus, & au lieu de les
supplier pour Marcellus, supplier pour
eux mêmes, ils regardoient comme un exil
de vivre plus long tems sans Marcellus; il
s'en retournoit dans son pays avec hon-
neur, mais surement il demeuroit en exil
avec un plus grand honneur encore,
lorsque Brutus ne pouvoit le résondre à
le quitter, ni Cesar à le voir. L'un &
l'autre portoient témoignage à son méri-
te: Brutus affligé, & Cesar rougissant
d'aller à Rome sans lui.
Métellus Numidicus avoir éprouvé la
même destinée quelques années aupara-
vant. Pendant que le peuple qui est tou-
jours le plus sûr instrument de sa propre
servitude étoit occupé à passer sous la con-
duite de Marius, les fondemens de cette
tyrannie qui fut achevée par Cesar
Métellus seul, au milieu d'un Senat ti-
mide & d'une insolente populace, refu-
sa de confirmer les pernicieuses Loix du
Tribun Saturninus; fa constance devint
ion crime, & l'exil sa punition, une Fac-
Digsinad vo 009
44 MERCURE DE FRANCE.
tion effrenée prévalant contre lui. Les
meilleurs Citoyens armés pour sa défen-
se, étoient prêts à donner leur vie pour
conserver tant de vertu à leur Républi-
que; mais ayant manqué de la persua-
der, il ne trouva pas juste de la con-
traindre: il jugea dans cette phrénésie
de la République Romaine, comme le
divin Platon jugea dans la décadence de
celle d'Athenes. Métellus sçavoit que
si ses Citoyens se corrigeoient, il seroit
rappellé, & s'ils ne se corrigeoient pas
qu'il ne pouvoit être nulle part plus mal
qu'à Rome: il alla volontairement en
exil, & par tout où il passoit, il por-
toit avec lui les symptômes d'un Gouver-
nement malade, & le prognostic d'une
République expirante. L'esprit qui l'ani-
ma pendant son exil paroitra mieux pat
un fragment d'une de ses Lettres, qu'Au-
lugelle, pour l'amour du mot Amilcar
nous a conservé dans une pédantes-
que compilation de phrases usitées par
l'Analiste Claudius, illi verò omni jure
atque honestate interdicti, ego neque aquâ
neque igne careo & summâ gloriâ tru-
niscor.
Heureux Métellus, heureux en ta
propre vertu, heureux en ton pieux fils,
& en cet ami qui te ressembloit en mé-
MARS.
1752.
45
rite & en fortune. Rutillius avoit défen-
fendu l'Asie contre les exactions des Pu-
blicains, conformément à l'étroite justi-
ce dont il faisoit profession. Cette pro-
bité l'avoit rendu odieux à la faction de
Marius; cette haine fit jurer sa perte.
L'homme le plus intègre fut accusé de
corruption, le plus vertueux fut pour-
suivi par le méprisable Apicius, nom
dévoué à l'infamie. Ceux qui avoient
suscité la fausse accusation étoient les Ju-
ges, & prononcerent l'injuste sentence
contre lui: à peine daigna-t-il défendre
sa cause, mais il se retira dans l'Orient,
où la vertu Romaine, que Rome ne
pouvoit plus soutenir, fut reçue avec
honneur: or Rutillius sera-t il réputé
avoir été malheureux? quand ceux qui
le condamnerent, ont été par cette ac-
tion transmis comme des criminels au tri-
bunal de la postérité; quand il fut plus
facile de l'obliger à quitter son Pays
que de l'obliger à souffrir que son exil
finit; quand lui scul osa refuser le Dic-
tateur Silla, & étant rappellé chez lui
non-seulement refusa d'y aller, mais s'en
éloigna encore davantage. Vous me di-
rez, que vous proposez- vous par ces exem-
ples dont une multitude peut être re-
cueillie dans l'Histoire des siécles passés:
46 MERCUREDEFRANCE.
Je me propose de montrer que com-
me le changement de place considéré en
lui-même ne peut cendre nul homme
malheureux: ainsi les autres maux qui
sont généralement reprochés à l'exil ne
peuvent arriver aux hommes sages &
vertueux, où s'ils leur arrivent, ne peu-
vent les rendre misérables. L'effet de ces
maux dépend non de leur propre natu-
re, mais du caractere de celui auquel
ils tombent en partage.
Les pierres sont dures, les glaçons
sont froids, & tous ceux qui les tou-
chent les sentent de même; mais les
bons ou les mauvais évenemens de la for,
tune se font sentir par rapport aux qua-
lités qui sont en nous: ils sont en eux-
mêmes indifférens, & ne sont que des
accidens communs. Ils n acquierent des
forces que par notre vice ou par notre
foiblesse, la fortune ne speut dispenser ni
félicités ni malheurs, à moins que nous
ne coopérions avec esse.
L'homme qui est malheureux par la
perte de son bien, ne seroit pas heureux
en le possédant.
Ceux qui méritent de jouir des avanta-
ges qu'ôte l'exil, ne seront point mal-
heureux quand ils en seront privés. Je
suis fâché de faire une exception à cette
MARS. 1752.
47
régle: mais Ciceron en est un exemple
si remarquable, qu'il ne peut être ni ca-
ché ni passé sous silence. Ce grand hom-
me qui avoit sauvé sa Patrie, qui
n'avoit craint en soutenant cette cause,
ni les insultes d'un parti furieux, ni les
poignards des Assassins, quand il vint à
soufftir pour cette même cause, succom-
ba sous le poids, il deshonora ce ba-
nissement que l'indulgente Providence
destinoit comme un moyen de rendre
sa gloire complette: incertain où il iroit
& ce qu'il feroit; craintif comme une
femme, ou chagrin comme un enfant,
il lamentoit la perte de son rang, de ses
richesses, de sa considération: son élo-
quence ne servoit qu'à peindre son igno-
minie avec de plus vives couleurs, il
pleuroit sur les ruines de sa belle maison
que Clodius avoit démolie: & sa sépa-
ration de Térentia qu'il répudia peu de
temps après, étoit peut-être une afflic-
tion pour lui dans ce moment.
Tout devient insoutenable à l'homme
qui est une fois subjugué par la dou-
leut; il regrette ce dont il jouissoit sans
plaisir, & surchargé déja, il succombe
sous le poids le plus léger: enfin cette
conduite de Ciceron fut telle que ses
amis, aussi-bien que ses ennemis, crurent
48 MERCURE DE FRANCE.
crurent qu'il avoit perdu le sens. Cesar
voyoit avec une sécrette satisfaction
l'homme qui avoit refusé d'être son Lieu-
tenant pleurer sous la verge de Clodius:
Pompée esperoit de trouver quelque ex-
cuse à son, ingratitude, dans le mépris
auquel s'exposoit l'ami qu'il avoit aban-
donné: Atticus même le trouva trop
misérablement attaché à sa premiere for-
tune, & le lui reprocha: Atticus de qui
les plus grands talens étoient l'usure &
l'art de se ménager entre les deux par-
tis; qui plaçoit son principal mérite à
être riche, & qui auroit été noté d'in-
famie à Athenes pour garder des mesures
avec les deux partis. Atticus même rougis-
soit pour Ciceron, & l'homme le moins
sincere qui vêcunt prit le style de Caton,
J'ai insisté sur cet exemple qui auto-
rise la vérité que nous venons d'établir
& qui nous en enseigne une autre de
grande importance.
Les hommes sages sont certainement
supérieurs à tous les maux de l'exil,
mais dans un étroit & stoique sens. Ce-
lui qui a laissé dans son ame une seule
passion sans être subjuguée, ne peut mé-
riter ce nom. Ce n'est pas assez que nous
ayons étudié tous les devoirs de la vie
publique & privée, que nous les ayons
parfaitement
MARS. 1752.
49
parfaitement connus, & qu'aux yeux
du monde nous vivions conformément
à ces devoirs. Une passion qui n est
qu'assoupie dans le coeur, & qui a échap-
pé à notre examen, ou que nous avons
regardée avec indulgence comme pardon-
nable, ou même que nous avons peut-
etre encouragée comme un principe pro-
pre à exciter notre vertu, peut dans un
tems ou daus l'autre détrusre, notre tran-
quilité, & gâter notre caractere entier.
Quand la vertu a encuirassé l'ame de tous
côntés, s'il m'est permis de me servir de
cetre expression, nous sommes de tous
contés in vulnerables, mais Achille fut bles-
sé au talon.
La moindre partie qui ne sera pas
apperçue ou qui sera négligée, peut nous
exposer à une blessure mortelle. La rai-
son ne peut obtenir l'absolue domina-
tion de nos ames par une seule victoire.
Le vice a plusieurs corps de réserve
qu'il faut battre, plusieurs forteresses
qu'il faut emporter. Nous pouvons résis-
ter aux plus rudes attaques de la fortu-
ne, & céder aux plus foibles. Nous pou-
vons avoir gagné le dessus de l'avarice,
la plus générale maladie de l'esprit, &
néanmoins être esclave de l'ambition.
Nous pouvons avoir délivré notre ame
C
50 MERCUREDEFRANCE.
de la peur de la mort, & néammoine
quesqu'autre peur pourra se cacher en
elle. C'étoit le cas de Ciceron: la vanité
étoit son vice capital. Cette vanité avoit
échauffé son zéle, animé son habileté;
encouragé l'amout de son Pays, & sou-
tenu sa constance contre Catilina; mais
elle donna à Clodius une entiere victoi-
re sur lui, il n'etoit pas effrayé de per-
dre la vie, & de quitter biens, hon-
neurs & toutes les choses dont il pleu-
toit la perte, mais il étoit efftayé de
vivre & d'en être privé: il auroit pro-
bablement vû la mort dans certe occasion
avec la même fermeté avec laquelle il
dit à Nopilius Lenas, son Client & son
meurtrier: Approche véteran, & si au
moins tu peux faire ceci, coupe-moi la
tête; mais il ne pouvoit soutenit de se
voir lui même & diêtre vû par d'autres,
dépouillé de ces ornemens dont il avoit
accoutumé d'etre entouté: ce qui le fit
se répandre ainsi en plusieurs honteuses
expressions.
Possum oblivisci qui fuerim; non sentire
qui sim; quo caream honore, quâ gloriâ.
Et parlant à son frere, citavi ne vide-
rem, ne aut illius luctum squalloremque aspi-
cerem, aut me perditum illi afflictumque
efferrem. Il avoit pensé à la mort, il y
MARS. 1752.
avoit préparé son esprit; il y avoit eu
même des occasions, où sa vanité auroit
été flattée par cette mort. La même va-
nité l'avoit empêché dans la prospérité
de supposer qu'un pareil revers put lui
arriver, celui-ci arrivant, le surprit &
le frappa d'étonnement. Il étoit encore
entêté de la pompe & du tracas de Ro-
me, fumum & opes strepitumque Romae. Il
étoit encorę attaché à toutes ces choses
que l'habitude rend nécessaites, & que
la nature a laissées indifférentes: nous
en avons fait l'énumération ci-dessus
il est tems de descendre à un examen
plus particulier.
La suite dans le prochain Mercure,
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Résumé : REFLEXIONS Sur l'exil écrites en François par Mylord Bolingbroke, mort en Angleterre le 26 Décembre 1751.
Dans 'Réflexions sur l'exil', Lord Bolingbroke, décédé en 1751, analyse les réactions humaines face aux afflictions. Il critique la dissipation et l'attente passive, préférant la confrontation directe des malheurs. Les épreuves prolongées renforcent l'individu, et Bolingbroke se décrit comme faible mais influencé par la philosophie stoïque. Il met en garde contre les extravagances et recommande d'anticiper les malheurs pour atteindre une indépendance heureuse. L'exil est perçu comme un changement de lieu souvent marqué par des pertes et des séparations, dont le véritable malheur dépend du jugement personnel. Le texte explore les migrations humaines à travers l'histoire, soulignant les difficultés de vivre loin de sa patrie, mais notant que beaucoup choisissent volontairement de s'installer ailleurs. Les grandes villes comme Londres et Paris attirent des individus pour diverses raisons, telles que l'ambition ou l'amélioration personnelle. L'attachement à la patrie est souvent exagéré et influencé par l'éducation et les préjugés. Certains philosophes, comme Anaxagoras, considèrent les humains comme des citoyens du monde. Bolingbroke cite des exemples historiques de migrations massives, telles que les colonies envoyées par l'Asie vers l'Europe, les établissements phéniciens, et les conquêtes d'Alexandre le Grand. Il conclut que les hommes ont constamment migré et combattu depuis la création, que ce soit par nécessité ou par choix. Le texte aborde également la notion d'exil et les réflexions philosophiques qui l'entourent. Les nations et les peuples changent fréquemment de territoire, rendant difficile l'identification des terres appartenant à leurs premiers habitants. Varron et Marcus Brutus estiment que changer de lieu n'est pas en soi fâcheux, et que la vertu accompagne toujours ceux qui sont exilés. Des exemples historiques, comme ceux de Marcellus et Métellus Numidicus, illustrent cette idée. Enfin, le texte explore la vulnérabilité humaine face aux vices et aux passions, soulignant que même les personnes les plus robustes peuvent être affectées par des aspects négligés de leur caractère. La raison ne parvient pas toujours à contrôler entièrement l'âme, car le vice se manifeste sous diverses formes et résistances. L'exemple de Cicéron illustre cette dualité : sa vanité, bien qu'ayant stimulé son zèle et son habileté, notamment contre Catilina, le rendit vulnérable face à Clodius.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3332
p. 57-63
LETTRE Ecrite à l'Auteur du Mercure, par un Garçon-Marchand qui voudroit bien être Bel Esprit.
Début :
MONSIEUR, Vous êtes en possession de réunir dans votre Journal [...]
Mots clefs :
Dents, Chicot, Chambre des pairs, Fleur, Public, Académie, Homme
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE Ecrite à l'Auteur du Mercure, par un Garçon-Marchand qui voudroit bien être Bel Esprit.
LETTRE
Ecrite à l'Auteur du Mercure, par un Garçon-Marchand
qui voudroit bien être
Bel Esprit.
MONSIEUR,
Vous êtes en possession de réunir dans
votre Journal l'instructif & l'amusant,
le férieux & le badin. Le Public
trouve son compte dans ce melange judi-
cieux; il a de quoi contenter toutes
fortes de Lecteurs: les uns songent à s'or-
ner l'esprit, les autres cherchent à se ré-
créer. Pour la satisfaction de ces der-
niers, je veux vous raconter une avanture
finguliere, dont hier au soir je fus le té-
moin oculaire. Faites, s'il vous plaît,
bien vîte imprimer ma Relation: je
n'ai point encore vû de ma prose en
lettres moulées; il me semble que cela
doit être bien chatouilleux. Etre Au-
teur !... Figurer dans un Livre !....
se commence.
Au centre ou à peu près de notre
vieille cité (nous dattons du Déluge ).
Au centre donc de notre Ville 2
Cv
58 MERCURE DE FRANCE.
est un réduit public, où s'assemblent
tous les soirs les Fainéans de profession,
& ceux qui quittent leur ouvrage au
jour tombant. Je me vante d'être un des
plus exacts à m'y rendre : dès que ma
boutique est fermée, je vais, je vole
à l'Académie; c'est ainsi que par décen-
ce, & faute d'Académie littéraire, nos ci-
tadins ont nommé ce tripot. Là, on tue le
temps comme on peut: les uns jouent,
ou parient: les autres mangent ou boivent:
plusieurs parlent, dissertent, exagerent,
chantent, crient; quelques-uns regar-
dent, se taisent écoutent, se mocquent,
sennuient. Cet hôtel, véritable tour de
Babel, vraie Cour du Roi Petaut, est
distribué en plusieurs appartemens, dont
deux principaux: lappartement haut,
c'est proprement l'Acadèmie, l'assemblée
du beau-monde, la Chambre des Pairs;
je n'y vais que les Dimanches : l'aparte-
tement bas où je vais tous les jours,
sera, si vous le voulez la Chambre des
Communes, vulgairement un billard,
une taverne à bierte, un poële enfumé.
Cleres de Procureur, Garçons-Mar-
chands, Huifsiers, Rats de-cave, Eco-
liers, tous bons enfans & gens du pays,
forment le gros de la bruyante assem-
blée. Les Etrangers y sont admis, com-
Digfires bO
MARS. 1752.
57
me de raison; aussi sont-ce deux Etran-
gers qui vont jouer le principale rôle
dans la Scene que j'ai à détailler. Scene
vraiment comique, quoique ensanglan-
tée: mais allons au fait; je crains de
m'être un peu trop arrêté sur la description
dulieu de laScene; en tout cas, si j'ai eu tort,
qu'on me pardonne; je suis apprentif
Relateur: moi-même, j'ai souvent eu
de l'indulgence pour les Maîtres de
PArt.
Un Arracheur de dents qui ne ment
jamais, du moins à ce qu'il dit, exer-
ce depuis quelque temps son Art en cet-
te Ville. Il se nomme le sieur N.***
C'est un petit homme singulier, gros
& court, borgne & grimacier, parlant
haut & toujours, vantant sa dextérité &
fes prouesses, aimant son métier jus-
qu'à la fureur, regardant les dents qu'il
a arrachées, comme autant d'escadrons
renversés, brave d'ailleurs & sur la hanche,
faisant trembler les vieux corps, sans en-
excepter ceux des pieds, dur à lui-mê-
me jusou'à l'Héroisme, bravant les ri-
gueurs de la saison, couvert de la plus:
mince papeline; ennemi jurè des fa-
çons, & furtout des visites du premier
jour de l'an, ayant eu soin de distri-
buer trois jours avant; force billets impri-
C
60 MERCURE DE FRANCE.
mès, où il assute qu'il arrachera les dents
à toutes les personnes qui lui feront l'hon-
neur de le venir voir. Tel est mon Héros
principal. Nous le voyons tous les jours
avec plaisit, nous l'entendons avec ad-
miration. Il opere sous nos yeux en plein
billard; & je dois dire en Historien fi-
delle, qu'il opere fort heureusement.
Hier pourtant, hier, sa gloire, aussi
brillante, mais aussi fragile que le crys-
tal, vint se briser contre un chicot obs-
tiné. Le Laquais d'un de nos Magis-
trats, qui s'amusoit bonnement avec nous
jusqu'à ce que son Maître descendit de
la Chambre des Pairs, se plaignit à no-
tre Artiste d'un reste de dent qui l'in-
commodoit. L'examiner, offrir ses servi-
ces, la manquer, la remanquer deux ou
trois fois, tout cela fut executé. Le La-
quais saignoit fort & se plaignoit: l'O-
pérateur juroit gros, & rougissoit: le
Public assemblé s'étonnoit; un mauvais
Plaisant haussoit les épaules & rioit. Le
colérique N*** s'en apperçut: vous
riez, Monsieur, lui dit-il: sachez qu'il
ny a point de Dentiste en France qui
puisse tirer ce chicot; point d'homme
en Europe... Monseu, Monseu, ajou-
ta-t. il, en haussant le ton & ôtant son
chapeau, j'ai eu l'honneur de travailler
MARS. 1752.
61
dans toutes les Cours d'Allemagne, de
Prusse, de Hollande, d'Angleterre, j'en ai
de bons certificats, & si ce chicot ...
Il en auroit dit davantage, si le Rieur,
qui alors ne rioit plus, ne l'eût inter-
rompu, J'arracherai pourtant ce chicot
tout. à l'heure, si M. la Fleur me le pet-
met, dit il modestement; M. la Fleur
mertez vous là: oui oui, Monsieur, met-
tez-vous là, dit aussi l'éhonté Opérateur,
nous allons voir. Le complaisant la Fleur
s'assied, ouvre la bouche, présente la mâ-
choire; le nouveau Dentiste y met le
davier, le chicot est enlevé . .... . Eh.
donc! Monsu de la Fleur, faites garga-
risme à l'alvéole. Ce terme de l'Art pro-
noncé d'un accent biscayen, la vue du
chicot ensanglanté; le regard malin des
Assistans, pétrifierent le pauvre N***
Je le vois bien, Monsieur, dit-il, vous
êtes du métier; mais morbleu! Si je
n'eusse ébranlé cette dent, de votre vie-
vous ne l'eussiez tirée. Le garçon Chi-
rurgien, car en effet c'en étoit un, pic-
qué de cette rodomontade, qui sem-
bloit le ravaler, palit de colere, & rougir
je
d'indignation. Je parie, dit-il à N***
parie vous arracher à vous- même à l'instant
toutes les dents l'une après l'autre; & si
jun manque une seule, je veux.. Tope,
BaseesOO
62 MERCUREDE FRANCE.
repondit l'autre. Je parie un louis d'or .. I.
la dispute étoit trop plaisante: un mem-
bre de la Chambre des Communes se
députe à la Chambre des Pairs; les Pairs
descendent .... Dans cet intervale la ga-
geure d'un louis d'or avoit été réduite à
trois livres, & l'expérience à trois dents.
N***
,le cul par terre, indiquoit à
son rival celles de toutes ses dents qui-
étoient le mieux enracinées; le jeune
Chirurgien saisit la premiere, la renver-
se, la jette sans parler aux pieds de N*xx
& d'une main victorieuse alloit froide-
ment continuer l'abatis, lorsque N***
tut ensanglanté se releve, vous avez
gagné, dit il en l'embrassant, vous êtes un
habile homme, je ne l'aurois pas mieux
arrachée: l'écu est à vous .... Mais le
triomphant Chirurgien scut user de la-
victoire; content de ses lauriers, il re-
fusa d'empocher le prix de ses travaux
rendit l'écu. Nr* de son côté se picqua de
génétosité; on apporta des pots, des li-
queurs. Tous les Assistans furent engagés à
se joindre aux trois Acteurs principaux;
beaucoup accepterent, je fus de ce nom-
bre, & au lieu d'un écu, nous en bu-
mes au moins quatre. Instabilité des cho-
ses humaines! pourtois je m'écrier ici:
vanité des biens de ce monde!N**
jitized by Goog
63
MARS. 1752.
perd en un quart d'heure au plus sa ré-
putation, une dent saine & quatre écus.
Voilà, Monsieur, la singularité dont
j'avois à vous rendre compte. Je sens
combien une Seene aussi plaisante perdra,
à être lue : le tout est d'en avoir été Spec-
tateur. La honte, le dépit de l'un, le-
tiomphe & la joye de l'autre, les mu-
seaux saignanis des deux édentés, des
rieurs de toutes paris; les attitudes va-
riées des Spectateurs, ces différens ob-
jets formoient un tout inimitable. Ja-
mais je n'ai vû un tableau aussi original.
J'aurois peut être mieux réussi dans la
copie que j'en ai faite, si j'eusse osé y
employer plus de temps, mais j'ai eu
peur d'être prévenu. Nous avons ici plu-
sieurs Beaux-Esprits qui auroient saisi cet-
te occasion d'augmenter leur gloire. On-
vient même de massurer que Mademoi-
selle... avoit passé toute la nuit pour en-
faire le sujet d'une Epître à une Duches-
se; Mademoiselle .. la matiere d'uneEglo-
gue ; M. l'Abbé .... le canevas d'une
Ode Anacréontique. Pour moi je ne fais
point de vers, ou du moins si par mal-
heur j'en fais, ils sont assez méchans,
Mais je me garde bien de les montrer aux gens.
T'ai l'honneur d'être, &c.
Ecrite à l'Auteur du Mercure, par un Garçon-Marchand
qui voudroit bien être
Bel Esprit.
MONSIEUR,
Vous êtes en possession de réunir dans
votre Journal l'instructif & l'amusant,
le férieux & le badin. Le Public
trouve son compte dans ce melange judi-
cieux; il a de quoi contenter toutes
fortes de Lecteurs: les uns songent à s'or-
ner l'esprit, les autres cherchent à se ré-
créer. Pour la satisfaction de ces der-
niers, je veux vous raconter une avanture
finguliere, dont hier au soir je fus le té-
moin oculaire. Faites, s'il vous plaît,
bien vîte imprimer ma Relation: je
n'ai point encore vû de ma prose en
lettres moulées; il me semble que cela
doit être bien chatouilleux. Etre Au-
teur !... Figurer dans un Livre !....
se commence.
Au centre ou à peu près de notre
vieille cité (nous dattons du Déluge ).
Au centre donc de notre Ville 2
Cv
58 MERCURE DE FRANCE.
est un réduit public, où s'assemblent
tous les soirs les Fainéans de profession,
& ceux qui quittent leur ouvrage au
jour tombant. Je me vante d'être un des
plus exacts à m'y rendre : dès que ma
boutique est fermée, je vais, je vole
à l'Académie; c'est ainsi que par décen-
ce, & faute d'Académie littéraire, nos ci-
tadins ont nommé ce tripot. Là, on tue le
temps comme on peut: les uns jouent,
ou parient: les autres mangent ou boivent:
plusieurs parlent, dissertent, exagerent,
chantent, crient; quelques-uns regar-
dent, se taisent écoutent, se mocquent,
sennuient. Cet hôtel, véritable tour de
Babel, vraie Cour du Roi Petaut, est
distribué en plusieurs appartemens, dont
deux principaux: lappartement haut,
c'est proprement l'Acadèmie, l'assemblée
du beau-monde, la Chambre des Pairs;
je n'y vais que les Dimanches : l'aparte-
tement bas où je vais tous les jours,
sera, si vous le voulez la Chambre des
Communes, vulgairement un billard,
une taverne à bierte, un poële enfumé.
Cleres de Procureur, Garçons-Mar-
chands, Huifsiers, Rats de-cave, Eco-
liers, tous bons enfans & gens du pays,
forment le gros de la bruyante assem-
blée. Les Etrangers y sont admis, com-
Digfires bO
MARS. 1752.
57
me de raison; aussi sont-ce deux Etran-
gers qui vont jouer le principale rôle
dans la Scene que j'ai à détailler. Scene
vraiment comique, quoique ensanglan-
tée: mais allons au fait; je crains de
m'être un peu trop arrêté sur la description
dulieu de laScene; en tout cas, si j'ai eu tort,
qu'on me pardonne; je suis apprentif
Relateur: moi-même, j'ai souvent eu
de l'indulgence pour les Maîtres de
PArt.
Un Arracheur de dents qui ne ment
jamais, du moins à ce qu'il dit, exer-
ce depuis quelque temps son Art en cet-
te Ville. Il se nomme le sieur N.***
C'est un petit homme singulier, gros
& court, borgne & grimacier, parlant
haut & toujours, vantant sa dextérité &
fes prouesses, aimant son métier jus-
qu'à la fureur, regardant les dents qu'il
a arrachées, comme autant d'escadrons
renversés, brave d'ailleurs & sur la hanche,
faisant trembler les vieux corps, sans en-
excepter ceux des pieds, dur à lui-mê-
me jusou'à l'Héroisme, bravant les ri-
gueurs de la saison, couvert de la plus:
mince papeline; ennemi jurè des fa-
çons, & furtout des visites du premier
jour de l'an, ayant eu soin de distri-
buer trois jours avant; force billets impri-
C
60 MERCURE DE FRANCE.
mès, où il assute qu'il arrachera les dents
à toutes les personnes qui lui feront l'hon-
neur de le venir voir. Tel est mon Héros
principal. Nous le voyons tous les jours
avec plaisit, nous l'entendons avec ad-
miration. Il opere sous nos yeux en plein
billard; & je dois dire en Historien fi-
delle, qu'il opere fort heureusement.
Hier pourtant, hier, sa gloire, aussi
brillante, mais aussi fragile que le crys-
tal, vint se briser contre un chicot obs-
tiné. Le Laquais d'un de nos Magis-
trats, qui s'amusoit bonnement avec nous
jusqu'à ce que son Maître descendit de
la Chambre des Pairs, se plaignit à no-
tre Artiste d'un reste de dent qui l'in-
commodoit. L'examiner, offrir ses servi-
ces, la manquer, la remanquer deux ou
trois fois, tout cela fut executé. Le La-
quais saignoit fort & se plaignoit: l'O-
pérateur juroit gros, & rougissoit: le
Public assemblé s'étonnoit; un mauvais
Plaisant haussoit les épaules & rioit. Le
colérique N*** s'en apperçut: vous
riez, Monsieur, lui dit-il: sachez qu'il
ny a point de Dentiste en France qui
puisse tirer ce chicot; point d'homme
en Europe... Monseu, Monseu, ajou-
ta-t. il, en haussant le ton & ôtant son
chapeau, j'ai eu l'honneur de travailler
MARS. 1752.
61
dans toutes les Cours d'Allemagne, de
Prusse, de Hollande, d'Angleterre, j'en ai
de bons certificats, & si ce chicot ...
Il en auroit dit davantage, si le Rieur,
qui alors ne rioit plus, ne l'eût inter-
rompu, J'arracherai pourtant ce chicot
tout. à l'heure, si M. la Fleur me le pet-
met, dit il modestement; M. la Fleur
mertez vous là: oui oui, Monsieur, met-
tez-vous là, dit aussi l'éhonté Opérateur,
nous allons voir. Le complaisant la Fleur
s'assied, ouvre la bouche, présente la mâ-
choire; le nouveau Dentiste y met le
davier, le chicot est enlevé . .... . Eh.
donc! Monsu de la Fleur, faites garga-
risme à l'alvéole. Ce terme de l'Art pro-
noncé d'un accent biscayen, la vue du
chicot ensanglanté; le regard malin des
Assistans, pétrifierent le pauvre N***
Je le vois bien, Monsieur, dit-il, vous
êtes du métier; mais morbleu! Si je
n'eusse ébranlé cette dent, de votre vie-
vous ne l'eussiez tirée. Le garçon Chi-
rurgien, car en effet c'en étoit un, pic-
qué de cette rodomontade, qui sem-
bloit le ravaler, palit de colere, & rougir
je
d'indignation. Je parie, dit-il à N***
parie vous arracher à vous- même à l'instant
toutes les dents l'une après l'autre; & si
jun manque une seule, je veux.. Tope,
BaseesOO
62 MERCUREDE FRANCE.
repondit l'autre. Je parie un louis d'or .. I.
la dispute étoit trop plaisante: un mem-
bre de la Chambre des Communes se
députe à la Chambre des Pairs; les Pairs
descendent .... Dans cet intervale la ga-
geure d'un louis d'or avoit été réduite à
trois livres, & l'expérience à trois dents.
N***
,le cul par terre, indiquoit à
son rival celles de toutes ses dents qui-
étoient le mieux enracinées; le jeune
Chirurgien saisit la premiere, la renver-
se, la jette sans parler aux pieds de N*xx
& d'une main victorieuse alloit froide-
ment continuer l'abatis, lorsque N***
tut ensanglanté se releve, vous avez
gagné, dit il en l'embrassant, vous êtes un
habile homme, je ne l'aurois pas mieux
arrachée: l'écu est à vous .... Mais le
triomphant Chirurgien scut user de la-
victoire; content de ses lauriers, il re-
fusa d'empocher le prix de ses travaux
rendit l'écu. Nr* de son côté se picqua de
génétosité; on apporta des pots, des li-
queurs. Tous les Assistans furent engagés à
se joindre aux trois Acteurs principaux;
beaucoup accepterent, je fus de ce nom-
bre, & au lieu d'un écu, nous en bu-
mes au moins quatre. Instabilité des cho-
ses humaines! pourtois je m'écrier ici:
vanité des biens de ce monde!N**
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MARS. 1752.
perd en un quart d'heure au plus sa ré-
putation, une dent saine & quatre écus.
Voilà, Monsieur, la singularité dont
j'avois à vous rendre compte. Je sens
combien une Seene aussi plaisante perdra,
à être lue : le tout est d'en avoir été Spec-
tateur. La honte, le dépit de l'un, le-
tiomphe & la joye de l'autre, les mu-
seaux saignanis des deux édentés, des
rieurs de toutes paris; les attitudes va-
riées des Spectateurs, ces différens ob-
jets formoient un tout inimitable. Ja-
mais je n'ai vû un tableau aussi original.
J'aurois peut être mieux réussi dans la
copie que j'en ai faite, si j'eusse osé y
employer plus de temps, mais j'ai eu
peur d'être prévenu. Nous avons ici plu-
sieurs Beaux-Esprits qui auroient saisi cet-
te occasion d'augmenter leur gloire. On-
vient même de massurer que Mademoi-
selle... avoit passé toute la nuit pour en-
faire le sujet d'une Epître à une Duches-
se; Mademoiselle .. la matiere d'uneEglo-
gue ; M. l'Abbé .... le canevas d'une
Ode Anacréontique. Pour moi je ne fais
point de vers, ou du moins si par mal-
heur j'en fais, ils sont assez méchans,
Mais je me garde bien de les montrer aux gens.
T'ai l'honneur d'être, &c.
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Résumé : LETTRE Ecrite à l'Auteur du Mercure, par un Garçon-Marchand qui voudroit bien être Bel Esprit.
Un garçon-marchand relate à l'éditeur du Mercure une scène comique observée à l'Académie. L'histoire implique un arracheur de dents, le sieur N***, réputé pour sa vantardise et son habileté. Un jour, N*** échoue à extraire une dent difficile, ce qui attire les moqueries d'un étranger se révélant être un chirurgien. Ce dernier réussit l'extraction, provoquant la colère de N***. Une dispute éclate, et N*** parie qu'il peut arracher toutes les dents du chirurgien. La lettre initiale ne révèle pas l'issue du pari. La scène se poursuit avec un pari initial d'un louis d'or, réduit à trois livres, sur l'arrachage d'une dent. Le chirurgien gagne et arrache une dent à N***, qui reconnaît sa défaite et embrasse le chirurgien. Le chirurgien refuse l'argent gagné, et tous célèbrent l'événement. Cependant, la réputation de N*** est ruinée, et il perd également une dent saine et quatre écus. Le narrateur réfléchit sur l'instabilité des choses humaines et la vanité des biens terrestres. Il regrette de ne pas pouvoir décrire plus longuement la scène, craignant d'être devancé par d'autres écrivains. Plusieurs personnes, dont une demoiselle et un abbé, exploitent déjà cet événement pour leurs œuvres littéraires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3333
p. 65-70
LETTRE De M. le Chevalier de Mouhy, à l'Auteur du Mercure.
Début :
Je ne dois point laisser ignorer au Public, Monsieur, que l'ouvrage que je [...]
Mots clefs :
Théâtre, Ouvrage, Auteurs, Histoire, Chronologique, Acteurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE De M. le Chevalier de Mouhy, à l'Auteur du Mercure.
LETTRE
De M. le Chevalier de Mouhy, à l'Auteur
du Mercure.
Je ne dois point laisset ignorer au Public,
Monfieur, que l'ouvrage que je
vais lui donner dans quelques jours sous le
titre de Tablettes Dramatiques, ne renfer-
me point des observations critiques sur
les Auteurs qui ont écrit avant moi dans
ce genre, comme on l'annonce déja. Bien
loin d'avoir pensé à relever les fautes
qu'ils ont pû faire, je ne me suis occupé
que du soin de les éviter; & quand par
des recherches réitérées je nai pu douter
qu'ils ne fussent tombés dans l'erreus, je
n'en ai prosité que pour m'en garantir
sans les citer, nim en faire un mérite. Mon
unique vue, Monsieur, en entreprenant
cet ouvrage, a été de renfermer dans un
seul volume tout ce que l'histoire du Théâ
&6 MERCUREDE FRANCE.
tre François offre de plus interessant, &
de le faire avec assez d'ordre, pour qu'à
l'ouverture du livre, on trouvât sans per-
ne ce qu'on avoit desfein d'y chercher.
Pour vous mettre en état de compren-
dre si l'exécution a répondu au projet, je
vais vous donner une esquisse de l'ouvra-
ge.
1. Il commence par une préface néces-
faire pour l'intelligence du Livre.
2. On trouve ensuite un abrégé trèg-
court de l'Histoire du Théatre François,
depuis fon origine, jusqu'à l'établisse-
ment de l'Hôtel de Bourgogne.
3. Il est suivi d'un essai chronologique
fur l'établissement des différens Théâtres
à Paris depuis celui de S. Maur, en
jusqu'en 1689.
4. Le Dictionnaite se presente après. II
ren ferme toutes les piéces du Théâtre Fran-
5ois jouées ou imprimées depuis 1552,
jusques & compris l'année 1751, & les
mois de Janvier & de Fevrier 1752.
5. Les Histoires, en abregé des Au-
teurs dont les piêces sont répandues dant
cet ouvrage suivent immédiatement. Je
les ai partagées en deux classes: la prei-
miere contient une vie très-abrégée de
ceux qui sont très-connus, & la seconde
renferme ee qui a rapport aux Auteurs qui
le sont moins.
MiARS. 1752.
6. Enfin l'Ouvrage finit par un petit
traité chronologique de tous les Acteurs
François qui ont paru sur le Théâtre de-
puis 1510 jusqu'à ce jour.
Sur l'exposé que je viens de vous faire
je fuis persuadé, Monsieur, que vous avea
déja pensé que je n'ai qu'effleuré ces dif-
férentes parties, ou que je n'ai écrit que
sur les principales. Non Monsicur, j'ose
avancer qu'à l'exception des détails, jar
faisi tout ce qui s'appelle Faits, que je n'ai
rien obmis de tout ce qui est connu; &
pour ce qui a rapport aux piéces de Théâ-
tre François, que mon Dictionnaire est
plus étendu que tous les differens catalo-
gues qui ont paru jusqu'aujourd'hui.
Mais comment se peut il, mallez- vous
dire, que vous soyez parvenu à renfermer
tant de parties différentes dans un seul
volume? Par un moyen tout simple, Mon-
sieur: c'est par la maniere de les imprimer
qui resserre dans une seule ligne ce qui en
exigeoit naturellement plusieurs. Un exem
ple donné sur une piéce de Théâtre va
vous mettre à portée d'en juger. Supposé
que vous vouliez scavoir de qui est l'Hom-
me à bonnes fortunes, en quel jour & en
quelle année cette Comedie a été répré-
sentée, combien elle a eu de représenta-
tions, le tems où elle a été imprimée, &
Digstued veOO
68 MERCURE DE FRANCE.
en quel format est l'édition: une seule li-
gne ne vous laissera rien à désirer sur tou-
tes ces choses; & vous trouverez sous certe
ligne partagée en cinq colonnes ce qui
vous reste à apprendre pour l'historique
de la Piéce.
Exemple.
An. des
de
Le
Nem des Pieces.
Autsurs. (repres-nt. 1 Nomb. IElitiont
25 116800 12
OMME ()SARON. 1680
à bonnea fortunes, Comédie en einqu actes en prose
donnéc le 30 Jauvier, très agreable, rest e au Théatre
& toujoula revue avec plaisir quoiqu'ecrite avec un peu
de négligence. Bien des gens ont prétendu que Baron
pu'en étoit que le prête nom, mais i s n'en ont apporté
aucune preuve.
Supposant que quoique sufsisament ins-
truit de ce qui a rapport à cette piéce
votre curiosité s'étende plus loin, & que
vous vouliez sçavoir quelques particulari-
tés de l'Histoire de l'Auteur; vous verrez
après le Dictionnaire à la tête des pages,
les Auteurs à la lettre B. vous trouverea
Baron à sa place.
Exemple pour les Auteurs.
Les Anteurz. (Taalite.
Naissance.
Mort.
BARON(M.) POITE. né en 1653. m. en 1719.
On trouve dans le Parnasse François de du Til-
let un article étendu sur ce Comédien. Il étoit
vain, & aroit une si grande opinion de lui-meme,
MARS. 1752.
6
qu'il pensa refuser la pension que le Roi lui avoit
accordée, parce que l'Ordonnance portoit: payez
au nommé Michel Boyron, dit Baron, &c. Il
quitta le Théatre deux sois. C'est le plus grand
Acteur qu'il y ait jamais eu. Sa rentrée acheva de
zétublir le naturel au Théatre; ouvrage qui avoit
déja été commencé par Mademoiselle le Couvreut.
Avant eux la déclamation étoit devenue une espece
de chant; ce manvais goût avoit été introduit par-
Mademoiselle de Champmesté, & augmenté par
Mademoiselle Duclos. Beaubourg qui avoit été
long.tems en possession des premiers rôles, avoit
pris aussi le genre de déclamation forcée, qu'il
corrigeoit cependant par beaucoup d'ame.
Après les Auteurs, on trouve, Mon-
sieur, un petit Traité Chronologique de
tous les Acteurs qui ont été reçus depuis
1510. jusqu'aujourd'hui. Mon premiet pro-
jet avoit d'abord été de les placer dans le
même ordte que les piéces, afin que la re-
cherche en fût plus facile; mais outre que
je combois par-là dans une monotonie
qu'on m'auroit sans doute reprochée, eet
arrangement m'auroit mis dans la necessité
de grossir le volume d'une huitième parti:
pour y placer les anecdotes relatives & es-
sentielles à l'histoire du Théâtre, que je ne
pouvois obmetre sans rendre mon ouvtage
imparfait; au lieu qu'en suivant l'ordre
chronologique, ces anecdotes se trouvent
portées naturellement aux années qui leur
conviennent.
70 MERCURE DE FRANCE.
Je ne finirai point ma lettre, Monsieur,
sans vous avoner que la partie des Acteurs
n'étoit point faite quand j'ai présenté l'ou-
vrage, dont je viens de vous donner l'idée,
à M. le Duc de Chartres! après avoir eu la
complaisance de le parcourir, ce Prince
s'en apperçut d'abord, & eut la bonté de
me dire que les Acteurs tenant aussi essen-
tiellement à l'histoire du Théatre, je ne
pouvois me dispenset d'en parler, il n'en
a pas fullu davantage pour me déterminer
à traiter cette partie. Je ne compterai pour
rien les veilles que j'ai employées pour ce
nouveau travail, si j'ai été assez heureux
pour réussir.
J'ay l'honneur d'ette parfaitement,
MONSIEUR;
Votre très-humble & très,
obeissant ferviteur,
DE MOUHY.
De M. le Chevalier de Mouhy, à l'Auteur
du Mercure.
Je ne dois point laisset ignorer au Public,
Monfieur, que l'ouvrage que je
vais lui donner dans quelques jours sous le
titre de Tablettes Dramatiques, ne renfer-
me point des observations critiques sur
les Auteurs qui ont écrit avant moi dans
ce genre, comme on l'annonce déja. Bien
loin d'avoir pensé à relever les fautes
qu'ils ont pû faire, je ne me suis occupé
que du soin de les éviter; & quand par
des recherches réitérées je nai pu douter
qu'ils ne fussent tombés dans l'erreus, je
n'en ai prosité que pour m'en garantir
sans les citer, nim en faire un mérite. Mon
unique vue, Monsieur, en entreprenant
cet ouvrage, a été de renfermer dans un
seul volume tout ce que l'histoire du Théâ
&6 MERCUREDE FRANCE.
tre François offre de plus interessant, &
de le faire avec assez d'ordre, pour qu'à
l'ouverture du livre, on trouvât sans per-
ne ce qu'on avoit desfein d'y chercher.
Pour vous mettre en état de compren-
dre si l'exécution a répondu au projet, je
vais vous donner une esquisse de l'ouvra-
ge.
1. Il commence par une préface néces-
faire pour l'intelligence du Livre.
2. On trouve ensuite un abrégé trèg-
court de l'Histoire du Théatre François,
depuis fon origine, jusqu'à l'établisse-
ment de l'Hôtel de Bourgogne.
3. Il est suivi d'un essai chronologique
fur l'établissement des différens Théâtres
à Paris depuis celui de S. Maur, en
jusqu'en 1689.
4. Le Dictionnaite se presente après. II
ren ferme toutes les piéces du Théâtre Fran-
5ois jouées ou imprimées depuis 1552,
jusques & compris l'année 1751, & les
mois de Janvier & de Fevrier 1752.
5. Les Histoires, en abregé des Au-
teurs dont les piêces sont répandues dant
cet ouvrage suivent immédiatement. Je
les ai partagées en deux classes: la prei-
miere contient une vie très-abrégée de
ceux qui sont très-connus, & la seconde
renferme ee qui a rapport aux Auteurs qui
le sont moins.
MiARS. 1752.
6. Enfin l'Ouvrage finit par un petit
traité chronologique de tous les Acteurs
François qui ont paru sur le Théâtre de-
puis 1510 jusqu'à ce jour.
Sur l'exposé que je viens de vous faire
je fuis persuadé, Monsieur, que vous avea
déja pensé que je n'ai qu'effleuré ces dif-
férentes parties, ou que je n'ai écrit que
sur les principales. Non Monsicur, j'ose
avancer qu'à l'exception des détails, jar
faisi tout ce qui s'appelle Faits, que je n'ai
rien obmis de tout ce qui est connu; &
pour ce qui a rapport aux piéces de Théâ-
tre François, que mon Dictionnaire est
plus étendu que tous les differens catalo-
gues qui ont paru jusqu'aujourd'hui.
Mais comment se peut il, mallez- vous
dire, que vous soyez parvenu à renfermer
tant de parties différentes dans un seul
volume? Par un moyen tout simple, Mon-
sieur: c'est par la maniere de les imprimer
qui resserre dans une seule ligne ce qui en
exigeoit naturellement plusieurs. Un exem
ple donné sur une piéce de Théâtre va
vous mettre à portée d'en juger. Supposé
que vous vouliez scavoir de qui est l'Hom-
me à bonnes fortunes, en quel jour & en
quelle année cette Comedie a été répré-
sentée, combien elle a eu de représenta-
tions, le tems où elle a été imprimée, &
Digstued veOO
68 MERCURE DE FRANCE.
en quel format est l'édition: une seule li-
gne ne vous laissera rien à désirer sur tou-
tes ces choses; & vous trouverez sous certe
ligne partagée en cinq colonnes ce qui
vous reste à apprendre pour l'historique
de la Piéce.
Exemple.
An. des
de
Le
Nem des Pieces.
Autsurs. (repres-nt. 1 Nomb. IElitiont
25 116800 12
OMME ()SARON. 1680
à bonnea fortunes, Comédie en einqu actes en prose
donnéc le 30 Jauvier, très agreable, rest e au Théatre
& toujoula revue avec plaisir quoiqu'ecrite avec un peu
de négligence. Bien des gens ont prétendu que Baron
pu'en étoit que le prête nom, mais i s n'en ont apporté
aucune preuve.
Supposant que quoique sufsisament ins-
truit de ce qui a rapport à cette piéce
votre curiosité s'étende plus loin, & que
vous vouliez sçavoir quelques particulari-
tés de l'Histoire de l'Auteur; vous verrez
après le Dictionnaire à la tête des pages,
les Auteurs à la lettre B. vous trouverea
Baron à sa place.
Exemple pour les Auteurs.
Les Anteurz. (Taalite.
Naissance.
Mort.
BARON(M.) POITE. né en 1653. m. en 1719.
On trouve dans le Parnasse François de du Til-
let un article étendu sur ce Comédien. Il étoit
vain, & aroit une si grande opinion de lui-meme,
MARS. 1752.
6
qu'il pensa refuser la pension que le Roi lui avoit
accordée, parce que l'Ordonnance portoit: payez
au nommé Michel Boyron, dit Baron, &c. Il
quitta le Théatre deux sois. C'est le plus grand
Acteur qu'il y ait jamais eu. Sa rentrée acheva de
zétublir le naturel au Théatre; ouvrage qui avoit
déja été commencé par Mademoiselle le Couvreut.
Avant eux la déclamation étoit devenue une espece
de chant; ce manvais goût avoit été introduit par-
Mademoiselle de Champmesté, & augmenté par
Mademoiselle Duclos. Beaubourg qui avoit été
long.tems en possession des premiers rôles, avoit
pris aussi le genre de déclamation forcée, qu'il
corrigeoit cependant par beaucoup d'ame.
Après les Auteurs, on trouve, Mon-
sieur, un petit Traité Chronologique de
tous les Acteurs qui ont été reçus depuis
1510. jusqu'aujourd'hui. Mon premiet pro-
jet avoit d'abord été de les placer dans le
même ordte que les piéces, afin que la re-
cherche en fût plus facile; mais outre que
je combois par-là dans une monotonie
qu'on m'auroit sans doute reprochée, eet
arrangement m'auroit mis dans la necessité
de grossir le volume d'une huitième parti:
pour y placer les anecdotes relatives & es-
sentielles à l'histoire du Théâtre, que je ne
pouvois obmetre sans rendre mon ouvtage
imparfait; au lieu qu'en suivant l'ordre
chronologique, ces anecdotes se trouvent
portées naturellement aux années qui leur
conviennent.
70 MERCURE DE FRANCE.
Je ne finirai point ma lettre, Monsieur,
sans vous avoner que la partie des Acteurs
n'étoit point faite quand j'ai présenté l'ou-
vrage, dont je viens de vous donner l'idée,
à M. le Duc de Chartres! après avoir eu la
complaisance de le parcourir, ce Prince
s'en apperçut d'abord, & eut la bonté de
me dire que les Acteurs tenant aussi essen-
tiellement à l'histoire du Théatre, je ne
pouvois me dispenset d'en parler, il n'en
a pas fullu davantage pour me déterminer
à traiter cette partie. Je ne compterai pour
rien les veilles que j'ai employées pour ce
nouveau travail, si j'ai été assez heureux
pour réussir.
J'ay l'honneur d'ette parfaitement,
MONSIEUR;
Votre très-humble & très,
obeissant ferviteur,
DE MOUHY.
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Résumé : LETTRE De M. le Chevalier de Mouhy, à l'Auteur du Mercure.
Le Chevalier de Mouhy annonce la publication imminente des 'Tablettes Dramatiques', un ouvrage destiné à compiler les éléments les plus marquants de l'histoire du théâtre français de manière structurée et accessible. Contrairement aux critiques antérieures, cet ouvrage évite de mentionner les erreurs des auteurs précédents. Il se compose de plusieurs sections : une préface, un abrégé de l'histoire du théâtre français jusqu'à la création de l'Hôtel de Bourgogne, un essai chronologique sur les théâtres parisiens de 1552 à 1689, un dictionnaire des pièces jouées ou imprimées entre 1552 et 1752, des biographies succinctes des auteurs, et un traité chronologique des acteurs français de 1510 à 1752. L'auteur affirme avoir intégré tous les faits connus et utilise une méthode d'impression dense pour concentrer un maximum d'informations en un seul volume. Les anecdotes, bien qu'elles ne suivent pas un ordre chronologique strict, sont placées dans les années pertinentes. Le Duc de Chartres a suggéré l'ajout d'une section dédiée aux acteurs, soulignant leur rôle crucial dans l'histoire du théâtre. De Mouhy exprime sa reconnaissance pour ce soutien et espère avoir atteint son objectif avec cet ouvrage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3334
p. 71-72
DISCOURS Prononcé par M. l'Abbé de Pomponne, Doyen du Conseil d'Etat, Commandeur-Chancelier-Surintendant des Finances des Ordres du Roi, le jour de la Purification, pour la réception de M. le Prince de Condé, nommé par Sa Majesté Chevalier de ses Ordres le premier Janvier de cette année.
Début :
SIRE, Ce jour destiné à la réception de M. le [...]
Mots clefs :
Prince de Condé, Réception, Majesté, Ordres, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DISCOURS Prononcé par M. l'Abbé de Pomponne, Doyen du Conseil d'Etat, Commandeur-Chancelier-Surintendant des Finances des Ordres du Roi, le jour de la Purification, pour la réception de M. le Prince de Condé, nommé par Sa Majesté Chevalier de ses Ordres le premier Janvier de cette année.
DISCOURS
Prononcé par M. l'Abbé de Pomponne,
Doyen du Conseil d'Etat, Commandeur-Chancelier-Surintendant
des Finances des
Ordres du Roi, le jour de la Purification,
pour la réception de M. le Prince de
Condé, nommé par Sa Majesté Chevalier
de ses Ordres le premier Janvier de cette
année.
SIRE,
Ce jour destiné à la réception de M. le
Prince de Condé est un de ces jours
heureux qui ocquiert im nouveau lustre à
l'ordre du S. Esprit, en le décorant d'un
Prince de votee Sang.
M. le Prince de Condé a satisfait
SIRE, anx preuves de Religion ordon-
nées par les Statuts.
Les bontés dont ses illustres ayeux ont
honoré mes ancêtres, s'étant perpetuées
jusqu'à moi, je croirois, SIRE, man-
quer au devoir & à la reconnoissance si je
ne prositois de l'occasion présente pour
rappeller à la mémoire de Votre Majesté,
—
72 MERCURE DE FRANCE.
ces Héros de la branche de Condé, & en-
tr'autres ce Héros de Rocroy, de Nor-
linghen, de Lens, de Senef, &c. dont les
exploits glorieux feront toujours l'admira-
tion de la posterité & annoncent un ave-
nit favorable au digne heritier qui le re-
presente aujourd'hui comme une suite né-
cessaire de ses heureuses qualités naturel-
les & de son excellente éducation.
M. le Prince de Condé attend que Votre
Majesté veuille bien ordonner de l'intro-
duire auprès d'elle pour commencer la cé-
rémonie de sa réception.
Prononcé par M. l'Abbé de Pomponne,
Doyen du Conseil d'Etat, Commandeur-Chancelier-Surintendant
des Finances des
Ordres du Roi, le jour de la Purification,
pour la réception de M. le Prince de
Condé, nommé par Sa Majesté Chevalier
de ses Ordres le premier Janvier de cette
année.
SIRE,
Ce jour destiné à la réception de M. le
Prince de Condé est un de ces jours
heureux qui ocquiert im nouveau lustre à
l'ordre du S. Esprit, en le décorant d'un
Prince de votee Sang.
M. le Prince de Condé a satisfait
SIRE, anx preuves de Religion ordon-
nées par les Statuts.
Les bontés dont ses illustres ayeux ont
honoré mes ancêtres, s'étant perpetuées
jusqu'à moi, je croirois, SIRE, man-
quer au devoir & à la reconnoissance si je
ne prositois de l'occasion présente pour
rappeller à la mémoire de Votre Majesté,
—
72 MERCURE DE FRANCE.
ces Héros de la branche de Condé, & en-
tr'autres ce Héros de Rocroy, de Nor-
linghen, de Lens, de Senef, &c. dont les
exploits glorieux feront toujours l'admira-
tion de la posterité & annoncent un ave-
nit favorable au digne heritier qui le re-
presente aujourd'hui comme une suite né-
cessaire de ses heureuses qualités naturel-
les & de son excellente éducation.
M. le Prince de Condé attend que Votre
Majesté veuille bien ordonner de l'intro-
duire auprès d'elle pour commencer la cé-
rémonie de sa réception.
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Résumé : DISCOURS Prononcé par M. l'Abbé de Pomponne, Doyen du Conseil d'Etat, Commandeur-Chancelier-Surintendant des Finances des Ordres du Roi, le jour de la Purification, pour la réception de M. le Prince de Condé, nommé par Sa Majesté Chevalier de ses Ordres le premier Janvier de cette année.
L'Abbé de Pomponne, Doyen du Conseil d'État et Commandeur-Chancelier-Surintendant des Finances des Ordres du Roi, a prononcé un discours lors de la réception du Prince de Condé, nommé Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit le 1er janvier. Cet événement est d'une grande importance pour l'Ordre, renforcée par l'entrée d'un Prince de sang royal. Le Prince de Condé a satisfait aux exigences religieuses de l'Ordre. L'Abbé de Pomponne a exprimé sa reconnaissance pour les faveurs accordées à ses ancêtres par les aïeux du Prince de Condé et a rappelé les exploits glorieux des héros de la branche de Condé, notamment à Rocroy, Nordlingen, Lens et Seneffe. Ces actions héroïques laissent présager un avenir prometteur pour le Prince de Condé, héritier de ces qualités et de cette éducation exemplaire. Le Prince attend désormais l'ordre du Roi pour commencer la cérémonie de sa réception.
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3334
3335
p. 118-120
« HISTOIRE du petit Pompée traduite de l'Anglois par M. Toussaint. 1752. [...] »
Début :
HISTOIRE du petit Pompée traduite de l'Anglois par M. Toussaint. 1752. [...]
Mots clefs :
Histoire, Traducteur, Tableaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRE du petit Pompée traduite de l'Anglois par M. Toussaint. 1752. [...] »
HISTOIRE du petit Pompée traduite
de l'Anglois par M. Toussaint. 1752.
Ce petit livre est, comme l'a dit le
Traducteur dans la Préface, une espéce
de lanterne magique, on si l'on veut, un
cabinet garni de disferens tableaus, où di-
verses scenes de la vie sont exprimées
fort au naturel. Le chien dont le nom
sert de titre à l'Ouvrage est l'objet dont
l'Auteur paroît s'ette ie moins occupé;
il ne l'a fait servir que comme une ma-
chine imaginée aniquement pour mettre
en jeu tons ses tableaux. Quelques
Lecteurs trouvent à redire que le petit
animal joue un si mince rôle dans une
Histoire qui est annoncée comme la sien-
ne: mais je ne sçais si ce n est pas em-
ployer de la critique hors de propos,
que de faire séricusement un pareil re-
proche à un Ecrivain qui, traitant un
sujet aussi frivole, a pu s'en jouer à son
gré. Aimeroit on mieux qu'il eût né-
gligé ses tableaux, dont plusieurs sont
agréables, bien peints, & aussi interes-
sans qu'ils pouvoient l'être, pour des-
MARS. 1752.
119
cendre dans les particularités basses &
minucieuses, où s'auroit mené l'Histoite
ibien circonstanciée du Chien?
Au reste, le Traducteur a de beancoup
enchéri sur l'Ouvrage Anglois, & l'a con-
sidérablement enjolivé. L'Auteur original
n'a guéres en propte que les faits. La
tournure du récit, les propos des per-
sonnages, les maximes, les réslexiom
sérieuses & badines, & le coloris des
tableaux, sont de la main du Traducteur.
On lui connoissoit déja le talent de
peindre: mais il s'est montré dans ce pe-
tit Ouvrage par de nouveaux côntés; il
7 fait vor qu'il sçait narrer & plaisan-
ter agréablement: témoin l'Histoire des
deux Lords, la généalogie de Mopsa,
le Nouvelliste, les portraits des Amans
d'Aglaé, le bel esprit de Londres, les
vapeurs, & la dissertation sur rien, qui
est, au titre prés, toute entiere de sa
façon.
Quelques Lecteurs, peut. etre trop dé-
licats, relevent dans cet Ouvrage bon
nombte d'expressions qu'ils appellent tri-
viales: mais si ces pretendues triviali-
tés sont de nature à pouvoir être sup-
portées dans la bouche d'un honnête
nomme qui raconteroit les mêmes histo-
riettes en bonnae compagnie: le Tra-
Digines vO
120 MERCURE DE FRANCE.
ducteur n'a fait qu'assortir son ton à su
matiere; & peut-être que des gens
moins entêtés du style nople, loin de
l'en blâmer, lui en sçauroient gré. Il
est au moins sur, s'il a employé des ex-
pressions tirant un peu sur le burlesque
qu'il l'a fait en connoissance de cause;
& parce qu'il a cru le devoit.
de l'Anglois par M. Toussaint. 1752.
Ce petit livre est, comme l'a dit le
Traducteur dans la Préface, une espéce
de lanterne magique, on si l'on veut, un
cabinet garni de disferens tableaus, où di-
verses scenes de la vie sont exprimées
fort au naturel. Le chien dont le nom
sert de titre à l'Ouvrage est l'objet dont
l'Auteur paroît s'ette ie moins occupé;
il ne l'a fait servir que comme une ma-
chine imaginée aniquement pour mettre
en jeu tons ses tableaux. Quelques
Lecteurs trouvent à redire que le petit
animal joue un si mince rôle dans une
Histoire qui est annoncée comme la sien-
ne: mais je ne sçais si ce n est pas em-
ployer de la critique hors de propos,
que de faire séricusement un pareil re-
proche à un Ecrivain qui, traitant un
sujet aussi frivole, a pu s'en jouer à son
gré. Aimeroit on mieux qu'il eût né-
gligé ses tableaux, dont plusieurs sont
agréables, bien peints, & aussi interes-
sans qu'ils pouvoient l'être, pour des-
MARS. 1752.
119
cendre dans les particularités basses &
minucieuses, où s'auroit mené l'Histoite
ibien circonstanciée du Chien?
Au reste, le Traducteur a de beancoup
enchéri sur l'Ouvrage Anglois, & l'a con-
sidérablement enjolivé. L'Auteur original
n'a guéres en propte que les faits. La
tournure du récit, les propos des per-
sonnages, les maximes, les réslexiom
sérieuses & badines, & le coloris des
tableaux, sont de la main du Traducteur.
On lui connoissoit déja le talent de
peindre: mais il s'est montré dans ce pe-
tit Ouvrage par de nouveaux côntés; il
7 fait vor qu'il sçait narrer & plaisan-
ter agréablement: témoin l'Histoire des
deux Lords, la généalogie de Mopsa,
le Nouvelliste, les portraits des Amans
d'Aglaé, le bel esprit de Londres, les
vapeurs, & la dissertation sur rien, qui
est, au titre prés, toute entiere de sa
façon.
Quelques Lecteurs, peut. etre trop dé-
licats, relevent dans cet Ouvrage bon
nombte d'expressions qu'ils appellent tri-
viales: mais si ces pretendues triviali-
tés sont de nature à pouvoir être sup-
portées dans la bouche d'un honnête
nomme qui raconteroit les mêmes histo-
riettes en bonnae compagnie: le Tra-
Digines vO
120 MERCURE DE FRANCE.
ducteur n'a fait qu'assortir son ton à su
matiere; & peut-être que des gens
moins entêtés du style nople, loin de
l'en blâmer, lui en sçauroient gré. Il
est au moins sur, s'il a employé des ex-
pressions tirant un peu sur le burlesque
qu'il l'a fait en connoissance de cause;
& parce qu'il a cru le devoit.
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Résumé : « HISTOIRE du petit Pompée traduite de l'Anglois par M. Toussaint. 1752. [...] »
Le texte critique le livre 'Histoire du petit Pompée', traduit par M. Toussaint en 1752. Cet ouvrage est structuré autour de scènes de la vie quotidienne, où le chien Pompée sert de prétexte pour illustrer divers tableaux. Certains lecteurs reprochent au chien un rôle secondaire, mais le critique juge cette approche adéquate pour un sujet léger. Le traducteur a enrichi l'œuvre originale en ajoutant des éléments comme la tournure narrative, les dialogues, les maximes et les descriptions. Des passages notables incluent 'l'Histoire des deux Lords', 'la généalogie de Mopsa' et 'la dissertation sur rien'. Bien que certaines expressions soient jugées triviales par certains lecteurs, le critique les défend, estimant qu'elles conviennent au ton de l'œuvre et seraient acceptables dans une conversation informelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3336
p. 120
AVIS sur l'Abregé Chronologique de l'Histoire Ecclésiastique, qui se vend à Paris, chez Jean-Thomas Herissant, rue Saint Jacques.
Début :
Nous croyons devoir détromper plusieurs personnes, qui confondent cet ouvrage avec deux [...]
Mots clefs :
Abrégé chronologique
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texteReconnaissance textuelle : AVIS sur l'Abregé Chronologique de l'Histoire Ecclésiastique, qui se vend à Paris, chez Jean-Thomas Herissant, rue Saint Jacques.
AVIS sur l'Abregé Chronologique de l'Histoire
Ecclésiastique, qui se vend à Paris, chez Jean-Thomas
Herissant, rue Saint Jacques.
Nous croyons devoir détromper plusieurs personnes,
qui confondent cet ouvrage avec deux
autres Abregés de l'Histoire Eccléfiastique qui
paroissent epuis quelque tems. L'un est en dix
volumes in- 12. & a c.e imprimé à Avignon. On
sent assez qu'il n'est nullement portatis, & qu'il
s'éloigne entierement du plan & de la forme de
celui de M. le Président Hainaut: l'autre en six
vosumes, saus nom d'Auteur ni d'Imprimeur
s'en écarre également. Au contraire, celui dont
nous parlons, & que nous avons annoncé dans les
précédens Mercures est absolument fait sur le
même plan que l'Abregé. Chronologique de l'His-
toire de Frunce. Les matieres y sont distribuées de
même par années, & divisées par époques, au
commencement desquelles on trouve une Table
Chronologique partagée en quatre colonnes, &
à la fin des Remarques particulieres. Ce Recueil est
en deux volumes in 8°. portatifs, format d'Hol-
lande. L'édition est correcte & ornée de vignet-
tes & fleurons en taille douce. Nous pouvons
assurer, après avoir lû exactement cet ouvrage,
qu'il se ressent à tous égards de la perfection du
modéle que l'Auteur a eu-derant les yeux.
Ecclésiastique, qui se vend à Paris, chez Jean-Thomas
Herissant, rue Saint Jacques.
Nous croyons devoir détromper plusieurs personnes,
qui confondent cet ouvrage avec deux
autres Abregés de l'Histoire Eccléfiastique qui
paroissent epuis quelque tems. L'un est en dix
volumes in- 12. & a c.e imprimé à Avignon. On
sent assez qu'il n'est nullement portatis, & qu'il
s'éloigne entierement du plan & de la forme de
celui de M. le Président Hainaut: l'autre en six
vosumes, saus nom d'Auteur ni d'Imprimeur
s'en écarre également. Au contraire, celui dont
nous parlons, & que nous avons annoncé dans les
précédens Mercures est absolument fait sur le
même plan que l'Abregé. Chronologique de l'His-
toire de Frunce. Les matieres y sont distribuées de
même par années, & divisées par époques, au
commencement desquelles on trouve une Table
Chronologique partagée en quatre colonnes, &
à la fin des Remarques particulieres. Ce Recueil est
en deux volumes in 8°. portatifs, format d'Hol-
lande. L'édition est correcte & ornée de vignet-
tes & fleurons en taille douce. Nous pouvons
assurer, après avoir lû exactement cet ouvrage,
qu'il se ressent à tous égards de la perfection du
modéle que l'Auteur a eu-derant les yeux.
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Résumé : AVIS sur l'Abregé Chronologique de l'Histoire Ecclésiastique, qui se vend à Paris, chez Jean-Thomas Herissant, rue Saint Jacques.
L'Avis présente l'Abrégé Chronologique de l'Histoire Ecclésiastique, disponible à Paris chez Jean-Thomas Herissant. Pour éviter toute confusion, il précise que cet ouvrage diffère de deux autres Abrégés de l'Histoire Ecclésiastique récemment publiés : l'un en dix volumes in-12 à Avignon et l'autre en six volumes sans mention d'auteur ni d'imprimeur. L'Abrégé Chronologique de l'Histoire Ecclésiastique adopte le même plan que l'Abrégé Chronologique de l'Histoire de France, avec des matières organisées par années et époques, une table chronologique en quatre colonnes et des remarques particulières en fin de volume. Publié en deux volumes in-8°, portatifs, au format d'Hollande, cet ouvrage bénéficie d'une édition correcte et illustrée de vignettes et fleurons en taille-douce. La lecture confirme que l'ouvrage maintient la qualité du modèle suivi par l'auteur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3337
p. 121-126
LETTRE de M. *** à un ami au sujet du livre intitulé, Nouvel examen de l'usage général des Fiefs en France, pendant les XIe. XIIe. XIIIe. & XIVe. siécles, par M Brusselles, Conseiller du Roi, Auditeur ordinaire de ses Comptes. A Paris, Grande Salle du Palais, chez de Nully, à l'Ecu de France, 2 vol. in-4o., 18 liv. reliés.
Début :
Vous me demandez, Monsieur, quel cas l'on fait à Paris du Livre de M. de [...]
Mots clefs :
Nicolas Brussel, Terres, Fiefs, Comptes, Extraits, Seigneurs
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. *** à un ami au sujet du livre intitulé, Nouvel examen de l'usage général des Fiefs en France, pendant les XIe. XIIe. XIIIe. & XIVe. siécles, par M Brusselles, Conseiller du Roi, Auditeur ordinaire de ses Comptes. A Paris, Grande Salle du Palais, chez de Nully, à l'Ecu de France, 2 vol. in-4o., 18 liv. reliés.
LETTRE de M. *** à un ami au sujet
du livre intitulé, Nouvel examen de
l'usage général des Fiefs en France, pendant
les XIe. XIIe. XIIIe. & XIVe.
siécles, par M Brusselles, Conseiller du
Roi, Auditeur ordinaire de ses Comptes.
A Paris, Grande Salle du Palais, chez
de Nully, à l'Ecu de France , 2 vol.
in-4o., 18 liv. reliés.
Vous me demandez, Monsieur, quel
cas l'on fait à Paris du Livre de M. de
Brusselles, que vous trouvez cité avec de
si grands éloges dans les observations de
M. le President Bouhier, sur la Coutu-
me de Bourgogne. Vous faut-il donc un
autre garant du mérite de ce livre, que
le suffrage de l'illustre Autheur qui vous
l'a fait connoître, & qui l'a pris pour
guide dans tout ce qu'il a écrit sur l'o-
rigine des Fiefs, & sur les principes de
cette importante matière; vous devez
aussi avoir, sans doute, apperçu en lisant
les dissertations qu'a faites M. le Président
Haynaut, dans son abrégé chronologi-
que de l'Histoire de France, que ce que
les disseriations ont de plus curieux & de
plus interessant, est apuyé sur l'autorité
du Livre de M. de Brusselles: enfin je puis
vous dire que tout ce qu'il y a de per-
sonnes à Paris qui cherchent à aprofondit
Digisines hiOO
122 MERCUREDE FRANCE.
le Droit François & l'Histoire de la Na-
tion, applaudissent à cet Ouvrage, qui
les conduit par une roure certaine & aisée
à la découverte des points les plus essen-
tiels qui font l'objet de leur étude; mais
la satisfaction que vous aurez en lisant ce
livre, vous convaincra encore mieux que
ne feroient les suffrages les plus éclatans,
vous verrez avec plaisir que M. de Brussel-
les a rempli le souhait que nous avons re-
nouvellé ensemble tant de fois, de trou-
vet des preuves lans nuages de ce que
dit Mezeray, que le Royaume de France a
été tenu pendani plus de trois dens ans durant
selon les loix des Fiefs, se gouvernant com-
me un grand Fief, plutoi que comme une
Monarchie. M. de Brusselles avoit été
frappé de cette proposition, & il s'étoit
attaché à la développer, & à l'établir.
Entraîné par un goût décidé pour l'étude
de l'Histoire, & ne se rebuttant jamais
des recherches & du travail, il avoit ac-
quis de grands éclaircissemens; mais ses
principaies preuves lui manquoient. Le
choix que firent de lui Messieurs de la
Chambre des Comptes, ses Confreres,
pour mettre en ordre le dépôt des Ter-
riers de la Couronne, & de tous les ti-
tres concernans le Domaine du Roi, de-
vint pour lui une occasion de perfection-
MARS. 1752.
123
ner ses progrès Il fit des Extraits des
Chartres & des Titres qui passoient par
ses mains, dans la vue de parvenir à far-
re un Dictionnaire des Terriers qui lui a
attiré de la part de sa Compagnie des
témoignages solides de leur satisfaction,
& ce sont ces mêmes Extraits qui l'ont
mis à portée, en nous apptenant les éve-
nemens les plus curieux & les plus inté-
ressans de notre Histoire, d'écarter toute
l'incertitude, & tous les doutes que l'é-
loignement des tems, & les contradic-
tions des Auteurs avoient jettés sur ces
matieres.
Son Ouvrage est distribué en trois li-
vres qui plaisent & qui instruisent éga-
sement.
Après avoir expliqué dans le premier
l'origine des Fiefs, leurs différentes na-
tures & qualités, & comment ils devin-
rent héreditaires, il s'attache dans le se-
cond à nous retracer le résultat bizarre &
singulier de ce partage monstrueux de
l'autorité souveraine entre le Roi & les
hauts Seigneurs du Royaume, pendant
les onze, douze & treizième siècles. Le
spectacle de cette confusion & de ce des-
ordre qui avoient fait éclipser la Monar-
chie, qui avoient rendu les peuples si
malheureux, est présenté avec tant de
Fij
124 MERCUREDE FRANCE.
methode & de netteté, que rien n'é-
chappe ni ne fatigue. Nous voyons quels
étoient les principaux Seigneurs, nous les
voyons se faire la guerre les uns aux au-
tres de leur autorite privée; nous voyons
que plusieurs d'entr'eux, & même des
Evêques jouissoient du droit de battre
monnoye, qu'ils donnoient grace aux cri-
minels, qu il y en avoit qui jugeoient
souverainement toutes les causes civiles
qu'ils recommandoient aux Evêchés de
leurs terres, qu'ils s'emparoient des meu-
bles des Evêques décédés, qu'ils avoient
des Baillifs & Senéchaux, qu'ils contes-
toient au Roi le droit d'établir des cou-
tumes & des loix dans leurs Seigneuries;
que le vassal à qui le Roi différoit trop
long tems de rendte justice en sa Cour
pouvoit lui déclarer la guerre, que le vas-
sal qui remettoit au Roi le Fier qu'il te-
noit de lui, s'estimoit quitte de tous
devoirs à son égard.
L'Auteur dans ce même livre entre dans
un grand détail des revenus du Roi & de
ceux des Seigneurs pendant ces trois sié-
eles: comme le produit des Juifs faisoit
le principal objet de ces revenus, il
prend occasion de nous dépeindre la dure
condition de ces malheureux, tour à tour
victimes de la superstition & de la cupi-
MARS.
1752.
125
dité, que l'on expulsoit fréquemment,
pour ne point leur rendre l'argent qu'ils
avoient prété, & que l'on rappelloit
après, pour se procurer de nouvelles
ressources.
Le troisiême livre offre encore plus
d'instruction pour l'Histoire & la Juris-
prudence. L'Auteur examine ce que c'é-
toient que les Vicomtés, les Chatelle-
nies, Vigueries, Voyries, Vidamies
Avoueries; il parle des terres données
aux Abbayes & aux Monasteres, des Ca-
zemens des hommes cazés, des terres tant
nobles que non nobles, possédées par les
Clercs mariés, des afsuremens tant des
Maisons fortes, que des Seigneuries &
des personnes des terres nobles, tenues en
partage, des terres tenues par Baronies,
des Bourgeoisies, des Aubains, des Bâ-
tards, de la preuve par bataille ou duel,
du parcour & entrecour. Toutes ces ma-
tieres sont épuisées & traitées à fond. Les
autres Auteurs navoient fait que les ef-
fleurer; presque toujours réduits à des
conjectures, ils confondent les tems & les
lieux, ils donnent comme un usage géné-
ral, ce qui étoit particulier à quelques
Seigneurs & à quelques lieux; & de là la
difficulté de les concilier les uns avec les
autres; mais M. de Brusselles éclaircit
F 11)
00
126 MERCURE DE FRANCE.
tout, distingue tout; il navance rien
que sur la foi des Ordonnances, des Char-
tres, des traites, des comptes qu'il rappor-
te dans toute leur étendue; il nous ouvre
le dépôt de la Chambre des Comptes; il
nous met à la main ce qu'il renferme de
plus précieux: son présent merite d'au-
tant plus notre reconnoissance, que les
piéces qu'il a transcrites, ayant pourla plu-
part été incendiées, depuis qu'il en avoit
tiré des copies & des extraits, ces coptes
& ces Extraits rapportés dans son livre,
tiennent lieu d'originaux, & rendent ce
livre un monument, qui à tous égards
est bien digne d'être transmis à la postéri-
té. Je compte vous l'adresser incessament:
la beauté & l'exactitude de l'impression
augmentent le plaisir de cette lecture.
du livre intitulé, Nouvel examen de
l'usage général des Fiefs en France, pendant
les XIe. XIIe. XIIIe. & XIVe.
siécles, par M Brusselles, Conseiller du
Roi, Auditeur ordinaire de ses Comptes.
A Paris, Grande Salle du Palais, chez
de Nully, à l'Ecu de France , 2 vol.
in-4o., 18 liv. reliés.
Vous me demandez, Monsieur, quel
cas l'on fait à Paris du Livre de M. de
Brusselles, que vous trouvez cité avec de
si grands éloges dans les observations de
M. le President Bouhier, sur la Coutu-
me de Bourgogne. Vous faut-il donc un
autre garant du mérite de ce livre, que
le suffrage de l'illustre Autheur qui vous
l'a fait connoître, & qui l'a pris pour
guide dans tout ce qu'il a écrit sur l'o-
rigine des Fiefs, & sur les principes de
cette importante matière; vous devez
aussi avoir, sans doute, apperçu en lisant
les dissertations qu'a faites M. le Président
Haynaut, dans son abrégé chronologi-
que de l'Histoire de France, que ce que
les disseriations ont de plus curieux & de
plus interessant, est apuyé sur l'autorité
du Livre de M. de Brusselles: enfin je puis
vous dire que tout ce qu'il y a de per-
sonnes à Paris qui cherchent à aprofondit
Digisines hiOO
122 MERCUREDE FRANCE.
le Droit François & l'Histoire de la Na-
tion, applaudissent à cet Ouvrage, qui
les conduit par une roure certaine & aisée
à la découverte des points les plus essen-
tiels qui font l'objet de leur étude; mais
la satisfaction que vous aurez en lisant ce
livre, vous convaincra encore mieux que
ne feroient les suffrages les plus éclatans,
vous verrez avec plaisir que M. de Brussel-
les a rempli le souhait que nous avons re-
nouvellé ensemble tant de fois, de trou-
vet des preuves lans nuages de ce que
dit Mezeray, que le Royaume de France a
été tenu pendani plus de trois dens ans durant
selon les loix des Fiefs, se gouvernant com-
me un grand Fief, plutoi que comme une
Monarchie. M. de Brusselles avoit été
frappé de cette proposition, & il s'étoit
attaché à la développer, & à l'établir.
Entraîné par un goût décidé pour l'étude
de l'Histoire, & ne se rebuttant jamais
des recherches & du travail, il avoit ac-
quis de grands éclaircissemens; mais ses
principaies preuves lui manquoient. Le
choix que firent de lui Messieurs de la
Chambre des Comptes, ses Confreres,
pour mettre en ordre le dépôt des Ter-
riers de la Couronne, & de tous les ti-
tres concernans le Domaine du Roi, de-
vint pour lui une occasion de perfection-
MARS. 1752.
123
ner ses progrès Il fit des Extraits des
Chartres & des Titres qui passoient par
ses mains, dans la vue de parvenir à far-
re un Dictionnaire des Terriers qui lui a
attiré de la part de sa Compagnie des
témoignages solides de leur satisfaction,
& ce sont ces mêmes Extraits qui l'ont
mis à portée, en nous apptenant les éve-
nemens les plus curieux & les plus inté-
ressans de notre Histoire, d'écarter toute
l'incertitude, & tous les doutes que l'é-
loignement des tems, & les contradic-
tions des Auteurs avoient jettés sur ces
matieres.
Son Ouvrage est distribué en trois li-
vres qui plaisent & qui instruisent éga-
sement.
Après avoir expliqué dans le premier
l'origine des Fiefs, leurs différentes na-
tures & qualités, & comment ils devin-
rent héreditaires, il s'attache dans le se-
cond à nous retracer le résultat bizarre &
singulier de ce partage monstrueux de
l'autorité souveraine entre le Roi & les
hauts Seigneurs du Royaume, pendant
les onze, douze & treizième siècles. Le
spectacle de cette confusion & de ce des-
ordre qui avoient fait éclipser la Monar-
chie, qui avoient rendu les peuples si
malheureux, est présenté avec tant de
Fij
124 MERCUREDE FRANCE.
methode & de netteté, que rien n'é-
chappe ni ne fatigue. Nous voyons quels
étoient les principaux Seigneurs, nous les
voyons se faire la guerre les uns aux au-
tres de leur autorite privée; nous voyons
que plusieurs d'entr'eux, & même des
Evêques jouissoient du droit de battre
monnoye, qu'ils donnoient grace aux cri-
minels, qu il y en avoit qui jugeoient
souverainement toutes les causes civiles
qu'ils recommandoient aux Evêchés de
leurs terres, qu'ils s'emparoient des meu-
bles des Evêques décédés, qu'ils avoient
des Baillifs & Senéchaux, qu'ils contes-
toient au Roi le droit d'établir des cou-
tumes & des loix dans leurs Seigneuries;
que le vassal à qui le Roi différoit trop
long tems de rendte justice en sa Cour
pouvoit lui déclarer la guerre, que le vas-
sal qui remettoit au Roi le Fier qu'il te-
noit de lui, s'estimoit quitte de tous
devoirs à son égard.
L'Auteur dans ce même livre entre dans
un grand détail des revenus du Roi & de
ceux des Seigneurs pendant ces trois sié-
eles: comme le produit des Juifs faisoit
le principal objet de ces revenus, il
prend occasion de nous dépeindre la dure
condition de ces malheureux, tour à tour
victimes de la superstition & de la cupi-
MARS.
1752.
125
dité, que l'on expulsoit fréquemment,
pour ne point leur rendre l'argent qu'ils
avoient prété, & que l'on rappelloit
après, pour se procurer de nouvelles
ressources.
Le troisiême livre offre encore plus
d'instruction pour l'Histoire & la Juris-
prudence. L'Auteur examine ce que c'é-
toient que les Vicomtés, les Chatelle-
nies, Vigueries, Voyries, Vidamies
Avoueries; il parle des terres données
aux Abbayes & aux Monasteres, des Ca-
zemens des hommes cazés, des terres tant
nobles que non nobles, possédées par les
Clercs mariés, des afsuremens tant des
Maisons fortes, que des Seigneuries &
des personnes des terres nobles, tenues en
partage, des terres tenues par Baronies,
des Bourgeoisies, des Aubains, des Bâ-
tards, de la preuve par bataille ou duel,
du parcour & entrecour. Toutes ces ma-
tieres sont épuisées & traitées à fond. Les
autres Auteurs navoient fait que les ef-
fleurer; presque toujours réduits à des
conjectures, ils confondent les tems & les
lieux, ils donnent comme un usage géné-
ral, ce qui étoit particulier à quelques
Seigneurs & à quelques lieux; & de là la
difficulté de les concilier les uns avec les
autres; mais M. de Brusselles éclaircit
F 11)
00
126 MERCURE DE FRANCE.
tout, distingue tout; il navance rien
que sur la foi des Ordonnances, des Char-
tres, des traites, des comptes qu'il rappor-
te dans toute leur étendue; il nous ouvre
le dépôt de la Chambre des Comptes; il
nous met à la main ce qu'il renferme de
plus précieux: son présent merite d'au-
tant plus notre reconnoissance, que les
piéces qu'il a transcrites, ayant pourla plu-
part été incendiées, depuis qu'il en avoit
tiré des copies & des extraits, ces coptes
& ces Extraits rapportés dans son livre,
tiennent lieu d'originaux, & rendent ce
livre un monument, qui à tous égards
est bien digne d'être transmis à la postéri-
té. Je compte vous l'adresser incessament:
la beauté & l'exactitude de l'impression
augmentent le plaisir de cette lecture.
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Résumé : LETTRE de M. *** à un ami au sujet du livre intitulé, Nouvel examen de l'usage général des Fiefs en France, pendant les XIe. XIIe. XIIIe. & XIVe. siécles, par M Brusselles, Conseiller du Roi, Auditeur ordinaire de ses Comptes. A Paris, Grande Salle du Palais, chez de Nully, à l'Ecu de France, 2 vol. in-4o., 18 liv. reliés.
La lettre traite du livre 'Nouvel examen de l'usage général des Fiefs en France' rédigé par M. Brusselles, conseiller du roi et auditeur des comptes. Cet ouvrage est bien accueilli par les étudiants en droit français et en histoire nationale, ainsi que par des personnalités influentes comme le président Bouhier et le président Haynaut, ce dernier l'utilisant dans ses dissertations historiques. M. Brusselles a été chargé par la Chambre des Comptes d'organiser les terriers de la couronne, ce qui lui a permis de rassembler des preuves et des extraits de chartes pour son livre. L'ouvrage est divisé en trois parties. La première partie explore l'origine des fiefs et leur caractère héréditaire. La deuxième partie décrit la répartition de l'autorité souveraine entre le roi et les grands seigneurs aux XIe, XIIe et XIIIe siècles, mettant en lumière la confusion et le désordre de cette période. La troisième partie aborde diverses questions juridiques et historiques, telles que les vicomtés, les châtellenies et les droits des juifs, offrant ainsi une instruction approfondie pour l'histoire et la jurisprudence. Le livre de M. de Brusselles se distingue par son exhaustivité et sa précision. Contrairement à d'autres auteurs qui se basaient sur des conjectures et confondaient souvent les époques et les lieux, M. de Brusselles utilise des sources fiables telles que des ordonnances, chartes, traités et comptes. Il ouvre l'accès au dépôt de la Chambre des Comptes, fournissant des documents précieux souvent détruits par la suite. Les copies et extraits qu'il a réalisés sont désormais les seuls témoignages disponibles, rendant son livre indispensable pour la postérité. La qualité de l'impression ajoute également à la valeur de l'ouvrage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3337
LETTRE de M. *** à un ami au sujet du livre intitulé, Nouvel examen de l'usage général des Fiefs en France, pendant les XIe. XIIe. XIIIe. & XIVe. siécles, par M Brusselles, Conseiller du Roi, Auditeur ordinaire de ses Comptes. A Paris, Grande Salle du Palais, chez de Nully, à l'Ecu de France, 2 vol. in-4o., 18 liv. reliés.
3338
p. 126-128
« SELECTA latini Sermonis exemplaria è Scriptoribus probatissimis. Secunda & ultima [...] »
Début :
SELECTA latini Sermonis exemplaria è Scriptoribus probatissimis. Secunda & ultima [...]
Mots clefs :
Louis Guérin, Louis-François Delatour, Auteurs, Poésie, Originaux, Enfants, Extraits, Traduction
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « SELECTA latini Sermonis exemplaria è Scriptoribus probatissimis. Secunda & ultima [...] »
SELECTA latini Sermonis exemplaria
è Scriptoribus probatissimis. Secunda & ultima
Poeticae Orationis excerptio. Editio al-
tra. Lutetiae Parisiorum, apud Hyppoli-
tum -Ludovicum Guerin, & Ludovicum-
Franciscum Delatout, viâ Jacobaeâ, sub
signo Sancti Thomae Aquinatis, 1751. C'est-
à dire, Modeles choisis de latinité tirés
des meilleurs Auteurs: second & dernier
extrait de Poësie. A Paris, chez Hypoli-
te Louis Guerin, & Louis François Dela-
127
MARS. 1752.
tour, rue Saint Jacques, à Saint Tho-
mas d'Aquin.
C'est partir d'un bon principe, que
d'employer les véritables originaux, pour
enseigner une langue, & après avoir
exercé les enfans long tems avec la plus
belle prose, de passer insensiblement à
la Poëlie dont le langage est bien diffé-
rent. Voici la seconde & derniere partie
des extraits de Poësie que nous annonçons.
L'Avertissement sur ce dernier recueil mé-
rite d'être lu. M. Chompré y rend com-
pte agréablement de ce qui l'a déterminé
à suivre l'ordre des Auteurs , dont il a
tiré des morceaux. Cette compilation ne
sçauroit manquer d'épargner bien de la
peine aux Maitres qui en feront ulage,
& de piquer la curiosité des jeunes gens
pour les originaux mêmes.
La Traduction de cette partie paroît
en même tems: ainsi ce secours & les re-
marques fur quelques endroits du texte
suppléent abondamment à ce qui peut
manquer aux jeunes Maîtres éloignés des
Bibliotheques. L'impression de cette Par-
tie latine est belle & nette, comme les
précédentes: & c'est rendre un vrai ser-
vice aux enfans que de ménager leur vue
dès le commencement des études.
Nous espérons que la fin, des Extraits,
. *.
Fiiii
128 MERCURE DE FRANCE.
ne sera pas la fin du travail de M. de
Chompré. Un homme qui a tant de goût
& tant d'expérience peut nous donner des
choses très-utiles pour perfectionner l'é-
ducation qui est encore dans son enfan-
ce. Il est fâcheux que la Philosophie, qui
a influé si heureusement sur tant d'autres
choses, n ait encore rien fait pour ce qu'il
y a de plus important parmi les hommes.
è Scriptoribus probatissimis. Secunda & ultima
Poeticae Orationis excerptio. Editio al-
tra. Lutetiae Parisiorum, apud Hyppoli-
tum -Ludovicum Guerin, & Ludovicum-
Franciscum Delatout, viâ Jacobaeâ, sub
signo Sancti Thomae Aquinatis, 1751. C'est-
à dire, Modeles choisis de latinité tirés
des meilleurs Auteurs: second & dernier
extrait de Poësie. A Paris, chez Hypoli-
te Louis Guerin, & Louis François Dela-
127
MARS. 1752.
tour, rue Saint Jacques, à Saint Tho-
mas d'Aquin.
C'est partir d'un bon principe, que
d'employer les véritables originaux, pour
enseigner une langue, & après avoir
exercé les enfans long tems avec la plus
belle prose, de passer insensiblement à
la Poëlie dont le langage est bien diffé-
rent. Voici la seconde & derniere partie
des extraits de Poësie que nous annonçons.
L'Avertissement sur ce dernier recueil mé-
rite d'être lu. M. Chompré y rend com-
pte agréablement de ce qui l'a déterminé
à suivre l'ordre des Auteurs , dont il a
tiré des morceaux. Cette compilation ne
sçauroit manquer d'épargner bien de la
peine aux Maitres qui en feront ulage,
& de piquer la curiosité des jeunes gens
pour les originaux mêmes.
La Traduction de cette partie paroît
en même tems: ainsi ce secours & les re-
marques fur quelques endroits du texte
suppléent abondamment à ce qui peut
manquer aux jeunes Maîtres éloignés des
Bibliotheques. L'impression de cette Par-
tie latine est belle & nette, comme les
précédentes: & c'est rendre un vrai ser-
vice aux enfans que de ménager leur vue
dès le commencement des études.
Nous espérons que la fin, des Extraits,
. *.
Fiiii
128 MERCURE DE FRANCE.
ne sera pas la fin du travail de M. de
Chompré. Un homme qui a tant de goût
& tant d'expérience peut nous donner des
choses très-utiles pour perfectionner l'é-
ducation qui est encore dans son enfan-
ce. Il est fâcheux que la Philosophie, qui
a influé si heureusement sur tant d'autres
choses, n ait encore rien fait pour ce qu'il
y a de plus important parmi les hommes.
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Résumé : « SELECTA latini Sermonis exemplaria è Scriptoribus probatissimis. Secunda & ultima [...] »
Le document décrit la publication 'Selecta latini Sermonis exemplaria', éditée à Paris en 1751 par Hypolite Louis Guerin et Louis François Delatour. Cet ouvrage, rédigé par M. Chompré, est un recueil de modèles de latinité issus des meilleurs auteurs, constituant le second et dernier extrait de poésie. M. Chompré explique son choix d'utiliser des textes originaux pour l'enseignement du latin, passant progressivement de la prose à la poésie. Le but est de faciliter le travail des enseignants et d'éveiller la curiosité des jeunes élèves pour les textes authentiques. Chaque extrait est accompagné d'une traduction et de remarques pour aider les jeunes maîtres éloignés des bibliothèques. L'impression est réalisée avec soin, en tenant compte de la sensibilité visuelle des enfants dès le début de leur apprentissage. Le document espère que M. Chompré poursuivra son œuvre pour améliorer l'éducation, soulignant l'absence d'influence philosophique notable dans ce domaine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3339
p. 128-132
« MEMOIRES pour servir à l'Histoire de plusieurs hommes illustres de Provence. [...] »
Début :
MEMOIRES pour servir à l'Histoire de plusieurs hommes illustres de Provence. [...]
Mots clefs :
Provence, Histoire, Généraux d'armée, Parlement, Oratoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « MEMOIRES pour servir à l'Histoire de plusieurs hommes illustres de Provence. [...] »
MEMOIRES pour servir à l'Histoire
de plusieurs hommes illustres de Provence.
A Paris, chez Claude Herissant fils
rue neuve Notre-Dame, 1752, un vo-
lume in 12.
Le Pere Bougerel, de la sçavante &
polie Congrégation de l'Oratoire, a en-
trepris, & fini l'Histoire des hommes Il-
lustres de Provence. Il a détaché de ce
grand Ouvrage quelques morceaux fi
exacts & si curieux, qu'ils font vivement
souhaiter la publication du reste.
Pierre Puget, le plus grand Sculpteur
qu'ait eu la France, est le premier dont
on voit l'Histoire., dans le volume
que nous annonçons. M. de Louvois
le pressant un jour de lui dire ce qu'il
souhaitoit qu on lui donnât pour les sta-
tues qu'il feroit pour le Roi, Puget
lui demanda une somme très-considéra-
MARS. 1752.
119
ble; le Roi nen donne pas davantage à
ses Généraux d'Armée, dit le Ministre.
J'en conviens, répliqua Puget, mais le
Roi n'ignore pas qu'il peut trouver facile-
ment des Généraux d'Armée dans ce nom-
bre prodigieux d'excellens Officiers qu'il
a dans ses troupes; mais qu'il n'est pas-
en France plusieurs Pugets.
Jean de Pontevès, Comte de Garces,
dont la vie suit celle de Puget, a été un
des plus grands hommes de guerre qu'ait
produit la Provence. A l'âge de vingt-
quatre ans, il sauva cette Province atta-
quée par Charles-Quint. Pour ôter à ce
Prince le moyen de subsister, il prit un
flambeau, mit le feu à ses bleds & à ses
fourages, fit défoncer ses tonneaux d'hui-
le & de vin, & abattre ses moulins:
exemple qui fut heureusement suivi par
toute la Province. Les soldats manquant
ainsi de tout, & mourant de faim, se jet-
terent dans les vignes, & mangerent avec
tant d'avidité des raisins qui n'étorent pas
encore mûrs, que la dissenterie fit périr la
moitié del'Armée. L'Empereur pour sauver.
le reste, fut obligé de se retirer à la hâte.
Louis Duchesne, Président à Mortier
au Parlement de Provence, fut un des
plus grands Magistrats de son tems, &
rendit des services essentiels à la Couron-
Ev
130 MERCURE DEFRANCE.
ne, du tems de la Ligue. Nous avions, dit
M. Duvair, dans le parc de notre justice
un grand chêne sacré, plein de révérence,
plein de religion, semblable à celui que
décrit le Poete:
Qialis frugifero quercus sublimis in agro,
Exuvias veteres, populi sacrataque gestans
Dona Ducum,
Simon Duperrier est le plus célebre
Avocat qu'ait eu le Parlement de Proven-
ce. L'attention de son pere pour son édu-
cation fut poussée jusques là, qu'il ne vou-
lût louer qu'à des Libraires les boutiques
qui tenoient à sa maison, dans la vue
que son fils s'y arrêtant, il prît du goût
pour les Lettres.
Le Chevalier l'aul, qui devint Vice-Ami-
ral de France, naquit singulierement. Un
bateau allant de Marseille au Château d'If,
au mois de Décembre 1597, fut battu
d'une si violente tempête, quon appré-
henda pour la vie de tous ceux qui y
étoient embarqués; mais suttout pour cel-
le d'une blanchisseusse, fort avancée dans
sa grossesse. Cette femme fut en effet si
effrayée, qu elle accoucha du Chevalier
Paul.
Baltazat de Vias fut très-bon Poëte latin,
Astronome & Antiquaire. Jean Bertet,
MARS. 1752.
131
Jésuite, fut connu par son érudition, par
sa connoissance des Langues, & par des
Poësies latines, françoises, italiennes
espagnoles & Provençales. Louis Ferrand,
réussit dans la controverse. Le Pere An-
toine Pagi devint célebre par la critique
qu'il fit des Annales de Baronius. Son Ne-
ven le Pere François Pagi, a fait une His-
toire des Papes.
Jean Gilles a beaucoup réussi dans la
musique d'Eglise. M. de Berthier, Evêque
de Rieux, témoin du succès qu'il avoit
eu à l'ouverture des Etats du Languedoc
en 1697, voulut lui procurer la Maîtrise
de Saint Etienne de Toulouse. Il en écri-
vit au Chapitre qui venoit de disposer de
cette Place, en faveur d'un autre Musi-
cien nommé Farmelli; celui-ci instruit de
toui ce qu on écrivoit en faveur de Gilles,
poussé par une générosité dont on n'a pas
d'exemples, partit sur le champ de Tou-
louse pour Montpellier, presenta à Gilles
qu'il n avoit jamais vu, la démission de sa
place, & lui fit tant d'instance qu'il le dé-
termina à l'accepter. La délicatesse, de
conscience de ce Musicien étoit si grande,
qu'il faisoit dire des Messes le lendemain
des grandes fêtes, & des processions, où
il avoit fait exécuter sa musique, pour
tâcher d'appaiser le Seigneur, a cause des
Fvj
132 MERCUREDE FRANCE.
irrévérences & des scandales ausquels il
craignoit d'avoir donné lieu en ces oc-
casions.
Claude Terrein possédoit les Belles-
Lettres & les Beaux Arts, & une grande
connoissance des monumens antiques. Jean
Pierre Gibert fut un homme très-ver-
tueux, & un des plus grands Canonistes
du Royaume.
Jean-Baptiste Massillon, le plus grand
Prédicateur du siécle, écrivoit au Pere de
Sainte Marthe, Général de l'Oratoire: je
considere que je ne suis dans la Congré-
gation que pour être utile; & comme
mon talent & mon inclination m'éloi-
gnent de la Chaire, j'ai cru qu'une Phi-
solophie ou une Théologie me convien-
droient mieux.
de plusieurs hommes illustres de Provence.
A Paris, chez Claude Herissant fils
rue neuve Notre-Dame, 1752, un vo-
lume in 12.
Le Pere Bougerel, de la sçavante &
polie Congrégation de l'Oratoire, a en-
trepris, & fini l'Histoire des hommes Il-
lustres de Provence. Il a détaché de ce
grand Ouvrage quelques morceaux fi
exacts & si curieux, qu'ils font vivement
souhaiter la publication du reste.
Pierre Puget, le plus grand Sculpteur
qu'ait eu la France, est le premier dont
on voit l'Histoire., dans le volume
que nous annonçons. M. de Louvois
le pressant un jour de lui dire ce qu'il
souhaitoit qu on lui donnât pour les sta-
tues qu'il feroit pour le Roi, Puget
lui demanda une somme très-considéra-
MARS. 1752.
119
ble; le Roi nen donne pas davantage à
ses Généraux d'Armée, dit le Ministre.
J'en conviens, répliqua Puget, mais le
Roi n'ignore pas qu'il peut trouver facile-
ment des Généraux d'Armée dans ce nom-
bre prodigieux d'excellens Officiers qu'il
a dans ses troupes; mais qu'il n'est pas-
en France plusieurs Pugets.
Jean de Pontevès, Comte de Garces,
dont la vie suit celle de Puget, a été un
des plus grands hommes de guerre qu'ait
produit la Provence. A l'âge de vingt-
quatre ans, il sauva cette Province atta-
quée par Charles-Quint. Pour ôter à ce
Prince le moyen de subsister, il prit un
flambeau, mit le feu à ses bleds & à ses
fourages, fit défoncer ses tonneaux d'hui-
le & de vin, & abattre ses moulins:
exemple qui fut heureusement suivi par
toute la Province. Les soldats manquant
ainsi de tout, & mourant de faim, se jet-
terent dans les vignes, & mangerent avec
tant d'avidité des raisins qui n'étorent pas
encore mûrs, que la dissenterie fit périr la
moitié del'Armée. L'Empereur pour sauver.
le reste, fut obligé de se retirer à la hâte.
Louis Duchesne, Président à Mortier
au Parlement de Provence, fut un des
plus grands Magistrats de son tems, &
rendit des services essentiels à la Couron-
Ev
130 MERCURE DEFRANCE.
ne, du tems de la Ligue. Nous avions, dit
M. Duvair, dans le parc de notre justice
un grand chêne sacré, plein de révérence,
plein de religion, semblable à celui que
décrit le Poete:
Qialis frugifero quercus sublimis in agro,
Exuvias veteres, populi sacrataque gestans
Dona Ducum,
Simon Duperrier est le plus célebre
Avocat qu'ait eu le Parlement de Proven-
ce. L'attention de son pere pour son édu-
cation fut poussée jusques là, qu'il ne vou-
lût louer qu'à des Libraires les boutiques
qui tenoient à sa maison, dans la vue
que son fils s'y arrêtant, il prît du goût
pour les Lettres.
Le Chevalier l'aul, qui devint Vice-Ami-
ral de France, naquit singulierement. Un
bateau allant de Marseille au Château d'If,
au mois de Décembre 1597, fut battu
d'une si violente tempête, quon appré-
henda pour la vie de tous ceux qui y
étoient embarqués; mais suttout pour cel-
le d'une blanchisseusse, fort avancée dans
sa grossesse. Cette femme fut en effet si
effrayée, qu elle accoucha du Chevalier
Paul.
Baltazat de Vias fut très-bon Poëte latin,
Astronome & Antiquaire. Jean Bertet,
MARS. 1752.
131
Jésuite, fut connu par son érudition, par
sa connoissance des Langues, & par des
Poësies latines, françoises, italiennes
espagnoles & Provençales. Louis Ferrand,
réussit dans la controverse. Le Pere An-
toine Pagi devint célebre par la critique
qu'il fit des Annales de Baronius. Son Ne-
ven le Pere François Pagi, a fait une His-
toire des Papes.
Jean Gilles a beaucoup réussi dans la
musique d'Eglise. M. de Berthier, Evêque
de Rieux, témoin du succès qu'il avoit
eu à l'ouverture des Etats du Languedoc
en 1697, voulut lui procurer la Maîtrise
de Saint Etienne de Toulouse. Il en écri-
vit au Chapitre qui venoit de disposer de
cette Place, en faveur d'un autre Musi-
cien nommé Farmelli; celui-ci instruit de
toui ce qu on écrivoit en faveur de Gilles,
poussé par une générosité dont on n'a pas
d'exemples, partit sur le champ de Tou-
louse pour Montpellier, presenta à Gilles
qu'il n avoit jamais vu, la démission de sa
place, & lui fit tant d'instance qu'il le dé-
termina à l'accepter. La délicatesse, de
conscience de ce Musicien étoit si grande,
qu'il faisoit dire des Messes le lendemain
des grandes fêtes, & des processions, où
il avoit fait exécuter sa musique, pour
tâcher d'appaiser le Seigneur, a cause des
Fvj
132 MERCUREDE FRANCE.
irrévérences & des scandales ausquels il
craignoit d'avoir donné lieu en ces oc-
casions.
Claude Terrein possédoit les Belles-
Lettres & les Beaux Arts, & une grande
connoissance des monumens antiques. Jean
Pierre Gibert fut un homme très-ver-
tueux, & un des plus grands Canonistes
du Royaume.
Jean-Baptiste Massillon, le plus grand
Prédicateur du siécle, écrivoit au Pere de
Sainte Marthe, Général de l'Oratoire: je
considere que je ne suis dans la Congré-
gation que pour être utile; & comme
mon talent & mon inclination m'éloi-
gnent de la Chaire, j'ai cru qu'une Phi-
solophie ou une Théologie me convien-
droient mieux.
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Résumé : « MEMOIRES pour servir à l'Histoire de plusieurs hommes illustres de Provence. [...] »
Le texte présente les 'Mémoires pour servir à l'Histoire de plusieurs hommes illustres de Provence', publiés à Paris en 1752 par Claude Herissant. Cet ouvrage, rédigé par le Père Bougerel de la Congrégation de l'Oratoire, met en lumière diverses personnalités marquantes de Provence. Parmi elles, Pierre Puget, sculpteur réputé, demanda une somme importante à Louvois pour ses statues royales, affirmant qu'il n'existait pas plusieurs Puget en France. Jean de Pontevès, Comte de Garces, est célèbre pour avoir sauvé la Provence en incendiant les ressources ennemies lors d'une attaque de Charles Quint. Louis Duchesne, Président au Parlement de Provence, fut un magistrat influent durant la Ligue. Simon Duperrier, avocat renommé, bénéficia d'une éducation soignée grâce à son père. Le Chevalier Paul naquit lors d'une tempête en mer en 1597. Baltazar de Vias se distingua en poésie latine, astronomie et antiquités. Jean Bertet, jésuite, était connu pour son érudition et ses poésies multilingues. Louis Ferrand se démarqua en controverse. Les Pères Antoine et François Pagi furent célèbres pour leurs critiques historiques. Jean Gilles, musicien d'église, obtint la maîtrise de Saint-Étienne de Toulouse grâce à la générosité de Farmelli. Claude Terrein maîtrisait les belles-lettres et les arts anciens, tandis que Jean-Pierre Gibert était un canoniste respecté. Enfin, Jean-Baptiste Massillon, prédicateur éminent, considérait son rôle dans la Congrégation de l'Oratoire comme une mission d'utilité.
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3340
p. 132-133
« ELEMENS de Fortification, contenant les principes & la description raison[n]ée des [...] »
Début :
ELEMENS de Fortification, contenant les principes & la description raison[n]ée des [...]
Mots clefs :
Fortification
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ELEMENS de Fortification, contenant les principes & la description raison[n]ée des [...] »
ELEMENS de Fortification, contenant
les principes & la description raison[n]ée des
differens Ouvrages qu'on employe à la Forti-
fication des Places; les Systèmes des princi-
paux Ingénieurs, & un Trané abrège de la
Fortification irreguliere. Troisième Ed tion
augmentée de plus d'un tiers. Par M. le
Blond, Maître de Mathématique des En-
fans de France, des Pages de la grande
Ecurie du Roi, &c. A Paris, chez Char-
le Antoine Pombert, Libraire, rue Dau-
MARS.
13.3
1752.
phine, à l'image Notre-Dame, 1752.
Les augmentations que l'Auteur a ajou-
tées à cette nouvelle Edition, en font,
pour ainsi dire, un Ouvrage nouveau.
Les remarques & les différentes observa-
tions qu'il contient sur tous les ouvrages
de la Fortification, peuvent le faire regar-
der comme un corps complet de la théo-
rie de cet Art, & propre à faire acquerit
facilement les connoissances nécessaires à
tout Officier sur cette importante Partie
de la Guerre.
les principes & la description raison[n]ée des
differens Ouvrages qu'on employe à la Forti-
fication des Places; les Systèmes des princi-
paux Ingénieurs, & un Trané abrège de la
Fortification irreguliere. Troisième Ed tion
augmentée de plus d'un tiers. Par M. le
Blond, Maître de Mathématique des En-
fans de France, des Pages de la grande
Ecurie du Roi, &c. A Paris, chez Char-
le Antoine Pombert, Libraire, rue Dau-
MARS.
13.3
1752.
phine, à l'image Notre-Dame, 1752.
Les augmentations que l'Auteur a ajou-
tées à cette nouvelle Edition, en font,
pour ainsi dire, un Ouvrage nouveau.
Les remarques & les différentes observa-
tions qu'il contient sur tous les ouvrages
de la Fortification, peuvent le faire regar-
der comme un corps complet de la théo-
rie de cet Art, & propre à faire acquerit
facilement les connoissances nécessaires à
tout Officier sur cette importante Partie
de la Guerre.
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Résumé : « ELEMENS de Fortification, contenant les principes & la description raison[n]ée des [...] »
L'ouvrage 'Éléments de Fortification', publié en 1752 par M. le Blond, décrit les principes et les ouvrages de fortification. Il inclut les systèmes des principaux ingénieurs et un traité sur la fortification irrégulière. La troisième édition, enrichie de nouvelles remarques, est considérée comme un corpus complet de la théorie de la fortification, destiné aux officiers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3341
p. 133-134
« NYON fils, & Guillyn, ont mis sous presse un Horace qui formera quatre petits [...] »
Début :
NYON fils, & Guillyn, ont mis sous presse un Horace qui formera quatre petits [...]
Mots clefs :
Horace, Traduction, Vers, Libraires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « NYON fils, & Guillyn, ont mis sous presse un Horace qui formera quatre petits [...] »
NYON fils, & Guillyn, ont mis sous
presse un Horace qui formera quatre petits
volumes in 12. Cette Edition contiendra le
texte de ce grand Poëte, la traduction en
vers de tous ses Ouvrages, & des notes
sur les endroits difficiles. L'Edition sera
jolie, & paroîtra dans trois mois. Si quel-
ques Sçavans, disent les Libraires dans
leur, avertissement imprimé, avoient
des traductions en vers de quelque mor.
ceau d'Horace qui neussent pas été im-
primées, dont il voulût nous faire part
nous ne manquerions pas de les inférer,
si. elles venoient à tems, & de donner
aux Auteurs des marques particulieres &
publiques de notre reconnoissance.
Les mêmes Libraires donneront inces-
134 MERCURE DEFRANCE.
samment une Edition en 4 vol. in.12, de
l'excellente traduction de Quintilien, par
M. l'Abbé Gedoin.
presse un Horace qui formera quatre petits
volumes in 12. Cette Edition contiendra le
texte de ce grand Poëte, la traduction en
vers de tous ses Ouvrages, & des notes
sur les endroits difficiles. L'Edition sera
jolie, & paroîtra dans trois mois. Si quel-
ques Sçavans, disent les Libraires dans
leur, avertissement imprimé, avoient
des traductions en vers de quelque mor.
ceau d'Horace qui neussent pas été im-
primées, dont il voulût nous faire part
nous ne manquerions pas de les inférer,
si. elles venoient à tems, & de donner
aux Auteurs des marques particulieres &
publiques de notre reconnoissance.
Les mêmes Libraires donneront inces-
134 MERCURE DEFRANCE.
samment une Edition en 4 vol. in.12, de
l'excellente traduction de Quintilien, par
M. l'Abbé Gedoin.
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Résumé : « NYON fils, & Guillyn, ont mis sous presse un Horace qui formera quatre petits [...] »
Les libraires NYON fils et Guillyn annoncent une édition d'Horace en quatre volumes in-12, incluant le texte original, une traduction en vers et des notes explicatives. La publication est prévue dans trois mois. Ils sollicitent également des traductions en vers inédites de savants pour une éventuelle inclusion. Par ailleurs, ils préparent une édition de la traduction de Quintilien par l'Abbé Gedoin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3342
p. 134
« La Cuisiniere Bourgeoise suivie de l'office, à l'usage de tous ceux qui se mêlent [...] »
Début :
La Cuisiniere Bourgeoise suivie de l'office, à l'usage de tous ceux qui se mêlent [...]
Mots clefs :
Cuisinière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Cuisiniere Bourgeoise suivie de l'office, à l'usage de tous ceux qui se mêlent [...] »
La Cuisiniere Bourgeoise suivie de
l'office, à l'usage de tous ceux qui se mêlent
des dépenses de maisons, contenant
la maniere de dissequer, connoître & ser-
vir toutes sortes de viandes: Tom. 2. A
Paris, chez Guillyn, Quai des Augustins
du côté du Pont Saint Michel, au lys
d'or, 1752.
Le premier volume de cet Ouvrage a
réussi: le fecond est d'un usage encore
plus général. Je me suis attaché, dit l'au-
teur, à simplifier les methodes, & à ré-
duire en quelque sorte an niveau des cui-
sines bourgeoises, des apprêts qui ne sem-
bloient devoir être réservés qu'aux Cu-
sines opulentes. Si le coup d'oeil & le goûc
y perdent quelque chose, sa santé y ga-
gnera, & le Boutgeois aura le plaisit de
jouir de la diversité des mets a peu de
frais.
l'office, à l'usage de tous ceux qui se mêlent
des dépenses de maisons, contenant
la maniere de dissequer, connoître & ser-
vir toutes sortes de viandes: Tom. 2. A
Paris, chez Guillyn, Quai des Augustins
du côté du Pont Saint Michel, au lys
d'or, 1752.
Le premier volume de cet Ouvrage a
réussi: le fecond est d'un usage encore
plus général. Je me suis attaché, dit l'au-
teur, à simplifier les methodes, & à ré-
duire en quelque sorte an niveau des cui-
sines bourgeoises, des apprêts qui ne sem-
bloient devoir être réservés qu'aux Cu-
sines opulentes. Si le coup d'oeil & le goûc
y perdent quelque chose, sa santé y ga-
gnera, & le Boutgeois aura le plaisit de
jouir de la diversité des mets a peu de
frais.
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Résumé : « La Cuisiniere Bourgeoise suivie de l'office, à l'usage de tous ceux qui se mêlent [...] »
L'ouvrage 'La Cuisinière Bourgeoise suivie de l'office', publié en 1752 à Paris par Guillyn, adapte des recettes luxueuses pour les cuisines bourgeoises. Il vise à simplifier les méthodes culinaires, préserver la santé et offrir une variété de plats à moindre coût, permettant aux bourgeois de diversifier leur alimentation sans dépenses excessives.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3343
p. 134-136
« RECUEIL de Poësies sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, [...] »
Début :
RECUEIL de Poësies sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Compagnie de Jésus, Avignon, Épître, Recueil, Naissance, Collège, Chansons, Intermède, Jésuites
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « RECUEIL de Poësies sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, [...] »
RECUEIL de Poësies sur la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
par les Peres de la Compagnie de Jesus du
College d'Avignon. A Avignon, chez
Jacques Garrignan, 1751.
Uigsired v.20O
MARS. 1752.
137
Les Jesuites sont en possession de célé-
brer tous les événemens qui intéressent le
bonheur ou la gloire de la Nation, avec
une vivacité & un éclat qui sont des preu-
ves certaines de leur zéle & de leur ma-
gnificence. Nous avons rendu compte des
Fêtes tout à fait brillantes & bien enten-
dues qu'ils ont données à Paris & à Mar-
feille. Celles du College d'Avignon ont
été plus simples, & ne sont pas moins
touchantes: elles ont produit un volume
de vers où les sentimens que doit inspirer
la Naissance de Monseigneur le Duc. de
Bourgogne à des cœurs bien faits, sont
exprimés avec goût & avec elprit. L'im-
possibilité où nous nous trouvons de rien
transcrire du recueil que nous annon-
çons, ne doit pas nous empêcher de nom-
mer les Auteurs qui ne se sont pas nommés
dans l'Imprimé. L'Epitre dédicatoireà M. le
Vice-legat, le Conseil des Dieux, & une
Elégie latine sont duPere Feraud: laPasto-
rale & le Compliment à Monseigneur le
Duc de Bourgogne, du Pere Bernard : les
Chansons du premier intermede de la Pas-
torale, les Stances à la Reine, & un
Rondeau qui est à la fin, du Pere Borelly:
les Chansons du second intermede, du
Pere Joubert: la Cantate du troisième in-
termede, l'Ode à Monseigneur le Dau-
136 MERCUREDEFRANCE.
phin, une autre Ode Françoise, les
triomphes de la Religion, & l'Epître à
Monseigneur le Dauphin, du Pere Besson.
l'Epître au Roi, l'Ode à Madame la Dau-
phine, & une autre Ode Françoise, du
Pere Ronbaud: une Ode & une Eglogue
latine, du Pere Veillet.
de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
par les Peres de la Compagnie de Jesus du
College d'Avignon. A Avignon, chez
Jacques Garrignan, 1751.
Uigsired v.20O
MARS. 1752.
137
Les Jesuites sont en possession de célé-
brer tous les événemens qui intéressent le
bonheur ou la gloire de la Nation, avec
une vivacité & un éclat qui sont des preu-
ves certaines de leur zéle & de leur ma-
gnificence. Nous avons rendu compte des
Fêtes tout à fait brillantes & bien enten-
dues qu'ils ont données à Paris & à Mar-
feille. Celles du College d'Avignon ont
été plus simples, & ne sont pas moins
touchantes: elles ont produit un volume
de vers où les sentimens que doit inspirer
la Naissance de Monseigneur le Duc. de
Bourgogne à des cœurs bien faits, sont
exprimés avec goût & avec elprit. L'im-
possibilité où nous nous trouvons de rien
transcrire du recueil que nous annon-
çons, ne doit pas nous empêcher de nom-
mer les Auteurs qui ne se sont pas nommés
dans l'Imprimé. L'Epitre dédicatoireà M. le
Vice-legat, le Conseil des Dieux, & une
Elégie latine sont duPere Feraud: laPasto-
rale & le Compliment à Monseigneur le
Duc de Bourgogne, du Pere Bernard : les
Chansons du premier intermede de la Pas-
torale, les Stances à la Reine, & un
Rondeau qui est à la fin, du Pere Borelly:
les Chansons du second intermede, du
Pere Joubert: la Cantate du troisième in-
termede, l'Ode à Monseigneur le Dau-
136 MERCUREDEFRANCE.
phin, une autre Ode Françoise, les
triomphes de la Religion, & l'Epître à
Monseigneur le Dauphin, du Pere Besson.
l'Epître au Roi, l'Ode à Madame la Dau-
phine, & une autre Ode Françoise, du
Pere Ronbaud: une Ode & une Eglogue
latine, du Pere Veillet.
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Résumé : « RECUEIL de Poësies sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, [...] »
En 1751, les Jésuites du Collège d'Avignon ont publié un recueil de poésies pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne. Connu pour leur zèle et leur magnificence dans la célébration des événements nationaux, les Jésuites ont organisé des fêtes touchantes, bien que plus modestes que celles de Paris et Marseille. Ce recueil, intitulé 'Poésies sur la Naissance du Duc de Bourgogne', comprend diverses œuvres poétiques. Le Père Feraud a écrit l'épître dédicatoire, 'Le Conseil des Dieux' et une élégie latine. Le Père Bernard a composé la pastorale et le compliment au Duc de Bourgogne. Le Père Borelly a créé les chansons du premier intermède de la pastorale, les stances à la Reine et un rondeau. Le Père Joubert a écrit les chansons du second intermède. Le Père Besson a composé la cantate du troisième intermède, deux odes, 'Les Triomphes de la Religion' et une épître au Dauphin. Le Père Ronbaud a rédigé l'épître au Roi, deux odes et une églogue latine. Enfin, le Père Veillet a écrit une ode et une églogue latine.
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3344
p. 136
« JUBILÉ Universel de l'année sainte, avec le Mandement de Monseigneur l'Evêque [...] »
Début :
JUBILÉ Universel de l'année sainte, avec le Mandement de Monseigneur l'Evêque [...]
Mots clefs :
Évêque de Nantes, Jubilé
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texteReconnaissance textuelle : « JUBILÉ Universel de l'année sainte, avec le Mandement de Monseigneur l'Evêque [...] »
JUBILÉ Universel de l'année sainte,
avec le Mandement de Monseigneur l'Evêque
de Nantes, l'ordre du Jubilé, &
ce que chacun sera obligé de faire pour
le gagner: les retraites des honimes & des
femmes pendant ledit temps, & les prieres
pour les Stations. ANantes, chez Josephl'a-
tar, Imprimeur duRoi, & de Monseigneur
l'Evêque, haute grand-rue, au coin de la
rue de Beau-Soleil, 1751.
On trouve chez le même Libruire, les
Instructions dogmatiques, historiques &
morales, sut. leAIndulgenees & sur le Ju-
bilé, imprimées par l'ordre de Monsei-
gneur l'Evêque de Nantes.
avec le Mandement de Monseigneur l'Evêque
de Nantes, l'ordre du Jubilé, &
ce que chacun sera obligé de faire pour
le gagner: les retraites des honimes & des
femmes pendant ledit temps, & les prieres
pour les Stations. ANantes, chez Josephl'a-
tar, Imprimeur duRoi, & de Monseigneur
l'Evêque, haute grand-rue, au coin de la
rue de Beau-Soleil, 1751.
On trouve chez le même Libruire, les
Instructions dogmatiques, historiques &
morales, sut. leAIndulgenees & sur le Ju-
bilé, imprimées par l'ordre de Monsei-
gneur l'Evêque de Nantes.
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Résumé : « JUBILÉ Universel de l'année sainte, avec le Mandement de Monseigneur l'Evêque [...] »
Le document décrit un jubilé universel organisé par l'Évêque de Nantes en 1751. Il précise les obligations pour obtenir les bénéfices spirituels. Joseph l'Atar, imprimeur du Roi et de l'Évêque, propose des ouvrages sur les indulgences et le jubilé, disponibles rue haute grand-rue, au coin de la rue de Beau-Soleil.
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3345
p. 136-137
« ELEMENS de Musique théorique & pratique, suivant les principes de M. Rameau. [...] »
Début :
ELEMENS de Musique théorique & pratique, suivant les principes de M. Rameau. [...]
Mots clefs :
Musique théorique, Musique pratique
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texteReconnaissance textuelle : « ELEMENS de Musique théorique & pratique, suivant les principes de M. Rameau. [...] »
ELEMENS de Musique théorique &
pratique, suivant les principes de M. Rameau.
A Paris, chez David l'aîné, le Bre-
tan & Durand.
Cet Ouvrage, dont M. d'Alembert est
l'Auteur, & que le Public attendoit,
MARS. 1752.
13.7
nous a paru très-clair, très méthodique,
& renferme dans un petit volume un as-
sez grand nombre de choses. Nous en par-
lerons plus au long, mais nous croyons
devoir nous hâter de l'annoncer; il est à
la portée de ceux-mêmes qui n'ont aucu-
ne teinture de musique. Le prix est de
3 livres.
pratique, suivant les principes de M. Rameau.
A Paris, chez David l'aîné, le Bre-
tan & Durand.
Cet Ouvrage, dont M. d'Alembert est
l'Auteur, & que le Public attendoit,
MARS. 1752.
13.7
nous a paru très-clair, très méthodique,
& renferme dans un petit volume un as-
sez grand nombre de choses. Nous en par-
lerons plus au long, mais nous croyons
devoir nous hâter de l'annoncer; il est à
la portée de ceux-mêmes qui n'ont aucu-
ne teinture de musique. Le prix est de
3 livres.
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Résumé : « ELEMENS de Musique théorique & pratique, suivant les principes de M. Rameau. [...] »
L'ouvrage 'Éléments de Musique théorique & pratique' de M. d'Alembert, basé sur les principes de M. Rameau, a été publié à Paris en mars 1752. Clair et méthodique, il est accessible aux débutants et coûte trois livres.
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3346
p. 137-138
« ALMANACH historique & Chronologique de Languedoc, & des Provinces [...] »
Début :
ALMANACH historique & Chronologique de Languedoc, & des Provinces [...]
Mots clefs :
Provinces, Almanach, Languedoc, Ressort, Commerce
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texteReconnaissance textuelle : « ALMANACH historique & Chronologique de Languedoc, & des Provinces [...] »
ALMANACH historique & Chronologique
de Languedoc, & des Provinces
du ressort du Parlement de Toulouse,
contenant tout ce qui concerne le Clergé,
l'Etat civil & littéraire, & le commerce
de ces Provinces, 1752. Se vend à Tou-
louse, chez Jean François Crozat, volu-
me in-8° de 312 pages.
L'Ouvrage que nous annonçons n'est pas
aussi frivole que son titre pourroit le fai-
re soupçonner. C'est une Histoire très sui-
vie & assez détaillée de ce qui est ar-
rivé d'important dans une des plus con-
sidétables, & la plus agréable Province
du Royaume. La Religion, le Gouver-
nement, les Sciences, le Commerce
nont point essuyé de révolutions dans
les Pays qui sont du ressort du Parle-
ment de Toulou se, dont on ne trouve l'é-
poque, quelquefois même l'origine & ses
suites dans le livre dont nous parlons. On
3oo
138 MERCUREDE FRANCE.
y. traite superficiellement les choses peu
importantes, & on appuye davantage sur
les plus considérables: on n insist e pas au-
tant sur les siécles passés que sur celui-ci,
Il n'est point d'Etranger qui, en lisant cet
Almanach, ne parvienne â connoître le
Languedoc comme s'il y étoit né, ou s'il
y avoit fait un long séjour. Nous croyons
que les autres Provinces devroient se pro-
curer, & procurer au Royaume en tier
un pareil secours. L'Auteur judicieux &
laborieux dont nous annonçons le travail
peut servir de modele.
de Languedoc, & des Provinces
du ressort du Parlement de Toulouse,
contenant tout ce qui concerne le Clergé,
l'Etat civil & littéraire, & le commerce
de ces Provinces, 1752. Se vend à Tou-
louse, chez Jean François Crozat, volu-
me in-8° de 312 pages.
L'Ouvrage que nous annonçons n'est pas
aussi frivole que son titre pourroit le fai-
re soupçonner. C'est une Histoire très sui-
vie & assez détaillée de ce qui est ar-
rivé d'important dans une des plus con-
sidétables, & la plus agréable Province
du Royaume. La Religion, le Gouver-
nement, les Sciences, le Commerce
nont point essuyé de révolutions dans
les Pays qui sont du ressort du Parle-
ment de Toulou se, dont on ne trouve l'é-
poque, quelquefois même l'origine & ses
suites dans le livre dont nous parlons. On
3oo
138 MERCUREDE FRANCE.
y. traite superficiellement les choses peu
importantes, & on appuye davantage sur
les plus considérables: on n insist e pas au-
tant sur les siécles passés que sur celui-ci,
Il n'est point d'Etranger qui, en lisant cet
Almanach, ne parvienne â connoître le
Languedoc comme s'il y étoit né, ou s'il
y avoit fait un long séjour. Nous croyons
que les autres Provinces devroient se pro-
curer, & procurer au Royaume en tier
un pareil secours. L'Auteur judicieux &
laborieux dont nous annonçons le travail
peut servir de modele.
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Résumé : « ALMANACH historique & Chronologique de Languedoc, & des Provinces [...] »
L'Almanach historique et chronologique de Languedoc et des provinces du ressort du Parlement de Toulouse, publié en 1752 par Jean-François Crozat, est un ouvrage de 312 pages au format in-8°. Contrairement à son titre, il ne s'agit pas d'un texte frivole mais d'une histoire détaillée des événements importants de la région. Le livre aborde divers aspects tels que la religion, le gouvernement, les sciences et le commerce. Il met en lumière les événements marquants, notamment ceux des siècles récents, tout en fournissant des détails importants. Cet ouvrage permet à un lecteur étranger de bien connaître le Languedoc comme s'il y était né ou y avait séjourné longtemps. L'auteur est félicité pour son travail minutieux et laborieux, et il est suggéré que d'autres provinces pourraient également bénéficier d'un tel ouvrage.
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3347
p. 138-139
SUJETS proposés par l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts, établie à Pau, pour deux prix qui seront distribués le premier Jeudy du mois de Fevrier, 1753.
Début :
L'Académie ayant jugé à propos de réserver le prix de la Prose de 1752, en [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences et beaux-arts de Pau, Académie, Prose, Poésie, Calomnie, Éducation
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texteReconnaissance textuelle : SUJETS proposés par l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts, établie à Pau, pour deux prix qui seront distribués le premier Jeudy du mois de Fevrier, 1753.
SUJETS proposés par l'Académie
Royale des Sciences & Beaux-Arts, établie
à Pau, pour deux prix qui seront
distribués le premier Jeudy du mois de
Fevrier, 1753.
L'Académie ayant jugé à propos de réserver
le prix de la Prose de 1752, en
donnera deux en 175.3: l'un, à un Ouvra-
ge en Prose dont le sujet sera, la calomnis
donne plus d'éclat à la vertu que la flatierie.
Et l'autre, à un Ouvrage de Poësie, qui
aura pour sujet, les avantages de l'éduca-
tion. Les Ouvrages ne pourront excéder
une demie heure de lecture, ils seront
adressés à M. l'Abbé de Sorberio, Secretai-
re de l'Académie; on n'en recevra aucun
MARS.
1752.
139
après le mois de Novembre, & s'ils ne
sont affranchis du port.
Chaque Auteur mettra à la fin de son
Onvrage, la sentence qu'il voudra. Il la
repetera au-dessus d'un billet cacheté,
dans lequel il écrira son nom. M. Mail-
hol est l'Auteur du Poëme qui a remporté
le prix de la Poësie en 1752.
Royale des Sciences & Beaux-Arts, établie
à Pau, pour deux prix qui seront
distribués le premier Jeudy du mois de
Fevrier, 1753.
L'Académie ayant jugé à propos de réserver
le prix de la Prose de 1752, en
donnera deux en 175.3: l'un, à un Ouvra-
ge en Prose dont le sujet sera, la calomnis
donne plus d'éclat à la vertu que la flatierie.
Et l'autre, à un Ouvrage de Poësie, qui
aura pour sujet, les avantages de l'éduca-
tion. Les Ouvrages ne pourront excéder
une demie heure de lecture, ils seront
adressés à M. l'Abbé de Sorberio, Secretai-
re de l'Académie; on n'en recevra aucun
MARS.
1752.
139
après le mois de Novembre, & s'ils ne
sont affranchis du port.
Chaque Auteur mettra à la fin de son
Onvrage, la sentence qu'il voudra. Il la
repetera au-dessus d'un billet cacheté,
dans lequel il écrira son nom. M. Mail-
hol est l'Auteur du Poëme qui a remporté
le prix de la Poësie en 1752.
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Résumé : SUJETS proposés par l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts, établie à Pau, pour deux prix qui seront distribués le premier Jeudy du mois de Fevrier, 1753.
En février 1753, l'Académie Royale des Sciences et Beaux-Arts de Pau attribuera deux prix : un pour un ouvrage en prose sur 'la calomnie donne plus d'éclat à la vertu que la flatterie' et un autre pour un poème sur 'les avantages de l'éducation'. Les œuvres doivent être envoyées avant novembre 1752 à M. l'Abbé de Sorberio. M. Mailhol a gagné le prix de poésie en 1752.
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3348
p. 139
« LETTRE de M. Grimm sur Omphale, Tragédie lyrique reprise pat l'Académie [...] »
Début :
LETTRE de M. Grimm sur Omphale, Tragédie lyrique reprise pat l'Académie [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Lettre, Friedrich Melchior Grimm, Omphale
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texteReconnaissance textuelle : « LETTRE de M. Grimm sur Omphale, Tragédie lyrique reprise pat l'Académie [...] »
LETTRE de M. Grimm sur Omphale,
Tragédie lyrique reprise pat l'Académie
Royale de Musique, le 14 Janvier 1752.
Brochure de 52 pages.
Tous ceux qui connoissoient l'Auteur de
cotte lettre, sçavoient qu'il avoit l'esprit
étendu, des connoissances fort variées,
& un goût sûr. Le Public sçait maintenant
que c'est un homme qui entend supérieu-
rement la Musique, & qu'il en parle très-
agréablement: sa brochure est pleine de
discussions fines, de réflexions neuves, de
traits forts & hardis. Quoique l'examen
du récitatif d'Omphale soit son principal
objet, ses vues s'etendent à d'autres cho-
ses, & singuliérement au génie de M.
Rameau. Tout le monde na pas adopté
les opinions de M. Grimm, mais nous ne
croyons pas que perfonne ait refuséde l'es-
time à son Ouvrage: nous invitons ceux
qui ne l'ont pas lu à le lire, & ceux qui
l'ont lu à le relire.
Tragédie lyrique reprise pat l'Académie
Royale de Musique, le 14 Janvier 1752.
Brochure de 52 pages.
Tous ceux qui connoissoient l'Auteur de
cotte lettre, sçavoient qu'il avoit l'esprit
étendu, des connoissances fort variées,
& un goût sûr. Le Public sçait maintenant
que c'est un homme qui entend supérieu-
rement la Musique, & qu'il en parle très-
agréablement: sa brochure est pleine de
discussions fines, de réflexions neuves, de
traits forts & hardis. Quoique l'examen
du récitatif d'Omphale soit son principal
objet, ses vues s'etendent à d'autres cho-
ses, & singuliérement au génie de M.
Rameau. Tout le monde na pas adopté
les opinions de M. Grimm, mais nous ne
croyons pas que perfonne ait refuséde l'es-
time à son Ouvrage: nous invitons ceux
qui ne l'ont pas lu à le lire, & ceux qui
l'ont lu à le relire.
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Résumé : « LETTRE de M. Grimm sur Omphale, Tragédie lyrique reprise pat l'Académie [...] »
La lettre de M. Grimm sur la tragédie lyrique 'Omphale', jouée le 14 janvier 1752, a été publiée en brochure de 52 pages. Grimm, connu pour son esprit et ses connaissances, démontre une compréhension supérieure de la musique. Son ouvrage analyse le récitatif d''Omphale' et le génie de Rameau. Bien que ses opinions ne soient pas universellement adoptées, sa brochure est unanimement estimée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3349
p. 140-141
« MANIERE d'enseigner l'Ortographe & la Langue Françoise par principes, utile [...] »
Début :
MANIERE d'enseigner l'Ortographe & la Langue Françoise par principes, utile [...]
Mots clefs :
Langue française, Enseigner, Orthographe, Livres, Méthode, Principes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « MANIERE d'enseigner l'Ortographe & la Langue Françoise par principes, utile [...] »
MANIERE d'enseigner l'Ortographe
& la Langue Françoise par principes, utile
aux Maîtres & aux peres de Famille
qui voudront instruire leurs enfans, par
M. Jacquier. On la vend à Paris, chez le
Gras, grande Salle du Palais; Prault
quai de Gêvre; la veuve Pissot, à la dé-
cente du Pont-neuf, & Pissot, quai des
Augustins, au coin de la rue Git-le-
cœur.
Les Libraires de Paris, de Province &
des Pays Ettangers qui auront besoin des
Ouvrages de M. Jacquier, & qui les
voudront de la premiere main, s'adresse.
ront aux susdits Libraires: ils y trou-
veront,
1. Sa methode pour apprendre l'orto-
graphe & la langue françoise par princi-
pes. Ellè est très-utile à ceux qui ont un
Dictionnaire François, parce que l'Orto-
graphe de chaque mot y est prouvée par
regles Prix trois livres, brochée, & de
six livres, reliée, avec la maniere d'en-
seigner.
2. La maniere d'enseigner l'Ortographe
& la Langue Françoise par principes, uti-
le aux Maîtres & aux peres de Famille
qui voudront instruire leurs enfans: vo-
lume in-S°, prix 3. livres, broché, & de
6 livres relié, avec la methode.
MARS. 1752.
141
3. Le coup d'œeil de Dictionnaires Fran-
çois, où l'Ortographe de chaque mot est
prouvée par régles. On y voit aussi com-
ment toûs les mots de la Langue se for-
ment les uns des autres: prix trois li-
vres relié.
4. La table des Matieres contenues
dans la cinquième Edition de sa methode
& de la maniere d'enseigner, servant de
seconde clef pour tous ceux qui ont un
Dictionnaire François ou une Grammat-
re. Brochure in S° de trente-huit pages :
prix, six sols.
& la Langue Françoise par principes, utile
aux Maîtres & aux peres de Famille
qui voudront instruire leurs enfans, par
M. Jacquier. On la vend à Paris, chez le
Gras, grande Salle du Palais; Prault
quai de Gêvre; la veuve Pissot, à la dé-
cente du Pont-neuf, & Pissot, quai des
Augustins, au coin de la rue Git-le-
cœur.
Les Libraires de Paris, de Province &
des Pays Ettangers qui auront besoin des
Ouvrages de M. Jacquier, & qui les
voudront de la premiere main, s'adresse.
ront aux susdits Libraires: ils y trou-
veront,
1. Sa methode pour apprendre l'orto-
graphe & la langue françoise par princi-
pes. Ellè est très-utile à ceux qui ont un
Dictionnaire François, parce que l'Orto-
graphe de chaque mot y est prouvée par
regles Prix trois livres, brochée, & de
six livres, reliée, avec la maniere d'en-
seigner.
2. La maniere d'enseigner l'Ortographe
& la Langue Françoise par principes, uti-
le aux Maîtres & aux peres de Famille
qui voudront instruire leurs enfans: vo-
lume in-S°, prix 3. livres, broché, & de
6 livres relié, avec la methode.
MARS. 1752.
141
3. Le coup d'œeil de Dictionnaires Fran-
çois, où l'Ortographe de chaque mot est
prouvée par régles. On y voit aussi com-
ment toûs les mots de la Langue se for-
ment les uns des autres: prix trois li-
vres relié.
4. La table des Matieres contenues
dans la cinquième Edition de sa methode
& de la maniere d'enseigner, servant de
seconde clef pour tous ceux qui ont un
Dictionnaire François ou une Grammat-
re. Brochure in S° de trente-huit pages :
prix, six sols.
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Résumé : « MANIERE d'enseigner l'Ortographe & la Langue Françoise par principes, utile [...] »
Le document de mars 1752 présente plusieurs ouvrages de M. Jacquier consacrés à l'enseignement de l'orthographe et de la langue française. Ces ouvrages sont disponibles à Paris chez les libraires le Gras, Prault, la veuve Pissot et Pissot, ainsi que par l'intermédiaire des libraires de province et des pays étrangers. Les principales publications incluent : 1. **Méthode pour apprendre l'orthographe et la langue française par principes** : Cet ouvrage est destiné à ceux qui possèdent un dictionnaire français, car il prouve l'orthographe de chaque mot par des règles. Il est disponible en version brochée à trois livres ou reliée à six livres, et inclut la manière d'enseigner. 2. **La manière d'enseigner l'orthographe et la langue française par principes** : Ce livre est destiné aux maîtres et aux pères de famille souhaitant instruire leurs enfants. Il est disponible en volume in-8° à trois livres broché ou six livres relié, accompagné de la méthode. 3. **Le coup d'œil des dictionnaires français** : Cet ouvrage présente l'orthographe de chaque mot prouvée par des règles et montre comment les mots de la langue se forment les uns des autres. Il est disponible à trois livres relié. 4. **Table des matières** : Incluse dans la cinquième édition de la méthode et de la manière d'enseigner, cette brochure sert de seconde clé pour ceux ayant un dictionnaire français ou une grammaire. Elle est disponible en format in-8° de trente-huit pages au prix de six sols.
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3350
p. 141-142
« La nouvelle Edition de la preuve par témoins, de Danty, in-4o., qui se vendra [...] »
Début :
La nouvelle Edition de la preuve par témoins, de Danty, in-4o., qui se vendra [...]
Mots clefs :
Preuve, Témoins, Vie civile, Règne de Louis XIV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La nouvelle Edition de la preuve par témoins, de Danty, in-4o., qui se vendra [...] »
La nouvelle Edition de la preuve
par témoins, de Danty, in-4o., qui se vendra
à Paris chez Messieurs de Nully, Li-
braire au Palais; Despilly pere & fils, Li-
braires rue Saint Jacques, à la vieille pos-
te; Vincent, Libraire, rue Saint Severin;
& à Rennes, chez Vatard fils, Libtaire
rue Dauphine à la Science.
LES préceptes de la vie civile, mis
en distiques latins, attribués à Caton, &
traduits en vers François avec quelques
Poësies sacrées, dédiés à Mesdames de
France, par M. l'Abbé S***: à Paris,
chez Nyon fils, & Guillyn, quai des Au-
gustins.
O
142 MERCURE DE FRANCE.
L'HISTOIRE Littéraire du Regne de
Louis XIV. par M. l'Abbé Lambert, se
trouve à Paris, chez Prault fils, Quillan
fils & Guiltyn. Elle se vend 241. brochée,
& 30 livres reliée.
par témoins, de Danty, in-4o., qui se vendra
à Paris chez Messieurs de Nully, Li-
braire au Palais; Despilly pere & fils, Li-
braires rue Saint Jacques, à la vieille pos-
te; Vincent, Libraire, rue Saint Severin;
& à Rennes, chez Vatard fils, Libtaire
rue Dauphine à la Science.
LES préceptes de la vie civile, mis
en distiques latins, attribués à Caton, &
traduits en vers François avec quelques
Poësies sacrées, dédiés à Mesdames de
France, par M. l'Abbé S***: à Paris,
chez Nyon fils, & Guillyn, quai des Au-
gustins.
O
142 MERCURE DE FRANCE.
L'HISTOIRE Littéraire du Regne de
Louis XIV. par M. l'Abbé Lambert, se
trouve à Paris, chez Prault fils, Quillan
fils & Guiltyn. Elle se vend 241. brochée,
& 30 livres reliée.
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Résumé : « La nouvelle Edition de la preuve par témoins, de Danty, in-4o., qui se vendra [...] »
Le texte liste plusieurs publications disponibles à Paris et Rennes. 'La preuve par témoins' de Danty est vendu chez plusieurs libraires à Paris et Rennes. 'Les préceptes de la vie civile' traduit par l'Abbé S*** est disponible chez Nyon fils et Guillyn à Paris. 'L'Histoire littéraire du règne de Louis XIV' par l'Abbé Lambert coûte 24 livres brochée et 30 livres reliée chez Prault fils, Quillan fils et Guillyn à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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