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Détail
Liste
1951
p. 158-159
Bouts-rimez à remplir. [titre d'après la table]
Début :
Sophy Cingle Epingle Deffi Suffi Zuingle Tringle Bouffy Allasse Paillasse [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bouts-rimez à remplir. [titre d'après la table]
Cingl
Epingl
Deif
Suffi
Tringle
Bouffy
Allasse
Paillasse
Ginguet
Ligourne
Trinquet
Enfourne.
Epingl
Deif
Suffi
Tringle
Bouffy
Allasse
Paillasse
Ginguet
Ligourne
Trinquet
Enfourne.
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1952
p. 160-161
SONNET.
Début :
Poursuivez doux Oyseaux vostre tendre . ramage, [...]
Mots clefs :
Roi, Régent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
SONNET.
Pourfa;ve% doux Oyfcaux vostri
tendre ramage
Dans vospaijiblCJ lieux éloignez
du
«
fracas J
Vous riapprehendeT^point defil
neJle
9
- tracas J
TAndis que nous pouvons craindrk
m nouveau *
tapageJ
c<
Xe Roy si redoute des Rois du a Coquillage.
b/luffi cher auxFrançois quauxGrecs
J'étoit Calcas,
¥.n venant desubir de la Parque
le cas,
ourroit bien ranimer ces vendeurs
de fromage.
\CesmornesCitoyens a longchapeait
pOintu)
es turbulents Anglois dont ïefprit
tft têtu, Croiront nous avaller ttinfi qu'une
Allouette;
Wdis nofirefier Regent plus rufé
qu'un Minon,
\t'plus rude au combat qu'en amour
,
n'est Toinon,
nçaura les rencoignerjusques dans
leur couchette.
Pourfa;ve% doux Oyfcaux vostri
tendre ramage
Dans vospaijiblCJ lieux éloignez
du
«
fracas J
Vous riapprehendeT^point defil
neJle
9
- tracas J
TAndis que nous pouvons craindrk
m nouveau *
tapageJ
c<
Xe Roy si redoute des Rois du a Coquillage.
b/luffi cher auxFrançois quauxGrecs
J'étoit Calcas,
¥.n venant desubir de la Parque
le cas,
ourroit bien ranimer ces vendeurs
de fromage.
\CesmornesCitoyens a longchapeait
pOintu)
es turbulents Anglois dont ïefprit
tft têtu, Croiront nous avaller ttinfi qu'une
Allouette;
Wdis nofirefier Regent plus rufé
qu'un Minon,
\t'plus rude au combat qu'en amour
,
n'est Toinon,
nçaura les rencoignerjusques dans
leur couchette.
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Résumé : SONNET.
Le sonnet oppose la sérénité des oiseaux à l'agitation humaine. Les oiseaux, loin des tracas, contrastent avec les hommes qui redoutent le tumulte. Le texte cite Calcas, un devin grec, et compare les Anglais à des individus obstinés. Un régent est comparé à un lion, plus féroce au combat qu'en amour. Il est question de repousser les Anglais jusqu'à leur couchette.
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1953
p. 174-177
PEUR DE L'AMOUR, Fable Anacreontique sur une jeune & aimable personne qui quelquefois parle Allemand.
Début :
La jeune Iris qui par son enjouëment [...]
Mots clefs :
Amour, Cupidon, Vénus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PEUR DE L'AMOUR, Fable Anacreontique sur une jeune & aimable personne qui quelquefois parle Allemand.
PEUR DE L'AMOUR,
Fable Anacreontique sur
une jeune & aimable personne
qui quelquefois parle
Allemand
'f-"¡-
Lajeune Iris qui par son enjouëment
Etfis traits brouille mainte cervelltr,
Parfois s'amuft a parler Allemand.
RJnjoufijc 1Jt jjfyou&ïbcfnti*
*
i - nrllt,V <y- •, Tachant d\<mt ceque disoit la ::;'" Mllei,e,V
Tous ces motsJars /'ejpaïoient
grfoidcmeqt't
Sique,'peureux rtefont approcher
.ci,eu;)
ivefetiiDieuJecachoit doucement
Comme un Moineau Jecouvrant
de Jon aijle.
Lors je luy criea Amour
y
je le
iroy bien,
Tel idiome eflpour toy tropfeu*
'Vat:e,;, 1
JamaitsiVeennus r;ien fit Jon entreImàuJJimmfait
pas grandusage »Jâthcr Jon tpetitChien.
A,ce d.ijcmourlseCupidon moins tiSerajpiraflti
voie brnon ccôottée'..
Ecoute encor diç-je à l'enfant
perfide
j
CrUe de craindre unejeune
beauté.
J'écoute en vain
, & c'efi Langue
etrangere,
Me répond-il, quel efi doncce
myflere?
Sans mon bandeau féclaircirois
cecjy,
Je n'entens rienà ce langagecy,
LeJfotdeuouxejtpourtant de
.: !k'' - Cythere
Fable Anacreontique sur
une jeune & aimable personne
qui quelquefois parle
Allemand
'f-"¡-
Lajeune Iris qui par son enjouëment
Etfis traits brouille mainte cervelltr,
Parfois s'amuft a parler Allemand.
RJnjoufijc 1Jt jjfyou&ïbcfnti*
*
i - nrllt,V <y- •, Tachant d\<mt ceque disoit la ::;'" Mllei,e,V
Tous ces motsJars /'ejpaïoient
grfoidcmeqt't
Sique,'peureux rtefont approcher
.ci,eu;)
ivefetiiDieuJecachoit doucement
Comme un Moineau Jecouvrant
de Jon aijle.
Lors je luy criea Amour
y
je le
iroy bien,
Tel idiome eflpour toy tropfeu*
'Vat:e,;, 1
JamaitsiVeennus r;ien fit Jon entreImàuJJimmfait
pas grandusage »Jâthcr Jon tpetitChien.
A,ce d.ijcmourlseCupidon moins tiSerajpiraflti
voie brnon ccôottée'..
Ecoute encor diç-je à l'enfant
perfide
j
CrUe de craindre unejeune
beauté.
J'écoute en vain
, & c'efi Langue
etrangere,
Me répond-il, quel efi doncce
myflere?
Sans mon bandeau féclaircirois
cecjy,
Je n'entens rienà ce langagecy,
LeJfotdeuouxejtpourtant de
.: !k'' - Cythere
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Résumé : PEUR DE L'AMOUR, Fable Anacreontique sur une jeune & aimable personne qui quelquefois parle Allemand.
La fable 'Peur de l'amour' narre l'histoire d'Iris, une jeune femme joyeuse et belle qui parle parfois allemand, ce qui effraie ceux qui cherchent à l'aborder. Amour, personnifié, tente de comprendre ses paroles mais est déconcerté par cette langue. Il mentionne que même Vénus, la déesse de l'amour, serait impuissante face à cette situation. Cupidon, fils de Vénus, serait également désorienté. Iris utilise l'allemand comme une barrière contre l'amour, craignant de s'engager. Amour essaie de la rassurer, mais elle affirme ne pas comprendre ce langage et préfère rester méfiante.
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1954
p. 177-181
A Mademoiselle Welche.
Début :
Ah ! Philis changez de dessein, [...]
Mots clefs :
Peintre, Amour, Chef-d'oeuvre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Mademoiselle Welche.
A Mademoiselle Welche.
Abl Philis chjngez de dcjjein
> Mon oeil nepeut vous voirsans
larmes
c
Confier h foinde jiux traits d'une impujfante
main,
,:"
-
"., , '1..
ÇhiUn.tlùÂçnçtwig*cfticn-><y
Quand elle ose se fairepeindre!
MMaaiissunucnbecfh-eefoiftcî,eriievrdeodoiilt tout
li/yperdtatoûpunduJtenl
; :
Vôtre Peintre, hetas ! cre.
nous?
Fut-ilplushabile qujfypilk*
Ne uotis peindra jamais belle
Quevous l'êtesauxycux de tous. -&
Pourformer votre teint) Phiitsp
QuilmêleteLysàlàRose;
Qttaupréscejetapeudecboje
Que l'Oàlletyla Roje (y le Lys,
Que du plus brillant Incarnat
Il bordevos lèvresvermeilles;
Ah ! jamais de ces deux merveilles
PourrA.t.ilégalerl'éclatf
Ou cherchera-t-il des couleurs
Pour tracer vos yeux, dont les
armes
Ont déjà tant eauré J'ailarmes
Aux plus inacccffiblcs coeurs.
OE
Trouvera t ildans- fonpinceau
Cetair poli,ce douxJourire,
Et mille attraits qu'on ne peut
dire,
Ni menager dans un Tableau.
Pour comble d'infidelité)
Sa trisse & cruelle manie.
Vous ravira ce fin genie,
Dwneame de notre beauté. 19
Laiff-z àd'autres recevoir
Vavantage de la peinture,
Rien n'estsi beau que de vous
voir
Telle que vousfit lanature.
J'ay cependantvotreportrait,
Mais il (si au fond de mon ame,
L'amourd'uneftêchedeflâm
Seeutt vorusyagraveir
Abl Philis chjngez de dcjjein
> Mon oeil nepeut vous voirsans
larmes
c
Confier h foinde jiux traits d'une impujfante
main,
,:"
-
"., , '1..
ÇhiUn.tlùÂçnçtwig*cfticn-><y
Quand elle ose se fairepeindre!
MMaaiissunucnbecfh-eefoiftcî,eriievrdeodoiilt tout
li/yperdtatoûpunduJtenl
; :
Vôtre Peintre, hetas ! cre.
nous?
Fut-ilplushabile qujfypilk*
Ne uotis peindra jamais belle
Quevous l'êtesauxycux de tous. -&
Pourformer votre teint) Phiitsp
QuilmêleteLysàlàRose;
Qttaupréscejetapeudecboje
Que l'Oàlletyla Roje (y le Lys,
Que du plus brillant Incarnat
Il bordevos lèvresvermeilles;
Ah ! jamais de ces deux merveilles
PourrA.t.ilégalerl'éclatf
Ou cherchera-t-il des couleurs
Pour tracer vos yeux, dont les
armes
Ont déjà tant eauré J'ailarmes
Aux plus inacccffiblcs coeurs.
OE
Trouvera t ildans- fonpinceau
Cetair poli,ce douxJourire,
Et mille attraits qu'on ne peut
dire,
Ni menager dans un Tableau.
Pour comble d'infidelité)
Sa trisse & cruelle manie.
Vous ravira ce fin genie,
Dwneame de notre beauté. 19
Laiff-z àd'autres recevoir
Vavantage de la peinture,
Rien n'estsi beau que de vous
voir
Telle que vousfit lanature.
J'ay cependantvotreportrait,
Mais il (si au fond de mon ame,
L'amourd'uneftêchedeflâm
Seeutt vorusyagraveir
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Résumé : A Mademoiselle Welche.
L'auteur adresse une lettre poétique à Mademoiselle Welche, exprimant son admiration pour sa beauté. Il doute que tout peintre puisse capturer sa véritable splendeur. Il décrit sa peau comme un mélange de lys et de rose, et ses lèvres comme un incarnat brillant. Ses yeux sont capables de faire pleurer les cœurs les plus insensibles. L'auteur affirme que même le meilleur artiste ne pourra reproduire son sourire et ses multiples charmes. Il conclut en affirmant que rien n'est plus beau que de la voir telle que la nature l'a faite, bien qu'il ait son portrait gravé dans son âme par l'amour.
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1955
p. 182-184
Vers sur de la conserve envoyée à une Religieuse qui avoit refusé d'en faire des coeurs. [titre d'après la table]
Début :
Vôtre conserve est merveilleuse, [...]
Mots clefs :
Religieuse, Toucher
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers sur de la conserve envoyée à une Religieuse qui avoit refusé d'en faire des coeurs. [titre d'après la table]
Votreconjerveelfmerveillujey
Je njousen fais mille remerciements
y Vous en deve^ autant de com.
pliments
A l'aimable Religieuse
Qui l'a fit desablanchemain;
Mais au sujet des coeurs d'où luy
,: vie(it ce dédain,
D'enfaçonner elle sfexcufe,
ùp
fDe les toucher ellerefitse; 'f PoJu4rr mmooyyjei nnefstit;i{fppaass ddeemméêmmt
jènrzment
Jàyla'défias tout un autrefyf
tême,
Jefaisgrandcas du coeur,fource
du mouvement
C'eftluy-qui nùusélevé audessus
',
de nous. même
ill J porte nos desirsjusques au firmament
y lEt nousfait accomplirle precepte
charmant
eue'S.Jean repetoit souvent dans.
sa vieillcfie: mMéiïi<jue l'ontrouve pe,"u de
coeursdccette 'fPece,
^Jefe^arderoisdonccomme anfort
graridbonbekr .,
Dejtreowvriçte enfait de coe,!ir,
Efqqe de les tomberjeftroisa-
, tisfaite,
S'ils étaient faits comme je le
fouhaite*
Je njousen fais mille remerciements
y Vous en deve^ autant de com.
pliments
A l'aimable Religieuse
Qui l'a fit desablanchemain;
Mais au sujet des coeurs d'où luy
,: vie(it ce dédain,
D'enfaçonner elle sfexcufe,
ùp
fDe les toucher ellerefitse; 'f PoJu4rr mmooyyjei nnefstit;i{fppaass ddeemméêmmt
jènrzment
Jàyla'défias tout un autrefyf
tême,
Jefaisgrandcas du coeur,fource
du mouvement
C'eftluy-qui nùusélevé audessus
',
de nous. même
ill J porte nos desirsjusques au firmament
y lEt nousfait accomplirle precepte
charmant
eue'S.Jean repetoit souvent dans.
sa vieillcfie: mMéiïi<jue l'ontrouve pe,"u de
coeursdccette 'fPece,
^Jefe^arderoisdonccomme anfort
graridbonbekr .,
Dejtreowvriçte enfait de coe,!ir,
Efqqe de les tomberjeftroisa-
, tisfaite,
S'ils étaient faits comme je le
fouhaite*
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Résumé : Vers sur de la conserve envoyée à une Religieuse qui avoit refusé d'en faire des coeurs. [titre d'après la table]
Lettre poétique remerciant une religieuse pour son aide et sa générosité. L'auteur évoque la difficulté de toucher certains cœurs et aspire à leur élévation pour accomplir des actions nobles. Il cite saint Jean sur la rareté des cœurs purs et espère qu'ils seront une bénédiction.
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1956
p. 184-185
EPIGRAMME. Les Armes de l'Amour.
Début :
En voicy encore qui ne sont asseurement pas à rebuter. / L'Amour, au jeu quoyque des plus adroits, [...]
Mots clefs :
Amour, Armes
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texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME. Les Armes de l'Amour.
En voicy encore qui ne (onc
affcurcmcnc pas à rebuter.
EP lGK AMME.
Les Armes de l'Amour.
VAmqur%auje#quoyquedes
;
plusadroits,
Pargrand malheur perditttnjçur
ses atm$.
-. Venus
Venus lesçait>elle accourttoute
en [armes,
JQue fere%'rv0HS sans ftêches
sanscarquois?
Qui déformaisrefpeftera Cytheres
Ne craigne^ rien, dit l'amour à
sa mere Si , contre rnoy l'on veut se revolters
lefçauray bien affermir mon Em-
pire; ,
,Mieux que mes traits, les beaux
jeux de Themire,
Quand je Doudray
, me feront
redouter.
affcurcmcnc pas à rebuter.
EP lGK AMME.
Les Armes de l'Amour.
VAmqur%auje#quoyquedes
;
plusadroits,
Pargrand malheur perditttnjçur
ses atm$.
-. Venus
Venus lesçait>elle accourttoute
en [armes,
JQue fere%'rv0HS sans ftêches
sanscarquois?
Qui déformaisrefpeftera Cytheres
Ne craigne^ rien, dit l'amour à
sa mere Si , contre rnoy l'on veut se revolters
lefçauray bien affermir mon Em-
pire; ,
,Mieux que mes traits, les beaux
jeux de Themire,
Quand je Doudray
, me feront
redouter.
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Résumé : EPIGRAMME. Les Armes de l'Amour.
L'Amour, ayant perdu ses flèches et son carquois, rassure Vénus. Il affirme pouvoir renforcer son empire par les 'beaux jeux de Thémire', qui inspireront crainte et respect. L'Amour montre ainsi sa confiance en des moyens alternatifs pour maintenir son influence.
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1957
p. 186-187
INSCRIPTION pour la Samaritaine. / TRADUCTION.
Début :
Si mulier veniens ad purum noxia fontem, / Si la femme Samaritaine [...]
Mots clefs :
Samaritaine, Chasteté, Femme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : INSCRIPTION pour la Samaritaine. / TRADUCTION.
INSCRIP T ION
pour laSamaritaine.
s'f routierveniens ad purum L' noxiafontem
,
Dante D0, potuit çajla redire domum.
Tu cttjusjïmili pcéiiiS cêmbariiHT
,
afin -
Supremi Jalubres posse medentis
aquas.
,'\ TR4DVCTION.,
a*
-si la femme Samaritaine
approchant de cettefontaine.
Dans un état d'impureté
if recouvrelaChasteté. ,
ôafla:hr, qui peutestre ,
comme elle
Brûles d'une ardeur criminelle,
implore ce grand Medecin
~iuy ses precepres à la trace
1.1 guérira ces feux allumez
dans ton Pein
oar les eaux vives de sa grâce,
pour laSamaritaine.
s'f routierveniens ad purum L' noxiafontem
,
Dante D0, potuit çajla redire domum.
Tu cttjusjïmili pcéiiiS cêmbariiHT
,
afin -
Supremi Jalubres posse medentis
aquas.
,'\ TR4DVCTION.,
a*
-si la femme Samaritaine
approchant de cettefontaine.
Dans un état d'impureté
if recouvrelaChasteté. ,
ôafla:hr, qui peutestre ,
comme elle
Brûles d'une ardeur criminelle,
implore ce grand Medecin
~iuy ses precepres à la trace
1.1 guérira ces feux allumez
dans ton Pein
oar les eaux vives de sa grâce,
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Résumé : INSCRIPTION pour la Samaritaine. / TRADUCTION.
L'inscription évoque la Samaritaine, une femme impure devenue chaste après sa rencontre avec Jésus. Elle est comparée à des individus aux passions criminelles, qui peuvent aussi être guéris par Jésus, présenté comme un grand médecin. Ils sont invités à suivre ses enseignements pour apaiser leurs passions par la grâce divine.
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1958
p. 188-190
SONNET.
Début :
D'un Prince genereux, Muses chantez la gloire, [...]
Mots clefs :
Prince, Dieux, Histoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
SONNET.
D'un Princeoenereux,Museschantez
lagloire,
Quelobjetplus brillantpeuts'offrir
a 'vosjeux!
Il efl ainjique 'vous,ipu dufang
desDieux,
-
- Léclat de ses vertus asseureJa
memoire.
Eslimé chéri, craint suivi de la
-
viEloirey
, Sa vaillance, son nom voleront
en tous lieux,
Tout nous répondpour luy du culte
glorieux
Que des Jtecles futurs exigera
l'bijloire.
Je le vois adoré de cent peuples
divers
>
Qu'il joit donc à presentleJuje-t
de nos Vers
3 Admironsses décrets
,
refpeélons
sa puifânc.
Des loix
,
de l'équité ce grand
Prince eftl'appuy,
Etsdoitaasesvneratuissasuatannt qcue'à
Lasuprême grandeur qu'ilpof*
fede aUjourd'huy
D'un Princeoenereux,Museschantez
lagloire,
Quelobjetplus brillantpeuts'offrir
a 'vosjeux!
Il efl ainjique 'vous,ipu dufang
desDieux,
-
- Léclat de ses vertus asseureJa
memoire.
Eslimé chéri, craint suivi de la
-
viEloirey
, Sa vaillance, son nom voleront
en tous lieux,
Tout nous répondpour luy du culte
glorieux
Que des Jtecles futurs exigera
l'bijloire.
Je le vois adoré de cent peuples
divers
>
Qu'il joit donc à presentleJuje-t
de nos Vers
3 Admironsses décrets
,
refpeélons
sa puifânc.
Des loix
,
de l'équité ce grand
Prince eftl'appuy,
Etsdoitaasesvneratuissasuatannt qcue'à
Lasuprême grandeur qu'ilpof*
fede aUjourd'huy
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Résumé : SONNET.
Le sonnet célèbre un prince valeureux et généreux, dont les vertus assurent une mémoire immortelle. Sa vaillance et son nom inspireront un culte glorieux chez les générations futures. Le poète admire ce prince, adoré par divers peuples, et invite à respecter ses décrets fondés sur la loi et l'équité. Le prince incarne une autorité suprême et une grandeur exceptionnelle.
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1959
p. 192-199
ODE SUR LA PAIX âgée de trois mois, & composée gratis pour le public
Début :
Venez immortelles Déesses, [...]
Mots clefs :
Paix, Terre, Voix, Cieux, Guerre, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE SUR LA PAIX âgée de trois mois, & composée gratis pour le public
ODE SUR LA PAIX
âgée de trois mois,& composée
gratis pour le public
Vene% immortellesDécjjes>
Inspire tous vos favoris,
Etprodigues devos largesses
Repandez-les dans leurs écrits;
Preparc de richesoffrandes,
Ornez vos testes de guirlandes;
Accordez vos lires) vos luts
> Et que les voix Académiques
Forment des concerts magnifiques
Ouaucun bruit ne troublera plus. *Chante^ le plus grand Roy
du mondeè
Et
Et le plusfage des Guerriers,
Joiitfsantd'unePaixprofonde
A l'ombre de millelauriers;
Ne l'offre^ plus dans les batailles,
NIsurles débris des murailles
D'objets affreux environne;
Mais d'un regardcalmant la terre
Et desarmêdeson tonnerre,
DD''oo!lii1vJefenencecejjoouurr couronni. couronne.
Surson front auguflepréfide
La Sagesse entre les vertus ;
Sous lescoups decet autre Lllcide
Tombent les Monstres combattus;
La Discordenoirefurie,
UErreur hydre defang nourrie,
Suivent le Duel enchaÍné ;
Et dans sa pompetriomphale
O.'J voit cctts Troupc infernale
Sous le charde la Paix traîné.
Des droits du Ciel depofitaire
Louis fut ennrmy dufang,
Etpleind'un %ele hereditatre
Soutint les Autelsson rang;
Sa valeurpar les Loix conduite
,A4 ttiirer le
^'aivercduitey r,,,)- c') 'azve;,cduite,
Fut pacifique enses projets;
Et dans le tumulte des armes
Fit du repos gonfler les charmes
A sesvicrtori)eux)sujets.
C4
Quand les ChampsBelgique?
tremblercnt
Sous le'poids de nos Bafaiflons
Lessemences poumon*germerent
Et fEpi dora lesfilions;
Le focforça la terre ingrate
No:, nefs braverent le Pirate;
Le Ma,chanden mainportal'or;
Bacchus pare de sa Couronne,
Et de concert avec Pomonne,
Du champconferva le tbrefor.
Paix charmante;, si dans la
Guerre
On vivoitheureux parmi nous,
De cruels dons doit combler la terre
Ton retour au mondesidoux;
De tes dehees innocentes
Je voy lessources jaillijfantes
Répandre un deluge de biens;
Sois deBellone larivale,
Et queton nouveau Regne égale
j 00 Par d'autresprodigeslesficns.
Telle (juauxyruxdéfigurée
Par lesjrimats des long1Hyvers,
LaNature de fleursparée
Etend par toutsestapis 'Verds;
Et comme laffi du veuvage
Quitte desondiiïille nuage ,
Prend un air charmant 0* nouveauy
Et de ses parures ornée,
Du jour d'unfécond Hymenée
Paraît allumer le flambeau.
:t=r£
Ai.nr:silFaFran-c1e"
Deslongues tempêtes de Aiars
Par la Paix , enfin confoléç
S'offre riante à nos regards ;
Laijjelesvêtemens funebres
Qui l'ont couverte de tenebres,
Reprendsespremieres beautek ;
Et son Astre sortant des ombres
jîpres des jours trisses &Çombres
Répand de nouvelles dartcz.
Que mille&mille voix s'uniDènr,
Et de leurs chants frappent les
airs- ?
Que les murssacrez retentirent
Delouanges& de concerts?
F!;damm?ss,jjmboUs de la joye
,
;)'rnJ¿i.'S e 'l Où Curt lumineux se déploie,
Exhale -touS, montt aux
Cieuxj
Et que lesflèchesenflammées
En Afires dans l'airtransformées
Donnent un beau fpcÛacle aux
yeux.
el,
Puisse-tu pour Louisrenaître
Bergerfameux, qui dans tes vers
Chanta sur laflûte champêtre
La Paixrendue à l'Univers;
De la gloire brniante Reine
Vante le Héros de la Seine
Où le jour s'éteint&renaît;
Laisseles Cesars, les Pompées;
Pour Ipty tes cent voix occupées
Ne diront pas tout ce qu'il efl.
âgée de trois mois,& composée
gratis pour le public
Vene% immortellesDécjjes>
Inspire tous vos favoris,
Etprodigues devos largesses
Repandez-les dans leurs écrits;
Preparc de richesoffrandes,
Ornez vos testes de guirlandes;
Accordez vos lires) vos luts
> Et que les voix Académiques
Forment des concerts magnifiques
Ouaucun bruit ne troublera plus. *Chante^ le plus grand Roy
du mondeè
Et
Et le plusfage des Guerriers,
Joiitfsantd'unePaixprofonde
A l'ombre de millelauriers;
Ne l'offre^ plus dans les batailles,
NIsurles débris des murailles
D'objets affreux environne;
Mais d'un regardcalmant la terre
Et desarmêdeson tonnerre,
DD''oo!lii1vJefenencecejjoouurr couronni. couronne.
Surson front auguflepréfide
La Sagesse entre les vertus ;
Sous lescoups decet autre Lllcide
Tombent les Monstres combattus;
La Discordenoirefurie,
UErreur hydre defang nourrie,
Suivent le Duel enchaÍné ;
Et dans sa pompetriomphale
O.'J voit cctts Troupc infernale
Sous le charde la Paix traîné.
Des droits du Ciel depofitaire
Louis fut ennrmy dufang,
Etpleind'un %ele hereditatre
Soutint les Autelsson rang;
Sa valeurpar les Loix conduite
,A4 ttiirer le
^'aivercduitey r,,,)- c') 'azve;,cduite,
Fut pacifique enses projets;
Et dans le tumulte des armes
Fit du repos gonfler les charmes
A sesvicrtori)eux)sujets.
C4
Quand les ChampsBelgique?
tremblercnt
Sous le'poids de nos Bafaiflons
Lessemences poumon*germerent
Et fEpi dora lesfilions;
Le focforça la terre ingrate
No:, nefs braverent le Pirate;
Le Ma,chanden mainportal'or;
Bacchus pare de sa Couronne,
Et de concert avec Pomonne,
Du champconferva le tbrefor.
Paix charmante;, si dans la
Guerre
On vivoitheureux parmi nous,
De cruels dons doit combler la terre
Ton retour au mondesidoux;
De tes dehees innocentes
Je voy lessources jaillijfantes
Répandre un deluge de biens;
Sois deBellone larivale,
Et queton nouveau Regne égale
j 00 Par d'autresprodigeslesficns.
Telle (juauxyruxdéfigurée
Par lesjrimats des long1Hyvers,
LaNature de fleursparée
Etend par toutsestapis 'Verds;
Et comme laffi du veuvage
Quitte desondiiïille nuage ,
Prend un air charmant 0* nouveauy
Et de ses parures ornée,
Du jour d'unfécond Hymenée
Paraît allumer le flambeau.
:t=r£
Ai.nr:silFaFran-c1e"
Deslongues tempêtes de Aiars
Par la Paix , enfin confoléç
S'offre riante à nos regards ;
Laijjelesvêtemens funebres
Qui l'ont couverte de tenebres,
Reprendsespremieres beautek ;
Et son Astre sortant des ombres
jîpres des jours trisses &Çombres
Répand de nouvelles dartcz.
Que mille&mille voix s'uniDènr,
Et de leurs chants frappent les
airs- ?
Que les murssacrez retentirent
Delouanges& de concerts?
F!;damm?ss,jjmboUs de la joye
,
;)'rnJ¿i.'S e 'l Où Curt lumineux se déploie,
Exhale -touS, montt aux
Cieuxj
Et que lesflèchesenflammées
En Afires dans l'airtransformées
Donnent un beau fpcÛacle aux
yeux.
el,
Puisse-tu pour Louisrenaître
Bergerfameux, qui dans tes vers
Chanta sur laflûte champêtre
La Paixrendue à l'Univers;
De la gloire brniante Reine
Vante le Héros de la Seine
Où le jour s'éteint&renaît;
Laisseles Cesars, les Pompées;
Pour Ipty tes cent voix occupées
Ne diront pas tout ce qu'il efl.
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Résumé : ODE SUR LA PAIX âgée de trois mois, & composée gratis pour le public
L'ode 'Sur la Paix' exalte la paix et ses bienfaits. Elle invite à honorer cette période de tranquillité et à louer le roi, présenté comme le plus grand monarque et le plus valeureux guerrier. Le texte met en avant la sagesse et la bravoure du roi, capable de mener des batailles tout en apportant la paix et le repos à ses sujets. La paix est associée à des transformations positives telles que la prospérité des champs, la sécurité des mers et la fertilité des terres. Elle est comparée à une nature renaissante après l'hiver et à une veuve retrouvant sa beauté après le deuil. Le poème suggère de célébrer la paix par des chants, des concerts et des feux d'artifice. Il souhaite que cette paix perdure sous le règne du roi, comparé à un berger célèbre pour ses poèmes sur la paix.
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1960
p. 200
CHANSON.
Début :
Passez, beaux jours, passez, ceux qui doivent vous suivre [...]
Mots clefs :
Berger
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
P~?~ beauxjours3pajje%jeux
qui doivent vou>Juivre
j4uront plus de charmes pour
moj 3 Mon Berger a --, de vivre,
,
c,
j
re L'/ryrvcr,/'affieux lry'Ver)que déjà
jfapperçoy,
Convientseul aux ennuis oùson
trépas me livre.
P~?~ beauxjours3pajje%jeux
qui doivent vou>Juivre
j4uront plus de charmes pour
moj 3 Mon Berger a --, de vivre,
,
c,
j
re L'/ryrvcr,/'affieux lry'Ver)que déjà
jfapperçoy,
Convientseul aux ennuis oùson
trépas me livre.
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1961
p. 201-202
ENIGME.
Début :
J'étois au temps jadis de petite figure, [...]
Mots clefs :
Miroir
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
J'étois au tempsjadisdepetite
figure
Aujourd'huy je fuis grand
>
0*
tel,quequelquefois,
U:* Géant quel qu'il [oit est de
moindre flature;
Mais j?fuis rrjle nainchez, le
petit Bourgeois.
Jeplais a quelques-uns, &je
déplaît ad'autres.
Mon nom Rapplique àla 'Vertu.
Mes talentsfurpajjcntlesvojlres,
Lorfyite jefuis bien revêtu.
oe
On nesçauroit compter tout ce
que je puisfaire,
Mais sur tout3 mafidélité
Est rare;, étonnante, exemplaire
3 Etsans dire unseulmotyjene
haurois rien taire.
J'étois au tempsjadisdepetite
figure
Aujourd'huy je fuis grand
>
0*
tel,quequelquefois,
U:* Géant quel qu'il [oit est de
moindre flature;
Mais j?fuis rrjle nainchez, le
petit Bourgeois.
Jeplais a quelques-uns, &je
déplaît ad'autres.
Mon nom Rapplique àla 'Vertu.
Mes talentsfurpajjcntlesvojlres,
Lorfyite jefuis bien revêtu.
oe
On nesçauroit compter tout ce
que je puisfaire,
Mais sur tout3 mafidélité
Est rare;, étonnante, exemplaire
3 Etsans dire unseulmotyjene
haurois rien taire.
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1962
p. 203-204
AUTRE.
Début :
Je ne suis fait que pour les mains, [...]
Mots clefs :
Sceptre
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Je ne fuis pAtquepour les
mains,
Des premiers Maistres des humains
, Epoux d*unerichefemelle
Onme voit rarementsans Elle;
L'usage contraire à nos Loix
Nous separe en quelques endroits.
Le Droit aujourd'huy dans la
France
DElleavecmoy crnfe l'absènce.
Mais que nous sommesbientous
deux!
Surunfront jeune & gracieux
Onvoitmon Epoujepavoîtrèx
Et moyjefuisoitje dois tftre.
Je ne fuis pAtquepour les
mains,
Des premiers Maistres des humains
, Epoux d*unerichefemelle
Onme voit rarementsans Elle;
L'usage contraire à nos Loix
Nous separe en quelques endroits.
Le Droit aujourd'huy dans la
France
DElleavecmoy crnfe l'absènce.
Mais que nous sommesbientous
deux!
Surunfront jeune & gracieux
Onvoitmon Epoujepavoîtrèx
Et moyjefuisoitje dois tftre.
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1963
p. 231-236
A SON ALTESSE ROYALE MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLEANS, REGENT DE FRANCE. REQUESTE DE THALIE.
Début :
Prince sans pair en esprit, en valeur, [...]
Mots clefs :
Héros, Coeur, Gloire, Prince, Régent, Opéra
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texteReconnaissance textuelle : A SON ALTESSE ROYALE MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLEANS, REGENT DE FRANCE. REQUESTE DE THALIE.
A SON ALTESSE ROYALE
MONSEIGNEUR.
LE DUC D'ORLEANS,
REGENT T)E FRANCE.
~REVESTE DE THALIE.'
Princesans pair en esspprriitt, en
, valeur,
Fameux Héros qu'un Poète
d'honneur
Peut àfon gré loueren confcienct
Ocjue tu vais hien regenter la ':JFtdftce!' ,
Ctcy riejl pas dun Prophète
incertain
UEntouJtafme,&sansejlre
Devin
Dpéja lr'onépeutdà nios rPeueples
Ce que feras pour le bien de
Depuis
l'Empire: longtemps on fait ce que
tu vaux,
Pasn'efl besoin de farder des
dijfauts
En te peignant. Çe font Vautres
methodes;
Non tes vertus ne font pas dans
les Odes
Qu'onfaitpour^toy,* tu les as
dans
dans ton coeur,
Et le Heros r/eft pas chek l'Imprimeur.
Nous t'avons mû fortmt de la
vifloire
Fuir les lauriers que t'apportoit
la gloire;
Entapresenceon riosete chanter,
Prince un Rimeur qui prétend
texalter
Doit te louerA comme il médit des
autres;
Ton coeur content de rendre heu
reux les nôtres
LI;me bienmieux nos transports
que nos vers;
Et toutefois cent Pindares divers
Iront tojj-iir un fatiguant hom- , Oeuvre ou l'ennuy triomphe à
chaquepage;
Mais il ness pas question de cecy Je viens an fait, grand Prince,
le voicy;
Dans mes Etats que ton ordre
ramené,
La librrtéqui toujours de la Scene
Fut tappanage.Augmente mon
pouvoir3
Et du Public juflifiant l'ejpoir
Comme legoufl, permets aux ris
folâtres
De égayer sur- de nouveaux
ThLâtrts;
.Desjeux forainsrétablis lereposy
Sur les platfrs leve-t-on des
impôts;
Souffriras-tu que des Traitans
Lyriques e leur moisson fevrent les
champs comiques ?
andfapperçoy cent Maltotiers
trcmblans
"âlir au bruit de tes foins uizit
[ans: l'Opéra sans rançonner U
Foire
i:Parsestalens Jefouftienne avec
gloire: r-
-
oy donc Roland fera sans
brodequin
S'il ne se cbaujje aux dépens
d'Arlequinf
Permets de plus qu'on baille aux
Comedies3
Permets aujJide rire auxTragedies
Modllement
J
quand le cas le
voudra;
Or en cecy je trouve l'Opéra
Compris de droit. Q£tenfinfous ta
Regence
On parodie avec pleinelicence
Ln*Calipfosans craindrele ho/a,
Nous n'aurons plus àfjtler que
cela.
MONSEIGNEUR.
LE DUC D'ORLEANS,
REGENT T)E FRANCE.
~REVESTE DE THALIE.'
Princesans pair en esspprriitt, en
, valeur,
Fameux Héros qu'un Poète
d'honneur
Peut àfon gré loueren confcienct
Ocjue tu vais hien regenter la ':JFtdftce!' ,
Ctcy riejl pas dun Prophète
incertain
UEntouJtafme,&sansejlre
Devin
Dpéja lr'onépeutdà nios rPeueples
Ce que feras pour le bien de
Depuis
l'Empire: longtemps on fait ce que
tu vaux,
Pasn'efl besoin de farder des
dijfauts
En te peignant. Çe font Vautres
methodes;
Non tes vertus ne font pas dans
les Odes
Qu'onfaitpour^toy,* tu les as
dans
dans ton coeur,
Et le Heros r/eft pas chek l'Imprimeur.
Nous t'avons mû fortmt de la
vifloire
Fuir les lauriers que t'apportoit
la gloire;
Entapresenceon riosete chanter,
Prince un Rimeur qui prétend
texalter
Doit te louerA comme il médit des
autres;
Ton coeur content de rendre heu
reux les nôtres
LI;me bienmieux nos transports
que nos vers;
Et toutefois cent Pindares divers
Iront tojj-iir un fatiguant hom- , Oeuvre ou l'ennuy triomphe à
chaquepage;
Mais il ness pas question de cecy Je viens an fait, grand Prince,
le voicy;
Dans mes Etats que ton ordre
ramené,
La librrtéqui toujours de la Scene
Fut tappanage.Augmente mon
pouvoir3
Et du Public juflifiant l'ejpoir
Comme legoufl, permets aux ris
folâtres
De égayer sur- de nouveaux
ThLâtrts;
.Desjeux forainsrétablis lereposy
Sur les platfrs leve-t-on des
impôts;
Souffriras-tu que des Traitans
Lyriques e leur moisson fevrent les
champs comiques ?
andfapperçoy cent Maltotiers
trcmblans
"âlir au bruit de tes foins uizit
[ans: l'Opéra sans rançonner U
Foire
i:Parsestalens Jefouftienne avec
gloire: r-
-
oy donc Roland fera sans
brodequin
S'il ne se cbaujje aux dépens
d'Arlequinf
Permets de plus qu'on baille aux
Comedies3
Permets aujJide rire auxTragedies
Modllement
J
quand le cas le
voudra;
Or en cecy je trouve l'Opéra
Compris de droit. Q£tenfinfous ta
Regence
On parodie avec pleinelicence
Ln*Calipfosans craindrele ho/a,
Nous n'aurons plus àfjtler que
cela.
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Résumé : A SON ALTESSE ROYALE MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLEANS, REGENT DE FRANCE. REQUESTE DE THALIE.
La lettre adresse des félicitations au Duc d'Orléans, Régent de France, pour ses qualités et son honneur. L'auteur admire les vertus authentiques du duc, préférant l'action pour le bien du peuple aux simples louanges. Il demande au duc de rétablir la liberté sur scène dans ses États, permettant aux comédies et jeux forains de se produire librement sans taxes. L'auteur critique les 'traitants lyriques' qui exploitent les scènes comiques et souhaite que des talents comme Roland puissent s'exprimer sans oppression. Il suggère d'inclure des moments de rire modéré dans les comédies et tragédies. Enfin, l'auteur note que les parodies sont tolérées pendant la régence du duc et espère que cette liberté perdurera.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1964
p. 306-309
APOSTILLE, ou plûtôt Réponse aux dernieres Lettres que j'ay reçûës.
Début :
Envoyez-moy quelque Histoire, Madame, vous me ferez un vray [...]
Mots clefs :
Lettre, Bouts-rimés, Énigme
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texteReconnaissance textuelle : APOSTILLE, ou plûtôt Réponse aux dernieres Lettres que j'ay reçûës.
APO STILLE,
ou plutôt Réponse aux dernieres
Lettres que j'ay reçûës.
Envoyez-moy quelqueHifloire,
Madame
, vous me ferez wn vray
plaisir examinons même enfemblc
vos Ouvrages, cela nen fera peutêtre
que mieux, & la confiance que
vousaure7yen moy ) me rendra infiniment
plus exaé1 çr plus attentif
sur ce qui vousregarde. AJeZfoin.
sur toute chojé de ne pas attendre
que noussoyons à lafin du moisfour
mefaire part des productions de.
votreesprit.Malgré la delicatefe
de vospensées
,
lapoliteffe de votre
raifomentent &le choix de vos exp^/
jions,elles vieilliront chez moy9 \Jtvous-ne remedieT^ à cet inconve-
>. nient. fKayreçuvotreLettre le 2y.
i d&ce mois fort tard, à* mon Livre
>
étoit déja fermé: cette raison lUi
nestpasmauvaise,moblige afup-
,\prÙner vosRéponses aux..f<!!ejlions
\!r()jJo[ees
,
vôtreEpitaphe sur la
mort duRoy& un de vos Sonnetss
1 tout ce queje peux faire pour vof
treservice, ejl deproposer maintt4
nant ces Bouts -rimez, que vous
mavez envoyez,fort bien remplis.
Neron
solitude
rude
Anacreon.
Pantheon
inquietude
certitude
Lyron,
guerre
tonnerre
tralt
A paître
portraits
connoître.
Songez, à ce que je viensd\avoir
l'honneur de vous dire, lesouhaite
en bonne foy que cela, mérité vofire
AttentÍOlJ
,
& fuis avec tous les
égards dus à une Dame de mérite
&Vd'eospjriitrceomme vous,Madame , très*humble cf trèsobliflàflt
Jèrviteuï.
-
L'Eleve Papirjel'tà quijesuisredevable
d'une Enigmefortjolieâ,
(qui ne pourra servir quele mois
prochain) & d'un raiformement
tres-sensé,est un franc paresseux.
Nicoledevoit lechasser plus matin
, & la jeune Loüison l'attendre
plus tard, ilm'auroit envoyé,
sa Lettre plutôt.
ou plutôt Réponse aux dernieres
Lettres que j'ay reçûës.
Envoyez-moy quelqueHifloire,
Madame
, vous me ferez wn vray
plaisir examinons même enfemblc
vos Ouvrages, cela nen fera peutêtre
que mieux, & la confiance que
vousaure7yen moy ) me rendra infiniment
plus exaé1 çr plus attentif
sur ce qui vousregarde. AJeZfoin.
sur toute chojé de ne pas attendre
que noussoyons à lafin du moisfour
mefaire part des productions de.
votreesprit.Malgré la delicatefe
de vospensées
,
lapoliteffe de votre
raifomentent &le choix de vos exp^/
jions,elles vieilliront chez moy9 \Jtvous-ne remedieT^ à cet inconve-
>. nient. fKayreçuvotreLettre le 2y.
i d&ce mois fort tard, à* mon Livre
>
étoit déja fermé: cette raison lUi
nestpasmauvaise,moblige afup-
,\prÙner vosRéponses aux..f<!!ejlions
\!r()jJo[ees
,
vôtreEpitaphe sur la
mort duRoy& un de vos Sonnetss
1 tout ce queje peux faire pour vof
treservice, ejl deproposer maintt4
nant ces Bouts -rimez, que vous
mavez envoyez,fort bien remplis.
Neron
solitude
rude
Anacreon.
Pantheon
inquietude
certitude
Lyron,
guerre
tonnerre
tralt
A paître
portraits
connoître.
Songez, à ce que je viensd\avoir
l'honneur de vous dire, lesouhaite
en bonne foy que cela, mérité vofire
AttentÍOlJ
,
& fuis avec tous les
égards dus à une Dame de mérite
&Vd'eospjriitrceomme vous,Madame , très*humble cf trèsobliflàflt
Jèrviteuï.
-
L'Eleve Papirjel'tà quijesuisredevable
d'une Enigmefortjolieâ,
(qui ne pourra servir quele mois
prochain) & d'un raiformement
tres-sensé,est un franc paresseux.
Nicoledevoit lechasser plus matin
, & la jeune Loüison l'attendre
plus tard, ilm'auroit envoyé,
sa Lettre plutôt.
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Résumé : APOSTILLE, ou plûtôt Réponse aux dernieres Lettres que j'ay reçûës.
L'auteur écrit à une dame, probablement une écrivaine, pour exprimer son désir de recevoir régulièrement ses œuvres littéraires, qu'il examinera avec attention. Il regrette d'avoir reçu tardivement une lettre, ce qui l'a empêché d'inclure certaines réponses dans un livre déjà finalisé. La lettre contient une liste de mots ou thèmes poétiques comme 'Néron', 'solitude', 'Anacréon' et 'Pantheon', suggérés pour des poèmes. L'auteur conclut en manifestant son respect et son admiration, se déclarant son humble et obéissant serviteur. Il mentionne également un élève nommé Papirjel, qui a envoyé une énigme et un rafraîchissement, mais est critiqué pour ne pas avoir envoyé sa lettre à temps, le qualifiant de paresseux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1965
p. 7-11
VERS DE M. DUFRESNY presentez à Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orleans, Regent de France.
Début :
M. Dufresny mon devancier a bien sceu luy dire là dessus en vers, / Le bonheur de la France est ton unique objet. [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Prince, État, Rire, Médecin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS DE M. DUFRESNY presentez à Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orleans, Regent de France.
M. Du-
Aiiij
8 MERCURE
freſny mon devancier a bien
fceu luy dire là deſſus en vers ,
ce qu'à chaque moment nous
luy diſons tous en proſe. Je ne
doute pas que vous n'ayez veŭ
cettepiece ; mais fur ce point
fes voeux & les noſtres ne
fçauroient eſtre trop publics.
VERS DE M. DUFRESNY
preſentez à Son Aiteſſe
Royale. Monſeigneur le
Duc d'Orleans , Regent de
France. :
:
Le bonheur de la France est
ton unique objet.
GALANT
Oferois-je grand Prince entrer
dans ton projet ?
Je voudrois à l'Etat me rendre
neceffaire ,
Comme tant d'autres voudroient
faire.
Ton Medecin déjafans doute s'eft
vanté
D'être utile à l'Etat enfoignant
taſanté;
Sije prenois foin moy , de lafaire
bien nive
Fe dis bien , avec goût , par l'efprit
, c'est à dire ,
D'un rire convenable aux Princes
tels
quetoy,
S'il en fut oncs'entend, mais re
10 MERCURE
venons à moy?
Pour le biende l'Etat , Prince ,je
teSupplie
Que jefois Medecin de tamelancolie.
F'entre en poffeffion , j'ordonne
gravement ,
Pour taſanté queje tefaffe rire.
Il tefautdu delaſſement
Sans cela pourrois- tufuffire
Arenouveller un Empire.
Cen'est qu'unjeu pourtoy ,d'accord
, je le comprends.
Pour des confeils tous differens ,
Toûjours tes déciſions prêtes ,
Toutes justes malgré tant de diverfué!
GALANT
Le Ciel t'a donné plufieurs têtes ,
Mais tun'as, commenous ,qu'une
... Seule ſanté :
Eh ! quelle encor ? cen'eſtſanté de
Suiffe,
Il est bon qu'on t'en avertiße ,
Ton genie eft plus fort que ton
temperament.
Sur ce point ſeul aveuglement
Soûmets tes lumieres aux nôtres ,
Sur tafanté confulte nous nous
Dos autres morq
Car nousy prenons ſur ma foy ,
Beaucoup plus d'interêt que toy.
Aiiij
8 MERCURE
freſny mon devancier a bien
fceu luy dire là deſſus en vers ,
ce qu'à chaque moment nous
luy diſons tous en proſe. Je ne
doute pas que vous n'ayez veŭ
cettepiece ; mais fur ce point
fes voeux & les noſtres ne
fçauroient eſtre trop publics.
VERS DE M. DUFRESNY
preſentez à Son Aiteſſe
Royale. Monſeigneur le
Duc d'Orleans , Regent de
France. :
:
Le bonheur de la France est
ton unique objet.
GALANT
Oferois-je grand Prince entrer
dans ton projet ?
Je voudrois à l'Etat me rendre
neceffaire ,
Comme tant d'autres voudroient
faire.
Ton Medecin déjafans doute s'eft
vanté
D'être utile à l'Etat enfoignant
taſanté;
Sije prenois foin moy , de lafaire
bien nive
Fe dis bien , avec goût , par l'efprit
, c'est à dire ,
D'un rire convenable aux Princes
tels
quetoy,
S'il en fut oncs'entend, mais re
10 MERCURE
venons à moy?
Pour le biende l'Etat , Prince ,je
teSupplie
Que jefois Medecin de tamelancolie.
F'entre en poffeffion , j'ordonne
gravement ,
Pour taſanté queje tefaffe rire.
Il tefautdu delaſſement
Sans cela pourrois- tufuffire
Arenouveller un Empire.
Cen'est qu'unjeu pourtoy ,d'accord
, je le comprends.
Pour des confeils tous differens ,
Toûjours tes déciſions prêtes ,
Toutes justes malgré tant de diverfué!
GALANT
Le Ciel t'a donné plufieurs têtes ,
Mais tun'as, commenous ,qu'une
... Seule ſanté :
Eh ! quelle encor ? cen'eſtſanté de
Suiffe,
Il est bon qu'on t'en avertiße ,
Ton genie eft plus fort que ton
temperament.
Sur ce point ſeul aveuglement
Soûmets tes lumieres aux nôtres ,
Sur tafanté confulte nous nous
Dos autres morq
Car nousy prenons ſur ma foy ,
Beaucoup plus d'interêt que toy.
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Résumé : VERS DE M. DUFRESNY presentez à Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orleans, Regent de France.
L'auteur d'une correspondance évoque une pièce de théâtre, notant que Dufresny a exprimé en vers ce que d'autres disent en prose. Il souhaite que leurs vœux restent discrets. La lettre contient des vers dédiés au Duc d'Orléans, Régent de France, soulignant que le bonheur de la France est primordial. Ces vers expriment le désir de contribuer à l'État, comparant cette contribution à celle d'un médecin soignant la santé de l'État. L'auteur demande au Duc de le nommer 'médecin de sa mélancolie' pour améliorer sa santé par le rire. Il insiste sur l'importance du détachement et du repos pour éviter l'épuisement. Le texte se conclut en rappelant que, malgré ses nombreuses qualités, le Duc ne doit pas négliger sa santé, essentielle pour gouverner efficacement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1966
p. 14-22
ODE.
Début :
Quel malheur cause la tristesse, [...]
Mots clefs :
Prince, Héros, Ciel, Monarque
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texteReconnaissance textuelle : ODE.
ODE.
Quel malheur cauſe la triſteſſe,
Que j'apperçois de toutes parts ;
Peuples quelle douleur vous
preffe
Etpourquoy ces tristes regards ?
Mais malgré mon impatience
GALANT. IS
Vous gardez un morne filence ;
Ofort! o regretsfuperflus ;
Les grandes douleursfont muettes
Mais vos pleurs font vos interprêtes
,
Je les entens! Lovis n'est plus.
Ainsi cetAuguste Monarque
Deſes ennemis redouté,
Subit des Arrests de la Parque
L'immuable fatalité.
Ce Soleil finitfa carriere !
O toy qui reprensfa lumiere ,
Ciel ! nous imploronsſa bonté;
Mais déjasa mainfecourable
D'un nouvel aftre favorable
Fait luirefur nous la clarté.
ॐ
16 MERCURE
Que vois-je ! quel prodige en.
core
Paroift ! en croiray-je mesyeux?
La Divinité qu'on implore
Viendroit- elle habiter ces lieux?
Vois- je defcendre fur la Terre
La fille du Dieu du Tonnerre ,
Faut- il luy dreffer des Autels ?
N'en doutons plus ; deſaprefence
Sous les traits du Regent de
France
Minerve honore les mortels.
ॐ
Comme l'on voit aprés l'orage
Les humains erransfur les flots
Découvrir enfin le rivage
Qui rend l'espoir aux matelots ;
Ainfi
GALANT. 17
&
Ainſi ſe diffipent les craintes
Dont nos ames estoient atteintes
Al'aspectde nostre Heros ;
Ferme appuy d'un peuple fidele
Pour récompenfe defon zele
Il va luy rendre le repos.
Les temps de Saturne & de
Rhee
Se renouvellent parſes ſoins ,
Déja Themis autorisée
Luy reprefente nos beſoins.
Il est touchéde nos allarmes
Sa main daigne effuyer nos larmes
Il previent, comble nos fouhaits ;
Qu'à jamais le Ciel qui l'anime,
Faße àce Heros magnanime
Octobre 1715 . B
18 MERCURE
11
Un fort digne de ſes bienfaits .
١٠
Tel que l'on nous dépeint Alcide
Terrible au milieu des combats ,
On avûce Prince intrepide
Etre l'exemple des Soldats ;
८ Et maintenant infatigable
Par un travail inexprimable
Il cherche un remede ànos maux,
Déja l'iniquité proſcrite ,
Les emplois donnez au merite ,
Illuftrentſes premiers travaux.
Parar une maxime maximeſiſage ,
Poup'es heureux vous recevez
L'infaillible &precieux gage
GALANT. 19
Des biens qui vous font refervez;
Voicy lafaiſon defirée
DeThemis , ainsique d' Aftrée ,
Lesfaints Autelsfont rétablis.
La valeurjointe à la prudence ,
Fontsous une augusteRegence ,
Fleurir le rejetton desLys.
*
Venez Rois , prenez le modele
Qui vous eft icy preſenté,
Du bonheur d'un peuple fidele
Faites voſtrefelicité?
Et vous puißances immortelles ,
S'il eft quelques graces nouvelles
Que vous referviezà nos voeux,
Que de ce Heros les années ,
Degloire &d'honneurs couronnées
Bij
20 MERCURE
1
S'étendent jusqu'à nos neveux.
Mais que fais- tu , Muse in
difcrete ?
Defifoibles expreffions
Ne font qu'une ébauche imparfaite
Des vertus que nous admirons.
Choisis unfujet moins fublime
Apeindre un Heros magnanime
Tu fais des efforts impuißans ;
Arrête, abandonne la Lire
Aux Auteursqu' Apollon inſpire;
Dis ,fi tu peux , ce quejefens.
Vous qu'une noble ardeur
anime
GALANT. 21
Achanter fon nom ,ſes vertus ,
Meritez, s'ilsepeur , l'estime
D'un Prince plus grand que
Titus.
Tracez vous des routes nouvelles,
Le paſſfén'a plus de modeles
Si dignes de vous être offerts ;
Mais craignezle destin d'Icare?
Que d'Auteurs enſuivantPindare
Irontſe perdre dans les airs !
Prince que la France revere ,
Moins par lefang&le pouvoir,
Que par lefacré caractere
Que le Ciel en vous nous fait
voir.
22 MERCURE
Daignez excufer mon audace ,
Le respect dans mon coeur fais
place
Au zele que vous m'inſpirez.
Vostre aspect même m'encourage.
Des Dieux dont vous estes l'Image
,
Nos voeux neſont point rebutez.
Quel malheur cauſe la triſteſſe,
Que j'apperçois de toutes parts ;
Peuples quelle douleur vous
preffe
Etpourquoy ces tristes regards ?
Mais malgré mon impatience
GALANT. IS
Vous gardez un morne filence ;
Ofort! o regretsfuperflus ;
Les grandes douleursfont muettes
Mais vos pleurs font vos interprêtes
,
Je les entens! Lovis n'est plus.
Ainsi cetAuguste Monarque
Deſes ennemis redouté,
Subit des Arrests de la Parque
L'immuable fatalité.
Ce Soleil finitfa carriere !
O toy qui reprensfa lumiere ,
Ciel ! nous imploronsſa bonté;
Mais déjasa mainfecourable
D'un nouvel aftre favorable
Fait luirefur nous la clarté.
ॐ
16 MERCURE
Que vois-je ! quel prodige en.
core
Paroift ! en croiray-je mesyeux?
La Divinité qu'on implore
Viendroit- elle habiter ces lieux?
Vois- je defcendre fur la Terre
La fille du Dieu du Tonnerre ,
Faut- il luy dreffer des Autels ?
N'en doutons plus ; deſaprefence
Sous les traits du Regent de
France
Minerve honore les mortels.
ॐ
Comme l'on voit aprés l'orage
Les humains erransfur les flots
Découvrir enfin le rivage
Qui rend l'espoir aux matelots ;
Ainfi
GALANT. 17
&
Ainſi ſe diffipent les craintes
Dont nos ames estoient atteintes
Al'aspectde nostre Heros ;
Ferme appuy d'un peuple fidele
Pour récompenfe defon zele
Il va luy rendre le repos.
Les temps de Saturne & de
Rhee
Se renouvellent parſes ſoins ,
Déja Themis autorisée
Luy reprefente nos beſoins.
Il est touchéde nos allarmes
Sa main daigne effuyer nos larmes
Il previent, comble nos fouhaits ;
Qu'à jamais le Ciel qui l'anime,
Faße àce Heros magnanime
Octobre 1715 . B
18 MERCURE
11
Un fort digne de ſes bienfaits .
١٠
Tel que l'on nous dépeint Alcide
Terrible au milieu des combats ,
On avûce Prince intrepide
Etre l'exemple des Soldats ;
८ Et maintenant infatigable
Par un travail inexprimable
Il cherche un remede ànos maux,
Déja l'iniquité proſcrite ,
Les emplois donnez au merite ,
Illuftrentſes premiers travaux.
Parar une maxime maximeſiſage ,
Poup'es heureux vous recevez
L'infaillible &precieux gage
GALANT. 19
Des biens qui vous font refervez;
Voicy lafaiſon defirée
DeThemis , ainsique d' Aftrée ,
Lesfaints Autelsfont rétablis.
La valeurjointe à la prudence ,
Fontsous une augusteRegence ,
Fleurir le rejetton desLys.
*
Venez Rois , prenez le modele
Qui vous eft icy preſenté,
Du bonheur d'un peuple fidele
Faites voſtrefelicité?
Et vous puißances immortelles ,
S'il eft quelques graces nouvelles
Que vous referviezà nos voeux,
Que de ce Heros les années ,
Degloire &d'honneurs couronnées
Bij
20 MERCURE
1
S'étendent jusqu'à nos neveux.
Mais que fais- tu , Muse in
difcrete ?
Defifoibles expreffions
Ne font qu'une ébauche imparfaite
Des vertus que nous admirons.
Choisis unfujet moins fublime
Apeindre un Heros magnanime
Tu fais des efforts impuißans ;
Arrête, abandonne la Lire
Aux Auteursqu' Apollon inſpire;
Dis ,fi tu peux , ce quejefens.
Vous qu'une noble ardeur
anime
GALANT. 21
Achanter fon nom ,ſes vertus ,
Meritez, s'ilsepeur , l'estime
D'un Prince plus grand que
Titus.
Tracez vous des routes nouvelles,
Le paſſfén'a plus de modeles
Si dignes de vous être offerts ;
Mais craignezle destin d'Icare?
Que d'Auteurs enſuivantPindare
Irontſe perdre dans les airs !
Prince que la France revere ,
Moins par lefang&le pouvoir,
Que par lefacré caractere
Que le Ciel en vous nous fait
voir.
22 MERCURE
Daignez excufer mon audace ,
Le respect dans mon coeur fais
place
Au zele que vous m'inſpirez.
Vostre aspect même m'encourage.
Des Dieux dont vous estes l'Image
,
Nos voeux neſont point rebutez.
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Résumé : ODE.
Le poème 'ODE' exprime la tristesse collective suite à la mort du roi Louis XIV, décrit comme un monarque auguste et redouté. Il annonce l'avènement du Régent de France, comparé à la déesse Minerve, apportant une nouvelle lumière et une main secourable. Le Régent est célébré pour ses qualités de leader ferme et juste, capable de restaurer la paix et le bien-être. Il est présenté comme un combattant intrépide et un administrateur méritant, proscrivant l'injustice et récompensant le mérite. Sous sa régence, la valeur et la prudence prospèrent, et les autels des saints sont rétablis. Le texte invite les rois à suivre cet exemple de bonheur pour un peuple fidèle et appelle aux grâces des puissances immortelles pour prolonger la gloire du Régent. La muse du poète avoue son incapacité à rendre justice aux vertus du Régent et encourage d'autres auteurs à explorer de nouvelles voies. Le poème se conclut par une adresse respectueuse au prince, affirmant que les vœux des Dieux ne sont pas rebutés par le Régent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1967
p. 91-98
ODE Sur les avantages de la Paix, & sur les obligations que nous avons au Roy de nous l'avoir procurée.
Début :
Du haut de la voute azurée, [...]
Mots clefs :
Paix, Yeux, Terre, Roi, Académie française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Sur les avantages de la Paix, & sur les obligations que nous avons au Roy de nous l'avoir procurée.
ODE
Sur les avantages de la Paix ,
& fur les obligations que
nous avons au Roy de nous
l'avoir procurée.
1
Du haut de la voute azurée ,
Quel éclat vient frapper mes
yeux!
Eft ce toy ,Paix tant defirée ?
Est-cetoy qui deſcends desCieux?
Maisdois-je hefiterà le croire
Aprés les doux chants de victoire
Dont ce rivage a retenti ?
Loüis a toûjoursfait la guerre
Pour rendre laPaixàla terre
1
Hij
92 MERCURE
Loüis ne s'est pas démenti.
ر
Epargne toy , noire Diſcorde,
L'horreur de voir le monde beureux
: i
Les biens que Loüis nous accorde
Seroient pour toy des maux affreux:
Fuy. C'en estfait,rien ne l'arrête:
Ses ferpents,fiflantſurſa tête ,
Nous confirment nôtre bonheur:
Ses adieux fontdes crisfunebres ;
Parmy d'éternelles tenebres ,
Elle vadevorerſon coeur.
Que pour jamais elle s'exile
De ceslieux où triomphoit Mars;
GALANT. 93
Que ſes cris reſpectent l'aſyle
EtdesMuses,&des beaux Arts!
BeauxArts.
Que vois-je ? quelfort nous ap-
:
pelle !
Toutfleurit , toutſe renouvelle :
Accourez, Enfans d'Apollon :
Que la Paix icy vous ramene ;
Ει τους , bords heureux de la
Seine
Changez- vous enſacré Vallon.
Quel feu dans mes veinesſe
Igliffe ! ......
Je vois un champ&desRivaux :
On ouvre une brillante lice
Pour les ingenieux travaux.
Aux yeux d'un Tribunal Auguste
94 MERCURE
Auffi redoutable que juſte ,
Enfouleon ſe metfur les rangs:
Mon émulation s'irrite ;
Mais je tremble à voir le merite
DesJuges&des Concurrents.
:
D'oùnaiffent mesfrayeurs extrêmes!
Ay-jeoublié que dans ces lieux ,
Ces Concurrents, cesJuges mêmes
,
M'ontdéja vû victorieux
Quoy?j'envisageaifans allarmes
Lepremier champ qu'au bruit des
armes
La victoire me vint ouvrir;
Et je refterois en arriere
GALANT. 95
Dans cette nouvelle carriere
Où la Paix m'invite à courir.
ॐ
Taiſez vous ,guerrieres trompettes
,
Ne venez plus troubler nos jeux .
F'aime à voir , au fon des mufettes
,
Danfer les Faunesamoureux :
LesMoutonshorsdes Bergeries ,
Sur le vert tapis des Prairies
Bondir au grédeleurs defirs :
LeBerger dire àla Bergere ,
C'estunRoytendre debonnaire
Qui nousfait ces heureux loiſirs .
Quel objet pour mes yeux
avides !
96 MERCURE
Que d'épics couvrent nos querets.
Les champs deMars neſemblent
vuides
Que pour remplir ceux de Cerés.
Nos Soldats , fi fiers dans la
guerre,
Dans la Paix labourent la terre ;
Ils font tels que les vieux Romains
:
Bellonne à peine est disparuë ,
Qu'on les revoitfur la charruë,
Porter leurs triomphantes mains.
Aux épics que l'Etémoifſſonne ,
Se joignent des trefors nouveaux:
Les fruits que doit meurir l'Au-
هم
tomne
Font
GALANT. 97
Font briller vergers &coteaux.
Jamais ,pour enrichir le monde ,
La terre nefut fifeconde ;
Non; rien n'égale unfibeau jour.
Douce Paix , toute la nature
S'épuiſe à tracer la peinture
Des biens que produit ton retour.
Quel art en miraclefertile
Raffemble cent Peuples divers ,
Et neforme plus qu'une Ville
Du vaſteſeinde l'Univers.
Jusqu'aux rives dont nousfepare
L'Ocean trop longtems avare ,
La Paix nous ouvre des chemins :
Les biens que laguerre difperfe
Sont réünis par le commerce ,
Octobre 1715 . I
98 MERCURE
!
Et semblent croître ſous nos
mains.
Peuples,chantez dans l'abondance
Le Vainqueur qui vous rend la
Paix
Reglez vostre reconnoiſſance
Surla grandeur deſes bienfaits ;
Goûtezle fruit deſes conquêtes :
Quefon nomdans toutes vosfêtes
Soit repeté par les échos :
Vostre bonheur estfon ouvrage;
Qu'àjamais le plus tendre hommage
Vous acquitte envers ce Heros.
Omnes gentes , plaudite
manibus. Pf.
Sur les avantages de la Paix ,
& fur les obligations que
nous avons au Roy de nous
l'avoir procurée.
1
Du haut de la voute azurée ,
Quel éclat vient frapper mes
yeux!
Eft ce toy ,Paix tant defirée ?
Est-cetoy qui deſcends desCieux?
Maisdois-je hefiterà le croire
Aprés les doux chants de victoire
Dont ce rivage a retenti ?
Loüis a toûjoursfait la guerre
Pour rendre laPaixàla terre
1
Hij
92 MERCURE
Loüis ne s'est pas démenti.
ر
Epargne toy , noire Diſcorde,
L'horreur de voir le monde beureux
: i
Les biens que Loüis nous accorde
Seroient pour toy des maux affreux:
Fuy. C'en estfait,rien ne l'arrête:
Ses ferpents,fiflantſurſa tête ,
Nous confirment nôtre bonheur:
Ses adieux fontdes crisfunebres ;
Parmy d'éternelles tenebres ,
Elle vadevorerſon coeur.
Que pour jamais elle s'exile
De ceslieux où triomphoit Mars;
GALANT. 93
Que ſes cris reſpectent l'aſyle
EtdesMuses,&des beaux Arts!
BeauxArts.
Que vois-je ? quelfort nous ap-
:
pelle !
Toutfleurit , toutſe renouvelle :
Accourez, Enfans d'Apollon :
Que la Paix icy vous ramene ;
Ει τους , bords heureux de la
Seine
Changez- vous enſacré Vallon.
Quel feu dans mes veinesſe
Igliffe ! ......
Je vois un champ&desRivaux :
On ouvre une brillante lice
Pour les ingenieux travaux.
Aux yeux d'un Tribunal Auguste
94 MERCURE
Auffi redoutable que juſte ,
Enfouleon ſe metfur les rangs:
Mon émulation s'irrite ;
Mais je tremble à voir le merite
DesJuges&des Concurrents.
:
D'oùnaiffent mesfrayeurs extrêmes!
Ay-jeoublié que dans ces lieux ,
Ces Concurrents, cesJuges mêmes
,
M'ontdéja vû victorieux
Quoy?j'envisageaifans allarmes
Lepremier champ qu'au bruit des
armes
La victoire me vint ouvrir;
Et je refterois en arriere
GALANT. 95
Dans cette nouvelle carriere
Où la Paix m'invite à courir.
ॐ
Taiſez vous ,guerrieres trompettes
,
Ne venez plus troubler nos jeux .
F'aime à voir , au fon des mufettes
,
Danfer les Faunesamoureux :
LesMoutonshorsdes Bergeries ,
Sur le vert tapis des Prairies
Bondir au grédeleurs defirs :
LeBerger dire àla Bergere ,
C'estunRoytendre debonnaire
Qui nousfait ces heureux loiſirs .
Quel objet pour mes yeux
avides !
96 MERCURE
Que d'épics couvrent nos querets.
Les champs deMars neſemblent
vuides
Que pour remplir ceux de Cerés.
Nos Soldats , fi fiers dans la
guerre,
Dans la Paix labourent la terre ;
Ils font tels que les vieux Romains
:
Bellonne à peine est disparuë ,
Qu'on les revoitfur la charruë,
Porter leurs triomphantes mains.
Aux épics que l'Etémoifſſonne ,
Se joignent des trefors nouveaux:
Les fruits que doit meurir l'Au-
هم
tomne
Font
GALANT. 97
Font briller vergers &coteaux.
Jamais ,pour enrichir le monde ,
La terre nefut fifeconde ;
Non; rien n'égale unfibeau jour.
Douce Paix , toute la nature
S'épuiſe à tracer la peinture
Des biens que produit ton retour.
Quel art en miraclefertile
Raffemble cent Peuples divers ,
Et neforme plus qu'une Ville
Du vaſteſeinde l'Univers.
Jusqu'aux rives dont nousfepare
L'Ocean trop longtems avare ,
La Paix nous ouvre des chemins :
Les biens que laguerre difperfe
Sont réünis par le commerce ,
Octobre 1715 . I
98 MERCURE
!
Et semblent croître ſous nos
mains.
Peuples,chantez dans l'abondance
Le Vainqueur qui vous rend la
Paix
Reglez vostre reconnoiſſance
Surla grandeur deſes bienfaits ;
Goûtezle fruit deſes conquêtes :
Quefon nomdans toutes vosfêtes
Soit repeté par les échos :
Vostre bonheur estfon ouvrage;
Qu'àjamais le plus tendre hommage
Vous acquitte envers ce Heros.
Omnes gentes , plaudite
manibus. Pf.
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Résumé : ODE Sur les avantages de la Paix, & sur les obligations que nous avons au Roy de nous l'avoir procurée.
Le poème 'ODE' célèbre les bienfaits de la paix instaurée par le roi Louis. Le poète exprime sa joie face à la paix venue du ciel après les victoires militaires. Il loue Louis pour ses efforts constants en faveur de la paix. La Discorde est conviée à partir, car les bienfaits de Louis seraient pour elle des maux. La paix favorise les arts et les muses, et les champs de bataille laissent place aux terres cultivées. Les soldats deviennent des laboureurs, à l'instar des anciens Romains. La paix enrichit la terre et unit divers peuples en une seule communauté. Elle ouvre aussi de nouvelles routes vers des rivages lointains, facilitant le commerce et réunissant les richesses dispersées par la guerre. Le poème se conclut par un appel à la reconnaissance envers le roi, dont les conquêtes ont apporté abondance et bonheur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1968
p. 99-110
A M. Houdart de la Motte, Auteur de la nouvelle Iliade. CONTE.
Début :
Voicy une piece de Poësie toute nouvelle, c'est un conte / Jadis en Grece étoit un Statuaire, [...]
Mots clefs :
Dieux, M. Houdart de la Motte, Homère, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. Houdart de la Motte, Auteur de la nouvelle Iliade. CONTE.
Voicy une piece de Poëfie
toute nouvelle ,c'eſt unconte
de la façon du R. P. de Clery ,
Profeſſeur d'Eloquence àToulouſe
,&qui a remporté plu-
Iij
100 MERCURE
ſieurs prix. Ce conte a eſté fait
àla loüange de M. de la Motte,
il n'eſt point d'Eloge que M.
de la Motte ne merite. Et fi
l'on a quelque choſe à luy reprocher
, c'eſt la trop ſcrupuleuſe
attention aveclaquelle il
refuſe les loüanges qu'on luy
donne ,& les ſoins & la peine
qu'il faut prendre pour luy
dérober les choſes obligeantes
qu'on luy écrit. C'eſt ſouvent
une perte pour le public; mais
Mercure a la main fouple , &
je vais luy faire part dece dernier
larcin que je luy ay fait.
GALANT. 1ΟΙ
AM. Houdart de la Motte ,
Auteur de la nouvelle Iliade.
CONTE.
Jadis en Grece étoit un Statuaire
,
De grand renom. Il s'appelloit
こ
Homere.
Il avoit fait cent Heros , ¢
Dieux :
Et comme alors , même les meilleursyeux
,
Etoient ſujets à d'étranges berluës
2
Meffieurs les Grecs trouvoient
I' iij
102 MERCURE
dans fes Statuës ,
Portraits finis , vrais chefs d'oeuures
de l'Art.
C'étoient pourtant , au moins
pour la plupart ,
Vilains Magots. L'un étoit Cude-
jatte ;
L'autre manquoit d'un tiers d'une
omoplatte ;
L'autre d'un oeil ; qui defront ;
qui de nés.
Il en étoit demanchots d'errennés
,
د
De pourfendus. Leur Troupe
mutilée
Sembloit encore fortir de la
mêlée.
GALANT. 103
Helas combien étoit changé Neftor?
Combien Enée ? à voir le pauvre
Hector ,
Et Jupiter ,& Mars , & les
Atrides ,
Vous auriez dit l'Hostel des In-
Valides .
Maisfuſſent ils plus perclus ,
&plusfaux,
On adoroit juſques à leurs défauts.
Je le crois bien. Habiles Perſonnages
Difoient en Grec , que c'étoient
beaux Ouvrages.
I ij
104 MERCURE
Glauconsur tout tant&tant les
vanta ,
Que de les voir à Rome on fou.
haita.
On lesy porte : & l'on jugea
dansRome ,
Qu'en les faisant , Homere fit
maint ſomme ,
Et qu'ilfalloit , que les ciſeaux
parfois
Lourds, ou mutins ſuiviſſent mal
fes doigts.
Rien ne le mit à l'abri des cenfures.
Les Connoiffeurs rirent de fes
Figures.
GALANT. τος
Même dit- on , que Virgile les
vit ,
Et queſous cappe àson tour il en
rit.
Mais toſt aprés ,ſa bonté naturelle
En leurfaveur changeafon rire
200
Il eût pitiéde tant d'Estropiats.
Il leur donna des jambes & des
bras
Leur fit desyeux , mit des nés à
leurs faces;
Il rétablit leurs membres en leurs
places,
Etfans lamort , qui luy ravit le
106 MERCURE
jour,
Ils s'en alloient , tous eftrefaits au
tour.
Mais, cequ'en vainles vieux
fiecles tenterent,
Ces derniers tems enfin l'executerent.
O! qu'ils font beaux , ces Dieux
ces Heros
Dans l'Atellier du Docte Houdart;
éclos!
Retirez vous , Savanias ,
Scholiaftes ,
Laiffez moy voir leurs merveil
?
leux contrastes ,
Leur vraye Image. Avoient-ils
GALANT 107
meilleur air
Ces Champions , lorſqu'habillez
de fer ,
Las de languir dans une oifive
:
Tente
Ils combattoientfurles Rives du
Xante?
Tel fut Ajax , Uliffe , Merion,
Tel Menelas. Tels des Murs
Sans
d'Ilion ,
Sa lorgnette , Helene encor
peut-estre ,
Avec Priam pourroit les reconnoiſtre.
Houdart leur rend la vie avec
leurs traits.
108 MERCURE
Ony , ce font eux , pluſtoſt que
leurs portraits.
Ils vont parler , & renonçant
:
Homere,
Fameux Houdart ils te nom-
:
,
ment leur Pere.
C'est de toyſeul , qu'ils tiennent
leur beauté
Et qu'ils tiendront leur immortalité.
Maisfuffit-il , que ces Maſſes
énormes
Ayent,fous tes mains , pris de
charmantes Formes ?
C'estpeu pour toy , d'eftre Reformateur.
GALANT. 10,
Ilfaut encor , que tu fois Createur.
Affez, crois moy ,fur un travail
antique
S'eſt exercé ton talent heroïque.
Rends toy justice. Il faut de tes
ciseaux
Fairefortir des Heros , tout nouveaux.
En telles gens nos Climatsfont
fertiles.
Dans nos Bourbons la France a
desAchiles.
La Seine en voit , plus que le
Simoïs.
Les Rois futurs te demandent
110 MERCURE
Louis .
Fais-le , non tel , qu'il lançoit le
Tonnerre ,
Mais tel, qu'il fit le bonheur de
laTerre.
PourLouisSeull,eCielt'a refervé.
Et ta main doit ce Modelle
achevé.
Taille ce bloc , & qu'au plutôt
en naiffe
CeRoyplusgrand,que les Dieux
de laGrece.
Jamais par toy , leur gloire ne
mourra :
Parluy toûjours , Houdart , ton
nom vivra.
toute nouvelle ,c'eſt unconte
de la façon du R. P. de Clery ,
Profeſſeur d'Eloquence àToulouſe
,&qui a remporté plu-
Iij
100 MERCURE
ſieurs prix. Ce conte a eſté fait
àla loüange de M. de la Motte,
il n'eſt point d'Eloge que M.
de la Motte ne merite. Et fi
l'on a quelque choſe à luy reprocher
, c'eſt la trop ſcrupuleuſe
attention aveclaquelle il
refuſe les loüanges qu'on luy
donne ,& les ſoins & la peine
qu'il faut prendre pour luy
dérober les choſes obligeantes
qu'on luy écrit. C'eſt ſouvent
une perte pour le public; mais
Mercure a la main fouple , &
je vais luy faire part dece dernier
larcin que je luy ay fait.
GALANT. 1ΟΙ
AM. Houdart de la Motte ,
Auteur de la nouvelle Iliade.
CONTE.
Jadis en Grece étoit un Statuaire
,
De grand renom. Il s'appelloit
こ
Homere.
Il avoit fait cent Heros , ¢
Dieux :
Et comme alors , même les meilleursyeux
,
Etoient ſujets à d'étranges berluës
2
Meffieurs les Grecs trouvoient
I' iij
102 MERCURE
dans fes Statuës ,
Portraits finis , vrais chefs d'oeuures
de l'Art.
C'étoient pourtant , au moins
pour la plupart ,
Vilains Magots. L'un étoit Cude-
jatte ;
L'autre manquoit d'un tiers d'une
omoplatte ;
L'autre d'un oeil ; qui defront ;
qui de nés.
Il en étoit demanchots d'errennés
,
د
De pourfendus. Leur Troupe
mutilée
Sembloit encore fortir de la
mêlée.
GALANT. 103
Helas combien étoit changé Neftor?
Combien Enée ? à voir le pauvre
Hector ,
Et Jupiter ,& Mars , & les
Atrides ,
Vous auriez dit l'Hostel des In-
Valides .
Maisfuſſent ils plus perclus ,
&plusfaux,
On adoroit juſques à leurs défauts.
Je le crois bien. Habiles Perſonnages
Difoient en Grec , que c'étoient
beaux Ouvrages.
I ij
104 MERCURE
Glauconsur tout tant&tant les
vanta ,
Que de les voir à Rome on fou.
haita.
On lesy porte : & l'on jugea
dansRome ,
Qu'en les faisant , Homere fit
maint ſomme ,
Et qu'ilfalloit , que les ciſeaux
parfois
Lourds, ou mutins ſuiviſſent mal
fes doigts.
Rien ne le mit à l'abri des cenfures.
Les Connoiffeurs rirent de fes
Figures.
GALANT. τος
Même dit- on , que Virgile les
vit ,
Et queſous cappe àson tour il en
rit.
Mais toſt aprés ,ſa bonté naturelle
En leurfaveur changeafon rire
200
Il eût pitiéde tant d'Estropiats.
Il leur donna des jambes & des
bras
Leur fit desyeux , mit des nés à
leurs faces;
Il rétablit leurs membres en leurs
places,
Etfans lamort , qui luy ravit le
106 MERCURE
jour,
Ils s'en alloient , tous eftrefaits au
tour.
Mais, cequ'en vainles vieux
fiecles tenterent,
Ces derniers tems enfin l'executerent.
O! qu'ils font beaux , ces Dieux
ces Heros
Dans l'Atellier du Docte Houdart;
éclos!
Retirez vous , Savanias ,
Scholiaftes ,
Laiffez moy voir leurs merveil
?
leux contrastes ,
Leur vraye Image. Avoient-ils
GALANT 107
meilleur air
Ces Champions , lorſqu'habillez
de fer ,
Las de languir dans une oifive
:
Tente
Ils combattoientfurles Rives du
Xante?
Tel fut Ajax , Uliffe , Merion,
Tel Menelas. Tels des Murs
Sans
d'Ilion ,
Sa lorgnette , Helene encor
peut-estre ,
Avec Priam pourroit les reconnoiſtre.
Houdart leur rend la vie avec
leurs traits.
108 MERCURE
Ony , ce font eux , pluſtoſt que
leurs portraits.
Ils vont parler , & renonçant
:
Homere,
Fameux Houdart ils te nom-
:
,
ment leur Pere.
C'est de toyſeul , qu'ils tiennent
leur beauté
Et qu'ils tiendront leur immortalité.
Maisfuffit-il , que ces Maſſes
énormes
Ayent,fous tes mains , pris de
charmantes Formes ?
C'estpeu pour toy , d'eftre Reformateur.
GALANT. 10,
Ilfaut encor , que tu fois Createur.
Affez, crois moy ,fur un travail
antique
S'eſt exercé ton talent heroïque.
Rends toy justice. Il faut de tes
ciseaux
Fairefortir des Heros , tout nouveaux.
En telles gens nos Climatsfont
fertiles.
Dans nos Bourbons la France a
desAchiles.
La Seine en voit , plus que le
Simoïs.
Les Rois futurs te demandent
110 MERCURE
Louis .
Fais-le , non tel , qu'il lançoit le
Tonnerre ,
Mais tel, qu'il fit le bonheur de
laTerre.
PourLouisSeull,eCielt'a refervé.
Et ta main doit ce Modelle
achevé.
Taille ce bloc , & qu'au plutôt
en naiffe
CeRoyplusgrand,que les Dieux
de laGrece.
Jamais par toy , leur gloire ne
mourra :
Parluy toûjours , Houdart , ton
nom vivra.
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Résumé : A M. Houdart de la Motte, Auteur de la nouvelle Iliade. CONTE.
Le poème narratif met en lumière les mérites de M. de la Motte, auteur de la nouvelle 'Iliade', tout en soulignant sa modestie excessive face aux éloges. Il relate l'histoire d'un statuaire grec nommé Homère, renommé pour ses sculptures de héros et de dieux, bien que ces œuvres fussent souvent imparfaites et mutilées. Malgré leurs défauts, les Grecs admiraient ces statues. À Rome, elles furent critiquées et moquées, y compris par Virgile, qui finit par les restaurer avant sa mort. Le poème compare ensuite les œuvres d'Homère à celles d'Houdart de la Motte, affirmant que ce dernier a su redonner vie et beauté aux héros grecs dans son atelier. Les héros ainsi restaurés par Houdart sont décrits comme étant plus vivants et authentiques que les originaux. Le poème encourage Houdart à créer de nouveaux héros, suggérant que la France possède des figures dignes des Achille grecs. Il conclut en exhortant Houdart à sculpter un modèle parfait de Louis, le roi, afin que son nom vive éternellement à travers cette œuvre.
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1969
p. 115-119
Lettre à Mademoiselle de L** Demoiselle aussi aimable qu'elle est ingenieuse à se tourmenter elle-même.
Début :
Charmante Iris qui sans chercher à plaire, [...]
Mots clefs :
Fortune, Coeur, Amour, Heureux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre à Mademoiselle de L** Demoiselle aussi aimable qu'elle est ingenieuse à se tourmenter elle-même.
Lettre à Mademoiſelle de L* *
Demoiselle auſſi aimable
qu'elle eſt ingenieuſe à ſe
tourmenter elle-même.
१
Charmante Iris quifans chercheràplaire
, A
Sçavez si bien le fecret de charmer,
Vous dont le coeur genereux &
fincere,
Pourfonreposſçût trop bien l'art
d'aimer
Vous dont l'esprit formé par la
lecture ,
Ne parle pas toûjours mode &
Kij
116 MERCURE
coëffure ,
Souffrez Iris que ma Muse aujourd'huy
Cherche à tromper un moment
vostre ennuy .
Auprés de vous l'on voit toujours
les Graces,
Pourquoy bannir lesPlaisirs&
tes Jeux
L'Amourles veut raſſemblerfur
vos traces ,
Pourquoy chercher à vous éloigner
d'eux,
Du noir chagrin volontaire victime,
Vousſeule Iris faites voſtre tourment,
GALANT. 117
Et voſtre coeur croiroitsefaire un
crime,
S'il se prétoit à la joye un moment.
Devos malheurs jeſçaytoute
l'histoire ,
L'Amour,l'Hymen ont trabi vos
defirs,
Oubliez les. Ce n'est que des
plaisirs
Dont nous devons conferver la
memoire.
Les maux paffez ne ſont plus de
Urais maux,
Le preſentſeul eſt de noftre appanage
,
Et l'avenir peut confoler le
118 MERCURE
fage,
Mais ne sçauroit alterer fon
repos.
Du cher objet que vostre coeur
adore
Ne craignez rien ? comptezsur
vos attraits?
Il vous aima , ſon coeur vous
aime encore ,
Etfon amour nefinira jamais.
Pourfon bonheur bien moins que
pour le vostre ,
De la fortune il brigue les faveurs
,
Elle vous doit aprés tant de rigueurs
,
PourSon honneur rendre heureux
GALANT. 119
l'un l'autre.
D'un tendre ami qui jamais ne
rendit
A la fortune un criminel hommage
Ce font les voeux , &fi vous
eftes fage ,
Dés ce moment goûtezsur fon
prefage
Le fort heureux qu'il vous
predit.
Demoiselle auſſi aimable
qu'elle eſt ingenieuſe à ſe
tourmenter elle-même.
१
Charmante Iris quifans chercheràplaire
, A
Sçavez si bien le fecret de charmer,
Vous dont le coeur genereux &
fincere,
Pourfonreposſçût trop bien l'art
d'aimer
Vous dont l'esprit formé par la
lecture ,
Ne parle pas toûjours mode &
Kij
116 MERCURE
coëffure ,
Souffrez Iris que ma Muse aujourd'huy
Cherche à tromper un moment
vostre ennuy .
Auprés de vous l'on voit toujours
les Graces,
Pourquoy bannir lesPlaisirs&
tes Jeux
L'Amourles veut raſſemblerfur
vos traces ,
Pourquoy chercher à vous éloigner
d'eux,
Du noir chagrin volontaire victime,
Vousſeule Iris faites voſtre tourment,
GALANT. 117
Et voſtre coeur croiroitsefaire un
crime,
S'il se prétoit à la joye un moment.
Devos malheurs jeſçaytoute
l'histoire ,
L'Amour,l'Hymen ont trabi vos
defirs,
Oubliez les. Ce n'est que des
plaisirs
Dont nous devons conferver la
memoire.
Les maux paffez ne ſont plus de
Urais maux,
Le preſentſeul eſt de noftre appanage
,
Et l'avenir peut confoler le
118 MERCURE
fage,
Mais ne sçauroit alterer fon
repos.
Du cher objet que vostre coeur
adore
Ne craignez rien ? comptezsur
vos attraits?
Il vous aima , ſon coeur vous
aime encore ,
Etfon amour nefinira jamais.
Pourfon bonheur bien moins que
pour le vostre ,
De la fortune il brigue les faveurs
,
Elle vous doit aprés tant de rigueurs
,
PourSon honneur rendre heureux
GALANT. 119
l'un l'autre.
D'un tendre ami qui jamais ne
rendit
A la fortune un criminel hommage
Ce font les voeux , &fi vous
eftes fage ,
Dés ce moment goûtezsur fon
prefage
Le fort heureux qu'il vous
predit.
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Résumé : Lettre à Mademoiselle de L** Demoiselle aussi aimable qu'elle est ingenieuse à se tourmenter elle-même.
Dans une lettre à Mademoiselle de L*, l'auteur exprime son admiration pour son ingéniosité et sa capacité à se tourmenter elle-même. Il loue sa beauté et son esprit, nourri par la lecture, mais remarque qu'elle évite les plaisirs et les jeux. Il l'encourage à ne pas rejeter les grâces et l'amour, affirmant que les malheurs passés ne doivent pas assombrir le présent. Il assure que l'objet de son affection l'aime toujours et que leur bonheur mutuel est proche. La lettre se termine par des vœux pour son bonheur, espérant qu'elle puisse connaître la joie prédite par un ami fidèle.
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1970
p. 120-121
Sonnet d'une Dame dépitée (je ne sçay pourquoy) contre l'Amour.
Début :
Qu'on exerce sur moi les rigueurs de . . Neron, [...]
Mots clefs :
Amour
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texteReconnaissance textuelle : Sonnet d'une Dame dépitée (je ne sçay pourquoy) contre l'Amour.
Sonnet d'une Dame dépitée
( je ne ſçay pourquoy )
contre l'Amour.
Qu'on exercefur moi les rigueurs
de Neron ,
Qu'onmefaſſe paſſer mes jours en
folitude ,
rude ,
F'éprouveray dufort ce qu'il a de
plus
Plutôt que d'imiter le tendre
Anacreon.
Si j'élevois aux Dieux un nouveau
Pantheon
F'en bannirois l'amour &Son
inquietude,
11
GALANT. 121
Il ne me cause plus la moindre
in certitude ,
comme un Lyron.
Maintenant que je vis & dors
Qüi , dût-il me livrer une immor-
( telle Guerre ,
Dût-il pour m'accabler emprunter
le
tonnerre ,
Mon ame fans courroux méprifera
fes traits .
Famais de ses plaisirs je ne veux
me re paître ,
On me le vante en vain , ses ef
frayants portraits ,
Ont dégoutémon coeur duſoin de be
connoître.
( je ne ſçay pourquoy )
contre l'Amour.
Qu'on exercefur moi les rigueurs
de Neron ,
Qu'onmefaſſe paſſer mes jours en
folitude ,
rude ,
F'éprouveray dufort ce qu'il a de
plus
Plutôt que d'imiter le tendre
Anacreon.
Si j'élevois aux Dieux un nouveau
Pantheon
F'en bannirois l'amour &Son
inquietude,
11
GALANT. 121
Il ne me cause plus la moindre
in certitude ,
comme un Lyron.
Maintenant que je vis & dors
Qüi , dût-il me livrer une immor-
( telle Guerre ,
Dût-il pour m'accabler emprunter
le
tonnerre ,
Mon ame fans courroux méprifera
fes traits .
Famais de ses plaisirs je ne veux
me re paître ,
On me le vante en vain , ses ef
frayants portraits ,
Ont dégoutémon coeur duſoin de be
connoître.
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Résumé : Sonnet d'une Dame dépitée (je ne sçay pourquoy) contre l'Amour.
Dans 'Sonnet d'une Dame dépitée', une femme rejette l'amour, préférant endurer les pires souffrances. Elle refuse de suivre Anacréon et envisage un panthéon sans amour. Elle compare l'amour à un lion et reste impassible face à ses assauts. Les plaisirs de l'amour la dégoûtent, rendant son cœur insensible à ses charmes.
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1971
p. 122-123
AUTRE.
Début :
Prince qui penetrez quand quelqu'un est . Neron, [...]
Mots clefs :
Prince, Bergers
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE .
Prince qui penetrez quand quelqu'un
est
Neron ,
Que n'avezvous point fait dans
vôtre folitude ,
tems auffi
Pour adoucir nos maux dans un
Chacun pour vous lover veut être
rude ,
Anacreon.
: ;
Votre nom va paſſer de-là le
Pantheon ,
La gloire à l'avenir n'aura d' ..
.. inquietude ,
Que d'annoncer par lout avecque
certitude ,
Que vous travaillez plus que ne
dort un • Lyron.
GALANT . 123
Vos veilles ont misfin à tout genre
de Guerre ,
La difcorde en tremblant a quitté
Sop tonnerre ,
Et nous ne craignons plus que l'amour
&festsp traits.
Bako
Les Bergers en repos vont voir leurs
brebis paître ,
Et tous vos descendans admirant
VOS portraits ,
Diront , ah ! quel bonheur d'avoir
pu be connoître.
Prince qui penetrez quand quelqu'un
est
Neron ,
Que n'avezvous point fait dans
vôtre folitude ,
tems auffi
Pour adoucir nos maux dans un
Chacun pour vous lover veut être
rude ,
Anacreon.
: ;
Votre nom va paſſer de-là le
Pantheon ,
La gloire à l'avenir n'aura d' ..
.. inquietude ,
Que d'annoncer par lout avecque
certitude ,
Que vous travaillez plus que ne
dort un • Lyron.
GALANT . 123
Vos veilles ont misfin à tout genre
de Guerre ,
La difcorde en tremblant a quitté
Sop tonnerre ,
Et nous ne craignons plus que l'amour
&festsp traits.
Bako
Les Bergers en repos vont voir leurs
brebis paître ,
Et tous vos descendans admirant
VOS portraits ,
Diront , ah ! quel bonheur d'avoir
pu be connoître.
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Résumé : AUTRE.
Le texte est une ode à un prince, probablement Néron, célébrant ses actions et qualités. Il loue la paix instaurée, permettant aux bergers de paître sans crainte. Les descendants admireront ses portraits. Comparé à Anacréon, sa renommée surpassera celle des dieux. Sa gloire future sera certaine, évoquant un lion. Le texte mentionne Bakô et le numéro GALANT. 123.
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1972
p. 124-125
SONNET.
Début :
J'oublie ici les noms de Claude & de Neron, [...]
Mots clefs :
Bacchus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
SONNET
10
93
Foublie ici les noms de Claude &
de
: Nerom ,
Les tranquilles plaisirs charment
ma folitude ,
L'échonyrendjamais unfon guerrier
ny rude,
On y chante les airs du tendre
Anacreon.
I do thorit
Bacchus est le premier de notre
Pantheon
Sur l'avenir obscur exempt d
inquietude ,
Nôtre coeur du vray bien goute la
certitude ,
Et des erreurs du tems on dit lire
Liron.
GALANT. 125
Nous livrons aux ennuis une éternelle
Guerre
Philippes de ces lieux écarte le
tonnerre ,
L'amour est le Dieu ſeul dont on
reffent les V traits:
C'est lui qui de Philis mene les
moutons paître ,
De tous ces agrémens il n'est point
sde s portraits ,
qu'ou nous sommes , ami viensy
pour les connoître.
D
C
DE BONNEVAL.
10
93
Foublie ici les noms de Claude &
de
: Nerom ,
Les tranquilles plaisirs charment
ma folitude ,
L'échonyrendjamais unfon guerrier
ny rude,
On y chante les airs du tendre
Anacreon.
I do thorit
Bacchus est le premier de notre
Pantheon
Sur l'avenir obscur exempt d
inquietude ,
Nôtre coeur du vray bien goute la
certitude ,
Et des erreurs du tems on dit lire
Liron.
GALANT. 125
Nous livrons aux ennuis une éternelle
Guerre
Philippes de ces lieux écarte le
tonnerre ,
L'amour est le Dieu ſeul dont on
reffent les V traits:
C'est lui qui de Philis mene les
moutons paître ,
De tous ces agrémens il n'est point
sde s portraits ,
qu'ou nous sommes , ami viensy
pour les connoître.
D
C
DE BONNEVAL.
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Résumé : SONNET.
Le premier poème décrit une retraite paisible où l'on oublie les personnages historiques pour apprécier la sérénité apportée par Bacchus. Le second poème, 'GALANT', parle d'une lutte contre les ennuis, avec Philippe protégeant des dangers. L'amour guide Philis et offre divers plaisirs, invitant un ami à les partager.
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1973
p. 126-127
SONNET. L'Homme coëffé.
Début :
Je connois un galant plus fier que le . . Sophy, [...]
Mots clefs :
Amour, Passion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET. L'Homme coëffé.
SONNET
L'Homme coëffe.
Je connois un galant plus fier que
Sophy
Sans fonger que l'amour est un
cingle,
Qui confemmefon fond,ſans garépingle
,
traître qui
derune
Pourpoßeder Cloris qui lui fit un
T
défi,
Lebien deſes Ayeux pour tout autre
eut fuff
১
GALANI 127
Mais pour l'en détourner priffiez
_vous une tringle ,
Quand vous l'affſommeriez , plus
rebelle que Zuingle ,
Lapaffion l'emporte , il en devient
bouffi.
Ab! qu'il dira bien- tôt , falloit-il
quej • allaffe ,
Prendrefemme qui fait argent de
fa paillaffe ,
Vend ses meubles habits,juſques
auplus ginguet:
Ilse verra forcé de s'enfuir à
Ligourne,
Etpour finir ſon fort demonter au
trinquet ,
Le malheurfuit toujours celui qui
Amal enfourne.
L'Homme coëffe.
Je connois un galant plus fier que
Sophy
Sans fonger que l'amour est un
cingle,
Qui confemmefon fond,ſans garépingle
,
traître qui
derune
Pourpoßeder Cloris qui lui fit un
T
défi,
Lebien deſes Ayeux pour tout autre
eut fuff
১
GALANI 127
Mais pour l'en détourner priffiez
_vous une tringle ,
Quand vous l'affſommeriez , plus
rebelle que Zuingle ,
Lapaffion l'emporte , il en devient
bouffi.
Ab! qu'il dira bien- tôt , falloit-il
quej • allaffe ,
Prendrefemme qui fait argent de
fa paillaffe ,
Vend ses meubles habits,juſques
auplus ginguet:
Ilse verra forcé de s'enfuir à
Ligourne,
Etpour finir ſon fort demonter au
trinquet ,
Le malheurfuit toujours celui qui
Amal enfourne.
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Résumé : SONNET. L'Homme coëffé.
Un homme arrogant méprise la puissance de l'amour. Malgré ses efforts, il succombe à sa passion pour Cloris. Il finit par regretter d'avoir épousé une femme qui dilapide ses biens, le forçant à fuir à Livourne où il meurt misérablement.
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1974
p. 128-129
LE FAINEANT.
Début :
Il faut être bien fou, pour voir le Grand . . . Sophy, [...]
Mots clefs :
Fainéant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE FAINEANT.
LE FAINEANT..
Ilfaut être bien fou , pour voirle
Grand Sophy,
Derisquer le courroux d'un orage
qui cingle ,
Se voirperir en Mer ,fansfauver
une épingle ,
Etfaire avec Neptuneun fi triſte
défi
L'esprit &l'industrie en tout tems
m'ont . ſuffi ,
Je dors dans tous les lits , quand
ilsferoient fans tringle ,
Etfans m'embarraßer des docu
-ments de • : Zuingle ,
Je nefonge qu'à ceux de feu Pillot
Bouffi :
GALANT. 129
lequot
que j'
Héquoi, vous voudriezmes amis,
allaffe ,
M'affligerde n'avoirpour lit qu'une
paillaffe ,
Et pour toute boiſſon levinle plus
ginguet?
Quandje sçaurois trouvermafortuneà
Ligourne ,
Je vis commeje puis , &nargue
du trinquet ,
Bien ou mal , c'est ainsi chaquejour
quej enfourne.
Ilfaut être bien fou , pour voirle
Grand Sophy,
Derisquer le courroux d'un orage
qui cingle ,
Se voirperir en Mer ,fansfauver
une épingle ,
Etfaire avec Neptuneun fi triſte
défi
L'esprit &l'industrie en tout tems
m'ont . ſuffi ,
Je dors dans tous les lits , quand
ilsferoient fans tringle ,
Etfans m'embarraßer des docu
-ments de • : Zuingle ,
Je nefonge qu'à ceux de feu Pillot
Bouffi :
GALANT. 129
lequot
que j'
Héquoi, vous voudriezmes amis,
allaffe ,
M'affligerde n'avoirpour lit qu'une
paillaffe ,
Et pour toute boiſſon levinle plus
ginguet?
Quandje sçaurois trouvermafortuneà
Ligourne ,
Je vis commeje puis , &nargue
du trinquet ,
Bien ou mal , c'est ainsi chaquejour
quej enfourne.
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Résumé : LE FAINEANT.
Le texte 'Le Faignant' présente un narrateur insouciant face aux défis quotidiens. Il méprise les dangers et dort confortablement partout. Il préfère les écrits de Pillot Bouffi à ceux de Zwingli et accepte volontiers des conditions de vie modestes. Il mange chaque jour, sans se préoccuper de la qualité de sa nourriture.
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1975
p. 129-133
BOUQUET à Madame ***
Début :
Pour un Bouquet, vous ne sçauriez le refuser ! ayez donc / Je m'abandonne à mon zele indiscret, [...]
Mots clefs :
Bouquet, Bonté, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUQUET à Madame ***
Pour un Bouquet , vous ne
ſçauriez le refufer ! ayez donc
s'il vous plaiſt , la bonté de lire
T'hiſtoire de ce Bouquer.
Lejour de Saint François 4 .
Octobre
,
ر une Dame d'un
1
130 MERCURE
rang & d'un merite diftingué
étant à ſa Terre aux environs
de Paris ,yreceut un nombre
deBouquets de pluſieurs perfonnes
de confideration. Un
honneſte homme qu'elle honorede
ſon eſtimen'ayant pas
voulu laiſſer paffer la fefte de
de certe Dame , ſans luy donner
des marques de fa recon.
noiſlance & de fon refpect ,
luy preſenta auſſi unbouquet ,
&yjoignit ces vers.
GALANT. 131
BOUQUET
à Madame ***
Je m'abandonne à mon zele
indifcret,
C'eſt aßez admirer vos charmes
enfecret.
Il est tems qu'à mon tourj'en celebre
lagloire.
Olympe ,je veux en ce jour
1
Où l'on s'empreſſe à vous faire
fa cour
Sur mes jeunes rivaux remporter
la victoire.
Esperer de vous plaire en vous
offrant desfleurs
132 MERCURE
Est un objet qu'en vain l'on se
propose,
Vous effacez par vos belles cou .
leurs
Et la blancheur du lys
de la rose.
l'éclat
Ces ornements pour vous mesem
b'ent fuperflus ,
Mais peindre au naturel vos aimables
vertus
Eſt un projet plus raisonnable.
Montrons de vos deffeins la con
duite admirable ,
Ce fond de pieté , cette bonté de
moeurs ,
Quifous fes douces loix affujettin
Les coeurs.
GALANT. 133
Cet air vif&brillant , cette ame
noble fiere
Que vostre illuftre Epoux poffede
toute entiere
Et qui ſur ſes devoirs reglant
tous fes defirs,
Dans un heureux repos jouit des
vrais plaiſirs .
MaMuse n'oferoit en dire davantage
,
Pour la premierefois qu'elle vous
rend hommage.
ſçauriez le refufer ! ayez donc
s'il vous plaiſt , la bonté de lire
T'hiſtoire de ce Bouquer.
Lejour de Saint François 4 .
Octobre
,
ر une Dame d'un
1
130 MERCURE
rang & d'un merite diftingué
étant à ſa Terre aux environs
de Paris ,yreceut un nombre
deBouquets de pluſieurs perfonnes
de confideration. Un
honneſte homme qu'elle honorede
ſon eſtimen'ayant pas
voulu laiſſer paffer la fefte de
de certe Dame , ſans luy donner
des marques de fa recon.
noiſlance & de fon refpect ,
luy preſenta auſſi unbouquet ,
&yjoignit ces vers.
GALANT. 131
BOUQUET
à Madame ***
Je m'abandonne à mon zele
indifcret,
C'eſt aßez admirer vos charmes
enfecret.
Il est tems qu'à mon tourj'en celebre
lagloire.
Olympe ,je veux en ce jour
1
Où l'on s'empreſſe à vous faire
fa cour
Sur mes jeunes rivaux remporter
la victoire.
Esperer de vous plaire en vous
offrant desfleurs
132 MERCURE
Est un objet qu'en vain l'on se
propose,
Vous effacez par vos belles cou .
leurs
Et la blancheur du lys
de la rose.
l'éclat
Ces ornements pour vous mesem
b'ent fuperflus ,
Mais peindre au naturel vos aimables
vertus
Eſt un projet plus raisonnable.
Montrons de vos deffeins la con
duite admirable ,
Ce fond de pieté , cette bonté de
moeurs ,
Quifous fes douces loix affujettin
Les coeurs.
GALANT. 133
Cet air vif&brillant , cette ame
noble fiere
Que vostre illuftre Epoux poffede
toute entiere
Et qui ſur ſes devoirs reglant
tous fes defirs,
Dans un heureux repos jouit des
vrais plaiſirs .
MaMuse n'oferoit en dire davantage
,
Pour la premierefois qu'elle vous
rend hommage.
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Résumé : BOUQUET à Madame ***
Le texte décrit un événement où une dame de haut rang et de mérite distingué reçoit plusieurs bouquets à l'occasion de la fête de Saint François, le 4 octobre. Un homme respectueux lui offre un bouquet accompagné de vers. Le poème exprime l'admiration secrète du poète pour les charmes de la dame et son désir de célébrer sa gloire. Il reconnaît que les fleurs sont superflues face à sa beauté et préfère louer ses vertus admirables, sa conduite exemplaire, sa piété et sa bonté. Le poète mentionne également la noblesse et la fierté de l'époux de la dame, ainsi que leur bonheur partagé. La muse du poète, timide, ne peut en dire davantage lors de cette première offrande.
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1976
p. 133-136
CHANSON.
Début :
Ma Chanson, si je ne me trompe, n'ira pas mal icy, / A la plus delicate Yvresse [...]
Mots clefs :
Amis, Dieux, Vin, Monde
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
Ma Chanſon , ſi je ne me
trompe , n'ira pas mal icy ,
daignez en efſayer.
4
134 MERCURE
CHANSON ..
Alaplus delicate Yureſſe
Livrons nos coeursdans cefeſtin ,
Meflons aux jeux de la tendreſſe
LesChanfons, les ris & le vin .
Les Dieux en bûvant à la ronde
Ne pensent point au genre humain
,
Oublions comme eux tout le monde,
Et nargue des coups du deſtin.
!
Des charmes dont brille la
terre
Cette Table est un racourcy ,
GALANT. 135
Esprit, beauté, bon vin , grand
chere,
Belle humeur , toutse trouve icy.
Laiffons les Dieux boire à la
ronde ,
Amis n'enſoyons point jaloux.
Nous pouvons comme eux dans
ce monde,
Goûter les plaiſirs les plus doux.
Que chacun boive à ce qu'il
aime,
Et qu'ily boive tendrement.
De cette voluptéfuprême
Rappellons cent fois le moment.
C'est ainsi quesefait la ronde
Au celefte banquet desDieux :
136 MERCURE
Imitons les Maistres du monde ...
Amis pouvons nous faire mieux.
:
Atafantébelle Silvie,
Ace qui te touche le coear;
Que mon ameferoit ravie,
Sic'étoit mafincere ardeur.
Les Dieux en būvant àla ronde,
N'auroient pas un plus grand
bonheur;
Je croirois eftre Roy du monde ,
Si je devenois ton vainqueur.
trompe , n'ira pas mal icy ,
daignez en efſayer.
4
134 MERCURE
CHANSON ..
Alaplus delicate Yureſſe
Livrons nos coeursdans cefeſtin ,
Meflons aux jeux de la tendreſſe
LesChanfons, les ris & le vin .
Les Dieux en bûvant à la ronde
Ne pensent point au genre humain
,
Oublions comme eux tout le monde,
Et nargue des coups du deſtin.
!
Des charmes dont brille la
terre
Cette Table est un racourcy ,
GALANT. 135
Esprit, beauté, bon vin , grand
chere,
Belle humeur , toutse trouve icy.
Laiffons les Dieux boire à la
ronde ,
Amis n'enſoyons point jaloux.
Nous pouvons comme eux dans
ce monde,
Goûter les plaiſirs les plus doux.
Que chacun boive à ce qu'il
aime,
Et qu'ily boive tendrement.
De cette voluptéfuprême
Rappellons cent fois le moment.
C'est ainsi quesefait la ronde
Au celefte banquet desDieux :
136 MERCURE
Imitons les Maistres du monde ...
Amis pouvons nous faire mieux.
:
Atafantébelle Silvie,
Ace qui te touche le coear;
Que mon ameferoit ravie,
Sic'étoit mafincere ardeur.
Les Dieux en būvant àla ronde,
N'auroient pas un plus grand
bonheur;
Je croirois eftre Roy du monde ,
Si je devenois ton vainqueur.
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Résumé : CHANSON.
Le texte décrit une chanson célébrant la joie et les plaisirs de la vie. Les personnages invitent à profiter des jeux de la tendresse, des chants, des rires et du vin, en oubliant les soucis et les aléas du destin. La table est présentée comme un symbole des charmes terrestres, offrant esprit, beauté, bon vin et bonne nourriture. Les convives sont encouragés à laisser les dieux partager leur joie et à ne pas être jaloux, afin de savourer pleinement ces moments de volupté. La scène est comparée à un banquet céleste où les dieux se réjouissent. Un personnage exprime son admiration pour Sylvie, affirmant que les dieux ne connaîtraient pas un plus grand bonheur s'ils pouvaient participer à cette fête, et qu'il se sentirait roi du monde s'il pouvait conquérir Sylvie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1977
p. 138-140
ENIGME de M. T. R. E. T.
Début :
Je vais sans me lasser plus loin qu'on ne desire, [...]
Mots clefs :
Bateau échappé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME de M. T. R. E. T.
ENIGME
de M. T. RET
:
Jevaisfans me laſserplus loin
qu'on ne defire ,
Je marche en infenſeſans sçavoir
on jetuais, ca
Etfemblable au Soleil qui n'arrete
jamdis
Je vaisfans m'arrêter ,ſi l'on ne
me retire.
Le bien que l'on mefaitfemble.
4
GALANT. 139
roit un Martire ,
On me tire , on m'attache, on me
charge d'un faix ,
On me pique de pointe , &le bien
que je fais ,
Sans un trop long discours nese
pourroit écrire.
Souvent je suis couvert en la
Saiſon d'Esté,
Sans moy quelque Païsferoit inbabités
Celle qui me détruit je la rends
habitable ,
Oùje vaisſeul ,fans moypas un
n'ofe venir.
Il arrive ſouvent qu'on me voudroit
tenir,
1.
Mij
140 MERCURE
Pourfortir d'un danger quifemble
inevitable.
de M. T. RET
:
Jevaisfans me laſserplus loin
qu'on ne defire ,
Je marche en infenſeſans sçavoir
on jetuais, ca
Etfemblable au Soleil qui n'arrete
jamdis
Je vaisfans m'arrêter ,ſi l'on ne
me retire.
Le bien que l'on mefaitfemble.
4
GALANT. 139
roit un Martire ,
On me tire , on m'attache, on me
charge d'un faix ,
On me pique de pointe , &le bien
que je fais ,
Sans un trop long discours nese
pourroit écrire.
Souvent je suis couvert en la
Saiſon d'Esté,
Sans moy quelque Païsferoit inbabités
Celle qui me détruit je la rends
habitable ,
Oùje vaisſeul ,fans moypas un
n'ofe venir.
Il arrive ſouvent qu'on me voudroit
tenir,
1.
Mij
140 MERCURE
Pourfortir d'un danger quifemble
inevitable.
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1978
p. 140-141
AUTRE du Prisonnier volontaire.
Début :
Je suis un instrument d'assez longue figure [...]
Mots clefs :
Lunette d'approche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE du Prisonnier volontaire.
AUTRE
du Priſonnier volontaire.
Jesuis un instrument d'aßez
longuefigure
Eftimé chez beaucoup de gens :
Selon qu'on change ma posture ,
Je produis des effets tout-à- fait
いい
differens.
ॐ
1
Soit qu'on m'éleve vers les
Cieux ,
Soit qu'on m'abaiße fur la terre ,
GALANT. 147
Mon unique but eft de plaire ,
Aux Sçavants comme auxCurieux.
du Priſonnier volontaire.
Jesuis un instrument d'aßez
longuefigure
Eftimé chez beaucoup de gens :
Selon qu'on change ma posture ,
Je produis des effets tout-à- fait
いい
differens.
ॐ
1
Soit qu'on m'éleve vers les
Cieux ,
Soit qu'on m'abaiße fur la terre ,
GALANT. 147
Mon unique but eft de plaire ,
Aux Sçavants comme auxCurieux.
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1979
p. 227-231
Vers de Madame V..... à Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d Orleans, Regent du Royaume.
Début :
J'ai déja eû l'honneur de vous dire, qu'il ne tenoit qu'à / Apollon il es temps : prends toy même ta Lyre, [...]
Mots clefs :
Régent, Ouvrage, Vers, Duc d'Orléans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers de Madame V..... à Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d Orleans, Regent du Royaume.
Jay déja cû l'honneur de
vous dire ,qu'il ne tenoit qu'à
moyde remplir mon volume
desEloges qu'on m'a envoyé
ce mois cy,à la gloire deMon.
fieur le Regent. Si cela m'avoir
eſté poſſible , je l'aurois fait
pour la fatisf. Etion de tous
ceux qui ſe ſont efforcez de
luy marquer leur zele ; mais
pluſieurs confiderations m'ont
déterminé à fupprimertous ces
ouvrages , à l'exception nean228
MERCURE
moins de celui cy que je ſerois
tres fâché de mettre au rebut.
Il a deux qualitez eſſentielles
qui le rendent au moins digne
deparoître au jour. La premierec'est
qu'il ne contient que
des veritez exprimées avec
nobleffe & fimplicité; & la
ſeconde c'eſt qu'il eſt de la
main d'une belleDame , digne
par les graces & par ſon elprit
de toute l'attention où l'on
eſt porré naturellement ,pat le
merite de ſes ouvrages .
GALANT. 229
{
Vers de Madame V .....
à Son Alteffe RoyaleMonſeigneur
le Duc d Orleans ,
Regent du Royaume.
Apollon il est temps : prends
toy même ta Lyre ,
1
D'inspirer les mortels , à preſent
c'est trop peu ;
Celebres par des chants pleins de
ton divin feu
Le Prince que la France admire,
C'eſt luy qui par de fages Loix
S'attire les coeurs des François,
Il va rétablir l'abondance ,
La bonnefay, la confiance s
230 MERCURE
Enfin reparoiſtra ce métal précieux
Que l'on croyoit rentré dans le
٠٢١١٠ feinde laterre,
Et dont l'absence fait autant de
malheureux
Qu'une trop longue trop
cruelleguerre.
Dieu des Vers chante à nos neveux
Combien ce Princefit d'heureux;
Pourmoy defes vertus charmée
A celebrer fon Nom je me fens
animée.
Comme Sapho , que ne fais -je
des Vers
Pour apprendre à tout l'Univers
GALANT. 231
;
-
Que l'Auguste Regent de
France
Poffde luy ſeul laſcience ,
Les rares qualitez , les talens
merveilleux
Qui firent jadis tant de Dieux.
vous dire ,qu'il ne tenoit qu'à
moyde remplir mon volume
desEloges qu'on m'a envoyé
ce mois cy,à la gloire deMon.
fieur le Regent. Si cela m'avoir
eſté poſſible , je l'aurois fait
pour la fatisf. Etion de tous
ceux qui ſe ſont efforcez de
luy marquer leur zele ; mais
pluſieurs confiderations m'ont
déterminé à fupprimertous ces
ouvrages , à l'exception nean228
MERCURE
moins de celui cy que je ſerois
tres fâché de mettre au rebut.
Il a deux qualitez eſſentielles
qui le rendent au moins digne
deparoître au jour. La premierec'est
qu'il ne contient que
des veritez exprimées avec
nobleffe & fimplicité; & la
ſeconde c'eſt qu'il eſt de la
main d'une belleDame , digne
par les graces & par ſon elprit
de toute l'attention où l'on
eſt porré naturellement ,pat le
merite de ſes ouvrages .
GALANT. 229
{
Vers de Madame V .....
à Son Alteffe RoyaleMonſeigneur
le Duc d Orleans ,
Regent du Royaume.
Apollon il est temps : prends
toy même ta Lyre ,
1
D'inspirer les mortels , à preſent
c'est trop peu ;
Celebres par des chants pleins de
ton divin feu
Le Prince que la France admire,
C'eſt luy qui par de fages Loix
S'attire les coeurs des François,
Il va rétablir l'abondance ,
La bonnefay, la confiance s
230 MERCURE
Enfin reparoiſtra ce métal précieux
Que l'on croyoit rentré dans le
٠٢١١٠ feinde laterre,
Et dont l'absence fait autant de
malheureux
Qu'une trop longue trop
cruelleguerre.
Dieu des Vers chante à nos neveux
Combien ce Princefit d'heureux;
Pourmoy defes vertus charmée
A celebrer fon Nom je me fens
animée.
Comme Sapho , que ne fais -je
des Vers
Pour apprendre à tout l'Univers
GALANT. 231
;
-
Que l'Auguste Regent de
France
Poffde luy ſeul laſcience ,
Les rares qualitez , les talens
merveilleux
Qui firent jadis tant de Dieux.
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Résumé : Vers de Madame V..... à Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d Orleans, Regent du Royaume.
L'auteur d'une lettre évoque initialement son projet de compiler des éloges en l'honneur du Régent, le Duc d'Orléans, dans un volume. Après réflexion, il décide de ne conserver qu'un seul ouvrage, un poème écrit par une dame distinguée. Ce poème célèbre les qualités et les actions bénéfiques du Régent pour la France. Il met en avant la capacité du Régent à rallier les Français par ses sages lois et à restaurer l'abondance et la confiance. Le poème compare également le Régent à des figures divines et exalte ses vertus et ses talents exceptionnels. L'auteur justifie la publication de ce poème par sa véracité, sa noblesse et sa simplicité, ainsi que par la réputation de son autrice.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1980
p. 232-233
SONNET.
Début :
Non, Muse, tu ne peux d'une plus noble . audace [...]
Mots clefs :
Muse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
SONNET.
Non , Muse, tu ne peux d'une
plus noble audace
Exciteren cejourmon émulation,
Je cede à ce transport , à cette
ambition
Qui tend à me frayer les routes
du Parnaffe .
1
1
Mais paron commencer?que veuxtuqueje
faffe
Je t'entens , tuvoudrois que d'un
Prince fameux
Je traçaffe en mes vers l'Eloge à
nos neveux ,
Pourrois- tu d'un tel pas me tirer
avec grace ?
Non , pour peindre unHeros ilfaut
trop
GALANT. 233
trop de • talens ,
Ma main est mal instruite à preparer
l' encens :
Je n'ay ni cet esprit , ni la juste
éloquence
Qu'il faut pour bien loüer ce modele
parfait ,
Croy moy , Muse , croy moy , ne
romps pas le
filence
Jadis Plutarque à peine ébaucha
fon
Portrait.
Non , Muse, tu ne peux d'une
plus noble audace
Exciteren cejourmon émulation,
Je cede à ce transport , à cette
ambition
Qui tend à me frayer les routes
du Parnaffe .
1
1
Mais paron commencer?que veuxtuqueje
faffe
Je t'entens , tuvoudrois que d'un
Prince fameux
Je traçaffe en mes vers l'Eloge à
nos neveux ,
Pourrois- tu d'un tel pas me tirer
avec grace ?
Non , pour peindre unHeros ilfaut
trop
GALANT. 233
trop de • talens ,
Ma main est mal instruite à preparer
l' encens :
Je n'ay ni cet esprit , ni la juste
éloquence
Qu'il faut pour bien loüer ce modele
parfait ,
Croy moy , Muse , croy moy , ne
romps pas le
filence
Jadis Plutarque à peine ébaucha
fon
Portrait.
Fermer
Résumé : SONNET.
Le sonnet révèle l'hésitation du poète à écrire une œuvre noble. Il doute de son audace et de ses talents pour célébrer un prince célèbre. Il cite Plutarque pour illustrer la difficulté de décrire un héros. Le poète demande à la muse de ne pas rompre le silence, préférant ne pas entreprendre cette tâche.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1981
p. 234-238
TRIOMPHE des beaux yeux d'Iris.
Début :
Messer Phoebus l'autre jour querella [...]
Mots clefs :
Amour, Amours, Cupidon, Yeux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRIOMPHE des beaux yeux d'Iris.
TRIOMPHE
des beaux yeux d'Iris .
J
Meffer Phoebus l'autre jour
querella
Avec Amour, c'est vieille
rancune
Depuis Daphné : trés-loin l'affaire
alla ,
Et juréfut parJupin &Neptune
De se vanger; mais bien-toft
Cupidon
GALANT. 235
P
.
Neſeſouvintde telle échaufourée
Et mettant bas fon arc &fon
7brandon
Prés de Pfichefut paſſer laſoirée.
Quantà Phoebus Poëte &Medecin
,
Deux animaux affez ſujets à
l'ire ,
Miracle n'est s'il forma le def-
Sein
Derüiner Amour &ſon Empire.
Orque fit- il ? point nefut àPa.
phoss
Point n'affiegea des forges de
Lemnos
Les magasins & cavernes fecrettes
,
Vij
236 MERCURE
Poury brûler carquois , arcs &
Sagettes
De Cupidon ; mais par dol infernal,
Voulantfinir guerre tant difficile,
Il s'en fut droit au charmant domicile
Qui d'amour est le plus fort arfenal
,
C'est chez Iris ; ô trahison infigne
!
Tout en entrant unefleche maligne
Il jette aux yeux de la jeune
beauté:
Làfont les traits les plusfürs de
Cithere,
GALANT. 237
Et ce deffein étoit bien projetté,
Le pas n'étoit de clerc en verité.
Mais des amours la cohorte legere
Para le coup : car allez chez
Iris,
Là trouverez mille amours aguerris
,
Montans la garde ainſi que chez
leur mere :
Phoebus furpris ne peut se dégager
De l'embufcade ; il voit Iris , il
aime ,
Loin d'attaquer il eft frappéluy
même
Par les beaux yeux qu'il vou
238 MERCURE
loit outrager.
Profonde fut & viveſa bleſſure,
Oncques Daphnéfi bien ne le navra
Des coups d'Iris jamais ne querira,...
Jeſçay trop bien qu'impoffible est ८
la cure.
des beaux yeux d'Iris .
J
Meffer Phoebus l'autre jour
querella
Avec Amour, c'est vieille
rancune
Depuis Daphné : trés-loin l'affaire
alla ,
Et juréfut parJupin &Neptune
De se vanger; mais bien-toft
Cupidon
GALANT. 235
P
.
Neſeſouvintde telle échaufourée
Et mettant bas fon arc &fon
7brandon
Prés de Pfichefut paſſer laſoirée.
Quantà Phoebus Poëte &Medecin
,
Deux animaux affez ſujets à
l'ire ,
Miracle n'est s'il forma le def-
Sein
Derüiner Amour &ſon Empire.
Orque fit- il ? point nefut àPa.
phoss
Point n'affiegea des forges de
Lemnos
Les magasins & cavernes fecrettes
,
Vij
236 MERCURE
Poury brûler carquois , arcs &
Sagettes
De Cupidon ; mais par dol infernal,
Voulantfinir guerre tant difficile,
Il s'en fut droit au charmant domicile
Qui d'amour est le plus fort arfenal
,
C'est chez Iris ; ô trahison infigne
!
Tout en entrant unefleche maligne
Il jette aux yeux de la jeune
beauté:
Làfont les traits les plusfürs de
Cithere,
GALANT. 237
Et ce deffein étoit bien projetté,
Le pas n'étoit de clerc en verité.
Mais des amours la cohorte legere
Para le coup : car allez chez
Iris,
Là trouverez mille amours aguerris
,
Montans la garde ainſi que chez
leur mere :
Phoebus furpris ne peut se dégager
De l'embufcade ; il voit Iris , il
aime ,
Loin d'attaquer il eft frappéluy
même
Par les beaux yeux qu'il vou
238 MERCURE
loit outrager.
Profonde fut & viveſa bleſſure,
Oncques Daphnéfi bien ne le navra
Des coups d'Iris jamais ne querira,...
Jeſçay trop bien qu'impoffible est ८
la cure.
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Résumé : TRIOMPHE des beaux yeux d'Iris.
Le poème relate une dispute entre Phébus (Apollon) et Amour (Cupidon), liée à l'histoire de Daphné. Phébus, poète et médecin, cherche à se venger en attaquant le domaine d'Amour. Il se rend chez Iris, la déesse de l'arc-en-ciel, pour lancer une flèche maligne sur les yeux d'Amour. Cependant, il découvre une multitude d'amours prêts à défendre leur territoire. Phébus se retrouve alors captivé par la beauté des yeux d'Iris et tombe amoureux, subissant ainsi les effets de l'amour. Cette blessure est plus profonde et irréversible que celle causée par Daphné.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1982
p. 252-260
ODE A Messieurs de l'Académie Françoise, prononcée dans l'Académie le jour de la distribution des Prix. Par M. ROY.
Début :
Quel jour ! mon bonheur m'étonne [...]
Mots clefs :
Académie française, Gloire, Dieux, Roi, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE A Messieurs de l'Académie Françoise, prononcée dans l'Académie le jour de la distribution des Prix. Par M. ROY.
ODE
A Meſſieurs de l'Académie
Françoile , prononcée dans
l'Académie le jour de la
diſtribution des Prix.
Par M. ROY.
Quel jour! mon bonheur m'é-
•tonne
L'espoir m'en paroiffoit vain.
Quoy! Minerve me couronne
Del'une ,&de l'autre main.
Voicy le champ de la gloire
GALANT. 253
Oùjadis une victoire
elles:
Marqua mes premiers eſſais. *
Minerve tu m'y rappelles :
Dans tes Annales fidelles
Efcri mes nouveaux fuccez.
Attens .. Il est unfilence
Enfant d'un orgueil ingrat.
Laiffe ma reconnoiſſance
Se monstrer avec éclat.
MesJuges furent mes guides ;
Déslongtems mesyeux avides
S'ouvrirentfur leurs Efcrits :
* Prix d'Eloquence en 1711 .
254 MERCURE
FaySurpris quelque éuncelle
De la lumiere immortelle ,
Qu'ils verfent dans les efprits.
ॐ
L'Eloquence à Demosthenes
Mitles foudres à la main ,
Elle tranſporta d'Athenes
Son throne chez le Romain.
Mais la Raifon ny les Graces
Neſuivirent pointſes traces
Cheznos rustiques ayeux :
Elleyparut derangée
Ou trop nue,ou trop chargée,
D'un fard qui bleſſoit lesyeux.
GALANT. 255
Quels nobles Efprits oferent
Luyprefenter lemiroir ?
Tousfes défauts s'éclipferent ,
Si toft qu'elle putles voir
La voix d'ARMAND
qu'elle implore
Ou rassemble , oufait éclore
Des Demofthenes nouveaux:
L'Art de parler,&d'écrire
Devint digne de l'Empire
Aggrandi parſes travaux.
AuxVertus,chafteEloquence,
Donned'illuftres amants
Touche,plais,àta puiſſance
256 MERCURE
Joins defacrez ornements.
Que les Cieux t'en applaudißent;
Quede tes foins retentißent
Les Thrones les Autels :
Rend nous les divins oracles ,
Ou nous vante les miracles
D'unRoy, l'honneur des mortels.
Mais la Muſe de lalyre ,
Qui des chants donne le prix ,
S'offre àmesyeux , &m'attire
Aux pieds de ſes favoris.
Enchantereße nouvelle
Parquel art évoque- telle
Les premiers fils d' Apollon ?
Icy
GALANT. 257
Icy reparoist Catulle ;
Pindare , Horace , Tibulle
N'ontfait que changer de nom.
C'est l'Auguste de la Seine
Qu'ils celebrent. Quels accords!
Autour d'eux plus d'un Mecene
Eſchauffe encor leurs tranſports.
Je vois ceux , que la naiſſance ,
La dignité,la puiſſance
Approchent de ſes regards :
Je vois ceux,qui dans la guerre ,
Firentà toute la Terre
Respecterſes Etendards.
Octobre 1715 . Y
158 MERCURE
Zele ardent , inépuisable !
Tribut qu'on doit aux bons Rois
Ace concert refpectable
On invite d'autres voix.
Fobéïs ... Paix renaiſſante
C'est ta Feste que je chante ,
Quelpouvoir brifa tes fers ?
Répons ,nomme en aßeurance
Le Bienfaicteur de la France ,
Et celuy de l'Univers.
C'est lay.Voilàson image
Quels traits ! quelleMajesté!
Que j'aime ce fier courage
Temperéparlabonté!
1
GALANT. 259
Autrefois , vainqueur rapide ,
Infatigable, intrepide ,
C'étoit Achille à nosyeux :
C'est Neftor,dont la vicilleſſe
N'est qu'une longue jeuneße ,
Egate à celle des Dieux.
Qu'ay-je dit ? Icy mon zele
Defoibles couleurs le peint.
LOUIS prend pourfon modele
Deſes ayeux le plus faint. *
Rois de noftrefang avares ,
deux, des duels barbares
4
Tous
* S. Louis.
Y ij
260 MERCURE
Defarmerent lafureur.
De leur peuple tendres Peres
Dela Foy vangeursfeveres
Tous deux chaßerent l'erreur.
3
Princes , mes Dieux tutelaires
Vos Portraitsfont mes threſors : *
Et desfignesfalutaires
Pour enbardir mes efforts.
Unjour..mais l'ofay je croire,
Que desFuges de la gloire
Vous m'attiriez les regards ?
Ainsi Romefortunée
Attachoitsa destinée
Aux Images des Cefars.
*Medailles du Roy &de S. Loüis.
A Meſſieurs de l'Académie
Françoile , prononcée dans
l'Académie le jour de la
diſtribution des Prix.
Par M. ROY.
Quel jour! mon bonheur m'é-
•tonne
L'espoir m'en paroiffoit vain.
Quoy! Minerve me couronne
Del'une ,&de l'autre main.
Voicy le champ de la gloire
GALANT. 253
Oùjadis une victoire
elles:
Marqua mes premiers eſſais. *
Minerve tu m'y rappelles :
Dans tes Annales fidelles
Efcri mes nouveaux fuccez.
Attens .. Il est unfilence
Enfant d'un orgueil ingrat.
Laiffe ma reconnoiſſance
Se monstrer avec éclat.
MesJuges furent mes guides ;
Déslongtems mesyeux avides
S'ouvrirentfur leurs Efcrits :
* Prix d'Eloquence en 1711 .
254 MERCURE
FaySurpris quelque éuncelle
De la lumiere immortelle ,
Qu'ils verfent dans les efprits.
ॐ
L'Eloquence à Demosthenes
Mitles foudres à la main ,
Elle tranſporta d'Athenes
Son throne chez le Romain.
Mais la Raifon ny les Graces
Neſuivirent pointſes traces
Cheznos rustiques ayeux :
Elleyparut derangée
Ou trop nue,ou trop chargée,
D'un fard qui bleſſoit lesyeux.
GALANT. 255
Quels nobles Efprits oferent
Luyprefenter lemiroir ?
Tousfes défauts s'éclipferent ,
Si toft qu'elle putles voir
La voix d'ARMAND
qu'elle implore
Ou rassemble , oufait éclore
Des Demofthenes nouveaux:
L'Art de parler,&d'écrire
Devint digne de l'Empire
Aggrandi parſes travaux.
AuxVertus,chafteEloquence,
Donned'illuftres amants
Touche,plais,àta puiſſance
256 MERCURE
Joins defacrez ornements.
Que les Cieux t'en applaudißent;
Quede tes foins retentißent
Les Thrones les Autels :
Rend nous les divins oracles ,
Ou nous vante les miracles
D'unRoy, l'honneur des mortels.
Mais la Muſe de lalyre ,
Qui des chants donne le prix ,
S'offre àmesyeux , &m'attire
Aux pieds de ſes favoris.
Enchantereße nouvelle
Parquel art évoque- telle
Les premiers fils d' Apollon ?
Icy
GALANT. 257
Icy reparoist Catulle ;
Pindare , Horace , Tibulle
N'ontfait que changer de nom.
C'est l'Auguste de la Seine
Qu'ils celebrent. Quels accords!
Autour d'eux plus d'un Mecene
Eſchauffe encor leurs tranſports.
Je vois ceux , que la naiſſance ,
La dignité,la puiſſance
Approchent de ſes regards :
Je vois ceux,qui dans la guerre ,
Firentà toute la Terre
Respecterſes Etendards.
Octobre 1715 . Y
158 MERCURE
Zele ardent , inépuisable !
Tribut qu'on doit aux bons Rois
Ace concert refpectable
On invite d'autres voix.
Fobéïs ... Paix renaiſſante
C'est ta Feste que je chante ,
Quelpouvoir brifa tes fers ?
Répons ,nomme en aßeurance
Le Bienfaicteur de la France ,
Et celuy de l'Univers.
C'est lay.Voilàson image
Quels traits ! quelleMajesté!
Que j'aime ce fier courage
Temperéparlabonté!
1
GALANT. 259
Autrefois , vainqueur rapide ,
Infatigable, intrepide ,
C'étoit Achille à nosyeux :
C'est Neftor,dont la vicilleſſe
N'est qu'une longue jeuneße ,
Egate à celle des Dieux.
Qu'ay-je dit ? Icy mon zele
Defoibles couleurs le peint.
LOUIS prend pourfon modele
Deſes ayeux le plus faint. *
Rois de noftrefang avares ,
deux, des duels barbares
4
Tous
* S. Louis.
Y ij
260 MERCURE
Defarmerent lafureur.
De leur peuple tendres Peres
Dela Foy vangeursfeveres
Tous deux chaßerent l'erreur.
3
Princes , mes Dieux tutelaires
Vos Portraitsfont mes threſors : *
Et desfignesfalutaires
Pour enbardir mes efforts.
Unjour..mais l'ofay je croire,
Que desFuges de la gloire
Vous m'attiriez les regards ?
Ainsi Romefortunée
Attachoitsa destinée
Aux Images des Cefars.
*Medailles du Roy &de S. Loüis.
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Résumé : ODE A Messieurs de l'Académie Françoise, prononcée dans l'Académie le jour de la distribution des Prix. Par M. ROY.
Dans une ode prononcée lors de la distribution des prix à l'Académie, M. Roy exprime sa surprise et sa joie d'être récompensé par Minerve, déesse de la sagesse et des arts. Il remercie ses juges pour leur soutien et évoque ses premiers succès. Le poème célèbre l'éloquence, retraçant son évolution depuis Démosthène jusqu'aux orateurs romains, et salue l'apport des grands esprits français. L'auteur rend hommage à la muse de la lyre, mentionnant des poètes comme Catulle, Pindare, Horace et Tibulle, qui chantent les louanges du roi de France. Il décrit la grandeur et la majesté du roi, comparant son courage et sa bonté à ceux des héros mythologiques tels qu'Achille et Nestor. Le poème se conclut par une louange à Louis, le présentant comme un modèle de vertu et de sagesse, et espérant que les dieux protecteurs continuent de guider ses actions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1983
p. 261-263
Vers Latins à la loüange du jeune Roy. [titre d'après la table]
Début :
Voicy des Vers Latins à la loüange de nostre jeune Monarque / Que Deus effinxit, dignum te Gallia Regem [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers Latins à la loüange du jeune Roy. [titre d'après la table]
Voicy des Vers Latins à la
loüange de noſtre jeune Mo
narque.
Cum Rex Ludovicus decimus
quintus Lutetiam ingrederetur
die Septembris duodecima .
Quem Deus effinxit , dignum
te Gallia Regem
Nofce tuum , & forti plaude
beata tuæ
Pande fores ,Urbs clara , tuos
Rex maximus intrat.
Et cumRege fides , religioque
venit.
Cernis ut ante viam imbelles
Pax aurea lauros
262 MERCURE
Spargit , & innumeras copiæ
fpargit opes.
Sanguinis heroas reddit placidiffima
cunctos
Frons pueri ,&dotes exprimic
illa novas.
Quippè per æratas olim ruat
ille phalanges ;
Sive magis placidæ tempora
pacis amer.
Aut factis æquabit avum
proavumque ,patremque ,
Aut fi fata finant vivere , major
crit.
Creſce igitur Princeps pariter
tua gloria crefcer.
Pieridum creſcet , francige-
1
GALANT. 263
numque decus.
Si qua tamen furgit noftra
tibi cura falutis ,
Nil præter pacis munera ſancta
fove.
Ut vincas mundum , cur enim
te bella juvarent ?
Qui fubigat populos , arcus
amorisiert .
Ut nunc Lutetiæ , te tantum
oftende per orbem:
Et Rex in terrâ protinus unus
cerit.
ॐ
LE BL. C. L.
loüange de noſtre jeune Mo
narque.
Cum Rex Ludovicus decimus
quintus Lutetiam ingrederetur
die Septembris duodecima .
Quem Deus effinxit , dignum
te Gallia Regem
Nofce tuum , & forti plaude
beata tuæ
Pande fores ,Urbs clara , tuos
Rex maximus intrat.
Et cumRege fides , religioque
venit.
Cernis ut ante viam imbelles
Pax aurea lauros
262 MERCURE
Spargit , & innumeras copiæ
fpargit opes.
Sanguinis heroas reddit placidiffima
cunctos
Frons pueri ,&dotes exprimic
illa novas.
Quippè per æratas olim ruat
ille phalanges ;
Sive magis placidæ tempora
pacis amer.
Aut factis æquabit avum
proavumque ,patremque ,
Aut fi fata finant vivere , major
crit.
Creſce igitur Princeps pariter
tua gloria crefcer.
Pieridum creſcet , francige-
1
GALANT. 263
numque decus.
Si qua tamen furgit noftra
tibi cura falutis ,
Nil præter pacis munera ſancta
fove.
Ut vincas mundum , cur enim
te bella juvarent ?
Qui fubigat populos , arcus
amorisiert .
Ut nunc Lutetiæ , te tantum
oftende per orbem:
Et Rex in terrâ protinus unus
cerit.
ॐ
LE BL. C. L.
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Résumé : Vers Latins à la loüange du jeune Roy. [titre d'après la table]
Le poème latin célèbre l'entrée du roi Louis XV à Paris le 12 septembre. Il présente Louis XV comme un souverain digne de la France, apportant la foi et la religion. Son arrivée est marquée par la paix et la prospérité, symbolisées par des lauriers dorés et des richesses abondantes. Le poète espère que le roi restaurera la paix et égalera les exploits de ses ancêtres. Il encourage Louis XV à accroître sa gloire et celle de la France. Le texte conseille au roi de privilégier les bienfaits de la paix plutôt que les guerres. Il souhaite que Louis XV étende sa domination pacifique à travers le monde, devenant ainsi le seul roi sur terre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1984
p. 5-13
ODE Sur les avantages de la Paix, & l'obligation que nous avons au Roy de nous l'avoir procurée.
Début :
Quel attrait pour toucher ma Lyre [...]
Mots clefs :
Roi, Paix, Terre, Vertus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Sur les avantages de la Paix, & l'obligation que nous avons au Roy de nous l'avoir procurée.
O DE
Sur les avantages de la Paix ,
& l'obligation que nous
avons au Roy de nous l'a
voir procurée.
Quel attrait pour toucher ma
Lyre
Aimable
Paix je te
revoy
Et ton retour dans cet empire
Remplit
les deflins
de mon Roy.
A iij
6 MERCURE
Que tu dois nous paroistre belle
Lors
que d'une gloire nouvelle
Tu couvres ce Roy genereux :
A quelque prix que de laguerre.
Taprefence affianchift la terre
Tu meriterois tous nos voeux.
Dés
que la Difcorde inhumaine
LOV
Arallumé les feux de Mars ,
Quelle affreufe & tragique Scene
S'offre à mesyeux de toutes parts.
Je voy des campagnes détruites ,
DesVilles en cendre réduites ,
Des tas de cadavres fanglants ;
Les Arts , les Sciences languiffent
Les Vertus & les Loixgemiffent,
GALANT. 7
Et les Trônesfont chancelants.
Les Nation, s'entre- détruiſent
Leurrage égale leur terreur ,
Leurs champs font déferts ou
s'épuifent
Pour nourrir l'avidefureur.
La focieté qui leur refte
N'eftplus qu'un commercefuncfte
De pleurs , de meurtres , de débris :
Leurs biens , leur éclat , leurpuiffance
De l'orguëil & de la vengeance
Sont ou l'inftrument ou le prix .
Tu diffipes tous ces orages
Amj
8 MERCURE
Douce Paix , mere des plaifirs
Tu repares tous nos naufrages ,
Tu combles nos plus chers defirs ;
Sous tonRegne tout rit, tout brille,
Ainfi qu'unefeulefamille
Tu réunis tous les humains :
Les feuls combats où l'induſtrie
Triomphe des maux de la vie
Deformais exercent nos mains .
Par toy le feul efpoir réveille
Le Laboureur dans nos hameaux,
Sans crainte le Berger fommeille
Tandis quepaiffentfes troupeaux,
La terre avec plaifir féconde
S'empreffe à prodiguer au monde
Ses dons chaque jour renaiaiffants :
GALANT.
Trop heureufe que fa richeſſe
Soit de plaifir & de tendreffe
Un lien entre fes enfants.
O gloire pure e legitime
·Des Heros amis des mortels ,
Vous à qui feule noftre estime
Doit de l'encens & des Autels.
Le peuple , les Princes , les fages
Vous donnent icy leurs fuffrages
Plus contents encor qu'éblouis ;
La Paix qui finit nos allarmes
Etale en ce jour tous vos charmes
Dans l'éclat dont brille Louis .
Ce font fes vertus & fon zele
Superieurs même aux revers ,
10 MERCURE
Par qui la Difcorde cruelle
Eft rentrée au fein des enfers.
Son coeur par un effort fuprême
A vaincu fa fortune même
Et celle de fes ennemis
(
Et ce grand Roy comblé de gloire
Parfafagiffe & la Victoire
Les force d'eftre fes amis .
C'est ainsi que Dieu récompenfe
Ce Heros qui dansfes projets
A fes enfants , à fa puißance
Ofoit préferer fes fujets .
Sur fon fangfeul & fur fa tête
Sa main attirant la tempête
Se plaifoit à nous mettre au Port.
GALANT **
Non quelque ardeur qui nous
anime
Nos voix d'un ton affez fublime
Ne pourroient chanter cet effort.
Mais ta deftinée éclatante
a
Louis doit fuffire à ton coeur,
Ton peuple au gré de fon attente
Te revoit pa fible & vainqueur,
Tu n'as point perdu l'avantage
Qu'un Regne glorieux &fage
Te donneur fur les plus grands
Rois,
La terre encor furpriſe admire
Et tes vertus & ton empire
Et ton bonheur & tes exploits.
Tel eft l'agréable partage
12 MERCURE
Que dans fesfruits t'offre laPaix,
Tu vois fur le Throne du Tage
Ton fang affermy pourjamais ,"
L'H- refie impie & perfide
De tes malheurs toujours avide
Contre toy n'efpere plus rien
Du couchant jufques à l'aurore,
Des Etats la France eft encore
Lepluspu fant, leplus Chrêtien.
Otium è tanto fubitum tumultu
quis Deus fecit . Sen.
Trag.
PRIERE POUR LE ROY.
Conferve nous Louis , prolonge
fa carriere,
GALANT. 1
Dien tout puẞant la terre
entiere ,
Prend part aux voeux que je te
fais ,
Elle doit trop cherir un Roy jufte
A Ver modifte I
Dont le pouvoir propice & fécond
en bien-faits 150
Ainfi que ton pouvoir celefte
Dans fon éclat vainqueur n'enfante
que la Paix.
Sur les avantages de la Paix ,
& l'obligation que nous
avons au Roy de nous l'a
voir procurée.
Quel attrait pour toucher ma
Lyre
Aimable
Paix je te
revoy
Et ton retour dans cet empire
Remplit
les deflins
de mon Roy.
A iij
6 MERCURE
Que tu dois nous paroistre belle
Lors
que d'une gloire nouvelle
Tu couvres ce Roy genereux :
A quelque prix que de laguerre.
Taprefence affianchift la terre
Tu meriterois tous nos voeux.
Dés
que la Difcorde inhumaine
LOV
Arallumé les feux de Mars ,
Quelle affreufe & tragique Scene
S'offre à mesyeux de toutes parts.
Je voy des campagnes détruites ,
DesVilles en cendre réduites ,
Des tas de cadavres fanglants ;
Les Arts , les Sciences languiffent
Les Vertus & les Loixgemiffent,
GALANT. 7
Et les Trônesfont chancelants.
Les Nation, s'entre- détruiſent
Leurrage égale leur terreur ,
Leurs champs font déferts ou
s'épuifent
Pour nourrir l'avidefureur.
La focieté qui leur refte
N'eftplus qu'un commercefuncfte
De pleurs , de meurtres , de débris :
Leurs biens , leur éclat , leurpuiffance
De l'orguëil & de la vengeance
Sont ou l'inftrument ou le prix .
Tu diffipes tous ces orages
Amj
8 MERCURE
Douce Paix , mere des plaifirs
Tu repares tous nos naufrages ,
Tu combles nos plus chers defirs ;
Sous tonRegne tout rit, tout brille,
Ainfi qu'unefeulefamille
Tu réunis tous les humains :
Les feuls combats où l'induſtrie
Triomphe des maux de la vie
Deformais exercent nos mains .
Par toy le feul efpoir réveille
Le Laboureur dans nos hameaux,
Sans crainte le Berger fommeille
Tandis quepaiffentfes troupeaux,
La terre avec plaifir féconde
S'empreffe à prodiguer au monde
Ses dons chaque jour renaiaiffants :
GALANT.
Trop heureufe que fa richeſſe
Soit de plaifir & de tendreffe
Un lien entre fes enfants.
O gloire pure e legitime
·Des Heros amis des mortels ,
Vous à qui feule noftre estime
Doit de l'encens & des Autels.
Le peuple , les Princes , les fages
Vous donnent icy leurs fuffrages
Plus contents encor qu'éblouis ;
La Paix qui finit nos allarmes
Etale en ce jour tous vos charmes
Dans l'éclat dont brille Louis .
Ce font fes vertus & fon zele
Superieurs même aux revers ,
10 MERCURE
Par qui la Difcorde cruelle
Eft rentrée au fein des enfers.
Son coeur par un effort fuprême
A vaincu fa fortune même
Et celle de fes ennemis
(
Et ce grand Roy comblé de gloire
Parfafagiffe & la Victoire
Les force d'eftre fes amis .
C'est ainsi que Dieu récompenfe
Ce Heros qui dansfes projets
A fes enfants , à fa puißance
Ofoit préferer fes fujets .
Sur fon fangfeul & fur fa tête
Sa main attirant la tempête
Se plaifoit à nous mettre au Port.
GALANT **
Non quelque ardeur qui nous
anime
Nos voix d'un ton affez fublime
Ne pourroient chanter cet effort.
Mais ta deftinée éclatante
a
Louis doit fuffire à ton coeur,
Ton peuple au gré de fon attente
Te revoit pa fible & vainqueur,
Tu n'as point perdu l'avantage
Qu'un Regne glorieux &fage
Te donneur fur les plus grands
Rois,
La terre encor furpriſe admire
Et tes vertus & ton empire
Et ton bonheur & tes exploits.
Tel eft l'agréable partage
12 MERCURE
Que dans fesfruits t'offre laPaix,
Tu vois fur le Throne du Tage
Ton fang affermy pourjamais ,"
L'H- refie impie & perfide
De tes malheurs toujours avide
Contre toy n'efpere plus rien
Du couchant jufques à l'aurore,
Des Etats la France eft encore
Lepluspu fant, leplus Chrêtien.
Otium è tanto fubitum tumultu
quis Deus fecit . Sen.
Trag.
PRIERE POUR LE ROY.
Conferve nous Louis , prolonge
fa carriere,
GALANT. 1
Dien tout puẞant la terre
entiere ,
Prend part aux voeux que je te
fais ,
Elle doit trop cherir un Roy jufte
A Ver modifte I
Dont le pouvoir propice & fécond
en bien-faits 150
Ainfi que ton pouvoir celefte
Dans fon éclat vainqueur n'enfante
que la Paix.
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Résumé : ODE Sur les avantages de la Paix, & l'obligation que nous avons au Roy de nous l'avoir procurée.
Le texte célèbre les bienfaits de la paix et l'obligation de la soutenir, notamment sous le règne du roi Louis. La paix apporte joie et bonheur au roi et à son empire, contrastant avec les ravages de la guerre, qui détruit campagnes, villes et vies humaines, néglige les arts, les sciences, les vertus et les lois, et menace les trônes. La paix, mère des plaisirs, répare les dommages, comble les désirs et unit les hommes. Elle permet aux travailleurs de vivre et de produire en sécurité. Le roi Louis est loué pour ses vertus et son zèle, ayant vaincu la discorde et transformé ses ennemis en alliés. Dieu le récompense pour avoir privilégié ses sujets. Le peuple admire Louis pour sa sagesse, ses exploits et la stabilité qu'il apporte à la France, le plus puissant et le plus chrétien des États. Le texte se conclut par une prière pour que Dieu protège et prolonge la carrière pacifique du roi.
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1985
p. 14-24
LE COEUR DE LOUIS LE GRAND. ODE.
Début :
Toy, devant qui fond & s'abîme [...]
Mots clefs :
Coeur, Grandeur, Dieu, Louis le Grand, Main
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE COEUR DE LOUIS LE GRAND. ODE.
LE COE UR
DE LOUIS LE GRAN D.
• A ATOD E.
Toy , devant quifond & s'abîme
Tout l'orgueil desfoibles humains,
Qui tiens fur fon thrône fublime
Leur fort fufpendu dans tes
mains ,
GALANT .
15
Devant qui comme de fantômes
Paßent les Rois & les Royaumes
En un inftant évanoüis ,
DIEU ,feulgrand
maistre,
fouverain
Tufais donc helas difparoiftre
La Grandeur même de Loüis.
Ta gloire eft l'écuësl adorable
Oùfebrife toute grandeur ,
Dont on voit l'éclat pen durable
Se perdre dans ta profondeur.
ne viens point par des blafphê-· Je
mes
Cenfurer tes ordres fuprêmes
Dont tu nous voiles les fecrets :
Mais auplus grand de nos Monarques
16 MERCURE
Laffe - nous donner quelques
marques
De nos plusfenfibles regrets .
Daigne d'un jouffl falutaire
Animer mes triftes accens ,
C'eft au poids de ton fanctuaire
Que j'ofe pezer mon encens .
Si ton oeil , à qui rien n'impofe ,
Trouve le prix de chaque chofe
D'un regard für peneirant
Souffre qu'à la faveur je funde
Un coeurplus vafte que le monde, •
Dont tu le rendis conquerant
.
Il est temps qu'aux yeux de
l'Europe
Qui
GALANT. 17
Qui vit tant de pompeux dehors ,
Ce coeur s'ouvre e fe dévelope
Pour montrer fes rares trefors.
Paroiffez Vertus ,feules Reines
D'un coeur qui vous fit fouveraines
Des peuples foumis à fes loix.
C'est à vous qu'exilant les vices,
Louis confacra les premices
Et la fuite defes exploits.
* La Difcorde pâle & tremblante
Sentit alorsfes
premiers coups ,
Etjetta d'une main fanglante
Le fer qu'aiguifoit
fon courroux.
* Les Gueres civiles ..
Novembre
1715 •
B
18
MERGURE
Malgréfesfecretes pratiques ,
Quand nos ennemis domestiques
Farent comme elle ensevelis ,
* Perirent d'un commun naй-
frage
Ces voifinsjaloux qu'un ombrage
Avoit arm.Z contre les Lys .
Alors au bruit defon tonnerre
Louis renverfant les Estats
Fit taire devant luy la terre ,
Contrainte à flechir (ous fes pas..
Ilparut , & ternit la gloire
Des anciens guerriers , dont l'hiftoire
Fait refpecter le fouvenir ›
* Les Guerres étrangeres,
GALANT . 19
•
Etfon heroifme fidele
En fit un éternel modele
De tous les Heros à venir.
Alors le barbare miniſtre
De l'infatiable Fureur ,
Le Duel au regard finiſtre »
Ceßa d'anoblir la valeur.
Enfin l'ignorance éperduë,
Et la moleffe confonduë
Chercherent de nouveaux remparts
,
Laiffant triompherdans nos villes,
Comme dans leurs propres azyles,
Les Vertus , les Loix
Arts.
&
les
Bij
20 MERGURE
Coeur august , in fus la fource
De tant de miracles divers ,
Qui du Midy jufques à l'Ourfe
Eronnerent tout l'univers .
Le Devoir te fervit de phare,
Et lafermeté la plus rare
Fut l'ame de tes actions .
Chez toy la justice épurée ,
Et par la douceurtemperée ,
Tint la place des paffions.
Si pourtant un nuage Sombre
Ternit l'éclat de ce grand coeur ,
N'en faifons point rougir ton
ombre
,
Louis , tu pleuras ton erreur.
Tu lefçais , ô Pietéfainte ,
GALAN . 21
Qui dans ce coeurverfant la crainte
Du fouverain Signeur des Rois,
Etgravant en lettres de flame
L'humble respect dans fa grande
ame ,
Ofas reclamer tous tes droits.
* Rappellons - nous ce temps
funefte
Où feule tu fus fon fupport
Quand de la vengeance celefte
La France redouta l'effort ;
Quand le Seigneur , jadis propice,
Creufa fous nous le precipice ,
Quefa main depuis a comblé.
Il fentitpour lors , Dieu f vere ,
L'énorme poids de ta colere ,
* Les malheurs de ia France,
"
22 MERGURE
Mais il n'en fut point accablé.
* Non que tout l'Empire en
allarmes ,
Et l'espoir du throne abatu
N'arrachat à Louis des larmes
Qu'il déroboit à fa vertu.
Mais toujours fous ta main puiffanie
,
Soit terrible , foit bienfaisante ,
Il apprit à s'humilier ,
Et fa conftance inébranlable
Contre un courroux inévitable
Lecouvrit de fon bouclier.
C'est à l'abri de cette égide
Qu'il envisagea le trépas
* La mort des Princes,
GALANT . 23
De cet oeil tranquile , intrepide .
Dont il le vit dans les combats..
L'avenir pourra t il le croire ?
Plus Heros
que
dans la victoire
Il expire avec majesté ,
Et fa gloire qui s'éternife ,
Dans le fein de la mortſurpriſe
Enfante l'immortalité.
Grand Dieu , qu'une faveur
nouvelle
Suiveles biens que tu nous fis
Répans cette gloire immortelle
·Sur fon augufte Petit Fils.
Donne luy les jours de ces Princes
Que tu ravis anos Provinces ,
Et qui revivent en layfeul.
24 MERGURE
Aidédu Prince qui le guide.
Qu'il puife la grandeur folide
Dans le coeur de fon Bifayeul !
Puiffe à jamais ce facrégage,
Ce coeur le plus cher de ces dons
Voir renouveller d'âge en âge
Le tribut que nous lui rendons.
Peuples du Tybre & de l'Euphrate,
Quelque vanité qui vou ‹flate,
De nostre fort foy z jaloux.
Trop furs de poffeder les cendres
Des Cefars des Alexandres
Vous fútes moins beureux que
nous.
P. BRUMOY, D. L. C. D. J.
DE LOUIS LE GRAN D.
• A ATOD E.
Toy , devant quifond & s'abîme
Tout l'orgueil desfoibles humains,
Qui tiens fur fon thrône fublime
Leur fort fufpendu dans tes
mains ,
GALANT .
15
Devant qui comme de fantômes
Paßent les Rois & les Royaumes
En un inftant évanoüis ,
DIEU ,feulgrand
maistre,
fouverain
Tufais donc helas difparoiftre
La Grandeur même de Loüis.
Ta gloire eft l'écuësl adorable
Oùfebrife toute grandeur ,
Dont on voit l'éclat pen durable
Se perdre dans ta profondeur.
ne viens point par des blafphê-· Je
mes
Cenfurer tes ordres fuprêmes
Dont tu nous voiles les fecrets :
Mais auplus grand de nos Monarques
16 MERCURE
Laffe - nous donner quelques
marques
De nos plusfenfibles regrets .
Daigne d'un jouffl falutaire
Animer mes triftes accens ,
C'eft au poids de ton fanctuaire
Que j'ofe pezer mon encens .
Si ton oeil , à qui rien n'impofe ,
Trouve le prix de chaque chofe
D'un regard für peneirant
Souffre qu'à la faveur je funde
Un coeurplus vafte que le monde, •
Dont tu le rendis conquerant
.
Il est temps qu'aux yeux de
l'Europe
Qui
GALANT. 17
Qui vit tant de pompeux dehors ,
Ce coeur s'ouvre e fe dévelope
Pour montrer fes rares trefors.
Paroiffez Vertus ,feules Reines
D'un coeur qui vous fit fouveraines
Des peuples foumis à fes loix.
C'est à vous qu'exilant les vices,
Louis confacra les premices
Et la fuite defes exploits.
* La Difcorde pâle & tremblante
Sentit alorsfes
premiers coups ,
Etjetta d'une main fanglante
Le fer qu'aiguifoit
fon courroux.
* Les Gueres civiles ..
Novembre
1715 •
B
18
MERGURE
Malgréfesfecretes pratiques ,
Quand nos ennemis domestiques
Farent comme elle ensevelis ,
* Perirent d'un commun naй-
frage
Ces voifinsjaloux qu'un ombrage
Avoit arm.Z contre les Lys .
Alors au bruit defon tonnerre
Louis renverfant les Estats
Fit taire devant luy la terre ,
Contrainte à flechir (ous fes pas..
Ilparut , & ternit la gloire
Des anciens guerriers , dont l'hiftoire
Fait refpecter le fouvenir ›
* Les Guerres étrangeres,
GALANT . 19
•
Etfon heroifme fidele
En fit un éternel modele
De tous les Heros à venir.
Alors le barbare miniſtre
De l'infatiable Fureur ,
Le Duel au regard finiſtre »
Ceßa d'anoblir la valeur.
Enfin l'ignorance éperduë,
Et la moleffe confonduë
Chercherent de nouveaux remparts
,
Laiffant triompherdans nos villes,
Comme dans leurs propres azyles,
Les Vertus , les Loix
Arts.
&
les
Bij
20 MERGURE
Coeur august , in fus la fource
De tant de miracles divers ,
Qui du Midy jufques à l'Ourfe
Eronnerent tout l'univers .
Le Devoir te fervit de phare,
Et lafermeté la plus rare
Fut l'ame de tes actions .
Chez toy la justice épurée ,
Et par la douceurtemperée ,
Tint la place des paffions.
Si pourtant un nuage Sombre
Ternit l'éclat de ce grand coeur ,
N'en faifons point rougir ton
ombre
,
Louis , tu pleuras ton erreur.
Tu lefçais , ô Pietéfainte ,
GALAN . 21
Qui dans ce coeurverfant la crainte
Du fouverain Signeur des Rois,
Etgravant en lettres de flame
L'humble respect dans fa grande
ame ,
Ofas reclamer tous tes droits.
* Rappellons - nous ce temps
funefte
Où feule tu fus fon fupport
Quand de la vengeance celefte
La France redouta l'effort ;
Quand le Seigneur , jadis propice,
Creufa fous nous le precipice ,
Quefa main depuis a comblé.
Il fentitpour lors , Dieu f vere ,
L'énorme poids de ta colere ,
* Les malheurs de ia France,
"
22 MERGURE
Mais il n'en fut point accablé.
* Non que tout l'Empire en
allarmes ,
Et l'espoir du throne abatu
N'arrachat à Louis des larmes
Qu'il déroboit à fa vertu.
Mais toujours fous ta main puiffanie
,
Soit terrible , foit bienfaisante ,
Il apprit à s'humilier ,
Et fa conftance inébranlable
Contre un courroux inévitable
Lecouvrit de fon bouclier.
C'est à l'abri de cette égide
Qu'il envisagea le trépas
* La mort des Princes,
GALANT . 23
De cet oeil tranquile , intrepide .
Dont il le vit dans les combats..
L'avenir pourra t il le croire ?
Plus Heros
que
dans la victoire
Il expire avec majesté ,
Et fa gloire qui s'éternife ,
Dans le fein de la mortſurpriſe
Enfante l'immortalité.
Grand Dieu , qu'une faveur
nouvelle
Suiveles biens que tu nous fis
Répans cette gloire immortelle
·Sur fon augufte Petit Fils.
Donne luy les jours de ces Princes
Que tu ravis anos Provinces ,
Et qui revivent en layfeul.
24 MERGURE
Aidédu Prince qui le guide.
Qu'il puife la grandeur folide
Dans le coeur de fon Bifayeul !
Puiffe à jamais ce facrégage,
Ce coeur le plus cher de ces dons
Voir renouveller d'âge en âge
Le tribut que nous lui rendons.
Peuples du Tybre & de l'Euphrate,
Quelque vanité qui vou ‹flate,
De nostre fort foy z jaloux.
Trop furs de poffeder les cendres
Des Cefars des Alexandres
Vous fútes moins beureux que
nous.
P. BRUMOY, D. L. C. D. J.
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Résumé : LE COEUR DE LOUIS LE GRAND. ODE.
Le texte est une œuvre poétique dédiée à Louis XIV, roi de France, surnommé 'Louis le Grand'. Il commence par une invocation à Dieu, reconnaissant sa souveraineté et sa puissance, et demande que la grandeur de Louis soit comparée à celle des rois et royaumes éphémères. Le poème célèbre les vertus et les exploits militaires de Louis XIV, soulignant comment il a vaincu la discorde et les guerres civiles, ainsi que les ennemis étrangers, établissant ainsi un modèle de héroïsme. Il met en avant la justice et la fermeté du roi, ainsi que son humilité face aux erreurs et aux malheurs. Le texte se conclut par une prière pour que la gloire de Louis soit transmise à son petit-fils et exprime la fierté des Français, comparant leur bonheur à celui des peuples anciens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1986
p. 91-93
CHANSON.
Début :
Tircis enchanté des beaux yeux [...]
Mots clefs :
Ardeur, Amour, Mourir
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texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON,
Tircis enchanté des beauxyeux
De fa Climene qu'il adore ,
J'aime luy dit- il, beaucoup mieux
Mourir pour vous que foupirer
encore.
259) 27003) THOTID VRGNU
La belle qui fentoir pour luy
L'ardeur qu'il ressentoit pour elle,
Si tu meurs, dit elle , aujourd'huy - dit- elle,
Que je fois donc ta compagne
fidele
Attens mon Berger,attens moy,
Et connois mon amour extrême ;
Hij
92 MERCURE
Je ne sçaurois vivre fans toy ,
On meurt heureux avec ce que
l'on aime.
Leurs yeux de venus languif-
•fants
NOOKND
Augmentent l'ardeur de leur flå.
me ,
L'amour anime tous leurs fens
Et de plaifir l'un & l'autre fe
pâme.
Heureufe mort ! plaifirs charmants
)
Dit en refufcitant la belle ,
Vous deviez durer plus longtemps
CALANT. 93
Voftre douceur devout eftre éter-
ZEWITSE¶nelle
. A
Helas reprit , en foupirant,
Tircis à celle qu'il adore
Vivons pluftoft à chaque inſtant ,
Et ne vivons que pour mourir
Tircis enchanté des beauxyeux
De fa Climene qu'il adore ,
J'aime luy dit- il, beaucoup mieux
Mourir pour vous que foupirer
encore.
259) 27003) THOTID VRGNU
La belle qui fentoir pour luy
L'ardeur qu'il ressentoit pour elle,
Si tu meurs, dit elle , aujourd'huy - dit- elle,
Que je fois donc ta compagne
fidele
Attens mon Berger,attens moy,
Et connois mon amour extrême ;
Hij
92 MERCURE
Je ne sçaurois vivre fans toy ,
On meurt heureux avec ce que
l'on aime.
Leurs yeux de venus languif-
•fants
NOOKND
Augmentent l'ardeur de leur flå.
me ,
L'amour anime tous leurs fens
Et de plaifir l'un & l'autre fe
pâme.
Heureufe mort ! plaifirs charmants
)
Dit en refufcitant la belle ,
Vous deviez durer plus longtemps
CALANT. 93
Voftre douceur devout eftre éter-
ZEWITSE¶nelle
. A
Helas reprit , en foupirant,
Tircis à celle qu'il adore
Vivons pluftoft à chaque inſtant ,
Et ne vivons que pour mourir
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Résumé : CHANSON.
Tircis et Climène, amants passionnés, expriment leur désir de mourir ensemble plutôt que de vivre séparés. Leur amour intense les pousse à voir la mort comme un bonheur ultime. Ils regrettent la brièveté de leur union et décident de vivre pleinement chaque instant, acceptant leur destin commun.
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1987
p. 94-99
LE CURIEUX IMPERTINENT, CONTE.
Début :
Certain mary, mary tout des plus sots, [...]
Mots clefs :
Curieux, Époux, Mari
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texteReconnaissance textuelle : LE CURIEUX IMPERTINENT, CONTE.
LE CURIEUX IMPERTINENT ,
CONTEH
Certain maky , mary tout des
plusfors
Voulant fçavoir fo Meffer cocuage
Le regardoit comme un de fes
fupots
A fa Lucreffe , aprés quelques
I propose, muulub ( 53
Pour s'éclaircir tint un jour ce
langage.
Quelques Demons qu'on
nomme Maltotiers ,
Que Belzebuth créa dansfa colere
GALANT. 91
Sont inventeurs d'une maudite
affaire
Qui les va tous enrichir à milliers.
Voicy le fait. Quand de la
grande bande
Eft un mary , par un Edit nou-
Dean
Si fur l'oreille il ne met fon chapeau
,
De mille écus il doit payer l'a.
mende.
Partant , dit- il , pourfuivantfon
difcours ,
Declarez moy fans feinte ny détours
S'il m'eft permis d'aller en afſúrance
96 MERCURE
Car cette chofe eft certaine fans
pluss
Et ce feroitfâcheufe circonstance,
Outre l'affront , depayer mille écus.
A tant mitfin àfa fotte Harangue
L'époux preffé de curieux defir.
Le malheureux
! ne pouvoit- il
choifir
D'autre fujet pour exercer fa
langue?
Ignoroit- il que ces fortes de faits,
Quoyque communs ne fe difent jamais
?
En ce pourtant fe fit voir idiote
Dufor marylafemme encore plus
fore
Tout
GALANT 27
Tout à l'abort elle dit fierement ,
Noftre féal , vous pouvez hardiment
ཀ
Aller partout fans craindre d'incartade
,
One noftre honneur ne battit la
chamade
;
En un befoin j'en prêterois ferment
:
Renonçant feule à la grande methode
Je n'ay point mis mon époux à la
mode.
Parbleu , dit - il , mes fens font
enchantez.
De cet aveu , vous me ravissez
Fame:
Novembre is. I
98 MERCURE
Je m'en wais donc fans craindre
aucun diffame
User du droit que vous me permettez
Allerpar tout ,fans redouter l'enqueſte
:
Etfaire nargue à tous ceux dont
Vulcain
Eft lePatron qui chommentfa
ན་ གང
feste.
Lors enfonçant de l'une &
l'autre main
3
Egalement fon chapeau dans fa
tefte ,
Ilfort croyant aller enfûreté
De cocuage & de fa parenté.
Quand tout à coup , pour faire dif
paraître
*
YON
533 #
THROUK
DE
LA
GALANT.
Son air content & fafortefiets
Il entendit fa femme à la fenestre
VILLE
Qui luy crioit: un peu fur le
cofté
CONTEH
Certain maky , mary tout des
plusfors
Voulant fçavoir fo Meffer cocuage
Le regardoit comme un de fes
fupots
A fa Lucreffe , aprés quelques
I propose, muulub ( 53
Pour s'éclaircir tint un jour ce
langage.
Quelques Demons qu'on
nomme Maltotiers ,
Que Belzebuth créa dansfa colere
GALANT. 91
Sont inventeurs d'une maudite
affaire
Qui les va tous enrichir à milliers.
Voicy le fait. Quand de la
grande bande
Eft un mary , par un Edit nou-
Dean
Si fur l'oreille il ne met fon chapeau
,
De mille écus il doit payer l'a.
mende.
Partant , dit- il , pourfuivantfon
difcours ,
Declarez moy fans feinte ny détours
S'il m'eft permis d'aller en afſúrance
96 MERCURE
Car cette chofe eft certaine fans
pluss
Et ce feroitfâcheufe circonstance,
Outre l'affront , depayer mille écus.
A tant mitfin àfa fotte Harangue
L'époux preffé de curieux defir.
Le malheureux
! ne pouvoit- il
choifir
D'autre fujet pour exercer fa
langue?
Ignoroit- il que ces fortes de faits,
Quoyque communs ne fe difent jamais
?
En ce pourtant fe fit voir idiote
Dufor marylafemme encore plus
fore
Tout
GALANT 27
Tout à l'abort elle dit fierement ,
Noftre féal , vous pouvez hardiment
ཀ
Aller partout fans craindre d'incartade
,
One noftre honneur ne battit la
chamade
;
En un befoin j'en prêterois ferment
:
Renonçant feule à la grande methode
Je n'ay point mis mon époux à la
mode.
Parbleu , dit - il , mes fens font
enchantez.
De cet aveu , vous me ravissez
Fame:
Novembre is. I
98 MERCURE
Je m'en wais donc fans craindre
aucun diffame
User du droit que vous me permettez
Allerpar tout ,fans redouter l'enqueſte
:
Etfaire nargue à tous ceux dont
Vulcain
Eft lePatron qui chommentfa
ན་ གང
feste.
Lors enfonçant de l'une &
l'autre main
3
Egalement fon chapeau dans fa
tefte ,
Ilfort croyant aller enfûreté
De cocuage & de fa parenté.
Quand tout à coup , pour faire dif
paraître
*
YON
533 #
THROUK
DE
LA
GALANT.
Son air content & fafortefiets
Il entendit fa femme à la fenestre
VILLE
Qui luy crioit: un peu fur le
cofté
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Résumé : LE CURIEUX IMPERTINENT, CONTE.
Un homme, désireux de tester la fidélité de son épouse, consulte des démons nommés 'Maltotiers'. Ces derniers, créatures de Belzébuth, ont mis en place une ruse pour s'enrichir : ils infligent une amende de mille écus à tout mari surpris sans chapeau sur l'oreille. L'homme interroge sa femme sur la possibilité de sortir sans risque d'infidélité. Elle lui assure qu'il peut se promener sans crainte. Rassuré, il sort. Cependant, il entend soudain sa femme l'appeler depuis la fenêtre, laissant planer un doute sur sa fidélité.
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1988
p. 100-101
EPIGRAMME adressée aux Poëtes qui travaillent pour Monseigneur le Duc d Orleans.
Début :
Rimeurs qui consacrez vos veilles [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Rimeurs
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texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME adressée aux Poëtes qui travaillent pour Monseigneur le Duc d Orleans.
EPIGRAMME
adreffée aux Poëtes qui travaillent
pour Monfeigneur
le Duc d'Orleans .
Rimeurs qui confacrez vos
veilles
A chanter le Regent dans vos
fublimes fons ,
Gardez que les comparaisons
N'affoibliffent tant de merveilles .
da
Ici tout eft exemt de la commune
loy ;
10 0009 230
Et vous devez bannir le plus
beau paralelle
En chantant la glòire immortelle,
GALANT.
ΙΟΙ
D'un Heros feul femblable
TJ afoy
adreffée aux Poëtes qui travaillent
pour Monfeigneur
le Duc d'Orleans .
Rimeurs qui confacrez vos
veilles
A chanter le Regent dans vos
fublimes fons ,
Gardez que les comparaisons
N'affoibliffent tant de merveilles .
da
Ici tout eft exemt de la commune
loy ;
10 0009 230
Et vous devez bannir le plus
beau paralelle
En chantant la glòire immortelle,
GALANT.
ΙΟΙ
D'un Heros feul femblable
TJ afoy
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1989
p. 102-104
SONNET A Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orleans, Regent du Royaume.
Début :
Prince né pour la gloire & le bien de la France, [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Régent, Régent du Royaume
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texteReconnaissance textuelle : SONNET A Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orleans, Regent du Royaume.
SONNET
A Son Alteffe Royale Monfeigneur
le Duc d'Orleans ,
Regent du Royaume.č
onno%21 Lq arom
Prince né pour la gloire & le
bien de la France ,
Que peut-on comparer à vos rares
exploitsjalotostr
Vous vous montrez encor , quoique
dufang des Rois Jaqua
Plus grand par ves vertus que
vôtre naiſſance .
par
Nous rendons tous les jours grace
àla Providence
GALANT. 103
D'avoir mis en vos mains nos
armes & nos loix,
Etnous vous appellons d'une commune
voix ,
L'objet de notre amour & de
nôtre esperance.
Par vos juftes projets ☎ par vos
foins genereuxnd
Nous allons bientôt voir tous les
peuples heureux ,
A ce plaifir flateur noftre efprit
s'abandonne.
Rienn'eft inacceffible à vos talents
divers.
Celuy qui fçait fi bien défendre
I iiij
104 MERCURE
une Couronne ,
Merite de porter celle de l'Univers.
A Son Alteffe Royale Monfeigneur
le Duc d'Orleans ,
Regent du Royaume.č
onno%21 Lq arom
Prince né pour la gloire & le
bien de la France ,
Que peut-on comparer à vos rares
exploitsjalotostr
Vous vous montrez encor , quoique
dufang des Rois Jaqua
Plus grand par ves vertus que
vôtre naiſſance .
par
Nous rendons tous les jours grace
àla Providence
GALANT. 103
D'avoir mis en vos mains nos
armes & nos loix,
Etnous vous appellons d'une commune
voix ,
L'objet de notre amour & de
nôtre esperance.
Par vos juftes projets ☎ par vos
foins genereuxnd
Nous allons bientôt voir tous les
peuples heureux ,
A ce plaifir flateur noftre efprit
s'abandonne.
Rienn'eft inacceffible à vos talents
divers.
Celuy qui fçait fi bien défendre
I iiij
104 MERCURE
une Couronne ,
Merite de porter celle de l'Univers.
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Résumé : SONNET A Son Altesse Royale Monseigneur le Duc d'Orleans, Regent du Royaume.
Le sonnet célèbre le Duc d'Orléans, Régent du Royaume, louant ses vertus et ses exploits. Le poète remercie la Providence pour sa gouvernance. Le peuple voit en lui un espoir. Ses projets justes et ses efforts promettent le bonheur des peuples. Le duc mérite la couronne universelle grâce à ses talents.
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1990
p. 104-106
AUTRE Sur la mort du Roy Loüis le Grand, imité d'un Vers & demy du Xe Livre de l'Eneïde de Virgile.
Début :
Ettam sua Regem Fata vocant, metasque dati pervenit ad aevi. [...]
Mots clefs :
Mort, Louis le Grand, Gloire, Roi
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE Sur la mort du Roy Loüis le Grand, imité d'un Vers & demy du Xe Livre de l'Eneïde de Virgile.
AUTRE
Sur la mort du Roy Loüis le
Grand , imité d'un Vers &
demy du X Livre de l'Eneïde
de Virgile .
Etiam fua Regem
Fata vocant , metafque dati pervenit
ad ævi.
La Parque égale tout &la
mort équitable
Ne faifant aucun choix du merite
ou du rang ,
GALANT. 105
Enferme dans fon fein un riche ,
un miferable , L
Les Sujets les Rois , le petit
& le grand.
* 23D Ch´{
Louis que tant d'exploits ren
doient recommandable ;
Loüis de tous les Rois quifaifoit
Pornements O
Louis qui n'avoit pas icy bas
fon femblable;
Ce Roy fi glorieux n'eſt plus le
Roy regnant.
Louis toujours brillant dans la
S paix dans la guerre.
Enfin Louis le Grand n'est plus
106 MERCURE
dans
qu'un peu de serre.
Là , tous pauvres bumains vous
conduira le fort.
Gravez- vous dans l'efprit , &
dans voſtre memoire
Que fi l'on doit paffer de la gloire
à la mort
›
On doit auffi paffer de la mort
à la gloire.
QUERUDO LE VERGER.
Sur la mort du Roy Loüis le
Grand , imité d'un Vers &
demy du X Livre de l'Eneïde
de Virgile .
Etiam fua Regem
Fata vocant , metafque dati pervenit
ad ævi.
La Parque égale tout &la
mort équitable
Ne faifant aucun choix du merite
ou du rang ,
GALANT. 105
Enferme dans fon fein un riche ,
un miferable , L
Les Sujets les Rois , le petit
& le grand.
* 23D Ch´{
Louis que tant d'exploits ren
doient recommandable ;
Loüis de tous les Rois quifaifoit
Pornements O
Louis qui n'avoit pas icy bas
fon femblable;
Ce Roy fi glorieux n'eſt plus le
Roy regnant.
Louis toujours brillant dans la
S paix dans la guerre.
Enfin Louis le Grand n'est plus
106 MERCURE
dans
qu'un peu de serre.
Là , tous pauvres bumains vous
conduira le fort.
Gravez- vous dans l'efprit , &
dans voſtre memoire
Que fi l'on doit paffer de la gloire
à la mort
›
On doit auffi paffer de la mort
à la gloire.
QUERUDO LE VERGER.
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Résumé : AUTRE Sur la mort du Roy Loüis le Grand, imité d'un Vers & demy du Xe Livre de l'Eneïde de Virgile.
L'élégie sur la mort de Louis XIV, inspirée de Virgile, souligne l'inévitabilité de la mort, qui touche tous les êtres humains, qu'ils soient riches ou pauvres, sujets ou rois. Elle célèbre la grandeur et les exploits de Louis XIV, roi glorieux en paix et en guerre. Le poème rappelle que même les grands rois doivent mourir, transformant la gloire en poussière, et invite à méditer sur cette transition.
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1991
p. 107-108
SONNET.
Début :
J'entens tous les matins un amoureux . ramage. [...]
Mots clefs :
Honneur, Spectacles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
rubiceS ON NET.A
ako no porfinu silog KPentens
tous les matins un .D
4. Samoureux ramage.
Eloigné pour toûjours du bruit. &
du fracas ,
Je ris à la campagne , & ja fuis
btracas ,
• fans!
M'étant mis à l'abri des faifeurs
nodeT
tapage.
Boting sqmatwa 2dnw94 95 stalno
Erendafur le bord- d'un charmant
coquillage
Calchas,
Je me ris à loifir des Arrests de
Des mets les plus friands , je ne
fais aucun cas
108
MERGURE
Et fuis , comme le rat , content de
mon
fromage.
<pointu
Mon honneur en repos craint pen
le fer
Du hardy petit maistre , ou du
suguerriem zal 2001 zasteceftu .
Si mes coups font mortels , c'est à
lafeule's con valloüctie.
Mesſpectacles le foin , font les
200jeux d'un minon.
Rien ne me manqueroit , fi l'aimables
Toinon
Youloit de temps en temps partager
me mub - brod - couchette .
ako no porfinu silog KPentens
tous les matins un .D
4. Samoureux ramage.
Eloigné pour toûjours du bruit. &
du fracas ,
Je ris à la campagne , & ja fuis
btracas ,
• fans!
M'étant mis à l'abri des faifeurs
nodeT
tapage.
Boting sqmatwa 2dnw94 95 stalno
Erendafur le bord- d'un charmant
coquillage
Calchas,
Je me ris à loifir des Arrests de
Des mets les plus friands , je ne
fais aucun cas
108
MERGURE
Et fuis , comme le rat , content de
mon
fromage.
<pointu
Mon honneur en repos craint pen
le fer
Du hardy petit maistre , ou du
suguerriem zal 2001 zasteceftu .
Si mes coups font mortels , c'est à
lafeule's con valloüctie.
Mesſpectacles le foin , font les
200jeux d'un minon.
Rien ne me manqueroit , fi l'aimables
Toinon
Youloit de temps en temps partager
me mub - brod - couchette .
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Résumé : SONNET.
Le narrateur aspire à une retraite paisible à la campagne pour fuir le tumulte urbain. Il souhaite vivre simplement, à l'abri des excès et des conflits, avec un honneur intact. Ses actions sont justes et efficaces. Il regrette l'absence de la compagnie agréable de Toinon.
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1992
p. 109-110
RONDEAU à M. le Marquis **
Début :
Ah ! les jolis Rondeaux que vous allez lire ; & que j'ay d'obligation / Quelques Rondeaux que je fasse, Marquis, [...]
Mots clefs :
Rondeaux
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texteReconnaissance textuelle : RONDEAU à M. le Marquis **
calliopeo
Ah ! les jolis Rondeaux que
vous allez lire ; & que j'ay d'obligation
à leur Auteur , &
GALANT . 109 .
celuy qui m'en a fait prefent.
RONDE A U
à M.le Marquis
***
Quelques Rondeaux que je
faße ,Marquis ,
Soit ferieux , badins , grands
2 )
extensperito
,
24104
Ils fontfi laids qu'en avez de la
honte
Chaque défaut par chaque mor
7. Ti s'y conce?
La rime eft foible les refrains
chetifs .
C'étoit bien prou de
brentoude was dits
vos
& redits ;
110 MERCURE
Mais , ce dit-on , vous voulez
faire pis ,
T
Vous preparez pour me donner
mon compte,
Quelques Rondeaux.
Si vous vouliez écouter mes
avis ,
Vous laifferiez à d'autres les
écrits ,
Pied de Marquis an Parnaße ne
monte :
Mais vous pouvez imiter le
2 །
1 Vicomte ,
faire
dans
Ce grandflandrin ,
les puits
Quelques Rondeaux.
Ah ! les jolis Rondeaux que
vous allez lire ; & que j'ay d'obligation
à leur Auteur , &
GALANT . 109 .
celuy qui m'en a fait prefent.
RONDE A U
à M.le Marquis
***
Quelques Rondeaux que je
faße ,Marquis ,
Soit ferieux , badins , grands
2 )
extensperito
,
24104
Ils fontfi laids qu'en avez de la
honte
Chaque défaut par chaque mor
7. Ti s'y conce?
La rime eft foible les refrains
chetifs .
C'étoit bien prou de
brentoude was dits
vos
& redits ;
110 MERCURE
Mais , ce dit-on , vous voulez
faire pis ,
T
Vous preparez pour me donner
mon compte,
Quelques Rondeaux.
Si vous vouliez écouter mes
avis ,
Vous laifferiez à d'autres les
écrits ,
Pied de Marquis an Parnaße ne
monte :
Mais vous pouvez imiter le
2 །
1 Vicomte ,
faire
dans
Ce grandflandrin ,
les puits
Quelques Rondeaux.
Fermer
Résumé : RONDEAU à M. le Marquis **
L'auteur remercie pour des rondeaux reçus et critique leurs défauts, comme des rimes faibles et des refrains médiocres. Il déconseille au Marquis d'écrire des rondeaux, suggérant de laisser cette tâche à d'autres et d'imiter le Vicomte. Le texte fait référence à un 'grand flandrin' et aux 'puits'.
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1993
p. 111-112
AUTRE à Damon.
Début :
O le bon vin que je découvris hier, [...]
Mots clefs :
Vin
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE à Damon.
AUTRE
à Damon.a
O le bon vin que je découvris
hier
,
Longtempsya que n'en bus de
fi fier,
Je vais mon cher , t'en raconter.
l'hiſtoire ;
Mais par tel fi que ne voudras
me croire ,
Etque viendras toy même Lef¬
fayer
Leandre & moy paffions dans
um quartier
112 MERCURE
Quand tout d'un coup entendîmes
crier
Par des gens qui de s'enyvrer
font gloire ,
O le bon vin !
Lors de monter ne nous fallut
prier,
Puis entre nous dîmes nous faut
un tier ,
De ce réduit gardens bien la me-
C moire
Avec Damon fi nous pouvions
en boire ,
Ce feroit lors qu'il faudroit s'écrier
,
O le bon vin !
à Damon.a
O le bon vin que je découvris
hier
,
Longtempsya que n'en bus de
fi fier,
Je vais mon cher , t'en raconter.
l'hiſtoire ;
Mais par tel fi que ne voudras
me croire ,
Etque viendras toy même Lef¬
fayer
Leandre & moy paffions dans
um quartier
112 MERCURE
Quand tout d'un coup entendîmes
crier
Par des gens qui de s'enyvrer
font gloire ,
O le bon vin !
Lors de monter ne nous fallut
prier,
Puis entre nous dîmes nous faut
un tier ,
De ce réduit gardens bien la me-
C moire
Avec Damon fi nous pouvions
en boire ,
Ce feroit lors qu'il faudroit s'écrier
,
O le bon vin !
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Résumé : AUTRE à Damon.
Le narrateur découvre un excellent vin et souhaite en parler à Damon, craignant qu'il ne le croie pas. Dans un quartier, avec Léandre, ils entendent des gens célébrer leur ivresse. Ils montent pour obtenir plus de vin, convenant de s'exclamer 'O le bon vin !' s'ils en obtiennent davantage.
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1994
p. 114-116
ENIGME.
Début :
Sous l'appas séduisant d'un doux exterieur [...]
Mots clefs :
Bigote
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Sous l'appas féduifant d'un
doux exterieur
Fe cache une befte félonne ,
Et plus jay dans mon fein , de
de fureur , fiel,
Plus on diroit que je ſuis bonne.
Un peuple temeraire , ignorant,
bebêté,
Se trompe à mafine grimace
Et nesçauroit penfer , tant il eft
entêté
Que je fois animal rapace. :
GALANT ris
Je ravis toutefois quand j'en
trouve le lieu.
Certain autre animal perfide ,
Fantôt blanc , tantôt noir , m'aide
à cacher mon jeu
د
Et des coups c'eft luy qui decide.
Il fçait en le flattant mener
noftre troupeau
Dont il eftle pere , & le maistre,
Et des Brebis fouvent , ô prodige
nouveau !
Le Berger reçoit dequoy patre.
Comme un autre animal dont
jay tout le maintien ,
F'aime friande nourriture ,
Kij
116 MERCURE
Etquand j'écorcherois , je ne voudrois
pour rien
Souffrir la moindre égratigneure.
Avec humilitejufque au bout
des argots
Je cache ma laideur cruelle ,
Rarement je fuis jeune , ou j'ay
bien des défauts ,
Et prefque jamais nefuis belle.
Le nom qu'on m'attribuë eft
prefque un conte en l'air,
Et devient toujours plus chimere,
Mais quant à moy je vis , j'ay
des os , de la chair ,
Et voisfouvent naître mon pere.
Sous l'appas féduifant d'un
doux exterieur
Fe cache une befte félonne ,
Et plus jay dans mon fein , de
de fureur , fiel,
Plus on diroit que je ſuis bonne.
Un peuple temeraire , ignorant,
bebêté,
Se trompe à mafine grimace
Et nesçauroit penfer , tant il eft
entêté
Que je fois animal rapace. :
GALANT ris
Je ravis toutefois quand j'en
trouve le lieu.
Certain autre animal perfide ,
Fantôt blanc , tantôt noir , m'aide
à cacher mon jeu
د
Et des coups c'eft luy qui decide.
Il fçait en le flattant mener
noftre troupeau
Dont il eftle pere , & le maistre,
Et des Brebis fouvent , ô prodige
nouveau !
Le Berger reçoit dequoy patre.
Comme un autre animal dont
jay tout le maintien ,
F'aime friande nourriture ,
Kij
116 MERCURE
Etquand j'écorcherois , je ne voudrois
pour rien
Souffrir la moindre égratigneure.
Avec humilitejufque au bout
des argots
Je cache ma laideur cruelle ,
Rarement je fuis jeune , ou j'ay
bien des défauts ,
Et prefque jamais nefuis belle.
Le nom qu'on m'attribuë eft
prefque un conte en l'air,
Et devient toujours plus chimere,
Mais quant à moy je vis , j'ay
des os , de la chair ,
Et voisfouvent naître mon pere.
Fermer
1995
p. 117-118
AUTRE.
Début :
Je suis un ouvrage de l'Art, [...]
Mots clefs :
Pipe de tabac
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Je fuis un ouvrage de l'Art ,
Et je foulage la nature
Ma couleur eft blanche & Tans
fard ,
Qu'un ufage affidu fait changer
de teinture.
Je caufe quelquefois des étourdiffemens
,
N'en foyez point furpris , puifque
des Elemens
Je fuis un parfait affemblage ,
Quand de moy l'on veut faire
ufage.
Mais allez bride en main pour
118 MERCURE
la premiere fois ,
Sinon vousfentirez voftre coeur
aux abois.
Je fuis un ouvrage de l'Art ,
Et je foulage la nature
Ma couleur eft blanche & Tans
fard ,
Qu'un ufage affidu fait changer
de teinture.
Je caufe quelquefois des étourdiffemens
,
N'en foyez point furpris , puifque
des Elemens
Je fuis un parfait affemblage ,
Quand de moy l'on veut faire
ufage.
Mais allez bride en main pour
118 MERCURE
la premiere fois ,
Sinon vousfentirez voftre coeur
aux abois.
Fermer
1996
p. 130-146
Extrait d'un Poëme Latin sur la mort de Loüis XIV. [titre d'après la table]
Début :
Il a paru au commencement de Novembre un Poëme intitulé / Subita ex alto Vox reddita Caelo est ; [...]
Mots clefs :
Héros, Poème, Vertus, Voix, Prince, Poète, Religion, Nature, Régence, Louis XIV, Mort de Louis XIV, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'un Poëme Latin sur la mort de Loüis XIV. [titre d'après la table]
Il a paru au commenceGALANT
. 131
•
ment de Novembre un Poëme
intitulé : Ludovicus moriens
qui a efté generalement applaudi.
Ce Poëme , quoyque
tres court par fa qualité , renferme
toutes les regles du Poëme
Epique , & un abregé de
l'hiftoire du Roy. Le fujet en
eft grand , & bien choifi : Le
titre l'annonce. C'est le Roy
mourant ; mais un Roy, un
Heros invincible , que l'amour
de la Religion qu'il a toûjours
protegée , fait en mourant
triompher de la mort même.
L'unité d'action fi recommandée
& fi peu pratiquée ,
132 MERCURE
fe trouve exactement gardée
dans ce Poëme . La fable qui
en eft l'ame , eft un tableau
naturel de la verité Le noeud ,
le dénouement , les épisodes
naiffent les uns des autres. Les
moeurs femblent peintes d'aprés
nature , & les fentimens
font pleins d'élévation . La
verfification n'en eft pas moins
pure que magnifique, la vivacité
, le feu poëtique y regne
depuis le commencement juf
qu'à la fin , & l'art , quoyque
caché , ne le cede point à la
nature , ni la nature à l'art ; la
facilité & la clarté , qui pres
GALANT 133
fentent enfemble comme dans
un point une infinité de chofes
merveilleufes , font un vrai
plaifir .
Le Poëte , qui paroît par
tout animé de l'efprit de fon
Heros , ne le perd de vûë , que
lorfque ce même Heros , accompagné
de toutes les vertus ,
& couronné par les mains de
la victoire , eft aprés une cour
te priere enlevé au Ciel qui
s'ouvre pour reprendre un
Monarque qu'il avoit accordé
aprés 23. ans aux voeux ardens
de la France .
Les Portraits de Monfei134
MERGURE
1
gneur & de Madame la Ducheffe
de Berri font peints en
moins de cinq vers , avec les
plus vives couleurs.
Les malheurs qui ont affligé
la France , fur tout dans la
derniere guerre , ne paroiffent
dans le nocud que pour relever
davantage la gloire du Monarque
& celle de la Monarchic.
Si la France & la Religion y
femblent comme mourantes
avec le Roy , ce n'eft que pour
revivre & refleurir avec plus
d'éclat fous le nouveau Regne
& la Regence. C'est là où
GALANT. 135
commence le dénouement , &
où le Poëte reprenant de nouvelles
forces,reprefente toutes
les vertus qui font le bonheur
parfait d'un Empire , affifes
fur le Throfne de Louis XV.
Monfeigneur le Duc d'Orleans
foûtient ce Throfne , &
y place les Vertus .
On voit entr'autres , briller
la Prudence , la Force , la Foy,
la Fidelité , la Pieté , la Juſtice ,
qui peſe tout , la balance en
main ; & c'eft la Paix qui en
eft comme le lien inféparable.
Alors le Poëte hors de luymême
, & ſaiſi tout à coup du
136 MERCURE
nouveau Heros, prend fon vol
rapide vers les Cieux , où une
voix fe fait entendre à la Fran
ce & à la Religion ; mais une
voix éternelle , permanente
& gravée en caracteres ineffaçables
fur le diamant le plus
folide. Cette voix prédit le
bonheur de la Monarchie fous
la Regence de Son Alteffe
Royale.
C'est ce Prince qui né pour
la Patrie & pour les Sceptres ,
& qui étant au - deffus des mor .
tels par la fuperiorité
d'un génie
univerfel , & par les autres
rares qualitez , apprendra
au
jeune
GALANT. 137
}
jeune LOUIS le veritable art
de
regner.
Ceft ce Prince feul , qui
par la vigilance infatigable ré .
tablira la France dans fon ancienne
fplendeur.
+
C'eft ce Prince , qui ramenant
les beaux jours de l'Empercur
Titus , & qui faifant
voir en réalité cet âge d'or ,
que les Anciens ont tant vante
, & qu'ils n'ont peut- eftre
jamais vu qu'en idée , confolera
les François fous fon augufte
Regence .
Le Parlement de Paris n'eft
3 pas oublié , & doit bien toft
Novembre
1715. M
138 MERCURE
recevoir les benignes influences
de cet Aftre lumineux &
favorable.
En cet endroit le Poëte reprefente
Monfeigneur le Duc
d'Orleans prenant les rênes de
l'Empire dans des temps durs
& difficiles , & effuyant les
larmes de la France."
Que les ennemis de l'augufte
nom de Bourbon trèm
blent & fe gardent d'irriter
par leur imprudence un Heros
dont ils doivent redouter la
foudre.
C'eft ce Heros , c'eft luymême
qui a porté deux fois
GALANT. 139
fes armes victorieufes juſques
dans le coeur de la Catalogne,
& qui bravant les perils & la
mort , reduifit Lerida en poudre.
Tel eft ce Heros , & il s'étoit
déja montré tel dés fa premiere
jeuneffe , dans les Sieges,
dans les Batailles , contre le
Prince d'Orange , où il avoit
moiffonné des lauriers dignes
de fa valeur &de fes autres vertus
militaires ; c'eft toûjours la
voix qui parle.
Je ne donne qu'une legere
idée de l'original latin, pour
éviter la prolixité , & j'y ren-
Mij
140 MERGURE
voye le lecteur , qui cependant
ne fera peut- eftre pas fâché de
voir le dénouement de cette
Piece .
Le voicy.
Subita ex alto Vox reddita Calo
eft ;
Vox æterna
æterna , manens , folidoque
adamante notata :
Implevit LODOIX pulchrum
virtutibus avum ,
Debetur fuperis. LODOICI è
Sanguine Princeps ,
Illuftrem Proavum factis ac nomine
reddens ,
Ibit in imperium magnum ,foliaque
fedebunt
GALANT . 141
Affidua Regis comites ,Prudentia,
Virtus
,
Incorrupta Fides , Pietas , &
fingulalibra
Fuftitia expendens , juncta fibi
Pace forores.
Scilicet hunc natus Patriæ , fceptrifque
PHILIPPUS
,
Ingentique animo coelum complexus
, orbem ,
Urgebit rapido laudum ad faftigia
greffu
Veraque regnandi præcepta docebit
Alumnum ...
Ille unus Gallis vigilando reſtituet
rem ;
Ille dies Titi
referens , atque
142 MERCURE
aurea condens
Secula , gaudebit populum relevarejacentem
,
Felicem populum tanto fub Principe
natum ;
Ille Senatores in priftina jura remißos
Confilio admittens ,facilis dignabitur
Aula :
Etjam difficiles Regni moderatur
habenas ,
Abftergitque tuos , chariffima Gallia
, fletus.
Borbonii paveant , quotquot funt
nominis hoftes ,
Nec magnum exacuant infano
Marte PHILIPPUM.
GALANT. 143
Hic vir , hic eft , quem bis Catalania
fenfit apertis
Limitibus , quem tela inter , direptaque
figna ,
Eraque continuas paffim jaculantia
mortes ,
Horruit ad muros , acfenfullerda
tonantem
.
Qualis in Auriacum primis praluferat
armis ,
Mercatus dignas proprio, difcrimine
lauros.
Hac ubi dictà , Dei Verbum , irrevocabile
Verbum ,
atris induta
Hora refert
colori.
is
sound
bus .
bus
Hora
Ingenti LODOICO. Altum ca144
MERCURE
put ardua Virtus
Indeffa comes , pectus Conftantia
fulcit.
Relligio complexa manus morientis
,
ora ,
Procumbitfuper, & lacrymis af
pergit amaris.
Auratas fursùm extendens Victoria
pennas
,
A tergo merita pracingit tempora
lauro.
Intereà Delphinus adeft , juxtaque
PHILIPPUS ,
Borbonidaque alii , genus alio à
Sanguine Regum,
Flentes. At LODOIXoculos ad
Lydera tollens ,
ComGALANT
145
Commendanfque Deo Patriam ,
parvumque Nepotem :
Accipio mandatum , inquit , nos
pofcit Olympus.
Vixi ; nec vixiffe piget,fi Gallica
Semper
Sceptra gerat , dilecta comes , fidiffima
cuftos ,
Relligio , purifque Fides rutilantia
flammis
Lilia facundet. Noftrorum bec
meta laborum
Sic tu , fic radios totum diffunde
perorbem
Alma Fides !fic nunc animis illabere
noftris !
Sic tandem liceat fperatum attin-
Novembre 1715 .. N
146 MERCURE
gere portum ,
Optatamque diu poft nubila cernere
lucem:
Terra vale ,feror in coelum , fedefque
beatas
Afpicio. Cælum in partes hîc
fcinditur ambas
Illuftremque animam plaudentibus
excipit aftris.
. 131
•
ment de Novembre un Poëme
intitulé : Ludovicus moriens
qui a efté generalement applaudi.
Ce Poëme , quoyque
tres court par fa qualité , renferme
toutes les regles du Poëme
Epique , & un abregé de
l'hiftoire du Roy. Le fujet en
eft grand , & bien choifi : Le
titre l'annonce. C'est le Roy
mourant ; mais un Roy, un
Heros invincible , que l'amour
de la Religion qu'il a toûjours
protegée , fait en mourant
triompher de la mort même.
L'unité d'action fi recommandée
& fi peu pratiquée ,
132 MERCURE
fe trouve exactement gardée
dans ce Poëme . La fable qui
en eft l'ame , eft un tableau
naturel de la verité Le noeud ,
le dénouement , les épisodes
naiffent les uns des autres. Les
moeurs femblent peintes d'aprés
nature , & les fentimens
font pleins d'élévation . La
verfification n'en eft pas moins
pure que magnifique, la vivacité
, le feu poëtique y regne
depuis le commencement juf
qu'à la fin , & l'art , quoyque
caché , ne le cede point à la
nature , ni la nature à l'art ; la
facilité & la clarté , qui pres
GALANT 133
fentent enfemble comme dans
un point une infinité de chofes
merveilleufes , font un vrai
plaifir .
Le Poëte , qui paroît par
tout animé de l'efprit de fon
Heros , ne le perd de vûë , que
lorfque ce même Heros , accompagné
de toutes les vertus ,
& couronné par les mains de
la victoire , eft aprés une cour
te priere enlevé au Ciel qui
s'ouvre pour reprendre un
Monarque qu'il avoit accordé
aprés 23. ans aux voeux ardens
de la France .
Les Portraits de Monfei134
MERGURE
1
gneur & de Madame la Ducheffe
de Berri font peints en
moins de cinq vers , avec les
plus vives couleurs.
Les malheurs qui ont affligé
la France , fur tout dans la
derniere guerre , ne paroiffent
dans le nocud que pour relever
davantage la gloire du Monarque
& celle de la Monarchic.
Si la France & la Religion y
femblent comme mourantes
avec le Roy , ce n'eft que pour
revivre & refleurir avec plus
d'éclat fous le nouveau Regne
& la Regence. C'est là où
GALANT. 135
commence le dénouement , &
où le Poëte reprenant de nouvelles
forces,reprefente toutes
les vertus qui font le bonheur
parfait d'un Empire , affifes
fur le Throfne de Louis XV.
Monfeigneur le Duc d'Orleans
foûtient ce Throfne , &
y place les Vertus .
On voit entr'autres , briller
la Prudence , la Force , la Foy,
la Fidelité , la Pieté , la Juſtice ,
qui peſe tout , la balance en
main ; & c'eft la Paix qui en
eft comme le lien inféparable.
Alors le Poëte hors de luymême
, & ſaiſi tout à coup du
136 MERCURE
nouveau Heros, prend fon vol
rapide vers les Cieux , où une
voix fe fait entendre à la Fran
ce & à la Religion ; mais une
voix éternelle , permanente
& gravée en caracteres ineffaçables
fur le diamant le plus
folide. Cette voix prédit le
bonheur de la Monarchie fous
la Regence de Son Alteffe
Royale.
C'est ce Prince qui né pour
la Patrie & pour les Sceptres ,
& qui étant au - deffus des mor .
tels par la fuperiorité
d'un génie
univerfel , & par les autres
rares qualitez , apprendra
au
jeune
GALANT. 137
}
jeune LOUIS le veritable art
de
regner.
Ceft ce Prince feul , qui
par la vigilance infatigable ré .
tablira la France dans fon ancienne
fplendeur.
+
C'eft ce Prince , qui ramenant
les beaux jours de l'Empercur
Titus , & qui faifant
voir en réalité cet âge d'or ,
que les Anciens ont tant vante
, & qu'ils n'ont peut- eftre
jamais vu qu'en idée , confolera
les François fous fon augufte
Regence .
Le Parlement de Paris n'eft
3 pas oublié , & doit bien toft
Novembre
1715. M
138 MERCURE
recevoir les benignes influences
de cet Aftre lumineux &
favorable.
En cet endroit le Poëte reprefente
Monfeigneur le Duc
d'Orleans prenant les rênes de
l'Empire dans des temps durs
& difficiles , & effuyant les
larmes de la France."
Que les ennemis de l'augufte
nom de Bourbon trèm
blent & fe gardent d'irriter
par leur imprudence un Heros
dont ils doivent redouter la
foudre.
C'eft ce Heros , c'eft luymême
qui a porté deux fois
GALANT. 139
fes armes victorieufes juſques
dans le coeur de la Catalogne,
& qui bravant les perils & la
mort , reduifit Lerida en poudre.
Tel eft ce Heros , & il s'étoit
déja montré tel dés fa premiere
jeuneffe , dans les Sieges,
dans les Batailles , contre le
Prince d'Orange , où il avoit
moiffonné des lauriers dignes
de fa valeur &de fes autres vertus
militaires ; c'eft toûjours la
voix qui parle.
Je ne donne qu'une legere
idée de l'original latin, pour
éviter la prolixité , & j'y ren-
Mij
140 MERGURE
voye le lecteur , qui cependant
ne fera peut- eftre pas fâché de
voir le dénouement de cette
Piece .
Le voicy.
Subita ex alto Vox reddita Calo
eft ;
Vox æterna
æterna , manens , folidoque
adamante notata :
Implevit LODOIX pulchrum
virtutibus avum ,
Debetur fuperis. LODOICI è
Sanguine Princeps ,
Illuftrem Proavum factis ac nomine
reddens ,
Ibit in imperium magnum ,foliaque
fedebunt
GALANT . 141
Affidua Regis comites ,Prudentia,
Virtus
,
Incorrupta Fides , Pietas , &
fingulalibra
Fuftitia expendens , juncta fibi
Pace forores.
Scilicet hunc natus Patriæ , fceptrifque
PHILIPPUS
,
Ingentique animo coelum complexus
, orbem ,
Urgebit rapido laudum ad faftigia
greffu
Veraque regnandi præcepta docebit
Alumnum ...
Ille unus Gallis vigilando reſtituet
rem ;
Ille dies Titi
referens , atque
142 MERCURE
aurea condens
Secula , gaudebit populum relevarejacentem
,
Felicem populum tanto fub Principe
natum ;
Ille Senatores in priftina jura remißos
Confilio admittens ,facilis dignabitur
Aula :
Etjam difficiles Regni moderatur
habenas ,
Abftergitque tuos , chariffima Gallia
, fletus.
Borbonii paveant , quotquot funt
nominis hoftes ,
Nec magnum exacuant infano
Marte PHILIPPUM.
GALANT. 143
Hic vir , hic eft , quem bis Catalania
fenfit apertis
Limitibus , quem tela inter , direptaque
figna ,
Eraque continuas paffim jaculantia
mortes ,
Horruit ad muros , acfenfullerda
tonantem
.
Qualis in Auriacum primis praluferat
armis ,
Mercatus dignas proprio, difcrimine
lauros.
Hac ubi dictà , Dei Verbum , irrevocabile
Verbum ,
atris induta
Hora refert
colori.
is
sound
bus .
bus
Hora
Ingenti LODOICO. Altum ca144
MERCURE
put ardua Virtus
Indeffa comes , pectus Conftantia
fulcit.
Relligio complexa manus morientis
,
ora ,
Procumbitfuper, & lacrymis af
pergit amaris.
Auratas fursùm extendens Victoria
pennas
,
A tergo merita pracingit tempora
lauro.
Intereà Delphinus adeft , juxtaque
PHILIPPUS ,
Borbonidaque alii , genus alio à
Sanguine Regum,
Flentes. At LODOIXoculos ad
Lydera tollens ,
ComGALANT
145
Commendanfque Deo Patriam ,
parvumque Nepotem :
Accipio mandatum , inquit , nos
pofcit Olympus.
Vixi ; nec vixiffe piget,fi Gallica
Semper
Sceptra gerat , dilecta comes , fidiffima
cuftos ,
Relligio , purifque Fides rutilantia
flammis
Lilia facundet. Noftrorum bec
meta laborum
Sic tu , fic radios totum diffunde
perorbem
Alma Fides !fic nunc animis illabere
noftris !
Sic tandem liceat fperatum attin-
Novembre 1715 .. N
146 MERCURE
gere portum ,
Optatamque diu poft nubila cernere
lucem:
Terra vale ,feror in coelum , fedefque
beatas
Afpicio. Cælum in partes hîc
fcinditur ambas
Illuftremque animam plaudentibus
excipit aftris.
Fermer
Résumé : Extrait d'un Poëme Latin sur la mort de Loüis XIV. [titre d'après la table]
En novembre, un poème épique intitulé 'Ludovicus moriens' a été publié et acclamé. Ce poème relate l'histoire d'un roi mourant, héros invincible, qui triomphe de la mort grâce à sa foi religieuse. Le roi, après 23 ans de règne, est élevé au ciel, respectant les règles du genre épique avec une unité d'action et des mœurs authentiques. Le poème inclut des portraits du monarque et de la Duchesse de Berry, ainsi que les malheurs de la France durant la dernière guerre, soulignant la gloire du monarque et de la monarchie. Le poème décrit également la résurrection de la France et de la religion sous le nouveau règne et la régence. Le Duc d'Orléans, assurant la régence, incarne les vertus nécessaires au bonheur de l'empire. Le Parlement de Paris bénéficie des influences bénéfiques de ce nouveau régime. Le texte se termine par une description du Duc d'Orléans prenant les rênes de l'empire dans des temps difficiles, rappelant ses exploits militaires et avertissant les ennemis de la maison de Bourbon. Le poème, écrit en latin moderne, narre des événements historiques et héroïques. Il commence par une scène de bataille avec des morts continues et l'horreur ressentie face aux murs assiégés. Une figure héroïque, comparée à celle qui a combattu à Auriacum, mérite des lauriers pour son sacrifice. Le héros, soutenu par la religion, est couronné de laurier par la victoire ailée. Lodovic, le roi mourant, confie la patrie et son petit-neveu à Dieu, acceptant son destin. Il espère que les sceptres galliques soient toujours portés par un compagnon fidèle et une religion pure. Le poème se conclut par l'aspiration à atteindre un port sûr et à voir la lumière béatifique, où l'âme illuminée est accueillie par des astres applaudissants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1997
p. 147
EPIGRAMMES que le même Auteur a faites dans le temps sur la Samaritaine.
Début :
Hauri promptus aquas sacro de fonte salubres. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMMES que le même Auteur a faites dans le temps sur la Samaritaine.
EPIGRAMMES
que le même Auteur a faites
dans le temps fur la Samaritaine.
Hauri promptus aquas facro de
fontefalubres.
Praterit unda fugax , præterit
bora fugax.
que le même Auteur a faites
dans le temps fur la Samaritaine.
Hauri promptus aquas facro de
fontefalubres.
Praterit unda fugax , præterit
bora fugax.
Fermer
1998
p. 148
Une autre.
Début :
Hora monet, monet unda : citus bibe : praeterit unda : [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Une autre.
Une autre .
Hora monet, monet unda : citus
bibe : præterit unda :
Præterit unda fugax , Præterit
bora fugax
.
Hora monet, monet unda : citus
bibe : præterit unda :
Præterit unda fugax , Præterit
bora fugax
.
Fermer
1999
p. 151-164
Réponse aux Questions. [titre d'après la table]
Début :
On m'a envoyé plusieurs réponses aux Questions que j'ay [...]
Mots clefs :
Homme, Question, Devoir, Amant, Désirs, Femme, Homère, Tendresse, Jaloux, Beau, Modernes, Fidèle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse aux Questions. [titre d'après la table]
On m'a envoyé plufieurs
réponſes aux Queſtions que
j'ay propofées le mois paffé :
j'en remercie les Auteurs, mais
en même temps je fuis obligé
d'avouer du moins par recon
noiffance, qu'il y en a une bonne
demie douzaine de qui je
plains infiniment la peine qu'ils
ont pris à les faire : Er voicy
ce que j'ay reçû de meilleur
fur ce chapitre.
Premiere Question.
On a defiré fçavoir jufqu'à
quel point il eft permis à un
honnete homme d'eftre jaloux.
Niiij
152 MERCURE
On répond :
Jufqu'au Mariage.
Seconde Queftion.
On a demandé fi un Amant
a droit de foupçonner ſa Maîtreffe
de peu de tendreffe , lorf
qu'elle oppofe le devoir à fes
defirs , & fi ce beau nom n'eſt
point l'artifice d'un coeur peu
touché.
On répond :
Sur ma déciſion reglez tous vos
defirs
Curieux vous pouvez m'en
croire
,
Le coquet a plus de plaifirs ;
Mais le fidele a plus de gloire.
GALANT. 153
Traifiéme Queſtion.
Qui eft le plus heureux
d'un Amant fidele qui trouve
du retour , ou d'un coquet qui
en trouve auffi.
On répond :
Amants n'en doutez point , ce
•n'est qu'un artifice ,
Quandpour vous refuſer onparle
de devoir
,
Qui raifonne autrement n'eft encor
qu'un novice
Il eft facile de le voir.
Jamais àfes defirs femme nefut
rebelle ,
Nature a decidé le cas :
Et lorsqu'elle fait la cruelle ,
154 MERCURE
C'est que l'Amant ne luy plaift
pas.
Quatrieme Question .
On a été grandement curieux
d'apprendre fi Helene
étoit brune ou blonde , &c.
On répond :
Argument
incontestable
.
Helene fut jadis la plus belle dis
monde
,
Climene l'eft dans ce tems- cy ,
Chacun fçait que Climene eft
blonde ,
Donc Helene l'étoit auffi.
-Cinquiéme Question .
Qu'on nous dife enfin s'il y
a cu un Homere , & qu'on
GALANT . 155
réponde cette fois par un ouy ,
ou par un non définitif.
Onrépond :
Ony , Meffieurs , il fut un Ho-
1. mere
د
6
F'en croy la Motte & Terraffon
Des Poëtes ilfut le pere
Par le temps non par raiſon.
Ces autres Réponses font
d'un autre genre , & me paroiffent
parfaitement bonnes.
A la premiere Question .
Le terme de jaloufierenfer
me deux chofes , l'opinion où
l'on peut être d'avoir fujet
d'être jaloux & les marques
exterieures que l'on en donne.
156 MERCURE
La premiere nem reçoito de
loix fouvent que du caprice
nous ne fommes pas les maîtres
de nos foupçons , nous pou
vons feulement rallentir & négliger
des recherches que nous
prévoyons devoir troubler
noftre repos . Il femble dona
que la queſtion roule principalement
fur le plus ou le
moins qu'un honnête homme.
faire éclater fa jaloufic ;
peut
&
je voudrois auparavant que
de regler les actions , définir
ce que nous entendons par .
l'honnefte homme, of 5065
L'honnefte
homme dus
GALANT. 157
monde qui feroit encore
mieux rendu par le mot de
galant homme , fait ſon principal
merite d'une circonfpec
tion réguliere aux bienféances ,
& aux ufages établis dans le
monde , les vertus de la focieté
font fes premieres qualitez ,
il peut eftre veritablement vertueux
Xmais
il eft toûjours
certain qu'il met fa réputation
au deffus de fon devoir . Il y a
une autre forte d'honneftes
gens , proprietaires de ce beau
titre qui ne cherchent dans la
vertu que la vertu même , la
plus fcrupuleuſe probité , &
7
158 MERCURE
4
la plus parfaite indépendance
des jugements du monde forment
leur caractere , on les
appelle Philofophes ou quelquefois
Milantropes . Ceux - là
peuvent ceder aux mouvemens
de leur jaloufie fans fonger
à les réprimer & fans craindre
le ridicule des éclats & des
fcenes qu'un jaloux donne au
public , pourvû qu'ils évitent
les moyens indignes & crimi
nels de fe vanger de qui les
outrage , ils croyent pouvoir
fe donner librement carriere
fur tout le refte.
L'honnefte homme du mon
GALANT. 159
de , fenfible à l'infidelité d'une
femme , à proportion de la
tendreffe qu'il avoit pour elle ,
fçait quel eft le malheur d'avoir
une femme infidelle
mais en même temsil connoift
toute la petiteffe de ce mal.
Il doit mettre tout fon art à
éviter également le perfonnage
groffier d'homme facile à
tromper, & le titre odieux de
jaloux , il fçait fe faire loüer
dans le monde de fes bons
procedez & paffer pour bon
mari plutoft que pour mari
commode. On dira que ce
n'eft pas répondre à la queſtion
160 MERCURE
de que mettre des bornes fi
étroites à la jalouſic ; mais fi
l'on convient que c'est une
foiblefle ; pourquoy n'en pas
deffendre les moindres apparences,
Il m'a 'parû que les deux
autres queſtions qui fuivoient
celle-cy , ne donnoient guerre
matiere à difpute. La meilleure
raifon pour ne pas croire fort
touchée une maîtreffe qui oppoſe
un importun devoir aux
defirs de fon amant`, c'eſt le
grand nombre de celles qui
abandonnent leurs Amants
fans honte , fi l'amour veut
bien
GALANT. 161
bien encore les reconnoiftre ,
elles n'occupent dans fon empire
que le rang des fujets rebelles.
L'amant fidele dont la tendreffe
n'est pas fans récompenſe
, a toûjours efté regardé
comme le feul des mortels ,
qui pût fe dire parfaitement
heureux , on l'a dit vingt fois
& rien n'est plus vray que le
volage ne goûte l'amour que
comme un amufement , les
vrais plaiſirs lui font inconnus.
J'avoueray que la déciſion
des deux dernieres questions
telle qu'on la demande , paffe
Novembre
1715.
palle
;
162 MERCURE
la portee de mon érudition ,
ainfi réduit à juger par conjectures
, j'ay eftimé fur la réputation
generale , Helene pour
la plus belle femme qui ait jamais
efté ; & fuivant fur cela
mon goût qui me perfuade :
qu'il n'y a rien de plus beau
qu'une belle blonde , je maintiens
qu'Helene l'étoit . Quand
on rejettera ce qu'Homere :
peut en avoir temoigné , les
avis feront fur cela auffi partagez
que s'il ne s'agiffoit point
d'Helene.
Il me paroît enfin qu'il y a
de l'abfurde à propofer la
GALANT. 163
1
queftion , s'il y a eu un Homere
, les Partifans des Modernes
avec une bonne caufe , fe jetreroient
là dans un mauvais
incident , s'ils foûtenoient ferieufement
la negative . Le mê
me ftyle & les mêmes fautes
repandues dans tout le corps.
du Poëme de l'Iliade prouvent
affez que c'est l'Ouvrage d'un
feul homme ; fi rien n'aſſeure
que cet homme là ne s'appelle
pas Homere , qui oblige de le
débaptifer aujourd'huy. Qu'ils
refufent donc de l'encenfer
continuellement , à la bonne
heure ; mais qu'ils ne paffent
164 MERCURE
pas de l'indevotion à l'athéïfme.
réponſes aux Queſtions que
j'ay propofées le mois paffé :
j'en remercie les Auteurs, mais
en même temps je fuis obligé
d'avouer du moins par recon
noiffance, qu'il y en a une bonne
demie douzaine de qui je
plains infiniment la peine qu'ils
ont pris à les faire : Er voicy
ce que j'ay reçû de meilleur
fur ce chapitre.
Premiere Question.
On a defiré fçavoir jufqu'à
quel point il eft permis à un
honnete homme d'eftre jaloux.
Niiij
152 MERCURE
On répond :
Jufqu'au Mariage.
Seconde Queftion.
On a demandé fi un Amant
a droit de foupçonner ſa Maîtreffe
de peu de tendreffe , lorf
qu'elle oppofe le devoir à fes
defirs , & fi ce beau nom n'eſt
point l'artifice d'un coeur peu
touché.
On répond :
Sur ma déciſion reglez tous vos
defirs
Curieux vous pouvez m'en
croire
,
Le coquet a plus de plaifirs ;
Mais le fidele a plus de gloire.
GALANT. 153
Traifiéme Queſtion.
Qui eft le plus heureux
d'un Amant fidele qui trouve
du retour , ou d'un coquet qui
en trouve auffi.
On répond :
Amants n'en doutez point , ce
•n'est qu'un artifice ,
Quandpour vous refuſer onparle
de devoir
,
Qui raifonne autrement n'eft encor
qu'un novice
Il eft facile de le voir.
Jamais àfes defirs femme nefut
rebelle ,
Nature a decidé le cas :
Et lorsqu'elle fait la cruelle ,
154 MERCURE
C'est que l'Amant ne luy plaift
pas.
Quatrieme Question .
On a été grandement curieux
d'apprendre fi Helene
étoit brune ou blonde , &c.
On répond :
Argument
incontestable
.
Helene fut jadis la plus belle dis
monde
,
Climene l'eft dans ce tems- cy ,
Chacun fçait que Climene eft
blonde ,
Donc Helene l'étoit auffi.
-Cinquiéme Question .
Qu'on nous dife enfin s'il y
a cu un Homere , & qu'on
GALANT . 155
réponde cette fois par un ouy ,
ou par un non définitif.
Onrépond :
Ony , Meffieurs , il fut un Ho-
1. mere
د
6
F'en croy la Motte & Terraffon
Des Poëtes ilfut le pere
Par le temps non par raiſon.
Ces autres Réponses font
d'un autre genre , & me paroiffent
parfaitement bonnes.
A la premiere Question .
Le terme de jaloufierenfer
me deux chofes , l'opinion où
l'on peut être d'avoir fujet
d'être jaloux & les marques
exterieures que l'on en donne.
156 MERCURE
La premiere nem reçoito de
loix fouvent que du caprice
nous ne fommes pas les maîtres
de nos foupçons , nous pou
vons feulement rallentir & négliger
des recherches que nous
prévoyons devoir troubler
noftre repos . Il femble dona
que la queſtion roule principalement
fur le plus ou le
moins qu'un honnête homme.
faire éclater fa jaloufic ;
peut
&
je voudrois auparavant que
de regler les actions , définir
ce que nous entendons par .
l'honnefte homme, of 5065
L'honnefte
homme dus
GALANT. 157
monde qui feroit encore
mieux rendu par le mot de
galant homme , fait ſon principal
merite d'une circonfpec
tion réguliere aux bienféances ,
& aux ufages établis dans le
monde , les vertus de la focieté
font fes premieres qualitez ,
il peut eftre veritablement vertueux
Xmais
il eft toûjours
certain qu'il met fa réputation
au deffus de fon devoir . Il y a
une autre forte d'honneftes
gens , proprietaires de ce beau
titre qui ne cherchent dans la
vertu que la vertu même , la
plus fcrupuleuſe probité , &
7
158 MERCURE
4
la plus parfaite indépendance
des jugements du monde forment
leur caractere , on les
appelle Philofophes ou quelquefois
Milantropes . Ceux - là
peuvent ceder aux mouvemens
de leur jaloufie fans fonger
à les réprimer & fans craindre
le ridicule des éclats & des
fcenes qu'un jaloux donne au
public , pourvû qu'ils évitent
les moyens indignes & crimi
nels de fe vanger de qui les
outrage , ils croyent pouvoir
fe donner librement carriere
fur tout le refte.
L'honnefte homme du mon
GALANT. 159
de , fenfible à l'infidelité d'une
femme , à proportion de la
tendreffe qu'il avoit pour elle ,
fçait quel eft le malheur d'avoir
une femme infidelle
mais en même temsil connoift
toute la petiteffe de ce mal.
Il doit mettre tout fon art à
éviter également le perfonnage
groffier d'homme facile à
tromper, & le titre odieux de
jaloux , il fçait fe faire loüer
dans le monde de fes bons
procedez & paffer pour bon
mari plutoft que pour mari
commode. On dira que ce
n'eft pas répondre à la queſtion
160 MERCURE
de que mettre des bornes fi
étroites à la jalouſic ; mais fi
l'on convient que c'est une
foiblefle ; pourquoy n'en pas
deffendre les moindres apparences,
Il m'a 'parû que les deux
autres queſtions qui fuivoient
celle-cy , ne donnoient guerre
matiere à difpute. La meilleure
raifon pour ne pas croire fort
touchée une maîtreffe qui oppoſe
un importun devoir aux
defirs de fon amant`, c'eſt le
grand nombre de celles qui
abandonnent leurs Amants
fans honte , fi l'amour veut
bien
GALANT. 161
bien encore les reconnoiftre ,
elles n'occupent dans fon empire
que le rang des fujets rebelles.
L'amant fidele dont la tendreffe
n'est pas fans récompenſe
, a toûjours efté regardé
comme le feul des mortels ,
qui pût fe dire parfaitement
heureux , on l'a dit vingt fois
& rien n'est plus vray que le
volage ne goûte l'amour que
comme un amufement , les
vrais plaiſirs lui font inconnus.
J'avoueray que la déciſion
des deux dernieres questions
telle qu'on la demande , paffe
Novembre
1715.
palle
;
162 MERCURE
la portee de mon érudition ,
ainfi réduit à juger par conjectures
, j'ay eftimé fur la réputation
generale , Helene pour
la plus belle femme qui ait jamais
efté ; & fuivant fur cela
mon goût qui me perfuade :
qu'il n'y a rien de plus beau
qu'une belle blonde , je maintiens
qu'Helene l'étoit . Quand
on rejettera ce qu'Homere :
peut en avoir temoigné , les
avis feront fur cela auffi partagez
que s'il ne s'agiffoit point
d'Helene.
Il me paroît enfin qu'il y a
de l'abfurde à propofer la
GALANT. 163
1
queftion , s'il y a eu un Homere
, les Partifans des Modernes
avec une bonne caufe , fe jetreroient
là dans un mauvais
incident , s'ils foûtenoient ferieufement
la negative . Le mê
me ftyle & les mêmes fautes
repandues dans tout le corps.
du Poëme de l'Iliade prouvent
affez que c'est l'Ouvrage d'un
feul homme ; fi rien n'aſſeure
que cet homme là ne s'appelle
pas Homere , qui oblige de le
débaptifer aujourd'huy. Qu'ils
refufent donc de l'encenfer
continuellement , à la bonne
heure ; mais qu'ils ne paffent
164 MERCURE
pas de l'indevotion à l'athéïfme.
Fermer
Résumé : Réponse aux Questions. [titre d'après la table]
L'auteur remercie pour les réponses apportées aux questions posées le mois précédent et reconnaît les efforts nécessaires pour certaines d'entre elles. Les réponses notables incluent plusieurs points clés. Premièrement, la jalousie est considérée acceptable jusqu'au mariage. Un homme du monde doit privilégier la réputation et les convenances sociales, tandis qu'un philosophe peut exprimer sa jalousie sans crainte du ridicule, à condition de ne pas recourir à des moyens indignes. Deuxièmement, les amants doivent modérer leurs désirs selon une décision donnée : les coquets trouvent plus de plaisir, mais les fidèles obtiennent plus de gloire. Troisièmement, lorsqu'une femme refuse en invoquant le devoir, cela est souvent un artifice. La nature détermine la situation, et si une femme semble cruelle, c'est que l'amant ne lui plaît pas. Quatrièmement, Hélène était blonde, étant la plus belle femme de son temps, tout comme Climène, la plus belle aujourd'hui, est blonde. Cinquièmement, l'existence d'Homère est affirmée, basée sur la croyance de La Motte et Terasson qui le considèrent comme le père des poètes par le temps, non par la raison. Le texte aborde également la controverse autour de l'existence d'Homère. Les partisans des Modernes pourraient rencontrer des difficultés s'ils rejetaient catégoriquement cette existence. Le style et les erreurs de l'Iliade suggèrent qu'elle est l'œuvre d'un seul homme, bien que cela ne prouve pas nécessairement qu'il s'agit d'Homère. Il est conseillé aux Modernes de ne pas vénérer excessivement Homère, mais aussi de ne pas nier son existence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2000
p. 209-297
Extrait de la Tragedie nouvelle, intitulée Marius.
Début :
La Tragedie de Marius qu'on represente encore avec / Le 15. de ce mois on joua pour la première fois la Tragedie [...]
Mots clefs :
Roi, Père, Scène, Fils, Seigneur, Marius, Sylla, Princesse, Romains, Péril, Sénat, Mort, Force, Demande, Pouvoir, Fuite , Devoir, Honte, Douleur, Vengeance, Tragédie, Théâtre, Mains, Yeux, Horreur, Crime, Extrait, Auteur, Protection, Conseils, Ennemi, Assassin, Malheur, Protection, Patrie, Vertu, Tribun, Sang, Secret
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de la Tragedie nouvelle, intitulée Marius.
La Tragedie de Marius
qu'on reprefente encore avec
fuccés , verroit fon extrait &
fa critique trop tard , fi je
m'expofois à attendre qu'on
ne la jouâr plus pour en parler..
Extrait de la Tragedie nouvelle ,
intitulée Marius. '
Le
15. de ce mois on joua
pour la premiere fois la Tragedie
de Marius.
Ce Poëme s'eft montré au
Theâtre, fier d'une reputation
illuftre qu'il s'étoit déja faite.
Novembre 1715. S
210
MERCURE
dans plufieurs affemblées fçavantes
, il n'a pas mal foûtenu
fes titres , & le public luy donne
enfin une place honorable
entre nos pieces modernes.
Je fouhaiterois pouvoir faire
à cette Tragedie toute la
juftice qu'elle merite en l'annonçant
icy dans un extrait fidele
qui en retraçât l'idée à
ceux qui luy ont applaudie , &
qui la fic defirer à ceux qui ne
l'ont point encore vûë ; mais
comme elle n'est pas
' mée , & qu'elle ne m'eft connuë
que par la repreſentation ,
je rendray compte feulement
impriGALANT.
FI
*
pû
de ce que ma memoire en a
recueillir . Je rapporteray dan's
cet extrait tous les vers que je
pourray me rappeller pour en
faire honneur à l'Auteur , je
les melleray confufément avec
la Profe que je fupplée pour
rendre au moins le fens du
dialogue Aprés avoir donné
de cette piece l'idée la plus
vraye qu'il me fera poſſible ,
J'en hazarderay la critique , je
rendray compte de mes jugcmens
, avec tous les égards
dûs à un Auteur qui a merité
Teftime publique. Une criti
que moderée eft fouvent
Sij
212 MERCURE
moins nuifible à un bon ouvrage
qu'une exceffive apologie
; le public fe revolte con.
tre un examen trop indulgent,
& fa malignité ne manque jamais
de fe dedommager avec
excésdes droits legitimes qu'on
Juy refuſe . Monfieur de Caux
n'a pas befoin qu'on luy faffe
grace , je compte même que
fije luy decelois par hazard
quelques fautes échapées à fes
recherches , il m'en fçauroit
quelque gré, d'autant plus qu'il
fent que fa piece eft dans le
cas de ces beautez fingulieres
qui , fûres de tous les coeurs ,
GALANT. 213
foutiennent fans honte le reproche
de quelques défauts
rachetez par des graces fupericures
.
SUJET.
Marius chaffe de Rome par
la faction de Sylla , fe retira en
Afrique , fon fils qui l'accom
pagnoir, tomba entre les mains
d'Hiempfal Roy de Numidie,
qui le retint prifonnier ; une
des femmes de ce Roy, amoureule
du jeune Marius , eût la
generofité de luy procurer des
moyens de fortir de fa prifon,
quoyque par fon évafion elle
le perdit pour jamais.
214 MERCURE
Monfieur de Fontenelles a
tiré de ce trait d'hiftoire le fu
jet d'une Epître heroïque , qui
a pour titre , Arbe au jeune
Marius , it fuppole qu'Arifbe
écrit à Marius aprés qu'elle luy
a rendu la liberté , & qu'il a
rejoint fon pere.
Le même trait hiftorique
qui a donné occafion à cette
magnifique Epire , eft le germe
, pour ainfi dire , de notre
Tragedie : voyons comment
ce germe fe develope dans la
marche de l'ouvrage .
GALANT. 215
ACTEURS.
Hiempfal , Roy de Numidic .
Arfbe , deftinée à l'hymen
du Roy , Amante du jeune
Marius .
Le jeune Marius , Prifonnier
à la Cour d'Hiempfal
.
Le pere de Marius , fous le
faux nom d'Envoyé de Sylla .
Nerbal, Confident duRoy.
Phoenice , Confidente de la
Princeffe.
Cethegus , Confident du
jeune Matius.
Numerius
Marius , pere.
Confident de
La Scene eft dans une Salle du
Palais
d'Hiempfal.
216 MERCURE
ACTE PREMIER.
SCENE PREMIERE.
Le jeune Marius , Cethegus.
Cethegus ouvre le Dialogue
par ces Vers.
Qui peut vous retenir, Seigneur ,
fur cette rive ,
UnRomain doit rougir d'une douleur
oifive ,
Perfecuté du fort , fans en être
abattu ,
Il faut
que fa difgrace
ajoute
à fa vertu.
Pourriez-vous. oublier le
Heros illuftre que les deftins
poursuivent,
GALANT.
217
"
pourfuivent ,fericz vous fourd
à la voix d'un Pere infortuné
qui vous appelle à fon fecours ;
il a cfté un temps où privé de
refſources
, vous ne pouviez
donner que des pleurs à la difgrace
mais aujourd'huy vous
éprouvez une heureuſe révolution
; le Roy vous offre ſa
protection verifiez la promeffe
des Dieux qui ont annoncé
qu'un Roy de Numidie vangeroit
deux Romains opprimez
par leurs Concitoyens
.
Marius s'enflame
à ces genereux
confeils ; mais il demande
comment
il pourra fe-
Novembre
1715 . T
218 MERCURE
courir ce pere malheureux ,
puifqu'il ignore en quel climat
il s'eft réfugié.
A cela Cethegus répond .
Non , non , quelques deferts qui
Le puißm cacher,
C'est à Rome , Seigneur , qu'il
vous le faut chercher.
Affemblez y una Armée en
fon nom , lorfqu'il ſe verra
un party puiffant , il ofera ſc
montrer à fon ingrate Patrie ,
le peuple impatient du joug
de Sylla , n'attend que ces infrant
pour prendre les armes .
Il finit fon exhortation par
ces mots .
GALANT. 219
Faut-il qu'on delibere ,
Quand on va fecourirfa Patrie
&fon Pere ,
Le Roy jufqu'à ce jour paroiſſoit
incertain ,
Mais enfin il vous met les armes.
à la main
Dans nos communs malheurs
Arifbe s'intereße.
Marius fe rend aux confeils
de Cethegus ; mais aprés avoir
pris fon parti , il le fouvient
d'Aufbe & ces mots luy échapent.
Princeffe infortunée
Que je te vais couter de foupirs
de pleurs.
Tij
220 MERCURE
Cethegus demande à Marius
pourquoy il plaint le fort de
la Princelle.
Elle vange un Romain , un Roy
puiſſant l'adore ,
Que luy refteroit il à fouhaiter
encore ,
Déja pourfon hymen tout femble
preparé.
Marius répond
.
Helas ? que ne peut il être encor
thedifferé.
Cethegus penetre alors le
myftere , il s'efforce de faire
fentir à Marius tout le peril de
fa paffion pour Arifbe.
Ouvrez les yeux , voyez que de
GALANT.
221
malheurs enfemble ,
Que de crimes , Seigneur , un tel
projet raẞemble ;
Ce Roy , dont les bontez ont confervé
vos jours ,
Ce Roy , qui vous peutfeul af
feurer du fecours ,
C'eft luy que vous bravez.
Mais , d'ailleurs , quel espoir peut
vous avoirflatté?
Penfez- vous , qu'expofant &fa
gloire &&fa vie
Au fort d'un fugitif la Princeße
fe lie ?
Ah, croyez moy , Seigneur, vous
prenez pour amour
Tiij
222 MERCURE
La pitié, que pour vous elle montre
en ce jour.
Marius apprend à Cethegus
qu'il eft en effet tendrement
aimé de la Princeffe .
Cethegus luy reprefente
combien il eft honteux à un
Romain d'aimer une Numide.
Marius fe deffend de ce reproche
en traçant le caractere
de la Princeffe , dont la vertu a
fçû commander à ſa paffion
au point qu'elle a la force de
hafter fon départ.
Quoy donc répond Cethegus
, une Aftiquaine vous
dicte voſtre devoir ? eh bien ,
GALANT. 223
Seigneur , fuivez les genereux
confeils , & lors que vous aurez
mis la Mer entre elle &
vous , je n'hefiteray plus à la
croire digne de Marius.
Marius infifte , & demande
où il pourra trouver du fecours
:
Cethegus répond d'abord
que les Dieux feront pour Marius
, qu'il eft cheri des Afriquains
, qu'il tirera de grands
fecours en Lybie & en Mauritanic
, enfuite il luy trace fa
route . Nous nous embarquerons
fur le Ruber , quand nos
Vaiffeaux feront arrivez à la
Tij
224 MERCURE
Mer , nous pourrons en deux
jours aborder à Terracine &
bientoft aprés au Port de Te-`
lamon. C'est là que Cinna
profcrit par l'ennemy communs'eſt
réfugié. Vous attendrez-
là une armée que je ne
tarderay pas à vous conduire ,
vous inftruirez par des avis fecrets
nos amis découragez
qui partiront de Rome pour
fe raffembler à Telamon. Ce
beau deffein ainfi détaillé , la
Princeffe arrive. Cethegus fe
retire en difant ces mots.
La Princeffe vient, à vos devoirs
fidele
GALANT. 225
1
34
Seigneur , fongez toujours qu'un
pere vous appelle.
SCENE II.
Le jeune Marius , Arifbe.
Marius aborde. Anfbe , &
aprés luy avoir annoncé qu'il
va fe féparer d'elle , il s'interrompt
pour luy demander la
caufe de l'extrême douleur
qu'il remarque fur fon vifage .
Arisbe luy répond qu'elle
va luy annoncer un grand malheur.
Marius demand file Roy auroit
changé de fentiments à
fon égard. Preparez - vous ,
226 MERCURE
luy dit elle , à une plus funefte
nouvelle. Alors Marius n'hefite
pas à foupçonner qu'on
luy vá annoncer la mort de
fon
pere.
Arisbe confirme fon foupçon
, & luy apprend qu'en effet
un Tribun ayant commiffion
du Senat a affaffiné
fon pere®,
que cet affaffin eft à la Cour
d'Hiempfal' , qu'il a prefenté
au Roy l'ordre du Senat par
lequel il exige qu'on livre le
jeune Marius à la vengeance
de Sylla.
Matius faifi d'horreur fc.
livre aux tranſports les plus
GALANT. 227
violents , & jure la perte de
l'execrable meurtrier de fon
pere.
*
Arisbe calme les tranfports,
de Marius, en luy apprenant
qu'il a affaire à un ennemy redoutable
, qu'elle a envisagé
cet infamne affffin , & que
malgré l'horreur dont fon
crime l'avoit prevenuë , elle
avoit cfté frappée de veneration
à la vûë des vertus dont
il portoit l'image fur fon front;
elle ajoûte que le Roy n'a point
encore expliqué fes intentions,
& qu'elle va employer fes bons
offices en faveur de Márius
228
MERCURE
•
Marius quitte la Scene en
difant ces paroles .
De vôtre main j'attends tout mon
Secours.
SCENE III.
Arifbe , Phænice.
Arisbe dit à fa Confidente .
qu'elle va folliciter le Roy ,
pour fon Amant.
Phoenice luy confeille de
diff rer , de peur que fon trou ;
diffrer
,
ble ne revele fa paffion à
Hiempfal.
Arisbe perfifte par la confideration
du peril eminent , &
fort en difant :
GALANT. 229
L'amour doit tout ofer , quand
il a tout à craindre.
Fin du premier Acte .
ACTE SECOND.
SCENE PREMIERE.
Marius le pere ... .Numerius.
Numerius ayant appris aux
extrêmitez de l'Italic les dernieres
revolutions de la Repu
blique , la défaite de Marius
& fa fuite en Afrique , fuivit
fon amy & tomba dans la
Courd Hiempfal ; là il apprend
la détention du jeune Marius
, il y refte dans la vûë d'art
230 MERCURE
racher ce Heros à la paffion
qui luy fait oublier ce qu'il
doit à fon pere ... au commencement
du fecond Acte
Numerius rencontre à la Cour
Marius le pere qui l'inftruic
des motifs iniques de fa profcription
, il luy apprend que
le Senat l'ayant honoré du
Commandement de l'armée
contre Mithridate , Sylla , loin
de luy remettre, fuivant le decret
du Senat , les troupes qu'il
commandoit , l'eftoit venu
charger avec ces mêmes troupes
, qu'aprés la défaite entiere
par Sylla il avoit cfté forcé
GALANT . ` 231
de chercher fon falut dans la
fuite , & que fa deſtinée l'avoit
enfin conduit à la Cour
d Hiempfal... Numerius lui apprend
qu'il ett en extrême pe
il chez ce Roy barbare, qu'un
Tribun chargé des ordres
de Sylla y vient exiger qu'on
luy livre le jeune Marius ...
Marius le raffeure en lui difant
qu'il attend fon falut de cet
Envoyé même de Sylla ..
Numerius demande , quel eft
donc ce Tribun infidele à Sylla ...
Marius répond. Moy ... Numerius
furpris , infifte & dit ,
comment ? Sylla voſtre Emule
232 MERCURE
Vous charge d'un ordre contre
voltre propre fils ... alors Marius
dévelope ainfi l'énigme .
Sylla depuis ma defaite força
le Senat à profcrire ma tefte ,
un Tribun chargé de ce décret
me vint affaillit à Minturne
avec des forces fuperieures ,
mon génie m'arrachi à ce pefil
, je tuay ce Tribun même
qui avoit ofé promettre ma
refte à Sylla , je m'emparay du
Sceau du Senat dont il effort
porteur , je trouvay dans fes
dépefches un ordre de Sylla à
Hempfal de livrer le jeune
Marius refugié chez lay. Je
compris
GALANT. 233
compris que cette commiffion
pouvoit eſtre dans mes mains.
un moïen fûr de tirer mon
fils de cette Cour dangereuſe
où il eft retenu par un fol
amour.
Fay fçû que trop fenſible à de
funeftes charmes
Mon fils à mes malheurs n'accor
doit
que
des larmes.
J'ay befoin de ce fils pour
encourager mes amis & leur.
faire embraffer avec confiance
de vaftes projets que mon
grand âge femble ne pouvoir
Loûtenir. Je me fais annoncer
icy fous le nom de l'affaffin
Novembre 1715. V
234 MERCURE
même de Marius , & j'éxige
au nom du Senat qu'il me
livre l'autre victime ; peuteftre
que mon fils qui s'eft cru
libre icy , y eftoit captif en
effet ; le Roy , fous de feintes
carreffes a peut - cftre caché à
mon fils fa fervitude ; mais il
n'importe , il faut que fes vûës
perfides cedent à la terreur que
luy va imprimer le nom de
Sylla ; j'ay honte , Numerius ,
de me voir forcé de paroiftre
icy fous une autorité auffi
Fontcufe , que dis je , je feray
contraint de louer le lâche ,
l'ingrat Sylla ? Il faudra le
GALANT. 239
peindre au Roy avec les traits
de la vertu & de la veritable
grandeur ? Le Roy arrive pour
donner audiance à l'Envoyé
de Rome , Numerius ſe retire .
དང་ ཚུ་༦༩
SCENE II.
Marius le Pere , fous le faux
nom d'Envoyé de Sylla ,
le Roy , Nerbal.
L'Envoyé de Sylla expofe
fa Commiffion au Roy, & le
fomme de livrer le jeune Ma
fius aux voeux du Senat.
Le Roy répond , qu'il eft
furpris que l'affaffin d'un homme
dont la valeur fauva tant
V ij
236 MERGURE
de fois les Romains , vienne
demander au nom de ces Romains
même , qu'on livre encore
le fils à leur ingrate fureur.
Vous ofez dans nos murs nous
traiter de barbares ,
Vous l'êtes plus que nous , jamais
nos mains avares
Secondant les fureurs d'un injufte
Senat,
N'ont encore à prix d'or vendu
l'affaffinat.
Ne vous imaginez donc
pas , continue-t il , que je fois
jamais tenté d'entrer dans aucune
Confederation avec l'un
GALANT. 237
ou l'autre Emule.
Marius & Sylla tout eſt égal
pour moy ,
Et mon coeur entr'eux deux eft
maître de fafoy.
Il eft vray que mes Ayeux
s'acquirent autrefois la protection
des Romains par une perfidie
pareille à celle que vous
exigez de moy mais je détefte
leur politique..
Je renonce à leur gloire & la tiens
pour honteuse ,
Je garde dans ma Cour le jeune
31
Marius ,
Et Rome peut de vous apprendre
mes refus
238 MERCURE
Marius veut intimider le
Roy , en luy exagerant la puiffance
des Romains que fon refus
armera contre luy.
Rome commande aux Rois ,
Et la terre en tremblant fe foumet
àfes loix.pu
Le Roy répond
ces faftueufes
menaces qu'il n'a point
encore receu la loy des Romains
& qu'il regne auffi bien
que Mithridate , enfuite il luy
declare que fon refus ne part
pas de fon affection pour Ma
rius , depuis qu'il s'eft refugié
chez moy , pourſuit- il , j'ay
compté fur une victime que le
GALANT. 239
fort m'envoyoit , j'ay penſé
que la détention d'un Romain
délivroit Univers d'un ennemy
dangereux , je fais fuivre
en fecret les pas , & à force de
bons traitemens je luy ay caché
fa captivité , plût aux
Dieux que le pere eût accompagné
fon fils en ma Cour.
Et croyez que mes voeux auroient
été remplis
,
Si lepere en ma Cour avoitfuivi
le fils,
Lejeune Marius arrive .
240 MERGURE
SCENE III.
Marius le pere , le Roy , le jeune
Marius , Nerbal.
Le jeune Marius fçachant
qu'Hiemplal donne Audiance
à l'Envoyé de Rome , vient
pour le poignarder à la vûë du
Roy même.
Je vais le poignarder entre les
bras du Roy.
En approchant Hiempfal ,
il luy reproche avec menaces
l'audiance dont il honore le
meurtrier de fon pere..
Vous ofez le voir, & luy
__parler ?
Enfuite
GALANT. 241
Enfuite fans attendre la réponſe
du Roy , il fond fur l'ennemy
& reconnoiſt ſon
pere ,
dans le moment qu'il eſt preſt
à frapper... A cette vûë il demeure
immobile & fon faififfement
lay ofte la parole.
Marius pere , maistre de
fon trouble , prendfon parti ,
& dit avec infulte à fon fils :
Ton immobilité vient de ta
furprife , tu reconnois dans le
meurtrier de ton pere ſon ami
le plus tendre ; mais apprends
qu'il n'y a rien de facré pour
un vrai Romain , lorfqu'il s'agit
du falut de la Patrie .
Novembre
1715.
• X
242 MERCURE
Le jeune Marius ne revient
point de fon trouble , & ne
peut feconder l'artifice de fon
pere , qui , pour fauver le peril
d'un plus long filence , reprend
la parole en infultant de nouveau
à fon fils , & fe retire en
avertiffant le Roy qu'il doit
avoir pour fufpecte la protection
qu'Arifbe accorde
Marius.
SCENE IV .
Le jeune Marius , le Roy ,
Nerbal.
Le Roy fait éclater fon indignation
contre l'Envoyé de
GALANT. 243
Rome , & promet la protection
à Marius.
Quoy? montrer à mes yeux une
telle infolence ?
•
N'en craignez rien , Seigneur,
je prends vôtre dffence
Mon bras pour le punir
Ces dernieres paroles du
Roy font trembler Marius ,
Hiempfal qui remarque fon
trouble ,lui en demande la caufe
; Marius répond que la mort
de fon pere , prefente à ſon
fouvenir, le fait fremir.
Le Roy le renvoye par ces
paroles.
Je vous réponds de tout , laiſſez-
Xij
244 MERCURE
nous un moment ,
Seigneur , foyez tranquille.
Le Roy demeure fur la
Scene avec Nerbal.
SCENE V.
Le Roy , Nerbal.
Le Roy revele à fon Confident
les confeils de fa politique.
Enfin je deviens maistre
De deux grands ennemis que
Tibre a vû naiſtre ,
le
Ce Miniftre infolent quife livre
en nos mains ,
Ne rendra pas fi tôt fa réponse
aux Romains ;
GALANT . 245
Que ne puis-je , Nerbal , au défaut
du tonnerre ,
De Rome , dans ma Cour vanger
toute la terre.
Nerbal infinue au Roy qu'il
y a grand peril à violer ainfi
le droit des gens , que les Romains
ne manqueront pas de
venir les armes à la main tirer
vengeance de cette infulte.
Le Roy répond :
Je ne crains point Sylla , les troubles
d'Italie
Ont dequoy l'occuper le reste de
Sa vie.
Enfuite il decouvre à Nerbal
les foupçons jaloux , qui
-
X jij
246 MERCURE
s'élevent dans fon ame , il fe
fouvient de l'avis que l'Envoyé
de Sylla luy a donné dans la
troifiéme Scene .
Arifbe a pris pitié de cet infortuné
,
Elle croit que , fans elle , il étoit
condamné ;
Je voulois luy donner , pour preu
ve de mon zele ,
C
que
mon interêt m'avoit dicté
fans elle ;
Mais au fonds de mon coeur s'éleve
un noir foupçon .
Nerbal dir au Roy , que
puifque Marius lui eft fufpect ,
il ne doit pas s'obſtiner à le
GALANT 247
retenir dans la Cour ; le Roy
ſe refuſe à cette confideration,
il infiſte ſur l'interêt qu'il a à
verifier ou démentir les foupçons
.
Allons trouver l'ingrate ,
Arrachons fon fecret par l'espoir
qui la flatte ,
Et,fi de cet amourj'ay des avis
certains
,
Malheur à qui m'outrage , &
malheur aux Romains.
Fin du fecond Acte.
Xiiij
248 MERCURE
ACTE TROISIEME.
SCENE PREMIERE.
Marius;père,feul.
Marius n'a point vû ſon
fils depuis le fecond Acte , il
reflêchit au peril de
trevue,
dont Hiempfal a efté témoin ,
il excufe le filence & l'immobilité
de fon fils par le trouble
qu'il a reffenti lui même , &
par la violence qu'il s'eft faite
pour le furmonter. Son fils
arrive.
GALANT. 249
Rઉલ્યુ છે
SCENE II.
Marius , fon Fils.
li- Lejeune Marius arrive fur
la Scene , fon pere vole à fa
rencontre ils s'embraffent
avec les demonſtrations
Iles
plus tendres le pere demande .
au fils , file Roy n'a rien foupa
çonné de leur embarras commun.
Le fils répond que non
que le Roy detefte dans Ma-l
Fius , d'aflaffino de Marius mê
me Aprés cet éclairciflement
,
Matius reproche avec bonté à
fon fi's fa paffion pour! Arisbe,
paffion qui l'a jufqu'ici foaf
250 MERCURE
trait à fon devoir.
Fe fçais que vostre coeur répond
àfa tendreffe.
•
Un coeur Romain peut-il
fans honte recevoir les loix
d'une Numide ?
Le coupable s'excufe ici , à
peu prés , comme il s'eft excafé
du même reproche dans
la premiere Scene du premier
Acte , c'eſt à dire , qu'il offre
les vertus éminentes d'Arisbe
en compenſation de ſa naif
fance.
Marius pere répond. C'eſt
donc à la Princeffe à juft fier
par unc action d'éclat la pâſGALANT
250
fion qu'elle vous a infpirée à
exigez d'elle , mon fils , qu'elle
facilite vôtre évafion , qu'elle
vous ménage des moyens feurs
d'échaper la nuit prochaine à
Hiempfal ; faites lui craindre
que le Roy déferant à des vûës
vraïement politiques , ne fente
enfin le peril de refufer aux
Romains la victime qu'ils exienfin
que le même
gent ,
amour
qui faifoit
voftre
hon.
te , devienne
l'inftrument
de
vôtre gloire & de ma vengeance
. Après
avoir dicté à fon fils
fon devoir
, il fe retire , en lui
recommandant
de cacher
font
252 MERCURE
déguiſement a la Princeffe.
SCENE III.
Le jeune Marius , Arifbe.
Marius declare à Arisbe
qu'il ne compte point fur la
foi des promeffes d'Hiempfal,
que les menaces du Senat lui .
feront rétracter fes premiers ;
fentiments lorfqu'il aura medité
mûrement fur fon peril ,
qu'il ne voit qu'un moïen d'échaper
au fort qui le menace ,
ce moien , c'eft que la Princeffe
facilite fon évafion la nuit prochains,
o
Arisbe rejette la propofi- :
GALANT. 253
tion de Marius ; lors que vostre
pere vivoit encore , vous vous
deviez entier à ſa vengeance
je hâtois voſtre fuite fans me
laiffer ébranler à la vûë de ma
perte & de vôtre propre peril ;
aujourd'huy que vôtre fort a
changé de face , ma conduite
doit s'accommoder à fa révo .
lution , vôtre pere eft mort
avec luy tombent toutes vos
efperances , avec luy tombe
le courage des amis que fa dif
grace n'avoir pu luy enlever ,
la vengeance de Sylla n'eft
point encore affouvie , il demande
vôtre fang. Tout PU254
MERCURE
,
nivers femble avoir confpiré
vôtre perte , cette Cour eft le
feut alyle qui raffeure Arisbe
allarmée , cile y veille au foin
de vos jours ... Ce foin vous
importune , cruel voilà le
peril auquel vous voulez échaper...
à ce reproche tendre
Marius répond qu'il ne fe fent
pas la force de voir fon hymenée
qui doit fe celebrer le lendemain
avec le Roy.Arisbe lui
reproche fon injuſtice
croyez vous donc , ingrat , que
je fois capable de donner ma
foy à Hiempfal , non , Marius,
que cette crainte n'entre pour
•
GALANT . 255
rien dans vos deflcins .
Marius eft forcé de ramener
la Princefle au peril que le
Roy n'cxauce enfia l'Envoyé
de Sylla.
Arisbe répond , ne crains
rien , Marius , de cet execrable
affaflin , j'ay pourvû à fon
fupplice il fera égorgé par
mon ordre la nuit prochaine,
Marius fremit du peril de
fon pere , il rappelle les efprits
& s'efforce de détourner la
Princeffe de ce meurtre. Arisbe
furpriſe , confuſe , impure
à lâcheté les fentiments
de Marius , je voulois , luy
256 MERCURE
dit - elle prendre fur mon
compte ton propre devoir ,
je voulois te cacher mon projet
& te donner la joye de la
furpriſe , lors qu'il auroit eſté
confommé , tu m'as forcé de
te confier mon , deflein & au
lieu d'en envier la gloire , tis
l'envifages avec horreur ; mais
n'importe , je fuppleray à ta
foibleffe &je n'écoute plus tes
répugnances.
Qui doit ne te plus voir , n'arien
a minager! To
Marius fe trouve alors forcé
pour fauver fon pere de réveler
à la Princeffe le fecret qui
luy
GALANT. 257
luy avoit efté impoſé à la ſeconde
Scene de cet Acte. Le
Roy paroift au fonds du Theâtre.
SCENE IV.
Le Roy , Arifbe , Marius .
Le Roy arrive pour éclaircir
fes foupçons jaloux avec la
Princeffe. Il prie Marius de fer
retirer & refte feul avec Arisbe.
SCENE V.
Le Roy , Arifbe.
Hiempfal dit à la Princeffe
qu'il commence à fentir que la
protection qu'il accorde à Ma-
Novembre 1715. Y
258 MERCURE
rius luy peut devenit fatale
il luy demande enfuite ce que
penfe Marius dans ces triftes ,
conjonctures .
La
Princeffe répond que
Marius fent toute la rigueur
de la deſtinée ; mais que la generofité
du Royle raffûre contre
la perfecution de Sylla icy
il luy échape quelques pleurs.
Le Roy marquant ces
pleurs , lui dit .
Vous partagez les maux
qu'auroit- il à craindre ,
eb
Quelque foitfon malheur , je ne
faurois le plaindre ,
Madame , & quand on peut être
GALANT. 259
écouté de
vous ,
Prêt à perdre la vie on fait mille
jaloux :
Ah ! dans lefort affreux qui caufe
mes allarmes
Ponvoit- il être plaint par de plus
belles larmes ;
Vous vous troublez ?
Anfbe répond:
Qui , moy , Seigneur , quoy vous
pensez ...
Le Roy:
Oui vous l'aimez , perfide , &
vous me trahiffez.
Non , Seigneur , reprend
Arifbe , vous n'eftes point trahi
, je fais gloire d'avoir efté
Y ij
260 MERCURE'
fenfible aux malheurs d'unHeros
digne d'un autre fort , our ,
la haine ingrate des Romains
liguez contre lui , m'irrite , j'aimois
en lui l'illuftre ennemy de
ces tirans abhorrez de tout l'U
nivers ...mais les Dieux l'ont
condamné ; puiſqu'il vous de
vient fufpect ,je l'abandonne à
toute l'horreur de fa difgrace ,
ouï , Seigneur , qu'il foit la
victime de ma gloire & de
voftre repos , livrez Marius
la fureur de Sylla.
Le Roy hefite à croire
qu'Anbe parle icy fincerement
, mais elle appuye fur le
GALANT . 261
confeil de livrer Marius , &
declare qu'elle va annoncer à
l'Envoyé de Sylla que le Royluy
abandonne fa victime.
Le Roy adopte ce confeil .
C'eft affez , y confens , qu'en
partant de ces lieux ,
Il emporte avec luy des foupçons
odieux.
Arisbe fort pour s'acquitter
de la commiffion dont elle
vient de fe charger , le Roy
refte feul fur la Scene.
SCENE V.
Le Roy feul.
Hiempfal dans un mono262
MERCURE
M..
logue d'environ vingt vers fe
juſtifie de fon mieux du crime
de manquer de foy à Marius.
Rome à fon gré de fes
enfans difpofe,
Ah!
que
N'allons point reveiller fafureur
qui repofe
Laiſſons-là s'afforblir & tomber
par fes coups ,
Je me vangeray d'elle en fervant
fon courroux.
Nerbal arrive.
SCENE VI.
Le Roy , Nerbal.
Nerbal en arrivant dit avec
émotion :
GALANT . 263
Ah Seigneur croirez vous ce que
je viens vous dire ,
Le Roy... quoy donc ?
Neibal ... Marius n'eft point
mort.
Le Roy , il refpire ? ....
mais comment pouvoir douter
de la mort de Marius , elle
m'eft atteſtée par fon affaffin
niême ... Seigneur , répond
Netbal , défiez vous de l'Envoyé
de Sylla .
Tout ce qu'il vous a dit n'eft
qu'un vain stratagême ,
Cet affaffin ....
Le Roy. Eh bien !
T
Netbal. C'eftMarius lui - même.
264 MERCURE
Le Roy. Mais cet Envoïe
de Sylla , que tu prétends être
Marius lui même , m'a remis
la Lettre de Sylla avec le Sceau
du Senat ?
Nerbal ... Seigneur , je fuis
certain que cet Envoïé n'eft
autre que Marius , il a été reconnu
ici par un Soldat , qui l'a
connu dans le temps qu'il
commandoit lesRomains contre
Jugurtha ; le témoignage
de ce Soldat ne m'eft point fufpect
, il a vû durant plufieurs
Campagnes ce Romain dans
nos contrées , & d'ailleurs Marius
eft un de ces hommes dont
les
GALANT 265
les traits font trop marquez
pour pouvoir être confondus..
Ses traits font trop marquez pour
pouvoir s'y méprendre.
Le Roy aprés cet avis renvoie
Nerbal.
C'en eft affez , Nerbal , dans
Labs cette obſcurité
• Firay jusqu'à son coeur chercher
la verité.
7
Fin du troifiéme Acte.
ACTE QUATRIÈME,
།
SCENE PREMIERE.
Arifbe , le jeune Marius.
Arisbe apprend à Marius
Novembre 1715. Z
266 MERCURE
qu'il va enfin eftre livré à fon
pere ,que le Roy par un fen
timent jaloux l'abandonne à
la vengeance de Sylla.
Ilfauve la vertu par le motif
du crime.
Marius fe refufe à la joye
& fe donne entier à la douleur
de perdre Arisbe , il ofe enfuite
lui propofer de fuir avec
lui. Arisbe detefte ce confeil.
Je reffens , lui dit elle , toute
l'horreur de la perte que je
fais en te fauvant ; mais ma
douleur toute profonde qu'
elle eft , ne me fera rien faire
indigne & de Marius
quic
& d'Arisbe.
GALANT. 269
·
Marius lui demande comment
elle pourra échaper au
devoir qui la condamne à
époufer le Roy... laiſſez moy,
réponder elle , laiſſez moy le
foin d'accorder ma gloire &
mon repos , je fçauray me
dérober à cet hymenée fans
intereffer ma vertu.
Marius comprend que la
Princeffe medite de fe donner
la mort aprés lui avoir accordé
fa liberté, il fe livre à la douleur
la plus defefperée.
Arisbe lehenappelle à des
fentiments plus conformes à
fes deftinées prefentes , elle lui
Zij
$68 MERCURE
mot
retraces les devoirs qui llaftachent
à la fortune de fon perez
elle allume dans fon coeur tou
te la fureur de la vengeance }
& quitte enfin Marius à qui
elle dit pour adieux :
Je vous aime je fuis, vous m'aiz
mez frieze mosdərba
Tandis queda Princeffe fort
par un côté dy Theatre , Maius
percentre par l'autrening
Sbrocas nove tulebyr 100
SCENE +
Marius , fon Filsaq ul
Marius qntnetidnodlom fils
du grand fpectacle que fa ventgeance
va donner à l'Univers
GALANT 269
il luy montre à la fuite de fes
itriomphes la dignité de Conful
que les Dieux lui promertent
pour la feptième fois ,
jouit par avance du fang de
Sylla & de fes Confederez ; ces
images n'enflament point le
jeune Heros, il n'eft occupé que
do crime de s'armer contre fa
fon
propre
Patrie
, pere com
bat fon fcrupule
par la- maxime
fuivante
, a bea
Quand on voitfur le Trône un
injuste pouvoir ,
La revolte eftpermifé & devient
un devoir.
-Le jeune Marius, amuſé en-
Z iij
270 MERCURE
fuite fon pere des interefts
d'Arisbe , le pere aprés lui
avoir fait honte de fa foibleffe
lui donne fes derniers ordres
par ces paroles.
Songe à Rome , au Tyran qui luy
donne la loy.
Le Roy paroiſt au fonds du
Theâtre , Marius renvoïe fon
fils.
Sors , nous fommes perdus , le
Roy nous trouve enfemble.
SCENE III.
Le Roy , Marius , Envoyé de
Sylla
Le Roy trouvant icy l'EnGALANT.
271
voyé de Sylla en bonne intelligence
avec Marius , a raiſon
d'ajoûter quelque foy à l'avis
que Nerbal luy a donné à la
fin de l'Acte precedent , il
veut donc penetrer ce mystere;
voicy comme il s'y prend .
Le Roy ... De voſtre cruauté,
Seigneur , je fuis furpris ,
Teint du fang paternal s'offrir
aux yeux du fils ?
Marius répond que chargé
par le Senat de conduire le
profcrit à Rome , ils doivent
s'accoûtumer à la vûe l'un de
l'autre.
Le Roy...Il ne vous verraplus,
Z iiij
272 MERCURE
Seigneur , & dés demain or
Vous ne fortez d'icy que fa tefte
à la main, i
Marius . Que dites - vous
*Seigneurs
Le Roy .. D'où vient cette
furpriſe !
Lorfque dans vos deßeins ma
main vous favorife,
Les Romains, continue til,
exigent que je leur livre Marius
, ils ont juré la mortelle
leur coûteroit un cime , je
prends fur moy la honte de
ce crime .
Venez donc , Suivez may , Sei
gneur,foyez témoin i
CALANT * 73
Que je fais quelquefois fervir
Rome au besoins sula
Le Roy remarque le trou
ble de Mariusiu tave diom
Vous fremißez ? quelle terreux
fondaine portal
Peut faire en moins d'un jouk
chanceler votre haine.
Marius reprend toute fa
dignité , & die au Roy qu'il
ne penetre pas fes vrais fentimens
, qu'il eft bien éloigné
de compatir au fort d'un Romain
qui a merité la haine de
La Patrie , mais qu'il eft indigné
qu'an Roy ofe penſer à
vanger Rome . Sçachez qu'elle
174 MERGURE
eft jalouſe de ſes decrets , fçachez
qu'un Romain.condamné
par la Patric doit être immolé
avec pompe dans fon
propre fein , & que la victime
illustre reçoit le tribut confolant
de fes pleurs.
Elle en reffent une douleur
profonde ,
Et la mort d'un Romain doit un
exemple au monde.
Le Roy .. vous trahiffez ,
Seigneur , les intentions de Sylla
, il a fait choix en vous d'un
Miniftre infidele ; pour moy ,
je fçaurai le fervir au gré de
fes fouhaits.
GALANT 275
Etpar un Envoyéplusfidele que
evousy .
L'inftruite que mon bras afervi
fon courroux.
Marius Ah , Seigneur ,
arrêtez ?
Le Roy ... C'est trop longtemps
attendre.
Marius .. Je perirai moi - même ,
ou fçaurai le deffendre.
Le Roy.. Seigneur , j'ouvre les
yeux je fuis aff-z inftruit ,
Et par un bruit trompeur on ne
m'a pas féduit.
Le jeune Marius vous eftcher.
Marius ...Moy je l'aime.
Le Roy...Vous deffende um
fils ?
176 MERCURE
Marius ...Moyfun pere?
Le Roy... Quy vous - même.
Su Marius vorant que tour cft
découvert , & que la feinte devient
inutile , die au Roys
Oly , je fuis Marius
Et mon nom eſt trop beaupour le
difavoiter.
Voyodes fimires dans lèlt.
quelles j'ai refferrentes Etats
autrefois fi vaftes , effaic ton
pouvoir fur deux hommes illuftres
qui tiennent ferme çontre
l'Univers armé ,
Mais crains encor le fort daiFugurtha
, pubi A
Aprés ces courageufesind
CADANI 177
naces , Marius quitte la Scene
le Roy,ordonne à fes Gardes
dele livro. A such ran2
Gardes , fuinez fes pas , quel orto
gubil & quelle andace
Arrefté dans mes fers , l'infolent
51 lí , abimpe menace uplo
Il mounequal sub 12 6 sivil
CONA SCENE IV, 10.V
LaRyYoul
alle Le Roy obvie me gjht
Marius lui a donné à la troifiéme
Scene du fecond Acte
des foupçons contre Arisbe.
Le perfide ? il ofoit accufer ce que
J'aime
278 MERGURE
Ab !je vois les détours de fon
vain ftratagême ,
Sans doute il fperoit que més
Joupçons aigris
Dans fes bras à l'inftant alloient
livrerfonfils.
Quelques vers aprés , il fe
livre à un autre foupçon.
Mais quel auire foupçon
Vient jetter dans mon ame un
funefte poison ,
Dufort de Marius Arisbe eft-elle
As inftruite ?
Cherchoit elle du fils , ou la mort,
adar ou lafuite ? A
Ah !
fanstrop
éclaircir
unodieux
GALANT. 279
mysteres
Faifons couler le fang & dufils
du pere ,
Pourquoi chercher entr'çux tant
de prétextes vains
Tous deux font criminels , tous
deux ils font Romains .
Point de pitié , fuivons le tranf
port qui m'anime , an
Et nous verrons aprés fi c'eftjuf
tice , ou crimejmong a li
2017 M xush est
Fin du quatriémo Actenos
* MERCURE
ACTE CINQUIEME
SCENE PREMIERE,
2023 202 Arisbe feule,
28 Dans l'entre -temps du quatriems
Acte au cinquième
Arisbea santé la foy d'Amin
tas , Capitaine des Gardes du
Roy.ll's'aft livré à fes deffeins ,
il a promis de faciliter l'évaſion
des deux Marius , il a déja
comfileursgardes deslol.
dats fur lefquels if croit pouvoir
compter.
Arisbe troublée s'occupe
icy du grand évenement.
qu'elle
GALANT. 281
qu'elle vient de preparer .
Amintas me fera il fidele
aurat ille courage de fauver
au Roy , le crime qu'il médite ;
il a peut eftre , le perfide , il a
peut - eftre déja trahi mon fecret
. mais , non on ne me
trahit point , Amintas m'eſt
filele , il fauve Marius ch
quel coeur grands Dieux ,
feroit affez baibare pour lui
manquer de foy …… . Phoenice
arrive. M
•
25 SCENE IL
Arisbe , Phoenice.
Phoenice vient dire à la Prin-
Novembre 1715.
A a
282 MERCURE
ceffe , que la Barque eft fur le
rivage , en état de recevoir les
deux Romains ... Cethegus
paroift.
SCENE III.
Arisbe,Phanice , Cethegus.
Cethegus apprend à la Princeffe
qu'Amintas a rétracté les
engagements , que la réflexion
la ramené à fon devoir envers
le Roy , qu'il vient de changer
la garde des deux Marius &
qu'ils font tres étroitement
refferrez.
Le remords s'eftfaifi de cette ame
vulgaire ,
GALANT . 283
Il a changé la garde , & du fils
du pere ,
Taus ceux qu'auprés de nous vos
foins avoient placez
Parfon ordre cruel viennent d'être
chaſſez.
Céthégus fe retire aprés
avoir annoncé cette funefte
nouvelle , Arisbe de fofperée
renvoye Phoenice pour obſerver
tout ce qui fe paffe , &
luy en venir rendre compte.
Le jeune Marius arrive fur la
Scene.
A a ij
284 MERGURE
SCENE
IV
a 'I
13
Arifbe , le jeune Marius. T
Ces malheureux Amans s'entretiennent
douloureufement
de leur peril commun . Marius
qui voit la mort certaine ,
fupplie Arisbe de luy fauver la
honte de perit par les mains
d'Hiempfal , il exige avec inftance
qu'elle luy donne fon
poignard ... d'abord Arisbe
a horreur du deffein de Marius
; mais comme il infifte en
juftifiant fon defefpoir , elle
code , mais animée du même
courage,ouï, dit - elle , infultons
GALANT 288
au fort qui nous menace , tu
recevras ce poignard de la
main d'Arisbe , mais teint de
fon fang ... le pere de Marius
qui arrive fur lay Scene fuivi
de Céthégus fufpend le defef.
poir des Amans.
IV SXB2
SCENE V.
Arifbe , Marius , fon Fili.
Marius vient annoncer à
fon fils qu'enfin tout est prest e .
pour le départ Qu'Amyntas
n'eft rien moins qu'infidele ,
qu'il avoit change la premiere
garde pour en fubftituer une
d'une fidelité plus, éprouvét ,
286 MERCURE
Céthégus prefente une épée
au jeune Marius qui demeure
immobile les yeux fixez fur
Arisbe. Marius pere foûtenu
des genereux confeils d'Arisbe
même emmene enfin fon fils.
SCENE VI.
Arifbe feule.
Arisbe dans une Monologue
Elegiaque , fe livre aux
mouvemens variez de ſa douleur
... Phoenice arrive.
SCENE VII.
Arifbe ,Phænice.
Phoenice vient dire à la PrinGALANT
287
"1
•
ceffe que le Roy inftruit de la
fuite des Romains les fait pour
fuivro, à peine a t'elle dit cette
nouvelle que le Roy paroift
au fonds du Theâtre donnant
cet ordre à Nerbal.min
Ils mourroient glorieux en mourant
fous les armes ,
Qu'on deffende leurs jours de tout
fanglant effort ,
Soldats , je veux leur honte encor
leur mort.
plus
que
Le Roy
aprés
avoir
donné
cet ordre avance fur le devant
du Theâtre.
188 MERCURE
SCENE
VIII
$1150 Le Roy , Arifbeit
Le Roy ... Quoy , Madame, en çes
* lieux vous devancez kaurores
Qui pourra m'expliquer des proz
-Lois ta jets, que j'ignorewho medi
Que cherchez vous icy , dans
20h l'instant précieux voy
Où le fommeil encor devroit ferwasto
mer vos yeux;
I
Vous ne répondez rien ? on me
danobutrabit cruelle.
- Atisbé répond au Roy qu'ch .
le fe juftifiera mieux qu'il ne
voudra luy même des foupçons
qu'il a conçû contre elle.
-Je
GALANT . 289
Je me juftifieray mieux que vous
ne voudrez .
Le Roy .. Ah je vous aime encor,
tâchez d'eftre innocente ,
Madame ……….
Nerbal arrive.
SCENE IX.
Le Roy , Arifbe , Nerbal.
Nerbal vient apprendre au
Roy , que les deux Romains à
force de courage, ont échapez
aux affaillans , qu'aprés en avoir
fait un grand carnage , ils ont
paffez le Ruber à la nage , &
ont laiffez les troupes du Roy
fpectatrices de leur fuite.
Novembre
1715 . Bb
290 MERCURE
Le Roy entre en fureur &
s'adteffant à Nerbal , dit ...
Tu te plais à vanter les efforts
de leur bras ,
C'eft toy qui m'a trahi , perfide
tu mourras.
Arisbe alors revele au Roy,
que c'est elle qui a fauvé l'un
& l'autre Marius , de fes mains
barbares ; que le feul Amintas
eft entré dans fa confpiration.
Elle avoue fa paffion pour le
jeune Martus . Voila tous mes
forfaits , dit - elle , & fe frappant
d'un poignard, ajoûte : Et voila
ta victime.
GALANT. 291
Le Roy. Ah , Madame ; elle expire',
belas ! Dieux inhumains
Faut- il payer fi cher le falut des
Romains.
Fin du cinquiéme & dernier
dAcc. dam.b
L'Auteur de l'extrait a fouhaité
, que je transferaffe au
mois prochain l'impreffion de
fon examen critique. Il m'a dit
pour raifon , que , quoy que
Les remarques ne doivent entrer
en aucune confideration
dans le fort de la Piece , il luy
fembloit du devoir étroit d'un
galant homme , de ne les faire
Bb ij
292 MERCURE
paroiftre , que quand l'Auteur
aura recueilli tous fes droits.
Cette Tragedie, en lui fuppofant
même le plus grand fuccés
, fera dévolue aux Comediens
le mois prochain , & fera
imprimée , alors la critique
aura d'autant meilleure grace
à le montrer , qu'elle fera contradictoire
avec la Piece , com
Pendant que nous fommes
fur le chapitre de la Comedie ,
il eft à propos de dire en paffant
un mot des Comediens , non
pas que je croye le Lecteur fort
intereffé à lire ce qui les reGALANT
293
garde ; mais parce qu'érant
membres d'une Troupe publique,
& expofée tous les jours à
la vue de tout le monde, il peut
fe trouver des gens curieux
d'apprendre de leurs nouvelles
& c'est justement pour ceuxlà
que je dis que Meffieurs Poif
fons pere fils font rentrez à
la Comedie , qu'ils y ont joücz
avec fuccés , & reçû mille applaudiffements
; mais que malgré
cette juftice dont le Public
les honore, les Spectateurs font
rebutez de fe les entendre annoncer
& de voir tous les
jours les affiches ornées du fafte
Bb iij
194 MERCURE
de leur nom .. @ matt
C'eft en leur faveur qu'on
a été obligé de faire une reforme
,Maadame la Ducheffe de
Berry ne voulant point , par
ún excés d'indulgence , charger
la Troupe d'un nombre
furnumeraire d'Acteurs . Le
fieur Moligny a eu le malheur
d'être compris dans cette reforme
, fans que fa difgrace aie
été une fuite de fa negligence
ou de fon incapacité ; mais feulement
parce que le fieur Dumirail
qui faifoit les mêmes
rolles que luy , a eu fur luy l'avantage
d'eftre propre aux BalGALANT
295
ces
lets & autres divertiffements
qui ont lieu dans plufieurs picla
Comedie n'ayant pas
d'ailleurs la liberté de prendre
hors de fa Troupe , des Acteurs
pour fervir à l'execution
de ces divertiffements . Voila
le motif de fon exclufion ; mais
un grand nombre de fuffrages
illuftres luy donne lieu d'efperer
la rentrée à la Comedie.
J'ajoûte à cet article que les
Comediens nous menacent
, ou
plûtôt qu'ils ont refolu de mettre
les places de leur Amphitheâtre
à trois livres douze
fols. Si on les laiffe les Maîtres
Bb iiij
296 MERCURE
de cette vexation , à qui en appeller
de leur tyrannie ? c'eſt
auPublic luy même , à s'en venger
, & il eft trop fage , pour
daigner honorer de fa prefence
, les Tyrans de fes plaifirs.
On continuë a joüer Marius
,M. Ponteüil y fait le rôle
d'Hiempfal & M. Beaubours
celui de Marius le Pere , &
quoyque l'Auteur juge , que
le rôle de Marius eft le rôle
fuperieur, M Ponteüil a trouvé
le fecret de faire primer le
fien. Pour le rôle du jeune
Marius , reprefenté par M.
Quinaut , les fpectateurs ont
GALANT. 297
eûlieu d'en eftre fort contents.
Le rôle d'Arisbe a efté parfaitement
rempli , Mademoifelle
Duclos en étoit chargé,
qu'on reprefente encore avec
fuccés , verroit fon extrait &
fa critique trop tard , fi je
m'expofois à attendre qu'on
ne la jouâr plus pour en parler..
Extrait de la Tragedie nouvelle ,
intitulée Marius. '
Le
15. de ce mois on joua
pour la premiere fois la Tragedie
de Marius.
Ce Poëme s'eft montré au
Theâtre, fier d'une reputation
illuftre qu'il s'étoit déja faite.
Novembre 1715. S
210
MERCURE
dans plufieurs affemblées fçavantes
, il n'a pas mal foûtenu
fes titres , & le public luy donne
enfin une place honorable
entre nos pieces modernes.
Je fouhaiterois pouvoir faire
à cette Tragedie toute la
juftice qu'elle merite en l'annonçant
icy dans un extrait fidele
qui en retraçât l'idée à
ceux qui luy ont applaudie , &
qui la fic defirer à ceux qui ne
l'ont point encore vûë ; mais
comme elle n'est pas
' mée , & qu'elle ne m'eft connuë
que par la repreſentation ,
je rendray compte feulement
impriGALANT.
FI
*
pû
de ce que ma memoire en a
recueillir . Je rapporteray dan's
cet extrait tous les vers que je
pourray me rappeller pour en
faire honneur à l'Auteur , je
les melleray confufément avec
la Profe que je fupplée pour
rendre au moins le fens du
dialogue Aprés avoir donné
de cette piece l'idée la plus
vraye qu'il me fera poſſible ,
J'en hazarderay la critique , je
rendray compte de mes jugcmens
, avec tous les égards
dûs à un Auteur qui a merité
Teftime publique. Une criti
que moderée eft fouvent
Sij
212 MERCURE
moins nuifible à un bon ouvrage
qu'une exceffive apologie
; le public fe revolte con.
tre un examen trop indulgent,
& fa malignité ne manque jamais
de fe dedommager avec
excésdes droits legitimes qu'on
Juy refuſe . Monfieur de Caux
n'a pas befoin qu'on luy faffe
grace , je compte même que
fije luy decelois par hazard
quelques fautes échapées à fes
recherches , il m'en fçauroit
quelque gré, d'autant plus qu'il
fent que fa piece eft dans le
cas de ces beautez fingulieres
qui , fûres de tous les coeurs ,
GALANT. 213
foutiennent fans honte le reproche
de quelques défauts
rachetez par des graces fupericures
.
SUJET.
Marius chaffe de Rome par
la faction de Sylla , fe retira en
Afrique , fon fils qui l'accom
pagnoir, tomba entre les mains
d'Hiempfal Roy de Numidie,
qui le retint prifonnier ; une
des femmes de ce Roy, amoureule
du jeune Marius , eût la
generofité de luy procurer des
moyens de fortir de fa prifon,
quoyque par fon évafion elle
le perdit pour jamais.
214 MERCURE
Monfieur de Fontenelles a
tiré de ce trait d'hiftoire le fu
jet d'une Epître heroïque , qui
a pour titre , Arbe au jeune
Marius , it fuppole qu'Arifbe
écrit à Marius aprés qu'elle luy
a rendu la liberté , & qu'il a
rejoint fon pere.
Le même trait hiftorique
qui a donné occafion à cette
magnifique Epire , eft le germe
, pour ainfi dire , de notre
Tragedie : voyons comment
ce germe fe develope dans la
marche de l'ouvrage .
GALANT. 215
ACTEURS.
Hiempfal , Roy de Numidic .
Arfbe , deftinée à l'hymen
du Roy , Amante du jeune
Marius .
Le jeune Marius , Prifonnier
à la Cour d'Hiempfal
.
Le pere de Marius , fous le
faux nom d'Envoyé de Sylla .
Nerbal, Confident duRoy.
Phoenice , Confidente de la
Princeffe.
Cethegus , Confident du
jeune Matius.
Numerius
Marius , pere.
Confident de
La Scene eft dans une Salle du
Palais
d'Hiempfal.
216 MERCURE
ACTE PREMIER.
SCENE PREMIERE.
Le jeune Marius , Cethegus.
Cethegus ouvre le Dialogue
par ces Vers.
Qui peut vous retenir, Seigneur ,
fur cette rive ,
UnRomain doit rougir d'une douleur
oifive ,
Perfecuté du fort , fans en être
abattu ,
Il faut
que fa difgrace
ajoute
à fa vertu.
Pourriez-vous. oublier le
Heros illuftre que les deftins
poursuivent,
GALANT.
217
"
pourfuivent ,fericz vous fourd
à la voix d'un Pere infortuné
qui vous appelle à fon fecours ;
il a cfté un temps où privé de
refſources
, vous ne pouviez
donner que des pleurs à la difgrace
mais aujourd'huy vous
éprouvez une heureuſe révolution
; le Roy vous offre ſa
protection verifiez la promeffe
des Dieux qui ont annoncé
qu'un Roy de Numidie vangeroit
deux Romains opprimez
par leurs Concitoyens
.
Marius s'enflame
à ces genereux
confeils ; mais il demande
comment
il pourra fe-
Novembre
1715 . T
218 MERCURE
courir ce pere malheureux ,
puifqu'il ignore en quel climat
il s'eft réfugié.
A cela Cethegus répond .
Non , non , quelques deferts qui
Le puißm cacher,
C'est à Rome , Seigneur , qu'il
vous le faut chercher.
Affemblez y una Armée en
fon nom , lorfqu'il ſe verra
un party puiffant , il ofera ſc
montrer à fon ingrate Patrie ,
le peuple impatient du joug
de Sylla , n'attend que ces infrant
pour prendre les armes .
Il finit fon exhortation par
ces mots .
GALANT. 219
Faut-il qu'on delibere ,
Quand on va fecourirfa Patrie
&fon Pere ,
Le Roy jufqu'à ce jour paroiſſoit
incertain ,
Mais enfin il vous met les armes.
à la main
Dans nos communs malheurs
Arifbe s'intereße.
Marius fe rend aux confeils
de Cethegus ; mais aprés avoir
pris fon parti , il le fouvient
d'Aufbe & ces mots luy échapent.
Princeffe infortunée
Que je te vais couter de foupirs
de pleurs.
Tij
220 MERCURE
Cethegus demande à Marius
pourquoy il plaint le fort de
la Princelle.
Elle vange un Romain , un Roy
puiſſant l'adore ,
Que luy refteroit il à fouhaiter
encore ,
Déja pourfon hymen tout femble
preparé.
Marius répond
.
Helas ? que ne peut il être encor
thedifferé.
Cethegus penetre alors le
myftere , il s'efforce de faire
fentir à Marius tout le peril de
fa paffion pour Arifbe.
Ouvrez les yeux , voyez que de
GALANT.
221
malheurs enfemble ,
Que de crimes , Seigneur , un tel
projet raẞemble ;
Ce Roy , dont les bontez ont confervé
vos jours ,
Ce Roy , qui vous peutfeul af
feurer du fecours ,
C'eft luy que vous bravez.
Mais , d'ailleurs , quel espoir peut
vous avoirflatté?
Penfez- vous , qu'expofant &fa
gloire &&fa vie
Au fort d'un fugitif la Princeße
fe lie ?
Ah, croyez moy , Seigneur, vous
prenez pour amour
Tiij
222 MERCURE
La pitié, que pour vous elle montre
en ce jour.
Marius apprend à Cethegus
qu'il eft en effet tendrement
aimé de la Princeffe .
Cethegus luy reprefente
combien il eft honteux à un
Romain d'aimer une Numide.
Marius fe deffend de ce reproche
en traçant le caractere
de la Princeffe , dont la vertu a
fçû commander à ſa paffion
au point qu'elle a la force de
hafter fon départ.
Quoy donc répond Cethegus
, une Aftiquaine vous
dicte voſtre devoir ? eh bien ,
GALANT. 223
Seigneur , fuivez les genereux
confeils , & lors que vous aurez
mis la Mer entre elle &
vous , je n'hefiteray plus à la
croire digne de Marius.
Marius infifte , & demande
où il pourra trouver du fecours
:
Cethegus répond d'abord
que les Dieux feront pour Marius
, qu'il eft cheri des Afriquains
, qu'il tirera de grands
fecours en Lybie & en Mauritanic
, enfuite il luy trace fa
route . Nous nous embarquerons
fur le Ruber , quand nos
Vaiffeaux feront arrivez à la
Tij
224 MERCURE
Mer , nous pourrons en deux
jours aborder à Terracine &
bientoft aprés au Port de Te-`
lamon. C'est là que Cinna
profcrit par l'ennemy communs'eſt
réfugié. Vous attendrez-
là une armée que je ne
tarderay pas à vous conduire ,
vous inftruirez par des avis fecrets
nos amis découragez
qui partiront de Rome pour
fe raffembler à Telamon. Ce
beau deffein ainfi détaillé , la
Princeffe arrive. Cethegus fe
retire en difant ces mots.
La Princeffe vient, à vos devoirs
fidele
GALANT. 225
1
34
Seigneur , fongez toujours qu'un
pere vous appelle.
SCENE II.
Le jeune Marius , Arifbe.
Marius aborde. Anfbe , &
aprés luy avoir annoncé qu'il
va fe féparer d'elle , il s'interrompt
pour luy demander la
caufe de l'extrême douleur
qu'il remarque fur fon vifage .
Arisbe luy répond qu'elle
va luy annoncer un grand malheur.
Marius demand file Roy auroit
changé de fentiments à
fon égard. Preparez - vous ,
226 MERCURE
luy dit elle , à une plus funefte
nouvelle. Alors Marius n'hefite
pas à foupçonner qu'on
luy vá annoncer la mort de
fon
pere.
Arisbe confirme fon foupçon
, & luy apprend qu'en effet
un Tribun ayant commiffion
du Senat a affaffiné
fon pere®,
que cet affaffin eft à la Cour
d'Hiempfal' , qu'il a prefenté
au Roy l'ordre du Senat par
lequel il exige qu'on livre le
jeune Marius à la vengeance
de Sylla.
Matius faifi d'horreur fc.
livre aux tranſports les plus
GALANT. 227
violents , & jure la perte de
l'execrable meurtrier de fon
pere.
*
Arisbe calme les tranfports,
de Marius, en luy apprenant
qu'il a affaire à un ennemy redoutable
, qu'elle a envisagé
cet infamne affffin , & que
malgré l'horreur dont fon
crime l'avoit prevenuë , elle
avoit cfté frappée de veneration
à la vûë des vertus dont
il portoit l'image fur fon front;
elle ajoûte que le Roy n'a point
encore expliqué fes intentions,
& qu'elle va employer fes bons
offices en faveur de Márius
228
MERCURE
•
Marius quitte la Scene en
difant ces paroles .
De vôtre main j'attends tout mon
Secours.
SCENE III.
Arifbe , Phænice.
Arisbe dit à fa Confidente .
qu'elle va folliciter le Roy ,
pour fon Amant.
Phoenice luy confeille de
diff rer , de peur que fon trou ;
diffrer
,
ble ne revele fa paffion à
Hiempfal.
Arisbe perfifte par la confideration
du peril eminent , &
fort en difant :
GALANT. 229
L'amour doit tout ofer , quand
il a tout à craindre.
Fin du premier Acte .
ACTE SECOND.
SCENE PREMIERE.
Marius le pere ... .Numerius.
Numerius ayant appris aux
extrêmitez de l'Italic les dernieres
revolutions de la Repu
blique , la défaite de Marius
& fa fuite en Afrique , fuivit
fon amy & tomba dans la
Courd Hiempfal ; là il apprend
la détention du jeune Marius
, il y refte dans la vûë d'art
230 MERCURE
racher ce Heros à la paffion
qui luy fait oublier ce qu'il
doit à fon pere ... au commencement
du fecond Acte
Numerius rencontre à la Cour
Marius le pere qui l'inftruic
des motifs iniques de fa profcription
, il luy apprend que
le Senat l'ayant honoré du
Commandement de l'armée
contre Mithridate , Sylla , loin
de luy remettre, fuivant le decret
du Senat , les troupes qu'il
commandoit , l'eftoit venu
charger avec ces mêmes troupes
, qu'aprés la défaite entiere
par Sylla il avoit cfté forcé
GALANT . ` 231
de chercher fon falut dans la
fuite , & que fa deſtinée l'avoit
enfin conduit à la Cour
d Hiempfal... Numerius lui apprend
qu'il ett en extrême pe
il chez ce Roy barbare, qu'un
Tribun chargé des ordres
de Sylla y vient exiger qu'on
luy livre le jeune Marius ...
Marius le raffeure en lui difant
qu'il attend fon falut de cet
Envoyé même de Sylla ..
Numerius demande , quel eft
donc ce Tribun infidele à Sylla ...
Marius répond. Moy ... Numerius
furpris , infifte & dit ,
comment ? Sylla voſtre Emule
232 MERCURE
Vous charge d'un ordre contre
voltre propre fils ... alors Marius
dévelope ainfi l'énigme .
Sylla depuis ma defaite força
le Senat à profcrire ma tefte ,
un Tribun chargé de ce décret
me vint affaillit à Minturne
avec des forces fuperieures ,
mon génie m'arrachi à ce pefil
, je tuay ce Tribun même
qui avoit ofé promettre ma
refte à Sylla , je m'emparay du
Sceau du Senat dont il effort
porteur , je trouvay dans fes
dépefches un ordre de Sylla à
Hempfal de livrer le jeune
Marius refugié chez lay. Je
compris
GALANT. 233
compris que cette commiffion
pouvoit eſtre dans mes mains.
un moïen fûr de tirer mon
fils de cette Cour dangereuſe
où il eft retenu par un fol
amour.
Fay fçû que trop fenſible à de
funeftes charmes
Mon fils à mes malheurs n'accor
doit
que
des larmes.
J'ay befoin de ce fils pour
encourager mes amis & leur.
faire embraffer avec confiance
de vaftes projets que mon
grand âge femble ne pouvoir
Loûtenir. Je me fais annoncer
icy fous le nom de l'affaffin
Novembre 1715. V
234 MERCURE
même de Marius , & j'éxige
au nom du Senat qu'il me
livre l'autre victime ; peuteftre
que mon fils qui s'eft cru
libre icy , y eftoit captif en
effet ; le Roy , fous de feintes
carreffes a peut - cftre caché à
mon fils fa fervitude ; mais il
n'importe , il faut que fes vûës
perfides cedent à la terreur que
luy va imprimer le nom de
Sylla ; j'ay honte , Numerius ,
de me voir forcé de paroiftre
icy fous une autorité auffi
Fontcufe , que dis je , je feray
contraint de louer le lâche ,
l'ingrat Sylla ? Il faudra le
GALANT. 239
peindre au Roy avec les traits
de la vertu & de la veritable
grandeur ? Le Roy arrive pour
donner audiance à l'Envoyé
de Rome , Numerius ſe retire .
དང་ ཚུ་༦༩
SCENE II.
Marius le Pere , fous le faux
nom d'Envoyé de Sylla ,
le Roy , Nerbal.
L'Envoyé de Sylla expofe
fa Commiffion au Roy, & le
fomme de livrer le jeune Ma
fius aux voeux du Senat.
Le Roy répond , qu'il eft
furpris que l'affaffin d'un homme
dont la valeur fauva tant
V ij
236 MERGURE
de fois les Romains , vienne
demander au nom de ces Romains
même , qu'on livre encore
le fils à leur ingrate fureur.
Vous ofez dans nos murs nous
traiter de barbares ,
Vous l'êtes plus que nous , jamais
nos mains avares
Secondant les fureurs d'un injufte
Senat,
N'ont encore à prix d'or vendu
l'affaffinat.
Ne vous imaginez donc
pas , continue-t il , que je fois
jamais tenté d'entrer dans aucune
Confederation avec l'un
GALANT. 237
ou l'autre Emule.
Marius & Sylla tout eſt égal
pour moy ,
Et mon coeur entr'eux deux eft
maître de fafoy.
Il eft vray que mes Ayeux
s'acquirent autrefois la protection
des Romains par une perfidie
pareille à celle que vous
exigez de moy mais je détefte
leur politique..
Je renonce à leur gloire & la tiens
pour honteuse ,
Je garde dans ma Cour le jeune
31
Marius ,
Et Rome peut de vous apprendre
mes refus
238 MERCURE
Marius veut intimider le
Roy , en luy exagerant la puiffance
des Romains que fon refus
armera contre luy.
Rome commande aux Rois ,
Et la terre en tremblant fe foumet
àfes loix.pu
Le Roy répond
ces faftueufes
menaces qu'il n'a point
encore receu la loy des Romains
& qu'il regne auffi bien
que Mithridate , enfuite il luy
declare que fon refus ne part
pas de fon affection pour Ma
rius , depuis qu'il s'eft refugié
chez moy , pourſuit- il , j'ay
compté fur une victime que le
GALANT. 239
fort m'envoyoit , j'ay penſé
que la détention d'un Romain
délivroit Univers d'un ennemy
dangereux , je fais fuivre
en fecret les pas , & à force de
bons traitemens je luy ay caché
fa captivité , plût aux
Dieux que le pere eût accompagné
fon fils en ma Cour.
Et croyez que mes voeux auroient
été remplis
,
Si lepere en ma Cour avoitfuivi
le fils,
Lejeune Marius arrive .
240 MERGURE
SCENE III.
Marius le pere , le Roy , le jeune
Marius , Nerbal.
Le jeune Marius fçachant
qu'Hiemplal donne Audiance
à l'Envoyé de Rome , vient
pour le poignarder à la vûë du
Roy même.
Je vais le poignarder entre les
bras du Roy.
En approchant Hiempfal ,
il luy reproche avec menaces
l'audiance dont il honore le
meurtrier de fon pere..
Vous ofez le voir, & luy
__parler ?
Enfuite
GALANT. 241
Enfuite fans attendre la réponſe
du Roy , il fond fur l'ennemy
& reconnoiſt ſon
pere ,
dans le moment qu'il eſt preſt
à frapper... A cette vûë il demeure
immobile & fon faififfement
lay ofte la parole.
Marius pere , maistre de
fon trouble , prendfon parti ,
& dit avec infulte à fon fils :
Ton immobilité vient de ta
furprife , tu reconnois dans le
meurtrier de ton pere ſon ami
le plus tendre ; mais apprends
qu'il n'y a rien de facré pour
un vrai Romain , lorfqu'il s'agit
du falut de la Patrie .
Novembre
1715.
• X
242 MERCURE
Le jeune Marius ne revient
point de fon trouble , & ne
peut feconder l'artifice de fon
pere , qui , pour fauver le peril
d'un plus long filence , reprend
la parole en infultant de nouveau
à fon fils , & fe retire en
avertiffant le Roy qu'il doit
avoir pour fufpecte la protection
qu'Arifbe accorde
Marius.
SCENE IV .
Le jeune Marius , le Roy ,
Nerbal.
Le Roy fait éclater fon indignation
contre l'Envoyé de
GALANT. 243
Rome , & promet la protection
à Marius.
Quoy? montrer à mes yeux une
telle infolence ?
•
N'en craignez rien , Seigneur,
je prends vôtre dffence
Mon bras pour le punir
Ces dernieres paroles du
Roy font trembler Marius ,
Hiempfal qui remarque fon
trouble ,lui en demande la caufe
; Marius répond que la mort
de fon pere , prefente à ſon
fouvenir, le fait fremir.
Le Roy le renvoye par ces
paroles.
Je vous réponds de tout , laiſſez-
Xij
244 MERCURE
nous un moment ,
Seigneur , foyez tranquille.
Le Roy demeure fur la
Scene avec Nerbal.
SCENE V.
Le Roy , Nerbal.
Le Roy revele à fon Confident
les confeils de fa politique.
Enfin je deviens maistre
De deux grands ennemis que
Tibre a vû naiſtre ,
le
Ce Miniftre infolent quife livre
en nos mains ,
Ne rendra pas fi tôt fa réponse
aux Romains ;
GALANT . 245
Que ne puis-je , Nerbal , au défaut
du tonnerre ,
De Rome , dans ma Cour vanger
toute la terre.
Nerbal infinue au Roy qu'il
y a grand peril à violer ainfi
le droit des gens , que les Romains
ne manqueront pas de
venir les armes à la main tirer
vengeance de cette infulte.
Le Roy répond :
Je ne crains point Sylla , les troubles
d'Italie
Ont dequoy l'occuper le reste de
Sa vie.
Enfuite il decouvre à Nerbal
les foupçons jaloux , qui
-
X jij
246 MERCURE
s'élevent dans fon ame , il fe
fouvient de l'avis que l'Envoyé
de Sylla luy a donné dans la
troifiéme Scene .
Arifbe a pris pitié de cet infortuné
,
Elle croit que , fans elle , il étoit
condamné ;
Je voulois luy donner , pour preu
ve de mon zele ,
C
que
mon interêt m'avoit dicté
fans elle ;
Mais au fonds de mon coeur s'éleve
un noir foupçon .
Nerbal dir au Roy , que
puifque Marius lui eft fufpect ,
il ne doit pas s'obſtiner à le
GALANT 247
retenir dans la Cour ; le Roy
ſe refuſe à cette confideration,
il infiſte ſur l'interêt qu'il a à
verifier ou démentir les foupçons
.
Allons trouver l'ingrate ,
Arrachons fon fecret par l'espoir
qui la flatte ,
Et,fi de cet amourj'ay des avis
certains
,
Malheur à qui m'outrage , &
malheur aux Romains.
Fin du fecond Acte.
Xiiij
248 MERCURE
ACTE TROISIEME.
SCENE PREMIERE.
Marius;père,feul.
Marius n'a point vû ſon
fils depuis le fecond Acte , il
reflêchit au peril de
trevue,
dont Hiempfal a efté témoin ,
il excufe le filence & l'immobilité
de fon fils par le trouble
qu'il a reffenti lui même , &
par la violence qu'il s'eft faite
pour le furmonter. Son fils
arrive.
GALANT. 249
Rઉલ્યુ છે
SCENE II.
Marius , fon Fils.
li- Lejeune Marius arrive fur
la Scene , fon pere vole à fa
rencontre ils s'embraffent
avec les demonſtrations
Iles
plus tendres le pere demande .
au fils , file Roy n'a rien foupa
çonné de leur embarras commun.
Le fils répond que non
que le Roy detefte dans Ma-l
Fius , d'aflaffino de Marius mê
me Aprés cet éclairciflement
,
Matius reproche avec bonté à
fon fi's fa paffion pour! Arisbe,
paffion qui l'a jufqu'ici foaf
250 MERCURE
trait à fon devoir.
Fe fçais que vostre coeur répond
àfa tendreffe.
•
Un coeur Romain peut-il
fans honte recevoir les loix
d'une Numide ?
Le coupable s'excufe ici , à
peu prés , comme il s'eft excafé
du même reproche dans
la premiere Scene du premier
Acte , c'eſt à dire , qu'il offre
les vertus éminentes d'Arisbe
en compenſation de ſa naif
fance.
Marius pere répond. C'eſt
donc à la Princeffe à juft fier
par unc action d'éclat la pâſGALANT
250
fion qu'elle vous a infpirée à
exigez d'elle , mon fils , qu'elle
facilite vôtre évafion , qu'elle
vous ménage des moyens feurs
d'échaper la nuit prochaine à
Hiempfal ; faites lui craindre
que le Roy déferant à des vûës
vraïement politiques , ne fente
enfin le peril de refufer aux
Romains la victime qu'ils exienfin
que le même
gent ,
amour
qui faifoit
voftre
hon.
te , devienne
l'inftrument
de
vôtre gloire & de ma vengeance
. Après
avoir dicté à fon fils
fon devoir
, il fe retire , en lui
recommandant
de cacher
font
252 MERCURE
déguiſement a la Princeffe.
SCENE III.
Le jeune Marius , Arifbe.
Marius declare à Arisbe
qu'il ne compte point fur la
foi des promeffes d'Hiempfal,
que les menaces du Senat lui .
feront rétracter fes premiers ;
fentiments lorfqu'il aura medité
mûrement fur fon peril ,
qu'il ne voit qu'un moïen d'échaper
au fort qui le menace ,
ce moien , c'eft que la Princeffe
facilite fon évafion la nuit prochains,
o
Arisbe rejette la propofi- :
GALANT. 253
tion de Marius ; lors que vostre
pere vivoit encore , vous vous
deviez entier à ſa vengeance
je hâtois voſtre fuite fans me
laiffer ébranler à la vûë de ma
perte & de vôtre propre peril ;
aujourd'huy que vôtre fort a
changé de face , ma conduite
doit s'accommoder à fa révo .
lution , vôtre pere eft mort
avec luy tombent toutes vos
efperances , avec luy tombe
le courage des amis que fa dif
grace n'avoir pu luy enlever ,
la vengeance de Sylla n'eft
point encore affouvie , il demande
vôtre fang. Tout PU254
MERCURE
,
nivers femble avoir confpiré
vôtre perte , cette Cour eft le
feut alyle qui raffeure Arisbe
allarmée , cile y veille au foin
de vos jours ... Ce foin vous
importune , cruel voilà le
peril auquel vous voulez échaper...
à ce reproche tendre
Marius répond qu'il ne fe fent
pas la force de voir fon hymenée
qui doit fe celebrer le lendemain
avec le Roy.Arisbe lui
reproche fon injuſtice
croyez vous donc , ingrat , que
je fois capable de donner ma
foy à Hiempfal , non , Marius,
que cette crainte n'entre pour
•
GALANT . 255
rien dans vos deflcins .
Marius eft forcé de ramener
la Princefle au peril que le
Roy n'cxauce enfia l'Envoyé
de Sylla.
Arisbe répond , ne crains
rien , Marius , de cet execrable
affaflin , j'ay pourvû à fon
fupplice il fera égorgé par
mon ordre la nuit prochaine,
Marius fremit du peril de
fon pere , il rappelle les efprits
& s'efforce de détourner la
Princeffe de ce meurtre. Arisbe
furpriſe , confuſe , impure
à lâcheté les fentiments
de Marius , je voulois , luy
256 MERCURE
dit - elle prendre fur mon
compte ton propre devoir ,
je voulois te cacher mon projet
& te donner la joye de la
furpriſe , lors qu'il auroit eſté
confommé , tu m'as forcé de
te confier mon , deflein & au
lieu d'en envier la gloire , tis
l'envifages avec horreur ; mais
n'importe , je fuppleray à ta
foibleffe &je n'écoute plus tes
répugnances.
Qui doit ne te plus voir , n'arien
a minager! To
Marius fe trouve alors forcé
pour fauver fon pere de réveler
à la Princeffe le fecret qui
luy
GALANT. 257
luy avoit efté impoſé à la ſeconde
Scene de cet Acte. Le
Roy paroift au fonds du Theâtre.
SCENE IV.
Le Roy , Arifbe , Marius .
Le Roy arrive pour éclaircir
fes foupçons jaloux avec la
Princeffe. Il prie Marius de fer
retirer & refte feul avec Arisbe.
SCENE V.
Le Roy , Arifbe.
Hiempfal dit à la Princeffe
qu'il commence à fentir que la
protection qu'il accorde à Ma-
Novembre 1715. Y
258 MERCURE
rius luy peut devenit fatale
il luy demande enfuite ce que
penfe Marius dans ces triftes ,
conjonctures .
La
Princeffe répond que
Marius fent toute la rigueur
de la deſtinée ; mais que la generofité
du Royle raffûre contre
la perfecution de Sylla icy
il luy échape quelques pleurs.
Le Roy marquant ces
pleurs , lui dit .
Vous partagez les maux
qu'auroit- il à craindre ,
eb
Quelque foitfon malheur , je ne
faurois le plaindre ,
Madame , & quand on peut être
GALANT. 259
écouté de
vous ,
Prêt à perdre la vie on fait mille
jaloux :
Ah ! dans lefort affreux qui caufe
mes allarmes
Ponvoit- il être plaint par de plus
belles larmes ;
Vous vous troublez ?
Anfbe répond:
Qui , moy , Seigneur , quoy vous
pensez ...
Le Roy:
Oui vous l'aimez , perfide , &
vous me trahiffez.
Non , Seigneur , reprend
Arifbe , vous n'eftes point trahi
, je fais gloire d'avoir efté
Y ij
260 MERCURE'
fenfible aux malheurs d'unHeros
digne d'un autre fort , our ,
la haine ingrate des Romains
liguez contre lui , m'irrite , j'aimois
en lui l'illuftre ennemy de
ces tirans abhorrez de tout l'U
nivers ...mais les Dieux l'ont
condamné ; puiſqu'il vous de
vient fufpect ,je l'abandonne à
toute l'horreur de fa difgrace ,
ouï , Seigneur , qu'il foit la
victime de ma gloire & de
voftre repos , livrez Marius
la fureur de Sylla.
Le Roy hefite à croire
qu'Anbe parle icy fincerement
, mais elle appuye fur le
GALANT . 261
confeil de livrer Marius , &
declare qu'elle va annoncer à
l'Envoyé de Sylla que le Royluy
abandonne fa victime.
Le Roy adopte ce confeil .
C'eft affez , y confens , qu'en
partant de ces lieux ,
Il emporte avec luy des foupçons
odieux.
Arisbe fort pour s'acquitter
de la commiffion dont elle
vient de fe charger , le Roy
refte feul fur la Scene.
SCENE V.
Le Roy feul.
Hiempfal dans un mono262
MERCURE
M..
logue d'environ vingt vers fe
juſtifie de fon mieux du crime
de manquer de foy à Marius.
Rome à fon gré de fes
enfans difpofe,
Ah!
que
N'allons point reveiller fafureur
qui repofe
Laiſſons-là s'afforblir & tomber
par fes coups ,
Je me vangeray d'elle en fervant
fon courroux.
Nerbal arrive.
SCENE VI.
Le Roy , Nerbal.
Nerbal en arrivant dit avec
émotion :
GALANT . 263
Ah Seigneur croirez vous ce que
je viens vous dire ,
Le Roy... quoy donc ?
Neibal ... Marius n'eft point
mort.
Le Roy , il refpire ? ....
mais comment pouvoir douter
de la mort de Marius , elle
m'eft atteſtée par fon affaffin
niême ... Seigneur , répond
Netbal , défiez vous de l'Envoyé
de Sylla .
Tout ce qu'il vous a dit n'eft
qu'un vain stratagême ,
Cet affaffin ....
Le Roy. Eh bien !
T
Netbal. C'eftMarius lui - même.
264 MERCURE
Le Roy. Mais cet Envoïe
de Sylla , que tu prétends être
Marius lui même , m'a remis
la Lettre de Sylla avec le Sceau
du Senat ?
Nerbal ... Seigneur , je fuis
certain que cet Envoïé n'eft
autre que Marius , il a été reconnu
ici par un Soldat , qui l'a
connu dans le temps qu'il
commandoit lesRomains contre
Jugurtha ; le témoignage
de ce Soldat ne m'eft point fufpect
, il a vû durant plufieurs
Campagnes ce Romain dans
nos contrées , & d'ailleurs Marius
eft un de ces hommes dont
les
GALANT 265
les traits font trop marquez
pour pouvoir être confondus..
Ses traits font trop marquez pour
pouvoir s'y méprendre.
Le Roy aprés cet avis renvoie
Nerbal.
C'en eft affez , Nerbal , dans
Labs cette obſcurité
• Firay jusqu'à son coeur chercher
la verité.
7
Fin du troifiéme Acte.
ACTE QUATRIÈME,
།
SCENE PREMIERE.
Arifbe , le jeune Marius.
Arisbe apprend à Marius
Novembre 1715. Z
266 MERCURE
qu'il va enfin eftre livré à fon
pere ,que le Roy par un fen
timent jaloux l'abandonne à
la vengeance de Sylla.
Ilfauve la vertu par le motif
du crime.
Marius fe refufe à la joye
& fe donne entier à la douleur
de perdre Arisbe , il ofe enfuite
lui propofer de fuir avec
lui. Arisbe detefte ce confeil.
Je reffens , lui dit elle , toute
l'horreur de la perte que je
fais en te fauvant ; mais ma
douleur toute profonde qu'
elle eft , ne me fera rien faire
indigne & de Marius
quic
& d'Arisbe.
GALANT. 269
·
Marius lui demande comment
elle pourra échaper au
devoir qui la condamne à
époufer le Roy... laiſſez moy,
réponder elle , laiſſez moy le
foin d'accorder ma gloire &
mon repos , je fçauray me
dérober à cet hymenée fans
intereffer ma vertu.
Marius comprend que la
Princeffe medite de fe donner
la mort aprés lui avoir accordé
fa liberté, il fe livre à la douleur
la plus defefperée.
Arisbe lehenappelle à des
fentiments plus conformes à
fes deftinées prefentes , elle lui
Zij
$68 MERCURE
mot
retraces les devoirs qui llaftachent
à la fortune de fon perez
elle allume dans fon coeur tou
te la fureur de la vengeance }
& quitte enfin Marius à qui
elle dit pour adieux :
Je vous aime je fuis, vous m'aiz
mez frieze mosdərba
Tandis queda Princeffe fort
par un côté dy Theatre , Maius
percentre par l'autrening
Sbrocas nove tulebyr 100
SCENE +
Marius , fon Filsaq ul
Marius qntnetidnodlom fils
du grand fpectacle que fa ventgeance
va donner à l'Univers
GALANT 269
il luy montre à la fuite de fes
itriomphes la dignité de Conful
que les Dieux lui promertent
pour la feptième fois ,
jouit par avance du fang de
Sylla & de fes Confederez ; ces
images n'enflament point le
jeune Heros, il n'eft occupé que
do crime de s'armer contre fa
fon
propre
Patrie
, pere com
bat fon fcrupule
par la- maxime
fuivante
, a bea
Quand on voitfur le Trône un
injuste pouvoir ,
La revolte eftpermifé & devient
un devoir.
-Le jeune Marius, amuſé en-
Z iij
270 MERCURE
fuite fon pere des interefts
d'Arisbe , le pere aprés lui
avoir fait honte de fa foibleffe
lui donne fes derniers ordres
par ces paroles.
Songe à Rome , au Tyran qui luy
donne la loy.
Le Roy paroiſt au fonds du
Theâtre , Marius renvoïe fon
fils.
Sors , nous fommes perdus , le
Roy nous trouve enfemble.
SCENE III.
Le Roy , Marius , Envoyé de
Sylla
Le Roy trouvant icy l'EnGALANT.
271
voyé de Sylla en bonne intelligence
avec Marius , a raiſon
d'ajoûter quelque foy à l'avis
que Nerbal luy a donné à la
fin de l'Acte precedent , il
veut donc penetrer ce mystere;
voicy comme il s'y prend .
Le Roy ... De voſtre cruauté,
Seigneur , je fuis furpris ,
Teint du fang paternal s'offrir
aux yeux du fils ?
Marius répond que chargé
par le Senat de conduire le
profcrit à Rome , ils doivent
s'accoûtumer à la vûe l'un de
l'autre.
Le Roy...Il ne vous verraplus,
Z iiij
272 MERCURE
Seigneur , & dés demain or
Vous ne fortez d'icy que fa tefte
à la main, i
Marius . Que dites - vous
*Seigneurs
Le Roy .. D'où vient cette
furpriſe !
Lorfque dans vos deßeins ma
main vous favorife,
Les Romains, continue til,
exigent que je leur livre Marius
, ils ont juré la mortelle
leur coûteroit un cime , je
prends fur moy la honte de
ce crime .
Venez donc , Suivez may , Sei
gneur,foyez témoin i
CALANT * 73
Que je fais quelquefois fervir
Rome au besoins sula
Le Roy remarque le trou
ble de Mariusiu tave diom
Vous fremißez ? quelle terreux
fondaine portal
Peut faire en moins d'un jouk
chanceler votre haine.
Marius reprend toute fa
dignité , & die au Roy qu'il
ne penetre pas fes vrais fentimens
, qu'il eft bien éloigné
de compatir au fort d'un Romain
qui a merité la haine de
La Patrie , mais qu'il eft indigné
qu'an Roy ofe penſer à
vanger Rome . Sçachez qu'elle
174 MERGURE
eft jalouſe de ſes decrets , fçachez
qu'un Romain.condamné
par la Patric doit être immolé
avec pompe dans fon
propre fein , & que la victime
illustre reçoit le tribut confolant
de fes pleurs.
Elle en reffent une douleur
profonde ,
Et la mort d'un Romain doit un
exemple au monde.
Le Roy .. vous trahiffez ,
Seigneur , les intentions de Sylla
, il a fait choix en vous d'un
Miniftre infidele ; pour moy ,
je fçaurai le fervir au gré de
fes fouhaits.
GALANT 275
Etpar un Envoyéplusfidele que
evousy .
L'inftruite que mon bras afervi
fon courroux.
Marius Ah , Seigneur ,
arrêtez ?
Le Roy ... C'est trop longtemps
attendre.
Marius .. Je perirai moi - même ,
ou fçaurai le deffendre.
Le Roy.. Seigneur , j'ouvre les
yeux je fuis aff-z inftruit ,
Et par un bruit trompeur on ne
m'a pas féduit.
Le jeune Marius vous eftcher.
Marius ...Moy je l'aime.
Le Roy...Vous deffende um
fils ?
176 MERCURE
Marius ...Moyfun pere?
Le Roy... Quy vous - même.
Su Marius vorant que tour cft
découvert , & que la feinte devient
inutile , die au Roys
Oly , je fuis Marius
Et mon nom eſt trop beaupour le
difavoiter.
Voyodes fimires dans lèlt.
quelles j'ai refferrentes Etats
autrefois fi vaftes , effaic ton
pouvoir fur deux hommes illuftres
qui tiennent ferme çontre
l'Univers armé ,
Mais crains encor le fort daiFugurtha
, pubi A
Aprés ces courageufesind
CADANI 177
naces , Marius quitte la Scene
le Roy,ordonne à fes Gardes
dele livro. A such ran2
Gardes , fuinez fes pas , quel orto
gubil & quelle andace
Arrefté dans mes fers , l'infolent
51 lí , abimpe menace uplo
Il mounequal sub 12 6 sivil
CONA SCENE IV, 10.V
LaRyYoul
alle Le Roy obvie me gjht
Marius lui a donné à la troifiéme
Scene du fecond Acte
des foupçons contre Arisbe.
Le perfide ? il ofoit accufer ce que
J'aime
278 MERGURE
Ab !je vois les détours de fon
vain ftratagême ,
Sans doute il fperoit que més
Joupçons aigris
Dans fes bras à l'inftant alloient
livrerfonfils.
Quelques vers aprés , il fe
livre à un autre foupçon.
Mais quel auire foupçon
Vient jetter dans mon ame un
funefte poison ,
Dufort de Marius Arisbe eft-elle
As inftruite ?
Cherchoit elle du fils , ou la mort,
adar ou lafuite ? A
Ah !
fanstrop
éclaircir
unodieux
GALANT. 279
mysteres
Faifons couler le fang & dufils
du pere ,
Pourquoi chercher entr'çux tant
de prétextes vains
Tous deux font criminels , tous
deux ils font Romains .
Point de pitié , fuivons le tranf
port qui m'anime , an
Et nous verrons aprés fi c'eftjuf
tice , ou crimejmong a li
2017 M xush est
Fin du quatriémo Actenos
* MERCURE
ACTE CINQUIEME
SCENE PREMIERE,
2023 202 Arisbe feule,
28 Dans l'entre -temps du quatriems
Acte au cinquième
Arisbea santé la foy d'Amin
tas , Capitaine des Gardes du
Roy.ll's'aft livré à fes deffeins ,
il a promis de faciliter l'évaſion
des deux Marius , il a déja
comfileursgardes deslol.
dats fur lefquels if croit pouvoir
compter.
Arisbe troublée s'occupe
icy du grand évenement.
qu'elle
GALANT. 281
qu'elle vient de preparer .
Amintas me fera il fidele
aurat ille courage de fauver
au Roy , le crime qu'il médite ;
il a peut eftre , le perfide , il a
peut - eftre déja trahi mon fecret
. mais , non on ne me
trahit point , Amintas m'eſt
filele , il fauve Marius ch
quel coeur grands Dieux ,
feroit affez baibare pour lui
manquer de foy …… . Phoenice
arrive. M
•
25 SCENE IL
Arisbe , Phoenice.
Phoenice vient dire à la Prin-
Novembre 1715.
A a
282 MERCURE
ceffe , que la Barque eft fur le
rivage , en état de recevoir les
deux Romains ... Cethegus
paroift.
SCENE III.
Arisbe,Phanice , Cethegus.
Cethegus apprend à la Princeffe
qu'Amintas a rétracté les
engagements , que la réflexion
la ramené à fon devoir envers
le Roy , qu'il vient de changer
la garde des deux Marius &
qu'ils font tres étroitement
refferrez.
Le remords s'eftfaifi de cette ame
vulgaire ,
GALANT . 283
Il a changé la garde , & du fils
du pere ,
Taus ceux qu'auprés de nous vos
foins avoient placez
Parfon ordre cruel viennent d'être
chaſſez.
Céthégus fe retire aprés
avoir annoncé cette funefte
nouvelle , Arisbe de fofperée
renvoye Phoenice pour obſerver
tout ce qui fe paffe , &
luy en venir rendre compte.
Le jeune Marius arrive fur la
Scene.
A a ij
284 MERGURE
SCENE
IV
a 'I
13
Arifbe , le jeune Marius. T
Ces malheureux Amans s'entretiennent
douloureufement
de leur peril commun . Marius
qui voit la mort certaine ,
fupplie Arisbe de luy fauver la
honte de perit par les mains
d'Hiempfal , il exige avec inftance
qu'elle luy donne fon
poignard ... d'abord Arisbe
a horreur du deffein de Marius
; mais comme il infifte en
juftifiant fon defefpoir , elle
code , mais animée du même
courage,ouï, dit - elle , infultons
GALANT 288
au fort qui nous menace , tu
recevras ce poignard de la
main d'Arisbe , mais teint de
fon fang ... le pere de Marius
qui arrive fur lay Scene fuivi
de Céthégus fufpend le defef.
poir des Amans.
IV SXB2
SCENE V.
Arifbe , Marius , fon Fili.
Marius vient annoncer à
fon fils qu'enfin tout est prest e .
pour le départ Qu'Amyntas
n'eft rien moins qu'infidele ,
qu'il avoit change la premiere
garde pour en fubftituer une
d'une fidelité plus, éprouvét ,
286 MERCURE
Céthégus prefente une épée
au jeune Marius qui demeure
immobile les yeux fixez fur
Arisbe. Marius pere foûtenu
des genereux confeils d'Arisbe
même emmene enfin fon fils.
SCENE VI.
Arifbe feule.
Arisbe dans une Monologue
Elegiaque , fe livre aux
mouvemens variez de ſa douleur
... Phoenice arrive.
SCENE VII.
Arifbe ,Phænice.
Phoenice vient dire à la PrinGALANT
287
"1
•
ceffe que le Roy inftruit de la
fuite des Romains les fait pour
fuivro, à peine a t'elle dit cette
nouvelle que le Roy paroift
au fonds du Theâtre donnant
cet ordre à Nerbal.min
Ils mourroient glorieux en mourant
fous les armes ,
Qu'on deffende leurs jours de tout
fanglant effort ,
Soldats , je veux leur honte encor
leur mort.
plus
que
Le Roy
aprés
avoir
donné
cet ordre avance fur le devant
du Theâtre.
188 MERCURE
SCENE
VIII
$1150 Le Roy , Arifbeit
Le Roy ... Quoy , Madame, en çes
* lieux vous devancez kaurores
Qui pourra m'expliquer des proz
-Lois ta jets, que j'ignorewho medi
Que cherchez vous icy , dans
20h l'instant précieux voy
Où le fommeil encor devroit ferwasto
mer vos yeux;
I
Vous ne répondez rien ? on me
danobutrabit cruelle.
- Atisbé répond au Roy qu'ch .
le fe juftifiera mieux qu'il ne
voudra luy même des foupçons
qu'il a conçû contre elle.
-Je
GALANT . 289
Je me juftifieray mieux que vous
ne voudrez .
Le Roy .. Ah je vous aime encor,
tâchez d'eftre innocente ,
Madame ……….
Nerbal arrive.
SCENE IX.
Le Roy , Arifbe , Nerbal.
Nerbal vient apprendre au
Roy , que les deux Romains à
force de courage, ont échapez
aux affaillans , qu'aprés en avoir
fait un grand carnage , ils ont
paffez le Ruber à la nage , &
ont laiffez les troupes du Roy
fpectatrices de leur fuite.
Novembre
1715 . Bb
290 MERCURE
Le Roy entre en fureur &
s'adteffant à Nerbal , dit ...
Tu te plais à vanter les efforts
de leur bras ,
C'eft toy qui m'a trahi , perfide
tu mourras.
Arisbe alors revele au Roy,
que c'est elle qui a fauvé l'un
& l'autre Marius , de fes mains
barbares ; que le feul Amintas
eft entré dans fa confpiration.
Elle avoue fa paffion pour le
jeune Martus . Voila tous mes
forfaits , dit - elle , & fe frappant
d'un poignard, ajoûte : Et voila
ta victime.
GALANT. 291
Le Roy. Ah , Madame ; elle expire',
belas ! Dieux inhumains
Faut- il payer fi cher le falut des
Romains.
Fin du cinquiéme & dernier
dAcc. dam.b
L'Auteur de l'extrait a fouhaité
, que je transferaffe au
mois prochain l'impreffion de
fon examen critique. Il m'a dit
pour raifon , que , quoy que
Les remarques ne doivent entrer
en aucune confideration
dans le fort de la Piece , il luy
fembloit du devoir étroit d'un
galant homme , de ne les faire
Bb ij
292 MERCURE
paroiftre , que quand l'Auteur
aura recueilli tous fes droits.
Cette Tragedie, en lui fuppofant
même le plus grand fuccés
, fera dévolue aux Comediens
le mois prochain , & fera
imprimée , alors la critique
aura d'autant meilleure grace
à le montrer , qu'elle fera contradictoire
avec la Piece , com
Pendant que nous fommes
fur le chapitre de la Comedie ,
il eft à propos de dire en paffant
un mot des Comediens , non
pas que je croye le Lecteur fort
intereffé à lire ce qui les reGALANT
293
garde ; mais parce qu'érant
membres d'une Troupe publique,
& expofée tous les jours à
la vue de tout le monde, il peut
fe trouver des gens curieux
d'apprendre de leurs nouvelles
& c'est justement pour ceuxlà
que je dis que Meffieurs Poif
fons pere fils font rentrez à
la Comedie , qu'ils y ont joücz
avec fuccés , & reçû mille applaudiffements
; mais que malgré
cette juftice dont le Public
les honore, les Spectateurs font
rebutez de fe les entendre annoncer
& de voir tous les
jours les affiches ornées du fafte
Bb iij
194 MERCURE
de leur nom .. @ matt
C'eft en leur faveur qu'on
a été obligé de faire une reforme
,Maadame la Ducheffe de
Berry ne voulant point , par
ún excés d'indulgence , charger
la Troupe d'un nombre
furnumeraire d'Acteurs . Le
fieur Moligny a eu le malheur
d'être compris dans cette reforme
, fans que fa difgrace aie
été une fuite de fa negligence
ou de fon incapacité ; mais feulement
parce que le fieur Dumirail
qui faifoit les mêmes
rolles que luy , a eu fur luy l'avantage
d'eftre propre aux BalGALANT
295
ces
lets & autres divertiffements
qui ont lieu dans plufieurs picla
Comedie n'ayant pas
d'ailleurs la liberté de prendre
hors de fa Troupe , des Acteurs
pour fervir à l'execution
de ces divertiffements . Voila
le motif de fon exclufion ; mais
un grand nombre de fuffrages
illuftres luy donne lieu d'efperer
la rentrée à la Comedie.
J'ajoûte à cet article que les
Comediens nous menacent
, ou
plûtôt qu'ils ont refolu de mettre
les places de leur Amphitheâtre
à trois livres douze
fols. Si on les laiffe les Maîtres
Bb iiij
296 MERCURE
de cette vexation , à qui en appeller
de leur tyrannie ? c'eſt
auPublic luy même , à s'en venger
, & il eft trop fage , pour
daigner honorer de fa prefence
, les Tyrans de fes plaifirs.
On continuë a joüer Marius
,M. Ponteüil y fait le rôle
d'Hiempfal & M. Beaubours
celui de Marius le Pere , &
quoyque l'Auteur juge , que
le rôle de Marius eft le rôle
fuperieur, M Ponteüil a trouvé
le fecret de faire primer le
fien. Pour le rôle du jeune
Marius , reprefenté par M.
Quinaut , les fpectateurs ont
GALANT. 297
eûlieu d'en eftre fort contents.
Le rôle d'Arisbe a efté parfaitement
rempli , Mademoifelle
Duclos en étoit chargé,
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Résumé : Extrait de la Tragedie nouvelle, intitulée Marius.
La tragédie 'Marius', écrite par Monsieur de Caux et représentée pour la première fois le 15 novembre 1715, narre l'histoire de Marius, exilé de Rome par Sylla, et de son fils capturé par Hiempsal, roi de Numidie. Arisbe, une femme du roi, aide le jeune Marius à s'évader mais le perd ensuite. L'action se déroule principalement dans le palais d'Hiempsal et implique plusieurs personnages clés : Hiempsal, Arisbe, le jeune Marius, et le père de Marius sous un faux nom. Dans le premier acte, Cethegus, confident de Marius, incite ce dernier à secourir son père et à se révolter contre Sylla. Marius découvre qu'Arisbe l'aime, mais Cethegus désapprouve cette relation. Marius défend la vertu d'Arisbe et reçoit un plan pour se rendre en Italie. Arisbe annonce ensuite la mort du père de Marius, assassiné sur ordre du Sénat, et promet d'intercéder en sa faveur auprès du roi. Le père de Marius, déguisé en tribun, demande au roi de livrer son fils au Sénat, mais Hiempsal refuse. Le jeune Marius, ignorant l'identité de son père, tente de le poignarder mais est paralysé par la surprise. Le père explique que la patrie passe avant tout, et le roi promet sa protection au jeune Marius. Dans le deuxième acte, Nerbal conseille au roi de se méfier de Marius. Marius père et fils se retrouvent et discutent de leur situation. Dans le troisième acte, le jeune Marius demande à Arisbe de l'aider à s'évader, mais elle refuse, craignant la vengeance de Sylla. Arisbe révèle qu'elle prévoit de faire assassiner le roi pour sauver Marius. Accusée de trahison, Arisbe affirme qu'elle abandonne Marius pour sauver sa réputation. Le roi décide de livrer Marius à Sylla. Nerbal révèle que Marius est encore en vie et que l'envoyé de Sylla est en réalité Marius déguisé. Marius refuse de se soumettre aux exigences romaines et défie le roi, qui ordonne son arrestation. Arisbe tente de faciliter l'évasion de Marius, mais Amintas renforce la garde. Désespéré, Marius demande à Arisbe un poignard pour éviter une mort humiliante. Arisbe accepte et se prépare à affronter le danger avec lui. Le roi ordonne de défendre les jours des Romains. Nerbal informe le roi que les Romains ont échappé grâce à leur courage. Arisbe révèle qu'elle a sauvé les deux Marius et avoue sa passion pour le jeune Marius avant de se poignarder.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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