Résultats : 3 texte(s)
Détail
Liste
1
p. [2627]-2634
La réunion des Amours, [titre d'après la table]
Début :
Les Comédiens François ont donné au commencement de ce mois, la [...]
Mots clefs :
Cupidon, Amour, Vertu, Minerve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : La réunion des Amours, [titre d'après la table]
SPECTACLE S.
L
Es Comédiens François ont donné
au commencement de ce mois , la
Réunion des Amours , Comédie Heroïque,
en un Acte en Prose , qui est fort bien
représentée et fort applaudie. Elle est
bien écrite et avec beaucoup d'esprits
ornée de traits fins et délicats . Nous allons
tâcher de mettre le Lecteur en état
d'en juger.
Personnages.
le sieur Granval.
L'Amour
la Dille Gossin.
Cupidon ,
la Dille d'Angeville.
Apollon ,
Mercure
Plutus .
Minerve ;
La Verité .
La Vertu ,
le sieur Armand.
le sieur Duchemin.
la Dil Baron.
la De La Motte.
La Dile Labat.
Le sujet de cette Comédie est purement
allegorique ; on voit bien que l'Auteur ne
Gij l'a
2628 MERCURE DE FRANCE
pas
l'avoit d'abord traité comme on l'a
vû représenter , et qu'il ne fait que mettre
en hypothese ce qui en faisoit l'action
principale. Deux sortes d'Amours , dont
Fun s'appelle le Dieu de la tendresse ,
et l'autre Cupidon , ouvrent la Scene ; ils
se reprochent réciproquement leurs deffauts
; le Dieu de la tendresse traite son
Rival de libertin , et Cupidon le traite
de benest. Le premier expose le sujet pas
çes mots :
Allez , petit libertin que vous êtes , votre
audace ne m'offense point , et votre Empire
touche peut-être à sa fin. Jupiter au
jourd'huy fait assembler tous les Dieux ; il
veut que chacun d'eux fasse un don an Fils
d'un grand Roy qu'il aime ; je suis invité à
Assemblée ; Tremblez des suites que peut
avoir cette avanture.
Cupidon un peu étonné d'une Convo
cation generale , à laquelle il n'est pas
invité , veut s'éclaircir de cet oubli avec
Mercure qu'il voit venir. Mercure lui
apprend qu'il avoit une deffense expresse
de le mettre dans la Liste , et que cette.
deffense venoit de Minerve ; Plutus et
Apollon entrent dans cette Scene , mais
ils n'y sont pas absolument nécessaires
pour l'intelligence du Sujet , ainsi nous
pouvons nous dispenser de les faire
parler
Minerve
NOVEMBRE 1731 . 2629
Minerve vient entendre le Plaidoyer
des deux Amours ; elle ne juge pas à propos
de prononcer entre eux ; elle veut
qu'ils plaident encore devant la Vertu
Personnage Episodique , auquel on a
trouvé Minerve auroit bien pû supque
pléer.
-même
La Vertu vient entendre le Demandeur
et le Deffendeur ; ils lui font tous deux
une déclaration d'amour ; mais celle de
Cupidon est si vive , que la vertu même
est contrainte de s'en garantir par la fuite.
Minerve vient enfin leur prononcer
l'Arrêt irrevocable du Conseil des Dieux ;
voici comme elle s'explique Cupidon
la Vertu décidoit contre vous , et moy -
j'allois être de son sentiment , si Jupiter
n'eûtjugé à propos de vous réunir , en vous
corrigeant , pour former le coeur du Prince,
avec vôtre Confrere , il est vray , l'Ame est
trop tendres mais avec vous elle est trop libertine
; il fait souvent des coeurs ridicules ,
mais vous n'en faites que de méprisables ;
il égare l'esprit , mais vous ruinez les moeurs ;
il n'a que des défauts , mais vous avez des
vices. Unissez- vous tous deux ; rendez- le
plus vif et plus passionné , et qu'il vous rende
plus tendre et plus raisonnable , et vens
serez sans reproche. Au reste , ce n'est pas
un Conseil que je vous donne , c'est un ordre
de Jupiter que je vous annonce.
G iij
"
La
2630 MERCURE DE FRANCE
2
La Piece finit par cette courte réponse
de Cupidon , c'est - à -dire de , l'Amour libertin's
Allons, mon Camarade , je le veux
bien ; embrassons- nous ; je vous apprendray
àn'être plus si sot , et vous m'apprendrez à
être plus sage.
❤
On doit juger par ce petit Extrait
qu'on auroit fait un très joli Dialogue
ou un Prologue de cette Piece simplifice ,
et sans y parler du grand Prince , qui en
est l'objer. Le Public nous sçaura gré
d'inserer ici quelques fragments de cette
aimable Allegorie : Nous les reduirons
aux Plaidoyers et aux Déclarations d'Amour,
Devant Minerve , l'Amour s'exprime
ainsi.
Qui êtes- vous , pour oser me disputer quel-
•que chose ? vous qui n'avez pour attribist
que le vice , digne heritage d'une origine
aussi impure que la vôtre ? Divinité scanda-
Jense , dont le culte est un crime à qui la
seule corruption des hommes a dressé des
Autels ? Vous à qui les devoirs les plus sa-
Brez servent de victimes ? Vous qu'on ne
peut bonorer sans immolér la Vertu ? Funeste
Auteur des plus hanteuses flêtrissures , qui ,
・pour récompense à ceux qui vous suivent
ne leur laissez que le déshonneur , repentir
, et la misere en partage ? osez - vous
vons comparer à moy ? An Dien de la plits
noble
le
NOVEMBRE 1731 2639
moble , de la plus estimable , de la plus tendre
des passions , et , j'ose dive , de la plus
feconde en Héros ?
Cupidon.
Bon , des Héros ! nous voilà bien riches ;
est-ce que vous croyez que la Terre ne se
passeroit pas bien de ces Messieurs là ?
Alle ; ils sont plus curieux à voir que
nécessaires ; leur gloire a trop d'attirail ; si
Fon rabbatoit tous les frais qu'il en coûte
pourles avoir on verroit qu'on les achette
plus qu'ils ne valent. On est bien dupe de
les admirer , puisqu'on en paye lafaçon. Il
faui que les hommes vivent un peu plus uniment
les uns avec les autres , pour être en
repos vos Héros sortent du niveau et ne
font que du tintamarre : Poursuivons & e...
2
L'Amour.
J
Qu'est-ce que c'étoit autrefoisque l'Amour 3
Je l'appellois tout à l'heure une passion ; c'étoit
une veriu , Déesse ; c'étoit du moins l'origine
de toutes les vertus , &c. De mon temps
La Pudeur étoit la plus aimable des graces.
Cupidon-
Eh bien , il ne faut pas faire tant de bruit,
c'est encore de même ; je n'en connois point de
si piquante , moi , que la pudeur;je l'adore
O iiij et
2632 MERCURE DE FRANCE
La
et mes sujets aussi . Ils la trouvent si charmante
qu'ils la poursniventpar tout où ils la tronvent.
Je m'appelle l'Amour ; mon mêtier n'est
pas d'avoir soin d'elle , il y a le respect ,
sagesse , l'honneur qui sont commis à sa garde
, voilà ses Officiers ; c'est à eux à la deffendre
du danger qu'elle court , et ce dangèr
' est moi , &c.
Voici comme parle l'Amour à la Vertu .
Je vous dirai, Madame , que mon respect
a réduit mes sentimens à se taire . Ils n'ont osé
se produire que dans mes timides regards ;
mais il n'estplus temps defeindre,ni de vous
dérober votre victime , je sçais tout ce que je
risque à vous déclarer ma flamme , vos rigueurs
vont punir món audace , vous allez
accabler un temeraire ; mais , Madame , aw
milieu du courroux qui va vous saisir , souvenez
- vous du moins que ma témerité n'a
jamais passéjusqu'à l'esperance , et que ma
respectueuse ardeur..
Cupidon.
Encore du respect ! voilà mes vapeurs qui
me reprennent , &c... Non , Déesse adorable
, ne m'exposez point à vous dire que je
vous aime. Vous regardez ceci comme une
feinte
NOVEMBRE. 1737. 2633
feinte , mais vous êtes trop aimable , et mon
• coeur pourroit s'y méprendre. Je vous dis la
verité ; ce n'est pas d'aujourd'hui que vous
me touche ; je me connois aux charmes , ni
sur la terre , ni dans les cieux,je ne vois rien
qui ne le cede aux vôtres. Combien de fois
n'ai-je pas êté tenté de me jetter à vos genoux
? Quelles délices pour moi que d'aimer
la vertu , sije pouvois être aimé d'elle . Eh!
pourquoi ne m'aimeriez- vous pas ? Que veut
dire ce penchant qui me porte à vous , s'il
n'annonce que vous y serez sensible ? Je sens
que tout mon coeur vous est dû , n'avez- vous
pas quelque repugnance à me refuser le vôtre?
Aimable vertu , me fuirez - vous toujours ,
regardez-moi , vous ne me connoissez pas :
c'est l'amour à vos genoux qui vous parle
essayez de le voir , il est soumis , il ne veut
que vous flechir je vous aime je vous le dis ,
vous m'entendez ; mais vos yeux ne me rassurent
pas , un regard acheveroit mon bonheur.
Un regard ? Ah ! quel plaisir ! vous
me l'accordez,chere main que j'idolatre , recevez
mes transports . Voici leplus heureux ins
tant qui me soit échu en partage.
J: 1
Cette vivacité de stile , secondée de la
légéreté et de la grace que la Die Dangeville
a naturellement à s'énoncer, a charmé
également la Cour et la Ville ; et nous
Gv
2634 MERCURE DE FRANCE
ne doutons point que nos Lecteurs ne
conviennent que la reunion des Amours ,
est un ouvrage à faire beaucoup d'honneur
à son ingénieux Auteur. Au reste les Dlles
Dangeville et Gossin , qui sont deux jeunes
et aimables personnes, remplies d'heureux
talens pour la déclamation , satisfont
également l'esprit et les regards avides
des Spectateurs , charmez de leurs agrémens
personnels , sous cet heureux et
riant déguisement.
Là- dessus une Muse , délicatement ba
dine , s'est exercée en cette maniere.
L
Es Comédiens François ont donné
au commencement de ce mois , la
Réunion des Amours , Comédie Heroïque,
en un Acte en Prose , qui est fort bien
représentée et fort applaudie. Elle est
bien écrite et avec beaucoup d'esprits
ornée de traits fins et délicats . Nous allons
tâcher de mettre le Lecteur en état
d'en juger.
Personnages.
le sieur Granval.
L'Amour
la Dille Gossin.
Cupidon ,
la Dille d'Angeville.
Apollon ,
Mercure
Plutus .
Minerve ;
La Verité .
La Vertu ,
le sieur Armand.
le sieur Duchemin.
la Dil Baron.
la De La Motte.
La Dile Labat.
Le sujet de cette Comédie est purement
allegorique ; on voit bien que l'Auteur ne
Gij l'a
2628 MERCURE DE FRANCE
pas
l'avoit d'abord traité comme on l'a
vû représenter , et qu'il ne fait que mettre
en hypothese ce qui en faisoit l'action
principale. Deux sortes d'Amours , dont
Fun s'appelle le Dieu de la tendresse ,
et l'autre Cupidon , ouvrent la Scene ; ils
se reprochent réciproquement leurs deffauts
; le Dieu de la tendresse traite son
Rival de libertin , et Cupidon le traite
de benest. Le premier expose le sujet pas
çes mots :
Allez , petit libertin que vous êtes , votre
audace ne m'offense point , et votre Empire
touche peut-être à sa fin. Jupiter au
jourd'huy fait assembler tous les Dieux ; il
veut que chacun d'eux fasse un don an Fils
d'un grand Roy qu'il aime ; je suis invité à
Assemblée ; Tremblez des suites que peut
avoir cette avanture.
Cupidon un peu étonné d'une Convo
cation generale , à laquelle il n'est pas
invité , veut s'éclaircir de cet oubli avec
Mercure qu'il voit venir. Mercure lui
apprend qu'il avoit une deffense expresse
de le mettre dans la Liste , et que cette.
deffense venoit de Minerve ; Plutus et
Apollon entrent dans cette Scene , mais
ils n'y sont pas absolument nécessaires
pour l'intelligence du Sujet , ainsi nous
pouvons nous dispenser de les faire
parler
Minerve
NOVEMBRE 1731 . 2629
Minerve vient entendre le Plaidoyer
des deux Amours ; elle ne juge pas à propos
de prononcer entre eux ; elle veut
qu'ils plaident encore devant la Vertu
Personnage Episodique , auquel on a
trouvé Minerve auroit bien pû supque
pléer.
-même
La Vertu vient entendre le Demandeur
et le Deffendeur ; ils lui font tous deux
une déclaration d'amour ; mais celle de
Cupidon est si vive , que la vertu même
est contrainte de s'en garantir par la fuite.
Minerve vient enfin leur prononcer
l'Arrêt irrevocable du Conseil des Dieux ;
voici comme elle s'explique Cupidon
la Vertu décidoit contre vous , et moy -
j'allois être de son sentiment , si Jupiter
n'eûtjugé à propos de vous réunir , en vous
corrigeant , pour former le coeur du Prince,
avec vôtre Confrere , il est vray , l'Ame est
trop tendres mais avec vous elle est trop libertine
; il fait souvent des coeurs ridicules ,
mais vous n'en faites que de méprisables ;
il égare l'esprit , mais vous ruinez les moeurs ;
il n'a que des défauts , mais vous avez des
vices. Unissez- vous tous deux ; rendez- le
plus vif et plus passionné , et qu'il vous rende
plus tendre et plus raisonnable , et vens
serez sans reproche. Au reste , ce n'est pas
un Conseil que je vous donne , c'est un ordre
de Jupiter que je vous annonce.
G iij
"
La
2630 MERCURE DE FRANCE
2
La Piece finit par cette courte réponse
de Cupidon , c'est - à -dire de , l'Amour libertin's
Allons, mon Camarade , je le veux
bien ; embrassons- nous ; je vous apprendray
àn'être plus si sot , et vous m'apprendrez à
être plus sage.
❤
On doit juger par ce petit Extrait
qu'on auroit fait un très joli Dialogue
ou un Prologue de cette Piece simplifice ,
et sans y parler du grand Prince , qui en
est l'objer. Le Public nous sçaura gré
d'inserer ici quelques fragments de cette
aimable Allegorie : Nous les reduirons
aux Plaidoyers et aux Déclarations d'Amour,
Devant Minerve , l'Amour s'exprime
ainsi.
Qui êtes- vous , pour oser me disputer quel-
•que chose ? vous qui n'avez pour attribist
que le vice , digne heritage d'une origine
aussi impure que la vôtre ? Divinité scanda-
Jense , dont le culte est un crime à qui la
seule corruption des hommes a dressé des
Autels ? Vous à qui les devoirs les plus sa-
Brez servent de victimes ? Vous qu'on ne
peut bonorer sans immolér la Vertu ? Funeste
Auteur des plus hanteuses flêtrissures , qui ,
・pour récompense à ceux qui vous suivent
ne leur laissez que le déshonneur , repentir
, et la misere en partage ? osez - vous
vons comparer à moy ? An Dien de la plits
noble
le
NOVEMBRE 1731 2639
moble , de la plus estimable , de la plus tendre
des passions , et , j'ose dive , de la plus
feconde en Héros ?
Cupidon.
Bon , des Héros ! nous voilà bien riches ;
est-ce que vous croyez que la Terre ne se
passeroit pas bien de ces Messieurs là ?
Alle ; ils sont plus curieux à voir que
nécessaires ; leur gloire a trop d'attirail ; si
Fon rabbatoit tous les frais qu'il en coûte
pourles avoir on verroit qu'on les achette
plus qu'ils ne valent. On est bien dupe de
les admirer , puisqu'on en paye lafaçon. Il
faui que les hommes vivent un peu plus uniment
les uns avec les autres , pour être en
repos vos Héros sortent du niveau et ne
font que du tintamarre : Poursuivons & e...
2
L'Amour.
J
Qu'est-ce que c'étoit autrefoisque l'Amour 3
Je l'appellois tout à l'heure une passion ; c'étoit
une veriu , Déesse ; c'étoit du moins l'origine
de toutes les vertus , &c. De mon temps
La Pudeur étoit la plus aimable des graces.
Cupidon-
Eh bien , il ne faut pas faire tant de bruit,
c'est encore de même ; je n'en connois point de
si piquante , moi , que la pudeur;je l'adore
O iiij et
2632 MERCURE DE FRANCE
La
et mes sujets aussi . Ils la trouvent si charmante
qu'ils la poursniventpar tout où ils la tronvent.
Je m'appelle l'Amour ; mon mêtier n'est
pas d'avoir soin d'elle , il y a le respect ,
sagesse , l'honneur qui sont commis à sa garde
, voilà ses Officiers ; c'est à eux à la deffendre
du danger qu'elle court , et ce dangèr
' est moi , &c.
Voici comme parle l'Amour à la Vertu .
Je vous dirai, Madame , que mon respect
a réduit mes sentimens à se taire . Ils n'ont osé
se produire que dans mes timides regards ;
mais il n'estplus temps defeindre,ni de vous
dérober votre victime , je sçais tout ce que je
risque à vous déclarer ma flamme , vos rigueurs
vont punir món audace , vous allez
accabler un temeraire ; mais , Madame , aw
milieu du courroux qui va vous saisir , souvenez
- vous du moins que ma témerité n'a
jamais passéjusqu'à l'esperance , et que ma
respectueuse ardeur..
Cupidon.
Encore du respect ! voilà mes vapeurs qui
me reprennent , &c... Non , Déesse adorable
, ne m'exposez point à vous dire que je
vous aime. Vous regardez ceci comme une
feinte
NOVEMBRE. 1737. 2633
feinte , mais vous êtes trop aimable , et mon
• coeur pourroit s'y méprendre. Je vous dis la
verité ; ce n'est pas d'aujourd'hui que vous
me touche ; je me connois aux charmes , ni
sur la terre , ni dans les cieux,je ne vois rien
qui ne le cede aux vôtres. Combien de fois
n'ai-je pas êté tenté de me jetter à vos genoux
? Quelles délices pour moi que d'aimer
la vertu , sije pouvois être aimé d'elle . Eh!
pourquoi ne m'aimeriez- vous pas ? Que veut
dire ce penchant qui me porte à vous , s'il
n'annonce que vous y serez sensible ? Je sens
que tout mon coeur vous est dû , n'avez- vous
pas quelque repugnance à me refuser le vôtre?
Aimable vertu , me fuirez - vous toujours ,
regardez-moi , vous ne me connoissez pas :
c'est l'amour à vos genoux qui vous parle
essayez de le voir , il est soumis , il ne veut
que vous flechir je vous aime je vous le dis ,
vous m'entendez ; mais vos yeux ne me rassurent
pas , un regard acheveroit mon bonheur.
Un regard ? Ah ! quel plaisir ! vous
me l'accordez,chere main que j'idolatre , recevez
mes transports . Voici leplus heureux ins
tant qui me soit échu en partage.
J: 1
Cette vivacité de stile , secondée de la
légéreté et de la grace que la Die Dangeville
a naturellement à s'énoncer, a charmé
également la Cour et la Ville ; et nous
Gv
2634 MERCURE DE FRANCE
ne doutons point que nos Lecteurs ne
conviennent que la reunion des Amours ,
est un ouvrage à faire beaucoup d'honneur
à son ingénieux Auteur. Au reste les Dlles
Dangeville et Gossin , qui sont deux jeunes
et aimables personnes, remplies d'heureux
talens pour la déclamation , satisfont
également l'esprit et les regards avides
des Spectateurs , charmez de leurs agrémens
personnels , sous cet heureux et
riant déguisement.
Là- dessus une Muse , délicatement ba
dine , s'est exercée en cette maniere.
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Résumé : La réunion des Amours, [titre d'après la table]
La pièce 'La Réunion des Amours' a été représentée par les Comédiens Français au début du mois de novembre 1731. Cette comédie héroïque en un acte en prose a été bien accueillie pour son écriture spirituelle et ses traits fins et délicats. L'intrigue est allégorique et met en scène deux types d'Amours : le Dieu de la tendresse et Cupidon. Ces personnages se reprochent mutuellement leurs défauts, le premier traitant Cupidon de libertin et Cupidon le traitant de benêt. Le sujet principal est une assemblée des dieux convoquée par Jupiter, où chaque dieu doit faire un don au fils d'un grand roi. Cupidon, étonné de ne pas être invité, apprend de Mercure que Minerve s'y oppose. Minerve, après avoir entendu les plaidoyers des deux Amours, décide de les renvoyer devant la Vertu. Cupidon, par sa déclaration d'amour, contraint la Vertu à fuir. Minerve prononce finalement l'arrêt de Jupiter, ordonnant aux deux Amours de se réunir pour former un cœur équilibré, ni trop tendre ni trop libertin. La pièce se termine par l'acceptation de Cupidon de cette union. Les acteurs, notamment les demoiselles Dangeville et Gossin, ont été salués pour leur talent et leur grâce, charmant à la fois la cour et la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 2634-2636
MADRIGAL.
Début :
Enfin je l'ai vu sur la Scene, [...]
Mots clefs :
Cupidon, Comédiens-Français, Amours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
MADRIGAL
Nfin je l'ai vu sur la Scène,
Ce petit Dieu tant renommê ,
Cupidon...Ah ! qu'il m'a charmé §
Pourroit-on refuser sa chaîne ǝ
Non ; et qui ne me croira pas ,
Qu'il aille éprouver ses appas.
Mais pour vous ,quel sujet d'allarmes ;
Beautez , dont il vantoit les charmes !
Il ne vous sert plus aujourd'hui ,
Et le fripon garde pour lui
Tous les coeurs que blessent ses armacy.
NOVEMBRE 1731. 2635.
3
AUTRE
•
Jeune Dangeville , à quoi bon ;
Prendre l'habit de Cupidon ?
Déja vous regnez dans Cythere ,
Ses Autels vous sont reservez ;
-Nous le sçavons , vous le sçavez ;
Les amours ont trahi leur Mere ,
Pour vous seule qui les bravez
De leur parure ils ont affaire
Sans besoin vous vous en servez.
N'empruntez jamais rien pour plaire ;
Car en fait d'appas vous avez ,
Bien au delà du necessaire.
AUTRE.
Sous l'habit et le nom de son charmant Epour,
Psiché vit Dangeville et sentit dans son ame ,
Les transports. les plus vifs , les désirs les plus
doux ,
Qu'éut jamais fait naître sa flame ;
Aussi tôt son coeur attendri ,
xpliqua librement sa surprise amoureuse ;
Heureusement pour le mari ,
L'erreur n'étoit pas dangereuse.
AUTRE.
Sous les atours de Cupidon ,
enus rencontrant Dangeville ,
La prit pour ce malin Garçon ,
Gvj La
26 36 MERCURE DE FRANCE
La méprise est assez facile.
Ah ! dit la Reine des Amours ,
Mon fils embellit tous les jours.
Les Comédiens François ont remis au
Théatre la Tragédie d'Ariane , de T. Corneille
, que le public voit avec grand plaisir.
La De Duclos est en possession depuis
long- temps d'y jouer le principal Rôle
dans la plus grande perfection.
Le 23. de ce mois , les mêmes Comédiens
donnerent la premiere Représentation
du Chevalier Bayard , Comédie Heroïque
de M. Autreau ; elle est bien écrite
et bien versifiée . On y trouve plusieurs
beaux caracteres , bien soutenus et beaucoup
d'interêt. Nous en parlerons plus
au long,
Nfin je l'ai vu sur la Scène,
Ce petit Dieu tant renommê ,
Cupidon...Ah ! qu'il m'a charmé §
Pourroit-on refuser sa chaîne ǝ
Non ; et qui ne me croira pas ,
Qu'il aille éprouver ses appas.
Mais pour vous ,quel sujet d'allarmes ;
Beautez , dont il vantoit les charmes !
Il ne vous sert plus aujourd'hui ,
Et le fripon garde pour lui
Tous les coeurs que blessent ses armacy.
NOVEMBRE 1731. 2635.
3
AUTRE
•
Jeune Dangeville , à quoi bon ;
Prendre l'habit de Cupidon ?
Déja vous regnez dans Cythere ,
Ses Autels vous sont reservez ;
-Nous le sçavons , vous le sçavez ;
Les amours ont trahi leur Mere ,
Pour vous seule qui les bravez
De leur parure ils ont affaire
Sans besoin vous vous en servez.
N'empruntez jamais rien pour plaire ;
Car en fait d'appas vous avez ,
Bien au delà du necessaire.
AUTRE.
Sous l'habit et le nom de son charmant Epour,
Psiché vit Dangeville et sentit dans son ame ,
Les transports. les plus vifs , les désirs les plus
doux ,
Qu'éut jamais fait naître sa flame ;
Aussi tôt son coeur attendri ,
xpliqua librement sa surprise amoureuse ;
Heureusement pour le mari ,
L'erreur n'étoit pas dangereuse.
AUTRE.
Sous les atours de Cupidon ,
enus rencontrant Dangeville ,
La prit pour ce malin Garçon ,
Gvj La
26 36 MERCURE DE FRANCE
La méprise est assez facile.
Ah ! dit la Reine des Amours ,
Mon fils embellit tous les jours.
Les Comédiens François ont remis au
Théatre la Tragédie d'Ariane , de T. Corneille
, que le public voit avec grand plaisir.
La De Duclos est en possession depuis
long- temps d'y jouer le principal Rôle
dans la plus grande perfection.
Le 23. de ce mois , les mêmes Comédiens
donnerent la premiere Représentation
du Chevalier Bayard , Comédie Heroïque
de M. Autreau ; elle est bien écrite
et bien versifiée . On y trouve plusieurs
beaux caracteres , bien soutenus et beaucoup
d'interêt. Nous en parlerons plus
au long,
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Résumé : MADRIGAL.
Le Mercure de France de novembre 1731 présente divers extraits de madrigaux et de nouvelles théâtrales. Un madrigal décrit le pouvoir envoûtant de Cupidon, capable de charmer et captiver les cœurs. Un autre madrigal célèbre la beauté et le charme naturel de la jeune Dangeville, qui n'a pas besoin d'artifices pour plaire. Un extrait relate une méprise où Psiché, déguisée en Cupidon, rencontre Dangeville et ressent des émotions intenses. Le texte mentionne également des représentations théâtrales, notamment la tragédie 'Ariane' de Pierre Corneille, interprétée par la Duclos, et la comédie héroïque 'Le Chevalier Bayard' de M. Autreau, appréciée pour son écriture et ses personnages bien définis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 2636-2640
Le Phénix ou la fidelité mise à l'épreuve, [titre d'après la table]
Début :
Les Comédiens Italiens donnerent le 5. Novembre, une petite Piece en Vers libres [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Pièce en vers libres, Versification, Jardinier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Phénix ou la fidelité mise à l'épreuve, [titre d'après la table]
Les Comédiens Italiens donnerent le
Novembre , une petite Piece en Vers libres
, qui a pour titre , le Phenix , on la
Fidelite mise à l'épreuve. Cet Ouvrage ,
qui est le coup d'esssay de son Auteur ,
a été assez bien reçû pour l'engager à
continuer. La Versification n'en fait pas
le moindre prix , au jugement des connoisseurs
désinterressez ; en voici le Sujet.
Isabelle , femme de Cynthia , ayant appris
que son mari a fait nauffrage , et
NOVEMBRE. 1731. 2637
le croyant mort , se retire dans un Château
et s'y confine pour le reste de ses
jours . Ce Château est le lieu de la Scene.
Cynthio y arrive , Blaise , son Jardinier,
le prend pour un Revenant , mais enfin
rassuré et convaincu que c'est son
Maître lui- même , il lui apprend que sa
: femme a fait divorce avec le monde pour
se livrer toute entiere à la douleur que
sa mort prétenduë lui cause. Cynthio
n'est pas tout à fait content de cette marque
d'amour et de fidelité ; il veut mettre
: le coeur d'Isabelle à de nouvelles épreuves
; il ordonne au Jardinier de tenir son
: retour secret , et prie Mario , son ami ,
et son compagnon de voyage , de se travestir
en Prince et de mettre tout en
usage pour tenter la fidelité de son Epouse.
Mario blâme sa défiance et ne consent
qu'à regret à jouer le personnage qu'il
lui propose ; il s'y resout enfin , il se
presente à Isabelle avec toute la magnificence
qui doit accompagner le rang qu'il
se donne. Il fait étaler à ses yeux tout ce
- que la fortune peut avoir de plus séduisant
; il parle d'hymen , et sur tout d'amour
de la maniere la plus persuasive ,
d'autant mieux que la feinte chez lui est
devenue une verité ; tout cela n'ébranle
point la fidelité d'Isabelle ; il en rend un
boo
2838 MERCURE DE FRANCE
bon compte à son ami , et après lui avoir
avoué qu'il est veritablement devenu
amoureux de sa femme , il lui conseille
de s'en tenir à une épreuve si forte et
le prie de trouver bon qu'il le quitte pour
toujours , pour se guerir par l'absence des
impressions que les charmes d'Isabelle
Iont faites sur son coeur ; Cynthio n'est
pas encore satisfait , il veut faire une
derniere tentative ; il se travestir en Corsaire
, et prétend obtenir par la force ce
qu'on a refusé à l'Amour et au rang prétendu
de Mario. Cette derniere épreuve
a le sort de la précedente ; on l'a trouvée
la plus foible des deux ; l'Auteur doit
l'avoir senti lui- même ; mais il en avoit
besoin pour ménager une reconnoissance
qui a fait beaucoup de plaisir. La Piece
finit par une Fête de Matelots , dont
Cynthio régale sa fidelle Epouse. Arlequin
joue à peu près le même Rôle avec
sa femme Rosette 3 mais le succès en est
bien different ; Rosette lui fait tout au
moins une demie infidelité , et le force à
convenir qu'il a été justement payé de sa
curiosité impertinente.
Le 10. les mêmes Comédiens représen
terent à la Cour la Comédie de l'Amank
difficile de M. de la Mothe , qui fut suivie
de la petite Piece du Je ne sçai quoi , de
M.
NOVEMBRE. 1731. 2639
M. de Boissy. Ces deux Pieces furent trèsbien
représentées et firent beaucoup de
plaisir.
L'Académie Royale de Musique , continuë
toûjours avec un grand succès , les
Représentations de l'Opera d'Amadis
dans lequel la De Le Maure s'attire tous
les jours de nouveaux applaudissemens
par sa belle voix et par son jeu simple ,
noble et naturel . Il semble que le Rôle
d'Oriane , qui n'a jamais été si bien chanré
, à beaucoup près , soit fait pour cette
Acttice.
La Dile Camargo , qui n'avoit point
paru dans les premieres Représentations
de cetOpera , y dansa au commencement
de ce mois , deux Airs au quatrième Acte
, au grand contentement des Spectageurs.
Cette excellente Danseuse a voulu ,
sans doute , avoir quelque part au grand
succès de cet Opera.
Le 15. on remit au Théatre le Ballet
des Fêtes Venitiennes , pour être joué les
Jeudis , comme cela se pratique après
la S. Martin. On y a ajoûte une quatriéme
Entrée qui avoit été jouče en
Septembre 1721. intitulée l'Opera. Les
Vers sont toûjours de M. Danchet , et
la Musique de M. Campra , dont les Ouvrages
2640 MERCURE DE FRANCE
•
〃
vrages sont en possession d'être reçûs favorablement
du Public. La Dle Sallé ,
danse dans le Divertissement de cette Entrée
avec les graces que tout le monde
lui connoît ; et la De Camargo y brille
à son ordinaire , d'une maniere très- éclatante.
Le 11. Fête de S. Martin , la même
Académie donna le premier Bal public
qu'on donne tous les ans à pareil jour , et
qu'on continue pendant differens jours
jusqu'à l'Avent. On les reprend ordinairement
Novembre , une petite Piece en Vers libres
, qui a pour titre , le Phenix , on la
Fidelite mise à l'épreuve. Cet Ouvrage ,
qui est le coup d'esssay de son Auteur ,
a été assez bien reçû pour l'engager à
continuer. La Versification n'en fait pas
le moindre prix , au jugement des connoisseurs
désinterressez ; en voici le Sujet.
Isabelle , femme de Cynthia , ayant appris
que son mari a fait nauffrage , et
NOVEMBRE. 1731. 2637
le croyant mort , se retire dans un Château
et s'y confine pour le reste de ses
jours . Ce Château est le lieu de la Scene.
Cynthio y arrive , Blaise , son Jardinier,
le prend pour un Revenant , mais enfin
rassuré et convaincu que c'est son
Maître lui- même , il lui apprend que sa
: femme a fait divorce avec le monde pour
se livrer toute entiere à la douleur que
sa mort prétenduë lui cause. Cynthio
n'est pas tout à fait content de cette marque
d'amour et de fidelité ; il veut mettre
: le coeur d'Isabelle à de nouvelles épreuves
; il ordonne au Jardinier de tenir son
: retour secret , et prie Mario , son ami ,
et son compagnon de voyage , de se travestir
en Prince et de mettre tout en
usage pour tenter la fidelité de son Epouse.
Mario blâme sa défiance et ne consent
qu'à regret à jouer le personnage qu'il
lui propose ; il s'y resout enfin , il se
presente à Isabelle avec toute la magnificence
qui doit accompagner le rang qu'il
se donne. Il fait étaler à ses yeux tout ce
- que la fortune peut avoir de plus séduisant
; il parle d'hymen , et sur tout d'amour
de la maniere la plus persuasive ,
d'autant mieux que la feinte chez lui est
devenue une verité ; tout cela n'ébranle
point la fidelité d'Isabelle ; il en rend un
boo
2838 MERCURE DE FRANCE
bon compte à son ami , et après lui avoir
avoué qu'il est veritablement devenu
amoureux de sa femme , il lui conseille
de s'en tenir à une épreuve si forte et
le prie de trouver bon qu'il le quitte pour
toujours , pour se guerir par l'absence des
impressions que les charmes d'Isabelle
Iont faites sur son coeur ; Cynthio n'est
pas encore satisfait , il veut faire une
derniere tentative ; il se travestir en Corsaire
, et prétend obtenir par la force ce
qu'on a refusé à l'Amour et au rang prétendu
de Mario. Cette derniere épreuve
a le sort de la précedente ; on l'a trouvée
la plus foible des deux ; l'Auteur doit
l'avoir senti lui- même ; mais il en avoit
besoin pour ménager une reconnoissance
qui a fait beaucoup de plaisir. La Piece
finit par une Fête de Matelots , dont
Cynthio régale sa fidelle Epouse. Arlequin
joue à peu près le même Rôle avec
sa femme Rosette 3 mais le succès en est
bien different ; Rosette lui fait tout au
moins une demie infidelité , et le force à
convenir qu'il a été justement payé de sa
curiosité impertinente.
Le 10. les mêmes Comédiens représen
terent à la Cour la Comédie de l'Amank
difficile de M. de la Mothe , qui fut suivie
de la petite Piece du Je ne sçai quoi , de
M.
NOVEMBRE. 1731. 2639
M. de Boissy. Ces deux Pieces furent trèsbien
représentées et firent beaucoup de
plaisir.
L'Académie Royale de Musique , continuë
toûjours avec un grand succès , les
Représentations de l'Opera d'Amadis
dans lequel la De Le Maure s'attire tous
les jours de nouveaux applaudissemens
par sa belle voix et par son jeu simple ,
noble et naturel . Il semble que le Rôle
d'Oriane , qui n'a jamais été si bien chanré
, à beaucoup près , soit fait pour cette
Acttice.
La Dile Camargo , qui n'avoit point
paru dans les premieres Représentations
de cetOpera , y dansa au commencement
de ce mois , deux Airs au quatrième Acte
, au grand contentement des Spectageurs.
Cette excellente Danseuse a voulu ,
sans doute , avoir quelque part au grand
succès de cet Opera.
Le 15. on remit au Théatre le Ballet
des Fêtes Venitiennes , pour être joué les
Jeudis , comme cela se pratique après
la S. Martin. On y a ajoûte une quatriéme
Entrée qui avoit été jouče en
Septembre 1721. intitulée l'Opera. Les
Vers sont toûjours de M. Danchet , et
la Musique de M. Campra , dont les Ouvrages
2640 MERCURE DE FRANCE
•
〃
vrages sont en possession d'être reçûs favorablement
du Public. La Dle Sallé ,
danse dans le Divertissement de cette Entrée
avec les graces que tout le monde
lui connoît ; et la De Camargo y brille
à son ordinaire , d'une maniere très- éclatante.
Le 11. Fête de S. Martin , la même
Académie donna le premier Bal public
qu'on donne tous les ans à pareil jour , et
qu'on continue pendant differens jours
jusqu'à l'Avent. On les reprend ordinairement
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Résumé : Le Phénix ou la fidelité mise à l'épreuve, [titre d'après la table]
En novembre 1731, les Comédiens Italiens présentèrent la pièce en vers libres 'Le Phénix, ou la Fidélité mise à l'épreuve', premier essai de son auteur. Cette œuvre raconte l'histoire d'Isabelle, épouse de Cynthia, qui se retire dans un château après avoir appris la mort présumée de son mari. Cynthia, revenu, découvre qu'Isabelle s'est retirée du monde par fidélité. Pour tester sa fidélité, Cynthia ordonne à son jardinier de garder son retour secret et demande à son ami Mario de se déguiser en prince pour séduire Isabelle. Malgré les tentatives de Mario, Isabelle reste fidèle. Cynthia, insatisfait, se déguise ensuite en corsaire pour tenter de forcer Isabelle, mais échoue à nouveau. La pièce se termine par une fête de matelots. Parallèlement, Arlequin tente de tester la fidélité de Rosette, mais celle-ci lui fait une demi-infidélité. Le 10 novembre, les mêmes comédiens représentèrent à la cour 'L'Amant difficile' de M. de La Mothe et 'Le Je ne sçai quoi' de M. de Boissy, toutes deux très bien reçues. L'Académie Royale de Musique continua les représentations de l'opéra 'Amadis', où la De Le Maure reçut des applaudissements pour son rôle d'Oriane. La Dile Camargo dansa deux airs au quatrième acte. Le 15 novembre, le ballet 'Les Fêtes Vénitiennes' fut remis au théâtre avec une nouvelle entrée. Le 11 novembre, à la fête de Saint-Martin, l'Académie donna le premier bal public de l'année.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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