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Détail
Liste
10901
p. 208-211
MARIAGE ET MORTS.
Début :
Le premier Septembre 1758, le très-haut & très-puissant Seigneur [...]
Mots clefs :
Seigneur, Duc, Colonel d'infanterie, Mariage, Maison Galeano-Galieni, Maison Trémoletti-Montpezat, Chevalier, Armoiries, Abbé, Morts
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE ET MORTS.
MARIAGE ET MORTS..
cal flor the pisten allia plang aftur
LUIS
7 DEC
7s premier Septembre 1758 , le très- haut &
très -puiffant Seigneur Charles-Hyacinthe -Antoine
Galeano- Galieni , des Seigneurs de ce nom en
Lombardie , Duc de Galean , Prince du Saint-
Siege , Sire & Marquis de Salernes , Baron des
OCTOBRE . 1758. 200
Iffarts , Seigneur du Caftellet- Courtines , lez - Angles
& autres lieux , Colonel d'Infanterie dans le
Corps des Grenadiers de France , Chevalier d'honneur
de l'Ordre de S. Jean de Jérufalem , de la
Religion, de celui de Saints Maurice & Lazare , & c .
&c , &c , époufa à Lile , dans le Comtat d'Avignon,
Mademoiſelle Marie Françoife - Henriette de
Montpezat , fille de très haut & très puiffant Seigneur
Jean-Jofeph- Paul- Antoine de Trémoletty-
Montpezat , Duc & Marquis de Montpezat , Prince
du Saint- Siege , l'un des quatre premiers Ba
rons de la Province de Dauphine , Baron de
Montmaur , Piegon & Rochebrune , Seigneur
de Laval , Argilliers , &c. Lieutenant pour
Roi en Languedoc , & de très -haute & très- puiffante
Dame Madame Marie - Juftine - Efpérance
d'Agoult , Ducheffe de Montpezat . La bénédiction
nuptiale fut donnée par M. l'Evêque de Cavaillon.
le
La maifon de Galeano - Galieni eft affez connue
pour qu'on le contente d'en placer ici feulement
un extrait. Il fuffira donc de dire que depuis quatre
fiecles qu'elle s'eft féparée des branches aînées
demeurées en Italie , elle a toujours tenu un rang
confidérable dans l'état d'Avignon où elle a fixe
fa demeure. Elle exifte dans deux branches ; celle
du Duc de Guadagne , qui eft la premiere , a
donné le fameux Duc de Gadagne , Capitaine
Général des Armées en France , Gouverneur de la
Rochelle , Lieutenant Général de la Province du
Berry , mert Généraliffime des Armées de Rome
& de Venife, & celle du Duc de Galean des Iffarts,
dont il eft queftion . Ce dernier eft unique fils de
feu le Marquis des Iffarts , Chevalier de l'Ordre
de l'Aigle blanc en Pologne , Confeiller d'Etat ,
d'Epée , & Ambaffadeur extraordinaire & Pléni
Tro MERCURE DE FRANCE.
potentiaire de S. M. T. C. aux cours de Warfovie
& de Turin , mort à Avignon en 1754 , âgé de
37 ans, & de feu très-haute & très- puiffante Dame
Charlotte Yolande-de Forbin , dès Séignéurs de
la Barben & de Pont-à-Mouffon, décédée en 1742
âgée de vingt-fix ans .
Quant à la maifon de Trémoletti-Montpezat ,
elle eft comptée dès la fin du douzieme fiecle au
nombre des meilleures Maiſons & de la plus ancienne
Chevalerie du pays de Foix , d'où elle tire'
fon origine ; ce qui eft conftaté par des actes ori-'
ginaux de ce temps , ou les Seigneurs de cette
maifon prennent toujours les titres de Nobilis
miles ou Domicellus , qui fignifié Chevalier &
Damoifeau : ceux de cette race ont toujours tenu
dans les armées les premiers emplois. Nous '
remarquerons entr'autres féu le Marquis de'
Montpezat , grand- oncle paternel du Dúc de'
Montpezat d'aujourd'hui , qui mourut Lieutenant
Général des Armées du Roi & Gouverneur d'Arras
, à la veille d'être décoré du bâton de Maté
chal de France dont le feu Roi vouloit récompen
fer fa bravoure & fès importans fervices.
Les maifons de Galean & de Montpezat ont
fourni grand nombre de Chevaliers à l'Ordre de '
Saint Jean de Jérufalem , dont plufieurs ont eu
l'avantage de répandre leur fang au fervice de la
Religion.
La maifon de Galean porté d'argent à la bande
de fable remplie d'or , & aux deux'rofes de gueules
cimier , un lion iffant d'or avec ces mots , ab
obice favior ibit , cri de guerre , femper magis ; fup
ports , deux Anges cotemaillés de rofes.
Celles de Montpezat font d'azur , au Cigne'
d'argent pofé fur une riviere , de même furmonté
de trois molettes d'or , bordé d'azur & parfemé.de
OCTOBRE. 1758. 211
tys d'argent pour fupport , deux Anges cottes
maillés de lys d'argent , avec des Bannieres de
même ; pour cimier un Cigne furmonté d'une
molette d'or avec la devife en latin : Cignus aut
victoria ludit in undas
Meffire Antoine- François de Monlezun- de Bufca
, Abbé de l'Abbaye royale de Longvilliers , Ordre
de Câteaux, Diocefe de Boulogne, mourut dans
fon Abbaye le 11 Septembre , âgé de quatrevingt-
cinq ans.
Meffire Louis- François , Marquis de l'Aubef
pine , eft mort en Beauce dans fes terres le 22 ,
dans la quatre-vingt - treizieme année de fon âge .
Meffire Urbain Robinet , Chanoine de l'Eglife
de Paris , l'un des Vicaires Généraux de M. l'Arclievêque
, Abbé de l'Abbaye de Bellozane , Ordre
de Prémontré , Dioceſe de Rouen , eft mort en
cette Ville le 29 du mois dernier, dans fa foixantequinzieme
année.
cal flor the pisten allia plang aftur
LUIS
7 DEC
7s premier Septembre 1758 , le très- haut &
très -puiffant Seigneur Charles-Hyacinthe -Antoine
Galeano- Galieni , des Seigneurs de ce nom en
Lombardie , Duc de Galean , Prince du Saint-
Siege , Sire & Marquis de Salernes , Baron des
OCTOBRE . 1758. 200
Iffarts , Seigneur du Caftellet- Courtines , lez - Angles
& autres lieux , Colonel d'Infanterie dans le
Corps des Grenadiers de France , Chevalier d'honneur
de l'Ordre de S. Jean de Jérufalem , de la
Religion, de celui de Saints Maurice & Lazare , & c .
&c , &c , époufa à Lile , dans le Comtat d'Avignon,
Mademoiſelle Marie Françoife - Henriette de
Montpezat , fille de très haut & très puiffant Seigneur
Jean-Jofeph- Paul- Antoine de Trémoletty-
Montpezat , Duc & Marquis de Montpezat , Prince
du Saint- Siege , l'un des quatre premiers Ba
rons de la Province de Dauphine , Baron de
Montmaur , Piegon & Rochebrune , Seigneur
de Laval , Argilliers , &c. Lieutenant pour
Roi en Languedoc , & de très -haute & très- puiffante
Dame Madame Marie - Juftine - Efpérance
d'Agoult , Ducheffe de Montpezat . La bénédiction
nuptiale fut donnée par M. l'Evêque de Cavaillon.
le
La maifon de Galeano - Galieni eft affez connue
pour qu'on le contente d'en placer ici feulement
un extrait. Il fuffira donc de dire que depuis quatre
fiecles qu'elle s'eft féparée des branches aînées
demeurées en Italie , elle a toujours tenu un rang
confidérable dans l'état d'Avignon où elle a fixe
fa demeure. Elle exifte dans deux branches ; celle
du Duc de Guadagne , qui eft la premiere , a
donné le fameux Duc de Gadagne , Capitaine
Général des Armées en France , Gouverneur de la
Rochelle , Lieutenant Général de la Province du
Berry , mert Généraliffime des Armées de Rome
& de Venife, & celle du Duc de Galean des Iffarts,
dont il eft queftion . Ce dernier eft unique fils de
feu le Marquis des Iffarts , Chevalier de l'Ordre
de l'Aigle blanc en Pologne , Confeiller d'Etat ,
d'Epée , & Ambaffadeur extraordinaire & Pléni
Tro MERCURE DE FRANCE.
potentiaire de S. M. T. C. aux cours de Warfovie
& de Turin , mort à Avignon en 1754 , âgé de
37 ans, & de feu très-haute & très- puiffante Dame
Charlotte Yolande-de Forbin , dès Séignéurs de
la Barben & de Pont-à-Mouffon, décédée en 1742
âgée de vingt-fix ans .
Quant à la maifon de Trémoletti-Montpezat ,
elle eft comptée dès la fin du douzieme fiecle au
nombre des meilleures Maiſons & de la plus ancienne
Chevalerie du pays de Foix , d'où elle tire'
fon origine ; ce qui eft conftaté par des actes ori-'
ginaux de ce temps , ou les Seigneurs de cette
maifon prennent toujours les titres de Nobilis
miles ou Domicellus , qui fignifié Chevalier &
Damoifeau : ceux de cette race ont toujours tenu
dans les armées les premiers emplois. Nous '
remarquerons entr'autres féu le Marquis de'
Montpezat , grand- oncle paternel du Dúc de'
Montpezat d'aujourd'hui , qui mourut Lieutenant
Général des Armées du Roi & Gouverneur d'Arras
, à la veille d'être décoré du bâton de Maté
chal de France dont le feu Roi vouloit récompen
fer fa bravoure & fès importans fervices.
Les maifons de Galean & de Montpezat ont
fourni grand nombre de Chevaliers à l'Ordre de '
Saint Jean de Jérufalem , dont plufieurs ont eu
l'avantage de répandre leur fang au fervice de la
Religion.
La maifon de Galean porté d'argent à la bande
de fable remplie d'or , & aux deux'rofes de gueules
cimier , un lion iffant d'or avec ces mots , ab
obice favior ibit , cri de guerre , femper magis ; fup
ports , deux Anges cotemaillés de rofes.
Celles de Montpezat font d'azur , au Cigne'
d'argent pofé fur une riviere , de même furmonté
de trois molettes d'or , bordé d'azur & parfemé.de
OCTOBRE. 1758. 211
tys d'argent pour fupport , deux Anges cottes
maillés de lys d'argent , avec des Bannieres de
même ; pour cimier un Cigne furmonté d'une
molette d'or avec la devife en latin : Cignus aut
victoria ludit in undas
Meffire Antoine- François de Monlezun- de Bufca
, Abbé de l'Abbaye royale de Longvilliers , Ordre
de Câteaux, Diocefe de Boulogne, mourut dans
fon Abbaye le 11 Septembre , âgé de quatrevingt-
cinq ans.
Meffire Louis- François , Marquis de l'Aubef
pine , eft mort en Beauce dans fes terres le 22 ,
dans la quatre-vingt - treizieme année de fon âge .
Meffire Urbain Robinet , Chanoine de l'Eglife
de Paris , l'un des Vicaires Généraux de M. l'Arclievêque
, Abbé de l'Abbaye de Bellozane , Ordre
de Prémontré , Dioceſe de Rouen , eft mort en
cette Ville le 29 du mois dernier, dans fa foixantequinzieme
année.
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Résumé : MARIAGE ET MORTS.
Le texte décrit le mariage de Charles-Hyacinthe-Antoine Galeano-Galieni, Duc de Galean, et de Marie Françoise-Henriette de Montpezat, fille du Duc de Montpezat, célébré le 7 septembre 1758 à L'Isle dans le Comtat d'Avignon. La cérémonie a été bénie par l'évêque de Cavaillon. Les familles des mariés sont présentées en détail. La maison Galeano-Galieni est établie en Avignon depuis quatre siècles et se divise en deux branches : celle du Duc de Guadagne et celle du Duc de Galean des Issarts. Le père du marié, le Marquis des Issarts, était Chevalier de l'Ordre de l'Aigle blanc en Pologne et Ambassadeur extraordinaire. La maison de Montpezat, originaire du pays de Foix, est connue pour ses services militaires et ses titres de noblesse. Les deux familles ont fourni de nombreux Chevaliers à l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem. Le texte mentionne également les armoiries et devises des deux maisons. Par ailleurs, il note le décès de plusieurs personnalités, dont l'Abbé de l'Abbaye royale de Longvilliers, le Marquis de l'Aubespine et le Chanoine Urbain Robinet.
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10902
p. 211-212
LETTRE A M. KEYSER.
Début :
J'ai l'honneur de vous adresser, Monsieur, un état de cinq malades attaqués [...]
Mots clefs :
Dragées, Traitements, Succès, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE A M. KEYSER.
LETTRE A M. KEYSER.
J'AI P'honneur de vous adreffer , Monfieur , un
état de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne
, que j'ai traités avec vos dragées & fuivant.
votre méthode de les adminiftrer : vous verrez
que le fuccès ne pouvoit en être plus complet , ni
les atteftations plus authentiques. Il n'y a cependant
rien d'exagéré , ni qui ne foit conforme à la
plus exacte vérité. Je ne vous diffimulerai pas .
212 MERCURE DE FRANCE.
Monfieur , que j'avois befoin de ces preuves pour
croire : accoutumé depuis un très- long- temps à
employer le mercure, par les frictions , je ne
croyois pas que toute autre maniere de le donner
pût produire de fi bon effets que celle- là ; mais
je fuis défabufé , & il eft juste que j'en fafle l'aveu.
Une circonfiance qui me plaît encore,& à laquelle
on doit faire attention , c'eft que la cure de cette
maladie par vos dragées eft beaucoup plus courte
que par les frictions , & qu'elle eft pour le moins
auf fure. J'ai l'honneur d'être , & c. Leriche,
Chirurgien Major de l'hôpital Militaire de Strafe
bourg.
A Strasbourg , le 28 Mai 1758.
J'AI P'honneur de vous adreffer , Monfieur , un
état de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne
, que j'ai traités avec vos dragées & fuivant.
votre méthode de les adminiftrer : vous verrez
que le fuccès ne pouvoit en être plus complet , ni
les atteftations plus authentiques. Il n'y a cependant
rien d'exagéré , ni qui ne foit conforme à la
plus exacte vérité. Je ne vous diffimulerai pas .
212 MERCURE DE FRANCE.
Monfieur , que j'avois befoin de ces preuves pour
croire : accoutumé depuis un très- long- temps à
employer le mercure, par les frictions , je ne
croyois pas que toute autre maniere de le donner
pût produire de fi bon effets que celle- là ; mais
je fuis défabufé , & il eft juste que j'en fafle l'aveu.
Une circonfiance qui me plaît encore,& à laquelle
on doit faire attention , c'eft que la cure de cette
maladie par vos dragées eft beaucoup plus courte
que par les frictions , & qu'elle eft pour le moins
auf fure. J'ai l'honneur d'être , & c. Leriche,
Chirurgien Major de l'hôpital Militaire de Strafe
bourg.
A Strasbourg , le 28 Mai 1758.
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Résumé : LETTRE A M. KEYSER.
Le chirurgien Leriche écrit à M. Keyser pour présenter les résultats positifs obtenus en traitant cinq malades atteints de la maladie vénérienne avec les dragées de M. Keyser. Leriche souligne que les résultats sont authentiques et complets, sans exagération. Initialement sceptique, ayant l'habitude d'utiliser le mercure par frictions, il reconnaît désormais l'efficacité des dragées. Il note que la cure par dragées est plus rapide et au moins aussi sûre que celle par frictions. Leriche exprime son honneur de partager cette expérience, datée du 28 mai 1758, depuis l'hôpital militaire de Strasbourg.
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10903
p. 212-214
ETAT de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne, qui ont été traités à l'Hôpital Militaire de Strasbourg avec les dragées de M. Keyser & suivant sa méthode, par les soins de M. le Riche, Chirurgien-Major dudit Hôpital, & avec la permission de M. le Baron de Lucé, Intendant de la Province d'Alsace.
Début :
Le nommé Antoine Buiron, dit Saint-Flours, Grenadier au Régiment de la [...]
Mots clefs :
Traitement, Soldats, Compagnie, Guérison, Certificats, Chirurgien, Symptômes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETAT de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne, qui ont été traités à l'Hôpital Militaire de Strasbourg avec les dragées de M. Keyser & suivant sa méthode, par les soins de M. le Riche, Chirurgien-Major dudit Hôpital, & avec la permission de M. le Baron de Lucé, Intendant de la Province d'Alsace.
ETAT de cinq malade's attaqués de la maladie
vénérienne , qui ont été traités à l'Hôpital Militaire
de Strasbourg avec les dragées de M. Keyfer
& fuivant fa méthode , par les foins de M. te
Riche , Chirurgien - Major dudit Hôpital , &
avec la permiffion de M. le Baron de Luce , Intendant
de la Province d'Alface.. 2
LsE nommé Antoine Buiron , dit Saint- Flours ,
Grenadier au Régiment de la Roche - Aymond ,
Compagnie de Saint - Fal . Il entra à l'hôpital le 7
Avril , & fon traitement n'a commencé que le 23
dudit mois . Il en eft forti le 18 de Mai parfaite
ment guéri , & fes forces rétablies.
Le nommé Jean- Baptifte-Joſeph Robelor , dit
Jofeph, Cavalier au Régiment de Gramond, Compagnie
de Toulle , eft entré à l'hôpital le 23 du
mois de Mars. Son traitement a commencé le to
d'Avril , & a fini le 12 Mai.
Le nommé Nicolas la Forge , dit la Forge ,
Cavalier au Régiment de Bezons , Compagnie de
OCTOBRE. 1758. 213
Ponty , eft entré à l'hôpital le 23 Mars. Son traitement
a commencé le 10 d'Avril , & a fini le 14
Main &
Le nommé Gabriel - Pierre , dit Darras , Sapeur
au Régiment du Corps royal d'Artillerie , Compagnie
de Clincl amps , eft entré à l'hôpital le 21
Mars . Son traitement a commencé le 10 du mois
d'Avril , & a fini le 14 Mai.
Le nommé Vidal Eſtreman , dit la Jeuneffe ,
Soldat au Régiment Infanterie de Beauvoifis , de
la Compagnie de Laftour. Son traitement a commencé
le 10 du mois d'Avril , & a fini le 20 de
Mail eft parfaitement guéri. E
Certificat de Meffieurs les Médecins , Chirurgiens-
Majors, Chirurgiens Aide-Majors de l'lzòpital "
Militaire de Strasbourg.
Nous , Médecins , Chirurgiens- Majors, & Aides
de l'Hôpital Militaire de Strasbourg , fouffignés
certifions & atteftons que nous avons vifité trèsfcrupuleufement
les malades dénommes au préfent
état , & que nous avons trouvés qu'ils avoient
chacun les fymptômes propres & particuliers de
la maladie vénérienne ; que nous nous fommes
transportés plufieurs fois dans la falle où ils ont
été traités par l'invitation de M. Leriche , Chirur
gien Major chargé de ce traitement , pour voir
de quelle maniere les dragées antivénériennes ont
agi fur eux , que nous avons appris & obfervés en
interrogeant lefdits malades que ce remede produifoit
des évacuations fûres , douces & ailées ,
tant par les felles , que par les fueurs , les urines
& la falivation , & que la guérifon de ces malades
ayant été une fuire de l'adminiftration des dragées
, nous eftimons qu'elles peuvent être employées
avec les meilleurs fuccès pour la guérifon
de cette maladie. Fait à Strasbourg , le 25 du mois
214 MERCURE DE FRANCE.
de Mai 1758.Guérin & Paris , Médecins-Docteurs.
Leriche , Chirurgien-Major ; Bomergue , Chirur
gien- Major en fecond ; Leriche & Barbezant
Chirurgiens: Aide- Majors.
vénérienne , qui ont été traités à l'Hôpital Militaire
de Strasbourg avec les dragées de M. Keyfer
& fuivant fa méthode , par les foins de M. te
Riche , Chirurgien - Major dudit Hôpital , &
avec la permiffion de M. le Baron de Luce , Intendant
de la Province d'Alface.. 2
LsE nommé Antoine Buiron , dit Saint- Flours ,
Grenadier au Régiment de la Roche - Aymond ,
Compagnie de Saint - Fal . Il entra à l'hôpital le 7
Avril , & fon traitement n'a commencé que le 23
dudit mois . Il en eft forti le 18 de Mai parfaite
ment guéri , & fes forces rétablies.
Le nommé Jean- Baptifte-Joſeph Robelor , dit
Jofeph, Cavalier au Régiment de Gramond, Compagnie
de Toulle , eft entré à l'hôpital le 23 du
mois de Mars. Son traitement a commencé le to
d'Avril , & a fini le 12 Mai.
Le nommé Nicolas la Forge , dit la Forge ,
Cavalier au Régiment de Bezons , Compagnie de
OCTOBRE. 1758. 213
Ponty , eft entré à l'hôpital le 23 Mars. Son traitement
a commencé le 10 d'Avril , & a fini le 14
Main &
Le nommé Gabriel - Pierre , dit Darras , Sapeur
au Régiment du Corps royal d'Artillerie , Compagnie
de Clincl amps , eft entré à l'hôpital le 21
Mars . Son traitement a commencé le 10 du mois
d'Avril , & a fini le 14 Mai.
Le nommé Vidal Eſtreman , dit la Jeuneffe ,
Soldat au Régiment Infanterie de Beauvoifis , de
la Compagnie de Laftour. Son traitement a commencé
le 10 du mois d'Avril , & a fini le 20 de
Mail eft parfaitement guéri. E
Certificat de Meffieurs les Médecins , Chirurgiens-
Majors, Chirurgiens Aide-Majors de l'lzòpital "
Militaire de Strasbourg.
Nous , Médecins , Chirurgiens- Majors, & Aides
de l'Hôpital Militaire de Strasbourg , fouffignés
certifions & atteftons que nous avons vifité trèsfcrupuleufement
les malades dénommes au préfent
état , & que nous avons trouvés qu'ils avoient
chacun les fymptômes propres & particuliers de
la maladie vénérienne ; que nous nous fommes
transportés plufieurs fois dans la falle où ils ont
été traités par l'invitation de M. Leriche , Chirur
gien Major chargé de ce traitement , pour voir
de quelle maniere les dragées antivénériennes ont
agi fur eux , que nous avons appris & obfervés en
interrogeant lefdits malades que ce remede produifoit
des évacuations fûres , douces & ailées ,
tant par les felles , que par les fueurs , les urines
& la falivation , & que la guérifon de ces malades
ayant été une fuire de l'adminiftration des dragées
, nous eftimons qu'elles peuvent être employées
avec les meilleurs fuccès pour la guérifon
de cette maladie. Fait à Strasbourg , le 25 du mois
214 MERCURE DE FRANCE.
de Mai 1758.Guérin & Paris , Médecins-Docteurs.
Leriche , Chirurgien-Major ; Bomergue , Chirur
gien- Major en fecond ; Leriche & Barbezant
Chirurgiens: Aide- Majors.
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Résumé : ETAT de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne, qui ont été traités à l'Hôpital Militaire de Strasbourg avec les dragées de M. Keyser & suivant sa méthode, par les soins de M. le Riche, Chirurgien-Major dudit Hôpital, & avec la permission de M. le Baron de Lucé, Intendant de la Province d'Alsace.
Le document décrit le traitement de cinq malades atteints de la maladie vénérienne à l'Hôpital Militaire de Strasbourg. Les patients sont Antoine Buiron, Jean-Baptiste-Joseph Robelor, Nicolas la Forge, Gabriel-Pierre et Vidal Estreman, appartenant à divers régiments et compagnies. Le traitement, supervisé par M. Keyfer et M. Leriche, Chirurgien-Major, a débuté en avril 1758 et s'est achevé entre le 12 et le 20 mai 1758. Tous les patients ont été déclarés guéris. Les médecins et chirurgiens ont certifié l'efficacité des dragées antivénériennes utilisées, soulignant qu'elles ont provoqué des évacuations sûres et douces. Le certificat a été signé à Strasbourg le 25 mai 1758 par les professionnels de santé impliqués.
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10903
ETAT de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne, qui ont été traités à l'Hôpital Militaire de Strasbourg avec les dragées de M. Keyser & suivant sa méthode, par les soins de M. le Riche, Chirurgien-Major dudit Hôpital, & avec la permission de M. le Baron de Lucé, Intendant de la Province d'Alsace.
10904
p. 214
AVIS.
Début :
Le changement de demeure du sieur Garrot, qui possede seul le secret [...]
Mots clefs :
Eau des Sultannes, Changement, Adresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
E changement de demeure du fieur Garrot, qui
poffede feul le fecret de l'Eau des Sultanes , eſt une
raifon de l'annoncer de nouveau. Il demeure actuellement
rue des Deux-Ponts , Ile Saint-Louis ,
entre un Marchand Paperier & un Chaircutier , au
premier étage. Il prie les perfonnes qui lui écri
ront d'affranchir leurs lettres . On ne répétera point
toutes les bonnes qualités de cette Eau ; la principale
eft de rafraîchir , de raffermir & d'embellir
la peau. Le prix du flacon eft de 6 liv. & celui du
demi-flacon 3 liv.
E changement de demeure du fieur Garrot, qui
poffede feul le fecret de l'Eau des Sultanes , eſt une
raifon de l'annoncer de nouveau. Il demeure actuellement
rue des Deux-Ponts , Ile Saint-Louis ,
entre un Marchand Paperier & un Chaircutier , au
premier étage. Il prie les perfonnes qui lui écri
ront d'affranchir leurs lettres . On ne répétera point
toutes les bonnes qualités de cette Eau ; la principale
eft de rafraîchir , de raffermir & d'embellir
la peau. Le prix du flacon eft de 6 liv. & celui du
demi-flacon 3 liv.
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Résumé : AVIS.
L'avis informe du déménagement du sieur Garrot, détenteur du secret de l'Eau des Sultanes, rue des Deux-Ponts, Île Saint-Louis. L'Eau des Sultanes rafraîchit, raffermit et embellit la peau. Un flacon coûte six livres, un demi-flacon trois livres.
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10905
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers sur la [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSI.
VERS fur la mort de M. le Comte de Broglie ,
page s
L'Amour , la Beauté & la Laideur, Fable , 6 &
Héroïde. Canacée , fille d'Eole , roi des vents à
21-5
fon frere Macarée . Imitation d'Ovide , ibid.
L'Amour & les Oifeleurs , 13
Boutade,fur la fauffe félicité , 14
Lettre à M...、.16
La Bienfaiſance , Ode à M. le Comte de Saint Florentin
, Miniftre & Secretaire d'Etat , le jour de
S. Louis fa fête , 34
Réponse à cette Question : Lequel est le plus fatisfaifant
defupplanter un Rival aimé , ou de fou
mettre un coeur tout neuf. Par Madame *** , 41
Portrait de l'auteur des vers précédens ,
Caracteres diftinctifs de l'Efprit & de l'imagination
, par M. N. P. F. de I.
44
45
Extrait d'une lettre d'an Gentilhomme Anglois ,
ci -devant au ſervice de France , à un de fes amis
à Paris ,
I
Vers par M. Gaillard ,
49
505.1
Vers à Mlle Pouponne de Molac de l'Eftival , par
le Montagnard des Pyrénées ,
Vers à Mademoiſelle de J.
54
5.6
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Vers par M. Anneix
de Souvenel ,
Le
57
59
voyage manqué , Conte par une Penfionnaire
de Breft ,
6.2
De la force de la nouveauté & de celle de la coutume
, par M. le M..is de G. à Béthune ,
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier volume du Mercure d'Octobre ,
Enigme ,
Logogryphe ,
Pot-pourry,
Chanfon ,
? 71
72
73
75
76
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait du Voyage d'Italie , par M. Co-
77 chin ,
Suite de l'ami des Hommes , quatrieme partie.
216
Réponses aux objections contre les Mémoires
fur les Etats provinciaux ,
Oraifon funebre de M. le Comte de Gifors ,
99
116
125
Extrait des recherches fur les moyens de refroidir
les liqueurs ,
Difcours qui a remporté le prix d'Eloquence de
l'Académie Françoife , en l'année 1758 , par
M. Soret , Avocat , 130
Autres indications de Livres nouveaux ; 136 &
fuiv.
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire. Profpectus d'une nouvelle Méthode
d'enfeigner le Latin , par M. l'Abbé Legeron ,
143
Médecine. Lettre à l'Auteur du Mercure , 153
Séance publique de l'Académie des Sciences &
Belles- Lettres de Montauban ,
Affemblé publique de l'Acad. des Belles -Lettres
de Montauban ,
ART. IV . BEAUX-ARTS.
Pharmacie. Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Deffein &c.
Gravure &c.
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
Comédie Françoife ,
Comédie Italienne ,
Opera Comique ,
ARTICLE VI.
158
160
165
170
171
181
182
192
197
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c ,
Mariage & Morts,
Avis ,
203
208
ibid.
211
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSI.
VERS fur la mort de M. le Comte de Broglie ,
page s
L'Amour , la Beauté & la Laideur, Fable , 6 &
Héroïde. Canacée , fille d'Eole , roi des vents à
21-5
fon frere Macarée . Imitation d'Ovide , ibid.
L'Amour & les Oifeleurs , 13
Boutade,fur la fauffe félicité , 14
Lettre à M...、.16
La Bienfaiſance , Ode à M. le Comte de Saint Florentin
, Miniftre & Secretaire d'Etat , le jour de
S. Louis fa fête , 34
Réponse à cette Question : Lequel est le plus fatisfaifant
defupplanter un Rival aimé , ou de fou
mettre un coeur tout neuf. Par Madame *** , 41
Portrait de l'auteur des vers précédens ,
Caracteres diftinctifs de l'Efprit & de l'imagination
, par M. N. P. F. de I.
44
45
Extrait d'une lettre d'an Gentilhomme Anglois ,
ci -devant au ſervice de France , à un de fes amis
à Paris ,
I
Vers par M. Gaillard ,
49
505.1
Vers à Mlle Pouponne de Molac de l'Eftival , par
le Montagnard des Pyrénées ,
Vers à Mademoiſelle de J.
54
5.6
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Vers par M. Anneix
de Souvenel ,
Le
57
59
voyage manqué , Conte par une Penfionnaire
de Breft ,
6.2
De la force de la nouveauté & de celle de la coutume
, par M. le M..is de G. à Béthune ,
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier volume du Mercure d'Octobre ,
Enigme ,
Logogryphe ,
Pot-pourry,
Chanfon ,
? 71
72
73
75
76
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait du Voyage d'Italie , par M. Co-
77 chin ,
Suite de l'ami des Hommes , quatrieme partie.
216
Réponses aux objections contre les Mémoires
fur les Etats provinciaux ,
Oraifon funebre de M. le Comte de Gifors ,
99
116
125
Extrait des recherches fur les moyens de refroidir
les liqueurs ,
Difcours qui a remporté le prix d'Eloquence de
l'Académie Françoife , en l'année 1758 , par
M. Soret , Avocat , 130
Autres indications de Livres nouveaux ; 136 &
fuiv.
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Grammaire. Profpectus d'une nouvelle Méthode
d'enfeigner le Latin , par M. l'Abbé Legeron ,
143
Médecine. Lettre à l'Auteur du Mercure , 153
Séance publique de l'Académie des Sciences &
Belles- Lettres de Montauban ,
Affemblé publique de l'Acad. des Belles -Lettres
de Montauban ,
ART. IV . BEAUX-ARTS.
Pharmacie. Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Deffein &c.
Gravure &c.
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
Comédie Françoife ,
Comédie Italienne ,
Opera Comique ,
ARTICLE VI.
158
160
165
170
171
181
182
192
197
Nouvelles étrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c ,
Mariage & Morts,
Avis ,
203
208
ibid.
211
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections. La première section rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des poèmes, des fables, des lettres et des réponses littéraires. Parmi les œuvres notables figurent des vers pour la mort du Comte de Broglie, une fable intitulée 'L'Amour, la Beauté & la Laideur', et une ode au Comte de Saint Florentin. La section inclut aussi des extraits de lettres et des portraits d'auteurs. La deuxième section traite des nouvelles littéraires, avec des extraits de voyages, des suites de publications précédentes, des oraisons funèbres, des discours primés et des indications de nouveaux livres. La troisième section aborde les sciences et les belles-lettres, avec des contributions sur la grammaire, la médecine et des séances académiques. La quatrième section se concentre sur les beaux-arts, incluant la pharmacie, la gravure et des lettres adressées à l'auteur du Mercure. La cinquième section liste les spectacles tels que l'opéra, la comédie française, la comédie italienne et l'opéra comique. Enfin, la sixième section couvre les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que les annonces de mariages et de décès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10906
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch . Ant. Jombert .
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10908
p. 62-63
LOGOGRYPHE.
Début :
Généreux mouvement de l'ame des Héros ; [...]
Mots clefs :
Courage
10909
p. 209-214
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 18 Octobre, M. le Marquis de Conflans, Mestre de Camp [...]
Mots clefs :
Prince de Soubise, Divisions, Compagnies, Marquis, Troupes, Bataille, Ennemis, Force, Colonnes milliaires, Cavalerie, Résistance, Perte, Blessés et morts, Duc de Bourgogne, Problèmes de géométrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
FRANC E.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 18 Octobre , M. le Marquis de Conflans ,
Meftre de Camp du Régiment d'Orleans , a ap
porté au Roi le détail de la bataille de Lutzelberg ,
gagnée par l'armée de Sa Majefté , commandée
par M. le Prince de Soubiſe.
La divifion de M. de Chevert , compofée de
vingt- cinq bataillons & dix- huit efcadrons , des.
Huffards de Berchiny , de la Légion Royale , & des
Volontaires de Flandre , arriva le 8 au camp fous
Caffel. 3
#1
Le 9 , celle aux ordres de M. le Duc de Filtz-
James , compofée de dix bataillons & de douze
efcadrons ; paffa la Fulde à la fuite de toute l'armée
. ¡ ་ "
M. le Prince de Soubife deftina la divifion dë
M. de Chevert à attaquer la gauche des ennemis ,
& M. le Marquis de Voyer fut détaché avec vingt
compagnies de Grenadiers , vingt Piquets , quatre
cents cinquante Carabiniers de la cavalerie , la Légion
Royale , les Volontaires de Flandre , & lé
corps de M. Fifcher , pour faire l'avant- garde de
cette divifion .
M. le Prince de Soubife fe propofant de faire
paffer à toute l'armée le ruiffeau de Benthenlagen ,,
& de la faire camper au- delà , chargea M. le Mar
210 MERCURE DE FRANCE.
quis de Voyer de faire fes difpofitions pour atta
quer le village d'Heligenrode ; mais les mouvemens
de l'ennemi déciderent M. le Prince de Soubife
à le faire tourner par fa gauche , & M. le Marquis
de Voyer fe porta en conféquence jufques fur
les hauteurs qui dominent le village d'Halem. Il
fut renforcé pendant la nuit de dix compagnies de
Grenadiers , de la Brigade des Palatins , & de celle
de Dauphin , cavalerie.
Le 10 , à la pointe du jour , on s'apperçut que
l'armée ennemie abandonnoit fon camp , pour occuper
une pofition plus reculée , fur des hauteurs
& dans des bois , qui couvroient également fon
front & fon flanc gauche , M. le Marquis de Voyer,
à la tête de fon avant- garde , palla dans ce même
inſtant le ravin de Dalem , & gagna les hauteurs
de Fifchenſtein ; il fit attaquer , par les Troupes
legeres , le hameau de Breck , & un bois de hautefutaye
qui eft en avant , dans le deffein d'avoir une
connoiffance exacte de la nouvelle pofition des
ennemis : il y eut un feu de moufqueterie fort vif,
& M. le Comte de Chabot repouffa Pennemi.
M. le Prince de Soubife , après avoir fait fes dif
pofitions , fit déboucher toutes les troupes. M. le
Duc de Broglie , à qui il avoit donné l'avant - garde
à commander , canonna l'armée ennemie & la
força de fe mettre en bataille.
x
5
Les troupes , qui avant l'arrivée de M. de Che
vert & de M. le Duc de Filtz James , compofoient
l'armée de M. le Prince de Soubife , fu ent defti¬
nées à attaquer le front de l'ennemi , tandis que
M. le Duc de Filtz- James en attaqueroit la gaus
che , & que M. de Chevert en tourneroit
flanc.
Toutes les troupes étant arrivées à leur point
de déboucher , les avant- gardes de M. le Duc de
NOVEMBRE. 1758. 217
Broglie , & de M. le Marquis de Voyer , rentrerent
dans les colonnes.
A deux heures trois quarts après midi , M. de
Chevert donna , par quatre coups de canon , le
fignal de l'attaque générale , ainfi qu'il en avoit
reçu l'ordre de M. le Prince de Soubife , & il dé❤
boucha en même temps pour marcher à l'ennemi.
Toutes les colonnes s'ébranlerent enfemble ; mais
ayant eu plus de chemin , ou plus d'obſtacles à furmonter
, le plus grand effort du combat fe fit à la
divifion de M. de Chevert.
Les ennemis le voyant entré dans le bois qui
couvroit leur flanc , & craignant , avec raiſon ,
pour leurs derrieres , dégarnirent leur droite , &
porterent la plus grande partie de leurs troupes
en équerre de ce côté là.
Ils fe préfenterent en force à la fortie du bois ,
que les troupes de M. de Chevert avoient traverfé
fur trois colonnes , dont deux d'infanterie , & la
cavalerie dans le centre.
Les ennemis fe voyant preffés par cette difpofition
, pritent le parti de faire avancer une colonne
nombreuſe , pour nous attaquer , & nous
empêcher de déboucher dans la plaine.
M. de Chevert , après l'a oir fait canonner par
fon artillerie , qui a été fervie pendant tout le courant
de la journée avec la plus grande vivacité &
le plus à propos , donna ordre à M. le Marquis de
Voyer , & à M,le Comte de Bellefont , qui étoient
à la tête de la Cavalerie , de charger cette colonne
; dans le moment elle fut attaquée & culbutée .
C'eſt à cette charge que M. le Marquis de Voyer
a été bleffé.
Il y avoit à la tête de chacune de ces colonnes
d'infanterie , une avant- garde de dix compagnies
de Grenadiers , commandée , fgavoir , celle de la
212 MERCURE DE FRANCE.
gauche , par M. le Comte de Salm , & celle de la
droite , par M. le Vicomte de Belfunce. Ce dernier
ayant été dangereufement bleffé , fut remplacé
par M. le Chevalier de Groflier.
La cavalerie , après ce premier combat , déboucha
dans la plaine, & s'y mit en bataille, pour
faire face à celle des ennemis , qui s'avançoit en
bon ordre , afin de favorifer la retraite de la colonne
d'infanterie , & de rétablir le combat ;
cette cavalerie fut bientôt pliée , & tant que la
bataille a duré , elle a toujours eu le même fort
à plufieurs repriſes différentes. Pendant ce temps,
M. le Comte de Luface , à la tête des Saxons ,
qui formoient la colonne de la gauche , attaqua
un gros corps d'ennemis poftés fur une hauteur ,
où ils avoient placé pluffeurs batteries , d'où ils
dominoient la plaine par laquelle nos colonnes
débouchoient. M. le Comte de Luface chargea
M : le Baron d'Hirne de prendre la hauteur à re
vers , tandis qu'il attaqueroit les ennemis de
front. La réfiftance de ceux-ci fut très - opiniâtre ;
mais M. le Comte de Luſace manoeuvra aveċ
tant d'habileté , & preffa l'attaque fi vivement ,
qu'il fe rendit maître de la hauteur , & du canon
que les ennemis y avoient établi . Alors la victoire
ne fut plus balancée , quoique les ennemis
fiffent encore plufieurs tentatives pour nous arrêter
, & favorifer leur retraite. Ils ont pris la
fuite par le village de Lutzelberg , & n'ont fauvé
les débris de leur armée , qu'à la faveur de la nuit.
Au premier moment de l'attaque de M. de Che
vert , M. le Prince de Soubife marcha de front à
l'ennemi , à la tête de fon armée , & la mit , par
la célérité de fes mouvemens , à portée de faire
un feu d'artillerie très-vif & très - fuivi fur l'àr
mée ennemie , qui fut contrainte de ſe jetter ,en
NOVEMBRE . 1758. 215
•
défordre , dans les bois qui bordent la Véra. Ce
Général fit marcher plufieurs détachemens de la
gauche de l'armée , qui ont pourfuivi les ennemis
jufqu'à trois heures du matin .
On ne peut encore rien dire de certain fur
leur perte, qui ne peut être moindre que de trois
à quatre mille hommes. Les troupes de notre
droite ont pris onze pieces de canon , & les Huf
fard de Berchiny , qui étoient fur le flanc gauche
de l'armée , en ont pris treize , avec plufieurs
drapeaux & étendards , & beaucoup de
bagages.
On ne fçait pas encore au jufte le nombre des
prifonniers ,, parce qu'on en amene à tous mo
momens , parmi lefquels il y a des Officiers de
tout grade. Notre perte ne paroît pas confidérable
on ne compte jufqu'à préfent qu'environ
cinq à fix cents hommes tués ou bleſſés . Les ennemis
fe font enfui dans le plus grand défordre ;
lorfqu'ils ont traverfé Munden , leur cavalerie
étoit confondue avec leur infanterie , & ils n'avoient
pas une feule piece de canon > ce qui fait
croire , qu'ils ont abandonné dans les bois ce qui
leur en reftoit.
Ce détail a été fait trop promptement , pour
pouvoir nommer tous ceux qui fe font diftingués
dans cette journée . On peut dire en général , que
toutes les troupes ont montré , à l'envi , une ardeur
& une fermeté digne des Saxons , des Palatins
, & des François ; tous les Commandans
généraux & particuliers leur ont montré l'exemple.
M. le Marquis de Crillon a été détaché avec
trois Brigades d'infanterie , & les troupes légeres
, pour fuivre les ennemis dans leur retraite,
Il s'eft porté jufqu'à Munden , où il a déja fait
quatre cents prifonniers. On ne fçauroit trop
. 114 MERCURE DE FRANCE.
louer les difpofitions générales de M. le Prince
de Soubife .
Monfeigneur le Duc de Bourgogne , âgé de fix
ans onze mois , a préſenté au Roi un Livre des
Problêmes de Géométrie , qu'il a conftruit luimême
, & mis au trait. Il y a ajouté le premier
trait d'un exagone fortifié avec le tracé dù foffé ,
du chemin couvert & du glacis . Ce Livre forme un
un petit in-4°.
Il feroit difficile de fe perfuader, vu l'exactitude
& la netteté avec laquelle ces Problêmes font exécutés,
qu'ils font abfolument l'ouvrage d'un Prince
à peine âgé de fept ans , fi l'on n'avoit des témoins
qu'on ne peut récufer . Monfeigneur le Duc de
Bourgogne , qui avoit travaillé à former ce petit
Ouvrage , dans le deffein de le préfenter au Roi ,
le lui a dédié. L'Epitre Dédicatoire eft de fa compofition
, & elle eft écrite de ſa main .
Ilya long- temps qu'on fçait que ce jeune Prince
s'amule beaucoup de la Géométrie. On a fçu lui
faire une espece de jeu des premieres opérations de
cette ſcience . Les marques fingulieres de jugement
& de pénétration qu'il donne dans un âge anffi
tendre , en font concevoir les plus flatteufes efpérances.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 18 Octobre , M. le Marquis de Conflans ,
Meftre de Camp du Régiment d'Orleans , a ap
porté au Roi le détail de la bataille de Lutzelberg ,
gagnée par l'armée de Sa Majefté , commandée
par M. le Prince de Soubiſe.
La divifion de M. de Chevert , compofée de
vingt- cinq bataillons & dix- huit efcadrons , des.
Huffards de Berchiny , de la Légion Royale , & des
Volontaires de Flandre , arriva le 8 au camp fous
Caffel. 3
#1
Le 9 , celle aux ordres de M. le Duc de Filtz-
James , compofée de dix bataillons & de douze
efcadrons ; paffa la Fulde à la fuite de toute l'armée
. ¡ ་ "
M. le Prince de Soubife deftina la divifion dë
M. de Chevert à attaquer la gauche des ennemis ,
& M. le Marquis de Voyer fut détaché avec vingt
compagnies de Grenadiers , vingt Piquets , quatre
cents cinquante Carabiniers de la cavalerie , la Légion
Royale , les Volontaires de Flandre , & lé
corps de M. Fifcher , pour faire l'avant- garde de
cette divifion .
M. le Prince de Soubife fe propofant de faire
paffer à toute l'armée le ruiffeau de Benthenlagen ,,
& de la faire camper au- delà , chargea M. le Mar
210 MERCURE DE FRANCE.
quis de Voyer de faire fes difpofitions pour atta
quer le village d'Heligenrode ; mais les mouvemens
de l'ennemi déciderent M. le Prince de Soubife
à le faire tourner par fa gauche , & M. le Marquis
de Voyer fe porta en conféquence jufques fur
les hauteurs qui dominent le village d'Halem. Il
fut renforcé pendant la nuit de dix compagnies de
Grenadiers , de la Brigade des Palatins , & de celle
de Dauphin , cavalerie.
Le 10 , à la pointe du jour , on s'apperçut que
l'armée ennemie abandonnoit fon camp , pour occuper
une pofition plus reculée , fur des hauteurs
& dans des bois , qui couvroient également fon
front & fon flanc gauche , M. le Marquis de Voyer,
à la tête de fon avant- garde , palla dans ce même
inſtant le ravin de Dalem , & gagna les hauteurs
de Fifchenſtein ; il fit attaquer , par les Troupes
legeres , le hameau de Breck , & un bois de hautefutaye
qui eft en avant , dans le deffein d'avoir une
connoiffance exacte de la nouvelle pofition des
ennemis : il y eut un feu de moufqueterie fort vif,
& M. le Comte de Chabot repouffa Pennemi.
M. le Prince de Soubife , après avoir fait fes dif
pofitions , fit déboucher toutes les troupes. M. le
Duc de Broglie , à qui il avoit donné l'avant - garde
à commander , canonna l'armée ennemie & la
força de fe mettre en bataille.
x
5
Les troupes , qui avant l'arrivée de M. de Che
vert & de M. le Duc de Filtz James , compofoient
l'armée de M. le Prince de Soubife , fu ent defti¬
nées à attaquer le front de l'ennemi , tandis que
M. le Duc de Filtz- James en attaqueroit la gaus
che , & que M. de Chevert en tourneroit
flanc.
Toutes les troupes étant arrivées à leur point
de déboucher , les avant- gardes de M. le Duc de
NOVEMBRE. 1758. 217
Broglie , & de M. le Marquis de Voyer , rentrerent
dans les colonnes.
A deux heures trois quarts après midi , M. de
Chevert donna , par quatre coups de canon , le
fignal de l'attaque générale , ainfi qu'il en avoit
reçu l'ordre de M. le Prince de Soubife , & il dé❤
boucha en même temps pour marcher à l'ennemi.
Toutes les colonnes s'ébranlerent enfemble ; mais
ayant eu plus de chemin , ou plus d'obſtacles à furmonter
, le plus grand effort du combat fe fit à la
divifion de M. de Chevert.
Les ennemis le voyant entré dans le bois qui
couvroit leur flanc , & craignant , avec raiſon ,
pour leurs derrieres , dégarnirent leur droite , &
porterent la plus grande partie de leurs troupes
en équerre de ce côté là.
Ils fe préfenterent en force à la fortie du bois ,
que les troupes de M. de Chevert avoient traverfé
fur trois colonnes , dont deux d'infanterie , & la
cavalerie dans le centre.
Les ennemis fe voyant preffés par cette difpofition
, pritent le parti de faire avancer une colonne
nombreuſe , pour nous attaquer , & nous
empêcher de déboucher dans la plaine.
M. de Chevert , après l'a oir fait canonner par
fon artillerie , qui a été fervie pendant tout le courant
de la journée avec la plus grande vivacité &
le plus à propos , donna ordre à M. le Marquis de
Voyer , & à M,le Comte de Bellefont , qui étoient
à la tête de la Cavalerie , de charger cette colonne
; dans le moment elle fut attaquée & culbutée .
C'eſt à cette charge que M. le Marquis de Voyer
a été bleffé.
Il y avoit à la tête de chacune de ces colonnes
d'infanterie , une avant- garde de dix compagnies
de Grenadiers , commandée , fgavoir , celle de la
212 MERCURE DE FRANCE.
gauche , par M. le Comte de Salm , & celle de la
droite , par M. le Vicomte de Belfunce. Ce dernier
ayant été dangereufement bleffé , fut remplacé
par M. le Chevalier de Groflier.
La cavalerie , après ce premier combat , déboucha
dans la plaine, & s'y mit en bataille, pour
faire face à celle des ennemis , qui s'avançoit en
bon ordre , afin de favorifer la retraite de la colonne
d'infanterie , & de rétablir le combat ;
cette cavalerie fut bientôt pliée , & tant que la
bataille a duré , elle a toujours eu le même fort
à plufieurs repriſes différentes. Pendant ce temps,
M. le Comte de Luface , à la tête des Saxons ,
qui formoient la colonne de la gauche , attaqua
un gros corps d'ennemis poftés fur une hauteur ,
où ils avoient placé pluffeurs batteries , d'où ils
dominoient la plaine par laquelle nos colonnes
débouchoient. M. le Comte de Luface chargea
M : le Baron d'Hirne de prendre la hauteur à re
vers , tandis qu'il attaqueroit les ennemis de
front. La réfiftance de ceux-ci fut très - opiniâtre ;
mais M. le Comte de Luſace manoeuvra aveċ
tant d'habileté , & preffa l'attaque fi vivement ,
qu'il fe rendit maître de la hauteur , & du canon
que les ennemis y avoient établi . Alors la victoire
ne fut plus balancée , quoique les ennemis
fiffent encore plufieurs tentatives pour nous arrêter
, & favorifer leur retraite. Ils ont pris la
fuite par le village de Lutzelberg , & n'ont fauvé
les débris de leur armée , qu'à la faveur de la nuit.
Au premier moment de l'attaque de M. de Che
vert , M. le Prince de Soubife marcha de front à
l'ennemi , à la tête de fon armée , & la mit , par
la célérité de fes mouvemens , à portée de faire
un feu d'artillerie très-vif & très - fuivi fur l'àr
mée ennemie , qui fut contrainte de ſe jetter ,en
NOVEMBRE . 1758. 215
•
défordre , dans les bois qui bordent la Véra. Ce
Général fit marcher plufieurs détachemens de la
gauche de l'armée , qui ont pourfuivi les ennemis
jufqu'à trois heures du matin .
On ne peut encore rien dire de certain fur
leur perte, qui ne peut être moindre que de trois
à quatre mille hommes. Les troupes de notre
droite ont pris onze pieces de canon , & les Huf
fard de Berchiny , qui étoient fur le flanc gauche
de l'armée , en ont pris treize , avec plufieurs
drapeaux & étendards , & beaucoup de
bagages.
On ne fçait pas encore au jufte le nombre des
prifonniers ,, parce qu'on en amene à tous mo
momens , parmi lefquels il y a des Officiers de
tout grade. Notre perte ne paroît pas confidérable
on ne compte jufqu'à préfent qu'environ
cinq à fix cents hommes tués ou bleſſés . Les ennemis
fe font enfui dans le plus grand défordre ;
lorfqu'ils ont traverfé Munden , leur cavalerie
étoit confondue avec leur infanterie , & ils n'avoient
pas une feule piece de canon > ce qui fait
croire , qu'ils ont abandonné dans les bois ce qui
leur en reftoit.
Ce détail a été fait trop promptement , pour
pouvoir nommer tous ceux qui fe font diftingués
dans cette journée . On peut dire en général , que
toutes les troupes ont montré , à l'envi , une ardeur
& une fermeté digne des Saxons , des Palatins
, & des François ; tous les Commandans
généraux & particuliers leur ont montré l'exemple.
M. le Marquis de Crillon a été détaché avec
trois Brigades d'infanterie , & les troupes légeres
, pour fuivre les ennemis dans leur retraite,
Il s'eft porté jufqu'à Munden , où il a déja fait
quatre cents prifonniers. On ne fçauroit trop
. 114 MERCURE DE FRANCE.
louer les difpofitions générales de M. le Prince
de Soubife .
Monfeigneur le Duc de Bourgogne , âgé de fix
ans onze mois , a préſenté au Roi un Livre des
Problêmes de Géométrie , qu'il a conftruit luimême
, & mis au trait. Il y a ajouté le premier
trait d'un exagone fortifié avec le tracé dù foffé ,
du chemin couvert & du glacis . Ce Livre forme un
un petit in-4°.
Il feroit difficile de fe perfuader, vu l'exactitude
& la netteté avec laquelle ces Problêmes font exécutés,
qu'ils font abfolument l'ouvrage d'un Prince
à peine âgé de fept ans , fi l'on n'avoit des témoins
qu'on ne peut récufer . Monfeigneur le Duc de
Bourgogne , qui avoit travaillé à former ce petit
Ouvrage , dans le deffein de le préfenter au Roi ,
le lui a dédié. L'Epitre Dédicatoire eft de fa compofition
, & elle eft écrite de ſa main .
Ilya long- temps qu'on fçait que ce jeune Prince
s'amule beaucoup de la Géométrie. On a fçu lui
faire une espece de jeu des premieres opérations de
cette ſcience . Les marques fingulieres de jugement
& de pénétration qu'il donne dans un âge anffi
tendre , en font concevoir les plus flatteufes efpérances.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 18 octobre, le Marquis de Conflans informa le roi de la victoire française à la bataille de Lutzelberg, dirigée par le Prince de Soubise. Le 8 octobre, la division de Chevert, composée de 25 bataillons et 18 escadrons, arriva au camp sous Cassel. Le 9 octobre, la division du Duc de Fitz-James, formée de 10 bataillons et 12 escadrons, traversa la Fulde. Le Prince de Soubise ordonna à Chevert d'attaquer la gauche ennemie et à Voyer de former l'avant-garde avec des grenadiers, des carabiniers, la Légion Royale et les Volontaires de Flandre. Le 10 octobre, l'armée ennemie se retira vers une position plus reculée. Voyer traversa le ravin de Dalem et atteignit les hauteurs de Fifchenstein, attaquant le hameau de Breck. À 14h30, le Prince de Soubise ordonna une attaque générale. Les ennemis, voyant Chevert dans le bois, renforcèrent leur gauche en dégarnissant leur droite. Chevert lança une charge de cavalerie, blessant le Marquis de Voyer. La cavalerie ennemie fut repoussée à plusieurs reprises. Le Comte de Lusace captura une hauteur stratégique, assurant la victoire. Les ennemis fuirent par Lutzelberg, abandonnant canons, drapeaux et bagages. Les pertes ennemies furent estimées entre 3 000 et 4 000 hommes, contre 500 à 600 pour les Français. Le Marquis de Crillon poursuivit les ennemis et captura 400 prisonniers à Munden. Par ailleurs, le Duc de Bourgogne, âgé de 6 ans, présenta au roi un livre de géométrie qu'il avait rédigé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10910
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Fable. L'Amour-propre [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSEJ
FABLE . L'Amour- propre , & l'Amour , page 5
Vers à Mademoiſelle de ***, au´ Couvent de la C.
de *** , le jour de fa Fête & de fa naiſſance , 6
Les fix premieres Lettres d'un Recueil intitulé ,
Lettres d'une jeune veuve à un Chevalier de
Malthe ,
Le Ruiffeau , Idylle par M. Panard ,
A M. Lefrahc-de Pompignan ,
Le Retour d'une ame à Dieu , Ode ,
8
13
15
20
Gengiskar , Hiftoire Orientale , par Madame de
St. Ma....
24
Odefur la défaite des Anglois , à Saint- Caft , près
de Saint- Malo ,
Du Bonheur ,
38
4I
Remerciement de M. Relongue-de la Louptiere , à
l'Académie des Arcades de Rome ,
Epitre à M. de V.
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Lettre à Mademoiſelle *** fur l'ennui › ,
50
SI
54
56
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
fecond volume du Mercure d'Octobre ,
Enigme ,
Logogryphe ,
Chaifon ,
61
ibid.
62
64
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
L'Immortalité de l'ame , Ode qui a remporté le
prix de poéfie de l'Académie Françoife , 65
Hiftoire & Commerce des Antilles Angloifes , 67
Principes difcutés pour faciliter l'intelligence des
Livres prophétiques , &c.
89
J. J. Rouffeau , Citoyen de Geneve , à'M , d'Alem216
bert , de l'Académie Françoiſe , & c. fur fon article
Geneve , dans le 7e Volume de l'Encyclopédie
, & particuliérement
fur le projet d'établir
un Théâtre de Comédie dans cette ville ,
Hiftoire de la Vie de Jules Céfar , &c.
Mémoires pour fervir à l'Hiftoire générale des Finances
,
L'Art de peindre à l'efprit , & c .
90
135
ibid.
136
Hiftoire Naturelle , Civile & Géographique de
l'Orénoque , & des principales Rivieres qui s'y
jettent , &c. ibid
137
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Réponse à la Lettre adreffée par M. Coleffe , à"
M. l'Abbé Hardy , & c .
Géométrie. Lettre à l'Auteur du Mercure , 164
Grammaire. Lettre de M. le Roux , à l'Auteur du
Mercure , &c.
Prix propofés par l'Académie Royale des Sciences
, Infcriptions & Belles-Lettres de Toulouſe ,
I
167,
170
ART. IV. BEAUX-ARTS.
Chirurgie. Réponſe de M. Chaftanet , Maître en
Chirurgie à Lille en Flandres , à la Lettre de
M. Boucher , Médecin de la même Ville , 175
Architecture. Les Ruines des plus beaux Monumens
de la Grece , & c.
Opera ,
ART. V.
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne
Opera Comique ,
192
SPECTACLES.
1.99
ibid.
206
207.
209
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSEJ
FABLE . L'Amour- propre , & l'Amour , page 5
Vers à Mademoiſelle de ***, au´ Couvent de la C.
de *** , le jour de fa Fête & de fa naiſſance , 6
Les fix premieres Lettres d'un Recueil intitulé ,
Lettres d'une jeune veuve à un Chevalier de
Malthe ,
Le Ruiffeau , Idylle par M. Panard ,
A M. Lefrahc-de Pompignan ,
Le Retour d'une ame à Dieu , Ode ,
8
13
15
20
Gengiskar , Hiftoire Orientale , par Madame de
St. Ma....
24
Odefur la défaite des Anglois , à Saint- Caft , près
de Saint- Malo ,
Du Bonheur ,
38
4I
Remerciement de M. Relongue-de la Louptiere , à
l'Académie des Arcades de Rome ,
Epitre à M. de V.
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Lettre à Mademoiſelle *** fur l'ennui › ,
50
SI
54
56
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
fecond volume du Mercure d'Octobre ,
Enigme ,
Logogryphe ,
Chaifon ,
61
ibid.
62
64
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
L'Immortalité de l'ame , Ode qui a remporté le
prix de poéfie de l'Académie Françoife , 65
Hiftoire & Commerce des Antilles Angloifes , 67
Principes difcutés pour faciliter l'intelligence des
Livres prophétiques , &c.
89
J. J. Rouffeau , Citoyen de Geneve , à'M , d'Alem216
bert , de l'Académie Françoiſe , & c. fur fon article
Geneve , dans le 7e Volume de l'Encyclopédie
, & particuliérement
fur le projet d'établir
un Théâtre de Comédie dans cette ville ,
Hiftoire de la Vie de Jules Céfar , &c.
Mémoires pour fervir à l'Hiftoire générale des Finances
,
L'Art de peindre à l'efprit , & c .
90
135
ibid.
136
Hiftoire Naturelle , Civile & Géographique de
l'Orénoque , & des principales Rivieres qui s'y
jettent , &c. ibid
137
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Réponse à la Lettre adreffée par M. Coleffe , à"
M. l'Abbé Hardy , & c .
Géométrie. Lettre à l'Auteur du Mercure , 164
Grammaire. Lettre de M. le Roux , à l'Auteur du
Mercure , &c.
Prix propofés par l'Académie Royale des Sciences
, Infcriptions & Belles-Lettres de Toulouſe ,
I
167,
170
ART. IV. BEAUX-ARTS.
Chirurgie. Réponſe de M. Chaftanet , Maître en
Chirurgie à Lille en Flandres , à la Lettre de
M. Boucher , Médecin de la même Ville , 175
Architecture. Les Ruines des plus beaux Monumens
de la Grece , & c.
Opera ,
ART. V.
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne
Opera Comique ,
192
SPECTACLES.
1.99
ibid.
206
207.
209
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles organisée en cinq sections. La première, 'Pièces fugitives en vers et en prose', inclut des poèmes, des textes en prose comme 'L'Amour-propre & l'Amour', des vers adressés à Mademoiselle de ***, des lettres d'une jeune veuve à un chevalier de Malte, et des œuvres telles que 'Le Ruisseau' d'Idylle par M. Panard. Elle comprend aussi des odes, des histoires et des lettres de remerciement ou d'explication. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires', contient des œuvres comme 'L'Immortalité de l'âme', une ode primée par l'Académie Française, des histoires sur le commerce des Antilles Angloises, des principes pour l'intelligence des livres prophétiques, et des mémoires sur l'histoire des finances. Elle inclut également des discussions sur l'établissement d'un théâtre à Genève et des biographies comme celle de Jules César. La troisième section, 'Sciences et Belles Lettres', traite de sujets variés tels que la géométrie, la grammaire, et les prix proposés par l'Académie Royale des Sciences de Toulouse. La quatrième section, 'Beaux-Arts', aborde des thèmes comme la chirurgie et l'architecture, avec des œuvres telles que 'Les Ruines des plus beaux Monuments de la Grèce'. Enfin, la cinquième section, 'Spectacles', mentionne divers types de spectacles comme la comédie française, la comédie italienne et l'opéra comique.
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10911
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 64. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 64. [...]
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La Chanson notée doit regarder la page 64.
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10912
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert,
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10914
p. 193-201
ALLEMAGNE.
Début :
Le Maréchal Daun, après avoir occupé quelque temps le camp de Stolpen, [...]
Mots clefs :
Bataille, Maréchal Daun, Victoire, Prusse, Camps militaires, Armée impériale, Mouvements des troupes, Général, Montagne, Ennemis, Colonnes milliaires, Attaques, Maréchal Keith, Comte, Duc, Canons, Officiers, Perte, Blessés et morts, États d'Autriche
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE. ·
RELATION de la Bataille donnée le 14 Octoi
bre 1758 à Hoch- Kirchen en Luface , par l'armée
Impériale Royale , fous les ordres du Fold-
Maréchal Comte de Daun , de la victoire
complette qu'elle a remportée fur celle du Roi de
Pruffe , commandée par ce Prince en personne.
Cette Relation a été rédigée par le Comte de
Marainville , témoin oculaire de tout ce qui s'eft
paffé dans cette importante affaire , & qui a été
dépêché à l'Impératrice Reine de Hongrie par le
Maréchal Daun , & par Sa Majesté Impériale ,
au Roi.
Le Maréchal Daun , après avoir occupé quelque
temps le camp de Stolpen , voyant que les forces
réunies du Roi de Pruffe & du Prince Henri , fon
frere , lui ôtoient l'efpérance de prendre Drefde
avant la fin de la campagne , réfo ut de quitter
ce camp. La Cour de Vienne avoit formé le projet
d'affiéger Neiff Le Maréchal Daun voulut
affurer le fuccès de cette entrepriſe , en prenant
une pofition qui empêchât le Roi de Puffe de ſe
porter en Siléfie , ou d'envoyer au Général Fouquet
un renfort qui le mît en état de s'opposer à
cette opération . En conféquence , il fe mit
marche les , & arriva le 7 au camp de Kitl
près de Loëbau en Haute Luface.
Ι
194 MERCURE DE FRANCE.
Le même jour 7 , on eut avis que le Roi de
Pruffe avoit auffi marché pour Le porter à Bautzen.
Son armée campa le 8 en avant de cette Ville ; &
elle y féjourna le 9. Le Maréchal Daun avoit
formé le projet d'attaquer le 1o un corps Pruffien
qui occupoit Weiflemberg ; mais ayant appris
que l'armée du Roi de Pruffe étoit en mouvement
pour s'approcher de lui , il changea fes difpofi-
⚫tions.
L'armée Pruffienne étant arrivée à la vue des
Impériaux , les poftes avancés de ceux- ci aban
donnerent la hauteur de Hoch- Kirchen dont elle
s'empara ; elle y appuya fa droite , & fa gauche.
fut portée vers Radewitz . Elle avoit devant fon
front un petit ruiffeau qui coule dans un vallon
fort ferré. Dans cette pofition , les deux armées
ennemies fe trouverent à une portée & demie de
canon l'une de l'autre , ce qui obligea le Maréchal
Daun à faire quelques changemens dans la
fienne . Ce Général avança fa droite , pour l'appuyer
à la montagne de Stromberg qui commande
toute cette partie. Il y plaça des batteries
de gros canon , avec quatre bataillons de Grenadiers
, qui étoient foutenus par douze bataillons
d'Infanterie de la réferve & par la Cavalerie de
cette aîle. Il porta en avant quelques bataillons
de la deuxieme ligne de fon aîle gauche , pour
foutenir des batteries placées fur le flanc d'une
des montagnes où étoit appuyée cette gauche , &
dont la chaîne s'étend jufqu'à Bautzen . Ces batteries
étoient deftinées à foudroyer la plaine , &
à prendre en flanc les troupes qui feroient venues
pour attaquer fon aile gauche. Il fit faire des abbatis
dans les bois qui couvrent ces montagnes
& les garnit de Croates pour affurer fa communication
avec le Général Laudon , qui étoit à
DECEMBRE . 1758. 195
Mefchwitz fur les derrieres de Hoch-Kirchen
du côté de Bautzen. Il eut foin auffi de faire bien
fortifier le village de Gloffen , pofte important
qui affuroit encore plus fa droite , & qui lui formoit
une tête au delà du ruiffeau nommé Lobauwaffer
, en cas que le Roi de Prufle , à la faveur
du corps qu'il avoit à Weiffemberg , eût tenté de
lui dérober une marche , pour tomber fur celui
que commandoit le Prince de Dourlach à Reichenbach
, & de s'emparer par ce moyen de Gorlitz.
Le Roi de Pruffe avoit fait placer plufieurs batteries
avec des redoutes fur le flanc de la montagne
d'Hoch- Kirchen , & il y avoit mis huit bataillons
pour les foutenir. Il avoit avancé un
corps de l'autre côté du ruiffeau qui couvroit fon
front vers Lauffig , où il avoit fait des retranchemens
garnis de quantité de groffe artillerie .
Le Maréchal Daun étoit tous les jours à cheval
dès la pointe du jour , foit pour reconnoître la
pofition des ennemis , foit pour examiner foigneufement
la fienne. Il remarqua que la droite
du Roi de Pruffe donnoit quelque prife fur elle ,
& réfolut de l'attaquer. Pour donner le change à
l'ennemi , & l'accoutumer à des mouvemens dont
il pût prendre ombrage , tous les jours il faifoit
changer de pofition à quelques corps ; il ordonna
plufieurs jours de fuite que tous les équipages
le tinffent prêts à marcher au premier ordre
, il feignit de vouloir attaquer le corps qui
étoit à Weiflemberg ; il fit pour cela des difpofitions
, & diftribua pendant deux jours des ordres
qu'il révoquoit dans la nuit. Enfin la veille de la
véritable attaque , il fit tracer des redoutes au
devant du front de fon armée , à la vue des ennemis
, & fi près de leur camp , qu'ils tirerent du
canon fur les travailleurs.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
>
Le 13 , dans l'après -dînée , le Maréchal Daun
fit marcher la plus grande partie de la feconde
ligne & de fa réſerve , tant Infanterie que Cavalerie.
Elle fe porta en deux colonnes par la vallée
de Cunewalda , fur le fommet des montagnes qui
font du côté de Bautzen . Ces montagnes , beaucoup
plus hautes que celles de Hoch- Kirchen , &
couvertes de bois de fapin , étoient fort propres à
cacher toutes les manoeuvres qu'on devoit faire ,
& l'on y avoit préparé des paffages pour l'artillerie.
Le Général Laudon , qui étoit encore plus
loin avec un corps de cinq à fix mille hommes ,
fut renforcé de trois à quatre mille pour attaquer
par les derrieres la droite des Pruffiens. Les troupes
de la premiere ligne qui devoient attaquer le
village de Hoch Kirchen , étoient reftées dans le
camp ; elles prirent les armes pendant la nuit , &
fe porterent vers le village de Plotzen , où elles
fe formerent en colonne pour attaquer de concert
avec les autres. Le Duc d'Aremberg étoit chargé
de tomber fur la gauche des ennemis , & de l'attaquer
par deux colonnes , & il étoit foutenu par
le Prince de Dourlach. Ce Prince avoit pour cet
effet marché toute la nuit avec une partie du
corps qu'il avoit fous fes ordres à Reichenbach ,
& il avoit détaché le Prince de Lowenftein avec
cinq ou fix mille hommes , pour aller attaquer le
corps ennemi qui occupoit Weiffemberg. On
avoit diftribué de petites troupes d'Infanterie &
de Cavalerie fur tout le front de l'armée Pruffienne
, pour lui donner de l'inquiétude partout.
?
Toutes ces difpofitions faites , le Maréchal
Daun fe porta le foir à la gauche de fon armée ,
& paffa la nuit dans une maifon du village de
Favernick , pour être plus à portée de fe rendre à
La tête des colonnes qui devoient attaquer le flanc
DECEMBRE . 1758. 197
de la montagne de Hoch - Kirchen . Il y arriva deux
heures avant qu'elles s'ébranlaffent. Tout ce qui
l'accompagnoit , ainfi les que troupes , obfervoit
le plus grand filence , à caufe de la proximité des
ennemis qu'on pouvoit entendre parler. A cinq
heures du matin , il envoya ordre aux trois colonnes
qui étoient à portée de lui , de marcher.
Après un quart-d'heure de marche , on entendit.
un coup de fufil qui fut bientôt fuivi de deux autres
, & de tout le feu d'un petit pofte , qui , ayant
apperçu diftinctement la tête des colonnes , donna
l'alarme par des cris qu'on entendit fe répéter
fur tout le front de l'armée Pruffienne .
Les Grenadiers Impériaux , qui étoient à la tête
des colonnes , gagnerent précipitamment le flanc
de la montagne de Hoch-Kirchen , pour en forcer
les retranchemens ; mais ils y trouverent toute
P'Infanterie Pruffienne en bataille , & ils effuyerent
un feu de moufqueterie très - vif. Celui de l'artillerie
qui ne l'étoit pas moins , avoit commencé
peu de minutes après la premiere alerte ; de forte
que , par l'activité des Pruffiens , tout l'avantage
qu'on pût tirer de cette furpriſe fut de le trouver
en force fur le flanc d'une armée diftribuée , dans
une grande étendue de terrein.
Les redoutes & les batteries de Hoch - Kirchen
furent difputées avec beaucoup de valeur , mais
enlevées en fort peu de temps par l'intrépidité des
Impériaux. Ils trouverent plus de réſiſtance au
village de Hoch- Kirchen , où le combat dura
plus de deux heures & demie , parce que l'Infanterie
de la premiere ligne des Pruffiens qui étoit
appuyée à ce village s'y étoit portée fur le champ,
& s'opiniâtroit à défendre ce point important ,
pour donner le temps au refte de l'armée de rétablir
l'affaire , au de faire des difpofitions pour en
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
rendre les fuites moins fâcheufes. On affure que Te
Maréchal Keith avoit ordre du Roi de Pruffe de
foutenir ce village jufqu'à l'extrêmité ; aufli a - t'il
payé de fa vie la belle défenfe qu'il y a faite. Ce
pofte étoit couvert d'ouvrages & garni de nombreufes
batteries ; un cimetiere fermé de murs ,
l'Eglife qui eft grande , & jufqu'au clocher, étoient
remplis d'Infanterie ; il fortoit ainfi de toutes parts
un feu de moufqueterie prodigieux , & il y avoit
fur toutes les avenues , du canon qui tiroit à cartouche.
Pendant l'attaque de ce village , le Maréchal
Daun fe repofant du fuccès fur l'intelligence &
fur la bravoure du Baron de Sincere , Général
d'Infanterie , qui commandoit cette attaque , faifoit
toujours avancer la gauche de fes troupes
pour pouffer de fon côté l'ennemi . Les Pruffiens
qui fe rallioient à mefure & qui fe renforçoient
dans cette partie , vinrent en force à trois repriſes
pour tenter de reprendre le terrein qu'ils avoient
furent perdu fucceffivement. Ces trois attaques
très-vives , mais elles furent reçues avec la plus
grande fermeté par les troupes Impériales , & les
Pruffiens refouffés perdirent encore chaque fois
du terrein.
D'un autre côté , le Comte Odonel , Général de
Cavalerie , qui commandoit celle de la gauche ,
manoeuvroit avec beaucoup de bravoure , foit en
chargeant avec la plus grande vigueur tout ce qui
fe préfentoit de Cavalerie Pruffienne , foit en refferrant
de plus en plus l'ennemi.
Quand le village de Hoch- Kirchen eut été forcé
, on emporta le cimetiere l'épée à la main , &
tout ce qui s'y trouva fut fait prifonnier. L'Infanterie
qui foutenoit ce village s'étant jointe aux
débris de celle que le Maréchal Daun avoit touDECEMBRE.
1758. 199
jours combattue en perfonne , vint faire avec elle
la troifieme attaque , où les Pruffiens firent les
plus grands efforts . La victoire fut décidée en faveur
des Autrichiens par une vigoureuſe charge
que le Comte de Lafcy fit fur le flanc de l'Infan
terie Pruffienne , avec quelques troupes de Cara
biniers & de Grenadiers à cheval qui étoient en
réferve , & qu'il alla prendre par ordre du Maréchal
Daun . Il étoit alors environ dix heures &
demie ; enforte que l'affaire à duré plus de cinq
heures , fans que le feu de l'artillerie & celui de
la moufqueterie ayent difcontinué un inftant . On
laiffe imaginer quelle a été la chaleur d'une bataille
, oùil y avoit , tant de part que d'autre , au
moins cinq cens pieces de canon .
Le Duc d'Aremberg avant que de commencer
fon attaque , devoit attendre que celle de Hoch-
Kirchen fût bien engagée , parce que le Maréchal
Daun avoit deffein de couper le corps de huit
mille hommes qui étoit à Weiffemberg ; mais
l'attaque de Hoch-Kirchen ayant donné l'alarme
à ce corps , il avoit forgé de bonne heure à fa
retraite , & il avoit joint le gros de l'armée Pruffienne.
Ainfi le Duc d'Aremberg chargé d'atta
quer la gauche , la trouva très - bien garnie ; elle
étoit de plus fortifiée par des retranchemens &
par des batteries de gros canon qu'il emporta
l'épée à la main fans tirer . Cependant toute l'Infanterie
Pruffienne de cette partie s'étant raffemblée
, le combat y fut très- vif. Le Baron de Buccow
, Général de Cavalerie , qui commandoit celle
de la droite , avoit formé avec ce corps , ainfi que
le Comte Odonel avoit fait de fon côté , une efpece
de croiffant pour envelopper l'ennemi , &
rendre fa retraite difficile. Mais les Pruffiens ayant
yu dès le commencement de cette journée qu'elle
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
à
ne pouvoit être heureufe pour eux , avoient fûres
ment pourvu de bonne heure à leur retraite , &
elle fe fit à propos par l'efpace libre qui leur reftoit.
L'attaque du Maréchal Daun s'étant réunie à
celle du Duc d'Aremberg , toute l'armée campa
une lieue & demie environ plus loin que le champ
de bataille de Hoch- Kirchen , & le Général Laudon
fut chargé de fuivre l'ennemi dans fa retraite,
qu'il dirigeoit vers Klein- Bautzen.
Au départ du Comte de Marainville , la perte
des Pruffiens en morts & bleſſés étoit évaluée à
fept ou huit mille hommes , & on leur avoit fait
deux mille prifonniers , parmi lefquels on comptoit
foixante fix Officiers de tout grade. On leur a
pris cent quatorze pieces de canon , vingt-neuf
drapeaux & feulement trois étendards , parce que
le terrein où l'on a combattu , fort inégal & plein
de broffailles , étoit peu propre pour faire maneuvrer
la Cavalerie .
Les Officiers de marque tués du côté des Pruffiens
, font le Maréchal Keith , tué d'un coup de
feu au travers de la poitrine , le Prince Frederic
de Brunswick , dont la mort d'abord incertaine ,
s'eft confirmée depuis la bataille , & le Général de
Kleift. Le Prince Maurice d'Anhalt-Deffau a été
bleffé dangereufement , fait prifonnier fur fa pa
role , & conduit pendant la bataille à Bautzen.
La perte des Impériaux eft de trois à quatre
mille hommes. Les Officiers de marque qu'ils
ont parmi leurs bleffés font , le Marquis d'Einfe
Lieutenant- Feld -Maréchal qui a reçu un coup de
feu dans le côté , mais non dangereux ; le fieur de
Siskowitz , Major Général , auffi bleffé d'un coup
de feu ; le Comte de Brown , Major Général , &
le Comte de Brown , fon frere , Colonel du Régiment
de fon nom , tous deux fils du feu Maréchal
DECEMBRE . 17 ; S.
201
de Brown , le premier bleffé d'un coup de feu
derriere la tête ; l'autre ayant la jambe caffée
d'un coup de feu , près de la cheville du pied . Les
principaux Officiers tués font , un Major Général ,
qu'on croit être le fieur Hardeneck , le Baron de
Buttler , Colonel attaché aux Grenadiers , & le
Comte d'Eftienne , Colonel du Régiment de Dragons
de Lowenftein . Le Comte de Montazet
Maréchal de Camp au fervice de France , employé
à l'armée Impériale , a reçu plufieurs coups de
fabre fur la tête dans une mêlée de Cavalerie , où
il s'eft extrêmement diftingué .
Le Maréchal Daun qui veut tout voir par luimême
, s'eft expofé comme il a coutume de faire
dans toutes les occafions , & il a eu un cheval
bleffé fous lui d'un coup de feu . Cette mémorable
journée à la fin d'une fi belle campagne , couvre
de gloire ce Maréchal , & le met au rang des plus
grands Capitaines.
"
Les Etats d'Autriche pour reconnoître les
grands fervices rendus à la patrie par le Feld-
Maréchal Comte de Daun , ont arrêté de lui faire
préfent de trois cens mille florins d'Allemagne
pour racheter la Seigneurie de Ladendorff , que le
pere de ce grand Capitaine avoit vendue au Comte
de Kevenhuller. Le 18 Octobre au foir , toute la
mufique de la Cour donna une belle fymphonie
devant l'hôtel de la Comteffe de Daun , en témoi
gnage de la fatisfaction que Leurs Majeftés Impériales
reffentent des exploits fignalés du Comte,
fon époux.
Le 19 , Hatfchi-Demetrius- Macarchi , Envoyé
d'Alger , eut fa premiere audience du Comte de
Colloredo , Vice - Chancelier de l'Empire. Le len
demain , il fut admis à celle du Comte de Kaunitz
Chancelier Intime de l'Etat.
RELATION de la Bataille donnée le 14 Octoi
bre 1758 à Hoch- Kirchen en Luface , par l'armée
Impériale Royale , fous les ordres du Fold-
Maréchal Comte de Daun , de la victoire
complette qu'elle a remportée fur celle du Roi de
Pruffe , commandée par ce Prince en personne.
Cette Relation a été rédigée par le Comte de
Marainville , témoin oculaire de tout ce qui s'eft
paffé dans cette importante affaire , & qui a été
dépêché à l'Impératrice Reine de Hongrie par le
Maréchal Daun , & par Sa Majesté Impériale ,
au Roi.
Le Maréchal Daun , après avoir occupé quelque
temps le camp de Stolpen , voyant que les forces
réunies du Roi de Pruffe & du Prince Henri , fon
frere , lui ôtoient l'efpérance de prendre Drefde
avant la fin de la campagne , réfo ut de quitter
ce camp. La Cour de Vienne avoit formé le projet
d'affiéger Neiff Le Maréchal Daun voulut
affurer le fuccès de cette entrepriſe , en prenant
une pofition qui empêchât le Roi de Puffe de ſe
porter en Siléfie , ou d'envoyer au Général Fouquet
un renfort qui le mît en état de s'opposer à
cette opération . En conféquence , il fe mit
marche les , & arriva le 7 au camp de Kitl
près de Loëbau en Haute Luface.
Ι
194 MERCURE DE FRANCE.
Le même jour 7 , on eut avis que le Roi de
Pruffe avoit auffi marché pour Le porter à Bautzen.
Son armée campa le 8 en avant de cette Ville ; &
elle y féjourna le 9. Le Maréchal Daun avoit
formé le projet d'attaquer le 1o un corps Pruffien
qui occupoit Weiflemberg ; mais ayant appris
que l'armée du Roi de Pruffe étoit en mouvement
pour s'approcher de lui , il changea fes difpofi-
⚫tions.
L'armée Pruffienne étant arrivée à la vue des
Impériaux , les poftes avancés de ceux- ci aban
donnerent la hauteur de Hoch- Kirchen dont elle
s'empara ; elle y appuya fa droite , & fa gauche.
fut portée vers Radewitz . Elle avoit devant fon
front un petit ruiffeau qui coule dans un vallon
fort ferré. Dans cette pofition , les deux armées
ennemies fe trouverent à une portée & demie de
canon l'une de l'autre , ce qui obligea le Maréchal
Daun à faire quelques changemens dans la
fienne . Ce Général avança fa droite , pour l'appuyer
à la montagne de Stromberg qui commande
toute cette partie. Il y plaça des batteries
de gros canon , avec quatre bataillons de Grenadiers
, qui étoient foutenus par douze bataillons
d'Infanterie de la réferve & par la Cavalerie de
cette aîle. Il porta en avant quelques bataillons
de la deuxieme ligne de fon aîle gauche , pour
foutenir des batteries placées fur le flanc d'une
des montagnes où étoit appuyée cette gauche , &
dont la chaîne s'étend jufqu'à Bautzen . Ces batteries
étoient deftinées à foudroyer la plaine , &
à prendre en flanc les troupes qui feroient venues
pour attaquer fon aile gauche. Il fit faire des abbatis
dans les bois qui couvrent ces montagnes
& les garnit de Croates pour affurer fa communication
avec le Général Laudon , qui étoit à
DECEMBRE . 1758. 195
Mefchwitz fur les derrieres de Hoch-Kirchen
du côté de Bautzen. Il eut foin auffi de faire bien
fortifier le village de Gloffen , pofte important
qui affuroit encore plus fa droite , & qui lui formoit
une tête au delà du ruiffeau nommé Lobauwaffer
, en cas que le Roi de Prufle , à la faveur
du corps qu'il avoit à Weiffemberg , eût tenté de
lui dérober une marche , pour tomber fur celui
que commandoit le Prince de Dourlach à Reichenbach
, & de s'emparer par ce moyen de Gorlitz.
Le Roi de Pruffe avoit fait placer plufieurs batteries
avec des redoutes fur le flanc de la montagne
d'Hoch- Kirchen , & il y avoit mis huit bataillons
pour les foutenir. Il avoit avancé un
corps de l'autre côté du ruiffeau qui couvroit fon
front vers Lauffig , où il avoit fait des retranchemens
garnis de quantité de groffe artillerie .
Le Maréchal Daun étoit tous les jours à cheval
dès la pointe du jour , foit pour reconnoître la
pofition des ennemis , foit pour examiner foigneufement
la fienne. Il remarqua que la droite
du Roi de Pruffe donnoit quelque prife fur elle ,
& réfolut de l'attaquer. Pour donner le change à
l'ennemi , & l'accoutumer à des mouvemens dont
il pût prendre ombrage , tous les jours il faifoit
changer de pofition à quelques corps ; il ordonna
plufieurs jours de fuite que tous les équipages
le tinffent prêts à marcher au premier ordre
, il feignit de vouloir attaquer le corps qui
étoit à Weiflemberg ; il fit pour cela des difpofitions
, & diftribua pendant deux jours des ordres
qu'il révoquoit dans la nuit. Enfin la veille de la
véritable attaque , il fit tracer des redoutes au
devant du front de fon armée , à la vue des ennemis
, & fi près de leur camp , qu'ils tirerent du
canon fur les travailleurs.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
>
Le 13 , dans l'après -dînée , le Maréchal Daun
fit marcher la plus grande partie de la feconde
ligne & de fa réſerve , tant Infanterie que Cavalerie.
Elle fe porta en deux colonnes par la vallée
de Cunewalda , fur le fommet des montagnes qui
font du côté de Bautzen . Ces montagnes , beaucoup
plus hautes que celles de Hoch- Kirchen , &
couvertes de bois de fapin , étoient fort propres à
cacher toutes les manoeuvres qu'on devoit faire ,
& l'on y avoit préparé des paffages pour l'artillerie.
Le Général Laudon , qui étoit encore plus
loin avec un corps de cinq à fix mille hommes ,
fut renforcé de trois à quatre mille pour attaquer
par les derrieres la droite des Pruffiens. Les troupes
de la premiere ligne qui devoient attaquer le
village de Hoch Kirchen , étoient reftées dans le
camp ; elles prirent les armes pendant la nuit , &
fe porterent vers le village de Plotzen , où elles
fe formerent en colonne pour attaquer de concert
avec les autres. Le Duc d'Aremberg étoit chargé
de tomber fur la gauche des ennemis , & de l'attaquer
par deux colonnes , & il étoit foutenu par
le Prince de Dourlach. Ce Prince avoit pour cet
effet marché toute la nuit avec une partie du
corps qu'il avoit fous fes ordres à Reichenbach ,
& il avoit détaché le Prince de Lowenftein avec
cinq ou fix mille hommes , pour aller attaquer le
corps ennemi qui occupoit Weiffemberg. On
avoit diftribué de petites troupes d'Infanterie &
de Cavalerie fur tout le front de l'armée Pruffienne
, pour lui donner de l'inquiétude partout.
?
Toutes ces difpofitions faites , le Maréchal
Daun fe porta le foir à la gauche de fon armée ,
& paffa la nuit dans une maifon du village de
Favernick , pour être plus à portée de fe rendre à
La tête des colonnes qui devoient attaquer le flanc
DECEMBRE . 1758. 197
de la montagne de Hoch - Kirchen . Il y arriva deux
heures avant qu'elles s'ébranlaffent. Tout ce qui
l'accompagnoit , ainfi les que troupes , obfervoit
le plus grand filence , à caufe de la proximité des
ennemis qu'on pouvoit entendre parler. A cinq
heures du matin , il envoya ordre aux trois colonnes
qui étoient à portée de lui , de marcher.
Après un quart-d'heure de marche , on entendit.
un coup de fufil qui fut bientôt fuivi de deux autres
, & de tout le feu d'un petit pofte , qui , ayant
apperçu diftinctement la tête des colonnes , donna
l'alarme par des cris qu'on entendit fe répéter
fur tout le front de l'armée Pruffienne .
Les Grenadiers Impériaux , qui étoient à la tête
des colonnes , gagnerent précipitamment le flanc
de la montagne de Hoch-Kirchen , pour en forcer
les retranchemens ; mais ils y trouverent toute
P'Infanterie Pruffienne en bataille , & ils effuyerent
un feu de moufqueterie très - vif. Celui de l'artillerie
qui ne l'étoit pas moins , avoit commencé
peu de minutes après la premiere alerte ; de forte
que , par l'activité des Pruffiens , tout l'avantage
qu'on pût tirer de cette furpriſe fut de le trouver
en force fur le flanc d'une armée diftribuée , dans
une grande étendue de terrein.
Les redoutes & les batteries de Hoch - Kirchen
furent difputées avec beaucoup de valeur , mais
enlevées en fort peu de temps par l'intrépidité des
Impériaux. Ils trouverent plus de réſiſtance au
village de Hoch- Kirchen , où le combat dura
plus de deux heures & demie , parce que l'Infanterie
de la premiere ligne des Pruffiens qui étoit
appuyée à ce village s'y étoit portée fur le champ,
& s'opiniâtroit à défendre ce point important ,
pour donner le temps au refte de l'armée de rétablir
l'affaire , au de faire des difpofitions pour en
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
rendre les fuites moins fâcheufes. On affure que Te
Maréchal Keith avoit ordre du Roi de Pruffe de
foutenir ce village jufqu'à l'extrêmité ; aufli a - t'il
payé de fa vie la belle défenfe qu'il y a faite. Ce
pofte étoit couvert d'ouvrages & garni de nombreufes
batteries ; un cimetiere fermé de murs ,
l'Eglife qui eft grande , & jufqu'au clocher, étoient
remplis d'Infanterie ; il fortoit ainfi de toutes parts
un feu de moufqueterie prodigieux , & il y avoit
fur toutes les avenues , du canon qui tiroit à cartouche.
Pendant l'attaque de ce village , le Maréchal
Daun fe repofant du fuccès fur l'intelligence &
fur la bravoure du Baron de Sincere , Général
d'Infanterie , qui commandoit cette attaque , faifoit
toujours avancer la gauche de fes troupes
pour pouffer de fon côté l'ennemi . Les Pruffiens
qui fe rallioient à mefure & qui fe renforçoient
dans cette partie , vinrent en force à trois repriſes
pour tenter de reprendre le terrein qu'ils avoient
furent perdu fucceffivement. Ces trois attaques
très-vives , mais elles furent reçues avec la plus
grande fermeté par les troupes Impériales , & les
Pruffiens refouffés perdirent encore chaque fois
du terrein.
D'un autre côté , le Comte Odonel , Général de
Cavalerie , qui commandoit celle de la gauche ,
manoeuvroit avec beaucoup de bravoure , foit en
chargeant avec la plus grande vigueur tout ce qui
fe préfentoit de Cavalerie Pruffienne , foit en refferrant
de plus en plus l'ennemi.
Quand le village de Hoch- Kirchen eut été forcé
, on emporta le cimetiere l'épée à la main , &
tout ce qui s'y trouva fut fait prifonnier. L'Infanterie
qui foutenoit ce village s'étant jointe aux
débris de celle que le Maréchal Daun avoit touDECEMBRE.
1758. 199
jours combattue en perfonne , vint faire avec elle
la troifieme attaque , où les Pruffiens firent les
plus grands efforts . La victoire fut décidée en faveur
des Autrichiens par une vigoureuſe charge
que le Comte de Lafcy fit fur le flanc de l'Infan
terie Pruffienne , avec quelques troupes de Cara
biniers & de Grenadiers à cheval qui étoient en
réferve , & qu'il alla prendre par ordre du Maréchal
Daun . Il étoit alors environ dix heures &
demie ; enforte que l'affaire à duré plus de cinq
heures , fans que le feu de l'artillerie & celui de
la moufqueterie ayent difcontinué un inftant . On
laiffe imaginer quelle a été la chaleur d'une bataille
, oùil y avoit , tant de part que d'autre , au
moins cinq cens pieces de canon .
Le Duc d'Aremberg avant que de commencer
fon attaque , devoit attendre que celle de Hoch-
Kirchen fût bien engagée , parce que le Maréchal
Daun avoit deffein de couper le corps de huit
mille hommes qui étoit à Weiffemberg ; mais
l'attaque de Hoch-Kirchen ayant donné l'alarme
à ce corps , il avoit forgé de bonne heure à fa
retraite , & il avoit joint le gros de l'armée Pruffienne.
Ainfi le Duc d'Aremberg chargé d'atta
quer la gauche , la trouva très - bien garnie ; elle
étoit de plus fortifiée par des retranchemens &
par des batteries de gros canon qu'il emporta
l'épée à la main fans tirer . Cependant toute l'Infanterie
Pruffienne de cette partie s'étant raffemblée
, le combat y fut très- vif. Le Baron de Buccow
, Général de Cavalerie , qui commandoit celle
de la droite , avoit formé avec ce corps , ainfi que
le Comte Odonel avoit fait de fon côté , une efpece
de croiffant pour envelopper l'ennemi , &
rendre fa retraite difficile. Mais les Pruffiens ayant
yu dès le commencement de cette journée qu'elle
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
à
ne pouvoit être heureufe pour eux , avoient fûres
ment pourvu de bonne heure à leur retraite , &
elle fe fit à propos par l'efpace libre qui leur reftoit.
L'attaque du Maréchal Daun s'étant réunie à
celle du Duc d'Aremberg , toute l'armée campa
une lieue & demie environ plus loin que le champ
de bataille de Hoch- Kirchen , & le Général Laudon
fut chargé de fuivre l'ennemi dans fa retraite,
qu'il dirigeoit vers Klein- Bautzen.
Au départ du Comte de Marainville , la perte
des Pruffiens en morts & bleſſés étoit évaluée à
fept ou huit mille hommes , & on leur avoit fait
deux mille prifonniers , parmi lefquels on comptoit
foixante fix Officiers de tout grade. On leur a
pris cent quatorze pieces de canon , vingt-neuf
drapeaux & feulement trois étendards , parce que
le terrein où l'on a combattu , fort inégal & plein
de broffailles , étoit peu propre pour faire maneuvrer
la Cavalerie .
Les Officiers de marque tués du côté des Pruffiens
, font le Maréchal Keith , tué d'un coup de
feu au travers de la poitrine , le Prince Frederic
de Brunswick , dont la mort d'abord incertaine ,
s'eft confirmée depuis la bataille , & le Général de
Kleift. Le Prince Maurice d'Anhalt-Deffau a été
bleffé dangereufement , fait prifonnier fur fa pa
role , & conduit pendant la bataille à Bautzen.
La perte des Impériaux eft de trois à quatre
mille hommes. Les Officiers de marque qu'ils
ont parmi leurs bleffés font , le Marquis d'Einfe
Lieutenant- Feld -Maréchal qui a reçu un coup de
feu dans le côté , mais non dangereux ; le fieur de
Siskowitz , Major Général , auffi bleffé d'un coup
de feu ; le Comte de Brown , Major Général , &
le Comte de Brown , fon frere , Colonel du Régiment
de fon nom , tous deux fils du feu Maréchal
DECEMBRE . 17 ; S.
201
de Brown , le premier bleffé d'un coup de feu
derriere la tête ; l'autre ayant la jambe caffée
d'un coup de feu , près de la cheville du pied . Les
principaux Officiers tués font , un Major Général ,
qu'on croit être le fieur Hardeneck , le Baron de
Buttler , Colonel attaché aux Grenadiers , & le
Comte d'Eftienne , Colonel du Régiment de Dragons
de Lowenftein . Le Comte de Montazet
Maréchal de Camp au fervice de France , employé
à l'armée Impériale , a reçu plufieurs coups de
fabre fur la tête dans une mêlée de Cavalerie , où
il s'eft extrêmement diftingué .
Le Maréchal Daun qui veut tout voir par luimême
, s'eft expofé comme il a coutume de faire
dans toutes les occafions , & il a eu un cheval
bleffé fous lui d'un coup de feu . Cette mémorable
journée à la fin d'une fi belle campagne , couvre
de gloire ce Maréchal , & le met au rang des plus
grands Capitaines.
"
Les Etats d'Autriche pour reconnoître les
grands fervices rendus à la patrie par le Feld-
Maréchal Comte de Daun , ont arrêté de lui faire
préfent de trois cens mille florins d'Allemagne
pour racheter la Seigneurie de Ladendorff , que le
pere de ce grand Capitaine avoit vendue au Comte
de Kevenhuller. Le 18 Octobre au foir , toute la
mufique de la Cour donna une belle fymphonie
devant l'hôtel de la Comteffe de Daun , en témoi
gnage de la fatisfaction que Leurs Majeftés Impériales
reffentent des exploits fignalés du Comte,
fon époux.
Le 19 , Hatfchi-Demetrius- Macarchi , Envoyé
d'Alger , eut fa premiere audience du Comte de
Colloredo , Vice - Chancelier de l'Empire. Le len
demain , il fut admis à celle du Comte de Kaunitz
Chancelier Intime de l'Etat.
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Résumé : ALLEMAGNE.
La bataille de Hoch-Kirchen, qui eut lieu le 14 octobre 1758, opposa l'armée impériale royale, dirigée par le maréchal Comte de Daun, aux forces prussiennes commandées par le roi de Prusse. Le comte de Marainville, témoin oculaire, rédigea un rapport détaillé de cette victoire impériale. Avant la bataille, le maréchal Daun se déplaça de Stolpen vers Kitl près de Loëbau en Haute Lusace pour empêcher le roi de Prusse de se porter en Silésie ou d'envoyer des renforts au général Fouquet. Les deux armées se trouvèrent à portée de canon, obligeant Daun à ajuster ses dispositions. Il renforça sa droite sur la montagne de Stromberg avec des batteries de gros canon et soutint sa gauche avec des batteries sur les flancs des montagnes. Le roi de Prusse, de son côté, avait placé des batteries et des redoutes sur le flanc de la montagne d'Hoch-Kirchen. Le 13 octobre, Daun déplaça une grande partie de sa seconde ligne et de sa réserve vers les montagnes de Bautzen. Le général Laudon attaqua la droite des Prussiens, tandis que les troupes de la première ligne se préparèrent à attaquer le village de Hoch-Kirchen. Le duc d'Aremberg et le prince de Dourlach furent chargés d'attaquer la gauche ennemie. Le 14 octobre, à l'aube, les colonnes impériales avancèrent. Les Grenadiers impériaux forcèrent les retranchemens sur le flanc de la montagne d'Hoch-Kirchen malgré une résistance acharnée. Le village de Hoch-Kirchen fut pris après un combat intense, et la victoire fut consolidée par une charge du comte de Lacy. Les Prussiens subirent de lourdes pertes, évaluées à sept ou huit mille hommes tués ou blessés, et deux mille prisonniers, dont soixante-six officiers. Cent quatorze pièces de canon et vingt-neuf drapeaux furent capturés. Parmi les officiers prussiens tués figuraient le maréchal Keith et le prince Frédéric de Brunswick. Le prince Maurice d'Anhalt-Dessau fut blessé et fait prisonnier. Les Impériaux subirent également des pertes, estimées entre trois et quatre mille hommes. Parmi les officiers blessés, on compte le Marquis d'Einfe, Lieutenant-Feld-Maréchal, le sieur de Siskowitz, Major Général, et les frères Comte de Brown, l'un Major Général blessé à la tête, l'autre Colonel avec une jambe cassée. Les officiers tués incluent un Major Général, probablement le sieur Hardeneck, le Baron de Buttler, et le Comte d'Etienne. Le Comte de Montazet, Maréchal de Camp au service de France, fut blessé à la tête mais se distingua dans une mêlée de cavalerie. Le Maréchal Daun eut son cheval blessé. Cette journée marque la fin d'une belle campagne et renforce la réputation du Maréchal Daun, le plaçant parmi les plus grands capitaines. En reconnaissance de ses services, les Etats d'Autriche offrirent au Comte de Daun trois cent mille florins pour racheter la Seigneurie de Ladendorff. Le 18 octobre, une symphonie fut jouée en hommage à ses exploits.
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10915
p. 202-203
« Le 19 Octobre, le Roi nomma M. le Prince de Soubise [...] »
Début :
Le 19 Octobre, le Roi nomma M. le Prince de Soubise [...]
Mots clefs :
Prince de Soubise, Évêques, Nominations, Chevalier, Comte, Duc, Officiers, Ministre d'État, Gouvernement, Vicaire général, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 19 Octobre, le Roi nomma M. le Prince de Soubise [...] »
FRANC E.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 19 Octobre , le Roi nomma M. le Prince de
Soubife Maréchal de France.
Le même jour , M. l'Evêque d'Autun prêta ferment
entre les mains de Sa Majeſté .
Le Roi a accordé à l'occafion de l'affaire de
Saint Caft en Bretagne , une penfion de deux mille
livres fur le Tréfor Royal à M. le Chevalier de
Redmont , Maréchal de Camp ; le grade de Maréchal
de Camp à M. le Marquis de la Chaftre ,
Brigadier d'Infanterie , ci - devant Colonel du Régiment
de Crambrefis.
Sa Majesté a fait Brigadiers d'Infanterie , MM .
le Chevalier de Saint- Pern , Colonel du Régiment
de Penthievre ; le Chevalier de la Tour d'Auvergne
, Colonel du Régiment de Boulonnois ; le
Marquis de Broc , Colonel du Régiment de Bourbon
; le Chevalier de Polignac , Colonel du Régiment
de Brie ; le Chevalier de Sainte-Croix , Lieutenant-
Colonel du Régiment de Bourbon ; & Brigadier
de Dragons le Marquis de Marbeuf , Meftre
de Camp du Régiment de fon nom .
Le Roi a auffi accordé aux Officiers des troupes
qui ont contribué aux fuccès de cette affaire , &
aux Gentilhommes de cette Province ' , des penfions
, des gratifications & des Croix de S. Louis.
Le 2 Novembre , M. Berrier , Miniftre d'Etat
prêta ferment entre les mains du Roi pour
charge de Secretaire d'Etat de la Marine ; M. de
Maffiac , Lieutenant général des Armées Nayales ,
DECEMBRE . 1758. 203
ayant obtenu la permiffion de Sa Majefté de fe
démettre de cette charge , ainfi que M. le Normand-
de Maizy , qui y étoit adjoint .
Le Roi a difpofé du Gouvernement de la ville
de Nay en Bearn , en faveur du Baron d'Eſpalungue
, premier Baron des Etats de Bearn , Moufquetaire
du Roi , & aide de Camp de M. le Duc de Tref
mes , Pair de France , Lieutenant général des Armées
du Roi , Commandant pour Sa Majesté à
Bayonne , & fur les côtes .
Le Roi ayant écrit aux Vicaires Généraux de
l'Archevêque de Paris , pour faire rendre à Dieu
de folemnelles actions de graces , au fujet de la
victoire remportée fur les Heffois & les Hanòvriens
par les troupes
de Sa Majefté aux ordres du
Prince de Soubiſe , on chanta le 28 du mois dernier
le Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine . M.
l'Abbé d'Agoult , Doyen du Chapitre , y officia.
M. de Lamoignon , Chancelier de France, accompagné
de plufieurs Confeillers d'Etat , & Maîtres
des Requêtes , y affifta , ainfi que le Parlement , la
Chambre des Comptes , la Cour des Aides , & le
Corps de Ville , qui y avoient été invités de la part
de Sa Majefté par M. Defgranges , Maître des Cérémonies.
Le Clergé de France y fut auffi invité
de la part du Roi , & y affifta .
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 19 Octobre , le Roi nomma M. le Prince de
Soubife Maréchal de France.
Le même jour , M. l'Evêque d'Autun prêta ferment
entre les mains de Sa Majeſté .
Le Roi a accordé à l'occafion de l'affaire de
Saint Caft en Bretagne , une penfion de deux mille
livres fur le Tréfor Royal à M. le Chevalier de
Redmont , Maréchal de Camp ; le grade de Maréchal
de Camp à M. le Marquis de la Chaftre ,
Brigadier d'Infanterie , ci - devant Colonel du Régiment
de Crambrefis.
Sa Majesté a fait Brigadiers d'Infanterie , MM .
le Chevalier de Saint- Pern , Colonel du Régiment
de Penthievre ; le Chevalier de la Tour d'Auvergne
, Colonel du Régiment de Boulonnois ; le
Marquis de Broc , Colonel du Régiment de Bourbon
; le Chevalier de Polignac , Colonel du Régiment
de Brie ; le Chevalier de Sainte-Croix , Lieutenant-
Colonel du Régiment de Bourbon ; & Brigadier
de Dragons le Marquis de Marbeuf , Meftre
de Camp du Régiment de fon nom .
Le Roi a auffi accordé aux Officiers des troupes
qui ont contribué aux fuccès de cette affaire , &
aux Gentilhommes de cette Province ' , des penfions
, des gratifications & des Croix de S. Louis.
Le 2 Novembre , M. Berrier , Miniftre d'Etat
prêta ferment entre les mains du Roi pour
charge de Secretaire d'Etat de la Marine ; M. de
Maffiac , Lieutenant général des Armées Nayales ,
DECEMBRE . 1758. 203
ayant obtenu la permiffion de Sa Majefté de fe
démettre de cette charge , ainfi que M. le Normand-
de Maizy , qui y étoit adjoint .
Le Roi a difpofé du Gouvernement de la ville
de Nay en Bearn , en faveur du Baron d'Eſpalungue
, premier Baron des Etats de Bearn , Moufquetaire
du Roi , & aide de Camp de M. le Duc de Tref
mes , Pair de France , Lieutenant général des Armées
du Roi , Commandant pour Sa Majesté à
Bayonne , & fur les côtes .
Le Roi ayant écrit aux Vicaires Généraux de
l'Archevêque de Paris , pour faire rendre à Dieu
de folemnelles actions de graces , au fujet de la
victoire remportée fur les Heffois & les Hanòvriens
par les troupes
de Sa Majefté aux ordres du
Prince de Soubiſe , on chanta le 28 du mois dernier
le Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine . M.
l'Abbé d'Agoult , Doyen du Chapitre , y officia.
M. de Lamoignon , Chancelier de France, accompagné
de plufieurs Confeillers d'Etat , & Maîtres
des Requêtes , y affifta , ainfi que le Parlement , la
Chambre des Comptes , la Cour des Aides , & le
Corps de Ville , qui y avoient été invités de la part
de Sa Majefté par M. Defgranges , Maître des Cérémonies.
Le Clergé de France y fut auffi invité
de la part du Roi , & y affifta .
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Résumé : « Le 19 Octobre, le Roi nomma M. le Prince de Soubise [...] »
Le 19 octobre, le roi nomma le Prince de Soubise Maréchal de France et l'Évêque d'Autun prêta serment. À la suite de l'affaire de Saint-Cast en Bretagne, le roi accorda une pension de deux mille livres au Chevalier de Redmont et le grade de Maréchal de Camp au Marquis de la Chastre. Plusieurs Brigadiers d'Infanterie furent nommés, dont le Chevalier de Saint-Pern, le Chevalier de la Tour d'Auvergne, le Marquis de Broc, le Chevalier de Polignac et le Chevalier de Sainte-Croix. Le Marquis de Marbeuf fut nommé Brigadier de Dragons et Maître de Camp. Des pensions et des Croix de Saint-Louis furent attribuées aux officiers et gentilshommes ayant contribué aux succès de cette affaire. Le 2 novembre, M. Berrier prêta serment comme Secrétaire d'État de la Marine, remplaçant M. de Massiac et M. le Normand-de Maizy. Le roi attribua le Gouvernement de la ville de Bayonne au Baron d'Espalungue et ordonna des actions de grâce pour la victoire sur les Hessois et les Hanovriens, avec un Te Deum chanté le 28 du mois précédent.
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10916
p. 203-205
Détail de la retraite de M. le Duc de Chevreuse, de la ville de Soest, le 18 Octobre 1758.
Début :
Le 17 Octobre 1758, à six heures du soir, M. le Duc de Chevreuse, [...]
Mots clefs :
Duc de Chevreuse, Troupes, Détachement, Maréchal, Patrouilles, Force, Brigades, Cavalerie, Retraite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Détail de la retraite de M. le Duc de Chevreuse, de la ville de Soest, le 18 Octobre 1758.
Détail de la retraite de M. le Duc de Chevreuse ,
de la ville de Soeft , le 18 Octobre 1758 .
4
Le 17 Octobre 1758 , à fix heures du foir , M.
le Duc de Chevreufe , fut averti par un payſan in
connu qu'un corps de 6000 hommes marchoit
fur lui ; il envoya fur le champ un détachement
& des patrouilles pour en fçavoir la vérité , &
dépêcha, après cela un Courier à M. le Maréchal
de Contades pour lui en donner avis , ainfi qu'à
1
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
M. de Beaufremont & M. de Fitz - James . Il fir
partir tous les équipages , mit les troupes fous les
armes & les y fit paffer la nuit . M. le Maréchal
lui manda par le retour de fon Courier de fe retirer
, s'il étoit attaqué par des forces fupérieures .
ou s'il avoit des avis certains de leur marche fur
lui ; mais qu'il n'avoit connoiffance que d'un Ré
giment de Huffards qui eût paflé la Lippe , ce qui fit
que le Duc de Chevreufe regarda encore comme
moins certain l'avis du payfan inconnu , d'autant
que fon détachement, & fes patrouilles lui avoient.
fait dire qu'ils ne trouvoient perfonne.
A 7 heures du matin le 18 , M. de Beaufre
mont qui l'avoit joint très - diligemment dans la
nuit , voyant qu'on n'appercevoit rien , voulut fe
retirer. M. le Duc de Chevreufe tâcha de l'engager
à refter ; mais comme l'ordre par écrit de M. le
Maréchal donné à M. de Beaufremont portoit feu
lement de refter en bataille à la tête du camp , il
prit le parti pour l'exécuter de fe retirer , & cela
fut heureux , puifque s'il s'étoit retiré avec M. le
Duc de Chevreuſe , il eût expofé fon corps & tous
les équipages de fa divifion à être pris . M. de
Beaufremont étoit encore fort près de M. le Duc
de Chevreufe , quand celui- ci prit le parti de fe
retirer ; mais comme il n'avoit que deux brigades
de Cavalerie qui euffent été inutiles dans le pays
convert , par lequel M. le Duc de Chevreufe s'étoit
affuré de fa retraite , il n'a pu que fçavoir gré
à M. de Beaufremont d'avoir rempli un objet plus
utile.
A huit heures du matin , une garde en avant du
camp de M. le Duc de Chevreufe , le fit avertir que
les ennemis paroiffoient , il s'y porta pour les reconnoître
; & ayant apperçu très- diftinctement
que le corps qui venoit à lui étoit de quatorze
DECEMBRE. 1758 . 1 205
mille hommes au moins , il commença fa retraite .
La Cavalerie des ennemis qui venoit au grand
trot , joignit fon arriere-garde qui étoit déja à
une affez grande diſtance de fon camp ; les huft
efcadrons qui la compofoient étoient fi peu nombreux
, qu'ils ne faifoient à peu près que la valeur
de quatre qui furent pouffés par cette Cavalerie
qui étoit au nombre de vingt - quatre escadrons. Il
y a eu un défordre inévitable , mais qui n'a duré
qu'un moment , parce qu'il envoya ordre à M. fe
Duc de Mazarin de fe placer avec les deux batail-
Ions de fon Régiment dans des haies , mouvement
qu'il a exécuté avec valeur & intelligence ,
les ennemis depuis ce temps n'ont fuivi qu'en
efcarmouchant , & nous n'avons perdu que deux
cens hommes.
Cette retraite n'a point porté coup à la jonction
de MM. de Chevert & de Fitz- James ; & quand
M. le Duc de Chevreufe auroit été affez malheureux
pour cela , elle étoit inévitable pour un
corps réduit à trois mille hommes , par tous les
détachemens qui étoient fortis , & qui font rentrés
fans aucune porte , devant un corps de quatorze
mille hommes fuivi d'une armée.
de la ville de Soeft , le 18 Octobre 1758 .
4
Le 17 Octobre 1758 , à fix heures du foir , M.
le Duc de Chevreufe , fut averti par un payſan in
connu qu'un corps de 6000 hommes marchoit
fur lui ; il envoya fur le champ un détachement
& des patrouilles pour en fçavoir la vérité , &
dépêcha, après cela un Courier à M. le Maréchal
de Contades pour lui en donner avis , ainfi qu'à
1
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
M. de Beaufremont & M. de Fitz - James . Il fir
partir tous les équipages , mit les troupes fous les
armes & les y fit paffer la nuit . M. le Maréchal
lui manda par le retour de fon Courier de fe retirer
, s'il étoit attaqué par des forces fupérieures .
ou s'il avoit des avis certains de leur marche fur
lui ; mais qu'il n'avoit connoiffance que d'un Ré
giment de Huffards qui eût paflé la Lippe , ce qui fit
que le Duc de Chevreufe regarda encore comme
moins certain l'avis du payfan inconnu , d'autant
que fon détachement, & fes patrouilles lui avoient.
fait dire qu'ils ne trouvoient perfonne.
A 7 heures du matin le 18 , M. de Beaufre
mont qui l'avoit joint très - diligemment dans la
nuit , voyant qu'on n'appercevoit rien , voulut fe
retirer. M. le Duc de Chevreufe tâcha de l'engager
à refter ; mais comme l'ordre par écrit de M. le
Maréchal donné à M. de Beaufremont portoit feu
lement de refter en bataille à la tête du camp , il
prit le parti pour l'exécuter de fe retirer , & cela
fut heureux , puifque s'il s'étoit retiré avec M. le
Duc de Chevreuſe , il eût expofé fon corps & tous
les équipages de fa divifion à être pris . M. de
Beaufremont étoit encore fort près de M. le Duc
de Chevreufe , quand celui- ci prit le parti de fe
retirer ; mais comme il n'avoit que deux brigades
de Cavalerie qui euffent été inutiles dans le pays
convert , par lequel M. le Duc de Chevreufe s'étoit
affuré de fa retraite , il n'a pu que fçavoir gré
à M. de Beaufremont d'avoir rempli un objet plus
utile.
A huit heures du matin , une garde en avant du
camp de M. le Duc de Chevreufe , le fit avertir que
les ennemis paroiffoient , il s'y porta pour les reconnoître
; & ayant apperçu très- diftinctement
que le corps qui venoit à lui étoit de quatorze
DECEMBRE. 1758 . 1 205
mille hommes au moins , il commença fa retraite .
La Cavalerie des ennemis qui venoit au grand
trot , joignit fon arriere-garde qui étoit déja à
une affez grande diſtance de fon camp ; les huft
efcadrons qui la compofoient étoient fi peu nombreux
, qu'ils ne faifoient à peu près que la valeur
de quatre qui furent pouffés par cette Cavalerie
qui étoit au nombre de vingt - quatre escadrons. Il
y a eu un défordre inévitable , mais qui n'a duré
qu'un moment , parce qu'il envoya ordre à M. fe
Duc de Mazarin de fe placer avec les deux batail-
Ions de fon Régiment dans des haies , mouvement
qu'il a exécuté avec valeur & intelligence ,
les ennemis depuis ce temps n'ont fuivi qu'en
efcarmouchant , & nous n'avons perdu que deux
cens hommes.
Cette retraite n'a point porté coup à la jonction
de MM. de Chevert & de Fitz- James ; & quand
M. le Duc de Chevreufe auroit été affez malheureux
pour cela , elle étoit inévitable pour un
corps réduit à trois mille hommes , par tous les
détachemens qui étoient fortis , & qui font rentrés
fans aucune porte , devant un corps de quatorze
mille hommes fuivi d'une armée.
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Résumé : Détail de la retraite de M. le Duc de Chevreuse, de la ville de Soest, le 18 Octobre 1758.
Le 17 octobre 1758, le Duc de Chevreuse fut averti par un paysan de l'approche de 6000 hommes. Il envoya des patrouilles et informa le Maréchal de Contades, ainsi que M. de Beaufremont et M. de Fitz-James. Le Maréchal conseilla au Duc de se retirer en cas d'attaque par des forces supérieures, mais l'alerte parut moins certaine. Le 18 octobre, M. de Beaufremont décida de se retirer malgré les tentatives du Duc de le retenir. À 8 heures, une garde avertit le Duc de l'approche de 14 000 ennemis. La cavalerie ennemie perturba temporairement l'arrière-garde du Duc. Le Duc de Mazarin reçut l'ordre de se placer dans des haies pour ralentir les ennemis. La retraite se poursuivit sans compromettre la jonction avec les troupes de MM. de Chevert et de Fitz-James. Les pertes furent limitées à deux cents hommes.
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10917
p. 205-206
MORTS.
Début :
Dame Marie-Paule Thérèse de Beauvillier, fille du Duc de [...]
Mots clefs :
Duc, Abbé, Diocèse, Chevalier, Prince, Morts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
DAME Marie-Paule Thérèſe de Beauvillier ,
fille du Duc de S: Aignan , époufe de Jean - François-
Charles de Molette , Comte de Movangies ,
Colonel du Régiment de Languedoc , eft morte à
Paris le 10 Novembre , âgée de 28 ans.
Meffire N. de Menou de Bouffay , Abbé Com
mandataire de l'Abbaye de Preuilly, Ordre de Saint
206 MERCURE DE FRANCE.
Benoît , Diocèfe de Tours , mourut en fon Abbaye
le 27 Octobre.
Meffire Samuel- Guillaume de Verthamont de
Chavagnac , Evêque de Luçon , eft mort en fon
Palais Epifcopal le premier Novembre, âgé de foixante-
cinq ans.
Meffire Charles- Philippe d'Albert, Duc de Luynes
, Pair de France , Chevalier des Ordres du
Roi , ancien Meftre de Camp de Cavalerie , mourut
à Dampierre le 2 Novembre, dans la foixantequatrieme
année de fon âge.
Meffire Jofeph d'Albert de Luynes , Prince de
Grimberghen , Prince du Saint-Empire Romain ,
Confeiller d'Etat Intime du feu Empereur Charles
VII , Feld -Maréchal de fes Armées , & ci-devant
fon Ambaffadeur Extraordinaire à la Cour de
France , eft mort le 8 , dans la quatre-vingt-feptieme
année de ſon âge.
DAME Marie-Paule Thérèſe de Beauvillier ,
fille du Duc de S: Aignan , époufe de Jean - François-
Charles de Molette , Comte de Movangies ,
Colonel du Régiment de Languedoc , eft morte à
Paris le 10 Novembre , âgée de 28 ans.
Meffire N. de Menou de Bouffay , Abbé Com
mandataire de l'Abbaye de Preuilly, Ordre de Saint
206 MERCURE DE FRANCE.
Benoît , Diocèfe de Tours , mourut en fon Abbaye
le 27 Octobre.
Meffire Samuel- Guillaume de Verthamont de
Chavagnac , Evêque de Luçon , eft mort en fon
Palais Epifcopal le premier Novembre, âgé de foixante-
cinq ans.
Meffire Charles- Philippe d'Albert, Duc de Luynes
, Pair de France , Chevalier des Ordres du
Roi , ancien Meftre de Camp de Cavalerie , mourut
à Dampierre le 2 Novembre, dans la foixantequatrieme
année de fon âge.
Meffire Jofeph d'Albert de Luynes , Prince de
Grimberghen , Prince du Saint-Empire Romain ,
Confeiller d'Etat Intime du feu Empereur Charles
VII , Feld -Maréchal de fes Armées , & ci-devant
fon Ambaffadeur Extraordinaire à la Cour de
France , eft mort le 8 , dans la quatre-vingt-feptieme
année de ſon âge.
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Résumé : MORTS.
Le texte énumère plusieurs décès de personnalités notables. Marie-Paule Thérèse de Beauvillier, fille du Duc de Saint-Aignan et épouse du Comte de Movangies, est décédée à Paris le 10 novembre à l'âge de 28 ans. Meffire N. de Menou de Bouffay, Abbé Commandataire de l'Abbaye de Preuilly dans le Diocèse de Tours, est mort le 27 octobre dans son abbaye. Meffire Samuel-Guillaume de Verthamont de Chavagnac, Évêque de Luçon, est décédé le 1er novembre à l'âge de soixante-cinq ans. Meffire Charles-Philippe d'Albert, Duc de Luynes, Pair de France et Chevalier des Ordres du Roi, est mort à Dampierre le 2 novembre à l'âge de soixante-quatre ans. Enfin, Meffire Joseph d'Albert de Luynes, Prince de Grimberghen et Prince du Saint-Empire Romain, Conseiller d'État Intime du défunt Empereur Charles VII et ancien Ambassadeur Extraordinaire à la Cour de France, est décédé le 8 novembre à l'âge de quatre-vingt-sept ans.
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10918
p. 206-207
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Quatorzieme traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Dare, de la Compagnie de la Sône, est entré le [...]
Mots clefs :
Soldats, Compagnie, Malades, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Quatorzieme traitement depuis son établissement.
Quatorzieme traitement depuis fon établiſſement.
Ls nommé Dare , de la Compagnie de la Sôné ,
eft entré le 13 Juillet , & en eft forti le 12 Septembre
parfaitement guéri.
Le nommé Branche-Dor , de la Compagnie de
Bouville , eft entré le 20 Juillet , & en eft forti le
12 Septembre parfaitement guéri .
Le nommé Rabut , de la Compagnie d'Hallot ,
DECEMBRE. 1758. 207
eft entré le 20 Juillet , & en eft forti le 29 Août
parfaitement guéri .
Le nommé Meunier , de la Compagnie de Mathan
, eſt entré le 27 Juillet , & eft forti le 29
Août parfaitement guéri.
Le nommé Francoeur , Compagnie d'Hallot ,
eft entré le premier Août , & eft forti le 17 Septembre
parfaitement guéri .
Ls nommé Dare , de la Compagnie de la Sôné ,
eft entré le 13 Juillet , & en eft forti le 12 Septembre
parfaitement guéri.
Le nommé Branche-Dor , de la Compagnie de
Bouville , eft entré le 20 Juillet , & en eft forti le
12 Septembre parfaitement guéri .
Le nommé Rabut , de la Compagnie d'Hallot ,
DECEMBRE. 1758. 207
eft entré le 20 Juillet , & en eft forti le 29 Août
parfaitement guéri .
Le nommé Meunier , de la Compagnie de Mathan
, eſt entré le 27 Juillet , & eft forti le 29
Août parfaitement guéri.
Le nommé Francoeur , Compagnie d'Hallot ,
eft entré le premier Août , & eft forti le 17 Septembre
parfaitement guéri .
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Quatorzieme traitement depuis son établissement.
Le quatorzième traitement du centre médical a concerné cinq individus. Dare, Branche-Dor, Rabut, Meunier et Francoeur, issus de différentes compagnies, sont entrés entre le 13 juillet et le 1er août et sont sortis guéris entre le 12 septembre et le 29 août.
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10919
p. 207
Eclaircissement de quelques faits concernant l'Hôpital.
Début :
Quelques Soldats qui ont passé par cet Hôpital, & qui y ont été [...]
Mots clefs :
Soldats, Hôpital, Traitement, Maladies vénériennes, M. Keyser, Honte, Vérité, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Eclaircissement de quelques faits concernant l'Hôpital.
Eclairciffemens de quelques faits concernant.
l'Hôpital.
Quelques Soldats qui ont paffé par cet Hôpital ,
& qui y ont été traités , & bien radicalement guéris
de la maladie Vénérienne , gens accoutumés au
libertinage , & que rien ne peut corriger , ayant
regagné de nouveaux maux , au lieu de fe repréfenter
à l'Hôpital , ont mieux aimé s'aller faire
traiter incognito dans les Hôpitaux publics , ce
qui leur eft fort permis , parce qu'aucun foldat n'a
jamais été gêné ni forcé de venir dans celui - ci ,
mais comme ces gens malades de nouveau , par
leur faute , difent avoir paffé par les remedes de
M. Keyſer , fans avouer leur déreglement , on
doit à la vérité de dire qu'ils n'y avoient pas moins
été guéris , & que la raifon qui les empêche de fe
repréfenter eft:""
1º. La honte de retomber perpétuellement dans
le même vice.
2º. La crainte de la punition comme mauvais
fujets reconnus.
3 °. Qu'ils font bien plus gênés dans leur Hôpital
par les défenfes qui y font faites de leur laiffer
voir leurs créatures , & des étrangers , que dans
aucun autre Hôpital où ils ont la liberté de voir
toutes perfonnes qu'ils veulent. Ces faits font dans
la plus exacte vérité , & feront atteftés par per
fonnes impartiales , & non fufpectes.
l'Hôpital.
Quelques Soldats qui ont paffé par cet Hôpital ,
& qui y ont été traités , & bien radicalement guéris
de la maladie Vénérienne , gens accoutumés au
libertinage , & que rien ne peut corriger , ayant
regagné de nouveaux maux , au lieu de fe repréfenter
à l'Hôpital , ont mieux aimé s'aller faire
traiter incognito dans les Hôpitaux publics , ce
qui leur eft fort permis , parce qu'aucun foldat n'a
jamais été gêné ni forcé de venir dans celui - ci ,
mais comme ces gens malades de nouveau , par
leur faute , difent avoir paffé par les remedes de
M. Keyſer , fans avouer leur déreglement , on
doit à la vérité de dire qu'ils n'y avoient pas moins
été guéris , & que la raifon qui les empêche de fe
repréfenter eft:""
1º. La honte de retomber perpétuellement dans
le même vice.
2º. La crainte de la punition comme mauvais
fujets reconnus.
3 °. Qu'ils font bien plus gênés dans leur Hôpital
par les défenfes qui y font faites de leur laiffer
voir leurs créatures , & des étrangers , que dans
aucun autre Hôpital où ils ont la liberté de voir
toutes perfonnes qu'ils veulent. Ces faits font dans
la plus exacte vérité , & feront atteftés par per
fonnes impartiales , & non fufpectes.
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Résumé : Eclaircissement de quelques faits concernant l'Hôpital.
Certains soldats, traités et guéris de la maladie vénérienne à l'Hôpital, rechutent et préfèrent se faire soigner incognito dans des hôpitaux publics plutôt que de revenir à l'Hôpital. Ces soldats, habitués au libertinage et difficiles à corriger, ne sont jamais contraints de revenir. Ils attribuent leur guérison aux remèdes de M. Keyser sans reconnaître leurs dérèglements. Plusieurs raisons expliquent leur absence : la honte de retomber dans le même vice, la crainte de la punition en tant que mauvais sujets, et les restrictions imposées à l'Hôpital concernant la visite de leurs compagnes ou d'étrangers. Ces faits sont présentés comme véridiques et peuvent être attestés par des personnes impartiales et non suspectes.
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10920
p. 208-212
Guérisons particulieres à Lyon & à Bordeaux.
Début :
Comme il n'est pas possible de mettre en entier les détails des [...]
Mots clefs :
Lyon, Docteurs, Chirurgie, Malades, Symptômes, Ulcères, M. Keyser, Guérison, Bordeaux, Certificats, Cure
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texteReconnaissance textuelle : Guérisons particulieres à Lyon & à Bordeaux.
Guérifons particulieres à Lyon à Bordeaux .
Comme il n'eft pas poffible de mettre en entier
les détails des maladies , & que l'expofition entrat
neroit avec elle des mots defagréables , l'on
que
veut fupprimer , l'on ne donnera les certificats cideffous
que par extrait feulement.
LYON.
Nous Docteurs , & Profeffeurs aggrégés au
College des Médecins de Lyon , Médecins ordinaires
de l'Hôpital Général de Notre - Dame de Pitié
du Pont- du - Rhône , & Grand - Hôtel - Dieu de
ladite Ville , & nous Chirurgien Principal dudit
Hôpital , déclarons & certifions avoir examiné
deux particuliers atteints de maladie Vénérienne ,
entrés dans ledit Hôpital pour y être traités par
fieur Jean-Baptifte Rey , Makre en Chirurgie à
Lyon , fuivant la méthode du fieur Keyfer.
Sçavoir , le nommé J. B. Blain , âgé de 19 ans ,
garçon Boucher , & natif de Lyon , attaqué d'une
maladie Vénérienne bien confirmée , & de fymptômes
non équivoques. Et le nommé Auguftin
Brun , Affineur à Lyon , natif de Tetouanne en
Savoye , également attaqué d'une maladie Vénérienne
, fort grave avec ulceres au fond de la
bouche , très - profonds. Et que deux mois après
mondit fieur Rey nous ayant préfenté lesdits deux
malades , traités par la méthode du fieur Keyfer ,
avec priere de les examiner , & de faire notre
rapport de l'état dans lequel nous les trouverions ,
Nous Médecins & Chirurgien fufdits , après avoir
examiné bien attentivement les deux malades . ,
ainsi que les fymptômes qui avoient caractérisé
leurs maladies , nous les avons trouvés en trèsbon
état , & les avons jugés bien guéris . En
foi de quoi nous avons figné pour fervir & valoir
1
DECEMBRE. 1758. 205
4
te que de raifon audit fieur, Rey . A Lyon le 14
Mars 1758 .
Chol, Docteur en Médecine , Magneval , Docteur
enMédecine , Puy , Chirurgien Major.
Nous fouffignés Recteurs & Administrateurs de
l'Hôpital Général de Notre- Dame de Pitié du
Pont-du Rhône , & grand Hôtel Dieu de la ville
de Lyon , certifions que MM . Chol & Magneval ,
qui ont figné le certificat ci- deffus , font actuelle
ment Médecins de cet Hôpital , & que le fieur
Puy , qui a figné avec eux , eft Chirurgien principal
dudit Hôtel- Dieu , ainfi qu'ils fe font qualifiés
. A Lyon , au Bureau dudit Hôpital , icelu
tenant le 22 Mars 1758. Signé, Pofnet de Verneaux,
Guillen , Chaffein , J. Bouvier , Mayeuvre , Sponton
, Valefque , Rambaud , Chauvet , Marion
Latour , Dupont , Ant. Torrent , F. Dian Merlin.
BORDEAUX.
Extrait des Lettres du fieur de la Plaine , & état
de Madame de *** guérie à Bordeaux par le remede
de M. Keyfer , à la connoiffance de la plus
grande partie de la Ville.
-
Parmi le grand nombre des guériſons opérées
par les dragées de M. Keyfer, il en fera peu d'auffi
confidérable que celle- ci . La malade , dont il eft
queftion , avoit inutilement effuyé , en différens
temps , plufieurs traitemens très étendus
par les frictions mercurielles. Les accidens les plus
graves exiftoient dans le temps que j'en entrepris
la cure. La malade , outre une quantité de fymptômes
bien caractérisés , avoit plufieurs ulceres trèsprofonds
dans le fond de la gorge , & à la cloifon
du palais , qui rendoient la déglutition fi
difficile , que les alimens liquides revenoient
le nez : des maux de têtes fi cruels & fi in
par
210 MERCURE DE FRANCE.
fuportables , qu'il s'enfuivoit une infomnie con
tinuelle de plus le nez étoit attaqué d'un ulcere,
qui avoit détruit une grande portion du cartilage
de la narine , & cet ulcere étoit entretenu
par une carie des os de cette partie , & qui occafionnoit
un gonflement de l'os de la pomette : cette
maladie duroit depuis trois ans. La Dame avoit
été prefque abandonnée , & plufieurs perfonnes
Jui avoient annoncé qu'elle ne guériroit jamais ; ce
que l'événement n'a pas juftifié : la guérifon étant
aujourd'hui parfaite & opérée uniquement par les
dragées de M. Keyfer , lefquelles ont produit
Peffet le plus furprenant en effaçant premiérerement
, en trois femaines tous les fymptômes
, enfuite la carie des os du nez , & de l'os maxillaire
qui s'exfolia fans aucune opération extérieure:
de forte qu'aujourd'hui cette Dame eft dans
un embonpoint , qui ne laiffe rien à defirer pour
fa fanté, & m'a permis elfe-même de rendre fa
guérifon publique par reconnoiffance de ce qu'elle
ne la doit qu'au remede de M. Keyler. A Bordeaux
le 4 Octobre 1758 , la Plaine.
Seconde cure auffi confidérable que la premire.
Une fille de 18 ans me fut envoyée , de la part
de l'un de Meffieurs les Jurats de Bordeaux , pour
lui adminiftrer les dragées : outre les fymptômes
les plus graves , la tête de cette fille étoit couverte
d'une croute dartreufe , & les maux en étoient fi
violens qu'elle ne pouvoit repofer nr jour ni nuit:
indépendamment de ces accidens fâcheux , elle fe
trouvoit groffe de fix mois : ce qui demandoit tous
les ménagemens pcffibles. Cependant après l'avoir
préfentée & fait examiner par Meffieurs les
Médecins de Santé de Bordeaux , qui déciderent
qu'il falloit promptement recourir aux remedes
angivénériens , je ne balançai pas de la mettre à l'uDECEMBRE.
1758. 211
fage des dragées , qui eurent tout le fuccès poffible
, tant pour la mere , qui accoucha heureuſement
, que pour l'enfant , qui fut parfaitement
guéri , & n'avoit aucune trace de la maladie dont
la mere avoit été infectée.
Certificat de M. Bernarda , Médecin de Santé , au
fujet de cette cure.
Nous , Médecin de Santé de la ville de Bordeaux,
certifions que l'état ci - deffus eft conforme à la vérité
, comme ayant vu la malade , avant le traitement
, qui étoit dans un état très- équivoque pour
la guérifon , attendu qu'elle étoit groffe de fix
mois; cependant, après l'examen que nous en avons
fait , après avoir été traitée par les dragées antivénériennes
de M. Keyfer, adminiftrées par le fieur
la Plaine , nous avons jugé & eftimé que la malade
étoit parfaitement bien guérie. En foi de quoi
nous avons délivré & figné le préfent certificat . A
Bordeaux ce 29 Novembre 1758. Bernarda.
Certificas de M. Cazaux , Médecin de Santé de la
même ville de Bordeaux , pareillement au sujet
de cette cure .
> Nous , Médecin de Santé de la ville de Bordeaux,
certifions que l'expofé , dans l'autre part , eft trèsexact
, & que la malade s'étant préfentée ce jourd'hui
devant nous , nous avons trouvé que les
dartres crouteufes , qu'elle avoit à la tête , ne paroiffoient
plus , & qu'elle nous paroiffoit en bon
état. En foi de quoi , &c . A Bordeaux ce premier
Octobre 1758. Cazaux
Les Maires , Sous- Maires & Jurats , Gouver
neurs de la Ville & Cité de Bordeaux , Comtes
d'Ornon , Barons de Verines , Prevôts & Seigneurs
d'Eyfines , & de la Prévôté & Banlieue d'entre
deux mers , Juges criminels & de Police , certi
£ 12 MERCURE DE FRANCE.
fient à qui il appartiendra que les fignatures de
Meffieurs Bernarda & Cafaux , Médecins de Santé
de cette Ville , mifes au bas des certificats ci - deffus
, font véritables. En foi de quoi avons octroyés
ces préfentes , &c. Le 6 Octobre 1758. Chavaille.
M. Keyfer a l'honneur de réitérer au Public
que lui ayant jufqu'ici rendu le compte le plus
exact & le plus fidele des fuccès de fa méthode tant
à Paris , que dans les différentes villes du Royaume
, il efpere qu'il voudra bien lui rendre juſtice ,
& ajouter plus de foi à des fignatures authentiques
- qu'à de mauvais écrits que la jaloufie & l'envie
font renaître fans ceffe contre lui .
Il remetra au volume prochain la lifte générale
de tous fes Correfpondans actuels , n'ayant pu le
faire dans celui- ci.
Comme il n'eft pas poffible de mettre en entier
les détails des maladies , & que l'expofition entrat
neroit avec elle des mots defagréables , l'on
que
veut fupprimer , l'on ne donnera les certificats cideffous
que par extrait feulement.
LYON.
Nous Docteurs , & Profeffeurs aggrégés au
College des Médecins de Lyon , Médecins ordinaires
de l'Hôpital Général de Notre - Dame de Pitié
du Pont- du - Rhône , & Grand - Hôtel - Dieu de
ladite Ville , & nous Chirurgien Principal dudit
Hôpital , déclarons & certifions avoir examiné
deux particuliers atteints de maladie Vénérienne ,
entrés dans ledit Hôpital pour y être traités par
fieur Jean-Baptifte Rey , Makre en Chirurgie à
Lyon , fuivant la méthode du fieur Keyfer.
Sçavoir , le nommé J. B. Blain , âgé de 19 ans ,
garçon Boucher , & natif de Lyon , attaqué d'une
maladie Vénérienne bien confirmée , & de fymptômes
non équivoques. Et le nommé Auguftin
Brun , Affineur à Lyon , natif de Tetouanne en
Savoye , également attaqué d'une maladie Vénérienne
, fort grave avec ulceres au fond de la
bouche , très - profonds. Et que deux mois après
mondit fieur Rey nous ayant préfenté lesdits deux
malades , traités par la méthode du fieur Keyfer ,
avec priere de les examiner , & de faire notre
rapport de l'état dans lequel nous les trouverions ,
Nous Médecins & Chirurgien fufdits , après avoir
examiné bien attentivement les deux malades . ,
ainsi que les fymptômes qui avoient caractérisé
leurs maladies , nous les avons trouvés en trèsbon
état , & les avons jugés bien guéris . En
foi de quoi nous avons figné pour fervir & valoir
1
DECEMBRE. 1758. 205
4
te que de raifon audit fieur, Rey . A Lyon le 14
Mars 1758 .
Chol, Docteur en Médecine , Magneval , Docteur
enMédecine , Puy , Chirurgien Major.
Nous fouffignés Recteurs & Administrateurs de
l'Hôpital Général de Notre- Dame de Pitié du
Pont-du Rhône , & grand Hôtel Dieu de la ville
de Lyon , certifions que MM . Chol & Magneval ,
qui ont figné le certificat ci- deffus , font actuelle
ment Médecins de cet Hôpital , & que le fieur
Puy , qui a figné avec eux , eft Chirurgien principal
dudit Hôtel- Dieu , ainfi qu'ils fe font qualifiés
. A Lyon , au Bureau dudit Hôpital , icelu
tenant le 22 Mars 1758. Signé, Pofnet de Verneaux,
Guillen , Chaffein , J. Bouvier , Mayeuvre , Sponton
, Valefque , Rambaud , Chauvet , Marion
Latour , Dupont , Ant. Torrent , F. Dian Merlin.
BORDEAUX.
Extrait des Lettres du fieur de la Plaine , & état
de Madame de *** guérie à Bordeaux par le remede
de M. Keyfer , à la connoiffance de la plus
grande partie de la Ville.
-
Parmi le grand nombre des guériſons opérées
par les dragées de M. Keyfer, il en fera peu d'auffi
confidérable que celle- ci . La malade , dont il eft
queftion , avoit inutilement effuyé , en différens
temps , plufieurs traitemens très étendus
par les frictions mercurielles. Les accidens les plus
graves exiftoient dans le temps que j'en entrepris
la cure. La malade , outre une quantité de fymptômes
bien caractérisés , avoit plufieurs ulceres trèsprofonds
dans le fond de la gorge , & à la cloifon
du palais , qui rendoient la déglutition fi
difficile , que les alimens liquides revenoient
le nez : des maux de têtes fi cruels & fi in
par
210 MERCURE DE FRANCE.
fuportables , qu'il s'enfuivoit une infomnie con
tinuelle de plus le nez étoit attaqué d'un ulcere,
qui avoit détruit une grande portion du cartilage
de la narine , & cet ulcere étoit entretenu
par une carie des os de cette partie , & qui occafionnoit
un gonflement de l'os de la pomette : cette
maladie duroit depuis trois ans. La Dame avoit
été prefque abandonnée , & plufieurs perfonnes
Jui avoient annoncé qu'elle ne guériroit jamais ; ce
que l'événement n'a pas juftifié : la guérifon étant
aujourd'hui parfaite & opérée uniquement par les
dragées de M. Keyfer , lefquelles ont produit
Peffet le plus furprenant en effaçant premiérerement
, en trois femaines tous les fymptômes
, enfuite la carie des os du nez , & de l'os maxillaire
qui s'exfolia fans aucune opération extérieure:
de forte qu'aujourd'hui cette Dame eft dans
un embonpoint , qui ne laiffe rien à defirer pour
fa fanté, & m'a permis elfe-même de rendre fa
guérifon publique par reconnoiffance de ce qu'elle
ne la doit qu'au remede de M. Keyler. A Bordeaux
le 4 Octobre 1758 , la Plaine.
Seconde cure auffi confidérable que la premire.
Une fille de 18 ans me fut envoyée , de la part
de l'un de Meffieurs les Jurats de Bordeaux , pour
lui adminiftrer les dragées : outre les fymptômes
les plus graves , la tête de cette fille étoit couverte
d'une croute dartreufe , & les maux en étoient fi
violens qu'elle ne pouvoit repofer nr jour ni nuit:
indépendamment de ces accidens fâcheux , elle fe
trouvoit groffe de fix mois : ce qui demandoit tous
les ménagemens pcffibles. Cependant après l'avoir
préfentée & fait examiner par Meffieurs les
Médecins de Santé de Bordeaux , qui déciderent
qu'il falloit promptement recourir aux remedes
angivénériens , je ne balançai pas de la mettre à l'uDECEMBRE.
1758. 211
fage des dragées , qui eurent tout le fuccès poffible
, tant pour la mere , qui accoucha heureuſement
, que pour l'enfant , qui fut parfaitement
guéri , & n'avoit aucune trace de la maladie dont
la mere avoit été infectée.
Certificat de M. Bernarda , Médecin de Santé , au
fujet de cette cure.
Nous , Médecin de Santé de la ville de Bordeaux,
certifions que l'état ci - deffus eft conforme à la vérité
, comme ayant vu la malade , avant le traitement
, qui étoit dans un état très- équivoque pour
la guérifon , attendu qu'elle étoit groffe de fix
mois; cependant, après l'examen que nous en avons
fait , après avoir été traitée par les dragées antivénériennes
de M. Keyfer, adminiftrées par le fieur
la Plaine , nous avons jugé & eftimé que la malade
étoit parfaitement bien guérie. En foi de quoi
nous avons délivré & figné le préfent certificat . A
Bordeaux ce 29 Novembre 1758. Bernarda.
Certificas de M. Cazaux , Médecin de Santé de la
même ville de Bordeaux , pareillement au sujet
de cette cure .
> Nous , Médecin de Santé de la ville de Bordeaux,
certifions que l'expofé , dans l'autre part , eft trèsexact
, & que la malade s'étant préfentée ce jourd'hui
devant nous , nous avons trouvé que les
dartres crouteufes , qu'elle avoit à la tête , ne paroiffoient
plus , & qu'elle nous paroiffoit en bon
état. En foi de quoi , &c . A Bordeaux ce premier
Octobre 1758. Cazaux
Les Maires , Sous- Maires & Jurats , Gouver
neurs de la Ville & Cité de Bordeaux , Comtes
d'Ornon , Barons de Verines , Prevôts & Seigneurs
d'Eyfines , & de la Prévôté & Banlieue d'entre
deux mers , Juges criminels & de Police , certi
£ 12 MERCURE DE FRANCE.
fient à qui il appartiendra que les fignatures de
Meffieurs Bernarda & Cafaux , Médecins de Santé
de cette Ville , mifes au bas des certificats ci - deffus
, font véritables. En foi de quoi avons octroyés
ces préfentes , &c. Le 6 Octobre 1758. Chavaille.
M. Keyfer a l'honneur de réitérer au Public
que lui ayant jufqu'ici rendu le compte le plus
exact & le plus fidele des fuccès de fa méthode tant
à Paris , que dans les différentes villes du Royaume
, il efpere qu'il voudra bien lui rendre juſtice ,
& ajouter plus de foi à des fignatures authentiques
- qu'à de mauvais écrits que la jaloufie & l'envie
font renaître fans ceffe contre lui .
Il remetra au volume prochain la lifte générale
de tous fes Correfpondans actuels , n'ayant pu le
faire dans celui- ci.
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Résumé : Guérisons particulieres à Lyon & à Bordeaux.
Le document relate des guérisons de maladies vénériennes à Lyon et Bordeaux. À Lyon, les docteurs et chirurgiens du Collège des Médecins et de l'Hôpital Général ont examiné deux patients, J. B. Blain et Augustin Brun, atteints de maladies vénériennes. Après traitement par Jean-Baptiste Rey suivant la méthode de M. Keyfer, les patients ont été déclarés guéris. Le certificat de guérison a été signé par les médecins Chol et Magneval, ainsi que le chirurgien Puy, et confirmé par les recteurs et administrateurs de l'hôpital. À Bordeaux, deux cas de guérison notables sont rapportés. La première concerne une dame souffrant de symptômes graves, y compris des ulcères profonds dans la gorge et le nez, qui a été guérie par les dragées de M. Keyfer. La seconde concerne une jeune fille de 18 ans, enceinte de six mois, également guérie par le même traitement. Les médecins de santé Bernarda et Cazaux ont certifié ces guérisons. Les autorités de Bordeaux, y compris les maires et jurats, ont confirmé l'authenticité des certificats. M. Keyfer réitère l'efficacité de sa méthode et promet de publier une liste de ses correspondants dans un prochain volume.
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10921
p. 212
Avis très - important.
Début :
L'Auteur de la Lettre insérée dans ce volume, page 149, s'est trop [...]
Mots clefs :
Erreur, Maladie, Lettre
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texteReconnaissance textuelle : Avis très - important.
Avis très important.
·
L'Auteur de la Lettre inférée dans ce volume ,
page 149 , s'eft trop hâté d'annoncer un fait qui
fe trouve faux. Le jeune M. de Latour n'a ni la
petite- vérole , ni la petite - vérole volante , quoiqu'il
ait eu quelques boutons au corps . Je donnerai
le mois prochain la Lettre qui m'a été
écrite à ce sujet.
·
L'Auteur de la Lettre inférée dans ce volume ,
page 149 , s'eft trop hâté d'annoncer un fait qui
fe trouve faux. Le jeune M. de Latour n'a ni la
petite- vérole , ni la petite - vérole volante , quoiqu'il
ait eu quelques boutons au corps . Je donnerai
le mois prochain la Lettre qui m'a été
écrite à ce sujet.
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10922
p. 212-214
AUTRE.
Début :
Dans le mois de Décembre dernier, M. Philippe a ouvert un cours d'histoire [...]
Mots clefs :
Cours, Histoire, Premiers peuples, Grands Empires, Lectures, Vies des princes, Éducation à la citoyenneté, Bien public, Royaume de France
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
DANS le mois de Décembre dernier , M. Philippe
a ouvert un cours d'hiftoire qu'il a diviſé en
deux parties. L'hiftoire ancienne & la moderne ' ;
la premiere l'a occupé jufqu'au mois de Septembre
de cette année . Il y a fuivi le développement
des premiers peuples , dès l'origine & la décadence
des quatre grands empires , celui des Babyloniens
, des Perfes , des Grecs , & enfin celui des
DECEMBRE . 1758. 213
Bomains. Que de chofes à apprendre que de
réflexions à faire ! fauffement le perfuaderoit- on
que de bonnes lectures fuffifent pour apprendre
l'hiftoire . Après des lectures immenfes , on n'a
aucune idée nette ; la mémoire eft chargée de
beaucoup de faits , & on les confond. I eft
donc néceffaire d'être conduit par un Mentor
fage & éclairé , qui fcache préfenter des époques
fixes à l'efprit de fon éleve. Pour aller fans gui
de , il faudroit lire les différentes hiftoires du
même fiecle toute à la fois ; les mémoires , les
gazettes , les relations , les vies des Princes , des
particuliers , iroient de pair avec les faites les
plus authentiques . Eh ! qui pouvoit entreprendre
une étude aufli pénible , auffi rebutante.
La feconde partie de ce cours dont le projet
mérite les éloges qu'on peut donner à un bon
Citoyen , & dont l'exécution doit attirer les regards
de ceux qui s'intéreffent le plus au bien public
, commencera le 19 Novembre à 10 heures;
du matin , chez M. Philippe , rue de la Harpe
vis -à - vis la rue des Deux - Portes. Il y traitera
l'hiftoire moderne , les incurfions des Barbares
defcendus du Nord , la Religion de Mahomet
qui , comme un torrent , s'eft répandue fur l'Europe
, l'Afie & l'Afrique ; le démembrement total
de l'Empire Romain l'occuperont quelque temps.
Puis parcourant l'hiftoire de tous les Peuples exiftans
, il s'arrêtera fur celle du Royaume de Fran ,
ce. Que de chofes n'aura-t'il pas à dire ? Nos
moeurs , hos ufages anciens , de religion , de gou
vernement , de fociété , la perfection des Arts , les
grands Hommes en tout genre .... Quelle mul
titude étonnante de faits , de victoires , de vertus
n'aura-t'il pas à raconter ? Heureux s'il pouvoit
paffer fous filence l'entrevue du pont de Monte
r14 MERCURE DE FRANCE.
reau , les duels , le traité de Madrid , la paix de
Cambrai , la Ligue , la S. Barthelemi , la Fronde ,
&c. & c.
DANS le mois de Décembre dernier , M. Philippe
a ouvert un cours d'hiftoire qu'il a diviſé en
deux parties. L'hiftoire ancienne & la moderne ' ;
la premiere l'a occupé jufqu'au mois de Septembre
de cette année . Il y a fuivi le développement
des premiers peuples , dès l'origine & la décadence
des quatre grands empires , celui des Babyloniens
, des Perfes , des Grecs , & enfin celui des
DECEMBRE . 1758. 213
Bomains. Que de chofes à apprendre que de
réflexions à faire ! fauffement le perfuaderoit- on
que de bonnes lectures fuffifent pour apprendre
l'hiftoire . Après des lectures immenfes , on n'a
aucune idée nette ; la mémoire eft chargée de
beaucoup de faits , & on les confond. I eft
donc néceffaire d'être conduit par un Mentor
fage & éclairé , qui fcache préfenter des époques
fixes à l'efprit de fon éleve. Pour aller fans gui
de , il faudroit lire les différentes hiftoires du
même fiecle toute à la fois ; les mémoires , les
gazettes , les relations , les vies des Princes , des
particuliers , iroient de pair avec les faites les
plus authentiques . Eh ! qui pouvoit entreprendre
une étude aufli pénible , auffi rebutante.
La feconde partie de ce cours dont le projet
mérite les éloges qu'on peut donner à un bon
Citoyen , & dont l'exécution doit attirer les regards
de ceux qui s'intéreffent le plus au bien public
, commencera le 19 Novembre à 10 heures;
du matin , chez M. Philippe , rue de la Harpe
vis -à - vis la rue des Deux - Portes. Il y traitera
l'hiftoire moderne , les incurfions des Barbares
defcendus du Nord , la Religion de Mahomet
qui , comme un torrent , s'eft répandue fur l'Europe
, l'Afie & l'Afrique ; le démembrement total
de l'Empire Romain l'occuperont quelque temps.
Puis parcourant l'hiftoire de tous les Peuples exiftans
, il s'arrêtera fur celle du Royaume de Fran ,
ce. Que de chofes n'aura-t'il pas à dire ? Nos
moeurs , hos ufages anciens , de religion , de gou
vernement , de fociété , la perfection des Arts , les
grands Hommes en tout genre .... Quelle mul
titude étonnante de faits , de victoires , de vertus
n'aura-t'il pas à raconter ? Heureux s'il pouvoit
paffer fous filence l'entrevue du pont de Monte
r14 MERCURE DE FRANCE.
reau , les duels , le traité de Madrid , la paix de
Cambrai , la Ligue , la S. Barthelemi , la Fronde ,
&c. & c.
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Résumé : AUTRE.
En décembre dernier, M. Philippe a lancé un cours d'histoire en deux parties. La première partie, terminée en septembre, a traité des premiers peuples et de la décadence des empires babylonien, perse, grec et romain. M. Philippe a insisté sur la nécessité d'un guide pour structurer l'apprentissage historique, les lectures seules étant souvent confuses et inefficaces. La seconde partie débutera le 19 novembre à 10 heures chez M. Philippe, rue de la Harpe. Elle se concentrera sur l'histoire moderne, couvrant les invasions des Barbares, la religion de Mahomet, le démembrement de l'Empire Romain et l'histoire des peuples existants, avec un accent sur le Royaume de France. Le cours abordera les mœurs, les usages anciens, les aspects religieux, gouvernementaux et sociaux, ainsi que les arts et les grands hommes. M. Philippe évitera les sujets controversés tels que l'entrevue du pont de Montereau, les duels, le traité de Madrid, la paix de Cambrai, la Ligue, la Saint-Barthélemy et la Fronde.
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10923
p. 214
Fautes à corriger dans ce Volume.
Début :
Page 78, lig. 21, Barbade, lis. Barbonde. P. 83, l. 3, [...]
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texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Volume.
Fautes à corriger dans ce Volume.
PAGE 78 , lig. 21 , Barbade, lif. Barboude. P. 83 ,
l. 3 , Wallet , lif. Waller . P. 117 , après ce paffage
de la lettre de M. Rouffeau » S'il n'y avoit ni
fripons , ni flatteurs , dit M. Rouffeau , le Mifan
thrope aimeroit tout le monde ( lifez fans guille
mets ) mais s'il n'y avoit pas des gens de bien , des
gens finceres , il n'auroit plus aucun fujet de haïr
ni les flatteurs , ni les fripons. P. 118 , lig. 14 ,
qu'il avance ( lifez ) qu'il avoue.
PAGE 78 , lig. 21 , Barbade, lif. Barboude. P. 83 ,
l. 3 , Wallet , lif. Waller . P. 117 , après ce paffage
de la lettre de M. Rouffeau » S'il n'y avoit ni
fripons , ni flatteurs , dit M. Rouffeau , le Mifan
thrope aimeroit tout le monde ( lifez fans guille
mets ) mais s'il n'y avoit pas des gens de bien , des
gens finceres , il n'auroit plus aucun fujet de haïr
ni les flatteurs , ni les fripons. P. 118 , lig. 14 ,
qu'il avance ( lifez ) qu'il avoue.
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10924
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Ode, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
ODE,
Vers à l'Ingénuité ,
page 5
7
Imitation de la quatrieme Ode du premier Livre
d'Horace ,
Fable. Le Goujon & la Carpe ,
Laufus & Lydie , Hiftoire ancienne ,
9
JI
12
Vers à M. de Monzal , au fujet de fon Epître fur
l'Age d'Or , 28
215
M. de Ch *** , fils , à M. le Comte *** , fon pere ,
dont le Régiment a chargé cinq fois dans la
bataille de Lutzelberg ,
A M. de C... le jour de fa Naiffance ,
Difcours fur la Fable .
Adieux d'une Maîtreffe à fon Amant ,
ibid.
29
31
37
Conte fur une aventure arrivée le mois de Mai
dernier à Mlle de *** , & c .
45
38
Vers d'un Officier Suiffe , à deux jeunes Epoux , le
jour de leurs nôces ,
Réponse de M. de ... premier Préfident du Parlement
de ... à un Difcours fur l'ambition prononcé
dans le même Parlement , par M. de ...
46
Vers fur la Naiffance de M. de Boullongne , 48
Autre à M. de Boullongne , petit- fils ,
Réflexions & penfees diverſes ,
5.0
51
Lettre
de M. de Bordes
, de l'Académie
des Sciences
& Belles
- Lettres
de Lyon
, à Madame
du
Bocage
,
Remerciement
de Madame
du Bocage
à l'Acadé
mie de Lyon
,
Vers du même Académicien à la même ,
54
56
58
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure de Novembre ,
Enigme ,
59
ibid.
Lettre à l'Auteur du Mercure fur les Logogryphes,
& Logogryphe ,
Chanfon ,
6063
64
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES .
Suite des Principes difcutés pour faciliter l'intelligence
des Livres prophétiques , &c. 65
Suite de l'extrait de l'Hiftoire & Commerce des
Antilles Angloifes ,
Extrait de l'Hiftoire d'Hercule le Thébain ,
71
185
Eloge Hiftorique du R. P. Laurent , & Epitaphe du
même ,
6092
216
Suite de l'extrait de la Lettre de M. Rouffeau , de
14.0
142
Geneve , à M. d'Alembert fur les Spectacles , ib.
Extrait de l'Ouvrage intitulé , Ruines , &c. 130
Epître à M. de la Tour- d'Auvergne , & c .
Poëme fur la bataille de Lutzelberg , & c .
Autres indications de Livres nouveaux , 143 &ſuiv.
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Médecine. Lettre à l'Auteur du Mercure , 149
Mathématiques. Avis de M. de la Chapelle , &c.
concernant fes juftifications géométriques , 153
Extrait d'une Lettre des Auteurs du Journal Ency
clopédique , à l'Auteur du Mercure ,
ART. IV. BEAUX- ARTS.
Gravure 7
Mufique ,
Architecture Chaire de S. Roch ,
156
157
158
159
1.62
Horlogerie Pendule de Cabinet , qui fonne l'heure
& les quarts ,
Réponse de l'Auteur du Mercure à quelques obfervations
qui lui ont été faites ,
Pharmacie. Extrait d'une Lettre circulaire écrite
par M. de Cremille à MM. les Intendans , en
leur envoyant des bougies antivénériennes, & c.
153
166
Chirurgie. Lettre à l'Auteur du Mercure , 169
Maréchalerie. Lettre à l'Auteur du Mercure , 177,
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
Comédie Françoife ,
Comédie Italienne ,
Opera Comique ,
ARTICLE VI.
Nouvelles Etrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c ,
183
188
190
192
193
202
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
ODE,
Vers à l'Ingénuité ,
page 5
7
Imitation de la quatrieme Ode du premier Livre
d'Horace ,
Fable. Le Goujon & la Carpe ,
Laufus & Lydie , Hiftoire ancienne ,
9
JI
12
Vers à M. de Monzal , au fujet de fon Epître fur
l'Age d'Or , 28
215
M. de Ch *** , fils , à M. le Comte *** , fon pere ,
dont le Régiment a chargé cinq fois dans la
bataille de Lutzelberg ,
A M. de C... le jour de fa Naiffance ,
Difcours fur la Fable .
Adieux d'une Maîtreffe à fon Amant ,
ibid.
29
31
37
Conte fur une aventure arrivée le mois de Mai
dernier à Mlle de *** , & c .
45
38
Vers d'un Officier Suiffe , à deux jeunes Epoux , le
jour de leurs nôces ,
Réponse de M. de ... premier Préfident du Parlement
de ... à un Difcours fur l'ambition prononcé
dans le même Parlement , par M. de ...
46
Vers fur la Naiffance de M. de Boullongne , 48
Autre à M. de Boullongne , petit- fils ,
Réflexions & penfees diverſes ,
5.0
51
Lettre
de M. de Bordes
, de l'Académie
des Sciences
& Belles
- Lettres
de Lyon
, à Madame
du
Bocage
,
Remerciement
de Madame
du Bocage
à l'Acadé
mie de Lyon
,
Vers du même Académicien à la même ,
54
56
58
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure de Novembre ,
Enigme ,
59
ibid.
Lettre à l'Auteur du Mercure fur les Logogryphes,
& Logogryphe ,
Chanfon ,
6063
64
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES .
Suite des Principes difcutés pour faciliter l'intelligence
des Livres prophétiques , &c. 65
Suite de l'extrait de l'Hiftoire & Commerce des
Antilles Angloifes ,
Extrait de l'Hiftoire d'Hercule le Thébain ,
71
185
Eloge Hiftorique du R. P. Laurent , & Epitaphe du
même ,
6092
216
Suite de l'extrait de la Lettre de M. Rouffeau , de
14.0
142
Geneve , à M. d'Alembert fur les Spectacles , ib.
Extrait de l'Ouvrage intitulé , Ruines , &c. 130
Epître à M. de la Tour- d'Auvergne , & c .
Poëme fur la bataille de Lutzelberg , & c .
Autres indications de Livres nouveaux , 143 &ſuiv.
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Médecine. Lettre à l'Auteur du Mercure , 149
Mathématiques. Avis de M. de la Chapelle , &c.
concernant fes juftifications géométriques , 153
Extrait d'une Lettre des Auteurs du Journal Ency
clopédique , à l'Auteur du Mercure ,
ART. IV. BEAUX- ARTS.
Gravure 7
Mufique ,
Architecture Chaire de S. Roch ,
156
157
158
159
1.62
Horlogerie Pendule de Cabinet , qui fonne l'heure
& les quarts ,
Réponse de l'Auteur du Mercure à quelques obfervations
qui lui ont été faites ,
Pharmacie. Extrait d'une Lettre circulaire écrite
par M. de Cremille à MM. les Intendans , en
leur envoyant des bougies antivénériennes, & c.
153
166
Chirurgie. Lettre à l'Auteur du Mercure , 169
Maréchalerie. Lettre à l'Auteur du Mercure , 177,
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
Comédie Françoife ,
Comédie Italienne ,
Opera Comique ,
ARTICLE VI.
Nouvelles Etrangeres ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c ,
183
188
190
192
193
202
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections principales. La première section énumère diverses pièces fugitives en vers et en prose, telles que des odes, des fables, des lettres, des discours, des contes et des réflexions. Parmi les œuvres notables, on trouve 'Vers à l'Ingénuité', une imitation d'Horace, et des vers dédiés à des personnalités comme M. de Monzal et M. de Boullongne. La deuxième section traite des nouvelles littéraires, incluant des suites d'extraits historiques et des élégies, comme l'éloge du R. P. Laurent. La troisième section aborde les sciences et les belles-lettres, avec des lettres sur la médecine et les mathématiques. La quatrième section se concentre sur les beaux-arts, couvrant des domaines comme la gravure, la musique, l'architecture, l'horlogerie, la pharmacie, la chirurgie et la maréchalerie. La cinquième section mentionne les spectacles, tels que l'opéra, la comédie française et italienne, et l'opéra comique. Enfin, la sixième section conclut avec les nouvelles étrangères et les nouvelles de la cour et de Paris.
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10925
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 64. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 64. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 64. [...] »
La Chanfon notée doit regarder la page 64.
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10926
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jambers
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10927
p. 73
ENIGME.
Début :
Je ne suis point Iris, je ne suis point l'Aurore, [...]
Mots clefs :
Navet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E ne fuis point Iris , je ne fais point l'Aurore ,
Et j'étale ſouvent les plus vives couleurs .
Je ne fuis Zéphire , ni Flore ,
Etjé fais ſur mes pas éclore mille fleurs ;
Moins riche moins brillante on me voit au Village
Rendre à l'humble Pafteur fes utiles préfents ;
Mais je ne puis fufire à mes dons bienfaiſans ,
Et je me ruine en voyage.
Enfin pour des fils étrangers ,
J'abandonne le feul que dans mon fein je porte.
Mais il trame avec eux une ligue fi forte ,
Qu'après l'avoir conduit à travers les dangers ,
Il me chaffe d'entr'eux , & qu'il faut que je forte
Da lieu même embelli par mes foins pallagers.
E ne fuis point Iris , je ne fais point l'Aurore ,
Et j'étale ſouvent les plus vives couleurs .
Je ne fuis Zéphire , ni Flore ,
Etjé fais ſur mes pas éclore mille fleurs ;
Moins riche moins brillante on me voit au Village
Rendre à l'humble Pafteur fes utiles préfents ;
Mais je ne puis fufire à mes dons bienfaiſans ,
Et je me ruine en voyage.
Enfin pour des fils étrangers ,
J'abandonne le feul que dans mon fein je porte.
Mais il trame avec eux une ligue fi forte ,
Qu'après l'avoir conduit à travers les dangers ,
Il me chaffe d'entr'eux , & qu'il faut que je forte
Da lieu même embelli par mes foins pallagers.
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10928
p. 74
LOGOGRYPHE.
Début :
Rien n'est plus vieux, rien n'est si beau que moi. [...]
Mots clefs :
Ange
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Rienn'eft plus vieux, rien n'eſt ſi beau que moi.
Des lettres de mon nom efface la troifiéme ;
Vieux ou jeune , je fuis d'une laideur extrême .
Retranche la feconde ; à chaque inftant , chez toi,
J'augmente en dépit de toi-même.
Ton embarras me fait pitié .
Tu ne m'as jamais vu , tu ne peux me connoîtres
Mais reconnois au moins ma premiere moitié :
Tu l'as vû mourir & renaître ,
Rienn'eft plus vieux, rien n'eſt ſi beau que moi.
Des lettres de mon nom efface la troifiéme ;
Vieux ou jeune , je fuis d'une laideur extrême .
Retranche la feconde ; à chaque inftant , chez toi,
J'augmente en dépit de toi-même.
Ton embarras me fait pitié .
Tu ne m'as jamais vu , tu ne peux me connoîtres
Mais reconnois au moins ma premiere moitié :
Tu l'as vû mourir & renaître ,
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10929
p. 194
DE CONSTANTINOPLE, le 2. Novembre.
Début :
On est toujours fort occupé à la Porte, de la Guerre contre les [...]
Mots clefs :
Arabes, Rébellion, Troupes, Intervention
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE CONSTANTINOPLE, le 2. Novembre.
DE CONSTANTINOPLE , le 2. Novembre.
ON eft toujours fort occupé à la Porte , de
la Guerre contre les Arabes rebelles . Les Troupes
qu'on a mifes en mouvement contre eux ,
ont déja remporté divers avantages ; & on leur
envoye de nouveaux renforts , pour les mettre
en état d'éteindre plutôr ce feu de rebellion .
ON eft toujours fort occupé à la Porte , de
la Guerre contre les Arabes rebelles . Les Troupes
qu'on a mifes en mouvement contre eux ,
ont déja remporté divers avantages ; & on leur
envoye de nouveaux renforts , pour les mettre
en état d'éteindre plutôr ce feu de rebellion .
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10930
p. 194-195
Du Quartier Général de l'Armée Impériale, le 8. Novembre 1758.
Début :
Le 28. du mois dernier, le Comte de Wied, Lieutenant Général, fut détaché avec [...]
Mots clefs :
Comte de Wied, Bataillons, Régiments de cavalerie, Armée prussienne, Général Laudon, Infanterie, Maréchal Daun, Ennemis, Mouvements des troupes
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texteReconnaissance textuelle : Du Quartier Général de l'Armée Impériale, le 8. Novembre 1758.
Du Quartier Général de l'Armée Impériale , le 8.
Novembre 1758.
Le 28. du mois dernier , le Comte de Wied ,
Lieutenant Général , fut détaché avec neuf Bataillons
, dix Compagnies de Grenadiers, & quatre
Régiments de Cavalerie ; & il eut ordre de fe
porter vers Neifs en Siléfie. Les Pruffiens campés
à Gorlitz , reftérent ce jour-là dans l'inaction . Le
Général Laudon s'étoit établi à Libſtein , pour
obferver ce qui fe paffoit fur leurs flancs & fur
leurs derrieres.
La nuit fuivante , toute l'Armée Pruſſienne leva
fon Camp à petit bruit , laillant derriere elle
une forte arriere- garde , qui la fuivit dès que
le jour parut. Le Général Laudon , inftruit de
cette manoeuvre , attaqua , fans héliter cette
JANVIER. 1759. 195
arriere - garde , & la fit pourfuivre fans relâche
par fes Croates. Le fieur de Vella , qui avoit eu
ordre de fe tenir prêt à la combattre , la prit
en flanc avec une Compagnie de Grenadiers &
1000 hommes d'Infanterie. On fit fur elle un
feu continuel d'Artillerie & de Moufqueterie ; &
cette marche lui a couté plus de 300 hommes
tués ou blefiés .
L'objet du Maréchal Daun étoit de perfuader
aux Pruffiens , que toute notre Armée devoit les
fuivre pied à pied . Afin de les faire mieux donner
dans le piége , ce Général donna ordre le 30.
qu'on détendît une partie du Camp, que la droite
fe rapprochât de la gauche , & que la Réferve
le tînt prête à paffer la Neifs. L'Armée du Roi
de Pruffe campa ce jour-là près de Lauban ; le
lendemain notre Réferve pafla la Neifs , après
avoir fait occuper Gorlitz , par le corps des Chaffeurs
& des Pionniers.
Le premier de ce mois , les Ennemis refterent
à Lauban , fans faire de mouvement . Ils fe contefterent
de faire tranſporter au - delà de la Queifs
leurs gros bagages & leur Artillerie de réferve ,
fous l'escorte d'un corps de huit mille hommes.
Le 4. l'Armée décampa avant le jour , & fe
mit en marche fur deux colonnes pour revenir
à Bautzen .
Le s. nous paffames la Sprée , près de Bautzen
, & nous nous portames avec diligence fur
Harte , où l'Armée campa. Nous fumes avertis
ce même jour , que le Roi de Pruffe , après avoir
conduit fon Armée à Schweidnitz , avoit fait un
mouvement en avant , avec un Détachement de
Cavalerie.
Le 6. nous marchâmes par Helmsdorff fur
Diesersbach , & nous fçumes qu'on ignoroit à
Drefde nos mouvements.
Novembre 1758.
Le 28. du mois dernier , le Comte de Wied ,
Lieutenant Général , fut détaché avec neuf Bataillons
, dix Compagnies de Grenadiers, & quatre
Régiments de Cavalerie ; & il eut ordre de fe
porter vers Neifs en Siléfie. Les Pruffiens campés
à Gorlitz , reftérent ce jour-là dans l'inaction . Le
Général Laudon s'étoit établi à Libſtein , pour
obferver ce qui fe paffoit fur leurs flancs & fur
leurs derrieres.
La nuit fuivante , toute l'Armée Pruſſienne leva
fon Camp à petit bruit , laillant derriere elle
une forte arriere- garde , qui la fuivit dès que
le jour parut. Le Général Laudon , inftruit de
cette manoeuvre , attaqua , fans héliter cette
JANVIER. 1759. 195
arriere - garde , & la fit pourfuivre fans relâche
par fes Croates. Le fieur de Vella , qui avoit eu
ordre de fe tenir prêt à la combattre , la prit
en flanc avec une Compagnie de Grenadiers &
1000 hommes d'Infanterie. On fit fur elle un
feu continuel d'Artillerie & de Moufqueterie ; &
cette marche lui a couté plus de 300 hommes
tués ou blefiés .
L'objet du Maréchal Daun étoit de perfuader
aux Pruffiens , que toute notre Armée devoit les
fuivre pied à pied . Afin de les faire mieux donner
dans le piége , ce Général donna ordre le 30.
qu'on détendît une partie du Camp, que la droite
fe rapprochât de la gauche , & que la Réferve
le tînt prête à paffer la Neifs. L'Armée du Roi
de Pruffe campa ce jour-là près de Lauban ; le
lendemain notre Réferve pafla la Neifs , après
avoir fait occuper Gorlitz , par le corps des Chaffeurs
& des Pionniers.
Le premier de ce mois , les Ennemis refterent
à Lauban , fans faire de mouvement . Ils fe contefterent
de faire tranſporter au - delà de la Queifs
leurs gros bagages & leur Artillerie de réferve ,
fous l'escorte d'un corps de huit mille hommes.
Le 4. l'Armée décampa avant le jour , & fe
mit en marche fur deux colonnes pour revenir
à Bautzen .
Le s. nous paffames la Sprée , près de Bautzen
, & nous nous portames avec diligence fur
Harte , où l'Armée campa. Nous fumes avertis
ce même jour , que le Roi de Pruffe , après avoir
conduit fon Armée à Schweidnitz , avoit fait un
mouvement en avant , avec un Détachement de
Cavalerie.
Le 6. nous marchâmes par Helmsdorff fur
Diesersbach , & nous fçumes qu'on ignoroit à
Drefde nos mouvements.
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Résumé : Du Quartier Général de l'Armée Impériale, le 8. Novembre 1758.
Le 28 octobre 1758, le Comte de Wied, Lieutenant Général, fut envoyé vers Neifs en Silésie avec des troupes. Les Prussiens, campés à Gorlitz, restèrent inactifs. Le Général Laudon surveilla les mouvements ennemis et attaqua l'arrière-garde prussienne, causant plus de 300 pertes. Le Maréchal Daun chercha à convaincre les Prussiens que toute l'armée les suivait. Le 30 octobre, il ordonna des mouvements stratégiques. L'armée prussienne se déplaça vers Lauban, puis vers Bautzen en deux colonnes le 4 novembre. Les forces alliées passèrent la Sprée près de Bautzen et se dirigèrent vers Harte. Elles apprirent que le Roi de Prusse avait avancé avec un détachement de cavalerie. Le 6 novembre, elles marchèrent vers Diesersbach, ignorant les mouvements ennemis à Dresde.
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10931
p. 196-197
Du 12. Novembre.
Début :
Le 8 de ce mois, le Roi de Prusse après avoir renforcé la Garnison de [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Armée, Général Laudon, Maréchal Daun, Dresde, Mouvements des troupes, Camp
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texteReconnaissance textuelle : Du 12. Novembre.
Du ii. Novembre.
Le s de ce mois , le Roi de Pruffe après avoir
renforcé la Garnifon de Schweidnits , fe porta à
Neils avec toute fon Armée , & le Prince Henri
marcha à Lamdshut avec le Corps qu'il comman
de. Le Général Laudon le fuivit pour obferver
fes mouvements.
>
2
Le même jour , le Maréchal Daun alla reconnoître
les environs de Brefde , & la poſition des Ennemis
campés entre Zollinen & Peter wistz . Le 9
toute notre Armée s'ébranla , & arriva à quatre
heures du foir à la vue de Drefde. Dans ce mo¬
ment , le Grand Jardin nommé Thiers - Gaften
étoit encore occupé par quelques Bataillons Pruffiens.
Le Général d'Anger eut ordre de les chaffer
de ce Pofte ; & il l'exécuta à la faveur d'un feu
très-vif d'Infanterie , qui caufà aux Ennemis une
perte confidérable. Ils fe retirerent précipitam →
ment dans la Ville de Drefde.
Le Général d'Itzemplitz qui campoit à Keffeldorff
, jugea alors que fon Armée couroit rifque
d'être enveloppée , d'un côté par le Prince de
Deux-Ponts, qui avoit fait pour cela toutes fes difpofitions
; & de l'autre part par le Maréchal Daun ,
La nuit fuivante il jetta promptement deux Ponts
fur ce fleuve ; & dès le lendemain matin , fon Ar
mée fe trouva campée fur l'autre rive, la gauche à
Neudorffel , & la droite à Drefde.
Après la retraite de l'Armée Pruffienne , le
Prince de Deux-Ponts réfolut de marcher en
avant ; & le 11 , il fit pour cela toutes les difpo
fitions néceffaires. Le Corps des Grenadiers fe
porta de Freyberg à Nollen, & la Réſerve s'avança
fur Waldheim. Le 12 , toute l'Armée fe mit en
mouvement , & vint camper à Noffen ; les Grenadiers
fe porterent à Waldheim , & la réſerve à
Grima . Le Général Rud pofté à Meiffen , enleva
JANVIER. 1759. 197
önze Bateaux chargés de farine & de fourrages ,
qui alloient de Targan à Drefde. On eut ce jourlà
des nouvelles du Général Haddict. Il avoit
campé la veille à Cullenbourg , & devoit arriver
avant la fin de la journée à Targan , pour l'invef
tir fur le champ. En conféquence , la Réferve
s'eſt miſe en marche pour l'aller renforcer , & lé
Baron de Kleefeld ,ya auffi le joindre avec fon
Détachement. L'Armée a ordre de fe tenir prête
à marcher.
Le s de ce mois , le Roi de Pruffe après avoir
renforcé la Garnifon de Schweidnits , fe porta à
Neils avec toute fon Armée , & le Prince Henri
marcha à Lamdshut avec le Corps qu'il comman
de. Le Général Laudon le fuivit pour obferver
fes mouvements.
>
2
Le même jour , le Maréchal Daun alla reconnoître
les environs de Brefde , & la poſition des Ennemis
campés entre Zollinen & Peter wistz . Le 9
toute notre Armée s'ébranla , & arriva à quatre
heures du foir à la vue de Drefde. Dans ce mo¬
ment , le Grand Jardin nommé Thiers - Gaften
étoit encore occupé par quelques Bataillons Pruffiens.
Le Général d'Anger eut ordre de les chaffer
de ce Pofte ; & il l'exécuta à la faveur d'un feu
très-vif d'Infanterie , qui caufà aux Ennemis une
perte confidérable. Ils fe retirerent précipitam →
ment dans la Ville de Drefde.
Le Général d'Itzemplitz qui campoit à Keffeldorff
, jugea alors que fon Armée couroit rifque
d'être enveloppée , d'un côté par le Prince de
Deux-Ponts, qui avoit fait pour cela toutes fes difpofitions
; & de l'autre part par le Maréchal Daun ,
La nuit fuivante il jetta promptement deux Ponts
fur ce fleuve ; & dès le lendemain matin , fon Ar
mée fe trouva campée fur l'autre rive, la gauche à
Neudorffel , & la droite à Drefde.
Après la retraite de l'Armée Pruffienne , le
Prince de Deux-Ponts réfolut de marcher en
avant ; & le 11 , il fit pour cela toutes les difpo
fitions néceffaires. Le Corps des Grenadiers fe
porta de Freyberg à Nollen, & la Réſerve s'avança
fur Waldheim. Le 12 , toute l'Armée fe mit en
mouvement , & vint camper à Noffen ; les Grenadiers
fe porterent à Waldheim , & la réſerve à
Grima . Le Général Rud pofté à Meiffen , enleva
JANVIER. 1759. 197
önze Bateaux chargés de farine & de fourrages ,
qui alloient de Targan à Drefde. On eut ce jourlà
des nouvelles du Général Haddict. Il avoit
campé la veille à Cullenbourg , & devoit arriver
avant la fin de la journée à Targan , pour l'invef
tir fur le champ. En conféquence , la Réferve
s'eſt miſe en marche pour l'aller renforcer , & lé
Baron de Kleefeld ,ya auffi le joindre avec fon
Détachement. L'Armée a ordre de fe tenir prête
à marcher.
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Résumé : Du 12. Novembre.
Le 2 novembre, le roi de Prusse renforça la garnison de Schweidnitz et se dirigea vers Neils avec son armée, tandis que le prince Henri marcha vers Lamdshut. Le général Laudon observa leurs mouvements. Le même jour, le maréchal Daun reconnut les environs de Dresde et la position des ennemis entre Zolliken et Peterwitz. Le 9 novembre, l'armée autrichienne arriva à la vue de Dresde. Le général d'Anger chassa les bataillons prussiens du Grand Jardin, causant des pertes considérables. Le général d'Itzemplitz, craignant d'être enveloppé, déplaça son armée sur l'autre rive d'un fleuve, campant à Neudorffel et Drefde. Le 11 novembre, les grenadiers se déplacèrent de Freyberg à Nollen, et la réserve avança vers Waldheim. Le 12 novembre, l'armée campa à Noffen, les grenadiers à Waldheim, et la réserve à Grima. Le général Rud captura onze bateaux chargés de farine et de fourrages à Meissen. La réserve se mit en marche pour renforcer le général Haddict, campé à Cullenbourg. L'armée reçut l'ordre de se tenir prête à marcher.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10932
p. 197-199
Du 18.
Début :
Le 13, l'Armée se mit en mouvement, pour se porter de Nossen à Waldheim ; [...]
Mots clefs :
Mouvements des troupes, Général, Commandement, Défense, Armée prussienne, Ennemis, Prince, Camp, Soldats, Blessés et morts, Combats, Quartier d'hiver
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texteReconnaissance textuelle : Du 18.
Du 18.
Le 13 , l'Armée fe mit en mouvement , pour fe
porter de Noffen à Waldheim ; elle y fejourna
le 14. Dans le même tems , le Général Lufinski
marcha avec les Huffards qu'il commande , de
Rublitz à Grima . Le fieur Weczey s'avança fur
Lanfig , & le Général de Ried vint occuper Hoff ,
après avoir laiffé Garniſon dans Mellen. Le Corps
des Grenadiers foutenu de trois Régimens de Cavalerie
aux ordres du Baron de Brettach, vint camper
a Naunhoff , & on envoya un Détachement
pour conferver le Pofte de Borne.
Le même jour , le Prince de Deux- Ponts fat in
formé par le Général Haddick , qu'étant arrivé
la veille auprès de Torgan , il avoit trouvé l'Avant-
garde des Troupes Pruffiennes , détachée de
l'Armée du Comte de Bohna , déja formée devant
cette Ville & qu'on lui avoit donné avis dans le
même moment , que cette Avant-garde alloit
être jointe partout le Corps détaché , qui paffoit
déja l'Elbe , que dans le deffein de profiter du
court intervalle qui reftoit , avant que cette jonction
fût effectuée , il avoit commandé à fes Huffards
& à fes Croates de charger cette Avant- garde ,
qui avoit été renversée & pourfuivie jufques fous
le canon de Torgan.
Pendant ce tems-la, toutile Corps ennemi entroit
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
dans Torgan . Alors le Général Haddick ſe voyant
dans l'impoffibilité de réuflir dans l'attaque de
cette Place , défendue par des forces fi fupérieures ,
fe replia fur Eulembourg , & alla camper fur le
Moldaw , dont il fit occuper les bords par divers
détachemens , qui eurent ordre d'obſerver exac
tement les mouvemens des Pruffiens , & de leur
difputer le paffage de cette riviere. Le Prince de
Lichtenftein fut commandé prefqu'auffitôt pour
fe porter fur Leipfick, avec un Corps de 800 hommes
de Cavalerie Allemande , & de 300 Huffards
& de 400 Croates.
Le 15 , l'Armée fe remit en marche pour aller
camper à Colditz. On apprit ce jour- là que le
Corps ennemi qui occupoit Torgan , venoit de
faire un mouvement en avant , dans l'intention
de dépofter le Général Haddick des environs
d'Eulembourg. Comme il n'étoit plus poffible de
rien entreprendre fur Leipfick , parce que les Pruffiens
réunis , étoient en état de foutenir & de renforcer
la Garniſon de cette Ville . Le Prince de
Deux- Ponts envoya ordre au Général Haddick ,
ďarrêter , le plus qu'il pourroit , les Ennemis au
paffage de la Moldaw , & de prendre fon tems
pour faire la retraite.
Les Ennemis marchoient en effet pour attaquer
le Pont d'Eulembourg. Le Prince de Stolberg ,
qui étoit chargé de le défendre avec le Régiment
de Giulai & les Troupes de Cologne , leur oppofa
une réfiftance vigoureuſe , & fit plier deux ou trois
Régimens qui le chargeoient . Cependant toute la
Cavalerie des Pruffiens & tous leurs Huffards paffoient
la riviere au gué. Le Général Haddick, inférieur
de beaucoup aux Ennemis , voyant cette
manoeuvre , exécuta fa Retraite en bon ordre.
Il fut pourſuivi par toute leur Cavalerie . Mais
ces mêmes Troupes qui avoient montré tant de
JANVIER. 1759. 199
valeur auPont d'Eulembourg , couvrirent ſon Arriere
Garde , & en impoferent aux Pruffiens , par
leur contenance affurée ; de forte que la Retraite
fe fit tranquillement jufqu'à Grima , où le Général
Haddick fut joint par les Généraux de Ried &
Luzinski.
Le 16 , l'Armée continua fa marche de Colditz
à Widnau. Le 17 , elle vint camper à Kemnitz.
Le Corps des Grenadiers & la Cavalerie aux ordres
du Baron de Brettach , fe porta de Borna à Bonig .
Le Général Haddick retira le Détachement que
le Prince Lichtenſtein commandoit du côté de
Leipfick ; il vint camper à Colditz , & il donna
ordre au fieur Weczey , d'aller occuper Noffen
avec fa divifion .
Nous avons fçu que nos Troupes n'avoient perdu
à l'affaire d'Eulembourg , que 230 hommes ,
tués , bleffés ou Prifonniers. La perte des Pruffiens
a été beaucoup plus confidérable , furtout à l'attaque
du Pont , où notre Artillerie a fait fur eux
un feu vif & foutenu . Depuis ce combat , les Pruf
fiens ont marché à Leipfick avec toutes leurs forces.
Du 22 .
Le 19 , le Prince de Deux-Ponts déclara la réfo
lution où il étoit de prendre desQuartiers d'Hyver,
à caufe que la rigueur de la faifon ne permettoit
plus de laiffer le Soldat fous la toile . En conféquence
, l'Armée ſe remit en marche le 20 , & arriva
ce jour-là à Langwitz. Le lendemain , elle
fe
porta à Zwickau , où le Quartier Général fur
établi. Le Corps aux ordres du Général Haddick ,
refta à Bonig , & le Détachement aux ordres du
feur Weczey , marcha à Chemnitz .
Le 13 , l'Armée fe mit en mouvement , pour fe
porter de Noffen à Waldheim ; elle y fejourna
le 14. Dans le même tems , le Général Lufinski
marcha avec les Huffards qu'il commande , de
Rublitz à Grima . Le fieur Weczey s'avança fur
Lanfig , & le Général de Ried vint occuper Hoff ,
après avoir laiffé Garniſon dans Mellen. Le Corps
des Grenadiers foutenu de trois Régimens de Cavalerie
aux ordres du Baron de Brettach, vint camper
a Naunhoff , & on envoya un Détachement
pour conferver le Pofte de Borne.
Le même jour , le Prince de Deux- Ponts fat in
formé par le Général Haddick , qu'étant arrivé
la veille auprès de Torgan , il avoit trouvé l'Avant-
garde des Troupes Pruffiennes , détachée de
l'Armée du Comte de Bohna , déja formée devant
cette Ville & qu'on lui avoit donné avis dans le
même moment , que cette Avant-garde alloit
être jointe partout le Corps détaché , qui paffoit
déja l'Elbe , que dans le deffein de profiter du
court intervalle qui reftoit , avant que cette jonction
fût effectuée , il avoit commandé à fes Huffards
& à fes Croates de charger cette Avant- garde ,
qui avoit été renversée & pourfuivie jufques fous
le canon de Torgan.
Pendant ce tems-la, toutile Corps ennemi entroit
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
dans Torgan . Alors le Général Haddick ſe voyant
dans l'impoffibilité de réuflir dans l'attaque de
cette Place , défendue par des forces fi fupérieures ,
fe replia fur Eulembourg , & alla camper fur le
Moldaw , dont il fit occuper les bords par divers
détachemens , qui eurent ordre d'obſerver exac
tement les mouvemens des Pruffiens , & de leur
difputer le paffage de cette riviere. Le Prince de
Lichtenftein fut commandé prefqu'auffitôt pour
fe porter fur Leipfick, avec un Corps de 800 hommes
de Cavalerie Allemande , & de 300 Huffards
& de 400 Croates.
Le 15 , l'Armée fe remit en marche pour aller
camper à Colditz. On apprit ce jour- là que le
Corps ennemi qui occupoit Torgan , venoit de
faire un mouvement en avant , dans l'intention
de dépofter le Général Haddick des environs
d'Eulembourg. Comme il n'étoit plus poffible de
rien entreprendre fur Leipfick , parce que les Pruffiens
réunis , étoient en état de foutenir & de renforcer
la Garniſon de cette Ville . Le Prince de
Deux- Ponts envoya ordre au Général Haddick ,
ďarrêter , le plus qu'il pourroit , les Ennemis au
paffage de la Moldaw , & de prendre fon tems
pour faire la retraite.
Les Ennemis marchoient en effet pour attaquer
le Pont d'Eulembourg. Le Prince de Stolberg ,
qui étoit chargé de le défendre avec le Régiment
de Giulai & les Troupes de Cologne , leur oppofa
une réfiftance vigoureuſe , & fit plier deux ou trois
Régimens qui le chargeoient . Cependant toute la
Cavalerie des Pruffiens & tous leurs Huffards paffoient
la riviere au gué. Le Général Haddick, inférieur
de beaucoup aux Ennemis , voyant cette
manoeuvre , exécuta fa Retraite en bon ordre.
Il fut pourſuivi par toute leur Cavalerie . Mais
ces mêmes Troupes qui avoient montré tant de
JANVIER. 1759. 199
valeur auPont d'Eulembourg , couvrirent ſon Arriere
Garde , & en impoferent aux Pruffiens , par
leur contenance affurée ; de forte que la Retraite
fe fit tranquillement jufqu'à Grima , où le Général
Haddick fut joint par les Généraux de Ried &
Luzinski.
Le 16 , l'Armée continua fa marche de Colditz
à Widnau. Le 17 , elle vint camper à Kemnitz.
Le Corps des Grenadiers & la Cavalerie aux ordres
du Baron de Brettach , fe porta de Borna à Bonig .
Le Général Haddick retira le Détachement que
le Prince Lichtenſtein commandoit du côté de
Leipfick ; il vint camper à Colditz , & il donna
ordre au fieur Weczey , d'aller occuper Noffen
avec fa divifion .
Nous avons fçu que nos Troupes n'avoient perdu
à l'affaire d'Eulembourg , que 230 hommes ,
tués , bleffés ou Prifonniers. La perte des Pruffiens
a été beaucoup plus confidérable , furtout à l'attaque
du Pont , où notre Artillerie a fait fur eux
un feu vif & foutenu . Depuis ce combat , les Pruf
fiens ont marché à Leipfick avec toutes leurs forces.
Du 22 .
Le 19 , le Prince de Deux-Ponts déclara la réfo
lution où il étoit de prendre desQuartiers d'Hyver,
à caufe que la rigueur de la faifon ne permettoit
plus de laiffer le Soldat fous la toile . En conféquence
, l'Armée ſe remit en marche le 20 , & arriva
ce jour-là à Langwitz. Le lendemain , elle
fe
porta à Zwickau , où le Quartier Général fur
établi. Le Corps aux ordres du Général Haddick ,
refta à Bonig , & le Détachement aux ordres du
feur Weczey , marcha à Chemnitz .
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Résumé : Du 18.
Entre le 13 et le 17 janvier 1759, les troupes menées par le prince de Deux-Ponts effectuèrent plusieurs déplacements stratégiques. Le 13 janvier, l'armée se déplaça de Noffen à Waldheim, tandis que divers généraux et leurs unités se positionnèrent à Grima, Lanfig, Hoff et Naunhoff. Le 14 janvier, l'armée resta à Waldheim. Le général Haddick informa le prince de Deux-Ponts que l'avant-garde prussienne était formée devant Torgan. Haddick ordonna une charge contre cette avant-garde, qui fut repoussée jusqu'au canon de Torgan, mais face à des forces supérieures, il se replia sur Eulembourg. Le 15 janvier, l'armée se remit en marche pour camper à Colditz. Les Prussiens tentèrent de déloger Haddick des environs d'Eulembourg, mais furent repoussés par le prince de Stolberg. Haddick effectua une retraite ordonnée et rejoignit les généraux de Ried et Luzinski à Grima. Le 16 janvier, l'armée continua vers Widnau et campa à Kemnitz le 17 janvier. Les grenadiers et la cavalerie se déplacèrent de Borna à Bonig, et Haddick retira un détachement près de Leipzig pour camper à Colditz, ordonnant à Weczey d'occuper Noffen. Lors du combat d'Eulembourg, les troupes perdirent 230 hommes, tandis que les pertes prussiennes furent plus importantes, notamment à l'attaque du pont. Après ce combat, les Prussiens marchèrent sur Leipzig. Le 19 janvier, en raison de la rigueur de la saison, le prince de Deux-Ponts décida de prendre des quartiers d'hiver. L'armée se remit en marche le 20 janvier, arrivant à Langwitz, puis à Zwickau le lendemain. Le corps de Haddick resta à Bonig, et le détachement de Weczey marcha sur Chemnitz.
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10933
p. 199-200
Du Camp de l'Armée Autrichienne sous Neifs, le 30. Octobre.
Début :
Nous commençâmes le 22. à construire une redoute avec une batterie de [...]
Mots clefs :
Canons, Artillerie, Citadelle, Ennemis, Opérations militaires, Bataillons, Général, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Camp de l'Armée Autrichienne sous Neifs, le 30. Octobre.
Du Camp de l'Armée Autrichienne fous Neifs ,
30. Octobre. le
Nous commençâmes le 22. à conſtruire une
redoute avec une batterie de 8 canons & de 4
Fiv
200 MERCURE DE FRANCE.
mortiers , vers le faubourg de Merengaſſen , auquel
les Affiégés ont mis le feu. Cet cuvrage fut
achevé le 26. & le même jour , le feu de notre
Artillerie ruina une écluſe qui retenoit les eaux
autour de la Place . L'ouverture de la tranchée
ſe fit le 28. à 200 toifes du fond de l'attaque ,
qui eft dirigée contre la Citadelle . Cette opération
fut conduite avec tant d'habileté que l'Ennemi
ne s'en appercut qu'à 7. heures du matin
le 29. nous effuyâmes fur notre droite , un grand
feu de canons , de mortiers & de pierriers. On
perfectionna les travaux de la Tranchée , & on
éleva une feconde batterie de 36 canons & de
20 mortiers.
Le Comte de Drafcowitz Lieutenant Général ,
& le fieur de Beckman , Major Général , étoient
à l'ouverture de la tranchée avec trois Bataillons
& fix Compagnies de Grenadiers , pour foutenir
les Travailleurs . Un Bataillon de Croates étoit
en avant de la trace de la paralléle , pour en
dérober la vue aux Affiégés. Deux redoutes fervent
d'épaulement à cette premiere paralléle. La
feconde ſera à quarante toifes du chemin couvert
, & nous n'en aurons que deux , pour abré-
⚫ger le travail .
Les huit Bataillons que nous envoye le Général
Daun , arriveront demain , ainfi que le
dernier Convoi d'Artillerie. Nous aurons alors
quatre - vingt canons & quarante mortiers en
batterie.
Le Comte de Harſch eft préſent à tout : il
anime l'ardeur du Soldat par fon activité ; & le
Marquis de Ville contribue beaucoup à accélérer
nos opérations , par la connoiffance parfaite
qu'il a du Pays.
30. Octobre. le
Nous commençâmes le 22. à conſtruire une
redoute avec une batterie de 8 canons & de 4
Fiv
200 MERCURE DE FRANCE.
mortiers , vers le faubourg de Merengaſſen , auquel
les Affiégés ont mis le feu. Cet cuvrage fut
achevé le 26. & le même jour , le feu de notre
Artillerie ruina une écluſe qui retenoit les eaux
autour de la Place . L'ouverture de la tranchée
ſe fit le 28. à 200 toifes du fond de l'attaque ,
qui eft dirigée contre la Citadelle . Cette opération
fut conduite avec tant d'habileté que l'Ennemi
ne s'en appercut qu'à 7. heures du matin
le 29. nous effuyâmes fur notre droite , un grand
feu de canons , de mortiers & de pierriers. On
perfectionna les travaux de la Tranchée , & on
éleva une feconde batterie de 36 canons & de
20 mortiers.
Le Comte de Drafcowitz Lieutenant Général ,
& le fieur de Beckman , Major Général , étoient
à l'ouverture de la tranchée avec trois Bataillons
& fix Compagnies de Grenadiers , pour foutenir
les Travailleurs . Un Bataillon de Croates étoit
en avant de la trace de la paralléle , pour en
dérober la vue aux Affiégés. Deux redoutes fervent
d'épaulement à cette premiere paralléle. La
feconde ſera à quarante toifes du chemin couvert
, & nous n'en aurons que deux , pour abré-
⚫ger le travail .
Les huit Bataillons que nous envoye le Général
Daun , arriveront demain , ainfi que le
dernier Convoi d'Artillerie. Nous aurons alors
quatre - vingt canons & quarante mortiers en
batterie.
Le Comte de Harſch eft préſent à tout : il
anime l'ardeur du Soldat par fon activité ; & le
Marquis de Ville contribue beaucoup à accélérer
nos opérations , par la connoiffance parfaite
qu'il a du Pays.
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Résumé : Du Camp de l'Armée Autrichienne sous Neifs, le 30. Octobre.
Le document relate les opérations militaires autrichiennes près de Neifs, débutées le 22 octobre. Les troupes autrichiennes ont construit une redoute équipée de huit canons et quatre mortiers près du faubourg de Merengassen, incendié par les assiégés. La redoute, achevée le 26 octobre, permit à l'artillerie autrichienne de détruire une écluse et de libérer les eaux autour de la place. Le 28 octobre, les Autrichiens ont ouvert une tranchée à 200 toises de la citadelle, surprenant l'ennemi qui ne s'en aperçut que le 29 octobre. Les travaux de la tranchée furent perfectionnés et une seconde batterie de 36 canons et 20 mortiers fut élevée. Le Comte de Drafcowitz et le sieur de Beckman supervisèrent l'ouverture de la tranchée avec trois bataillons et six compagnies de grenadiers pour protéger les travailleurs. Un bataillon de Croates masqua la vue des assiégés sur la parallèle. Deux redoutes servaient d'épaulement à la première parallèle, et une seconde parallèle était prévue à quarante toises du chemin couvert. Le Général Daun envoya huit bataillons et un convoi d'artillerie, portant le total à quatre-vingt canons et quarante mortiers. Le Comte de Harsch et le Marquis de Ville contribuèrent activement à accélérer les opérations.
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10934
p. 200-201
De Vienne le 25. Novembre.
Début :
La saison étant trop avancée pour reprendre le siège de Neifs, [...]
Mots clefs :
Siège, Saison, Roi de Prusse, Quartier d'hiver, Maréchal Daun, Dresde, Armée impériale, Bataille, Misère
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texteReconnaissance textuelle : De Vienne le 25. Novembre.
De Vienne le 25. Novembre .
La faifon étant trop avancée pour reprendre
le fiége de Neifs , les troupes qui étoient aux
JANVIER. 1759. 201
environs de cette Place , ont eu ordre de ſe ſéparer.
Aur approches du fecours am ené par le
Roi de Pruffe en perfonne , elles s'étoient d'abord
repliées fous Ziegenball , & enfuite fur
Zachmantel . Depuis , on a pris le parti de les
mettre en quartier d'hyver. Le Général de Ville
doit refter en Siléfie avec le Corps qu'il commande
, & le Comte de Harſch rentre en Bohême
avec les troupes qui font à fes ordres .
Nous avons appris que le Maréchal Daun avoit
levé , le Blocus de Drefde. L'incendie des Fauxbourgs
de cette Ville , & la crainte d'expofer
la Famille Royale aux plus grands dangers , l'ont
déterminé à renoncer à l'entrepriſe qu'il avoit
formée contre cette Place . On affure qu'il y avoit
dans le Palais Royal , une grande quantité de
barils de poudre , qui en auroit caufé l'embrafement
général , fi l'on eût canonné ou bombardé
la Ville. L'Armée Impériale s'eft repliée
far Pyrna & Gishubel , pour fe rapprocher des
frontieres de la Bohême où elle doit hiverner. Les
Généraux Laudon , Okelli & de Whela ſont en
Luface avec leurs troupes irrégulieres , pour ob
ferver les mouvemens du Prince Henri , qui eft
rentré dans cette Province.
On écrit de Bautzen , que les Pruffiens qui
ont occupé cette Ville , après la Bataille d'Hoch-
Kirchen , ont enlevé tout ce qu'ils ont trouvé
dans les maiſons ; qu'ils ont ravagé & détruit tous
les Jardins ; que toute la Campagne des environs
a été dévaſtée par eux , avec encore moins de
ménagement , que les meubles & les habille
ments ont été pillés , les maiſons renverſées , les
granges & les étables brulées , & que tout le Pays
eft réduit à la plus affreuſe milére .
La faifon étant trop avancée pour reprendre
le fiége de Neifs , les troupes qui étoient aux
JANVIER. 1759. 201
environs de cette Place , ont eu ordre de ſe ſéparer.
Aur approches du fecours am ené par le
Roi de Pruffe en perfonne , elles s'étoient d'abord
repliées fous Ziegenball , & enfuite fur
Zachmantel . Depuis , on a pris le parti de les
mettre en quartier d'hyver. Le Général de Ville
doit refter en Siléfie avec le Corps qu'il commande
, & le Comte de Harſch rentre en Bohême
avec les troupes qui font à fes ordres .
Nous avons appris que le Maréchal Daun avoit
levé , le Blocus de Drefde. L'incendie des Fauxbourgs
de cette Ville , & la crainte d'expofer
la Famille Royale aux plus grands dangers , l'ont
déterminé à renoncer à l'entrepriſe qu'il avoit
formée contre cette Place . On affure qu'il y avoit
dans le Palais Royal , une grande quantité de
barils de poudre , qui en auroit caufé l'embrafement
général , fi l'on eût canonné ou bombardé
la Ville. L'Armée Impériale s'eft repliée
far Pyrna & Gishubel , pour fe rapprocher des
frontieres de la Bohême où elle doit hiverner. Les
Généraux Laudon , Okelli & de Whela ſont en
Luface avec leurs troupes irrégulieres , pour ob
ferver les mouvemens du Prince Henri , qui eft
rentré dans cette Province.
On écrit de Bautzen , que les Pruffiens qui
ont occupé cette Ville , après la Bataille d'Hoch-
Kirchen , ont enlevé tout ce qu'ils ont trouvé
dans les maiſons ; qu'ils ont ravagé & détruit tous
les Jardins ; que toute la Campagne des environs
a été dévaſtée par eux , avec encore moins de
ménagement , que les meubles & les habille
ments ont été pillés , les maiſons renverſées , les
granges & les étables brulées , & que tout le Pays
eft réduit à la plus affreuſe milére .
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Résumé : De Vienne le 25. Novembre.
En novembre 1758, les troupes autour de Neifs se sont séparées en raison de l'avancée de la saison. Elles se sont repliées à Ziegenball, puis à Zachmantel, avant d'être mises en quartiers d'hiver. Le Général de Ville est resté en Silésie avec son corps, tandis que le Comte de Harsch est retourné en Bohême avec ses troupes. Le Maréchal Daun a levé le blocus de Dresde à cause de l'incendie des faubourgs et des risques pour la Famille Royale. L'Armée Impériale s'est repliée vers Pyrna et Gishubel pour hiverner en Bohême. Les Généraux Laudon, Okelli et de Whela surveillaient les mouvements du Prince Henri en Lusace. À Bautzen, les Prussiens ont pillé et détruit la ville et ses environs après la bataille d'Hochkirchen, laissant la région dans une misère extrême.
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10935
p. 201-202
De Prague, le 24 Novembre.
Début :
Le Maréchal Daun, après avoir renoncé au Siége de Dresde, a conduit son Armée [...]
Mots clefs :
Maréchal Daun, Siège, Dresde, Quartier d'hiver, Saxe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Prague, le 24 Novembre.
De Prague , le 24 Novembre.
Le Maréchal Daun , après avoir renoncé su
1 y
102 MER CURE DE FRANCE.
.
Siége de Drefde , a conduit fon Armée à Gishubel.
Elle y arriva le 20. de ce mois. Elle en eft
reparrie bientôt après pour rentrer en Bohême .
Elle doit prendre les quartiers dans les Cercles
de Zaatz , de Leitmeritz & de Buntzlau. L'Etat
Major paffera l'hyver dans certe Capitale . Le
Baron de Harfch doit s'établir à Konig gratz, avec
le corps de Troupes qu'il commande.
Le Prince de Deux- Ponts va quitter la Saxe au
premier jour , pour ſe rendre en Franconie , où
il mettra fon Armée en quartier d'hyver, comme
l'année derniere.
Du 1. Décembre.
Le Maréchal Daun , avant que de quitter la
Saxe , a fait démolir la Fortereffe de Sonneftein.
Le Maréchal Daun , après avoir renoncé su
1 y
102 MER CURE DE FRANCE.
.
Siége de Drefde , a conduit fon Armée à Gishubel.
Elle y arriva le 20. de ce mois. Elle en eft
reparrie bientôt après pour rentrer en Bohême .
Elle doit prendre les quartiers dans les Cercles
de Zaatz , de Leitmeritz & de Buntzlau. L'Etat
Major paffera l'hyver dans certe Capitale . Le
Baron de Harfch doit s'établir à Konig gratz, avec
le corps de Troupes qu'il commande.
Le Prince de Deux- Ponts va quitter la Saxe au
premier jour , pour ſe rendre en Franconie , où
il mettra fon Armée en quartier d'hyver, comme
l'année derniere.
Du 1. Décembre.
Le Maréchal Daun , avant que de quitter la
Saxe , a fait démolir la Fortereffe de Sonneftein.
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Résumé : De Prague, le 24 Novembre.
Le 24 novembre, le maréchal Daun a levé le siège de Dresde et conduit son armée à Gishubel. L'armée a ensuite regagné la Bohême pour ses quartiers d'hiver dans les cercles de Saatz, Leitmeritz et Buntzlau. Le baron de Harfch s'installera à Koniggratz. Le prince de Deux-Ponts partira pour la Franconie le 1er décembre. Le maréchal Daun a ordonné la démolition de la forteresse de Sonneftein.
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10936
p. 202-203
De Cassel, le 20. Novembre.
Début :
L'Armée de Maréchal de Soubise s'est rapprochée de cette Ville. [...]
Mots clefs :
Maréchal de Soubise, Quartier d'hiver, Armée, Infanterie
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texteReconnaissance textuelle : De Cassel, le 20. Novembre.
De Caffel , le 20. Novembre.
L'Armée du Maréchal de Soubife s'eft rapprochée
de cette Ville. Comme l'intention de ce
Maréchal étoit de faire rentrer les troupes en
quartier d'hyver , il faifoit garder la Vera avec
foin. Les Hanovriens réfolus de s'ouvrir un paffage
au-delà de cette Riviere , pour être en état
de troubler la fureté de ces quartiers , marcherent
en force le 15. fur la petite Ville de Witzehauſen
qui n'eft qu'à trois lieues d'ici , & s'en rendirent
maîtres. Ce pofte leur auroit donné la facilité
d'inquiéter les quartiers de l'Armée Françoiſe ,
s'ils avoient pu s'y maintenir . Le Maréchal de
Soubife détacha le 16. quatre Compagnies de
Grenadiers , trois cent Volontaires , & quarante
hommes de la Troupe du fieur Fischer. Il confia
ce détachement au fieur de la Greffe , Lieutenant
Colonel du Régiment de Beauvoifis , en lui ordonnant
de refter a Nieſt avec ſes Grenadiers ,
& de faire avancer le refte de fon détachement
jufques fous Witzehaufen , pour reconnoître l'état
de la Place , Le Comte de Warzemont
employé dans l'Etat Major de l'Armée , reçut or
JANVIER. 1759. 203
dre du Maréchal de Soubife de fuivre ce détachement,
& de lui rendre compte de ce qu'on
pouvoit entreprendre , pour challer les Hanovriens
de ce Pofte important . Le fieur de la Greffe
donna au Comte de Wargemonr le Commandement
des Troupes qu'il avoit ordre de
faire marcher en avant fur Witzehaufen Cet
Officier après avoir pris une exacte connoiffance
de l'état des chofes , forma le projet d'attaquer
ce Pofte. Il fit fes difpofitions , & ayant débouché
par trois endroits différents , il força les Hanovriens
de l'abandonner après une foible réfiltance.
Leur deffein étoit , en fe retirant , de
couper le Pont qui eft fur la Vera , mais il ne
leur en donna pas le temps . Comme ce Poſte n'eſt
pas auffi avantageux pour les François qu'il pouvoit
l'être pour les Hanovriens , le Maréchal de
Soubife, s'eft contenté de le faire occuper par
des Hullards qui feront foutenus par de l'Infanterie
cantonnée dans le Village de Klein -Almerode
à trois quarts de lieue de Witzehaufen.
L'Armée du Maréchal de Soubife s'eft rapprochée
de cette Ville. Comme l'intention de ce
Maréchal étoit de faire rentrer les troupes en
quartier d'hyver , il faifoit garder la Vera avec
foin. Les Hanovriens réfolus de s'ouvrir un paffage
au-delà de cette Riviere , pour être en état
de troubler la fureté de ces quartiers , marcherent
en force le 15. fur la petite Ville de Witzehauſen
qui n'eft qu'à trois lieues d'ici , & s'en rendirent
maîtres. Ce pofte leur auroit donné la facilité
d'inquiéter les quartiers de l'Armée Françoiſe ,
s'ils avoient pu s'y maintenir . Le Maréchal de
Soubife détacha le 16. quatre Compagnies de
Grenadiers , trois cent Volontaires , & quarante
hommes de la Troupe du fieur Fischer. Il confia
ce détachement au fieur de la Greffe , Lieutenant
Colonel du Régiment de Beauvoifis , en lui ordonnant
de refter a Nieſt avec ſes Grenadiers ,
& de faire avancer le refte de fon détachement
jufques fous Witzehaufen , pour reconnoître l'état
de la Place , Le Comte de Warzemont
employé dans l'Etat Major de l'Armée , reçut or
JANVIER. 1759. 203
dre du Maréchal de Soubife de fuivre ce détachement,
& de lui rendre compte de ce qu'on
pouvoit entreprendre , pour challer les Hanovriens
de ce Pofte important . Le fieur de la Greffe
donna au Comte de Wargemonr le Commandement
des Troupes qu'il avoit ordre de
faire marcher en avant fur Witzehaufen Cet
Officier après avoir pris une exacte connoiffance
de l'état des chofes , forma le projet d'attaquer
ce Pofte. Il fit fes difpofitions , & ayant débouché
par trois endroits différents , il força les Hanovriens
de l'abandonner après une foible réfiltance.
Leur deffein étoit , en fe retirant , de
couper le Pont qui eft fur la Vera , mais il ne
leur en donna pas le temps . Comme ce Poſte n'eſt
pas auffi avantageux pour les François qu'il pouvoit
l'être pour les Hanovriens , le Maréchal de
Soubife, s'eft contenté de le faire occuper par
des Hullards qui feront foutenus par de l'Infanterie
cantonnée dans le Village de Klein -Almerode
à trois quarts de lieue de Witzehaufen.
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Résumé : De Cassel, le 20. Novembre.
Le 20 novembre, l'armée du maréchal de Soubise s'est rapprochée de Caffel pour y installer ses troupes en quartiers d'hiver, gardant la rivière Vera. Les Hanovriens ont attaqué et pris la ville de Witzehausen le 15 novembre, menaçant ainsi les quartiers français. En réponse, Soubise a envoyé un détachement de quatre compagnies de grenadiers, trois cents volontaires et quarante hommes sous le commandement du sieur de la Greffe. Le comte de Warzemont a été chargé d'évaluer les possibilités d'action contre les Hanovriens. Le sieur de la Greffe a ensuite attaqué le poste hanovrien à Witzehaufen, forçant les Hanovriens à se retirer après une faible résistance. Ces derniers n'ont pas pu détruire le pont sur la Vera. Soubise a alors décidé de faire occuper le poste par des hussards, soutenus par de l'infanterie cantonnée à Klein-Almerode.
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10937
p. 203-204
De Ratisbonne, le 30 Novembre.
Début :
Le Baron de Ponickau, Ministre du Roi de Pologne, Electeur de Saxe, [...]
Mots clefs :
Roi de Pologne, Électeur de Saxe, Mémoire, Traitements inhumains, Diète, Vengeance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Ratisbonne, le 30 Novembre.
De Ratisbonne , le 30 Novembre.
Le Baron de Ponickau , Miniftre du Roi de Pologne
, Electeur de Saxe , préfenta le 24. de ce
mois , à la Diéte de l'Empire , un mémoire contenant
l'expofé fidéle des excès commis par le
Comte de Schmettau dans les Fauxbourgs de
Drefde. La lecture de ce mémoire remplit d'horreur
tous les Membres de la Diéte , en leur apprenant
le traitement inhumain fait aux Habitans
de ces Fauxbourgs qui , au moment qu'ils
fe croyoient plus en fureté , par les promeffes
réitérées du Comte Schmettau , virent le Feu
embrafer leurs maiſons , l'Artillerie & la Moufqueterie
de la Place employées à leur ôter la
liberté de fuir , & qui ne fe fauverent au milieu
des flammes , qu'après avoir perdu tous leurs
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
effets , & après avoir effuyé toutes fortesde cruautés
de la part de la Soldatefque.
›
On préfume que la Diéte prendra des mefures
, pour tirer vengeance des excès commis
par le Commandant de Drefde qui offenfent
toutes les Loix Divines & Humaines. Plus
de 350 maifons ont été réduites en cendres
dans cet incendie. On eftime les dommages qu'il
a caufés par le feul embrafement des magafins
& des marchandiſes , monter à quatre millions
de Rixdales.
Le Baron de Ponickau , Miniftre du Roi de Pologne
, Electeur de Saxe , préfenta le 24. de ce
mois , à la Diéte de l'Empire , un mémoire contenant
l'expofé fidéle des excès commis par le
Comte de Schmettau dans les Fauxbourgs de
Drefde. La lecture de ce mémoire remplit d'horreur
tous les Membres de la Diéte , en leur apprenant
le traitement inhumain fait aux Habitans
de ces Fauxbourgs qui , au moment qu'ils
fe croyoient plus en fureté , par les promeffes
réitérées du Comte Schmettau , virent le Feu
embrafer leurs maiſons , l'Artillerie & la Moufqueterie
de la Place employées à leur ôter la
liberté de fuir , & qui ne fe fauverent au milieu
des flammes , qu'après avoir perdu tous leurs
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
effets , & après avoir effuyé toutes fortesde cruautés
de la part de la Soldatefque.
›
On préfume que la Diéte prendra des mefures
, pour tirer vengeance des excès commis
par le Commandant de Drefde qui offenfent
toutes les Loix Divines & Humaines. Plus
de 350 maifons ont été réduites en cendres
dans cet incendie. On eftime les dommages qu'il
a caufés par le feul embrafement des magafins
& des marchandiſes , monter à quatre millions
de Rixdales.
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Résumé : De Ratisbonne, le 30 Novembre.
Le Baron de Ponickau, ministre du Roi de Pologne et Électeur de Saxe, a présenté le 24 novembre à la Diète de l'Empire un mémoire dénonçant les excès du Comte de Schmettau à Dresde. Ce document a révélé les traitements inhumains infligés aux habitants, qui avaient été assurés de leur sécurité par le Comte. Leurs maisons ont été incendiées, et l'artillerie ainsi que la mousqueterie ont empêché leur fuite. Les habitants ont subi diverses cruautés avant de pouvoir échapper aux flammes, perdant tous leurs biens. La Diète envisage des mesures pour punir ces violations des lois divines et humaines. L'incendie a détruit plus de 350 maisons, et les dommages causés par la destruction des magasins et des marchandises sont estimés à quatre millions de Rixdales.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10938
p. 204-205
De Londres, le 12. Novembre.
Début :
Les dernieres Lettres de Philadelphie, en date du 28. Septembre, [...]
Mots clefs :
Philadelphie, Expédition, Ohio, Lord Forbes, Garnison, Combats, Amiral, Escadre, Ports, Commerce, Hollande
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres, le 12. Novembre.
De Londres , le 12. Novembre.
>
Les dernieres Lettres de Philadelphie , en date
du 28. Septembre , parlent d'une maniere peu
avantageufe , de la conduite du Lord Forbes ,
dans l'expédition dont il étoit chargé fur l'Ohio.
Le 12. du même mois , il fit marcher en avant
ún Détachement de 900 hommes aux ordres
du fieur Grant , fans ſe mettre en état de le foutenir
, le fieur Grant s'avança jufqu'à la portée
du canon du Fort du Quelne , pour reconnoître
l'état de la Place , & pour obferver les mancuvres
de la Garniſon . Il paffa la nuit du 13. fous
les Armes. Le lendemain , dès la pointe du jour ,
l'Officier qui commandoit dans le Fort , fit fur
lui une fortie , & l'attaqua à la tête de 1000 hommes
, prefque tous Canadiens . Le Détachement
Anglois , après une courte réfiftance , fe voyant
fur le point d'être enveloppé & entierement détruit
, fut contraint de fe replier vers les bagages ,
& de les emmener précipitamment. Il a perdu
dans ce combat trois cens hommes tués ou
bleffés , parmi lesquels on compte plus de vingt
Officiers.
L'Amiral Boscawen arriva ici le 4. Il fut le
lendemain faire fa cour au Roi qui l'accueillit
avec toute la diftinction due à fes fervices. On a
JANVIER. 1759. 205
appris par le compte que cet Amiral a rendu
du fuccès de l'entrepriſe formée contre Louifbourg
, que la conquête de cette Place étoit due
principalement an mauvais état de les fortifications.
Les anciennes bréches n'étoient pas entierement
réparées , & les murs des revêtillemens
avoient été ſi négligés , qu'il en tomboit des toiſes
entieres , par le feul ébranlement que caufoit
le canon du rempart.
Du 21 .
L'Efcadre du fieur Keppel , & celle du fieur
Hughes , ont mis à la voile pour aller exécuter
féparément deux entrepriſes dont on ſe promet
les meilleurs effets . Quoique cette faifon foit celle
des ouragans & des tempêtes , on affecte de publier
que le départ des deux Eſcadres a eu lieu
dans le temps convenable. On joint à cela le projet
d'une Expédition plus contidérable , qui doit
s'exécuter au Printems prochain .
Du 1. Décembre.
On continue d'amener dans nos Ports quantité
de prifes faites fur les Hollandois . On n'a pu découvrir
juſqu'à préfent le principe de droit qui
donne lieu à une pratique fi nouvelle . Tous les
gens fenfés la jugent contraire à nos vrais intérêts
; & ils font perſuadés qu'elle tournera tôt ou
tard au préjudice de notre Commerce.
>
Les dernieres Lettres de Philadelphie , en date
du 28. Septembre , parlent d'une maniere peu
avantageufe , de la conduite du Lord Forbes ,
dans l'expédition dont il étoit chargé fur l'Ohio.
Le 12. du même mois , il fit marcher en avant
ún Détachement de 900 hommes aux ordres
du fieur Grant , fans ſe mettre en état de le foutenir
, le fieur Grant s'avança jufqu'à la portée
du canon du Fort du Quelne , pour reconnoître
l'état de la Place , & pour obferver les mancuvres
de la Garniſon . Il paffa la nuit du 13. fous
les Armes. Le lendemain , dès la pointe du jour ,
l'Officier qui commandoit dans le Fort , fit fur
lui une fortie , & l'attaqua à la tête de 1000 hommes
, prefque tous Canadiens . Le Détachement
Anglois , après une courte réfiftance , fe voyant
fur le point d'être enveloppé & entierement détruit
, fut contraint de fe replier vers les bagages ,
& de les emmener précipitamment. Il a perdu
dans ce combat trois cens hommes tués ou
bleffés , parmi lesquels on compte plus de vingt
Officiers.
L'Amiral Boscawen arriva ici le 4. Il fut le
lendemain faire fa cour au Roi qui l'accueillit
avec toute la diftinction due à fes fervices. On a
JANVIER. 1759. 205
appris par le compte que cet Amiral a rendu
du fuccès de l'entrepriſe formée contre Louifbourg
, que la conquête de cette Place étoit due
principalement an mauvais état de les fortifications.
Les anciennes bréches n'étoient pas entierement
réparées , & les murs des revêtillemens
avoient été ſi négligés , qu'il en tomboit des toiſes
entieres , par le feul ébranlement que caufoit
le canon du rempart.
Du 21 .
L'Efcadre du fieur Keppel , & celle du fieur
Hughes , ont mis à la voile pour aller exécuter
féparément deux entrepriſes dont on ſe promet
les meilleurs effets . Quoique cette faifon foit celle
des ouragans & des tempêtes , on affecte de publier
que le départ des deux Eſcadres a eu lieu
dans le temps convenable. On joint à cela le projet
d'une Expédition plus contidérable , qui doit
s'exécuter au Printems prochain .
Du 1. Décembre.
On continue d'amener dans nos Ports quantité
de prifes faites fur les Hollandois . On n'a pu découvrir
juſqu'à préfent le principe de droit qui
donne lieu à une pratique fi nouvelle . Tous les
gens fenfés la jugent contraire à nos vrais intérêts
; & ils font perſuadés qu'elle tournera tôt ou
tard au préjudice de notre Commerce.
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Résumé : De Londres, le 12. Novembre.
Le document du 12 novembre décrit des événements militaires et navals. Le 12 septembre, le Lord Forbes envoya 900 hommes sous le commandement du lieutenant Grant pour reconnaître le Fort Duquesne. Le 13 septembre, Grant fut attaqué par environ 1 000 hommes, principalement des Canadiens, et dut se replier, subissant des pertes de 300 hommes, dont plus de vingt officiers. L'amiral Boscawen arriva à Londres le 4 janvier 1759 et fut reçu par le roi. Il attribua la conquête de Louisbourg à l'état délabré des fortifications. Le 21 janvier, les escadres des lieutenants Keppel et Hughes partirent pour des missions séparées, malgré la saison des tempêtes. Une expédition plus importante est prévue pour le printemps. Par ailleurs, des prises de navires hollandais continuent d'être amenées dans les ports britanniques, une pratique jugée contraire aux intérêts commerciaux du pays.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10939
p. 205-206
De la Haye, le 24 Novembre.
Début :
Les Députés du Corps des Négociants d'Amsterdam & des autres Villes [...]
Mots clefs :
Députés, Hollande, Mémoire, Princesse, Pirateries, Commerce, Fabriques, Anglais, Amsterdam
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De la Haye, le 24 Novembre.
De la Haye , le 24 Novembre.
Les Députés du Corps des Négociants d'Amſterdam
& des autres Villes de Hollande , ont
préſenté à la Princeſſe Gouvernante un nouveau
Mémoire dans lequel , après lui avoir rappellé
les plaintes qui lui ont déja été adreflé au fujet
des pirateries des Anglois , & les promeſſes qu'elle
leur a faites d'y remédier ; ils lui expofent que
le mal a toujours été depuis en augmentant ,
& que l'interruption de leur Commerce eft fur
le point d'entraîner la ruine des plus riches Né206
MERCURE DE FRANCE.
gociants , & l'inaction totale de leurs meilleures
fabriques.
Du 30.
Les Députés de la Compagnie des Commerçans
d'Amfterdam , ont reçu une réponſe favorable
en apparence au Mémoire qu'ils avoient
préſenté , au fujet des Pirateries des Anglois .
Les Députés du Corps des Négociants d'Amſterdam
& des autres Villes de Hollande , ont
préſenté à la Princeſſe Gouvernante un nouveau
Mémoire dans lequel , après lui avoir rappellé
les plaintes qui lui ont déja été adreflé au fujet
des pirateries des Anglois , & les promeſſes qu'elle
leur a faites d'y remédier ; ils lui expofent que
le mal a toujours été depuis en augmentant ,
& que l'interruption de leur Commerce eft fur
le point d'entraîner la ruine des plus riches Né206
MERCURE DE FRANCE.
gociants , & l'inaction totale de leurs meilleures
fabriques.
Du 30.
Les Députés de la Compagnie des Commerçans
d'Amfterdam , ont reçu une réponſe favorable
en apparence au Mémoire qu'ils avoient
préſenté , au fujet des Pirateries des Anglois .
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Résumé : De la Haye, le 24 Novembre.
Le 24 novembre à La Haye, les députés du Corps des Négociants d'Amsterdam et d'autres villes de Hollande ont adressé un mémoire à la Princesse Gouvernante, dénonçant les pirateries anglaises et leur aggravation. Ils soulignaient les risques pour les négociants et l'interruption du commerce. Le 30 novembre, les députés de la Compagnie des Commerçants d'Amsterdam ont reçu une réponse favorable.
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10940
p. 206
De Rome, le 10 Novembre.
Début :
Le Cardinal d'Yorck a été nommé Archévêque Titulaire de Corinthe, [...]
Mots clefs :
Cardinal, Archevêque, Nomination, Évêque, Audience, Pape, Comte, Ministre
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texteReconnaissance textuelle : De Rome, le 10 Novembre.
De Rome , le 10 Novembre.
Le Cardinal d'Yorck a été nommé Archévêque
Titulaire de Corinthe , & il fera facré le 19 de ce
mois par Sa Sainteté .
Du 20.
Le 17 , l'Evêque de Laon , Ambaffadeur de
France , & l'Abbé Bellandi , Miniftre du Duc de
Modéne , eut une Audience particuliere de Sa
Sainteté , dans laquelle ils folliciterent conjointement
la difpenfe néceffaire pour le mariage de
Louis-François- Jofeph de Bourbon , Comte de la
Marche , Prince du Sang de France , avec Fortunée-
Marie , Princeffe de Modéne . Le Pape accorda
cette difpenfe de la maniere la plus gracieuſe. Le
mêmejour , les deux Miniftres firent part publiquement
de ce mariage à Sa Sainteté , qui en témoigna
beaucoup de fatisfaction : ils l'annoncerent
de même au Cardinal , neveu , & au Cardinal
, Secrétaire d'Etat .
Le Cardinal d'Yorck a été nommé Archévêque
Titulaire de Corinthe , & il fera facré le 19 de ce
mois par Sa Sainteté .
Du 20.
Le 17 , l'Evêque de Laon , Ambaffadeur de
France , & l'Abbé Bellandi , Miniftre du Duc de
Modéne , eut une Audience particuliere de Sa
Sainteté , dans laquelle ils folliciterent conjointement
la difpenfe néceffaire pour le mariage de
Louis-François- Jofeph de Bourbon , Comte de la
Marche , Prince du Sang de France , avec Fortunée-
Marie , Princeffe de Modéne . Le Pape accorda
cette difpenfe de la maniere la plus gracieuſe. Le
mêmejour , les deux Miniftres firent part publiquement
de ce mariage à Sa Sainteté , qui en témoigna
beaucoup de fatisfaction : ils l'annoncerent
de même au Cardinal , neveu , & au Cardinal
, Secrétaire d'Etat .
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Résumé : De Rome, le 10 Novembre.
Le 10 novembre, le Cardinal d'Yorck a été nommé Archevêque de Corinthe et sera consacré le 19 novembre par le Pape. Le 17 novembre, l'Évêque de Laon et l'Abbé Bellandi ont obtenu une audience privée auprès du Pape pour solliciter la dispense de mariage entre Louis-François-Joseph de Bourbon et Fortunée-Marie de Modène. Le Pape a accordé cette dispense et a témoigné sa satisfaction.
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10941
p. 206
De Venise, le 18 Novembre.
Début :
Le Marquis de Durfort, Ambassadeur du Roi Très-Chrétien auprès de [...]
Mots clefs :
Marquis, Ambassadeur, Déplacements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Venise, le 18 Novembre.
De Venife , le 18 Novembre.
Le Marquis de Durfort , Ambaffadeur du Roi
Très-Chrétien auprès de cette République , arriva
ici le 9 de ce mois , avec une Suite nombreuſe &
brillante .
Le Marquis de Durfort , Ambaffadeur du Roi
Très-Chrétien auprès de cette République , arriva
ici le 9 de ce mois , avec une Suite nombreuſe &
brillante .
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10942
p. 206-207
De Barcelonne, le 20 Novembre.
Début :
Nous avons appris que le 9 de ce mois, il y eut à la hauteur [...]
Mots clefs :
Combat, Frégates, Français, Anglais, Blessés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Barcelonne, le 20 Novembre.
De Barcelonne , le 20 Novembre.
Nous avons appris que le 9 de ce mois, il y eur
à la hauteur du Cap-Rofe , un combat très- vif
entre la Frégate Françoife , la Pleyade , & une
Frégate Angloife de 36 canons. Le combat dura
depuis une heure , jufqu'à fept heures du foir. La
Frégate Angloife fut contrainte de prendre la
JANVIER. 1759. 207
fuite , après avoir été défemparée de fon grand
mât de hune. La Pleyade la pourfuivit ; mais
ayant apperçu un Vailleau Anglois de haut bord ,
elle fit force de voile pour rejoindre deux Tartares
qu'elle eſcortoit . Le lendemain , elle prit un
Senaw , qui étoit à la fuite de la Frégate Angloife.
On n'y trouva que 4 hommes , 10 fufils , 4 pierriers
, & très-peu de vivres ; parce que l'Equipage
en avoit été retiré la veille , pour renforcer celui
de la Frégate. Le fieur Defepole , Lieutenant de
la Fleyade , a été bleffé légèrement à la cuiſſe.
Il n'y eut qu'un feul Matelot tué , & quelquesuns
bleflés .
Nous avons appris que le 9 de ce mois, il y eur
à la hauteur du Cap-Rofe , un combat très- vif
entre la Frégate Françoife , la Pleyade , & une
Frégate Angloife de 36 canons. Le combat dura
depuis une heure , jufqu'à fept heures du foir. La
Frégate Angloife fut contrainte de prendre la
JANVIER. 1759. 207
fuite , après avoir été défemparée de fon grand
mât de hune. La Pleyade la pourfuivit ; mais
ayant apperçu un Vailleau Anglois de haut bord ,
elle fit force de voile pour rejoindre deux Tartares
qu'elle eſcortoit . Le lendemain , elle prit un
Senaw , qui étoit à la fuite de la Frégate Angloife.
On n'y trouva que 4 hommes , 10 fufils , 4 pierriers
, & très-peu de vivres ; parce que l'Equipage
en avoit été retiré la veille , pour renforcer celui
de la Frégate. Le fieur Defepole , Lieutenant de
la Fleyade , a été bleffé légèrement à la cuiſſe.
Il n'y eut qu'un feul Matelot tué , & quelquesuns
bleflés .
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Résumé : De Barcelonne, le 20 Novembre.
Le 9 novembre, près du Cap-Rofe, la frégate française La Pleyade a affronté une frégate anglaise de 36 canons. Le combat a duré de une heure à sept heures du matin. La frégate anglaise, endommagée, a fui. La Pleyade a capturé un senau le lendemain. Le lieutenant Desepole a été légèrement blessé. Un matelot est mort et quelques autres ont été blessés.
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10943
p. 207-208
De Versailles, le 30. Novembre.
Début :
Le Sieur de la Live, Introducteur des Ambassadeurs, est allé aujourd'hui prendre [...]
Mots clefs :
Ambassadeurs, Roi de France, Cardinal, Audience, Cérémonies, Famille royale, Contrat de mariage
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texteReconnaissance textuelle : De Versailles, le 30. Novembre.
De Versailles , le 30. Novembre.
LE Sieur de la Live , Introducteur des Ambaſſadeurs
, eſt allé aujourd'hui prendre dans les
Carrofles du Roi & de la Reine , le Cardinal de
Bernis , en fon Hôtel , & il l'a conduit chez le
Roi , avec l'Abbé Archinto , Camerier du Pape ,
nommé par Sa Sainteté pour apporter le Bonnet
au Cardinal de Bernis. Avant la Melle du Roi ,
l'Abbé Archinto a été conduit , avec les cérémonies
accoutumées , à l'Audience que le Roi
lui a donnée dans fon Cabinet ; & il´a préſenté
à Sa Majeſté , un Bref de Sa Sainteté. Après cette
Audience , le Roi eſt deſcendu a la Chapelle où
le Cardinal de Bernis s'eft rendu , à la fin de
la Meſſe , étant conduit par le même Introducteur.
Le fieur Deſgranges , Maître des Cérémonies
, a reçu à la porte de la Chapelle , le Cardinal
de Bernis ; lequel eft allé fe placer près du
208 MERCURE DE FRANCE.
>
>
Prie- Dieu du Roi , du côté de l'Evangile , & s'eſt
mis à genoux fur un Carreau . L'Abbé Archinto
revêtu de fon habit de Cérémonie , ayant remis
entre les mains du Cardinal de Bernis le Bref
du Pape , eft allé prendre fur la Crédence près
de l'Autel du côté de l'Epitre , un baſſin de vermeil
fur lequel étoit le Bonnet & il l'a préfenté
au Roi. Sa Majeſté a pris le Bonnet & l'a
mis fur la tête du Cardinal de Bernis , qui a
fait fon remerciment à Sa Majeſté , & a été conduit
à l'Audience de la Reine , de Monfeigneur le
Dauphin , de Madame la Dauphine , de Monfeigneur
le Duc de Bourgogne , de Monfeigneur le
Duc de Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence
, de Monfeigneur le Comte d'Artois , de
Madame Infante , de Madame , & de Meſdames
Victoire , Sophie , & Louiſe avec les cérémonies
accoutumées.
Le même jour , le Roi , la Reine & la Famille
Royale fignerent le Contrat de mariage du fieur
de Croifmare , Ecuyer ordinaire du Roi à la petite
Ecurie , avec la Demoiſelle de Courmont .
Ce même jour 30. Sa Majefté tint le Sceau
pour la trente- neuvième fois .
Le même jour , le Comte de Luface arriva ici
de l'Armée de Weftphalie.
Le 3. de ce mois , le Duc de Choiseul prêta
ferment entre les mains du Roi , pour la Charge
de Secretaire d'Etat , au Département des Affaires
Etrangeres.
Le même jour , le Marquis d'Eſcars prêta ferment
pour la Lieutenance de Roi du Limouſin.
Le Roi , la Reine & la Famille Royale ont figné
ce même jour le Contrat de mariage du Marquis
d'Oleançon , Meftre de Camp de Cavalerie
Exempt des Gardes du Corps , avec Demoiſelle
Marguerite-Anne- Louife de Pierrepont,
LE Sieur de la Live , Introducteur des Ambaſſadeurs
, eſt allé aujourd'hui prendre dans les
Carrofles du Roi & de la Reine , le Cardinal de
Bernis , en fon Hôtel , & il l'a conduit chez le
Roi , avec l'Abbé Archinto , Camerier du Pape ,
nommé par Sa Sainteté pour apporter le Bonnet
au Cardinal de Bernis. Avant la Melle du Roi ,
l'Abbé Archinto a été conduit , avec les cérémonies
accoutumées , à l'Audience que le Roi
lui a donnée dans fon Cabinet ; & il´a préſenté
à Sa Majeſté , un Bref de Sa Sainteté. Après cette
Audience , le Roi eſt deſcendu a la Chapelle où
le Cardinal de Bernis s'eft rendu , à la fin de
la Meſſe , étant conduit par le même Introducteur.
Le fieur Deſgranges , Maître des Cérémonies
, a reçu à la porte de la Chapelle , le Cardinal
de Bernis ; lequel eft allé fe placer près du
208 MERCURE DE FRANCE.
>
>
Prie- Dieu du Roi , du côté de l'Evangile , & s'eſt
mis à genoux fur un Carreau . L'Abbé Archinto
revêtu de fon habit de Cérémonie , ayant remis
entre les mains du Cardinal de Bernis le Bref
du Pape , eft allé prendre fur la Crédence près
de l'Autel du côté de l'Epitre , un baſſin de vermeil
fur lequel étoit le Bonnet & il l'a préfenté
au Roi. Sa Majeſté a pris le Bonnet & l'a
mis fur la tête du Cardinal de Bernis , qui a
fait fon remerciment à Sa Majeſté , & a été conduit
à l'Audience de la Reine , de Monfeigneur le
Dauphin , de Madame la Dauphine , de Monfeigneur
le Duc de Bourgogne , de Monfeigneur le
Duc de Berry , de Monfeigneur le Comte de Provence
, de Monfeigneur le Comte d'Artois , de
Madame Infante , de Madame , & de Meſdames
Victoire , Sophie , & Louiſe avec les cérémonies
accoutumées.
Le même jour , le Roi , la Reine & la Famille
Royale fignerent le Contrat de mariage du fieur
de Croifmare , Ecuyer ordinaire du Roi à la petite
Ecurie , avec la Demoiſelle de Courmont .
Ce même jour 30. Sa Majefté tint le Sceau
pour la trente- neuvième fois .
Le même jour , le Comte de Luface arriva ici
de l'Armée de Weftphalie.
Le 3. de ce mois , le Duc de Choiseul prêta
ferment entre les mains du Roi , pour la Charge
de Secretaire d'Etat , au Département des Affaires
Etrangeres.
Le même jour , le Marquis d'Eſcars prêta ferment
pour la Lieutenance de Roi du Limouſin.
Le Roi , la Reine & la Famille Royale ont figné
ce même jour le Contrat de mariage du Marquis
d'Oleançon , Meftre de Camp de Cavalerie
Exempt des Gardes du Corps , avec Demoiſelle
Marguerite-Anne- Louife de Pierrepont,
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Résumé : De Versailles, le 30. Novembre.
Le 30 novembre à Versailles, le Sieur de la Live a introduit le Cardinal de Bernis et l'Abbé Archinto auprès du Roi. L'Abbé Archinto a remis un bref papal au Roi lors d'une audience privée. Après la messe, le Cardinal de Bernis a reçu le bonnet cardinalice du Roi, en présence de l'Abbé Archinto, puis a été présenté à la Reine, au Dauphin, à la Dauphine et à d'autres membres de la famille royale. Le même jour, le Roi, la Reine et la famille royale ont signé le contrat de mariage du Sieur de Croismare avec la Demoiselle de Courmont. Le Roi a également tenu le Sceau pour la trente-neuvième fois. Le Comte de Luface est revenu de l'Armée de Westphalie. Le Duc de Choiseul a prêté serment pour la charge de Secrétaire d'État aux Affaires Étrangères, et le Marquis d'Escars pour la Lieutenance du Roi du Limousin. Enfin, le contrat de mariage du Marquis d'Oléron avec la Demoiselle Marguerite-Anne-Louise de Pierrepont a été signé.
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10944
p. 209-211
Extrait d'une Lettre de Pyrna le 11. Novembre.
Début :
La Famille Royale jouit jusqu'à présent d'une bonne santé ; c'est la seule [...]
Mots clefs :
Famille royale, Dresde, Incendie, Maréchal Daun, Cruauté, Lois de la guerre, Dégâts, Victimes, Armée impériale, Troupes, Sieur Zavoiski, Comte, Prince, Barbares
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Pyrna le 11. Novembre.
Extrait d'une Lettre de Pyrna le 11. Novembre.
La Famille Royale jouit jufqu'à préfent d'une
bonne fanté ; c'eft la feule nouvelle confolante
que je puiffe mander. Tout le reste eft un tiffu
d'horreurs. J'allai hier à la découverte fu feu que
j'avois apperçu du côté de Drefde . Je vis tous
les Faubourgs de cette Ville en flamme . Je me
hâtai d'aller au Quartier Général à Nɔdnitz . Je
rencontrai fur le chemin la femme d'un Colonel
, échappé à l'incendie , & qui fe fauvoit à pred
avec les deux petits enfans. Je trouvai le Maréchal
Daun & tous les Généraux plongés dans la
douleur. Ce Maréchal me fit appeller , & déplora
, les larmes aux yeux, ce cruel événement , en
proteftant qu'il n'y avoit donné aucune occafion .
Uniquement occupé du falut de la Famille
Royale , je propofai d'envoyer un Trompette au
Comte de Schmettau , qui commande à Dreſde ,
pour l'engager à ne rien attenter contre elle .
Le fieur Zavoiski , Colonel , s'offrir pour exécuter
cette commiffion , & partit fur le champ avec le
Trompette. Il fut chargé de dire au Commandant
, que le Maréchal Daun étoit également
furpris & indigné de l'action barbare qu'il commettoit
; qu'il n'y avoit donné aucun lieu , puifqu'il
n'avoit encore ni fommé la Ville , ni fait
tirer contre elle un feul coup de canon , ni enfin
pris un pouce du terrein des Fauxbourgs; que cette
cruauté étoit auffi oppofée aux Loix de la guerre ,
que contraire au Chriftianifme & aux principes
de l'humanité ; qu'il répondroit fur fa tête de
l'illuftre Famille Royale , au cas qu'il lui arrivât
le moindre accident.
Dès que le fieur Zavoiski fut parti , le Maréchal
Daun monta à cheval ; je l'accompagnai
au grand Jardin. Nous rencontrâmes une foule
de malheureux qui fuyoient avec effroi , abandonnant
leurs maifons réduites en cendres. Le
210 MERCURE DE FRANCE.
Maréchal Daun m'ordonna de leur procurer un
afyle & tous les fecours dont ils auroient befoin.
Je fis ouvrir fur le champ tous les pavillons de
ce Jardin , j'y fis entrer cette multitude d'infor
tunés pour les garantir de la rigueur du froid,
Je chargeai deux Magiftrats de Pyrna de faire
fournir la viande , le pain & toutes les chofes
qui leur feroient néceffaires.
"
>
A l'approche de l'Armée Impériale , plufieurs
perfonnes du Clergé vinrent demander au Commandant,
s'il y avoit quelque chofe à craindre
pour les habitans , & s'il étoit néceffaire qu'îls
fe retiralent pour le mettre en fureté avec leurs
effets. Il répondit » qu'on n'avoit rien à appré-
» hender , & que chacun pouvoit être tranquille
» dans fa maifon . » Il fit même publier le foir un
ordre à tous les habitans de ne pas fortir de chez
eux , afin qu'il n'arrivât de malheur à perfonne
en cas de furprife. Après de telles & fi fortes
affurances de la part , il envoya à quatre heures
du matin dans les fauxbourgs , les Huflards &
les Compagnies franches , aux ordres du fieur
Meyer. Ces troupes enfoncerent les portes des
maifons & y mirent le feu. Tandis qu'on empêchoit
à coups de fufil les habitans d'en fortir ,
on acheva de les détruire , en tirant fur elles à boulets
rouges. Ceux qui fefont fauvés ont été obligés
de gagner les Jardins & defuir par les derrieres .Un
grand nombre a péri dans les flammes . Nous tenons
ces détails de ceux qui ont échappé à l'incendie
. Ce Commandant pourra-t-il jamais fe juftifier
aux yeux du monde entier ? Il fait publier que les
habitans n'ont rien à craindre , il leur ordonne de
ne pas fortir de leurs maifons , & dans le moment
qu'on s'y attend le moins, il fait exercer contre ces
malheureux Habitans , toutes les cruautés que
nous venons de détailler & avant que notre
Armée ait commencé la moindre hoftilité .
>
JANVIER. 1759. 211
Le fieur Zavoiski revint fur le foir . Il rapporta,
qu'on l'avoit arrêté aux portes de Dreide pendant
deux heures ; qu'enfuite on l'avoit conduit ,
les yeux bandés au Comte de Schmettau , qui lui
avoit répondu » qu'il n'avoit rien fait qul
» ne fût conforme aux Loix de la Guerre , n'étant
pas obligé d'attendre qu'on l'attaquât ; qu'il
» avoit des ordres précis du Roi fon Maître
qu'il les éxécuteroit ponctuellement , en fe dé-
» fendant jufqu'à la derniére extrémité ; qu'il ne
» répondoit ni de la Ville , ni de la Famille
» Royale ; & qu'il ne fe foucioit point de ce qui
» pourroit en arriver. »
Le fieur Zavoifki ajouta qu'il lui avoit obfervé ,
que de tout temps & chez toutes les Nations ,
on avoit regardé les Princes comme des Perfonnes
facrées ; & qu'il falloit être plus que
Barbares pour ne les pas refpecter , qu'alors le
Comte de Schmettau avoit dit » qu'il venoit
d'envoyer un Officier aux Princes & aux Prin-
» ceffſes , avec ordre de faire en fon nom un
>complimeut convenable , & de leur demander
» pardon des démarches auxquelles des raiſons
»de Guerre l'obligeoient. >>
Que faire en cette extrémité ? faut-il expofer
la Famille Royale faut- il fe retirer fans rien
entreprendre ? C'eſt ce que je n'ofe décider ; &
malheureufement je n'y vois pas de milieu . Le
fieur Zavoiſki étoit chargé de tâcher de parve-
Lir jufqu'au Palais où cette Augufte Famlile
fait fa réſidence ; mais il n'a pu en obtenir la
permiffion.
La Famille Royale jouit jufqu'à préfent d'une
bonne fanté ; c'eft la feule nouvelle confolante
que je puiffe mander. Tout le reste eft un tiffu
d'horreurs. J'allai hier à la découverte fu feu que
j'avois apperçu du côté de Drefde . Je vis tous
les Faubourgs de cette Ville en flamme . Je me
hâtai d'aller au Quartier Général à Nɔdnitz . Je
rencontrai fur le chemin la femme d'un Colonel
, échappé à l'incendie , & qui fe fauvoit à pred
avec les deux petits enfans. Je trouvai le Maréchal
Daun & tous les Généraux plongés dans la
douleur. Ce Maréchal me fit appeller , & déplora
, les larmes aux yeux, ce cruel événement , en
proteftant qu'il n'y avoit donné aucune occafion .
Uniquement occupé du falut de la Famille
Royale , je propofai d'envoyer un Trompette au
Comte de Schmettau , qui commande à Dreſde ,
pour l'engager à ne rien attenter contre elle .
Le fieur Zavoiski , Colonel , s'offrir pour exécuter
cette commiffion , & partit fur le champ avec le
Trompette. Il fut chargé de dire au Commandant
, que le Maréchal Daun étoit également
furpris & indigné de l'action barbare qu'il commettoit
; qu'il n'y avoit donné aucun lieu , puifqu'il
n'avoit encore ni fommé la Ville , ni fait
tirer contre elle un feul coup de canon , ni enfin
pris un pouce du terrein des Fauxbourgs; que cette
cruauté étoit auffi oppofée aux Loix de la guerre ,
que contraire au Chriftianifme & aux principes
de l'humanité ; qu'il répondroit fur fa tête de
l'illuftre Famille Royale , au cas qu'il lui arrivât
le moindre accident.
Dès que le fieur Zavoiski fut parti , le Maréchal
Daun monta à cheval ; je l'accompagnai
au grand Jardin. Nous rencontrâmes une foule
de malheureux qui fuyoient avec effroi , abandonnant
leurs maifons réduites en cendres. Le
210 MERCURE DE FRANCE.
Maréchal Daun m'ordonna de leur procurer un
afyle & tous les fecours dont ils auroient befoin.
Je fis ouvrir fur le champ tous les pavillons de
ce Jardin , j'y fis entrer cette multitude d'infor
tunés pour les garantir de la rigueur du froid,
Je chargeai deux Magiftrats de Pyrna de faire
fournir la viande , le pain & toutes les chofes
qui leur feroient néceffaires.
"
>
A l'approche de l'Armée Impériale , plufieurs
perfonnes du Clergé vinrent demander au Commandant,
s'il y avoit quelque chofe à craindre
pour les habitans , & s'il étoit néceffaire qu'îls
fe retiralent pour le mettre en fureté avec leurs
effets. Il répondit » qu'on n'avoit rien à appré-
» hender , & que chacun pouvoit être tranquille
» dans fa maifon . » Il fit même publier le foir un
ordre à tous les habitans de ne pas fortir de chez
eux , afin qu'il n'arrivât de malheur à perfonne
en cas de furprife. Après de telles & fi fortes
affurances de la part , il envoya à quatre heures
du matin dans les fauxbourgs , les Huflards &
les Compagnies franches , aux ordres du fieur
Meyer. Ces troupes enfoncerent les portes des
maifons & y mirent le feu. Tandis qu'on empêchoit
à coups de fufil les habitans d'en fortir ,
on acheva de les détruire , en tirant fur elles à boulets
rouges. Ceux qui fefont fauvés ont été obligés
de gagner les Jardins & defuir par les derrieres .Un
grand nombre a péri dans les flammes . Nous tenons
ces détails de ceux qui ont échappé à l'incendie
. Ce Commandant pourra-t-il jamais fe juftifier
aux yeux du monde entier ? Il fait publier que les
habitans n'ont rien à craindre , il leur ordonne de
ne pas fortir de leurs maifons , & dans le moment
qu'on s'y attend le moins, il fait exercer contre ces
malheureux Habitans , toutes les cruautés que
nous venons de détailler & avant que notre
Armée ait commencé la moindre hoftilité .
>
JANVIER. 1759. 211
Le fieur Zavoiski revint fur le foir . Il rapporta,
qu'on l'avoit arrêté aux portes de Dreide pendant
deux heures ; qu'enfuite on l'avoit conduit ,
les yeux bandés au Comte de Schmettau , qui lui
avoit répondu » qu'il n'avoit rien fait qul
» ne fût conforme aux Loix de la Guerre , n'étant
pas obligé d'attendre qu'on l'attaquât ; qu'il
» avoit des ordres précis du Roi fon Maître
qu'il les éxécuteroit ponctuellement , en fe dé-
» fendant jufqu'à la derniére extrémité ; qu'il ne
» répondoit ni de la Ville , ni de la Famille
» Royale ; & qu'il ne fe foucioit point de ce qui
» pourroit en arriver. »
Le fieur Zavoifki ajouta qu'il lui avoit obfervé ,
que de tout temps & chez toutes les Nations ,
on avoit regardé les Princes comme des Perfonnes
facrées ; & qu'il falloit être plus que
Barbares pour ne les pas refpecter , qu'alors le
Comte de Schmettau avoit dit » qu'il venoit
d'envoyer un Officier aux Princes & aux Prin-
» ceffſes , avec ordre de faire en fon nom un
>complimeut convenable , & de leur demander
» pardon des démarches auxquelles des raiſons
»de Guerre l'obligeoient. >>
Que faire en cette extrémité ? faut-il expofer
la Famille Royale faut- il fe retirer fans rien
entreprendre ? C'eſt ce que je n'ofe décider ; &
malheureufement je n'y vois pas de milieu . Le
fieur Zavoiſki étoit chargé de tâcher de parve-
Lir jufqu'au Palais où cette Augufte Famlile
fait fa réſidence ; mais il n'a pu en obtenir la
permiffion.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Pyrna le 11. Novembre.
La lettre de Pyrna datée du 11 novembre décrit une situation critique à Dresde. La famille royale est en bonne santé, mais la ville est en flammes. L'auteur se rend au quartier général à Nodnitz où il rencontre le maréchal Daun et d'autres généraux en deuil. Daun nie toute responsabilité dans l'incendie. L'auteur propose d'envoyer un trompette au comte de Schmettau, commandant de Dresde, pour assurer la sécurité de la famille royale. Le colonel Zavoiski exécute cette mission, soulignant l'inhumanité des actions du commandant. Pendant ce temps, Daun et l'auteur rencontrent des réfugiés et leur fournissent de l'aide. Auparavant, le commandant de Dresde avait assuré aux habitants qu'ils n'avaient rien à craindre, mais il a ensuite ordonné l'incendie des faubourgs, causant de nombreuses victimes. Zavoiski rapporte que Schmettau justifie ses actions par des ordres royaux et ne garantit pas la sécurité de la famille royale. La situation est désespérée, et l'auteur hésite entre exposer la famille royale ou se retirer sans agir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10945
p. 211-214
De Paris, le 2 Décembre.
Début :
Le Roi voulant constater d'une maniere fixe & certaine, le montant [...]
Mots clefs :
Dettes, Colonies, Service de la marine, Arrêt du Conseil d'État, Créances, Ordonnance du roi, Compagnie des dragons, Officiers, Fusils, Château, Marquis de Castries, Artillerie, Troupes, Parlement, Déclaration du roi, Notaires, Trésor royal, Rentes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris, le 2 Décembre.
De Paris , le 2 Décembre.
Le Roi voulant conftater d'une maniere fixe &
certaine , le montant des dettes contractées pour
le Service de la Marine & des Colonies , afin de
parvenir à les acquitter , a rendu un Arrèt dans
fon Confeil d'Etat , par lequel Sa Majefté or212
MERCURE DE FRANCE.
donne , que dans trois mois pour tout délai , les
Créanciers ou leurs Tuteurs & Curateurs , foient
tenus de repréfenter les Titres fur lesquels ils
fondent leur créance , pardevant les fieurs de
Fontanieu & de la Bourdonnaye , Conſeillers
d'Etat , Silhouette & de Boullongne , Maître des
Requêtes , & de Cotte , Maître des Requêtes &
Intendant du Commerce , pour être procédé à la
vérification des créances , & pourvû enfuite au
payement , & que les créances demeurent éteintes,
fi elles ne font pas répréſentées dans le terme
prefcrit.
Par un autre Arrêt de fon Confeil d'Etat , le
Roia preferit la forme dans laquelle les Créanciers,
leurs Repréfentans , ou leurs Fondés de procuration
fpéciale , doivent faire la repréfentation de
leurs Titres.
Il paroît une Ordonnance du Roi , en date du
21 Octobre dernier , pour établir une nouvelle
forme dans la compofition des Compagnies détachées
des Dragons , Gardes- Côtes de la Province
de Guyenne. Sa Majesté ordonne , qu'il y aura
dans cette Province 18 Compagnies de Dragons
de so hommes , qui formeront 9 Eſcadrons, & que
ces Dragons feront placés pendant le tems de la,
Guerre , de diftance en diſtance , & feront chargés
de fe rendre , de main en main , les Lettres &
les Avis concernant le Service , pour les faire parvenir
, fans retard , au Commandant Général
& à l'Intendant de la Province.
Dans une feconde Ordonnance , en date du 31
du même mois , Sa Majesté ordonne que les Of
ficiers & Sergents des Compagnies de Fufiliers de
fes Troupes d'Infanterie , foient dorénavant armés
de fufils avec leurs bayonnettes , ainfi que
ceux des Compagnies de Grenadiers.
Le Château de Rhinfels eft une des plus fortes
Places qui foit fur le Rhin. Il eft auprès de Saint
JANVIER. 1759. 213
foar , & lui fert de Citadelle . Cette Place nous
tant abſolument néceffaire pour allurer la liberté
e la navigation du Rhin , le Maréchal de Soubife
chargé le Marquis de Caftries , de s'en rendre
aître ; ce qu'il a exécuté avec tout le fuccès qu'on
ouvoit delirer. La Ville de Saint- Goar a été
Icaladée en même tems , par les Régimens de
aint-Germain & de la Féronnaye. Le Comte de
cey , à la tête de fon Régiment , s'eſt emparé de
chuartz -Haufen , & du Château de Calze. La
arniſon a été faite Priſonniere de Guerre , ainfi
ue celle de Saint- Goar , qui en voulant fe retirer
ans le Château , a été coupée & forcée de fe
endre. Le Gouverneur de ce Château a été fomé
& contraint de capituler. Les Troupes du
oi y font entrées . On y a trouvé une Artil
rie confiderable , dont on donnera le détail ,
orfque le Maréchal de Soubife aura envoyé les
Articles de la Capitulation.
Le Marquis de Caftries a acquis beaucoup
Phonneur , par fa prévoyance , & fon activité dans
oute la conduite de cette entrepriſe. Cette Place
It d'autant plus importante ,, qu'étant pourvue
l'une bonne Garnifon & de toutes les Munitions
éceffaires , elle peut tenir plus de fix femaines ,
u cas qu'elle foit attaquée.
Cette Nouvelle a été apportée par un Courrier
que le Maréchal de Soubife a dépêché , & qui eſt
Arrivé le 6. de ce mois.
Du 9.
Le 2. de ce mois , le Parlement enregistra une
Déclaration du Roi , donnée a Verſailles , le 29
Octobre de la préfente année,portant acceptation
des offres faites par les Notaires de Paris , d'acquérir
27120 liv. de rente au denier 2 , faifant partie
des 3002000 livres de rentes , créées par Edis
du mois d'Avril , fur les Aydes & Gabelles , en
214 MERCURE DE FRANCE.
payant au Tréfor Royal la fomme de 678000 liv.
enconféquence Sa Majefté ordonne que les Notaires
de Paris feront diftraits de l'Etat annéxé
à l'Edit du mois d'Août fuivant , portant création
d'un million effectif d'augmentation de gages.
Du 16.
Le 12 de ce mois , le Parlement , toutes les
Chambres affemblées , enregiſtra un Edit du Roi ,
portant création de 3006000 liv . de Rentes viageres
fur les Aydes & Gabelles. Il eſt ſtatué par
cet Edit , que les Conſtitutions particulieres de ces
Rentes , ne pourront être moindres , fur une
feule tête , de so livres , & fur deux têtes , de
40 livres de jouiffance annuelle , que les Rentes
acquifes fur une feule tête , feront reparties en fix
Claffes ; la premiere , depuis la naiſſance juſqu'à
so ans accomplis , à dix pour cent ; la feconde ,
depuis so , jufqu'à ƒs , à dix & demi ; la troifiéme
, depuis 55 , jufqu'à 60 , à onze ; la quatriéme
, depuis 60 , juſqu'à 65 , à douze ; la cinquiéme
, depuis 65 , juſqu'à 70 , à treize ; la fixiéme
depuis 70 , jufqu'à 75 , ans , & au- deffus ,
à quatorze pour cent , & que les Rentes fur deux
têtes feront acquifes fans diftinction d'âge & de
claffe , à huit pour cent.
On a trouvé dans la Citadelle de Rhinfels 72
piéces de canon , 35 mortiers , & beaucoup de
munitions de Guerre. On y a fait s 30 Priſonniers,
dont 20 Officiers & un Colonel .
Le Roi voulant conftater d'une maniere fixe &
certaine , le montant des dettes contractées pour
le Service de la Marine & des Colonies , afin de
parvenir à les acquitter , a rendu un Arrèt dans
fon Confeil d'Etat , par lequel Sa Majefté or212
MERCURE DE FRANCE.
donne , que dans trois mois pour tout délai , les
Créanciers ou leurs Tuteurs & Curateurs , foient
tenus de repréfenter les Titres fur lesquels ils
fondent leur créance , pardevant les fieurs de
Fontanieu & de la Bourdonnaye , Conſeillers
d'Etat , Silhouette & de Boullongne , Maître des
Requêtes , & de Cotte , Maître des Requêtes &
Intendant du Commerce , pour être procédé à la
vérification des créances , & pourvû enfuite au
payement , & que les créances demeurent éteintes,
fi elles ne font pas répréſentées dans le terme
prefcrit.
Par un autre Arrêt de fon Confeil d'Etat , le
Roia preferit la forme dans laquelle les Créanciers,
leurs Repréfentans , ou leurs Fondés de procuration
fpéciale , doivent faire la repréfentation de
leurs Titres.
Il paroît une Ordonnance du Roi , en date du
21 Octobre dernier , pour établir une nouvelle
forme dans la compofition des Compagnies détachées
des Dragons , Gardes- Côtes de la Province
de Guyenne. Sa Majesté ordonne , qu'il y aura
dans cette Province 18 Compagnies de Dragons
de so hommes , qui formeront 9 Eſcadrons, & que
ces Dragons feront placés pendant le tems de la,
Guerre , de diftance en diſtance , & feront chargés
de fe rendre , de main en main , les Lettres &
les Avis concernant le Service , pour les faire parvenir
, fans retard , au Commandant Général
& à l'Intendant de la Province.
Dans une feconde Ordonnance , en date du 31
du même mois , Sa Majesté ordonne que les Of
ficiers & Sergents des Compagnies de Fufiliers de
fes Troupes d'Infanterie , foient dorénavant armés
de fufils avec leurs bayonnettes , ainfi que
ceux des Compagnies de Grenadiers.
Le Château de Rhinfels eft une des plus fortes
Places qui foit fur le Rhin. Il eft auprès de Saint
JANVIER. 1759. 213
foar , & lui fert de Citadelle . Cette Place nous
tant abſolument néceffaire pour allurer la liberté
e la navigation du Rhin , le Maréchal de Soubife
chargé le Marquis de Caftries , de s'en rendre
aître ; ce qu'il a exécuté avec tout le fuccès qu'on
ouvoit delirer. La Ville de Saint- Goar a été
Icaladée en même tems , par les Régimens de
aint-Germain & de la Féronnaye. Le Comte de
cey , à la tête de fon Régiment , s'eſt emparé de
chuartz -Haufen , & du Château de Calze. La
arniſon a été faite Priſonniere de Guerre , ainfi
ue celle de Saint- Goar , qui en voulant fe retirer
ans le Château , a été coupée & forcée de fe
endre. Le Gouverneur de ce Château a été fomé
& contraint de capituler. Les Troupes du
oi y font entrées . On y a trouvé une Artil
rie confiderable , dont on donnera le détail ,
orfque le Maréchal de Soubife aura envoyé les
Articles de la Capitulation.
Le Marquis de Caftries a acquis beaucoup
Phonneur , par fa prévoyance , & fon activité dans
oute la conduite de cette entrepriſe. Cette Place
It d'autant plus importante ,, qu'étant pourvue
l'une bonne Garnifon & de toutes les Munitions
éceffaires , elle peut tenir plus de fix femaines ,
u cas qu'elle foit attaquée.
Cette Nouvelle a été apportée par un Courrier
que le Maréchal de Soubife a dépêché , & qui eſt
Arrivé le 6. de ce mois.
Du 9.
Le 2. de ce mois , le Parlement enregistra une
Déclaration du Roi , donnée a Verſailles , le 29
Octobre de la préfente année,portant acceptation
des offres faites par les Notaires de Paris , d'acquérir
27120 liv. de rente au denier 2 , faifant partie
des 3002000 livres de rentes , créées par Edis
du mois d'Avril , fur les Aydes & Gabelles , en
214 MERCURE DE FRANCE.
payant au Tréfor Royal la fomme de 678000 liv.
enconféquence Sa Majefté ordonne que les Notaires
de Paris feront diftraits de l'Etat annéxé
à l'Edit du mois d'Août fuivant , portant création
d'un million effectif d'augmentation de gages.
Du 16.
Le 12 de ce mois , le Parlement , toutes les
Chambres affemblées , enregiſtra un Edit du Roi ,
portant création de 3006000 liv . de Rentes viageres
fur les Aydes & Gabelles. Il eſt ſtatué par
cet Edit , que les Conſtitutions particulieres de ces
Rentes , ne pourront être moindres , fur une
feule tête , de so livres , & fur deux têtes , de
40 livres de jouiffance annuelle , que les Rentes
acquifes fur une feule tête , feront reparties en fix
Claffes ; la premiere , depuis la naiſſance juſqu'à
so ans accomplis , à dix pour cent ; la feconde ,
depuis so , jufqu'à ƒs , à dix & demi ; la troifiéme
, depuis 55 , jufqu'à 60 , à onze ; la quatriéme
, depuis 60 , juſqu'à 65 , à douze ; la cinquiéme
, depuis 65 , juſqu'à 70 , à treize ; la fixiéme
depuis 70 , jufqu'à 75 , ans , & au- deffus ,
à quatorze pour cent , & que les Rentes fur deux
têtes feront acquifes fans diftinction d'âge & de
claffe , à huit pour cent.
On a trouvé dans la Citadelle de Rhinfels 72
piéces de canon , 35 mortiers , & beaucoup de
munitions de Guerre. On y a fait s 30 Priſonniers,
dont 20 Officiers & un Colonel .
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Résumé : De Paris, le 2 Décembre.
Le 2 décembre, le roi de France a pris plusieurs mesures administratives et militaires. Pour régler les dettes de la Marine et des Colonies, il a ordonné aux créanciers de représenter leurs titres dans un délai de trois mois auprès de conseillers d'État et maîtres des requêtes, sous peine de voir leurs créances éteintes. Un autre arrêt a précisé la forme de représentation des titres. Sur le plan militaire, le roi a réorganisé les compagnies de dragons et de fusiliers en Guyenne. Il a créé 18 compagnies de dragons formant 9 escadrons, chargés de transmettre les lettres et avis concernant le service. Une autre ordonnance a stipulé que les officiers et sergents des compagnies de fusiliers doivent être armés de fusils avec baïonnettes, comme ceux des compagnies de grenadiers. Le maréchal de Soubise a pris le contrôle du château de Rhinfels et de la ville de Saint-Goar, capturant les garnisons et une artillerie considérable. Le marquis de Castries a joué un rôle clé dans cette opération, acquérant ainsi beaucoup d'honneur. La nouvelle de cette prise a été apportée par un courrier du maréchal de Soubise, arrivé le 6 janvier. Le 2 janvier, le Parlement a enregistré une déclaration royale acceptant les offres des notaires de Paris d'acquérir des rentes. Le 12 janvier, le Parlement a enregistré un édit créant 3 006 000 livres de rentes viagères sur les aides et gabelles, avec des constitutions particulières selon l'âge et le nombre de têtes. Dans la citadelle de Rhinfels, on a trouvé 72 pièces de canon, 35 mortiers, beaucoup de munitions de guerre, et fait 30 prisonniers, dont 20 officiers et un colonel.
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10946
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Ode, [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER .
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE .
ODE ,
Le Miroir de Vénus à Madame de ***
Page s
6
La Convalescence , Vers de M de ** à M. ΤΟ
Plyché , Fable , II
Le Philofophe foi- difant , Anecdote moderne , 1 3
Le Fruit defiré , Fable allégorique a M. de Boullongne
, Intendant des Finances ,
Vers a M. le Marquis de Marigny ,
Portrait du même ,
Confeil à la jeune Iris ,
46
48
49
50
Suite des Lettres d'une jeune Veuve à un Chevalier
de Malthe , 17
Mots de l'Enigme & du Logogryphe François du
Mercure précédent ,
Mot du Logogryphe Latin ,
Énigme ,
ART.IL.NOUVELLES LITTÉRAIRES.
73
152
73
Logogryphe & Chanſon , 74
Suite de la Lettre de M. Rouſſeau &c. 75
Satyre fur les Hommes , 100
Le Pere de Famille , 109
Suite des ruines de la Gréce , par M. Leroy, 128
Armide à Renaud ,
134
Mémoires fur l'ancienne Chevalerie , 148
Hiftoire de la République de Venile , ibid.
Abrégé Chronolog. de l'Hift. d'Efpagne , ibid.
La Vie de D. Armand-Jean le Boutilier &c. ibid.
Marci Accii Plauti Comoediæ. ibid.
Matthiæ Çafimiri Sarbierii Carmina , 143
Dictionnaire portatif des Conciles ,
ibid.
Effai tur les Maladies Vénériennes ,
Hiſtoire Générale des Guerres ,
Iça
ibid.
216 MERCURE DE FRANCE.
Inftitutions abrégées de Géographie , 151
ibid .
Bigarrures Philofophiques ,
A. Laval , Comédien , à M. J.J. Rouſſeau de Genêve
fur fa Lettre à M. d'Alembert , ibid .
Les Noms changés , ou l'Indifférent corrigé, 152
Diogène à la Campagne ,
ibid.
Lettre de M. le Chevalier Goudar , à un Académicien
de Paris , au fujer de la nouvelle Charrue
à femer ,
Les Avantures de Victoire Ponti ,
SCIENCES ET BELLES - LETTRES.
MEDECINE.
ibid.
ibid .
Lettre à M... inoculé par M. Tronchin , au fujer
de la prétendue petite vérole du fils de M.
Delatour , Receveur des Tailles d'Agen , 154
ACADÉMIE FRANÇOISE.
Prix de Poefie pour l'année 1759 › 170
Prix propofé par l'Académie Royale de Chirurgie
pour l'année 1760 , 172
Extrait d'une Lettre de M. Bouillet , & c. 175
BEAUX- ARTS.
ARTS AGRÉABLES.
Mufique ,
Gravure ,
ART'S UTILES.
"
176
178
Lettre à l'Auteur du Mercure fur l'Agriculture &
l'Economie ruftique , 180
Architecture , 186
SPECTACLE S.
Opéra ,
188
Comédie Françoiſe ,
190
Comédie Italienne , 194
Concert Spirituel ,
193
ARTICLE PREMIER .
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE .
ODE ,
Le Miroir de Vénus à Madame de ***
Page s
6
La Convalescence , Vers de M de ** à M. ΤΟ
Plyché , Fable , II
Le Philofophe foi- difant , Anecdote moderne , 1 3
Le Fruit defiré , Fable allégorique a M. de Boullongne
, Intendant des Finances ,
Vers a M. le Marquis de Marigny ,
Portrait du même ,
Confeil à la jeune Iris ,
46
48
49
50
Suite des Lettres d'une jeune Veuve à un Chevalier
de Malthe , 17
Mots de l'Enigme & du Logogryphe François du
Mercure précédent ,
Mot du Logogryphe Latin ,
Énigme ,
ART.IL.NOUVELLES LITTÉRAIRES.
73
152
73
Logogryphe & Chanſon , 74
Suite de la Lettre de M. Rouſſeau &c. 75
Satyre fur les Hommes , 100
Le Pere de Famille , 109
Suite des ruines de la Gréce , par M. Leroy, 128
Armide à Renaud ,
134
Mémoires fur l'ancienne Chevalerie , 148
Hiftoire de la République de Venile , ibid.
Abrégé Chronolog. de l'Hift. d'Efpagne , ibid.
La Vie de D. Armand-Jean le Boutilier &c. ibid.
Marci Accii Plauti Comoediæ. ibid.
Matthiæ Çafimiri Sarbierii Carmina , 143
Dictionnaire portatif des Conciles ,
ibid.
Effai tur les Maladies Vénériennes ,
Hiſtoire Générale des Guerres ,
Iça
ibid.
216 MERCURE DE FRANCE.
Inftitutions abrégées de Géographie , 151
ibid .
Bigarrures Philofophiques ,
A. Laval , Comédien , à M. J.J. Rouſſeau de Genêve
fur fa Lettre à M. d'Alembert , ibid .
Les Noms changés , ou l'Indifférent corrigé, 152
Diogène à la Campagne ,
ibid.
Lettre de M. le Chevalier Goudar , à un Académicien
de Paris , au fujer de la nouvelle Charrue
à femer ,
Les Avantures de Victoire Ponti ,
SCIENCES ET BELLES - LETTRES.
MEDECINE.
ibid.
ibid .
Lettre à M... inoculé par M. Tronchin , au fujer
de la prétendue petite vérole du fils de M.
Delatour , Receveur des Tailles d'Agen , 154
ACADÉMIE FRANÇOISE.
Prix de Poefie pour l'année 1759 › 170
Prix propofé par l'Académie Royale de Chirurgie
pour l'année 1760 , 172
Extrait d'une Lettre de M. Bouillet , & c. 175
BEAUX- ARTS.
ARTS AGRÉABLES.
Mufique ,
Gravure ,
ART'S UTILES.
"
176
178
Lettre à l'Auteur du Mercure fur l'Agriculture &
l'Economie ruftique , 180
Architecture , 186
SPECTACLE S.
Opéra ,
188
Comédie Françoiſe ,
190
Comédie Italienne , 194
Concert Spirituel ,
193
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles du Mercure de France, couvrant divers genres littéraires et scientifiques. Les pièces fugitives incluent des odes, fables, anecdotes et lettres, avec des œuvres notables telles que 'Le Miroir de Vénus', 'La Convalescence', 'Le Philosophe foi-disant', et une suite de lettres d'une jeune veuve à un chevalier de Malthe. Les nouvelles littéraires comprennent des satires, des mémoires historiques et des traductions d'œuvres classiques comme les comédies de Plaute et les poèmes de Sarbieri. Le dictionnaire portatif des Conciles et des essais sur les maladies vénériennes sont également mentionnés. La section sciences et belles-lettres aborde des sujets variés tels que la médecine, les prix académiques, et les arts agréables comme la musique et la gravure. Les spectacles incluent l'opéra, la comédie française et italienne, et les concerts spirituels.
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10947
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 74. [...] »
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La Chanson notée doit regarder la page 74. [...]
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La Chanfon notée doit regarder la page 74.
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10948
p. 216
« De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Sebastien Jorry, ruë & vis-à-vis la Comédie Françoise. [...] »
De l'Imprimerie de SEBASTIEN JORRY ,
ruë & vis-à-vis la Comédie Françoiſe.
ruë & vis-à-vis la Comédie Françoiſe.
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