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6001
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure [...]
Mots clefs :
Commis
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
L
'ADRESSE generale eft a
Monfieur MOREAU Commis an
Mercure vis - à- vis la Comedie Frangoife , à Paris. Ceux qui pour leur com- modité voudront remettre leurs Paquets cachetez aux Libraires qui vendent le Mercure, à Paris peuventfe fervir de cette voye
pourles faire tenir.
On prie très-inflamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter, & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pagoir paroître leurs Ouvrages , mais
meme de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Librain des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront avoir le Mercure de France de la pre- .
miere main, & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS
L
'ADRESSE generale eft a
Monfieur MOREAU Commis an
Mercure vis - à- vis la Comedie Frangoife , à Paris. Ceux qui pour leur com- modité voudront remettre leurs Paquets cachetez aux Libraires qui vendent le Mercure, à Paris peuventfe fervir de cette voye
pourles faire tenir.
On prie très-inflamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter, & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pagoir paroître leurs Ouvrages , mais
meme de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Librain des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront avoir le Mercure de France de la pre- .
miere main, & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXX. SOLS
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Résumé : AVIS.
Le document traite de la distribution et de la réception du Mercure de France. Les envois doivent être adressés à Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Pour plus de commodité, les lecteurs peuvent également déposer leurs paquets chez les libraires parisiens vendant le Mercure. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste afin d'éviter leur rejet et la perte des ouvrages en l'absence de copies. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers souhaitant recevoir rapidement le Mercure de France, peuvent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau, qui préparera et enverra les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix du Mercure de France est de trente sols.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6002
s. p.
PARAPHRASE DU PSEAUME II. Quare fremuerunt gents, &c. STANCES.
Début :
Quelle étrange fureur arme toute la terre ? [...]
Mots clefs :
Terre, Lois, Puissance, Cieux, Souverain, Coups, Psaume
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texteReconnaissance textuelle : PARAPHRASE DU PSEAUME II. Quare fremuerunt gents, &c. STANCES.
PARAPHRASE DUPSEAUME II,
Quare fremuerunt gentes , &c.
STANCES.
Uelle étrange fureur arme toute la
terre ?
Quel démon furieux agite les es
prits ?
Je vois déja par tout les horreurs de la guerre à
Je vois tous les peuples aigris.
Craignez l'éclat de la tempête ;
C'estcontre vous qu'elle s'apprête ,
Aij Ro
200 MERCURE
DE FRANCE
Rojs , qui vous soulevez contre le Roy des Rois
Les peuples que votre injustice ,
Vient d'armer pour votre supplice >
Scauront bien, malgré, vous,fouler aux pieds vos
Loix.
Celui qui dans les Cieux dispose de la foudre
Scait par des coups certains punir l'audacieux ;
D'un seulde ses regards, il brise , il met en poudre ,
Le Trône ,le plus glorieux.
Tremblez , Monarques de la terre ,
Craignez l'éclat de son tonnere,
Craignez dans sa fureur le bras du Tout - Puise
sant.
S'il a bien pû vous donner l'être ,
Sçachez qu'il est toujours le maître
De vous faire rentrer dans le premier néant.
Pour moi que dans Sion sa main droite cou
ronne ,
mets toute ma gloire à respecter ses loix :
Au milieu des grandeurs dont l'éclat m’envig
ronne,
Mon cœur est soumis à sa voix :
Toujours tremblant en sa présence ;
Je reconnois que ma Puissance ,
N'est qu'un den de şa main , qu'il peut me le
tavit, Pes
FEVRIER 17327 201
Des Oracles qu'il me révéle ,
Ma bouche , interprete fidelle ,
Fait connoître son nom aux peuples à venir.
Cieux, écoutez a voix : Terre, prêtez silences
De l'Etre souverain j'annonce les décrets ;
Je le vois , je le sens et déja sa présence
Me découvre tous ses secrets.
Ville de Sion , Cité sainte ,
Seche tes pleurs , cessé ta plainte,
Pour ton Liberateur , les Cieux doivent s'ouvrir
Voy quelle est ma bonté suprême ;
C'est mon Fils , qu'un amour extrême ,
Engendra de tout temps , pour être Homme er
mourir.
Il doit mourir , ce Fils , pour expier ton crime;
Lui seul de ma fureur , peut arrêter les coups.
Et par le noble Sang d'une telle Victime ,
J'appaiserai tout mon couroux.
Je ferai tout à sa priere ,
Il aura ma Puissance entiere.
Toutes les Nations écouteront sa voix ;
Les cœurs devenus plus sensibles ,
Respecteront ses Loix paisibles ;
Et comme un foible Vase ; il brisera les Rois.
Aiij Nous
1
202 MERCURE DE FRANCE
Nous , que sa main forma du Limon de la terre ,
Gémissons dans nos cœurs , Princes, Rois, Souverains ;
Notre vaine Grandeur est sujette au tonnerre
Notre Puissance est dans ses mains.
Pour rendre la justice aux hommes ,
Il nous a faits ce que nous sommes ;
Principe de justice , il peut seul l'enseigner.
Servons sa Majesté suprême ,
Dansun respect le plus extrême ;
Apprenons dans ses Loix,le grand art de regner ;
Soumettons- nous au joug de ce Souverain
Maître ,
"
Celui qu'il nous impose , est gracieux et doux.
Craignons que sa fureur , toute prête à paroî
tre ,
Ne nous écrase sous ses coups.
Heureux celui dont l'innocence
A mis en lui son esperance !
Heureux qui de ses pleurs , arrose ses Autels !
Celui-là seul pourra lui plaire ,
Au jour terrible où sa colere ,
Viendra perdre à jamais les injustes mortels.
E. M. I. D. L. Solitaire des bords
de la Marne.
Quare fremuerunt gentes , &c.
STANCES.
Uelle étrange fureur arme toute la
terre ?
Quel démon furieux agite les es
prits ?
Je vois déja par tout les horreurs de la guerre à
Je vois tous les peuples aigris.
Craignez l'éclat de la tempête ;
C'estcontre vous qu'elle s'apprête ,
Aij Ro
200 MERCURE
DE FRANCE
Rojs , qui vous soulevez contre le Roy des Rois
Les peuples que votre injustice ,
Vient d'armer pour votre supplice >
Scauront bien, malgré, vous,fouler aux pieds vos
Loix.
Celui qui dans les Cieux dispose de la foudre
Scait par des coups certains punir l'audacieux ;
D'un seulde ses regards, il brise , il met en poudre ,
Le Trône ,le plus glorieux.
Tremblez , Monarques de la terre ,
Craignez l'éclat de son tonnere,
Craignez dans sa fureur le bras du Tout - Puise
sant.
S'il a bien pû vous donner l'être ,
Sçachez qu'il est toujours le maître
De vous faire rentrer dans le premier néant.
Pour moi que dans Sion sa main droite cou
ronne ,
mets toute ma gloire à respecter ses loix :
Au milieu des grandeurs dont l'éclat m’envig
ronne,
Mon cœur est soumis à sa voix :
Toujours tremblant en sa présence ;
Je reconnois que ma Puissance ,
N'est qu'un den de şa main , qu'il peut me le
tavit, Pes
FEVRIER 17327 201
Des Oracles qu'il me révéle ,
Ma bouche , interprete fidelle ,
Fait connoître son nom aux peuples à venir.
Cieux, écoutez a voix : Terre, prêtez silences
De l'Etre souverain j'annonce les décrets ;
Je le vois , je le sens et déja sa présence
Me découvre tous ses secrets.
Ville de Sion , Cité sainte ,
Seche tes pleurs , cessé ta plainte,
Pour ton Liberateur , les Cieux doivent s'ouvrir
Voy quelle est ma bonté suprême ;
C'est mon Fils , qu'un amour extrême ,
Engendra de tout temps , pour être Homme er
mourir.
Il doit mourir , ce Fils , pour expier ton crime;
Lui seul de ma fureur , peut arrêter les coups.
Et par le noble Sang d'une telle Victime ,
J'appaiserai tout mon couroux.
Je ferai tout à sa priere ,
Il aura ma Puissance entiere.
Toutes les Nations écouteront sa voix ;
Les cœurs devenus plus sensibles ,
Respecteront ses Loix paisibles ;
Et comme un foible Vase ; il brisera les Rois.
Aiij Nous
1
202 MERCURE DE FRANCE
Nous , que sa main forma du Limon de la terre ,
Gémissons dans nos cœurs , Princes, Rois, Souverains ;
Notre vaine Grandeur est sujette au tonnerre
Notre Puissance est dans ses mains.
Pour rendre la justice aux hommes ,
Il nous a faits ce que nous sommes ;
Principe de justice , il peut seul l'enseigner.
Servons sa Majesté suprême ,
Dansun respect le plus extrême ;
Apprenons dans ses Loix,le grand art de regner ;
Soumettons- nous au joug de ce Souverain
Maître ,
"
Celui qu'il nous impose , est gracieux et doux.
Craignons que sa fureur , toute prête à paroî
tre ,
Ne nous écrase sous ses coups.
Heureux celui dont l'innocence
A mis en lui son esperance !
Heureux qui de ses pleurs , arrose ses Autels !
Celui-là seul pourra lui plaire ,
Au jour terrible où sa colere ,
Viendra perdre à jamais les injustes mortels.
E. M. I. D. L. Solitaire des bords
de la Marne.
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Résumé : PARAPHRASE DU PSEAUME II. Quare fremuerunt gents, &c. STANCES.
Le poème 'Paraphrase du Psaume II', publié dans le Mercure de France en février 1732, décrit une fureur générale comparée à une tempête imminente. Les peuples, armés par l'injustice, se soulèvent contre le 'Roi des Rois'. Le texte met en garde les monarques contre la colère divine, capable de détruire les trônes les plus glorieux. Il souligne que Dieu est le maître suprême, capable de réduire les rois au néant. Le poète exprime sa soumission à Dieu et sa mission de révéler Ses décrets. Il annonce la venue d'un libérateur, le Fils de Dieu, qui mourra pour expier les crimes des hommes et apporter la paix. Les nations écouteront sa voix et respecteront ses lois. Les princes, rois et souverains sont appelés à reconnaître leur vaine grandeur et à se soumettre à la justice divine. Le poème se termine par une exhortation à craindre la fureur de Dieu et à chercher l'innocence pour plaire à Dieu au jour du jugement.
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6003
p. 229-231
A MAD. ***.
Début :
Le tems qui fuit, ou plutôt qui s'envole, [...]
Mots clefs :
Temps, Destin, Saisons, Charmes
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texteReconnaissance textuelle : A MAD. ***.
A MAD. ***.
E tems qui fuit , ou plutôt qui s'envole
Prend toujours , en fuyant, quelque chose sur
nous
By C'est
230 MERCURE DE FRANCE
C'est un assassin qui nous vole ,
Par un Art insensible et doux.
Qu'on s'en plaint justement , qu'à bon droit on
l'accuse ,
De promettre sans cesse et ne tenir jamais !
Imperceptiblement le perfide nous use ,
Nous déçoit, nous séduit, et souvent nous amuse,
De vains desirs , de fauts projets ;
Dont sottement l'ame se préoccupe.
Bientôt nous éprouvons par de cruels effets ,
Qu'attendre trop de lui , c'est en être la duppe ,
Et sés dons les plus sûrs sont de tristes regrets.
Mais à quoi bon la Morale ennuyeuse ?
Le Destin veut qu'ainsi le tems nous traite tous.
C'est pour vous, seule Immortelle. ...
Que ce Dieu va d'une aîle paresseuse ;
La Parque à beau filer et frémir de couroux
Il suspend devant vous sa course impetueuse.
Vos charmes semblent être à l'abri de leurs coups,
Et ce tyran cruel , ce destructeur terrible,
Paroît cesser d'être infléxible ,
'Puisque jamais il n'a rien pris sur vous.
Tour à tour la Nature à son devoir fidelle ,
Brille , languit , se renouvelle.
Mais qu'elle fasse attendre ou donner les beaux
jours ,
( Pouvoir que vous avez comme elle )
Des diverses saisons on n'a point vû le cours ,
Vous
FEVRIER. 1732. 231
Vous rendre moins aimable ni moins belle ;
Suivie avec ardeur des Graces , des Amours ;
Coinme Venus , qui vous voit , vous adore :
Tout l'éclat du Printemps regne sur vous encore,
Par cet esprit perçant , vif , juste et sans détours ;
A chaque instant on voit éclore ,
Même en dépit de la jalouse Flore ,
Sur vos traits délicats, sur vos moindres discours,
Des fleurs qui duréront toûjours.
L'ardeur que l'amitié vous donne ,
De vos yeux , la vivacité ,
Entretiennent chez vous le plus charmant Eté;
A votre generosité ,
Goût exquis , abondance , on reconnoît l'Automne ;
L'hyver qui tristement de glaçons se couronne ,
Dont les froids Aquilons suivent toûjours les pas,
Ne s'exprime en votre personne ,
Que par la nege et les frimats ,
Qui paroissent couvrir votre sein et vos bras.
Je me trompois , et mon erreur m'étonne
Au grand regret de maints adorateurs
Dont un Essain toûjours vous environne
Pour eux votre insensible cœur ,
Exprime mieux encor l'hiver et sa rigueur
E tems qui fuit , ou plutôt qui s'envole
Prend toujours , en fuyant, quelque chose sur
nous
By C'est
230 MERCURE DE FRANCE
C'est un assassin qui nous vole ,
Par un Art insensible et doux.
Qu'on s'en plaint justement , qu'à bon droit on
l'accuse ,
De promettre sans cesse et ne tenir jamais !
Imperceptiblement le perfide nous use ,
Nous déçoit, nous séduit, et souvent nous amuse,
De vains desirs , de fauts projets ;
Dont sottement l'ame se préoccupe.
Bientôt nous éprouvons par de cruels effets ,
Qu'attendre trop de lui , c'est en être la duppe ,
Et sés dons les plus sûrs sont de tristes regrets.
Mais à quoi bon la Morale ennuyeuse ?
Le Destin veut qu'ainsi le tems nous traite tous.
C'est pour vous, seule Immortelle. ...
Que ce Dieu va d'une aîle paresseuse ;
La Parque à beau filer et frémir de couroux
Il suspend devant vous sa course impetueuse.
Vos charmes semblent être à l'abri de leurs coups,
Et ce tyran cruel , ce destructeur terrible,
Paroît cesser d'être infléxible ,
'Puisque jamais il n'a rien pris sur vous.
Tour à tour la Nature à son devoir fidelle ,
Brille , languit , se renouvelle.
Mais qu'elle fasse attendre ou donner les beaux
jours ,
( Pouvoir que vous avez comme elle )
Des diverses saisons on n'a point vû le cours ,
Vous
FEVRIER. 1732. 231
Vous rendre moins aimable ni moins belle ;
Suivie avec ardeur des Graces , des Amours ;
Coinme Venus , qui vous voit , vous adore :
Tout l'éclat du Printemps regne sur vous encore,
Par cet esprit perçant , vif , juste et sans détours ;
A chaque instant on voit éclore ,
Même en dépit de la jalouse Flore ,
Sur vos traits délicats, sur vos moindres discours,
Des fleurs qui duréront toûjours.
L'ardeur que l'amitié vous donne ,
De vos yeux , la vivacité ,
Entretiennent chez vous le plus charmant Eté;
A votre generosité ,
Goût exquis , abondance , on reconnoît l'Automne ;
L'hyver qui tristement de glaçons se couronne ,
Dont les froids Aquilons suivent toûjours les pas,
Ne s'exprime en votre personne ,
Que par la nege et les frimats ,
Qui paroissent couvrir votre sein et vos bras.
Je me trompois , et mon erreur m'étonne
Au grand regret de maints adorateurs
Dont un Essain toûjours vous environne
Pour eux votre insensible cœur ,
Exprime mieux encor l'hiver et sa rigueur
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Résumé : A MAD. ***.
Le texte est une lettre poétique adressée à une femme, comparant le passage du temps à un voleur insidieux qui prend toujours quelque chose de nous. Le temps est décrit comme un assassin qui promet sans jamais tenir, usant et décevant les individus. La morale est jugée ennuyeuse, car le destin veut que le temps traite ainsi tout le monde. Cependant, la destinataire est présentée comme immortelle, échappant aux ravages du temps. Ses charmes sont comparés aux saisons : elle incarne le printemps par son esprit vif, l'été par son amitié ardente, l'automne par sa générosité et son goût exquis, et l'hiver par son cœur insensible. Malgré les saisons, elle reste toujours belle et aimable, adorée comme Vénus.
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6004
p. 251-259
LETTRE à M.D. Chanoine de N. D. d'A...... sur l'antiquité & la durée de l'usage d'employer le terme d'Adorer envers d'autres que Dieu.
Début :
La description qui paroît depuis peu, Monsieur, des beautez de [...]
Mots clefs :
Adorer, Histoire, Livre, Journal des savants, Auteur, Langage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M.D. Chanoine de N. D. d'A...... sur l'antiquité & la durée de l'usage d'employer le terme d'Adorer envers d'autres que Dieu.
LETTRE à M. D. Chanoine de N. D.
d'A...... surl'antiquité & la durée de
L'usage d'employer le terme d'Adorer envers d'autres que Diew
L
A description qui paroît depuis peu,
Monsieur , des beautez de Fontainebleau , où vous avez pris naissance , doit Ciiij exciter
252 MERCURE DE FRANCE
exciter la curiosité non- seulement detous
les Etrangers , mais encore celle des personnes qui s'attachent aux Histoires accompagnées de digressions sçavantes et
instructives. J'en ai remarqué plusieurs
de cette forte dans ce nouveau Livre , ét
quelques- unes sont decelles-là même ausquelles le Journal des Sçavans nous fait
faire attention. La remarque de M. l'Abbé Guilbert touchant l'Inscription qui se
lit à l'entrée de la Chapelle Royale de
Fontainebleau , étoit necessaire dans son
ouvrage. Je connois des personnes pieuses qui ont paru surprises de cette Inscription ; mais commece peuvent être des
gens de bien d'une pieté plus abondante
en chaleur qu'en lumieres , il ne faut pas
s'étonner que ceux qui sont de ce caractere
trouvent quelquefois des reformes à faire
dans le langage des livres les plus anciens
et les plus respectables. M. Guilbert a
donc très-sagement fait d'observer l'antiquité de l'usage du terme d'Adorer
signifier seulement en general respecter,
honorer , et sa remarqueétoit d'autant plus
necessaire que cette Chapelle étant fre- quentée à present plus que jamais par les
Etrangers , il est bon de leur faire comprendre que par l'expression Adorate Re- gem du premier Livre des Paralipomenes;
pour
chap.
FEVRIER 17327 253
quece
chap. 29. v. 20. l'on n'entend autre chose
ece qui est signifié par ces autres termes
de la premiere Epitre de S. Pierre Regem
bonorificate. Ce langage se trouve non- seu
lement dans l'Ecriture Sainte et dans les
Conciles , mais aussi dans les Saints Peres
et chez les Historiens. Lisez Saint Paulin,
Natalit 9. vous y verrez ces deux vers :
:
Ecce Sacerdotis reditum satiatus adoro
Suspiciens humili metantem in corpore Christum
Lisez dans S.Jerôme laLettre de Ste. Paule
et d'Eustochium à Marcelle touchant les
Monumens qui sont à voir et à revérer dans
la Palestine il y est dit qu'il ne faut pas
oublier d'aller à Samarie et d'y adorer les
cendres de S. Jean- Baptiste , ni celles des
Prophétes Elisée et Abdias. Samariamper
gere , et Joannis Baptista , Elisai quoque et
Abdiapariter cineres adorare. Au moment
que j'écris ceci je me souviens que ce terme Adorare est souvent employé dans
P'histoire des Evêques du Mans au troisiéme Tome des Analectes de Dom MabilIon : Vous pourez y recouvrir en sûreté.
Je trouve aussi dans les Antiquités de la
Ville de Castre de Borel à la page 11. un
fragment d'un Manuscrit d'Odon Aribet,
où je lis touchant Bernard Comte de Toulouse , Tolosam venit et Regem Carolum in
Cv Canobio
254 MERCURE DE FRANCE
Cenobio S. Saturninijuxta Tolosam adoravit. Consultez outre cela ce qui a été écrit
par le Cardinal Baronius ausujet de la découverte du Corps de Sainte Cecile , faite
sous le Pontificat de Clement VIII. en
l'an 1599. et vous y trouverez le terme
Adorare pareillement usité en fait.de Reliques. Le Poëte qui a composé les vers
qui se lisent au bas de la Statue Equestre
de Louis XIII. au Frontispice du grand
Mezeray de l'an 1643. étoit apparemment
instruit de ce langage , et il se regardoit
comme autorisé par l'expression gravéeaus
Portail de Fontainebleau, puisqu'il a com
mencé ainsi son Quatrain :
Ce grand Roy dont voici l'adorable visage ·
Vainqueur de ce bas monde au Ciel est remonté.
Un Auteurqui meriteroit de devenir fa--
milier à toutes les personnes qui aiment
les belles Lettres , comme ayant été l'un
des plus habiles humanistes de son siecle,
et Precepteur de quelques Enfans de nos
Rois , ( a ) est Heric, Moine d'Auxerre.
On â de lui une vie de S. Germain Evêque d'Auxerre écrite en vers qui ne sont
point à mépriser , et qui fut rendue puConcil. P'Abb. ad an. 1592:
( a ) De Lothaire Fils de Charles le Chauve."-
blique
FEVRIER. 1732. 255
blique sous François I. dans le tems du
rétablissement des belles Lettres. On a
encore de lui une histoire des Miracles.
de ce grand Evêque. C'est dans ce dernier ouvrage , quoiqu'écrit en Prose, qu'il
donneentrois endroits au corps ou au tombeau de S. Germain l'épithete d'Adorable.
Premierement , lib. 1. cap. 27. il dit que le
Roy Clothaire I. fidele heritier et Imitateur de la devotion que Sainte Clotilde
sa Mere avoit eue envers ce Saint , fit enTourer so n Sepulcre d'un grillage d'argent
et il s'exprime ainsi : Materna devotionis
fidissimus executor et hæres , post genitricis
excessumsuperadorandam beatissimi Germani memoriam regalibus expensis fredam ( a )
composuit. Le second endroit est au chapitre 54. du même Livre , où il dit , Adorandi corporis. Et le troisiéme se lit au second Livre chapitre 9. qui contient comment le Roy Charles le Chauve voulut
assister en personne à la Tranflation qu'il
fit faire du corps de ce Saint pour le jour de
Epiphanie del'an 59. où l'Historien témoinoculaire remarque que ce grandPrincecouvrit lui-même les Ossemens avec des
étoffes précieuses , et qu'ayant été portez
jusques dans le lieu destiné , il y plaça
(a) Heric a été obligé de se servir de ce terme quoique de basse latinité,
Cvj aussi
256 MERCURE DE FRANCE
aussi lui-même le Saint Corps. Rex Carolus operosis denuò palliis corpus venerabile decenter ambivit , et deux lignes après , thesaurum incomparabilem adorandi corporis
ejus ..... principali reverentiâ transpositum collocavit.
port
Je metens , Monsieur , un peu plus sur
cet Auteur que sur les autres , par rapà l'omission que M. l'Abbé Guilbert
à faite de parler de la devotion du Roy
Robert envers S. Germain l'Auxerrois
dont yoici l'article qu'il faisoit à son sujet.
C'est que ce Saint Roi bâtit dans la Forêt
de Bievre une Eglise en l'honneur de ce
Saint au rapport d'Helgaud Ecrivain de sa
vie. Il semble que comme la Forèt de
Fontainebleaun'est autre que celle qui por
toit enciennement le nom de Biévre c'étoit une chose à remarquer , en faisant
observer incidemment que le titre de l'Eglise Paroissiale du Louvre à Paris est sous
la même Invocation , et que plusieurs prétendent que le nom de S. Germain- enLaye vient aussi primitivement d'une
Eglise de Saint Germain d'Auxerre située
dans le Bois de Laye à l'endroit où ce Saint
Prélat fit un Miracle , ou au moins une
Station au sortir de Nanterre. Il n'est pas
étonnant que des Ecrivains assurez de tous
ces faits ayent avancé que nos Rois ont regardé
FEVRIER. 1732. 257
gardé le Prélat Auxerrois comme l'un des
plus grands Titulaires de leur Royaume,
et que la Nation l'envisagera toujours
pour tel. C'est ce qui est fondé sur les
prodiges merveilleux qu'il opera pendant
sa vie et sur l'utilité dont il fut à tous les
habitans des Gaules : Verité reconnuë par
les Historiens de France les plus modernes , et qui fait dire au Pere de Longue
val Jesuite dans sa nouvelle Histoire Ecclesiastique de ce Royaume , ( a ) que
Saint Germain fut l'un des plus parfaits
modeles de Sainteté , et un des plus ardents
défenseurs de la Foy , l'honneur et la consolation de l'Eglise Gallicanne , le fleau de l'heresie, le Pere des Peuples , le refuge de tous les
malheureux. Un peu d'attention à ces dernieres épithetes fera voir que l'on n'avoit
pas tant de tort de l'honorer d'une maniere
plus speciale dans certains Pays de la France dont le territoire est peufecond et où la
misere est plus commune. Si l'épithete
Adorandus ne se prodiguoit point envers
tous les Saints , on ne peut nier qu'il ne
pût être appliqué à ceux qui meritoient
une veneration plus éclatante , et qu'Heric a été bien fondé de s'en servir à l'égard
de Saint Germain d'Auxerre. Ceux qui en
douteroient peuvent recourir à l'Histoire
(a ) Tomepremier,page 457.
de
258 MERCURE DE FRANCE
de sa Vie écrite par Constance Prêtre de
l'Eglise de Lyon qui vivoit dans le même
siecle que ce Saint Evêque , Auteur celebre qui ne peutêtre inconnu dansles Eglises de la Province Ecclesiatique dont Lyon
est la Capitale , et auquel le Pere de Colonia Jesuite a donné à juste titre les éloges qu'il merite , dans son Histoire Litteraire de Lyon. En un mot , si les Rois de
la Terre meritent les adorations , c'est- àdire , les respects des Peuples , à plus forte
raison les Saints qu'on lit avoir été adorez
par les Rois dans le même sens d'adoration que j'ai déja dit , et qui de plus ont
été invoquez tant de fois et si formellement par ces mêmes Rois , tel qu'est le
Prélat à l'occasion duquel j'ai fait cette di
gression.
Pour revenir donc à Adorate Regem , ce
langage est si ancien et si peu choquant
en lui même , qu'il est reçu dans l'usages
vulgaire , et comme on a dit adorer l'Empereur,on dit de même aujourd'hui adorer
le Pape , aller à l'adoration du Pape ; adoration qui n'est dans lele fond qu'une simple marque de respect , et qui consistoit
quelquefois dans un baiser comme l'étymologie du nom le signifie. De là vint l'usage des anciens Payens lorsqu'ils vouloient honorer un objet éloigné , tel que
le
FEVRIER. 1732 259
le Soleil et la Lune , de s'incliner devant lui , en appliquant le bout de la
main sur la bouche , de la même maniere
que nous obligeons les enfans de nous faire lorsque nous leur disons de baiser la
main avant que de les gratifier d'un petit
present. Il y a une Eglise en France ( a ):
où l'on voit dans des bas-reliefs une figure dans cette attitude; et qui baise sa main
par respect , pour les fausses Divinitez.
C'est ce que le Livre de Job appelle un
grand péché et un renoncement de Dieu.
(b)Je n'en dis pas davantage sur cette
matiere , et je finis , en vous assurant que
je suis , &c..
(a) A Cahors.
Au mois d'Aoust 1731.-
( b ) Job. cap. 31. ¥. 26. 27. 28.
d'A...... surl'antiquité & la durée de
L'usage d'employer le terme d'Adorer envers d'autres que Diew
L
A description qui paroît depuis peu,
Monsieur , des beautez de Fontainebleau , où vous avez pris naissance , doit Ciiij exciter
252 MERCURE DE FRANCE
exciter la curiosité non- seulement detous
les Etrangers , mais encore celle des personnes qui s'attachent aux Histoires accompagnées de digressions sçavantes et
instructives. J'en ai remarqué plusieurs
de cette forte dans ce nouveau Livre , ét
quelques- unes sont decelles-là même ausquelles le Journal des Sçavans nous fait
faire attention. La remarque de M. l'Abbé Guilbert touchant l'Inscription qui se
lit à l'entrée de la Chapelle Royale de
Fontainebleau , étoit necessaire dans son
ouvrage. Je connois des personnes pieuses qui ont paru surprises de cette Inscription ; mais commece peuvent être des
gens de bien d'une pieté plus abondante
en chaleur qu'en lumieres , il ne faut pas
s'étonner que ceux qui sont de ce caractere
trouvent quelquefois des reformes à faire
dans le langage des livres les plus anciens
et les plus respectables. M. Guilbert a
donc très-sagement fait d'observer l'antiquité de l'usage du terme d'Adorer
signifier seulement en general respecter,
honorer , et sa remarqueétoit d'autant plus
necessaire que cette Chapelle étant fre- quentée à present plus que jamais par les
Etrangers , il est bon de leur faire comprendre que par l'expression Adorate Re- gem du premier Livre des Paralipomenes;
pour
chap.
FEVRIER 17327 253
quece
chap. 29. v. 20. l'on n'entend autre chose
ece qui est signifié par ces autres termes
de la premiere Epitre de S. Pierre Regem
bonorificate. Ce langage se trouve non- seu
lement dans l'Ecriture Sainte et dans les
Conciles , mais aussi dans les Saints Peres
et chez les Historiens. Lisez Saint Paulin,
Natalit 9. vous y verrez ces deux vers :
:
Ecce Sacerdotis reditum satiatus adoro
Suspiciens humili metantem in corpore Christum
Lisez dans S.Jerôme laLettre de Ste. Paule
et d'Eustochium à Marcelle touchant les
Monumens qui sont à voir et à revérer dans
la Palestine il y est dit qu'il ne faut pas
oublier d'aller à Samarie et d'y adorer les
cendres de S. Jean- Baptiste , ni celles des
Prophétes Elisée et Abdias. Samariamper
gere , et Joannis Baptista , Elisai quoque et
Abdiapariter cineres adorare. Au moment
que j'écris ceci je me souviens que ce terme Adorare est souvent employé dans
P'histoire des Evêques du Mans au troisiéme Tome des Analectes de Dom MabilIon : Vous pourez y recouvrir en sûreté.
Je trouve aussi dans les Antiquités de la
Ville de Castre de Borel à la page 11. un
fragment d'un Manuscrit d'Odon Aribet,
où je lis touchant Bernard Comte de Toulouse , Tolosam venit et Regem Carolum in
Cv Canobio
254 MERCURE DE FRANCE
Cenobio S. Saturninijuxta Tolosam adoravit. Consultez outre cela ce qui a été écrit
par le Cardinal Baronius ausujet de la découverte du Corps de Sainte Cecile , faite
sous le Pontificat de Clement VIII. en
l'an 1599. et vous y trouverez le terme
Adorare pareillement usité en fait.de Reliques. Le Poëte qui a composé les vers
qui se lisent au bas de la Statue Equestre
de Louis XIII. au Frontispice du grand
Mezeray de l'an 1643. étoit apparemment
instruit de ce langage , et il se regardoit
comme autorisé par l'expression gravéeaus
Portail de Fontainebleau, puisqu'il a com
mencé ainsi son Quatrain :
Ce grand Roy dont voici l'adorable visage ·
Vainqueur de ce bas monde au Ciel est remonté.
Un Auteurqui meriteroit de devenir fa--
milier à toutes les personnes qui aiment
les belles Lettres , comme ayant été l'un
des plus habiles humanistes de son siecle,
et Precepteur de quelques Enfans de nos
Rois , ( a ) est Heric, Moine d'Auxerre.
On â de lui une vie de S. Germain Evêque d'Auxerre écrite en vers qui ne sont
point à mépriser , et qui fut rendue puConcil. P'Abb. ad an. 1592:
( a ) De Lothaire Fils de Charles le Chauve."-
blique
FEVRIER. 1732. 255
blique sous François I. dans le tems du
rétablissement des belles Lettres. On a
encore de lui une histoire des Miracles.
de ce grand Evêque. C'est dans ce dernier ouvrage , quoiqu'écrit en Prose, qu'il
donneentrois endroits au corps ou au tombeau de S. Germain l'épithete d'Adorable.
Premierement , lib. 1. cap. 27. il dit que le
Roy Clothaire I. fidele heritier et Imitateur de la devotion que Sainte Clotilde
sa Mere avoit eue envers ce Saint , fit enTourer so n Sepulcre d'un grillage d'argent
et il s'exprime ainsi : Materna devotionis
fidissimus executor et hæres , post genitricis
excessumsuperadorandam beatissimi Germani memoriam regalibus expensis fredam ( a )
composuit. Le second endroit est au chapitre 54. du même Livre , où il dit , Adorandi corporis. Et le troisiéme se lit au second Livre chapitre 9. qui contient comment le Roy Charles le Chauve voulut
assister en personne à la Tranflation qu'il
fit faire du corps de ce Saint pour le jour de
Epiphanie del'an 59. où l'Historien témoinoculaire remarque que ce grandPrincecouvrit lui-même les Ossemens avec des
étoffes précieuses , et qu'ayant été portez
jusques dans le lieu destiné , il y plaça
(a) Heric a été obligé de se servir de ce terme quoique de basse latinité,
Cvj aussi
256 MERCURE DE FRANCE
aussi lui-même le Saint Corps. Rex Carolus operosis denuò palliis corpus venerabile decenter ambivit , et deux lignes après , thesaurum incomparabilem adorandi corporis
ejus ..... principali reverentiâ transpositum collocavit.
port
Je metens , Monsieur , un peu plus sur
cet Auteur que sur les autres , par rapà l'omission que M. l'Abbé Guilbert
à faite de parler de la devotion du Roy
Robert envers S. Germain l'Auxerrois
dont yoici l'article qu'il faisoit à son sujet.
C'est que ce Saint Roi bâtit dans la Forêt
de Bievre une Eglise en l'honneur de ce
Saint au rapport d'Helgaud Ecrivain de sa
vie. Il semble que comme la Forèt de
Fontainebleaun'est autre que celle qui por
toit enciennement le nom de Biévre c'étoit une chose à remarquer , en faisant
observer incidemment que le titre de l'Eglise Paroissiale du Louvre à Paris est sous
la même Invocation , et que plusieurs prétendent que le nom de S. Germain- enLaye vient aussi primitivement d'une
Eglise de Saint Germain d'Auxerre située
dans le Bois de Laye à l'endroit où ce Saint
Prélat fit un Miracle , ou au moins une
Station au sortir de Nanterre. Il n'est pas
étonnant que des Ecrivains assurez de tous
ces faits ayent avancé que nos Rois ont regardé
FEVRIER. 1732. 257
gardé le Prélat Auxerrois comme l'un des
plus grands Titulaires de leur Royaume,
et que la Nation l'envisagera toujours
pour tel. C'est ce qui est fondé sur les
prodiges merveilleux qu'il opera pendant
sa vie et sur l'utilité dont il fut à tous les
habitans des Gaules : Verité reconnuë par
les Historiens de France les plus modernes , et qui fait dire au Pere de Longue
val Jesuite dans sa nouvelle Histoire Ecclesiastique de ce Royaume , ( a ) que
Saint Germain fut l'un des plus parfaits
modeles de Sainteté , et un des plus ardents
défenseurs de la Foy , l'honneur et la consolation de l'Eglise Gallicanne , le fleau de l'heresie, le Pere des Peuples , le refuge de tous les
malheureux. Un peu d'attention à ces dernieres épithetes fera voir que l'on n'avoit
pas tant de tort de l'honorer d'une maniere
plus speciale dans certains Pays de la France dont le territoire est peufecond et où la
misere est plus commune. Si l'épithete
Adorandus ne se prodiguoit point envers
tous les Saints , on ne peut nier qu'il ne
pût être appliqué à ceux qui meritoient
une veneration plus éclatante , et qu'Heric a été bien fondé de s'en servir à l'égard
de Saint Germain d'Auxerre. Ceux qui en
douteroient peuvent recourir à l'Histoire
(a ) Tomepremier,page 457.
de
258 MERCURE DE FRANCE
de sa Vie écrite par Constance Prêtre de
l'Eglise de Lyon qui vivoit dans le même
siecle que ce Saint Evêque , Auteur celebre qui ne peutêtre inconnu dansles Eglises de la Province Ecclesiatique dont Lyon
est la Capitale , et auquel le Pere de Colonia Jesuite a donné à juste titre les éloges qu'il merite , dans son Histoire Litteraire de Lyon. En un mot , si les Rois de
la Terre meritent les adorations , c'est- àdire , les respects des Peuples , à plus forte
raison les Saints qu'on lit avoir été adorez
par les Rois dans le même sens d'adoration que j'ai déja dit , et qui de plus ont
été invoquez tant de fois et si formellement par ces mêmes Rois , tel qu'est le
Prélat à l'occasion duquel j'ai fait cette di
gression.
Pour revenir donc à Adorate Regem , ce
langage est si ancien et si peu choquant
en lui même , qu'il est reçu dans l'usages
vulgaire , et comme on a dit adorer l'Empereur,on dit de même aujourd'hui adorer
le Pape , aller à l'adoration du Pape ; adoration qui n'est dans lele fond qu'une simple marque de respect , et qui consistoit
quelquefois dans un baiser comme l'étymologie du nom le signifie. De là vint l'usage des anciens Payens lorsqu'ils vouloient honorer un objet éloigné , tel que
le
FEVRIER. 1732 259
le Soleil et la Lune , de s'incliner devant lui , en appliquant le bout de la
main sur la bouche , de la même maniere
que nous obligeons les enfans de nous faire lorsque nous leur disons de baiser la
main avant que de les gratifier d'un petit
present. Il y a une Eglise en France ( a ):
où l'on voit dans des bas-reliefs une figure dans cette attitude; et qui baise sa main
par respect , pour les fausses Divinitez.
C'est ce que le Livre de Job appelle un
grand péché et un renoncement de Dieu.
(b)Je n'en dis pas davantage sur cette
matiere , et je finis , en vous assurant que
je suis , &c..
(a) A Cahors.
Au mois d'Aoust 1731.-
( b ) Job. cap. 31. ¥. 26. 27. 28.
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Résumé : LETTRE à M.D. Chanoine de N. D. d'A...... sur l'antiquité & la durée de l'usage d'employer le terme d'Adorer envers d'autres que Dieu.
La lettre aborde l'antiquité et la durée de l'usage du terme 'adorer' appliqué à des personnes autres que Dieu. L'auteur commence par mentionner une description récente des beautés de Fontainebleau, qui attire l'intérêt des étrangers et des historiens. Il souligne une remarque de l'abbé Guilbert concernant une inscription dans la Chapelle Royale de Fontainebleau, où 'adorer' signifie respecter ou honorer. Cette explication est nécessaire pour clarifier aux visiteurs étrangers la signification de l'expression 'Adorate Regem' dans les Paralipomènes. L'auteur cite plusieurs exemples de l'usage du terme 'adorer' dans les Écritures saintes, les conciles, les saints pères et les historiens. Il mentionne des passages de Saint Paulin et Saint Jérôme, ainsi que des œuvres historiques comme les 'Antiquités de la Ville de Castre' de Borel. Il rappelle également l'usage de ce terme dans des poèmes et des œuvres littéraires, comme ceux de Mézeray et d'Héric, moine d'Auxerre. La lettre se conclut en expliquant que l'usage du terme 'adorer' pour des personnes autres que Dieu est ancien et courant, et qu'il s'agit simplement d'une marque de respect. L'auteur cite des exemples de cette pratique dans l'histoire et la religion, et mentionne une église à Cahors où cette attitude est représentée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6005
p. 259-260
EPIGRAMME, Sur le celebre Newton.
Début :
Après que l'on eut lû dans le sacré Valon, [...]
Mots clefs :
Newton, Physicien, Énigme, Génie, Uranie
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texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME, Sur le celebre Newton.
EPIGRAMME,
Sur le celebre Newton.
Après que l'on eut lû dans le sacré Valon ¸-
Les divins Ecrits de Newton ›
Le Dieu des Vers , surpris de ce que la Nature ,
N'étoit plus une Enigme obscure ,
Et que tout étoit dévoilé ,
Parut
260 MERCURE DE FRANCE
Parut étrangement troublé.
Quoi ! dit-il , fumant de colere ,
L'homme n'ignorera donc plus rien !
7
Muses , quelle de vous est assez temeraire
Pour éclairer ainsi ce grand Physicien 2
Appaise ton couroux , repondit Uranie ,
nulle de mes sœurs Scache que
N'a jamais inspiré cet excellent genie ,
C'est la sage Pallas , ô Dieu de l'harmonie
Qui le comble de ses faveurs :
Cette bienfaisante Deesse
Le visite et l'instruit sans cesse
Elle devoile tout à ce sublime esprit ,
Elle dicte , Newton écrit
Sur le celebre Newton.
Après que l'on eut lû dans le sacré Valon ¸-
Les divins Ecrits de Newton ›
Le Dieu des Vers , surpris de ce que la Nature ,
N'étoit plus une Enigme obscure ,
Et que tout étoit dévoilé ,
Parut
260 MERCURE DE FRANCE
Parut étrangement troublé.
Quoi ! dit-il , fumant de colere ,
L'homme n'ignorera donc plus rien !
7
Muses , quelle de vous est assez temeraire
Pour éclairer ainsi ce grand Physicien 2
Appaise ton couroux , repondit Uranie ,
nulle de mes sœurs Scache que
N'a jamais inspiré cet excellent genie ,
C'est la sage Pallas , ô Dieu de l'harmonie
Qui le comble de ses faveurs :
Cette bienfaisante Deesse
Le visite et l'instruit sans cesse
Elle devoile tout à ce sublime esprit ,
Elle dicte , Newton écrit
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Résumé : EPIGRAMME, Sur le celebre Newton.
L'épigramme célèbre Newton, physicien éclairé par ses lectures. Le Dieu des Vers s'indigne que la Nature soit désormais compréhensible. Uranie, muse de l'astronomie, révèle que Pallas, déesse de la sagesse, inspire et instruit constamment Newton.
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6006
p. 260-264
MEMOIRE lû à l'Academie des Sciences, le 24 Novembre 1731. par M. du Quet.
Début :
Train de Carrosse inversable, par conséquent moins dangereux, et pour [...]
Mots clefs :
Carrosse, Voitures, Chevaux, Train, Roues, Académie des sciences
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texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE lû à l'Academie des Sciences, le 24 Novembre 1731. par M. du Quet.
MEMOIRE là l'Academie des
Sciences , le 24 Novembre 1731. par
M. du Quet.
>
Rain de Carrosse inversable , par
conséquent moins dangereux , et
pour être porté aussi doucement que dans
un Batteau , beaucoup plus en seureté
sur lequel on pourra lire et écrire , sans
être interrompu par le bruit , que les
Roues causent en roulant sur le pavé,
quoiqu'on aille aussi vîte que sur les Carosses ordinaires.
-Les
FEVRIER. 1732. 267
Les Roues qui servent actuellement
quoique tres- utiles , ont pourtant des défauts tres-considérables lorsqu'elles roulent sur le pavé, ou à cause de son inégalité , elles sont obligées de rouler toujours en sautillant , outre que ce sautillement continuel oblige de faire le Train
et le Corps du Carosse plus fort pour y
résister; il faut encore suspendre le Corps,
y ajouter une quantité de fers qui rend
tout cet assemblage tres- pesant et ébranle le pavé ; les Essieux d'un autre côté ,
qui sont sujets à casser par cet ébranlement continuel , ajoutent encore un
poids de plusieurs quintaux , qui se fait
sentir tres - rudement , lorsque les Carrosses montent sur un plan incliné , plus
ou moins , selon l'inclinaison du plan.
,
Ce ne sont pas là les seuls deffauts des
Rouës , leur propre pesanteur lorsqu'elles
montent est un surcroît de difficulté
pour les Chevaux , parce qu'ils portent
la moitié de tout le fardeau , lorsqu'ils
montent sur un plan , dont la ligne est
entre la perpendiculaire et l'horisontale ;
d'ailleurs les Roues étant faites de bois ,
sont sujettes à la pourriture , et il arrive
souvent que les rayes des Roues étant parvenues à un certain dégré de pourriture
imprévoyable,elles se brisent et tout tombe
262 MERCURE DE FRANCE
be, en grand danger de faire périr ceux
qui sont dans le Carosse; ces accidens n'arrivent que trop souvent.
Les Hollandois , considerant le fracas
que ces Roues causent par la destruction
des plans où elles passent en y faisant de
profondes ornieres , considerant aussi la
dépense qu'elles obligent de faire , et la
peine des Chevaux , lorsqu'ils sont obligez de monter les plans inclinez , en ont
secoué le joug , en appliquant le corps
du Carosse sur des Traineaux , de même
que nous voyons icy trainer les Balots
de Marchandises, ce qui doit être de tresmauvaise grace à l'œil.
La figure du Train que j'ai l'honneur”
de presenter , éleve le corps du Carosse
à la même hauteur que ceux dont on se
sert actuellement , et l'on y peut donner
tel ornement qu'on voudra , en faisant
travailler les ouvriers qui auront dugoût
pour cela. Il faut remarquer que le corps
du Carosse et le Train , ne faisant ensemble qu'un seul et mêmecorps, les Chevaux qui le traîneront n'auront pas plus
de peine qu'aux Carosses ordinaires sur le
pavé de niveau , et ils en auront moins
en montant qu'avec les autres , à cause de
la legereté de ces nouvelles voitures et de
pesanteur des Carosses ordinaires , qui la
avec
FEVRIER. 1732. 263
avec leur Train , pesent au moins le triple , et que les frotemens ne sont que
par rapport à la pesanteur ou à la pres
sion.
Le plan incliné , sur lequel j'ai appliqué une portion de représentation de pa
vé , peut faire aisément connoître la différence qu'il y a entre rouler et traîner
puisque l'on voit qu'un même poids fait
monter ce modele plus facilement , en le
traînant sur ce plan incliné , qu'en le
faisant monter avec les rouës.
Les Cochers qui sont assis sur les petites Rouës , qui sautillent davantage que
les grandes , gouverneront ces voitures
beaucoup plus à leur aise. Les Laquais seront aussi portez plus doucement ; ainsi
on peut conclure que les Maîtres et leurs
Domestiques seront plus en seureté sur
ces nouvelles voitures , que sur celles de
l'ordinaire , et avec plus de commodité.
Le Roy , les Proprietaires des Maisons
et le public ont interêr que ces nouvelles
voitures soient en usage dans Paris , dont
le pavé humecté toute l'année , convient
parfaitement à ce tirage.
L'interêt du Roy s'y trouve , par rap
port au roulage,qui ébranle le pavé, qu'il
ne faudroit pas renouveller aussi souvent,
les Proprietaires des Maisons , à cause que
cet
264 MERCURE DE FRANCE
cet ébranlement peut endommager les fon--
demens de leurs Bâtimens ; le public, par
rapport au bruit du roulage et du danger
qu'il y a lorsqu'un Carosse verse pour
ceux qui passent à côté , soit qu'un des
Essieux manque , soit une des Rouës.
On peut encore ajouter à l'avantage de
ces nouvelles voitures , que lorsque les
Chevaux prennent le mors aux dents ,
ceux qui seront dans ces voitures , pourront sortir hors du Carosse , sans courir
le même danger du funeste accident qui
est arrivé à Madame la Présidente de la
Chaise , et à bien d'autres personnes de
distinction qui ont péri , faute de l'usade ces nouvelles voitures.
ge
On doit encore représenter que lorsque
les Chevaux prennent le mors aux dents ,
le Carosse allant à leur gré , et sans pouvoir être gouverné par le Cocher , il est
exposé à se heurter contre la premiere
borne , qui cause un choc , qui fait quitter la Cheville ouvriere , alors le Cocher
est en danger de perdre la vie , sans parler du fracas qui arrive au corps du Carosse et au Train , et du danger que les
personnes de pied courent d'être surprises à la rencontre d'un pareil accident.
O
Sciences , le 24 Novembre 1731. par
M. du Quet.
>
Rain de Carrosse inversable , par
conséquent moins dangereux , et
pour être porté aussi doucement que dans
un Batteau , beaucoup plus en seureté
sur lequel on pourra lire et écrire , sans
être interrompu par le bruit , que les
Roues causent en roulant sur le pavé,
quoiqu'on aille aussi vîte que sur les Carosses ordinaires.
-Les
FEVRIER. 1732. 267
Les Roues qui servent actuellement
quoique tres- utiles , ont pourtant des défauts tres-considérables lorsqu'elles roulent sur le pavé, ou à cause de son inégalité , elles sont obligées de rouler toujours en sautillant , outre que ce sautillement continuel oblige de faire le Train
et le Corps du Carosse plus fort pour y
résister; il faut encore suspendre le Corps,
y ajouter une quantité de fers qui rend
tout cet assemblage tres- pesant et ébranle le pavé ; les Essieux d'un autre côté ,
qui sont sujets à casser par cet ébranlement continuel , ajoutent encore un
poids de plusieurs quintaux , qui se fait
sentir tres - rudement , lorsque les Carrosses montent sur un plan incliné , plus
ou moins , selon l'inclinaison du plan.
,
Ce ne sont pas là les seuls deffauts des
Rouës , leur propre pesanteur lorsqu'elles
montent est un surcroît de difficulté
pour les Chevaux , parce qu'ils portent
la moitié de tout le fardeau , lorsqu'ils
montent sur un plan , dont la ligne est
entre la perpendiculaire et l'horisontale ;
d'ailleurs les Roues étant faites de bois ,
sont sujettes à la pourriture , et il arrive
souvent que les rayes des Roues étant parvenues à un certain dégré de pourriture
imprévoyable,elles se brisent et tout tombe
262 MERCURE DE FRANCE
be, en grand danger de faire périr ceux
qui sont dans le Carosse; ces accidens n'arrivent que trop souvent.
Les Hollandois , considerant le fracas
que ces Roues causent par la destruction
des plans où elles passent en y faisant de
profondes ornieres , considerant aussi la
dépense qu'elles obligent de faire , et la
peine des Chevaux , lorsqu'ils sont obligez de monter les plans inclinez , en ont
secoué le joug , en appliquant le corps
du Carosse sur des Traineaux , de même
que nous voyons icy trainer les Balots
de Marchandises, ce qui doit être de tresmauvaise grace à l'œil.
La figure du Train que j'ai l'honneur”
de presenter , éleve le corps du Carosse
à la même hauteur que ceux dont on se
sert actuellement , et l'on y peut donner
tel ornement qu'on voudra , en faisant
travailler les ouvriers qui auront dugoût
pour cela. Il faut remarquer que le corps
du Carosse et le Train , ne faisant ensemble qu'un seul et mêmecorps, les Chevaux qui le traîneront n'auront pas plus
de peine qu'aux Carosses ordinaires sur le
pavé de niveau , et ils en auront moins
en montant qu'avec les autres , à cause de
la legereté de ces nouvelles voitures et de
pesanteur des Carosses ordinaires , qui la
avec
FEVRIER. 1732. 263
avec leur Train , pesent au moins le triple , et que les frotemens ne sont que
par rapport à la pesanteur ou à la pres
sion.
Le plan incliné , sur lequel j'ai appliqué une portion de représentation de pa
vé , peut faire aisément connoître la différence qu'il y a entre rouler et traîner
puisque l'on voit qu'un même poids fait
monter ce modele plus facilement , en le
traînant sur ce plan incliné , qu'en le
faisant monter avec les rouës.
Les Cochers qui sont assis sur les petites Rouës , qui sautillent davantage que
les grandes , gouverneront ces voitures
beaucoup plus à leur aise. Les Laquais seront aussi portez plus doucement ; ainsi
on peut conclure que les Maîtres et leurs
Domestiques seront plus en seureté sur
ces nouvelles voitures , que sur celles de
l'ordinaire , et avec plus de commodité.
Le Roy , les Proprietaires des Maisons
et le public ont interêr que ces nouvelles
voitures soient en usage dans Paris , dont
le pavé humecté toute l'année , convient
parfaitement à ce tirage.
L'interêt du Roy s'y trouve , par rap
port au roulage,qui ébranle le pavé, qu'il
ne faudroit pas renouveller aussi souvent,
les Proprietaires des Maisons , à cause que
cet
264 MERCURE DE FRANCE
cet ébranlement peut endommager les fon--
demens de leurs Bâtimens ; le public, par
rapport au bruit du roulage et du danger
qu'il y a lorsqu'un Carosse verse pour
ceux qui passent à côté , soit qu'un des
Essieux manque , soit une des Rouës.
On peut encore ajouter à l'avantage de
ces nouvelles voitures , que lorsque les
Chevaux prennent le mors aux dents ,
ceux qui seront dans ces voitures , pourront sortir hors du Carosse , sans courir
le même danger du funeste accident qui
est arrivé à Madame la Présidente de la
Chaise , et à bien d'autres personnes de
distinction qui ont péri , faute de l'usade ces nouvelles voitures.
ge
On doit encore représenter que lorsque
les Chevaux prennent le mors aux dents ,
le Carosse allant à leur gré , et sans pouvoir être gouverné par le Cocher , il est
exposé à se heurter contre la premiere
borne , qui cause un choc , qui fait quitter la Cheville ouvriere , alors le Cocher
est en danger de perdre la vie , sans parler du fracas qui arrive au corps du Carosse et au Train , et du danger que les
personnes de pied courent d'être surprises à la rencontre d'un pareil accident.
O
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Résumé : MEMOIRE lû à l'Academie des Sciences, le 24 Novembre 1731. par M. du Quet.
Le 24 novembre 1731, M. du Quet présente à l'Académie des Sciences un mémoire proposant un nouveau type de carrosse inversable, conçu pour être plus sûr et plus confortable que les modèles traditionnels. Les roues des carrosses actuels présentent plusieurs inconvénients : elles provoquent des secousses sur les pavés inégaux, nécessitent des structures lourdes et des suspensions, et sont sujettes à la casse et à la pourriture. Les Hollandais ont déjà adopté des traîneaux pour pallier ces problèmes. Le nouveau modèle de carrosse proposé par M. du Quet élève le corps du véhicule à la même hauteur que les carrosses actuels, mais il est plus léger et plus facile à traîner, notamment sur les plans inclinés. Ce modèle offre un trajet plus doux et plus sûr pour les cochers et les laquais. Le roi, les propriétaires de maisons et le public ont intérêt à adopter ces nouvelles voitures, car elles réduisent l'ébranlement du pavé, le bruit et les dangers liés aux accidents de carrosse. En cas de fuite des chevaux, les occupants pourront sortir en sécurité, évitant ainsi des accidents mortels comme celui survenu à Madame la Présidente de la Chaise. Le document met également en lumière les dangers pour les piétons en cas de choc du carrosse contre une borne.
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6007
p. 294-297
LES FINES EGUILLES. A Mlle D. M.... sous le nom de Célimene.
Début :
Jeune enfant de seize ans, drû comme pere et mere; [...]
Mots clefs :
Hymen, Jeunesse, Art de plaire, Amour, Amant, Époux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES FINES EGUILLES. A Mlle D. M.... sous le nom de Célimene.
LES FINES EGUILLES.
A Mlle D. M.... sous le nom de
C'élimene.
J
TEXT E.
Eune enfant de seize ans , dru comme pere et mere ;
» Aimable comme un Ange , ou deux
Que le fils de celui qui sera ton beau-pers
Se pourra dire heureux ! *
GLOS E.
Jeune et tendre Céliméne
C'est une prédiction ,
Que l'agréable Scaron
Vous cut appliqué sans peine ;
Et , sans doute , avec raison,
Ces quatre Vers sont de Scaron.
Fille
FEVRIER 1732. 295
Fille d'une aimable Mere ,
Dont l'amour forma les traits,
Belle , mais de ses attraits ;
Et qui joint à l'art de plaire
Les graces , et l'enjoüment
Rare et précieux talent,
Dont vous êtes Légataire ,
De ce Legs héréditaire
Vous jouissez pleinement.
Sous les yeux d'une Parènte
Qu'on ne sçauroit trop lover ;
Vous croissez , aimable Plante ;
Et lui faites avoüer ,
Qu'en remplissant son attente ,
Ses travaux sont couronnez.
Que ses jours soient épargnez ,
Que d'une santé constante
Ils soient tous accompagnez,
Mais , que vois-je ! L'Himen
De Festons la tête ornée ,
Vous invite chaque jour ,
A vous joindre à votre tour
A sa troupe fortunée ;
Autant vous en dit l'amour.
E ij Cc
E MERCURE DE FRANCE
Ce Dieu vous offre l'hommage ,
Des cœurs soumis à vos loix,
Enfaveur du moins volage
Déterminez votre choix.
L'Hymen , à vos chastes flammes
Allumera son flambeau ;
L'Amour lui rendra les armes ;
Quoi de plus doux , de plus beau !
Tous les deux d'intelligence ,
Vous conduisans à l'Autel,
Vous donneront l'assurance
D'un bonheur toujours réel,
Les jeux , les ris , la Jeunesse
Par des chants pleins d'allégresse
Seconderont vos désirs ;
Les Silvains et les Bergeres
Par mille danses légères ,
Animeront vos plaisirs.
Jouissez-en sans allarmes & 2
Puisque la danse a des charmes
Qui flatent vos jeunes ans ,
Exercez-y les talens
Qu'en vous admirent les Graces ;
Qui vous servent à genoux ;
Quoi-
FEVRIER. 1732 297
Quoiqu'elles suivent vos traces ,
Dansent-elles mieux que vous ?
O! qu'heureux l'Amant fidele ;
De qui recevant les vœux ,
Vous couronnerez les feux ,
Lorsqu'une chaîne éternelle
yous unira tous les deux !
Prenez-le enjoüé , mais sage ,
Tendre , sans être jaloux ;
Et qu'il ait tout en partage ,
Pour être digne de vous.
ΕΝΤΟΥ.
Recevez donc , Célimene ,
D'un Buveur de l'Hypocrène
La foible production';
Des Muses ce Nourrisson ,
Pour fille ne sçauroit faire.
De souhait qui soit plus doux ,
Ni plus certain de lui plaire ,
Que le souhait d'un Epoux.
V.
A Mlle D. M.... sous le nom de
C'élimene.
J
TEXT E.
Eune enfant de seize ans , dru comme pere et mere ;
» Aimable comme un Ange , ou deux
Que le fils de celui qui sera ton beau-pers
Se pourra dire heureux ! *
GLOS E.
Jeune et tendre Céliméne
C'est une prédiction ,
Que l'agréable Scaron
Vous cut appliqué sans peine ;
Et , sans doute , avec raison,
Ces quatre Vers sont de Scaron.
Fille
FEVRIER 1732. 295
Fille d'une aimable Mere ,
Dont l'amour forma les traits,
Belle , mais de ses attraits ;
Et qui joint à l'art de plaire
Les graces , et l'enjoüment
Rare et précieux talent,
Dont vous êtes Légataire ,
De ce Legs héréditaire
Vous jouissez pleinement.
Sous les yeux d'une Parènte
Qu'on ne sçauroit trop lover ;
Vous croissez , aimable Plante ;
Et lui faites avoüer ,
Qu'en remplissant son attente ,
Ses travaux sont couronnez.
Que ses jours soient épargnez ,
Que d'une santé constante
Ils soient tous accompagnez,
Mais , que vois-je ! L'Himen
De Festons la tête ornée ,
Vous invite chaque jour ,
A vous joindre à votre tour
A sa troupe fortunée ;
Autant vous en dit l'amour.
E ij Cc
E MERCURE DE FRANCE
Ce Dieu vous offre l'hommage ,
Des cœurs soumis à vos loix,
Enfaveur du moins volage
Déterminez votre choix.
L'Hymen , à vos chastes flammes
Allumera son flambeau ;
L'Amour lui rendra les armes ;
Quoi de plus doux , de plus beau !
Tous les deux d'intelligence ,
Vous conduisans à l'Autel,
Vous donneront l'assurance
D'un bonheur toujours réel,
Les jeux , les ris , la Jeunesse
Par des chants pleins d'allégresse
Seconderont vos désirs ;
Les Silvains et les Bergeres
Par mille danses légères ,
Animeront vos plaisirs.
Jouissez-en sans allarmes & 2
Puisque la danse a des charmes
Qui flatent vos jeunes ans ,
Exercez-y les talens
Qu'en vous admirent les Graces ;
Qui vous servent à genoux ;
Quoi-
FEVRIER. 1732 297
Quoiqu'elles suivent vos traces ,
Dansent-elles mieux que vous ?
O! qu'heureux l'Amant fidele ;
De qui recevant les vœux ,
Vous couronnerez les feux ,
Lorsqu'une chaîne éternelle
yous unira tous les deux !
Prenez-le enjoüé , mais sage ,
Tendre , sans être jaloux ;
Et qu'il ait tout en partage ,
Pour être digne de vous.
ΕΝΤΟΥ.
Recevez donc , Célimene ,
D'un Buveur de l'Hypocrène
La foible production';
Des Muses ce Nourrisson ,
Pour fille ne sçauroit faire.
De souhait qui soit plus doux ,
Ni plus certain de lui plaire ,
Que le souhait d'un Epoux.
V.
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Résumé : LES FINES EGUILLES. A Mlle D. M.... sous le nom de Célimene.
Le texte présente une série de poèmes et de commentaires dédiés à Célimène, une jeune fille de seize ans. Le premier poème la décrit comme aimable et prédit qu'elle apportera bonheur à son futur mari. Un glossaire attribue ces vers à Scaron. Un autre poème, daté de février 1732, loue Célimène pour sa beauté, ses charmes et son talent hérité de sa mère. Il mentionne également l'attention et l'amour de sa parente, ainsi que l'imminence de son mariage. Le texte évoque ensuite l'Hymen et l'Amour, qui guideront Célimène vers le bonheur conjugal, accompagné de jeux et de danses. Il conseille à Célimène de choisir un époux fidèle, tendre et sage. Enfin, un dernier poème souhaite à Célimène de trouver un époux aimant et exprime l'espoir que ses vœux se réalisent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6008
p. 314
« Ce que vous avez inseré dans le Mercure d'Octobre [...] »
Début :
Ce que vous avez inseré dans le Mercure d'Octobre [...]
Mots clefs :
Grappe de raisin, Extraordinaire
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texteReconnaissance textuelle : « Ce que vous avez inseré dans le Mercure d'Octobre [...] »
Ce que vous avez inseré dans le Mercure d'Octobre p. 2399. qu'il s'est vû à
Orleans une grappe de Raisins , moitié de
grains noirs et moitié de grains blancs, en
parfaite maturité,est extraordinaire , mais
l'exemple n'en est pas unique. Le hazard
m'a fait tomber sous la main aux Vendanges dernieres, dans la Vigne d'un Chateau
qui n'est qu'à une lieuë d'ici, une grappe
mi- partie de Raisin noir &de Raisin gris,
aussi parfaitement mûr.
Orleans une grappe de Raisins , moitié de
grains noirs et moitié de grains blancs, en
parfaite maturité,est extraordinaire , mais
l'exemple n'en est pas unique. Le hazard
m'a fait tomber sous la main aux Vendanges dernieres, dans la Vigne d'un Chateau
qui n'est qu'à une lieuë d'ici, une grappe
mi- partie de Raisin noir &de Raisin gris,
aussi parfaitement mûr.
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6009
p. 314
Enigme, Logogryphes, &c. [titre d'après la table]
Début :
On a dû expliquer l'Enigme du Mercure de Janvier [...]
Mots clefs :
Expliquer, Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Enigme, Logogryphes, &c. [titre d'après la table]
On a dûexpliquer l'Enigme du Mercu
re de Janvier par le Bissac d'un Chasseur.
Les mots des deux Logogryphes sont Com
merce et Mensis.
re de Janvier par le Bissac d'un Chasseur.
Les mots des deux Logogryphes sont Com
merce et Mensis.
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6010
p. 314-315
ENIGME.
Début :
Fille d'un animal belant [...]
Mots clefs :
Chandelle
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
' Ille d'un animal belant
Je suis d'une figure ronde ,
Je n'ai ni pieds, ni mains , et, quoique sans talent,
Je suis utile à tout le monde;
Par une injuste loi du sort
A mon Pere je suis funeste
Je n'existe que par sa mort ;
J'en suis le déplorable resteg Sans
FEVRIER 1732 315 :
Sans -Lettres , sans étude, avec plus d'un Docteur
Je veille quelquefois du soir jusqu'à l'Aurore ;
Mais je perds toute ma splendeur ,
Quand je vois le grand jour éclore ;
Devine qui je suis , benevole Lecteur.
' Ille d'un animal belant
Je suis d'une figure ronde ,
Je n'ai ni pieds, ni mains , et, quoique sans talent,
Je suis utile à tout le monde;
Par une injuste loi du sort
A mon Pere je suis funeste
Je n'existe que par sa mort ;
J'en suis le déplorable resteg Sans
FEVRIER 1732 315 :
Sans -Lettres , sans étude, avec plus d'un Docteur
Je veille quelquefois du soir jusqu'à l'Aurore ;
Mais je perds toute ma splendeur ,
Quand je vois le grand jour éclore ;
Devine qui je suis , benevole Lecteur.
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6011
p. 315-316
LOGOGRIPHE.
Début :
Mon nom a fait trembler Paris, [...]
Mots clefs :
Cartouche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRIPHE.
LOGOGRIPHE.
MonOn- noma fait trembler Paris
J'ai même vú ma tête à prix :
Je fus depuis Heros de Comédie ,
•
Le Monde apprit par là l'histoire de mavie,
Je suis encor propre au Soldar.
En tout tems , dans la Ville , en Campagne , a
Combat.
Tranche mon dernier tiers, je presente une Fille,
Connuë à l'Opera , fort tendre , et fort gentille,
Rends moy vite dans mon entier •
De mes tiers tranche le premier ›
Et fais ce que fait un bon Maître ,
C'est le seul moyen de connoître ,
Si le corps quel qu'il foit , est dur , mol , froid
ou chaud.
Dans matotalité remets moi de nouveau ;
Je suis connu du Genealogiste ,
Le Peintre m'a fait naître , et sans que je resiste,
L'Architecte m'ordonne et dispose de moi ,
Contraint
316 MERCURE DE FRANCE
Contraint d'obéir à sa loy ;
2 j
Autrefois dans un corps aussi fameux qu'habile
Mon premier tiers tout seul causa tant de debat ,
Que sans avoir égard à son ancien état ,
On voulut le chasser comme membre inutile,
La Font
MonOn- noma fait trembler Paris
J'ai même vú ma tête à prix :
Je fus depuis Heros de Comédie ,
•
Le Monde apprit par là l'histoire de mavie,
Je suis encor propre au Soldar.
En tout tems , dans la Ville , en Campagne , a
Combat.
Tranche mon dernier tiers, je presente une Fille,
Connuë à l'Opera , fort tendre , et fort gentille,
Rends moy vite dans mon entier •
De mes tiers tranche le premier ›
Et fais ce que fait un bon Maître ,
C'est le seul moyen de connoître ,
Si le corps quel qu'il foit , est dur , mol , froid
ou chaud.
Dans matotalité remets moi de nouveau ;
Je suis connu du Genealogiste ,
Le Peintre m'a fait naître , et sans que je resiste,
L'Architecte m'ordonne et dispose de moi ,
Contraint
316 MERCURE DE FRANCE
Contraint d'obéir à sa loy ;
2 j
Autrefois dans un corps aussi fameux qu'habile
Mon premier tiers tout seul causa tant de debat ,
Que sans avoir égard à son ancien état ,
On voulut le chasser comme membre inutile,
La Font
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6012
p. 316-317
SECOND LOGOGRYPHE.
Début :
Mon corps est singulier dans toute sa figure. [...]
Mots clefs :
Lamproie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SECOND LOGOGRYPHE.
ECOND LOGOGRYPHE.
Moncorps est singulier dans toute sa figure,
En plus de six endroits une ronde ouverture
Sur ligne parallele est à chaque côté.
Parlà passe et repasse une sérosité.
Jemarche sur huit pieds , rangez de telle sorte ;
Qu'en retranchant les trois qu'à la tête je porte ,
Si vous les renversez , je désigne un tyran ,
Le Aéau des Humains , et vrai fils de Satan.
Le reste de mes pieds est le nom de la chose
Que devient aux Corbeaux un pendu qu'on expose.
Coupez mon tout en deux par sa derniere part
Je suis Ville Picarde : ôtez son premier quart
Me voilà sur le champ un animal qui vole ,
Et dont la voix jadis sauva le Capitole.
Si tous ces traits , Lecteur , ne sont pas suffisans ,
Je vais me démasquer par les chiffres suivans.
Je me métamorphose en plus d'une maniere.
Un,
FEVRIER. 1732. 317
Un , deux , trois , quatre et huit , je porte la lu- miere.
Otez quatre , je suis moitié de l'instrument
Quifit périr Henri par la main de Clement.
Un , deux , cinq , trois et huit
fougere.
souvent sur la
J'ai des fieres Beautez désarmé la colere.
Si je suis cinq , six , sept , plus d'un flateur me
suit.
Le désir de six , cinq , gâte deux , trois et huit.
Cinq , deux , sept huit , je suis employée en
cuisine.
Huit , six , un, huit , sur trois , huit et cinq je domine.
Deux, sept, marquent un lieu connu par ses bons vins ,
Un, sept, cinq , huit , pour vous,mes accens sont Divins ,
Mortels qui cherissez les concerts du Parnasse.
L'été ; six , cinq , trois , huit, les Dimanches j'a .. masse
Troupes de Paysans pour leurs champêtres jeux.
Cinq, six , trois , huit , je suis Ville de nom fa- meux.
Etant trois, six , cinq , huit , j'ai la prérogative
Qu'à me vouloir blanchir on perdroit sa lessive.
Trois , deux , cinq , un , sept , font un jardin • curieux ,
-Sur les bords de la Seine habité par des Dieux.
Moncorps est singulier dans toute sa figure,
En plus de six endroits une ronde ouverture
Sur ligne parallele est à chaque côté.
Parlà passe et repasse une sérosité.
Jemarche sur huit pieds , rangez de telle sorte ;
Qu'en retranchant les trois qu'à la tête je porte ,
Si vous les renversez , je désigne un tyran ,
Le Aéau des Humains , et vrai fils de Satan.
Le reste de mes pieds est le nom de la chose
Que devient aux Corbeaux un pendu qu'on expose.
Coupez mon tout en deux par sa derniere part
Je suis Ville Picarde : ôtez son premier quart
Me voilà sur le champ un animal qui vole ,
Et dont la voix jadis sauva le Capitole.
Si tous ces traits , Lecteur , ne sont pas suffisans ,
Je vais me démasquer par les chiffres suivans.
Je me métamorphose en plus d'une maniere.
Un,
FEVRIER. 1732. 317
Un , deux , trois , quatre et huit , je porte la lu- miere.
Otez quatre , je suis moitié de l'instrument
Quifit périr Henri par la main de Clement.
Un , deux , cinq , trois et huit
fougere.
souvent sur la
J'ai des fieres Beautez désarmé la colere.
Si je suis cinq , six , sept , plus d'un flateur me
suit.
Le désir de six , cinq , gâte deux , trois et huit.
Cinq , deux , sept huit , je suis employée en
cuisine.
Huit , six , un, huit , sur trois , huit et cinq je domine.
Deux, sept, marquent un lieu connu par ses bons vins ,
Un, sept, cinq , huit , pour vous,mes accens sont Divins ,
Mortels qui cherissez les concerts du Parnasse.
L'été ; six , cinq , trois , huit, les Dimanches j'a .. masse
Troupes de Paysans pour leurs champêtres jeux.
Cinq, six , trois , huit , je suis Ville de nom fa- meux.
Etant trois, six , cinq , huit , j'ai la prérogative
Qu'à me vouloir blanchir on perdroit sa lessive.
Trois , deux , cinq , un , sept , font un jardin • curieux ,
-Sur les bords de la Seine habité par des Dieux.
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6013
p. 318-320
Histoire des Rois de Chypre, &c. [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE DES ROIS DE CHYPRE de la Maison de Lusignan. [...]
Mots clefs :
Rois de Chypre, Henry Giblet, Traduit de l'italien
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire des Rois de Chypre, &c. [titre d'après la table]
&c,
ISTOIRE DES ROIS DE CHYPRE
Hde la Maison de Lusignan. Et des
{
differentes guerres qu'ils ont eues contre
les Sarazins et les Genois. Traduite de l'Italien du Chevalier Henry Giblet , Cypriot , 2. vol. in 12. avec une Table des
Matieres. AParis , chez André Cailleau,
Place du Pont S. Michel, à côté du Quay des
Augustins , à saint André : et Guillaume
Saugrain, Quay de Gêvres , à la Croix blanche. 1732.
- L'ouvrage que nous annonçons meritoit bien d'être traduit en notre Langue,
Il a été composéen Italien par un Cypriot,
plus en état par consequent que bien d'au
tres de donner une Histoire éxacte de ces
anciens Maîtres de sa Patrie. Elle contient
11. Livres écrits avec toute l'attention
la netteté de stile , et la précision possible,
L'Auteur n'a pas eu besoin comme tant
d'autres Historiens d'avoir recours à des
faits étrangers , et à des digressions bien
amenées pour rendre son histoire interessante. Il ne dit de l'histoire des Peuples
voisins,
FÉVRIER 1732. 319
voisins , ou même des autres Etats , que
cequ'il est necessaire d'exposer pour la liaison des faits qu'il rapporte , et pour l'ordre de sa narration. Il étoit assez riche de
son propre fonds sans aller chercher ailleuts des ornemens et des richesses , qu'il
trouvoit dans la suite des évenemens qui
ont illustré la vie de ses Rois.
Nous serions tentez de donner une idée
de chaque Livre de cette histoire tant elle
est interessante , et tant elle fait voir
combien un petit Etat peut montrer de
grandeur , et acquerir de gloire , selon
qu'il est bien gouverné , mais cela nous
meneroit trop loin. Les seuls Rois de la
Maison de Lusignan à laquelle l'Auteur a
borné son histoire , ont soutenu leur petit Royaume avec tout l'éclat et tout
l'honneur que de puissants Princes ont pû
meriter dans le gouvernement de grands
Royaumes , et avec des forces considerables. Plusieurs de ces Rois ont recueilli par
droit de succession les Royaumes de Jerusalem et d'Arménie ; mais il semble que
la Providence n'ait voulu réunir ces trois
Couronnes en une seule que quand Jerusalem et l'Arménie étoient déjà passées
sous la domination des Infideles . On compte quinze Rois de cette Maison , dont le
dernier mourut en bas âge.
Fij Α
320 MERCURE DE FRANCE
Ace que nous avons deja dit de la netteté et de la précision avec laquelle cette
Histoire est écrite , nous ajouterons que
l'on remarque un grand ordre dans l'arangement , et l'enchaînement des faits que
'Historien rapporte , sans tomber pour
cela dans l'ennuyeux et le fatigant défaut
des Annales. On admire encore par tout
une sage retenue dans l'Historien , lorsqu'il
touche les Puissances : il y parle toujours
respectueusement des Rois , lors même
qu'il en rapporte les fautes ; qualité trèsestimable dans un Historien qui sçait
rendre aux Puissances un honneur du et
légitime : il est plus d'un Historien , même parmi ceux que l'on estime davantage , qui sont tombez dans le défaut oppofé.
ISTOIRE DES ROIS DE CHYPRE
Hde la Maison de Lusignan. Et des
{
differentes guerres qu'ils ont eues contre
les Sarazins et les Genois. Traduite de l'Italien du Chevalier Henry Giblet , Cypriot , 2. vol. in 12. avec une Table des
Matieres. AParis , chez André Cailleau,
Place du Pont S. Michel, à côté du Quay des
Augustins , à saint André : et Guillaume
Saugrain, Quay de Gêvres , à la Croix blanche. 1732.
- L'ouvrage que nous annonçons meritoit bien d'être traduit en notre Langue,
Il a été composéen Italien par un Cypriot,
plus en état par consequent que bien d'au
tres de donner une Histoire éxacte de ces
anciens Maîtres de sa Patrie. Elle contient
11. Livres écrits avec toute l'attention
la netteté de stile , et la précision possible,
L'Auteur n'a pas eu besoin comme tant
d'autres Historiens d'avoir recours à des
faits étrangers , et à des digressions bien
amenées pour rendre son histoire interessante. Il ne dit de l'histoire des Peuples
voisins,
FÉVRIER 1732. 319
voisins , ou même des autres Etats , que
cequ'il est necessaire d'exposer pour la liaison des faits qu'il rapporte , et pour l'ordre de sa narration. Il étoit assez riche de
son propre fonds sans aller chercher ailleuts des ornemens et des richesses , qu'il
trouvoit dans la suite des évenemens qui
ont illustré la vie de ses Rois.
Nous serions tentez de donner une idée
de chaque Livre de cette histoire tant elle
est interessante , et tant elle fait voir
combien un petit Etat peut montrer de
grandeur , et acquerir de gloire , selon
qu'il est bien gouverné , mais cela nous
meneroit trop loin. Les seuls Rois de la
Maison de Lusignan à laquelle l'Auteur a
borné son histoire , ont soutenu leur petit Royaume avec tout l'éclat et tout
l'honneur que de puissants Princes ont pû
meriter dans le gouvernement de grands
Royaumes , et avec des forces considerables. Plusieurs de ces Rois ont recueilli par
droit de succession les Royaumes de Jerusalem et d'Arménie ; mais il semble que
la Providence n'ait voulu réunir ces trois
Couronnes en une seule que quand Jerusalem et l'Arménie étoient déjà passées
sous la domination des Infideles . On compte quinze Rois de cette Maison , dont le
dernier mourut en bas âge.
Fij Α
320 MERCURE DE FRANCE
Ace que nous avons deja dit de la netteté et de la précision avec laquelle cette
Histoire est écrite , nous ajouterons que
l'on remarque un grand ordre dans l'arangement , et l'enchaînement des faits que
'Historien rapporte , sans tomber pour
cela dans l'ennuyeux et le fatigant défaut
des Annales. On admire encore par tout
une sage retenue dans l'Historien , lorsqu'il
touche les Puissances : il y parle toujours
respectueusement des Rois , lors même
qu'il en rapporte les fautes ; qualité trèsestimable dans un Historien qui sçait
rendre aux Puissances un honneur du et
légitime : il est plus d'un Historien , même parmi ceux que l'on estime davantage , qui sont tombez dans le défaut oppofé.
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Résumé : Histoire des Rois de Chypre, &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Histoire des Rois de Chypre' décrit les exploits de la Maison de Lusignan et leurs conflits avec les Sarazins et les Génois. Traduit de l'italien par le Chevalier Henry Giblet, un Cypriot, il est publié en deux volumes à Paris en 1732. L'auteur se concentre sur les événements liés à la vie des quinze rois de Chypre, évitant les digressions inutiles. L'ouvrage est salué pour son exactitude et sa précision. Plusieurs rois de Lusignan ont également gouverné Jérusalem et l'Arménie, mais ces royaumes ont souvent été sous domination infidèle. L'histoire est structurée de manière ordonnée et respecte les puissances, même lorsqu'elle rapporte leurs fautes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6014
p. 320-322
Lettre sur la mort de M. de la Motte, [titre d'après la table]
Début :
LETTRE à Madame T.D.L.F. sur M. Houdart de la Motte [...]
Mots clefs :
Antoine Houdard de la Motte, Louanges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre sur la mort de M. de la Motte, [titre d'après la table]
LETTRE à Madame T. D. L. F. sur M. Houdart de la Motte de l'Acadé
mie Françoise. A Paris , chez Chaubert ,
à l'entrée du Quaydes Augustins, du côté du
Pont Saint Michel , à la Renommée et à la
Prudence 1732. Brochure in 12 , de 28 ,
pages.
Ce petit ouvrage est un hommage rendu à M. de la Motte par un ami plein
de zele pour sa memoire , mais en même
tems exempt de partialité et de prévention
FEVRIER. 1732 321
.
·
tion. Nous croyons qu'on y trouvera
des loüanges fines et délicates , une critique judicieuse et approfondie , un stile
élegant et précis , et beaucoup de talent
pour un genre d'écrire très difficile ,
qui a pour objet les choses de sentiment et
de goût et dont le but est d'éclaircir et de
fixer , s'il est possible , les idées sur cette
matiere en remontant jusqu'aux principes des agrémens. L'Auteur après une idée
generale du caractere de M. D. L. M. examine les differens jugemens qu'on a portés de ses ouvrages,et il en cherche les raisons. On l'a beaucoup loüé ; on l'a beauboup critiqué ; on a beaucoup parlé de
lui , en un mot M. D. L. M. a été un
objet important pour son siecle , preuve
decisive d'un merite superieur. Mais il n'y
a point de mérite parfait , et l'Auteur est
bien éloigné de ne reconnoître aucun défaut dans son illustre Ami. Il ne s'est pas
même contenté là- dessus d'un aveu general , il entre dans un détail raisonné , et il
y a lieu de croire que son jugement fera
celui de la posterité. Il finit par nous peindre M. D. L. M. tel qu'il étoit dans le
commerce de la vie et dans la société. Le
portrait est bien propre à faire regretter,
aux uns de ne l'avoir pas connu , aux autres de l'avoir perdu , ou plutôt à renou- Fiij veller
322 MERCURE DE FRANCE
1
veller leurs regrets, mais à les renouveller
avec une sorte de douceur et de plaisir; et
il justifie en même- tems la part qu'avoit
l'Auteur à son estime et à son amitié.
Pour peindre si parfaitement M. D. L. M.
il faut lui ressembler beaucoup. Cet ouvrage est de M. l'Abbé Trublet.
mie Françoise. A Paris , chez Chaubert ,
à l'entrée du Quaydes Augustins, du côté du
Pont Saint Michel , à la Renommée et à la
Prudence 1732. Brochure in 12 , de 28 ,
pages.
Ce petit ouvrage est un hommage rendu à M. de la Motte par un ami plein
de zele pour sa memoire , mais en même
tems exempt de partialité et de prévention
FEVRIER. 1732 321
.
·
tion. Nous croyons qu'on y trouvera
des loüanges fines et délicates , une critique judicieuse et approfondie , un stile
élegant et précis , et beaucoup de talent
pour un genre d'écrire très difficile ,
qui a pour objet les choses de sentiment et
de goût et dont le but est d'éclaircir et de
fixer , s'il est possible , les idées sur cette
matiere en remontant jusqu'aux principes des agrémens. L'Auteur après une idée
generale du caractere de M. D. L. M. examine les differens jugemens qu'on a portés de ses ouvrages,et il en cherche les raisons. On l'a beaucoup loüé ; on l'a beauboup critiqué ; on a beaucoup parlé de
lui , en un mot M. D. L. M. a été un
objet important pour son siecle , preuve
decisive d'un merite superieur. Mais il n'y
a point de mérite parfait , et l'Auteur est
bien éloigné de ne reconnoître aucun défaut dans son illustre Ami. Il ne s'est pas
même contenté là- dessus d'un aveu general , il entre dans un détail raisonné , et il
y a lieu de croire que son jugement fera
celui de la posterité. Il finit par nous peindre M. D. L. M. tel qu'il étoit dans le
commerce de la vie et dans la société. Le
portrait est bien propre à faire regretter,
aux uns de ne l'avoir pas connu , aux autres de l'avoir perdu , ou plutôt à renou- Fiij veller
322 MERCURE DE FRANCE
1
veller leurs regrets, mais à les renouveller
avec une sorte de douceur et de plaisir; et
il justifie en même- tems la part qu'avoit
l'Auteur à son estime et à son amitié.
Pour peindre si parfaitement M. D. L. M.
il faut lui ressembler beaucoup. Cet ouvrage est de M. l'Abbé Trublet.
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Résumé : Lettre sur la mort de M. de la Motte, [titre d'après la table]
La lettre adressée à Madame T. D. L. F. rend hommage à M. Houdart de la Motte, membre de l'Académie, et est écrite par un ami zélé mais impartial. Publiée en 1732 à Paris, cette brochure de 28 pages vise à offrir des éloges fins et délicats, une critique judicieuse et un style élégant. L'auteur examine les jugements portés sur les ouvrages de M. de la Motte, soulignant qu'il a été à la fois beaucoup loué et critiqué, preuve de son mérite supérieur. L'auteur reconnaît toutefois que nul mérite n'est parfait et détaille les défauts de son ami, offrant un jugement qu'il espère être celui de la postérité. Le texte se conclut par un portrait de M. de la Motte dans sa vie quotidienne, suscitant regret et admiration. L'ouvrage est attribué à l'Abbé Trublet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6015
p. 322
L'Argenis de Berclai &c. [titre d'après la table]
Début :
L'ARGENIS de Barclai, Traduction nouvelle. Par M. l'Abbé Josse, [...]
Mots clefs :
Argenis, Traduction, Roman
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Argenis de Berclai &c. [titre d'après la table]
L'ARGENIS de Barclai , Traduction
nouvelle. Par M. l'Abbé Josse , Chanoine de Chartres , 3. vol. in 12. AChartres,
chez N. Besnard 1732. et se vend à Paris,
chezGuerin le Jeune,Quay des Augustins.
Cette Traduction n'a rien de commun
avec l'Argenis , Roman heroïque qui parut en 1725. Il étoit imaginé sur un plan
nouveau, on n'y trouvoit plus l'économie
du Roman de Barclai. Les discours politiques en étoient retranchez et la Poësie
dont ce Roman est semé en étoit absolument suprimée. Ces considerations, loin
d'arrêter M. l'Abbé Josse , n'ont fait que
l'exciter davantage à nous donner une
vraye et entiere Traduction de l'Argenis:
le Public y lira avec plaisir la Poësie que
le nouveau Traducteur a renduë en notre
Langue avec toutes les graces et l'énergie
du Latin ; l'Imprimeur de son côté n'a
rien épargné pour faire une belle Edition
nouvelle. Par M. l'Abbé Josse , Chanoine de Chartres , 3. vol. in 12. AChartres,
chez N. Besnard 1732. et se vend à Paris,
chezGuerin le Jeune,Quay des Augustins.
Cette Traduction n'a rien de commun
avec l'Argenis , Roman heroïque qui parut en 1725. Il étoit imaginé sur un plan
nouveau, on n'y trouvoit plus l'économie
du Roman de Barclai. Les discours politiques en étoient retranchez et la Poësie
dont ce Roman est semé en étoit absolument suprimée. Ces considerations, loin
d'arrêter M. l'Abbé Josse , n'ont fait que
l'exciter davantage à nous donner une
vraye et entiere Traduction de l'Argenis:
le Public y lira avec plaisir la Poësie que
le nouveau Traducteur a renduë en notre
Langue avec toutes les graces et l'énergie
du Latin ; l'Imprimeur de son côté n'a
rien épargné pour faire une belle Edition
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Résumé : L'Argenis de Berclai &c. [titre d'après la table]
Le texte présente la traduction de 'L'Argénis' de Barclay par l'Abbé Josse, publiée en trois volumes à Chartres en 1732. Contrairement à une version de 1725, cette traduction conserve les discours politiques et la poésie du roman original. L'Abbé Josse a traduit la poésie latine avec grâce et énergie, et l'éditeur a produit une belle édition.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6016
p. 323-324
« L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE, selon la difference du Sexe [...] »
Début :
L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE, selon la difference du Sexe [...]
Mots clefs :
L'art d'élever la jeunesse, Observations de chirurgie, Méthodes d'accompagnement pour le Clavecin ou pour l'orgue
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texteReconnaissance textuelle : « L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE, selon la difference du Sexe [...] »
L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE , selon
la difference du Sexe , des âges et des conditions , en suivant les principes de la Religion , de la Politique et de l'Economie.
AParis , chez Antoine Gandouin , Quay
des Augustins ; Barth. Laisnel , rue Saint
Jacques ; J. B. Lamefle,ruë de la vieille Bouclerie ; et Alex. Mesnier , au Palais 17328
OBSERVATIONS DE CHIRURGIE auxquelles on a joint plusieurs Reflexions en
faveur des Etudians. Par Henri-François le
Dran, de la Societé Académique des Arts,
Chirurgien juré à Paris , ancien Prevost de
sa Communauté et ancien Chirurgien
Major de l'Hôpital de laCharité, Demonstrateur en Anatomie dans le même Hopital. AParis, chez Ch. Osmont , ruë Sainë
Jacques 1731. 2. volumes in 12.
DISSERTATION sur les differentes methodes d'accompagnement pour le Clave
cin , oupour l'Orgue , avec le plan d'une
nouvelle Methode établie sur une mechanique des doigts que fournit la succession
fondamentale de l'harmonie , à l'aide de
laquelle on peut devenir sçavant Compositeur et habile Accompagnateur , même
sans sçavoir lire la Musique. Par M. Raeau, chez G. D. David , ruë de HureFiiij poix
324 MERCURE DE FRANCE
poix ; Boivin ; rue Saint Honoré ; et le
Clerc , rue du Roule. Prix 3. liv.
ne ,
TRAITE' DES DIXMES EN GENERAL , suivant laJurisprudence ancienne et moderétablie et confirmée tant par les Ordonnances , Lettres Patentes , Edits , Déclarations et Arrêts du Conseil , que par
les Arrêts et Reglements rendus dans les
differens Tribunaux , conformément aux
Coutumes du Royaume. Par M. L. M. A
Paris , chez Mouchet , au Palais, 1731. 2.
volum. in 12. pp. 919.
TRAITE' DE L'ESPERANCE CHRETIENNE,
contre l'esprit de pusillanimité et de
défiance , et contre la crainte excessive.
Chez Phil. Nic. Lottin , rue S. Jacques ,
vol. in 12, pp. 443. prix 2. liv.
TRAITE' DU LIBRE ARBITRE et de la
concupiscence ; Ouvrages pofthumes de
M. Jacques Benigne Bossuet , Evêque de
Meaux Conseiller du Roi en ses Conseils , et ordinaire en son Conseil d'Etat ,
Precepteur de Monseigneur le Dauphin ,
premier Aumônier des deux derniers
Dauphins. A Paris , chez Barth. Alix ,
rue Saint Jacques 1731. in 12. pp. 218.
la difference du Sexe , des âges et des conditions , en suivant les principes de la Religion , de la Politique et de l'Economie.
AParis , chez Antoine Gandouin , Quay
des Augustins ; Barth. Laisnel , rue Saint
Jacques ; J. B. Lamefle,ruë de la vieille Bouclerie ; et Alex. Mesnier , au Palais 17328
OBSERVATIONS DE CHIRURGIE auxquelles on a joint plusieurs Reflexions en
faveur des Etudians. Par Henri-François le
Dran, de la Societé Académique des Arts,
Chirurgien juré à Paris , ancien Prevost de
sa Communauté et ancien Chirurgien
Major de l'Hôpital de laCharité, Demonstrateur en Anatomie dans le même Hopital. AParis, chez Ch. Osmont , ruë Sainë
Jacques 1731. 2. volumes in 12.
DISSERTATION sur les differentes methodes d'accompagnement pour le Clave
cin , oupour l'Orgue , avec le plan d'une
nouvelle Methode établie sur une mechanique des doigts que fournit la succession
fondamentale de l'harmonie , à l'aide de
laquelle on peut devenir sçavant Compositeur et habile Accompagnateur , même
sans sçavoir lire la Musique. Par M. Raeau, chez G. D. David , ruë de HureFiiij poix
324 MERCURE DE FRANCE
poix ; Boivin ; rue Saint Honoré ; et le
Clerc , rue du Roule. Prix 3. liv.
ne ,
TRAITE' DES DIXMES EN GENERAL , suivant laJurisprudence ancienne et moderétablie et confirmée tant par les Ordonnances , Lettres Patentes , Edits , Déclarations et Arrêts du Conseil , que par
les Arrêts et Reglements rendus dans les
differens Tribunaux , conformément aux
Coutumes du Royaume. Par M. L. M. A
Paris , chez Mouchet , au Palais, 1731. 2.
volum. in 12. pp. 919.
TRAITE' DE L'ESPERANCE CHRETIENNE,
contre l'esprit de pusillanimité et de
défiance , et contre la crainte excessive.
Chez Phil. Nic. Lottin , rue S. Jacques ,
vol. in 12, pp. 443. prix 2. liv.
TRAITE' DU LIBRE ARBITRE et de la
concupiscence ; Ouvrages pofthumes de
M. Jacques Benigne Bossuet , Evêque de
Meaux Conseiller du Roi en ses Conseils , et ordinaire en son Conseil d'Etat ,
Precepteur de Monseigneur le Dauphin ,
premier Aumônier des deux derniers
Dauphins. A Paris , chez Barth. Alix ,
rue Saint Jacques 1731. in 12. pp. 218.
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Résumé : « L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE, selon la difference du Sexe [...] »
Le document recense plusieurs publications parues à Paris au début du XVIIIe siècle. 'L'ART D'ELEVER LA JEUNESSE' aborde l'éducation des jeunes en tenant compte du sexe, de l'âge et des conditions, en s'appuyant sur les principes de la religion, de la politique et de l'économie. 'OBSERVATIONS DE CHIRURGIE' est un ouvrage d'Henri-François Le Dran, qui inclut des réflexions destinées aux étudiants. 'DISSERTATION sur les différentes méthodes d'accompagnement pour le Clavecin ou l'Orgue' présente une nouvelle méthode de composition et d'accompagnement musicale par M. Rameau. 'TRAITE' DES DIXMES EN GENERAL' de M. L. M. A. traite de la jurisprudence concernant les dîmes, confirmée par diverses ordonnances et déclarations. 'TRAITE' DE L'ESPERANCE CHRETIENNE' combat l'esprit de pusillanimité et de défiance. Enfin, 'TRAITE' DU LIBRE ARBITRE et de la concupiscence' est un ouvrage posthume de Jacques Bénigne Bossuet, évêque de Meaux et précepteur des dauphins.
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6017
p. 325-328
Reflexions diverses, &c. [titre d'après la table]
Début :
Depuis les trois feüilles des Reflexions diverses, il en a [...]
Mots clefs :
Théorie, Juger, Théâtre, Comédie italienne, Tragédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reflexions diverses, &c. [titre d'après la table]
Depuis les trois feuilles des Reflexions
diverses , il en a paru plusieurs autres :
dans une quatriéme feüille , sur la maniere de reprendre les hommes pour les corriger ,
&c.
C'est unart tres- difficile dans la Théorie , dit l'Auteur , et tres- pénible dans la
pratique, que celui de reprendre les hommes à propos ; le soin de les étudier sans
cesse , l'attention continuelle à saisir les
circonstances favorables , pour placer des
avis qui puissent avoir l'utilité qu'on se propose ; les dégouts du peu de progrez
que l'on fait , les chagrins que donnent
les travers de celui qu'on veut corriger
il n'y a qu'une générosité extraordinaire,
ou une forte inclination , qui puisse faire
entreprendre de vaincre tant de difficultez.
Le penchant que nous avons à juger de
nous favorablement , nous fait méconnoître nos ressemblances , si elles ne sont
tout-à-fait marquées. Lorsqu'on nous represente des défauts qui surpassent de
beaucoup les nôtres ; au lieu de chercher
à nous corriger , nous nous applaudissons
de ce prétendu avantage. Cet inconvenient me fait juger qu'il y a peu de Piéces de Théatre qui soient propres à réformer les mœurs ; la plupart des carac- F v teres
326 MERCURE DE FRANCE
teres en sont si chargez , qu'ils n'offrent
que des vertus au dessus de la force humaine , ou des vices rares à trouver. Ce
n'est point icy le lieu de décider si celles
de ces Pieces , qui approchent le plus du
vrai-semblable, ne sont point aussi les
meilleurs ; mais il est constant qu'elles
nous sont plus profitables , étant plus à
notre portée. Je ne voudrois pourtant
pas assuter que les évenemens de la Tragédie ne détournent l'attention de la Mo
rale, et que la plaisanterie continuelle
qui regne dans la Comédie , ne lui ôte
de son poids ; on ne met guere de concurrence entre le plaisir de s'attendrir ou
de rire , et l'embarras de refléchir sur
soi- même.
L'un des plus grands fleaux du vice et
du ridicule , c'est sans doute la Satyre ,
lorsqu'elle est bien maniée. Dans ce genre d'ouvrage tout est direct et tout tend
à un but principal , qui est d'instruire et
de corriger il rassemble toute l'attention sur un même objet ; au contraire
de la Comédie , qui l'affoiblit en le partageant. Son Stile plus, vif et plus serré
fait une impression plus forte et plus durable. La plupart des hommes ont besoin
d'être frappez avec vigueur , pour sortir
de l'assoupissement ou de l'indolence.
Quoi-
FEVRIER. 1732. 327
Quoique la Comédie demande plus de talens que la Satyre , peut- être que les
ouvrages d'Horace et de Juvenal, ont
plus contribué aux bonnes mœurs et au
goût de ceux de Plaute et de Terence , et
que la même chose est arrivée parmi nous
à Despreaux et à Moliere , &c.
Quelle leçon ne doivent pas tirer de
là quelques-uns des Auteurs qui écrivent
aujourd'hui ? particulierement ceux dont
l'état semble demander plus de douceur
et de modération ; les invectives dans un
homme qui reprend l'erreur , sont des
marques d'un esprit injuste ou d'une mauvaise éducation ; ne sçauroit - on relever
des fautes sans abattre ceux qui les commettent et pour prendre le parti de la
verité ou du bon sens , faut-il s'éloigner
de l'un et de l'autre ?
Il n'y a rien de si ennuyeux et de moins
instructif que ces Ouvrages pleins de fiel,
ou un Auteur emporté , veut vous faire
entrer dans ses vûës et dans ses ressentimens; ces sortes de productions , bien
loin de corriger les hommes , ne servent
qu'à leur gâter l'imagination ; quand même, par une supposition hazardée , il s'agiroit de soutenir le parti de la verité. Elle
n'a que faire de ces dffenseurs furieux; ils
la de honorent par leurs emportemens, et
lus donnent l'air du mensonge.
F vj Cex-
328 MERCURE DE FRANCE
Certains esprits nez malins et envieux ,
sous le spécieux prétexte de déclamer
contre les vices , cherchent continuellement à déchirer et à nuire. De- là viennent ces Satyres sanglantes , qui souvent
attaquent le merite même ; supposé qu'il
se trouve de l'esprit dans ces sortes de
Pieces , ( ce qui arrive tres- rarement) c'est un talent bien malheureux que celui qui
ne sçait se produire que par de si méchans
côtez , et qui ne peut ni instruire ni amu- ser les honnêtes gens.
diverses , il en a paru plusieurs autres :
dans une quatriéme feüille , sur la maniere de reprendre les hommes pour les corriger ,
&c.
C'est unart tres- difficile dans la Théorie , dit l'Auteur , et tres- pénible dans la
pratique, que celui de reprendre les hommes à propos ; le soin de les étudier sans
cesse , l'attention continuelle à saisir les
circonstances favorables , pour placer des
avis qui puissent avoir l'utilité qu'on se propose ; les dégouts du peu de progrez
que l'on fait , les chagrins que donnent
les travers de celui qu'on veut corriger
il n'y a qu'une générosité extraordinaire,
ou une forte inclination , qui puisse faire
entreprendre de vaincre tant de difficultez.
Le penchant que nous avons à juger de
nous favorablement , nous fait méconnoître nos ressemblances , si elles ne sont
tout-à-fait marquées. Lorsqu'on nous represente des défauts qui surpassent de
beaucoup les nôtres ; au lieu de chercher
à nous corriger , nous nous applaudissons
de ce prétendu avantage. Cet inconvenient me fait juger qu'il y a peu de Piéces de Théatre qui soient propres à réformer les mœurs ; la plupart des carac- F v teres
326 MERCURE DE FRANCE
teres en sont si chargez , qu'ils n'offrent
que des vertus au dessus de la force humaine , ou des vices rares à trouver. Ce
n'est point icy le lieu de décider si celles
de ces Pieces , qui approchent le plus du
vrai-semblable, ne sont point aussi les
meilleurs ; mais il est constant qu'elles
nous sont plus profitables , étant plus à
notre portée. Je ne voudrois pourtant
pas assuter que les évenemens de la Tragédie ne détournent l'attention de la Mo
rale, et que la plaisanterie continuelle
qui regne dans la Comédie , ne lui ôte
de son poids ; on ne met guere de concurrence entre le plaisir de s'attendrir ou
de rire , et l'embarras de refléchir sur
soi- même.
L'un des plus grands fleaux du vice et
du ridicule , c'est sans doute la Satyre ,
lorsqu'elle est bien maniée. Dans ce genre d'ouvrage tout est direct et tout tend
à un but principal , qui est d'instruire et
de corriger il rassemble toute l'attention sur un même objet ; au contraire
de la Comédie , qui l'affoiblit en le partageant. Son Stile plus, vif et plus serré
fait une impression plus forte et plus durable. La plupart des hommes ont besoin
d'être frappez avec vigueur , pour sortir
de l'assoupissement ou de l'indolence.
Quoi-
FEVRIER. 1732. 327
Quoique la Comédie demande plus de talens que la Satyre , peut- être que les
ouvrages d'Horace et de Juvenal, ont
plus contribué aux bonnes mœurs et au
goût de ceux de Plaute et de Terence , et
que la même chose est arrivée parmi nous
à Despreaux et à Moliere , &c.
Quelle leçon ne doivent pas tirer de
là quelques-uns des Auteurs qui écrivent
aujourd'hui ? particulierement ceux dont
l'état semble demander plus de douceur
et de modération ; les invectives dans un
homme qui reprend l'erreur , sont des
marques d'un esprit injuste ou d'une mauvaise éducation ; ne sçauroit - on relever
des fautes sans abattre ceux qui les commettent et pour prendre le parti de la
verité ou du bon sens , faut-il s'éloigner
de l'un et de l'autre ?
Il n'y a rien de si ennuyeux et de moins
instructif que ces Ouvrages pleins de fiel,
ou un Auteur emporté , veut vous faire
entrer dans ses vûës et dans ses ressentimens; ces sortes de productions , bien
loin de corriger les hommes , ne servent
qu'à leur gâter l'imagination ; quand même, par une supposition hazardée , il s'agiroit de soutenir le parti de la verité. Elle
n'a que faire de ces dffenseurs furieux; ils
la de honorent par leurs emportemens, et
lus donnent l'air du mensonge.
F vj Cex-
328 MERCURE DE FRANCE
Certains esprits nez malins et envieux ,
sous le spécieux prétexte de déclamer
contre les vices , cherchent continuellement à déchirer et à nuire. De- là viennent ces Satyres sanglantes , qui souvent
attaquent le merite même ; supposé qu'il
se trouve de l'esprit dans ces sortes de
Pieces , ( ce qui arrive tres- rarement) c'est un talent bien malheureux que celui qui
ne sçait se produire que par de si méchans
côtez , et qui ne peut ni instruire ni amu- ser les honnêtes gens.
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Résumé : Reflexions diverses, &c. [titre d'après la table]
Le texte explore la complexité de la correction des hommes, une tâche à la fois théorique et pratique. L'auteur souligne la nécessité d'une générosité ou d'une inclination forte pour surmonter les obstacles tels que l'étude continue des individus et les déceptions face aux progrès limités. Il note également la tendance humaine à se juger favorablement, ce qui rend difficile la reconnaissance des défauts. Le texte critique les pièces de théâtre qui présentent des vertus ou des vices extrêmes, préférant celles qui sont plus réalistes et accessibles. La satire est présentée comme un moyen efficace de réformer les mœurs, car elle est directe et vise à instruire et corriger. En revanche, la comédie disperse l'attention et peut détourner de la réflexion morale. Le texte compare les œuvres d'Horace et de Juvenal à celles de Plaute et de Terence, suggérant que les premières ont eu un impact plus significatif sur les bonnes mœurs. Il met en garde contre les invectives et les ouvrages pleins de fiel, qui ne servent qu'à gâter l'imagination. Enfin, il critique les esprits malins qui utilisent la satire pour nuire, soulignant que ces œuvres, même spirituelles, sont malheureuses car elles ne peuvent ni instruire ni amuser les honnêtes gens.
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6018
p. 328-329
« Les DÉSESPEREZ, Histoire héroïque, nouvellement traduite de l'Italien, [...] »
Début :
Les DÉSESPEREZ, Histoire héroïque, nouvellement traduite de l'Italien, [...]
Mots clefs :
Les Désepérés, Lois et coutumes, Le Zodiaque de la vie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les DÉSESPEREZ, Histoire héroïque, nouvellement traduite de l'Italien, [...] »
LES DE'SESPEREZ , Histoire héroïque ,
nouvellement traduite de l'Italien , du celebre Jean- Ambroise Marini , sur la 10
Edition deVenise, ornée de figures en taille
douce. A Paris , Quai de Gesures , chez
P. Prault , 1732. 2 vol. in 12 .
DISSERTATIONS Sur les Questions qui
naissent de la contrariété des Loix et des
Goûtumes. Par M. Louis Boullenois , an-.
cien Avocat au Parlement. A Paris, chez
Alexis Mesnier, rue Saint Severin. 1731.
in 4.
Jean Vanden Kicboom , à la Haye , dé
bite la Traduction Françoise que M. de la
Monnerie a faite du Poëme Latin du celeb
FEVRIER. 17320 329
lebre Marcel Palingenius , intitulé le Zo
diaque de la vie , ou Preceptes pour diriger
la conduite etles moeurs des hommes. 1731, in 12.
nouvellement traduite de l'Italien , du celebre Jean- Ambroise Marini , sur la 10
Edition deVenise, ornée de figures en taille
douce. A Paris , Quai de Gesures , chez
P. Prault , 1732. 2 vol. in 12 .
DISSERTATIONS Sur les Questions qui
naissent de la contrariété des Loix et des
Goûtumes. Par M. Louis Boullenois , an-.
cien Avocat au Parlement. A Paris, chez
Alexis Mesnier, rue Saint Severin. 1731.
in 4.
Jean Vanden Kicboom , à la Haye , dé
bite la Traduction Françoise que M. de la
Monnerie a faite du Poëme Latin du celeb
FEVRIER. 17320 329
lebre Marcel Palingenius , intitulé le Zo
diaque de la vie , ou Preceptes pour diriger
la conduite etles moeurs des hommes. 1731, in 12.
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Résumé : « Les DÉSESPEREZ, Histoire héroïque, nouvellement traduite de l'Italien, [...] »
Le texte mentionne trois ouvrages du début du XVIIIe siècle. 'Les Désespérés, Histoire héroïque', traduit par Jean-Ambroise Marini, a été publié à Paris en 1732. 'Dissertations Sur les Questions qui naissent de la contrariété des Loix et des Goûtumes' de Louis Boullenois est sorti à Paris en 1731. Enfin, 'Le Zodiaque de la vie' de Marcel Palingenius, traduit par M. de la Monnerie, a été publié à La Haye en 1731.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6019
p. 329-330
Livres nouveaux des Païs étrangers, &c. [titre d'après la table]
Début :
Livres nouvellement reçus des Païs Etrangers qui se ttouvent chez [...]
Mots clefs :
Livres, Pays étrangers, Libraire
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texteReconnaissance textuelle : Livres nouveaux des Païs étrangers, &c. [titre d'après la table]
ivres nouvellement reçus des Païs
Etrangers qui se trouvent chez Cavelier,
Libraire , ruë S. Jacques , au Lys d'or.
.
Tentamina experimentorum naturalium
captorum in Academia del Cimente ,
sub auspiciis Leopoli Etruriæ Ducis
ex Italico in Latinum conversa , quibus
nova Experimenta addidit Musschembrock. 4. cum Figuris, Lug. Bat. 1731 .
Abregé Chronologique de l'Histoire d'Angleterre , avec des Notes , 7 vol. in 12.
Amst. 1730.
Pontas (Jo. ) Dictionarium Casuum Conscientiæ , seu præcipuarum Difficultatum circa Moralem et Dissiplinam Decisiones. Tom. I.fol. Luxemburgi. 1731.
Bibliotheque Germanique. Tomes 20 , 21 ,
et 22. in 8. A Amst. 1731 .
Bibliotheque Italique , ou Histoire Litteraire de l'Italie. Tomes X. et XI. in 8.
Genéve. 1731 .
Briasson , Libraire , à la Science , ruë
S.Jacques, a aussi receu d'Hollande divers Livres
330 MERCURE DE FRANCE
Livres , dont il distribuë un Catalogue ;
il y a entre autres :
Les Memoires , Actes et Negociations pour
servir à l'Histoire du dix-huitiéme siecle,
tomes 9 et 10, in 4. La Haye. 1732.
Introduction à l'Etude des Sciences et belles
Lettres , pour ceux qui ne sçavent que
le François, par M.de la Martiniere , in
12, La Haye. 1731.
Thucydidis , Opera omnia græcè et latinè , cum Notis et Variantibus , Editio
novissima , fol. Amstelodami. 1732.
La Theologie Physiqué, par M. Derhame,
nouvelle Editionaugmentée. Roterdam.
1731.
Etrangers qui se trouvent chez Cavelier,
Libraire , ruë S. Jacques , au Lys d'or.
.
Tentamina experimentorum naturalium
captorum in Academia del Cimente ,
sub auspiciis Leopoli Etruriæ Ducis
ex Italico in Latinum conversa , quibus
nova Experimenta addidit Musschembrock. 4. cum Figuris, Lug. Bat. 1731 .
Abregé Chronologique de l'Histoire d'Angleterre , avec des Notes , 7 vol. in 12.
Amst. 1730.
Pontas (Jo. ) Dictionarium Casuum Conscientiæ , seu præcipuarum Difficultatum circa Moralem et Dissiplinam Decisiones. Tom. I.fol. Luxemburgi. 1731.
Bibliotheque Germanique. Tomes 20 , 21 ,
et 22. in 8. A Amst. 1731 .
Bibliotheque Italique , ou Histoire Litteraire de l'Italie. Tomes X. et XI. in 8.
Genéve. 1731 .
Briasson , Libraire , à la Science , ruë
S.Jacques, a aussi receu d'Hollande divers Livres
330 MERCURE DE FRANCE
Livres , dont il distribuë un Catalogue ;
il y a entre autres :
Les Memoires , Actes et Negociations pour
servir à l'Histoire du dix-huitiéme siecle,
tomes 9 et 10, in 4. La Haye. 1732.
Introduction à l'Etude des Sciences et belles
Lettres , pour ceux qui ne sçavent que
le François, par M.de la Martiniere , in
12, La Haye. 1731.
Thucydidis , Opera omnia græcè et latinè , cum Notis et Variantibus , Editio
novissima , fol. Amstelodami. 1732.
La Theologie Physiqué, par M. Derhame,
nouvelle Editionaugmentée. Roterdam.
1731.
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Résumé : Livres nouveaux des Païs étrangers, &c. [titre d'après la table]
Le document énumère les livres nouvellement reçus par deux libraires, Cavelier et Briasson, situés rue Saint-Jacques à Paris. Chez Cavelier, les ouvrages incluent 'Tentamina experimentorum naturalium,' une traduction latine des expériences de l'Académie del Cimento, enrichie de nouvelles expériences par Musschenbrock, publiée à Leyde en 1731. Un 'Abregé Chronologique de l'Histoire d'Angleterre' en sept volumes, publié à Amsterdam en 1730. Le 'Dictionarium Casuum Conscientiæ' de Jo. Pontas, publié à Luxembourg en 1731. Les tomes 20, 21 et 22 de la 'Bibliotheque Germanique,' publiés à Amsterdam en 1731. Les tomes X et XI de la 'Bibliotheque Italique,' publiés à Genève en 1731. Briasson a également reçu divers livres d'Hollande, parmi lesquels 'Les Memoires, Actes et Negociations pour servir à l'Histoire du dix-huitiéme siecle' en tomes 9 et 10, publiés à La Haye en 1732. Une 'Introduction à l'Etude des Sciences et belles Lettres' par M. de la Martinière, publiée à La Haye en 1731. Les œuvres complètes de Thucydide en grec et en latin, éditées à Amsterdam en 1732. Enfin, 'La Theologie Physiqué' de M. Derhame, en nouvelle édition augmentée, publiée à Rotterdam en 1731.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6020
p. 330-332
« BIBLIOTHEQUE raisonnée des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, 1 [...] »
Début :
BIBLIOTHEQUE raisonnée des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, 1 [...]
Mots clefs :
Bibliothèque raisonnée des ouvrages des savants, Théocrite, L'État et les Délices de la Suisse, Ecriture Sainte, Dissertation sur le mensonge, Sels et cristaux
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texteReconnaissance textuelle : « BIBLIOTHEQUE raisonnée des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, 1 [...] »
BIBLIOTHEQUE raisonnée des Ouvrages
des Sçavans de l'Europe, 1er et 2 parties.
contenant les 6 premiers mois de l'année
1730. vol. in 12. de 480 pag. A Amsterd.
chez les Wetsteins et Smith. 1730.
THEOCRITE traduit en Vers Italiens ,
par M. Dom Regolotti , Romain et Professeur en Poétique et en Langue Grecque
dans l'Université Royale de Turin. ATurin , chez J. B. Chais , Imprimeur et Libraire de S. M. 1729. in 8. pag. 295. Y
comprise l'Epître dédicatoire à S. A. R. Charles
FEVRIER. 1732. 33
Charles Emanuel , Prince de Piémont
&c. Tout l'Ouvrage est en Italien.
تو
L'ETAT ET LES DELICES DE LA SUISSE.
en forme de Relation Critique , par plusieurs Auteurs celebres , enrichi de Figutes en taille douce , dessinées sur les lieux,
et de Cartes Géographiques tres- exactes
en 4 vol. in 12. A Amsterdam , chez les
Wetsteins et Smith. 1730.
TRAITEZ GEOGRAPHIQUES ET HISTORI
QUES , pour faciliter l'intelligence de l'Ecriture Sainte , par divers Auteurs celebres. A la Haye , chez Gerard Vander
Poel. 1730. 2. vol. in 12. 1.tom, pag.314
et 325 , pour le 2d.
DISSERTATION SUR LE MENSONGE , par
M. Saurin , Ministre de l'Eglise Françoise
de la Haye. 2de édition. A la Haye , chez
Pierre de Hondt. 1730. in 8. pag. 56.
2de Partic. LETTRES PHILOSOPHIQUES Sur
la formation des Sels et des Cristaux , et
sur la Generation et le Mecanisme organi
que des Plantes et, des Animaux; à l'occasion de la Pierre Belemnite et de la
Pierre Lenticulaire ; avec un Mémoiresur
la Théorie de la Terre. Par M. Bourguet.
A
332 MERCURE DE FRANCE
A Amsterdam, chez François Lhonoré.
1729. in 12. de 220 pag. pour l'Ouvrage ,
et de 44 pour l'Epître dédicatoire et la
Préface.
des Sçavans de l'Europe, 1er et 2 parties.
contenant les 6 premiers mois de l'année
1730. vol. in 12. de 480 pag. A Amsterd.
chez les Wetsteins et Smith. 1730.
THEOCRITE traduit en Vers Italiens ,
par M. Dom Regolotti , Romain et Professeur en Poétique et en Langue Grecque
dans l'Université Royale de Turin. ATurin , chez J. B. Chais , Imprimeur et Libraire de S. M. 1729. in 8. pag. 295. Y
comprise l'Epître dédicatoire à S. A. R. Charles
FEVRIER. 1732. 33
Charles Emanuel , Prince de Piémont
&c. Tout l'Ouvrage est en Italien.
تو
L'ETAT ET LES DELICES DE LA SUISSE.
en forme de Relation Critique , par plusieurs Auteurs celebres , enrichi de Figutes en taille douce , dessinées sur les lieux,
et de Cartes Géographiques tres- exactes
en 4 vol. in 12. A Amsterdam , chez les
Wetsteins et Smith. 1730.
TRAITEZ GEOGRAPHIQUES ET HISTORI
QUES , pour faciliter l'intelligence de l'Ecriture Sainte , par divers Auteurs celebres. A la Haye , chez Gerard Vander
Poel. 1730. 2. vol. in 12. 1.tom, pag.314
et 325 , pour le 2d.
DISSERTATION SUR LE MENSONGE , par
M. Saurin , Ministre de l'Eglise Françoise
de la Haye. 2de édition. A la Haye , chez
Pierre de Hondt. 1730. in 8. pag. 56.
2de Partic. LETTRES PHILOSOPHIQUES Sur
la formation des Sels et des Cristaux , et
sur la Generation et le Mecanisme organi
que des Plantes et, des Animaux; à l'occasion de la Pierre Belemnite et de la
Pierre Lenticulaire ; avec un Mémoiresur
la Théorie de la Terre. Par M. Bourguet.
A
332 MERCURE DE FRANCE
A Amsterdam, chez François Lhonoré.
1729. in 12. de 220 pag. pour l'Ouvrage ,
et de 44 pour l'Epître dédicatoire et la
Préface.
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Résumé : « BIBLIOTHEQUE raisonnée des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, 1 [...] »
Le document liste des ouvrages publiés entre 1729 et 1730. La 'Bibliothèque raisonnée des Ouvrages des Sçavans de l'Europe' couvre les six premiers mois de 1730 et est publiée en deux parties totalisant 480 pages à Amsterdam chez les Wetsteins et Smith. Parmi les ouvrages mentionnés, 'Théocrite traduit en Vers Italiens' par M. Dom Regolotti, professeur à l'Université Royale de Turin, est publié en 1729 et dédié au Prince Charles Emmanuel de Piémont. 'L'État et les Délices de la Suisse' est une relation critique enrichie de figures et de cartes géographiques, publiée en quatre volumes à Amsterdam chez les Wetsteins et Smith en 1730. Les 'Traitez Géographiques et Historiques' visent à faciliter la compréhension de l'Écriture Sainte et sont publiés en deux volumes à La Haye chez Gerard Vander Poel en 1730. La 'Dissertation sur le Mensonge' par M. Saurin, ministre de l'Église Française de La Haye, est publiée en deuxième édition en 1730. Les 'Lettres Philosophiques' de M. Bourguet traitent de la formation des sels et des cristaux, ainsi que de la génération et du mécanisme organique des plantes et des animaux, et incluent un mémoire sur la théorie de la Terre, publié en 1729 à Amsterdam chez François Lhonoré.
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6021
p. 332-337
Histoire moderne, ou état present de tous les Peuples du monde, &c. [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE MODERNE, ou Etat present de tous les Peuples du [...]
Mots clefs :
Histoire moderne, Peuples du monde, Traduction de l'anglais, Tableau du genre humain, Chapitres
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texteReconnaissance textuelle : Histoire moderne, ou état present de tous les Peuples du monde, &c. [titre d'après la table]
HISTOIRE MODERNE , ou Etat present
'de tous les Peuples du Monde , &c. Traduit de l'Anglois de M. Salmon , enrichi de Remarques , de Cartes Géographiques et figures en Taille douce. Tome I.
premiere Pattie , contenant une Description de l'Etat présent de l'Empire de la
Chine. A Amsterdam , chez Isaac Tirion ,
1730. grand in 8. de 276. pages , sans les
Préfaces et la Table.
Dans la composition de ce Tableau du
Genre humain , l'Auteur traite de chaque
Peuple ou Etat dans dix Chap. sçavoir :
1. La situation et étendue de chaque
Royaume ou Etat particulier ; les diverses
Provinces dans lesquelles on divise chaque
Etat en particulier; avec une Description
exacte des principales Rivieres , Canaux,
Lacs et Fontaines qui les arrosent.
2. Les Villes , Forteresses , Palais , Bâtimens publics , Maisons et Meubles.
3. Le genie , le temperamment , la taille ,
les inclinations , l'air et l'habillement de
chaque Peuple enparticulier, avec leurs Festins leurs Divertissemens , leurs Fêtes, leurs
Visites
FEVRIER. 1732. 333
Visites , leurs Ceremonies > leurs Chemins
publics , leurs Postes , leur maniere de voya
ger et de transporter les Marchandises.
4. Leurs Manufactures , leur Commerce
et leur Navigation.
5. L'Agriculture, le Labourage , la Nature des Terres , les Plantes , les Animaux
et Mineraux.
6. Leurs Sciences , leurs Charges , leurs
'Arts Liberaux et Méchaniques , leur Langue , leurs Lettres , leur Histoire , leur Chronologie.
7. La Cour du Prince , les Revenus , les
Forces , les Prérogatives , la Succession à
la Couronne , les Cours de Justice , les Magistrats , les Loix , Coûtumes et Punitions
les Monnoyes , les Poids et Mesures.
3
8. La Religion , les Temples et les Superstitions.
9. Les Mariages , les femmes mariées et
les filles , les enfans et les Esclaves.
10. Les Funerailles , le deuil , les Sépulchres , &c.
Cet immense Projet , qui n'avoit encore été entrepris par personne , sera ,
dit-on ici , encore mieux executé dans la
Traduction Françoise , parce qu'on y a
fait plusieurs Remarques et même des
Additions , tirées d'Auteurs estimez , et
qui avoient échappé à l'Auteur , M. Salmont
334 MERCURE DE FRANCE
mon lui-même et à M. Goch , qui avoit
déja enrichi de Remarques la Traduction
Hollandoise.
On apprend dans les Nouvelles Litte
raires de la premiere Partie de ce Volume, que les Jardiniers du voisinage de
Londres , ont formé une Societé pour se
perfectionner dans leur Art , ce qui est une chose extrémement loüable , et qui
devroit être imitée. Ils s'assemblent tous
·les mois à Chelsey et se communiquent les
Plantes et les Fleurs de la saison , et recherchent leurs proprietez et la maniere de les cultiver. Ils s'attachent sur tout
à celles qu'on kur envoye des Pays Etan--
gers, particulierement des Indes, et qu'ils
ont trouvé le moyen d'élever dans ce climat. Ils tiennent Registre de leurs Observations ; et comme plusieurs personnes de consideration se plaisent à cette
espece d'étude , on les a engagez à rendre ces Observations publiques. Eiles feront quatre petits volumes in folio. Le
premier paroît actuellement sous ce titre :
Catalogue des Arbres , des Arbrisseaux
des Plantes et des Fleurs , tant étrangeras
que domestiques , qu'on éleve pour vendre ,
dats les Jardins proche de Londres ; divisé
en plusieurs Livres ou Parties , où les
Plantés sont rangées par ordre alphabe-
>
tique
FEVRIER. 1732. 339
tique. On y a ajoûté le caractere des genres , et toutes les especes particulieres
qu'on trouve dans les Pépinieres près de
Londres , et la maniere de les cultiver.
Ce volume contient 21. Planches enluminées.
*
L'Ouvrage sera plus curieux et beaucoup plus utileque ce que prépare M.Sale,
Avocat , suivant les mêmes Nouvelles
Litteraires , page 229. sçavoir , une Traduction Angloise de l'Alcoran , faite sur
l'Original, avec des Remarques , &c.
malgré la vaine et témeraire confiance.
qu'il fait paroître , en disant qu'il n'y a
que les Protestans qui puissent combattre
le Mahometisme avec succès. Il met le
comble à l'égarement , quand il ajoute
que c'est à eux que la Providence a réservé la gloire de le détruire.
Les Nouvelles Litteraires de la seconde Partie du même Tome , contiennent
un article qui mérite d'être rapporté. De
Londres. L'ancien Langage Arménien est
presque inconnu en Europe ; à peine est- il entendu des Arméniens modernes. La
Version Arménienne de la Bible , faite
environ l'an 420, avec beaucoup de fi
delité et d'exactitude , ne se trouve dans
*Nom imposant qui ne signifie rien. Ce Traducteur a-t'il va l'Original de l'Alcoran ? &c.
aucune
>
336 MERCURE DE FRANCE
aucune Polyglotte. Il y a plusieurs autres
Livres dans cette Langue qui méritent
d'être connus. Deux fils de M. Whiston ,
se proposent d'en publier quelques- uns.
Ils ont fait fondre exprès des Caracteres
Arméniens , et ils vont commencer par
le Livre suivant : Mosis Choronensis Historia Armenica Libri III. Accedit ejusdem
Scriptoris Epitome Geographia. Armeniacè
ediderunt , Latinè verterunt , notis illustrarunt Guillelmus et Georgius , Gul.
Whistoni Filii.
,
Cet Ouvrage est divisé en III . Livres
dont le premier contient l'Histoire de
l'Arménie , depuis la dispersion de Babel
jusqu'à Alexandre le Grand.Le II. s'étend
jusqu'à la Mort de Tiridate , environ
l'an 300. Et le III. jusqu'au milieu du
V. siecle ,> où cet Auteur vivoit. L'Original a été imprimé à Amsterdam en
1695. par les soins d'un Archevêque Arménien. Mrs. Whiston l'accompagneront
d'une Version Latine , et de courtes Remarques , où ils citeront les Auteurs qui
éclaircissent , confirment ou contredisent
les faits rapportez par celui-cy. Son Livre est d'autant plus curieux et instructif, que c'est le seul qui nous donne une
juste idée de l'ancien état de la Nation
Arménienne, et qu'il est fondé sur de bonnes autoritez.
FEVRIER 1732 337
Le petit Traité de Géographie est recommandable , non- seulement en ce qu'il
nous a conservé plusieurs noms Orien- taux , mais parce que c'est l'Extrait d'un
Ouvrage de Pappus d'Alexandrie , cité
par Suidas , qui s'est perdu. Ce Livre s'imprime par Souscriptions. Il contiendra 40
ou so. feuilles in 4. Le prix est de douze
Shillins , dont moitié d'avance et le reste
en recevant un Exemplaire,
'de tous les Peuples du Monde , &c. Traduit de l'Anglois de M. Salmon , enrichi de Remarques , de Cartes Géographiques et figures en Taille douce. Tome I.
premiere Pattie , contenant une Description de l'Etat présent de l'Empire de la
Chine. A Amsterdam , chez Isaac Tirion ,
1730. grand in 8. de 276. pages , sans les
Préfaces et la Table.
Dans la composition de ce Tableau du
Genre humain , l'Auteur traite de chaque
Peuple ou Etat dans dix Chap. sçavoir :
1. La situation et étendue de chaque
Royaume ou Etat particulier ; les diverses
Provinces dans lesquelles on divise chaque
Etat en particulier; avec une Description
exacte des principales Rivieres , Canaux,
Lacs et Fontaines qui les arrosent.
2. Les Villes , Forteresses , Palais , Bâtimens publics , Maisons et Meubles.
3. Le genie , le temperamment , la taille ,
les inclinations , l'air et l'habillement de
chaque Peuple enparticulier, avec leurs Festins leurs Divertissemens , leurs Fêtes, leurs
Visites
FEVRIER. 1732. 333
Visites , leurs Ceremonies > leurs Chemins
publics , leurs Postes , leur maniere de voya
ger et de transporter les Marchandises.
4. Leurs Manufactures , leur Commerce
et leur Navigation.
5. L'Agriculture, le Labourage , la Nature des Terres , les Plantes , les Animaux
et Mineraux.
6. Leurs Sciences , leurs Charges , leurs
'Arts Liberaux et Méchaniques , leur Langue , leurs Lettres , leur Histoire , leur Chronologie.
7. La Cour du Prince , les Revenus , les
Forces , les Prérogatives , la Succession à
la Couronne , les Cours de Justice , les Magistrats , les Loix , Coûtumes et Punitions
les Monnoyes , les Poids et Mesures.
3
8. La Religion , les Temples et les Superstitions.
9. Les Mariages , les femmes mariées et
les filles , les enfans et les Esclaves.
10. Les Funerailles , le deuil , les Sépulchres , &c.
Cet immense Projet , qui n'avoit encore été entrepris par personne , sera ,
dit-on ici , encore mieux executé dans la
Traduction Françoise , parce qu'on y a
fait plusieurs Remarques et même des
Additions , tirées d'Auteurs estimez , et
qui avoient échappé à l'Auteur , M. Salmont
334 MERCURE DE FRANCE
mon lui-même et à M. Goch , qui avoit
déja enrichi de Remarques la Traduction
Hollandoise.
On apprend dans les Nouvelles Litte
raires de la premiere Partie de ce Volume, que les Jardiniers du voisinage de
Londres , ont formé une Societé pour se
perfectionner dans leur Art , ce qui est une chose extrémement loüable , et qui
devroit être imitée. Ils s'assemblent tous
·les mois à Chelsey et se communiquent les
Plantes et les Fleurs de la saison , et recherchent leurs proprietez et la maniere de les cultiver. Ils s'attachent sur tout
à celles qu'on kur envoye des Pays Etan--
gers, particulierement des Indes, et qu'ils
ont trouvé le moyen d'élever dans ce climat. Ils tiennent Registre de leurs Observations ; et comme plusieurs personnes de consideration se plaisent à cette
espece d'étude , on les a engagez à rendre ces Observations publiques. Eiles feront quatre petits volumes in folio. Le
premier paroît actuellement sous ce titre :
Catalogue des Arbres , des Arbrisseaux
des Plantes et des Fleurs , tant étrangeras
que domestiques , qu'on éleve pour vendre ,
dats les Jardins proche de Londres ; divisé
en plusieurs Livres ou Parties , où les
Plantés sont rangées par ordre alphabe-
>
tique
FEVRIER. 1732. 339
tique. On y a ajoûté le caractere des genres , et toutes les especes particulieres
qu'on trouve dans les Pépinieres près de
Londres , et la maniere de les cultiver.
Ce volume contient 21. Planches enluminées.
*
L'Ouvrage sera plus curieux et beaucoup plus utileque ce que prépare M.Sale,
Avocat , suivant les mêmes Nouvelles
Litteraires , page 229. sçavoir , une Traduction Angloise de l'Alcoran , faite sur
l'Original, avec des Remarques , &c.
malgré la vaine et témeraire confiance.
qu'il fait paroître , en disant qu'il n'y a
que les Protestans qui puissent combattre
le Mahometisme avec succès. Il met le
comble à l'égarement , quand il ajoute
que c'est à eux que la Providence a réservé la gloire de le détruire.
Les Nouvelles Litteraires de la seconde Partie du même Tome , contiennent
un article qui mérite d'être rapporté. De
Londres. L'ancien Langage Arménien est
presque inconnu en Europe ; à peine est- il entendu des Arméniens modernes. La
Version Arménienne de la Bible , faite
environ l'an 420, avec beaucoup de fi
delité et d'exactitude , ne se trouve dans
*Nom imposant qui ne signifie rien. Ce Traducteur a-t'il va l'Original de l'Alcoran ? &c.
aucune
>
336 MERCURE DE FRANCE
aucune Polyglotte. Il y a plusieurs autres
Livres dans cette Langue qui méritent
d'être connus. Deux fils de M. Whiston ,
se proposent d'en publier quelques- uns.
Ils ont fait fondre exprès des Caracteres
Arméniens , et ils vont commencer par
le Livre suivant : Mosis Choronensis Historia Armenica Libri III. Accedit ejusdem
Scriptoris Epitome Geographia. Armeniacè
ediderunt , Latinè verterunt , notis illustrarunt Guillelmus et Georgius , Gul.
Whistoni Filii.
,
Cet Ouvrage est divisé en III . Livres
dont le premier contient l'Histoire de
l'Arménie , depuis la dispersion de Babel
jusqu'à Alexandre le Grand.Le II. s'étend
jusqu'à la Mort de Tiridate , environ
l'an 300. Et le III. jusqu'au milieu du
V. siecle ,> où cet Auteur vivoit. L'Original a été imprimé à Amsterdam en
1695. par les soins d'un Archevêque Arménien. Mrs. Whiston l'accompagneront
d'une Version Latine , et de courtes Remarques , où ils citeront les Auteurs qui
éclaircissent , confirment ou contredisent
les faits rapportez par celui-cy. Son Livre est d'autant plus curieux et instructif, que c'est le seul qui nous donne une
juste idée de l'ancien état de la Nation
Arménienne, et qu'il est fondé sur de bonnes autoritez.
FEVRIER 1732 337
Le petit Traité de Géographie est recommandable , non- seulement en ce qu'il
nous a conservé plusieurs noms Orien- taux , mais parce que c'est l'Extrait d'un
Ouvrage de Pappus d'Alexandrie , cité
par Suidas , qui s'est perdu. Ce Livre s'imprime par Souscriptions. Il contiendra 40
ou so. feuilles in 4. Le prix est de douze
Shillins , dont moitié d'avance et le reste
en recevant un Exemplaire,
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Résumé : Histoire moderne, ou état present de tous les Peuples du monde, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente une œuvre intitulée 'HISTOIRE MODERNE, ou Etat présent de tous les Peuples du Monde', traduite de l'anglais par M. Salmon. Publiée à Amsterdam en 1730, cette première partie se concentre sur l'Empire de la Chine et est structurée en dix chapitres. Ces chapitres abordent divers aspects de la Chine, incluant la géographie, les villes et bâtiments, les caractéristiques des peuples, les manufactures et le commerce, l'agriculture, les sciences et arts, la cour du prince, la religion, les mariages et les funérailles. L'ouvrage est enrichi de remarques, cartes géographiques et figures, ainsi que d'additions tirées d'auteurs estimés, absentes des versions originales de M. Salmon et de M. Goch. Par ailleurs, les Nouvelles Littéraires rapportent la création d'une société de jardiniers près de Londres, qui se perfectionnent dans leur art et publient un catalogue des plantes. Un avocat nommé M. Sale prépare également une traduction de l'Alcoran, bien que son approche soit critiquée. Le texte mentionne également la publication d'ouvrages en langue arménienne, notamment une histoire de l'Arménie par Mosis Choronensis, traduite et annotée par les fils de M. Whiston. Un petit traité de géographie, extrait d'un ouvrage perdu de Pappus d'Alexandrie, est également mentionné.
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6022
p. 337-340
Histoire de Charles XII. 2e édition, [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE DE CHARLES XII. seconde Edition, in 8. avec des [...]
Mots clefs :
Charles XII, Errata, Fautes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire de Charles XII. 2e édition, [titre d'après la table]
HISTOIRE DE CHARLES XII. seconde
Edition , in 8. avec des changemens dans
les faits et dans le stile. La Compagnie
des Libraires, d'Amsterdam en fait une
troisiéme qui doit être à present en vente.
L'Auteur a sur tout corrigé dans ces
Editions les fautes où il étoit tombé touchant M. le Fort , Genévois , qu'il avoit
pris pour un François réfugié ; la fille du
Czar Anne Petrowna , appellée dans la
premiere Edition , niece du Czar et quelques autres erreurs de ce genre. On a
debité avec la premiere et la seconde Edition un Errata singulier qui ne contenoit
que les fautes avouées par l'Auteur. Voici
un autre Errata qui pourra être plus
utile.
Tome I. Page 2. ligne 11. et il y gele dès le
mois d'Octobre , lisez , et la gelée recommence
dès le mois d'Octobre. Page 4. ligne derniere
laissoit
338 MERCURE DE FRANCE
laissoit aux Habitans la liberté de donner plus
de Citoyens à l'Etat par la pluralité des femmes.
Lisez , permettant la pluralité des femmes , laissoit
aux Habitans la liberté de donner plusieurs Sujets
à l'Etat. Page 17. ligne 5. les exercices violents
où il se plaisoit , lisez , les exercices violens ausquels il se plaisoit . Page 20. ligne pénultiéme,
des cris que le Roy n'entendoit point , lisez , des
cris inutiles. Page 44. le hazard voulut que le
fils d'un François refugié à Genéve nommé le
Fort , vint chercher , &c. lisez , son naturel heureux lui fit d'abord aimer les Etrangers avant de
sçavoir qu'ils pourroient lui être utiles. Un Genevois nommé le Fort , d'une ancienne famille
de Genève et fils d'un Marchand Droguiste , étoit
venu à Moscou pour les interêts de son commerce , il fut connu du Czar encore jeune ; il
s'insinua dans sa familiarité ; il l'entretenoit souvent en Langue Allemande, il lui parloit des
avantages , &c. Page 45. ligne 2. de Moscovie ,
lisez , de la Moscovie. Page 148. ligne 7. ils l'as- surerent , lisez ils lui promirent. Page 175. ligne
1. dans ces conjonctures Stanislas Lecsinski , fils
du Grand-Trésorier de la Couronne , mort depuis peu , fut député , lisez , le jeune Stanislas
Lecsinski, étoit alors député. Page 195. et autres
par tout où vous trouverez la premiere et la seconde
ligne , lisez, le premier le second rang. Page 233.
ligne premiere , Meyerfeld , lisez , Maderfeld. Page
269. ligne 16. mais la concession de ces Privileges que leur assuroit la forune du Roy de Suede,
Teur fut ravie , lisez , mais beaucoup de ces concessions que leur assuroit la fortune du Roy de
Suede , leur furent ravies. Page 305.ligne 1. et
cependant s'avança , lisez , et cependant il s'avança . Page 337. ligne 6. homme d'un mérite singu
lier, lisex , homme d'un mérire rare.
FEVRIER. 1732. 339
Tome II. Page 8, mettez en note au bas de la
page , on m'a assuré depuis que le pere de la Czarine étoit un fossoyeur. Page 30. ligne derniere ,
Mahomet , lisez , Achmet II . Page 81. ligne 2.
l'Intendant de ce Pays , lisez , un Ministre Luterien.Page114. ligne 18. dans aucune Cour Chrétienne , lisez , dans les Cours Chrétiennes. Page
177. ligne 4. couvrit sa tête , lisez , lui couvrit la
tête. Page 189. ligne pénultiéme et derniere , un
Officier des Troupes de Suede nommé le Baron
d'Arvidson , lisez , le Baron d'Arvidson , Officier
des Troupes de Suede. Page 196. et 197. ligne
derniere et premiere , un petit Château nommé
Demirtash, lisez , le petit Château de Demirtash.
Page 211. ligne 13. ni Tureane qui l'avoit executé, ajoûtez , ni ceux qui l'imiterent depuis avec
plus d'excès. Page 235.ligne 16. parler au General Duker , Gouverneur de la Place dans le moment , lisez , parler dans le moment au General
Duker , Gouverneur de la Place. Page 250. ligne
19.de tous les côtez, lisez, sur la Mer et sur Terre.
Page 258. ligne 14. est une petite Isle nommée
Usedom, lisez , la petite Isle d'Usedom. Page
182. ligne 4. dès le lendemain il aborda à Isted
en Scanie , lisez , dès le lendemain Stralsund se
rendit; la Garnison fut faite prisonniere de guerre
et Charles aborda à Isted en Scanie. Page 313.
ligne 6 avoit été , lisez , étoit allé. Page 316. ligne
12. il demanda la niece du Czar , lisez il demanda
la Princesse Anne Petrona , fille du Czar. Page
344 ligne 9. après sa mort , ajoutez , immédiatement après sa mort on leva le Siege de Frideriks Hall. Les Suedois plus accablez que flattez
de la gloire de leur Prince, ne songerent qu'à faire
la Paix avec leurs ennemis et à réprimer chez eux
la puissance , &c. Page 361. ligne 13. aux Anglois
340 MERCURE DE FRANCE
glois de Cromvel , lisez , aux Fanatiques de Cromvel.
En note au bas de la page 144. vous mettrez,
Tout ce récit est rapporté par M. Fabrice , dans ses
Lettres.
Edition , in 8. avec des changemens dans
les faits et dans le stile. La Compagnie
des Libraires, d'Amsterdam en fait une
troisiéme qui doit être à present en vente.
L'Auteur a sur tout corrigé dans ces
Editions les fautes où il étoit tombé touchant M. le Fort , Genévois , qu'il avoit
pris pour un François réfugié ; la fille du
Czar Anne Petrowna , appellée dans la
premiere Edition , niece du Czar et quelques autres erreurs de ce genre. On a
debité avec la premiere et la seconde Edition un Errata singulier qui ne contenoit
que les fautes avouées par l'Auteur. Voici
un autre Errata qui pourra être plus
utile.
Tome I. Page 2. ligne 11. et il y gele dès le
mois d'Octobre , lisez , et la gelée recommence
dès le mois d'Octobre. Page 4. ligne derniere
laissoit
338 MERCURE DE FRANCE
laissoit aux Habitans la liberté de donner plus
de Citoyens à l'Etat par la pluralité des femmes.
Lisez , permettant la pluralité des femmes , laissoit
aux Habitans la liberté de donner plusieurs Sujets
à l'Etat. Page 17. ligne 5. les exercices violents
où il se plaisoit , lisez , les exercices violens ausquels il se plaisoit . Page 20. ligne pénultiéme,
des cris que le Roy n'entendoit point , lisez , des
cris inutiles. Page 44. le hazard voulut que le
fils d'un François refugié à Genéve nommé le
Fort , vint chercher , &c. lisez , son naturel heureux lui fit d'abord aimer les Etrangers avant de
sçavoir qu'ils pourroient lui être utiles. Un Genevois nommé le Fort , d'une ancienne famille
de Genève et fils d'un Marchand Droguiste , étoit
venu à Moscou pour les interêts de son commerce , il fut connu du Czar encore jeune ; il
s'insinua dans sa familiarité ; il l'entretenoit souvent en Langue Allemande, il lui parloit des
avantages , &c. Page 45. ligne 2. de Moscovie ,
lisez , de la Moscovie. Page 148. ligne 7. ils l'as- surerent , lisez ils lui promirent. Page 175. ligne
1. dans ces conjonctures Stanislas Lecsinski , fils
du Grand-Trésorier de la Couronne , mort depuis peu , fut député , lisez , le jeune Stanislas
Lecsinski, étoit alors député. Page 195. et autres
par tout où vous trouverez la premiere et la seconde
ligne , lisez, le premier le second rang. Page 233.
ligne premiere , Meyerfeld , lisez , Maderfeld. Page
269. ligne 16. mais la concession de ces Privileges que leur assuroit la forune du Roy de Suede,
Teur fut ravie , lisez , mais beaucoup de ces concessions que leur assuroit la fortune du Roy de
Suede , leur furent ravies. Page 305.ligne 1. et
cependant s'avança , lisez , et cependant il s'avança . Page 337. ligne 6. homme d'un mérite singu
lier, lisex , homme d'un mérire rare.
FEVRIER. 1732. 339
Tome II. Page 8, mettez en note au bas de la
page , on m'a assuré depuis que le pere de la Czarine étoit un fossoyeur. Page 30. ligne derniere ,
Mahomet , lisez , Achmet II . Page 81. ligne 2.
l'Intendant de ce Pays , lisez , un Ministre Luterien.Page114. ligne 18. dans aucune Cour Chrétienne , lisez , dans les Cours Chrétiennes. Page
177. ligne 4. couvrit sa tête , lisez , lui couvrit la
tête. Page 189. ligne pénultiéme et derniere , un
Officier des Troupes de Suede nommé le Baron
d'Arvidson , lisez , le Baron d'Arvidson , Officier
des Troupes de Suede. Page 196. et 197. ligne
derniere et premiere , un petit Château nommé
Demirtash, lisez , le petit Château de Demirtash.
Page 211. ligne 13. ni Tureane qui l'avoit executé, ajoûtez , ni ceux qui l'imiterent depuis avec
plus d'excès. Page 235.ligne 16. parler au General Duker , Gouverneur de la Place dans le moment , lisez , parler dans le moment au General
Duker , Gouverneur de la Place. Page 250. ligne
19.de tous les côtez, lisez, sur la Mer et sur Terre.
Page 258. ligne 14. est une petite Isle nommée
Usedom, lisez , la petite Isle d'Usedom. Page
182. ligne 4. dès le lendemain il aborda à Isted
en Scanie , lisez , dès le lendemain Stralsund se
rendit; la Garnison fut faite prisonniere de guerre
et Charles aborda à Isted en Scanie. Page 313.
ligne 6 avoit été , lisez , étoit allé. Page 316. ligne
12. il demanda la niece du Czar , lisez il demanda
la Princesse Anne Petrona , fille du Czar. Page
344 ligne 9. après sa mort , ajoutez , immédiatement après sa mort on leva le Siege de Frideriks Hall. Les Suedois plus accablez que flattez
de la gloire de leur Prince, ne songerent qu'à faire
la Paix avec leurs ennemis et à réprimer chez eux
la puissance , &c. Page 361. ligne 13. aux Anglois
340 MERCURE DE FRANCE
glois de Cromvel , lisez , aux Fanatiques de Cromvel.
En note au bas de la page 144. vous mettrez,
Tout ce récit est rapporté par M. Fabrice , dans ses
Lettres.
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Résumé : Histoire de Charles XII. 2e édition, [titre d'après la table]
Le texte présente la troisième édition de l'ouvrage 'Histoire de Charles XII', publiée par la Compagnie des Libraires d'Amsterdam. Cette édition inclut plusieurs corrections et ajouts par rapport aux versions précédentes. Parmi les erreurs corrigées, on note des informations incorrectes concernant M. le Fort, un Genevois, et la fille du Czar Anne Petrowna. Un nouvel errata est fourni pour rectifier diverses fautes de style et de contenu. Le Tome I comporte des modifications sur des pages spécifiques. Par exemple, la page 2 corrige des informations sur la gelée en octobre, la page 4 traite de la pluralité des femmes, et la page 44 précise l'identité de M. le Fort. Le Tome II inclut également des corrections, notamment sur la page 8 concernant le père de la Czarine et sur la page 30 concernant Achmet II. Des ajouts et des précisions sont apportés dans divers passages. Par exemple, la page 211 du Tome II apporte des clarifications sur Tureane, et la page 344 traite du siège de Friederiks Hall. Le texte mentionne également des notes et des ajouts pour clarifier certains points, comme sur la page 144 où un récit est attribué à M. Fabrice. Ces corrections et ajouts visent à améliorer la précision et la clarté de l'ouvrage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6023
p. 340
Dissertations sur des sujets singuliers, &c. [titre d'après la table]
Début :
On a imprimé à Leipsick, depuis peu, un Livre in 4 [...]
Mots clefs :
Selectorum Litterariorum Pentas
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dissertations sur des sujets singuliers, &c. [titre d'après la table]
On a imprimé à Leipsick,depuis peu, un Livre
in 4. intitulé , Selectorum Litterariorum Pentas. It
contient cinq Dissertations qui paroîtront , sans
doute , extrémement singulieres.
Les sçavans Misantropes font le sujet de la
premiere. On parle dans la seconde de ceux qui
ont été Ennemis du beau Sexe. La troisiéme et
la quatriéme roulent sur les Sçavans mal propres et ceux qui ont eû de méchantes femmes ;
enfin les Sçavans Incivils et grossiers , ne sont
pas épargnez dans la cinquième.
in 4. intitulé , Selectorum Litterariorum Pentas. It
contient cinq Dissertations qui paroîtront , sans
doute , extrémement singulieres.
Les sçavans Misantropes font le sujet de la
premiere. On parle dans la seconde de ceux qui
ont été Ennemis du beau Sexe. La troisiéme et
la quatriéme roulent sur les Sçavans mal propres et ceux qui ont eû de méchantes femmes ;
enfin les Sçavans Incivils et grossiers , ne sont
pas épargnez dans la cinquième.
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6024
p. 340
Nouvelle vie des Peintres, Suclpteurs, &c. [titre d'après la table]
Début :
On apprend de Rome, que l'Abbé Pascoli de Perouze [...]
Mots clefs :
Peinture, Sculpture, Architecture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle vie des Peintres, Suclpteurs, &c. [titre d'après la table]
On apprend de Rome , que l'Abbé Pascoli de
Perouze , a mis au jour son premier Tome des
Vies des Peintres , Sculpteurs et Architectes modernes. Ce volume qui est in 4. contient la Vie
de quarante habiles Maîtres. Le second Volume
ne sera pas long- temps à paroître, M. Baldinucci
de Florence , avoit déja donné quelques- unes de
ces Vies , imprimées depuis peu chez Tartini et
Franchi ; mais comme cet Auteur a parlé des
Maîtres encore vivans , sans doute il n'aura pas
été aussi exactement informé de diverses particularitez touchant leurs personnes et leurs Ouvrages , que M. Pascoli l'a pû être après leur
.mort.
Perouze , a mis au jour son premier Tome des
Vies des Peintres , Sculpteurs et Architectes modernes. Ce volume qui est in 4. contient la Vie
de quarante habiles Maîtres. Le second Volume
ne sera pas long- temps à paroître, M. Baldinucci
de Florence , avoit déja donné quelques- unes de
ces Vies , imprimées depuis peu chez Tartini et
Franchi ; mais comme cet Auteur a parlé des
Maîtres encore vivans , sans doute il n'aura pas
été aussi exactement informé de diverses particularitez touchant leurs personnes et leurs Ouvrages , que M. Pascoli l'a pû être après leur
.mort.
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Résumé : Nouvelle vie des Peintres, Suclpteurs, &c. [titre d'après la table]
L'abbé Pascoli de Perouze a publié le premier tome de 'Vies des Peintres, Sculpteurs et Architectes modernes', présentant les biographies de quarante artistes contemporains. Un second volume est en préparation. Baldinucci avait déjà publié certaines de ces biographies, mais ses informations pourraient être moins précises car il traitait de maîtres encore vivants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6025
p. 340-341
« On apprend de la même Ville, qu'on a tenu [...] »
Début :
On apprend de la même Ville, qu'on a tenu [...]
Mots clefs :
Cardinal Imperiali, M. de Thou
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On apprend de la même Ville, qu'on a tenu [...] »
On apprend de la même Ville , qu'on a tenu
trois Congregations chez le Cardinal Imperiali,
aufujet des nouveaux Reglemens qu'on aprojettés du
FEVRIER 17320 341
rez pour corriger ce qu'il y a de défectueux dans
la forme des Etudes.
On écrit de Londres , que M. Durand , Minis
tre de S. Martin , et de la Societé Royale , a publié la septiéme Partie de son Hisoire Françoise
du xvi . siecle , contenant la vie de M. de Thou,
extraite de ses propres Memoires , jusqu'en 1601.
et continuée jusqu'à sa mort en 1617. et les commencemens du regne de François II . Chez Jean
Nourse 1732. in 8.
trois Congregations chez le Cardinal Imperiali,
aufujet des nouveaux Reglemens qu'on aprojettés du
FEVRIER 17320 341
rez pour corriger ce qu'il y a de défectueux dans
la forme des Etudes.
On écrit de Londres , que M. Durand , Minis
tre de S. Martin , et de la Societé Royale , a publié la septiéme Partie de son Hisoire Françoise
du xvi . siecle , contenant la vie de M. de Thou,
extraite de ses propres Memoires , jusqu'en 1601.
et continuée jusqu'à sa mort en 1617. et les commencemens du regne de François II . Chez Jean
Nourse 1732. in 8.
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Résumé : « On apprend de la même Ville, qu'on a tenu [...] »
En février 1732, trois réunions ont eu lieu chez le Cardinal Imperiali pour discuter de nouveaux règlements sur les études. À Londres, M. Durand a publié la septième partie de son 'Histoire Françoise du XVIe siècle', couvrant la vie de Jacques-Auguste de Thou jusqu'en 1617 et les débuts du règne de François II. L'ouvrage a été imprimé chez Jean Nourse en 1732.
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6026
p. 341
Manuscrits, acquis par le Roy, [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a acquis pour sa Bibliothque au commencement de cette [...]
Mots clefs :
Bibliothèque, Manuscrit, Acquisition
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Manuscrits, acquis par le Roy, [titre d'après la table]
Le Roy a acquis pour sa Bibliotheque au com- mencement de cette année , tous les Manuscrits
de la fameuse Bibliotheque de M. Colbert. Ces
Manuscrits qui appartenoient à M. le Marquis
de Seignelay , petit- Fils de ce Ministre , peuvent être divisés en deux Classes. La premiere consis
te en 6000. Manuscrits anciens , tant Orientaux,'
Grecs et Latins , qu'en Langues vulgaires sur les
Sciences , l'Histoire et la Litterature; on en compre 3370. volumes in fol. Les Manuscrits qu'on
appelle modernes et qui regardent principalement l'Histoire et les affaires de France , sont rangez
dans la seconde Classe : ils forment un receuil de
plus de 1600. volumes,sans compter divers Ported
Feuilles qui renferment quantité de Pieces Origi
nales , et 622. Diplomes de nos Rois avec leurs
Sceaux , depuis Philippe Auguste jusqu'à François I,
de la fameuse Bibliotheque de M. Colbert. Ces
Manuscrits qui appartenoient à M. le Marquis
de Seignelay , petit- Fils de ce Ministre , peuvent être divisés en deux Classes. La premiere consis
te en 6000. Manuscrits anciens , tant Orientaux,'
Grecs et Latins , qu'en Langues vulgaires sur les
Sciences , l'Histoire et la Litterature; on en compre 3370. volumes in fol. Les Manuscrits qu'on
appelle modernes et qui regardent principalement l'Histoire et les affaires de France , sont rangez
dans la seconde Classe : ils forment un receuil de
plus de 1600. volumes,sans compter divers Ported
Feuilles qui renferment quantité de Pieces Origi
nales , et 622. Diplomes de nos Rois avec leurs
Sceaux , depuis Philippe Auguste jusqu'à François I,
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Résumé : Manuscrits, acquis par le Roy, [titre d'après la table]
Le roi a acquis les manuscrits de la bibliothèque du Marquis de Seignelay, petit-fils de Colbert. Ils sont divisés en deux classes : 6 000 manuscrits anciens, incluant des textes orientaux, grecs, latins et en langues vulgaires, couvrant les sciences, l'histoire et la littérature, et plus de 1 600 volumes modernes axés sur l'histoire et les affaires de France, avec 622 diplômes royaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6027
p. 341-342
« La Bibliotheque de feu. M Bouthillier de Chavigny, ancien Evêque [...] »
Début :
La Bibliotheque de feu. M Bouthillier de Chavigny, ancien Evêque [...]
Mots clefs :
Bibliothèque de M. Bouthillier, Soutenance de thèse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Bibliotheque de feu. M Bouthillier de Chavigny, ancien Evêque [...] »
La Bibliotheque de feu M. Bouthillier de Chavigny , ancien Evêque de Troyes , composée de
près de dix-huit mille Volumes , est à vendre en
gros. Ceux qui voudront l'acquerir pourront s'a- dresser à Madame la Comtesse de Chavigny
G qui
142 MERCURE DE FRANCE
qui leur fera voir la Bibliotheque et le Cata
logue que M. l'Evêque en avoit fait faire. Cette
Dame demeure à Paris , rue Saint Claude , au Marais.
,
Le 18. Fevrier l'Abbé de Fitz-James fils du.
Maréchal de Berwick, Abbé de l'Abbaye S.Victor de Paris soutint dans cette Abbaye sa These
Mineure en présence d'une Assemblée illustre et
des plus nombreuses. Le Cardinal de Bissy , l'Archevêque de Paris , le Nonce du Pape et plusieurs autres Prelats y assisterent ainsi que plusieurs
Personnes distinguées de la Cour et de la Ville.
M. Frederic Jerôme de Roye de la Rochefou
cault Archevêque de Bourges , Docteur de Sorbonne , &c. présida à cet Acte , et le Maréchal
de Berwick, accompagné des Milords ses Freres en fit les honneurs. Le Soutena nt montra autant
d'érudition que de facilité dans la dispute , et reçut un applaudissement general.
près de dix-huit mille Volumes , est à vendre en
gros. Ceux qui voudront l'acquerir pourront s'a- dresser à Madame la Comtesse de Chavigny
G qui
142 MERCURE DE FRANCE
qui leur fera voir la Bibliotheque et le Cata
logue que M. l'Evêque en avoit fait faire. Cette
Dame demeure à Paris , rue Saint Claude , au Marais.
,
Le 18. Fevrier l'Abbé de Fitz-James fils du.
Maréchal de Berwick, Abbé de l'Abbaye S.Victor de Paris soutint dans cette Abbaye sa These
Mineure en présence d'une Assemblée illustre et
des plus nombreuses. Le Cardinal de Bissy , l'Archevêque de Paris , le Nonce du Pape et plusieurs autres Prelats y assisterent ainsi que plusieurs
Personnes distinguées de la Cour et de la Ville.
M. Frederic Jerôme de Roye de la Rochefou
cault Archevêque de Bourges , Docteur de Sorbonne , &c. présida à cet Acte , et le Maréchal
de Berwick, accompagné des Milords ses Freres en fit les honneurs. Le Soutena nt montra autant
d'érudition que de facilité dans la dispute , et reçut un applaudissement general.
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Résumé : « La Bibliotheque de feu. M Bouthillier de Chavigny, ancien Evêque [...] »
La bibliothèque de feu M. Bouthillier de Chavigny, ancien évêque de Troyes, composée d'environ dix-huit mille volumes, est à vendre. Les intéressés peuvent contacter Madame la Comtesse de Chavigny à Paris, rue Saint Claude, au Marais, pour consulter la bibliothèque et le catalogue établi par l'évêque. Le 18 février, l'Abbé de Fitz-James, fils du Maréchal de Berwick et abbé de l'Abbaye Saint-Victor de Paris, a soutenu sa thèse mineure devant une assemblée nombreuse et illustre. Parmi les présents figuraient le Cardinal de Bissy, l'Archevêque de Paris, le Nonce du Pape et plusieurs autres prélats, ainsi que des personnalités distinguées de la cour et de la ville. L'Archevêque de Bourges, M. Frédéric Jérôme de Roye de la Rochefoucauld, a présidé à cet acte, tandis que le Maréchal de Berwick, accompagné de ses frères, a fait les honneurs. L'Abbé de Fitz-James a démontré à la fois érudition et facilité dans la dispute, recevant des applaudissements généraux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6028
p. 342-343
Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
L'empressement du Public pour les Estampes de l'histoire [...]
Mots clefs :
Estampes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
L'empressement du Public pour les Estampes de l'histoire de Don Quichotte , inventées et peintes
par M. Charles Coypel, fait l'éloge de cet ouvrage bien mieux que toutes les louanges qu'on pour
roit lui donner , et nous croyons faire un vrai
plaisir aux curieux de leur donner avis qu'il en
paroît une nouvelle Piece qui est le Memorable Jugement de Sancho , où il fait rompre la Canne ; la
Composition est des mieux entendues et des plus
agréables ; elle a été gravée avec beaucoup de
soin et d'intelligence par François Jollain. Cette
Estampe se debite,comme les autres, chez le sieur
Surugue , Graveur du Roy.
Il donne aussi les 8 et 9. Estampes du Roman
Comique de Scaron?
, dont l'une représente la Ba- taille
FEVRIER. 1732. 343
taille arrivée dans le Tripot qui troubla la Comédie,
gravée par EdmeJeaurat et l'autre est, Ragotin retiréduCoffre,terminé par L.Surugue sur les tableaux
originaux de J. B. Pater On ne doute pas que
ces deux Sujets ne plaisent beaucoup le desordre
d'un combat tel que celui - cy ne pouvoit être
exprimé avec plus de verité et tous les deux avec
plus de ce vrai Comique qui coule si naturellement de la plume de Scaron.
On trouve aussi chez le sieur Surugue , les
œuvres de MM. Antoine et Charles Coypel ,
Ecuyers premiers Peintres du Roy et de Monsei gneur le Duc d'Orleans.
L'oeuvre de M. Girardon, Sculpteur du Roy , celui d'Antoine Watau très - complet , et ce qui se
fart journellement à Paris en fait d'Estampes &c.
Il fait venir aussi des Estampes des Pays Etrangers , comme les œuvres de B. Picart , des Vvicher , Rubens , et tous les Flamands.
Il attend incessamment une histoire des Plantes en Latin avec les Figures imprimées avec les couleurs naturelles , et un nouveau paquet de ces
Estampes colorées pour les découpures , où Pon
a ramassé tout ce qu'il y a de plus beau en ce
genre dans tout le Pays.
Ledit sieur Surugue, demeure à l'entrée de la ruë
des Noyers, entre les deux premieres portes cocheres, vis-à-vis le mur de S. Yves, à Paris.
par M. Charles Coypel, fait l'éloge de cet ouvrage bien mieux que toutes les louanges qu'on pour
roit lui donner , et nous croyons faire un vrai
plaisir aux curieux de leur donner avis qu'il en
paroît une nouvelle Piece qui est le Memorable Jugement de Sancho , où il fait rompre la Canne ; la
Composition est des mieux entendues et des plus
agréables ; elle a été gravée avec beaucoup de
soin et d'intelligence par François Jollain. Cette
Estampe se debite,comme les autres, chez le sieur
Surugue , Graveur du Roy.
Il donne aussi les 8 et 9. Estampes du Roman
Comique de Scaron?
, dont l'une représente la Ba- taille
FEVRIER. 1732. 343
taille arrivée dans le Tripot qui troubla la Comédie,
gravée par EdmeJeaurat et l'autre est, Ragotin retiréduCoffre,terminé par L.Surugue sur les tableaux
originaux de J. B. Pater On ne doute pas que
ces deux Sujets ne plaisent beaucoup le desordre
d'un combat tel que celui - cy ne pouvoit être
exprimé avec plus de verité et tous les deux avec
plus de ce vrai Comique qui coule si naturellement de la plume de Scaron.
On trouve aussi chez le sieur Surugue , les
œuvres de MM. Antoine et Charles Coypel ,
Ecuyers premiers Peintres du Roy et de Monsei gneur le Duc d'Orleans.
L'oeuvre de M. Girardon, Sculpteur du Roy , celui d'Antoine Watau très - complet , et ce qui se
fart journellement à Paris en fait d'Estampes &c.
Il fait venir aussi des Estampes des Pays Etrangers , comme les œuvres de B. Picart , des Vvicher , Rubens , et tous les Flamands.
Il attend incessamment une histoire des Plantes en Latin avec les Figures imprimées avec les couleurs naturelles , et un nouveau paquet de ces
Estampes colorées pour les découpures , où Pon
a ramassé tout ce qu'il y a de plus beau en ce
genre dans tout le Pays.
Ledit sieur Surugue, demeure à l'entrée de la ruë
des Noyers, entre les deux premieres portes cocheres, vis-à-vis le mur de S. Yves, à Paris.
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Résumé : Estampes nouvelles, [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication d'une estampe intitulée 'Le Memorable Jugement de Sancho, où il fait rompre la Canne', inspirée de l'histoire de Don Quichotte, créée et peinte par Charles Coypel et gravée par François Jollain. Cette estampe est disponible chez le sieur Surugue, graveur du roi. Le texte mentionne également la disponibilité des 8e et 9e estampes du 'Roman Comique' de Scarron, gravées par Edme Jeaurat et Louis Surugue d'après les tableaux de Jean-Baptiste Pater. Ces estampes représentent des scènes comiques et désordonnées, fidèles à l'esprit de Scarron. Le sieur Surugue propose aussi les œuvres des peintres Antoine et Charles Coypel, écuyers premiers peintres du roi et du duc d'Orléans, ainsi que celles de Girardon et Antoine Watteau. Il vend également des estampes étrangères, notamment celles de Bernard Picart, Adriaen van der Werff, Rubens et d'autres Flamands. Surugue attend la réception d'une histoire des plantes en latin avec des figures imprimées en couleurs naturelles et un nouveau paquet d'estampes colorées pour découpures. Le sieur Surugue réside à l'entrée de la rue des Noyers, entre les deux premières portes cochères, vis-à-vis le mur de Saint-Yves, à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6029
p. 343-344
« Un jeune homme de Roüen a presenté au Roy un [...] »
Début :
Un jeune homme de Roüen a presenté au Roy un [...]
Mots clefs :
Bouquet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Un jeune homme de Roüen a presenté au Roy un [...] »
Un jeune homme de Rouen a presenté au Roy
un Bouquet très - singulier , composé de Fleurs'
artificielles faites avec de la Nacre de Perle et de
divers Coquillages , d'un travail très - délicat et
avec un assortiment de couleurs admirables. Les
Feuilles et les Fleurs sont aussi minces que les
naturelles. Les Fleurs qui composent ce Bouquet
Gijavec
344 MERCURE DE FRANCE
ayec leurs tiges ont 18. pouces de hauteur ; il est
placé sur un pied de 15. pouces.
un Bouquet très - singulier , composé de Fleurs'
artificielles faites avec de la Nacre de Perle et de
divers Coquillages , d'un travail très - délicat et
avec un assortiment de couleurs admirables. Les
Feuilles et les Fleurs sont aussi minces que les
naturelles. Les Fleurs qui composent ce Bouquet
Gijavec
344 MERCURE DE FRANCE
ayec leurs tiges ont 18. pouces de hauteur ; il est
placé sur un pied de 15. pouces.
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6030
p. 344-345
Diamans arrivez en Portugal, [titre d'après la table]
Début :
La Flotte du Rio de Janeiro, arrivée à Lisbonne le [...]
Mots clefs :
Diamants, Rio de Janeiro, Carats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Diamans arrivez en Portugal, [titre d'après la table]
La Flotte du Rio de Janeiro, arrivée à Lisbonne
le 7. et le 8. Decembte 1731. composée de 14.
Vaisseaux Marchands , escortée par deux Vais,
seaux de Guerre, y a apporté outre l'Or et les
Marchandises ordinaires , des Diamans,
Il y en a eu de déclarez sur le premier Vais- seau de Guerre
sur le second ,
et on croit qu'il en aura passé sans être déclaré
TOTAL
Il en est aussi arrivé de Goa le
19. Novembre dernier, et 2. autres
Vaisseaux venus de la Baye de tous
23400. Carats.
I2600.
46000.
82000. Carats,
les Saints, en ont apporté environ 18000. Carats
On compte que la Flotte de la
Baye de tous les Saints, qui arrivera
en Janvier 1732. en apportera 33000. Carats.
TOTAL GENERAL. 133000. Carats,
Ces Diamans sont estimez les uns dans les au
tres à quinze Cruzades le Carat , ce qui feroit 1995000. Cruzades.
On est persuadépar les lettres qui ont été écrites
du Bresil et par le rapport qui a été fait par plus
sieurs personnes de l'endroit où se trouvent ces Diamans , qu'il n'en viendra presque plus , parce
qu'lls n'ont pas été tirés d'une Mine , et qu'on fes apêchez au fond de plusieurs petites Rivieres,
où l'on prétend qu'ils se sont formés; ce qui est difficile à croire, O
FEVRIER. 1732 345
On assure ce préjugé sur ce qu'on a recommencé la pêche dans ces mêmes Rivieres après de
grandesavalaisons d'eaux, et on n'y a rien trouvé.
Quoiqu'il en soit, on dit qu'il n'y a plus qu'une
de ces Rivieres où il s'en trouve encore quelques- uns.
Le plus gros Diamant qui soit venu est de 39.
Carats , les autres sont depuis quatorze et au dessous et presque tous petits.
Ces Diamans sont generalement plus nets que
ceux d'Orient , aussi durs et par consequent bril
lans et pleins de feu.
celles
Il s'est trouvé dans d'autres endroits du Bresil
des Topazes aussi belles et aussi dures que d'Orient, et resistant à la lime.
On ne connoît point encore parfaintement des
Pierres rouges qui s'y trouvent qui resistent à la
lime comme les Diamans : on croit cependant
que ce seront des Rubis Balais.
le 7. et le 8. Decembte 1731. composée de 14.
Vaisseaux Marchands , escortée par deux Vais,
seaux de Guerre, y a apporté outre l'Or et les
Marchandises ordinaires , des Diamans,
Il y en a eu de déclarez sur le premier Vais- seau de Guerre
sur le second ,
et on croit qu'il en aura passé sans être déclaré
TOTAL
Il en est aussi arrivé de Goa le
19. Novembre dernier, et 2. autres
Vaisseaux venus de la Baye de tous
23400. Carats.
I2600.
46000.
82000. Carats,
les Saints, en ont apporté environ 18000. Carats
On compte que la Flotte de la
Baye de tous les Saints, qui arrivera
en Janvier 1732. en apportera 33000. Carats.
TOTAL GENERAL. 133000. Carats,
Ces Diamans sont estimez les uns dans les au
tres à quinze Cruzades le Carat , ce qui feroit 1995000. Cruzades.
On est persuadépar les lettres qui ont été écrites
du Bresil et par le rapport qui a été fait par plus
sieurs personnes de l'endroit où se trouvent ces Diamans , qu'il n'en viendra presque plus , parce
qu'lls n'ont pas été tirés d'une Mine , et qu'on fes apêchez au fond de plusieurs petites Rivieres,
où l'on prétend qu'ils se sont formés; ce qui est difficile à croire, O
FEVRIER. 1732 345
On assure ce préjugé sur ce qu'on a recommencé la pêche dans ces mêmes Rivieres après de
grandesavalaisons d'eaux, et on n'y a rien trouvé.
Quoiqu'il en soit, on dit qu'il n'y a plus qu'une
de ces Rivieres où il s'en trouve encore quelques- uns.
Le plus gros Diamant qui soit venu est de 39.
Carats , les autres sont depuis quatorze et au dessous et presque tous petits.
Ces Diamans sont generalement plus nets que
ceux d'Orient , aussi durs et par consequent bril
lans et pleins de feu.
celles
Il s'est trouvé dans d'autres endroits du Bresil
des Topazes aussi belles et aussi dures que d'Orient, et resistant à la lime.
On ne connoît point encore parfaintement des
Pierres rouges qui s'y trouvent qui resistent à la
lime comme les Diamans : on croit cependant
que ce seront des Rubis Balais.
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Résumé : Diamans arrivez en Portugal, [titre d'après la table]
En décembre 1731, la flotte du Rio de Janeiro, composée de 14 vaisseaux marchands et escortée par deux vaisseaux de guerre, est arrivée à Lisbonne avec de l'or, des marchandises et des diamants. Les déclarations officielles mentionnent 23 400 carats sur le premier vaisseau de guerre et 12 600 carats sur le second, avec des suspicions de diamants non déclarés. Des diamants sont également arrivés de Goa le 19 novembre, totalisant 46 000 carats, et de la Baie de tous les Saints, environ 18 000 carats. La flotte de la Baie de tous les Saints, attendue en janvier 1732, devrait apporter 33 000 carats, portant le total général à 133 000 carats. Ces diamants sont estimés à quinze cruzades le carat, soit 1 995 000 cruzades. Les sources brésiliennes indiquent une possible diminution de la production de diamants, car ils sont trouvés au fond des rivières plutôt que dans des mines. Le plus gros diamant pesait 39 carats. Les diamants brésiliens sont réputés pour leur netteté et leur dureté. Des topazes et des pierres rouges, potentiellement des rubis balais, ont également été découvertes au Brésil.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6031
p. 345-346
« Le 10. du mois dernier, à neuf heures 3. minutes [...] »
Début :
Le 10. du mois dernier, à neuf heures 3. minutes [...]
Mots clefs :
Tremblements de terre, Chirurgien, Hypocondrie
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texteReconnaissance textuelle : « Le 10. du mois dernier, à neuf heures 3. minutes [...] »
Le 10. du mois dernier , à neuf heures 3. minutes du matin , il y a cu à Malaga un Tremblement de Terre qui ne dura que deux minutes ,
mais il fut très-violent. Il n'a cependant fait d'autre dommage que de renverser une muraille contingue à la maison de M. le Chevalier Olivier ,
Consul de France à Malaga , sans qu'elle en ait
été endommagée. Le lendemain à 5. heures du
matin on ressentit encore un autre Tremblement
qui ne fut pas si violent que le premier et qui n'a
causé aucun dommage .
Ce Tremblement de Terre s'est fait sentir sur
+ toute la côte , à Seville , &c. où il a causé beaucoup d'éfroy mais peu de dommage.
Le sieur Alexandre Vincens , Chirurgien du
Giij lien
446 MERCURE DE FRANCE
lieu du Luc , Diocése de Die en Dauphiné ,
resident dans le Comtat d'Avignon , a le rare secret , à ce qu'il assure , de guerir toutes sortes de
démances d'esprit,à tout Sexe et à tout âge, c'està- dire, la maladie Hipocondriaque, Manie, Folie,
quelque furieux qu'ils puissent être. Il en a,dit-il,
gueri plusieurs qui étoient enchaînés depuis plu
sieurs années, d'autres qui étoient devenus comme
Innocens , sans aucune raison , lesquels sont devenus raisonnables par le moyen de ses Remedes,
comme il apparoît par les certificats qu'il a de
ses guerisons, recemment legalisez des principaux
Officiers et Magistrats des Villles où il a fait lesdites guerisons ; principalement Toulon d'un jeune homme enchaîné et très-furieux. Il en a
gueri dans plusieurs Villes du Comtat
;
entre
autres d'une femme âgée de soixante et dix ans ,
enchaînée depuis trois ans , et qu'on croyoit obsedée. Il a gueri la femme du Patron Georges,
de Villeneuve lès Avignon , qui n'étoit pas moins furieuse un homme dans les Petites Maisons
d'Avignon pieds et mains enchaînés, dans moirs
d'un mois. Ledit sieur Vincens a depuis deux
inois gueri un homme enchaîné depuis dix à
douze ans dans une des Loges des Petites Maisons
de l'Hôpital General de Rouen , et en moins d'un
mois gratis. M. de Pont- Carré , Premier President du Parlement lui en a fait expedier un Certificat en forme et signé par les Administrateurs
de l'Hopital.
Le Sieur Vincens traite encore avec succès les
Hidropisies, Vertiges et l'Epilepsie. Il a des Attestations en forme desdites guerisons; il travaille,ditil,plus par honneur que par interêts , et guerit les pauvres gratis. Son adresse est chez M. Liotaud
Marchand de vin , à l'enseigne de l'Hermitage ,
ruë de l'Arbre-Sec , à Paris.
mais il fut très-violent. Il n'a cependant fait d'autre dommage que de renverser une muraille contingue à la maison de M. le Chevalier Olivier ,
Consul de France à Malaga , sans qu'elle en ait
été endommagée. Le lendemain à 5. heures du
matin on ressentit encore un autre Tremblement
qui ne fut pas si violent que le premier et qui n'a
causé aucun dommage .
Ce Tremblement de Terre s'est fait sentir sur
+ toute la côte , à Seville , &c. où il a causé beaucoup d'éfroy mais peu de dommage.
Le sieur Alexandre Vincens , Chirurgien du
Giij lien
446 MERCURE DE FRANCE
lieu du Luc , Diocése de Die en Dauphiné ,
resident dans le Comtat d'Avignon , a le rare secret , à ce qu'il assure , de guerir toutes sortes de
démances d'esprit,à tout Sexe et à tout âge, c'està- dire, la maladie Hipocondriaque, Manie, Folie,
quelque furieux qu'ils puissent être. Il en a,dit-il,
gueri plusieurs qui étoient enchaînés depuis plu
sieurs années, d'autres qui étoient devenus comme
Innocens , sans aucune raison , lesquels sont devenus raisonnables par le moyen de ses Remedes,
comme il apparoît par les certificats qu'il a de
ses guerisons, recemment legalisez des principaux
Officiers et Magistrats des Villles où il a fait lesdites guerisons ; principalement Toulon d'un jeune homme enchaîné et très-furieux. Il en a
gueri dans plusieurs Villes du Comtat
;
entre
autres d'une femme âgée de soixante et dix ans ,
enchaînée depuis trois ans , et qu'on croyoit obsedée. Il a gueri la femme du Patron Georges,
de Villeneuve lès Avignon , qui n'étoit pas moins furieuse un homme dans les Petites Maisons
d'Avignon pieds et mains enchaînés, dans moirs
d'un mois. Ledit sieur Vincens a depuis deux
inois gueri un homme enchaîné depuis dix à
douze ans dans une des Loges des Petites Maisons
de l'Hôpital General de Rouen , et en moins d'un
mois gratis. M. de Pont- Carré , Premier President du Parlement lui en a fait expedier un Certificat en forme et signé par les Administrateurs
de l'Hopital.
Le Sieur Vincens traite encore avec succès les
Hidropisies, Vertiges et l'Epilepsie. Il a des Attestations en forme desdites guerisons; il travaille,ditil,plus par honneur que par interêts , et guerit les pauvres gratis. Son adresse est chez M. Liotaud
Marchand de vin , à l'enseigne de l'Hermitage ,
ruë de l'Arbre-Sec , à Paris.
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Résumé : « Le 10. du mois dernier, à neuf heures 3. minutes [...] »
Le 10 du mois dernier, un tremblement de terre a frappé Malaga à 9h03 du matin, durant deux minutes, causant peu de dommages, notamment la chute d'une muraille près de la maison du Chevalier Olivier, Consul de France. Le lendemain, à 5h du matin, un second séisme, moins intense, a été ressenti sans provoquer de dégâts. Ces secousses ont également été ressenties à Séville, provoquant de la peur mais peu de dommages. Par ailleurs, Alexandre Vincens, chirurgien résidant dans le Comtat d'Avignon, affirme guérir diverses maladies mentales telles que l'hypocondrie, la manie et la folie. Il a soi-disant guéri plusieurs personnes, y compris un jeune homme furieux à Toulon et une femme de 70 ans enchaînée depuis trois ans. Vincens a également traité avec succès des hydropsies, des vertiges et l'épilepsie. Il mentionne travailler par honneur et guérir les pauvres gratuitement. Ses attestations de guérison ont été légalisées par des magistrats et officiers des villes où il a opéré. Son adresse à Paris est chez M. Liotaud, Marchand de vin, rue de l'Arbre-Sec.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6032
p. 347-350
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Nimes le 24. Decembre 1731. au sujet de quelques Comédies joüées dans cette Ville.
Début :
Les Officiers du Régiment du Maine Infanterie, dont un Bataillon [...]
Mots clefs :
Comédie, Officiers, Représentations, Public
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Nimes le 24. Decembre 1731. au sujet de quelques Comédies joüées dans cette Ville.
SPECTACLES.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Nimes le 24 Decembre 1731. au sujet
de quelques Comédies jouées dans cette
Ville.
Es Officiers du Régiment du Maine
LEDInfanterie , dont un Bataillon est en
Garnison dans cette Ville , résolurent ,
pour divertir nos Dames , de leur donner la Comédie une fois la Semaine; ils
engagerent quelques jeunes gens de cette
Ville à seconder leur projet , et ainsi , secourus de notre plus brillante Jeunesse
ils se mirent en état de commencer ce
Divertissement.
Ils débuterent par la Comédie du Foiseur,
de M. Regnard , suivie de celle du Retour
imprévu , du même Auteur. Ces deux
Pieces furent jouées si parfaitement, qu'el-
-les attirerent à ces Mrs les justes applaudissemens qu'ils méritoient , et exciterent
si fort l'empressement du Public , qu'on
fut obligé de mettre une Garde considerable à la Porte , pour éloigner ceux qui
ne pouvant avoir des Billets d'entrée , tâGiiij choient
348 MERCURE DE FRANCE
choient de se glisser par force ou par
adresse. Ces Officiers se chargerent de
tous les frais du Spectacle , et ils n'épargnerent rien pour le rendre magnifique ,
Décorations , Illuminations, Symphonie,
tout répondoit au Jeu des Acteurs. Ils
distribuoient ordinairement cinq ou six
cent Billets , et ils étoient obligez d'en
refuser plus qu'ils n'en donnoient , le bon
ordre ne leur permettant pas d'en distribuer plus que la Sale de la Comédie
ne pouvoit contenir de monde. Jamais
Comédie n'a mieux mérité d'attirer les
Spectateurs. Je puis assurer hardiment
qu'il y a bien de ces Mrs qui seroient distingués au Théatre de Paris.
Ils nous donnerent ensuite des Représentations du Tartufe , du Medecin malgré
lui , de l'Avocat Patelin , du Légataire ,
du François à Londres , des Folies amoureuses , de Phedre , et Hypolite , &c. et
toutes ces Pieces furent jouées aussi parfaitement que la prémiere. Je ne vous
nommerai pas ceux qui se distinguerent
le plus , parce qu'il n'y en avoit point
qui ne remplît parfaitement son Rôle et
il faudroit les nommer tous. Ce qu'il y
a de plus surprenant , c'est que quoique
les Rôles de femmes fussent jouez par des
hommes, ceux qui les représentoient ,
imitoient
FEVRIER: 1732. 349
imitoient si bien le geste et le maintien
des femmes , qu'on ne pouvoit raisonnablement soupçonner que ce ne fussent pas de veritables Actrices.
Sous le nom des Officiers de la Garnison et de la Jeunesse de notre Ville ,
je ne dois point confondre un jeune
Gentilhomme d'Arles , qui s'étan trouvé
ici par hazard , fut prié de jouer quelques Rôles dans ces Comédies ; if ne
faut pas se faire honneur de ce qui ne
nous appartient pas. Ce jeune homme se
chargea du Rôle de Dorine dans la Comédie de Tartufe et de plusieurs autres
de ce caractere , qu'il joia avec tant de
grace , d'intelligence et de gout , que les
plus difficiles connoisseurs avouerent
qu'il n'y avoit que le Théatre de Paris
où l'on pût trouver une aussi bonne Actrice. Comme il étoit peu connu dans
cette Ville , il fut aisément pris pour une
femme ; il y eut même un Marchand de
la Ville à qui l'on eut beau assurer que
ce n'en étoit point une , il dit toujours
que cela ne pouvoit être , qu'on se mocquoit de lui , et s'obstina à parier , &c.
C'est cet admirable Acteur ou Actrice ,
( comme il vous plaira de l'appeller, ) qui
engagea la noble Troupe à représenter la
Tragédie de Phédre et Hypolite , dans
Gv laquelle
350 MERCURE DE FRANCE
laquelle il joua le Rôle de Phédre. Quelques applaudissemens qu'il eût déja reçûs
dans la Comédie , ceux qu'il mérita dans
ce nouveau genre , furent encore plus
vifs et plus universels , de sorte que le
Public n'a trouvé que bien peu d'exageration dans les Vers suivans , envoyez રે
cet Acteur , et ausquels il fit la réponse
que je joins au Compliment.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Nimes le 24 Decembre 1731. au sujet
de quelques Comédies jouées dans cette
Ville.
Es Officiers du Régiment du Maine
LEDInfanterie , dont un Bataillon est en
Garnison dans cette Ville , résolurent ,
pour divertir nos Dames , de leur donner la Comédie une fois la Semaine; ils
engagerent quelques jeunes gens de cette
Ville à seconder leur projet , et ainsi , secourus de notre plus brillante Jeunesse
ils se mirent en état de commencer ce
Divertissement.
Ils débuterent par la Comédie du Foiseur,
de M. Regnard , suivie de celle du Retour
imprévu , du même Auteur. Ces deux
Pieces furent jouées si parfaitement, qu'el-
-les attirerent à ces Mrs les justes applaudissemens qu'ils méritoient , et exciterent
si fort l'empressement du Public , qu'on
fut obligé de mettre une Garde considerable à la Porte , pour éloigner ceux qui
ne pouvant avoir des Billets d'entrée , tâGiiij choient
348 MERCURE DE FRANCE
choient de se glisser par force ou par
adresse. Ces Officiers se chargerent de
tous les frais du Spectacle , et ils n'épargnerent rien pour le rendre magnifique ,
Décorations , Illuminations, Symphonie,
tout répondoit au Jeu des Acteurs. Ils
distribuoient ordinairement cinq ou six
cent Billets , et ils étoient obligez d'en
refuser plus qu'ils n'en donnoient , le bon
ordre ne leur permettant pas d'en distribuer plus que la Sale de la Comédie
ne pouvoit contenir de monde. Jamais
Comédie n'a mieux mérité d'attirer les
Spectateurs. Je puis assurer hardiment
qu'il y a bien de ces Mrs qui seroient distingués au Théatre de Paris.
Ils nous donnerent ensuite des Représentations du Tartufe , du Medecin malgré
lui , de l'Avocat Patelin , du Légataire ,
du François à Londres , des Folies amoureuses , de Phedre , et Hypolite , &c. et
toutes ces Pieces furent jouées aussi parfaitement que la prémiere. Je ne vous
nommerai pas ceux qui se distinguerent
le plus , parce qu'il n'y en avoit point
qui ne remplît parfaitement son Rôle et
il faudroit les nommer tous. Ce qu'il y
a de plus surprenant , c'est que quoique
les Rôles de femmes fussent jouez par des
hommes, ceux qui les représentoient ,
imitoient
FEVRIER: 1732. 349
imitoient si bien le geste et le maintien
des femmes , qu'on ne pouvoit raisonnablement soupçonner que ce ne fussent pas de veritables Actrices.
Sous le nom des Officiers de la Garnison et de la Jeunesse de notre Ville ,
je ne dois point confondre un jeune
Gentilhomme d'Arles , qui s'étan trouvé
ici par hazard , fut prié de jouer quelques Rôles dans ces Comédies ; if ne
faut pas se faire honneur de ce qui ne
nous appartient pas. Ce jeune homme se
chargea du Rôle de Dorine dans la Comédie de Tartufe et de plusieurs autres
de ce caractere , qu'il joia avec tant de
grace , d'intelligence et de gout , que les
plus difficiles connoisseurs avouerent
qu'il n'y avoit que le Théatre de Paris
où l'on pût trouver une aussi bonne Actrice. Comme il étoit peu connu dans
cette Ville , il fut aisément pris pour une
femme ; il y eut même un Marchand de
la Ville à qui l'on eut beau assurer que
ce n'en étoit point une , il dit toujours
que cela ne pouvoit être , qu'on se mocquoit de lui , et s'obstina à parier , &c.
C'est cet admirable Acteur ou Actrice ,
( comme il vous plaira de l'appeller, ) qui
engagea la noble Troupe à représenter la
Tragédie de Phédre et Hypolite , dans
Gv laquelle
350 MERCURE DE FRANCE
laquelle il joua le Rôle de Phédre. Quelques applaudissemens qu'il eût déja reçûs
dans la Comédie , ceux qu'il mérita dans
ce nouveau genre , furent encore plus
vifs et plus universels , de sorte que le
Public n'a trouvé que bien peu d'exageration dans les Vers suivans , envoyez રે
cet Acteur , et ausquels il fit la réponse
que je joins au Compliment.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Nimes le 24. Decembre 1731. au sujet de quelques Comédies joüées dans cette Ville.
En décembre 1731, à Nîmes, les officiers du Régiment du Maine d'Infanterie organisèrent des représentations théâtrales hebdomadaires pour divertir les dames de la ville. Ils formèrent une troupe avec des jeunes gens locaux. Les premières pièces jouées furent 'Le Foiseur' et 'Le Retour imprévu' de Jean-François Regnard, qui furent très bien accueillies. La demande fut si grande qu'une garde fut nécessaire pour gérer l'afflux de spectateurs. Les officiers prirent en charge tous les frais, assurant des décorations, des illuminations et une symphonie de qualité. Ils distribuaient environ cinq ou six cents billets, mais en refusaient autant en raison des limites de la salle. Les représentations suivantes inclurent 'Le Tartufe', 'Le Médecin malgré lui', 'L'Avocat Patelin', 'Le Légataire', 'Le François à Londres', 'Les Folies amoureuses', 'Phèdre' et 'Hippolyte'. Un jeune gentilhomme d'Arles interpréta plusieurs rôles, notamment celui de Dorine dans 'Le Tartufe', et fut acclamé pour sa performance. Il encouragea également la troupe à jouer 'Phèdre et Hippolyte', où il interpréta le rôle de Phèdre, recevant des applaudissements universels.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6033
p. 350-354
STANCES, Envoyées à M. de M** le lendemain qu'il eut joué le Rôle de Phedre.
Début :
Ou suis-je? quelle voix plaintive [...]
Mots clefs :
Phèdre, Rôle, Comédien, Éloge, Congé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : STANCES, Envoyées à M. de M** le lendemain qu'il eut joué le Rôle de Phedre.
STANCES,
Envoyées à M. de M** le lendemain qu'il
eutjoué le Rôle de Phedre.
OuU suis-je ? quelle voix plaintive
Vient porter dans mon sein la pitié , la terreur ?
Je sens que mon ame attentive ,
Vase rassasier de plaisir et d'horreur.
装
M** tu paroîs sur la Scene ;
Je me livre à l'excès de mon ravissement ;
Mais que dis-je ? c'est Melpomene ;
J'en reconnois en toi les graces , l'agrément.
Quel gout ! quelle délicatesse !
Qu'en séduisant les cœurs , tu satisfais les yeux !
Jamais
FEVRIER 1732.
351
Jamais la tragique Déesse ,
Nous a-t'elle montré ton égal sous les Cieux ?
N
Le sentiment , le pathetique ,
Le grand , le naturel , les gestes et la voix,
La démarche noble , héroïque ,
Tu rassembles , M** tous ces dons à la fois.
諾
De ces dons la Nature avare
Sur toi seul aujourd'hui les verse à pleines mains;
Jouis de ce talent si rare ,
Que ton Art à jamais enchante les Humains !
DE
REPONSE.
E cet Eloge si flatteur ,
Dont Baron et la Lecouvreur ,
Auroient pû devenir jaloux avec justice ,
Et qui pourtant n'a rien qui m'éblouisse ,
Je connois le principe et je vois votre erreur.
Cher S*** à charmer les oreilles .
Accoutumé depuis long- temps ,
Vous avez crû devoir en mes foibles talens ,
Admirer les rares merveilles ,
Que trouve le Public dans le son séduisant
G vivj
Que
352 MERCURE DE FRANCE
Que d'un Instrument * indocile ,
( Sçait tirer votre main habile ,
Et quelle rend si ravissant ;
Pour louer un ami qui paroît sur la Scene ,
1
Vous avez crû que tandis qu'on disoit ,
Qu'en vous Amphion revivoit ,
Vous deviez tout au moins dire que Melpomene,
Sous mon nom , sous mon air ,
montroit.
a vos yeux st
On nous promettoit une Piece de cet
Acteur , qui , à ce qu'on assure , n'est
pas moins bon Auteur qu'excellent
Comédien ; mais des affaires indispensables l'ayant rappellé chez lui , il partit
au grand regret de toute la Ville et de
Pillustre Troupe : voici comme il prit
congé de l'Assemblée.
MESDAMES ET MESSIEURS ,
Si l'on peut s'excuser d'une témerité , c'est
sans doute par l'heureux succès qu'elle a eû,
• aussi n'est-ce que par là que j'ose me justifier de la mienne. Je me vois honoré de
vos applaudissemens lorsque tout sembloit
Coucourir à m'en priver.
Oser paroître devant tant de personnes
*L'Auteur des Vers qui précedent , joue excel- lemment du Violon,
éclairées
FEVRIER. 1732. 353 7
,
éclairées et d'un gout si délicat, se mêler parmi ces Acteurs inimitables , qui par tant de
justes titres , s'étoient déja fait admirer
sortir de son sexe et de son caractere ; emprunter un habit qui demande d'être accompagné de tant de graces , de délicatesse et
d'agrémens; se transformer ensuite devant la
plus brillante Assemblée que puisse former
le beau Sexe , et aux yeux d'une Compagnie choisie d'hommes accoutumez à ne voir
rien que d'aimable ; quelle suite de démar
ches témeraires ! y eut-il jamais entreprise
plus hardie , et ne faut - il pas pour la
former, s'aveugler jusqu'au point d'attendre quelqu'un de ces coups surprenans par
lesquels la fortune se plait quelquefois à aider
les audacieux ?
Que dis-je ? non , ce n'est point à une fortune aveugle que je dois de si doux succès ;
vous avez penetré le motif qui me guidoit
et vous avez applaudi à ce motif ; vous
ave aisementreconnu queje n'aspirois qu'an
bonheur de vous plaire , et vous m'avez
tout pardonné enfaveur d'une si noble envie,
ou peut-être cette genereuse amitié dont votreVille honore ma Patrie et dont nous avons
tant defois ressenti les plus doux effets , vous
fait croire que le titre de Citoyen d' Arles
me suffisoit pourmériter votre Approbation ;
mais soit que je ne doive tant d'applaudis- semens
134 MERCURE DE FRANCE
dissemens qu'aux faveurs du sort , soit que
vous ayez crû devoir récompenser ainsi le
desir de vous amuser; soit que vous ayez
voulu par là , donner une nouvelle marque
de votre affection pour mon Pays, et que ce ne
soit là qu'un pur effet de votre complaisance,
le souvenir ne m'en sera pas moins cher ,
jose le dire hautement etj'ai voulu vous en
assurer ; je rappellerai sans cesse avec joye
ces heureux jours où vos bonte ont éclaté
àmes yeux, et la plus vive reconnoissance
en sera àjamais gravée dans mon cœur.
Envoyées à M. de M** le lendemain qu'il
eutjoué le Rôle de Phedre.
OuU suis-je ? quelle voix plaintive
Vient porter dans mon sein la pitié , la terreur ?
Je sens que mon ame attentive ,
Vase rassasier de plaisir et d'horreur.
装
M** tu paroîs sur la Scene ;
Je me livre à l'excès de mon ravissement ;
Mais que dis-je ? c'est Melpomene ;
J'en reconnois en toi les graces , l'agrément.
Quel gout ! quelle délicatesse !
Qu'en séduisant les cœurs , tu satisfais les yeux !
Jamais
FEVRIER 1732.
351
Jamais la tragique Déesse ,
Nous a-t'elle montré ton égal sous les Cieux ?
N
Le sentiment , le pathetique ,
Le grand , le naturel , les gestes et la voix,
La démarche noble , héroïque ,
Tu rassembles , M** tous ces dons à la fois.
諾
De ces dons la Nature avare
Sur toi seul aujourd'hui les verse à pleines mains;
Jouis de ce talent si rare ,
Que ton Art à jamais enchante les Humains !
DE
REPONSE.
E cet Eloge si flatteur ,
Dont Baron et la Lecouvreur ,
Auroient pû devenir jaloux avec justice ,
Et qui pourtant n'a rien qui m'éblouisse ,
Je connois le principe et je vois votre erreur.
Cher S*** à charmer les oreilles .
Accoutumé depuis long- temps ,
Vous avez crû devoir en mes foibles talens ,
Admirer les rares merveilles ,
Que trouve le Public dans le son séduisant
G vivj
Que
352 MERCURE DE FRANCE
Que d'un Instrument * indocile ,
( Sçait tirer votre main habile ,
Et quelle rend si ravissant ;
Pour louer un ami qui paroît sur la Scene ,
1
Vous avez crû que tandis qu'on disoit ,
Qu'en vous Amphion revivoit ,
Vous deviez tout au moins dire que Melpomene,
Sous mon nom , sous mon air ,
montroit.
a vos yeux st
On nous promettoit une Piece de cet
Acteur , qui , à ce qu'on assure , n'est
pas moins bon Auteur qu'excellent
Comédien ; mais des affaires indispensables l'ayant rappellé chez lui , il partit
au grand regret de toute la Ville et de
Pillustre Troupe : voici comme il prit
congé de l'Assemblée.
MESDAMES ET MESSIEURS ,
Si l'on peut s'excuser d'une témerité , c'est
sans doute par l'heureux succès qu'elle a eû,
• aussi n'est-ce que par là que j'ose me justifier de la mienne. Je me vois honoré de
vos applaudissemens lorsque tout sembloit
Coucourir à m'en priver.
Oser paroître devant tant de personnes
*L'Auteur des Vers qui précedent , joue excel- lemment du Violon,
éclairées
FEVRIER. 1732. 353 7
,
éclairées et d'un gout si délicat, se mêler parmi ces Acteurs inimitables , qui par tant de
justes titres , s'étoient déja fait admirer
sortir de son sexe et de son caractere ; emprunter un habit qui demande d'être accompagné de tant de graces , de délicatesse et
d'agrémens; se transformer ensuite devant la
plus brillante Assemblée que puisse former
le beau Sexe , et aux yeux d'une Compagnie choisie d'hommes accoutumez à ne voir
rien que d'aimable ; quelle suite de démar
ches témeraires ! y eut-il jamais entreprise
plus hardie , et ne faut - il pas pour la
former, s'aveugler jusqu'au point d'attendre quelqu'un de ces coups surprenans par
lesquels la fortune se plait quelquefois à aider
les audacieux ?
Que dis-je ? non , ce n'est point à une fortune aveugle que je dois de si doux succès ;
vous avez penetré le motif qui me guidoit
et vous avez applaudi à ce motif ; vous
ave aisementreconnu queje n'aspirois qu'an
bonheur de vous plaire , et vous m'avez
tout pardonné enfaveur d'une si noble envie,
ou peut-être cette genereuse amitié dont votreVille honore ma Patrie et dont nous avons
tant defois ressenti les plus doux effets , vous
fait croire que le titre de Citoyen d' Arles
me suffisoit pourmériter votre Approbation ;
mais soit que je ne doive tant d'applaudis- semens
134 MERCURE DE FRANCE
dissemens qu'aux faveurs du sort , soit que
vous ayez crû devoir récompenser ainsi le
desir de vous amuser; soit que vous ayez
voulu par là , donner une nouvelle marque
de votre affection pour mon Pays, et que ce ne
soit là qu'un pur effet de votre complaisance,
le souvenir ne m'en sera pas moins cher ,
jose le dire hautement etj'ai voulu vous en
assurer ; je rappellerai sans cesse avec joye
ces heureux jours où vos bonte ont éclaté
àmes yeux, et la plus vive reconnoissance
en sera àjamais gravée dans mon cœur.
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Résumé : STANCES, Envoyées à M. de M** le lendemain qu'il eut joué le Rôle de Phedre.
Le texte est une série de stances et de réponses adressées à un acteur, M. de M**, après sa performance dans le rôle de Phèdre. L'auteur exprime son admiration pour la performance de M. de M**, soulignant ses talents exceptionnels et son interprétation remarquable. Les stances mettent en avant la voix, les gestes, la démarche et la présence scénique de l'acteur, le comparant à la muse de la tragédie, Melpomène. L'auteur reconnaît également les dons naturels et artistiques de M. de M**, le qualifiant de talent rare capable d'enchanter les humains. Dans sa réponse, M. de M** remercie l'auteur pour les éloges, mais attribue son succès à la bienveillance du public et à la générosité de l'auteur. Il exprime sa gratitude pour les applaudissements et la compréhension du public, qui a reconnu son désir de les divertir. M. de M** mentionne également qu'il a dû quitter la ville en raison d'affaires urgentes, au grand regret de la troupe et des spectateurs. Il conclut en exprimant sa reconnaissance et sa joie pour les moments partagés avec le public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6034
p. 355-371
Le Glorieux, Comédie. Extrait, [titre d'après la table]
Début :
Les Comédiens François ont donné avec grand succès, 22 Représentations [...]
Mots clefs :
Glorieux, Représentations, Comédie, Parterre, Scènes, Auteur, Lisimon, Pasquin, Mariage, Portrait
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texteReconnaissance textuelle : Le Glorieux, Comédie. Extrait, [titre d'après la table]
Les Comédiens François ont donné
avecgrand succès , 22 Représentations du
Glorieux , Comédie en cinq Actes , en
Vers , de M. Destouches , depuis le 18 du
mois dernier , jusqu'à la fin de celui ci.
Jamais le Parterre n'a paru plus équitable; les beautez dont cette Comédie est
remplie , forcerent l'envie au silence ,
ou plutôt aux applaudissemens. Les deffauts que la critique la plus sévere a
cru y remarquer, sont balancez par de si
grands coups de Maître , qu'ils n'y sont
que comme des ombres au Tableau ; on
en jugera par cet Extrait.
Dans les premieres Scenes , l'Auteur
ne s'attache qu'à nous instruire de ce qui
est nécessaire pour l'intelligence. Lapremiere est entre une Suivante et un Valet.
Celle là sous le nom de Lisette , appartient à Isabelle , fille d'un riche Bourgeois,
et
356 MERCURE DE FRANCE.
et celui- ci , sous le nom de Pasquin , sert
le Comte de Tufiere , sur qui roule le caractere dominant de la Piece ; c'est- à-dire,
du Glorieux . Le panchant que Lisette a remarqué dans le cœur de sa Maîtresse, ou
plutôt son amie , en faveur du Comte de
Tufiere , l'authorise à sçavoir , s'il est digne de son amour et de son Hymen. Pasquin ne lui en fait pas un portrait trop
avantageux et ne dissimule point son vice
prédominant , qui est la vaine gloire.
L'Auteur a pris soin de couper cette
exposition , par une action qui met dans
un nouveau jour , ce que Pasquin ne fait
que réciter. Un Domestique du Glorieux,
appellé Lafleur , vient demander son
congé à Pasquin , comme Factoton de son
Maître ; cette demande est fondée sur
la deffense qu'on lui fait de parler, dans
laquelle il trouve un mépris , dont il ne
sçauroit s'accommoder ; il ajoûte qu'il aimeroit mieux une parole qu'une pistole
de la part d'un Maître. Cette Scene est
suivie d'une autre qui caracterise la prétendue soubrette. Lisimon , Pere de sa
Maîtresse , l'aime ; il lui fait des propo
sitions avantageuses , qui ne servent qu'à
faire connoître la vertu de celle qui les
rejette. Comme Lisimon la presse un peu
trop vivement , son Fils vient arrêter ses
trans
FEVRIER. 1732. 357
transports amoureux , sous un prétexte
de tendresse filiale , comme s'il prenoit
son amour pour une fiévre qui vient de
lui enflammer le sang ; le Pere amoureux
se retire tres mécontent de son Fils. A
peine est-il sorti , que ce Fils , Rival de
son Pere , parle d'amour à la fausse soubrette , elle lui déclare d'un ton ferme
qu'elle ne veut donner son cœur que par- devant Notaire.
>
Un vieillard , qui s'appelle Lycandre,
vient interrompre cette conversation ; le
jeune Amant se retire ; cette derniere Scene reveille l'attention des Spectateurs ; le
vieillard qui vient d'atriyer et que Lisette
connoît et honore , après avoir sondé son
cœur , lui déclare qu'elle est sortie d'un
Sang à pouvoir prétendre et même faire
honneur à la famille de Lisimon , par son
alliance ; il lui promet de lui en apprendre davantage incessamment; il s'informe
du caractere du Comte de Tufiere , et apprend avec un regret mortel , qu'il s'est
entierement livré à la vaine gloire.
Au second Acte , Lisette n'ose croire
ce que Lycandre vient de lui reveler , et
prend pour un beau songe l'illustre origine dont on l'a fait sortir ; elle ne peut
cependant en faire un mystere à son cher
Amant. C'est Valere,fils de Lisimon.ValeIC
358 MERCURE DE FRANCE
re est beaucoup plus crédule que sa Maî
tresse ; elle lui ordonne le secret , mais il
a beau le lui promettre,à peine apperçoitil sa sœur Isabelle , qu'il court à elle pour
le lui apprendre. Lisette lui impose silence ; il n'obéit qu'avec peine , et dità sa
sœur de ne traiter désormais Lisette qu'avec respect.
Isabelle ne sçait que comprendre du
respect que son Frere exige d'elle pour
une Suivante, cela lui fait soupçonner que
son Frere veut l'épouser en secret ; Lisette
ne lui revele rien , Isabelle lui avoue qu'elle
ne haït pas le Comte de Tufiere , malgré
le deffaut de vaine gloire qui devroit le
rendre indigne de lui plaire.
Philinte , amoureux d'Isabelle , vient
lui parler de son amour , mais il est si timide qu'il n'ose exprimer ses sentimens ;
Isabelle et Lisette le raillent tour à tour ,
elles le quittent enfin ; il fait connoître
son caractere de timidité qu'il ne sçauroit
vaincre. Un Laquais le prenant pour le
Comte de Tufiere lui apporte une Lettre
qu'il renvoye à son addresse ; Pasquin ,
Valet du Comte de Tufiete , et singe de
sa vaine gloire , reçoit cette Lettre avec
hauteur.
#
Le Comtede Tufiereparoît pour la premiere fois sur la Scene avec un grand
Cor-
FEVRIER 17320 359
Cortege; Pasquin lui parle de la Lettre
qu'on vient de remettre entre ses mains.
Son Maître lui dit qu'elle vient sans doute du petit Duc , ou de la Princesse, &c.
mais Pasquin lui ayant fait entendre que
c'est un Laquais assez mal vétu qui l'a apportée ; il ordonne , avec dédain , qu'on
Ja lise et qu'on lui en rende compre. Nous
omettons plusieurs particularitez , parce
qu'elles tiennent plutôt au caractere qu'à J'action Théatrale. Le Glorieux se fait lire
enfin la Lettre dont Pasquin lui a parlé ;
elle est pleine d'invectives contre son ridicule orgueil ; il n'en peut reconnoître let
caractere ; celui qui l'a écrite , lui déclare
qu'il aemprunté unemain étrangere, Cette
Lettre produira son effet dans le quatriéme Acte.
Lisimon vient , et par sa franchise et sa
familiarité bourgeoise il découvre la fierté
de son gendre futur ; il rabat de temps
en temps ses airs évaporez , et le force à
s'aller mettre à table en l'embrassant amicalement et en l'entraînant malgré lui.
Le Glorieux ouvre la Scene du troisiéme Acte avec Pasquin , à qui il dit , que
son beaupere futur est enchanté de lui
et qu'il le conduira insensiblement jusqu'au respect qu'il lui doit ; il ajoute que
son mariage avec Isabelle est arrêté.
Isa-
366 MERCURE DE FRANCE
Isabelle vient , suivie de Lisette ; elle
fait entendre au Glorieux , que quoique
son pere ait conclu le mariage , elle veut
connoître un peu mieux l'Epoux qui lui
est destiné ; Lisette veut appuyer ce que
Sa Maîtresse vient de dire ; le Glorieux ne
daigne pas lui répondre et la regarde même avec mépris ; il demande ironiquement à Isabelle , si elle ne s'explique jámais que par interprete.
Valere vient s'informer du mariage
qu'il vient d'apprendre ; le Glorieux lui
répond avec un orgueil qui l'oblige à lui
dire que l'Hymen projetté , n'est pas encore tout-à- fait arrêté , attendu que sa
Mere, bien loin d'y consentir , destine sa
Fille à Philinte ; au nom d'un tel Rival ,
le Glorieux redouble de fierté et de mépris; il prie Valere de dire à cet indigne
concurrent que s'il met le pied chez Isabelle , ils pourroient se voir de près. Valere lui promet de s'acquitter de la commission qu'il lui donne , et se retire.
Isabelle outrée de la hauteur avec laquelle le Comte de Tufiere vient de parler à son Frere, lui fait de vifs reproches
sur ce deffaut dominant ; elle charge Lisette d'achever la leçon , et le quitte.
Lisette remplit dignement la place que
sa Maîtresse lui laisse ; le Comte en est si
étonné
FEVRIER. 1732, 36r
étonné , qu'il n'a pas la force de repliquer un mot. Lisette le quitte,
Philinte , à qui Valere vient d'appren
dre le parfait mépris que le Glorieux a
fait éclater à son sujet , vient respectueu,
sement lui en demander raison ; cette
Scene est des plus originales. Le Glorieux
accepte le défi , ou plutôt la priere que
son humble Riyal lui fait de lui faire
l'honneur de se couper la gorge avec lui.
Ils mettent tous deux l'épée à la main.Lisimon accourt au bruit des Epées. Philinte lui dit que le respect le désarme et remet
son épée dans le fourreau, Lisimon reçoit
tres-mal sa politesse , et lui deffend de revenir chez lui, Philinte se retire après
avoir dit au Glorieux qu'il espere qu'il lu‡
fera l'honneur de lui rendre sa visite , et
qu'il tâchera de le bien recevoir.
Le Comte de Tufiere dit de nouvelles
impertinences à son futur Beaupere et le
quitte.
Lisimon choqué de tant d'orgueil, est
tenté de rompre le matiage ; mais la réfléxion qu'il fait , sur l'avantage que sa
femme tireroit de cette rupture , le confirme dans sa premiere résolution.
Le 4 Acte est sans contredit le plus interessant , le plus varié de la Piece , et qui
en a le plus assuré le succès. Il commence
par
362 MERCURE DE FRANCE par une Scene's
sur laquelle
nous ne nous
arrêterons
pas. La seconde
, ne contient
qu'un sage reproche
que Lisette
fait à Va
lere d'avoir
causé une querelle
entre le
Comte
et Philinte
. Valere voyant
approcher le même vieillard
, qui a interrompu sa premiere
conversation
avec sa chere
Lisette
, se retire , non sans marquer
du
dépit.
Lycandre surpris de retrouver Lisette
en tête à tête avec Valere , lui demande
si elle n'a pas quelque engagement de
cœur avec lui. Lisette rougit à cette demande. Elle avouë enfin non- seulement
que Valere l'aime , mais qu'elle le préfereroit à tout autre Amant si leurs conditions étoient égales. Lycandre lui confirmela promesse qu'il lui a déja faite de
lui apprendre son sort. Il commence par
lui apprendre ce qui a causé le malheur
de son pere; il en prend la source dans
l'orgueil de sa mere , qui par un affront
insigne qu'elle fit à une Dame, obligea les
deux maris à se battre ; il ajoute que son
Pere ayant tué son adversaire en brave
homme , fut calomnieusement accusé de
l'avoir assassiné, ce qui l'obligea à chercher un azyle en Angleterre , il ajoûte
que son pere touche à la fin de ses mal-'
heurs et que son innocence ya triom-
,
ther
}
FEVRIER 1732. 363
pher ; elle demande avec atendrissement,
où est ce cher et malheureux pere ; la reconnoissance est filée avec un art infini ;
Lycandre se découvre enfin pour son Pere;
la fausse Lisette se jette à ses pieds. Il luf
apprend que le Comte de Tufiere est son
Frere,et lui témoigne l'extrême regret qu'il
a d'apprendre qu'il n'a pas moins d'orgueil
que sa mère ; il se promet de le corriger et ordonne à sa Fille de rentrer et sur
tout de garder le silence sur le secret
qu'il vient de lui confier.
Lycandre demande à Pasquin s'il ne
pourroit point parler au Comte de Tufiere. Pasquin le voyant, en si mauvais
équipage , lui dit d'un air méprisant, qu'il
est en affaire et qu'il ne sçauroit le voir.-
Lycandre prend un ton de voix à faire.
rentrer Pasquin en lui même ; il convient
qu'il n'est qu'un sot et que l'exemple d'un
Maître orgueilleux l'a gâté. Lycandre lui
sçait bon gré de ce retour ; il lui dit d'aller dire à son Maître que celui qui le demande est le même qui lui a écrit tantôt
une Lettre. Pasquin lui répond , que le
porteur en a déja été payé , et qu'il ne lui
conseille pas de se montrer à ses yeux ,
après lui avoir écrit des véritez si dures à
digerer: Ne crains rien , lui répond le
Vieillard , tu le verras tres-pacifique er tres-
364 MERCURE DE FRANCE
tres modeste devant moi. Pasquin va
chercher son Maître, en disant qu'il s'en
lave les mains.
Lycandre en attendant son fils forme
quelques esperances d'amandement ; elles.
sont fondées sur le changement qu'il
vienr de remarquer dans son valet.
Le Glorieux vient enflammé de colere,
mais reconnoissant son pere en celui qu'il
vient chercher comme ennemi, il demeu
re interdit , au grand étonnement de Pasquin qui le trouve comme pétrifié ; il fait
sortir Pasquin , quoique Lycandre veuille
qu'il demeure , pour être témoin d'une
Scene si nouvelle à ses yeux.
Le Pere fait de sanglans reproches à son
Fils , qui s'excuse assez mal ; il lui deman
de , d'où vient qu'il fait sortir son Valet.
Voulez-vous , lui répond son Fils , que je
vous expose à quelque mépris. Non , ce
n'est point là ce que vous appréhendez ,
lui dit son pere ;
Vous craignez bien plutôt d'exposer ma misere,
>
Le Glorieux , voyant que son Pere exige de lui , s'il veut obtenir son pardon
qu'il vienne à l'instant le presenter dans
l'état où il est à Lisimon et à sa Fille , se
jette à ses pieds pour l'en détourner ; c'est
dans cette situation que son Pere lui dit
les
FEVRIER. 17320 365
les deux beaux Vers , que tout le monde
sçait par cœur , que nous rapporterons
plus bas.
Lisimon survient : il dit au Glorieux
que sa femme consent enfin à l'accepter
pour gendre ; que c'est à lui à faire quelques démarches et à lui rendre ses devoirs ; ce mot de devoir étonne le Glorieux ; son Pere lui fait une sage remontrance sur sa fierté hors de saison. Lisimon-surpris,lui demande qui est ce vieillard qui lui paroît si verd , il lui repond
tout bas , que c'est son Intendant : Lisimon demande au prétendu Intendant à
quoi peuvent monter les revenus duComte , &c. Le vieillard se retire , en disant
tout bas à son Fils, qu'il ne sçauroit mentir ; il dit pourtant à Lisimon qu'il n'a
qu'à conclure le mariage , et que bien- tôt iis seront tous contens.
Lisimon choqué de quelques nouveaux
airs de hauteur que le Glorieux prend en
core avec lui , le quitte en colere, en lui
disant de garder sa grandeur. Le Glorieux se détermine à faire tout ce qu'on
exige de lui , en disant , que sa mauvaise
fortune le réduit à fléchir devant l'Idole.
Valere se reproche devant Lisette , au
ve Acte , l'infidelité qu'elle l'a contraint
de faire à son ami Philinte , en parlant à
H sa
366 MERCURE DE FRANCE,
sa mere, en faveur du Comte de Tufiere,
Isabelle paroît encore incertaine sur le
consentement qu'on lui demande pour
'Hymen arrêté. Lisimon vient annoncer
que sa femme , devenue enfin plus traitable , a promis de signer le Contrat , il se
met en colere contre sa fille qui paroît
encore balancer.
Le Notaire vient , on dresse le Contrat , les noms et qualitez que le Comte de Tufiere se donne , achevent de remplir son caractere.
Lycandre , ou le Marquis de Tufiere ,
arrivé augrand regret de son Fils qui vouloit achever l'Hymen sans lui ; sa presence le rend confus , son pere s'en offense ;
et pour achever de le confondre , il le
menace de sa malediction , s'il ne tombe
à ses genoux; son Fils se jette à ses pieds,
il implore sa clemence, et abjure pour jamais son orgueil . Son Pere le voyant corrigé , lui apprend que le Roy vient de le
remettre dans la jouissance de tous ses
biens, après avoir connu son innocence et
puni l'imposture de ses accusateurs, La
Picce finit par un double Hymen ; Lisette
devient constante ; elle est reconnuë pour
Demoiselle. Le Comte de Tufiere proteste
Isabelle qu'il fera desormais toute sa
gloire de l'aimer et de meriter son cœur
ep sa main.
Mais
FEVRIER. 1732. 367
Mais pourmettre le Lecteur plus en état
de juger du mérite et de la Versification
de cette Piece , donnons quelques mor
ceaux qui en fassent connoître les divers
caracteres et l'é égance du stile dont elle
est écrite. Voici le Portrait que Pasquin
fait de son Maître , dans la 4 Scene du
premier Acte.
Sa politique
Est d'être toujours grave avec un domestique;
S'il lui disoit un mot , il croiroit s'abbaisser ,
Et qu'un Valet lui parle , il se fera chasser.
Enfin pour ébaucher en deux mots sa peinture ;
C'est l'homme le plus vain qu'ait produit la na- ture ,
Pour ses inférieurs , plein d'un mépris cho-
< quant ,
Avec ses égaux même , il prend l'air important
Si fier de ses ayeux , si fier de sa noblesse ,
Qu'il croit être icy-bas le seul de son espece.
Persuadé d'ailleurs de son habileté ,
Et décidant sur tout avec autorité ;
Se croyant en tout genre , un mérite suprême ,
Dédaignant tout le monde , et s'admirant lui- même;
En un mot , des mortels le plus impérieux ,
Et le plus suffisant et le plus glorieux.
Hij Zr
368 MERCURE DE FRANCE
LYSETT E.
Ab! que nous allons rire.
PASQUIN
LYSETTE.
Et de quoi donc
Son fasté ,
Ja fierté , ses hauteurs font un parfait contraste
Avec les qualitez de son humble rival ,
Qui n'oseroit parler de peur de parler mal ;
Qui par timidité , rougit comme une fille
Et qui, quoique fort riche et de noblefamille ,
Toujours rampant , craintif, et toujours con- certé ,
Prodigue les excès de sa civilité ,
Pour les moindres Valets , rempli de déférences
Et ne parlant jamais que par ses révérences.
Lycandre ferme le premier Acte, en di
sant à Lisette.
Jusqu'au revoir. Songez qu'une naissance illustre ,
Des sentimens du cœur reçoit son plus beau lus tre.
Pour les faire éclater , il est de sûrs moyens;
Et si le sort cruel vous a ravi vos biens ,
D'un plus rare trésor , enviant le partage ,
Soyez riche en vertus , c'est- là votre appad
page,
FEVRIER. 1732. 369
A la quatrième Scene du troisiéme Acte , Isabelle fait adroitement le portrait
du Comte à lui même , et n'oublie rien.
en même-temps pour lui persuader que la
modestie est toujours la marque du vrai
mérite.
LE COMT E.
De grace , à quel propos cette distinction ?
ISABELLE.
Je vous laisse le soin de l'application ,
Et de la modestie embrassant la défence ,
Je soutiens que par elle on voit la différence
Du mérite apparent , au mérite parfait ;
L'un veut toujours briller , l'autre brille en effet ,
Sans jamais y prétendre , et sans même le croire ;
L'un est superbe et vain , l'autre n'a point de
gloire ;
Le faux aime le bruit , le vrai craint d'éclater
L'un aspire aux egards , l'autre à les mériter ,
Je dirai plus. Les gens nez d'un sang respectable
Doivent se distinguer par un esprit affable ,
Liant , doux , complaisant , au lieu que la fierté ,
Est l'ordinaire effet d'un éclat emprunté.
La hauteur est par tout odieuse , importune ,
Avec la politesse , un homme de fortune.
Est mille fois plus grand , qu'un Grand toujours
gourmé,
Hiij D'un
370 MERCURE DE FRANCE
D'un limon précieux , se présumant formě.
Traitant avec dédain , et même avec rudesse
Tout ce qui lui paroît d'une moins noble espece
Croyant que l'on est tout , quand on est de son sang ,
Et croyant qu'on n'est rien , au dessous de son
rang.
Dans la Scene suivante , Lysette dit au
Comte :
Le discours d'Isabelle étoit votre portrait ,
Et son discernement vous a peint trait pour
trait.
Dût la gloire en souffrir , je ne sçaurois me taire.
Je ne vous dirai point , changez de caractére ,
Car ou n'en changé point , je ne le sçais que
trop.
Chassez le naturel , il revient au galop ;
Mais du moins , je vous dis , &c.
Lycandre parlant de Listmon , au quatriéme Acte , Scene 7.
On me l'a peint tout autre , et j'ai peine à vous croire ,
Tout ce discours ne tend qu'à cacher votre
gloire ;
Mais pour moi qui ne suis ni superbe , ni vain
Je prétends me montrer , et j'irai mon chemin .
Le
FEVRIER. 1732 378
Le Comte , l'empêchant de sortir.
Differez quelques jours ; la faveur n'est pas
grande ,
Je me jette à vos pieds , et je vous la demande.
.
LTCANDRE.
J'entends , la Vanité me déclare à genoux
Qu'un Pere infortuné n'est pas digne de vous.
Oui, oui , j'ai tout perdu par l'orgueil de ra
mere ,
Et tu n'as hérité de son caractere. que
Le Comte finit la Piece par ces six Vers.
Non, je n'aspire plus qu'à triompher de moy,
Du respect , de l'amour , je veux suivre la Loy.
Ils m'ont ouvert les yeux ; qu'ils m'aident à in vaincre ,
Il faut se faire aimer , on vient de m'en convaincre :
Et je sens que la gloire et la présomption
N'attirent que la haine et l'indignation
avecgrand succès , 22 Représentations du
Glorieux , Comédie en cinq Actes , en
Vers , de M. Destouches , depuis le 18 du
mois dernier , jusqu'à la fin de celui ci.
Jamais le Parterre n'a paru plus équitable; les beautez dont cette Comédie est
remplie , forcerent l'envie au silence ,
ou plutôt aux applaudissemens. Les deffauts que la critique la plus sévere a
cru y remarquer, sont balancez par de si
grands coups de Maître , qu'ils n'y sont
que comme des ombres au Tableau ; on
en jugera par cet Extrait.
Dans les premieres Scenes , l'Auteur
ne s'attache qu'à nous instruire de ce qui
est nécessaire pour l'intelligence. Lapremiere est entre une Suivante et un Valet.
Celle là sous le nom de Lisette , appartient à Isabelle , fille d'un riche Bourgeois,
et
356 MERCURE DE FRANCE.
et celui- ci , sous le nom de Pasquin , sert
le Comte de Tufiere , sur qui roule le caractere dominant de la Piece ; c'est- à-dire,
du Glorieux . Le panchant que Lisette a remarqué dans le cœur de sa Maîtresse, ou
plutôt son amie , en faveur du Comte de
Tufiere , l'authorise à sçavoir , s'il est digne de son amour et de son Hymen. Pasquin ne lui en fait pas un portrait trop
avantageux et ne dissimule point son vice
prédominant , qui est la vaine gloire.
L'Auteur a pris soin de couper cette
exposition , par une action qui met dans
un nouveau jour , ce que Pasquin ne fait
que réciter. Un Domestique du Glorieux,
appellé Lafleur , vient demander son
congé à Pasquin , comme Factoton de son
Maître ; cette demande est fondée sur
la deffense qu'on lui fait de parler, dans
laquelle il trouve un mépris , dont il ne
sçauroit s'accommoder ; il ajoûte qu'il aimeroit mieux une parole qu'une pistole
de la part d'un Maître. Cette Scene est
suivie d'une autre qui caracterise la prétendue soubrette. Lisimon , Pere de sa
Maîtresse , l'aime ; il lui fait des propo
sitions avantageuses , qui ne servent qu'à
faire connoître la vertu de celle qui les
rejette. Comme Lisimon la presse un peu
trop vivement , son Fils vient arrêter ses
trans
FEVRIER. 1732. 357
transports amoureux , sous un prétexte
de tendresse filiale , comme s'il prenoit
son amour pour une fiévre qui vient de
lui enflammer le sang ; le Pere amoureux
se retire tres mécontent de son Fils. A
peine est-il sorti , que ce Fils , Rival de
son Pere , parle d'amour à la fausse soubrette , elle lui déclare d'un ton ferme
qu'elle ne veut donner son cœur que par- devant Notaire.
>
Un vieillard , qui s'appelle Lycandre,
vient interrompre cette conversation ; le
jeune Amant se retire ; cette derniere Scene reveille l'attention des Spectateurs ; le
vieillard qui vient d'atriyer et que Lisette
connoît et honore , après avoir sondé son
cœur , lui déclare qu'elle est sortie d'un
Sang à pouvoir prétendre et même faire
honneur à la famille de Lisimon , par son
alliance ; il lui promet de lui en apprendre davantage incessamment; il s'informe
du caractere du Comte de Tufiere , et apprend avec un regret mortel , qu'il s'est
entierement livré à la vaine gloire.
Au second Acte , Lisette n'ose croire
ce que Lycandre vient de lui reveler , et
prend pour un beau songe l'illustre origine dont on l'a fait sortir ; elle ne peut
cependant en faire un mystere à son cher
Amant. C'est Valere,fils de Lisimon.ValeIC
358 MERCURE DE FRANCE
re est beaucoup plus crédule que sa Maî
tresse ; elle lui ordonne le secret , mais il
a beau le lui promettre,à peine apperçoitil sa sœur Isabelle , qu'il court à elle pour
le lui apprendre. Lisette lui impose silence ; il n'obéit qu'avec peine , et dità sa
sœur de ne traiter désormais Lisette qu'avec respect.
Isabelle ne sçait que comprendre du
respect que son Frere exige d'elle pour
une Suivante, cela lui fait soupçonner que
son Frere veut l'épouser en secret ; Lisette
ne lui revele rien , Isabelle lui avoue qu'elle
ne haït pas le Comte de Tufiere , malgré
le deffaut de vaine gloire qui devroit le
rendre indigne de lui plaire.
Philinte , amoureux d'Isabelle , vient
lui parler de son amour , mais il est si timide qu'il n'ose exprimer ses sentimens ;
Isabelle et Lisette le raillent tour à tour ,
elles le quittent enfin ; il fait connoître
son caractere de timidité qu'il ne sçauroit
vaincre. Un Laquais le prenant pour le
Comte de Tufiere lui apporte une Lettre
qu'il renvoye à son addresse ; Pasquin ,
Valet du Comte de Tufiete , et singe de
sa vaine gloire , reçoit cette Lettre avec
hauteur.
#
Le Comtede Tufiereparoît pour la premiere fois sur la Scene avec un grand
Cor-
FEVRIER 17320 359
Cortege; Pasquin lui parle de la Lettre
qu'on vient de remettre entre ses mains.
Son Maître lui dit qu'elle vient sans doute du petit Duc , ou de la Princesse, &c.
mais Pasquin lui ayant fait entendre que
c'est un Laquais assez mal vétu qui l'a apportée ; il ordonne , avec dédain , qu'on
Ja lise et qu'on lui en rende compre. Nous
omettons plusieurs particularitez , parce
qu'elles tiennent plutôt au caractere qu'à J'action Théatrale. Le Glorieux se fait lire
enfin la Lettre dont Pasquin lui a parlé ;
elle est pleine d'invectives contre son ridicule orgueil ; il n'en peut reconnoître let
caractere ; celui qui l'a écrite , lui déclare
qu'il aemprunté unemain étrangere, Cette
Lettre produira son effet dans le quatriéme Acte.
Lisimon vient , et par sa franchise et sa
familiarité bourgeoise il découvre la fierté
de son gendre futur ; il rabat de temps
en temps ses airs évaporez , et le force à
s'aller mettre à table en l'embrassant amicalement et en l'entraînant malgré lui.
Le Glorieux ouvre la Scene du troisiéme Acte avec Pasquin , à qui il dit , que
son beaupere futur est enchanté de lui
et qu'il le conduira insensiblement jusqu'au respect qu'il lui doit ; il ajoute que
son mariage avec Isabelle est arrêté.
Isa-
366 MERCURE DE FRANCE
Isabelle vient , suivie de Lisette ; elle
fait entendre au Glorieux , que quoique
son pere ait conclu le mariage , elle veut
connoître un peu mieux l'Epoux qui lui
est destiné ; Lisette veut appuyer ce que
Sa Maîtresse vient de dire ; le Glorieux ne
daigne pas lui répondre et la regarde même avec mépris ; il demande ironiquement à Isabelle , si elle ne s'explique jámais que par interprete.
Valere vient s'informer du mariage
qu'il vient d'apprendre ; le Glorieux lui
répond avec un orgueil qui l'oblige à lui
dire que l'Hymen projetté , n'est pas encore tout-à- fait arrêté , attendu que sa
Mere, bien loin d'y consentir , destine sa
Fille à Philinte ; au nom d'un tel Rival ,
le Glorieux redouble de fierté et de mépris; il prie Valere de dire à cet indigne
concurrent que s'il met le pied chez Isabelle , ils pourroient se voir de près. Valere lui promet de s'acquitter de la commission qu'il lui donne , et se retire.
Isabelle outrée de la hauteur avec laquelle le Comte de Tufiere vient de parler à son Frere, lui fait de vifs reproches
sur ce deffaut dominant ; elle charge Lisette d'achever la leçon , et le quitte.
Lisette remplit dignement la place que
sa Maîtresse lui laisse ; le Comte en est si
étonné
FEVRIER. 1732, 36r
étonné , qu'il n'a pas la force de repliquer un mot. Lisette le quitte,
Philinte , à qui Valere vient d'appren
dre le parfait mépris que le Glorieux a
fait éclater à son sujet , vient respectueu,
sement lui en demander raison ; cette
Scene est des plus originales. Le Glorieux
accepte le défi , ou plutôt la priere que
son humble Riyal lui fait de lui faire
l'honneur de se couper la gorge avec lui.
Ils mettent tous deux l'épée à la main.Lisimon accourt au bruit des Epées. Philinte lui dit que le respect le désarme et remet
son épée dans le fourreau, Lisimon reçoit
tres-mal sa politesse , et lui deffend de revenir chez lui, Philinte se retire après
avoir dit au Glorieux qu'il espere qu'il lu‡
fera l'honneur de lui rendre sa visite , et
qu'il tâchera de le bien recevoir.
Le Comte de Tufiere dit de nouvelles
impertinences à son futur Beaupere et le
quitte.
Lisimon choqué de tant d'orgueil, est
tenté de rompre le matiage ; mais la réfléxion qu'il fait , sur l'avantage que sa
femme tireroit de cette rupture , le confirme dans sa premiere résolution.
Le 4 Acte est sans contredit le plus interessant , le plus varié de la Piece , et qui
en a le plus assuré le succès. Il commence
par
362 MERCURE DE FRANCE par une Scene's
sur laquelle
nous ne nous
arrêterons
pas. La seconde
, ne contient
qu'un sage reproche
que Lisette
fait à Va
lere d'avoir
causé une querelle
entre le
Comte
et Philinte
. Valere voyant
approcher le même vieillard
, qui a interrompu sa premiere
conversation
avec sa chere
Lisette
, se retire , non sans marquer
du
dépit.
Lycandre surpris de retrouver Lisette
en tête à tête avec Valere , lui demande
si elle n'a pas quelque engagement de
cœur avec lui. Lisette rougit à cette demande. Elle avouë enfin non- seulement
que Valere l'aime , mais qu'elle le préfereroit à tout autre Amant si leurs conditions étoient égales. Lycandre lui confirmela promesse qu'il lui a déja faite de
lui apprendre son sort. Il commence par
lui apprendre ce qui a causé le malheur
de son pere; il en prend la source dans
l'orgueil de sa mere , qui par un affront
insigne qu'elle fit à une Dame, obligea les
deux maris à se battre ; il ajoute que son
Pere ayant tué son adversaire en brave
homme , fut calomnieusement accusé de
l'avoir assassiné, ce qui l'obligea à chercher un azyle en Angleterre , il ajoûte
que son pere touche à la fin de ses mal-'
heurs et que son innocence ya triom-
,
ther
}
FEVRIER 1732. 363
pher ; elle demande avec atendrissement,
où est ce cher et malheureux pere ; la reconnoissance est filée avec un art infini ;
Lycandre se découvre enfin pour son Pere;
la fausse Lisette se jette à ses pieds. Il luf
apprend que le Comte de Tufiere est son
Frere,et lui témoigne l'extrême regret qu'il
a d'apprendre qu'il n'a pas moins d'orgueil
que sa mère ; il se promet de le corriger et ordonne à sa Fille de rentrer et sur
tout de garder le silence sur le secret
qu'il vient de lui confier.
Lycandre demande à Pasquin s'il ne
pourroit point parler au Comte de Tufiere. Pasquin le voyant, en si mauvais
équipage , lui dit d'un air méprisant, qu'il
est en affaire et qu'il ne sçauroit le voir.-
Lycandre prend un ton de voix à faire.
rentrer Pasquin en lui même ; il convient
qu'il n'est qu'un sot et que l'exemple d'un
Maître orgueilleux l'a gâté. Lycandre lui
sçait bon gré de ce retour ; il lui dit d'aller dire à son Maître que celui qui le demande est le même qui lui a écrit tantôt
une Lettre. Pasquin lui répond , que le
porteur en a déja été payé , et qu'il ne lui
conseille pas de se montrer à ses yeux ,
après lui avoir écrit des véritez si dures à
digerer: Ne crains rien , lui répond le
Vieillard , tu le verras tres-pacifique er tres-
364 MERCURE DE FRANCE
tres modeste devant moi. Pasquin va
chercher son Maître, en disant qu'il s'en
lave les mains.
Lycandre en attendant son fils forme
quelques esperances d'amandement ; elles.
sont fondées sur le changement qu'il
vienr de remarquer dans son valet.
Le Glorieux vient enflammé de colere,
mais reconnoissant son pere en celui qu'il
vient chercher comme ennemi, il demeu
re interdit , au grand étonnement de Pasquin qui le trouve comme pétrifié ; il fait
sortir Pasquin , quoique Lycandre veuille
qu'il demeure , pour être témoin d'une
Scene si nouvelle à ses yeux.
Le Pere fait de sanglans reproches à son
Fils , qui s'excuse assez mal ; il lui deman
de , d'où vient qu'il fait sortir son Valet.
Voulez-vous , lui répond son Fils , que je
vous expose à quelque mépris. Non , ce
n'est point là ce que vous appréhendez ,
lui dit son pere ;
Vous craignez bien plutôt d'exposer ma misere,
>
Le Glorieux , voyant que son Pere exige de lui , s'il veut obtenir son pardon
qu'il vienne à l'instant le presenter dans
l'état où il est à Lisimon et à sa Fille , se
jette à ses pieds pour l'en détourner ; c'est
dans cette situation que son Pere lui dit
les
FEVRIER. 17320 365
les deux beaux Vers , que tout le monde
sçait par cœur , que nous rapporterons
plus bas.
Lisimon survient : il dit au Glorieux
que sa femme consent enfin à l'accepter
pour gendre ; que c'est à lui à faire quelques démarches et à lui rendre ses devoirs ; ce mot de devoir étonne le Glorieux ; son Pere lui fait une sage remontrance sur sa fierté hors de saison. Lisimon-surpris,lui demande qui est ce vieillard qui lui paroît si verd , il lui repond
tout bas , que c'est son Intendant : Lisimon demande au prétendu Intendant à
quoi peuvent monter les revenus duComte , &c. Le vieillard se retire , en disant
tout bas à son Fils, qu'il ne sçauroit mentir ; il dit pourtant à Lisimon qu'il n'a
qu'à conclure le mariage , et que bien- tôt iis seront tous contens.
Lisimon choqué de quelques nouveaux
airs de hauteur que le Glorieux prend en
core avec lui , le quitte en colere, en lui
disant de garder sa grandeur. Le Glorieux se détermine à faire tout ce qu'on
exige de lui , en disant , que sa mauvaise
fortune le réduit à fléchir devant l'Idole.
Valere se reproche devant Lisette , au
ve Acte , l'infidelité qu'elle l'a contraint
de faire à son ami Philinte , en parlant à
H sa
366 MERCURE DE FRANCE,
sa mere, en faveur du Comte de Tufiere,
Isabelle paroît encore incertaine sur le
consentement qu'on lui demande pour
'Hymen arrêté. Lisimon vient annoncer
que sa femme , devenue enfin plus traitable , a promis de signer le Contrat , il se
met en colere contre sa fille qui paroît
encore balancer.
Le Notaire vient , on dresse le Contrat , les noms et qualitez que le Comte de Tufiere se donne , achevent de remplir son caractere.
Lycandre , ou le Marquis de Tufiere ,
arrivé augrand regret de son Fils qui vouloit achever l'Hymen sans lui ; sa presence le rend confus , son pere s'en offense ;
et pour achever de le confondre , il le
menace de sa malediction , s'il ne tombe
à ses genoux; son Fils se jette à ses pieds,
il implore sa clemence, et abjure pour jamais son orgueil . Son Pere le voyant corrigé , lui apprend que le Roy vient de le
remettre dans la jouissance de tous ses
biens, après avoir connu son innocence et
puni l'imposture de ses accusateurs, La
Picce finit par un double Hymen ; Lisette
devient constante ; elle est reconnuë pour
Demoiselle. Le Comte de Tufiere proteste
Isabelle qu'il fera desormais toute sa
gloire de l'aimer et de meriter son cœur
ep sa main.
Mais
FEVRIER. 1732. 367
Mais pourmettre le Lecteur plus en état
de juger du mérite et de la Versification
de cette Piece , donnons quelques mor
ceaux qui en fassent connoître les divers
caracteres et l'é égance du stile dont elle
est écrite. Voici le Portrait que Pasquin
fait de son Maître , dans la 4 Scene du
premier Acte.
Sa politique
Est d'être toujours grave avec un domestique;
S'il lui disoit un mot , il croiroit s'abbaisser ,
Et qu'un Valet lui parle , il se fera chasser.
Enfin pour ébaucher en deux mots sa peinture ;
C'est l'homme le plus vain qu'ait produit la na- ture ,
Pour ses inférieurs , plein d'un mépris cho-
< quant ,
Avec ses égaux même , il prend l'air important
Si fier de ses ayeux , si fier de sa noblesse ,
Qu'il croit être icy-bas le seul de son espece.
Persuadé d'ailleurs de son habileté ,
Et décidant sur tout avec autorité ;
Se croyant en tout genre , un mérite suprême ,
Dédaignant tout le monde , et s'admirant lui- même;
En un mot , des mortels le plus impérieux ,
Et le plus suffisant et le plus glorieux.
Hij Zr
368 MERCURE DE FRANCE
LYSETT E.
Ab! que nous allons rire.
PASQUIN
LYSETTE.
Et de quoi donc
Son fasté ,
Ja fierté , ses hauteurs font un parfait contraste
Avec les qualitez de son humble rival ,
Qui n'oseroit parler de peur de parler mal ;
Qui par timidité , rougit comme une fille
Et qui, quoique fort riche et de noblefamille ,
Toujours rampant , craintif, et toujours con- certé ,
Prodigue les excès de sa civilité ,
Pour les moindres Valets , rempli de déférences
Et ne parlant jamais que par ses révérences.
Lycandre ferme le premier Acte, en di
sant à Lisette.
Jusqu'au revoir. Songez qu'une naissance illustre ,
Des sentimens du cœur reçoit son plus beau lus tre.
Pour les faire éclater , il est de sûrs moyens;
Et si le sort cruel vous a ravi vos biens ,
D'un plus rare trésor , enviant le partage ,
Soyez riche en vertus , c'est- là votre appad
page,
FEVRIER. 1732. 369
A la quatrième Scene du troisiéme Acte , Isabelle fait adroitement le portrait
du Comte à lui même , et n'oublie rien.
en même-temps pour lui persuader que la
modestie est toujours la marque du vrai
mérite.
LE COMT E.
De grace , à quel propos cette distinction ?
ISABELLE.
Je vous laisse le soin de l'application ,
Et de la modestie embrassant la défence ,
Je soutiens que par elle on voit la différence
Du mérite apparent , au mérite parfait ;
L'un veut toujours briller , l'autre brille en effet ,
Sans jamais y prétendre , et sans même le croire ;
L'un est superbe et vain , l'autre n'a point de
gloire ;
Le faux aime le bruit , le vrai craint d'éclater
L'un aspire aux egards , l'autre à les mériter ,
Je dirai plus. Les gens nez d'un sang respectable
Doivent se distinguer par un esprit affable ,
Liant , doux , complaisant , au lieu que la fierté ,
Est l'ordinaire effet d'un éclat emprunté.
La hauteur est par tout odieuse , importune ,
Avec la politesse , un homme de fortune.
Est mille fois plus grand , qu'un Grand toujours
gourmé,
Hiij D'un
370 MERCURE DE FRANCE
D'un limon précieux , se présumant formě.
Traitant avec dédain , et même avec rudesse
Tout ce qui lui paroît d'une moins noble espece
Croyant que l'on est tout , quand on est de son sang ,
Et croyant qu'on n'est rien , au dessous de son
rang.
Dans la Scene suivante , Lysette dit au
Comte :
Le discours d'Isabelle étoit votre portrait ,
Et son discernement vous a peint trait pour
trait.
Dût la gloire en souffrir , je ne sçaurois me taire.
Je ne vous dirai point , changez de caractére ,
Car ou n'en changé point , je ne le sçais que
trop.
Chassez le naturel , il revient au galop ;
Mais du moins , je vous dis , &c.
Lycandre parlant de Listmon , au quatriéme Acte , Scene 7.
On me l'a peint tout autre , et j'ai peine à vous croire ,
Tout ce discours ne tend qu'à cacher votre
gloire ;
Mais pour moi qui ne suis ni superbe , ni vain
Je prétends me montrer , et j'irai mon chemin .
Le
FEVRIER. 1732 378
Le Comte , l'empêchant de sortir.
Differez quelques jours ; la faveur n'est pas
grande ,
Je me jette à vos pieds , et je vous la demande.
.
LTCANDRE.
J'entends , la Vanité me déclare à genoux
Qu'un Pere infortuné n'est pas digne de vous.
Oui, oui , j'ai tout perdu par l'orgueil de ra
mere ,
Et tu n'as hérité de son caractere. que
Le Comte finit la Piece par ces six Vers.
Non, je n'aspire plus qu'à triompher de moy,
Du respect , de l'amour , je veux suivre la Loy.
Ils m'ont ouvert les yeux ; qu'ils m'aident à in vaincre ,
Il faut se faire aimer , on vient de m'en convaincre :
Et je sens que la gloire et la présomption
N'attirent que la haine et l'indignation
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Résumé : Le Glorieux, Comédie. Extrait, [titre d'après la table]
La pièce 'Le Glorieux', une comédie en cinq actes en vers de M. Destouches, a été représentée avec succès par les Comédiens Français du 18 du mois précédent jusqu'à la fin de celui-ci. Malgré quelques défauts mineurs, la pièce a été bien accueillie par le public grâce à des moments de grande qualité. L'intrigue commence avec une conversation entre Lisette, la suivante d'Isabelle, et Pasquin, le valet du Comte de Tufière. Lisette souhaite savoir si le Comte est digne de l'amour d'Isabelle. Pasquin décrit le Comte comme un homme dominé par la vaine gloire. Cette scène est interrompue par Lafleur, un domestique du Comte, qui demande son congé à Pasquin en raison du mépris qu'il ressent. Lisimon, le père d'Isabelle, tente de séduire Lisette, mais est interrompu par son fils Valère, qui révèle son propre amour pour Lisette. Lycandre, un vieillard, interrompt cette conversation et révèle à Lisette qu'elle est de noble origine. Il exprime son regret face à l'orgueil du Comte de Tufière. Au deuxième acte, Lisette partage cette révélation avec Valère, qui en informe Isabelle. Philinte, amoureux d'Isabelle, lui déclare timidement son amour. Le Comte de Tufière apparaît enfin, entouré de son cortège, et reçoit une lettre pleine d'invectives contre son orgueil. Lisimon, par sa franchise, contrarie la fierté du Comte. Le troisième acte montre le Comte discutant de son mariage avec Isabelle, qui souhaite mieux le connaître. Valère et Philinte se disputent à cause du Comte, et Lisimon est tenté de rompre le mariage. Le quatrième acte est le plus intéressant et varié. Lycandre révèle à Lisette qu'elle est sa fille et que son père, exilé en Angleterre, est innocent d'un crime. Le Comte, confronté par son père, reconnaît ses erreurs et accepte de changer. Lisimon, choqué par l'orgueil du Comte, finit par accepter le mariage après une remontrance de Lycandre. La pièce se termine par la rédemption du Comte, qui accepte de se soumettre aux exigences de sa future famille pour obtenir leur pardon. Le Comte de Tufière promet à Isabelle de l'aimer et de mériter son cœur. Deux mariages sont célébrés : celui d'Isabelle et du Comte, et celui de Lysette avec Valère, reconnue comme demoiselle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6035
p. 371-373
« Les Comédiens François ont donné sur la fin de ce [...] »
Début :
Les Comédiens François ont donné sur la fin de ce [...]
Mots clefs :
Comédiens-Français, Comédiens-Italiens, Académie royale de musique, Ballet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Comédiens François ont donné sur la fin de ce [...] »
Les Comédiens François ont donné sur
la fin de ce mois plusieurs Représentations de la Tontine ; petite Piece d'un Acte , fort bien écrite et dont le sujet est
assez plaisant. Un Médecin fondé de
grandes esperances d'un revenu consideHiiij table
372 MERCURE DE FRANCE
rable par le choix qu'il a fait d'un homme fort et robuste , sur la tête duquel il
a mis à la Tontine ; et qu'il prétend faire
vivre au moins cent ans , par le regime
qu'il lui fait observer, et par les autres secours de son Art.
Les mêmes Comédiens donneront avant
la fin de l'Hyver , la Tragedie d'Eriphile ,
de M. de Voltaire.
Ils ont remis au Théatre , depuis peu ,
la Tragédie d'Agrippa , ou le Faux Tiberinus , de M.Quinault, dont les Représentations font beaucoup de plaisir par l'art
admirable dont cette Piece est écrite et
conduite. Elle est aussi fort bien représentée. Le sieur de Grandval y remplit le
principal Rôle , et le sieur Sarrasin celui
de Tirene. La Dile Dufresne joue celui de
la Princesse , avec beaucoup d'intelligence , de feu et de précision.
Le 9 Février , les Comédiens Italiens
donnerent une petite Piece nouvelle, d'un
Acte en Vers,, avec des Divertissemens
intitulée La Critique , précédée d'un Prologue , qui a pour titre, l'Auteur Superstitieux. Ces deux Piéces sont de la composition de M. de Boissy , et ont été reçuës
. très favorablement du Public. Nous en
parlerons plus au long.
-
Le
FEVRIER 1732. 373
Le 12 Février , l'Académie Royale de
Musique , donna sur le Théatre de l'Ope
ra, le Divertissement qui avoit été représenté à la Cour , le 28 Janvier , on y a
joué l'Acte de l'Amour Saltinbanque , du
Balet des Fêtes Venitiennes , qui a été suivi des trois autres Actes , qui avoient été
joüez en présence de leurs Majestez. Ce
Divertissement a attiré de nombreuses assemblées , et a été parfaitement bien exécuté. La Dile Camargo a dansé un Tambourin à la fin de l'Acte du Bal , avec la
brillante vivacité , que tout le monde lui
connoît.
On donna les deux derniers jours de
Carnaval , le même Balet , qui fut suivi
du Divertissement de Pourceaugnac , deM.
de Lully ; Piece tres convenable au temps
qu'on l'a donnée , et dans lequel le sieur
Tribou , met autant de vivacité que de
gayeté.
1
Le Février , l'ouverture de la Foire
S. Germain fut faite par le Lieutenant General de Police, en la maniere accoutumée.
la fin de ce mois plusieurs Représentations de la Tontine ; petite Piece d'un Acte , fort bien écrite et dont le sujet est
assez plaisant. Un Médecin fondé de
grandes esperances d'un revenu consideHiiij table
372 MERCURE DE FRANCE
rable par le choix qu'il a fait d'un homme fort et robuste , sur la tête duquel il
a mis à la Tontine ; et qu'il prétend faire
vivre au moins cent ans , par le regime
qu'il lui fait observer, et par les autres secours de son Art.
Les mêmes Comédiens donneront avant
la fin de l'Hyver , la Tragedie d'Eriphile ,
de M. de Voltaire.
Ils ont remis au Théatre , depuis peu ,
la Tragédie d'Agrippa , ou le Faux Tiberinus , de M.Quinault, dont les Représentations font beaucoup de plaisir par l'art
admirable dont cette Piece est écrite et
conduite. Elle est aussi fort bien représentée. Le sieur de Grandval y remplit le
principal Rôle , et le sieur Sarrasin celui
de Tirene. La Dile Dufresne joue celui de
la Princesse , avec beaucoup d'intelligence , de feu et de précision.
Le 9 Février , les Comédiens Italiens
donnerent une petite Piece nouvelle, d'un
Acte en Vers,, avec des Divertissemens
intitulée La Critique , précédée d'un Prologue , qui a pour titre, l'Auteur Superstitieux. Ces deux Piéces sont de la composition de M. de Boissy , et ont été reçuës
. très favorablement du Public. Nous en
parlerons plus au long.
-
Le
FEVRIER 1732. 373
Le 12 Février , l'Académie Royale de
Musique , donna sur le Théatre de l'Ope
ra, le Divertissement qui avoit été représenté à la Cour , le 28 Janvier , on y a
joué l'Acte de l'Amour Saltinbanque , du
Balet des Fêtes Venitiennes , qui a été suivi des trois autres Actes , qui avoient été
joüez en présence de leurs Majestez. Ce
Divertissement a attiré de nombreuses assemblées , et a été parfaitement bien exécuté. La Dile Camargo a dansé un Tambourin à la fin de l'Acte du Bal , avec la
brillante vivacité , que tout le monde lui
connoît.
On donna les deux derniers jours de
Carnaval , le même Balet , qui fut suivi
du Divertissement de Pourceaugnac , deM.
de Lully ; Piece tres convenable au temps
qu'on l'a donnée , et dans lequel le sieur
Tribou , met autant de vivacité que de
gayeté.
1
Le Février , l'ouverture de la Foire
S. Germain fut faite par le Lieutenant General de Police, en la maniere accoutumée.
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Résumé : « Les Comédiens François ont donné sur la fin de ce [...] »
En février 1732, les Comédiens Français ont présenté 'La Tontine', une pièce en un acte relatant l'histoire d'un médecin cherchant à obtenir un revenu en choisissant un homme robuste pour une tontine. Ils prévoient également de jouer 'Ériphile' de Voltaire et ont remis en scène 'Agrippa, ou le Faux Tibérinus' de Quinault, avec les acteurs Grandval, Sarrasin et Dufresne. Le 9 février, les Comédiens Italiens ont présenté 'La Critique' et 'L'Auteur Superstitieux' de Boissy, bien accueillis par le public. Le 12 février, l'Académie Royale de Musique a donné un divertissement à l'Opéra incluant 'L'Amour Saltimbanque' et le ballet 'Les Fêtes Vénitiennes', avec une performance remarquée de la demoiselle Camargo. Les derniers jours du carnaval, 'Les Fêtes Vénitiennes' ont été suivis de 'Le Bourgeois Gentilhomme' de Lully, interprété par le sieur Tribou. La foire Saint-Germain a été ouverte le 1er février par le Lieutenant Général de Police.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6036
p. 373-380
L'Opera Comique. La Comédie sans hommes, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 3., l'Opera Comique ouvrit son Théatre, qui est [...]
Mots clefs :
Opéra-Comique, Pièce, Théâtre, Acteurs, Rôles, Symphonie, Amant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Opera Comique. La Comédie sans hommes, &c. [titre d'après la table]
Le 3 , l'Opera Comique ouvrit son
Théatre , qui est toujours dans la ruë de
Bussi , partrois petites Pieces nouvelles ,
d'unActe chacune, et des Divertissemens,
Hv in-
374 MERCURE DE FRANCE
intitulées : Momus à Paris , le Nouveliste
"Dupé , et la Comédie sans hommes.
Le 13 , on donna une autre Piéce nouvelle , d'un Acte , qui a pour titre : le Pot
Pourri , Pantomime , précedé d'un Prologue. Cette Piece , dont l'idée est neuve et
fort plaisante, est joiiée en Scenes muettes,
et sur les paroles de differens Vaudevilles les plus connus ; la Simphonie en jouë
les Airs , et les Acteurs font entendre par
leurs gestes le sens et les paroles des Vaudevilles. Voicy le sujet du Prologue.
La Scene se passe sur le Théatre de
l'Opera Comique , où les Acteurs et les
Actrices se sont assemblés pour recevoir
une petite Piece d'un Acte , qu'un Auteur de Bordeaux doit leur présenter.
Cet Auteur , qui s'appelle M. de Consi
gnac , arrive un moment après et entre
d'un air familier ; il chante sur l'air : Le
Fameux Diogene.
Si dans votre Assemblée ,
Messieurs , j'entre d'emblée ,
N'en soyez point surpris
Je suis d'une Patrie ,
Où la ceremonie ?
N'est pas d'un fort grand prix
Un Acteur lui dit , que quand on vient
sous
FEVRIER 17320 375
sous les auspices des Muses , on est partout bien reçû. Cousignac chante sur
l'air: J'ai de l'excellent Elixir.
Amis , embrassez aujourd'hui ,
De vos Jeux le plus ferme appui
Je vous apporte avec ma Piece
L'antidote de la tristesse ;
Oui , mes enfans pour la guérir }
J'ai de l'admirable ,
J'ai de l'agréable ,
J'ai de l'excellent Elixir.
On lui dit qu'il ne faut point tant se
Hatter , que bien des Auteurs qui ont eû
une pareille confiance en ont été trèssouvent les dupes. Cousignac répond
qu'il est sûr de son Acte , et chante sur
Fair : Detous les Capucins du monde.
Lafaçon dont j'ai sçû l'écrire à
Est au-dessus de la Satire ,
Rien ne le sçauroit attaquer.
Ceci n'est point une hyperbole ,
Je défierois de critiquer ,
Dans tout l'Ouvrage une parole.
On lui demande s'il veut faire la lec
ture de sa Piece ; Cousignac répond qu'il
faut auparavant faire ses conventions
H vj
3-6 MERCURE DE FRANCE
1 °. Je veux , dit-il , que ma Piece soit
apprise , repetée et représentée aujourd'hui ,
sans cela rien defait. Tous les Acteurs lui
représentent que la chose est impossible
en si peu de temps , &c. Cousignac leur
dit que ce petit Morceau ne fatiguera ni
leur mémoire ni leur poitrine , qu'il est
fort simple, naturel et très- court. Il tire en
même-temps de sa poche un petit quarré
de papier qui contient , dit-il , toutes les
paroles de sa Piece. Il montre ensuite un
gros paquet qui renferme toute la Musique de son Acte nouveau. Les Acteurs
croyent qu'il veut plaisanter , mais Cousignac les rassure et leur dit que rien pe
doit les embarrasser , il chante sur l'air:
L'Amour est un voleur.
Il suffit pour cela ,
D'un peu d'intelligence ;
Sans gosier ni cadence ,
On l'executera.
Il ne faut qu'être preste,
A ce que l'Orchestre joueras
Et zeste , zeste , zeste ,
Chacun de vous l'exprimera ,
Avec le geste.
Nous allons , dit un des Acteurs , eri
risquer l'épreuve. Cousignac fait distribuer
FEVRIER. 1732. 377
buer les Rôles pour la Simphonie , et dit
à tous les Acteurs de le suivre pour les
mettre en état de jouer sur le champ et
pour leur en donner l'intelligence ; je
veux , dit-il , y faire un personnage. Il
finit par ce Couplet qu'il chante sur l'air :
Vivons pour ces fillettes.
Les bons impromptus , Cadedis , biso
Sont tous enfans de mon Pays.
Cà , que chacun entonne ,
Vivat , vivat , la Garonne :
Vivat et vivat , la Garonne.
Voici le sujet à peu près de la Piece
Pantomime pour l'intelligence des Scenes muettes, joüées par l'Orchestre et par les Acteurs.
Un Amant vient se plaindre pendant
la nuit sous le Balcon de sa Maîtresse ,
on joie l'air : Reveillez- vous , &c. elle
devient sensible à l'amour du Cavalier
et descend pour l'entretenir et pour lui
parler de plus près ; ils se déclarent réciproquement leur passion , toûjours avec
les gestes convenables aux paroles dont
la Simphonie joue les Airs.
La Suivante de la Mere', survient un
moment après pour annoncer à ces deux
Amans son arrivée ; cette Mere les surprend
378 MERCURE DE FRANCE
prend ensemble , querelle sa fille et l'emmene sans être touchée des plaintes de
son Amant. Le Valet du Cavalier trouve
son Maître désesperé de ce qui vient d'arriver ; celui- cy ordonne à son Valet de
chercher quelque expédient pour favoriser ses amours , &c.
La Mere , la Fille et la Suivante reviennent , la Fille fait de nouveaux efforts
pour engager sa Mere à accepter pour
Gendre l'Amant qu'elle aime ; elle est
infléxible et annonce à sa fille un autre
Epoux qu'elle lui a destiné. C'est un Campagnard, grand nigaud , à peu près comme M. Vivien de la Chaponardiere , qui
arrive sur ces entrefaites , accompagné
de son Valet , qui est aussi niais que son
Maître. L'Amant idiot fait une déclaration à sa Maîtresse , d'une maniere comique ; elle la reçoit avec mépris , ce qui
oblige la Mere de prendre le parti du
Campagnard et de l'emmener dans sa
Maison avec sa fille et la Suivante , pour
y conclure le mariage.
L'Amant aimé revient , et un moment
après son Rival sort de chez sa Maîtresse;
le premier veut obliger l'autre à mettre
l'épée à la main ; le Campagnard pense
mourir de frayeur ; la Suivante accourt
au bruit et empêche l'autre de pousser
plus
FEVRIER. 1732. -379
plus in la querelle , et se retire ; mais
il revient bien- tôt accompagné de la
Mere , qui est toûjours bien résoluë de
lui donner sa fille . Elle a fait venir même un Notaire. Dans le temps qu'on est
prêt à signer le Contrat , et que le Campagnard s'applaudit du bonheur dont il
croit bien-tôt jouir , l'Amant aimé vient
faire encore une tentative auprès de la
Mere , et lui fait voir une Lettre ( qui
a été supposée ) par laquelle on lui mande le gain d'un Procès qui le rend maître
de biens considerables , il la supplie de
lui accorder sa fille en mariage ; celle- cy
se joint aux instances de l'Amant aimé,
son Valet et la Soubrette se jettent aussi
aux pieds de la Mere , qui se rend enfin
à leurs prieres , le Campagnard se retire
peu content de son voyage. Les Valets
de l'Amant aimé et de l'autre se disputent ensuite la conquête de la Suivante ,
elle les met d'accord tous les deux sur le
champ , en leur déclarant qu'elle ne veut
ni l'un ni l'autre , et la Piece finit par un
très-joli Divertissement, dont la Musique
est toujours de M. Gillier.
Ces deux petites Pieces qui ont été reçûës très-favorablement du Public , sont
de la composition de M. Panard , Auteur
de celle des Petits Comediens , qui a cû
Un
380 MERCURE DE FRANCE
un si grand succès à la derniere Foire
S. Laurent , et qu'on a redemandée cette
année à la Foire S. Germain.
Théatre , qui est toujours dans la ruë de
Bussi , partrois petites Pieces nouvelles ,
d'unActe chacune, et des Divertissemens,
Hv in-
374 MERCURE DE FRANCE
intitulées : Momus à Paris , le Nouveliste
"Dupé , et la Comédie sans hommes.
Le 13 , on donna une autre Piéce nouvelle , d'un Acte , qui a pour titre : le Pot
Pourri , Pantomime , précedé d'un Prologue. Cette Piece , dont l'idée est neuve et
fort plaisante, est joiiée en Scenes muettes,
et sur les paroles de differens Vaudevilles les plus connus ; la Simphonie en jouë
les Airs , et les Acteurs font entendre par
leurs gestes le sens et les paroles des Vaudevilles. Voicy le sujet du Prologue.
La Scene se passe sur le Théatre de
l'Opera Comique , où les Acteurs et les
Actrices se sont assemblés pour recevoir
une petite Piece d'un Acte , qu'un Auteur de Bordeaux doit leur présenter.
Cet Auteur , qui s'appelle M. de Consi
gnac , arrive un moment après et entre
d'un air familier ; il chante sur l'air : Le
Fameux Diogene.
Si dans votre Assemblée ,
Messieurs , j'entre d'emblée ,
N'en soyez point surpris
Je suis d'une Patrie ,
Où la ceremonie ?
N'est pas d'un fort grand prix
Un Acteur lui dit , que quand on vient
sous
FEVRIER 17320 375
sous les auspices des Muses , on est partout bien reçû. Cousignac chante sur
l'air: J'ai de l'excellent Elixir.
Amis , embrassez aujourd'hui ,
De vos Jeux le plus ferme appui
Je vous apporte avec ma Piece
L'antidote de la tristesse ;
Oui , mes enfans pour la guérir }
J'ai de l'admirable ,
J'ai de l'agréable ,
J'ai de l'excellent Elixir.
On lui dit qu'il ne faut point tant se
Hatter , que bien des Auteurs qui ont eû
une pareille confiance en ont été trèssouvent les dupes. Cousignac répond
qu'il est sûr de son Acte , et chante sur
Fair : Detous les Capucins du monde.
Lafaçon dont j'ai sçû l'écrire à
Est au-dessus de la Satire ,
Rien ne le sçauroit attaquer.
Ceci n'est point une hyperbole ,
Je défierois de critiquer ,
Dans tout l'Ouvrage une parole.
On lui demande s'il veut faire la lec
ture de sa Piece ; Cousignac répond qu'il
faut auparavant faire ses conventions
H vj
3-6 MERCURE DE FRANCE
1 °. Je veux , dit-il , que ma Piece soit
apprise , repetée et représentée aujourd'hui ,
sans cela rien defait. Tous les Acteurs lui
représentent que la chose est impossible
en si peu de temps , &c. Cousignac leur
dit que ce petit Morceau ne fatiguera ni
leur mémoire ni leur poitrine , qu'il est
fort simple, naturel et très- court. Il tire en
même-temps de sa poche un petit quarré
de papier qui contient , dit-il , toutes les
paroles de sa Piece. Il montre ensuite un
gros paquet qui renferme toute la Musique de son Acte nouveau. Les Acteurs
croyent qu'il veut plaisanter , mais Cousignac les rassure et leur dit que rien pe
doit les embarrasser , il chante sur l'air:
L'Amour est un voleur.
Il suffit pour cela ,
D'un peu d'intelligence ;
Sans gosier ni cadence ,
On l'executera.
Il ne faut qu'être preste,
A ce que l'Orchestre joueras
Et zeste , zeste , zeste ,
Chacun de vous l'exprimera ,
Avec le geste.
Nous allons , dit un des Acteurs , eri
risquer l'épreuve. Cousignac fait distribuer
FEVRIER. 1732. 377
buer les Rôles pour la Simphonie , et dit
à tous les Acteurs de le suivre pour les
mettre en état de jouer sur le champ et
pour leur en donner l'intelligence ; je
veux , dit-il , y faire un personnage. Il
finit par ce Couplet qu'il chante sur l'air :
Vivons pour ces fillettes.
Les bons impromptus , Cadedis , biso
Sont tous enfans de mon Pays.
Cà , que chacun entonne ,
Vivat , vivat , la Garonne :
Vivat et vivat , la Garonne.
Voici le sujet à peu près de la Piece
Pantomime pour l'intelligence des Scenes muettes, joüées par l'Orchestre et par les Acteurs.
Un Amant vient se plaindre pendant
la nuit sous le Balcon de sa Maîtresse ,
on joie l'air : Reveillez- vous , &c. elle
devient sensible à l'amour du Cavalier
et descend pour l'entretenir et pour lui
parler de plus près ; ils se déclarent réciproquement leur passion , toûjours avec
les gestes convenables aux paroles dont
la Simphonie joue les Airs.
La Suivante de la Mere', survient un
moment après pour annoncer à ces deux
Amans son arrivée ; cette Mere les surprend
378 MERCURE DE FRANCE
prend ensemble , querelle sa fille et l'emmene sans être touchée des plaintes de
son Amant. Le Valet du Cavalier trouve
son Maître désesperé de ce qui vient d'arriver ; celui- cy ordonne à son Valet de
chercher quelque expédient pour favoriser ses amours , &c.
La Mere , la Fille et la Suivante reviennent , la Fille fait de nouveaux efforts
pour engager sa Mere à accepter pour
Gendre l'Amant qu'elle aime ; elle est
infléxible et annonce à sa fille un autre
Epoux qu'elle lui a destiné. C'est un Campagnard, grand nigaud , à peu près comme M. Vivien de la Chaponardiere , qui
arrive sur ces entrefaites , accompagné
de son Valet , qui est aussi niais que son
Maître. L'Amant idiot fait une déclaration à sa Maîtresse , d'une maniere comique ; elle la reçoit avec mépris , ce qui
oblige la Mere de prendre le parti du
Campagnard et de l'emmener dans sa
Maison avec sa fille et la Suivante , pour
y conclure le mariage.
L'Amant aimé revient , et un moment
après son Rival sort de chez sa Maîtresse;
le premier veut obliger l'autre à mettre
l'épée à la main ; le Campagnard pense
mourir de frayeur ; la Suivante accourt
au bruit et empêche l'autre de pousser
plus
FEVRIER. 1732. -379
plus in la querelle , et se retire ; mais
il revient bien- tôt accompagné de la
Mere , qui est toûjours bien résoluë de
lui donner sa fille . Elle a fait venir même un Notaire. Dans le temps qu'on est
prêt à signer le Contrat , et que le Campagnard s'applaudit du bonheur dont il
croit bien-tôt jouir , l'Amant aimé vient
faire encore une tentative auprès de la
Mere , et lui fait voir une Lettre ( qui
a été supposée ) par laquelle on lui mande le gain d'un Procès qui le rend maître
de biens considerables , il la supplie de
lui accorder sa fille en mariage ; celle- cy
se joint aux instances de l'Amant aimé,
son Valet et la Soubrette se jettent aussi
aux pieds de la Mere , qui se rend enfin
à leurs prieres , le Campagnard se retire
peu content de son voyage. Les Valets
de l'Amant aimé et de l'autre se disputent ensuite la conquête de la Suivante ,
elle les met d'accord tous les deux sur le
champ , en leur déclarant qu'elle ne veut
ni l'un ni l'autre , et la Piece finit par un
très-joli Divertissement, dont la Musique
est toujours de M. Gillier.
Ces deux petites Pieces qui ont été reçûës très-favorablement du Public , sont
de la composition de M. Panard , Auteur
de celle des Petits Comediens , qui a cû
Un
380 MERCURE DE FRANCE
un si grand succès à la derniere Foire
S. Laurent , et qu'on a redemandée cette
année à la Foire S. Germain.
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Résumé : L'Opera Comique. La Comédie sans hommes, &c. [titre d'après la table]
En février 1732, l'Opéra Comique a ouvert son théâtre rue de Bussi avec trois pièces nouvelles d'un acte chacune : 'Momus à Paris', 'Le Nouveliste Dupé' et 'La Comédie sans hommes'. Le 13 février, une autre pièce intitulée 'Le Pot Pourri' a été présentée. Cette pantomime, précédée d'un prologue, se distingue par son originalité et son humour. Elle est jouée en scènes muettes, accompagnées de vaudevilles connus, et les acteurs expriment les paroles par des gestes. Le prologue se déroule sur la scène de l'Opéra Comique, où les acteurs attendent la présentation d'une pièce par un auteur de Bordeaux, M. de Cousignac. Ce dernier arrive et chante des airs connus pour expliquer son enthousiasme et sa confiance en sa pièce. Les acteurs, sceptiques, lui demandent de lire sa pièce, mais Cousignac insiste pour qu'elle soit apprise et représentée le jour même. Il distribue les rôles et assure que la pièce est simple et courte. La pièce 'Le Pot Pourri' raconte l'histoire d'un amant qui se plaint sous le balcon de sa maîtresse. Ils se déclarent leur passion, mais la mère de la jeune femme les surprend et emmène sa fille. Un campagnard niais arrive ensuite, destiné à épouser la fille. L'amant véritable revient et tente de convaincre la mère, qui finit par accepter après avoir reçu une lettre annonçant une fortune pour l'amant. La pièce se termine par un divertissement musical. Les pièces ont été bien accueillies par le public et sont de la composition de M. Panard.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6037
p. 380-382
TURQUIE ET PERSE.
Début :
Les Lettres de Constantinople du mois de Decembre portent, que [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Guerre, Ministres, Pacha , Grand vizir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
NOUVELLES ETRANGERES.
TURQUIE ET PERS E.
Es. Lettres de Constantinople du mois de De- du Traité
Paix , que les Ministres du Roy de Perse ont envoyé au Pacha de Babilone , a été communiqué
par le Gr Viz. aux autres Ministres du Serrail ,
et qu'on en a fait la lecture dans un Divan general, qui s'assembla le 12 de Decembre à cette occa- sion, et le bruit courtqu'on y a fait peu de changement. On assure que suivant ce projet , le G.
S. rendra les Provinces conquises sur la Perse ,
à l'exception de la Georgie et de l'ancienne Province de Babilone , que le Daghestan sera rendu
au Prince particu ier qui en est le Souverainet
qui est à Constantinople depuis 18. mois pour
solliciter cette restitution ; que les deux Puissances réunies par la Paix , joindront leurs forces
pour obliger les Moscovites à rendre tout le Pays
qu'ils ont conquis sur la Perse, mais qu'elles n'en
viendront à cette extremité qu'après avoir emplové les voyes de la négociation ; qu'en cas de
refus de la part de la Czarine , elles ne quitteront
les Armes qu'après avoir repris tout ce Pays , et
que les conquêtes qui se feront pendant cette
guerre , resteront à celle des deux Puissances qui les aura faites.
Од
FEVRIER. 1732. 381
On assure que le G. V. a fait remettre à quel
ques Ministres Etrangers un Memoire par lequel
il fait connoître la necessité de s'opposer à l'agrandissement des Moscovites et de quelle conse
quence il est pour l'Empire Ottoman de les éloi
gner des bords de la Mer Caspienne.
On continue de travailler à la construction de
plusieurs Vaisseaux de guerre du premier et du
second rang; on fait de grands Magazins de munitions de guerre et de bouche , et S. H. a envoyé ordre aux Pachas des Provinces Maritimes de lui fournir un certain nombre de Matelots et
de Bâtimens de transport.
Le G. S. se tient très- retiré dans le Serrail depuis trois mois , et il ne se fait voir que rarement ses Troupes et au Peuple , ce qui a donné lieu
à quelques murmures.
Les dernieres Lettres de Constantinople ne con
firment pas les bruits qui s'étoient répandus qu'on
y avoit arboré la Queue de Cheval et déclaré la
guerre aux Venitiens ; ona appris que Mehemet Effendi qui avoit été cy - devant envoyé du G. S. à la Cour de Vienne avoit été étranglé
Elles portent encore , que la Paix étoit
concluë entre les Turcs et les Persans ; que
par un des articles du Traité , les Villes de
Tauris et d'Erivan devoient être rendues au
Roy de Perse " et que les Pays conquis par les Persans du côté de l'ancienne Babilone seroient remis au G. S. à la charge de payer au
Roy de Perse six millions d'Asprès pour les frais
de la guerre.
Ces Lettres ajoutent que le 30. de Decembre
dernier , le Capitan Pacha avoit éré exilé en Candie ; que le lendemain , son Drogman , ou Interprete , avoit eu la tête tranchée dans l'une des Cours
382 MERCURE DE FRANCE
Cours du Serail , et que le G. Viz. avoit menacé
d'un pareil sort tous les Drogmans qui se mêleroient à l'avenir de quelque intrigue secrette , ce
..Ministre voulant qu'on ne s'adresse qu'à lui ou à
son Reys-Effendi.
TURQUIE ET PERS E.
Es. Lettres de Constantinople du mois de De- du Traité
Paix , que les Ministres du Roy de Perse ont envoyé au Pacha de Babilone , a été communiqué
par le Gr Viz. aux autres Ministres du Serrail ,
et qu'on en a fait la lecture dans un Divan general, qui s'assembla le 12 de Decembre à cette occa- sion, et le bruit courtqu'on y a fait peu de changement. On assure que suivant ce projet , le G.
S. rendra les Provinces conquises sur la Perse ,
à l'exception de la Georgie et de l'ancienne Province de Babilone , que le Daghestan sera rendu
au Prince particu ier qui en est le Souverainet
qui est à Constantinople depuis 18. mois pour
solliciter cette restitution ; que les deux Puissances réunies par la Paix , joindront leurs forces
pour obliger les Moscovites à rendre tout le Pays
qu'ils ont conquis sur la Perse, mais qu'elles n'en
viendront à cette extremité qu'après avoir emplové les voyes de la négociation ; qu'en cas de
refus de la part de la Czarine , elles ne quitteront
les Armes qu'après avoir repris tout ce Pays , et
que les conquêtes qui se feront pendant cette
guerre , resteront à celle des deux Puissances qui les aura faites.
Од
FEVRIER. 1732. 381
On assure que le G. V. a fait remettre à quel
ques Ministres Etrangers un Memoire par lequel
il fait connoître la necessité de s'opposer à l'agrandissement des Moscovites et de quelle conse
quence il est pour l'Empire Ottoman de les éloi
gner des bords de la Mer Caspienne.
On continue de travailler à la construction de
plusieurs Vaisseaux de guerre du premier et du
second rang; on fait de grands Magazins de munitions de guerre et de bouche , et S. H. a envoyé ordre aux Pachas des Provinces Maritimes de lui fournir un certain nombre de Matelots et
de Bâtimens de transport.
Le G. S. se tient très- retiré dans le Serrail depuis trois mois , et il ne se fait voir que rarement ses Troupes et au Peuple , ce qui a donné lieu
à quelques murmures.
Les dernieres Lettres de Constantinople ne con
firment pas les bruits qui s'étoient répandus qu'on
y avoit arboré la Queue de Cheval et déclaré la
guerre aux Venitiens ; ona appris que Mehemet Effendi qui avoit été cy - devant envoyé du G. S. à la Cour de Vienne avoit été étranglé
Elles portent encore , que la Paix étoit
concluë entre les Turcs et les Persans ; que
par un des articles du Traité , les Villes de
Tauris et d'Erivan devoient être rendues au
Roy de Perse " et que les Pays conquis par les Persans du côté de l'ancienne Babilone seroient remis au G. S. à la charge de payer au
Roy de Perse six millions d'Asprès pour les frais
de la guerre.
Ces Lettres ajoutent que le 30. de Decembre
dernier , le Capitan Pacha avoit éré exilé en Candie ; que le lendemain , son Drogman , ou Interprete , avoit eu la tête tranchée dans l'une des Cours
382 MERCURE DE FRANCE
Cours du Serail , et que le G. Viz. avoit menacé
d'un pareil sort tous les Drogmans qui se mêleroient à l'avenir de quelque intrigue secrette , ce
..Ministre voulant qu'on ne s'adresse qu'à lui ou à
son Reys-Effendi.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
En 1732, un traité de paix entre la Turquie et la Perse a été communiqué aux ministres du Serrail à Constantinople. Ce traité prévoit la restitution des provinces conquises par la Turquie, sauf la Géorgie et l'ancienne province de Babylone. Le Daghestan sera rendu à son souverain, alors à Constantinople. Les deux puissances s'engagent à récupérer les territoires conquis par les Moscovites en Perse, par la négociation ou la force. Les conquêtes durant cette guerre reviendront à la puissance qui les aura réalisées. Le Grand Vizir a informé les ministres étrangers de la nécessité de contrer l'expansion des Moscovites et de les éloigner de la mer Caspienne. La Turquie intensifie ses préparatifs militaires en construisant des vaisseaux de guerre et en stockant des munitions. Le Grand Sultan se tient retiré depuis trois mois, suscitant des murmures. Les dernières lettres de Constantinople confirment la paix entre les Turcs et les Persans. Le traité stipule la restitution des villes de Tauris et d'Erivan au roi de Perse et le paiement de six millions d'Asprès pour les frais de guerre. Le Capitan Pacha a été exilé en Candie, et son interprète exécuté pour intrigues secrètes. Le Grand Vizir a menacé de punir sévèrement tout interprète impliqué dans des intrigues.
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6038
p. 382-385
RUSSIE.
Début :
Le 13. Janvier la Czarine partit de Moscou pour se [...]
Mots clefs :
Russie, Tsarine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E 13. Janvier la Czarine partit de Moscou
pour se rendre à Petersbourg par Olonitz et
Novogrod. S. M. Cz. est accompagnée dans ce
voyage de la jeune Princesse de Meckelbourg ,
de la Princesse Elizabeth et de leurs Cours , du
Grand Chancelier, du Comte d'Osterman , ViceChancelier, et de six Senateurs; le reste de sa suite
peut monter à 600. personnes. Les Ministres
Etrangers partent successivement avec toute leur
suite , et tous leurs bagages , parce qu'on ne croit
pas que S. M. Czarienne revienne de deux ans à
Moscou.
Le General Comte de Munich , Gouverneur
de Petersbourg , y a fait des préparatifs extraor- dinaires pourla reception de la Czarine qui est
attendue à chaque instant : toute la Ville est ornée d'Arcs de Triomphe, de Trophées , &c.
Les Lettres venues en dernier lieu de Derbeut
sont du General Lewaschaw : Elles marquent
que la Paix est conclue entre les Turcs et les Persans ; que ces derniers avoient déja fait quelques
mouvemens pour s'approcher des Provinces conquises par les Moscovites ; et qu'il étoit certain
que par undes articles du Traité, le G. S s'étoit
obligé de fournir des secours au Roy de Perse
pour l'aider à reprendre ces conquêtes.
Les Lettres de Constantinople confirment ces
nouvelles, et ajoutent que le Resident de S. M. Cz.
n'avoit
FEVRIER. 1732. 383
+
7
n'avoit pû obtenir du Gr. Viz. l'Audience qu'il
avoit fait demander pour sçavoir si S. H. s'étoit
déterminée a executer l'article de ce Traité qui
interesse les Moscovites.
Sur ces avis , la Czarine a tenu un Conseil ex
traordinaire, dans lequel il a été resolu d'envoyer
au General Lewaschaw un secours de 20000.
hommes avec un train d'Artillerie.
Ona appris de S.Petersbourg que les Membres
des Colleges de cette Ville , les Generaux , les Amiraux , &c. s'étant rendus le 5. Janvier dans
la Grande Eglise , le General Comte de Munick leur presenta par ordre de la Czarine , le dernier
Manifeste de S. M. Cz. avec le Formulaire du
·Serment qu'ils prêterent tous , et dont voici la teneur.
>
que
Quoiquej'aye déja prêté le Serment de fidelitéet de soumission à laTrès- Illustre et Très- Puissante Dame
·Anne Joannovva, Imperatrice et Souveraine de tous
les Russes , ma legitime Souveraine Imperatrice et
·Dame , Je soussigné promets néanmoins de nouveau
par la Presente , pour plus grande confirmation de
ma très-soumise fidelité , et jure par le Dieu Tout- Puissant , et devant son Saint Evangile , tant pour
moi que pour mes Heritiers presens et à venir ,
je veux et queje serai , comme y'étant obligé , fidele , ebéissant et soumis , non-seulement à S. M₁ ma
legitime Dame et Imperatrice Anne Joannovuna
mais aussi dans la suite aux Successeurs de S. M.
qu'en vertu de la Souveraine et Imperiale Puissance , qui lui a été donnée de Dieu , elle a établi , ou
qu'elle établira , et jugera digne du Souverain Trône de Russie,que je défendrai de toutes mes forces,de
tout mon pouvoir et sur ma conscience tous les
droits et prérogatives de l'Autorité et de la Puissance
deS.M. Imperiale et de ses Successeurs qu'elle nom-
"
mer
384 MERCURE DE FRANCE
mera, en la maniere que lesdits drois et prérogatives
sont à present établis , ou qu'ils pourront l'être à l'avenir, et quepour cet effet , au cas que le besoin vint à l'exiger , jen'épargnerai pas ma vie , mais que je
ferai tous mes efforts pour avanter constamment et
avec žele , tout ce qui peut être utile au service de
S. M. I. et des Successeurs qu'elle nommera , et au
bien de l'Empire , de telle maniere que je puisse en
répondre devant Dieu et son Tribunal : Ainsi Dieu
Tout - Puissant me soit en aide : Pour conclusion de
mon present Serment , je baise le Saint Evangile et la Croix de mon Sauveur. Amen.
D'autres Lettres de Moscou portent que le
Prince Basile Dolhorucki , Feld - Maréchal , le
Pr. Jurja Dolhorucki, Capitaine dans le Regiment
des Gardes , le Pr. Alexis Boratinskoy , Enseigne
dans le même Regiment , et M. Jegorstoletow ,
ayant été convaincus de crimes d'Etat , commis
contre S. M. Czarienne , avoient été condamnez
à mort , mais que cette Princesse leur avoit accordé la vie et avoit ordonné avant son départ
de Moscou qu'ils fussent privés de toutes leurs
Charges et Titres d'honneur; que tous leurs biens,
meubles et immeubles , fussent confisquez , et
qu'ils fussent envoyez sous une escorte ; sçavoir,
le Pr. Basile Dołhorucki à Schulsselbourg , le Pr.
Jurja Dolhorucki à Kuspetzk , le Pr. Boratinskoy à Ochotskoy. Ostrog, M. Stoletow aux mi
nes de Nertschinskoy.
Ces Lettres ajoutent qu'on ne doutoit plus que
la Czarine ne désignât pour heritiere du Trône
de Moscovie , la jeune Princesse de Meckelbourg sa niece.
Le Roy de Pologne partit le 26 Decembre de
Varsovie et arriva heureusement à Dresde , d'où
l'on assure qu'il reviendra en Pologne avant la
fin de l'hyver, On
FEVRIER 17320 385 .
On a reçu avis de Rome que l'Evêque de Posnanie y étoit arrivé ; qu'il avoit eu du Pape une
Audience favorable , et qu'il avoit obtenu de S. S.
qu'elle n'exigeroit plus l'execution des Bulles que le Nonce du Pape vouloit faire accepter dans ce .
Royaume , quoique contraires aux privileges des Prélats et des Monasteres de Roy a envoyé au
Primat et aux principaux Senateurs la coppie des
dépêches de cet Evêque.
E 13. Janvier la Czarine partit de Moscou
pour se rendre à Petersbourg par Olonitz et
Novogrod. S. M. Cz. est accompagnée dans ce
voyage de la jeune Princesse de Meckelbourg ,
de la Princesse Elizabeth et de leurs Cours , du
Grand Chancelier, du Comte d'Osterman , ViceChancelier, et de six Senateurs; le reste de sa suite
peut monter à 600. personnes. Les Ministres
Etrangers partent successivement avec toute leur
suite , et tous leurs bagages , parce qu'on ne croit
pas que S. M. Czarienne revienne de deux ans à
Moscou.
Le General Comte de Munich , Gouverneur
de Petersbourg , y a fait des préparatifs extraor- dinaires pourla reception de la Czarine qui est
attendue à chaque instant : toute la Ville est ornée d'Arcs de Triomphe, de Trophées , &c.
Les Lettres venues en dernier lieu de Derbeut
sont du General Lewaschaw : Elles marquent
que la Paix est conclue entre les Turcs et les Persans ; que ces derniers avoient déja fait quelques
mouvemens pour s'approcher des Provinces conquises par les Moscovites ; et qu'il étoit certain
que par undes articles du Traité, le G. S s'étoit
obligé de fournir des secours au Roy de Perse
pour l'aider à reprendre ces conquêtes.
Les Lettres de Constantinople confirment ces
nouvelles, et ajoutent que le Resident de S. M. Cz.
n'avoit
FEVRIER. 1732. 383
+
7
n'avoit pû obtenir du Gr. Viz. l'Audience qu'il
avoit fait demander pour sçavoir si S. H. s'étoit
déterminée a executer l'article de ce Traité qui
interesse les Moscovites.
Sur ces avis , la Czarine a tenu un Conseil ex
traordinaire, dans lequel il a été resolu d'envoyer
au General Lewaschaw un secours de 20000.
hommes avec un train d'Artillerie.
Ona appris de S.Petersbourg que les Membres
des Colleges de cette Ville , les Generaux , les Amiraux , &c. s'étant rendus le 5. Janvier dans
la Grande Eglise , le General Comte de Munick leur presenta par ordre de la Czarine , le dernier
Manifeste de S. M. Cz. avec le Formulaire du
·Serment qu'ils prêterent tous , et dont voici la teneur.
>
que
Quoiquej'aye déja prêté le Serment de fidelitéet de soumission à laTrès- Illustre et Très- Puissante Dame
·Anne Joannovva, Imperatrice et Souveraine de tous
les Russes , ma legitime Souveraine Imperatrice et
·Dame , Je soussigné promets néanmoins de nouveau
par la Presente , pour plus grande confirmation de
ma très-soumise fidelité , et jure par le Dieu Tout- Puissant , et devant son Saint Evangile , tant pour
moi que pour mes Heritiers presens et à venir ,
je veux et queje serai , comme y'étant obligé , fidele , ebéissant et soumis , non-seulement à S. M₁ ma
legitime Dame et Imperatrice Anne Joannovuna
mais aussi dans la suite aux Successeurs de S. M.
qu'en vertu de la Souveraine et Imperiale Puissance , qui lui a été donnée de Dieu , elle a établi , ou
qu'elle établira , et jugera digne du Souverain Trône de Russie,que je défendrai de toutes mes forces,de
tout mon pouvoir et sur ma conscience tous les
droits et prérogatives de l'Autorité et de la Puissance
deS.M. Imperiale et de ses Successeurs qu'elle nom-
"
mer
384 MERCURE DE FRANCE
mera, en la maniere que lesdits drois et prérogatives
sont à present établis , ou qu'ils pourront l'être à l'avenir, et quepour cet effet , au cas que le besoin vint à l'exiger , jen'épargnerai pas ma vie , mais que je
ferai tous mes efforts pour avanter constamment et
avec žele , tout ce qui peut être utile au service de
S. M. I. et des Successeurs qu'elle nommera , et au
bien de l'Empire , de telle maniere que je puisse en
répondre devant Dieu et son Tribunal : Ainsi Dieu
Tout - Puissant me soit en aide : Pour conclusion de
mon present Serment , je baise le Saint Evangile et la Croix de mon Sauveur. Amen.
D'autres Lettres de Moscou portent que le
Prince Basile Dolhorucki , Feld - Maréchal , le
Pr. Jurja Dolhorucki, Capitaine dans le Regiment
des Gardes , le Pr. Alexis Boratinskoy , Enseigne
dans le même Regiment , et M. Jegorstoletow ,
ayant été convaincus de crimes d'Etat , commis
contre S. M. Czarienne , avoient été condamnez
à mort , mais que cette Princesse leur avoit accordé la vie et avoit ordonné avant son départ
de Moscou qu'ils fussent privés de toutes leurs
Charges et Titres d'honneur; que tous leurs biens,
meubles et immeubles , fussent confisquez , et
qu'ils fussent envoyez sous une escorte ; sçavoir,
le Pr. Basile Dołhorucki à Schulsselbourg , le Pr.
Jurja Dolhorucki à Kuspetzk , le Pr. Boratinskoy à Ochotskoy. Ostrog, M. Stoletow aux mi
nes de Nertschinskoy.
Ces Lettres ajoutent qu'on ne doutoit plus que
la Czarine ne désignât pour heritiere du Trône
de Moscovie , la jeune Princesse de Meckelbourg sa niece.
Le Roy de Pologne partit le 26 Decembre de
Varsovie et arriva heureusement à Dresde , d'où
l'on assure qu'il reviendra en Pologne avant la
fin de l'hyver, On
FEVRIER 17320 385 .
On a reçu avis de Rome que l'Evêque de Posnanie y étoit arrivé ; qu'il avoit eu du Pape une
Audience favorable , et qu'il avoit obtenu de S. S.
qu'elle n'exigeroit plus l'execution des Bulles que le Nonce du Pape vouloit faire accepter dans ce .
Royaume , quoique contraires aux privileges des Prélats et des Monasteres de Roy a envoyé au
Primat et aux principaux Senateurs la coppie des
dépêches de cet Evêque.
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Résumé : RUSSIE.
En janvier 1732, la czarine de Russie quitta Moscou pour Saint-Pétersbourg, accompagnée de la princesse de Mecklembourg, de la princesse Élisabeth et de leurs cours, ainsi que de hauts dignitaires comme le grand chancelier et six sénateurs. La suite totale comptait environ 600 personnes. Les ministres étrangers suivirent également, indiquant que la czarine ne prévoyait pas de revenir à Moscou avant deux ans. À Saint-Pétersbourg, le général comte de Munich, gouverneur de la ville, avait préparé des réceptions extraordinaires avec des arcs de triomphe et des trophées. Des nouvelles de Derbeut rapportaient que la paix avait été conclue entre les Turcs et les Perses, et que ces derniers préparaient des mouvements pour récupérer des provinces conquises par les Moscovites. Un article du traité obligeait la Russie à fournir des secours au roi de Perse. Les lettres de Constantinople confirmaient ces informations et mentionnaient que le résident de la czarine n'avait pas obtenu d'audience auprès du grand vizir pour discuter de l'exécution de cet article. En réponse, la czarine tint un conseil extraordinaire et décida d'envoyer 20 000 hommes avec un train d'artillerie au général Lewaschaw. À Saint-Pétersbourg, les membres des collèges, les généraux et les amiraux prêtèrent serment de fidélité à la czarine Anne Ioannovna et à ses successeurs le 5 janvier. Plusieurs princes, dont le feld-maréchal Prince Basile Dolhorucki, furent condamnés pour crimes d'État et privés de leurs charges et biens, avant d'être exilés. Des rumeurs indiquaient que la czarine pourrait désigner la jeune princesse de Mecklembourg, sa nièce, comme héritière du trône de Moscovie. Par ailleurs, le roi de Pologne quitta Varsovie pour Dresde et devait revenir en Pologne avant la fin de l'hiver. À Rome, l'évêque de Posnanie obtint une audience favorable du pape, qui accepta de ne plus exiger l'exécution de bulles contraires aux privilèges des prélats et monastères du royaume de Pologne.
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6039
p. 385
ALLEMAGNE.
Début :
On attend à Vienne le Baron de Kircher, Commissaire de [...]
Mots clefs :
Allemagne, Électeurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N attend à Vienne le Baron de Kircher ;
Commissaire de l'Empereur à la Diette de Ratisbonne , d'où il a écrit à S. M. Imp. que la
Pragmatique Sanction y avoit été reçûe à la plu- ralité des voix ; mais on a appris en même- tems
de Ratisbonne que cet acte de garantie de la Pragmatique ayant été signé le 11. Janvier , les Ministres de l'Electeur de Saxe, de l'Electeur de Ba- viere et de l'Electeur Palatin avoient protesté contre cet Acte , et que le lendemain ils étoient sor
tís de Ratisbonne suivant les ordres que ces Elecreurs leur avoient donnés.
La grande quantité de Nége tombée en Hongrie dont la terre est couvertede trois pieds, ayant rendu les Loups extrêmement affamez , ils attaquent indifferemment les Hommes et les Bestiaux:
commeil y a déja eu plusieurs Femmes et Enfaus
déchirez par ces Animaux , on a permis aux
Paysans de s'assembler et de porter des Armes à
feu pour les détruire.
Le Grand- Maître de Malte à écrit des Lettres
circulaires à tous les Chevaliers de cet Ordre qui
sont en Allemagne et en Italie , pour les engager à se rendre à Malte , afin de l'aider à défendre
cire Isle en cas qu'elle soit attaquée par les Turcs
N attend à Vienne le Baron de Kircher ;
Commissaire de l'Empereur à la Diette de Ratisbonne , d'où il a écrit à S. M. Imp. que la
Pragmatique Sanction y avoit été reçûe à la plu- ralité des voix ; mais on a appris en même- tems
de Ratisbonne que cet acte de garantie de la Pragmatique ayant été signé le 11. Janvier , les Ministres de l'Electeur de Saxe, de l'Electeur de Ba- viere et de l'Electeur Palatin avoient protesté contre cet Acte , et que le lendemain ils étoient sor
tís de Ratisbonne suivant les ordres que ces Elecreurs leur avoient donnés.
La grande quantité de Nége tombée en Hongrie dont la terre est couvertede trois pieds, ayant rendu les Loups extrêmement affamez , ils attaquent indifferemment les Hommes et les Bestiaux:
commeil y a déja eu plusieurs Femmes et Enfaus
déchirez par ces Animaux , on a permis aux
Paysans de s'assembler et de porter des Armes à
feu pour les détruire.
Le Grand- Maître de Malte à écrit des Lettres
circulaires à tous les Chevaliers de cet Ordre qui
sont en Allemagne et en Italie , pour les engager à se rendre à Malte , afin de l'aider à défendre
cire Isle en cas qu'elle soit attaquée par les Turcs
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte relate divers événements en Allemagne et en Europe. À Vienne, l'attente du Baron de Kircher, commissaire de l'Empereur à la Diète de Ratisbonne, est marquée par l'acceptation de la Pragmatique Sanction à la majorité des voix. Cependant, les ministres des Électeurs de Saxe, de Bavière et du Palatinat ont protesté contre cet acte de garantie signé le 11 janvier et ont quitté Ratisbonne sur ordre de leurs Électeurs. En Hongrie, une abondante chute de neige a affamé les loups, qui attaquent désormais indifféremment les hommes et le bétail. Plusieurs femmes et enfants ont été tués, conduisant à autoriser les paysans à se regrouper et à porter des armes à feu pour se défendre. Par ailleurs, le Grand Maître de Malte a envoyé des lettres circulaires aux Chevaliers de l'Ordre en Allemagne et en Italie, les exhortant à se rendre à Malte pour aider à défendre l'île contre une éventuelle attaque turque.
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6040
p. 386-387
ITALIE.
Début :
Le Cardinal Cossia a écrit au Cardinal Albani Camerlingue, qu'il [...]
Mots clefs :
Italie, Don Carlos, Loterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
IT ALI E.
E Cardinal Cossia a écrit au Cardinal Albani Camerlingue , qu'il ne pouvoit vivre plus
long - tems sans lui faire connoître la douleur
qu'il ressent de l'avoir désobligé ; qu'il se pro- de vivre dans la suite de toute autre maniere,
déclarant qu'il veut tenir tout de sa faveur; qu'il
ne manque à ses sentimens que le pouvoir de les effectuer , mais que la goute dont il est tourmenté , l'empêche d'aller se jetter aux pieds de Sa
S. Cette Lettre dans laquelle il y a encore beaucoup d'autres expressions plus soumises , a été
communiquée au Pape.
Un Chapelain du Cardinal Coscia , quatre
Chanoines de l'Eglise Metropolitaine de Benevent , et deux Gentilshommes de la Ville , ayant
publié que les affaires de ce Cardinal étoient accommodées , qu'il rentreroit incessamment en
possession de son Archevêché , et en consequence de ce bruit, qui avoit causé quelque émotion ,
ayant ôté de dessus la porte du Palais Archiepiscopal les Armes du Cardinal Doria , le Gouver- neur de la Ville a fait arrêter les deux Gentilshommes et le Chapelain , mais les quatre Chanoines ont pris la fuite.
On a fait à Florence des Prieres publiques , et
découvert la Chasse de saint Zenobe à l'occasion
de l'Infant Don Carlos , et on a suspendu tous
les divertissemens du Carnaval .
Le 25. Janvier , on reçut avis de Livourne que
ce Prince étoit tout à fait hors de danger , et
qu'aussi-tôt qu'il seroit parfaitement retabli , il
iroit à Pise prendre part aux Fêtes qu'on lui a préparées , et qu'ensuite il se rendroit à Florence.
La
FEVRIER. 1732. 387
D
Le Grand Duc lui a envoyé du vin de Montepulciano avec de l'eau de la Fontaine des Feuil- lans de Florence , et de celle de Sainte Croix ,
parce que les Medecins ont trouvé que les eaux
de Pise qu'on faisoit boire à S. A. R. étoient trop Minerales.
On prépare à Livourne plusieurs divertisse
mens pour l'Infant. Il y aura entre autres le pillage d'un grand Théatre représentant le Pays de
Cocagne ; il sera suivi d'une Course de Chevaux
autour de la Place pour laquelle il y aura un prix
de 800. Ecus.
瓶
M. Oddi Commiffaire Apostolique , a protesté
contre la prise de possession faite par la Duchesse Douairiere Dorothée , des Duchez de Parme
et de Plaisance , au nom de l'Infant Don Carlos,
prétendant qu'ils sont Fiefs de l'Eglise , et que
la ligne masculine de la Maison Farnese étant
éteinte , ces Duchez étoient reversibles et pleine
ment dévolus au S. Siege.
Les Lettres de Genes portent qu'on y avoit ap
pris d'Ajaccio qu'un détachement de Hussars y
avoit apporté 24. Têtes de Chefs des Rebelles , et
que dans une autre action ils avoient tué 120 au
tres de ces Rebelles sans avoir perdu qu'un seul homme.
Le 29. Janvier , Don Dominique Marie Spinola fut élû Doge de la Republ que de Genes à
la pluralité de 398. voix , contre 211.
On a publié à Naples une Ordopnance qui défend aux Napolitains de prendre des Billets de la Lotterie de Rome,
E Cardinal Cossia a écrit au Cardinal Albani Camerlingue , qu'il ne pouvoit vivre plus
long - tems sans lui faire connoître la douleur
qu'il ressent de l'avoir désobligé ; qu'il se pro- de vivre dans la suite de toute autre maniere,
déclarant qu'il veut tenir tout de sa faveur; qu'il
ne manque à ses sentimens que le pouvoir de les effectuer , mais que la goute dont il est tourmenté , l'empêche d'aller se jetter aux pieds de Sa
S. Cette Lettre dans laquelle il y a encore beaucoup d'autres expressions plus soumises , a été
communiquée au Pape.
Un Chapelain du Cardinal Coscia , quatre
Chanoines de l'Eglise Metropolitaine de Benevent , et deux Gentilshommes de la Ville , ayant
publié que les affaires de ce Cardinal étoient accommodées , qu'il rentreroit incessamment en
possession de son Archevêché , et en consequence de ce bruit, qui avoit causé quelque émotion ,
ayant ôté de dessus la porte du Palais Archiepiscopal les Armes du Cardinal Doria , le Gouver- neur de la Ville a fait arrêter les deux Gentilshommes et le Chapelain , mais les quatre Chanoines ont pris la fuite.
On a fait à Florence des Prieres publiques , et
découvert la Chasse de saint Zenobe à l'occasion
de l'Infant Don Carlos , et on a suspendu tous
les divertissemens du Carnaval .
Le 25. Janvier , on reçut avis de Livourne que
ce Prince étoit tout à fait hors de danger , et
qu'aussi-tôt qu'il seroit parfaitement retabli , il
iroit à Pise prendre part aux Fêtes qu'on lui a préparées , et qu'ensuite il se rendroit à Florence.
La
FEVRIER. 1732. 387
D
Le Grand Duc lui a envoyé du vin de Montepulciano avec de l'eau de la Fontaine des Feuil- lans de Florence , et de celle de Sainte Croix ,
parce que les Medecins ont trouvé que les eaux
de Pise qu'on faisoit boire à S. A. R. étoient trop Minerales.
On prépare à Livourne plusieurs divertisse
mens pour l'Infant. Il y aura entre autres le pillage d'un grand Théatre représentant le Pays de
Cocagne ; il sera suivi d'une Course de Chevaux
autour de la Place pour laquelle il y aura un prix
de 800. Ecus.
瓶
M. Oddi Commiffaire Apostolique , a protesté
contre la prise de possession faite par la Duchesse Douairiere Dorothée , des Duchez de Parme
et de Plaisance , au nom de l'Infant Don Carlos,
prétendant qu'ils sont Fiefs de l'Eglise , et que
la ligne masculine de la Maison Farnese étant
éteinte , ces Duchez étoient reversibles et pleine
ment dévolus au S. Siege.
Les Lettres de Genes portent qu'on y avoit ap
pris d'Ajaccio qu'un détachement de Hussars y
avoit apporté 24. Têtes de Chefs des Rebelles , et
que dans une autre action ils avoient tué 120 au
tres de ces Rebelles sans avoir perdu qu'un seul homme.
Le 29. Janvier , Don Dominique Marie Spinola fut élû Doge de la Republ que de Genes à
la pluralité de 398. voix , contre 211.
On a publié à Naples une Ordopnance qui défend aux Napolitains de prendre des Billets de la Lotterie de Rome,
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Résumé : ITALIE.
Le Cardinal Cossia a écrit au Cardinal Albàni pour exprimer son regret de l'avoir offensé et sa volonté de se soumettre à sa faveur. Cette lettre a été transmise au Pape. Suite à des rumeurs sur la réhabilitation du Cardinal Cossia, plusieurs personnes ont été arrêtées ou ont fui après avoir retiré les armes du Cardinal Doria du palais archiépiscopal de Bénévent. À Florence, des prières publiques et la découverte de la chasse de saint Zénobe ont été organisées pour l'Infant Don Carlos, dont l'état de santé s'est amélioré. Le Grand-Duc lui a envoyé du vin et de l'eau de sources florentines. Des divertissements sont préparés à Livourne pour l'Infant. Le Commissaire Apostolique M. Oddi a protesté contre la prise de possession des duchés de Parme et de Plaisance par la Duchesse Douairière Dorothée au nom de l'Infant Don Carlos, affirmant que ces duchés sont des fiefs de l'Église. À Gênes, des lettres rapportent l'apport de têtes de chefs rebelles par des hussards à Ajaccio et l'élection de Don Dominique Marie Spinola comme Doge de la République de Gênes. À Naples, une ordonnance interdit aux Napolitains d'acheter des billets de la loterie romaine.
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6041
p. 388
ESPAGNE.
Début :
On mande de Madrid que le Marquis de Villareal, Exempt [...]
Mots clefs :
Espagne, Vaisseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
E.S.PAGNE,
N mande de Madrid que le Marquis de Villareal , Exempt des Gardes du Corps du
Roy , y avoit apporte la nouvelle que l'Infant
DonCarlos étoit arrivé à Livourne le 27. de Decembre , à bord de la Capitane des Galeres du
Roy; qu'aussi-tôt après son arrivée , le Mar-,
quis Renuccini, premier Ministre du Grand Duc,
étoit venu le complimenter de la part de 'ce Prin- ce et de la part de l'Electrice Doüairiere Palatine;
on a chanté le Te Deum à l'occasion de cette nouvelle dans la Chapelle Royale du Palais de l'Alcaçar et dans l'Eglise Cathedrale de Seville , et
pendant trois nuits consecutives il y a eu des
Feux , des Illuminations et d'autres marques de
réjouissance tant à Madrid qu'à Seville , et dans
les principales Villes du Royaume.
Il est entré dans la Baye de Cadix , pendant le
cours de l'année derniere 301. Vaisseaux Anglois, 130. François , 3. Hollandois ; non compris les Vaisseaux de Guerre de cette Nation , 9.
Suedois , 3. Hambourgois , un Imperial , un Danois et un Genois.
Le Roy a formé depuis peu une Compagnie
Royale de Carabiniers ou Mousquetaires , composée de trois Brigades , et chaque Brigade de 450. hommes. S M. s'est reservé le titre de
Capitaine de cette Compagnie , dont elle a donné le Commandement à Don Bonaventure de
Morimont.
N mande de Madrid que le Marquis de Villareal , Exempt des Gardes du Corps du
Roy , y avoit apporte la nouvelle que l'Infant
DonCarlos étoit arrivé à Livourne le 27. de Decembre , à bord de la Capitane des Galeres du
Roy; qu'aussi-tôt après son arrivée , le Mar-,
quis Renuccini, premier Ministre du Grand Duc,
étoit venu le complimenter de la part de 'ce Prin- ce et de la part de l'Electrice Doüairiere Palatine;
on a chanté le Te Deum à l'occasion de cette nouvelle dans la Chapelle Royale du Palais de l'Alcaçar et dans l'Eglise Cathedrale de Seville , et
pendant trois nuits consecutives il y a eu des
Feux , des Illuminations et d'autres marques de
réjouissance tant à Madrid qu'à Seville , et dans
les principales Villes du Royaume.
Il est entré dans la Baye de Cadix , pendant le
cours de l'année derniere 301. Vaisseaux Anglois, 130. François , 3. Hollandois ; non compris les Vaisseaux de Guerre de cette Nation , 9.
Suedois , 3. Hambourgois , un Imperial , un Danois et un Genois.
Le Roy a formé depuis peu une Compagnie
Royale de Carabiniers ou Mousquetaires , composée de trois Brigades , et chaque Brigade de 450. hommes. S M. s'est reservé le titre de
Capitaine de cette Compagnie , dont elle a donné le Commandement à Don Bonaventure de
Morimont.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 27 décembre, l'Infant Don Carlos est arrivé à Livourne à bord de la capitane des galères du roi. Le Marquis Renuccini, premier ministre du Grand Duc, l'a accueilli au nom du prince et de l'Électrice Douairière Palatine. Cette arrivée a été célébrée par des Te Deum dans la chapelle royale du palais de l'Alcazar et dans la cathédrale de Séville, ainsi que par des feux, des illuminations et des réjouissances à Madrid, Séville et dans les principales villes du royaume. Par ailleurs, 301 vaisseaux anglais, 130 français, 3 hollandais, 9 suédois, 3 hambourgeois, un impérial, un danois et un génois ont entré dans la baie de Cadix au cours de l'année précédente, sans compter les vaisseaux de guerre de la nation. Enfin, le roi a créé une compagnie royale de carabiniers ou mousquetaires, composée de trois brigades de 450 hommes chacune. Sa Majesté s'est réservé le titre de capitaine de cette compagnie et a confié son commandement à Don Bonaventure de Morimont.
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6042
p. 389
MORTS ET NAISSANCES des Pays Etrangers.
Début :
Le 27 Janvier, le nommé Pierre Paira, mourut à Pinhel [...]
Mots clefs :
Portugal, Rome, Leipzig
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texteReconnaissance textuelle : MORTS ET NAISSANCES des Pays Etrangers.
MORTS ET NAISSANCES
des Pays Etrangers.
L
E27 Janvier , le nommé Pierre Paira , mourut à Pinhel en Portugal , âgé de 110, ans
accomplis.
Le 11. Janvier , on baptisa à Rome dans l'Eglise Paroissiale de saint Marcel , deux Femmes,
l'une Françoise , l'autre Italienne , et toutes les
deux âgées de 90. ans.
La Comtesse d'Orzeliva , à present Duchesse
d'Holstein- Beck , accoucha le 5. Janvier à Dresde d'un Prince qui a été nommé Charles- Frederic ,
le Roy de Pologne a fait present à la Mere d'une
Rose de Diamans de grand prix et au jeune
Prince, d'une Terre considerable située à quelques
lieues de Leipsic
des Pays Etrangers.
L
E27 Janvier , le nommé Pierre Paira , mourut à Pinhel en Portugal , âgé de 110, ans
accomplis.
Le 11. Janvier , on baptisa à Rome dans l'Eglise Paroissiale de saint Marcel , deux Femmes,
l'une Françoise , l'autre Italienne , et toutes les
deux âgées de 90. ans.
La Comtesse d'Orzeliva , à present Duchesse
d'Holstein- Beck , accoucha le 5. Janvier à Dresde d'un Prince qui a été nommé Charles- Frederic ,
le Roy de Pologne a fait present à la Mere d'une
Rose de Diamans de grand prix et au jeune
Prince, d'une Terre considerable située à quelques
lieues de Leipsic
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Résumé : MORTS ET NAISSANCES des Pays Etrangers.
En janvier, Pierre Paira est décédé au Portugal à 110 ans. Deux femmes de 90 ans ont été baptisées à Rome. La Duchesse d'Holstein-Beck a accouché d'un prince nommé Charles-Frédéric à Dresde. Le roi de Pologne a offert des cadeaux à la mère et au prince.
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6043
p. 389-394
« Le I de ce mois, la Reine entendit la Messe [...] »
Début :
Le I de ce mois, la Reine entendit la Messe [...]
Mots clefs :
Messe, Universités, Fête de la Purification de la Sainte Vierge, Concert, Opéra, Ballet, Loterie, Carnaval
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le I de ce mois, la Reine entendit la Messe [...] »
FRANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE
E Ii de ce mois , la Reine entendit la
Messe dans la Chapelle du Château
deVersailles , et S. M. communia par les
mains du Cardinal de Fleury , son Grand
Aumonier.
Le même jour , M. Piat , Recteur de
Université, accompagné des Doyens des
Facultez et des Procureurs des Nations
eut l'honneur , suivant l'ancien usage, de
I pré-
>
$90. MERCURE DE FRANCE
présenter un Cierge au Roy , à la Reine,
et à Monseigneur le Dauphin.
Le même jour , le Pere Vicaire , General des Religieux de la Mercy , accompagné de trois Religieux du Convent du
Marais , eut l'honneur de présenter un
Cierge à la Reine , pour satisfaire à une
des conditions de leur établissement , fait
à Paris , en 1615. par la Reine Marie de
Medicis.
Le 2 , Fête de la Purification de la Ste
Vierge , le Royaccompagné du Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon , du Comte de
Clermont , du Duc du Maine , du Prince
de Dombes , du Comte d'Eu , du Comte
de Toulouse et des Chevaliers, Commandeurs et Officiers de l'Ordre du S. Esprit,
qui s'étoient assemblez dans son Cabinet,
se rendit à la Chapelle du Château de
Versailles. Le Roy, devant lequel les deux
Huissiers de la Chambre portoient leurs
Masses , assista à la Benediction des Cierges, à la Procession qui se fit dans la Cour
du Château , et à la grande Messe , celebrée P'Abbé Brosseau , Chapelain
ordinaire de la Chapelle de Musique , et
chantée par la Musique. La Reine , accompagnée des Dames de sa Cour, entendit la grande Messe dans la Tribune
Après midi , L. M. accompagnées du
par
Duc
FEVRIER 1732. 391
Duc d'Orleans et du Comte de Toulouse,
assisterent à la Prédication du P. Ségaud,
de la Compagnie de Jesus ; et ensuite aux
Vespres , chantées par la Musique. "
Le Roy a accordé le Gouvernement
des Païs , Ville et Citadelle de Broliage ,
au Vicomte de Beaune , Lieutenant General des Armées de S. M. et Chevalier de
ses Ordres.
Le 17 de ce mois , l'Abbé de Tilly
nommé par le Roy à l'Evêché d'Orange,
fut sacré dans la Chapelle de l'Archevêché , par l'Archevêque de Paris , assisté
de l'Evêque d'Europée , Coadjuteur de
l'Evêque d'Orleans , et de l'Evêque de
Grasse. Il prêta serment le 19 , entre les
mains de S. M.
il
Le 2 Février , Fête de la Purification ,
y eut Concert Spirituel au Château des
Thuilleries.On y chanta : Exaltabo te,Domine , Motet de M. de la Lande , qui fat
suivi de deux petits Motets , à une et deux
voix , chantez par les DesLenner , de la
Musique du Roy , et par les Diles Erremens et Petitpas. On y exécuta encore un
Motet nouveau , du sieur Dupin , Maître
de Musique de Province ; et après plusieurs excellentes Piéces de symphonie ,
exécutées par les sieurs le Clerc et Blavet,
le Concert fut terminé par le Motet :
Dominus regnavit.
I j La
392 MERCURE DE FRANCE
Le 4 , il y eut Concert à Marly , chez
la Reine. M. Destouches , Sur-Intendant
dela Musique de la Chambre du Roy ,
en semestre , fit chanter le se Acte de l'Opera d'Omphale,dont les Actes précedents
avoient été exécutez à Versailles , au mois .
de Janvier.
Les , la Reine entendit le Prologue ,
et le premier Acte de l'Opéra d'Issé , qui
fat continué le 9 ; et le 11 , la De Courvasier chanta avec applaudissement , le
Rôle de l'Hesperide , dans le Prologue , et
celui d'Issé, dans la Piece. Les S's Godeneche et Petillot , firent ceux de Jupiter et
d'Apollon. Les Rôles d'Hilas et de Pan ,
furent chantez par les S d'Angerville et
Godeneche ; et celui de Doris , par la Dile
Petitpas. Cet Opera fut exécuté avec une
grande précision.
Le 13 , S. M. entendit le Prologue et le
premier Acte du Ballet des Elemens, qu'on
continua le 16 , et le 18 , par le second , le
troisiéme et le quatriéme Acte. La DHe
Courvasier chanta le Rôle de Venus, dans
le Prologue , et le Sr d'Angerville, ceux du
Destin , d'Ixion , de Valere et de Pan ; dans
la Piece les Des Antier et Mathieu firent
les Rôles d'Emilie et de Leucosie , et la
DieLenner, ceux de Junon, et de Pomone,
et le St Petillot chanta ceux d'Arion , et
de
FEVRIER 1732 393
de Vertumne. L'exécution de ce Ballet fut
tres-brillante.
Le 20 et le 23 , on chanta devant la
Reine , le Ballet du Carnaval et de la Folie. La Dlle Lenner fit le Rôle de Venus ,
et le S'd'Angerville , ceux de Jupiter et
du Carnaval. Le St Godeneche , celui de
Momus;et le S Petillot, et la Dile Mathieu
chanterent ceux de Plutus et de la Jeunesz
se. Les Rôles du Professeur de Folie et de
son Ecolier furent chantez par les S Gué
don et le Prince , avec beaucoup de lége
reté. Ce Ballet fut suivi d'une Ariete et
d'un grand Chœur de Trompettes ; de la
composition de M. Destouches , dont
l'exécution fut tres- vive et très- précise.
Le Mardy , 12 de ce mois , les Comé
diens François représenterent dans le Sa
lon de Marly , sans Théatre, la Comédie
du Chevalier à la mode , et celle du Cock
imaginaire. Mais ces Piéces firent peu
plaisir ; la voix des Acteurs se perdant par
l'exhaussement du lieu . On n'avoit jamais
joué la Comédie à Marly.
de
Le 23, la Lotterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des
Actions , fut tirée en la maniere accoutumée, à l'Hôtel de la Compagnie. La Liste
des Numeros gagnans des Actions et dixiémes d'Actions , qui doivent être rem- I iij bour
394 MERCURE DE FRANCE
boursez , a été renduë publique ; elle fait
en tout le nombre de 304 Actions, un dixiéme d'Action..
On a remarqué que le Carnaval a été
tres-bien celebré cette année à Paris , et
qu'on s'y est beaucoup diverti ; tous les
Spectacles ont été fort fréquentez ; il y a
eu quantité de Mariages et de Nôces brillantes , de Bals , de Fêtes , de Concerts et
autres Assemblées de jeu , de bonne- chere,
&c. On a vû dans les rues , en plus grand
nombre que les autres années , des Mascarades avec des déguisemens singuliers ,
des Troupes de Masques, des Cavalcades,
des Chariots, &c. Le nombre des Carosses .
et des Masques a été prodigieux au FauxbourgS.Antoine, pendant les trois derniers
jours gras..Le beau-tems , la douceur du
Gouvernement et l'attention continuelle
des Magistrats, sur la Police de cette grande
Ville , ont sans doute porté les peuples à
se livrer à la joye qu'ils ont fait paroître.
Une autre circonstance heureuse , c'estqu'il n'est pas arrivé le moindre désordre,
point de batterie , point de querelle , pas
le moindre accident.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE
E Ii de ce mois , la Reine entendit la
Messe dans la Chapelle du Château
deVersailles , et S. M. communia par les
mains du Cardinal de Fleury , son Grand
Aumonier.
Le même jour , M. Piat , Recteur de
Université, accompagné des Doyens des
Facultez et des Procureurs des Nations
eut l'honneur , suivant l'ancien usage, de
I pré-
>
$90. MERCURE DE FRANCE
présenter un Cierge au Roy , à la Reine,
et à Monseigneur le Dauphin.
Le même jour , le Pere Vicaire , General des Religieux de la Mercy , accompagné de trois Religieux du Convent du
Marais , eut l'honneur de présenter un
Cierge à la Reine , pour satisfaire à une
des conditions de leur établissement , fait
à Paris , en 1615. par la Reine Marie de
Medicis.
Le 2 , Fête de la Purification de la Ste
Vierge , le Royaccompagné du Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon , du Comte de
Clermont , du Duc du Maine , du Prince
de Dombes , du Comte d'Eu , du Comte
de Toulouse et des Chevaliers, Commandeurs et Officiers de l'Ordre du S. Esprit,
qui s'étoient assemblez dans son Cabinet,
se rendit à la Chapelle du Château de
Versailles. Le Roy, devant lequel les deux
Huissiers de la Chambre portoient leurs
Masses , assista à la Benediction des Cierges, à la Procession qui se fit dans la Cour
du Château , et à la grande Messe , celebrée P'Abbé Brosseau , Chapelain
ordinaire de la Chapelle de Musique , et
chantée par la Musique. La Reine , accompagnée des Dames de sa Cour, entendit la grande Messe dans la Tribune
Après midi , L. M. accompagnées du
par
Duc
FEVRIER 1732. 391
Duc d'Orleans et du Comte de Toulouse,
assisterent à la Prédication du P. Ségaud,
de la Compagnie de Jesus ; et ensuite aux
Vespres , chantées par la Musique. "
Le Roy a accordé le Gouvernement
des Païs , Ville et Citadelle de Broliage ,
au Vicomte de Beaune , Lieutenant General des Armées de S. M. et Chevalier de
ses Ordres.
Le 17 de ce mois , l'Abbé de Tilly
nommé par le Roy à l'Evêché d'Orange,
fut sacré dans la Chapelle de l'Archevêché , par l'Archevêque de Paris , assisté
de l'Evêque d'Europée , Coadjuteur de
l'Evêque d'Orleans , et de l'Evêque de
Grasse. Il prêta serment le 19 , entre les
mains de S. M.
il
Le 2 Février , Fête de la Purification ,
y eut Concert Spirituel au Château des
Thuilleries.On y chanta : Exaltabo te,Domine , Motet de M. de la Lande , qui fat
suivi de deux petits Motets , à une et deux
voix , chantez par les DesLenner , de la
Musique du Roy , et par les Diles Erremens et Petitpas. On y exécuta encore un
Motet nouveau , du sieur Dupin , Maître
de Musique de Province ; et après plusieurs excellentes Piéces de symphonie ,
exécutées par les sieurs le Clerc et Blavet,
le Concert fut terminé par le Motet :
Dominus regnavit.
I j La
392 MERCURE DE FRANCE
Le 4 , il y eut Concert à Marly , chez
la Reine. M. Destouches , Sur-Intendant
dela Musique de la Chambre du Roy ,
en semestre , fit chanter le se Acte de l'Opera d'Omphale,dont les Actes précedents
avoient été exécutez à Versailles , au mois .
de Janvier.
Les , la Reine entendit le Prologue ,
et le premier Acte de l'Opéra d'Issé , qui
fat continué le 9 ; et le 11 , la De Courvasier chanta avec applaudissement , le
Rôle de l'Hesperide , dans le Prologue , et
celui d'Issé, dans la Piece. Les S's Godeneche et Petillot , firent ceux de Jupiter et
d'Apollon. Les Rôles d'Hilas et de Pan ,
furent chantez par les S d'Angerville et
Godeneche ; et celui de Doris , par la Dile
Petitpas. Cet Opera fut exécuté avec une
grande précision.
Le 13 , S. M. entendit le Prologue et le
premier Acte du Ballet des Elemens, qu'on
continua le 16 , et le 18 , par le second , le
troisiéme et le quatriéme Acte. La DHe
Courvasier chanta le Rôle de Venus, dans
le Prologue , et le Sr d'Angerville, ceux du
Destin , d'Ixion , de Valere et de Pan ; dans
la Piece les Des Antier et Mathieu firent
les Rôles d'Emilie et de Leucosie , et la
DieLenner, ceux de Junon, et de Pomone,
et le St Petillot chanta ceux d'Arion , et
de
FEVRIER 1732 393
de Vertumne. L'exécution de ce Ballet fut
tres-brillante.
Le 20 et le 23 , on chanta devant la
Reine , le Ballet du Carnaval et de la Folie. La Dlle Lenner fit le Rôle de Venus ,
et le S'd'Angerville , ceux de Jupiter et
du Carnaval. Le St Godeneche , celui de
Momus;et le S Petillot, et la Dile Mathieu
chanterent ceux de Plutus et de la Jeunesz
se. Les Rôles du Professeur de Folie et de
son Ecolier furent chantez par les S Gué
don et le Prince , avec beaucoup de lége
reté. Ce Ballet fut suivi d'une Ariete et
d'un grand Chœur de Trompettes ; de la
composition de M. Destouches , dont
l'exécution fut tres- vive et très- précise.
Le Mardy , 12 de ce mois , les Comé
diens François représenterent dans le Sa
lon de Marly , sans Théatre, la Comédie
du Chevalier à la mode , et celle du Cock
imaginaire. Mais ces Piéces firent peu
plaisir ; la voix des Acteurs se perdant par
l'exhaussement du lieu . On n'avoit jamais
joué la Comédie à Marly.
de
Le 23, la Lotterie de la Compagnie des
Indes , établie pour le remboursement des
Actions , fut tirée en la maniere accoutumée, à l'Hôtel de la Compagnie. La Liste
des Numeros gagnans des Actions et dixiémes d'Actions , qui doivent être rem- I iij bour
394 MERCURE DE FRANCE
boursez , a été renduë publique ; elle fait
en tout le nombre de 304 Actions, un dixiéme d'Action..
On a remarqué que le Carnaval a été
tres-bien celebré cette année à Paris , et
qu'on s'y est beaucoup diverti ; tous les
Spectacles ont été fort fréquentez ; il y a
eu quantité de Mariages et de Nôces brillantes , de Bals , de Fêtes , de Concerts et
autres Assemblées de jeu , de bonne- chere,
&c. On a vû dans les rues , en plus grand
nombre que les autres années , des Mascarades avec des déguisemens singuliers ,
des Troupes de Masques, des Cavalcades,
des Chariots, &c. Le nombre des Carosses .
et des Masques a été prodigieux au FauxbourgS.Antoine, pendant les trois derniers
jours gras..Le beau-tems , la douceur du
Gouvernement et l'attention continuelle
des Magistrats, sur la Police de cette grande
Ville , ont sans doute porté les peuples à
se livrer à la joye qu'ils ont fait paroître.
Une autre circonstance heureuse , c'estqu'il n'est pas arrivé le moindre désordre,
point de batterie , point de querelle , pas
le moindre accident.
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Résumé : « Le I de ce mois, la Reine entendit la Messe [...] »
En février 1732, plusieurs événements significatifs se sont déroulés à la cour de France. Le 1er février, la Reine a assisté à la messe à la Chapelle du Château de Versailles et a communié. M. Piat, Recteur de l'Université, a présenté un cierge au Roi, à la Reine et au Dauphin, suivant une ancienne tradition. Le Père Vicaire, Général des Religieux de la Mercy, a également offert un cierge à la Reine, conformément aux conditions de l'établissement de leur ordre en 1615. Le 2 février, à la fête de la Purification de la Sainte Vierge, le Roi, accompagné de plusieurs princes et chevaliers, a participé à la bénédiction des cierges, à une procession et à la grande messe à Versailles. L'après-midi, le Roi et la Reine ont écouté une prédication et les vêpres. Le Roi a également accordé le gouvernement de Broliage au Vicomte de Beaune. Le 2 février, un concert spirituel a eu lieu au Château des Tuileries, avec des motets et des symphonies exécutés par des musiciens du Roi. Le 4 février, un concert a été donné à Marly, où l'opéra 'Omphale' a été joué. Les 7 et 9 février, la Reine a écouté les premiers actes de l'opéra 'Issé'. Le 11 février, la danseuse Courvasier a interprété les rôles de l'Hespéride et d'Issé. Le 13 février, le Roi a assisté au prologue et au premier acte du ballet 'Les Éléments', continué les 16 et 18 février. Les 20 et 23 février, le ballet 'Le Carnaval et la Folie' a été joué devant la Reine. Le 12 février, les comédiens français ont représenté 'Le Chevalier à la mode' et 'Le Cocu imaginaire' à Marly, sans grand succès. Le 23 février, la loterie de la Compagnie des Indes a été tirée à l'Hôtel de la Compagnie. Le Carnaval à Paris a été bien célébré, avec de nombreux spectacles, mariages, bals, fêtes et mascarades. La police et le bon gouvernement ont contribué à une célébration joyeuse et sans désordre.
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6044
p. 402-405
AU CONCIERGE DU PALAIS ROYAL. REQUESTE.
Début :
Mouche et Plutonne, c'est le nom, [...]
Mots clefs :
Requête, Concierge du palais royal, Ordonnance, Animaux, Chien, Suppliantes
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texteReconnaissance textuelle : AU CONCIERGE DU PALAIS ROYAL. REQUESTE.
AU CONCIERGE
DU PALAIS ROY AL.
REQUESTE.
Mouche et Plutonne , c'est le nom „
De deux Barbettes de renom ,
Qui sont vos très humbles Servantes ,
Et qui viennent , très- suppliantes
Far devers vous crier merci ,
Pour cas qui les met en souci,
C'est
FEVRIER
1732 493
C'est au sujet d'une Ordonnance,
Qui fait une expresse défense:
A tout incivil Animal
D'entrer dans le Palais Royal
Et sur tout à la Gent Canine.
Cette Ordonnance les chagrine ;
Mais leur respect est le plus fort,
Elles sentent qu'on n'a point tort
D'agir avec cette rudesse
Envers tous ceux de leur espece..
Jadis ils oserent gâter
La demeure de Jupiter ,
Et leur punition fut telle
Qu'aucun n'en rapporta nouvelle :-
Ce qui fait que Chiens de leurs nez',,
S'entre font fête où vous sçavez.
Ceci peut être une imposture;
Mais , comme om craint que
Ne se commette de la part
De ces Animaux , sans égard,
telle injurePour les lieux les plus venerables ,
On ne veut point que leurs semblables
Desormais entrent dans celui
Qu'on doit respecter aujourdhuy ,
Tant pour les beautez qu'il enserre,
Que pour le Maître qu'on revére.
Les Suppliantes cependant ,
Sans condamner aucunement
L'équité
404 MERCURE DE FRANCE
L'équité de cette Ordonnance ,
Voudroient pour elles seulement
Qu'on pût avoir quelque Indulgence ;
Vous remontrant très-humblement .
Qu'une semblable complaisance
Ne peut tirer à consequence ::
Qu'il est Chiens et Chiens dans Paris. ›
Et qu'elles sont Chiennes d'un prix
Qui vaut bien qu'on leur fasse grace
Lesdistinguant entierement
Des vils Animaux de leur race ;
Que le premier Prince du Sang,
Malgré tout l'éclat de son rang ,
Daigne louer leur gentillesse
Et même leur faire caresse.
On peut sans risque être garant
De leur reserve et leur sagesse ,
Tant on prit soin correctement
De bien diriger leur jeunesse.
Permettez donc que libremente
Elles puissent avoir entiée
Dans cette enceinte reverée,
Qui de Paris fait à present .
Les délices et l'ornement..
Si vous honorez leur priere
De cette faveur singuliere ,
Plutonne vous remerciera ,
Et Mouche yous caressera,
2
St
FEVRIER. 1732. 4955
Si vous aimez qu'on vous caresse ,
Comme elle vous divertira
Si vous voulez voir son adresse ,
Sa legereté , sa souplesse.
Leur Maître aussi vous répondra
Car il est bon qu'il en réponde
Que sur elles il veillera
Si bien qu'il ne passera
Rien de deshonnête et d'immonde
Dans ce rendez vous du beau Monde
Ainsi , soyez en sureté
Contre toute incongruité
De la part des deux SuppliantesQui sont vos très-humbles servantes. .
DU PALAIS ROY AL.
REQUESTE.
Mouche et Plutonne , c'est le nom „
De deux Barbettes de renom ,
Qui sont vos très humbles Servantes ,
Et qui viennent , très- suppliantes
Far devers vous crier merci ,
Pour cas qui les met en souci,
C'est
FEVRIER
1732 493
C'est au sujet d'une Ordonnance,
Qui fait une expresse défense:
A tout incivil Animal
D'entrer dans le Palais Royal
Et sur tout à la Gent Canine.
Cette Ordonnance les chagrine ;
Mais leur respect est le plus fort,
Elles sentent qu'on n'a point tort
D'agir avec cette rudesse
Envers tous ceux de leur espece..
Jadis ils oserent gâter
La demeure de Jupiter ,
Et leur punition fut telle
Qu'aucun n'en rapporta nouvelle :-
Ce qui fait que Chiens de leurs nez',,
S'entre font fête où vous sçavez.
Ceci peut être une imposture;
Mais , comme om craint que
Ne se commette de la part
De ces Animaux , sans égard,
telle injurePour les lieux les plus venerables ,
On ne veut point que leurs semblables
Desormais entrent dans celui
Qu'on doit respecter aujourdhuy ,
Tant pour les beautez qu'il enserre,
Que pour le Maître qu'on revére.
Les Suppliantes cependant ,
Sans condamner aucunement
L'équité
404 MERCURE DE FRANCE
L'équité de cette Ordonnance ,
Voudroient pour elles seulement
Qu'on pût avoir quelque Indulgence ;
Vous remontrant très-humblement .
Qu'une semblable complaisance
Ne peut tirer à consequence ::
Qu'il est Chiens et Chiens dans Paris. ›
Et qu'elles sont Chiennes d'un prix
Qui vaut bien qu'on leur fasse grace
Lesdistinguant entierement
Des vils Animaux de leur race ;
Que le premier Prince du Sang,
Malgré tout l'éclat de son rang ,
Daigne louer leur gentillesse
Et même leur faire caresse.
On peut sans risque être garant
De leur reserve et leur sagesse ,
Tant on prit soin correctement
De bien diriger leur jeunesse.
Permettez donc que libremente
Elles puissent avoir entiée
Dans cette enceinte reverée,
Qui de Paris fait à present .
Les délices et l'ornement..
Si vous honorez leur priere
De cette faveur singuliere ,
Plutonne vous remerciera ,
Et Mouche yous caressera,
2
St
FEVRIER. 1732. 4955
Si vous aimez qu'on vous caresse ,
Comme elle vous divertira
Si vous voulez voir son adresse ,
Sa legereté , sa souplesse.
Leur Maître aussi vous répondra
Car il est bon qu'il en réponde
Que sur elles il veillera
Si bien qu'il ne passera
Rien de deshonnête et d'immonde
Dans ce rendez vous du beau Monde
Ainsi , soyez en sureté
Contre toute incongruité
De la part des deux SuppliantesQui sont vos très-humbles servantes. .
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Résumé : AU CONCIERGE DU PALAIS ROYAL. REQUESTE.
En février 1732, deux chiens, Mouche et Plutonne, adressent une requête au concierge du Palais Royal pour obtenir une exception à l'ordonnance interdisant l'accès aux animaux. Ils reconnaissent la légitimité de cette ordonnance visant à protéger un lieu vénérable et respecté. Cependant, ils argumentent qu'ils ne représentent pas une menace, étant des chiens de grande valeur et bien éduqués. Ils mentionnent que le premier prince du sang apprécie leur gentillesse et leur fait des caresses. Leur maître garantit également leur bonne conduite. En échange de cette faveur, Mouche promet de caresser le concierge et Plutonne de le divertir par ses talents. Elles assurent ainsi qu'aucune incongruité ne surviendra de leur part.
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6045
p. 405-411
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Le 30. Janvier, Dame Magdeleine Vanier, Veuve de M. Adrien [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS, NAISSANCES
et Mariages.
E30. Janvier , Dame Magdeleine Vanier
valier , Comte de Grignols , mourut à Paris ,
âgée de 80. áns.
François de Goulard , Marquis de Lescusson ,
Brigadier des Armées du Roy , Gouverneur de Riblemont , cy- devant Premier Sous- Lieutenant
de la seconde Compagnie des Mousquetaires de
la Garde du Roy , mourut à Parls le 31. âgés d'environ 106. ans.
D. Marguerite de Mechatin , Chanoinesse ,
Com-
6 MERCURE DE FRANCE
Comtesse de Remiremont , mourut le 2. Février,
âgée de 96. ans.
D. Agnès- Pauline Portail , veuve de Nicolas le
Machat de Pompadour , ancien Colonel d'Infan
rerie , Chevalier de S. Louis , mourut le 3. âgée
de 87. ans.
Charles - Jean Baptiste Fleuriau , Comte de
Morville , Chevalier de l'Ordre de la Toison
d'Or , Gouverneur et Grand - Bailly de Chartres,
et l'un des Quarante de l'Académie Françoise ,
mourut à Paris le 3. de ce mois ; dans la 46. année de son âge. Il étoit Ambassadeur du Roi en
Hollande , et Ambassadeur Plenipotentiaire de
S. M. au Congrès de Cambray , lorsqu'au mois
d'Avril 1722. il fut pourvû de la Charge de Scretaire d'Etat , dont feu M d'Armenonvile son
Pere , pour lors Garde des Seeaux de France ,
s'étoit démis en sa faveur. Au mois d'Août 172}
le Comte de Morville eut le département des Affaires Etrangeres , et devint Ministre d'Etat , er
forsque le 19. Août 1727. il avoit prié le Roi
d'accepter la démission de sa Charge, S.M pour
récompenser ses services , lui avoit accordé une
pension de 20000.
Gilbert d'Hostun de Gadagne , Comte de Verdun , Lieutenant de Roi de la Province du Forès ,
mourut à Paris le 5. de ce mois , dans la 78 année de son âge.
M. Gallot Mandat , Doyen des Conseillers
Clercs du Parlement , Prieur du Prieuré de SaintPierre Decéton , mourut le 6. âgé de 83. ans.
D. Louise-Therese Diane de Bautru de Nogent,
Epouse de Louis Chrétien Darçot , Cointe du
$ Empire, mourut le 6. âgée de 67 ans
D. Marie- Julie de Boorsm , veuve de Alexandre , Marquis de S. Ferveol Montauban , mourur le 10 âgée de 70, ans,
FEVRIER. 1732. ·407
Jean-Claude de la Poype de Vertrieux , Evêque
de Poitiers , est mort depuis peu dans son Diocèse. Il y a plusieurs années que l'Abbé de Foudras,
Comte de Lyon , a été nommé Coadjuteur de
l'Evêché de Poitiers.
Charles d'Hozier , Juge d'Armes de France
Génealogiste des Ecuries du Roy , Chevalier des
Ordres Militaires de S Maurice et de S. Lazare ,
mourut le 13. Fevrier , dans la 92. année de son
âge. Il étoit fils de Pierre d'Hozier , Conseiller
d'Etat , Chevalier de S. Michel , Juge d'Armes
de France , &c.
Jean- Baptiste de' Pomereu , Chevalier , Mar- quis de Riceys , Conseiller d'Etat , mourut le 13.
âgé de 76. ans ou environ.
M. Jean- Baptiste- Thomas Hue de Miromenil , Chanoine de l'Eglise de Paris , Abbé de
S: Urbain , Diocèse de Châlons, mourut le 20 de
ce mois , âgé de 64. ans ou environ.
La Princesse de Conty , seconde Doüairiere ,
Princesse du Sang , mourut à Paris le 22 de Fevrier , à 5. heures et demie du matin , âgée de
66, ans et 21. jours , étant née le premier Fevrier
1666. Cette Princesse , qui se nommoit MarieTherese , étoit fille d'Henry Jules de Bourbon,
Prince de Condé , Premier Prince du Sang , mort
le premier Avril 1709. et d'Anne de Baviere ,
morte le 23. Fevrier 1723. Elle avoit été mariée
le 29. Juin 1688. à François- Louis de Bourbon,
Prince de Conty, mort le 22. Fevrier 17094
qui avoit laissé de ce Mariage Louis Armand de
Bourbon, Prince de Conty, mort le 4. May 1727.
Marie- Anne de Bourbon Conty , premiere femmedu Duc de Bourbon , morte le 21. Mars 1720%-
et Mademoiselle de la Roche- sur-Yon.
⚫ D. Anne de Castras , Epouse de Michel-Jean Bap
408 MERCURE DE FRANCE
4
Baptiste Charon , Marquis de Menars , Earon de
Conflans , Brigadier des Armées du Roi , Gouverneur du Château de Blois &c , accoucha le 26
Decembre d'un fils qui fut nommé Charles- Armand , par Charles Armand de Gontaud , Dac
de Biron, Lieutenant General des Armées du Roi,
Gouverneur de Landau, et par D. Marie- Fran-›
çoise-Therese Charon de Menars de Rozieux.
D. Magdelaine- Catherine Carvel , Epouse de
Charles , Marquis de Loudetot , Brigadier des
Armées du Roi , Colonel du Regiment d'Artois,
Lieutenant de Roi en Picardie , accoucha le 29
d'une fille qui fut nommée Charlote-Magdelaine
par M. Charles- Arnaud de Pomponne , Abbé de
S. Medard de Soissons , Conseiller d'Etat ordinaire , Commandeur des Ordres du Roy &c. et、
par D. Marie Megret , Epoufe de Claude Pellot
Comte de Trevieres , Conseiller au Parlement.
D. Charlotte Rivié , Epouse de Marie du Fresnoy, Chevalier , Marquis de Fresnoy ; accoucha
le 11. de Janvier d'un fils , qui fut tenu sur les
Fonts par M: Thomas Rivié , Conseiller , Secretaire Honoraire du Roy , Baron de Chars ,
par Ď. Marie- Anne Deschiens de la Neuville ,
Epouse de M.Jean- Baptiste Marquis du Fresnoy.
et
D. Marguerite du Temple , Epouse de Barthe- lemi-Nicolas Huault , Seigneur de Bemuy , &c.
Conseiller au Parlement , accoucha le 1r. Jan- vier d'une fille , qui fut nommée Anne , par Pierre Molasque Couray , Chevalier de l'Ordre de
Portugal , Conseiller , Secretaire du Roy , &c. et
parD. Anne- Françoise Diolet , Epouse de Hu- gues de Monteilles, Capitaine d'Infanterie.
D. Louise Thoynard' , Epouse de M. Gilbert
Garpentier, Chevalier , Seigneur de Crecy &c ,. ac
FEVRIER. 1732. 409
accoucha le 22 de ce mois d'un fils qui fut tenu
sur les Fonts par Charles- François de Laubespine,
Chevalier, Seigneur Comte de Laubespine , Cousin du Seigneur de Crecy , et par D. Marie- Françoise de Beauvilliers de S.Aignan , Sœur du Duc
de S. Aignan, Chevalier des Ordres du Roy , Ambassadeur de S. M. à la Cour de Rome , et Mere
du Comte de Laubespine.
D. Marie- Anne Besnard , Epouse de Louis
Gabriel Bazin , Marquis de Besons , Mestre de
Campdu Régiment Dauphin Etranger, Cavalerie,,
Gouverneur des Ville et Citadelle de Cambray,
accoucha le 25. Janvier d'une fille , qui fut nommée Louise-Josephe , par Joseph- Antoine de
Menestrelle de Hauguel, Seigneur de S. Germain,
ancien Capitaine aux Gardes Françoises , et par
D. Louise Magdeleine le Blanc, veuve d'Esprit
Juvenal de Marville , des Ursins , Marquis de Trainel.
Dame Anne Cahouet de Beauvais , Epouse de
M. Germain-Louis de Chauvelin , Garde des
Sceaux de France , Ministre et Secretaire d'Etat ,
Président à Mortier au Parlement , accoucha le
25. Janvier d'une fille qui fut nommée Anne
Sabine Rosalie, par Henry Camille de Beringher,
Chevalier des Ordres et Premier Ecuyer du Roy,
Lieutenant General au Gouvernement de Bourgogne , et Gouverneur des Ville et Citadelle de
Châlons sur Saone , et par D. Marie- Catherine
Anne d'Estrées , veuve de Michel François le Tellier, Marquis de Courtenvaux, Capitaine - Colonel
de la Compagnie des Cent- Suisses de la Garde
ordinaire du Corps du Roy.
D. Jeanne Camus de Pontcarré , Epouse de
Louis- Christophe de la Rochefoucault de Lascaris Marquis d'Urfé , &c. Grand- Baillif de Forès,
Mestre
410 MERCURE DE FRANCE
Mestre de Camp de Cavalerie , accoucha le 174
Fevrier d'une fille, qui fut nommée Agnès-Marie,
Louis Hubert , Comte de Champagne , fils
de feu N.Hubert deChampagne, Comte de Villai .
ne et de D. Magdelaine de Champagne , épouſa le 11 Decembre D. Françoise Judith de Lopride ,
veuve de Jean-François Joubert , Comte de Châ teau-Morant , Lieutenant General des Armées du´
Roi, Grand- Croix de l'Ordre de S. Louis.
Charles-Philippe d'Albett , Duc.de Luynes et
de Chevreuse , Pair de France , veuf de Dame
Louise Jaqueline de Bourbon , Princesse de NeufChatel et de Valangin , Comtesse de Dunois &c.
épousa le 19 Janvier D. Marie Brulart , veuye de
Louis-Jofeph de Bethune, Marquis de Charost :
la célébration fut- faite par M. l'Archevêque de de Paris dans sa Chapelle.
Louis Cesar de la Beaume le Blanc de la ValHere , Duc de Vaujour , Gouverneur et Grand- Senechal en survivance de la Province de Bourbonnois , Colonnel d'Infanterie , fils de Charles.
François de la Beaume le Blanc de la Valliere
Duc de la Valliere , Pair de France , &c. Lieute.
tenant General des Armées du Roy , et de Dame Marie-Therese de Nouailles , épousa le 19. Fcvrier D. Anne Julie de Crussol , fille de Jean
Charles de Crussol , Duc d'Usez , Premier Pais
de France , Gouverneur de Saintonges , et d'Angoumois, Chevalier des Ordres du Roy , et de
D. Anne Marie-Marguerite de Bullion.
Adrien Maurice de Mairault , Ecuyer , Receveur des Décimes du Clergé , épousa le zo. Février Madlle Françoise- Catherine de Villiers, fille
de M. François Beluchau , Ecuyer , Seigneur de
Villiers , Gentilhomme ordinaire du Roy , ve .teran..
FEVRIER 1722. 411
>
Jean-Baptiste-Louis-Frederic de Roye de la Rochefoucault , Marquis de Roussy , Duc de
Damville , Lieutenant General des Galeres , fils
mineur de Louis de Roye de la Rochefoucault ,
Marquis de Roy , Lieutenant General des Galeres , en survivance , et de D. Marthe Du Casse
épousa le 28. du même mois D. Louise-Elizabeth de la Rochefoucault , fille mineure d'Alexandre
Duc de la Rochefoucault et de la Roche- Guyon,
Pair de France , Chevalier des Ordres du Roy
Grand- Maître de sa Garderobe , et de D. Elizabeth-Marie Loüise- Nicole de Bermond du Caylard de Noyras d'Amboise.
et Mariages.
E30. Janvier , Dame Magdeleine Vanier
valier , Comte de Grignols , mourut à Paris ,
âgée de 80. áns.
François de Goulard , Marquis de Lescusson ,
Brigadier des Armées du Roy , Gouverneur de Riblemont , cy- devant Premier Sous- Lieutenant
de la seconde Compagnie des Mousquetaires de
la Garde du Roy , mourut à Parls le 31. âgés d'environ 106. ans.
D. Marguerite de Mechatin , Chanoinesse ,
Com-
6 MERCURE DE FRANCE
Comtesse de Remiremont , mourut le 2. Février,
âgée de 96. ans.
D. Agnès- Pauline Portail , veuve de Nicolas le
Machat de Pompadour , ancien Colonel d'Infan
rerie , Chevalier de S. Louis , mourut le 3. âgée
de 87. ans.
Charles - Jean Baptiste Fleuriau , Comte de
Morville , Chevalier de l'Ordre de la Toison
d'Or , Gouverneur et Grand - Bailly de Chartres,
et l'un des Quarante de l'Académie Françoise ,
mourut à Paris le 3. de ce mois ; dans la 46. année de son âge. Il étoit Ambassadeur du Roi en
Hollande , et Ambassadeur Plenipotentiaire de
S. M. au Congrès de Cambray , lorsqu'au mois
d'Avril 1722. il fut pourvû de la Charge de Scretaire d'Etat , dont feu M d'Armenonvile son
Pere , pour lors Garde des Seeaux de France ,
s'étoit démis en sa faveur. Au mois d'Août 172}
le Comte de Morville eut le département des Affaires Etrangeres , et devint Ministre d'Etat , er
forsque le 19. Août 1727. il avoit prié le Roi
d'accepter la démission de sa Charge, S.M pour
récompenser ses services , lui avoit accordé une
pension de 20000.
Gilbert d'Hostun de Gadagne , Comte de Verdun , Lieutenant de Roi de la Province du Forès ,
mourut à Paris le 5. de ce mois , dans la 78 année de son âge.
M. Gallot Mandat , Doyen des Conseillers
Clercs du Parlement , Prieur du Prieuré de SaintPierre Decéton , mourut le 6. âgé de 83. ans.
D. Louise-Therese Diane de Bautru de Nogent,
Epouse de Louis Chrétien Darçot , Cointe du
$ Empire, mourut le 6. âgée de 67 ans
D. Marie- Julie de Boorsm , veuve de Alexandre , Marquis de S. Ferveol Montauban , mourur le 10 âgée de 70, ans,
FEVRIER. 1732. ·407
Jean-Claude de la Poype de Vertrieux , Evêque
de Poitiers , est mort depuis peu dans son Diocèse. Il y a plusieurs années que l'Abbé de Foudras,
Comte de Lyon , a été nommé Coadjuteur de
l'Evêché de Poitiers.
Charles d'Hozier , Juge d'Armes de France
Génealogiste des Ecuries du Roy , Chevalier des
Ordres Militaires de S Maurice et de S. Lazare ,
mourut le 13. Fevrier , dans la 92. année de son
âge. Il étoit fils de Pierre d'Hozier , Conseiller
d'Etat , Chevalier de S. Michel , Juge d'Armes
de France , &c.
Jean- Baptiste de' Pomereu , Chevalier , Mar- quis de Riceys , Conseiller d'Etat , mourut le 13.
âgé de 76. ans ou environ.
M. Jean- Baptiste- Thomas Hue de Miromenil , Chanoine de l'Eglise de Paris , Abbé de
S: Urbain , Diocèse de Châlons, mourut le 20 de
ce mois , âgé de 64. ans ou environ.
La Princesse de Conty , seconde Doüairiere ,
Princesse du Sang , mourut à Paris le 22 de Fevrier , à 5. heures et demie du matin , âgée de
66, ans et 21. jours , étant née le premier Fevrier
1666. Cette Princesse , qui se nommoit MarieTherese , étoit fille d'Henry Jules de Bourbon,
Prince de Condé , Premier Prince du Sang , mort
le premier Avril 1709. et d'Anne de Baviere ,
morte le 23. Fevrier 1723. Elle avoit été mariée
le 29. Juin 1688. à François- Louis de Bourbon,
Prince de Conty, mort le 22. Fevrier 17094
qui avoit laissé de ce Mariage Louis Armand de
Bourbon, Prince de Conty, mort le 4. May 1727.
Marie- Anne de Bourbon Conty , premiere femmedu Duc de Bourbon , morte le 21. Mars 1720%-
et Mademoiselle de la Roche- sur-Yon.
⚫ D. Anne de Castras , Epouse de Michel-Jean Bap
408 MERCURE DE FRANCE
4
Baptiste Charon , Marquis de Menars , Earon de
Conflans , Brigadier des Armées du Roi , Gouverneur du Château de Blois &c , accoucha le 26
Decembre d'un fils qui fut nommé Charles- Armand , par Charles Armand de Gontaud , Dac
de Biron, Lieutenant General des Armées du Roi,
Gouverneur de Landau, et par D. Marie- Fran-›
çoise-Therese Charon de Menars de Rozieux.
D. Magdelaine- Catherine Carvel , Epouse de
Charles , Marquis de Loudetot , Brigadier des
Armées du Roi , Colonel du Regiment d'Artois,
Lieutenant de Roi en Picardie , accoucha le 29
d'une fille qui fut nommée Charlote-Magdelaine
par M. Charles- Arnaud de Pomponne , Abbé de
S. Medard de Soissons , Conseiller d'Etat ordinaire , Commandeur des Ordres du Roy &c. et、
par D. Marie Megret , Epoufe de Claude Pellot
Comte de Trevieres , Conseiller au Parlement.
D. Charlotte Rivié , Epouse de Marie du Fresnoy, Chevalier , Marquis de Fresnoy ; accoucha
le 11. de Janvier d'un fils , qui fut tenu sur les
Fonts par M: Thomas Rivié , Conseiller , Secretaire Honoraire du Roy , Baron de Chars ,
par Ď. Marie- Anne Deschiens de la Neuville ,
Epouse de M.Jean- Baptiste Marquis du Fresnoy.
et
D. Marguerite du Temple , Epouse de Barthe- lemi-Nicolas Huault , Seigneur de Bemuy , &c.
Conseiller au Parlement , accoucha le 1r. Jan- vier d'une fille , qui fut nommée Anne , par Pierre Molasque Couray , Chevalier de l'Ordre de
Portugal , Conseiller , Secretaire du Roy , &c. et
parD. Anne- Françoise Diolet , Epouse de Hu- gues de Monteilles, Capitaine d'Infanterie.
D. Louise Thoynard' , Epouse de M. Gilbert
Garpentier, Chevalier , Seigneur de Crecy &c ,. ac
FEVRIER. 1732. 409
accoucha le 22 de ce mois d'un fils qui fut tenu
sur les Fonts par Charles- François de Laubespine,
Chevalier, Seigneur Comte de Laubespine , Cousin du Seigneur de Crecy , et par D. Marie- Françoise de Beauvilliers de S.Aignan , Sœur du Duc
de S. Aignan, Chevalier des Ordres du Roy , Ambassadeur de S. M. à la Cour de Rome , et Mere
du Comte de Laubespine.
D. Marie- Anne Besnard , Epouse de Louis
Gabriel Bazin , Marquis de Besons , Mestre de
Campdu Régiment Dauphin Etranger, Cavalerie,,
Gouverneur des Ville et Citadelle de Cambray,
accoucha le 25. Janvier d'une fille , qui fut nommée Louise-Josephe , par Joseph- Antoine de
Menestrelle de Hauguel, Seigneur de S. Germain,
ancien Capitaine aux Gardes Françoises , et par
D. Louise Magdeleine le Blanc, veuve d'Esprit
Juvenal de Marville , des Ursins , Marquis de Trainel.
Dame Anne Cahouet de Beauvais , Epouse de
M. Germain-Louis de Chauvelin , Garde des
Sceaux de France , Ministre et Secretaire d'Etat ,
Président à Mortier au Parlement , accoucha le
25. Janvier d'une fille qui fut nommée Anne
Sabine Rosalie, par Henry Camille de Beringher,
Chevalier des Ordres et Premier Ecuyer du Roy,
Lieutenant General au Gouvernement de Bourgogne , et Gouverneur des Ville et Citadelle de
Châlons sur Saone , et par D. Marie- Catherine
Anne d'Estrées , veuve de Michel François le Tellier, Marquis de Courtenvaux, Capitaine - Colonel
de la Compagnie des Cent- Suisses de la Garde
ordinaire du Corps du Roy.
D. Jeanne Camus de Pontcarré , Epouse de
Louis- Christophe de la Rochefoucault de Lascaris Marquis d'Urfé , &c. Grand- Baillif de Forès,
Mestre
410 MERCURE DE FRANCE
Mestre de Camp de Cavalerie , accoucha le 174
Fevrier d'une fille, qui fut nommée Agnès-Marie,
Louis Hubert , Comte de Champagne , fils
de feu N.Hubert deChampagne, Comte de Villai .
ne et de D. Magdelaine de Champagne , épouſa le 11 Decembre D. Françoise Judith de Lopride ,
veuve de Jean-François Joubert , Comte de Châ teau-Morant , Lieutenant General des Armées du´
Roi, Grand- Croix de l'Ordre de S. Louis.
Charles-Philippe d'Albett , Duc.de Luynes et
de Chevreuse , Pair de France , veuf de Dame
Louise Jaqueline de Bourbon , Princesse de NeufChatel et de Valangin , Comtesse de Dunois &c.
épousa le 19 Janvier D. Marie Brulart , veuye de
Louis-Jofeph de Bethune, Marquis de Charost :
la célébration fut- faite par M. l'Archevêque de de Paris dans sa Chapelle.
Louis Cesar de la Beaume le Blanc de la ValHere , Duc de Vaujour , Gouverneur et Grand- Senechal en survivance de la Province de Bourbonnois , Colonnel d'Infanterie , fils de Charles.
François de la Beaume le Blanc de la Valliere
Duc de la Valliere , Pair de France , &c. Lieute.
tenant General des Armées du Roy , et de Dame Marie-Therese de Nouailles , épousa le 19. Fcvrier D. Anne Julie de Crussol , fille de Jean
Charles de Crussol , Duc d'Usez , Premier Pais
de France , Gouverneur de Saintonges , et d'Angoumois, Chevalier des Ordres du Roy , et de
D. Anne Marie-Marguerite de Bullion.
Adrien Maurice de Mairault , Ecuyer , Receveur des Décimes du Clergé , épousa le zo. Février Madlle Françoise- Catherine de Villiers, fille
de M. François Beluchau , Ecuyer , Seigneur de
Villiers , Gentilhomme ordinaire du Roy , ve .teran..
FEVRIER 1722. 411
>
Jean-Baptiste-Louis-Frederic de Roye de la Rochefoucault , Marquis de Roussy , Duc de
Damville , Lieutenant General des Galeres , fils
mineur de Louis de Roye de la Rochefoucault ,
Marquis de Roy , Lieutenant General des Galeres , en survivance , et de D. Marthe Du Casse
épousa le 28. du même mois D. Louise-Elizabeth de la Rochefoucault , fille mineure d'Alexandre
Duc de la Rochefoucault et de la Roche- Guyon,
Pair de France , Chevalier des Ordres du Roy
Grand- Maître de sa Garderobe , et de D. Elizabeth-Marie Loüise- Nicole de Bermond du Caylard de Noyras d'Amboise.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En janvier et février 1732, plusieurs événements marquants ont été enregistrés, incluant des décès, des naissances et des mariages. Parmi les décès notables, Dame Magdeleine Vanier, Comtesse de Grignols, est décédée à Paris à l'âge de 80 ans. François de Goulard, Marquis de Lescusson et Brigadier des Armées du Roy, est mort à Paris à l'âge de 106 ans. D. Marguerite de Mechatin, Chanoinesse et Comtesse de Remiremont, a également décédé à l'âge de 96 ans. Charles-Jean-Baptiste Fleuriau, Comte de Morville et Ambassadeur du Roi, est mort à Paris à l'âge de 46 ans. Il avait été Secrétaire d'État et Ministre d'État avant de démissionner en 1727. Gilbert d'Hostun de Gadagne, Comte de Verdun et Lieutenant du Roi de la Province du Forez, est décédé à Paris à l'âge de 78 ans. La Princesse de Conty, seconde douairière et Princesse du Sang, est morte à Paris à l'âge de 66 ans et 21 jours. Plusieurs naissances ont également été mentionnées. D. Anne de Castras a accouché d'un fils nommé Charles-Armand. D. Magdelaine-Catherine Carvel a donné naissance à une fille nommée Charlote-Magdelaine. D. Louise Thoynard a accouché d'un fils. D. Marie-Anne Besnard a eu une fille nommée Louise-Josephe. D. Jeanne Camus de Pontcarré a donné naissance à une fille nommée Agnès-Marie. Concernant les mariages, Louis Hubert, Comte de Champagne, a épousé D. Françoise Judith de Lopride. Charles-Philippe d'Albett, Duc de Luynes, a épousé D. Marie Brulart. Louis Cesar de la Beaume le Blanc de la Valliere, Duc de Vaujour, a épousé D. Anne Julie de Crussol. Adrien Maurice de Mairault a épousé Mademoiselle Françoise-Catherine de Villiers. Jean-Baptiste-Louis-Frédéric de Roye de la Rochefoucault, Marquis de Roussy, a épousé D. Louise-Élisabeth de la Rochefoucault.
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6046
p. 411-413
ARRESTS NOTABLES, &C.
Début :
LETTRES PATENTES DU ROY, du mois de Juillet 1731. en [...]
Mots clefs :
Arrêts, Bestiaux, Chevaux, Marchandises, Rennes
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texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES, &C.
ARRESTS NOTABLES, &c.
LEETTRES PATENTES DU ROY,
du mois de Juillet 173 1. en faveur de la Ville de Rennes.
LOUIS, par la grace de Dieu, Roy de France et
de Navarre; à nos amez et féaux Conseillers, les
gens tenant notre Cour de Parlement de Bretagne , SALUT. Nos amez et feaux les Maires et Echevins de notre Ville de Rennes , nous ont fait
remontrer par Arrêt de notre Conseil du premier Août 1730. nous leur avons permis pour les causes contenues en leur Requête inserée audit Ar- rêt, de faire tenir chaque année par augmentation
-une sixiéme Foire , dont l'ouverture se feroit le
Lundi devant le Dimanche gras de l'année lors
prochaine 1731. qui finiroit le premier Lundy de
Carême , que cette Foire se tiendroit dans la Pla- ce de Ste Anne de ladite Ville en la maniere açcoûtumée pour les Marchandises, seulement ;
дои
412 MERCURE DE FRANCE
nous avons de plus permis qu'il seroit tenu à l'a
venir le Mardy de chaque semaine un Marché de
Chevaux et Bestiaux dans la Place duVieux Cours,
où se tiennent ordinairement les Foires ; que par
un second Arrêt du 22. May dernier , nous avons
ordonné que cette sixiéme Foire seroit à l'instar
des autres Foires cy-devant établies en ladite Ville
de Rennes, qu'elle tiendroit tant pour les Mar- chandises que pour les Chevaux, Boeufs et autres
Bestiaux , sçavoir , pour les Marchandises seulement dans la Place Ste Anne et pour les autres
-Bestiaux dans la Place du Vieux Cours , voulant
au surplus que l'Arrêt de notre Conseil du premier Août 1730. soit executé selon sa forme et
teneur , et que sur les deux Arrêts toutes Lettres
necessaires soient expediées, que lesdits Maíres et Echevins et Habitans nous ont très - humblement
supplié de leur vouloir octroyer. A CES CAUSES,
voulant favorablement traitter les Exposans , de
Pavis de notre Conseil qui a vu lesdits Arrêts
rendus en icelui les premier Août 1730. et 22 .
May de la présente année , cy-attachez sous le
contre- scel de notre Chancellerie, conformément
iceux , nous avons ausdits Exposans permis et
par ces Presentes signées de notre main , permet
tons de faire tenir en ladite Ville chaque année
par augmentation une sixéme Foire dont l'ouverture se fera le Lundy devant le Dimanche gras et
qui finira le premier Lundi de Carême ; avons ordonné et ordonnons que ladite Foire sera à l'instar des autres Foires cy- devant établies en ladite
Ville , qu'elle se tiendra tant pour les Marchandises que pour les Chevaux et Bestiaux ; sçavoir ,
pour les Marchandises seulement dans la Place
-de Ste Anne , et pour les Chevaux , Bœufs et autres Bestiaux dans la Place du Vieux Cours ;
avor
FEVRIER 1732. 413
avons en outre permis et permettons ausdits Exposans par lesdites Présentes signées de notre
main , de faire tenir le mardy de chaque Semaine un Marché de Chevaux , Boeufs et autres Bestiaux dans ladite Place du Vieux Cours , où se
tiennent ordinairement les Foires , &c
LEETTRES PATENTES DU ROY,
du mois de Juillet 173 1. en faveur de la Ville de Rennes.
LOUIS, par la grace de Dieu, Roy de France et
de Navarre; à nos amez et féaux Conseillers, les
gens tenant notre Cour de Parlement de Bretagne , SALUT. Nos amez et feaux les Maires et Echevins de notre Ville de Rennes , nous ont fait
remontrer par Arrêt de notre Conseil du premier Août 1730. nous leur avons permis pour les causes contenues en leur Requête inserée audit Ar- rêt, de faire tenir chaque année par augmentation
-une sixiéme Foire , dont l'ouverture se feroit le
Lundi devant le Dimanche gras de l'année lors
prochaine 1731. qui finiroit le premier Lundy de
Carême , que cette Foire se tiendroit dans la Pla- ce de Ste Anne de ladite Ville en la maniere açcoûtumée pour les Marchandises, seulement ;
дои
412 MERCURE DE FRANCE
nous avons de plus permis qu'il seroit tenu à l'a
venir le Mardy de chaque semaine un Marché de
Chevaux et Bestiaux dans la Place duVieux Cours,
où se tiennent ordinairement les Foires ; que par
un second Arrêt du 22. May dernier , nous avons
ordonné que cette sixiéme Foire seroit à l'instar
des autres Foires cy-devant établies en ladite Ville
de Rennes, qu'elle tiendroit tant pour les Mar- chandises que pour les Chevaux, Boeufs et autres
Bestiaux , sçavoir , pour les Marchandises seulement dans la Place Ste Anne et pour les autres
-Bestiaux dans la Place du Vieux Cours , voulant
au surplus que l'Arrêt de notre Conseil du premier Août 1730. soit executé selon sa forme et
teneur , et que sur les deux Arrêts toutes Lettres
necessaires soient expediées, que lesdits Maíres et Echevins et Habitans nous ont très - humblement
supplié de leur vouloir octroyer. A CES CAUSES,
voulant favorablement traitter les Exposans , de
Pavis de notre Conseil qui a vu lesdits Arrêts
rendus en icelui les premier Août 1730. et 22 .
May de la présente année , cy-attachez sous le
contre- scel de notre Chancellerie, conformément
iceux , nous avons ausdits Exposans permis et
par ces Presentes signées de notre main , permet
tons de faire tenir en ladite Ville chaque année
par augmentation une sixéme Foire dont l'ouverture se fera le Lundy devant le Dimanche gras et
qui finira le premier Lundi de Carême ; avons ordonné et ordonnons que ladite Foire sera à l'instar des autres Foires cy- devant établies en ladite
Ville , qu'elle se tiendra tant pour les Marchandises que pour les Chevaux et Bestiaux ; sçavoir ,
pour les Marchandises seulement dans la Place
-de Ste Anne , et pour les Chevaux , Bœufs et autres Bestiaux dans la Place du Vieux Cours ;
avor
FEVRIER 1732. 413
avons en outre permis et permettons ausdits Exposans par lesdites Présentes signées de notre
main , de faire tenir le mardy de chaque Semaine un Marché de Chevaux , Boeufs et autres Bestiaux dans ladite Place du Vieux Cours , où se
tiennent ordinairement les Foires , &c
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Résumé : ARRESTS NOTABLES, &C.
En juillet 1731, le roi Louis de France et de Navarre a accordé une lettre patente à la ville de Rennes. Les maires et échevins de Rennes avaient sollicité et obtenu l'autorisation d'organiser une sixième foire annuelle. Cette foire débuterait le lundi précédant le dimanche gras de l'année 1731 et se terminerait le premier lundi de Carême. Elle se tiendrait sur la place de Sainte-Anne pour les marchandises et sur la place du Vieux Cours pour les chevaux et autres bestiaux. De plus, un marché hebdomadaire pour les chevaux et bestiaux serait organisé chaque mardi sur la place du Vieux Cours. Ces décisions étaient fondées sur des arrêts du Conseil royal des 1er août 1730 et 22 mai 1731. Le roi a confirmé ces permissions et ordonné l'exécution des arrêts mentionnés.
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6047
p. 413
TABLE.
Début :
PIECES FUGITIVES: Paraphrase du Pseaume: Quare fremuerent gentes, &c. 199. [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
IECES FUGITIVES : Paraphrase du Pleaume :
Quarefremuerunt gentes , &c. · 199 Reflexions sur la Bizarerie de differens usages
&c.
Pluton amoureux. Cantate ,
203 212
Réponse de M. l'Abbé Trublet , au sujet des ReA Mad... Vers ,
Lettre sur le terme d'Adorer , ie.
flexions sur la Politesse , 215
229
Dissertation sur la Comédie , &C. 232
Sonnet a Mlle de la Vigne , 250
251
259
&c. 260
265
Epigramme sur M. Newton
Memoire sur un Train de Carosse inversable ,
Ode de Mile de la Vigne ,
Réponse de M. Meynier , sur le demi Cercle, &c.
Les Fines Eguilles , à Mlle ,
Lettre , au sujet d'un Saint inconnu , &c.
274
294
298
Enigme , Logogryphes , &c. 314 Nouvelles Litteraires des beaux Arts , &c. His
toire des Rois de Chypre , & c. 318
Lettresur la mort de M. de la Morte , 320 L'Argenis de Berclai , &c.. 322
Reflexions diverses , &c.
Livres nouveaux des Païs étrangers , &c.
325
329
His
Histoire de Charles XII . 2e édition ,
Histoire moderne , ou état present de tous les
Peuples du monde , &c,
332
337
Dissertations sur des sujets singuliers , &c. 540
Nouvelle vie des Peintres , Sculpteurs , &c. ibid.
Manuscrits , acquis par le Roy , 341
Estampes nouvelles , 342
Diamans arrivez en Portugal , 344
Spectacles. Lettre écrite de Nimes ,
Stances , &c.
347
350 Le Glorieux , Comédie. Extrait
L'Opera Comique. La Comédie sans hommes,
&c.
Nouvelles Etrangeres de Turquie et Perse , 380
De Russie , d'Allemagne , d'Italie et d'Espagne ,
Morts, Naissances , &c.
382
389
France , nouvelles de la Cour , de Paris , &c. ibid.
355
373
Lettre sur le Jardin du Palais Royal , 39.5
Requête en vers ,
402
Morts, Naissances , Mariages en France , 405
Arrêts notables. Lettres Patentes , 41.1
IECES FUGITIVES : Paraphrase du Pleaume :
Quarefremuerunt gentes , &c. · 199 Reflexions sur la Bizarerie de differens usages
&c.
Pluton amoureux. Cantate ,
203 212
Réponse de M. l'Abbé Trublet , au sujet des ReA Mad... Vers ,
Lettre sur le terme d'Adorer , ie.
flexions sur la Politesse , 215
229
Dissertation sur la Comédie , &C. 232
Sonnet a Mlle de la Vigne , 250
251
259
&c. 260
265
Epigramme sur M. Newton
Memoire sur un Train de Carosse inversable ,
Ode de Mile de la Vigne ,
Réponse de M. Meynier , sur le demi Cercle, &c.
Les Fines Eguilles , à Mlle ,
Lettre , au sujet d'un Saint inconnu , &c.
274
294
298
Enigme , Logogryphes , &c. 314 Nouvelles Litteraires des beaux Arts , &c. His
toire des Rois de Chypre , & c. 318
Lettresur la mort de M. de la Morte , 320 L'Argenis de Berclai , &c.. 322
Reflexions diverses , &c.
Livres nouveaux des Païs étrangers , &c.
325
329
His
Histoire de Charles XII . 2e édition ,
Histoire moderne , ou état present de tous les
Peuples du monde , &c,
332
337
Dissertations sur des sujets singuliers , &c. 540
Nouvelle vie des Peintres , Sculpteurs , &c. ibid.
Manuscrits , acquis par le Roy , 341
Estampes nouvelles , 342
Diamans arrivez en Portugal , 344
Spectacles. Lettre écrite de Nimes ,
Stances , &c.
347
350 Le Glorieux , Comédie. Extrait
L'Opera Comique. La Comédie sans hommes,
&c.
Nouvelles Etrangeres de Turquie et Perse , 380
De Russie , d'Allemagne , d'Italie et d'Espagne ,
Morts, Naissances , &c.
382
389
France , nouvelles de la Cour , de Paris , &c. ibid.
355
373
Lettre sur le Jardin du Palais Royal , 39.5
Requête en vers ,
402
Morts, Naissances , Mariages en France , 405
Arrêts notables. Lettres Patentes , 41.1
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Résumé : TABLE.
Le document présente une table des matières d'une publication diversifiée. Elle inclut des paraphrases, des réflexions sur des usages et des comportements, des poèmes, des lettres, des dissertations, des mémoires, des énigmes, des nouvelles littéraires, des histoires, des lettres sur des événements spécifiques, des réflexions diverses, des livres nouveaux, des manuscrits, des estampes, des spectacles, et des nouvelles étrangères. Parmi les sujets notables figurent des réflexions sur la politesse, une dissertation sur la comédie, des épigrammes, des mémoires techniques, des lettres sur des figures historiques, des énigmes, des nouvelles littéraires, des histoires des rois de Chypre et de Charles XII, des dissertations sur des sujets singuliers, des nouvelles vies de peintres et sculpteurs, des spectacles, et des nouvelles de divers pays. Le document mentionne également des événements tels que des morts, des naissances, et des mariages en France, ainsi que des arrêts notables et des lettres patentes.
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6048
s. p.
Errata de Janvier 1732.
Début :
Errata de Janvier 1732. Page 43 ligne 24. au Monastere , lisez [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata de Janvier 1732.
Errata de Janvier 173 2.
Page 43 ligne 24. au Monastere , lisex aux Mog
nasteres.
Page 43 ligne 24. au Monastere , lisex aux Mog
nasteres.
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6049
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 210. ligne 9. nud, lisez nuës. Pag. 224. lig. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Page 210. ligne 9. nud , lisez nuës.
Pag. 224. lig. 13. le terme , lis. ces termes,
Pag. 260. lig. 3. plus , ôtez ce mot.
Pag. 282. lig. 6. sa , lis. la.
Pag. 285. lig. 39. et ,
lis. ce.
Pag. 342. lig. 16. ses freres , lis. ses fris.
Page 210. ligne 9. nud , lisez nuës.
Pag. 224. lig. 13. le terme , lis. ces termes,
Pag. 260. lig. 3. plus , ôtez ce mot.
Pag. 282. lig. 6. sa , lis. la.
Pag. 285. lig. 39. et ,
lis. ce.
Pag. 342. lig. 16. ses freres , lis. ses fris.
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