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5451
p. 762-763
NOUVEAU MEMOIRE du Sieur de la Gache, sur le Mouvement perpetuel, &c.
Début :
Il a été parlé dans le Mercure de France du [...]
Mots clefs :
Mouvement perpétuel, Instrument mathématique, Quadrature, Cercles, Modèle, Pesanteur, Machine, Société royale des arts mécaniques
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texteReconnaissance textuelle : NOUVEAU MEMOIRE du Sieur de la Gache, sur le Mouvement perpetuel, &c.
NOUVEAU MEMOIRE du Sieur de
la Gache, fur le Mouvement perpetuel, &c.
Il a été parlé dans le Mercure de France da
mois de Juillet 1730. d'un instrument de Mathématique
, déja annoncé dans les Mercures de
Mars et Novembre 1729. avec lequel on trouve
sur le champ la quadrature de toute sorte de
cercles , les jeaugeages de toute sorte de tonneaux
et cubes , et encore la racine quarrée de toute sorte
de plombs et figures Géométriques ; cet instrument
f
AVRIL. 1731. 753
trument étant marqué de toutes les mesures ne
cessaires pour les operations qu'on vient de dire.
Le même Mercure de Juillet 1730. parle aussi
d'une idée du mouvement perpetuel, du même Auteur
, laquelle ayant été examinée à Paris , plusieurs
connoisseurs ont jugé qu'on ne pouvoit
bien trouver le mouvement perpetuel que par ce
principe.
Depuis ce temps-là l'Auteur a fait un nouveau
modele à peu près sur le même principe , mais l'execution
en est beaucoup plus facile, il n'y a point
de chambres comme au premier,il est plus simple
et plus naturel , puisqu'il n'y a pas de frottement
même des deux pivots , et que les chutes des pesanteurs
, ou des leviers s'en font comme des boules
, qui tombent d'enhaut l'une sur l'autre de fortprès
, et remontent par leur centre , pour redescendre
continuellement par la circonference ou
l'extrémité du cercle , et donner ainsi le mouve,
ment à toute la machine.
L'Auteur offre d'envoyer à Paris ce nouveau
modele de mouvement perpetuel à MM . de la
Societé Royale des Arts Mechaniques , pour
P'examiner et en faire l'expérience , esperant de
leur présenter encore les autres découvertes qu'il
a ci-devant faites. Il n'y a point d'artiste , habile
et curieux, qui ne se fasse un plaisir d'executer ce
dernier mouvement , il n'y aura que de la justesse
à observer. Le modele en question est de
cuivre , et n'a que cinq pouces de diametre , les
boules d'étain sont plates , et l'arbre ou livots
surquoi la machine tourne , d'acier. Le tout ne
pese pas plus de trois ou quatre livres. Signé ,
LA GACH E.
la Gache, fur le Mouvement perpetuel, &c.
Il a été parlé dans le Mercure de France da
mois de Juillet 1730. d'un instrument de Mathématique
, déja annoncé dans les Mercures de
Mars et Novembre 1729. avec lequel on trouve
sur le champ la quadrature de toute sorte de
cercles , les jeaugeages de toute sorte de tonneaux
et cubes , et encore la racine quarrée de toute sorte
de plombs et figures Géométriques ; cet instrument
f
AVRIL. 1731. 753
trument étant marqué de toutes les mesures ne
cessaires pour les operations qu'on vient de dire.
Le même Mercure de Juillet 1730. parle aussi
d'une idée du mouvement perpetuel, du même Auteur
, laquelle ayant été examinée à Paris , plusieurs
connoisseurs ont jugé qu'on ne pouvoit
bien trouver le mouvement perpetuel que par ce
principe.
Depuis ce temps-là l'Auteur a fait un nouveau
modele à peu près sur le même principe , mais l'execution
en est beaucoup plus facile, il n'y a point
de chambres comme au premier,il est plus simple
et plus naturel , puisqu'il n'y a pas de frottement
même des deux pivots , et que les chutes des pesanteurs
, ou des leviers s'en font comme des boules
, qui tombent d'enhaut l'une sur l'autre de fortprès
, et remontent par leur centre , pour redescendre
continuellement par la circonference ou
l'extrémité du cercle , et donner ainsi le mouve,
ment à toute la machine.
L'Auteur offre d'envoyer à Paris ce nouveau
modele de mouvement perpetuel à MM . de la
Societé Royale des Arts Mechaniques , pour
P'examiner et en faire l'expérience , esperant de
leur présenter encore les autres découvertes qu'il
a ci-devant faites. Il n'y a point d'artiste , habile
et curieux, qui ne se fasse un plaisir d'executer ce
dernier mouvement , il n'y aura que de la justesse
à observer. Le modele en question est de
cuivre , et n'a que cinq pouces de diametre , les
boules d'étain sont plates , et l'arbre ou livots
surquoi la machine tourne , d'acier. Le tout ne
pese pas plus de trois ou quatre livres. Signé ,
LA GACH E.
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Résumé : NOUVEAU MEMOIRE du Sieur de la Gache, sur le Mouvement perpetuel, &c.
Le mémoire du Sieur de la Gache, publié dans le Mercure de France de juillet 1730, présente deux inventions. La première est un instrument mathématique capable de déterminer la quadrature des cercles, le jaugeage des tonneaux et des cubes, ainsi que la racine carrée de diverses figures géométriques. Cet instrument est équipé de toutes les mesures nécessaires pour ces opérations. La seconde invention concerne une idée de mouvement perpétuel. Après un examen à Paris, des experts ont jugé ce principe prometteur. L'auteur a depuis créé un nouveau modèle plus simple, sans chambres ni frottement des pivots. Les poids ou leviers fonctionnent comme des boules tombant les unes sur les autres et remontant par leur centre pour redescendre continuellement. L'auteur propose d'envoyer ce modèle à la Société Royale des Arts Mechaniques à Paris pour examen. Le modèle, en cuivre, mesure cinq pouces de diamètre et pèse entre trois et quatre livres. Les boules sont en étain et l'arbre sur lequel la machine tourne est en acier. L'auteur espère que les artistes habiles et curieux trouveront plaisir à exécuter ce mouvement perpétuel.
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5452
p. 763-764
Tableaux en petit point, [titre d'après la table]
Début :
Le Sieur Tessier, connu pour les Portraits au petit point [...]
Mots clefs :
Portraits, Société des arts, Tableaux, Aiguille, Curieux, Paris
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texteReconnaissance textuelle : Tableaux en petit point, [titre d'après la table]
A Amiens le 9. Fevrier 1731 .
Le Sicur Tessier , connu pour les Portraits au
рем
764 MERCURE DE FRANCE
petit point , vient de donner de nouvelles preuves
de son habileté , et du goût qu'il a toûjours eu
pour ces sortes d'Ouvrages , par deux morceaux
qu'il a présenté à la Societé des Arts , de laquelle
il a l'honneur d'être Membre.
L'approbation que cette Compagnie lui en a
donnée , fera connoître le mérite de cet Ouvrage.
t :
Ce jourd'hui le Sieur Tessier , Peintre & Tapissier
, Associé en la Classe des Arts de
goût de ladite Societé , a présenté à la Compagnie
deux Tableaux enpetit point , représentant
le Roi & la Reine en Buste , de grandeur naturelle
, lesquels ont parû être executez avec une
grande régularité ; l'aiguille y afondu les nuan
ces des laines avec la même harmonie que le
pinceau méle & réunit les couleurs , la Societé
a jugé que ces fortes d'Ouvrages feroient plaifir
aux amateurs des beaux Arts & aux personnes
de goûts en consequence & pour faire cennoitre
le mérite & le talent admirable du Sieur
Tessier , elle a trouvé à propos de lui délivrer
le présent Extrait , à Paris ce 28. Novembre
1730.
Le Sieur Tessier a lieu d'esperer que les Curieux
s'adresseront à lui pour faire fabriquer ce
dont ils auront besoin en ce Genre . Il a actuelle
lement chez lui le Portrait du Roi et de la Reiné ,
une Vierge et une Madeleine , d'après M. le
Brun.
Sa demeure est sur le Pont Notre- Dame , près
la Pompe au Tapis de Turquie , à Paris .
Le Sicur Tessier , connu pour les Portraits au
рем
764 MERCURE DE FRANCE
petit point , vient de donner de nouvelles preuves
de son habileté , et du goût qu'il a toûjours eu
pour ces sortes d'Ouvrages , par deux morceaux
qu'il a présenté à la Societé des Arts , de laquelle
il a l'honneur d'être Membre.
L'approbation que cette Compagnie lui en a
donnée , fera connoître le mérite de cet Ouvrage.
t :
Ce jourd'hui le Sieur Tessier , Peintre & Tapissier
, Associé en la Classe des Arts de
goût de ladite Societé , a présenté à la Compagnie
deux Tableaux enpetit point , représentant
le Roi & la Reine en Buste , de grandeur naturelle
, lesquels ont parû être executez avec une
grande régularité ; l'aiguille y afondu les nuan
ces des laines avec la même harmonie que le
pinceau méle & réunit les couleurs , la Societé
a jugé que ces fortes d'Ouvrages feroient plaifir
aux amateurs des beaux Arts & aux personnes
de goûts en consequence & pour faire cennoitre
le mérite & le talent admirable du Sieur
Tessier , elle a trouvé à propos de lui délivrer
le présent Extrait , à Paris ce 28. Novembre
1730.
Le Sieur Tessier a lieu d'esperer que les Curieux
s'adresseront à lui pour faire fabriquer ce
dont ils auront besoin en ce Genre . Il a actuelle
lement chez lui le Portrait du Roi et de la Reiné ,
une Vierge et une Madeleine , d'après M. le
Brun.
Sa demeure est sur le Pont Notre- Dame , près
la Pompe au Tapis de Turquie , à Paris .
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Résumé : Tableaux en petit point, [titre d'après la table]
Le 9 février 1731, à Amiens, le Sieur Tessier, connu pour ses portraits au petit point, a présenté deux tableaux à la Société des Arts. Ces œuvres représentent le Roi et la Reine en buste, de grandeur naturelle, et ont été exécutées avec une grande régularité. L'aiguille y fond les nuances des laines de manière harmonieuse, comparable à l'utilisation du pinceau. La Société des Arts a reconnu le mérite et le talent de Tessier en délivrant un extrait le 28 novembre 1730. Tessier espère recevoir des commandes similaires. Il possède également les portraits du Roi et de la Reine, ainsi qu'une Vierge et une Madeleine, d'après M. le Brun. Sa demeure est située sur le Pont Notre-Dame, près de la Pompe au Tapis de Turquie, à Paris.
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5453
p. 764-765
Lanternes de Réflexion, [titre d'après la table]
Début :
Le Sieur Boulangé, Maître et Marchand Doreur à Paris, demeurant [...]
Mots clefs :
Lanterne de réflexion, Académie des sciences, Martinique, Gouverneur, Intendant, Commerce, Académie de musique, Arts
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texteReconnaissance textuelle : Lanternes de Réflexion, [titre d'après la table]
Le Sieur Boulangé , Maître et Marchand Doreur
à Paris , demeurant , au milieu de la ruë
de la Verrerie , à l'enseigne du S. Esprit
Nous prie de donner avis que c'est lui qui le pre-
>
mier
AVRIL. 1731. 765
mier a trouvé le secret d'une Lanterne de réflexion
qui éclaire de plusieurs côtés , et d'un calibre
plus correct , et meilleur que celles qui ont paru
jusqu'à present , même approuvé par MM . de
de l'Académie des Sciences.
Il dit aussi avoir le premier trouvé le secret de
la faire éclairer sur le derriere , de façon qu'une
personne en Carosse ou en Chaise peut lire , sans
que la clarté l'offusque , et toutes celles qu'il
vend sont marquées au bord du dedans , des lettres
G. B. et d'un S. Esprit Couronné.
On écrit du Fort S. Pierre , que l'Isle Martinique
, la plus ancienne et la plus peuplée des Isles
Françoises, se pollit tout les jours davantage ; que
les belles manieres de M. le Marquis de Champigny,
Gouverneur , et de celles de M. d'Orgeville,
Intendant , n'y ont pas peu contribué ; surtout
depuis que ce dernier ayant fixé son séjour au
Fort S. Pierre , y a non- seulement facilité les affaires
de Commerce , par son exacte diligence à
prévenir , ou à terminer les differends inévitables
dans un trafic aussi considerable que celui qui s'y
fait , mais encore il y a réuni les esprits , par la
douceur de son caractere , en leur procurant certains
amusemens necessaires à la Societé civile.
On vient d'y établir une Académie de Musique
composé de cent des Principaux Habitans de S.
Pierre ; cette Academie , formée sur le modele de
celles de France , s'assemble deux fois la semaine ;
les voix et les instrumens de toutes especes , et en
grand nombre, y donnent un plaisir qui se feroit
rechercher dans les plus belles Provinces de l'Europe.
Il semble que l'amour des Arts et des Let´
tres ait passé aux Isles avec M. d'Orgeville,
à Paris , demeurant , au milieu de la ruë
de la Verrerie , à l'enseigne du S. Esprit
Nous prie de donner avis que c'est lui qui le pre-
>
mier
AVRIL. 1731. 765
mier a trouvé le secret d'une Lanterne de réflexion
qui éclaire de plusieurs côtés , et d'un calibre
plus correct , et meilleur que celles qui ont paru
jusqu'à present , même approuvé par MM . de
de l'Académie des Sciences.
Il dit aussi avoir le premier trouvé le secret de
la faire éclairer sur le derriere , de façon qu'une
personne en Carosse ou en Chaise peut lire , sans
que la clarté l'offusque , et toutes celles qu'il
vend sont marquées au bord du dedans , des lettres
G. B. et d'un S. Esprit Couronné.
On écrit du Fort S. Pierre , que l'Isle Martinique
, la plus ancienne et la plus peuplée des Isles
Françoises, se pollit tout les jours davantage ; que
les belles manieres de M. le Marquis de Champigny,
Gouverneur , et de celles de M. d'Orgeville,
Intendant , n'y ont pas peu contribué ; surtout
depuis que ce dernier ayant fixé son séjour au
Fort S. Pierre , y a non- seulement facilité les affaires
de Commerce , par son exacte diligence à
prévenir , ou à terminer les differends inévitables
dans un trafic aussi considerable que celui qui s'y
fait , mais encore il y a réuni les esprits , par la
douceur de son caractere , en leur procurant certains
amusemens necessaires à la Societé civile.
On vient d'y établir une Académie de Musique
composé de cent des Principaux Habitans de S.
Pierre ; cette Academie , formée sur le modele de
celles de France , s'assemble deux fois la semaine ;
les voix et les instrumens de toutes especes , et en
grand nombre, y donnent un plaisir qui se feroit
rechercher dans les plus belles Provinces de l'Europe.
Il semble que l'amour des Arts et des Let´
tres ait passé aux Isles avec M. d'Orgeville,
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Résumé : Lanternes de Réflexion, [titre d'après la table]
Le document traite de deux sujets principaux. Premièrement, il présente le Sieur Boulangé, maître et marchand doreur à Paris, résidant rue de la Verrerie à l'enseigne du Saint-Esprit. Boulangé a découvert le secret d'une lanterne de réflexion innovante, approuvée par l'Académie des Sciences, qui éclaire de plusieurs côtés et permet de lire sans être ébloui, notamment en carrosse ou en chaise. Ses lanternes sont marquées des lettres 'G.B.' et d'un Saint-Esprit couronné. Deuxièmement, le texte rapporte des nouvelles de l'île de la Martinique, la plus ancienne et la plus peuplée des îles françaises. Les mœurs de l'île s'améliorent grâce à l'influence de M. le Marquis de Champigny, gouverneur, et de M. d'Orgeville, intendant. Ce dernier, résidant au Fort Saint-Pierre, a facilité les affaires commerciales et réuni les esprits par la douceur de son caractère et en procurant des amusements nécessaires à la société civile. Une Académie de Musique, composée de cent principaux habitants de Saint-Pierre, a été établie sur le modèle des académies françaises. Elle se réunit deux fois par semaine et offre des plaisirs musicaux comparables à ceux des plus belles provinces d'Europe. L'amour des arts et des lettres semble avoir été introduit aux îles par M. d'Orgeville.
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5454
p. 768-771
« Le Mardi 3. de ce mois, les Comédiens François ouvrirent [...] »
Début :
Le Mardi 3. de ce mois, les Comédiens François ouvrirent [...]
Mots clefs :
Comédiens-Français, Comédie en vers, Rime, Tragédie, Comédiens-Italiens, Londres, Académie royale de musique
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texteReconnaissance textuelle : « Le Mardi 3. de ce mois, les Comédiens François ouvrirent [...] »
SPECTACLE S.
E Mardi 3. de ce mois , les Comédiens
François ouvrirent leur Theatre
par la Tragedie de Polyeucte , qui fut
suivie de la Comedie d'Alcibiade. Le
Sieur de Montemenil fit un compliment
au Public qui fut fort bien reçu .
Quelques jours après ils remirent au
theatre la Comédie en vers , et en trois
Actes , de l'Ecole des Amans de M. Joli ,
qu'on revoit avec un extrême plaisir ; car
outre que c'est un très bon ouvrage ,
dont les honnêtes, gens et les gens d'esprit
et de goût font beaucoup de cas ,
on peut dire que cette piece est jouée dans
la plus grande perfection . Le Sieur Quinaut
y joue le principal rôle , et le Sieur
de Grandval celui de son rival . Les
Diles Labat et Quinaut y remplis
sent ceux de la Maîtresse et de la Gouvernante
, et les Sieurs Poisson et Montmenil
, joüent les deux valets.
Il vient de paroître une nouvelle edition
de cette Piece , chez Chaubert , Quai
des Augustins , qui doit faire honneur
au Libraire non seulement la correction
, mais par la beauté du papier
, par
ct
AVRIL. 1731. 769
+
et par la netteté des caracteres .
On apprend dans l'avertissement que
M. Joly , auteur de cette excellente Piece
, a non seulement refondu plusieurs
vers , mais encore rétabli des rimes qui
n'étoient pas exactes. Je sçai , dit- il , que
de celebres Poëtes modernes se croyent en
droit de regarder la rime comme un vain
ornement dont notre Poësie peut se pas
ser , ou plutôt comme une servitude incommode
, dont il sied bien à des esprits
superieurs de secouer le joug : présomption
qui seule les affranchit d'une
regle que nos plus grands Maîtres ont respectée.
Pour moi j'ai suivi autant qu'il
m'a été possible , l'exemple de ceux- ci ,
étant bien persuadé qu'un Auteur dont
les Ouvrages ne sont pas sans défauts ,
doit du moins faire ensorte qu'on ne puisse
pas lui reprocher la négligence ou la
singularité.
C
>
Le 14. Les mêmes Comédiens remirent
au Theatre la Tragedie de Saul ,
de M. l'Abbé Nadal , qui eut un fort
grand succez dans sa nouveauté il y a
25. ans , elle n'en a pas moins aujourd'hui.
Le Sieur Dufresne y joüe le principal
rôle. La Dlle Balicour y remplit
celui de la Pythonisse.
Le 3: Avril les Comédiens Italiens
G firent
770 MERCURE DE FRANCE
firent l'ouverture de leur Theatre par
la Comédie de Timon le Misantrope , avec
tous ses agrémens , elle fut suivie de la
petite Piece de l'Isle des Efclaves. Le
Sieur Sticotti fit le compliment qu'on
fait ordinairement toutes les années à la
rentrée du Theatre.
Le 7. ils représenterent à la Cour la
-Double Inconftance , et Arlequin poli par
l'Amour , et le 21. Arlequin Sauvage et
l'Isle des Efclaves.
Le : 11. ils remirent au Théatre le
Trefor fuppofe , Comédie en trois actes ,
avec dés divertissemens , joüée dans sa
nouveauté en Fevrier 1720 .
>
On a représenté à Londres sur les Thea
tres de Drury- Lane et de Lincolns-
Infields , deux Comedies nouvelles , intitulées
le Reffentiment des femmes , et La
Femme Campagnarde .
Le 3. Avril l'Académie Royale de Musique
donna pour l'ouverture du Thea
tre une représentation de Phaeton avec
un très grand concours ; il paroît que
le public ne se lasse point de revoir
ce magnifique Opera.
Le 12. on donna une représentation
de Thesée pour les Acteurs , comme cela
se pratique toutes les années ; la Die.Camargo
AVR FL. 1731 .
77¹
margo , les Sieurs Blondi et Dumoulins
danserent le pas de Trois à la fin de la Piece
, qui fait toûjours beaucoup de plaisir.
E Mardi 3. de ce mois , les Comédiens
François ouvrirent leur Theatre
par la Tragedie de Polyeucte , qui fut
suivie de la Comedie d'Alcibiade. Le
Sieur de Montemenil fit un compliment
au Public qui fut fort bien reçu .
Quelques jours après ils remirent au
theatre la Comédie en vers , et en trois
Actes , de l'Ecole des Amans de M. Joli ,
qu'on revoit avec un extrême plaisir ; car
outre que c'est un très bon ouvrage ,
dont les honnêtes, gens et les gens d'esprit
et de goût font beaucoup de cas ,
on peut dire que cette piece est jouée dans
la plus grande perfection . Le Sieur Quinaut
y joue le principal rôle , et le Sieur
de Grandval celui de son rival . Les
Diles Labat et Quinaut y remplis
sent ceux de la Maîtresse et de la Gouvernante
, et les Sieurs Poisson et Montmenil
, joüent les deux valets.
Il vient de paroître une nouvelle edition
de cette Piece , chez Chaubert , Quai
des Augustins , qui doit faire honneur
au Libraire non seulement la correction
, mais par la beauté du papier
, par
ct
AVRIL. 1731. 769
+
et par la netteté des caracteres .
On apprend dans l'avertissement que
M. Joly , auteur de cette excellente Piece
, a non seulement refondu plusieurs
vers , mais encore rétabli des rimes qui
n'étoient pas exactes. Je sçai , dit- il , que
de celebres Poëtes modernes se croyent en
droit de regarder la rime comme un vain
ornement dont notre Poësie peut se pas
ser , ou plutôt comme une servitude incommode
, dont il sied bien à des esprits
superieurs de secouer le joug : présomption
qui seule les affranchit d'une
regle que nos plus grands Maîtres ont respectée.
Pour moi j'ai suivi autant qu'il
m'a été possible , l'exemple de ceux- ci ,
étant bien persuadé qu'un Auteur dont
les Ouvrages ne sont pas sans défauts ,
doit du moins faire ensorte qu'on ne puisse
pas lui reprocher la négligence ou la
singularité.
C
>
Le 14. Les mêmes Comédiens remirent
au Theatre la Tragedie de Saul ,
de M. l'Abbé Nadal , qui eut un fort
grand succez dans sa nouveauté il y a
25. ans , elle n'en a pas moins aujourd'hui.
Le Sieur Dufresne y joüe le principal
rôle. La Dlle Balicour y remplit
celui de la Pythonisse.
Le 3: Avril les Comédiens Italiens
G firent
770 MERCURE DE FRANCE
firent l'ouverture de leur Theatre par
la Comédie de Timon le Misantrope , avec
tous ses agrémens , elle fut suivie de la
petite Piece de l'Isle des Efclaves. Le
Sieur Sticotti fit le compliment qu'on
fait ordinairement toutes les années à la
rentrée du Theatre.
Le 7. ils représenterent à la Cour la
-Double Inconftance , et Arlequin poli par
l'Amour , et le 21. Arlequin Sauvage et
l'Isle des Efclaves.
Le : 11. ils remirent au Théatre le
Trefor fuppofe , Comédie en trois actes ,
avec dés divertissemens , joüée dans sa
nouveauté en Fevrier 1720 .
>
On a représenté à Londres sur les Thea
tres de Drury- Lane et de Lincolns-
Infields , deux Comedies nouvelles , intitulées
le Reffentiment des femmes , et La
Femme Campagnarde .
Le 3. Avril l'Académie Royale de Musique
donna pour l'ouverture du Thea
tre une représentation de Phaeton avec
un très grand concours ; il paroît que
le public ne se lasse point de revoir
ce magnifique Opera.
Le 12. on donna une représentation
de Thesée pour les Acteurs , comme cela
se pratique toutes les années ; la Die.Camargo
AVR FL. 1731 .
77¹
margo , les Sieurs Blondi et Dumoulins
danserent le pas de Trois à la fin de la Piece
, qui fait toûjours beaucoup de plaisir.
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Résumé : « Le Mardi 3. de ce mois, les Comédiens François ouvrirent [...] »
Le 3 avril 1731, les Comédiens Français inaugurèrent leur théâtre avec la tragédie 'Polyeucte' et la comédie 'Alcibiade'. Le Sieur de Montemenil reçut un accueil favorable pour son compliment. Quelques jours plus tard, ils reprirent 'L'École des Amants' de M. Joly, avec les rôles principaux interprétés par le Sieur Quinaut et le Sieur de Grandval. Une nouvelle édition de cette pièce, corrigée et améliorée, fut publiée chez Chaubert. Le 14 avril, ils jouèrent la tragédie 'Saul' de l'Abbé Nadal, avec le Sieur Dufresne et la Dame Balicour dans les rôles principaux. Le même jour, les Comédiens Italiens ouvrirent leur théâtre avec 'Timon le Misantrope' et 'L'Île des Esclaves'. Les 7 et 21 avril, ils représentèrent respectivement 'La Double Inconstance' et 'Arlequin Sauvage'. Le 11 avril, ils reprirent 'Le Trésor supposé'. À Londres, deux nouvelles comédies, 'Le Ressentiment des femmes' et 'La Femme Campagnarde', furent jouées sur les théâtres de Drury Lane et de Lincoln's Inn Fields. L'Académie Royale de Musique donna une représentation de 'Phaéton' le 3 avril et joua 'Thésée' le 12 avril, avec des danses des Sieurs Blondi et Dumoulins et de la Dame Camargo.
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5455
p. 771-779
Idomenée, Opera remis , Extrait. [titre d'après la table]
Début :
Le 5. Avril on donne la Tragédie d'Idomenée, qui [...]
Mots clefs :
Tragédie, Prologue, Symphonie, Vénus, Dieux, Outrages, Jalousie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Idomenée, Opera remis , Extrait. [titre d'après la table]
Le s . Avril on donna la Tragedie
d'Idomenée , qui avoit été donnée dans sa
-nouveauté le 1 2. Janvier 1712. Le Poëme
est de M. Danchet , et la Musique de
M. Campra.
Au Prologue le Théatre représente les
Antres d'Eole ; ce Dieu y paroît au milieu
des vents , qui sont enchaînés à des
rochers. Ils veulent sortir de leurs prisons
; Eole les y retient malgré eux. Venus
annoncée par une douce symphonie ,
se présente à Eole , et lui parle ainsi :
Un vainqueur des Troyens fend la liquide plaine
;
Des rives de la Créte écarte ses vaisseaux ;
Ordonne aux Aquillons de soulever les eaux
Et de servir ma juste haine.
Eole.
Brisez vos fers ; pártez , vents orageux ;
De la Mere d'Amour allez remplir les voeux.
Les Aquilions sortent des Antres où ils
étoient renfermez , et s'élancent dans les
airs pour aller servir la haine de Venus.
Gij La
772 MERCURE
DE FRANCE
La fête de ce prologue est ordonnée
par Venus : en voici le motif.
Je vai remplir ta Cour
Des Nymphes et des Dieux soumis à ma puissance
;
Tandis que tes sujets exercent ma vengeance ,
Les miens viendront t'offrir les charmes de l'Amour.
?
les Plaisirs Venus appelle l'Amour
et les Jeux. Ce prologue a paru d'autant
plus heureusement imaginé, qu'ilannonce
la Tragedie,
Au premier Acte , le Théatre représente
le magnifique Palais des Rois de Crete,
Ilione , fille d'Agamemnon
, Roy d'Argos
et de Mycene , ouvre la Scene. Elle
fait connoître qu'elle est arrivée en Crete
dans un seul vaisseau que la tempête avoit
séparé de la flotte d'Idomenée ; elle ajoûte
qu'elle a méprisé l'amour de ce Roi , mais
qu'elle n'a pas été aussi insensible à celui
d'Idamante son fils qui ignore encore sa
victoire ; elle appelle la gloire et la fierté
à son secours,
Idamante ordonne à sa suite d'assembler
les Troyens ; il dit à Ilione qu'il est
rassuré sur le sort de son Pere que Minerve
a protegé contre la fureur de Neptune
; il lui annonce qu'il va délivrer les
Troyens
1
AVRIL: 1731. 773
Troyens en attendant le retour du Roi ,
persuadé qu'il les auroit lui-même remis.
en liberté , si les vents lui avoient permis
d'aborder en Créte ; il fui déclare son
amour ; elle en 'paroît offensée ; il lui réproche
l'injustice quelle a de vouloir pu
nir en lui ce qui n'est que le crime des
Dieux , ennemis des Troyens. Les Crétois
et les Troyens font le divertissement
de ce premier Acte ; on brise les chaînes
de ces derniers.
Arbas vient troubler la fête par une
fausse nouvelle de la mort d'Idomenée
qu'il annonce comme certaine . Electre qui
survient trouve fort étrange qu'on ait remis
les Troyens en liberté. Cette Princesse
Grecque , ne doutant point que cette
liberté ne soit l'ouvrage de l'amour d'Idamante
pour Ilione , s'abandonne à sa
jalouse rage, et ne respire que vengeance.
Au second Acte , le Théatre représente
les bords de la mer agitée par une tempê
te affreuse ; tout le fond est rempli de
vaisseaux qui ont fait ou qui vont faire
naufrage. Un choeur de Peuples prêts à
périr , ouvre la scene par ces deux vers :
O Dieux , ô justes Dieux , donnez -nous du se
cours' ;
Les vents , les mers , le ciel , tout menace nes
jours
Ciij Neptun
774 MERGURE DE FRANCE
Neptune sort de la mer , et dit à Idomenée
Ne crains plus les outrages
Des flots et des vents ennemis ;
Mais offre moi sur ces rivages
L'hommage que tu m'as promis.
Idomenée fait entendre à Arcas , qui
s'est sauvé du naufrage comme lui , le
funeste voeu qu'il a fait à Neptune ; voici
comme il s'explique :
Dans l'horreur du naufrage ,
Pour ravir à la mort mes sujets allarmés ,
Apprens les voeux que j'ai formés.
Voeux indiscrets , trop tard vous troublez mon
courage ;
Si Neptune en courroux faisoit cesser l'orage ,
J'ai promis d'immoler le premier des humains
Que je verrai sur le rivage.
Dans le sang innocent dois-je tremper res
mains.
Il voit paroître sa victime ; c'est son
propre fils qu'il ne connoît pas › attendu
la longueur du siege de Troye. Idamante
qui ne peut pas non plus le connoître , et
qui le prend pour un de ces malheureux
qui viennent de faire naufrave , lui offre
genereusement son secours ; la Scene est
trésAVRIL.
1731. 773
très -touchante de part et d'autre, et menagée
avec beaucoup d'art jusqu'au moment
de la reconnoissance. Idomenée saisi
d'horreur et accablé de tristesse , dit à
son fils qui le veut suivre,pour sçavoir ce
qui l'oblige à se refuser à ses embrassemens
:
Gårdez Vous de me suivre.
Pourquoi m'avez vous vû ? craignez de me revoir.
Idamante ne laisse pas de marcher sur
ses pas. Electre qui arrive croi qu'il la fuit;
elle implore Venus . La Déesse fait entendre
à Electre qu'elle va la vanger. Venus
évoque la jalousie qui vient avec sa suite ,
et fait la fête de ce second Acte , qui finit
par ces vers que Venus adresse à la jalousie.
Au coeur d'Idomenée inspirez la terreur
Contre son propre Fils allumez sa fureur,
La décoration du troisiéme Acte représente
le Port de Sydonie,
Idomenée ne se peut résoudre à donner
à Neptune la victime qu'il lui a promise
; de la tendresse de Pere , il passe
à la fureur d'un rival ; la liberté que son
fils a rendue aux Troyens lui persuade
qu'il aime Ilione , Arcas lui conseille d'éloigner
ce Prince ; Idomenće prend ce
G iiij parti ;
776 MERCURE DE FRANCE
parti ; Arcas par ses ordres va tout prépa
rer pour le départ d'Idamante qui selon
ce nouveau projet doit conduire Electre
à Argos et la vanger d'Egyste qui a usurpé
sur elle le thrône de ses yeux.
Ilione vient ; Idomenée la veut fuir
mais il demeure malgré lui ; il n'apprend
que trop ce qu'il avoit voulu ignorer , il
fait entendre à Ilione qu'elle a tout à craindre
pour son Amant , qui n'a pas besoin
pour périt du nom odieux de Rival .
>
Electre vient remercier Idomenée du
secours qu'il lui offre contre ses tyrans
Idomenée la quitte en lui disant que son
fils s'est chargé de la conduire et de la
vanger. Electre s'abandonne à sa joye ; les
Matelots grecs et tous ceux qui doivent
suivre cette Princesse viennent celebrer
leur retour dans leur Patrie après la fête ,
Prothée sort du fond des flots et annonce
à Idamenée la vengeance de Neptune
prête à tomber sur lui pour le punir de
son parjure ; l'orage empêche Electre de
partir ; Idomenée proteste qu'il n'immo .
lera jamais la victime que Neptune lui
demande . Un Monstre sorti de la mer ,
commence la vengeance de ce Dieu irrité.
Au quatriéme Acte , le Theatre représente
une campagne agréable , et dans l'éloignement
le Temple de Neptune.
Ilione
AVRIL. 1731. 777
Ilione fait des imprécations contre les
Crétois, et prie les Dieux de les faire tous
périr par le monstre ; son amour lui fait
excepter Idamante qui veut le combattre.
Idamanre vient faire ses derniers adieut
à Ilione , ne doutant point qu'il ne périsse
dans le projet que son désespoir lui fait
entreprendre ; le péril où ce Prince va
s'exposer , par la seule raison qu'il est
odieux à sa chere Ilione , détermine cette
Princesse à rompre un trop long silence
, et à déclarer son amour ; elle apprend
à son Amant qu'il a un rival re- .
doutable ; Idamante reconnoît par-là que
c'est le Roi.
Idomenée vient offrir un sacrifice à
Neptune ; il éloigne son fils du Temple
de ce Dieu , sans lui déclarer le funeste
voeu qu'il a fait.
Après cette premiere fête , qui consiste
en des hymnes chantez à la gloire de
Neptune , on entend des chants de victoire
derriere le Théatre ; Arcas vient apprendre
à Idomenée que le monstre a suc- ,
combé sous les coups d'Idamante ; Idomenée
se flatte d'avoir fléchi le Dieu des ,
flots,puisqu'il a permis que son fils triom
phât de ce monstre. Des Bergers et des
Bergeres , mêlés avec les habitans de Sydonie
, viennent celebrer la victoire d'I
damante. Après cette derniere fête , Ido-
G vj
menée
1
778 MERCURE DE ERANCE
menée se surmonte lui- même , et forme
la résolution de ceder Ilione à son fils ; il
n'en demeure pas là , il lui cede encore le
Trône , il en explique le motif
vers ;
par
ces
Le Roi seul fit un voeu fatal à tout mon sang ,
Cessons de l'etre ; il faut que mon fils dans mon
rang
:
Ait pour sa sureté la grandeur souveraine.
L'action du dernier Acte se passe dans
un lieu préparé pour le couronnement d'I
damante ; Electre au désespoir de l'hymen
dont on fait les apprêts , déclare sont
amour au Prince de Créte et voyant
qu'il ne l'écoute pas , elle sort pour aller
irriter la colere de Neptune contre tous
les Auteurs des outrages qu'elle a reçus en
ce jour .
Ilione et Idamante s'applaudissent de
leur prochain bonheur. Idomenée déclare
à ses Peuples que c'est son fils qui doit
désormais leur dispenser des loix ' ; il dit
galamment à Ilione qu'il se fait un plus
grand effort en la cedant à son fils , qu'en
lui remettant le pouvoir suprême. Les
Crétois font leur cour à leur nouveau
Maître , par des chants convenables à la
fête. Idomenée dépose sur un carreau son
Sceptre et sa Couronne. Nemesis sort des
Enfers
AVRIL. 1731. 779
1
par ces vers Enfers et trouble la fête
qu'elle adresse à Idomenée :
Du souverain des mers Ennemi temeraire ,
'Penses - tu donc ainsi désarmer sa colere ?
Voi Nemesis , les Dieux m'ont imposé la loi
D'exercer leur vengeance :
Que l'Univers avec effroi
Apprenne à respecter leur suprême puissance .
Nemesis rentre dans les Enfers ; le thrône
se brise , et les furies emportent le
pavillon qui le couvroit. Idomenée devenu
furieux , se croit transporté dans un
lieu où l'on offre un sacrifice à Neptune ;
il veut avoir l'honneur de porter le coup
mortel à la victime ; cette prétendue victime
est son propre fils , qu'il immole
de sa propre main ; après cet affreux
sacrifice , les Dieux lui rendent la
raison , pour lui découvrir son parricide ,
il veut s'en punir ; on lui arrache l'épée.
Ilione finit la Tragedie par ces vers .
Pour le punir , laissez le vivre ;
C'est à moi seul de mourir.
V
lc
Les Comédiens François ont représenté
à Versailles pendant ce mois
Légataire, et la Sérénade. Saul Tragédie
et Attendez - moi sous Porne. L'Ecole des
Amans , et Chrispin Medecin. Andronic ,
et l'Esprit de contradiction . L'Esprit folet ,
et la Comtesse d'Escarbagnas .
d'Idomenée , qui avoit été donnée dans sa
-nouveauté le 1 2. Janvier 1712. Le Poëme
est de M. Danchet , et la Musique de
M. Campra.
Au Prologue le Théatre représente les
Antres d'Eole ; ce Dieu y paroît au milieu
des vents , qui sont enchaînés à des
rochers. Ils veulent sortir de leurs prisons
; Eole les y retient malgré eux. Venus
annoncée par une douce symphonie ,
se présente à Eole , et lui parle ainsi :
Un vainqueur des Troyens fend la liquide plaine
;
Des rives de la Créte écarte ses vaisseaux ;
Ordonne aux Aquillons de soulever les eaux
Et de servir ma juste haine.
Eole.
Brisez vos fers ; pártez , vents orageux ;
De la Mere d'Amour allez remplir les voeux.
Les Aquilions sortent des Antres où ils
étoient renfermez , et s'élancent dans les
airs pour aller servir la haine de Venus.
Gij La
772 MERCURE
DE FRANCE
La fête de ce prologue est ordonnée
par Venus : en voici le motif.
Je vai remplir ta Cour
Des Nymphes et des Dieux soumis à ma puissance
;
Tandis que tes sujets exercent ma vengeance ,
Les miens viendront t'offrir les charmes de l'Amour.
?
les Plaisirs Venus appelle l'Amour
et les Jeux. Ce prologue a paru d'autant
plus heureusement imaginé, qu'ilannonce
la Tragedie,
Au premier Acte , le Théatre représente
le magnifique Palais des Rois de Crete,
Ilione , fille d'Agamemnon
, Roy d'Argos
et de Mycene , ouvre la Scene. Elle
fait connoître qu'elle est arrivée en Crete
dans un seul vaisseau que la tempête avoit
séparé de la flotte d'Idomenée ; elle ajoûte
qu'elle a méprisé l'amour de ce Roi , mais
qu'elle n'a pas été aussi insensible à celui
d'Idamante son fils qui ignore encore sa
victoire ; elle appelle la gloire et la fierté
à son secours,
Idamante ordonne à sa suite d'assembler
les Troyens ; il dit à Ilione qu'il est
rassuré sur le sort de son Pere que Minerve
a protegé contre la fureur de Neptune
; il lui annonce qu'il va délivrer les
Troyens
1
AVRIL: 1731. 773
Troyens en attendant le retour du Roi ,
persuadé qu'il les auroit lui-même remis.
en liberté , si les vents lui avoient permis
d'aborder en Créte ; il fui déclare son
amour ; elle en 'paroît offensée ; il lui réproche
l'injustice quelle a de vouloir pu
nir en lui ce qui n'est que le crime des
Dieux , ennemis des Troyens. Les Crétois
et les Troyens font le divertissement
de ce premier Acte ; on brise les chaînes
de ces derniers.
Arbas vient troubler la fête par une
fausse nouvelle de la mort d'Idomenée
qu'il annonce comme certaine . Electre qui
survient trouve fort étrange qu'on ait remis
les Troyens en liberté. Cette Princesse
Grecque , ne doutant point que cette
liberté ne soit l'ouvrage de l'amour d'Idamante
pour Ilione , s'abandonne à sa
jalouse rage, et ne respire que vengeance.
Au second Acte , le Théatre représente
les bords de la mer agitée par une tempê
te affreuse ; tout le fond est rempli de
vaisseaux qui ont fait ou qui vont faire
naufrage. Un choeur de Peuples prêts à
périr , ouvre la scene par ces deux vers :
O Dieux , ô justes Dieux , donnez -nous du se
cours' ;
Les vents , les mers , le ciel , tout menace nes
jours
Ciij Neptun
774 MERGURE DE FRANCE
Neptune sort de la mer , et dit à Idomenée
Ne crains plus les outrages
Des flots et des vents ennemis ;
Mais offre moi sur ces rivages
L'hommage que tu m'as promis.
Idomenée fait entendre à Arcas , qui
s'est sauvé du naufrage comme lui , le
funeste voeu qu'il a fait à Neptune ; voici
comme il s'explique :
Dans l'horreur du naufrage ,
Pour ravir à la mort mes sujets allarmés ,
Apprens les voeux que j'ai formés.
Voeux indiscrets , trop tard vous troublez mon
courage ;
Si Neptune en courroux faisoit cesser l'orage ,
J'ai promis d'immoler le premier des humains
Que je verrai sur le rivage.
Dans le sang innocent dois-je tremper res
mains.
Il voit paroître sa victime ; c'est son
propre fils qu'il ne connoît pas › attendu
la longueur du siege de Troye. Idamante
qui ne peut pas non plus le connoître , et
qui le prend pour un de ces malheureux
qui viennent de faire naufrave , lui offre
genereusement son secours ; la Scene est
trésAVRIL.
1731. 773
très -touchante de part et d'autre, et menagée
avec beaucoup d'art jusqu'au moment
de la reconnoissance. Idomenée saisi
d'horreur et accablé de tristesse , dit à
son fils qui le veut suivre,pour sçavoir ce
qui l'oblige à se refuser à ses embrassemens
:
Gårdez Vous de me suivre.
Pourquoi m'avez vous vû ? craignez de me revoir.
Idamante ne laisse pas de marcher sur
ses pas. Electre qui arrive croi qu'il la fuit;
elle implore Venus . La Déesse fait entendre
à Electre qu'elle va la vanger. Venus
évoque la jalousie qui vient avec sa suite ,
et fait la fête de ce second Acte , qui finit
par ces vers que Venus adresse à la jalousie.
Au coeur d'Idomenée inspirez la terreur
Contre son propre Fils allumez sa fureur,
La décoration du troisiéme Acte représente
le Port de Sydonie,
Idomenée ne se peut résoudre à donner
à Neptune la victime qu'il lui a promise
; de la tendresse de Pere , il passe
à la fureur d'un rival ; la liberté que son
fils a rendue aux Troyens lui persuade
qu'il aime Ilione , Arcas lui conseille d'éloigner
ce Prince ; Idomenće prend ce
G iiij parti ;
776 MERCURE DE FRANCE
parti ; Arcas par ses ordres va tout prépa
rer pour le départ d'Idamante qui selon
ce nouveau projet doit conduire Electre
à Argos et la vanger d'Egyste qui a usurpé
sur elle le thrône de ses yeux.
Ilione vient ; Idomenée la veut fuir
mais il demeure malgré lui ; il n'apprend
que trop ce qu'il avoit voulu ignorer , il
fait entendre à Ilione qu'elle a tout à craindre
pour son Amant , qui n'a pas besoin
pour périt du nom odieux de Rival .
>
Electre vient remercier Idomenée du
secours qu'il lui offre contre ses tyrans
Idomenée la quitte en lui disant que son
fils s'est chargé de la conduire et de la
vanger. Electre s'abandonne à sa joye ; les
Matelots grecs et tous ceux qui doivent
suivre cette Princesse viennent celebrer
leur retour dans leur Patrie après la fête ,
Prothée sort du fond des flots et annonce
à Idamenée la vengeance de Neptune
prête à tomber sur lui pour le punir de
son parjure ; l'orage empêche Electre de
partir ; Idomenée proteste qu'il n'immo .
lera jamais la victime que Neptune lui
demande . Un Monstre sorti de la mer ,
commence la vengeance de ce Dieu irrité.
Au quatriéme Acte , le Theatre représente
une campagne agréable , et dans l'éloignement
le Temple de Neptune.
Ilione
AVRIL. 1731. 777
Ilione fait des imprécations contre les
Crétois, et prie les Dieux de les faire tous
périr par le monstre ; son amour lui fait
excepter Idamante qui veut le combattre.
Idamanre vient faire ses derniers adieut
à Ilione , ne doutant point qu'il ne périsse
dans le projet que son désespoir lui fait
entreprendre ; le péril où ce Prince va
s'exposer , par la seule raison qu'il est
odieux à sa chere Ilione , détermine cette
Princesse à rompre un trop long silence
, et à déclarer son amour ; elle apprend
à son Amant qu'il a un rival re- .
doutable ; Idamante reconnoît par-là que
c'est le Roi.
Idomenée vient offrir un sacrifice à
Neptune ; il éloigne son fils du Temple
de ce Dieu , sans lui déclarer le funeste
voeu qu'il a fait.
Après cette premiere fête , qui consiste
en des hymnes chantez à la gloire de
Neptune , on entend des chants de victoire
derriere le Théatre ; Arcas vient apprendre
à Idomenée que le monstre a suc- ,
combé sous les coups d'Idamante ; Idomenée
se flatte d'avoir fléchi le Dieu des ,
flots,puisqu'il a permis que son fils triom
phât de ce monstre. Des Bergers et des
Bergeres , mêlés avec les habitans de Sydonie
, viennent celebrer la victoire d'I
damante. Après cette derniere fête , Ido-
G vj
menée
1
778 MERCURE DE ERANCE
menée se surmonte lui- même , et forme
la résolution de ceder Ilione à son fils ; il
n'en demeure pas là , il lui cede encore le
Trône , il en explique le motif
vers ;
par
ces
Le Roi seul fit un voeu fatal à tout mon sang ,
Cessons de l'etre ; il faut que mon fils dans mon
rang
:
Ait pour sa sureté la grandeur souveraine.
L'action du dernier Acte se passe dans
un lieu préparé pour le couronnement d'I
damante ; Electre au désespoir de l'hymen
dont on fait les apprêts , déclare sont
amour au Prince de Créte et voyant
qu'il ne l'écoute pas , elle sort pour aller
irriter la colere de Neptune contre tous
les Auteurs des outrages qu'elle a reçus en
ce jour .
Ilione et Idamante s'applaudissent de
leur prochain bonheur. Idomenée déclare
à ses Peuples que c'est son fils qui doit
désormais leur dispenser des loix ' ; il dit
galamment à Ilione qu'il se fait un plus
grand effort en la cedant à son fils , qu'en
lui remettant le pouvoir suprême. Les
Crétois font leur cour à leur nouveau
Maître , par des chants convenables à la
fête. Idomenée dépose sur un carreau son
Sceptre et sa Couronne. Nemesis sort des
Enfers
AVRIL. 1731. 779
1
par ces vers Enfers et trouble la fête
qu'elle adresse à Idomenée :
Du souverain des mers Ennemi temeraire ,
'Penses - tu donc ainsi désarmer sa colere ?
Voi Nemesis , les Dieux m'ont imposé la loi
D'exercer leur vengeance :
Que l'Univers avec effroi
Apprenne à respecter leur suprême puissance .
Nemesis rentre dans les Enfers ; le thrône
se brise , et les furies emportent le
pavillon qui le couvroit. Idomenée devenu
furieux , se croit transporté dans un
lieu où l'on offre un sacrifice à Neptune ;
il veut avoir l'honneur de porter le coup
mortel à la victime ; cette prétendue victime
est son propre fils , qu'il immole
de sa propre main ; après cet affreux
sacrifice , les Dieux lui rendent la
raison , pour lui découvrir son parricide ,
il veut s'en punir ; on lui arrache l'épée.
Ilione finit la Tragedie par ces vers .
Pour le punir , laissez le vivre ;
C'est à moi seul de mourir.
V
lc
Les Comédiens François ont représenté
à Versailles pendant ce mois
Légataire, et la Sérénade. Saul Tragédie
et Attendez - moi sous Porne. L'Ecole des
Amans , et Chrispin Medecin. Andronic ,
et l'Esprit de contradiction . L'Esprit folet ,
et la Comtesse d'Escarbagnas .
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Résumé : Idomenée, Opera remis , Extrait. [titre d'après la table]
En avril 1731, la tragédie 'Idoménée' a été représentée pour la première fois le 12 janvier 1712. Le poème est de M. Danchet et la musique de M. Campra. L'histoire commence dans les antres d'Éole, où Vénus demande à Éole de libérer les vents pour aider un vainqueur des Troyens. Le premier acte se déroule dans le palais des rois de Crète. Ilione, fille d'Agamemnon, révèle son arrivée en Crète et son mépris pour l'amour du roi Idoménée, mais pas pour celui de son fils Idamante. Idamante déclare son amour à Ilione, qui semble offensée. Arbas annonce faussement la mort d'Idoménée, provoquant la colère d'Électre, jalouse de l'amour entre Idamante et Ilione. Dans le second acte, sur les bords de la mer agitée, Neptune apparaît à Idoménée et lui rappelle un vœu funeste qu'il a fait. Idoménée voit son fils Idamante, qu'il ne reconnaît pas, et qui lui offre son aide. La scène est poignante jusqu'à la reconnaissance. Électre, croyant qu'Idamante la fuit, implore Vénus. Le troisième acte se déroule au port de Sydonie. Idoménée, déchiré entre sa tendresse paternelle et sa jalousie, décide d'éloigner Idamante. Ilione et Électre apparaissent, et Prothée annonce la vengeance de Neptune. Un monstre commence à attaquer. Le quatrième acte se passe dans une campagne agréable. Ilione prie les dieux contre les Crétois. Idamante combat le monstre et survit. Idoménée, croyant avoir apaisé Neptune, décide de céder le trône à Idamante. Le dernier acte se déroule lors du couronnement d'Idamante. Électre, désespérée, sort pour irriter Neptune. Idoménée déclare son abdication en faveur de son fils. Nemesis apparaît et trouble la fête, révélant qu'Idoménée doit payer pour son parricide. Idoménée, rendu furieux, tue son fils par erreur. Les dieux lui rendent la raison pour lui révéler son crime. Ilione conclut la tragédie en demandant que son père vive pour souffrir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5456
p. 780-781
TURQUIE.
Début :
Des lettres de Constantinople confirment les avis qu'on avoit [...]
Mots clefs :
Turquie, Grand vizir, Le Caire, Commerce, Étrangers, Damas, Syrie, Maronites, Convent de Nazareth
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE.
TURQUI E..
}
Es lettres de Constantinople confirment les.
Davis qu'on avoit déja cus , que Mehemet
Selichtar Pascha , qui avoit été fait Grand Vizir
dans les premiers jours de la derniere révolution ,
avoit été déposé , et que Ibrahim Pacha , ci- devant
Kihaia de Cuprogli , Pacha du Caire , avoit
été choisi pour lui succeder.
On a reçu avis du Grand Caire , que les Missionnaires
en avoient été chassés par le nouveau
Pacha , que le Grand Seigneur a envoyé dans.
cette Ville , et que la plupart s'étoient retirés à
Jerusalem et dans les environs .
:
D'autres lettres d'Egypte portent que le Pacha
Cuprogli avoit défait l'Armée des Rebelles d'Egypte
qu'il avoit fait couper la tête à tous leurs
Chefs , pris dans le combat , et accordé une Amnistie
generale aux autres ; que la tranquillité
étoit rétablie dans le pays , et le commerce enție:
rement libre pour tous les Etrangers..
On a appris par les lettres de Syrie , du mois
d'Octobre dernier , que dans le College de l'Ors
dre de S. François de la Ville de Damas , où les
Religieux Espagnols enseignent les Langues Aràbe
et Turque , ils avoient établi une Ecole particuliere
pour instruire dans la Religion Catholique
les enfans des Maronites qui y étoient déja
au nombre de 15000. ce qui leur avoit attiré une
persécution de la part des Turcs , qui vouloient
chasser ces Religieux de la Ville , où ils n'avoient
pû se conserver qu'en payant une somme considerable
;
AVRIL. 1731. 7:1
sable ; qu'ils avoient employé les charités des
Pelerins à finir l'Hôpital qu'ils avoient commencé
depuis long-temps ; qu'ils avoient fait achever
aussi le Convent de Nazareth , dont la dépense
montoit à plus de 9c000 . écus , et que le Gardien
avoit été fort maltraité par les Turcs le jour
de la Dédicace de la nouvelle Eglise.
}
Es lettres de Constantinople confirment les.
Davis qu'on avoit déja cus , que Mehemet
Selichtar Pascha , qui avoit été fait Grand Vizir
dans les premiers jours de la derniere révolution ,
avoit été déposé , et que Ibrahim Pacha , ci- devant
Kihaia de Cuprogli , Pacha du Caire , avoit
été choisi pour lui succeder.
On a reçu avis du Grand Caire , que les Missionnaires
en avoient été chassés par le nouveau
Pacha , que le Grand Seigneur a envoyé dans.
cette Ville , et que la plupart s'étoient retirés à
Jerusalem et dans les environs .
:
D'autres lettres d'Egypte portent que le Pacha
Cuprogli avoit défait l'Armée des Rebelles d'Egypte
qu'il avoit fait couper la tête à tous leurs
Chefs , pris dans le combat , et accordé une Amnistie
generale aux autres ; que la tranquillité
étoit rétablie dans le pays , et le commerce enție:
rement libre pour tous les Etrangers..
On a appris par les lettres de Syrie , du mois
d'Octobre dernier , que dans le College de l'Ors
dre de S. François de la Ville de Damas , où les
Religieux Espagnols enseignent les Langues Aràbe
et Turque , ils avoient établi une Ecole particuliere
pour instruire dans la Religion Catholique
les enfans des Maronites qui y étoient déja
au nombre de 15000. ce qui leur avoit attiré une
persécution de la part des Turcs , qui vouloient
chasser ces Religieux de la Ville , où ils n'avoient
pû se conserver qu'en payant une somme considerable
;
AVRIL. 1731. 7:1
sable ; qu'ils avoient employé les charités des
Pelerins à finir l'Hôpital qu'ils avoient commencé
depuis long-temps ; qu'ils avoient fait achever
aussi le Convent de Nazareth , dont la dépense
montoit à plus de 9c000 . écus , et que le Gardien
avoit été fort maltraité par les Turcs le jour
de la Dédicace de la nouvelle Eglise.
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Résumé : TURQUIE.
Le texte décrit des événements politiques et religieux dans l'Empire ottoman. À Constantinople, Mehemet Selichtar Pascha, récemment nommé Grand Vizir, a été démis de ses fonctions et remplacé par Ibrahim Pacha, ancien Pacha du Caire. Au Caire, les missionnaires, expulsés par le nouveau Pacha, se sont réfugiés à Jérusalem. Ibrahim Pacha a réprimé une rébellion égyptienne, exécuté les chefs rebelles et accordé une amnistie générale, rétablissant ainsi la tranquillité et la liberté commerciale. En Syrie, des lettres d'octobre 1730 révèlent que des religieux espagnols du Collège de l'Ordre de Saint-François à Damas ont fondé une école pour instruire les enfants maronites dans la religion catholique, suscitant des persécutions turques. Les religieux ont dû payer une somme importante pour rester à Damas. Ils ont également utilisé des dons pour achever un hôpital et un couvent à Nazareth, dont les dépenses ont dépassé 9 000 écus. Le gardien du couvent a été maltraité par les Turcs lors de la dédicace de la nouvelle église.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5457
p. 781
RUSSIE.
Début :
On mande des Frontieres de Perse , que les Turcs qui [...]
Mots clefs :
Russie, Perse, Moscovites, Constantinople
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
On mande des Frontieres de Perse , que les
Turcs qui étoient dans Ardebil , l'avoient abandonné
aux Persans , et qu'ils s'étoient mis sous
la protection des Moscovites , lesquels , du consentement
du Roi de Perse , devoient les conduire
à Tiflis , Capitale de la Georgie.
Par les lettres reçûës de Constantinople , on
paroît être certain que le Grand Seigneur prem
dra toutes les mesures necessaires pour éviter d'entrer
en guerre avec les Moscovites , et pour prévenir
celle qu'ils pourroient avoir avec les Persans.
On mande des Frontieres de Perse , que les
Turcs qui étoient dans Ardebil , l'avoient abandonné
aux Persans , et qu'ils s'étoient mis sous
la protection des Moscovites , lesquels , du consentement
du Roi de Perse , devoient les conduire
à Tiflis , Capitale de la Georgie.
Par les lettres reçûës de Constantinople , on
paroît être certain que le Grand Seigneur prem
dra toutes les mesures necessaires pour éviter d'entrer
en guerre avec les Moscovites , et pour prévenir
celle qu'ils pourroient avoir avec les Persans.
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Résumé : RUSSIE.
En Russie, les Turcs d'Ardebil ont cherché la protection des Moscovites. Avec l'accord du roi de Perse, ces derniers doivent les conduire à Tiflis. À Constantinople, le souverain ottoman prévoit des mesures pour éviter une guerre avec les Moscovites et un conflit avec les Persans.
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5458
p. 781-782
POLOGNE.
Début :
Le 27. Fevrier, l'Envoyé Extraordinaire du Grand Seigneur, eut [...]
Mots clefs :
Envoyé extraordinaire, Audience publique, Carrosse, Cheval arabe, Hongrie, Traité d'Oliva
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texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
E 27. Fevrier , l'Envoyé Extraordinaire du
Grand Seigneur , eut son Audience de congé
avec les ceremonies observées le jour de sa premiere
Audience publique. Ce Ministre alla dîner
ensuite chez le Grand - Maréchal de la Couronne.
Le Roi et la République lui ont fait present d'un
très - beau Carosse attelé de six Mules . Il a fait
au Roi , de la part du G. S. et du Gr. Viz. de six
Chevaux de Selle , pami lesquels il y a un Cheval
Arabe , qu'on estime 2000. Ducats . Leurs Harnois
sont à la Turque et d'une grande magnificence.
Le Roi a envoyé en Hongrie un Capitaine dus
Regiment de Saxe Weimar , pour lever oo. Hus-
Sats
82 MERCURE DE FRANCE
sars que l'Empereur lui a permis de prendre à son
service.
Le Ministre de la Czarine a donné au Primat
du Royaume un Memoire contenant les prétentions
de S. M. Cz . Les principales sont la repetition
des sommes avancées à la République par le
feu Czar Pierre I. et qu'on fait monter à prés de
huit millions , la demande qu'elle fait de l'entiere
execution du Traité d'Oliva , tant au sujet des
Privileges accordez aux Protestans de ce Royaume
, que par rapport à la liberté du Duché de
Curlande , qu'elle ne veut pas permettre qu'on
divise en Palatinats.
E 27. Fevrier , l'Envoyé Extraordinaire du
Grand Seigneur , eut son Audience de congé
avec les ceremonies observées le jour de sa premiere
Audience publique. Ce Ministre alla dîner
ensuite chez le Grand - Maréchal de la Couronne.
Le Roi et la République lui ont fait present d'un
très - beau Carosse attelé de six Mules . Il a fait
au Roi , de la part du G. S. et du Gr. Viz. de six
Chevaux de Selle , pami lesquels il y a un Cheval
Arabe , qu'on estime 2000. Ducats . Leurs Harnois
sont à la Turque et d'une grande magnificence.
Le Roi a envoyé en Hongrie un Capitaine dus
Regiment de Saxe Weimar , pour lever oo. Hus-
Sats
82 MERCURE DE FRANCE
sars que l'Empereur lui a permis de prendre à son
service.
Le Ministre de la Czarine a donné au Primat
du Royaume un Memoire contenant les prétentions
de S. M. Cz . Les principales sont la repetition
des sommes avancées à la République par le
feu Czar Pierre I. et qu'on fait monter à prés de
huit millions , la demande qu'elle fait de l'entiere
execution du Traité d'Oliva , tant au sujet des
Privileges accordez aux Protestans de ce Royaume
, que par rapport à la liberté du Duché de
Curlande , qu'elle ne veut pas permettre qu'on
divise en Palatinats.
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Résumé : POLOGNE.
Le 27 février, l'Envoyé Extraordinaire du Grand Seigneur a eu son audience de congé avec les cérémonies observées lors de sa première audience publique. Il a ensuite dîné chez le Grand-Maréchal de la Couronne. Le Roi et la République lui ont offert un carrosse attelé de six mules. En retour, le Ministre a offert au Roi, de la part du Grand Seigneur et du Grand Vizir, six chevaux de selle, dont un cheval arabe estimé à 2000 ducats, avec des harnais turcs magnifiques. Le Roi a envoyé un capitaine du régiment de Saxe-Weimar en Hongrie pour lever 800 hussards, avec la permission de l'Empereur de les prendre à son service. Le Ministre de la Czarine a remis au Primat du Royaume un mémoire détaillant les prétentions de Sa Majesté Czarine. Les principales revendications incluent la répétition des sommes avancées à la République par le feu Czar Pierre Ier, estimées à près de huit millions, et la demande de l'exécution complète du Traité d'Oliva. Cela concerne les privilèges accordés aux protestants du Royaume et la liberté du Duché de Curlande, que la Czarine ne souhaite pas voir divisé en palatinats.
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5459
p. 782
DANNEMARCK.
Début :
La Colomne qui avoit été élevé prés de Frederickstadt, à [...]
Mots clefs :
Charles XII, Inscriptions, Couronne de Suède
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texteReconnaissance textuelle : DANNEMARCK.
DANNEM A R˚C K.
derickstadt , à l'occasion de la mort du Roi de
Suede Charles XII. doit être incessamment abbatuë
et les Inscriptions ôtées par ordre du Roi ,
qui a résolu de vivre en bonne intelligence avec
la Couronne de Suede.
derickstadt , à l'occasion de la mort du Roi de
Suede Charles XII. doit être incessamment abbatuë
et les Inscriptions ôtées par ordre du Roi ,
qui a résolu de vivre en bonne intelligence avec
la Couronne de Suede.
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5460
p. 782-783
ALLEMAGNE.
Début :
Le bruit s'est répandu depuis peu à Vienne, que l'Empereur [...]
Mots clefs :
Vienne, Ratisbonne, Empereur, Coutume, Église aulique, Mystères de la Passion
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
E bruit s'est répandu depuis peu à Vienne ,
que l'Empereur avoit pris la résolution d'aller
àu mois de Juin prochain à Ratisbonne , pour
regler la succession future de ses Etats , de l'avis
et du consentement des Electeurs , Princes et Etats
de l'Empire.
Le 17. du mois dernier , l'Empereur et l'Im-1
peratrice fe rendirent , selon la coûtume , dans
I'Eglise Aulique des Augustins Déchaussez , où
L. M. I. entendirent les cinq Sermons sur les
Misteres de la Passion , dont trois furent prêchez
en Allema et deux en Italien.
Le
C
AVRIL 1731. 783
Le 22. Jeudí Saint , P'Empereur lava les pieds
à douze pauvres Vieillards , qui faisoient tous ensemble
971. ans , et l'Imperatrice à douze pauvres
vieilles femmes , âgées aussi toutes ensemble
dé 1028. ans.
La Ville de Gratz en Stirie , fut réduite en
cendre la nuit du 19. au 30. du mois dernier.
E bruit s'est répandu depuis peu à Vienne ,
que l'Empereur avoit pris la résolution d'aller
àu mois de Juin prochain à Ratisbonne , pour
regler la succession future de ses Etats , de l'avis
et du consentement des Electeurs , Princes et Etats
de l'Empire.
Le 17. du mois dernier , l'Empereur et l'Im-1
peratrice fe rendirent , selon la coûtume , dans
I'Eglise Aulique des Augustins Déchaussez , où
L. M. I. entendirent les cinq Sermons sur les
Misteres de la Passion , dont trois furent prêchez
en Allema et deux en Italien.
Le
C
AVRIL 1731. 783
Le 22. Jeudí Saint , P'Empereur lava les pieds
à douze pauvres Vieillards , qui faisoient tous ensemble
971. ans , et l'Imperatrice à douze pauvres
vieilles femmes , âgées aussi toutes ensemble
dé 1028. ans.
La Ville de Gratz en Stirie , fut réduite en
cendre la nuit du 19. au 30. du mois dernier.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En avril 1731, une rumeur annonça la visite de l'Empereur à Ratisbonne pour régler la succession de ses États. L'Empereur et l'Impératrice assistèrent à des sermons et lavèrent les pieds de pauvres personnes âgées. La ville de Graz fut détruite par un incendie en mars.
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5461
p. 783-784
ITALIE.
Début :
LE 5. Mars, le Pape tint un Consistoire, dans lequel [...]
Mots clefs :
Consistoire, Cardinal, Archevêché, Évêque de Soissons, Dominicains, Pape, Naples, Cour de Turin, Coadjutorerie
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E s. Mars , le Pape tint un Consistoire , dans
Llequel le Cardinal Ottoboni proposa l'Archevêché
de Sens pour l'Evêque de Soissons ; l'Abbaye
de S. Jacques de Provins , pour l'Evêque de
Nîmes , et celle de S. Pierre en Valée , Diocèse
de Chartres , pour l'Abbé de la Farre -Lopis.
Le 12. on fit partir de Rome pour Civitavechia,
une Chaîne de 64. Criminels condamnez aux
Galeres , parmi lesquels il y a un Ecclesiastique
qui y retourne pour la troisième fois.
Les Dominicains du Convent de sainte Marie
sur la Minerve de Rome , ont obtenu du Pape la
permission de faire inhumer dans leur Eglise
lé Corps du feu Pape Benoît XIII . pour lequel
ils font faire un superbe Mausolée.
Le Pape a fait prier les Cardinaux de n'avoir
aucun commerce avec les Cardinaux Coscia et
Fini , jusqu'à ce que leur affaire soit jugée par la
Congrégation de Non Nullis , qui est occupée
presentement à examiner leurs Memoires justificatifs
, et ceux des Abbez Prati et Ramoni.
Les Habitans de Nettimo ont refusé de se soumettre
aux Ordonnances qui ont été publiées
contre le luxe , prétendant avoir d'anciens Privileges
qui permettent de s'habiller aussi magnifi-´
quement qu'ils le jugeront à propos.
On a appris de Naples sur la fin du mois der-´
nier,
784 MERCURE DE FRANCE
nier , qu'il y avoit eu un Tremblement de Terre
considerable à Toggia , dans la Pouille , que cette
petite Ville étoit totalement renversée , et qu'il y
avoit eu 25oo. Habitans écrasez sous les ruines.
La Cour de Turin s'est opposée avec beaucoup
de vigueur à l'execution de quelques Bulles accordées
par le Pape pour la Coadjutorerie de
certains Benefices consistoriaux , situez dans le
Piémont.
E s. Mars , le Pape tint un Consistoire , dans
Llequel le Cardinal Ottoboni proposa l'Archevêché
de Sens pour l'Evêque de Soissons ; l'Abbaye
de S. Jacques de Provins , pour l'Evêque de
Nîmes , et celle de S. Pierre en Valée , Diocèse
de Chartres , pour l'Abbé de la Farre -Lopis.
Le 12. on fit partir de Rome pour Civitavechia,
une Chaîne de 64. Criminels condamnez aux
Galeres , parmi lesquels il y a un Ecclesiastique
qui y retourne pour la troisième fois.
Les Dominicains du Convent de sainte Marie
sur la Minerve de Rome , ont obtenu du Pape la
permission de faire inhumer dans leur Eglise
lé Corps du feu Pape Benoît XIII . pour lequel
ils font faire un superbe Mausolée.
Le Pape a fait prier les Cardinaux de n'avoir
aucun commerce avec les Cardinaux Coscia et
Fini , jusqu'à ce que leur affaire soit jugée par la
Congrégation de Non Nullis , qui est occupée
presentement à examiner leurs Memoires justificatifs
, et ceux des Abbez Prati et Ramoni.
Les Habitans de Nettimo ont refusé de se soumettre
aux Ordonnances qui ont été publiées
contre le luxe , prétendant avoir d'anciens Privileges
qui permettent de s'habiller aussi magnifi-´
quement qu'ils le jugeront à propos.
On a appris de Naples sur la fin du mois der-´
nier,
784 MERCURE DE FRANCE
nier , qu'il y avoit eu un Tremblement de Terre
considerable à Toggia , dans la Pouille , que cette
petite Ville étoit totalement renversée , et qu'il y
avoit eu 25oo. Habitans écrasez sous les ruines.
La Cour de Turin s'est opposée avec beaucoup
de vigueur à l'execution de quelques Bulles accordées
par le Pape pour la Coadjutorerie de
certains Benefices consistoriaux , situez dans le
Piémont.
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Résumé : ITALIE.
En mars, le Pape organisa un Consistoire où le Cardinal Ottoboni proposa diverses nominations ecclésiastiques, incluant l'Archevêché de Sens pour l'Évêque de Soissons, l'Abbaye de Saint-Jacques de Provins pour l'Évêque de Nîmes, et celle de Saint-Pierre en Vallée, Diocèse de Chartres, pour l'Abbé de la Farre-Lopis. Le 12 mars, 64 criminels, dont un ecclésiastique récidiviste, furent transférés de Rome à Civitavecchia. Les Dominicains de Sainte-Marie-sur-la-Minerve reçurent l'autorisation papale d'inhumer le corps du Pape Benoît XIII et de construire un mausolée en son honneur. Le Pape demanda aux cardinaux d'éviter tout contact avec les cardinaux Coscia et Fini, ainsi qu'avec les abbés Prati et Ramoni, jusqu'à l'examen de leurs mémoires justificatifs par la Congrégation de Non Nullis. Les habitants de Nettuno refusèrent de se conformer aux ordonnances contre le luxe, invoquant des privilèges anciens. À la fin du mois précédent, un tremblement de terre à Toggia, en Pouille, causa la destruction totale de la ville et la mort de 2500 habitants. La Cour de Turin s'opposa à l'exécution de certaines bulles papales concernant des bénéfices ecclésiastiques en Piémont.
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5462
p. 784
ESPAGNE.
Début :
On apprend de Cadix, qu'on y avoit reçû avis [...]
Mots clefs :
Cadix, Trésor de Lima, Foire, Vomissement noir
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
N apprend de Cadix , qu'on y avoit reçû
avis que le Trésor de Lima étoit arrivé à
Panama dans le mois de Decembre dernier , qu'on
esperoit que la Foire de Porto- Bello se tiendroit
dans le courant du mois du Mars , et que le tiers.
de l'Equipage des Gallions étoit mort dans la
traversée de la même maladie qui regnoit l'Automne
dernier à Cadix , et qu'on nommoit le
Vomissement noir.
N apprend de Cadix , qu'on y avoit reçû
avis que le Trésor de Lima étoit arrivé à
Panama dans le mois de Decembre dernier , qu'on
esperoit que la Foire de Porto- Bello se tiendroit
dans le courant du mois du Mars , et que le tiers.
de l'Equipage des Gallions étoit mort dans la
traversée de la même maladie qui regnoit l'Automne
dernier à Cadix , et qu'on nommoit le
Vomissement noir.
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5463
p. 784-785
PORTUGAL.
Début :
On mande de Lisbonne qu'on y reçoit presque tous [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Fâcheuses nouvelles, Inondation, Magasin de sel, Forteresse de S. Julien
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texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGAL..
N mande de Lisbonne qu'on y reçoit presque
tous les jours de fâcheuses nouvelles du dom
mage que la tempête du 7. de Février a causé
dans plusieurs Provinces. On apprend d'Abrantes
, que l'inondation y avoit été si considerable ,
que depuis cent ans on n'en avoit point vu de
semblable , et qu'à Porto il y avoit plus de quatre
pieds de neige dans les rues.
8. et le
Les Lettres des Algarves , portent que le 7. le
9. la Mer étoit montée infiniment plus.
haut que dans les plus grandes Marées , qu'ayant
fait remonter l'eau des Rivieres , elles s'étoient répandues
dans les Plaines à la hauteur de 6. à 7 .
pieds ; que les maisons d'un grand nombre de
villages.
AVRIL. RIL. 1731 783
#
Villages avoient été entraînées par les torrens ,
ainsi que la plupart des maisons de la Ville d'Albufeira
; qu'il n'étoit pas resté pierre sur pierre
dans celle d'Alvor , où il y avoit des Magazins
de Sel considerables ; que tous les arbres le long
de la Côte avoient été déracinez ; qu'une partie
du mur de la Tour de S. Laurent avoit été renversée
par les vagues de la Mer , et qu'elles avoient
passé pardessus les murs de la Forteresse de S. Julien.
N mande de Lisbonne qu'on y reçoit presque
tous les jours de fâcheuses nouvelles du dom
mage que la tempête du 7. de Février a causé
dans plusieurs Provinces. On apprend d'Abrantes
, que l'inondation y avoit été si considerable ,
que depuis cent ans on n'en avoit point vu de
semblable , et qu'à Porto il y avoit plus de quatre
pieds de neige dans les rues.
8. et le
Les Lettres des Algarves , portent que le 7. le
9. la Mer étoit montée infiniment plus.
haut que dans les plus grandes Marées , qu'ayant
fait remonter l'eau des Rivieres , elles s'étoient répandues
dans les Plaines à la hauteur de 6. à 7 .
pieds ; que les maisons d'un grand nombre de
villages.
AVRIL. RIL. 1731 783
#
Villages avoient été entraînées par les torrens ,
ainsi que la plupart des maisons de la Ville d'Albufeira
; qu'il n'étoit pas resté pierre sur pierre
dans celle d'Alvor , où il y avoit des Magazins
de Sel considerables ; que tous les arbres le long
de la Côte avoient été déracinez ; qu'une partie
du mur de la Tour de S. Laurent avoit été renversée
par les vagues de la Mer , et qu'elles avoient
passé pardessus les murs de la Forteresse de S. Julien.
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Résumé : PORTUGAL.
Le 7 février, une tempête a causé des dégâts considérables dans plusieurs provinces du Portugal. À Abrantes, une inondation inédite depuis un siècle a été enregistrée. À Porto, plus de quatre pieds de neige ont recouvert les rues. Dans les Algarves, la mer a monté de manière exceptionnelle, submergeant les plaines jusqu'à six à sept pieds de hauteur. Cette montée des eaux a détruit de nombreuses maisons dans divers villages, notamment à Albufeira et Alvor, où les magasins de sel ont été ravagés. Les arbres le long de la côte ont été déracinés. La Tour de S. Laurent et la Forteresse de S. Julien ont subi des dommages significatifs.
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5464
p. 785-786
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 16. du mois on apprit à Londres par les [...]
Mots clefs :
Londres, Ambassadeur extraordinaire, Chambre des pairs, Chambre des communes
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
E 16. du mois on apprit à Londres par les
Lettres de Winchester , que le Chevalier Ba
ronet Simon Clark et M. Robert Arnot , Lieutenant
d'Infanterie , y avoient été jugez et con→
damnez à mort pour vol de grand chemin.
On a appris depuis que le Grand- Scherif et le
Grand-Juré du Comté de Southampton , ont envoyé
une Adresse au Roi , pour le prier d'accor
der des Lettres de grace à ces deux Criminels
Gentilshommes de ce Comté. Le Roi a renvoyé
cette Adresse aux douze Grands-Juges pour examiner
cette affaire et lui en faire leur rapport , et
S. M. a accordé un répit sans terme limité.
Le Roi a accordé au Comte d'Essex , son Ambassadeur
Extraordinaire à la Cour du Roi de
Sardaigne , 1500. livres sterlins pour ses Equipages
, et 8. liv. sterl . par jour pour son entretien
ordinaire pendant le temps de son Ambassade.
Le premier Avril , un Courrier de Vienne ar
riva à Londres avec la copie d'un Traité conclu
entre l'Empereur et S. M. Brit.
La Chambre des Pairs , ayant fait deux
Fectures du Bil passé dans la Chambre des Communes
,pour exclure de cette Chambre les Membres
qui jouissent des Pensions du Roi , ou qui
786 MERCURE DE FRANCE
ont des Charges à la Cour , il y eut des contesta
tions qui durerent jusqu'à huit heures du soir
et ce Bill fut rejetté à la pluralité de 36.voix contre
40. Le lendemain , 27.. Membres de cette
Chambre signerent la protestation qu'ils avoient
faite la veille contre cette résolution , et ils firent
enregistrer leur Protestation .
Quelques Membres de la Chambre des Communes
ayant proposé de dresser une Liste de ceux
qui jouissent des Pensions de la Cour directement
ou indirectement, ou qui ont des Charges auprès
du Roy , sous le nom de Titulaires supposez ,
cette proposition fut rejettée à la pluralité de 2 06.
voix contre 143 .
La même Chambre a passé un Bill par lequel
il est ordonné de faire dorénavant les Procedures
en Anglois dans tous les Tribunaux de ce
Royaume.
Le 13. de ce mois , le Prince de Galles , la
Princesse Royale et la Princesse Caroline , allerent
au Théatre de Drury- Lane , voir la Tragedie
intitulée > Tout pour l'Amour , ou le Monde
bien perdu.
Le 31. du mois dernier , le feu prit dans la petite
Ville d'Enniscorthy , du Comté de Wexford,
et en moins de trois heures , il y eut 42. Maisons
de Manufacturiers qui ne purent rien sauver
de leurs Effets.
* Le Roi Guillaume I. Duc de Normandie ,
après avoir conquis l'Angleterre , introduisit
plusieurs Loix de Normandie , ordonnant qu'elles
seroient écrites en Langue Françoise, et que
les Causes seroient plaidées aussi en François,
et que les matieres importantes qui demandoient
quelque formalité , seroeint aussi expediées en
François. La plupart des termes de Pratique sont
encore aujourd'hui en Latin ou en François .
E 16. du mois on apprit à Londres par les
Lettres de Winchester , que le Chevalier Ba
ronet Simon Clark et M. Robert Arnot , Lieutenant
d'Infanterie , y avoient été jugez et con→
damnez à mort pour vol de grand chemin.
On a appris depuis que le Grand- Scherif et le
Grand-Juré du Comté de Southampton , ont envoyé
une Adresse au Roi , pour le prier d'accor
der des Lettres de grace à ces deux Criminels
Gentilshommes de ce Comté. Le Roi a renvoyé
cette Adresse aux douze Grands-Juges pour examiner
cette affaire et lui en faire leur rapport , et
S. M. a accordé un répit sans terme limité.
Le Roi a accordé au Comte d'Essex , son Ambassadeur
Extraordinaire à la Cour du Roi de
Sardaigne , 1500. livres sterlins pour ses Equipages
, et 8. liv. sterl . par jour pour son entretien
ordinaire pendant le temps de son Ambassade.
Le premier Avril , un Courrier de Vienne ar
riva à Londres avec la copie d'un Traité conclu
entre l'Empereur et S. M. Brit.
La Chambre des Pairs , ayant fait deux
Fectures du Bil passé dans la Chambre des Communes
,pour exclure de cette Chambre les Membres
qui jouissent des Pensions du Roi , ou qui
786 MERCURE DE FRANCE
ont des Charges à la Cour , il y eut des contesta
tions qui durerent jusqu'à huit heures du soir
et ce Bill fut rejetté à la pluralité de 36.voix contre
40. Le lendemain , 27.. Membres de cette
Chambre signerent la protestation qu'ils avoient
faite la veille contre cette résolution , et ils firent
enregistrer leur Protestation .
Quelques Membres de la Chambre des Communes
ayant proposé de dresser une Liste de ceux
qui jouissent des Pensions de la Cour directement
ou indirectement, ou qui ont des Charges auprès
du Roy , sous le nom de Titulaires supposez ,
cette proposition fut rejettée à la pluralité de 2 06.
voix contre 143 .
La même Chambre a passé un Bill par lequel
il est ordonné de faire dorénavant les Procedures
en Anglois dans tous les Tribunaux de ce
Royaume.
Le 13. de ce mois , le Prince de Galles , la
Princesse Royale et la Princesse Caroline , allerent
au Théatre de Drury- Lane , voir la Tragedie
intitulée > Tout pour l'Amour , ou le Monde
bien perdu.
Le 31. du mois dernier , le feu prit dans la petite
Ville d'Enniscorthy , du Comté de Wexford,
et en moins de trois heures , il y eut 42. Maisons
de Manufacturiers qui ne purent rien sauver
de leurs Effets.
* Le Roi Guillaume I. Duc de Normandie ,
après avoir conquis l'Angleterre , introduisit
plusieurs Loix de Normandie , ordonnant qu'elles
seroient écrites en Langue Françoise, et que
les Causes seroient plaidées aussi en François,
et que les matieres importantes qui demandoient
quelque formalité , seroeint aussi expediées en
François. La plupart des termes de Pratique sont
encore aujourd'hui en Latin ou en François .
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, Simon Clark et Robert Arnot ont été condamnés à mort pour vol de grand chemin. Leur demande de grâce a été renvoyée aux Grands-Juges pour examen, et un répit sans terme limité leur a été accordé. Le roi a également alloué des fonds au comte d'Essex, ambassadeur en Sardaigne. Un traité entre l'empereur et le roi de Grande-Bretagne a été signé. À la Chambre des Pairs, une proposition visant à exclure les membres jouissant de pensions royales a été rejetée, et 27 membres ont protesté. À la Chambre des Communes, une proposition similaire a été rejetée, et un bill ordonnant l'usage de l'anglais dans les tribunaux a été adopté. Le prince de Galles et les princesses ont assisté à une pièce de théâtre. Un incendie a détruit 42 maisons à Enniscorthy. Guillaume I a introduit des lois normandes en langue française après la conquête de l'Angleterre.
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5465
p. 787-790
ADDITION.
Début :
On apprend de Moscou, que le 15. Mars, les Ambassadeurs [...]
Mots clefs :
Empereur de la Chine, Tsarine, Roi de France, Roi de Perse, Cadix, Indes occidentales, Cardinal, Naples, Noblesse, Tremblements de terre
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texteReconnaissance textuelle : ADDITION.
ADAVRIL.
1731. 787
ADDITION.
ON apprend de Moscou , que le rs. Mars , les
Ambassadeurs de l'Empereur de la Chine eu→
rent leur Audiance de congé de laCzarine, qui leur
fait préparer des présens magnifiques ; le bruit
court qu'ils ont signé unTraite de Commerce qui
sera très-ayantageux aux deux Nations.
De Coppenhague , que le 2. Avril , le Marquis
de Plelo , Ambassadeur du Roi de France , eut
une Audience particuliere du Roi , dans laquelle
il lui donna part que pour l'avantage du Coinmerce
des deux Nations , S. M. T. Ch. avoit déchargé
de tous les droits d'Entrée dans les Ports
lés Bâtimens Danois ou Norwegiens qui y apporteroient
dorénavant des Bois propres à construire
des Vaisseaux .
De Constantinople , que le Grand-Seigneur
continuoit de faire punir les Auteurs de la derniere
Rebellion ; que le Capitan - Pacha devoit
partir dans peu avec huit Sultanes et quatre au¬´¸
tres Bâtimens , pour aller recueillir les Tributs
de la Morée et des Isles de l'Archipel , et que le
Gr. Vizir s'étoit plaint au Ministre de la Czarine
de ce que des Officiers Moscovites avoient pris
de l'emploi dans les Troupes du Roi de Perse ,
malgré les conventions faites il y a quelques an
nées entre le G. S. déposé et le feu Czar Pierre I.
De Cadix , qu'à la fin de ce mois , on y délivrera
les effets de la Flotille, et que le Roi ayant été
obligé de se servir d'une partie de l'argent , S. M.
remboursera les interessez sur le produit du retour
88 MERCURE DE FRANCÉ
tour des Gallions qui sont actuellement aux Indes
Occidentales , avec l'interêt à six pour cent.
De Rome que l'accommodement des differents
du S. Siege avec le Roi de Portugal , est prêt d'ê
tre conclu ; que M. Bichi , cy devant Noncé à
Lisbonne , qui doit être arrivé à Sienne , y restera
jusqu'à-ce que cet accommodement soit signé ,
et qu'ensuite il ira à Rome pour y recevoir le
Chapeau de Cardinal.
La nuit du 31. du mois dernier , au premier
de ce nois , le Cardinal Coscia sortit de Rome
incognito , avec une suite de quatre personnes , et
il prit la route de Naples Le neveu de M. Firrao
le rencontra le lendemain , traversant la Ville de
Terracine , et on a sçû depuis qu'il étoit allé à
Naples sous le nom de l'Abbé Cibo . Depuis sa
fuite , l'Evêque de Targa , son frere , a eu ordre
de se rendre au Convent de S. Praxede , qu'on
lui a donné pour prison.
Le 24. M. Fioreli alla par ordre de la Congré
gation de Non Nullis au Palais du Cardinal Cos
cia , faire une sommation pour l'obliger à se représenter
dans un terme limité.
Le Cardinal Banchieri , Secretaire d'Etat , a
dépêché un Courrier à M. Guillelmi , qui étoit
parti pour Turin , avec deffense d'entrer dans les
Etats du Roi de Sardaigne , parce qu'on a
craint qu'il n'y fût pas bien reçû , et que son caractere
n'y fût pas respecté.
De Naples , que la derniere secousse de Tremblement
de Terre de la nuit du 16. au 17. du
mois dernier , avoit causé tant d'effroi , qu'une
grande partie des Habitans de cette Ville alla le
Lendemain coucher à la campagne. La Noblesse
envoya le même jour ses plus précieux Meubles
et
AVRIL. 1731. 789
et ses Carosses sur l'Esplanade du Château neuf,
et sur celle de la Porte du S. Esprit pour les mettre
en sureté ; cependant il n'y eut point de
Tremblement de Terre le 18. le 19. ni le 20.
mais le 21. vers les 9. heures du matin , on en
ressentit une legere secousse qui ne caușa aucup
dommage.
Le même jour on reçut avis que le 20. au matin
les deux tiers de la Ville de Foggia avoient été
renversez par le même Tremblement qui s'est fait
sentir avec violence dans les autres Villes de la
Pouille , dans la terre de Labour, dans la Basilicate
et dans une partie de la Calabre citerieure. Le
Viceroi a écrit aux Présidens ou Intendans des
Provinces voisines de la Poüille, d'envoyer des secours
aux Habitans qui se sont sauvez de Foggia,
où ily a eu plus de 2000. personnes d'écrasées , de
ly
faire enlever les décombres et de faire conserver
les Effets des Particuliers qu'on retrouvera en
fouillant.
une
La nuit du 22. au 23. on ressentit encore
legere secousse de Tremblement de terre , de même
que les deux nuits du 28. et du 29. de sorte
que l'on est à Naples dans de continuelles alfarmes.
D'autres Lettres de Naples portent que les
Tremblemens de terre devenoient très frequens
dans la plupart des Provinces du Royaume ; que
les Villes de Lucera , de Troje et d'Aquila étoient
presque renversées ; qu'il y avoit des maladies
Epidemiques qui faisoient périr beaucoup de monde
à la Cainpagne , et que les Troupes de l'Empereur
commençoient d'en être attaquées.
De Genes , que Mrs Jean- Baptiste Grimaldi et
Charles de Fornari , sont partis pour l'Isle de
Corse avec des pleins pouvoirs de la République
ct
790 MERCURE DE FRANCE
et les instructions necessaires pour terminer l'affaire
de la révolte des Habitans de cette Isle qu
paroissent disposez à quitter les armes,
De Bruxelles , que l'Archiduchesse Gouvernante
, ayant eû avis que le Duc de Lorraine de
voit venir passer quelques jours avec le Prince
Charles son frere , pour se rendre ensuite en
Hollande , et à ce qu'on croit , en Angleterre ,
cette Princesse a donné ses ordres pour lui faire
meubler un Hôtel. Ce Prince gardera l'incognito
sous le nom de Comte de Blamont,
1731. 787
ADDITION.
ON apprend de Moscou , que le rs. Mars , les
Ambassadeurs de l'Empereur de la Chine eu→
rent leur Audiance de congé de laCzarine, qui leur
fait préparer des présens magnifiques ; le bruit
court qu'ils ont signé unTraite de Commerce qui
sera très-ayantageux aux deux Nations.
De Coppenhague , que le 2. Avril , le Marquis
de Plelo , Ambassadeur du Roi de France , eut
une Audience particuliere du Roi , dans laquelle
il lui donna part que pour l'avantage du Coinmerce
des deux Nations , S. M. T. Ch. avoit déchargé
de tous les droits d'Entrée dans les Ports
lés Bâtimens Danois ou Norwegiens qui y apporteroient
dorénavant des Bois propres à construire
des Vaisseaux .
De Constantinople , que le Grand-Seigneur
continuoit de faire punir les Auteurs de la derniere
Rebellion ; que le Capitan - Pacha devoit
partir dans peu avec huit Sultanes et quatre au¬´¸
tres Bâtimens , pour aller recueillir les Tributs
de la Morée et des Isles de l'Archipel , et que le
Gr. Vizir s'étoit plaint au Ministre de la Czarine
de ce que des Officiers Moscovites avoient pris
de l'emploi dans les Troupes du Roi de Perse ,
malgré les conventions faites il y a quelques an
nées entre le G. S. déposé et le feu Czar Pierre I.
De Cadix , qu'à la fin de ce mois , on y délivrera
les effets de la Flotille, et que le Roi ayant été
obligé de se servir d'une partie de l'argent , S. M.
remboursera les interessez sur le produit du retour
88 MERCURE DE FRANCÉ
tour des Gallions qui sont actuellement aux Indes
Occidentales , avec l'interêt à six pour cent.
De Rome que l'accommodement des differents
du S. Siege avec le Roi de Portugal , est prêt d'ê
tre conclu ; que M. Bichi , cy devant Noncé à
Lisbonne , qui doit être arrivé à Sienne , y restera
jusqu'à-ce que cet accommodement soit signé ,
et qu'ensuite il ira à Rome pour y recevoir le
Chapeau de Cardinal.
La nuit du 31. du mois dernier , au premier
de ce nois , le Cardinal Coscia sortit de Rome
incognito , avec une suite de quatre personnes , et
il prit la route de Naples Le neveu de M. Firrao
le rencontra le lendemain , traversant la Ville de
Terracine , et on a sçû depuis qu'il étoit allé à
Naples sous le nom de l'Abbé Cibo . Depuis sa
fuite , l'Evêque de Targa , son frere , a eu ordre
de se rendre au Convent de S. Praxede , qu'on
lui a donné pour prison.
Le 24. M. Fioreli alla par ordre de la Congré
gation de Non Nullis au Palais du Cardinal Cos
cia , faire une sommation pour l'obliger à se représenter
dans un terme limité.
Le Cardinal Banchieri , Secretaire d'Etat , a
dépêché un Courrier à M. Guillelmi , qui étoit
parti pour Turin , avec deffense d'entrer dans les
Etats du Roi de Sardaigne , parce qu'on a
craint qu'il n'y fût pas bien reçû , et que son caractere
n'y fût pas respecté.
De Naples , que la derniere secousse de Tremblement
de Terre de la nuit du 16. au 17. du
mois dernier , avoit causé tant d'effroi , qu'une
grande partie des Habitans de cette Ville alla le
Lendemain coucher à la campagne. La Noblesse
envoya le même jour ses plus précieux Meubles
et
AVRIL. 1731. 789
et ses Carosses sur l'Esplanade du Château neuf,
et sur celle de la Porte du S. Esprit pour les mettre
en sureté ; cependant il n'y eut point de
Tremblement de Terre le 18. le 19. ni le 20.
mais le 21. vers les 9. heures du matin , on en
ressentit une legere secousse qui ne caușa aucup
dommage.
Le même jour on reçut avis que le 20. au matin
les deux tiers de la Ville de Foggia avoient été
renversez par le même Tremblement qui s'est fait
sentir avec violence dans les autres Villes de la
Pouille , dans la terre de Labour, dans la Basilicate
et dans une partie de la Calabre citerieure. Le
Viceroi a écrit aux Présidens ou Intendans des
Provinces voisines de la Poüille, d'envoyer des secours
aux Habitans qui se sont sauvez de Foggia,
où ily a eu plus de 2000. personnes d'écrasées , de
ly
faire enlever les décombres et de faire conserver
les Effets des Particuliers qu'on retrouvera en
fouillant.
une
La nuit du 22. au 23. on ressentit encore
legere secousse de Tremblement de terre , de même
que les deux nuits du 28. et du 29. de sorte
que l'on est à Naples dans de continuelles alfarmes.
D'autres Lettres de Naples portent que les
Tremblemens de terre devenoient très frequens
dans la plupart des Provinces du Royaume ; que
les Villes de Lucera , de Troje et d'Aquila étoient
presque renversées ; qu'il y avoit des maladies
Epidemiques qui faisoient périr beaucoup de monde
à la Cainpagne , et que les Troupes de l'Empereur
commençoient d'en être attaquées.
De Genes , que Mrs Jean- Baptiste Grimaldi et
Charles de Fornari , sont partis pour l'Isle de
Corse avec des pleins pouvoirs de la République
ct
790 MERCURE DE FRANCE
et les instructions necessaires pour terminer l'affaire
de la révolte des Habitans de cette Isle qu
paroissent disposez à quitter les armes,
De Bruxelles , que l'Archiduchesse Gouvernante
, ayant eû avis que le Duc de Lorraine de
voit venir passer quelques jours avec le Prince
Charles son frere , pour se rendre ensuite en
Hollande , et à ce qu'on croit , en Angleterre ,
cette Princesse a donné ses ordres pour lui faire
meubler un Hôtel. Ce Prince gardera l'incognito
sous le nom de Comte de Blamont,
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Résumé : ADDITION.
En avril 1731, plusieurs événements diplomatiques et naturels significatifs ont été rapportés. À Moscou, les ambassadeurs de l'Empereur de Chine ont été reçus en audience de congé par la czarine, qui leur a offert des présents somptueux. Un traité de commerce bénéfique pour les deux nations a été signé. À Copenhague, le Marquis de Plelo, ambassadeur du Roi de France, a informé le Roi du Danemark que les navires danois ou norvégiens transportant du bois pour la construction navale seraient exemptés des droits d'entrée. À Constantinople, le Grand-Seigneur continuait de réprimer les auteurs de la dernière rébellion. Le Capitan-Pacha devait partir avec plusieurs bâtiments pour collecter les tributs de la Morée et des îles de l'Archipel. Le Grand Vizir a exprimé sa préoccupation au ministre de la czarine concernant la présence d'officiers moscovites dans les troupes du Roi de Perse, en violation des conventions antérieures. À Cadix, les effets de la flotille devaient être délivrés à la fin du mois, et le Roi rembourserait les intérêts sur le produit du retour des galions des Indes Occidentales. À Rome, un accord entre le Saint-Siège et le Roi de Portugal était imminent. Le Cardinal Coscia a fui Rome incognito pour Naples, et son frère a été emprisonné. Des tremblements de terre ont causé des dégâts et de l'effroi à Naples et dans d'autres villes italiennes, entraînant des mesures de secours. À Gênes, des émissaires ont été envoyés en Corse pour négocier la fin de la révolte. À Bruxelles, l'Archiduchesse Gouvernante a préparé un hôtel pour le Duc de Lorraine, qui devait passer quelques jours incognito.
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5466
p. 790-792
MORTS, BAPTEMES, MARIAGES des Pays Etrangers.
Début :
Neophite Narry, Archevêque de Sedijana en Sorie, né à Alep [...]
Mots clefs :
Baptême, Alep, Le Levant, Missionnaire, Pape, Princesse, Cardinal
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, BAPTEMES, MARIAGES des Pays Etrangers.
MORTS, BAPTEMES, MARIAGES
des Pays Etrangers.
Nophite Narry ,Archevêque de Sedijana en
Sorie , né Alep ,, et ancien Missionnaire
dans le Levant , mourut
le 24. de Fevrier , âgé de
62. ans ; il fut inhumé
le lendemain
avec beaucoup
de céremonie
dans l'Eglise du College de
Propaganda
fide , ou la Messe fut celebrée
, et
l'Abfoute
fut faite par M. Fouquet , Evêque Ti
tulaire d'Eleutheropolis
, et on celebra pendant
la
matinée
dans la même Eglise , des Messes
, suivant
les Rits Latin , Grec , Arménien
, Syriaque
,
Copthe
, Chaldéen
et Maronite
.
M. Nastri , Prelat Grec , Archevêque de Samarie
, qui a été pendant long- tems Missionnaire
dans le Levant , ayant été renversé par un des
Carosses du cortege le jour de l'Entrée publique
de l'Ambassadeur de Malte à Rome , mourut je
lendemain de ses blessures son corps qui a été
Exposé pendant quatre jours dans l'Eglise du
College
A V RIL. 1731. 791
College de Propaganda fide , rendant une sueur
qu'on disoit être d'une odeur douce et agréable ,
le Pape y envoya ses Medecins et ses Chirurgiens
pour l'examiner , et après qu'ils en ont eu fait
leur rapport à Sa Sainteté , ce corps a été inhumé
dans la même Eglise auprès de celui du feu
Cardinal de Tournon.
Le 23. Mars , le Duc Auguste Guillaume de
Brunswick Wolfembutel , mourut à Wolfembutel
, âgé de 69. ans et quinze jours , étant né le 8.
Mars 1662. ce Prince n'ayant point laissé d'enfans
des trois Princesses qu'il a épousées , le Duc
Louis Rodolphe de Brunswix Blankemberg , pere
de l'Imperatrice et de la Princesse , Epouse du
Duc Ferdinand Albert de Brunsvick Bevern , suçcede
à ses Etats.
La Princesse d'Anhalt , et Epouse du Comte
d'Hanau , soeur de la Reine d'Angleterre , est
morte sur la fin du mois dernier.
Le Cardinal Jacques Boncompagno , mourut
subitement à Rome le 24 , Mars dans sa soixantedix-
neuvième année,étant né les.Mai1652 . Il étoit
fils de Hugues Boncompagno troisiéme Duc de
Sora , mort au mois d'Octobre 1676. et de Dona
Marie Ruffo , fille de François Marie , second
Duc de Bagnara. Il étoit frere du Duc de Sora ,
set beaufrere de la Princesse Piombino. Le Pape
Innocent XII. le fit Cardinal dans le Consistoire
du 12. Decembre 1695. et dans un des Consistoires
suivans , Sa Sainteté lui donna le titrs
de Sainte Marie in via lata. Ce Cardinal étoit
Archevêque de Bologne et Evêque d'Albano ; il
avoit séance dans les Congrégations des Evêques
et Reguliers , du Concile et de la visite Apostolique.
Son corps fut porté le lendemain dans l'Eglise
de Sainte Brigite , où il fut mit en dépôt,
Il a fait un Testament par lequel il laisse 300c,
Ecus
792 MERCURE DE FRANCE
Ecus à ses Domestiques , et un Tableau de grand
prix à Sa Sainteté. Il fait quelques legs de vaisselle
d'argent au Duc de Friano et à la Princesse
de Piombino , et il institue le Duc de Sora heritier
de tous ses biens. 11 vaque par cette mort un
septiéme lieu dáus le Sacré College.
Le 28. le Corps du Cardinal Boncompagno fur
transporté dans l'Eglise de S. André della Valle ,
où il fut inhumé avec beaucoup de cérémonie.
des Pays Etrangers.
Nophite Narry ,Archevêque de Sedijana en
Sorie , né Alep ,, et ancien Missionnaire
dans le Levant , mourut
le 24. de Fevrier , âgé de
62. ans ; il fut inhumé
le lendemain
avec beaucoup
de céremonie
dans l'Eglise du College de
Propaganda
fide , ou la Messe fut celebrée
, et
l'Abfoute
fut faite par M. Fouquet , Evêque Ti
tulaire d'Eleutheropolis
, et on celebra pendant
la
matinée
dans la même Eglise , des Messes
, suivant
les Rits Latin , Grec , Arménien
, Syriaque
,
Copthe
, Chaldéen
et Maronite
.
M. Nastri , Prelat Grec , Archevêque de Samarie
, qui a été pendant long- tems Missionnaire
dans le Levant , ayant été renversé par un des
Carosses du cortege le jour de l'Entrée publique
de l'Ambassadeur de Malte à Rome , mourut je
lendemain de ses blessures son corps qui a été
Exposé pendant quatre jours dans l'Eglise du
College
A V RIL. 1731. 791
College de Propaganda fide , rendant une sueur
qu'on disoit être d'une odeur douce et agréable ,
le Pape y envoya ses Medecins et ses Chirurgiens
pour l'examiner , et après qu'ils en ont eu fait
leur rapport à Sa Sainteté , ce corps a été inhumé
dans la même Eglise auprès de celui du feu
Cardinal de Tournon.
Le 23. Mars , le Duc Auguste Guillaume de
Brunswick Wolfembutel , mourut à Wolfembutel
, âgé de 69. ans et quinze jours , étant né le 8.
Mars 1662. ce Prince n'ayant point laissé d'enfans
des trois Princesses qu'il a épousées , le Duc
Louis Rodolphe de Brunswix Blankemberg , pere
de l'Imperatrice et de la Princesse , Epouse du
Duc Ferdinand Albert de Brunsvick Bevern , suçcede
à ses Etats.
La Princesse d'Anhalt , et Epouse du Comte
d'Hanau , soeur de la Reine d'Angleterre , est
morte sur la fin du mois dernier.
Le Cardinal Jacques Boncompagno , mourut
subitement à Rome le 24 , Mars dans sa soixantedix-
neuvième année,étant né les.Mai1652 . Il étoit
fils de Hugues Boncompagno troisiéme Duc de
Sora , mort au mois d'Octobre 1676. et de Dona
Marie Ruffo , fille de François Marie , second
Duc de Bagnara. Il étoit frere du Duc de Sora ,
set beaufrere de la Princesse Piombino. Le Pape
Innocent XII. le fit Cardinal dans le Consistoire
du 12. Decembre 1695. et dans un des Consistoires
suivans , Sa Sainteté lui donna le titrs
de Sainte Marie in via lata. Ce Cardinal étoit
Archevêque de Bologne et Evêque d'Albano ; il
avoit séance dans les Congrégations des Evêques
et Reguliers , du Concile et de la visite Apostolique.
Son corps fut porté le lendemain dans l'Eglise
de Sainte Brigite , où il fut mit en dépôt,
Il a fait un Testament par lequel il laisse 300c,
Ecus
792 MERCURE DE FRANCE
Ecus à ses Domestiques , et un Tableau de grand
prix à Sa Sainteté. Il fait quelques legs de vaisselle
d'argent au Duc de Friano et à la Princesse
de Piombino , et il institue le Duc de Sora heritier
de tous ses biens. 11 vaque par cette mort un
septiéme lieu dáus le Sacré College.
Le 28. le Corps du Cardinal Boncompagno fur
transporté dans l'Eglise de S. André della Valle ,
où il fut inhumé avec beaucoup de cérémonie.
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Résumé : MORTS, BAPTEMES, MARIAGES des Pays Etrangers.
Le texte relate divers événements concernant des décès, des baptêmes et des mariages dans plusieurs pays étrangers. L'archevêque de Sedijana en Syrie, Nophite Narry, né à Alep et ancien missionnaire dans le Levant, est décédé le 24 février à l'âge de 62 ans. Il a été inhumé le lendemain avec cérémonie dans l'église du Collège de Propaganda fide. M. Nastri, prélat grec et archevêque de Samarie, ancien missionnaire dans le Levant, est mort des suites de blessures causées par un carrosse lors de l'entrée publique de l'ambassadeur de Malte à Rome. Son corps a été exposé pendant quatre jours dans l'église du Collège de Propaganda fide avant d'être inhumé auprès du cardinal de Tournon. Le duc Auguste Guillaume de Brunswick-Wolfenbüttel est décédé à Wolfenbüttel le 23 mars à l'âge de 69 ans. Le duc Louis Rodolphe de Brunswick-Blankenberg lui a succédé. La princesse d'Anhalt, épouse du comte d'Hanau et sœur de la reine d'Angleterre, est morte à la fin du mois précédent. Le cardinal Jacques Boncompagno, archevêque de Bologne et évêque d'Albano, est décédé subitement à Rome le 24 mars à l'âge de 69 ans. Son corps a été inhumé avec cérémonie à l'église de Saint-André della Valle. Sa mort a laissé vacant un septième siège au Sacré Collège.
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5467
p. 792-794
BAPTESME solemnellement administré à une Famiile Mahometane. Extrait d'une Lettre écrite de Toulon le 14. Mars 1731.
Début :
Vous ne serez sans doute pas fâché, Monsieur, d'apprendre [...]
Mots clefs :
Conversion, Religion mahométane, Esclave, Tyrannie, Les lumières de l'Évangile, Turquie, Évêque, Baptême
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BAPTESME solemnellement administré à une Famiile Mahometane. Extrait d'une Lettre écrite de Toulon le 14. Mars 1731.
BAPTESME solemnellement adminiftré à
une Famiile Mahometane. Extrait d'une
Lettre écrite de Toulon le 14. Mars
1731 .
>
Vous ne serez sans doute pas fâché , Monsieur ,
d'apprendre la cérémonie qui s'est faite aujour
d'hui dans l'Eglise Cathedrale de cette Ville à
l'occasion de la conversion d'un François qui
avoit embrassé la Religion Mahometane , et du
Baptême de sa famille ; ce François s'appelle
François Brailli natif d'Abbeville en Picardie.
Il y a plusieurs de ses parens Marchands Libraires
établis à Paris . Il eût le malheur d'être
fait Esclave en 1719. et d'être conduit à Cons-
Lantinople : mais ce qui fut le comble de son
malheur , c'est qu'entraîné par les tristes suites
de sa captivité , il renonça à la Religion de ses
Peres : son Apostasie fut suivie de son mariage
avec une fille originaire de Tartarie et Mahometane
de Religion , qu'il épousa en 1722. Dieu
voulut bien ne le pas abandonner ; il permit qu'agité
de remords et touché par la grace ,
songea plus qu'à réparer l'énormité de sa faute
Et à se dérober à l'infidelité et à la tyrannie . Il
sommença la réparation de sa faute , en instruiil
ne
sant
C
4
AVRIL. 1731. 793
sant sa femme , et en la préparant à recevoir les
lumieres de l'Evangile . Enfin il saisit l'occasion :
que Dieu lui présenta , et il se sauva de Turquie
sur une barque Françoise qui est arrivée le mois
dernier dans le port de cette Ville.
By
Dès que le tems de la Quarantaine a été expiré
, et que les Intendans de la Santé ont appris
que cet homme désiroit de rentrer dans le seim
de l'Eglise , et que sa femme demandoir avec em- :
pressement d'être baptisée avec ses deux petits
enfans , ils en ont pris un soin particulier , et les
ont faît conduire à l'Hôpital General , où l'on a
instruit la femme avec succez . Lorsque l'on a
trouvé cette Catechumene assez instruite, et qu'on
a crû pouvoir lui accorder le baptême qu'elle ne
cessoit de demander , les Intendans de la Santé
ont invité MM . les Consuls , Lieutenans de Roi
de la Ville à tenir sur les fonts de Baptême la
femme et les deux petits enfans. Trois Dames
qualifiées de cette Ville, furent priées de leur servir
de Marraines . Tout étant ainsi disposé , la cérémonie
a été indiquée à ce jour. Elle a commencé
par une Procession generale qui s'est renduë
à l'Eglise Cathedrale , et à laquelle Brailli a assisté
avec sa femme et ses enfans. Les Consuls à
la tête du Corps de Ville , précedés des Tambours
, des Trompettes et des Hautbois , & c. sont
ensuite allés prendre M. l'Evêque à son Palais
Episcopal , d'où ce Prélat s'est rendu avec eux å
la Cathedrale , pour faire lui- même la cérémonie.
L'Eglise étoit remplie du Corps entier de la Marine
, des Officiers de la Garnison et de toutes les
personnes qualifiées de la Ville.
L'Evêque a commencé par la cérémonie des
Catéchumenes ; et la manière pieuse avec laquelle
cette femme a répondu selon les instructions qu'elle
avoit reçûës , a touché toutes les personnes qui
étoient présentes . H On
794 - MERCURE DE FRANCE.
On proceda ensuite à la cérémonie du baptê
me. M. de Portalis Premier Consul et Lieute
nant de Roi de la Ville , nomma la Mere sur les
fonts : elle fur mariée aussi- tôt après , avec François
Brailly. Les deux petites filles furent tenues
ensuite séparement par le second, et par le troisiéme
Consul. La cérémonie finie , M. l'Evêque:
fut reconduit au Palais Episcopal par les Consuls
au son des instrumens , et aux acclamations du
Peuple. Delà les Consuls se rendirent dans le
même ordre à l'Hôtel de Ville , où un repas magnifique
étoit préparé pour les Dames , & c. La
conversion de cette famille a causé dans toute la
Ville une grande joye , et a excité en sa faveur
la charité des personnes de distinction et du
peuble même.
une Famiile Mahometane. Extrait d'une
Lettre écrite de Toulon le 14. Mars
1731 .
>
Vous ne serez sans doute pas fâché , Monsieur ,
d'apprendre la cérémonie qui s'est faite aujour
d'hui dans l'Eglise Cathedrale de cette Ville à
l'occasion de la conversion d'un François qui
avoit embrassé la Religion Mahometane , et du
Baptême de sa famille ; ce François s'appelle
François Brailli natif d'Abbeville en Picardie.
Il y a plusieurs de ses parens Marchands Libraires
établis à Paris . Il eût le malheur d'être
fait Esclave en 1719. et d'être conduit à Cons-
Lantinople : mais ce qui fut le comble de son
malheur , c'est qu'entraîné par les tristes suites
de sa captivité , il renonça à la Religion de ses
Peres : son Apostasie fut suivie de son mariage
avec une fille originaire de Tartarie et Mahometane
de Religion , qu'il épousa en 1722. Dieu
voulut bien ne le pas abandonner ; il permit qu'agité
de remords et touché par la grace ,
songea plus qu'à réparer l'énormité de sa faute
Et à se dérober à l'infidelité et à la tyrannie . Il
sommença la réparation de sa faute , en instruiil
ne
sant
C
4
AVRIL. 1731. 793
sant sa femme , et en la préparant à recevoir les
lumieres de l'Evangile . Enfin il saisit l'occasion :
que Dieu lui présenta , et il se sauva de Turquie
sur une barque Françoise qui est arrivée le mois
dernier dans le port de cette Ville.
By
Dès que le tems de la Quarantaine a été expiré
, et que les Intendans de la Santé ont appris
que cet homme désiroit de rentrer dans le seim
de l'Eglise , et que sa femme demandoir avec em- :
pressement d'être baptisée avec ses deux petits
enfans , ils en ont pris un soin particulier , et les
ont faît conduire à l'Hôpital General , où l'on a
instruit la femme avec succez . Lorsque l'on a
trouvé cette Catechumene assez instruite, et qu'on
a crû pouvoir lui accorder le baptême qu'elle ne
cessoit de demander , les Intendans de la Santé
ont invité MM . les Consuls , Lieutenans de Roi
de la Ville à tenir sur les fonts de Baptême la
femme et les deux petits enfans. Trois Dames
qualifiées de cette Ville, furent priées de leur servir
de Marraines . Tout étant ainsi disposé , la cérémonie
a été indiquée à ce jour. Elle a commencé
par une Procession generale qui s'est renduë
à l'Eglise Cathedrale , et à laquelle Brailli a assisté
avec sa femme et ses enfans. Les Consuls à
la tête du Corps de Ville , précedés des Tambours
, des Trompettes et des Hautbois , & c. sont
ensuite allés prendre M. l'Evêque à son Palais
Episcopal , d'où ce Prélat s'est rendu avec eux å
la Cathedrale , pour faire lui- même la cérémonie.
L'Eglise étoit remplie du Corps entier de la Marine
, des Officiers de la Garnison et de toutes les
personnes qualifiées de la Ville.
L'Evêque a commencé par la cérémonie des
Catéchumenes ; et la manière pieuse avec laquelle
cette femme a répondu selon les instructions qu'elle
avoit reçûës , a touché toutes les personnes qui
étoient présentes . H On
794 - MERCURE DE FRANCE.
On proceda ensuite à la cérémonie du baptê
me. M. de Portalis Premier Consul et Lieute
nant de Roi de la Ville , nomma la Mere sur les
fonts : elle fur mariée aussi- tôt après , avec François
Brailly. Les deux petites filles furent tenues
ensuite séparement par le second, et par le troisiéme
Consul. La cérémonie finie , M. l'Evêque:
fut reconduit au Palais Episcopal par les Consuls
au son des instrumens , et aux acclamations du
Peuple. Delà les Consuls se rendirent dans le
même ordre à l'Hôtel de Ville , où un repas magnifique
étoit préparé pour les Dames , & c. La
conversion de cette famille a causé dans toute la
Ville une grande joye , et a excité en sa faveur
la charité des personnes de distinction et du
peuble même.
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Résumé : BAPTESME solemnellement administré à une Famiile Mahometane. Extrait d'une Lettre écrite de Toulon le 14. Mars 1731.
Le texte décrit le baptême solennel d'une famille mahométane à Toulon, relaté dans une lettre du 14 mars 1731. François Brailli, originaire d'Abbeville en Picardie, avait été capturé en 1719 et emmené à Constantinople. En 1722, il avait renié sa foi chrétienne et épousé une femme tartare mahométane. Touché par des remords et la grâce divine, Brailli décida de revenir au christianisme et s'enfuit en France avec sa famille. À Toulon, après une période de quarantaine, Brailli et sa famille furent conduits à l'Hôpital Général pour instruction religieuse. La femme et les deux enfants furent baptisés en présence des autorités locales et religieuses, dont l'évêque et les consuls. La cérémonie, marquée par une procession et un repas à l'Hôtel de Ville, suscita une grande joie et charité parmi les habitants de Toulon.
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5468
p. 794-795
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le lundi 26. Mars, les députez des Etats de la [...]
Mots clefs :
Députés, Cérémonies, Députation, Intendant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour, de Paris , & c.
LE
E lundi 26.Mars , les députez des Etats
de la Province d'Artois , eurent leur
audience du Roi. Ils furent présentez à
S.M. par le Duc d'Elbeuf,Gouverneur de
la Province , précedez par le Marquis de
Dreux , Grand Maître des Cérémonies ,
et par M. Desgranges , Maître des Cérémonies.
La députation étoit composée
de l'Evêque d'Arras pour le Clergé de
part de la Noblesse , du Marquis dė
Wignacourt ,
la
>
AVRIL.
795
1731.
Wignacourt , et de M. Garson de Que-
Vaussart , Avocat , Echevin d'Aire pour
le tiers Etat.
M. Daube , Intendant de Soissons
ayant demandé son rappel , sa place a été
donnée à M. de
Lesseville ,
Intendant de
Pau , lequel est remplacé par M. de Pommereu
, Intendant à Tours ; et le Roi a
nommé à cette derniere
Intendance , M.
de la Galisiere , beaufrere de M. Orri
Controlleur General.
Le premier de ce mois , Dimanche de
Quasimodo ,
l'Archiconfrerie de Jerusalem
, établie chez les Grands Cordeliers .
fit sa
Procession annuelle , et délivra , en
passant devant les Prisons du Châtelet ,
et autres , 54. Prisonniers pour dettes ,
lesquels furent conduits à la suite de la
Procession jusqu'aux Cordeliers : Après
la Messe , on les fit dîner , et on les ren-.
voya avec une piéce d'argent .
LE
E lundi 26.Mars , les députez des Etats
de la Province d'Artois , eurent leur
audience du Roi. Ils furent présentez à
S.M. par le Duc d'Elbeuf,Gouverneur de
la Province , précedez par le Marquis de
Dreux , Grand Maître des Cérémonies ,
et par M. Desgranges , Maître des Cérémonies.
La députation étoit composée
de l'Evêque d'Arras pour le Clergé de
part de la Noblesse , du Marquis dė
Wignacourt ,
la
>
AVRIL.
795
1731.
Wignacourt , et de M. Garson de Que-
Vaussart , Avocat , Echevin d'Aire pour
le tiers Etat.
M. Daube , Intendant de Soissons
ayant demandé son rappel , sa place a été
donnée à M. de
Lesseville ,
Intendant de
Pau , lequel est remplacé par M. de Pommereu
, Intendant à Tours ; et le Roi a
nommé à cette derniere
Intendance , M.
de la Galisiere , beaufrere de M. Orri
Controlleur General.
Le premier de ce mois , Dimanche de
Quasimodo ,
l'Archiconfrerie de Jerusalem
, établie chez les Grands Cordeliers .
fit sa
Procession annuelle , et délivra , en
passant devant les Prisons du Châtelet ,
et autres , 54. Prisonniers pour dettes ,
lesquels furent conduits à la suite de la
Procession jusqu'aux Cordeliers : Après
la Messe , on les fit dîner , et on les ren-.
voya avec une piéce d'argent .
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 26 mars 1731, les députés des États de la Province d'Artois furent reçus par le Roi. Ils étaient introduits par le Duc d'Elbeuf, Gouverneur de la Province, accompagné du Marquis de Dreux et de M. Desgranges. La délégation comprenait l'Évêque d'Arras pour le Clergé, le Marquis de Wignacourt pour la Noblesse, et M. Garson de Que-Vaussart pour le tiers État. Par ailleurs, M. Daube, Intendant de Soissons, demanda son rappel, et sa place fut attribuée à M. de Lesseville, Intendant de Pau. M. de Pommereu succéda à M. de Lesseville à l'Intendance de Tours, tandis que M. de la Galisiere fut nommé à l'Intendance de Tours. Le 1er avril, l'Archiconfrérie de Jérusalem libéra 54 prisonniers pour dettes lors de sa procession annuelle, les nourrit et leur donna une pièce d'argent.
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5469
p. 795-798
Cérémonie du Parlement et de la Chambre des Comptes, [titre d'après la table]
Début :
Suivant la cérémonie qui se pratique tous les ans les [...]
Mots clefs :
Prologue, Opéra, Actrice, Concert, Cour, Messe
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texteReconnaissance textuelle : Cérémonie du Parlement et de la Chambre des Comptes, [titre d'après la table]
Suivant la
cérémonie qui se pratique tous
les ans les vendredi de la semaine de Pâ
ques. Messieurs du
Parlement et de la
Chambre des Comptes invitez par les Prevôt
des
Marchandset
Echevins , se rendi- '
rent en robes
ordinaires , et précedez de
leurs huissiers , en l'Eglise de Notre -Da
me , placez sur un même banc , tenans même
ligne et mêlez
ensemble , ensorte que'
le
Président du
Parlement avoit après lui
Hij
le
796 MERCURE DE FRANCE
le Président de la Chambre des Comptes ,
le Conseiller de la Cour , un Officier de
la Chambre , et ainsi de suite , tant qu'ils
firent nombre , et ils assisterent à une
Messe chantée en Musique à la Chapelle
de la Vierge , en memoire de l'expulsion
des Anglois du Royaume de France , sous
le Regne de Charles VII. L'origine de
cette cérémonie est , que la nouvelle de
la défaite des Anglois s'étant répanduë
dans Paris , le vendredi d'après Pâques de
Fannée 1436. Messieurs du Parlement et
de la Chambre des Comptes , au milieu
des acclamations du Peuple , se rendirent
confusément , et sans garder entr'eux ni
pas ni rang dans l'Eglise Notre - Dame
poury rendre graces graces à Dieu , devant l'Autel
de la Vierge , de l'heureuse nouvelle
qu'on venoit de leur apprendre.
›
On assure que le Roi a accordé à l'Ordre
Hospitalier du S. Esprit de Montpelier
des Lettres Patentes , portant réiinion
du Prieuré de S. Nicolas de Bar-sur-
Aube à l'Hôpital du S. Esprit de cette
Ville , qui est du même Ordre.
Le 4 Avril , il y eut Concert à la Cour ;
M. Destouches , Sur- Intendant de la Musique
de la Chambre du Roi de semestre ,
fit chanter devant la Reine , dans son Salon
, le Prologue et le premier Acte de
POpera
AVRIL. 1731. 797
par
l'Opera de Thésée , qui fut continué le 9
le second et troisiéme Acte , et le 11.
on finit par le quatrième et le dernier Acte.
La Dile Julie chanta le Rôle de Médée ,
et la Dile Lenner celui d'Eglé , dans les
trois premiers Actes avec beaucoup de
succès ; une indisposition survenue à cette
Actrice l'empêcha de continuer. La Dlle
Pelissier la remplaça ; et y reçût de grands
applaudissemens. Les Sieurs d'Angerville
et Guidon chanterent les Rôles d'Egée et
de Thésée , et les Diles Barbier et Robelin ,
firent les Confidentes , à la satisfaction de
la Reine et de toute la Cour.
! Le 16 , on chanta dans le même Salon
le Prologue et le premier Acte de l'Opera
de Tarsis et Zelie , dont le Poëme est de
M. de la Serre , et la Musique des Sieurs
Rebel et Francoeur.
ศ
9
Le 18 et le 23. on continua le même
Opera , dans lequel les Des Lenner et
Pellissier chanterent les Rôles de Zelie et
d'Arelife avec beaucoup d'applaudissement
, de même que la De Erremens
qui plût infiniment dans le Rôle de la Sybille
, et dans d'autres mòrceaux qu'elle
chanta avec beaucoup de graces et de legereté.
Les deux Auteurs de cet Opera
furent présentez à la Reine par M. Destouches
; ils reçûrent de S. M. des témoignages
pleins de bonté , de la satisfaction
Hiij qu'elle
798 MERCURE DE FRANCE
t
qu'elle avoit eû d'entendre cet Opera
dont l'exécution fut parfaite , et la Musi
que extrêmement goûtée.
pre Le 25. on chanta le Prologue et le
mier Acte d'Atys , qu'on continua le Lundy
, dernier jour du mois.
cérémonie qui se pratique tous
les ans les vendredi de la semaine de Pâ
ques. Messieurs du
Parlement et de la
Chambre des Comptes invitez par les Prevôt
des
Marchandset
Echevins , se rendi- '
rent en robes
ordinaires , et précedez de
leurs huissiers , en l'Eglise de Notre -Da
me , placez sur un même banc , tenans même
ligne et mêlez
ensemble , ensorte que'
le
Président du
Parlement avoit après lui
Hij
le
796 MERCURE DE FRANCE
le Président de la Chambre des Comptes ,
le Conseiller de la Cour , un Officier de
la Chambre , et ainsi de suite , tant qu'ils
firent nombre , et ils assisterent à une
Messe chantée en Musique à la Chapelle
de la Vierge , en memoire de l'expulsion
des Anglois du Royaume de France , sous
le Regne de Charles VII. L'origine de
cette cérémonie est , que la nouvelle de
la défaite des Anglois s'étant répanduë
dans Paris , le vendredi d'après Pâques de
Fannée 1436. Messieurs du Parlement et
de la Chambre des Comptes , au milieu
des acclamations du Peuple , se rendirent
confusément , et sans garder entr'eux ni
pas ni rang dans l'Eglise Notre - Dame
poury rendre graces graces à Dieu , devant l'Autel
de la Vierge , de l'heureuse nouvelle
qu'on venoit de leur apprendre.
›
On assure que le Roi a accordé à l'Ordre
Hospitalier du S. Esprit de Montpelier
des Lettres Patentes , portant réiinion
du Prieuré de S. Nicolas de Bar-sur-
Aube à l'Hôpital du S. Esprit de cette
Ville , qui est du même Ordre.
Le 4 Avril , il y eut Concert à la Cour ;
M. Destouches , Sur- Intendant de la Musique
de la Chambre du Roi de semestre ,
fit chanter devant la Reine , dans son Salon
, le Prologue et le premier Acte de
POpera
AVRIL. 1731. 797
par
l'Opera de Thésée , qui fut continué le 9
le second et troisiéme Acte , et le 11.
on finit par le quatrième et le dernier Acte.
La Dile Julie chanta le Rôle de Médée ,
et la Dile Lenner celui d'Eglé , dans les
trois premiers Actes avec beaucoup de
succès ; une indisposition survenue à cette
Actrice l'empêcha de continuer. La Dlle
Pelissier la remplaça ; et y reçût de grands
applaudissemens. Les Sieurs d'Angerville
et Guidon chanterent les Rôles d'Egée et
de Thésée , et les Diles Barbier et Robelin ,
firent les Confidentes , à la satisfaction de
la Reine et de toute la Cour.
! Le 16 , on chanta dans le même Salon
le Prologue et le premier Acte de l'Opera
de Tarsis et Zelie , dont le Poëme est de
M. de la Serre , et la Musique des Sieurs
Rebel et Francoeur.
ศ
9
Le 18 et le 23. on continua le même
Opera , dans lequel les Des Lenner et
Pellissier chanterent les Rôles de Zelie et
d'Arelife avec beaucoup d'applaudissement
, de même que la De Erremens
qui plût infiniment dans le Rôle de la Sybille
, et dans d'autres mòrceaux qu'elle
chanta avec beaucoup de graces et de legereté.
Les deux Auteurs de cet Opera
furent présentez à la Reine par M. Destouches
; ils reçûrent de S. M. des témoignages
pleins de bonté , de la satisfaction
Hiij qu'elle
798 MERCURE DE FRANCE
t
qu'elle avoit eû d'entendre cet Opera
dont l'exécution fut parfaite , et la Musi
que extrêmement goûtée.
pre Le 25. on chanta le Prologue et le
mier Acte d'Atys , qu'on continua le Lundy
, dernier jour du mois.
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Résumé : Cérémonie du Parlement et de la Chambre des Comptes, [titre d'après la table]
Le texte relate deux événements distincts. Le premier est une cérémonie annuelle se déroulant le vendredi de la semaine de Pâques. Les membres du Parlement et de la Chambre des Comptes, invités par le Prévôt des Marchands et les Échevins, se rendent à l'église Notre-Dame en robes ordinaires pour assister à une messe chantée en musique à la Chapelle de la Vierge. Cette cérémonie commémore l'expulsion des Anglais du Royaume de France en 1436 sous le règne de Charles VII. À l'origine, elle a eu lieu après la nouvelle de cette défaite, lorsque les membres du Parlement et de la Chambre des Comptes se sont rendus à l'église pour rendre grâce à Dieu. Le second événement concerne des concerts à la cour en avril 1731. Le 4 avril, M. Destouches, surintendant de la musique de la Chambre du Roi, fit chanter devant la Reine le prologue et le premier acte de l'opéra 'Thésée'. Les représentations se poursuivirent les 9 et 11 avril, avec les demoiselles Julie, Lenner, Pelissier, ainsi que les sieurs d'Angerville et Guidon dans les rôles principaux. Le 16 avril, le prologue et le premier acte de l'opéra 'Tarsis et Zelie' furent chantés, avec des représentations supplémentaires les 18 et 23 avril. Les demoiselles Lenner, Pellissier et Erremens reçurent des applaudissements. Les auteurs de l'opéra furent présentés à la Reine, qui exprima sa satisfaction. Le 25 avril, le prologue et le premier acte de l'opéra 'Atys' furent chantés, avec la suite des représentations le lundi suivant.
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5470
p. 798-803
Entré du Nonce, son Audience, et description des Langes, [titre d'après la table]
Début :
Le 8 Avril, l'Abbé Lanti, Nonce Extraordinaire du Pape [...]
Mots clefs :
Abbé, Officiers, Nonce, Duc, Duchesse, Audience, Langes bénits, Damas bleu, Syndics, Loterie
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texteReconnaissance textuelle : Entré du Nonce, son Audience, et description des Langes, [titre d'après la table]
Le 8 Avril , l'Abbé Lanti , Nonce Extraordinaire
du Pape , fit son Entrée publique
à Paris. Le Prince de Guise , et
M. Hebert , Introducteur des Ambassa→
deurs , allerent le prendre dans les Carosses
du Roi et de la Reine , au Convent de
Picpus , d'où la marche se fit en cet ordre :
Le Caroffe de l'Introducteur , ceux du
Prince de Guise , précedez de son Ecuyer
et de ses Pages à cheval ; un Suiffe du Nonce
à cheval ; les Estafiers du Nonce à
pied quatre Officiers , l'Ecuyer et quatre
Pages à cheval ; le Carosse du Roi , à
côté duquel marchoient la Livrée du Prince
, et celle de M. Hebert ; le Caroffe de
la Reine et celui de Madame la Duchessed'Orleans
, Douairiere , ceux du Duc
d'Orleans , de la Duchesse de Bourbon
Douairiere , du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty, premiere Doüairiere , de la Princesse
de Conty , seconde Doüairiere , de
la Princesse de Conty , troisiéme Douairierc
>
9.
AVRIL 1731 799
riere , du Prince de Conty , du Duc et de
la Duchesse du Maine , du Prince de Dombes
, du Comte d'Eu , du Comte et de
la Comtesse de Toulouse et celui de
M. Chauvelin , Garde des Sceaux ; Ministre
et Secretaire d'Etat , ayant le département
des Affaires Etrangeres : et à une
distance de 30 à 40 pas , les quatre Caros-
.ses du Nonce.
Après qu'il fut arrivé à son Hôtel , il
fut complimenté de la part du Roy par le
Duc de Tresmes , Premier Gentilhomme
de la Chambre ; de la de la Reine ,
part
par le Marquis de Villacerf , son premier
Maître d'Hôtel , et de la part de Madame
la Duchesse d'Orleans le Marquis
de Crevecoeur , son premier Ecuyer.
2
, par
Le 10 , le Prince de Guise et M. Hebert ,
allerent prendre le Nonce Extraordinaire
du Pape en son Hôtel , et le conduisirent
dans les Carosses du Roi et de la Reine à
Versailles où il eut sa premiere Audience
publique du Roi. Il trouva à son
passage , dans l'avant- cour du Château
les Compagnies des Gardes Françoises et
Suisses , en haye et sous les armes , les
Tambours appellant , et dans la Cour , les
Gardes de la Porte et ceux de la Prévôté
aussi en haye et sous les armes , à leurs
postes ordinaires. Il fut reçû au bas de l'escalier
par le Grand- Maître et le Maître
Hii des
800 MERCURE DE FRANCE
des Cérémonies ; les cent Suisses étant sur
l'escalier en habit de cérémonie , la Hallebarde
à la main , et à la porte et en dedans
de la Salle des Gardes , par le Duc
de Bethune , Capitaine des Gardes du
Corps , qui étoient en haye et sous les
armes.
Après l'Audience , le Roi passa dans
son Cabinet , où il fut suivi par le Nonce,
et S. M. vit les langes benits par le Pape ,
pour Monseigneur le Dauphin , qui sont
très- riches , et dont l'ouvrage est d'une
grande beauté. Ces Langes consistent en
trois langes , dont deux sont de drap écarlate
, brodez d'or en plein des deux côtez
, avec des fleurs de Lys , des Couronnes
et des Dauphins ; le troisième est de
Moire bleue et argent , brodé d'or , et
doublé de drap d'or : la bande est de même
étoffe , et brodée d'or avec des perles :
Les Chemises , Mouchoirs , &c. sont par
douzaines , et garnis des plus belles dantelles
d'Angleterre et de Malines , avec
une grande Couverture de Moire bleu et
argent , brodée d'or , avec des Trophées
et Attributs de l'Eglise : la Couverture
pour mettre sur le Berceau est de pareille
étoffe ; et brodée de même , ainsi que deux
grands oreillers de satin bleu brodé , dont
les glands sont d'or trait : la Corbeille dans
laquelle étoit le linge , est faite en forme
de
·
AVRIL. 1731. 801 ·
de Châsse , doublée de Damas bleu , brodé
d'or , et le tout enfermé dans deux
grands coffres de velours cramoisi , brodé
à galons d'or , dont les pieds , les ances et
les fermetures sont d'argent massif.
Le Nonce fut conduit à l'Audience de
la Reine , avec les mêmes cérémonies.
S. M. s'étant rendue chez Monseigneur
le Dauphin , le Nonce y alla , et dans
Audience qu'il eut de Monseigneur le
Dauphin , il lui présenta de la
part da
Pape , les Langes bénits par S. S. Après
avoir été traité par les Officiers du Roi ,
il fut reconduit à son Hôtel par M. Hebert
, dans les Carosses de L. M. avec les
cérémonies accoûtumées.
Le 20. les Députez des Etats de Bourgogne
eurent Audience du Roi , étant conduits
en la maniere accoûtumée par le
Marquis de Dreux , Grand-Maître des
Cérémonies , et par M. Desgranges , Maî
tre des Cérémonies. Ils furent présentez
à S. M. par le Duc de Bourbon ; Gouverneur
de la Province , et par le Comte de
Florentin , Secretaire d'Etat. La Députation
étoit composée de l'Abbé Moreau.
Doyen du Chapitre de l'Eglise Cathedrale
d'Auxerre pour le Clergé , qui porta
la
parole ; du Comte de Guitaud pour la
Noblesse et de M. Barrault , Maire de
Hy la
802 MERCURE DE FRANCE.
rs.
la Ville d'Autun , pour le Tiers Etat ; de
M. de Blancey , Secretaire de M. de Montigny
, Trésorier , et de M Ribou et Baron
, Syndics des Provinces de Bresse et
de Pugey. Ils furent conduits ensuite à
l'Audience de la Reine , et à celle de Monseigneur
le Dauphin , de Monseigneur le
Duc d'Anjou , et de Mesdames de France.
>
Le 25. la Loterie de la Compagnie des
Indes , pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée
, à l'Hôtel de la Compagnie . La Liste
des Numero gagnans des Actions et dixiémes
d'Actions qui doivent être remboursées
, a été rendue publique , faisant
en tout le nombre de 294 Actions ..
,
La Loterie établie par Arrêt du Conseil
du 29 Août dernier , pour le remboursement
des dettes de la Province de Languedoc
, fut tirée à Nismes dans la Grande
Salle des Etats , en présence des Commissaires
de S. M. et de l'Assemblée desdits
Etats les 9. 11 et 13 Janvier dernier..
Les arrérages ont été payez pour les trois.
premiers mois de cette année , avec le
remboursement des Capitaux à Bureau
ouvert , à Paris , à Toulouse , et à Monpellier.
On a imprimé ici la Liste des remboursemens
qui ont été faits par le Tré-
"
sorier
AVRIL. 1731. 803
sorier des Etats de ladite Province , suivant
les Numero gagnans de la Loterie.
Il paroît par cette Liste que la totalité
des Billets qui ont été tirez dans les trois
Séances est de 814. pour le remboursement
de 800932 livres 12 sols , huit deniers
, sur laquelle somme il a été retenu
12 pour cent , conformément à l'Arrêt
du 29 Août 1730.
M. Jeard , Premier Secretaire du Marquis
de Villeneuve , Ambassadeur de
France à Constantinople , après avoir
abordé à Toulon , et y avoir fait quarantaine
, arriva à Versailles au commencement
de ce mois , chargé d'une Lettre
du Grand Seigneur , dans laquelle Sa
Hautesse donne part au Roi de son Avenement
au Trône de ses Ancêtres , et d'une
Lettre du Grand Visir pour S. M. Il
fut présenté au Roi par le Cardinal de
Fleury , et il en fut reçû avec beaucoup
de bonté , après avoir rendu à Son Eminence
, une Lettre du Grand Visir.
du Pape , fit son Entrée publique
à Paris. Le Prince de Guise , et
M. Hebert , Introducteur des Ambassa→
deurs , allerent le prendre dans les Carosses
du Roi et de la Reine , au Convent de
Picpus , d'où la marche se fit en cet ordre :
Le Caroffe de l'Introducteur , ceux du
Prince de Guise , précedez de son Ecuyer
et de ses Pages à cheval ; un Suiffe du Nonce
à cheval ; les Estafiers du Nonce à
pied quatre Officiers , l'Ecuyer et quatre
Pages à cheval ; le Carosse du Roi , à
côté duquel marchoient la Livrée du Prince
, et celle de M. Hebert ; le Caroffe de
la Reine et celui de Madame la Duchessed'Orleans
, Douairiere , ceux du Duc
d'Orleans , de la Duchesse de Bourbon
Douairiere , du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty, premiere Doüairiere , de la Princesse
de Conty , seconde Doüairiere , de
la Princesse de Conty , troisiéme Douairierc
>
9.
AVRIL 1731 799
riere , du Prince de Conty , du Duc et de
la Duchesse du Maine , du Prince de Dombes
, du Comte d'Eu , du Comte et de
la Comtesse de Toulouse et celui de
M. Chauvelin , Garde des Sceaux ; Ministre
et Secretaire d'Etat , ayant le département
des Affaires Etrangeres : et à une
distance de 30 à 40 pas , les quatre Caros-
.ses du Nonce.
Après qu'il fut arrivé à son Hôtel , il
fut complimenté de la part du Roy par le
Duc de Tresmes , Premier Gentilhomme
de la Chambre ; de la de la Reine ,
part
par le Marquis de Villacerf , son premier
Maître d'Hôtel , et de la part de Madame
la Duchesse d'Orleans le Marquis
de Crevecoeur , son premier Ecuyer.
2
, par
Le 10 , le Prince de Guise et M. Hebert ,
allerent prendre le Nonce Extraordinaire
du Pape en son Hôtel , et le conduisirent
dans les Carosses du Roi et de la Reine à
Versailles où il eut sa premiere Audience
publique du Roi. Il trouva à son
passage , dans l'avant- cour du Château
les Compagnies des Gardes Françoises et
Suisses , en haye et sous les armes , les
Tambours appellant , et dans la Cour , les
Gardes de la Porte et ceux de la Prévôté
aussi en haye et sous les armes , à leurs
postes ordinaires. Il fut reçû au bas de l'escalier
par le Grand- Maître et le Maître
Hii des
800 MERCURE DE FRANCE
des Cérémonies ; les cent Suisses étant sur
l'escalier en habit de cérémonie , la Hallebarde
à la main , et à la porte et en dedans
de la Salle des Gardes , par le Duc
de Bethune , Capitaine des Gardes du
Corps , qui étoient en haye et sous les
armes.
Après l'Audience , le Roi passa dans
son Cabinet , où il fut suivi par le Nonce,
et S. M. vit les langes benits par le Pape ,
pour Monseigneur le Dauphin , qui sont
très- riches , et dont l'ouvrage est d'une
grande beauté. Ces Langes consistent en
trois langes , dont deux sont de drap écarlate
, brodez d'or en plein des deux côtez
, avec des fleurs de Lys , des Couronnes
et des Dauphins ; le troisième est de
Moire bleue et argent , brodé d'or , et
doublé de drap d'or : la bande est de même
étoffe , et brodée d'or avec des perles :
Les Chemises , Mouchoirs , &c. sont par
douzaines , et garnis des plus belles dantelles
d'Angleterre et de Malines , avec
une grande Couverture de Moire bleu et
argent , brodée d'or , avec des Trophées
et Attributs de l'Eglise : la Couverture
pour mettre sur le Berceau est de pareille
étoffe ; et brodée de même , ainsi que deux
grands oreillers de satin bleu brodé , dont
les glands sont d'or trait : la Corbeille dans
laquelle étoit le linge , est faite en forme
de
·
AVRIL. 1731. 801 ·
de Châsse , doublée de Damas bleu , brodé
d'or , et le tout enfermé dans deux
grands coffres de velours cramoisi , brodé
à galons d'or , dont les pieds , les ances et
les fermetures sont d'argent massif.
Le Nonce fut conduit à l'Audience de
la Reine , avec les mêmes cérémonies.
S. M. s'étant rendue chez Monseigneur
le Dauphin , le Nonce y alla , et dans
Audience qu'il eut de Monseigneur le
Dauphin , il lui présenta de la
part da
Pape , les Langes bénits par S. S. Après
avoir été traité par les Officiers du Roi ,
il fut reconduit à son Hôtel par M. Hebert
, dans les Carosses de L. M. avec les
cérémonies accoûtumées.
Le 20. les Députez des Etats de Bourgogne
eurent Audience du Roi , étant conduits
en la maniere accoûtumée par le
Marquis de Dreux , Grand-Maître des
Cérémonies , et par M. Desgranges , Maî
tre des Cérémonies. Ils furent présentez
à S. M. par le Duc de Bourbon ; Gouverneur
de la Province , et par le Comte de
Florentin , Secretaire d'Etat. La Députation
étoit composée de l'Abbé Moreau.
Doyen du Chapitre de l'Eglise Cathedrale
d'Auxerre pour le Clergé , qui porta
la
parole ; du Comte de Guitaud pour la
Noblesse et de M. Barrault , Maire de
Hy la
802 MERCURE DE FRANCE.
rs.
la Ville d'Autun , pour le Tiers Etat ; de
M. de Blancey , Secretaire de M. de Montigny
, Trésorier , et de M Ribou et Baron
, Syndics des Provinces de Bresse et
de Pugey. Ils furent conduits ensuite à
l'Audience de la Reine , et à celle de Monseigneur
le Dauphin , de Monseigneur le
Duc d'Anjou , et de Mesdames de France.
>
Le 25. la Loterie de la Compagnie des
Indes , pour le remboursement des Actions
, fut tirée en la maniere accoûtumée
, à l'Hôtel de la Compagnie . La Liste
des Numero gagnans des Actions et dixiémes
d'Actions qui doivent être remboursées
, a été rendue publique , faisant
en tout le nombre de 294 Actions ..
,
La Loterie établie par Arrêt du Conseil
du 29 Août dernier , pour le remboursement
des dettes de la Province de Languedoc
, fut tirée à Nismes dans la Grande
Salle des Etats , en présence des Commissaires
de S. M. et de l'Assemblée desdits
Etats les 9. 11 et 13 Janvier dernier..
Les arrérages ont été payez pour les trois.
premiers mois de cette année , avec le
remboursement des Capitaux à Bureau
ouvert , à Paris , à Toulouse , et à Monpellier.
On a imprimé ici la Liste des remboursemens
qui ont été faits par le Tré-
"
sorier
AVRIL. 1731. 803
sorier des Etats de ladite Province , suivant
les Numero gagnans de la Loterie.
Il paroît par cette Liste que la totalité
des Billets qui ont été tirez dans les trois
Séances est de 814. pour le remboursement
de 800932 livres 12 sols , huit deniers
, sur laquelle somme il a été retenu
12 pour cent , conformément à l'Arrêt
du 29 Août 1730.
M. Jeard , Premier Secretaire du Marquis
de Villeneuve , Ambassadeur de
France à Constantinople , après avoir
abordé à Toulon , et y avoir fait quarantaine
, arriva à Versailles au commencement
de ce mois , chargé d'une Lettre
du Grand Seigneur , dans laquelle Sa
Hautesse donne part au Roi de son Avenement
au Trône de ses Ancêtres , et d'une
Lettre du Grand Visir pour S. M. Il
fut présenté au Roi par le Cardinal de
Fleury , et il en fut reçû avec beaucoup
de bonté , après avoir rendu à Son Eminence
, une Lettre du Grand Visir.
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Résumé : Entré du Nonce, son Audience, et description des Langes, [titre d'après la table]
Le 8 avril 1731, l'Abbé Lanti, Nonce Extraordinaire du Pape, fit son entrée publique à Paris. Il fut accueilli par le Prince de Guise et M. Hebert, Introducteur des Ambassadeurs, et transporté dans les carrosses du Roi et de la Reine depuis le couvent de Picpus. La procession comprenait divers carrosses de la famille royale, des nobles et du Nonce. À son arrivée à son hôtel, il fut complimenté par des représentants du Roi, de la Reine et de la Duchesse d'Orléans. Le 10 avril, le Prince de Guise et M. Hebert conduisirent le Nonce à Versailles pour sa première audience publique avec le Roi. À son passage dans l'avant-cour du château, il fut accueilli par les Compagnies des Gardes Françaises et Suisses en armes. Après l'audience, le Roi montra au Nonce les langes bénits par le Pape pour le Dauphin, richement ornés et brodés. Le Nonce fut ensuite conduit à l'audience de la Reine et du Dauphin, où il présenta les langes bénits. Le 20 avril, les députés des États de Bourgogne eurent audience du Roi, conduits par le Marquis de Dreux et M. Desgranges. Ils furent présentés par le Duc de Bourbon et le Comte de Florentin. La délégation comprenait des représentants du clergé, de la noblesse et du tiers état. Ils furent ensuite conduits aux audiences de la Reine, du Dauphin, du Duc d'Anjou et de Mesdames de France. Le 25 avril, la loterie de la Compagnie des Indes pour le remboursement des actions fut tirée à l'Hôtel de la Compagnie. La liste des numéros gagnants fut rendue publique, totalisant 294 actions. La loterie pour le remboursement des dettes de la Province de Languedoc fut également tirée à Nîmes en janvier. Les arrérages pour les trois premiers mois de l'année furent payés, ainsi que le remboursement des capitaux à Paris, Toulouse et Montpellier. M. Jeard, Premier Secrétaire du Marquis de Villeneuve, Ambassadeur de France à Constantinople, arriva à Versailles au début du mois. Il apportait des lettres du Grand Seigneur et du Grand Visir, annonçant l'accession au trône du Grand Seigneur. Il fut présenté au Roi par le Cardinal de Fleury et reçut une lettre du Grand Visir.
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5471
p. 803-805
BENEFICES DONNEZ.
Début :
L'Abbaye de Vigny, Ordre de S. Augustin, Diocèse d'Autun [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Prieuré, Diacre, Prêtre, Doyen
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ.
BENEFICES DONNEZ.
L'Abbaye de Vigny , Ordre de S. Au-
,
gustin , Diocèse d'Autun vacante
par le décès de M. l'Archevêque de Sens ,
en faveur de M. d'Autichamp , Prêtre et
H vj Doyen
804 MERCURE DE FRANCE .
Doyen de la Cathedrale d'Angers.
L'Abbaye de Ferrieres , Ordre de S. Augustin
, Diocèse de Poitiers , vacante par
le décès de M. de la Boissiere , en faveur
de M. de Menou , Prêtre et Grand Vicaire
de Nantes.
L'Abbaye de Cagnotte , Ordre de Saint
Benoît , Diocèse de Cix , vacante par le
décès de M. de Digier , en faveur de
M. Prudent de Bouexie de Becdelievre
Prêtre au Diocèse de Nantes .
L'Abbaye d'Auberives , Ordre de Citeaux
, Diocèse de Langres , vacante par
le décès de M. de Champigny , en faveur
de M. de Fontenilles , Prêtre et Grand-
Vicaire d'Amiens .
و
>
L'Abbaye de Vierzon , Ordre de Saint
Benoît Diocèse de Bourges vacante
par le décès du dernier Titulaire , en faveur
de M. de Bernot de Chavent , Chanoine
Honoraire de la Cathedrale de
Bourges.
-L'Abbaye de Château- Landon , Ordre
de S. Augustin , Diocèse de Sens , vacante
par le décès de M. de la Grange , en faveur
de M. d'Aigreville de Millancour
son Diacre .
L'Abbaye Réguliere de S. Leger de
Soissons , Ordre de S. Augustin , vacante
par le décès de M. de Niceron , en faveur
de M. Jean René Biet , Prêtre et Reli
gieux dudit Ordre.
AVRIE 1731. 805
L'Abbaye de S. Loup , Ordre de Ci
teaux , Diocèse d'Orleans , vacante par le
décès de la Dame de Châtillon , en faveur
de la Dame Gabriel de Bouville , Religieuse
au Prieuré de Villervaux.
L'Abbaye de Vigny , Ordre de S. Au-
,
gustin , Diocèse d'Autun vacante
par le décès de M. l'Archevêque de Sens ,
en faveur de M. d'Autichamp , Prêtre et
H vj Doyen
804 MERCURE DE FRANCE .
Doyen de la Cathedrale d'Angers.
L'Abbaye de Ferrieres , Ordre de S. Augustin
, Diocèse de Poitiers , vacante par
le décès de M. de la Boissiere , en faveur
de M. de Menou , Prêtre et Grand Vicaire
de Nantes.
L'Abbaye de Cagnotte , Ordre de Saint
Benoît , Diocèse de Cix , vacante par le
décès de M. de Digier , en faveur de
M. Prudent de Bouexie de Becdelievre
Prêtre au Diocèse de Nantes .
L'Abbaye d'Auberives , Ordre de Citeaux
, Diocèse de Langres , vacante par
le décès de M. de Champigny , en faveur
de M. de Fontenilles , Prêtre et Grand-
Vicaire d'Amiens .
و
>
L'Abbaye de Vierzon , Ordre de Saint
Benoît Diocèse de Bourges vacante
par le décès du dernier Titulaire , en faveur
de M. de Bernot de Chavent , Chanoine
Honoraire de la Cathedrale de
Bourges.
-L'Abbaye de Château- Landon , Ordre
de S. Augustin , Diocèse de Sens , vacante
par le décès de M. de la Grange , en faveur
de M. d'Aigreville de Millancour
son Diacre .
L'Abbaye Réguliere de S. Leger de
Soissons , Ordre de S. Augustin , vacante
par le décès de M. de Niceron , en faveur
de M. Jean René Biet , Prêtre et Reli
gieux dudit Ordre.
AVRIE 1731. 805
L'Abbaye de S. Loup , Ordre de Ci
teaux , Diocèse d'Orleans , vacante par le
décès de la Dame de Châtillon , en faveur
de la Dame Gabriel de Bouville , Religieuse
au Prieuré de Villervaux.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ.
En avril 1731, plusieurs abbayes vacantes ont été attribuées à divers individus. L'Abbaye de Vigny, située dans le Diocèse d'Autun, a été confiée à M. d'Autichamp, Doyen de la Cathédrale d'Angers. L'Abbaye de Ferrières, dans le Diocèse de Poitiers, a été donnée à M. de Menou, Grand Vicaire de Nantes. L'Abbaye de Cagnotte, dans le Diocèse de Cix, a été attribuée à M. Prudent de Bouexie de Becdelievre, Prêtre du Diocèse de Nantes. L'Abbaye d'Auberives, dans le Diocèse de Langres, a été confiée à M. de Fontenilles, Grand Vicaire d'Amiens. L'Abbaye de Vierzon, dans le Diocèse de Bourges, a été attribuée à M. de Bernot de Chavent, Chanoine Honoraire de la Cathédrale de Bourges. L'Abbaye de Château-Landon, dans le Diocèse de Sens, a été donnée à M. d'Aigreville de Millancour, Diacre. L'Abbaye Régulière de Saint-Léger de Soissons a été attribuée à M. Jean René Biet, Religieux de l'Ordre de Saint-Augustin. Enfin, l'Abbaye de Saint-Loup, dans le Diocèse d'Orléans, a été confiée à la Dame Gabriel de Bouville, Religieuse au Prieuré de Villervaux.
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5472
p. 807-808
FESTE donnée à m. le Vicomte de Polignac, à l'occasion de sa convalescence.
Début :
Rien n'est plus flateur pour un Maître digne d' [...]
Mots clefs :
Vicomte de Polignac, Zèle, Maladie, Convalescence, Portiques, Guirlandes, Lustres, Abbé de Neuville, Fête
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texteReconnaissance textuelle : FESTE donnée à m. le Vicomte de Polignac, à l'occasion de sa convalescence.
FESTE donnée à M. le Vicomte de
Polignac , à l'occasion de sa convalescence.
R
Ien n'est plus flateur pour un Maître
digne d'être aimé , que l'interêt vif
et sensible que prennent ses Domestiques
à tout ce qui les regarde ; ceux de M. le
Vicomte de Polignac ont témoigné leur
zele pour lui , non - seulement dans le cours
de la maladie de ce Seigneur, si justement
cheri et respecté ; mais encore ils ont célebré
sa convalescence d'une maniere qui
a charmé tous ceux qui en furent les témoins.
Leur zele et leur amour pour
leur Maître ont été leurs seuls guides.
Dimanche au soir 22. d'Avril , l'Hôtel
fut illuminé sur la façade du dehors depuis
le haut jusqu'enbas. Le Temple de
la Santé s'élevoit au fond de la cour dont:
les côtez étoient tendus de riches Tapisseries
; neuf Portiques formoient l'enceinte,
ornez de Guirlandes, Lustres , Giron
doles , &c. Au- dessous de chaque Pillastre
étoient les Armes de Polignac ; elles :
brilloient au fond sur le Portique du
milieu , dans un grand Tableau éclairé de
chaque côté de deux Piramides , de Lampions
,
ainsi que tout le corps du Plan ;
au bas on lisoit les Vers suivans de M. l'Abbé
de Neuville.
Enfin
808 MERCURE DE FRANCE
Enfin nos voeux sont exaucez ;
Le Ciel vous rend à nous; et pour nous c'est assez.
Agréez en ce jour notre public hommage ;
Vous en auriez de plus pompeux,
Si nous sçavions exprimer mieux ,
De notre coeur le vrai langage ;
C'est le coeur seul que demandent les Dieux ;
Nous ne sçaurions vous offrir davantage ;
D'autres que nous diront en Vers harmonieux
Par combien de vertus vous êtes estimable ,
Mais nous avouerons que les Cieux ,
Ne formerent jamais de Maître plus aimable.
Le tour de l'enceinte du Plan étoit chargé
et illuminé de fambaeux de cire blanche.
La Fête fut annoncée par une décharge
de quantité de Boëtes , suivie d'un Feu
d'artifice trés - bien entendu , et enfin
terminée par une seconde décharge de
Boëtes, le tout au bruit des Trompettes et
au son des Basses et des Violons , Le Peuple
fut ensuite admis au Bal et aux rafraîchissemens
qui durerent jusqu'à quatre
heures du matin.
L'Auteur et Conducteur de la Fête est
le sieur Chabanet de la Combe , qui en
cette occasion n'a pas moins manqué de
goût et d'intelligence que de zele et d'amour
pour son Maître.
Polignac , à l'occasion de sa convalescence.
R
Ien n'est plus flateur pour un Maître
digne d'être aimé , que l'interêt vif
et sensible que prennent ses Domestiques
à tout ce qui les regarde ; ceux de M. le
Vicomte de Polignac ont témoigné leur
zele pour lui , non - seulement dans le cours
de la maladie de ce Seigneur, si justement
cheri et respecté ; mais encore ils ont célebré
sa convalescence d'une maniere qui
a charmé tous ceux qui en furent les témoins.
Leur zele et leur amour pour
leur Maître ont été leurs seuls guides.
Dimanche au soir 22. d'Avril , l'Hôtel
fut illuminé sur la façade du dehors depuis
le haut jusqu'enbas. Le Temple de
la Santé s'élevoit au fond de la cour dont:
les côtez étoient tendus de riches Tapisseries
; neuf Portiques formoient l'enceinte,
ornez de Guirlandes, Lustres , Giron
doles , &c. Au- dessous de chaque Pillastre
étoient les Armes de Polignac ; elles :
brilloient au fond sur le Portique du
milieu , dans un grand Tableau éclairé de
chaque côté de deux Piramides , de Lampions
,
ainsi que tout le corps du Plan ;
au bas on lisoit les Vers suivans de M. l'Abbé
de Neuville.
Enfin
808 MERCURE DE FRANCE
Enfin nos voeux sont exaucez ;
Le Ciel vous rend à nous; et pour nous c'est assez.
Agréez en ce jour notre public hommage ;
Vous en auriez de plus pompeux,
Si nous sçavions exprimer mieux ,
De notre coeur le vrai langage ;
C'est le coeur seul que demandent les Dieux ;
Nous ne sçaurions vous offrir davantage ;
D'autres que nous diront en Vers harmonieux
Par combien de vertus vous êtes estimable ,
Mais nous avouerons que les Cieux ,
Ne formerent jamais de Maître plus aimable.
Le tour de l'enceinte du Plan étoit chargé
et illuminé de fambaeux de cire blanche.
La Fête fut annoncée par une décharge
de quantité de Boëtes , suivie d'un Feu
d'artifice trés - bien entendu , et enfin
terminée par une seconde décharge de
Boëtes, le tout au bruit des Trompettes et
au son des Basses et des Violons , Le Peuple
fut ensuite admis au Bal et aux rafraîchissemens
qui durerent jusqu'à quatre
heures du matin.
L'Auteur et Conducteur de la Fête est
le sieur Chabanet de la Combe , qui en
cette occasion n'a pas moins manqué de
goût et d'intelligence que de zele et d'amour
pour son Maître.
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Résumé : FESTE donnée à m. le Vicomte de Polignac, à l'occasion de sa convalescence.
Le texte relate une fête organisée par les domestiques du Vicomte de Polignac pour célébrer sa convalescence. Le dimanche 22 avril, l'hôtel du vicomte fut illuminé et décoré somptueusement. La cour était ornée de riches tapisseries, de portiques décorés de guirlandes et de lustres, avec les armes de Polignac en évidence. Un poème de l'Abbé de Neuville fut lu, exprimant la joie et la gratitude des domestiques. La fête inclut des feux d'artifice, des détonations de boîtes à feu et de la musique. Le peuple fut ensuite invité à danser et à se rafraîchir jusqu'à quatre heures du matin. L'organisateur, le sieur Chabanet de la Combe, montra son goût, son intelligence et son dévouement envers son maître.
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5473
p. 809-810
A M. J. D. à Amiens, Sur la rareté des Canards.
Début :
On dit (mais je ne le puis croire) [...]
Mots clefs :
Canards, Froids, Temple, Rasade, Carnaval, Carême
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. J. D. à Amiens, Sur la rareté des Canards.
A M. J. D.
à
Amiens ,
Sur la rareté des Canards.
ONN dit ( mais je ne le puis croire )
Que chez vous les froids sont si grands ,
Que les Canards à triples rangs ,
Pour n'avoir pu trouver à boire ,
Ont fui si bien , qu'il n'est resté ,
Pas de quoi faire un seul Pâté .
Pour vous , si l'on dit vrai , la chose est affli
geante ,
Car enfin ne comptez de
vous porter si bien ,
Comme vous avez fait en l'an mil sept cens
trente ,
Si vous ne payez pas à C ... sa rente ;
C... de sa part pour vous ne fera rien.
L'an passé qu'il reçut l'honnête redevance ; ´
Par huit ou neuf de ses Supots ,
Tous gens à Janus fort dévots ,
Il fit faire pour vous des voeux en abondance ;
Le Temple de Bacchus en diroit verité ;
A votre intention mainte razade buë ,
Et tant que chez quelqu'un raison en fut perdue,
Vous auriez pour l'année acquis force santé .
Cet an- cy n'ira pas de même :
Sans que rien ait parú voici le Carnaval ,
Ma
810 MERCURE DE FRANCE
i
Ma foi craignez la mort ou la fievre au teint
blême ,
Si vous ne prévenez le mal ;
Hazard si vous allez jusqu'à la mi-carême.
à
Amiens ,
Sur la rareté des Canards.
ONN dit ( mais je ne le puis croire )
Que chez vous les froids sont si grands ,
Que les Canards à triples rangs ,
Pour n'avoir pu trouver à boire ,
Ont fui si bien , qu'il n'est resté ,
Pas de quoi faire un seul Pâté .
Pour vous , si l'on dit vrai , la chose est affli
geante ,
Car enfin ne comptez de
vous porter si bien ,
Comme vous avez fait en l'an mil sept cens
trente ,
Si vous ne payez pas à C ... sa rente ;
C... de sa part pour vous ne fera rien.
L'an passé qu'il reçut l'honnête redevance ; ´
Par huit ou neuf de ses Supots ,
Tous gens à Janus fort dévots ,
Il fit faire pour vous des voeux en abondance ;
Le Temple de Bacchus en diroit verité ;
A votre intention mainte razade buë ,
Et tant que chez quelqu'un raison en fut perdue,
Vous auriez pour l'année acquis force santé .
Cet an- cy n'ira pas de même :
Sans que rien ait parú voici le Carnaval ,
Ma
810 MERCURE DE FRANCE
i
Ma foi craignez la mort ou la fievre au teint
blême ,
Si vous ne prévenez le mal ;
Hazard si vous allez jusqu'à la mi-carême.
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Résumé : A M. J. D. à Amiens, Sur la rareté des Canards.
Dans une lettre adressée à M. J. D. à Amiens, l'auteur évoque la rareté des canards dans la région, attribuant cette situation au froid intense et à l'absence d'eau. Il exprime son incrédulité face à cette disparition. L'auteur rappelle également une dette impayée à une personne nommée C..., soulignant que l'année précédente, après avoir reçu sa redevance, C... avait organisé des festivités en l'honneur de M. J. D., incluant des libations et des prières. Il met en garde M. J. D. contre les risques pour sa santé s'il ne règle pas cette dette, notant que le Carnaval est passé sans que les mesures nécessaires aient été prises pour éviter des problèmes de santé.
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5474
p. 810-815
MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
Début :
Pierre Perrin, Ecuyer, Conseiller Secrétaire du Roi, Maison Couronne [...]
Mots clefs :
Écuyer, Avocat, Chevalier, Lieutenant général des armées, Gouverneur, Fermier général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
MORTS , NAISSANCES ,
et Mariages.
Perétaire du Roi , Maison Couronne ,
Ierre Perrin , Ecuyer , Conseiller Se-
&c. Honoraire , Avocat en Parlement ès-
Conseils du Roi , mourut le 33. Mars ,
âgé de 75. ans.
Henry Doresmieux , Ecuyer , Avocat
au Parlement , Intendant de feuë Mada
me la Dauphine , et Chef du Conseil de
feu M. le Duc de Berry , mourut le 4.
de ce mois , âgé de 80. ans.
M. Augustin André , Ecuyer , Conseiller
Secretaire du Roi , Maison , &c. Conseiller
à la Cour des Aydes , mourut le
4: Avril , dans la 49. année de son âge.
Antoine le Prêtre , Chevalier , Comte
de Vauban , de Busseul et de Boyer , Marquis
de Magny , Seigneur d'Essertine
Moulins sur l'Arconse , Poisson , la Bastie
, & c. Lieutenant Général des Armées du
Roy , Grand Croix de l'Ordre Militaire
de S. Louis , Gouverneur des Ville et
ChâA
V RIL. 1731.
8ir
Château de Bethune , Ingénieur General
et Directeur des Fortifications des Places
d'Artois , mourut en son Gouvernement
le 10. d'Avril , universellement regretté.
On lui donna en entrant au service du
Roi en 1672. une Lieutenance au Regi
ment de Champagne en 1674. il eut
une Compagnie dans celui de Normandie
; il fut fait Brigadier d'Infanterie au
mois de Mars 1693. Maréchal de Camp.
en 1702. Lieutenant General en 1704.
Il commença à servir en qualité d'Ingénieur
en 1674. au Siége de Besançon où
il fut blessé de deux coups de de fusil , en
faisant le logement de la contrescarpe. It
servit ensuite avec le Maréchal de Vauban
son oncle , à tous ceux qu'il fit depuis..
Il suivit cet illustre Général dans presque
toutes les visites qu'il fit des Places du
Royaume , travaillant sous lui aux projets
de fortifications qui ont été execu--
tez sur ses desseins. Ce travail embrassoit
la construction de plus de soixante
nouvelles Places , et la réparation de plus
de quatre-vingt anciennes ; après cela '
il fut chargé de faire en Chef plusieurs.
Siéges à celui de Courtrai , en 1683 .
il fut blessé d'un coup de fusil à la main
droite , dont il est demeuré estropić .
:
Il servit en 1702. à la défense de Keservert
, sous les ordres de Monseigneur
le
>
812 MERCURE DE FRANCE
,
le Duc de Bourgogne. En 1703. au Siege
de Brisack , où il conduisit l'attaque de
la gauche , avec une approbation generale
, ce qui opera la réddition de la place.
En 1708. à la défense de l'Isle , sous les
ordres du Maréchal de Bouflers. Il défendit
en 1710. Bethune dont il étoit Gouverneur
у tint contre l'attente du Roi
et celle des deux armées , quarante deux
jours de tranchée ouverte quoique la
place fut petite , mauvaise , mal munie ;
et la garnison fort foible. En 1714. il fut
choisi par les Rois de France et d'Espagne
, pour faire en Chef, sous les ordres
du Maréchal de Bervick , le Siege de
Barcelone , où il reçut un coup de fusil
au travers du corps.
>
Malgré tous les périls où il a été expo
sé pendant ses longs services ; il a été de
bonne heure à la tête du Corps du Génie ,
et en a été long- temps le Doyen ; Il a
vû périr plus de 600. Ingenieurs. Il s'étoit
trouvé à 44. Sieges d'attaque ou de
défenses de Places , de Villes , de Citadelle
, ou de Châteaux , et à grand nombre
d'autres actions où il avoit reçû seize
blessures considerables. Il a perdu au
service du Roi , son pere , deux freres
un beau frere , deux oncles , et onze cousins
germains , ou issus de germains , ensorte
qu'il y a peu de famille dans le Royau
me
1
AVRIL. 1731. 813
me qui ait tant essuyé de feu , et répandu
tant de sang que llaa sienne , dont il ne
restoit que lui de son nom et ses deux
fils , dont l'aîné est guidon de Gendarmerie
, et le cadet Lieutenant au Regiment
du Roi , Infanterie.
M. Louis Teissier , ancien Fermier Général
, mourut à Paris le 12. de ce mois ,
âgé de 77. ans.
>
Jacques de Barberie , Chevalier Marquis
de Courteille Maître des Requêtes
honoraire , ci- devant Intendant d'Alençon
, et ensuite du Berry , décedé de
17. Avril , âgé de 56. ans.
•
Dame Marie Anne d'Espinay de S. Luc,
Epouse de M. François , Marquis de Rochechouart
, mourut le 24. de ce mois ,
dans la 58. année de son âge.
Frere Michel Forbin de Janson , Chevalier
Profez de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem
, Commandeur de la Commanderie
de Borderes , du Prieuré de Toulouse
, et Brigadier des Armées du Roi , mourut
à Paris le même jour , âgé d'environ
60. ans.
Mlle des Barres âgé d'onze ans , a re
çûë les cérémonies du Baptême le deuxiéme
Avril , dans l'Eglise de S. Roch ,
et a été nommée Bonne Benigne , par
la Comtesse de Saint Chamans sa Grand-
Mere ,
314 MERCURE DE FRANCE
J
Mere , et par le Marquis de Baufremon ;
Chevalier de la Toison d'Or , Brigadier
des Armées du Roi. Elle est fille du
Comte des Barres , qui est d'une noble
et ancienne Maison de Bourgogne , et de
Judith de Saint Chamans , son épouse.
Le 6. Avril les Cérémonies du Baptême
furent suppléées à René Prosper , né
le 27. Mars précédent , fils de M. Jean
René de Longueil , Marquis de Maisons
et de Poissy , & c. Président à Mortier
du Parlement de Paris ; et de Dame Jeanne
Louise , Baüyn ' d'Argenvilliers. Il a
été nommé par M. Nicolas Prosper
Baüyn d'Argenvilliers , Ministre et Secretaire
d'Etat , et par Dame Charlote
Angelique Coursin veuve de M. Jacques
Roque , Seigneur de Varangeville, et
Ambassadeur du Roi à Venise .
>
Dame Louise Adelaide Sabligoton d'Epinay
, épouse de M. Guy , Louis , Charles
Delaval Montmorency , accoucha le
13. de ce mois d'une fille , qui fut tenuë
sur les Fonts , et nommé Louise
Adelaide Philippine , par L. A. S. Monseigneur
Louis Duc d'Orleans , premier
Prince du Sang , et par Mademoiselle
Philippine Elizabeth d'Orleans. La Cérémonie
fut faite en la Chapelle du Palais
Royal , par le Curé de S. Eustache.
Jean
1
AVRIL. 1731.
815
Jean Baptiste le Clerc , Seigneur de
Boisguiche , & c. épousa le 24. Avril Da
me Marie Therese le Bas de Givangis ,
fille de Louis le Bas de Givangis , Trésorier
des Gardes Françoises , et de Dame
Catherine Quentin.
et Mariages.
Perétaire du Roi , Maison Couronne ,
Ierre Perrin , Ecuyer , Conseiller Se-
&c. Honoraire , Avocat en Parlement ès-
Conseils du Roi , mourut le 33. Mars ,
âgé de 75. ans.
Henry Doresmieux , Ecuyer , Avocat
au Parlement , Intendant de feuë Mada
me la Dauphine , et Chef du Conseil de
feu M. le Duc de Berry , mourut le 4.
de ce mois , âgé de 80. ans.
M. Augustin André , Ecuyer , Conseiller
Secretaire du Roi , Maison , &c. Conseiller
à la Cour des Aydes , mourut le
4: Avril , dans la 49. année de son âge.
Antoine le Prêtre , Chevalier , Comte
de Vauban , de Busseul et de Boyer , Marquis
de Magny , Seigneur d'Essertine
Moulins sur l'Arconse , Poisson , la Bastie
, & c. Lieutenant Général des Armées du
Roy , Grand Croix de l'Ordre Militaire
de S. Louis , Gouverneur des Ville et
ChâA
V RIL. 1731.
8ir
Château de Bethune , Ingénieur General
et Directeur des Fortifications des Places
d'Artois , mourut en son Gouvernement
le 10. d'Avril , universellement regretté.
On lui donna en entrant au service du
Roi en 1672. une Lieutenance au Regi
ment de Champagne en 1674. il eut
une Compagnie dans celui de Normandie
; il fut fait Brigadier d'Infanterie au
mois de Mars 1693. Maréchal de Camp.
en 1702. Lieutenant General en 1704.
Il commença à servir en qualité d'Ingénieur
en 1674. au Siége de Besançon où
il fut blessé de deux coups de de fusil , en
faisant le logement de la contrescarpe. It
servit ensuite avec le Maréchal de Vauban
son oncle , à tous ceux qu'il fit depuis..
Il suivit cet illustre Général dans presque
toutes les visites qu'il fit des Places du
Royaume , travaillant sous lui aux projets
de fortifications qui ont été execu--
tez sur ses desseins. Ce travail embrassoit
la construction de plus de soixante
nouvelles Places , et la réparation de plus
de quatre-vingt anciennes ; après cela '
il fut chargé de faire en Chef plusieurs.
Siéges à celui de Courtrai , en 1683 .
il fut blessé d'un coup de fusil à la main
droite , dont il est demeuré estropić .
:
Il servit en 1702. à la défense de Keservert
, sous les ordres de Monseigneur
le
>
812 MERCURE DE FRANCE
,
le Duc de Bourgogne. En 1703. au Siege
de Brisack , où il conduisit l'attaque de
la gauche , avec une approbation generale
, ce qui opera la réddition de la place.
En 1708. à la défense de l'Isle , sous les
ordres du Maréchal de Bouflers. Il défendit
en 1710. Bethune dont il étoit Gouverneur
у tint contre l'attente du Roi
et celle des deux armées , quarante deux
jours de tranchée ouverte quoique la
place fut petite , mauvaise , mal munie ;
et la garnison fort foible. En 1714. il fut
choisi par les Rois de France et d'Espagne
, pour faire en Chef, sous les ordres
du Maréchal de Bervick , le Siege de
Barcelone , où il reçut un coup de fusil
au travers du corps.
>
Malgré tous les périls où il a été expo
sé pendant ses longs services ; il a été de
bonne heure à la tête du Corps du Génie ,
et en a été long- temps le Doyen ; Il a
vû périr plus de 600. Ingenieurs. Il s'étoit
trouvé à 44. Sieges d'attaque ou de
défenses de Places , de Villes , de Citadelle
, ou de Châteaux , et à grand nombre
d'autres actions où il avoit reçû seize
blessures considerables. Il a perdu au
service du Roi , son pere , deux freres
un beau frere , deux oncles , et onze cousins
germains , ou issus de germains , ensorte
qu'il y a peu de famille dans le Royau
me
1
AVRIL. 1731. 813
me qui ait tant essuyé de feu , et répandu
tant de sang que llaa sienne , dont il ne
restoit que lui de son nom et ses deux
fils , dont l'aîné est guidon de Gendarmerie
, et le cadet Lieutenant au Regiment
du Roi , Infanterie.
M. Louis Teissier , ancien Fermier Général
, mourut à Paris le 12. de ce mois ,
âgé de 77. ans.
>
Jacques de Barberie , Chevalier Marquis
de Courteille Maître des Requêtes
honoraire , ci- devant Intendant d'Alençon
, et ensuite du Berry , décedé de
17. Avril , âgé de 56. ans.
•
Dame Marie Anne d'Espinay de S. Luc,
Epouse de M. François , Marquis de Rochechouart
, mourut le 24. de ce mois ,
dans la 58. année de son âge.
Frere Michel Forbin de Janson , Chevalier
Profez de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem
, Commandeur de la Commanderie
de Borderes , du Prieuré de Toulouse
, et Brigadier des Armées du Roi , mourut
à Paris le même jour , âgé d'environ
60. ans.
Mlle des Barres âgé d'onze ans , a re
çûë les cérémonies du Baptême le deuxiéme
Avril , dans l'Eglise de S. Roch ,
et a été nommée Bonne Benigne , par
la Comtesse de Saint Chamans sa Grand-
Mere ,
314 MERCURE DE FRANCE
J
Mere , et par le Marquis de Baufremon ;
Chevalier de la Toison d'Or , Brigadier
des Armées du Roi. Elle est fille du
Comte des Barres , qui est d'une noble
et ancienne Maison de Bourgogne , et de
Judith de Saint Chamans , son épouse.
Le 6. Avril les Cérémonies du Baptême
furent suppléées à René Prosper , né
le 27. Mars précédent , fils de M. Jean
René de Longueil , Marquis de Maisons
et de Poissy , & c. Président à Mortier
du Parlement de Paris ; et de Dame Jeanne
Louise , Baüyn ' d'Argenvilliers. Il a
été nommé par M. Nicolas Prosper
Baüyn d'Argenvilliers , Ministre et Secretaire
d'Etat , et par Dame Charlote
Angelique Coursin veuve de M. Jacques
Roque , Seigneur de Varangeville, et
Ambassadeur du Roi à Venise .
>
Dame Louise Adelaide Sabligoton d'Epinay
, épouse de M. Guy , Louis , Charles
Delaval Montmorency , accoucha le
13. de ce mois d'une fille , qui fut tenuë
sur les Fonts , et nommé Louise
Adelaide Philippine , par L. A. S. Monseigneur
Louis Duc d'Orleans , premier
Prince du Sang , et par Mademoiselle
Philippine Elizabeth d'Orleans. La Cérémonie
fut faite en la Chapelle du Palais
Royal , par le Curé de S. Eustache.
Jean
1
AVRIL. 1731.
815
Jean Baptiste le Clerc , Seigneur de
Boisguiche , & c. épousa le 24. Avril Da
me Marie Therese le Bas de Givangis ,
fille de Louis le Bas de Givangis , Trésorier
des Gardes Françoises , et de Dame
Catherine Quentin.
Fermer
Résumé : MORTS, NAISSANCES, et Mariages.
Le document relate divers événements survenus en avril 1731, incluant des naissances, des mariages et des décès. Parmi les décès notables, Ierre Perrin, Ecuyer et Conseiller du Roi, est décédé le 33 mars à l'âge de 75 ans. Henry Doresmieux, Ecuyer et Avocat au Parlement, est décédé le 4 avril à 80 ans. M. Augustin André, Ecuyer et Conseiller du Roi, est également décédé le 4 avril à 49 ans. Antoine le Prêtre, Chevalier et Lieutenant Général des Armées du Roi, est décédé le 10 avril à 80 ans. Il a servi en tant qu'ingénieur et a participé à de nombreux sièges et fortifications sous la direction de son oncle, le Maréchal de Vauban. D'autres décès mentionnés incluent M. Louis Teissier, ancien Fermier Général, décédé le 12 avril à 77 ans, Jacques de Barberie, Chevalier et Intendant, décédé le 17 avril à 56 ans, et Dame Marie Anne d'Espinay de S. Luc, épouse du Marquis de Rochechouart, décédée le 24 avril à 58 ans. Les naissances et baptêmes notables incluent Mlle des Barres, baptisée le 2 avril et nommée Bonne Benigne, et René Prosper, né le 27 mars et baptisé le 6 avril. Dame Louise Adelaide Sabligoton d'Epinay a accouché le 13 avril d'une fille nommée Louise Adelaide Philippine. Enfin, Jean Baptiste le Clerc a épousé Dame Marie Therese le Bas de Givangis le 24 avril.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5475
p. 820-828
ARRESTS, DECLARATIONS, ORDONNANCES, &c.
Début :
ARREST du 21. Novembre 1730. qui ordonne que le sieur [...]
Mots clefs :
Arrêt, Déclaration du roi, Ordonnance, Commerce, Brevets, Militaires, Médecine, Négociants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS, DECLARATIONS, ORDONNANCES, &c.
ARRESTS , DECLARATIONS
ORDONNANCES , &c.
RREST du 21. Novembre 1730. qui or-
Adonne que le sieur Jacques Auriol et ses
Associez , jouiront pendant dix années à commencer
au premier Janvier 1731. au lieu & place
de la Compagnie des Indes , du commerce de la
Côte de Barbarie , pour en jouir et y faire le
commerce exclusif , sous le nom de COMPAGNIE
D'AFRIQUE.
" DECLARATION DU ROY , concernant
les Scellez des Officiers Militaires. Donnée
à Versailles le 3. Février 1731. Registrée en
Parlement. Par laquelle S. M. établit un nouveau
Reglement pour prévenir toutes les difficul
tez qui pourroient survenir sur cette matiere.
ARREST du 11. Fevrier , portant . Reglement
pour les Toiles , Batistes et Linons qui se
fabriquent dans les Generalitez de Paris et de
Soissons.
AUTRE , du 13. Fevrier , qui ordonne que
les Acquereurs des Offices sur les Quais , Ports et
Halles de Paris , rétablis par Edit du mois de Juin
1730 seront mis en possession des fonctions et
Droits y attribuez , lorsque tous les Offices auront
été acquis ; que les acquereurs des Offices
d'une Communauté , dont la totalité n'aura point
encore été levée , jouiront seulement de la portion
AVRIL. 1731. 821
tion des droits attachez à leurs Offices ; et qu'en
attendant que la totalité des Offices de chaque
Communauté soit levée , Remy Barbier et ses
Cautions continueront la perception desdits droits
à la charge de payer tous les mois à chaque acquereur
d'Office la portion des droits à lui revenante.
DECLARATION DU ROY , sur les
Insinuations. Donnée à Versailles le 17. Fevrier
1731. Registrée en Parlement le 9. Mars , par
laquelle S. M. a . jugé nécessaire de rappeller les
dispositions des anciens Reglemens à cet égard, et
même de fixer d'une maniere encore plus précise
qu'il n'a été fait jusqu'à present, les Bureaux dans
lesquels les Insinuations des Donations entre-vifs
doivent êtres faites , &c.
ARREST du 5. Mars , qui regle la distribution
des fonds destinez au soulagement des pauvres
Maisons et Communautez de filles Religieuses
du Royaume.
AUTRE du 6. Mars , par lequel Sa Majesté
accorde une Loterie d'Etoffes de Soye , Or et
Argent , en faveur des Créanciers de Gazon -Galpin.
Et veut qu'elle soit , composée de 133000.
Billets de 3. livres chacun , et que les Lots desdites
Etoffes soient, en nombre proportionné,suivant
la division qu'il conviendra faire desdites
Marchandises , dont sera dressé un Etat visé du
Lieutenant General de Police. Ladite Loterie a été
ouverte le 19. Mars et doit être tirée pour la premiere
fois le 11. May suivant , et ensuite de mois
en mois . On a publié differens Avis pour
former le Public de la disposition de ladite Loterie
, avec un Etat des Marchandises qui doivent
la composer , et une Liste de ceux qui ont été
I j commis
in822
MERCURE DE FRANCE
commis par M. Herault , pour la distribution
des Billets.
2
2
ORDONNANCE DU ROI , du io . Mars
concernant les Cavaliers , Dragons et Soldats ,
qui aprés avoir obtenu leurs Congez absolus
voudront prendre de nouveaux Engagemens. Par
laquelle il est dit , que Sa Majesté étant informée
que la plus grande partie des Cavaliers , Dragons
et Soldats , qui sont dans le cas d'obtenir des
Congez absolus , aprés avoir rempli le temps de
leurs engagemens , au lieu d'en prendre de nouveaux
avec leurs Capitaines , lorsqu'ils ont intention
de continuer leurs services dans les Troupes
, en sont souvent détournez par les proposi
tions qui leur sont faites avant l'expiration desdits
Congez , par d'autres Capitaines de la même
garnison , pour les attirer dans leurs Compagnies
; Et voulant remedier à un abus égaleanent
contraire au bien de son Service , et à la
bonne intelligence qui doit regner entre les differens
corps et les Officiers dont ils sont composez
, 5. M. a défendu et défend très expressement
à tous Capitaines d'Infanterie , Cavalerie et
Dragons , d'engager et recevoir en leurs Compagnies
aucun Cavalier , Dragon ou Saldat des
autres Compagnies , avec lesquelles ils seront en
garnison , quoique porteur d'un Congé absolu ;
à peine ausdits Capitaines d'être cassez , et de
perdre ce qu'ils auront payé pour lesdits engagemens
, et ausdits Soldats , Cavaliers ou Dragons
, de continuer à servir dans la Compagnie
qu'ils auront quitté , pendant le temps porté par
leur nouvel engagement , et d'être punis comme
déserteurs s'ils s'en absentent sans Congé. Défend
pareillement Sa Majesté à tous Capitaines ,
quoique de garnison differente , de recevoir en
·
leurs
AVRIL. 1731. 823
Jeurs Compagnies aucun Cavalier , Dragon on
Soldat sortant d'une autre Compagnie avec Congé
absolu , pendant le temps d'un mois , à compter
du jour de la date dudit Congé : Permet Sa
Majesté , en cas de contravention , au Capitaine
de la Compagnie que ledit Cavalier , Dragon ou
Soldat aura quitté , de le reprendre en celle on it
aura passé avant ledir terme expiré , pour continuer
ses services en sa premiere Compagnie pen-
"dant le tems de son nouvel enrollement , ainsi
qu'il est dit ci-dessus , en restituant au nouveau
Capitaine la somme de trente livres seulement
pour le prix d'icelui. Veur au surplus , Sa Majesté
, qu'après ledit terme d'un mois passé , il soit
libre à tous Cavaliers , Dragons et Soldats por
teurs de Congez absolus , de prendre partie en
telle Compagnie qu'ils jugeront à propos , à
l'exception seulement de celles avec lesquelles ils
étoient en garnison lors de l'expedition de leurs
Congez absolus ; et à tous Capitaines étant en
garnisons , ou, quartiers differens , de les recevoir
en leurs Compagnies , sans pouvoir être repetez
sous quelque prétexte que ce puisse être , &c.
ARREST du Conseil du 17. Mars , concermant
la Discipline et la Police des trois Corps
de la Medecine .
Le Roi s'étant fait représenter les Arrêts de
son Conseil , des trois Juillet , vingt-cinq Octobré
mil sept cent vingt-huit , et onze Mars mil
sept cent trente-un , Par lesquels sa Majesté , pour
prévenir les dangereux inconveniens de la distribution
d'un nombre considerable de Remedes appellez
Specifiques et autres , qui se fait par diffesens
Particuliers , auroit ordonné qu'ils seroient
examinez , et auroit à cet effet choisi son prenier
Medecin et son premier Chirurgien , avec
I iiij
ceur:
824 MERCURE DE FRANCE
ceux des differens Corps de la Medecine , de la
Chirurgie et des Apotiquaires , qu'Elle a jugé les
-plus capables pour proceder à cet examen. Vu
PAvis du Sieur Herault , Conseiller d'Etat , Lieutenant
General de Police , Oui le rapport , Sa
Majesté étant en son Conseil , a ordonné et or
donne , que les Arrêts des 3. Juillet , 25. Octobre
1728. , et 11. Mars 1731. seront executez selon
leur forme et teneur , et en consequence ordonné
la
I. Qu'il ne sera à l'avenir expedié ni délivré
aucuns Brevets par son Premier Medecin pour
distribution des Remedes particuliers , qu'aprés
avoir été examinez à la Commission , et en conséquence
d'une Déliberation signée de tous ceux
qui la composent ; et que pour plus grande sûreté
dans l'usage desdits Remedes , les Maladies et
les circonstances ausquelles ils seront jugez applicables
, soient specifiez dans lesdits Brevets et
Privileges.
II. Ne pourront lesdits Brevets et Privileges
être accordez que pour le tems et espace de trois
ans , passé lequel temps , seront tenus ceux en
faveur de qui ils auront été expedicz , de les rapporter
, pour en obtenir le renouvellement , qui
ne sera délivré que sur les Certificats donnez par
les Medecins et Chirurgiens des lieux où lesdits
Remedes auront été employez , sur le bon effet
qu'ils auront produit ; Et en cas qu'aucuns desdits
Brevets on Privileges ayent été expediez pour
un temps indéfini , ils ne pourront avoir lieu que
pendant ledit temps de trois années , à compter
du jour de leur date , le tout à peine de nullité
mille livres d'amende applicable aux Hôpitaux
des Lieux , même de punition exemplaire contre
ceux qui auront , ledit temps passé , continué à
distribuer leurs Remedes sans avoir obtenu le
renouAVRIL.
1731. 825
renouvellement de leurs Brevets dans la forme
prescrite ci dessus. 2
III . Veut Sa Majesté que les Minutes desdies
Brevets et Privileges , ainsi que le Registre
qui en sera tenu ,
demeurent entre les mains du
Premier Medecin , pour y avoir recours en cas de
besoin.
2
IV. Et pour éviter toute surprise dans le Public
de la part des Distributeurs desdits Remedes
qui auront été examinez et approuvez , ordonne
Sa Majesté que l'Original des Affiches sera conforme
à la teneur des Brevets qui les autoriseront,
et visé du Premier Medecin , ou de tel autre qui
sera par lui préposé à cet effet à peine de cing
cens livres d'amende.
,
V. Ordonne Sa Majesté que son Premier Me,
decin sera tenu d'adresser un double Imprimé de
chaque Brevet ou Privilege , aux Doyens des Facultez
ou Aggregations de Medecine lesquels
auront soin de l'informer exactement du succès
ou des inconveniens desdits Remedes.
2
VI. Entend pareillement Sa Majesté , que lorsqu'il
arrivera des Maladies Epidemiques ou des
cas extraordinaires jusqu'ici inconnus soit en
fait de Medecine ou de Chirurgie dans la Ville
de Paris , il en soit donné avis à la Commission
par les Medecins ou Chirurgiens chargez du soin
des Malades , lesquels seront invitez , s'il est ainsi
jugé à propos , a venir faire le détail de ladite
Maladie ou desdits cas extraordinaires à ladite
Commission , à laquelle les Medecins et Chirurgiens
des Provinces seront pareillement tenus dans
les mêmes cas d'en envoyer le récit , qui sera
adressé au Premier Medecin , et qui contiendra
aussi la maniere dont les Malades auront été trai
tez , et du tout en sera tenu Registre , dans le
quel sera fait mention du progrès et de l'issue de
la
$26 MERCURE DE FRANCE
la Maladie ou desdits cas extraordinaires.
VII. Enjoint trés-expressément Sa Majesté
tous les Corps des Facultez de Medecine et d'Aggregations
du Royaume , ainsi qu'à tous les
Lieutenans du Premier Chirurgien , de dénoncer
ladite Commission tous Distributeurs de Remedes
, et Colporteurs qui ne se trouveront munis
d'aucun Brevet du Premier Medecin dans
la forme ci - dessus prescrite .
VIII. Et pour prévenir toutes sortes de contestations
et de procès entre les trois professions ,
des Medecins , Chirurgiens et Apoticaires en co
qui peut regarder les differens objets et la police
desdites Professions , veut Sa Majesté que ladite
Commission aprés s'être fait représenter les Statuts
et Reglemens , donne son Avis sur les difficultez
nées ou à naître , concernant l'exercice
la discipline et les limites de chacune desdites
Professions , pour , ledit avis vû et rapporté , y
être pourvû par Sa Majesté.
>
IX. Fait Sa Majesté défenses à tous Gouverneurs
et Magistrats des Villes dans les Provinces,
de permettre à des gens sans qualité comme
Operateurs ou autres , de distribuer et débiter aucuns
Remedes s'ils n'ont été approuvez de
la Commission , et qu'il ne leur soit apparu de
Pexpedition des Brevets ou Privileges dans les
formes 'ci dessus , &c.
AUTRE du 20. Mars , portant Reglement
pour le droit d'Amortissement des sommes données
aux gens de main- morte , à charge de fondation
perpetuelle , quoique sans stipulation
d'emploi.
ORDONNANCE du Roi
Mars , qui fixe à dix ans , la résidence des
du 21.
NégoAVRIL.
173.1 . 827
Négocians et Artisans François dans les Eschelles
du Levant et de Barbarie. Par laquelle S. M.
ordonne ce qui suit.
1. Les Négocians François , qui sont présentement
établis dans les Eschelle's du Levant et de
Barbarie , sur les permissions de la Chambre du
Commerce de Marseille , pourront y continuer
leur résidence pendant dix années , à compter du
jour que la présente Ordonnance aura été enregistrée
dans les Chancelleries de chacune desdites
Eschelles ; aprés lequel temps de dix années , Sa
Majesté enjoint ausdits Negocians de revenir dans
le Royaume , à peine de désobéissance , et aux
Consuls et Vice - Consuls de les y contraindre.
II. Les Negocians qui voudront à l'avenir passer
en Levant et en Barbarie pour s'y établir
prendront le Certificat de la Chambre du Cominerce
de Marseille , en la maniere ordinaire , er:
ne pourront résider que dix ans dans l'Eschelle
qu'ils auront choisie , lesquels dix ans ne compteront
que du jour de leur arrivée sur l'Eschelle
dont le Chancelier adressera son Certificat à ladite
Chambre,
III. Veut et entend Sa Majesté , que les dis
positions des deux précedens Articles ayent licu
et soient observées à l'égard des Artisans et gens
de mêtier , de quelque Profession qu'ils soient
lesquels se trouvent présentement établis dans les
Eschelles de Levant êt de Barbarie , au qui pourront
s'y établir dans la suite,
IV. Les Marchands et Artisans , qui après
avoir résidé en Levant et en Barbarie seront revenus
en France , ne pourront y retourner qu'à
prés un terme de cinq ans au moins , comp
ter du jour de leur départ desdits Pays.
V. Les Commis des Négocians ne seront point
soumis aux mêmes dispositions , pendant tout le
temps
828 MERCURE DE FRANCE.
temps qu'ils seront au service desdits Négocians
François , et qu'ils s'instruiront pour se rendre
capables de participer à leur commerce , et les
remplacer lors de leur retraite , ou en cas de mort,
ou de tout autre évennement.
VI.. Les Domestiques pourront demeurer chez
leurs Maîtres autant de temps qu'ils voudront
les garder ; mais lorsqu'ils leur donneront congé
, et qu'ils seront inutiles sur les Eschelles , les
Consuls les teront embarquer sur le premier bâtiment
destiné pour France.
ORDONNANCES , &c.
RREST du 21. Novembre 1730. qui or-
Adonne que le sieur Jacques Auriol et ses
Associez , jouiront pendant dix années à commencer
au premier Janvier 1731. au lieu & place
de la Compagnie des Indes , du commerce de la
Côte de Barbarie , pour en jouir et y faire le
commerce exclusif , sous le nom de COMPAGNIE
D'AFRIQUE.
" DECLARATION DU ROY , concernant
les Scellez des Officiers Militaires. Donnée
à Versailles le 3. Février 1731. Registrée en
Parlement. Par laquelle S. M. établit un nouveau
Reglement pour prévenir toutes les difficul
tez qui pourroient survenir sur cette matiere.
ARREST du 11. Fevrier , portant . Reglement
pour les Toiles , Batistes et Linons qui se
fabriquent dans les Generalitez de Paris et de
Soissons.
AUTRE , du 13. Fevrier , qui ordonne que
les Acquereurs des Offices sur les Quais , Ports et
Halles de Paris , rétablis par Edit du mois de Juin
1730 seront mis en possession des fonctions et
Droits y attribuez , lorsque tous les Offices auront
été acquis ; que les acquereurs des Offices
d'une Communauté , dont la totalité n'aura point
encore été levée , jouiront seulement de la portion
AVRIL. 1731. 821
tion des droits attachez à leurs Offices ; et qu'en
attendant que la totalité des Offices de chaque
Communauté soit levée , Remy Barbier et ses
Cautions continueront la perception desdits droits
à la charge de payer tous les mois à chaque acquereur
d'Office la portion des droits à lui revenante.
DECLARATION DU ROY , sur les
Insinuations. Donnée à Versailles le 17. Fevrier
1731. Registrée en Parlement le 9. Mars , par
laquelle S. M. a . jugé nécessaire de rappeller les
dispositions des anciens Reglemens à cet égard, et
même de fixer d'une maniere encore plus précise
qu'il n'a été fait jusqu'à present, les Bureaux dans
lesquels les Insinuations des Donations entre-vifs
doivent êtres faites , &c.
ARREST du 5. Mars , qui regle la distribution
des fonds destinez au soulagement des pauvres
Maisons et Communautez de filles Religieuses
du Royaume.
AUTRE du 6. Mars , par lequel Sa Majesté
accorde une Loterie d'Etoffes de Soye , Or et
Argent , en faveur des Créanciers de Gazon -Galpin.
Et veut qu'elle soit , composée de 133000.
Billets de 3. livres chacun , et que les Lots desdites
Etoffes soient, en nombre proportionné,suivant
la division qu'il conviendra faire desdites
Marchandises , dont sera dressé un Etat visé du
Lieutenant General de Police. Ladite Loterie a été
ouverte le 19. Mars et doit être tirée pour la premiere
fois le 11. May suivant , et ensuite de mois
en mois . On a publié differens Avis pour
former le Public de la disposition de ladite Loterie
, avec un Etat des Marchandises qui doivent
la composer , et une Liste de ceux qui ont été
I j commis
in822
MERCURE DE FRANCE
commis par M. Herault , pour la distribution
des Billets.
2
2
ORDONNANCE DU ROI , du io . Mars
concernant les Cavaliers , Dragons et Soldats ,
qui aprés avoir obtenu leurs Congez absolus
voudront prendre de nouveaux Engagemens. Par
laquelle il est dit , que Sa Majesté étant informée
que la plus grande partie des Cavaliers , Dragons
et Soldats , qui sont dans le cas d'obtenir des
Congez absolus , aprés avoir rempli le temps de
leurs engagemens , au lieu d'en prendre de nouveaux
avec leurs Capitaines , lorsqu'ils ont intention
de continuer leurs services dans les Troupes
, en sont souvent détournez par les proposi
tions qui leur sont faites avant l'expiration desdits
Congez , par d'autres Capitaines de la même
garnison , pour les attirer dans leurs Compagnies
; Et voulant remedier à un abus égaleanent
contraire au bien de son Service , et à la
bonne intelligence qui doit regner entre les differens
corps et les Officiers dont ils sont composez
, 5. M. a défendu et défend très expressement
à tous Capitaines d'Infanterie , Cavalerie et
Dragons , d'engager et recevoir en leurs Compagnies
aucun Cavalier , Dragon ou Saldat des
autres Compagnies , avec lesquelles ils seront en
garnison , quoique porteur d'un Congé absolu ;
à peine ausdits Capitaines d'être cassez , et de
perdre ce qu'ils auront payé pour lesdits engagemens
, et ausdits Soldats , Cavaliers ou Dragons
, de continuer à servir dans la Compagnie
qu'ils auront quitté , pendant le temps porté par
leur nouvel engagement , et d'être punis comme
déserteurs s'ils s'en absentent sans Congé. Défend
pareillement Sa Majesté à tous Capitaines ,
quoique de garnison differente , de recevoir en
·
leurs
AVRIL. 1731. 823
Jeurs Compagnies aucun Cavalier , Dragon on
Soldat sortant d'une autre Compagnie avec Congé
absolu , pendant le temps d'un mois , à compter
du jour de la date dudit Congé : Permet Sa
Majesté , en cas de contravention , au Capitaine
de la Compagnie que ledit Cavalier , Dragon ou
Soldat aura quitté , de le reprendre en celle on it
aura passé avant ledir terme expiré , pour continuer
ses services en sa premiere Compagnie pen-
"dant le tems de son nouvel enrollement , ainsi
qu'il est dit ci-dessus , en restituant au nouveau
Capitaine la somme de trente livres seulement
pour le prix d'icelui. Veur au surplus , Sa Majesté
, qu'après ledit terme d'un mois passé , il soit
libre à tous Cavaliers , Dragons et Soldats por
teurs de Congez absolus , de prendre partie en
telle Compagnie qu'ils jugeront à propos , à
l'exception seulement de celles avec lesquelles ils
étoient en garnison lors de l'expedition de leurs
Congez absolus ; et à tous Capitaines étant en
garnisons , ou, quartiers differens , de les recevoir
en leurs Compagnies , sans pouvoir être repetez
sous quelque prétexte que ce puisse être , &c.
ARREST du Conseil du 17. Mars , concermant
la Discipline et la Police des trois Corps
de la Medecine .
Le Roi s'étant fait représenter les Arrêts de
son Conseil , des trois Juillet , vingt-cinq Octobré
mil sept cent vingt-huit , et onze Mars mil
sept cent trente-un , Par lesquels sa Majesté , pour
prévenir les dangereux inconveniens de la distribution
d'un nombre considerable de Remedes appellez
Specifiques et autres , qui se fait par diffesens
Particuliers , auroit ordonné qu'ils seroient
examinez , et auroit à cet effet choisi son prenier
Medecin et son premier Chirurgien , avec
I iiij
ceur:
824 MERCURE DE FRANCE
ceux des differens Corps de la Medecine , de la
Chirurgie et des Apotiquaires , qu'Elle a jugé les
-plus capables pour proceder à cet examen. Vu
PAvis du Sieur Herault , Conseiller d'Etat , Lieutenant
General de Police , Oui le rapport , Sa
Majesté étant en son Conseil , a ordonné et or
donne , que les Arrêts des 3. Juillet , 25. Octobre
1728. , et 11. Mars 1731. seront executez selon
leur forme et teneur , et en consequence ordonné
la
I. Qu'il ne sera à l'avenir expedié ni délivré
aucuns Brevets par son Premier Medecin pour
distribution des Remedes particuliers , qu'aprés
avoir été examinez à la Commission , et en conséquence
d'une Déliberation signée de tous ceux
qui la composent ; et que pour plus grande sûreté
dans l'usage desdits Remedes , les Maladies et
les circonstances ausquelles ils seront jugez applicables
, soient specifiez dans lesdits Brevets et
Privileges.
II. Ne pourront lesdits Brevets et Privileges
être accordez que pour le tems et espace de trois
ans , passé lequel temps , seront tenus ceux en
faveur de qui ils auront été expedicz , de les rapporter
, pour en obtenir le renouvellement , qui
ne sera délivré que sur les Certificats donnez par
les Medecins et Chirurgiens des lieux où lesdits
Remedes auront été employez , sur le bon effet
qu'ils auront produit ; Et en cas qu'aucuns desdits
Brevets on Privileges ayent été expediez pour
un temps indéfini , ils ne pourront avoir lieu que
pendant ledit temps de trois années , à compter
du jour de leur date , le tout à peine de nullité
mille livres d'amende applicable aux Hôpitaux
des Lieux , même de punition exemplaire contre
ceux qui auront , ledit temps passé , continué à
distribuer leurs Remedes sans avoir obtenu le
renouAVRIL.
1731. 825
renouvellement de leurs Brevets dans la forme
prescrite ci dessus. 2
III . Veut Sa Majesté que les Minutes desdies
Brevets et Privileges , ainsi que le Registre
qui en sera tenu ,
demeurent entre les mains du
Premier Medecin , pour y avoir recours en cas de
besoin.
2
IV. Et pour éviter toute surprise dans le Public
de la part des Distributeurs desdits Remedes
qui auront été examinez et approuvez , ordonne
Sa Majesté que l'Original des Affiches sera conforme
à la teneur des Brevets qui les autoriseront,
et visé du Premier Medecin , ou de tel autre qui
sera par lui préposé à cet effet à peine de cing
cens livres d'amende.
,
V. Ordonne Sa Majesté que son Premier Me,
decin sera tenu d'adresser un double Imprimé de
chaque Brevet ou Privilege , aux Doyens des Facultez
ou Aggregations de Medecine lesquels
auront soin de l'informer exactement du succès
ou des inconveniens desdits Remedes.
2
VI. Entend pareillement Sa Majesté , que lorsqu'il
arrivera des Maladies Epidemiques ou des
cas extraordinaires jusqu'ici inconnus soit en
fait de Medecine ou de Chirurgie dans la Ville
de Paris , il en soit donné avis à la Commission
par les Medecins ou Chirurgiens chargez du soin
des Malades , lesquels seront invitez , s'il est ainsi
jugé à propos , a venir faire le détail de ladite
Maladie ou desdits cas extraordinaires à ladite
Commission , à laquelle les Medecins et Chirurgiens
des Provinces seront pareillement tenus dans
les mêmes cas d'en envoyer le récit , qui sera
adressé au Premier Medecin , et qui contiendra
aussi la maniere dont les Malades auront été trai
tez , et du tout en sera tenu Registre , dans le
quel sera fait mention du progrès et de l'issue de
la
$26 MERCURE DE FRANCE
la Maladie ou desdits cas extraordinaires.
VII. Enjoint trés-expressément Sa Majesté
tous les Corps des Facultez de Medecine et d'Aggregations
du Royaume , ainsi qu'à tous les
Lieutenans du Premier Chirurgien , de dénoncer
ladite Commission tous Distributeurs de Remedes
, et Colporteurs qui ne se trouveront munis
d'aucun Brevet du Premier Medecin dans
la forme ci - dessus prescrite .
VIII. Et pour prévenir toutes sortes de contestations
et de procès entre les trois professions ,
des Medecins , Chirurgiens et Apoticaires en co
qui peut regarder les differens objets et la police
desdites Professions , veut Sa Majesté que ladite
Commission aprés s'être fait représenter les Statuts
et Reglemens , donne son Avis sur les difficultez
nées ou à naître , concernant l'exercice
la discipline et les limites de chacune desdites
Professions , pour , ledit avis vû et rapporté , y
être pourvû par Sa Majesté.
>
IX. Fait Sa Majesté défenses à tous Gouverneurs
et Magistrats des Villes dans les Provinces,
de permettre à des gens sans qualité comme
Operateurs ou autres , de distribuer et débiter aucuns
Remedes s'ils n'ont été approuvez de
la Commission , et qu'il ne leur soit apparu de
Pexpedition des Brevets ou Privileges dans les
formes 'ci dessus , &c.
AUTRE du 20. Mars , portant Reglement
pour le droit d'Amortissement des sommes données
aux gens de main- morte , à charge de fondation
perpetuelle , quoique sans stipulation
d'emploi.
ORDONNANCE du Roi
Mars , qui fixe à dix ans , la résidence des
du 21.
NégoAVRIL.
173.1 . 827
Négocians et Artisans François dans les Eschelles
du Levant et de Barbarie. Par laquelle S. M.
ordonne ce qui suit.
1. Les Négocians François , qui sont présentement
établis dans les Eschelle's du Levant et de
Barbarie , sur les permissions de la Chambre du
Commerce de Marseille , pourront y continuer
leur résidence pendant dix années , à compter du
jour que la présente Ordonnance aura été enregistrée
dans les Chancelleries de chacune desdites
Eschelles ; aprés lequel temps de dix années , Sa
Majesté enjoint ausdits Negocians de revenir dans
le Royaume , à peine de désobéissance , et aux
Consuls et Vice - Consuls de les y contraindre.
II. Les Negocians qui voudront à l'avenir passer
en Levant et en Barbarie pour s'y établir
prendront le Certificat de la Chambre du Cominerce
de Marseille , en la maniere ordinaire , er:
ne pourront résider que dix ans dans l'Eschelle
qu'ils auront choisie , lesquels dix ans ne compteront
que du jour de leur arrivée sur l'Eschelle
dont le Chancelier adressera son Certificat à ladite
Chambre,
III. Veut et entend Sa Majesté , que les dis
positions des deux précedens Articles ayent licu
et soient observées à l'égard des Artisans et gens
de mêtier , de quelque Profession qu'ils soient
lesquels se trouvent présentement établis dans les
Eschelles de Levant êt de Barbarie , au qui pourront
s'y établir dans la suite,
IV. Les Marchands et Artisans , qui après
avoir résidé en Levant et en Barbarie seront revenus
en France , ne pourront y retourner qu'à
prés un terme de cinq ans au moins , comp
ter du jour de leur départ desdits Pays.
V. Les Commis des Négocians ne seront point
soumis aux mêmes dispositions , pendant tout le
temps
828 MERCURE DE FRANCE.
temps qu'ils seront au service desdits Négocians
François , et qu'ils s'instruiront pour se rendre
capables de participer à leur commerce , et les
remplacer lors de leur retraite , ou en cas de mort,
ou de tout autre évennement.
VI.. Les Domestiques pourront demeurer chez
leurs Maîtres autant de temps qu'ils voudront
les garder ; mais lorsqu'ils leur donneront congé
, et qu'ils seront inutiles sur les Eschelles , les
Consuls les teront embarquer sur le premier bâtiment
destiné pour France.
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Résumé : ARRESTS, DECLARATIONS, ORDONNANCES, &c.
Entre novembre 1730 et avril 1731, plusieurs ordonnances et déclarations royales ont été émises. Le 21 novembre 1730, un arrêt accorda à Jacques Auriol et ses associés le monopole du commerce sur la Côte de Barbarie pour dix ans, à partir du 1er janvier 1731, sous le nom de Compagnie d'Afrique. Le 3 février 1731, une déclaration royale établit un nouveau règlement concernant les sceaux des officiers militaires. Le 11 février, un arrêt régula la fabrication des toiles, batistes et linons dans les généralités de Paris et de Soissons. Le 13 février, un autre arrêt organisa la mise en possession des acquéreurs d'offices sur les quais, ports et halles de Paris. Le 17 février, une déclaration royale rappela les dispositions des anciens règlements sur les insinuations des donations entre vifs. Le 5 mars, un arrêt régula la distribution des fonds destinés au soulagement des pauvres maisons et communautés de filles religieuses. Le 6 mars, une ordonnance royale accorda une loterie d'étoffes de soie, or et argent en faveur des créanciers de Gazon-Galpin. Le 10 mars, une ordonnance royale concerna les engagements des cavaliers, dragons et soldats. Le 17 mars, un arrêt du Conseil régula la discipline et la police des trois corps de la médecine. Le 20 mars, un arrêt porta règlement sur le droit d'amortissement des sommes données aux gens de main-morte. Enfin, le 21 mars, une ordonnance royale fixa à dix ans la résidence des négociants et artisans français dans les échelles du Levant et de Barbarie. Le texte mentionne également deux points concernant les relations commerciales et les domestiques dans un contexte colonial. Premièrement, il permet aux individus de participer à des activités commerciales et de se faire remplacer en cas de retraite, de décès ou d'autres événements. Deuxièmement, il stipule que les domestiques peuvent rester au service de leurs maîtres aussi longtemps que ceux-ci le souhaitent. Cependant, lorsqu'ils sont congédiés et deviennent inutiles sur les lieux de travail désignés, les consuls doivent les faire embarquer sur le premier navire en partance pour la France.
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5476
p. 828
AVIS.
Début :
On donnera dans peu de jours à ce Volume un [...]
Mots clefs :
Supplément, Révolution, Constantinople, Turc, Effendi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
On donnera dans peu de jours à ce Volu
me un fupplément qui est exacte , actuellement
sous Presse contenan: la RELATION
HISTORIQUE , éxecutée & détaillée
de la derniere Révolution arrivée à Constantinople
, faite en Turc , par un Effendi &
traduite en François ; avec plusieurs circ nstances
de ce grand Evenement , tirées d'autres
memoires fournis par des témoins oculaires,&c.
On donnera dans peu de jours à ce Volu
me un fupplément qui est exacte , actuellement
sous Presse contenan: la RELATION
HISTORIQUE , éxecutée & détaillée
de la derniere Révolution arrivée à Constantinople
, faite en Turc , par un Effendi &
traduite en François ; avec plusieurs circ nstances
de ce grand Evenement , tirées d'autres
memoires fournis par des témoins oculaires,&c.
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5477
p. 828
TABLE.
Début :
Pieces fugitives, Ode au Cardinal de Fleury, Réflexions sur Brutus [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
Ieces fugitives , Ode au Cardinal de Fleury ,
627
Réflexions sur Brutus , et sur le discours de M.
de Voltaire ,
Nouvelles de Paphos , Epitre en vers ,
632
656
suite
uite de la Réponse sur la gloire des Auteurs er
des Poëtes "
Paraphrase d'une Ode d'Horace
657
664
Memoire Historique sur les personnes illustres
du Comté d'Eu , & c.
L'Amour Musicien , Cantate ,
667
679
Lettres sur les derniers ouvrages du P. le Courrayer
, &c.
Conte ,
682
688
Réponse d'un Partisan de la nouvelle orthogra
phe , et du Bureau Typographique , à la lettre
d'un Grammairien , &c. ,
Le Lyon et la Brebis , Fable.
Souris nourrie par une Chate ,
Enygme , Logogryphes ,
692
701
704
706
Nouvelles Litteraires , des beaux Arts , &c. L'ar
ticle du P. Ramus , des Hommes Illustres ,
& c. 711
Observation sur une maladie causée par un ver
extraordinaire ,
Nouveau Théatre de l'Opera Comique ,
Nouveau Systême pour attaquer les Places
des Contremines , &c.
725
729
avec >
Histoire des insectes d'Europe , & c.
728
734
735
Recueil de tous les Ouvrages de M. de Launoy ,
&c.
Assemblée publique de la Societé Royale de
Montpelier ,
Sermon prêché devant le Roi ' , par
gui , &c
739
l'Abbé Se-
A 740
Dictionnaire imprimé à Constantinople , &c.
744
Histoire Generale des Pierres , des Mineraux et
des Pierreries , & c. ibid.
Musaum Florentinum. Le Cabinet du Grand Duc
& c, en Estampes , 745
Nouvelles Estampes de Watteau , et autres , 747
NouNouveau
Plan de Paris 748
Lettre au sujet d'un Saint inconnu , 749
Inscriptions anciennes , trouvées nouvellement
751
Ancien Temple d'Hercule découvert , &c. 71t.
Machine mouvante fort singaliere , &c.
Rentrée des Académies ,
75.2
753
Prix proposé par l'Académie des Sciences , 755
Nouveau Voleur ,
Reglement sur les Eaux Minerales ,
Eau sans pareille , Sel specifique , &c.
Memoire sur le mouvement perpetuel
Tableaux en petit point ,
Lanternes de Réflexion >
Chanson Notée ,
Spectacles ,
Idomenée , Opera remis , Extrait ,
757
758
760
762
763
764
766
768
771
Nouvelles Étrangeres. Turquie , Russie , de Pologne
, et de Danemarck , 780
d'Allemagne , d'Italie , d'Espagne , de Portugal
, d'Angleterre ; 782
Addition aux Nouvelles Etrangeres 787
Morts , Mariages , & Baptêmes , 790
Nouvelles de la Cour , &c. 794
Cérémonie du Parlement et de la Chambre des
Comptes , 795
Entré du Nonce , son Audience , et description
des Langes ,
798
Benefices donnez ,
803
Le Linx , Fable,
805
Fête donnée au Vicomte de Polignac , 807
Vers sur la rareté des Canars ,
Morts , Naissances , et Mariages ,
Réponse de Mile de Malcrais de la Vigne
M. Carelet ,
Arrêts Notables , Déclarations , &c.
Avis sur la Relation de Constantinople ,
809
810
M
816
822
830
Errata
Ieces fugitives , Ode au Cardinal de Fleury ,
627
Réflexions sur Brutus , et sur le discours de M.
de Voltaire ,
Nouvelles de Paphos , Epitre en vers ,
632
656
suite
uite de la Réponse sur la gloire des Auteurs er
des Poëtes "
Paraphrase d'une Ode d'Horace
657
664
Memoire Historique sur les personnes illustres
du Comté d'Eu , & c.
L'Amour Musicien , Cantate ,
667
679
Lettres sur les derniers ouvrages du P. le Courrayer
, &c.
Conte ,
682
688
Réponse d'un Partisan de la nouvelle orthogra
phe , et du Bureau Typographique , à la lettre
d'un Grammairien , &c. ,
Le Lyon et la Brebis , Fable.
Souris nourrie par une Chate ,
Enygme , Logogryphes ,
692
701
704
706
Nouvelles Litteraires , des beaux Arts , &c. L'ar
ticle du P. Ramus , des Hommes Illustres ,
& c. 711
Observation sur une maladie causée par un ver
extraordinaire ,
Nouveau Théatre de l'Opera Comique ,
Nouveau Systême pour attaquer les Places
des Contremines , &c.
725
729
avec >
Histoire des insectes d'Europe , & c.
728
734
735
Recueil de tous les Ouvrages de M. de Launoy ,
&c.
Assemblée publique de la Societé Royale de
Montpelier ,
Sermon prêché devant le Roi ' , par
gui , &c
739
l'Abbé Se-
A 740
Dictionnaire imprimé à Constantinople , &c.
744
Histoire Generale des Pierres , des Mineraux et
des Pierreries , & c. ibid.
Musaum Florentinum. Le Cabinet du Grand Duc
& c, en Estampes , 745
Nouvelles Estampes de Watteau , et autres , 747
NouNouveau
Plan de Paris 748
Lettre au sujet d'un Saint inconnu , 749
Inscriptions anciennes , trouvées nouvellement
751
Ancien Temple d'Hercule découvert , &c. 71t.
Machine mouvante fort singaliere , &c.
Rentrée des Académies ,
75.2
753
Prix proposé par l'Académie des Sciences , 755
Nouveau Voleur ,
Reglement sur les Eaux Minerales ,
Eau sans pareille , Sel specifique , &c.
Memoire sur le mouvement perpetuel
Tableaux en petit point ,
Lanternes de Réflexion >
Chanson Notée ,
Spectacles ,
Idomenée , Opera remis , Extrait ,
757
758
760
762
763
764
766
768
771
Nouvelles Étrangeres. Turquie , Russie , de Pologne
, et de Danemarck , 780
d'Allemagne , d'Italie , d'Espagne , de Portugal
, d'Angleterre ; 782
Addition aux Nouvelles Etrangeres 787
Morts , Mariages , & Baptêmes , 790
Nouvelles de la Cour , &c. 794
Cérémonie du Parlement et de la Chambre des
Comptes , 795
Entré du Nonce , son Audience , et description
des Langes ,
798
Benefices donnez ,
803
Le Linx , Fable,
805
Fête donnée au Vicomte de Polignac , 807
Vers sur la rareté des Canars ,
Morts , Naissances , et Mariages ,
Réponse de Mile de Malcrais de la Vigne
M. Carelet ,
Arrêts Notables , Déclarations , &c.
Avis sur la Relation de Constantinople ,
809
810
M
816
822
830
Errata
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Résumé : TABLE.
Le document présente une table des matières d'une publication, incluant divers ouvrages et articles. Les entrées comprennent des poèmes tels que 'Ieces fugitives' et 'Ode au Cardinal de Fleury', ainsi que des réflexions sur des sujets variés comme 'Réflexions sur Brutus' et 'Nouvelles de Paphos'. La table mentionne également des œuvres historiques telles que 'Mémoire Historique sur les personnes illustres du Comté d'Eu' et des pièces musicales comme 'L'Amour Musicien'. Des articles sur des sujets scientifiques et techniques sont également présents, comme 'Observation sur une maladie causée par un ver extraordinaire' et 'Nouveau Système pour attaquer les Places des Contremines'. La table inclut des nouvelles littéraires, des articles sur les arts, et des descriptions de découvertes archéologiques telles que 'Ancien Temple d'Hercule découvert'. Des informations sur des événements publics, des cérémonies, et des nouvelles étrangères concernant plusieurs pays européens sont également mentionnées. Enfin, la table liste des avis, des arrêts notables, et des corrections (errata).
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5478
s. p.
« Errata de Mars Page 485. ligne 29. Montour lisez Moutour [...] »
Début :
Errata de Mars Page 485. ligne 29. Montour lisez Moutour [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Errata de Mars Page 485. ligne 29. Montour lisez Moutour [...] »
Errata de Mars
Age 485. ligne 29. Montour lisez Mautour.
Pr. 16. 1. 28. précédé , l. ils sont précédez.
P 539; L. 2. coutumes , 1. fortunes.
P. 541. 1. 9. simple , L. seule.
P. 43. 1. 23. il est ,
1. c'est.
P. 148. 1. 20. font , l. sont.
P. 55o. 1. 9. l'échauffent , 1. l'étouffent;
190. 1 15. Altique 1. Attique,
P. 197. 1. 20. Cuproglie
1. Cuprugli
P, 620. l. 17. sacite
1. tačite.
Age 485. ligne 29. Montour lisez Mautour.
Pr. 16. 1. 28. précédé , l. ils sont précédez.
P 539; L. 2. coutumes , 1. fortunes.
P. 541. 1. 9. simple , L. seule.
P. 43. 1. 23. il est ,
1. c'est.
P. 148. 1. 20. font , l. sont.
P. 55o. 1. 9. l'échauffent , 1. l'étouffent;
190. 1 15. Altique 1. Attique,
P. 197. 1. 20. Cuproglie
1. Cuprugli
P, 620. l. 17. sacite
1. tačite.
Fermer
5479
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 673. ligne 2. l. 1409. l. 14. 9. P. 703. l. 24. Dain, l. Dam. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Page 673. ligne 41. 1409. l. 14. 9. P. 703. 1. 24. Dain , /. Dam.
P. 706. I. 4. fait , l. lait.
P. 707. 1. 20. enchiffrez , 1. et chiffrez.
L'dir noté doit regarderin page 788
Page 673. ligne 41. 1409. l. 14. 9. P. 703. 1. 24. Dain , /. Dam.
P. 706. I. 4. fait , l. lait.
P. 707. 1. 20. enchiffrez , 1. et chiffrez.
L'dir noté doit regarderin page 788
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5480
s. p.
LISTE DES LIBRAIRES qui débitent le Mercure dans les Provinces du Royaume, &c.
Début :
A Toulouse, chez Enaut & Forest. Bordeaux, chez Raymond Labotiere [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LISTE DES LIBRAIRES qui débitent le Mercure dans les Provinces du Royaume, &c.
LISTE DES LIBRAIRES
qui débitent le Mercure dans les
Provinces du Royaume , &c.
A Toulouſe , chez Enaut & Foreſt.
Bordeaux , chez Raymond Labottiere , chez
Etienne Labottiere , & chez Chapui , fils
au Palais, & à là Pofte.
Nantes , chez Julien Maillard , & chez du
Verger. S
Rennes , chez Jofeph Vattar , Julien Vatar ,
Guillaume Vatar , Jouanet Vatar & la veuve
Garniet.
Blois , chez Maffon.
Tours , chez Maſſon.
Roüen , chez Herault.
Châlons-fur-Marne , chez Seneuze
Amiens , chez la veuve François , Godard &
Redé le fils.
Arras , chez C. Duchamp.:
Orleans , chez Rouzeaux .
Angers , chez Fourreau & à la Pofte.
Chartres , chez Fetil , & chez J. Roux.
Dijon , chez la veuve Armil , & à la Pofte
Verfailles , chez Pigeon.
Befançon , chez Briffaut , & à la Pofte.
Saint Germain , chez Doré.
Lyon , à la Pofte.
Reims , chez Godard.
A Vitry-le-François , chez Vitalis.
Beauvais , chez De Saint.
Douay , chez Willerval.
Charleville , chez P. Thefin.
qui débitent le Mercure dans les
Provinces du Royaume , &c.
A Toulouſe , chez Enaut & Foreſt.
Bordeaux , chez Raymond Labottiere , chez
Etienne Labottiere , & chez Chapui , fils
au Palais, & à là Pofte.
Nantes , chez Julien Maillard , & chez du
Verger. S
Rennes , chez Jofeph Vattar , Julien Vatar ,
Guillaume Vatar , Jouanet Vatar & la veuve
Garniet.
Blois , chez Maffon.
Tours , chez Maſſon.
Roüen , chez Herault.
Châlons-fur-Marne , chez Seneuze
Amiens , chez la veuve François , Godard &
Redé le fils.
Arras , chez C. Duchamp.:
Orleans , chez Rouzeaux .
Angers , chez Fourreau & à la Pofte.
Chartres , chez Fetil , & chez J. Roux.
Dijon , chez la veuve Armil , & à la Pofte
Verfailles , chez Pigeon.
Befançon , chez Briffaut , & à la Pofte.
Saint Germain , chez Doré.
Lyon , à la Pofte.
Reims , chez Godard.
A Vitry-le-François , chez Vitalis.
Beauvais , chez De Saint.
Douay , chez Willerval.
Charleville , chez P. Thefin.
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Résumé : LISTE DES LIBRAIRES qui débitent le Mercure dans les Provinces du Royaume, &c.
Le document énumère les libraires distribuant le périodique 'Mercure' dans diverses provinces du Royaume. Les villes mentionnées incluent Toulouse, Bordeaux, Nantes, Rennes, Blois, Tours, Rouen, Châlons-sur-Marne, Amiens, Arras, Orléans, Angers, Chartres, Dijon, Versailles, Besançon, Saint Germain, Lyon, Reims, Vitry-le-François, Beauvais, Douai et Charleville.
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5481
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, commis au Mercure [...]
Mots clefs :
Avis, Adresse, Paquets, Lettres, Librairies des Provinces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
' ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie Françoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuvent fe fervir de cette voye
pour
les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
oin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
oujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiterant
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , de les faire porter fur
Pheure à la Pofte , ou aux Mi fageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXIV . SOLS.
' ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie Françoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires qui vendent le Mercure,
à Paris , peuvent fe fervir de cette voye
pour
les faire tenir.
On prie très-inftamment , quand on adreffe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
oin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
oujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiterant
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , de les faire porter fur
Pheure à la Pofte , ou aux Mi fageries qu'on
lui indiquera.
PRIX XXIV . SOLS.
Fermer
Résumé : AVIS.
Le texte présente des informations sur la distribution et la réception du Mercure, une publication. Les paquets peuvent être envoyés à Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Les lecteurs peuvent également les remettre aux libraires parisiens qui vendent le Mercure. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets pour éviter leur rejet. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau pour recevoir le Mercure rapidement. Le prix de la publication est de vingt-quatre sous.
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5482
p. 938-945
LETTRE écrite de Paris le 30 Avril 1731. au sujet de la Révolution de Constantinople, contenant quelques faits Anecdotes, et qui peut servir de récapitulation à laRelation de cet événement.
Début :
C'est avec quelque sorte de peine, Monsieur, que je me suis déterminé [...]
Mots clefs :
Révolution, Sédition, Sultan, Porte, Roi de Perse, Peuple, Sérail, Divans, Janissaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Paris le 30 Avril 1731. au sujet de la Révolution de Constantinople, contenant quelques faits Anecdotes, et qui peut servir de récapitulation à laRelation de cet événement.
LETTRE écrite de Paris le 30 Avril 1731..
au sujet de la Révolution de Constantinople
, contenant quelquesfaits Anecdotes
et qui peut servir de récapitulation à la
Relation de cet événement
C
و
" Est avec quelque sorte de peine ,
Monsieur , que je me suis déterminé
à rendre publique une Lettre que je reçois
de Constantinople. Les récits qu'on lit.
dans vos Mercures de la Révolution arrivée
en Turquie , semblent ne laisser rien
AVRIL. 17312 939
désirer pour constater un évenement
aussi extraordinaire ; cependant en les
comparant avec le détail que l'on m'en fait
dans cette Lettre ; j'y ai appris deux cir
constances essentielles , dont on n'a point
encore parlé. On y verra le motif de la sédition
, et les progrès insensibles d'un dessein
d'abord témeraire , mais apuyé sous
main par le Capitan- Bacha , et porté à un
succès inesperé , par l'inaction du Grand
Vizir et du Sultan. Ces nouvelles au
reste , ne sçauroient être révoquées en
doute ; celui dont je les tiens fait depuis
plusieurs années un séjour actuel à Constantinople
, y est connu et consideré des
plus grands Pachas de la Porte , et a lié
une amitié étroite avec un des premiers
Officiers du nouveau Sultan..
31
Le Prince Thamas s'étoit à peine affermi
sur le Thrône de ses Ancêtres , qu'il
s'êtoit pressé d'envoyer une Ambassade
célebre à la Porte , pour redemander la
restitution des Provinces et Places dont
les Turcs s'étoient emparez pendant la
Révolution.
Il avoit soutenu cette Ambassade d'une
grosse Armée , dont les progrès continuels
rendirent les Turcs plus traitables , et les
forcerent à écouter une proposition ,
qu'ils auroient rejettée avec hauteur dans
un autre tems. Il fut résolu dans un grand
Divan
740 MERCURE DE FRANCE.
Divan que l'on remettroit ces Provinces
au Roi de Perse.
Le Roi de Perse n'avoit pas oublié les
cruautez exercées par les Turcs durant la
Conquête de ces Provinces . Cette plaïe recente
saignoit encore , et les dégats que
son Armée avoit causés sur les Terres des
Turcs , ne l'en avoient pas assez pleinement
dédomagé ; aussi saisit- il l'occasion
d'assouvir la vengeance qu'il méditoit
et quelques Soldats restez à la garde des
Places , furent les malheureuses victimes
de sa colere.
+
Ils furent arrêtez , on leur coupa le nez
et les oreilles , et on les embarqua sur un
Bâtiment du païs au nombre de 300-
Le Grand Vizir en fut informé à propos
; il avoit été l'Auteur de la guerre
pendant la Révolution de Perse , il venoit
de conclure la paix malgré les oppositions
de tout le Divan : il craignit avec raison
qu'une execution de cette nature
n'eut des suites fâcheuses ; il dépêcha
des Courriers et des ordres précis aux
Gouverneurs des Places situées à l'embouchure
de la Mer Noire , de couler à
fond le premier Vaisseau qu'ils appercevroient.
le
Le succès répondit à son attente ,
Vaisseau fut englouti , et cette affaire n'auroit
point éclaté , si un nommé Patrona ,
1
qui
AVRIL. 1731. 941
qui avoit été témoin de l'éxecution en
Perse et qui (à ce que prétendent quelquesuns
you comme d'autres le veulent ) avoit
échappé au naufrage , n'eut découvert ce
qu'il importoit au Grand Vizir de tenir
caché.
Ce Patrona arrive à Constantinople ;
marche vers la grande Place , attache un
Drapeau au bout d'un bâton , dont il
étoit armé , ordonne à tous les vrais fideles
de se ranger autour de lui .
Le Peuple ne parut pas d'abord bien
disposé à la révolte ; on ne répondit à
Patrona que par un grand silence , et depuis
le matin jusqu'à midi , il n'avoit rassemblé
que 10 à 12 personnes. Il eut été
facile de dissiper ce petit nombre de factieuxs
mais la lenteur du Capitan Bacha
que l'on soupçonna depuis d'être d'intelligence
avec Patrona d'ailleurs ennemi-
déclaré du G. V. et les peintures vives
et affreuses que Patrona présentoit au peuple
des indignitez commises sur le petit
nombre des Soldats Turcs , entraîna enfin
le peuple. On ferme les Boutiques , on
s'atroupe , on court au quartier des Jánissaires
, et on tourne droit au Serrail
en criant justice et vengeance .
3
>
Le Sultan Achmet étoit enfermé avec le
Grand Vizir et le Capitan-Bacha , et ne
décidoit rien lorsque les cris de la popu-
Lace
942 MERCURE DE FRANCE
lace épouvanterent le Grand Vizir ; qui ,
désesperant de remedier à un mal si pressant
, accusa le Capitan - Bacha. C'est ce
chien , dit- il , au Grand Seigneur , qui est
cause de tout ce désordre . Le Grand Amiral
picqué , rendit compte à l'Empereur
des motifs secrets , qui avoient occasionné
la paix et la guerre avec la Perse.
Le Sultan pressé par le peuple qui lui
demandoit justice , et indigné de se voir
trompé par ses deux Ministres , les fit
étrangler sur le champ et livra leurs corps
à la Populace qui les mit en pieces. Cer
Acte de Justice auroit dû naturellement
appaiser les Mécontens . Mais l'avarice ,
Foisiveté et la molesse du G. S. avoient
fort indisposé les Peuples contre lui ; aussi
Pattaquerent-ils ensuite , le détrônerent
et éleverent sur le Trêne Sultan Mah .
moud , son neveu , confié depuis longtemps
à la Garde des Janissairés .
Patrona devint bien- tôt le maître ; rien
me se décidoit que par ses ordres ; ik assistoit
à tous les Divans ; son avis y étoit
le seul suivi , il alla même jusqu'à nommer
un Janissaire-Aga . Le Sultan nouvellement
élû supportoit impatiamment une
autorité égale à la sienne ; il chercha à
abbatre un Sujet si craint et si redouté.
Il y réussit par une voye qui sembloit
assurer à Patrona le pouvoir qu'il venoit
d'usurper.
AVRIL. 1731. 943
Le Selicktar , ou Porte- Enseigne du Sultan
déposé , avoit obtenu du Sultan Mahmoud
, la place de G. Visir , loind'être lié
d'interêt avec Patrona , il servoit d'obstacle
à ses desseins. Sa perte fut résoluë ;
il n'osa s'y prendre ouvertement et crut
qu'il en viendroit mieux à bout en cachant
son projet.
Il insinua donc au Sultan de rappeller
auprès de sa Personne un certain Dgianum
-Codgia , honoré déja de la place de
Capitan - Bacha , et exilé depuis long-temps
comme ennemi déclaré du G. V. massacré ;
homme de tête et propre pour un coup
d'état. Le G. S. y consentit ; il le décora
une seconde fois de la place de Grand-
Amiral. Il indiqua un Divan où les Bachas
de la Porte et les principaux Chefs
des Rebelles devoient assister , sous prétexte
qu'il étoit à propos de prendre des
mesures promptes et sures dans la guerre
que l'on alloit déclarer aux Moscovites .
C'est une ceremonie pratiquée journellement
chez les Turcs , de revétir avant
la tenne du Divan , le nouveau Grand-
* Amiral d'un Caftan , en presence du G. S.
le Ceremonial prescrit aussi qu'il en soit
revétu par le Janissaire - Aga.
I On avoit déterminé à ce moment la
punition des factieux , et le Janissaire-Aga'
devoit être la première victime. Tout
étant
944 MERCURE DE FRANCE
étant préparé, le Janissaire Aga s'approche
du Grand- Amiral , lui présenta la Veste.
Celui-cy lui porte un coup de Sabre qu'il
avoit caché sous sa Robbe , l'étend sur le
carreau ; on prétend qu'il tomba mort ,
d'autres veulent que blessé mortellement,
il se releva , tira son poignard , dont il atteignit
Dgianum- Codgia , qui muni d'u
ne armure , ne fut point blessé.
Au signal on se jette sur les factieux;
surpris et desesperez , ils se deffendent
vaillamment , mais ils succombent enfin
au nombre de 30. tandis que l'on massacre
ceux qui étoient restez au- dedans
du Serrail et dans les cours.
Le Peuple ne marqua par aucun
mouvement qu'il y prît part. On ne
s'en est point tenu à cette simple execution
; on poursuit vivement les séditieux,
leurs têtes sont mises à prix et on renouvelle
ces fameux tems des anciennes Proscriptions.
On prétend , au reste , que bien en å
pris au nouveau Sultan , d'avoir fait cet
exemple, et que le dessein de Patrona étoit
de remettre deux jours plus tard l'ancien
Sultan sur le Trône. On ignore quel en
pouvoit être le motif.
Les Révoltes sont assez ordinaires en
Turquie. La Canée n'en a pas été exempte;
un Impôt mis sur l'huile en a été
le
AVRIL. 1731 945
+
le prétexte. 300. hommes étoient déja
assemblez dans une Mosquée , et méditoient
de massacrer le Receveur ; mais
les soins du Bacha et du Janissaire Aga ,
ont arrêté ces premiers mouvemens , et
sous prétexte de presenter une Requête à
la Porte, ils les ont congédiez et renvoyez
chez eux .
Il seroit peu necessaire , Monsieur , de
faire remarquer ce qui differencie cette
Relation des autres données au Public ;
lui seul en doit juger. Je me flatte que
vous voudrez bien lui donner promptement
une place dans votre Mercure; dans
cette attente je suis , &c.
au sujet de la Révolution de Constantinople
, contenant quelquesfaits Anecdotes
et qui peut servir de récapitulation à la
Relation de cet événement
C
و
" Est avec quelque sorte de peine ,
Monsieur , que je me suis déterminé
à rendre publique une Lettre que je reçois
de Constantinople. Les récits qu'on lit.
dans vos Mercures de la Révolution arrivée
en Turquie , semblent ne laisser rien
AVRIL. 17312 939
désirer pour constater un évenement
aussi extraordinaire ; cependant en les
comparant avec le détail que l'on m'en fait
dans cette Lettre ; j'y ai appris deux cir
constances essentielles , dont on n'a point
encore parlé. On y verra le motif de la sédition
, et les progrès insensibles d'un dessein
d'abord témeraire , mais apuyé sous
main par le Capitan- Bacha , et porté à un
succès inesperé , par l'inaction du Grand
Vizir et du Sultan. Ces nouvelles au
reste , ne sçauroient être révoquées en
doute ; celui dont je les tiens fait depuis
plusieurs années un séjour actuel à Constantinople
, y est connu et consideré des
plus grands Pachas de la Porte , et a lié
une amitié étroite avec un des premiers
Officiers du nouveau Sultan..
31
Le Prince Thamas s'étoit à peine affermi
sur le Thrône de ses Ancêtres , qu'il
s'êtoit pressé d'envoyer une Ambassade
célebre à la Porte , pour redemander la
restitution des Provinces et Places dont
les Turcs s'étoient emparez pendant la
Révolution.
Il avoit soutenu cette Ambassade d'une
grosse Armée , dont les progrès continuels
rendirent les Turcs plus traitables , et les
forcerent à écouter une proposition ,
qu'ils auroient rejettée avec hauteur dans
un autre tems. Il fut résolu dans un grand
Divan
740 MERCURE DE FRANCE.
Divan que l'on remettroit ces Provinces
au Roi de Perse.
Le Roi de Perse n'avoit pas oublié les
cruautez exercées par les Turcs durant la
Conquête de ces Provinces . Cette plaïe recente
saignoit encore , et les dégats que
son Armée avoit causés sur les Terres des
Turcs , ne l'en avoient pas assez pleinement
dédomagé ; aussi saisit- il l'occasion
d'assouvir la vengeance qu'il méditoit
et quelques Soldats restez à la garde des
Places , furent les malheureuses victimes
de sa colere.
+
Ils furent arrêtez , on leur coupa le nez
et les oreilles , et on les embarqua sur un
Bâtiment du païs au nombre de 300-
Le Grand Vizir en fut informé à propos
; il avoit été l'Auteur de la guerre
pendant la Révolution de Perse , il venoit
de conclure la paix malgré les oppositions
de tout le Divan : il craignit avec raison
qu'une execution de cette nature
n'eut des suites fâcheuses ; il dépêcha
des Courriers et des ordres précis aux
Gouverneurs des Places situées à l'embouchure
de la Mer Noire , de couler à
fond le premier Vaisseau qu'ils appercevroient.
le
Le succès répondit à son attente ,
Vaisseau fut englouti , et cette affaire n'auroit
point éclaté , si un nommé Patrona ,
1
qui
AVRIL. 1731. 941
qui avoit été témoin de l'éxecution en
Perse et qui (à ce que prétendent quelquesuns
you comme d'autres le veulent ) avoit
échappé au naufrage , n'eut découvert ce
qu'il importoit au Grand Vizir de tenir
caché.
Ce Patrona arrive à Constantinople ;
marche vers la grande Place , attache un
Drapeau au bout d'un bâton , dont il
étoit armé , ordonne à tous les vrais fideles
de se ranger autour de lui .
Le Peuple ne parut pas d'abord bien
disposé à la révolte ; on ne répondit à
Patrona que par un grand silence , et depuis
le matin jusqu'à midi , il n'avoit rassemblé
que 10 à 12 personnes. Il eut été
facile de dissiper ce petit nombre de factieuxs
mais la lenteur du Capitan Bacha
que l'on soupçonna depuis d'être d'intelligence
avec Patrona d'ailleurs ennemi-
déclaré du G. V. et les peintures vives
et affreuses que Patrona présentoit au peuple
des indignitez commises sur le petit
nombre des Soldats Turcs , entraîna enfin
le peuple. On ferme les Boutiques , on
s'atroupe , on court au quartier des Jánissaires
, et on tourne droit au Serrail
en criant justice et vengeance .
3
>
Le Sultan Achmet étoit enfermé avec le
Grand Vizir et le Capitan-Bacha , et ne
décidoit rien lorsque les cris de la popu-
Lace
942 MERCURE DE FRANCE
lace épouvanterent le Grand Vizir ; qui ,
désesperant de remedier à un mal si pressant
, accusa le Capitan - Bacha. C'est ce
chien , dit- il , au Grand Seigneur , qui est
cause de tout ce désordre . Le Grand Amiral
picqué , rendit compte à l'Empereur
des motifs secrets , qui avoient occasionné
la paix et la guerre avec la Perse.
Le Sultan pressé par le peuple qui lui
demandoit justice , et indigné de se voir
trompé par ses deux Ministres , les fit
étrangler sur le champ et livra leurs corps
à la Populace qui les mit en pieces. Cer
Acte de Justice auroit dû naturellement
appaiser les Mécontens . Mais l'avarice ,
Foisiveté et la molesse du G. S. avoient
fort indisposé les Peuples contre lui ; aussi
Pattaquerent-ils ensuite , le détrônerent
et éleverent sur le Trêne Sultan Mah .
moud , son neveu , confié depuis longtemps
à la Garde des Janissairés .
Patrona devint bien- tôt le maître ; rien
me se décidoit que par ses ordres ; ik assistoit
à tous les Divans ; son avis y étoit
le seul suivi , il alla même jusqu'à nommer
un Janissaire-Aga . Le Sultan nouvellement
élû supportoit impatiamment une
autorité égale à la sienne ; il chercha à
abbatre un Sujet si craint et si redouté.
Il y réussit par une voye qui sembloit
assurer à Patrona le pouvoir qu'il venoit
d'usurper.
AVRIL. 1731. 943
Le Selicktar , ou Porte- Enseigne du Sultan
déposé , avoit obtenu du Sultan Mahmoud
, la place de G. Visir , loind'être lié
d'interêt avec Patrona , il servoit d'obstacle
à ses desseins. Sa perte fut résoluë ;
il n'osa s'y prendre ouvertement et crut
qu'il en viendroit mieux à bout en cachant
son projet.
Il insinua donc au Sultan de rappeller
auprès de sa Personne un certain Dgianum
-Codgia , honoré déja de la place de
Capitan - Bacha , et exilé depuis long-temps
comme ennemi déclaré du G. V. massacré ;
homme de tête et propre pour un coup
d'état. Le G. S. y consentit ; il le décora
une seconde fois de la place de Grand-
Amiral. Il indiqua un Divan où les Bachas
de la Porte et les principaux Chefs
des Rebelles devoient assister , sous prétexte
qu'il étoit à propos de prendre des
mesures promptes et sures dans la guerre
que l'on alloit déclarer aux Moscovites .
C'est une ceremonie pratiquée journellement
chez les Turcs , de revétir avant
la tenne du Divan , le nouveau Grand-
* Amiral d'un Caftan , en presence du G. S.
le Ceremonial prescrit aussi qu'il en soit
revétu par le Janissaire - Aga.
I On avoit déterminé à ce moment la
punition des factieux , et le Janissaire-Aga'
devoit être la première victime. Tout
étant
944 MERCURE DE FRANCE
étant préparé, le Janissaire Aga s'approche
du Grand- Amiral , lui présenta la Veste.
Celui-cy lui porte un coup de Sabre qu'il
avoit caché sous sa Robbe , l'étend sur le
carreau ; on prétend qu'il tomba mort ,
d'autres veulent que blessé mortellement,
il se releva , tira son poignard , dont il atteignit
Dgianum- Codgia , qui muni d'u
ne armure , ne fut point blessé.
Au signal on se jette sur les factieux;
surpris et desesperez , ils se deffendent
vaillamment , mais ils succombent enfin
au nombre de 30. tandis que l'on massacre
ceux qui étoient restez au- dedans
du Serrail et dans les cours.
Le Peuple ne marqua par aucun
mouvement qu'il y prît part. On ne
s'en est point tenu à cette simple execution
; on poursuit vivement les séditieux,
leurs têtes sont mises à prix et on renouvelle
ces fameux tems des anciennes Proscriptions.
On prétend , au reste , que bien en å
pris au nouveau Sultan , d'avoir fait cet
exemple, et que le dessein de Patrona étoit
de remettre deux jours plus tard l'ancien
Sultan sur le Trône. On ignore quel en
pouvoit être le motif.
Les Révoltes sont assez ordinaires en
Turquie. La Canée n'en a pas été exempte;
un Impôt mis sur l'huile en a été
le
AVRIL. 1731 945
+
le prétexte. 300. hommes étoient déja
assemblez dans une Mosquée , et méditoient
de massacrer le Receveur ; mais
les soins du Bacha et du Janissaire Aga ,
ont arrêté ces premiers mouvemens , et
sous prétexte de presenter une Requête à
la Porte, ils les ont congédiez et renvoyez
chez eux .
Il seroit peu necessaire , Monsieur , de
faire remarquer ce qui differencie cette
Relation des autres données au Public ;
lui seul en doit juger. Je me flatte que
vous voudrez bien lui donner promptement
une place dans votre Mercure; dans
cette attente je suis , &c.
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Résumé : LETTRE écrite de Paris le 30 Avril 1731. au sujet de la Révolution de Constantinople, contenant quelques faits Anecdotes, et qui peut servir de récapitulation à laRelation de cet événement.
La lettre du 30 avril 1731 relate la révolution à Constantinople, révélant des détails absents des journaux. Elle met en lumière deux éléments cruciaux : le motif de la sédition et l'évolution d'un plan audacieux soutenu par le Capitan-Bacha, favorisé par l'inaction du Grand Vizir et du Sultan. Le Prince Thamas, nouvellement installé sur le trône de Perse, avait envoyé une ambassade pour réclamer la restitution des provinces conquises par les Turcs. Soutenu par une armée puissante, il força les Turcs à accepter cette demande. En réponse aux cruautés turques, le roi de Perse ordonna des exécutions barbares sur les soldats turcs restés en Perse. Informé, le Grand Vizir ordonna de couler le vaisseau transportant ces soldats, mais un nommé Patrona, témoin des exécutions, révéla l'affaire à Constantinople. Patrona rallia le peuple en dénonçant les indignités commises, déclenchant une révolte. Acculé, le Grand Vizir accusa le Capitan-Bacha. Le Sultan, pressé par le peuple, fit étrangler les deux ministres et livra leurs corps à la populace. Cependant, l'avarice et la mollesse du Sultan indisposèrent les peuples, qui le détrônèrent et élevèrent son neveu, Sultan Mahmoud, au trône. Patrona devint le maître, mais le Sultan, avec l'aide du Selicktar, organisa un coup d'État. Lors d'un Divan, le nouveau Grand-Amiral tua le Janissaire-Aga, déclenchant une répression sanglante contre les séditieux. Le peuple resta passif, et les proscriptions se poursuivirent. Les motifs exacts de Patrona pour vouloir rétablir l'ancien Sultan restent inconnus. Des révoltes similaires survinrent ailleurs, comme à La Canée, où un impôt sur l'huile déclencha des mouvements séditieux rapidement réprimés. L'auteur espère que cette relation sera publiée promptement dans le Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5483
p. 989-991
LE JOUR, CANTATE.
Début :
La Fable qui fournit ordinairement les sujets de Cantate, ne fait point [...]
Mots clefs :
Cantate, Éclore, Nature, Déesse, Sagesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE JOUR, CANTATE.
Lies sujets de Cantate , ne fait point
celui de celle cy. Une simple peinture
des situations du Jour naturel dans les
trois aspects , ausquels on peut se réduire ,
étoit d'abord l'objet de l'Auteur. Ce partage
, qui est aussi celui des Cantates , lui
a donné l'idée d'en faire une qui s'est
trouvée achevée au moyen de trois Ariet
tes qu'il y a ajoûtées.
Morte
LE
JOUR ,
CANTATE.
L'AURORE.
Ortels , c'est trop languir dans les bras diz
sommeil ,
Le Jour va commencer d'éclore ,
Venez, sortez , qu'un prompt réveil ,
Dissipant les erreurs qui vous troublent encore ,
Presente à vos regards le pompeux appareil ,
De la naissance de l'Aurore.
Lir. Tendre Philomele , chantez ;
Eveillez toute la Nature.
Vous
90 MERCURE DE FRANCE
Vous , divine Aurore , arrêtez ;
C'est Flore qui vous en conjure.
Mais , hélas ! déja vous partez !
Tendre Amour , avec moi soyez d'intelligence ,
Déesse brillante , arrêtez !
Cephale dans ces lieux s'avance.
Tendre Philomene , chantez , &
LE MIDT.
Le Dieu dont la sagesse , ainsi que la puissance,
Anime et regle l'Univers ,
Phébus est de retour , et du milieu des airs,
Il verse en tous lieux l'abondance.
Que sur le Mont Sacré ses heureux nourrissons ,
Chantent les biens dont ils jouissent
Que les Peuples se réjouissent ,
1 leur a préparé les plus riches moissons.
Venez , Bacchus , avec Pomone ,
Embellir les Jeux des Mortels !
Celebrez le Fils de Latone ,
C'est le soutien de vos Autels.
Et toi , vole Amour dans nos Fêtes ,
Apollon même fait tes Loix ;
Son exemple dans nos Bois
Favo
AVRIL. 1731. 991
Favorise tes conquêtes.
Venez , Bacchus , avec Pomone , &ç
LE SOIR.
L'Astre qui nous éclaire a dans le sein de l'Onde
Eteint la moitié de ses feux.
Déja la nuit traînant ses voiles ténebreux ,
Partage l'Empire du Monde ;
Et bien-tôt des Oiseaux la troupe vagabonde ;
Va finir ses chants amoureux.
C'est dans ces doux instans , dans ces momen
paisibles ,
Que vous goutez le fruit de vos travaux pénibles,
Bergers heureux , rentrez , et que dans vos Ha
meaux .
La fin du jour s'annonce au son des Chalumeaux }
Air.
Hesperus brille , et dans la Plaine
Les dociles Agneaux ,
Descendus des Côteaux ,
Suivent le Pasteur qui les mene
Heureux s'il les a sauvez tous
De la dent cruelle des Loups !
Mais plus heureux encore
Si celle qu'il adore ,
Le récompense à son retour ,
De ses soins et de son amour !
celui de celle cy. Une simple peinture
des situations du Jour naturel dans les
trois aspects , ausquels on peut se réduire ,
étoit d'abord l'objet de l'Auteur. Ce partage
, qui est aussi celui des Cantates , lui
a donné l'idée d'en faire une qui s'est
trouvée achevée au moyen de trois Ariet
tes qu'il y a ajoûtées.
Morte
LE
JOUR ,
CANTATE.
L'AURORE.
Ortels , c'est trop languir dans les bras diz
sommeil ,
Le Jour va commencer d'éclore ,
Venez, sortez , qu'un prompt réveil ,
Dissipant les erreurs qui vous troublent encore ,
Presente à vos regards le pompeux appareil ,
De la naissance de l'Aurore.
Lir. Tendre Philomele , chantez ;
Eveillez toute la Nature.
Vous
90 MERCURE DE FRANCE
Vous , divine Aurore , arrêtez ;
C'est Flore qui vous en conjure.
Mais , hélas ! déja vous partez !
Tendre Amour , avec moi soyez d'intelligence ,
Déesse brillante , arrêtez !
Cephale dans ces lieux s'avance.
Tendre Philomene , chantez , &
LE MIDT.
Le Dieu dont la sagesse , ainsi que la puissance,
Anime et regle l'Univers ,
Phébus est de retour , et du milieu des airs,
Il verse en tous lieux l'abondance.
Que sur le Mont Sacré ses heureux nourrissons ,
Chantent les biens dont ils jouissent
Que les Peuples se réjouissent ,
1 leur a préparé les plus riches moissons.
Venez , Bacchus , avec Pomone ,
Embellir les Jeux des Mortels !
Celebrez le Fils de Latone ,
C'est le soutien de vos Autels.
Et toi , vole Amour dans nos Fêtes ,
Apollon même fait tes Loix ;
Son exemple dans nos Bois
Favo
AVRIL. 1731. 991
Favorise tes conquêtes.
Venez , Bacchus , avec Pomone , &ç
LE SOIR.
L'Astre qui nous éclaire a dans le sein de l'Onde
Eteint la moitié de ses feux.
Déja la nuit traînant ses voiles ténebreux ,
Partage l'Empire du Monde ;
Et bien-tôt des Oiseaux la troupe vagabonde ;
Va finir ses chants amoureux.
C'est dans ces doux instans , dans ces momen
paisibles ,
Que vous goutez le fruit de vos travaux pénibles,
Bergers heureux , rentrez , et que dans vos Ha
meaux .
La fin du jour s'annonce au son des Chalumeaux }
Air.
Hesperus brille , et dans la Plaine
Les dociles Agneaux ,
Descendus des Côteaux ,
Suivent le Pasteur qui les mene
Heureux s'il les a sauvez tous
De la dent cruelle des Loups !
Mais plus heureux encore
Si celle qu'il adore ,
Le récompense à son retour ,
De ses soins et de son amour !
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Résumé : LE JOUR, CANTATE.
Le texte décrit une cantate structurée en trois arietts, chacune représentant un moment de la journée. La première ariet, 'L'Aurore', invite à se réveiller pour accueillir l'Aurore. Philomèle est appelée à chanter pour éveiller la nature, tandis que Flore tente de retenir l'Aurore sans succès. Amour et Philomèle sont également sollicités pour chanter. La deuxième ariet, 'Le Midi', célèbre le retour du soleil, Phébus, qui apporte abondance et richesse. Les peuples sont invités à se réjouir des moissons et des biens dont ils jouissent. Bacchus et Pomone sont appelés à embellir les jeux des mortels, et Apollon est reconnu comme le soutien des autels. La troisième ariet, 'Le Soir', décrit le coucher du soleil et l'arrivée de la nuit. Les bergers sont invités à rentrer chez eux et à savourer le fruit de leurs travaux. Hesperus brille, et les agneaux suivent le pasteur. Le pasteur est heureux s'il a sauvé tous ses agneaux des loups, mais encore plus heureux s'il est récompensé par l'amour de celle qu'il adore.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5484
p. 993
TABLE.
Début :
Relation Historique de la Révolution de Constantinople, &c. Lettre sur [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
Elation Historique de la Révolution de
Constantinople , &c. 829
Lettre sur le même sujet , contenant quelques
Anecdotes , &c.
Judith , Poëme ,
938
945
Lettre sur les differentes Pêches qui se font en
Egypte ,
La Renommée , Ode ,
950
965
Memoire sur les Villes de la Mecque , &c. 969
Logogryphe , 978
Métamorphose du Prince Caulo et d'Orithie
Le Jour , Cantate,
Avis sur Brutus ,
Portrait ,
986
289
992
993
Elation Historique de la Révolution de
Constantinople , &c. 829
Lettre sur le même sujet , contenant quelques
Anecdotes , &c.
Judith , Poëme ,
938
945
Lettre sur les differentes Pêches qui se font en
Egypte ,
La Renommée , Ode ,
950
965
Memoire sur les Villes de la Mecque , &c. 969
Logogryphe , 978
Métamorphose du Prince Caulo et d'Orithie
Le Jour , Cantate,
Avis sur Brutus ,
Portrait ,
986
289
992
993
Fermer
5485
s. p.
Errata du Mercure d'Avril.
Début :
Page 803. ligne 10. Jeard, lisez Icard. P. 808. l. P. 808. l. 3. du bas, manqué, l. marqué. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata du Mercure d'Avril.
Errata du Mercure d'Avril.
Age 803. ligne 10. Jeard , lisez Icard.
P. 808. 1. 3. du bas , manqué , 1. marquéi
P. 810. l. 10. 33 , 1. 31.
-P. 816. l . 15. ruës , 1. Nuës.
P. 818. 1. 13. dire , l. d'ire.
P. 823. 1. 16. partie , . parti.
P. 828. 1. 14. exacte , ôtez ce mot.
Ibid. 1. 16. executée , l. exacte.
A la Table , Nouveau voleur , ôtex ces motsi
Age 803. ligne 10. Jeard , lisez Icard.
P. 808. 1. 3. du bas , manqué , 1. marquéi
P. 810. l. 10. 33 , 1. 31.
-P. 816. l . 15. ruës , 1. Nuës.
P. 818. 1. 13. dire , l. d'ire.
P. 823. 1. 16. partie , . parti.
P. 828. 1. 14. exacte , ôtez ce mot.
Ibid. 1. 16. executée , l. exacte.
A la Table , Nouveau voleur , ôtex ces motsi
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5486
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 873. ligne 6. à Bollach, lisez, Abdollah-Istamboul-Effendi, [...]
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texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Page 873. ligne 6. à Bollach, lisez , Abdollah, Istamboul- Effendi ,
?
P. 886. 1. 1. Post , 1. Poste.
P. 902. 1. 22. ni indigné , l . ni moins indignée
P. 906. 1. 9. Ladabach , l. l'Hoda- Bachi,
P. 920. l . 15. steriles , 1. sterile .
P. 926. 1. 19. Romole , 1. Romelie,
Page 873. ligne 6. à Bollach, lisez , Abdollah, Istamboul- Effendi ,
?
P. 886. 1. 1. Post , 1. Poste.
P. 902. 1. 22. ni indigné , l . ni moins indignée
P. 906. 1. 9. Ladabach , l. l'Hoda- Bachi,
P. 920. l . 15. steriles , 1. sterile .
P. 926. 1. 19. Romole , 1. Romelie,
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5487
s. p.
AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au Mercure [...]
Mots clefs :
Adresse générale, Paris, Comédie-Française, Lettres, Poste, Libraires
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
' ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie
Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront
remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires
qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir,
On prie très - inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
oin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
oûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie,
›
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porter fur
Pheure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
A
PRIX XXX. SOL'S.
' ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU , Commis au
Mercure , vis - à - vis la Comedie
Frangoife
, à Paris. Ceux qui pour leur commodité
voudront
remettre leurs Paquets cachetez
aux Libraires
qui vendent le Mercure,
à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir,
On prie très - inftamment , quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
oin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
oûjours pratiqué , afin d'épargner , à nous
le déplaifir de les rebuter , & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie,
›
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront
avoir le Mercure de France de la premiere
main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
perte de temps , & de les faire porter fur
Pheure à la Pofte , ou aux Meffageries qu'on
lui indiquera.
A
PRIX XXX. SOL'S.
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Résumé : AVIS.
Le texte décrit les modalités de distribution et d'envoi des paquets pour le Mercure de France. Les envois doivent être adressés à Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Pour plus de commodité, les paquets cachetés peuvent être remis aux libraires parisiens vendant le Mercure. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste afin d'éviter leur rejet et la perte des ouvrages en l'absence de copie. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau pour recevoir rapidement le Mercure. Ce dernier préparera et enverra les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées, pour un coût de trente sols.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5488
p. 1042-1044
STANCES SUR LA FIEVRE.
Début :
Monstre produit par les Enfers, [...]
Mots clefs :
Fléau, Fièvre, Corps, Brûlantes veines, Poison, Hiver, Froidure, Poumons
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texteReconnaissance textuelle : STANCES SUR LA FIEVRE.
STANCE S.
SUR LA FIEVRE.
Monstre produit par les Enfers ,
Triste fruit des amours d'une horrible Furie ,
Noir fleau , dont la barbarie ,
Se plaît à desoler tout ce vaste Univers ,
Contre toi je brûle d'écrire ,
( Muses , Phébus , je ne veux rien de vous , )
Le feu que sa rage m'inspire ,
Mieux que le Dieu des Vers , peut servir mon
conrroux,
Jusques à quand , Fievre maudite ,
Eprouverai -je encor tes brulantes fureurs ?
Je cede enfin à tes horreurs ,
N'est-il pas temps , helas ! que ton ardeur nie
quitte ?
Depuis qu'à mon débile corps ,
Tu fais sentir une guerre cruelle ;
Déja sur ces aimables bords ,
La saison du Printemps deux fois se renouvelle,
Sous mille divers changemens ;
A me persecuter toujours ingenieuse ;
Je
M A Y 1043
17318
Je vois ta malice odieuse ,
Se plaire à mépriser les plus cruels tourmens :
Tantôt, de même qu'en nos Plaines ,
Se précipite un Torrent furieux ,
Tuviens dans mes brulantes veines ,
Répandre ton poison en cent bouillons de feux .
Je te vois changeant de nature ,
Du plus affreux hyver emprunter les glaçons ;
Je ressens tes mortels frissons ,
Porter jusqu'en mon coeur une ardente froidure,
Au milieu même de l'Eté ,
Mon sang glacé , se fige dans ma veine
L'Air par mon soufle est infecté ,
;
Mes poumons oppressez le respirent à peine.
粥
Tantôt appaisant ses rigueurs ,
Tu caches dans mon sein le venin qui me tuë ,
Jusqu'en mon coeur il s'insinuë ,
J'y sens bien-tôt couler de mortelles langueurs ;
La pâleur , l'affreuse tristesse ,
Le noir chagrin , l'ennui , suivent tes pas ,
Enfin une prompte foiblesse ,
Me conduit à pas lents aux portes du trépas?
Ma foible raison offensée ,
Ciij Par
1044 MERCURE DE FRANCE
Par le poison brulant de tes noires fureurs ,
1
S'égare enfin dans les horreurs ,
Dont la sombre vapeur la tient embarassée ,
Je vois des Monstres odieux ,
Mille dangers, mille erreurs passageres ,
Souvent des transports furieux ,
Sont les tristes effets de tes noires chimeres.
$2
A qui pourrois-je avoir recours ?
J'implore en vain le fils du Dieu qui nous
éclaire ;
Ses herbes , son Art salutaire ;
Rien ne peut arrêter ton redoutable
cours
Si quelquefois
ta barbarie
,
Pour un moment semble se ralentir ,
Bien- tôt avec plus de furie ,
Ta renaissante ardeur vient se faire sentir.
Le mortel poison qui m'enflâme
Envenime pour moi les jeux et les plaisirs ;
Le dégout suit tous mes desirs ,
L'Amour même , l'Amour ne peut rien sur mon
ame
Ah ! c'est trop vivre sous ta Loi ;
Bien - tôt la mort doit être mon partage ,
Cruelle , je l'attends de toi ,
Mais je meurs trop content de voir périr ta rage,
*
Esculape.
R. D. R. de Dijon.
SUR LA FIEVRE.
Monstre produit par les Enfers ,
Triste fruit des amours d'une horrible Furie ,
Noir fleau , dont la barbarie ,
Se plaît à desoler tout ce vaste Univers ,
Contre toi je brûle d'écrire ,
( Muses , Phébus , je ne veux rien de vous , )
Le feu que sa rage m'inspire ,
Mieux que le Dieu des Vers , peut servir mon
conrroux,
Jusques à quand , Fievre maudite ,
Eprouverai -je encor tes brulantes fureurs ?
Je cede enfin à tes horreurs ,
N'est-il pas temps , helas ! que ton ardeur nie
quitte ?
Depuis qu'à mon débile corps ,
Tu fais sentir une guerre cruelle ;
Déja sur ces aimables bords ,
La saison du Printemps deux fois se renouvelle,
Sous mille divers changemens ;
A me persecuter toujours ingenieuse ;
Je
M A Y 1043
17318
Je vois ta malice odieuse ,
Se plaire à mépriser les plus cruels tourmens :
Tantôt, de même qu'en nos Plaines ,
Se précipite un Torrent furieux ,
Tuviens dans mes brulantes veines ,
Répandre ton poison en cent bouillons de feux .
Je te vois changeant de nature ,
Du plus affreux hyver emprunter les glaçons ;
Je ressens tes mortels frissons ,
Porter jusqu'en mon coeur une ardente froidure,
Au milieu même de l'Eté ,
Mon sang glacé , se fige dans ma veine
L'Air par mon soufle est infecté ,
;
Mes poumons oppressez le respirent à peine.
粥
Tantôt appaisant ses rigueurs ,
Tu caches dans mon sein le venin qui me tuë ,
Jusqu'en mon coeur il s'insinuë ,
J'y sens bien-tôt couler de mortelles langueurs ;
La pâleur , l'affreuse tristesse ,
Le noir chagrin , l'ennui , suivent tes pas ,
Enfin une prompte foiblesse ,
Me conduit à pas lents aux portes du trépas?
Ma foible raison offensée ,
Ciij Par
1044 MERCURE DE FRANCE
Par le poison brulant de tes noires fureurs ,
1
S'égare enfin dans les horreurs ,
Dont la sombre vapeur la tient embarassée ,
Je vois des Monstres odieux ,
Mille dangers, mille erreurs passageres ,
Souvent des transports furieux ,
Sont les tristes effets de tes noires chimeres.
$2
A qui pourrois-je avoir recours ?
J'implore en vain le fils du Dieu qui nous
éclaire ;
Ses herbes , son Art salutaire ;
Rien ne peut arrêter ton redoutable
cours
Si quelquefois
ta barbarie
,
Pour un moment semble se ralentir ,
Bien- tôt avec plus de furie ,
Ta renaissante ardeur vient se faire sentir.
Le mortel poison qui m'enflâme
Envenime pour moi les jeux et les plaisirs ;
Le dégout suit tous mes desirs ,
L'Amour même , l'Amour ne peut rien sur mon
ame
Ah ! c'est trop vivre sous ta Loi ;
Bien - tôt la mort doit être mon partage ,
Cruelle , je l'attends de toi ,
Mais je meurs trop content de voir périr ta rage,
*
Esculape.
R. D. R. de Dijon.
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Résumé : STANCES SUR LA FIEVRE.
Le texte décrit la fièvre comme un monstre issu des Enfers, source de souffrance continue. Le narrateur souffre d'alternances de chaleur intense et de froid glacial, accompagnées de douleurs et de faiblesse extrême. La fièvre perturbe également son esprit, provoquant des visions terrifiantes et des erreurs passagères. Malgré les soins des médecins, dont Esculape, la fièvre persiste et empoisonne les plaisirs et les désirs du narrateur. Ce dernier attend la mort comme une délivrance pour échapper à la rage de la fièvre.
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5489
p. 1056-1070
SUITE des Memoires historiques sur les personnes illustres originaires du Comté d'Eu.
Début :
Aprés avoir fait connoître les Personnes originaires du Comté d'Eu qui [...]
Mots clefs :
Mémoires historiques, Personnes illustres, Chevalier, Vicomte héréditaire, Diocèse d'Amiens, Bataille de Nicopolis
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texteReconnaissance textuelle : SUITE des Memoires historiques sur les personnes illustres originaires du Comté d'Eu.
SUITTE des Memoires historiques sur les
perfonnes illustres originaires du Comté
d'En.
A
Prés avoir fait connoître les Personnes
originaires du Comté d'Eu qui
se sont distinguées par leurs sciences, ou
par leur pieté , je vais presentement parler
de celles qui par leur valeur , ou par
leur habileté dans les Arts , ont merité
d'être particulicrement estimées. Je commence
par Guillaume d'Eu , fils ainé d'Eustache
d'Eu ; Seigneur de la Chaussée ,
Chevalier
MAY. 1057 1731 .
1
Chevalier et Vicomte hereditaire du Comté
d'Eu , et d'Alix de Piquigni . Ce Seigneur
avoit pris naissance dans un Châ-
Iteau qui subsistoit alors au fauxbourg de
la chaussée d'Eu , dont on voit encore les
vestiges , et qui faisoit le chef- lieu et le domicile
ordinaire de cette ancienne et illustre
maison qui descend des premiers Comtes
d'Eu ; et parceque ce fief de la chaussée
d'Eu,quoique membre du Comté d'Eu
et de la Province de Normandie , est néanmoins
situé du côté de la Picardie , et du
Diocèse d'Amiens , les Historiens ont
donné quelquefois à ce Seigneur le nom
de brave et vaillant Picard .
Elevé d'une maniere conforme à sa naissance
, il ne fut pas plutôt en âge d'exercer
la profession des Armes , qu'il l'embrassa.
Il est vrai que l'Histoire * ne nous
a pas transmis tout ce que ce Seigneur a fait
de singulier et d'heroïque , où nous eussions
sans doute trouvé des preuves abondantes
de sa valeur : elle ne nous fournit
qu'une seule action ; mais qui , quoique
seule , est plus que suffisante pour justifier
quel étoit , l'excès de son courage.
C'est de la fameuse bataille de Nicopolis
en Bulgarie , donnée l'an 1396.
* Froiffart. T. IV. Ch. 72.
Nicopolis
to58 MERCURE DE FRANCE
dont je veux parler , le jeune Seigneur
ayant suivi en .... le Comte d'Eu Phillipe
d'Artois , Connétable de France .
On voit dans ce que l'Histoire rapporte
de cette bataille , que la trop grande
vivacité du Comte d'Eu , ayant engagé
mal à propos les troupes Françoises à marcher
indiscrettement vers l'armée ennemie
, sans être suivie de l'armée chrétienne
, elles se trouverent à l'instant envelopées
par soixante mille Turcs. Ce fût dans
cette funeste occasion que Guillaume d'Eu
fit connoître jusqu'où alloit son intrépidité
et sa valeur ; car les Historiens ont particulierement
remarqué que pendant l'horrible
massacre que les Turcs faisoient des
François , Guillaume d'Eu se fit jour deux
fois , l'épée à la main , au travers de cette
nombreuse armée ; ce qui lui donnoit , s'il
avoit voulu une entiere liberté de se tirer
du peril ; mais persuadé qu'il étoit indigne
pour lui de survivre à la perte du Corps
des
troupes Françoises , il aima mieux
retourner daus la mêlée , où il perit avec
les autres. ( a )
Je vais maintenant parler d'un autre
Seigneur du Comté d'Eu qui s'est rendu
fameux pour avoir été le premier qui a
(a) Froiff. ibid. Baudier, Hist . des Turcs L. 2 .
Ch. 1.
tenté
MAY. 1731 . 1059
tenté la découverte d'un nouveau Monde ;
et qui a ouvert un chemin pour passer dans
l'Amerique. Ce Seigneur est Jean de
Bethencourt, Baron deS. Martin leGaillard ,
au Comté d'Eu , lequel a commencé le
premier établissement qui s'est fait aux
ifles des Canaries . ( a ) Ces Ifles , à la verité
,avoient été connuës des Anciens sous
le nom des Ifles Fortunées ; et quelques
Avanturiers sétant hazardés d'y aborder
y avoient quelquefois réussi ; mais l'usage
de la Boussole n'étant pas encore connu,
peu avoient osé se hazarder à faire un
semblable voiage, Lorsqu'enfin la direction
de l'éguille aimantée vers le Nord fût découverte,
et l'usage qu'on en pouvoit faire
pour régler sa route sur Mer confirmé ;
Jean de Bethencourt fût le premier qui
entreprit de tenter par cette voye l'accès
de ces Ifles , qui étoient alors abandonnées.
Robert de Bracquemont son cousin y
donna lieu ; comme il avoit de l'inclination
pour les expeditions de Mer , il forma
le dessein d'aborder ces Isles, et de s'en
mettre en possession . C'est pourquoi il
obtint en 1401. du Roy de Castille Jean
II. la permission d'en faire la Conquête :
ce qui lui fût accordé en consideration des
services qu'il avoit rendus à ce Prince dans
(a) Jean de Verrier,Hist, des Canaries,
les
1060 MERCURE DE FRANCE
les guerres contre le Portugal . Mais soit
que dans la suite il eût prit son parti d’avancer
plutôt sa fortune en France , que
de l'aller chercher si loin , comme en effet
il y fût pourvû quelque tems aprés de la
qualité d'Amiral ; soit enfin qu'il voulût
donner la gloire de cette découverte à Jean
de Bethencourt son parent , et lui procurer
un établissement , il lui en donna la
commission , et lui ceda ses droits qui lui
furent confirmés par la Reine Catherine ,
veuve du Roy Jean II.
Le Baron de S. Martin aiant pris toutes
ses mesures pour son embarquement , mit
enfin à la voile dans l'été de l'année 1402 .
et aborda heureusement aux Canaries ,
dont il conquit d'abord quelques Isles .
Mais ne se trouvant pas assés fort pour
se rendre Maître des autres , il revint en
Espagne où il reçût des munitions et de
l'argent de Henry III . Roy de Castille ,
qui lui donna la souveraineté de ces Isles ,
à condition qu'il lui en feroit hommage ;
étant retourné il se saisit encore de quelques
unes , et en particulier de celle qui
se nomme Lancelote , où il fit bâtir un Fort.
Il y prit même la qualité de Roy : mais
étant mort peu de tems aprés , il y laissa
Y
pour surcesseur son neveu nommé Me-
Baut , avec la même qualité . Tout le monde
MAY. 1731. 1061
de convient que ce voyage est le premier
qui se soit fait avec ordre , et le plus loin
vers la ligne. Ce qui donna lieu ensuite aux
Portugais , et aux Castillans de hazarder
d'autres voyages de long cours ; comme
de doubler le cap de BonneEsperance pour
passer aux Indes , et de faire enfin la découverte
de l'Amerique.
Je ne doute pas que ceux qui ont par
la lecture quelque connoissance du fameux
armateur Jacques Sore dont je vais présentement
parler , ne soient surpris que je
lui donne place dans le rang des personnes
illustres qui sont sorties du Comté d'Eu
parceque la pluspart des Historiens qui
en parlent , le regardent comme un insigne
Pirate , et un veritable scelerat : mais
c'est justement ce qui doit m'y engager ;
car il ne paroît pas que les Historiens
` lui aient rendu la justice qui lui est duë.
Deux choses , il est vrai , ont contribué
à le rendre odieux de son vivant. La premiere,
parcequ'il étoit Calviniste , et protegé
des principaux Chefs de cette secte.
La seconde , en ce que s'étant un jour rendu
maître d'un Bâtiment Espagnol qui alloit
au Bresil , sur lequel étoient embarquez
des Jesuites qui y passoient pour annoncer
la foy , il les fit tous mourir et jetter ensuite
dans la mer,
J'avoije
ト
1062 MERCURE DE FRANCE
>
J'avoue que ce fût un malheur pour
Jacques Sore d'avoir vêcu dans l'héresie
dont les funestes sentimens ont pû contribuer
à l'animer contre les Jesuites : c'est
surquoy je ne prétend s pas le disculper ;
mais à cela près , il peut avoir eu d'ailleurs
de bonnes qualités naturelles , lesquelles
ont pû le mettre fort audessus du commun.
C'est aussi sous cet aspect que je
pretends le faire régarder,apuïé comme je
suis sur ce qu'en a pensé un excellent connoisseur
qui devoit bien sçavoir ce qu'il
étoit , puisqu'il vivoit de son tems , qu'il
étoit en place pour en juger , et qu'il
ne peut être soupçonné de lui avoir été
favorable par la conformité de réligion :
sçavoir Pierre Bourdeille , Abbé de Brantome
, connu sous ce dernier nom ; lequel
parlant par occasion dans ses Mémoires
de Jacques Sore , fait son éloge en´
deux mots , en disant qu'il avoit été un
des bons hommes de Mer qui fût de
son tems , ajoûtant même qui eût été
depuis. (a)
Jacques Sore étoit natif du village de
Floques , situé proche de la Mer à une
petite lieuë de la Ville d'Eu , il avoit
comme j'ai dit , cu le malheur d'être élevé
>
(a)Mem . de Brant. Eloge de M. de Mont-luc.
dans
ΜΑΥ. 1731. 1063
dans la secte de Calvin ; mais étant d'un
esprit vif , et hardi , né avec quelques
biens , voyant la guerre déclarée contre
la France et l'Angleterre lors du Siége
du Havre de grace en 1563. il prit le
parti d'armer une frégate pour aller en
course contre les ennemis de l'Etat , sur
lesquels il ne tarda pas à faire des prises
considerables , et à se rendre formidable
sur la mer. Mais la paix ayant été faite
plutôt qu'il ne le souhaittoit , il lui fallût
chercher un prétexte qui l'autorisat à continuer
une profession de son goût , et
où il se voioit en état d'avancer sa fortune.
Il le trouva , ce prétexte , dans son protecteur
le fameux Amiral de Châtillon
lequel non content de lui faire une pension
, lui procura des lettres de Jeanne
d'Albret , Reine de Navarre , par les
quelles elle l'établissoit Amiral de Navarre
, ce qui lui donnoit droit de courir
sur les vaisseaux Espagnols , comme il
fit en effet. Pour y mieux reüssir il prit
avec lui un autre Armateur nommé
Didacus d'Andrada , s'engageant de par
tager le butin. ( a )
Ce für alors qu'il donna vigoureusement
la chasse aux vaisseaux d'Espagne ,
(a) Flarim, de Raim. Hist, de l'Heresie. L.
5. p. 738.
D
of
1664 MERCURE DE FRANCE
·
et qu'il prit celui dont les Historiens
ont fait tant de bruit, Il est vrai que ce
bâtiment alloit au Bresil , et qu'il y por
toit des Jesuites destinés pour les Missions
du Pays , dont le Chef s'appelloit
Ignace , du nom du Fondateur de sa
Compagnie. Les Auteurs varient sur le
nombre , les uns disent qu'il y en avoit
douze , les autres trente- huit , d'autres
enfin quarante . N'importe , il est toûjours
certain que Jacques Sore prit ce bâtiment
l'an 1570. et qu'il fit mourir les
Jesuites , comme je l'ai dit plus haut,
( a ) Je sçay que tous les Auteurs crient
avec raison contre cette action pleine de
cruauté , et qu'ils la regardent comme
un effet de la haine de Jacques Sore
contre la Catholicité. Les anciens de ce
pays-cy rapportoient la chose d'une maniere
qui la rendoit un peu moins odieuse ;
sçavoir , que Jacques Sore n'en avoit
agi ainsi que par réprésailles , en ce que
les Espagnols aiant traité de la même
maniere un particulier qui lui appartenoit
, et qui étoit tombé entre leurs
mains , il crût d'ailleurs que les Jesuites
y avoient eu part. Mais cela ne sçauroit
jamais le disculper.
fc) Florim, de Raim, ibid, Hist. gener. d'Hora
griz, liv, 15,
Nôtre
MAY. 1731. 1065
Nôtre Amiral de Navarre fit , au rapport
de Brantôme , une autre prise qui
fit beaucoup de bruit pour le bien et
le mal qu'elle causa au parti Calviniste.
Ce fût un vaisseau Venitien , du port
de douze à treize cens tonneaux , qu'il
aborda , et qu'il prit en déçà du détroit
de Gibraltar , lequel faisoit voile vers
l'Angleterre. L'ayant conduit à la Rochelle
, les Calvinistes le firent passer
quelque tems aprés au Port de Broüage
dont ilsvouloient se rendre les maîtres . Če
qui en effet leue facilita la prise de cette
place , est que s'étant avisé de placer
de l'artillerie sur la hune de ce vaisseau
qu'il avoit extrémement large , ils
tuoient de-là à coup sûr tous ceux qui
se présentoient pour défendre la bréche ;
mais aiant malheureusement pour eux
laissé le vaisseau désarmé dans ce Port ,
et le Roy Charles IX . étant venu assiéger
peu de temps aprés la Rochelle
, il
ly fit repasser
; et l'ayant
fait couler à
fond à l'entrée
du Port , il fit placer dessus
une batterie
qui fit des merveilles
battre la Ville , et pour empêcher
le secours
d'y entrer.
,
pour
Enfin l'Amiral Sore , las d'une vie si
agitée , prit le parti d'abandonner la Marine
, et de se retirer au Comté d'Eu ,
Dij son
+
1066 MERCURE DE FRANCE
son pays , pour y finir le reste de ses
jours dans le repos , et encore mieux ,
si on en croit la tradition du même pays,
pour y rentrer dans le sein de l'Eglise .
On tient qu'il y est mort , et qu'il a été
inhumé comme Catholique dans l'Eglise
du Village de Floques , qui étoit, comme
j'ay dit , le lieu de sa naissance ; au
moins est- il certain , que c'est une insigne
calomnie ce qu'a avancé celui qui
à fait les Additions à l'Histoire de Portugal
par Jerôme Ozorius ( a ) ,sçavoir , que
le Capitaine Sore se retira dans sa patrie ,
pour y mourir comme enragé , écumant
sa mort comme un Sanglier , ce qui
n'a nulle vrai- semblance, puisque qui que
ce soit dans le pays n'a jamais entendu
parler de pareille chose , le tems n'en
étant pas si éloigné , moi- même m'étant
souvent entretenu des Avantures de Jacques
Sore avec ceux dont les Peres l'avoient
parfaitement connu , et dont les
proches parens avoient eû part à ses expeditions.
D'ailleurs les habitans de cette
ville ayant toûjours été fort opposés
au Calvinisme , et Jacques Sore étant
mort à leur porte , il n'est pas vrai- semblable
qu'une mort si tragique eût
échapé à leur connoissance , et à leur
mémoire ; ils n'auroient pas ignorés
(4) Liv. ag. ch. 3.
même
MAY. 1731. 1067
même , fameux comme il étoit , le lieu
profane où on l'auroit inhumé , s'il étoit
mort Calviniste .
Voici encore un autre Capitaine de
vaisseau , et depuis Chef d'Escadre , natifdu
Comté d'Eu , lequel a dû aussi son
élevation à la seule force de son génie
sçavoir,Abraham Du Quesne , Pere de l'illustre
Du Quesne , Géneral des Armées
Navales de France. Il naquit au Bourg
de Blangi, dans le Comté d'Eu , de parens
peu favorisés de la Fortune , et qui
avoient le malheur , comme ceux de l'Amiral
Sore, d'être infectés, de l'héresie de
Calvin ; ce qui est assez particulier , vû le
peu de progrès que cette héresie avoit
fait dans le Comté d'Eu. Il y a apparen
ce que ce fût ce qui lui donna lieu de se
retirer à Dieppe où le Calvinisme étoit
plus en vogue. Il y apprit la Carte Marine
, se mit sur les vaisseaux et se rendit
capable d'être Pilote .
Aprés avoir exercé cette profession
pendant quelque temps , il passa en Sue -
de , où s'étant fait connoître , il obtint une
place de Pilote dans les vaisseaux de la
• Reine Christine. Comme cette Princesse
trouva à propos d'envoyer quelques
vaisseaux en France , il fut choisi préferablement
à d'autres pour les conduire
D iij parcequ'il
1068 MERCURE DE FRANCE
parcequ'il étoit François. S'étant distingué
dans cette occasion , il fut fait Capitaine
de vaisseau du Roy dans l'Armée
navale de France , où il se signala de maniere
, que le Roy Louis XIV. ne fit. pas
difficulté de l'envoyer en Suede avec une
Escadre pour y ménager des affaires qui
regardoient la Marine. Comme la France
étoit alors en guerre avec l'Espagne ,
Abraham Du Quesne ne pouvoit guére
éviter d'être attaqué par les vaisseaux
Espagnols qui tenoient la Mer , lesquels
d'ailleurs le surpassoient de beaucoup en
nombre. En effet , comme il revenoit en
France , il se donna un combat entre les
deux Flottes ; et quoique Du Quesne fit
des prodiges de valeur , il reçut une blessure
considerable , et fut fait Prisonnier.
Ayant été conduit à Dunkerque , il y
mourut peu aprés de sa blessure , l'an
1535. dans les sentimens de la Réligion
Prétendue Reformée.
,
Il ne me reste presentement qu'à parler
des deux freres Anguier , qui ont excellé
dans la Sculture , et qui ont primé de
nos jours dans ce bel Art. Ils naquirent
tous deux à Eu dans la Paroisse de S. Jean,
d'un pere menuisier. Nés tous deux pour
la Sculture , et le Dessein ; dès qu'ils commencerent
à faire usage de leur esprit ,
on
MAY. 1731 . 1069
on les vit s'occupper à faire de petites
figures de bois ou de pierre avec leurs coû
teaux , en quoy ils réussissoient passablement
bien , ce qui frappa un honnête
Bourgeois de la ville , et l'engagea à en
prendre soin par charité. Voyant enfin
qu'ils commençoient d'être en âge à pouvoir
travailler , et que le goût pour la
Sculture se fortifioit de plus en plus en
eux , il obtint d'un Jesuite qui alloit à
Paris , qu'il les y meneroit pour les placer
chez un Maître où ils pussent se perfectionner
, ce que ce Pere fit en effet.
A peine eurent-ils commencé à modeler
des figures , que le Maître s'apperçût
bientôt qu'ils iroient fort loin un
jour , s'ils continuoient de travailler. Il
le connût encore mieux , lorsqu'ils eurent
commencé à se servir du cizeau sur le
bois et sur la pierre. Après s'être ainsi
formés quelque tems à Paris , ils allerent
à Rome, afin qu'il ne leur manquât rien
pour se perfectionner dans leur Art .
Etant enfin de rétour à Paris , ils y acquirent
une telle réputation , qu'ils furent
employés pour les plus considerables morceaux
de Sculture ; tels que le grand Crucifix
de marbre qui tient lieu de Tableau
à l'Autel de l'Eglise de Sorbonne , tous
les ornemens et les bas- reliefs de la porte
D iiij
de
D070 MERCURE DE FRANCE
de S. Denis , et les deux figures de celle
de S. Antoine dans l'Eglise des Celestins
le Tombeau du Duc de Rohan , et l'Obelisque
du Duc de Longueville. Tous
les Ornemens de l'Autel de l'Eglise du
Val de grace , et sur le même Autel le
petit Jesus dans la Crèche , avec la Sainte
Vierge et S. Joseph , et quantité d'autres
ouvrages dont on peut voir le détail
dans la Déscription de Paris par Germain
Brice.
Enfin , aprés avoir si dignement employé
le talent que Dieu leur avoit donné ,
ils finirent leurs jours ; sçavoir , François
qui étoit l'ainé le 8. Août 1669. et Michel
le 11. Juillet 1686. Ils furent tous
deux inhumez dans la Nef de l'Eglise de
S. Roch leur Paroisse , sous une Tombe
de marbre blanc , sur laquelle fût gravée
I'Epitaphe suivante ,
Dans sa concavité ce funeste Tombeau
Tient les os renfermés de l'un et l'autre frere ;
Il leur étoit aisé d'en avoir un plus beau
Si de leurs propres mains ils l'eussent voulu faire
Mais il importe peu de loger noblement
Ce qu'aprés le trépas un corps laisse de reste
Et pourvûque ce Corps quittant le logement
L'Ame trouve le sien dans le séjour celeste..
perfonnes illustres originaires du Comté
d'En.
A
Prés avoir fait connoître les Personnes
originaires du Comté d'Eu qui
se sont distinguées par leurs sciences, ou
par leur pieté , je vais presentement parler
de celles qui par leur valeur , ou par
leur habileté dans les Arts , ont merité
d'être particulicrement estimées. Je commence
par Guillaume d'Eu , fils ainé d'Eustache
d'Eu ; Seigneur de la Chaussée ,
Chevalier
MAY. 1057 1731 .
1
Chevalier et Vicomte hereditaire du Comté
d'Eu , et d'Alix de Piquigni . Ce Seigneur
avoit pris naissance dans un Châ-
Iteau qui subsistoit alors au fauxbourg de
la chaussée d'Eu , dont on voit encore les
vestiges , et qui faisoit le chef- lieu et le domicile
ordinaire de cette ancienne et illustre
maison qui descend des premiers Comtes
d'Eu ; et parceque ce fief de la chaussée
d'Eu,quoique membre du Comté d'Eu
et de la Province de Normandie , est néanmoins
situé du côté de la Picardie , et du
Diocèse d'Amiens , les Historiens ont
donné quelquefois à ce Seigneur le nom
de brave et vaillant Picard .
Elevé d'une maniere conforme à sa naissance
, il ne fut pas plutôt en âge d'exercer
la profession des Armes , qu'il l'embrassa.
Il est vrai que l'Histoire * ne nous
a pas transmis tout ce que ce Seigneur a fait
de singulier et d'heroïque , où nous eussions
sans doute trouvé des preuves abondantes
de sa valeur : elle ne nous fournit
qu'une seule action ; mais qui , quoique
seule , est plus que suffisante pour justifier
quel étoit , l'excès de son courage.
C'est de la fameuse bataille de Nicopolis
en Bulgarie , donnée l'an 1396.
* Froiffart. T. IV. Ch. 72.
Nicopolis
to58 MERCURE DE FRANCE
dont je veux parler , le jeune Seigneur
ayant suivi en .... le Comte d'Eu Phillipe
d'Artois , Connétable de France .
On voit dans ce que l'Histoire rapporte
de cette bataille , que la trop grande
vivacité du Comte d'Eu , ayant engagé
mal à propos les troupes Françoises à marcher
indiscrettement vers l'armée ennemie
, sans être suivie de l'armée chrétienne
, elles se trouverent à l'instant envelopées
par soixante mille Turcs. Ce fût dans
cette funeste occasion que Guillaume d'Eu
fit connoître jusqu'où alloit son intrépidité
et sa valeur ; car les Historiens ont particulierement
remarqué que pendant l'horrible
massacre que les Turcs faisoient des
François , Guillaume d'Eu se fit jour deux
fois , l'épée à la main , au travers de cette
nombreuse armée ; ce qui lui donnoit , s'il
avoit voulu une entiere liberté de se tirer
du peril ; mais persuadé qu'il étoit indigne
pour lui de survivre à la perte du Corps
des
troupes Françoises , il aima mieux
retourner daus la mêlée , où il perit avec
les autres. ( a )
Je vais maintenant parler d'un autre
Seigneur du Comté d'Eu qui s'est rendu
fameux pour avoir été le premier qui a
(a) Froiff. ibid. Baudier, Hist . des Turcs L. 2 .
Ch. 1.
tenté
MAY. 1731 . 1059
tenté la découverte d'un nouveau Monde ;
et qui a ouvert un chemin pour passer dans
l'Amerique. Ce Seigneur est Jean de
Bethencourt, Baron deS. Martin leGaillard ,
au Comté d'Eu , lequel a commencé le
premier établissement qui s'est fait aux
ifles des Canaries . ( a ) Ces Ifles , à la verité
,avoient été connuës des Anciens sous
le nom des Ifles Fortunées ; et quelques
Avanturiers sétant hazardés d'y aborder
y avoient quelquefois réussi ; mais l'usage
de la Boussole n'étant pas encore connu,
peu avoient osé se hazarder à faire un
semblable voiage, Lorsqu'enfin la direction
de l'éguille aimantée vers le Nord fût découverte,
et l'usage qu'on en pouvoit faire
pour régler sa route sur Mer confirmé ;
Jean de Bethencourt fût le premier qui
entreprit de tenter par cette voye l'accès
de ces Ifles , qui étoient alors abandonnées.
Robert de Bracquemont son cousin y
donna lieu ; comme il avoit de l'inclination
pour les expeditions de Mer , il forma
le dessein d'aborder ces Isles, et de s'en
mettre en possession . C'est pourquoi il
obtint en 1401. du Roy de Castille Jean
II. la permission d'en faire la Conquête :
ce qui lui fût accordé en consideration des
services qu'il avoit rendus à ce Prince dans
(a) Jean de Verrier,Hist, des Canaries,
les
1060 MERCURE DE FRANCE
les guerres contre le Portugal . Mais soit
que dans la suite il eût prit son parti d’avancer
plutôt sa fortune en France , que
de l'aller chercher si loin , comme en effet
il y fût pourvû quelque tems aprés de la
qualité d'Amiral ; soit enfin qu'il voulût
donner la gloire de cette découverte à Jean
de Bethencourt son parent , et lui procurer
un établissement , il lui en donna la
commission , et lui ceda ses droits qui lui
furent confirmés par la Reine Catherine ,
veuve du Roy Jean II.
Le Baron de S. Martin aiant pris toutes
ses mesures pour son embarquement , mit
enfin à la voile dans l'été de l'année 1402 .
et aborda heureusement aux Canaries ,
dont il conquit d'abord quelques Isles .
Mais ne se trouvant pas assés fort pour
se rendre Maître des autres , il revint en
Espagne où il reçût des munitions et de
l'argent de Henry III . Roy de Castille ,
qui lui donna la souveraineté de ces Isles ,
à condition qu'il lui en feroit hommage ;
étant retourné il se saisit encore de quelques
unes , et en particulier de celle qui
se nomme Lancelote , où il fit bâtir un Fort.
Il y prit même la qualité de Roy : mais
étant mort peu de tems aprés , il y laissa
Y
pour surcesseur son neveu nommé Me-
Baut , avec la même qualité . Tout le monde
MAY. 1731. 1061
de convient que ce voyage est le premier
qui se soit fait avec ordre , et le plus loin
vers la ligne. Ce qui donna lieu ensuite aux
Portugais , et aux Castillans de hazarder
d'autres voyages de long cours ; comme
de doubler le cap de BonneEsperance pour
passer aux Indes , et de faire enfin la découverte
de l'Amerique.
Je ne doute pas que ceux qui ont par
la lecture quelque connoissance du fameux
armateur Jacques Sore dont je vais présentement
parler , ne soient surpris que je
lui donne place dans le rang des personnes
illustres qui sont sorties du Comté d'Eu
parceque la pluspart des Historiens qui
en parlent , le regardent comme un insigne
Pirate , et un veritable scelerat : mais
c'est justement ce qui doit m'y engager ;
car il ne paroît pas que les Historiens
` lui aient rendu la justice qui lui est duë.
Deux choses , il est vrai , ont contribué
à le rendre odieux de son vivant. La premiere,
parcequ'il étoit Calviniste , et protegé
des principaux Chefs de cette secte.
La seconde , en ce que s'étant un jour rendu
maître d'un Bâtiment Espagnol qui alloit
au Bresil , sur lequel étoient embarquez
des Jesuites qui y passoient pour annoncer
la foy , il les fit tous mourir et jetter ensuite
dans la mer,
J'avoije
ト
1062 MERCURE DE FRANCE
>
J'avoue que ce fût un malheur pour
Jacques Sore d'avoir vêcu dans l'héresie
dont les funestes sentimens ont pû contribuer
à l'animer contre les Jesuites : c'est
surquoy je ne prétend s pas le disculper ;
mais à cela près , il peut avoir eu d'ailleurs
de bonnes qualités naturelles , lesquelles
ont pû le mettre fort audessus du commun.
C'est aussi sous cet aspect que je
pretends le faire régarder,apuïé comme je
suis sur ce qu'en a pensé un excellent connoisseur
qui devoit bien sçavoir ce qu'il
étoit , puisqu'il vivoit de son tems , qu'il
étoit en place pour en juger , et qu'il
ne peut être soupçonné de lui avoir été
favorable par la conformité de réligion :
sçavoir Pierre Bourdeille , Abbé de Brantome
, connu sous ce dernier nom ; lequel
parlant par occasion dans ses Mémoires
de Jacques Sore , fait son éloge en´
deux mots , en disant qu'il avoit été un
des bons hommes de Mer qui fût de
son tems , ajoûtant même qui eût été
depuis. (a)
Jacques Sore étoit natif du village de
Floques , situé proche de la Mer à une
petite lieuë de la Ville d'Eu , il avoit
comme j'ai dit , cu le malheur d'être élevé
>
(a)Mem . de Brant. Eloge de M. de Mont-luc.
dans
ΜΑΥ. 1731. 1063
dans la secte de Calvin ; mais étant d'un
esprit vif , et hardi , né avec quelques
biens , voyant la guerre déclarée contre
la France et l'Angleterre lors du Siége
du Havre de grace en 1563. il prit le
parti d'armer une frégate pour aller en
course contre les ennemis de l'Etat , sur
lesquels il ne tarda pas à faire des prises
considerables , et à se rendre formidable
sur la mer. Mais la paix ayant été faite
plutôt qu'il ne le souhaittoit , il lui fallût
chercher un prétexte qui l'autorisat à continuer
une profession de son goût , et
où il se voioit en état d'avancer sa fortune.
Il le trouva , ce prétexte , dans son protecteur
le fameux Amiral de Châtillon
lequel non content de lui faire une pension
, lui procura des lettres de Jeanne
d'Albret , Reine de Navarre , par les
quelles elle l'établissoit Amiral de Navarre
, ce qui lui donnoit droit de courir
sur les vaisseaux Espagnols , comme il
fit en effet. Pour y mieux reüssir il prit
avec lui un autre Armateur nommé
Didacus d'Andrada , s'engageant de par
tager le butin. ( a )
Ce für alors qu'il donna vigoureusement
la chasse aux vaisseaux d'Espagne ,
(a) Flarim, de Raim. Hist, de l'Heresie. L.
5. p. 738.
D
of
1664 MERCURE DE FRANCE
·
et qu'il prit celui dont les Historiens
ont fait tant de bruit, Il est vrai que ce
bâtiment alloit au Bresil , et qu'il y por
toit des Jesuites destinés pour les Missions
du Pays , dont le Chef s'appelloit
Ignace , du nom du Fondateur de sa
Compagnie. Les Auteurs varient sur le
nombre , les uns disent qu'il y en avoit
douze , les autres trente- huit , d'autres
enfin quarante . N'importe , il est toûjours
certain que Jacques Sore prit ce bâtiment
l'an 1570. et qu'il fit mourir les
Jesuites , comme je l'ai dit plus haut,
( a ) Je sçay que tous les Auteurs crient
avec raison contre cette action pleine de
cruauté , et qu'ils la regardent comme
un effet de la haine de Jacques Sore
contre la Catholicité. Les anciens de ce
pays-cy rapportoient la chose d'une maniere
qui la rendoit un peu moins odieuse ;
sçavoir , que Jacques Sore n'en avoit
agi ainsi que par réprésailles , en ce que
les Espagnols aiant traité de la même
maniere un particulier qui lui appartenoit
, et qui étoit tombé entre leurs
mains , il crût d'ailleurs que les Jesuites
y avoient eu part. Mais cela ne sçauroit
jamais le disculper.
fc) Florim, de Raim, ibid, Hist. gener. d'Hora
griz, liv, 15,
Nôtre
MAY. 1731. 1065
Nôtre Amiral de Navarre fit , au rapport
de Brantôme , une autre prise qui
fit beaucoup de bruit pour le bien et
le mal qu'elle causa au parti Calviniste.
Ce fût un vaisseau Venitien , du port
de douze à treize cens tonneaux , qu'il
aborda , et qu'il prit en déçà du détroit
de Gibraltar , lequel faisoit voile vers
l'Angleterre. L'ayant conduit à la Rochelle
, les Calvinistes le firent passer
quelque tems aprés au Port de Broüage
dont ilsvouloient se rendre les maîtres . Če
qui en effet leue facilita la prise de cette
place , est que s'étant avisé de placer
de l'artillerie sur la hune de ce vaisseau
qu'il avoit extrémement large , ils
tuoient de-là à coup sûr tous ceux qui
se présentoient pour défendre la bréche ;
mais aiant malheureusement pour eux
laissé le vaisseau désarmé dans ce Port ,
et le Roy Charles IX . étant venu assiéger
peu de temps aprés la Rochelle
, il
ly fit repasser
; et l'ayant
fait couler à
fond à l'entrée
du Port , il fit placer dessus
une batterie
qui fit des merveilles
battre la Ville , et pour empêcher
le secours
d'y entrer.
,
pour
Enfin l'Amiral Sore , las d'une vie si
agitée , prit le parti d'abandonner la Marine
, et de se retirer au Comté d'Eu ,
Dij son
+
1066 MERCURE DE FRANCE
son pays , pour y finir le reste de ses
jours dans le repos , et encore mieux ,
si on en croit la tradition du même pays,
pour y rentrer dans le sein de l'Eglise .
On tient qu'il y est mort , et qu'il a été
inhumé comme Catholique dans l'Eglise
du Village de Floques , qui étoit, comme
j'ay dit , le lieu de sa naissance ; au
moins est- il certain , que c'est une insigne
calomnie ce qu'a avancé celui qui
à fait les Additions à l'Histoire de Portugal
par Jerôme Ozorius ( a ) ,sçavoir , que
le Capitaine Sore se retira dans sa patrie ,
pour y mourir comme enragé , écumant
sa mort comme un Sanglier , ce qui
n'a nulle vrai- semblance, puisque qui que
ce soit dans le pays n'a jamais entendu
parler de pareille chose , le tems n'en
étant pas si éloigné , moi- même m'étant
souvent entretenu des Avantures de Jacques
Sore avec ceux dont les Peres l'avoient
parfaitement connu , et dont les
proches parens avoient eû part à ses expeditions.
D'ailleurs les habitans de cette
ville ayant toûjours été fort opposés
au Calvinisme , et Jacques Sore étant
mort à leur porte , il n'est pas vrai- semblable
qu'une mort si tragique eût
échapé à leur connoissance , et à leur
mémoire ; ils n'auroient pas ignorés
(4) Liv. ag. ch. 3.
même
MAY. 1731. 1067
même , fameux comme il étoit , le lieu
profane où on l'auroit inhumé , s'il étoit
mort Calviniste .
Voici encore un autre Capitaine de
vaisseau , et depuis Chef d'Escadre , natifdu
Comté d'Eu , lequel a dû aussi son
élevation à la seule force de son génie
sçavoir,Abraham Du Quesne , Pere de l'illustre
Du Quesne , Géneral des Armées
Navales de France. Il naquit au Bourg
de Blangi, dans le Comté d'Eu , de parens
peu favorisés de la Fortune , et qui
avoient le malheur , comme ceux de l'Amiral
Sore, d'être infectés, de l'héresie de
Calvin ; ce qui est assez particulier , vû le
peu de progrès que cette héresie avoit
fait dans le Comté d'Eu. Il y a apparen
ce que ce fût ce qui lui donna lieu de se
retirer à Dieppe où le Calvinisme étoit
plus en vogue. Il y apprit la Carte Marine
, se mit sur les vaisseaux et se rendit
capable d'être Pilote .
Aprés avoir exercé cette profession
pendant quelque temps , il passa en Sue -
de , où s'étant fait connoître , il obtint une
place de Pilote dans les vaisseaux de la
• Reine Christine. Comme cette Princesse
trouva à propos d'envoyer quelques
vaisseaux en France , il fut choisi préferablement
à d'autres pour les conduire
D iij parcequ'il
1068 MERCURE DE FRANCE
parcequ'il étoit François. S'étant distingué
dans cette occasion , il fut fait Capitaine
de vaisseau du Roy dans l'Armée
navale de France , où il se signala de maniere
, que le Roy Louis XIV. ne fit. pas
difficulté de l'envoyer en Suede avec une
Escadre pour y ménager des affaires qui
regardoient la Marine. Comme la France
étoit alors en guerre avec l'Espagne ,
Abraham Du Quesne ne pouvoit guére
éviter d'être attaqué par les vaisseaux
Espagnols qui tenoient la Mer , lesquels
d'ailleurs le surpassoient de beaucoup en
nombre. En effet , comme il revenoit en
France , il se donna un combat entre les
deux Flottes ; et quoique Du Quesne fit
des prodiges de valeur , il reçut une blessure
considerable , et fut fait Prisonnier.
Ayant été conduit à Dunkerque , il y
mourut peu aprés de sa blessure , l'an
1535. dans les sentimens de la Réligion
Prétendue Reformée.
,
Il ne me reste presentement qu'à parler
des deux freres Anguier , qui ont excellé
dans la Sculture , et qui ont primé de
nos jours dans ce bel Art. Ils naquirent
tous deux à Eu dans la Paroisse de S. Jean,
d'un pere menuisier. Nés tous deux pour
la Sculture , et le Dessein ; dès qu'ils commencerent
à faire usage de leur esprit ,
on
MAY. 1731 . 1069
on les vit s'occupper à faire de petites
figures de bois ou de pierre avec leurs coû
teaux , en quoy ils réussissoient passablement
bien , ce qui frappa un honnête
Bourgeois de la ville , et l'engagea à en
prendre soin par charité. Voyant enfin
qu'ils commençoient d'être en âge à pouvoir
travailler , et que le goût pour la
Sculture se fortifioit de plus en plus en
eux , il obtint d'un Jesuite qui alloit à
Paris , qu'il les y meneroit pour les placer
chez un Maître où ils pussent se perfectionner
, ce que ce Pere fit en effet.
A peine eurent-ils commencé à modeler
des figures , que le Maître s'apperçût
bientôt qu'ils iroient fort loin un
jour , s'ils continuoient de travailler. Il
le connût encore mieux , lorsqu'ils eurent
commencé à se servir du cizeau sur le
bois et sur la pierre. Après s'être ainsi
formés quelque tems à Paris , ils allerent
à Rome, afin qu'il ne leur manquât rien
pour se perfectionner dans leur Art .
Etant enfin de rétour à Paris , ils y acquirent
une telle réputation , qu'ils furent
employés pour les plus considerables morceaux
de Sculture ; tels que le grand Crucifix
de marbre qui tient lieu de Tableau
à l'Autel de l'Eglise de Sorbonne , tous
les ornemens et les bas- reliefs de la porte
D iiij
de
D070 MERCURE DE FRANCE
de S. Denis , et les deux figures de celle
de S. Antoine dans l'Eglise des Celestins
le Tombeau du Duc de Rohan , et l'Obelisque
du Duc de Longueville. Tous
les Ornemens de l'Autel de l'Eglise du
Val de grace , et sur le même Autel le
petit Jesus dans la Crèche , avec la Sainte
Vierge et S. Joseph , et quantité d'autres
ouvrages dont on peut voir le détail
dans la Déscription de Paris par Germain
Brice.
Enfin , aprés avoir si dignement employé
le talent que Dieu leur avoit donné ,
ils finirent leurs jours ; sçavoir , François
qui étoit l'ainé le 8. Août 1669. et Michel
le 11. Juillet 1686. Ils furent tous
deux inhumez dans la Nef de l'Eglise de
S. Roch leur Paroisse , sous une Tombe
de marbre blanc , sur laquelle fût gravée
I'Epitaphe suivante ,
Dans sa concavité ce funeste Tombeau
Tient les os renfermés de l'un et l'autre frere ;
Il leur étoit aisé d'en avoir un plus beau
Si de leurs propres mains ils l'eussent voulu faire
Mais il importe peu de loger noblement
Ce qu'aprés le trépas un corps laisse de reste
Et pourvûque ce Corps quittant le logement
L'Ame trouve le sien dans le séjour celeste..
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Résumé : SUITE des Memoires historiques sur les personnes illustres originaires du Comté d'Eu.
Le texte met en lumière plusieurs personnalités marquantes originaires du Comté d'Eu, distinguées par leurs exploits militaires, leurs découvertes ou leurs talents artistiques. Guillaume d'Eu, fils aîné d'Eustache d'Eu, est un Chevalier et Vicomte héréditaire du Comté d'Eu. Né dans un château au faubourg de la Chaussée d'Eu, il est parfois surnommé 'brave et vaillant Picard'. Il a démontré son courage lors de la bataille de Nicopolis en 1396, où il a combattu avec intrépidité contre les Turcs. Jean de Bethencourt, Baron de Saint-Martin-le-Gaillard, est célèbre pour avoir été le premier à tenter la découverte d'un nouveau monde et à ouvrir un chemin vers l'Amérique. En 1402, il a conquis plusieurs îles des Canaries et a établi un fort sur l'île de Lancelote, se proclamant roi de ces îles. Jacques Sore, natif du village de Floques près d'Eu, est un armateur controversé. Calviniste et protégé des chefs de cette secte, il est connu pour ses actions de piraterie, notamment la capture d'un vaisseau espagnol transportant des Jésuites, qu'il a fait exécuter. Malgré ses actes de cruauté, certains historiens comme Pierre Bourdeille, Abbé de Brantôme, reconnaissent ses qualités naturelles et son habileté en mer. Sore a fini ses jours dans le Comté d'Eu, où il est inhumé comme catholique dans l'église de Floques. Abraham Du Quesne, né au Bourg de Blangi dans le Comté d'Eu, provenait d'une famille peu fortunée et calviniste. Il se rendit à Dieppe pour apprendre la carte marine et devint pilote. Après avoir servi en Suède, il fut nommé capitaine de vaisseau dans la marine française. Lors d'un combat contre les Espagnols, il fut blessé et capturé, mourant peu après à Dunkerque en 1535. Les frères Anguier, François et Michel, naquirent à Eu dans la paroisse de Saint-Jean, fils d'un menuisier. Dès leur jeune âge, ils montrèrent un talent pour la sculpture et furent pris en charge par un bourgeois qui les envoya à Paris pour se perfectionner. Après avoir étudié à Rome, ils acquirent une grande réputation à Paris, réalisant des œuvres notables comme le crucifix de l'église de la Sorbonne et divers ornements dans plusieurs églises parisiennes. François mourut le 8 août 1669 et Michel le 11 juillet 1686. Ils furent inhumés dans l'église de Saint-Roch.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5490
p. 1071-1073
VULCAIN VANGÉ. CANTATE.
Début :
Au Dieu qui forge le Tonnere [...]
Mots clefs :
Cantate, Hymen, Olympe , Amour, Coeurs, Imprudence , Vulcain, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VULCAIN VANGÉ. CANTATE.
VULCAIN VANGE.
Αν
CANTATE.
U Dieu qui forge le Tonnere
L'Hymen avoit uni la Déesse Cypris ,
Et Vulcain de l'Olympe éxilé sur la Terre
Esperoit dans ses bras oublier ses soucis ;
Mais l'Amour indigné que l'hymen témeraire
Sans consulter son choix eût formé ces liens ,
S'abandonne aux transports d'une juste colere ,
t frappe de ces cris les bois Idaliens . E
Si désormais , usurpant ma puissance
Le seul hymen enchaîne tous les coeurs ;
Où sont mes droits ? qui de mes traits vain
queurs
Voudra sentir la douce violence
Ainsi qu'aux Dieux , inutile aux Mortels
Je chérirois une lâche indolence !
Non; par
Rétablissons
l'honneur
de nos Autels...
Si désormais
, usurpant
ma puissance.
Le seulhymen enchaîne
tous les Cours ;,
l'éclat d'une illustre vangeance
D V Oth
1072 MERCURE DE FRANCE
Où sont mes droits ? qui de mes traits vainqueurs
Voudra sentir la douce violence ?
Il exale en ces mots la douleur qui le presse ,
Et de son Isle abandonnant les bords.
Il vole vers les lieux où l'aimable Déesse
De son nouvel époux secondoit les transports.
Mais pour le frere de Bellone
Bientôt la fille de Dione
Brûle par les soins de l'Amour ,
Et Mars qui ne se plaît qu'au milieu des allarmes,
Oubliant sa fureur dans ses yeux pleins de char- mes
>
L'assure d'un tendre retour..
'Alors l'Amour vangé comtemplant son ouvrage
Au Dieu de l'hymenée adresse ce langage.
Que cet exemple t'apprenne
Qu'aux coeurs rangés sous tes Loix
Hymen , ta faveur est vaine
Si je n'approuve leur choix.
De ta coupable imprudence
Vois les funestes effets ;
Vois échouer ta puissance
Contre
MAY. 1731 1073 .
Contre l'effort de mes traits.
Que cet exemple t'apprenne
Qu'aux coeurs rangés sous tes Loix,
Hymen , ta faveur est vaine
Si je n'approuve leur choix.
Tandis que l'Enfant de Cythere
De l'hymen impuissant irritoit les douleurs ,
Vulcain entre sans bruit dans le bois solitaire ,
Où Venus au Dieu Mars prodiguoit ses faveurs
Que ne peut inspirer la noire jalousie !
Pour vanger cet affront employant l'industrie
Vulcain dans ses filets tendus de toutes parts
Enveloppe à la fois l'Amour , Venus , et Mars.
Que la paix de retour
Régne enfin sur la terre.
Pour enchaîner l'Amour
Vulcain cesse en ce jour
L'Ouvrage du Tonnerre ,
Et le Dieu de la Guerre
Est Captif à son tour,
Que la paix de retour
Régne enfin sur la Terre
Αν
CANTATE.
U Dieu qui forge le Tonnere
L'Hymen avoit uni la Déesse Cypris ,
Et Vulcain de l'Olympe éxilé sur la Terre
Esperoit dans ses bras oublier ses soucis ;
Mais l'Amour indigné que l'hymen témeraire
Sans consulter son choix eût formé ces liens ,
S'abandonne aux transports d'une juste colere ,
t frappe de ces cris les bois Idaliens . E
Si désormais , usurpant ma puissance
Le seul hymen enchaîne tous les coeurs ;
Où sont mes droits ? qui de mes traits vain
queurs
Voudra sentir la douce violence
Ainsi qu'aux Dieux , inutile aux Mortels
Je chérirois une lâche indolence !
Non; par
Rétablissons
l'honneur
de nos Autels...
Si désormais
, usurpant
ma puissance.
Le seulhymen enchaîne
tous les Cours ;,
l'éclat d'une illustre vangeance
D V Oth
1072 MERCURE DE FRANCE
Où sont mes droits ? qui de mes traits vainqueurs
Voudra sentir la douce violence ?
Il exale en ces mots la douleur qui le presse ,
Et de son Isle abandonnant les bords.
Il vole vers les lieux où l'aimable Déesse
De son nouvel époux secondoit les transports.
Mais pour le frere de Bellone
Bientôt la fille de Dione
Brûle par les soins de l'Amour ,
Et Mars qui ne se plaît qu'au milieu des allarmes,
Oubliant sa fureur dans ses yeux pleins de char- mes
>
L'assure d'un tendre retour..
'Alors l'Amour vangé comtemplant son ouvrage
Au Dieu de l'hymenée adresse ce langage.
Que cet exemple t'apprenne
Qu'aux coeurs rangés sous tes Loix
Hymen , ta faveur est vaine
Si je n'approuve leur choix.
De ta coupable imprudence
Vois les funestes effets ;
Vois échouer ta puissance
Contre
MAY. 1731 1073 .
Contre l'effort de mes traits.
Que cet exemple t'apprenne
Qu'aux coeurs rangés sous tes Loix,
Hymen , ta faveur est vaine
Si je n'approuve leur choix.
Tandis que l'Enfant de Cythere
De l'hymen impuissant irritoit les douleurs ,
Vulcain entre sans bruit dans le bois solitaire ,
Où Venus au Dieu Mars prodiguoit ses faveurs
Que ne peut inspirer la noire jalousie !
Pour vanger cet affront employant l'industrie
Vulcain dans ses filets tendus de toutes parts
Enveloppe à la fois l'Amour , Venus , et Mars.
Que la paix de retour
Régne enfin sur la terre.
Pour enchaîner l'Amour
Vulcain cesse en ce jour
L'Ouvrage du Tonnerre ,
Et le Dieu de la Guerre
Est Captif à son tour,
Que la paix de retour
Régne enfin sur la Terre
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Résumé : VULCAIN VANGÉ. CANTATE.
Le texte raconte une histoire mythologique impliquant Vulcain, l'Amour et l'Hymen. Vulcain, exilé sur Terre après son union avec la déesse Cypris (Vénus), est tourmenté par l'Amour, qui s'indigne de ce mariage non consenti. L'Amour décide de rétablir l'honneur de ses autels en se rendant auprès de Vénus et de Mars, devenus amants. Mars, dieu de la guerre, oublie sa fureur en contemplant Vénus. L'Amour, vengé, informe l'Hymen que sa faveur est vaine sans son approbation. Parallèlement, Vulcain, jaloux, tend un piège à Vénus et Mars dans un bois solitaire et les capture avec l'Amour dans ses filets. Pour se venger, Vulcain utilise son habileté. Finalement, Vulcain cesse de forger le tonnerre, et Mars est captif. La paix revient sur Terre.
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5491
p. 1086
EXPLICATION des deux Logogyphes d'Avril.
Début :
Cher ami, sans courir d'ici jusqu'à Pavie, [...]
Mots clefs :
Pavie, Claire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION des deux Logogyphes d'Avril.
EXPLICATION des deux
Logogryphes d'Avril.
CHer ami , sans courir d'ici jusqu'à Pavie ;
Vous avez deviné les deux mots proposez.
La chose est Claire , et sur ma vie ,
Ces mots pour vous sont trop aisez.
J
D. M.
Logogryphes d'Avril.
CHer ami , sans courir d'ici jusqu'à Pavie ;
Vous avez deviné les deux mots proposez.
La chose est Claire , et sur ma vie ,
Ces mots pour vous sont trop aisez.
J
D. M.
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5492
p. 1086
EXPLICATION de l'Enigme.
Début :
Je crois que Mercure nous berne, [...]
Mots clefs :
Lanterne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION de l'Enigme.
EXPLICATION de l'Enigme.
E crois que Mercure nous berne ,
Et nous prend pour de vrais Fallots ;
Pour trouver de semblables mots ,
Il n'est pas besoin de Lanterne.
D. M.
E crois que Mercure nous berne ,
Et nous prend pour de vrais Fallots ;
Pour trouver de semblables mots ,
Il n'est pas besoin de Lanterne.
D. M.
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5493
p. 1086
« Le Logogryphe du Supplement du Mercure d'Avril, s'explique par Orgueil. [...] »
Début :
Le Logogryphe du Supplement du Mercure d'Avril, s'explique par Orgueil. [...]
Mots clefs :
Orgueil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Logogryphe du Supplement du Mercure d'Avril, s'explique par Orgueil. [...] »
Le Logogryphe du Supplement du
Mercure d'Avril , s'explique par Orgueil.
Mercure d'Avril , s'explique par Orgueil.
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5494
p. 1087
ENIGME.
Début :
Du moment que je viens de naître, [...]
Mots clefs :
Barbe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Dumoment que je viens de naître , U
L'homme devient prudent , ou du moins il doit
l'être ,
Mais qu'il est peu reconnoissant !
A peine me voit-il paroître ,
Que son desir le plus pressant ,
Est de m'étouffer en naissant ,
O temps ! ô siecle ! ô moeurs ! quelle injustice
extrême !
Il n'est dans l'Univers qu'un seul Peuple qui
m'aime ;
Tous les autres en moi condamnent la grandeur;
Qui me faisoit jadis desirer des Rois même ;
J'inspirois le respect et j'inspire l'horreur.
On prend le fer en main pour me faire la guerre ;
On me noye; on m'arrache ; on me jette par terre;
Lecteur , si de mon nom tu parois curieux ,
Mire-toi ; je suis sous tes yeux.
Dumoment que je viens de naître , U
L'homme devient prudent , ou du moins il doit
l'être ,
Mais qu'il est peu reconnoissant !
A peine me voit-il paroître ,
Que son desir le plus pressant ,
Est de m'étouffer en naissant ,
O temps ! ô siecle ! ô moeurs ! quelle injustice
extrême !
Il n'est dans l'Univers qu'un seul Peuple qui
m'aime ;
Tous les autres en moi condamnent la grandeur;
Qui me faisoit jadis desirer des Rois même ;
J'inspirois le respect et j'inspire l'horreur.
On prend le fer en main pour me faire la guerre ;
On me noye; on m'arrache ; on me jette par terre;
Lecteur , si de mon nom tu parois curieux ,
Mire-toi ; je suis sous tes yeux.
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5495
p. 1087-1088
LOGOGRYPHE.
Début :
J'habite les Palais, et nâquis dans les Bois, [...]
Mots clefs :
Poutre
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGR Y P HE.
Habite les Palais , et nâquis dans les Bois ,
Six Lettres en mon nom s'épelent en deux fois.
Je présente d'abord une malpropre bête ;
Mais de mon corps entier si vous ôtez la tête ,
On peut par mon secours se passer de tonneau.
E Etant
1088 MERCURE DE FRANCE
Etant en cet état tranchez mon chef nouveau ,
Deux Notes de Musique aussi- tôt je présente.
Par cinq , deux , trois , et six , les méchans j'épouvante
;
Par un , deux , cinq et quatre , on évite nauffrage;
Quatre et deux,tro is et cinq, est des Massons l'ouvrage
;
Trois , six , cinq , est l'effet de la corruption .
Un , six , quatre , a souvent causé confusion .
De mon chef abatu , le cinq prenant la place ,
Il faut me suivre alors , mais le choix embarasse.
Mettez cinq , deux et quatre , au milieu du festin ;
Prenez un , deux et quatre , emplissez - le de vin ;
Je contiens Fleuve , Ville , et ce qui la rend close.
Avec un , six et trois , je serois peu de chose ;
Cinq , trois et quatre , agite un certain animal .
Mon corps entier tombant , peut guerir de tout
mal.
Habite les Palais , et nâquis dans les Bois ,
Six Lettres en mon nom s'épelent en deux fois.
Je présente d'abord une malpropre bête ;
Mais de mon corps entier si vous ôtez la tête ,
On peut par mon secours se passer de tonneau.
E Etant
1088 MERCURE DE FRANCE
Etant en cet état tranchez mon chef nouveau ,
Deux Notes de Musique aussi- tôt je présente.
Par cinq , deux , trois , et six , les méchans j'épouvante
;
Par un , deux , cinq et quatre , on évite nauffrage;
Quatre et deux,tro is et cinq, est des Massons l'ouvrage
;
Trois , six , cinq , est l'effet de la corruption .
Un , six , quatre , a souvent causé confusion .
De mon chef abatu , le cinq prenant la place ,
Il faut me suivre alors , mais le choix embarasse.
Mettez cinq , deux et quatre , au milieu du festin ;
Prenez un , deux et quatre , emplissez - le de vin ;
Je contiens Fleuve , Ville , et ce qui la rend close.
Avec un , six et trois , je serois peu de chose ;
Cinq , trois et quatre , agite un certain animal .
Mon corps entier tombant , peut guerir de tout
mal.
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5496
p. 1088
AUTRE LOGOGRYPHE.
Début :
J'ai dix lettres en tout ; laissez les dix entieres, [...]
Mots clefs :
Logogriphe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE LOGOGRYPHE.
AUTRE LOGOGRYPHE.
' Ai dix lettres en tout ; laissez les dix entieres,
Mon origine est Grecque, ou du moins on le dit ,
Chez Mercure j'ai du crédit.
Retranchez mes quatre premieres ,
Lecteur prends garde à toi , si tu n'es aux aguets,
Je te tiens sous ma griffe, à l'ortographe près.
' Ai dix lettres en tout ; laissez les dix entieres,
Mon origine est Grecque, ou du moins on le dit ,
Chez Mercure j'ai du crédit.
Retranchez mes quatre premieres ,
Lecteur prends garde à toi , si tu n'es aux aguets,
Je te tiens sous ma griffe, à l'ortographe près.
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5497
p. 1089-1092
Bibliotheque Grammaticale, [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE GRAMMATICALE, qui contient les Livres pour apprendre le Latin [...]
Mots clefs :
Bibliothèque grammaticale, Latin, Alphabet symbolique, Orthodoxie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Grammaticale, [titre d'après la table]
B contient les Livres pour apprendre le
IBLIOTHEQUE GRAMMATICALE , qui
Latin sans le secours d'aucun Maître . Par
M. de Vallange. A Paris , Quai des Augustins
, chez Antoine Gandouin , 1731 .
brochure de 24 pag. in - 12.
Les petits volumes énoncez dans ce
Titre , contiennent.
1. Alphabet symbolique , ou la dénomination
des Lettres , par des Figures natu →
relles , propres à divertir les enfans.
2. Usage de l'Oribolexie , ou l'Art qui
enseigne à lire le Latin par régles et par
principes.
3 Ortholexie Latine , ou l'Art qui en>
seigne à lirole Latin par régles et par principes.
4. Ortholexie Françoise ou l'Art qui
enseigne à lire le François , par régles et
par principes.
5. Ortholexie Latine , génerale et universelle
, qui comprend la Méthode qui
enseigne le Latin en peu de tems , sans le
E ij secours
1092 MERCURE DE FRANCE
XIV. du mois d'Avril 1669. mise en
Conférence avec les anciennes Ordonnances
, Edits , Déclarations , Arrêts
Réglemens et autres Jugemens rendus
sur le fait des Chasses , où l'on a joint les
Notes des meilleurs Auteurs , et de nouvelles
Remarques pour l'intelligence de
cette Jurisprudence . Nouvelle édition
augmentée. Chez les mêmes . 2 vol . in- 12 .
prix , 5 liv.
LES CURIOSITEZ DE PARIS , de Versailles
, de Marly , de Vincennes , de Saint
Cloud et des environs , avec les Antiquitez
justes et précises sur chaque sujet , et
les adresses pour trouver facilement tout
ce qu'ils renferment d'agréable et d'utile.
Ouvrage enrichi d'un grand nombre de
Figures en taille- douce. Chez les mêmes
3 vol. in- 12, prix , 9. liv.
IBLIOTHEQUE GRAMMATICALE , qui
Latin sans le secours d'aucun Maître . Par
M. de Vallange. A Paris , Quai des Augustins
, chez Antoine Gandouin , 1731 .
brochure de 24 pag. in - 12.
Les petits volumes énoncez dans ce
Titre , contiennent.
1. Alphabet symbolique , ou la dénomination
des Lettres , par des Figures natu →
relles , propres à divertir les enfans.
2. Usage de l'Oribolexie , ou l'Art qui
enseigne à lire le Latin par régles et par
principes.
3 Ortholexie Latine , ou l'Art qui en>
seigne à lirole Latin par régles et par principes.
4. Ortholexie Françoise ou l'Art qui
enseigne à lire le François , par régles et
par principes.
5. Ortholexie Latine , génerale et universelle
, qui comprend la Méthode qui
enseigne le Latin en peu de tems , sans le
E ij secours
1092 MERCURE DE FRANCE
XIV. du mois d'Avril 1669. mise en
Conférence avec les anciennes Ordonnances
, Edits , Déclarations , Arrêts
Réglemens et autres Jugemens rendus
sur le fait des Chasses , où l'on a joint les
Notes des meilleurs Auteurs , et de nouvelles
Remarques pour l'intelligence de
cette Jurisprudence . Nouvelle édition
augmentée. Chez les mêmes . 2 vol . in- 12 .
prix , 5 liv.
LES CURIOSITEZ DE PARIS , de Versailles
, de Marly , de Vincennes , de Saint
Cloud et des environs , avec les Antiquitez
justes et précises sur chaque sujet , et
les adresses pour trouver facilement tout
ce qu'ils renferment d'agréable et d'utile.
Ouvrage enrichi d'un grand nombre de
Figures en taille- douce. Chez les mêmes
3 vol. in- 12, prix , 9. liv.
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Résumé : Bibliotheque Grammaticale, [titre d'après la table]
Le document décrit deux ouvrages distincts. Le premier, 'Bibliothèque Grammaticale', est une brochure de 24 pages publiée en 1731 à Paris par Antoine Gandouin. Elle comprend plusieurs petits volumes pour l'apprentissage du latin et du français sans maître. Ces volumes incluent un alphabet symbolique avec des figures pour divertir les enfants, des méthodes pour lire le latin et le français par règles et principes, et une méthode générale pour apprendre le latin rapidement. Le second ouvrage est une nouvelle édition augmentée d'un texte juridique sur les chasses, publiée en avril 1669. Il compare les ordonnances, édits, déclarations, arrêts, règlements et jugements relatifs aux chasses, enrichis de notes d'auteurs et de remarques pour une meilleure compréhension. Le document mentionne également un ouvrage sur les curiosités de Paris, Versailles, Marly, Vincennes, Saint-Cloud et des environs, enrichi de figures et d'adresses pour trouver des informations agréables et utiles.
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5498
p. 1092-1093
Relation de la Révolution de Constantinople, &c. [titre d'après la table]
Début :
RELATION HISTORIQUE, exacte et détaillée de la derniere Révolution arrivée [...]
Mots clefs :
Relation historique, Constantinople, Révolution, Effendi, Égypte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation de la Révolution de Constantinople, &c. [titre d'après la table]
RELATION HISTORIQUE , exacte et détaillée
de la derniere Révolution arrivée
à CONSTANTINOPLE , écrite d'abord en
Turc par un Effendi , avec plusieurs circonstances
de ce grand évenement , tirées
d'autres Mémoires , avec une Lettre du
P. S. sur les differentes Pêches qui se font
en Egypte , un Mémoire sur les Villes de
la Mecque et de Medine , &c. A Paris ,
ruë
M A - Y. 1731 . 1093
ruë S. Jacques , Quai de Conti , et au P.-
lais , chez Cavelier , veuve Pissat et Neuilly
, 1731. in- 12. prix , 24 sols .
de la derniere Révolution arrivée
à CONSTANTINOPLE , écrite d'abord en
Turc par un Effendi , avec plusieurs circonstances
de ce grand évenement , tirées
d'autres Mémoires , avec une Lettre du
P. S. sur les differentes Pêches qui se font
en Egypte , un Mémoire sur les Villes de
la Mecque et de Medine , &c. A Paris ,
ruë
M A - Y. 1731 . 1093
ruë S. Jacques , Quai de Conti , et au P.-
lais , chez Cavelier , veuve Pissat et Neuilly
, 1731. in- 12. prix , 24 sols .
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Résumé : Relation de la Révolution de Constantinople, &c. [titre d'après la table]
Le document 'Relation historique, exacte et détaillée de la dernière Révolution arrivée à Constantinople' a été rédigé en turc par un Effendi. Il décrit les événements récents de Constantinople et inclut des mémoires sur divers aspects. Il contient aussi une lettre sur les pêches en Égypte et un mémoire sur La Mecque et Médine. Publié à Paris en 1731, il est disponible chez plusieurs libraires au format in-12 pour 24 sols.
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5499
p. 1098-1109
Discours sur la Comedie, &c. [titre d'après la table]
Début :
DISCOURS SUR LA COMEDIE, ou Traité Historique et Dogmatique des Jeux de [...]
Mots clefs :
Comédie, Ecriture Sainte, Antiquité ecclésiastique, Jeux de théâtre, Préface, Théologien, Réfutation, Divertissements comiques, Scolastiques, Danse des pantomimes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur la Comedie, &c. [titre d'après la table]
DISCOURS SUR LA COMEDIE , ou Traité
Historique et Dogmatique des Jeux de
Théatre , et autres Divertissemens Comiques
, soufferts ou condamnez depuis le
premier siécle de l'Eglise jusqu'à présent ,
avec un Discours sur les Piéces de Théatre
tirées de l'Ecriture - Sainte . in- 12.
360. pages , sans les Préfaces et la Table
des Matieres. Seconde édition , augmentée
de plus de la moitié . Par le R. P. Le Brun ,
Prêtre de l'Oratoire . A Paris , chez la
veuve Delaune , rae S. Jacques , à l'Empereur
, 1731. in- 12 . de 360 pages , sans
P'Epitre , la Préface et les Tables.
Ĉer Ouvrage avoit déja paru anonime
en 1694. sous ce titre : Discours sur la Comédie
, où l'on voit la Réponse au Théologien
qui la défend , avec l'Histoire du Théatre
, et les sentimens des Docteurs de l'Eglise
MAY. 1731. 1099
se , depuis le premier siécle jusqu'à présent .
C'étoient deux Discours prononcez par
le P. le Brun , au Seminaire de S. Magloire
, le 26 Avril , le 3 et le 7 Mai 1694.
par ordre de M. De Harlay , Archevêque
de Paris , à l'occasion de la Lettre du
P. Caffaro , qui parût à la tête du Théatre
de M. Boursault. Mais quoique le Public
eut bien reçû l'Ouvrage du Pere le
Brun , ce sçavant homme , peu content
de cette ébauche,pensa dès -lors à le perfectionner.
A mesure qu'il étudioit l'Antiquité
Ecclesiastique , il ramassoit ce qui
avoit quelque rapport aux Jeux de Theatre.
C'est ce qui a produit le Traité qu'on
donne aujourd'hui , à l'exception du premier
Discours , où il y a peu d'additions ;
les autres peuvent passer pour entierement
nouveaux par les augmentations considérables
dont ils sont enrichis , l'Auteur
ayant recueilli avec soin ce qu'il a trouvé
depuis Auguste jusqu'à Justinien . L'Editeur
nous apprend qu'il a lui- même inseré
quelques faits que le P. le Brun avoit
oublié , et qu'il a extrait tout ce qui se
trouve contre les divertissemens Comi
dans le Recueil de Rituels et de Statuts
Synodaux , que M. De Launoy a laissé
aux P P. Minimes de la Place Royale.
Le troisiéme Discours , sur les Piéces de
ques
Théa
1100 MERCURE DE FRANCE
Théatre tirées de l'Ecriture , n'avoit point
paru dans la premiere édition , ayant été
prononcé un an après. Il ne contribuë pas
à enrichir celle ci . Donnons une idée
de chacune des parties de cet Ouvrage
en exposant le plan que l'Editeur a
peu
suivi.
>
Après une Préface où l'Editeur rend
compte de plusieurs circonstances nécessaires
à l'intelligence de cet Ouvrage , on
trouve la rétractation que le P. Caffaro
fît de sa Lettre en faveur de la Comédie .
et qu'il envoya à M. De Harlay , dattéc
du 11 Mai 1694. et imprimée à Paris
dans la même année . Comme cette Piéce
est peu connue , et que d'ailleurs l'Ouvrage
du P. Caffaro a fait beaucoup de
bruit , il paroissoit avantageux à la République
des Lettres , et à la mémoire de ce
Theologien , de faire connoître par cette
rétractation et ce désaveu , le mépris qu'il
faisoit lui-même de cet Ouvrage. Et c'est
ce que l'Editeur a fait en la donnant ici
enLatin et enFrançois . Il y a joint une Lettre
du P. le Brun du 20 Mai 1694. dans
laquelle il marque à un de ses amis le
peu d'empressement qu'il avoit à faire
imprimer ses Discours , et où il parle de
la rétractation du P. Caffaro comme d'u
ne Piéce qui le remplit de consolation .
A
M.A Y.
1731 . 1101
l'EA
la suite de cette Letrre est une seconde
Préface , où l'on examine s'il faut , ou
que l'on ferme les Théatres , ouou que
glise cesse de condamner ceux qui les fréquentent
; car tel a été le but du P. le
Brun dans ses Discours de justifier la conduite
de l'Eglise en excommuniant les
Comédiens , et en tolérant ceux qui assistent
aux Spectacles. On y représente le
Théatre comme l'Ecole de l'impureté , la
nourriture des passions , l'assemblage des
ruses du Démon pour les réveiller , où les
yeux sont environnez d'objets séducteurs , les
oreilles ouvertes à des discours souvent obscenes
et toujours prophanes , qui infectent le
coeur et l'esprit.
Cette Préface commence ainsi : Il paroît
bizarre , que dans un Etat Chrétien , on
prêche et on écrive contre la Comédie , qu'on
déclare excommuniez ceux qui font profession
de monter sur le Théatre , et qu'unefoule
de Chrétiens ne laissent pas de s'assembler
presque tous les jours pour applaudir à ces
Excommuniez , & c. Elle est suivie de deux
Discours. Dans le premier , le P. le Brun
s'attache plus particulierement à répondre
à la Lettre du Theologien , défenseur
de la Comédie. Nous souhaitterions que
les bornes d'un Extrait nous permissent
de rapporter ici quelques traits qui fassent
1102 MERCURE DE FRANCE
sent connoître la solidité de cette réfutation.
Nous renvoyons au Livre même , où
le Lecteur verra avec plaisir le Theologien
, défenseur de la Comédie , refuté
en plusieurs endroits par ses propres paroles.
Le second Discours a six parties . Les
trois premieres comprennent l'Histoire
des Jeux de Théatre et autres Divertissemens
Comiques , soufferts ou condamnez
depuis Auguste jusqu'à l'extinction de
l'idolâtrie , au commencement du sixiéme
siècle. La quatriéme comprend le jugement
que les Auteurs , tant sacrés que
profanes ont porté sur les Spectacles , depuis
Auguste jusqu'à Justinien . La cinquiéme
Partie reprend l'Histoire des Jeux
de Théatre à l'extinction de l'idolâtrie , et
la continue jusqu'à la naissance des Scolastiques
; et la derniere comprend l'Histoire
des Jeux de Théatre , depuis les Scholastiques
, c'est-à- dire , depuis le milieu
du XIII . siécle jusqu'à nous.
Le second Discours est suivi d'une Lettre
, où le P. le Brun répond à quelques
difficultez qu'on lui avoit proposées . On
trouve ensuite le troisiéme Discours que
le P. le Brun prononça à S. Magloire en
1695. à l'occasion de la Judith de M. Boyer
de l'Académie Françoise. Il y examine s'il
F
MAY, 1731
1103
y a lieu d'approuver que les Piéces de
Théatre soient tirées de l'Ecriture Sainte.
Ce Discours est divisé en deux parties.
Dans la premiere , le P. le Brun fait voir
que l'Ecriture ne peut paroître sur le
Théatre sans être défigurée et alterée considerablement.
La seconde est employée
à prouver , que quand on feroit quelque
Tragédie où l'Ecriture - Sainte seroit conservée
dans toute sa force et toute sa pureté
, le Théatre des Comédiens ne seroit
point le lieu de les représenter.
,
L'Editeur a placé après ce Discours un
Mandement de M. Fléchier , Evêque de
Nismes , contre les Spectacles , adressé
aux Fideles de son Diocèse le 8 Septembre
1758. On trouve à la fin une Table
Alphabétique des Matieres contenues dans
cer Ouvrage.
On ne peut témoigner à l'Editeur trop
de reconnoissance du soin qu'il a bien
voulu prendre de réunir et de ramasser
des morceaux si précieux. Il est certain
que nous n'avons point encote vû d'ouvrage
plus complet et plus curieux sur
cette matiere ; et on peut dire qu'il fait
honneur à son Auteur , et qu'il répond
parfaitement à la réputation qu'il s'est acquise
d'ailleurs. Nous ne pouvons nous
empêcher de dire en passant que le P. le
Brun
1104 MERCURE DE FRANCE
Brun a refuté par avance le Discours d'un
Auteur récent , défenseur de la Comédie ,
dont nous avons parlé le mois passé. Cet
Auteur qui s'étoit proposé de réfuter
M. le Prince de Conty , M. Bossuet et
M. Nicole , ne les a frappez par aucuns
endroits ; et on remarque qu'il n'a fait ,
pour ainsi dire , que réchauffer et étendre
les raisons du Théologien Apologiste du
Theatre .
L'Editeur avertit le Public dans sa
Préfice qu'il a réservé l'Eloge Historique
du P. le Brun pour un autre Ouvrage du
même Auteur , qui est actuellement sous
presse , et qui a pour titre : Traité du discernement
des effets naturels d'avec ceux qui
ne le sont pas , avec l'Histoire critique des
pratiques superstitieuses qui ont séduit les
Peuples , et qui embarrassent les Sçavans.
Il ajoute qu'outre des augmentations considerables
l'Auteur a refondu entierement
son Ouvrage , et l'a rendu plus . méthodique.
Mais nos Lecteurs ne seroient peut- être
pas contens , si après avoir piqué leur
curiosité sur ce que cet Ouvrage contient
de singulier et de recherché , nous n'entrions
dans quelque détail . Pour les satisfaire
nous allons donner un peu plus
d'étendue à cet Extrait.
›
Dans
>
MAY. 1731. 1105
Dans la premiere partie de l'Histoire
des Jeux de Théatre , l'Auteur remarque
qu'on en vît de très- superbes sous Auguste.
Ce grand Prince les aimoit avec passion
, dit-il , et surtout assûre qu'il ne
dissimuloit pas cette foiblesse. Il inventa
lui- même des Jeux. Pausanias rapporte
au Livre VIII. qu'Auguste fut l'Auteur
de la Danse des Pantomimes , et M. de
Pontac dans les Notes sur la Chronique
d'Eusebe , dit que c'étoit là les Jeux Augustaux
, Ludi Augustales. Cet Empereur
établit quelques Loix touchant les Spectacles.
Il défendit aux jeunes gens de l'un
et de l'autre sexe d'aller à ceux qui se faisoient
la nuit , à moins que de proches
parens âgez ne les y menassent , et il empêcha
que les femmes assistassent jamais
aux Jeux des Athlétes , parce qu'ils combattoient
ordinairement nuds.
A l'égard des Comédiens , il leur prescrivit
des régles , et leur laissa une liberté
dont il ne souffrit pas qu'ils abusassent.
Dès qu'il sçut qu'un Acteur , nommé Stephanion
, avoit pour serviteur une femme
déguisée en garçon , il le fit foüetter par
les trois Théatres de la Ville , et le bannit.
Il ne désaprouvoit pas qu'on siflat les
Acteurs , car il en bannit un de Rome et
de toute l'Italie , pour avoir osé montrer
au
1106 MERCURE DE FRANCE
au doigt un des Spectateurs qui le sifloit,
et on sifloit souvent pour une seule faute
contre la cadence ou contre la quantité.
Quoique Néron ne s'appliquât presque
jamais à mettre l'ordre en aucun endroit,
il se trouva pourtant obligé de chasser
d'Italie tous les Histrions,après leur avoir
donné trop de liberté; mais il voulut aller
lui-même faire le Comédien et le Chantre
dans plusieurs Villes de la Grece, pour
faire paroitre sa belle voix . Il commença
par Naples , qui étoit une Ville Grecque ;
et revenant à Rome , il voulut se montrer
au Théatre. Le Senat , pour éviter l'infamie
dont il s'alloit flétrir , s'il étoit vû sur
la Scene , lui décerna le prix de Musique,
et celui d'Eloquence avant le commencement
des Jeux ; mais Néron prétendoit
l'emporter par son merite , et non pas par
la faveur du Sénat . Il monta donc sur la
Scene , où il récita un Poëme , après quoi
il joüa de la Lyre , obéït à toutes les loix
du Theatre , comme de ne se reposer , de
ne cracher , ni se moucher durant toute
Paction , fléchit un genou et salua l'Assemblée
, en attendant la Sentence des
Juges . Le Peuple , et sur tout les Etrangers
rougirent pour lui d'une telle infamie.
Vespasien témoigna de l'horreur pour
les
MAY. 1731 . 1107
les Jeux des Gladiateurs. Il se plut à ceux
du Théatre , et de son tems les Pantomimes
étoient si fort à la mode , qu'on en
avoit aux funérailles , pour leur faire représenter
les actions de celui qu'on enterroit.
Domitien deffendit aux Danseurs et
Pantomimes de monter sur le Theatre.
Nerva les rétablit . Trajan les supprima
encore , mais on ne sçait pas s'ils furent
bannis des Théatres d'Orient ; on voit
seulement que cet Empereur fit bâtir un
Théatre à Antioche. Cette malheureuse
Ville , si passionnée pour les Spectacles ,
étoit souvent punie par les tremblemens
de terre qui la renversoient presque entierement.
Elle en souffrit un terrible sous
Trajan . En faisant rétablir la Ville , ce
Prince fit aussi rétablir les Théatres.
Adrien batit aussi un grand Théatre aurès
d'Antioche , à la Fontaine de Daphné.
Il avoit fait à cette Fontaine un grand Reservoir
d'eau, qu'on pouvoit voir du Théatre
; et il mit plusieurs Statues en l'honneur
des Naïades , c'est -à- dire des Nimphes
on Déesses de l'eau . Ce fut à ce Réservoir
que l'on s'avisa de faire nager des
femmes pour représenter les Naïades ; ce
que S. Chrysostome condamna avec tant
de zele et d'éloquence ,
HelioT108
MERCURE DE FRANCE
> Heliogabale fit lui - même le Comédien
et ne craignit pas de représenter des fables
avec des nuditez et des peintures deshonêtes
.Il honora les Comédiens, leur donna
des habits de soye , et en choisit un pour
être Prefet du Prétoire.
Alexandre Severe ôta aux Comédiens
les robes précieuses , et ne leur donna ni
or ni argent , mais tout au plus quelques
pieces de monnoye de cuivre. Ce Prince
ne souffrit jamais les divertissemens Sceniques
à sa table. Il aimoit pourtant les
Spectacles , mais sans y faire des largesses ;
il vouloit qu'on traitat toujours comme
des esclaves les Comédiens , et tous ceux
qui servoient aux plaisirs publics.
Les Comédiens eurent un puissant Protecteur
vers la fin du troisiéme siecle , dans
la personne de l'Empereur Carin , etc . Son
regne se distingua par la pompe avec laquelle
il celebra les Jeux Romains . Il y
avoit cent Joueurs de Flute qui s'accordoient
, autant de Sonneurs de Cors , cent
Chantres qui dansoient en même-tems
autant de personnes qui frapoient sur des
Cymbales ,mille Pantomimes et autant de
Luteurs . Le feu ayant pris à une toile
qu'il avoit fait tendre , consuma le Théatre,
que Diocletien fit ensuite rebâtir avec
plus de magnificence. Carin avoit fait venir
MAY. 1731. 1109
nir des Comédiens de tous côtés . Ceux qui
avoient travaillé aux décorations , les Luteurs
, les Histrions , et les Musiciens eurent
en present de l'or et de l'argent , et
des habits de soye .
Ce fut sous l'Empereur Maxime que
Gelasin , Comédien , fut martyrisé à Héliopolis
dans Phénicie . Il s'étoit jetté dans
un bain d'eau tiéde , pour tourner en ridicule
le Baptême des Chrétiens ; au sortir
du bain , il parut habillé de blanc. Alors
il refusa de faire le Comédien ; et adressant
la parole à tout le peuple , il s'écria
qu'il étoit Chrétien , qu'il avoit vu dans
ce bain la redoutable Majesté de Dieu , et
qu'il mourroit Chrétien . Tous les Spectateurs
saisis de fureur , monterent sur le
Théatre , et ayant pris Gelasin , ils le lapiderent.
Nous pourrons donner un second Extrait
de cet Ouvrage, pour ce qui regarde le Theatre
François.
Historique et Dogmatique des Jeux de
Théatre , et autres Divertissemens Comiques
, soufferts ou condamnez depuis le
premier siécle de l'Eglise jusqu'à présent ,
avec un Discours sur les Piéces de Théatre
tirées de l'Ecriture - Sainte . in- 12.
360. pages , sans les Préfaces et la Table
des Matieres. Seconde édition , augmentée
de plus de la moitié . Par le R. P. Le Brun ,
Prêtre de l'Oratoire . A Paris , chez la
veuve Delaune , rae S. Jacques , à l'Empereur
, 1731. in- 12 . de 360 pages , sans
P'Epitre , la Préface et les Tables.
Ĉer Ouvrage avoit déja paru anonime
en 1694. sous ce titre : Discours sur la Comédie
, où l'on voit la Réponse au Théologien
qui la défend , avec l'Histoire du Théatre
, et les sentimens des Docteurs de l'Eglise
MAY. 1731. 1099
se , depuis le premier siécle jusqu'à présent .
C'étoient deux Discours prononcez par
le P. le Brun , au Seminaire de S. Magloire
, le 26 Avril , le 3 et le 7 Mai 1694.
par ordre de M. De Harlay , Archevêque
de Paris , à l'occasion de la Lettre du
P. Caffaro , qui parût à la tête du Théatre
de M. Boursault. Mais quoique le Public
eut bien reçû l'Ouvrage du Pere le
Brun , ce sçavant homme , peu content
de cette ébauche,pensa dès -lors à le perfectionner.
A mesure qu'il étudioit l'Antiquité
Ecclesiastique , il ramassoit ce qui
avoit quelque rapport aux Jeux de Theatre.
C'est ce qui a produit le Traité qu'on
donne aujourd'hui , à l'exception du premier
Discours , où il y a peu d'additions ;
les autres peuvent passer pour entierement
nouveaux par les augmentations considérables
dont ils sont enrichis , l'Auteur
ayant recueilli avec soin ce qu'il a trouvé
depuis Auguste jusqu'à Justinien . L'Editeur
nous apprend qu'il a lui- même inseré
quelques faits que le P. le Brun avoit
oublié , et qu'il a extrait tout ce qui se
trouve contre les divertissemens Comi
dans le Recueil de Rituels et de Statuts
Synodaux , que M. De Launoy a laissé
aux P P. Minimes de la Place Royale.
Le troisiéme Discours , sur les Piéces de
ques
Théa
1100 MERCURE DE FRANCE
Théatre tirées de l'Ecriture , n'avoit point
paru dans la premiere édition , ayant été
prononcé un an après. Il ne contribuë pas
à enrichir celle ci . Donnons une idée
de chacune des parties de cet Ouvrage
en exposant le plan que l'Editeur a
peu
suivi.
>
Après une Préface où l'Editeur rend
compte de plusieurs circonstances nécessaires
à l'intelligence de cet Ouvrage , on
trouve la rétractation que le P. Caffaro
fît de sa Lettre en faveur de la Comédie .
et qu'il envoya à M. De Harlay , dattéc
du 11 Mai 1694. et imprimée à Paris
dans la même année . Comme cette Piéce
est peu connue , et que d'ailleurs l'Ouvrage
du P. Caffaro a fait beaucoup de
bruit , il paroissoit avantageux à la République
des Lettres , et à la mémoire de ce
Theologien , de faire connoître par cette
rétractation et ce désaveu , le mépris qu'il
faisoit lui-même de cet Ouvrage. Et c'est
ce que l'Editeur a fait en la donnant ici
enLatin et enFrançois . Il y a joint une Lettre
du P. le Brun du 20 Mai 1694. dans
laquelle il marque à un de ses amis le
peu d'empressement qu'il avoit à faire
imprimer ses Discours , et où il parle de
la rétractation du P. Caffaro comme d'u
ne Piéce qui le remplit de consolation .
A
M.A Y.
1731 . 1101
l'EA
la suite de cette Letrre est une seconde
Préface , où l'on examine s'il faut , ou
que l'on ferme les Théatres , ouou que
glise cesse de condamner ceux qui les fréquentent
; car tel a été le but du P. le
Brun dans ses Discours de justifier la conduite
de l'Eglise en excommuniant les
Comédiens , et en tolérant ceux qui assistent
aux Spectacles. On y représente le
Théatre comme l'Ecole de l'impureté , la
nourriture des passions , l'assemblage des
ruses du Démon pour les réveiller , où les
yeux sont environnez d'objets séducteurs , les
oreilles ouvertes à des discours souvent obscenes
et toujours prophanes , qui infectent le
coeur et l'esprit.
Cette Préface commence ainsi : Il paroît
bizarre , que dans un Etat Chrétien , on
prêche et on écrive contre la Comédie , qu'on
déclare excommuniez ceux qui font profession
de monter sur le Théatre , et qu'unefoule
de Chrétiens ne laissent pas de s'assembler
presque tous les jours pour applaudir à ces
Excommuniez , & c. Elle est suivie de deux
Discours. Dans le premier , le P. le Brun
s'attache plus particulierement à répondre
à la Lettre du Theologien , défenseur
de la Comédie. Nous souhaitterions que
les bornes d'un Extrait nous permissent
de rapporter ici quelques traits qui fassent
1102 MERCURE DE FRANCE
sent connoître la solidité de cette réfutation.
Nous renvoyons au Livre même , où
le Lecteur verra avec plaisir le Theologien
, défenseur de la Comédie , refuté
en plusieurs endroits par ses propres paroles.
Le second Discours a six parties . Les
trois premieres comprennent l'Histoire
des Jeux de Théatre et autres Divertissemens
Comiques , soufferts ou condamnez
depuis Auguste jusqu'à l'extinction de
l'idolâtrie , au commencement du sixiéme
siècle. La quatriéme comprend le jugement
que les Auteurs , tant sacrés que
profanes ont porté sur les Spectacles , depuis
Auguste jusqu'à Justinien . La cinquiéme
Partie reprend l'Histoire des Jeux
de Théatre à l'extinction de l'idolâtrie , et
la continue jusqu'à la naissance des Scolastiques
; et la derniere comprend l'Histoire
des Jeux de Théatre , depuis les Scholastiques
, c'est-à- dire , depuis le milieu
du XIII . siécle jusqu'à nous.
Le second Discours est suivi d'une Lettre
, où le P. le Brun répond à quelques
difficultez qu'on lui avoit proposées . On
trouve ensuite le troisiéme Discours que
le P. le Brun prononça à S. Magloire en
1695. à l'occasion de la Judith de M. Boyer
de l'Académie Françoise. Il y examine s'il
F
MAY, 1731
1103
y a lieu d'approuver que les Piéces de
Théatre soient tirées de l'Ecriture Sainte.
Ce Discours est divisé en deux parties.
Dans la premiere , le P. le Brun fait voir
que l'Ecriture ne peut paroître sur le
Théatre sans être défigurée et alterée considerablement.
La seconde est employée
à prouver , que quand on feroit quelque
Tragédie où l'Ecriture - Sainte seroit conservée
dans toute sa force et toute sa pureté
, le Théatre des Comédiens ne seroit
point le lieu de les représenter.
,
L'Editeur a placé après ce Discours un
Mandement de M. Fléchier , Evêque de
Nismes , contre les Spectacles , adressé
aux Fideles de son Diocèse le 8 Septembre
1758. On trouve à la fin une Table
Alphabétique des Matieres contenues dans
cer Ouvrage.
On ne peut témoigner à l'Editeur trop
de reconnoissance du soin qu'il a bien
voulu prendre de réunir et de ramasser
des morceaux si précieux. Il est certain
que nous n'avons point encote vû d'ouvrage
plus complet et plus curieux sur
cette matiere ; et on peut dire qu'il fait
honneur à son Auteur , et qu'il répond
parfaitement à la réputation qu'il s'est acquise
d'ailleurs. Nous ne pouvons nous
empêcher de dire en passant que le P. le
Brun
1104 MERCURE DE FRANCE
Brun a refuté par avance le Discours d'un
Auteur récent , défenseur de la Comédie ,
dont nous avons parlé le mois passé. Cet
Auteur qui s'étoit proposé de réfuter
M. le Prince de Conty , M. Bossuet et
M. Nicole , ne les a frappez par aucuns
endroits ; et on remarque qu'il n'a fait ,
pour ainsi dire , que réchauffer et étendre
les raisons du Théologien Apologiste du
Theatre .
L'Editeur avertit le Public dans sa
Préfice qu'il a réservé l'Eloge Historique
du P. le Brun pour un autre Ouvrage du
même Auteur , qui est actuellement sous
presse , et qui a pour titre : Traité du discernement
des effets naturels d'avec ceux qui
ne le sont pas , avec l'Histoire critique des
pratiques superstitieuses qui ont séduit les
Peuples , et qui embarrassent les Sçavans.
Il ajoute qu'outre des augmentations considerables
l'Auteur a refondu entierement
son Ouvrage , et l'a rendu plus . méthodique.
Mais nos Lecteurs ne seroient peut- être
pas contens , si après avoir piqué leur
curiosité sur ce que cet Ouvrage contient
de singulier et de recherché , nous n'entrions
dans quelque détail . Pour les satisfaire
nous allons donner un peu plus
d'étendue à cet Extrait.
›
Dans
>
MAY. 1731. 1105
Dans la premiere partie de l'Histoire
des Jeux de Théatre , l'Auteur remarque
qu'on en vît de très- superbes sous Auguste.
Ce grand Prince les aimoit avec passion
, dit-il , et surtout assûre qu'il ne
dissimuloit pas cette foiblesse. Il inventa
lui- même des Jeux. Pausanias rapporte
au Livre VIII. qu'Auguste fut l'Auteur
de la Danse des Pantomimes , et M. de
Pontac dans les Notes sur la Chronique
d'Eusebe , dit que c'étoit là les Jeux Augustaux
, Ludi Augustales. Cet Empereur
établit quelques Loix touchant les Spectacles.
Il défendit aux jeunes gens de l'un
et de l'autre sexe d'aller à ceux qui se faisoient
la nuit , à moins que de proches
parens âgez ne les y menassent , et il empêcha
que les femmes assistassent jamais
aux Jeux des Athlétes , parce qu'ils combattoient
ordinairement nuds.
A l'égard des Comédiens , il leur prescrivit
des régles , et leur laissa une liberté
dont il ne souffrit pas qu'ils abusassent.
Dès qu'il sçut qu'un Acteur , nommé Stephanion
, avoit pour serviteur une femme
déguisée en garçon , il le fit foüetter par
les trois Théatres de la Ville , et le bannit.
Il ne désaprouvoit pas qu'on siflat les
Acteurs , car il en bannit un de Rome et
de toute l'Italie , pour avoir osé montrer
au
1106 MERCURE DE FRANCE
au doigt un des Spectateurs qui le sifloit,
et on sifloit souvent pour une seule faute
contre la cadence ou contre la quantité.
Quoique Néron ne s'appliquât presque
jamais à mettre l'ordre en aucun endroit,
il se trouva pourtant obligé de chasser
d'Italie tous les Histrions,après leur avoir
donné trop de liberté; mais il voulut aller
lui-même faire le Comédien et le Chantre
dans plusieurs Villes de la Grece, pour
faire paroitre sa belle voix . Il commença
par Naples , qui étoit une Ville Grecque ;
et revenant à Rome , il voulut se montrer
au Théatre. Le Senat , pour éviter l'infamie
dont il s'alloit flétrir , s'il étoit vû sur
la Scene , lui décerna le prix de Musique,
et celui d'Eloquence avant le commencement
des Jeux ; mais Néron prétendoit
l'emporter par son merite , et non pas par
la faveur du Sénat . Il monta donc sur la
Scene , où il récita un Poëme , après quoi
il joüa de la Lyre , obéït à toutes les loix
du Theatre , comme de ne se reposer , de
ne cracher , ni se moucher durant toute
Paction , fléchit un genou et salua l'Assemblée
, en attendant la Sentence des
Juges . Le Peuple , et sur tout les Etrangers
rougirent pour lui d'une telle infamie.
Vespasien témoigna de l'horreur pour
les
MAY. 1731 . 1107
les Jeux des Gladiateurs. Il se plut à ceux
du Théatre , et de son tems les Pantomimes
étoient si fort à la mode , qu'on en
avoit aux funérailles , pour leur faire représenter
les actions de celui qu'on enterroit.
Domitien deffendit aux Danseurs et
Pantomimes de monter sur le Theatre.
Nerva les rétablit . Trajan les supprima
encore , mais on ne sçait pas s'ils furent
bannis des Théatres d'Orient ; on voit
seulement que cet Empereur fit bâtir un
Théatre à Antioche. Cette malheureuse
Ville , si passionnée pour les Spectacles ,
étoit souvent punie par les tremblemens
de terre qui la renversoient presque entierement.
Elle en souffrit un terrible sous
Trajan . En faisant rétablir la Ville , ce
Prince fit aussi rétablir les Théatres.
Adrien batit aussi un grand Théatre aurès
d'Antioche , à la Fontaine de Daphné.
Il avoit fait à cette Fontaine un grand Reservoir
d'eau, qu'on pouvoit voir du Théatre
; et il mit plusieurs Statues en l'honneur
des Naïades , c'est -à- dire des Nimphes
on Déesses de l'eau . Ce fut à ce Réservoir
que l'on s'avisa de faire nager des
femmes pour représenter les Naïades ; ce
que S. Chrysostome condamna avec tant
de zele et d'éloquence ,
HelioT108
MERCURE DE FRANCE
> Heliogabale fit lui - même le Comédien
et ne craignit pas de représenter des fables
avec des nuditez et des peintures deshonêtes
.Il honora les Comédiens, leur donna
des habits de soye , et en choisit un pour
être Prefet du Prétoire.
Alexandre Severe ôta aux Comédiens
les robes précieuses , et ne leur donna ni
or ni argent , mais tout au plus quelques
pieces de monnoye de cuivre. Ce Prince
ne souffrit jamais les divertissemens Sceniques
à sa table. Il aimoit pourtant les
Spectacles , mais sans y faire des largesses ;
il vouloit qu'on traitat toujours comme
des esclaves les Comédiens , et tous ceux
qui servoient aux plaisirs publics.
Les Comédiens eurent un puissant Protecteur
vers la fin du troisiéme siecle , dans
la personne de l'Empereur Carin , etc . Son
regne se distingua par la pompe avec laquelle
il celebra les Jeux Romains . Il y
avoit cent Joueurs de Flute qui s'accordoient
, autant de Sonneurs de Cors , cent
Chantres qui dansoient en même-tems
autant de personnes qui frapoient sur des
Cymbales ,mille Pantomimes et autant de
Luteurs . Le feu ayant pris à une toile
qu'il avoit fait tendre , consuma le Théatre,
que Diocletien fit ensuite rebâtir avec
plus de magnificence. Carin avoit fait venir
MAY. 1731. 1109
nir des Comédiens de tous côtés . Ceux qui
avoient travaillé aux décorations , les Luteurs
, les Histrions , et les Musiciens eurent
en present de l'or et de l'argent , et
des habits de soye .
Ce fut sous l'Empereur Maxime que
Gelasin , Comédien , fut martyrisé à Héliopolis
dans Phénicie . Il s'étoit jetté dans
un bain d'eau tiéde , pour tourner en ridicule
le Baptême des Chrétiens ; au sortir
du bain , il parut habillé de blanc. Alors
il refusa de faire le Comédien ; et adressant
la parole à tout le peuple , il s'écria
qu'il étoit Chrétien , qu'il avoit vu dans
ce bain la redoutable Majesté de Dieu , et
qu'il mourroit Chrétien . Tous les Spectateurs
saisis de fureur , monterent sur le
Théatre , et ayant pris Gelasin , ils le lapiderent.
Nous pourrons donner un second Extrait
de cet Ouvrage, pour ce qui regarde le Theatre
François.
Fermer
Résumé : Discours sur la Comedie, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente une œuvre intitulée 'Discours sur la Comédie, ou Traité Historique et Dogmatique des Jeux de Théâtre, et autres Divertissements Comiques', écrite par le Père Le Brun, prêtre de l'Oratoire. Publiée en 1731, cette seconde édition augmentée d'un ouvrage initialement paru anonymement en 1694, explore l'histoire et les jugements des jeux de théâtre depuis le premier siècle de l'Église jusqu'au XVIIIe siècle. Le livre, composé de 360 pages, est structuré en plusieurs parties : une préface, la rétractation du Père Caffaro, une lettre de Le Brun, et deux discours. En 1694, à la demande de l'archevêque de Paris, M. De Harlay, Le Brun a prononcé deux discours au Séminaire de Saint-Magloire en réponse à une lettre du Père Caffaro défendant la comédie. Insatisfait de cette première version, Le Brun a perfectionné son ouvrage en étudiant l'antiquité ecclésiastique et en recueillant des informations sur les jeux de théâtre depuis Auguste jusqu'à Justinien. L'éditeur a ajouté des faits oubliés par Le Brun et des extraits de recueils de rituels et de statuts synodaux. Le premier discours répond à la lettre d'un théologien défenseur de la comédie. Le second discours, en six parties, couvre l'histoire des jeux de théâtre depuis Auguste jusqu'au XVIIIe siècle, ainsi que les jugements des auteurs sacrés et profanes sur les spectacles. Un troisième discours, prononcé en 1695, examine l'opportunité de représenter des pièces de théâtre tirées de l'Écriture Sainte. Le texte mentionne également plusieurs empereurs romains et leurs relations avec les spectacles théâtraux, tels qu'Auguste, Néron, Vespasien, Domitien, Trajan, Adrien, Héliogabale, Alexandre Sévère, et Carin. Chaque empereur est décrit en fonction de son attitude envers les jeux de théâtre, allant de l'approbation à la répression. Par exemple, Carin avait fait venir des comédiens de divers endroits et leur avait offert des présents d'or, d'argent et des habits de soie. Sous l'empereur Maxime, le comédien Gelasin fut martyrisé à Héliopolis en Phénicie pour avoir affirmé sa foi chrétienne après une mise en scène moqueuse du baptême. Le texte se conclut par un mandement de l'évêque de Nîmes contre les spectacles et une table alphabétique des matières.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
5500
p. 1109-1118
Alcibiade, Comédie, [titre d'après la table]
Début :
ALCIBIADE, Comédie en trois Actes, par M. Poisson. A Paris, chez Fr. le [...]
Mots clefs :
Comédie, Avertissement, Talents, Acteurs, Athènes, Voyageur, Phrygien, Scène
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Alcibiade, Comédie, [titre d'après la table]
ALCIBIADE , Comédie en trois Actes
, par M. Poisson . A Paris , chez Fr. le
Breton, au bout du Pont- Neuf, près la ruë de
Guenegaud , 1731. in 12. de 80 pages.
Cette Piece est tirée des Amours des
Grands Hommes de Madame de Ville-Dieu :
l'Auteur le dit dans un petit Avertissement,
1110 MERCURE DE FRANCE
ment , et il ajoute qu'il n'a cru en pouvoir
conserver les graces , qu'en conservant la simplicité
du Roman , et en mettant en vers les
pensées et souvent même la Prose de Madame
de Ville- Dieu . M. Poisson n'est pas
moins modeste , en parlant des applaudissemens
donnez à sa Picce. Je me ferois scrupule
, dit- il , d'en tirer aucun avantage ; je
sçai qu'ils ne sont dûs qu'aux beautez de l'original
, et aux talens des Acteurs qui l'ont
representée.
ACTEURS.
Alcibiade , Seigneur
Athénien . Le sieur Dufresne.
Socrate , Philosophe.
Le sieur
Quinault.
Mirto femme de Socrate. La De la Mothe.
Aglaunice, Astrologue.
La Dle Dubreuil.
Timandre , jeune Phrigienne.
La Die Dufresne.
Cephise , Confidente de
Timandre. La De Quinault.
Amicles , Confident
d'Alcibiade. Le sieur Poisson.
Esclaves.
LA SCENE est dans un Bois , près d'Athènes.
ACTE I.
Socrate demande d'abord des nouvelles
à
MA Y. 1731. IIII
à l'Astrologue Aglaunice , de Timandre ,
jeune Phrygienne , dont il est amoureux ;
il lui fait un mystere de cet amour qu'il
doit cacher , d'autant plus que Mirto sa
femme est encore en vie ; il lui fait entendre
que c'est un dépôt précieux qu'un de
ses meilleurs amis lui mit entre les mains
en expirant. Aglaunice lui dit qu'elle a
chargé une Esclave du soin de Timandre ;
elle ajoute que cette Esclave lui a paru
d'autant plus digne de sa confiance , que
son esprit est naturel et sans art . Socrate
témoigne qu'il approuve ce choix , par
ces deux Vers :
Vous avez fort bien fait ; une compagne habile
D'une fille souvent rend la garde inutile.
L'approche d'un voyageur inconnu, les
oblige à se retirer.
Amicles Esclave et Confident d'Alcibia
de , paroît seul ; il ne sçait que penser du
dessein d'Alcibiade , qu'un désir curieux
a porté à se travestir en Phrigien , pour
venir chercher dans ce bois une certaine
Timandre , dont on lui a vanté les appas.
Voici le portrait qu'il fait d'Alcibiade :
Il n'en démordra point , je connois son humeur,
Dans l'espoir de brûler d'une nouvelle ardeur ,
F Quel#
112 MERCURE DE FRANCE
Quelque soit une belle , en un mot , brune ou
blonde ,
Il iroit pour la voir, jusques au bout du monde
etc.
A ses bouillants transports , il ose tout permettre
;
Et parce qu'il est jeune et né pour commander ›
Ce n'est qu'à ses désirs qu'il croit qu'il faut ceder.
Alcibiade vient joindre Amicles ; il lui
explique le sujet de son expédition amoureuse
, qu'il attribue à une simple curiosité
de jeune homme ; il acheve de faire
son portrait, tel que l'Histoire l'a transmis
jusqu'à nous.Voici comment il s'explique:
D'ailleurs regarde- t- on le rang dans une belle ?
C'est la beauté qui frappe , et l'on fait tout pour
'elle.
L'amour dans les douceurs de sa félicité ,
N'a pas besoin du rang ni de la dignité ;
Qu'un tel objet soit né dans le plus simple étage,
Il est charmant , il plaît ; en faut-il davantage
Je puis te dire encore , pour mieux m'ouvrir à
toy ,
Qu'il n'est point de plaisir plus charmant , selon
moy ,
Que celui d'exciter dans un coeur jeune et tendre,
Ces premiers mouvemens qu'il ne sçauroit com
prendre ,
Ces
MAY. 1731. 1113
Ces désordres secrets , ces désirs inconnus
Par la crainte chassés , par l'amour reteaus ,
Et qui font attaquer avec plus de paissance ,
Toute cette pudeur que donne l'innocence,
L'approche de Socrate et de sa femme ,
oblige Alcibiade et Amicles à se retirer.
Mirto fait des reproches à Socrate qui
marquent cette humeur acariâtre, qui , au
rapport de l'Histoire ,a donné tant d'exercice
à la Philosophie de son Epoux . Elle
trouve fort mauvais qu'il prenne soin de
l'éducation d'une jeune fille , plus propre
à être sa Maîtresse que son Ecoliere. Socrate
se justifie autant qu'il lui est possible
; elle n'en est pas radoucie,et le quitte
brusquement , en lui disant :
J'en ai , pour mon malheur , des preuves trop
certaines ,
Et j'en vais de ce pas instruire tout Athénes.
Alcibiade aborde Socrate et l'embarasse
par sa présence ; il le raille pendant tout
Teur entretien , et le fait trembler au seul
nom de Timandre , qu'il prononce malicieusement.
Socrate quitte Alcibiade et
prétexte son départ sur ces deux vers :
Fij J'aime
114 MERCURE DE FRANCE
J'aimerais à rester dans ces endroits rustiques ,
Mais je dois satisfaire à mes leçons publiques .
Alcibiade ne démord point de sa poursuite
amoureuse , commeAmicles l'a prévu
dès le commencement de cet Acte , qu'il
termine par ces vers :
Cette Timandre est belle ; il n'en faut point dou
ter ;
Pour la voir , Amicles , je prétends tout tenter.
Dans Athénes rentrons sans tarder davanrage ;
Je ne veux point donner à Socrate d'ombrage ,
Et dans l'espoir flateur dont je suis agité ,
Sui-moi , je te dirai ce que j'ai projetté.
Timandre ouvre la Scene du second Acte
avec Cephise , qui n'est rien moins que
cet esprit sans art , dont Aglaunice a flatté
Socrate ; elle va d'abord au fait et propose
à Timandre pour premier coup d'essai ,
d'aller courir le monde pour y chercher
de jolis hommes ; elle demande à Timandre
si elle n'a jamais aimé. Timandre lui
confesse ingénûment , qu'elle a vû chez
Socrate un jeune Athénien qui lui parût
tres-aimable.
Aglaunice interrompt cette tendre conversation
,pour venir faire un superbe étar
Jage de son Astrologie; elle chasse Timandre
MAY. 1731 .
irrs
dre et Cephise comme des profanes.
La premiere vûë d'Alcibiade enflamme
Aglaunice comme il lui demande des
nouvelles de Timandre , qu'il dit n'avoir
jamais vûë ; Aglaunice pour profiter de
sa prévention , se donne elle - même pour
cette Timandre , qu'il cherche avec tant
d'ardeur ; Alcibiade étonné de trouver un
objet si défectueux et si contraire aux perfections
qu'on lui avoit fait attendre dans
la personne de Timandre , ne songe plus
qu'à s'en retourner à Athénes. Aglaunice
n'oublie rien pour le retenir ; elle lui
vante sa science. Alcibiade lui en demande
une preuve , et veut sçavoir d'elle ce
que fait actuellement un de ses amis , qui
s'appelle Alcibiade. Aglaunice, après avoir
consulté ses Ephémérides , lui dit hardiment
qu'Alcibiade est presentement en
rendez - vous avec la plus belle femme
d'Athénes. Alcibiade ne peut s'empêcher
d'éclater de rire , et se dispose à partir
pour Athénes.
Aglaunice surprise , lui dit :
Mais quoi vous n'avez donc rien à dire à Ti
mandre ?
Socrate lui répond :
Fiij Ah !
1116 MERCURE DE FRANCE.
Ah ! ma foy , non . Avant que m'offrir à ses yeux ,
Elle seule occupoit mon esprit en ces lieux ;
Et j'avois , il est vrai , cent choses à lui dire ;
Mais j'ai tout oublié , Madame , et me retire.
Aglaunice ne sçait que penser de la
brusque retraite d'Alcibiade , qu'elle ne
connoît point en core . Socrate vient lui
apprendre que c'est à Alcibiade même à
qui elle vient de parler. Aglaunice n'est
pas long- tems à se remettre de sa surprise.
Elle dit à Socrate qu'elle a prudemment
donné le change à Alcibiade , en lui faisant
accroire qu'elle étoit elle- même cette
Timandre qu'il cherchoit avec tant d'empressement.
Socrate s'étant retiré , Aglaunice refléchit
sur le mauvais accueil qu'Alcibiade
lui a fait ; mais elle ne désespere pas de
s'en faire aimer , fondée sur la profondeur
et l'infaillibilité de sa science.
Comme le dernier Acte est le plus chargé
d'action , nous avons crû qu'on nous
dispenseroit d'en donner un détail qui
grossiroit trop cet Extrait ; nous y supplérons
par une espece d'argument : le
voici de la maniere la plus succincte qu'il
nous a été possible.
Timandre apprend à Cephife que ce Cavalier
qu'elles viennent de voir, est ce même
MAY. 1731. Itty
à
me inconnu dont elle lui a parlé , et qui
lui est apparu autrefois avec tant d'avantage
chez Socrate.Cephise soupçonne que
c'est Alcibiade , parce qu'elle a entendu
plusieurs fois prononcer ce nom à Aglaunice,
d'une maniere à lui persuader qu'elle
en est amoureuse . Elle conseille à Timandre
de faire tenir un Billet de sa part
l'objet de son amour. Timandre n'y consent
pas ; mais la maniere dont la fin de
cette Scene est traitée , prépare les Spectateurs
aux effets que ce Billet produit quelque
temps après. En effet il est aporté à
Alcibiade , et mal reçu de lui, parce qu'il
le croit de la fausse Timandre , qui vient
de lui en envoyer un , dont il a fait fi peu
de cas qu'il l'a jetté par terre. Cephise
qui vient lui apporter le Billet de la veritable
, picquée du mauvais accueil qu'il
lui fait,lui répond d'une maniere à le faire
réfléchir ; il ne doute point que celle qui
s'est donnée pour Timandre ne lui en ait
imposé ; il est au désespoir d'avoir refusé
le second Billet. Il ordonne à Amicles de
se travestir , pour tâcher de donner à la
véritable Timandre un Billet qu'il va écrire,
pour lui faire entendre que le mauvais
accueil qu'il a fait à sa Messagere n'est
qu'un effet de son erreur . Ce projet s'exécute
; Amicles se déguise en Marchand
Fiiij Etran18
MERCURE DE FRANCE
•
Etranger. Timandre picquée contre Alcibiadé
, refuse avec fierté la lettre qu'A- micles
veut lui rendre de sa part. Alcibiade
impatient , arrive lui- même ; on s'éclaircit
: Il ne s'agit plus que d'amour d'une et
d'autre part. Socrate arrive ; il trouve Alcibiade
aux pieds de son aimable Ecoliere
; il en essuie quelques railleries qui
l'obligent à prendre son parti de bonne
grace. Aglaunice qui survient, ne soutient
pas cette aventure avec la même Philosophie.
Elle est convaincuë d'amour et d'imposture.
Alcibiade promet à Timandre de
lui faire un destin digne d'elle , par l'Hymen
qu'il lui propose et qu'elle accepte
avec beaucoup de plaisir. Socrate y consent,
et fait entendre qu'il a triomphé de
sa foiblesse.
, par M. Poisson . A Paris , chez Fr. le
Breton, au bout du Pont- Neuf, près la ruë de
Guenegaud , 1731. in 12. de 80 pages.
Cette Piece est tirée des Amours des
Grands Hommes de Madame de Ville-Dieu :
l'Auteur le dit dans un petit Avertissement,
1110 MERCURE DE FRANCE
ment , et il ajoute qu'il n'a cru en pouvoir
conserver les graces , qu'en conservant la simplicité
du Roman , et en mettant en vers les
pensées et souvent même la Prose de Madame
de Ville- Dieu . M. Poisson n'est pas
moins modeste , en parlant des applaudissemens
donnez à sa Picce. Je me ferois scrupule
, dit- il , d'en tirer aucun avantage ; je
sçai qu'ils ne sont dûs qu'aux beautez de l'original
, et aux talens des Acteurs qui l'ont
representée.
ACTEURS.
Alcibiade , Seigneur
Athénien . Le sieur Dufresne.
Socrate , Philosophe.
Le sieur
Quinault.
Mirto femme de Socrate. La De la Mothe.
Aglaunice, Astrologue.
La Dle Dubreuil.
Timandre , jeune Phrigienne.
La Die Dufresne.
Cephise , Confidente de
Timandre. La De Quinault.
Amicles , Confident
d'Alcibiade. Le sieur Poisson.
Esclaves.
LA SCENE est dans un Bois , près d'Athènes.
ACTE I.
Socrate demande d'abord des nouvelles
à
MA Y. 1731. IIII
à l'Astrologue Aglaunice , de Timandre ,
jeune Phrygienne , dont il est amoureux ;
il lui fait un mystere de cet amour qu'il
doit cacher , d'autant plus que Mirto sa
femme est encore en vie ; il lui fait entendre
que c'est un dépôt précieux qu'un de
ses meilleurs amis lui mit entre les mains
en expirant. Aglaunice lui dit qu'elle a
chargé une Esclave du soin de Timandre ;
elle ajoute que cette Esclave lui a paru
d'autant plus digne de sa confiance , que
son esprit est naturel et sans art . Socrate
témoigne qu'il approuve ce choix , par
ces deux Vers :
Vous avez fort bien fait ; une compagne habile
D'une fille souvent rend la garde inutile.
L'approche d'un voyageur inconnu, les
oblige à se retirer.
Amicles Esclave et Confident d'Alcibia
de , paroît seul ; il ne sçait que penser du
dessein d'Alcibiade , qu'un désir curieux
a porté à se travestir en Phrigien , pour
venir chercher dans ce bois une certaine
Timandre , dont on lui a vanté les appas.
Voici le portrait qu'il fait d'Alcibiade :
Il n'en démordra point , je connois son humeur,
Dans l'espoir de brûler d'une nouvelle ardeur ,
F Quel#
112 MERCURE DE FRANCE
Quelque soit une belle , en un mot , brune ou
blonde ,
Il iroit pour la voir, jusques au bout du monde
etc.
A ses bouillants transports , il ose tout permettre
;
Et parce qu'il est jeune et né pour commander ›
Ce n'est qu'à ses désirs qu'il croit qu'il faut ceder.
Alcibiade vient joindre Amicles ; il lui
explique le sujet de son expédition amoureuse
, qu'il attribue à une simple curiosité
de jeune homme ; il acheve de faire
son portrait, tel que l'Histoire l'a transmis
jusqu'à nous.Voici comment il s'explique:
D'ailleurs regarde- t- on le rang dans une belle ?
C'est la beauté qui frappe , et l'on fait tout pour
'elle.
L'amour dans les douceurs de sa félicité ,
N'a pas besoin du rang ni de la dignité ;
Qu'un tel objet soit né dans le plus simple étage,
Il est charmant , il plaît ; en faut-il davantage
Je puis te dire encore , pour mieux m'ouvrir à
toy ,
Qu'il n'est point de plaisir plus charmant , selon
moy ,
Que celui d'exciter dans un coeur jeune et tendre,
Ces premiers mouvemens qu'il ne sçauroit com
prendre ,
Ces
MAY. 1731. 1113
Ces désordres secrets , ces désirs inconnus
Par la crainte chassés , par l'amour reteaus ,
Et qui font attaquer avec plus de paissance ,
Toute cette pudeur que donne l'innocence,
L'approche de Socrate et de sa femme ,
oblige Alcibiade et Amicles à se retirer.
Mirto fait des reproches à Socrate qui
marquent cette humeur acariâtre, qui , au
rapport de l'Histoire ,a donné tant d'exercice
à la Philosophie de son Epoux . Elle
trouve fort mauvais qu'il prenne soin de
l'éducation d'une jeune fille , plus propre
à être sa Maîtresse que son Ecoliere. Socrate
se justifie autant qu'il lui est possible
; elle n'en est pas radoucie,et le quitte
brusquement , en lui disant :
J'en ai , pour mon malheur , des preuves trop
certaines ,
Et j'en vais de ce pas instruire tout Athénes.
Alcibiade aborde Socrate et l'embarasse
par sa présence ; il le raille pendant tout
Teur entretien , et le fait trembler au seul
nom de Timandre , qu'il prononce malicieusement.
Socrate quitte Alcibiade et
prétexte son départ sur ces deux vers :
Fij J'aime
114 MERCURE DE FRANCE
J'aimerais à rester dans ces endroits rustiques ,
Mais je dois satisfaire à mes leçons publiques .
Alcibiade ne démord point de sa poursuite
amoureuse , commeAmicles l'a prévu
dès le commencement de cet Acte , qu'il
termine par ces vers :
Cette Timandre est belle ; il n'en faut point dou
ter ;
Pour la voir , Amicles , je prétends tout tenter.
Dans Athénes rentrons sans tarder davanrage ;
Je ne veux point donner à Socrate d'ombrage ,
Et dans l'espoir flateur dont je suis agité ,
Sui-moi , je te dirai ce que j'ai projetté.
Timandre ouvre la Scene du second Acte
avec Cephise , qui n'est rien moins que
cet esprit sans art , dont Aglaunice a flatté
Socrate ; elle va d'abord au fait et propose
à Timandre pour premier coup d'essai ,
d'aller courir le monde pour y chercher
de jolis hommes ; elle demande à Timandre
si elle n'a jamais aimé. Timandre lui
confesse ingénûment , qu'elle a vû chez
Socrate un jeune Athénien qui lui parût
tres-aimable.
Aglaunice interrompt cette tendre conversation
,pour venir faire un superbe étar
Jage de son Astrologie; elle chasse Timandre
MAY. 1731 .
irrs
dre et Cephise comme des profanes.
La premiere vûë d'Alcibiade enflamme
Aglaunice comme il lui demande des
nouvelles de Timandre , qu'il dit n'avoir
jamais vûë ; Aglaunice pour profiter de
sa prévention , se donne elle - même pour
cette Timandre , qu'il cherche avec tant
d'ardeur ; Alcibiade étonné de trouver un
objet si défectueux et si contraire aux perfections
qu'on lui avoit fait attendre dans
la personne de Timandre , ne songe plus
qu'à s'en retourner à Athénes. Aglaunice
n'oublie rien pour le retenir ; elle lui
vante sa science. Alcibiade lui en demande
une preuve , et veut sçavoir d'elle ce
que fait actuellement un de ses amis , qui
s'appelle Alcibiade. Aglaunice, après avoir
consulté ses Ephémérides , lui dit hardiment
qu'Alcibiade est presentement en
rendez - vous avec la plus belle femme
d'Athénes. Alcibiade ne peut s'empêcher
d'éclater de rire , et se dispose à partir
pour Athénes.
Aglaunice surprise , lui dit :
Mais quoi vous n'avez donc rien à dire à Ti
mandre ?
Socrate lui répond :
Fiij Ah !
1116 MERCURE DE FRANCE.
Ah ! ma foy , non . Avant que m'offrir à ses yeux ,
Elle seule occupoit mon esprit en ces lieux ;
Et j'avois , il est vrai , cent choses à lui dire ;
Mais j'ai tout oublié , Madame , et me retire.
Aglaunice ne sçait que penser de la
brusque retraite d'Alcibiade , qu'elle ne
connoît point en core . Socrate vient lui
apprendre que c'est à Alcibiade même à
qui elle vient de parler. Aglaunice n'est
pas long- tems à se remettre de sa surprise.
Elle dit à Socrate qu'elle a prudemment
donné le change à Alcibiade , en lui faisant
accroire qu'elle étoit elle- même cette
Timandre qu'il cherchoit avec tant d'empressement.
Socrate s'étant retiré , Aglaunice refléchit
sur le mauvais accueil qu'Alcibiade
lui a fait ; mais elle ne désespere pas de
s'en faire aimer , fondée sur la profondeur
et l'infaillibilité de sa science.
Comme le dernier Acte est le plus chargé
d'action , nous avons crû qu'on nous
dispenseroit d'en donner un détail qui
grossiroit trop cet Extrait ; nous y supplérons
par une espece d'argument : le
voici de la maniere la plus succincte qu'il
nous a été possible.
Timandre apprend à Cephife que ce Cavalier
qu'elles viennent de voir, est ce même
MAY. 1731. Itty
à
me inconnu dont elle lui a parlé , et qui
lui est apparu autrefois avec tant d'avantage
chez Socrate.Cephise soupçonne que
c'est Alcibiade , parce qu'elle a entendu
plusieurs fois prononcer ce nom à Aglaunice,
d'une maniere à lui persuader qu'elle
en est amoureuse . Elle conseille à Timandre
de faire tenir un Billet de sa part
l'objet de son amour. Timandre n'y consent
pas ; mais la maniere dont la fin de
cette Scene est traitée , prépare les Spectateurs
aux effets que ce Billet produit quelque
temps après. En effet il est aporté à
Alcibiade , et mal reçu de lui, parce qu'il
le croit de la fausse Timandre , qui vient
de lui en envoyer un , dont il a fait fi peu
de cas qu'il l'a jetté par terre. Cephise
qui vient lui apporter le Billet de la veritable
, picquée du mauvais accueil qu'il
lui fait,lui répond d'une maniere à le faire
réfléchir ; il ne doute point que celle qui
s'est donnée pour Timandre ne lui en ait
imposé ; il est au désespoir d'avoir refusé
le second Billet. Il ordonne à Amicles de
se travestir , pour tâcher de donner à la
véritable Timandre un Billet qu'il va écrire,
pour lui faire entendre que le mauvais
accueil qu'il a fait à sa Messagere n'est
qu'un effet de son erreur . Ce projet s'exécute
; Amicles se déguise en Marchand
Fiiij Etran18
MERCURE DE FRANCE
•
Etranger. Timandre picquée contre Alcibiadé
, refuse avec fierté la lettre qu'A- micles
veut lui rendre de sa part. Alcibiade
impatient , arrive lui- même ; on s'éclaircit
: Il ne s'agit plus que d'amour d'une et
d'autre part. Socrate arrive ; il trouve Alcibiade
aux pieds de son aimable Ecoliere
; il en essuie quelques railleries qui
l'obligent à prendre son parti de bonne
grace. Aglaunice qui survient, ne soutient
pas cette aventure avec la même Philosophie.
Elle est convaincuë d'amour et d'imposture.
Alcibiade promet à Timandre de
lui faire un destin digne d'elle , par l'Hymen
qu'il lui propose et qu'elle accepte
avec beaucoup de plaisir. Socrate y consent,
et fait entendre qu'il a triomphé de
sa foiblesse.
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Résumé : Alcibiade, Comédie, [titre d'après la table]
La pièce 'Alcibiade' est une comédie en trois actes écrite par M. Poisson, publiée à Paris en 1731. L'auteur a adapté les 'Amours des Grands Hommes' de Madame de Ville-Dieu, conservant la simplicité du roman original et mettant en vers les pensées et la prose de l'œuvre source. M. Poisson attribue les applaudissements reçus aux beautés de l'original et aux talents des acteurs. L'intrigue se déroule dans un bois près d'Athènes et met en scène plusieurs personnages, dont Alcibiade, un seigneur athénien, Socrate, un philosophe, Mirto, femme de Socrate, Aglaunice, une astrologue, Timandre, une jeune Phrygienne, Cephise, confidente de Timandre, Amicles, confident d'Alcibiade, et des esclaves. Dans le premier acte, Socrate demande des nouvelles de Timandre à Aglaunice, cachant son amour pour elle. Amicles révèle la curiosité d'Alcibiade pour Timandre. Alcibiade explique son désir de voir Timandre, motivé par sa beauté. Mirto reproche à Socrate de s'occuper de l'éducation de Timandre. Alcibiade rencontre Socrate et le raille, mentionnant Timandre. Socrate quitte Alcibiade, prétextant ses leçons publiques. Alcibiade décide de poursuivre sa quête amoureuse. Dans le second acte, Timandre et Cephise discutent de leurs sentiments. Aglaunice interrompt leur conversation pour vanter son astrologie. Alcibiade arrive et demande des nouvelles de Timandre. Aglaunice se fait passer pour Timandre, mais Alcibiade, déçu, décide de partir. Aglaunice tente de le retenir en vantant sa science, mais Alcibiade demande des preuves et s'en va après avoir ri de la prédiction d'Aglaunice. Le troisième acte est résumé par un argument : Timandre apprend à Cephise que l'inconnu qu'elles ont vu est celui dont elle est amoureuse. Cephise soupçonne qu'il s'agit d'Alcibiade. Timandre refuse d'envoyer un billet à Alcibiade, mais Cephise le fait malgré tout. Alcibiade, croyant que le billet vient de la fausse Timandre, le rejette. Cephise le confronte, et Alcibiade réalise son erreur. Il envoie un billet à la véritable Timandre via Amicles, mais elle refuse la lettre. Alcibiade arrive et ils s'éclaircissent. Socrate les trouve et accepte leur union. Aglaunice est démasquée et Alcibiade promet à Timandre un destin digne d'elle par le mariage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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