AUTR E.
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E fuis oifeau de ma nature ;
Et dès que la belle faifon
Couvre la terre de verdure ,
>
Mon chant dans les forêts fait retentir mon nom.
Co nom , à certain jeu , dérange
Le projet d'un joueur qui médite une échange.
Qu'on me divife en deux , & qu'on prenne au
haſard ,
De mon corps l'une ou l'autre part ,
Je fuis à ton fervice , & je régle ou j'arrête
Tous les mouvemens de ta tête .
De l'une de ces parts le milieu retranché¸
46 MERCURE
DE
FRANCE
.
Si ce qui refte eft rapproché ,
Tu peux , ou tu n'es qu'une bête ,
Auffi-tôt découvrir en moi
Quelque chofe de deshonnête ,
Que tu ne visjamais en toi.
Coupe de ma moitié la tête fans ſcrupule,
Et je ne ferai plus qu'une conjonction ,
Dont , retranchant la queue , on me fait parti
cule,
Servant de vocatifou d'interjection .
Des fix pieds de mon corps-retranche la troifiéme ;
Retranche encore le fixième ,
Je t'offrirai foudain un fruit
Qu'un pays étranger produit.
Rejoins le dernier pied , en ôtant le cinquiéme ,
Ma foi , tu n'auras fous les yeux
Qu'un termé fort injurieux , DECA
Qui peut , dans le fiécle où nous fommes ,
Juftement s'adreffer à la plupart des hommes.