Résultats : 11669 texte(s)
Détail
Liste
51
p. 155-157
La Chasse donnée aux Espagnols par M. du Quesne, & M. le Marquis de Preüilly-d'Humieres. [titre d'après la table]
Début :
La valeur de ceux qui sont pres de nous, ne doit [...]
Mots clefs :
Vaisseaux espagnols, Mer, Marine
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texteReconnaissance textuelle : La Chasse donnée aux Espagnols par M. du Quesne, & M. le Marquis de Preüilly-d'Humieres. [titre d'après la table]
La valeur de ceux qui
font près de nous, ne doit
10 LE MERCURE
pas nous faire oublier celle t<
des Braves qui vont cher- b
cher les périls dans des d
lieux plus éloignez , où ils &
ont fou vent à combattre la d
fureur des Elemensles plus
furieux, Moniteur du Quefne, & Moniteur le Marquis
de Preüillv - d ’ Humieres,
Frere du Marefchal de ce
nom, tous deuxLieutenans
Generaux, font de ce nom- t
bre; tous les VaifTeaux Ef- <
pagnolsfuyent devant eux; h
& l ’intelligence qu’ils ont i
de la Marine, jointe à leur
valeur, les fait redouter de
G ALA N T . ijy
tous ceux qu’ils ont à combattre fur Mer.
font près de nous, ne doit
10 LE MERCURE
pas nous faire oublier celle t<
des Braves qui vont cher- b
cher les périls dans des d
lieux plus éloignez , où ils &
ont fou vent à combattre la d
fureur des Elemensles plus
furieux, Moniteur du Quefne, & Moniteur le Marquis
de Preüillv - d ’ Humieres,
Frere du Marefchal de ce
nom, tous deuxLieutenans
Generaux, font de ce nom- t
bre; tous les VaifTeaux Ef- <
pagnolsfuyent devant eux; h
& l ’intelligence qu’ils ont i
de la Marine, jointe à leur
valeur, les fait redouter de
G ALA N T . ijy
tous ceux qu’ils ont à combattre fur Mer.
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Résumé : La Chasse donnée aux Espagnols par M. du Quesne, & M. le Marquis de Preüilly-d'Humieres. [titre d'après la table]
Le texte célèbre les braves affrontant les dangers en lieux éloignés et combattant les éléments. Il mentionne le Moniteur du Québec et le Marquis de Préuilly d’Humières, frère du Maréchal du même nom, tous deux Lieutenants Généraux. Leur courage et leur intelligence en marine leur permettent de vaincre les vaisseaux espagnols et d'inspirer la crainte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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52
p. 157
Plusieurs Barques sont brûlées par Messieurs les Chevaliers Desgoustes, & de Noailles, & M. de S. André Montmejan. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur de S. André-Montmejan, & Messieurs les Chevaliers de Noailles [...]
Mots clefs :
Barques, Brûler
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texteReconnaissance textuelle : Plusieurs Barques sont brûlées par Messieurs les Chevaliers Desgoustes, & de Noailles, & M. de S. André Montmejan. [titre d'après la table]
Monfieur
Je S. André-Montmejan,
& Meilleurs les Chevaliers
Je Noailles & Defgoutes,
Capitaines des Vaiflcaux,
ont brûlé par leurs ordres
fix grandes Barques chargées de Blé fous le Canon
île Piombino
Je S. André-Montmejan,
& Meilleurs les Chevaliers
Je Noailles & Defgoutes,
Capitaines des Vaiflcaux,
ont brûlé par leurs ordres
fix grandes Barques chargées de Blé fous le Canon
île Piombino
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53
p. 157-158
Prise de la Cayenne par Monsieur le Comte d'Estrées. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur le Comte d'Estres Vice-Amiral de France, dont la [...]
Mots clefs :
Hollandais, Cayenne
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texteReconnaissance textuelle : Prise de la Cayenne par Monsieur le Comte d'Estrées. [titre d'après la table]
onfieur le Comte d’Ef.
trées Vice-Amiral de France, dont la réputation eft
établie fur Mer , & qui n’a
pas moinsde valeur que de
bonne conduite, a repris la
Cayenne, que les Hollan-
158 LE MERCURE
dois avoient furprife l’année dernière. 11 n’appartient q u ’aux François de
preffer des Places avec tant
devigueur, qn’on apprend
leur prife prefque dans le
mefme temps qu’on publie
qu’elles font affiegées
trées Vice-Amiral de France, dont la réputation eft
établie fur Mer , & qui n’a
pas moinsde valeur que de
bonne conduite, a repris la
Cayenne, que les Hollan-
158 LE MERCURE
dois avoient furprife l’année dernière. 11 n’appartient q u ’aux François de
preffer des Places avec tant
devigueur, qn’on apprend
leur prife prefque dans le
mefme temps qu’on publie
qu’elles font affiegées
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54
p. 158-169
Noms de tous les Officiers Generaux nommez cette année par le Roy. [titre d'après la table]
Début :
Retournons sur la Terre, nos plus grandes affaires y sont [...]
Mots clefs :
Officiers généraux, nommer, Lieutenants généraux, Maréchaux de camp, Brigadiers
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texteReconnaissance textuelle : Noms de tous les Officiers Generaux nommez cette année par le Roy. [titre d'après la table]
Retournons lurla'T'erre,
nos plus grandes affaires y
font j & parlons des Officiers Generaux que SaMajefé a nommez avant fon
départ. Ceux qui les ont
donnez au Public, en ont
oublié beaucoup. Je ne fera y peut-eftre pas plus fi*
G A L A N T . 159
delle dans ce que j'en vay
dire-, mais ït j'apprensque
je me fois trompé en quelque chofe, je marqueray
dans le Volume fuivant ce
qui fera venu à ma connoif
lance.
Il y a plus de trois mois
que SaMajelW a nommé
Lieutenans Generapx pour
fervir en Sicile, Moniteur
le Marquis de la Tour de
Montauban, & Moniteur
de Morftas -, ce dernier y
commandoit déjà en qualité de Marèfchal de Camp,
& Moniteur deMontauban
h>o LE MERCURE
cftoit Lieutenant de Roy
delà Comté. Il a efté Gouverneur de Zutphen & de
Nimegue, & il s’eft tellement fait aimer des Peuples qui ont dépendu de
iuy, -que ceux de Zutphen
mirent fon Portrait dans
leur Hoftcl de Ville lors
qu’il les quitta, avec deffein de l’y laifter toujours,
malgré la guerre qui eft
entre les deux Nations.
On doit avouer qüe la prudence du Roy & des Minif
très eft grande, de choifir
un Homme fi agréable aux
O
G A L A N T . i 6ï
peuples, pour envoyer dans
un lieu où ceux qui n’aujoient pas le fecrec de fe
faire aimer, y ruineroienc
les Affaires de France. Paf,
fons aux autres nouveaux
Officiers Generaux que Sa
Majefté nomma quelques
jours avant que de partir.
Je ne les mettray pas icy
félon les rangs que chacun
peut prétendre par fa naiffance ; les rangs n’eftans
point réglez en France , ce
n’cft pas à moy à décider
là-dçffus.
i6t LE MERCURE
Lieutenans Generaux.
Monsieur le Prince de Soubife.
Monfieur le Comte d'Auvergne.
Les Comtes duPleffis,
De Bifly,
DeChazeron,
De Montbron,
&DeGaflion.
Les Marquis de Genlis,
De Joyeufe,
i
1
DeRannes,
De laTrotdle,
& MonGeur deMonclar.
<^Marefchaux de CampMonGeurleComte d’AyeB
GALANT.
Jdonfieur le Prince Palatin
deBirckenfeld.
Meffieurs les Marquis de
Lambert,
DeRenty,
DeSchomberg,
DeTilladet,
• De Boufflers,
De Quincy,
&DelaRabliere.
Meffieurs les Chevaliers
Fourbin,
& DeTilladet.
Monlieur le Comte de
Broglio.
Meffieurs d’Albret,
De Bocquemare,
164 LE MERCURE
De Cezan,
. D ’Ortys,
De Pertuys,
De Ranche',
De Revillon,
D'Afpremonr,
De Lançon. J > ’ ' '
Des Bonnets,
& De la Villedieu.
Brigadiers de GendarmerieMoniteur dejonvelle.
Monfieurde la Fitte.
Brigadiers de Cavalerie.
Meilleurs les Marquis
De Nonnan,
De Bufcnval,
De la S aile,
G A L A N T . i6<
De laValette,
DeMontrevel,
De S. Gelais,
DuBoxdage,
& De Livourne.
MeÆîeurs les Comtes de
S. Aignan,
. & De Tallart.
Monlîeur le Chevalier
de Grignan.
Melfieurs de la Serre,
De S. Rut,
DeVivans,
DeLaniiallerie.
Brigadiers d'Infanterie.
i66 LE M ERCURE
De Nefle,
D ’Uxelles,
De la Pierre,
& De Souvray. ;
Meffieurs de Villechauvre,
De Varennes,
De S. André,
De Phisfer,
Catinar,
Chimene,
&Marans.
►
Z
Voila un grand nombre O
d’Officicrs Generaux ( dirat-on) fans ceux qui ont elle
faits depuis que la guerre
dure^ mais on doit conû-
G A L A N T . 167
Jeter que 11 l on n en a pas
tant veu dans les Régnés
préccdens, les Armées eftoicnr moins nombreufes
qu’elles ne font aujourd’huy. Cette raifon feule
n
’a pas obligé le Roy à
donner cette qualité à tant
de braves Gens; il y en a
bcfoinautre-parcqu’à l’Armée , & à qui ce titre eft
neceiîaire pour avoir plus
d’autorité dans les Provinces où ils demeureront.
Je feray connoiftre dans
un autre Volume quelles
i68 LE MERCURE
font les fondions des Lieutenans Generaux, Marefchaux de Camp,Brigadiers,
& Aydes de Camp, afin
que tous ceux de i un &de
l’autre Sexe qui les ignorent, fçachent dequoy ils
parlent {1 fouvent, & dequoy ils félicitent leurs
Amis ou leurs Parens, lors
que le Roy a reconnu en
eux toute la prudence &
toute la valeur neceflaire
pour eftre élevez à l’un de
ces grands Emplois. Tous
ceux qui les doivent rem- fa '• ? plir cette année ayant elte
nommez^
G A L A N T . 169
nommez, le Roy fur coucher à Compiegne le dernier jour de Février. Moniteur de Louvois cftoic party deux jours auparavant,
comme un éclair qui devance la foudr
nos plus grandes affaires y
font j & parlons des Officiers Generaux que SaMajefé a nommez avant fon
départ. Ceux qui les ont
donnez au Public, en ont
oublié beaucoup. Je ne fera y peut-eftre pas plus fi*
G A L A N T . 159
delle dans ce que j'en vay
dire-, mais ït j'apprensque
je me fois trompé en quelque chofe, je marqueray
dans le Volume fuivant ce
qui fera venu à ma connoif
lance.
Il y a plus de trois mois
que SaMajelW a nommé
Lieutenans Generapx pour
fervir en Sicile, Moniteur
le Marquis de la Tour de
Montauban, & Moniteur
de Morftas -, ce dernier y
commandoit déjà en qualité de Marèfchal de Camp,
& Moniteur deMontauban
h>o LE MERCURE
cftoit Lieutenant de Roy
delà Comté. Il a efté Gouverneur de Zutphen & de
Nimegue, & il s’eft tellement fait aimer des Peuples qui ont dépendu de
iuy, -que ceux de Zutphen
mirent fon Portrait dans
leur Hoftcl de Ville lors
qu’il les quitta, avec deffein de l’y laifter toujours,
malgré la guerre qui eft
entre les deux Nations.
On doit avouer qüe la prudence du Roy & des Minif
très eft grande, de choifir
un Homme fi agréable aux
O
G A L A N T . i 6ï
peuples, pour envoyer dans
un lieu où ceux qui n’aujoient pas le fecrec de fe
faire aimer, y ruineroienc
les Affaires de France. Paf,
fons aux autres nouveaux
Officiers Generaux que Sa
Majefté nomma quelques
jours avant que de partir.
Je ne les mettray pas icy
félon les rangs que chacun
peut prétendre par fa naiffance ; les rangs n’eftans
point réglez en France , ce
n’cft pas à moy à décider
là-dçffus.
i6t LE MERCURE
Lieutenans Generaux.
Monsieur le Prince de Soubife.
Monfieur le Comte d'Auvergne.
Les Comtes duPleffis,
De Bifly,
DeChazeron,
De Montbron,
&DeGaflion.
Les Marquis de Genlis,
De Joyeufe,
i
1
DeRannes,
De laTrotdle,
& MonGeur deMonclar.
<^Marefchaux de CampMonGeurleComte d’AyeB
GALANT.
Jdonfieur le Prince Palatin
deBirckenfeld.
Meffieurs les Marquis de
Lambert,
DeRenty,
DeSchomberg,
DeTilladet,
• De Boufflers,
De Quincy,
&DelaRabliere.
Meffieurs les Chevaliers
Fourbin,
& DeTilladet.
Monlieur le Comte de
Broglio.
Meffieurs d’Albret,
De Bocquemare,
164 LE MERCURE
De Cezan,
. D ’Ortys,
De Pertuys,
De Ranche',
De Revillon,
D'Afpremonr,
De Lançon. J > ’ ' '
Des Bonnets,
& De la Villedieu.
Brigadiers de GendarmerieMoniteur dejonvelle.
Monfieurde la Fitte.
Brigadiers de Cavalerie.
Meilleurs les Marquis
De Nonnan,
De Bufcnval,
De la S aile,
G A L A N T . i6<
De laValette,
DeMontrevel,
De S. Gelais,
DuBoxdage,
& De Livourne.
MeÆîeurs les Comtes de
S. Aignan,
. & De Tallart.
Monlîeur le Chevalier
de Grignan.
Melfieurs de la Serre,
De S. Rut,
DeVivans,
DeLaniiallerie.
Brigadiers d'Infanterie.
i66 LE M ERCURE
De Nefle,
D ’Uxelles,
De la Pierre,
& De Souvray. ;
Meffieurs de Villechauvre,
De Varennes,
De S. André,
De Phisfer,
Catinar,
Chimene,
&Marans.
►
Z
Voila un grand nombre O
d’Officicrs Generaux ( dirat-on) fans ceux qui ont elle
faits depuis que la guerre
dure^ mais on doit conû-
G A L A N T . 167
Jeter que 11 l on n en a pas
tant veu dans les Régnés
préccdens, les Armées eftoicnr moins nombreufes
qu’elles ne font aujourd’huy. Cette raifon feule
n
’a pas obligé le Roy à
donner cette qualité à tant
de braves Gens; il y en a
bcfoinautre-parcqu’à l’Armée , & à qui ce titre eft
neceiîaire pour avoir plus
d’autorité dans les Provinces où ils demeureront.
Je feray connoiftre dans
un autre Volume quelles
i68 LE MERCURE
font les fondions des Lieutenans Generaux, Marefchaux de Camp,Brigadiers,
& Aydes de Camp, afin
que tous ceux de i un &de
l’autre Sexe qui les ignorent, fçachent dequoy ils
parlent {1 fouvent, & dequoy ils félicitent leurs
Amis ou leurs Parens, lors
que le Roy a reconnu en
eux toute la prudence &
toute la valeur neceflaire
pour eftre élevez à l’un de
ces grands Emplois. Tous
ceux qui les doivent rem- fa '• ? plir cette année ayant elte
nommez^
G A L A N T . 169
nommez, le Roy fur coucher à Compiegne le dernier jour de Février. Moniteur de Louvois cftoic party deux jours auparavant,
comme un éclair qui devance la foudr
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Résumé : Noms de tous les Officiers Generaux nommez cette année par le Roy. [titre d'après la table]
Le texte aborde les nominations récentes d'officiers généraux effectuées par le roi avant son départ. L'auteur reconnaît la possibilité d'oublier certains noms mais s'engage à corriger toute erreur dans un volume ultérieur. Parmi les nominations notables, on trouve celles du Marquis de la Tour de Montauban et du Marquis de Moffas, désignés lieutenants généraux pour servir en Sicile. Le Marquis de Montauban, ancien lieutenant du roi en Comté, a également été gouverneur de Zutphen et de Nimègue, où il a gagné l'estime des populations locales, qui ont même affiché son portrait dans leur hôtel de ville. Le texte énumère également d'autres officiers généraux récemment nommés, incluant des lieutenants généraux, des maréchaux de camp, ainsi que des brigadiers de gendarmerie, de cavalerie et d'infanterie. L'auteur justifie ce grand nombre de nominations par l'augmentation de la taille des armées et la nécessité d'accroître l'autorité dans certaines provinces. Il précise que toutes ces nominations ont été faites avant le départ du roi de Compiègne à la fin du mois de février. Louvois était présent deux jours avant cette date.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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55
p. 169
Vers sur le Départ de Sa Majesté. [titre d'après la table]
Début :
Voicy des Vers qu'on fit sur ce qu’il tonna / Grand Roy, porte en tous lieux la Guerre, [...]
Mots clefs :
Roi, Fortune
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vers sur le Départ de Sa Majesté. [titre d'après la table]
Voicy des
Vers qu on fît for ce qu’il
tonna le jour que Sa Majefté partir.
Grand Roy, porte en tou-s
lieux La Guerre,
La Fortune guide tes pas,
Le Dieu Mars te prefle fin
bras,
Lt Jupiter teprefle fon Tonnerre
Vers qu on fît for ce qu’il
tonna le jour que Sa Majefté partir.
Grand Roy, porte en tou-s
lieux La Guerre,
La Fortune guide tes pas,
Le Dieu Mars te prefle fin
bras,
Lt Jupiter teprefle fon Tonnerre
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56
p. 170-202
Siege de Valenciennes, contenant plusieurs Particularitez qui n'ont point encore esté sçeuës, & les Noms de tous ceux qui se sont signalez, des Morts, des Blessez, & de ceux dont la Valeur a esté récompensée. [titre d'après la table]
Début :
Les secours qu'il reçoit de tant de Divinitez, sont bien moins [...]
Mots clefs :
Siège de Valenciennes, Marquis, Camp, Moniteur, Garde, Brigadier, Aide, Maréchal, Cavalerie, Attaque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Siege de Valenciennes, contenant plusieurs Particularitez qui n'ont point encore esté sçeuës, & les Noms de tous ceux qui se sont signalez, des Morts, des Blessez, & de ceux dont la Valeur a esté récompensée. [titre d'après la table]
Les fccours qu’il reçoit de
tant de Divinitez, font
bien moins confidérables
que les fervices que luy
rend Monficur de Louvois;
on n’a jamais veu une activité pareille à la fienne, &
il conduit avec tantdeprudence toutes les chofes
qu’il entreprend, qu’il ne
faut pas s’étonner fi elles
luy reüflïlTent toujours fi
heureufement. Sa grande
application auxAffaires,lon
extraordinaire prévoyance,
& fes foins continuels, ont
fait fleurir, pour les Armées
G A L A N T . 1 ? i
duRoy feulement, les mois
de May & de Juin dés la fin
de Février, & (ce qui n’avoit jamais eftéveu) a étonné cette année tous les Peuples qui en ont oüy parler;
^'cinquante mille Hom
mes de Cavalerie & d’infanterie, ont trouvé toutes
fortes de provifions, & fur
tout des fourages, dans une
Saifon peu avancée, dans
un Pais ruiné, & fur des
terres encor couvertes de
neiges : Cependant rien
n a manqué, tout a marché
malgré les mauvais che-
I
7
z LE MERCURE
mins, les Travaux fe font
faits malgré’les injures de
1 air-, & une Place où rien
ne mànquoit , qui cftoit
confidérable par les Fortifications, difficile à prendre
àcaufe de fa fituation, défendue par un brave Gouverneur qui avoir toute la
réfolution qu’il faloit pour
foûtenir un long Siégé, Si
par une Garnifon notngnols, de Walons, d Italiens , d’Allemans, & de
quantité de Nobleffie du
Pais,fans compter lesBour-
GALANT. i7
<
les armes; une Place,dis-je,
fi forte & fi bien pourveue
de toutes choies, a efté
prife d ’aiTaut apres huit
jours de tranchée ouverte.
C’eft ce qui paroiftra incroyable aux Siècles futurs, &qui ne fera pas feulement admirer la valeur Se
la parfaite intelligence du
Roy auMeftier de la guerre -, mais fa prudence à
choifir des Minières habiles & zélez pour fon fervice, &dont la prévoyance
a toujours efté fi grande,
P h
i
7 4 LE MERCURE |
qu’il n’a jamais manqué de 1
trouver en abondance & f
l’argent, & toutes les autres a
chofes necefTaires pour le- à
xecution des grandes en- 1
treprifes qu’il a méditées. (
Le Siégé de Valenciennes
1
cftant une des plus confi- t
dérables qu’on pût faire, i
par toutes les raifons que
nous avons dites cy-deffus ; fi-tott que le Roy fut
arrivé au Cam p, il reconnut
la Place, & l’on peut dire
que les ordres qu’il donna,
furent d’un Capitaine consommé , puis qu’ils ont û
G A L A N T . 175
bien reüffy. Les Bourgeois
fiers de cout ce que nous
avons marqué qui fervoit
à leur défenfe, donnèrent
fur leurs Rampars le jour
de Carefme-prenant, les
Violons, pour fe moquer
des Troupes qui avoient
invefty la Place; mais on
leur répondit quelques
jours apres avec d’autres
Inftrumens qui leur ofterent l’envie de dançer. Le
Mardyqui fuivit l’Aubade,
la Tranchée fut ouverte.
Voicy les Noms des Officiers Generaux qui penP iiij
i
7
6 le mercure
dant les huit jours que le
Siège a dure', y ont monté
la Garde.'
Première Garde.
Elle fut monte'e par
Monfieur le Marefchal de
Schomberg, Monfieur le
Comte de Magaloti Lieutenant General, Monfieur - ■
le Comte de S. Geran Mare fc ha 1 de Camp. Monfieur de Rubantel Brigadier, & Monfieur le Marquis d ’Angeau Ayde de
Camp du Roy. Monfieur
de Jonvelle Brigadier eftoit à la tefte de la CavaV
:
G A L A N T . i 7 7
lcrie. On fit plus de fix cens
pas de travail.
Seconde Garde.
Monfieur le Marelchal
Duc de la Feüillade, Monfieur le Marquis de Renel
Lieutenant General, Monfieur le Marquis deTiiladet
MarefchaldeCamp, M onfieur le Marquis de Revel
Brigadier de Cavalerie,
O (
.. . .
Monfieur d’Aubarede Brigadier d’infanterie,& Monfieur le Prince d’Harcour
Ayde de Camp du Roy,
entrèrent dans la Tranchée
à la place de ceux qui en
i
7
8 LE MERCURE
forment. On l ’avança
beaucoup, & l’on fit des
Places d’armes.
Troisième Garde.
La fécondé Garde fut relevée par Monfieur le Duc
de Luxembourg, Monfieur
le Marquis de la Cardonniere Lieutenant General,
Monfieur le Chevalier de
Sourdis Marefchal de Cap,
Monfieur de Bertillac Brigadier deCavalerie, Monfieur de Tracy Brigadier
d ’infanterie, & Monfieur
le Marquis de Chiverny
Ayde de Camp du Roy.
G A L A N T . 179
Quatrième Garde.
Ceux qui la montèrent
furent Moniteur le Marefchal de Lorge, Moniteur
le Comte du Pie (Iis Lieutenant General, Monfieur
d’Albret Marefchal de
Camp, Monfteur le Marquis de Livourne Brigadier
de Cavalerie, Moniteur le
Marquis de Bourlemont
Brigadier d’infanterie, &
Moniteur le Marquis de
Cavoye Ayde de Camp du
Roy. Le Canon & lesCarcaltes firent grand feu. On
infulta une Redoute,& l’on
prit un Fauxbourg.
i8o LE MERCURE
Cinquième Ga,rde. '
Les Officiers Generaux ;
qui relevèrent la Garde
pre'cedente, furent Mon- '
Leur le Marefchal d’Humieres, MonfieurleComtc
d ’ Auvergne Lieutenant
General, Monfieur le Chevalier de Tilladet Marefchal de Camp, Monfieur
le Chevalier de Grignan
Brigadier de Cavalerie,
Monfieur de S. Georges
Brigadier d’infanterie , & O J , J ||
Monfieur le Chevalier de
Nogent Ayde de Camp
du Roy. Le Canon ruina
GALANT. 181
des Defences; on fit de
grandes Places d’armes, &
les Carcafles mirent le feu
à plufieurs Maifons. Le
feu.de cesCarcalTes ne fe
peutéceindre, il brûle dans
l’eau, elles font remplies
de Grenades & de Canons
de Moufquet chargez de
Balles.
Sixième Garde.
Elle fut montée par
Moniteur le Marefchal de
Schomberg, Moniteur le
Duc de Villeroy Lieutenant General, Moniteur le
Prince Palatin de Bircken-
181 LE MERCURE
fcld, d e la MaifonPalatïnel !
Lieutenant General, Mon-
{leur le Marquis de Montrevel Brigadier de Cavalerie, Monfieur leMarquis
de la Pierre Brigadier d’In- j
fanterie, & Monfieur le
Marquis d’Arcy Ayde de
Camp du Roy.
Septième Garde.
Monfieur le ’Marefchal
deSchomberg, & les Offi- j
ciers Generaux de la Garde
precedente, furent relevez
par Monfieur le Marefchal
Duc de la Feüillade, Mon-
___
fieur le Comte de Mont-
G A L A N T . 185
bron Lieutenant General,
MonfieurStoup Marefchal
de Camp , Monfieur le
Marquis de Revel Brigadier de Cavalerie, Moniteur le Marquis d’Uxelles
Brigadier d’infanterie, &
Moniteur le Prince d’Elbeuf Ayde de Camp du
Roy. On avança les Batteries & les Mortiers ; la
Tranche'e e'tenduë en trois
branches, environna l’Ouvrage qu’on vouloit attaquer, & l’on fît des Places
d’armes allez grandes pour
mertre un bon Corps d’infanterie à couvert.
184 LE mercure
Huitième Garde.
Ceux qui eurent le bonheur de monter la Garde
le jour de l’Attaque, furent
Monfieur le Duc de Luxembourg , Monfieur le
Marquis de laTroufleLieutenant General, Monfieur
le Comte de S. Geran Marefchal de Camp, & Monfieur le Chevalier de Vendolme Ayde de Camp du
Roy. L es Troupes qui
montèrent la Tranchée avec eux, furent trois Bataillons des Gardes Françoifes, commandez par
G A L A N T . igjr
pondeur de Rubantel B ripériment. Mondeur de
JJ.i^aloti qui n’eft inr point
Lieutenant General de jour
n’ydevoit point entrer, ne
pût fe réfoudre à perdre
une d belle occadon de fe
fiçrnaler, & il y fut en qualité de Lieutenant Colonel
des Gardes. Les autres
Commandans firent de
mefme, & fe mirenc à la
I * *•
telle des Détachemens de
leurs Corps fans y eftre
obligez. MeflieurslesMirquis de Bourlenaont & de
CL
SI
186 LE MERCURE
la Pierre,furent de ce nom- c
bre, & commandèrent les f
Bataillons détachez de Pi- 1
cardie & de SoiïTons. Les t
Détachemens des Mouf- I
quetaires blancs & noirs, f
furent commandez par c
Monfieur le Chevalier r
Fourbin, & par Monfieur. (
le Marquis de Jonvelle. c
Ils pouvoient s’en difpen- 1
fer, non feulement comme c
Officiers Generaux qui né- 1
toient pas de jour, mais en- i
cor parce qu’ils n’eftoient I
pas obligez de commander c
des Détachemens ; cepen- (
1
I
I
b
I
b
I
I
I
►
B
b
t
I
. Generaux,
G A L A N T . 1S7
dant leur courage l ’emporta fur toutes ces raifons, & ils fe mirent à la
telle des Moufquetaires.
Les autres Troupes qui
partagèrent la gloire de
cette grande Journée, furent la Compagnie des
Grenadiers de la Maifon
du Roy, commandée par
Monlieur Riorot, quarante
deux Compagnies de tous
lès Bataillons de l’Armée,
& les Carabins des Gardes.
Le Roy ayant donné les
ordres à tous les Officiers
Monlieur de
Q Ji
188 LE MERCURE
Luxembourg accompagné
de tant de braves Gens, &
de tous les Officiers qui
commandoient les Détacliemens, vilita pendant
toute la nuit les lieux qu’on
devoir infulter. Le Signal
fut donné à huit heures du
matin-, l’Ouvrage couronné fut attaqué par le front
parle Marquis delaTroulïe
& le Comte de S. Geran,
qui eftoient à la telle des
Gardes & de Picardie. On I
n ’attaque ordinairement
ces fortes d’Ouvrages que
par le devant • on s’y loge
G A L A N T . 189
peu à peu, on en eft chaffé,
on les reprend, & c’eft ce
quifait îalongueurdesSièges -, mais les François animez par la préfence de leur
R oy, n’en ufenr pas ainfy.
L’Ouvrage fuc en mefme
temps attaqué & par le
front & par la gorge, c’eft
à direprefque par derrière,
& fur le bord du Fofle, ou
l’on eftiiye le feu des Rampars. Ceux q u ’on commanda pour la droite, furent les Grenadiers de la
Maifon du Roy , foûtenus
des Moufquetaires de la
190 LE MERCURE
Première Compagnie, &
d ’un Détachement des
Gardes commandé par
Meflieurs de la Tournelle
& d’Avegeanr. Le codé
gauche fut attaqué par les
Grenadiers de Picardie, les
Moufquetaires de la Seconde Compagnie, & un
Détachement de Picardie.
CesTroupes forcèrent tous
les Dehors; & les Ennemis
eftant non feulement attaquez par le front, mais fe
voyant encor pris en flanc
des deux coïtez. fe fauverent de Polie en Polie, &
I
G A L A N T . 191 '
gagnèrent la Ville, où nos
Gens entrèrent avec euxj
ils pouflerent la Cavalerie
qui eftoit en Bataille, jufques dans la Place d’armes,
& fe barricadèrent contre
elle Sccontrc lesBourgeois.
Un CommiiTaire d’Artillerie, dont jevoudrois fçavoir le nom, pour luy rendre icy la gloire qui luy eft
deué, eut l’efprit aflez préfent pour fuivre tant de
braves Gens, & pour tourner le Canon qui eftoit' [ùr
les Rampars contre laVille.
Meflieurs Foiirbin, Jon-
•
LE MERCURE
velle, Maupertuis, le Marquis de Vains, Moiffiac, de
Barrière, delà Hoguette.
& de Rigoville, Officiers
des Moufquetaires, & Mefïieurs Riotor, Boitirou,&
quelques Officiers des autres Corps, furent quelque
temps dans la Ville en petit nombre. Le Roy n’eut
pas fi toft appris que les
Troupes commençoient à
entrer, qu’il ordonna qu’on
empefchaft le pillage, &
l ’on ne trouva point de
meilleur moyen pour arrefter les Soldats, que de
crier,
G A L A N T . i 9J
crier, 'voila, le Roy. Ces paroles leur infpirerent d’abord une crainte relpedueufe qui les retint; &fi
fa préfence avoir fait prendre fi promptement une
Place fi importante, il n’a
cftébefoinque de prononcer fon nom pour la garantir du pillage. Sa Majefte'
a fait grâce à tous les Habitans, quelle a remis dans
tous leurs Privilèges, & ils
fefont obligez de bâtir une _ O * f* '
Citadelle à leurs defpens.
La conduite & la valeur
degl
n’en
194 LE MERCURE
Luxembourg a fait voir
dans cette occafion, où il
a efté leeerement bielle, C? \ J
* I
luy ont acquis beaucoup
oire. Ce n’efl pas qu’il
fut de'ja couvert, &
qu’on ne fe fouvienne encor des importantesPlaces
qu’il a priles en fi peu de
temps, lors qu’il cominandoit un Détachement des \ y
Troupes de France avec
celles de Munfter: On n a
pas oublié l’Affaire de Bodengrave, fur laquelle on
aura peine à croire l’hif- ■
toire; & l’on parle encor
4
/
G A L A N T . 195
aujourd'huy de la Courfe
qu’il fit jufques auprès de
la Haye, où le dégel l'empefcha d entrer. Toutes
ces grandes Allions luy
donnèrent la voix du Peuple pour le Bafton de Mare fc ha 1 de France, dont Sa
Majefté reconnut fes .fervices quelque tetnps apres,
& elle adjoùca meftne au
Bafton qu’elle luy donna,
l’une des Charges de Capitaine de fes Gardes.
Moniteur le Chevalier
de Vendofme n’étant point
de jour, ne laiffa pas de fe
- R ij
I
9
6 le mercure
trouver comme Volontaire
à l’Attaque de l’Ouvrage
couronné : Il ne faut pas
s'en étonner, c’eft un Lyon
dans le Combat -, & ce qu'il
fit en Candie dans un âge
fi peu avancé, efc une grande marque de fa valeur.
Monfieur le Marquis de
Cœuvres s’eft pareillement
fignalé à la tefte du Détachement de fonRegiment.
Monfieur le Comte de
•
s. Geran. a efté blefTéd’une
Grenade, en donnant des
marques d’une valeur extraordinaire.
G A L A N T . 197
M onfieurlcM arquisdeSevigny aauA îeftéblefleàla
telle des Dauphins en portant desFafcines, avec une
intrépidité fans exemple.
Meflieurs de Champigny
Capitaine aux G ardes, le
Marquis duCharmel, Boute t, & de Cailleries, ont
acheté par la perte d’un peu
de fang, la gloire qu’ils ont
acquife.
Moniteur de Sainte Catherine CommilTaire de
l’Artillerie, a efté tué, au Albien que Moniteur le Marquis deBourlemont Briga-
198 LE MERCURE
dier d Infanterie &: Meftre
de Camp de Picardie. Ce
dernier avoir donné des
marques d’une valeur extraordinaire en plufienrs
rencontres, & fur tout en
Allemagne. Jamais Officier n’a efté plus regreté.
Monfieur de Hatcour de
Bevron, qui a fi bien fervy
à Maftric, a eu fon Régiment. Plufieurs eftans embaraflez parle nom de Harcour, je croy devoir expliquer icy que Harcour eft
un nom de Famille, & Bevron d’une Terre-, au lieu
G A L A N T . 199
que dans laMaifon de Loraine , Harcour eft le nom
d’une Comté. Le Fils de
Moniteur le Marefchal
d Humieres a eu le Régiment d’Harcour.
Le Roy a donné le#
Gouvernement de Valenciennes à Moniteur de Magaloti. Nous avons parle de
fon mérite; c’eft un Hom
me propre à gouverner un
grand Peuple, & ce choix
Fait voir que Sa Majefté ne
fait rien fans l’avoir examiné , & qu’avec un jugement & une prudence admirables.
io o LE MERCURE
Monfieur Foucaut Lieutenant Colonel du Régiment de Bourgogne, a eu
la Lieutenance de Roy, &
ce Prince a voulu reconnoiftre par là les fervices
qu’ilJuy a rendus. La Majorité a efté donnée à Monfieur de Chazerat Capitaine dans Navarre, tresliabile Ingénieur.Monfieur
Gcnty Brigadier des Gardes du Corps, a efté fait
Ayde-Major, & Monfieur
le Comte de Quincy Grand
G A L A N T / toi
la Place, ayant eftè vifiter
les Travaux qu’il avoit ordonnez pendant le Siégé,
a efte' fi fatisfait, qu’il a fait
donner vingt-cinq mille
ECusà Moniteur de Vauban
qui les avoir conduits.
Meilleurs de Jonvelle,
de Vains,Maupertuis, de la
Hoguette, des Baniercs,
Rigoville, & de Moiifac,
ont eu non feulement beaucoup de louanges de Sa.
Majefté, mais ils ont mefme eu fur l’heure des récompenfes dignes de leur
valeur. On promettoit au4
201. LE MERCURE • -
trefois à la Cour; mais au-'
jourd’huy on donne fans
avoir promis
tant de Divinitez, font
bien moins confidérables
que les fervices que luy
rend Monficur de Louvois;
on n’a jamais veu une activité pareille à la fienne, &
il conduit avec tantdeprudence toutes les chofes
qu’il entreprend, qu’il ne
faut pas s’étonner fi elles
luy reüflïlTent toujours fi
heureufement. Sa grande
application auxAffaires,lon
extraordinaire prévoyance,
& fes foins continuels, ont
fait fleurir, pour les Armées
G A L A N T . 1 ? i
duRoy feulement, les mois
de May & de Juin dés la fin
de Février, & (ce qui n’avoit jamais eftéveu) a étonné cette année tous les Peuples qui en ont oüy parler;
^'cinquante mille Hom
mes de Cavalerie & d’infanterie, ont trouvé toutes
fortes de provifions, & fur
tout des fourages, dans une
Saifon peu avancée, dans
un Pais ruiné, & fur des
terres encor couvertes de
neiges : Cependant rien
n a manqué, tout a marché
malgré les mauvais che-
I
7
z LE MERCURE
mins, les Travaux fe font
faits malgré’les injures de
1 air-, & une Place où rien
ne mànquoit , qui cftoit
confidérable par les Fortifications, difficile à prendre
àcaufe de fa fituation, défendue par un brave Gouverneur qui avoir toute la
réfolution qu’il faloit pour
foûtenir un long Siégé, Si
par une Garnifon notngnols, de Walons, d Italiens , d’Allemans, & de
quantité de Nobleffie du
Pais,fans compter lesBour-
GALANT. i7
<
les armes; une Place,dis-je,
fi forte & fi bien pourveue
de toutes choies, a efté
prife d ’aiTaut apres huit
jours de tranchée ouverte.
C’eft ce qui paroiftra incroyable aux Siècles futurs, &qui ne fera pas feulement admirer la valeur Se
la parfaite intelligence du
Roy auMeftier de la guerre -, mais fa prudence à
choifir des Minières habiles & zélez pour fon fervice, &dont la prévoyance
a toujours efté fi grande,
P h
i
7 4 LE MERCURE |
qu’il n’a jamais manqué de 1
trouver en abondance & f
l’argent, & toutes les autres a
chofes necefTaires pour le- à
xecution des grandes en- 1
treprifes qu’il a méditées. (
Le Siégé de Valenciennes
1
cftant une des plus confi- t
dérables qu’on pût faire, i
par toutes les raifons que
nous avons dites cy-deffus ; fi-tott que le Roy fut
arrivé au Cam p, il reconnut
la Place, & l’on peut dire
que les ordres qu’il donna,
furent d’un Capitaine consommé , puis qu’ils ont û
G A L A N T . 175
bien reüffy. Les Bourgeois
fiers de cout ce que nous
avons marqué qui fervoit
à leur défenfe, donnèrent
fur leurs Rampars le jour
de Carefme-prenant, les
Violons, pour fe moquer
des Troupes qui avoient
invefty la Place; mais on
leur répondit quelques
jours apres avec d’autres
Inftrumens qui leur ofterent l’envie de dançer. Le
Mardyqui fuivit l’Aubade,
la Tranchée fut ouverte.
Voicy les Noms des Officiers Generaux qui penP iiij
i
7
6 le mercure
dant les huit jours que le
Siège a dure', y ont monté
la Garde.'
Première Garde.
Elle fut monte'e par
Monfieur le Marefchal de
Schomberg, Monfieur le
Comte de Magaloti Lieutenant General, Monfieur - ■
le Comte de S. Geran Mare fc ha 1 de Camp. Monfieur de Rubantel Brigadier, & Monfieur le Marquis d ’Angeau Ayde de
Camp du Roy. Monfieur
de Jonvelle Brigadier eftoit à la tefte de la CavaV
:
G A L A N T . i 7 7
lcrie. On fit plus de fix cens
pas de travail.
Seconde Garde.
Monfieur le Marelchal
Duc de la Feüillade, Monfieur le Marquis de Renel
Lieutenant General, Monfieur le Marquis deTiiladet
MarefchaldeCamp, M onfieur le Marquis de Revel
Brigadier de Cavalerie,
O (
.. . .
Monfieur d’Aubarede Brigadier d’infanterie,& Monfieur le Prince d’Harcour
Ayde de Camp du Roy,
entrèrent dans la Tranchée
à la place de ceux qui en
i
7
8 LE MERCURE
forment. On l ’avança
beaucoup, & l’on fit des
Places d’armes.
Troisième Garde.
La fécondé Garde fut relevée par Monfieur le Duc
de Luxembourg, Monfieur
le Marquis de la Cardonniere Lieutenant General,
Monfieur le Chevalier de
Sourdis Marefchal de Cap,
Monfieur de Bertillac Brigadier deCavalerie, Monfieur de Tracy Brigadier
d ’infanterie, & Monfieur
le Marquis de Chiverny
Ayde de Camp du Roy.
G A L A N T . 179
Quatrième Garde.
Ceux qui la montèrent
furent Moniteur le Marefchal de Lorge, Moniteur
le Comte du Pie (Iis Lieutenant General, Monfieur
d’Albret Marefchal de
Camp, Monfteur le Marquis de Livourne Brigadier
de Cavalerie, Moniteur le
Marquis de Bourlemont
Brigadier d’infanterie, &
Moniteur le Marquis de
Cavoye Ayde de Camp du
Roy. Le Canon & lesCarcaltes firent grand feu. On
infulta une Redoute,& l’on
prit un Fauxbourg.
i8o LE MERCURE
Cinquième Ga,rde. '
Les Officiers Generaux ;
qui relevèrent la Garde
pre'cedente, furent Mon- '
Leur le Marefchal d’Humieres, MonfieurleComtc
d ’ Auvergne Lieutenant
General, Monfieur le Chevalier de Tilladet Marefchal de Camp, Monfieur
le Chevalier de Grignan
Brigadier de Cavalerie,
Monfieur de S. Georges
Brigadier d’infanterie , & O J , J ||
Monfieur le Chevalier de
Nogent Ayde de Camp
du Roy. Le Canon ruina
GALANT. 181
des Defences; on fit de
grandes Places d’armes, &
les Carcafles mirent le feu
à plufieurs Maifons. Le
feu.de cesCarcalTes ne fe
peutéceindre, il brûle dans
l’eau, elles font remplies
de Grenades & de Canons
de Moufquet chargez de
Balles.
Sixième Garde.
Elle fut montée par
Moniteur le Marefchal de
Schomberg, Moniteur le
Duc de Villeroy Lieutenant General, Moniteur le
Prince Palatin de Bircken-
181 LE MERCURE
fcld, d e la MaifonPalatïnel !
Lieutenant General, Mon-
{leur le Marquis de Montrevel Brigadier de Cavalerie, Monfieur leMarquis
de la Pierre Brigadier d’In- j
fanterie, & Monfieur le
Marquis d’Arcy Ayde de
Camp du Roy.
Septième Garde.
Monfieur le ’Marefchal
deSchomberg, & les Offi- j
ciers Generaux de la Garde
precedente, furent relevez
par Monfieur le Marefchal
Duc de la Feüillade, Mon-
___
fieur le Comte de Mont-
G A L A N T . 185
bron Lieutenant General,
MonfieurStoup Marefchal
de Camp , Monfieur le
Marquis de Revel Brigadier de Cavalerie, Moniteur le Marquis d’Uxelles
Brigadier d’infanterie, &
Moniteur le Prince d’Elbeuf Ayde de Camp du
Roy. On avança les Batteries & les Mortiers ; la
Tranche'e e'tenduë en trois
branches, environna l’Ouvrage qu’on vouloit attaquer, & l’on fît des Places
d’armes allez grandes pour
mertre un bon Corps d’infanterie à couvert.
184 LE mercure
Huitième Garde.
Ceux qui eurent le bonheur de monter la Garde
le jour de l’Attaque, furent
Monfieur le Duc de Luxembourg , Monfieur le
Marquis de laTroufleLieutenant General, Monfieur
le Comte de S. Geran Marefchal de Camp, & Monfieur le Chevalier de Vendolme Ayde de Camp du
Roy. L es Troupes qui
montèrent la Tranchée avec eux, furent trois Bataillons des Gardes Françoifes, commandez par
G A L A N T . igjr
pondeur de Rubantel B ripériment. Mondeur de
JJ.i^aloti qui n’eft inr point
Lieutenant General de jour
n’ydevoit point entrer, ne
pût fe réfoudre à perdre
une d belle occadon de fe
fiçrnaler, & il y fut en qualité de Lieutenant Colonel
des Gardes. Les autres
Commandans firent de
mefme, & fe mirenc à la
I * *•
telle des Détachemens de
leurs Corps fans y eftre
obligez. MeflieurslesMirquis de Bourlenaont & de
CL
SI
186 LE MERCURE
la Pierre,furent de ce nom- c
bre, & commandèrent les f
Bataillons détachez de Pi- 1
cardie & de SoiïTons. Les t
Détachemens des Mouf- I
quetaires blancs & noirs, f
furent commandez par c
Monfieur le Chevalier r
Fourbin, & par Monfieur. (
le Marquis de Jonvelle. c
Ils pouvoient s’en difpen- 1
fer, non feulement comme c
Officiers Generaux qui né- 1
toient pas de jour, mais en- i
cor parce qu’ils n’eftoient I
pas obligez de commander c
des Détachemens ; cepen- (
1
I
I
b
I
b
I
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B
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. Generaux,
G A L A N T . 1S7
dant leur courage l ’emporta fur toutes ces raifons, & ils fe mirent à la
telle des Moufquetaires.
Les autres Troupes qui
partagèrent la gloire de
cette grande Journée, furent la Compagnie des
Grenadiers de la Maifon
du Roy, commandée par
Monlieur Riorot, quarante
deux Compagnies de tous
lès Bataillons de l’Armée,
& les Carabins des Gardes.
Le Roy ayant donné les
ordres à tous les Officiers
Monlieur de
Q Ji
188 LE MERCURE
Luxembourg accompagné
de tant de braves Gens, &
de tous les Officiers qui
commandoient les Détacliemens, vilita pendant
toute la nuit les lieux qu’on
devoir infulter. Le Signal
fut donné à huit heures du
matin-, l’Ouvrage couronné fut attaqué par le front
parle Marquis delaTroulïe
& le Comte de S. Geran,
qui eftoient à la telle des
Gardes & de Picardie. On I
n ’attaque ordinairement
ces fortes d’Ouvrages que
par le devant • on s’y loge
G A L A N T . 189
peu à peu, on en eft chaffé,
on les reprend, & c’eft ce
quifait îalongueurdesSièges -, mais les François animez par la préfence de leur
R oy, n’en ufenr pas ainfy.
L’Ouvrage fuc en mefme
temps attaqué & par le
front & par la gorge, c’eft
à direprefque par derrière,
& fur le bord du Fofle, ou
l’on eftiiye le feu des Rampars. Ceux q u ’on commanda pour la droite, furent les Grenadiers de la
Maifon du Roy , foûtenus
des Moufquetaires de la
190 LE MERCURE
Première Compagnie, &
d ’un Détachement des
Gardes commandé par
Meflieurs de la Tournelle
& d’Avegeanr. Le codé
gauche fut attaqué par les
Grenadiers de Picardie, les
Moufquetaires de la Seconde Compagnie, & un
Détachement de Picardie.
CesTroupes forcèrent tous
les Dehors; & les Ennemis
eftant non feulement attaquez par le front, mais fe
voyant encor pris en flanc
des deux coïtez. fe fauverent de Polie en Polie, &
I
G A L A N T . 191 '
gagnèrent la Ville, où nos
Gens entrèrent avec euxj
ils pouflerent la Cavalerie
qui eftoit en Bataille, jufques dans la Place d’armes,
& fe barricadèrent contre
elle Sccontrc lesBourgeois.
Un CommiiTaire d’Artillerie, dont jevoudrois fçavoir le nom, pour luy rendre icy la gloire qui luy eft
deué, eut l’efprit aflez préfent pour fuivre tant de
braves Gens, & pour tourner le Canon qui eftoit' [ùr
les Rampars contre laVille.
Meflieurs Foiirbin, Jon-
•
LE MERCURE
velle, Maupertuis, le Marquis de Vains, Moiffiac, de
Barrière, delà Hoguette.
& de Rigoville, Officiers
des Moufquetaires, & Mefïieurs Riotor, Boitirou,&
quelques Officiers des autres Corps, furent quelque
temps dans la Ville en petit nombre. Le Roy n’eut
pas fi toft appris que les
Troupes commençoient à
entrer, qu’il ordonna qu’on
empefchaft le pillage, &
l ’on ne trouva point de
meilleur moyen pour arrefter les Soldats, que de
crier,
G A L A N T . i 9J
crier, 'voila, le Roy. Ces paroles leur infpirerent d’abord une crainte relpedueufe qui les retint; &fi
fa préfence avoir fait prendre fi promptement une
Place fi importante, il n’a
cftébefoinque de prononcer fon nom pour la garantir du pillage. Sa Majefte'
a fait grâce à tous les Habitans, quelle a remis dans
tous leurs Privilèges, & ils
fefont obligez de bâtir une _ O * f* '
Citadelle à leurs defpens.
La conduite & la valeur
degl
n’en
194 LE MERCURE
Luxembourg a fait voir
dans cette occafion, où il
a efté leeerement bielle, C? \ J
* I
luy ont acquis beaucoup
oire. Ce n’efl pas qu’il
fut de'ja couvert, &
qu’on ne fe fouvienne encor des importantesPlaces
qu’il a priles en fi peu de
temps, lors qu’il cominandoit un Détachement des \ y
Troupes de France avec
celles de Munfter: On n a
pas oublié l’Affaire de Bodengrave, fur laquelle on
aura peine à croire l’hif- ■
toire; & l’on parle encor
4
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aujourd'huy de la Courfe
qu’il fit jufques auprès de
la Haye, où le dégel l'empefcha d entrer. Toutes
ces grandes Allions luy
donnèrent la voix du Peuple pour le Bafton de Mare fc ha 1 de France, dont Sa
Majefté reconnut fes .fervices quelque tetnps apres,
& elle adjoùca meftne au
Bafton qu’elle luy donna,
l’une des Charges de Capitaine de fes Gardes.
Moniteur le Chevalier
de Vendofme n’étant point
de jour, ne laiffa pas de fe
- R ij
I
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6 le mercure
trouver comme Volontaire
à l’Attaque de l’Ouvrage
couronné : Il ne faut pas
s'en étonner, c’eft un Lyon
dans le Combat -, & ce qu'il
fit en Candie dans un âge
fi peu avancé, efc une grande marque de fa valeur.
Monfieur le Marquis de
Cœuvres s’eft pareillement
fignalé à la tefte du Détachement de fonRegiment.
Monfieur le Comte de
•
s. Geran. a efté blefTéd’une
Grenade, en donnant des
marques d’une valeur extraordinaire.
G A L A N T . 197
M onfieurlcM arquisdeSevigny aauA îeftéblefleàla
telle des Dauphins en portant desFafcines, avec une
intrépidité fans exemple.
Meflieurs de Champigny
Capitaine aux G ardes, le
Marquis duCharmel, Boute t, & de Cailleries, ont
acheté par la perte d’un peu
de fang, la gloire qu’ils ont
acquife.
Moniteur de Sainte Catherine CommilTaire de
l’Artillerie, a efté tué, au Albien que Moniteur le Marquis deBourlemont Briga-
198 LE MERCURE
dier d Infanterie &: Meftre
de Camp de Picardie. Ce
dernier avoir donné des
marques d’une valeur extraordinaire en plufienrs
rencontres, & fur tout en
Allemagne. Jamais Officier n’a efté plus regreté.
Monfieur de Hatcour de
Bevron, qui a fi bien fervy
à Maftric, a eu fon Régiment. Plufieurs eftans embaraflez parle nom de Harcour, je croy devoir expliquer icy que Harcour eft
un nom de Famille, & Bevron d’une Terre-, au lieu
G A L A N T . 199
que dans laMaifon de Loraine , Harcour eft le nom
d’une Comté. Le Fils de
Moniteur le Marefchal
d Humieres a eu le Régiment d’Harcour.
Le Roy a donné le#
Gouvernement de Valenciennes à Moniteur de Magaloti. Nous avons parle de
fon mérite; c’eft un Hom
me propre à gouverner un
grand Peuple, & ce choix
Fait voir que Sa Majefté ne
fait rien fans l’avoir examiné , & qu’avec un jugement & une prudence admirables.
io o LE MERCURE
Monfieur Foucaut Lieutenant Colonel du Régiment de Bourgogne, a eu
la Lieutenance de Roy, &
ce Prince a voulu reconnoiftre par là les fervices
qu’ilJuy a rendus. La Majorité a efté donnée à Monfieur de Chazerat Capitaine dans Navarre, tresliabile Ingénieur.Monfieur
Gcnty Brigadier des Gardes du Corps, a efté fait
Ayde-Major, & Monfieur
le Comte de Quincy Grand
G A L A N T / toi
la Place, ayant eftè vifiter
les Travaux qu’il avoit ordonnez pendant le Siégé,
a efte' fi fatisfait, qu’il a fait
donner vingt-cinq mille
ECusà Moniteur de Vauban
qui les avoir conduits.
Meilleurs de Jonvelle,
de Vains,Maupertuis, de la
Hoguette, des Baniercs,
Rigoville, & de Moiifac,
ont eu non feulement beaucoup de louanges de Sa.
Majefté, mais ils ont mefme eu fur l’heure des récompenfes dignes de leur
valeur. On promettoit au4
201. LE MERCURE • -
trefois à la Cour; mais au-'
jourd’huy on donne fans
avoir promis
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Résumé : Siege de Valenciennes, contenant plusieurs Particularitez qui n'ont point encore esté sçeuës, & les Noms de tous ceux qui se sont signalez, des Morts, des Blessez, & de ceux dont la Valeur a esté récompensée. [titre d'après la table]
Le texte décrit les exploits militaires et l'organisation du siège de Valenciennes. Les services de Louvois sont particulièrement loués pour leur activité et prudence, permettant de préparer les armées du roi en février pour les mois de mai et juin. Malgré les conditions difficiles, les troupes trouvèrent toutes les provisions nécessaires. Le siège de Valenciennes, une place forte bien défendue, fut pris en huit jours grâce à la valeur et à la stratégie du roi et de ses officiers. Les gardes se relayèrent pour avancer les travaux de siège, et le roi inspecta les lieux la nuit précédant l'attaque. L'assaut fut lancé simultanément par le front et par la gorge, une tactique inhabituelle mais efficace. Les troupes françaises prirent rapidement la ville, empêchant le pillage grâce à la présence du roi. La conduite du duc de Luxembourg et d'autres officiers fut particulièrement remarquée. Le roi fit grâce aux habitants et leur demanda de construire une citadelle à leurs frais. Plusieurs officiers, dont le chevalier de Vendôme et le marquis de Cœuvres, se distinguèrent par leur bravoure. Le texte relate également divers événements militaires et distinctions honorifiques. Le Marquis de Bourlemont, Brigadier d'Infanterie et Maître de Camp de Picardie, a été tué en Allemagne après avoir montré une valeur extraordinaire dans plusieurs rencontres. Sa perte est grandement regrettée. Monsieur de Hatcour de Bevron, qui a bien servi à Maestricht, a reçu un régiment. Le texte clarifie que Harcour est un nom de famille et Bevron une terre, contrairement à la Maison de Lorraine où Harcour est une comté. Le fils du Maréchal d'Humières a également reçu le régiment d’Harcour. Le Roi a nommé Monsieur de Magaloti au gouvernement de Valenciennes, reconnaissant ainsi ses mérites et son aptitude à gouverner. Monsieur Foucaut, Lieutenant Colonel du Régiment de Bourgogne, a été nommé Lieutenant du Roi en reconnaissance de ses services. La majorité a été accordée à Monsieur de Chazerat, Capitaine dans Navarre et ingénieur très capable. Monsieur Genty, Brigadier des Gardes du Corps, a été promu Ayde-Major. Le Comte de Quincy, après avoir visité les travaux ordonnés pendant le siège, a été satisfait et a fait donner vingt-cinq mille écus à Monsieur de Vauban pour sa conduite des travaux. Plusieurs officiers, dont les Messieurs de Jonvelle, de Vains, Maupertuis, de la Hoguette, des Baniercs, Rigoville, et de Moifac, ont reçu des louanges et des récompenses de Sa Majesté pour leur valeur. Contrairement aux pratiques passées où les promesses étaient faites à la Cour, aujourd'hui les récompenses sont données sans avoir été promises au préalable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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57
p. 202-203
« Le Chevalier s'arresta en cet endroit pour reprendre haleine [...] »
Début :
Le Chevalier s'arresta en cet endroit pour reprendre haleine [...]
Mots clefs :
Mercure, Public, Livre
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texteReconnaissance textuelle : « Le Chevalier s'arresta en cet endroit pour reprendre haleine [...] »
Le Chevalier s’arrêta en
cet endroit pour reprendre
haleine , & chacun raifonna fur ce qu’il venoit d’entendre. La Marquife die
q u ’elle avoit appris les
noms de plus de douze
Officiers Generaux qui avoient efté oubliez dans
plufieurs Liftes qui en avoient couru, & qu’elle
avoit remarqué un grand
nombre de particularitez
touchant le Siégé & la prife
G A L A N T , xoj
Je Valenciennes, dont le
Public n’avoir point efté
inftruit. D ’autres dirent
que fans le Mercure ils
n ’auroient pas fçeu les
noms d’une partie de ceux
que le Roy avoit fi bien
re'compenfcz, & que ce
Livre fervoit à ramaffer
bien des chofes qui pour
la gloire de ce Grand Monarque ne dévoient pas
eftre ignorées. Le Chevalier ayant témoigné qu’il
n’avoit plus que trois ou
quatre pages à lire, on luy
prefta filence, & il acheva
de cette forte
cet endroit pour reprendre
haleine , & chacun raifonna fur ce qu’il venoit d’entendre. La Marquife die
q u ’elle avoit appris les
noms de plus de douze
Officiers Generaux qui avoient efté oubliez dans
plufieurs Liftes qui en avoient couru, & qu’elle
avoit remarqué un grand
nombre de particularitez
touchant le Siégé & la prife
G A L A N T , xoj
Je Valenciennes, dont le
Public n’avoir point efté
inftruit. D ’autres dirent
que fans le Mercure ils
n ’auroient pas fçeu les
noms d’une partie de ceux
que le Roy avoit fi bien
re'compenfcz, & que ce
Livre fervoit à ramaffer
bien des chofes qui pour
la gloire de ce Grand Monarque ne dévoient pas
eftre ignorées. Le Chevalier ayant témoigné qu’il
n’avoit plus que trois ou
quatre pages à lire, on luy
prefta filence, & il acheva
de cette forte
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Résumé : « Le Chevalier s'arresta en cet endroit pour reprendre haleine [...] »
Le Chevalier fit une pause après avoir lu un texte. La Marquise mentionna avoir découvert les noms de plus de douze Officiers Généraux oubliés et des détails sur le siège de Valenciennes. D'autres affirmèrent que le Mercure, un livre rappelant des faits glorieux, était indispensable pour connaître certains officiers récompensés par le Roi. Le Chevalier acheva ensuite sa lecture.
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58
p. 204
Prise de deux Forteresses, l'une en Allemagne par M. le Comte de Monclar, & l'autre en Lorraine par M. de Revel. [titre d'après la table]
Début :
On a pris en Allemagne & en Loraine deux Forteresses [...]
Mots clefs :
Forteresses, Allemagne, Prise
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texteReconnaissance textuelle : Prise de deux Forteresses, l'une en Allemagne par M. le Comte de Monclar, & l'autre en Lorraine par M. de Revel. [titre d'après la table]
On a pris en Allemagne
& en Loraine deux Forte,
refTes considérables -, la
première eft celle d’Achfpourg, aux environs deSavcrne, qui a elle prife par
Moniteur deMonclar^ &
la fécondé, le Chafteau de
Dabo, près de Phallbourg,
dont Moniteur de Boifdavid s eft rendu maiftre avec
cinq cens Fancalïins,&lîxvingts Chevau
& en Loraine deux Forte,
refTes considérables -, la
première eft celle d’Achfpourg, aux environs deSavcrne, qui a elle prife par
Moniteur deMonclar^ &
la fécondé, le Chafteau de
Dabo, près de Phallbourg,
dont Moniteur de Boifdavid s eft rendu maiftre avec
cinq cens Fancalïins,&lîxvingts Chevau
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59
p. 204-205
Défaite d'un Party commandé par le Baron de Mercy, par M. le Chevalier de Renel. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur le Chevalier de Renel a entierement défait pres de [...]
Mots clefs :
Fribourg, Parti
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texteReconnaissance textuelle : Défaite d'un Party commandé par le Baron de Mercy, par M. le Chevalier de Renel. [titre d'après la table]
Moniteur le Chevalier
de Renel a entièrement
défait près de Fribourg un
Party conltdérable qui eC-
GALANT. 10;
foie commandé par le Baron de
M ercy,qui paflé chez les Ennemis pour un fameux Pârtifan,
de Renel a entièrement
défait près de Fribourg un
Party conltdérable qui eC-
GALANT. 10;
foie commandé par le Baron de
M ercy,qui paflé chez les Ennemis pour un fameux Pârtifan,
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60
p. 205
Feu d'Artifice chez M.le President de Pomereuïl. [titre d'après la table]
Début :
Tout Paris a témoigné beaucoup de joye de la prise [...]
Mots clefs :
Joie, Te Deum, Feu d'artifice
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texteReconnaissance textuelle : Feu d'Artifice chez M.le President de Pomereuïl. [titre d'après la table]
ToucParisa témoigné beaucoup de joye de la pnfe de Valenciennes, mais celle qu’en a
fait voir Monfieur le Prefident
de Pomereüil, Confeiller d’Etat ordinaire, &. Prevoft des
Marchands, a fait beaucoup
d’éclat. Le jour que le Te T)eum
fut chanté, il fit faire un Feu
d’Artifice devant fon Logis : Il
ne faut pas s’en étonner, c’eft
un des plus zelez Serviteurs du
Roy, èc des plus beaux Efprits
que nous ayons.
fait voir Monfieur le Prefident
de Pomereüil, Confeiller d’Etat ordinaire, &. Prevoft des
Marchands, a fait beaucoup
d’éclat. Le jour que le Te T)eum
fut chanté, il fit faire un Feu
d’Artifice devant fon Logis : Il
ne faut pas s’en étonner, c’eft
un des plus zelez Serviteurs du
Roy, èc des plus beaux Efprits
que nous ayons.
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61
p. 205-206
Monseigneur le Dauphin va à l'Observatoire. [titre d'après la table]
Début :
Monseigneur le Dauphin a esté voir l'Observatoire. Il y a [...]
Mots clefs :
Dauphine, Observatoire, Académie
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texteReconnaissance textuelle : Monseigneur le Dauphin va à l'Observatoire. [titre d'après la table]
Monfeigneur le Dauphin a
efté voir l’Obfervatoire. Il y a
tant de chofes à dire fur ce fujer,
que je fuis obligé de les referver
xoé LE MERCURE
• . • •
pour le premier Volume, dans
lequel on apprendra tout ce que
l’on v voit de curieux, & les
Noms de tous les Illuftres qui
compofent cette e/pcced’Academie
efté voir l’Obfervatoire. Il y a
tant de chofes à dire fur ce fujer,
que je fuis obligé de les referver
xoé LE MERCURE
• . • •
pour le premier Volume, dans
lequel on apprendra tout ce que
l’on v voit de curieux, & les
Noms de tous les Illuftres qui
compofent cette e/pcced’Academie
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62
p. 206
Reception faite au Louvre à Monsieur le Cardinal d'Estrées. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur le Cardinal d'Estrées, qui n'avoit point encor veu la [...]
Mots clefs :
Cardinal d'Estrées, Reine, Promotion
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texteReconnaissance textuelle : Reception faite au Louvre à Monsieur le Cardinal d'Estrées. [titre d'après la table]
Monfeigneur le Dauphin a
efté voir l’Obfervatoire. Il y a
tant de chofes à dire fur ce fujer,
que je fuis obligé de les referver
xoé LE MERCURE
• . • •
pour le premier Volume, dans
lequel on apprendra tout ce que
l’on v voit de curieux, & les
Noms de tous les Illuftres qui
compofent cette e/pcced’Academie
efté voir l’Obfervatoire. Il y a
tant de chofes à dire fur ce fujer,
que je fuis obligé de les referver
xoé LE MERCURE
• . • •
pour le premier Volume, dans
lequel on apprendra tout ce que
l’on v voit de curieux, & les
Noms de tous les Illuftres qui
compofent cette e/pcced’Academie
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63
p. 206-208
Conversation qui sert de Conclusion à ce Volume. [titre d'après la table]
Début :
Il est vray, dit la Duchesse quand le Chevalier eut [...]
Mots clefs :
Mercure, Conversation, Auteur, Instruire, Envoyer
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texteReconnaissance textuelle : Conversation qui sert de Conclusion à ce Volume. [titre d'après la table]
une Nomination étrangère.
Il eft vray, dit la Duchefle
quand le Chevalier eut achevé
de lire, qu’on aprend dans le
Mercure mille petites chofes
GA L A N T. 2,07
particulières qu’on ne pourroic
mettre autre-part}
fie ce que je
viens d’entendre m’oblige'encore plus fortement à me déclarer pour ce Livre, que je n’avois fait auparavant. Mais dites. moy, je vous prie, continuat-elle en s’adrefl'ant au Chevalier , comment faudra-t-il faire
pour inftruire l’Autheur de certaines choies qu’il ne pourra fçavoir, à moins de quelques Avis
particuliers? 11 ne faudra , répondit lcChevalicr, qu’envoyer
les Mémoires qu’on voudra luy
faire tenir, dans la Salle neuve • *
du Palais, à l’image S.Loüis.
Mais,interrompit la Marquilè
en hauflant la voix, d’où vient
qu’il n’a point parlé des Modes
nouvelles? C’eft, luy repartit le
208 LE MERC. GAL.
Chevalier, parce que le temps
de jubilé n’elloit pas propre
pour cette matière j mais vous
ferez fatisfaitelà-deflùsdans le
premier Volume, où l’Autheur
doit mettre une Galanterie affez agréable qui commence à
courir dans le monde, intitulée
la M aladie de T jlmotir, Corn-
. me il eftoit déjà tard , on ne
joüa point, & la Compagnie fe
fepara apres avoir finy laConverfation par où elle avoir efté
commencée, c’eft à dire par les
IS ou velles de la Guerre.
Il eft vray, dit la Duchefle
quand le Chevalier eut achevé
de lire, qu’on aprend dans le
Mercure mille petites chofes
GA L A N T. 2,07
particulières qu’on ne pourroic
mettre autre-part}
fie ce que je
viens d’entendre m’oblige'encore plus fortement à me déclarer pour ce Livre, que je n’avois fait auparavant. Mais dites. moy, je vous prie, continuat-elle en s’adrefl'ant au Chevalier , comment faudra-t-il faire
pour inftruire l’Autheur de certaines choies qu’il ne pourra fçavoir, à moins de quelques Avis
particuliers? 11 ne faudra , répondit lcChevalicr, qu’envoyer
les Mémoires qu’on voudra luy
faire tenir, dans la Salle neuve • *
du Palais, à l’image S.Loüis.
Mais,interrompit la Marquilè
en hauflant la voix, d’où vient
qu’il n’a point parlé des Modes
nouvelles? C’eft, luy repartit le
208 LE MERC. GAL.
Chevalier, parce que le temps
de jubilé n’elloit pas propre
pour cette matière j mais vous
ferez fatisfaitelà-deflùsdans le
premier Volume, où l’Autheur
doit mettre une Galanterie affez agréable qui commence à
courir dans le monde, intitulée
la M aladie de T jlmotir, Corn-
. me il eftoit déjà tard , on ne
joüa point, & la Compagnie fe
fepara apres avoir finy laConverfation par où elle avoir efté
commencée, c’eft à dire par les
IS ou velles de la Guerre.
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Résumé : Conversation qui sert de Conclusion à ce Volume. [titre d'après la table]
Lors d'une conversation, la Duchesse, le Chevalier et la Marquise discutent d'un livre récemment lu. La Duchesse, après avoir reçu des informations supplémentaires, exprime son soutien à l'ouvrage. Elle demande au Chevalier comment informer l'auteur de certains détails qu'il ne pourrait pas connaître sans avis particuliers. Le Chevalier propose d'envoyer des mémoires à l'image de Saint-Louis dans la salle neuve du Palais. La Marquise interrompt pour s'enquérir de l'absence des modes nouvelles dans le livre. Le Chevalier explique que le sujet ne convenait pas au moment du jubilé, mais que le premier volume traitera d'une galanterie intitulée 'la Maladie de l'esprit'. La conversation se conclut par des nouvelles de la guerre, après quoi la compagnie se sépare.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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64
p. 1-5
Avant propos. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay promis, Madame, de vous mander le premier [...]
Mots clefs :
Paris, Nouvelles, Mercure, Lettre
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texteReconnaissance textuelle : Avant propos. [titre d'après la table]
E vous ay promis,
B Madame, de vous
manderle premier
jour de chaque Mois tout
ce qui feferoit pafTé déplus
curieux à Paris pendant le
Mois precedent, & tout ce
Tome z. A
K.
z LE
qu’on y
refte du
Pais Etrangers. J’ay fait
plus que vous n’attendiez
demoy, & vousavez reçeu
le premier d’Avril, non pas
une Lettre, mais le premier
Tome du Nouveau Mercure Galant, dans lequel
vous avez appris non feulcmenttout ce queParis a produit de plus remarquable
depuis le premier Ianvier
de l’année courante; mais
encor toutes les Nouvelles
quifont venues de mille endroits diférens. Ilne s’agit
MERCURE
auroit appris du
Royaume, & des
— J’ay fait
galant. 3
doncprefentement, que de
vous écrire tout ce qui s’eft
pafle depuis le commencement d’Avril-, maisque vous
mander de divertiftant, &
que peut-il s’eftre fait de
cette nature pendant un
Mois de Carefme, dont les
jours ont efté particulièrement deftinez à la Dévotion? Chacun s’eft privé des
DivertifTemens quil avoir
accouftumé de prendre.
Les Ouvrages Galans n’ont
point efté de faifon-, on a
peu fait de Mariages. Les
Modes nouvelles n’ont
Ai)
4 LE MERCURE
point paru, & elles font demeurées dans l’efprit des
Coquettes, dansla telle des
Marchands , & dans les
mains de leurs Ouvriers.
Pendant que chacun s’eftoit interdit tout ce qui
pouvoir contribuer à luy
donner du plaifir, la Dévotion dujubiléa régné dans
tout Paris ; celle de la
Reyne, & de Monfeigneur
le Dauphin a édifié tout le
monde, & l’exemple de
Moniteur de Paris, & des
plus grands Magillrats qui
ont vifité foixanteEglifes à
galant. 5
pied avec une pieté qui ne
peut atfezeftre eftimée,a
une nouvelle ardeur
nui travailloient à
leur falut avec le plus de
zele
B Madame, de vous
manderle premier
jour de chaque Mois tout
ce qui feferoit pafTé déplus
curieux à Paris pendant le
Mois precedent, & tout ce
Tome z. A
K.
z LE
qu’on y
refte du
Pais Etrangers. J’ay fait
plus que vous n’attendiez
demoy, & vousavez reçeu
le premier d’Avril, non pas
une Lettre, mais le premier
Tome du Nouveau Mercure Galant, dans lequel
vous avez appris non feulcmenttout ce queParis a produit de plus remarquable
depuis le premier Ianvier
de l’année courante; mais
encor toutes les Nouvelles
quifont venues de mille endroits diférens. Ilne s’agit
MERCURE
auroit appris du
Royaume, & des
— J’ay fait
galant. 3
doncprefentement, que de
vous écrire tout ce qui s’eft
pafle depuis le commencement d’Avril-, maisque vous
mander de divertiftant, &
que peut-il s’eftre fait de
cette nature pendant un
Mois de Carefme, dont les
jours ont efté particulièrement deftinez à la Dévotion? Chacun s’eft privé des
DivertifTemens quil avoir
accouftumé de prendre.
Les Ouvrages Galans n’ont
point efté de faifon-, on a
peu fait de Mariages. Les
Modes nouvelles n’ont
Ai)
4 LE MERCURE
point paru, & elles font demeurées dans l’efprit des
Coquettes, dansla telle des
Marchands , & dans les
mains de leurs Ouvriers.
Pendant que chacun s’eftoit interdit tout ce qui
pouvoir contribuer à luy
donner du plaifir, la Dévotion dujubiléa régné dans
tout Paris ; celle de la
Reyne, & de Monfeigneur
le Dauphin a édifié tout le
monde, & l’exemple de
Moniteur de Paris, & des
plus grands Magillrats qui
ont vifité foixanteEglifes à
galant. 5
pied avec une pieté qui ne
peut atfezeftre eftimée,a
une nouvelle ardeur
nui travailloient à
leur falut avec le plus de
zele
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Résumé : Avant propos. [titre d'après la table]
La lettre promet à une dame de lui envoyer mensuellement des nouvelles intéressantes de Paris et des étrangers y résidant. L'auteur a déjà envoyé le premier tome du Nouveau Mercure Galant, relatant des événements remarquables de Paris et des nouvelles de divers endroits depuis le 1er janvier. En avril, peu d'événements divertissants ont eu lieu en raison du Carême, une période de dévotion. Les ouvrages galants, mariages et nouvelles modes ont été rares. La dévotion du jubilé a dominé Paris, avec des exemples notables de piété de la Reine et du Dauphin, ainsi que de hauts magistrats visitant des églises à pied. Cette période de piété a inspiré une nouvelle ardeur chez ceux qui travaillaient à leur salut avec zèle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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65
p. 5-13
Histoire de l heureux Hipocrite. [titre d'après la table]
Début :
Tandis que nous sommes sur le Jubilé, trouvez bon [...]
Mots clefs :
Hypocrite, Fraude, Frères, Dévotion, Habit de moine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire de l heureux Hipocrite. [titre d'après la table]
Tandis que nousfommes fur le Jubilé, trouvez
bon, Madame, que je vous
propofe un Cas de confcience qui me paroift fort
extraordinaire. On ma
aflùré que la chofe s’eftoit
paffée depuis peu, & il s agitdefçavoirquel fcrupule
on fe doit faire d’avoir employé la fraude à s’affurer
une Succeffion qu’on au-
6 LE MERCURE
roit peut-eftre inutilement
attendue. Voicy le Fait.
Deux Freres Pont demeurez
lesfeuls Heritiers d’un Pere
fort riche. La Couflume
des Lieux où les Biens font
ûtuez elloit fort defavantageufeau Cadet. Il avoic
plus d elprit que fon Frere,
il yoyoit avec chagrin Ces
méchantes qualitez réparées par le Droit d’aînefle-,
& le connoiflant fufeeptiblede touteforted impref.
fions, apres avoir affeélé
quelque temps les dehors
dune vie toute régulière, il
GALANT. 7
feint tout à'un coup une fi
forte Vocation daller s enfermer dans un Cloiftre,
qu’il femble qu’il n’y ait
plus ailleurs de bonheur
pour luy. Son Aîné furpris
de fa refolution, luy en demande la caufe. 11 fc contente d’abord de luy parler
en general de la vanité des
chofesdu monde, 2c du degouft que toutes les Perfonnes raifonnables en devroient avoir. Ceft tous
les jours un Sermon nouveau far cette matière, ju
e LE MERCURE
venir des Principes qu'il
écablifloic avec plus d’efprit
que de Dévotion, il deC
gnn en quittant le monde,
c eft celuy de 1 y laiffer em»
baraffe. Ses grimaces vont
fi loin,que le pauvre Aîné
en devient la Dupe, & ce
quil luy dit continuellement du péril où font ex>
pofez ceux qui ont autanc
fi vivement l’imagination,
qu’il fe met en tefte de fe
reux c^u.e Con Frere, en c^viic—
tant tout pour le Cuivre dans
CaRetraite. Les voila tous
deux dans le Couvent.
Une Comme conCiderable
trouver Ca Vocation merveilleuCe, toutle monde luy
applaudit; & tandis quon
relâche un peu en Ca faveur
les rigueurs du Novitiat, le
Cadet s’y aflùjettit avec
une Coumifljbn fi auftere,
qu’iln y a point de volonté
chancelante , que Cou
exemple ne raffermift.
IO LE MERCURE
I out celafepaffe au grand
contentement des Collatéraux, qui fe tenans déjà
maiftres des grands Biens
qui leur doivent échoir par
la Profeffion des deux Frères, font des Mariages en
idée, & jettent les yeux fur
les Charges les plus confiderables. Enfin le grand
jour arrive où doivent eftre
prononcez ces terribles
mots qui ne fe difent qu’
une fois, & qui engagent
pour tourela vie. Ondonnele pas àl’Aîné qui faiefes
Vœux d’une voix un peu
GALANT. h
tremblante, & cependant
le Cadet pouffe de longs
foûpirs, Se fait voir de certains élancemens de zele
qui édifient admirablement l’Aflemblée ; Mais il
n’eft pas plutoft affuré que
Ton Frere ne fçauroit plus
s’en dédire, qu’un Evanoüiffement de commande
le met hors d’eftat de faire
la mefme chofequeluy. Il
n’en revient qu’avec peine,
il ouvre de grands yeux fans
recouvrer l'ufage de la parole^ malgré qu’on en ait,
it LE MERCURE
de,remettre la Ceremonie
à une autre fois. 11 feint
pendant quelques jours un
fort grand de'plaifir de l’accident qui avoir retardefon
bonheur -, & ayant trouve'
moyen de sechaper du
Couvent, il y. renvoyé fon
Habit de Moine, avec un
Billet portant alTurance du
foin qu il auroit de le payer
largement. Il traite prefentement d’une Charge,
on luy offre une Fille *de
naiffance avec beaucoup de
Bien, & tout cela, pour avoir eu 1 adrefle de faire
galant. b
prendre un froc à fon Frere.
Prononcez, Madame. On
ne luy peut difpurer laSucceffion, mais elle ne feroir
pasàluy s’il n’avoit pas joiié
le perfonnage d’Hypocrite.
bon, Madame, que je vous
propofe un Cas de confcience qui me paroift fort
extraordinaire. On ma
aflùré que la chofe s’eftoit
paffée depuis peu, & il s agitdefçavoirquel fcrupule
on fe doit faire d’avoir employé la fraude à s’affurer
une Succeffion qu’on au-
6 LE MERCURE
roit peut-eftre inutilement
attendue. Voicy le Fait.
Deux Freres Pont demeurez
lesfeuls Heritiers d’un Pere
fort riche. La Couflume
des Lieux où les Biens font
ûtuez elloit fort defavantageufeau Cadet. Il avoic
plus d elprit que fon Frere,
il yoyoit avec chagrin Ces
méchantes qualitez réparées par le Droit d’aînefle-,
& le connoiflant fufeeptiblede touteforted impref.
fions, apres avoir affeélé
quelque temps les dehors
dune vie toute régulière, il
GALANT. 7
feint tout à'un coup une fi
forte Vocation daller s enfermer dans un Cloiftre,
qu’il femble qu’il n’y ait
plus ailleurs de bonheur
pour luy. Son Aîné furpris
de fa refolution, luy en demande la caufe. 11 fc contente d’abord de luy parler
en general de la vanité des
chofesdu monde, 2c du degouft que toutes les Perfonnes raifonnables en devroient avoir. Ceft tous
les jours un Sermon nouveau far cette matière, ju
e LE MERCURE
venir des Principes qu'il
écablifloic avec plus d’efprit
que de Dévotion, il deC
gnn en quittant le monde,
c eft celuy de 1 y laiffer em»
baraffe. Ses grimaces vont
fi loin,que le pauvre Aîné
en devient la Dupe, & ce
quil luy dit continuellement du péril où font ex>
pofez ceux qui ont autanc
fi vivement l’imagination,
qu’il fe met en tefte de fe
reux c^u.e Con Frere, en c^viic—
tant tout pour le Cuivre dans
CaRetraite. Les voila tous
deux dans le Couvent.
Une Comme conCiderable
trouver Ca Vocation merveilleuCe, toutle monde luy
applaudit; & tandis quon
relâche un peu en Ca faveur
les rigueurs du Novitiat, le
Cadet s’y aflùjettit avec
une Coumifljbn fi auftere,
qu’iln y a point de volonté
chancelante , que Cou
exemple ne raffermift.
IO LE MERCURE
I out celafepaffe au grand
contentement des Collatéraux, qui fe tenans déjà
maiftres des grands Biens
qui leur doivent échoir par
la Profeffion des deux Frères, font des Mariages en
idée, & jettent les yeux fur
les Charges les plus confiderables. Enfin le grand
jour arrive où doivent eftre
prononcez ces terribles
mots qui ne fe difent qu’
une fois, & qui engagent
pour tourela vie. Ondonnele pas àl’Aîné qui faiefes
Vœux d’une voix un peu
GALANT. h
tremblante, & cependant
le Cadet pouffe de longs
foûpirs, Se fait voir de certains élancemens de zele
qui édifient admirablement l’Aflemblée ; Mais il
n’eft pas plutoft affuré que
Ton Frere ne fçauroit plus
s’en dédire, qu’un Evanoüiffement de commande
le met hors d’eftat de faire
la mefme chofequeluy. Il
n’en revient qu’avec peine,
il ouvre de grands yeux fans
recouvrer l'ufage de la parole^ malgré qu’on en ait,
it LE MERCURE
de,remettre la Ceremonie
à une autre fois. 11 feint
pendant quelques jours un
fort grand de'plaifir de l’accident qui avoir retardefon
bonheur -, & ayant trouve'
moyen de sechaper du
Couvent, il y. renvoyé fon
Habit de Moine, avec un
Billet portant alTurance du
foin qu il auroit de le payer
largement. Il traite prefentement d’une Charge,
on luy offre une Fille *de
naiffance avec beaucoup de
Bien, & tout cela, pour avoir eu 1 adrefle de faire
galant. b
prendre un froc à fon Frere.
Prononcez, Madame. On
ne luy peut difpurer laSucceffion, mais elle ne feroir
pasàluy s’il n’avoit pas joiié
le perfonnage d’Hypocrite.
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Résumé : Histoire de l heureux Hipocrite. [titre d'après la table]
Le texte décrit un conflit entre deux frères, héritiers d'un père riche. Le cadet, plus intelligent mais désavantagé par le droit d'aînesse, simule une vocation religieuse pour tromper son aîné. Il se fait passer pour un homme profondément dévot, convainquant ainsi son frère et les proches de sa sincérité. Le cadet entre dans un couvent et y montre une rigueur exemplaire, tandis que les proches se réjouissent de l'héritage futur. Lors de la prononciation des vœux, il simule un évanouissement pour retarder le processus. Il quitte ensuite le couvent, renvoie son habit de moine et obtient une charge et un mariage avantageux. Le texte soulève la question de la justification de la fraude utilisée pour obtenir la succession.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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66
p. 13-15
« Voila presque toutes les Nouvelles du mois d'Avril que j'aurois [...] »
Début :
Voila presque toutes les Nouvelles du mois d'Avril que j'aurois [...]
Mots clefs :
Nouvelles, Matière
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texteReconnaissance textuelle : « Voila presque toutes les Nouvelles du mois d'Avril que j'aurois [...] »
Voila prefque toutes les
Nouvelles du mois d’Avril
que j’aurois à vous mander,
fansles grandes Actions du
Roy qui fournilfent de la
matière en tout temps ; &
quoy que les mois de Mars
& d’Avril ayent efté remplis d’un grand nombre de
vilains jours, ils ont tous
efté beaux pour ce Prince,
14 LE mercure
& avant le temps ou les
Troupes ont accouftumé
de marcher, il a plus fait de
C'onqueftes confidérables,
que nous n en avonsautrefois veu faire en Beaucoup
de Campagnes heureufes.
Ainfi j’aurois tort de dire
que je manque de matière;
& fi je fuisembaraHe, c’efl:
par le grand nombre d’Actions éronnan tes que j’ay à
raconter, & parlagrandeur
du Sujer. Mais avant que
d’entrer dans le détail de
ces Nouvelles importantes,jecroy vous devoir en-
galant. iy
tretenir de quelques autres, afin de laifl'er aux pre-
: rnieresle temps demeurir^
| C’eftun moyen afliiré pour
ne vous ric^p mander que de
véritable, & pour vous apprendre des particularitez
que d’autres ne vous feroient peut-eftre pas fçavoir, à moins qu’ils ne priffentautantdefoin quemoy
de les ramafler.
Nouvelles du mois d’Avril
que j’aurois à vous mander,
fansles grandes Actions du
Roy qui fournilfent de la
matière en tout temps ; &
quoy que les mois de Mars
& d’Avril ayent efté remplis d’un grand nombre de
vilains jours, ils ont tous
efté beaux pour ce Prince,
14 LE mercure
& avant le temps ou les
Troupes ont accouftumé
de marcher, il a plus fait de
C'onqueftes confidérables,
que nous n en avonsautrefois veu faire en Beaucoup
de Campagnes heureufes.
Ainfi j’aurois tort de dire
que je manque de matière;
& fi je fuisembaraHe, c’efl:
par le grand nombre d’Actions éronnan tes que j’ay à
raconter, & parlagrandeur
du Sujer. Mais avant que
d’entrer dans le détail de
ces Nouvelles importantes,jecroy vous devoir en-
galant. iy
tretenir de quelques autres, afin de laifl'er aux pre-
: rnieresle temps demeurir^
| C’eftun moyen afliiré pour
ne vous ric^p mander que de
véritable, & pour vous apprendre des particularitez
que d’autres ne vous feroient peut-eftre pas fçavoir, à moins qu’ils ne priffentautantdefoin quemoy
de les ramafler.
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Résumé : « Voila presque toutes les Nouvelles du mois d'Avril que j'aurois [...] »
Le texte présente les nouvelles militaires du mois d’avril, mettant en avant les succès du roi malgré des conditions météorologiques défavorables en mars et avril. Le roi a réalisé plusieurs conquêtes importantes avant la période habituelle de déploiement des troupes. L’auteur dispose de nombreuses actions remarquables à relater. Avant de détailler ces nouvelles importantes, il choisit de mentionner d’autres événements pour permettre la confirmation des premières. Cette méthode vise à garantir la véracité des informations et à offrir des particularités que d’autres sources pourraient ne pas révéler.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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67
p. 15-18
Mort du Sieur Cambert, qui avoit estably les Opera en France & en Angleterre. [titre d'après la table]
Début :
Passons donc à d'autres Articles, & disons que la Musique [...]
Mots clefs :
Cambert, Musique, Opéra, Angleterre, France
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texteReconnaissance textuelle : Mort du Sieur Cambert, qui avoit estably les Opera en France & en Angleterre. [titre d'après la table]
aſſons donc à d'auttes Arti .
cles, &diſons que laMuſique eft malheureuſe cette année
de toutes manieres , &que fi quelquesMuſiciens ont per- du leur Procez , d'autres ont
perdu la vie. Le Sieur Cambert , maiſtre de Muſique de la feuë Reyne Mere, eſt mort àLondres, où ſon genie eſtoit fort eſtimé. Il avoit receu force biens-faits du Roy d'Angleterre , & des plus grands'
Seigneurs de ſa Cour, &tout
cequ'ils ont veu de ſes Ou-
12 LE MERCURE
vrages , n'a point démenty ce qu'il a fait en France : c'eſt à
luy que nous devons l'eſtabliſſement des Opera que nous voyons aujourd'huy ; la
Muſique deceuxde Pomone,
& des Peines &des Plaifirs
de l'Amour, eſtoit de luy ; &
depuis ce temps - là on n'a
point veu de Recitatif en
France qui ait paru nouveau.
C'eſt ce même Cambert qui
à fait chanter le premier les
belles Voix que nous admirons tous les jours , &que la Gascogneluy avoit fournies ;
c'eſt dans ces Airs que MademoiſelleBrigogne a paru avec le plus d'éclat, & c'eſt par eux qu'elle a tellement charmé
tousſes Auditeurs,quele nom
de la petite Climene luy en
GALANT. 13
eft demeuré. Toutes ces cho.
fes font connoiſtre le merite
&le malheur duSieur Cambert;mais fi le merite de tous
ceux qui en ont eſtoit reconnu , la Fortune ne ſeroit plus
adorée , ou pour mieux dire,
on ne croiroit plus qu'il y en
euſt ; mais nous ſommes tous
les iours convaincus du contraire par des exemples trop
éclatans
cles, &diſons que laMuſique eft malheureuſe cette année
de toutes manieres , &que fi quelquesMuſiciens ont per- du leur Procez , d'autres ont
perdu la vie. Le Sieur Cambert , maiſtre de Muſique de la feuë Reyne Mere, eſt mort àLondres, où ſon genie eſtoit fort eſtimé. Il avoit receu force biens-faits du Roy d'Angleterre , & des plus grands'
Seigneurs de ſa Cour, &tout
cequ'ils ont veu de ſes Ou-
12 LE MERCURE
vrages , n'a point démenty ce qu'il a fait en France : c'eſt à
luy que nous devons l'eſtabliſſement des Opera que nous voyons aujourd'huy ; la
Muſique deceuxde Pomone,
& des Peines &des Plaifirs
de l'Amour, eſtoit de luy ; &
depuis ce temps - là on n'a
point veu de Recitatif en
France qui ait paru nouveau.
C'eſt ce même Cambert qui
à fait chanter le premier les
belles Voix que nous admirons tous les jours , &que la Gascogneluy avoit fournies ;
c'eſt dans ces Airs que MademoiſelleBrigogne a paru avec le plus d'éclat, & c'eſt par eux qu'elle a tellement charmé
tousſes Auditeurs,quele nom
de la petite Climene luy en
GALANT. 13
eft demeuré. Toutes ces cho.
fes font connoiſtre le merite
&le malheur duSieur Cambert;mais fi le merite de tous
ceux qui en ont eſtoit reconnu , la Fortune ne ſeroit plus
adorée , ou pour mieux dire,
on ne croiroit plus qu'il y en
euſt ; mais nous ſommes tous
les iours convaincus du contraire par des exemples trop
éclatans
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Résumé : Mort du Sieur Cambert, qui avoit estably les Opera en France & en Angleterre. [titre d'après la table]
En une année marquée par des malheurs pour la musique, plusieurs procès et décès de musiciens ont été enregistrés. Jean-Baptiste Cambert, maître de musique de la reine mère, est décédé à Londres où son talent était très apprécié. Il avait reçu de nombreux bienfaits du roi d'Angleterre et des grands seigneurs de sa cour. Cambert est crédité de l'établissement des opéras en France, notamment avec les œuvres 'Pomone' et 'Les Peines et les Plaisirs de l'Amour'. Sa musique a introduit le récitatif en France et a révélé des voix remarquables, comme celle de Mademoiselle de La Brigogne, connue sous le nom de Climène. Le texte souligne le mérite et le malheur de Cambert, illustrant la contradiction entre le mérite et la fortune.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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68
p. 18-19
Mort du Sieur le Camus de la Musique du Roy. [titre d'après la table]
Début :
La mort a pris aussi le Sieur le Camus, qui estoit [...]
Mots clefs :
Camus, Musique, Opéra
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort du Sieur le Camus de la Musique du Roy. [titre d'après la table]
La mort a pris auffi
le Sieur le Camus , qui eſtoit
de la Muſique du Roy. Il a
compoſé un nombre infiny
debeaux Airs,&s'ils estoient
mis enſemble , il yen auroit
dequoy former pluſieurs O- pera,dans le quels ont ne ver- roitpas toûjours la mêmechofe
le Sieur le Camus , qui eſtoit
de la Muſique du Roy. Il a
compoſé un nombre infiny
debeaux Airs,&s'ils estoient
mis enſemble , il yen auroit
dequoy former pluſieurs O- pera,dans le quels ont ne ver- roitpas toûjours la mêmechofe
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69
p. 19-20
Mort de la belle Madame du Boüillon de Caën. [titre d'après la table]
Début :
La belle Madame du Boüillon de Caën, a suivy ces [...]
Mots clefs :
Madame du Bouillon, Belle
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texteReconnaissance textuelle : Mort de la belle Madame du Boüillon de Caën. [titre d'après la table]
Labelle Madamedu Boüil.'
lon de Caën, a ſuivy ces deux
14 LE MERCURE
Muficiens. Quand on a une fois acquis unNom qui nous couvredegloire ou de blâme,
le tempsen fait rarement per dre la memoire. Madame du
Boüillon avoit eſté belle , elle en avoit merité le nom , &
quand elle ſeroit morte àcent ans , & qu'elle auroit eſté la
plus laide perſonne de la ter re , on auroittoûjoursdit que labelle Madame du Boüillon
feroitmorte.
lon de Caën, a ſuivy ces deux
14 LE MERCURE
Muficiens. Quand on a une fois acquis unNom qui nous couvredegloire ou de blâme,
le tempsen fait rarement per dre la memoire. Madame du
Boüillon avoit eſté belle , elle en avoit merité le nom , &
quand elle ſeroit morte àcent ans , & qu'elle auroit eſté la
plus laide perſonne de la ter re , on auroittoûjoursdit que labelle Madame du Boüillon
feroitmorte.
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70
p. 20-57
LA MALADIE DE L'AMOUR.
Début :
L'Amour ne faisant pas moins parler de luy que la Mort / Les Graces venoient de laisser l'Amour entre les bras du [...]
Mots clefs :
Amour, Grâces, Destin, Beautés, Jeunesse, Maladie, Remèdes, Bonheur, Vénus, Hyménée , Plaisirs, Mercure, Éloignement, Temps, Raison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA MALADIE DE L'AMOUR.
L'Amour ne faifant pas moins parler de luy que la Mort, adonnélieu depuis quelque temps à la Piece
ſuivante. Elle faitdu bruit,ellea ſes Partiſans,vousjugerez s'ils ont raiſon d'en dire du
bien.. LA MALADIE
DE L'AMOVR.
L
Es Graces venoient de
laiſſer l'Amour entre les
bras du Sommeil , &fe mocquoientde la ſtupiditéde ce Dieu, qui ayant l'avantage de poſſeder tousles joursles plus belles perſonnes du monde ,
ne leurdit iamais une parole ,
tant il a peurdedes-obligerle filence qui le loge dans ſon Palais , quandelles virent ar- river inopinément l'Amour.
lavoitfonBandeau àla main,
&laiſſoit voir autant de colere dansſesyeux, que d'aba- tementſur ſon viſage.
16 LE MERCURE
Non, dit- il,en entrant ie n'enreviendray pas,
lel'ay iuré,iabandone lemode,
Fuyons des lieux où l'iniuftice abonde,
C'est trop avoir comerce avecdes
Ingrats.
Pourprix de mes lõguesfatigues Alesſervirdas leurs intrigues,
Ozer tenir de moy mille infolens
propos?
Chercherfans ceſſe àmefaire in.
cartade,
Ien'enpuisplus,i'enſuis malade,
Promptement , un Lit de repos.
Les Graces qui n'ont iamais
plus de joye que quand elles font avec l'Amour , ne furent
point pareſſeuſes à le fatisfai- re. Elles luy dreſſerent un lit
de roſes , & le dépouillerent
GALANT.17 - de fon Carquois, dont il brifa les flêches devant elles. Il ſe
coucha en ſuite , & en ayant receu mille careſſes par lef- quelles elles tâcherent à le conſoler de ſon chagrin ;
Recouvrons le repos que trop
d'embarras m'oſte,
Cherchons,dit- il, cherchonsde la
tranquillité:
Si iesouffre c'est voſtre faute ,
Et mon malheur ne vient que de
voſtrefierté.
Partout ou vous mevoulezfuivre ,
Comme vous y menez &les Ris
&les leux,
Ie ne voy que des Gens affez con- tensdevivre
Lecœur embraséde mesfeux ;
Mais l'ordre du Destin qui vous
18 LE MERCURE fitimmortelles,
Vous faisant demeurer toûjours icunes &belles ,
CePrivilegegaste tout ,
Ilfait que vous n'aimez àvoir
quevosſemblables ;
Etquand iepense ailleurs vous rendreunpeu traitables,
Ien'ensçauroisveniràbout.
MilleAmantes ont beau chercher
defeurs remedes Aux maux que vous pourriez m'aideràdétourner,
Vousdédaignez les Vieilles &les
Laides
Chezqui ietâcheàvous mener;
Et cependantfans vous quepuis- iefeulpour elles ?
Ilm'enfaut tont les jours effuyer
:
cent querelles :
L'ay tortquandpardégoût on leur
manque defoy ,
GALANT. 19
!
lefuis traité d'injuste &d'aveugle&de traiſtre ,
Et tout cela , parce qu'avecque
moy 1 Auprésd'ellesiamaisvousnevou.
lezparoiſtre.
N
Lesgraces dirent mille choſes obligeantes à l'amour pourſe juſtifier auprés deluy,&rejer- terent leur manque de complaiſance ſur l'impoſſibilité qu'il y a de preſter quelque agrément à des Beautez déja furannées ; car pour les laides,
dirent- elles , vous ſçavez que nous ne les fuyons pas toutes.
Il yen a quelques-unes ſur le chapitre deſquelles vous avez aſſez àvousloüerde nos foins.
Nous demeurős d'accord que quand vous les allez engager
20 LE MERCURE
:
4
à reconnoître voſtre pouvoir,
nous ne vous accompagnons pas ſeules , & que vous faites en forte que la Jeuneſſe ſe trouve avec nous ; mais de
grace , ceſſez de nous rendre
reſponſables de vos chagrins;
les plus grands que vous ayez viennentdu coſté des Hommes , & ce ſont pourvous de
terribles eſprits à gouverner.
Il est vray,dit l' Amourqu'ils me cauſent despeines,
Qui m'accablent àtous momës,
Ienepuis nyferrer , ny relâcher
leurs chaînes,
Queie n'aye àsouffrir de leurs déréglemens.
:
Si trop de reſiſtance àleur flame
opposée Leur fait perdre l'espoir d'une Conqueste aisée,
GALANT. 2[
Ieneſuis qu'unTyran dont- ilfaut s'affranchir ;
Etfi laBelle àqui ie les engage Se laiſſe unpeu trop toſt fléchir,
Iamais elle n'a dû meriter leur
hommage.
Ainsi d'unfaux déguisement
Couvranttoutes leurs injaſtices,
Lorsque iem'accommode à leur
temperament,
Ilsseplaignent infolemment Qu'ils sont contraints defuture
mescaprices.
Qu'ils soient fourbes , ſan foy ,
trompeurs , audacieux,
Bizares,inconstans, emportez,fu- -
rieux,
De leurs defauts c'est moyseul -qu'ils accuſent,
Moy qui cherchepartout la con- corde&la paix,
22 LE MERCURE
Etquicentfois ay cõblédebiensfarts Ces lâches, ces ingratsqui de mon nomabusent.
C'en est fait, ma reſolution eſt
priſe , ie romps pour toûjours avec eux; & puis que les pei- nes qu'ils ſe font eux- mêmes leur font oublier lesavantages qu'ils reçoivent de moy , ie m'en vengeray hautement, en ne retournant iamais ſur la
terre. Aces mots il demanda
qu'on le laiſſat repoſer pour ſe remettre des fatigues qu'il avoit euës avec les hommes; &
comme les maux des Dieux
s'en vont auſſi promptement
qu'ils viennent , & que leur gueriſon dépend toûjours de leur volonté, lesGraces ne ſe
GALANT. 23
1
mirent pas en peinedu reme- de qu'il falloir apparter à la maladie dontil s'eſtoit plaint,
&elles le laiſſerent dormir
juſqu'au lendemain , qu'elles nemanquerent pasdeſe trou- verà ſon réveil. Ce repos qu'il avoit pris extraordinairement
(car il luy eſt fort nouveau
d'en prendre) luyavoit mis ſur leteint une fraîcheur qui les
ébloüit. Il leur parut plus po- relé qu'il n'avoit accoûtumé
- del'eſtre,&elles le trouverent
ſi beau, qu'elles ne pouvoient ſe laſſer de luy en faire paroître leur admiration .
Ahquelbonheur, dit- il, de pouvoiràfon aiſe
Dormir ainſi tranquillement !
Ie puis d'un doux loisir profuer
pleinement ,
24 LE MERCURE
Sansqu'ilfoitsurprenant que le
:: repos me plause,
?
:
Vnlong trava Idemande un long
delaffement Que n'ay jepointfouffert , pen.
dant quesur laterre L'offrois en vain la Paix qui doit
Suivre l'Amour !
Toûjours dispute,toûjours guerre:
L'étois àtout calmeremployénuit
&iour ;
Maisqu'avons- nous , immortels
que noussommes,
Anous inquieter, comme le monde ira ?
Quant àmoydeformais , prenne Soinqui voudra
Des affaires du cœur des homes,
;
İyrenonce,fansmoyſoit aiméqui
pourra.
Cefont des importuns qu'on ne
peutSatisfaire,
Et
GALANT. 25 7
Et qui d'un sentiment toûjours contraire au mien,
Trouvant ce qu'ils n'ont pas dignefeul de leurplaire ,
Veulent tout &ne veulent rien.
Trois jours s'écoulerent de
cette forte , pendant leſquels lesGraces tinrent fidelle compagnie à l'Amour. Comme ce n'est qu'un enfant, elles avoiét
le plaifir de le pouvoir baifer
ſans ſcrupule , & c'eſt entre- elles à qui l'auroit plus ſou- vent entre lesbras. Cependant Vénus qui avoit fait un voyage en terre , en eſtoit revenuë toute indignée , de ce qu'au lieudeshonneurs qu'elle avoit
accouſtumé d'y recevoir , elle avoit trouvé ſes Temples de
ferts.
Tome 2. B
26 LE MERCURE
Parcetteoyfivetéquepretendezvousfaire,
Dit-elleàsonfils triſtement ?
Magloire vous est-elle aujour.
d'huy lipeuchere,
Quevous puissiezvoirvôtre mere
Qu'àl'envytoutle mondeoutrageimpunément ?
Ladifcorde en ma placeen terre reverée,
Par voſtre éloignement joüit de meshonneurs :
Temevoyfans encens quand elle estadorée;
Etparses discoursfuborneurs,
Ellea tant fait partout quema
honteestjurée.
C'est trop , nesouffrez pasqu'elle mepousse àbout ,
Remettez les mortels dans leurs
premieres chatnes ;
S'il vous en coûtequelquespeines,
と
GALANT. 27
Par elles il est beau d'estre maistre
detout.
Venus eut beau faire des remontrances, l'Amour s'obſtina
àvouloireſtre malade, &pre- tendit que les hommes ne va- loient pas qu'il ſe privat pour euxdu repos quiluyeſtoit ne- ceffaire. Il s'en accommodoit
lemieux dumonde, &il n'avoit jamais rien trouvé de fi
doux que de paſſer les iours entiers, comme il fa foit , à fo lâtrer avec les Graces qui ne le
quitoient point. Mercure qui le cherchoit pour luy rendre comptede ce qui s'eſtoit paſſé fur la terre depuis ſon départ ,
le trouva qui ſe divertiſſoit avec elles &le voyant aſſis fur
les genoux del'une,tandis que l'autre luy tenoit les mains;
Bij
28 LE MERCURE
Ah vrayement,lay dit ilie vous
Lçayfort bongré Detout cejoly badınage ,
Detels amusemens conviennentà
voſtre âge ,
Maispourvous eſtre icy du mon- deretiré,
Vous avezfait un beau ménage.
Depuis qu'il vous a plû de vous
en éloigner,
Sçavez vous qu'iln'est rien qui n'ait changé de face ?
L'intereſtſeul en vôtre place
S'est acquis le droit de regner.
Il corrompt l'ame la plusſaine :
Ce n'est qu'emportement trouble, quefureur ,
, que
3
Chacun ne respire que haine ,
Les moins méchansfontfurpris de L'erreur
Quivers la difcorde les mene,
Tout s'y laiſſe entrainer , on s'at
GALANT. 29
taque, onsenuit.
Vouloir eftre obligeant, c'estfui- vre unechimere
Quedans les cerveaux creuxle
mauvais goût produit.
Comme on n'a nal defir de plaire,
On est pour lebeausexe , infolent,
temerare,
Et la civilité que tout le monde
:
fuit,
Cherchant employ par tout ne trouve rien àfaire.
L'Avarice eſt le mal leplus commundetous ,
L'épargne est en credit , plus de Modes nouvelles ,
Plus d'ornemens, plus de bijoux.
On nevoit qu'envieux , dont les
efprit jaloux
Semblentſe nourrir de querelles.
Personne ne fait plus ny Vers , uy Billets doux,
Biij
30 LE MERCVRE Plus d'agreables bagatelles ;
Onne donne ny Bals , nygalants Rendez-vous,
Et tous les homes pourles belles Sont devenus devrais hiboux.
Que ie ſuis ravy de cedeſor- dre , dit l'Amour tout réjouy !
Voilaun renverſementquime charme. Les hommes vont
connoiſtre ce que ie vaux, par les malheurs où les plongera mon éloignement. Mais,dites- moy ie vous prie que fait l'A- mitié ? At'on conſervé quel que reſpect pourelle?Et l'Hy menée avec qui i'eſtois ſi ſou- vent broüillé , fait-il mieux ſes
affaires ſeul qu'il ne les faiſoit
avec moy ?
L'Amitié, dit Mercure, avoulu
S'ingerer
GALANT.31
DEL
Defaire en terre vêtre office ;
Elleentretient les nœuds qu'on luy donneàferrer,
Mais le moindre debat la fait
presque expirer,
Et contrel'intereſt, pourpeu qu'il l'affoibliffe,
YON
Satiedeurnesçauroitdurer.
Quantàl'Hymen,parvôtre ab- fence
C'eſtpis centfois quecen'estoit
Acause du dégoût de l'indif ference [alliance,
Avecquidetout temps elleafait
vouséclatoit;
Toûjours quelque divorce entre
Maispourveu qu'on s'armâtd'un peudepatience,
Apresavoirgrondé, rompul'in- telligence ,
Vous vous raccommodiez, & tout
: feremettoit.
Biiij
32 LE MERCURE Apreſent que la Politique Portefans vous les gens às'unir pourtoûjours,
Dés qu'ons'estengagél'onn'aplus de beaux jours ;
Chacun en mots dolens
malheurs'explique ,
de fon
Etles regretsfont laseule Musiique,
Quichez les marieza cours.
Vous en riez ? Voila bien dequoy
rive.
Prenez-le ſur un autre ton ;
Sivous neretournez exercervôtre
empire,
Lemondesevaperdre, chacun
ensoupire,
Comme on faisoit du temps de Phaëton.
N'importe , repartit l'Amour ,
c'eſt ce que ie demande , ie ne
GALANT. 33
ſçaurois trop punir des fantaſ- ques, qui me faiſant trop inju- ſtement autheur de tous les
maux qu'ils fouffrent par leurs folies, n'ont aucune reconnoifſance des plaiſirs que ie leur procure. Le reposm'a'a fait goû- ter icy desdouceurs que ie n'a- voisiamais éprouvées , & iene meſens pas en humeur d'y re- noncer. Mercure le laiſſa dans
ceſentiment, &quelque temps s'eſtant encor paffé ſans que Venus pût obtenir de luy qu'il changeât de reſolution , un iour qu'il étoit fort en trainde rire , il entendit du bruit qui P'obligea à tourner la tête pour ſçavoir qui le venoit troubler dans ſa Retraite. Lecroiriezvous , luy dirent les Graces ,
c'eſt la Raiſon, vôtre plus irre
Bv
34. LE MERCURE
conciliable ennemie , quide- mande à vous parler.
Voilade mes ingrats oùvalamé- diſance,
S'écria-t'il touten courroux ;
Parce qu'illeurplaîtd'êtrefous,
D'aimerlahonteuse licence ,
Quin'est propre qu'aux loupsgaroux,
Ils nesçauroientsouffrir, fanss'en:
faire une offence ,
Qu'avecque la Raiſon iefois d'intelligence Pour mieuxfairegoûtermescharmes les plus doux ;
C'est elle cependant qu'à mefui- vrei'invite,
Partout ou iaydeffein de merendrevainqueur,
L'empruntefes couleurspourpein..
dre lemerite
GALANT.
35 Quidoit toucher unnoble cœur.
C'est alors qu'à mes traits se li- vrant avecjoye Ce cœurs'en laiſſepenetrer ,
Ie lay dois trop pour neme pas
montrer,
LaRaiſon me demande , ilfaut
queie la voye,
Dépêchez, qu'on lafaſſe entrer.
Acesmotsil courut au devant
d'elle , & témoigna parl'ac- cüeil le plus obligeant l'eſtime particuliere qu'il en faiſoit. La Raiſon receut ſes careſſes avec
plaifir , & le regardant d'un œil plus ſatisfait qu'elle n'avoit paru l'avoir en entrant :
Parcerestede bienveillance,
Luydit-elle , accordezàmes empreſſemens
36 LE MERCURE
Lebonheur de vostre presence,
Vous devez cette complaisance Al'appuy que ie donne àtous vos Sentimens.
Vousfçavezqueiamais ienevous fus contraire,
Que 'iay toûjours cherché l'union
avec vous,
Etqu'où nous terminons enſemble quelque affaire.
On se trouve affez bien denous.
Etouffez un chagrin qui nepeut
quemenuire.
Nos communs interêts nous y doi-
: vent porter :
L'un & l'autre, partout où vous
m'ofez conduire ,
Nous avons quelque appuy toûjoursànousprester ,
Vous meservez àm'introduire,
Etievousſirs àvousfaire écouter.
Depuis que les mortels ne vouS.
GALANT. 37
ontpluspourguide,
Vous desgroffieretez l'ennemy déclaré,
Il n'est rienſi défiguré,
I'ay beau chercherà leur tenir
labride,
Iene trouve par tout qu'orgueil
démesuré,
Quefaste insupportable, ou bêtise
timide;
Si ie quite un brutal ie rencontre
unstupide,
Pointde cœurgenereux point d'efprit éclairé.
Vousſeul à tant de maux pouvez donnerremede ,
Parvous lafiertés'adoucit,.
Parvous àſepolir ,ſans emprun- terd'autreaide ,
Leplus farouche reüſſit .
Revenez- donc au monde , oùpar vostre presence
38 LE MERCURE
Vous remettrez foudain la concorde&lapaix ,
l'ySoûtiendraypartout laforcede
vos traits,
Et nous en bannirons l'audace &
l'inſolence,
Si nous ne nousquittons iamais.
La propoſition ne déplût pas à l'Amour ; mais comme il fut
quelquetemps fans répondre,
la perfuafion qui eſtoit de -
meurée à la porte, crût qu'il eſtoit temps qu'elle parlat ; &
l'Amour ne la vit pas plûtoſt s'avancer , que prevenant ce qu'elle pouvoit avoir à luydi- re ; Arreſtez , luy cria-t'il de loin , ce ſeroit faire tort à l'union qui a eſtédetout temps entre la Raifon&moy,quede
croire qu'elle ait beſoin de vo
GALANT. 39
ſtre ſecours pour me faire en- trer dans ſes ſentimens. Il eſt
de certains Amours évaporez qui ne s'en accommoderoient
pas ; mais pour moy qui ſuis ennemydudéreglemét ( quoy que s'en ſoient voulu imagi- ner les hommes ) ie n'ay point
demeilleure amie que la Raifon. Il eut à peine achevé ces mots , qu'il apperçeutlaGloi- re , qui eſtant accouſtumée à
eſtre receuë par tout àbras ouverts , crut qu'il feroit inutile
de faire demander ſi l'entrée
buy ſeroit permiſe. L'Amour prit plaifir à la voir marcher d'un pas auſſi majestueux que fa mine eſtoit altiere. Il la receutfort civilement ; & apres
qu'elle eut répondu à ſes pre- mieres honneſtetez.
40 LE MERCURE Paroùpeut on avoir merité, luy
ditelle,
Que vous vous obſtiniez dans ce honteux repos ?
Il n'a iamais esté d'absence fi
cruelle:
Finiſſez là, chacun àl'envy voas
rappelle,
Eti'ay beſoindevous pourfaire
desHeros.
Pour les Exploits d'éclat quelque prixque l'étale,
Lavaleurſans Amourest aveugle,
brutale,
Etſemblemoins cueillir qu'arra- cherdes lauriers.
Dansle métier de Mars l'Amour
eft neceffaire,
Etc'est lefeul defir deplaire,
Qui fait lesplusfameux Guerriers.
4
GALANT. 41 L'Amour ſe trouva agreable- ment flaté de ce que la Gloire
luy dit,& il révoit à la réponſe qu'il luy devoit faire, quand il vitentrer tout à la fois,la Beauté , la Conſtance , la Galante
rie,& les Plaiſirs qui luy firent mille plaintes de ce que fon éloignement leur faiſoit ſouf- frir. La Beauté exagera com- bien il luy eſtoit honteux de
n'avoir aucun avantage ſur la laideur,&de n'être plus confiderée de perſonne , parce que
perſonne ne ſongeoit plus à
aimer. Mais ce qui commença d'ébranler l'Amour , ce fur ce
queluydirent les Plaiſirs , qui ſe voyoient malheureuſement exilez par le retranchement
des Feſtes galantes , & de tout
ce qui pouvoit contribuer au
42 LE MERCURE
divertiſſement des belles, tous
les jeunes gens eſtans tombez depuis ſon départdans une fa- le débauche , qui ne leur laif- ſoit trouverde lajoye quedans la ſeule brutalité. Ils parlerent fi fortement , & ils furent fi
bien ſecondez par les autres qui avoient le même intereſt qu'eux de faire revenir l'A- mour en terre , que ſe laiſſant
toucheràleurs prieres ;
C'estfait , vous l'emportez,leur dit-il,iemerends,
Quoyqu'endouceurpourmoy cet- teretraite abonde,
Ilfaut aller revoir mes injustes.
tyrans,
Er tâcher de mettre ordre à tous
les differens Que mon éloignement a caufé
GALANT. 43 dans lemonde ;
Puisqu'on le veut ainsi,igretourneavecvouS ,
Mais à condition qu'un traitementplus doux Effacerade moy ce que l'on afait croire,
Etquepour empêcher mille brutalitez
QuijettentsurmonNomunetâ- chetrop noire,
Partout ouieſeray, la Raison &
laGloire
Iront toûjours à mes costez.
Le party fut accepté, &il plut tellement aux Graces,qu'elles
jugerent de ne plus abandon- ner l'Amour.
ſuivante. Elle faitdu bruit,ellea ſes Partiſans,vousjugerez s'ils ont raiſon d'en dire du
bien.. LA MALADIE
DE L'AMOVR.
L
Es Graces venoient de
laiſſer l'Amour entre les
bras du Sommeil , &fe mocquoientde la ſtupiditéde ce Dieu, qui ayant l'avantage de poſſeder tousles joursles plus belles perſonnes du monde ,
ne leurdit iamais une parole ,
tant il a peurdedes-obligerle filence qui le loge dans ſon Palais , quandelles virent ar- river inopinément l'Amour.
lavoitfonBandeau àla main,
&laiſſoit voir autant de colere dansſesyeux, que d'aba- tementſur ſon viſage.
16 LE MERCURE
Non, dit- il,en entrant ie n'enreviendray pas,
lel'ay iuré,iabandone lemode,
Fuyons des lieux où l'iniuftice abonde,
C'est trop avoir comerce avecdes
Ingrats.
Pourprix de mes lõguesfatigues Alesſervirdas leurs intrigues,
Ozer tenir de moy mille infolens
propos?
Chercherfans ceſſe àmefaire in.
cartade,
Ien'enpuisplus,i'enſuis malade,
Promptement , un Lit de repos.
Les Graces qui n'ont iamais
plus de joye que quand elles font avec l'Amour , ne furent
point pareſſeuſes à le fatisfai- re. Elles luy dreſſerent un lit
de roſes , & le dépouillerent
GALANT.17 - de fon Carquois, dont il brifa les flêches devant elles. Il ſe
coucha en ſuite , & en ayant receu mille careſſes par lef- quelles elles tâcherent à le conſoler de ſon chagrin ;
Recouvrons le repos que trop
d'embarras m'oſte,
Cherchons,dit- il, cherchonsde la
tranquillité:
Si iesouffre c'est voſtre faute ,
Et mon malheur ne vient que de
voſtrefierté.
Partout ou vous mevoulezfuivre ,
Comme vous y menez &les Ris
&les leux,
Ie ne voy que des Gens affez con- tensdevivre
Lecœur embraséde mesfeux ;
Mais l'ordre du Destin qui vous
18 LE MERCURE fitimmortelles,
Vous faisant demeurer toûjours icunes &belles ,
CePrivilegegaste tout ,
Ilfait que vous n'aimez àvoir
quevosſemblables ;
Etquand iepense ailleurs vous rendreunpeu traitables,
Ien'ensçauroisveniràbout.
MilleAmantes ont beau chercher
defeurs remedes Aux maux que vous pourriez m'aideràdétourner,
Vousdédaignez les Vieilles &les
Laides
Chezqui ietâcheàvous mener;
Et cependantfans vous quepuis- iefeulpour elles ?
Ilm'enfaut tont les jours effuyer
:
cent querelles :
L'ay tortquandpardégoût on leur
manque defoy ,
GALANT. 19
!
lefuis traité d'injuste &d'aveugle&de traiſtre ,
Et tout cela , parce qu'avecque
moy 1 Auprésd'ellesiamaisvousnevou.
lezparoiſtre.
N
Lesgraces dirent mille choſes obligeantes à l'amour pourſe juſtifier auprés deluy,&rejer- terent leur manque de complaiſance ſur l'impoſſibilité qu'il y a de preſter quelque agrément à des Beautez déja furannées ; car pour les laides,
dirent- elles , vous ſçavez que nous ne les fuyons pas toutes.
Il yen a quelques-unes ſur le chapitre deſquelles vous avez aſſez àvousloüerde nos foins.
Nous demeurős d'accord que quand vous les allez engager
20 LE MERCURE
:
4
à reconnoître voſtre pouvoir,
nous ne vous accompagnons pas ſeules , & que vous faites en forte que la Jeuneſſe ſe trouve avec nous ; mais de
grace , ceſſez de nous rendre
reſponſables de vos chagrins;
les plus grands que vous ayez viennentdu coſté des Hommes , & ce ſont pourvous de
terribles eſprits à gouverner.
Il est vray,dit l' Amourqu'ils me cauſent despeines,
Qui m'accablent àtous momës,
Ienepuis nyferrer , ny relâcher
leurs chaînes,
Queie n'aye àsouffrir de leurs déréglemens.
:
Si trop de reſiſtance àleur flame
opposée Leur fait perdre l'espoir d'une Conqueste aisée,
GALANT. 2[
Ieneſuis qu'unTyran dont- ilfaut s'affranchir ;
Etfi laBelle àqui ie les engage Se laiſſe unpeu trop toſt fléchir,
Iamais elle n'a dû meriter leur
hommage.
Ainsi d'unfaux déguisement
Couvranttoutes leurs injaſtices,
Lorsque iem'accommode à leur
temperament,
Ilsseplaignent infolemment Qu'ils sont contraints defuture
mescaprices.
Qu'ils soient fourbes , ſan foy ,
trompeurs , audacieux,
Bizares,inconstans, emportez,fu- -
rieux,
De leurs defauts c'est moyseul -qu'ils accuſent,
Moy qui cherchepartout la con- corde&la paix,
22 LE MERCURE
Etquicentfois ay cõblédebiensfarts Ces lâches, ces ingratsqui de mon nomabusent.
C'en est fait, ma reſolution eſt
priſe , ie romps pour toûjours avec eux; & puis que les pei- nes qu'ils ſe font eux- mêmes leur font oublier lesavantages qu'ils reçoivent de moy , ie m'en vengeray hautement, en ne retournant iamais ſur la
terre. Aces mots il demanda
qu'on le laiſſat repoſer pour ſe remettre des fatigues qu'il avoit euës avec les hommes; &
comme les maux des Dieux
s'en vont auſſi promptement
qu'ils viennent , & que leur gueriſon dépend toûjours de leur volonté, lesGraces ne ſe
GALANT. 23
1
mirent pas en peinedu reme- de qu'il falloir apparter à la maladie dontil s'eſtoit plaint,
&elles le laiſſerent dormir
juſqu'au lendemain , qu'elles nemanquerent pasdeſe trou- verà ſon réveil. Ce repos qu'il avoit pris extraordinairement
(car il luy eſt fort nouveau
d'en prendre) luyavoit mis ſur leteint une fraîcheur qui les
ébloüit. Il leur parut plus po- relé qu'il n'avoit accoûtumé
- del'eſtre,&elles le trouverent
ſi beau, qu'elles ne pouvoient ſe laſſer de luy en faire paroître leur admiration .
Ahquelbonheur, dit- il, de pouvoiràfon aiſe
Dormir ainſi tranquillement !
Ie puis d'un doux loisir profuer
pleinement ,
24 LE MERCURE
Sansqu'ilfoitsurprenant que le
:: repos me plause,
?
:
Vnlong trava Idemande un long
delaffement Que n'ay jepointfouffert , pen.
dant quesur laterre L'offrois en vain la Paix qui doit
Suivre l'Amour !
Toûjours dispute,toûjours guerre:
L'étois àtout calmeremployénuit
&iour ;
Maisqu'avons- nous , immortels
que noussommes,
Anous inquieter, comme le monde ira ?
Quant àmoydeformais , prenne Soinqui voudra
Des affaires du cœur des homes,
;
İyrenonce,fansmoyſoit aiméqui
pourra.
Cefont des importuns qu'on ne
peutSatisfaire,
Et
GALANT. 25 7
Et qui d'un sentiment toûjours contraire au mien,
Trouvant ce qu'ils n'ont pas dignefeul de leurplaire ,
Veulent tout &ne veulent rien.
Trois jours s'écoulerent de
cette forte , pendant leſquels lesGraces tinrent fidelle compagnie à l'Amour. Comme ce n'est qu'un enfant, elles avoiét
le plaifir de le pouvoir baifer
ſans ſcrupule , & c'eſt entre- elles à qui l'auroit plus ſou- vent entre lesbras. Cependant Vénus qui avoit fait un voyage en terre , en eſtoit revenuë toute indignée , de ce qu'au lieudeshonneurs qu'elle avoit
accouſtumé d'y recevoir , elle avoit trouvé ſes Temples de
ferts.
Tome 2. B
26 LE MERCURE
Parcetteoyfivetéquepretendezvousfaire,
Dit-elleàsonfils triſtement ?
Magloire vous est-elle aujour.
d'huy lipeuchere,
Quevous puissiezvoirvôtre mere
Qu'àl'envytoutle mondeoutrageimpunément ?
Ladifcorde en ma placeen terre reverée,
Par voſtre éloignement joüit de meshonneurs :
Temevoyfans encens quand elle estadorée;
Etparses discoursfuborneurs,
Ellea tant fait partout quema
honteestjurée.
C'est trop , nesouffrez pasqu'elle mepousse àbout ,
Remettez les mortels dans leurs
premieres chatnes ;
S'il vous en coûtequelquespeines,
と
GALANT. 27
Par elles il est beau d'estre maistre
detout.
Venus eut beau faire des remontrances, l'Amour s'obſtina
àvouloireſtre malade, &pre- tendit que les hommes ne va- loient pas qu'il ſe privat pour euxdu repos quiluyeſtoit ne- ceffaire. Il s'en accommodoit
lemieux dumonde, &il n'avoit jamais rien trouvé de fi
doux que de paſſer les iours entiers, comme il fa foit , à fo lâtrer avec les Graces qui ne le
quitoient point. Mercure qui le cherchoit pour luy rendre comptede ce qui s'eſtoit paſſé fur la terre depuis ſon départ ,
le trouva qui ſe divertiſſoit avec elles &le voyant aſſis fur
les genoux del'une,tandis que l'autre luy tenoit les mains;
Bij
28 LE MERCURE
Ah vrayement,lay dit ilie vous
Lçayfort bongré Detout cejoly badınage ,
Detels amusemens conviennentà
voſtre âge ,
Maispourvous eſtre icy du mon- deretiré,
Vous avezfait un beau ménage.
Depuis qu'il vous a plû de vous
en éloigner,
Sçavez vous qu'iln'est rien qui n'ait changé de face ?
L'intereſtſeul en vôtre place
S'est acquis le droit de regner.
Il corrompt l'ame la plusſaine :
Ce n'est qu'emportement trouble, quefureur ,
, que
3
Chacun ne respire que haine ,
Les moins méchansfontfurpris de L'erreur
Quivers la difcorde les mene,
Tout s'y laiſſe entrainer , on s'at
GALANT. 29
taque, onsenuit.
Vouloir eftre obligeant, c'estfui- vre unechimere
Quedans les cerveaux creuxle
mauvais goût produit.
Comme on n'a nal defir de plaire,
On est pour lebeausexe , infolent,
temerare,
Et la civilité que tout le monde
:
fuit,
Cherchant employ par tout ne trouve rien àfaire.
L'Avarice eſt le mal leplus commundetous ,
L'épargne est en credit , plus de Modes nouvelles ,
Plus d'ornemens, plus de bijoux.
On nevoit qu'envieux , dont les
efprit jaloux
Semblentſe nourrir de querelles.
Personne ne fait plus ny Vers , uy Billets doux,
Biij
30 LE MERCVRE Plus d'agreables bagatelles ;
Onne donne ny Bals , nygalants Rendez-vous,
Et tous les homes pourles belles Sont devenus devrais hiboux.
Que ie ſuis ravy de cedeſor- dre , dit l'Amour tout réjouy !
Voilaun renverſementquime charme. Les hommes vont
connoiſtre ce que ie vaux, par les malheurs où les plongera mon éloignement. Mais,dites- moy ie vous prie que fait l'A- mitié ? At'on conſervé quel que reſpect pourelle?Et l'Hy menée avec qui i'eſtois ſi ſou- vent broüillé , fait-il mieux ſes
affaires ſeul qu'il ne les faiſoit
avec moy ?
L'Amitié, dit Mercure, avoulu
S'ingerer
GALANT.31
DEL
Defaire en terre vêtre office ;
Elleentretient les nœuds qu'on luy donneàferrer,
Mais le moindre debat la fait
presque expirer,
Et contrel'intereſt, pourpeu qu'il l'affoibliffe,
YON
Satiedeurnesçauroitdurer.
Quantàl'Hymen,parvôtre ab- fence
C'eſtpis centfois quecen'estoit
Acause du dégoût de l'indif ference [alliance,
Avecquidetout temps elleafait
vouséclatoit;
Toûjours quelque divorce entre
Maispourveu qu'on s'armâtd'un peudepatience,
Apresavoirgrondé, rompul'in- telligence ,
Vous vous raccommodiez, & tout
: feremettoit.
Biiij
32 LE MERCURE Apreſent que la Politique Portefans vous les gens às'unir pourtoûjours,
Dés qu'ons'estengagél'onn'aplus de beaux jours ;
Chacun en mots dolens
malheurs'explique ,
de fon
Etles regretsfont laseule Musiique,
Quichez les marieza cours.
Vous en riez ? Voila bien dequoy
rive.
Prenez-le ſur un autre ton ;
Sivous neretournez exercervôtre
empire,
Lemondesevaperdre, chacun
ensoupire,
Comme on faisoit du temps de Phaëton.
N'importe , repartit l'Amour ,
c'eſt ce que ie demande , ie ne
GALANT. 33
ſçaurois trop punir des fantaſ- ques, qui me faiſant trop inju- ſtement autheur de tous les
maux qu'ils fouffrent par leurs folies, n'ont aucune reconnoifſance des plaiſirs que ie leur procure. Le reposm'a'a fait goû- ter icy desdouceurs que ie n'a- voisiamais éprouvées , & iene meſens pas en humeur d'y re- noncer. Mercure le laiſſa dans
ceſentiment, &quelque temps s'eſtant encor paffé ſans que Venus pût obtenir de luy qu'il changeât de reſolution , un iour qu'il étoit fort en trainde rire , il entendit du bruit qui P'obligea à tourner la tête pour ſçavoir qui le venoit troubler dans ſa Retraite. Lecroiriezvous , luy dirent les Graces ,
c'eſt la Raiſon, vôtre plus irre
Bv
34. LE MERCURE
conciliable ennemie , quide- mande à vous parler.
Voilade mes ingrats oùvalamé- diſance,
S'écria-t'il touten courroux ;
Parce qu'illeurplaîtd'êtrefous,
D'aimerlahonteuse licence ,
Quin'est propre qu'aux loupsgaroux,
Ils nesçauroientsouffrir, fanss'en:
faire une offence ,
Qu'avecque la Raiſon iefois d'intelligence Pour mieuxfairegoûtermescharmes les plus doux ;
C'est elle cependant qu'à mefui- vrei'invite,
Partout ou iaydeffein de merendrevainqueur,
L'empruntefes couleurspourpein..
dre lemerite
GALANT.
35 Quidoit toucher unnoble cœur.
C'est alors qu'à mes traits se li- vrant avecjoye Ce cœurs'en laiſſepenetrer ,
Ie lay dois trop pour neme pas
montrer,
LaRaiſon me demande , ilfaut
queie la voye,
Dépêchez, qu'on lafaſſe entrer.
Acesmotsil courut au devant
d'elle , & témoigna parl'ac- cüeil le plus obligeant l'eſtime particuliere qu'il en faiſoit. La Raiſon receut ſes careſſes avec
plaifir , & le regardant d'un œil plus ſatisfait qu'elle n'avoit paru l'avoir en entrant :
Parcerestede bienveillance,
Luydit-elle , accordezàmes empreſſemens
36 LE MERCURE
Lebonheur de vostre presence,
Vous devez cette complaisance Al'appuy que ie donne àtous vos Sentimens.
Vousfçavezqueiamais ienevous fus contraire,
Que 'iay toûjours cherché l'union
avec vous,
Etqu'où nous terminons enſemble quelque affaire.
On se trouve affez bien denous.
Etouffez un chagrin qui nepeut
quemenuire.
Nos communs interêts nous y doi-
: vent porter :
L'un & l'autre, partout où vous
m'ofez conduire ,
Nous avons quelque appuy toûjoursànousprester ,
Vous meservez àm'introduire,
Etievousſirs àvousfaire écouter.
Depuis que les mortels ne vouS.
GALANT. 37
ontpluspourguide,
Vous desgroffieretez l'ennemy déclaré,
Il n'est rienſi défiguré,
I'ay beau chercherà leur tenir
labride,
Iene trouve par tout qu'orgueil
démesuré,
Quefaste insupportable, ou bêtise
timide;
Si ie quite un brutal ie rencontre
unstupide,
Pointde cœurgenereux point d'efprit éclairé.
Vousſeul à tant de maux pouvez donnerremede ,
Parvous lafiertés'adoucit,.
Parvous àſepolir ,ſans emprun- terd'autreaide ,
Leplus farouche reüſſit .
Revenez- donc au monde , oùpar vostre presence
38 LE MERCURE
Vous remettrez foudain la concorde&lapaix ,
l'ySoûtiendraypartout laforcede
vos traits,
Et nous en bannirons l'audace &
l'inſolence,
Si nous ne nousquittons iamais.
La propoſition ne déplût pas à l'Amour ; mais comme il fut
quelquetemps fans répondre,
la perfuafion qui eſtoit de -
meurée à la porte, crût qu'il eſtoit temps qu'elle parlat ; &
l'Amour ne la vit pas plûtoſt s'avancer , que prevenant ce qu'elle pouvoit avoir à luydi- re ; Arreſtez , luy cria-t'il de loin , ce ſeroit faire tort à l'union qui a eſtédetout temps entre la Raifon&moy,quede
croire qu'elle ait beſoin de vo
GALANT. 39
ſtre ſecours pour me faire en- trer dans ſes ſentimens. Il eſt
de certains Amours évaporez qui ne s'en accommoderoient
pas ; mais pour moy qui ſuis ennemydudéreglemét ( quoy que s'en ſoient voulu imagi- ner les hommes ) ie n'ay point
demeilleure amie que la Raifon. Il eut à peine achevé ces mots , qu'il apperçeutlaGloi- re , qui eſtant accouſtumée à
eſtre receuë par tout àbras ouverts , crut qu'il feroit inutile
de faire demander ſi l'entrée
buy ſeroit permiſe. L'Amour prit plaifir à la voir marcher d'un pas auſſi majestueux que fa mine eſtoit altiere. Il la receutfort civilement ; & apres
qu'elle eut répondu à ſes pre- mieres honneſtetez.
40 LE MERCURE Paroùpeut on avoir merité, luy
ditelle,
Que vous vous obſtiniez dans ce honteux repos ?
Il n'a iamais esté d'absence fi
cruelle:
Finiſſez là, chacun àl'envy voas
rappelle,
Eti'ay beſoindevous pourfaire
desHeros.
Pour les Exploits d'éclat quelque prixque l'étale,
Lavaleurſans Amourest aveugle,
brutale,
Etſemblemoins cueillir qu'arra- cherdes lauriers.
Dansle métier de Mars l'Amour
eft neceffaire,
Etc'est lefeul defir deplaire,
Qui fait lesplusfameux Guerriers.
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GALANT. 41 L'Amour ſe trouva agreable- ment flaté de ce que la Gloire
luy dit,& il révoit à la réponſe qu'il luy devoit faire, quand il vitentrer tout à la fois,la Beauté , la Conſtance , la Galante
rie,& les Plaiſirs qui luy firent mille plaintes de ce que fon éloignement leur faiſoit ſouf- frir. La Beauté exagera com- bien il luy eſtoit honteux de
n'avoir aucun avantage ſur la laideur,&de n'être plus confiderée de perſonne , parce que
perſonne ne ſongeoit plus à
aimer. Mais ce qui commença d'ébranler l'Amour , ce fur ce
queluydirent les Plaiſirs , qui ſe voyoient malheureuſement exilez par le retranchement
des Feſtes galantes , & de tout
ce qui pouvoit contribuer au
42 LE MERCURE
divertiſſement des belles, tous
les jeunes gens eſtans tombez depuis ſon départdans une fa- le débauche , qui ne leur laif- ſoit trouverde lajoye quedans la ſeule brutalité. Ils parlerent fi fortement , & ils furent fi
bien ſecondez par les autres qui avoient le même intereſt qu'eux de faire revenir l'A- mour en terre , que ſe laiſſant
toucheràleurs prieres ;
C'estfait , vous l'emportez,leur dit-il,iemerends,
Quoyqu'endouceurpourmoy cet- teretraite abonde,
Ilfaut aller revoir mes injustes.
tyrans,
Er tâcher de mettre ordre à tous
les differens Que mon éloignement a caufé
GALANT. 43 dans lemonde ;
Puisqu'on le veut ainsi,igretourneavecvouS ,
Mais à condition qu'un traitementplus doux Effacerade moy ce que l'on afait croire,
Etquepour empêcher mille brutalitez
QuijettentsurmonNomunetâ- chetrop noire,
Partout ouieſeray, la Raison &
laGloire
Iront toûjours à mes costez.
Le party fut accepté, &il plut tellement aux Graces,qu'elles
jugerent de ne plus abandon- ner l'Amour.
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Résumé : LA MALADIE DE L'AMOUR.
Le texte relate une conversation entre l'Amour et les Grâces, suivie par l'intervention de Vénus et Mercure. L'Amour, épuisé par les ingratitudes et les comportements injustes des hommes, décide de se retirer et de se reposer. Les Grâces, inquiètes, lui préparent un lit de roses et tentent de le consoler. L'Amour exprime son désir de tranquillité et critique les hommes pour leur inconstance et leur ingratitude, refusant de revenir sur terre et préférant rester avec les Grâces. Vénus, furieuse de voir ses temples profanés, tente de convaincre son fils de revenir, mais sans succès. Mercure informe l'Amour des changements sur terre, où l'intérêt et la discorde règnent. L'Amour se réjouit de ces malheurs, trouvant son repos doux et agréable. La Raison intervient alors et demande à l'Amour de revenir pour rétablir l'ordre et la justice. Parallèlement, une conversation critique l'absence de l'Amour, qui a laissé le monde dans le chaos. La Raison et la Gloire rappellent l'importance de l'Amour, soulignant que sans lui, les exploits héroïques sont vains et que la valeur sans amour est aveugle et brutale. La Beauté, la Constance, la Galanterie et les Plaisirs se plaignent également de leur souffrance due à l'absence de l'Amour, qui a conduit à une débauche brutale parmi les jeunes gens. Touché par ces plaintes, l'Amour accepte de revenir à condition que la Raison et la Gloire l'accompagnent pour éviter les brutalités et les mauvaises interprétations. Les Grâces approuvent cette décision, promettant de ne plus abandonner l'Amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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71
p. 56-58
« Je ne sçay, Madame, ce que vous penserez de cette [...] »
Début :
Je ne sçay, Madame, ce que vous penserez de cette [...]
Mots clefs :
Galanterie, Juger, Matière, Morale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je ne sçay, Madame, ce que vous penserez de cette [...] »
Je ne ſçay, Madame,ce que vous penſerez de cette galan-
44 LE MERCURE
terie, mais ie ſuis perfuadé que vous n'en jugerez pas à la ma- niere des eſprits foibles , que le ſeul nom de l'Amour effraye, &qui ne ſe contentent pas de traiter d'inutile tout ce qui le regarde; mais qui veulent trouverdu crime dans ces bagatelles ingenieuſes dont il fournit la matiere, &qu'on lit preſque toûjours avec plaifir- Cen'eſt pas que ię ne ſcache qu'il y en a quelques - unes dont la Morale n'eſt pas à ſui- vre : mais ſi on vouloit profiter de celle-cy , &n'aimer iamais qu'on n'eût ſoin de prendre l'appuy de la Raiſon,&de con ſerverles interêts de la Gloire,
quelque condamnable que pa- roiſſel'Amour auxfcrupuleux,
ie doute fort que ce fuſt une
GALANT.
45 paſſion indigne d'une belle Ame, & qu'on dût ſe faire une vertu de rejetter ce que la ſo- cieté civile en peut recevoir d'avantages. Mais ie n'entreprens point d'en ſoûtenir icyle party
44 LE MERCURE
terie, mais ie ſuis perfuadé que vous n'en jugerez pas à la ma- niere des eſprits foibles , que le ſeul nom de l'Amour effraye, &qui ne ſe contentent pas de traiter d'inutile tout ce qui le regarde; mais qui veulent trouverdu crime dans ces bagatelles ingenieuſes dont il fournit la matiere, &qu'on lit preſque toûjours avec plaifir- Cen'eſt pas que ię ne ſcache qu'il y en a quelques - unes dont la Morale n'eſt pas à ſui- vre : mais ſi on vouloit profiter de celle-cy , &n'aimer iamais qu'on n'eût ſoin de prendre l'appuy de la Raiſon,&de con ſerverles interêts de la Gloire,
quelque condamnable que pa- roiſſel'Amour auxfcrupuleux,
ie doute fort que ce fuſt une
GALANT.
45 paſſion indigne d'une belle Ame, & qu'on dût ſe faire une vertu de rejetter ce que la ſo- cieté civile en peut recevoir d'avantages. Mais ie n'entreprens point d'en ſoûtenir icyle party
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Résumé : « Je ne sçay, Madame, ce que vous penserez de cette [...] »
L'auteur d'une lettre discute de la galanterie et de l'amour avec une dame. Il distingue les esprits faibles, qui craignent l'amour, des âmes nobles capables de l'apprécier avec raison et gloire. Il reconnaît des galanteries immorales mais voit des avantages pour la société civile dans l'amour, sans chercher à défendre cette position.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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72
p. 58-59
« Je passe à ce que j'ay à vous dire des glorieux [...] »
Début :
Je passe à ce que j'ay à vous dire des glorieux [...]
Mots clefs :
Nouvelle, Informer, Satisfaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je passe à ce que j'ay à vous dire des glorieux [...] »
Je paſſe à ce que i'ay à
vous dire des glorieux triomphes du Roy , & ie commence
parla priſe de la Cayenne, qui
a depuis peu reconnu le pou- voir de ſes armes victorieuſes.
Je vous ay fait part de cette Nouvelle des le mois paffé ;
mais vous n'avez pas eſteſatisfaite de moy là- deſſus ; Vous voulez, dites vous, apprendre les noms de tous les braves qui ſe ſont ſignalez en cette occafió parmyleſquelsvous croyez en trouver de voſtre connoiffance. Je m'en fuisinforméavec
46 LE MERCURE ſoin pour vous fatisfaire , &ie me ſuis condamné moy-même, de n'avoir pas fait connoî tre la valeur de ceux dont les
actions éclatantes ſont le plus ſouvent ignorées , parce qu'é- tantfaitesdans des Païs éloignez, elles n'ont pourtémoins quedesyeux ennemis.
vous dire des glorieux triomphes du Roy , & ie commence
parla priſe de la Cayenne, qui
a depuis peu reconnu le pou- voir de ſes armes victorieuſes.
Je vous ay fait part de cette Nouvelle des le mois paffé ;
mais vous n'avez pas eſteſatisfaite de moy là- deſſus ; Vous voulez, dites vous, apprendre les noms de tous les braves qui ſe ſont ſignalez en cette occafió parmyleſquelsvous croyez en trouver de voſtre connoiffance. Je m'en fuisinforméavec
46 LE MERCURE ſoin pour vous fatisfaire , &ie me ſuis condamné moy-même, de n'avoir pas fait connoî tre la valeur de ceux dont les
actions éclatantes ſont le plus ſouvent ignorées , parce qu'é- tantfaitesdans des Païs éloignez, elles n'ont pourtémoins quedesyeux ennemis.
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Résumé : « Je passe à ce que j'ay à vous dire des glorieux [...] »
Le texte décrit la prise de la Cayenne par le roi. L'auteur avait déjà informé le destinataire de cette victoire, mais ce dernier souhaitait connaître les noms des braves ayant participé à cette victoire. L'auteur regrette que les actions héroïques accomplies dans des pays éloignés soient souvent ignorées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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73
p. 59-73
Particularitez touchant la prise de la Cayenne, avec les noms de tous ceux qui s'y sont signalez. [titre d'après la table]
Début :
Voicy les Noms de tant de braves Gens qui n'ont [...]
Mots clefs :
Prise, Cayenne, Troupes, Corps, Capitaine, Garnison, Fort, Comte d'Estrées
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texteReconnaissance textuelle : Particularitez touchant la prise de la Cayenne, avec les noms de tous ceux qui s'y sont signalez. [titre d'après la table]
Voicy
les noms de tant de braves
gens qui n'ont pas ſeulement lafatigue des Sieges à eſſuyer,
mais encor toutes les incommoditezde la Mer,&la fureur
deselemens. A
Toutes les Troupes eftant débarquées , furent ſeparées
endeuxCorps.
Premier Corps. Roki
CAPITA
Monfieur le Comte deBlenac : Il aeſté bleſſé d'un éclat
GALANT. 47 deGrenade àla cuiſſe. Il commandoit ſous Monfieur le Comte d'Eſtrées , & il a paru infatigable dans le combat.
LIEUTENANS.
M. deMontmoron.
M. le Chevalier d'Arvaux :
Il a commandé un détachement de cinquante hommes ,
& s'eſt acquis beaucoup de gloire.
M. deMonbant : Il a eſté bleſſéd'un coup de pique àla teſte.
M. d'Haire.
M. deCourcelles l'Indien.
ENSEIGNES.
M.de Saint Privaſt : Il a été
bleſſé au coude.
M. de Malaſſis.
M. de Chavegeon : Ila eu
un coupdeMouſquet au bras.
48 LE MERCURE
VOLONTAIRES.
M. Cotendon.
M. Defcloches.
M. d'Armanville : lafait la
fo ction d'Ayde Major , & a
donné des preuves d'un grand
courage.
t
AUTRES OFFICIERS.
M. Ferolles.
M.des Granges : Il a eſté
bleflé d'un coup de pique au col,qui ne l'empeſcha point de
combattre.
M.Barol.
M. Stenay,
M. le Chevalier de Balce.
M. Salbret de Marfilly.
M. Durefort.
Second Corps.
CAPITAINES.
M. Faucher.
M. de Grand Fontaine : Il
a
GALANT. 49
afait des fonctions ſurprenan- tes ; & quoy qu'il fuſt aſſez blefſé pour ſe retirer du combat, il a toûjours donnéſes ordres , & pouffé ſon attaque
avec une vigueur extraordinaire.
LIEUTENANS.
M. de Champigny.
M. de Meſlinierres: Il.commandoit une attaque avec M.
le Chevalier de Lezy : Ils ont pris leGouverneur prifonnier,
& quelques Officiers.
M. Poier.
M. Stinas.
M.Perić,
ENSEIGNES.
M. Sangers.
M. le Comte d'Aulnay.
M. Merande-Villiers .
M. Coignande Malmaiſon.
Tome 2. C
So LE MERCURE M. Serpin.
M du Tertre.
AUTRES OFFICIERS
M. Naudin.
M. Rigoteau : Il a eſté tué.
M.Maiſon Blanche.
M. Leſcoure.
M. Villiers.
M. Guermont..
M. Desjumaux.
M. Brefme.
M. Morienne.
M. Lavaux.
1
M.Belle-Croix : Il a donné
des marques d'une intrepidi- té qu'onne peutaſſez admirer.
M.d'Arbouville Majord'Ef
cadre: Il s'eſt acquis beaucoup
de gloire en cette occafion, &
a fait tout ce qu'on pouvoit attendre d'un grand courage.
M. deMartignac.
}
GALANT. SI
DE
M. le Chevalier Pariſot.
M.le ChevalierdeLezy: Jay
marqué dans un autre endroit les grandes actiós qu'il a faites.
M. Canchy.
M. Piner.
M. le Clerc.
M. L'honnoré.
M. de l'iſle.
M. de la Bouſſiere : Il commandoit une Barque longue qui devoit ſoûtenir les Chaloupes,& retourner enſuite en
garde à la tête desgrandsVaif- ſeaux, &apres le combat il eſt
entrédans la riviere d'Aproüague , avec M. Bourdet commandantleVaiſſeau nomméla
Fée,poury ruinerle commencementde la Colonie que les Hollandois y ont établie.
M. Panetier : Il a receu deux
Cij
52 LE MERCURE coups de mouſquet dans la machoire dés le commencementdel'attaque,où il eſt toûjours demeuré pour encoura- ger ſes ſoldatsM. Machaut. On ne peut
mieux s'acquiterdeſondevoir
qu'il a fait à la teſte de trois
Chaloupes qu'il commandoit.
M. Patoulet : Il eſtoit Commiſſaire General. Il n'a point abandonné M. le Comte d'Eſtrées , &il n'y a eu aucun en- droit perilleux où il ne ſe ſoit expoſé.
M.laGuerre: Il a eſte blefſé d'un coup de Pique à la cuiffe.
M. du Vignan : Il a été blef- fé àlamain.
M. Regon : Ila eſté tué.
M. Bourder. Il s'eſt rendu
GALANT. 53 maiſtre d'une Galliote de cent
tonneaux qui estoit chargée
deproviſions.
M. Gabaret , Capitaine de Vaiſſeau. Ilcommandoit cinq
gros Vaiffeaux pour foûtenir l'effort de l'Eſcadre Hollandoiſe.
Tous ceux qui n'ontpoint eſté bleſſez n'ont pas fait pa- roiſtre moins de valeur que
les autres ; mais ils ont eſté
plusheureux.
, eftoit
Lagarniſon du Fort que ces braves attaquerent
compoſée de trois cens hom- mes , ſoûtenus de quelques
autres troupes moins reglées qui avoient beaucoup contri- bué auxfortifications de la Pla.
ce. Les travaux eſtoient bien
environnez de paliſſades ; il y
Ciij
54 LE MERCURE
avoit des Cavaliers , & vingtfix pieces de canon en divers
endroits des retranchemens
qui pouvoient battre nos gens
defront&de flanc.
M. le Comted'Eſtrées ayant ſeparé ſes troupes en deux corps , ainſi que ie vous l'ay marqué , & donné ſes ordres
aux Vaiſſeaux, pour obliger les ennemis à faire diverſion de
leurs troupes , marcha la nuit
par des defilez. Cette marche
fut fort penible le terrain étoit fablonneux, la chaleurdu iour
avoit alteré & fatigué nos foldats, &ils ne trouverent point d'eau ; mais ils ne laſſerent
pas , quoy qu'abatus de la ſoif
&du travail , de faire des
choſes extraordinaires. Monheur le Comte d'Eſtrées avoit
GALANT. 55 ordonné fept attaques , & el- les furent pouffées avec tant
de vigueur , que tous les tra- vaux furent emportez , ce
grand nombre d'attaques ayat également réüſſy , ce qui n'eſt,
preſque iamais arrivé. LeFort,
fut pris de cette maniere , &
le Gouverneur demeura prifonnier de guerre, avec toute la garnison. On ne peut aſſez donner de loüanges à Mon- fieur le Comte d'Eſtrées , il a
faitvoir nonſeulement beaucoup de prudence & de conduite dans les ordres qu'il a
donnez , mais encorbeaucoup devaleurdans l'execution d'une entrepriſe qu'il avoit fi heu- reuſement meditée , &dont il
eſt venu à bout en ſi peu de temps,avec une vigueurquine
*
C iiij
56 LE MERCURE peut trouver d'exemple que parmy les Français.
les noms de tant de braves
gens qui n'ont pas ſeulement lafatigue des Sieges à eſſuyer,
mais encor toutes les incommoditezde la Mer,&la fureur
deselemens. A
Toutes les Troupes eftant débarquées , furent ſeparées
endeuxCorps.
Premier Corps. Roki
CAPITA
Monfieur le Comte deBlenac : Il aeſté bleſſé d'un éclat
GALANT. 47 deGrenade àla cuiſſe. Il commandoit ſous Monfieur le Comte d'Eſtrées , & il a paru infatigable dans le combat.
LIEUTENANS.
M. deMontmoron.
M. le Chevalier d'Arvaux :
Il a commandé un détachement de cinquante hommes ,
& s'eſt acquis beaucoup de gloire.
M. deMonbant : Il a eſté bleſſéd'un coup de pique àla teſte.
M. d'Haire.
M. deCourcelles l'Indien.
ENSEIGNES.
M.de Saint Privaſt : Il a été
bleſſé au coude.
M. de Malaſſis.
M. de Chavegeon : Ila eu
un coupdeMouſquet au bras.
48 LE MERCURE
VOLONTAIRES.
M. Cotendon.
M. Defcloches.
M. d'Armanville : lafait la
fo ction d'Ayde Major , & a
donné des preuves d'un grand
courage.
t
AUTRES OFFICIERS.
M. Ferolles.
M.des Granges : Il a eſté
bleflé d'un coup de pique au col,qui ne l'empeſcha point de
combattre.
M.Barol.
M. Stenay,
M. le Chevalier de Balce.
M. Salbret de Marfilly.
M. Durefort.
Second Corps.
CAPITAINES.
M. Faucher.
M. de Grand Fontaine : Il
a
GALANT. 49
afait des fonctions ſurprenan- tes ; & quoy qu'il fuſt aſſez blefſé pour ſe retirer du combat, il a toûjours donnéſes ordres , & pouffé ſon attaque
avec une vigueur extraordinaire.
LIEUTENANS.
M. de Champigny.
M. de Meſlinierres: Il.commandoit une attaque avec M.
le Chevalier de Lezy : Ils ont pris leGouverneur prifonnier,
& quelques Officiers.
M. Poier.
M. Stinas.
M.Perić,
ENSEIGNES.
M. Sangers.
M. le Comte d'Aulnay.
M. Merande-Villiers .
M. Coignande Malmaiſon.
Tome 2. C
So LE MERCURE M. Serpin.
M du Tertre.
AUTRES OFFICIERS
M. Naudin.
M. Rigoteau : Il a eſté tué.
M.Maiſon Blanche.
M. Leſcoure.
M. Villiers.
M. Guermont..
M. Desjumaux.
M. Brefme.
M. Morienne.
M. Lavaux.
1
M.Belle-Croix : Il a donné
des marques d'une intrepidi- té qu'onne peutaſſez admirer.
M.d'Arbouville Majord'Ef
cadre: Il s'eſt acquis beaucoup
de gloire en cette occafion, &
a fait tout ce qu'on pouvoit attendre d'un grand courage.
M. deMartignac.
}
GALANT. SI
DE
M. le Chevalier Pariſot.
M.le ChevalierdeLezy: Jay
marqué dans un autre endroit les grandes actiós qu'il a faites.
M. Canchy.
M. Piner.
M. le Clerc.
M. L'honnoré.
M. de l'iſle.
M. de la Bouſſiere : Il commandoit une Barque longue qui devoit ſoûtenir les Chaloupes,& retourner enſuite en
garde à la tête desgrandsVaif- ſeaux, &apres le combat il eſt
entrédans la riviere d'Aproüague , avec M. Bourdet commandantleVaiſſeau nomméla
Fée,poury ruinerle commencementde la Colonie que les Hollandois y ont établie.
M. Panetier : Il a receu deux
Cij
52 LE MERCURE coups de mouſquet dans la machoire dés le commencementdel'attaque,où il eſt toûjours demeuré pour encoura- ger ſes ſoldatsM. Machaut. On ne peut
mieux s'acquiterdeſondevoir
qu'il a fait à la teſte de trois
Chaloupes qu'il commandoit.
M. Patoulet : Il eſtoit Commiſſaire General. Il n'a point abandonné M. le Comte d'Eſtrées , &il n'y a eu aucun en- droit perilleux où il ne ſe ſoit expoſé.
M.laGuerre: Il a eſte blefſé d'un coup de Pique à la cuiffe.
M. du Vignan : Il a été blef- fé àlamain.
M. Regon : Ila eſté tué.
M. Bourder. Il s'eſt rendu
GALANT. 53 maiſtre d'une Galliote de cent
tonneaux qui estoit chargée
deproviſions.
M. Gabaret , Capitaine de Vaiſſeau. Ilcommandoit cinq
gros Vaiffeaux pour foûtenir l'effort de l'Eſcadre Hollandoiſe.
Tous ceux qui n'ontpoint eſté bleſſez n'ont pas fait pa- roiſtre moins de valeur que
les autres ; mais ils ont eſté
plusheureux.
, eftoit
Lagarniſon du Fort que ces braves attaquerent
compoſée de trois cens hom- mes , ſoûtenus de quelques
autres troupes moins reglées qui avoient beaucoup contri- bué auxfortifications de la Pla.
ce. Les travaux eſtoient bien
environnez de paliſſades ; il y
Ciij
54 LE MERCURE
avoit des Cavaliers , & vingtfix pieces de canon en divers
endroits des retranchemens
qui pouvoient battre nos gens
defront&de flanc.
M. le Comted'Eſtrées ayant ſeparé ſes troupes en deux corps , ainſi que ie vous l'ay marqué , & donné ſes ordres
aux Vaiſſeaux, pour obliger les ennemis à faire diverſion de
leurs troupes , marcha la nuit
par des defilez. Cette marche
fut fort penible le terrain étoit fablonneux, la chaleurdu iour
avoit alteré & fatigué nos foldats, &ils ne trouverent point d'eau ; mais ils ne laſſerent
pas , quoy qu'abatus de la ſoif
&du travail , de faire des
choſes extraordinaires. Monheur le Comte d'Eſtrées avoit
GALANT. 55 ordonné fept attaques , & el- les furent pouffées avec tant
de vigueur , que tous les tra- vaux furent emportez , ce
grand nombre d'attaques ayat également réüſſy , ce qui n'eſt,
preſque iamais arrivé. LeFort,
fut pris de cette maniere , &
le Gouverneur demeura prifonnier de guerre, avec toute la garnison. On ne peut aſſez donner de loüanges à Mon- fieur le Comte d'Eſtrées , il a
faitvoir nonſeulement beaucoup de prudence & de conduite dans les ordres qu'il a
donnez , mais encorbeaucoup devaleurdans l'execution d'une entrepriſe qu'il avoit fi heu- reuſement meditée , &dont il
eſt venu à bout en ſi peu de temps,avec une vigueurquine
*
C iiij
56 LE MERCURE peut trouver d'exemple que parmy les Français.
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Résumé : Particularitez touchant la prise de la Cayenne, avec les noms de tous ceux qui s'y sont signalez. [titre d'après la table]
Le texte décrit une expédition militaire dirigée par le Comte d'Estrées, impliquant deux corps de troupes. Les soldats ont dû affronter non seulement la fatigue des sièges, mais aussi les difficultés liées à la mer et aux éléments naturels. Le premier corps était sous le commandement du Comte de Blénac, qui a été blessé à la cuisse. Plusieurs officiers, comme le Chevalier d'Arvaux et M. de Monbant, ont également été blessés ou ont démontré un grand courage. Le second corps, dirigé par M. de Grand Fontaine, a également subi des pertes, notamment la mort de M. Rigoteau au combat. Les troupes ont dû faire face à une garnison composée de trois cents hommes et de troupes auxiliaires, soutenues par des fortifications et des pièces d'artillerie. Malgré les conditions difficiles, les attaques ont réussi à neutraliser les défenses et à capturer le fort, faisant prisonnier le gouverneur et sa garnison. Le Comte d'Estrées a été félicité pour sa prudence, sa conduite et sa valeur dans l'exécution de cette entreprise.
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74
p. 73-74
« Apres vous avoir parlé d'une Guerre, vous voudriez bien, Madame, [...] »
Début :
Apres vous avoir parlé d'une Guerre, vous voudriez bien, Madame, [...]
Mots clefs :
Phèdre, Imprimer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Apres vous avoir parlé d'une Guerre, vous voudriez bien, Madame, [...] »
Apres vous avoir parlé d'u- ne guerre,vous voudriez bien, Madame, que ie vous parlaſſe d'uneautre , puis que vous me demandez ce qui ſe dit icy desdeuxPhedresdepuis qu'el- les font imprimées. Je vous les ay envoyées l'une & l'au- tre , vous les avez leuës , & ie n'ay rien à vous répondre pour fatisfaire à voſtre curiofire fur cetarticle , finon qu'il n'y aaucune perſonne d'eſprit qui n'en penſe ce que ie ſuis fort aſſuré que vousenpenſez.
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75
p. 74-81
Discours sur la Preface de la Phedre du Sieur Pradon. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur Racine est toûjours Monsieur Racine, & ses Vers sont [...]
Mots clefs :
Phèdre, Racine, Pradon, Hôtel de Bourgogone, Théâtre
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texteReconnaissance textuelle : Discours sur la Preface de la Phedre du Sieur Pradon. [titre d'après la table]
Monfieur Racine eſt toûjours Monfieur Racine , &ſes Vers font trop beaux pour ne pas donnerà la lecture le meſme plaifir qu'ils donnent à les en- GALANT. 57 tendre reciterauTheatre.Pour Monfieur Pradon , il avouë qu'ayant eſté obligé de faire ſa Piece en trois mois , il n'a pas eu le temps d'en polir les Vers avec tout le ſoin qu'il y auroit apporté ſans cela. C'eſt une negligence forcée, qu'ap- paremmentil n'aura pas dans le premier Ouvrage qu'il fera paroiſtre ; mais il n'eſt pas af- LuréquecetOuvrage,quelque achevé qu'il nous le donne , ait un ſuccésauſſi avantageux quel'a eu ſon Hippolyte. Ily a des occurrences , qui felon qu'elles font plus ou moins favorables ,augmententoudiminuent les prixdes choses; &ie tiens que le ſecret de faire reüſſir celles de cette nature , c'eſt d'é faire parlerbeaucoup; Cv 38 LE MERCURE quand meſme on n'en feroit dire que du mal. Le bruit qui s'en répand excite une curio- fité qui attire de grandes af- femblées ; & comme le peuple ſe perfuade que les Pieces qui font ſuiviesdoiventeſtre bonnes , nous en avons veu quel- quefois de tres- heureuſes qui n'ont pas eu l'approbation des connoiffeurs. Ce que je vous dis, Madame,eſt une choſe ge- nerale , & mon deſſein n'eft pas de parler de celle de Monfieur Pradon. Quant à ſa Pre- face , dont vous voulez abſolument que ie vous réde com- pte , ie connois beaucoup de gens à qui elle plaît : il y enja mêmequi la trouvent brillace juſqu'à ébloüir, malgré tout ce qu'oppoſent certainsCritiques. GALANT. 59 difficiles à fatisfaire , qui ne- ſcauroient fouffrir qu'il s'ex cuſe ſur ce qu'Euripide n'a point fait le proceza Seneque, ny Seneque à Garnier , pour avoir traité la même matiere , àcauſe, diſent- ils, que ces Poëtes ont vécu dans des fiecles fort éloignez les uns des aur tres, & qu'il eſt inouy que per- fonne foit encor revenu de l'autre monde pourſe plaindre des injustices qu'onluya faites apres ſa mort; mais quandils auroiét vécu enſemble,quand ils auroient fait repreſenter. deuxHippolytes en un même. iour,cesCritiquestrop fcrupu leux ne prenent pas garde que Garnier & Seneque nedevant pas le fuccésde leurs premiers Ouvrages àceuxdot- ilsſeblent 60 LE MERCURE avoir doublé le ſujet , ont pû faire tout ce qu'il leur a plû, fans donner lieu qu'on les ac- cuſaſt de manquer de recon- noiſſance; & d'ailleurs comme on fait toûjours honneur à ceuxdont on met les Ouvrages enune autreLangue, ſi Eu- ripide avoit eu la liberté de fortir d'où il eſt pour venir trouver Seneque, il ne l'auroit fait que pour le remercierd'a- voir donné en Latin ce qu'il avoit composé en Grec;& fur cet exemple,j'ay entendudire àdes AmisdeMonfieur Racine, qu'il ſe feroit tenu tres re- devable à Monfieur Pradon , s'il avoit fait joüen en Italien, l'Hippolyte qui nous a eſté donnéen noſtre Langue par l'Hoſtel de Bourgogne; mais GALANT. 61 enfin , Monfieur Pradon a eu fes raiſons que ie veux croire fort bonnes , & ie le trouve loüable d'avoir reconnude fi bonne - foy dans ſa Preface, qu'il n'a point traité ce Sujet parun effet du hazard , comme tout le monde ſçait qu'il arriva des deux Berenices ; mais par un pur effet de ſon choix. Onavoit dit le contraire avant que la Piece paruſt, &il a crû que ce déguiſement démentoit la fincerité dont il fait profeſſion .
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Résumé : Discours sur la Preface de la Phedre du Sieur Pradon. [titre d'après la table]
Le texte compare la réception des œuvres de Jean Racine et de Nicolas Pradon. Racine est apprécié pour la qualité de ses vers, tant à la lecture qu'au théâtre. Pradon, en revanche, admet n'avoir pas pu peaufiner ses vers en raison du délai court pour écrire sa pièce. Il espère améliorer ce point dans ses futures œuvres. Le succès d'une pièce peut également dépendre du bruit qu'elle fait, même si les critiques sont négatives, car cela attire le public. La préface de Pradon est bien accueillie, malgré les réserves de certains experts. Ces derniers estiment que Pradon n'aurait pas dû comparer son travail à celui d'Euripide, Sénèque ou Garnier, car ils vivaient à des époques différentes. Pradon a choisi de traiter le même sujet que Racine par choix personnel, contrairement aux rumeurs précédentes. Il a exprimé cette sincérité dans sa préface.
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76
p. 81-85
Spectacles preparez pour le public. [titre d'après la table]
Début :
Puis que nous sommes sur le Chapitre des Divertissemens, je [...]
Mots clefs :
Divertissements, Spectacles, Anciens romains
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Spectacles preparez pour le public. [titre d'après la table]
Puis que nous ſommes ſur le
Chapitre des Divertiſſemens,
ie ne dois pas oublier que plufleurs perſonnes de Qualité font travailleràde grands ſpe.
ctacles qu'ils donneront au
public ſans qu'on prenne d'ar-
62 LE MERCURE
gent à la porte , & cela , pour marquer la joye qu'ils ont des grandes conqueſtes du Roy ;
c'eſt imiter les anciens Ro -
mains , & ces meſſieurs ne
peuvent rien faire qui mar- que plus la grandeur de la France, l'abondance qu'elle a
de toutes choses , &le calme
dont ellejoüit au dedans. Ces
fortes de Spectacles font leu- rir les beaux Arts, &leurdon- nent preſque à tous de l'em
ploy : ils font réveillez par là , & l'émulation fait faire
des choſes auſquelles on ne donneroit iamais tout le ſoin
qu'elles demandent pour ê- tre parfaites , ſi l'on n'avoit
point de Concurrent. C'eſt
ce que nous voyons tous les iours en Italie , où les plus
GALANT. 63
grands Princes , & ceux dont la conduite fert de regle aux
peuples qui leur ſont commis,
ne dédaignent pas de prendre
le ſoin des Opera. On en a
veuun à Rome le Carnaval
dernier , où le Chevalier Bernin avoit travaillé. Jene vous
dis point qu'il y avoit des chos ſes ſurprenantes VOUS cavez grand Homme peut ceque ce
faire
Chapitre des Divertiſſemens,
ie ne dois pas oublier que plufleurs perſonnes de Qualité font travailleràde grands ſpe.
ctacles qu'ils donneront au
public ſans qu'on prenne d'ar-
62 LE MERCURE
gent à la porte , & cela , pour marquer la joye qu'ils ont des grandes conqueſtes du Roy ;
c'eſt imiter les anciens Ro -
mains , & ces meſſieurs ne
peuvent rien faire qui mar- que plus la grandeur de la France, l'abondance qu'elle a
de toutes choses , &le calme
dont ellejoüit au dedans. Ces
fortes de Spectacles font leu- rir les beaux Arts, &leurdon- nent preſque à tous de l'em
ploy : ils font réveillez par là , & l'émulation fait faire
des choſes auſquelles on ne donneroit iamais tout le ſoin
qu'elles demandent pour ê- tre parfaites , ſi l'on n'avoit
point de Concurrent. C'eſt
ce que nous voyons tous les iours en Italie , où les plus
GALANT. 63
grands Princes , & ceux dont la conduite fert de regle aux
peuples qui leur ſont commis,
ne dédaignent pas de prendre
le ſoin des Opera. On en a
veuun à Rome le Carnaval
dernier , où le Chevalier Bernin avoit travaillé. Jene vous
dis point qu'il y avoit des chos ſes ſurprenantes VOUS cavez grand Homme peut ceque ce
faire
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Résumé : Spectacles preparez pour le public. [titre d'après la table]
Le texte décrit les divertissements organisés par des personnes de qualité pour célébrer les grandes conquêtes du roi. Ces spectacles, offerts gratuitement au public, imitent les anciens Romains et mettent en avant la grandeur de la France, son abondance et son calme intérieur. Ils contribuent à la revitalisation des beaux-arts et offrent du travail à de nombreux artistes. Ces événements stimulent également l'émulation parmi les artistes, les poussant à atteindre la perfection dans leurs œuvres. En Italie, les princes et dirigeants soutiennent également les opéras, comme en témoigne un spectacle récent à Rome où le Chevalier Bernin a travaillé. Le texte souligne l'importance de la concurrence pour encourager l'excellence artistique.
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77
p. 84-92
Avanture de l'épée. [titre d'après la table]
Début :
Au reste, Madame, avant que de reprendre les matieres de [...]
Mots clefs :
Jaloux, Veuve, Évanouissement, Épée, Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avanture de l'épée. [titre d'après la table]
Au reſte , Madame , avant
que de reprendre les matieres de la Guerre , vous Içaurez
qu'on vous a dit vray ,
vous diſant que le ieune Marquis , dont vous me deman -
dez des nouvelles a eu depuis peu quelquedemeflé dejalou- fie,&puiſque vous voulez que
ie vous l'explique , en voicy
64 LE MERCURE
les particularitez. Ila del'eſtime pour une ieune Veuve , &
il y a de l'apparence que cet- te eſtime n'eſt pas ſans tendref- dreſſe , puis qu'il a faitune échapée de Jaloux. La Dame eſt bien faire de ſa perſonne,
a beaucoup d'eſprit , & une vertu qui n'a iamais eſté ſu- jette au ſoupçon. Ces avanta ges font dequoy toucher , &
donneroit fon cœur à
moins. Ainfi il ne faut pas s'étonner, fi tantde merite enga- gea aisément le Marquis. Il renditdes ſoins ; & comme il
eſt difficile d'aimer ſans craindre , il ſe chagrina des viſites d'un Cavalier qu'iltrouvoit un peu trop affidu chez la Dame.
Le jeu & la converſation yat- tiroient quantité de perſonnes
on
GALANT. 65
!
de l'un &de l'autre ſexe ; &
quoy que le Cavalier y vinſt fans aucun deſſein particulier,
il ſuffiſoit qu'il y vinſt ſouvent pour allarmer le marquis , qui ne manqua pasde s'en plain- dre. Cette liberté de s'expli- querdépleut àla Dame , elle traita ſon chagrin de viſion ,
& les choſes en eſtoient là,
quand unaccident auſſi nou- veau qu'impréveu, donna licu à la jalouſie dont vous avez
entendu parler. Il y avoit grande Compagnie dans la chambredela Dame, le Cavalier s'y trouva , & n'ayant point voulu s'embarquer au jeu , il s'affit imprudemment fur ſon épée. Vous ſçavez ,
Madame, que les petits Coû- teauxqu'on porteaujourd'huy
66 LE MERCURE
- ſont plus de parade que de de- fenſe. Celuy du Cavalier s'e- ,
ſtoit tiré hors du fourreau
& l'avoit bleſſé. Je ne vous
puis dire comment cela s'e -
ſtoit fait ; mais il eſt certain qu'il n'eut pas ſi - toſt remis,
ſon épée , qu'il ſentit une le-,
gere douleur. Il porta la main,
àl'endroit bleſſé , &la rapor-,
ta pleine de ſang. Il n'en dit,
motà perſonne , & eſtant for- ty pour y remedier , une de- my- foibleſſe le prit au milieu,
de l'Eſcalier : il s'y arreſta. Les Gens du logis vinrent à luy ,
ils virent couler du fang , &
l'un d'eux ayant eſté dire tout bas à la Dame qu'il eſtoit bleſſé , elle crût qu'il auroit eſté attaqué par le Marquis,
&la crainte d'un plus grand
:
GALANT. 67
- deſordre la fit courir ſur l'efcalier avec precipitation. Elle demanda d'abord au Cava -
lier quelle rencontre l'avoit
- reduiten cet eſtat. Sa parole eſtoit d'une perſonne agitée.
Il trouva ſon inquietude obli-
- geante ; & voulant tourner ſa Bleſſure en galanterie , il remonta quatre ou cinq degrez,
& luy embraſſa les genoux pour la remercier de ſes ſoins.
La foibleſſe entiere le prit dans cette poſture. On courut chercher de l'eau pour l'en retirer , & la Dame êtant demeurée ſeule à le ſoutenir , le Marquis parut au bas du degré. Il ne s'attacha qu'à ce qu'il voyoit , & ne ſe donnapoint letemps deraiſonner.
Son pretendu Rival eſtoit aux
68 LE MERCURE
د
pieds de la Dame,qui ſembloit luy tendre les bras obligeam- ment pour le relever, &il n'en
falloit pas davantage pour mettre un jaloux horsde gar- de. Illaiſſa échaper quelques paroles emportées , iura dene revenir iamais &reprit le
chemin de la porte. Vn Do- meſtique le voyant preſt de ſortir , luy demanda s'il ſça- voit l'accident qui embarraf- foit ſa maiſtreſſe. Il s'en fit
conter l'Hiſtoire qu'on ne luy pût dire qu'imparfaitement ,
&il en voulut voir la ſuite.
Le Cavalier eſtoit revenu de
ſon évanoüifſſement par l'eau qu'on luy avoit jettée ſurle vi- ſage,&on le conduiſoit àune chaiſe pour le remener chez luy. Le Marquis confus de
GALANT. 69
fon erreur en fit des excuſes à
la Dame ; la Dame gronda ,
oudu moins voulut gronder.
Jene vousdiraypoint ſi elle ſe rendit fortdifficile au raccommodement ; mais enfin ils ont
tousdeux del'eſprit, tous deux du merite , ils ſe voyent com- me auparavant , &il n'eſt pas àcroire qu'ils ſe ſoient voulu
gefner long-temps par d'in -
commodesformalitez, quien- tre perſonnes qui s'eſtiment ,
ne peuvent i
que de reprendre les matieres de la Guerre , vous Içaurez
qu'on vous a dit vray ,
vous diſant que le ieune Marquis , dont vous me deman -
dez des nouvelles a eu depuis peu quelquedemeflé dejalou- fie,&puiſque vous voulez que
ie vous l'explique , en voicy
64 LE MERCURE
les particularitez. Ila del'eſtime pour une ieune Veuve , &
il y a de l'apparence que cet- te eſtime n'eſt pas ſans tendref- dreſſe , puis qu'il a faitune échapée de Jaloux. La Dame eſt bien faire de ſa perſonne,
a beaucoup d'eſprit , & une vertu qui n'a iamais eſté ſu- jette au ſoupçon. Ces avanta ges font dequoy toucher , &
donneroit fon cœur à
moins. Ainfi il ne faut pas s'étonner, fi tantde merite enga- gea aisément le Marquis. Il renditdes ſoins ; & comme il
eſt difficile d'aimer ſans craindre , il ſe chagrina des viſites d'un Cavalier qu'iltrouvoit un peu trop affidu chez la Dame.
Le jeu & la converſation yat- tiroient quantité de perſonnes
on
GALANT. 65
!
de l'un &de l'autre ſexe ; &
quoy que le Cavalier y vinſt fans aucun deſſein particulier,
il ſuffiſoit qu'il y vinſt ſouvent pour allarmer le marquis , qui ne manqua pasde s'en plain- dre. Cette liberté de s'expli- querdépleut àla Dame , elle traita ſon chagrin de viſion ,
& les choſes en eſtoient là,
quand unaccident auſſi nou- veau qu'impréveu, donna licu à la jalouſie dont vous avez
entendu parler. Il y avoit grande Compagnie dans la chambredela Dame, le Cavalier s'y trouva , & n'ayant point voulu s'embarquer au jeu , il s'affit imprudemment fur ſon épée. Vous ſçavez ,
Madame, que les petits Coû- teauxqu'on porteaujourd'huy
66 LE MERCURE
- ſont plus de parade que de de- fenſe. Celuy du Cavalier s'e- ,
ſtoit tiré hors du fourreau
& l'avoit bleſſé. Je ne vous
puis dire comment cela s'e -
ſtoit fait ; mais il eſt certain qu'il n'eut pas ſi - toſt remis,
ſon épée , qu'il ſentit une le-,
gere douleur. Il porta la main,
àl'endroit bleſſé , &la rapor-,
ta pleine de ſang. Il n'en dit,
motà perſonne , & eſtant for- ty pour y remedier , une de- my- foibleſſe le prit au milieu,
de l'Eſcalier : il s'y arreſta. Les Gens du logis vinrent à luy ,
ils virent couler du fang , &
l'un d'eux ayant eſté dire tout bas à la Dame qu'il eſtoit bleſſé , elle crût qu'il auroit eſté attaqué par le Marquis,
&la crainte d'un plus grand
:
GALANT. 67
- deſordre la fit courir ſur l'efcalier avec precipitation. Elle demanda d'abord au Cava -
lier quelle rencontre l'avoit
- reduiten cet eſtat. Sa parole eſtoit d'une perſonne agitée.
Il trouva ſon inquietude obli-
- geante ; & voulant tourner ſa Bleſſure en galanterie , il remonta quatre ou cinq degrez,
& luy embraſſa les genoux pour la remercier de ſes ſoins.
La foibleſſe entiere le prit dans cette poſture. On courut chercher de l'eau pour l'en retirer , & la Dame êtant demeurée ſeule à le ſoutenir , le Marquis parut au bas du degré. Il ne s'attacha qu'à ce qu'il voyoit , & ne ſe donnapoint letemps deraiſonner.
Son pretendu Rival eſtoit aux
68 LE MERCURE
د
pieds de la Dame,qui ſembloit luy tendre les bras obligeam- ment pour le relever, &il n'en
falloit pas davantage pour mettre un jaloux horsde gar- de. Illaiſſa échaper quelques paroles emportées , iura dene revenir iamais &reprit le
chemin de la porte. Vn Do- meſtique le voyant preſt de ſortir , luy demanda s'il ſça- voit l'accident qui embarraf- foit ſa maiſtreſſe. Il s'en fit
conter l'Hiſtoire qu'on ne luy pût dire qu'imparfaitement ,
&il en voulut voir la ſuite.
Le Cavalier eſtoit revenu de
ſon évanoüifſſement par l'eau qu'on luy avoit jettée ſurle vi- ſage,&on le conduiſoit àune chaiſe pour le remener chez luy. Le Marquis confus de
GALANT. 69
fon erreur en fit des excuſes à
la Dame ; la Dame gronda ,
oudu moins voulut gronder.
Jene vousdiraypoint ſi elle ſe rendit fortdifficile au raccommodement ; mais enfin ils ont
tousdeux del'eſprit, tous deux du merite , ils ſe voyent com- me auparavant , &il n'eſt pas àcroire qu'ils ſe ſoient voulu
gefner long-temps par d'in -
commodesformalitez, quien- tre perſonnes qui s'eſtiment ,
ne peuvent i
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Résumé : Avanture de l'épée. [titre d'après la table]
Le texte décrit une situation impliquant un jeune marquis et une jeune veuve. Le marquis, amoureux de la veuve, devient jaloux en raison des fréquentes visites d'un cavalier chez elle. Lors d'une soirée, le cavalier se blesse accidentellement avec son épée. La veuve, inquiète, accourt et trouve le cavalier blessé. Le marquis, témoin de la scène, interprète mal la situation et, dans un accès de jalousie, décide de partir. Un domestique lui explique alors l'accident, et le marquis, confus, revient et s'excuse. La veuve et le marquis se réconcilient rapidement, et leurs relations reprennent comme avant.
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78
p. 93-96
Generosité d'un Officier Gascon, lors que Valenciennes fut prise d'assaut. [titre d'après la table]
Début :
Quoy que le Roy ne soit plus à Valenciennes, je [...]
Mots clefs :
Conquêtes, Valenciennes, Officier Gascon, Courage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Generosité d'un Officier Gascon, lors que Valenciennes fut prise d'assaut. [titre d'après la table]
Quoy que le Roy ne ſoit plus à Valenciennes,ie ne laifſeray pas d'y retourner ; auffi bien il va fi vite qu'il eſt im- poſſible de le ſuivre que de loin. Ses dernieresConquêtes laiſſent à peine le temps de
70 LE MERCURE parler des premieres , & on ne ſçauroit entreprendre d'écrire ſes grandes Actions , qu'on ne
ſe trouve accablé par le nom- bre. Pendant qu'il court àde
nouvelles entrepriſes avec au- tant de vigueur que s'il n'avoit encor rien fait , il faut que ie vous diſe une affez agreable particularité quiregarde encor le Siege de cette premierePla- ce. Quand les dehors furent
emportez d'emblée , un des
principaux Officiers de laGarnilon, voyat qu'on ne donnoit
-quartier à perſonnedas la pre- mierechaleurde l'attaque, s'alla jetter entre lesbras d'un Officier Gaſcon , il ſe fit ſon pri- fonniers&luy offrit trois cens louis qu'il avoit fur luy , afin qu'il le gardât. Voicy ce qu'en
GALANT. 71
ſon lagage le Gaſcon repartit
àcette offre. Monsieur pour vô- tre vie elle estfauve , car ie com- bats commele Lion , ie pardonne à celuy qui s'humilie ; mais pour vousgarder , i'ay bien d'autres choses àfaire : dem'en cours
à la gloire, & vous laiſſe vous &
vostre argent entre les mains de mon Sergent. Voilà ſes pro -
pres paroles auſquelles ie n'ay
rien changé. Cette action eſt tres belle , & c'eſt l'Officier
qui l'a racontée , & qui a mê- me adjoûté , qu'ayant veu un Homme fi genereux , il le
ſuivit par tout en qualité de prisonnier , apprehendant de tomber entre des mains
moins amoureuſes de lagloire.
Il eſt conſtant que tous les Gaſcons font naturellement
72 LE MERCURE
braves ; mais quoy qu'on ait beaucoup d'eſtime pour eux ,
Onenauroit encor davantage s'ils eſtoient auſſi modeſtes
dans leursdiſcours, qu'ils font veritablement vaillans lors
qu'ils ont occaſion de donner
des marquesde leur courage
70 LE MERCURE parler des premieres , & on ne ſçauroit entreprendre d'écrire ſes grandes Actions , qu'on ne
ſe trouve accablé par le nom- bre. Pendant qu'il court àde
nouvelles entrepriſes avec au- tant de vigueur que s'il n'avoit encor rien fait , il faut que ie vous diſe une affez agreable particularité quiregarde encor le Siege de cette premierePla- ce. Quand les dehors furent
emportez d'emblée , un des
principaux Officiers de laGarnilon, voyat qu'on ne donnoit
-quartier à perſonnedas la pre- mierechaleurde l'attaque, s'alla jetter entre lesbras d'un Officier Gaſcon , il ſe fit ſon pri- fonniers&luy offrit trois cens louis qu'il avoit fur luy , afin qu'il le gardât. Voicy ce qu'en
GALANT. 71
ſon lagage le Gaſcon repartit
àcette offre. Monsieur pour vô- tre vie elle estfauve , car ie com- bats commele Lion , ie pardonne à celuy qui s'humilie ; mais pour vousgarder , i'ay bien d'autres choses àfaire : dem'en cours
à la gloire, & vous laiſſe vous &
vostre argent entre les mains de mon Sergent. Voilà ſes pro -
pres paroles auſquelles ie n'ay
rien changé. Cette action eſt tres belle , & c'eſt l'Officier
qui l'a racontée , & qui a mê- me adjoûté , qu'ayant veu un Homme fi genereux , il le
ſuivit par tout en qualité de prisonnier , apprehendant de tomber entre des mains
moins amoureuſes de lagloire.
Il eſt conſtant que tous les Gaſcons font naturellement
72 LE MERCURE
braves ; mais quoy qu'on ait beaucoup d'eſtime pour eux ,
Onenauroit encor davantage s'ils eſtoient auſſi modeſtes
dans leursdiſcours, qu'ils font veritablement vaillans lors
qu'ils ont occaſion de donner
des marquesde leur courage
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Résumé : Generosité d'un Officier Gascon, lors que Valenciennes fut prise d'assaut. [titre d'après la table]
Le texte décrit les événements militaires autour de Valenciennes, où le roi, bien que parti, laisse une impression durable. Les conquêtes récentes du roi se succèdent rapidement, ne permettant pas de parler des premières. Pendant qu'il se lance dans de nouvelles entreprises avec vigueur, une anecdote notable concernant le siège de Valenciennes est partagée. Un officier de la garnison, voyant qu'on ne donnait quartier à personne, se jeta entre les bras d'un officier gascon. Ce dernier refusa l'argent offert pour sa vie, déclarant qu'il combattait comme un lion mais pardonnait à celui qui s'humiliait. Il laissa le prisonnier et son argent aux mains de son sergent, préférant poursuivre la gloire. L'officier prisonnier, impressionné par la générosité du Gascon, le suivit volontairement, craignant de tomber entre des mains moins nobles. Le texte souligne la bravoure naturelle des Gascons, tout en suggérant qu'ils gagneraient encore plus d'estime s'ils étaient aussi modestes dans leurs discours que vaillants au combat.
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79
p. 103-114
Abregé des belles Actions de ce Marêchal. [titre d'après la table]
Début :
Il me souvient, Madame, de vous avoir oüy dire il [...]
Mots clefs :
Siège, Valeur, Braves, Maréchal de la Ferté, Attaque, Ennemis, Pistolet, Gouvernement, Lorraine, Capitaine
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texteReconnaissance textuelle : Abregé des belles Actions de ce Marêchal. [titre d'après la table]
Il me ſouvient Madame , de
vous avoir oui dire il n'y a
pas long-temps, en parlant de
GALANT. 77 la valeur de nos Braves d'aujourd'huy, quevous auriezbie voulu ſçavoir tout ce qu'ont fait de grand nos anciensMareſchauxdeFrance. le vais, puis que l'occafion s'en preſente,
vousparler ſeulementde monfieur le mareſchal de la Ferté.
Vous ferez ſans doute ſurpri- fe , qu'un ſeul Homme ait pû faire un fi grand nombre d'a- tions éclatantes pendant le coursd'une feule vie ; & vους
direz avec toute la terre,que fi la même perſonne pouvoit avoir plus d'un Baſton de mareſchal , nous luy en verrions aſſurement plusd'une douzai -
ne. Lors que l'on attaqua la Rochelle , il eſtoit déja à la te- ſte du Regiment qui eſtoit ſous la charge de Monfieur le
D 3
78 LE MERCURE Comte de Soiffons. Il ſervit..
pendant ce Siege à la conftru- ction du Fort Loüis, &en ſuite en pluſieurs endroits con- tre les Religionnaires. Il fut au Siege de Privas , où il re- ceutun coup de mouſquet au viſage. Il ſe ſignala àl'attaque du Pas de Suze , auſecours de
Cazal , au Siegede Moyenvic,
à celuy de Tréves , & à la ba- taille d'Aveines. Le feu Roy le fit marefſchal de Camp fur la Bréche de Hedin , pour avoir repouffé par deux fois ,
&defait le ſecours que le General Picolomini y vou -
loit ietter. Il donna , & remporia en fuite le fameux com- bat de S. Nicolas , où les ennemis eurent plus dedeux mil.
lehommes tuez ſur la place,
GALANT. 79
&perdirent leur Canon.Etant
au ſiege de Chinay qu'il atta- quoit, & qu'il rangea fous l'obeïffance du Roy, il apprit que
le Ducde Lorraine , &le General Lamboy, veroient au ſecours de la Place , & avoient
déja attaqué la Garde; & quoi que bleſſé à la cuiffe d'un coup de Fauconeau , il ſe la fit en.
veloper ,& s'eſtant fait iet -
ter à cheval , il obligea les en- nemis à ſe retirer apres une perte confiderable. Il com -
mandoit l'Aifle gauche à la Bataille de Rocroy, il y fit des
actions furprenantes , & il y
eut deux coups de piſtolet ,
deux coups d'épée , & deux
chevaux tuez ſous luy, II
fut enfuite fait Gouverneur
de Lorraine , puis Lieutenant
D 4
80 LE MERCURE
General, apres quoy il prit Lonouydans ſonGouvernement,
& fauva Courtray en s'y jettant avec deux- mille hommes , qu'il fit paſſer à la veuë des ennemis. Il ſe ſignala au Siege d'Ypres , & à la bataille
de Lens, où il rompit la Cava- leriedes ennemis , &la pour- fuivit juſques à Douay , d'où il ramena quinze cens priſon -
niers. Il repaſſa en ſuite en Lorraine , en chaſſa les ennemis avecunCorps moins con- fiderable , & ſauva Nancydu peril qui le menaçoit. Il prit quelque temps apres la Ville de Ligny, où il receut un coup de mouſquer à la gorge que l'on crut mortel.
Iem'imagine Madame, qu'e liſant cette Lettre vous vous
GALANT. 81
eſtes déja interrompuë vous- meſme pluſieurs fois , & que vous avez dit que j'avois ou- blié à vous marquer en quel temps M. de la Ferté avoit eſté faitMareſchal de France : cependant leRoyneluy fit l'hon- neur de luy envoyer le Bâton,
qu'apres la priſe de Ligny. Il fut à peine guery du coup qu'il y receut , qu'il reprit les Vil- les de Chartey ſur la Moſelle,,
Mirecourt , Neuchaſteau , &
remit ſous l'obeïſſance du Roy toutes les Places qui avoient
eſté priſes en Lorraine. Deux
ans apres il prit. Mouzon avec Monfieur de Turenne ; puis
avec un Corps de Troupes qu'il commandoit ſeul , il empeſchale Ducde Lorrainede ſecourir Sainte Menehouſt, &
DS
8. LE MERCURE
Quelque temps aprés il pric Befort en Hyver; & la mef- me année , ayant rejointMon- ſieur de Turenne , il fut à l'attaquedes Lignes d'Arras, où il
entrades premiers, &où il eut un cheval tué ſous lay. La meſme Campagneil pritCler- monten Argone. Il fut l'an- née ſuivante au Siege de Landrecies avec Monfieur de Turenne , puis en estant feparé il ſe ſignala au fameux paſſage de l'Eſcaut à la Neufville prés Bouchain. Il facilita quelque temps apres la priſe de Condé &deS. Guilhain; & il auroit
pris Valenciennes fans le deftin de Monfieur le Prince- ;
N'admirez- vous pasMada- mece long enchaînement de
bonheur, qui n'auroit pû du
GALANT. 83
rer ſi long- temps , fi ce grand
Capitaine n'cuſt en autant de
conduite & de prudence que
de Valeur. La fortune qui
n'abandonne gueres les veri- tables Braves, fit bientoſt voir
qu'elle ne l'avoit pas quitté pourlongtemps,puis qu'onluy D
vit prendre les années ſuivan- tes Montmedy &Gravelines,
&que le Roy le fit fon Lieute-
- nant General , lors qu'il par- tit pour aller à Marfal. Je ne
parle point des Convoys &
des ſecours qu'il a defaits, des Quartiers qu'il a enlevez , &
des Chaſteaux qu'il a pris , &
le détail en ſeroit trop long.
Peut eſtre même que ceuxqui
verront cette lettre, &qui admireront le plus tant debelles
actions,dirõt que ic ne vous ay
84 LE MERCURE promis de vous manderque ce qui ſe paſſe de nouveau : mais
Madame , outre que vous l'a- vez ſouhaité , ie croy qu'elles ne déplairont pas, & qu'eſtant ainſi ramaſſées elles paroîtront
aſſez curieuſes , pour meriter que ie me fois un peu éloigné demonſujet.
vous avoir oui dire il n'y a
pas long-temps, en parlant de
GALANT. 77 la valeur de nos Braves d'aujourd'huy, quevous auriezbie voulu ſçavoir tout ce qu'ont fait de grand nos anciensMareſchauxdeFrance. le vais, puis que l'occafion s'en preſente,
vousparler ſeulementde monfieur le mareſchal de la Ferté.
Vous ferez ſans doute ſurpri- fe , qu'un ſeul Homme ait pû faire un fi grand nombre d'a- tions éclatantes pendant le coursd'une feule vie ; & vους
direz avec toute la terre,que fi la même perſonne pouvoit avoir plus d'un Baſton de mareſchal , nous luy en verrions aſſurement plusd'une douzai -
ne. Lors que l'on attaqua la Rochelle , il eſtoit déja à la te- ſte du Regiment qui eſtoit ſous la charge de Monfieur le
D 3
78 LE MERCURE Comte de Soiffons. Il ſervit..
pendant ce Siege à la conftru- ction du Fort Loüis, &en ſuite en pluſieurs endroits con- tre les Religionnaires. Il fut au Siege de Privas , où il re- ceutun coup de mouſquet au viſage. Il ſe ſignala àl'attaque du Pas de Suze , auſecours de
Cazal , au Siegede Moyenvic,
à celuy de Tréves , & à la ba- taille d'Aveines. Le feu Roy le fit marefſchal de Camp fur la Bréche de Hedin , pour avoir repouffé par deux fois ,
&defait le ſecours que le General Picolomini y vou -
loit ietter. Il donna , & remporia en fuite le fameux com- bat de S. Nicolas , où les ennemis eurent plus dedeux mil.
lehommes tuez ſur la place,
GALANT. 79
&perdirent leur Canon.Etant
au ſiege de Chinay qu'il atta- quoit, & qu'il rangea fous l'obeïffance du Roy, il apprit que
le Ducde Lorraine , &le General Lamboy, veroient au ſecours de la Place , & avoient
déja attaqué la Garde; & quoi que bleſſé à la cuiffe d'un coup de Fauconeau , il ſe la fit en.
veloper ,& s'eſtant fait iet -
ter à cheval , il obligea les en- nemis à ſe retirer apres une perte confiderable. Il com -
mandoit l'Aifle gauche à la Bataille de Rocroy, il y fit des
actions furprenantes , & il y
eut deux coups de piſtolet ,
deux coups d'épée , & deux
chevaux tuez ſous luy, II
fut enfuite fait Gouverneur
de Lorraine , puis Lieutenant
D 4
80 LE MERCURE
General, apres quoy il prit Lonouydans ſonGouvernement,
& fauva Courtray en s'y jettant avec deux- mille hommes , qu'il fit paſſer à la veuë des ennemis. Il ſe ſignala au Siege d'Ypres , & à la bataille
de Lens, où il rompit la Cava- leriedes ennemis , &la pour- fuivit juſques à Douay , d'où il ramena quinze cens priſon -
niers. Il repaſſa en ſuite en Lorraine , en chaſſa les ennemis avecunCorps moins con- fiderable , & ſauva Nancydu peril qui le menaçoit. Il prit quelque temps apres la Ville de Ligny, où il receut un coup de mouſquer à la gorge que l'on crut mortel.
Iem'imagine Madame, qu'e liſant cette Lettre vous vous
GALANT. 81
eſtes déja interrompuë vous- meſme pluſieurs fois , & que vous avez dit que j'avois ou- blié à vous marquer en quel temps M. de la Ferté avoit eſté faitMareſchal de France : cependant leRoyneluy fit l'hon- neur de luy envoyer le Bâton,
qu'apres la priſe de Ligny. Il fut à peine guery du coup qu'il y receut , qu'il reprit les Vil- les de Chartey ſur la Moſelle,,
Mirecourt , Neuchaſteau , &
remit ſous l'obeïſſance du Roy toutes les Places qui avoient
eſté priſes en Lorraine. Deux
ans apres il prit. Mouzon avec Monfieur de Turenne ; puis
avec un Corps de Troupes qu'il commandoit ſeul , il empeſchale Ducde Lorrainede ſecourir Sainte Menehouſt, &
DS
8. LE MERCURE
Quelque temps aprés il pric Befort en Hyver; & la mef- me année , ayant rejointMon- ſieur de Turenne , il fut à l'attaquedes Lignes d'Arras, où il
entrades premiers, &où il eut un cheval tué ſous lay. La meſme Campagneil pritCler- monten Argone. Il fut l'an- née ſuivante au Siege de Landrecies avec Monfieur de Turenne , puis en estant feparé il ſe ſignala au fameux paſſage de l'Eſcaut à la Neufville prés Bouchain. Il facilita quelque temps apres la priſe de Condé &deS. Guilhain; & il auroit
pris Valenciennes fans le deftin de Monfieur le Prince- ;
N'admirez- vous pasMada- mece long enchaînement de
bonheur, qui n'auroit pû du
GALANT. 83
rer ſi long- temps , fi ce grand
Capitaine n'cuſt en autant de
conduite & de prudence que
de Valeur. La fortune qui
n'abandonne gueres les veri- tables Braves, fit bientoſt voir
qu'elle ne l'avoit pas quitté pourlongtemps,puis qu'onluy D
vit prendre les années ſuivan- tes Montmedy &Gravelines,
&que le Roy le fit fon Lieute-
- nant General , lors qu'il par- tit pour aller à Marfal. Je ne
parle point des Convoys &
des ſecours qu'il a defaits, des Quartiers qu'il a enlevez , &
des Chaſteaux qu'il a pris , &
le détail en ſeroit trop long.
Peut eſtre même que ceuxqui
verront cette lettre, &qui admireront le plus tant debelles
actions,dirõt que ic ne vous ay
84 LE MERCURE promis de vous manderque ce qui ſe paſſe de nouveau : mais
Madame , outre que vous l'a- vez ſouhaité , ie croy qu'elles ne déplairont pas, & qu'eſtant ainſi ramaſſées elles paroîtront
aſſez curieuſes , pour meriter que ie me fois un peu éloigné demonſujet.
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Résumé : Abregé des belles Actions de ce Marêchal. [titre d'après la table]
Le texte décrit les exploits militaires du maréchal de la Ferté, un homme ayant accompli de nombreuses actions remarquables au cours de sa carrière. Il a participé à divers sièges et batailles, notamment ceux de La Rochelle, Privas, Suze, Moyenvic, Trèves et Aveines. Lors du siège de Privas, il a été blessé par un coup de mousquet au visage. Pour ses actions à Hedin, le roi l'a nommé maréchal de camp. Il s'est particulièrement distingué lors de la bataille de Rocroy, où il a été blessé à plusieurs reprises, ce qui lui a valu les titres de gouverneur de Lorraine et de lieutenant général. Il a pris plusieurs villes, comme Lonuy et Courtray, et s'est illustré lors des sièges d'Ypres et de Lens. Il a également sauvé Nancy et pris la ville de Ligny, où il a été grièvement blessé. Après cette victoire, le roi lui a décerné le bâton de maréchal de France. Sa carrière se poursuit avec la prise de villes telles que Chartey, Mirecourt et Neuchâteau, et il a empêché le duc de Lorraine de secourir Sainte Menehoult. Il a également participé à l'attaque des lignes d'Arras et au siège de Landrecies. Sa carrière est marquée par une série de succès militaires et de prises de villes stratégiques, démontrant sa valeur, sa conduite et sa prudence.
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80
p. 96-100
Belle Harangue du Greffier de Valenciennes au Roy. [titre d'après la table]
Début :
La Politesse estant le partage des François aussi bien que [...]
Mots clefs :
Greffier, Saluer, Compliment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Belle Harangue du Greffier de Valenciennes au Roy. [titre d'après la table]
La Politeſſe eſtant le partagedes François auſſi bien que la valeur , &Meſſieurs de Va- lenciennes , dés le moment
qu'ils ont commencé d'eſtre ſous leurdomination , s'eſtant
propoſez deles imiteren tout,
ils ont aſſez bien reüſſy , &on l'a remarqué dans le complimentquele Greffierde la Vil- le fit auRoyquand il eut l'hon- neur de le ſalüer au nom de
tous les Habitans. Illuydit en tr'autres chofes , Quesi lafide- lite
GALANT. 73
qu'ils devoient à leurPrince leur custpermis d'écouter leur inclina- tion particuliere , ils n'auroient pû le defendre de murmurer de
n'avoirpas esté les premiers qu'il avoitplûàfa Majestéde mettre
aunombre deſes Sujets ; Quepuis
quelad rniere Victoire leur avoit procuré cet avantage ,ils lafup- plioient avectoute l'instance pof-
-ſible de ne les laiſſer tamais changerde Maistre ; Qu'elle trouve- roit dans leurs cœurs uneplus for- te caution de l'eternelle obeifSance qu'ils luy voüoient , qu'elle ne la trouveroit dans la Citadelle
qu'ils avoient ordre de construires
Que cependant ils alloient em- ployertous leurs foins à la bastir la plus belle , & la plus fortede
toutes celles des Païs Bas, non pas de leurs deniers , mais despropres Tome 2. D
74 LE MERCURE
deniers du Roy , puis que tenant
tout deſa bonté &desa clemen- ce , ils ne luy pouvoient rien offrirqui nefust deſia àluy; &que l'honneurde leurs femmes &de leurs filles conservé , &la vie
qu'il leur avoit genereusement Laiffée, les mettoit dans une obligation indispensable d'en confa- Sacrertous les momens àfonfer- vice; cequ'ils luy iuroientdefai- reavecuneardeurqui ne lesrendroit iamais indignes des graces dont ilavoit voulu les combler.
Voyez , Madame , ſice n'eſt pas là parler bon François pour desVValons , & fi lezeledeces nouveauxSujets pou- voit s'expliquer avec plus de reconnoiffance ?
qu'ils ont commencé d'eſtre ſous leurdomination , s'eſtant
propoſez deles imiteren tout,
ils ont aſſez bien reüſſy , &on l'a remarqué dans le complimentquele Greffierde la Vil- le fit auRoyquand il eut l'hon- neur de le ſalüer au nom de
tous les Habitans. Illuydit en tr'autres chofes , Quesi lafide- lite
GALANT. 73
qu'ils devoient à leurPrince leur custpermis d'écouter leur inclina- tion particuliere , ils n'auroient pû le defendre de murmurer de
n'avoirpas esté les premiers qu'il avoitplûàfa Majestéde mettre
aunombre deſes Sujets ; Quepuis
quelad rniere Victoire leur avoit procuré cet avantage ,ils lafup- plioient avectoute l'instance pof-
-ſible de ne les laiſſer tamais changerde Maistre ; Qu'elle trouve- roit dans leurs cœurs uneplus for- te caution de l'eternelle obeifSance qu'ils luy voüoient , qu'elle ne la trouveroit dans la Citadelle
qu'ils avoient ordre de construires
Que cependant ils alloient em- ployertous leurs foins à la bastir la plus belle , & la plus fortede
toutes celles des Païs Bas, non pas de leurs deniers , mais despropres Tome 2. D
74 LE MERCURE
deniers du Roy , puis que tenant
tout deſa bonté &desa clemen- ce , ils ne luy pouvoient rien offrirqui nefust deſia àluy; &que l'honneurde leurs femmes &de leurs filles conservé , &la vie
qu'il leur avoit genereusement Laiffée, les mettoit dans une obligation indispensable d'en confa- Sacrertous les momens àfonfer- vice; cequ'ils luy iuroientdefai- reavecuneardeurqui ne lesrendroit iamais indignes des graces dont ilavoit voulu les combler.
Voyez , Madame , ſice n'eſt pas là parler bon François pour desVValons , & fi lezeledeces nouveauxSujets pou- voit s'expliquer avec plus de reconnoiffance ?
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Résumé : Belle Harangue du Greffier de Valenciennes au Roy. [titre d'après la table]
Le texte met en lumière la politesse et la valeur des habitants de Valenciennes, qui ont cherché à imiter les Français après leur soumission. Leur loyauté envers leur nouveau prince est illustrée par un discours du greffier de la ville adressé au roi. Ce discours exprime leur gratitude pour la victoire récente qui les a placés sous la protection royale et leur engagement à rester fidèles. Ils promettent de construire une citadelle magnifique et forte avec les deniers du roi, affirmant qu'ils ne possèdent rien qui ne lui appartienne déjà. Les habitants jurent de consacrer leur vie au service du roi, reconnaissants pour la conservation de l'honneur de leurs femmes et filles ainsi que pour la vie que le roi leur a généreusement laissée. Le greffier conclut en soulignant la reconnaissance et la loyauté des nouveaux sujets valons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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81
p. 114
Le Roy écrit à Madame la Marêchale d'Estrées, sur la prise de Valenciennes. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a fait aussi l'honneur d'écrire à Madame la [...]
Mots clefs :
Roi, Maréchale d'Estrée
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texteReconnaissance textuelle : Le Roy écrit à Madame la Marêchale d'Estrées, sur la prise de Valenciennes. [titre d'après la table]
LeRoy a fait auſſi l'honneur
d'écrire à madame la Marefchale d'Eftrées , &àMonfieur .
le Ducde S. Aignan, touchant
la priſe de Valenciennes.
d'écrire à madame la Marefchale d'Eftrées , &àMonfieur .
le Ducde S. Aignan, touchant
la priſe de Valenciennes.
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82
p. 121-122
Monsieur le Comte de Louvigny rend compte à Monsieur le Marêchal de Gramnont de la prise de Valenciennes, & donne de grandes loüanges à Monsieur le Chevalier de Vendosme, & à Monsieur le Comte de S. Aignan. [titre d'après la table]
Début :
Il court encor une Lettre qu'on estime beaucoup; elle est [...]
Mots clefs :
Lettre, Prise de Valenciennes
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texteReconnaissance textuelle : Monsieur le Comte de Louvigny rend compte à Monsieur le Marêchal de Gramnont de la prise de Valenciennes, & donne de grandes loüanges à Monsieur le Chevalier de Vendosme, & à Monsieur le Comte de S. Aignan. [titre d'après la table]
Il court encor une Lettre
qu'on eſtime beaucoupselle eſt deM. leComtede Louvigny ,
àM. le Mareſchal de Grammont. Illuyrend comptedela priſe de Valenciennes , &luy
mande que M.le Chevalierde
Vendoſme,& M. le Comte de
S.Geran, y ontdonné detres- grandesmarques de valeur
qu'on eſtime beaucoupselle eſt deM. leComtede Louvigny ,
àM. le Mareſchal de Grammont. Illuyrend comptedela priſe de Valenciennes , &luy
mande que M.le Chevalierde
Vendoſme,& M. le Comte de
S.Geran, y ontdonné detres- grandesmarques de valeur
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83
p. 122
« Il y auroit beaucoup à dire sur cette matiere; mais [...] »
Début :
Il y auroit beaucoup à dire sur cette matiere; mais [...]
Mots clefs :
Matière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il y auroit beaucoup à dire sur cette matiere; mais [...] »
Il y auroit beaucoup à dire fur cette matiere ; mais ie la quite un moment dans la crainte
d'oublier àvous faire partd'un Mariage qui s'est fait icyde- puis peud'unefaçontoute extraordinaire.
d'oublier àvous faire partd'un Mariage qui s'est fait icyde- puis peud'unefaçontoute extraordinaire.
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84
p. 122-129
Histoire du Mariage par hazard. [titre d'après la table]
Début :
Une fort aimable Fille, aussi spirituelle que bien faite, demeurant [...]
Mots clefs :
Galant, Fille, Entrevue, Amant, Gazette de Hollande, Mariage
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texteReconnaissance textuelle : Histoire du Mariage par hazard. [titre d'après la table]
Une fort aimable fille, auſſi
ſpirituelle que bien faite , de- meurant à Paris , apres avoir paſſeſes premieres années en Gaſcogne, attendoit avec plus
90 LE MERCURE de naiſſance que de fortune,ce qu'il plairoit au Ciel d'ordon- ner de ſa deftinée. Un galant
homme dont le bien répondoit à d'autres qualitez fort
eftimables , la vit par rencontrechez une Dame,amie commune de tous lesdeux.Elle luy parut enjoüée, pleine de viva- cité , d'un entretien agreable ,
&il trouva fur tout que fon accent de Province donnoit
une grace merveilleuſe aux moindres choses qu'elle diſoit.
Il la regarda, luy parla, l'écou- ta;&le plaifir qu'il prit à cette premiere entreveuë , luy en ayant fait fouhaiter une ſecon- de, il ne luy fut pas difficile d'en trouver l'occaſion. La Bel
le alloit ſouvent chez la Dame
qu'il connoiffoit. Ils estoient
GALANT. 91
2
fortis fort contens l'un de l'autre ſans s'en rien dire , & c'étoit affez pour leur faire pren- dreſoindu rendez- vous.Trois
mois ſe paſſerent à ſe voir de
cette forte. Ils devinoient&ne
ſe diſoient point la cauſe de leur frequente rencontre.C'étoit le hazard en apparence, &
lear volonté en effet. La Belle
continuoit toûjours à eſtre en joüée , l'Amant à luy applau- dir; force parties de S. Clou &
d'Opera , mais ce n'eſtoit que voir l'Opera & faire des pro- menades à S. Clou ; grande complaiſance , & point dede- claration.Celan'avançoitpoint les affaires , &la Belle ne iça- voit que penſer deſon Amanr.
Elle avoit beau luy paroiſtre toute aimable, il eſtoit charmé
92 LE MERCURE
de ſon humeur, loioit ſon accent Gaſcon & ne ſe haſtoit
point de parler François.Enfin Theureux moment arriva. Ils
eftoient tous deux chez leur
Amieson yliſoit la Gazette de Hollande, &ellemarquoit en- tre autres choſes ſur l'Article
de Paris, que M. le ** avoit é- pouféMademoiſellede **. Le joly endroit , dit alors cette agreable Perſonne avec ſon
enjoüementordinaire ! lecroy que je ne ſerois point faſchée de voir mon Nomdans un Article pareil à celuy cy. L'A- mant commençoit à ſe laiſſer
vaincre par l'eſtoile. Grande aſſurancede ſa part qu'elle n'a- voit qu'à luy donner l'ordre ,
&qu'elle auroit fatisfaction.
Mais, ajoûta-t'elle , il vous en
GALAN T. 93
1
couſteroit de l'argent, &ie ne voudrois pas engager les gens àunedépense qui ne tournaſt point à leur avantage. Autre afſurance qu'il ne tiendroit
qu'à elle que l'argent ne fuft employé pour luy. La belle le regarda; &de cet accent qui avoit accouſtumé de le charmer : Expliquez vous, luydit- elle : ſi vous me parlez pour vous divertir , ie vay vous ré- pondre ; si c'eſt ſerieuſement,
mon Pere vous répondra.
L'Amant acheva d'eſtre vaincu, il fit la reverence,alla trou- ver lePere, la luydemandaſans s'informer de la ſuite , dreſſa
des Articles fort avantageux pour la Belle, &l'épouſa qua- tre iours apres . Cent perſon- nes de qualité ont eſté de la
94 LE MERCURE
nopce , &c'eſt le premierMa- riage qui ſe ſoit fait icy depuis Paſques
ſpirituelle que bien faite , de- meurant à Paris , apres avoir paſſeſes premieres années en Gaſcogne, attendoit avec plus
90 LE MERCURE de naiſſance que de fortune,ce qu'il plairoit au Ciel d'ordon- ner de ſa deftinée. Un galant
homme dont le bien répondoit à d'autres qualitez fort
eftimables , la vit par rencontrechez une Dame,amie commune de tous lesdeux.Elle luy parut enjoüée, pleine de viva- cité , d'un entretien agreable ,
&il trouva fur tout que fon accent de Province donnoit
une grace merveilleuſe aux moindres choses qu'elle diſoit.
Il la regarda, luy parla, l'écou- ta;&le plaifir qu'il prit à cette premiere entreveuë , luy en ayant fait fouhaiter une ſecon- de, il ne luy fut pas difficile d'en trouver l'occaſion. La Bel
le alloit ſouvent chez la Dame
qu'il connoiffoit. Ils estoient
GALANT. 91
2
fortis fort contens l'un de l'autre ſans s'en rien dire , & c'étoit affez pour leur faire pren- dreſoindu rendez- vous.Trois
mois ſe paſſerent à ſe voir de
cette forte. Ils devinoient&ne
ſe diſoient point la cauſe de leur frequente rencontre.C'étoit le hazard en apparence, &
lear volonté en effet. La Belle
continuoit toûjours à eſtre en joüée , l'Amant à luy applau- dir; force parties de S. Clou &
d'Opera , mais ce n'eſtoit que voir l'Opera & faire des pro- menades à S. Clou ; grande complaiſance , & point dede- claration.Celan'avançoitpoint les affaires , &la Belle ne iça- voit que penſer deſon Amanr.
Elle avoit beau luy paroiſtre toute aimable, il eſtoit charmé
92 LE MERCURE
de ſon humeur, loioit ſon accent Gaſcon & ne ſe haſtoit
point de parler François.Enfin Theureux moment arriva. Ils
eftoient tous deux chez leur
Amieson yliſoit la Gazette de Hollande, &ellemarquoit en- tre autres choſes ſur l'Article
de Paris, que M. le ** avoit é- pouféMademoiſellede **. Le joly endroit , dit alors cette agreable Perſonne avec ſon
enjoüementordinaire ! lecroy que je ne ſerois point faſchée de voir mon Nomdans un Article pareil à celuy cy. L'A- mant commençoit à ſe laiſſer
vaincre par l'eſtoile. Grande aſſurancede ſa part qu'elle n'a- voit qu'à luy donner l'ordre ,
&qu'elle auroit fatisfaction.
Mais, ajoûta-t'elle , il vous en
GALAN T. 93
1
couſteroit de l'argent, &ie ne voudrois pas engager les gens àunedépense qui ne tournaſt point à leur avantage. Autre afſurance qu'il ne tiendroit
qu'à elle que l'argent ne fuft employé pour luy. La belle le regarda; &de cet accent qui avoit accouſtumé de le charmer : Expliquez vous, luydit- elle : ſi vous me parlez pour vous divertir , ie vay vous ré- pondre ; si c'eſt ſerieuſement,
mon Pere vous répondra.
L'Amant acheva d'eſtre vaincu, il fit la reverence,alla trou- ver lePere, la luydemandaſans s'informer de la ſuite , dreſſa
des Articles fort avantageux pour la Belle, &l'épouſa qua- tre iours apres . Cent perſon- nes de qualité ont eſté de la
94 LE MERCURE
nopce , &c'eſt le premierMa- riage qui ſe ſoit fait icy depuis Paſques
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Résumé : Histoire du Mariage par hazard. [titre d'après la table]
Le texte relate l'histoire d'une jeune femme spirituelle et charmante, élevée en Gascogne mais résidant à Paris. Elle rencontre un homme de qualité chez une amie commune, qui est charmé par sa vivacité et son accent gascon. Ils se voient fréquemment sans se déclarer leurs sentiments, profitant de sorties et de divertissements. Un jour, en lisant la Gazette de Hollande, la jeune femme exprime son désir de voir son nom dans un article similaire. L'homme, épris, lui assure qu'il peut réaliser ce souhait. Elle lui demande de s'expliquer clairement et comprend qu'il s'agit d'une demande en mariage. Il obtient le consentement du père de la jeune femme et l'épouse quatre jours plus tard. La noce est célébrée en présence de cent personnes de qualité, marquant ainsi le premier mariage depuis Pâques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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85
p. 135-138
« Enfin, Madame, il est temps de vous rendre compte de [...] »
Début :
Enfin, Madame, il est temps de vous rendre compte de [...]
Mots clefs :
Gazettes, Extraits, Apprendre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Enfin, Madame, il est temps de vous rendre compte de [...] »
Enfin د Madame , il eſt
temps de vous rendre compte de la grande Journée de Caffel. Mondeſſein n'eſt pas de
vous rien dire de ce que vous
avez appris par les Gazettes ,
&parles Extraornaires, àl'é- gard de la Bataille , ie n'entre- prenspointd'en faire un corps,
&ie ſçay que i'en dois laiſſer &le foin & la gloire à l'illu -
ſtre Monfieur de G ** Ie
croy n'en devoir rien dire a -
vant qu'il en ait parlé , &l'or- dre dans lequel ie pourrois mettre tant de grandes choſes apres luy , n'aprocheroit nyde la noble maniere dont il les
exprime , ny du tour aiſé qu'il leurdonne en les liant enfemble. Je me contenteray donc
de vous mander par morceaux
E ij
100 LE MERCURE
détachez un nombre infiny de circonstances qu'il n'a fans doute pû faire entrer dans fes Relations, parce qu'au lieu des cahiers qu'il donne , il auroit êté obligé de prendre le temps defaire des Volumes , ce que
l'impatience du public ne luy permet pas. Je vous envoye
donc , Madame , non pas une Relation, mais des Extraits qui
pourroient compoſer une Hi- ſtoire des plus fidelles & des plusamples , s'ils eſtoient dans Tordre qu'il faudroit leur donner pour en faire un corps.
Vous apprendrez par leur le- ture de quelle maniere cha- cun a parlé de cette fameufe bataille , &vous verrez qu'el- les publient toutes également lagloire de Son Alteſſe Roya-
GALANT. 1ΟΙ
le; mais c'eſt trop faire lan guir voſtre curiofité , ie com
mence
temps de vous rendre compte de la grande Journée de Caffel. Mondeſſein n'eſt pas de
vous rien dire de ce que vous
avez appris par les Gazettes ,
&parles Extraornaires, àl'é- gard de la Bataille , ie n'entre- prenspointd'en faire un corps,
&ie ſçay que i'en dois laiſſer &le foin & la gloire à l'illu -
ſtre Monfieur de G ** Ie
croy n'en devoir rien dire a -
vant qu'il en ait parlé , &l'or- dre dans lequel ie pourrois mettre tant de grandes choſes apres luy , n'aprocheroit nyde la noble maniere dont il les
exprime , ny du tour aiſé qu'il leurdonne en les liant enfemble. Je me contenteray donc
de vous mander par morceaux
E ij
100 LE MERCURE
détachez un nombre infiny de circonstances qu'il n'a fans doute pû faire entrer dans fes Relations, parce qu'au lieu des cahiers qu'il donne , il auroit êté obligé de prendre le temps defaire des Volumes , ce que
l'impatience du public ne luy permet pas. Je vous envoye
donc , Madame , non pas une Relation, mais des Extraits qui
pourroient compoſer une Hi- ſtoire des plus fidelles & des plusamples , s'ils eſtoient dans Tordre qu'il faudroit leur donner pour en faire un corps.
Vous apprendrez par leur le- ture de quelle maniere cha- cun a parlé de cette fameufe bataille , &vous verrez qu'el- les publient toutes également lagloire de Son Alteſſe Roya-
GALANT. 1ΟΙ
le; mais c'eſt trop faire lan guir voſtre curiofité , ie com
mence
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Résumé : « Enfin, Madame, il est temps de vous rendre compte de [...] »
La lettre relate la bataille de Caffel et précise que l'auteur ne détaillera pas les événements déjà connus par les gazettes et les extraordinaires, laissant la gloire de la narration à Monsieur de G. L'auteur explique qu'il ne peut pas tout raconter en détail, car cela nécessiterait des volumes entiers, ce que l'impatience du public ne permet pas. Il choisit donc de fournir des extraits qui pourraient composer une histoire fidèle et ample s'ils étaient ordonnés. Ces extraits montrent comment différents auteurs ont parlé de la bataille, tous attribuant la gloire à Son Altesse Royale. L'auteur commence ensuite à partager ces extraits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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86
p. 138-167
Extrait d'une Relation de la fameuse Bataille de Cassel.
Début :
Monsieur le Prince d'Orange ayant entrepris le Secours de [...]
Mots clefs :
Ennemis, Ruisseau, Bataille de Cassel, Armée, Luxembourg, Charge, Extraits, Prince d'Orange, Saint Omer, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Relation de la fameuse Bataille de Cassel.
Extrait d'une Relation de lafa- meuse Bataille decaffel. !!!
Monfieur le Prince d'Orange ayant entrepris le ſe- cours de S. Omer , & ayant paffé avec ſon Armée le Canal de Bruges , il s'avança vers
Ypres. Sur la premiere nouvelle de ſa marche , Monfieur
de Louvois fut à Lile ; & ce
Miniſtre dont la prevoyance
ne peut eſtre aſſez admirée ,
donna ſes ordres pour faire marcher vers l'Armée deMonſieur , la petite Gendarmerie de la maiſon du Roy avec la
Cavalerie Legere, qui apres le
E iij
102 LE MERCURE
Siege de Valenciennes avoit eſté envoyée en Quartier de * rafraichiſſement dans la Flandre VValonne. LeRoy envoya
auſſi à Monfieur un Détachement commandé par Monfieur de la Cardonniere,compoſe de
huit Bataillons, deux du Regiment de la Reyne , deux de Bourgogne,deuxde Lyonnois,
&deux de Languedoc.
:
Le Prince d'Orangemarcha
à Poperingue d'une maniere qui fit douter s'il prendroit le
chemin de Bergues pour l'af- fieger , ou celuy de S. Omer pour le ſecourir.
Le Roy ayant appris que l'Armée ennemie continuoit
ſa marche, & qu'elle eſtoit plus nombreuſe qu'il n'avoit crû ,
fit partir Monfieur de Luxem-
GALANT. 103
bourg avec quelque Cavale -
rie Legere , les deux Compa- gnies de ſes mouſquetaires ,
deux Bataillons des Gardes
Françoiſes , trois du Regiment Suifle de Stoup,deuxdu Regiment Royal,& un du Maine,
Pendant que le Roy don- noit ſes ordres pour mettre l'Armée de Monfieur en bon
eſtat , fon Alteſſe Royale ſon- geoit à ſe bien ſervir des ſe- cours que Sa Majeſté luy don- noit , & envoyoit des Partis pour eſtre informé de la mar- che & du deſſein du Prince
d'Orange. Le Vendredy les ennemis ſe porterent devant un ruiſſeau
où il eſtoit difficile de les attaquer , parce que la rive qu'ils occupoiét étoit beaucoup plus
E iiij
104 LE MERCURE haute que celle qui estoit du coſté deMonfieur.
La bataille eſtant reſoluë ,
chacun fut àſon poſte , Mon- ſieur le Mareſchal d'Humieres
à la droite, & Monfieur le Duc
de Luxembourg à la gauche.
Ils laifferent Monfieur au
Corps de Bataille. Monfieur le Mareſchal d'humieres vit
que l'Aifle gauche des enne- mis s'avançoit , & qu'ils a- voient déja fait paſſer le ruif- ſeau à trois mille hommes de
pied; il les chargea &les dé- fit , puis paſſant à la teſte du ruiſſeau avec la Gendarmerie
qui compofoit l'Aifle droite qu'il commandoit , il prit l'Aî- le gauche des ennemis en flanc,&apres une aſſez vigou- reuſe reſiſtance : il la défit ab-
GALANT. 105
-
د
folument. Cependant Mon- ſieur s'avançoit avec ſon corps
deBataille. Celuy des enne- mis eſtoit ſur le ruiſſeau , par- tie d'un coſté , partie de l'au- tre , les détours du ruiſſeau en
ces endroits ne permettant
pas de faire une ligne droite- La reſiſtance des ennemis fut
tres- longue & tres vigouren- ſe , Monfieur chargea plu- ſieurs fois à la teſte des eſcadrons & des Bataillons ; &
comme il eſtoit toûjours au plus fort de la meſlée , il eut un cheval bleſſe ſous luy,& un coup de mouſquet dans ſes ar- mes. Pluſieurs perſonnes fu- rent tuées ou bleſſées auprés de luy. Monfieurle Chevalier de Lorraine fut legerement bleſſé au viſage, &Monfieurle
EV
106 LE MERCURE
2
Chevalier de Nantoüillet à la
jambe.
Toutes les Troupes firent
des miracles , animées par la prefencedeMonfieur: les Mouf.
quetaires du Royſe ſurpaſſe -
rent eux mêmes , &perdirent
Monfieur deMoiſſac , qui s'e.
ſtoit fi heureuſement diftingué à Valenciennes Les Regimens 'd'Humieres & du Maine allerent pluſieurs fois à la charge.
Les ennemis plierent enfin ;
&pendant qu'onles attaquoit avec tant de vigueur à la droi- te & au Corps de Bataille ,
Monfieur de Luxembourg vouloit paffer le ruiſſeau pour prendre en flanc leur gauche ;
mais il trouva deux Bataillons
retranchez dans l'Eglise de Peéne د & ne put ſe rendre
GALANT. 107
a
maiſtre de l'Egliſe &du paſſa- ge du ruiſſeau , qu'apres avoir fait venir du Canon. Dans
le temps qu'il voulut charger pourpaller de ſon coſte, MonYON
ennemis qui fuyoient, aban71 ſieur luy manda la défaite des
donnant leur Canon & leur
Bagage. Monfieur de Luxem- bourg qui voyoit les mouve- mens que les ennemis fai -
foient , manda à ſon Alteſſe
Royale , qu'il deferoit entie- rement le reſte des fuyards.
Il paſſa la riviere pour aller apres eux , &les pouſſa quel- que temps en taillant en pie- ces tout ce qui ſe ſauvoit , &
manda en ſuite à Monfieur ,
qui le faiſoit ſoûtenir de prés,
qu'il alloit continuer à les pourſuivre, &que leurdéfaite
108 LE MERCURE
eſtoit ſi enriere, qu'il n'y avoit pas dix des ennemis enſemble.
Il fit paſſer ceux qu'il cõduiſoit au travers du bagage de l'Ar- mée ennemie , qui avoit eſté
abandonné, &les empeſcha de
s'amuſer au pillage Quand on ſe fait obeïr en pareille rencontre, il faut qu'on ait bien du
pouvoir ſur les Troupes.
S'il m'eſt permis de faire des
reflexions fur cet Extrait, iediray que le Roy a le premier eſté cauſe du gain dela bataille, par les détachemens qu'il a
faits fi à propos, & que ſa pré- voyance en toutes choſes n'eſt pas moins à admirer , que le courage & l'intrepidité de Monfieur qui s'eſt toûjours trouvé dans les endroits les
plus perilleux.
xtrait d'une autre Relation.
L'armée eſtant rangée en bataille, l'Aifle droite où eſtoit
M. le Maréchal d'Humieres ,
commença à marcher aux ennemis,& pafla un ruiſſeau qui eftoit entre eux & nous. Les
Mouſquetaires commencerent
la charge, &mirent pied àterre pour charger deux batail- lons qui estoient dans des
hayes ; ils les en chafferent vigoureuſement,&les taillerent
en pieces. Il y eut quelque de- filé à paſſer pour s'aller mettre
enbataille dansun Païs unpeu
plus découvert où il y avoit
beaucoup de foffez; ce fut là où on trouva pluſieurs bataillons,&dix ou douze efcadrons
IJO LE MERCURE
:
des ennemis qui estoient en bataille. La Gendarmerie , les
brigades de Revel & de Mau- revert , formerent deux lignes.
Pendant ce temps Monfieur
ayant appris que Monfieur le Mareſchal d'Humieres avoit
chargé avec la droite, marcha à
lateſte du Corps de bataille, &
trouva l'Infanterie des ennemis poſtée dans des hayes fort avantageuſes : nonobſtant cela
il les fit charger & plier ; mais ils revinrent à la charge plu- ſieurs fois , ſouſtenus de leur
Cavalerie : Cefut là où Monfieur alla luy- même à la char- gedeuxou trois fois, encourageant par ſon exemple les fol- dats. Les ennemis y perdirent beaucoup de monde,la confu- ſion s'eſtant miſe parmy eux.
GALANT. III
}
2
Monfieur le Maréchal d'Humieres chargea à la teſte des Ecoſſois pluſieurs Efcadrons
desGardes du Prince d'Orange;mais étans ſoûtenus deleur
Infanterie , il fallut attendre
qu'une partie de la nôtre euſt paſſé de ce coſté- là,pour chaf- ſer la leur qui étoit retranchée
dans lesbuiffons. Unbataillon
de la Reyne eſtant arrivé avec Navarre , on chargea les bataillons qui estoient dans ces
hayes. Ils firent grands feu &
tinrent ferme quelque temps ,
mais ils plierent ayant veu la reſolution des nôtres. La Gendarmerie chargeaauſſi-tôt plu- ſieurs Efcadrons quiles receu- rent affez bien;mais ayanteſté
pris en flanc par les Cuirafſiers de Tilladet , ils laſcherent
312 LE MERCURE
pied &ſe retirerent derriere un petit ruiffeau. Ce fut pour lors quetoute leur armée commençant à filer & à fuir , tout fut mis en déroute.
Monfieur de Luxembourg n'euſt pas ſeulement les enne- mis àcombattre,mais il fut encor obligéà ſe tenir ſur ſes gar- des,de peur qu'ils ne ſe coulaf- ſent dans la mêlée pour aller à
SaintOmer.
Onaſceudepuisla bataille,
que le Prince d'Orange dans ſa fuite entra dans la maiſon
d'un païſan, à deux lieuës d'Y- pres , pour prendre un verre d'eau qu'il ne pût boire qu'en s'interrompant parſes ſanglots &par fes larmes. Il demanda s'il ne luy eſtoit point demeuré de carroffe,& s'en eſtant trou-
E GALANT. 113
1
10
vé un de reſte des trois qu'il avoit amenez,il ſe jettadedans comme un hommedeſeſperé.
Tous ſes gardes à pied &à
cheval ont fait des merveilles,
auſſi ont- ils eſté tous pris ou tuez : Ses Gardes du Corps fu rent pris dans la pourſuite.
Monfieurde Luxembourg,par la raiſon que ie vous aydite ,
eut beaucoup plus de part à la fin de l'action qu'au commen- cement : mais on peut dire qu'ayant empêchéles ennemis de ſecourir S.Omer ( ce qu'ils 1 avoient deſſeinde faire par ſon
coſté ) ſa grande vigilance ne luy a pas acquis moins degloi- re pendant le combat, quefon ardeur à pourſuivre les enne- mis apres le gain de la victoire.
114 LE MERCURE
Extrait d'une autre Relation.
Les choſes eſtant ainſi difpoſées , toute l'armée chargea en même temps. Nous trou- vâmes une grande reſiſtance d'abord , & nous fuſmes repouſſez où Son Alteſſe Roya- le eſtoit. Ayant trouvé un grand Corps d'Infanterie po- ſté dans des hayes d'uneépaif- ſeur extraordinaire , on peut
dire que Monfieur remit l'af- faire abſolument , car il ramena luy - meſme les bataillons à la charge , r'allia la Cavalerie , & fit charger fi vigoureu- ſement , qu'il pouſſa tout ce qu'il trouva devant luy.
7
GALANT. 115
Extrait d'une autre Relation.
Le premier choc fut tres- rude, les ennemis firent de furieuſes décharges par le front &le flanc , à la faveur des
hayes dont ils eſtoient couverts.Outre l'avantage du cer- tain qu'ils avoient , ils eſtoient plus forts que nous & nous
pouſſerent d'abord. Monfieur rallia luy- même, &envoya ſes ordres par les principaux Of- ficiers de ſa maiſon. Monfieur
le Chevalier de Nantoüillet
fit avancer quatre bataillons Suiſſes qui estoient à la fecon-
- de ligne : ceux de la premie- re ſe voyans ſouſtenus , prirent courage , & commence- rent à repouffer les ennemis ,
116 LE MERCURE
lors qu'unde ces quatre bataillons fut rompu. Monfieur fit auffi- toft mettre en Eſcadrons
ſes Gardes , & quelques- uns deſes domeſtiques qui estoient
accourus l'épée à la main ; &
les animant par ſonexemple,
leurinſpiratantde force&tant decourage,que toutesles trou- pes qui estoient aupresde luy ayant effuyé , à la portée du piſtolet, la décharge des enne- mis , allerent à eux l'épée à la main, &les rompirent. Monfieur le Chevalierde Lorraine
qui eſtoit avec M. de Luxem
bourg, s'appercevant queMon- ſieur faifoit avancer des troupes de la ſeconde ligne, retour- na aupresde SonAlteſſe Roya+
le, où remenant les noſtres à la
charge , il yeut le bord de ſon
GALANT.. 117
&
He
1
chapeau percé d'un coup de mouſquet qui luy fit une con- tuſion ducoſté de l'œil droit
aupres de la temple. Ce fut dans cette même occaſion que
Monfieur receut un coup de mouſquet dans ſa cuiraffe,que le Sieur Vaucher l'un de fes
valetsdechambre, eutuncoup dans lacuiſſe, en attachant une
caſaque ſur les armes de ce
Prince; ce fut là que M.le Che- valier de Nantoüillet receut
un coup de mouſquetdans la genoüillere qui touchoit celle deMonfieur , &que M. Tillet cadet aux Gardes eut ſon cheval bleſſé de deux coups derriere S. A. R. A noſtre droite ,
les mouſquetaires ayans mis pied à terre par l'ordre de M. delaCardonniere,avoient déja
118 LE MERCURE
?
mis en déroute un tres- gros bataillon qu'ils avoient forcé dansdes hayes, l'épée àla main,
apres en avoir eſſuyé la dé- charge , & les avoir pouffez dans une plaine tous botez qu'ils estoient. Cefut dans ce
même tempsque les gens d'armes Ecoſlois rencontrerent les
cuiraffiers ennemis,&lestaille.
rent en pieces. LesMouſquetaires eſtans en ſuite remontez
àcheval, revinrent dans la même plaine , où ils eſſayerent le feu de deux autres BatailJons qui estoient plus éloignez dans des hayes. Monfieur d'Humieres qui avoit com- mencé la bataille , commença auſſi la deroute des ennemis , les ayans chargez parle flanc àla tête des Eſcadrons
GALANT. 119
H
1
12
11
ef
de gendarmerie , des Cuiraf- ifiers , &mêmede l'Infanterie.
Ala gauche Monfieur de Lu- xembourg ayant paſſé auſſi fie- rement qu'heureuſement à la tête des Dragons Dauphins
&de Liſtenay , ſouſtenus de quelques bataillons , prit auſſi avec les Eſcadrons de Sourdis
la droite des ennemis par le
flanc. Cefut de ce coſté que leChevalierde Silly , l'un des Chambellans&Ayde deCamp deMonfieur , fut tué , & que
Monfieur le Marquis d'Effiat qui faiſoit travailler à un Pont,
eut la bridede ſon cheval coupée d'un coup de mouſquet.
Noftre canon fut tres -bien
ſervy parMonfieur leMarquis de la Freſeliere,qui fit changer des plafonds à propos, &avec
120 LE MERCURE
! une promptitude incroyable.
Nous avionsdeux cens hommes en garniſon au chaſteau
de Caffel , que les ennemis
n'avoient pas voulu attaquer,
eſperant les prendre àdifcre- tion, apres avoir gagné la ba- taille; mais les deux cens foldats les batirent , conduits par M. dela Motte Maréchal de
Camp, qui les prit en paſſant ,
apres s'eſtre ſignalé danslaba- taille.
Tous les Officiers de la maifonde Monfieur ont extremement ſignalé le zele qu'ils a- voient pour la gloire de leur
Maiſtre. Monfieur leMarquis d'Effiat r'allia plufieurs fois les troupes , & les remena à la charge.MonfieurdeNantoüil- let fit donner luy - même les Suiffes.
GALANT.. 121
Suiſſes. Monfieur du Purnon
executa tous les ordresqu'il receut, nonobitant le feu des ennemis. Monfieurle Marquis de
Pluyaux qui alloit & venoit,
paſſa à la teſte des Gardes au moment qu'elles chargeoient,
&chargea luy- meſme avec el- les l'épée à la m
Monfieur le Prince d'Orange ayant entrepris le ſe- cours de S. Omer , & ayant paffé avec ſon Armée le Canal de Bruges , il s'avança vers
Ypres. Sur la premiere nouvelle de ſa marche , Monfieur
de Louvois fut à Lile ; & ce
Miniſtre dont la prevoyance
ne peut eſtre aſſez admirée ,
donna ſes ordres pour faire marcher vers l'Armée deMonſieur , la petite Gendarmerie de la maiſon du Roy avec la
Cavalerie Legere, qui apres le
E iij
102 LE MERCURE
Siege de Valenciennes avoit eſté envoyée en Quartier de * rafraichiſſement dans la Flandre VValonne. LeRoy envoya
auſſi à Monfieur un Détachement commandé par Monfieur de la Cardonniere,compoſe de
huit Bataillons, deux du Regiment de la Reyne , deux de Bourgogne,deuxde Lyonnois,
&deux de Languedoc.
:
Le Prince d'Orangemarcha
à Poperingue d'une maniere qui fit douter s'il prendroit le
chemin de Bergues pour l'af- fieger , ou celuy de S. Omer pour le ſecourir.
Le Roy ayant appris que l'Armée ennemie continuoit
ſa marche, & qu'elle eſtoit plus nombreuſe qu'il n'avoit crû ,
fit partir Monfieur de Luxem-
GALANT. 103
bourg avec quelque Cavale -
rie Legere , les deux Compa- gnies de ſes mouſquetaires ,
deux Bataillons des Gardes
Françoiſes , trois du Regiment Suifle de Stoup,deuxdu Regiment Royal,& un du Maine,
Pendant que le Roy don- noit ſes ordres pour mettre l'Armée de Monfieur en bon
eſtat , fon Alteſſe Royale ſon- geoit à ſe bien ſervir des ſe- cours que Sa Majeſté luy don- noit , & envoyoit des Partis pour eſtre informé de la mar- che & du deſſein du Prince
d'Orange. Le Vendredy les ennemis ſe porterent devant un ruiſſeau
où il eſtoit difficile de les attaquer , parce que la rive qu'ils occupoiét étoit beaucoup plus
E iiij
104 LE MERCURE haute que celle qui estoit du coſté deMonfieur.
La bataille eſtant reſoluë ,
chacun fut àſon poſte , Mon- ſieur le Mareſchal d'Humieres
à la droite, & Monfieur le Duc
de Luxembourg à la gauche.
Ils laifferent Monfieur au
Corps de Bataille. Monfieur le Mareſchal d'humieres vit
que l'Aifle gauche des enne- mis s'avançoit , & qu'ils a- voient déja fait paſſer le ruif- ſeau à trois mille hommes de
pied; il les chargea &les dé- fit , puis paſſant à la teſte du ruiſſeau avec la Gendarmerie
qui compofoit l'Aifle droite qu'il commandoit , il prit l'Aî- le gauche des ennemis en flanc,&apres une aſſez vigou- reuſe reſiſtance : il la défit ab-
GALANT. 105
-
د
folument. Cependant Mon- ſieur s'avançoit avec ſon corps
deBataille. Celuy des enne- mis eſtoit ſur le ruiſſeau , par- tie d'un coſté , partie de l'au- tre , les détours du ruiſſeau en
ces endroits ne permettant
pas de faire une ligne droite- La reſiſtance des ennemis fut
tres- longue & tres vigouren- ſe , Monfieur chargea plu- ſieurs fois à la teſte des eſcadrons & des Bataillons ; &
comme il eſtoit toûjours au plus fort de la meſlée , il eut un cheval bleſſe ſous luy,& un coup de mouſquet dans ſes ar- mes. Pluſieurs perſonnes fu- rent tuées ou bleſſées auprés de luy. Monfieurle Chevalier de Lorraine fut legerement bleſſé au viſage, &Monfieurle
EV
106 LE MERCURE
2
Chevalier de Nantoüillet à la
jambe.
Toutes les Troupes firent
des miracles , animées par la prefencedeMonfieur: les Mouf.
quetaires du Royſe ſurpaſſe -
rent eux mêmes , &perdirent
Monfieur deMoiſſac , qui s'e.
ſtoit fi heureuſement diftingué à Valenciennes Les Regimens 'd'Humieres & du Maine allerent pluſieurs fois à la charge.
Les ennemis plierent enfin ;
&pendant qu'onles attaquoit avec tant de vigueur à la droi- te & au Corps de Bataille ,
Monfieur de Luxembourg vouloit paffer le ruiſſeau pour prendre en flanc leur gauche ;
mais il trouva deux Bataillons
retranchez dans l'Eglise de Peéne د & ne put ſe rendre
GALANT. 107
a
maiſtre de l'Egliſe &du paſſa- ge du ruiſſeau , qu'apres avoir fait venir du Canon. Dans
le temps qu'il voulut charger pourpaller de ſon coſte, MonYON
ennemis qui fuyoient, aban71 ſieur luy manda la défaite des
donnant leur Canon & leur
Bagage. Monfieur de Luxem- bourg qui voyoit les mouve- mens que les ennemis fai -
foient , manda à ſon Alteſſe
Royale , qu'il deferoit entie- rement le reſte des fuyards.
Il paſſa la riviere pour aller apres eux , &les pouſſa quel- que temps en taillant en pie- ces tout ce qui ſe ſauvoit , &
manda en ſuite à Monfieur ,
qui le faiſoit ſoûtenir de prés,
qu'il alloit continuer à les pourſuivre, &que leurdéfaite
108 LE MERCURE
eſtoit ſi enriere, qu'il n'y avoit pas dix des ennemis enſemble.
Il fit paſſer ceux qu'il cõduiſoit au travers du bagage de l'Ar- mée ennemie , qui avoit eſté
abandonné, &les empeſcha de
s'amuſer au pillage Quand on ſe fait obeïr en pareille rencontre, il faut qu'on ait bien du
pouvoir ſur les Troupes.
S'il m'eſt permis de faire des
reflexions fur cet Extrait, iediray que le Roy a le premier eſté cauſe du gain dela bataille, par les détachemens qu'il a
faits fi à propos, & que ſa pré- voyance en toutes choſes n'eſt pas moins à admirer , que le courage & l'intrepidité de Monfieur qui s'eſt toûjours trouvé dans les endroits les
plus perilleux.
xtrait d'une autre Relation.
L'armée eſtant rangée en bataille, l'Aifle droite où eſtoit
M. le Maréchal d'Humieres ,
commença à marcher aux ennemis,& pafla un ruiſſeau qui eftoit entre eux & nous. Les
Mouſquetaires commencerent
la charge, &mirent pied àterre pour charger deux batail- lons qui estoient dans des
hayes ; ils les en chafferent vigoureuſement,&les taillerent
en pieces. Il y eut quelque de- filé à paſſer pour s'aller mettre
enbataille dansun Païs unpeu
plus découvert où il y avoit
beaucoup de foffez; ce fut là où on trouva pluſieurs bataillons,&dix ou douze efcadrons
IJO LE MERCURE
:
des ennemis qui estoient en bataille. La Gendarmerie , les
brigades de Revel & de Mau- revert , formerent deux lignes.
Pendant ce temps Monfieur
ayant appris que Monfieur le Mareſchal d'Humieres avoit
chargé avec la droite, marcha à
lateſte du Corps de bataille, &
trouva l'Infanterie des ennemis poſtée dans des hayes fort avantageuſes : nonobſtant cela
il les fit charger & plier ; mais ils revinrent à la charge plu- ſieurs fois , ſouſtenus de leur
Cavalerie : Cefut là où Monfieur alla luy- même à la char- gedeuxou trois fois, encourageant par ſon exemple les fol- dats. Les ennemis y perdirent beaucoup de monde,la confu- ſion s'eſtant miſe parmy eux.
GALANT. III
}
2
Monfieur le Maréchal d'Humieres chargea à la teſte des Ecoſſois pluſieurs Efcadrons
desGardes du Prince d'Orange;mais étans ſoûtenus deleur
Infanterie , il fallut attendre
qu'une partie de la nôtre euſt paſſé de ce coſté- là,pour chaf- ſer la leur qui étoit retranchée
dans lesbuiffons. Unbataillon
de la Reyne eſtant arrivé avec Navarre , on chargea les bataillons qui estoient dans ces
hayes. Ils firent grands feu &
tinrent ferme quelque temps ,
mais ils plierent ayant veu la reſolution des nôtres. La Gendarmerie chargeaauſſi-tôt plu- ſieurs Efcadrons quiles receu- rent affez bien;mais ayanteſté
pris en flanc par les Cuirafſiers de Tilladet , ils laſcherent
312 LE MERCURE
pied &ſe retirerent derriere un petit ruiffeau. Ce fut pour lors quetoute leur armée commençant à filer & à fuir , tout fut mis en déroute.
Monfieur de Luxembourg n'euſt pas ſeulement les enne- mis àcombattre,mais il fut encor obligéà ſe tenir ſur ſes gar- des,de peur qu'ils ne ſe coulaf- ſent dans la mêlée pour aller à
SaintOmer.
Onaſceudepuisla bataille,
que le Prince d'Orange dans ſa fuite entra dans la maiſon
d'un païſan, à deux lieuës d'Y- pres , pour prendre un verre d'eau qu'il ne pût boire qu'en s'interrompant parſes ſanglots &par fes larmes. Il demanda s'il ne luy eſtoit point demeuré de carroffe,& s'en eſtant trou-
E GALANT. 113
1
10
vé un de reſte des trois qu'il avoit amenez,il ſe jettadedans comme un hommedeſeſperé.
Tous ſes gardes à pied &à
cheval ont fait des merveilles,
auſſi ont- ils eſté tous pris ou tuez : Ses Gardes du Corps fu rent pris dans la pourſuite.
Monfieurde Luxembourg,par la raiſon que ie vous aydite ,
eut beaucoup plus de part à la fin de l'action qu'au commen- cement : mais on peut dire qu'ayant empêchéles ennemis de ſecourir S.Omer ( ce qu'ils 1 avoient deſſeinde faire par ſon
coſté ) ſa grande vigilance ne luy a pas acquis moins degloi- re pendant le combat, quefon ardeur à pourſuivre les enne- mis apres le gain de la victoire.
114 LE MERCURE
Extrait d'une autre Relation.
Les choſes eſtant ainſi difpoſées , toute l'armée chargea en même temps. Nous trou- vâmes une grande reſiſtance d'abord , & nous fuſmes repouſſez où Son Alteſſe Roya- le eſtoit. Ayant trouvé un grand Corps d'Infanterie po- ſté dans des hayes d'uneépaif- ſeur extraordinaire , on peut
dire que Monfieur remit l'af- faire abſolument , car il ramena luy - meſme les bataillons à la charge , r'allia la Cavalerie , & fit charger fi vigoureu- ſement , qu'il pouſſa tout ce qu'il trouva devant luy.
7
GALANT. 115
Extrait d'une autre Relation.
Le premier choc fut tres- rude, les ennemis firent de furieuſes décharges par le front &le flanc , à la faveur des
hayes dont ils eſtoient couverts.Outre l'avantage du cer- tain qu'ils avoient , ils eſtoient plus forts que nous & nous
pouſſerent d'abord. Monfieur rallia luy- même, &envoya ſes ordres par les principaux Of- ficiers de ſa maiſon. Monfieur
le Chevalier de Nantoüillet
fit avancer quatre bataillons Suiſſes qui estoient à la fecon-
- de ligne : ceux de la premie- re ſe voyans ſouſtenus , prirent courage , & commence- rent à repouffer les ennemis ,
116 LE MERCURE
lors qu'unde ces quatre bataillons fut rompu. Monfieur fit auffi- toft mettre en Eſcadrons
ſes Gardes , & quelques- uns deſes domeſtiques qui estoient
accourus l'épée à la main ; &
les animant par ſonexemple,
leurinſpiratantde force&tant decourage,que toutesles trou- pes qui estoient aupresde luy ayant effuyé , à la portée du piſtolet, la décharge des enne- mis , allerent à eux l'épée à la main, &les rompirent. Monfieur le Chevalierde Lorraine
qui eſtoit avec M. de Luxem
bourg, s'appercevant queMon- ſieur faifoit avancer des troupes de la ſeconde ligne, retour- na aupresde SonAlteſſe Roya+
le, où remenant les noſtres à la
charge , il yeut le bord de ſon
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chapeau percé d'un coup de mouſquet qui luy fit une con- tuſion ducoſté de l'œil droit
aupres de la temple. Ce fut dans cette même occaſion que
Monfieur receut un coup de mouſquet dans ſa cuiraffe,que le Sieur Vaucher l'un de fes
valetsdechambre, eutuncoup dans lacuiſſe, en attachant une
caſaque ſur les armes de ce
Prince; ce fut là que M.le Che- valier de Nantoüillet receut
un coup de mouſquetdans la genoüillere qui touchoit celle deMonfieur , &que M. Tillet cadet aux Gardes eut ſon cheval bleſſé de deux coups derriere S. A. R. A noſtre droite ,
les mouſquetaires ayans mis pied à terre par l'ordre de M. delaCardonniere,avoient déja
118 LE MERCURE
?
mis en déroute un tres- gros bataillon qu'ils avoient forcé dansdes hayes, l'épée àla main,
apres en avoir eſſuyé la dé- charge , & les avoir pouffez dans une plaine tous botez qu'ils estoient. Cefut dans ce
même tempsque les gens d'armes Ecoſlois rencontrerent les
cuiraffiers ennemis,&lestaille.
rent en pieces. LesMouſquetaires eſtans en ſuite remontez
àcheval, revinrent dans la même plaine , où ils eſſayerent le feu de deux autres BatailJons qui estoient plus éloignez dans des hayes. Monfieur d'Humieres qui avoit com- mencé la bataille , commença auſſi la deroute des ennemis , les ayans chargez parle flanc àla tête des Eſcadrons
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de gendarmerie , des Cuiraf- ifiers , &mêmede l'Infanterie.
Ala gauche Monfieur de Lu- xembourg ayant paſſé auſſi fie- rement qu'heureuſement à la tête des Dragons Dauphins
&de Liſtenay , ſouſtenus de quelques bataillons , prit auſſi avec les Eſcadrons de Sourdis
la droite des ennemis par le
flanc. Cefut de ce coſté que leChevalierde Silly , l'un des Chambellans&Ayde deCamp deMonfieur , fut tué , & que
Monfieur le Marquis d'Effiat qui faiſoit travailler à un Pont,
eut la bridede ſon cheval coupée d'un coup de mouſquet.
Noftre canon fut tres -bien
ſervy parMonfieur leMarquis de la Freſeliere,qui fit changer des plafonds à propos, &avec
120 LE MERCURE
! une promptitude incroyable.
Nous avionsdeux cens hommes en garniſon au chaſteau
de Caffel , que les ennemis
n'avoient pas voulu attaquer,
eſperant les prendre àdifcre- tion, apres avoir gagné la ba- taille; mais les deux cens foldats les batirent , conduits par M. dela Motte Maréchal de
Camp, qui les prit en paſſant ,
apres s'eſtre ſignalé danslaba- taille.
Tous les Officiers de la maifonde Monfieur ont extremement ſignalé le zele qu'ils a- voient pour la gloire de leur
Maiſtre. Monfieur leMarquis d'Effiat r'allia plufieurs fois les troupes , & les remena à la charge.MonfieurdeNantoüil- let fit donner luy - même les Suiffes.
GALANT.. 121
Suiſſes. Monfieur du Purnon
executa tous les ordresqu'il receut, nonobitant le feu des ennemis. Monfieurle Marquis de
Pluyaux qui alloit & venoit,
paſſa à la teſte des Gardes au moment qu'elles chargeoient,
&chargea luy- meſme avec el- les l'épée à la m
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Résumé : Extrait d'une Relation de la fameuse Bataille de Cassel.
Le Prince d'Orange, après avoir secouru S. Omer et traversé le canal de Bruges, se dirigea vers Ypres. À l'annonce de sa marche, le ministre de Louvois ordonna à la petite gendarmerie et à la cavalerie légère de se diriger vers l'armée du Prince. Le roi envoya également un détachement commandé par le marquis de la Cardonnière, composé de huit bataillons de divers régiments. Le Prince d'Orange avança ensuite vers Poperingue, incertain de sa destination finale. Informé de la progression de l'armée ennemie, le roi envoya le duc de Luxembourg avec de la cavalerie légère, des mousquetaires et plusieurs bataillons pour renforcer ses troupes. Le prince d'Orange se positionna près d'un ruisseau difficile à franchir. La bataille débuta avec le maréchal d'Humières à droite et le duc de Luxembourg à gauche. Le maréchal d'Humières chargea et défit l'aile gauche ennemie, tandis que le prince d'Orange avançait avec le corps de bataille. La résistance ennemie fut vigoureuse, mais les troupes françaises, animées par la présence du prince, chargèrent à plusieurs reprises. Plusieurs personnes furent blessées, dont le chevalier de Lorraine et le chevalier de Nantoüillet. Les régiments d'Humières et du Maine se distinguèrent par leur bravoure. Les ennemis finirent par plier, et le duc de Luxembourg, après avoir pris une église retranchée, poursuivit les fuyards. La bataille se solda par une victoire française, avec une déroute complète de l'armée ennemie. Le prince d'Orange, en fuite, fut vu en larmes, désespéré. Les gardes du prince furent tous capturés ou tués. Le duc de Luxembourg joua un rôle crucial dans la fin de la bataille et la poursuite des ennemis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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87
p. 168-173
« J'ay crû, Madame, vous devoir envoyer tous les endroits sur [...] »
Début :
J'ay crû, Madame, vous devoir envoyer tous les endroits sur [...]
Mots clefs :
Relation, Bataille, Article, Journée de Cassel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « J'ay crû, Madame, vous devoir envoyer tous les endroits sur [...] »
l'ay crû, Madame, vous de- voir envoyer tous les endroits
fur leſquels j'aurois pú faire une Relation. Laverite ferencontre rarement en une ſeule,
celuyquidepluſieursdifferen- tes en compoſe une , ne pou- vant ſans la faire trop longue,
trop embaraſſée&horsdesre.
gles , rapporter les ſentimens dechacun, eſt obligé de s'arre- ſter à quelques- uns,ce qu'il ne Tome 2. F
122 LE MERCURE
fait ſouvent que par préven- tion , ou dans le deſſein de favoriſer quelqu'un,ou pard'au- tres raiſons ; c'eſt ce qui m'a porté à vous faire part de plu- ſieurs endroits choiſis de diverſesRelations, &iecroy qu'il n'y a que ce moyen pour faire bien comprendre ce qui s'eſt paſſé dans une bataille ; l'un marque les choſes d'une ma- niere, l'autre d'une autre,&les
uns ont eſté témoins de ce que pluſieurs n'ont pû voir. Ainfi
rien n'eſtoublié; &lesdifferés
termesdont on ſe ſert pour ex- primer tout ce qu'on a remar- qué,joints à tout cela, font que l'un éclaircit ce qu'on atrouvé d'obſcur dans ce que les au -
tres ont écrit,&qu'apres avoir lu tout cequi s'eſt fait ſur une
GALANT. 123
Bataille , l'eſprit ſe la figure de la maniere qu'elle s'eſt don -
née,ſans qu'il ſoit pour cela fa- cileàceluyqui enaconceu une ſi forte idée,d'en bien exprimer toutes les circonstances ; en forte que ſon imagination les
luy repreſentedemeſmequelin
les font arrivées.
Je ne vous parle point de l'ordrede la Bataille , il eſt imprimé,vousl'avez veu,&il n'y arien de nouveau là-deſſus.Ne
croyez pourtant pas que ie finiſſe ſi toſt l'Article de la memorable Journée de Caffel ,
J'ay trop de choſes à vous ra- conter de Monfieur. Vous venezde connoître que toutesles Relations ſe raportent touchất lagloire que SonAlteſſe Roya- = le s'y eſt acquiſe; maiscen'eſt Fij
124 LE MERCURE
pas affez , & ce grand Prince merite bien un Article parti -
culier. Pour ne rien laiſſer pafſer de ce qui le regarde , exa- minons l'estat de l'Arinée ennemie qui devoit eſtre em -
ployée toute entiere àcombatre celle de Monfieur , &
voyonsce quecelle de Son Al- teſſe Royale (beaucoup moins forte) avoit à faire. Admirons
l'eſprit de ce Prince dans le
Conſeil de guerre , voyons en ſuite tous les ordres qu'il donne, ſuivons-le dans le combat,
remarquons tout ce qu'il y
fait , & parlons de tout ce qui luy a gagné les cœurs des en- nemis meſmes apres la Batail- le , &nous admirerons en ſuite fon grand cœur , ſa preſen ced'eſprit , ſa prudence &fa
GALANT. 125
1
E
1
bonténaturelle. Voilà, Madame , toutes les choſes dont l'ay encor à vous parler , touchant SonAlteſſe Royale.
fur leſquels j'aurois pú faire une Relation. Laverite ferencontre rarement en une ſeule,
celuyquidepluſieursdifferen- tes en compoſe une , ne pou- vant ſans la faire trop longue,
trop embaraſſée&horsdesre.
gles , rapporter les ſentimens dechacun, eſt obligé de s'arre- ſter à quelques- uns,ce qu'il ne Tome 2. F
122 LE MERCURE
fait ſouvent que par préven- tion , ou dans le deſſein de favoriſer quelqu'un,ou pard'au- tres raiſons ; c'eſt ce qui m'a porté à vous faire part de plu- ſieurs endroits choiſis de diverſesRelations, &iecroy qu'il n'y a que ce moyen pour faire bien comprendre ce qui s'eſt paſſé dans une bataille ; l'un marque les choſes d'une ma- niere, l'autre d'une autre,&les
uns ont eſté témoins de ce que pluſieurs n'ont pû voir. Ainfi
rien n'eſtoublié; &lesdifferés
termesdont on ſe ſert pour ex- primer tout ce qu'on a remar- qué,joints à tout cela, font que l'un éclaircit ce qu'on atrouvé d'obſcur dans ce que les au -
tres ont écrit,&qu'apres avoir lu tout cequi s'eſt fait ſur une
GALANT. 123
Bataille , l'eſprit ſe la figure de la maniere qu'elle s'eſt don -
née,ſans qu'il ſoit pour cela fa- cileàceluyqui enaconceu une ſi forte idée,d'en bien exprimer toutes les circonstances ; en forte que ſon imagination les
luy repreſentedemeſmequelin
les font arrivées.
Je ne vous parle point de l'ordrede la Bataille , il eſt imprimé,vousl'avez veu,&il n'y arien de nouveau là-deſſus.Ne
croyez pourtant pas que ie finiſſe ſi toſt l'Article de la memorable Journée de Caffel ,
J'ay trop de choſes à vous ra- conter de Monfieur. Vous venezde connoître que toutesles Relations ſe raportent touchất lagloire que SonAlteſſe Roya- = le s'y eſt acquiſe; maiscen'eſt Fij
124 LE MERCURE
pas affez , & ce grand Prince merite bien un Article parti -
culier. Pour ne rien laiſſer pafſer de ce qui le regarde , exa- minons l'estat de l'Arinée ennemie qui devoit eſtre em -
ployée toute entiere àcombatre celle de Monfieur , &
voyonsce quecelle de Son Al- teſſe Royale (beaucoup moins forte) avoit à faire. Admirons
l'eſprit de ce Prince dans le
Conſeil de guerre , voyons en ſuite tous les ordres qu'il donne, ſuivons-le dans le combat,
remarquons tout ce qu'il y
fait , & parlons de tout ce qui luy a gagné les cœurs des en- nemis meſmes apres la Batail- le , &nous admirerons en ſuite fon grand cœur , ſa preſen ced'eſprit , ſa prudence &fa
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bonténaturelle. Voilà, Madame , toutes les choſes dont l'ay encor à vous parler , touchant SonAlteſſe Royale.
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Résumé : « J'ay crû, Madame, vous devoir envoyer tous les endroits sur [...] »
L'auteur d'une lettre adressée à une dame discute de la rédaction de rapports sur une bataille. Il souligne que la vérité est rarement présentée dans un seul récit et que plusieurs relations sont nécessaires pour obtenir une vision complète. Chaque relation peut être partielle ou influencée par des préjugés ou des intentions de favoriser quelqu'un. Pour mieux comprendre une bataille, il est donc préférable de consulter plusieurs récits, car ils se complètent et éclaircissent mutuellement les détails. L'auteur mentionne qu'il ne parle pas de l'ordre de la bataille, car celui-ci est déjà imprimé et connu. Cependant, il n'a pas encore terminé l'article sur la journée mémorable de Caffel, car il a beaucoup de choses à raconter sur Son Altesse Royale. Toutes les relations mettent en avant la gloire acquise par ce prince, mais l'auteur estime qu'il mérite un article particulier. Il propose d'examiner l'état de l'armée ennemie, les ordres donnés par le prince, ses actions durant le combat, et son comportement après la bataille. L'auteur souhaite également souligner le grand cœur, la présence d'esprit, la prudence et la bonté naturelle de ce prince, qui ont même gagné les cœurs des ennemis.
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88
p. 173-183
Remarques particulieres touchant ce qu'a fait Son Altesse Royale dans cette grande Journée. [titre d'après la table]
Début :
L'Armée ennemie estoit beaucoup plus forte que la sienne, & [...]
Mots clefs :
Ennemis, Armée, Victoire, Troupe, Prince
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texteReconnaissance textuelle : Remarques particulieres touchant ce qu'a fait Son Altesse Royale dans cette grande Journée. [titre d'après la table]
L'Armée ennemie eſtoit
beaucoup plus forte que la fienne , &fur tout en Infanterie. Elle estoit commandée par un Prince plein de cœur , &
tres- entreprenant , quoy que malheureux. Son Infanterie êtoit poſtée dans des Vergers
entourezdehayes vives &de foffez pleins d'eau , qui ne ſe pouvoient paffer à cheval , &
où l'on ne pouvoit entrer que pardéfilez ; de forte que pour la forcer , il falloit paſſer ſous le feu duCanon &de la moufqueterie, &l'attaquer dans des lieux naturellement retran -
chez.CetteArmée quiſe tenoit
Fiij
126 LE MERCURE
tres affeurée de la Victoire, &
qui connoiffoit ſes forces , n'e- ſtoit point obligée à les divi -
ſer; ce que Son Alteſſe Ro- yale eſtoit contrainte de faire,
ayant la Tranchée de S. O- mer, & les Poſtes qu'elle avoit gagnez devant cette place à
faire garder , ainſi que huict autres endroits par leſquels le ſecours pouvoit paſſer. L'Ar- mée de Monfieur eſtant affoi.
blie par les Troupes qu'il fut obligé de laiſſer en tant dedif- ferens Poſtes , ne diminua en
rien l'impatience qu'il avoit de combattre; &dés qu'il eut
appris que les ennemis a -
voient paſſe le premier ruif- feau, il voulut les aller atta- quer , & demanda l'advis
de Meſſieurs les Mareſchaux
GALANT. 127
1
d'Humieres & de Luxem -
bourg , qui voyant la reſolu- tion où il eſtoit d'expoſer ſa Perſonne , luy firent quelques
Objections. Elles auroient em- baraſſé un Prince moins éclairé , & moins ardent pour la gloire des Armes du Roy , &
un autre auroit pû quitter le deſſein de combattre ſans
qu'on le pût blâmer , puis que c'eſtoit l'advis du Conſeil. Ce
Prince n'avoit pour cela qu'à
ne rien dire qui pût détruire les Objections qu'on luy ve- noit de faire. Il y répondit ,
Que si on attendoit que les
Ennemis euffent passé le ſecond ruiſſean qui leur restoit , ilspour.
roient dérober quelques marches
par derriere , & ietter du ſecours dans S. Omer , qui estoit
Fiiij
128 LE MERCURE
leur deſſein leplus important , ce qui l'obligeroit àleverle Siege,&
qu'ilnevouloit pas quesous son commandement les ArmesduRoy receuffent un affront qui ne leur estoit point encor arrivé depuis
le commencement de la Guerre.
Meſſieurs les Generaux ayans gouſté toutes ces raiſons , ré -
pondirent , qu'ils ne sçavoient qu'obeyr , &Monfieur s'eſtant luy-meſme avancé avec quelquesTroupes pour reconnoi- ſtre les ennemis , donna auſſfitoſt les ordres qu'il iugea ne- ceſſaires pour les aller atta quer. C'eſt où nous aurons de
la peine à le ſuivre , & où la fumée & le feu nous empeche.
ront de remarquer un grand nombred'actionsdont nous ne
pouvons iugerque par celles
GALANT. 129
que nous ſcavons. Il eſt temps de regarder ce Prince dans le
combat , il y a remply les de- voirs de Capitaine &ceux de General , il a donné des ordres, il a mené à la charge , il a
combatu luy - meſme les en.
nemis, il a exhorté les Soldats,
il leur a inſpiré de l'ardeur , &
l'on peut dire que ſa teſte , ſon cœur , ſon bras , fon eſprit &
fon eloquence ont également
agy en cette occafion.Desque les ennemis faiſoient quelques mouvemens , il donnoit par
tout des ordresnouveauxavec
une prefence & une netteté d'eſprit inconcevables : iamais on n'a moins craint le peril ,
ny fait voir un plus grand fang froid au milieu des dan- gers , ce Prince ne s'eſtant pas Fv
130 LE MERCURE
trouvé embaraſſé un feul moment , &l'on peut dire que ſa prefence&ſa fermeté ont cau- ſé le gainde la bataille. Il a r'al- lié luy-mêmeles Troupes , &
les ayant r'animées par ce qu'il leur dit, & par fon exemple, il les a remenées pluſieurs fois à
la charge ſans s'eſtonner du feu des ennemis qu'il a eſſuyé avec une intrepidité qui ne ſe peut exprimer. Ce feu a esté grand , & l'on n'en peut dou- ter , puis que la pluſpart des Officiers qui estoient autour de ſa Perſonne ont eſté bleffez : Il s'expoſoit au meſme malheur , fi le Ciel ne l'en
euftgaranty.CePrincecroyoit que ce n'eſtoit pas affez de commander le Corps de Ba -
*taille, & it falloit encor pour
GALANT. 131
1
1
1
1
ſatisfaire ſon courage , qu'il ſe miſt à la teſte des Troupes qui avoient plié ; il vouloit meſ- me y aller ſans autres armes
que celles dont il avoit beſoin pour combatre ; mais
Monfieurde Merille , & un de
ſes Eſcuyers , luy en mirent malgré luy dans la chaleur du combat. Je ne ſcay comment il en put ſupporter la fatigue,
puis qu'il eſtoit à cheval dés
trois heures du matin , que la mêléedurajuſqu'au foir,&que les Bataillons des Ennemis
eſtoient rafraiſchis par d'au tres qui étoient à couvert dans
desVergers. Mais paſſons au lé- demain de cette grande Jour- née, & voyons Monfieur apres ſa Victoire. Ses yeux nebril- loient plus d'unfeu guerrier,la
-
132 LE MERCURE
douceury regnoit , il plaignit les malheureux & les bleſſez, il
envoya dans le Champ de ba- taille des Medecins , des Chirurgiens, des remedes , des vi- vres &des chariots pour tran- ſporter ceux qui estoient en- cor en eſtat d'eſtre ſecourus ,
& il s'eſt attiré par là l'eſtime & l'amitié des Vainqueurs &
des Vaincus.
beaucoup plus forte que la fienne , &fur tout en Infanterie. Elle estoit commandée par un Prince plein de cœur , &
tres- entreprenant , quoy que malheureux. Son Infanterie êtoit poſtée dans des Vergers
entourezdehayes vives &de foffez pleins d'eau , qui ne ſe pouvoient paffer à cheval , &
où l'on ne pouvoit entrer que pardéfilez ; de forte que pour la forcer , il falloit paſſer ſous le feu duCanon &de la moufqueterie, &l'attaquer dans des lieux naturellement retran -
chez.CetteArmée quiſe tenoit
Fiij
126 LE MERCURE
tres affeurée de la Victoire, &
qui connoiffoit ſes forces , n'e- ſtoit point obligée à les divi -
ſer; ce que Son Alteſſe Ro- yale eſtoit contrainte de faire,
ayant la Tranchée de S. O- mer, & les Poſtes qu'elle avoit gagnez devant cette place à
faire garder , ainſi que huict autres endroits par leſquels le ſecours pouvoit paſſer. L'Ar- mée de Monfieur eſtant affoi.
blie par les Troupes qu'il fut obligé de laiſſer en tant dedif- ferens Poſtes , ne diminua en
rien l'impatience qu'il avoit de combattre; &dés qu'il eut
appris que les ennemis a -
voient paſſe le premier ruif- feau, il voulut les aller atta- quer , & demanda l'advis
de Meſſieurs les Mareſchaux
GALANT. 127
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d'Humieres & de Luxem -
bourg , qui voyant la reſolu- tion où il eſtoit d'expoſer ſa Perſonne , luy firent quelques
Objections. Elles auroient em- baraſſé un Prince moins éclairé , & moins ardent pour la gloire des Armes du Roy , &
un autre auroit pû quitter le deſſein de combattre ſans
qu'on le pût blâmer , puis que c'eſtoit l'advis du Conſeil. Ce
Prince n'avoit pour cela qu'à
ne rien dire qui pût détruire les Objections qu'on luy ve- noit de faire. Il y répondit ,
Que si on attendoit que les
Ennemis euffent passé le ſecond ruiſſean qui leur restoit , ilspour.
roient dérober quelques marches
par derriere , & ietter du ſecours dans S. Omer , qui estoit
Fiiij
128 LE MERCURE
leur deſſein leplus important , ce qui l'obligeroit àleverle Siege,&
qu'ilnevouloit pas quesous son commandement les ArmesduRoy receuffent un affront qui ne leur estoit point encor arrivé depuis
le commencement de la Guerre.
Meſſieurs les Generaux ayans gouſté toutes ces raiſons , ré -
pondirent , qu'ils ne sçavoient qu'obeyr , &Monfieur s'eſtant luy-meſme avancé avec quelquesTroupes pour reconnoi- ſtre les ennemis , donna auſſfitoſt les ordres qu'il iugea ne- ceſſaires pour les aller atta quer. C'eſt où nous aurons de
la peine à le ſuivre , & où la fumée & le feu nous empeche.
ront de remarquer un grand nombred'actionsdont nous ne
pouvons iugerque par celles
GALANT. 129
que nous ſcavons. Il eſt temps de regarder ce Prince dans le
combat , il y a remply les de- voirs de Capitaine &ceux de General , il a donné des ordres, il a mené à la charge , il a
combatu luy - meſme les en.
nemis, il a exhorté les Soldats,
il leur a inſpiré de l'ardeur , &
l'on peut dire que ſa teſte , ſon cœur , ſon bras , fon eſprit &
fon eloquence ont également
agy en cette occafion.Desque les ennemis faiſoient quelques mouvemens , il donnoit par
tout des ordresnouveauxavec
une prefence & une netteté d'eſprit inconcevables : iamais on n'a moins craint le peril ,
ny fait voir un plus grand fang froid au milieu des dan- gers , ce Prince ne s'eſtant pas Fv
130 LE MERCURE
trouvé embaraſſé un feul moment , &l'on peut dire que ſa prefence&ſa fermeté ont cau- ſé le gainde la bataille. Il a r'al- lié luy-mêmeles Troupes , &
les ayant r'animées par ce qu'il leur dit, & par fon exemple, il les a remenées pluſieurs fois à
la charge ſans s'eſtonner du feu des ennemis qu'il a eſſuyé avec une intrepidité qui ne ſe peut exprimer. Ce feu a esté grand , & l'on n'en peut dou- ter , puis que la pluſpart des Officiers qui estoient autour de ſa Perſonne ont eſté bleffez : Il s'expoſoit au meſme malheur , fi le Ciel ne l'en
euftgaranty.CePrincecroyoit que ce n'eſtoit pas affez de commander le Corps de Ba -
*taille, & it falloit encor pour
GALANT. 131
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ſatisfaire ſon courage , qu'il ſe miſt à la teſte des Troupes qui avoient plié ; il vouloit meſ- me y aller ſans autres armes
que celles dont il avoit beſoin pour combatre ; mais
Monfieurde Merille , & un de
ſes Eſcuyers , luy en mirent malgré luy dans la chaleur du combat. Je ne ſcay comment il en put ſupporter la fatigue,
puis qu'il eſtoit à cheval dés
trois heures du matin , que la mêléedurajuſqu'au foir,&que les Bataillons des Ennemis
eſtoient rafraiſchis par d'au tres qui étoient à couvert dans
desVergers. Mais paſſons au lé- demain de cette grande Jour- née, & voyons Monfieur apres ſa Victoire. Ses yeux nebril- loient plus d'unfeu guerrier,la
-
132 LE MERCURE
douceury regnoit , il plaignit les malheureux & les bleſſez, il
envoya dans le Champ de ba- taille des Medecins , des Chirurgiens, des remedes , des vi- vres &des chariots pour tran- ſporter ceux qui estoient en- cor en eſtat d'eſtre ſecourus ,
& il s'eſt attiré par là l'eſtime & l'amitié des Vainqueurs &
des Vaincus.
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Résumé : Remarques particulieres touchant ce qu'a fait Son Altesse Royale dans cette grande Journée. [titre d'après la table]
Le texte relate une bataille opposant l'armée royale à une armée ennemie plus nombreuse et bien positionnée dans des vergers fortifiés. L'armée ennemie était dirigée par un prince entreprenant mais malheureux. L'armée royale, sous les ordres d'un prince déterminé, dut diviser ses forces pour défendre plusieurs postes stratégiques. Malgré les réserves des maréchaux d'Humières et de Luxembourg, le prince royal choisit d'attaquer immédiatement pour empêcher les ennemis de renforcer la ville de Saint-Omer. Il justifia cette décision par la nécessité d'éviter un affront aux armes du roi. Au cours de la bataille, le prince royal fit preuve d'un courage exceptionnel. Il dirigea personnellement les troupes, inspira les soldats et montra un sang-froid remarquable. Protégé par ses officiers, il resta à cheval durant toute la journée. Après la victoire, il manifesta de la clémence et de l'humanité en envoyant des secours aux blessés des deux camps, ce qui lui valut l'estime de tous.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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89
p. 184-185
« Monsieur l'Abbé Tallemant l'aîné a fait un tresbeau Sonnet [...] »
Début :
Monsieur l'Abbé Tallemant l'aîné a fait un tresbeau Sonnet [...]
Mots clefs :
Sonnet, Altesse royale, Abbé Tallement, Abbé Esprit, Abbé Cottin
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texteReconnaissance textuelle : « Monsieur l'Abbé Tallemant l'aîné a fait un tresbeau Sonnet [...] »
Monfieur l'Abbé Talle -
mant l'aîné a fait un tres-beau
Sonnet ſur cete grande huma- nité que Son Alteſſe Royale fit voir le lendemain que le combatfutdonné. Je voudrois
vous en faire part , auffi bien.
que de ceux de Monfieur
l'Abbé Eſprit; mais ie paſſerois de trop loin lesbornes que ie me fuis preſcrites, &ie vous les
GALANT. 133
15
1
envoyeray , avecpluſieurs au- tres Vers ſur les Conqueſtes du Roy,faits par les beaux ef prits de France , la premiere fois que je vous écriray. Ce- pendant comme l'en ay beau- coup de Monfieur l'AbbéCo- tin , que ie fuis contraint de vous garder , avec les autres ,
ie ne puis m'empêcher de vous envoyer aujourd'huy ces huit Versde ſa façon.
mant l'aîné a fait un tres-beau
Sonnet ſur cete grande huma- nité que Son Alteſſe Royale fit voir le lendemain que le combatfutdonné. Je voudrois
vous en faire part , auffi bien.
que de ceux de Monfieur
l'Abbé Eſprit; mais ie paſſerois de trop loin lesbornes que ie me fuis preſcrites, &ie vous les
GALANT. 133
15
1
envoyeray , avecpluſieurs au- tres Vers ſur les Conqueſtes du Roy,faits par les beaux ef prits de France , la premiere fois que je vous écriray. Ce- pendant comme l'en ay beau- coup de Monfieur l'AbbéCo- tin , que ie fuis contraint de vous garder , avec les autres ,
ie ne puis m'empêcher de vous envoyer aujourd'huy ces huit Versde ſa façon.
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Résumé : « Monsieur l'Abbé Tallemant l'aîné a fait un tresbeau Sonnet [...] »
L'auteur écrit à l'Abbé Talle pour mentionner un sonnet de l'aîné de l'Abbé, célébrant l'humanité de Son Altesse Royale après un combat. Il souhaite partager ce sonnet et d'autres œuvres, mais se restreint en raison de ses limites. Il promet d'envoyer ces poèmes et des vers sur les conquêtes du roi dans une prochaine lettre. Il inclut huit vers de l'Abbé Cotin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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90
p. 192
« Je ne suis pas satisfait, Madame, de vous avoir fait [...] »
Début :
Je ne suis pas satisfait, Madame, de vous avoir fait [...]
Mots clefs :
Lettre, Matière
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texteReconnaissance textuelle : « Je ne suis pas satisfait, Madame, de vous avoir fait [...] »
Ie ne ſuis pas fatisfait , Ma- dame , de vous avoir fait voir
les lettres obligeantes dont le
Roy & Monfieur, quiont une eſtime toute particuliere pour Monfieur le Ducde S.Aignan,
l'ont honoré ; i'ay mille choſes
GALANT. 139 àvous dire de ce Duc,mais ce ſerapourune autre fois,ma let- tre eſt déja trop longue, ie ſuis preſſé de vous l'envoyer , &ie
n'ay pas tout le temps qu'il me faudroit pourbien mettredans ſon iourune ſi belle matiere.
les lettres obligeantes dont le
Roy & Monfieur, quiont une eſtime toute particuliere pour Monfieur le Ducde S.Aignan,
l'ont honoré ; i'ay mille choſes
GALANT. 139 àvous dire de ce Duc,mais ce ſerapourune autre fois,ma let- tre eſt déja trop longue, ie ſuis preſſé de vous l'envoyer , &ie
n'ay pas tout le temps qu'il me faudroit pourbien mettredans ſon iourune ſi belle matiere.
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91
p. 195-196
« On dit que ce Sonnet est du fameux Monsieur de [...] »
Début :
On dit que ce Sonnet est du fameux Monsieur de [...]
Mots clefs :
Ouvrages, Auteurs, Attribution, Faute
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texteReconnaissance textuelle : « On dit que ce Sonnet est du fameux Monsieur de [...] »
Onditque ce Sonnet eſtdu fameux M.de Benſerade : ie le
veux croire; mais à moins que les Ouvrages ne me foient.
donnez par ceux mêmes qui les ont faits, ie ne diray iamais poſitivement qu'ils foient des Autheurs à qui on les attribuë,
i
142 LE MERCURE pour ne point faire la faute dans laquelle ie ſuis tombé, en
donnant à Monfieur Peliſſon,
un Sonnet à Monfieur Cheminet. Le nom de cedernier n'eſt
pas inconnu , & ce que nous
avons veu de luy eſt ſi tendre &ſi delicat , qu'il merite aſſurementbeaucoupdeloüanges.
Retournons ànoſtre ſujet.
veux croire; mais à moins que les Ouvrages ne me foient.
donnez par ceux mêmes qui les ont faits, ie ne diray iamais poſitivement qu'ils foient des Autheurs à qui on les attribuë,
i
142 LE MERCURE pour ne point faire la faute dans laquelle ie ſuis tombé, en
donnant à Monfieur Peliſſon,
un Sonnet à Monfieur Cheminet. Le nom de cedernier n'eſt
pas inconnu , & ce que nous
avons veu de luy eſt ſi tendre &ſi delicat , qu'il merite aſſurementbeaucoupdeloüanges.
Retournons ànoſtre ſujet.
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Résumé : « On dit que ce Sonnet est du fameux Monsieur de [...] »
L'auteur accepte l'attribution d'un sonnet à Monsieur de Benserade mais reste prudent sur les attributions sans confirmation. Il reconnaît une erreur passée en attribuant un sonnet de Monsieur Pelisson à Monsieur Cheminet, dont les œuvres sont tendres et délicates.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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92
p. 196-197
Monsieur le Marquis d'Effiat est envoyé au Roy de la part de Son Altesse Royale, & Monsieur de Merille à Madame, pour leur rendre compte de la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur aussi tost apres la Bataille, fit partir Monsieur le [...]
Mots clefs :
Marquis d'Effiat, M. Merille, Bataille
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texteReconnaissance textuelle : Monsieur le Marquis d'Effiat est envoyé au Roy de la part de Son Altesse Royale, & Monsieur de Merille à Madame, pour leur rendre compte de la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
Monfieur auffi- toſt apres la
Bataille , fit partir M. le Mar- quis d'Effiat pour en rendre compte au Roy, & M. Merille àMadame.
Bataille , fit partir M. le Mar- quis d'Effiat pour en rendre compte au Roy, & M. Merille àMadame.
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93
p. 197-198
Le Roy envoye Monsieur le Marquis de Gesvres à Monsieur sur ce sujet, & écrit à Madame par un de ses Ordinaires. [titre d'après la table]
Début :
Sa Majesté envoya peu de temps apres Monsieur le Marquis [...]
Mots clefs :
Marquis de Gesvres, Satisfaction, Lettre, Ordinaires
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texteReconnaissance textuelle : Le Roy envoye Monsieur le Marquis de Gesvres à Monsieur sur ce sujet, & écrit à Madame par un de ses Ordinaires. [titre d'après la table]
Sa Majeſté envoya
peu detemps apres Monfieur
le MarquisdeGeſvres , à Son
A. R. pour luy en témoigner ſon extreme fatisfaction , &
dépeſcha un des Ordinaires
deſa maiſon à Madame , avec
une lettre par laquelle il luy
GALANT. 143
d
mandoit, Qu'ilse réjoüiſſoitplas dugain de la Bataille, àcause delagloirequeMonsieurs'y estoit acquiſe,que pour l'utilitéque Luy &ſon Estat en recevoient.
peu detemps apres Monfieur
le MarquisdeGeſvres , à Son
A. R. pour luy en témoigner ſon extreme fatisfaction , &
dépeſcha un des Ordinaires
deſa maiſon à Madame , avec
une lettre par laquelle il luy
GALANT. 143
d
mandoit, Qu'ilse réjoüiſſoitplas dugain de la Bataille, àcause delagloirequeMonsieurs'y estoit acquiſe,que pour l'utilitéque Luy &ſon Estat en recevoient.
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94
p. 198
Monseigneur le Dauphin & la Reyne en témoignent leur joye à Madame. [titre d'après la table]
Début :
Monseigneur le Dauphin fit là-dessus dés le mesme jour [...]
Mots clefs :
Visite, Dauphin, Madame
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texteReconnaissance textuelle : Monseigneur le Dauphin & la Reyne en témoignent leur joye à Madame. [titre d'après la table]
Mon- ſeigneur le Dauphin fit là-deſ- fusdés le meſme iour une viſite toute obligeante à Mada- me. E
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95
p. 198-200
La Reyne envoye Monsieur le Vicomte de Nantiac au Roy & à Monsieur, pour leur témoigner la part qu'elle prend à la Victoire de son Altesse Royale. [titre d'après la table]
Début :
Elle fut suivie quelques jours apres de celle de la [...]
Mots clefs :
Monsieur, Plaisir, Joie
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texteReconnaissance textuelle : La Reyne envoye Monsieur le Vicomte de Nantiac au Roy & à Monsieur, pour leur témoigner la part qu'elle prend à la Victoire de son Altesse Royale. [titre d'après la table]
Elle fut ſuivie quelques iours apres de cellede laReyne , qui avoit envoyé d'abord au Roy & à Son AlteſſeRoya- le , Monfieur le Vicomte de
Nantiac , pour leur témoigner la joyequ'elle reſſentoitdecet- te importante Victoire. Celle
de Madame a paru ſigrande ,
qu'il eſt impoſſible del'expri- | mer , auſſi bien que les divers
mouvemens qui l'ont agitée - pendant deux jours. Elle verſoit des larmes qu'elle don -
144 LE MERCURE noit avec plaiſir à l'heureuſe nouvelle de cegrand fuccés,&
dans le plus fort de ſa joye, il y
avoitdes momens où la crainte la tourmentoit. Elle vouloit
croire que le combat n'eſtoit pas finy,&que Monfieur étoit encor au milieu des ennemis ;
&dans ce mélange de frayeur &de joye , de trouble & de
plaiſir,pourſentirtropdecho- ſes àla fois , elle ne ſçavoit pas nien cequ'elle ſentoit. L'eſprit deMademoiselleeſtoitde mê
me , & fon agitation la faiſoit courir juſques ſur l'eſcalier au devantde tous ceux qui arri- voientde l'Armée.
Nantiac , pour leur témoigner la joyequ'elle reſſentoitdecet- te importante Victoire. Celle
de Madame a paru ſigrande ,
qu'il eſt impoſſible del'expri- | mer , auſſi bien que les divers
mouvemens qui l'ont agitée - pendant deux jours. Elle verſoit des larmes qu'elle don -
144 LE MERCURE noit avec plaiſir à l'heureuſe nouvelle de cegrand fuccés,&
dans le plus fort de ſa joye, il y
avoitdes momens où la crainte la tourmentoit. Elle vouloit
croire que le combat n'eſtoit pas finy,&que Monfieur étoit encor au milieu des ennemis ;
&dans ce mélange de frayeur &de joye , de trouble & de
plaiſir,pourſentirtropdecho- ſes àla fois , elle ne ſçavoit pas nien cequ'elle ſentoit. L'eſprit deMademoiselleeſtoitde mê
me , & fon agitation la faiſoit courir juſques ſur l'eſcalier au devantde tous ceux qui arri- voientde l'Armée.
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Résumé : La Reyne envoye Monsieur le Vicomte de Nantiac au Roy & à Monsieur, pour leur témoigner la part qu'elle prend à la Victoire de son Altesse Royale. [titre d'après la table]
Après une victoire militaire, la Reine envoya le Vicomte de Nantiac pour exprimer sa joie au Roi et à Son Altesse Royale. Madame éprouva des émotions intenses, oscillant entre joie et crainte pour la sécurité de Monsieur. Mademoiselle partageait cette agitation et attendait les messagers de l'armée.
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96
p. 200-225
Noms et Eloges de tous ceux qui se sont signalez à la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
Début :
Ce n'est pas sans raison que j'ay donné le nom [...]
Mots clefs :
Journée de Cassel, Signaler, Maréchaux, Valeur, Bataille, Ennemis, Marquis, Courage, Chevalier, Siège
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texteReconnaissance textuelle : Noms et Eloges de tous ceux qui se sont signalez à la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
Ce n'eſt pas ſans raiſon que i'ay donné le nomde grande
à la journéede Caſſel, puis que ie n'en puis trouver la fin , &
que
GALANT. 145
- que ie n'ay pas encore com- mencé à parlerde ceux qui s'y ſont ſignalez ; les voicy.
1
B
1
Je ne vous dis rien deMeſſieurs les Maréchaux qui ont commandé les Aifles ; vous
avez veu ce qu'ils ont fait ,
dans ceque j'ay tiré des plus fidelles Relations. LesGeneraux ſont l'ame des Armées ,
ceſont eux qui les font mou- voir, &quandune Bataille eſt
gagnée , on peut aſſurer qu'ils y ontbeaucoup contribué.
Je vous parlerois de Monſicurle Chevalierde Lorraine,
ſi ie pouvois vous dire tous les endroits par leſquels ie ſçay qu'il a parr au ſuccésdela me- morable journée de Caſſel ; il ya fait paroiſtre cette même valeur que la Hollande & la
Tome 2. G
146 LE MERCURE Comté ontadmiréeavecétonnement , encor qu'elle fuſt oc cupée contre leurs Places , &
on ne devoit pas moins atten- dre du zele qu'ila pour le Roy
&pour la gloire de S. A. R. Monfieur le Prince de Soubiſe a montréune ſi grande vigilance , que les ennemis qui pouvoient tenter de ſon coſté
le paſſage du ſecours qu'ils vouloient jetter dans S.Omer,
n'oferent iamais l'entrepren- dre. Ileſt de la maiſon de Rohan.Tout le mõde en connoit
la grandeur& l'antiquité , &il
ſuffitdecenompour faireconnoiſtre qu'apres nos Maiſtres
&ceux de leur Sang , Mon- ſieur de Soubile ne voit prefque rien audeſſusdeluy.Lafa- geffe de courage,&la civilitéde
semoT
:
GALANT. 147
i
cePrince,ne le font pas moins confiderer que fa bonne mit ZDE DELAY
ne,donton neſe taiſt pas paryon
my le beau Sexe.
☐ Monfieur le Comtedu Plea
fis-Praflin a forcé les ennemis
en pluſieurs, endroits. Son
nom fait connoiſtre la glo- rieuſe Race dont il eſt ſorty.
La valeur qui l'accompagne dans toutes les occafions de
guerreoù il ſe trouve,&la ma- niere dont il conduit les troupesquiſontſous fontcomman- dement,font voir qu'il eſt le digneSangdeces grands Marê- chaux de France qui ſe ſont ſignalez en tant d'occaſions celebres , & particulierement
de feu Monfieur le Marefchal du Pleſfis fon Pere. Ses grandes actions ne font ignoGij
148 LE MERCURE
rées de perſonne , & l'on oublîrajamais le fameux Siegede Rozes,nyla Bataille deRhetel,
qui rétablit les affaires deFran- ce , que la guerre Civile avoit miſes endeſordre.
Modela Cardoniere a fait
desactions ſurprenantes,&fon jugement & fa preſenced'ef- prit n'ont pas moins contribué augainde laBataille, que fon grand courage ; il a paffé par tous les emplois de la Guerre,
ſans que ſes bleſſures l'ayent iamais empêché de ſe trouver dans les occafions les plusha- zardeuſes , où ſa valeur & fa
prudence ſe ſont toûjours é- galement ſignalées. Il a fou- vent ſervy à r'allier des trou- pes en defordre , & à faire paſſer la Victoire du coſté
E GALANT. 149
1
où il s'eſt rencontre. ) いよ
Monfieur d'Albret a pouffé les ennemis avec une vigueur incroyable , & les a chaffez d'un Poſte où ils eſtoient en
beaucoup plus grand nombre.
Il eſt FilsdeMonfieurde Pont,
Aiſné de la maiſon d'Albret ,
&Neveu &Gendre du fea
Maréchal de ce nom , dont la valeur, la fidelité, &la fermeté
dansles occafions où il a fallu foûtenir les intereſts du Roy
&de la Reyne Mere, ont paru avec éclat.Monfieur d'Albret
dont ie parle icy marche ſur ſes traces; il eſt bien fait , il a
del'eſprit , de la bonne mine ,
&un air noble qui perfuadeai- ſément qu'il est né des Heros
decenomquiont portéautre- fois la Couronne de Navarre.
Giij
150 LE MERCURE
Tout ce qu'il a fait depuis la plus grande jeuneſſe , répond à la grandeur de ſa naiſſance.
::On ne peut aller chercher
les ennemis avec plus d'ardeur
que fit M. le Chevalier de Sourdis. Il paffa des premiers le ruiſſeau qui ſeparoitles deux Armées , &il afervy pendant tout le combat avec une activité ſans pareille. Il a ſouvent
receu desOrdresdeMonfieur,
quele feu des ennemis ne luy a'point empêché de porter. Il
eſt fils de M. le marquis de
Sourdis Chevalier des Ordres
du Roy, &Gouverneurd'Or- leans &d'Amboiſe , petit ne- veu de feu M. le Cardinal de
Sourdise& de M. l'Archeveſquende Bordeaux , fi fameux pour avoir commandé les Ar111
GALANT. ISI
mées du Roy ſur la Mer pen- dantpluſieurs Campagnes ſous le regne de Loüis XIII. Il a
- commencé de bonne heure à
faire voir la valeur d'un ſoldat
déterminé, ſoûtenuëd'une fort
grande ſageſſe,&il ne fautpas s'eſtonner ſi ayant autant d'in.
telligence qu'il en a au meſtier de la Guerre , on l'y a veu en peu de temps honoré des plus - grands emplois.
1 Monfieur de Revel, frerede
Monfieur deBroglio, s'eſt auf- fi fort diftingué. Il eſt d'une Famille toute pleinede cœur ,
&il a toûjours fait des actions dignes de fa naiſſance, &de la valeur de ſes Peres.
Monfieur le ChevalierFourbin, &M.le marquis de Jauvel- le, ont cõbatu avec une valeur
:
Giiij
152 LE MERCURE extraordinaire ; mais ils n'ont
pas ſeulement payé de leur perſonne, puis que leur exem- ple a inſpiré aux Mouſquetai- res les actions qu'ils ontfaites ;
Il eſt ſans doute fort ſurpre- nant que tous botez & l'épée à la main ſeulement , ils ayent attaqué & défait les Bataillons
heriſſez de piques.
La vigilance de Monfieur de Tracy a beaucoup contribué au gain de la Bataille. Voicy cequel'on ditde luy dans une Relation. Monsieur de Tracy amena leſecours de Cambrayavec une telle diligence, que sur l'avis qu'il eut àBethune où ildevoitfe- journer,queM.estoit àlaveillede donner une Bataille, ilfitfaire en- cor buit lieues à l'Infanterie qu'il conduiſoit , &la fit marcherau
:
GALANT... 153 clairdela lune. C'eſt un fort
ancien Officier , & qui paffe pour un tres honneſte hom- me; il eſt toutcouvertdecoups;
il a donné des marques de ſon courage dés le premier Siege de Condé , où il eut une jam- becaffée; il receut au Siege de Tournay uncoupdans la teſte quiluy fracaſſoit la bouche; il a eſté Major General de l'Armée pendant cinq ans ſousM.
le Prince en Hollande, & fous
M.deTurenne en Allemagne;
il a eſté bleſſé legerement au
Siege de Valenciennes,& s'eſt ſignalé à la Bataille de Caffel.
Il eſt Onclede madame laPre
ſidente de Neſmond.
Onne peutdonner plus de marques d'intrepidité qu'a fait
Monfieur de Longueval qui
154 LE MERCURE commande les Dragons Dau- phins; ila paſſé le premier le ruiſſeau qui eſtoit entre les ennemis &nos troupes , àla tête de trois mille Dragons. Le Sieur de Leſtelle , ſon marefchal des Logis , receut quatre coups en cette occafion , dont il eſt mort. Monfieur de Lon
gueval , quoy que tres-jeune encor , eft tres ancien dans le
ſervice; il eſt fort aimé de м.
le Prince, qui a ſouvent dit du
biende luy , pour l'avoir veu
combattre à la Bataille de Se
nef. Le Roy luydonna il y a
deuxansleRegimentdes Dra- gons Dauphins, &le prefera à
tous ceux qui le demandoient.
L'année derniere il fut détaché pour donner fur l'Arriere,
gardé du Prince d'Orange , ce
GALANT.
市
155 qu'il fit avec beaucoup de vi- gaeur. Il fut enveloppé par un tres grand nombred'ennemis;
Monfieur de Montal qui eſtoit deſſusune hauteur,s'en apper-- = ceut, &luy ayantenvoyé ordre de ſe retirer,il fut témoin dela
plus judicieuſe Retraite &de la plus belle action que l'on puiffe faire , puis qu'avec tres.
peu de gens ildéfit une partie
des Efcadrons dont il eſtoit
environné.
Je vous aydéja parlé decé qu'a faitMonfieur dePleuvauls:
maiſtre de la garderobe de
Monfieur. Il eſtoit Capitaine de chevaux - legers pendant le Siege d'Arras ; & fa Compagnie eſtant dans la Place ,
il s'y fut jetter avec beaucoup de courage, quoyque mõſieur
:
356 LE MERCURE de Turenne luy en eût repreſenté ledanger. Il ſe diſtingua fort tant que dura ce Siege, &
s'acquit beaucoup de gloire à
celuy de maſtric , où il receut un coup de mouſquet, en fai- ſant faire un logement ſur la contreſcarpe. Cettte action fut
belle,mais ie n'ay pas le temps de vous ladécrire.
Monfieur le Chevalier de
Tauriac , Ayde de Camp de Monfieur , a r'allié dix fois les
Gensd'armes. Monfieurle маrêchal d'Humieres rendit témoignage de ſa valeur à S. A. R. qui le choiſit pour rendre compte au Roy des particu- laritez de la Bataille , & pour luyporterquaranteDrapeaux,
&treize Etendards.
Monfieur le marquis d'e ffiat,
GALANT. 157
comme ie vous ay déia dit ,
avoit eſté envoyé d'abord pour donner avis à Sa Maje- ſté du gain de la Bataille. Je vous parlerois encor de ce Marquis , ſi i'eſtois moins preſſé de finir. Il a du cœur,
le gouſt bon, &une delicateſſe d'eſprit qui ne donne iamais dans le faux brillant dont tant
de monde ſe laiſſe ébloüir.
Monfieur le Chevalier de
Nantouïllet a fait voir autant de cœur qu'il y a d'eſ- prit. Il a toute la reconnoif- ſance imaginable des bontez que Monfieur a pour luy. Il eſt de la Famillede feu Monſieur, le Cardinal de Prat ,
Chancelier de France...
Monfieur de Purnon , pre- mier Maiſtre d'Hoſtel de
198 LE MERCURE Monfieur , & Frere de mon- >
ſieur deTracy , s'eſt pareille- ment fignalé , & quoy que ſa charge ne l'engageât point àſe trouver àla Bataille , il a
voulu eſſuyer les meſmes pe
rils que fon Maiſtre. Monfieur de Merille en a fait autantfans
y eſtre obligé par ſa Charge.
On ne doit pas s'en eſtonner,
on ſçait avec quel zele il fert Monfieur, &combien SonAlteſſe Royale le confidere. Il le merte , & c'eſt un veritable:
honneſte homme.
Monfieur le Chevalier de
Lauſieres , Enſeigne des Gar- des deMonfieur, de la Maiſon
deThemines,adonnédes mar- ques d'une grande valeur , &
d'une grande conduite. Il a
rallié pluſieurs fois les Suiſſes.
GALANT. 159
-
Je croy, Madame , que l'on peut aſſeurer apres cela que la Cour de Monfieur n'eſt compoſée que de gens de merite,
de cœur&d'eſprit.Parlons encor de quelques autres.
Monfieur le Chevalier d'Eſtoge Sous - Lieutenant des Gensd'armes Anglois a eu le bras caffe , & pluſieurs autres coups. Il a donné des marques d'une grande valeur.
Monfieur le Marquis de Barrieres , qui s'estoit diſtingué àValenciennes, s'eſt auffi
fort diftingué dans ce combat.
Monfieur le Marquis de Li- vourne qui commandoit les Gensd'armes Ecoffois , dont
Monfieur le Mareſchal de
Schomberg estoit autrefois
160 LE MERCURE
Colonel , a eu deux chevaux
tuez ſous luy , & il n'a pas te.
nu à fon courage qu'il n'ait eſtétué ouprifonnier , s'eſtant meſlé pluſieurs fois parmy les Ennemis. Le bruit de ſa valeur
donnera en meſme tempsde la
joye & de la crainte à mon -
ſieur le Marquis de Pianeſſe ſon Pere , qui dans les fon -
ctions de Ministre de Savoye,
s'eſt rendu fi illustre par ſa
grande fageſſe , par la fidelité qu'il a gardée envers ſes Maiſtres , & par la prudence avec laquelle il a toûjours fait exe- cuter leurs ordres. Sa pieté qui l'a deſtaché de toutes les choſes du monde, le fait vivre pre- ſentement dans la Retraite
d'où leurs Alteſſes Royales l'ont retiré pluſieurs fois pour
د
GALAN T. 16г
1
recevoir ſesConſeils dans leurs plus preſſfantes affaires. C'eſt dans cetteRetraitequ'il a com- poſe ce beau Livre de l'in -
ſtruction Chreſtienne , que le Pere Bouhours Jeſuite a fi
bien traduit en noſtre Lan -
gue. Monfieur le Marquis de Livourne ſon Fils , eſt Chevalier de l'Ordre de Savoye :
il poſſede tout ce que les Let- tres peuvent fournir pour en- richir un eſprit : ſa prudence,
ſa ſageſſe &ſon habileté qui répondent parfaitement à ſa naiſſance , luy ont ſuſcité des ennemis dans ſon païs , qui l'ont forcé àchercher en France un azile que ſon merite luy a bien toſt fait obtenir &
qui luy a donné des occa -
ſions qu'il n'auroit peut eſtre
د
162 LE MERCURE
pas trouvées ailleurs , de faire
voir qu'il n'eſt pas moins propre pour la guerre , que pour les emplois Politiques MonfieurdeRouvrayd'Ar- guency , Lieutenant de la Venerie , &Sous Lieutenant aux
Gardes dans la Colonelle , a
eſté tué en donnant des marquesde ſa valeur.
Monfieurle Marquis de Laré
Meſtre de Campdu Regiment de Conty,a chaſſé les ennemis d'un Poſte qui leur eſtoit fort
avantageux.
Ie ne vous parle point des morts , des bleſſez , &des pri- fonniers qui ſont dans la liſte qui en a eſté donnée au pu- blic; ils ſont imprimez , &cela fuffit.
En
à la journéede Caſſel, puis que ie n'en puis trouver la fin , &
que
GALANT. 145
- que ie n'ay pas encore com- mencé à parlerde ceux qui s'y ſont ſignalez ; les voicy.
1
B
1
Je ne vous dis rien deMeſſieurs les Maréchaux qui ont commandé les Aifles ; vous
avez veu ce qu'ils ont fait ,
dans ceque j'ay tiré des plus fidelles Relations. LesGeneraux ſont l'ame des Armées ,
ceſont eux qui les font mou- voir, &quandune Bataille eſt
gagnée , on peut aſſurer qu'ils y ontbeaucoup contribué.
Je vous parlerois de Monſicurle Chevalierde Lorraine,
ſi ie pouvois vous dire tous les endroits par leſquels ie ſçay qu'il a parr au ſuccésdela me- morable journée de Caſſel ; il ya fait paroiſtre cette même valeur que la Hollande & la
Tome 2. G
146 LE MERCURE Comté ontadmiréeavecétonnement , encor qu'elle fuſt oc cupée contre leurs Places , &
on ne devoit pas moins atten- dre du zele qu'ila pour le Roy
&pour la gloire de S. A. R. Monfieur le Prince de Soubiſe a montréune ſi grande vigilance , que les ennemis qui pouvoient tenter de ſon coſté
le paſſage du ſecours qu'ils vouloient jetter dans S.Omer,
n'oferent iamais l'entrepren- dre. Ileſt de la maiſon de Rohan.Tout le mõde en connoit
la grandeur& l'antiquité , &il
ſuffitdecenompour faireconnoiſtre qu'apres nos Maiſtres
&ceux de leur Sang , Mon- ſieur de Soubile ne voit prefque rien audeſſusdeluy.Lafa- geffe de courage,&la civilitéde
semoT
:
GALANT. 147
i
cePrince,ne le font pas moins confiderer que fa bonne mit ZDE DELAY
ne,donton neſe taiſt pas paryon
my le beau Sexe.
☐ Monfieur le Comtedu Plea
fis-Praflin a forcé les ennemis
en pluſieurs, endroits. Son
nom fait connoiſtre la glo- rieuſe Race dont il eſt ſorty.
La valeur qui l'accompagne dans toutes les occafions de
guerreoù il ſe trouve,&la ma- niere dont il conduit les troupesquiſontſous fontcomman- dement,font voir qu'il eſt le digneSangdeces grands Marê- chaux de France qui ſe ſont ſignalez en tant d'occaſions celebres , & particulierement
de feu Monfieur le Marefchal du Pleſfis fon Pere. Ses grandes actions ne font ignoGij
148 LE MERCURE
rées de perſonne , & l'on oublîrajamais le fameux Siegede Rozes,nyla Bataille deRhetel,
qui rétablit les affaires deFran- ce , que la guerre Civile avoit miſes endeſordre.
Modela Cardoniere a fait
desactions ſurprenantes,&fon jugement & fa preſenced'ef- prit n'ont pas moins contribué augainde laBataille, que fon grand courage ; il a paffé par tous les emplois de la Guerre,
ſans que ſes bleſſures l'ayent iamais empêché de ſe trouver dans les occafions les plusha- zardeuſes , où ſa valeur & fa
prudence ſe ſont toûjours é- galement ſignalées. Il a fou- vent ſervy à r'allier des trou- pes en defordre , & à faire paſſer la Victoire du coſté
E GALANT. 149
1
où il s'eſt rencontre. ) いよ
Monfieur d'Albret a pouffé les ennemis avec une vigueur incroyable , & les a chaffez d'un Poſte où ils eſtoient en
beaucoup plus grand nombre.
Il eſt FilsdeMonfieurde Pont,
Aiſné de la maiſon d'Albret ,
&Neveu &Gendre du fea
Maréchal de ce nom , dont la valeur, la fidelité, &la fermeté
dansles occafions où il a fallu foûtenir les intereſts du Roy
&de la Reyne Mere, ont paru avec éclat.Monfieur d'Albret
dont ie parle icy marche ſur ſes traces; il eſt bien fait , il a
del'eſprit , de la bonne mine ,
&un air noble qui perfuadeai- ſément qu'il est né des Heros
decenomquiont portéautre- fois la Couronne de Navarre.
Giij
150 LE MERCURE
Tout ce qu'il a fait depuis la plus grande jeuneſſe , répond à la grandeur de ſa naiſſance.
::On ne peut aller chercher
les ennemis avec plus d'ardeur
que fit M. le Chevalier de Sourdis. Il paffa des premiers le ruiſſeau qui ſeparoitles deux Armées , &il afervy pendant tout le combat avec une activité ſans pareille. Il a ſouvent
receu desOrdresdeMonfieur,
quele feu des ennemis ne luy a'point empêché de porter. Il
eſt fils de M. le marquis de
Sourdis Chevalier des Ordres
du Roy, &Gouverneurd'Or- leans &d'Amboiſe , petit ne- veu de feu M. le Cardinal de
Sourdise& de M. l'Archeveſquende Bordeaux , fi fameux pour avoir commandé les Ar111
GALANT. ISI
mées du Roy ſur la Mer pen- dantpluſieurs Campagnes ſous le regne de Loüis XIII. Il a
- commencé de bonne heure à
faire voir la valeur d'un ſoldat
déterminé, ſoûtenuëd'une fort
grande ſageſſe,&il ne fautpas s'eſtonner ſi ayant autant d'in.
telligence qu'il en a au meſtier de la Guerre , on l'y a veu en peu de temps honoré des plus - grands emplois.
1 Monfieur de Revel, frerede
Monfieur deBroglio, s'eſt auf- fi fort diftingué. Il eſt d'une Famille toute pleinede cœur ,
&il a toûjours fait des actions dignes de fa naiſſance, &de la valeur de ſes Peres.
Monfieur le ChevalierFourbin, &M.le marquis de Jauvel- le, ont cõbatu avec une valeur
:
Giiij
152 LE MERCURE extraordinaire ; mais ils n'ont
pas ſeulement payé de leur perſonne, puis que leur exem- ple a inſpiré aux Mouſquetai- res les actions qu'ils ontfaites ;
Il eſt ſans doute fort ſurpre- nant que tous botez & l'épée à la main ſeulement , ils ayent attaqué & défait les Bataillons
heriſſez de piques.
La vigilance de Monfieur de Tracy a beaucoup contribué au gain de la Bataille. Voicy cequel'on ditde luy dans une Relation. Monsieur de Tracy amena leſecours de Cambrayavec une telle diligence, que sur l'avis qu'il eut àBethune où ildevoitfe- journer,queM.estoit àlaveillede donner une Bataille, ilfitfaire en- cor buit lieues à l'Infanterie qu'il conduiſoit , &la fit marcherau
:
GALANT... 153 clairdela lune. C'eſt un fort
ancien Officier , & qui paffe pour un tres honneſte hom- me; il eſt toutcouvertdecoups;
il a donné des marques de ſon courage dés le premier Siege de Condé , où il eut une jam- becaffée; il receut au Siege de Tournay uncoupdans la teſte quiluy fracaſſoit la bouche; il a eſté Major General de l'Armée pendant cinq ans ſousM.
le Prince en Hollande, & fous
M.deTurenne en Allemagne;
il a eſté bleſſé legerement au
Siege de Valenciennes,& s'eſt ſignalé à la Bataille de Caffel.
Il eſt Onclede madame laPre
ſidente de Neſmond.
Onne peutdonner plus de marques d'intrepidité qu'a fait
Monfieur de Longueval qui
154 LE MERCURE commande les Dragons Dau- phins; ila paſſé le premier le ruiſſeau qui eſtoit entre les ennemis &nos troupes , àla tête de trois mille Dragons. Le Sieur de Leſtelle , ſon marefchal des Logis , receut quatre coups en cette occafion , dont il eſt mort. Monfieur de Lon
gueval , quoy que tres-jeune encor , eft tres ancien dans le
ſervice; il eſt fort aimé de м.
le Prince, qui a ſouvent dit du
biende luy , pour l'avoir veu
combattre à la Bataille de Se
nef. Le Roy luydonna il y a
deuxansleRegimentdes Dra- gons Dauphins, &le prefera à
tous ceux qui le demandoient.
L'année derniere il fut détaché pour donner fur l'Arriere,
gardé du Prince d'Orange , ce
GALANT.
市
155 qu'il fit avec beaucoup de vi- gaeur. Il fut enveloppé par un tres grand nombred'ennemis;
Monfieur de Montal qui eſtoit deſſusune hauteur,s'en apper-- = ceut, &luy ayantenvoyé ordre de ſe retirer,il fut témoin dela
plus judicieuſe Retraite &de la plus belle action que l'on puiffe faire , puis qu'avec tres.
peu de gens ildéfit une partie
des Efcadrons dont il eſtoit
environné.
Je vous aydéja parlé decé qu'a faitMonfieur dePleuvauls:
maiſtre de la garderobe de
Monfieur. Il eſtoit Capitaine de chevaux - legers pendant le Siege d'Arras ; & fa Compagnie eſtant dans la Place ,
il s'y fut jetter avec beaucoup de courage, quoyque mõſieur
:
356 LE MERCURE de Turenne luy en eût repreſenté ledanger. Il ſe diſtingua fort tant que dura ce Siege, &
s'acquit beaucoup de gloire à
celuy de maſtric , où il receut un coup de mouſquet, en fai- ſant faire un logement ſur la contreſcarpe. Cettte action fut
belle,mais ie n'ay pas le temps de vous ladécrire.
Monfieur le Chevalier de
Tauriac , Ayde de Camp de Monfieur , a r'allié dix fois les
Gensd'armes. Monfieurle маrêchal d'Humieres rendit témoignage de ſa valeur à S. A. R. qui le choiſit pour rendre compte au Roy des particu- laritez de la Bataille , & pour luyporterquaranteDrapeaux,
&treize Etendards.
Monfieur le marquis d'e ffiat,
GALANT. 157
comme ie vous ay déia dit ,
avoit eſté envoyé d'abord pour donner avis à Sa Maje- ſté du gain de la Bataille. Je vous parlerois encor de ce Marquis , ſi i'eſtois moins preſſé de finir. Il a du cœur,
le gouſt bon, &une delicateſſe d'eſprit qui ne donne iamais dans le faux brillant dont tant
de monde ſe laiſſe ébloüir.
Monfieur le Chevalier de
Nantouïllet a fait voir autant de cœur qu'il y a d'eſ- prit. Il a toute la reconnoif- ſance imaginable des bontez que Monfieur a pour luy. Il eſt de la Famillede feu Monſieur, le Cardinal de Prat ,
Chancelier de France...
Monfieur de Purnon , pre- mier Maiſtre d'Hoſtel de
198 LE MERCURE Monfieur , & Frere de mon- >
ſieur deTracy , s'eſt pareille- ment fignalé , & quoy que ſa charge ne l'engageât point àſe trouver àla Bataille , il a
voulu eſſuyer les meſmes pe
rils que fon Maiſtre. Monfieur de Merille en a fait autantfans
y eſtre obligé par ſa Charge.
On ne doit pas s'en eſtonner,
on ſçait avec quel zele il fert Monfieur, &combien SonAlteſſe Royale le confidere. Il le merte , & c'eſt un veritable:
honneſte homme.
Monfieur le Chevalier de
Lauſieres , Enſeigne des Gar- des deMonfieur, de la Maiſon
deThemines,adonnédes mar- ques d'une grande valeur , &
d'une grande conduite. Il a
rallié pluſieurs fois les Suiſſes.
GALANT. 159
-
Je croy, Madame , que l'on peut aſſeurer apres cela que la Cour de Monfieur n'eſt compoſée que de gens de merite,
de cœur&d'eſprit.Parlons encor de quelques autres.
Monfieur le Chevalier d'Eſtoge Sous - Lieutenant des Gensd'armes Anglois a eu le bras caffe , & pluſieurs autres coups. Il a donné des marques d'une grande valeur.
Monfieur le Marquis de Barrieres , qui s'estoit diſtingué àValenciennes, s'eſt auffi
fort diftingué dans ce combat.
Monfieur le Marquis de Li- vourne qui commandoit les Gensd'armes Ecoffois , dont
Monfieur le Mareſchal de
Schomberg estoit autrefois
160 LE MERCURE
Colonel , a eu deux chevaux
tuez ſous luy , & il n'a pas te.
nu à fon courage qu'il n'ait eſtétué ouprifonnier , s'eſtant meſlé pluſieurs fois parmy les Ennemis. Le bruit de ſa valeur
donnera en meſme tempsde la
joye & de la crainte à mon -
ſieur le Marquis de Pianeſſe ſon Pere , qui dans les fon -
ctions de Ministre de Savoye,
s'eſt rendu fi illustre par ſa
grande fageſſe , par la fidelité qu'il a gardée envers ſes Maiſtres , & par la prudence avec laquelle il a toûjours fait exe- cuter leurs ordres. Sa pieté qui l'a deſtaché de toutes les choſes du monde, le fait vivre pre- ſentement dans la Retraite
d'où leurs Alteſſes Royales l'ont retiré pluſieurs fois pour
د
GALAN T. 16г
1
recevoir ſesConſeils dans leurs plus preſſfantes affaires. C'eſt dans cetteRetraitequ'il a com- poſe ce beau Livre de l'in -
ſtruction Chreſtienne , que le Pere Bouhours Jeſuite a fi
bien traduit en noſtre Lan -
gue. Monfieur le Marquis de Livourne ſon Fils , eſt Chevalier de l'Ordre de Savoye :
il poſſede tout ce que les Let- tres peuvent fournir pour en- richir un eſprit : ſa prudence,
ſa ſageſſe &ſon habileté qui répondent parfaitement à ſa naiſſance , luy ont ſuſcité des ennemis dans ſon païs , qui l'ont forcé àchercher en France un azile que ſon merite luy a bien toſt fait obtenir &
qui luy a donné des occa -
ſions qu'il n'auroit peut eſtre
د
162 LE MERCURE
pas trouvées ailleurs , de faire
voir qu'il n'eſt pas moins propre pour la guerre , que pour les emplois Politiques MonfieurdeRouvrayd'Ar- guency , Lieutenant de la Venerie , &Sous Lieutenant aux
Gardes dans la Colonelle , a
eſté tué en donnant des marquesde ſa valeur.
Monfieurle Marquis de Laré
Meſtre de Campdu Regiment de Conty,a chaſſé les ennemis d'un Poſte qui leur eſtoit fort
avantageux.
Ie ne vous parle point des morts , des bleſſez , &des pri- fonniers qui ſont dans la liſte qui en a eſté donnée au pu- blic; ils ſont imprimez , &cela fuffit.
En
Fermer
Résumé : Noms et Eloges de tous ceux qui se sont signalez à la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
La bataille de Cassel est décrite comme une 'mémorable journée' par l'auteur, mettant en lumière le courage et la valeur de plusieurs généraux et officiers. Les maréchaux et généraux sont particulièrement salués pour leur rôle crucial dans la victoire. Parmi les officiers distingués, on trouve le Chevalier de Lorraine, le Prince de Soubise, le Comte du Pleufis-Praslin, Modèle Cardonnière, le Marquis d'Albret, le Chevalier de Sourdis, le Chevalier de Revel, le Chevalier Fourbin, le Marquis de Jauvelle, le Marquis de Tracy, le Marquis de Longueval, le Chevalier de Tauriac, le Marquis d'Effiat, le Chevalier de Nantouillet, le Chevalier de Purnon, le Chevalier de Merille, le Chevalier de Lausieres, le Chevalier d'Estoge, le Marquis de Barrières, le Marquis de Livourne, et le Marquis de Laré. Le Marquis de Livourne, fils du Marquis de Pianesse, est particulièrement noté pour sa valeur et sa prudence. Le texte mentionne brièvement les morts, blessés et prisonniers sans les détailler.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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97
p. 227-229
« Adieu, Madame, je suis fâché de n'avoir pas le temps [...] »
Début :
Adieu, Madame, je suis fâché de n'avoir pas le temps [...]
Mots clefs :
Entretenir, Mois, Actions, Envoyer, Récit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Adieu, Madame, je suis fâché de n'avoir pas le temps [...] »
Adieu , Madame , ie ſuis
fâché de n'avoir pas le temps
de vous entretenir des Sieges
de Cambray & de S. Omer ,
dont i'ay beaucoup d'actions particulieres , & des choſes
tres - curieuſes à vous faire
ſçavoir ; mais vous voulez
queie vous envoye ma Let -
trele premier iour de chaque
mois , & pour vous obeïr , ie
fuiscobligé de les reſerver pour la premiere que ie me
donneray l'honneur de vous écrire. Ce fera par elle que
vous apprendrez le nom &le
merite de ceux dont le Roy a recompensé la valeur par
des Charges & pardes Gouvernemens , & que je vous
feray part de quelques Hi- ſtorietes agreables , &de pla-
166 LE MERCURE
?
ſieurs Vers qui ſe ſont faits fur les conqueſtes du Roy ,
&for divers ſujets de Ga lanterie. Je ſçay qu'il me re- ſte encor l'Article des modes
nouvelles Je ne l'oublieray past, non plus que beaucoup d'autres choles , dont ie n'ay pu encor vous parler. Ioig nezdy celllesi qui ſe paſfer ront pendant le mois de May,
dignes de vous eftreman- dées ; & iugez ſi on aceu raifon de vous dire que ie
vous ay trop promis , quand sie me fuis lengagé à vous enwoyeri tous les moisbune Re- lation auſſi ample que cellecy Tout ce que je crains ,
c'eſt d'eftre accablé par l'a- bondance de labmatiere , &
d'avoir quelquefois le chagrin
GALANT. 167
1
que l'ay aujourd'huy d'eſtre obligé de remettre à un autre mois le recit des Actions les
plus importantes ; mais au moins ie vous les feray ſçavoir avec des circonstances &des
particularitez qui vous les fe- ront toûjours paroiſtre nou -
velles.
AParis ce 1.May 1677
fâché de n'avoir pas le temps
de vous entretenir des Sieges
de Cambray & de S. Omer ,
dont i'ay beaucoup d'actions particulieres , & des choſes
tres - curieuſes à vous faire
ſçavoir ; mais vous voulez
queie vous envoye ma Let -
trele premier iour de chaque
mois , & pour vous obeïr , ie
fuiscobligé de les reſerver pour la premiere que ie me
donneray l'honneur de vous écrire. Ce fera par elle que
vous apprendrez le nom &le
merite de ceux dont le Roy a recompensé la valeur par
des Charges & pardes Gouvernemens , & que je vous
feray part de quelques Hi- ſtorietes agreables , &de pla-
166 LE MERCURE
?
ſieurs Vers qui ſe ſont faits fur les conqueſtes du Roy ,
&for divers ſujets de Ga lanterie. Je ſçay qu'il me re- ſte encor l'Article des modes
nouvelles Je ne l'oublieray past, non plus que beaucoup d'autres choles , dont ie n'ay pu encor vous parler. Ioig nezdy celllesi qui ſe paſfer ront pendant le mois de May,
dignes de vous eftreman- dées ; & iugez ſi on aceu raifon de vous dire que ie
vous ay trop promis , quand sie me fuis lengagé à vous enwoyeri tous les moisbune Re- lation auſſi ample que cellecy Tout ce que je crains ,
c'eſt d'eftre accablé par l'a- bondance de labmatiere , &
d'avoir quelquefois le chagrin
GALANT. 167
1
que l'ay aujourd'huy d'eſtre obligé de remettre à un autre mois le recit des Actions les
plus importantes ; mais au moins ie vous les feray ſçavoir avec des circonstances &des
particularitez qui vous les fe- ront toûjours paroiſtre nou -
velles.
AParis ce 1.May 1677
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Résumé : « Adieu, Madame, je suis fâché de n'avoir pas le temps [...] »
Le 1er mai 1677, l'auteur d'une lettre s'excuse de ne pas pouvoir discuter des sièges de Cambrai et de Saint-Omer, bien qu'il possède des informations intéressantes à ce sujet. Il doit envoyer une lettre chaque premier jour du mois, conformément à la demande du destinataire. L'auteur promet de partager des détails sur les récompenses royales, des anecdotes agréables, des poèmes sur les conquêtes royales et divers sujets galants. Il mentionne également qu'il abordera les nouvelles modes et d'autres sujets non encore traités. Il anticipe des événements dignes d'intérêt pour le mois de mai et craint d'être submergé par la quantité de matière à traiter, ce qui pourrait retarder certains récits importants. Cependant, il assure que les informations seront toujours présentées avec des détails et des particularités novatrices.
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98
p. 229-230
« J'achevois de dater cette Lettre, lors qu'il m'est venu [...] »
Début :
J'achevois de dater cette Lettre, lors qu'il m'est venu [...]
Mots clefs :
Paquet, Envoyer, Achever
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texteReconnaissance textuelle : « J'achevois de dater cette Lettre, lors qu'il m'est venu [...] »
l'achevois de dater cette
Lettre lors qu'il m'eſt venu de toutes parts dequoy en fai- re encore une auffi longue.
Je voulois tout referver pour
le mois prochain , &ne rien lire que mon Paquet ne fuft
party ; mais ayant jetté les yeux ſur une Lettre de Monſieur le Duc de S. Agnan
168 LE MERCURE
au Roy , touchant la Priſe de Cambray , & fur la réponſe de Sa Majeſté. J'ay crû vous devoir encor envoyer l'une &
l'autre
Lettre lors qu'il m'eſt venu de toutes parts dequoy en fai- re encore une auffi longue.
Je voulois tout referver pour
le mois prochain , &ne rien lire que mon Paquet ne fuft
party ; mais ayant jetté les yeux ſur une Lettre de Monſieur le Duc de S. Agnan
168 LE MERCURE
au Roy , touchant la Priſe de Cambray , & fur la réponſe de Sa Majeſté. J'ay crû vous devoir encor envoyer l'une &
l'autre
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99
p. 233-234
« Il faut avoüer, Madame, que cette Lettre est d'un stile [...] »
Début :
Il faut avoüer, Madame, que cette Lettre est d'un stile [...]
Mots clefs :
Style, Naturel, Expressions
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texteReconnaissance textuelle : « Il faut avoüer, Madame, que cette Lettre est d'un stile [...] »
Il faut avoüer, Madame,que cette lettre eſt d'un ſtile bien
coulant , &qu'on ne peut rien écrire de plus naturel : Les ex- preffions ne laiſſent pas d'en eſtre nobles ; nous y voyous beaucoup de choſes en peu de paroles , & dans une lettre preſque auſſi courte qu'un ſim- ple billet, nous remarquons les inquietudes que les perils oùle Roy s'expoſe tous les iours ,
produiſent dans le cœur de M.deS.Aignan ; nous ydécou- vrons l'excés de ſa tendreſſe
pour fon maiſtre,s'il eſt permis deparler ainſi : La rapiditédes Conquestes de ce Prince y eſt dépeinte , & nous yliſons un Panegyrique qui en fix lignes nous reprefente tout ce Mo- narque.QuelsAutheurs depro
GALANT. 173
feſſion ,&quelsSçavans pourroient s'exprimer de la forte ,
s'ils avoient un pareil Ouvra- ge à faire ? La nature n'y par- leroit pas demême,les epithe- tes en rempliroient plus de la
moitié; les comparaiſons y re- gneroient , leur ſtile ſeroit
moins concis , & leurs expreffions trop relevées jointes à la profondeur de leurs penſées ,
répandroient en beaucoup d'endroits une obſcurité qui
arreſteroit peut - eſtre le Leteur plus d'une fois.
coulant , &qu'on ne peut rien écrire de plus naturel : Les ex- preffions ne laiſſent pas d'en eſtre nobles ; nous y voyous beaucoup de choſes en peu de paroles , & dans une lettre preſque auſſi courte qu'un ſim- ple billet, nous remarquons les inquietudes que les perils oùle Roy s'expoſe tous les iours ,
produiſent dans le cœur de M.deS.Aignan ; nous ydécou- vrons l'excés de ſa tendreſſe
pour fon maiſtre,s'il eſt permis deparler ainſi : La rapiditédes Conquestes de ce Prince y eſt dépeinte , & nous yliſons un Panegyrique qui en fix lignes nous reprefente tout ce Mo- narque.QuelsAutheurs depro
GALANT. 173
feſſion ,&quelsSçavans pourroient s'exprimer de la forte ,
s'ils avoient un pareil Ouvra- ge à faire ? La nature n'y par- leroit pas demême,les epithe- tes en rempliroient plus de la
moitié; les comparaiſons y re- gneroient , leur ſtile ſeroit
moins concis , & leurs expreffions trop relevées jointes à la profondeur de leurs penſées ,
répandroient en beaucoup d'endroits une obſcurité qui
arreſteroit peut - eſtre le Leteur plus d'une fois.
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Résumé : « Il faut avoüer, Madame, que cette Lettre est d'un stile [...] »
Le texte analyse une lettre de Madame de Sévigné, notant son style naturel et ses expressions nobles. La lettre exprime les inquiétudes de Madame de Sévigné concernant les dangers quotidiens auxquels le roi est exposé, tout en révélant sa profonde tendresse pour le monarque. Elle mentionne également la rapidité des conquêtes royales et éloge les qualités du roi. L'auteur compare cette lettre à des œuvres de professionnels et de savants, soulignant que ces derniers utiliseraient plus d'épithètes et de comparaisons, rendant le texte plus obscur et moins concis.
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100
p. 236
« Je ne vous manderay rien davantage, & je croy ne [...] »
Début :
Je ne vous manderay rien davantage, & je croy ne [...]
Mots clefs :
Finir
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texteReconnaissance textuelle : « Je ne vous manderay rien davantage, & je croy ne [...] »
Je ne vous manderay rien
davantage , &ie croy ne pou- voir mieux finir que par un Nomqui fait trembler toute la
terre. FIN.
davantage , &ie croy ne pou- voir mieux finir que par un Nomqui fait trembler toute la
terre. FIN.
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