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1
p. 103-114
Abregé des belles Actions de ce Marêchal. [titre d'après la table]
Début :
Il me souvient, Madame, de vous avoir oüy dire il [...]
Mots clefs :
Siège, Valeur, Braves, Maréchal de la Ferté, Attaque, Ennemis, Pistolet, Gouvernement, Lorraine, Capitaine
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texteReconnaissance textuelle : Abregé des belles Actions de ce Marêchal. [titre d'après la table]
Il me ſouvient Madame , de
vous avoir oui dire il n'y a
pas long-temps, en parlant de
GALANT. 77 la valeur de nos Braves d'aujourd'huy, quevous auriezbie voulu ſçavoir tout ce qu'ont fait de grand nos anciensMareſchauxdeFrance. le vais, puis que l'occafion s'en preſente,
vousparler ſeulementde monfieur le mareſchal de la Ferté.
Vous ferez ſans doute ſurpri- fe , qu'un ſeul Homme ait pû faire un fi grand nombre d'a- tions éclatantes pendant le coursd'une feule vie ; & vους
direz avec toute la terre,que fi la même perſonne pouvoit avoir plus d'un Baſton de mareſchal , nous luy en verrions aſſurement plusd'une douzai -
ne. Lors que l'on attaqua la Rochelle , il eſtoit déja à la te- ſte du Regiment qui eſtoit ſous la charge de Monfieur le
D 3
78 LE MERCURE Comte de Soiffons. Il ſervit..
pendant ce Siege à la conftru- ction du Fort Loüis, &en ſuite en pluſieurs endroits con- tre les Religionnaires. Il fut au Siege de Privas , où il re- ceutun coup de mouſquet au viſage. Il ſe ſignala àl'attaque du Pas de Suze , auſecours de
Cazal , au Siegede Moyenvic,
à celuy de Tréves , & à la ba- taille d'Aveines. Le feu Roy le fit marefſchal de Camp fur la Bréche de Hedin , pour avoir repouffé par deux fois ,
&defait le ſecours que le General Picolomini y vou -
loit ietter. Il donna , & remporia en fuite le fameux com- bat de S. Nicolas , où les ennemis eurent plus dedeux mil.
lehommes tuez ſur la place,
GALANT. 79
&perdirent leur Canon.Etant
au ſiege de Chinay qu'il atta- quoit, & qu'il rangea fous l'obeïffance du Roy, il apprit que
le Ducde Lorraine , &le General Lamboy, veroient au ſecours de la Place , & avoient
déja attaqué la Garde; & quoi que bleſſé à la cuiffe d'un coup de Fauconeau , il ſe la fit en.
veloper ,& s'eſtant fait iet -
ter à cheval , il obligea les en- nemis à ſe retirer apres une perte confiderable. Il com -
mandoit l'Aifle gauche à la Bataille de Rocroy, il y fit des
actions furprenantes , & il y
eut deux coups de piſtolet ,
deux coups d'épée , & deux
chevaux tuez ſous luy, II
fut enfuite fait Gouverneur
de Lorraine , puis Lieutenant
D 4
80 LE MERCURE
General, apres quoy il prit Lonouydans ſonGouvernement,
& fauva Courtray en s'y jettant avec deux- mille hommes , qu'il fit paſſer à la veuë des ennemis. Il ſe ſignala au Siege d'Ypres , & à la bataille
de Lens, où il rompit la Cava- leriedes ennemis , &la pour- fuivit juſques à Douay , d'où il ramena quinze cens priſon -
niers. Il repaſſa en ſuite en Lorraine , en chaſſa les ennemis avecunCorps moins con- fiderable , & ſauva Nancydu peril qui le menaçoit. Il prit quelque temps apres la Ville de Ligny, où il receut un coup de mouſquer à la gorge que l'on crut mortel.
Iem'imagine Madame, qu'e liſant cette Lettre vous vous
GALANT. 81
eſtes déja interrompuë vous- meſme pluſieurs fois , & que vous avez dit que j'avois ou- blié à vous marquer en quel temps M. de la Ferté avoit eſté faitMareſchal de France : cependant leRoyneluy fit l'hon- neur de luy envoyer le Bâton,
qu'apres la priſe de Ligny. Il fut à peine guery du coup qu'il y receut , qu'il reprit les Vil- les de Chartey ſur la Moſelle,,
Mirecourt , Neuchaſteau , &
remit ſous l'obeïſſance du Roy toutes les Places qui avoient
eſté priſes en Lorraine. Deux
ans apres il prit. Mouzon avec Monfieur de Turenne ; puis
avec un Corps de Troupes qu'il commandoit ſeul , il empeſchale Ducde Lorrainede ſecourir Sainte Menehouſt, &
DS
8. LE MERCURE
Quelque temps aprés il pric Befort en Hyver; & la mef- me année , ayant rejointMon- ſieur de Turenne , il fut à l'attaquedes Lignes d'Arras, où il
entrades premiers, &où il eut un cheval tué ſous lay. La meſme Campagneil pritCler- monten Argone. Il fut l'an- née ſuivante au Siege de Landrecies avec Monfieur de Turenne , puis en estant feparé il ſe ſignala au fameux paſſage de l'Eſcaut à la Neufville prés Bouchain. Il facilita quelque temps apres la priſe de Condé &deS. Guilhain; & il auroit
pris Valenciennes fans le deftin de Monfieur le Prince- ;
N'admirez- vous pasMada- mece long enchaînement de
bonheur, qui n'auroit pû du
GALANT. 83
rer ſi long- temps , fi ce grand
Capitaine n'cuſt en autant de
conduite & de prudence que
de Valeur. La fortune qui
n'abandonne gueres les veri- tables Braves, fit bientoſt voir
qu'elle ne l'avoit pas quitté pourlongtemps,puis qu'onluy D
vit prendre les années ſuivan- tes Montmedy &Gravelines,
&que le Roy le fit fon Lieute-
- nant General , lors qu'il par- tit pour aller à Marfal. Je ne
parle point des Convoys &
des ſecours qu'il a defaits, des Quartiers qu'il a enlevez , &
des Chaſteaux qu'il a pris , &
le détail en ſeroit trop long.
Peut eſtre même que ceuxqui
verront cette lettre, &qui admireront le plus tant debelles
actions,dirõt que ic ne vous ay
84 LE MERCURE promis de vous manderque ce qui ſe paſſe de nouveau : mais
Madame , outre que vous l'a- vez ſouhaité , ie croy qu'elles ne déplairont pas, & qu'eſtant ainſi ramaſſées elles paroîtront
aſſez curieuſes , pour meriter que ie me fois un peu éloigné demonſujet.
vous avoir oui dire il n'y a
pas long-temps, en parlant de
GALANT. 77 la valeur de nos Braves d'aujourd'huy, quevous auriezbie voulu ſçavoir tout ce qu'ont fait de grand nos anciensMareſchauxdeFrance. le vais, puis que l'occafion s'en preſente,
vousparler ſeulementde monfieur le mareſchal de la Ferté.
Vous ferez ſans doute ſurpri- fe , qu'un ſeul Homme ait pû faire un fi grand nombre d'a- tions éclatantes pendant le coursd'une feule vie ; & vους
direz avec toute la terre,que fi la même perſonne pouvoit avoir plus d'un Baſton de mareſchal , nous luy en verrions aſſurement plusd'une douzai -
ne. Lors que l'on attaqua la Rochelle , il eſtoit déja à la te- ſte du Regiment qui eſtoit ſous la charge de Monfieur le
D 3
78 LE MERCURE Comte de Soiffons. Il ſervit..
pendant ce Siege à la conftru- ction du Fort Loüis, &en ſuite en pluſieurs endroits con- tre les Religionnaires. Il fut au Siege de Privas , où il re- ceutun coup de mouſquet au viſage. Il ſe ſignala àl'attaque du Pas de Suze , auſecours de
Cazal , au Siegede Moyenvic,
à celuy de Tréves , & à la ba- taille d'Aveines. Le feu Roy le fit marefſchal de Camp fur la Bréche de Hedin , pour avoir repouffé par deux fois ,
&defait le ſecours que le General Picolomini y vou -
loit ietter. Il donna , & remporia en fuite le fameux com- bat de S. Nicolas , où les ennemis eurent plus dedeux mil.
lehommes tuez ſur la place,
GALANT. 79
&perdirent leur Canon.Etant
au ſiege de Chinay qu'il atta- quoit, & qu'il rangea fous l'obeïffance du Roy, il apprit que
le Ducde Lorraine , &le General Lamboy, veroient au ſecours de la Place , & avoient
déja attaqué la Garde; & quoi que bleſſé à la cuiffe d'un coup de Fauconeau , il ſe la fit en.
veloper ,& s'eſtant fait iet -
ter à cheval , il obligea les en- nemis à ſe retirer apres une perte confiderable. Il com -
mandoit l'Aifle gauche à la Bataille de Rocroy, il y fit des
actions furprenantes , & il y
eut deux coups de piſtolet ,
deux coups d'épée , & deux
chevaux tuez ſous luy, II
fut enfuite fait Gouverneur
de Lorraine , puis Lieutenant
D 4
80 LE MERCURE
General, apres quoy il prit Lonouydans ſonGouvernement,
& fauva Courtray en s'y jettant avec deux- mille hommes , qu'il fit paſſer à la veuë des ennemis. Il ſe ſignala au Siege d'Ypres , & à la bataille
de Lens, où il rompit la Cava- leriedes ennemis , &la pour- fuivit juſques à Douay , d'où il ramena quinze cens priſon -
niers. Il repaſſa en ſuite en Lorraine , en chaſſa les ennemis avecunCorps moins con- fiderable , & ſauva Nancydu peril qui le menaçoit. Il prit quelque temps apres la Ville de Ligny, où il receut un coup de mouſquer à la gorge que l'on crut mortel.
Iem'imagine Madame, qu'e liſant cette Lettre vous vous
GALANT. 81
eſtes déja interrompuë vous- meſme pluſieurs fois , & que vous avez dit que j'avois ou- blié à vous marquer en quel temps M. de la Ferté avoit eſté faitMareſchal de France : cependant leRoyneluy fit l'hon- neur de luy envoyer le Bâton,
qu'apres la priſe de Ligny. Il fut à peine guery du coup qu'il y receut , qu'il reprit les Vil- les de Chartey ſur la Moſelle,,
Mirecourt , Neuchaſteau , &
remit ſous l'obeïſſance du Roy toutes les Places qui avoient
eſté priſes en Lorraine. Deux
ans apres il prit. Mouzon avec Monfieur de Turenne ; puis
avec un Corps de Troupes qu'il commandoit ſeul , il empeſchale Ducde Lorrainede ſecourir Sainte Menehouſt, &
DS
8. LE MERCURE
Quelque temps aprés il pric Befort en Hyver; & la mef- me année , ayant rejointMon- ſieur de Turenne , il fut à l'attaquedes Lignes d'Arras, où il
entrades premiers, &où il eut un cheval tué ſous lay. La meſme Campagneil pritCler- monten Argone. Il fut l'an- née ſuivante au Siege de Landrecies avec Monfieur de Turenne , puis en estant feparé il ſe ſignala au fameux paſſage de l'Eſcaut à la Neufville prés Bouchain. Il facilita quelque temps apres la priſe de Condé &deS. Guilhain; & il auroit
pris Valenciennes fans le deftin de Monfieur le Prince- ;
N'admirez- vous pasMada- mece long enchaînement de
bonheur, qui n'auroit pû du
GALANT. 83
rer ſi long- temps , fi ce grand
Capitaine n'cuſt en autant de
conduite & de prudence que
de Valeur. La fortune qui
n'abandonne gueres les veri- tables Braves, fit bientoſt voir
qu'elle ne l'avoit pas quitté pourlongtemps,puis qu'onluy D
vit prendre les années ſuivan- tes Montmedy &Gravelines,
&que le Roy le fit fon Lieute-
- nant General , lors qu'il par- tit pour aller à Marfal. Je ne
parle point des Convoys &
des ſecours qu'il a defaits, des Quartiers qu'il a enlevez , &
des Chaſteaux qu'il a pris , &
le détail en ſeroit trop long.
Peut eſtre même que ceuxqui
verront cette lettre, &qui admireront le plus tant debelles
actions,dirõt que ic ne vous ay
84 LE MERCURE promis de vous manderque ce qui ſe paſſe de nouveau : mais
Madame , outre que vous l'a- vez ſouhaité , ie croy qu'elles ne déplairont pas, & qu'eſtant ainſi ramaſſées elles paroîtront
aſſez curieuſes , pour meriter que ie me fois un peu éloigné demonſujet.
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Résumé : Abregé des belles Actions de ce Marêchal. [titre d'après la table]
Le texte décrit les exploits militaires du maréchal de la Ferté, un homme ayant accompli de nombreuses actions remarquables au cours de sa carrière. Il a participé à divers sièges et batailles, notamment ceux de La Rochelle, Privas, Suze, Moyenvic, Trèves et Aveines. Lors du siège de Privas, il a été blessé par un coup de mousquet au visage. Pour ses actions à Hedin, le roi l'a nommé maréchal de camp. Il s'est particulièrement distingué lors de la bataille de Rocroy, où il a été blessé à plusieurs reprises, ce qui lui a valu les titres de gouverneur de Lorraine et de lieutenant général. Il a pris plusieurs villes, comme Lonuy et Courtray, et s'est illustré lors des sièges d'Ypres et de Lens. Il a également sauvé Nancy et pris la ville de Ligny, où il a été grièvement blessé. Après cette victoire, le roi lui a décerné le bâton de maréchal de France. Sa carrière se poursuit avec la prise de villes telles que Chartey, Mirecourt et Neuchâteau, et il a empêché le duc de Lorraine de secourir Sainte Menehoult. Il a également participé à l'attaque des lignes d'Arras et au siège de Landrecies. Sa carrière est marquée par une série de succès militaires et de prises de villes stratégiques, démontrant sa valeur, sa conduite et sa prudence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 65-73
IDILLE.
Début :
L'Ouvrage qui suit vous plairoit sans doute, en apprenant / Venus au desespoir que la Princesse Elise [...]
Mots clefs :
Vénus, Élise, Princesse, Vertus, Amours, Grâces, Minerve, Lorraine, Coeur, Hymen, Venin, Élisabeth-Charlotte d'Orléans
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texteReconnaissance textuelle : IDILLE.
L'Ouvrage qui fuit vous
plairoit fans doute , en apprenant
qu'il eſt de Mademoiselle
Lheritier , mais il vous plaira
beaucoup davantage , quand
Février 1700. F
66 MERCURE
vous fçaurez qu'il eſt fait fur
le retour de la ſanté de Son
Alteſſe Royale , Madame la
Ducheſſe de Lorraine.
IDILLE.
Venus au deſeſpoir que la Prin
cefle Elife
Gracieuſe , touchante , & dans ſes
plusbeaux jours ,
Regnaſt ſur tous les cooeurs , tinſt la
raiſon ſoûmiſe ,
Sansemprunter jamais fon féduiſant
fecours;
Se refolut dans ſa colére
De ravir à cette Beauté
Les attraits qui ſans art la rendoient
propre àplaire .
Venus avoit le coeur dés longtemps
irrité
3
GALANT. 67
Decequ'avec éclat la Princeſſe charmante
Avoit rendu l'Amour ſi docile à fa
voix,
Qu'oubliant fon humeur inquiette ,
inconſtante ,
:
Il'eſtoit fixé ſous ſes loix.
D'accord avec l'Himen par un glos
rieux choix , [pourelle
Ce Dieu vainqueur avoit formé
Unechaîne,dont les beaux noeuds
Luy donnérent l'ardeur fidelle
D'un jeune Prince genereux
Qui rend par ſes bontez tous ſes Su
jetsheureux,
Et conſacre aux vertus un pur & no
ble zele.
Venus qui regardoit avec un coil ja
loux
Laflame ardente &mutuelle:
Deres deux Auguſtes Epoux
١٠
1
Fij
68 MERCURE
Voulut faire éclater ſa haine
Contre l'aimable Souveraine ,
Et rendit le Deſtin complice de fes
coups.
De tous les maux qu'on vit éclore
De ce funeſte amas qu'enfermérent
les Dieux
Dans la Boëte de Pandore,
Il n'en eſt point de plus pernicieux
Qu'un feu qui mêle au ſang un venin
odieux ,
Et qui,l'écueïl du teint parſes cruel
les traces ,
Semble fait pour eſtre toûjours
L'ennemy déclaré des Graces,
Et l'épouvante des Amours.
Pour fervir l'injuſte colére
De la Déeſſe de Cithere,
Un Aftre dominant,plein d'un poiſon
fatal ,
Lance ſur la Princeſſe un ſi funeste
mal
GALANT. 69
LesPlaiſirs innocens dés le même inſtant
meurent,
LesGraces ſont en deüil , lestendres
Amours pleurent ,
Et par leur zele ardent vivement
foûtenus
Songent à s'oppoſer au courouxde
Venus .
Minerve les prévient. Cette ſage
Déeſſe
Avoit marquédans tous lestemps
Sa tendre affe&tion pour la belle
Princeſſe ,
Et luy fut prodigue ſans ceſſe
De toutes ſes vertus & de tous ſes
L talens..
Dés qu'elle voit ſouffrir ſa digne Fa
vorite,
Par un effor divin ſa ſcience medite
Des moyens aſſurez de chaſſerprom
piement.
70 MERCURE
Le mai de cet objet charmant.
Elle verſe aufh- toft ſa tublime lumiere
Dans l'eſprit penetrant de l'admirable
Mere
Dont Elife reçut le jour.
Princefle , qui toûjours genereuſe
agiſſante
Sçait par une vertu folide & bienfai
ſante ,
Engager la raiſon & le coeur tour à
tour ,
Erdu plus granddes Rois enchante
La polie & nombreute Cour
Cheriffant noblement fon auguſte
Famille
Loin qu'un vulgaire effroy la porte
en d'autres lieux ,
Sans craindre les horreurs d'un air
contagieux
GALANT.
3
Elle's'attache auprés de fa charman
re Fille,
Et luy donne des ſoins tendres &c
gracieux,
Autantqu'ils font judicieux.
Minerve qui toujours & la guide &
l'inſpire ,
Et ſur l'aimable Elife a ſans ceſſe les
yeux,
Veut que fans Esculape un lang fi
し
beau tranſpire.
D'un venin menaçant elle éteint la
fureur.
Puis leCiel touché de la peine
Etdes voeux que formoient avecque
tant d'ardeur
Philippe , tendre Pere , autant qu'
heureux Vainqueur,
Et Leopold , eſpoir des Peuples de
Lorraine ,
Délivre Elife enfin de ſa triſte lan .
guear ;
72 MERCURE
Et par le pouvoir de Minerve
De ſes brillans attraits tout l'éclat fe
conferve.
Alors les Ris , les Jeux, les Graces,
les Vertus,
Sententun doux tranſport dansleurs
coeurs abatus .
L'aîné des Amours & ſes Freres,
Ravis d'un tel luccés , fans plus long
examen ,
Abandonnent Venus à ſes douleurs
ameres ,
Et plus fort que jamais s'uniffent à
l'Himen ,
Pour donner de beaux jours à l'auguſteHeroïne,
Qui par la grandeur d'ame &la grace
divine
Qu'elle fait éclater en ſoy ,
Fait tant 'd'honneur au Sang du fa.
meuxGodefroy,
Dont
GALANT.
7
73
Dont fon charmant Epoux tire fon
origine.
Les Graces , les Vertus , les Amours
enchantez
De voir qu'une Princeſſe,& fi jeune
&fi bell:,
Amille grande qualitez ,
Et mille folides clartez ,
Qu'on n'a guere quandon eſt telle,
D'un beau mouvement tranſportez
,
Occupent leur Troupe immortelle
A former à jamais pour elle
De brillantes felicitez .
plairoit fans doute , en apprenant
qu'il eſt de Mademoiselle
Lheritier , mais il vous plaira
beaucoup davantage , quand
Février 1700. F
66 MERCURE
vous fçaurez qu'il eſt fait fur
le retour de la ſanté de Son
Alteſſe Royale , Madame la
Ducheſſe de Lorraine.
IDILLE.
Venus au deſeſpoir que la Prin
cefle Elife
Gracieuſe , touchante , & dans ſes
plusbeaux jours ,
Regnaſt ſur tous les cooeurs , tinſt la
raiſon ſoûmiſe ,
Sansemprunter jamais fon féduiſant
fecours;
Se refolut dans ſa colére
De ravir à cette Beauté
Les attraits qui ſans art la rendoient
propre àplaire .
Venus avoit le coeur dés longtemps
irrité
3
GALANT. 67
Decequ'avec éclat la Princeſſe charmante
Avoit rendu l'Amour ſi docile à fa
voix,
Qu'oubliant fon humeur inquiette ,
inconſtante ,
:
Il'eſtoit fixé ſous ſes loix.
D'accord avec l'Himen par un glos
rieux choix , [pourelle
Ce Dieu vainqueur avoit formé
Unechaîne,dont les beaux noeuds
Luy donnérent l'ardeur fidelle
D'un jeune Prince genereux
Qui rend par ſes bontez tous ſes Su
jetsheureux,
Et conſacre aux vertus un pur & no
ble zele.
Venus qui regardoit avec un coil ja
loux
Laflame ardente &mutuelle:
Deres deux Auguſtes Epoux
١٠
1
Fij
68 MERCURE
Voulut faire éclater ſa haine
Contre l'aimable Souveraine ,
Et rendit le Deſtin complice de fes
coups.
De tous les maux qu'on vit éclore
De ce funeſte amas qu'enfermérent
les Dieux
Dans la Boëte de Pandore,
Il n'en eſt point de plus pernicieux
Qu'un feu qui mêle au ſang un venin
odieux ,
Et qui,l'écueïl du teint parſes cruel
les traces ,
Semble fait pour eſtre toûjours
L'ennemy déclaré des Graces,
Et l'épouvante des Amours.
Pour fervir l'injuſte colére
De la Déeſſe de Cithere,
Un Aftre dominant,plein d'un poiſon
fatal ,
Lance ſur la Princeſſe un ſi funeste
mal
GALANT. 69
LesPlaiſirs innocens dés le même inſtant
meurent,
LesGraces ſont en deüil , lestendres
Amours pleurent ,
Et par leur zele ardent vivement
foûtenus
Songent à s'oppoſer au courouxde
Venus .
Minerve les prévient. Cette ſage
Déeſſe
Avoit marquédans tous lestemps
Sa tendre affe&tion pour la belle
Princeſſe ,
Et luy fut prodigue ſans ceſſe
De toutes ſes vertus & de tous ſes
L talens..
Dés qu'elle voit ſouffrir ſa digne Fa
vorite,
Par un effor divin ſa ſcience medite
Des moyens aſſurez de chaſſerprom
piement.
70 MERCURE
Le mai de cet objet charmant.
Elle verſe aufh- toft ſa tublime lumiere
Dans l'eſprit penetrant de l'admirable
Mere
Dont Elife reçut le jour.
Princefle , qui toûjours genereuſe
agiſſante
Sçait par une vertu folide & bienfai
ſante ,
Engager la raiſon & le coeur tour à
tour ,
Erdu plus granddes Rois enchante
La polie & nombreute Cour
Cheriffant noblement fon auguſte
Famille
Loin qu'un vulgaire effroy la porte
en d'autres lieux ,
Sans craindre les horreurs d'un air
contagieux
GALANT.
3
Elle's'attache auprés de fa charman
re Fille,
Et luy donne des ſoins tendres &c
gracieux,
Autantqu'ils font judicieux.
Minerve qui toujours & la guide &
l'inſpire ,
Et ſur l'aimable Elife a ſans ceſſe les
yeux,
Veut que fans Esculape un lang fi
し
beau tranſpire.
D'un venin menaçant elle éteint la
fureur.
Puis leCiel touché de la peine
Etdes voeux que formoient avecque
tant d'ardeur
Philippe , tendre Pere , autant qu'
heureux Vainqueur,
Et Leopold , eſpoir des Peuples de
Lorraine ,
Délivre Elife enfin de ſa triſte lan .
guear ;
72 MERCURE
Et par le pouvoir de Minerve
De ſes brillans attraits tout l'éclat fe
conferve.
Alors les Ris , les Jeux, les Graces,
les Vertus,
Sententun doux tranſport dansleurs
coeurs abatus .
L'aîné des Amours & ſes Freres,
Ravis d'un tel luccés , fans plus long
examen ,
Abandonnent Venus à ſes douleurs
ameres ,
Et plus fort que jamais s'uniffent à
l'Himen ,
Pour donner de beaux jours à l'auguſteHeroïne,
Qui par la grandeur d'ame &la grace
divine
Qu'elle fait éclater en ſoy ,
Fait tant 'd'honneur au Sang du fa.
meuxGodefroy,
Dont
GALANT.
7
73
Dont fon charmant Epoux tire fon
origine.
Les Graces , les Vertus , les Amours
enchantez
De voir qu'une Princeſſe,& fi jeune
&fi bell:,
Amille grande qualitez ,
Et mille folides clartez ,
Qu'on n'a guere quandon eſt telle,
D'un beau mouvement tranſportez
,
Occupent leur Troupe immortelle
A former à jamais pour elle
De brillantes felicitez .
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3
p. 142-144
« BIBLIOTHEQUE Loraine, ou Histoire des Hommes illustres qui ont fleuri en Lorraine, [...] »
Début :
BIBLIOTHEQUE Loraine, ou Histoire des Hommes illustres qui ont fleuri en Lorraine, [...]
Mots clefs :
Lorraine, Hommes, Histoire, Public, Édition
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texteReconnaissance textuelle : « BIBLIOTHEQUE Loraine, ou Histoire des Hommes illustres qui ont fleuri en Lorraine, [...] »
BIBLIOTHEQUE Loraine, ou Histoire des
Hommes illustres qui ont fleuri en Lorraine,
dans les trois Evêchés, dans l'Arche-
vêché de Tréves, dans le Duché de Lu-
xembourg, & c. En un volume in folio.
Ce nouvel Ouvrage du R. P. D. Calmet,
Abbé de Senones, est attendu depuis long
tems. Il manquoit à la Littérature; à ceux
qui ont la premiere Edition de l'Histoire
de Lorraine; on le devoit aux Souscrip-
teurs de la seconde Edition. Il ne pouvoit
paroître dans des circonstances plus heu-
reuses, que celles où S. M. Polonoise, par le
magnisique établissement d'une Bibliothé-
que publique, & d'une Société Littéraire
dans la Capitale de ses Etats, y fait renaî-
tre les Lettres, excite les génies, les Sça-
vans & les Artistes de tous les ordres, à
mériter les couronnes qui leur sont prépa-
rées.
L'Ouvrage que l'on annonce au Public,
est précédé d'une sçavante préface de 28
pages. L'Auteur, dans ce Livre, ne s'est
point assujetti à l'ordre des tems, mais à
MARS. 1752.
143
telui de l'Alphabet, suivant lequel sont
rangés un grand nombre d'Hommes illus-
tres dans les Sciences, dans sesLettres & dans
les Arts, qui ont fleuri dans ces contrées.
Outre des Anecdotes intéressantes sur leur
naissance, leurs caracteres & leurs Ouvrages,
soit imprimés, soit manuscrits, on y trou-
vera quantité de points de critique discutés
& éclaircis, & beaucoup de choses jusqu a-
lors inconnuës, ou laissées dans le secret &
l'obscurité des Bibliothéques qui les rece-
loient. On y parle, non seulement, des
Scavans nés dans la Lorraine & le Barrois,
les trois Evêchés, le Trévirois & le Lu-
xembourg; mais encore des François & des
Ecrangers, qui s'y sont distingués par leurs
Ouvrages. Celui- ci est tout-à-fait propre
à justifier ce qui a été avancé depuis peu,
dans un discours public: Qu'il n est aucu-
ne science, aucun art, dont on ne trouve
des modéles dans cette Province. En effet,
près de quatre cens hommes, nés dans la
Lorraine & le Barrois, se sont illustrés
dans les Sciences & dans les Arts. La plu-
part de ces Hommes célèbres étoient déja
connus en France; mais on ignoroit beau-
coup de choses sur leurs personnes & sur
leurs Ouvrages, que le R. Pere Dom Cal-
met a insérees dans la Bibliotheque Lorrai-
no; d'autres, en assez grand nombre, &
*
144 MERCURE DEFRANCE.
sur-tout des Artistes distingués, étoient ou
trop peu connus, ou entiérement ignorés.
Comme les ans ont respecté un grand
nombre de leurs Ouvrages qui existent en-
core à Rome, en France & en Lorraine,
le Public qui en jouit, sera bien aise d'en
connoître les Auteurs. Ainsi on est persua-
dé que cet Ouvrage recevra un accuëil fa-
vorable. On le trouve à Nancy, chez A.
Leseure, Imprimeur ordinaire du Roi,
près la Paroisse S. Sébastien, & chez Ni-
colas Marchand, proche la Place, Ville-
Neuve.
Le prix, pour ceux qui n'ont pas souscrit à
la nouvelle edition de l'Histoire de Lorraine,
est de quatorze livres de France, broché.
Hommes illustres qui ont fleuri en Lorraine,
dans les trois Evêchés, dans l'Arche-
vêché de Tréves, dans le Duché de Lu-
xembourg, & c. En un volume in folio.
Ce nouvel Ouvrage du R. P. D. Calmet,
Abbé de Senones, est attendu depuis long
tems. Il manquoit à la Littérature; à ceux
qui ont la premiere Edition de l'Histoire
de Lorraine; on le devoit aux Souscrip-
teurs de la seconde Edition. Il ne pouvoit
paroître dans des circonstances plus heu-
reuses, que celles où S. M. Polonoise, par le
magnisique établissement d'une Bibliothé-
que publique, & d'une Société Littéraire
dans la Capitale de ses Etats, y fait renaî-
tre les Lettres, excite les génies, les Sça-
vans & les Artistes de tous les ordres, à
mériter les couronnes qui leur sont prépa-
rées.
L'Ouvrage que l'on annonce au Public,
est précédé d'une sçavante préface de 28
pages. L'Auteur, dans ce Livre, ne s'est
point assujetti à l'ordre des tems, mais à
MARS. 1752.
143
telui de l'Alphabet, suivant lequel sont
rangés un grand nombre d'Hommes illus-
tres dans les Sciences, dans sesLettres & dans
les Arts, qui ont fleuri dans ces contrées.
Outre des Anecdotes intéressantes sur leur
naissance, leurs caracteres & leurs Ouvrages,
soit imprimés, soit manuscrits, on y trou-
vera quantité de points de critique discutés
& éclaircis, & beaucoup de choses jusqu a-
lors inconnuës, ou laissées dans le secret &
l'obscurité des Bibliothéques qui les rece-
loient. On y parle, non seulement, des
Scavans nés dans la Lorraine & le Barrois,
les trois Evêchés, le Trévirois & le Lu-
xembourg; mais encore des François & des
Ecrangers, qui s'y sont distingués par leurs
Ouvrages. Celui- ci est tout-à-fait propre
à justifier ce qui a été avancé depuis peu,
dans un discours public: Qu'il n est aucu-
ne science, aucun art, dont on ne trouve
des modéles dans cette Province. En effet,
près de quatre cens hommes, nés dans la
Lorraine & le Barrois, se sont illustrés
dans les Sciences & dans les Arts. La plu-
part de ces Hommes célèbres étoient déja
connus en France; mais on ignoroit beau-
coup de choses sur leurs personnes & sur
leurs Ouvrages, que le R. Pere Dom Cal-
met a insérees dans la Bibliotheque Lorrai-
no; d'autres, en assez grand nombre, &
*
144 MERCURE DEFRANCE.
sur-tout des Artistes distingués, étoient ou
trop peu connus, ou entiérement ignorés.
Comme les ans ont respecté un grand
nombre de leurs Ouvrages qui existent en-
core à Rome, en France & en Lorraine,
le Public qui en jouit, sera bien aise d'en
connoître les Auteurs. Ainsi on est persua-
dé que cet Ouvrage recevra un accuëil fa-
vorable. On le trouve à Nancy, chez A.
Leseure, Imprimeur ordinaire du Roi,
près la Paroisse S. Sébastien, & chez Ni-
colas Marchand, proche la Place, Ville-
Neuve.
Le prix, pour ceux qui n'ont pas souscrit à
la nouvelle edition de l'Histoire de Lorraine,
est de quatorze livres de France, broché.
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Résumé : « BIBLIOTHEQUE Loraine, ou Histoire des Hommes illustres qui ont fleuri en Lorraine, [...] »
La 'Bibliothèque Loraine' est une œuvre du R. P. Dom Calmet, abbé de Senones, qui compile l'histoire des hommes illustres ayant marqué la Lorraine, les trois évêchés, l'archevêché de Trèves et le duché de Luxembourg. Cet ouvrage, dédié aux souscripteurs de la seconde édition de l'Histoire de Lorraine, est publié dans des circonstances favorables grâce à l'établissement d'une bibliothèque publique et d'une société littéraire par le roi de Pologne. Structuré alphabétiquement, il inclut des anecdotes sur la vie, les caractères et les œuvres des personnalités notables, tant imprimées que manuscrites, ainsi que des discussions critiques et des informations inédites. La 'Bibliothèque Loraine' couvre les savants originaires de Lorraine et du Barrois, ainsi que les Français et les étrangers ayant contribué à ces régions. Dom Calmet met en lumière près de quatre cents hommes illustres, permettant de découvrir ou redécouvrir des artistes et des savants et leurs œuvres conservées à Rome, en France et en Lorraine. Le livre est disponible à Nancy chez A. Leseure et Nicolas Marchand, au prix de quatorze livres de France pour ceux n'ayant pas souscrit à la nouvelle édition de l'Histoire de Lorraine.
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