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451
p. 2614-2616
LOGOGRYPHE.
Début :
Enfant infortuné du meilleur sang du monde, [...]
Mots clefs :
Goret
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
KXXXXXXXXXX:
LOGOGRYPHË.
Enfant infortuné du meilleur sang du monde ;
Je ne reçois le jour d'une mere féconde ,
Que pour périr bientôt par les mains d'ua bourreau
Qui lui-même devient mon funeste tombeau.
Quand le dessein est pris , et qu'on veut me dé- truire ,
1. Vol. Le
DECEMBR E. 1732 2615
Le feu , le fer , et l'eau • tout conspire à me
nuire.
Plus on a soin de moi , plus je dois avoir
peur ;
Et ce trop heureux tems présage mon mal- heur.
Combinés mes cinq pieds : fraîche sombre et
riante ,
>
Au plus fort de l'été je suis fort attrayante ;
Discrete , solitaire agrément des Jardins ,
Je suis propre à cacher les amoureux lar⇒ cins.
-
On me trouve en Europe , on me trouve co Asie ;
Je suis dans les déserts de l'ardente Libye :
Et dans ce dernier sens ma lugubre noir
ceur ,
,
Al'homme le plus ferme inspire la terreur.
Si vous changez encor mon entiere struc
ture ,
A certains animaux souvent je sers d'armure ;
Ad'autres je dénote un signe de bonté.
Et si vous me donnez differente tournure,
En moi l'on trouve un vent de fort vilain aus
gure.
Un peuple belliqueux , par Tacite vanté.
Ce qui du pâle avare augmente la torture.
Un Tribunal à Rome , aux Prélats affecté.
Enfin , à la campagne , un grain qui vous pre- cure ,
I.Vol. E Ainsi
2616 MERCURE DE FRANCE
Ainsi qu'aux animaux une ample nourri ture.
LOGOGRYPHË.
Enfant infortuné du meilleur sang du monde ;
Je ne reçois le jour d'une mere féconde ,
Que pour périr bientôt par les mains d'ua bourreau
Qui lui-même devient mon funeste tombeau.
Quand le dessein est pris , et qu'on veut me dé- truire ,
1. Vol. Le
DECEMBR E. 1732 2615
Le feu , le fer , et l'eau • tout conspire à me
nuire.
Plus on a soin de moi , plus je dois avoir
peur ;
Et ce trop heureux tems présage mon mal- heur.
Combinés mes cinq pieds : fraîche sombre et
riante ,
>
Au plus fort de l'été je suis fort attrayante ;
Discrete , solitaire agrément des Jardins ,
Je suis propre à cacher les amoureux lar⇒ cins.
-
On me trouve en Europe , on me trouve co Asie ;
Je suis dans les déserts de l'ardente Libye :
Et dans ce dernier sens ma lugubre noir
ceur ,
,
Al'homme le plus ferme inspire la terreur.
Si vous changez encor mon entiere struc
ture ,
A certains animaux souvent je sers d'armure ;
Ad'autres je dénote un signe de bonté.
Et si vous me donnez differente tournure,
En moi l'on trouve un vent de fort vilain aus
gure.
Un peuple belliqueux , par Tacite vanté.
Ce qui du pâle avare augmente la torture.
Un Tribunal à Rome , aux Prélats affecté.
Enfin , à la campagne , un grain qui vous pre- cure ,
I.Vol. E Ainsi
2616 MERCURE DE FRANCE
Ainsi qu'aux animaux une ample nourri ture.
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452
p. 2617
AUTRE.
Début :
Je ne crains ni chaleur, ni le vent, ni la glace, [...]
Mots clefs :
If
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E ne crains ni chaleur , ni le vent , ni
JEglace ,
Lecteur, en ton jardin peut-être j'ai ma place ; :
Mon nom est des plus courts , qu'à rebours je sais
pris.
Je suis un mot burlesque, un terme de mépris.
E ne crains ni chaleur , ni le vent , ni
JEglace ,
Lecteur, en ton jardin peut-être j'ai ma place ; :
Mon nom est des plus courts , qu'à rebours je sais
pris.
Je suis un mot burlesque, un terme de mépris.
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453
p. 2720-2724
LETTRE de M... écrite à un de ses amis au sujet des Curiositez qui se trouvent dans le Cabinet de M. Paul Lucas, à Paris.
Début :
J'ai été, Monsieur, rendre visite à M. Paul Lucas, recommandable par [...]
Mots clefs :
Cabinet, Curiosités, Paul Lucas, Pierres, Orient
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M... écrite à un de ses amis au sujet des Curiositez qui se trouvent dans le Cabinet de M. Paul Lucas, à Paris.
LETTRE de M... écrite à un de ses
J
amis au sujet des Curiositez qui se trouvent dans le Cabinet de M. Paul Lucas,
à Paris.
"Ai été , Monsieur , rendre visite à
M. Paul Lucas , recommandable par.
tous les Voyages qu'il a faits dans le Levant. Ce sont , comme vous sçavez , les .
plus belles Régions du Monde , où les
Faits historiques de la premiere Antiquité
se sont passez , et où les Sciences et les
Arts ont pris leur origine.
M. P. Lucas a trouvé dans ces agréables Contrées de quoy satisfaire la curiosité des Sçavans en beaucoup de genres. Il m'a fait l'amitié de me montrer
son fameux Cabinet. On y voit un grand
nombre de toutes les raretez que l'on
peut rapporter de l'Orient.
$
Vous m'avez témoigné , Monsieur , que
je vous ferois plaisir de vous en faire le
détail. Une premiere visite ne m'a pas .
permis d'éxaminer à fond tout ce que.
j'ai pû y remarquer , mais je vais cependant vous satisfaire , autant que je le
pourrai.
Je commence par vous dire que je ne
connois point à Paris de Cabinet qui mé1. Vol. rite
DECEMBRE. 1732 2721
quatite plus d'attention . Ce que j'ai d'abord
regardé comme la picce la plus remarquable est la figure de la Déesse Cerés , qu'il
a apportée d'Athenes , il y a plus de
rante ans. Elle a deux pieds quelques
pouces de hauteur. Elle est assise sur un
siege fort singulier, de beau Jaspe floride ·
Oriental. Toutes les extremitez de la Figure sont de Bronze , comme la tête , les
mains , les pieds et les attributs qu'elle
tient ; sçavoir , un flambeau de paille
de la main droite , et une corne de Bouf
de la gauche. La base est de pierre de
Parangon , pierre de touche. Son habillement est d'Albâtre blanc.
On voit de plus un grand nombre d'autres curiositez qui sont uniques ; car ce
Cabinet est rempli d'une grande quan-'
tité de Bronzes d'Egypte et de tous les
autres Païs du Levant , de la Grece et
de la Macedoine. Il y a entre autres
deux Bronzes qui sont uniques en Europe. Ce sont deux Gimnosophistes qu'il ·
a 4apportez de Perse.
On y voit une grande quantité de Lares ou Dieux Penates des Payens. Le nombre qu'il en a ne pourroit pas être acquis
en plusieurs années.
J'y ai aussi remarqué un Buste antique de Scipion l'Africain , un autre de
I. Vels I vj Man-
2722 MERCURE DE FRANCE
Manlius , un d'Atis et un de Maximin.
Ces deux derniers sont revétus d'Albâ
tre Oriental.
Il a six Cabinets remplis de Médailles antiques et modernes ; beaucoup de
Pierres gravées en creux et en relief de differentes especes , comme Agates ,
Cornalines , Sardoines , Jaspes et autres.
Il m'a de plus fait voir son Herbier, composé d'environ trois mille Plantes differentes,toutesapportées d'Orient, dontil a écrit
les vertus et les proprietez. Son Droguier est des plus curieux ; il est composé de plusieurs sortes de Drogues inconnues en Europe , comme la Corne du
pied de la Giraffe , la Gomme Caradeny
le Corail noir et une infinité d'autres Drogues , dont les qualitez et les effets sont
surprenants.
د
Je ne vous parlerai point d'un assemblage de Coquilles tout- à-fait extraordinaire , mais je n'ai pû m'empêcher d'admirer les beaux morceaux de Pierres
Orientales , dont il a plusieurs Blocs ,
comme Sardoines , Jaspes , Cornalines et
Jades. Il en a un entre autres qui pese
environ deux cent livres.
De tout ce que j'ai vû dans ce Cabinet,
rien ne me feroit plus de plaisir que d'ayoir une de ces Pierres qui y sont en
1. Vol.
quang
DECEMBRE. 1732. 2723.
quantité et dont notre Voyageur n'a
point encore donné de connoissance
jusqu'à présent ; ces Pierres sont dures
comme l'Agathe. Elles sont marbrées de
rouge et de blanc , transparentes et d'un
beau poli ; on leur attribuë de grandes
vertus.
On prétend , par exemple , qu'une
personne qui porte une certaine de ces
Pierres sur soi , ne peut être attaquée de
pleurésie. On l'enchasse dans une Bague
à jour, ensorte que la Pierre touche la
chair , et il faut que toute la monture
soit d'argent. Elle soulage dans l'instant
une personne attaquée de cette dangereuse maladie et la guérit , dit- on , en
peu de temps. Elle a encore une autre
proprieté , c'est d'empêcher que les mauvaises humeurs ne se mêlent avec le
sang. Presque tous les Orientaux portent
sur eux de ces Pierres qui sont nommées
en Turc Doste Kandan , c'est- à- dire
l'Ami du sang. La connaissance de toutes ces Pierres en general , peut fournir
aux Sçavans une belle matiere de philosopher.
>
J'aurois à vous parler encore de plusieurs especes d'animaux qui ne sont
point connus en Europe , et de diff rentes Armes des Pays Etrangers , dont ce
I. Vol Cabinet
2724 MERCURE DE FRANCE
Cabinet est orné. J'espere vous ene
faire part dans ma premiere Lettre , en
vous envoyant un détail exact de ce que
j'observerai de plus curieux en visitant
de nouveau ce beau Cabinet , et je suis
persuadé que vous ne regretterez pas le
temps que vous employerez à lire mes
Lettres , dans lesquelles je m'attacherai
toûjours à contenter votre curiosité . Je
suis , Monsieur , &c.
A Paris le 8. Décembre 1732.
J
amis au sujet des Curiositez qui se trouvent dans le Cabinet de M. Paul Lucas,
à Paris.
"Ai été , Monsieur , rendre visite à
M. Paul Lucas , recommandable par.
tous les Voyages qu'il a faits dans le Levant. Ce sont , comme vous sçavez , les .
plus belles Régions du Monde , où les
Faits historiques de la premiere Antiquité
se sont passez , et où les Sciences et les
Arts ont pris leur origine.
M. P. Lucas a trouvé dans ces agréables Contrées de quoy satisfaire la curiosité des Sçavans en beaucoup de genres. Il m'a fait l'amitié de me montrer
son fameux Cabinet. On y voit un grand
nombre de toutes les raretez que l'on
peut rapporter de l'Orient.
$
Vous m'avez témoigné , Monsieur , que
je vous ferois plaisir de vous en faire le
détail. Une premiere visite ne m'a pas .
permis d'éxaminer à fond tout ce que.
j'ai pû y remarquer , mais je vais cependant vous satisfaire , autant que je le
pourrai.
Je commence par vous dire que je ne
connois point à Paris de Cabinet qui mé1. Vol. rite
DECEMBRE. 1732 2721
quatite plus d'attention . Ce que j'ai d'abord
regardé comme la picce la plus remarquable est la figure de la Déesse Cerés , qu'il
a apportée d'Athenes , il y a plus de
rante ans. Elle a deux pieds quelques
pouces de hauteur. Elle est assise sur un
siege fort singulier, de beau Jaspe floride ·
Oriental. Toutes les extremitez de la Figure sont de Bronze , comme la tête , les
mains , les pieds et les attributs qu'elle
tient ; sçavoir , un flambeau de paille
de la main droite , et une corne de Bouf
de la gauche. La base est de pierre de
Parangon , pierre de touche. Son habillement est d'Albâtre blanc.
On voit de plus un grand nombre d'autres curiositez qui sont uniques ; car ce
Cabinet est rempli d'une grande quan-'
tité de Bronzes d'Egypte et de tous les
autres Païs du Levant , de la Grece et
de la Macedoine. Il y a entre autres
deux Bronzes qui sont uniques en Europe. Ce sont deux Gimnosophistes qu'il ·
a 4apportez de Perse.
On y voit une grande quantité de Lares ou Dieux Penates des Payens. Le nombre qu'il en a ne pourroit pas être acquis
en plusieurs années.
J'y ai aussi remarqué un Buste antique de Scipion l'Africain , un autre de
I. Vels I vj Man-
2722 MERCURE DE FRANCE
Manlius , un d'Atis et un de Maximin.
Ces deux derniers sont revétus d'Albâ
tre Oriental.
Il a six Cabinets remplis de Médailles antiques et modernes ; beaucoup de
Pierres gravées en creux et en relief de differentes especes , comme Agates ,
Cornalines , Sardoines , Jaspes et autres.
Il m'a de plus fait voir son Herbier, composé d'environ trois mille Plantes differentes,toutesapportées d'Orient, dontil a écrit
les vertus et les proprietez. Son Droguier est des plus curieux ; il est composé de plusieurs sortes de Drogues inconnues en Europe , comme la Corne du
pied de la Giraffe , la Gomme Caradeny
le Corail noir et une infinité d'autres Drogues , dont les qualitez et les effets sont
surprenants.
د
Je ne vous parlerai point d'un assemblage de Coquilles tout- à-fait extraordinaire , mais je n'ai pû m'empêcher d'admirer les beaux morceaux de Pierres
Orientales , dont il a plusieurs Blocs ,
comme Sardoines , Jaspes , Cornalines et
Jades. Il en a un entre autres qui pese
environ deux cent livres.
De tout ce que j'ai vû dans ce Cabinet,
rien ne me feroit plus de plaisir que d'ayoir une de ces Pierres qui y sont en
1. Vol.
quang
DECEMBRE. 1732. 2723.
quantité et dont notre Voyageur n'a
point encore donné de connoissance
jusqu'à présent ; ces Pierres sont dures
comme l'Agathe. Elles sont marbrées de
rouge et de blanc , transparentes et d'un
beau poli ; on leur attribuë de grandes
vertus.
On prétend , par exemple , qu'une
personne qui porte une certaine de ces
Pierres sur soi , ne peut être attaquée de
pleurésie. On l'enchasse dans une Bague
à jour, ensorte que la Pierre touche la
chair , et il faut que toute la monture
soit d'argent. Elle soulage dans l'instant
une personne attaquée de cette dangereuse maladie et la guérit , dit- on , en
peu de temps. Elle a encore une autre
proprieté , c'est d'empêcher que les mauvaises humeurs ne se mêlent avec le
sang. Presque tous les Orientaux portent
sur eux de ces Pierres qui sont nommées
en Turc Doste Kandan , c'est- à- dire
l'Ami du sang. La connaissance de toutes ces Pierres en general , peut fournir
aux Sçavans une belle matiere de philosopher.
>
J'aurois à vous parler encore de plusieurs especes d'animaux qui ne sont
point connus en Europe , et de diff rentes Armes des Pays Etrangers , dont ce
I. Vol Cabinet
2724 MERCURE DE FRANCE
Cabinet est orné. J'espere vous ene
faire part dans ma premiere Lettre , en
vous envoyant un détail exact de ce que
j'observerai de plus curieux en visitant
de nouveau ce beau Cabinet , et je suis
persuadé que vous ne regretterez pas le
temps que vous employerez à lire mes
Lettres , dans lesquelles je m'attacherai
toûjours à contenter votre curiosité . Je
suis , Monsieur , &c.
A Paris le 8. Décembre 1732.
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Résumé : LETTRE de M... écrite à un de ses amis au sujet des Curiositez qui se trouvent dans le Cabinet de M. Paul Lucas, à Paris.
La lettre relate une visite au cabinet de curiosités de M. Paul Lucas à Paris. L'auteur, M., salue les nombreux voyages de Lucas dans le Levant, une région notable pour ses faits historiques et ses contributions aux sciences et aux arts. Le cabinet abrite une vaste collection de rarités orientales. Parmi les pièces les plus remarquables, on trouve une statue de la déesse Cérès en bronze et en albâtre, rapportée d'Athènes il y a plus de quarante ans. La collection comprend également des bronzes d'Égypte, de Grèce et de Macédoine, ainsi que des bustes antiques de personnages célèbres tels que Scipion l'Africain et Manlius. On y trouve aussi des médailles et des pierres gravées. Lucas possède un herbier de trois mille plantes orientales et un droguier contenant des substances rares comme la corne de girafe et le corail noir. La collection inclut également des coquilles extraordinaires et des pierres orientales aux propriétés supposées thérapeutiques, telles que la prévention de la pleurésie. L'auteur mentionne également la présence d'animaux inconnus en Europe et d'armes étrangères. Il promet de fournir plus de détails dans une prochaine lettre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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454
p. 2866
« On apprend par des Lettres de Prague, que le 23. Novembre dernier, il étoit sorti de la Montagne [...] »
Début :
On apprend par des Lettres de Prague, que le 23. Novembre dernier, il étoit sorti de la Montagne [...]
Mots clefs :
Prague, Fumée, Flammes, Montagne
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texteReconnaissance textuelle : « On apprend par des Lettres de Prague, que le 23. Novembre dernier, il étoit sorti de la Montagne [...] »
On apprend par des Lettres de Prague , que le
23. Novembre dernier , il étoit sorti de la Montagne de Salpêtre qui est derriere la Maison de
Correction , une fumée à laquelle on ne fit pas
d'abord grande attention ; que le z ,. il s'en étoit
élevé de grandes flâmes , qui avoient causé beaucoup d'effroy dans toute la Ville , qu'on y avoit
envoyé des Troupes pour les éteindre ; que le
4. et le r . de Décembre la Montagne s'étoit enflammé de nouveau ; que malgré les tranchées
qu'on y avoit faites , le feu s'étoit communiqué
aux Terres voisines du Muldau , Rivierè qui tra
verse la Ville , et que la chaleur brulante de ces
Terres qui sont très sulphureuses , faisoit crain- dre que le feu ne se communiquât aux maisons
et que la Ville ne fût embrasée.
23. Novembre dernier , il étoit sorti de la Montagne de Salpêtre qui est derriere la Maison de
Correction , une fumée à laquelle on ne fit pas
d'abord grande attention ; que le z ,. il s'en étoit
élevé de grandes flâmes , qui avoient causé beaucoup d'effroy dans toute la Ville , qu'on y avoit
envoyé des Troupes pour les éteindre ; que le
4. et le r . de Décembre la Montagne s'étoit enflammé de nouveau ; que malgré les tranchées
qu'on y avoit faites , le feu s'étoit communiqué
aux Terres voisines du Muldau , Rivierè qui tra
verse la Ville , et que la chaleur brulante de ces
Terres qui sont très sulphureuses , faisoit crain- dre que le feu ne se communiquât aux maisons
et que la Ville ne fût embrasée.
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Résumé : « On apprend par des Lettres de Prague, que le 23. Novembre dernier, il étoit sorti de la Montagne [...] »
Le 23 novembre, une fumée est sortie de la Montagne de Salpêtre à Prague. Le lendemain, des flammes importantes ont provoqué une grande frayeur. Les 4 et 5 décembre, l'incendie s'est ravivé, se propageant aux terres voisines du fleuve Moldau. La chaleur intense et la nature sulfureuse des terres menaçaient les maisons et la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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455
p. 2866-2867
Tremblement de Terre à Naples, [titre d'après la table]
Début :
Le 29. Novembre; vers les six heures et demie du matin, on ressentit à Naples une violente secousse [...]
Mots clefs :
Naples, Secousse, Tremblement de terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tremblement de Terre à Naples, [titre d'après la table]
Le 29.Novembre ; vers les six heures et demiedu
matin, on ressentit à Naples une violente secousse
de Tremblement de Terre , qui ' endommagea
plusieurs Eglises , quelques Palais et un grand nombre de Maisons , où il y eut quelques personnes écrasés. La crainte d'un second Tremblement de Terre , détermina la plus grande partie de la Noblesse et des Bourgeois à se retirer à
la Campagne, et la nuit suivante toutes les grandes Places de la Ville et des Fauxbourgs furent
remplies du reste des Habitans , quoiqu'il fit
cette nuit là un froid très- vif,
II. Vel. Le
DECEMBRE. 1732. 2867
Le 30. on reçut avis que ce Tremblement de
3 Terre s'étoit fait sentir, à la même heure dans la
Terre de Labour ; qu'il avoit entierement détruit
la petite Ville d'Ariano et celle de Mirabello
dont la plupart des Habitans avoient été écrasez
par la chute de leurs maisons ; qu'il avoit causé
beaucoup de dommage à Avellino , et qu'on l'a- voit aussi ressenti à Salerne.
matin, on ressentit à Naples une violente secousse
de Tremblement de Terre , qui ' endommagea
plusieurs Eglises , quelques Palais et un grand nombre de Maisons , où il y eut quelques personnes écrasés. La crainte d'un second Tremblement de Terre , détermina la plus grande partie de la Noblesse et des Bourgeois à se retirer à
la Campagne, et la nuit suivante toutes les grandes Places de la Ville et des Fauxbourgs furent
remplies du reste des Habitans , quoiqu'il fit
cette nuit là un froid très- vif,
II. Vel. Le
DECEMBRE. 1732. 2867
Le 30. on reçut avis que ce Tremblement de
3 Terre s'étoit fait sentir, à la même heure dans la
Terre de Labour ; qu'il avoit entierement détruit
la petite Ville d'Ariano et celle de Mirabello
dont la plupart des Habitans avoient été écrasez
par la chute de leurs maisons ; qu'il avoit causé
beaucoup de dommage à Avellino , et qu'on l'a- voit aussi ressenti à Salerne.
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Résumé : Tremblement de Terre à Naples, [titre d'après la table]
Le 29 novembre 1732, un tremblement de terre à Naples endommagea églises, palais et maisons, causant plusieurs morts. La noblesse et les bourgeois fuirent la ville. La nuit suivante, les places furent remplies d'habitants. Le 30 novembre, des nouvelles rapportèrent des destructions à Ariano, Mirabello et Avellino, et des secousses jusqu'à Salerne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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456
p. 36-49
REMARQUES curieuses sur le Beauvoisis, addressées à M. de la Roque, Auteur du Mercure.
Début :
Si les Voyages ont leur utilité du côté du Corps, on doit aussi avoüer que [...]
Mots clefs :
Ansac, Beauvais, Beauvaisis, Forêt, Village, Saint Robert, La Neuville, Savant, Prieuré, Lettre pastorale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES curieuses sur le Beauvoisis, addressées à M. de la Roque, Auteur du Mercure.
_R'E MA R Q?) E S curieuse: sur la
_ ‘Bazar/aisés , addrméer à M. de la Reg
que , Auteur/ï.» Mercure.
Æ les Voyages ont leur utilité du côté
S du Corps‘, on doit aussi avoiier que
ceux qui les entreprennent par espritde
Ïuriosité , trouvent presque toujours de
quoi profiter en les aisant, pourvu qu’ils
ne sasservissent point si fort aux Voitu.
xes publiqueglcsquelles "ne donnent pres
que pas le temps de rien voir ni de rien
exariiiner, parce qu'elles ne ÿécartent ja
mais des grands chemins. Vous sçavez de
uelle maniere je fais une bonne partie
e mes Voyages ,'et que je quitte’, quand
r
bon me semble , ces sortes de Voitures,
ounuser de la même commodité avec
äaquelle M.l’Abbé Baudrand fit autrefois
e voyage de Rome, et dont se servit le
sçavânt Pere hiabillonganr qu’il se porta
bien._ C’est ainsi que j’ai parcouru déja.
une bonne partie du Royaume, et jmr ce
moïen je me suis trouvé à portée de faire
plusieurs Observations,qui peuvent avoir:
leur place dans differens Ouvrages de mes
amis, ou dans ceux que j’ai entrepris de
' A donne!
. JANVIER. 173;. 57
r‘
donner au public. Je n’oublie point sur
tout le Sanctoral de France en faveur des
Continuateurs de Bollandus ,à l'exemple
de M. l’A_bbé Chastelain, mon ancien‘
Maître, ni ce qui peut servir à illustrer.‘
l’Histoire de France, en quelque genre
que ce soit.
Rien ne me tentoit davantage dans ma:
derniere course faire en Beauvoi;is,que de
voir la Patrie du cclebre M. Barillet , et:
ce Village d'Ansac , duquel on a parlé
tant de fois dans vos Journaux, depuis
deux ans. Je ne vous rapporte-rai rien du
Prieuré de la Tour du Lay; que ïai vû
en passant, à une petite lieuë de l'an
cien Palais Royal de Chambli , situé sur
la grande Route. Ce Prieuré est devenu
fameux depuis qu'il a donné occasion‘ â
une Lettre Pastorale , singulier-e de M. de.
Saint-Agnan , Évêque de Beauvais, du u.‘
Novembre r7 2.7. imprimée -â Paris , chez
Josse et Briasson , et mentionnée dans le
Journal de Verduu , aussi- bien que le
Village de Nogent-les-Vierges, connupar
une autre Lettre Pastorale‘ du même Pré-Î
lat , du 6 Novembre 1723. M. d’Auver
gne , Avocat à Beauvais; digne imitateur
du goût et du zele des Sieurs Loyscl et:
Louvet, m'a communiqué par la voïe de,
votre Journal de Févrierjtout ce quïl,
' iij peu;
38 MERCURE DE FRANCE.‘
‘v.
pensoit sur S. Nerlin, Patron de ce Prieuo‘
té. Mais constamment le nom de Nerlin
ne peut être formé de celui de Nevelon,‘
et [Ordonnance qui a proposé ce Saint,
en place de S. Robert, semble substituer
à une chose obscure, une autre qui l’est
encore davantage , dès qu’elle ne dé—‘
signe à ce S. Nerlin aucun jour de culte,
et qu’elle n’enseigne pas même comment
on le nommera en Latin. j’ai vû ce que
la Lettre Pastorale ap elle le Tombeau de
S, Robert. Ce qui est elevé sur six petites
Colonnes dans la Nef du Prieuré , n’est
point un Tombeau commeelle Passure;
ce n’est qu’une sim le Tombe du xm sié-_
cle , qui est ainsi p acée,et sur cette Tom
be est’ couchée la figure en relief d’un
Prêtre vêtu des habits Sacerdotaux ,
comme on les portoit il ya environ cinq»
cens ans, ayant la tête‘ nuë , les mains
jointes et une espece de Dragon sous ses:
pieds. Il est probable que ce Cenotaphe
est pour faire ressouvenir ‘du Tombeau
qui doit être quelque part dans cette
Eglise; mais certainement il en est tres
distingué. Ce S. Robert , du 2x Avril,‘
n’est point aussi absolument inconnu ,
même hors le Pais de Beauvoisis. Je me
suis ressouvenu que parcourant en I730.
51ans le Berry , le Martyrologe de laCcË-r
' . 1 ,‘ ._. l f!
JANVIER. X733’. 3g
lËgiale de Leré, qui est du treizième sié
cle‘, Ïy lûs cette addition du’ sieclc sui
vant ,W au jour en question: Item , lîoberti
c/Iôbati: ; et les Chanoines de cette Égli
se , qui estiment, avec raison , leur ma
nusctit ,et qui s’en servent tous les jours,
ne manqnent point de prononcct cette
‘annonce a son tour.
Mais je vais vous (lite quelquûchose
'de plus interrcssant , au sujet de la Ncu
villc , Patrie de M. Baiilet. Comme ilhy a
plusieurs Villages de ce nom dansle Dio
cèse de Beauvais; celui-cy säppelle la.
Neuville en Hez , pour le distigguer des
‘autres. Il n’est point situé au Nord de la
Ville de Beauvàis, comme on l'a assuré
dans ŸEiogc de ce Sçairant ,.imprimé en
i707; et comme le Pcre-Nicerbn l’a dit
ÿclepuis dans ses Mcmoires , ôte. ‘mais. s:
àituation est âPOticnt de cette Villes‘
C’est une difficulté purement Géogra.
phique de sgavoir s’il faut écrire en_ Heu
bu en Hayes. Ce lieu est à Fenttée d’une
Forêt de Hantc-Futaye , qui le ‘sépare ‘de
la terre d'Ansac.' Si l’on avoir des Îi
tres bien anciens , qui les clésignassent par
le surnom in Hagn, ou bien in Haya ,
il FaudroitPêctire de la seconde manied
se; mais" les Titres du douzième siècle,‘
tapgçrtez‘ parLouyft ,‘cmployent toul
i“ l C iiij jours
l 4
Etc M ERCURE DE FRANCE.‘ A
jours le nom de Hez , pour désigner l2!
Forêt : Magnum 21mm: quod 710cm1"; Hez, ,
ensorte qu’il paroît que f-Iez est un nom
propre c Forêt, de même queLaye ,
Argonne , Ardennes. Le Dictionnaire
Universel de la France,imprimé en i726.
met ce la Ntuville ‘en Picardie ; et cepen
dant il le déclare situé au Diocèse de
Clernÿnuce qui est absurde et risible.
Ce Village peu connu mérite däautan‘;
lus d’être tiré de Pobscurité , que c’est
sans le Château qu’en y voyoir avant les
Guerres de la Religion , qu’un‘ des lus
illustres de nos Rois vint au mondallest
vrai que'M. Baillet qui éroit natif de ce
la Neuvillea ignoré ce fait ; mais comme
ce Sçavant quitta sa Patrie de bonne beu
re, et qu’il sïnformoit peu de ce qui
éroit contenu dans les Archives séculie
tes, il n’est pas étonnant qu’il n’en ait
pas eu connoissancelepremier Ecrivain
qui ait remarque ce point historique est
M. Simon, Conseiller au Présidial d:
Bfrauvais , lequel dms ses Additions 5.
PI-Iistoire du Beauvoisis, imprimées Pan
I704. s’explique positivement en ces ret
mes , à la pag. 45. touchant la Neuville
en l-Iez : J'ai vû , dit-il , la: Originaux; de
irai: Titres , dam il y en a deux du Ra]
Iwüi: X1. l'un du mai: «#401453 i468. et
. ‘ ' ‘ Pâture
4
s L
. ‘JANVIER. 173.3. 41
l'autre du r3 Octobre 1475m2 le troisiême qui
sont Lettres olu Roy Henry Il’. de 1601. ois
l’on accorde aux Haéitans de la Neuville
fourmi temps, l'exemption (le la Taille, en
honneur et souvenir de la naissance de saint
Louis; et il est énoncé dans le dernier de ses
titres , qu’il avait lui-même accordé la même
exemption par Lettres. Il est vrai que" celle
_ de 1468. marque seulement ( ainsi qu’il a été
aflïrmé ausdits babitans. ) Les "copiesldes
mêmes titres,que i’ai vûës entre les mains
de M. Maillard , Avocat à Paris, me POP‘
\ \ n \ ,
tent a suivre, aptes le R. P. de Mont
faucon , le sentiment qu’a eu ce Sçavant
touchant ce fait Historique; et s’il est vrai
quÎaucun Historien contemporain a la
naissance de S. Loüis , [fait assuré qu’elle
soit arrivée à Poissy, mais seulement qu'il
y fut baptizé 5 il reste à croire plus vrai
semblable que ce Prince étoit néà la Neu
ville. La premiers Charte de Loüis XI.‘
fut expediée à Compiégxie; et la seconde,
â la Vietoire , proche Senlis. Il seroit à
souhaitter qu'on pût recouvrer le Titre
par lequel S. Loüis lui-même avoir re
connu ce La-Nertville pour le lieu de sa
naissance. On pourroit encore recourir
à la confirmation que ce Roy a faire de la
donation d’une Comtesse de Clermonr au
Prêtre de 1a Neuvifleg en 1 2. 5 I. que Lou;
C v Net
4:2‘ MERCURE DE FRANCE.‘
vet dit être au Trésor Royal des Char?
j les Layere , de PAppanage des Enfans
de France.
Au sortit de la Forêt de I-Iez, on apaj
perçoit vers le midy , dans un fond , le
Village d’Ansac , qui s'est fait un certain.
renom, à_l’occasion de l’Akousmate,dont
vos Journaux ont parlé. J’en ai examiné
la situation en venant de la Ferme du.
Plessis- Bilbaud , dest-à-dire , devers le
Septentrion. Il y a en ce territoire et de
ce côté-là — même , plusieurs Gorges ou
Vallons bornez , mais très-secs et arides;
et sans Caverne,au moins qui paroisse.‘
La superficie du terrain est pierreuse,
puisqubn en tire du Pavé. Le Parc est à
opposite de ces Gorges ( le Village en—'
tre deux), c’est - à - dire, en tirant de
PEglise du lieu vers le Soleil Fes-g
ace de deux heures; et il est étendu en‘
fongueur de ce côté-là , moitié en plai-f
ne, moitié en côteau à main gauche.
S’il n’y a point de Cavernes ou de Sou-a
terrains à Ansac , ce n’est point non
plus un Païs où l’on puisse dire que les
Marais et les Eaux dormanres , fournis
sent à l’air une vapeur capable de Former
des bruits extraordinaires. Il n’y a qu’un
tres-perit Ruisseau,qui traverse la ion-g
gueur du Parc , "capable à peinede Ÿfaire
l’ v - tourner
JANVIER. I733: 43
tourner un Moulin; de sorte que je me
trouverois embarassé à décider lesquels
des deuxiont plus de raison , ou de ceux
qui croyenr que ces bruits étoient dans
Pair, ou des autres que vous me mander,
être d’avis qu’ils sortoient de dessous la
terre. Jenavoispas remarqué qu’on peut:
avoir cette derniete pensée , cr que dans
Penquête de M. le Curé , quelques-uns
(les principaux de ses Paroissiens dépo
sent qtfune partie de ces bruits leurs pa
rutent comme s’ils fussent sortis des en
trailles de la terre. Si quelque Sçavane
Physicien prenoit la peine de. mettre
cette pensée dans tout son jour ,peut
être» ne setoit elle pas trouvée hors d’ap-‘
arence. Ce que jen dis , au reste , est
toujours en supposant que le bruit enten
du à Ansac , a été naturel ,v et non pas ars
tificiel ,. et que personne ne s’est diverrj.
dans lebas du Châreamautour de que lquo
Machine, soigneusement disposée pour
representer un murmure populaire; can
gens habiles dans la Mécanique préten.
dent qu’un homme qui tiendtoit de la,
main gauche un Tonneau vuide , dêfon’.
‘cé par les deuxbours, et dont les Don.
yes autoicnt été ctênelées de la longrtepg
çl-‘un pied, plus ou moins,.vers' le milieu.’
çtqrti promeneroitde la droite à Pinte.
« Ç vj tien;
1,4. MERCURE DE" FRANCE.‘
rieur cle ce Tonneau autour" de ces créneæ‘
lures , un fercourbê et garni de différens
crans , Former-cit des sons qui represenre
roienr la Musette, la Vielle‘, le Hautbois,
ëäc. confusément entendus.
-' Que sçaLje s’il n’y ‘a pas d’autres sc-‘
crets pourreprésenrer à Foüiexun amas
confus de voix humaines , et- le somâcre
de gens qui riroient tous ensemble.
Autant Ie bruit d’Ansac est extraordinai
re en lui-mêmqaurantildoit paroîrre sin
gulier de voir dans le Pais de Beauvoisis
un nom de lieu finissant enaall semble que
ces sortes de terminaisons devroLnt être
renfermées dans FAuVergneJe Limousin,
la Guyenne ou autres parties Méridiona
les du Royaume. Je dourerois de la gé
nuité de ce nom , si je ne l’avois trouvé
dansl un tirée, rîipporré par Louvenll fana
ui ‘y- air ien es siecles u’on sa ‘ erdu
3e vûë le nom larinde ceqViIiaggPpui-sq
que dès l’an 1186, le Pape Urbain‘ lII.‘
que l’on fait parler dans une Bulle , ne-le
peut désigner que par le nom François
Anmc( a ). Je merrrois Cressonsac du.
Diocèse de Beauvais dans le même cas , si
ce n’éroit que M. Simon m’apprcnd qu’i_l
t‘ ( '21) Hein,‘ quicquid Imàetis in Villa qui; dicitur
‘Ansac, mm in hospitibu: guùm in amen. Louvet, e
Tome l. pag‘. 19+. _,<,
faut
JANVIER. 173;. 4,5
faut dire Cressonsart conformément aux
anciennes Chartes , et que ce mot vient:
de Cresxaninm Euartaruvz.
M. Dauvergne a bien rai<on de croire
qu’on a des Otivrages d’H;linand dans
l’Abbaye de Froimont. il me fut facile '
(le m’y transporterâ la faveur du voisina
ge de Brêle où je sèjotirnois; ct ayant eu
entrée dans la Bibliotheqtie, je les y trou-r»
vai aisément. Si on y croÿoit l1 Chtoni4
que perdue‘ , c’est qu_’en efiet elle est deg
venuë très-mèconnoissable , cn ce que les"
cahiers ont è*é autrefois si mal reliczl que
celui qui est au commencement du Voï
lume contient des articles du Règne de
Dagobert, tandis que le premier cahier ,
à la tête duquel sont les Fasrss Consulai
res , est au milieu du Livre. Ce volume ,
fout petit 527-49. qu’il est , peut contenir
toute la Chronique dT-Ielinand rèdigèe
e_'n latim Outre q‘u’il est sans aucune
marge , l’Ecriture en est très - minutèe.
Elle est du treizième siècle; mais elle n’est
pas pqur cela si difficile à‘ lire qu’elle l’a.
péfruë a M. Hermant , et a son Coufrere.
Çc lqui est plus voisin clu tems de l’Au
peut me parût plein d'apparitions , et:
n’est po’nt du goût de notre siècle. Cet
Écrivain passe pour Bienheureux dans‘
läâbbaye. On voit par certains endroits
l‘. quïl ’
4€ MERCURE DE FR ANGE
qu’il imitoit S. Jerôme , quant à la pen
sée de la mort , et son Tableau le repré-j
sente à peu près comme ce saint Doc
teur. Je cherchai ( mais inutilement .)
l'endroit où Helinand parle de cet
homme du Beauvoisis qu’on croyoit être
transformé en Loup 3 ct qui de son tems
passa pour Antropophnge ou mangeur
d’Enfans , parce qu'on lui en vit vomit
des jointures cle doigt toutes entieres. Ce
qui mïzngageoit à ce point de curiosité ,
est la parité du cas où nous nous trou
‘vons dans nos Cantons , puisqubn ne
peut presque ôter de Pesprit de la plû
partldes Paysans du Comté düuxeäte ,
ue eLou énorme ui man etant ‘en
gins depuiî plus deqsix moigs’ , et que la
Louvetetie du Roi n’a û en cote tuer ,
est d’une espece route siemblable. Il fane
qu'Helin1nd fut un Auteur de grande
réputation au treizième siecle. Outre
Vincent de Beauvais qui en a fait delongs
Extraits . îe le trouve encore souvent ci
té par un Jean de S. Chefs (a) Corde-â
lier , qui se dit de la Province de Bout-‘_
gogne , lequel a composé une Chronique,
qui finit à l'an 1 2.50. Ce Franciscain écrit;
\
ce qui suit a l’.æn 12.09: Hz": temporibm
(a)‘ besJîveadwio; - i. . ' .flomü
JÂNVIER. 1733. 4.7
flortiit Helinandus Manne/Jus , wir Religio
sus et facundtts , Belvaoensis. La qualité
de disert peut être fondée sur le style de
ses Sermons , dont plusieurs sont dans
le même volume à Froimont: mais je me
dispensai d’en prendre lecture. Depuis
que ïal eu communication cle la vieille
Traduction du fragment d’Helinand , ti
rée du Miroir Historia], par le canal du»
Mercure de Fevrier, j’ai retrouvé les mê-A
mes choses dans S. Antonin, Pari. III.
Lit. r8‘. Cap. ç. et c'est là justement que
j'avais lû autrefois le bruit qui fut enten
du dans une Forêt entre Rcims et Aré
ras s chose terrible , si elle étoit veritable.
Je finirai, Monsieur , ce que fai à vous
dite cl’Helinancl par la Pièce de Vers que
ce même Auteur a écrite en françois sur
la Mort. Cet Ouvrage renommé est une
nouvelle preuve de ce que ÿai avancé
contre la proposition trop generaie de
M. l’Abbé Fleury, que l’on ne tram/e point
ale Poësies en langagef/angois du dauziéme
ou treiziéme siécle sur des S ujets moraux et
depieteflcr que j’ai réfutêe par des exeme
pics rapportez dans le Mercure de Dés
cembre 173x. 1. vol. p. 2972. CQSVCYS
doivent n’être pas extrêmement rares _,
puisque c'est Loysél qui les fit imprimer
l’an 152+. avec une Dédicace au Présiälrnt
au:
48 MERCURE DEFRANCE
L
vFauchet , ainsi qu’il le dit lui-même dans
ses Mémoires. '
Comme vous faites quelquefois part de
mes Lettres â deÿpcrsonnes qui aiment
la science des Rits Ecclésiastiques, je fi
nirai celle-ci par une Observation que Ïai
faîte à Beauvais à la Fête de S. Pierre ,
Patron de la Cathedrale. Un Etranger ne
gent mänqtier d’être surpris de voir quïän
resse ans lc Sanctuaire es Parterres e
Fleurs et de verdure sur les Tombes des
Ehveques cote que qdu’iuny asuotnrte:inilhunm’eeszt , ptaasntoblige
d’avoir la clefde cet usage. Comme c’est
a celui m’a le plus frappé par sa singu
larité , ÿen ai cherché lbtigine dans les
Ecrivains de cette Ville. Louvet , le plus
difÎus de ses Conftctes , en parlantfïama
1. p. 391. de Penlevement des Tombes
du Choeur de l’Abbaye de Saint Lucien ,
fait au XVI. ‘siècle pour paver les Cuisi
nes du Cardinal de Chastillon , alors
Évêque de Beauvais, dit que lor<qu’elles
étoient encore en leur place , il y en avoit
une d’Airain garnie de plusieurs trous
dans lesquels en certains jours on mettoit
des bouquets de fleurs , et qu'à Pégard de
deux ou trois autres des Evêques de Beau
yais réputez de sainte vie , on pratiquoit
autour;
M - >JANVIER. 173;. 4g
‘äutour de leurs Tombes la même cerémoè
nie gubn fait-dans la Cathédrale autour.‘
fics Sêpùlcrès des Evêques aux jours s04
IemnçLguqui-cst de les environner Vde
fldùfssVoiiä Ÿesprit de cette cèrêmohîcî
Mais ce n’e t pas encore assez de rendre
honneur erfcela à la mémoire des Evê
quegquoique non-çanonïsez , les Oflîcianl
encenscnt encore ces Tombes pendant
POflîce d'une mariiere édifiahtc , de mê-T
me que l'on fait dans d’autres Églises de
là Ikovince de Reiins , de Sens, 86C. Ce
qui est une marque de rechonnoissancc pû
blique très-bien placée , et qui invite lei
Evêqucs vivans ä meritcr parleurs bien
faits et par leur sainte vie , lès mêmes
honneuzs qgÿils voyent rendre à lcùrs Pré;
x
décesseuts. -. .
.4 Aùàcerre , ce 22. fnilluet 1732.‘
_ ‘Bazar/aisés , addrméer à M. de la Reg
que , Auteur/ï.» Mercure.
Æ les Voyages ont leur utilité du côté
S du Corps‘, on doit aussi avoiier que
ceux qui les entreprennent par espritde
Ïuriosité , trouvent presque toujours de
quoi profiter en les aisant, pourvu qu’ils
ne sasservissent point si fort aux Voitu.
xes publiqueglcsquelles "ne donnent pres
que pas le temps de rien voir ni de rien
exariiiner, parce qu'elles ne ÿécartent ja
mais des grands chemins. Vous sçavez de
uelle maniere je fais une bonne partie
e mes Voyages ,'et que je quitte’, quand
r
bon me semble , ces sortes de Voitures,
ounuser de la même commodité avec
äaquelle M.l’Abbé Baudrand fit autrefois
e voyage de Rome, et dont se servit le
sçavânt Pere hiabillonganr qu’il se porta
bien._ C’est ainsi que j’ai parcouru déja.
une bonne partie du Royaume, et jmr ce
moïen je me suis trouvé à portée de faire
plusieurs Observations,qui peuvent avoir:
leur place dans differens Ouvrages de mes
amis, ou dans ceux que j’ai entrepris de
' A donne!
. JANVIER. 173;. 57
r‘
donner au public. Je n’oublie point sur
tout le Sanctoral de France en faveur des
Continuateurs de Bollandus ,à l'exemple
de M. l’A_bbé Chastelain, mon ancien‘
Maître, ni ce qui peut servir à illustrer.‘
l’Histoire de France, en quelque genre
que ce soit.
Rien ne me tentoit davantage dans ma:
derniere course faire en Beauvoi;is,que de
voir la Patrie du cclebre M. Barillet , et:
ce Village d'Ansac , duquel on a parlé
tant de fois dans vos Journaux, depuis
deux ans. Je ne vous rapporte-rai rien du
Prieuré de la Tour du Lay; que ïai vû
en passant, à une petite lieuë de l'an
cien Palais Royal de Chambli , situé sur
la grande Route. Ce Prieuré est devenu
fameux depuis qu'il a donné occasion‘ â
une Lettre Pastorale , singulier-e de M. de.
Saint-Agnan , Évêque de Beauvais, du u.‘
Novembre r7 2.7. imprimée -â Paris , chez
Josse et Briasson , et mentionnée dans le
Journal de Verduu , aussi- bien que le
Village de Nogent-les-Vierges, connupar
une autre Lettre Pastorale‘ du même Pré-Î
lat , du 6 Novembre 1723. M. d’Auver
gne , Avocat à Beauvais; digne imitateur
du goût et du zele des Sieurs Loyscl et:
Louvet, m'a communiqué par la voïe de,
votre Journal de Févrierjtout ce quïl,
' iij peu;
38 MERCURE DE FRANCE.‘
‘v.
pensoit sur S. Nerlin, Patron de ce Prieuo‘
té. Mais constamment le nom de Nerlin
ne peut être formé de celui de Nevelon,‘
et [Ordonnance qui a proposé ce Saint,
en place de S. Robert, semble substituer
à une chose obscure, une autre qui l’est
encore davantage , dès qu’elle ne dé—‘
signe à ce S. Nerlin aucun jour de culte,
et qu’elle n’enseigne pas même comment
on le nommera en Latin. j’ai vû ce que
la Lettre Pastorale ap elle le Tombeau de
S, Robert. Ce qui est elevé sur six petites
Colonnes dans la Nef du Prieuré , n’est
point un Tombeau commeelle Passure;
ce n’est qu’une sim le Tombe du xm sié-_
cle , qui est ainsi p acée,et sur cette Tom
be est’ couchée la figure en relief d’un
Prêtre vêtu des habits Sacerdotaux ,
comme on les portoit il ya environ cinq»
cens ans, ayant la tête‘ nuë , les mains
jointes et une espece de Dragon sous ses:
pieds. Il est probable que ce Cenotaphe
est pour faire ressouvenir ‘du Tombeau
qui doit être quelque part dans cette
Eglise; mais certainement il en est tres
distingué. Ce S. Robert , du 2x Avril,‘
n’est point aussi absolument inconnu ,
même hors le Pais de Beauvoisis. Je me
suis ressouvenu que parcourant en I730.
51ans le Berry , le Martyrologe de laCcË-r
' . 1 ,‘ ._. l f!
JANVIER. X733’. 3g
lËgiale de Leré, qui est du treizième sié
cle‘, Ïy lûs cette addition du’ sieclc sui
vant ,W au jour en question: Item , lîoberti
c/Iôbati: ; et les Chanoines de cette Égli
se , qui estiment, avec raison , leur ma
nusctit ,et qui s’en servent tous les jours,
ne manqnent point de prononcct cette
‘annonce a son tour.
Mais je vais vous (lite quelquûchose
'de plus interrcssant , au sujet de la Ncu
villc , Patrie de M. Baiilet. Comme ilhy a
plusieurs Villages de ce nom dansle Dio
cèse de Beauvais; celui-cy säppelle la.
Neuville en Hez , pour le distigguer des
‘autres. Il n’est point situé au Nord de la
Ville de Beauvàis, comme on l'a assuré
dans ŸEiogc de ce Sçairant ,.imprimé en
i707; et comme le Pcre-Nicerbn l’a dit
ÿclepuis dans ses Mcmoires , ôte. ‘mais. s:
àituation est âPOticnt de cette Villes‘
C’est une difficulté purement Géogra.
phique de sgavoir s’il faut écrire en_ Heu
bu en Hayes. Ce lieu est à Fenttée d’une
Forêt de Hantc-Futaye , qui le ‘sépare ‘de
la terre d'Ansac.' Si l’on avoir des Îi
tres bien anciens , qui les clésignassent par
le surnom in Hagn, ou bien in Haya ,
il FaudroitPêctire de la seconde manied
se; mais" les Titres du douzième siècle,‘
tapgçrtez‘ parLouyft ,‘cmployent toul
i“ l C iiij jours
l 4
Etc M ERCURE DE FRANCE.‘ A
jours le nom de Hez , pour désigner l2!
Forêt : Magnum 21mm: quod 710cm1"; Hez, ,
ensorte qu’il paroît que f-Iez est un nom
propre c Forêt, de même queLaye ,
Argonne , Ardennes. Le Dictionnaire
Universel de la France,imprimé en i726.
met ce la Ntuville ‘en Picardie ; et cepen
dant il le déclare situé au Diocèse de
Clernÿnuce qui est absurde et risible.
Ce Village peu connu mérite däautan‘;
lus d’être tiré de Pobscurité , que c’est
sans le Château qu’en y voyoir avant les
Guerres de la Religion , qu’un‘ des lus
illustres de nos Rois vint au mondallest
vrai que'M. Baillet qui éroit natif de ce
la Neuvillea ignoré ce fait ; mais comme
ce Sçavant quitta sa Patrie de bonne beu
re, et qu’il sïnformoit peu de ce qui
éroit contenu dans les Archives séculie
tes, il n’est pas étonnant qu’il n’en ait
pas eu connoissancelepremier Ecrivain
qui ait remarque ce point historique est
M. Simon, Conseiller au Présidial d:
Bfrauvais , lequel dms ses Additions 5.
PI-Iistoire du Beauvoisis, imprimées Pan
I704. s’explique positivement en ces ret
mes , à la pag. 45. touchant la Neuville
en l-Iez : J'ai vû , dit-il , la: Originaux; de
irai: Titres , dam il y en a deux du Ra]
Iwüi: X1. l'un du mai: «#401453 i468. et
. ‘ ' ‘ Pâture
4
s L
. ‘JANVIER. 173.3. 41
l'autre du r3 Octobre 1475m2 le troisiême qui
sont Lettres olu Roy Henry Il’. de 1601. ois
l’on accorde aux Haéitans de la Neuville
fourmi temps, l'exemption (le la Taille, en
honneur et souvenir de la naissance de saint
Louis; et il est énoncé dans le dernier de ses
titres , qu’il avait lui-même accordé la même
exemption par Lettres. Il est vrai que" celle
_ de 1468. marque seulement ( ainsi qu’il a été
aflïrmé ausdits babitans. ) Les "copiesldes
mêmes titres,que i’ai vûës entre les mains
de M. Maillard , Avocat à Paris, me POP‘
\ \ n \ ,
tent a suivre, aptes le R. P. de Mont
faucon , le sentiment qu’a eu ce Sçavant
touchant ce fait Historique; et s’il est vrai
quÎaucun Historien contemporain a la
naissance de S. Loüis , [fait assuré qu’elle
soit arrivée à Poissy, mais seulement qu'il
y fut baptizé 5 il reste à croire plus vrai
semblable que ce Prince étoit néà la Neu
ville. La premiers Charte de Loüis XI.‘
fut expediée à Compiégxie; et la seconde,
â la Vietoire , proche Senlis. Il seroit à
souhaitter qu'on pût recouvrer le Titre
par lequel S. Loüis lui-même avoir re
connu ce La-Nertville pour le lieu de sa
naissance. On pourroit encore recourir
à la confirmation que ce Roy a faire de la
donation d’une Comtesse de Clermonr au
Prêtre de 1a Neuvifleg en 1 2. 5 I. que Lou;
C v Net
4:2‘ MERCURE DE FRANCE.‘
vet dit être au Trésor Royal des Char?
j les Layere , de PAppanage des Enfans
de France.
Au sortit de la Forêt de I-Iez, on apaj
perçoit vers le midy , dans un fond , le
Village d’Ansac , qui s'est fait un certain.
renom, à_l’occasion de l’Akousmate,dont
vos Journaux ont parlé. J’en ai examiné
la situation en venant de la Ferme du.
Plessis- Bilbaud , dest-à-dire , devers le
Septentrion. Il y a en ce territoire et de
ce côté-là — même , plusieurs Gorges ou
Vallons bornez , mais très-secs et arides;
et sans Caverne,au moins qui paroisse.‘
La superficie du terrain est pierreuse,
puisqubn en tire du Pavé. Le Parc est à
opposite de ces Gorges ( le Village en—'
tre deux), c’est - à - dire, en tirant de
PEglise du lieu vers le Soleil Fes-g
ace de deux heures; et il est étendu en‘
fongueur de ce côté-là , moitié en plai-f
ne, moitié en côteau à main gauche.
S’il n’y a point de Cavernes ou de Sou-a
terrains à Ansac , ce n’est point non
plus un Païs où l’on puisse dire que les
Marais et les Eaux dormanres , fournis
sent à l’air une vapeur capable de Former
des bruits extraordinaires. Il n’y a qu’un
tres-perit Ruisseau,qui traverse la ion-g
gueur du Parc , "capable à peinede Ÿfaire
l’ v - tourner
JANVIER. I733: 43
tourner un Moulin; de sorte que je me
trouverois embarassé à décider lesquels
des deuxiont plus de raison , ou de ceux
qui croyenr que ces bruits étoient dans
Pair, ou des autres que vous me mander,
être d’avis qu’ils sortoient de dessous la
terre. Jenavoispas remarqué qu’on peut:
avoir cette derniete pensée , cr que dans
Penquête de M. le Curé , quelques-uns
(les principaux de ses Paroissiens dépo
sent qtfune partie de ces bruits leurs pa
rutent comme s’ils fussent sortis des en
trailles de la terre. Si quelque Sçavane
Physicien prenoit la peine de. mettre
cette pensée dans tout son jour ,peut
être» ne setoit elle pas trouvée hors d’ap-‘
arence. Ce que jen dis , au reste , est
toujours en supposant que le bruit enten
du à Ansac , a été naturel ,v et non pas ars
tificiel ,. et que personne ne s’est diverrj.
dans lebas du Châreamautour de que lquo
Machine, soigneusement disposée pour
representer un murmure populaire; can
gens habiles dans la Mécanique préten.
dent qu’un homme qui tiendtoit de la,
main gauche un Tonneau vuide , dêfon’.
‘cé par les deuxbours, et dont les Don.
yes autoicnt été ctênelées de la longrtepg
çl-‘un pied, plus ou moins,.vers' le milieu.’
çtqrti promeneroitde la droite à Pinte.
« Ç vj tien;
1,4. MERCURE DE" FRANCE.‘
rieur cle ce Tonneau autour" de ces créneæ‘
lures , un fercourbê et garni de différens
crans , Former-cit des sons qui represenre
roienr la Musette, la Vielle‘, le Hautbois,
ëäc. confusément entendus.
-' Que sçaLje s’il n’y ‘a pas d’autres sc-‘
crets pourreprésenrer à Foüiexun amas
confus de voix humaines , et- le somâcre
de gens qui riroient tous ensemble.
Autant Ie bruit d’Ansac est extraordinai
re en lui-mêmqaurantildoit paroîrre sin
gulier de voir dans le Pais de Beauvoisis
un nom de lieu finissant enaall semble que
ces sortes de terminaisons devroLnt être
renfermées dans FAuVergneJe Limousin,
la Guyenne ou autres parties Méridiona
les du Royaume. Je dourerois de la gé
nuité de ce nom , si je ne l’avois trouvé
dansl un tirée, rîipporré par Louvenll fana
ui ‘y- air ien es siecles u’on sa ‘ erdu
3e vûë le nom larinde ceqViIiaggPpui-sq
que dès l’an 1186, le Pape Urbain‘ lII.‘
que l’on fait parler dans une Bulle , ne-le
peut désigner que par le nom François
Anmc( a ). Je merrrois Cressonsac du.
Diocèse de Beauvais dans le même cas , si
ce n’éroit que M. Simon m’apprcnd qu’i_l
t‘ ( '21) Hein,‘ quicquid Imàetis in Villa qui; dicitur
‘Ansac, mm in hospitibu: guùm in amen. Louvet, e
Tome l. pag‘. 19+. _,<,
faut
JANVIER. 173;. 4,5
faut dire Cressonsart conformément aux
anciennes Chartes , et que ce mot vient:
de Cresxaninm Euartaruvz.
M. Dauvergne a bien rai<on de croire
qu’on a des Otivrages d’H;linand dans
l’Abbaye de Froimont. il me fut facile '
(le m’y transporterâ la faveur du voisina
ge de Brêle où je sèjotirnois; ct ayant eu
entrée dans la Bibliotheqtie, je les y trou-r»
vai aisément. Si on y croÿoit l1 Chtoni4
que perdue‘ , c’est qu_’en efiet elle est deg
venuë très-mèconnoissable , cn ce que les"
cahiers ont è*é autrefois si mal reliczl que
celui qui est au commencement du Voï
lume contient des articles du Règne de
Dagobert, tandis que le premier cahier ,
à la tête duquel sont les Fasrss Consulai
res , est au milieu du Livre. Ce volume ,
fout petit 527-49. qu’il est , peut contenir
toute la Chronique dT-Ielinand rèdigèe
e_'n latim Outre q‘u’il est sans aucune
marge , l’Ecriture en est très - minutèe.
Elle est du treizième siècle; mais elle n’est
pas pqur cela si difficile à‘ lire qu’elle l’a.
péfruë a M. Hermant , et a son Coufrere.
Çc lqui est plus voisin clu tems de l’Au
peut me parût plein d'apparitions , et:
n’est po’nt du goût de notre siècle. Cet
Écrivain passe pour Bienheureux dans‘
läâbbaye. On voit par certains endroits
l‘. quïl ’
4€ MERCURE DE FR ANGE
qu’il imitoit S. Jerôme , quant à la pen
sée de la mort , et son Tableau le repré-j
sente à peu près comme ce saint Doc
teur. Je cherchai ( mais inutilement .)
l'endroit où Helinand parle de cet
homme du Beauvoisis qu’on croyoit être
transformé en Loup 3 ct qui de son tems
passa pour Antropophnge ou mangeur
d’Enfans , parce qu'on lui en vit vomit
des jointures cle doigt toutes entieres. Ce
qui mïzngageoit à ce point de curiosité ,
est la parité du cas où nous nous trou
‘vons dans nos Cantons , puisqubn ne
peut presque ôter de Pesprit de la plû
partldes Paysans du Comté düuxeäte ,
ue eLou énorme ui man etant ‘en
gins depuiî plus deqsix moigs’ , et que la
Louvetetie du Roi n’a û en cote tuer ,
est d’une espece route siemblable. Il fane
qu'Helin1nd fut un Auteur de grande
réputation au treizième siecle. Outre
Vincent de Beauvais qui en a fait delongs
Extraits . îe le trouve encore souvent ci
té par un Jean de S. Chefs (a) Corde-â
lier , qui se dit de la Province de Bout-‘_
gogne , lequel a composé une Chronique,
qui finit à l'an 1 2.50. Ce Franciscain écrit;
\
ce qui suit a l’.æn 12.09: Hz": temporibm
(a)‘ besJîveadwio; - i. . ' .flomü
JÂNVIER. 1733. 4.7
flortiit Helinandus Manne/Jus , wir Religio
sus et facundtts , Belvaoensis. La qualité
de disert peut être fondée sur le style de
ses Sermons , dont plusieurs sont dans
le même volume à Froimont: mais je me
dispensai d’en prendre lecture. Depuis
que ïal eu communication cle la vieille
Traduction du fragment d’Helinand , ti
rée du Miroir Historia], par le canal du»
Mercure de Fevrier, j’ai retrouvé les mê-A
mes choses dans S. Antonin, Pari. III.
Lit. r8‘. Cap. ç. et c'est là justement que
j'avais lû autrefois le bruit qui fut enten
du dans une Forêt entre Rcims et Aré
ras s chose terrible , si elle étoit veritable.
Je finirai, Monsieur , ce que fai à vous
dite cl’Helinancl par la Pièce de Vers que
ce même Auteur a écrite en françois sur
la Mort. Cet Ouvrage renommé est une
nouvelle preuve de ce que ÿai avancé
contre la proposition trop generaie de
M. l’Abbé Fleury, que l’on ne tram/e point
ale Poësies en langagef/angois du dauziéme
ou treiziéme siécle sur des S ujets moraux et
depieteflcr que j’ai réfutêe par des exeme
pics rapportez dans le Mercure de Dés
cembre 173x. 1. vol. p. 2972. CQSVCYS
doivent n’être pas extrêmement rares _,
puisque c'est Loysél qui les fit imprimer
l’an 152+. avec une Dédicace au Présiälrnt
au:
48 MERCURE DEFRANCE
L
vFauchet , ainsi qu’il le dit lui-même dans
ses Mémoires. '
Comme vous faites quelquefois part de
mes Lettres â deÿpcrsonnes qui aiment
la science des Rits Ecclésiastiques, je fi
nirai celle-ci par une Observation que Ïai
faîte à Beauvais à la Fête de S. Pierre ,
Patron de la Cathedrale. Un Etranger ne
gent mänqtier d’être surpris de voir quïän
resse ans lc Sanctuaire es Parterres e
Fleurs et de verdure sur les Tombes des
Ehveques cote que qdu’iuny asuotnrte:inilhunm’eeszt , ptaasntoblige
d’avoir la clefde cet usage. Comme c’est
a celui m’a le plus frappé par sa singu
larité , ÿen ai cherché lbtigine dans les
Ecrivains de cette Ville. Louvet , le plus
difÎus de ses Conftctes , en parlantfïama
1. p. 391. de Penlevement des Tombes
du Choeur de l’Abbaye de Saint Lucien ,
fait au XVI. ‘siècle pour paver les Cuisi
nes du Cardinal de Chastillon , alors
Évêque de Beauvais, dit que lor<qu’elles
étoient encore en leur place , il y en avoit
une d’Airain garnie de plusieurs trous
dans lesquels en certains jours on mettoit
des bouquets de fleurs , et qu'à Pégard de
deux ou trois autres des Evêques de Beau
yais réputez de sainte vie , on pratiquoit
autour;
M - >JANVIER. 173;. 4g
‘äutour de leurs Tombes la même cerémoè
nie gubn fait-dans la Cathédrale autour.‘
fics Sêpùlcrès des Evêques aux jours s04
IemnçLguqui-cst de les environner Vde
fldùfssVoiiä Ÿesprit de cette cèrêmohîcî
Mais ce n’e t pas encore assez de rendre
honneur erfcela à la mémoire des Evê
quegquoique non-çanonïsez , les Oflîcianl
encenscnt encore ces Tombes pendant
POflîce d'une mariiere édifiahtc , de mê-T
me que l'on fait dans d’autres Églises de
là Ikovince de Reiins , de Sens, 86C. Ce
qui est une marque de rechonnoissancc pû
blique très-bien placée , et qui invite lei
Evêqucs vivans ä meritcr parleurs bien
faits et par leur sainte vie , lès mêmes
honneuzs qgÿils voyent rendre à lcùrs Pré;
x
décesseuts. -. .
.4 Aùàcerre , ce 22. fnilluet 1732.‘
Fermer
Résumé : REMARQUES curieuses sur le Beauvoisis, addressées à M. de la Roque, Auteur du Mercure.
L'auteur d'une lettre adressée à M. de la Regnie discute des voyages et de leurs utilités. Il souligne que les voyages entrepris par curiosité permettent souvent des observations profitables, à condition de ne pas se limiter aux voies publiques. L'auteur mentionne sa méthode de voyage, inspirée par l'Abbé Baudrand et le Père Habillon, qui consiste à quitter les voitures publiques pour explorer plus librement. L'auteur a parcouru une grande partie du Royaume de France, ce qui lui a permis de faire plusieurs observations utiles pour divers ouvrages, y compris le Sanctoral de France et l'histoire de France. Il évoque notamment sa visite en Beauvoisis, où il a exploré la patrie de M. Barillet et le village d'Ansac, rendu célèbre par des lettres pastorales de M. de Saint-Agnan. Il décrit le Prieuré de la Tour du Lay près de l'ancien Palais Royal de Chambli, et les controverses entourant le saint patron de ce prieuré, S. Nerlin ou S. Robert. L'auteur rapporte également des observations sur la Neuville-en-Hez, distinguée des autres villages du même nom, et discute de son histoire, notamment la naissance supposée de Saint Louis dans ce village. Enfin, il mentionne les bruits mystérieux entendus à Ansac et les théories sur leur origine, naturelle ou artificielle. Il conclut en parlant de la cérémonie autour des tombes des évêques et de l'honneur rendu à leur mémoire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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457
p. 53-64
REMARQUES de M. Bouguer, de l'Académie Royale des Sciences, et Hydrographe du Roi, sur une Lettre que M. Meynier, Ingénieur du Roi pour la Marine, a fait insérer dans le Mercure de Juin dernier, p. 1053 et suiv.
Début :
Quoique les Remarques que je donne ici ne soient pas précisément pour [...]
Mots clefs :
Mer, Pratique, Théorie, Meynier, Marine, Terre, Pilotes, Vaisseaux, Navigation, Hydrographie
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUES de M. Bouguer, de l'Académie Royale des Sciences, et Hydrographe du Roi, sur une Lettre que M. Meynier, Ingénieur du Roi pour la Marine, a fait insérer dans le Mercure de Juin dernier, p. 1053 et suiv.
REMARQZJES de M. Bouguegde [C44
cadimie Royale des Sciences , et Hyslro
gra lie du Roi , sur une Letrre que
1l . Meynier, Ingénieur alu Roipour la
F filarine , a fait ini'e'rer dans le Mercure
olefuin dernier , p. m5}. et suiv.
Uoique lcs Remarques que je donne
_ ici ne soient pas précisément pour
M. Meynier , j’ai crû que je devois at.
tendre qu’il fut de retour , avant que de
les publier, On voit assez par la Lettre
qu’il a fait insérer dans le Mercure de
Juin dernier , qu’il est extrêmement;
A I - - - ' - r
fache : il devolt cependant faire attention
qubn ne réussit jamais à montrer la bonté
de
n. MERCURE DE FRANCE
de sa cause , en aflîrmant simplement que
ceux qu'on regarde comme ses adversai
res sont dans Pimpossibilité de rien ro
duire d’utile. Le Public incapable clîen
trcr dans lcs passions des particuliers ,'
mettra toujours une difference infinie en
tre de semblables reproches , et -des Ob
servations modetêes qu’il est toujours per
mis, de faire sur les Ouvrages mêmes , et
ui n’ont pour objet que la seule utilité
de la chose. i
Je pourrois donc me dispenser de réa;
pondreàla grande objection que M. Mey
nier répète si volontiers. Rien ne prouve
mieux son embarras , que de voir qu’il
se répand sans cesse dans des discours qui
n’ont aucun rapport au sujet, dans le
tems même qu’il reconnoît que le Public
n'aime point à être fatigué par ces sortes
de discours. Il est’ vrai qu’il ne se trompe
as beaucoup _, lorsqu’il llumieres dans les matieresidnesiMnaurëinqeue, smoenst
extrêmement bornées; mais il ne devoir
pas assûrer la même chose de tous ceux
ui n’ont point été en mer. C’est préci
sement cette mauvaise raison alleguêgou
lutôt hazardée, un si grand nombre de
Ëois , qui me met dans la necessitê de ré.’
pondre. Ce n’est pas ma cause qu’il s’agit
de dtffendre , c'est celle de plusieurs hgqîis
a i
_ ‘JANVIER. 17332 '5';
habiles qui peuvent par leur application
rendre des services trèsconsidérables à la
Marine. Il n’est pas juste que je garde le
silence , lorsque fai eu le malheur deleux
attirer un reproche dut et désobligeant ,
qui s’il étoit applicable, ne le seroit qu’à
moi seul. 1l ne faut pas qu'à mon occa.
sion , le Public diminue‘ rien de sa con-A
fiance ni de Pattente où il est , qu’ils lui
donneront des Ouvrages excellens. Plus ».
on rend justice à M.Mleynier , parce que,
comme il nous en assûre , il a atteint son
but dans plusieurs rencontres , plus , il
est nécessaire de détruire ses prétentions
injustes , et de dissiper jusquhux moin
dres nuages dont il a tâché ‘obscurcit la
vetité. 1 .
Cet Auteur qui s’applaudit si fort d’a-'
Voir fait un grand voyage sur le grand
Banc , pour se former dans la Pratique ,'
ne nous ditvpoint en quoi il la fait con
Liister; qquoiquïl y en ait de deux sortes;
Ifune qui_ tient beaucoup à la Théorie ,r
n’est autre chose que la science des faits z
et il est certain que si l’on peut s’y for.
mer en navigeant, on peut aussi s’y for.
mer à terre , en fréquentant les Ports de ‘
mer , en examinant soigneusement les
vaisseaux , en ÿentretenanr avec lcs Ma.
rins, et techerqhant toutes les occasionsda
' s’in-_
( 1
a
4,5l MERCURE DE FIÏANCE
u
finsrruire. Il n’est pas question de décider
ici laquelle des deux voyes est la plus
courte. Mais puisqu’i‘l n’artive rien en met
dont nous ne puissions être informés très
êxactement à terre , il est constant
qu’en peut ‘sans naviguer , se rendre ha
bile dans le genre de Science dont nous
arlons. Les Marins llemieux leur métier n’moênmtea,cquqiusi usnçeavpeanrt
tie de leursconnoissances-pratiques que de
la même maniere: car quoiquïls ayent
traversé l’Ocean un très-grand nombre
de fois , ils n’ont pas pû se trouver dans
toutes les rencontres possibles, ni s’ins—
truite par eux-mêmes de toutes les diver
ses particularirez. Il Faut remarquer ou-'
'tre_cela qu’ils”son_t obligez de faire ordi?
nairement un très-grand nombre de Cam
pagnes , pour prendre seulement quelque
teinture des premiers principes de laMé.
chanique. Ils éprouvent , par exemple ,V
les principales proprietez du levier ; ils
yoyent dans leurs caliornes l'usage des
poulies pour augmenter la force; ils ap
prennent dans la disposition des voiles
quelques-unes des loix que les fluides ob
servent dans leurs chocs. Mais il ne faut
pas sîmaginer avec M. Meynier que toug
tes ces choses ne sapprennent jamais qu’à
la mergelles shprennent au contraire ‘beau.’
- ' coup
ÂÏA N V I ER.’ 173;‘ ‘g
. ,
.
i212; älälsjalscrxlcntà Itîelrrc; aussi-tôt club;
usqu aux crncns . a
commence par une étude réglé; dccetlæll
njetrxe. Alnsl la Théorie d’un Mathéma
txelen ‘qul yaPPlique àla Marine doit
lut Ëemr heu d’un grand nombre deæoya.
(Saes e adnts enmer’: c} 1' l a d?al' lleurs cet avan'
g e 593V01r d une maniere précise cc
Îäîäâät“ “l” 3a Plûvarr des Marins ne
éçat d que ttes-confusement. Il est en\
ériene comlâarer entr elles difïercntesex
âen dcîretîêl’ e Passer d? “me à l'autre a
Ëïévoir ce“ t-oätçs les smgulantel a Ct (le
circon qun oleamv' er dans d ,autre,
stances : au heu que le Marin ’ 1
nsvîestceæpnonionxtssGanécoemsetdreeSt, aet:iqquuei ent’adeac{aléa
‘qu_i>_ a experimentaéls Precisemcnt que' ce
. Mais s1 l’on acquert aussi-bien à rem-è
que sur les vaisseaux cette espece de ‘ma’;
fllqfge qun a tant de rapport à la Théorie
P3ratàiütuavoüer q“’on ne Peut acquçï.l;ï la’
7 ‘l eïproprement dlte, quæn {ré
quentant aMer et ulil fa A ‘ -
réu..ssx_r fa‘ ’ q, . u:. mem‘ P0"
C e 1re pour lor_din31“? plus l' eurs
àuatmpaghnes. Cette derm..ere Pra“'PC113.5!
recose uel f r ,,
Précision q a aCILoe d oPeïeï 3V€c
P ï Ctb avec prompnt' ude , malgré
tous
'58 ME RCURE DE FRANCE
tous les mouvemens du Vaisseau. Il faut
dans le Pilote que presque toutes les par
ties de son corps contribuent à former
cette habitude; et il faut qu’il pousse Fé
xetcice assez loin pour pouvoir agit en;
suite comme sans y penser ou comme
machinalement , afin de n'être jamais ex
poséà perdre par des refléxions un tems
dont il est souvent necessaire de se hâter
de faire usage. C’est cette facilité d’éxe
cution qu’en ne peut contracter qu’â la
Mer , qui constitue’ la Pratique dont
M. Meyniet a sans doute voulu arler
et qu’il vante si fort. Mais qwéxecutc
t’on , si ce n’est xiit la Théorie , prélecsepptreéscetijtoenst uacrfaoiusron
est souvent fort ignorée ë Ainsi si la Pra
tique dont il säigit est estimable, si elle
est utile ,si elle est même nécessaire , paru
ce qu’il faut que quelqu'un conduise les
vVaisseaux elle est néanmoins autant au.
3
dessous de la spéculation qui régie ses dé.
marches , que les opérations du corps sont
au dessous de celles de l’esprit : ellc n'est,
si on peut parler de la sorte , quela set
vante de la Théorie. Il est clair encore
qu’il ne faut pas se reposer sur elle glu
soin de perfectionner la Navigation; puisg
qu’elle n'est qu’une qualité purement cor-i
orelle ac uise ar une on ue ré éti
a - tion
p‘ JÀA N V’I E_R. ‘I733; ‘s;
non des memes operations , et qu’elle ne
peut téüssir tout au plus qu’à faire exé
cuter les mêmes choses avec plus (Padresse;
Aussi sçavons-nous que presque tous nos
instrumens , toutes nos tables , toutes nos
diflerentes espèces de Cartes; toutes leq
connoissances enfin qui servent à la Na»
vigation et aux Pilotes, sans même que
la plûpart des Pilotes le sçachent , ont eu
pour inventeurs des personnes qui fa.‘
voient point été en mer , mais qui '
étoient habiles dans les Mathémati
9“°’: g . .
Ainsi on voit combien ll y a de diffég
tence entre les deux diverses espéces de
Pratiques que nous venons de considérer.
L'une est du genre de nos autres connais,
sances : elle réside dans l'esprit , et nous
ne la nommons Pratique que parce que
_ les choses quïelle a pour objet attendent;
de Péxecution leur dernier accomplisse
ment. Cette pratique se trouve portée
’ lus ou moins loin , selon qu’on_ réüssic
‘a faire des a plications plus ou moins
heureuses de la Géometrie et de la Mé
chanique aux Ptoblêtnes de Navigation ;
et elle peut säcqnerit à terre, comme
fnous l’avons montré. A Pégard de l’autre_
espèce de Pratique , de cette habitude du.
corps qui met en état dbpércr avec plus
' . D ij d’:
æ MERCURE DE“ FRANCE
d'adresse , elle ne peut,sans douteuse conà‘ —p
tracter qu’à la mer : mais aussi elle ne sert
‘quäux Pilotes , et elle n’augmente en au
cune Eaçonvleurs lumieres. Le Marin con
sommé dans cette Pratique , employe
avec facilité les instrumens ordinaires qui
servent , par exemple , à observer la hau.
(eut des Astres : mais éxercé dans cet
usage , il n’cn sçait pas mieux les demie.
tes raisons de son» opération , ni la cons
traction de Pinstrument qu’il a entre les
mains.
C’est à peu près la même chose de tous
les autres points de Marine. Ce n’est cer
tainement pas aux Matelots qui ont le
plus fréquenté la Mer , qu’il faut deman
der la cause de toutes les singularitez
qu’on remarque dans le mouvement des
Naisseaux 5 pourquoi, par exemple, les
' uns sont Iegm à la rame pendant que les
autres sont lourd: ; pourquoi quelques
Navires vont moins vire , lorsqubn aug
mente leur voilure. Toutes ces choses ont
été senties une infinité de fois ar les
Marins; mais il n’est réservé qu’â des Ma.
thématicîens d’en pénétrer la cause : car
on ne peut y réüssir que par une grande
connoissance des Méchaniques , non pas
de celles qui ne consistent qu‘à sçavoii:
manier une lime ou un cordage; mais de
- . i ‘ celle;
J A N V I E R: 173;; (‘f/i
ceiies qui nous instruisent des loix que
la Nature observe dans la composition
et dans la communication des mouve
mens, et qui nous mettent en état de
zprévoir ce qui doit résulter de la com
pllation de plusieurs Puissances qui agis
sent ensemble. Or la recherche dont il
s’agit peut se-faire aussi-bien en Terre
que par tout ailleurs , puisque les choses
qu’on veut découvrir , ne dépendent que
de la figure du Vaisseau et de la disposig‘
tion de sa mâture.
. On voit donc qu’il ne faut pas con:
fondre, comme le fait M. Meynier et les
' jeunes Praticiens qu’il nous cite , les par
ties qui forment le Géométre qui s’ap-i
plique à la Navigation", avec celles qui
orment le Pilote. Ce sont en genetal des
Professions fort détachées. Le Pilote, nous
le repetons; doit aller en Mer aussi-tôt
qu’il sçait la petite portion de Théorie
qu’il doit mettre tous les jours en execu
Iion. Il doit aller en Mer , puisquïl
ne {agit plus pour lui que dbperçr , et
puïl ne‘ peut acquérir la facilité de le
aire avec promptitude, que par un long
exercice. Mais le Géomètre qui cultive
la Marine sans avoir la moindre envie
de conduire les Navires, et qui n’a par
consequcnr que faire debcety habitude du
‘D iij corps
L—j
la MERCURE DE FRANCE
corps qui ne sert que lorsqu'on est char:
gé d’executer , doit se tourner d'un côté
tout different; il n’a pour travailler à la
‘seureté de tous les Vaisseaux , qu’à con
server et n’a tâcher de perfectionner le
précieux ciepôt de toutes les connoissates
qui servent à 1’Art de naviger , et il n'a
pour cela qu'à cultiver avec autant de
soin la premiere espece de Pratique dont
nous avons parlé, que les Pilotes sont
obligez de cultiver la seconde.
Ce que je viens de dire suflît, ce me
semble , si—non pour me disculper-du.
reproche de n’avoir point été en Mer,
au moins pour en disculper les personn
nes sçavantcs , qui sans avoir navigé, peu
vent ÿappliquer avec succès â PI-Iydron‘
graphie. C'est-là aussi tout ce que je me
suis proposé , et n’ai eu nulle envie
d’entrer en dispute sur ce qui me regarde
en particulier. on n’a qu'à faire attention
à la" maniere dont M. Meynier soutient
sa cause,_et on verra qu’il faut avoir bien
du courage pour oser dire qu’on est d’un
autre sentiment que lui; il ne se con-a
tente pas d'avoir toujours ‘contre vous
Pexperience , Pusage , le consentement de
tous les Marins, dans le temps même
que vous tächez de justifier quelqu’une
. e leurs ptatjuess il a encore —des rai
- \ ' fion‘!
JANVIER. 173;. 6;‘
sons péremptoires qui montrent tout
Ëun coup que toutes les vôtres ne val
lent rien,er qui vous ferment absolument
la bouche. Vous croyez ne rien mettre
dans vos Ouvrages ue ce que vous con
cevez clairement et istinctement, et que
ce qui peut être ‘entendu de tous les Lec:
teuts ‘qui sçavent médiocrement la. Géoä
metrie et l’Algebl'e',m_aîs vous vous ttom- a
pez, M. Meynier trouve que vous n'a
vancez que des Enzgme: qui m: peuvent
pas avoir pour sen: naturel , le sens que
vous leur donnez; et il vous assure ou.
trc cela que vous n’avez aucune idée ni
la moindre connaissance des choses sur les
quelles vous écrivez. Je laisse à penser
s’il y a du plaisir à disputer contre un
‘aclversaire habile d’ailleurs , mais qui n’ad
met précisément pour preuve deson
’ droit , que de pareilles choses ou des pro
positions de gageures, et qui veut en-‘
cote que vous vous embarquiez avec lui_
sur le même Vaisseau. Il n’y autoit que
Pimportance des matiercs contestées qui
‘pourrait inviter àpousser ‘la discussion
]usqu’à la fin; mais ayant fait quelques
Remarques sur le Livre qui fait mainte
nant le principal sujet de la dispute, ÿai
appris qu’on en a‘ fait de semblables dans
presque tous nos ‘Ports-de Mer. Ainsiïl
D iiij seroit
Z4. MERCURE DE FRANCE
seroit assez inutile que je multipliasse
mes réponses; je puis maintenant gar
der un profond silence, et je présume
même qu’il ne sera pas nécessaire que je
le rompe dans la suite. Au surplus, je
suis persuadé que le R. P. le Brun et
M. Deslandes ne sont nullement offensez,
comme le prétend M. Meyniet , du ju
gement que j’ai porté de son Demi-Cer
cle. Le Certificat que ces deux illustres
Mathématiciens ont donné, contient peut
être quelques modifications dont on a la
‘précaution de ne nous point parler, et
dïæilleurs il n’y a personne qui ne sçache
u’on approuve tous les jours à certains
egnrds , des choses qu’on setoit ‘bien ÊIOΑ,
gné de vouloir adopter.
Au Havre, ce 2.7. Dioembrr 173;.‘
cadimie Royale des Sciences , et Hyslro
gra lie du Roi , sur une Letrre que
1l . Meynier, Ingénieur alu Roipour la
F filarine , a fait ini'e'rer dans le Mercure
olefuin dernier , p. m5}. et suiv.
Uoique lcs Remarques que je donne
_ ici ne soient pas précisément pour
M. Meynier , j’ai crû que je devois at.
tendre qu’il fut de retour , avant que de
les publier, On voit assez par la Lettre
qu’il a fait insérer dans le Mercure de
Juin dernier , qu’il est extrêmement;
A I - - - ' - r
fache : il devolt cependant faire attention
qubn ne réussit jamais à montrer la bonté
de
n. MERCURE DE FRANCE
de sa cause , en aflîrmant simplement que
ceux qu'on regarde comme ses adversai
res sont dans Pimpossibilité de rien ro
duire d’utile. Le Public incapable clîen
trcr dans lcs passions des particuliers ,'
mettra toujours une difference infinie en
tre de semblables reproches , et -des Ob
servations modetêes qu’il est toujours per
mis, de faire sur les Ouvrages mêmes , et
ui n’ont pour objet que la seule utilité
de la chose. i
Je pourrois donc me dispenser de réa;
pondreàla grande objection que M. Mey
nier répète si volontiers. Rien ne prouve
mieux son embarras , que de voir qu’il
se répand sans cesse dans des discours qui
n’ont aucun rapport au sujet, dans le
tems même qu’il reconnoît que le Public
n'aime point à être fatigué par ces sortes
de discours. Il est’ vrai qu’il ne se trompe
as beaucoup _, lorsqu’il llumieres dans les matieresidnesiMnaurëinqeue, smoenst
extrêmement bornées; mais il ne devoir
pas assûrer la même chose de tous ceux
ui n’ont point été en mer. C’est préci
sement cette mauvaise raison alleguêgou
lutôt hazardée, un si grand nombre de
Ëois , qui me met dans la necessitê de ré.’
pondre. Ce n’est pas ma cause qu’il s’agit
de dtffendre , c'est celle de plusieurs hgqîis
a i
_ ‘JANVIER. 17332 '5';
habiles qui peuvent par leur application
rendre des services trèsconsidérables à la
Marine. Il n’est pas juste que je garde le
silence , lorsque fai eu le malheur deleux
attirer un reproche dut et désobligeant ,
qui s’il étoit applicable, ne le seroit qu’à
moi seul. 1l ne faut pas qu'à mon occa.
sion , le Public diminue‘ rien de sa con-A
fiance ni de Pattente où il est , qu’ils lui
donneront des Ouvrages excellens. Plus ».
on rend justice à M.Mleynier , parce que,
comme il nous en assûre , il a atteint son
but dans plusieurs rencontres , plus , il
est nécessaire de détruire ses prétentions
injustes , et de dissiper jusquhux moin
dres nuages dont il a tâché ‘obscurcit la
vetité. 1 .
Cet Auteur qui s’applaudit si fort d’a-'
Voir fait un grand voyage sur le grand
Banc , pour se former dans la Pratique ,'
ne nous ditvpoint en quoi il la fait con
Liister; qquoiquïl y en ait de deux sortes;
Ifune qui_ tient beaucoup à la Théorie ,r
n’est autre chose que la science des faits z
et il est certain que si l’on peut s’y for.
mer en navigeant, on peut aussi s’y for.
mer à terre , en fréquentant les Ports de ‘
mer , en examinant soigneusement les
vaisseaux , en ÿentretenanr avec lcs Ma.
rins, et techerqhant toutes les occasionsda
' s’in-_
( 1
a
4,5l MERCURE DE FIÏANCE
u
finsrruire. Il n’est pas question de décider
ici laquelle des deux voyes est la plus
courte. Mais puisqu’i‘l n’artive rien en met
dont nous ne puissions être informés très
êxactement à terre , il est constant
qu’en peut ‘sans naviguer , se rendre ha
bile dans le genre de Science dont nous
arlons. Les Marins llemieux leur métier n’moênmtea,cquqiusi usnçeavpeanrt
tie de leursconnoissances-pratiques que de
la même maniere: car quoiquïls ayent
traversé l’Ocean un très-grand nombre
de fois , ils n’ont pas pû se trouver dans
toutes les rencontres possibles, ni s’ins—
truite par eux-mêmes de toutes les diver
ses particularirez. Il Faut remarquer ou-'
'tre_cela qu’ils”son_t obligez de faire ordi?
nairement un très-grand nombre de Cam
pagnes , pour prendre seulement quelque
teinture des premiers principes de laMé.
chanique. Ils éprouvent , par exemple ,V
les principales proprietez du levier ; ils
yoyent dans leurs caliornes l'usage des
poulies pour augmenter la force; ils ap
prennent dans la disposition des voiles
quelques-unes des loix que les fluides ob
servent dans leurs chocs. Mais il ne faut
pas sîmaginer avec M. Meynier que toug
tes ces choses ne sapprennent jamais qu’à
la mergelles shprennent au contraire ‘beau.’
- ' coup
ÂÏA N V I ER.’ 173;‘ ‘g
. ,
.
i212; älälsjalscrxlcntà Itîelrrc; aussi-tôt club;
usqu aux crncns . a
commence par une étude réglé; dccetlæll
njetrxe. Alnsl la Théorie d’un Mathéma
txelen ‘qul yaPPlique àla Marine doit
lut Ëemr heu d’un grand nombre deæoya.
(Saes e adnts enmer’: c} 1' l a d?al' lleurs cet avan'
g e 593V01r d une maniere précise cc
Îäîäâät“ “l” 3a Plûvarr des Marins ne
éçat d que ttes-confusement. Il est en\
ériene comlâarer entr elles difïercntesex
âen dcîretîêl’ e Passer d? “me à l'autre a
Ëïévoir ce“ t-oätçs les smgulantel a Ct (le
circon qun oleamv' er dans d ,autre,
stances : au heu que le Marin ’ 1
nsvîestceæpnonionxtssGanécoemsetdreeSt, aet:iqquuei ent’adeac{aléa
‘qu_i>_ a experimentaéls Precisemcnt que' ce
. Mais s1 l’on acquert aussi-bien à rem-è
que sur les vaisseaux cette espece de ‘ma’;
fllqfge qun a tant de rapport à la Théorie
P3ratàiütuavoüer q“’on ne Peut acquçï.l;ï la’
7 ‘l eïproprement dlte, quæn {ré
quentant aMer et ulil fa A ‘ -
réu..ssx_r fa‘ ’ q, . u:. mem‘ P0"
C e 1re pour lor_din31“? plus l' eurs
àuatmpaghnes. Cette derm..ere Pra“'PC113.5!
recose uel f r ,,
Précision q a aCILoe d oPeïeï 3V€c
P ï Ctb avec prompnt' ude , malgré
tous
'58 ME RCURE DE FRANCE
tous les mouvemens du Vaisseau. Il faut
dans le Pilote que presque toutes les par
ties de son corps contribuent à former
cette habitude; et il faut qu’il pousse Fé
xetcice assez loin pour pouvoir agit en;
suite comme sans y penser ou comme
machinalement , afin de n'être jamais ex
poséà perdre par des refléxions un tems
dont il est souvent necessaire de se hâter
de faire usage. C’est cette facilité d’éxe
cution qu’en ne peut contracter qu’â la
Mer , qui constitue’ la Pratique dont
M. Meyniet a sans doute voulu arler
et qu’il vante si fort. Mais qwéxecutc
t’on , si ce n’est xiit la Théorie , prélecsepptreéscetijtoenst uacrfaoiusron
est souvent fort ignorée ë Ainsi si la Pra
tique dont il säigit est estimable, si elle
est utile ,si elle est même nécessaire , paru
ce qu’il faut que quelqu'un conduise les
vVaisseaux elle est néanmoins autant au.
3
dessous de la spéculation qui régie ses dé.
marches , que les opérations du corps sont
au dessous de celles de l’esprit : ellc n'est,
si on peut parler de la sorte , quela set
vante de la Théorie. Il est clair encore
qu’il ne faut pas se reposer sur elle glu
soin de perfectionner la Navigation; puisg
qu’elle n'est qu’une qualité purement cor-i
orelle ac uise ar une on ue ré éti
a - tion
p‘ JÀA N V’I E_R. ‘I733; ‘s;
non des memes operations , et qu’elle ne
peut téüssir tout au plus qu’à faire exé
cuter les mêmes choses avec plus (Padresse;
Aussi sçavons-nous que presque tous nos
instrumens , toutes nos tables , toutes nos
diflerentes espèces de Cartes; toutes leq
connoissances enfin qui servent à la Na»
vigation et aux Pilotes, sans même que
la plûpart des Pilotes le sçachent , ont eu
pour inventeurs des personnes qui fa.‘
voient point été en mer , mais qui '
étoient habiles dans les Mathémati
9“°’: g . .
Ainsi on voit combien ll y a de diffég
tence entre les deux diverses espéces de
Pratiques que nous venons de considérer.
L'une est du genre de nos autres connais,
sances : elle réside dans l'esprit , et nous
ne la nommons Pratique que parce que
_ les choses quïelle a pour objet attendent;
de Péxecution leur dernier accomplisse
ment. Cette pratique se trouve portée
’ lus ou moins loin , selon qu’on_ réüssic
‘a faire des a plications plus ou moins
heureuses de la Géometrie et de la Mé
chanique aux Ptoblêtnes de Navigation ;
et elle peut säcqnerit à terre, comme
fnous l’avons montré. A Pégard de l’autre_
espèce de Pratique , de cette habitude du.
corps qui met en état dbpércr avec plus
' . D ij d’:
æ MERCURE DE“ FRANCE
d'adresse , elle ne peut,sans douteuse conà‘ —p
tracter qu’à la mer : mais aussi elle ne sert
‘quäux Pilotes , et elle n’augmente en au
cune Eaçonvleurs lumieres. Le Marin con
sommé dans cette Pratique , employe
avec facilité les instrumens ordinaires qui
servent , par exemple , à observer la hau.
(eut des Astres : mais éxercé dans cet
usage , il n’cn sçait pas mieux les demie.
tes raisons de son» opération , ni la cons
traction de Pinstrument qu’il a entre les
mains.
C’est à peu près la même chose de tous
les autres points de Marine. Ce n’est cer
tainement pas aux Matelots qui ont le
plus fréquenté la Mer , qu’il faut deman
der la cause de toutes les singularitez
qu’on remarque dans le mouvement des
Naisseaux 5 pourquoi, par exemple, les
' uns sont Iegm à la rame pendant que les
autres sont lourd: ; pourquoi quelques
Navires vont moins vire , lorsqubn aug
mente leur voilure. Toutes ces choses ont
été senties une infinité de fois ar les
Marins; mais il n’est réservé qu’â des Ma.
thématicîens d’en pénétrer la cause : car
on ne peut y réüssir que par une grande
connoissance des Méchaniques , non pas
de celles qui ne consistent qu‘à sçavoii:
manier une lime ou un cordage; mais de
- . i ‘ celle;
J A N V I E R: 173;; (‘f/i
ceiies qui nous instruisent des loix que
la Nature observe dans la composition
et dans la communication des mouve
mens, et qui nous mettent en état de
zprévoir ce qui doit résulter de la com
pllation de plusieurs Puissances qui agis
sent ensemble. Or la recherche dont il
s’agit peut se-faire aussi-bien en Terre
que par tout ailleurs , puisque les choses
qu’on veut découvrir , ne dépendent que
de la figure du Vaisseau et de la disposig‘
tion de sa mâture.
. On voit donc qu’il ne faut pas con:
fondre, comme le fait M. Meynier et les
' jeunes Praticiens qu’il nous cite , les par
ties qui forment le Géométre qui s’ap-i
plique à la Navigation", avec celles qui
orment le Pilote. Ce sont en genetal des
Professions fort détachées. Le Pilote, nous
le repetons; doit aller en Mer aussi-tôt
qu’il sçait la petite portion de Théorie
qu’il doit mettre tous les jours en execu
Iion. Il doit aller en Mer , puisquïl
ne {agit plus pour lui que dbperçr , et
puïl ne‘ peut acquérir la facilité de le
aire avec promptitude, que par un long
exercice. Mais le Géomètre qui cultive
la Marine sans avoir la moindre envie
de conduire les Navires, et qui n’a par
consequcnr que faire debcety habitude du
‘D iij corps
L—j
la MERCURE DE FRANCE
corps qui ne sert que lorsqu'on est char:
gé d’executer , doit se tourner d'un côté
tout different; il n’a pour travailler à la
‘seureté de tous les Vaisseaux , qu’à con
server et n’a tâcher de perfectionner le
précieux ciepôt de toutes les connoissates
qui servent à 1’Art de naviger , et il n'a
pour cela qu'à cultiver avec autant de
soin la premiere espece de Pratique dont
nous avons parlé, que les Pilotes sont
obligez de cultiver la seconde.
Ce que je viens de dire suflît, ce me
semble , si—non pour me disculper-du.
reproche de n’avoir point été en Mer,
au moins pour en disculper les personn
nes sçavantcs , qui sans avoir navigé, peu
vent ÿappliquer avec succès â PI-Iydron‘
graphie. C'est-là aussi tout ce que je me
suis proposé , et n’ai eu nulle envie
d’entrer en dispute sur ce qui me regarde
en particulier. on n’a qu'à faire attention
à la" maniere dont M. Meynier soutient
sa cause,_et on verra qu’il faut avoir bien
du courage pour oser dire qu’on est d’un
autre sentiment que lui; il ne se con-a
tente pas d'avoir toujours ‘contre vous
Pexperience , Pusage , le consentement de
tous les Marins, dans le temps même
que vous tächez de justifier quelqu’une
. e leurs ptatjuess il a encore —des rai
- \ ' fion‘!
JANVIER. 173;. 6;‘
sons péremptoires qui montrent tout
Ëun coup que toutes les vôtres ne val
lent rien,er qui vous ferment absolument
la bouche. Vous croyez ne rien mettre
dans vos Ouvrages ue ce que vous con
cevez clairement et istinctement, et que
ce qui peut être ‘entendu de tous les Lec:
teuts ‘qui sçavent médiocrement la. Géoä
metrie et l’Algebl'e',m_aîs vous vous ttom- a
pez, M. Meynier trouve que vous n'a
vancez que des Enzgme: qui m: peuvent
pas avoir pour sen: naturel , le sens que
vous leur donnez; et il vous assure ou.
trc cela que vous n’avez aucune idée ni
la moindre connaissance des choses sur les
quelles vous écrivez. Je laisse à penser
s’il y a du plaisir à disputer contre un
‘aclversaire habile d’ailleurs , mais qui n’ad
met précisément pour preuve deson
’ droit , que de pareilles choses ou des pro
positions de gageures, et qui veut en-‘
cote que vous vous embarquiez avec lui_
sur le même Vaisseau. Il n’y autoit que
Pimportance des matiercs contestées qui
‘pourrait inviter àpousser ‘la discussion
]usqu’à la fin; mais ayant fait quelques
Remarques sur le Livre qui fait mainte
nant le principal sujet de la dispute, ÿai
appris qu’on en a‘ fait de semblables dans
presque tous nos ‘Ports-de Mer. Ainsiïl
D iiij seroit
Z4. MERCURE DE FRANCE
seroit assez inutile que je multipliasse
mes réponses; je puis maintenant gar
der un profond silence, et je présume
même qu’il ne sera pas nécessaire que je
le rompe dans la suite. Au surplus, je
suis persuadé que le R. P. le Brun et
M. Deslandes ne sont nullement offensez,
comme le prétend M. Meyniet , du ju
gement que j’ai porté de son Demi-Cer
cle. Le Certificat que ces deux illustres
Mathématiciens ont donné, contient peut
être quelques modifications dont on a la
‘précaution de ne nous point parler, et
dïæilleurs il n’y a personne qui ne sçache
u’on approuve tous les jours à certains
egnrds , des choses qu’on setoit ‘bien ÊIOΑ,
gné de vouloir adopter.
Au Havre, ce 2.7. Dioembrr 173;.‘
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Résumé : REMARQUES de M. Bouguer, de l'Académie Royale des Sciences, et Hydrographe du Roi, sur une Lettre que M. Meynier, Ingénieur du Roi pour la Marine, a fait insérer dans le Mercure de Juin dernier, p. 1053 et suiv.
M. Bouguegde, membre de la Cadimie Royale des Sciences et Hydrographie du Roi, répond à une lettre de M. Meynier, ingénieur au Roi pour la filarine, publiée dans le Mercure de Juin précédent. Bouguegde précise que ses remarques ne visent pas personnellement Meynier et qu'il a attendu son retour pour les publier. Il critique Meynier pour avoir affirmé que ses adversaires ne peuvent rien produire d'utile, soulignant que le public préfère des observations modérées aux reproches passionnés. Bouguegde refuse de répondre à une objection répétée de Meynier, notant que ce dernier se disperse dans des discours sans rapport avec le sujet. Il défend la cause de plusieurs ingénieurs habiles qui peuvent contribuer à la marine, rejetant les reproches désobligeants de Meynier. Bouguegde argue que la pratique en mer n'est pas la seule voie pour acquérir des connaissances en navigation. En effet, beaucoup de connaissances peuvent être apprises à terre en étudiant les vaisseaux, en discutant avec les marins et en examinant les instruments. Il distingue deux types de pratique : celle qui réside dans l'esprit et peut être acquise à terre par l'étude des mathématiques et de la mécanique, et celle qui est corporelle et acquise en mer par l'exercice. Bouguegde affirme que les instruments et les connaissances utilisés en navigation ont souvent été inventés par des personnes n'ayant jamais navigué, mais habiles en mathématiques. Il conclut en soulignant la différence entre le rôle du géomètre, qui travaille à perfectionner les connaissances théoriques, et celui du pilote, qui acquiert des compétences pratiques en mer. Bouguegde vise à disculper les personnes savantes qui, sans avoir navigué, peuvent contribuer à l'hydrographie, et refuse d'entrer en dispute personnelle avec Meynier. Par ailleurs, un autre texte traite d'une dispute concernant un sujet non spécifié, probablement lié à une invention ou une découverte, réalisée dans plusieurs ports de mer. L'auteur mentionne qu'il est inutile de multiplier ses réponses et qu'il préfère garder le silence. Il exprime également sa conviction que les Pères le Brun et Deslandes ne sont pas offensés par son jugement sur le 'Demi-Cercle'. L'auteur souligne que le certificat donné par ces deux mathématiciens pourrait contenir des modifications non mentionnées et que des approbations sont souvent accordées à des choses dont on sait qu'elles ne devraient pas l'être. Le texte est daté du 27 décembre 1737 au Havre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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458
p. 75-78
NOELS, Sur l'air : Laissez paître vos Bêtes.
Début :
Abandonnez les Astres, [...]
Mots clefs :
Nature, Fruit, Yeux, Noël
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOELS, Sur l'air : Laissez paître vos Bêtes.
N o. E L s,
Sur l'air : Laissez. paître vos Bêtes.‘
ABandonnczäcs Astres , V
' Pour contcmplyér leur Souverain;
Modernes Zoroasærcs ,
De la Seine et du Rhin.
Seul il" connoît par quels ressorts ,'
Il a de ses immenses corps .
Réglé les mcrvcillcux accords ,
Vos yeux des meilleurs Verres ,
Ont beau ménager le secours ,
Mille secrets mystcrcs ,
Lcur échapcnr toujours.
‘Après Rohault et Gasscndi ,
Envain tout est apprnfoxrdi ‘
Par les illustres du Mardi;
Leur science profonde ,
Ne tourne pas à grand profit;
Nul ne connoît le monde ,
mu: celui qui 1c fit.
gland dans ‘le Grain et le Pcpin ,‘\
-’.‘
Nature
7a‘ MERCURE DE FRANCE;
Nature tire de son sein,
‘Ifiessence du fruit et du pain ,
Il faut pour ttconnoître ,
Si c’est attrait ou pulsion .
Avoir recours â l’Etre
D’où part toute action.
Qie Fontenelle ait mis au clair,‘
Tout ce qu'on ‘dit du poids de Pair,
De Saturne et de Jupiter; l
Qfî son Aréqpage ,
I-l fournisse ordre et néteté .
Toujours quelque nuage ,
Couvre la vérite’.
Que Bragelonne avec Moyrau ,
Supputent combien cl’eau par an ,
Le Soleil puise en l’Océan ;
La boteale Aurore ,
Les Courbes qu’ils sçavent tracer,‘
Ne leur laissent encore ,
»Q1e trop d’ombre à percer.
Envain le sçavoir ‘réiüni’, '
De Leuville et de Gasstndi ,
Parcourt un espace infini 3
Malgré la longueeétudc ,
De
ÏIANVIER} 1732‘: De iTournefort et de Geoffray .
11' n'est de certitude ,
‘Q1! celle de la Foy.
Qie dans un Ouvrage imparfait j
Nature prise sur 1c fait.
Laisse pénétrer son secret 5
Qÿon étale en spectacle,
Sou inépuisable trésor
La Creche est un miracle,‘
Plus étonnant encor.
ID: Réaumur , adroit Pinceau,
(liand tu nous traces le Tableau ,
De la Mouche et du Vermisseau‘.
Avec toute sa Secte ,
Epicure est anéanti ,
Et par lemoindre Insecte,
se trouve démenti.
Ayde nos yeux , docte Petit , g
‘A voir la structure d'un fruit ,
Tel qu’un Sçavant nous le décrit,
‘Au gré de notre envie ,
Qxe ne peut aussi du Hamel ,
Peindre le fruit de vie ,_
Qii nous vient a‘ Noël.
7sMERCURBDEFRANCE;
De son pouvoir , Péchautillon.
Paroi: mieux dans un Papillon ,
Q1: dans les feux d’un Tourbillon} .
Dans leur magnificence,
Les corps lumineux qu’il forma ,
Montrcntimoins sa Puissance ,
me ceux qu’il anima.
(grand la Citeé de ce Château;
Borgne du celeste flambeau
Les Satellites ou P/lnneau,
Les témoins de sesveilles ,
Peuvent observer dans ses yeux ,‘
Encor plus de merveilles,
Quelle n’cn voit aux Cieux.
Sur l'air : Laissez. paître vos Bêtes.‘
ABandonnczäcs Astres , V
' Pour contcmplyér leur Souverain;
Modernes Zoroasærcs ,
De la Seine et du Rhin.
Seul il" connoît par quels ressorts ,'
Il a de ses immenses corps .
Réglé les mcrvcillcux accords ,
Vos yeux des meilleurs Verres ,
Ont beau ménager le secours ,
Mille secrets mystcrcs ,
Lcur échapcnr toujours.
‘Après Rohault et Gasscndi ,
Envain tout est apprnfoxrdi ‘
Par les illustres du Mardi;
Leur science profonde ,
Ne tourne pas à grand profit;
Nul ne connoît le monde ,
mu: celui qui 1c fit.
gland dans ‘le Grain et le Pcpin ,‘\
-’.‘
Nature
7a‘ MERCURE DE FRANCE;
Nature tire de son sein,
‘Ifiessence du fruit et du pain ,
Il faut pour ttconnoître ,
Si c’est attrait ou pulsion .
Avoir recours â l’Etre
D’où part toute action.
Qie Fontenelle ait mis au clair,‘
Tout ce qu'on ‘dit du poids de Pair,
De Saturne et de Jupiter; l
Qfî son Aréqpage ,
I-l fournisse ordre et néteté .
Toujours quelque nuage ,
Couvre la vérite’.
Que Bragelonne avec Moyrau ,
Supputent combien cl’eau par an ,
Le Soleil puise en l’Océan ;
La boteale Aurore ,
Les Courbes qu’ils sçavent tracer,‘
Ne leur laissent encore ,
»Q1e trop d’ombre à percer.
Envain le sçavoir ‘réiüni’, '
De Leuville et de Gasstndi ,
Parcourt un espace infini 3
Malgré la longueeétudc ,
De
ÏIANVIER} 1732‘: De iTournefort et de Geoffray .
11' n'est de certitude ,
‘Q1! celle de la Foy.
Qie dans un Ouvrage imparfait j
Nature prise sur 1c fait.
Laisse pénétrer son secret 5
Qÿon étale en spectacle,
Sou inépuisable trésor
La Creche est un miracle,‘
Plus étonnant encor.
ID: Réaumur , adroit Pinceau,
(liand tu nous traces le Tableau ,
De la Mouche et du Vermisseau‘.
Avec toute sa Secte ,
Epicure est anéanti ,
Et par lemoindre Insecte,
se trouve démenti.
Ayde nos yeux , docte Petit , g
‘A voir la structure d'un fruit ,
Tel qu’un Sçavant nous le décrit,
‘Au gré de notre envie ,
Qxe ne peut aussi du Hamel ,
Peindre le fruit de vie ,_
Qii nous vient a‘ Noël.
7sMERCURBDEFRANCE;
De son pouvoir , Péchautillon.
Paroi: mieux dans un Papillon ,
Q1: dans les feux d’un Tourbillon} .
Dans leur magnificence,
Les corps lumineux qu’il forma ,
Montrcntimoins sa Puissance ,
me ceux qu’il anima.
(grand la Citeé de ce Château;
Borgne du celeste flambeau
Les Satellites ou P/lnneau,
Les témoins de sesveilles ,
Peuvent observer dans ses yeux ,‘
Encor plus de merveilles,
Quelle n’cn voit aux Cieux.
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Résumé : NOELS, Sur l'air : Laissez paître vos Bêtes.
Le texte explore les limites de la connaissance humaine face à la nature et à l'univers. Il commence par une invocation aux astres et aux modernes Zoroastres, soulignant que les mystères de l'univers échappent toujours à la compréhension humaine, même avec les meilleurs outils et les connaissances les plus profondes. Des figures scientifiques comme Rohault, Gassendi, Fontenelle, Bragelonne, Moyrau, Leuville, Tournefort, Geoffray et Réaumur sont mentionnées, mais leurs contributions ne suffisent pas à dévoiler entièrement la vérité. La nature est décrite comme un trésor inépuisable, dont les secrets sont difficilement pénétrables. Les observations précises, comme celles de Réaumur sur les insectes, ne suffisent pas à épuiser les merveilles de la création. Le texte conclut en affirmant que la seule certitude réside dans la foi, et que les œuvres humaines, bien que précieuses, restent imparfaites face à la grandeur de la nature.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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459
p. 82
AUTRE.
Début :
J'enseigne à l'indolent ce qu'il doit imiter, [...]
Mots clefs :
Fourmi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
’Â U T K E.
"Jäînseigne â Pindolcnt ce qu’il doit imiter;
Six membres font mon tout ; si vôus allés ôter,‘
Les trois dernier-s . Dieu ‘a quelle diflîrrencc 1
Sage Lecteur , n’allez pas mïêcoutçr ,
A mon Ecolc on ne [leur profiter.
ROQÙ ‘TIÜC
"Jäînseigne â Pindolcnt ce qu’il doit imiter;
Six membres font mon tout ; si vôus allés ôter,‘
Les trois dernier-s . Dieu ‘a quelle diflîrrencc 1
Sage Lecteur , n’allez pas mïêcoutçr ,
A mon Ecolc on ne [leur profiter.
ROQÙ ‘TIÜC
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460
p. 83
AUTRE LOGOGRYPHE.
Début :
Mon tout des plus petits, est pourtant une graine, [...]
Mots clefs :
Lin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE LOGOGRYPHE.
UFUTRE L0 G0 c; R rp H2:
Mon tout des plus petits, est pourtant un!
graine , v_
p OEi sert avec utilité. . a_
‘OEenversé , c’est par mOÎ qlfunc Terre lointaine;
‘Conserve sa fécondité.
Mon tout des plus petits, est pourtant un!
graine , v_
p OEi sert avec utilité. . a_
‘OEenversé , c’est par mOÎ qlfunc Terre lointaine;
‘Conserve sa fécondité.
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461
p. 121-122
Physique en Dialogue du P. Regnault [titre d'après la table]
Début :
On a fait une nouvelle Edition de la Physique en Dialogues, ou des Entretiens [...]
Mots clefs :
Entretiens physiques, Descartes, Gassendi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Physique en Dialogue du P. Regnault [titre d'après la table]
‘On a fait une nouvelle Edition de la‘
Physique en Dialogues , ou des Entretiens
Physiques de P. Regnault “les. C’cst la‘
\
quatrième , a com ter celle d’Amsterdam _
chez Pierre Hum err, ct la Traduction
Anglaise , imprimée à Loudres , chez W.
Innys et N.Prévôt.On écrit d’Allemagnc
Hue cet Ouvrage y paroîtra bien tôt tra
. uit en Allemand. La nouvelle Edition
Françoise de Paris est augmentée par
ÏAuteut, de la valeur d’un Volume, et
enrichie de Planches nouvelles. Ce sont
de nouveaux Entretiens , et les anciens
Perfectionnez. Les Additions sont faites
_ pour
O .
125. MERCURE DE FR ANCEq
pour les endroits où elles se trouvcnrs‘
et elles sont dans le goût des Entretiens
qu’o_n avoir déja vûs‘, même stile , même
netteté, même agrément. Si l'o_n n’y trou.
ve pas toûiours -le sérieux ordinaire de
la Phylqsophie , c’est que l’on y fait par
ler un jeune homme de beaucoup d’es
prit, d'un esprit cultivé _er dhnvcaractere
enjoüé, qui apprend agréablement la Phÿ
siqueet qui instruit de- même en s’ins—
ttuisant. Un Anonime a dit dans le Mer.‘
cure de Novembre, que les Entretiens
Physiques étoient un Ouvrage estime’,
utile, excellent; mais qu'au lieu d’Aristc_
' et d’Eudoxe , qui sont les Interlocurçurs,
il eût voulu des noms celebijs , comme
Descartes et Gissendi. Il falloir doncque
l’-Auteut parlât ou fit parler toujours ses
Interlocuteurs selon lcs principes de Des-’
cartes ou de Gassendi , souvent contre sa.
ensée , etaux dépens même de la veritél
Et avec quelle vraisemblance le P. Re
gnaulr eûæîl mis dans la bouche de Des
cartes et de Gisséndi __ les nouvelles Dê-æ
cnuvertes qui se sont Faites depuis la mort
de Descattes et de Gassendi jusqu’en 173 2..
Physique en Dialogues , ou des Entretiens
Physiques de P. Regnault “les. C’cst la‘
\
quatrième , a com ter celle d’Amsterdam _
chez Pierre Hum err, ct la Traduction
Anglaise , imprimée à Loudres , chez W.
Innys et N.Prévôt.On écrit d’Allemagnc
Hue cet Ouvrage y paroîtra bien tôt tra
. uit en Allemand. La nouvelle Edition
Françoise de Paris est augmentée par
ÏAuteut, de la valeur d’un Volume, et
enrichie de Planches nouvelles. Ce sont
de nouveaux Entretiens , et les anciens
Perfectionnez. Les Additions sont faites
_ pour
O .
125. MERCURE DE FR ANCEq
pour les endroits où elles se trouvcnrs‘
et elles sont dans le goût des Entretiens
qu’o_n avoir déja vûs‘, même stile , même
netteté, même agrément. Si l'o_n n’y trou.
ve pas toûiours -le sérieux ordinaire de
la Phylqsophie , c’est que l’on y fait par
ler un jeune homme de beaucoup d’es
prit, d'un esprit cultivé _er dhnvcaractere
enjoüé, qui apprend agréablement la Phÿ
siqueet qui instruit de- même en s’ins—
ttuisant. Un Anonime a dit dans le Mer.‘
cure de Novembre, que les Entretiens
Physiques étoient un Ouvrage estime’,
utile, excellent; mais qu'au lieu d’Aristc_
' et d’Eudoxe , qui sont les Interlocurçurs,
il eût voulu des noms celebijs , comme
Descartes et Gissendi. Il falloir doncque
l’-Auteut parlât ou fit parler toujours ses
Interlocuteurs selon lcs principes de Des-’
cartes ou de Gassendi , souvent contre sa.
ensée , etaux dépens même de la veritél
Et avec quelle vraisemblance le P. Re
gnaulr eûæîl mis dans la bouche de Des
cartes et de Gisséndi __ les nouvelles Dê-æ
cnuvertes qui se sont Faites depuis la mort
de Descattes et de Gassendi jusqu’en 173 2..
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Résumé : Physique en Dialogue du P. Regnault [titre d'après la table]
Le texte annonce la publication de la quatrième édition de l'ouvrage 'Physique en Dialogues, ou des Entretiens Physiques' du Père Regnault. Cette édition est disponible à Amsterdam chez Pierre Humerr, en traduction anglaise à Londres chez W. Innys et N. Prévôt, et une version allemande est attendue prochainement. L'édition française de Paris inclut un volume supplémentaire et de nouvelles planches, avec des entretiens nouveaux et des anciens perfectionnés. L'ouvrage présente des dialogues entre un jeune homme spirituel et cultivé, qui apprend et instruit la physique de manière agréable. Un critique anonyme dans le Mercure de Novembre a loué l'ouvrage comme estimable, utile et excellent, mais a suggéré de remplacer Aristote et Eudoxe par des noms célèbres comme Descartes et Gassendi. Cependant, cette modification obligerait l'auteur à faire adopter aux interlocuteurs les principes de Descartes ou de Gassendi, souvent au détriment de la vérité et de la vraisemblance, notamment concernant les découvertes scientifiques postérieures à la mort de ces philosophes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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462
p. 128
QUESTION.
Début :
Un Pilote étant en Mer par certaine Latitude Nord, et voulant trouver la [...]
Mots clefs :
Capella, Étoile, Latitude
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUESTION.
du ES TION.
Un Pilote étant en Mer par certaine
Latitude Nord, et voulant trouver laf
hauteur du Pole, pour _cet effet il a ob
servé l’Etoile nommée l’Epaale gauche du
Charrier Capella , trois fois plus haut
élevée que la hauteur du Soleilquïl avoir
observée, et il a observé PEtoile nom
mée le grand Chien Siriu: au Sud, être
i élevée surlihorison -, mais comme le So
leil difïeroit ladite Etoile Capella.
On demande par quelle Latitude étoit
ce Pilote lorsqu’il a faiteces Observaq
tions , avec la déclinaison du Soleil du
A ' «jour , le tout par démonstration essenæ
tielle et par regle.
Un Pilote étant en Mer par certaine
Latitude Nord, et voulant trouver laf
hauteur du Pole, pour _cet effet il a ob
servé l’Etoile nommée l’Epaale gauche du
Charrier Capella , trois fois plus haut
élevée que la hauteur du Soleilquïl avoir
observée, et il a observé PEtoile nom
mée le grand Chien Siriu: au Sud, être
i élevée surlihorison -, mais comme le So
leil difïeroit ladite Etoile Capella.
On demande par quelle Latitude étoit
ce Pilote lorsqu’il a faiteces Observaq
tions , avec la déclinaison du Soleil du
A ' «jour , le tout par démonstration essenæ
tielle et par regle.
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Résumé : QUESTION.
Un pilote en mer a observé Capella, dans le Cocher, trois fois plus élevée que le Soleil, et Sirius, dans le Grand Chien, au sud. La latitude du pilote et la déclinaison solaire doivent être déterminées via une démonstration et une règle précises.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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463
p. 285-291
LES COQUILLAGES, IDYLLE, A M. D. L. R. &c. par Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic en Bretagne, sur ce qu'elle lui a envoié une Boëte pleine de Coquillages, il y a plus de deux mois, qui ne lui a point encore été renduë.
Début :
Mes pauvres petits Coquillages, [...]
Mots clefs :
Coquillages, Onde, Flots, La Roque, Nature, Ciel, Rochers
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texteReconnaissance textuelle : LES COQUILLAGES, IDYLLE, A M. D. L. R. &c. par Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic en Bretagne, sur ce qu'elle lui a envoié une Boëte pleine de Coquillages, il y a plus de deux mois, qui ne lui a point encore été renduë.
LES COQUILLAGES ,
IDYLLE ,
A M. D. L. R. &c. par M de Malcrais
de la Vigne , du Croisic en Bretagne,
sur ce qu'elle lui a envoie une Boëte
pleine de Coquillages , il y a plus de
deux mois , qui ne lui a point encore été
rendue.
M
•
Es pauvres petits Coquillages ,
Que , pour le cher la Roque , avec tant de plai
sir ,
Mes mains prirent peine à choisir ,
Sur les Sablons dorez qui bordent nos rivages à
Mes pauvres petits Coquillages ,
Vous voilà donc perdus ? Un perfide Courier ;
Un scélerat Aventurier ,
En allant à Paris , vous a vendus pour boire ,
Et pour deux coups de Vin clairet ,
*
Dont l'apas triomphant a séduit sa mémoire ,
Vous restez en ôtage au fond d'un Cabaret.
Cependant il me dit , vous mettant sous l'aisselle
.
286 MERCURE DE FRANCE
Qu'ainsi que sous son front il garde sa prunelle ,
Il vous conserveroit avec semblable soin.
ว
Oui , la Roque ; oui , mon cher, j'en ai plus d'un
témoin .
Me pourrois - tu juger capable d'imposture ?
Est-il de la raison que moi , que j'eusse exprès ,
Envoïé ce Jocrice à grotesque figure ,
De mon présent en l'air te porter les aprêts.
Pouvois- je ainsi payer tes égards , tes bienfaits
A moins que d'avoir l'ame ingrate ?
Moi , qui sans aucun coût , par la Poste reçois ,
Le don gracieux tous les mois ,
De l'excellent Journal que ta main délicate ,
Réduit , compose , arrange , et polit à la fois ,
Dont la Prose et les Vers mêlez avec grand
choix ,
Forment comme des Païsages ,
Où les Prez , les Troupeaux , les Montagnes ,les
Bois ,
Fleuves , Torrens , Hameaux , Villages ,
Villes qu'on n'apperçoit qu'à travers les nuages ,
Charment l'ame , et les yeux , en guérissant l'ennui.
Tel est l'agrément aujourd'hui
De ton Journal , qui brille encor par tes Oud
vrages ,
Beaucoup plus que par ceux d'autrui .
Mais revenons aux Coquillages
Dont
FEVRIER. 1733.
287
Dont la perte fatale enflamma mon couroux.
Quand Diane laissoit l'Amante de Pélée ,
Aller avec l'Onde écoulée ,
Languir entre les bras de son vaillant Epoux ,
Dans une Grotte reculée ,
Out de leurs doux momens les Tritons sont ja
loux ,
Alors par un Sentier , dont la route est sca
breuse ,
M'appuyant d'une main chancelante et peureuse
Marchant à pas serrez , je descendois au fond
D'une retraite sabloneuse ,
>
Et puis par un détour , j'entrois dans un Salon ;
Dont la naïve Architecture
›
Est uniquement due à la simple Nature.
Là , le Roc inégal fait naître des Portraits ,
D'une singuliere structure ,
Qui s'échapent à l'oeil , et perdent tous leurs
traits ,
Quand on les regarde de près,
L'Herbe d'autre côté , diversement fleurie
Avec le Capilaire , enlassée au hazard ,
Produit , sans le secours de l'Art ,
Une verte Tapisserie.
Séjour des Rois , ríches Palais ,
Atrayantes Prisons d'Esclaves magnifiques ,
Heureux qui fut admis sous vos brillans Por
tiques !
Plus
283 MERCURE DE FRANCE
Plus heureux mille fois qui n'y parut jamais !
Ce qu'on voit travaillé sur vos murs à grands
frais ¿
Se présente ici de soi - même ,
Et la Nature qui nous aime
Sçait , au gré de nos voeux , si bien se façonner
Que notre oeil d'abord trouve en elle ,
Ge qu'il nous plaît d'imaginer.
Dans ces lieux , cher la Roque , à moi- même
fidele ,
Je m'étois imposé la loi ,
De cueillir chaque jour pour toi ,
De Coquillage un certain nombre.
Je n'en sortois jamais que le Ciel ne fût sombre ,
Tant mon esprit rêveur m'emportoit loin de moi.
Quelquefois l'Onde revenue ,
Me surprenoit en ce travail ,
Amenant à mes pieds la richesse menuë ,
Dont nos bords fortunez composent leur émail.
Coquillages chéris , quand la Mer sur l'Arene ,
Promenant à son gré des flots impetueux ,
Qu'elle étend et retire en les pliant sous eux
Vous laissoit aux graviers échapper avec peine ;
Il sembloit qu'en ces mots tout bas vous`mur→
muriez ,
Flots cruels , disiez - vous , dont la rage fougueuse
Vient de nous séparer de la Roche amoureuse ,
Avec qui nous étions tendrement mariez ;
HâtezFEVRIER:
1733. 289
Hatez-vous , hâtez-vous d'anéantir des restes ,
Désormais consacrez aux plus vives douleurs ;
Vous avec commencé des Destins trop funestes
Mettez le comble à nos malheurs .
Quand on a perdu ce qu'on aime
La vie est un tourment extrême ,
Et le trépas a des douceurs .
Et vous ,
trages ,
Rochers constans , prenez part aux ou⇒
Que nous ont fait les flots de jalousie émus ,
Brisez-les sur vos coins aigus ,
Rendez- leur , chers Rochers, ravages pour ra¬
vages ,
Vengez - vous en vengeant les extrêmes dommages
,
Que nous avons , hélas ! injustement reçûs.
Jouets des flots et des Orages ,
Coquillages , calmez ce violent courroux >
Nous sommes mille fois plus à plaindre que vouse
Ce sont les heureux Mariages ,
Sur qui la Mort barbare aime à lancer ses coups.
Admirables trésors du transparant abîme
Vos destins des Mortels devroient être enviez ,
Quoique tout comme eux vous perḍiez
La substance qui võus anime ,
Vous conservez pourtant des attraits, des beautez,
De diverses proprietez ,
Et des couleurs étincelantes,
On
290 MERCURE DE FRANCE
On vous recherche après , avec empressement ,'
On vient vous arracher aux vagues écumantes ,
Et même vos morceaux sont gardez cherement.
Pour nous , quand sous nos corps nos ames
éclipsées ,
Par le mal destructeur en ont été chassées ,
Et qu'Atropos nous met dans la liste des Morts ;
Que reste-r'il de nous alors ?
Qu'en reste- t'il ? grands Dieux ! les terribles pensées
!
Tout mon sang en fremit ; plus d'appas , pas un
trait ...
La beauté qu'engendroit le souffle de la vie ;
Et qui d'Adorateurs étoit par tout suivie ,
N'est de soi tout au plus qu'un diforme Portrait,
On le craint , on l'éloigne et la tombe dévore ,
Un amas corrompu que la Nature abhorre ,
Mais tirons le rideau sur des objets d'effroi ,
Dont l'aspect fait pâlir le Berger et le Roy ;
Plaignez -vous , soupirez , Humains fondez en
larmes.
Mais Ciel mon oreille n'entend ,
Que plaintes , que courroux , que murmures
qu'allarmes ,
Tout l'Univers déclame et paroît mécontent,
Et par sa plainte circulaire
Forme un Concert horrible à mon entendement.
Un Element est en colere ,
Et se plaint d'un autre Element;
I
La
FEVRIER. 1733.
291
La Terre étant plus basse et moins en mouvement,
Est de leurs fiers discors la victime ordinaire.
Coquillages dorez sur le sable mouvant ,
Vous vous plaignez de l'Onde amere ,
L'Onde à son tour se plaint des Rochers et du
Vent ,
Le Vent du prompt Eole , Eole de Neptune ,
Neptune blâme le Destin.
L'homme à charge à lui- même , inquiet , incertain
,
Accuse à chaque instant les Dieux et la Fortune ,
Il croit que tout s'oppose à son moindre souhait,
Le Monde entier le blesse , il se fuit , il se hait ,
Vautour à lui - même il se ronge ;
Il semble qu'il s'y plaise et que sans cesse il songe,
A creuser dans son coeur pour chercher des
chagrins.
Et moi , j'ai beau gémir pour mes bijoux marins,
Ma plainte est inutile et le voleur s'en moque ,
Consolons- nous , pourtant , docte ami , cher la
Roque ,
Et le Ciel à jamais nous préserve tous deux
De tout accident plus fâcheux.
IDYLLE ,
A M. D. L. R. &c. par M de Malcrais
de la Vigne , du Croisic en Bretagne,
sur ce qu'elle lui a envoie une Boëte
pleine de Coquillages , il y a plus de
deux mois , qui ne lui a point encore été
rendue.
M
•
Es pauvres petits Coquillages ,
Que , pour le cher la Roque , avec tant de plai
sir ,
Mes mains prirent peine à choisir ,
Sur les Sablons dorez qui bordent nos rivages à
Mes pauvres petits Coquillages ,
Vous voilà donc perdus ? Un perfide Courier ;
Un scélerat Aventurier ,
En allant à Paris , vous a vendus pour boire ,
Et pour deux coups de Vin clairet ,
*
Dont l'apas triomphant a séduit sa mémoire ,
Vous restez en ôtage au fond d'un Cabaret.
Cependant il me dit , vous mettant sous l'aisselle
.
286 MERCURE DE FRANCE
Qu'ainsi que sous son front il garde sa prunelle ,
Il vous conserveroit avec semblable soin.
ว
Oui , la Roque ; oui , mon cher, j'en ai plus d'un
témoin .
Me pourrois - tu juger capable d'imposture ?
Est-il de la raison que moi , que j'eusse exprès ,
Envoïé ce Jocrice à grotesque figure ,
De mon présent en l'air te porter les aprêts.
Pouvois- je ainsi payer tes égards , tes bienfaits
A moins que d'avoir l'ame ingrate ?
Moi , qui sans aucun coût , par la Poste reçois ,
Le don gracieux tous les mois ,
De l'excellent Journal que ta main délicate ,
Réduit , compose , arrange , et polit à la fois ,
Dont la Prose et les Vers mêlez avec grand
choix ,
Forment comme des Païsages ,
Où les Prez , les Troupeaux , les Montagnes ,les
Bois ,
Fleuves , Torrens , Hameaux , Villages ,
Villes qu'on n'apperçoit qu'à travers les nuages ,
Charment l'ame , et les yeux , en guérissant l'ennui.
Tel est l'agrément aujourd'hui
De ton Journal , qui brille encor par tes Oud
vrages ,
Beaucoup plus que par ceux d'autrui .
Mais revenons aux Coquillages
Dont
FEVRIER. 1733.
287
Dont la perte fatale enflamma mon couroux.
Quand Diane laissoit l'Amante de Pélée ,
Aller avec l'Onde écoulée ,
Languir entre les bras de son vaillant Epoux ,
Dans une Grotte reculée ,
Out de leurs doux momens les Tritons sont ja
loux ,
Alors par un Sentier , dont la route est sca
breuse ,
M'appuyant d'une main chancelante et peureuse
Marchant à pas serrez , je descendois au fond
D'une retraite sabloneuse ,
>
Et puis par un détour , j'entrois dans un Salon ;
Dont la naïve Architecture
›
Est uniquement due à la simple Nature.
Là , le Roc inégal fait naître des Portraits ,
D'une singuliere structure ,
Qui s'échapent à l'oeil , et perdent tous leurs
traits ,
Quand on les regarde de près,
L'Herbe d'autre côté , diversement fleurie
Avec le Capilaire , enlassée au hazard ,
Produit , sans le secours de l'Art ,
Une verte Tapisserie.
Séjour des Rois , ríches Palais ,
Atrayantes Prisons d'Esclaves magnifiques ,
Heureux qui fut admis sous vos brillans Por
tiques !
Plus
283 MERCURE DE FRANCE
Plus heureux mille fois qui n'y parut jamais !
Ce qu'on voit travaillé sur vos murs à grands
frais ¿
Se présente ici de soi - même ,
Et la Nature qui nous aime
Sçait , au gré de nos voeux , si bien se façonner
Que notre oeil d'abord trouve en elle ,
Ge qu'il nous plaît d'imaginer.
Dans ces lieux , cher la Roque , à moi- même
fidele ,
Je m'étois imposé la loi ,
De cueillir chaque jour pour toi ,
De Coquillage un certain nombre.
Je n'en sortois jamais que le Ciel ne fût sombre ,
Tant mon esprit rêveur m'emportoit loin de moi.
Quelquefois l'Onde revenue ,
Me surprenoit en ce travail ,
Amenant à mes pieds la richesse menuë ,
Dont nos bords fortunez composent leur émail.
Coquillages chéris , quand la Mer sur l'Arene ,
Promenant à son gré des flots impetueux ,
Qu'elle étend et retire en les pliant sous eux
Vous laissoit aux graviers échapper avec peine ;
Il sembloit qu'en ces mots tout bas vous`mur→
muriez ,
Flots cruels , disiez - vous , dont la rage fougueuse
Vient de nous séparer de la Roche amoureuse ,
Avec qui nous étions tendrement mariez ;
HâtezFEVRIER:
1733. 289
Hatez-vous , hâtez-vous d'anéantir des restes ,
Désormais consacrez aux plus vives douleurs ;
Vous avec commencé des Destins trop funestes
Mettez le comble à nos malheurs .
Quand on a perdu ce qu'on aime
La vie est un tourment extrême ,
Et le trépas a des douceurs .
Et vous ,
trages ,
Rochers constans , prenez part aux ou⇒
Que nous ont fait les flots de jalousie émus ,
Brisez-les sur vos coins aigus ,
Rendez- leur , chers Rochers, ravages pour ra¬
vages ,
Vengez - vous en vengeant les extrêmes dommages
,
Que nous avons , hélas ! injustement reçûs.
Jouets des flots et des Orages ,
Coquillages , calmez ce violent courroux >
Nous sommes mille fois plus à plaindre que vouse
Ce sont les heureux Mariages ,
Sur qui la Mort barbare aime à lancer ses coups.
Admirables trésors du transparant abîme
Vos destins des Mortels devroient être enviez ,
Quoique tout comme eux vous perḍiez
La substance qui võus anime ,
Vous conservez pourtant des attraits, des beautez,
De diverses proprietez ,
Et des couleurs étincelantes,
On
290 MERCURE DE FRANCE
On vous recherche après , avec empressement ,'
On vient vous arracher aux vagues écumantes ,
Et même vos morceaux sont gardez cherement.
Pour nous , quand sous nos corps nos ames
éclipsées ,
Par le mal destructeur en ont été chassées ,
Et qu'Atropos nous met dans la liste des Morts ;
Que reste-r'il de nous alors ?
Qu'en reste- t'il ? grands Dieux ! les terribles pensées
!
Tout mon sang en fremit ; plus d'appas , pas un
trait ...
La beauté qu'engendroit le souffle de la vie ;
Et qui d'Adorateurs étoit par tout suivie ,
N'est de soi tout au plus qu'un diforme Portrait,
On le craint , on l'éloigne et la tombe dévore ,
Un amas corrompu que la Nature abhorre ,
Mais tirons le rideau sur des objets d'effroi ,
Dont l'aspect fait pâlir le Berger et le Roy ;
Plaignez -vous , soupirez , Humains fondez en
larmes.
Mais Ciel mon oreille n'entend ,
Que plaintes , que courroux , que murmures
qu'allarmes ,
Tout l'Univers déclame et paroît mécontent,
Et par sa plainte circulaire
Forme un Concert horrible à mon entendement.
Un Element est en colere ,
Et se plaint d'un autre Element;
I
La
FEVRIER. 1733.
291
La Terre étant plus basse et moins en mouvement,
Est de leurs fiers discors la victime ordinaire.
Coquillages dorez sur le sable mouvant ,
Vous vous plaignez de l'Onde amere ,
L'Onde à son tour se plaint des Rochers et du
Vent ,
Le Vent du prompt Eole , Eole de Neptune ,
Neptune blâme le Destin.
L'homme à charge à lui- même , inquiet , incertain
,
Accuse à chaque instant les Dieux et la Fortune ,
Il croit que tout s'oppose à son moindre souhait,
Le Monde entier le blesse , il se fuit , il se hait ,
Vautour à lui - même il se ronge ;
Il semble qu'il s'y plaise et que sans cesse il songe,
A creuser dans son coeur pour chercher des
chagrins.
Et moi , j'ai beau gémir pour mes bijoux marins,
Ma plainte est inutile et le voleur s'en moque ,
Consolons- nous , pourtant , docte ami , cher la
Roque ,
Et le Ciel à jamais nous préserve tous deux
De tout accident plus fâcheux.
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Résumé : LES COQUILLAGES, IDYLLE, A M. D. L. R. &c. par Mlle de Malcrais de la Vigne, du Croisic en Bretagne, sur ce qu'elle lui a envoié une Boëte pleine de Coquillages, il y a plus de deux mois, qui ne lui a point encore été renduë.
Dans une lettre poétique adressée à M. D. L. R., M. de Malcrais, résidant à la Vigne, du Croisic en Bretagne, exprime son mécontentement concernant une boîte de coquillages envoyée il y a plus de deux mois et qui n'est pas encore parvenue à destination. L'auteur décrit les coquillages comme des objets précieux et personnels, perdus à cause d'un courrier malhonnête qui les a vendus pour boire du vin. Il évoque la beauté et la valeur de ces coquillages, comparant leur perte à celle d'un trésor. M. de Malcrais décrit les lieux où il les ramassait, soulignant la beauté naturelle de ces endroits et l'attachement qu'il avait pour cette activité. La lettre se termine par une réflexion sur la fragilité de la vie humaine et la vanité des plaintes, invitant M. D. L. R. à se consoler et à éviter des malheurs plus graves.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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464
p. 312
AUTRE ENIGME.
Début :
Je suis petit de ma nature, [...]
Mots clefs :
Moucheron
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGÂJE.
JE suis petit de ma nature , ,
It puis faire souvent souffrir les plus puissantsä‘
ÿaunoncc toujours le doux temps;
On me perd quand vient la froidure;
Comme PAmour je porte un dard.
Cari fait souvent mainte blessure;
[e fais trembler Philis ; mais enfin tôt ou tard,‘
Un cruel ennemi qui vit de brigandage ,
Me tend un picgc, hélas .' j’y trouve mon nauä;
frage.
JE suis petit de ma nature , ,
It puis faire souvent souffrir les plus puissantsä‘
ÿaunoncc toujours le doux temps;
On me perd quand vient la froidure;
Comme PAmour je porte un dard.
Cari fait souvent mainte blessure;
[e fais trembler Philis ; mais enfin tôt ou tard,‘
Un cruel ennemi qui vit de brigandage ,
Me tend un picgc, hélas .' j’y trouve mon nauä;
frage.
Fermer
465
p. 317-326
Traité sur la Magie, le Sortilege, [titre d'après la table]
Début :
TRAITÉ sur la Magie, le Sortilége, les Possessions, Obsessions et Maléfices, où [...]
Mots clefs :
Église, Traite, Possessions, Magie, Maléfices, Preuves, Réalité, Devins, Magiciens, Astrologie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traité sur la Magie, le Sortilege, [titre d'après la table]
TRAITE' sur la Magie , le Sortilége, les
F Pos318
MERCURE DE FRANCE
Possessions , Obsessions et Maléfices , où
l'on en démontre la vérité et la réalité ;
avec une Méthode sure et facile pour les
' discerner ; et les Réglemens contre les
Devins , Sorciers , Magiciens , & c. Ouvrage
très utile aux Ecclésiastiques , aux
Médecins , et aux Juges . Par M. D. de
304 pag. sans l'Avertissement , les Préfa
ces et les Edits qui sont à la fin.
L'Auteur de cet Ouvrage entre en matiere
dès la Préface ; il y combat les principaux
Argumens de ses Adversaires , et
tâche de leur inspirer des dispositions
plus favorables et plus judicieuses sur ces
importantes matieres. On y trouve par
tout un grand fond de Religion , et l'on
voit que c'est moins pour amener les autres
à son sentiment , que pour la gloire
de Dieu et l'utilité de l'Eglise qu'il a entrepris
cet Ouvrage . Depuis la page 17 de
sa Préface jusqu'à la fin . L'Auteur prend
un moïen bien efficace pour toucher les
Ecclesiastiques ou même les Juges , et
pour les porter à ne pas rester dans une
tranquillité dangereuse , fondez sur la
persuation où ils sont, qu'il n'y a ni Sorfilége
, ni Pacte , ni Maléfice. Il emploïe
le reste de la Préface à combattre et à détruire
une confiance si préjudiciable au
prochain , et si dangereuse à celui-là même
FEVRIER. 1733. 319
me qui demeure par là dans une inaction.
volontaire , et qui de peur de se croire
exclus du Catalogue des beaux Esprits ,
aime mieux exposer ceux qui seroient
réellement attaquez de ces Fléaux, à être les
-tristes et malheureuses victimes de la rage
du Démon , que de se donner la peine
d'examiner avec attention et sans préjugez,
dans un esprit de charité et dans une
disposition telle qu'il voudroit qu'on eût
pour lui en pareil cas , la nature de ces
maladies dont il entend parler , et qu'on
-ne lui présente que trop souvent . Mais
- seront- ils excusables aujour des vangeances
, s'écrie notre Auteur , lorsque le Souverain
Juge leur demandera compte de
leur administration , et que ceux qui
avoient été presentés à leurs soins , et
qu'ils avoient négligez , leur representeront
les maux incroïables , les tentations
et les fureurs ausquelles ils ont été abandonnés
pendant des années réïtérées par
la faute des Ministres ? Suffira-t-il de dire,
je ne croïois pas qu'il y en eut , je regardois
cela comme des Fables , et je regardois
ceux qu'on m'amenoit comme des
Comédiens interessez ; et quand bienmême
il n'y en auroit pas , ne seroit ce
pas , continue- t-il , une prévarication
dans le Ministere , et un péché contre la
Fij cha320
MERCURE DE FRANCE
"
charité chrétienné de ne pas examiner et
de s'endormir là - dessus , au hazard de
laisser son frere en proye à la fureur du
Démon .
Le premier Livre traite de la réalité de
la Magie. L'Aureur pour la prouver ap
porte des Passages tres - formels de l'ancien
Testament ; Passages dont on ne peut
se tirer, en disant , comme ont fait quelques
-uns , qu'en cela l'Ecriture s'accommode
à nos préjugez , puisque le Seigneur
deffend à son Peuple de souffrir
dans son sein aucun Magicien , aucun Devin
et aucun Enchanteur , puisqu'il déclare
qu'il exterminera du milieu de son
Peuple dans son indignation , celui qui
aura recours aux Magiciens , et qui lièra
-commerce avec eux . Le terme Latin est
remarquable , et fornicata fuerit ( anima )
cum eis. Enfin,puisqu'il y réprouve , qu'il
y anathématise les Enchanteurs et les
Devins. Or il faudroit dire que toutes
ces Déclarations de la volonté de Dieu et
de sa haine , sont des déclarations illusoires
et fondées sur nos préjugez , ce qui
seroit horrible à penser.
L'Auteur passe
à une autre preuve, qu'il tire des Rituels.
Il fait voir que l'Eglise a toujours crû
qu'il y avoit des Malefices, et qu'elle s'est
toujours regardée comme jouissant du
pou
FEVRIER 1733 . 321
pouvoir qu'elle a reçu de Jesus Christ
de chasser les Démons et de délivrer les
Corps de ces funestes maladies.
›
La persuasion dans laquelle ont été
toutes les Nations , et en particulier les
Egyptiens , du temps de Moïse , qu'ils
prenoient pour un Enchanteur , fournit
à notre Auteur un autre genre de
preuve
tres-puissant et tres efficace . Comment ,
dit -il , se seroit-il faire
pu
que tant de
Peuples , si bien policcz , si entendus .
dans les connoissances des Sciences humaines
, et gouvernez par de si grands
génies , se soient abusez unanimement sur
ce point , sans jamais avoir eu l'occasion
de se détromper , sans qu'aucun l'ait ja
mais révoqué en doute? Les Loix Romaines
en sont une preuve ; la rigueur des ,
Cours Souveraines qui ont de tout temps
sévi , soutenues en cela par les Princes ,
contre ceux qui ont été convaincus de ces
crimes ; la maniere dont on a procédé
contr'eux , l'aveu que presque tous en ont
fait , sans se retracter ; plusieurs Faits
dont quelques uns sont constatez , d'au-,
tres tres - vrai - semblables ; tout cela peut
passer pour un corps complet de preuves ,
plus fortes les unes que les autres .
L'Auteur insiste davantage sur la conduite
de l'Eglise à l'égard des Maléficiers
F iij das
312 MERCURE DE FRANCE
des Devins , des Enchanteurs , &c . elle
les excommunie , elle exorcise ceux qui
ont été atteints les Maléfices;elle propar
des examens dans lesquels elle spécifie
les différentes sortes de crimes que
les Maléfices renferment . Peut - on rien
trouver de mieux appuyé ?
pose
On trouve ensuite un Extrait du Traité
de la Police, de M.de Lamarre,T. 1. l'Auteur
en expose tout le Titre 7. qui traite
des Magiciens , des Sorciers , des Devineurs
et des Prognostiqueurs. Le premier
Chapitre de ce Titre regarde l'origine de
la Magie et de l'Astrologie judiciaire , et
la division de ces Arts en leur différentes
especes. M. de Lamarre prouve dans
le second Chapitre que ces Arts ont été
condamnez par la Loy de Dieu , et que
les Payens mêmes en ont eu horreut , et
les ont punis du dernier supplice. Le 3 °
chap . traite des Loix de l'Eglise et des
Princes temporels contre la Magie et
l'Astrologie judiciaire , depuis la naissance
du Christianisme . Le 4 est´un Recüeil
d'Ordonnances de nos Rois , contre
la Magie , l'Astrologie judicaire , &c.
depuis l'établissement de la Monarchie.
Notre Auteur termine ce Livre par
plusieurs Exemples fameux , par des traits
d'Histoire , rapportez dans S. Grégoire
le
FEVRIER . 1732 323
le Grand , et dans S. Chrysostome , par
le témoignage d'un tres - grand nombre
d'Auteurs dignes de foy ; enfin par des Décrets
de la Faculté de Théologie de Paris
et de l'Inquisition.
Le second Livre traite des Possessions ,
Obsessions et Maléficès. Il y est cependant
fort peu parlé de cette derniere sorte
de maladie , qui regarde davantage le
Livre précédents on en prouve la réalité
par des Textes formels du Nouveau Testament
, dont on ne peut décliner le poids
ni éluder l'autorité il y joint quelques
Commentateurs de l'Evangile , qui supposent
toujours fondez sur ces Passages
de l'Ecriture , la réalité de ces Maladies.
Mais ,comme ce n'est point assez de prouver
qu'il y en ait eu pendant la vie de
Jesus-Christ , si l'on ne montre que les
Possessions ont encore duré , après sa
Mort ; il prouve par les Actes des Apôtres
, qu'ils en ont guéri plusieurs de
differentes especés, en differens Païs. Il le
montre par le pouvoir que Jesus - Christ
leur a donné , et à l'Eglise en leur personne
, de chasser les Démons en son
nom ; promesse illusoire , pouvoir faux
et trompeur , si les Possessions devoient
cesser à la mort du Sauveur. Il le fait voir
par la persuasion où l'Eglise a toujours
F iiij été
324 MERCURE DE FRANCE
été qu'elle joüissoit du Privilege de chas
ser les Démons , par sa pratique , dans la
Bénédiction de l'eau , des Cloches , des
Maisons , des Ornemens qui lui appartiennent
, par ses Rituels , ses Canons
même et ses Anathêmes. Il le fait voir par
l'établissement de l'Ordre d'exorciser,,
par
les Regles que l'Eglise y impose , par
les conseils et les moyens qu'elle veut
qu'on observe pour découvrir les ruses et
les artifices du Démon dans le Corps des
Possedez.
Il le fait voir encore par l'autorité des
Peres et des Théologiens , de Tertullien ,
de S. Cyprien , de S. Chrysostome , de
S. Jerôme , de S.Gregoire Pape, de S.Thomas
, d'Yves de Chartres , de Guillaume
de Paris . L'Auteur le montre aussi parun
Extrait des Canons Pénitenciaux , tiré
des Instructions de S. Charles aux Confesseurs
, imprimées par ordre du Clergé
de France. Il y joint l'Extrait d'un Ou-
Nrage tres - curieux , de Paul du Bé , Docteur
en Médecine , qui fut approuvé en
1671, par M Puylon , Doyen de la Faculté
de Paris , Guy Patin , Professeur
Royal , Fontaine et de Mersenne ; cet
Extrait est considérable par les recherches
et les raisonnemens solides de cet ancien
et scavant Médecin ; il faut le voir
dans
FEVRIE R. 1733 325
dans le Livre même. Les preuves tirées
de la Tradition sont souvent interrompues
par d'autres preuves de fair ; telles
que les Possessions celebres de Loudun ,
de Laon , & c . Il se sert aussi de plusieurs
Histoires, rapportées par des Hommes Illustres
par leur science et par leur piété ,
ou par des Voïageurs dignes de foy. Mais
quelque vraies que puissent être ces Relations
, on ne se fonde pas de même sur
elles , pour en faire des preuves sans replique
.
L'Auteur passe enfin aux difficultez
qu'on objecte d'ordinaire , et il s'applià
les résoudre depuis la page 265.
que
jusqu'à la fin de son Livre.
On trouve dans cet Ouvrage beaucoup
de recherches et d'érudition , de zéle et
de charité ; il y faudroit peu -être un peu
plus de méthode , d'ordre et de choix
dans les preuves , plus d'instance sur celles
qui sont graves et puissantes , et un
stile plus châtié. Au reste , c'est un Ouvrage
que tout Ecclesiastique principalement
doit avoir , et dont il doit méditer
avec une attention sérieuse ,les argumens ,
peser toutes les raisons et les conséquen
ces .
On trouve à la fin un Edit de Louis
XIV . du 31 Août 1682. pour la puni-
Fv tion
326 MERCURE DE FRANCE
tion des Devins , Magiciens , Sorciers
&c . et une Déclaration du même Prince,
du 1 Juillet 1682. rendue contre les Bohémes
, et contre ceux qui leur donnent
retraite.
F Pos318
MERCURE DE FRANCE
Possessions , Obsessions et Maléfices , où
l'on en démontre la vérité et la réalité ;
avec une Méthode sure et facile pour les
' discerner ; et les Réglemens contre les
Devins , Sorciers , Magiciens , & c. Ouvrage
très utile aux Ecclésiastiques , aux
Médecins , et aux Juges . Par M. D. de
304 pag. sans l'Avertissement , les Préfa
ces et les Edits qui sont à la fin.
L'Auteur de cet Ouvrage entre en matiere
dès la Préface ; il y combat les principaux
Argumens de ses Adversaires , et
tâche de leur inspirer des dispositions
plus favorables et plus judicieuses sur ces
importantes matieres. On y trouve par
tout un grand fond de Religion , et l'on
voit que c'est moins pour amener les autres
à son sentiment , que pour la gloire
de Dieu et l'utilité de l'Eglise qu'il a entrepris
cet Ouvrage . Depuis la page 17 de
sa Préface jusqu'à la fin . L'Auteur prend
un moïen bien efficace pour toucher les
Ecclesiastiques ou même les Juges , et
pour les porter à ne pas rester dans une
tranquillité dangereuse , fondez sur la
persuation où ils sont, qu'il n'y a ni Sorfilége
, ni Pacte , ni Maléfice. Il emploïe
le reste de la Préface à combattre et à détruire
une confiance si préjudiciable au
prochain , et si dangereuse à celui-là même
FEVRIER. 1733. 319
me qui demeure par là dans une inaction.
volontaire , et qui de peur de se croire
exclus du Catalogue des beaux Esprits ,
aime mieux exposer ceux qui seroient
réellement attaquez de ces Fléaux, à être les
-tristes et malheureuses victimes de la rage
du Démon , que de se donner la peine
d'examiner avec attention et sans préjugez,
dans un esprit de charité et dans une
disposition telle qu'il voudroit qu'on eût
pour lui en pareil cas , la nature de ces
maladies dont il entend parler , et qu'on
-ne lui présente que trop souvent . Mais
- seront- ils excusables aujour des vangeances
, s'écrie notre Auteur , lorsque le Souverain
Juge leur demandera compte de
leur administration , et que ceux qui
avoient été presentés à leurs soins , et
qu'ils avoient négligez , leur representeront
les maux incroïables , les tentations
et les fureurs ausquelles ils ont été abandonnés
pendant des années réïtérées par
la faute des Ministres ? Suffira-t-il de dire,
je ne croïois pas qu'il y en eut , je regardois
cela comme des Fables , et je regardois
ceux qu'on m'amenoit comme des
Comédiens interessez ; et quand bienmême
il n'y en auroit pas , ne seroit ce
pas , continue- t-il , une prévarication
dans le Ministere , et un péché contre la
Fij cha320
MERCURE DE FRANCE
"
charité chrétienné de ne pas examiner et
de s'endormir là - dessus , au hazard de
laisser son frere en proye à la fureur du
Démon .
Le premier Livre traite de la réalité de
la Magie. L'Aureur pour la prouver ap
porte des Passages tres - formels de l'ancien
Testament ; Passages dont on ne peut
se tirer, en disant , comme ont fait quelques
-uns , qu'en cela l'Ecriture s'accommode
à nos préjugez , puisque le Seigneur
deffend à son Peuple de souffrir
dans son sein aucun Magicien , aucun Devin
et aucun Enchanteur , puisqu'il déclare
qu'il exterminera du milieu de son
Peuple dans son indignation , celui qui
aura recours aux Magiciens , et qui lièra
-commerce avec eux . Le terme Latin est
remarquable , et fornicata fuerit ( anima )
cum eis. Enfin,puisqu'il y réprouve , qu'il
y anathématise les Enchanteurs et les
Devins. Or il faudroit dire que toutes
ces Déclarations de la volonté de Dieu et
de sa haine , sont des déclarations illusoires
et fondées sur nos préjugez , ce qui
seroit horrible à penser.
L'Auteur passe
à une autre preuve, qu'il tire des Rituels.
Il fait voir que l'Eglise a toujours crû
qu'il y avoit des Malefices, et qu'elle s'est
toujours regardée comme jouissant du
pou
FEVRIER 1733 . 321
pouvoir qu'elle a reçu de Jesus Christ
de chasser les Démons et de délivrer les
Corps de ces funestes maladies.
›
La persuasion dans laquelle ont été
toutes les Nations , et en particulier les
Egyptiens , du temps de Moïse , qu'ils
prenoient pour un Enchanteur , fournit
à notre Auteur un autre genre de
preuve
tres-puissant et tres efficace . Comment ,
dit -il , se seroit-il faire
pu
que tant de
Peuples , si bien policcz , si entendus .
dans les connoissances des Sciences humaines
, et gouvernez par de si grands
génies , se soient abusez unanimement sur
ce point , sans jamais avoir eu l'occasion
de se détromper , sans qu'aucun l'ait ja
mais révoqué en doute? Les Loix Romaines
en sont une preuve ; la rigueur des ,
Cours Souveraines qui ont de tout temps
sévi , soutenues en cela par les Princes ,
contre ceux qui ont été convaincus de ces
crimes ; la maniere dont on a procédé
contr'eux , l'aveu que presque tous en ont
fait , sans se retracter ; plusieurs Faits
dont quelques uns sont constatez , d'au-,
tres tres - vrai - semblables ; tout cela peut
passer pour un corps complet de preuves ,
plus fortes les unes que les autres .
L'Auteur insiste davantage sur la conduite
de l'Eglise à l'égard des Maléficiers
F iij das
312 MERCURE DE FRANCE
des Devins , des Enchanteurs , &c . elle
les excommunie , elle exorcise ceux qui
ont été atteints les Maléfices;elle propar
des examens dans lesquels elle spécifie
les différentes sortes de crimes que
les Maléfices renferment . Peut - on rien
trouver de mieux appuyé ?
pose
On trouve ensuite un Extrait du Traité
de la Police, de M.de Lamarre,T. 1. l'Auteur
en expose tout le Titre 7. qui traite
des Magiciens , des Sorciers , des Devineurs
et des Prognostiqueurs. Le premier
Chapitre de ce Titre regarde l'origine de
la Magie et de l'Astrologie judiciaire , et
la division de ces Arts en leur différentes
especes. M. de Lamarre prouve dans
le second Chapitre que ces Arts ont été
condamnez par la Loy de Dieu , et que
les Payens mêmes en ont eu horreut , et
les ont punis du dernier supplice. Le 3 °
chap . traite des Loix de l'Eglise et des
Princes temporels contre la Magie et
l'Astrologie judiciaire , depuis la naissance
du Christianisme . Le 4 est´un Recüeil
d'Ordonnances de nos Rois , contre
la Magie , l'Astrologie judicaire , &c.
depuis l'établissement de la Monarchie.
Notre Auteur termine ce Livre par
plusieurs Exemples fameux , par des traits
d'Histoire , rapportez dans S. Grégoire
le
FEVRIER . 1732 323
le Grand , et dans S. Chrysostome , par
le témoignage d'un tres - grand nombre
d'Auteurs dignes de foy ; enfin par des Décrets
de la Faculté de Théologie de Paris
et de l'Inquisition.
Le second Livre traite des Possessions ,
Obsessions et Maléficès. Il y est cependant
fort peu parlé de cette derniere sorte
de maladie , qui regarde davantage le
Livre précédents on en prouve la réalité
par des Textes formels du Nouveau Testament
, dont on ne peut décliner le poids
ni éluder l'autorité il y joint quelques
Commentateurs de l'Evangile , qui supposent
toujours fondez sur ces Passages
de l'Ecriture , la réalité de ces Maladies.
Mais ,comme ce n'est point assez de prouver
qu'il y en ait eu pendant la vie de
Jesus-Christ , si l'on ne montre que les
Possessions ont encore duré , après sa
Mort ; il prouve par les Actes des Apôtres
, qu'ils en ont guéri plusieurs de
differentes especés, en differens Païs. Il le
montre par le pouvoir que Jesus - Christ
leur a donné , et à l'Eglise en leur personne
, de chasser les Démons en son
nom ; promesse illusoire , pouvoir faux
et trompeur , si les Possessions devoient
cesser à la mort du Sauveur. Il le fait voir
par la persuasion où l'Eglise a toujours
F iiij été
324 MERCURE DE FRANCE
été qu'elle joüissoit du Privilege de chas
ser les Démons , par sa pratique , dans la
Bénédiction de l'eau , des Cloches , des
Maisons , des Ornemens qui lui appartiennent
, par ses Rituels , ses Canons
même et ses Anathêmes. Il le fait voir par
l'établissement de l'Ordre d'exorciser,,
par
les Regles que l'Eglise y impose , par
les conseils et les moyens qu'elle veut
qu'on observe pour découvrir les ruses et
les artifices du Démon dans le Corps des
Possedez.
Il le fait voir encore par l'autorité des
Peres et des Théologiens , de Tertullien ,
de S. Cyprien , de S. Chrysostome , de
S. Jerôme , de S.Gregoire Pape, de S.Thomas
, d'Yves de Chartres , de Guillaume
de Paris . L'Auteur le montre aussi parun
Extrait des Canons Pénitenciaux , tiré
des Instructions de S. Charles aux Confesseurs
, imprimées par ordre du Clergé
de France. Il y joint l'Extrait d'un Ou-
Nrage tres - curieux , de Paul du Bé , Docteur
en Médecine , qui fut approuvé en
1671, par M Puylon , Doyen de la Faculté
de Paris , Guy Patin , Professeur
Royal , Fontaine et de Mersenne ; cet
Extrait est considérable par les recherches
et les raisonnemens solides de cet ancien
et scavant Médecin ; il faut le voir
dans
FEVRIE R. 1733 325
dans le Livre même. Les preuves tirées
de la Tradition sont souvent interrompues
par d'autres preuves de fair ; telles
que les Possessions celebres de Loudun ,
de Laon , & c . Il se sert aussi de plusieurs
Histoires, rapportées par des Hommes Illustres
par leur science et par leur piété ,
ou par des Voïageurs dignes de foy. Mais
quelque vraies que puissent être ces Relations
, on ne se fonde pas de même sur
elles , pour en faire des preuves sans replique
.
L'Auteur passe enfin aux difficultez
qu'on objecte d'ordinaire , et il s'applià
les résoudre depuis la page 265.
que
jusqu'à la fin de son Livre.
On trouve dans cet Ouvrage beaucoup
de recherches et d'érudition , de zéle et
de charité ; il y faudroit peu -être un peu
plus de méthode , d'ordre et de choix
dans les preuves , plus d'instance sur celles
qui sont graves et puissantes , et un
stile plus châtié. Au reste , c'est un Ouvrage
que tout Ecclesiastique principalement
doit avoir , et dont il doit méditer
avec une attention sérieuse ,les argumens ,
peser toutes les raisons et les conséquen
ces .
On trouve à la fin un Edit de Louis
XIV . du 31 Août 1682. pour la puni-
Fv tion
326 MERCURE DE FRANCE
tion des Devins , Magiciens , Sorciers
&c . et une Déclaration du même Prince,
du 1 Juillet 1682. rendue contre les Bohémes
, et contre ceux qui leur donnent
retraite.
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Résumé : Traité sur la Magie, le Sortilege, [titre d'après la table]
Le texte présente un ouvrage intitulé 'Traité sur la Magie, le Sortilège, les Possessions, Obsessions et Maléfices', rédigé par M. D. Cet ouvrage vise à démontrer la réalité et la vérité de la magie et des maléfices, et propose une méthode pour les discerner. Il s'adresse principalement aux ecclésiastiques, médecins et juges. Dans la préface, l'auteur réfute les arguments de ses adversaires en insistant sur l'importance de reconnaître l'existence de la magie et des maléfices pour la gloire de Dieu et l'utilité de l'Église. Il critique ceux qui restent indifférents, les mettant en garde contre les dangers de cette inaction. Le premier livre traite de la réalité de la magie. L'auteur utilise des passages de l'Ancien Testament et des rituels de l'Église pour prouver son existence. Il souligne également la croyance universelle des nations anciennes, comme les Égyptiens, et les lois romaines sévères contre la magie. Le second livre aborde les possessions, obsessions et maléfices. L'auteur prouve leur réalité par des textes du Nouveau Testament et les pratiques de l'Église. Il cite divers auteurs et décrets pour appuyer ses arguments. L'ouvrage inclut des extraits de traités sur la police, des exemples historiques et des décrets de la Faculté de Théologie de Paris et de l'Inquisition. Il se termine par des édits de Louis XIV concernant la punition des devins, magiciens et sorciers. Globalement, l'ouvrage est riche en recherches et en érudition, bien que l'auteur suggère qu'il pourrait bénéficier d'une meilleure méthode et d'un style plus châtié. Il est recommandé aux ecclésiastiques pour méditer sérieusement ses arguments.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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466
p. 379-380
ITALIE.
Début :
On écrit de Naples que le Mont Vésuve a jetté depuis peu beaucoup de Flammes ; et [...]
Mots clefs :
Tremblement, Volcan, Vésuve, Éruption, Fumée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
N écrit de Naples que le Mont Vésuve a
jetté depuis peu beaucoup de Flammes , er
comme on a observé que lorsque ce Volcan paroît
embrasé , on éprouve rarement des tremblemens
de terre on se flate d'être délivré de ce
Fléau , au moins pour quelque temps.
La Ville de la Cava , située dans la Principau
té de Salerne, a été fort endommagée du dernier
tremblement , et l'Evêque a couru risque d'être
enseveli sous les ruines de son Palais , qui a été
entierement détruit , ainsi que l'Eglise du Dôme ,
celle des Religieux Mineurs de l'Observance , et
leur Convent.
Par les Lettres de la fin du mois dernier , on
apprend qu'on avoit ressenti à Naples , et presque
dans tout le reste du Royaume , de nouvelles
secousses de tremblement de terre; la Ville de
Benevent en a essuyé pendant plusieurs heures de
tres-violentes ; la plupart des Eglises et des autres
Edifices qui avoient résité au dernier tremblement
ont été fort endommagez par celui- cy
et tous les habitans , et l'Archevêque même , ont
été obligez de sortir de la Ville , par la crainte
d'être
380 MERCURE DE FRANCE
d'être accablez sous la ruine des Maisons.
On apprend de Messine , que vers le mêmetemps,
le Mont Ethna avoit jetté un nombre prodigieux
de grosses Pierres , qui ont causé de
grands dommages dans les environs , et dont
quelques-unes ont été portées jusqu'à Catane ;
que cette éruption avoit été précédée d'un brouil-
Lard épais ; qu'ensuite on avoit entendu un bruit
affreux , qui avoit fait croire que le Volcan alloit
être englouti ; que quelques minutes après ,
il en étoit sorti une fumée noire , qui avoit obscurci
tout l'horison ; qu'à cette fumée avoit succédé
l'éruption dont on vient de parler ; et que
depuis , le Volcan avoit jetté toutes les nuits
et quelquefois pendant le jour, une grande quantité
de Aammes.
N écrit de Naples que le Mont Vésuve a
jetté depuis peu beaucoup de Flammes , er
comme on a observé que lorsque ce Volcan paroît
embrasé , on éprouve rarement des tremblemens
de terre on se flate d'être délivré de ce
Fléau , au moins pour quelque temps.
La Ville de la Cava , située dans la Principau
té de Salerne, a été fort endommagée du dernier
tremblement , et l'Evêque a couru risque d'être
enseveli sous les ruines de son Palais , qui a été
entierement détruit , ainsi que l'Eglise du Dôme ,
celle des Religieux Mineurs de l'Observance , et
leur Convent.
Par les Lettres de la fin du mois dernier , on
apprend qu'on avoit ressenti à Naples , et presque
dans tout le reste du Royaume , de nouvelles
secousses de tremblement de terre; la Ville de
Benevent en a essuyé pendant plusieurs heures de
tres-violentes ; la plupart des Eglises et des autres
Edifices qui avoient résité au dernier tremblement
ont été fort endommagez par celui- cy
et tous les habitans , et l'Archevêque même , ont
été obligez de sortir de la Ville , par la crainte
d'être
380 MERCURE DE FRANCE
d'être accablez sous la ruine des Maisons.
On apprend de Messine , que vers le mêmetemps,
le Mont Ethna avoit jetté un nombre prodigieux
de grosses Pierres , qui ont causé de
grands dommages dans les environs , et dont
quelques-unes ont été portées jusqu'à Catane ;
que cette éruption avoit été précédée d'un brouil-
Lard épais ; qu'ensuite on avoit entendu un bruit
affreux , qui avoit fait croire que le Volcan alloit
être englouti ; que quelques minutes après ,
il en étoit sorti une fumée noire , qui avoit obscurci
tout l'horison ; qu'à cette fumée avoit succédé
l'éruption dont on vient de parler ; et que
depuis , le Volcan avoit jetté toutes les nuits
et quelquefois pendant le jour, une grande quantité
de Aammes.
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Résumé : ITALIE.
En Italie, le Mont Vésuve a récemment montré une activité accrue avec l'émission de nombreuses flammes. Contrairement aux attentes, les tremblements de terre sont rares durant ces éruptions, offrant un répit temporaire. La ville de La Cava, dans la principauté de Salerne, a subi des dommages importants lors du dernier séisme, détruisant notamment le palais de l'évêque, la cathédrale et le couvent des Religieux Mineurs de l'Observance. Des secousses ont également été ressenties à Naples et dans tout le royaume, causant des dégâts significatifs à Benevent, où les habitants et l'archevêque ont dû évacuer par crainte des ruines. Parallèlement, le Mont Etna, à Messine, a projeté un grand nombre de pierres, endommageant les environs et jusqu'à Catane. Cette éruption a été précédée d'un brouillard épais, d'un bruit affreux et d'une fumée noire obscurcissant l'horizon. Depuis, le volcan émet régulièrement des flammes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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467
p. 463-469
DISCOURS prononcé dans l'Hôtel de Ville de la Rochelle, le 18 Juillet 1732. par M. Regnaud, l'un des Membres de la nouvelle Académie Royale, à la tête de la Compagnie.
Début :
MESSIEURS, Nous venons partager avec vous la joïe que nous [...]
Mots clefs :
Académie de La Rochelle, Établissement, La Rochelle, Société littéraire, Sciences, Public, Amour, Gloire, Province, Postérité, Belles-lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DISCOURS prononcé dans l'Hôtel de Ville de la Rochelle, le 18 Juillet 1732. par M. Regnaud, l'un des Membres de la nouvelle Académie Royale, à la tête de la Compagnie.
DISCOURS prononcé dans l'Hôtel
de Ville de la Rochelle , le 18 Juillet
1732. par M.Regnaud , l'un des Membres
de la nouvelle Académie Royale , à
la tête de la Compagnie.
M
ESSIEURS ,
Nous venons partager avec vous la
joïe que nous cause un Etablissement
aussi glorieux pour cette Ville , qu'il lui
sera utile dans la suite. Cette Société Litteraire
qui s'est formée sous vos yeux, qui
des son commencement a eu l'approba
tion de M. Bignon , Intendant de la Province
, est aujourd'hui honorée de la Protection
de Monseigneur le Prince de
Conti , et érigée en Corps Académique ,
par les Lettres Patentes , qu'il a plû au
Roy de nous accorder .
L'amour de l'Etude avoit fait naître
l'idée de cet Etablissement , la Sagesse
l'a conduit , la Vertu l'a protegé , et l'authorité
Souveraine vient de le rendre stable
, par une de ces graces singulieres que
S. M. ne répand que sur les Villes qui lúi
sont les plus attachées , les plus soumises ,
Ciiij et
464 MERCURE DE FRANCE
et , si je l'ose dire , les plus cheres.
Prérogative bien glorieuse pour nous
mais encore plus interressante ! elle nous
découvre le caractere bienfaisant du Prince,
sous les Loix duquel nous avons le bonheur
de vivre , son zele à étendre l'Empire
des Lettres jusqu'aux extrémitez de la
France , et, ce qui doit nous toucher plus
vivement, son attention à procurer à cette
Ville , tout ce qui peut lui être avantageux.
En effet , MESSIEURS , nos besoins
sont satisfaits , dès qu'il les connoît ; il
sçait que le commerce de cette Ville a
perdu de son activité et de son étenduë
que notre Port est devenu inaccessible
aux Vaisseaux ; il en ordonne le rétablis
sement , l'ouvrage est commencé , et l'expérience
de celui à qui il est confié , nous
assure du succès .
ོ་
བ་
Vraiment Pere de ses Peuples , il veille
sans cesse à leur conservation ; des maladies
Périodiques affligent les habitans de
cette Ville ; il ordonne d'en chercher la
cause, on la découvre, et déja nous voïons
près de cette Digue fameuse , qui sembloit
devoir nous éloigner de la Mer en lui
prescrivant de nouvelles bornes , mille
bras occupez au salut public.
Mieux instruit que nous sommes de
"no"
MARS. 1733.
465
nos propres interêts , il prévient les suites
funestes de cette avidité qui avoit porté
les Contrées voisines à changer l'usage de
leurs Terres , sans faire attention , qu'en
multipliant à l'excès , les fruits d'une
même espece , elles causoient une abondance
capable de ruiner la principale ressource
de cette Province.
Il semble , MESSIEURS , que cet Astre
ne soit placé sur nos têtes que pour
nous faire sentir la douceur de ses influences
; toujours attentif à recompenser
le mérite et les services de ses Sujets , il
vient de répandre un nouveau lustre
sur une Compagnie encore plus - respectable
par les qualitez de l'esprit et
du coeur , que par le nouvel éclat dont
S. M. a bien voulu l'honorer.
Secondant les voeux d'un Corps qué la
piété et le sçavoir ont toujours distingués
il veut , à l'honneur de la Religion élever
des Autels , dignes de sa Magnificence
Royale , dans les mêmes lieux où l'on regrete
encore ceux que la Guerre et l'Hérésie
ont renverses avec tant de fureur.
›
Notre reconnoissance se ranime à la
vûë de tous ces bienfaits ; mais eussionsnous
pû , MESSIEURS la marquer
d'une manière assez éclatante , si la nouvelle
faveur que nous recevons de S. M.
C v
ne
466 MERCURE DE FRANCE
ne nous mettoit en état de la rendre publique
, et de la faire passer jusqu'à la
posterité la plus reculée.
L'amour des Letttes , et leurs progrès
dans un Etat sont des marques assurées
de grandeur et de prosperité , et leur Etablissement
dans une Ville , et pour tous
les Citoiens , une source de gloire , à laquelle
chacun a droit de prétendre,à proportion
de ses talens .
Vous le sçavez , MESSIEURS , et j'ose
le dire , vous le sçavez par expérience
quels sont les avantages que l'on retire de
la connoissance et de l'amour des belles
Lettres ; jamais l'ame n'est mieux préparée
à la vertu que lorsque les Sciences y
ont répandu la lumiere , plus on est instruit
, micux on est en état de remplir ses
devoirs.
Pour nous en convaincre , parcourons
les differens états d'une Ville où les Lettres
et les Sciences sont cultivées ; nous y
verrons tous les Postes également bien
remplis ; l'authorité y esr sans aigreur ;
Pobéissance sans contrainte ; un heureux
Equilibre y entretient l'harmonie et la
paix ; il regne entre ses habitans , " une
émulation sans envie ; des moeurs douces.
et policées y rendent la société agréable ;
les Arts sont portez à leur perfection , la
ReliMAR
S. 1733 .
467
Religion est honorée et respectée, les Loix
sont en vigueur, chacun est occupé au milieu
de l'abondance.
.. Ce sont-là , MESSIEURS , les fruits
des Sciences et des Belles - Lettres , dont
vous avez jetté les premieres semences
dans cette Province , par l'établissement
de ces Ecoles publiques , où l'on cultive
sans cesse les biens les plus précieux de la
vie , la sience et la vertu.
De là sont sortis ces grands sentimens ,
ces nobles idées , qui se sont dévelopées
peu à peu , et ausquelles il ne manquoit
que le temps et l'occasion pour éclater.
Telle est aussi , MESSIEURS , l'origine de
cette Société Litteraire , à la gloire de laquelle
vous vous trouvez interressez par
des motifs si pressans.
Jettez les yeux pour un moment , sur
un avenir , qui n'est peut - être pas si
éloigné ; et vous verrez les effets de la
noble émulation que cet établissement
va exciter dans tous les coeurs de nos Concitoiens
; vous verrez que ces Plantes si
cheres que vous cultivez avec tant de précaution
, que ces Enfans , dignes de tout
votre amour , comme de tous vos soins ;
seront les premiets à profiter de tous ces
avantages ; ces genies propres aux plus
grandes choses , cultivez par une heu-
C vi reuse
468 MERCURE DE FRANCE
reuse éducation et animez par des exem-
-ples domestiques , rempliront dignement
la place de leurs Peres , et deviendront.
un jour comme eux l'honneur et la gloire
de leur Patrie.
Si le coeur se porte sans cesse vers l'objet
qu'il aime , avec quelle impatience,
MESSIEURS , n'attendez vous point
ces heureux momens où vous pourrez
faire usage de ces sentimens de générosité
qui vous sont si naturels , et qui conviennent
si - bien au poste que voire mérite
semble vous avoir procuré avant le
temps ?
Vous n'aurez , MESSIEURS, qu'à laisser
agir . votre reconnoissance , envers les
Lettres , nos désirs seront remplis , et
l'Académie aura lieu de se féliciter d'une
si heureuse circonstance.
Tour se déclare en notre faveur ; vous.
connoissez ; MESSIEURS , le prix des
Lettres , et vous en faites la matiere de
vos plus douces occupations , les uns par
d'élégantes traductions que le public attend
avec impatience ; les autres par des
Discours aussi solides qu'éloquens , prononcez
avec grace en diverses occasions ;
d'autres , par des recherches et des Anecdotes
aussi utiles à tous les Etats , que
glorieuses à ceux qui se sont appliquez à
former
MARS. 1733.
469
former ces précieux dépôts. Enfin , MESSIEURS,
Votre gout pour les Sciences et
votre zele pour l'intérêt public , nous
donnent lieu d'esperer que vous contribuerez
de tout votre pouvoir à soutenir
un Etablissement qui ne sauroit être indifferent
à ceux qu'une heureuse éducation
distingne du yulgaire.
La gloire du Roy , celle du Prince
notre Auguste Protecteur, le Bien public,
nos interêts communs . Voilà , MESSIEURS ,
les motifs qui doivent nous réunir , pour
faire éclater notre juste reconnoissance ret
pour apprendre à la postérité que les plus
brillantes Victoires des Regnes précédens
cedenr aux douceurs dont nous
jouissons sous le meilleur de tous les
Rois.
de Ville de la Rochelle , le 18 Juillet
1732. par M.Regnaud , l'un des Membres
de la nouvelle Académie Royale , à
la tête de la Compagnie.
M
ESSIEURS ,
Nous venons partager avec vous la
joïe que nous cause un Etablissement
aussi glorieux pour cette Ville , qu'il lui
sera utile dans la suite. Cette Société Litteraire
qui s'est formée sous vos yeux, qui
des son commencement a eu l'approba
tion de M. Bignon , Intendant de la Province
, est aujourd'hui honorée de la Protection
de Monseigneur le Prince de
Conti , et érigée en Corps Académique ,
par les Lettres Patentes , qu'il a plû au
Roy de nous accorder .
L'amour de l'Etude avoit fait naître
l'idée de cet Etablissement , la Sagesse
l'a conduit , la Vertu l'a protegé , et l'authorité
Souveraine vient de le rendre stable
, par une de ces graces singulieres que
S. M. ne répand que sur les Villes qui lúi
sont les plus attachées , les plus soumises ,
Ciiij et
464 MERCURE DE FRANCE
et , si je l'ose dire , les plus cheres.
Prérogative bien glorieuse pour nous
mais encore plus interressante ! elle nous
découvre le caractere bienfaisant du Prince,
sous les Loix duquel nous avons le bonheur
de vivre , son zele à étendre l'Empire
des Lettres jusqu'aux extrémitez de la
France , et, ce qui doit nous toucher plus
vivement, son attention à procurer à cette
Ville , tout ce qui peut lui être avantageux.
En effet , MESSIEURS , nos besoins
sont satisfaits , dès qu'il les connoît ; il
sçait que le commerce de cette Ville a
perdu de son activité et de son étenduë
que notre Port est devenu inaccessible
aux Vaisseaux ; il en ordonne le rétablis
sement , l'ouvrage est commencé , et l'expérience
de celui à qui il est confié , nous
assure du succès .
ོ་
བ་
Vraiment Pere de ses Peuples , il veille
sans cesse à leur conservation ; des maladies
Périodiques affligent les habitans de
cette Ville ; il ordonne d'en chercher la
cause, on la découvre, et déja nous voïons
près de cette Digue fameuse , qui sembloit
devoir nous éloigner de la Mer en lui
prescrivant de nouvelles bornes , mille
bras occupez au salut public.
Mieux instruit que nous sommes de
"no"
MARS. 1733.
465
nos propres interêts , il prévient les suites
funestes de cette avidité qui avoit porté
les Contrées voisines à changer l'usage de
leurs Terres , sans faire attention , qu'en
multipliant à l'excès , les fruits d'une
même espece , elles causoient une abondance
capable de ruiner la principale ressource
de cette Province.
Il semble , MESSIEURS , que cet Astre
ne soit placé sur nos têtes que pour
nous faire sentir la douceur de ses influences
; toujours attentif à recompenser
le mérite et les services de ses Sujets , il
vient de répandre un nouveau lustre
sur une Compagnie encore plus - respectable
par les qualitez de l'esprit et
du coeur , que par le nouvel éclat dont
S. M. a bien voulu l'honorer.
Secondant les voeux d'un Corps qué la
piété et le sçavoir ont toujours distingués
il veut , à l'honneur de la Religion élever
des Autels , dignes de sa Magnificence
Royale , dans les mêmes lieux où l'on regrete
encore ceux que la Guerre et l'Hérésie
ont renverses avec tant de fureur.
›
Notre reconnoissance se ranime à la
vûë de tous ces bienfaits ; mais eussionsnous
pû , MESSIEURS la marquer
d'une manière assez éclatante , si la nouvelle
faveur que nous recevons de S. M.
C v
ne
466 MERCURE DE FRANCE
ne nous mettoit en état de la rendre publique
, et de la faire passer jusqu'à la
posterité la plus reculée.
L'amour des Letttes , et leurs progrès
dans un Etat sont des marques assurées
de grandeur et de prosperité , et leur Etablissement
dans une Ville , et pour tous
les Citoiens , une source de gloire , à laquelle
chacun a droit de prétendre,à proportion
de ses talens .
Vous le sçavez , MESSIEURS , et j'ose
le dire , vous le sçavez par expérience
quels sont les avantages que l'on retire de
la connoissance et de l'amour des belles
Lettres ; jamais l'ame n'est mieux préparée
à la vertu que lorsque les Sciences y
ont répandu la lumiere , plus on est instruit
, micux on est en état de remplir ses
devoirs.
Pour nous en convaincre , parcourons
les differens états d'une Ville où les Lettres
et les Sciences sont cultivées ; nous y
verrons tous les Postes également bien
remplis ; l'authorité y esr sans aigreur ;
Pobéissance sans contrainte ; un heureux
Equilibre y entretient l'harmonie et la
paix ; il regne entre ses habitans , " une
émulation sans envie ; des moeurs douces.
et policées y rendent la société agréable ;
les Arts sont portez à leur perfection , la
ReliMAR
S. 1733 .
467
Religion est honorée et respectée, les Loix
sont en vigueur, chacun est occupé au milieu
de l'abondance.
.. Ce sont-là , MESSIEURS , les fruits
des Sciences et des Belles - Lettres , dont
vous avez jetté les premieres semences
dans cette Province , par l'établissement
de ces Ecoles publiques , où l'on cultive
sans cesse les biens les plus précieux de la
vie , la sience et la vertu.
De là sont sortis ces grands sentimens ,
ces nobles idées , qui se sont dévelopées
peu à peu , et ausquelles il ne manquoit
que le temps et l'occasion pour éclater.
Telle est aussi , MESSIEURS , l'origine de
cette Société Litteraire , à la gloire de laquelle
vous vous trouvez interressez par
des motifs si pressans.
Jettez les yeux pour un moment , sur
un avenir , qui n'est peut - être pas si
éloigné ; et vous verrez les effets de la
noble émulation que cet établissement
va exciter dans tous les coeurs de nos Concitoiens
; vous verrez que ces Plantes si
cheres que vous cultivez avec tant de précaution
, que ces Enfans , dignes de tout
votre amour , comme de tous vos soins ;
seront les premiets à profiter de tous ces
avantages ; ces genies propres aux plus
grandes choses , cultivez par une heu-
C vi reuse
468 MERCURE DE FRANCE
reuse éducation et animez par des exem-
-ples domestiques , rempliront dignement
la place de leurs Peres , et deviendront.
un jour comme eux l'honneur et la gloire
de leur Patrie.
Si le coeur se porte sans cesse vers l'objet
qu'il aime , avec quelle impatience,
MESSIEURS , n'attendez vous point
ces heureux momens où vous pourrez
faire usage de ces sentimens de générosité
qui vous sont si naturels , et qui conviennent
si - bien au poste que voire mérite
semble vous avoir procuré avant le
temps ?
Vous n'aurez , MESSIEURS, qu'à laisser
agir . votre reconnoissance , envers les
Lettres , nos désirs seront remplis , et
l'Académie aura lieu de se féliciter d'une
si heureuse circonstance.
Tour se déclare en notre faveur ; vous.
connoissez ; MESSIEURS , le prix des
Lettres , et vous en faites la matiere de
vos plus douces occupations , les uns par
d'élégantes traductions que le public attend
avec impatience ; les autres par des
Discours aussi solides qu'éloquens , prononcez
avec grace en diverses occasions ;
d'autres , par des recherches et des Anecdotes
aussi utiles à tous les Etats , que
glorieuses à ceux qui se sont appliquez à
former
MARS. 1733.
469
former ces précieux dépôts. Enfin , MESSIEURS,
Votre gout pour les Sciences et
votre zele pour l'intérêt public , nous
donnent lieu d'esperer que vous contribuerez
de tout votre pouvoir à soutenir
un Etablissement qui ne sauroit être indifferent
à ceux qu'une heureuse éducation
distingne du yulgaire.
La gloire du Roy , celle du Prince
notre Auguste Protecteur, le Bien public,
nos interêts communs . Voilà , MESSIEURS ,
les motifs qui doivent nous réunir , pour
faire éclater notre juste reconnoissance ret
pour apprendre à la postérité que les plus
brillantes Victoires des Regnes précédens
cedenr aux douceurs dont nous
jouissons sous le meilleur de tous les
Rois.
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Résumé : DISCOURS prononcé dans l'Hôtel de Ville de la Rochelle, le 18 Juillet 1732. par M. Regnaud, l'un des Membres de la nouvelle Académie Royale, à la tête de la Compagnie.
Le 18 juillet 1732, M. Regnaud, membre de la nouvelle Académie Royale de La Rochelle, a prononcé un discours célébrant la création d'une société littéraire dans la ville. Cette initiative a été approuvée par M. Bignon, Intendant de la Province, et protégée par Monseigneur le Prince de Conti, avant d'être officialisée par des lettres patentes du roi. L'établissement de cette académie est perçu comme une source de gloire et d'utilité pour La Rochelle. Le discours souligne la bienveillance du roi envers les villes loyales et soumises, mettant en avant son zèle pour l'expansion des lettres et son attention aux besoins de La Rochelle. Le roi a ordonné la restauration du port et la lutte contre les maladies périodiques affectant la ville. Il a également pris des mesures pour prévenir les conséquences néfastes de l'avidité agricole dans les régions voisines. L'académie est vue comme un moyen de promouvoir la vertu et la connaissance, contribuant à une société harmonieuse et prospère. Le discours encourage les membres à cultiver les lettres et les sciences, soulignant leur rôle dans le développement des talents et des vertus civiques. La reconnaissance envers le roi et le prince est exprimée, ainsi que l'espoir de voir les jeunes générations bénéficier de cette éducation et devenir un jour l'honneur de leur patrie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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468
p. 504
ENIGME.
Début :
Venez, Iris, que j'orne votre sein ; [...]
Mots clefs :
Violette
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Venez ,Iris , que j'orne votre scia ;
Quoique je sois d'une couleur fort brune ,
Ma beauté n'est pas si commune ,
Plus d'un Mortel me cherche le matin .
Je dois ma naissance à l'Aurore ,
Et peut-être je suis un des premiers présens ,
Que ses larmes fassent éclore ,
Pour exciter un de vos Sens.
Venez ,Iris , que j'orne votre scia ;
Quoique je sois d'une couleur fort brune ,
Ma beauté n'est pas si commune ,
Plus d'un Mortel me cherche le matin .
Je dois ma naissance à l'Aurore ,
Et peut-être je suis un des premiers présens ,
Que ses larmes fassent éclore ,
Pour exciter un de vos Sens.
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469
p. 530-532
Spectacle de la Nature, [titre d'après la table]
Début :
SPECTACLE DE LA NATURE, &c. La veuve Etienne, ruë S. Jacques, et [...]
Mots clefs :
Spectacle de la nature, Nouvelle édition, Frontispice, Plantes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Spectacle de la Nature, [titre d'après la table]
SPECTACLE DE LA NATURE, & C.
La veuve Etienne , ruë S. Jacques , et
Jean Dessaint , vis - à - vis le College de
Beauvais , viennent d'exposer en vente
la nouvelle Edition de ce bel Ouvrage ,
dont le débit est encore plus rapide que
celui de la premiere . C'est le sort de
tous les bons Livres . On a réimprimé,
le même Ouvrage à Utrech ; mais il ne
paroît pas que cette Edition d'Hollande
soit fort recherchée , parce que celle qu'on
donne ici de nouveau est augmentée de
quatre Planches qui contiennent bien des
figures , et de plusieurs Observations
considerables sur la Cochenille , sur les
Coquillages et en particulier sur les Plantes
MARS. 17337
53Y
dont l'Auteur explique la structure
dans un grand détail.
tes ,
Il promet dans une nouvelle Préface ,
de donner avec le second Tome , un
Supplément pour le premier , en faveur
de ceux qui ont acquis la premiere Edition
. Il répondra à quelques objections
assez legeres qu'on a faites sur le choix
de ses Interlocuteurs , & c.
Une Vignette très - bien inventée et
d'une belle execution , orne le Frontispice
de cette nouvelle Edition. Elle est
de la composition de M. Robert , qui
vient de poser dans l'Eglise des RR . PP.
Capucins du Marais , deux grands Tableaux
qui attirent beaucoup de Curieux.
Le Sujet de cette Gravûre est Salomon
occupé de l'Etude de la Nature. Il s'entretient
sur les Plantes avec un Vieillard , et
lui montre un Arbre qui se meurt, parce
qu'on a fait une entaille dans son écorce,
ce qui empêche que la séve ne puisse refluer
ou circuler vers les racines .
L'inclination du Roy de Judée , marquée
dans l'Ecriture , où ses Ordres lui
attirent des Curiositez naturelles de differens
Endroits . Un Vigoureux Matelot
vient ici lui présenter le Poisson
appellé Scie , à cause de la Scie énorme .
dont il a la tête armée. D'un autre côté un
Fij Egyp532
MERCURE DE FRANCE
Egyptien lui apporte un Crocodile. Un
petit Enfant paroît sur le devant , chargé
d'un panier , rempli de differens Coquillages
qu'il veut aussi présenter ; mais
la vue de l'épouventable Crocodile lui
fait tout tomber des mains , et il se jette
tout éperdu du côté du Matelot , qu'il
saisit par l'habit. Tout sent l'habile main
dans ces differentes expressions , et on
peut dire
que le Frontispice est digne du
Livre.
La veuve Etienne , ruë S. Jacques , et
Jean Dessaint , vis - à - vis le College de
Beauvais , viennent d'exposer en vente
la nouvelle Edition de ce bel Ouvrage ,
dont le débit est encore plus rapide que
celui de la premiere . C'est le sort de
tous les bons Livres . On a réimprimé,
le même Ouvrage à Utrech ; mais il ne
paroît pas que cette Edition d'Hollande
soit fort recherchée , parce que celle qu'on
donne ici de nouveau est augmentée de
quatre Planches qui contiennent bien des
figures , et de plusieurs Observations
considerables sur la Cochenille , sur les
Coquillages et en particulier sur les Plantes
MARS. 17337
53Y
dont l'Auteur explique la structure
dans un grand détail.
tes ,
Il promet dans une nouvelle Préface ,
de donner avec le second Tome , un
Supplément pour le premier , en faveur
de ceux qui ont acquis la premiere Edition
. Il répondra à quelques objections
assez legeres qu'on a faites sur le choix
de ses Interlocuteurs , & c.
Une Vignette très - bien inventée et
d'une belle execution , orne le Frontispice
de cette nouvelle Edition. Elle est
de la composition de M. Robert , qui
vient de poser dans l'Eglise des RR . PP.
Capucins du Marais , deux grands Tableaux
qui attirent beaucoup de Curieux.
Le Sujet de cette Gravûre est Salomon
occupé de l'Etude de la Nature. Il s'entretient
sur les Plantes avec un Vieillard , et
lui montre un Arbre qui se meurt, parce
qu'on a fait une entaille dans son écorce,
ce qui empêche que la séve ne puisse refluer
ou circuler vers les racines .
L'inclination du Roy de Judée , marquée
dans l'Ecriture , où ses Ordres lui
attirent des Curiositez naturelles de differens
Endroits . Un Vigoureux Matelot
vient ici lui présenter le Poisson
appellé Scie , à cause de la Scie énorme .
dont il a la tête armée. D'un autre côté un
Fij Egyp532
MERCURE DE FRANCE
Egyptien lui apporte un Crocodile. Un
petit Enfant paroît sur le devant , chargé
d'un panier , rempli de differens Coquillages
qu'il veut aussi présenter ; mais
la vue de l'épouventable Crocodile lui
fait tout tomber des mains , et il se jette
tout éperdu du côté du Matelot , qu'il
saisit par l'habit. Tout sent l'habile main
dans ces differentes expressions , et on
peut dire
que le Frontispice est digne du
Livre.
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Résumé : Spectacle de la Nature, [titre d'après la table]
Le texte annonce la vente de la nouvelle édition de l'ouvrage 'Spectacle de la Nature', disponible chez la veuve Etienne et Jean Dessaint. Cette édition est plus populaire que la précédente et inclut quatre nouvelles planches avec des figures et des observations supplémentaires sur la cochenille, les coquillages et les plantes. L'auteur prévoit un supplément pour les possesseurs de la première édition et répondra à certaines objections concernant le choix de ses interlocuteurs. La nouvelle édition est ornée d'une vignette au frontispice, réalisée par M. Robert. Cette gravure représente Salomon étudiant la nature, entouré de divers personnages : un vieillard discutant des plantes, un matelot présentant un poisson-scie, un Égyptien offrant un crocodile, et un enfant effrayé par ce dernier. Salomon montre également un arbre mourant à cause d'une entaille dans son écorce. Le frontispice est salué pour la qualité de ses expressions.
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470
p. 544-545
Lettre du Marquis Maffei, sur un feu rare et singulier, [titre d'après la table]
Début :
Prault, Libraire sur le Quay de Gêvres, débite une Brocure in 12. intitulée : [...]
Mots clefs :
Italien, Maffei, Corps d'une femme, Feu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre du Marquis Maffei, sur un feu rare et singulier, [titre d'après la table]
Prault, Libraire sur le Quay de Gêvres,
débite une Brochure in 12. intitulée :
LETTRE de M. le Marquis Maffei ,
contenant le Récit et l'Explication d'un Feu
rare et singulier sorti du corps d'une
Femme , &c.
>
Nous n'avons point encore vû cette
Lettre imprimée , mais nous avons reçû
sur son contenu le petit Memoire que
voici.
On donne cette Lettre comme traduite
de l'Italien de M. Maffei , mais
ceux qui l'auront vûë en Italien , connoîtront
qu'elle est très - differente en
beaucoup d'endroits et que dans cette
Traduction on a ajoûté des pages entieres
et retranché d'autres , qui étoient trèsessentielles
; desorte que ceux qui en seroient
curieux , le sujet l'étant vraiment
delui - même , doivent la voir en Italien.
Et
MARS. 1733. 545
Et même pour bien entendre celle- cy il
seroit necessaire d'en avoir vû une autre
que le même Auteur écrivit il y a plu-,
sieurs années à M. Valisnieri , dans laquelle
il lui propose une nouvelle opinion
sur la formation des Foudres , sans
quoi on ne peut avoir de plaisir à lire
celle-la . Ce nouveau sentiment nommé
dans plusieurs Livres , Découverte sur la
Foudre , est déja fameux en d'autres Pays ;
un Saxon a écrit un Livre en Latin pour
le confirmer , mais il n'est pas encore
connu en France , par la négligence des
Libraires à faire venir les Livres d'Italie,
débite une Brochure in 12. intitulée :
LETTRE de M. le Marquis Maffei ,
contenant le Récit et l'Explication d'un Feu
rare et singulier sorti du corps d'une
Femme , &c.
>
Nous n'avons point encore vû cette
Lettre imprimée , mais nous avons reçû
sur son contenu le petit Memoire que
voici.
On donne cette Lettre comme traduite
de l'Italien de M. Maffei , mais
ceux qui l'auront vûë en Italien , connoîtront
qu'elle est très - differente en
beaucoup d'endroits et que dans cette
Traduction on a ajoûté des pages entieres
et retranché d'autres , qui étoient trèsessentielles
; desorte que ceux qui en seroient
curieux , le sujet l'étant vraiment
delui - même , doivent la voir en Italien.
Et
MARS. 1733. 545
Et même pour bien entendre celle- cy il
seroit necessaire d'en avoir vû une autre
que le même Auteur écrivit il y a plu-,
sieurs années à M. Valisnieri , dans laquelle
il lui propose une nouvelle opinion
sur la formation des Foudres , sans
quoi on ne peut avoir de plaisir à lire
celle-la . Ce nouveau sentiment nommé
dans plusieurs Livres , Découverte sur la
Foudre , est déja fameux en d'autres Pays ;
un Saxon a écrit un Livre en Latin pour
le confirmer , mais il n'est pas encore
connu en France , par la négligence des
Libraires à faire venir les Livres d'Italie,
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Résumé : Lettre du Marquis Maffei, sur un feu rare et singulier, [titre d'après la table]
La brochure 'Lettre de M. le Marquis Maffei' décrit un phénomène rare : un feu sortant du corps d'une femme. Cette lettre est une traduction de l'italien, mais elle diffère de l'original par des ajouts et des suppressions. Les lecteurs sont encouragés à consulter la version italienne pour une compréhension complète. Pour mieux appréhender cette lettre, il est conseillé de lire une autre missive de Maffei, écrite des années auparavant et adressée à M. Valisnieri. Cette lettre précédente expose une nouvelle théorie sur la formation des foudres, intitulée 'Découverte sur la Foudre'. Cette théorie est déjà renommée dans divers pays, et un Saxon a même rédigé un livre en latin pour la confirmer. Cependant, cet ouvrage n'est pas encore connu en France en raison de la négligence des libraires à importer des livres d'Italie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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471
p. 671-681
DESCRIPTION des Curiositez Naturelles et autres, du Cabinet de M. Capperon, ancien Doyen de S. Maxent, dans la Ville d'Eu en Normandie.
Début :
J'avois addressé à un de mes amis à Paris, un Détail de mon Cabinet pour [...]
Mots clefs :
Cabinet, Curiosités, Pierres, Pierre, Caillou, Cailloux, Suc pétrifiant, Coquille, Coquilles, Morceaux, Morceau, Empreinte, Cristallin, Poisson, Curieux, Roche, Étoiles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION des Curiositez Naturelles et autres, du Cabinet de M. Capperon, ancien Doyen de S. Maxent, dans la Ville d'Eu en Normandie.
DESCRIPTION des Curiositez
Naturelles et autres , du Cabinet de
M. Capperon , ancien Doyen de S. Maxent
, dans la Ville d'Eu en Normandie.
'Avois addressé à un de mes amis à
Paris , un Détail de mon Cabinet pour
sa satisfaction particuliere , et j'étois fort
éloigné de croire que ce Détail méritât
d'être publié. Mon ami et plusieurs personnes
éclairées sur ces sortes de choses
en ont jugé autrement , et m'ont engagé
à le laisser imprimer.J'espere du moins
que cela pourra exciter d'autres Curieux
qui possedent des raretez considerables ,
à en donner connoissance au Public par
la même voye , ce qui fera plaisir , sans
doute , à beaucoup de personnes , et en
excitera d'autres à faire de semblables Recherches
, capables de faire admirer les
Pro-
1 C iij
672 MERCURE DE FRANCE
Productions singulieres de la Nature et
l'immensité de la sagesse de son Auteur..
MINERA U X.
Un morceau de Mine d'argent , de la
grosseur d'un oeuf, où sont quantité de
filets d'argent qui sortent de la Pierre ;
deux morceaux de Mine de Cuivre ; deux
autres où le Cuivre se trouve incorporé
dans de la pierre d'Ardoise ; deux morceaux
de Mine d'Etain de Cornouaille ;
plusieurs morceaux de Mine de Fer.
Pierres précieuses on curieuses.
Deux morceaux d'Emeraude brute, dont
P'un est gros comme un oeuf de Pigeon .
Plusieurs morceaux de Turquoise brute.
Un morceau d'Ametiste brute. Pierre
d'Hyacinthe brute. Plusieurs Grenats .
Autres Grenats de Bohême . Diverses Agathes
de differentes couleurs , dont quelques-
unes sont gravées. Pierre d'Azur.
Pierre de Jade. La Pierre Selenite , qui
se couppe par filets argentez , dont les
Turcs font des Aigrettes . Des Pierres ,
dites de la Croix . Plusieurs morceaux de
la Pierre Hematite. Des Pierres Crapau
dines. Plusieurs Pierres d'Hirondelles . Des.
Pierres Judaïques. Differentes Pierres Stel
laires. Trois Pierres nommées Cornes
d'Ammon;
手画
AVRIL. 1733 .
873
Ammon , à l'une desquelles il se trouve
une Coquille fossile attachée; ce qui prouve
la verité de ce qui a été dit à l'Académie
des Sciences , que ces Pierres ne
sont formées que par le suc pétrifiant
qui s'est introduit dans le creux d'une
sorte de Coquille , où il s'est durci en
pierre, et moulé selon la figure interieure
de la Coquille. J'ai plusieurs Cailloux
qui prouvent la même chose , gardant la
figure des Coquilles dans lesquelles ils se
sont formez . Plusieurs Pierres nommées
Pyrites , toutes hérissées de pointes trèsaiguës,
en forme de pointes de Diamans.-
Deux de ces Pierres fort grosses , attachées
à de gros Cailloux , sur lesquels
elles se sont formées . Autres Pierres qu'on
peut nommer Cerebellites , parce qu'elles
ont la figure du Cerveau humain . Quatre
differentes sortes de Pierres d'Aigles ,
dont quelques- unes se nomment Geodes.
Plusieurs Pierres où paroissent diverses
figures peintes au naturel , qu'on nomme
Camayeux. La premiere représente
un Lyon entier. La 2. un Christ , dont
les lineamens du visage , du nez , des
yeux , de la bouche ; les cheveux sont
tracez par la Nature seule. La 3. un homme
avec un bonnet de couleur diferente,
ayant les mains croisées. La 4. une autre
C iiij formée
374 MERCURE DE FRANCE
formée en buste . La 5. une femme avec
sa coëffure très - bien faite. La 6. autre
figure d'homme avec un long bonnet. La
7. une tête de Loup très- naturelle . La
8. une tête de Cochon aussi très - naturelle.
La 9. une autre où la Nature seule
a peint d'un côté une Vipere , et de
l'autre côté un Brochet. La 10. une Pierre
dite de Florence , où est représentée
une Ville. La Pierre nommée Dendrite ,
où sont représentées naturellement des
herbes très -menuës. Enfin une Pierre
d'Aiman armée , dont la force est sensible
à deux pieds de distance.
Le Systême de la formation des Pierres
parfaitement démontré par les Pierres
mêmes , rangées pour cela sur une Tablette.
On voit premierement un Caillou ,
au centre duquel est la Coquille d'un
Oursin ou Hérisson de Mer totalement
devenue Caillou , par la raison que le suc
pétrifiant qui a formé le Caillou , l'ayant
enveloppée, il s'est insinué dans cette Coquille
par les deux trous qui y sont naturellement
, et l'ayant par ce moyen remplie
, il en a fait un Caillou parfait , qui
ne tenoit au Caillou qui l'enveloppoit
que par ces deux endroits , ayant par là
une même continuité ; ce qui démontre
qu'il
AVRIL. 1733. 675
qu'il y a dans la terre un suc pétrifiant
ou Cristalin , lequel étant d'abord liquide
se durcit et se congele ensuite , et
forme par ce moyen les Pierres et les Cailloux.
Une Pierre de Grez , où sont plusieurs
petits Cailloux de differentes couleurs
et séparez , laquelle Pierre s'est formée
par le suc pétrifiant , qui s'étant insinué
dans du sable où étoient ces petits
Cailloux , en a fait une seule masse de
pierre. Divers Cailloux où sont differentes
empreintes . Dans le premier est une
très- belle empreinte de six especes de
boutons , et quatre longues figures d'éguilles.
Un autre où est l'empreinte d'une
Coquille. Trois autres cù sont les empreintes
des Coquilles des Hérissons de
Mer ou Oursins . Autre où est une belle
empreinte d'une portion de Coquille singuliere.
Autre Pierre comme l'Ardoise
venant de l'Ifle d'Acadie , où est l'empreinte
d'une espece de Fougere d'un côté,
et de l'autre est l'empreinte de deux Plantes
de Capilaire. Toutes ces empreintes
justifient que les Pierres sont formées
d'un suc pétrifiant , lequel se congelant
contre certains corps , en prend la figure
et l'empreinte.
Un morceau de Cristal de Roche , gros
comme une balle de Jeu de Paume , for-
Cy mé
376 MERCURE DE FRANCE
mé en pointe et à six pans. Autre sorte
de Cristal de Roche formé par éguilles ;
ce qui n'est autre chose que le suc pétrifiant
et Cristalin congelé dans toute
sa pureté . Autre morceau de Cristal de
Roche , formé aussi à six pans , et coloré
de verd en partie ; ce qui démontre que
toutes les Pierres précieuses , sont formées
de suc cristalin très- pur , lequel se
colore diversement , suivant les Métaux
et autres corps sur lesquels il lesquels passe. Autre
Caillou , pierre à fusil , haut de trois
pouces et de pareille largeur , d'où le
suc pétrifiant , ayant abondamment exu-`
dé et comme vegeté , a formé plusieurs
branches rondes et grosses comme le petit
deigt. Autre semblable Caillou , où
ce suc a exudé en élevations rondes
comme la Gomme exude quelquefois des
Cerisiers. Plusieurs autres semblables Cailloux
, dans le creux desquels se voyent
une infinité de brillants ; ce qui vient
de ce que le suc cristalin ayant exudé
du Caillou , au centre duquel il se trouvoit
de l'eau , ce suc s'est cristalisé à facettes
, ce qui lui arrive toutes les fois
qu'il se cristalise , se formant toujours à
six pans dans sa cristalisation. Suivent
diverses congellations de ce suc , tant sur
des pierres , que sur des Coquilles . En-
,
fin
AVRIL. 1733
677
in paroissent differentes pétrifications ,
qui viennent de ce que le suc pétrifiant
s'étant rencontré dans la terre où étoient
certains corps , et les ayant penetrez comme
le sucre pénetre une Confiture seche ,
les a durcis et pétrifiez .
Pétrifications.
Un morceau de bois de Hêtre parfaitiement
pétrifié , jettant du feu comme
un autre Caillou . Autre morceau de bois
pourri pétrifié. Un Caillou qui paroît
avoir été une branche d'arbre pétrifiée.
Autre , qui paroît une Poire pétrifiée.
Une Figue parfaitement pétrifiée . Une
Huitre entiere parfaitement pétrifiée.
Quatre ou cinq autres moins parfaites.
Grand nombre d'autres Coquillages dans
tout leur entier , parfaitement pétrifiés ,
dont plusieurs sont encore attachez aux
Cailloux. Des Cupules de glands pétrifiez ,
Herbe espece de Coraline pétrifiée , dont
une est attachée au Caillou . Grand nombre
de têtes de l'herbe nommée Presle ,
et autres fragmens de la même Herbe
pétrifiée. Noyau de Prune séparé en deux
parties , pétrifié. Oeil et Dent de Serpent
pétrifiez. Plusieurs Glossopetres , qu'on
dit être des Langues de Serpents pétrifiées
; mais qui sont plutôt des Dents du
C vj Poisson
678 MERCURE DE FRANCE
Poisson nommé Requein , comme il m'est
aisé de le justifier. Trois Ossemens de
Morts , faisant partie du Tibia , pétrifiez ; -
sur l'un desquels sont attachez des fragmens
de Coquilles , également pétrifiez.
Une Plante Marine, espece d'Ortie de Mer
pétrifiée. Garnd nombre de très - petites
Etoiles qui se trouvent dans une Fontaine
proche d'Alençon et ailleurs , que je crois
être des Embrions des Etoiles de Mer
pétrifiées .
Plantes pierreuses de la Mer.
Une Plante de Corail. Deux Madre
ports de differentes façons . Autre Plante
pierreuse nommée Rétepore . Autre d'un
beau rouge , formée de differens petits
tuyaux , couchez les uns sur les autres ;
elle se nomme Tabularia. Autre plus
grosse , de couleur grise et dont les tubes
sont rangez par ordre comme les
tuyaux des Orgues , pourquoi on peut
la nommer Orgue de Mer. Autre blanche
, formée sur un petit Caillou , qui est
agréablement frisée. Autre , formée en
vrai Champignon , qu'on peut justement
nommer Champignon de Mer. Deux Ombilics
de Mer , venant de la Méditerranée.
Quantité d'une sorte de Rocaille, couleur
de gris - de-lin , qu'on peut dire être une
espece
AVRIL 1733 679
espece de Corail. Il y en a aussi de blancs.
Differentes pieces d'autres Rocailles formées
de Tubes , où se nichent certains
Vers dans la Mer.
Coquillages.
Plusieurs Coquillages qu'il seroit en
nuyeux de nommer les uns après les
autres ; il y a entr'autres un beau Burgos
de la plus belle Nacre. Un Nautile ,
travaillé , sur lequel on a laissé une espece
de filigramme et qu'on a couppe
de sorte qu'il s'y trouve un Casque parfait.
La grande et la petite Pinna , &c.
11 y a aussi quantité de Coquilles fossilles
differentes , que j'ai trouvées dans
le creux des Montagnes , qualquefois
20. et 30. toises de profondeur , dont
plusieurs sont encore attachées aux Cailloux
et aux moilons , qui ne sont pas
connues ici. J'ai fait quelques Dissertations
sur l'origine de ces Coquilles , qui
ont été inserées dans les Mercures.
Poissons
Un petit Requein entier. La mâchoire
d'un autre plus gros , avec le nombre
prodigieux de ses dents. Des Orbes à Bouclier
, en Latin Orbis Scutatus. Un Polipe
desseché. Une grande Aragnée de
Mer
680 MERCURE DE FRANCE
Mer. Une autre plus petite , sur le dos
de laquelle plusieurs Ecailles d'Huitres se
trouvent attachées et incorporées. Differentes
especes d'Etoiles belles et curieuses,
sorte de Poisson . Plusieurs grandes et petites
Coquilles de l'Oursin , nommé en
Latin Echinus Spatagus.Des Poissons nommez
Eguilles de Mer , dont le corps n'est
pas rond, mais à plusieurs pans. Il y a aussi
quelques Plantes curieuses de la Mer , et des
Plumes de Mer , qui se tirent du dos du
Poisson nommé pour cela Calamar ; parce
qu'il a en même-temps dans le corps de
l'Encre dont on peut écrire. L'Oyseau
nommé dans Jonstons Anser Magellanicus
, lequel , quoique beaucoup plus gros
qu'une Oye , a des aîles qui n'ont que 4 .
pouces de longueur ; il m'a été envoyé de
Dieppe depuis peu .
Animaux differens.
Un petit Crocodile long de trois pieds
bien conservé. Quelques Ecailles de Tortuës
, très belles. Ecaille du dos de l'Armadillo
, Animal des Indes. Deux Senembys
ou Iguana , Lézard du Bresil . Une
Salamandre . Un Crapau à queue. Une
figure d'Aspic , qui paroît naturel. Plusieurs
petits Chevaux Marins. Un petit
Canard à deux têtes , desseché. Le Sauelete
AVRIL. 1733. 681
lete d'une Grenoüille. Le Taureau volant
du Brezil , sorte de gros Insecte .
Plusieurs autres Insectes curieux. Un Papillon
dont les aîles étendües ont quatre
pouces de longueur , qui a sur le dos la
figure d'une tête de Mort , et qui étant
vivant , pousse un cri assez haut. Un Lezard
singulier qui se conserve dans de
l'esprit de vin,
Autres choses curieuses .
Une espece de Passement fait avec l'Amiante
ou Lin incombustible. Racine
singuliere , dont toutes les fibres sont séparées
et à jour. Deux Oeufs d'Autruche.
Un grand Verre ardent et un Miroir
ardent. Une Urne Sépulchrale , et
les Portraits des 12. Césars , en Email.
Plusieurs differens Microscopes avec lesquels
j'ai trouvé la méthode de voir quels
sont les Sels qui sont dans l'air ; et les
figures specifiques de tous les Sels . Plusieurs
figures de Fruits. Un Dévidoir et
une grosse tête de Pavot , dans deux Bouteilles
de verre , dont le goulot est fort
étroit , de ma façon , Un Portefeuille rempli
de belles Estampes et Desseins curieux.
Une petite Ecuelle faite d'Ecorce
d'arbre proprement travaillée à l'usage
des Sauvages.
Le reste pour le prochain Mercure.
Naturelles et autres , du Cabinet de
M. Capperon , ancien Doyen de S. Maxent
, dans la Ville d'Eu en Normandie.
'Avois addressé à un de mes amis à
Paris , un Détail de mon Cabinet pour
sa satisfaction particuliere , et j'étois fort
éloigné de croire que ce Détail méritât
d'être publié. Mon ami et plusieurs personnes
éclairées sur ces sortes de choses
en ont jugé autrement , et m'ont engagé
à le laisser imprimer.J'espere du moins
que cela pourra exciter d'autres Curieux
qui possedent des raretez considerables ,
à en donner connoissance au Public par
la même voye , ce qui fera plaisir , sans
doute , à beaucoup de personnes , et en
excitera d'autres à faire de semblables Recherches
, capables de faire admirer les
Pro-
1 C iij
672 MERCURE DE FRANCE
Productions singulieres de la Nature et
l'immensité de la sagesse de son Auteur..
MINERA U X.
Un morceau de Mine d'argent , de la
grosseur d'un oeuf, où sont quantité de
filets d'argent qui sortent de la Pierre ;
deux morceaux de Mine de Cuivre ; deux
autres où le Cuivre se trouve incorporé
dans de la pierre d'Ardoise ; deux morceaux
de Mine d'Etain de Cornouaille ;
plusieurs morceaux de Mine de Fer.
Pierres précieuses on curieuses.
Deux morceaux d'Emeraude brute, dont
P'un est gros comme un oeuf de Pigeon .
Plusieurs morceaux de Turquoise brute.
Un morceau d'Ametiste brute. Pierre
d'Hyacinthe brute. Plusieurs Grenats .
Autres Grenats de Bohême . Diverses Agathes
de differentes couleurs , dont quelques-
unes sont gravées. Pierre d'Azur.
Pierre de Jade. La Pierre Selenite , qui
se couppe par filets argentez , dont les
Turcs font des Aigrettes . Des Pierres ,
dites de la Croix . Plusieurs morceaux de
la Pierre Hematite. Des Pierres Crapau
dines. Plusieurs Pierres d'Hirondelles . Des.
Pierres Judaïques. Differentes Pierres Stel
laires. Trois Pierres nommées Cornes
d'Ammon;
手画
AVRIL. 1733 .
873
Ammon , à l'une desquelles il se trouve
une Coquille fossile attachée; ce qui prouve
la verité de ce qui a été dit à l'Académie
des Sciences , que ces Pierres ne
sont formées que par le suc pétrifiant
qui s'est introduit dans le creux d'une
sorte de Coquille , où il s'est durci en
pierre, et moulé selon la figure interieure
de la Coquille. J'ai plusieurs Cailloux
qui prouvent la même chose , gardant la
figure des Coquilles dans lesquelles ils se
sont formez . Plusieurs Pierres nommées
Pyrites , toutes hérissées de pointes trèsaiguës,
en forme de pointes de Diamans.-
Deux de ces Pierres fort grosses , attachées
à de gros Cailloux , sur lesquels
elles se sont formées . Autres Pierres qu'on
peut nommer Cerebellites , parce qu'elles
ont la figure du Cerveau humain . Quatre
differentes sortes de Pierres d'Aigles ,
dont quelques- unes se nomment Geodes.
Plusieurs Pierres où paroissent diverses
figures peintes au naturel , qu'on nomme
Camayeux. La premiere représente
un Lyon entier. La 2. un Christ , dont
les lineamens du visage , du nez , des
yeux , de la bouche ; les cheveux sont
tracez par la Nature seule. La 3. un homme
avec un bonnet de couleur diferente,
ayant les mains croisées. La 4. une autre
C iiij formée
374 MERCURE DE FRANCE
formée en buste . La 5. une femme avec
sa coëffure très - bien faite. La 6. autre
figure d'homme avec un long bonnet. La
7. une tête de Loup très- naturelle . La
8. une tête de Cochon aussi très - naturelle.
La 9. une autre où la Nature seule
a peint d'un côté une Vipere , et de
l'autre côté un Brochet. La 10. une Pierre
dite de Florence , où est représentée
une Ville. La Pierre nommée Dendrite ,
où sont représentées naturellement des
herbes très -menuës. Enfin une Pierre
d'Aiman armée , dont la force est sensible
à deux pieds de distance.
Le Systême de la formation des Pierres
parfaitement démontré par les Pierres
mêmes , rangées pour cela sur une Tablette.
On voit premierement un Caillou ,
au centre duquel est la Coquille d'un
Oursin ou Hérisson de Mer totalement
devenue Caillou , par la raison que le suc
pétrifiant qui a formé le Caillou , l'ayant
enveloppée, il s'est insinué dans cette Coquille
par les deux trous qui y sont naturellement
, et l'ayant par ce moyen remplie
, il en a fait un Caillou parfait , qui
ne tenoit au Caillou qui l'enveloppoit
que par ces deux endroits , ayant par là
une même continuité ; ce qui démontre
qu'il
AVRIL. 1733. 675
qu'il y a dans la terre un suc pétrifiant
ou Cristalin , lequel étant d'abord liquide
se durcit et se congele ensuite , et
forme par ce moyen les Pierres et les Cailloux.
Une Pierre de Grez , où sont plusieurs
petits Cailloux de differentes couleurs
et séparez , laquelle Pierre s'est formée
par le suc pétrifiant , qui s'étant insinué
dans du sable où étoient ces petits
Cailloux , en a fait une seule masse de
pierre. Divers Cailloux où sont differentes
empreintes . Dans le premier est une
très- belle empreinte de six especes de
boutons , et quatre longues figures d'éguilles.
Un autre où est l'empreinte d'une
Coquille. Trois autres cù sont les empreintes
des Coquilles des Hérissons de
Mer ou Oursins . Autre où est une belle
empreinte d'une portion de Coquille singuliere.
Autre Pierre comme l'Ardoise
venant de l'Ifle d'Acadie , où est l'empreinte
d'une espece de Fougere d'un côté,
et de l'autre est l'empreinte de deux Plantes
de Capilaire. Toutes ces empreintes
justifient que les Pierres sont formées
d'un suc pétrifiant , lequel se congelant
contre certains corps , en prend la figure
et l'empreinte.
Un morceau de Cristal de Roche , gros
comme une balle de Jeu de Paume , for-
Cy mé
376 MERCURE DE FRANCE
mé en pointe et à six pans. Autre sorte
de Cristal de Roche formé par éguilles ;
ce qui n'est autre chose que le suc pétrifiant
et Cristalin congelé dans toute
sa pureté . Autre morceau de Cristal de
Roche , formé aussi à six pans , et coloré
de verd en partie ; ce qui démontre que
toutes les Pierres précieuses , sont formées
de suc cristalin très- pur , lequel se
colore diversement , suivant les Métaux
et autres corps sur lesquels il lesquels passe. Autre
Caillou , pierre à fusil , haut de trois
pouces et de pareille largeur , d'où le
suc pétrifiant , ayant abondamment exu-`
dé et comme vegeté , a formé plusieurs
branches rondes et grosses comme le petit
deigt. Autre semblable Caillou , où
ce suc a exudé en élevations rondes
comme la Gomme exude quelquefois des
Cerisiers. Plusieurs autres semblables Cailloux
, dans le creux desquels se voyent
une infinité de brillants ; ce qui vient
de ce que le suc cristalin ayant exudé
du Caillou , au centre duquel il se trouvoit
de l'eau , ce suc s'est cristalisé à facettes
, ce qui lui arrive toutes les fois
qu'il se cristalise , se formant toujours à
six pans dans sa cristalisation. Suivent
diverses congellations de ce suc , tant sur
des pierres , que sur des Coquilles . En-
,
fin
AVRIL. 1733
677
in paroissent differentes pétrifications ,
qui viennent de ce que le suc pétrifiant
s'étant rencontré dans la terre où étoient
certains corps , et les ayant penetrez comme
le sucre pénetre une Confiture seche ,
les a durcis et pétrifiez .
Pétrifications.
Un morceau de bois de Hêtre parfaitiement
pétrifié , jettant du feu comme
un autre Caillou . Autre morceau de bois
pourri pétrifié. Un Caillou qui paroît
avoir été une branche d'arbre pétrifiée.
Autre , qui paroît une Poire pétrifiée.
Une Figue parfaitement pétrifiée . Une
Huitre entiere parfaitement pétrifiée.
Quatre ou cinq autres moins parfaites.
Grand nombre d'autres Coquillages dans
tout leur entier , parfaitement pétrifiés ,
dont plusieurs sont encore attachez aux
Cailloux. Des Cupules de glands pétrifiez ,
Herbe espece de Coraline pétrifiée , dont
une est attachée au Caillou . Grand nombre
de têtes de l'herbe nommée Presle ,
et autres fragmens de la même Herbe
pétrifiée. Noyau de Prune séparé en deux
parties , pétrifié. Oeil et Dent de Serpent
pétrifiez. Plusieurs Glossopetres , qu'on
dit être des Langues de Serpents pétrifiées
; mais qui sont plutôt des Dents du
C vj Poisson
678 MERCURE DE FRANCE
Poisson nommé Requein , comme il m'est
aisé de le justifier. Trois Ossemens de
Morts , faisant partie du Tibia , pétrifiez ; -
sur l'un desquels sont attachez des fragmens
de Coquilles , également pétrifiez.
Une Plante Marine, espece d'Ortie de Mer
pétrifiée. Garnd nombre de très - petites
Etoiles qui se trouvent dans une Fontaine
proche d'Alençon et ailleurs , que je crois
être des Embrions des Etoiles de Mer
pétrifiées .
Plantes pierreuses de la Mer.
Une Plante de Corail. Deux Madre
ports de differentes façons . Autre Plante
pierreuse nommée Rétepore . Autre d'un
beau rouge , formée de differens petits
tuyaux , couchez les uns sur les autres ;
elle se nomme Tabularia. Autre plus
grosse , de couleur grise et dont les tubes
sont rangez par ordre comme les
tuyaux des Orgues , pourquoi on peut
la nommer Orgue de Mer. Autre blanche
, formée sur un petit Caillou , qui est
agréablement frisée. Autre , formée en
vrai Champignon , qu'on peut justement
nommer Champignon de Mer. Deux Ombilics
de Mer , venant de la Méditerranée.
Quantité d'une sorte de Rocaille, couleur
de gris - de-lin , qu'on peut dire être une
espece
AVRIL 1733 679
espece de Corail. Il y en a aussi de blancs.
Differentes pieces d'autres Rocailles formées
de Tubes , où se nichent certains
Vers dans la Mer.
Coquillages.
Plusieurs Coquillages qu'il seroit en
nuyeux de nommer les uns après les
autres ; il y a entr'autres un beau Burgos
de la plus belle Nacre. Un Nautile ,
travaillé , sur lequel on a laissé une espece
de filigramme et qu'on a couppe
de sorte qu'il s'y trouve un Casque parfait.
La grande et la petite Pinna , &c.
11 y a aussi quantité de Coquilles fossilles
differentes , que j'ai trouvées dans
le creux des Montagnes , qualquefois
20. et 30. toises de profondeur , dont
plusieurs sont encore attachées aux Cailloux
et aux moilons , qui ne sont pas
connues ici. J'ai fait quelques Dissertations
sur l'origine de ces Coquilles , qui
ont été inserées dans les Mercures.
Poissons
Un petit Requein entier. La mâchoire
d'un autre plus gros , avec le nombre
prodigieux de ses dents. Des Orbes à Bouclier
, en Latin Orbis Scutatus. Un Polipe
desseché. Une grande Aragnée de
Mer
680 MERCURE DE FRANCE
Mer. Une autre plus petite , sur le dos
de laquelle plusieurs Ecailles d'Huitres se
trouvent attachées et incorporées. Differentes
especes d'Etoiles belles et curieuses,
sorte de Poisson . Plusieurs grandes et petites
Coquilles de l'Oursin , nommé en
Latin Echinus Spatagus.Des Poissons nommez
Eguilles de Mer , dont le corps n'est
pas rond, mais à plusieurs pans. Il y a aussi
quelques Plantes curieuses de la Mer , et des
Plumes de Mer , qui se tirent du dos du
Poisson nommé pour cela Calamar ; parce
qu'il a en même-temps dans le corps de
l'Encre dont on peut écrire. L'Oyseau
nommé dans Jonstons Anser Magellanicus
, lequel , quoique beaucoup plus gros
qu'une Oye , a des aîles qui n'ont que 4 .
pouces de longueur ; il m'a été envoyé de
Dieppe depuis peu .
Animaux differens.
Un petit Crocodile long de trois pieds
bien conservé. Quelques Ecailles de Tortuës
, très belles. Ecaille du dos de l'Armadillo
, Animal des Indes. Deux Senembys
ou Iguana , Lézard du Bresil . Une
Salamandre . Un Crapau à queue. Une
figure d'Aspic , qui paroît naturel. Plusieurs
petits Chevaux Marins. Un petit
Canard à deux têtes , desseché. Le Sauelete
AVRIL. 1733. 681
lete d'une Grenoüille. Le Taureau volant
du Brezil , sorte de gros Insecte .
Plusieurs autres Insectes curieux. Un Papillon
dont les aîles étendües ont quatre
pouces de longueur , qui a sur le dos la
figure d'une tête de Mort , et qui étant
vivant , pousse un cri assez haut. Un Lezard
singulier qui se conserve dans de
l'esprit de vin,
Autres choses curieuses .
Une espece de Passement fait avec l'Amiante
ou Lin incombustible. Racine
singuliere , dont toutes les fibres sont séparées
et à jour. Deux Oeufs d'Autruche.
Un grand Verre ardent et un Miroir
ardent. Une Urne Sépulchrale , et
les Portraits des 12. Césars , en Email.
Plusieurs differens Microscopes avec lesquels
j'ai trouvé la méthode de voir quels
sont les Sels qui sont dans l'air ; et les
figures specifiques de tous les Sels . Plusieurs
figures de Fruits. Un Dévidoir et
une grosse tête de Pavot , dans deux Bouteilles
de verre , dont le goulot est fort
étroit , de ma façon , Un Portefeuille rempli
de belles Estampes et Desseins curieux.
Une petite Ecuelle faite d'Ecorce
d'arbre proprement travaillée à l'usage
des Sauvages.
Le reste pour le prochain Mercure.
Fermer
Résumé : DESCRIPTION des Curiositez Naturelles et autres, du Cabinet de M. Capperon, ancien Doyen de S. Maxent, dans la Ville d'Eu en Normandie.
Le texte présente le cabinet de curiosités de M. Capperon, ancien doyen de Saint-Maxent, situé à Eu en Normandie. Initialement destiné à un ami parisien, la description du cabinet a été publiée à la demande de personnes éclairées, dans l'espoir d'inciter d'autres collectionneurs à partager leurs découvertes. Le cabinet de M. Capperon renferme une variété de minéraux, pierres précieuses et objets naturalistes. Parmi les minéraux, on trouve des échantillons de mines d'argent, de cuivre, d'étain et de fer. Les pierres précieuses incluent des émeraudes, turquoises, améthystes, grenats, agates, ainsi que des pierres comme la pierre d'hyacinthe, la pierre d'azur, la pierre de jade et la pierre sélénite. Des pierres spécifiques telles que les cornes d'Ammon, les pyrites, les cérébellites et les géodes sont également présentes. Le texte décrit des pierres avec des figures naturelles, représentant des animaux et des personnages, et explique leur formation par un suc pétrifiant qui se durcit et se congèle. Des cristaux de roche, des pierres à fusil et des pétrifications de bois et de coquillages sont également mentionnés. Le cabinet comprend aussi une collection de coquillages, de poissons et d'animaux divers, comme un petit crocodile, des écailles de tortue, des lézards et des insectes curieux. Parmi les autres curiosités, on trouve des œufs d'autruche, des microscopes, des estampes et des objets artisanaux. La description se termine par une mention de la suite des curiosités à paraître dans le prochain Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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472
p. 714-727
NOUVELLE Idée Physique sur les Acides et les autres Principes chimiques. Par le P. C. J. Lettre à M. L. P. &c.
Début :
M*** Puisqu'on vous a parlé de mon idée sur les Acides et sur le [...]
Mots clefs :
Acide, Eau, Terre, Alcali, Ressort, Acides, Enveloppe, Esprit, Forme, Corps, Nitre, Souffle, Chaleur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLE Idée Physique sur les Acides et les autres Principes chimiques. Par le P. C. J. Lettre à M. L. P. &c.
NOUVELLE Idée Physique sur les
Acides et les autres Principes chimiques.
Par le P. C. J.
M
Lettre à M. L. P. &c.
***
Puisqu'on vous a parlé de
mon idée sur les Acides et sur le
Systême physique de la Chymie , je ne
vous tiendrai pas long- temps en suspens;
et pour renfermer même plus de choses
en moins de paroles , je prendrai le stile
le plus géométrique que je pourrai . J'entre
donc en matiere.
L'Acide , selon l'idée la plus commune,
est un petit corps roide , long , aceré pat
les bouts , de la forme d'un fuseau. J'adopte
cette idée.
J'y ajoûte que cet Acide percé par un
bout , est creux en dedans et plein d'air
enveloppé d'une pellicule d'eau fortement
congélée. C'est là comme le
de la Machine.
corps
Son Méchanisme est celui d'un Souflet,
qui par un mouvement de systole et de
diastole , comme le coeur, ou par une espece
de respiration , comme le poulmon
chasse sans cesse et attiré l'air alternativement.
Je
TL. 1733. 7IS
Je parle de l'Acide primitif , de cet
Acide de l'air , que les Chimistes qualifient
d'Esprit Universel , d'Esprit Aerien ,
propre à nourrir le feu , les Plantes , les
animaux mêmes ; ou , si vous voulez ,
quelque chose de précis , de l'Esprit de
Nitre , ou de l'Acide de Salpêtre.
Tous les Acides , en effet , ne sont que
des Esprits Aeriens , un air enveloppé ,
un air condensé.
Or l'Air tout pur .n'a jamais trop paru
capable de condensation ; et il faut absolument
l'engrainer , le mêler , l'entraver
de quelque substance qui lui donne
du corps au milieu de l'air même , et
l'empêche de s'y confondre avec l'air
pur.
La Terre seroit , ce semble , assez bonne
pour le captiver. L'Alcali , qui est
une substance terreuse , captive bien l'Acide
; mais l'Acide est Acide indépendamment
de l'Alcali , puisqu'on les sépare
sans les détruire ni l'un ni l'autre.
Dailleurs la Terre et l'Air sont dans
la Nature comme deux extrêmes , entre
lesquels l'eau tient le milieu pour les
concilier.
L'Acide est de soi froid et rafraîchissant.
En approchant la main du Salpêtre
et même de la Poudre , en entrant
E dans
716 MERCURE DE FRANCE
dans les lieux où - se forme l'Acide , on
sent un air froid qui saisit. Les Philosophes
Chimistes et Physiciens veulent
qu'en hyver l'Air soit chargé d'Acides ,
et que l'eau ne se glace que par leur se-
Cours .
L'Acide , selon moi , sera froid , et par
le glaçon qui l'enveloppe , et par le soufle
subtil qu'il exhale sans cesse avec rapidité
par des ouvertures bien resserrées.
Les Acides glacent les dents et les agacent
; ils y causent une espece de Stupeur
et de Paralisie passagere .
Que sçait- on même si le goût picquant
des Acides vient plutôt de leur pointe
acerée , dont la subtilité est peut- être
trop grande pour se faire sentir , que de
ce petit soufle aigu et pénetrant qui des
seche , qui glace tout devant lui ?
Le Nitre se forme dans des lieux hu
mides et frais. Il se forme non dans l'air,
mais à l'air , à la surface des terres voisines
de l'air. L'air l'attire même sans cèsse
en dehors. On diroit que c'est un pè
tit animal vivant qui a besoin de respi
rer et qui cherche à respirer. Enfoüissezle
dans la terre , toujours vous le ver
rez remonter à la surface.
La vapeur humide chargée d'air concentré
, pénetre les murs poreux et alcalins
AVRIL: 1733. 717
calins dans un temps où les pores sont
un peu ouverts , tels que sont tous les
temps moites et humides.
Un petit froid survient , seche la surface
des murs , en resserre les pores exterieurs.
Les vapeurs s'y trouvent prises
en dedans.
L'Air dont le ressort ne souffre aucune
condensation extraordinaire , sur tout de
la part de la terre , se ramasse d'abord
tout entier au centre de la goute , y forme
une bulle , comme lorsque l'eau se
glace , et son ressort cherchant à se dilater
, l'eau environnante se condense et
par l'effet du froid et beaucoup plus par
,
celui de ce ressort interne .
L'air fait plus ; il repousse cette eau
vers l'ouverture du pore en dehors , et
la fait filer peu à peu comme par une
filiere.
Remplissez au temps de - la gelée une
olipite d'eau , à mesure que la gelée
augmentera , vous verrez sortir de l'æolipile
un fil de glace qui pourra devenir
long de cent toises sans se casser .
La moindre chaleur le fond ; que ne
fond-elle aussi nos Acides ? 1º . Ils ne'
sont ni si longs ni si gros , et ne donnent
que bren peu de prise à la chaleur
beaucoup moins à une chaleur grossiere,
un feu grossier. E ij 2º.
718 MERCURE DE FRANCE
1
2. Leur congellation est plus naturelle,
plus lente à se former. Elle vient plu
tôt d'un resserrement de parties bien engrainées
à loisir , causé par le retrécis
sement du pore par où elle file , que du
froid même. Ce que la Nature fait à
loisir sur tout en petit , est à l'épreuve
de bien des assauts que l'art grossier des
hommes peut y livrer.
3. La glace ordinaire est toute semée
de bulles d'air. La chaleur bande le ressort
de cet al. Ce ressort brise la glace
et la fond. Ici le ressort de l'air est éventé
par la petite ouverture qui lui donne une
issue libre ; et la congellation est bien au
trement forte n'étant point mêlée d'air, si
ce n'est tout au plus d'un air engrainé
et non ramassé en bulles.
Pour bien entendre cette generation
de l'Acide , remarquez que par des observations,
constantes on a découvert que
les petits grains de vapeur , de brouillard
, de rosée , sont en effet de petites
bulles déja toutes pleines d'air , comme
autant de petit balons,
Lorsque l'eau ayant été versée de bien
haut dans un verre , vient à petiller , les
petits grains qui retombent après s'être
élevez comme en jets d'eau sont de pegites
bulles qu'on reconnoît pleines d'air
avec
AVRIL. 17336 719
avec des loupes , ou à leur blancheur.
Pour le dire en passant , la nege , qui
n'est qu'une goute d'eau naturellement
ronde , mais toute comme déchirée en
filamens par sa congellation , fait bien
voir que les grains de vapeurs dont elle
est formée , étoient tous pleins de bulles
d'air.
Un floccon de nege est la réunion de
plusieurs grains de vapeurs . Chaque petit
corps d'Acide n'est qu'un grain allongé
et filé lentement par un trou régulier ,
et que le ressort même de l'air arrondit.
Pour remonter rout- à- fait à l'origine
du Nitre , tout est fort mêlé dans la
Nature. Dans la terre sur tout il y a
un grand mêlange d'eau et d'air . Mais
dans ce mêlange les loix les plus géométriques
de l'hydrostatique doivent s'observer.
L'air et la terre ne se mêlent pas volontiers
; mais on les y force. Le Labourage
sur tout souleve la terre au milieu
de l'air et le force de s'y nicher dans
une infinité de petites cellules qui s'affaissent
peu à peu , et retiennent l'air
malgré tous ses efforts pour se dégager . '
L'eau , la pluye , survient à son secours
, délaye la terre , fait couler les cellules.
L'air pouvant couler et s'étendre ,
E iij
se
720 MERCURE DE FRANCE
se dégage plus vîte de la terre pour s'en
gager à l'eau dont il s'accommode mieux.
Le Soleil , la chaleur de la terre ou du
temps , seche la terre. L'air rarefie cette
eau et tâche à rompre son enveloppe
en attendant , l'eau se trouvant plus legere
et un peu agitée , se dégage de la
terre et s'envole dans l'air avec l'air mê
me qui lui donne cette legereté.
Desormais l'air renfermé agit d'autant
moins pour se dégager , et l'eau se fortifie
pour le retenir. Pressée entre deux
airs , l'un interieur , l'autre exterieur , elle
acquiert une sorte de viscosité ; transportée
même dans une région plus froide ,
peu peu elle se condense et se dispose
à se condenser tout à fait dans quelque
de mur ou de terre , où le hazard la
fait aboutir pour achever de s'y façonner
en Acide. En voilà toute l'histoire .
pore
à
En se formant l'Acide forme l'Alcali.
Car comme l'air qui est dans une bulle
d'eau renfermée dans un pore de terre ,
ne peut sortir sans entraîner cette eau
après lui , de -même cette eau ne peut sortir
sans traîner après soi la couche mince
de terre qui forme l'interieur du pore .
Car le ressort de l'air , en comprimant son
enveloppe d'eau contre la terre qui l'environne
, comprime aussi et arrondit cettę
AVRIL. 1733- 721
te enveloppe de terre et l'entraîne avec
Feau congelée.
Mais ce qui entraine va toujours devant
ce qui est entrainé. l'Alcali n'est
pas aussi long que l'Acide , il ne l'enve-
Toppe qu'à demi corps ; et le corps solide
de l'Acide , ou l'eau congelée qui enveloppe
l'air , ne s'étend pas aussi loin
que le filet ou le soufle d'air qui lui est
assujetti.
Une molecule de terre qui a servi de
matrice à plusieurs grains de Nitre , restę
percée de plusieurs pores assez grands ,
comme une éponge ou une pierre de ponce.
C'est ce qui forme la terre bitumineuse
qui accompagne le Salpêtre. Cette terre
imbibée d'air après que le Nitre en est
sorti , n'a besoin que d'être un peu exaltée
, un peu rarefiée , un peu assouplie ,
pour former un petit corps molasse, spongieux
, aerien , sulphureux , en un mot ,
et combustible..
Et voilà les trois Elemens chymiques
véritablement Principes. Car le Sel est un
composé d'Alcali et d'Acides , et l'esprit
est quelquefois un Acide , quelquefois
un Alcali , quelquefois un Souffre.
Desorte qu'il y a trois Elemens naturels
primitifs , la Terre , l'Eau et l'Air ;
et trois artificiels , Chimiques et secon-
E iiij daires ,
722 MERCURE DE FRANCE
daires , l'Alcali , qui répond à la Terres
l'Acide , qui répond à l'Eau , et le Soufre
à l'Air. Je ne dis rien du feu qui penetre
tout.
a un
Je reviens à l'Acide , qui est mon principal
objet. Quand je le compare
souflet , je ne dis rien que n'ayent presque
dit tous les Chimistes et les vrais
Physiciens avant moi.
Il est flatueux ou venteux , disoient les
Anciens , il exalte la flâme , il soufle le feu,
disent les Modernes . Tout le monde , en
jettant du Salpêtre sur les charbons allumez
, peut le voir se boursoufler tout luimême
et faire un bruit pareil à celui d'un
million de petits souflets de Forge qui
soufleroient un feu ardent et qu'on entendroit
de loin.
La Poudre n'est que flâme , grace au
Salpêtre qui la compose . Qu'on imagine
en effet un million de petits souflets qui
donnent tout à coup sur un charbon qui.
est en feu ; ne conçoit- on. pas que par
l'action de ces souflets , ce charbon s'en
iroit aussi- tôt tout en flâme ?
L'esprit de Nitre fume toujours . Le
feu , en le retirant de son Alcali qui con--
traignoit un peu ses flancs , l'a rarefié
et rendu son soufle plus violent et plus
étendu. Ces petits souflets s'agitent donc
sans
AVRIL. 1733 . 723
sans cesse et se chassent les uns les autres
dans l'air qui est tout autour.
Cet Esprit mêlé avec l'Esprit de vin ,
fermente et le fait bouillonner avec chaleur.
L'Esprit de vin est un demi feu , les
souflets qu'on y mêle l'augmentent en le
souflant. Cela est très - naturel .
Le Nitre est impregné , est plein des
Esprits de l'air ; qu'est- ce que les Esprits
de l'air ? Si on veut parler clair en Phisicien
qui raisonne , c'est de l'air enveloppé
de quelqu'autre, substance , c'està
- dire de particules d'eau .
Le Nitre rafraîchit , le Nitre échauffe .
Tout Systême doit démêler cette contradiction
apparente ; mais un souflet qui
soufle le froid et le chaud , n'est pas une
chose rare dans la Nature.
Le Nitre a sur tout la proprieté de
fertiliser la terre et de faire vegeter les
Plantes. L'air qui est dans le Nitre , cherche
toujours à monter , il donne donc
de la legereté à l'eau congelée qu'il traine
après soi , et la congellation de cette eau
donne à l'air la force de penetrer , de
percer , de développer les fibres dont les
entrelacemens s'opposent à son mouvement
en enhaut ; c'est la grande vertu
du Nitre de chercher toujours l'air superieur
comme pour y respirer à son aise.
E v
Le
724 MERCURE DE FRANCE
Le Nitre se redresse volontiers comme
les Plantes. Il pese plus par un bout
que par l'autre , et l'air doit surnâger
Peau.
La cristalisation du Nitre vient delà.
Les petits souflets se chassent , se repoussent
et s'agitent jusqu'à ce qu'ils soient .
paralleles un à l'autre , et dans cet état
rien n'empêche et tout favorise leur réunion.
Je crois avoir observé il y a long tems,
je n'oserois l'assurer , que les cristaux
du Salpêtre sont percez à leur pointe
, avec un canal qui regne dans l'interieur
. La Poudre n'a bien sa force que
lorsque divisée en petits grains arrondis
elle est tonte entremêlée d'air . Des sou-
Alets veulent un air libre autour d'eux
et tout ce qui respire se ménage de l'air
pour respirer.
J
L'Acide coagule ; froid par son enveloppe
, il soufle le froid par son interieur ,
il fait plus ; semé dans l'interieur d'un
il se redresse comme autant de
longs pieux roides qui contiennent le liquide
et lui ôtent son mouvement.
corps ,
Mais c'est sa fermentation avec les Alcalis
et generalement avec les matieres
terreuses , qui est le grand Phénomene
de la Chimie et de la Phisique.
J'ai
AVRIL. 1733. 725
J'ai déja dit que l'Air et la Terre sont
deux extrêmes , et tout ce qu'il y a de
plus antagoniste dans la Nature. La
terre resserre et bande trop le ressort de
l'air. Ils ne vivent pas volontiers ensemble.
Vous les mêlez voilà un combat et
une guerre déclarée.
L'Air est l'Ame de l'Acide . Il en est
le mobile et le gouvernail. en mêmetemps
que l'Acide le pousse par un bout.
il repousse l'Acide par l'autre bout ,
comme le recul du canon .
Les particules de Terre ou d'Alcali
tombant sur les Acides , viennent lourdement
les appesantir , ils se relevent ;
les culbuter , ils se redressent ; boucher
. leur soupirail , ils les repoussent ; les resserrer
, ils battent des flancs . Ils se deffendent
par tous les bouts.
Il y a pourtant une façon de les prendre
et un bout foible. Que l'Alcali qui
selon tout le monde , une guaine ,
un fourreau , présente son ouverture à
la pointe massive de derriere de l'Acide , -
par son propre mouvement , par son re-~
cul l'Acide va y entrer.
a
En l'absence de l'Acide , l'Alçali est
naturellement plein d'air . Mais cet air
n'y tient pas et n'y est que parce qu'il
n'y a autre chose. La Terre et l'Air one
E vj leurs
726 MERCURE DE FRANCE
leurs roues disproportionnées , fort inégales
, incapables de s'engrainer sans la
médiation de, l'eau.
Aussi mettez l'Alcali dans l'eau , il va
la boire avec une espece d'avidité. Mettez
le même en lieu plein de vapeurs , il s'en
imbibera de même.
L'eau entre librement dans l'Alcali ,
et en y entrant l'air trouve un passage
ou une retraite paisible entre les parties
divisées de l'eau . L'Acide entre fort juste
dans l'Alcali , et l'air ne divise pas cet
Acide si facilement en sortant de cet Alcali
pour lui ceder la place . Et de-là les
combats , les broüillemens , les frottemens
, la chaleur , quelquefois le feu et
la fâme.
Dans le Raisin verd , l'acide est comme
garotté par les fibres courtes et terreuses
qui forment le tissu interieur du grain.
Peu à peu l'Acide développe , étend ,
rend souple ces fibres ; et la liqueur qui
abonde , facilite un peu son mouvement.
Lorsqu'on écrase le Raisin et qu'on
l'exprime , on rompt le tissu , les fibres
et desormais l'Acide nâge en pleine liqueur.
L'air qui abonde dans le Raisin¸
lui aide par son ressort qui se trouve
bandé par Paffaissement de la liqueur.
Secondé
AVRIL 1733. 727
Secondé de cet air , l'Acide dont le
ressort est encore plus bandé par là ,
fait des efforts , souleve , agite , échauffe ,
jusqu'à ce qu'une portion étant absorbée
dans le Tartre qui tombe au fond , et
une autre dans le Souffre qui se développe
et s'exalte , l'équilibre et le repos
soient rétablis au moins pour un temps ,
ce qui fait le vin.
Car avec le temps , le Souffre s'exaltant
tout à fait et s'évaporant , l'Acide
se manifeste de nouveau , soit celui que
le Souffre laisse en se dissipant , soit
celui qu'un nouveau mêlange de lie et
de tartre y introduit ; d'où résulte enfin
le vinaigre.
Acides et les autres Principes chimiques.
Par le P. C. J.
M
Lettre à M. L. P. &c.
***
Puisqu'on vous a parlé de
mon idée sur les Acides et sur le
Systême physique de la Chymie , je ne
vous tiendrai pas long- temps en suspens;
et pour renfermer même plus de choses
en moins de paroles , je prendrai le stile
le plus géométrique que je pourrai . J'entre
donc en matiere.
L'Acide , selon l'idée la plus commune,
est un petit corps roide , long , aceré pat
les bouts , de la forme d'un fuseau. J'adopte
cette idée.
J'y ajoûte que cet Acide percé par un
bout , est creux en dedans et plein d'air
enveloppé d'une pellicule d'eau fortement
congélée. C'est là comme le
de la Machine.
corps
Son Méchanisme est celui d'un Souflet,
qui par un mouvement de systole et de
diastole , comme le coeur, ou par une espece
de respiration , comme le poulmon
chasse sans cesse et attiré l'air alternativement.
Je
TL. 1733. 7IS
Je parle de l'Acide primitif , de cet
Acide de l'air , que les Chimistes qualifient
d'Esprit Universel , d'Esprit Aerien ,
propre à nourrir le feu , les Plantes , les
animaux mêmes ; ou , si vous voulez ,
quelque chose de précis , de l'Esprit de
Nitre , ou de l'Acide de Salpêtre.
Tous les Acides , en effet , ne sont que
des Esprits Aeriens , un air enveloppé ,
un air condensé.
Or l'Air tout pur .n'a jamais trop paru
capable de condensation ; et il faut absolument
l'engrainer , le mêler , l'entraver
de quelque substance qui lui donne
du corps au milieu de l'air même , et
l'empêche de s'y confondre avec l'air
pur.
La Terre seroit , ce semble , assez bonne
pour le captiver. L'Alcali , qui est
une substance terreuse , captive bien l'Acide
; mais l'Acide est Acide indépendamment
de l'Alcali , puisqu'on les sépare
sans les détruire ni l'un ni l'autre.
Dailleurs la Terre et l'Air sont dans
la Nature comme deux extrêmes , entre
lesquels l'eau tient le milieu pour les
concilier.
L'Acide est de soi froid et rafraîchissant.
En approchant la main du Salpêtre
et même de la Poudre , en entrant
E dans
716 MERCURE DE FRANCE
dans les lieux où - se forme l'Acide , on
sent un air froid qui saisit. Les Philosophes
Chimistes et Physiciens veulent
qu'en hyver l'Air soit chargé d'Acides ,
et que l'eau ne se glace que par leur se-
Cours .
L'Acide , selon moi , sera froid , et par
le glaçon qui l'enveloppe , et par le soufle
subtil qu'il exhale sans cesse avec rapidité
par des ouvertures bien resserrées.
Les Acides glacent les dents et les agacent
; ils y causent une espece de Stupeur
et de Paralisie passagere .
Que sçait- on même si le goût picquant
des Acides vient plutôt de leur pointe
acerée , dont la subtilité est peut- être
trop grande pour se faire sentir , que de
ce petit soufle aigu et pénetrant qui des
seche , qui glace tout devant lui ?
Le Nitre se forme dans des lieux hu
mides et frais. Il se forme non dans l'air,
mais à l'air , à la surface des terres voisines
de l'air. L'air l'attire même sans cèsse
en dehors. On diroit que c'est un pè
tit animal vivant qui a besoin de respi
rer et qui cherche à respirer. Enfoüissezle
dans la terre , toujours vous le ver
rez remonter à la surface.
La vapeur humide chargée d'air concentré
, pénetre les murs poreux et alcalins
AVRIL: 1733. 717
calins dans un temps où les pores sont
un peu ouverts , tels que sont tous les
temps moites et humides.
Un petit froid survient , seche la surface
des murs , en resserre les pores exterieurs.
Les vapeurs s'y trouvent prises
en dedans.
L'Air dont le ressort ne souffre aucune
condensation extraordinaire , sur tout de
la part de la terre , se ramasse d'abord
tout entier au centre de la goute , y forme
une bulle , comme lorsque l'eau se
glace , et son ressort cherchant à se dilater
, l'eau environnante se condense et
par l'effet du froid et beaucoup plus par
,
celui de ce ressort interne .
L'air fait plus ; il repousse cette eau
vers l'ouverture du pore en dehors , et
la fait filer peu à peu comme par une
filiere.
Remplissez au temps de - la gelée une
olipite d'eau , à mesure que la gelée
augmentera , vous verrez sortir de l'æolipile
un fil de glace qui pourra devenir
long de cent toises sans se casser .
La moindre chaleur le fond ; que ne
fond-elle aussi nos Acides ? 1º . Ils ne'
sont ni si longs ni si gros , et ne donnent
que bren peu de prise à la chaleur
beaucoup moins à une chaleur grossiere,
un feu grossier. E ij 2º.
718 MERCURE DE FRANCE
1
2. Leur congellation est plus naturelle,
plus lente à se former. Elle vient plu
tôt d'un resserrement de parties bien engrainées
à loisir , causé par le retrécis
sement du pore par où elle file , que du
froid même. Ce que la Nature fait à
loisir sur tout en petit , est à l'épreuve
de bien des assauts que l'art grossier des
hommes peut y livrer.
3. La glace ordinaire est toute semée
de bulles d'air. La chaleur bande le ressort
de cet al. Ce ressort brise la glace
et la fond. Ici le ressort de l'air est éventé
par la petite ouverture qui lui donne une
issue libre ; et la congellation est bien au
trement forte n'étant point mêlée d'air, si
ce n'est tout au plus d'un air engrainé
et non ramassé en bulles.
Pour bien entendre cette generation
de l'Acide , remarquez que par des observations,
constantes on a découvert que
les petits grains de vapeur , de brouillard
, de rosée , sont en effet de petites
bulles déja toutes pleines d'air , comme
autant de petit balons,
Lorsque l'eau ayant été versée de bien
haut dans un verre , vient à petiller , les
petits grains qui retombent après s'être
élevez comme en jets d'eau sont de pegites
bulles qu'on reconnoît pleines d'air
avec
AVRIL. 17336 719
avec des loupes , ou à leur blancheur.
Pour le dire en passant , la nege , qui
n'est qu'une goute d'eau naturellement
ronde , mais toute comme déchirée en
filamens par sa congellation , fait bien
voir que les grains de vapeurs dont elle
est formée , étoient tous pleins de bulles
d'air.
Un floccon de nege est la réunion de
plusieurs grains de vapeurs . Chaque petit
corps d'Acide n'est qu'un grain allongé
et filé lentement par un trou régulier ,
et que le ressort même de l'air arrondit.
Pour remonter rout- à- fait à l'origine
du Nitre , tout est fort mêlé dans la
Nature. Dans la terre sur tout il y a
un grand mêlange d'eau et d'air . Mais
dans ce mêlange les loix les plus géométriques
de l'hydrostatique doivent s'observer.
L'air et la terre ne se mêlent pas volontiers
; mais on les y force. Le Labourage
sur tout souleve la terre au milieu
de l'air et le force de s'y nicher dans
une infinité de petites cellules qui s'affaissent
peu à peu , et retiennent l'air
malgré tous ses efforts pour se dégager . '
L'eau , la pluye , survient à son secours
, délaye la terre , fait couler les cellules.
L'air pouvant couler et s'étendre ,
E iij
se
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se dégage plus vîte de la terre pour s'en
gager à l'eau dont il s'accommode mieux.
Le Soleil , la chaleur de la terre ou du
temps , seche la terre. L'air rarefie cette
eau et tâche à rompre son enveloppe
en attendant , l'eau se trouvant plus legere
et un peu agitée , se dégage de la
terre et s'envole dans l'air avec l'air mê
me qui lui donne cette legereté.
Desormais l'air renfermé agit d'autant
moins pour se dégager , et l'eau se fortifie
pour le retenir. Pressée entre deux
airs , l'un interieur , l'autre exterieur , elle
acquiert une sorte de viscosité ; transportée
même dans une région plus froide ,
peu peu elle se condense et se dispose
à se condenser tout à fait dans quelque
de mur ou de terre , où le hazard la
fait aboutir pour achever de s'y façonner
en Acide. En voilà toute l'histoire .
pore
à
En se formant l'Acide forme l'Alcali.
Car comme l'air qui est dans une bulle
d'eau renfermée dans un pore de terre ,
ne peut sortir sans entraîner cette eau
après lui , de -même cette eau ne peut sortir
sans traîner après soi la couche mince
de terre qui forme l'interieur du pore .
Car le ressort de l'air , en comprimant son
enveloppe d'eau contre la terre qui l'environne
, comprime aussi et arrondit cettę
AVRIL. 1733- 721
te enveloppe de terre et l'entraîne avec
Feau congelée.
Mais ce qui entraine va toujours devant
ce qui est entrainé. l'Alcali n'est
pas aussi long que l'Acide , il ne l'enve-
Toppe qu'à demi corps ; et le corps solide
de l'Acide , ou l'eau congelée qui enveloppe
l'air , ne s'étend pas aussi loin
que le filet ou le soufle d'air qui lui est
assujetti.
Une molecule de terre qui a servi de
matrice à plusieurs grains de Nitre , restę
percée de plusieurs pores assez grands ,
comme une éponge ou une pierre de ponce.
C'est ce qui forme la terre bitumineuse
qui accompagne le Salpêtre. Cette terre
imbibée d'air après que le Nitre en est
sorti , n'a besoin que d'être un peu exaltée
, un peu rarefiée , un peu assouplie ,
pour former un petit corps molasse, spongieux
, aerien , sulphureux , en un mot ,
et combustible..
Et voilà les trois Elemens chymiques
véritablement Principes. Car le Sel est un
composé d'Alcali et d'Acides , et l'esprit
est quelquefois un Acide , quelquefois
un Alcali , quelquefois un Souffre.
Desorte qu'il y a trois Elemens naturels
primitifs , la Terre , l'Eau et l'Air ;
et trois artificiels , Chimiques et secon-
E iiij daires ,
722 MERCURE DE FRANCE
daires , l'Alcali , qui répond à la Terres
l'Acide , qui répond à l'Eau , et le Soufre
à l'Air. Je ne dis rien du feu qui penetre
tout.
a un
Je reviens à l'Acide , qui est mon principal
objet. Quand je le compare
souflet , je ne dis rien que n'ayent presque
dit tous les Chimistes et les vrais
Physiciens avant moi.
Il est flatueux ou venteux , disoient les
Anciens , il exalte la flâme , il soufle le feu,
disent les Modernes . Tout le monde , en
jettant du Salpêtre sur les charbons allumez
, peut le voir se boursoufler tout luimême
et faire un bruit pareil à celui d'un
million de petits souflets de Forge qui
soufleroient un feu ardent et qu'on entendroit
de loin.
La Poudre n'est que flâme , grace au
Salpêtre qui la compose . Qu'on imagine
en effet un million de petits souflets qui
donnent tout à coup sur un charbon qui.
est en feu ; ne conçoit- on. pas que par
l'action de ces souflets , ce charbon s'en
iroit aussi- tôt tout en flâme ?
L'esprit de Nitre fume toujours . Le
feu , en le retirant de son Alcali qui con--
traignoit un peu ses flancs , l'a rarefié
et rendu son soufle plus violent et plus
étendu. Ces petits souflets s'agitent donc
sans
AVRIL. 1733 . 723
sans cesse et se chassent les uns les autres
dans l'air qui est tout autour.
Cet Esprit mêlé avec l'Esprit de vin ,
fermente et le fait bouillonner avec chaleur.
L'Esprit de vin est un demi feu , les
souflets qu'on y mêle l'augmentent en le
souflant. Cela est très - naturel .
Le Nitre est impregné , est plein des
Esprits de l'air ; qu'est- ce que les Esprits
de l'air ? Si on veut parler clair en Phisicien
qui raisonne , c'est de l'air enveloppé
de quelqu'autre, substance , c'està
- dire de particules d'eau .
Le Nitre rafraîchit , le Nitre échauffe .
Tout Systême doit démêler cette contradiction
apparente ; mais un souflet qui
soufle le froid et le chaud , n'est pas une
chose rare dans la Nature.
Le Nitre a sur tout la proprieté de
fertiliser la terre et de faire vegeter les
Plantes. L'air qui est dans le Nitre , cherche
toujours à monter , il donne donc
de la legereté à l'eau congelée qu'il traine
après soi , et la congellation de cette eau
donne à l'air la force de penetrer , de
percer , de développer les fibres dont les
entrelacemens s'opposent à son mouvement
en enhaut ; c'est la grande vertu
du Nitre de chercher toujours l'air superieur
comme pour y respirer à son aise.
E v
Le
724 MERCURE DE FRANCE
Le Nitre se redresse volontiers comme
les Plantes. Il pese plus par un bout
que par l'autre , et l'air doit surnâger
Peau.
La cristalisation du Nitre vient delà.
Les petits souflets se chassent , se repoussent
et s'agitent jusqu'à ce qu'ils soient .
paralleles un à l'autre , et dans cet état
rien n'empêche et tout favorise leur réunion.
Je crois avoir observé il y a long tems,
je n'oserois l'assurer , que les cristaux
du Salpêtre sont percez à leur pointe
, avec un canal qui regne dans l'interieur
. La Poudre n'a bien sa force que
lorsque divisée en petits grains arrondis
elle est tonte entremêlée d'air . Des sou-
Alets veulent un air libre autour d'eux
et tout ce qui respire se ménage de l'air
pour respirer.
J
L'Acide coagule ; froid par son enveloppe
, il soufle le froid par son interieur ,
il fait plus ; semé dans l'interieur d'un
il se redresse comme autant de
longs pieux roides qui contiennent le liquide
et lui ôtent son mouvement.
corps ,
Mais c'est sa fermentation avec les Alcalis
et generalement avec les matieres
terreuses , qui est le grand Phénomene
de la Chimie et de la Phisique.
J'ai
AVRIL. 1733. 725
J'ai déja dit que l'Air et la Terre sont
deux extrêmes , et tout ce qu'il y a de
plus antagoniste dans la Nature. La
terre resserre et bande trop le ressort de
l'air. Ils ne vivent pas volontiers ensemble.
Vous les mêlez voilà un combat et
une guerre déclarée.
L'Air est l'Ame de l'Acide . Il en est
le mobile et le gouvernail. en mêmetemps
que l'Acide le pousse par un bout.
il repousse l'Acide par l'autre bout ,
comme le recul du canon .
Les particules de Terre ou d'Alcali
tombant sur les Acides , viennent lourdement
les appesantir , ils se relevent ;
les culbuter , ils se redressent ; boucher
. leur soupirail , ils les repoussent ; les resserrer
, ils battent des flancs . Ils se deffendent
par tous les bouts.
Il y a pourtant une façon de les prendre
et un bout foible. Que l'Alcali qui
selon tout le monde , une guaine ,
un fourreau , présente son ouverture à
la pointe massive de derriere de l'Acide , -
par son propre mouvement , par son re-~
cul l'Acide va y entrer.
a
En l'absence de l'Acide , l'Alçali est
naturellement plein d'air . Mais cet air
n'y tient pas et n'y est que parce qu'il
n'y a autre chose. La Terre et l'Air one
E vj leurs
726 MERCURE DE FRANCE
leurs roues disproportionnées , fort inégales
, incapables de s'engrainer sans la
médiation de, l'eau.
Aussi mettez l'Alcali dans l'eau , il va
la boire avec une espece d'avidité. Mettez
le même en lieu plein de vapeurs , il s'en
imbibera de même.
L'eau entre librement dans l'Alcali ,
et en y entrant l'air trouve un passage
ou une retraite paisible entre les parties
divisées de l'eau . L'Acide entre fort juste
dans l'Alcali , et l'air ne divise pas cet
Acide si facilement en sortant de cet Alcali
pour lui ceder la place . Et de-là les
combats , les broüillemens , les frottemens
, la chaleur , quelquefois le feu et
la fâme.
Dans le Raisin verd , l'acide est comme
garotté par les fibres courtes et terreuses
qui forment le tissu interieur du grain.
Peu à peu l'Acide développe , étend ,
rend souple ces fibres ; et la liqueur qui
abonde , facilite un peu son mouvement.
Lorsqu'on écrase le Raisin et qu'on
l'exprime , on rompt le tissu , les fibres
et desormais l'Acide nâge en pleine liqueur.
L'air qui abonde dans le Raisin¸
lui aide par son ressort qui se trouve
bandé par Paffaissement de la liqueur.
Secondé
AVRIL 1733. 727
Secondé de cet air , l'Acide dont le
ressort est encore plus bandé par là ,
fait des efforts , souleve , agite , échauffe ,
jusqu'à ce qu'une portion étant absorbée
dans le Tartre qui tombe au fond , et
une autre dans le Souffre qui se développe
et s'exalte , l'équilibre et le repos
soient rétablis au moins pour un temps ,
ce qui fait le vin.
Car avec le temps , le Souffre s'exaltant
tout à fait et s'évaporant , l'Acide
se manifeste de nouveau , soit celui que
le Souffre laisse en se dissipant , soit
celui qu'un nouveau mêlange de lie et
de tartre y introduit ; d'où résulte enfin
le vinaigre.
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Résumé : NOUVELLE Idée Physique sur les Acides et les autres Principes chimiques. Par le P. C. J. Lettre à M. L. P. &c.
Le texte présente une théorie sur la nature des acides et des principes chimiques, proposée par un auteur anonyme. Selon cette théorie, l'acide est décrit comme un petit corps en forme de fuseau, creux et rempli d'air, enveloppé d'une pellicule d'eau fortement congelée. Ce mécanisme fonctionne comme un soufflet, alternant entre systole et diastole pour chasser et attirer l'air. L'auteur parle de l'acide primitif, ou 'Esprit Universel', présent dans l'air et capable de nourrir le feu, les plantes et les animaux. Les acides sont considérés comme des esprits aériens, un air condensé et enveloppé. Pour se condenser, l'air doit être mêlé à une substance qui lui donne du corps, comme la terre ou l'alcali. L'acide est naturellement froid et rafraîchissant, glacé par une pellicule d'eau et un souffle subtil. Il se forme dans des lieux humides et frais, attiré par l'air et remontant à la surface. La génération de l'acide est expliquée par la pénétration de vapeur humide chargée d'air dans les murs poreux et alcalins. L'air se condense en formant une bulle, repoussant l'eau vers l'extérieur et la faisant filer comme par une filière. Cette congélation est plus naturelle et résistante à la chaleur que la glace ordinaire. L'auteur décrit également la formation du nitre, un type d'acide, à partir du mélange d'eau et d'air dans la terre. Le labourage, la pluie et le soleil contribuent à ce processus, permettant à l'air de se dégager et à l'eau de se condenser en acide. L'acide forme également l'alcali, une substance terreuse qui l'accompagne. Le texte conclut en identifiant trois éléments chimiques primitifs : la terre, l'eau et l'air, ainsi que trois éléments artificiels : l'alcali, l'acide et le soufre. L'acide est comparé à un soufflet, capable de soulever le feu et de fertiliser la terre. Il coagule et se redresse, formant des cristaux percés à leur pointe. Sa fermentation avec les alcalis est un phénomène clé en chimie et en physique. Les interactions entre l'air, les acides et les alcalis sont également décrites. L'air est comparé à l'âme de l'acide, agissant comme un mobile et un gouvernail. Les acides repoussent les alcalis et vice versa, comme le recul d'un canon. Les particules de terre ou d'alcali appesantissent les acides, mais ceux-ci se défendent en se relevant ou en se redressant. Il existe une méthode pour neutraliser les acides en utilisant les alcalis, qui agissent comme une gaine ou un fourreau. En l'absence d'acide, l'alcali est naturellement plein d'air, mais cet air est instable et peut être remplacé par l'eau ou les vapeurs. Dans le raisin vert, l'acide est retenu par des fibres courtes et terreuses. Avec le temps, l'acide développe et rend ces fibres souples, facilitant son mouvement. Lorsque le raisin est écrasé et exprimé, l'acide se déplace librement dans la liqueur. L'air présent dans le raisin aide l'acide à soulever, agiter et échauffer la liqueur jusqu'à ce qu'un équilibre soit rétabli, formant ainsi le vin. Avec le temps, le soufre s'évapore, permettant à l'acide de se manifester à nouveau, résultant finalement en du vinaigre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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473
p. 734-735
AUTRE, d'une nouvelle espece
Début :
Dans le nom d'un François celebre, [...]
Mots clefs :
Nostradamus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE, d'une nouvelle espece
AUTRE , d'une nouvelle espece.
Ans le nom d'un François celebre ,
On pourroit trouver , sans Algebre ,
Cinq mors de bon latin je crois ;
Des
AVRIL:
7351
1733.
Des onze pieds , prends d'abord trois ,
Tu te désignes avec d'autres ,
Pour nommer les biens qui sont nostres.
Joins y les trois qui sont après ;}
Les cinq derniers font voir un homme ,
Complaisant Epoux à l'excès,
Et qui vivoit bien avant Rome ;
Sa tête à bas , par piété ,
Orgueil ou générosité ,
Pour bienfaicteurs on nous renomme
Achevons de voir ce qui suit ;
La sillabe qui nous termine ,
Est une bête de rapine ,
Que la peur tient dans un réduit .
LA MOTTE TILLO Y.
Ans le nom d'un François celebre ,
On pourroit trouver , sans Algebre ,
Cinq mors de bon latin je crois ;
Des
AVRIL:
7351
1733.
Des onze pieds , prends d'abord trois ,
Tu te désignes avec d'autres ,
Pour nommer les biens qui sont nostres.
Joins y les trois qui sont après ;}
Les cinq derniers font voir un homme ,
Complaisant Epoux à l'excès,
Et qui vivoit bien avant Rome ;
Sa tête à bas , par piété ,
Orgueil ou générosité ,
Pour bienfaicteurs on nous renomme
Achevons de voir ce qui suit ;
La sillabe qui nous termine ,
Est une bête de rapine ,
Que la peur tient dans un réduit .
LA MOTTE TILLO Y.
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474
p. 750-755
Description, &c. de l'Empire de la Chine, [titre d'après la table]
Début :
DESCRIPTION Géographique, Historique, Chronologique, Politique et [...]
Mots clefs :
Cartes, Chine, Tartarie, Missionnaires, Empire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description, &c. de l'Empire de la Chine, [titre d'après la table]
DESCRIPTION Géographique , Historique
, Chronologique , Politique et
Physique de l'Empire de la Chine et de
la Tartarie Chinoise , enrichie des Cartes
generales et particulieres de ces Païs , de
la Carte generale et des Cartes particulieres
du Thibet et de la Corée ; et or-
'née d'un grand nombre de Figures et
de Vignettes , gravées en Taille douce.
En trois ou quatre volumes in folio . Par
le P. J. B. du Halde , de la Compagnie
de Jesus.
Des motifs qui ne sçauroient trop être
loüez , ont déterminé le R. P. du Halde
à travailler sans relâche depuis plusieurs
années à une Description complette du
grand Empire de la Chine et de la Tartarie
qui lui est présentement soumise.
Les Recherches qu'il a faites avec discernement
dans des Memoires imprimez.
04
AVRIL: 1733. 750
ou manuscrits d'Auteurs qui ont demeuré
à la Chine ; et sur tout le commerce
assidu qu'il a depuis 22. ans avec les Missionnaires
répandus dans toutes ses Provinces
, l'ont mis en état de remplir fi
delement un si vaste dessein .
De plus , un ancien Missionnaire Jé
suite ( le Pere Conțancin ) qui a passé plus
de trente ans à la Chine , partie dans
la Capitale, partie dans les differentes parties
de l'Empire , ayant été député l'année
derniere en France pour des affaires
particulieres de sa Mission , a eu tout le
loisir pendant le séjour d'un an qu'il a
fait à Paris , de lire plus d'une fois et
d'examiner çet Ouvrage avec la plus sérieuse
attention et avec la plus sévere critique.
C'est un avantage considerable auquel
l'Auteur ne devoit pas s'attendre.
En profitant des lumieres de ce Missionnaire
, ou pour discuter certains faits
douteux , ou pour y ajoûter des particularitez
interessantes , le P. du Halde
s'est assuré de l'entiere exactitude de
tout ce qu'il avance.
2
Les Cartes toutes nouvelles , au nombre
de 41. qui font partie de l'Ouvrage
seroient capables elles seules d'enrichir
la République des Lettres . On sçait que
nos plus habiles Géographes n'ont connu
que
752 MERCURE DE FRANCE
que
très-confusément tous ces vastes Pays
renferme la Chine , la- Tartarie Chinoise,
la Corée et le Royaume de Thibet.
que
Les Missionnaires qui ont été employez
par les ordres et aux frais de l'Empereur
Cang- hi , à en dresser les Cartes , ont parcouru
, la mesure actuelle à la main , ces
Pays immenses de la Chine et de la Tartarie
, et n'ont épargné ni soins ni fatigues
pour nous les donner comme ils
sont , avec une exactitude et une précision
qu'on ne trouve gueres dans les Cartes
que nous avons depuis long- temps
des Pays les plus connus.
"
Mais pour mieux donner le Plan d'un
Ouvrage qui est en état de paroître et
qui ne peut être retardé que par la gravûre
des Cartes et d'un grand nombre
de figures dont il sera orné , le R. P. du
Halde a crû devoir defferer au sentiment
de personnes d'un grand mérite , qui lui
ont conseillé , 1 ° . D'instruire le Public
en détail de toutes les matieres qu'il renferme.
2. D'expliquer la Méthode que
les Missionnaires Mathématiciens ont ob
servée en dressant les Cartes .
Ce détail est fort long et fait en deux
Chapitres la matiere d'un Prospectus de
8. pages infolio , qui vient de paroître et
dont nous venons de donner le titre avec
un
AVRIL. 1733: 753
un Extrait du Préliminaire , bien fichez
d'être assujettis à des bornes qui ne nous
en permettent pas davantage Cette annonce
, ainsi détaillée , interessera sans doute
la République des Lettres . L'Ouvrage est
digne de ses empressemens. Il contiendra
même plus que l'Auteur ne promet en
general à l'égard de la Géographie ; on
voit en effet à la fin du Prospectus que
dans la Carte qui doit être à la tête de
l'Ouvrage et qui comprendra toutes les
autres en general , outre la vaste étenduë
de tous les Pays dont on a parlé ,
on se portera jusques sur la Mer Caspienne.
Car les R. P. Jesuites, en ont eû
quelques connoissances , et ils ont souhaité
qu'on en fit usage , après les avoir
comparées et jointes aux connoissances
qu'on peut rassembler d'ailleurs , ce que
M. d'Anville , dont la capacité est connuë
, s'est engagé de faire.
Outre les Cartes , les Planches et les
Plans de Villes , qui seront en grand
nombre , les Cartouches et les Vignettes
seront ornées de Figures , de Symboles ,
d'Animaux et des Plantes les plus singulieres
de la Chine.
On avertit enfin que comme la quantité
de Cartes et de Planches , que contient
ce grand Ouvrage , obligera à n'en
tirer
754 MERCURE DE FRANCE
tirer qu'un certain nombre d'Exemplai
res ; ceux qui en voudront avoir doivent
les retenir de bonne heure , en s'adres
sant ou au P. du Halde , à la Maison Professe
, rue S. Antoine , ou à P. G. le Mercier,
fils , Imprimeur- Libraire , rue Saint
Jacques , au Livre d'Or à Paris . On aura
soin d'informer ceux qui auront retenu
des Exemplaires , du temps auquel on
commencera l'impression de l'Ouvrage, et
du prix auquel il leur sera livré . Ce sera
au plus tard dans 4. ou´5 . mois.
Ce Prospectus , qui peut passer seul pour
un bon et curieux Ouvrage , est.orné à
la tête d'une très - belle Vignette , dans
laquelle est représenté en Buste dans un
Cartouche l'Empereur de la Chine Canghi
, mort en 1722. peint à l'âge de 32 .
ans. Le Cartouche est accompagné de divers
Symboles des Arts Liberaux , de la
Guerre , & c.
Nous osons hazarder ici par occasion ,une
priere à qui elle appartient,au nom de tout
le Public éclairé , qui attend avec empressement
la publication du grand Ouvrage
du feu P. Sicard , sur l'Egypte , dont nous
avons donné le Plan dans l'un de nos Journaux
; Ouvrage dont plusieurs personnes
nous demandent souvent des nou
velles , et qui doit être utile à tout le
Monde Litteraire,
AVRIL. 1733. 755
L'ASTRE'E DE M. D'URF ' , Pastorale
Allégorique , avec la Clé . Nouvelle
Edition , où sans toucher ni au fonds
ni aux Episodes , on s'est contenté de
corriger le langage et d'abreger les conversations.
Chez Pierre Vitte , ruë S. Jacques,
et Didot , Quay des Augustins , 1733 .
in 12. 10. volumes , avec 60. figures en
Tailles-douces.
, Chronologique , Politique et
Physique de l'Empire de la Chine et de
la Tartarie Chinoise , enrichie des Cartes
generales et particulieres de ces Païs , de
la Carte generale et des Cartes particulieres
du Thibet et de la Corée ; et or-
'née d'un grand nombre de Figures et
de Vignettes , gravées en Taille douce.
En trois ou quatre volumes in folio . Par
le P. J. B. du Halde , de la Compagnie
de Jesus.
Des motifs qui ne sçauroient trop être
loüez , ont déterminé le R. P. du Halde
à travailler sans relâche depuis plusieurs
années à une Description complette du
grand Empire de la Chine et de la Tartarie
qui lui est présentement soumise.
Les Recherches qu'il a faites avec discernement
dans des Memoires imprimez.
04
AVRIL: 1733. 750
ou manuscrits d'Auteurs qui ont demeuré
à la Chine ; et sur tout le commerce
assidu qu'il a depuis 22. ans avec les Missionnaires
répandus dans toutes ses Provinces
, l'ont mis en état de remplir fi
delement un si vaste dessein .
De plus , un ancien Missionnaire Jé
suite ( le Pere Conțancin ) qui a passé plus
de trente ans à la Chine , partie dans
la Capitale, partie dans les differentes parties
de l'Empire , ayant été député l'année
derniere en France pour des affaires
particulieres de sa Mission , a eu tout le
loisir pendant le séjour d'un an qu'il a
fait à Paris , de lire plus d'une fois et
d'examiner çet Ouvrage avec la plus sérieuse
attention et avec la plus sévere critique.
C'est un avantage considerable auquel
l'Auteur ne devoit pas s'attendre.
En profitant des lumieres de ce Missionnaire
, ou pour discuter certains faits
douteux , ou pour y ajoûter des particularitez
interessantes , le P. du Halde
s'est assuré de l'entiere exactitude de
tout ce qu'il avance.
2
Les Cartes toutes nouvelles , au nombre
de 41. qui font partie de l'Ouvrage
seroient capables elles seules d'enrichir
la République des Lettres . On sçait que
nos plus habiles Géographes n'ont connu
que
752 MERCURE DE FRANCE
que
très-confusément tous ces vastes Pays
renferme la Chine , la- Tartarie Chinoise,
la Corée et le Royaume de Thibet.
que
Les Missionnaires qui ont été employez
par les ordres et aux frais de l'Empereur
Cang- hi , à en dresser les Cartes , ont parcouru
, la mesure actuelle à la main , ces
Pays immenses de la Chine et de la Tartarie
, et n'ont épargné ni soins ni fatigues
pour nous les donner comme ils
sont , avec une exactitude et une précision
qu'on ne trouve gueres dans les Cartes
que nous avons depuis long- temps
des Pays les plus connus.
"
Mais pour mieux donner le Plan d'un
Ouvrage qui est en état de paroître et
qui ne peut être retardé que par la gravûre
des Cartes et d'un grand nombre
de figures dont il sera orné , le R. P. du
Halde a crû devoir defferer au sentiment
de personnes d'un grand mérite , qui lui
ont conseillé , 1 ° . D'instruire le Public
en détail de toutes les matieres qu'il renferme.
2. D'expliquer la Méthode que
les Missionnaires Mathématiciens ont ob
servée en dressant les Cartes .
Ce détail est fort long et fait en deux
Chapitres la matiere d'un Prospectus de
8. pages infolio , qui vient de paroître et
dont nous venons de donner le titre avec
un
AVRIL. 1733: 753
un Extrait du Préliminaire , bien fichez
d'être assujettis à des bornes qui ne nous
en permettent pas davantage Cette annonce
, ainsi détaillée , interessera sans doute
la République des Lettres . L'Ouvrage est
digne de ses empressemens. Il contiendra
même plus que l'Auteur ne promet en
general à l'égard de la Géographie ; on
voit en effet à la fin du Prospectus que
dans la Carte qui doit être à la tête de
l'Ouvrage et qui comprendra toutes les
autres en general , outre la vaste étenduë
de tous les Pays dont on a parlé ,
on se portera jusques sur la Mer Caspienne.
Car les R. P. Jesuites, en ont eû
quelques connoissances , et ils ont souhaité
qu'on en fit usage , après les avoir
comparées et jointes aux connoissances
qu'on peut rassembler d'ailleurs , ce que
M. d'Anville , dont la capacité est connuë
, s'est engagé de faire.
Outre les Cartes , les Planches et les
Plans de Villes , qui seront en grand
nombre , les Cartouches et les Vignettes
seront ornées de Figures , de Symboles ,
d'Animaux et des Plantes les plus singulieres
de la Chine.
On avertit enfin que comme la quantité
de Cartes et de Planches , que contient
ce grand Ouvrage , obligera à n'en
tirer
754 MERCURE DE FRANCE
tirer qu'un certain nombre d'Exemplai
res ; ceux qui en voudront avoir doivent
les retenir de bonne heure , en s'adres
sant ou au P. du Halde , à la Maison Professe
, rue S. Antoine , ou à P. G. le Mercier,
fils , Imprimeur- Libraire , rue Saint
Jacques , au Livre d'Or à Paris . On aura
soin d'informer ceux qui auront retenu
des Exemplaires , du temps auquel on
commencera l'impression de l'Ouvrage, et
du prix auquel il leur sera livré . Ce sera
au plus tard dans 4. ou´5 . mois.
Ce Prospectus , qui peut passer seul pour
un bon et curieux Ouvrage , est.orné à
la tête d'une très - belle Vignette , dans
laquelle est représenté en Buste dans un
Cartouche l'Empereur de la Chine Canghi
, mort en 1722. peint à l'âge de 32 .
ans. Le Cartouche est accompagné de divers
Symboles des Arts Liberaux , de la
Guerre , & c.
Nous osons hazarder ici par occasion ,une
priere à qui elle appartient,au nom de tout
le Public éclairé , qui attend avec empressement
la publication du grand Ouvrage
du feu P. Sicard , sur l'Egypte , dont nous
avons donné le Plan dans l'un de nos Journaux
; Ouvrage dont plusieurs personnes
nous demandent souvent des nou
velles , et qui doit être utile à tout le
Monde Litteraire,
AVRIL. 1733. 755
L'ASTRE'E DE M. D'URF ' , Pastorale
Allégorique , avec la Clé . Nouvelle
Edition , où sans toucher ni au fonds
ni aux Episodes , on s'est contenté de
corriger le langage et d'abreger les conversations.
Chez Pierre Vitte , ruë S. Jacques,
et Didot , Quay des Augustins , 1733 .
in 12. 10. volumes , avec 60. figures en
Tailles-douces.
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Résumé : Description, &c. de l'Empire de la Chine, [titre d'après la table]
Le texte présente une description détaillée de l'Empire de la Chine et de la Tartarie Chinoise, rédigée par le Père Jean-Baptiste du Halde, membre de la Compagnie de Jésus. Cet ouvrage, prévu en trois ou quatre volumes in-folio, est enrichi de cartes générales et particulières de ces pays, ainsi que du Thibet et de la Corée. Il comprend également de nombreuses figures et vignettes gravées. Du Halde a consacré plusieurs années à la rédaction de cette description complète, en s'appuyant sur des mémoires imprimés ou manuscrits d'auteurs ayant séjourné en Chine, ainsi que sur des échanges avec des missionnaires répartis dans toutes les provinces de l'Empire. Le Père Conzancin, un ancien missionnaire jésuite, a examiné l'ouvrage avec attention et a contribué à en garantir l'exactitude. L'ouvrage inclut 41 cartes nouvelles, dressées par des missionnaires à la demande de l'empereur Kangxi, qui ont mesuré avec précision ces vastes territoires. Du Halde a également consulté des personnes de mérite pour structurer l'ouvrage et expliquer la méthode utilisée par les missionnaires pour dresser les cartes. L'ouvrage contiendra des cartes, des planches, des plans de villes, et des illustrations de symboles, animaux et plantes singuliers de la Chine. En raison du grand nombre de cartes et de planches, seul un certain nombre d'exemplaires sera tiré. Les intéressés sont invités à les réserver auprès du Père du Halde ou de l'imprimeur-libraire Pierre G. le Mercier. La publication est prévue dans les quatre à cinq mois suivants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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475
p. 755-757
Traité de l'Opinion, &c. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît un Livre nouveau intitulé, Traité de l'Opinion ou Mémoire pour servir à l'Histoire [...]
Mots clefs :
Opinion, Esprit humain, Pyrrhonisme, Histoire, Astronomie, Physique, Descartes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traité de l'Opinion, &c. [titre d'après la table]
Il paroît un Livre nouveau intitulé , Traité
de l'Opinion ou Mémoire pour servir à l'Histoire
de l'Esprit humain . Le point de vûë de cet
Ouvrage est la Science de douter à propos , et
une sage défiance également éloignée de la crédulité
et du Pyrrhonisme. L'Auteur qui ne s'est
point nommé , execute ce Projet , en suivant les
Sciences prophanes , et en faisant voir par les
sentimens des Anciens et des Modernes , à quel
point l'opinion regne dans ces Sciences. Le premier
Livre roule sur les Belles - Lettres , les differens
Jugemens des Critiques , le Pyrrhonisme de
l'Histoire , les difficultez les plus celebres de la
Chronologie. Le second Livre est une Histoire
de toutes les Sectes Philosophiques ; Histoire , qui
selon l'Auteur , est proprement celle de l'opinion.
Le troisiéme renferme les questions les plus
importantes de la Métaphisique , les égaremens
de l'Idolâtrie , les prétendus Miracles du Paganisme
, les contradictions des Philosophes sur les
ames , sur les bêtes ; les divinations fondées sur
le commerce des Esprits par la Magie , la cabale,
les augures , présages , songes et autres moyens ,
dont on a souvent abusé pour séduire les esprits
faibles
56 MERCURE DE FRANCE
foibles Le quatriéme Livre traite de la Physique,
de l'Astronomie , de la Medecine , de la Chimie,
de l'Astronomie Judiciaire , et autres divinations
prétendues naturelles , les Fables débitées par les
Naturalistes y servent d'exemples de la licence
des Auteurs. Une contradiction du Systême de
Descartes est relevée dans le Chapitre de la Physique
, où l'on trouve en même-temps une réforme
de ce Systême , qui en y rétablissant l'uniformité
conserve tout ce que l'idée des Tourbillons
de Descartes a de brillant et de magnifique.
Le cinquiéme Livie contient deux . Chapitres ,
P'un sur les diferentes especes de Gouvernemens ,
Pantre sur les maximes politiques. La veritable
constitution du Gouvernement de France y est
expliquée , avec des Dissertations importantes
sur les Parlemens et Etats Generaux . Le sixiéme
Livre est un précis des pensées les plus remarqua
bles des Anciens sur la Morale. Les diferentes
Loix et Coûtumes des Peuples y sont exposées.
Tout l'Ouvrage est rempli d'une parfaite connoissance
de l'Antiquité et d'une profonde érudition
; le style en est clair et poli ; tant de sujets
si diversifiez contiennent des recherches immenses
en tous genres , chaque Science y est
traitée suivant son caractere particulier , et il en
résulte un assemblage d'excellens Mémoires pour
servir à l'Hist. de l'Esprit humain , qui peut égale
ment y reconnoître ses erreurs et y considerer les
monumens de ses Travaux les plus illustres.
Ce Livre est en six volumes in 12, dont
le dernier renferme quatre Tables très- amples ,
la premiere , des Chapitres ; la seconde, des noms
propres ; la troisiéme , des Mutieres , et la quatrieme
, des Aureurs citez . Le Prix est de 15. liv.
relié et de 12 liv.12. sols broché. Il se vend
chez
AVRIL. 1733.. 757
chez Guillaume de Bure , le pere , sur le Quay
des Augustins , à l'Image Saint Claude ; chez
Charles Osmons , ruë S. Jacques , à l'Olivier , et
chez Grégoire- Antoine du Puis , au Palais, à l'Enseigne
du S. Esprit.
Nous donnerons un Extrait plus étendu de cet
Ouvrage , que nous n'avons encore fait que parcourir.
de l'Opinion ou Mémoire pour servir à l'Histoire
de l'Esprit humain . Le point de vûë de cet
Ouvrage est la Science de douter à propos , et
une sage défiance également éloignée de la crédulité
et du Pyrrhonisme. L'Auteur qui ne s'est
point nommé , execute ce Projet , en suivant les
Sciences prophanes , et en faisant voir par les
sentimens des Anciens et des Modernes , à quel
point l'opinion regne dans ces Sciences. Le premier
Livre roule sur les Belles - Lettres , les differens
Jugemens des Critiques , le Pyrrhonisme de
l'Histoire , les difficultez les plus celebres de la
Chronologie. Le second Livre est une Histoire
de toutes les Sectes Philosophiques ; Histoire , qui
selon l'Auteur , est proprement celle de l'opinion.
Le troisiéme renferme les questions les plus
importantes de la Métaphisique , les égaremens
de l'Idolâtrie , les prétendus Miracles du Paganisme
, les contradictions des Philosophes sur les
ames , sur les bêtes ; les divinations fondées sur
le commerce des Esprits par la Magie , la cabale,
les augures , présages , songes et autres moyens ,
dont on a souvent abusé pour séduire les esprits
faibles
56 MERCURE DE FRANCE
foibles Le quatriéme Livre traite de la Physique,
de l'Astronomie , de la Medecine , de la Chimie,
de l'Astronomie Judiciaire , et autres divinations
prétendues naturelles , les Fables débitées par les
Naturalistes y servent d'exemples de la licence
des Auteurs. Une contradiction du Systême de
Descartes est relevée dans le Chapitre de la Physique
, où l'on trouve en même-temps une réforme
de ce Systême , qui en y rétablissant l'uniformité
conserve tout ce que l'idée des Tourbillons
de Descartes a de brillant et de magnifique.
Le cinquiéme Livie contient deux . Chapitres ,
P'un sur les diferentes especes de Gouvernemens ,
Pantre sur les maximes politiques. La veritable
constitution du Gouvernement de France y est
expliquée , avec des Dissertations importantes
sur les Parlemens et Etats Generaux . Le sixiéme
Livre est un précis des pensées les plus remarqua
bles des Anciens sur la Morale. Les diferentes
Loix et Coûtumes des Peuples y sont exposées.
Tout l'Ouvrage est rempli d'une parfaite connoissance
de l'Antiquité et d'une profonde érudition
; le style en est clair et poli ; tant de sujets
si diversifiez contiennent des recherches immenses
en tous genres , chaque Science y est
traitée suivant son caractere particulier , et il en
résulte un assemblage d'excellens Mémoires pour
servir à l'Hist. de l'Esprit humain , qui peut égale
ment y reconnoître ses erreurs et y considerer les
monumens de ses Travaux les plus illustres.
Ce Livre est en six volumes in 12, dont
le dernier renferme quatre Tables très- amples ,
la premiere , des Chapitres ; la seconde, des noms
propres ; la troisiéme , des Mutieres , et la quatrieme
, des Aureurs citez . Le Prix est de 15. liv.
relié et de 12 liv.12. sols broché. Il se vend
chez
AVRIL. 1733.. 757
chez Guillaume de Bure , le pere , sur le Quay
des Augustins , à l'Image Saint Claude ; chez
Charles Osmons , ruë S. Jacques , à l'Olivier , et
chez Grégoire- Antoine du Puis , au Palais, à l'Enseigne
du S. Esprit.
Nous donnerons un Extrait plus étendu de cet
Ouvrage , que nous n'avons encore fait que parcourir.
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Résumé : Traité de l'Opinion, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente un ouvrage intitulé 'Traité de l'Opinion ou Mémoire pour servir à l'Histoire de l'Esprit humain', écrit par un auteur anonyme. Cet ouvrage explore la science du doute raisonnable, évitant à la fois la crédulité et le pyrrhonisme. Structuré en six livres, il aborde divers sujets. Le premier livre traite des Belles-Lettres, des jugements critiques, du pyrrhonisme de l'histoire et des difficultés chronologiques. Le second livre examine les sectes philosophiques comme l'histoire de l'opinion. Le troisième livre couvre des questions métaphysiques, l'idolâtrie, les miracles païens, et les contradictions philosophiques sur les âmes et les bêtes, ainsi que les divinations par la magie et la cabale. Le quatrième livre critique la physique, l'astronomie, la médecine, la chimie et les divinations naturelles, notamment le système de Descartes. Le cinquième livre discute des formes de gouvernement et des maximes politiques, expliquant la constitution du gouvernement français et les Parlements. Le sixième livre présente un précis des pensées morales des Anciens et expose les lois et coutumes des peuples. L'ouvrage est caractérisé par une profonde érudition et un style clair, offrant une vaste connaissance de l'antiquité et des recherches approfondies dans divers domaines. Il est disponible en six volumes in-12, avec des tables des chapitres, des noms propres, des matières et des auteurs cités, au prix de 15 livres relié et 12 livres 12 sols broché. Il est en vente chez Guillaume de Bure, Charles Osmons et Grégoire-Antoine du Puis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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476
p. 759
« Troisiéme Feüille de la Carte Topographique des Environs de Paris, de M. l'Abbé Delagrive, [...] »
Début :
Troisiéme Feüille de la Carte Topographique des Environs de Paris, de M. l'Abbé Delagrive, [...]
Mots clefs :
Environs de Paris, Delagrive, Carte topographique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Troisiéme Feüille de la Carte Topographique des Environs de Paris, de M. l'Abbé Delagrive, [...] »
Troisiéme Feüille de la Carte Topographique
des Environs de Paris , de M. l'Abbé Delagrive ,
laquelle comprend le Parc et la Varenne S.Maur,
la Plaine de Creteil jusqu'à la Ville- neuve saint
George, le Château de Gros- Bois et ses Environs,
et la partie de la Brie , comprise entre Emery et
Servon ; se vend chez l'Auteur , Cloitre S. Benoît.
des Environs de Paris , de M. l'Abbé Delagrive ,
laquelle comprend le Parc et la Varenne S.Maur,
la Plaine de Creteil jusqu'à la Ville- neuve saint
George, le Château de Gros- Bois et ses Environs,
et la partie de la Brie , comprise entre Emery et
Servon ; se vend chez l'Auteur , Cloitre S. Benoît.
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477
p. 760-762
EXTRAIT d'une Lettre écrite de la Rochelle, le 7. Mars 1733. sur une Operation d'Agriculture.
Début :
L'Amour que j'ai toûjours eu pour l'Agriculture, m'ayant engagé il y a 5. à 6. ans à faire [...]
Mots clefs :
Provigner, Arbres, Agriculture, Arbrisseaux étrangers, Boutures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de la Rochelle, le 7. Mars 1733. sur une Operation d'Agriculture.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de la
Rochelle , le 7. Mars 1733. sur une Operation
d'Agriculture.
Lin
'Amour que j'ai toûjours eu pour l'Agriculture,
m'ayant engagé il y a 5. à 6. ans à faire
dea recherches sur la maniere de provigner les
Arbres
AVRI L. I-33. 761
Arbres et les Arbrisseaux étrangers , je fis des
essais d'autant de manieres que j'en trouvai de
décrites , et de toutes celles que j'imaginai ; mais*
tout ce que je fis la premiere année répondit assez
mal à mon attente ; celle de M. Lignon ( qu'a décrite
M. de Vallemont , p . 406. ) me fit esperer
quelque réussite pour l'avenir. Dans cette esperance
, je la refis l'année suivante avec toute l'atténtion
dont je puis être capable , mais mes soins
furent presque tous infructueux , elle ne répondit
guere mieux à mes esperances que la premiere
année ; car par cette Méthode de 10. Sujets que
j'ai mis en experience , à peine m'n a - t'il réussi
deux ou trois , et qui le plus souvent sont morts /
Pannée suivante.
Après beaucoup de recherches , dont je craindrois
, Monsieur, que le long dêtail ne vous filt
ennuyeux,j'ai enfin été assez heureux pour réussir
à provigner par des boutures les Arbres et les
Arbrisseaux étrangers , ( chose tant souhaitée
par M. de Laquintinic ) puisque de dix boutures
souvent il n'en manque pas une par ma Méthode,
qui est entierement differente de celle de M. Lignon
, si l'on en excepte l'eau. J'ai actuellement
des Grenadiers nains , Citronniers et Jasmins
jaunes, odorés d'Inde , que j'ai provignés de boutu
re. Il est vrai qu'il y a un grand choix à faire
des branches qu'il faut prendre pour réussir
àtte multiplication . Le temps le plus convenable
est le mois d'Avril et de May , où il est facile
d'en transporter , en mettant les boutures
dans de la mousse fraiche et dans une boëte bien
fermée , comme on le pratique depuis long- temps
pour les Greffes des Arbres fruitiers qu'on transporte
d'une Province et même d'un Royaume
dans un autre.
Si
762 MERCURE DE FRANCE
Si vous jugez , Monsieur , que ce que je viens
d'avoir l'honneur de vous écrire puisse être utile
aux Amateurs de l'Agriculture , je vous serai
obligé si vous voulez bien en mettre un Extrait
dans votre Journal ; et si quelques Amateurs veulent
s'assurer de ce que j'ai écrit , ils n'auront
qu'à m'envoyer des morceaux des Arbrisseaux
qu'ils desireront provigner , et je me ferai un
vrai plaisir de les leur provigner avec les miens, et
de les leur renvoyer. Signé, Faneuil de la Croix.
Rochelle , le 7. Mars 1733. sur une Operation
d'Agriculture.
Lin
'Amour que j'ai toûjours eu pour l'Agriculture,
m'ayant engagé il y a 5. à 6. ans à faire
dea recherches sur la maniere de provigner les
Arbres
AVRI L. I-33. 761
Arbres et les Arbrisseaux étrangers , je fis des
essais d'autant de manieres que j'en trouvai de
décrites , et de toutes celles que j'imaginai ; mais*
tout ce que je fis la premiere année répondit assez
mal à mon attente ; celle de M. Lignon ( qu'a décrite
M. de Vallemont , p . 406. ) me fit esperer
quelque réussite pour l'avenir. Dans cette esperance
, je la refis l'année suivante avec toute l'atténtion
dont je puis être capable , mais mes soins
furent presque tous infructueux , elle ne répondit
guere mieux à mes esperances que la premiere
année ; car par cette Méthode de 10. Sujets que
j'ai mis en experience , à peine m'n a - t'il réussi
deux ou trois , et qui le plus souvent sont morts /
Pannée suivante.
Après beaucoup de recherches , dont je craindrois
, Monsieur, que le long dêtail ne vous filt
ennuyeux,j'ai enfin été assez heureux pour réussir
à provigner par des boutures les Arbres et les
Arbrisseaux étrangers , ( chose tant souhaitée
par M. de Laquintinic ) puisque de dix boutures
souvent il n'en manque pas une par ma Méthode,
qui est entierement differente de celle de M. Lignon
, si l'on en excepte l'eau. J'ai actuellement
des Grenadiers nains , Citronniers et Jasmins
jaunes, odorés d'Inde , que j'ai provignés de boutu
re. Il est vrai qu'il y a un grand choix à faire
des branches qu'il faut prendre pour réussir
àtte multiplication . Le temps le plus convenable
est le mois d'Avril et de May , où il est facile
d'en transporter , en mettant les boutures
dans de la mousse fraiche et dans une boëte bien
fermée , comme on le pratique depuis long- temps
pour les Greffes des Arbres fruitiers qu'on transporte
d'une Province et même d'un Royaume
dans un autre.
Si
762 MERCURE DE FRANCE
Si vous jugez , Monsieur , que ce que je viens
d'avoir l'honneur de vous écrire puisse être utile
aux Amateurs de l'Agriculture , je vous serai
obligé si vous voulez bien en mettre un Extrait
dans votre Journal ; et si quelques Amateurs veulent
s'assurer de ce que j'ai écrit , ils n'auront
qu'à m'envoyer des morceaux des Arbrisseaux
qu'ils desireront provigner , et je me ferai un
vrai plaisir de les leur provigner avec les miens, et
de les leur renvoyer. Signé, Faneuil de la Croix.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de la Rochelle, le 7. Mars 1733. sur une Operation d'Agriculture.
Dans une lettre datée du 7 mars 1733 à La Rochelle, l'auteur exprime sa passion pour l'agriculture et ses recherches sur la provignation des arbres et arbrisseaux étrangers. Il a expérimenté diverses méthodes, dont celle de M. Lignon décrite par M. de Vallemont, sans succès notable. Après plusieurs tentatives infructueuses, il a réussi à provigner des arbres par bouturage, obtenant un taux de réussite élevé. Sa méthode, distincte de celle de M. Lignon, utilise des branches sélectionnées et de la mousse fraîche, avec une période idéale de réalisation en avril et mai. L'auteur propose de partager cette méthode avec les amateurs d'agriculture et offre ses services pour provigner des arbrisseaux pour ceux qui en font la demande.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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478
p. 764-765
« Le Mercredi 4. Mars, l'Académie Royale des Sciences accorda la veterance à M. de Lagny, [...] »
Début :
Le Mercredi 4. Mars, l'Académie Royale des Sciences accorda la veterance à M. de Lagny, [...]
Mots clefs :
Lagni, Camus, Clairaux, Fontenelle, Académie royale des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Mercredi 4. Mars, l'Académie Royale des Sciences accorda la veterance à M. de Lagny, [...] »
Le Mercredi 4. Mars , l'Académie Royale des
Sciences accorda la veterance à M. de Lagni ,
Pensionnaire Géometre.
Le Mercredi 11. pour remplir cette place vacante
, l'Académie élût pour les trois Sujets , dont
l'un , au choix du Roy , doit avoir cette Place ;
Mrs Pitot et Clairaux , Membres de la Compagnie
, et M. Fontaine , Externe .
Le Mercredi 18. le Comte de Maurepas , Ministre
d'Etat , fit part à la Compagnie du choix
de S M. en faveur de M. Pitot , qui par cette
élevation laisse vacante une Place d'Associé Méchanicien
AVRIL.
1733 765
Le Mardi
24. pour remplir cette derniere Place
d'Associé , l'Académie élût pour les deux Sujets,
dont l'un doit avoir cette place , au choix du
Roy , Mrs Camus et Clairaux , pour le Membre
de la Compagnie , attendu qu'ils avoient cû par
l'Election , égalité de voix , et M. Fontaine pour
Externe. Quelques jours après le Comte de Mau
repas écrivit à la Compagnie, que le Roi avoit
choisi Mrs Camus et Clairaux, pour remplir cette
seale place , et ordonna que la premiere place de
ce genre qui viendra à vacquer , ne sera point
remplie.
Le Mercredi 15. Avril , cette Académie tint
son Assemblée publique , à laquelle présida M.le
Cardinal de Polignac .
M. de Fontenelle ouvrit la Séance , en annon
çant que le Prix qui avoit été proposé par l'Académie
pour cette année 1733. sur la meilleure
maniere de mesurer en Mer le Sillage d'un Vaisseau
, ou le chemin qu'il parcourt , étoit adjugé à là
Piece , dont l'Auteur est M. le Marquis Poléni ,
Professeur de Mathématique à Padoue.
M. de Fontenelle lût ensuite l'Eloge de M. le
Chevalier de Louville , Pensionnaire Astronome,
mort dans le dernier Sémestre de 1732 .
Après cela M de Reaumur lût un Discours
qui doit être à la tête de son grand et curieux
Ouvrage de l'Histoire des Insectes.
M. Buache lût ensuite un Memoire de Géographie
, et M. Dufay finit la Séance par la lec
ture d'un Memoire sur l'Electricité des Corps.
Sciences accorda la veterance à M. de Lagni ,
Pensionnaire Géometre.
Le Mercredi 11. pour remplir cette place vacante
, l'Académie élût pour les trois Sujets , dont
l'un , au choix du Roy , doit avoir cette Place ;
Mrs Pitot et Clairaux , Membres de la Compagnie
, et M. Fontaine , Externe .
Le Mercredi 18. le Comte de Maurepas , Ministre
d'Etat , fit part à la Compagnie du choix
de S M. en faveur de M. Pitot , qui par cette
élevation laisse vacante une Place d'Associé Méchanicien
AVRIL.
1733 765
Le Mardi
24. pour remplir cette derniere Place
d'Associé , l'Académie élût pour les deux Sujets,
dont l'un doit avoir cette place , au choix du
Roy , Mrs Camus et Clairaux , pour le Membre
de la Compagnie , attendu qu'ils avoient cû par
l'Election , égalité de voix , et M. Fontaine pour
Externe. Quelques jours après le Comte de Mau
repas écrivit à la Compagnie, que le Roi avoit
choisi Mrs Camus et Clairaux, pour remplir cette
seale place , et ordonna que la premiere place de
ce genre qui viendra à vacquer , ne sera point
remplie.
Le Mercredi 15. Avril , cette Académie tint
son Assemblée publique , à laquelle présida M.le
Cardinal de Polignac .
M. de Fontenelle ouvrit la Séance , en annon
çant que le Prix qui avoit été proposé par l'Académie
pour cette année 1733. sur la meilleure
maniere de mesurer en Mer le Sillage d'un Vaisseau
, ou le chemin qu'il parcourt , étoit adjugé à là
Piece , dont l'Auteur est M. le Marquis Poléni ,
Professeur de Mathématique à Padoue.
M. de Fontenelle lût ensuite l'Eloge de M. le
Chevalier de Louville , Pensionnaire Astronome,
mort dans le dernier Sémestre de 1732 .
Après cela M de Reaumur lût un Discours
qui doit être à la tête de son grand et curieux
Ouvrage de l'Histoire des Insectes.
M. Buache lût ensuite un Memoire de Géographie
, et M. Dufay finit la Séance par la lec
ture d'un Memoire sur l'Electricité des Corps.
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Résumé : « Le Mercredi 4. Mars, l'Académie Royale des Sciences accorda la veterance à M. de Lagny, [...] »
En mars, l'Académie Royale des Sciences accorda la vénérabilité à M. de Lagni, puis élut trois candidats pour le remplacer : MM. Pitot, Clairaux et Fontaine. Le 18 mars, le Comte de Maurepas annonça que le Roi avait choisi M. Pitot, laissant une place d'Associé Méchanicien vacante. Le 24 avril, l'Académie élut MM. Camus, Clairaux et Fontaine pour cette place. Le Comte de Maurepas informa ensuite que le Roi avait choisi MM. Camus et Clairaux, et ordonna que la prochaine place vacante ne serait pas remplie. Le 15 avril, l'Académie tint son assemblée publique présidée par le Cardinal de Polignac. M. de Fontenelle attribua le prix pour la meilleure manière de mesurer en mer le sillage d'un vaisseau à M. le Marquis Poléni et lut l'éloge de M. le Chevalier de Louville. M. de Reaumur présenta un discours sur l'Histoire des Insectes, M. Buache un mémoire de géographie, et M. Dufay un mémoire sur l'électricité des corps.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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479
p. 838-845
SUITE des Curiositez naturelles, &c. du Cabinet de M. Capperon.
Début :
Il y a dans mon Cabinet plusieurs Oyseaux naturels, posez sur leurs pieds [...]
Mots clefs :
Figure, Soleil, Tableau, Cabinet, Figure, Lune, Mort, Tableaux, Oiseaux, Couleurs naturelles, Curiosités
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Curiositez naturelles, &c. du Cabinet de M. Capperon.
SUITE des Curiositez naturelles, & c.
du Cabinet de M. Capperon.
I'
OYSEAU X.
Ly a dans mon Cabinet plusieurs Oyseaux
naturels , posez sur leurs pieds
comme s'ils étoient vivans , et qui y sont
depuis dix ou douze ans , sans aucune altération
, par la maniere que j'ai de les
conserver les grands sont empaillez , et
les petits en chair et en os . Il y a un Paon
entier , dont la queue bien étendue couvre
toute la Cheminée de mon Cabinet.
Un mâle de Phaisan , posé sur un piédestail
, une Cigogne , deux Pelicans , un
gros oyseau de Mer , nommé dans Jonston
, Onocrotalus , un Canard d'Afrique ,
un autre Oyseau singulier , venant de Canada
, un tres beau Perroquet ; plusieurs
autres Oyseaux de Mer ; un Lorio jaune
et noir , un Picus Varius , une Huppe
des Chardonnets , Linotes & c. L'Anser ,
Magellanicus, de Jonston, beaucoup plus.
gros
MAY. 1733 $39
que
gros qu'une Oye , dont les aîles n'ont
4 pouces de longueur . On vient de met
l'envoyer de Dieppe.
Ouvrages de l'Art.
Un morceau de Buis , de la grosseur
et de la forme d'une noix , autour duquel
sont sculptez quarante petits Tableaux
de la Vie de Notre - Seigneur. II
s'ouvre en deux para ; dans une moitié
se voïent sur le haut , Adam et Eve
proche l'Arbre du fruit deffendu , où est
le Serpent qui les tente ; auprès d'eux est
un Lion ; dans le dessous est Caïn qui tuë
son frere Abel; au côté sont deux Chevaux
d'une délicatesse surprenante , qui
labourent avec une Charue, au côté gauche
est l'Arche de Noé , et auprès un
homme étendu mort , comme noyé par
le Déluge ; par une coulisse qui s'ouvre
derriere , paroît un Mouton qui paît.
Dans l'autre moitié de cette espece de
noix , on voit sur le haut dans le milieu
le Fils de Dieu , attaché à la Croix, et les
deux Larrons ; au bas de la Croix , la
sainte Vierge, et S. Jean ; puis Longis qui
perce le côté sacré , et un Soldat qui est
un peu plus loin ; au côté droit , qui est
séparé par une colonne , délicatement
travaillée , paroît Jesus- Christ flagellé par
A v
840 MERCURE DE FRANCE
un Soldat ; et au côté gauche, séparé par
une autre colonne , il y a deux Soldats
qui gardent le Tombeau , lequel se voit
en tirant une Coulisse par derriere, et 2
autres Soldats qui le gardent de ce côté- là .
Cer Ouvrage et toutes les figures sont
d'une délicatesse surprenante. Une Urne
Sépulciale antique.Les Portraits des douze
Césars en émail.
,
Autre Ouvrage, oreillement de buis , à
peu près dans le même dessein que le précédent
mais beaucoup plus parfait ,
tant pour le grand nombre des figures ,
que pour leur beauté et leur perfection .
Cet Ouvrage est aussi rond , s'ouvrant en
deux moitiés , jointes par une Charniere
; il est à peu près de la grosseur d'une
Bale de Jeu de Paume. Dans la premiere
moitié sont plusieurs figures du même
Mystere de la Passion du Sauveur, et dans
l'autre , deux Points d'Histoire de l'ancien
Testament , le Sacrifice d'Abraham,
et le Serpent d'Airain ; le tout comprenant
un grand nombre de figures , et faisant
un ouvrage des plus achevez et des
plus finis.
Une Piramide d'Yvoire , haute de 18 pouces
& demi , faite au Tour , dont la tige
n'a guere qu'une bonne ligne de diametre
dans le bas ; elle n'eft vers le haut gros
que
MAY . 1733. 841
gros que de la grosseur d'une épingle ordinaire.
A la hauteur de six pouces est posée
sur la tige une espece de Lanterne à
jour , formée par 4 colonnes ; au milieu
de cette Lanterne sont trois figures de
personnes assises à une Table , sur laquelle
paroissent les Mets et les Bouteilles .
Cet Ouvrage est encore des plus délicats .
Deux figures de bois bronzées , d'un pied
neuf pouces de haut , posées sur deux
Guéridons , dont l'une représente Apollon
jouant de la Lyre ; et au bas , un petit
Cupidon , qui lui présente un Arc ;
l'autre , est le Dieu Pan,tenant un Sifflet,
au bas duquel est un petit Satire . Ces deux
piéces sont excellentes et d'un habile
Sculpteur , qui a travaillé à Paris , à Rome
, à Naples , & c . lequel m'en a fait
présent , par reconnoissance de ce qu'étant
un orphelin de mon ancienne Paroisse
, et lui trouvant de la disposition pour
la Sculpture , je le formai moi-même dans
cet Art.
Ouvrages de mafaçon et de mon invention.
Un Tableau de S. Ambroise , peint à
huile , d'un pied en quarré , dont la bordure
est de carton , faite avec des coins ,
à la Romaine , ornez de fleurs , le tout
doré d'or bruni . Plusieurs autres Ta-
A vj bleaux
842 MERCURE DE, FRANCE
bleaux de mon invention , lesquels ont
autant de force pour les draperies et pour
tout le reste , que s'ils étoient peints à
buile , et qui ne sont néanmoins faits.
ni en détrempe, ni en pastel . D'autres encore
plus singuliers , sçavoir , des Paysages
et des Ports de Mer en relief ; entre
autres il y en a un de deux pieds de
longueur sur un pied et quelques pouces
de hauteur , qui représente la Ville d'Eu
en Perspective , où les Eglises , Maisons ,
&c. paroissent en relief telles qu'elles paroissent
d'un point de vûe que j'ai choisi
hors de la Ville. Cet Ouvrage m'a occupé
plus d'une année. Ces sortes de Tableaux
sont faits avec de petits cartons
coupez et colez à propos , et le tout peint
ensuite à huile. Un petit Squelete où
toute l'Ostologie est parfaitement observée.
La Figure est droite sur ses pieds ,
appuyée sur une bêche et a seulement
un pied de haut ; elle est très - ressemblante
au naturel. Une Figure de bois de
deux pieds de haut, représentant un homme
mort , dont le ventre et la poitrine
sont ouverts , où se voyent le coeur , les
poulmons , le foye , l'estomac et tous les
visceres , intestins , vaisseaux , & c, dans .
leurs figures , situations et couleurs naturelles.
Un Oiseau en forme de Per-
Loquet
MAY. 1733. 84
?
roquet , tout fait avec de petites aîles de
hannetons et autres Scarabées de differentes
couleurs . Un Dragon aîlé d'un pied
et demi de long , enfermé dans une espece
de Châsse de verre aux deux extrémitez
de laquelle , en bas , sont deux
bouquets de fleurs; et au haut, dans toute:
sa longueur , pend une Guirlande aussi
de fleurs ; le tout , tant le Dragon que
les fleurs , est fait de Coquilles dans leurs
seules couleurs naturelles . Un petit Emouleur
, posé sur un piedestal , lequel par
des ressorts de mon invention , cachez.
dans le piedestal , fait tourner sa meule
avec le pied , et tourne sa tête de temps.
en temps. Une Sphere tracée en dedans
sur un Globe de verre mobile , où sont
représentez en or tous les Cercles , et les
principales Etoiles fixes avec leurs noms..
Et sur la Sphere un petit Soleil et une
Lune mobile , qu'on peut mettre chaque
jour en place sur le Zodiaque. Autre Õu--
vrage de neuf pouces de longueur , sur
six pouces de largeur, et seulement deux
pouces de hauteur , au milieu duquel est
une espece de Boussole double et mobile,,
où est la Lune , laquelle se couvre ou se
découvre , suivant l'augmentation ou la
diminution de ses phases , et par deux poin
res placées au bord. exterieur de cette
Boussole
Boussole , elle marque sur la bordure
qui est autour , les jours de la Lune et
les heures des Marées ; ayant cela de singulier
, qu'en tel sens qu'on tourne la
Machine par un mouvement secret , les
deux pointes reviennent toujours au jour
et à l'heure convenable.
Un Globe Terrestre , représenté sur
une Carte mobile , ayant pour centre le
Pole Septentrional , et se terminant au
Tropique du Capricorne avec les Longitudes
et les Latitudes ; le tout environné
d'un cercle fixe , où sont marquées
les 24. heures et où est attaché par les
deux bouts un fil d'archal qui tient lieu
d'horison ; de sorte que par un Index où
est un petit Soleil mobile , on peut voir
l'heure du lever et du coucher du Soleil
, quelle heure il est dans chaque Pays,
sur quel Pays le Soleil est vertical à chaque
moment du jour , ainsi que les Eclipses
de Soleil et de Lune .
Ouvrage d'Optique de ma façon.
Deux Tableaux magiques , l'un desquels
représente une Demoiselle environnée
de branches et de feüillages , laquelle
regardée par un petit trou placé aufait
voir une Tête de Mort. L'autre
Tableau qui est au derriere du predessus
,
mier,
MAY. 1733 845
mier , représente sept differens Bustes de
Papes , Abbez , &c. sur lesquels posant
la ` même Machine où est le petit trou ,
il ne paroît que mon seul Portrait . Un Tableau
où sont écrits six Vers d'une Enigme
; au haut de ce Tableau est posé à
Angle droit , une Glace de Miroir , laquelle
étant découverte , représente le
même Tableau , où au lieu des Vers on
voit un Moulin à vent , qui est le mot
de l'Enigme. Une Figure difforme , peinte
sur un Cône de carton , large par par le bas
d'un pied sur un pied et demi de hauteur
, lequel vû d'un certain point , représente
une Religieuse tenant une Croix
dans ses mains . Plusieurs figures difformes
, qui paroissent très- agréables , étant
regardées dans un Miroir Cylindrique.
Figure particuliere et difforme , tracée
sur un Plan allongé , laquelle vûe de loin
représente une Vierge.
Voilà les Curiositez qui forment mon
Cabinet , telles que j'ai pû les assembler
dans un petit Lieu comme la Ville d'Eu ,
et que j'ai augmentées de petits Ouvrages
de mon invention , executez en differens
temps , pour me délasser de mes
autres occupations plus sérieuses et plus
nécessaires. Signé , CAPPERON
Doyen de S. Maxent.
ancien
A la Ville d'Eu , le 16. Mars 17339
du Cabinet de M. Capperon.
I'
OYSEAU X.
Ly a dans mon Cabinet plusieurs Oyseaux
naturels , posez sur leurs pieds
comme s'ils étoient vivans , et qui y sont
depuis dix ou douze ans , sans aucune altération
, par la maniere que j'ai de les
conserver les grands sont empaillez , et
les petits en chair et en os . Il y a un Paon
entier , dont la queue bien étendue couvre
toute la Cheminée de mon Cabinet.
Un mâle de Phaisan , posé sur un piédestail
, une Cigogne , deux Pelicans , un
gros oyseau de Mer , nommé dans Jonston
, Onocrotalus , un Canard d'Afrique ,
un autre Oyseau singulier , venant de Canada
, un tres beau Perroquet ; plusieurs
autres Oyseaux de Mer ; un Lorio jaune
et noir , un Picus Varius , une Huppe
des Chardonnets , Linotes & c. L'Anser ,
Magellanicus, de Jonston, beaucoup plus.
gros
MAY. 1733 $39
que
gros qu'une Oye , dont les aîles n'ont
4 pouces de longueur . On vient de met
l'envoyer de Dieppe.
Ouvrages de l'Art.
Un morceau de Buis , de la grosseur
et de la forme d'une noix , autour duquel
sont sculptez quarante petits Tableaux
de la Vie de Notre - Seigneur. II
s'ouvre en deux para ; dans une moitié
se voïent sur le haut , Adam et Eve
proche l'Arbre du fruit deffendu , où est
le Serpent qui les tente ; auprès d'eux est
un Lion ; dans le dessous est Caïn qui tuë
son frere Abel; au côté sont deux Chevaux
d'une délicatesse surprenante , qui
labourent avec une Charue, au côté gauche
est l'Arche de Noé , et auprès un
homme étendu mort , comme noyé par
le Déluge ; par une coulisse qui s'ouvre
derriere , paroît un Mouton qui paît.
Dans l'autre moitié de cette espece de
noix , on voit sur le haut dans le milieu
le Fils de Dieu , attaché à la Croix, et les
deux Larrons ; au bas de la Croix , la
sainte Vierge, et S. Jean ; puis Longis qui
perce le côté sacré , et un Soldat qui est
un peu plus loin ; au côté droit , qui est
séparé par une colonne , délicatement
travaillée , paroît Jesus- Christ flagellé par
A v
840 MERCURE DE FRANCE
un Soldat ; et au côté gauche, séparé par
une autre colonne , il y a deux Soldats
qui gardent le Tombeau , lequel se voit
en tirant une Coulisse par derriere, et 2
autres Soldats qui le gardent de ce côté- là .
Cer Ouvrage et toutes les figures sont
d'une délicatesse surprenante. Une Urne
Sépulciale antique.Les Portraits des douze
Césars en émail.
,
Autre Ouvrage, oreillement de buis , à
peu près dans le même dessein que le précédent
mais beaucoup plus parfait ,
tant pour le grand nombre des figures ,
que pour leur beauté et leur perfection .
Cet Ouvrage est aussi rond , s'ouvrant en
deux moitiés , jointes par une Charniere
; il est à peu près de la grosseur d'une
Bale de Jeu de Paume. Dans la premiere
moitié sont plusieurs figures du même
Mystere de la Passion du Sauveur, et dans
l'autre , deux Points d'Histoire de l'ancien
Testament , le Sacrifice d'Abraham,
et le Serpent d'Airain ; le tout comprenant
un grand nombre de figures , et faisant
un ouvrage des plus achevez et des
plus finis.
Une Piramide d'Yvoire , haute de 18 pouces
& demi , faite au Tour , dont la tige
n'a guere qu'une bonne ligne de diametre
dans le bas ; elle n'eft vers le haut gros
que
MAY . 1733. 841
gros que de la grosseur d'une épingle ordinaire.
A la hauteur de six pouces est posée
sur la tige une espece de Lanterne à
jour , formée par 4 colonnes ; au milieu
de cette Lanterne sont trois figures de
personnes assises à une Table , sur laquelle
paroissent les Mets et les Bouteilles .
Cet Ouvrage est encore des plus délicats .
Deux figures de bois bronzées , d'un pied
neuf pouces de haut , posées sur deux
Guéridons , dont l'une représente Apollon
jouant de la Lyre ; et au bas , un petit
Cupidon , qui lui présente un Arc ;
l'autre , est le Dieu Pan,tenant un Sifflet,
au bas duquel est un petit Satire . Ces deux
piéces sont excellentes et d'un habile
Sculpteur , qui a travaillé à Paris , à Rome
, à Naples , & c . lequel m'en a fait
présent , par reconnoissance de ce qu'étant
un orphelin de mon ancienne Paroisse
, et lui trouvant de la disposition pour
la Sculpture , je le formai moi-même dans
cet Art.
Ouvrages de mafaçon et de mon invention.
Un Tableau de S. Ambroise , peint à
huile , d'un pied en quarré , dont la bordure
est de carton , faite avec des coins ,
à la Romaine , ornez de fleurs , le tout
doré d'or bruni . Plusieurs autres Ta-
A vj bleaux
842 MERCURE DE, FRANCE
bleaux de mon invention , lesquels ont
autant de force pour les draperies et pour
tout le reste , que s'ils étoient peints à
buile , et qui ne sont néanmoins faits.
ni en détrempe, ni en pastel . D'autres encore
plus singuliers , sçavoir , des Paysages
et des Ports de Mer en relief ; entre
autres il y en a un de deux pieds de
longueur sur un pied et quelques pouces
de hauteur , qui représente la Ville d'Eu
en Perspective , où les Eglises , Maisons ,
&c. paroissent en relief telles qu'elles paroissent
d'un point de vûe que j'ai choisi
hors de la Ville. Cet Ouvrage m'a occupé
plus d'une année. Ces sortes de Tableaux
sont faits avec de petits cartons
coupez et colez à propos , et le tout peint
ensuite à huile. Un petit Squelete où
toute l'Ostologie est parfaitement observée.
La Figure est droite sur ses pieds ,
appuyée sur une bêche et a seulement
un pied de haut ; elle est très - ressemblante
au naturel. Une Figure de bois de
deux pieds de haut, représentant un homme
mort , dont le ventre et la poitrine
sont ouverts , où se voyent le coeur , les
poulmons , le foye , l'estomac et tous les
visceres , intestins , vaisseaux , & c, dans .
leurs figures , situations et couleurs naturelles.
Un Oiseau en forme de Per-
Loquet
MAY. 1733. 84
?
roquet , tout fait avec de petites aîles de
hannetons et autres Scarabées de differentes
couleurs . Un Dragon aîlé d'un pied
et demi de long , enfermé dans une espece
de Châsse de verre aux deux extrémitez
de laquelle , en bas , sont deux
bouquets de fleurs; et au haut, dans toute:
sa longueur , pend une Guirlande aussi
de fleurs ; le tout , tant le Dragon que
les fleurs , est fait de Coquilles dans leurs
seules couleurs naturelles . Un petit Emouleur
, posé sur un piedestal , lequel par
des ressorts de mon invention , cachez.
dans le piedestal , fait tourner sa meule
avec le pied , et tourne sa tête de temps.
en temps. Une Sphere tracée en dedans
sur un Globe de verre mobile , où sont
représentez en or tous les Cercles , et les
principales Etoiles fixes avec leurs noms..
Et sur la Sphere un petit Soleil et une
Lune mobile , qu'on peut mettre chaque
jour en place sur le Zodiaque. Autre Õu--
vrage de neuf pouces de longueur , sur
six pouces de largeur, et seulement deux
pouces de hauteur , au milieu duquel est
une espece de Boussole double et mobile,,
où est la Lune , laquelle se couvre ou se
découvre , suivant l'augmentation ou la
diminution de ses phases , et par deux poin
res placées au bord. exterieur de cette
Boussole
Boussole , elle marque sur la bordure
qui est autour , les jours de la Lune et
les heures des Marées ; ayant cela de singulier
, qu'en tel sens qu'on tourne la
Machine par un mouvement secret , les
deux pointes reviennent toujours au jour
et à l'heure convenable.
Un Globe Terrestre , représenté sur
une Carte mobile , ayant pour centre le
Pole Septentrional , et se terminant au
Tropique du Capricorne avec les Longitudes
et les Latitudes ; le tout environné
d'un cercle fixe , où sont marquées
les 24. heures et où est attaché par les
deux bouts un fil d'archal qui tient lieu
d'horison ; de sorte que par un Index où
est un petit Soleil mobile , on peut voir
l'heure du lever et du coucher du Soleil
, quelle heure il est dans chaque Pays,
sur quel Pays le Soleil est vertical à chaque
moment du jour , ainsi que les Eclipses
de Soleil et de Lune .
Ouvrage d'Optique de ma façon.
Deux Tableaux magiques , l'un desquels
représente une Demoiselle environnée
de branches et de feüillages , laquelle
regardée par un petit trou placé aufait
voir une Tête de Mort. L'autre
Tableau qui est au derriere du predessus
,
mier,
MAY. 1733 845
mier , représente sept differens Bustes de
Papes , Abbez , &c. sur lesquels posant
la ` même Machine où est le petit trou ,
il ne paroît que mon seul Portrait . Un Tableau
où sont écrits six Vers d'une Enigme
; au haut de ce Tableau est posé à
Angle droit , une Glace de Miroir , laquelle
étant découverte , représente le
même Tableau , où au lieu des Vers on
voit un Moulin à vent , qui est le mot
de l'Enigme. Une Figure difforme , peinte
sur un Cône de carton , large par par le bas
d'un pied sur un pied et demi de hauteur
, lequel vû d'un certain point , représente
une Religieuse tenant une Croix
dans ses mains . Plusieurs figures difformes
, qui paroissent très- agréables , étant
regardées dans un Miroir Cylindrique.
Figure particuliere et difforme , tracée
sur un Plan allongé , laquelle vûe de loin
représente une Vierge.
Voilà les Curiositez qui forment mon
Cabinet , telles que j'ai pû les assembler
dans un petit Lieu comme la Ville d'Eu ,
et que j'ai augmentées de petits Ouvrages
de mon invention , executez en differens
temps , pour me délasser de mes
autres occupations plus sérieuses et plus
nécessaires. Signé , CAPPERON
Doyen de S. Maxent.
ancien
A la Ville d'Eu , le 16. Mars 17339
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Résumé : SUITE des Curiositez naturelles, &c. du Cabinet de M. Capperon.
Le cabinet de curiosités de M. Capperon, situé à Eu, abrite une collection diversifiée d'oiseaux naturels conservés depuis dix à douze ans. Parmi ces oiseaux, on trouve un paon, un phasian, une cigogne, des pélicans, un onocrotale, un canard d'Afrique, un oiseau du Canada, un perroquet, et plusieurs autres espèces. Les grands oiseaux sont empailés, tandis que les petits sont conservés en chair et en os. En plus des oiseaux, le cabinet contient plusieurs œuvres d'art et objets rares. Notamment, un morceau de buis sculpté représentant des scènes de la vie du Christ et de l'Ancien Testament, une urne sépulcrale antique, des portraits des douze Césars en émail, et une pyramide d'ivoire. Des sculptures en bois, comme Apollon et Pan, sont également présentes. Capperon mentionne également des œuvres de sa propre invention, telles que des tableaux en relief représentant des paysages et des ports de mer, un squelette et une figure anatomique en bois. Des objets mécaniques, comme un émouleur fonctionnant par ressorts et une sphère astronomique, sont également exposés. Des œuvres d'optique, comme des tableaux magiques et des figures difformes vues à travers des miroirs, complètent la collection. Capperon souligne que ces curiosités ont été assemblées à Eu et augmentées de ses propres inventions pour le divertissement et la détente. Le texte est signé par Capperon, doyen de Saint-Maxent, et daté du 16 mai 1733.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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480
p. 945
ENIGME-LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis de ces vivans que la Mer emprisonne, [...]
Mots clefs :
Merlan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME-LOGOGRYPHE.
ENIGME - LOGOG RYPHE.
J
E suis de ces vivans que la Mer emprisonne,
Sans être des meilleurs
Mon espece foisonne ,
A Paris plus qu'ailleurs.
Tout petit que je suis ,
J'ai pourtant queue et tête.
Ma queue est près Paris ,
Mon chef touche la crête ;
Malgré ces attributs divers
Je ne suis pas en grande estime ;
Lecteur , si tes yeux sont ouverts ,
Tu trouveras bien-tôt la clef de mon Enigme.
J
E suis de ces vivans que la Mer emprisonne,
Sans être des meilleurs
Mon espece foisonne ,
A Paris plus qu'ailleurs.
Tout petit que je suis ,
J'ai pourtant queue et tête.
Ma queue est près Paris ,
Mon chef touche la crête ;
Malgré ces attributs divers
Je ne suis pas en grande estime ;
Lecteur , si tes yeux sont ouverts ,
Tu trouveras bien-tôt la clef de mon Enigme.
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481
p. 947-948
AUTRE.
Début :
Tout entier je suis bon dans le temps de Carême ; [...]
Mots clefs :
Brochet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Qut entier je suis bon dans le temps de Ca
rême ; Tout
Otez ma queue , ainsi je suis utile en gras ;
Alors tranchez mon chef , je suis dur à l'extrême,
En cet état , ôtez mes pieds , n'approchez pas ,
De l'endroit où je suis , ou craignez le nauffrage,
Si vous voulez un autre changement ,
Prene
948 MERCURE
DE FRANCE
Prenez mon tout , sans chef, je suis habillement ;
Chez maints Religieux d'un ordinaire usage.
Que voulez-vous encor ? tranchez , tournez ,
virez ,
En moi bien-tôt vous trouverez ,
D'un Convoi l'ornement ; une Notte en Ma
sique ,
Un instrument, un métail magnifique ;
De quoi contenter le buveur ,
Ce qu'il fait lorsque sa bedaine ,
Commence d'être pleine.
L'habillement d'un Sénateur ;
Un Tribunal fameux à Rome ,
Et l'action que fait un homme ,
Alors qu'il change habit , montre, ou manteau,
Contre autre meuble on plus laid ou plus beau .
Qut entier je suis bon dans le temps de Ca
rême ; Tout
Otez ma queue , ainsi je suis utile en gras ;
Alors tranchez mon chef , je suis dur à l'extrême,
En cet état , ôtez mes pieds , n'approchez pas ,
De l'endroit où je suis , ou craignez le nauffrage,
Si vous voulez un autre changement ,
Prene
948 MERCURE
DE FRANCE
Prenez mon tout , sans chef, je suis habillement ;
Chez maints Religieux d'un ordinaire usage.
Que voulez-vous encor ? tranchez , tournez ,
virez ,
En moi bien-tôt vous trouverez ,
D'un Convoi l'ornement ; une Notte en Ma
sique ,
Un instrument, un métail magnifique ;
De quoi contenter le buveur ,
Ce qu'il fait lorsque sa bedaine ,
Commence d'être pleine.
L'habillement d'un Sénateur ;
Un Tribunal fameux à Rome ,
Et l'action que fait un homme ,
Alors qu'il change habit , montre, ou manteau,
Contre autre meuble on plus laid ou plus beau .
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482
p. 978-979
Elemens de Chimie, [titre d'après la table]
Début :
ELEMENTA CHEMIAE, quae anniversario labore docuit, in publicis privatisque Scholiis, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Elemens de Chimie, [titre d'après la table]
ELEMENTA CHEMIA , quæ anniversario labore
docuit , in publicis privatisque Scholiis
Hermannus Boeraave , continentis Historiam
Theoriam et Operationes Chemicas Editio altera
, Leydensi multo correctior et Accuratior,
cui etiam accessere ejusdem, Auctoris Opuscula
omnia quæ hactenus in lucem prodierunt in
unum Corpus collecta , 2 vol. in- 4 . cum figuris
Aeneis. Parisiis apud Cavelier , via Jacobea ,
1753.
Il y a au commencement de cette Edition un
Avertissement du Libraire qui marque n'avoir
rien
MAY. 1733. 979
•
rien épargné pour rendre cette Edition correcte ;
il cite un grand nombre de fautes qui se trouvent
dans l'Edition de Leyde 1732. qu'il a exactement
corrigées dans son Edition. De plus , il a
ajoûté à la fin du Tome second tous les Opuscules
de l'Auteur , qui avoient été ci - devant
imprimés séparément en differentes grandeurs ,
et qu'il a ramassez ensemble , ce qui n'a point
été fait jusqu'à présent.
docuit , in publicis privatisque Scholiis
Hermannus Boeraave , continentis Historiam
Theoriam et Operationes Chemicas Editio altera
, Leydensi multo correctior et Accuratior,
cui etiam accessere ejusdem, Auctoris Opuscula
omnia quæ hactenus in lucem prodierunt in
unum Corpus collecta , 2 vol. in- 4 . cum figuris
Aeneis. Parisiis apud Cavelier , via Jacobea ,
1753.
Il y a au commencement de cette Edition un
Avertissement du Libraire qui marque n'avoir
rien
MAY. 1733. 979
•
rien épargné pour rendre cette Edition correcte ;
il cite un grand nombre de fautes qui se trouvent
dans l'Edition de Leyde 1732. qu'il a exactement
corrigées dans son Edition. De plus , il a
ajoûté à la fin du Tome second tous les Opuscules
de l'Auteur , qui avoient été ci - devant
imprimés séparément en differentes grandeurs ,
et qu'il a ramassez ensemble , ce qui n'a point
été fait jusqu'à présent.
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Résumé : Elemens de Chimie, [titre d'après la table]
L'édition révisée de 'Elementa Chemia' d'Hermann Boerhaave, publiée à Leyde en 1753, corrige les erreurs de l'édition de 1732 et compile tous les opuscules de l'auteur en deux volumes illustrés. Cette édition a été soigneusement vérifiée pour garantir sa précision.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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483
p. 1148-1150
LOGOGRYPHE.
Début :
Dans mes six pieds je suis le chef-d'oeuvre des Cieux, [...]
Mots clefs :
Nature
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Ans mes six pieds je suis le chef- d'oeuvre
DA des Cieux ,
Dans mes 2. 5 et 3. je suis celui des hommes,
Et lorsque réunis nous sommes ,
I. Vol.
Nous
JUIN. 1149 17330
Nous formons des objets qui charmeroient les
Dieux ;
Mon dernier tiers sert en Musique ,
Mon second ( s'il est renversé )
Est de même nature et de même pratique ,
Et mon premier ( son ordre boulversé )
Est des Saisons la premiere qu'on fête ;
Garde-toi , Lecteur imprudent ,
De lui prêter mon 6. et couronner sa tête ,
Tu nous offrirois une bête ,
Dont le front est trop impudent ;
5. 2 et 3. n'est pas bête moins vile ,
Mais si sa qualité nuit aux champs comme en
Ville ,
Son nom du moins est si gracieux ,
De sa fémelle même on vantè les vifs yeux ,
Joins y pour lors mon 6 au corps de l'homme
utile ,
On sçait que noblèment ,
Elle s'y conserve un azile ;
Mais si ton plaisir , cependant ,
Eroit de lui trancher la tête ,
Remplace lui donc promptement ,
Celle qui de mon tout fait d'abord l'ornement ,
Et que volontiers je te prête ,
Pour en parer ( comme on faisoit jadis )
Ou ton Cabinet ou ta Chambre ;
A mon deuxiéme tiers unis mou dernier membre,
Et crains que l'on ne te ... car souvent on est
pris >
E vi Pour
1150 MERCURE DE FRANCE
Pour un 2. 4. 3. 5. 6.
Qui veut voir femme sans chemise ,
Lecteur en es-tu curieux ?
Prends ma tête et ma queiie et mets 4 entre deux
Elle se présente à ta guise ,
N'abuse pas au moins de ma facilité
A te procurer ma recette ,
Et ne vas pas ainsi par trop
>
de dureté ,
Faire place à mon 5. aux dépens de sa tête ,
Et puis la laisser là !
4. 6. 1. et 3. déja .
Le temps calme change de facé ,
4. 5. 1. et 6. dedans mon flanc sans choix ,
Je porte le destin des Bergers et des Rois ;
Mais enfin , Lecteur , je fais grace
A quelques mots encor qui trouveroient bien
place ,
Si pour vouloir trop m'appuyer ,
Je ne craignois de t'ennuyer.
Ans mes six pieds je suis le chef- d'oeuvre
DA des Cieux ,
Dans mes 2. 5 et 3. je suis celui des hommes,
Et lorsque réunis nous sommes ,
I. Vol.
Nous
JUIN. 1149 17330
Nous formons des objets qui charmeroient les
Dieux ;
Mon dernier tiers sert en Musique ,
Mon second ( s'il est renversé )
Est de même nature et de même pratique ,
Et mon premier ( son ordre boulversé )
Est des Saisons la premiere qu'on fête ;
Garde-toi , Lecteur imprudent ,
De lui prêter mon 6. et couronner sa tête ,
Tu nous offrirois une bête ,
Dont le front est trop impudent ;
5. 2 et 3. n'est pas bête moins vile ,
Mais si sa qualité nuit aux champs comme en
Ville ,
Son nom du moins est si gracieux ,
De sa fémelle même on vantè les vifs yeux ,
Joins y pour lors mon 6 au corps de l'homme
utile ,
On sçait que noblèment ,
Elle s'y conserve un azile ;
Mais si ton plaisir , cependant ,
Eroit de lui trancher la tête ,
Remplace lui donc promptement ,
Celle qui de mon tout fait d'abord l'ornement ,
Et que volontiers je te prête ,
Pour en parer ( comme on faisoit jadis )
Ou ton Cabinet ou ta Chambre ;
A mon deuxiéme tiers unis mou dernier membre,
Et crains que l'on ne te ... car souvent on est
pris >
E vi Pour
1150 MERCURE DE FRANCE
Pour un 2. 4. 3. 5. 6.
Qui veut voir femme sans chemise ,
Lecteur en es-tu curieux ?
Prends ma tête et ma queiie et mets 4 entre deux
Elle se présente à ta guise ,
N'abuse pas au moins de ma facilité
A te procurer ma recette ,
Et ne vas pas ainsi par trop
>
de dureté ,
Faire place à mon 5. aux dépens de sa tête ,
Et puis la laisser là !
4. 6. 1. et 3. déja .
Le temps calme change de facé ,
4. 5. 1. et 6. dedans mon flanc sans choix ,
Je porte le destin des Bergers et des Rois ;
Mais enfin , Lecteur , je fais grace
A quelques mots encor qui trouveroient bien
place ,
Si pour vouloir trop m'appuyer ,
Je ne craignois de t'ennuyer.
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484
p. 1257-1262
L'ASTROLOGIE JUDICIAIRE ODE. Présentée à l'Académie des Jeux Floraux, pour le Prix de cette année 1733. A M. Deslandes, Contrôleur Général de la Marine, à Brest, et de l'Académie Royale des Sciences. Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic, en Bretagne.
Début :
Funeste et vaine Astrologie, [...]
Mots clefs :
Vol, Astres, Ciel, Académie des Jeux floraux, Astrologie judiciaire, Deslandes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ASTROLOGIE JUDICIAIRE ODE. Présentée à l'Académie des Jeux Floraux, pour le Prix de cette année 1733. A M. Deslandes, Contrôleur Général de la Marine, à Brest, et de l'Académie Royale des Sciences. Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic, en Bretagne.
L'ASTROLOGIE JUDICIAIRE
O DE.
Présentée à l'Académie des Jeux Floraux , pour le
Prix de cette année 1733.
A M. Deslandes , Contrôleur Général de la
Marine , à Brest , et de l'Académie Royale
des Sciences. <
Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisie
en Bretagne.
Uneste et vaine Astrologie ,
F
Qui dans les ténébreux replis ,
De ta séduisante Magie ,
Tiens tant de coeurs ensevelis ,
Reste à jamais dans la Chaldée ,
11. Vol. A ij UA
1250 MERCURE DE FRANCE
Une coupable et fausse idée ,
Nous a trop long - temps égarez ;
Ses Peuples qu'à tort on crut sages ,
Rendront bien sans nous leurs hommages ,
Aux Astres par eux adorez.
Monstre à qui fit voir la lumiere ,
L'avide curiosité ,
Tu ne dûs ta grandeur premiere ,
Qu'à l'humaine crédulité.
Tu profitas de nos foiblesses ,
L'appas trompeur de tes promesses ,
Masqua tes mensonges divers :
La peur fit valoir ton audace ,
Et ton Idole prit la place
Du Souverain de l'Univers,
M
Mortels , dont les cervelles folles ;
Changent les Astres en métaux ,
Vous voulez que des noms frivoles ,
Operent nos biens ou nos maux ?
Vous frémissez , Payens impies ,
De voir présider sur nos vies ,
Saturne ou Mars à l'oeil de fer ;
Garans d'une heureuse affluence ,
Pour ceux qu'anima l'influence ,
Deyénus ou de Jupiter ,
11. Voli Yous
JUIN.
1733. 1259
Vous prêtez à tels et tels Astres ,
De bizarres aversions ,
Cruels Messagers des désastres ,
Par leurs tristes conjonctions.
Le Scorpion me pronostique ,
Si dans ma Planette il s'implique
L'Exil , le Désespoir , la Mort ;
Et ma trame est infortunée ,
Si de sa queue empoisonnée ,
Le Dragon infecte mon sort .
Quoi cette Masse étincelante ,
Qui dans l'air roule loin de moi ,
Rendra mon ame chancelante ;
Entre l'espérance et l'effroi ?
Prête à m'en louer , ou m'en plaindre ,
J'aurai la bassesse de craindre ,
Un corps privé de sentiment ,
Qui n'a jamais connu son être ,
Et n'est pas lui- même le Maître ,
De regner sur son mouvement !
M
Croirai -je , étrange extravagance !
Que le Ciel à votre Art soumis ,
Au point qu'il fut à ma naissance ,
Puisse à vos yeux être remis ?
son compas infaillible , Seul de
II. Vol.
Dieu
A iij
260 MERCURE DE FRANCE
Dieu marque du temps insensible ,
Tous les espaces écoulez ,
Eternel Torrent ! cours immense !
Pendant que mon esprit y pense ,
Mille instans se sont envolez.
Si suivant votre absurde fable ;
La même Etoile au même aspect ,
D'un bonheur ou malheur semblable ,
Porte un présage non suspect ;
Pourquoi ne sont- ils pas insignes ,
Tant d'hommes nez sous mêmes signes ,
Que les Rois et les Conquérans ?
Où pourquoi le même naufrage ,
Perd-t-il cent Nochers à tout âge ,
Nez sous des signes differens ?
Celui-là vit et meurt infame ;
Cet autre est porté vers le bien ,
Et l'Astre seul captive une ame ,
Sous ce doux ou fatal lien :
Maudis ton sort , misérable homme ;
Ta liberté n'est qu'un Fantôme ;
N'attends plus rien des Immortels ,
Tes voeux sont désormais stériles ,
Détruits des Temples inutiles ,
Ravage et brûle leurs Autels.
11. Vol. Non
JUIN. 1251
1733.
Non, la ronde et vaste Machine ,
Du seul vrai Dieu connoît les Loix ,
Le Ciel à son aspect s'incline ,
Il parle et tout tremble à sa voix.
Toujours unie à sa justice ,
Sa volonté n'est point complice ,
De l'iniquité des humains ;
Le libre arbitre qu'il leur donne ,
De la honte ou de la couronne ,
Laisse le choix entre leurs mains.
學
Mais par de criminels prestiges ,
N'allons pas , esprits indiscrets ,
Chercher dans les airs les vestiges ,
De ses immuables Décrets .
Auroit-il de sa Providence ,
Fait aux Astres la confidence ?
L'idée en révolte mes sens :
Il créa ces Corps que j'admire ,
Pour éclairer , non pour prédire ,
pour recevoir mon encens. Ni
DESLANDES , mon hardi génie ,
Alla , loin des terrestres Lieux ,
Saisir la force et l'harmonie ,
Du brillant langage des Dieux.
Mon entousiasme intrépide ,
11.Vol. Aiiij Brive
126 2 MERCURE DE FRANCE
Brave en prenant le Nord pour guide ,
D'Icare l'éternel affront >
LefilsdeJapet sur son aîle
M'enleve , et m'offre une étincelle ,
Dont j'embrase le sacré Mont .
Cependant ma vigueur Lyrique ,
S'arma dans les Tournois FloraUX ,
Et le Laurier Académique ,
Récompensa d'autres travaux.
N'importe , ton docte suffrage ,
Me console et me dédommage
Du prix vainement espéré ;
Si conviens que des Couronnes
L'honneur à des Piéces moins bonnes ,
Plus d'unefois fut déféré.
O DE.
Présentée à l'Académie des Jeux Floraux , pour le
Prix de cette année 1733.
A M. Deslandes , Contrôleur Général de la
Marine , à Brest , et de l'Académie Royale
des Sciences. <
Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisie
en Bretagne.
Uneste et vaine Astrologie ,
F
Qui dans les ténébreux replis ,
De ta séduisante Magie ,
Tiens tant de coeurs ensevelis ,
Reste à jamais dans la Chaldée ,
11. Vol. A ij UA
1250 MERCURE DE FRANCE
Une coupable et fausse idée ,
Nous a trop long - temps égarez ;
Ses Peuples qu'à tort on crut sages ,
Rendront bien sans nous leurs hommages ,
Aux Astres par eux adorez.
Monstre à qui fit voir la lumiere ,
L'avide curiosité ,
Tu ne dûs ta grandeur premiere ,
Qu'à l'humaine crédulité.
Tu profitas de nos foiblesses ,
L'appas trompeur de tes promesses ,
Masqua tes mensonges divers :
La peur fit valoir ton audace ,
Et ton Idole prit la place
Du Souverain de l'Univers,
M
Mortels , dont les cervelles folles ;
Changent les Astres en métaux ,
Vous voulez que des noms frivoles ,
Operent nos biens ou nos maux ?
Vous frémissez , Payens impies ,
De voir présider sur nos vies ,
Saturne ou Mars à l'oeil de fer ;
Garans d'une heureuse affluence ,
Pour ceux qu'anima l'influence ,
Deyénus ou de Jupiter ,
11. Voli Yous
JUIN.
1733. 1259
Vous prêtez à tels et tels Astres ,
De bizarres aversions ,
Cruels Messagers des désastres ,
Par leurs tristes conjonctions.
Le Scorpion me pronostique ,
Si dans ma Planette il s'implique
L'Exil , le Désespoir , la Mort ;
Et ma trame est infortunée ,
Si de sa queue empoisonnée ,
Le Dragon infecte mon sort .
Quoi cette Masse étincelante ,
Qui dans l'air roule loin de moi ,
Rendra mon ame chancelante ;
Entre l'espérance et l'effroi ?
Prête à m'en louer , ou m'en plaindre ,
J'aurai la bassesse de craindre ,
Un corps privé de sentiment ,
Qui n'a jamais connu son être ,
Et n'est pas lui- même le Maître ,
De regner sur son mouvement !
M
Croirai -je , étrange extravagance !
Que le Ciel à votre Art soumis ,
Au point qu'il fut à ma naissance ,
Puisse à vos yeux être remis ?
son compas infaillible , Seul de
II. Vol.
Dieu
A iij
260 MERCURE DE FRANCE
Dieu marque du temps insensible ,
Tous les espaces écoulez ,
Eternel Torrent ! cours immense !
Pendant que mon esprit y pense ,
Mille instans se sont envolez.
Si suivant votre absurde fable ;
La même Etoile au même aspect ,
D'un bonheur ou malheur semblable ,
Porte un présage non suspect ;
Pourquoi ne sont- ils pas insignes ,
Tant d'hommes nez sous mêmes signes ,
Que les Rois et les Conquérans ?
Où pourquoi le même naufrage ,
Perd-t-il cent Nochers à tout âge ,
Nez sous des signes differens ?
Celui-là vit et meurt infame ;
Cet autre est porté vers le bien ,
Et l'Astre seul captive une ame ,
Sous ce doux ou fatal lien :
Maudis ton sort , misérable homme ;
Ta liberté n'est qu'un Fantôme ;
N'attends plus rien des Immortels ,
Tes voeux sont désormais stériles ,
Détruits des Temples inutiles ,
Ravage et brûle leurs Autels.
11. Vol. Non
JUIN. 1251
1733.
Non, la ronde et vaste Machine ,
Du seul vrai Dieu connoît les Loix ,
Le Ciel à son aspect s'incline ,
Il parle et tout tremble à sa voix.
Toujours unie à sa justice ,
Sa volonté n'est point complice ,
De l'iniquité des humains ;
Le libre arbitre qu'il leur donne ,
De la honte ou de la couronne ,
Laisse le choix entre leurs mains.
學
Mais par de criminels prestiges ,
N'allons pas , esprits indiscrets ,
Chercher dans les airs les vestiges ,
De ses immuables Décrets .
Auroit-il de sa Providence ,
Fait aux Astres la confidence ?
L'idée en révolte mes sens :
Il créa ces Corps que j'admire ,
Pour éclairer , non pour prédire ,
pour recevoir mon encens. Ni
DESLANDES , mon hardi génie ,
Alla , loin des terrestres Lieux ,
Saisir la force et l'harmonie ,
Du brillant langage des Dieux.
Mon entousiasme intrépide ,
11.Vol. Aiiij Brive
126 2 MERCURE DE FRANCE
Brave en prenant le Nord pour guide ,
D'Icare l'éternel affront >
LefilsdeJapet sur son aîle
M'enleve , et m'offre une étincelle ,
Dont j'embrase le sacré Mont .
Cependant ma vigueur Lyrique ,
S'arma dans les Tournois FloraUX ,
Et le Laurier Académique ,
Récompensa d'autres travaux.
N'importe , ton docte suffrage ,
Me console et me dédommage
Du prix vainement espéré ;
Si conviens que des Couronnes
L'honneur à des Piéces moins bonnes ,
Plus d'unefois fut déféré.
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Résumé : L'ASTROLOGIE JUDICIAIRE ODE. Présentée à l'Académie des Jeux Floraux, pour le Prix de cette année 1733. A M. Deslandes, Contrôleur Général de la Marine, à Brest, et de l'Académie Royale des Sciences. Par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisic, en Bretagne.
Le texte 'L'ASTROLOGIE JUDICIAIRE' a été présenté à l'Académie des Jeux Floraux en 1733 par Mlle de Malcrais de la Vigne du Croisie en Bretagne. L'auteur y critique sévèrement l'astrologie, qu'elle décrit comme une 'vain' et 'séduisante magie' ayant longtemps égaré les peuples. Elle dénonce l'astrologie comme un 'monstre' issu de la curiosité et de la crédulité humaines, qui a usurpé la place de Dieu. Le texte met en garde contre les fausses croyances astrologiques, qui attribuent aux astres des pouvoirs sur les vies humaines. L'auteur souligne l'absurdité de craindre des corps célestes privés de sentiment. Elle affirme que Dieu seul connaît les lois de l'univers et que les astres sont créés pour éclairer, non pour prédire. L'auteur exprime son admiration pour la science et la raison, illustrée par son 'entousiasme intrépide' et son désir de comprendre les lois divines. Malgré l'absence de récompense académique, elle trouve consolation dans le suffrage docte et l'honneur académique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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484
485
p. 1348-1353
MEMOIRE sur l'Electricité, lû à la derniere Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, par M. Dufey, Extrait.
Début :
L'Académicien commence par donner la définition de l'Electricité, et fait [...]
Mots clefs :
Corps, Électricité, Expériences, Globe, Matière, Dufey, Électrique, Fils, Académie royale des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE sur l'Electricité, lû à la derniere Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, par M. Dufey, Extrait.
MEMOIR E sur l'Electricité, lû à la
derniere Assemblée publique de l'Académie
Royale des Sciences , par M. Dufey,
Extrait.
'Académicien commence par donner
la définition de l'Electricité , et fait
ensuite l'Histoire abregée des progrès
qui ont été faits sur cette matiere depuis
que cette propriété a été reconnue dans
quelques Corps. Après cette exposition
il donne une idée du plan qu'il se propose
de suivre , et après avoir rapporté
plusieurs experiences qu'il a faites sur ce
sujet ; la fin de l'Assemblée ne lui a pas
II. Vol. permis
JUIN. 1733 1349 .
permis d'achever le premier article qu'il
s'étoit proposé de lire.
L'Electricité est la proprieté qu'ont
certaines matieres d'attirer la paille et
tous les corps legers ; l'Ambre , le Jayet,
la Cire d'Espagne , sont connus depuis
long-temps pour avoir cette vertu ; M.D.
donne un Extrait de ce qu'ont rapporté
sur cette matiere les Auteurs qui l'ont
traitée avec le plus de soin . Gilbert a
beaucoup augmenté le nombre des corps.
Electriques , la plupart des Pierres précieuses
le sont devenues entre ses mains ;
Ottodeguerike rapporte dans le Livre
des Experiences de Magdebourg plu
sieurs faits très - singuliers sur l'Electricité
d'une boule de souffre , on y trouve
même l'origine et la base des Experiences
qui ont été faites en Angleterre depuis
plusieurs années. Boyle a . encore beaucoup
augmenté les connoissances que l'on
avoit sur cette matiere ; il a rendu élec
triques plusieurs corps qui n'avoient pû
le devenir jusques - là ; ces recherches parurent
ensuite abandonnées pendant trèslong-
temps , et jusques à ce que M.Hauk
bée imagina plusieurs Experiences dont
nous allons rapporter en peu de mots
quelques-unes , des plus singulieres.
Un tuyau de verre blanc , gros d'un
II. Vol.
pouce
1350 MERCURE DE FRANCE
pouce ou environ , et frotté avec la main
du papier , de la laine , ou toute autre
matiere semblable , attire et repousse tous
les corps legers , et cela à la distance d'un
pied et plus , cette Experience se voit
mieux avec les feuilles de métail qu'avec
toute autre chose , on les voit s'élever
et s'abaisser avec rapidité et faire divers
mouvemens très singuliers.
M. Hauksbée a fait d'autres Experiences
très- extraordinaires avec un Globe
de verre tournant sur son axe avec rapidité
, on tient la main sur ce Globe
pendant qu'il tourne , afin de le frotter
et d'exciter son électricité , on voit alors
des fils que l'on avoit précédemment attachez
à un cercle de fer distant de ce
Globe d'environ un pied ; on voit, dis- je,
ces fils se diriger en rayons vers le centre
du Globe ; et si l'on a introduit dans le
Globe de pareils fils par le moyen d'un
axe , ils prennent une direction contraire
et se disposent en forme de Soleil , en
tendant du centre à la circonférence , on
dérange l'ordre des fils du dehors en mettant
le doigt ou quelqu'autre corps au
dedans du Globe , et ceux du dedans en
mettant le doigt en dehors.
Si l'on fait dans l'obscurité ces Experiences
, tant du Globe , que du Tuyau ,
II. Vol. elles
JUIN. 1733. 1351
elles sont accompagnées d'une lumiere
très- vive , qui prend des formes différentes
, suivant qu'elles sont faites dans le
vuide ou dans le plein. Il y a plus de
vingt ans que ces Expériences ont été
publiées , et elles ont encore cessé d'être
suivies jusquà M. Gray , qui en a fait
de prodigieuses , et qui sont rapportées
dans les Transactions Philosophiques.
Pour nous en tenir à ce qu'il y a de plus
surprenant , nous dirons seulement qu'il
a étendu une corde de 850. pieds de long,
qu'il a attaché à l'un des bouts une
boule d'yvoire ou tel autre corps que
ce soit , et qu'approchant de l'autre
bout de cette corde le tuyau rendu électrique
, la vertu se continuoit tout le
long de la corde , et la boule d'yvoire
qui en étoit placée à une si grande distance
, attiroit et repoussoit les feuilles
de métail qu'on en approchoit. Le visage
d'un enfant suspendu sur deux cordes ,
devenoit électrique lorsqu'on approchoit
le Tuyau de ses pieds ; nous ne rappor
tons que ces deux exemples de l'Extrait
M. D. donne de cet Ouvrage , mais que
il exhorte de le lire en entier , et il avertit
qu'on y trouvera une infinité de choses
des plus curieuses et des plus singu
lieres.
11. Vol.
E * Après
1352 MERCURE DE FRANCE
Après avoir fait cette histoire abregée
des progrès des découvertes faites sur
l'Electricité , M. Dufey donne une idée
du plan qu'il se propose de suivre , il le
divise en cinq parties , dont voici à peu
près l'énoncé .
1º. Si tous les corps sont susceptibles
de l'Electricité par eux- mêmes, et si cette
proprieté n'est point commune à toute
la matiere. 2 ° . Si tous les corps le peuvent
devenir par communication , c'està-
dire , par l'attouchement ou la seule
approche du corps électrique . 3 ° . Quels
sont les corps qui peuvent favoriser ou
interrompre la transmission des écoule
mens électriques ? 4. Quels sont les
changemens que peuvent apporter à l'E
lectricité la tempérance de l'air , le plein
ou le vuide et les autres circonstances
phisiques ? 5. Enfin quel rapport il y
a entre l'Electricité et la vertu qu'ont
la plupart des corps électriques , de rendre
de la lumiere dans l'obscurité.
M. Dufey n'a pû lire que la premiere
partie de cette division , et il a rapporté
que tous les cops qui jusques à present
n'avoient pû devenir électriques , l'étoient
devenus entre ses mains ; tous les marbres
, par exemple , les agathes , les jaspes
, les pierres les plus communes , les
11. Vol.
JUIN. 1733: 1353
os , l'yvoite , l'écaille , les coquilles , les
sels , les bois de toute espece , enfin tout,
à la réserve des métaux , a été rendu électrique
il ne faut pour y parvenir que
chauffer plus ou moins ces différens corps
et les frotter ensuite ; il ne dit pas pour
cela que les métaux ne puissent pas le devenir,
mais il n'y est point encore parvenu ;
il compare cette géneralisation de l'Electricité
à celle qu'il découvrit il y a quelques
années sur les Phosphores ; il trouva
que tous les corps étoient aussi propres
à le devenir que la Pierre de Boulogne ;
aujourd'hui ils sont tous susceptibles d'électricité
, peut- être y a- t'il dans la matiere
une infinité de proprietez aussi générales,
que les temps et les expériences
nous découvriront un jour. M. Dufey
promet de donner incessamment la suite
de cet Ouvrage , suivant le plan que
nous venons de rapporter.
derniere Assemblée publique de l'Académie
Royale des Sciences , par M. Dufey,
Extrait.
'Académicien commence par donner
la définition de l'Electricité , et fait
ensuite l'Histoire abregée des progrès
qui ont été faits sur cette matiere depuis
que cette propriété a été reconnue dans
quelques Corps. Après cette exposition
il donne une idée du plan qu'il se propose
de suivre , et après avoir rapporté
plusieurs experiences qu'il a faites sur ce
sujet ; la fin de l'Assemblée ne lui a pas
II. Vol. permis
JUIN. 1733 1349 .
permis d'achever le premier article qu'il
s'étoit proposé de lire.
L'Electricité est la proprieté qu'ont
certaines matieres d'attirer la paille et
tous les corps legers ; l'Ambre , le Jayet,
la Cire d'Espagne , sont connus depuis
long-temps pour avoir cette vertu ; M.D.
donne un Extrait de ce qu'ont rapporté
sur cette matiere les Auteurs qui l'ont
traitée avec le plus de soin . Gilbert a
beaucoup augmenté le nombre des corps.
Electriques , la plupart des Pierres précieuses
le sont devenues entre ses mains ;
Ottodeguerike rapporte dans le Livre
des Experiences de Magdebourg plu
sieurs faits très - singuliers sur l'Electricité
d'une boule de souffre , on y trouve
même l'origine et la base des Experiences
qui ont été faites en Angleterre depuis
plusieurs années. Boyle a . encore beaucoup
augmenté les connoissances que l'on
avoit sur cette matiere ; il a rendu élec
triques plusieurs corps qui n'avoient pû
le devenir jusques - là ; ces recherches parurent
ensuite abandonnées pendant trèslong-
temps , et jusques à ce que M.Hauk
bée imagina plusieurs Experiences dont
nous allons rapporter en peu de mots
quelques-unes , des plus singulieres.
Un tuyau de verre blanc , gros d'un
II. Vol.
pouce
1350 MERCURE DE FRANCE
pouce ou environ , et frotté avec la main
du papier , de la laine , ou toute autre
matiere semblable , attire et repousse tous
les corps legers , et cela à la distance d'un
pied et plus , cette Experience se voit
mieux avec les feuilles de métail qu'avec
toute autre chose , on les voit s'élever
et s'abaisser avec rapidité et faire divers
mouvemens très singuliers.
M. Hauksbée a fait d'autres Experiences
très- extraordinaires avec un Globe
de verre tournant sur son axe avec rapidité
, on tient la main sur ce Globe
pendant qu'il tourne , afin de le frotter
et d'exciter son électricité , on voit alors
des fils que l'on avoit précédemment attachez
à un cercle de fer distant de ce
Globe d'environ un pied ; on voit, dis- je,
ces fils se diriger en rayons vers le centre
du Globe ; et si l'on a introduit dans le
Globe de pareils fils par le moyen d'un
axe , ils prennent une direction contraire
et se disposent en forme de Soleil , en
tendant du centre à la circonférence , on
dérange l'ordre des fils du dehors en mettant
le doigt ou quelqu'autre corps au
dedans du Globe , et ceux du dedans en
mettant le doigt en dehors.
Si l'on fait dans l'obscurité ces Experiences
, tant du Globe , que du Tuyau ,
II. Vol. elles
JUIN. 1733. 1351
elles sont accompagnées d'une lumiere
très- vive , qui prend des formes différentes
, suivant qu'elles sont faites dans le
vuide ou dans le plein. Il y a plus de
vingt ans que ces Expériences ont été
publiées , et elles ont encore cessé d'être
suivies jusquà M. Gray , qui en a fait
de prodigieuses , et qui sont rapportées
dans les Transactions Philosophiques.
Pour nous en tenir à ce qu'il y a de plus
surprenant , nous dirons seulement qu'il
a étendu une corde de 850. pieds de long,
qu'il a attaché à l'un des bouts une
boule d'yvoire ou tel autre corps que
ce soit , et qu'approchant de l'autre
bout de cette corde le tuyau rendu électrique
, la vertu se continuoit tout le
long de la corde , et la boule d'yvoire
qui en étoit placée à une si grande distance
, attiroit et repoussoit les feuilles
de métail qu'on en approchoit. Le visage
d'un enfant suspendu sur deux cordes ,
devenoit électrique lorsqu'on approchoit
le Tuyau de ses pieds ; nous ne rappor
tons que ces deux exemples de l'Extrait
M. D. donne de cet Ouvrage , mais que
il exhorte de le lire en entier , et il avertit
qu'on y trouvera une infinité de choses
des plus curieuses et des plus singu
lieres.
11. Vol.
E * Après
1352 MERCURE DE FRANCE
Après avoir fait cette histoire abregée
des progrès des découvertes faites sur
l'Electricité , M. Dufey donne une idée
du plan qu'il se propose de suivre , il le
divise en cinq parties , dont voici à peu
près l'énoncé .
1º. Si tous les corps sont susceptibles
de l'Electricité par eux- mêmes, et si cette
proprieté n'est point commune à toute
la matiere. 2 ° . Si tous les corps le peuvent
devenir par communication , c'està-
dire , par l'attouchement ou la seule
approche du corps électrique . 3 ° . Quels
sont les corps qui peuvent favoriser ou
interrompre la transmission des écoule
mens électriques ? 4. Quels sont les
changemens que peuvent apporter à l'E
lectricité la tempérance de l'air , le plein
ou le vuide et les autres circonstances
phisiques ? 5. Enfin quel rapport il y
a entre l'Electricité et la vertu qu'ont
la plupart des corps électriques , de rendre
de la lumiere dans l'obscurité.
M. Dufey n'a pû lire que la premiere
partie de cette division , et il a rapporté
que tous les cops qui jusques à present
n'avoient pû devenir électriques , l'étoient
devenus entre ses mains ; tous les marbres
, par exemple , les agathes , les jaspes
, les pierres les plus communes , les
11. Vol.
JUIN. 1733: 1353
os , l'yvoite , l'écaille , les coquilles , les
sels , les bois de toute espece , enfin tout,
à la réserve des métaux , a été rendu électrique
il ne faut pour y parvenir que
chauffer plus ou moins ces différens corps
et les frotter ensuite ; il ne dit pas pour
cela que les métaux ne puissent pas le devenir,
mais il n'y est point encore parvenu ;
il compare cette géneralisation de l'Electricité
à celle qu'il découvrit il y a quelques
années sur les Phosphores ; il trouva
que tous les corps étoient aussi propres
à le devenir que la Pierre de Boulogne ;
aujourd'hui ils sont tous susceptibles d'électricité
, peut- être y a- t'il dans la matiere
une infinité de proprietez aussi générales,
que les temps et les expériences
nous découvriront un jour. M. Dufey
promet de donner incessamment la suite
de cet Ouvrage , suivant le plan que
nous venons de rapporter.
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Résumé : MEMOIRE sur l'Electricité, lû à la derniere Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, par M. Dufey, Extrait.
Le mémoire de M. Dufey, présenté à l'Académie Royale des Sciences, traite de l'électricité, définie comme la propriété de certaines matières d'attirer des corps légers. Des exemples incluent l'ambre, le jais et la cire d'Espagne. L'auteur retrace brièvement l'histoire des progrès réalisés dans ce domaine, citant des contributions notables de Gilbert, Ottodeguerike et Boyle. Après une période de stagnation, M. Hauksbée a mené des expériences marquantes avec des tubes et des globes de verre, observant des phénomènes électriques et lumineux. M. Dufey mentionne également les travaux de M. Gray, qui a démontré la transmission de l'électricité sur une corde de 850 pieds. Il expose ensuite son plan pour un ouvrage en cinq parties, couvrant la susceptibilité des corps à l'électricité, la transmission des écoulements électriques, et les effets de diverses circonstances physiques. Lors de cette assemblée, M. Dufey a rapporté que tous les corps, à l'exception des métaux, peuvent devenir électriques par chauffage et frottement. Il compare cette découverte à ses précédentes recherches sur les phosphores et promet de publier la suite de son ouvrage.
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486
p. 1372
AUTRE ENIGME.
Début :
Je viens du Pays de l'Aurore, [...]
Mots clefs :
Clou de girofle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGM E.
JEE viens du Pays de l'Aurore,
J'ai traversé les Mers , j'en suis tout abatu.
Encore que je sois têtu ,
Je reçois des faveurs de Flore.
A la table des Rois je suis le bien venu ;
A celle des Sujets on veut m'avoir encore ,
Auroit- on cru qu'un petit More ,
De tant de gens seroit connu ?
JEE viens du Pays de l'Aurore,
J'ai traversé les Mers , j'en suis tout abatu.
Encore que je sois têtu ,
Je reçois des faveurs de Flore.
A la table des Rois je suis le bien venu ;
A celle des Sujets on veut m'avoir encore ,
Auroit- on cru qu'un petit More ,
De tant de gens seroit connu ?
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487
p. 1575-1576
AUTRE.
Début :
On me sent sans me voir ; je suis pourtant un corps, [...]
Mots clefs :
Vent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
ON me sent sans me voir ;je suis pourtant
un corps ,
Qui fait souvent bien du ravage ;
Quand je suis en couroux , tout cede à mes efforrs
,
Malheureux qui se trouve alors sur mon passage
;
Je deviens cependant quelquefois gracieux ,
Doux , chaud ou froid , utile et favorable ,
Ne vous y fiez pas , je n'ai rien de durable ;
Et suis de ma nature un peu capricieux ;
Tel au matin me loüe et me fait fête ,
Qui le soir contre moi , peste , jure et tempeste.
Comment me définir ? C'est- là tout l'embarras ;
Je ne puis me faire connoître ; .
Le plus sçavant convient qu'il ne me connoît
pas ,
Qu'il
1576 MERCURE DE FRANCE
Qu'il ne sçait d'où je viens , ni qui me donna
l'être.
ON me sent sans me voir ;je suis pourtant
un corps ,
Qui fait souvent bien du ravage ;
Quand je suis en couroux , tout cede à mes efforrs
,
Malheureux qui se trouve alors sur mon passage
;
Je deviens cependant quelquefois gracieux ,
Doux , chaud ou froid , utile et favorable ,
Ne vous y fiez pas , je n'ai rien de durable ;
Et suis de ma nature un peu capricieux ;
Tel au matin me loüe et me fait fête ,
Qui le soir contre moi , peste , jure et tempeste.
Comment me définir ? C'est- là tout l'embarras ;
Je ne puis me faire connoître ; .
Le plus sçavant convient qu'il ne me connoît
pas ,
Qu'il
1576 MERCURE DE FRANCE
Qu'il ne sçait d'où je viens , ni qui me donna
l'être.
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488
p. 1605-1606
Dissertation sur le Feu Boréal, &c. [titre d'après la table]
Début :
DISSERTATION sur le Feu Boreal. Par M. D. J. A. M. R. D. C. Sapienti nihil novum aut peregrinum. [...]
Mots clefs :
Feu boréal, Descartes
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texteReconnaissance textuelle : Dissertation sur le Feu Boréal, &c. [titre d'après la table]
DISSERTATION sur le Feu Boreal . Par M. D.
J. A. M. R. D. C. Sapienti nihil novum aut peregrinum
. Aristot . apud Diog. Lib . 6. A Paris ,
rue de la Parcheminerie , chez Bullot , 1733. in 8.
de 111. pages , sans la Table, l'Avertissement , & c .
On lit dans ce court Avertissement , que
l'Auteur , après avoir détruit les préjugez de
ceux qui ont de la peine à se rendre aux sistêmes
des Philosophes mondernes, développe avec
autant de netteté que de précision , quelques
principes de la Philosophie de Descartes ; il entre
ensuite dans l'examen des questions de
Physique qui ont quelque rapport à son Sujet,
ou qui peuvent servir à l'éclaircir ; il propose enfin
son Sistême particulier sur les causes , sur la
nature
1606 MERCURE DE FRANCE
mature et sur les proprietez du Feu Boreal, et
répond en même - temps à quelques objections.
Mais il sçait de plus trouver l'adressr de récompenser
ses Lecteurs d'un sujet naturellement sérieux
et stérile ; ensorte qu'on pourra trouver
également dans ce petit Ouvrage de quoi se saaisfaire
et de quoi se des - ennuyer.
J. A. M. R. D. C. Sapienti nihil novum aut peregrinum
. Aristot . apud Diog. Lib . 6. A Paris ,
rue de la Parcheminerie , chez Bullot , 1733. in 8.
de 111. pages , sans la Table, l'Avertissement , & c .
On lit dans ce court Avertissement , que
l'Auteur , après avoir détruit les préjugez de
ceux qui ont de la peine à se rendre aux sistêmes
des Philosophes mondernes, développe avec
autant de netteté que de précision , quelques
principes de la Philosophie de Descartes ; il entre
ensuite dans l'examen des questions de
Physique qui ont quelque rapport à son Sujet,
ou qui peuvent servir à l'éclaircir ; il propose enfin
son Sistême particulier sur les causes , sur la
nature
1606 MERCURE DE FRANCE
mature et sur les proprietez du Feu Boreal, et
répond en même - temps à quelques objections.
Mais il sçait de plus trouver l'adressr de récompenser
ses Lecteurs d'un sujet naturellement sérieux
et stérile ; ensorte qu'on pourra trouver
également dans ce petit Ouvrage de quoi se saaisfaire
et de quoi se des - ennuyer.
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Résumé : Dissertation sur le Feu Boréal, &c. [titre d'après la table]
La 'DISSERTATION sur le Feu Boréal' de M. D., publiée à Paris en 1733, s'étend sur 111 pages, à l'exclusion de la table et de l'avertissement. L'auteur commence par réfuter les préjugés contre les systèmes des philosophes modernes et expose les principes de la philosophie de Descartes avec clarté et précision. Il traite ensuite de questions de physique pertinentes pour son sujet, clarifiant ainsi les aspects liés au Feu Boréal. L'ouvrage présente un système particulier sur les causes, la nature et les propriétés du Feu Boréal, tout en répondant à diverses objections. L'auteur s'efforce également de rendre le sujet, naturellement sérieux et aride, accessible et intéressant pour les lecteurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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489
p. 1671-1674
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont, en Auvergne, au sujet de l'Accident arrivé au mois de Juin dernier.
Début :
La Paroisse de Pardines, Election d'Yssoire, est située à une lieuë de la Ville d'Yssoire, [...]
Mots clefs :
Issoire, Terrain, Vallon, Terres, Terre, Coteau, Accident, Croûte, Maisons, Mouvement
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont, en Auvergne, au sujet de l'Accident arrivé au mois de Juin dernier.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Cler
mont , en Auvergne , au sujet de l'Acci-
.dent arrivé au mois de Juin dernier.
L
A Paroisse de Pardines , Election d'Yssoire ;
est située à une lieuë de la Ville d'Yssoire
sur le chemin de Clermont , presque au haut
dun Côteau rapide . Elle est séparée en deux
Villages ou Hameaux , éloignez l'un de l'autre
d'environ 200. pas , l'un qu'on appelle le Fort
dans lequel se trouve l'Eglise Paroissiale et une
partie des maisons des Habitans , situé sur le
Roc. On y voit les vestiges d'une ancienne Fortification
qui entouroit quelques maisons dans
le tems des Guerres. L'autre Village , que l'on
nomme proprement Pardines , cont noit la plus
grande partie des maisons aŭ nombre de 46. Le
Terrain , sur lequel le Village étoit bâti , qui
est le même que celui de tout le Côteau , est
d'une terre franche et légere , mêlée d'un peu
d'Argile ; il s'y trouve aussi des Pierres et quel
ques Rochers de médiocre gross ur le Tri
toire est fort bien cultivé et très abondant . I y
avoit des terres semées en grains , des Vergers,
et la plus grande partie étoit en Vignes Tout le
sol étoit couvert d'Arbres fruiti rs et sur tout
de Noyers. Cette terre se séchoit et se gersoit
facilement par la chaleur ; on s'appercevoit mê
me depuis long- tems qu'il s'y faisoit des fentes
d'une profondeur extraordinaire , et quelquefois
ces féniés s'élargissoient , et enfin formoient des
fondrieres.
>
Le 23 Juin dernier , sur les 9. heures du soir,
les habitans du Village de Pardines s'apperçûrent
que
1672 MERCURE DE FRANCE
que les murailles de leurs maisons s'ébranfoient
sensiblement , ils sortirent , et virent que
le Côteau s'enfonçoit à vue d'oeil , les terres des
endroits élevez tomboient dans le Vallon •
d'autres s'affaissoient tout- à - fait , la terre s'entrouvrant,
formoit de nouvelles fondrieres, celles
qui étoient déja faites devenoient plus grandes ,
le Terrain , qui s'écrouloit en trop grandes
piéces , s'arrêtoit et se bouleversoit l'un sur
l'autre , les Rochers qui se détachoient de ces
se précipitoient dans le Vallon , de sorte
que le chemin d'Yssoire à Clermont , voisin de
ce Côteau , est devenu impraticable.
terres ,
Tout cela ne s'est point fait par un mouvement
impétueux , mais assez lentement , et quelquefois
presqu'imperceptiblement. On s'apperçût
en premier lieu d'un mouvement assez sensible
, pendant l'espace de trois ou quatre jours ,
à differentes reprises ; le seul bruit qu'il y a eu
est celui qu'ont fait les Rochers en tombant dans
Vallon , et quelques grosses mottes de terre
qui se détachant des endroits escarpés , se précipitoient
rapidement..
Cet écroulement a emporté 26 Bâtimens, dont
les uns se sont affaissés avec le Terrain , et se
sont enfin écroulés par l'ébranlement des fondations.
Les vestiges des autres paroissent encore
sur la surface de la terre , ayant coulé
avec moins de rapidité dans le Vallon. Il y a eu
une maison qui n'est tombée que le 10. de
Juillet.
On compte que les terres qui se sont éboulées
, ou qui ont été enveloppées sous les décom
bres des autres , forment la quantité de 466 .
euvres de Vigne , 40 septerées de terres labourables
, et je oeuvres de Prés , ce qui peut en tout
compoJUILLET.
1733. 1673
Composer 150 arpens , mesure de Paris. Il est à
remarquer que dans cet espace il y avoit plusieurs
Vergers , et que tout ce terrain étoit couvert
d'Arbres , soit Noyers sur le Côteau , soit
Saules et Peupliers dans le Vallon : on en fait
monter le nombre à 4000. qui ont été culbutés.
>
Si l'on peut former quelques conjectures sur
un évenement si extraordinaire , on pense qu'il
peut venir de la situation du Sol , et de la nature
du Terrain ; la premiere superficie du Côreau
, de la hauteur de quatre à cinq pieds
étoit un terrain assez leger , et facile à se dessecher
par les ardeurs du Soleil. Sous ce premier
lit il y avoit un banc de terre glaise , que l'on
découvre aujourd'hui en plusieurs endroits , lequel
est extrêmement humide , et où l'on voit
même l'eau sourciller.
Les grandes pluyes qui sont tombées au
commencement du Printemps ont pu délaïer ce
banc de glaise , qui a reçû et retenu les eaux du
Côteau qui couloient entre deux terres ; les
chaleurs de l'Eté qui sont venues ensuite ont pâ
dessécher la premiere superficie , et en auront
fait une croûte solide ; or cette croûte s'étant
trouvée sur un terrain gras et humide , d'ailleurs
fort glissant , par sa pente vers le Vallon ,
cette superficie s'est détachée par masses , et a
coulé vers l'endroit de sa pente . Plusieurs parties
se sont affaissées presque insensiblement
soit parce que l'écroulement du terrain voisin a
fait détacher ce qui étoit le plus proche des
terres glaises , soit parce que les eaux ayant
séjourné entre cette croûte superficielle et le
banc de glaise , avoient miné le terrain , &c.
Il y a eu des Champs entiers qui ont coulé
dans
16 MERCURE DE FRANCE
dans le Vallon , et l'on y voit encore des Vi
gnes , avec leurs échalas , dans la même assiete
qu'elles étoient sur le Côteau. Enfin il y en a
qui se sont entierement bouleversées , parce
que la partie inférieure de cette croûte , ayant
touché au terrain solide s'est arrêtée , et le
mouvement l'a fait briser en morceaux qui se
sont séparez , et se sont culbutés les uns sur les
autres de différentes manieres.
Je dois ajoûter ici que cet Accident n'est pas
sans exemple dans la Province d'Auvergne ; à la.
verité , on n'en avoit jamais vû de si considérables
; il est souvent arrivé que des piéces de
terre d'un quartier , et d'un demi arpent , se
sont détachées des Côteaux , et ont coulé sensiblement
sur les héritages inferieurs.
Quelque considerable que soit cet Accident
pour les malheureux qui l'ont ressenti , il seroit
à souhaiter que ce fut le seul qui fut arrivé dans
notre Province , les inondations de l'Allier , des
Rivieres er des Ruisseaux , er depuis les grêles
qui sont tombées continuellement ont ruiné plus
de too. Paroisses , et les ont mis hors d'état de
recueillir ni Bled , ni Vin , ni Chanyre cette
année.
mont , en Auvergne , au sujet de l'Acci-
.dent arrivé au mois de Juin dernier.
L
A Paroisse de Pardines , Election d'Yssoire ;
est située à une lieuë de la Ville d'Yssoire
sur le chemin de Clermont , presque au haut
dun Côteau rapide . Elle est séparée en deux
Villages ou Hameaux , éloignez l'un de l'autre
d'environ 200. pas , l'un qu'on appelle le Fort
dans lequel se trouve l'Eglise Paroissiale et une
partie des maisons des Habitans , situé sur le
Roc. On y voit les vestiges d'une ancienne Fortification
qui entouroit quelques maisons dans
le tems des Guerres. L'autre Village , que l'on
nomme proprement Pardines , cont noit la plus
grande partie des maisons aŭ nombre de 46. Le
Terrain , sur lequel le Village étoit bâti , qui
est le même que celui de tout le Côteau , est
d'une terre franche et légere , mêlée d'un peu
d'Argile ; il s'y trouve aussi des Pierres et quel
ques Rochers de médiocre gross ur le Tri
toire est fort bien cultivé et très abondant . I y
avoit des terres semées en grains , des Vergers,
et la plus grande partie étoit en Vignes Tout le
sol étoit couvert d'Arbres fruiti rs et sur tout
de Noyers. Cette terre se séchoit et se gersoit
facilement par la chaleur ; on s'appercevoit mê
me depuis long- tems qu'il s'y faisoit des fentes
d'une profondeur extraordinaire , et quelquefois
ces féniés s'élargissoient , et enfin formoient des
fondrieres.
>
Le 23 Juin dernier , sur les 9. heures du soir,
les habitans du Village de Pardines s'apperçûrent
que
1672 MERCURE DE FRANCE
que les murailles de leurs maisons s'ébranfoient
sensiblement , ils sortirent , et virent que
le Côteau s'enfonçoit à vue d'oeil , les terres des
endroits élevez tomboient dans le Vallon •
d'autres s'affaissoient tout- à - fait , la terre s'entrouvrant,
formoit de nouvelles fondrieres, celles
qui étoient déja faites devenoient plus grandes ,
le Terrain , qui s'écrouloit en trop grandes
piéces , s'arrêtoit et se bouleversoit l'un sur
l'autre , les Rochers qui se détachoient de ces
se précipitoient dans le Vallon , de sorte
que le chemin d'Yssoire à Clermont , voisin de
ce Côteau , est devenu impraticable.
terres ,
Tout cela ne s'est point fait par un mouvement
impétueux , mais assez lentement , et quelquefois
presqu'imperceptiblement. On s'apperçût
en premier lieu d'un mouvement assez sensible
, pendant l'espace de trois ou quatre jours ,
à differentes reprises ; le seul bruit qu'il y a eu
est celui qu'ont fait les Rochers en tombant dans
Vallon , et quelques grosses mottes de terre
qui se détachant des endroits escarpés , se précipitoient
rapidement..
Cet écroulement a emporté 26 Bâtimens, dont
les uns se sont affaissés avec le Terrain , et se
sont enfin écroulés par l'ébranlement des fondations.
Les vestiges des autres paroissent encore
sur la surface de la terre , ayant coulé
avec moins de rapidité dans le Vallon. Il y a eu
une maison qui n'est tombée que le 10. de
Juillet.
On compte que les terres qui se sont éboulées
, ou qui ont été enveloppées sous les décom
bres des autres , forment la quantité de 466 .
euvres de Vigne , 40 septerées de terres labourables
, et je oeuvres de Prés , ce qui peut en tout
compoJUILLET.
1733. 1673
Composer 150 arpens , mesure de Paris. Il est à
remarquer que dans cet espace il y avoit plusieurs
Vergers , et que tout ce terrain étoit couvert
d'Arbres , soit Noyers sur le Côteau , soit
Saules et Peupliers dans le Vallon : on en fait
monter le nombre à 4000. qui ont été culbutés.
>
Si l'on peut former quelques conjectures sur
un évenement si extraordinaire , on pense qu'il
peut venir de la situation du Sol , et de la nature
du Terrain ; la premiere superficie du Côreau
, de la hauteur de quatre à cinq pieds
étoit un terrain assez leger , et facile à se dessecher
par les ardeurs du Soleil. Sous ce premier
lit il y avoit un banc de terre glaise , que l'on
découvre aujourd'hui en plusieurs endroits , lequel
est extrêmement humide , et où l'on voit
même l'eau sourciller.
Les grandes pluyes qui sont tombées au
commencement du Printemps ont pu délaïer ce
banc de glaise , qui a reçû et retenu les eaux du
Côteau qui couloient entre deux terres ; les
chaleurs de l'Eté qui sont venues ensuite ont pâ
dessécher la premiere superficie , et en auront
fait une croûte solide ; or cette croûte s'étant
trouvée sur un terrain gras et humide , d'ailleurs
fort glissant , par sa pente vers le Vallon ,
cette superficie s'est détachée par masses , et a
coulé vers l'endroit de sa pente . Plusieurs parties
se sont affaissées presque insensiblement
soit parce que l'écroulement du terrain voisin a
fait détacher ce qui étoit le plus proche des
terres glaises , soit parce que les eaux ayant
séjourné entre cette croûte superficielle et le
banc de glaise , avoient miné le terrain , &c.
Il y a eu des Champs entiers qui ont coulé
dans
16 MERCURE DE FRANCE
dans le Vallon , et l'on y voit encore des Vi
gnes , avec leurs échalas , dans la même assiete
qu'elles étoient sur le Côteau. Enfin il y en a
qui se sont entierement bouleversées , parce
que la partie inférieure de cette croûte , ayant
touché au terrain solide s'est arrêtée , et le
mouvement l'a fait briser en morceaux qui se
sont séparez , et se sont culbutés les uns sur les
autres de différentes manieres.
Je dois ajoûter ici que cet Accident n'est pas
sans exemple dans la Province d'Auvergne ; à la.
verité , on n'en avoit jamais vû de si considérables
; il est souvent arrivé que des piéces de
terre d'un quartier , et d'un demi arpent , se
sont détachées des Côteaux , et ont coulé sensiblement
sur les héritages inferieurs.
Quelque considerable que soit cet Accident
pour les malheureux qui l'ont ressenti , il seroit
à souhaiter que ce fut le seul qui fut arrivé dans
notre Province , les inondations de l'Allier , des
Rivieres er des Ruisseaux , er depuis les grêles
qui sont tombées continuellement ont ruiné plus
de too. Paroisses , et les ont mis hors d'état de
recueillir ni Bled , ni Vin , ni Chanyre cette
année.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont, en Auvergne, au sujet de l'Accident arrivé au mois de Juin dernier.
En juin 1672, la paroisse de Pardines, située près de la ville d'Yssoire en Auvergne, a été le théâtre d'un événement majeur. La paroisse est composée de deux hameaux : le Fort, où se trouve l'église, et Pardines, qui compte 46 maisons. Le terrain, bien cultivé et fertile, est sujet à des fissures et des affaissements. Le 23 juin, les habitants ont observé des mouvements de terrain inquiétants. Les murs des maisons se sont ébranlés et le coteau s'est enfoncé progressivement. Cet écroulement, qui a duré plusieurs jours, a rendu le chemin entre Yssoire et Clermont impraticable. Il a détruit 26 bâtiments et affecté environ 150 arpents de terrain, incluant des vignes, des terres labourables et des prés. Environ 4000 arbres ont été renversés. Les causes de cet événement sont attribuées à la nature du sol et aux conditions météorologiques. Les pluies printanières ont délité un banc de terre glaise sous une couche superficielle légère. Cette couche s'est ensuite desséchée et fissurée sous l'effet de la chaleur estivale. La croûte superficielle a glissé vers le vallon, entraînant des affaissements de terrain. Cet accident n'est pas unique en Auvergne, mais il est particulièrement significatif. En outre, la province a également souffert d'inondations et de grêles, affectant de nombreuses paroisses et compromettant les récoltes de blé, de vin et de chanvre pour l'année.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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490
p. 1674-1675
Autre Extrait de Lettre.
Début :
Le Village de Pardines, appartenant à Made du Bonseage, presque vis-à-vis le Vallon [...]
Mots clefs :
Terre, Terres, Peine, Village, Maisons, Terrain, Arbres, Rochers, Habitants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Extrait de Lettre.
Autre Extrait de Lettre.
E Village de Pardines , appartenant à Made
Ldu Bonseage , presque Midn
de S. Cyrques , est situé sur la gauche du chemin
de Clermont à Yssoire. Quelques jours
avant l'accident , les habitans de Pradines s'apperçurent
en labourant leurs terres , qu'elles
étoient mouvantes. Ils enfoncerent leurs Aiguillades
, qui sont une espece de Gaule , d'environ
dix
JUILLET . 1733. 1675
dix pieds de long , avec lesquelles ils piquent
leurs Boeufs . Cet instrument entroit sans peine
en terre jusqu'au bout sans trouver ni fonds ni
résistance ; néanmoins ces Laboureurs ne firent
pás grande attention à cela . Enfin , la veille de
3. Jean , pendant la nuit , tout le monde étant
couché , un des habitans s'apperçût que sa maison
s'enfonçoit en terre , il sortit avec ses domestiques
, et fut bien plus surpris de voir le
terrain voisin entr'ouvert de tous côtez ; il
envoya éveiller ses voisins ; chacun sauva
ce qu'il pût , et se retira sur la hauteur ; à
peine y étoient- ils que quarante- deux maisons
du Village furent abîmées et ensevelies dans la
terre , et un Terrain d'environ cinq cens arpens
, se détacha de la Colline et roula jusques
dans la Plaine , qui se trouve maintenant comblée
de monceaux de terres , qui ont entraîné
pêle-mêle les Vignes et les Arbres qui étoient
sur le Côteau .
1
Il y a une chose bien particuliere , c'est que
quelques uns de ces Arbres , après avoir fair
sans doute , plusieurs culebutes , se sont trouvez
debout , et ont formé un bouquet de bois à
l'endroit où ils se sont arrêtez. L'Eglise et trois
maisons qui en sont voisines subsistent encore ,
mais il y a apparence qu'elles auront bien- tôt le
sort des autres .
L'éboulement de ces terres laisse voir des
Rochers ' monstrueux qu'il a dépouillés , ce qui
fait présumer que ces Rochers servant de Digue
aux caux qui s'y sont amassées , les y on Fair
séjourner , et ont causé le désordre qui vient
d'arriver.
E Village de Pardines , appartenant à Made
Ldu Bonseage , presque Midn
de S. Cyrques , est situé sur la gauche du chemin
de Clermont à Yssoire. Quelques jours
avant l'accident , les habitans de Pradines s'apperçurent
en labourant leurs terres , qu'elles
étoient mouvantes. Ils enfoncerent leurs Aiguillades
, qui sont une espece de Gaule , d'environ
dix
JUILLET . 1733. 1675
dix pieds de long , avec lesquelles ils piquent
leurs Boeufs . Cet instrument entroit sans peine
en terre jusqu'au bout sans trouver ni fonds ni
résistance ; néanmoins ces Laboureurs ne firent
pás grande attention à cela . Enfin , la veille de
3. Jean , pendant la nuit , tout le monde étant
couché , un des habitans s'apperçût que sa maison
s'enfonçoit en terre , il sortit avec ses domestiques
, et fut bien plus surpris de voir le
terrain voisin entr'ouvert de tous côtez ; il
envoya éveiller ses voisins ; chacun sauva
ce qu'il pût , et se retira sur la hauteur ; à
peine y étoient- ils que quarante- deux maisons
du Village furent abîmées et ensevelies dans la
terre , et un Terrain d'environ cinq cens arpens
, se détacha de la Colline et roula jusques
dans la Plaine , qui se trouve maintenant comblée
de monceaux de terres , qui ont entraîné
pêle-mêle les Vignes et les Arbres qui étoient
sur le Côteau .
1
Il y a une chose bien particuliere , c'est que
quelques uns de ces Arbres , après avoir fair
sans doute , plusieurs culebutes , se sont trouvez
debout , et ont formé un bouquet de bois à
l'endroit où ils se sont arrêtez. L'Eglise et trois
maisons qui en sont voisines subsistent encore ,
mais il y a apparence qu'elles auront bien- tôt le
sort des autres .
L'éboulement de ces terres laisse voir des
Rochers ' monstrueux qu'il a dépouillés , ce qui
fait présumer que ces Rochers servant de Digue
aux caux qui s'y sont amassées , les y on Fair
séjourner , et ont causé le désordre qui vient
d'arriver.
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Résumé : Autre Extrait de Lettre.
Le texte relate un événement à Pardines, un village de la seigneurie de Made du Bonseage, près de Saint-Cirgues, sur la route de Clermont à Yssoire. Quelques jours avant l'incident, les habitants observèrent que leurs terres étaient instables lors du labour, leurs outils s'enfonçant sans résistance. La veille de l'accident, un habitant nota que sa maison s'enfonçait, alertant ainsi ses voisins qui se réfugièrent sur une hauteur. Quarante-deux maisons furent ensevelies et un terrain de cinq cents arpents se détacha, comblant une plaine avec des terres, des vignes et des arbres. Certains arbres se retrouvèrent debout, formant un bosquet. L'église et trois maisons voisines subsistent, mais semblent menacées. L'éboulement a révélé des rochers, suggérant que ces rochers, agissant comme des digues, ont retenu des eaux ayant causé le désastre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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491
p. 1675-1676
« Une Lettre d'Yssoire, du 24 Juin porte ; la nuit du 23 au 24 Juin le Village de Pardines [...] »
Début :
Une Lettre d'Yssoire, du 24 Juin porte ; la nuit du 23 au 24 Juin le Village de Pardines [...]
Mots clefs :
Pardines
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texteReconnaissance textuelle : « Une Lettre d'Yssoire, du 24 Juin porte ; la nuit du 23 au 24 Juin le Village de Pardines [...] »
Une Lettre d'Yssoire , du 24 Juin porte ;
nuit du 23 au 24 Juin le Village de Pardines
s'est
1676 MERCURE DE FRANCE
s'est englouti , je veux dire que la plupart des
bâtimens ont changé de place presque tous entiers
, et après avoir fait un peu de chemin se
sont bouleversez et se sont ensuite enfoncez en
terre. Les Champs et les Vignes ne sont plus à
Pardines , ils se sont dispersez confusement et
n'ont laissé à leurs places que des Rochers et
des Précipices. On y voit plus ni Chêne ni
Noyers , et la métamorphose est si singuliere
et si épouventable , qu'on n'en sçauroit donner
une juste idée par le recit.
nuit du 23 au 24 Juin le Village de Pardines
s'est
1676 MERCURE DE FRANCE
s'est englouti , je veux dire que la plupart des
bâtimens ont changé de place presque tous entiers
, et après avoir fait un peu de chemin se
sont bouleversez et se sont ensuite enfoncez en
terre. Les Champs et les Vignes ne sont plus à
Pardines , ils se sont dispersez confusement et
n'ont laissé à leurs places que des Rochers et
des Précipices. On y voit plus ni Chêne ni
Noyers , et la métamorphose est si singuliere
et si épouventable , qu'on n'en sçauroit donner
une juste idée par le recit.
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Résumé : « Une Lettre d'Yssoire, du 24 Juin porte ; la nuit du 23 au 24 Juin le Village de Pardines [...] »
Le 24 juin 1676, une lettre d'Yssoire signale la disparition du village de Pardines. La nuit du 23 au 24 juin, les bâtiments ont été déplacés puis se sont renversés et enfoncés dans le sol. Les champs et les vignes ont été dispersés, laissant des rochers et des précipices. Les chênes et les noyers ont également disparu, transformant le paysage de manière singulière et épouvantable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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492
p. 1763
EPIGRAMME.
Début :
L'Amour, pour se loger chez l'aimable Uranie, [...]
Mots clefs :
Tabac, Uranie
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texteReconnaissance textuelle : EPIGRAMME.
EPIGRAM ME.
'Amour , pour se loger chez l'aimable Uranic
·
Ayant fait mille fois d'inutiles efforts ,
Dans du Tabac de Virginie ,
Enveloppa son petit corps.
Bien-tôt à travers une rappe ,
En poudre menuë il s'échappes
Prête à le respirer délicieusement ,
Uranié à son nez le porte avidement ,
L'amour sourit. N'étoit son attente remplie ;
Hélas ! il le croit vainement
Uranie aime à la folie ;
Mais c'est le Tabac seulement.
'Amour , pour se loger chez l'aimable Uranic
·
Ayant fait mille fois d'inutiles efforts ,
Dans du Tabac de Virginie ,
Enveloppa son petit corps.
Bien-tôt à travers une rappe ,
En poudre menuë il s'échappes
Prête à le respirer délicieusement ,
Uranié à son nez le porte avidement ,
L'amour sourit. N'étoit son attente remplie ;
Hélas ! il le croit vainement
Uranie aime à la folie ;
Mais c'est le Tabac seulement.
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493
p. 1884-1888
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont-Ferrand, le 7 Août 1733. sur l'Ecroulement du Terrain de Pardines, &c[.]
Début :
Voici, MONSIEUR, quelques circonstances que vous pouvez ajouter à la [...]
Mots clefs :
Écroulement, Maison, Terrain, Pardines, Issoire, Clermont-Ferrand
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont-Ferrand, le 7 Août 1733. sur l'Ecroulement du Terrain de Pardines, &c[.]
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont
- Ferrand , le7 Août 1733. sur l’Ecroulement
du Terrain de Pardines ;&c,
V
Oici , MONSIEUR , quelques circonstances
que vous pouvez ajouter
à la Relation que je vous ai envoyée sur
l'Evénement de Pardines.Je les tiens d'un
Magistrat tres - digne de foy , témoin oculaire,
et qui a un Château tout auprès de
Pardines. Vous sçavez que cette Paroisse
' est à une lieuë d'Issoire ; mais vous ferez
peut-être bien aise de sçavoir qu'elle dépend
de la Seigneurie de S. Cirgues , que
le Maréchal d'Alégre avoit acheptée du
Marquis de Canillac. Le Château ja été
bâti par les Boyers d'Issoire ; le Cardinal
Antoine , Archevêque de Bourges , êtoit
de cette Maison-
1
L'Ecroulement commença , comme on
l'a dit , le 23 du mois de Juin dernier.
Les Métayers des S" Bouchet et du Broc
s'en apperçûrent étant à table ; leur plus
proche voisin ne croyant pas que cet accident
A O UST. 1733.
1885
cident deviendroit si général , vint leur
aider à déménager ; mais un bruit qu'il
entendit l'ayant obligé de retourner chez
lui , il trouva sa maison de fond en comble
enfoncée dans la terre.
Pendant la nuit quelques autres Maisons
furent ainsi englouties ourenversées ,
mais d'une maniere moins subite, jusques
au lendemain que l'effort du Terrain fut
plus grand. Depuis 7 heures du matin
jusqu'au soir , la Colline se fendit en
deux perpendiculairement , et l'ouverture
étoit de 60 pieds de profondeur. La
violence de ce Torrent ,pour parler ainsi ,
entraîna tout ce qui se présentoit, Arbres ,
Pierres , Maisons , Rochers , rien ne pût
résister à son impétuosité , et ces divers
débris ne s'arrêtérent qu'à plus de 300
toises d'éloignement dans une Prairie, où
une Chaussée leur servit de Digue. Les
Arbres poussez jusqu'à cette Chaussée ,
par l'effort de l'Ecroulement , se rangerent
en maniere de Palissade .
Le Terrain de ce lieu paroît aujourd'hui
comme une Colline qui s'est formée
de tous ces Décombres , qui ferme
entiérement deux grands Chemins , celui
d'Issoire à Clermont , et celui d'Issoire
à Milland ; de sorte que les Voyageurs
sont obligez de se faire un nouveau
I iiij
che1886
MERCURE DE FRANCE
chemin entre la petite Riviere de Couse
et les terres écroulées ; et c'est un bonheur
que ces terres n'ayent pas été poussées
jusqu'au lit de cette Riviere , qui
n'en est éloignée que de so pas ,puisqu'elles
eussent comblé son lit , et tout le
Païs superieur eut été inondé.
Ce qu'il y a de singulier , et qui forme
un point de vûë , qui surprend ceux
qui abotdent la Plaine , ce sont une douzaine
de Piliers ou especes de Colonnes
isolées de différente hauteur , dont quelques
- unes sont extrémement déliées ,
n'ayant qu'un pied de diamètre ; il y en
a qui sont tout à fait rondes , et d'autres
d'un ovale imparfait ; sur l'une on voit
du blé , sur l'autre du chanvre , et sur
quelques autres un sep de vigne , sans
qu'il soit à craindre que les Chèvres l'aillent
brouter. Ces Colonnes sont apparemment
restées sur le Roc , qui leur a
servi de Baze , laquelle n'a pû être ébranlée
à cause de sa solidité. On voit encore
avec surprise , sur la plus large de ces
Colonnes , un Colombier tout entier ,
mais un peu panché ; et l'on a recueilli
sur une autre , une vingtaine de Gerbes
d'Orge.
Cet Ecroulement a duré jusqu'au 29
Juin , mais à différentes reprises . Il y a
même
AOUST. 1733. 1887
même une Maison qui ne s'est écroulée
que le 18 de Juillet , avec une petite
portion de la Colline. Vers le sommet ,
on voit actuellement des ouvertures de
la largeur d'un pied et demi , dans les
quelles si on jette une pierre , on l'entend
tomber avec grand bruit dans le
fond du précipice , que le Rocher a formé
en se détachant. Nouveau sujet de
crainte pour les Pardinois , et d'exercice
pour les Physiciens .
Au reste , si cet Ecroulement ex singulier
et presque general dans le territoire
de Pardines , il n'y est pas tout à fait
nouveau. Il y a plus de 30 ans qu'une
Grange nouvellement bât e , avoit manqué
par le fondement , et que plusieurs
Bâtimens s'étoient crévassez . Il y a environ
5 ans qu'on fut obligé d'étayer une
Maison , la voûte d'en bas , quoique faite
solidement , s'étant fendue. Sept ou huit '
jours avant le dernier Ecroulement , les
bois dont on avoit étayé cette Maison , se
rompirent par l'effort du terrain ; ce qui
engagea le Curé d'exhorter les proprietaires
de quitter une demeure si dangereuse
.
La Grêle a fait aussi de grands ravages
dans la Province d'Auvergne . Plus de
cent Paroisses en ont ressenti de terri-
I v bles
1888 MERCURE DE FRANCE
bles effers , puisque comme jevous l'ai dé
ja marqué elles sont hors d'esperance de
faire aucune récolte cette année Le hâteau
de Fontenilles ppartenant à M de
Ribeyre , premier Président de la Cour
des Aydes de Clermont , et les environs
de Billon et de Maringus ont été les plus
endommagez. Le Feu du Ciel vient de se
joindre à ce dernier accident ; il a brûlé à
Orcet , Prieuré sur le chemin d'Is oire
16 à 18 Maisons et quelques Grange, picines
de Foin et de Blé. Il est aussi tombé
sur l'Hôpital des Fieres de la Charité à
Effiat. On m'a assuré que le Tonnere
étoit gros comme une Boule à jouer
aux Quilles. Ce Globe après avoit consi
dérablement endommagé les Toits de cet.
Hôpital , depuis peu réparez des dé ordres
que la Grêle y venoit de caus r est
ensuite entré dans l'Eglise , où il a brulé
une partie de la Balustrade er de là est
allé porter le feu dans une Chambre où
fla consommé environ cinquante livres
de Chanvre.
- Ferrand , le7 Août 1733. sur l’Ecroulement
du Terrain de Pardines ;&c,
V
Oici , MONSIEUR , quelques circonstances
que vous pouvez ajouter
à la Relation que je vous ai envoyée sur
l'Evénement de Pardines.Je les tiens d'un
Magistrat tres - digne de foy , témoin oculaire,
et qui a un Château tout auprès de
Pardines. Vous sçavez que cette Paroisse
' est à une lieuë d'Issoire ; mais vous ferez
peut-être bien aise de sçavoir qu'elle dépend
de la Seigneurie de S. Cirgues , que
le Maréchal d'Alégre avoit acheptée du
Marquis de Canillac. Le Château ja été
bâti par les Boyers d'Issoire ; le Cardinal
Antoine , Archevêque de Bourges , êtoit
de cette Maison-
1
L'Ecroulement commença , comme on
l'a dit , le 23 du mois de Juin dernier.
Les Métayers des S" Bouchet et du Broc
s'en apperçûrent étant à table ; leur plus
proche voisin ne croyant pas que cet accident
A O UST. 1733.
1885
cident deviendroit si général , vint leur
aider à déménager ; mais un bruit qu'il
entendit l'ayant obligé de retourner chez
lui , il trouva sa maison de fond en comble
enfoncée dans la terre.
Pendant la nuit quelques autres Maisons
furent ainsi englouties ourenversées ,
mais d'une maniere moins subite, jusques
au lendemain que l'effort du Terrain fut
plus grand. Depuis 7 heures du matin
jusqu'au soir , la Colline se fendit en
deux perpendiculairement , et l'ouverture
étoit de 60 pieds de profondeur. La
violence de ce Torrent ,pour parler ainsi ,
entraîna tout ce qui se présentoit, Arbres ,
Pierres , Maisons , Rochers , rien ne pût
résister à son impétuosité , et ces divers
débris ne s'arrêtérent qu'à plus de 300
toises d'éloignement dans une Prairie, où
une Chaussée leur servit de Digue. Les
Arbres poussez jusqu'à cette Chaussée ,
par l'effort de l'Ecroulement , se rangerent
en maniere de Palissade .
Le Terrain de ce lieu paroît aujourd'hui
comme une Colline qui s'est formée
de tous ces Décombres , qui ferme
entiérement deux grands Chemins , celui
d'Issoire à Clermont , et celui d'Issoire
à Milland ; de sorte que les Voyageurs
sont obligez de se faire un nouveau
I iiij
che1886
MERCURE DE FRANCE
chemin entre la petite Riviere de Couse
et les terres écroulées ; et c'est un bonheur
que ces terres n'ayent pas été poussées
jusqu'au lit de cette Riviere , qui
n'en est éloignée que de so pas ,puisqu'elles
eussent comblé son lit , et tout le
Païs superieur eut été inondé.
Ce qu'il y a de singulier , et qui forme
un point de vûë , qui surprend ceux
qui abotdent la Plaine , ce sont une douzaine
de Piliers ou especes de Colonnes
isolées de différente hauteur , dont quelques
- unes sont extrémement déliées ,
n'ayant qu'un pied de diamètre ; il y en
a qui sont tout à fait rondes , et d'autres
d'un ovale imparfait ; sur l'une on voit
du blé , sur l'autre du chanvre , et sur
quelques autres un sep de vigne , sans
qu'il soit à craindre que les Chèvres l'aillent
brouter. Ces Colonnes sont apparemment
restées sur le Roc , qui leur a
servi de Baze , laquelle n'a pû être ébranlée
à cause de sa solidité. On voit encore
avec surprise , sur la plus large de ces
Colonnes , un Colombier tout entier ,
mais un peu panché ; et l'on a recueilli
sur une autre , une vingtaine de Gerbes
d'Orge.
Cet Ecroulement a duré jusqu'au 29
Juin , mais à différentes reprises . Il y a
même
AOUST. 1733. 1887
même une Maison qui ne s'est écroulée
que le 18 de Juillet , avec une petite
portion de la Colline. Vers le sommet ,
on voit actuellement des ouvertures de
la largeur d'un pied et demi , dans les
quelles si on jette une pierre , on l'entend
tomber avec grand bruit dans le
fond du précipice , que le Rocher a formé
en se détachant. Nouveau sujet de
crainte pour les Pardinois , et d'exercice
pour les Physiciens .
Au reste , si cet Ecroulement ex singulier
et presque general dans le territoire
de Pardines , il n'y est pas tout à fait
nouveau. Il y a plus de 30 ans qu'une
Grange nouvellement bât e , avoit manqué
par le fondement , et que plusieurs
Bâtimens s'étoient crévassez . Il y a environ
5 ans qu'on fut obligé d'étayer une
Maison , la voûte d'en bas , quoique faite
solidement , s'étant fendue. Sept ou huit '
jours avant le dernier Ecroulement , les
bois dont on avoit étayé cette Maison , se
rompirent par l'effort du terrain ; ce qui
engagea le Curé d'exhorter les proprietaires
de quitter une demeure si dangereuse
.
La Grêle a fait aussi de grands ravages
dans la Province d'Auvergne . Plus de
cent Paroisses en ont ressenti de terri-
I v bles
1888 MERCURE DE FRANCE
bles effers , puisque comme jevous l'ai dé
ja marqué elles sont hors d'esperance de
faire aucune récolte cette année Le hâteau
de Fontenilles ppartenant à M de
Ribeyre , premier Président de la Cour
des Aydes de Clermont , et les environs
de Billon et de Maringus ont été les plus
endommagez. Le Feu du Ciel vient de se
joindre à ce dernier accident ; il a brûlé à
Orcet , Prieuré sur le chemin d'Is oire
16 à 18 Maisons et quelques Grange, picines
de Foin et de Blé. Il est aussi tombé
sur l'Hôpital des Fieres de la Charité à
Effiat. On m'a assuré que le Tonnere
étoit gros comme une Boule à jouer
aux Quilles. Ce Globe après avoit consi
dérablement endommagé les Toits de cet.
Hôpital , depuis peu réparez des dé ordres
que la Grêle y venoit de caus r est
ensuite entré dans l'Eglise , où il a brulé
une partie de la Balustrade er de là est
allé porter le feu dans une Chambre où
fla consommé environ cinquante livres
de Chanvre.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Clermont-Ferrand, le 7 Août 1733. sur l'Ecroulement du Terrain de Pardines, &c[.]
Le 7 août 1733, un magistrat a rapporté l'écroulement du terrain de Pardines, situé à une lieue d'Issoire et relevant de la seigneurie de Saint-Cirgues, acquise par le maréchal d'Alègre. Les premiers signes de cet événement se sont manifestés le 23 juin 1733, lorsque les métayers des domaines Bouchet et du Broc ont observé des fissures. Rapidement, plusieurs maisons ont été englouties ou renversées. Le 24 juin, une colline s'est fendue, entraînant avec elle des arbres, des pierres, des maisons et des rochers sur une distance de plus de 300 toises. Cet écroulement a bloqué les chemins reliant Issoire à Clermont et Issoire à Milland, contraignant les voyageurs à emprunter un nouveau trajet. Des colonnes isolées de différentes hauteurs et formes sont apparues, certaines portant des cultures ou des structures comme un colombier. L'écroulement a duré jusqu'au 29 juin, avec des répercussions jusqu'au 18 juillet. Des signes de fragilité du terrain étaient déjà observés depuis plus de 30 ans. Par ailleurs, la grêle a causé des ravages dans la province d'Auvergne, affectant plus de cent paroisses. La foudre a également endommagé des bâtiments à Orcet et à Effiat.
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494
p. 2035-2036
« Le Samedi 22. Août, l'Académie Royale des Sciences, élut Mrs Godin et Bouguer, de cette [...] »
Début :
Le Samedi 22. Août, l'Académie Royale des Sciences, élut Mrs Godin et Bouguer, de cette [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Pensionnaire astronome, Accademia degli Infecondi, Machine, Danse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Samedi 22. Août, l'Académie Royale des Sciences, élut Mrs Godin et Bouguer, de cette [...] »
Le Samedi 22. Août , l'Académie Royale des
Sciences , élut Mrs Godin et Bouguer , de cette
Compagnie , et M. Plantade , de la Societé Royale
de Montpellier , pour remplir , au choix de
Roy , la Place de Pensionnaire Astronôme , vacante
depuis quelque temps par la mort de
M. le Chevalier de Louville , et le Samedi 29.
du même mois , le Comte de Maurepas , écrivit
à la Compagnie , que le Roy avoit choisi M. Godin.
2016 MERCURE DE FRANCE
On apprend de Rome , que le 1o. du mois
dernier , P'Académie des Infeconds , tint une Assemblée
publique dans une des Sales du Palais du
Duc Riario de la Longara , laquelle étoit ornée
avec beaucoup de magnificence ; plusieurs Cardinaux
y assisterent , et divers Membres de
cette Académie réciterent des Pieces de Poësie ,
qui furent applaudies.
Tout ce qui peut concourir à étendre , augmenter
ou perfectionner les Arts , ne doit jamais ,
être négligé dans un Livre tel que celui - cy ,.
même pour les choses qui ne paroissent pas d'u
ne grande importance. L'utilité que les jeunes
gens peuvent tirer de deux Machines que le sieur
Deshayes , Maître à Danser a inventées , et que
l'Académie Royale des Sciences a approuvées ,
ont un juste rapport à ce petit raisonnement.
L'une de ces Machines sert à faire tenir la tête
droite , les épaules en arriere et le corps dans .
l'équilibre qu'il doit avoir ; elle sett beaucoup
pour les premiers principes de la Danse , et plus
encore l'autre , qui assujettit à marcher avec.
grace, les pieds en- dehors , plusieurs jeunes gens
éprouvent l'utilité de cette nouvelle invention
chez divers Maîtres de Pension ..
Le sieur Deshayes demeure ruë Charlot , au Ma.
rais , chez un Tapissier..
Sciences , élut Mrs Godin et Bouguer , de cette
Compagnie , et M. Plantade , de la Societé Royale
de Montpellier , pour remplir , au choix de
Roy , la Place de Pensionnaire Astronôme , vacante
depuis quelque temps par la mort de
M. le Chevalier de Louville , et le Samedi 29.
du même mois , le Comte de Maurepas , écrivit
à la Compagnie , que le Roy avoit choisi M. Godin.
2016 MERCURE DE FRANCE
On apprend de Rome , que le 1o. du mois
dernier , P'Académie des Infeconds , tint une Assemblée
publique dans une des Sales du Palais du
Duc Riario de la Longara , laquelle étoit ornée
avec beaucoup de magnificence ; plusieurs Cardinaux
y assisterent , et divers Membres de
cette Académie réciterent des Pieces de Poësie ,
qui furent applaudies.
Tout ce qui peut concourir à étendre , augmenter
ou perfectionner les Arts , ne doit jamais ,
être négligé dans un Livre tel que celui - cy ,.
même pour les choses qui ne paroissent pas d'u
ne grande importance. L'utilité que les jeunes
gens peuvent tirer de deux Machines que le sieur
Deshayes , Maître à Danser a inventées , et que
l'Académie Royale des Sciences a approuvées ,
ont un juste rapport à ce petit raisonnement.
L'une de ces Machines sert à faire tenir la tête
droite , les épaules en arriere et le corps dans .
l'équilibre qu'il doit avoir ; elle sett beaucoup
pour les premiers principes de la Danse , et plus
encore l'autre , qui assujettit à marcher avec.
grace, les pieds en- dehors , plusieurs jeunes gens
éprouvent l'utilité de cette nouvelle invention
chez divers Maîtres de Pension ..
Le sieur Deshayes demeure ruë Charlot , au Ma.
rais , chez un Tapissier..
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Résumé : « Le Samedi 22. Août, l'Académie Royale des Sciences, élut Mrs Godin et Bouguer, de cette [...] »
Le 22 août, l'Académie Royale des Sciences élut Messieurs Godin, Bouguer et Plantade pour succéder au Chevalier de Louville en tant que Pensionnaire Astronôme. Le 29 août, le Comte de Maurepas annonça que le Roi avait choisi M. Godin pour ce poste. À Rome, le 1er du mois précédent, l'Académie des Infeconds organisa une assemblée publique dans une salle du Palais du Duc Riario de la Longara, avec la présence de plusieurs cardinaux et des récitals de poésie applaudis. Le texte met en avant l'importance de valoriser les contributions aux arts, même mineures. Il mentionne deux inventions du sieur Deshayes, Maître à Danser, approuvées par l'Académie Royale des Sciences. La première aide à maintenir une posture correcte pour la danse, tandis que la seconde favorise une marche gracieuse. Ces inventions sont utilisées par plusieurs jeunes gens chez divers Maîtres de Pension. Le sieur Deshayes réside rue Charlot, au Marais, chez un tapissier.
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495
p. 2185-2189
REMARQUES sur le Combat de Cupidon, et d'un Cocq, gravé en creux sur une Cornaline antique.
Début :
Les Sçavans de l'ancienne Egypte ne communiquoient les particularitez [...]
Mots clefs :
Amour, Coq, Nuit, Chant, Dard, Soleil, Cupidon, Messager, Combat, Cornaline antique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES sur le Combat de Cupidon, et d'un Cocq, gravé en creux sur une Cornaline antique.
REMARQUES sur le Combat de
Cupidon , et d'un Cocq , gravé en creux
sur une Cornaline antique.
Les
Es Sçavans de l'ancienne Egypte ne
communiquoient les particularitez
de leur Histoire , les Misteres Sacrez ,
et les secrets de la Nature , dont ils
avoient acquis la connoissance par l'experience
ou par le secours de l'Astronomie
, qu'à ceux qui étoient destinez à
la Couronne , au Ministere , ou au Sacerdoce
.
Leur science étoit si profonde et si
singuliere , que les Sages de la Grece ne
dédaignoient point de les consulter , et
d'apprendre d'eux ce qu'ils ne pouvoient
acquérir par la lecture ni par la spécu-
D lation
1186 MERCURE DE FRANCE
lation la plus laborieuse . On voit même
dans les Livres Sacrez que Moyse ne dédaigna
point de s'instruire de toutes leurs
Sciences .
Ces anciens Sçavans donnerent des
roms divins aux choses créées , pour
leur attirer plus de respect et de vénétation
de la part des hommes . Ils formerent
en même temps des Hieroglifes ou
des figures misterieuses , sous lesquelles
ils cachoient leur morale , leur politique
et même leurs passions , et ils se servoient
de ces Figures pour leurs Sceaux,
leurs Cachers, leurs Bagues. Ils gravoient
ou frappoient des Talismans sous certaines
constellations , sur diff rens métaux
propres , selon eux , à recevoir les
influences des Astres ; et cela pour rendre
leurs projets heureux et fortunez .
Le Hierogliphe dont il s'agit représente
Cupidon aîlé , avec ses attributs ,
sçavoir , un Carquois , un Dard , un Bouclier
. On n'y voit point son flambeau ,
parce qu'il y paroît en posture de Combattant,
tenant un Dard en sa main droite
et un Bouclier en sa gauche. On y voit
en même temps un Cccq qui se présente
à lui , ayant le col fort tendu , la tête
haute , avec sa fierté ordinaire.
Pour entrer dans le sujet de leur querelle
OCTOBRE. 1733. 2187
relle , il est bon de remarquer que le
Cocq a été regardé des Anciens comme
le simbole de la vigilance. C'est pourquoi
il étoit consacré au Dieu Mars ,
parce qu'un General d'Armée doit toujours
veiller et être sur ses gardes ; ou
parce que , au rapport de Lucien , Mars
changea en Cocq le Soldat Alectrion ,
en punition de ce qu'il n'avoit pas fait
bonne garde la nuit , que ce Dieu fut
surpris avec Vénus par Vulcain , lequel
les ayant envelopp z dans un filet de sa
façon , les exposa à la risée de toutes les
Divinitez Celestes. Le Cocq étoit aussi
consacré à Esculape , pour marquer la
vigilance d'un parfait Médecin,
Pausanias écrit d'ailleurs que le, Cocq
étoit respecté chez les Grecs comme le
Messager d'Apollon , à cause que par
son chant du matin , il annonce le retour
du Soleil. Ils le respectoient aussi
parce qu'ils auguroient par son chant
plus fréquent ou par son silence , les
heeureux ou les malheureux Evenemens .
Les Boetiens , par exemple , prévirent la
celebre victoire qu'ils remporterent sur
les Lacédémoniens , parce que le Cocq
avoit chanté toute la nuit qui précéda le
combat ; et selon le témoignage d'Ennius
, qui suivit Scipion l'Affricain dans
Dij toutes
2188 MERCURE DE FRANCE
toutes ses guerres , lorsque cet Oiseau est
vaincu , il se cache et se tait , mais s'il est
victorieux , il se montre fier et chante
souvent. Galli victi silere solent , canere
victores.
Je crois done que le sujet du Combat
de Cupidon contre ce Cocq , exprimé
sur cette Cornaline , est que l'Empire de
l'Amour n'est jamais plus puissant que
la nuit. C'est à ceux qui sont versez dans
l'art de la galanterie d'en juger. Comme
le Cocq annonce par son chant la fin
de la nuit et l'approche du jour , l'Amour
outré d'être obligé de ne pouvoir poursuivre
ses victoires et de les suspendre ,
s'en prend au Messager du Soleil , et
d'un coup de son Dard , tâche de lui
percer le gosier pour éteindre sa voix
incommode.
L'Amour souvent troublé par le Cocq vigilant ,
Lui dit tout en colere , et d'un ton menaçant ,
Messager du Soleil , Cocq toujours incommode,
Ne sçais-tu pas , cruel , que la nuit m'est commode
!
Ton chant précipité vient troubler les douceurs
Et les transports charmants où je plonge les
coeurs.
Qu'à ta voix le Lion manifeste sa crainte .
Que l'Oiseau de Minerve en ressente l'atteinte ,
L'Amour
+
OCTOBR E. 1733. 2189
L'Amour toujours vainqueur méprise ta fierté ;
Tu vas sentir un coup de sa dexterité.
Qu'Apollon te protege et son Fils Esculape ;
Scache qu'à mon pouvoir ici bas rien n'échappe.
L'Amour tout en furie , ayant ainsi parlé ,
Éssaya , mais en vain , de son Dard enflâmé ,
De percer le gosier du Cocq , qui par adresse ,
Ayant sçû l'éviter , entonne d'allegresse :
Co- que-ri- co Co-queri- co
S'il plaisoit à quelque ingénieux Antiquaire
de donner une exposition plus
naturelle à ce Hieroglife , le Possesseur
en auroit une parfaite reconnoissance ,
puisqu'elle donnera un nouveau mérite
à sa Pierre gravée.
Cupidon , et d'un Cocq , gravé en creux
sur une Cornaline antique.
Les
Es Sçavans de l'ancienne Egypte ne
communiquoient les particularitez
de leur Histoire , les Misteres Sacrez ,
et les secrets de la Nature , dont ils
avoient acquis la connoissance par l'experience
ou par le secours de l'Astronomie
, qu'à ceux qui étoient destinez à
la Couronne , au Ministere , ou au Sacerdoce
.
Leur science étoit si profonde et si
singuliere , que les Sages de la Grece ne
dédaignoient point de les consulter , et
d'apprendre d'eux ce qu'ils ne pouvoient
acquérir par la lecture ni par la spécu-
D lation
1186 MERCURE DE FRANCE
lation la plus laborieuse . On voit même
dans les Livres Sacrez que Moyse ne dédaigna
point de s'instruire de toutes leurs
Sciences .
Ces anciens Sçavans donnerent des
roms divins aux choses créées , pour
leur attirer plus de respect et de vénétation
de la part des hommes . Ils formerent
en même temps des Hieroglifes ou
des figures misterieuses , sous lesquelles
ils cachoient leur morale , leur politique
et même leurs passions , et ils se servoient
de ces Figures pour leurs Sceaux,
leurs Cachers, leurs Bagues. Ils gravoient
ou frappoient des Talismans sous certaines
constellations , sur diff rens métaux
propres , selon eux , à recevoir les
influences des Astres ; et cela pour rendre
leurs projets heureux et fortunez .
Le Hierogliphe dont il s'agit représente
Cupidon aîlé , avec ses attributs ,
sçavoir , un Carquois , un Dard , un Bouclier
. On n'y voit point son flambeau ,
parce qu'il y paroît en posture de Combattant,
tenant un Dard en sa main droite
et un Bouclier en sa gauche. On y voit
en même temps un Cccq qui se présente
à lui , ayant le col fort tendu , la tête
haute , avec sa fierté ordinaire.
Pour entrer dans le sujet de leur querelle
OCTOBRE. 1733. 2187
relle , il est bon de remarquer que le
Cocq a été regardé des Anciens comme
le simbole de la vigilance. C'est pourquoi
il étoit consacré au Dieu Mars ,
parce qu'un General d'Armée doit toujours
veiller et être sur ses gardes ; ou
parce que , au rapport de Lucien , Mars
changea en Cocq le Soldat Alectrion ,
en punition de ce qu'il n'avoit pas fait
bonne garde la nuit , que ce Dieu fut
surpris avec Vénus par Vulcain , lequel
les ayant envelopp z dans un filet de sa
façon , les exposa à la risée de toutes les
Divinitez Celestes. Le Cocq étoit aussi
consacré à Esculape , pour marquer la
vigilance d'un parfait Médecin,
Pausanias écrit d'ailleurs que le, Cocq
étoit respecté chez les Grecs comme le
Messager d'Apollon , à cause que par
son chant du matin , il annonce le retour
du Soleil. Ils le respectoient aussi
parce qu'ils auguroient par son chant
plus fréquent ou par son silence , les
heeureux ou les malheureux Evenemens .
Les Boetiens , par exemple , prévirent la
celebre victoire qu'ils remporterent sur
les Lacédémoniens , parce que le Cocq
avoit chanté toute la nuit qui précéda le
combat ; et selon le témoignage d'Ennius
, qui suivit Scipion l'Affricain dans
Dij toutes
2188 MERCURE DE FRANCE
toutes ses guerres , lorsque cet Oiseau est
vaincu , il se cache et se tait , mais s'il est
victorieux , il se montre fier et chante
souvent. Galli victi silere solent , canere
victores.
Je crois done que le sujet du Combat
de Cupidon contre ce Cocq , exprimé
sur cette Cornaline , est que l'Empire de
l'Amour n'est jamais plus puissant que
la nuit. C'est à ceux qui sont versez dans
l'art de la galanterie d'en juger. Comme
le Cocq annonce par son chant la fin
de la nuit et l'approche du jour , l'Amour
outré d'être obligé de ne pouvoir poursuivre
ses victoires et de les suspendre ,
s'en prend au Messager du Soleil , et
d'un coup de son Dard , tâche de lui
percer le gosier pour éteindre sa voix
incommode.
L'Amour souvent troublé par le Cocq vigilant ,
Lui dit tout en colere , et d'un ton menaçant ,
Messager du Soleil , Cocq toujours incommode,
Ne sçais-tu pas , cruel , que la nuit m'est commode
!
Ton chant précipité vient troubler les douceurs
Et les transports charmants où je plonge les
coeurs.
Qu'à ta voix le Lion manifeste sa crainte .
Que l'Oiseau de Minerve en ressente l'atteinte ,
L'Amour
+
OCTOBR E. 1733. 2189
L'Amour toujours vainqueur méprise ta fierté ;
Tu vas sentir un coup de sa dexterité.
Qu'Apollon te protege et son Fils Esculape ;
Scache qu'à mon pouvoir ici bas rien n'échappe.
L'Amour tout en furie , ayant ainsi parlé ,
Éssaya , mais en vain , de son Dard enflâmé ,
De percer le gosier du Cocq , qui par adresse ,
Ayant sçû l'éviter , entonne d'allegresse :
Co- que-ri- co Co-queri- co
S'il plaisoit à quelque ingénieux Antiquaire
de donner une exposition plus
naturelle à ce Hieroglife , le Possesseur
en auroit une parfaite reconnoissance ,
puisqu'elle donnera un nouveau mérite
à sa Pierre gravée.
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Résumé : REMARQUES sur le Combat de Cupidon, et d'un Cocq, gravé en creux sur une Cornaline antique.
Le texte décrit une gravure antique sur cornaline représentant le combat entre Cupidon et un coq. Les savants de l'ancienne Égypte partageaient leurs connaissances en histoire, mystères sacrés et secrets de la nature uniquement avec ceux destinés à la couronne, au ministère ou au sacerdoce. Leur science était si profonde que les sages grecs les consultaient. Les Égyptiens attribuaient des noms divins aux créatures pour leur attirer respect et vénération, et utilisaient des hiéroglyphes pour cacher leur morale, politique et passions. La gravure montre Cupidon ailé, muni d'un carquois, d'un dard et d'un bouclier, mais sans son flambeau, car il est en posture de combattant. Le coq, symbole de vigilance, est consacré à Mars et Esculape, et est respecté comme messager d'Apollon. Le combat entre Cupidon et le coq symbolise la lutte entre l'amour et la vigilance. Le coq, annonçant le jour, trouble les activités nocturnes de l'amour. Cupidon, furieux, tente en vain de faire taire le coq avec son dard. Le coq, évitant l'attaque, chante victorieusement. Le texte invite un antiquaire à offrir une autre interprétation de ce hiéroglyphe pour enrichir la valeur de la pierre gravée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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496
p. 2215-2217
« On nous prie d'avertir que G. Martin, Coignard et Guerin l'ainé, Libraires à [...] »
Début :
On nous prie d'avertir que G. Martin, Coignard et Guerin l'ainé, Libraires à [...]
Mots clefs :
Libraires, Animaux, Planches, Mémoires de l'Académie royale des sciences, Mémoires pour servir à l'histoire naturelle des animaux, Académie royale des sciences
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texteReconnaissance textuelle : « On nous prie d'avertir que G. Martin, Coignard et Guerin l'ainé, Libraires à [...] »
On nous prie d'avertir que G. Martin,
Coignard et Guerin l'ainé , Libraires à
- Paris , rue S. Jacques , délivreront aux
Souscripteurs le 23. de Novembre 1733 .
les quatre derniers volumes du Recueil
des Mémoires de l'Académie Royale des
Sciences , depuis 1666. jusqu'en 1699. Sça,
voir , 1 °. l'Histoire de l'Académie de ces
années là , avec une Liste generale de
tous les Académiciens jusqu'à présent ,
et un Catalogue de leurs Ouvrages , en
2. volumes. 2 °. Les Memoires pour servir
à l'Histoire naturelle des Animaux , avec
68. Planches en Taille- douce , deux Tomes.
2216 MERCURE DE FRANCE
mes en un volume. 3 ° . Un Traité d'A
nalyse , par M. de Lagny , en un volume .
Les Souscripteurs sont invitez à retirer
incessamment ces volumes , afin de profiter
de l'avantage des premieres Epreuves
des Figures.
›
On ne donne point cette fois- cy la
Table des Volumes du présent Recueil ,
et on y a substitué le Traité d'Analyse
de M. de Lagny , dont la dépense a été
de plus du double pour les Libraires.
La raison est que comme ils ont actuellement
sous presse une suite de l'Histoire
Naturelle des Animaux , qui n'a
jamais parû , et que cette suite en fait,
dans l'ordre des temps , une de Recueil
qu'ils donnent ; il est nécessaire que la
matiere de ce nouveau Volume soit comprise
dans ce Tome de Tables .
On pourra voir chez les Libraires uydessus
nommez , les Planches qu'ils ont
falt graver de cette nouvelle suite des
Animaux , sur les Desseins Orignaux de
M. Perrault , qui leur ont été remis par
Mrs de de l'Académie. On donnera incessamment
ce nouveau Volume , qui
sera accompagné d'un Volume de Tables
pour tous ces anciens Mémoires et d'un
autre Volume de Tables de l'Histoire et
des Mémoires depuis 1720. jusqu'en 1730.
Ces
OCTOBRE. 1733. 2217
Ces mêmes Libraires achevent de faire
graver toutes les Machines ou Inventions
qui ont été approuvées par l'Académie
Royale des Sciences depuis son établis
sement jusqu'à présent. Il y en a actuellement
plus de 350. Planches gravées ; ce
Recueil sera accompagné de Descriptions .
Coignard et Guerin l'ainé , Libraires à
- Paris , rue S. Jacques , délivreront aux
Souscripteurs le 23. de Novembre 1733 .
les quatre derniers volumes du Recueil
des Mémoires de l'Académie Royale des
Sciences , depuis 1666. jusqu'en 1699. Sça,
voir , 1 °. l'Histoire de l'Académie de ces
années là , avec une Liste generale de
tous les Académiciens jusqu'à présent ,
et un Catalogue de leurs Ouvrages , en
2. volumes. 2 °. Les Memoires pour servir
à l'Histoire naturelle des Animaux , avec
68. Planches en Taille- douce , deux Tomes.
2216 MERCURE DE FRANCE
mes en un volume. 3 ° . Un Traité d'A
nalyse , par M. de Lagny , en un volume .
Les Souscripteurs sont invitez à retirer
incessamment ces volumes , afin de profiter
de l'avantage des premieres Epreuves
des Figures.
›
On ne donne point cette fois- cy la
Table des Volumes du présent Recueil ,
et on y a substitué le Traité d'Analyse
de M. de Lagny , dont la dépense a été
de plus du double pour les Libraires.
La raison est que comme ils ont actuellement
sous presse une suite de l'Histoire
Naturelle des Animaux , qui n'a
jamais parû , et que cette suite en fait,
dans l'ordre des temps , une de Recueil
qu'ils donnent ; il est nécessaire que la
matiere de ce nouveau Volume soit comprise
dans ce Tome de Tables .
On pourra voir chez les Libraires uydessus
nommez , les Planches qu'ils ont
falt graver de cette nouvelle suite des
Animaux , sur les Desseins Orignaux de
M. Perrault , qui leur ont été remis par
Mrs de de l'Académie. On donnera incessamment
ce nouveau Volume , qui
sera accompagné d'un Volume de Tables
pour tous ces anciens Mémoires et d'un
autre Volume de Tables de l'Histoire et
des Mémoires depuis 1720. jusqu'en 1730.
Ces
OCTOBRE. 1733. 2217
Ces mêmes Libraires achevent de faire
graver toutes les Machines ou Inventions
qui ont été approuvées par l'Académie
Royale des Sciences depuis son établis
sement jusqu'à présent. Il y en a actuellement
plus de 350. Planches gravées ; ce
Recueil sera accompagné de Descriptions .
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Résumé : « On nous prie d'avertir que G. Martin, Coignard et Guerin l'ainé, Libraires à [...] »
Le 23 novembre 1733, les libraires G. Martin, Coignard et Guerin l'ainé annoncent la distribution des quatre derniers volumes du 'Recueil des Mémoires de l'Académie Royale des Sciences'. Ces volumes couvrent la période de 1666 à 1699 et se composent de plusieurs sections : l'histoire de l'Académie avec une liste des académiciens et un catalogue de leurs ouvrages en deux volumes, les 'Mémoires pour servir à l'Histoire naturelle des Animaux' avec 68 planches en deux tomes, et un 'Traité d'Analyse' par M. de Lagny en un volume. Les souscripteurs sont invités à retirer ces volumes rapidement pour bénéficier des premières épreuves des figures. La table des volumes n'est pas incluse cette fois-ci, remplacée par le 'Traité d'Analyse' en raison des coûts élevés. Une suite de l''Histoire Naturelle des Animaux' est en préparation, accompagnée de planches gravées d'après les dessins originaux de M. Perrault. Un nouveau volume et des tables pour les mémoires de 1720 à 1730 seront également publiés. De plus, les libraires finalisent la gravure de plus de 350 machines ou inventions approuvées par l'Académie, accompagnées de descriptions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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497
p. 2227-2228
EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
Début :
L'Académie assemblée le 8 Septembre 1733. presens, MESSIEURS, &c. Après qu'il a été [...]
Mots clefs :
Académie royale des belles-lettres, sciences et arts de Bordeaux, Dissertation, Circulation de la sève dans les plantes, Dureté, Mollesse, Fluidité
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
EXTRAIT des Registres de P Académie
Royale des Belles Lettres , Sciences es
Arts de Bordeaux.
L
-
'Académie assemblée le 8 Septembre 1733
presens , MESSIEURS , &c. Après qu'il a été
verifié , que le véritable Auteur de la Dissertation
sur la Circulation de la Séve dans les Plantes,
Couronnée et imprimée sous le nom de M. DI
LA BAISSE , a déja remporté trois Prix en différentes
années. Vû la délibération du 29 Avril
1717, par laquelle il est statué , qu'un même Auteur
nepourra obtenir que trois Frix ; et que M. le
Secretaire sera chargé de prier ceux qui se trouve-
`ront dans le cas , de ne plus travailler pour le concours.
M.le Secretaire ayant dit qu'il avoit averti
l'Auteur ci-dessus, lorsqu'il eut remporté le troisiéme
prix , dans la même forme que le fut M.D
MAIRAN , en 1717. L'Académie a délibéré que
la Médaille d'Or , décernée à l'Auteur de la Dissertation
sur la Circulation de la Séve dans les
Plantes , demeurera réservée pour un deuxième
Prix , à distribuer le 25 Août 1734.
Ce nouveau Prix réservé est destiné à celui qui
ex2228
MERCURE DE FRANCE
expliquera avec le plus de probabilité , la dureté
, la molesse , et la fluidité des Corps.
Les Dissertations pourront être en François
ou en Latin ; elles ne seront reçues pour le concours
, que jusqu'au premier May prochain , inclusivement.
Au bas des Dissertations il y aura une Sentence
, et l'Auteur mettra dans un Billet séparé et
cacheté la même Sentence , avec son nom, ses qualitez
et sa demeure, d'une façon qui ne puisse pas
former d'équivoque .
Les Paquets seront affranchis de Port , et addres
sez à M. Sarrau , Secretaire de l'Académie , rnë
de Gourgus ; ou au sieur Brun , Imprimeur de l'Académie
, rue S. James . Signé , SARRAU , Secretaire
de l'Académie Royale de Bordeaux.
Royale des Belles Lettres , Sciences es
Arts de Bordeaux.
L
-
'Académie assemblée le 8 Septembre 1733
presens , MESSIEURS , &c. Après qu'il a été
verifié , que le véritable Auteur de la Dissertation
sur la Circulation de la Séve dans les Plantes,
Couronnée et imprimée sous le nom de M. DI
LA BAISSE , a déja remporté trois Prix en différentes
années. Vû la délibération du 29 Avril
1717, par laquelle il est statué , qu'un même Auteur
nepourra obtenir que trois Frix ; et que M. le
Secretaire sera chargé de prier ceux qui se trouve-
`ront dans le cas , de ne plus travailler pour le concours.
M.le Secretaire ayant dit qu'il avoit averti
l'Auteur ci-dessus, lorsqu'il eut remporté le troisiéme
prix , dans la même forme que le fut M.D
MAIRAN , en 1717. L'Académie a délibéré que
la Médaille d'Or , décernée à l'Auteur de la Dissertation
sur la Circulation de la Séve dans les
Plantes , demeurera réservée pour un deuxième
Prix , à distribuer le 25 Août 1734.
Ce nouveau Prix réservé est destiné à celui qui
ex2228
MERCURE DE FRANCE
expliquera avec le plus de probabilité , la dureté
, la molesse , et la fluidité des Corps.
Les Dissertations pourront être en François
ou en Latin ; elles ne seront reçues pour le concours
, que jusqu'au premier May prochain , inclusivement.
Au bas des Dissertations il y aura une Sentence
, et l'Auteur mettra dans un Billet séparé et
cacheté la même Sentence , avec son nom, ses qualitez
et sa demeure, d'une façon qui ne puisse pas
former d'équivoque .
Les Paquets seront affranchis de Port , et addres
sez à M. Sarrau , Secretaire de l'Académie , rnë
de Gourgus ; ou au sieur Brun , Imprimeur de l'Académie
, rue S. James . Signé , SARRAU , Secretaire
de l'Académie Royale de Bordeaux.
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Résumé : EXTRAIT des Registres de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
Le 8 septembre 1733, l'Académie Royale des Belles Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux a examiné la Dissertation sur la Circulation de la Séve dans les Plantes, récompensée et publiée sous le nom de M. Du La Baisse. Il a été constaté que l'auteur avait déjà remporté trois prix. Selon la délibération du 29 avril 1717, un même auteur ne peut obtenir plus de trois prix. Le secrétaire avait informé M. Du La Baisse de cette règle après son troisième prix, comme cela avait été fait pour M. de Mairan en 1717. L'Académie a décidé de réserver la médaille d'or pour un nouveau prix sur la dureté, la molesse et la fluidité des corps, à attribuer le 25 août 1734. Les dissertations, en français ou en latin, doivent être soumises avant le 1er mai 1734. Chaque dissertation doit inclure une sentence, et l'auteur doit fournir une copie de cette sentence avec son nom, ses qualités et sa demeure dans un billet séparé et cacheté. Les paquets doivent être adressés à M. Sarrau, secrétaire de l'Académie, ou à M. Brun, imprimeur de l'Académie.
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498
p. 2411-2415
LOGOGRYPHE.
Début :
J'ai place dans les Cieux, j'habite sur la terre, [...]
Mots clefs :
Marguerite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
'Ai place dans les Cieux , j'habite sur laterre ,
Mais dans ces deux endroits , grand Dieu , que
je differe ?
Au ciel , où l'oeil ne me voit pas ;
On m'y porte des voeux et l'on m'y rend hommage
D vj Vir
2412 MERCURE DE FRANCE
Visible et commune icy bas ,
On mefoule aux pieds , on m'outrage,
Déja cette ambiguité .
Te rebute , Lecteur , et peut être te choque ;
Mais je veux te tirer de ta perpléxité ;
Ne t'y trompe donc pas , ce n'est qu'un équive
que ,
Enfin , qui que je sois , en mon nom je contiens
Autant de Lettres que d'années
Furent autrefois employées ,
Pour prendre les Murs des Troyens ;
Cecy posé , s'arrange aussi-tôt mon sistême ,
Lecteur , écoute et fais ton Thême.
D'abord en choisissant sept Lettres de mon
tout ,
Qui se trouvent sans art , mises l'une après
l'autre ,
Je donne à l'Astronome un gîte de son goût ,
Pour y marmotter seul sa docte Patenêtre .
Des sept , ôtez le Chef, vous avez sur le champ
Un caractere aimable , ennemi du mensonge :
Puis les sept Lettres reprenant ,
Et selon le besoin , coupant , rognant , trane ›
chant ,
Primò , Voicy venir à nous, sans qu'on y songs,
Palati , patata , tant à pied , qu'à Cheval ,
La garde d'une grande Ville ,
Qui sert à nous rendre tranquille ,
Jour et nuit , en tout temps , contre qui nous
geut mal
NOVEMBRE . 1733 2413
Suit en la même compagnie ,
Un endroit aux fripons , et funeste et fatal,
Où plus d'un dans la gêne a terminé sa vie ,
Qu'en six Lettres je peux appeller Boucherie.
Courage , ami Lecteur , et ne t'effraie en rien
Dans ces six Lettres , cherche bien ,
Tu dois y voir tout d'une bande ,
Un homme plein de Vin , une Ville Normande
Un passage public , un rapide ruisseau ,
Un lieu propre à songer,proche voisin de l'eau
Le songe même , un corps transparent , Dia
phân ,
Un Insecte qui naît dans la pauvre Cabane
Du Païsan , ainsi qu'aux plus riches Palais ;
Préliminaire de la paix ,
Qui toujours n'en est pas une marque certaine
Enfin Us et Coutume humaine.
Aux six Lettres encor , rejoins pour un
ment ,
Le Chef qu'elles avoient , plus haut aupara
vant, Į
Combine , et tu verras un Monstre de Libie ,
4 Qui dans un autre sens est un Fleuve d'Asie.
Un lieu d'azile et de repos ,
Souvent utile à l'homme, ainsi qu'aux animaux;
Oyseau bon à manger dans le temps de ven
dange ,
Autre sorte d'Oyseau qui chemine en Phalange.
Hola
2414 MERCURE DE FRANCE
Hola.... de peur d'ennui... cependant prends
mon tout,
Combine- le de bout en bout ;
Tu rencontres sans peine un Vase propre
boire ,
Ce qui nous même droit au Temple de Mémoire
,
Chose dont à cette heure on parle en tout Paris
Ce qui d'un Livre accroît le prix ;
Un bonnet qu'entre tous , un seul homme peut
mettre ,
Autre que peu de Chefs ont pouvoir de porter ,
Un grand corps , qu'à propos il faut sçavoir
commettre ,
Un Element fougueux , difficile à dompter
Une Echelle , avec quoi l'on apprend à chanter.
Lecteur , ne perd point patience ,
Je veux un peu t'aider et chercher avec toy . . .
Que de combinaisons ! ... Quelle matiere in
mense !
Quel nombre de mots s'offre à moi !
Icy je vois d'abord un témoin de la foy,
Ses peines , son tourment , la cruelle malice
Du barbare Boureau , qui le traîne "au supplice
Le Chef-d'oeuvre de l'Eternel ;
Un petit bâton par lequel ,
Il opera jadis , mainte chose admirable ,
Pour dompter un Monstre intraitable.
Là , c'est un mois qui divertit ,
C'est un Instrument agréable ,
UNG
NOVEMBRE 1733. 241
Une Plante porte appetit ,
Des Insectes le plus petit;
Femme à notre malheur , qui fut trop babil
larde ,
Fillette qui se croit en droit d'être gaillarde ;
Flux et Reflux de Mer , ensemble Poisson frais ;
Assemblage de Chiens , conduits par des Valets,
Mille choses encor ; .... mais bornons la ma◄
tiere ;
Lecteur , voilà trop de mystere .
Ecoute , .. pour te mettre un peu hors d'em
- barras ,
Je veux te dire icy quelque chose tout bas.
-Te souviens- tu de la Batracomiomachie
It des nobles Héros de ce Poëme en Vers ,
Dont le grand Homere en saillie
Jadis régala l'Univers è
Prend l'un de ces Héros , ou fameux person♣
nages ,
Nous le connoissons tous , les fous comme les
sages ;
Joins- y pour t'amuser , deux mots et rien de
plus ,
Sçavoir l'arbre chéri de la belle Venus ;
Certain frimat d'Hyver qui saisit et qui piques
Tu dois avec cela deviner aisément[ ;
Lecteur , car ces trois mots qu'assez blen je t'explique
,
A quelque chose près , te donnent sur le champ,
Le Logogriphe assurément.
H*** De Meaux, en Brie,
Du 16 Septembrę 173.3-
'Ai place dans les Cieux , j'habite sur laterre ,
Mais dans ces deux endroits , grand Dieu , que
je differe ?
Au ciel , où l'oeil ne me voit pas ;
On m'y porte des voeux et l'on m'y rend hommage
D vj Vir
2412 MERCURE DE FRANCE
Visible et commune icy bas ,
On mefoule aux pieds , on m'outrage,
Déja cette ambiguité .
Te rebute , Lecteur , et peut être te choque ;
Mais je veux te tirer de ta perpléxité ;
Ne t'y trompe donc pas , ce n'est qu'un équive
que ,
Enfin , qui que je sois , en mon nom je contiens
Autant de Lettres que d'années
Furent autrefois employées ,
Pour prendre les Murs des Troyens ;
Cecy posé , s'arrange aussi-tôt mon sistême ,
Lecteur , écoute et fais ton Thême.
D'abord en choisissant sept Lettres de mon
tout ,
Qui se trouvent sans art , mises l'une après
l'autre ,
Je donne à l'Astronome un gîte de son goût ,
Pour y marmotter seul sa docte Patenêtre .
Des sept , ôtez le Chef, vous avez sur le champ
Un caractere aimable , ennemi du mensonge :
Puis les sept Lettres reprenant ,
Et selon le besoin , coupant , rognant , trane ›
chant ,
Primò , Voicy venir à nous, sans qu'on y songs,
Palati , patata , tant à pied , qu'à Cheval ,
La garde d'une grande Ville ,
Qui sert à nous rendre tranquille ,
Jour et nuit , en tout temps , contre qui nous
geut mal
NOVEMBRE . 1733 2413
Suit en la même compagnie ,
Un endroit aux fripons , et funeste et fatal,
Où plus d'un dans la gêne a terminé sa vie ,
Qu'en six Lettres je peux appeller Boucherie.
Courage , ami Lecteur , et ne t'effraie en rien
Dans ces six Lettres , cherche bien ,
Tu dois y voir tout d'une bande ,
Un homme plein de Vin , une Ville Normande
Un passage public , un rapide ruisseau ,
Un lieu propre à songer,proche voisin de l'eau
Le songe même , un corps transparent , Dia
phân ,
Un Insecte qui naît dans la pauvre Cabane
Du Païsan , ainsi qu'aux plus riches Palais ;
Préliminaire de la paix ,
Qui toujours n'en est pas une marque certaine
Enfin Us et Coutume humaine.
Aux six Lettres encor , rejoins pour un
ment ,
Le Chef qu'elles avoient , plus haut aupara
vant, Į
Combine , et tu verras un Monstre de Libie ,
4 Qui dans un autre sens est un Fleuve d'Asie.
Un lieu d'azile et de repos ,
Souvent utile à l'homme, ainsi qu'aux animaux;
Oyseau bon à manger dans le temps de ven
dange ,
Autre sorte d'Oyseau qui chemine en Phalange.
Hola
2414 MERCURE DE FRANCE
Hola.... de peur d'ennui... cependant prends
mon tout,
Combine- le de bout en bout ;
Tu rencontres sans peine un Vase propre
boire ,
Ce qui nous même droit au Temple de Mémoire
,
Chose dont à cette heure on parle en tout Paris
Ce qui d'un Livre accroît le prix ;
Un bonnet qu'entre tous , un seul homme peut
mettre ,
Autre que peu de Chefs ont pouvoir de porter ,
Un grand corps , qu'à propos il faut sçavoir
commettre ,
Un Element fougueux , difficile à dompter
Une Echelle , avec quoi l'on apprend à chanter.
Lecteur , ne perd point patience ,
Je veux un peu t'aider et chercher avec toy . . .
Que de combinaisons ! ... Quelle matiere in
mense !
Quel nombre de mots s'offre à moi !
Icy je vois d'abord un témoin de la foy,
Ses peines , son tourment , la cruelle malice
Du barbare Boureau , qui le traîne "au supplice
Le Chef-d'oeuvre de l'Eternel ;
Un petit bâton par lequel ,
Il opera jadis , mainte chose admirable ,
Pour dompter un Monstre intraitable.
Là , c'est un mois qui divertit ,
C'est un Instrument agréable ,
UNG
NOVEMBRE 1733. 241
Une Plante porte appetit ,
Des Insectes le plus petit;
Femme à notre malheur , qui fut trop babil
larde ,
Fillette qui se croit en droit d'être gaillarde ;
Flux et Reflux de Mer , ensemble Poisson frais ;
Assemblage de Chiens , conduits par des Valets,
Mille choses encor ; .... mais bornons la ma◄
tiere ;
Lecteur , voilà trop de mystere .
Ecoute , .. pour te mettre un peu hors d'em
- barras ,
Je veux te dire icy quelque chose tout bas.
-Te souviens- tu de la Batracomiomachie
It des nobles Héros de ce Poëme en Vers ,
Dont le grand Homere en saillie
Jadis régala l'Univers è
Prend l'un de ces Héros , ou fameux person♣
nages ,
Nous le connoissons tous , les fous comme les
sages ;
Joins- y pour t'amuser , deux mots et rien de
plus ,
Sçavoir l'arbre chéri de la belle Venus ;
Certain frimat d'Hyver qui saisit et qui piques
Tu dois avec cela deviner aisément[ ;
Lecteur , car ces trois mots qu'assez blen je t'explique
,
A quelque chose près , te donnent sur le champ,
Le Logogriphe assurément.
H*** De Meaux, en Brie,
Du 16 Septembrę 173.3-
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499
p. 2443-2451
Essay sur les Erreurs populaires &c. [titre d'après la table]
Début :
ESSAY SUR LES ERREURS POPULAIRES, ou Examen de plusieurs opinions reçûes [...]
Mots clefs :
Poudre, Bruit, Salpêtre, Charbon, Soufre, Cause, Canon, Erreurs populaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Essay sur les Erreurs populaires &c. [titre d'après la table]
ESSAY SUR LES ERREURS POPULAIRES,
ou Examen de plusieurs opinions reçûes
comme vrayes , qui sont fausses ou dou
teuses
1444 MERCURE DE FRANCE
rue
teuses ; traduit de l'Anglois de Thomas
Brown , Chevalier et Docteur en Médecine.
A Paris chez Pierre Witte
S. Facques , et Didot, Quay des Auguftins ,
1733 , 3. vol. in douze , contenant près
de 900 pages , sans les Tables , les Préfaces
et l'Epitre au Duc de Richelieu.
On lit dans la Préface du Traducteur,
que l'erreur en general est un faux jugement
, ou une aprobation du faux ; Or
il est certain , dit il , que le peuple n'est
pas capable de juger si l'objet qui le détermine
est faux ou vray ; et comme il
y a differentes routes qui conduisent à
l'erreur , c'est un pur hazard s'il rencontre
la verité.
Les causes immédiates de ces mêmes
erreurs sont les fausses idées que l'on se
forme à soi - même des objets , ou dans le
moment qu'ils se présentent , ou sur des
rapports infidéles. C'est par- là que s'établit
autrefois l'opinion fabuleuse des
Centaures, et une infinité de semblables;
mais on va plus loin;on ajoute à ces fausses
idées des conséquences étrangeres : et
de -là naissent ordinairement les Sophismes
qui roulent sur les termes ou les choses
même.
Les autres causes sont la crédulité qui
fait adopter tout ce qui est presenté comme
NOVEMBRE. 1733. 2445
→
me vrai ; ou l'incrédulité qui fait rejetter
des verirés constantes , la paresse qui fait
croire ou douter sans fondement , plutôt
que d'examiner la prévention pour
l'Antiquité , ou cette persuasion , que
plus les Anciens nous ont précedés dans
l'ordre des tems, plus aussi ils ont approché
du vrai.
Cet Ouvrage, au reste , est également
méthodique , curieux et varié. L'Auteur
commence toujours par alléguer les témoignages
qui favorisent l'opinion reçue
, et il n'embrasse point de sentiment
nouveau qu'il ne l'appuye par des témoignages
superieurs, qu'il n'y joigne même
l'experience dans les faits où elle peut
avoir lieu , et il finit toujours par indiquer
ce qui a pû occasionner ou accrédi
ter les erreurs qu'il combat.
Nous allons donner quelques morceaux
propres à interesser le Lecteur, caracteriser
l'Ouvrage et faire connoître le stile du
Traducteur.
Dans le 3me chapitre de la cause des erreurs
populaires, l'Auteur expose qu'outre
que par sa disposition naturelle , le Peuple
s'éloigne du vray , il suffit de lui presenter
le faux avec quelque adresse , pour
qu'il le saisisse et qu'il l'adopte. On l'a
vu , dit-il , dans tous les siècles la dupe
de
2446 MERCURE DE FRANCE
de tous les imposteurs et de toutes les
professions .... Or le Peuple étant de
fui-même porté à l'erreur et, y étant sans
cesse entraîné par les autres , faut- il s'étonner
que ses opinions et ses jugemens
en soient un tissu perpetuel.
Cinquième chapitre du second Livre :
On raconte bien des Fables , dit l'Auteur,
touchant la Poudre blanche qui fait sans
bruit le même effet que la Poudre à canon
; mais il y en a peu qui en ayent
allegué de bonnes raisons. La Poudre à
canon est composée de Salpêtre , de
Charbon et de Souffre . Et quoique l'on
trouve en plusieurs endroits du salpêtre
naturel , celui dont on se sert communé
ment ne l'est pas. On le tire d'une infusion
de terres salées , des urines des écu
ries , des colombiers , des caves , et autres
lieux inaccessibles au Soleil qui le dissoudroit.
Le souffre est un corps mineral
dont les parties sont graisseuses et inflammables.
On se sert du souffre vif qui
est d'une couleur foncée , ou du souffre
épuré , tel que nous l'avons en bâtons
d'un jaune plus clair que le premier.
Le charbon de bois est connu de tout le
monde , et pour cet usage on le fait
de Saules , d'Aulnes ou de Coudrier & c.
Etc'est de ces trois corps mêlez dans une
proportion
NOVEMBRE . 1733. 2447
proportion connue , et formez en grains
qu'est composée la Poudre à canon . Or
quoiqu'ils contribuent à un même effet
commun , ils ont pourtant chacun leur
effet particulier dans la composition . Le
souffre produit ce feu perçant et violent ;
car le salpêtre et le charbon mélez ne
produiroient qu'une espece de sifflement,
et le feu ne dure pas. Du charbon vient
la couleur noire , et l'Inflammabilité ; car
le salpêtre et le souffre , bien que pulvérisez
, ne s'enflamment pas si promptement
que ce charbon : l'étincelle qui
sort d'une pierre ne les allumeroit pas ,
non plus que le camphre tout inflam
mable qu'il est. Le charbon tient lieu de
méche , il sert à allumer le souffre , et
à répandre le feu ; et comme ses parties
sont plus grossieres , il pourroit aussi servir
à temperer l'activité du salpêtre , et à
empêcher une raréfaction trop subite.
Du salpêtre procedent la force et le
bruit. Car le souffre et le charbon mêlez
ensemble n'en font point en s'allumant }
et la Poudre qui auroit été faite avec du
salpêtre impur et gras auroit peu de force,
et feroit peu de bruit. Aussi des trois
espéces de Poudre , la plus forte contient
plus de salpêtre ; car elle ne renferme
qu'une part de charbon et de soufre,
SUE
2448 MERCURE DE FRANCE
sur dix de salpêtre ou environ.
ayant
Mais la cause immédiate du bruit
c'est le mouvement violent de l'air à
l'occasion de l'explosion subite et véhémente
de la Poudre > car le feu
gagné dans un instant toute sa substance,
la grande raréfaction qui lui arrive , demande
un plus grand espace que celuiqu'elle
occupoit auparavant ; et trouvant
de la résistance dans l'air , elle le pousse
avec violence pour se faire un passage.
Et si nous admettons ce que dit Cardan ,
que la Poudre allumée occupe cent fois
plus d'espace qu'auparavant , nous concevrons
aisément la violence qu'elle fait
à l'air ; mais nous le concevrons encore
mieux si nous adoptons le calcul plus
raisonnable de Snellius qui prétend
qu'elle en occupe 12600 fois davantage.
Telle est la raison du bruit terrible
que
fait le canon , et cette même raison sert
à expliquer la cause du bruit du Tonnere.
Le Tonnere n'est autre chose qu'un
amas de parties sulphureuses et nitreuses
qui se sont allumées dans l'air , et qui
en demandant un plus grand espace , se
font un passage en brisant les nuës et
en écartant avec violence l'air qui les
environne. Lorsque la matiere estinflam
mable et que les nuages sont pressez , le
>
,
bruit
NOVEMBRE . 1733. 2449
bruit est véhément. Si le nuage est mince,'
et qu'il y ait peu de matiere , l'éruption
aboutit à de simples éclairs , quoique les
nuages n'ayent que 2000 pas de hauteur,
ce qui est leur plus grande élévation .
Delà vient que ces sortes d'éclairs sont
rarement nuisibles › et que le Tonnere
dans un tems serain est une espece de prodige
, quoique l'Histoire en fournisse
quelques exemples.
›
Les tremblemens de terre ont selon
toutes les apparences la même cause
quand des veines de souffre et de nitre
se sont allumées elles se raréfient et
passent avec effort au travers des corps
qui leur résistent. Si la matiere étoit abondante
, et renfermée étroitement , elle a
renversé des Montagnes et des Villes
entieres. Si elle étoit en petite quantité ,
et environnée de terre poreuse , elle n'a
causé que de legeres secousses qui n'ont
rien détruit. Les Anciens qui ignoroient
la composition et les effets de la Poudre
à canon , par laquelle on explique parfaitement
la génération des matieres , ne
pouvoient gueres que se tromper sur cet
article.
Maintenant si quelqu'un veut arrêter
le bruit de la Poudre , il faut qu'il travaille
sur le salpêtre , et qui voudra en
F alterer
2450 MERCURE DE FRANCE
alterer la couleur , doit travailler sur le
charbon, Il y a plusieurs manieres de faire
de la Poudre blanche , la meilleure que
je sçache , dit l'Auteur , c'est de substituer
au charbon de la Poudre de Saules
pourris car tout autre bois qui prend
feu aisément la feroit peut-être brune.
Il y en a qui , au rapport de Berringuccio
dans sa Pirothecnie , ont essayé
d'en faire de rouge . Mais tout ceci n'a
aucun rapport avec le bruit de la Poudre
qui a une autre cause , et qu'on peut également
, ou mieux , selon quelques- uns ,
rendre noire avec des charbons de lin
et de roseaux,ou même avec de la mêche,
et du linge brulé.
On peut en deux manieres arrêter le
bruit de la Poudre , ou en n'y mettant
point de salpêtre , ou bien en le dépouil
lant de sa qualité. Porta promet de dimis
nuer ou d'empêcber cet effet non -seulement
avec des corps graisseux en géné
ral , mais encore avec du Borax et du
beurre mélez ensemble dans une certaing
proportion ; d'où il arrivera , selon cer
Auteur , que le bruit sera à peine entendu
de celui qui le tirea ; et à la verité sĮ
l'on en met beaucoup , non seulement
la Poudre fera peu de bruit mais elle
sera encore très foible. Je n'ai trouvé
qu'un
-
,
NOVEMBRE. 1733 2451
qu'un seul exemple de Poudre faite sans
salpêtre : c'est Alphonse Duc de Ferrare
qui me le fournit. Ce Prince, au rapport
de Brassavole et de Cardan , inventa la
Poudre qui faisoit partir une Balle sans
bruit.
Il n'est donc point absurde de dire
qu'il y ait de la Poudre blanche , et nous
avoüerons même , continuë nôtre Auteur
, qu'elle peut ne causer aucun bruit.
Mais il est bien certain que , soit avec du
salpêtre , ou sans salpêtre , elle sera trèsfoible.
A mesure qu'elle est moins bruyanre
elle perd sa force aussi selon Bassavole
, la Poudre d'Alphonse ne pouvoit
tuer un poulet. Jamque pulvis inventus
est qui glandem sine bombo projicit
tamen vehementer , ut vel pullum interficere
possit.
ou Examen de plusieurs opinions reçûes
comme vrayes , qui sont fausses ou dou
teuses
1444 MERCURE DE FRANCE
rue
teuses ; traduit de l'Anglois de Thomas
Brown , Chevalier et Docteur en Médecine.
A Paris chez Pierre Witte
S. Facques , et Didot, Quay des Auguftins ,
1733 , 3. vol. in douze , contenant près
de 900 pages , sans les Tables , les Préfaces
et l'Epitre au Duc de Richelieu.
On lit dans la Préface du Traducteur,
que l'erreur en general est un faux jugement
, ou une aprobation du faux ; Or
il est certain , dit il , que le peuple n'est
pas capable de juger si l'objet qui le détermine
est faux ou vray ; et comme il
y a differentes routes qui conduisent à
l'erreur , c'est un pur hazard s'il rencontre
la verité.
Les causes immédiates de ces mêmes
erreurs sont les fausses idées que l'on se
forme à soi - même des objets , ou dans le
moment qu'ils se présentent , ou sur des
rapports infidéles. C'est par- là que s'établit
autrefois l'opinion fabuleuse des
Centaures, et une infinité de semblables;
mais on va plus loin;on ajoute à ces fausses
idées des conséquences étrangeres : et
de -là naissent ordinairement les Sophismes
qui roulent sur les termes ou les choses
même.
Les autres causes sont la crédulité qui
fait adopter tout ce qui est presenté comme
NOVEMBRE. 1733. 2445
→
me vrai ; ou l'incrédulité qui fait rejetter
des verirés constantes , la paresse qui fait
croire ou douter sans fondement , plutôt
que d'examiner la prévention pour
l'Antiquité , ou cette persuasion , que
plus les Anciens nous ont précedés dans
l'ordre des tems, plus aussi ils ont approché
du vrai.
Cet Ouvrage, au reste , est également
méthodique , curieux et varié. L'Auteur
commence toujours par alléguer les témoignages
qui favorisent l'opinion reçue
, et il n'embrasse point de sentiment
nouveau qu'il ne l'appuye par des témoignages
superieurs, qu'il n'y joigne même
l'experience dans les faits où elle peut
avoir lieu , et il finit toujours par indiquer
ce qui a pû occasionner ou accrédi
ter les erreurs qu'il combat.
Nous allons donner quelques morceaux
propres à interesser le Lecteur, caracteriser
l'Ouvrage et faire connoître le stile du
Traducteur.
Dans le 3me chapitre de la cause des erreurs
populaires, l'Auteur expose qu'outre
que par sa disposition naturelle , le Peuple
s'éloigne du vray , il suffit de lui presenter
le faux avec quelque adresse , pour
qu'il le saisisse et qu'il l'adopte. On l'a
vu , dit-il , dans tous les siècles la dupe
de
2446 MERCURE DE FRANCE
de tous les imposteurs et de toutes les
professions .... Or le Peuple étant de
fui-même porté à l'erreur et, y étant sans
cesse entraîné par les autres , faut- il s'étonner
que ses opinions et ses jugemens
en soient un tissu perpetuel.
Cinquième chapitre du second Livre :
On raconte bien des Fables , dit l'Auteur,
touchant la Poudre blanche qui fait sans
bruit le même effet que la Poudre à canon
; mais il y en a peu qui en ayent
allegué de bonnes raisons. La Poudre à
canon est composée de Salpêtre , de
Charbon et de Souffre . Et quoique l'on
trouve en plusieurs endroits du salpêtre
naturel , celui dont on se sert communé
ment ne l'est pas. On le tire d'une infusion
de terres salées , des urines des écu
ries , des colombiers , des caves , et autres
lieux inaccessibles au Soleil qui le dissoudroit.
Le souffre est un corps mineral
dont les parties sont graisseuses et inflammables.
On se sert du souffre vif qui
est d'une couleur foncée , ou du souffre
épuré , tel que nous l'avons en bâtons
d'un jaune plus clair que le premier.
Le charbon de bois est connu de tout le
monde , et pour cet usage on le fait
de Saules , d'Aulnes ou de Coudrier & c.
Etc'est de ces trois corps mêlez dans une
proportion
NOVEMBRE . 1733. 2447
proportion connue , et formez en grains
qu'est composée la Poudre à canon . Or
quoiqu'ils contribuent à un même effet
commun , ils ont pourtant chacun leur
effet particulier dans la composition . Le
souffre produit ce feu perçant et violent ;
car le salpêtre et le charbon mélez ne
produiroient qu'une espece de sifflement,
et le feu ne dure pas. Du charbon vient
la couleur noire , et l'Inflammabilité ; car
le salpêtre et le souffre , bien que pulvérisez
, ne s'enflamment pas si promptement
que ce charbon : l'étincelle qui
sort d'une pierre ne les allumeroit pas ,
non plus que le camphre tout inflam
mable qu'il est. Le charbon tient lieu de
méche , il sert à allumer le souffre , et
à répandre le feu ; et comme ses parties
sont plus grossieres , il pourroit aussi servir
à temperer l'activité du salpêtre , et à
empêcher une raréfaction trop subite.
Du salpêtre procedent la force et le
bruit. Car le souffre et le charbon mêlez
ensemble n'en font point en s'allumant }
et la Poudre qui auroit été faite avec du
salpêtre impur et gras auroit peu de force,
et feroit peu de bruit. Aussi des trois
espéces de Poudre , la plus forte contient
plus de salpêtre ; car elle ne renferme
qu'une part de charbon et de soufre,
SUE
2448 MERCURE DE FRANCE
sur dix de salpêtre ou environ.
ayant
Mais la cause immédiate du bruit
c'est le mouvement violent de l'air à
l'occasion de l'explosion subite et véhémente
de la Poudre > car le feu
gagné dans un instant toute sa substance,
la grande raréfaction qui lui arrive , demande
un plus grand espace que celuiqu'elle
occupoit auparavant ; et trouvant
de la résistance dans l'air , elle le pousse
avec violence pour se faire un passage.
Et si nous admettons ce que dit Cardan ,
que la Poudre allumée occupe cent fois
plus d'espace qu'auparavant , nous concevrons
aisément la violence qu'elle fait
à l'air ; mais nous le concevrons encore
mieux si nous adoptons le calcul plus
raisonnable de Snellius qui prétend
qu'elle en occupe 12600 fois davantage.
Telle est la raison du bruit terrible
que
fait le canon , et cette même raison sert
à expliquer la cause du bruit du Tonnere.
Le Tonnere n'est autre chose qu'un
amas de parties sulphureuses et nitreuses
qui se sont allumées dans l'air , et qui
en demandant un plus grand espace , se
font un passage en brisant les nuës et
en écartant avec violence l'air qui les
environne. Lorsque la matiere estinflam
mable et que les nuages sont pressez , le
>
,
bruit
NOVEMBRE . 1733. 2449
bruit est véhément. Si le nuage est mince,'
et qu'il y ait peu de matiere , l'éruption
aboutit à de simples éclairs , quoique les
nuages n'ayent que 2000 pas de hauteur,
ce qui est leur plus grande élévation .
Delà vient que ces sortes d'éclairs sont
rarement nuisibles › et que le Tonnere
dans un tems serain est une espece de prodige
, quoique l'Histoire en fournisse
quelques exemples.
›
Les tremblemens de terre ont selon
toutes les apparences la même cause
quand des veines de souffre et de nitre
se sont allumées elles se raréfient et
passent avec effort au travers des corps
qui leur résistent. Si la matiere étoit abondante
, et renfermée étroitement , elle a
renversé des Montagnes et des Villes
entieres. Si elle étoit en petite quantité ,
et environnée de terre poreuse , elle n'a
causé que de legeres secousses qui n'ont
rien détruit. Les Anciens qui ignoroient
la composition et les effets de la Poudre
à canon , par laquelle on explique parfaitement
la génération des matieres , ne
pouvoient gueres que se tromper sur cet
article.
Maintenant si quelqu'un veut arrêter
le bruit de la Poudre , il faut qu'il travaille
sur le salpêtre , et qui voudra en
F alterer
2450 MERCURE DE FRANCE
alterer la couleur , doit travailler sur le
charbon, Il y a plusieurs manieres de faire
de la Poudre blanche , la meilleure que
je sçache , dit l'Auteur , c'est de substituer
au charbon de la Poudre de Saules
pourris car tout autre bois qui prend
feu aisément la feroit peut-être brune.
Il y en a qui , au rapport de Berringuccio
dans sa Pirothecnie , ont essayé
d'en faire de rouge . Mais tout ceci n'a
aucun rapport avec le bruit de la Poudre
qui a une autre cause , et qu'on peut également
, ou mieux , selon quelques- uns ,
rendre noire avec des charbons de lin
et de roseaux,ou même avec de la mêche,
et du linge brulé.
On peut en deux manieres arrêter le
bruit de la Poudre , ou en n'y mettant
point de salpêtre , ou bien en le dépouil
lant de sa qualité. Porta promet de dimis
nuer ou d'empêcber cet effet non -seulement
avec des corps graisseux en géné
ral , mais encore avec du Borax et du
beurre mélez ensemble dans une certaing
proportion ; d'où il arrivera , selon cer
Auteur , que le bruit sera à peine entendu
de celui qui le tirea ; et à la verité sĮ
l'on en met beaucoup , non seulement
la Poudre fera peu de bruit mais elle
sera encore très foible. Je n'ai trouvé
qu'un
-
,
NOVEMBRE. 1733 2451
qu'un seul exemple de Poudre faite sans
salpêtre : c'est Alphonse Duc de Ferrare
qui me le fournit. Ce Prince, au rapport
de Brassavole et de Cardan , inventa la
Poudre qui faisoit partir une Balle sans
bruit.
Il n'est donc point absurde de dire
qu'il y ait de la Poudre blanche , et nous
avoüerons même , continuë nôtre Auteur
, qu'elle peut ne causer aucun bruit.
Mais il est bien certain que , soit avec du
salpêtre , ou sans salpêtre , elle sera trèsfoible.
A mesure qu'elle est moins bruyanre
elle perd sa force aussi selon Bassavole
, la Poudre d'Alphonse ne pouvoit
tuer un poulet. Jamque pulvis inventus
est qui glandem sine bombo projicit
tamen vehementer , ut vel pullum interficere
possit.
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Résumé : Essay sur les Erreurs populaires &c. [titre d'après la table]
L'ouvrage 'Essai sur les erreurs populaires' de Thomas Brown, traduit par Pierre Witte, analyse diverses opinions considérées comme vraies mais qui sont en réalité fausses ou douteuses. L'erreur est définie comme un faux jugement ou une approbation du faux. Le peuple, incapable de juger la véracité des objets, est souvent conduit à l'erreur par des causes telles que les fausses idées, la crédulité, l'incrédulité, la paresse et la prévention pour l'antiquité. L'ouvrage est structuré de manière méthodique et variée. Il commence par présenter les témoignages favorisant l'opinion reçue, puis les réfute en utilisant des témoignages supérieurs et des expériences. L'auteur souligne que le peuple est naturellement porté à l'erreur et facilement dupé par les imposteurs. Dans le troisième chapitre, l'auteur discute de la composition de la poudre à canon, qui se compose de salpêtre, de charbon et de soufre. Chaque composant joue un rôle spécifique : le soufre produit un feu violent, le charbon assure l'inflammabilité et le salpêtre contribue à la force et au bruit. La cause du bruit de la poudre est expliquée par la raréfaction subite de l'air lors de l'explosion. L'auteur aborde également les fables concernant la poudre blanche, affirmant que, bien que cette poudre puisse exister, elle sera toujours faible et causera peu de bruit. Il cite des exemples historiques et des méthodes pour modifier les propriétés de la poudre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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500
p. 2454-2455
Ouverture des Academies après les vacances [titre d'après la table]
Début :
L'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, recommença ses Séances le Vendredy [...]
Mots clefs :
Séance, Assemblée, Rivières, Instrument, Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Académie royale des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ouverture des Academies après les vacances [titre d'après la table]
L'Académie Royale des Inscriptions et Belles.
Lettres , recommença ses Séances le Vendredy
13. Novembre , par une Assemblée publique à
P'ordinaire ; M. le Cardinal de Polignac prési
doit à cette Assemblée , M. de Bose , Secretaire
de cette Académie , ouvrit la Séance par l'Eloge
de feu M. de Caumartin , Evêque de Blois , Académicien
Honoraire , mort le 30. Août dernier.
M. l'Abbé de Rosnel , lût ensuite une Dissertation
sur le renouvellement de l'ancien usage
de couronner les Poëtes et de leur décerner la
Couronne de Laurier avec le titre de Poeta Laureati.
M. Freret termina la Séance par une Dissertation
sur la certitude et sur l'antiquité de la Chronologie
Chinoise , et montra que l'Epoque du
commencement des temps historiques de cette
Nation ne remonte tout au plus qu'au temps de
la Vocation d'Abraham , à ne consulter même
que les Traditions assurées et les Monumens authentiques
de l'Histoire Chinoise , d'où il résulte
que la Chronologie de cette Nation s'accorde
parfaitement avec celle de l'Ecriture , quoique
tous ceux qui en avoient parlé jusques à present
ayent supposé le contraire,
Le Samedy 14. l'Académie Royale des Sciences
, tint son Assemblée publique , à laquelle le
Cardinal de Polignac présida . M. Cassini ouvrit
la Séance par la lecture d'un Mémoire qui contient
:
NOVEMBRE . 1733. 2453
tient une partie des Opérations qu'il a faites pour
décrire sur la Superficie convexe de la Terre ,
une ligne perpendiculaire au Méridien qui passe
par l'Observatoire Royal de Paris. Ce grand tra
vail , qui a été fait par l'ordre du Roy , a été
poussé cet Eté jusqu'à S. Malo.
M. Jussieu , lût ensuite un Mémoire , dans lequel
il recherche la cause des Maladies populaires
, qui accompagnent ordinairement les basses
eaux des Rivieres , et telles qu'on les éprouva
dans l'Eté de 1731. où les Rivieres de Seine et
de Marne furent extrêmement basses .
M. de la Condamine , donna ensuite la Description
d'un Instrument propre à observer en
Mer avec plus de justesse , la variation de l'Aiguille
aimantée.
M. Pitot , lût aussi un Memoire tendant à
perfectionner l'Instrument qu'il publia l'année
derniere et qui est propre à mesurer la vitesse des
Courants des Rivieres , et du Sillage des Vaisseaux.
M. Pitot déclara qu'il devoit cette Addition,
faite à son Instrument, à M. d'Onsembray.
M. Dufay , finit la Séance par la lecture d'un
troisiéme Memoire sur l'Electricité des corps.
Nous donnerons des Extraits de ces Memoires
dans le premier et le second Volume du Mercure
de Décembre.
Lettres , recommença ses Séances le Vendredy
13. Novembre , par une Assemblée publique à
P'ordinaire ; M. le Cardinal de Polignac prési
doit à cette Assemblée , M. de Bose , Secretaire
de cette Académie , ouvrit la Séance par l'Eloge
de feu M. de Caumartin , Evêque de Blois , Académicien
Honoraire , mort le 30. Août dernier.
M. l'Abbé de Rosnel , lût ensuite une Dissertation
sur le renouvellement de l'ancien usage
de couronner les Poëtes et de leur décerner la
Couronne de Laurier avec le titre de Poeta Laureati.
M. Freret termina la Séance par une Dissertation
sur la certitude et sur l'antiquité de la Chronologie
Chinoise , et montra que l'Epoque du
commencement des temps historiques de cette
Nation ne remonte tout au plus qu'au temps de
la Vocation d'Abraham , à ne consulter même
que les Traditions assurées et les Monumens authentiques
de l'Histoire Chinoise , d'où il résulte
que la Chronologie de cette Nation s'accorde
parfaitement avec celle de l'Ecriture , quoique
tous ceux qui en avoient parlé jusques à present
ayent supposé le contraire,
Le Samedy 14. l'Académie Royale des Sciences
, tint son Assemblée publique , à laquelle le
Cardinal de Polignac présida . M. Cassini ouvrit
la Séance par la lecture d'un Mémoire qui contient
:
NOVEMBRE . 1733. 2453
tient une partie des Opérations qu'il a faites pour
décrire sur la Superficie convexe de la Terre ,
une ligne perpendiculaire au Méridien qui passe
par l'Observatoire Royal de Paris. Ce grand tra
vail , qui a été fait par l'ordre du Roy , a été
poussé cet Eté jusqu'à S. Malo.
M. Jussieu , lût ensuite un Mémoire , dans lequel
il recherche la cause des Maladies populaires
, qui accompagnent ordinairement les basses
eaux des Rivieres , et telles qu'on les éprouva
dans l'Eté de 1731. où les Rivieres de Seine et
de Marne furent extrêmement basses .
M. de la Condamine , donna ensuite la Description
d'un Instrument propre à observer en
Mer avec plus de justesse , la variation de l'Aiguille
aimantée.
M. Pitot , lût aussi un Memoire tendant à
perfectionner l'Instrument qu'il publia l'année
derniere et qui est propre à mesurer la vitesse des
Courants des Rivieres , et du Sillage des Vaisseaux.
M. Pitot déclara qu'il devoit cette Addition,
faite à son Instrument, à M. d'Onsembray.
M. Dufay , finit la Séance par la lecture d'un
troisiéme Memoire sur l'Electricité des corps.
Nous donnerons des Extraits de ces Memoires
dans le premier et le second Volume du Mercure
de Décembre.
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Résumé : Ouverture des Academies après les vacances [titre d'après la table]
Le 13 novembre 1733, l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres reprit ses séances avec une assemblée publique présidée par le Cardinal de Polignac. M. de Bose rendit hommage à feu M. de Caumartin, évêque de Blois. L'Abbé de Rosnel discuta du renouvellement de l'usage de couronner les poètes avec une couronne de laurier. M. Freret présenta une dissertation sur la chronologie chinoise, démontrant que les temps historiques de cette nation ne remontent pas au-delà de la vocation d'Abraham, en accord avec la chronologie biblique. Le 14 novembre, l'Académie Royale des Sciences tint également une assemblée publique présidée par le Cardinal de Polignac. M. Cassini parla des travaux pour décrire une ligne perpendiculaire au méridien passant par l'Observatoire Royal de Paris. M. Jussieu aborda les causes des maladies populaires lors des basses eaux des rivières. M. de la Condamine présenta un instrument pour observer la variation de l'aiguille aimantée en mer. M. Pitot améliora son instrument pour mesurer la vitesse des courants des rivières et du sillage des vaisseaux. Enfin, M. Dufay lut un mémoire sur l'électricité des corps. Des extraits de ces mémoires furent publiés dans les premiers volumes du Mercure de décembre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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