Résultats : 21932 texte(s)
Détail
Liste
9151
p. 105-106
SEANCE PUBLIQUE De l'Académie des Inscriptions & Belles-Lettres.
Début :
L'Académie royale des Inscriptions & Belles-Lettres fit sa rentrée publique [...]
Mots clefs :
Académie royale des inscriptions et belles-lettres
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texteReconnaissance textuelle : SEANCE PUBLIQUE De l'Académie des Inscriptions & Belles-Lettres.
SEANCE PUBLIQUE
De l'Académie des Infcriptions & Belles-
Lettres.
' Académie royale des Infcriptions &
Belles-Lettres fit fa rentrée publique
d'après Pâques le 8 d'Avril. Après l'annonce
des fujers propofés pour les prix de
1756 , M. l'Abbé Batteux fit la lecture d'un
mémoire , qui a pour titre Développement
de la doctrine d'Ariftippe , pour fervir d'explication
à un paffage important de la premiere
Epitre d'Horace . M. de Bougainville ,
Secrétaire perpétuel de l'Académie , lut
Ev
106 MERCURE DE FRANCE .
enfuite un mémoire , intitulé Hiftoire du
voyage d'Hannon fur les côtes d'Afrique , tirée
de fa relation éclaircie par celles des voyageurs
de Médie. M. d'Anville eft l'auteur
du troifieme mémoire qui fut lu , & qüi
regarde un monument fculpté fur une montagne
d'une des provinces de cet ancien
royaume. La lecture du fixieme mémoire
de M. le Beau fur la Légion Romaine ter-
-mina la féance. obog
Le prix a été remis pour l'année prochaine.
Le fujet propoſe n'ayant pas été
traité au gré de l'Académie , elle propofe
de nouveau la même queftion ; fçavoir ,
En quel tems , & par quels moyens le Paganifme
a été entierement éteint dans les Gaules.
L'Académie donnera auffi ens le
prix fondé Le
r M. le Comte de
Caylus
.
fujet confifte à déterminer , Quels font les
attributs diftinctifs qui caracteriſent Jupiter
Ammon dans les auteurs , & fur les menumens
? Quelles pouvoient être l'origine & les
·raifons de ces attributs ? avoient- ils tous éga-
·lement rapport aux dogmes de la religion
égyptienne ? ont-ils éprouvé , foit en Egypte ,
foit ailleurs , des alterations propres a fixer
à peu-près l'âge des monumens où ils font repréfentés
? Le premier de ces deux prix Tera
diftribué dans la féance publique d'après
Pâques , & le fecond dans celle d'après la
S. Martin.
De l'Académie des Infcriptions & Belles-
Lettres.
' Académie royale des Infcriptions &
Belles-Lettres fit fa rentrée publique
d'après Pâques le 8 d'Avril. Après l'annonce
des fujers propofés pour les prix de
1756 , M. l'Abbé Batteux fit la lecture d'un
mémoire , qui a pour titre Développement
de la doctrine d'Ariftippe , pour fervir d'explication
à un paffage important de la premiere
Epitre d'Horace . M. de Bougainville ,
Secrétaire perpétuel de l'Académie , lut
Ev
106 MERCURE DE FRANCE .
enfuite un mémoire , intitulé Hiftoire du
voyage d'Hannon fur les côtes d'Afrique , tirée
de fa relation éclaircie par celles des voyageurs
de Médie. M. d'Anville eft l'auteur
du troifieme mémoire qui fut lu , & qüi
regarde un monument fculpté fur une montagne
d'une des provinces de cet ancien
royaume. La lecture du fixieme mémoire
de M. le Beau fur la Légion Romaine ter-
-mina la féance. obog
Le prix a été remis pour l'année prochaine.
Le fujet propoſe n'ayant pas été
traité au gré de l'Académie , elle propofe
de nouveau la même queftion ; fçavoir ,
En quel tems , & par quels moyens le Paganifme
a été entierement éteint dans les Gaules.
L'Académie donnera auffi ens le
prix fondé Le
r M. le Comte de
Caylus
.
fujet confifte à déterminer , Quels font les
attributs diftinctifs qui caracteriſent Jupiter
Ammon dans les auteurs , & fur les menumens
? Quelles pouvoient être l'origine & les
·raifons de ces attributs ? avoient- ils tous éga-
·lement rapport aux dogmes de la religion
égyptienne ? ont-ils éprouvé , foit en Egypte ,
foit ailleurs , des alterations propres a fixer
à peu-près l'âge des monumens où ils font repréfentés
? Le premier de ces deux prix Tera
diftribué dans la féance publique d'après
Pâques , & le fecond dans celle d'après la
S. Martin.
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Résumé : SEANCE PUBLIQUE De l'Académie des Inscriptions & Belles-Lettres.
La séance publique de l'Académie royale des Inscriptions & Belles-Lettres s'est tenue le 8 avril, après Pâques. L'abbé Batteux a présenté un mémoire sur la doctrine d'Aristippe en lien avec un passage d'Horace. M. de Bougainville a ensuite exposé un mémoire sur le voyage d'Hannon sur les côtes d'Afrique, éclairé par les récits des voyageurs de Médie. M. d'Anville a lu un mémoire sur un monument sculpté dans une province d'un ancien royaume. La séance s'est conclue par la lecture d'un mémoire de M. le Beau sur la Légion Romaine. Pour l'année suivante, l'Académie a proposé deux sujets de prix. Le premier, repris car non traité à la satisfaction de l'Académie, porte sur l'extinction du paganisme dans les Gaules. Le second, fondé par M. le Comte de Caylus, vise à déterminer les attributs distinctifs de Jupiter Ammon dans les auteurs et les monuments, leur origine, et les éventuelles alterations permettant de dater les monuments. Les prix seront distribués lors des séances publiques d'après Pâques et d'après la Saint-Martin.
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9152
p. 2215-2216
ENIGME, en style Marotique.
Début :
Ou s'enquerir de moi ? dans les prisons, [...]
Mots clefs :
Danse
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME, en style Marotique.
ENIGME , en ftyle Marorique.
Ou s'enquerit de moi ? dans les prifons ,
Dans Fort- l'Evêque , ou femblables maifons ,
Faubourgs d'Enfer & vrais clos de fouffrance?
Onc en Lieux tels ne fis ma demeurance.
Voyez plutôt les Palais , les Hôtels ,
Dans les Cités ; dans les Champs , les Châtels,
C'eft-là que tiens ma Cour pour l'ordinaire ,
Et qu'Apolon , pour la fienne me faire ,
Sçait gents couplets fabriquer , atourner ,
Et tendrement les faire fredonner ,
Par voix , tantôt & fimple & naturelle ,
Par voix, tantôt feinte , artificielle ;
De celle- ci , certaine il eft furtout ,
Qui m'accompagne & me foutient partout ;
Si qu'à la voir on diroit un Squelette ,
Si qu'à l'ottir , une Circé parfaite.
Ceci pofé , je fçais mes Champions-
Moult animer , des évolutions
E iiij
Leur
2216 MERCURE DE FRANCE.
Leur faiſant faire avec mainte Amazône ,
A la façon des Chênes de Dodône .
Ami Lecteur , à cet unique trait ,
Pas n'eft befoin d'ajoûter ; mon Portrait
Déja par trop fe démaſque à ta vûë ;
Si te dirai , que ceux dont la ftatuë
Gît deffus pieds inégaux ou maſſifs ,
Onc ne feront propres à mes étrifs.
Ou s'enquerit de moi ? dans les prifons ,
Dans Fort- l'Evêque , ou femblables maifons ,
Faubourgs d'Enfer & vrais clos de fouffrance?
Onc en Lieux tels ne fis ma demeurance.
Voyez plutôt les Palais , les Hôtels ,
Dans les Cités ; dans les Champs , les Châtels,
C'eft-là que tiens ma Cour pour l'ordinaire ,
Et qu'Apolon , pour la fienne me faire ,
Sçait gents couplets fabriquer , atourner ,
Et tendrement les faire fredonner ,
Par voix , tantôt & fimple & naturelle ,
Par voix, tantôt feinte , artificielle ;
De celle- ci , certaine il eft furtout ,
Qui m'accompagne & me foutient partout ;
Si qu'à la voir on diroit un Squelette ,
Si qu'à l'ottir , une Circé parfaite.
Ceci pofé , je fçais mes Champions-
Moult animer , des évolutions
E iiij
Leur
2216 MERCURE DE FRANCE.
Leur faiſant faire avec mainte Amazône ,
A la façon des Chênes de Dodône .
Ami Lecteur , à cet unique trait ,
Pas n'eft befoin d'ajoûter ; mon Portrait
Déja par trop fe démaſque à ta vûë ;
Si te dirai , que ceux dont la ftatuë
Gît deffus pieds inégaux ou maſſifs ,
Onc ne feront propres à mes étrifs.
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9153
p. 725-726
MADRIGAL. Traduit de l'Italien du Marini.
Début :
Venus, je sçai qu'Amour a fui de ton Empire, [...]
Mots clefs :
Marini, Baiser
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texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL. Traduit de l'Italien du Marini.
MADRIGAL.
Traduit de l'Italien du Marini.
Enus , je sçai qu'Amour a fui de ton Empire.
Et qu'en proye au plus vifchagrin ,
Tu promets un baiser à qui te pourra dire ,
Ou se cache ce Dieu málin , *
Ah! cesse les regrets où ton cœur s'abandonne ,
* Le Poëte dans ces quatre Vers a fait allusion
aucommencement de la premiere Idille de Moschus,
et ce Madrigal est , à vrai dire , une Réponse à
cette Idille.
E iiij Déesse
726 MERCURE DE FRANCE
Déesse , donne-moi ce doux baiser promis,
Ou fais qu'Ismene me le donne ;
C'es dans ses beaux yeux qu'est ton Fils.
M. COQUARD, Avocat au Parlement .
de Dijon.
Traduit de l'Italien du Marini.
Enus , je sçai qu'Amour a fui de ton Empire.
Et qu'en proye au plus vifchagrin ,
Tu promets un baiser à qui te pourra dire ,
Ou se cache ce Dieu málin , *
Ah! cesse les regrets où ton cœur s'abandonne ,
* Le Poëte dans ces quatre Vers a fait allusion
aucommencement de la premiere Idille de Moschus,
et ce Madrigal est , à vrai dire , une Réponse à
cette Idille.
E iiij Déesse
726 MERCURE DE FRANCE
Déesse , donne-moi ce doux baiser promis,
Ou fais qu'Ismene me le donne ;
C'es dans ses beaux yeux qu'est ton Fils.
M. COQUARD, Avocat au Parlement .
de Dijon.
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Résumé : MADRIGAL. Traduit de l'Italien du Marini.
Le texte présente un madrigal traduit de l'italien par Marini, adressé à Enus. Amour a quitté son empire, et Enus promet un baiser à celui qui trouvera ce dieu. Le poème fait référence à la première idylle de Moschus et mentionne M. Coquard, avocat au Parlement de Dijon.
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9155
p. 324-326
RÉPONSE à la question.
Début :
Un jour un Philosophe Arabe disputoit de generosité avec un [...]
Mots clefs :
Calife, Plaisir
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE à la question.
R£ PONSE a 1. „(j à la questw». r >' u n jour un Philofô--
phe Arabe disputoit de
gencrofitçavecuiiiKa.*
lise en :refúfant. fèspré-»
sensavecune gràndeuit
d'ame Pliilôfophique{
quoy donc s'écria le Kalife,
n'auray-je jamais le
plaisir queje désire le
plus ardemment, ce fcroit
de te faire accepter
seulement deux mille
Dragmes. Le Philosophe
révaluimoment
-& ditensuite au Kalife
hé bien soit
,
j'accepte
vôtre présent
,
afin de
pouvoirdireque je fuis
plusgénéreuxque vous;
car en recevantde vous
je vous donne un plaisir
que voussouhaitez ardemment,
& vous ne
;ne donnez que de l'argent
,
dOllt: nous ne
nous foutions ny l'un.,
iiyl'autre.
phe Arabe disputoit de
gencrofitçavecuiiiKa.*
lise en :refúfant. fèspré-»
sensavecune gràndeuit
d'ame Pliilôfophique{
quoy donc s'écria le Kalife,
n'auray-je jamais le
plaisir queje désire le
plus ardemment, ce fcroit
de te faire accepter
seulement deux mille
Dragmes. Le Philosophe
révaluimoment
-& ditensuite au Kalife
hé bien soit
,
j'accepte
vôtre présent
,
afin de
pouvoirdireque je fuis
plusgénéreuxque vous;
car en recevantde vous
je vous donne un plaisir
que voussouhaitez ardemment,
& vous ne
;ne donnez que de l'argent
,
dOllt: nous ne
nous foutions ny l'un.,
iiyl'autre.
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Résumé : RÉPONSE à la question.
Un philosophe et un kalife discutent de générosité. Le kalife offre deux mille dragmes au philosophe, qui accepte en soulignant qu'il donne au kalife le plaisir désiré, tandis que le kalife ne donne que de l'argent. Ainsi, aucun des deux ne sort gagnant de cette transaction.
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9156
p. 319-321
Baptesme de Mademoiselle de Condé, troisiéme Fille de M. le Duc. [titre d'après la table]
Début :
Le 19 de ce mois, Mademoiselle de Condé, troisiéme Fille de M. le Duc, [...]
Mots clefs :
Mademoiselle de Condé, Duc, Chapelle, Prince, Parrains et marraines, Soeur, Veuve, Princesse, Cérémonie de baptême, Beauté
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texteReconnaissance textuelle : Baptesme de Mademoiselle de Condé, troisiéme Fille de M. le Duc. [titre d'après la table]
Le 19. de ce mois , Mademoiſelle
de Condé, troifiéme
Fille de M. le Duc , fut baptifée
par M. le Curé de
S. Sulpice , dans la Chapelle
de l'Hoftel de Condé. Monfieur
lePrince,grand- Pere de
cette Princeffe,fut le Parain,
& Madame la Ducheffe de
Brunfvvich , Soeur de Madame
la Ducheffe, & Veuve de
Jean Frideric Duc de Brunf
D d iiij
320 MERCURE
vvich Hanover , fut la Maraine
, & la nomma Loüife
Benedicte. Mefdames les
trois Princeffes de Hanover.
fes Filles,fe trouverent à cette
Ceremonie , & fe firent
admirer de tous ceux qui
les virent , tant par leur
beauté & leur bonne grace ,
que par un certain air modefte
& engageant qui accompagne
tout ce qu'elles font .:
C'eft un effet de la bonne
education que Madame la
Ducheffe de Brunfvvick.
prend foin de joindre aux
avantages de leur Naiffance..
GALANT. 321
Il fuffit qu'elles fe faſſent un
modelle de fes grandes qualitez
, pour acquerir tout ce
qui peut rendre des Princeffes
parfaitemet accomplies.
L'Aifnée , qui ne fait que de
fortir de fa quatorziéme année
, a une taille fine & aisée,
dont la beauté augmente de
jour en jour avec fon âge .
Elle a le teint vif, les yeux
bleus & doux, & tant de charmes
dans toute fa perfonne,
qu'on ne sçauroit fe laffer de
la tegarder
.
de Condé, troifiéme
Fille de M. le Duc , fut baptifée
par M. le Curé de
S. Sulpice , dans la Chapelle
de l'Hoftel de Condé. Monfieur
lePrince,grand- Pere de
cette Princeffe,fut le Parain,
& Madame la Ducheffe de
Brunfvvich , Soeur de Madame
la Ducheffe, & Veuve de
Jean Frideric Duc de Brunf
D d iiij
320 MERCURE
vvich Hanover , fut la Maraine
, & la nomma Loüife
Benedicte. Mefdames les
trois Princeffes de Hanover.
fes Filles,fe trouverent à cette
Ceremonie , & fe firent
admirer de tous ceux qui
les virent , tant par leur
beauté & leur bonne grace ,
que par un certain air modefte
& engageant qui accompagne
tout ce qu'elles font .:
C'eft un effet de la bonne
education que Madame la
Ducheffe de Brunfvvick.
prend foin de joindre aux
avantages de leur Naiffance..
GALANT. 321
Il fuffit qu'elles fe faſſent un
modelle de fes grandes qualitez
, pour acquerir tout ce
qui peut rendre des Princeffes
parfaitemet accomplies.
L'Aifnée , qui ne fait que de
fortir de fa quatorziéme année
, a une taille fine & aisée,
dont la beauté augmente de
jour en jour avec fon âge .
Elle a le teint vif, les yeux
bleus & doux, & tant de charmes
dans toute fa perfonne,
qu'on ne sçauroit fe laffer de
la tegarder
.
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Résumé : Baptesme de Mademoiselle de Condé, troisiéme Fille de M. le Duc. [titre d'après la table]
Le 19 du mois, Mademoiselle de Condé, troisième fille du Duc de Condé, a été baptisée par le curé de Saint-Sulpice dans la chapelle de l'Hôtel de Condé. Le prince de Condé, grand-père de la princesse, a été le parrain, et Madame la Duchesse de Brunswick, sœur de la Duchesse et veuve de Jean Frédéric Duc de Brunswick-Hanover, a été la marraine. La princesse a reçu le nom de Louise Bénédicte. Les trois princesses de Hanovre, filles de la Duchesse de Brunswick, ont assisté à la cérémonie. Elles ont été remarquées pour leur beauté, grâce et modestie, témoignant de l'excellente éducation reçue de leur mère. L'aînée, âgée de quatorze ans, se distinguait par sa taille élégante, son teint vif, ses yeux bleus et doux, ainsi que par l'ensemble de ses charmes personnels.
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9157
p. 319-321
SUR LES SOINS que le Roy prend de détruire l'Heresie.
Début :
Cette Conversion a donné lieu à Mr de Grammont de / Nostre Roy triomphoit en mille & mille endroits, [...]
Mots clefs :
Hérésie, Roi, Victoire, Ennemis, Histoire, Paix, Sujet
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texteReconnaissance textuelle : SUR LES SOINS que le Roy prend de détruire l'Heresie.
Cette Converfion a donné
lieu à M² de Grammont dé
Richelieu , de faire le Sonnet
qui fuir.
SUR LES SOINS
que le Roy prend de
détruire l'Herefie.
N
ftre Roy triomphoit en mille
& mille endroits,
Son Brasfaifoit trembler les Rivaux
defa gloires
Dd iiij
320 MERCURE
Et ce Prince entaffant victoirefur
victoire,
Eust mis , s'il eust voulu, l'Empire
·fousfes Loix. A
S&
Ses Ennemis diftraits eftoient tous
aux aboisi
Maispar une bonié qu'ils ont eupeine
à croire,
Et qui n'aurajamais d'exemple dans
L'Hiftoire,
Il ne veut pas pouffer plus avantfes
* Exploits.
SE
Illeurdonne la Paix, & n'aplus d'entreprife,
Que contre dès Sujets qui déchirent
l'Eglife, a
Et qui n'ontjufqu'icy que troublefes
Etats
GALANT. 321
SS
Maisbien loin de les perdre, ilfait
comme un bon Pere,
Qui ne leve le fouetfur des Enfans
ingrats,
Que pour les engager d'obeir à leur
Mere.
lieu à M² de Grammont dé
Richelieu , de faire le Sonnet
qui fuir.
SUR LES SOINS
que le Roy prend de
détruire l'Herefie.
N
ftre Roy triomphoit en mille
& mille endroits,
Son Brasfaifoit trembler les Rivaux
defa gloires
Dd iiij
320 MERCURE
Et ce Prince entaffant victoirefur
victoire,
Eust mis , s'il eust voulu, l'Empire
·fousfes Loix. A
S&
Ses Ennemis diftraits eftoient tous
aux aboisi
Maispar une bonié qu'ils ont eupeine
à croire,
Et qui n'aurajamais d'exemple dans
L'Hiftoire,
Il ne veut pas pouffer plus avantfes
* Exploits.
SE
Illeurdonne la Paix, & n'aplus d'entreprife,
Que contre dès Sujets qui déchirent
l'Eglife, a
Et qui n'ontjufqu'icy que troublefes
Etats
GALANT. 321
SS
Maisbien loin de les perdre, ilfait
comme un bon Pere,
Qui ne leve le fouetfur des Enfans
ingrats,
Que pour les engager d'obeir à leur
Mere.
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Résumé : SUR LES SOINS que le Roy prend de détruire l'Heresie.
Sous la direction du cardinal de Richelieu, Louis XIII combat l'hérésie et rétablit l'ordre religieux en France. Après vaincre ses ennemis, il leur offre la paix et ramène les perturbateurs à l'obéissance. Richelieu compose un sonnet célébrant les actions du roi.
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9158
p. 103-105
LOGOGRYPHE.
Début :
La fureur des humains a causé ma naissance, [...]
Mots clefs :
Bouclier
9159
p. 312-314
Conversions. [titre d'après la table]
Début :
Comme je ne vous parle depuis long-temps que des Conversions [...]
Mots clefs :
Conversion, Erreur, Religionnaires, Vérités catholiques, Dispute, Missionnaires, Abjuration
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texteReconnaissance textuelle : Conversions. [titre d'après la table]
depuis longtemps que des
Conversions des Villes entieres,
je ne vous a pprendrois
pas celles des Sieurs,
Bertrand Cagnon & Tho*
mas Cousturier, si elles n'en
avoient causé plusieurs autres.
C'estoient les principaux
Anciens & Surveillant
de Goron, Ville du Bas Costentin
,
proche le Mont-
~<-<T~n~n. Ils retenoient
dans
dans l'Erreur lapluspart des
Religionnaires de la Ville&
des environs, parleur obstination
à rejetter les Veritez
Catholiques, & la confiance
qu'on a ordinairement aux
Chefs de Party, les faisoit
* croire sur les mauvaises raisons
dont ils se servoient
pour soûtenir leur fausse Religion.
Enfin, après beaucoup
de combats& de Disputes
particulières & publidqeues
, ils ont esté contraints se rendre aux éclaircissemens
que leur ont donnéle
Pere Agathange du Polet,
& le Pere Ange d'Ingouville,
Capucins
,
fameux
Prédicateurs Missionnaires
ez Controversistes,qui ont
fait paroistre leur capacité
Çc leurzele dans le Poitou
ôc dans les Sevenes, où
ils ont converty beaucoup
-
de monde. Ces deux Anciens
ayant donné l'exemple
par leur abjuration
,
ils
furent suivis des plus abstinez.
Ainsi l'on peut dire que
çe fut une Conversion generale.
Nous
Conversions des Villes entieres,
je ne vous a pprendrois
pas celles des Sieurs,
Bertrand Cagnon & Tho*
mas Cousturier, si elles n'en
avoient causé plusieurs autres.
C'estoient les principaux
Anciens & Surveillant
de Goron, Ville du Bas Costentin
,
proche le Mont-
~<-<T~n~n. Ils retenoient
dans
dans l'Erreur lapluspart des
Religionnaires de la Ville&
des environs, parleur obstination
à rejetter les Veritez
Catholiques, & la confiance
qu'on a ordinairement aux
Chefs de Party, les faisoit
* croire sur les mauvaises raisons
dont ils se servoient
pour soûtenir leur fausse Religion.
Enfin, après beaucoup
de combats& de Disputes
particulières & publidqeues
, ils ont esté contraints se rendre aux éclaircissemens
que leur ont donnéle
Pere Agathange du Polet,
& le Pere Ange d'Ingouville,
Capucins
,
fameux
Prédicateurs Missionnaires
ez Controversistes,qui ont
fait paroistre leur capacité
Çc leurzele dans le Poitou
ôc dans les Sevenes, où
ils ont converty beaucoup
-
de monde. Ces deux Anciens
ayant donné l'exemple
par leur abjuration
,
ils
furent suivis des plus abstinez.
Ainsi l'on peut dire que
çe fut une Conversion generale.
Nous
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Résumé : Conversions. [titre d'après la table]
Le texte décrit la conversion au catholicisme de Bertrand Cagnon et Thomas Cousturier, anciens et surveillants de la ville de Gorron, située dans le Bas Cotentin près du Mont-Saint-Michel. Leur opposition aux vérités catholiques influençait négativement la population locale. Après plusieurs débats, ils furent convaincus par les Pères Agathange du Polet et Ange d'Ingouville, connus pour leurs prédications et compétences théologiques. Ces conversions se produisirent notamment dans le Poitou et les Sévénoises. L'exemple de Cagnon et Cousturier incita ensuite les habitants les plus réticents à se convertir, entraînant une conversion générale de la population.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9160
p. 321-323
AUTRE ENIGME.
Début :
Apprenez si je suis puissante, [...]
Mots clefs :
Main de papier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME .
Pprenez fije fuis puffante ,
L'ay cent Pages de comptefait,
Que rien au monde n'épouvante .
Leur teint uni , blanc comme lait
Eft d'une grace effez charmante.
Leur taille dégagée a pour plus grand
attrait
+
Une égalité furprenante s
Et le regard le plus parfait
N'y trouve point de difference
Tant exacte eft leur reffemblance:
Par leur moyen, les beaux Efprits galans
322 MERCURE
4
J 2018 24
Ont dequoy s'occuper , fans chagrin
-a & fans peine
Pour plus d'une femained
S'ils ont deffein d'exercer leurs Talens
staьm si n०
Er d'en rendre à leurs peux les effets
évidens.
03
Si uo7
On les employe à beaucoup d'autres
choſess via an absinoƆ zsh
Et dans les intrigues d'amour, {}
C'est à conter fleurette , à porter ris
& roses ,
A mettre feux &fers au jour ,
Et faire voir enfin , à beaujeu, bean
retour.
port
st
Ainfi , je fuis utile , & mefme ne
ceffaire,
A cent fortes d'affaire ,
D'honneur & de fortune , auffi- bien
de coeur.
que
GALANT. 323
* Vous le fçavez , Amy Lecteur,
Vous en eftes fouvent le rémoin oculaire
Pprenez fije fuis puffante ,
L'ay cent Pages de comptefait,
Que rien au monde n'épouvante .
Leur teint uni , blanc comme lait
Eft d'une grace effez charmante.
Leur taille dégagée a pour plus grand
attrait
+
Une égalité furprenante s
Et le regard le plus parfait
N'y trouve point de difference
Tant exacte eft leur reffemblance:
Par leur moyen, les beaux Efprits galans
322 MERCURE
4
J 2018 24
Ont dequoy s'occuper , fans chagrin
-a & fans peine
Pour plus d'une femained
S'ils ont deffein d'exercer leurs Talens
staьm si n०
Er d'en rendre à leurs peux les effets
évidens.
03
Si uo7
On les employe à beaucoup d'autres
choſess via an absinoƆ zsh
Et dans les intrigues d'amour, {}
C'est à conter fleurette , à porter ris
& roses ,
A mettre feux &fers au jour ,
Et faire voir enfin , à beaujeu, bean
retour.
port
st
Ainfi , je fuis utile , & mefme ne
ceffaire,
A cent fortes d'affaire ,
D'honneur & de fortune , auffi- bien
de coeur.
que
GALANT. 323
* Vous le fçavez , Amy Lecteur,
Vous en eftes fouvent le rémoin oculaire
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9161
p. 299-301
Le Nouvelliste du Parnasse, [titre d'après la table]
Début :
LE NOUVELLISTE DU PARNASSE, Brochure in 12. chez Chaubert, Quay [...]
Mots clefs :
Nouvelliste, Parnasse, Ouvrage périodique, Journalistes
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texteReconnaissance textuelle : Le Nouvelliste du Parnasse, [titre d'après la table]
LE NOUVELLISTE DU PARNASSE,
Brochure in 12. Chez Chaubert , Quay
des Augustins.
Ce sont des Lettres qui paroissent tous
les. Lundis de chaque Semaine , où l'on
porte divers jugemens sur tous les Ouvrages
nouveaux. Il a déja paru cinq
Eij оц
300 MERCURE DE FRANCE
1
ou six de ces Lettres , qui font croire que
ce petit Ouvrage périodique se continuera
; il est entrepris par quatre differens
Auteurs . On dit dans l'Avertissement
, que pour n'avoir en rien l'air de
Journalistes , on évitera avec soin de faire
des Extraits de Livres , mais on en fera
des autres Ouvrages d'esprit , &c. le stile
enjoué et picquant de ces Lettres doit les
faire lire avec plaisir. L'Article suivant
se lit à la page dix- neuf de la premiere
Lettre.
Brochure in 12. Chez Chaubert , Quay
des Augustins.
Ce sont des Lettres qui paroissent tous
les. Lundis de chaque Semaine , où l'on
porte divers jugemens sur tous les Ouvrages
nouveaux. Il a déja paru cinq
Eij оц
300 MERCURE DE FRANCE
1
ou six de ces Lettres , qui font croire que
ce petit Ouvrage périodique se continuera
; il est entrepris par quatre differens
Auteurs . On dit dans l'Avertissement
, que pour n'avoir en rien l'air de
Journalistes , on évitera avec soin de faire
des Extraits de Livres , mais on en fera
des autres Ouvrages d'esprit , &c. le stile
enjoué et picquant de ces Lettres doit les
faire lire avec plaisir. L'Article suivant
se lit à la page dix- neuf de la premiere
Lettre.
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Résumé : Le Nouvelliste du Parnasse, [titre d'après la table]
La brochure 'Le Nouveliste du Parnasse', publiée par Chaubert, est une série de lettres hebdomadaires évaluant des ouvrages récents. Rédigées par quatre auteurs, elles évitent les extraits de livres pour ne pas sembler journalistiques. Leur style est enjoué et piquant. La première lettre contient un article à la page dix-neuf.
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9162
p. 317-320
Synode assemblé à Strasbourg, par l'ordre de M. l'Abbé de Ratabon, Grand-Vicaire du Diocése, [titre d'après la table]
Début :
Vous sçavez, Madame, que lors que le Roy alla à [...]
Mots clefs :
Strasbourg, Roi, Religion catholique, Synode, Erreurs luthériennes, Abbé, Grand vicaire, Discours, Procession
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texteReconnaissance textuelle : Synode assemblé à Strasbourg, par l'ordre de M. l'Abbé de Ratabon, Grand-Vicaire du Diocése, [titre d'après la table]
Vous ſçavez Madame,
Dd iij
318 MERCURE
que lors que le Roy alla à
Strasbourg recevoir les foûmiflions
de ſes Habitans, qui
l'ont reconnu pour leur Souverain
, il donna ſes premiers
foins ày rétablir avec éclat la
Religion Catholique. Les
avantages qu'elle enTa tirez
font de plus en plus confiderables.
Il y avoit présde cent
quarante ans qu'il n'y avoit
point eu de Synode dans cet
te Capitale de l'Alface , qui
s'eſtoit laiſſée infecter des er
reurs de Luther en 1529. & le
ce mois Mabbане
4.
.de
Ratabon , Grand Vicaire du
GALANT 19
Dioceſe , y en tint un de tous
les Curez , auſquels il fit un
Diſcours Latin plein de force
& d'éloquence , fur ce quiregarde
les devoirs de l'Etat
Ecclefiaftique. Le lendemain,
les Jéſuites Directeurs du Seminaire
commencérent une
Miſſion , & il en fit l'ouverture
par une Proceffion fo
lemnelle. Il s'y trouva trois
cens Ecclefiaftiques en Surplis
, du nombre deſquels
eſtoient quatre grands Comtes
de l'Egliſe Cathédrale. Le
Saint Sacrement fut porté
fousun magnifique Dais qu'a
Dd iiij
320 MERCURE
donné le Roy. Quatre Dieu
tenans Genéraux le foûte
noient , sohaprés eux mar
choient Male Marquis de
Souvre, Fils de M.de Louro
vois , le Gouverneur ,
Lieutenant de Roy , l'Inten 10
dant & les Principaux Offi- T
diers de la Garniſon qui eftoit 111
Tous les Armes. Pendant la
Proceſſion on fit diverſes défin
charges du Canon & de laup
Moufqueterie.
Dd iij
318 MERCURE
que lors que le Roy alla à
Strasbourg recevoir les foûmiflions
de ſes Habitans, qui
l'ont reconnu pour leur Souverain
, il donna ſes premiers
foins ày rétablir avec éclat la
Religion Catholique. Les
avantages qu'elle enTa tirez
font de plus en plus confiderables.
Il y avoit présde cent
quarante ans qu'il n'y avoit
point eu de Synode dans cet
te Capitale de l'Alface , qui
s'eſtoit laiſſée infecter des er
reurs de Luther en 1529. & le
ce mois Mabbане
4.
.de
Ratabon , Grand Vicaire du
GALANT 19
Dioceſe , y en tint un de tous
les Curez , auſquels il fit un
Diſcours Latin plein de force
& d'éloquence , fur ce quiregarde
les devoirs de l'Etat
Ecclefiaftique. Le lendemain,
les Jéſuites Directeurs du Seminaire
commencérent une
Miſſion , & il en fit l'ouverture
par une Proceffion fo
lemnelle. Il s'y trouva trois
cens Ecclefiaftiques en Surplis
, du nombre deſquels
eſtoient quatre grands Comtes
de l'Egliſe Cathédrale. Le
Saint Sacrement fut porté
fousun magnifique Dais qu'a
Dd iiij
320 MERCURE
donné le Roy. Quatre Dieu
tenans Genéraux le foûte
noient , sohaprés eux mar
choient Male Marquis de
Souvre, Fils de M.de Louro
vois , le Gouverneur ,
Lieutenant de Roy , l'Inten 10
dant & les Principaux Offi- T
diers de la Garniſon qui eftoit 111
Tous les Armes. Pendant la
Proceſſion on fit diverſes défin
charges du Canon & de laup
Moufqueterie.
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Résumé : Synode assemblé à Strasbourg, par l'ordre de M. l'Abbé de Ratabon, Grand-Vicaire du Diocése, [titre d'après la table]
Le roi se rendit à Strasbourg pour recevoir les hommages de ses habitants et les reconnaître comme ses sujets. Il initia le rétablissement de la religion catholique avec succès croissant. Depuis près de cent quarante ans, aucun synode n'avait été organisé dans cette ville, influencée par les idées de Luther en 1529. En avril, Ratabon, Grand Vicaire du diocèse, convoqua un synode avec tous les curés et prononça un discours en latin sur les devoirs de l'État ecclésiastique. Le lendemain, les Jésuites, directeurs du séminaire, commencèrent une mission marquée par une procession solennelle. Trois cents ecclésiastiques y participèrent, incluant quatre grands chanoines de la cathédrale. Le Saint-Sacrement fut porté sous un dais offert par le roi. La procession inclut également quatre dignitaires généraux, le marquis de Souvre, fils du gouverneur, l'intendant, et les principaux officiers de la garnison. Des salves de canon et de mousqueterie furent tirées durant la procession.
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9163
p. 333-337
« Il y a, je croy, déjà si longtemps que je vous ennuye, [...] »
Début :
Il y a, je croy, déjà si longtemps que je vous ennuye, [...]
Mots clefs :
Généalogies, Poésie, Mercure galant, Livre
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texteReconnaissance textuelle : « Il y a, je croy, déjà si longtemps que je vous ennuye, [...] »
Ilya , je croy , déja filongtemps
que je vous ennuye ,
Meffieurs , de la longueur de
mes defcriptions ſerieuſes ,&
de mes Genealogies , que je
m'imagine vous voir à tout
moment bailler , & me demander
impitoyablement, où
sit donc cette belle piece de
۱
334 MERCURE
Vers qui devroit ettre dans le
Mercure ; où eft cette critique
de la Tragedie de Mahomet ,
où ſont ces Enigmes & cette
Chanſon que vous nous devez
; faut- il avoir la patience:
de lire preſque tout voſtre Livre,
avant d'arriver-là Croyez
vous que quelques veritez que
vous dites en paſſant aux Auteurs
du Vert Galant & du
Journal de Verdun , vous acquittent
envers nous du plai
fir que nous exigeons de la
lecture de voſtre Livre. Et ....
treve de reproches, Meſſieurs,
&daignez m'écouter encore
GALANT. 335
un moment. N'exigez rien de
moy , & je vous donneray
plus que vous ne me deman
derez. Cependant faites moy
grace , & diſpenſez moy de
vous donner ce mois cy, cette
indiſpenſable piece de Poëfis
que je devrois avoir. Je ne
pourchaſſe point lesCandidatsd'Apollon
, je ne fuis point
initié dans les ſecrets myſteres
des Amants des Nouf Soeurs ,
& toutes les avenues du Parnaſſe
ſontgardées pardesDragons
qui m'en deffendent l'entrée.
Mais laiſſez moy faire
& avant le jour des Rois , je
336 MERCURE
€
vous promets de vous donner
autant & plus de jolies Poëfies
que vous n'en pourrez lire;j'ajouteray
à cela l'éloge ou la
critique de la TragediedeMahomet
, dont la premiere repreſentation
n'a pas eſté favo
rabie à fon Auteur ; en attendantque
je vous tienneparole,
recevez de beau petit Bouquet
dont jene ſçay pas l'hiſtoire
, ce que je peu vous en
dire , c'eſt que je l'ay derobé
à une fort jolie perſonne ,
pour m'en faire honneur dans
une Lettre que j'ay pris la liberté
d'écrire au doux objet
de
{ GALANT. 337
demes voeux , & à voſtre confideration
, Meſdemoiselles ,
j'en pare aujourd'huy mon
Mercure Galant,
que je vous ennuye ,
Meffieurs , de la longueur de
mes defcriptions ſerieuſes ,&
de mes Genealogies , que je
m'imagine vous voir à tout
moment bailler , & me demander
impitoyablement, où
sit donc cette belle piece de
۱
334 MERCURE
Vers qui devroit ettre dans le
Mercure ; où eft cette critique
de la Tragedie de Mahomet ,
où ſont ces Enigmes & cette
Chanſon que vous nous devez
; faut- il avoir la patience:
de lire preſque tout voſtre Livre,
avant d'arriver-là Croyez
vous que quelques veritez que
vous dites en paſſant aux Auteurs
du Vert Galant & du
Journal de Verdun , vous acquittent
envers nous du plai
fir que nous exigeons de la
lecture de voſtre Livre. Et ....
treve de reproches, Meſſieurs,
&daignez m'écouter encore
GALANT. 335
un moment. N'exigez rien de
moy , & je vous donneray
plus que vous ne me deman
derez. Cependant faites moy
grace , & diſpenſez moy de
vous donner ce mois cy, cette
indiſpenſable piece de Poëfis
que je devrois avoir. Je ne
pourchaſſe point lesCandidatsd'Apollon
, je ne fuis point
initié dans les ſecrets myſteres
des Amants des Nouf Soeurs ,
& toutes les avenues du Parnaſſe
ſontgardées pardesDragons
qui m'en deffendent l'entrée.
Mais laiſſez moy faire
& avant le jour des Rois , je
336 MERCURE
€
vous promets de vous donner
autant & plus de jolies Poëfies
que vous n'en pourrez lire;j'ajouteray
à cela l'éloge ou la
critique de la TragediedeMahomet
, dont la premiere repreſentation
n'a pas eſté favo
rabie à fon Auteur ; en attendantque
je vous tienneparole,
recevez de beau petit Bouquet
dont jene ſçay pas l'hiſtoire
, ce que je peu vous en
dire , c'eſt que je l'ay derobé
à une fort jolie perſonne ,
pour m'en faire honneur dans
une Lettre que j'ay pris la liberté
d'écrire au doux objet
de
{ GALANT. 337
demes voeux , & à voſtre confideration
, Meſdemoiselles ,
j'en pare aujourd'huy mon
Mercure Galant,
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Résumé : « Il y a, je croy, déjà si longtemps que je vous ennuye, [...] »
Dans une lettre adressée à des lecteurs, probablement du Mercure Galant, l'auteur exprime son inquiétude de les ennuyer avec des descriptions longues et des généalogies. Il anticipe leur impatience pour des contenus spécifiques tels qu'une critique de la tragédie 'Mahomet', des énigmes et une chanson promise. L'auteur reconnaît que certaines vérités mentionnées dans des passages sur les auteurs du 'Vert Galant' et du 'Journal de Verdun' ne suffisent pas à satisfaire l'attente des lecteurs pour des contenus plus divertissants. Il demande une pause dans les reproches et promet de fournir plus que ce que les lecteurs demandent. Il avoue ne pas être un poète accompli et se voit empêché d'accéder au Parnasse par des obstacles imaginaires. Cependant, il assure offrir avant le jour des Rois des poèmes agréables et la critique de 'Mahomet', dont la première représentation n'a pas été favorable à son auteur. En attendant, il partage un petit bouquet, volé à une jolie personne, destiné à l'objet de ses vœux et offert à la considération des demoiselles.
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9164
p. 298-303
Sur la retraite de Mr de
Début :
Heureux qui se trouvant trop foible & trop tenté [...]
Mots clefs :
Monde, Heureux, Plaisir, Biens, Sage, Retraite
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texteReconnaissance textuelle : Sur la retraite de Mr de
Sur la retraite de Mrde
Heureux qui se trouvant
trop foible & trop tenté
Du monde, enfin se déba- rasse ;
Heureux qui plein de cha-
Pourservir
Pour servir ssoonnprochain y
conferve sa place
Differens dans leur i veuë égaux
en piècej L'un cfpere tout de la grace,
L'autre apréhende tout de
sa fragilité.
Ce monde que Dieu mémo
cxclud de son partage,
N'est pas le monde qu'il a fait;
C'estiocemqurenl'heoimnmiepimpiiftc
ajoute à cet ouvrage, Qui fait que son auteur le
condamne&le haitj
Observez feulement le peu
qu'il vous ordonne,
Et sanscesse lebénissant,
Usez de son présent, mais
tel qu'il vous le donne
à
'r
Etvousn'aurez plus rien qui
ne soit innocent.
Croistu que le plaisir qu'en
toute la nature
Le premier Estre a répandu,
Soit un piege qu'il a tendu
Poursurprendre sacréature,
Nonnon, tous ces biens
que tu vois,
Te viennent d'une main &
: trop bonne &trop sage,
Et s'il en est quelqu'undont
les divines Loix
Ne te permettent pas l'u.
sage ;
Examine le bien, ce plaisir
prétendu,
Dontl'appa, tâche à te seduire,
Et tu verras ingrat qu'il ne
t'est deffendu,
Que parce qu'il te pourroit
nuire.
Sans les Loix & l'heureux
secours
Quelles te fournissentsans
cette ;
Comment avec tant de foiblesse
Pourrois-tu conserver &tes
biens & tes jours, :
Exposé chaque instant à mille
& mille injures;
Rien ne rassureroit ton coeur
1 - épouvanté,
Et ces justes decrets contre
qui tu murmures
Font taplus grande seuteté?
Voudrois tu que la Providence
Eut reglé l'Univers au gré
de tessouhaits,
Et qu'en le comblant de
bienfaits,
Dieu t'eut encor soustrait à
à sonobéissance?
Quelle étrange societé
Pormeroient entre nous l'crregr&
I'Injuitlcc.,
Si l'homme indépendant
n'avoit que soncaprice,
Pour conduire savolonté
Heureux qui se trouvant
trop foible & trop tenté
Du monde, enfin se déba- rasse ;
Heureux qui plein de cha-
Pourservir
Pour servir ssoonnprochain y
conferve sa place
Differens dans leur i veuë égaux
en piècej L'un cfpere tout de la grace,
L'autre apréhende tout de
sa fragilité.
Ce monde que Dieu mémo
cxclud de son partage,
N'est pas le monde qu'il a fait;
C'estiocemqurenl'heoimnmiepimpiiftc
ajoute à cet ouvrage, Qui fait que son auteur le
condamne&le haitj
Observez feulement le peu
qu'il vous ordonne,
Et sanscesse lebénissant,
Usez de son présent, mais
tel qu'il vous le donne
à
'r
Etvousn'aurez plus rien qui
ne soit innocent.
Croistu que le plaisir qu'en
toute la nature
Le premier Estre a répandu,
Soit un piege qu'il a tendu
Poursurprendre sacréature,
Nonnon, tous ces biens
que tu vois,
Te viennent d'une main &
: trop bonne &trop sage,
Et s'il en est quelqu'undont
les divines Loix
Ne te permettent pas l'u.
sage ;
Examine le bien, ce plaisir
prétendu,
Dontl'appa, tâche à te seduire,
Et tu verras ingrat qu'il ne
t'est deffendu,
Que parce qu'il te pourroit
nuire.
Sans les Loix & l'heureux
secours
Quelles te fournissentsans
cette ;
Comment avec tant de foiblesse
Pourrois-tu conserver &tes
biens & tes jours, :
Exposé chaque instant à mille
& mille injures;
Rien ne rassureroit ton coeur
1 - épouvanté,
Et ces justes decrets contre
qui tu murmures
Font taplus grande seuteté?
Voudrois tu que la Providence
Eut reglé l'Univers au gré
de tessouhaits,
Et qu'en le comblant de
bienfaits,
Dieu t'eut encor soustrait à
à sonobéissance?
Quelle étrange societé
Pormeroient entre nous l'crregr&
I'Injuitlcc.,
Si l'homme indépendant
n'avoit que soncaprice,
Pour conduire savolonté
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Résumé : Sur la retraite de Mr de
Le poème traite de la retraite spirituelle et de la sagesse de se détacher des tentations du monde. Il loue ceux qui, se sentant faibles et tentés, choisissent de se libérer du monde pour servir leur prochain. Le texte distingue deux types de personnes : ceux qui se confient entièrement à la grâce divine et ceux qui craignent leur propre fragilité. Le monde, modifié par les actions humaines, est exclu du partage de Dieu. Le poète conseille de suivre les ordres divins et d'utiliser les présents de Dieu de manière innocente. Les plaisirs de la nature ne sont pas des pièges, mais des dons d'une main bonne et sage. Certains plaisirs sont interdits pour éviter de nuire. Le texte souligne l'importance des lois divines pour protéger les biens et la vie des hommes, constamment exposés à des dangers. Les décrets divins apportent sécurité et certitude. Le poème conclut en rejetant l'idée d'une indépendance humaine basée sur le caprice, soulignant que l'homme doit obéir à la Providence divine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9165
p. 75-82
DE L'ESTIME DE SOI-MESME, Par M. de Bastide.
Début :
J'entreprends de donner aux hommes des leçons d'amour propre. Ce projet [...]
Mots clefs :
Estime de soi, Amour propre, Orgueil, Homme, Mérite, Esprit, Gloire, Foi
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texteReconnaissance textuelle : DE L'ESTIME DE SOI-MESME, Par M. de Bastide.
DE L'ESTIME DE SOI - MESME ,
Par M. de Baftide.
J'Entreprends de donner aux hommes
des leçons d'amour propre. Ce projet
paroîtra le fonge d'un jeune homme à qui
le coeur humain n'eft pas encore connu.
L'art de l'amour propre n'eft-il pas épuifé ?
J'aurois fait , à vingt ans , cette queſtion
qui ne peut être pardonnable qu'à cet âge ,
& qui , à trente , prouveroit une ame &
un efprit médiocres . L'amour propre eft un
être immenfe. Il a toute forte d'intérêts , de
prétentions , toute forte de droits ; il реце
donc avoir toute forte de formes . Il eft vifiblement
partout , car ilfe fait fentir dans tout
les hommes ont fait. C'eſt un acteur
public à qui chacun fait jouer un rôle différent
dont le but est le même. Semblable
à l'immortel Baron qui jouoit pour Pradon
& pour Racine ; mais avec cette différence
que Baron repréfentoit toujours fupérieuce
que
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
rement pour le Poëte admirable , comme
pour le verfificateur ridicule , & que l'art
de l'amour propre acteur dépend précifement
de l'efprit de celui qui lui donne un
rôle à jouer.
Rien n'eft fi néceffaire que de fentir
l'amour propre. Je le diftingue de l'orgueil
qui eft un vice de l'ame d'après lequel on
peut juger d'un homme & le méprifer. Je
parle de ce défir actif& délicat d'être cité ,
loué , récompenfé que l'on fent lorſqu'on
a mérité de l'etre . Ce défir a été la fource
de tout ce qu'il y a de bien dans le monde.
On fait bien à proportion qu'on le regarde
comme un premier moyen de bien faire.
Pour le fentir , il faut s'eftimer ce que l'on
vaut. Si l'on doute de fon mérite , on doutera
de fes reffources , on ne s'élevera jamais
que foiblement au- deffus du médiocre
; on travaillera , parce que l'efprit eft
un feu qu'il faut nourrir & qui fçait nous
y contraindre , mais ce fera avec beaucoup
moins de talent & beaucoup plus de peine,
& l'on ignorera qu'on peut très -bien faire
même après avoir très - bien fait .
L'avantage de fçavoir s'apprécier ne fe
borne pas au bien perfonnel ; il s'étend à
l'infini , il eft une fource d'avantages pour
la fociété, L'homme qui fçait ce qu'il vaut ,
devient extrêmement utile aux autres.
A OUST. 1755: 77
S'agit- il , par exemple , de donner un confeil
dans une occafion où l'on a pris de faufſes
meſures & à un efprit orgueilleux qui
ne veut pas fouffrir qu'on le défabuſe ? il
parle avec une fierté active qui déconcerte
l'orgueil aveugle ; il fe cite , parle de fes
lumieres , de fes fuccès , de fa réputation.
Il réuffit , il perfuade , mais c'eft furtout ,
au ton qu'il a pris qu'il doit fon fuccès . Ses
raifons toutes folides qu'elles étoient n'auroient
pas fuffi .
Cette façon de fe citer , de parler avantageufement
de foi , n'eft pas feulement
légitime ; les circonftances la rendent néceffaire.
Henri IV , alors fimplement roi
de Navarre , ayant à combattre une armée
puiffante , fort fupérieure en nombre à la
fienne , trouva , dans le bonheur d'avoir
fçu fe rendre juſtice , le moyen d'illuſtrer
à jamais fa petite troupe . Au moment de
l'action il fe tourna vers les princes de
Condé & de Soiffons , & , parlant d'un ton
affuré , je ne vous dirai rien autre chofe , leur
dit- il , finon que vous êtes de la maison de
Bourbon , & vive Dicu , je vous montrerai
que je fuis votre aîné. Son armée qui devoit
être taillée en pieces , fit des prodiges , &
fut victorieufe. Il eft aifé de fentir qu'elle
dut fa victoire à celui à qui elle devoit fon
grand courage.
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
Les hommes aiment à fentir l'admira
tion. Le mérite modefte ne l'infpira prefque
jamais. Cette admiration mene à tout
ceux qui la fentent & celui qui l'infpire ; il
faut donc y prétendre lorfqu'on doit efpérer
de la faire naître ; c'eſt un ſervice que
l'on rend aux hommes dont la gloire éclatante
pique l'émulation ; c'eft de plus une
juftice que l'on doit à foi - même , à fes
amis & à fes defcendans. Trop de modeftie
nuiroit à cette fage ambition . Pour la
faire naître en foi , ou du moins pour s'exciter
à en écouter les confeils & les infpirations
, il faut s'entretenir complaifamment
avec foi-même de ce que l'on vaut. Dès
qu'une fois l'on a fenti ce que l'on mérite ,
on fouhäitte bientôt de mériter encore d'avantage
, & ce fouhait conduit infenfiblement
aux grandes chofes dont on ne feroit
pas devenu capable fi l'on ne s'étoit rendu
compte de ce que l'on valoit.
L'orgueil tout méprifable qu'il eft , peut
rendre les mêmes fervices que l'amour propre
le plus refpectable. La plupart des hommes
célébres dans tous les genres , ont dû
à fon impulfion cette fureur de gloire qui
les a conduit à ce qu'on appelle vulgairement
l'immortalité. Mais fe regardera- t- on
comme grand tant que l'on ne pourra fe
flatter d'être l'exemple du fage , & jouira
A O UST. 1755 . 79
t-on bien paisiblement d'une gloire ufurpée
qu'on ne pourra s'empêcher de fentir qui
n'eft que l'effet de l'erreur des hommes ?
L'orgueilleux porte dans fon coeur fon juge
& fon châtiment. Il eft jaloux du vrai mérire
, il dévore la gloire des autres , il ne
jouit pas de la fienne , il fent qu'il n'en a
point. L'orgueil eft une ivreffe qu'une
cruelle agitation fuit toujours ; il nous
aveugle & nous cache la vraie valeur de
toutes chofes , il nous montre les autres
plus grands qu'ils ne font & nous montre
à nous- mêmes plus petits que nous ne
fommes , il nous réduit prefque à rien malgré
l'apparence , malgré l'éclat qui nous
environne dès qu'une fois il a ceffé de nous
empêcher de nous connoître.
L'orgueil eft l'abus de l'amour propre .
En s'y livrant , on peut faire une certaine
illufion & goûter un certain plaifir , mais
on vit intérieurement malheureux & l'on
eft toujours méprifable . Un fort bien différent
eft réſervé à celui qui en s'eftimant
n'abuſe point de l'opinion de fon mérite &
ne s'accorde que ce qui lui eft du. L'action
de fa vanité fe tourne en fentiment ; il
s'eftime avec fécurité parce que les louanges
fecretes qu'il fe donne , n'empruntent
rien d'un certain mépris pour les autres ,
ne le rendent ni vain ni jaloux , & font la
Div
82 MERCURE DE FRANCE.
le rifque d'eftimer les autres plus qu'ils ne
valent , ce qui eft d'une très - grande importance
dans le monde où il n'y a aucune
forte de vertu dont on ne cherche à abufer.
Quel avantage n'a pas fur vous l'homme
le plus médiocre s'il vous voit embarraffél
devant lui , foir dans une concurrence ,
foit dans un démêlé , foit dans une converfation
? C'eft prendre fon role & lui
céder le vôtre , vous pouviez être le facrificateur
, vous devenez la victime ; il abuſe
de votre modeftie qui l'aveugle après l'avoir
étonné ; la caufe de fon triomphe dif
paroît à fes yeux , fa fatuité fe fait honneur
des armes que vous lui avez fournies ;
il devient préfomptueux & infolent de
modefte qu'il eut peut-être été , & vous
devenez en quelque façon comptable de
tout le mal que fon orgueil va faire.
Il eft donc abfolument néceffaire de
s'apprécier ce que l'on vaut ; mais cela ne
fuffic pas ; il faut joindre à l'eftime de foimême
l'art d'augmenter celle des autres.
C'eft une fuite que nous donnerons le
mois prochain.
L'Epitre à Eglé par Mademoiſelle Loiſeau,
que nous avons inférée dans le Mercure de
Juillet , nous a été envoyée à l'infçu de l'auteur ;
c'est malgré fa modestie que cette piece a vu le
jour.
Par M. de Baftide.
J'Entreprends de donner aux hommes
des leçons d'amour propre. Ce projet
paroîtra le fonge d'un jeune homme à qui
le coeur humain n'eft pas encore connu.
L'art de l'amour propre n'eft-il pas épuifé ?
J'aurois fait , à vingt ans , cette queſtion
qui ne peut être pardonnable qu'à cet âge ,
& qui , à trente , prouveroit une ame &
un efprit médiocres . L'amour propre eft un
être immenfe. Il a toute forte d'intérêts , de
prétentions , toute forte de droits ; il реце
donc avoir toute forte de formes . Il eft vifiblement
partout , car ilfe fait fentir dans tout
les hommes ont fait. C'eſt un acteur
public à qui chacun fait jouer un rôle différent
dont le but est le même. Semblable
à l'immortel Baron qui jouoit pour Pradon
& pour Racine ; mais avec cette différence
que Baron repréfentoit toujours fupérieuce
que
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
rement pour le Poëte admirable , comme
pour le verfificateur ridicule , & que l'art
de l'amour propre acteur dépend précifement
de l'efprit de celui qui lui donne un
rôle à jouer.
Rien n'eft fi néceffaire que de fentir
l'amour propre. Je le diftingue de l'orgueil
qui eft un vice de l'ame d'après lequel on
peut juger d'un homme & le méprifer. Je
parle de ce défir actif& délicat d'être cité ,
loué , récompenfé que l'on fent lorſqu'on
a mérité de l'etre . Ce défir a été la fource
de tout ce qu'il y a de bien dans le monde.
On fait bien à proportion qu'on le regarde
comme un premier moyen de bien faire.
Pour le fentir , il faut s'eftimer ce que l'on
vaut. Si l'on doute de fon mérite , on doutera
de fes reffources , on ne s'élevera jamais
que foiblement au- deffus du médiocre
; on travaillera , parce que l'efprit eft
un feu qu'il faut nourrir & qui fçait nous
y contraindre , mais ce fera avec beaucoup
moins de talent & beaucoup plus de peine,
& l'on ignorera qu'on peut très -bien faire
même après avoir très - bien fait .
L'avantage de fçavoir s'apprécier ne fe
borne pas au bien perfonnel ; il s'étend à
l'infini , il eft une fource d'avantages pour
la fociété, L'homme qui fçait ce qu'il vaut ,
devient extrêmement utile aux autres.
A OUST. 1755: 77
S'agit- il , par exemple , de donner un confeil
dans une occafion où l'on a pris de faufſes
meſures & à un efprit orgueilleux qui
ne veut pas fouffrir qu'on le défabuſe ? il
parle avec une fierté active qui déconcerte
l'orgueil aveugle ; il fe cite , parle de fes
lumieres , de fes fuccès , de fa réputation.
Il réuffit , il perfuade , mais c'eft furtout ,
au ton qu'il a pris qu'il doit fon fuccès . Ses
raifons toutes folides qu'elles étoient n'auroient
pas fuffi .
Cette façon de fe citer , de parler avantageufement
de foi , n'eft pas feulement
légitime ; les circonftances la rendent néceffaire.
Henri IV , alors fimplement roi
de Navarre , ayant à combattre une armée
puiffante , fort fupérieure en nombre à la
fienne , trouva , dans le bonheur d'avoir
fçu fe rendre juſtice , le moyen d'illuſtrer
à jamais fa petite troupe . Au moment de
l'action il fe tourna vers les princes de
Condé & de Soiffons , & , parlant d'un ton
affuré , je ne vous dirai rien autre chofe , leur
dit- il , finon que vous êtes de la maison de
Bourbon , & vive Dicu , je vous montrerai
que je fuis votre aîné. Son armée qui devoit
être taillée en pieces , fit des prodiges , &
fut victorieufe. Il eft aifé de fentir qu'elle
dut fa victoire à celui à qui elle devoit fon
grand courage.
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
Les hommes aiment à fentir l'admira
tion. Le mérite modefte ne l'infpira prefque
jamais. Cette admiration mene à tout
ceux qui la fentent & celui qui l'infpire ; il
faut donc y prétendre lorfqu'on doit efpérer
de la faire naître ; c'eſt un ſervice que
l'on rend aux hommes dont la gloire éclatante
pique l'émulation ; c'eft de plus une
juftice que l'on doit à foi - même , à fes
amis & à fes defcendans. Trop de modeftie
nuiroit à cette fage ambition . Pour la
faire naître en foi , ou du moins pour s'exciter
à en écouter les confeils & les infpirations
, il faut s'entretenir complaifamment
avec foi-même de ce que l'on vaut. Dès
qu'une fois l'on a fenti ce que l'on mérite ,
on fouhäitte bientôt de mériter encore d'avantage
, & ce fouhait conduit infenfiblement
aux grandes chofes dont on ne feroit
pas devenu capable fi l'on ne s'étoit rendu
compte de ce que l'on valoit.
L'orgueil tout méprifable qu'il eft , peut
rendre les mêmes fervices que l'amour propre
le plus refpectable. La plupart des hommes
célébres dans tous les genres , ont dû
à fon impulfion cette fureur de gloire qui
les a conduit à ce qu'on appelle vulgairement
l'immortalité. Mais fe regardera- t- on
comme grand tant que l'on ne pourra fe
flatter d'être l'exemple du fage , & jouira
A O UST. 1755 . 79
t-on bien paisiblement d'une gloire ufurpée
qu'on ne pourra s'empêcher de fentir qui
n'eft que l'effet de l'erreur des hommes ?
L'orgueilleux porte dans fon coeur fon juge
& fon châtiment. Il eft jaloux du vrai mérire
, il dévore la gloire des autres , il ne
jouit pas de la fienne , il fent qu'il n'en a
point. L'orgueil eft une ivreffe qu'une
cruelle agitation fuit toujours ; il nous
aveugle & nous cache la vraie valeur de
toutes chofes , il nous montre les autres
plus grands qu'ils ne font & nous montre
à nous- mêmes plus petits que nous ne
fommes , il nous réduit prefque à rien malgré
l'apparence , malgré l'éclat qui nous
environne dès qu'une fois il a ceffé de nous
empêcher de nous connoître.
L'orgueil eft l'abus de l'amour propre .
En s'y livrant , on peut faire une certaine
illufion & goûter un certain plaifir , mais
on vit intérieurement malheureux & l'on
eft toujours méprifable . Un fort bien différent
eft réſervé à celui qui en s'eftimant
n'abuſe point de l'opinion de fon mérite &
ne s'accorde que ce qui lui eft du. L'action
de fa vanité fe tourne en fentiment ; il
s'eftime avec fécurité parce que les louanges
fecretes qu'il fe donne , n'empruntent
rien d'un certain mépris pour les autres ,
ne le rendent ni vain ni jaloux , & font la
Div
82 MERCURE DE FRANCE.
le rifque d'eftimer les autres plus qu'ils ne
valent , ce qui eft d'une très - grande importance
dans le monde où il n'y a aucune
forte de vertu dont on ne cherche à abufer.
Quel avantage n'a pas fur vous l'homme
le plus médiocre s'il vous voit embarraffél
devant lui , foir dans une concurrence ,
foit dans un démêlé , foit dans une converfation
? C'eft prendre fon role & lui
céder le vôtre , vous pouviez être le facrificateur
, vous devenez la victime ; il abuſe
de votre modeftie qui l'aveugle après l'avoir
étonné ; la caufe de fon triomphe dif
paroît à fes yeux , fa fatuité fe fait honneur
des armes que vous lui avez fournies ;
il devient préfomptueux & infolent de
modefte qu'il eut peut-être été , & vous
devenez en quelque façon comptable de
tout le mal que fon orgueil va faire.
Il eft donc abfolument néceffaire de
s'apprécier ce que l'on vaut ; mais cela ne
fuffic pas ; il faut joindre à l'eftime de foimême
l'art d'augmenter celle des autres.
C'eft une fuite que nous donnerons le
mois prochain.
L'Epitre à Eglé par Mademoiſelle Loiſeau,
que nous avons inférée dans le Mercure de
Juillet , nous a été envoyée à l'infçu de l'auteur ;
c'est malgré fa modestie que cette piece a vu le
jour.
Fermer
Résumé : DE L'ESTIME DE SOI-MESME, Par M. de Bastide.
Dans le texte 'De l'estime de soi-même', M. de Baftide examine l'importance de l'amour-propre et le distingue de l'orgueil. L'auteur présente l'amour-propre comme un être immense aux multiples intérêts et droits, omniprésent et variable selon les individus, comparable à un acteur public jouant différents rôles. Il le définit comme un désir actif et délicat d'être reconnu et récompensé, contrairement à l'orgueil, qu'il considère comme un vice de l'âme. Ce désir a été une force motrice pour de nombreuses actions positives dans le monde. L'estime de soi est cruciale non seulement pour le bien personnel mais aussi pour la société. Elle permet de donner des conseils efficacement, même dans des situations délicates. Par exemple, Henri IV a utilisé son estime de soi pour motiver ses troupes face à une armée supérieure en nombre. Les hommes recherchent l'admiration, et le mérite modeste l'inspire rarement. L'auteur encourage à reconnaître sa propre valeur pour s'améliorer continuellement. L'orgueil, bien que méprisable, peut aussi pousser les hommes à la gloire. Cependant, il aveugle et rend malheureux intérieurement. L'amour-propre bien géré permet de s'estimer sans abuser de l'opinion des autres, évitant ainsi la vanité et la jalousie. L'auteur conclut qu'il est crucial de s'apprécier soi-même tout en augmentant l'estime des autres, un sujet qu'il promet d'aborder dans un prochain texte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9166
p. 323-328
Lettre de Chrysost. Mathanasins à M le Febvre de Fontenay, Aut. du Merc. Gal.
Début :
Il me reste encore une Lettre à vous communiquer, Messieurs, / La liaison où vous estes à Paris avec beaucoup de gens de [...]
Mots clefs :
Madame Dacier, Anciens et Modernes, Antoine Houdard de la Motte, Mémoires, Femmes savantes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de Chrysost. Mathanasins à M le Febvre de Fontenay, Aut. du Merc. Gal.
Il me reſte encore une Lettre à
vous communiquer , Meſſieurs ,
&je vous tiendray quitte de la
peine que vous aurez priſe à lire
le plus joli Livre que je vous aye
donné. C'eſt une Epitre du fameux
Mathanasius.
Lettre de Chryfoft. MathanasiusàMle
Febure deFontenay, Aut. du Merc.Gal.
La liaifon où vous eſtes à
Paris avec beaucoup de gens de
Lettres , M. m'engage à vous
entretenir du bruit que fait ici
le procés de Madame Dacier
contre M. de la Mottes toute
l'Europe ſçavante s'y intereſſe ,
&nous avons desja receu des
Memoires d'Ecoffe & dIrlande
qui ne promettent rien de bon à
M. de la Motte ; nos Sçavans ne
324 MERCURE
ſont pas ici du même avis , &paroiffent
mal prevenus contre
Madame Dacier , laquelle en
imitant les Chinois, n'ad'encens
que pour les deffunts. Ils conviennent
tous que l'inventiondu
Poëme Epique eſt dûë aux Anciens
,mais non fa perfection ,&
la comparaiſon qu'ils font des
Anciens & des Modernes , les
premiers comparez à des tournebroches
& les derniers à des
horloges , paroiſt juſte & trescenfée
; mais avant que d'en faire
l'application il eſt neceffaire de
fuppofer que les tournebroches
font inventez par un Ancien ,
dont les ſucceſſeurs imitant ,
mais perfectionnant la Mecanique,
font enfin parvenus à nous
faire de bonnes horloges & de
tres bonnes montres , qui fontà
GALANT. 325
1
peu prés de la même eſpece&
figure que les tournebroches :
Madame Dacier tousjours com.
plaiſante pour le bon Homere ,
& accoutumée à des comparaifons
extraordinairement naïves
dont il uſe quelquefois , ne man
quera pas de trouver dans celleci
des beautez qui ne cedent en
rien à ce qu'a dit ſon Poëte , en
vantant le courage d'un Heros
qu'il a comparé àun âne devorant
desépis&des chardons;on avoüe
qu'un âne affamé ſe contente
quandil en trouve l'occaſion;mais
leparalelle d'un ſi ſale animal eûtc
ce me ſemble , beaucoup mieux
convenuà Aiax avec la belle Cafſandre,
dans le Templede Miner..
ve , qu'à un Heros combattant
&donnant l'exemple & de l'émulation
à ſon parti : nos avis ,
326 MERCURE
mon cher de Fontenay, en con
fequence de la plauſible comparaiſon
des tournebroches avec
des montres , ſeroient que le
Seigneur Mercure , & Meffieurs
les Journaux invitaſſent les Doctes&
les Femmes Sçavantes , à
adreſſer des Memoires avec
leurs opinions , à M. de la Motte
,& à Madame Dacier , & que
leſdits Memoires fuſſent enfuite
envoïez fans alteration à deux
Académies choiſies par les parties
.Toulouſe & Bordeaux en ont
d'illuftres , & l'honneur d'avoir
decidé un faitde cette importan
ce intereſſeroit Mrs les Gafcons
qui ne manquent jamais à ſoûte-
⚫nir vivement leurs cauſes : & en
cas que les deux Académies ne
convinſſent pas , on en nommeoit
de concert une troifiéme
GALANT. 327
pour fur-arbitre: l'Italie en fournit pluſieurs
dont les ſujets furpaſſent en vivacité
, & promptes déciſions Mrs les
Gaſcons En ſuivant ce conſeil on met.
troit fin à une querelle qui va ſuſciter
des jaloufies & des rancunes entre les
Pariſans de Mr de la Motte , & ceux de
Madame Dacier ,laquelle néanmoins ,
& il faut le dire à ſa loüange , a eu la
prudence , avant que de rendre ſon
Factum publicd'yfaire mettre deux cartons
; les rieurs prétendent y avoir perdu,
& ils affurent que la bonne Dame a
voulu épargner des invectives à ſon adverſaire
: nous n'avons point eſté ſurpris
ici , comme les Partiſans de Mr de la
Motte le font à Paris, de plus de quatre
cent noms ou épichetes que Madame
Dacier luydonne dans ſon Factum , intitulé,
des Cauſes de la Corruption du
Goût ,Mr de la Motte eſt bon pour luy
répondre , en la traitant néanmoins ref.
pectueusement , & avec tous les égards
qu'un galant- homme doit à fon beau
fexe,& on conſeille à Mr de la Motte
328 MERCURE
de faire pluſtoſt mettre pluſieurs car
tons dans ſa replique , que d'y ſouffrir
rien qui puiſſe eſtre caracteriſé des
noms de jalousie , de haine , & de
vangeance que le bons ſens déteſte.
Certaines louanges ſeront mieux reçûës
&plus convenables à la délicateſſe du
public attentif & jaloux du reſpect
qu'on luy doit. Les connoiffeurs commenteront
& interpreteront toûjours
de pareilles loüanges , fuivant l'intention
de l'Auteur ; ne manquez pas je
vous prie,avant que de proceder contre
Madame Dacier,de luy faire une civili
tedema part, &de ſçavoir ſa derniere
reſolution ;j'attends avec impatience la
réponſe qu'elle vous fera ; & je ſuis,
Monfieur , parfaitement voſtre treshumble
& tres - obéïſſant Serviteur ,
Mathanafius. A Amſterdam , ce.23.
Mars 1715.
vous communiquer , Meſſieurs ,
&je vous tiendray quitte de la
peine que vous aurez priſe à lire
le plus joli Livre que je vous aye
donné. C'eſt une Epitre du fameux
Mathanasius.
Lettre de Chryfoft. MathanasiusàMle
Febure deFontenay, Aut. du Merc.Gal.
La liaifon où vous eſtes à
Paris avec beaucoup de gens de
Lettres , M. m'engage à vous
entretenir du bruit que fait ici
le procés de Madame Dacier
contre M. de la Mottes toute
l'Europe ſçavante s'y intereſſe ,
&nous avons desja receu des
Memoires d'Ecoffe & dIrlande
qui ne promettent rien de bon à
M. de la Motte ; nos Sçavans ne
324 MERCURE
ſont pas ici du même avis , &paroiffent
mal prevenus contre
Madame Dacier , laquelle en
imitant les Chinois, n'ad'encens
que pour les deffunts. Ils conviennent
tous que l'inventiondu
Poëme Epique eſt dûë aux Anciens
,mais non fa perfection ,&
la comparaiſon qu'ils font des
Anciens & des Modernes , les
premiers comparez à des tournebroches
& les derniers à des
horloges , paroiſt juſte & trescenfée
; mais avant que d'en faire
l'application il eſt neceffaire de
fuppofer que les tournebroches
font inventez par un Ancien ,
dont les ſucceſſeurs imitant ,
mais perfectionnant la Mecanique,
font enfin parvenus à nous
faire de bonnes horloges & de
tres bonnes montres , qui fontà
GALANT. 325
1
peu prés de la même eſpece&
figure que les tournebroches :
Madame Dacier tousjours com.
plaiſante pour le bon Homere ,
& accoutumée à des comparaifons
extraordinairement naïves
dont il uſe quelquefois , ne man
quera pas de trouver dans celleci
des beautez qui ne cedent en
rien à ce qu'a dit ſon Poëte , en
vantant le courage d'un Heros
qu'il a comparé àun âne devorant
desépis&des chardons;on avoüe
qu'un âne affamé ſe contente
quandil en trouve l'occaſion;mais
leparalelle d'un ſi ſale animal eûtc
ce me ſemble , beaucoup mieux
convenuà Aiax avec la belle Cafſandre,
dans le Templede Miner..
ve , qu'à un Heros combattant
&donnant l'exemple & de l'émulation
à ſon parti : nos avis ,
326 MERCURE
mon cher de Fontenay, en con
fequence de la plauſible comparaiſon
des tournebroches avec
des montres , ſeroient que le
Seigneur Mercure , & Meffieurs
les Journaux invitaſſent les Doctes&
les Femmes Sçavantes , à
adreſſer des Memoires avec
leurs opinions , à M. de la Motte
,& à Madame Dacier , & que
leſdits Memoires fuſſent enfuite
envoïez fans alteration à deux
Académies choiſies par les parties
.Toulouſe & Bordeaux en ont
d'illuftres , & l'honneur d'avoir
decidé un faitde cette importan
ce intereſſeroit Mrs les Gafcons
qui ne manquent jamais à ſoûte-
⚫nir vivement leurs cauſes : & en
cas que les deux Académies ne
convinſſent pas , on en nommeoit
de concert une troifiéme
GALANT. 327
pour fur-arbitre: l'Italie en fournit pluſieurs
dont les ſujets furpaſſent en vivacité
, & promptes déciſions Mrs les
Gaſcons En ſuivant ce conſeil on met.
troit fin à une querelle qui va ſuſciter
des jaloufies & des rancunes entre les
Pariſans de Mr de la Motte , & ceux de
Madame Dacier ,laquelle néanmoins ,
& il faut le dire à ſa loüange , a eu la
prudence , avant que de rendre ſon
Factum publicd'yfaire mettre deux cartons
; les rieurs prétendent y avoir perdu,
& ils affurent que la bonne Dame a
voulu épargner des invectives à ſon adverſaire
: nous n'avons point eſté ſurpris
ici , comme les Partiſans de Mr de la
Motte le font à Paris, de plus de quatre
cent noms ou épichetes que Madame
Dacier luydonne dans ſon Factum , intitulé,
des Cauſes de la Corruption du
Goût ,Mr de la Motte eſt bon pour luy
répondre , en la traitant néanmoins ref.
pectueusement , & avec tous les égards
qu'un galant- homme doit à fon beau
fexe,& on conſeille à Mr de la Motte
328 MERCURE
de faire pluſtoſt mettre pluſieurs car
tons dans ſa replique , que d'y ſouffrir
rien qui puiſſe eſtre caracteriſé des
noms de jalousie , de haine , & de
vangeance que le bons ſens déteſte.
Certaines louanges ſeront mieux reçûës
&plus convenables à la délicateſſe du
public attentif & jaloux du reſpect
qu'on luy doit. Les connoiffeurs commenteront
& interpreteront toûjours
de pareilles loüanges , fuivant l'intention
de l'Auteur ; ne manquez pas je
vous prie,avant que de proceder contre
Madame Dacier,de luy faire une civili
tedema part, &de ſçavoir ſa derniere
reſolution ;j'attends avec impatience la
réponſe qu'elle vous fera ; & je ſuis,
Monfieur , parfaitement voſtre treshumble
& tres - obéïſſant Serviteur ,
Mathanafius. A Amſterdam , ce.23.
Mars 1715.
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9167
p. 322-328
« Le 2. Decembre Osman Aga Kiaïa, Lieutenant du grand Visir [...] »
Début :
Le 2. Decembre Osman Aga Kiaïa, Lieutenant du grand Visir [...]
Mots clefs :
Roi, Troupes, Espagne, Constantinople
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 2. Decembre Osman Aga Kiaïa, Lieutenant du grand Visir [...] »
.
Le 2. Decembre Osman
Aga Kiaïa
,
Lieutenant du
grand Visit Mehemet nou-
ytlltmcoc déposé, & Mektubay Effendi son Secretaire, ont eu la teste tranchée
dans la Place qui efl devant
le Serail, & leurs corps ex-tf
posez trois jours au peuple.
On a
aussi exposé en public
devant le Serail la teste du
Visir avant Mehemet,qui
avoitagi contre le Roy de
Suéde. Il avoit esté relegué
à, Metelin,ou l'on l' a ctran.¡'
crié.
Ô On dit à Constantinople
que le Grand Seigneur a
déclaré qu'il marcheroit en
personne à la teste d'une
puissanteArmée pour atta
quer le Czardu costé de l'Ukraine.
LaCourd'Espagneextrêmement affligée des morts
qui ont affligé la France,
iefi reglée pour ledeuil sur
celuy
-
qu'on porta à la1
mort de la Reine MarieTherese,&de la premiere
femme de l'Empereur Leopold
,
&, de l'Imperatrice
sœur de Marie Therese.
La Reinea témoigné qu'
elle seroit bien-aise de fairc'
ses couches auBuen Retiro,
ott le Roy fait faire
quelques accommodemens
pour la rendrehabitable.
Le Duc de San Juan est
mort le 12.Fevrier;il estoit
Viceroy deNavarre.Le Roy
a
donné cette Charge au
,.
Duc deVeraguas.
LeRoy a
donné à Don
Juan dela Ranenda Rubalcava,la Chargede Fiscalde
l'AudianceRoyaledeSarra- gosse.
Il est arrivéd'Andalousie
plus de 3000.chevaux pour
remonter les Gardes 4n
Corps & le reste dela Ç^-
valerie. nrri
On écrit de Galice que le
sieur Ducasse est arrivé à la
Corogne, après avoir échapé plusieurs perils, sur tout
une furieuse rempeste depuis
son départ de la Martinique. On ditque les Vaisséaux apportent la valeur de
trente cinq à quarante mil.
lions de livres en or ÔC en argent, outre les marchandises & autres effets. !
Les Troupes Françoises
de laConca de Trems marchent vers Valence par l'ordre de Monsieur le Duc de
Vendôme-, elles seront rem-
placéespar des Troupes
Françoises.
Les Troupes du Roy
d'Espagneestant en quartier dhiver en Catalogne,
fort tranquillement, Don
NicolasTeran de Urivé est
sorti avec un détachement
:pot:Jr escorter les Fourageurs, il a
rencontré un
Corps considerable de Miquelets & deVolontaires ;
illes a
chargez&misen suite;il en a
tué environ soixante & faittrente prisonniers.
La disette de grains &
d'huilecitfort grande à,
Naples. On a
envoyé plusieurs Tarranes àOtrance,
àCotronne, àBari, & plusieurs autres Ports de la Calabre par delà leFare, pour
en apporter des grains & deshuiles.CesTartanesont deshuil,cs.,CcsTartanesont
tempeste ils ont gagné les
premiers Portsqu'ils ontpû
atteindre. Il y en a une deperie, & plusieurs fort endommagées.
Le 2. Decembre Osman
Aga Kiaïa
,
Lieutenant du
grand Visit Mehemet nou-
ytlltmcoc déposé, & Mektubay Effendi son Secretaire, ont eu la teste tranchée
dans la Place qui efl devant
le Serail, & leurs corps ex-tf
posez trois jours au peuple.
On a
aussi exposé en public
devant le Serail la teste du
Visir avant Mehemet,qui
avoitagi contre le Roy de
Suéde. Il avoit esté relegué
à, Metelin,ou l'on l' a ctran.¡'
crié.
Ô On dit à Constantinople
que le Grand Seigneur a
déclaré qu'il marcheroit en
personne à la teste d'une
puissanteArmée pour atta
quer le Czardu costé de l'Ukraine.
LaCourd'Espagneextrêmement affligée des morts
qui ont affligé la France,
iefi reglée pour ledeuil sur
celuy
-
qu'on porta à la1
mort de la Reine MarieTherese,&de la premiere
femme de l'Empereur Leopold
,
&, de l'Imperatrice
sœur de Marie Therese.
La Reinea témoigné qu'
elle seroit bien-aise de fairc'
ses couches auBuen Retiro,
ott le Roy fait faire
quelques accommodemens
pour la rendrehabitable.
Le Duc de San Juan est
mort le 12.Fevrier;il estoit
Viceroy deNavarre.Le Roy
a
donné cette Charge au
,.
Duc deVeraguas.
LeRoy a
donné à Don
Juan dela Ranenda Rubalcava,la Chargede Fiscalde
l'AudianceRoyaledeSarra- gosse.
Il est arrivéd'Andalousie
plus de 3000.chevaux pour
remonter les Gardes 4n
Corps & le reste dela Ç^-
valerie. nrri
On écrit de Galice que le
sieur Ducasse est arrivé à la
Corogne, après avoir échapé plusieurs perils, sur tout
une furieuse rempeste depuis
son départ de la Martinique. On ditque les Vaisséaux apportent la valeur de
trente cinq à quarante mil.
lions de livres en or ÔC en argent, outre les marchandises & autres effets. !
Les Troupes Françoises
de laConca de Trems marchent vers Valence par l'ordre de Monsieur le Duc de
Vendôme-, elles seront rem-
placéespar des Troupes
Françoises.
Les Troupes du Roy
d'Espagneestant en quartier dhiver en Catalogne,
fort tranquillement, Don
NicolasTeran de Urivé est
sorti avec un détachement
:pot:Jr escorter les Fourageurs, il a
rencontré un
Corps considerable de Miquelets & deVolontaires ;
illes a
chargez&misen suite;il en a
tué environ soixante & faittrente prisonniers.
La disette de grains &
d'huilecitfort grande à,
Naples. On a
envoyé plusieurs Tarranes àOtrance,
àCotronne, àBari, & plusieurs autres Ports de la Calabre par delà leFare, pour
en apporter des grains & deshuiles.CesTartanesont deshuil,cs.,CcsTartanesont
tempeste ils ont gagné les
premiers Portsqu'ils ontpû
atteindre. Il y en a une deperie, & plusieurs fort endommagées.
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Résumé : « Le 2. Decembre Osman Aga Kiaïa, Lieutenant du grand Visir [...] »
Le 2 décembre, Osman Aga Kiaïa et Mek-tubay Effendi ont été décapités à Constantinople, et la tête du visir Mehemet, exilé à Metelin, a également été exposée. Le Grand Seigneur a annoncé une expédition contre le tsar en Ukraine. En Espagne, la cour est en deuil suite aux décès en France, et la reine souhaite accoucher au Buen Retiro. Le duc de San Juan est décédé, et ses fonctions ont été confiées au duc de Veraguas. Plus de 3000 chevaux sont arrivés en Andalousie pour la cavalerie. Le sieur Ducasse a atteint La Corogne avec des vaisseaux transportant des richesses. En Espagne, les troupes françaises se déplacent vers Valence, tandis que celles du roi d'Espagne en Catalogne restent tranquilles. Don Nicolás Terán de Urivé a repoussé un corps de miquelets et de volontaires. À Naples, une disette de grains et d'huile est signalée, et plusieurs tartanes ont été envoyées pour approvisionner les ports de Calabre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9168
p. 103-110
MORTS.
Début :
Charles Marie Maillard de Tournon, Cardinal Piemontois, Legat dans l' [...]
Mots clefs :
Général, Roi, Cardinal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Charles Marie Maillard
de Tournon,Cardinal Picmontois,
Legat dans l'Empire
de la Chine, mourut
à Macao le 18. Juin 1710.
Il étoit l'un des Cametiers
d'honneur du Pape Clement
XI. qui le nomma
Patrarche d'Antioche le
Décembre
1 701. & declara
en mesme temps qu'ill'avoir
destiné pour l'envoyer
à la Chine en qualité de
VisiteurApoltohque,avec
les facultez de Legat à
Latere pour y porter les
Decrets & les Reglemens
necessaires pour la conduite
des Chrêtieus de ce Païs-là.
Le 21. du mesme mois le
Pape fit dans le Choeur de
l'Eglise de S. Pierre la ceremonie
de le sacrer Patriarche,
assisté des Cardinaux
Acciajoli & Carpegna,fonction
que les Papes n'avoient
point faite pendant tout le
cours du siecle precedent
depuis ClementVIII. Sa
Sainteté le nomma Cardinalle
I
r. Aoust 1707. on
a recu à Rome un Proces
verbal contenant les circonstances
de sa mort.
Maria Gabrieli Giovanni,
Cardinal, mourut à Caprola
- dans sa cinquante
huitiémeannée.Il y étoit
allé pour prendre l'air afin
de s'y rétablir d'une grande
maladie qu'il avoit eue auparavant.
Il avoit esté General
des Feuillants, & fait
Cardinal par le Pape Innocent
XII. à la promotion
du 14. Novembre. Il vacque
par ces deux Morts,
dix sept places dans le Sacré
College.
Le Chevalier Richard
de Bulstrode, Anglois,
mourut à S. Germain en
Laye le 3e. Octobre age
decent cinq ans. Ilavoit
servy fous cinq Rois d'Angleterre.
Il avoit esté Commiflairc
General de l'Armée
du Roy Charles I. puis Envoyé
Extraordinaire à ta
Cour de Bruxelles sousdes
Rois Henry II. & Jacques
IL Il a laissé dix-sept ensans
de deux lits, donc trois
font Moufcjuetaires}- l'aîné
de ses fils, est âgé de soixante
& douze ans, & le
plus jeune de treize.
René Seguin
,
Capitaine
du Châceau du Louvre,
mourut le 4. Octobre agé
de 66 ans après une longue
maladie. Il étoit le
dernier de sa famille
,
qui
a possedé cette Charge de
pere en fils, pendant quatre-
vingt ans.
Antoine François Picard,
Seigneur de Mauny, Conseiller
au Parlement, mourut
sans alliance le11. Octobre
agé de trente ans.
Bonaventure Frotier,
Marquis de la Messeliere,
Marechal des Camps & Armées
du Roy, mourut le
14.Septembre dans sa
Terre de la Messeliere en
Poitou. Il avoit esté Gouverneur
de MastricK. -
Anne Thibeuf mourut
le
1 5. Octobre. Elle avoit
épousé en premiere Noces
Clauded'Alesso, Conseilkr
au Parlement
,
&,. en
seconde-noces Pierre Lallomant
de Lestiée Vicomte
de Villeneuve &c. Gouverneur
des Villes & Citadelle
de Donchcry & d'Auxerre.
Antoinette Françoise
Robineau de Fortelles seconde
femme de Cesar
Hurault Comte du Marais,
mourut le 16. Octobre
# agée de 33. ans.
Marie- Anne Roland ,
épouse de Claude Jacques
du Noyer, Seigneur de
Touches, Maistre des Requestes
, mourut en couches
le 18. Octobre.
Jean Angelique de Frezeau,
Marquis de la Frefelicre)
Lieutenant General
des Armées du Roy,&
Premier Lieutenant General
de l'Artillerie de France,
mourut le 16. Octobre en
sonChâteau de laChaussée,
agé de 39. ans. Son
Corps a esté apporté à
Saint Paul où il a esté inhumé.
Charles Marie Maillard
de Tournon,Cardinal Picmontois,
Legat dans l'Empire
de la Chine, mourut
à Macao le 18. Juin 1710.
Il étoit l'un des Cametiers
d'honneur du Pape Clement
XI. qui le nomma
Patrarche d'Antioche le
Décembre
1 701. & declara
en mesme temps qu'ill'avoir
destiné pour l'envoyer
à la Chine en qualité de
VisiteurApoltohque,avec
les facultez de Legat à
Latere pour y porter les
Decrets & les Reglemens
necessaires pour la conduite
des Chrêtieus de ce Païs-là.
Le 21. du mesme mois le
Pape fit dans le Choeur de
l'Eglise de S. Pierre la ceremonie
de le sacrer Patriarche,
assisté des Cardinaux
Acciajoli & Carpegna,fonction
que les Papes n'avoient
point faite pendant tout le
cours du siecle precedent
depuis ClementVIII. Sa
Sainteté le nomma Cardinalle
I
r. Aoust 1707. on
a recu à Rome un Proces
verbal contenant les circonstances
de sa mort.
Maria Gabrieli Giovanni,
Cardinal, mourut à Caprola
- dans sa cinquante
huitiémeannée.Il y étoit
allé pour prendre l'air afin
de s'y rétablir d'une grande
maladie qu'il avoit eue auparavant.
Il avoit esté General
des Feuillants, & fait
Cardinal par le Pape Innocent
XII. à la promotion
du 14. Novembre. Il vacque
par ces deux Morts,
dix sept places dans le Sacré
College.
Le Chevalier Richard
de Bulstrode, Anglois,
mourut à S. Germain en
Laye le 3e. Octobre age
decent cinq ans. Ilavoit
servy fous cinq Rois d'Angleterre.
Il avoit esté Commiflairc
General de l'Armée
du Roy Charles I. puis Envoyé
Extraordinaire à ta
Cour de Bruxelles sousdes
Rois Henry II. & Jacques
IL Il a laissé dix-sept ensans
de deux lits, donc trois
font Moufcjuetaires}- l'aîné
de ses fils, est âgé de soixante
& douze ans, & le
plus jeune de treize.
René Seguin
,
Capitaine
du Châceau du Louvre,
mourut le 4. Octobre agé
de 66 ans après une longue
maladie. Il étoit le
dernier de sa famille
,
qui
a possedé cette Charge de
pere en fils, pendant quatre-
vingt ans.
Antoine François Picard,
Seigneur de Mauny, Conseiller
au Parlement, mourut
sans alliance le11. Octobre
agé de trente ans.
Bonaventure Frotier,
Marquis de la Messeliere,
Marechal des Camps & Armées
du Roy, mourut le
14.Septembre dans sa
Terre de la Messeliere en
Poitou. Il avoit esté Gouverneur
de MastricK. -
Anne Thibeuf mourut
le
1 5. Octobre. Elle avoit
épousé en premiere Noces
Clauded'Alesso, Conseilkr
au Parlement
,
&,. en
seconde-noces Pierre Lallomant
de Lestiée Vicomte
de Villeneuve &c. Gouverneur
des Villes & Citadelle
de Donchcry & d'Auxerre.
Antoinette Françoise
Robineau de Fortelles seconde
femme de Cesar
Hurault Comte du Marais,
mourut le 16. Octobre
# agée de 33. ans.
Marie- Anne Roland ,
épouse de Claude Jacques
du Noyer, Seigneur de
Touches, Maistre des Requestes
, mourut en couches
le 18. Octobre.
Jean Angelique de Frezeau,
Marquis de la Frefelicre)
Lieutenant General
des Armées du Roy,&
Premier Lieutenant General
de l'Artillerie de France,
mourut le 16. Octobre en
sonChâteau de laChaussée,
agé de 39. ans. Son
Corps a esté apporté à
Saint Paul où il a esté inhumé.
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Résumé : MORTS.
Le texte mentionne plusieurs décès notables. Charles Marie Maillard de Tournon, Cardinal Picmontois et Légat en Chine, est décédé à Macao le 18 juin 1710. Il avait été nommé Patriarche d'Antioche en décembre 1701 et sacré à l'Église de Saint-Pierre le 21 décembre 1701. Il fut élevé au rang de Cardinal le 1er août 1707. Maria Gabrieli Giovanni, Cardinal, est mort à Caprola à l'âge de cinquante-huit ans. Ces deux décès ont laissé dix-sept places vacantes dans le Sacré Collège. Richard de Bulstrode, Chevalier anglais, est décédé à Saint-Germain-en-Laye le 3 octobre à l'âge de quatre-vingt-cinq ans. Il avait servi sous cinq Rois d'Angleterre et laissé dix-sept enfants. René Seguin, Capitaine du Château du Louvre, est mort le 4 octobre à l'âge de soixante-six ans après une longue maladie. Antoine François Picard, Seigneur de Mauny et Conseiller au Parlement, est décédé sans alliance le 11 octobre à l'âge de trente ans. Bonaventure Frotier, Marquis de la Messeliere et Maréchal des Camps et Armées du Roi, est mort le 14 septembre. Anne Thibeuf est décédée le 15 octobre. Antoinette Françoise Robineau de Fortelles, seconde femme de César Hurault Comte du Marais, est morte le 16 octobre à l'âge de trente-trois ans. Marie-Anne Roland, épouse de Claude Jacques du Noyer, est décédée en couches le 18 octobre. Jean Angélique de Frezeau, Marquis de la Frezelière et Lieutenant Général des Armées du Roi, est mort le 16 octobre à l'âge de trente-neuf ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9169
p. 729-741
LETTRE de M.... sur la Continuation des Memoires du R. P. Niceron.
Début :
Les Memoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres dans la [...]
Mots clefs :
Jean-François Niceron, Lettres, Ogier Ghislain de Busbecq, Empereur, Constantinople, Ambassade , Affaires, Lettre, Roi, Turquie, Mort, Pierandrea Mattioli, Flandres, Voyage, Autriche, Mémoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M.... sur la Continuation des Memoires du R. P. Niceron.
LETTRE de M.... sur la Continuation
des Memoires du R. P. Niceron.
L
Es Memoires pour servir à l'Histoire
des Hommes Illustres dans la
Képublique des Lettres , &c. continuent ,
Monsieur , d'être publiez ici avec succès
, et c'est toujours le sieur Briasson ,
Libraire , rue S. Jacques , qui les imprime.
J'ai à vous parler ici du XXII. votume
, vous ayant rendu compte de tous
les précedens.
C'est toûjours le même plan et le même
ordre , ainsi il me suffira de vous
dire que ce Tome , de 410. pages sans
les Tables , contient la Vie et le Catalogue
de 45. Sçavans , entre lesquels j'ai
choisi Auger Gislen de Busbeg , comme
un sujet qui , je m'assure , sera de votre
goût , et qui conviendra d'ailleurs pour
ne point trop exceder les bornes d'une
Lettre. Voici comment en parle notre
Auteur , page 350. de son Livre.
AUGER Gislen de Busbeq , naquit Fan
15220
730 MERCURE DE FRANCE
1522. à Comines en Flandres sur la Lys,
et fut fils naturel de Gilles Gislen , Seigneur
de Busbeq , Château sur la Lys
entre Comines et Menin , qui l'eut d'une
fille de basse condition .
Les heureuses dispositions qu'il fit voir
dès sa premiere jeunesse pour les Sciences
, engagerent son pere , qui l'élevoit
dans sa maison , à ne rien oublier pour
son instruction , et à le faire légitimer
par un Rescrit de l'Empereur Charles
Quint.
Il l'envoya étudier dans les plus celebres
Universitez , à Louvain , à Paris ,
à Venise , à Boulogne et à Padoüe , et
le jeune Busbeq fit de grands progrès
dans toutes ces Villes sous les fameux
Professeurs qu'il y suivit.
>
En 1554 il fut en Angleterre à la suite
de Pierre Lasso , que Ferdinand , Roy des
Romains , y envoyoit en Ambassade
pour assister aux Nôces de la Reine Marie
avec Philippe , fils de l'Empereur
Charles-Quint , qui se celebrerent le 5 .
Juillet 1554.
De retour en Flandres , il reçut à Lille
le 3. Novembre suivant , une Lettre de
Ferdinand par laquelle ce Prince lui
marquoit de se rendre à Vienne , pour
aller en Ambassade à Constantinople.
"
II
AVRIL 1734 731
Il ne differa de partir qu'autant de
temps qu'il lui en fallut pour aller dire
adieu à son Pere , que Valere André
peu exact sur son chapitre , a supposé
mal à propos , mort en ce temps - là ;
aussi bien qu'à ses amis.
Arrivé àVienne , il en partit aussi - tôt
pour Constantinople , où il arriva le
20. Janvier 1555. Soliman II . étoit alors
à Amasie à la tête de son Armée , et ayant
sçû son arrivée , il lui fit dire de le venir
trouver.
Il sortit de Constantinople le 5. Mars
et arriva auprès du Grand Seigneur le
7. Avril ; mais il n'eut pas grande satisfaction
de lui .
Il avoit été envoyé à la Porte pour
y demeurer en qualité d'Ambassadeur
ordinaire ; cependant il y fit très peu
de séjour. Il ne put obtenir de Soliman
qu'une Tréve de six mois ; et on jugea
à propos qu'il retournât promptement
vers Ferdinand , pour lui porter la Lettre
de l'Empereur Turc.
Il partit donc d'Amasie le 2. Juin , et
eut presque toujours la fievre jusqu'au 24.
qu'il arriva à Constantinople , d'où après
quatorze jours de repos , il reprit le chemin
de Vienne.
Le Roy des Romains le renvoya au
mois
732 MERCURE DE FRANCE
mois de Novembre à Constantinople ,
où il arriva en Janvier 1556.
Cette seconde Ambassade fut plus longue
et plus heureuse que la premiere ;
car elle dura sept ans , et finit par un
Traité contenant une Tréve de huit ans:
Busbeq , quoiqu'appliqué aux affaires
de son Ambassade , ne laissa pas de travailler
pendant son séjour en Turquie
pour la République des Lettres . Il ramassoit
des Inscriptions , acheptoit des
Manuscrits , recherchoit les Plantes rares
, et s'informoit de la nature des Animaux.
A ce second voyage il avoit mené
avec lui un Peintre , pour dessiner les
Plantes et les Animaux qui nous sont
inconnus ; et il communiqua dans la suite
ces Desseins à Pierre- André Mathiole',
qui en fit qui en fit usage dans les Livres qu'il
donna au Public.
Quelques- uns se sont imaginez que
Mathiole avoit été à son service , fondez
sur la quatriéme Lettre de Busbeq ,
écrite en 1562. où il est dit : Nihil pene
stirpium neque herbarum retuli , nisi depictarum,
quas Mathiolo servo mandaram,
et alia pleraque , & c. mais il est visible
que la ponctuation est vicieuse dans cet
endroit , et qu'il faut lire : quas Mathiolo
servo, Mandaram et alia pleraque, & c.
Fest
AVRIL. 1734:
733
c'est-à - dire qu'il gardoit ces Desseins
pour Mathiole. Ajoûtez à cela que Mathiole
dit dans l'Epitre Décicatoire de
son Commentaire sur Dioscoride , écrite
l'an 1568. qu'il y avoit 17. ans de suite
qu'il étoit Medecin de Ferdinand d'Autriche
, second fils de Maximilien I. II
a donc commencé à l'être en 1551. et
n'a pû durant ce temps servir Busbeq .
Busbeq eut pendant son séjour en Turquie
un Medecin , dont il est bon do
dire quelque chose. Il s'appelloit Guillaume
Quacquelben , et étoit natif de
Courtray en Flandres. Il fut appellé en
1548. de Louvain pour professer la Medecine
à Vienne en Autriche . Il passa
de-là à Constantinople en 1552. et y
mourut en 1561. C'étoit un homme de
Lettres , et curieux en Médailles , et Busbeq
assure dans ses Lettres , que la République
des Lettres perdit par sa mort
quantité de Remarques curieuses qu'il
vouloit mettre au jour. Mathiole , dans
ses Observations sur Dioscoride , reconnoît
qu'il lui en avoit envoyé plusieurs
qu'il avoit inserées dans son Ouvrage.
Ce Medecin avoit pour principe qu'il ne
falloit pas craindre la Peste , parce que
la crainte seule pouvoit la donner ; cependant
il la gagna et en mourut sans
vouloir
734 MERCURE DE FRANCE
vouloir presque démordre de son prémier
sentiment. Busbeq le croyoit capable
de tenir sa place à Constantinople
, quand il en seroit parti .
Busbeq ayant terminé les affaires qui
l'avoient amené en Turquie , partit de
Constantinople à la fin du mois d'Août
de l'an 1562. avec Ebrahim Strotschen ,
Polonois , que Soliman II. envoyoit à
l'Empereur Ferdinand II . et arriva en
Autriche au commencement d'Octobre;
mais comme l'Empereur étoit alors à la
Diette de Francfort , il s'y transporta par
ses ordres pour lui rendre compte de
ses Négociations . Son dessein étoit de
passer après cela le reste de ses jours dans
une vie privée ; mais il fallut qu'il se
rembarquât plus que jamais à la Cour.
On lui confia le gouvernement des
jeunes Princes , fils de Maximilien II .
que ce Prince , devenu Empereur par la
mort de Ferdinand I. son Pere , arrivée
le 25. Juillet 1564. envoya en Espagne
auprès de Philippe II. leur Oncle , sous
sa conduite .
Lorsque la Princesse Elisabeth d'Autriche
, fille du même Empereur Maximilien
, fut mariée en 1570. avec Char
les IX. Roy de France , il fut chargé
de la conduire dans ce Royaume , et demeura
AVRIL 1734 735
meura auprès d'elle , avec l'Intendance
de sa Maison et de ses affaires ; et quand
cette Princesse sortit de France après la
mort de son Mary , arrivée le 30. May
1574. elle l'y laissa pour y avoir soin de
ses affaires.
·
L'Empereur Rodolphe II . le choisit
aussi pour être son Ambassadeur à la
Cour de France ; et l'on a les Lettres qu'il
lui écrivit en cette qualité depuis le 25.
Mars 1582. jusqu'à la fin de 1585.
En 1592. il obtint de l'Empereur un
Congé de six mois pour faire un voyage
en Flandres , où sa presence étoit nécessaire
par rapport à ses affaires domestiques.
Mais quoiqu'il eût pris pour faire
ce voyage plus sûrement , des passeports
du Roy et de la Ligue , il fut volé et
maltraité dans le Village de Cailly à quatre
lieues de Rouen , par un Parti de
Ligueurs , qui cependant , sur les représentations
qu'il leur fit par rapport à son
caractere , le laisserent libre et lui rendirent
tout ce qu'ils lui avoient pris.
Le Gouverneur de Rouen ayant sçû
cette avanture , lui en fit des excuses et
lui promit de punir ceux qui l'avoient
insulté , mais Busbeq lui répondit qu'il
songeoit plutôt à se tranquiliser l'esprit
qu'à se venger de l'injure qu'on avoit
faite à sa qualité.
736 MERCURE DE FRANCE
Il ne continua pas cependant son voyage
; car se sentant incommodé , il se fit
porter au Château de Mailloc , dans le
voisinage de Cailly.
Il y mourut onze jours après , le 28.
Octobre 1592. âgé d'environ 70. ans.Son
corps fut enterré honorablement dans
l'Eglise du Lieu , et son coeur fut porté
aux Bays - Bas , pour y être mis dans le
Tombeau de ses Ancêtres.
Le bruit courut alors qu'il avoit été
tué dans un bois par des voleurs , et c'est
conformément à ce bruit qu'en ont parlé
Philippe Camérarius dans ses Méditations
historiques, Scaliger, dans le Scaligeriana,
et Juste Lipse , dans l'Epitaphe qu'il lui
a faite.
L'Archiduc Albert , Gouverneur et
puis Souverain des Pays - Bas Epagnols ,
érigea en Baronie la Terre de Busbeq ,
pour honorer la mémoire de son Gouverneur
et lui témoigner sa reconnoissance.
Maximilien , Pere de ce Prince ,
lui avoit conferé l'Ordre de Chevalerie ,
et les Lettres Patentes qu'il lui accorda
pour cela , le 3. Avril 1554. lui sont très .
honorables .
Il avoit eu dessein de se fixer en Fran
ce , dont le séjour lui plaisoit extréme
ment , et il y avoit dans ce dessein acheté
quelques Terres.
AVRIL. 1734. 737
On dit qu'il parloit sept Langues en
perfection , la Latine l'Italienne , la
Françoise , l'Espagnole , l'Allemande , la
Flamande et la Sclavone.
>
Catalogue de ses Ouvrages.
1. Itinera II. Constantinopolitanum , et
Amasianum. Antuerpia , 1581. in 8. Ces
Voyages sont contenus en deux Lettres
que Busbeq adressa à NicolasMicaut , Sieur
d'Indevel , avec qui il avoit autrefois
étudié en Italie. Louis Carrion , qui en
fit faire cette premiere Edition , la dédia
au même Micaut.
2. Legationis Turcice Epistola quatuor,
quarum priores due prodierunt sub titulo
itinerum Constantinopolitani et Amasiani.
Paris. 1595. in 8. Il y a plusieurs autres
Editions de ces Lettres. Dans celle de
Francfort de l'an 1605. in 8. on a ajoûté
l'Ambassade d'Ebrahim Strotschen , dont
j'ai parlé cy-dessus. Ces Lettres qui sont
très-curieuses et très - instructives ont
été traduites en François sous ce titre :
Ambassades et Voyages en Turquie et Amasie
, de M. Busbequius , depuis l'an 1554.
jusqu'en 1562. traduit du Latin par le
S. Gaudon. Paris 1646. in 8. On en a
aussi une Traduction Allemande , imprimée
à Francfort en 1596. in 8.
3.
738 MERCURE DE FRANCE
3. De re Militari contra Turcam instituenda
Consilium A la suite des Lettres
sur son Ambassade de Turquie , tant
dans la premiere Edition de 1681. que
dans les suivantes. Item. à la page 18 .
du quatrième volume du Recueil de Nicolas
Reusner , intitulé : De Bello Turcico
selectissima Orationes et Consultationes.
Leipsia , 1596. in 4. Busbeq avoit examiné
avec beaucoup de soin l'état de la
Monarchie Ottomane et les veritables
moyens de l'attaquer avec succès
c'est ce qui fait la matiere de ce petit
Discours.
›
3
4. Augerii Gislenii Busbequii , Casaris
apud Regem Gallorum Legati , Epistola ad
Rudolphum. II. Imperatorem. è Bibliotheca
Joannis Bapt. Houvart J. C. Patricii
Bruxellensis. Louvanii , 1630. in 8.
Ces Lettres , qui sont au nombre de 53 .
s'étendent depuis le 25. Mars 1582. jusqu'à
la fin de 1585. elles ont été tradui .
tes en François par M. l'Abbé Bechet ;
Chanoine d'Usez , natif de Clermont en
Auvergne , Auteur de la Vie du Cardinal
Martinuzius , mort en 1722. âgé de
73. ans , et cette Traduction a été inserée
dans le II . Tome des Memoires de
Litterature du P. Desmolets , pag. 249 .
» Ces Lettres , dit Vigneul de Marville ,
Tom .
AVRIL. 1734. 739
❤
>
» Tom. I. de ses Melanges , pag. 52. sont
>> mieux remplies et plus utiles que celles
de Bongars . C'est un Portrait au
>> naturel des affaires de France sous le
» Regne de Henry III . Il raconte les cho-
» ses avec une naïveté si grande qu'elies
semblent se passer sous nos yeux . On ne
» trouve point ailleurs tant de faits his-
» toriques on si peu de discours . Les
» grands mouvemens comme la conspiration
d'Anvers et les petites intri-
» gues de la Cour y sont également bien.
marqués. Les attitudes , pour ainsi dire ,
» dans lesquelles il met Henry III , la .
» Reine Mere , le Duc d'Alençon , le Roy
» de Navarre , la Reine Marguerite , le
>> Duc de Guise , le Duc d'Epernon , et
» les autres Courtisans et Favoris de ce
» temps - là,nous les montrent du côté qui
» nous en découvre , à coup sûr , le fort
» et le foible , le bon et le mauvais. En
un mot , les Lettres de Busbeq sont un
modele de bien écrire pour les Ambassadeurs
qui rendent compte à leurs
Maîtres de ce qui se passe dans les
Cours où ils résident .
>>
5. Omnia quæ extant , seu Epistola ipsius
Legationum et alii Tractatus historici , et
Politici. Lugd. Bat. Elzevir , 1633. in 24.
Item . Amstelodami. Elzevir , 1660. in 24.
Voyez
740 MERCURE DE FRANCE
Voyez ses Lettres . C'est- là qu'on trouve
un détail exact de ce qui le regarde.
Bayle , Dictionnaire , son article est fait
avec beaucoup de soin. Tous les autres
Auteurs qui ont parlé de lui, sont tombez
dans des fautes grossieres et ont donné
une Relation de sa Vie , qui contredit
souvent ce qu'on trouve dans ses Let
tres. Tels sont les suivants. Valere André
, Bibliotheca Belgica : l'Auteur de sa
Vie qui est à la tête de ses Lettres à l'Empereur
Rodolphe , et que M. l'Abbé Bechet
a traduite de même que les Lettres.
Melchioris Adami vita Jurisconsultorum
Germanorum. p. 145. Freheri Theatrum Virorum
Doctorum , p. 931. Bullart , Académie
des Sciences , Tom. I. p. 80. Les
Eloges de M. de Thou , et les Additions
de Teissier.
Les autres Sçavans qui remplissent ce Volume
sont, Barthelemi Aneau, Elie Ashmole
,Jean d'Aubry, Guillaume de Baillou, Jacques
de Billy,Geoffroy et Jean de Billy, Adam
Blacvod , Edouard Brereword,RobertBurhill,
Louis Cappel, Louis Cappel lejeune,Jacques
Cappel, Scipion Carteromaco , Jacques Cassagne
, Antoine de Chandien, Nicolas Cisner,
Gaspard Contarini, Martin Antoine Delrio,
Antoine Densingius, Jeremie Drexelius,Jean
Drusius,Varino Favorino,Jean Gelida, Gilbert
AVRIL. 1734. 741
"
bert Genebrard, François Godwin , Laurent
Humphrey , Jean Marsham , Nicolas Hugues
Menard , Isaac Newton , François
Pinsson Arnaud de Pontac , Antoine
Possevin , Pierre du Ryer , François Sansovino,
J.Théodore Schenkius , Joseph Marie
Suarez , Paul et François Tallemant ,
J. F. Foy Vaillant , N. Durand de Villegagnon
, Burcher de Volder , Adolphe et
Everard Vorstius.
des Memoires du R. P. Niceron.
L
Es Memoires pour servir à l'Histoire
des Hommes Illustres dans la
Képublique des Lettres , &c. continuent ,
Monsieur , d'être publiez ici avec succès
, et c'est toujours le sieur Briasson ,
Libraire , rue S. Jacques , qui les imprime.
J'ai à vous parler ici du XXII. votume
, vous ayant rendu compte de tous
les précedens.
C'est toûjours le même plan et le même
ordre , ainsi il me suffira de vous
dire que ce Tome , de 410. pages sans
les Tables , contient la Vie et le Catalogue
de 45. Sçavans , entre lesquels j'ai
choisi Auger Gislen de Busbeg , comme
un sujet qui , je m'assure , sera de votre
goût , et qui conviendra d'ailleurs pour
ne point trop exceder les bornes d'une
Lettre. Voici comment en parle notre
Auteur , page 350. de son Livre.
AUGER Gislen de Busbeq , naquit Fan
15220
730 MERCURE DE FRANCE
1522. à Comines en Flandres sur la Lys,
et fut fils naturel de Gilles Gislen , Seigneur
de Busbeq , Château sur la Lys
entre Comines et Menin , qui l'eut d'une
fille de basse condition .
Les heureuses dispositions qu'il fit voir
dès sa premiere jeunesse pour les Sciences
, engagerent son pere , qui l'élevoit
dans sa maison , à ne rien oublier pour
son instruction , et à le faire légitimer
par un Rescrit de l'Empereur Charles
Quint.
Il l'envoya étudier dans les plus celebres
Universitez , à Louvain , à Paris ,
à Venise , à Boulogne et à Padoüe , et
le jeune Busbeq fit de grands progrès
dans toutes ces Villes sous les fameux
Professeurs qu'il y suivit.
>
En 1554 il fut en Angleterre à la suite
de Pierre Lasso , que Ferdinand , Roy des
Romains , y envoyoit en Ambassade
pour assister aux Nôces de la Reine Marie
avec Philippe , fils de l'Empereur
Charles-Quint , qui se celebrerent le 5 .
Juillet 1554.
De retour en Flandres , il reçut à Lille
le 3. Novembre suivant , une Lettre de
Ferdinand par laquelle ce Prince lui
marquoit de se rendre à Vienne , pour
aller en Ambassade à Constantinople.
"
II
AVRIL 1734 731
Il ne differa de partir qu'autant de
temps qu'il lui en fallut pour aller dire
adieu à son Pere , que Valere André
peu exact sur son chapitre , a supposé
mal à propos , mort en ce temps - là ;
aussi bien qu'à ses amis.
Arrivé àVienne , il en partit aussi - tôt
pour Constantinople , où il arriva le
20. Janvier 1555. Soliman II . étoit alors
à Amasie à la tête de son Armée , et ayant
sçû son arrivée , il lui fit dire de le venir
trouver.
Il sortit de Constantinople le 5. Mars
et arriva auprès du Grand Seigneur le
7. Avril ; mais il n'eut pas grande satisfaction
de lui .
Il avoit été envoyé à la Porte pour
y demeurer en qualité d'Ambassadeur
ordinaire ; cependant il y fit très peu
de séjour. Il ne put obtenir de Soliman
qu'une Tréve de six mois ; et on jugea
à propos qu'il retournât promptement
vers Ferdinand , pour lui porter la Lettre
de l'Empereur Turc.
Il partit donc d'Amasie le 2. Juin , et
eut presque toujours la fievre jusqu'au 24.
qu'il arriva à Constantinople , d'où après
quatorze jours de repos , il reprit le chemin
de Vienne.
Le Roy des Romains le renvoya au
mois
732 MERCURE DE FRANCE
mois de Novembre à Constantinople ,
où il arriva en Janvier 1556.
Cette seconde Ambassade fut plus longue
et plus heureuse que la premiere ;
car elle dura sept ans , et finit par un
Traité contenant une Tréve de huit ans:
Busbeq , quoiqu'appliqué aux affaires
de son Ambassade , ne laissa pas de travailler
pendant son séjour en Turquie
pour la République des Lettres . Il ramassoit
des Inscriptions , acheptoit des
Manuscrits , recherchoit les Plantes rares
, et s'informoit de la nature des Animaux.
A ce second voyage il avoit mené
avec lui un Peintre , pour dessiner les
Plantes et les Animaux qui nous sont
inconnus ; et il communiqua dans la suite
ces Desseins à Pierre- André Mathiole',
qui en fit qui en fit usage dans les Livres qu'il
donna au Public.
Quelques- uns se sont imaginez que
Mathiole avoit été à son service , fondez
sur la quatriéme Lettre de Busbeq ,
écrite en 1562. où il est dit : Nihil pene
stirpium neque herbarum retuli , nisi depictarum,
quas Mathiolo servo mandaram,
et alia pleraque , & c. mais il est visible
que la ponctuation est vicieuse dans cet
endroit , et qu'il faut lire : quas Mathiolo
servo, Mandaram et alia pleraque, & c.
Fest
AVRIL. 1734:
733
c'est-à - dire qu'il gardoit ces Desseins
pour Mathiole. Ajoûtez à cela que Mathiole
dit dans l'Epitre Décicatoire de
son Commentaire sur Dioscoride , écrite
l'an 1568. qu'il y avoit 17. ans de suite
qu'il étoit Medecin de Ferdinand d'Autriche
, second fils de Maximilien I. II
a donc commencé à l'être en 1551. et
n'a pû durant ce temps servir Busbeq .
Busbeq eut pendant son séjour en Turquie
un Medecin , dont il est bon do
dire quelque chose. Il s'appelloit Guillaume
Quacquelben , et étoit natif de
Courtray en Flandres. Il fut appellé en
1548. de Louvain pour professer la Medecine
à Vienne en Autriche . Il passa
de-là à Constantinople en 1552. et y
mourut en 1561. C'étoit un homme de
Lettres , et curieux en Médailles , et Busbeq
assure dans ses Lettres , que la République
des Lettres perdit par sa mort
quantité de Remarques curieuses qu'il
vouloit mettre au jour. Mathiole , dans
ses Observations sur Dioscoride , reconnoît
qu'il lui en avoit envoyé plusieurs
qu'il avoit inserées dans son Ouvrage.
Ce Medecin avoit pour principe qu'il ne
falloit pas craindre la Peste , parce que
la crainte seule pouvoit la donner ; cependant
il la gagna et en mourut sans
vouloir
734 MERCURE DE FRANCE
vouloir presque démordre de son prémier
sentiment. Busbeq le croyoit capable
de tenir sa place à Constantinople
, quand il en seroit parti .
Busbeq ayant terminé les affaires qui
l'avoient amené en Turquie , partit de
Constantinople à la fin du mois d'Août
de l'an 1562. avec Ebrahim Strotschen ,
Polonois , que Soliman II. envoyoit à
l'Empereur Ferdinand II . et arriva en
Autriche au commencement d'Octobre;
mais comme l'Empereur étoit alors à la
Diette de Francfort , il s'y transporta par
ses ordres pour lui rendre compte de
ses Négociations . Son dessein étoit de
passer après cela le reste de ses jours dans
une vie privée ; mais il fallut qu'il se
rembarquât plus que jamais à la Cour.
On lui confia le gouvernement des
jeunes Princes , fils de Maximilien II .
que ce Prince , devenu Empereur par la
mort de Ferdinand I. son Pere , arrivée
le 25. Juillet 1564. envoya en Espagne
auprès de Philippe II. leur Oncle , sous
sa conduite .
Lorsque la Princesse Elisabeth d'Autriche
, fille du même Empereur Maximilien
, fut mariée en 1570. avec Char
les IX. Roy de France , il fut chargé
de la conduire dans ce Royaume , et demeura
AVRIL 1734 735
meura auprès d'elle , avec l'Intendance
de sa Maison et de ses affaires ; et quand
cette Princesse sortit de France après la
mort de son Mary , arrivée le 30. May
1574. elle l'y laissa pour y avoir soin de
ses affaires.
·
L'Empereur Rodolphe II . le choisit
aussi pour être son Ambassadeur à la
Cour de France ; et l'on a les Lettres qu'il
lui écrivit en cette qualité depuis le 25.
Mars 1582. jusqu'à la fin de 1585.
En 1592. il obtint de l'Empereur un
Congé de six mois pour faire un voyage
en Flandres , où sa presence étoit nécessaire
par rapport à ses affaires domestiques.
Mais quoiqu'il eût pris pour faire
ce voyage plus sûrement , des passeports
du Roy et de la Ligue , il fut volé et
maltraité dans le Village de Cailly à quatre
lieues de Rouen , par un Parti de
Ligueurs , qui cependant , sur les représentations
qu'il leur fit par rapport à son
caractere , le laisserent libre et lui rendirent
tout ce qu'ils lui avoient pris.
Le Gouverneur de Rouen ayant sçû
cette avanture , lui en fit des excuses et
lui promit de punir ceux qui l'avoient
insulté , mais Busbeq lui répondit qu'il
songeoit plutôt à se tranquiliser l'esprit
qu'à se venger de l'injure qu'on avoit
faite à sa qualité.
736 MERCURE DE FRANCE
Il ne continua pas cependant son voyage
; car se sentant incommodé , il se fit
porter au Château de Mailloc , dans le
voisinage de Cailly.
Il y mourut onze jours après , le 28.
Octobre 1592. âgé d'environ 70. ans.Son
corps fut enterré honorablement dans
l'Eglise du Lieu , et son coeur fut porté
aux Bays - Bas , pour y être mis dans le
Tombeau de ses Ancêtres.
Le bruit courut alors qu'il avoit été
tué dans un bois par des voleurs , et c'est
conformément à ce bruit qu'en ont parlé
Philippe Camérarius dans ses Méditations
historiques, Scaliger, dans le Scaligeriana,
et Juste Lipse , dans l'Epitaphe qu'il lui
a faite.
L'Archiduc Albert , Gouverneur et
puis Souverain des Pays - Bas Epagnols ,
érigea en Baronie la Terre de Busbeq ,
pour honorer la mémoire de son Gouverneur
et lui témoigner sa reconnoissance.
Maximilien , Pere de ce Prince ,
lui avoit conferé l'Ordre de Chevalerie ,
et les Lettres Patentes qu'il lui accorda
pour cela , le 3. Avril 1554. lui sont très .
honorables .
Il avoit eu dessein de se fixer en Fran
ce , dont le séjour lui plaisoit extréme
ment , et il y avoit dans ce dessein acheté
quelques Terres.
AVRIL. 1734. 737
On dit qu'il parloit sept Langues en
perfection , la Latine l'Italienne , la
Françoise , l'Espagnole , l'Allemande , la
Flamande et la Sclavone.
>
Catalogue de ses Ouvrages.
1. Itinera II. Constantinopolitanum , et
Amasianum. Antuerpia , 1581. in 8. Ces
Voyages sont contenus en deux Lettres
que Busbeq adressa à NicolasMicaut , Sieur
d'Indevel , avec qui il avoit autrefois
étudié en Italie. Louis Carrion , qui en
fit faire cette premiere Edition , la dédia
au même Micaut.
2. Legationis Turcice Epistola quatuor,
quarum priores due prodierunt sub titulo
itinerum Constantinopolitani et Amasiani.
Paris. 1595. in 8. Il y a plusieurs autres
Editions de ces Lettres. Dans celle de
Francfort de l'an 1605. in 8. on a ajoûté
l'Ambassade d'Ebrahim Strotschen , dont
j'ai parlé cy-dessus. Ces Lettres qui sont
très-curieuses et très - instructives ont
été traduites en François sous ce titre :
Ambassades et Voyages en Turquie et Amasie
, de M. Busbequius , depuis l'an 1554.
jusqu'en 1562. traduit du Latin par le
S. Gaudon. Paris 1646. in 8. On en a
aussi une Traduction Allemande , imprimée
à Francfort en 1596. in 8.
3.
738 MERCURE DE FRANCE
3. De re Militari contra Turcam instituenda
Consilium A la suite des Lettres
sur son Ambassade de Turquie , tant
dans la premiere Edition de 1681. que
dans les suivantes. Item. à la page 18 .
du quatrième volume du Recueil de Nicolas
Reusner , intitulé : De Bello Turcico
selectissima Orationes et Consultationes.
Leipsia , 1596. in 4. Busbeq avoit examiné
avec beaucoup de soin l'état de la
Monarchie Ottomane et les veritables
moyens de l'attaquer avec succès
c'est ce qui fait la matiere de ce petit
Discours.
›
3
4. Augerii Gislenii Busbequii , Casaris
apud Regem Gallorum Legati , Epistola ad
Rudolphum. II. Imperatorem. è Bibliotheca
Joannis Bapt. Houvart J. C. Patricii
Bruxellensis. Louvanii , 1630. in 8.
Ces Lettres , qui sont au nombre de 53 .
s'étendent depuis le 25. Mars 1582. jusqu'à
la fin de 1585. elles ont été tradui .
tes en François par M. l'Abbé Bechet ;
Chanoine d'Usez , natif de Clermont en
Auvergne , Auteur de la Vie du Cardinal
Martinuzius , mort en 1722. âgé de
73. ans , et cette Traduction a été inserée
dans le II . Tome des Memoires de
Litterature du P. Desmolets , pag. 249 .
» Ces Lettres , dit Vigneul de Marville ,
Tom .
AVRIL. 1734. 739
❤
>
» Tom. I. de ses Melanges , pag. 52. sont
>> mieux remplies et plus utiles que celles
de Bongars . C'est un Portrait au
>> naturel des affaires de France sous le
» Regne de Henry III . Il raconte les cho-
» ses avec une naïveté si grande qu'elies
semblent se passer sous nos yeux . On ne
» trouve point ailleurs tant de faits his-
» toriques on si peu de discours . Les
» grands mouvemens comme la conspiration
d'Anvers et les petites intri-
» gues de la Cour y sont également bien.
marqués. Les attitudes , pour ainsi dire ,
» dans lesquelles il met Henry III , la .
» Reine Mere , le Duc d'Alençon , le Roy
» de Navarre , la Reine Marguerite , le
>> Duc de Guise , le Duc d'Epernon , et
» les autres Courtisans et Favoris de ce
» temps - là,nous les montrent du côté qui
» nous en découvre , à coup sûr , le fort
» et le foible , le bon et le mauvais. En
un mot , les Lettres de Busbeq sont un
modele de bien écrire pour les Ambassadeurs
qui rendent compte à leurs
Maîtres de ce qui se passe dans les
Cours où ils résident .
>>
5. Omnia quæ extant , seu Epistola ipsius
Legationum et alii Tractatus historici , et
Politici. Lugd. Bat. Elzevir , 1633. in 24.
Item . Amstelodami. Elzevir , 1660. in 24.
Voyez
740 MERCURE DE FRANCE
Voyez ses Lettres . C'est- là qu'on trouve
un détail exact de ce qui le regarde.
Bayle , Dictionnaire , son article est fait
avec beaucoup de soin. Tous les autres
Auteurs qui ont parlé de lui, sont tombez
dans des fautes grossieres et ont donné
une Relation de sa Vie , qui contredit
souvent ce qu'on trouve dans ses Let
tres. Tels sont les suivants. Valere André
, Bibliotheca Belgica : l'Auteur de sa
Vie qui est à la tête de ses Lettres à l'Empereur
Rodolphe , et que M. l'Abbé Bechet
a traduite de même que les Lettres.
Melchioris Adami vita Jurisconsultorum
Germanorum. p. 145. Freheri Theatrum Virorum
Doctorum , p. 931. Bullart , Académie
des Sciences , Tom. I. p. 80. Les
Eloges de M. de Thou , et les Additions
de Teissier.
Les autres Sçavans qui remplissent ce Volume
sont, Barthelemi Aneau, Elie Ashmole
,Jean d'Aubry, Guillaume de Baillou, Jacques
de Billy,Geoffroy et Jean de Billy, Adam
Blacvod , Edouard Brereword,RobertBurhill,
Louis Cappel, Louis Cappel lejeune,Jacques
Cappel, Scipion Carteromaco , Jacques Cassagne
, Antoine de Chandien, Nicolas Cisner,
Gaspard Contarini, Martin Antoine Delrio,
Antoine Densingius, Jeremie Drexelius,Jean
Drusius,Varino Favorino,Jean Gelida, Gilbert
AVRIL. 1734. 741
"
bert Genebrard, François Godwin , Laurent
Humphrey , Jean Marsham , Nicolas Hugues
Menard , Isaac Newton , François
Pinsson Arnaud de Pontac , Antoine
Possevin , Pierre du Ryer , François Sansovino,
J.Théodore Schenkius , Joseph Marie
Suarez , Paul et François Tallemant ,
J. F. Foy Vaillant , N. Durand de Villegagnon
, Burcher de Volder , Adolphe et
Everard Vorstius.
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Résumé : LETTRE de M.... sur la Continuation des Memoires du R. P. Niceron.
La lettre traite de la publication continue des 'Mémoires pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres dans la République des Lettres', imprimés par le sieur Briasson à Paris. Le vingt-deuxième volume contient la vie et le catalogue de 45 savants, parmi lesquels Auger Gislen de Busbeq. Né en 1522 à Comines en Flandres, Busbeq est le fils naturel de Gilles Gislen, seigneur de Busbeq. Grâce à ses dispositions pour les sciences, son père l'envoya étudier dans plusieurs universités célèbres, telles que Louvain, Paris, Venise, Boulogne et Padoue. En 1554, Busbeq se rendit en Angleterre à la suite de Pierre Lasso pour assister aux noces de la reine Marie avec Philippe, fils de l'empereur Charles Quint. De retour en Flandres, il reçut une lettre de Ferdinand, roi des Romains, l'envoyant en ambassade à Constantinople. Il arriva à Constantinople en janvier 1555 et rencontra Soliman II à Amasie. Sa première ambassade fut brève, obtenant seulement une trêve de six mois. Il retourna à Vienne et fut renvoyé à Constantinople en novembre 1555, où il resta sept ans et négocia une trêve de huit ans. Pendant son séjour en Turquie, Busbeq collecta des inscriptions, acheta des manuscrits, rechercha des plantes rares et s'informa sur la nature des animaux. Il ramena des dessins de plantes et d'animaux inconnus en Europe, qu'il communiqua à Pierre-André Matthiole pour ses ouvrages. Il eut également un médecin, Guillaume Quacquelben, qui mourut à Constantinople en 1561. Après avoir terminé ses affaires en Turquie, Busbeq retourna en Autriche en 1562. Il fut ensuite chargé de diverses missions diplomatiques, notamment la conduite des jeunes princes fils de Maximilien II en Espagne et l'escorte de la princesse Élisabeth d'Autriche en France. Il fut également ambassadeur à la cour de France pour Rodolphe II. En 1592, Busbeq obtint un congé pour se rendre en Flandres, mais fut attaqué et volé par des ligueurs près de Rouen. Il mourut peu après, le 28 octobre 1592, à l'âge d'environ 70 ans. Son corps fut enterré honorablement et son cœur porté aux Pays-Bas pour être placé dans le tombeau de ses ancêtres. Busbeq parlait sept langues et laissa plusieurs ouvrages, dont des lettres sur ses voyages et ambassades en Turquie, traduites en français et en allemand. Ses lettres sont considérées comme un modèle de rapport diplomatique. Le volume mentionne également une série de savants, parmi lesquels figurent Valère André, auteur de la 'Bibliotheca Belgica' et de lettres adressées à l'empereur Rodolphe, traduites par l'abbé Bechet. D'autres ouvrages cités incluent 'Melchioris Adami vita Jurisconsultorum Germanorum' et 'Freheri Theatrum Virorum Doctorum'. Le texte fait référence aux éloges de M. de Thou et aux additions de Teissier. La liste des savants inclut Barthelemi Aneau, Elie Ashmole, Jean d'Aubry, Guillaume de Baillou, Jacques de Billy, Geoffroy et Jean de Billy, Adam Blacvod, Edouard Brereword, Robert Burhill, Louis Cappel, Louis Cappel le jeune, Jacques Cappel, Scipion Carteromaco, Jacques Cassagne, Antoine de Chandien, Nicolas Cisner, Gaspard Contarini, Martin Antoine Delrio, Antoine Densingius, Jerémie Drexelius, Jean Drusius, Varino Favorino, Jean Gelida, Gilbert Genebrard, François Godwin, Laurent Humphrey, Jean Marsham, Nicolas Hugues Menard, Isaac Newton, François Pinsson, Arnaud de Pontac, Antoine Possevin, Pierre du Ryer, François Sansovino, J. Théodore Schenkius, Joseph Marie Suarez, Paul et François Tallemant, J. F. Foy Vaillant, N. Durand de Villegagnon, Burcher de Volder, Adolphe et Everard Vorstius. Le texte est daté d'avril 1734.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9170
p. 320
« Je vous envoye aujourd'huy la Morale d'Epicure, qu'on a [...] »
Début :
Je vous envoye aujourd'huy la Morale d'Epicure, qu'on a [...]
Mots clefs :
Dialogues, Réflexions, Sentiments, Philosophes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je vous envoye aujourd'huy la Morale d'Epicure, qu'on a [...] »
Je vous
envoye aujourd'huy la Morale
d'Epicure , qu'on a imprimée
depuis peu de temps, avec
des Reflexions dignes de
celuy qui les a faites . Les,
Sentimens de ce Philofophe,
vous eftoient déja connus ,
par ce qui en a efté dit dans
un des derniers Dialogues
fur les chofes difficiles à
croire. Je fuis, Madame , vôtre
, &c.
A Paris , ce 31. Decembre 1685.
envoye aujourd'huy la Morale
d'Epicure , qu'on a imprimée
depuis peu de temps, avec
des Reflexions dignes de
celuy qui les a faites . Les,
Sentimens de ce Philofophe,
vous eftoient déja connus ,
par ce qui en a efté dit dans
un des derniers Dialogues
fur les chofes difficiles à
croire. Je fuis, Madame , vôtre
, &c.
A Paris , ce 31. Decembre 1685.
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9172
p. 298
AUTRE.
Début :
J'ai sous un même nom deux differens emplois ; [...]
Mots clefs :
Carte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
'Ai sous un même nom deux differens emplois,
Tantôt en exerçant les doigts ,
Je sers ou nuis à bien du monde ;
Tantôt, ô force sans seconde ;
Lecteur , tu le peux croire , et souvent tu le vois ,
Je porte sur mon dos le Ciel , la Terre et l'Onde.
Voila ce que je fais , voici ce que je suis.
En pcu de mots je le déduis ,
Tant de longueur est superfluë :
Ma tête est un adverbe , et par inversion
Je forme de ma queue une conjonction,
Si vous ne devinez , vous avez la berluë ;
A votre gré , si j'en ai dit trop peu ;
Voici de quoi finir mon jeu ,
Lecteur , foüille-moi jusqu'au centre,
a trouveras un rat enfermé dans mon ventre .
'Ai sous un même nom deux differens emplois,
Tantôt en exerçant les doigts ,
Je sers ou nuis à bien du monde ;
Tantôt, ô force sans seconde ;
Lecteur , tu le peux croire , et souvent tu le vois ,
Je porte sur mon dos le Ciel , la Terre et l'Onde.
Voila ce que je fais , voici ce que je suis.
En pcu de mots je le déduis ,
Tant de longueur est superfluë :
Ma tête est un adverbe , et par inversion
Je forme de ma queue une conjonction,
Si vous ne devinez , vous avez la berluë ;
A votre gré , si j'en ai dit trop peu ;
Voici de quoi finir mon jeu ,
Lecteur , foüille-moi jusqu'au centre,
a trouveras un rat enfermé dans mon ventre .
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9175
p. 296
AUTRE.
Début :
Toi qui sçais ton plein-chant dans un dégré suprême, [...]
Mots clefs :
Lazare
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Oi qui sçais ton plein- chant dans un dégrė
suprême , 7
Cite-moi , cher Lecteur , un Saint du Paradis ,
Dont le nom en Latin , que l'on chante en Cas
rême
Fait de ton st, re, mi , trois sons bien accomplis.
Oi qui sçais ton plein- chant dans un dégrė
suprême , 7
Cite-moi , cher Lecteur , un Saint du Paradis ,
Dont le nom en Latin , que l'on chante en Cas
rême
Fait de ton st, re, mi , trois sons bien accomplis.
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9176
p. 1790
MADRIGAL.
Début :
Helas ! dans mes peines mortelles, [...]
Mots clefs :
Amant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
MADRIGA L.
HElas dans mes peines mortelles
Pourquoi, conftantes Tourterelles,
Dont le langage eft fi touchant ,
M'infpirez-vous par votre chant
Ce que vous fentez de tendreffe ?
Je partage vos maux en partageant vos feux j
Helas ! l'Amant le plus heureux ,
Ainfi que vous , fe plaint fans ceſſe.
HElas dans mes peines mortelles
Pourquoi, conftantes Tourterelles,
Dont le langage eft fi touchant ,
M'infpirez-vous par votre chant
Ce que vous fentez de tendreffe ?
Je partage vos maux en partageant vos feux j
Helas ! l'Amant le plus heureux ,
Ainfi que vous , fe plaint fans ceſſe.
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9177
p. 1790
AUTRE.
Début :
Amour, passant près d'un Bois tenebreux, [...]
Mots clefs :
Amour, Berger
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
A Mour, paffant près d'un Bois tenebreux ,
>
Vit Coridon , les yeux baignés de larmes ;
Ami , dit-il , qui te rend malheureux ?
Ne puis-je pas diffiper tes allarmes ?
Helas ! répond ce Berger amoureux
J'aime Cephife ; elle est toujours cruelle ;
Pauvre Mortel , peux-tu donc plus que moi ?
Reprend le Dieu , je fuis vaincu par elle
Et quand Diane eſt ſoumiſe à ma loi ,
Je fuis foumis aux loix de cette Belle .
A Mour, paffant près d'un Bois tenebreux ,
>
Vit Coridon , les yeux baignés de larmes ;
Ami , dit-il , qui te rend malheureux ?
Ne puis-je pas diffiper tes allarmes ?
Helas ! répond ce Berger amoureux
J'aime Cephife ; elle est toujours cruelle ;
Pauvre Mortel , peux-tu donc plus que moi ?
Reprend le Dieu , je fuis vaincu par elle
Et quand Diane eſt ſoumiſe à ma loi ,
Je fuis foumis aux loix de cette Belle .
Fermer
9178
p. 104
ENIGME.
Début :
Petit chés l'artisan, simple chés le bourgeois, [...]
Mots clefs :
Miroir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
P Etit chés l'artifan , fimple chés le bourgeois
Je fuis grand , je fuis haut dans le Palais des Rois.
La beauté de mon teint fait mon premier mérite ;
( Le nom de beau m'eft affecté )
Et cependant on me voit fans fierté
Recevoir tout le monde , à moins qu'on ne m'é
vite .
Je n'ai jamais d'égards , quand je ſuis viſité ,
Pour la richeffe , ou pour la qualitė ;
Souvent une fimple foubrette
Sort d'avec moi plus fatisfaite
Que la maîtreffe n'eut été .
Je n'ai point cependant d'humeur, ni d'arrogance›
Et rien n'eft plus uni que moi ni plus poli ;
De fages Directeurs prennent dès mon enfance
Le foin de me rendre accompli ,
Et quand je fuis parfait dès ma naiffance ,
Rien ne me fait jamais prendre de mauvais pli .
P Etit chés l'artifan , fimple chés le bourgeois
Je fuis grand , je fuis haut dans le Palais des Rois.
La beauté de mon teint fait mon premier mérite ;
( Le nom de beau m'eft affecté )
Et cependant on me voit fans fierté
Recevoir tout le monde , à moins qu'on ne m'é
vite .
Je n'ai jamais d'égards , quand je ſuis viſité ,
Pour la richeffe , ou pour la qualitė ;
Souvent une fimple foubrette
Sort d'avec moi plus fatisfaite
Que la maîtreffe n'eut été .
Je n'ai point cependant d'humeur, ni d'arrogance›
Et rien n'eft plus uni que moi ni plus poli ;
De fages Directeurs prennent dès mon enfance
Le foin de me rendre accompli ,
Et quand je fuis parfait dès ma naiffance ,
Rien ne me fait jamais prendre de mauvais pli .
Fermer
9179
p. 2234
ENIGME.
Début :
Quoique d'une valeur très-mince, [...]
Mots clefs :
Épingle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
Quoique d'une valeur très - mince
Je puis fervir au plus Grand Prince.
Je brille, quand je ſuis dans une belle main,
Et c'eft- là ce qui fait mon plus heureux deftin
Fille de l'art , je dois mon être à la nature..
Sans que je fois un ornement ,
Le beau Sexe fans moi n'auroit point de parure ,
Et j'ai piqué plus d'um Anant .
Laffichard.
Quoique d'une valeur très - mince
Je puis fervir au plus Grand Prince.
Je brille, quand je ſuis dans une belle main,
Et c'eft- là ce qui fait mon plus heureux deftin
Fille de l'art , je dois mon être à la nature..
Sans que je fois un ornement ,
Le beau Sexe fans moi n'auroit point de parure ,
Et j'ai piqué plus d'um Anant .
Laffichard.
Fermer
9180
p. 296
LOGOGRYPHUS.
Début :
Omni spiranti vitam dare, totius est dos. [...]
Mots clefs :
Sanguis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHUS.
LOGOGRYPHUS.
Mni spiranti vitam dare , totius est dos. ~
Scinde caput , reliquæ reptile me faciunt :
Septimâ cum quintâ , primâ , sum bestia foeda ;
Auribus oblongis , si movear , quadrupes.
Mni spiranti vitam dare , totius est dos. ~
Scinde caput , reliquæ reptile me faciunt :
Septimâ cum quintâ , primâ , sum bestia foeda ;
Auribus oblongis , si movear , quadrupes.
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9181
p. 106-107
De Berlin, le 15 May.
Début :
L'Etablissement de l'Académie que feu Mr le Baron de [...]
Mots clefs :
Académie, Décès, Monuments, Discours, Tsar, Sciences, Manuscrit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Berlin, le 15 May.
De Berlin , le 15 May.
L'Etabliſſement de l'Académie
que feu M Baron de Leibniz
a voulu ériger ici , fur le modéle
de celle de Paris , fera
apparemment
fans fuccez ,,
par
la mort
imprévûë de ce Grand Homme .
S. M. I. lui avoir donné une Penfion
annuelle de 2000 Florins.
Cet Hommefi diftingué dans tous
les genres de Littératures , a laiffé
plufieurs Monumens. Un Dialogue
, pour éclaircir certains endroits
de la Théodicée; un Difcours
au Prince Eugene , fur les Exercices
Militaires ; un autre au Czar ,
pour faire fleurir les Sciences & les
Arts en Mofcovie. Il travailloit à
la Langue Univerfelle , quand il
eft mort. Il étoit tout occupé d'Etimologies
& deNoms : Son HiDE
MAY.
107
•
ftoire de la Famille Royale d'Hanovre
fera beaucoup de bruit. On
prétend qu'il a démeflé des cho-
Les qui étoient fort obfcures dans
l'origine des Peuples
Il prouve qu'Attila a été un
grand Roy & un grand Sçavant ,
que le Xe Siécle n'a pas eré un
Tems d'ignorance , mais un Siécle
trés-éclairé , du moins en Allemagne.
Il a laiffé un petit Manufcrit
de la Méthode , par Mr Defcartes ..
Ce Manufcrit n'a jamais été imprimé
& il en contient une
bien différente de celle que Mr
Defcartes a fuivie dans fa Philofophie.
>
Il a donné trop aux Idées , &
trop peu à l'Experience ; on fait à
préfent tout le contraire , on donne
tout à l'expérience , & fort peu
aux Idées. On a raifon ; par cette
.voye , on a fort avancé la Philofophie.
L'Etabliſſement de l'Académie
que feu M Baron de Leibniz
a voulu ériger ici , fur le modéle
de celle de Paris , fera
apparemment
fans fuccez ,,
par
la mort
imprévûë de ce Grand Homme .
S. M. I. lui avoir donné une Penfion
annuelle de 2000 Florins.
Cet Hommefi diftingué dans tous
les genres de Littératures , a laiffé
plufieurs Monumens. Un Dialogue
, pour éclaircir certains endroits
de la Théodicée; un Difcours
au Prince Eugene , fur les Exercices
Militaires ; un autre au Czar ,
pour faire fleurir les Sciences & les
Arts en Mofcovie. Il travailloit à
la Langue Univerfelle , quand il
eft mort. Il étoit tout occupé d'Etimologies
& deNoms : Son HiDE
MAY.
107
•
ftoire de la Famille Royale d'Hanovre
fera beaucoup de bruit. On
prétend qu'il a démeflé des cho-
Les qui étoient fort obfcures dans
l'origine des Peuples
Il prouve qu'Attila a été un
grand Roy & un grand Sçavant ,
que le Xe Siécle n'a pas eré un
Tems d'ignorance , mais un Siécle
trés-éclairé , du moins en Allemagne.
Il a laiffé un petit Manufcrit
de la Méthode , par Mr Defcartes ..
Ce Manufcrit n'a jamais été imprimé
& il en contient une
bien différente de celle que Mr
Defcartes a fuivie dans fa Philofophie.
>
Il a donné trop aux Idées , &
trop peu à l'Experience ; on fait à
préfent tout le contraire , on donne
tout à l'expérience , & fort peu
aux Idées. On a raifon ; par cette
.voye , on a fort avancé la Philofophie.
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9183
p. 1790-1791
« L'Enigme du mois dernier a dû être expliquée par le Chant, & le Logogryphe [...] »
Début :
L'Enigme du mois dernier a dû être expliquée par le Chant, & le Logogryphe [...]
Mots clefs :
Chant, Tombeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Enigme du mois dernier a dû être expliquée par le Chant, & le Logogryphe [...] »
L'Enigme du mois dernier a dû être
expliquée par le Chant , & le Logogryphe
par
AOUST. 1730. 1791
par Tombeau , dans lequel on trouve tombe
, beau , eau , mot , baume , ame.
expliquée par le Chant , & le Logogryphe
par
AOUST. 1730. 1791
par Tombeau , dans lequel on trouve tombe
, beau , eau , mot , baume , ame.
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9184
p. 298-299
LOGOGRYPHE.
Début :
Cherche un, Moine, Rimeur, Batu ; [...]
Mots clefs :
Tambourineur
9185
p. 2216-2217
LOGOGRYPHE.
Début :
Mon tout est renfermé dans un modique espace, [...]
Mots clefs :
Cheminée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
On tout eft renfermé dans un modique eſpace ,
Et huit membres font mon détail ;
Je ne fers jamais mieux que dans un tems de glace,
Auprès de moi l'on voit rarement l'Eventail ;
On peut me divifer en diverſes maniéres ,
Sans effort , fans peine & fans bruit ;
Lecteur , ouvre bien les paupières ;
Tu peux trouver en moi tout ce qui fuit :
Un Héros connu dans l'Hiſtoire ,
Et dont plus d'un Poëte a célébré le nom ,
Qui méprifant les jours , eut l'honneur & la gloire
De détober fon pére aux flâmes d'Ilion ;
Un piége dont le nom répand feul l'épouvente ,
Dangereux, & toujours conftruit dans le fecret ;
Mais il eſt inutile , ou d'un contraire effet ,
Si par hazard quelqu'un l'évente.
Un
OCTOBRE. 1743 . 2217
Un Animal chéri du Maître & du Valet ,
Utile aux Champs , aux bois , à la Cuiſine ;
D'un aimable lien le ſymbole parfait ,
Dont fouvent les talens font que l'on l'affaffine.
Un Pays qui poffede un fecret merveilleux ,
Et qu'en vain dès long-tems on cherche en d'autres
Lieux ;
Chofe propre à l'Artillerie ;
Le féjour ici bas des Images des Saints ;
Un Arbre dont le fruit eft connu dans l'Afie ,
Et dont ceux qu'il nourrit , haïs pendant leur vie ,
Seulement à leur mort font du bien aux Humains.
Enfin tu peux trouver un Etre
Qui produit les plaiſirs & les fait difparoître ,
Devine , cher Lecteur , & je battrai des mains.
Demotes Mainard.
On tout eft renfermé dans un modique eſpace ,
Et huit membres font mon détail ;
Je ne fers jamais mieux que dans un tems de glace,
Auprès de moi l'on voit rarement l'Eventail ;
On peut me divifer en diverſes maniéres ,
Sans effort , fans peine & fans bruit ;
Lecteur , ouvre bien les paupières ;
Tu peux trouver en moi tout ce qui fuit :
Un Héros connu dans l'Hiſtoire ,
Et dont plus d'un Poëte a célébré le nom ,
Qui méprifant les jours , eut l'honneur & la gloire
De détober fon pére aux flâmes d'Ilion ;
Un piége dont le nom répand feul l'épouvente ,
Dangereux, & toujours conftruit dans le fecret ;
Mais il eſt inutile , ou d'un contraire effet ,
Si par hazard quelqu'un l'évente.
Un
OCTOBRE. 1743 . 2217
Un Animal chéri du Maître & du Valet ,
Utile aux Champs , aux bois , à la Cuiſine ;
D'un aimable lien le ſymbole parfait ,
Dont fouvent les talens font que l'on l'affaffine.
Un Pays qui poffede un fecret merveilleux ,
Et qu'en vain dès long-tems on cherche en d'autres
Lieux ;
Chofe propre à l'Artillerie ;
Le féjour ici bas des Images des Saints ;
Un Arbre dont le fruit eft connu dans l'Afie ,
Et dont ceux qu'il nourrit , haïs pendant leur vie ,
Seulement à leur mort font du bien aux Humains.
Enfin tu peux trouver un Etre
Qui produit les plaiſirs & les fait difparoître ,
Devine , cher Lecteur , & je battrai des mains.
Demotes Mainard.
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9186
p. 2214-2215
« MEMOIRES de Frédéric-Henry de Nassau, Prince d'Orange, qui contiennent [...] »
Début :
MEMOIRES de Frédéric-Henry de Nassau, Prince d'Orange, qui contiennent [...]
Mots clefs :
Mémoires de Frédéric-Henry de Nassau, Maximes politiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « MEMOIRES de Frédéric-Henry de Nassau, Prince d'Orange, qui contiennent [...] »
MEMOIRES de Frédéric-Henry de Nas
sau,
'!
OCTOBR E. 1733. 2275
sau , Prince d'Orange , qui contiennent
ses Expéditions Militaires depuis 1621 .
jusqu'à l'année 1645.enrichis du Portrait
du Prince et de figures représentant ses
Actions , dessinées et gravées par Bernard
Picart , in 4. Chez P. Humbert , à Amsterdam
.
MAXIMES POLITIQUES , nécessaires aux
Souverains , pour connoître les vices
d'un Favori , représenté dans la vie de
Sejan, &c. Dédiées à S. M. I. Charles VI.
par J. Baptiste Giacomazzi , &c. A Venise
, chez Albrizzi , in 12. de 166.
pages. L'Ouvrage est en Italien.
sau,
'!
OCTOBR E. 1733. 2275
sau , Prince d'Orange , qui contiennent
ses Expéditions Militaires depuis 1621 .
jusqu'à l'année 1645.enrichis du Portrait
du Prince et de figures représentant ses
Actions , dessinées et gravées par Bernard
Picart , in 4. Chez P. Humbert , à Amsterdam
.
MAXIMES POLITIQUES , nécessaires aux
Souverains , pour connoître les vices
d'un Favori , représenté dans la vie de
Sejan, &c. Dédiées à S. M. I. Charles VI.
par J. Baptiste Giacomazzi , &c. A Venise
, chez Albrizzi , in 12. de 166.
pages. L'Ouvrage est en Italien.
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Résumé : « MEMOIRES de Frédéric-Henry de Nassau, Prince d'Orange, qui contiennent [...] »
Le document décrit deux ouvrages. Le premier est les 'Mémoires' de Frédéric-Henry de Nassau, Prince d'Orange, relatant ses expéditions militaires de 1621 à 1645, illustré par Bernard Picart et publié à Amsterdam en octobre 1733. Le second est 'Maximes Politiques' de J. Baptiste Giacomazzi, dédié à l'empereur Charles VI, publié à Venise en 166 pages.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9187
p. 2232-2233
ENIGME.
Début :
Sous mon Casque pompeux il est moins de cervelle, [...]
Mots clefs :
Cachet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Ous mon Casque pompeux il est moins de cer-
Souvelle,
Que dans le crâne étroit d'un frêle Moucheron ;
Cet Insecte s'enyvre , & gruge un Macaron ,
Tandis qu'à jeun mon corps cent fois se renouvelle .
Je puis des Confidens être crû le modele ,
Sans avoir plus d'esprit qu'un épais Potiron ;
Je
OCTOBRE.
2233 1740.
Je suis plus sûr en Mer que voile & qu'aviron ;
Sur la Terre il n'est point de Sujet plus fidele.
Inanimé , je suis l'ame des Porentats ,
Je les fais respecter & craindre en leurs Etats ;
Un même inftant me voit en divers Lieux paroître.
Quelquefois précieux , toujours rare & commun ,
Je fais peine & plaisir , bien ou mal à quelqu'un ,
Et ma face en portrait par tout me fait conoître.
Ous mon Casque pompeux il est moins de cer-
Souvelle,
Que dans le crâne étroit d'un frêle Moucheron ;
Cet Insecte s'enyvre , & gruge un Macaron ,
Tandis qu'à jeun mon corps cent fois se renouvelle .
Je puis des Confidens être crû le modele ,
Sans avoir plus d'esprit qu'un épais Potiron ;
Je
OCTOBRE.
2233 1740.
Je suis plus sûr en Mer que voile & qu'aviron ;
Sur la Terre il n'est point de Sujet plus fidele.
Inanimé , je suis l'ame des Porentats ,
Je les fais respecter & craindre en leurs Etats ;
Un même inftant me voit en divers Lieux paroître.
Quelquefois précieux , toujours rare & commun ,
Je fais peine & plaisir , bien ou mal à quelqu'un ,
Et ma face en portrait par tout me fait conoître.
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9188
p. 104-106
LE Nouvel ABAILLARD, ou Lettres d'un Singe au Docteur ABADOLFS, traduites de l'Allemand, se trouve à Paris chez Dufour & Grangé, Libraires, sur le Pont Notre-Dame. 2 Volumes in-12.
Début :
CES Lettres contiennent une Histoire intéressante, dont les principaux Acteurs [...]
Mots clefs :
Bonté du caractère , Financier, Singe, Militaire, Abbé, Liberté sans indécence, Savoir sans pédanterie, Philosophie sans préjugés , Grâces sans prétentions, Bonheur sans amertume, Lettres, Fabulistes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE Nouvel ABAILLARD, ou Lettres d'un Singe au Docteur ABADOLFS, traduites de l'Allemand, se trouve à Paris chez Dufour & Grangé, Libraires, sur le Pont Notre-Dame. 2 Volumes in-12.
LE Nouvel ABAILLARD , ou Lettres
d'un Singe au Docteur ABADOLFS ,
traduites de l'Allemand Se trouve
à Paris chez Dufour & Grangé , Libraires
, fur le Pont Notre-Dame. 2
Volumes in- 12.
CESES Lettres contiennent une Hiſtoire
intéreſſante , dont les principaux Acteurs
, font un homme qui joint à un
efprit cultivé & orné des plus belles connoiſſances
, la bonté du caractère &
l'amour de l'humanité ; une jeune perſonne
aimable & ſenſible , un Financier
modelé fur l'ancien moule , un Militaire
vicieux & capable de toute forte
d'excès , un Abbé plein de prétentions
& qui eſt parvenu à ne rougir de rien
une fille , dont la fingulière façon de
penfer &d'agir , ſe ſoutient dans tout le
cours de l'Ouvrage. L'intrigue s'ouvre
dans la 7 Lettre. Après avoir crayonné
le tableau de la maiſon du Financier , de
ceux qui la fréquentent, & du premier
Perſonnage , dont nous venons de parler
, ( M. d'Armilli ) voici comme l'Auteur
s'exprime .
,
M. d'Armilli pourroit jouir d'une con
JUIN. 1763 .. 105
fidération diftinguée dans le grand monde
, mais fon humeur mélancolique
l'en éloigne , & depuis qu'il a vu Theréſe
, je comprends par ſon affiduité à
fréquenter notre maiſon , qu'il n'en fréquente
plus d'autres. Theréſe voit M.
d'Armilli avec plaifir : ſon âme eſt douée
d'une vertu magnétique. Ils ſe parloient
il y a quelques jours ſur le ton de la confance
& de l'amitié. On les gênoit
quand on vouloit entrer dans leurs converſations
quoiqu'elles ne roulaffent que
furdes choſes indifférentes ; ils ſe fixoient
avec complaifance , ils ſourioient prèſque
en même-temps , ils devinoient leurs
penſées , je n'ai jamais remarqué de ſympathie
plus parfaite. Ils offroient le touchant
aſſemblage de la liberté ſans indécence
, du ſçavoir fans pédanterie , de
la philoſophie fans préjugés , des grâces
fans prétentions , du bonheur ſans amer
tume. Qu'ils me paroiffent changés !
Leurs yeux ne ſe parlent plus , parce
qu'ils craignent ſans doute d'en comprendre
le langage. Hélas ! ils ne font
point changés. Ils ſe craignent , donc
ils s'aiment. Tant mieux , diras-tu peutêtre
; ce vertueux jeune homme ſemble
formé pour ma fille.... Reviens , vénérable
Abadolfs , de cette erreur funeſte.
Ev
106 MERCURE DE FRANCE .
Frémis , mon cher Maître . Dans quel
lieu as-tu envoyé le fruit d'un amour cher
à ton coeur ? .... Tâche plutôt d'étouffer
par les meilleurs avis une paffion dont
les fuites feroient terribles. Apprends
que d'Armilli eſt marié.
Cet amour malheureux eſt la cauſe
de la variété des événemens qu'on trouve
dans cette Hiſtoire. Le récit en eft
ſouvent coupé par de petitesDiffertations
fur différens Sujets. On rend compte
dans la Préface de la manière dont ces
Lettres , qu'on attribue à un Singe , ont
été trouvées. On établit,en plaiſantant,
la poſſibilité de cette fiction que l'exemple
des Fabuliſtes ſemble juſtifier. L'abondance
des matières ne nous permet
pas de nous étendre davantage ſur cet
Ouvrage. On l'attribue à M. de Campigneulles
, qui a déja publié pluſieurs
Ecrits , qui ont reçu un accueil favorable.
d'un Singe au Docteur ABADOLFS ,
traduites de l'Allemand Se trouve
à Paris chez Dufour & Grangé , Libraires
, fur le Pont Notre-Dame. 2
Volumes in- 12.
CESES Lettres contiennent une Hiſtoire
intéreſſante , dont les principaux Acteurs
, font un homme qui joint à un
efprit cultivé & orné des plus belles connoiſſances
, la bonté du caractère &
l'amour de l'humanité ; une jeune perſonne
aimable & ſenſible , un Financier
modelé fur l'ancien moule , un Militaire
vicieux & capable de toute forte
d'excès , un Abbé plein de prétentions
& qui eſt parvenu à ne rougir de rien
une fille , dont la fingulière façon de
penfer &d'agir , ſe ſoutient dans tout le
cours de l'Ouvrage. L'intrigue s'ouvre
dans la 7 Lettre. Après avoir crayonné
le tableau de la maiſon du Financier , de
ceux qui la fréquentent, & du premier
Perſonnage , dont nous venons de parler
, ( M. d'Armilli ) voici comme l'Auteur
s'exprime .
,
M. d'Armilli pourroit jouir d'une con
JUIN. 1763 .. 105
fidération diftinguée dans le grand monde
, mais fon humeur mélancolique
l'en éloigne , & depuis qu'il a vu Theréſe
, je comprends par ſon affiduité à
fréquenter notre maiſon , qu'il n'en fréquente
plus d'autres. Theréſe voit M.
d'Armilli avec plaifir : ſon âme eſt douée
d'une vertu magnétique. Ils ſe parloient
il y a quelques jours ſur le ton de la confance
& de l'amitié. On les gênoit
quand on vouloit entrer dans leurs converſations
quoiqu'elles ne roulaffent que
furdes choſes indifférentes ; ils ſe fixoient
avec complaifance , ils ſourioient prèſque
en même-temps , ils devinoient leurs
penſées , je n'ai jamais remarqué de ſympathie
plus parfaite. Ils offroient le touchant
aſſemblage de la liberté ſans indécence
, du ſçavoir fans pédanterie , de
la philoſophie fans préjugés , des grâces
fans prétentions , du bonheur ſans amer
tume. Qu'ils me paroiffent changés !
Leurs yeux ne ſe parlent plus , parce
qu'ils craignent ſans doute d'en comprendre
le langage. Hélas ! ils ne font
point changés. Ils ſe craignent , donc
ils s'aiment. Tant mieux , diras-tu peutêtre
; ce vertueux jeune homme ſemble
formé pour ma fille.... Reviens , vénérable
Abadolfs , de cette erreur funeſte.
Ev
106 MERCURE DE FRANCE .
Frémis , mon cher Maître . Dans quel
lieu as-tu envoyé le fruit d'un amour cher
à ton coeur ? .... Tâche plutôt d'étouffer
par les meilleurs avis une paffion dont
les fuites feroient terribles. Apprends
que d'Armilli eſt marié.
Cet amour malheureux eſt la cauſe
de la variété des événemens qu'on trouve
dans cette Hiſtoire. Le récit en eft
ſouvent coupé par de petitesDiffertations
fur différens Sujets. On rend compte
dans la Préface de la manière dont ces
Lettres , qu'on attribue à un Singe , ont
été trouvées. On établit,en plaiſantant,
la poſſibilité de cette fiction que l'exemple
des Fabuliſtes ſemble juſtifier. L'abondance
des matières ne nous permet
pas de nous étendre davantage ſur cet
Ouvrage. On l'attribue à M. de Campigneulles
, qui a déja publié pluſieurs
Ecrits , qui ont reçu un accueil favorable.
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Résumé : LE Nouvel ABAILLARD, ou Lettres d'un Singe au Docteur ABADOLFS, traduites de l'Allemand, se trouve à Paris chez Dufour & Grangé, Libraires, sur le Pont Notre-Dame. 2 Volumes in-12.
'Le Nouvel Abaillard, ou Lettres d'un Singe au Docteur Abadolfs' est un ouvrage traduit de l'allemand, publié à Paris chez Dufour & Grangé. Composé de deux volumes, il relate une histoire impliquant plusieurs personnages : un homme cultivé, une jeune femme sensible, un financier, un militaire, un abbé prétentieux et une fille au comportement singulier. L'intrigue commence dans la septième lettre, décrivant la maison du financier et les interactions entre M. d'Armilli et Thérèse. Leur relation passe de la sympathie à la crainte réciproque, révélant un amour impossible car M. d'Armilli est marié. Cet amour influence les événements du récit, ponctué de discussions variées. La préface explique que les lettres sont attribuées à un singe, une fiction justifiée par les fabulistes. L'ouvrage est attribué à M. de Campigneulles, auteur de plusieurs écrits bien accueillis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9189
p. 306-308
ENIGME.
Début :
Je laisse à part & ma vie, & ma mort, [...]
Mots clefs :
Peigne de buis
9190
p. 323-325
Avis pour la Danse.
Début :
Le sieur des Hayes, Maistre de Danse à Paris s'est avisé d'un [...]
Mots clefs :
Danse, Maître de danse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis pour la Danse.
Avis pour la Danse.
Lesieur des Hayes
,
Maistre
de Danseà Paris s'est aviséd'un
expedienttres-utileaupublic,&
qui n'a point encore paru jufquX
present.Parcette invention toute
nouvelle il a le secret de redresser
la jeunesse quipar mauvaife%<u
bitude ne setient pas biensurses
jambes,& qui a le plus souvent
le corps,&la tête courbez.Pour
obvierà ce tltffaut il donne àune
personne qui veut se perfectionnerencetart,
une grâcetoutesingulierepoursepresenter.
Ilappelle
cette invention, dont il donnera
dans quelque tems lafigure, gravée,
Somamorphose;c'est une
machine qui sedemonte en plusieurs
pieces, dont chacune a son
nom, &se metfacilement dans
la poche;ellesert à faire marcher
d'un costéen avant&en arriere ;
de l'autre àfairela reverenceavec
bonne grace ; enfin à former les
principes de la danse dans toute
leurregularité. Plusieurspersonnes
de merite& de distinction ont
avouéque cette nouvelle methodeétoitlemoyen
le plusseur
pour dresser lesjeunesgens. Sa demeure
est. dans la rué Charlote
au Marais, vis-a-vis un Vitfler.
Lesieur des Hayes
,
Maistre
de Danseà Paris s'est aviséd'un
expedienttres-utileaupublic,&
qui n'a point encore paru jufquX
present.Parcette invention toute
nouvelle il a le secret de redresser
la jeunesse quipar mauvaife%<u
bitude ne setient pas biensurses
jambes,& qui a le plus souvent
le corps,&la tête courbez.Pour
obvierà ce tltffaut il donne àune
personne qui veut se perfectionnerencetart,
une grâcetoutesingulierepoursepresenter.
Ilappelle
cette invention, dont il donnera
dans quelque tems lafigure, gravée,
Somamorphose;c'est une
machine qui sedemonte en plusieurs
pieces, dont chacune a son
nom, &se metfacilement dans
la poche;ellesert à faire marcher
d'un costéen avant&en arriere ;
de l'autre àfairela reverenceavec
bonne grace ; enfin à former les
principes de la danse dans toute
leurregularité. Plusieurspersonnes
de merite& de distinction ont
avouéque cette nouvelle methodeétoitlemoyen
le plusseur
pour dresser lesjeunesgens. Sa demeure
est. dans la rué Charlote
au Marais, vis-a-vis un Vitfler.
Fermer
9191
p. 320-322
ENIGME.
Début :
Voicy deux Enigmes nouvelles ; les Pensées en ont esté / Je me rends familiere assez facilement. [...]
Mots clefs :
Pie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Voicy deux Enigmes nouvelles
, les Penſées en ont efté fournies
par Diane , au Berger de Flore
, qui n'a fait que les mettre en
Vers ; & Diane ou Suſane eft cette
jeune Enjoüée dont il eſt parlé
dans le dernier Extraordinaire P.
301.
J
ENIGME .
E me rends familiere affez facilement.
Aux plus huppezje chante desinjuresz
GALANT. 321
Je me plais à voler , & vole impuanément,
Sans avoir peur des fers n'y des
tortures.
$3
Fe n'ay qu'un seul habillement ,
La mode & la faifon n'y fent mul
changement ,
C'est une robe fort legere
Où le blanc & le noir ont leur compartiment,
De la mefme façon que l'avoit ma
Grand- Mere.
Fe fuis pourtant d'un affez grand
renom ,
Gens du plus haut étage ont eu cinq
fois mon nom ,
Le Tartuffe l'affecte , & le Saint le
revere
322 MERCURE
Q
Fadis quand j'eflois Fille , on m'ac
cufa d'orgueil
Sur la qualité de Chanteuſe ;
Et de la vient , dit- on , que je porte"
le deuil.
Aujourd'huy l'on m'estime une grande
Caufeuſe ,
Sur tout lors que je n'ay qu'un oeil.
, les Penſées en ont efté fournies
par Diane , au Berger de Flore
, qui n'a fait que les mettre en
Vers ; & Diane ou Suſane eft cette
jeune Enjoüée dont il eſt parlé
dans le dernier Extraordinaire P.
301.
J
ENIGME .
E me rends familiere affez facilement.
Aux plus huppezje chante desinjuresz
GALANT. 321
Je me plais à voler , & vole impuanément,
Sans avoir peur des fers n'y des
tortures.
$3
Fe n'ay qu'un seul habillement ,
La mode & la faifon n'y fent mul
changement ,
C'est une robe fort legere
Où le blanc & le noir ont leur compartiment,
De la mefme façon que l'avoit ma
Grand- Mere.
Fe fuis pourtant d'un affez grand
renom ,
Gens du plus haut étage ont eu cinq
fois mon nom ,
Le Tartuffe l'affecte , & le Saint le
revere
322 MERCURE
Q
Fadis quand j'eflois Fille , on m'ac
cufa d'orgueil
Sur la qualité de Chanteuſe ;
Et de la vient , dit- on , que je porte"
le deuil.
Aujourd'huy l'on m'estime une grande
Caufeuſe ,
Sur tout lors que je n'ay qu'un oeil.
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9192
p. 2196-2198
« INSTRUCTIONS CHRÉTIENNES sur les huit Béatitudes, par Demandes et par [...] »
Début :
INSTRUCTIONS CHRÉTIENNES sur les huit Béatitudes, par Demandes et par [...]
Mots clefs :
Instructions chrétienes, Coutumes, Constantinople, Sermons choisis, Imitation de Jésus-Christ, Oeuvres de Rabelais, Cardinal d'Ossat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « INSTRUCTIONS CHRÉTIENNES sur les huit Béatitudes, par Demandes et par [...] »
NSTRUCTIONS CHRETIENNES sur les
huit Béatitudes , par Demandes et par
Réponses , tirées des SS. P P. et en particulier de S. Augustin ; avec des Prieres et
Aspirations sur chaque Instruction. AParis , rue S. Jacques , chez Witte et Henry !
in 12. avec fig. en Taille- douce.
COUTUMES GENERALES , LOCALES , du
Duché de Bourbonnois; avec un Commentaite , dans lequel ces Coûtumes sont expliquées suivant les Observations manuscrites et les sentimens des plus Sçavans
Magistrats , et des plus habiles Avocats
de la Province qui ont vécu depuis la réduction de ces Coutumes , jusqu'à present , &c. Par M.Math- Auroux des Pommiers , Prêtre , Docteur en Théologie
Conseiller- Clerc en la . Sénéchaussée de
Bourbonnois et Siége de Moulins. Chez le
Breton , fils , Quai des Augustins , 2. vol.
in fol.
>
VOYAGE
OCTOBRE. 17327 2197
VOYAGE DE CONSTANTINOPLE , pour
Rachapt des Captifs. Par le R.P.Jehannot,
Docteur en Théologie de la Faculté de
Paris , Ministre et Supérieur de la Maison
de Beauvoir sur Mer , de l'Ordre de la
Sainte Trinité. Chez de Lormel , ruë du
Foin , et René Josse , au coin du Marché
Neuf, 1732. in 12.
SERMONS CHOISIS , sur les Mysteres , la
Vérité de la Religion et sur differens fujets
de la Morale Chrétienne.Tom. 12. conte
nant l'Octave du S. Sacrement et autres
Sermons et Discours. 1732. in 12. Chez
Herissant , et Lottin , rues Neuve Notre
Dame et S. Jacques.
L'IMITATION DE JESUS-CHRIST , traduite et revûë par M. du Fresnoi , D. de S.
sur l'ancien Original François , d'où l'on
a tiré un Chapitre qui manque dans les
autres Editions. Avec l'Ordinaire de la
Sainte Messe ; in 8 °. 1731. Chez P. Gans
douin , Quai des Augustins.
OEUVRES de Maître François Rabelais ;
publiées sous le Titre de Faits et Dits du
Géant Gargantua , et de son fils Pantagruel ; avec la Pronostication Pantagrue
line , l'Epître du Limosin , la Crême PhiE iij loso
198 MERCURE DE FRANCE
losophale , deux Epîtres à deux Vieilles
de mœurs et d'humeurs differentes , et
des Pemarques Historiques et Critiques
de M. le Duchat, sur tout l'Ouvrage.
Nouvelle Edition , augmentée de quelques Remarques nouvelles. 1732. in 8°.
6 vol. Par la Compagnie des Libraires.
LETTRES du Cardinal d'Ossat , avec des
Notes Historiques et Politiques , de M.
Amelot de la Houssaye. Nouvelle Edition ,
corrigée sur le Manuscrit original , considérablement augmentée et enrichie de
nouvelles Notes de M. Amelot de la .
Houssaye , qui ne se trouvent point dans
la derniere Edition de Paris de 1697. §
vol. in 12. Par la Compagnie des Libraires.
huit Béatitudes , par Demandes et par
Réponses , tirées des SS. P P. et en particulier de S. Augustin ; avec des Prieres et
Aspirations sur chaque Instruction. AParis , rue S. Jacques , chez Witte et Henry !
in 12. avec fig. en Taille- douce.
COUTUMES GENERALES , LOCALES , du
Duché de Bourbonnois; avec un Commentaite , dans lequel ces Coûtumes sont expliquées suivant les Observations manuscrites et les sentimens des plus Sçavans
Magistrats , et des plus habiles Avocats
de la Province qui ont vécu depuis la réduction de ces Coutumes , jusqu'à present , &c. Par M.Math- Auroux des Pommiers , Prêtre , Docteur en Théologie
Conseiller- Clerc en la . Sénéchaussée de
Bourbonnois et Siége de Moulins. Chez le
Breton , fils , Quai des Augustins , 2. vol.
in fol.
>
VOYAGE
OCTOBRE. 17327 2197
VOYAGE DE CONSTANTINOPLE , pour
Rachapt des Captifs. Par le R.P.Jehannot,
Docteur en Théologie de la Faculté de
Paris , Ministre et Supérieur de la Maison
de Beauvoir sur Mer , de l'Ordre de la
Sainte Trinité. Chez de Lormel , ruë du
Foin , et René Josse , au coin du Marché
Neuf, 1732. in 12.
SERMONS CHOISIS , sur les Mysteres , la
Vérité de la Religion et sur differens fujets
de la Morale Chrétienne.Tom. 12. conte
nant l'Octave du S. Sacrement et autres
Sermons et Discours. 1732. in 12. Chez
Herissant , et Lottin , rues Neuve Notre
Dame et S. Jacques.
L'IMITATION DE JESUS-CHRIST , traduite et revûë par M. du Fresnoi , D. de S.
sur l'ancien Original François , d'où l'on
a tiré un Chapitre qui manque dans les
autres Editions. Avec l'Ordinaire de la
Sainte Messe ; in 8 °. 1731. Chez P. Gans
douin , Quai des Augustins.
OEUVRES de Maître François Rabelais ;
publiées sous le Titre de Faits et Dits du
Géant Gargantua , et de son fils Pantagruel ; avec la Pronostication Pantagrue
line , l'Epître du Limosin , la Crême PhiE iij loso
198 MERCURE DE FRANCE
losophale , deux Epîtres à deux Vieilles
de mœurs et d'humeurs differentes , et
des Pemarques Historiques et Critiques
de M. le Duchat, sur tout l'Ouvrage.
Nouvelle Edition , augmentée de quelques Remarques nouvelles. 1732. in 8°.
6 vol. Par la Compagnie des Libraires.
LETTRES du Cardinal d'Ossat , avec des
Notes Historiques et Politiques , de M.
Amelot de la Houssaye. Nouvelle Edition ,
corrigée sur le Manuscrit original , considérablement augmentée et enrichie de
nouvelles Notes de M. Amelot de la .
Houssaye , qui ne se trouvent point dans
la derniere Edition de Paris de 1697. §
vol. in 12. Par la Compagnie des Libraires.
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Résumé : « INSTRUCTIONS CHRÉTIENNES sur les huit Béatitudes, par Demandes et par [...] »
Le document répertorie diverses publications. Parmi elles, des ouvrages religieux comme les 'Instructions Chrétiennes sur les huit Béatitudes', basées sur les écrits des saints Pères et de saint Augustin, incluant des prières. Les 'Coutumes Générales et Locales du Duché de Bourbonnois' sont expliquées par M. Math-Auroux des Pommiers, prêtre et docteur en théologie. Le 'Voyage de Constantinople, pour Rachapt des Captifs' est rédigé par le R.P. Jehannot, docteur en théologie et supérieur de la Maison de Beauvoir sur Mer. Les 'Sermons Choisis' sur divers sujets de la morale chrétienne sont compilés par un auteur non nommé. L''Imitation de Jésus-Christ' est traduite et révisée par M. du Fresnoi, avec un chapitre supplémentaire. Les 'Œuvres de Maître François Rabelais' sont publiées sous le titre 'Faits et Dits du Géant Gargantua et de son fils Pantagruel', avec des remarques historiques et critiques de M. le Duchat. Enfin, les 'Lettres du Cardinal d'Ossat' sont accompagnées de notes historiques et politiques de M. Amelot de la Houssaye.
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9193
p. 98-100
AVERTISSEMENT.
Début :
Le catalogue des Oeuvres de M. le Chevalier de Mouhy, demeurant à l'entrée de [...]
Mots clefs :
Académie des belles-lettres de Dijon, Catalogue, Chevalier de Mouhy
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
Le catalogue des OEuvres de M. le Chevalier
de Mouhy , demeurant à l'entrée de
la rue des Cordeliers , près de la Comédie
Françoife , placé dans l'Almanach des
Beaux Arts , & à la fuite des derniers ouvrages
de cet Auteur , ayant perfuadé qu'on
les trouveroit chez lui , y ont fait envoyer
fi fouvent qu'il eft obligé d'annoncer ici ,
que les éditions de la plus grande partie de
fes anciennes productions font confommées
, & que celles qui ne le font pas encore
fe vendent chez les Libraires défignés
à la fuite des titres . Mais voulant éviter
la peine à l'avenir à une infinité de perfonnes
de venir inutilement chez lui , il
met ici les noms des nouveaux ouvrages
qu'il a fait imprimer depuis deux ans chez
Jorry , quai des Auguftins , que l'on vend
aufli chez Duchefne , rue S. Jacques ; &
FEVRIER. 1755. ୨୭
chez lui , rue des Cordeliers , afin qu'ils
fçachent où les trouver.
Nouveaux ouvrages de M. le Chevalier de
Mouby , de l'Académie des Belles- Lettres
de Dijon.
Les Tablettes dramatiques , contenant
le Dictionnaire du Théatre François , avec
l'abrégé de l'hiftoire de ce Théatre ; les vies
des Auteurs & des Acteurs , &c , in - 8 ° ,
avec les fupplémens qui fe donnent gratis
chaque année , broché 6 livres , relié 6 1 ,
12 f.
Les Délices du fentiment , 6 vol . in- 12 .
broché 10 l . 16 f. relié 15 liv .
Les Mémoires du Marquis de Benavidès
, Roman moral , 7 vol. in - 12 . broché.
huit livres huit fols , relié dix livres douze,
fols.
Les Lettres du Commandeur , avec les
réponſes , fe vendront à l'avenir 6liv. brochées
les trois vol. & 8 liv . s L. reliées ,
parce qu'il n'y en a plus que fort peu qu'on
a fait revenir de Hollande , qui ont coûté
18 liv. de
port.
Le Répertoire des pieces reftées au théatre
françois , ou le petit Dictionnaire du
théatre françois , broché 15 f. relié 1 liv.
4. f.
Les Supplémens aux tablettes dramati-
Eij
100 MERCURE DE FRANCE.
ques pour les années 1752 , 1753 , 1754
& 1755 , diftribués gratis à ceux qui ont
acheté l'ouvrage , fe vendent 12 f. chacun ,
lorfqu'on le prend à part , c'eſt- à -dire fans
les Tablettes .
Le Financier , fous preffe , en quatre volumes.
Le catalogue des OEuvres de M. le Chevalier
de Mouhy , demeurant à l'entrée de
la rue des Cordeliers , près de la Comédie
Françoife , placé dans l'Almanach des
Beaux Arts , & à la fuite des derniers ouvrages
de cet Auteur , ayant perfuadé qu'on
les trouveroit chez lui , y ont fait envoyer
fi fouvent qu'il eft obligé d'annoncer ici ,
que les éditions de la plus grande partie de
fes anciennes productions font confommées
, & que celles qui ne le font pas encore
fe vendent chez les Libraires défignés
à la fuite des titres . Mais voulant éviter
la peine à l'avenir à une infinité de perfonnes
de venir inutilement chez lui , il
met ici les noms des nouveaux ouvrages
qu'il a fait imprimer depuis deux ans chez
Jorry , quai des Auguftins , que l'on vend
aufli chez Duchefne , rue S. Jacques ; &
FEVRIER. 1755. ୨୭
chez lui , rue des Cordeliers , afin qu'ils
fçachent où les trouver.
Nouveaux ouvrages de M. le Chevalier de
Mouby , de l'Académie des Belles- Lettres
de Dijon.
Les Tablettes dramatiques , contenant
le Dictionnaire du Théatre François , avec
l'abrégé de l'hiftoire de ce Théatre ; les vies
des Auteurs & des Acteurs , &c , in - 8 ° ,
avec les fupplémens qui fe donnent gratis
chaque année , broché 6 livres , relié 6 1 ,
12 f.
Les Délices du fentiment , 6 vol . in- 12 .
broché 10 l . 16 f. relié 15 liv .
Les Mémoires du Marquis de Benavidès
, Roman moral , 7 vol. in - 12 . broché.
huit livres huit fols , relié dix livres douze,
fols.
Les Lettres du Commandeur , avec les
réponſes , fe vendront à l'avenir 6liv. brochées
les trois vol. & 8 liv . s L. reliées ,
parce qu'il n'y en a plus que fort peu qu'on
a fait revenir de Hollande , qui ont coûté
18 liv. de
port.
Le Répertoire des pieces reftées au théatre
françois , ou le petit Dictionnaire du
théatre françois , broché 15 f. relié 1 liv.
4. f.
Les Supplémens aux tablettes dramati-
Eij
100 MERCURE DE FRANCE.
ques pour les années 1752 , 1753 , 1754
& 1755 , diftribués gratis à ceux qui ont
acheté l'ouvrage , fe vendent 12 f. chacun ,
lorfqu'on le prend à part , c'eſt- à -dire fans
les Tablettes .
Le Financier , fous preffe , en quatre volumes.
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Résumé : AVERTISSEMENT.
Le Chevalier de Mouhy, résidant à l'entrée de la rue des Cordeliers, près de la Comédie Française, informe que les éditions de la plupart de ses anciennes œuvres sont épuisées. Les exemplaires disponibles se trouvent chez des libraires spécifiques mentionnés à la suite des titres. Pour éviter des déplacements inutiles, il liste ses nouveaux ouvrages imprimés chez Jorry, quai des Augustins, également vendus chez Duchefne, rue Saint-Jacques, et chez lui. Les nouveaux ouvrages incluent 'Les Tablettes dramatiques', un dictionnaire du théâtre français avec des suppléments annuels gratuits, au prix de 6 livres broché ou 6 livres 12 sous relié. 'Les Délices du sentiment', en 6 volumes in-12, au prix de 10 livres 16 sous broché ou 15 livres relié. 'Les Mémoires du Marquis de Benavidès', un roman moral en 7 volumes in-12, au prix de 8 livres 8 sous broché ou 10 livres 12 sous relié. 'Les Lettres du Commandeur', avec les réponses, au prix de 6 livres broché ou 8 livres relié. 'Le Répertoire des pièces refusées au théâtre français', au prix de 15 sous broché ou 1 livre 4 sous relié. 'Les Suppléments aux tablettes dramatiques' pour les années 1752 à 1755, distribués gratuitement aux acheteurs de l'ouvrage principal, ou vendus 12 sous chacun s'ils sont achetés séparément. Enfin, 'Le Financier', en cours d'impression, en quatre volumes.
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9194
p. 322-326
A S. Lucar de Carrameda, le 15. Juillet.
Début :
Il est arrivé icy il y a huit jours un grand malheur. Vous [...]
Mots clefs :
Gouverneur, Mort, Sanlúcar de Barrameda, Moines, Couvent
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texteReconnaissance textuelle : A S. Lucar de Carrameda, le 15. Juillet.
A S. LUCAT de Carrameda,
£iaicii le 15 Juillet.,_.f
M,ih v •i* Il estarrivé icy il y a huit
jours un grand malheur.Vous
sçavezque dans la pluspart des
Convents d'Andalousie, les
Moines vendent de la viande,
ce qui est frustrer les droitsdu
Roy Catholique, & de presque
tout le veste il en arrive
la même chose. Le Gouverneur
nomméDon Alonzo Jacinco
Velardo, homme tort
zélé pour le service,ayantsçu
qu'au Convent des Augustins
on la vendoit aussi publique
qu'à la Boucherie,avoir envoyé
dire plusieurs fois au
Prieur de s'abstenir de cela,
qu'autrement il seroit obligé
d'ymettre luy-même ordre.
Les Moines fc souciant
fort peu des menaces du GOlit
Vwfncur> continuaient toujours
.cTfiO'îvendre.*»! Lej-Rr?
rmerdes Milionnesvoyantcela
, sir posterdes Ministres de
la rrnrç auxenvirons du Con-
Vccenur;x pour reconnoistre tous
ungqauirednofonrm, aient;*On
àuqùebiJlt
trouvadvuxHivrcs de viande.
Les Mniftrcsl'anècoient
le menoiem en prison ; IOTU
qu'unM>me qui étoit à
porte du Convent, courut a-*
préseux pour faire relâch1er ceà
garçon, à quoy ils resisterent.
CeMoineirritédevoirque
çcs:Minifîresn'imûenr.poûit
de deference pour luy, commença
à lesmaltraiter de paroles&
devoîesde fait. Un des
Ministressevoyant outrage de
lasorre,tiraun coupde pistoler
auMoine,&luy cassalacuisse,
dontil t& mort trois jours aprés;
Les Ministres prirent la
fuite pour se refugier dans
quelque Eglise; mais on ne
voulut point les recevoir. Le
lendemain un Moine du meme
Convent, parent du mort,
voyantque le Gouverneur ne faisoitpoint de diligences
pourle châtier,s'en fut chez
luy, &demandaàluy parler,
la Garde le laissa entier, & des
qu'il fut dans la chambre où
étoit le Gouverneur, il tirade
sa manche un pistoler,dont
illuilâcha le coup à bout portant
dans l'estomach. CetOfsicier
se sentant blessé, voulut;
couriraprésle meurtrier,mais !
il tomba. Le Moine tira un
autre pistolet de l'autre manche.
paflj à travers la Garde,
& se réfugia dansun Convent,
d'où il décampa ensuite. Lr.
Gouverneur n'est pas mort
encore? mais on compte qu'il
n'enéchappera pas,car il a per- ,
du la paroledepuis troisjours
£iaicii le 15 Juillet.,_.f
M,ih v •i* Il estarrivé icy il y a huit
jours un grand malheur.Vous
sçavezque dans la pluspart des
Convents d'Andalousie, les
Moines vendent de la viande,
ce qui est frustrer les droitsdu
Roy Catholique, & de presque
tout le veste il en arrive
la même chose. Le Gouverneur
nomméDon Alonzo Jacinco
Velardo, homme tort
zélé pour le service,ayantsçu
qu'au Convent des Augustins
on la vendoit aussi publique
qu'à la Boucherie,avoir envoyé
dire plusieurs fois au
Prieur de s'abstenir de cela,
qu'autrement il seroit obligé
d'ymettre luy-même ordre.
Les Moines fc souciant
fort peu des menaces du GOlit
Vwfncur> continuaient toujours
.cTfiO'îvendre.*»! Lej-Rr?
rmerdes Milionnesvoyantcela
, sir posterdes Ministres de
la rrnrç auxenvirons du Con-
Vccenur;x pour reconnoistre tous
ungqauirednofonrm, aient;*On
àuqùebiJlt
trouvadvuxHivrcs de viande.
Les Mniftrcsl'anècoient
le menoiem en prison ; IOTU
qu'unM>me qui étoit à
porte du Convent, courut a-*
préseux pour faire relâch1er ceà
garçon, à quoy ils resisterent.
CeMoineirritédevoirque
çcs:Minifîresn'imûenr.poûit
de deference pour luy, commença
à lesmaltraiter de paroles&
devoîesde fait. Un des
Ministressevoyant outrage de
lasorre,tiraun coupde pistoler
auMoine,&luy cassalacuisse,
dontil t& mort trois jours aprés;
Les Ministres prirent la
fuite pour se refugier dans
quelque Eglise; mais on ne
voulut point les recevoir. Le
lendemain un Moine du meme
Convent, parent du mort,
voyantque le Gouverneur ne faisoitpoint de diligences
pourle châtier,s'en fut chez
luy, &demandaàluy parler,
la Garde le laissa entier, & des
qu'il fut dans la chambre où
étoit le Gouverneur, il tirade
sa manche un pistoler,dont
illuilâcha le coup à bout portant
dans l'estomach. CetOfsicier
se sentant blessé, voulut;
couriraprésle meurtrier,mais !
il tomba. Le Moine tira un
autre pistolet de l'autre manche.
paflj à travers la Garde,
& se réfugia dansun Convent,
d'où il décampa ensuite. Lr.
Gouverneur n'est pas mort
encore? mais on compte qu'il
n'enéchappera pas,car il a per- ,
du la paroledepuis troisjours
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Résumé : A S. Lucar de Carrameda, le 15. Juillet.
Le 15 juillet, un incident tragique a eu lieu à £iaicii. En Andalousie, des moines vendaient illégalement de la viande, violant ainsi les droits du Roi Catholique et du clergé. Le gouverneur, Don Alonzo Jacinco Velardo, a tenté de mettre fin à cette pratique au couvent des Augustins, mais les moines ont ignoré ses avertissements. Les ministres du roi ont arrêté un garçon en possession de viande de contrebande, ce qui a provoqué la colère d'un moine. Ce dernier a agressé les ministres, entraînant une altercation au cours de laquelle un ministre a tiré sur le moine, le blessant mortellement. Les ministres se sont ensuite réfugiés dans une église. Le lendemain, un moine, parent du moine tué, a tiré sur le gouverneur, le blessant gravement. Le moine a ensuite fui vers un autre couvent. Le gouverneur est gravement blessé et son pronostic vital est engagé.
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9195
p. 318-323
Comédies nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
Les Comédiens François représentent depuis un mois une Tragédie intitulée [...]
Mots clefs :
Tragédie, Comédien, Larmes, Pièces, Représentation, Bon goût, Vérité, Auteur, Acte, Personnages, Comédie, Vices
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Comédies nouvelles, [titre d'après la table]
Les Comédiens François repréfentent
depuis un mois une
Tragédie intitulée Andronic. Cet
Ouvrage eft le charme de la Cour
& de Paris. Il tire des larmes des
plus infenfibles ; & l'ona rien vû
depuis long temps , qui ait eu un
auffi grand fuccés. La Comédie
de l'Ufurier , qu'on jouë alterGALANT.
319
nativement avec cette Piéce , n'a
pas efté traitée d'abord fi favorablement
, & plufieurs ont imité
le Marquis de la Critique de l'E .
cole des Femmes. C'eft le fort
des Piéces qui reprennent les vices,
d'eftre condamnées dans les
premieres Repréſentations. Le
chagrin de fe reconnoiftre dans
des Portraits genéraux , & de
s'accufer en fecret des defauts .
qu'on blâme , oblige ceux qui fe
les reprochent à eux -meſmes , à ›
décrier une Piéce , afin d'empêcher
qu'on ne la voye ; mais les
Gens finceres & de bon gouft,
rétabliffent dans la fuite ce que
ces Critiques intéreffez ont tâché
d'abatre . C'est ce qui ne
pouvoit manquer à l'Ufurier, puis
que la Piéce paffe pour bien
320 MERCURE
écrite , & bien conduire , & qu'on
Y rit depuis le commencement
jufques à la fin , fans qu'il y ait
ny fade plaifancerie , ny équivoque
dont la modeftie puiffe eftre
bleffée. Ainfi l'on n'y peut rire
que de la verité des chofes qu'on
y dit en reprenant les defauts des
Hommes . Ces fortes de chofes
ne peuvent rendre un Autheur
blâmable . Quand on fera voir
que de certains Courtifans font
gueux par leur faute , loin de s'en
fâcher,ils doivent remercier ceux
qui en leur faifant ouvrir les yeux ,
leur donnent moyen d'éviter leur
ruine entiere. Il eft fi vray qu'on
n'a pas eu deffein de choquer la
Cour dans cette Piéce , qu'apres
avoir donné dans un Acte un Por.
trait des Courtiſans qui vivent
GALANT. 321
1
dans le defordre, on en donne un
dans l'Acte qui fuit , entièrement
à l'avantage de la Cour. On s'eft
réché fur ce que dans cette Piéce
on avoit mis des Abb.z fur le
Théatre ; mais fi ceux qui critiquent
cet endroit , l'avoient bien
examiné , ils connoiftroient que
le Perfonnage qu'ils prennent
pour un Abbé , n'eft qu'un des
Ufurpateurs de ce Tître , qui s'en
fervent feulement afin d'eftre
mieux receus dans les Compagnies
; de forte qu'on ne peut
faire aucune comparaifon de ce
Perfonnage avec un veritable
Abbé. D'ailleurs quand c'en feroit
un , on ne pourroit alleguer
qu'il defigne particulierement
aucun Abbé , puis qu'il dit des
chofes genérales , & qui ne peu
322 MERCURE
"
vent eftre appliquées à une mef
me Perfonne. Cela fait voir
que
c'eft fort injuftement que l'on
impute à un Particulier ce qui en
regarde plus de cent . Il en eft de
mefme des Banquiers dont on
parle dans la Piéce. Il cft certain
que l'Autheur n'en a eu aucun
en veuë , mais feulement les vices
de leur Profeffion. Ceux qui prêtent
à ufure , peuvent ne fe pas
corriger pour cela , mais le Pu
blic fera du moins averty de
beaucoup de chofes qu'il doit
éviter à leur égard . Cette maniere
de corriger les vices a efté
trouvée fi utile de tout temps ,
que les Anciens fe fervoient de
Mafques femblables à ceux dont
ils vouloient faire voir les - defauts,
afin de les faire remarquer
GALANT. 323
au Public Il n'en eft pas de mê
me aujourd'huy ; & l'on n'attaque
à la Comédie que les vices,
& non pas les Hommes.
depuis un mois une
Tragédie intitulée Andronic. Cet
Ouvrage eft le charme de la Cour
& de Paris. Il tire des larmes des
plus infenfibles ; & l'ona rien vû
depuis long temps , qui ait eu un
auffi grand fuccés. La Comédie
de l'Ufurier , qu'on jouë alterGALANT.
319
nativement avec cette Piéce , n'a
pas efté traitée d'abord fi favorablement
, & plufieurs ont imité
le Marquis de la Critique de l'E .
cole des Femmes. C'eft le fort
des Piéces qui reprennent les vices,
d'eftre condamnées dans les
premieres Repréſentations. Le
chagrin de fe reconnoiftre dans
des Portraits genéraux , & de
s'accufer en fecret des defauts .
qu'on blâme , oblige ceux qui fe
les reprochent à eux -meſmes , à ›
décrier une Piéce , afin d'empêcher
qu'on ne la voye ; mais les
Gens finceres & de bon gouft,
rétabliffent dans la fuite ce que
ces Critiques intéreffez ont tâché
d'abatre . C'est ce qui ne
pouvoit manquer à l'Ufurier, puis
que la Piéce paffe pour bien
320 MERCURE
écrite , & bien conduire , & qu'on
Y rit depuis le commencement
jufques à la fin , fans qu'il y ait
ny fade plaifancerie , ny équivoque
dont la modeftie puiffe eftre
bleffée. Ainfi l'on n'y peut rire
que de la verité des chofes qu'on
y dit en reprenant les defauts des
Hommes . Ces fortes de chofes
ne peuvent rendre un Autheur
blâmable . Quand on fera voir
que de certains Courtifans font
gueux par leur faute , loin de s'en
fâcher,ils doivent remercier ceux
qui en leur faifant ouvrir les yeux ,
leur donnent moyen d'éviter leur
ruine entiere. Il eft fi vray qu'on
n'a pas eu deffein de choquer la
Cour dans cette Piéce , qu'apres
avoir donné dans un Acte un Por.
trait des Courtiſans qui vivent
GALANT. 321
1
dans le defordre, on en donne un
dans l'Acte qui fuit , entièrement
à l'avantage de la Cour. On s'eft
réché fur ce que dans cette Piéce
on avoit mis des Abb.z fur le
Théatre ; mais fi ceux qui critiquent
cet endroit , l'avoient bien
examiné , ils connoiftroient que
le Perfonnage qu'ils prennent
pour un Abbé , n'eft qu'un des
Ufurpateurs de ce Tître , qui s'en
fervent feulement afin d'eftre
mieux receus dans les Compagnies
; de forte qu'on ne peut
faire aucune comparaifon de ce
Perfonnage avec un veritable
Abbé. D'ailleurs quand c'en feroit
un , on ne pourroit alleguer
qu'il defigne particulierement
aucun Abbé , puis qu'il dit des
chofes genérales , & qui ne peu
322 MERCURE
"
vent eftre appliquées à une mef
me Perfonne. Cela fait voir
que
c'eft fort injuftement que l'on
impute à un Particulier ce qui en
regarde plus de cent . Il en eft de
mefme des Banquiers dont on
parle dans la Piéce. Il cft certain
que l'Autheur n'en a eu aucun
en veuë , mais feulement les vices
de leur Profeffion. Ceux qui prêtent
à ufure , peuvent ne fe pas
corriger pour cela , mais le Pu
blic fera du moins averty de
beaucoup de chofes qu'il doit
éviter à leur égard . Cette maniere
de corriger les vices a efté
trouvée fi utile de tout temps ,
que les Anciens fe fervoient de
Mafques femblables à ceux dont
ils vouloient faire voir les - defauts,
afin de les faire remarquer
GALANT. 323
au Public Il n'en eft pas de mê
me aujourd'huy ; & l'on n'attaque
à la Comédie que les vices,
& non pas les Hommes.
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Résumé : Comédies nouvelles, [titre d'après la table]
Les Comédiens Français jouent depuis un mois la tragédie 'Andronic', qui connaît un grand succès à la cour et à Paris. La comédie 'L'Ufurier', alternée avec 'Andronic', a d'abord été mal reçue, certains critiques la comparant à la critique de l'École des Femmes. Les pièces dénonçant les vices sont souvent mal accueillies lors des premières représentations, car les spectateurs se reconnaissent dans les portraits tracés. Cependant, les gens sincères et de bon goût finissent par rétablir la réputation de la pièce. 'L'Ufurier' est bien écrite et offre un rire constant sans recourir à des plaisanteries fades ou blessantes. Le rire provient de la vérité des choses reprochées aux hommes. La pièce ne vise pas à choquer la cour, alternant entre des portraits de courtisans vivant dans le désordre et des portraits flatteurs de la cour. Les critiques ont également reproché la présence d'abbés sur scène, mais le personnage en question est un usurpateur du titre. Les banquiers mentionnés ne sont pas visés individuellement, mais leurs vices professionnels sont mis en lumière pour avertir le public. Cette méthode de correction des vices est jugée utile et a été utilisée par les Anciens pour faire remarquer les défauts au public. Aujourd'hui, on attaque les vices et non les hommes à la comédie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9196
p. 106-111
LETTRE sur la Paix à M. le Comte de *** avec cette Epigraphe : Spes discite vestras. Virg. Eneïde 3. A Lyon 1763 ; brochure in-12. de 45. pages.
Début :
IL est peu question de la Paix dans cette Lettre, dont la Paix a cependant [...]
Mots clefs :
Point, Auteur, Nation, Lettre, Paix, Gloire, Caractère
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE sur la Paix à M. le Comte de *** avec cette Epigraphe : Spes discite vestras. Virg. Eneïde 3. A Lyon 1763 ; brochure in-12. de 45. pages.
LETTRE fur la Paix à M. le Comte
de **
cette Epigraphe ; Spes
·
difcite veftras. Virg . Eneide 3. A
Lyon 1763 ; brochure in- 12. de 45.
pages.
IL eft peu queftion de la Paix dans
cette Lettre , dont la Paix a cependant
été l'occafion , & où l'Auteur fe propofe
de faire voir que fi la gloire de la
MA I. 1763. 107
France a diminué , c'eſt l'effet du changement
arrivé dans les moeurs publiques.
Il ne s'agit pas ici des moeurs
dans le rapport qu'elles ont avec l'ordre
focial , mais avec le caractère dominant
de la nation ce qui deviendra plus
clair par cette image.
"
"
» Voyez fortir
» de fa cabane cet homme à la fleur
» de fon âge , qui ne pouvant fuppor-
» ter le repos , brûle d'effayer fes forces.
» La douceur eft dans fes yeux ; mais
» l'audace eft fur fon front , & fa dé-
» marche fière annonce l'intrépidité de
» fon âme. Il part , il va parcourir la
» terre ; il dit, elle eft à moi ; & la nature
» en me donnant le courage , m'a indiqué
ma deftination . Ma maffue n'é-
» crafera point le foible. J'irai, au fe-
» cours de quiconque ne pourra ſe dé-
» fendre lui-même; mais malheur à celui
» qui voudra borner mes droits ou en-
» chaîner mon bras : je viendrai mettre
29 fes dépouilles aux pieds de mon père ,
» & je me juftifierai de mes victoires ,
devant celle qui m'a donné le jour .
» Ainfi à l'honnêteté du fentiment qui le
» pénétre, & qui lui indique fes premiers
devoirs , fe joint une forte idée de fa
» fupériorité fur tout ce qui l'environne,
» Aucune entreprife ne l'épouvante, au-
Evj
108 MERCURE DE FRANCE.
>
cun projet ne l'étonne ; & loin de
» prévoir la mort , il n'imagine pas même
» la défaite . Eft - il terraffé par un rival
» plus robuſte ? La honte qu'il ne con-
» noiffoit point encore s'empare de fon
» âme. Il fe roule par terre ; il pouffe des
" cris de rage & de douleur , & jure en
» fe relevant, de ne point revoir le lieu de
» fa naiffance , qu'il n'ait vengé fon in-
» jure. Tel doit être , dit l'Auteur
le caractère d'une Nation qui afpire
à la gloire de mériter les regards de
l'Univers . Tel étoit le caractère de la
Nation Françoife ; & en lui montrant
ce qu'elle a ééttéé , l'Auteur aime à lui
faire appercevoir ce qu'elle peut être
encore . Autrefois , & fans remonter
plus haut que le dernier Siécle , ,, la
» joie ou la confternation qui naifſoit
" des fuccès ou des revers , étoit un
» fentiment profond qui affectoit l'âme
» & qui ne la rendoit que plus active.
» Lorfque Louis- le-Grand puniffoit Génes
ou Alger, il n'y avoit point de
» François qui ne crût que fa propre injure
étoit vengée. Si les Généraux
» ne méritoient pas toujours les ap-
» plaudiffemens des Peuples , au moins
, ils étoient fürs de leurs voeux. La
>» mort de Turenne fut amérement pleu
MA I. 1763. 109
rée par les rivaux de fa gloire. La
» baffe jaloufie qui quelquefois n'épar-
" gnoit pas la réputation des Grands
» Hommes , refpectoit au moins la
» fortune & l'état ; & elle eût entre-
» pris en vain de fupplanter un Héros
» lorfque fes victoires l'avoient rendu.
célébre , & fes talens néceffaires . Les
intrigues de laCour ne pénétroient pas
» encore dans les Camps ; & récipro-
» quement les méfintelligences des Ar-
» mées ne venoient point former des
» partis juſqu'aux pieds du Trône.
ود
A ce portrait l'Auteur en oppofe un
autre , où il peint les François tels
qu'il les fuppofe actuellement. » Depuis
bien des années , dit- il , j'ai enten-
» du beaucoup de belles paroles , &
» je n'ai prèfque point vû de grandes
» actions. J'ai vu nos Guerriers s'im-
» puter mutuellement des erreurs & des
» torts ; & ces malheureufes difputes ,
» tantôt le principe , & tantôt la fuite
» de nos revers , affliger la Patrie fans
» l'éclairer & ajouter à la fenfation
» du mal , l'incertitude de fa caufe qui
en éloignoit le reméde. J'ai vu cet
honneur national , qui repofe peutête
dans les antiques demeures de
cette pauvre & brave nobleffe , ca
MO MERCURE DE FRANCE.
chée dans nos campagnes , abandon
» ner infenfiblement cette partie de la
» Nation Françoife , qui fe montre ,
» qui s'agite , qui communique le mou-
" vement au corps politique , & qui
» malheureuſement éblouit les Peuples
» par fon éclat , & les entraîne par
» fon exemple. J'ai vu le François pu-
" blier lui- même fes difgrâces & n'en
plus rougir ; & ce qui eft peut - être le
» dernier période du mal , forcer fa
» raifon à juftifier par des fophifmes
» l'indifférence qu'il a témoignée pour
→ fon Pays.
Nous ne déciderons point de la vérité
de cet éloquent & ingénieux parallèle
; nous dirons feulement qu'il y
a eu peu de Siécles , où la Nation Fran
çoife ait donné plus de marques d'at
tachement pour fon Souverain , & de
zéle pour fa Patrie , que dans le nôtre.
La confternation générale de la France
pendant la maladie du Roi à Metz ; l'e mpreffement
univerfel à contribuer au rétabliffement
de la Marine , font des
faits que l'on pourroit oppofer aux plus
beaux parallèles . Quoiqu'il en foit , en
fuppofant le mal auffi grand qu'on nous
le repréfente , l'Auteur nous offre les
remédes qu'on peut y apporter ; &
M& A I. 1763.
HE
cette partie de fa lettre demande à être
lue dans l'Ouvrage même. Je n'en citerai
qu'un feul trait qui regarde les gens
de Finance . L'Auteur veut qu'on leur
dife : » ayez un fallon de moins , & éle-
» vez au milieu de cette Capitale une
» Statue au Grand Maurice. La ma-
" gnificence de ce Palais , les eaux de ce
» Parc vous.coûteront un million ; vous
pouvez épargner la moitié de cette
»dépenfe , & en relevant les ruines de cet
» établiffement qui s'écroule , vous ſe-
» rez le bienfaîteur d'une Province. Un
» jeune Gentilhomme plein de coura-
» ge & d'honneur s'eft fignalé dans nos
armées ; il eft inconnu à la Cour , &
» fa fortune ne lui laiffe que fon bras :
» allez lui offrir votre fille ; s'il l'accepte ,
vous aurez fait & pour l'Etat & pour
» vous , la plus importante des acquifi-.
» tions.
Cette lettre , quoique peut- être dictée
par un peu d'enthoufiafme, mérite néanmoins
d'être accueillie & confervée
comme l'ouvrage d'un homme d'efprit ,
d'un Ecrivain éloquent , & d'un excellent
Citoyen.
de **
cette Epigraphe ; Spes
·
difcite veftras. Virg . Eneide 3. A
Lyon 1763 ; brochure in- 12. de 45.
pages.
IL eft peu queftion de la Paix dans
cette Lettre , dont la Paix a cependant
été l'occafion , & où l'Auteur fe propofe
de faire voir que fi la gloire de la
MA I. 1763. 107
France a diminué , c'eſt l'effet du changement
arrivé dans les moeurs publiques.
Il ne s'agit pas ici des moeurs
dans le rapport qu'elles ont avec l'ordre
focial , mais avec le caractère dominant
de la nation ce qui deviendra plus
clair par cette image.
"
"
» Voyez fortir
» de fa cabane cet homme à la fleur
» de fon âge , qui ne pouvant fuppor-
» ter le repos , brûle d'effayer fes forces.
» La douceur eft dans fes yeux ; mais
» l'audace eft fur fon front , & fa dé-
» marche fière annonce l'intrépidité de
» fon âme. Il part , il va parcourir la
» terre ; il dit, elle eft à moi ; & la nature
» en me donnant le courage , m'a indiqué
ma deftination . Ma maffue n'é-
» crafera point le foible. J'irai, au fe-
» cours de quiconque ne pourra ſe dé-
» fendre lui-même; mais malheur à celui
» qui voudra borner mes droits ou en-
» chaîner mon bras : je viendrai mettre
29 fes dépouilles aux pieds de mon père ,
» & je me juftifierai de mes victoires ,
devant celle qui m'a donné le jour .
» Ainfi à l'honnêteté du fentiment qui le
» pénétre, & qui lui indique fes premiers
devoirs , fe joint une forte idée de fa
» fupériorité fur tout ce qui l'environne,
» Aucune entreprife ne l'épouvante, au-
Evj
108 MERCURE DE FRANCE.
>
cun projet ne l'étonne ; & loin de
» prévoir la mort , il n'imagine pas même
» la défaite . Eft - il terraffé par un rival
» plus robuſte ? La honte qu'il ne con-
» noiffoit point encore s'empare de fon
» âme. Il fe roule par terre ; il pouffe des
" cris de rage & de douleur , & jure en
» fe relevant, de ne point revoir le lieu de
» fa naiffance , qu'il n'ait vengé fon in-
» jure. Tel doit être , dit l'Auteur
le caractère d'une Nation qui afpire
à la gloire de mériter les regards de
l'Univers . Tel étoit le caractère de la
Nation Françoife ; & en lui montrant
ce qu'elle a ééttéé , l'Auteur aime à lui
faire appercevoir ce qu'elle peut être
encore . Autrefois , & fans remonter
plus haut que le dernier Siécle , ,, la
» joie ou la confternation qui naifſoit
" des fuccès ou des revers , étoit un
» fentiment profond qui affectoit l'âme
» & qui ne la rendoit que plus active.
» Lorfque Louis- le-Grand puniffoit Génes
ou Alger, il n'y avoit point de
» François qui ne crût que fa propre injure
étoit vengée. Si les Généraux
» ne méritoient pas toujours les ap-
» plaudiffemens des Peuples , au moins
, ils étoient fürs de leurs voeux. La
>» mort de Turenne fut amérement pleu
MA I. 1763. 109
rée par les rivaux de fa gloire. La
» baffe jaloufie qui quelquefois n'épar-
" gnoit pas la réputation des Grands
» Hommes , refpectoit au moins la
» fortune & l'état ; & elle eût entre-
» pris en vain de fupplanter un Héros
» lorfque fes victoires l'avoient rendu.
célébre , & fes talens néceffaires . Les
intrigues de laCour ne pénétroient pas
» encore dans les Camps ; & récipro-
» quement les méfintelligences des Ar-
» mées ne venoient point former des
» partis juſqu'aux pieds du Trône.
ود
A ce portrait l'Auteur en oppofe un
autre , où il peint les François tels
qu'il les fuppofe actuellement. » Depuis
bien des années , dit- il , j'ai enten-
» du beaucoup de belles paroles , &
» je n'ai prèfque point vû de grandes
» actions. J'ai vu nos Guerriers s'im-
» puter mutuellement des erreurs & des
» torts ; & ces malheureufes difputes ,
» tantôt le principe , & tantôt la fuite
» de nos revers , affliger la Patrie fans
» l'éclairer & ajouter à la fenfation
» du mal , l'incertitude de fa caufe qui
en éloignoit le reméde. J'ai vu cet
honneur national , qui repofe peutête
dans les antiques demeures de
cette pauvre & brave nobleffe , ca
MO MERCURE DE FRANCE.
chée dans nos campagnes , abandon
» ner infenfiblement cette partie de la
» Nation Françoife , qui fe montre ,
» qui s'agite , qui communique le mou-
" vement au corps politique , & qui
» malheureuſement éblouit les Peuples
» par fon éclat , & les entraîne par
» fon exemple. J'ai vu le François pu-
" blier lui- même fes difgrâces & n'en
plus rougir ; & ce qui eft peut - être le
» dernier période du mal , forcer fa
» raifon à juftifier par des fophifmes
» l'indifférence qu'il a témoignée pour
→ fon Pays.
Nous ne déciderons point de la vérité
de cet éloquent & ingénieux parallèle
; nous dirons feulement qu'il y
a eu peu de Siécles , où la Nation Fran
çoife ait donné plus de marques d'at
tachement pour fon Souverain , & de
zéle pour fa Patrie , que dans le nôtre.
La confternation générale de la France
pendant la maladie du Roi à Metz ; l'e mpreffement
univerfel à contribuer au rétabliffement
de la Marine , font des
faits que l'on pourroit oppofer aux plus
beaux parallèles . Quoiqu'il en foit , en
fuppofant le mal auffi grand qu'on nous
le repréfente , l'Auteur nous offre les
remédes qu'on peut y apporter ; &
M& A I. 1763.
HE
cette partie de fa lettre demande à être
lue dans l'Ouvrage même. Je n'en citerai
qu'un feul trait qui regarde les gens
de Finance . L'Auteur veut qu'on leur
dife : » ayez un fallon de moins , & éle-
» vez au milieu de cette Capitale une
» Statue au Grand Maurice. La ma-
" gnificence de ce Palais , les eaux de ce
» Parc vous.coûteront un million ; vous
pouvez épargner la moitié de cette
»dépenfe , & en relevant les ruines de cet
» établiffement qui s'écroule , vous ſe-
» rez le bienfaîteur d'une Province. Un
» jeune Gentilhomme plein de coura-
» ge & d'honneur s'eft fignalé dans nos
armées ; il eft inconnu à la Cour , &
» fa fortune ne lui laiffe que fon bras :
» allez lui offrir votre fille ; s'il l'accepte ,
vous aurez fait & pour l'Etat & pour
» vous , la plus importante des acquifi-.
» tions.
Cette lettre , quoique peut- être dictée
par un peu d'enthoufiafme, mérite néanmoins
d'être accueillie & confervée
comme l'ouvrage d'un homme d'efprit ,
d'un Ecrivain éloquent , & d'un excellent
Citoyen.
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Résumé : LETTRE sur la Paix à M. le Comte de *** avec cette Epigraphe : Spes discite vestras. Virg. Eneïde 3. A Lyon 1763 ; brochure in-12. de 45. pages.
La 'Lettre fur la Paix à M. le Comte' est une brochure publiée à Lyon en 1763, contenant 45 pages. L'auteur y traite de la paix en France et de la diminution de la gloire nationale, qu'il attribue à un changement dans les mœurs publiques. Il utilise la métaphore d'un homme jeune et audacieux pour symboliser l'esprit de conquête et de supériorité du caractère national français. L'auteur compare ce caractère passé à la situation actuelle, où il observe une absence de grandes actions malgré de belles paroles. Il déplore les disputes entre guerriers, l'abandon de l'honneur national et l'indifférence des Français envers leur pays. Cependant, il oppose ce tableau à des exemples récents de l'attachement des Français à leur souverain et à leur patrie, comme la consternation générale lors de la maladie du roi à Metz et l'effort collectif pour rétablir la marine. L'auteur propose des remèdes, notamment pour les gens de finance, en suggérant des économies et des actions en faveur de la province. Il conclut en louant l'auteur pour son esprit, son éloquence et son patriotisme.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9197
p. 83-89
Suite des Nouvelles d'Espagne.
Début :
Monsieur de Vendosme, ayant eu avis que trois mille hommes [...]
Mots clefs :
Ennemis, Hommes, Duc de Vendôme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles d'Espagne.
Suite des Nouvelles
d'Espagne.
Monsieur de Vendosme,
ayant eu avis que trois mille
hommes des meilleures
Troupes de l'ArméeduGeneral
Staremberg
,
avoient
,
pris secrettement la route
de Tarragone pour quelque
expédition, il envoya avertir
les Gouvet neurs de TorraCe
& de Lerida de se tenis
sur leurs gardes. Eneffet,le
General Wezel, à la teste de
ce détachement
,
auquel il
avoir joint deux mille cinq
cens Miquelets,arriva le 2
Octobreavant le jour sur le
glacis de Tortose sans avoir
esté découvert à cause d'un
grand broülllard. ces Troupes
surprirent d'abord un
Corps de Garde prés de la
barrière & la demi lune de
la Porte du Temple
,
où il
n'y avoir point de Garde Ils
voulurent ensuite cfcalader
la muraille prés de la Tour
voisine de l'angleflanqué du
Bastion de S. Jean ; mais le
bruic qu'ils firent en posant
leurs Echelles, les fit découvrir.
Onavertitaussi-tost
MrdeGlines Commandant
de la Place qui s'y transporta
avec toute la diligence
possible. Dés qu'ilfutarrivé
il fit tirer cinq coups de canon
qui estoient le signal
pour faire prendre lesarmes
à la Garnison. Dans le même
temps il fit tirer sur le Rempart
les Echelles que les Ennemis
avoienc dressées, par
les So ldats de sa garde qui
l'avoient suivi. Lesennemis
fc voyant découverts se glisrent
entre les ouvrages & la
riviere ; mais la Garnison &
un grand nombre de Bourgeois
ayant occupé tous les :
Portes, on sir pluficurs décharges
de canon sur eux
chargé à cartouche, qui leur
tuèrent beaucoup de monde.
Cependant ils ne se rebuterentpas&
s'avancerent
aux portes du Temple &de
Saint Jean ausquelles il voulurent
attacher des petards
pour les enfoncer; mais lesgrandes
décharges que l'on
fie sur eux les obligèrent de
seretirer en si grand desordre
qu'ils abandonnèrent
quatrecens hommes qui
avoient pris poste dans la
demi lune de la Porte du
Temple, avec un Lieutenant-
Colonel & plusieurs
autres Officiers'; tout leur
attirail, & huit cent fusils.
Mrs de Bustamante qui étoit
avec deux cens hommes à
deux lieues de là, accourut
au bruit du canon, lequel
ayant trouvé les Ennemis
qui se retiroient, les poursuivit,
& en prie un grand
nombre. On compte que,
cette entrepriseleuracoûté
prés de quinze cens hommes
tant tuez que prisonniers &
deserteurs qui se fontvenus
rendre depuis.
D'autres Lettres portent
qu'après que les Ennemis Ce
furent retirez
,
l'Evêque fit
chanter le Te Deum, & distribuer
ensuite des rafraîchissemens
à la Garnison &
aux Bourgeois qui avoient
pris les armes pour la deffense
de leur patrie; que dans le
même temps que les Ennemis
avoientessayé de furprendre
Tortose
,
plusieurs
Vaisseaux de guerre & plufleurs
Galeres où il y avoit
des Troupes de débarquement
avoient approché de
Vignaroz à l'embouchure
de l'Ebre, dans le destein de
s'emparer de cette Ville ou
de brûler les Magasins de
grains qu'on y avoit amassez
; mais qu'ils avoient esté
pareillement contraints de
le retirer sans avoir pû exe-
,
cuter leur dessein.
d'Espagne.
Monsieur de Vendosme,
ayant eu avis que trois mille
hommes des meilleures
Troupes de l'ArméeduGeneral
Staremberg
,
avoient
,
pris secrettement la route
de Tarragone pour quelque
expédition, il envoya avertir
les Gouvet neurs de TorraCe
& de Lerida de se tenis
sur leurs gardes. Eneffet,le
General Wezel, à la teste de
ce détachement
,
auquel il
avoir joint deux mille cinq
cens Miquelets,arriva le 2
Octobreavant le jour sur le
glacis de Tortose sans avoir
esté découvert à cause d'un
grand broülllard. ces Troupes
surprirent d'abord un
Corps de Garde prés de la
barrière & la demi lune de
la Porte du Temple
,
où il
n'y avoir point de Garde Ils
voulurent ensuite cfcalader
la muraille prés de la Tour
voisine de l'angleflanqué du
Bastion de S. Jean ; mais le
bruic qu'ils firent en posant
leurs Echelles, les fit découvrir.
Onavertitaussi-tost
MrdeGlines Commandant
de la Place qui s'y transporta
avec toute la diligence
possible. Dés qu'ilfutarrivé
il fit tirer cinq coups de canon
qui estoient le signal
pour faire prendre lesarmes
à la Garnison. Dans le même
temps il fit tirer sur le Rempart
les Echelles que les Ennemis
avoienc dressées, par
les So ldats de sa garde qui
l'avoient suivi. Lesennemis
fc voyant découverts se glisrent
entre les ouvrages & la
riviere ; mais la Garnison &
un grand nombre de Bourgeois
ayant occupé tous les :
Portes, on sir pluficurs décharges
de canon sur eux
chargé à cartouche, qui leur
tuèrent beaucoup de monde.
Cependant ils ne se rebuterentpas&
s'avancerent
aux portes du Temple &de
Saint Jean ausquelles il voulurent
attacher des petards
pour les enfoncer; mais lesgrandes
décharges que l'on
fie sur eux les obligèrent de
seretirer en si grand desordre
qu'ils abandonnèrent
quatrecens hommes qui
avoient pris poste dans la
demi lune de la Porte du
Temple, avec un Lieutenant-
Colonel & plusieurs
autres Officiers'; tout leur
attirail, & huit cent fusils.
Mrs de Bustamante qui étoit
avec deux cens hommes à
deux lieues de là, accourut
au bruit du canon, lequel
ayant trouvé les Ennemis
qui se retiroient, les poursuivit,
& en prie un grand
nombre. On compte que,
cette entrepriseleuracoûté
prés de quinze cens hommes
tant tuez que prisonniers &
deserteurs qui se fontvenus
rendre depuis.
D'autres Lettres portent
qu'après que les Ennemis Ce
furent retirez
,
l'Evêque fit
chanter le Te Deum, & distribuer
ensuite des rafraîchissemens
à la Garnison &
aux Bourgeois qui avoient
pris les armes pour la deffense
de leur patrie; que dans le
même temps que les Ennemis
avoientessayé de furprendre
Tortose
,
plusieurs
Vaisseaux de guerre & plufleurs
Galeres où il y avoit
des Troupes de débarquement
avoient approché de
Vignaroz à l'embouchure
de l'Ebre, dans le destein de
s'emparer de cette Ville ou
de brûler les Magasins de
grains qu'on y avoit amassez
; mais qu'ils avoient esté
pareillement contraints de
le retirer sans avoir pû exe-
,
cuter leur dessein.
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Résumé : Suite des Nouvelles d'Espagne.
Le marquis de Vendôme, averti de l'approche de trois mille hommes des troupes du général Staremberg vers Tarragone, alerta les gouverneurs de Tortose et de Lérida. Le général Wezel, à la tête de cinq mille hommes, arriva devant Tortose le 2 octobre, profitant du brouillard pour éviter la détection. Les troupes surprirent un corps de garde près de la Porte du Temple et tentèrent d'escalader la muraille, mais furent découvertes. Le commandant M. de Glines fit tirer des coups de canon pour alerter la garnison. Les assaillants, repoussés par des décharges de canon, tentèrent d'enfoncer les portes avec des pétards sans succès. Ils se retirèrent en désordre, abandonnant quatre cents hommes, des officiers et des armes. M. de Bustamante captura un grand nombre d'ennemis en retraite. Cette attaque coûta aux assaillants près de quinze cents hommes. Après le retrait des ennemis, l'évêque fit chanter le Te Deum et distribuer des rafraîchissements. Parallèlement, des vaisseaux de guerre approchèrent de Vinaroz pour s'emparer de la ville ou brûler des magasins de grains, mais se retirèrent sans exécuter leur plan.
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9198
p. 726-733
DOUZIEME LETTRE sur la Bibliotheque des Enfans et sur les dimensions du Bureau Typographique.
Début :
Vous voulez, Monsieur, juger du Systême Typographique par l'experience [...]
Mots clefs :
Bureau typographique, Méthode, Bibliothèque des enfants, Système de morale, Expérience
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texteReconnaissance textuelle : DOUZIEME LETTRE sur la Bibliotheque des Enfans et sur les dimensions du Bureau Typographique.
OUZIEME LETTRE sur la
Bibliotheque des Enfans et sur les dimensions du Bureau Typographique.
VOU
Ous voulez , Monsieur , juger du Systême
Typographique par l'experience et par la
pratique, ou enfin par des exemples et des autoritez modernes. Cela paroît raisonnable jusqu'à un
certain point , je n'ignore pas que les preuves
sensibles ne frappent davantage , mais je sçai
aussi que ces prétendues preuves sensibles sont
souvent plus sujettes à l'erreur que les preuves de
raisonnement. J'avoue que lorsqu'il s'agit d'un
effet prompt et physique , l'experience est le
moyen le plus sur pour en décider ; supposons ,
par exemple, une dispute sur deux sortes de Poudre à Canon, où il s'agit de sçavoir laquelle a
plus de force et porte plus loin ; tous les raisonnemens sur la composition de cette Poudre , ne
feront jamais sur un bon esprit la même impression que l'experience réïterée, et après laquelle ces
raisonnemens serviront à confirmer , ou pour
mieux dire , à expliquer cette même experience.
Il en est de même de la circulation du sang etde
bien d'autres choses.
AVRIL. 17321 727
Mais quand il s'agit de Méthode et d'institution litteraire ou d'une experience soumise à une
infinité de combinaisons physiques et morales ,
il faut pour lors que la raison soit de la partie
et qu'elle serve par provision à discerner la bonté
et la superiorité de cette Méthode sur les autres ;
je croi que c'est ici le cas du Bureau Tipographique , malgré le raisonnement de ceux qui disent qu'il faut juger de la bonté de cette Méthode
par le grand nombre des Sçavans qu'elle produi c'est- à- dire , selon eux , attendre 20. 30. ou
So.ans avant que de se déterminer. Raisonner ainsi
n'est- ce pas raisonner à peu près comme si l'on
eut dit autrefois ? 1 °. Qu'il falloit juger de la
bonté et de l'excellence de la nouvelle Medecine
par le plus grand nombre de Vieillards de l'un et
del'autre Sexe, auquel cas laMedecine des Patriarches auroit été préferable à toutes les autres.
ra ,
2º. Qu'il falloit juger de la bonté des Loix de
chaque Païs , et de la probité de chaque Nation ,
par le plus petit nombre de procès et par le
moindre casuel des Executeurs de la haute Justice.
3°. Qu'il falloit juger de la politique et de la
science Militaire d'un siecle , par le nombre des
Héros , des grands Souverains et des Peuples heureux qu'ils gouvernoient.
4°. Qu'il falloit juger des avantages de l'Im
primerie , par le plus grand nonbre des Sçavans
et des Livres modernes préferables à ceux des- anciens:
5. Juger des avantages de la Boussole , de la
nouvelle Navigation et de la découverte du nouveau Monde , par le plus grand bonheur et le
meilleur être des Nations qui jouissent des fruits de cette découverte.
6. Juger de la bonté de l'Horlogerie et même B-v des
728 MERCURE DE FRANCE
des Prédicateurs ,, par le meilleur emploi du tems.
. De la préference et superiorité morale des Nations et de leur commerce , par le plus grand
nombre des honnêtes gens,par le plus grand nomnombre des riches , et le plus petit nombre des miserables.
8". Juger de la bonté des Systêmes de morale ,
de politique et même de Religion , par le plus
grand nombre des gens de bien, des gens de probité et de pieté , &c.
Vous voyez par là , Monsieur , qu' est plus --
aisé de juger des effets de pure Mécanique , que
de juger des effets combinez à l'infini dans le Physique et dans le Moral. Que d'incertitudes dans
l'enquête et dans le témoignage des hommes !
sur la complexion et le temperament des enfans !
sur les dispositions de leur esprit sur la Méthode qu'ils ont suivie ! sur les moyens , la capacité ,
les talens , et les soins des parens , des Maîtres et
même des domestiques ! sur l'usage et les Coûtumes de chaque Pays, et enfin sur tous les accidens
de la vie !
Descartes , Pascal , Baile , Newton , Leibnits ,
&c. ont été de grands hommes , s'ensuit- il que
leurs Abécé et leurs Rudimens fussent les meilleurs De quel Rudiment , de quelle Méthode se
servoient a utrefois les Hébreux , les Grecs et les
Latins , et de quelle Méthode se servent aujourd'hui les E spagnols et les Portugais , les Anglois
et les Hollandois ; en faut- il juger par le plus
grand nombre de leurs Sçavans ? Il n'est donc
pas toujours aisé de prouver la bonté d'un Systême ou d'une Méthode, par le plus grand nombre
des habiles gens qu'elle a produits , et si on peut
le dir e à p resent de la Méthode de Décartes , elle
me lai ssoit pas de porter par elle- même la preuve morale
AVRIL 1732. 729
•
2
morale et géométrique de son excellence et de sa
superiorité sur les autres Méthodes. On juge fa、
cilement de la bonté et de l'abondance des récoltes par la qualité , la quantité et le prix des denrées. Il n'en est pas tout- à -fait de même des Méthodes des Sçavans , ni de leurs Ouvrages. Concluons qu'il en est d'une Méthode comme d'un
outil ; un bon Ecrivain écrira mieux avec une
mauvaise plume , qu'an mauvais Ecrivain avec la
meilleure plume du monde. On n'apporte pas assez de soin sur le choix des Maîtres , voilà un
inconvenient. Les Maîtres ne cherchent pas assez
les rapports et les proportions entre la doctrine
et les enfans , voilà un autre inconvenient. Il n'est
donc pas absolument vrai qu'on puisse toûjours
juger de l'outil ou de la Méthode par l'Ouvrage et par l'Eleve.
Pour vous donner cependant , comme vous le
souhaitez , Monsieur , des témoignages rendus en faveur de la Méthode du Bureau , je puis vous
assurer que de toutes les personnes qui ont vu
cette Machine , il n'y en a point qui n'ait avoüé
de bonne foi que cette maniere de montrer les
premiers élemens des Lettres étoit ingénieuse et
plus à la portée des petits enfans que les Méthodes vulgaires ; en passant sous silence le détail des
témoignages de quelques Particuliers, je pourrois vous nomnier ici un des plus intelligens Magistrats et des plus zelez pour le bien de la République des Lettres , qui cut la curiosité de voir par
lui même l'exercice et les operations du Bureau
Typographique. M. Gallyot , accompagna ce Magistrat au College du Plessis , où M. Rollin et
M. l'Abbé de S. Pierre , avoient déja pris la peine
de se rendre. Tous ces Messieurs parlerent favorablement de cette Méthode et je me flatte qu'en -Evj -favcut
730 MERCURE DE FRANCE
faveur de notre cause ils voudront bien me par
donner la liberté que je viens de prendre de les
nommer. Le R. P. Buffier , le Régent de Quatrié
me du College de Louis le Grand , le P. Bouche
ron , Prêtre de l'Oratoire , M. Thomé , Conseiller au Parlement de Grenoble et d'autres Messieurs , se trouverent une autre fois ensemble au
Bureau du College du Plessis et rendirent également témoignage à la verité ; je pourrois vous
citer le Principal et les deux Sous- Principaux du
même College, qui , exempts de prévention , pen
sent favorablement de la Méthode Typographique. Je pourrois vous nommer le Proviseur et le
Principal du College d'Harcourt où le jeune Seigneur Dom Ventura de Liria , a déja fait et
'heureuse experience du Bureau Typographi
que. Je pourrois vous parler de M. Chom
pré , Maître de Pension , et depuis peu Maître
de petite Ecole , qui fait usage actuellement
des classes du Bureau Typographique , dans le
rue des Carmes ou saint Jean de Beauvais.;
exemple qui va être suivi par plusieurs. Maîtres d'Ecoles.
Je pourrois vous rapporter l'exemple d'une petite fille de trois ans , vis- à- vis sainte Catherine ,
rue S.Denis,qui imprime joliment à son Bureau,la
copie qu'on lui donne sur des cartes. Il y a plusieurs autres enfans qui s'amusent utilement au
Bureau Typographique ; cela devroit fermer la.
bouche aux Critiques , retenir leur plume et leur
apprendre enfin à en faire un meilleur usage pour le Public..
Je pourrois vous rapporter le Certificat de la Societé des Arts , inseré dans le Mercure du mois
de Septembre dernier , et vous dire qu'à la Cour même, Qn. fair usage du Bureau pour Monseigneur
AVRIL. 1732. 732
gneur le Dauphin et pour Mesdames de France.
Mais il faut vous dire le fort et le foible , un
Grammairien de Ventabren , donna dans le Mercure du mois de Janvier dernier , une Critique
contre le Bureau , et il en parut une autre dans le
mois de Février suivant , dont le Public fut en◄
core plus mécontent ; enfin M. Gaullier , Régent
de Quatriéme au Plessis , dans les Notes sur la
Méthode de M.le Févre, et M.le Beau, Regent de
Seconde au même College , dans sa petite Piece
comique du mois d'Août dernier , ont pris le
parti de se déclarer hautement contre le Systême
et contre l'Auteur du Bureau Typographique.
C'est à vous , Monsieur , à present d'aprécier ,
d'estimer et d'évaluer chaque témoignage ; si
vous voulez compter les voix avant que de péser
les raisons ; vous avez trois Maîtres qui se sont déclarez contre le Bureau et contre ses Partisans
de la Cour et de la Ville. De ces trois Maîtres
le premier étant, dit- on, imaginé et fait à plaisir ,
il n'en reste que deux ; de ces deux il ne faut pas
compter M. le Beau , qui par licence poëtique
plutôt qu'à mauvais dessein , a préferé le Bureau
pour le sujet de sa petite Piece ; on le lui auroit
même prêté avec plaisir, pour rendre plus sensible aux Spectateurs, la Critique qu'il en vouloit
faire ;on auroit pû fournir bien des pensées comiques sur cette matiere , et on en auroit ri comme
les autres , sans approuver neanmoins l'affectation des personalitez indécentes contre les morts
et les vivans ; conduite qui fait toujours tort au
jugement et au cœur , quelque honneur qu'elle
puisse faire d'ailleurs à l'esprit du Poëte.
2.
De ces trois Maîtres , il ne nous reste donc à
craindre contre le Bureau , que les Critiques de
M.Gaullier , ce laborieux et infatigable Profes- seur
732 MERCURE DE FRANCE
seur , dont les Notes sur la Méthode de M. le
Fevre , p. 104. parlant de la lecture de Terence,
et croyant avoir pour lui l'autorité de M. le Fevre , du P. Jouvency , des Statuts de l'Université,
de M. M. et R. P. des P. de l'Eglise , enfin du
Monde entier, pense- t'il , bors le seul M. Rollin ,
a voulu peut-être à son tour et dans cette occasion , se singulariser contre le jugement du Public , de la Cour , de la Ville , des Colleges , des
Maîtres d'Ecole , de la Societé des Arts , de l'experience , il a peut- être voulu qu'on pût aussi dire delui ce que l'Ecriture dit d'Ismaël. Gen. 16.
12. qu'il leva la main contre tous , Manus ejus
contra omnes ; et ajoûter que tous leveront aussi la
main contre lui , Et manus omnium contra eum ;
article et paroles que M. Gaullier rapporte dans
sa Lettre inserée dans le Mercure du mois d'Octobre dernier , contre quelques lignes du Nouvelliste du Parnasse , dont il ne paroît pas qu'il
eût tant à se plaindre par un long et ennuyeux Commentaire. Bien des Auteurs à Paris , se sont
déclarez contre les Critiques de ce Professeur.
L'Auteur des Tropes attend sa réponse , 1 ° . sur
la difference des Colleges bien ou mal montez,
2. Sur la veritable diference de la Méthode de
Mile Fevre et de la Méthodedes Colleges. 3 ° . Sur
la contradiction de ceux qui, selon leur Méthode,
exigent l'âge de dix ou douze ans pour l'étude
des Rudimens et qui néanmoins les accablent d'une infinité de Regles Grammaticales avant cet âge
là. 4°. Sur les Charlatans de la menuë Litterature,
qui donnent le Catalogue fastueux de leurs petites
compilations. . Sur l'imparfaite division et
l'injuste accusation d'heresie ou de folie. 6° . Sur
les Longins connus et inconnus. 7° . Sur les Livres de compilation , imprimez exprès en lettres fort
"
AVRIL. 1732. 733
fort menuës , pour faciliter la grosse et grande
Litterature. 8. Sur la veritable définition des
mots Pedant et Pedenterie. 9 ° Et enfin , sur la
difference d'un vain Déclamateur, et d'un vrai et
utile Critique.
UnAuteur de Rennes en Bretagne s'est déclaré
contre ce Regent de quatriéme. M. Perquis autre
Breton , a donné une Réponse à la Lettre d'un
Profeffeur anonyme que M. Gaullier avoue être
de lui , petite consolation que l'honneur de tant
d'adversaires , tant qu'un fameux et ancien Recteur de l'Université de Paris , ne daignera pas en
augmenter le nombre , et que méprisant les vaines déclamations de ses critiques, il continuera ses
dignes et pénibles travaux pour enrichir la République des Lettres de la suite du cours historique que le public attend toujours avec impatience , et
qu'il reçoit et lit avec empressement.
1
Je vous envoie , Mr. les nouvelles dimensions
du Bureau , afin que vous puissiez en faire faire selon la mesure des Cartes et des Lettres dont
vous voudrez vous servir. Vous avez dans le Mercure de Novembre la suite des Jeux , des opérations , des exercices et des leçons du Sistême Ty- pografique ; et dans le premier Volume du mois s
de Decembre dernier, la maniere d'étiqueter et degarnir un Bureau complet.
Bibliotheque des Enfans et sur les dimensions du Bureau Typographique.
VOU
Ous voulez , Monsieur , juger du Systême
Typographique par l'experience et par la
pratique, ou enfin par des exemples et des autoritez modernes. Cela paroît raisonnable jusqu'à un
certain point , je n'ignore pas que les preuves
sensibles ne frappent davantage , mais je sçai
aussi que ces prétendues preuves sensibles sont
souvent plus sujettes à l'erreur que les preuves de
raisonnement. J'avoue que lorsqu'il s'agit d'un
effet prompt et physique , l'experience est le
moyen le plus sur pour en décider ; supposons ,
par exemple, une dispute sur deux sortes de Poudre à Canon, où il s'agit de sçavoir laquelle a
plus de force et porte plus loin ; tous les raisonnemens sur la composition de cette Poudre , ne
feront jamais sur un bon esprit la même impression que l'experience réïterée, et après laquelle ces
raisonnemens serviront à confirmer , ou pour
mieux dire , à expliquer cette même experience.
Il en est de même de la circulation du sang etde
bien d'autres choses.
AVRIL. 17321 727
Mais quand il s'agit de Méthode et d'institution litteraire ou d'une experience soumise à une
infinité de combinaisons physiques et morales ,
il faut pour lors que la raison soit de la partie
et qu'elle serve par provision à discerner la bonté
et la superiorité de cette Méthode sur les autres ;
je croi que c'est ici le cas du Bureau Tipographique , malgré le raisonnement de ceux qui disent qu'il faut juger de la bonté de cette Méthode
par le grand nombre des Sçavans qu'elle produi c'est- à- dire , selon eux , attendre 20. 30. ou
So.ans avant que de se déterminer. Raisonner ainsi
n'est- ce pas raisonner à peu près comme si l'on
eut dit autrefois ? 1 °. Qu'il falloit juger de la
bonté et de l'excellence de la nouvelle Medecine
par le plus grand nombre de Vieillards de l'un et
del'autre Sexe, auquel cas laMedecine des Patriarches auroit été préferable à toutes les autres.
ra ,
2º. Qu'il falloit juger de la bonté des Loix de
chaque Païs , et de la probité de chaque Nation ,
par le plus petit nombre de procès et par le
moindre casuel des Executeurs de la haute Justice.
3°. Qu'il falloit juger de la politique et de la
science Militaire d'un siecle , par le nombre des
Héros , des grands Souverains et des Peuples heureux qu'ils gouvernoient.
4°. Qu'il falloit juger des avantages de l'Im
primerie , par le plus grand nonbre des Sçavans
et des Livres modernes préferables à ceux des- anciens:
5. Juger des avantages de la Boussole , de la
nouvelle Navigation et de la découverte du nouveau Monde , par le plus grand bonheur et le
meilleur être des Nations qui jouissent des fruits de cette découverte.
6. Juger de la bonté de l'Horlogerie et même B-v des
728 MERCURE DE FRANCE
des Prédicateurs ,, par le meilleur emploi du tems.
. De la préference et superiorité morale des Nations et de leur commerce , par le plus grand
nombre des honnêtes gens,par le plus grand nomnombre des riches , et le plus petit nombre des miserables.
8". Juger de la bonté des Systêmes de morale ,
de politique et même de Religion , par le plus
grand nombre des gens de bien, des gens de probité et de pieté , &c.
Vous voyez par là , Monsieur , qu' est plus --
aisé de juger des effets de pure Mécanique , que
de juger des effets combinez à l'infini dans le Physique et dans le Moral. Que d'incertitudes dans
l'enquête et dans le témoignage des hommes !
sur la complexion et le temperament des enfans !
sur les dispositions de leur esprit sur la Méthode qu'ils ont suivie ! sur les moyens , la capacité ,
les talens , et les soins des parens , des Maîtres et
même des domestiques ! sur l'usage et les Coûtumes de chaque Pays, et enfin sur tous les accidens
de la vie !
Descartes , Pascal , Baile , Newton , Leibnits ,
&c. ont été de grands hommes , s'ensuit- il que
leurs Abécé et leurs Rudimens fussent les meilleurs De quel Rudiment , de quelle Méthode se
servoient a utrefois les Hébreux , les Grecs et les
Latins , et de quelle Méthode se servent aujourd'hui les E spagnols et les Portugais , les Anglois
et les Hollandois ; en faut- il juger par le plus
grand nombre de leurs Sçavans ? Il n'est donc
pas toujours aisé de prouver la bonté d'un Systême ou d'une Méthode, par le plus grand nombre
des habiles gens qu'elle a produits , et si on peut
le dir e à p resent de la Méthode de Décartes , elle
me lai ssoit pas de porter par elle- même la preuve morale
AVRIL 1732. 729
•
2
morale et géométrique de son excellence et de sa
superiorité sur les autres Méthodes. On juge fa、
cilement de la bonté et de l'abondance des récoltes par la qualité , la quantité et le prix des denrées. Il n'en est pas tout- à -fait de même des Méthodes des Sçavans , ni de leurs Ouvrages. Concluons qu'il en est d'une Méthode comme d'un
outil ; un bon Ecrivain écrira mieux avec une
mauvaise plume , qu'an mauvais Ecrivain avec la
meilleure plume du monde. On n'apporte pas assez de soin sur le choix des Maîtres , voilà un
inconvenient. Les Maîtres ne cherchent pas assez
les rapports et les proportions entre la doctrine
et les enfans , voilà un autre inconvenient. Il n'est
donc pas absolument vrai qu'on puisse toûjours
juger de l'outil ou de la Méthode par l'Ouvrage et par l'Eleve.
Pour vous donner cependant , comme vous le
souhaitez , Monsieur , des témoignages rendus en faveur de la Méthode du Bureau , je puis vous
assurer que de toutes les personnes qui ont vu
cette Machine , il n'y en a point qui n'ait avoüé
de bonne foi que cette maniere de montrer les
premiers élemens des Lettres étoit ingénieuse et
plus à la portée des petits enfans que les Méthodes vulgaires ; en passant sous silence le détail des
témoignages de quelques Particuliers, je pourrois vous nomnier ici un des plus intelligens Magistrats et des plus zelez pour le bien de la République des Lettres , qui cut la curiosité de voir par
lui même l'exercice et les operations du Bureau
Typographique. M. Gallyot , accompagna ce Magistrat au College du Plessis , où M. Rollin et
M. l'Abbé de S. Pierre , avoient déja pris la peine
de se rendre. Tous ces Messieurs parlerent favorablement de cette Méthode et je me flatte qu'en -Evj -favcut
730 MERCURE DE FRANCE
faveur de notre cause ils voudront bien me par
donner la liberté que je viens de prendre de les
nommer. Le R. P. Buffier , le Régent de Quatrié
me du College de Louis le Grand , le P. Bouche
ron , Prêtre de l'Oratoire , M. Thomé , Conseiller au Parlement de Grenoble et d'autres Messieurs , se trouverent une autre fois ensemble au
Bureau du College du Plessis et rendirent également témoignage à la verité ; je pourrois vous
citer le Principal et les deux Sous- Principaux du
même College, qui , exempts de prévention , pen
sent favorablement de la Méthode Typographique. Je pourrois vous nommer le Proviseur et le
Principal du College d'Harcourt où le jeune Seigneur Dom Ventura de Liria , a déja fait et
'heureuse experience du Bureau Typographi
que. Je pourrois vous parler de M. Chom
pré , Maître de Pension , et depuis peu Maître
de petite Ecole , qui fait usage actuellement
des classes du Bureau Typographique , dans le
rue des Carmes ou saint Jean de Beauvais.;
exemple qui va être suivi par plusieurs. Maîtres d'Ecoles.
Je pourrois vous rapporter l'exemple d'une petite fille de trois ans , vis- à- vis sainte Catherine ,
rue S.Denis,qui imprime joliment à son Bureau,la
copie qu'on lui donne sur des cartes. Il y a plusieurs autres enfans qui s'amusent utilement au
Bureau Typographique ; cela devroit fermer la.
bouche aux Critiques , retenir leur plume et leur
apprendre enfin à en faire un meilleur usage pour le Public..
Je pourrois vous rapporter le Certificat de la Societé des Arts , inseré dans le Mercure du mois
de Septembre dernier , et vous dire qu'à la Cour même, Qn. fair usage du Bureau pour Monseigneur
AVRIL. 1732. 732
gneur le Dauphin et pour Mesdames de France.
Mais il faut vous dire le fort et le foible , un
Grammairien de Ventabren , donna dans le Mercure du mois de Janvier dernier , une Critique
contre le Bureau , et il en parut une autre dans le
mois de Février suivant , dont le Public fut en◄
core plus mécontent ; enfin M. Gaullier , Régent
de Quatriéme au Plessis , dans les Notes sur la
Méthode de M.le Févre, et M.le Beau, Regent de
Seconde au même College , dans sa petite Piece
comique du mois d'Août dernier , ont pris le
parti de se déclarer hautement contre le Systême
et contre l'Auteur du Bureau Typographique.
C'est à vous , Monsieur , à present d'aprécier ,
d'estimer et d'évaluer chaque témoignage ; si
vous voulez compter les voix avant que de péser
les raisons ; vous avez trois Maîtres qui se sont déclarez contre le Bureau et contre ses Partisans
de la Cour et de la Ville. De ces trois Maîtres
le premier étant, dit- on, imaginé et fait à plaisir ,
il n'en reste que deux ; de ces deux il ne faut pas
compter M. le Beau , qui par licence poëtique
plutôt qu'à mauvais dessein , a préferé le Bureau
pour le sujet de sa petite Piece ; on le lui auroit
même prêté avec plaisir, pour rendre plus sensible aux Spectateurs, la Critique qu'il en vouloit
faire ;on auroit pû fournir bien des pensées comiques sur cette matiere , et on en auroit ri comme
les autres , sans approuver neanmoins l'affectation des personalitez indécentes contre les morts
et les vivans ; conduite qui fait toujours tort au
jugement et au cœur , quelque honneur qu'elle
puisse faire d'ailleurs à l'esprit du Poëte.
2.
De ces trois Maîtres , il ne nous reste donc à
craindre contre le Bureau , que les Critiques de
M.Gaullier , ce laborieux et infatigable Profes- seur
732 MERCURE DE FRANCE
seur , dont les Notes sur la Méthode de M. le
Fevre , p. 104. parlant de la lecture de Terence,
et croyant avoir pour lui l'autorité de M. le Fevre , du P. Jouvency , des Statuts de l'Université,
de M. M. et R. P. des P. de l'Eglise , enfin du
Monde entier, pense- t'il , bors le seul M. Rollin ,
a voulu peut-être à son tour et dans cette occasion , se singulariser contre le jugement du Public , de la Cour , de la Ville , des Colleges , des
Maîtres d'Ecole , de la Societé des Arts , de l'experience , il a peut- être voulu qu'on pût aussi dire delui ce que l'Ecriture dit d'Ismaël. Gen. 16.
12. qu'il leva la main contre tous , Manus ejus
contra omnes ; et ajoûter que tous leveront aussi la
main contre lui , Et manus omnium contra eum ;
article et paroles que M. Gaullier rapporte dans
sa Lettre inserée dans le Mercure du mois d'Octobre dernier , contre quelques lignes du Nouvelliste du Parnasse , dont il ne paroît pas qu'il
eût tant à se plaindre par un long et ennuyeux Commentaire. Bien des Auteurs à Paris , se sont
déclarez contre les Critiques de ce Professeur.
L'Auteur des Tropes attend sa réponse , 1 ° . sur
la difference des Colleges bien ou mal montez,
2. Sur la veritable diference de la Méthode de
Mile Fevre et de la Méthodedes Colleges. 3 ° . Sur
la contradiction de ceux qui, selon leur Méthode,
exigent l'âge de dix ou douze ans pour l'étude
des Rudimens et qui néanmoins les accablent d'une infinité de Regles Grammaticales avant cet âge
là. 4°. Sur les Charlatans de la menuë Litterature,
qui donnent le Catalogue fastueux de leurs petites
compilations. . Sur l'imparfaite division et
l'injuste accusation d'heresie ou de folie. 6° . Sur
les Longins connus et inconnus. 7° . Sur les Livres de compilation , imprimez exprès en lettres fort
"
AVRIL. 1732. 733
fort menuës , pour faciliter la grosse et grande
Litterature. 8. Sur la veritable définition des
mots Pedant et Pedenterie. 9 ° Et enfin , sur la
difference d'un vain Déclamateur, et d'un vrai et
utile Critique.
UnAuteur de Rennes en Bretagne s'est déclaré
contre ce Regent de quatriéme. M. Perquis autre
Breton , a donné une Réponse à la Lettre d'un
Profeffeur anonyme que M. Gaullier avoue être
de lui , petite consolation que l'honneur de tant
d'adversaires , tant qu'un fameux et ancien Recteur de l'Université de Paris , ne daignera pas en
augmenter le nombre , et que méprisant les vaines déclamations de ses critiques, il continuera ses
dignes et pénibles travaux pour enrichir la République des Lettres de la suite du cours historique que le public attend toujours avec impatience , et
qu'il reçoit et lit avec empressement.
1
Je vous envoie , Mr. les nouvelles dimensions
du Bureau , afin que vous puissiez en faire faire selon la mesure des Cartes et des Lettres dont
vous voudrez vous servir. Vous avez dans le Mercure de Novembre la suite des Jeux , des opérations , des exercices et des leçons du Sistême Ty- pografique ; et dans le premier Volume du mois s
de Decembre dernier, la maniere d'étiqueter et degarnir un Bureau complet.
Fermer
Résumé : DOUZIEME LETTRE sur la Bibliotheque des Enfans et sur les dimensions du Bureau Typographique.
La lettre aborde la méthode typographique employée dans la Bibliothèque des Enfants et les dimensions du Bureau Typographique. L'auteur examine la validité de juger une méthode par l'expérience ou par le raisonnement. Il estime que, bien que l'expérience soit essentielle pour des questions mécaniques, elle est moins fiable pour évaluer des méthodes littéraires ou éducatives en raison de la complexité des facteurs impliqués. L'auteur critique l'idée de juger la méthode typographique par le nombre de savants qu'elle produit, comparant cela à des jugements absurdes dans d'autres domaines comme la médecine, les lois ou la politique. Il affirme que la qualité d'une méthode ne peut pas toujours être prouvée par le nombre de personnes qu'elle forme. La lettre mentionne plusieurs témoignages favorables à la méthode typographique, provenant de magistrats, de professeurs et de membres de la cour. Cependant, elle reconnaît également des critiques, notamment celles de certains professeurs et d'un grammairien. L'auteur conclut en soulignant la difficulté de juger une méthode uniquement par ses résultats et en invitant à une évaluation plus nuancée des témoignages et des raisons. Il fournit également des informations sur les dimensions du Bureau Typographique et les ressources disponibles pour en savoir plus sur le système typographique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9199
p. 102-116
L'ISLE MERVEILLEUSE, poëme en trois chants, traduit du grec, suivi d'ALPHONSE, ou de l'ALCIDE Espagnol, conte très-moral. A Paris, chez DELALAIN, rue Saint-Jacques ; brochure in-8o.
Début :
CET ouvrage nous est annoncé comme une traduction de Callimaque. Tant mieux [...]
Mots clefs :
Amour, Poème, Chants, Île, Fleurs, Nature, Poème, Plaisir, Désirs, Yeux, Beauté, Amants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ISLE MERVEILLEUSE, poëme en trois chants, traduit du grec, suivi d'ALPHONSE, ou de l'ALCIDE Espagnol, conte très-moral. A Paris, chez DELALAIN, rue Saint-Jacques ; brochure in-8o.
L'ISLE MERVEILLEUSE , poëme en trois
thants , traduit du grec , fuivi d'ALPHONSE
, ou de l'ALCIDE Efpagnol ,
conte très-moral. A Paris , chez Dela-
LAIN rue Saint - Jacques ; brochure
in - 8°.
"
CETET Ouvrage nous eft annoncé comme
une traduction de Callimaque . Tant mieux
pour Callimaque s'il eft vraiment le premier
auteur de cette production charmante.
En Grèce comme en France , il y a
vingt fiècles comme aujourd'hui , on méritoit
des éloges quand on favoit égayer
la raifon , couronner la philofophie des
fleurs de l'imagination la plus brillante ,
offrir à l'homme, dans un cadre agréable ,
le tableau mouvant de fes excès , de fes
foibleffes , de fes plaifirs , le corriger en
riant , & le critiquer en le faifant rire.
J'ai peine , comme bon François , à
laiffer à un Grec l'honneur que je crois
appartenir à un de mes compatriotes ; &
l'enthoufiafme patriotique ne m'aveugle
pas affez , pour croire que dans les genres.
de littérature voluptueux , comme dans
JUIN 1768. 103
les autres , la France foit affez riche pour
enrichir la Grèce à fes dépens.
J'aime , au contraite , à reconnoître fous
fon voile la mufe modefte qui veut fe
cacher. Le petit fafte d'érudition attique
qu'elle étalé dans l'avis du traducteur qui
précède ce poëme , ne peut m'en impofer
davantage. Elle reffemble alors , felon moi ,
à une jolie femme qui , pour mieux fe
déguifer , veut parler politique au bal de
l'opéra , mais dont la voix douce trahit
des argumens fi étrangers à fes grâces. Ne
dénouons pas ici les cordons de fon mafque,
puifqu'elle veut être inconnue , ( il faut
refpecter les myftères des belles comme
leurs caprices ) & contentons- nous de jouir
des charmes que fon déguifement nous
laiffe entrevoir.
Callimaque commence fon poëme par
ces vers , où il nous apprend que les amans
& les poëtes étoient arjures pà Cythère
comme à Paris.
Aux peupliers qui bordent mon ſéjour ,
J'avois juré de fufpendre ma lyre ,
De refpirer , d'être heureux fans délire ,
D'ofer fur-tout être heureux fans l'amour :
J'avois juré ; mais je l'ai vu foûrire ,
Et fur fon aîle il emporte aujourd'hui
Tous les fermens que j'ai faits contre luis
Ce dieu ramène un transfuge volages
104 MERCURE DE FRANCE .
Il me promet de nouvelles erreurs ,
Des fens nouveaux , les defirs du bel âge ;
Me dit fans ceffe , en m'offrant les faveurs ,
» Vois-tu le temps qui moiffonne les fleurs ?
Il t'avertit d'en femer fon paffage.
Quand l'amour veut , qui pourroit échapper !
Je vais chanter , je vais chanter & j'aime :
Il m'a foumis & je plains en moi- même
Les malheureux qu'il ceffe de tromper.
Ce bel enfant , d'une mère plus belle ,
De fon pouvoir s'applaudiffoit un jour ,
Défioit Mars , fe mocquoit de Cybèle ,
Et provoquoit tous les dieux à leur tour :
De Jupin même il bravoit la colère ,
Lui foutenoit qu'infpirer un defir ,
C'étoit bien plus que lancer le tonnerre ;
Et que le droit d'épouvanter la terre,
N'égale pas le droit de l'embellir.
Le fouverain de la voûte éthérée
Fronce un fourcil & fait trembler les cieux :
Vulcain pâlit , Vénus fuit éplorée ;
L'amour s'échappe & vole à d'autres jeux.
Dans fon courroux le monarque fuprême
Promet au Styx , qui frémit du ferment ,
D'humilier l'audacieux enfant ,
Et veut qu'enfin il convienne lui- même
Qu'un autre eft maître , & l'Amour dépendant
JUIN 1768 . 105.
¡
- Sous le beau ciel , où l'or des Hefpérides.
Pend en feftons aux arbres jauniffans ,
Du fein des flots , d'écume blanchiffans
Divifant l'onde en deux remparts liquides ;
Une ifle fort , s'élève dans les airs ,
Monde flottant , inconnu fur les mers.
La peinture de cette ifle délicieufe fuit
& invite autant le navigateur à cingler
vers ces rives , que la défenſe d'y aborder
pouvoit exciter l'Amour à y defcendre. La
beauté & la privation font par-tout les
deux , les plus grands aiguillons du defir.
Les habitans de la belle colonie avoient
tout ce que l'on peut avoir fans l'amour ; .
& c'eſt bien peu de choſe .
Ils avoient tout , ( un Dieu m'en eſt garant ) '
Hors le plaifir , qui vaut feul tout le refte
· •
Les yeux fereins & jamais attendris ,
De leur côté nos belles infulaires ,
Ne favent rien des amoureux myſtères.
Froides Vénus de ces froids Adonis ,
Que fur leur fein un doux baifer repofe
Leur fein n'éprouve aucun frémiſſement ; -
Si de leur bouche on va preffer la roſe ›
Même froideur , jamais un fentiment .
Ev
106 MERCURE DE FRANCE.
Rien fur leurs fronts ne ternit la jeuneffe :
Leurs coeurs glacés ne craignent rien du temps.
Comment vieillir quand on vit fans ivrelſe ! .
Les malheureux ! ...ils n'ont pas nos tourmens.
Rien de plus doux que ce dernier vers.
Que j'aime à voir le poëte juftifier la nature
que nous avons toujours tort d'accufer !
L'amitié , dit notre Callimaque , reftoit
à nos infulaires . Je les plains moins. Mais
quel trifte ami que celui qui ne peut être
amant ! J'aimerois mieux celui même qui
devroit me trahir pour fa maîtreffe. Cela
n'empêche pas le poëte de finit fon premier
chant par des vers bien fûrs de leurs
fuccès. Les vers à la louange des belles ,
comme ceux qui en difent du mal , fons
toujours fûrs de nos éloges.
SECOND CHANT.
Jeunes amans , fortons de notre ivtelle ;
Je le vois bien , c'eft trop fe tourmenter
C'est trop fervir une ingrate maîtreffe :
Tout dans l'amour invite à déferter.
Je vous ai peint de tranquilles rivages ,
Des jours fereins , l'abfence des defirs ,
Mille beautés dans le fond des boccages ,
A ne rien faire occupant leurs loisirs ;
Des charmes nuds carellés des zéphirs..
Embarquons- nous , ouvrons-nous les pallages.
JUIN 1768. 107
Ou m'égarai -je ? irons - nous fans appui ,
De cent rochers franchir la vafte enceinte ?
Le feu du ciel y laiffa fon empreinte :
Craignons fa foudre... & plus encor l'ennui.
Puifqu'il le faut , gardons nos infidelles ;
Soyons heureux pour nous bien venger d'elles.
A leur exemple ayons un coeur léger ,
Laiffons leurs feux & mourir & renaître.
Eh ! que fait-on nous les verrons peut-être
Nous revenir à force de changer.
L'amour déja s'excite à la vengeance :
Dans fon empire il fent qu'il eft borné.
Quand un lieu feul ignore fa puiffance ,
Maîtré dů monde , il s'y croit enchaîné..
BOUDERIE de l'Amour , & défolation de 1.
la nature.
Plus clairvoyant il interprête enfin
L'oracle obfcur rendu par le deftin.
·
Dans un hameau de certe ifle võifin ,
Le beau Marfis , au printemps de fon âge ,
Et non Aétri par le précoce uſage
De ce feu fourd qu'il cachoit dans fon fein
Eft le héros choisi pour fa conquête.
E vj
108
MERCURE DE FRANCE:
Le long d'un pré que coupent des ruiffeaux ?
Les yeux baillés , recueillis fans étude ,
Il promenoit fa vague inquiétude
Şous des palmiers qui joignoient leurs rameaux.
Rien ne lui plut , ni danſe ni parure :
Il touche au terme où , las de fermenter ,
Le doux volcan qu'anime la nature ,
Dans chaque veine eft tout prêt d'éclater.
L'Amour paroît , l'arrête & l'envisage..
Suis- moi , dit- il , ce n'eft point une erreur :
Je fuis le dieu qui préfide à ton âge ;
Je fuis le dieu qui va guérir ton coeur.
Tes feux fecrets , Marfis , font mon ouvrage.
Tu vois cette ifle , il faudra m'y fervir ;
Les chants de l'air devant toi vont s'ouvrir :
Tu t'abattras fur cet épais feuillage ;
Vas , creis l'Amour , & connois le plaifir .
• Ici l'Amour prête fes aîles à Marfis pour
traverfer les airs & voler le fervir dans
l'ifle merveilleufe
Que deviendra , dépouillé de fes aîles ,
L'enfant malin Dieux s'il étoit furpris !
S'il furvenoit quelques Nymphes cruelles !
Ne pouvant fuir , il feroit bientôt pris.
Il faut le voir , redoutant l'esclavage ,
S'effaroucher au feul bruit du feuillage ;
JUIN 1768. 100
Mais auffi- tôt Zéphir officieux ,
L'enveloppant de l'azur d'un nuage ,
Dans un jardin l'enlève à tous les yeux.
Flore foûrit en le voyant fi fage ,
De noeuds de fleurs charge le dieu volage
Et dans les bras lui fait trouver les cieux,
Hôte nouveau de la plaine éthérée ,
Marfis s'abat fur la forêt facrée.
Qu'apperçoit- il dans fes détours fecrets ?
La fraîche Irza , cette heureuſe infulaire
Que le deftin avoit conduite exprès
Dans l'épaiffeur de ce bois folitaire ,
Pour y remplir les éternels décrets .
En longs replis fa noire chevelure
Forme autour d'elle un beau voile mouvant .
Voile jaloux , importune parure ,
Que fait aller , que dérange le vent ,
Tant de beautés font tour à tour écloſes ,
"Que l'on héfite à fixer fon larcin .
Les deux boutons qui colorent ce ſein
Reffemblent bien à deux boutons de roles :
Qui charment l'oeil en invitant là main .
Que la moiffon pour Marfis fera belle !
O Jupiter ! l'Amour , du bout de l'aîle ,
N'a point encore effleuré fes attraits ;
Baifer d'amant ne les teignit jamais 3:
Hercule enfin , trouve une Hébé nouvelle.
10 MERCURE DE FRANCE.
De même effor l'un vers l'autre s'élance,
Sans autre loi qu'an inftinet enchanteur ,
Et nos amans , malgré leur ignorance ,
Savent trouver la route du bonheur.
Trifte pudeur qu'on prend pour l'innocence ,
Ton vain preftige & ton art féducteur
Valent- ils donc la pure jouiffance ,
L'égarement , le défordre flatteur
D'une beauté qui tombe fans défenſe ,
Et peut , fans crainte , adorer ſon vainqueur ?
Jouis , Irza , d'une volupté pure ,
Saifis l'inftant , il va s'évanouir ;
Le Ciel , hélas ! fait payer le plaifir ,
Et la douleur te rend à la nature ;
Pour toi l'amour vient de naître aujourd'huis
Tous les befoins vont renaître avec lui.
Voilà fans contredit la plus jolie fiction
de l'ouvrage , & la morale la plus vraie
de toute cette fable agréable. Il est bien
de remontrer à l'homme la correfpondance
de fes peines & de fes plaifirs , & de l'engager
à fe confoler des maux par le fouvenir
de leur caufe.
Mais dans fon trouble ( Marfis ) il va compter
enfin
Le nombre heureux marqué par le deſtin
JUIN 1768.
La foudre gronde & le charme commence
Dans ces rochers l'onde murmure & fuit :
' De nouveaux dons la terre s'embellit ;
Et de fes flancs veit germer l'abondance.
Chaque buiffon fe transforme en verger :
L'anana croît , la grenade vermeille
Mêle fa pourpre à l'ombre de la treille ;
Des pommes d'or parfument l'oranger.
Je connois peu de peinture plus riche
& plus brillante.
CHANT TROISIEME.
Les defirs naiffent & le trouble avec
eux. La beauté devient un prix pour lequel
on combat. L'écho folitaire de cette ifle ,
jadis tranquille , & réveillé par les cris
furieux des rivaux , & fon fol fleuri eft
arrofé du fang des combattans , devenu
jaloux & devenant amoureux.
Il Marfis ) voit de loin la troupe frémiffante ,
Et , faififfant un branchage noueux ,
Forme à la hâre , au tour de fon amante ,
De troncs brifés un rempart épineux.
Vers fes rivaux Marfis vole & s'élance
Il fend les airs : les aîles de l'Amour ,
Les yeux d'Irza le fervent tour à tour.
12 MERCURE DE FRANCE.
Tel un lion , quand le chaſſeur Numide
Ole attaquer les jeunes lionceaux ,
Les crins dreffés , le regard intrépide ,
Vient s'opposer aux mortels javelots.
On tremble au loin : fes ardentes prunelles ;
Teintes du fang , dardant des étincelles ,
Et fon courroux fait rugir les échos.
Tout eft calmé : des lyres amoureuſes ,
L'accord brillant réfonne dans les airs ,.
Et les oiſeaux , à ces tendres concerts
Ont marié leurs voix mélodieuſes .
Sur les débris des rameaux difperfés ,
Du haut des cieux on voit pleuvoir des roſes;
Et , déſarmés par ces métamorphofes ,
Nos combattans font tous entrelacés .
Moins animé , leur regard eft plus tendre ,
Ils vont jouir , & l'amour va deſcendre.
Comme il triomphe en parcourant cette iflè
A fon pouvoir fi long-temps indocile !
Mais , pour fonder quels font les voeux ſecrets ,
Marquant fa joie , en conquérant habile ,
Il dit ces mots à fes nouveaux fujets :
< Peuple charmant , tu connois ma puiſſance ;
Mais fi tu hais l'amour & fes combats ,
» Je puis te rendre à ton indifférence ;
>> Parle & choifis ... le Dieu n'achève pas.
Vive l'Amour eſt le cri qui s'élève ,
» Cri de l'inftinét , le fentiment t'achève »»»
JUIN 1768. 113
Enumération brillante des atours appor
tés aux infulaires l'ordre de leur nouveau
maître.
par
Le Dieu foûrit , il ordonne , & foudain
Sur tous les fronts doit naître la décence :
Chaque beauté , fuyant fon ceil malin ,
Eft plus timide avec moins d'innocence.
Tous à la fois courent aux vêtemens ,
Qu'Amour façonne & change en ornemens.
Alors le Dieu , plein de rufes nouvelles ,
Fait aux amours figne de s'éloigner ;
Et , refté feul , entouré de leurs belles ,
Céde au plaifir de les endoctriner.
"Nymphes , dit- il , en foûriant encore ,
Orez à l'oeil le temps de s'affoupir :
» Ce qu'il devine il le fait embellir :
» Voilez un charme & mille vont éclore ;
La nudité fatigue le defir.
» Pour l'éveiller la pudeur m'eft utile ,
C'est mon fecret ; c'eft un jeu ſéduiſant ;
» Qui du bonheur rend l'accès moins facile
Mais il le faur employer fobrement.
» Prêtez de graće une oreille attentive.
» Les cieux fur vous ont femé les attraits ;
>> Eh ! que
font- ils fans mes autres bienfaits ?
» Naiffantes fleurs , c'est moi qui vous cultive,
» Tout dans l'amour n'eſt qu'un rafinement.
»A vos traits feuls défendez l'impoſtures
114 MERCURE DE FRANCE.
Et , croyez- moi , réſervez prudemment
L'art pour vos coeurs, pour vos traits la nature.
» Près de trahir un trop crédule amant ,
Jurez-lui bien de n'être point parjure :
Je ferai - là pour rire du ferment.
» D'un air naïf verfez des pleurs perfides
>> Sachez vous rendre & fur- tout réfilter.
>> Intimidez les defirs trop avides ,
»N'effrayez pas ceux qu'il faut exciter.
»Feintes langueurs , infidieux foûrire ,
Tranſports charmans , quoiqu'ils foient cón
» certés ,
>>
$
›› Rare abandon des fecrettes beautés ,
» Employez tout pour fonder mon empire.
On s'apperçoit bien que les archives de
Fille n'ont pas été perdues ; & plus d'une
de nos jolies femmes pourroient être foupçonnées
d'avoir feuilleté ce vieux manuf
crit.
Par l'orateur trop long - temps exilés ,
Tous nos amans font enfin rappellés.
L'Amour alors fait élever un trône :
En grande pompe on y place Marfis ,
Qu'il a nommé Roi du peuple conquis.
I tient le fceptre , Irza tient la couronne.
Le beau pasteur , dans ce riant féjour ,
Voit à fes pieds fes fujettes nouvelles.
1
JUIN 1768. 115
On prévoit bien ce qu'il fit de fes ailes :
Aimer Irza c'eſt les rendre à l'Amour.
Ainfi finit le poëme de l'ifle merveilleufe.
On auroit peut- être pu defirer que
Callimaque y eût plus fouvent fubſtitué
des détails philofophiques aux defcriptions
voluptueufes qui y font prodiguées d'une
main fi libérale. Le champ abondoit en
fruits & en fleurs , & le poëte a plus cueilli
que moiſſonné ; mais on doit pardonner
à Callimaque , qui , je crois , étoit jeune ,
de préférer Flore à Pomone. Le mérite de
l'exécution de ce petit ouvrage eft beaucoup
; celui de l'invention eft peut- être
fupérieur. Il me femble en effet difficile
d'écrire l'hiftoire d'un peuple qui , probablement
, a laiffé peu de matériaux à confulter.
Nous ne nous fommes permis aucunes
citations ni aucunes réflexions fur
le Conte d'Alphonfe. Le lecteur jugera
lui - même de la rapidité du ftyle , de la
fraîcheur des images , de la variété des
tons , des plaifanteries & des tranfitions
toujours heureuſes & inattendues qui permettent
de donner ce petit ouvrage pour
modèle à nos conteurs modernes . Ils font
rares , & j'en fuis étonné . Seroit - ce que
le genre eft affez difficile pour effrayer
leur modeftie , & parce qu'en effet très116
MERCURE DE FRANCE.
peu
de gens doivent fe flatter de réunir
les grâces de la diction à la fimplicité ,
une imagination riche à une imagination
rianse , l'uſage de ce qu'on appelle la
bonne compagnie à la connoiffance de
cette portion plus nombreufe de la fociété ,
& que nous femblons prefque méprifer ,
parce qu'elle eft apparemment moins ridicule
, & chez laquelle le bon La Fontaine
a pourtant fu puifer les tréfors qui nous
enchantent ? S'il eſt ainfi , réjouiſſons - nous
d'avoir trouvé un genre où nos jeunes
littérateurs foient modeftes. Les découvertes
font toujours plaifir.
thants , traduit du grec , fuivi d'ALPHONSE
, ou de l'ALCIDE Efpagnol ,
conte très-moral. A Paris , chez Dela-
LAIN rue Saint - Jacques ; brochure
in - 8°.
"
CETET Ouvrage nous eft annoncé comme
une traduction de Callimaque . Tant mieux
pour Callimaque s'il eft vraiment le premier
auteur de cette production charmante.
En Grèce comme en France , il y a
vingt fiècles comme aujourd'hui , on méritoit
des éloges quand on favoit égayer
la raifon , couronner la philofophie des
fleurs de l'imagination la plus brillante ,
offrir à l'homme, dans un cadre agréable ,
le tableau mouvant de fes excès , de fes
foibleffes , de fes plaifirs , le corriger en
riant , & le critiquer en le faifant rire.
J'ai peine , comme bon François , à
laiffer à un Grec l'honneur que je crois
appartenir à un de mes compatriotes ; &
l'enthoufiafme patriotique ne m'aveugle
pas affez , pour croire que dans les genres.
de littérature voluptueux , comme dans
JUIN 1768. 103
les autres , la France foit affez riche pour
enrichir la Grèce à fes dépens.
J'aime , au contraite , à reconnoître fous
fon voile la mufe modefte qui veut fe
cacher. Le petit fafte d'érudition attique
qu'elle étalé dans l'avis du traducteur qui
précède ce poëme , ne peut m'en impofer
davantage. Elle reffemble alors , felon moi ,
à une jolie femme qui , pour mieux fe
déguifer , veut parler politique au bal de
l'opéra , mais dont la voix douce trahit
des argumens fi étrangers à fes grâces. Ne
dénouons pas ici les cordons de fon mafque,
puifqu'elle veut être inconnue , ( il faut
refpecter les myftères des belles comme
leurs caprices ) & contentons- nous de jouir
des charmes que fon déguifement nous
laiffe entrevoir.
Callimaque commence fon poëme par
ces vers , où il nous apprend que les amans
& les poëtes étoient arjures pà Cythère
comme à Paris.
Aux peupliers qui bordent mon ſéjour ,
J'avois juré de fufpendre ma lyre ,
De refpirer , d'être heureux fans délire ,
D'ofer fur-tout être heureux fans l'amour :
J'avois juré ; mais je l'ai vu foûrire ,
Et fur fon aîle il emporte aujourd'hui
Tous les fermens que j'ai faits contre luis
Ce dieu ramène un transfuge volages
104 MERCURE DE FRANCE .
Il me promet de nouvelles erreurs ,
Des fens nouveaux , les defirs du bel âge ;
Me dit fans ceffe , en m'offrant les faveurs ,
» Vois-tu le temps qui moiffonne les fleurs ?
Il t'avertit d'en femer fon paffage.
Quand l'amour veut , qui pourroit échapper !
Je vais chanter , je vais chanter & j'aime :
Il m'a foumis & je plains en moi- même
Les malheureux qu'il ceffe de tromper.
Ce bel enfant , d'une mère plus belle ,
De fon pouvoir s'applaudiffoit un jour ,
Défioit Mars , fe mocquoit de Cybèle ,
Et provoquoit tous les dieux à leur tour :
De Jupin même il bravoit la colère ,
Lui foutenoit qu'infpirer un defir ,
C'étoit bien plus que lancer le tonnerre ;
Et que le droit d'épouvanter la terre,
N'égale pas le droit de l'embellir.
Le fouverain de la voûte éthérée
Fronce un fourcil & fait trembler les cieux :
Vulcain pâlit , Vénus fuit éplorée ;
L'amour s'échappe & vole à d'autres jeux.
Dans fon courroux le monarque fuprême
Promet au Styx , qui frémit du ferment ,
D'humilier l'audacieux enfant ,
Et veut qu'enfin il convienne lui- même
Qu'un autre eft maître , & l'Amour dépendant
JUIN 1768 . 105.
¡
- Sous le beau ciel , où l'or des Hefpérides.
Pend en feftons aux arbres jauniffans ,
Du fein des flots , d'écume blanchiffans
Divifant l'onde en deux remparts liquides ;
Une ifle fort , s'élève dans les airs ,
Monde flottant , inconnu fur les mers.
La peinture de cette ifle délicieufe fuit
& invite autant le navigateur à cingler
vers ces rives , que la défenſe d'y aborder
pouvoit exciter l'Amour à y defcendre. La
beauté & la privation font par-tout les
deux , les plus grands aiguillons du defir.
Les habitans de la belle colonie avoient
tout ce que l'on peut avoir fans l'amour ; .
& c'eſt bien peu de choſe .
Ils avoient tout , ( un Dieu m'en eſt garant ) '
Hors le plaifir , qui vaut feul tout le refte
· •
Les yeux fereins & jamais attendris ,
De leur côté nos belles infulaires ,
Ne favent rien des amoureux myſtères.
Froides Vénus de ces froids Adonis ,
Que fur leur fein un doux baifer repofe
Leur fein n'éprouve aucun frémiſſement ; -
Si de leur bouche on va preffer la roſe ›
Même froideur , jamais un fentiment .
Ev
106 MERCURE DE FRANCE.
Rien fur leurs fronts ne ternit la jeuneffe :
Leurs coeurs glacés ne craignent rien du temps.
Comment vieillir quand on vit fans ivrelſe ! .
Les malheureux ! ...ils n'ont pas nos tourmens.
Rien de plus doux que ce dernier vers.
Que j'aime à voir le poëte juftifier la nature
que nous avons toujours tort d'accufer !
L'amitié , dit notre Callimaque , reftoit
à nos infulaires . Je les plains moins. Mais
quel trifte ami que celui qui ne peut être
amant ! J'aimerois mieux celui même qui
devroit me trahir pour fa maîtreffe. Cela
n'empêche pas le poëte de finit fon premier
chant par des vers bien fûrs de leurs
fuccès. Les vers à la louange des belles ,
comme ceux qui en difent du mal , fons
toujours fûrs de nos éloges.
SECOND CHANT.
Jeunes amans , fortons de notre ivtelle ;
Je le vois bien , c'eft trop fe tourmenter
C'est trop fervir une ingrate maîtreffe :
Tout dans l'amour invite à déferter.
Je vous ai peint de tranquilles rivages ,
Des jours fereins , l'abfence des defirs ,
Mille beautés dans le fond des boccages ,
A ne rien faire occupant leurs loisirs ;
Des charmes nuds carellés des zéphirs..
Embarquons- nous , ouvrons-nous les pallages.
JUIN 1768. 107
Ou m'égarai -je ? irons - nous fans appui ,
De cent rochers franchir la vafte enceinte ?
Le feu du ciel y laiffa fon empreinte :
Craignons fa foudre... & plus encor l'ennui.
Puifqu'il le faut , gardons nos infidelles ;
Soyons heureux pour nous bien venger d'elles.
A leur exemple ayons un coeur léger ,
Laiffons leurs feux & mourir & renaître.
Eh ! que fait-on nous les verrons peut-être
Nous revenir à force de changer.
L'amour déja s'excite à la vengeance :
Dans fon empire il fent qu'il eft borné.
Quand un lieu feul ignore fa puiffance ,
Maîtré dů monde , il s'y croit enchaîné..
BOUDERIE de l'Amour , & défolation de 1.
la nature.
Plus clairvoyant il interprête enfin
L'oracle obfcur rendu par le deftin.
·
Dans un hameau de certe ifle võifin ,
Le beau Marfis , au printemps de fon âge ,
Et non Aétri par le précoce uſage
De ce feu fourd qu'il cachoit dans fon fein
Eft le héros choisi pour fa conquête.
E vj
108
MERCURE DE FRANCE:
Le long d'un pré que coupent des ruiffeaux ?
Les yeux baillés , recueillis fans étude ,
Il promenoit fa vague inquiétude
Şous des palmiers qui joignoient leurs rameaux.
Rien ne lui plut , ni danſe ni parure :
Il touche au terme où , las de fermenter ,
Le doux volcan qu'anime la nature ,
Dans chaque veine eft tout prêt d'éclater.
L'Amour paroît , l'arrête & l'envisage..
Suis- moi , dit- il , ce n'eft point une erreur :
Je fuis le dieu qui préfide à ton âge ;
Je fuis le dieu qui va guérir ton coeur.
Tes feux fecrets , Marfis , font mon ouvrage.
Tu vois cette ifle , il faudra m'y fervir ;
Les chants de l'air devant toi vont s'ouvrir :
Tu t'abattras fur cet épais feuillage ;
Vas , creis l'Amour , & connois le plaifir .
• Ici l'Amour prête fes aîles à Marfis pour
traverfer les airs & voler le fervir dans
l'ifle merveilleufe
Que deviendra , dépouillé de fes aîles ,
L'enfant malin Dieux s'il étoit furpris !
S'il furvenoit quelques Nymphes cruelles !
Ne pouvant fuir , il feroit bientôt pris.
Il faut le voir , redoutant l'esclavage ,
S'effaroucher au feul bruit du feuillage ;
JUIN 1768. 100
Mais auffi- tôt Zéphir officieux ,
L'enveloppant de l'azur d'un nuage ,
Dans un jardin l'enlève à tous les yeux.
Flore foûrit en le voyant fi fage ,
De noeuds de fleurs charge le dieu volage
Et dans les bras lui fait trouver les cieux,
Hôte nouveau de la plaine éthérée ,
Marfis s'abat fur la forêt facrée.
Qu'apperçoit- il dans fes détours fecrets ?
La fraîche Irza , cette heureuſe infulaire
Que le deftin avoit conduite exprès
Dans l'épaiffeur de ce bois folitaire ,
Pour y remplir les éternels décrets .
En longs replis fa noire chevelure
Forme autour d'elle un beau voile mouvant .
Voile jaloux , importune parure ,
Que fait aller , que dérange le vent ,
Tant de beautés font tour à tour écloſes ,
"Que l'on héfite à fixer fon larcin .
Les deux boutons qui colorent ce ſein
Reffemblent bien à deux boutons de roles :
Qui charment l'oeil en invitant là main .
Que la moiffon pour Marfis fera belle !
O Jupiter ! l'Amour , du bout de l'aîle ,
N'a point encore effleuré fes attraits ;
Baifer d'amant ne les teignit jamais 3:
Hercule enfin , trouve une Hébé nouvelle.
10 MERCURE DE FRANCE.
De même effor l'un vers l'autre s'élance,
Sans autre loi qu'an inftinet enchanteur ,
Et nos amans , malgré leur ignorance ,
Savent trouver la route du bonheur.
Trifte pudeur qu'on prend pour l'innocence ,
Ton vain preftige & ton art féducteur
Valent- ils donc la pure jouiffance ,
L'égarement , le défordre flatteur
D'une beauté qui tombe fans défenſe ,
Et peut , fans crainte , adorer ſon vainqueur ?
Jouis , Irza , d'une volupté pure ,
Saifis l'inftant , il va s'évanouir ;
Le Ciel , hélas ! fait payer le plaifir ,
Et la douleur te rend à la nature ;
Pour toi l'amour vient de naître aujourd'huis
Tous les befoins vont renaître avec lui.
Voilà fans contredit la plus jolie fiction
de l'ouvrage , & la morale la plus vraie
de toute cette fable agréable. Il est bien
de remontrer à l'homme la correfpondance
de fes peines & de fes plaifirs , & de l'engager
à fe confoler des maux par le fouvenir
de leur caufe.
Mais dans fon trouble ( Marfis ) il va compter
enfin
Le nombre heureux marqué par le deſtin
JUIN 1768.
La foudre gronde & le charme commence
Dans ces rochers l'onde murmure & fuit :
' De nouveaux dons la terre s'embellit ;
Et de fes flancs veit germer l'abondance.
Chaque buiffon fe transforme en verger :
L'anana croît , la grenade vermeille
Mêle fa pourpre à l'ombre de la treille ;
Des pommes d'or parfument l'oranger.
Je connois peu de peinture plus riche
& plus brillante.
CHANT TROISIEME.
Les defirs naiffent & le trouble avec
eux. La beauté devient un prix pour lequel
on combat. L'écho folitaire de cette ifle ,
jadis tranquille , & réveillé par les cris
furieux des rivaux , & fon fol fleuri eft
arrofé du fang des combattans , devenu
jaloux & devenant amoureux.
Il Marfis ) voit de loin la troupe frémiffante ,
Et , faififfant un branchage noueux ,
Forme à la hâre , au tour de fon amante ,
De troncs brifés un rempart épineux.
Vers fes rivaux Marfis vole & s'élance
Il fend les airs : les aîles de l'Amour ,
Les yeux d'Irza le fervent tour à tour.
12 MERCURE DE FRANCE.
Tel un lion , quand le chaſſeur Numide
Ole attaquer les jeunes lionceaux ,
Les crins dreffés , le regard intrépide ,
Vient s'opposer aux mortels javelots.
On tremble au loin : fes ardentes prunelles ;
Teintes du fang , dardant des étincelles ,
Et fon courroux fait rugir les échos.
Tout eft calmé : des lyres amoureuſes ,
L'accord brillant réfonne dans les airs ,.
Et les oiſeaux , à ces tendres concerts
Ont marié leurs voix mélodieuſes .
Sur les débris des rameaux difperfés ,
Du haut des cieux on voit pleuvoir des roſes;
Et , déſarmés par ces métamorphofes ,
Nos combattans font tous entrelacés .
Moins animé , leur regard eft plus tendre ,
Ils vont jouir , & l'amour va deſcendre.
Comme il triomphe en parcourant cette iflè
A fon pouvoir fi long-temps indocile !
Mais , pour fonder quels font les voeux ſecrets ,
Marquant fa joie , en conquérant habile ,
Il dit ces mots à fes nouveaux fujets :
< Peuple charmant , tu connois ma puiſſance ;
Mais fi tu hais l'amour & fes combats ,
» Je puis te rendre à ton indifférence ;
>> Parle & choifis ... le Dieu n'achève pas.
Vive l'Amour eſt le cri qui s'élève ,
» Cri de l'inftinét , le fentiment t'achève »»»
JUIN 1768. 113
Enumération brillante des atours appor
tés aux infulaires l'ordre de leur nouveau
maître.
par
Le Dieu foûrit , il ordonne , & foudain
Sur tous les fronts doit naître la décence :
Chaque beauté , fuyant fon ceil malin ,
Eft plus timide avec moins d'innocence.
Tous à la fois courent aux vêtemens ,
Qu'Amour façonne & change en ornemens.
Alors le Dieu , plein de rufes nouvelles ,
Fait aux amours figne de s'éloigner ;
Et , refté feul , entouré de leurs belles ,
Céde au plaifir de les endoctriner.
"Nymphes , dit- il , en foûriant encore ,
Orez à l'oeil le temps de s'affoupir :
» Ce qu'il devine il le fait embellir :
» Voilez un charme & mille vont éclore ;
La nudité fatigue le defir.
» Pour l'éveiller la pudeur m'eft utile ,
C'est mon fecret ; c'eft un jeu ſéduiſant ;
» Qui du bonheur rend l'accès moins facile
Mais il le faur employer fobrement.
» Prêtez de graće une oreille attentive.
» Les cieux fur vous ont femé les attraits ;
>> Eh ! que
font- ils fans mes autres bienfaits ?
» Naiffantes fleurs , c'est moi qui vous cultive,
» Tout dans l'amour n'eſt qu'un rafinement.
»A vos traits feuls défendez l'impoſtures
114 MERCURE DE FRANCE.
Et , croyez- moi , réſervez prudemment
L'art pour vos coeurs, pour vos traits la nature.
» Près de trahir un trop crédule amant ,
Jurez-lui bien de n'être point parjure :
Je ferai - là pour rire du ferment.
» D'un air naïf verfez des pleurs perfides
>> Sachez vous rendre & fur- tout réfilter.
>> Intimidez les defirs trop avides ,
»N'effrayez pas ceux qu'il faut exciter.
»Feintes langueurs , infidieux foûrire ,
Tranſports charmans , quoiqu'ils foient cón
» certés ,
>>
$
›› Rare abandon des fecrettes beautés ,
» Employez tout pour fonder mon empire.
On s'apperçoit bien que les archives de
Fille n'ont pas été perdues ; & plus d'une
de nos jolies femmes pourroient être foupçonnées
d'avoir feuilleté ce vieux manuf
crit.
Par l'orateur trop long - temps exilés ,
Tous nos amans font enfin rappellés.
L'Amour alors fait élever un trône :
En grande pompe on y place Marfis ,
Qu'il a nommé Roi du peuple conquis.
I tient le fceptre , Irza tient la couronne.
Le beau pasteur , dans ce riant féjour ,
Voit à fes pieds fes fujettes nouvelles.
1
JUIN 1768. 115
On prévoit bien ce qu'il fit de fes ailes :
Aimer Irza c'eſt les rendre à l'Amour.
Ainfi finit le poëme de l'ifle merveilleufe.
On auroit peut- être pu defirer que
Callimaque y eût plus fouvent fubſtitué
des détails philofophiques aux defcriptions
voluptueufes qui y font prodiguées d'une
main fi libérale. Le champ abondoit en
fruits & en fleurs , & le poëte a plus cueilli
que moiſſonné ; mais on doit pardonner
à Callimaque , qui , je crois , étoit jeune ,
de préférer Flore à Pomone. Le mérite de
l'exécution de ce petit ouvrage eft beaucoup
; celui de l'invention eft peut- être
fupérieur. Il me femble en effet difficile
d'écrire l'hiftoire d'un peuple qui , probablement
, a laiffé peu de matériaux à confulter.
Nous ne nous fommes permis aucunes
citations ni aucunes réflexions fur
le Conte d'Alphonfe. Le lecteur jugera
lui - même de la rapidité du ftyle , de la
fraîcheur des images , de la variété des
tons , des plaifanteries & des tranfitions
toujours heureuſes & inattendues qui permettent
de donner ce petit ouvrage pour
modèle à nos conteurs modernes . Ils font
rares , & j'en fuis étonné . Seroit - ce que
le genre eft affez difficile pour effrayer
leur modeftie , & parce qu'en effet très116
MERCURE DE FRANCE.
peu
de gens doivent fe flatter de réunir
les grâces de la diction à la fimplicité ,
une imagination riche à une imagination
rianse , l'uſage de ce qu'on appelle la
bonne compagnie à la connoiffance de
cette portion plus nombreufe de la fociété ,
& que nous femblons prefque méprifer ,
parce qu'elle eft apparemment moins ridicule
, & chez laquelle le bon La Fontaine
a pourtant fu puifer les tréfors qui nous
enchantent ? S'il eſt ainfi , réjouiſſons - nous
d'avoir trouvé un genre où nos jeunes
littérateurs foient modeftes. Les découvertes
font toujours plaifir.
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Résumé : L'ISLE MERVEILLEUSE, poëme en trois chants, traduit du grec, suivi d'ALPHONSE, ou de l'ALCIDE Espagnol, conte très-moral. A Paris, chez DELALAIN, rue Saint-Jacques ; brochure in-8o.
Le texte présente 'L'Isle Merveilleuse', un poème en trois chants traduit du grec, suivi d'un conte moral intitulé 'Alphonse, ou de l'Alcide Espagnol'. Publié à Paris par Dela-Lain, cet ouvrage est décrit comme une œuvre charmante qui égaye la raison et couronne la philosophie avec une imagination brillante. Il offre un tableau des excès, faiblesses et plaisirs humains tout en corrigeant et critiquant l'homme de manière ludique. L'auteur exprime son scepticisme quant à l'attribution du poème à Callimaque, suggérant qu'il pourrait être l'œuvre d'un compatriote français. Le poème commence par un serment de renoncement à l'amour, mais finit par céder à ses charmes. Il décrit une île merveilleuse où les habitants, privés d'amour, sont froids et insensibles. Le poète justifie la nature humaine et ses tourments amoureux, soulignant que même l'amitié sans amour est triste. Dans le second chant, le poète conseille aux jeunes amants de ne pas se tourmenter pour une maîtresse ingrate, car l'amour invite à la désertion. Il décrit des rivages tranquilles et des beautés naturelles, mais met en garde contre les dangers et l'ennui, recommandant de garder ses infidèles et de chercher le bonheur ailleurs. Le texte relate également une histoire mythologique impliquant Marsyas, choisi par l'Amour pour accomplir une quête. Marsyas rencontre Irza, une jeune femme innocente et belle, et ils succombent à leur passion. Leur bonheur est de courte durée en raison de rivaux, mais Marsyas triomphe et ramène la paix. L'Amour offre ensuite à ses sujets de choisir entre l'amour et l'indifférence, soulignant la correspondance entre les peines et les plaisirs humains. Une critique littéraire datée de juin 1768, publiée dans le Mercure de France, évalue positivement le poème, notant son style rapide, ses images fraîches et sa variété tonale. Elle admire l'invention et l'exécution de l'œuvre, malgré la difficulté de traiter un sujet spécifique. La critique regrette que peu de contemporains maîtrisent les grâces de la diction, la simplicité et la connaissance des différentes classes sociales, qualités que le poème illustre parfaitement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9200
p. 304-318
RÉJOUISSANCES de la Ville de Marseille.
Début :
Quoique Marseille, à l'imitation des plus considerables Villes du Royaume, ait [...]
Mots clefs :
Réjouissances, Marseille, Cathédrale, Peuple, Tambours, Naissance du Dauphin, Fête, Bal
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texteReconnaissance textuelle : RÉJOUISSANCES de la Ville de Marseille.
R E'J OV ISSANCE S de la Ville de
Marseille.
QUoique Marseille , à l'imîtatíon des plus
considérables Villes du Royaume > ait
íait de fort belles choses à l'occafion de la
Naissance du Dauphin , indépendemment de
ce qui s'est passé dans la même Ville de 1%
part des Citadelles , du Corps des Galères
& de Y Arcenal , dont nous avons rendu comp
te en son tens. Marseille, dis- je, n'a pas
imité ces Villes du premier Ordre dans le
foin qu'elles ont pris de nous envoyer des
Descriptions de leurs Fêtes , pour les. inférer1
dans un Livre qui contient l"Histoire Jour
nalière de la Nation , & qui est particulière
ment dessiné à conserver le dépôt de ces forte»
FEVR I Ë R. trtà. }o5
de momimens. C'est ce qui fait que nouj par*
Ions si tard de ce qui s'eit fait dans cette celebreVille,&
que nous ne pourrons le faire que
fore brièvement , par les circonstances úù\
nous nous trouvons. Nous ferions même tout
à fait hors d'état de rendre ce compte au
Public , fi le hazard ne s'en étoit enfin mêlé*
en faisant tomber entre nos mains , au moié
de Février . le Mémoire imprimé à Marseille
des Réjouissances qui ont été faites dans cette
Ville, en Septembre. Nous allons donner utl
Extrait de ce Mémoire;
Le i7. Septembre au soir , quatre Trom
pettes à cheval » précédez d'un Timballier ,
accompagnez de plusieurs Tambours & Fifres*
tous avec les couleurs de la Ville , publièrent
dans tontes les Places publiques ['Ordonnan
te des Echevins, portant qu'on fermeroit les
Boutiques pendant trois jours i qu'on illumineroit
toutes les Maisons , &t qu'on feroie
des feux devant les portes. Le bruit des trom-*
pettes , des tambours & de toutes lss clo
ches de la Ville qui sonnèrent en mime terni,
anima le Peuple déja disposé à la joye- Totíí
retentit de cris& d'acclamations réitérés.
Dès le matin du iS. les Galères qui celébroient
ce jour là leur derniere Fête , furent
ornées de leurs Etendarts &c. Plus de cent
Vaisseaux & autres Bâtimens qui étoient dans
le Port arborèrent leurs Pavillons, ce quí
fit une variété aussi agréable que surprenante»
Le Peuple dansoit cèpendant au son des tam
bours dans toutes les Places ; on avoit placé
devant l'Hôtel de Ville & au Cours quatrd
Fontaines de vin<
Le Marquis de Pilles , Gouverneur* Viguief
de Marseille, & les Echevins en Roberou
3 o-6 MERCURE DE' FRANCE,
ge , suivis d'un nombreux cortège > se rendîi
rent ce même matin à TEglise Cathédrale
pour assister à la Messe solëmnelle que M%
FEvêque célébra pontificalement ; elle succhantée
en Musique ; on tira à l'élevation n.
pieces de Canon que les Echevins avoiene
fait mettre fur la Plateforme qui regarde la
Mer près la Cathédrale.
Ce jour là M. l'£vêque donna à diner k
cent pauvres dans la Cour de l'Evêché , fie
distribuer des- aumônes à tous ceux qui se pré
sentèrent à la porte pendant ces trois jours de
Fête, & il n'oublia pas les pauvres honteux
auxquels ce Prélat fit des libéralisez par le
Canal des Curez. C'est ainsi que celui qui dans
des jours de deifíl & de désolation n'abandonna
jamais les pauvres , les a traitez dans ces
jours dejoye & de jubilation.
Sur les 4. heures du soir , les Officiers mu
nicipaux & les principaux Citoyens se ren
dirent à l'Hâtel de Ville pour accompagnes
les Magistrats au Te Deum ; une troupe de
plus de mille jeunes garçons portant des
Guidons & des Banderolies aux Armes da
Roi & de Monseigneur le Dauphin commençoient
la marche. Les trompettes & les tim
bales précedoient un Corps d'Infanterie tiré'
des Arts & Métiers , divisé en 4. Compagniesde
cent hommes chacune , avec leurs dîfferens
Drapeaux , & com mandé par les 4. Ca«-
pitaines de la Ville.
Ces nouveaux Soldats étoient proprement
habillez, & avoient des Cocardes > donc les
couleurs distinguoient les différentes Compatnies.
Leurs rangs étoient mêlez de Hautbois*
e Fifres & de Tambours. Une bande de Vio
lons suivoic Les Gardes de Police » la livré*
de
FEVRIER. 1730. 307
de la Ville , celle du Gouvernfur-Viguier Sa
les Halebardiers préeedoient les Echevins. Ler
Marquis de Piles éroit à la droite des deux
premiers , & les deux autres avoient à leur
gauche l'Orateur de la Ville. Une siiite nom
breuse de personnes distinguées fermoit cette,
marche ; un Peuple infini bordoit tous les .
passages. En arrivant à la Cathédrale on fit
une décharge de toute la Mousqueterie & de
aï. pieces de Canon. Les Echevins se pla
cèrent dans le Choeur , où les Officiers de la
Senechauffée s'étoient déja rendus. M. l'Evêque
officiant pontificalement entonna le
Te Deum,<\m fut chanté par la Musique au
bruit des Canons & de toute la Mousque<
terie.
, On, commença ensuite la Procession géné
rale , âlaquelle tout le Clergé séculier & ré
gulier aíîìíta í on y porta la Statue de la trèssainte
Vierge , les Châsses de Saint Lazare 8c
de Saint Cannât , & les Reliques de Saint Vie*
tor , Martyr de Marseille; M. l'Evêque err
habits pontificaux , le Gouverneur Viguier &
les Echevins y assistèrent avec toute leur
fuite. A mesure que les Reliques sortoient de
l'Eglise elles furent íaLuées du Canon & dà
la Mousqueterie , e'ies le furent de cent Boè
tes dans toutes les Places publiques . St on
fit le même salut en rentrant j M. l'Evêque'
donna la Bénédiction du Très- Saint Sacre
ment au bruit du Canon & de la Mousque
terie. v.
Au sortir de la Cathédrale , on marcha versr
la Place Neuve , où l'on avoit dressé lJ Appa
reil d'un grand Feu de joye , orné de Porti
ques, d'Emblèmes &c. Plus de cent flambcauxdfr
cire blanche écìairoient la marcha-
£ v routes
^oS MERCURE DE FRANCE;
toutes les Maisons" étoient illuminées , de*
feux brûloient devant les portes , la Cita
delle , le Fort Saint Jean , celui de Notre-
Dame de la Garde , l'Arfenal , les Tours de
l' Abbaye de Saint Victor > la Rive- Neuve »
les Galères, le Port> tout étoit éclairé ,8e
la Ville entière paroisloit être dans un em
brasement gênerai ; les quatre Compagnies
rangées autour de la Place firent une salve
de Mousqueteric , suivie de celle de itic.
Boëtes. Après que le Marquis de Pilles & le*
Echevins eurent allumé le feu de joye > on
tira en même tems une prodigieuse quantité
de Fusées.
Le Corps de Ville se rendir ensuite à l'Hôref
de Ville par le Quay du Port* alors les Ga
lères firent trois décharges de leurs Canons
Sc des Coursiers > l'Arccnal fit tirer des Biëtes
, les Vaisseaux du Port , la Citadelle , le
Fort Saint Jean , celui de Notre-Dame de la
Garde firent autant de décharges de toute
leur Artillerie , & des Gerbes de Fusées rem
plirent le Port d'une pluye de feu à trois
différentes reprises.
. La Façade de l'Hôtel de Vil'e , fi estimée des
Connoisseurs * si remarquable par ses riches
f*) Le Chevalier Bernin ayant vú à Rome
U dejfein. entier de l'Hôtel de Ville de Mar
seille de la main de Fugeft avoua qu'il navoit
encore rien vû en ce genre d'un plus grand
goût ì ér H admira fur tout la Fa f ad?. 11 y »
une belle description d- cette Façade dans un
M. rcure de l' année iéSi à VOccasion de l*
Herbe illumination qui y parut dins la Vètt
tu* donna Marseille pour célébrer la Naissance:
•iu Due de Bourgogne f père d» Roi. Cette F*.
etobeL
EE VRI ER. 1750. 309
I ímbèllissemens & par la beauté de son Ar-
* chitecture , sur tout par cet incomparable
j morceau de sculpture qui contient les Armes
du Roi , Chef-d'oeuvre du fameux Pierre
I Puget, Marseillois , qui a donné les desseins
de tout le Bâtiment 5 cette Façade , dis-je, at
tira cc four li l' admiration publique» Plus d'un
million de lumières arrangées avec cimétriei
cn fit voir non- seulement toutes lesbeautez,
mais en marqua encore les ornemens les plus
déliez des diflíercns ordres dont elle est com
posée , en les profilant.
Les Echevins se dépouillant , pour ainff
dire , de la qualité de Magistrats pour ren
trer dans celle de simples Citoyens , voulu
rent témoigner leur zele particulier &• personel
, & donneient en leur nom des Fêtes
qui se firent remarquer* M. Ravel , premier
Echevin , donna un souper à tout le Corps
de Ville ; la Maison étoit artistement illumi
née ; les Boëtes furent tirées à chaque santé
Royale. Au sortir de table » la Compagnie alla
au Bal que les Echevins donnoient dans la
Salle de la Loge ( c'est le lieu où* s'affemblenc
tous les Negocians ; cette Salle qui a 90,
pieds de longueur fur 4? de largeur étoit
richement ornée & éclairée par quantité de
lustres de cristal & par des flambeaux por
tez par des Bras » les Portraits du Roi & de
la Reine étoient placez fous un Dais de ve
lours Cramoisi , enrichi de galons , de crepifade
étoit alors dans toute fa beauté , & on
Ciseau du célèbre Puget , font un contraste de~
[agréable.
E vj
jio MERCURE DE FRANCE,
nés & de franges d'or. Les Violons étoîrtic:
placez fur des Amphithéâtres aux deux boucs,
de la Salle ; differens Buffets étoient remplis
de toute forte de Rafraîchissemens ; on pré
senta indifféremment â tout le monde & en
profusion des confitures , des liqueurs & des
eaux glacées de toute efpece. La Salle fut
aífez grande pour y danlèr en trois differens
endroits, Le Bal dura jusqu'à 7. heures du
matin.
Le second jour les Pauvres ressentirent les
effets de l'attention des Echevins. Sur les 9.
heures du matin une Compagnie de Bouchers
habillez en Gladiateurs , quynarchoient avec
des Tambours , escorta deux Boeufs qu'on
avoir égorgez & qui étoienc ornez de Guirlan
des ; ils furent portez chacun par quatre de
ces Gladiateurs à la Place Neuve où on les
rôtit tous entiers ; peu de gens fe refusèrent
à ce fpeótacle ; fur les 4. heures du soir ces
Boeufs furent portez devant l'Hôcel de Ville,
dépecez & distribuez. On y donna deux mille
pains, les Fontaines de vin coulant toujours»
outre cela on fit distribuer des charitez à un
grand nombre de personnes , qui fans ce
secours n'auroient pas participé a la joye pu
blique.
Sur le sòir, les quatre Compagnies dont on
a parlé , s'étant renduës devant l'Hôrel de Vil
le , & toute la Ville étant déja éclairée Comme
el le l'étoit le jour précédent ; le Marquis de
Pilles & les fc chevins , allèrent en Cc-rrmonie
a'iumer un Feu de ioye dressé â la Place de
Linche , au bruit réitéré de la Moufqueterie ,
des Boëtes , & de trois décharges que les Vais
seaux du Port firent de leurs Calons , on y tira.
ua grand nombre de fusée».. Le Corps.de TUfe
FEVRíER. 1730. 31*
alla ensuite chez M. Martin , second Echevin ,
1 qui à ion tour lui donnoit à souper ; sa Maison
tut éclairée avec distinction , les samez Royales
& de Monseigneur le Dauphin furent laluées
au bruit de toutes les Boëtes.
Cependant les Echevins avoient fait élever
un Arc de Triomphe au milieu. du Couis , en
tre les deux grands Bassins de marbre blanc ;
cet Edifice compoíé. de deux Ordres , avoic
depuis le Zocle jusqu'au Eronton qui le couronnort
5-4. piés de hauteur, fus jtf. de largeur.
Les deux principales Faces étoient tournées
l'une vers la Porte Royale > & l'autre vers la
Porte de Rome. II y avoit au milieu de chaque
Eace une grande ouverture ceintrée de 57. piés
de hauteur > fur 10. de largeur.
Le premier Ordre étoit posé fur un Zocle de
marbre brun de j. piés de hauteur , d'où s'éle-,
voient 4- Pilastres saillants d'un marbre jaspé ,
dont les Bases & les Chapiteaux étoient d'or
feint , portant une Corniche qui fer voit d'Im
poste à l'ouverture de l'Arc : les Pihsires les
plus proches dé cette ouverture formoient un',
Avant Corps ,. & des Piédestaux de marbre
blanc ornez de moulúresd'or qui s'élevo:ent
du Zocle y étoient adossés ^ I'entre-dr ux des;
Pilastres étoit rempli de Cartouches , dont les
bordures étoient d'or fur un fond de marbregris
dont tout f Edifice étoit bâti , & l'Entablement
étoit de marbreblanc, excepté laFrize
de lapis , enrichie de tous les orr.emens cpnvenables.
Les Cartouches portoient des Em
blèmes & des Devises.
Des Pilastres couplés & faillànts .. dont les
Bases & Chapiteaux étoient anifi d'or , for
moient le second Ordre qui étoit orné d'une:
Ceiniche de majbie blanc , d'oûí'élevoit un
Etontoite
i t £ MHÏICÛRÊ DÊ FRANCË. ^
Fronton triangulaire . dont le Timpan étoít de
rnarbre noir? les entre-deux de ces Pilastres
étoient remplis de Cartouches ausli remplis
íFEmblêmes & de Devises, & les Cartouches
étoient suspendus à des Festons, attachés à des
masques bronzés & aux volutes des Chapi
teaux.
Dans la Face opposée à la Porte Royale, orr
Voyoit dans le Frontispice les Atmes du Roy
soutenues par deux grands Génies ; & dans
• un riche Cartouche qui forrnoit la clef de
l'ArCjonlisoit cette Inscription en Lettres d'orí
Vublict IttitU Uonumentum tdajsilia civitas
fostiit , M. DCd XXIX.
Sur le sommet du Frontort qui cóuronnóît
tout l' Edifice, s'élevoit sur un Piédestal de
rnarbre une belle 8c grande Figure de Femme ,
Symbole de la Ville de Marseille , qui tenoie
le Portrait de Monseigneur le Dauphin , avec
ces mots qu'on li 1 oie dans un Cadre d'or fur
le Piédestal : Mitjftlia voti compts*
Sut deux autres Piédestaux , à côté de la Fi
gure de Marseille , on voyoit à droite la Re!i-<
gion habillée en Vestale , tenant un Vase d'or
qui exhaloit des Parfums , & à gauche la Justi
ce tenant la Balance d'une main & un Faisceau
d'armesde l'autre ; fur la Corniche de l' Arrierë-
Corps du premier Ordre , d'un côté on voyoit
- Apollon , & de l'autre Minerve , avec tous
leurs Attributs j & devant les Pilastres de
1" Avant Corps fur les Piédestaux qui s'éls-
Voient dt! 2ocle » orí voyoit d'un cô^é Mercure
Dieu du Commerce , tenant une Bourse rem
plie, & de l'autre Thetis tenant un Vaisseau ì
Voiles enflées , ayant à ses pieds des Coquil
lages , des Perles , du Corail , &c.
Tous les Cartouches étoient , comme on l'a
dit ,
fEVRTÊR; 1716;
dît ) remplis de Peintures symboliques , ceusí
des Pilastres supérieurs contenoient ces quatres
Emblèmes.
La première , un Aigle volant & un Aiglon
un peu mains élevé,avec ces mots : Superas docet
ire pir auras»
La seconde , Alcide dans le berceau étouf
fant deux Serpens: Nunc Alcides mox Her
cules,
La troisième , une Corne d'abondance t pré-*
sentant trois Roses & un Lys au-dessus beau
coup plus élevé: Vives jam copia Cornu.
La quatrième » un,Dauphin couronné sor
tant de la mer , environné d'une multitude
d'autres Poissons : Parriìs regnabit in undisj
Sur le Piédestal d'où s'élevoit la Figure de
Mercure, cn'avoit peint dans un Cadre d'or*
une Ancre où étoit entortillé un Dauphin avec
ees mots : Firmat & ornât ; & fur celui d'od;
s'élevoic Thttis on avoit peint la Planette de'
Jupiter & un de ses Satellites : Monsirat miner'
ignis iter.
Dans les Cartouches qui au-dessus de Mer
cure & de Thí cís rempliflòitnt les entre-deux
des Pilastres du premier Ordre , en voyois
ces deux autres Emblèmes.
Trois Homme» regardant un Arc en- Ciel'
& tournant le dos à un Soleil levant : Dat
signa & foedtra pacis Un Soleil naissant &
trois Etoiles qui commençoient à diíparoître í
Majora dabit Soi lum'ma terris^
Dans ta face de 1* Arc de Triomphe, tour-'
liée vers la Porte de Rome , on liíoit au fron
tispice qui étoit de marbre noir cette Infcrip-f
tion en lettres d'or : Serenijsime Galliar. Delfhino
natoprid, non. sept, conjf. N Joan.'B.n'velj
Francis. Martin, J*c, Remuant , Joa». Roman-.
M.DCC XXlXt
Sas
MERCURE DE FRANCE;
Sur la des de l" Arc , un riche Cartouche ,
contenoit ce Distique aussi en lectre d'or.
Expe&ate diò , per te Gens í rancie» neèìit*-
Perpétuas paci Utituque moras.
Sur le Timpan on voyoic s'élever trois gran
des Figures fur leurs Piédestaux, richementpeintes,;
celle du milieu qui paroiíToit fur le
sommet, reprefentoit la France, tenant d'une
màin les Armes de Monseigneur le Dauphin
& de l'autre des liens ou Guirlandes de fleurs.
avec lesquels elie tenoit comme enchaînées la
Paix & la Joye, représentées par les deux au
tres Figures qui étoient à fes côrëi. La Paixqui
étoic à droite avoit à ses pieds trois Gé
nies , dont un lui prefentoit un Rameau d'O--
livier , l'autre une Gorne d'abondance , 8c le
troisième paroilíoit occupé à briser des lances
& des flèches; la joye qui dtoir à gauche,
tenoit à la main un Caducée, & avnit à fespieds
des Feux d'artifice & toutes fortes d'ínstrumens
de Musique.
Sur les Piedestaux^qui s'éíevoierrt du Zocle,.
adossez, au Pilastre du premier ordre, on voyoic
de chaque côté une grande Figure. A droite
celle du Maréchal Duc de Viílars, Gouver
neur de Provence ,■ armé d'une Cuiralîe &-
d:un Bouclier, tenant à la main le Bâton de
commandcment-Un petit-Génie à ses pieds por
tait l'Ecu de les Aimes, 8í au dessous dansune
Bordure i'or on lisoit ces Vers fur le
piédestal de la Figure-
"La Guerre au plus haut point avait porté ma
gloire ,
C'est h mes foins qu'on dut la Faix i
Mais son plus fur garand & le plu: plein d'at~
traits x
FEVRIER. 1730. 31J
Man/jttoit à m» double victoire ,
XJ'ti Héros en naissant y met les derniers traits.
La Figure du côté gauche representoit en-'
core Marseille en Nymphe & dans une attitu^
de majestuejfe,regardant le Portrait deMonseifneur
le Dauphin que la France présentoir dit
auc du Timpan, auquel elle adressoic ces Vers*
Moi qui dans des teins s moins heureux ,
Met 1 ois ma gloire a n avoir point de Maître ,
Au bonheur d'obéir au Roi qui vous fit naître »•
Jt borne aujourd'hui tous mes voeux ,
Comme il est mon Héros vous devez, un jour Vêt rt;
Mais le plus tard fera le mieux.'
Deux grands Génies qu^ s'élevoíent fur Ia>
Corniche du premier ordre, tenoient chacur»
irn Cartouche; on avoit peint dans l'un une colomne
soutenant une partie d'un Edifice avec'
ces mots; Columenque decufque :8c dans l'au
tre des illuminations & des Feux d'artifice
a'vec ces mots.. Veiïora ardetitiùs.
Dans deux autres Cartouches placez audessous
dans les entre- colonnemens de-ce pre
mier ordre, on voyoit dans l'un des Oliviers
qui reçoivent les rayons du Soleil levant, avec
ces mots : Oleas foecundat ab ortu :' & dans
1 autre un Vaisseau , fur la poupe duquel paroissoit
Arion jouant de la Lyre , & fur l'eau,
un Dauphin avec ces mots : Cantu precibujque
VocatHs.
Les Cartouches placez des deux côte* dans
les entre- deux des Pilastres supérieurs contenoient
4. autres Emblèmes. La première des
deux qui écoienc fous la figure de la Joye,.
«ost
;i£ MËRCURË DE Ï*RANÍCE.
étoit un Soleil levant regardé par un Lyórí ,
tin Aigle & un Léopard : Unum fusficitmt omiies:
& l'autre étoit un Dauphin sur la íurface
de la Mer : Mole mìnìr fed Majejìate vcrendús.
La première de celles qui étoient placées de
l'autre côté fous la Figure de la Joye , vepre*
sentoit deux Bergers tendans lès mains vers
le Ciel, à la vue d'une pluye qui tombe , &
la Terre couverte de fleurs desséchées : Preci*
bus alcftia: l'autre faisoit voir trois'Etoiles*
deux ensemble & une plus éloignée j & toutes
trois touchées par les rayons du Soleil nais
sant : Pttlchrior exibit fí fr&eeffere minâtes.
Cet Arc de Triomphe , qui par la beauté du
dessein , la magnificence de sa structure & le
succès de l'execution , avoit déja attiré tous
les regards , les fixi entièrement lorsque le i<u
Septembre au soir il fut éclairé d'une multitude
infinie de Lampions», qui joints à s'illumina-,
tion de tòutes les maisons du Cours , qui font
toutes d'une même hauteur & Architecture,
avec des Balcons, dissipèrent entièrement les
ténèbres. Les 4. Compagnies entrèrent dans
íè Cours par l' Avenue qui est du côté de la
Porte Royale , passèrent fous l'Arc de Triom
phe , firent une salve devant ce Monument &
allèrent se ranger en bon ordre autour de la
Place S, Louis , où le Feu de joye étoit dressé.
Lorsque le Gouverneur- Viguier & les Eche
vins l' eurent allumé, il sortit des 8. Colomnes
posées autour des Portiques de l'Edifice du
Feu & des Caisses placées fur les Corniches
de l'Arc de Triomphe, un fi grand nombre de
fusées, que se croisant ensemble elles firenï
paroître comme une voute de feu , qui occupoit
ce qu'il y a d'espace entre la Place sainÉ
louis & celle de l'Arc de Triomphe. On en
tendit
FEVRÍÉR. T730. itfy
iendit alors une salve de toute la Mousquets
rie , celle de zoo. Boëces, te plus de 500. coups
de Canons que tirèrent les Vaisseaux. Ce bruie
joint à celui des Trompettes , des Timbales 8C
des Tambours > au son des Hautbois & des
Violons , & aux acclamations de tout un grand
Peuple; tout cela fit un effet surprenant.
Le Corps de Ville se rendit ensuite cheA
M. Ramusat , premier Echevin nouvean, qui
f avoit invité pour ce loir-là , sa Maison étoit
ingénieusement éclairée , il y eut y o- Boëtes ti
rées à chaque Santé Royale que l'on but.Aprèí
le Repâs on alla au Concert que les Echevins
donnèrent dans la Salle de la Loge > elle étoit
ornée comme on l'a dit. Le Concert étoit com
posé des meilleurs Instrumens & des p'us belles
voix de l'Academie de Musique & de l' Opérai
11 y eut une affluence infinie de monde. Au
Concert succéda le Bal qui dura jusqu'à neuf
heures du matin, & on diítribua des Confitures
& des Rafraîchissemens comme le premier iour«
M. Roman > Echevin , qui pendant ces trois
jours n'avoit pu donner fa Fête en particulier,
invita le Corps de Ville à souper le premier/
d'Octobre. La situation avantageuse de sa matson
fit encore plus remarquejr son illumina
tion. Les Boëtes se firent entendre . le Repas
fut suivi du Bal, & fa Fête fut cofhme une
extension des Réjouissances publiques. La pro
preté 5 la délicareflè & Tabondance régnèrent
dans tous les repas donnez par les Echevins.
Les Intendans de la Santé ont aussi marqué
leur joye par une Fête particulière;- ils prièrent
les Echevins d'assister au Te Deum qu'ils firent
chanter dans la Chapelle des Infirmeries.» on
alluma ensuite un Feu de joye qu'ils a voient
fait préparer hors des Enceintes ; on fie une
iiì MERCURE m FR ÂlSsCÉ.
décharge de cent cinquante Boëtes > & orir tirai
plusieurs Gerbes de Fusées , toute la façade du
Bureau de la Santé qu'on avoit ornée d'Em
blèmes, &c. étoit parfaitement illuminée, de
même 'que la Porte du grand Pavillon des In
firmeries & les Portes de la double enceinte.'
Ils se rendirent ensuite en un Pavillon voisin ,•
«û l'on servit un Ambigu, & on tira cinquante
Boëtes à chaque Santé Royale
Marseille.
QUoique Marseille , à l'imîtatíon des plus
considérables Villes du Royaume > ait
íait de fort belles choses à l'occafion de la
Naissance du Dauphin , indépendemment de
ce qui s'est passé dans la même Ville de 1%
part des Citadelles , du Corps des Galères
& de Y Arcenal , dont nous avons rendu comp
te en son tens. Marseille, dis- je, n'a pas
imité ces Villes du premier Ordre dans le
foin qu'elles ont pris de nous envoyer des
Descriptions de leurs Fêtes , pour les. inférer1
dans un Livre qui contient l"Histoire Jour
nalière de la Nation , & qui est particulière
ment dessiné à conserver le dépôt de ces forte»
FEVR I Ë R. trtà. }o5
de momimens. C'est ce qui fait que nouj par*
Ions si tard de ce qui s'eit fait dans cette celebreVille,&
que nous ne pourrons le faire que
fore brièvement , par les circonstances úù\
nous nous trouvons. Nous ferions même tout
à fait hors d'état de rendre ce compte au
Public , fi le hazard ne s'en étoit enfin mêlé*
en faisant tomber entre nos mains , au moié
de Février . le Mémoire imprimé à Marseille
des Réjouissances qui ont été faites dans cette
Ville, en Septembre. Nous allons donner utl
Extrait de ce Mémoire;
Le i7. Septembre au soir , quatre Trom
pettes à cheval » précédez d'un Timballier ,
accompagnez de plusieurs Tambours & Fifres*
tous avec les couleurs de la Ville , publièrent
dans tontes les Places publiques ['Ordonnan
te des Echevins, portant qu'on fermeroit les
Boutiques pendant trois jours i qu'on illumineroit
toutes les Maisons , &t qu'on feroie
des feux devant les portes. Le bruit des trom-*
pettes , des tambours & de toutes lss clo
ches de la Ville qui sonnèrent en mime terni,
anima le Peuple déja disposé à la joye- Totíí
retentit de cris& d'acclamations réitérés.
Dès le matin du iS. les Galères qui celébroient
ce jour là leur derniere Fête , furent
ornées de leurs Etendarts &c. Plus de cent
Vaisseaux & autres Bâtimens qui étoient dans
le Port arborèrent leurs Pavillons, ce quí
fit une variété aussi agréable que surprenante»
Le Peuple dansoit cèpendant au son des tam
bours dans toutes les Places ; on avoit placé
devant l'Hôtel de Ville & au Cours quatrd
Fontaines de vin<
Le Marquis de Pilles , Gouverneur* Viguief
de Marseille, & les Echevins en Roberou
3 o-6 MERCURE DE' FRANCE,
ge , suivis d'un nombreux cortège > se rendîi
rent ce même matin à TEglise Cathédrale
pour assister à la Messe solëmnelle que M%
FEvêque célébra pontificalement ; elle succhantée
en Musique ; on tira à l'élevation n.
pieces de Canon que les Echevins avoiene
fait mettre fur la Plateforme qui regarde la
Mer près la Cathédrale.
Ce jour là M. l'£vêque donna à diner k
cent pauvres dans la Cour de l'Evêché , fie
distribuer des- aumônes à tous ceux qui se pré
sentèrent à la porte pendant ces trois jours de
Fête, & il n'oublia pas les pauvres honteux
auxquels ce Prélat fit des libéralisez par le
Canal des Curez. C'est ainsi que celui qui dans
des jours de deifíl & de désolation n'abandonna
jamais les pauvres , les a traitez dans ces
jours dejoye & de jubilation.
Sur les 4. heures du soir , les Officiers mu
nicipaux & les principaux Citoyens se ren
dirent à l'Hâtel de Ville pour accompagnes
les Magistrats au Te Deum ; une troupe de
plus de mille jeunes garçons portant des
Guidons & des Banderolies aux Armes da
Roi & de Monseigneur le Dauphin commençoient
la marche. Les trompettes & les tim
bales précedoient un Corps d'Infanterie tiré'
des Arts & Métiers , divisé en 4. Compagniesde
cent hommes chacune , avec leurs dîfferens
Drapeaux , & com mandé par les 4. Ca«-
pitaines de la Ville.
Ces nouveaux Soldats étoient proprement
habillez, & avoient des Cocardes > donc les
couleurs distinguoient les différentes Compatnies.
Leurs rangs étoient mêlez de Hautbois*
e Fifres & de Tambours. Une bande de Vio
lons suivoic Les Gardes de Police » la livré*
de
FEVRIER. 1730. 307
de la Ville , celle du Gouvernfur-Viguier Sa
les Halebardiers préeedoient les Echevins. Ler
Marquis de Piles éroit à la droite des deux
premiers , & les deux autres avoient à leur
gauche l'Orateur de la Ville. Une siiite nom
breuse de personnes distinguées fermoit cette,
marche ; un Peuple infini bordoit tous les .
passages. En arrivant à la Cathédrale on fit
une décharge de toute la Mousqueterie & de
aï. pieces de Canon. Les Echevins se pla
cèrent dans le Choeur , où les Officiers de la
Senechauffée s'étoient déja rendus. M. l'Evêque
officiant pontificalement entonna le
Te Deum,<\m fut chanté par la Musique au
bruit des Canons & de toute la Mousque<
terie.
, On, commença ensuite la Procession géné
rale , âlaquelle tout le Clergé séculier & ré
gulier aíîìíta í on y porta la Statue de la trèssainte
Vierge , les Châsses de Saint Lazare 8c
de Saint Cannât , & les Reliques de Saint Vie*
tor , Martyr de Marseille; M. l'Evêque err
habits pontificaux , le Gouverneur Viguier &
les Echevins y assistèrent avec toute leur
fuite. A mesure que les Reliques sortoient de
l'Eglise elles furent íaLuées du Canon & dà
la Mousqueterie , e'ies le furent de cent Boè
tes dans toutes les Places publiques . St on
fit le même salut en rentrant j M. l'Evêque'
donna la Bénédiction du Très- Saint Sacre
ment au bruit du Canon & de la Mousque
terie. v.
Au sortir de la Cathédrale , on marcha versr
la Place Neuve , où l'on avoit dressé lJ Appa
reil d'un grand Feu de joye , orné de Porti
ques, d'Emblèmes &c. Plus de cent flambcauxdfr
cire blanche écìairoient la marcha-
£ v routes
^oS MERCURE DE FRANCE;
toutes les Maisons" étoient illuminées , de*
feux brûloient devant les portes , la Cita
delle , le Fort Saint Jean , celui de Notre-
Dame de la Garde , l'Arfenal , les Tours de
l' Abbaye de Saint Victor > la Rive- Neuve »
les Galères, le Port> tout étoit éclairé ,8e
la Ville entière paroisloit être dans un em
brasement gênerai ; les quatre Compagnies
rangées autour de la Place firent une salve
de Mousqueteric , suivie de celle de itic.
Boëtes. Après que le Marquis de Pilles & le*
Echevins eurent allumé le feu de joye > on
tira en même tems une prodigieuse quantité
de Fusées.
Le Corps de Ville se rendir ensuite à l'Hôref
de Ville par le Quay du Port* alors les Ga
lères firent trois décharges de leurs Canons
Sc des Coursiers > l'Arccnal fit tirer des Biëtes
, les Vaisseaux du Port , la Citadelle , le
Fort Saint Jean , celui de Notre-Dame de la
Garde firent autant de décharges de toute
leur Artillerie , & des Gerbes de Fusées rem
plirent le Port d'une pluye de feu à trois
différentes reprises.
. La Façade de l'Hôtel de Vil'e , fi estimée des
Connoisseurs * si remarquable par ses riches
f*) Le Chevalier Bernin ayant vú à Rome
U dejfein. entier de l'Hôtel de Ville de Mar
seille de la main de Fugeft avoua qu'il navoit
encore rien vû en ce genre d'un plus grand
goût ì ér H admira fur tout la Fa f ad?. 11 y »
une belle description d- cette Façade dans un
M. rcure de l' année iéSi à VOccasion de l*
Herbe illumination qui y parut dins la Vètt
tu* donna Marseille pour célébrer la Naissance:
•iu Due de Bourgogne f père d» Roi. Cette F*.
etobeL
EE VRI ER. 1750. 309
I ímbèllissemens & par la beauté de son Ar-
* chitecture , sur tout par cet incomparable
j morceau de sculpture qui contient les Armes
du Roi , Chef-d'oeuvre du fameux Pierre
I Puget, Marseillois , qui a donné les desseins
de tout le Bâtiment 5 cette Façade , dis-je, at
tira cc four li l' admiration publique» Plus d'un
million de lumières arrangées avec cimétriei
cn fit voir non- seulement toutes lesbeautez,
mais en marqua encore les ornemens les plus
déliez des diflíercns ordres dont elle est com
posée , en les profilant.
Les Echevins se dépouillant , pour ainff
dire , de la qualité de Magistrats pour ren
trer dans celle de simples Citoyens , voulu
rent témoigner leur zele particulier &• personel
, & donneient en leur nom des Fêtes
qui se firent remarquer* M. Ravel , premier
Echevin , donna un souper à tout le Corps
de Ville ; la Maison étoit artistement illumi
née ; les Boëtes furent tirées à chaque santé
Royale. Au sortir de table » la Compagnie alla
au Bal que les Echevins donnoient dans la
Salle de la Loge ( c'est le lieu où* s'affemblenc
tous les Negocians ; cette Salle qui a 90,
pieds de longueur fur 4? de largeur étoit
richement ornée & éclairée par quantité de
lustres de cristal & par des flambeaux por
tez par des Bras » les Portraits du Roi & de
la Reine étoient placez fous un Dais de ve
lours Cramoisi , enrichi de galons , de crepifade
étoit alors dans toute fa beauté , & on
Ciseau du célèbre Puget , font un contraste de~
[agréable.
E vj
jio MERCURE DE FRANCE,
nés & de franges d'or. Les Violons étoîrtic:
placez fur des Amphithéâtres aux deux boucs,
de la Salle ; differens Buffets étoient remplis
de toute forte de Rafraîchissemens ; on pré
senta indifféremment â tout le monde & en
profusion des confitures , des liqueurs & des
eaux glacées de toute efpece. La Salle fut
aífez grande pour y danlèr en trois differens
endroits, Le Bal dura jusqu'à 7. heures du
matin.
Le second jour les Pauvres ressentirent les
effets de l'attention des Echevins. Sur les 9.
heures du matin une Compagnie de Bouchers
habillez en Gladiateurs , quynarchoient avec
des Tambours , escorta deux Boeufs qu'on
avoir égorgez & qui étoienc ornez de Guirlan
des ; ils furent portez chacun par quatre de
ces Gladiateurs à la Place Neuve où on les
rôtit tous entiers ; peu de gens fe refusèrent
à ce fpeótacle ; fur les 4. heures du soir ces
Boeufs furent portez devant l'Hôcel de Ville,
dépecez & distribuez. On y donna deux mille
pains, les Fontaines de vin coulant toujours»
outre cela on fit distribuer des charitez à un
grand nombre de personnes , qui fans ce
secours n'auroient pas participé a la joye pu
blique.
Sur le sòir, les quatre Compagnies dont on
a parlé , s'étant renduës devant l'Hôrel de Vil
le , & toute la Ville étant déja éclairée Comme
el le l'étoit le jour précédent ; le Marquis de
Pilles & les fc chevins , allèrent en Cc-rrmonie
a'iumer un Feu de ioye dressé â la Place de
Linche , au bruit réitéré de la Moufqueterie ,
des Boëtes , & de trois décharges que les Vais
seaux du Port firent de leurs Calons , on y tira.
ua grand nombre de fusée».. Le Corps.de TUfe
FEVRíER. 1730. 31*
alla ensuite chez M. Martin , second Echevin ,
1 qui à ion tour lui donnoit à souper ; sa Maison
tut éclairée avec distinction , les samez Royales
& de Monseigneur le Dauphin furent laluées
au bruit de toutes les Boëtes.
Cependant les Echevins avoient fait élever
un Arc de Triomphe au milieu. du Couis , en
tre les deux grands Bassins de marbre blanc ;
cet Edifice compoíé. de deux Ordres , avoic
depuis le Zocle jusqu'au Eronton qui le couronnort
5-4. piés de hauteur, fus jtf. de largeur.
Les deux principales Faces étoient tournées
l'une vers la Porte Royale > & l'autre vers la
Porte de Rome. II y avoit au milieu de chaque
Eace une grande ouverture ceintrée de 57. piés
de hauteur > fur 10. de largeur.
Le premier Ordre étoit posé fur un Zocle de
marbre brun de j. piés de hauteur , d'où s'éle-,
voient 4- Pilastres saillants d'un marbre jaspé ,
dont les Bases & les Chapiteaux étoient d'or
feint , portant une Corniche qui fer voit d'Im
poste à l'ouverture de l'Arc : les Pihsires les
plus proches dé cette ouverture formoient un',
Avant Corps ,. & des Piédestaux de marbre
blanc ornez de moulúresd'or qui s'élevo:ent
du Zocle y étoient adossés ^ I'entre-dr ux des;
Pilastres étoit rempli de Cartouches , dont les
bordures étoient d'or fur un fond de marbregris
dont tout f Edifice étoit bâti , & l'Entablement
étoit de marbreblanc, excepté laFrize
de lapis , enrichie de tous les orr.emens cpnvenables.
Les Cartouches portoient des Em
blèmes & des Devises.
Des Pilastres couplés & faillànts .. dont les
Bases & Chapiteaux étoient anifi d'or , for
moient le second Ordre qui étoit orné d'une:
Ceiniche de majbie blanc , d'oûí'élevoit un
Etontoite
i t £ MHÏICÛRÊ DÊ FRANCË. ^
Fronton triangulaire . dont le Timpan étoít de
rnarbre noir? les entre-deux de ces Pilastres
étoient remplis de Cartouches ausli remplis
íFEmblêmes & de Devises, & les Cartouches
étoient suspendus à des Festons, attachés à des
masques bronzés & aux volutes des Chapi
teaux.
Dans la Face opposée à la Porte Royale, orr
Voyoit dans le Frontispice les Atmes du Roy
soutenues par deux grands Génies ; & dans
• un riche Cartouche qui forrnoit la clef de
l'ArCjonlisoit cette Inscription en Lettres d'orí
Vublict IttitU Uonumentum tdajsilia civitas
fostiit , M. DCd XXIX.
Sur le sommet du Frontort qui cóuronnóît
tout l' Edifice, s'élevoit sur un Piédestal de
rnarbre une belle 8c grande Figure de Femme ,
Symbole de la Ville de Marseille , qui tenoie
le Portrait de Monseigneur le Dauphin , avec
ces mots qu'on li 1 oie dans un Cadre d'or fur
le Piédestal : Mitjftlia voti compts*
Sut deux autres Piédestaux , à côté de la Fi
gure de Marseille , on voyoit à droite la Re!i-<
gion habillée en Vestale , tenant un Vase d'or
qui exhaloit des Parfums , & à gauche la Justi
ce tenant la Balance d'une main & un Faisceau
d'armesde l'autre ; fur la Corniche de l' Arrierë-
Corps du premier Ordre , d'un côté on voyoit
- Apollon , & de l'autre Minerve , avec tous
leurs Attributs j & devant les Pilastres de
1" Avant Corps fur les Piédestaux qui s'éls-
Voient dt! 2ocle » orí voyoit d'un cô^é Mercure
Dieu du Commerce , tenant une Bourse rem
plie, & de l'autre Thetis tenant un Vaisseau ì
Voiles enflées , ayant à ses pieds des Coquil
lages , des Perles , du Corail , &c.
Tous les Cartouches étoient , comme on l'a
dit ,
fEVRTÊR; 1716;
dît ) remplis de Peintures symboliques , ceusí
des Pilastres supérieurs contenoient ces quatres
Emblèmes.
La première , un Aigle volant & un Aiglon
un peu mains élevé,avec ces mots : Superas docet
ire pir auras»
La seconde , Alcide dans le berceau étouf
fant deux Serpens: Nunc Alcides mox Her
cules,
La troisième , une Corne d'abondance t pré-*
sentant trois Roses & un Lys au-dessus beau
coup plus élevé: Vives jam copia Cornu.
La quatrième » un,Dauphin couronné sor
tant de la mer , environné d'une multitude
d'autres Poissons : Parriìs regnabit in undisj
Sur le Piédestal d'où s'élevoit la Figure de
Mercure, cn'avoit peint dans un Cadre d'or*
une Ancre où étoit entortillé un Dauphin avec
ees mots : Firmat & ornât ; & fur celui d'od;
s'élevoic Thttis on avoit peint la Planette de'
Jupiter & un de ses Satellites : Monsirat miner'
ignis iter.
Dans les Cartouches qui au-dessus de Mer
cure & de Thí cís rempliflòitnt les entre-deux
des Pilastres du premier Ordre , en voyois
ces deux autres Emblèmes.
Trois Homme» regardant un Arc en- Ciel'
& tournant le dos à un Soleil levant : Dat
signa & foedtra pacis Un Soleil naissant &
trois Etoiles qui commençoient à diíparoître í
Majora dabit Soi lum'ma terris^
Dans ta face de 1* Arc de Triomphe, tour-'
liée vers la Porte de Rome , on liíoit au fron
tispice qui étoit de marbre noir cette Infcrip-f
tion en lettres d'or : Serenijsime Galliar. Delfhino
natoprid, non. sept, conjf. N Joan.'B.n'velj
Francis. Martin, J*c, Remuant , Joa». Roman-.
M.DCC XXlXt
Sas
MERCURE DE FRANCE;
Sur la des de l" Arc , un riche Cartouche ,
contenoit ce Distique aussi en lectre d'or.
Expe&ate diò , per te Gens í rancie» neèìit*-
Perpétuas paci Utituque moras.
Sur le Timpan on voyoic s'élever trois gran
des Figures fur leurs Piédestaux, richementpeintes,;
celle du milieu qui paroiíToit fur le
sommet, reprefentoit la France, tenant d'une
màin les Armes de Monseigneur le Dauphin
& de l'autre des liens ou Guirlandes de fleurs.
avec lesquels elie tenoit comme enchaînées la
Paix & la Joye, représentées par les deux au
tres Figures qui étoient à fes côrëi. La Paixqui
étoic à droite avoit à ses pieds trois Gé
nies , dont un lui prefentoit un Rameau d'O--
livier , l'autre une Gorne d'abondance , 8c le
troisième paroilíoit occupé à briser des lances
& des flèches; la joye qui dtoir à gauche,
tenoit à la main un Caducée, & avnit à fespieds
des Feux d'artifice & toutes fortes d'ínstrumens
de Musique.
Sur les Piedestaux^qui s'éíevoierrt du Zocle,.
adossez, au Pilastre du premier ordre, on voyoic
de chaque côté une grande Figure. A droite
celle du Maréchal Duc de Viílars, Gouver
neur de Provence ,■ armé d'une Cuiralîe &-
d:un Bouclier, tenant à la main le Bâton de
commandcment-Un petit-Génie à ses pieds por
tait l'Ecu de les Aimes, 8í au dessous dansune
Bordure i'or on lisoit ces Vers fur le
piédestal de la Figure-
"La Guerre au plus haut point avait porté ma
gloire ,
C'est h mes foins qu'on dut la Faix i
Mais son plus fur garand & le plu: plein d'at~
traits x
FEVRIER. 1730. 31J
Man/jttoit à m» double victoire ,
XJ'ti Héros en naissant y met les derniers traits.
La Figure du côté gauche representoit en-'
core Marseille en Nymphe & dans une attitu^
de majestuejfe,regardant le Portrait deMonseifneur
le Dauphin que la France présentoir dit
auc du Timpan, auquel elle adressoic ces Vers*
Moi qui dans des teins s moins heureux ,
Met 1 ois ma gloire a n avoir point de Maître ,
Au bonheur d'obéir au Roi qui vous fit naître »•
Jt borne aujourd'hui tous mes voeux ,
Comme il est mon Héros vous devez, un jour Vêt rt;
Mais le plus tard fera le mieux.'
Deux grands Génies qu^ s'élevoíent fur Ia>
Corniche du premier ordre, tenoient chacur»
irn Cartouche; on avoit peint dans l'un une colomne
soutenant une partie d'un Edifice avec'
ces mots; Columenque decufque :8c dans l'au
tre des illuminations & des Feux d'artifice
a'vec ces mots.. Veiïora ardetitiùs.
Dans deux autres Cartouches placez audessous
dans les entre- colonnemens de-ce pre
mier ordre, on voyoit dans l'un des Oliviers
qui reçoivent les rayons du Soleil levant, avec
ces mots : Oleas foecundat ab ortu :' & dans
1 autre un Vaisseau , fur la poupe duquel paroissoit
Arion jouant de la Lyre , & fur l'eau,
un Dauphin avec ces mots : Cantu precibujque
VocatHs.
Les Cartouches placez des deux côte* dans
les entre- deux des Pilastres supérieurs contenoient
4. autres Emblèmes. La première des
deux qui écoienc fous la figure de la Joye,.
«ost
;i£ MËRCURË DE Ï*RANÍCE.
étoit un Soleil levant regardé par un Lyórí ,
tin Aigle & un Léopard : Unum fusficitmt omiies:
& l'autre étoit un Dauphin sur la íurface
de la Mer : Mole mìnìr fed Majejìate vcrendús.
La première de celles qui étoient placées de
l'autre côté fous la Figure de la Joye , vepre*
sentoit deux Bergers tendans lès mains vers
le Ciel, à la vue d'une pluye qui tombe , &
la Terre couverte de fleurs desséchées : Preci*
bus alcftia: l'autre faisoit voir trois'Etoiles*
deux ensemble & une plus éloignée j & toutes
trois touchées par les rayons du Soleil nais
sant : Pttlchrior exibit fí fr&eeffere minâtes.
Cet Arc de Triomphe , qui par la beauté du
dessein , la magnificence de sa structure & le
succès de l'execution , avoit déja attiré tous
les regards , les fixi entièrement lorsque le i<u
Septembre au soir il fut éclairé d'une multitude
infinie de Lampions», qui joints à s'illumina-,
tion de tòutes les maisons du Cours , qui font
toutes d'une même hauteur & Architecture,
avec des Balcons, dissipèrent entièrement les
ténèbres. Les 4. Compagnies entrèrent dans
íè Cours par l' Avenue qui est du côté de la
Porte Royale , passèrent fous l'Arc de Triom
phe , firent une salve devant ce Monument &
allèrent se ranger en bon ordre autour de la
Place S, Louis , où le Feu de joye étoit dressé.
Lorsque le Gouverneur- Viguier & les Eche
vins l' eurent allumé, il sortit des 8. Colomnes
posées autour des Portiques de l'Edifice du
Feu & des Caisses placées fur les Corniches
de l'Arc de Triomphe, un fi grand nombre de
fusées, que se croisant ensemble elles firenï
paroître comme une voute de feu , qui occupoit
ce qu'il y a d'espace entre la Place sainÉ
louis & celle de l'Arc de Triomphe. On en
tendit
FEVRÍÉR. T730. itfy
iendit alors une salve de toute la Mousquets
rie , celle de zoo. Boëces, te plus de 500. coups
de Canons que tirèrent les Vaisseaux. Ce bruie
joint à celui des Trompettes , des Timbales 8C
des Tambours > au son des Hautbois & des
Violons , & aux acclamations de tout un grand
Peuple; tout cela fit un effet surprenant.
Le Corps de Ville se rendit ensuite cheA
M. Ramusat , premier Echevin nouvean, qui
f avoit invité pour ce loir-là , sa Maison étoit
ingénieusement éclairée , il y eut y o- Boëtes ti
rées à chaque Santé Royale que l'on but.Aprèí
le Repâs on alla au Concert que les Echevins
donnèrent dans la Salle de la Loge > elle étoit
ornée comme on l'a dit. Le Concert étoit com
posé des meilleurs Instrumens & des p'us belles
voix de l'Academie de Musique & de l' Opérai
11 y eut une affluence infinie de monde. Au
Concert succéda le Bal qui dura jusqu'à neuf
heures du matin, & on diítribua des Confitures
& des Rafraîchissemens comme le premier iour«
M. Roman > Echevin , qui pendant ces trois
jours n'avoit pu donner fa Fête en particulier,
invita le Corps de Ville à souper le premier/
d'Octobre. La situation avantageuse de sa matson
fit encore plus remarquejr son illumina
tion. Les Boëtes se firent entendre . le Repas
fut suivi du Bal, & fa Fête fut cofhme une
extension des Réjouissances publiques. La pro
preté 5 la délicareflè & Tabondance régnèrent
dans tous les repas donnez par les Echevins.
Les Intendans de la Santé ont aussi marqué
leur joye par une Fête particulière;- ils prièrent
les Echevins d'assister au Te Deum qu'ils firent
chanter dans la Chapelle des Infirmeries.» on
alluma ensuite un Feu de joye qu'ils a voient
fait préparer hors des Enceintes ; on fie une
iiì MERCURE m FR ÂlSsCÉ.
décharge de cent cinquante Boëtes > & orir tirai
plusieurs Gerbes de Fusées , toute la façade du
Bureau de la Santé qu'on avoit ornée d'Em
blèmes, &c. étoit parfaitement illuminée, de
même 'que la Porte du grand Pavillon des In
firmeries & les Portes de la double enceinte.'
Ils se rendirent ensuite en un Pavillon voisin ,•
«û l'on servit un Ambigu, & on tira cinquante
Boëtes à chaque Santé Royale
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Résumé : RÉJOUISSANCES de la Ville de Marseille.
En septembre, Marseille a célébré la naissance du Dauphin avec des festivités grandioses. Bien que la ville n'ait pas initialement fourni de descriptions pour un livre historique, un mémoire imprimé retrouvé en février 1730 a permis de rendre compte des événements. Les réjouissances ont débuté le 17 septembre avec des trompettes, tambours et cloches annonçant la fermeture des boutiques et l'illumination des maisons. Le 18 septembre, les galères et vaisseaux étaient ornés, et le peuple dansait dans les places publiques. Le Marquis de Pilles, gouverneur de Marseille, et les échevins ont assisté à une messe solennelle à la cathédrale, suivie d'un Te Deum et d'une procession générale avec des reliques. La ville était illuminée, et des feux de joie étaient allumés. Les échevins ont organisé des fêtes, des soupers et des bals, et ont distribué des aumônes aux pauvres. Un arc de triomphe décoré d'emblèmes et de devises a été érigé sur le Cours. Les festivités incluaient des feux d'artifice et des salves de mousqueterie. L'arc de triomphe présentait diverses figures allégoriques et emblèmes symboliques. Sur la corniche, une figure tenait une balance et un faisceau d'armes, flanquée d'Apollon et de Minerve. Devant les pilastres, Mercure, dieu du Commerce, tenait une bourse remplie, et Thétis tenait un vaisseau à voiles enflées, entourée de coquillages, de perles et de corail. Les cartouches étaient remplis de peintures symboliques. Les emblèmes incluaient un aigle et un aiglon avec l'inscription 'Superas docet ire piras', Alcide étouffant deux serpents avec 'Nunc Alcides mox Hercules', une corne d'abondance avec 'Vives jam copia Cornu', et un dauphin couronné sortant de la mer avec 'Parvis regnabit in undis'. Sur les piédestaux, des figures de Mercure et Thétis étaient accompagnées d'emblèmes supplémentaires comme des hommes regardant un arc-en-ciel et un soleil levant avec 'Dat signa & foedera pacis', et un soleil naissant avec 'Majora dabit Sol lumina terris'. L'arc de triomphe portait une inscription en lettres d'or dédiée au dauphin, avec des distiques en latin. Sur le tympan, la France était représentée tenant les armes du dauphin et des guirlandes de fleurs, enchaînant la Paix et la Joie. La Paix était accompagnée de génies offrant un rameau d'olivier et une corne d'abondance, tandis que la Joie tenait un caducée et des feux d'artifice. Des figures du maréchal Duc de Villars et de Marseille en nymphe étaient également présentes, avec des vers dédiés à leur gloire et à leur loyauté. Les festivités incluaient des concerts, des bals et des feux d'artifice, avec des réjouissances publiques et des fêtes privées organisées par les échevins et les intendants de la santé.
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