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4201
p. 122-123
Turquie.
Début :
L'Envoyé du Roy de Perse à Constantinople, eut audience du Grand [...]
Mots clefs :
Perse, Grand vizir, Troupes, Roi de Perse, Géorgie, Constantinople
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texteReconnaissance textuelle : Turquie.
Turquie.
L'Envoyé du Roy de Perse à ConfV
tantinople , eut audience du Grand'
Visir au commencement de l'autre mois*
Il se plaignit de Pentrée des Troupes du
G. S. dans la Georgie , & dans d^iutres.
Provinces de la Perse. Ce Premier Mi
nistre lui répondit que S. H. s'étoit çrûe
obligée de s'aíTurer de ces Provinces pour
. arrêter le progrès des Troupes du Czar*.
dont la grande puissance causoit de l'om
brage à la Porte. Le G. V. a asíuré cet
Envoyé que S. H. ne feroit retirer ses
troupes , que lorsque le Roy de Perse së
íèroit mis à sa discretion , & qu'il n'anïoit
plus de liaison particuliere avec S»'
Majesté Czarienne.
On aslure que l'armée Othomane , qui
est commandée par Hassan , Eacha de'
Bag ht , s'est emparée de Schirmanshacn.
&í de Hamedan , Villes coníiderables fur
la route d'Ispahan ; que l'autre armée du
Grand
S ÁNVI £R 1724. 123
Grand Seigneur , de 40000 hommes ,
commandée par le Bacha de Baslòra t
fils du Bacha Haslàn , est entrée dans la
Province dé Schiwan , & qu'elle íe dis
pose à faire le siege d'Erivan , après s'ê
tre emparée de la Ville de Gangia.
La troisième armée du G. S. comman
dée par Achmet ,. Bacha , est en Georgie
où elle a fait de très.grands progrès , &
. on croit qu'elle va marcher vers la Ca
pitale de la Perse. L'armée de l'Usurpa
teur Miry.Mamouth , n'est, dit-on , com
posée que de 30000. hommes.
Quelques lettres portent qu'une partie
des troupes du Grand Seigneur qui avoient
penetré dans la Georgie , avoient été atta
quées par celles du Roy de Perse ; que
ces dernieres avoient eu l'avantage, &
que les Turcs avoient été contraints de.
& retirer du côté de Tiflis.
On mande de Constantinople que il
le Divan prend la réíolution de declarer
la guerre à la Russie,on arborera la gran
de queue de cheval dès que le Grand Viíìr
sera prêt à partir peur aller se mettre
à la tète de l'armée qui sera, dit.on , com
posée de izocoo; hommes, outre 4 5 000.
Tartares.
On ajoute que Gianum Coggia, estr
en gr nde faveur à la Porte, qu'il a 1*
direction des aífaires de la Marine, &
qx'ii est admis au Divan.
L'Envoyé du Roy de Perse à ConfV
tantinople , eut audience du Grand'
Visir au commencement de l'autre mois*
Il se plaignit de Pentrée des Troupes du
G. S. dans la Georgie , & dans d^iutres.
Provinces de la Perse. Ce Premier Mi
nistre lui répondit que S. H. s'étoit çrûe
obligée de s'aíTurer de ces Provinces pour
. arrêter le progrès des Troupes du Czar*.
dont la grande puissance causoit de l'om
brage à la Porte. Le G. V. a asíuré cet
Envoyé que S. H. ne feroit retirer ses
troupes , que lorsque le Roy de Perse së
íèroit mis à sa discretion , & qu'il n'anïoit
plus de liaison particuliere avec S»'
Majesté Czarienne.
On aslure que l'armée Othomane , qui
est commandée par Hassan , Eacha de'
Bag ht , s'est emparée de Schirmanshacn.
&í de Hamedan , Villes coníiderables fur
la route d'Ispahan ; que l'autre armée du
Grand
S ÁNVI £R 1724. 123
Grand Seigneur , de 40000 hommes ,
commandée par le Bacha de Baslòra t
fils du Bacha Haslàn , est entrée dans la
Province dé Schiwan , & qu'elle íe dis
pose à faire le siege d'Erivan , après s'ê
tre emparée de la Ville de Gangia.
La troisième armée du G. S. comman
dée par Achmet ,. Bacha , est en Georgie
où elle a fait de très.grands progrès , &
. on croit qu'elle va marcher vers la Ca
pitale de la Perse. L'armée de l'Usurpa
teur Miry.Mamouth , n'est, dit-on , com
posée que de 30000. hommes.
Quelques lettres portent qu'une partie
des troupes du Grand Seigneur qui avoient
penetré dans la Georgie , avoient été atta
quées par celles du Roy de Perse ; que
ces dernieres avoient eu l'avantage, &
que les Turcs avoient été contraints de.
& retirer du côté de Tiflis.
On mande de Constantinople que il
le Divan prend la réíolution de declarer
la guerre à la Russie,on arborera la gran
de queue de cheval dès que le Grand Viíìr
sera prêt à partir peur aller se mettre
à la tète de l'armée qui sera, dit.on , com
posée de izocoo; hommes, outre 4 5 000.
Tartares.
On ajoute que Gianum Coggia, estr
en gr nde faveur à la Porte, qu'il a 1*
direction des aífaires de la Marine, &
qx'ii est admis au Divan.
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Résumé : Turquie.
En Turquie, l'envoyé du roi de Perse a rencontré le Grand Visir à Constantinople pour protester contre l'entrée des troupes ottomanes en Géorgie et dans d'autres provinces persanes. Le Grand Visir a justifié cette occupation par la nécessité de contrer l'avancée des troupes russes. Il a assuré que les troupes ottomanes ne se retireraient que lorsque le roi de Perse serait sous la discrétion du sultan et n'aurait plus de liens avec la Russie. L'armée ottomane, dirigée par Hassan, Eacha de Bagdad, a pris les villes de Schirmanshah et Hamedan sur la route d'Ispahan. Une autre armée de 40 000 hommes, commandée par le Bacha de Basra, a pénétré en province de Schiwan et se prépare à assiéger Erivan après avoir pris Gangia. Une troisième armée, dirigée par Achmet Bacha, opère en Géorgie et avance vers la capitale perse. L'armée de l'usurpateur Miry Mamouth est estimée à 30 000 hommes. Des rapports indiquent que des troupes ottomanes en Géorgie ont été attaquées par les forces persanes, qui ont pris l'avantage et repoussé les Turcs vers Tiflis. À Constantinople, le Divan a décidé de déclarer la guerre à la Russie. Une armée de 120 000 hommes, renforcée par 45 000 Tartares, se prépare sous le commandement du Grand Visir. Gianum Coggia, en grande faveur à la Porte, dirige les affaires de la marine et est admis au Divan.
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4202
p. 124-126
Nouvelles de Constantinople du mois d'Octobre 1723.
Début :
Sur la fin du mois passé une des Sultanes a mis au monde une Princesse, [...]
Mots clefs :
Ministre, Ministres, Sultane, Moscovie, Constantinople, Grand vizir, Grand seigneur
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Constantinople du mois d'Octobre 1723.
Nouvelles de Constantinople du mois
d'Otfobfe 172 3.
•
S Ut la fin du mois passé une des Sul-
. canes a mis au monde une Princesse»
dont la naissance a été celebrée à l'ordi
naire par le bruit du. canon du Serrail ,
de l'Arcenal,des Vaisseaux, & des Gai»
leres qui sorit dans ce Port.
M. Gritti , nouveau Bayle, ou Am
bassadeur de Veniíë qui vient relever M.
Emo , est arrivé le 7. de ce mois en ce
Port fur deux Galeres que íà Hautessé
avoit envoyées. au Tenedore , suivant le
ceremonial ordinaire pour recevoir ce
Ministre, & le transporter. en cette Ville;
les deux Vaisseaux de la République, fur
leíquels ce Ministre étoit parti de Veniíe
iront hiverner Jl Corfou , en attendant le
départ de M. Emo. M. Gritti fera in
cessamment son entrée publique en cetta
Ville , il aura. ensuite son audience du
Grand Visir , & du Grand Seigneur. M.
Emo , ancien Bayle , a étéfuivant l'uiâge
recevoir & complimenter son íucceíîèur.
fur ies Galeres du Grand Seigneur , l'a
conduit au * Baylage de Veniíe, à Peraj
•ù il l'a regalé pendant trois jours , &
s'est retiré ensuite dans une maiíon parr.
* C'est le Balais de ces Misislres...
JANVIER. 1714.: irj
tìcutìere qu'il s'étoit fait preparer avant
l'arrivée de ce nouveau Ministre s dans
laquelle il restera juíques à son départ
pour Venise.
Il n'y a eu aucune nouvelle conferent
ce entre les Ministres de la Porte , Se le
Réíident de Moícovie au sujet des affai
res de Perse, depuis celle quiavoit été
tenue le 19. Aoust: on peut juger delà
que ces conferences auront été suspendues
jusqu'à ce que M. NepluyefF, Résident
de Moícovie, ait reçu la réponse aux Let
tres que portoit le Courier qu'il avoic
dépêché en Moícovie après cette confe
rence.
Ile 17. de ce mois il est arrivé en cette
Cour un Ambassadeur de la part de Tamas
Chah , fils du Sophi qui est toujours
à Tauris avec un corps de troupes consi
derable qu'il a raroaíîe. Ce Ministre qui
avoit été retardé près de six mois fur les
frontieres pendant que l'on déliberoit à
la Porte u on- devoit le recevoir , a
vaincu cette premiere difficulté , par leí
moyen des representations du Pacha d~e
Van. Il est venu en poste accompagné
de huit ou dix personnes, & a eu son
audience dû Grand Visir peu dé jours
après son arrivée. On écrit qu'il est déja
entré en conference avec les Ministres
de cette Cour, & que le íùjet de son
Ambaila^
ii6 MERCURE DE FRANCE.
Ambaííàde est pour demander du secours
à la Porte contre Miri-Mamouth.
Les Turcs 'n'ont encore agi que fbiblement
Gu les frontieres, on eh attri
bue la cause aux divisions qu'il y a eu
entre les Comrnandans.' Ibrahim' Pacha
qui étoit Seraskier , a été dépoíe à cette
occasion , 5e cette Charge donnée à Are-
H.Mehemet Pacha qui commande en mê
me temps dans toute la Georgie.
Il est venu depuis peu de jours quel
ques Seigneurs ou principaux des peu-
{íle^ appeliez Abafla pour se mettre sous
a protection de la Torte , Se servir en
même temps d'otage de la fidelité de leurs
Chefs*
. Les pluyes frequentes qu'il fait en ce
pays dans cette saison ont fait revenir à
Fera tous les Ministres des Paiíïances
Étrangeres qui étoient dispersez dans
des maisons de plaiíànce aux environs dè
cette Ville, pour lai sler passer le temps
de la contagion', quoiqu'elle ne soi t pas.
totalement finie.
d'Otfobfe 172 3.
•
S Ut la fin du mois passé une des Sul-
. canes a mis au monde une Princesse»
dont la naissance a été celebrée à l'ordi
naire par le bruit du. canon du Serrail ,
de l'Arcenal,des Vaisseaux, & des Gai»
leres qui sorit dans ce Port.
M. Gritti , nouveau Bayle, ou Am
bassadeur de Veniíë qui vient relever M.
Emo , est arrivé le 7. de ce mois en ce
Port fur deux Galeres que íà Hautessé
avoit envoyées. au Tenedore , suivant le
ceremonial ordinaire pour recevoir ce
Ministre, & le transporter. en cette Ville;
les deux Vaisseaux de la République, fur
leíquels ce Ministre étoit parti de Veniíe
iront hiverner Jl Corfou , en attendant le
départ de M. Emo. M. Gritti fera in
cessamment son entrée publique en cetta
Ville , il aura. ensuite son audience du
Grand Visir , & du Grand Seigneur. M.
Emo , ancien Bayle , a étéfuivant l'uiâge
recevoir & complimenter son íucceíîèur.
fur ies Galeres du Grand Seigneur , l'a
conduit au * Baylage de Veniíe, à Peraj
•ù il l'a regalé pendant trois jours , &
s'est retiré ensuite dans une maiíon parr.
* C'est le Balais de ces Misislres...
JANVIER. 1714.: irj
tìcutìere qu'il s'étoit fait preparer avant
l'arrivée de ce nouveau Ministre s dans
laquelle il restera juíques à son départ
pour Venise.
Il n'y a eu aucune nouvelle conferent
ce entre les Ministres de la Porte , Se le
Réíident de Moícovie au sujet des affai
res de Perse, depuis celle quiavoit été
tenue le 19. Aoust: on peut juger delà
que ces conferences auront été suspendues
jusqu'à ce que M. NepluyefF, Résident
de Moícovie, ait reçu la réponse aux Let
tres que portoit le Courier qu'il avoic
dépêché en Moícovie après cette confe
rence.
Ile 17. de ce mois il est arrivé en cette
Cour un Ambassadeur de la part de Tamas
Chah , fils du Sophi qui est toujours
à Tauris avec un corps de troupes consi
derable qu'il a raroaíîe. Ce Ministre qui
avoit été retardé près de six mois fur les
frontieres pendant que l'on déliberoit à
la Porte u on- devoit le recevoir , a
vaincu cette premiere difficulté , par leí
moyen des representations du Pacha d~e
Van. Il est venu en poste accompagné
de huit ou dix personnes, & a eu son
audience dû Grand Visir peu dé jours
après son arrivée. On écrit qu'il est déja
entré en conference avec les Ministres
de cette Cour, & que le íùjet de son
Ambaila^
ii6 MERCURE DE FRANCE.
Ambaííàde est pour demander du secours
à la Porte contre Miri-Mamouth.
Les Turcs 'n'ont encore agi que fbiblement
Gu les frontieres, on eh attri
bue la cause aux divisions qu'il y a eu
entre les Comrnandans.' Ibrahim' Pacha
qui étoit Seraskier , a été dépoíe à cette
occasion , 5e cette Charge donnée à Are-
H.Mehemet Pacha qui commande en mê
me temps dans toute la Georgie.
Il est venu depuis peu de jours quel
ques Seigneurs ou principaux des peu-
{íle^ appeliez Abafla pour se mettre sous
a protection de la Torte , Se servir en
même temps d'otage de la fidelité de leurs
Chefs*
. Les pluyes frequentes qu'il fait en ce
pays dans cette saison ont fait revenir à
Fera tous les Ministres des Paiíïances
Étrangeres qui étoient dispersez dans
des maisons de plaiíànce aux environs dè
cette Ville, pour lai sler passer le temps
de la contagion', quoiqu'elle ne soi t pas.
totalement finie.
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Résumé : Nouvelles de Constantinople du mois d'Octobre 1723.
En octobre 1723, une sultane a donné naissance à une princesse à Constantinople, célébré par des salves de canon. M. Gritti, nouveau bailli de Venise, est arrivé le 7 octobre à bord de deux galères. Il a été accueilli selon le cérémonial habituel et sera bientôt reçu par le Grand Visir et le Grand Seigneur. M. Emo, ancien bailli, a conduit M. Gritti au baillage de Venise à Peraj et l'a hébergé pendant trois jours avant de se retirer. Depuis août, il n'y a pas eu de nouvelles conférences entre les ministres de la Porte et le résident de Moscovie concernant les affaires de Perse. Le 17 janvier 1724, un ambassadeur de Tamas Chah, fils du Sophi, est arrivé à Constantinople après un retard de six mois. Il a été reçu par le Grand Visir pour demander du secours contre Miri-Mamouth. Les Turcs ont agi faiblement aux frontières en raison de divisions entre les commandants. Ibrahim Pacha a été déposé et remplacé par Ahmet Mehmet Pacha. Quelques seigneurs des peuples Abaza sont venus se mettre sous la protection de la Porte et servir d'otages. Les pluies fréquentes ont ramené les ministres des palais étrangers à Fera.
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4203
p. 126-128
Russie.
Début :
Le Grand Chancelier a fait dire aux Ministres Etrangers, que le Czar [...]
Mots clefs :
Tsar, Moscou, Ordres, Cérémonie, Troupes
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texteReconnaissance textuelle : Russie.
LE Grand Chancelier a fait dire aux
Ministres Étrangers , que le Czar
ayant dessein de se faire couronner inces
samment à.Moscou , il croyoit qu'aucun
, d'eux ne refuscroit de se trouver à cette
céremonie. . On
JANVIER 1724. il?
. .On a envoyé à Revel des ordres du
College de l'Amirauté pour faire équi
per les trois Vaisseaux de Guerre , & les
quatre Fregates qui avoient été destinées
pour l'Ocean , Ôc qu'on avoit fait desar
mer depuis environ deux "mois.
Les Metropolitains du pays se sont
rendus à Moscou pour se trouver à la
ceremonie du Couronnement de leurs.
Majestez Czariennes i les principaux Ge
neraux des Gofaques s'y font aussi ren
dus pour recevoir les ordres du Czar à
fen arrivée , & delà rejoindre leurs
troupes qui font campées du côté de
Pultova , où les Tartares íônt venus
camper à six lieues , au nombre de vingt
mille hommes. Oh a posté un corps
de dix mille Cosaques , & de quatre
mille Moscovites dans les environs de
cette Forteresse pour observer la conte-.
hance & les démarches de ces Tartares.
Les douze Riegimens qui devoient pasfer
en revue à Moscou , ont reçu de nou
veaux ordres de se mettre en marche ;
neuf de ces Regimens ont pris la route
de Pultova , Se trois , celle d'Astracan.
Oh apprend de Turquie que le Grand
Visir avoit fait assurer M. Dierling , Ré
sident de l'Empereur à. Constantinople,
que fa Hauteife ne feroit rien contre les
Traitez conclus avec Sa Majesté Impe
riale ,
. MERCURE DE FRANCE:
riale, qu'avec le Roy & la Républiques
de Pologne , & qu'il n'avoit raslèmblé
ses troupes que pour s'opposer aux en-:
treprisci du Czar sur la Perse.
Ministres Étrangers , que le Czar
ayant dessein de se faire couronner inces
samment à.Moscou , il croyoit qu'aucun
, d'eux ne refuscroit de se trouver à cette
céremonie. . On
JANVIER 1724. il?
. .On a envoyé à Revel des ordres du
College de l'Amirauté pour faire équi
per les trois Vaisseaux de Guerre , & les
quatre Fregates qui avoient été destinées
pour l'Ocean , Ôc qu'on avoit fait desar
mer depuis environ deux "mois.
Les Metropolitains du pays se sont
rendus à Moscou pour se trouver à la
ceremonie du Couronnement de leurs.
Majestez Czariennes i les principaux Ge
neraux des Gofaques s'y font aussi ren
dus pour recevoir les ordres du Czar à
fen arrivée , & delà rejoindre leurs
troupes qui font campées du côté de
Pultova , où les Tartares íônt venus
camper à six lieues , au nombre de vingt
mille hommes. Oh a posté un corps
de dix mille Cosaques , & de quatre
mille Moscovites dans les environs de
cette Forteresse pour observer la conte-.
hance & les démarches de ces Tartares.
Les douze Riegimens qui devoient pasfer
en revue à Moscou , ont reçu de nou
veaux ordres de se mettre en marche ;
neuf de ces Regimens ont pris la route
de Pultova , Se trois , celle d'Astracan.
Oh apprend de Turquie que le Grand
Visir avoit fait assurer M. Dierling , Ré
sident de l'Empereur à. Constantinople,
que fa Hauteife ne feroit rien contre les
Traitez conclus avec Sa Majesté Impe
riale ,
. MERCURE DE FRANCE:
riale, qu'avec le Roy & la Républiques
de Pologne , & qu'il n'avoit raslèmblé
ses troupes que pour s'opposer aux en-:
treprisci du Czar sur la Perse.
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Résumé : Russie.
En janvier 1724, le Grand Chancelier a annoncé que le tsar prévoyait de se faire couronner à Moscou et a invité les ministres étrangers à y assister. Des ordres ont été donnés pour équiper trois vaisseaux de guerre et quatre frégates à Revel. Les métropolites et les principaux généraux des Gofaques se sont rendus à Moscou pour la cérémonie. Après le couronnement, les Gofaques devaient rejoindre leurs troupes près de Pultova, où vingt mille Tartares étaient présents. Un corps de dix mille Cosaques et quatre mille Moscovites a été déployé pour surveiller les Tartares. Douze régiments ont reçu de nouveaux ordres : neuf se sont dirigés vers Pultova et trois vers Astracan. Par ailleurs, la Turquie a assuré qu'elle respecterait les traités avec l'empereur, mais se préparait à contrer les initiatives du tsar en Perse.
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4204
p. 128-129
Suede.
Début :
On écrit de Dantzich que M. Erdeman, Commissaire du Czar, avoit [...]
Mots clefs :
Suède, Commissaire du tsar
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suede.
Suede..
O N écrit de Dantzich que M. Er=
deman. Commissaire du Czar, avoií
fait partir pour Peteríbourg une trèsgrande
quantité de bied , & qu'il a voie
reçu ordre depuis Quelques jours d'en
acheter encore mille Larts , & de les
faire partir auffi-tôt que la saison le pcrr
mettra.-
Les Lettres dé Curlande & de Livo
nie portent que les Bailliages de ces
Provinces devoient fournir jà leurs frais
à Sa Majesté Czarienne un nombre con
siderable de jeunes gens ; mais que cette
levée fe faisoit très.difficilement., & que
la jeunesse abandonnoit les Villages , 8c
íé fau voit vers les frontieres.
Le Comte de Ta'rlo ayant obtenu de
la derniere; Ailèmblée des Etats duRoyaume
les subsides qu'il follicitoit pour le
Roy Stanislas, est parti le premier De
cembre pour l'aller rejoindre dans le
lieu de sa Résidence.
On apprend encore de Goppenhague
qu'on y imprimoit actuellement le nou?
veau Reglement pour les Feages dupasla.
8*
JANVIER 17T4; lîjjp
ge du Sund , auquel on travailloit depuis
très-long-temps. Le bruit court qu'il est
avantageux aux négòcians étrangers.
On a arrêté pour dettes à Berlin le
Ministre de Suede à la Cour de Prusse ,
& le Senat s'est assemblé extraordinaire
ment le 20. Decembre après.midy, afin
de prendre les mesures neceíîàires pour'
Iìh procurer la liberté..
O N écrit de Dantzich que M. Er=
deman. Commissaire du Czar, avoií
fait partir pour Peteríbourg une trèsgrande
quantité de bied , & qu'il a voie
reçu ordre depuis Quelques jours d'en
acheter encore mille Larts , & de les
faire partir auffi-tôt que la saison le pcrr
mettra.-
Les Lettres dé Curlande & de Livo
nie portent que les Bailliages de ces
Provinces devoient fournir jà leurs frais
à Sa Majesté Czarienne un nombre con
siderable de jeunes gens ; mais que cette
levée fe faisoit très.difficilement., & que
la jeunesse abandonnoit les Villages , 8c
íé fau voit vers les frontieres.
Le Comte de Ta'rlo ayant obtenu de
la derniere; Ailèmblée des Etats duRoyaume
les subsides qu'il follicitoit pour le
Roy Stanislas, est parti le premier De
cembre pour l'aller rejoindre dans le
lieu de sa Résidence.
On apprend encore de Goppenhague
qu'on y imprimoit actuellement le nou?
veau Reglement pour les Feages dupasla.
8*
JANVIER 17T4; lîjjp
ge du Sund , auquel on travailloit depuis
très-long-temps. Le bruit court qu'il est
avantageux aux négòcians étrangers.
On a arrêté pour dettes à Berlin le
Ministre de Suede à la Cour de Prusse ,
& le Senat s'est assemblé extraordinaire
ment le 20. Decembre après.midy, afin
de prendre les mesures neceíîàires pour'
Iìh procurer la liberté..
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Résumé : Suede.
En janvier 1714, plusieurs événements politiques et économiques marquent la Suède et ses régions voisines. À Dantzich, M. Erdmann, commissaire du Czar, expédie une grande quantité de blé à Petersbourg et reçoit l'ordre d'en acheter davantage. En Curlande et en Livonie, les bailliages doivent fournir des jeunes pour le service du Czar, mais cette levée rencontre des difficultés en raison de la fuite des jeunes vers les frontières. Le Comte de Tarlö obtient des subsides pour le roi Stanislas et part le 1er décembre pour le rejoindre. À Copenhague, un nouveau règlement pour les péages du Sund est imprimé, avantageux pour les négociants étrangers. À Berlin, le ministre de Suède à la cour de Prusse est arrêté pour dettes, et le Sénat se réunit en urgence le 20 décembre pour prendre des mesures en vue de sa libération.
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4205
p. 129-130
Pologne.
Début :
La Diette generale s'assemblera peu de temps après l'arrivée du Roy, [...]
Mots clefs :
Diète générale, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Pologne.
tolognt.
LA Diette generale s'assemblera peiï'
de temps après l'arrivée du Roy -3
qu'on attend incessamment à Varsovie.
Oh compte que les Protestans du Royau
me y presenteront le Memoire qu'ils ont
dressé contre les Catholiques , poux de
mander la restitution des biens fonds
& des revenus dont ils prétendent quer
le Clergé s'est emparé. Les Evêques, &.
les Ecclesiastiques du íecond Ordre se
disposent à leur répondre , & à détruire
leurs prétentions. On croit que cette
affaire fera la principale occupation de la
Diette.
Le parts attaché au Roy fait des per
quisitions pour découvrir les Nobles qui
épousent encore les interests du Roy Staniflas
; cela fait conjecturer qu'on prendra
des meíures dans la Diette prochaine con
tre les desseins qu'ils pourroient former
en fa faveur. Le
t;6 MERCURE Î>Ì FRANCfe s
Le Roi de Pologne partit de Dresde
, pour Warsovie le 10. de ce mois. Quel
ques jours auparavant sa. Majesté donna
l'Ordre de l'Aigre-Blane au Prince de
Neustadt. C'est le premier Seigneur Ec
clesiastique auquel elle' ait accordé cette
faveur.
S M. P. a nommé le Baron Wederkorp,;
l'un de ses Chambellans , pour son En
voyé extraordinaire à la Cour de France.'
LA Diette generale s'assemblera peiï'
de temps après l'arrivée du Roy -3
qu'on attend incessamment à Varsovie.
Oh compte que les Protestans du Royau
me y presenteront le Memoire qu'ils ont
dressé contre les Catholiques , poux de
mander la restitution des biens fonds
& des revenus dont ils prétendent quer
le Clergé s'est emparé. Les Evêques, &.
les Ecclesiastiques du íecond Ordre se
disposent à leur répondre , & à détruire
leurs prétentions. On croit que cette
affaire fera la principale occupation de la
Diette.
Le parts attaché au Roy fait des per
quisitions pour découvrir les Nobles qui
épousent encore les interests du Roy Staniflas
; cela fait conjecturer qu'on prendra
des meíures dans la Diette prochaine con
tre les desseins qu'ils pourroient former
en fa faveur. Le
t;6 MERCURE Î>Ì FRANCfe s
Le Roi de Pologne partit de Dresde
, pour Warsovie le 10. de ce mois. Quel
ques jours auparavant sa. Majesté donna
l'Ordre de l'Aigre-Blane au Prince de
Neustadt. C'est le premier Seigneur Ec
clesiastique auquel elle' ait accordé cette
faveur.
S M. P. a nommé le Baron Wederkorp,;
l'un de ses Chambellans , pour son En
voyé extraordinaire à la Cour de France.'
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Résumé : Pologne.
La Diète générale de Pologne se tiendra peu après l'arrivée du roi à Varsovie. Les protestants du royaume prévoient soumettre un mémoire réclamant la restitution des biens et revenus qu'ils estiment usurpés par le clergé catholique. Les évêques et ecclésiastiques du second ordre se préparent à contester ces revendications, ce qui devrait être le principal sujet de la Diète. Parallèlement, les partisans du roi mènent des enquêtes pour identifier les nobles soutenant Stanislas, suggérant des mesures contre leurs éventuels projets en faveur de ce dernier. Le roi de Pologne a quitté Dresde pour Varsovie le 10 du mois. Auparavant, il a décerné l'Ordre de l'Aigle Blanc au Prince de Neustadt, premier seigneur ecclésiastique à recevoir cette distinction. De plus, le roi a nommé le Baron Wederkorp comme son envoyé extraordinaire à la cour de France.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4206
p. 130-131
Allemagne.
Début :
Le six de Decembre on afficha à Vienne deux Ordonnances contre les Mandians [...]
Mots clefs :
Mendiants, Empereur, Comte, Capitaine Pretorius
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texteReconnaissance textuelle : Allemagne.
Atlemajgte.'
Le six de Décembre on afficha à Vien
ne deux Ordonnances contre les Marídians
& autres gens íâns aveu , par les
quelles les personnes charijables font in-:
Vicées' à porter Ieuf% aumônes dans le'
tronc public des Eglises , afin que la dií
tribution s'en saífe avec Comtoilsance par'
te Comte de Khevenhuller , Lieutenant
de cette Vdk.-
On imnde de hambourg que. le Ca
pitaine Pretarius , soupçonné d'être le'
principal Auteur de l'aísaífinat du feu
Comte de Rantzau avoit été arrêté à
CrbíTen en Silesie , 6c de.là conduit dans
les prisons de Rendefbòurg.
Le Comte Merích, Plenipotentiaire de
l'Empereur dans leCercle de la Bafle Saxe#
a été choisi par S.M.I. pour assister en qua
lité de son CommiiTaire àl'électionde l'E.
1
JAN V 1ER i/jrV *jî
vêque de Hildeim. On ne doute pas que
le Prince Theodore de Biviere , Evêque
de Ratiíbonne y ëc Coadjuteur de Freysingen
, ne íôit élu. Le Comte de Curìeni
a été revêtu du même caractere y
de la part de l'Empereur , à l'élection d«
^Evêque de Liege.
Le six de Décembre on afficha à Vien
ne deux Ordonnances contre les Marídians
& autres gens íâns aveu , par les
quelles les personnes charijables font in-:
Vicées' à porter Ieuf% aumônes dans le'
tronc public des Eglises , afin que la dií
tribution s'en saífe avec Comtoilsance par'
te Comte de Khevenhuller , Lieutenant
de cette Vdk.-
On imnde de hambourg que. le Ca
pitaine Pretarius , soupçonné d'être le'
principal Auteur de l'aísaífinat du feu
Comte de Rantzau avoit été arrêté à
CrbíTen en Silesie , 6c de.là conduit dans
les prisons de Rendefbòurg.
Le Comte Merích, Plenipotentiaire de
l'Empereur dans leCercle de la Bafle Saxe#
a été choisi par S.M.I. pour assister en qua
lité de son CommiiTaire àl'électionde l'E.
1
JAN V 1ER i/jrV *jî
vêque de Hildeim. On ne doute pas que
le Prince Theodore de Biviere , Evêque
de Ratiíbonne y ëc Coadjuteur de Freysingen
, ne íôit élu. Le Comte de Curìeni
a été revêtu du même caractere y
de la part de l'Empereur , à l'élection d«
^Evêque de Liege.
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Résumé : Allemagne.
Le 6 décembre, Vienne publia deux ordonnances contre les Marídians et autres personnes sans aveu, invitant à des dons charitables dans les églises, supervisés par le Comte de Khevenhuller. À Hambourg, le capitaine Pretarius, suspecté du meurtre du Comte de Rantzau, fut arrêté en Silésie et incarcéré à Rendebòurg. Le Comte Merích, représentant impérial en Basse-Saxe, fut désigné pour l'élection de l'évêque de Hildesheim, où le Prince Théodore de Bavière est pressenti. L'Empereur nomma également le Comte de Curìeni pour l'élection de l'évêque de Liège.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4207
p. 131-133
Hollande, & Pays-bas.
Début :
Leurs Hautes Puissances qui avoient chargé leur Ministre à Lisbone de traverser [...]
Mots clefs :
Empereur, Compagnie de Trieste, Indes orientales
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texteReconnaissance textuelle : Hollande, & Pays-bas.
H)lUnde >& Pays.bar,
. Leurs Haines Puilíances qui avaient
chargé leur. Ministre à Liíbonede traverfer
la négociation dxi Traité de commerce'
proposé par l'Empereur pour l'avantage'
dela Compagnie Orientale de Trieste
n'ont pu réussir. Le Roi de Portugal leur
à.fait répondre pa* le Comte de Taroncay
son 'Ambassadeur. , qu'il n'avoit aucun en-'
gagement avec la Republique de Hollan->
de qui pût l'empêcher d'user de son droit'
de Souveraineté par rapport aux Indes'
Orientales ; quil pouvoit aûslì dilpoíèr'
áu commerce de ses Etats , íèlon son bon'
plaisir r que les Tertugais ne fburnisioient
point de vaiíseaux à la Compagnie de
Trieste ornais qu'ils les lui rendoient
ainsi qu'ils pou voient juger par le Pavil
lon Imperial qu'on mettoit aux Bâtimens
aullì.tôt que la vente en étoit faite ; 8c
qu'enfin le dernier Traité de commerces
conclu avec l'Empereur , ne contenoit
íîen qui pût préjudiuer aux droits de ls*
ifp MERCURE DE FRANCE.
Republique, tant aux Indes Orientales'^
qu'ailleurs.
. Tous les Commandans des Places pos
íédées par l'Empereur dans les Païs.Bas,
ont reçu ordre de renforcer les gardes
de faire faire des patrouilles hors de leurs
Villes , avant que d'en ouvris ou d'eir
fermer les portes , de n'y laisser entrer
qu'un certain nombre de personnes à laj
fois , d'arrêter toutes celles qui leur pa
raîtront suspectes , & de faire exacte
ment visiter tous les chariots chargez de
paille ou de soin qui íè presenteront pour
entrer.
On apprend de Liege que l'Electeur de .
Cologne y étoit. arrivé le j.i. Decembre*
vers les quatre heures après.midi , accom.i
pagné du Baron' de PÌettembourg , sort
premier Ministre , & que le Cardinal de
Saxe.zeitss'étoit déclaré son competiteur
pour cet Evêché, vacant par le ministere
du Baroride Fiow,- Commandeur de l'Or-
«Ire de Malthe quiest arrivé à Liege3char.
gé des Lettres de créance de ce Cardinal.
Le 19. de ce mois on publia à la Haye
UTie nouvelle Ordonnance des Etats Gene
raux concernant les naufrages , & portant
peine de mort contre tous ceux , qui sous
Îpretexte de donner du íecours à un vaiss
eau en danger , se rendront à bord de ce
Bâtiment , sans ayoir été appelles par le
Capi.3
J A N V I E R 17** j jj
Capitaine , le Pilote , ou par l'equipage
en leur absence.
. Leurs Haines Puilíances qui avaient
chargé leur. Ministre à Liíbonede traverfer
la négociation dxi Traité de commerce'
proposé par l'Empereur pour l'avantage'
dela Compagnie Orientale de Trieste
n'ont pu réussir. Le Roi de Portugal leur
à.fait répondre pa* le Comte de Taroncay
son 'Ambassadeur. , qu'il n'avoit aucun en-'
gagement avec la Republique de Hollan->
de qui pût l'empêcher d'user de son droit'
de Souveraineté par rapport aux Indes'
Orientales ; quil pouvoit aûslì dilpoíèr'
áu commerce de ses Etats , íèlon son bon'
plaisir r que les Tertugais ne fburnisioient
point de vaiíseaux à la Compagnie de
Trieste ornais qu'ils les lui rendoient
ainsi qu'ils pou voient juger par le Pavil
lon Imperial qu'on mettoit aux Bâtimens
aullì.tôt que la vente en étoit faite ; 8c
qu'enfin le dernier Traité de commerces
conclu avec l'Empereur , ne contenoit
íîen qui pût préjudiuer aux droits de ls*
ifp MERCURE DE FRANCE.
Republique, tant aux Indes Orientales'^
qu'ailleurs.
. Tous les Commandans des Places pos
íédées par l'Empereur dans les Païs.Bas,
ont reçu ordre de renforcer les gardes
de faire faire des patrouilles hors de leurs
Villes , avant que d'en ouvris ou d'eir
fermer les portes , de n'y laisser entrer
qu'un certain nombre de personnes à laj
fois , d'arrêter toutes celles qui leur pa
raîtront suspectes , & de faire exacte
ment visiter tous les chariots chargez de
paille ou de soin qui íè presenteront pour
entrer.
On apprend de Liege que l'Electeur de .
Cologne y étoit. arrivé le j.i. Decembre*
vers les quatre heures après.midi , accom.i
pagné du Baron' de PÌettembourg , sort
premier Ministre , & que le Cardinal de
Saxe.zeitss'étoit déclaré son competiteur
pour cet Evêché, vacant par le ministere
du Baroride Fiow,- Commandeur de l'Or-
«Ire de Malthe quiest arrivé à Liege3char.
gé des Lettres de créance de ce Cardinal.
Le 19. de ce mois on publia à la Haye
UTie nouvelle Ordonnance des Etats Gene
raux concernant les naufrages , & portant
peine de mort contre tous ceux , qui sous
Îpretexte de donner du íecours à un vaiss
eau en danger , se rendront à bord de ce
Bâtiment , sans ayoir été appelles par le
Capi.3
J A N V I E R 17** j jj
Capitaine , le Pilote , ou par l'equipage
en leur absence.
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Résumé : Hollande, & Pays-bas.
Le texte décrit plusieurs événements diplomatiques et militaires. Les Pays-Bas ont tenté de négocier un traité de commerce pour la Compagnie Orientale de Trieste via leur ministre à Lisbonne, mais sans succès. Le Roi de Portugal a affirmé qu'il n'avait aucun engagement avec la République de Hollande l'empêchant d'exercer sa souveraineté sur les Indes Orientales. Il a également nié fournir des vaisseaux à la Compagnie de Trieste et assuré que le dernier traité de commerce avec l'Empereur ne préjudiciait pas aux droits de la République. Dans les Pays-Bas, les commandants des places fortifiées par l'Empereur ont reçu des ordres pour renforcer la sécurité : renforcer les gardes, faire des patrouilles, limiter l'accès aux villes, arrêter les personnes suspectes et inspecter les chariots. En Allemagne, l'Électeur de Cologne est arrivé à Liège le 11 décembre avec son premier ministre, le Baron de Pettembourg. Le Cardinal de Saxe s'est déclaré compétiteur pour l'évêché de Cologne, vacant après le décès du Baron de Fiow. Enfin, une ordonnance des États Généraux concernant les naufrages a été publiée à La Haye le 19 du mois, prévoyant la peine de mort pour ceux qui monteraient à bord d'un vaisseau en danger sans y avoir été invités par le capitaine, le pilote ou l'équipage.
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4208
p. 133-136
Grande-Bretagne.
Début :
La tempête du 20. Septembre dernier qui a été mentionnée dans tous les Journaux, [...]
Mots clefs :
Royaume, Catholique, Parlement, Irlande, Compagnie
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texteReconnaissance textuelle : Grande-Bretagne.
Grande.Bretagne.
La tempête du 10. Septembre dernier
qui a été mentionnée dans tous les Jourr
naux , a fait perir plus de trente vaisseaux
Marchands aux ten virons de l'Ifle d'Antigoa.
Le 1 7. Décembre les Lords Regens fir
lent publier une Proclamation pour pn>
.roger l'Aísemblée du Parlement jusqu'au
j.o. Janvier suivant, auquel jour tous
les Membres des deux .Chambres ibnt
sommés de' se trouver à Westminster, pour
déliberer sur des affaires très.importantes.
Le 24.. Decembre les Directeurs de la
Compagnie de la Mer du Sud firent a/h>
çher que le Livre de traníport des Acr
étions de cette Compagnie seroit fermé
jusqu'au ì. i . Février prochain pour leur
donner le temps de faire la balance des
profits & des pertes de la Compagnie,
afin d'annoncer ensuite le di videnddû aux
Actionnaires pour la demi.année échue
au terme de Noël ; ils firent publier est
rnéme temps qu'ils payeroient inceflamment
leurs obligations dattéesdu 16. De
cembre 171 5. 1717. 1718. §ç 171 9. qui
font échues.
Le 8. de ce mois le Roi d'Angleterre
arriva heureusement à Margare aux heu
res
^..MERCURE BÉ FRANCl
jres du soit. Cette agréable nouvelle fut?
annoncée à Londres le 9. à dix heures dir'
.matin par une décharge generale du ca<.
lion du Parc de S. James , & de la Tour.
te 5>. íâ Majesté coucha à Chaçham ; elle
.y fit le 10. au matin la visite de seí
vaisseaux de guerre & des magazins de la
Marine t & elle arriva vers les 7. heures
du soir à Londres avec les Seigneurs de
{a. Cour , & plusieurs Ministres Etran
gers. Il y eut le soir dans toutes ies rues
des feux &c des illuminations.
On assure que les Communes du Par
lement d'Irlande ont passe' un Bill trèsrigoureux
contre les Catholiques de ce
Royaume. Par le premier article de cet
Acte , il est ordonné que tous les Archevêques
, Evêques , Vicaires Generaux ,
Doyens Jesuites', Moines , Religieux
ou autres Ecclesiastiques Reguliers Ca
tholiques , exerçant Jurisdiction Eccle
siastique, ou qui depuis le premier jour
de May 1698. ont exercé Jurisdiction
Ecclesiastique dans ce Royaume , feront
.obligez d'en íortir avant le 2 5. Mars
1724. .& que toutes les períonnes cydessus
designées , qui après ce terme in
diqué , seront trouvées dans Je Royau
me , seront jugées coupables de haute
trahison : que tout particulier qui rece
vra , soulagera , entretiendra , ou donnera
au.
JANVIER 1724. ijj
jaucune retraite , azile ou secours à aucun
de ces Ecclesiastiques proscrits , à l'ex
ception de ceuf qui ont prêté les ferment
4'abjuration , fera puiii de mort , lans
esperance de grace, &.que tout dénon
ciateur qui donnera avis du lieu où ils Ce
tiendront cachez , &c des particuliers qui
leur donneront retraite , sera récompensé
auflì.tot que son avis aura été trouvé
.Certain. Par le second article , il e.st dér
fendu à tout particulier Catholique de
recevoir en pension aucune femme ni
iîlle , à peine de 3000. livres d'amende
pour chaque contravention. Par le troir
fiéme , tout Maître d'Ecole Catholique ,
.ou Précepteur de cette Communion , mê
me dans une famille particuliere , qui
fera découvert dans Je Royaume après le
terme indiqué , fera puni de mort , ainsi.
.que le particulier qui le garderoit dans
ta. maiíon malgré la défense. Le quatriè
me ordonne que tout enfant Catholique
né hors du Royaume d'un pere Catho
lique qui aura pris les armes contre le
feu Roy Guillaume , & la Reine Marie
& qui fera ensuite retiré dans les
Etats de quelque Puisíance Catholique f
ne pourra en revenant dans ce Pays, être
reputé veritable sujet de ce Royaume f
ni jouir des Privileges accordez par les
Actes Parlementaires en. faveur des en
* •
y 3* MERCURE DE FRANCE-
-fans Protestans nez hors du Royaume.
..Comme toute personne parvenue à í' li
ge de 16. ans , est obligée fous peine de
Íirison perpetuelle., & de confiscation de
es biens , de prêter le ferment d'abjura
tion en vertu d'un A.cte du Parlement de
:1a troisième. année du Règne de la Reine
Anne , <$c que cependant on a remarqué
que cette obligation étoit .souvent élu
dée par plusieurs particuliers qui íè cas.
choient pour n'être point citez par les
Juges de paix , il est ordonné par le cin
quième arycle qu'il suffira d'afficher la
citation de ces Juges à la porte des Car.
tholiques citez, $~c que si dans le terme
prescrit ils ne íè presentent pas poux
faire le serment , ils seront punis con
formément à l'Acte dont on vient de
parler. Enfin par le sixième, il est. dit
!qne tout Protestant qui prêtera son nom.
à un Catholique pour l'acquisition de
quelque terre , fera condamné à une
amende de 3000. liv. à la confiícation des
terres acquises sous confidence, & à per
dre la jouissance des Privilegies accordez
aux Protestans.
La tempête du 10. Septembre dernier
qui a été mentionnée dans tous les Jourr
naux , a fait perir plus de trente vaisseaux
Marchands aux ten virons de l'Ifle d'Antigoa.
Le 1 7. Décembre les Lords Regens fir
lent publier une Proclamation pour pn>
.roger l'Aísemblée du Parlement jusqu'au
j.o. Janvier suivant, auquel jour tous
les Membres des deux .Chambres ibnt
sommés de' se trouver à Westminster, pour
déliberer sur des affaires très.importantes.
Le 24.. Decembre les Directeurs de la
Compagnie de la Mer du Sud firent a/h>
çher que le Livre de traníport des Acr
étions de cette Compagnie seroit fermé
jusqu'au ì. i . Février prochain pour leur
donner le temps de faire la balance des
profits & des pertes de la Compagnie,
afin d'annoncer ensuite le di videnddû aux
Actionnaires pour la demi.année échue
au terme de Noël ; ils firent publier est
rnéme temps qu'ils payeroient inceflamment
leurs obligations dattéesdu 16. De
cembre 171 5. 1717. 1718. §ç 171 9. qui
font échues.
Le 8. de ce mois le Roi d'Angleterre
arriva heureusement à Margare aux heu
res
^..MERCURE BÉ FRANCl
jres du soit. Cette agréable nouvelle fut?
annoncée à Londres le 9. à dix heures dir'
.matin par une décharge generale du ca<.
lion du Parc de S. James , & de la Tour.
te 5>. íâ Majesté coucha à Chaçham ; elle
.y fit le 10. au matin la visite de seí
vaisseaux de guerre & des magazins de la
Marine t & elle arriva vers les 7. heures
du soir à Londres avec les Seigneurs de
{a. Cour , & plusieurs Ministres Etran
gers. Il y eut le soir dans toutes ies rues
des feux &c des illuminations.
On assure que les Communes du Par
lement d'Irlande ont passe' un Bill trèsrigoureux
contre les Catholiques de ce
Royaume. Par le premier article de cet
Acte , il est ordonné que tous les Archevêques
, Evêques , Vicaires Generaux ,
Doyens Jesuites', Moines , Religieux
ou autres Ecclesiastiques Reguliers Ca
tholiques , exerçant Jurisdiction Eccle
siastique, ou qui depuis le premier jour
de May 1698. ont exercé Jurisdiction
Ecclesiastique dans ce Royaume , feront
.obligez d'en íortir avant le 2 5. Mars
1724. .& que toutes les períonnes cydessus
designées , qui après ce terme in
diqué , seront trouvées dans Je Royau
me , seront jugées coupables de haute
trahison : que tout particulier qui rece
vra , soulagera , entretiendra , ou donnera
au.
JANVIER 1724. ijj
jaucune retraite , azile ou secours à aucun
de ces Ecclesiastiques proscrits , à l'ex
ception de ceuf qui ont prêté les ferment
4'abjuration , fera puiii de mort , lans
esperance de grace, &.que tout dénon
ciateur qui donnera avis du lieu où ils Ce
tiendront cachez , &c des particuliers qui
leur donneront retraite , sera récompensé
auflì.tot que son avis aura été trouvé
.Certain. Par le second article , il e.st dér
fendu à tout particulier Catholique de
recevoir en pension aucune femme ni
iîlle , à peine de 3000. livres d'amende
pour chaque contravention. Par le troir
fiéme , tout Maître d'Ecole Catholique ,
.ou Précepteur de cette Communion , mê
me dans une famille particuliere , qui
fera découvert dans Je Royaume après le
terme indiqué , fera puni de mort , ainsi.
.que le particulier qui le garderoit dans
ta. maiíon malgré la défense. Le quatriè
me ordonne que tout enfant Catholique
né hors du Royaume d'un pere Catho
lique qui aura pris les armes contre le
feu Roy Guillaume , & la Reine Marie
& qui fera ensuite retiré dans les
Etats de quelque Puisíance Catholique f
ne pourra en revenant dans ce Pays, être
reputé veritable sujet de ce Royaume f
ni jouir des Privileges accordez par les
Actes Parlementaires en. faveur des en
* •
y 3* MERCURE DE FRANCE-
-fans Protestans nez hors du Royaume.
..Comme toute personne parvenue à í' li
ge de 16. ans , est obligée fous peine de
Íirison perpetuelle., & de confiscation de
es biens , de prêter le ferment d'abjura
tion en vertu d'un A.cte du Parlement de
:1a troisième. année du Règne de la Reine
Anne , <$c que cependant on a remarqué
que cette obligation étoit .souvent élu
dée par plusieurs particuliers qui íè cas.
choient pour n'être point citez par les
Juges de paix , il est ordonné par le cin
quième arycle qu'il suffira d'afficher la
citation de ces Juges à la porte des Car.
tholiques citez, $~c que si dans le terme
prescrit ils ne íè presentent pas poux
faire le serment , ils seront punis con
formément à l'Acte dont on vient de
parler. Enfin par le sixième, il est. dit
!qne tout Protestant qui prêtera son nom.
à un Catholique pour l'acquisition de
quelque terre , fera condamné à une
amende de 3000. liv. à la confiícation des
terres acquises sous confidence, & à per
dre la jouissance des Privilegies accordez
aux Protestans.
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Résumé : Grande-Bretagne.
Le texte relate plusieurs événements en Grande-Bretagne. Le 10 septembre, une tempête a provoqué la perte de plus de trente vaisseaux marchands près de l'île d'Antigua. Le 17 décembre, les Lords Régents ont publié une proclamation pour ajourner l'Assemblée du Parlement au 10 janvier suivant afin de délibérer sur des affaires importantes. Le 24 décembre, les Directeurs de la Compagnie de la Mer du Sud ont annoncé la fermeture du livre de transport des actions jusqu'au 1er février pour établir la balance des profits et des pertes, et payer les dividendes aux actionnaires. Ils ont également annoncé le paiement immédiat de leurs obligations échues. Le 8 janvier, le roi d'Angleterre est arrivé à Margate et a été accueilli par des célébrations à Londres le 9 janvier. En Irlande, le Parlement a adopté un bill rigoureux contre les catholiques. Ce bill ordonne l'expulsion des ecclésiastiques catholiques exerçant une juridiction ecclésiastique avant le 25 mars 1724, sous peine de haute trahison. Il interdit également aux catholiques de recevoir des femmes ou des filles en pension, d'enseigner, ou d'acquérir des terres avec l'aide de protestants, sous peine d'amendes et de confiscations. Les protestants aidant les catholiques dans ces acquisitions seront également punis.
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4209
p. 136-138
Espagne & Portugal.
Début :
On a défendu dans ce Royaume l'usage des dorures, tant sur les [...]
Mots clefs :
Roi d'Espagne, Troupes, Conseil, Cour, Marquis, Dorures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Espagne & Portugal.
Espagne & Portugal.
N a défendu dans ce Royaume
\î-/ l'usage des dorures , tant sor les
habits qu'aux carossej , 6c autres équi
pages
1
7 A N 'V 1^ R rjti t\r
pages ; on n'a excepté que les ornemens
des Eglises. .
On mande de Malaga que plusieurs
bâtimens en étoient partis fous l'eícorte
de deux Galeres , pour transporter fur les
côtes d'Afrique les troupes destinées à
relever la Garnison de Mellille.
le deuil , à l'occaíion de la mort de Mon
sieur le Duc d'Orleans.
Le Roy a donné la Charge de JugeÇonservateur
des Boucheries au Mar
quis d'Aranda , 'Membre du Conseil d'E
tat , Se de celui de la Chambre : celle de
Directeur des Hôpitaux & des Comedies
à Don Pascal de Villa.Campa , Conseil
ler aux mêmes Conseils , Se celle d'Ins
pecteur des Fontaines publiques à Doa
Le Roy d'Espagne que Sa Majesté Por
tugaise a prié d'être le Parain du dernier
Infant , dont la Reine est accouchée^, *
nommé le Prince du Bresil' pour le tenir
fia son nom fur les Fonts de Baptême.
Le Czar a nommé deux Officiers Ge
neraux de ses troupes pour ses Envoyez
extraordinaires en Espagne ^ Se en Por
tugal.
Le 5. Decembre le Marquis de Capichelatro
, Ambassadeur du Roy d'Espa
gne à la .Cour de Liíbone , eut sa pre-
La Cour doit prendre pour trois mois
G rniere
i.3 8 MERCURE DE FRANCE.
miere audience publique du Roy, étant
.conduit par M. le Marquis de Angeja ,
Conseiller d'Etat , & Visiteur des Finan
ces. Son cortege étoit magnifique 8c nom
breux , Se on admira la richeslè & la
beauté de ses équipages.
N a défendu dans ce Royaume
\î-/ l'usage des dorures , tant sor les
habits qu'aux carossej , 6c autres équi
pages
1
7 A N 'V 1^ R rjti t\r
pages ; on n'a excepté que les ornemens
des Eglises. .
On mande de Malaga que plusieurs
bâtimens en étoient partis fous l'eícorte
de deux Galeres , pour transporter fur les
côtes d'Afrique les troupes destinées à
relever la Garnison de Mellille.
le deuil , à l'occaíion de la mort de Mon
sieur le Duc d'Orleans.
Le Roy a donné la Charge de JugeÇonservateur
des Boucheries au Mar
quis d'Aranda , 'Membre du Conseil d'E
tat , Se de celui de la Chambre : celle de
Directeur des Hôpitaux & des Comedies
à Don Pascal de Villa.Campa , Conseil
ler aux mêmes Conseils , Se celle d'Ins
pecteur des Fontaines publiques à Doa
Le Roy d'Espagne que Sa Majesté Por
tugaise a prié d'être le Parain du dernier
Infant , dont la Reine est accouchée^, *
nommé le Prince du Bresil' pour le tenir
fia son nom fur les Fonts de Baptême.
Le Czar a nommé deux Officiers Ge
neraux de ses troupes pour ses Envoyez
extraordinaires en Espagne ^ Se en Por
tugal.
Le 5. Decembre le Marquis de Capichelatro
, Ambassadeur du Roy d'Espa
gne à la .Cour de Liíbone , eut sa pre-
La Cour doit prendre pour trois mois
G rniere
i.3 8 MERCURE DE FRANCE.
miere audience publique du Roy, étant
.conduit par M. le Marquis de Angeja ,
Conseiller d'Etat , & Visiteur des Finan
ces. Son cortege étoit magnifique 8c nom
breux , Se on admira la richeslè & la
beauté de ses équipages.
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Résumé : Espagne & Portugal.
En Espagne, l'usage des dorures a été interdit sur les habits, carrosses et équipements, sauf pour les ornements des églises. Des troupes ont été envoyées de Malaga vers les côtes d'Afrique pour renforcer la garnison de Mellille. Le deuil a été observé à la suite du décès du Duc d'Orléans. Le roi d'Espagne a nommé plusieurs personnes à des postes clés : le Marquis d'Aranda comme Juge-Conservateur des Boucheries, Don Pascal de Villa-Campa comme Directeur des Hôpitaux et des Comédies, et une personne non nommée comme Inspecteur des Fontaines publiques. Au Portugal, le roi a demandé au roi d'Espagne d'être le parrain du dernier infant, nommé Prince du Brésil. Le Czar a désigné deux officiers généraux comme envoyés extraordinaires en Espagne et au Portugal. Le Marquis de Capichelatro, ambassadeur d'Espagne à Lisbonne, a eu sa première audience publique avec le roi du Portugal, accompagné par le Marquis de Angeja. La cour portugaise doit prendre des congés pour trois mois.
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4210
p. 138-139
Italie.
Début :
Le 20. du mois passé le Pape tint un Consistoire, dans lequel S. S. proposa [...]
Mots clefs :
Abbé, Évêque, Cardinal, Pape, Consistoire, Évêché, Archevêché
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Italie.
Italie.
LE 2p. du mois pafle le Pape tint mt
Consistoire , dans lequel S. S. pro
posa l'Archevêché de Camhray pour l'Êvêque
de Laon ; le Cardinal Ottoboni ,
Protecteur des affaires de France, pro
posa l'Evêché d* Autun , pour l'Abbé de
Blitersvich de Moncley, Grand Vicaire
de Besançon. il préconisa ensuite l'Evêque
de Nantes, Premier Aumônier de
feu Monsieur le Duc d'Orleans , pouf
l'Archevêché de Rouen j l'Evêque de
S. Papoul , pour .1'Eyêché de Mende ;
l'Abbé de Froulay , Comte de Lion , 8c
Aumônier du Roy , pour l'Evêché du;
Mans; l'Abbé Boucaud, pour l'Evêché
d'AIet i l'Abbé de Bussi.Rabutin , pour
celui de LuçonJ l'Evêque d'Alais , pour
l'Abbaye de Montebourg ; l'Abbé d'Harcourt
Beuvron, peur celle de Signi, 8c
l'Abbé d'Alegre , pour celle de Bourgueil.
A la fin du Consistoire , le Pape de
clara au Sacré College, qu'ayant fait
exami7
A N V I E R í7i4. 15,
examiner l'a'íFaire du Cardinal Alberoni,
. elle avoic donné un Bref pour fa déchar
ge. Le Cardinal Oli vieri rida lecture de
ce Bref, qui fut generalement approuve-
Le 16. de l'autre mois ie feu prit à
Milan, au Bureau de la Secretairerie de
la Guerre , lequel fut entierement con
sumé , ainsi que la íalle d'audience des
Ministres Etrangers , & quelques autres
appartenons du <Palais Ducal. Trois
hommes ont peri dans cet incendie r 8c
plusieursautres períonnesont étébleííées.
la Comtesse de Colloredo fut contrainte
de se sauver chez laPrincelIè Triv,ulce,
avec ses pierreries, & tout ce qu'elle
.avoit de plus précieux.
L'Ambassadeur de Venise , M. Pierre
.Capello fit íòn entrée publique à Rome
.1e 28. du mois passé , accompagné de plus
de cent carosses. Le Cardinal Ottoboni
;le conduisit à l'audience du Pape ayec
les ceremonies accoutumées.
Le jour de Noël le Pape fit la ceremo
nie ordinaire de benir l'Estoc & l'Epée
que les Pontifes ont coutume d'envoyer
au x Princes qui font la guerre contre les
infideles.
LE 2p. du mois pafle le Pape tint mt
Consistoire , dans lequel S. S. pro
posa l'Archevêché de Camhray pour l'Êvêque
de Laon ; le Cardinal Ottoboni ,
Protecteur des affaires de France, pro
posa l'Evêché d* Autun , pour l'Abbé de
Blitersvich de Moncley, Grand Vicaire
de Besançon. il préconisa ensuite l'Evêque
de Nantes, Premier Aumônier de
feu Monsieur le Duc d'Orleans , pouf
l'Archevêché de Rouen j l'Evêque de
S. Papoul , pour .1'Eyêché de Mende ;
l'Abbé de Froulay , Comte de Lion , 8c
Aumônier du Roy , pour l'Evêché du;
Mans; l'Abbé Boucaud, pour l'Evêché
d'AIet i l'Abbé de Bussi.Rabutin , pour
celui de LuçonJ l'Evêque d'Alais , pour
l'Abbaye de Montebourg ; l'Abbé d'Harcourt
Beuvron, peur celle de Signi, 8c
l'Abbé d'Alegre , pour celle de Bourgueil.
A la fin du Consistoire , le Pape de
clara au Sacré College, qu'ayant fait
exami7
A N V I E R í7i4. 15,
examiner l'a'íFaire du Cardinal Alberoni,
. elle avoic donné un Bref pour fa déchar
ge. Le Cardinal Oli vieri rida lecture de
ce Bref, qui fut generalement approuve-
Le 16. de l'autre mois ie feu prit à
Milan, au Bureau de la Secretairerie de
la Guerre , lequel fut entierement con
sumé , ainsi que la íalle d'audience des
Ministres Etrangers , & quelques autres
appartenons du <Palais Ducal. Trois
hommes ont peri dans cet incendie r 8c
plusieursautres períonnesont étébleííées.
la Comtesse de Colloredo fut contrainte
de se sauver chez laPrincelIè Triv,ulce,
avec ses pierreries, & tout ce qu'elle
.avoit de plus précieux.
L'Ambassadeur de Venise , M. Pierre
.Capello fit íòn entrée publique à Rome
.1e 28. du mois passé , accompagné de plus
de cent carosses. Le Cardinal Ottoboni
;le conduisit à l'audience du Pape ayec
les ceremonies accoutumées.
Le jour de Noël le Pape fit la ceremo
nie ordinaire de benir l'Estoc & l'Epée
que les Pontifes ont coutume d'envoyer
au x Princes qui font la guerre contre les
infideles.
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Résumé : Italie.
En Italie, le 2 du mois, le Pape organisa un consistoire au cours duquel plusieurs nominations ecclésiastiques furent proposées. Le Cardinal Ottoboni suggéra l'Évêché d'Autun pour l'Abbé de Blitersvich de Moncley, Grand Vicaire de Besançon. D'autres nominations inclurent l'Archevêché de Rouen pour l'Évêque de Nantes et l'Évêché de Mende pour l'Évêque de S. Papoul, ainsi que plusieurs autres postes en France. Le Pape annonça également qu'il avait examiné l'affaire du Cardinal Alberoni et émis un bref pour sa décharge, approuvé par le Cardinal Olivieri. Le 16 du mois suivant, un incendie à Milan détruisit le Bureau de la Secretairerie de la Guerre et d'autres parties du Palais Ducal, causant trois morts et plusieurs blessés. La Comtesse de Colloredo dut se réfugier chez la Princesse Trivulce. Le 28 du mois précédent, l'Ambassadeur de Venise, M. Pierre Capello, fit une entrée publique à Rome, accompagné de plus de cent carrosses et conduit à l'audience du Pape par le Cardinal Ottoboni. Le jour de Noël, le Pape bénit l'Estoc et l'Épée destinés aux Princes combattant les infidèles.
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4211
p. 140-143
MORTS, BAPTESMES & Mariages des Pays Etrangers.
Début :
Mr. Jagozinski a épousé à Petersbourg Made la Comtesse Gollofskin [...]
Mots clefs :
Mort, Princesse, Reine, Cologne, Épouse, Comtesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, BAPTESMES & Mariages des Pays Etrangers.
MORTS, B ALTES MES
& Mariages des Pays Etrangers.
Mk Jagozinski a épousé à PeterÇ.
bowrg Mad: la Comtesse Goiïofsk'in,
fille du Grand Chancelier de
Russie. Ces noces ont été celebrées avec
beaucoup de magnificence , en presence
du Czar, representant avec le Duc d'Holstein
, les peres des deux nouveaux époux,
de la Czarine , accompagnée de la Prin
cesse Menzikoss, repreíentant les meres ,
M. Toistoy , Conseiller d'Etat , & M.
îe General Butterling repreíentaient les
Freres, Mad^ la Comtesse de Mattueof
& Made épouse du Vice-
Amiral Sinets repreíêntoient les íoeurs.
Made Albertine , Michelle , Comtesle
d'Althan, est morte à Vienne le 24.
Novembre, âgée de 17. ans.
Le R. Pere Frederic Confbrug , Je
íuite , Confesseur de l'Imperatrice , est
mort à Vienne le 2 9. Novembre.
Made de Geminghen , Gouvernan
te du jeune Prince Guillaume - Augus
te, & de la jeune Princesse , Se Damed'Honneur
de la Princesse de Galles , est
morte à Londres le premier Decembre.
J A NVïE R' 1714'. ; "4?
La Comtesse de Marlborough , épouse
de M. le Comte de Gòdolphin , est ac
couchée d'une fìlie à Londres le 4. De
cembre. ;
On mande de Londres que le Roy i
d'Angleterre doit declarer la conclusion
du mariage du Prince Frederic , son petjt.
fils, avec la Princesse , fille aînée du'
Roy de Prusse , que Si M. a arrêté pen*.
dant son séjour en Allemagne.
«k. Le R. Pere Joseph Diaíde Mouray
Beneficier dans. l'Eglise Paroissiale de
5, Barthelemy , à Lisbone, y est mort le
6. Novembre , âgé de cent douze ans.
Dom Joseph Hogan, Irlandois', Che
valier de l'Ordre de Christ & Sergent
Major de bataille dans les armées du Roy
de Portugal , est mort à Liíbone le jo.
Octobre.
Dom Jerôme de Camera , quatrième
fils du feu Comte de Ribeïra. Grande ^
Ambassadeur à la Cour de France , est
rnort à Liíbone , & c'est le quatrième
heritier mâle que cette Masson a perdu
dans le courant de cette annee.
Le 6. Decembre le Patriarche de Lis-
.bone baptiíà le quatrième Infant dans
l'Eglise Patriarchale. Ce Prince fut por.
ré par Don Gaston Joseph de Camera
Goutinho , Contrôleur de la Maison de
U Reine, Se il sut tenu sur les Fonts par
G iij le
i4* MERCUTRÏ DE FRANCÉ.
. le Marquis de Capichelatro , au' nom du*
Roy d'Espagne , & pour la Reine Douai
riere d'Esp.gne par Don Numa Alvares.
Pereira , Duc de Cadanel , Conseiller
t d'Etat, Majordome. Major de la Reine,..
President du Desembargo du Palais, po
Mestre de Camp General de la Cour &
de la Province d'Estremadoure. il fut
nommé Franf ois-Joseph. Antoine.Nicolas*
Après la ceremonie le Patriarche enton
na le Te Deum , qui fut chanté par la*
Musique y eníuite ce Prélat donna la be
nediction au peuple. La nuit íuivante it
y eut des illuminations , & autres mar
ques d'une' fête publique dans les deux;
Villes. L'Ambaíïadeur d'Espagne pour jr
contribuer donna ust concert d'instru-^
.mens , avec des rafraîchislgmens à tous. ;
ceux qui le reconduisirent à son Hôtel.
: Le Comte François Malacerta est mort
k Florence fans enfans: Il ne reste plus
de cette ancienne famille que le Mar
quis Malaterra , qui est actuellement
Gouverneur de Volterra.
La Princesse Christine.Amelie , dont
la Reine de Dannemark accoucha il y a
deux mois , est morte le 8. de ce mois à
Coppenhague. ^ . \
.Le 5. de cé mots le corps dq feu
Electeur de Cologne y fut porté de Bonn
' dans un Caroslè à S. chevaux caparaçon-
' ; nea.
.. f A. N V I E R 1714. .ï+s
riéz de deuil Le Clergé Seculier & Re
gulier de Cologne , alla le recevoir hors
de là Porte de S. Se verin ', Se le conduisit
à l'Eglise Metropolitaine, où il fut mis
fous un Dais magnifique. Le 4. le Non-
. ce du Pape accompagné des Prélats Mi
tiez de Rrechsteden , de Steinfeld , d'Altemberg
, de Gladbach , de Deutz , de
Brauveiller , de S.' Martin & de S. Pan,.
taleon , des Ministres Etrangers quí sonc
. à Cologne , de la principale Nobleilè
de cet Electorat , & des Magistrats de
. cette Ville , se rendjt à l'Eglrse Metro
politaine , où il celebra pontificalement
la MeflTe , qui sot suivie de deux Orai.
íòns funèbres , l'une prononcée en Alle
mand par le P. Averhausen , Jesuite, Se
l'autre en' JLatiny pus fó: Curé de Sains
Albin , après quoi le corps de l'Electeur
de Cologne fut inhumé au bruit d'une tri-
J>ie salve de l'artillerie des remparts.
& Mariages des Pays Etrangers.
Mk Jagozinski a épousé à PeterÇ.
bowrg Mad: la Comtesse Goiïofsk'in,
fille du Grand Chancelier de
Russie. Ces noces ont été celebrées avec
beaucoup de magnificence , en presence
du Czar, representant avec le Duc d'Holstein
, les peres des deux nouveaux époux,
de la Czarine , accompagnée de la Prin
cesse Menzikoss, repreíentant les meres ,
M. Toistoy , Conseiller d'Etat , & M.
îe General Butterling repreíentaient les
Freres, Mad^ la Comtesse de Mattueof
& Made épouse du Vice-
Amiral Sinets repreíêntoient les íoeurs.
Made Albertine , Michelle , Comtesle
d'Althan, est morte à Vienne le 24.
Novembre, âgée de 17. ans.
Le R. Pere Frederic Confbrug , Je
íuite , Confesseur de l'Imperatrice , est
mort à Vienne le 2 9. Novembre.
Made de Geminghen , Gouvernan
te du jeune Prince Guillaume - Augus
te, & de la jeune Princesse , Se Damed'Honneur
de la Princesse de Galles , est
morte à Londres le premier Decembre.
J A NVïE R' 1714'. ; "4?
La Comtesse de Marlborough , épouse
de M. le Comte de Gòdolphin , est ac
couchée d'une fìlie à Londres le 4. De
cembre. ;
On mande de Londres que le Roy i
d'Angleterre doit declarer la conclusion
du mariage du Prince Frederic , son petjt.
fils, avec la Princesse , fille aînée du'
Roy de Prusse , que Si M. a arrêté pen*.
dant son séjour en Allemagne.
«k. Le R. Pere Joseph Diaíde Mouray
Beneficier dans. l'Eglise Paroissiale de
5, Barthelemy , à Lisbone, y est mort le
6. Novembre , âgé de cent douze ans.
Dom Joseph Hogan, Irlandois', Che
valier de l'Ordre de Christ & Sergent
Major de bataille dans les armées du Roy
de Portugal , est mort à Liíbone le jo.
Octobre.
Dom Jerôme de Camera , quatrième
fils du feu Comte de Ribeïra. Grande ^
Ambassadeur à la Cour de France , est
rnort à Liíbone , & c'est le quatrième
heritier mâle que cette Masson a perdu
dans le courant de cette annee.
Le 6. Decembre le Patriarche de Lis-
.bone baptiíà le quatrième Infant dans
l'Eglise Patriarchale. Ce Prince fut por.
ré par Don Gaston Joseph de Camera
Goutinho , Contrôleur de la Maison de
U Reine, Se il sut tenu sur les Fonts par
G iij le
i4* MERCUTRÏ DE FRANCÉ.
. le Marquis de Capichelatro , au' nom du*
Roy d'Espagne , & pour la Reine Douai
riere d'Esp.gne par Don Numa Alvares.
Pereira , Duc de Cadanel , Conseiller
t d'Etat, Majordome. Major de la Reine,..
President du Desembargo du Palais, po
Mestre de Camp General de la Cour &
de la Province d'Estremadoure. il fut
nommé Franf ois-Joseph. Antoine.Nicolas*
Après la ceremonie le Patriarche enton
na le Te Deum , qui fut chanté par la*
Musique y eníuite ce Prélat donna la be
nediction au peuple. La nuit íuivante it
y eut des illuminations , & autres mar
ques d'une' fête publique dans les deux;
Villes. L'Ambaíïadeur d'Espagne pour jr
contribuer donna ust concert d'instru-^
.mens , avec des rafraîchislgmens à tous. ;
ceux qui le reconduisirent à son Hôtel.
: Le Comte François Malacerta est mort
k Florence fans enfans: Il ne reste plus
de cette ancienne famille que le Mar
quis Malaterra , qui est actuellement
Gouverneur de Volterra.
La Princesse Christine.Amelie , dont
la Reine de Dannemark accoucha il y a
deux mois , est morte le 8. de ce mois à
Coppenhague. ^ . \
.Le 5. de cé mots le corps dq feu
Electeur de Cologne y fut porté de Bonn
' dans un Caroslè à S. chevaux caparaçon-
' ; nea.
.. f A. N V I E R 1714. .ï+s
riéz de deuil Le Clergé Seculier & Re
gulier de Cologne , alla le recevoir hors
de là Porte de S. Se verin ', Se le conduisit
à l'Eglise Metropolitaine, où il fut mis
fous un Dais magnifique. Le 4. le Non-
. ce du Pape accompagné des Prélats Mi
tiez de Rrechsteden , de Steinfeld , d'Altemberg
, de Gladbach , de Deutz , de
Brauveiller , de S.' Martin & de S. Pan,.
taleon , des Ministres Etrangers quí sonc
. à Cologne , de la principale Nobleilè
de cet Electorat , & des Magistrats de
. cette Ville , se rendjt à l'Eglrse Metro
politaine , où il celebra pontificalement
la MeflTe , qui sot suivie de deux Orai.
íòns funèbres , l'une prononcée en Alle
mand par le P. Averhausen , Jesuite, Se
l'autre en' JLatiny pus fó: Curé de Sains
Albin , après quoi le corps de l'Electeur
de Cologne fut inhumé au bruit d'une tri-
J>ie salve de l'artillerie des remparts.
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Résumé : MORTS, BAPTESMES & Mariages des Pays Etrangers.
En 1714, plusieurs événements marquants ont eu lieu dans diverses cours européennes. Le marquis Jagozinski a épousé la comtesse Gojofsk'in, fille du Grand Chancelier de Russie, en présence du Czar et d'autres dignitaires. À Vienne, la comtesse Albertine Michelle d'Althan est décédée à l'âge de 17 ans, ainsi que le père Frédéric Confbrug, confesseur de l'impératrice. À Londres, madame de Geminghen, gouvernante du prince Guillaume-Auguste et dame d'honneur de la princesse de Galles, est décédée. La comtesse de Marlborough y a accouché d'une fille. Le roi d'Angleterre a annoncé le mariage du prince Frédéric, son petit-fils, avec la fille aînée du roi de Prusse. À Lisbonne, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Le père Joseph Diade Mouray, bénéficiant dans l'église paroissiale de Saint-Barthélemy, est mort à l'âge de 112 ans. Dom Joseph Hogan, chevalier de l'Ordre de Christ et sergent-major dans les armées du roi de Portugal, ainsi que Dom Jérôme de Camera, fils du comte de Ribeira, sont également décédés. Dom Jérôme était le quatrième héritier mâle perdu par cette maison cette année-là. Le patriarche de Lisbonne a baptisé le quatrième infant, nommé François-Joseph-Antoine-Nicolas, en présence de dignitaires espagnols et portugais. À Florence, le marquis Malacerta est mort sans enfants, ne laissant que le marquis Malaterra. À Copenhague, la princesse Christine-Amelie, fille de la reine de Danemark, est décédée. Enfin, le corps de l'électeur de Cologne a été transféré de Bonn à Cologne pour des funérailles solennelles.
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4212
p. 144-147
« Le 5. Janvier Monsieur le Duc d'Orleans alla voir Madame la Duchesse [...] »
Début :
Le 5. Janvier Monsieur le Duc d'Orleans alla voir Madame la Duchesse [...]
Mots clefs :
Duc, Cour, Voleurs, Assassiner, Arrêter, Abbaye royale des dames religieuses de Poissy
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 5. Janvier Monsieur le Duc d'Orleans alla voir Madame la Duchesse [...] »
L E j. Janvier Monsieur le Duc d'Or*
leans alla voir Madame la Ducheííe
d'Orleans , (à mere , à la Aíagdelaine
de Trenel. Cette Princesse y restera jus*
qu'au lendemain de la ceremonie qui íè
fera à S. Denis pour les obíèques de feu
S. A. R.
M. Charron , Gentilhomme ordinaire
a fait preíènt à S. M. de plusieurs Arcs ,
Flèches & Carquois , venus de Tur
quie , avec lesquels le Roy s'ererc&íòuvent
avec les Princes & Seigneurs de fa
Cour , à tirer au blanc dans la grande
Gallerie du Château de Versailles, Sa
Majesté récompeníé de quelque bijoux
ceux qui mettent le plus près du noir.
La Cour a quitté le deiiil depuis le 10.
de ce mois.
Le 26. le Maréchal de Tessé partit de.
Paris pour se rendre à la Cour d'Espa
gne.
Le 27. M. Táson fat reçu Avçjcat
General du Parlement , par le President
d'Aligre*en l'absence du Premier Pre
sident
u
JANVIER 1714. 145
Le 1 2. de ce mois i'AbW Bause , Cha
noine d'Evreux, prit pofleslìon du Prieu
ré de S. Martin des Champs , au nom du
Prince Frederic de Bouillon.
On dit qu'on a arrêté près de Nanci,
en Lorraine, les voleurs qui asiaflinerenc
au mois de Septembre.dernier , près de
Calais , les quatre Gentilhommes Anglois
, dont nous avons parlé dans ce
temps.là. On ajoute que leur Chef étoit
«n Receveur de quelques droits dans la
Lorraine , & que l'un des Officiers de
Justice qui étoient entrez dans le Châ
teau où il s'étoit retiré , avoit été tué
d'un coup de fusil par la fille de ce sce
lerat, dont les complices s' étoient dé
fendus avec beaucoup d'opiniâtreté.
. On a arrêté au Fort.l'Evêque environ
vingt joueurs qui s'y étoient aslèmblez
pour joiier au Pharaon , dans la Chambre
de quelques prisonniers arrêtez pour le
jeu.
L'Abbaye Royale des Dames Religieux
ses de Poifly, de l'Ordre de S. Domini
que , est un des plus beaux monumensde
la pieté de nos Rois î Philippe le-
Bel la fondá en 1304. & la dotta pour six'
vingt filles Nobles , & ses succeíseurs
l'ont comblée de biens Se de privileges , .
l'Eglise en est des plus belles & des plus
magnifiques, Je tonnerte l'avoit presque
G y détrui
J46 MERCURE DE FRANCE.
détruite ily^J quelques années. Il çna
«oùté quatre cent mille livres au Roy
pour la rétablir parfaitement ; il n'y '
manquoit plus que les Cloches , la bene
diction s'en fit avec beaucoup de dignité
' le ij. du mois passé.; S. M. a bien voulu
donner ion nom à la premiere , avec
l' Infante.Reine r M. le Duc de Gesvres
& Mad= la Princesse de Soubiíè y fu
rent envoyez à leur place. M. le Comte
de Clermont , Prince du Sang y tint k
seconde le . même jour , avec Made là
Marquiíe de la Vrilliere , & la troisiè
me y fur tenue' par M. Je Duc d'Antin j.
& par Madf la Marquise de Neíle , nié*
ce de Mad de Mail ly , soeur du feu
Cardinal de ce nom ' qui en est la digne
Abbesse , Sí sous le gouvernement de la
quelle on voit refleurir le bon ordre Se
la paix dans ce fameux Monastere ; beau
coup de Princesses du Sang y ont prisautrefois
le voile ; & il y a encore à prelent
nombre de Demoiselles , qui s'y dis
tinguent par leur vertu, & par l'amour
de leur Etar. Mad: l' Abbesse qui ne man
que à rien, fit servir un grand repas, &
ne entrer dans son Couvent tous ceux
çui assisterent à cette ceremonie , quoi
que ía Cloîture soit si étroitement gardée
dans cette maison , qu'elle n'y donne pas
même l'entrée à ce qui lui est le píus^
prociae v
/A'N^TÉ^t 17x4. i47
proche, montrant en cela,. & par sa vie
reguliere , l'exemple d'un grand mépris,
& d'un parfait détachement du monde.
leans alla voir Madame la Ducheííe
d'Orleans , (à mere , à la Aíagdelaine
de Trenel. Cette Princesse y restera jus*
qu'au lendemain de la ceremonie qui íè
fera à S. Denis pour les obíèques de feu
S. A. R.
M. Charron , Gentilhomme ordinaire
a fait preíènt à S. M. de plusieurs Arcs ,
Flèches & Carquois , venus de Tur
quie , avec lesquels le Roy s'ererc&íòuvent
avec les Princes & Seigneurs de fa
Cour , à tirer au blanc dans la grande
Gallerie du Château de Versailles, Sa
Majesté récompeníé de quelque bijoux
ceux qui mettent le plus près du noir.
La Cour a quitté le deiiil depuis le 10.
de ce mois.
Le 26. le Maréchal de Tessé partit de.
Paris pour se rendre à la Cour d'Espa
gne.
Le 27. M. Táson fat reçu Avçjcat
General du Parlement , par le President
d'Aligre*en l'absence du Premier Pre
sident
u
JANVIER 1714. 145
Le 1 2. de ce mois i'AbW Bause , Cha
noine d'Evreux, prit pofleslìon du Prieu
ré de S. Martin des Champs , au nom du
Prince Frederic de Bouillon.
On dit qu'on a arrêté près de Nanci,
en Lorraine, les voleurs qui asiaflinerenc
au mois de Septembre.dernier , près de
Calais , les quatre Gentilhommes Anglois
, dont nous avons parlé dans ce
temps.là. On ajoute que leur Chef étoit
«n Receveur de quelques droits dans la
Lorraine , & que l'un des Officiers de
Justice qui étoient entrez dans le Châ
teau où il s'étoit retiré , avoit été tué
d'un coup de fusil par la fille de ce sce
lerat, dont les complices s' étoient dé
fendus avec beaucoup d'opiniâtreté.
. On a arrêté au Fort.l'Evêque environ
vingt joueurs qui s'y étoient aslèmblez
pour joiier au Pharaon , dans la Chambre
de quelques prisonniers arrêtez pour le
jeu.
L'Abbaye Royale des Dames Religieux
ses de Poifly, de l'Ordre de S. Domini
que , est un des plus beaux monumensde
la pieté de nos Rois î Philippe le-
Bel la fondá en 1304. & la dotta pour six'
vingt filles Nobles , & ses succeíseurs
l'ont comblée de biens Se de privileges , .
l'Eglise en est des plus belles & des plus
magnifiques, Je tonnerte l'avoit presque
G y détrui
J46 MERCURE DE FRANCE.
détruite ily^J quelques années. Il çna
«oùté quatre cent mille livres au Roy
pour la rétablir parfaitement ; il n'y '
manquoit plus que les Cloches , la bene
diction s'en fit avec beaucoup de dignité
' le ij. du mois passé.; S. M. a bien voulu
donner ion nom à la premiere , avec
l' Infante.Reine r M. le Duc de Gesvres
& Mad= la Princesse de Soubiíè y fu
rent envoyez à leur place. M. le Comte
de Clermont , Prince du Sang y tint k
seconde le . même jour , avec Made là
Marquiíe de la Vrilliere , & la troisiè
me y fur tenue' par M. Je Duc d'Antin j.
& par Madf la Marquise de Neíle , nié*
ce de Mad de Mail ly , soeur du feu
Cardinal de ce nom ' qui en est la digne
Abbesse , Sí sous le gouvernement de la
quelle on voit refleurir le bon ordre Se
la paix dans ce fameux Monastere ; beau
coup de Princesses du Sang y ont prisautrefois
le voile ; & il y a encore à prelent
nombre de Demoiselles , qui s'y dis
tinguent par leur vertu, & par l'amour
de leur Etar. Mad: l' Abbesse qui ne man
que à rien, fit servir un grand repas, &
ne entrer dans son Couvent tous ceux
çui assisterent à cette ceremonie , quoi
que ía Cloîture soit si étroitement gardée
dans cette maison , qu'elle n'y donne pas
même l'entrée à ce qui lui est le píus^
prociae v
/A'N^TÉ^t 17x4. i47
proche, montrant en cela,. & par sa vie
reguliere , l'exemple d'un grand mépris,
& d'un parfait détachement du monde.
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Résumé : « Le 5. Janvier Monsieur le Duc d'Orleans alla voir Madame la Duchesse [...] »
En janvier 1714, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le duc d'Orléans a visité la duchesse d'Orléans, mère de la duchesse de Berry, chez la duchesse de Tremoille. M. Charron a présenté au roi des arcs et flèches turcs pour des exercices de tir à Versailles, récompensant les meilleurs tireurs avec des bijoux. La cour a quitté Versailles le 10 janvier. Le maréchal de Tessé est parti pour l'Espagne le 26 janvier, et M. Tanson a été nommé avocat général du Parlement le 27 janvier. L'abbé Bause a pris possession du prieuré de Saint-Martin-des-Champs au nom du prince Frédéric de Bouillon le 12 janvier. En Lorraine, des voleurs, dont le chef était un receveur de droits, ont été arrêtés après avoir attaqué des gentilshommes anglais près de Calais. Environ vingt joueurs ont été arrêtés pour avoir joué au Pharaon au Fort-l'Évêque. L'abbaye royale des Dames Religieuses de Poissy, fondée en 1304, a été restaurée après un incendie. La bénédiction des cloches a eu lieu le 11 décembre, en présence du roi et de plusieurs personnalités. L'abbesse, sœur du cardinal de Noailles, a montré un détachement du monde.
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4213
p. 147-148
Nouvelles distributions d'appartemens donnez par le Roy au Château de Versailles. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a fait depuis peu une nouvelle distribution des appartemens du Château [...]
Mots clefs :
Appartements, Château de Versailles, Duc d'Orléans, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles distributions d'appartemens donnez par le Roy au Château de Versailles. [titre d'après la table]
Le Roy a fait depuis peu une nouvelle
distribution des appartemens du Château
de Versailles , sçavoir , celui de Mon
sieur le Duc d'Orleans a été donné à
M. le Duc de Bourbon , qui n'a point
pris la Surintendance , comme le bruit
en a voit couru. Celui de M. de Clermont
, Capitaine des Suisses de S. A. R.
au Comte de Bussy. Celui du Maíquiá
dela Farre,au Maréchal Duxelles. Ce
lui du Marquis de Simiane , au Duc de
Sully. Celui de M. Coche à M. Chirac*
Premier Medecin de Monsieur le Duc
d'Orleans. Celui du Comte de Noce atr
Marquis de Nangis. Celui du Marquis
d'Etampes au Chevalier de Beringhen /
Premier Ecuyer. Celui de M. & de
Slad2 de Segur au Marquis de Nefles.
Celui de M. des Essars au Duc Dau*
mont. Celui de M. de Cours au Duc de
la Feiiillade. Celui de Madll« de Villeíáránche
au Marquis de Beauveau. Celui
du Comte de Bellifle au Duc de la Val>
liere. Celui de M. le Duc au Prince de
Dombes , & au Comte d'Eu. Celui du
Comte de Sabran au Marquis d'Alegre.
Celui de M. 'Chirac au Vicomte de Ta>.
.yànnes. Celui de M. Bontemps à M.
q vj Pelava
148 MERCURE OE FRANCE.
Desavaret. Celui de M. des Marets à.
M. Bontemps ,. & celui du Duc de Tres
mes au Duc de la Roche.Guyon.
distribution des appartemens du Château
de Versailles , sçavoir , celui de Mon
sieur le Duc d'Orleans a été donné à
M. le Duc de Bourbon , qui n'a point
pris la Surintendance , comme le bruit
en a voit couru. Celui de M. de Clermont
, Capitaine des Suisses de S. A. R.
au Comte de Bussy. Celui du Maíquiá
dela Farre,au Maréchal Duxelles. Ce
lui du Marquis de Simiane , au Duc de
Sully. Celui de M. Coche à M. Chirac*
Premier Medecin de Monsieur le Duc
d'Orleans. Celui du Comte de Noce atr
Marquis de Nangis. Celui du Marquis
d'Etampes au Chevalier de Beringhen /
Premier Ecuyer. Celui de M. & de
Slad2 de Segur au Marquis de Nefles.
Celui de M. des Essars au Duc Dau*
mont. Celui de M. de Cours au Duc de
la Feiiillade. Celui de Madll« de Villeíáránche
au Marquis de Beauveau. Celui
du Comte de Bellifle au Duc de la Val>
liere. Celui de M. le Duc au Prince de
Dombes , & au Comte d'Eu. Celui du
Comte de Sabran au Marquis d'Alegre.
Celui de M. 'Chirac au Vicomte de Ta>.
.yànnes. Celui de M. Bontemps à M.
q vj Pelava
148 MERCURE OE FRANCE.
Desavaret. Celui de M. des Marets à.
M. Bontemps ,. & celui du Duc de Tres
mes au Duc de la Roche.Guyon.
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Résumé : Nouvelles distributions d'appartemens donnez par le Roy au Château de Versailles. [titre d'après la table]
Le roi a récemment réorganisé les appartements au château de Versailles. Le duc d'Orléans a cédé son appartement au duc de Bourbon, qui n'a pas pris la charge de surintendant malgré les rumeurs. Plusieurs autres changements ont été effectués : le comte de Bussy a remplacé M. de Clermont comme capitaine des Suisses ; le maréchal d'Uxelles a pris l'appartement du marquis de La Fare ; le duc de Sully a succédé au marquis de Simiane. M. Chirac, médecin du duc d'Orléans, a pris l'appartement de M. Coche. D'autres transferts notables incluent : le marquis de Nangis a remplacé le comte de Noce ; le chevalier de Beringhen, premier écuyer, a pris l'appartement du marquis d'Etampes ; le marquis de Nèfles a succédé à M. de Slad2 de Segur ; le duc d'Aumont a remplacé M. des Essars ; le duc de la Feuillade a pris l'appartement de M. de Cours ; le marquis de Beauveau a succédé à Mademoiselle de Villars ; le duc de la Vallière a remplacé le comte de Bellifle ; le prince de Dombes et le comte d'Eu ont pris l'appartement de M. le Duc ; le marquis d'Alègre a succédé au comte de Sabran ; le vicomte de Tallyrand a remplacé M. Chirac ; M. Bontemps a pris l'appartement de M. des Marets ; enfin, le duc de la Roche-Guyon a remplacé le duc de Tresmes.
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4214
p. 148-153
ETAT de la Maison de Monsieur le Duc d'Orleans, premier Prince du Sang, reglé par la Declaration du Roy, en datte du 6. Janvier 1724.
Début :
Loüis, &c. à tous ceux, &c. l'affection singuliere que nous avons pour [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : ETAT de la Maison de Monsieur le Duc d'Orleans, premier Prince du Sang, reglé par la Declaration du Roy, en datte du 6. Janvier 1724.
ETAT de. la Maifin de Monsieur le Duc
d'Orleans , premier Prince du Sang ,
reglé par la Declaration du Roy , m
datte du 6 -Janvier 1724.
LOiïis,&c. à tous ceux , &c. l'affec
tion singuliere que nous avons pournôtre
très.cher , & très.amé Oncle y
Louis d'Orleans , Duc d'Orleans , . nous.
avoit fait desirer de pouvoir lui conti
nuer la même Maiíôn qu'a voit feu nôtre.
très-cher , & très-amé Oncle le lDuc
d'Orleans son pere ; mais l'ordre de.
tout temps établi pour le premier Prin
ce de nôtre Sang , nous obligeant de fui.*
vre les Etats < de ceux: qui ont précedem
ment tenu ce haut rang , en fixant fa
Maison au même nombre d'Officiers ;
Nous y avons seulement ajouté quelques
titres que nous avons jugé plus convesables
, & voulant qu*ils jouissent des
Privileges de nos Officiers commensaux :
à ces cauíes , &c. 8c de nôtre grace fpe.-
ciale, pleine puissance , Se autorité Roya
le, Nous avons dit & declaré, Se par. ces
Pre
J A N< V Ï^E R 17I4. re
presentes signées de nôtre main , disons ,
declarons , voulons , nous plaît , que les
Officiers dont fera com potée la Maison
de nôtredit Onde le Duc d'Orleans ,
comprise dans l'Etat cy.attaché sous le
contre-seel de nôtre Chancellerie, jouis
sent dorénavant de tous tels & semblables
Privileges dent nos Officiers DomestiÍ^
ues & Coqrmeníâux ont droit de jeiiir
uivantnos Edits, Declarations, Ordon
nances & Reglemens faits fur ce íujet. .
.Voulons qu'à cet effet l'état qui íèra arrê
té par nôtredit Oncle des Officiers qui
composoront à l'avenir fa Maison , soit
mis au Greffe de nôtre Cour des Aydes,
pourvu qu'il soit conforme à celui atta
ché à ces Presentes. Si donnons , &c-
Etat du nombre des Officiers , Gentilhom
mes , Gens du Conseil , Domestiques
& Commensaux , dont le Roy veut <^iie
leanr, Dite d'Orleans , de Valois , de
Chartres , de Nemours , & Monts en-
Jier , fin Oncle, soit composée en l'an
née 1724; pour jouir des Privilège!
des Commensaux.
Un Premier Gentilhomme de la
Chambre.
8. Gentilhommes de la Ghambre.
EZ. Gentilhommes ordinaires.
la Maison de Monsieur
:l!5<> MERCURE DE FRANCE,
. 2. Confesseur & Predicateur.
. . 4. Aumôniers.
z. Secretaires des CommandemènS.
j. Secretaires , & Intendans de« Fi
nances.,
8. Gens du Conseil:
S. Secretaires ordinaires.
1 . Secretaire des Langues.
2. Secretaires du Conseil.
I . Agçnt d'affaires.
i . Garde Archives.
i . Premier Maître.d'Hotel»-
é. Maîtres-d'Hôtel.
I. Tresorier General.
12. Gentilhommes íêrvans*'
8. Contrôleurs.
4. Medecins, -
4. Chirurgiens.
4. Apoticaires.
1. Chirurgien Operateur'.
4 Barbiers.
r". Premier Valet de Chambres7
l!2. Valets de Chambre.
4. Valets de Garderobe.
4. Garçons d« Garderobe.
4 Porte- Manteaux.
r. Tailleur.
4. Huissiers de la Chambrè.
4. Huissiers du Cabinet.
4. Huissiers de l'Antichambre.
j!* Trompette.
J A NVIER 1714.:
t. Brodeur. .
r. Gantier Parfumeur. ^
2. Tapissiers.
r. Horlogeur.
2. Orfèvres.
r. Peintre.
2. Merciers,
ï . Marchand Lingeri.
1 . Lavandier.
4. Chefs de Panneterie.
' i. Aydes de Panneterie.
2. Sommiers de Panneterié.'
4. Chefs d'Echansonnerie.
a . Aydes d'Echaníònnerie.
as. Sommiers d'Echaníônneríe,
4. Chefs de Fruiterie.
2. Aydes de Fruiterie.
2. Sommiers de Fruiterie;
4. Ecuyers de Cuisine.
4. Aydes de Cuisine.
4. En fans de Cuisine.
4. Porteurs en Cuisine-.
1. Pâtissier.
V Boulanger.
2. Pourvoyeur.
I . Garde Vaisíelle.
f. Sommier de Vaisselle..
J. Premier Ecuyer.
4. Ecuyersi
4;. Maréchaux des Logis.
4. Fourier.s des Logis. .
tfç» MERCURE DE FRANCE.
** Fouriers de l'Ecurie.
I. Argentier de l'Ecurie.
I'. Tailleur de l'Ecurie,
r. Armurier.
2 . Maréchaux des Forges.-
i . Setlier.Caroffier.
i. Bourlier.
ì. CeinturierV-
1 . Fourbisseur.
1 . Eperonniers.
4. Maîtres Palefreniers.
2 . Cochers.
2. Postillons.'
1 . Concierge Garde Meubles de l'E
curie-.
1. Gouverneur des Pages.
1. Chapelain des Pages & del'Ecurie;
1. Maître de Mathematiques. .
1. Maître d'Armes.
1. Maître d'Exercices.
2. Maître Valets des Pages. .
1. Libraire-Imprimeur.
Gentilhommes de la- Venerie. .
6. Veneurs.
3 . Gentilhommes de la Fauconnerie. .
2 . Fauconniers,
i, Cordonnier.
1. Architecte..
1. Maître Maçon,
il Menuisier.
.1. VÌWÌCT<. .
JÁNVVER vf*4 1J5
l. Serrurier.
4. Suiíïès.
Total 166.' Officiers;
'Augmentation pour la Maison de Mada
me la Duchejfe d'Orleans , par Decla
ration du Roy du ^.Decembre 171$',.
Gcns du Conseil.
i:. Conseillers..
I. Secretaire ordinaire..
x. Agens d' Afíàires.
1. Tresorier General J M* Nicolas
Grandjean.
Gardes françaises..
t. Exempt, Commandant auffi les Gar^'
des Suiíïes.
t. Maréchal des Eogis.'
I. Brigadier.
. 12. Gardes Françoiíès.
t. Clerc du Guet.
Gardes Suisset.
6. Gardes Suiíïès.
r. Clerc du Guet.
d'Orleans , premier Prince du Sang ,
reglé par la Declaration du Roy , m
datte du 6 -Janvier 1724.
LOiïis,&c. à tous ceux , &c. l'affec
tion singuliere que nous avons pournôtre
très.cher , & très.amé Oncle y
Louis d'Orleans , Duc d'Orleans , . nous.
avoit fait desirer de pouvoir lui conti
nuer la même Maiíôn qu'a voit feu nôtre.
très-cher , & très-amé Oncle le lDuc
d'Orleans son pere ; mais l'ordre de.
tout temps établi pour le premier Prin
ce de nôtre Sang , nous obligeant de fui.*
vre les Etats < de ceux: qui ont précedem
ment tenu ce haut rang , en fixant fa
Maison au même nombre d'Officiers ;
Nous y avons seulement ajouté quelques
titres que nous avons jugé plus convesables
, & voulant qu*ils jouissent des
Privileges de nos Officiers commensaux :
à ces cauíes , &c. 8c de nôtre grace fpe.-
ciale, pleine puissance , Se autorité Roya
le, Nous avons dit & declaré, Se par. ces
Pre
J A N< V Ï^E R 17I4. re
presentes signées de nôtre main , disons ,
declarons , voulons , nous plaît , que les
Officiers dont fera com potée la Maison
de nôtredit Onde le Duc d'Orleans ,
comprise dans l'Etat cy.attaché sous le
contre-seel de nôtre Chancellerie, jouis
sent dorénavant de tous tels & semblables
Privileges dent nos Officiers DomestiÍ^
ues & Coqrmeníâux ont droit de jeiiir
uivantnos Edits, Declarations, Ordon
nances & Reglemens faits fur ce íujet. .
.Voulons qu'à cet effet l'état qui íèra arrê
té par nôtredit Oncle des Officiers qui
composoront à l'avenir fa Maison , soit
mis au Greffe de nôtre Cour des Aydes,
pourvu qu'il soit conforme à celui atta
ché à ces Presentes. Si donnons , &c-
Etat du nombre des Officiers , Gentilhom
mes , Gens du Conseil , Domestiques
& Commensaux , dont le Roy veut <^iie
leanr, Dite d'Orleans , de Valois , de
Chartres , de Nemours , & Monts en-
Jier , fin Oncle, soit composée en l'an
née 1724; pour jouir des Privilège!
des Commensaux.
Un Premier Gentilhomme de la
Chambre.
8. Gentilhommes de la Ghambre.
EZ. Gentilhommes ordinaires.
la Maison de Monsieur
:l!5<> MERCURE DE FRANCE,
. 2. Confesseur & Predicateur.
. . 4. Aumôniers.
z. Secretaires des CommandemènS.
j. Secretaires , & Intendans de« Fi
nances.,
8. Gens du Conseil:
S. Secretaires ordinaires.
1 . Secretaire des Langues.
2. Secretaires du Conseil.
I . Agçnt d'affaires.
i . Garde Archives.
i . Premier Maître.d'Hotel»-
é. Maîtres-d'Hôtel.
I. Tresorier General.
12. Gentilhommes íêrvans*'
8. Contrôleurs.
4. Medecins, -
4. Chirurgiens.
4. Apoticaires.
1. Chirurgien Operateur'.
4 Barbiers.
r". Premier Valet de Chambres7
l!2. Valets de Chambre.
4. Valets de Garderobe.
4. Garçons d« Garderobe.
4 Porte- Manteaux.
r. Tailleur.
4. Huissiers de la Chambrè.
4. Huissiers du Cabinet.
4. Huissiers de l'Antichambre.
j!* Trompette.
J A NVIER 1714.:
t. Brodeur. .
r. Gantier Parfumeur. ^
2. Tapissiers.
r. Horlogeur.
2. Orfèvres.
r. Peintre.
2. Merciers,
ï . Marchand Lingeri.
1 . Lavandier.
4. Chefs de Panneterie.
' i. Aydes de Panneterie.
2. Sommiers de Panneterié.'
4. Chefs d'Echansonnerie.
a . Aydes d'Echaníònnerie.
as. Sommiers d'Echaníônneríe,
4. Chefs de Fruiterie.
2. Aydes de Fruiterie.
2. Sommiers de Fruiterie;
4. Ecuyers de Cuisine.
4. Aydes de Cuisine.
4. En fans de Cuisine.
4. Porteurs en Cuisine-.
1. Pâtissier.
V Boulanger.
2. Pourvoyeur.
I . Garde Vaisíelle.
f. Sommier de Vaisselle..
J. Premier Ecuyer.
4. Ecuyersi
4;. Maréchaux des Logis.
4. Fourier.s des Logis. .
tfç» MERCURE DE FRANCE.
** Fouriers de l'Ecurie.
I. Argentier de l'Ecurie.
I'. Tailleur de l'Ecurie,
r. Armurier.
2 . Maréchaux des Forges.-
i . Setlier.Caroffier.
i. Bourlier.
ì. CeinturierV-
1 . Fourbisseur.
1 . Eperonniers.
4. Maîtres Palefreniers.
2 . Cochers.
2. Postillons.'
1 . Concierge Garde Meubles de l'E
curie-.
1. Gouverneur des Pages.
1. Chapelain des Pages & del'Ecurie;
1. Maître de Mathematiques. .
1. Maître d'Armes.
1. Maître d'Exercices.
2. Maître Valets des Pages. .
1. Libraire-Imprimeur.
Gentilhommes de la- Venerie. .
6. Veneurs.
3 . Gentilhommes de la Fauconnerie. .
2 . Fauconniers,
i, Cordonnier.
1. Architecte..
1. Maître Maçon,
il Menuisier.
.1. VÌWÌCT<. .
JÁNVVER vf*4 1J5
l. Serrurier.
4. Suiíïès.
Total 166.' Officiers;
'Augmentation pour la Maison de Mada
me la Duchejfe d'Orleans , par Decla
ration du Roy du ^.Decembre 171$',.
Gcns du Conseil.
i:. Conseillers..
I. Secretaire ordinaire..
x. Agens d' Afíàires.
1. Tresorier General J M* Nicolas
Grandjean.
Gardes françaises..
t. Exempt, Commandant auffi les Gar^'
des Suiíïes.
t. Maréchal des Eogis.'
I. Brigadier.
. 12. Gardes Françoiíès.
t. Clerc du Guet.
Gardes Suisset.
6. Gardes Suiíïès.
r. Clerc du Guet.
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Résumé : ETAT de la Maison de Monsieur le Duc d'Orleans, premier Prince du Sang, reglé par la Declaration du Roy, en datte du 6. Janvier 1724.
Le document expose l'organisation de la Maison du Duc d'Orléans, premier Prince du Sang, régularisée par une déclaration royale du 6 janvier 1724. Le roi manifeste son affection pour son oncle, Louis d'Orléans, Duc d'Orléans, et souhaite lui accorder une Maison similaire à celle de son père. Cependant, les traditions royales imposent de maintenir le nombre d'officiers conforme à ceux des prédécesseurs. Le roi ajoute quelques titres jugés plus appropriés et accorde aux nouveaux officiers les privilèges des officiers commensaux. Le texte décrit la composition de la Maison du Duc d'Orléans pour l'année 1724, incluant divers officiers, gentilshommes, domestiques et commensaux. Parmi eux, on trouve des gentilshommes de la Chambre, des secrétaires, des gens du conseil, des maîtres d'hôtel, des médecins, des chirurgiens, des valets de chambre, des huissiers, des écuyers, des maréchaux des logis, des fourriers, des palefreniers, et d'autres fonctions spécifiques. Le total des officiers est de 166. Une augmentation pour la Maison de Madame la Duchesse d'Orléans est également mentionnée par une déclaration royale du 2 décembre 1718. Cette augmentation inclut des gens du conseil, des conseillers, un secrétaire ordinaire, un agent d'affaires, un trésorier général, des gardes françaises et suisses.
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4215
p. 153-154
« Nous avons été mal informez, quand nous avons dit, dans le second volume [...] »
Début :
Nous avons été mal informez, quand nous avons dit, dans le second volume [...]
Mots clefs :
Premier aumonier, Duc d'Orléans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Nous avons été mal informez, quand nous avons dit, dans le second volume [...] »
Nous ayons été mal informez , quandi
ïf4 MERCURE DE FRANCE
nous avons dit , dans ie second volume'
du mois dernier, que lors du traníport
du coeur de Monsieur le Duc d' Orleans,
M. l'Archevêque de Roiien y Premier
Aumônier de St. A. R. étoit dans un Cafolle
diíferent de celui dans lequel étoit
le Prince du Sang , chargé par le Roy de
cette ceremonie. Dans le Carosle du:
Corps de Monsieur le Duc d' Orleans
étoient S. A. S. M. le Comte de Clerrnont
, & M. l'Archevêque die Roiïeir
dans le fond , ce dernier ayant la droite
& portant le coeur fur un Carreau de Ve
lours noir.'Le Duc de Montmorency , le
Marquis de Sìmiane , Premier Gentil
homme de la Chambre , & le Duc de
Biron , Premier Ecuyer étoient fur le de-?
vant. Au traníport du corps , le Premier
Aumônier , le Maître de la Chapïlle , le'
Confeíleur & le Curé de Saint Cloud
étoient dans le Carroíse du corps , qui
marchoit immediatement aptes le Cha
riot. Dans la ceremonie du coeur, le Car
roíse du Premier Aumônier fuivoit im*
riiediatement celui du Duc de Mbntrr»*-
fenci.
ïf4 MERCURE DE FRANCE
nous avons dit , dans ie second volume'
du mois dernier, que lors du traníport
du coeur de Monsieur le Duc d' Orleans,
M. l'Archevêque de Roiien y Premier
Aumônier de St. A. R. étoit dans un Cafolle
diíferent de celui dans lequel étoit
le Prince du Sang , chargé par le Roy de
cette ceremonie. Dans le Carosle du:
Corps de Monsieur le Duc d' Orleans
étoient S. A. S. M. le Comte de Clerrnont
, & M. l'Archevêque die Roiïeir
dans le fond , ce dernier ayant la droite
& portant le coeur fur un Carreau de Ve
lours noir.'Le Duc de Montmorency , le
Marquis de Sìmiane , Premier Gentil
homme de la Chambre , & le Duc de
Biron , Premier Ecuyer étoient fur le de-?
vant. Au traníport du corps , le Premier
Aumônier , le Maître de la Chapïlle , le'
Confeíleur & le Curé de Saint Cloud
étoient dans le Carroíse du corps , qui
marchoit immediatement aptes le Cha
riot. Dans la ceremonie du coeur, le Car
roíse du Premier Aumônier fuivoit im*
riiediatement celui du Duc de Mbntrr»*-
fenci.
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Résumé : « Nous avons été mal informez, quand nous avons dit, dans le second volume [...] »
Le texte corrige une information erronée concernant le transport du cœur du Duc d'Orléans. Lors de la cérémonie, l'Archevêque de Reims et Premier Aumônier de Saint A. R. partageait le même carrosse que le Prince du Sang chargé par le Roi de cette tâche. Dans le carrosse transportant le corps du Duc d'Orléans, se trouvaient le Comte de Clermont et l'Archevêque de Reims, ce dernier ayant la droite et portant le cœur sur un carreau de velours noir. À l'avant de ce carrosse, se trouvaient le Duc de Montmorency, le Marquis de Simiane, Premier Gentilhomme de la Chambre, et le Duc de Biron, Premier Écuyer. Lors du transport du corps, le Premier Aumônier, le Maître de la Chapelle, le Confesseur et le Curé de Saint-Cloud étaient présents dans le carrosse du corps, qui suivait immédiatement le chariot. Lors de la cérémonie du cœur, le carrosse du Premier Aumônier suivait immédiatement celui du Duc de Montmorency.
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4216
p. 155-162
MORTS & MARIAGES.
Début :
Procope-Hyacinte de Ligne, Prince de l'Empire, Marquis de Moy, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS & MARIAGES.
MORTS & MAK1AG ES.
PRocope-Hyacirite de Ligne, Prince
de l'tmpire , Marquis de Moy ,
Brigadier des Armées du Roi depuis le
10. Mars 1690. cy .devant Capitaine-
Lieutenant des Gendarmes Ecoflòis , ayant;
commaridé toute la Gendarmerie tant
qu'il a été à la têtC de Cette Compagnie ,
mourut en cette Ville le ji. du moi*
passé , âgé de 6 4. ans.
Il étoit second fiis de Claude Lamoral.
de Ligne , Prince de l'Empire , & d'Am-.
blise , Marquis de RonbaiX, &<:. Grand
d'Espagne-, Chevalier de laToison.d'Or,;
Vice.Roi de Sicile , Gouverneur du Mi*
lanés , Coníeiller d'Etat de S. M. C»
mort à Madrid le 22.. Decembre i£7«K'
&: de Marie Claire , srincesle de Nasl'auy
pillembourg. Claude Lamoral étoit né de
Florent de Ligne, Prince de l'Empire,
Comte de Fauquembergue , Marquis de
Roubaix , Baron d'Antoing , Se de Louise
de Lorraine , fille d'Henry de Lorraine,
Comte de Chaligny , & de Claude , Mar
quise de Moy. Ce Prince de Lorraine étoit
issu de Nicolas de Lorraine , Comte de
youdemcnt ; Duc de Mercceut , & de sa!
troi-r
1
jxë MERCURE DE FRANCE.
troisième femme Catherine de Lorraine
Aumale ; & ce Comte de Vaudemontétoit7
second fils d'Antoine Duc de Lorraine.
Le Comte de Chaligni ,.' outre fa fille
Louise , laiíTà Henry de Lorraine 11.. du
nom , Comte de Chaligny , Marquis de
Moy , qui ayant vêcu~dans le Célibat ,J
avoit pour héritier présomptif Claude
Lamoral Prince de- Ligne ,< fily de íà
feur; aussi lui aiîlîra.t-il fa successions
mais ce Prince y renonça par acte du 2 r.'
Mars 1 670. & supplia son oncle d'en'
Vouloir fa vtjriíèr le second de íes sils. Le
Comte de Chaligny ayant égard à cette
priere , fit par acte paífé à Nancy' le 3 1,
Août une donation erítre-vifs & ir
révocable de tous íés biens' à son petit'
iifrveu , PïtKrope.Hyacinte, Prince de Li-'
gne , ses hoirs', heritiers & aïans causej
ne s'en reservant que là jouiísance & l'u*
íufririt' durant sa vie. Cette donation su/
acceptée par Procureur au nom du jeune'
Prince donataire , procedant souS l'autp.
lité de M; d'Ormeíson , Conseiller d'E
tat, que le Roi Louis XIV-. lui avòit donné
pour tuteur honoraire durant fa minorité
parLettres Patentes du mois d'Avril 1670.
registrées au Parlement le 23.. May sui
vant. . '
C'est en consequence de cette Dona
tion , Se pour satisfaire au Contrat de maA
liage
j A N V I E R? 1724. tSf
,fiage de Claude de Moy qui obligeoit son
^heritier à se nommer le Marquis deMoy.i.
que celui dont nous .parlons a toujours
porté ce titre p avec la' livrée des Princes
de Lorraine , & qu'il écarteloit l'Ecuslon.
de Ces armes au 1. & 4» de Lorraine , au 2.
& j. de Moy,Se [ui la tour de IJgnequi est
or à une bande de gueules . Il avoit épousé
le 8. Mars 1682. Anne.Catherine de Bro?
glio , fille unique du Comte Charles de
Broglio , Marquis de Dormans , Lieute
nant General des Arméesdu Roi, Gour
verneur d' Avênes, Grand Bail ly de Hayr
naut , & d'Anne Elisabeth d'Aumont,
fille d'Antoine Duc d'Aumont , Pair Se
Maréchal de France. Elle mourut le 4.
Decembre 1 701.. laissant Claude Lamor .
ral Hyacinte de Ligne , Prince de l'Em
pire , Marquis de Dormans , qui n'est
pas encore marié, & qui succede au titre
de Marquis de Moy 5 Catherine.Hyacintc
Religieuse aux Filles de Sainte.Marie ,
à S. Denis , où elle a fait profession le
Septembre ï 7 p 6. Marie-Hyacinte ,
morte le jo. Septembre 171 1 . âgée de 1.7.
ans, & Claire Marie , mariée le 2%.
Mars 1722. à Louis Scipion.Joseph de la
.Garde , Marquis de Chambonas , Baron
des Etats de Languedoc \ sur'quoi il ne fera
pas mal- à .propos de remarquer que dès ìs
6. Février 1*3?. Ipies & Jourdan de ìa
Gar
MERCURE DE FRANGE.
Garde, Chevaliers , freres, firent hom-
.-mage de la Terre & Seigneurie de Cham-
-bonasau Roi S. Louis. Le feu Roi a érigé
.cette Terre en Marquisat , par Lettres du
inoisd'Avril 1683. On coníèrveun acte
du 10. Février 13 9 6. par lequel Jauce-
Jin de la Garde , Seigneur de Chambonas
, fut déchargé , attendu Con ancienne
noblesse, d'une taxe imposée par le Roi
Charles V I. pour le mariage de fa fille
jsabelle , fuir ceux qui n'étoient pas no
bles d'ancienneté. Henry . Joseph de la
G irde , Marquis de Chambonas , né de
.Charlotte de la Baume.Suze , après avoir
ríèrvi long.temps dans le Regiment des
Cuirassiers du Roi, & avoir été fait Che»
.valier de S. Louis à la féconde promotion
de cet Ordre , fut mis par le feu Roi au
près de M. le Duc du Maine , en qualité
de premier Gentilhomme de fa Cham
bre. Il est aussi l'undesLieutenansde Roi
de la Province de Languedoc. De fou
;«pouíè Marie Charlotte de Fontange , Da
me d'Aubroque , Dame d'honneur de
Madame la Duchesse du Maine ., il ne
lui reste que le gendre du feu Marquis
de Moy. /
Lamoral , Comte de Ligne de Fauquembergue
& de Mechin , Prince d'Eípinoj
par fa femme Anne.Marie de Melun,
Marquis de Roubaix^ Seoechal de Hai
naut,
JANVIER 1724. i5f
oaut , Vicomte de Gand & de Leyden ,
Baron de Belceil-de.Ville , Souverain de
Faignceulles & de Vaisenacr , Chevalier
de la Toison d'Or , Bisayeuldu feu Mar
quis de Moy , fut fait Prince de l'Empire
par l'Empereur Rodolphe II. La Bulle dat.
tée de Prague le a. o. Mars lócj.est de*
plus honorables pour la Maison de Ligné.
L'Empereur y dit qu'il éleve Lamoral^
Prince d'Espinoy Comte de Ligne , à la
dignité de Prince de l'Empire, en considerationde
ion ancienne Noblesse, & de ce
que depuis iio. ans ses Ancêtres ont été
de pere en .fils , íàns interruption , décor
iez du collier de la Toison d'Or , comme
par droit hereditaire qu'ils ont le titre
de Comtes depuis plus de cent ans , ( fur
quoi il est hon d observer que nul ne peut
.être fait Prince de l'Empire , s'il n'en est
déjà Comte, ) & que depuis l'an 14.81.
Jes Empereurs , les Rois & les Princes
Souverains ont honoré ceux de la Maison
de Ligne du titre de leurs Cousins : enfin
l'Empereur Rodolphe declare qu'il accor
de à Lamoral de Ligne le titre de Prince
dei'Empire,non seulement pour lui, mais
encore pour toute íâ posterité de l'un &
de l'autre sexe.
Le Marquis de Moy qui a donné lieu à
cet article , avoit deux freres. L'aîné ctoit
Henry-Louis Ernest de Ligne , Prince
4'Am
á4o MERCURE DE FRANCE.
. Mise Sc de l'Empire , Marquis de Roubaix
, Comte de Fauquembergue , &c.
Grand d Espagne, Premier Pair de Flan
dres , Chevalier de la Toison d'Or, Cou.
verneur de la Province de Limbourg^
mort le 8. Février 1702. laissant plusieurs
enfans. Le puisné des freres du Marquis
de Moy, étoit Charles-Joseph Procope
de Ligne, Prince de l'Empire , Marquis
d'Aronchès,Grand dePorcugal ^Cheva
lier de l'Ordre de Christ , Seneclialde
Haynaut ,nommécommunément le Prin
ce Senechal , mprt au commencements de
l'année 1713. laissant de Mariane de
Souíà , Marquise d'Aronchès , une fille
unique, Louise.Antoinette Casimire de
Lorraine , ( ainsi nommée en mémoire de
íà bysayeule Louise de Lorraine , Duchesse
de la Fuen , mariée à Dom Michel de
Portugal , fils naturel du Roi Pierre H.
du nom.
Il y a une branche puiíhée de la Maiíôa
de Ligne , c'est celle des Pdnces d' A rem -
berg , Ducs d'Arícot, Princes de l'Em
pire depuis l'an 1556. d'où font íôrtis
deux rameaux. Le premier est celui des
Princes de Chimay , Ducs de Croy , fini
par une heritiere entrée dans la Maison
d'Hennin,Comtes de Bossu. Ils sont Princes
de l'Empire, & ont pris le íùrnom d'Alfa^
ce. Le second de ces rameaux est celui des
PrinS
A N V I E R. 1714. i6t
Jîtinces de Barbançon , auffi Princes <ie
l'Empire depuis l'an 1 568. Il n'en reste
plus qu'une Princeíse qui s'étant rema
riée £eri troisièmes noces l'an 171 f. à
Jí.... de Wignacourt , Comte de la Roche
Se de Lanoy , lui a fait prendre íon nom
& ses armes. On le nomme donc Prince
de Barbançon , & il joiiit des honneurs
attachez à ce titre ; mais fans être Prince
de l'Empire. Cette Princeíse n'a point eu
d'enfans de.ces trois maíiages.
L'on compte dans toutes les branches éc
la Maison de Ligne juíqu'à dix-sept Che
valiers de la Toison d'Or.
Le r. de ce mois mourut à Paris Mc Eustache
le Clerc de Leíseville, Coníeiller
dp Roi , Maître ordinaire en íà Cham
bre des Comptes , âgé de 64. ans.
Le.*. M. Jean.Baptiste le Tòtirneur,
Ecuyer , Conseiller , Secretaire du Roi ,
âgé de Si. an*.
Le 8. M. René- François de Legal,
Lieutenant General des Armées du Roi ,
Gouverneur de la Ville d'Agde & du
Çhâteau de Breseou , âgé de 72. ans.
Le même jour M. Pierre. Jean Cheré ,
Maître des Comptes , âgéjde í8o. ans.
Paul Petreul, Notaire de laPalice ea
Bourbonnois , y mourut le 2 eu deíemois,
iaé de 107 . anj-
* ' Ï4 Le
ïét MERCURE DE FRANCE
Le même jour M. Antoine Monet dé
la Salle , Doyen des Maîwes des Requê
tes , & en cette qualité Conseiller d'E
tat ordinaire , mourut à la Salle y près
Boulogne fur Mer , âgé de 8 i . ans.
. . Le iy. Dame Marie Charlotte Glucq ,
épouse de M. Jacques de Chabanes , Mari
quis deXurton , Brigadier des Armées
du Roy , âgée de 46.: ans.
: Le 8. de ce mois le Duc de Montmorenci
, fils aîné du Duc de Luxembourg j
épouíà M"e de Seignelay , âgéede douze
ans , qui après de cinquante mille écusi
de rente en fonds de terre. . . .
Le 20. la Marquise de Segur accoucha
de deux Jumeaux , garçon & fille.
PRocope-Hyacirite de Ligne, Prince
de l'tmpire , Marquis de Moy ,
Brigadier des Armées du Roi depuis le
10. Mars 1690. cy .devant Capitaine-
Lieutenant des Gendarmes Ecoflòis , ayant;
commaridé toute la Gendarmerie tant
qu'il a été à la têtC de Cette Compagnie ,
mourut en cette Ville le ji. du moi*
passé , âgé de 6 4. ans.
Il étoit second fiis de Claude Lamoral.
de Ligne , Prince de l'Empire , & d'Am-.
blise , Marquis de RonbaiX, &<:. Grand
d'Espagne-, Chevalier de laToison.d'Or,;
Vice.Roi de Sicile , Gouverneur du Mi*
lanés , Coníeiller d'Etat de S. M. C»
mort à Madrid le 22.. Decembre i£7«K'
&: de Marie Claire , srincesle de Nasl'auy
pillembourg. Claude Lamoral étoit né de
Florent de Ligne, Prince de l'Empire,
Comte de Fauquembergue , Marquis de
Roubaix , Baron d'Antoing , Se de Louise
de Lorraine , fille d'Henry de Lorraine,
Comte de Chaligny , & de Claude , Mar
quise de Moy. Ce Prince de Lorraine étoit
issu de Nicolas de Lorraine , Comte de
youdemcnt ; Duc de Mercceut , & de sa!
troi-r
1
jxë MERCURE DE FRANCE.
troisième femme Catherine de Lorraine
Aumale ; & ce Comte de Vaudemontétoit7
second fils d'Antoine Duc de Lorraine.
Le Comte de Chaligni ,.' outre fa fille
Louise , laiíTà Henry de Lorraine 11.. du
nom , Comte de Chaligny , Marquis de
Moy , qui ayant vêcu~dans le Célibat ,J
avoit pour héritier présomptif Claude
Lamoral Prince de- Ligne ,< fily de íà
feur; aussi lui aiîlîra.t-il fa successions
mais ce Prince y renonça par acte du 2 r.'
Mars 1 670. & supplia son oncle d'en'
Vouloir fa vtjriíèr le second de íes sils. Le
Comte de Chaligny ayant égard à cette
priere , fit par acte paífé à Nancy' le 3 1,
Août une donation erítre-vifs & ir
révocable de tous íés biens' à son petit'
iifrveu , PïtKrope.Hyacinte, Prince de Li-'
gne , ses hoirs', heritiers & aïans causej
ne s'en reservant que là jouiísance & l'u*
íufririt' durant sa vie. Cette donation su/
acceptée par Procureur au nom du jeune'
Prince donataire , procedant souS l'autp.
lité de M; d'Ormeíson , Conseiller d'E
tat, que le Roi Louis XIV-. lui avòit donné
pour tuteur honoraire durant fa minorité
parLettres Patentes du mois d'Avril 1670.
registrées au Parlement le 23.. May sui
vant. . '
C'est en consequence de cette Dona
tion , Se pour satisfaire au Contrat de maA
liage
j A N V I E R? 1724. tSf
,fiage de Claude de Moy qui obligeoit son
^heritier à se nommer le Marquis deMoy.i.
que celui dont nous .parlons a toujours
porté ce titre p avec la' livrée des Princes
de Lorraine , & qu'il écarteloit l'Ecuslon.
de Ces armes au 1. & 4» de Lorraine , au 2.
& j. de Moy,Se [ui la tour de IJgnequi est
or à une bande de gueules . Il avoit épousé
le 8. Mars 1682. Anne.Catherine de Bro?
glio , fille unique du Comte Charles de
Broglio , Marquis de Dormans , Lieute
nant General des Arméesdu Roi, Gour
verneur d' Avênes, Grand Bail ly de Hayr
naut , & d'Anne Elisabeth d'Aumont,
fille d'Antoine Duc d'Aumont , Pair Se
Maréchal de France. Elle mourut le 4.
Decembre 1 701.. laissant Claude Lamor .
ral Hyacinte de Ligne , Prince de l'Em
pire , Marquis de Dormans , qui n'est
pas encore marié, & qui succede au titre
de Marquis de Moy 5 Catherine.Hyacintc
Religieuse aux Filles de Sainte.Marie ,
à S. Denis , où elle a fait profession le
Septembre ï 7 p 6. Marie-Hyacinte ,
morte le jo. Septembre 171 1 . âgée de 1.7.
ans, & Claire Marie , mariée le 2%.
Mars 1722. à Louis Scipion.Joseph de la
.Garde , Marquis de Chambonas , Baron
des Etats de Languedoc \ sur'quoi il ne fera
pas mal- à .propos de remarquer que dès ìs
6. Février 1*3?. Ipies & Jourdan de ìa
Gar
MERCURE DE FRANGE.
Garde, Chevaliers , freres, firent hom-
.-mage de la Terre & Seigneurie de Cham-
-bonasau Roi S. Louis. Le feu Roi a érigé
.cette Terre en Marquisat , par Lettres du
inoisd'Avril 1683. On coníèrveun acte
du 10. Février 13 9 6. par lequel Jauce-
Jin de la Garde , Seigneur de Chambonas
, fut déchargé , attendu Con ancienne
noblesse, d'une taxe imposée par le Roi
Charles V I. pour le mariage de fa fille
jsabelle , fuir ceux qui n'étoient pas no
bles d'ancienneté. Henry . Joseph de la
G irde , Marquis de Chambonas , né de
.Charlotte de la Baume.Suze , après avoir
ríèrvi long.temps dans le Regiment des
Cuirassiers du Roi, & avoir été fait Che»
.valier de S. Louis à la féconde promotion
de cet Ordre , fut mis par le feu Roi au
près de M. le Duc du Maine , en qualité
de premier Gentilhomme de fa Cham
bre. Il est aussi l'undesLieutenansde Roi
de la Province de Languedoc. De fou
;«pouíè Marie Charlotte de Fontange , Da
me d'Aubroque , Dame d'honneur de
Madame la Duchesse du Maine ., il ne
lui reste que le gendre du feu Marquis
de Moy. /
Lamoral , Comte de Ligne de Fauquembergue
& de Mechin , Prince d'Eípinoj
par fa femme Anne.Marie de Melun,
Marquis de Roubaix^ Seoechal de Hai
naut,
JANVIER 1724. i5f
oaut , Vicomte de Gand & de Leyden ,
Baron de Belceil-de.Ville , Souverain de
Faignceulles & de Vaisenacr , Chevalier
de la Toison d'Or , Bisayeuldu feu Mar
quis de Moy , fut fait Prince de l'Empire
par l'Empereur Rodolphe II. La Bulle dat.
tée de Prague le a. o. Mars lócj.est de*
plus honorables pour la Maison de Ligné.
L'Empereur y dit qu'il éleve Lamoral^
Prince d'Espinoy Comte de Ligne , à la
dignité de Prince de l'Empire, en considerationde
ion ancienne Noblesse, & de ce
que depuis iio. ans ses Ancêtres ont été
de pere en .fils , íàns interruption , décor
iez du collier de la Toison d'Or , comme
par droit hereditaire qu'ils ont le titre
de Comtes depuis plus de cent ans , ( fur
quoi il est hon d observer que nul ne peut
.être fait Prince de l'Empire , s'il n'en est
déjà Comte, ) & que depuis l'an 14.81.
Jes Empereurs , les Rois & les Princes
Souverains ont honoré ceux de la Maison
de Ligne du titre de leurs Cousins : enfin
l'Empereur Rodolphe declare qu'il accor
de à Lamoral de Ligne le titre de Prince
dei'Empire,non seulement pour lui, mais
encore pour toute íâ posterité de l'un &
de l'autre sexe.
Le Marquis de Moy qui a donné lieu à
cet article , avoit deux freres. L'aîné ctoit
Henry-Louis Ernest de Ligne , Prince
4'Am
á4o MERCURE DE FRANCE.
. Mise Sc de l'Empire , Marquis de Roubaix
, Comte de Fauquembergue , &c.
Grand d Espagne, Premier Pair de Flan
dres , Chevalier de la Toison d'Or, Cou.
verneur de la Province de Limbourg^
mort le 8. Février 1702. laissant plusieurs
enfans. Le puisné des freres du Marquis
de Moy, étoit Charles-Joseph Procope
de Ligne, Prince de l'Empire , Marquis
d'Aronchès,Grand dePorcugal ^Cheva
lier de l'Ordre de Christ , Seneclialde
Haynaut ,nommécommunément le Prin
ce Senechal , mprt au commencements de
l'année 1713. laissant de Mariane de
Souíà , Marquise d'Aronchès , une fille
unique, Louise.Antoinette Casimire de
Lorraine , ( ainsi nommée en mémoire de
íà bysayeule Louise de Lorraine , Duchesse
de la Fuen , mariée à Dom Michel de
Portugal , fils naturel du Roi Pierre H.
du nom.
Il y a une branche puiíhée de la Maiíôa
de Ligne , c'est celle des Pdnces d' A rem -
berg , Ducs d'Arícot, Princes de l'Em
pire depuis l'an 1556. d'où font íôrtis
deux rameaux. Le premier est celui des
Princes de Chimay , Ducs de Croy , fini
par une heritiere entrée dans la Maison
d'Hennin,Comtes de Bossu. Ils sont Princes
de l'Empire, & ont pris le íùrnom d'Alfa^
ce. Le second de ces rameaux est celui des
PrinS
A N V I E R. 1714. i6t
Jîtinces de Barbançon , auffi Princes <ie
l'Empire depuis l'an 1 568. Il n'en reste
plus qu'une Princeíse qui s'étant rema
riée £eri troisièmes noces l'an 171 f. à
Jí.... de Wignacourt , Comte de la Roche
Se de Lanoy , lui a fait prendre íon nom
& ses armes. On le nomme donc Prince
de Barbançon , & il joiiit des honneurs
attachez à ce titre ; mais fans être Prince
de l'Empire. Cette Princeíse n'a point eu
d'enfans de.ces trois maíiages.
L'on compte dans toutes les branches éc
la Maison de Ligne juíqu'à dix-sept Che
valiers de la Toison d'Or.
Le r. de ce mois mourut à Paris Mc Eustache
le Clerc de Leíseville, Coníeiller
dp Roi , Maître ordinaire en íà Cham
bre des Comptes , âgé de 64. ans.
Le.*. M. Jean.Baptiste le Tòtirneur,
Ecuyer , Conseiller , Secretaire du Roi ,
âgé de Si. an*.
Le 8. M. René- François de Legal,
Lieutenant General des Armées du Roi ,
Gouverneur de la Ville d'Agde & du
Çhâteau de Breseou , âgé de 72. ans.
Le même jour M. Pierre. Jean Cheré ,
Maître des Comptes , âgéjde í8o. ans.
Paul Petreul, Notaire de laPalice ea
Bourbonnois , y mourut le 2 eu deíemois,
iaé de 107 . anj-
* ' Ï4 Le
ïét MERCURE DE FRANCE
Le même jour M. Antoine Monet dé
la Salle , Doyen des Maîwes des Requê
tes , & en cette qualité Conseiller d'E
tat ordinaire , mourut à la Salle y près
Boulogne fur Mer , âgé de 8 i . ans.
. . Le iy. Dame Marie Charlotte Glucq ,
épouse de M. Jacques de Chabanes , Mari
quis deXurton , Brigadier des Armées
du Roy , âgée de 46.: ans.
: Le 8. de ce mois le Duc de Montmorenci
, fils aîné du Duc de Luxembourg j
épouíà M"e de Seignelay , âgéede douze
ans , qui après de cinquante mille écusi
de rente en fonds de terre. . . .
Le 20. la Marquise de Segur accoucha
de deux Jumeaux , garçon & fille.
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4217
p. 162-163
BENEFICES DONNEZ.
Début :
L'Abbaye de Nôtre Dame de Pornid, Ordre de S. Augustin, Diocèse de [...]
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ.
MORTS & MAK1AG ES.
PRocope-Hyacirite de Ligne, Prince
de l'tmpire , Marquis de Moy ,
Brigadier des Armées du Roi depuis le
10. Mars 1690. cy .devant Capitaine-
Lieutenant des Gendarmes Ecoflòis , ayant;
commaridé toute la Gendarmerie tant
qu'il a été à la têtC de Cette Compagnie ,
mourut en cette Ville le ji. du moi*
passé , âgé de 6 4. ans.
Il étoit second fiis de Claude Lamoral.
de Ligne , Prince de l'Empire , & d'Am-.
blise , Marquis de RonbaiX, &<:. Grand
d'Espagne-, Chevalier de laToison.d'Or,;
Vice.Roi de Sicile , Gouverneur du Mi*
lanés , Coníeiller d'Etat de S. M. C»
mort à Madrid le 22.. Decembre i£7«K'
&: de Marie Claire , srincesle de Nasl'auy
pillembourg. Claude Lamoral étoit né de
Florent de Ligne, Prince de l'Empire,
Comte de Fauquembergue , Marquis de
Roubaix , Baron d'Antoing , Se de Louise
de Lorraine , fille d'Henry de Lorraine,
Comte de Chaligny , & de Claude , Mar
quise de Moy. Ce Prince de Lorraine étoit
issu de Nicolas de Lorraine , Comte de
youdemcnt ; Duc de Mercceut , & de sa!
troi-r
1
jxë MERCURE DE FRANCE.
troisième femme Catherine de Lorraine
Aumale ; & ce Comte de Vaudemontétoit7
second fils d'Antoine Duc de Lorraine.
Le Comte de Chaligni ,.' outre fa fille
Louise , laiíTà Henry de Lorraine 11.. du
nom , Comte de Chaligny , Marquis de
Moy , qui ayant vêcu~dans le Célibat ,J
avoit pour héritier présomptif Claude
Lamoral Prince de- Ligne ,< fily de íà
feur; aussi lui aiîlîra.t-il fa successions
mais ce Prince y renonça par acte du 2 r.'
Mars 1 670. & supplia son oncle d'en'
Vouloir fa vtjriíèr le second de íes sils. Le
Comte de Chaligny ayant égard à cette
priere , fit par acte paífé à Nancy' le 3 1,
Août une donation erítre-vifs & ir
révocable de tous íés biens' à son petit'
iifrveu , PïtKrope.Hyacinte, Prince de Li-'
gne , ses hoirs', heritiers & aïans causej
ne s'en reservant que là jouiísance & l'u*
íufririt' durant sa vie. Cette donation su/
acceptée par Procureur au nom du jeune'
Prince donataire , procedant souS l'autp.
lité de M; d'Ormeíson , Conseiller d'E
tat, que le Roi Louis XIV-. lui avòit donné
pour tuteur honoraire durant fa minorité
parLettres Patentes du mois d'Avril 1670.
registrées au Parlement le 23.. May sui
vant. . '
C'est en consequence de cette Dona
tion , Se pour satisfaire au Contrat de maA
liage
j A N V I E R? 1724. tSf
,fiage de Claude de Moy qui obligeoit son
^heritier à se nommer le Marquis deMoy.i.
que celui dont nous .parlons a toujours
porté ce titre p avec la' livrée des Princes
de Lorraine , & qu'il écarteloit l'Ecuslon.
de Ces armes au 1. & 4» de Lorraine , au 2.
& j. de Moy,Se [ui la tour de IJgnequi est
or à une bande de gueules . Il avoit épousé
le 8. Mars 1682. Anne.Catherine de Bro?
glio , fille unique du Comte Charles de
Broglio , Marquis de Dormans , Lieute
nant General des Arméesdu Roi, Gour
verneur d' Avênes, Grand Bail ly de Hayr
naut , & d'Anne Elisabeth d'Aumont,
fille d'Antoine Duc d'Aumont , Pair Se
Maréchal de France. Elle mourut le 4.
Decembre 1 701.. laissant Claude Lamor .
ral Hyacinte de Ligne , Prince de l'Em
pire , Marquis de Dormans , qui n'est
pas encore marié, & qui succede au titre
de Marquis de Moy 5 Catherine.Hyacintc
Religieuse aux Filles de Sainte.Marie ,
à S. Denis , où elle a fait profession le
Septembre ï 7 p 6. Marie-Hyacinte ,
morte le jo. Septembre 171 1 . âgée de 1.7.
ans, & Claire Marie , mariée le 2%.
Mars 1722. à Louis Scipion.Joseph de la
.Garde , Marquis de Chambonas , Baron
des Etats de Languedoc \ sur'quoi il ne fera
pas mal- à .propos de remarquer que dès ìs
6. Février 1*3?. Ipies & Jourdan de ìa
Gar
MERCURE DE FRANGE.
Garde, Chevaliers , freres, firent hom-
.-mage de la Terre & Seigneurie de Cham-
-bonasau Roi S. Louis. Le feu Roi a érigé
.cette Terre en Marquisat , par Lettres du
inoisd'Avril 1683. On coníèrveun acte
du 10. Février 13 9 6. par lequel Jauce-
Jin de la Garde , Seigneur de Chambonas
, fut déchargé , attendu Con ancienne
noblesse, d'une taxe imposée par le Roi
Charles V I. pour le mariage de fa fille
jsabelle , fuir ceux qui n'étoient pas no
bles d'ancienneté. Henry . Joseph de la
G irde , Marquis de Chambonas , né de
.Charlotte de la Baume.Suze , après avoir
ríèrvi long.temps dans le Regiment des
Cuirassiers du Roi, & avoir été fait Che»
.valier de S. Louis à la féconde promotion
de cet Ordre , fut mis par le feu Roi au
près de M. le Duc du Maine , en qualité
de premier Gentilhomme de fa Cham
bre. Il est aussi l'undesLieutenansde Roi
de la Province de Languedoc. De fou
;«pouíè Marie Charlotte de Fontange , Da
me d'Aubroque , Dame d'honneur de
Madame la Duchesse du Maine ., il ne
lui reste que le gendre du feu Marquis
de Moy. /
Lamoral , Comte de Ligne de Fauquembergue
& de Mechin , Prince d'Eípinoj
par fa femme Anne.Marie de Melun,
Marquis de Roubaix^ Seoechal de Hai
naut,
JANVIER 1724. i5f
oaut , Vicomte de Gand & de Leyden ,
Baron de Belceil-de.Ville , Souverain de
Faignceulles & de Vaisenacr , Chevalier
de la Toison d'Or , Bisayeuldu feu Mar
quis de Moy , fut fait Prince de l'Empire
par l'Empereur Rodolphe II. La Bulle dat.
tée de Prague le a. o. Mars lócj.est de*
plus honorables pour la Maison de Ligné.
L'Empereur y dit qu'il éleve Lamoral^
Prince d'Espinoy Comte de Ligne , à la
dignité de Prince de l'Empire, en considerationde
ion ancienne Noblesse, & de ce
que depuis iio. ans ses Ancêtres ont été
de pere en .fils , íàns interruption , décor
iez du collier de la Toison d'Or , comme
par droit hereditaire qu'ils ont le titre
de Comtes depuis plus de cent ans , ( fur
quoi il est hon d observer que nul ne peut
.être fait Prince de l'Empire , s'il n'en est
déjà Comte, ) & que depuis l'an 14.81.
Jes Empereurs , les Rois & les Princes
Souverains ont honoré ceux de la Maison
de Ligne du titre de leurs Cousins : enfin
l'Empereur Rodolphe declare qu'il accor
de à Lamoral de Ligne le titre de Prince
dei'Empire,non seulement pour lui, mais
encore pour toute íâ posterité de l'un &
de l'autre sexe.
Le Marquis de Moy qui a donné lieu à
cet article , avoit deux freres. L'aîné ctoit
Henry-Louis Ernest de Ligne , Prince
4'Am
á4o MERCURE DE FRANCE.
. Mise Sc de l'Empire , Marquis de Roubaix
, Comte de Fauquembergue , &c.
Grand d Espagne, Premier Pair de Flan
dres , Chevalier de la Toison d'Or, Cou.
verneur de la Province de Limbourg^
mort le 8. Février 1702. laissant plusieurs
enfans. Le puisné des freres du Marquis
de Moy, étoit Charles-Joseph Procope
de Ligne, Prince de l'Empire , Marquis
d'Aronchès,Grand dePorcugal ^Cheva
lier de l'Ordre de Christ , Seneclialde
Haynaut ,nommécommunément le Prin
ce Senechal , mprt au commencements de
l'année 1713. laissant de Mariane de
Souíà , Marquise d'Aronchès , une fille
unique, Louise.Antoinette Casimire de
Lorraine , ( ainsi nommée en mémoire de
íà bysayeule Louise de Lorraine , Duchesse
de la Fuen , mariée à Dom Michel de
Portugal , fils naturel du Roi Pierre H.
du nom.
Il y a une branche puiíhée de la Maiíôa
de Ligne , c'est celle des Pdnces d' A rem -
berg , Ducs d'Arícot, Princes de l'Em
pire depuis l'an 1556. d'où font íôrtis
deux rameaux. Le premier est celui des
Princes de Chimay , Ducs de Croy , fini
par une heritiere entrée dans la Maison
d'Hennin,Comtes de Bossu. Ils sont Princes
de l'Empire, & ont pris le íùrnom d'Alfa^
ce. Le second de ces rameaux est celui des
PrinS
A N V I E R. 1714. i6t
Jîtinces de Barbançon , auffi Princes <ie
l'Empire depuis l'an 1 568. Il n'en reste
plus qu'une Princeíse qui s'étant rema
riée £eri troisièmes noces l'an 171 f. à
Jí.... de Wignacourt , Comte de la Roche
Se de Lanoy , lui a fait prendre íon nom
& ses armes. On le nomme donc Prince
de Barbançon , & il joiiit des honneurs
attachez à ce titre ; mais fans être Prince
de l'Empire. Cette Princeíse n'a point eu
d'enfans de.ces trois maíiages.
L'on compte dans toutes les branches éc
la Maison de Ligne juíqu'à dix-sept Che
valiers de la Toison d'Or.
Le r. de ce mois mourut à Paris Mc Eustache
le Clerc de Leíseville, Coníeiller
dp Roi , Maître ordinaire en íà Cham
bre des Comptes , âgé de 64. ans.
Le.*. M. Jean.Baptiste le Tòtirneur,
Ecuyer , Conseiller , Secretaire du Roi ,
âgé de Si. an*.
Le 8. M. René- François de Legal,
Lieutenant General des Armées du Roi ,
Gouverneur de la Ville d'Agde & du
Çhâteau de Breseou , âgé de 72. ans.
Le même jour M. Pierre. Jean Cheré ,
Maître des Comptes , âgéjde í8o. ans.
Paul Petreul, Notaire de laPalice ea
Bourbonnois , y mourut le 2 eu deíemois,
iaé de 107 . anj-
* ' Ï4 Le
ïét MERCURE DE FRANCE
Le même jour M. Antoine Monet dé
la Salle , Doyen des Maîwes des Requê
tes , & en cette qualité Conseiller d'E
tat ordinaire , mourut à la Salle y près
Boulogne fur Mer , âgé de 8 i . ans.
. . Le iy. Dame Marie Charlotte Glucq ,
épouse de M. Jacques de Chabanes , Mari
quis deXurton , Brigadier des Armées
du Roy , âgée de 46.: ans.
: Le 8. de ce mois le Duc de Montmorenci
, fils aîné du Duc de Luxembourg j
épouíà M"e de Seignelay , âgéede douze
ans , qui après de cinquante mille écusi
de rente en fonds de terre. . . .
Le 20. la Marquise de Segur accoucha
de deux Jumeaux , garçon & fille.
PRocope-Hyacirite de Ligne, Prince
de l'tmpire , Marquis de Moy ,
Brigadier des Armées du Roi depuis le
10. Mars 1690. cy .devant Capitaine-
Lieutenant des Gendarmes Ecoflòis , ayant;
commaridé toute la Gendarmerie tant
qu'il a été à la têtC de Cette Compagnie ,
mourut en cette Ville le ji. du moi*
passé , âgé de 6 4. ans.
Il étoit second fiis de Claude Lamoral.
de Ligne , Prince de l'Empire , & d'Am-.
blise , Marquis de RonbaiX, &<:. Grand
d'Espagne-, Chevalier de laToison.d'Or,;
Vice.Roi de Sicile , Gouverneur du Mi*
lanés , Coníeiller d'Etat de S. M. C»
mort à Madrid le 22.. Decembre i£7«K'
&: de Marie Claire , srincesle de Nasl'auy
pillembourg. Claude Lamoral étoit né de
Florent de Ligne, Prince de l'Empire,
Comte de Fauquembergue , Marquis de
Roubaix , Baron d'Antoing , Se de Louise
de Lorraine , fille d'Henry de Lorraine,
Comte de Chaligny , & de Claude , Mar
quise de Moy. Ce Prince de Lorraine étoit
issu de Nicolas de Lorraine , Comte de
youdemcnt ; Duc de Mercceut , & de sa!
troi-r
1
jxë MERCURE DE FRANCE.
troisième femme Catherine de Lorraine
Aumale ; & ce Comte de Vaudemontétoit7
second fils d'Antoine Duc de Lorraine.
Le Comte de Chaligni ,.' outre fa fille
Louise , laiíTà Henry de Lorraine 11.. du
nom , Comte de Chaligny , Marquis de
Moy , qui ayant vêcu~dans le Célibat ,J
avoit pour héritier présomptif Claude
Lamoral Prince de- Ligne ,< fily de íà
feur; aussi lui aiîlîra.t-il fa successions
mais ce Prince y renonça par acte du 2 r.'
Mars 1 670. & supplia son oncle d'en'
Vouloir fa vtjriíèr le second de íes sils. Le
Comte de Chaligny ayant égard à cette
priere , fit par acte paífé à Nancy' le 3 1,
Août une donation erítre-vifs & ir
révocable de tous íés biens' à son petit'
iifrveu , PïtKrope.Hyacinte, Prince de Li-'
gne , ses hoirs', heritiers & aïans causej
ne s'en reservant que là jouiísance & l'u*
íufririt' durant sa vie. Cette donation su/
acceptée par Procureur au nom du jeune'
Prince donataire , procedant souS l'autp.
lité de M; d'Ormeíson , Conseiller d'E
tat, que le Roi Louis XIV-. lui avòit donné
pour tuteur honoraire durant fa minorité
parLettres Patentes du mois d'Avril 1670.
registrées au Parlement le 23.. May sui
vant. . '
C'est en consequence de cette Dona
tion , Se pour satisfaire au Contrat de maA
liage
j A N V I E R? 1724. tSf
,fiage de Claude de Moy qui obligeoit son
^heritier à se nommer le Marquis deMoy.i.
que celui dont nous .parlons a toujours
porté ce titre p avec la' livrée des Princes
de Lorraine , & qu'il écarteloit l'Ecuslon.
de Ces armes au 1. & 4» de Lorraine , au 2.
& j. de Moy,Se [ui la tour de IJgnequi est
or à une bande de gueules . Il avoit épousé
le 8. Mars 1682. Anne.Catherine de Bro?
glio , fille unique du Comte Charles de
Broglio , Marquis de Dormans , Lieute
nant General des Arméesdu Roi, Gour
verneur d' Avênes, Grand Bail ly de Hayr
naut , & d'Anne Elisabeth d'Aumont,
fille d'Antoine Duc d'Aumont , Pair Se
Maréchal de France. Elle mourut le 4.
Decembre 1 701.. laissant Claude Lamor .
ral Hyacinte de Ligne , Prince de l'Em
pire , Marquis de Dormans , qui n'est
pas encore marié, & qui succede au titre
de Marquis de Moy 5 Catherine.Hyacintc
Religieuse aux Filles de Sainte.Marie ,
à S. Denis , où elle a fait profession le
Septembre ï 7 p 6. Marie-Hyacinte ,
morte le jo. Septembre 171 1 . âgée de 1.7.
ans, & Claire Marie , mariée le 2%.
Mars 1722. à Louis Scipion.Joseph de la
.Garde , Marquis de Chambonas , Baron
des Etats de Languedoc \ sur'quoi il ne fera
pas mal- à .propos de remarquer que dès ìs
6. Février 1*3?. Ipies & Jourdan de ìa
Gar
MERCURE DE FRANGE.
Garde, Chevaliers , freres, firent hom-
.-mage de la Terre & Seigneurie de Cham-
-bonasau Roi S. Louis. Le feu Roi a érigé
.cette Terre en Marquisat , par Lettres du
inoisd'Avril 1683. On coníèrveun acte
du 10. Février 13 9 6. par lequel Jauce-
Jin de la Garde , Seigneur de Chambonas
, fut déchargé , attendu Con ancienne
noblesse, d'une taxe imposée par le Roi
Charles V I. pour le mariage de fa fille
jsabelle , fuir ceux qui n'étoient pas no
bles d'ancienneté. Henry . Joseph de la
G irde , Marquis de Chambonas , né de
.Charlotte de la Baume.Suze , après avoir
ríèrvi long.temps dans le Regiment des
Cuirassiers du Roi, & avoir été fait Che»
.valier de S. Louis à la féconde promotion
de cet Ordre , fut mis par le feu Roi au
près de M. le Duc du Maine , en qualité
de premier Gentilhomme de fa Cham
bre. Il est aussi l'undesLieutenansde Roi
de la Province de Languedoc. De fou
;«pouíè Marie Charlotte de Fontange , Da
me d'Aubroque , Dame d'honneur de
Madame la Duchesse du Maine ., il ne
lui reste que le gendre du feu Marquis
de Moy. /
Lamoral , Comte de Ligne de Fauquembergue
& de Mechin , Prince d'Eípinoj
par fa femme Anne.Marie de Melun,
Marquis de Roubaix^ Seoechal de Hai
naut,
JANVIER 1724. i5f
oaut , Vicomte de Gand & de Leyden ,
Baron de Belceil-de.Ville , Souverain de
Faignceulles & de Vaisenacr , Chevalier
de la Toison d'Or , Bisayeuldu feu Mar
quis de Moy , fut fait Prince de l'Empire
par l'Empereur Rodolphe II. La Bulle dat.
tée de Prague le a. o. Mars lócj.est de*
plus honorables pour la Maison de Ligné.
L'Empereur y dit qu'il éleve Lamoral^
Prince d'Espinoy Comte de Ligne , à la
dignité de Prince de l'Empire, en considerationde
ion ancienne Noblesse, & de ce
que depuis iio. ans ses Ancêtres ont été
de pere en .fils , íàns interruption , décor
iez du collier de la Toison d'Or , comme
par droit hereditaire qu'ils ont le titre
de Comtes depuis plus de cent ans , ( fur
quoi il est hon d observer que nul ne peut
.être fait Prince de l'Empire , s'il n'en est
déjà Comte, ) & que depuis l'an 14.81.
Jes Empereurs , les Rois & les Princes
Souverains ont honoré ceux de la Maison
de Ligne du titre de leurs Cousins : enfin
l'Empereur Rodolphe declare qu'il accor
de à Lamoral de Ligne le titre de Prince
dei'Empire,non seulement pour lui, mais
encore pour toute íâ posterité de l'un &
de l'autre sexe.
Le Marquis de Moy qui a donné lieu à
cet article , avoit deux freres. L'aîné ctoit
Henry-Louis Ernest de Ligne , Prince
4'Am
á4o MERCURE DE FRANCE.
. Mise Sc de l'Empire , Marquis de Roubaix
, Comte de Fauquembergue , &c.
Grand d Espagne, Premier Pair de Flan
dres , Chevalier de la Toison d'Or, Cou.
verneur de la Province de Limbourg^
mort le 8. Février 1702. laissant plusieurs
enfans. Le puisné des freres du Marquis
de Moy, étoit Charles-Joseph Procope
de Ligne, Prince de l'Empire , Marquis
d'Aronchès,Grand dePorcugal ^Cheva
lier de l'Ordre de Christ , Seneclialde
Haynaut ,nommécommunément le Prin
ce Senechal , mprt au commencements de
l'année 1713. laissant de Mariane de
Souíà , Marquise d'Aronchès , une fille
unique, Louise.Antoinette Casimire de
Lorraine , ( ainsi nommée en mémoire de
íà bysayeule Louise de Lorraine , Duchesse
de la Fuen , mariée à Dom Michel de
Portugal , fils naturel du Roi Pierre H.
du nom.
Il y a une branche puiíhée de la Maiíôa
de Ligne , c'est celle des Pdnces d' A rem -
berg , Ducs d'Arícot, Princes de l'Em
pire depuis l'an 1556. d'où font íôrtis
deux rameaux. Le premier est celui des
Princes de Chimay , Ducs de Croy , fini
par une heritiere entrée dans la Maison
d'Hennin,Comtes de Bossu. Ils sont Princes
de l'Empire, & ont pris le íùrnom d'Alfa^
ce. Le second de ces rameaux est celui des
PrinS
A N V I E R. 1714. i6t
Jîtinces de Barbançon , auffi Princes <ie
l'Empire depuis l'an 1 568. Il n'en reste
plus qu'une Princeíse qui s'étant rema
riée £eri troisièmes noces l'an 171 f. à
Jí.... de Wignacourt , Comte de la Roche
Se de Lanoy , lui a fait prendre íon nom
& ses armes. On le nomme donc Prince
de Barbançon , & il joiiit des honneurs
attachez à ce titre ; mais fans être Prince
de l'Empire. Cette Princeíse n'a point eu
d'enfans de.ces trois maíiages.
L'on compte dans toutes les branches éc
la Maison de Ligne juíqu'à dix-sept Che
valiers de la Toison d'Or.
Le r. de ce mois mourut à Paris Mc Eustache
le Clerc de Leíseville, Coníeiller
dp Roi , Maître ordinaire en íà Cham
bre des Comptes , âgé de 64. ans.
Le.*. M. Jean.Baptiste le Tòtirneur,
Ecuyer , Conseiller , Secretaire du Roi ,
âgé de Si. an*.
Le 8. M. René- François de Legal,
Lieutenant General des Armées du Roi ,
Gouverneur de la Ville d'Agde & du
Çhâteau de Breseou , âgé de 72. ans.
Le même jour M. Pierre. Jean Cheré ,
Maître des Comptes , âgéjde í8o. ans.
Paul Petreul, Notaire de laPalice ea
Bourbonnois , y mourut le 2 eu deíemois,
iaé de 107 . anj-
* ' Ï4 Le
ïét MERCURE DE FRANCE
Le même jour M. Antoine Monet dé
la Salle , Doyen des Maîwes des Requê
tes , & en cette qualité Conseiller d'E
tat ordinaire , mourut à la Salle y près
Boulogne fur Mer , âgé de 8 i . ans.
. . Le iy. Dame Marie Charlotte Glucq ,
épouse de M. Jacques de Chabanes , Mari
quis deXurton , Brigadier des Armées
du Roy , âgée de 46.: ans.
: Le 8. de ce mois le Duc de Montmorenci
, fils aîné du Duc de Luxembourg j
épouíà M"e de Seignelay , âgéede douze
ans , qui après de cinquante mille écusi
de rente en fonds de terre. . . .
Le 20. la Marquise de Segur accoucha
de deux Jumeaux , garçon & fille.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ.
Le texte présente la vie et les titres de Procope-Hyacinthe de Ligne, Prince de l'Empire et Marquis de Moy. Né en 1660, il fut nommé Brigadier des Armées du Roi le 10 mars 1690 et Capitaine-Lieutenant des Gendarmes Écossais. Il décéda en janvier 1724 à l'âge de 64 ans. Procope-Hyacinthe était le second fils de Claude Lamoral de Ligne, Vice-Roi de Sicile et Gouverneur du Milanais, et de Marie Claire de Nassau-Dietz. Claude Lamoral, né de Florent de Ligne et Louise de Lorraine, appartenait à une lignée noble incluant des Ducs de Mercœur et des Comtes de Vaudémont. En 1670, Procope-Hyacinthe reçut une donation de biens de son grand-oncle, le Comte de Chaligny, ce qui lui permit de porter le titre de Marquis de Moy et d'utiliser les armes des Princes de Lorraine. Il épousa Anne-Catherine de Broglie en 1682. Elle décéda en 1701, laissant plusieurs enfants, dont Claude Lamoral Hyacinthe, qui succéda au titre de Marquis de Moy. Le texte mentionne également d'autres membres de la famille de Ligne, tels que Lamoral, Comte de Ligne, fait Prince de l'Empire par l'Empereur Rodolphe II, ainsi que les branches des Princes d'Arenberg et de Barbançon. Plusieurs décès notables sont rapportés, incluant ceux de René-François de Légal, Lieutenant Général des Armées du Roi, et du Duc de Montmorency.
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4218
p. 163-165
DIGNITEZ, CHARGES, & Emplois.
Début :
Le Roy a donné au Marquis de Cheyladet, Lieutenant General de ses [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DIGNITEZ, CHARGES, & Emplois.
DIGNJTEZy C ÍÍARG ES i
< Cr Emplois.
LE Roy a donné au Marquis de Cheyladet
, Lieutenant General de setf
Armées , & Lieutenant de la premiers
Compagnie des Gardes du Corps , le
Gouvernement des Fort & Porrâe Bres-
Xdu , près la Ville d'Agde , vacánjji par la
mort du Marquis de Legal , Lieutenant-
^General.
Le Roy a nommé Conseillers d'Etat
M de la Briffe , Intendant de Bourgó.
MERCURE DE FRANCS.
H
dçs Sceaux 4e l'Ordre Royal & Milî?
taire de S. I^oiiis , la Charge de Lieute
nant. General de Police , qu'avoitce der
nier a écé accordée par S. M. à M. Ra?
vot d'Ombreval , Maître des Requêtes ,
cy.-devant Avocat General de la Cour
dés Aydes.
M. Pajot de No?and , Maître des Re
quêtes a été nommé à l'Intendance dç
Limoges, M. de Vatan, en faveur de
qui cette nomination a voit été feite, pasle
à celle de Maubeuge,
M. Meliand, Conseiller d'Etat est
rappelle de l'Intendance de Flandres poujr
venir prendre séance au Conseil. II est
remplacé par M. le Preíident de Berthelot
qui a acheté la Charge de Maître des
Requêtes de M. Talhoiiet.
Le Roy a nommé le Comte de Buhi ,
Lieutenant General , fils du Comte de
Broglio , qui vient d'être fait Maréchal
de France, Ambasladeur à la Cour d'An
gleterre.
L' Abbé de JÀ v ri , Ambaífedeur en Por
tugal tf£. M. Dnndreíèl , cy.devant Seçretairi^
de Jja Chambre & du Cabinet du
Roy , Ambasladeur à la Porte.
Sa Majesté a accordé au Commandeur
de Beringhen , la Charge de Premier
£cuyer , vacante par la mort du Marquis
de B. eringhen , son frère aîné.
Le
. J A N V I É R 1714. iffj
Le Marquis' de Nangis a été nommé
jour remplir la Charge de Chevalier
d'Honneur dé la Reine.
Xe 31. de ce mois M. d'Argenlòn
Chancelier Garde de* Sceau* de l'Ordre
Royal 8c Militaire de S. Loiiis , prêta
serment , & prit séance art Conseil eií
qualité dé Conseiller d'Etat.'
< Cr Emplois.
LE Roy a donné au Marquis de Cheyladet
, Lieutenant General de setf
Armées , & Lieutenant de la premiers
Compagnie des Gardes du Corps , le
Gouvernement des Fort & Porrâe Bres-
Xdu , près la Ville d'Agde , vacánjji par la
mort du Marquis de Legal , Lieutenant-
^General.
Le Roy a nommé Conseillers d'Etat
M de la Briffe , Intendant de Bourgó.
MERCURE DE FRANCS.
H
dçs Sceaux 4e l'Ordre Royal & Milî?
taire de S. I^oiiis , la Charge de Lieute
nant. General de Police , qu'avoitce der
nier a écé accordée par S. M. à M. Ra?
vot d'Ombreval , Maître des Requêtes ,
cy.-devant Avocat General de la Cour
dés Aydes.
M. Pajot de No?and , Maître des Re
quêtes a été nommé à l'Intendance dç
Limoges, M. de Vatan, en faveur de
qui cette nomination a voit été feite, pasle
à celle de Maubeuge,
M. Meliand, Conseiller d'Etat est
rappelle de l'Intendance de Flandres poujr
venir prendre séance au Conseil. II est
remplacé par M. le Preíident de Berthelot
qui a acheté la Charge de Maître des
Requêtes de M. Talhoiiet.
Le Roy a nommé le Comte de Buhi ,
Lieutenant General , fils du Comte de
Broglio , qui vient d'être fait Maréchal
de France, Ambasladeur à la Cour d'An
gleterre.
L' Abbé de JÀ v ri , Ambaífedeur en Por
tugal tf£. M. Dnndreíèl , cy.devant Seçretairi^
de Jja Chambre & du Cabinet du
Roy , Ambasladeur à la Porte.
Sa Majesté a accordé au Commandeur
de Beringhen , la Charge de Premier
£cuyer , vacante par la mort du Marquis
de B. eringhen , son frère aîné.
Le
. J A N V I É R 1714. iffj
Le Marquis' de Nangis a été nommé
jour remplir la Charge de Chevalier
d'Honneur dé la Reine.
Xe 31. de ce mois M. d'Argenlòn
Chancelier Garde de* Sceau* de l'Ordre
Royal 8c Militaire de S. Loiiis , prêta
serment , & prit séance art Conseil eií
qualité dé Conseiller d'Etat.'
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Résumé : DIGNITEZ, CHARGES, & Emplois.
En janvier 1714, plusieurs nominations et promotions ont eu lieu au sein de la cour royale française. Le Roi a confié le gouvernement des forts et ports de Brescou près d'Agde au Marquis de Cheyladet, succédant au Marquis de Legal décédé. Au Conseil d'État, M. de la Briffe a été nommé Intendant de Bourgogne, M. Melinand a été rappelé de l'Intendance de Flandres, M. Pajot de Noyan a été nommé Intendant de Limoges, et M. de Vatan a été transféré à Maubeuge. Le Comte de Bühl, fils du Maréchal de Broglie, a été nommé ambassadeur en Angleterre, et l'Abbé de Javri en Portugal. M. Durandel, ancien secrétaire de la Chambre et du Cabinet du Roi, a été nommé ambassadeur à la Porte. Le Commandeur de Beringhen a reçu la charge de Premier Écuyer après le décès de son frère. Le Marquis de Nangis a été nommé Chevalier d'Honneur de la Reine, et M. d'Argenson a prêté serment en tant que Chancelier et Garde des Sceaux de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4219
p. 165-171
PROMOTION de Chevalier des Ordres du Roy.
Début :
Le 2. Fevrier 1724. Fête de la Purification de la Vierge, les Chevaliers [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROMOTION de Chevalier des Ordres du Roy.
PROMOTION de Chevalier des Ordres
du Roy:
LE 2. Fevrier 1724. Fête de la Puri
fication de la. Vierge /les Chevaliers
& Commandeurs dé l'Ordre du S. Es
prit , s'étant rendus dans le Cabinet du
Roy , à Veríailles , pour l'accompagner
à laMeíïè, S. M. leur déclara qu'elle
avoít resolu de tenir Chapitre , & de
nommer des Chevaliers & Comman
deurs de l'Ordre du S. Esprit. Le Roy
fît lire le rôle des personnes qu'il vouloit
honorer de cet Ordre, le signa & le
remit au Marquis de Brete'dil , Comman
deur, Prevost & Maître des Ceremonies
de l'Ordre, qui sortit du Cabinet pour
taire proclamer par le Herault de l'Or
dre , avec les ceremonies accoutumées >
Je Rôle que S. M. verioit de signer ,
H iij con-
-
\66 MERCURE DÉ FRANCE.
contenant 57. Chevaliers ou Comman
deurs , sçavoir , .
Le Comte de Clermont , Prince dit
Sang. Louis de Bourbon Condé.
Le Cardinal Gualterio.
Le Cardinal de BÌíTy , Henri Pons de
Thiard , Evêque de M eaux , &c-
Le Cardinal de Gesvres , Leon Potier
Archevêque de Bourges.
L'Archevêque d'Aix, Charles.Gaspard-
Guillaume de Vintimille du hue.
- L'Archevêque de Narbonne , René'
François de Beauveau du Rivau.
L'Archevêque de Lyon, Franfois-
F'aul de N:uville Villeroi.-
. Le Prince Charles de Lorraine, Com
te d'Armagnac , Grand Ecuyer de
France-
. Le Prince de Pons , N. de Lorraine *
Çomte de Marsan.
; Le Duc d'U :ès , Jean.Cbarles de Cr.'f.
sole y Pair de France , Gouverneur de Saintonge
& Angoumois. -
Le Duc de Sully , Maximilìen.Htnri
de Bethune , Pair de France.
Le Duc de Villars, Loïtis. Antoine de
Brancas t Pair de Frnn e. ,
j Le Duc de la Rochefoucauh , Pranfo<<
, Pair de France, Grand. Maître de
la Garderobe du Roy.
Le Prince de Monaco* Jacques. Fratt
'JANVIER 1714^ i<?y
fois.Leonor Grimaldi , Duc de Valenti-
4tois , Pair de France.
Le Duc de Luxembourg $ Charles*-
Tranfois.Frederic de Aíontmorenci , Pait
4e France Gouverneur de Normandie.
Le Duc de Villeroi , Nicolas de Neu
ville Pair de France , Capitaine des-
.Gardes' du Corps du Roi.
Le Duc de Mortemar , Louis de Kú.
thechouart j Pair de France , Premier
Gentilhomme de la Chambre-
Le Duc dè S. Aignun ,. Paul. Hyppolite
de Beauvilliers , Pair de France ,
Gouverneur du Havre de Grace.
Le Duc de Treímeí, Franfois.Bernard
Potier , Pair de France, Premier
Gentilhomme de la Chambre du Roy ,
Gouverneur de Paris.
. Le Duc de Noailles, Adrien.Maurice,
Pair de France , Capitaine de la premiere
Compagnie des Gardes du Corps , Gou
verneur de Rouffillon.
Le Duc de Charost , Armand de 2?íthune,
Pair de France , Capitaine des Gar
des du Corps.
Le Maréchal , Duc de Bervick , Henri
JfttK.. James , Pair de France , Gouverneur
«Je Limousin. . .
Le Duc d'Antin , Louis-Antoine de
Pardaillan de Gondrin , Pair de France ,
Gouverneur d'Oxleanoij , Surintendant
àss Bâtimeas* H iiij L«
rfS MERCURE DE FRANGÉ:
Le Duc de Chaulnes , Loùis.Augujìe-
Albert d*Ailli , Pair de France, Capi
taine.Lieutenant des Chevaux- Legers de
la Garde.
Le Duc d'Hostun. Talkrd , Marie»
Joseph , Pair de France.
. Le Maréchal de Matignon , Charles-
Auguste Goyon , Gouverneur du Pays
d'AuniSyde la Rochelle , &c.
Le Maréchal de Bezons , Jacques Ba>*
fin , Gouverneur de Cambrai , & du
Cambresis.
Le Maréchal de Monteíquiou d'Artatgnan
, Pierre , Gouverneur des Villes 8c
Citadelle d'Arras.
Le Marquis de Souvré , 'Loki'í.Nìcolas
le Tellier, Maître de la Garderobe dit
Roy.
Le Marquis de Livry , Loïiïs Sanguin
Premier Maître.d'Hôtel de S. M.
Le Comte de Gassé , Gouverneur 'dil
Pays d'AuniS, fils du Maréchal de Ma
tignon.
Le Marquis de Fervaques , . Anne-
Claude de Bultion , Gouverneur du Pays
du Maine, Perche, &c.
Le Comte du Luc , François Charles
des Comtes de Fintimille , & de Mar[eilley
Conseiller d'Etat d'Epée , cy-devant
Ambalïàdeur à Vienne.
Le Marquis de Prié cy.devant Am
bassadeur à Turin. Le
JANVIER 1724. i69
Le Marquis de Nefle, Louis de
Mailli.
Le Comte d'Hautesort, Lieutenant
General.
Le Comte d'Artagnan , Josèph de
MomefquioH , Lieutenant General, Se
Capitaine - Lieutenant de la premiere
Compagnie des Mousquetaires.
Le Comte d'Ellaing , Lieutenant Ge
neral.
Le Marquis de Laflay , N. de Madaillan
de Lejparre , Lieutenant General
de la Province de Bourgogne.
Le Comte d' Aube terré , Bouchard--
d'Esparvez. de Lujsan , Lieutenant Ge
neral.
Le Vicomte de Beaune , N. de Montai%
u, Marquis de Bouz.oles , Lieutenant
General des Armées du Roy, 5c de la'
Province d'Auvergne.
Le Marquis de Coigny, Lieutenant
General , & Colonel General des Dra-'
gons.
Le Comte de Caniílac , Jean de Mont~
htùjfìc , Lieutenant General, & Capi
taine Lieutenant de la seconde Compa
gnie des Mousquetaires.
Le Marquis de Brancas, Louis , Con
seiller d'Etat d'Epée , Lieutenant Gene
ral des Années du Roy, ôc de la Pro
vence. \
Ht Le
r;o MERCURE DE FRANCE.
Le Marquis de SiJly , N. Vifart
Conseiller d'Etat d'Epée , Se Lieutenant
General.
Le Marquis de Fimárcòn ;, N~. de Cas.'
sagnetté- Narbonne. Lamagne. Tilladet
Lieutenant General des Armées du Roy,.
Se du Rouffiilon.
le Marquis de Senneterre , Lieutenant
General , & cy.devant Ambaslàdeur en
Angleterre. í
Le Comte de Beau veau de Ri vau, Lieu*
tenant General.
Le Prince d'Izenghien , Louis dt'
Can d Aii.ro d. Montmorency , Lieutenant
General.
Le Comte de la Maíck ^ Lieutenant.
General. '.
Le Marquis de Verae , N. de Sains
George , Lieutenant General des Armées.'
du Royv & de la Province de Poitou.
. Le Marquis de Coetlogon, Vice. Ami .
Xìï de France. . . 4 .
Le Marquis de Maillebois , Jean . Baf.
tifie'.Fratof is des Murets v Maître de la
Garderobe du Roy , Se Lieutenant Ge
neral dè Languedoc.
Le Vicomte de Tavannes, AT. de
San!» y Lieutçnant General de la Pro
vince de Bourgogne-
. L? M .*.qují} de Clermont » Commis-
£ike General de là Cavalerie.
y . . Le
JANVIER 1724. 171
Le Marquis de Simiane, François. An.
foine, Premier Gentilhomme de la Cham
bre de feu Monsieur le 'Duc d'Orleans.
Le Marquis de Castries , N. de la
Croix , Chevalier d'Honneur de Madame
Ja Duchesse d'Orleans.
Le Marquis de Clermont , Premier
Ecuyer du Duc d'Orleans.
du Roy:
LE 2. Fevrier 1724. Fête de la Puri
fication de la. Vierge /les Chevaliers
& Commandeurs dé l'Ordre du S. Es
prit , s'étant rendus dans le Cabinet du
Roy , à Veríailles , pour l'accompagner
à laMeíïè, S. M. leur déclara qu'elle
avoít resolu de tenir Chapitre , & de
nommer des Chevaliers & Comman
deurs de l'Ordre du S. Esprit. Le Roy
fît lire le rôle des personnes qu'il vouloit
honorer de cet Ordre, le signa & le
remit au Marquis de Brete'dil , Comman
deur, Prevost & Maître des Ceremonies
de l'Ordre, qui sortit du Cabinet pour
taire proclamer par le Herault de l'Or
dre , avec les ceremonies accoutumées >
Je Rôle que S. M. verioit de signer ,
H iij con-
-
\66 MERCURE DÉ FRANCE.
contenant 57. Chevaliers ou Comman
deurs , sçavoir , .
Le Comte de Clermont , Prince dit
Sang. Louis de Bourbon Condé.
Le Cardinal Gualterio.
Le Cardinal de BÌíTy , Henri Pons de
Thiard , Evêque de M eaux , &c-
Le Cardinal de Gesvres , Leon Potier
Archevêque de Bourges.
L'Archevêque d'Aix, Charles.Gaspard-
Guillaume de Vintimille du hue.
- L'Archevêque de Narbonne , René'
François de Beauveau du Rivau.
L'Archevêque de Lyon, Franfois-
F'aul de N:uville Villeroi.-
. Le Prince Charles de Lorraine, Com
te d'Armagnac , Grand Ecuyer de
France-
. Le Prince de Pons , N. de Lorraine *
Çomte de Marsan.
; Le Duc d'U :ès , Jean.Cbarles de Cr.'f.
sole y Pair de France , Gouverneur de Saintonge
& Angoumois. -
Le Duc de Sully , Maximilìen.Htnri
de Bethune , Pair de France.
Le Duc de Villars, Loïtis. Antoine de
Brancas t Pair de Frnn e. ,
j Le Duc de la Rochefoucauh , Pranfo<<
, Pair de France, Grand. Maître de
la Garderobe du Roy.
Le Prince de Monaco* Jacques. Fratt
'JANVIER 1714^ i<?y
fois.Leonor Grimaldi , Duc de Valenti-
4tois , Pair de France.
Le Duc de Luxembourg $ Charles*-
Tranfois.Frederic de Aíontmorenci , Pait
4e France Gouverneur de Normandie.
Le Duc de Villeroi , Nicolas de Neu
ville Pair de France , Capitaine des-
.Gardes' du Corps du Roi.
Le Duc de Mortemar , Louis de Kú.
thechouart j Pair de France , Premier
Gentilhomme de la Chambre-
Le Duc dè S. Aignun ,. Paul. Hyppolite
de Beauvilliers , Pair de France ,
Gouverneur du Havre de Grace.
Le Duc de Treímeí, Franfois.Bernard
Potier , Pair de France, Premier
Gentilhomme de la Chambre du Roy ,
Gouverneur de Paris.
. Le Duc de Noailles, Adrien.Maurice,
Pair de France , Capitaine de la premiere
Compagnie des Gardes du Corps , Gou
verneur de Rouffillon.
Le Duc de Charost , Armand de 2?íthune,
Pair de France , Capitaine des Gar
des du Corps.
Le Maréchal , Duc de Bervick , Henri
JfttK.. James , Pair de France , Gouverneur
«Je Limousin. . .
Le Duc d'Antin , Louis-Antoine de
Pardaillan de Gondrin , Pair de France ,
Gouverneur d'Oxleanoij , Surintendant
àss Bâtimeas* H iiij L«
rfS MERCURE DE FRANGÉ:
Le Duc de Chaulnes , Loùis.Augujìe-
Albert d*Ailli , Pair de France, Capi
taine.Lieutenant des Chevaux- Legers de
la Garde.
Le Duc d'Hostun. Talkrd , Marie»
Joseph , Pair de France.
. Le Maréchal de Matignon , Charles-
Auguste Goyon , Gouverneur du Pays
d'AuniSyde la Rochelle , &c.
Le Maréchal de Bezons , Jacques Ba>*
fin , Gouverneur de Cambrai , & du
Cambresis.
Le Maréchal de Monteíquiou d'Artatgnan
, Pierre , Gouverneur des Villes 8c
Citadelle d'Arras.
Le Marquis de Souvré , 'Loki'í.Nìcolas
le Tellier, Maître de la Garderobe dit
Roy.
Le Marquis de Livry , Loïiïs Sanguin
Premier Maître.d'Hôtel de S. M.
Le Comte de Gassé , Gouverneur 'dil
Pays d'AuniS, fils du Maréchal de Ma
tignon.
Le Marquis de Fervaques , . Anne-
Claude de Bultion , Gouverneur du Pays
du Maine, Perche, &c.
Le Comte du Luc , François Charles
des Comtes de Fintimille , & de Mar[eilley
Conseiller d'Etat d'Epée , cy-devant
Ambalïàdeur à Vienne.
Le Marquis de Prié cy.devant Am
bassadeur à Turin. Le
JANVIER 1724. i69
Le Marquis de Nefle, Louis de
Mailli.
Le Comte d'Hautesort, Lieutenant
General.
Le Comte d'Artagnan , Josèph de
MomefquioH , Lieutenant General, Se
Capitaine - Lieutenant de la premiere
Compagnie des Mousquetaires.
Le Comte d'Ellaing , Lieutenant Ge
neral.
Le Marquis de Laflay , N. de Madaillan
de Lejparre , Lieutenant General
de la Province de Bourgogne.
Le Comte d' Aube terré , Bouchard--
d'Esparvez. de Lujsan , Lieutenant Ge
neral.
Le Vicomte de Beaune , N. de Montai%
u, Marquis de Bouz.oles , Lieutenant
General des Armées du Roy, 5c de la'
Province d'Auvergne.
Le Marquis de Coigny, Lieutenant
General , & Colonel General des Dra-'
gons.
Le Comte de Caniílac , Jean de Mont~
htùjfìc , Lieutenant General, & Capi
taine Lieutenant de la seconde Compa
gnie des Mousquetaires.
Le Marquis de Brancas, Louis , Con
seiller d'Etat d'Epée , Lieutenant Gene
ral des Années du Roy, ôc de la Pro
vence. \
Ht Le
r;o MERCURE DE FRANCE.
Le Marquis de SiJly , N. Vifart
Conseiller d'Etat d'Epée , Se Lieutenant
General.
Le Marquis de Fimárcòn ;, N~. de Cas.'
sagnetté- Narbonne. Lamagne. Tilladet
Lieutenant General des Armées du Roy,.
Se du Rouffiilon.
le Marquis de Senneterre , Lieutenant
General , & cy.devant Ambaslàdeur en
Angleterre. í
Le Comte de Beau veau de Ri vau, Lieu*
tenant General.
Le Prince d'Izenghien , Louis dt'
Can d Aii.ro d. Montmorency , Lieutenant
General.
Le Comte de la Maíck ^ Lieutenant.
General. '.
Le Marquis de Verae , N. de Sains
George , Lieutenant General des Armées.'
du Royv & de la Province de Poitou.
. Le Marquis de Coetlogon, Vice. Ami .
Xìï de France. . . 4 .
Le Marquis de Maillebois , Jean . Baf.
tifie'.Fratof is des Murets v Maître de la
Garderobe du Roy , Se Lieutenant Ge
neral dè Languedoc.
Le Vicomte de Tavannes, AT. de
San!» y Lieutçnant General de la Pro
vince de Bourgogne-
. L? M .*.qují} de Clermont » Commis-
£ike General de là Cavalerie.
y . . Le
JANVIER 1724. 171
Le Marquis de Simiane, François. An.
foine, Premier Gentilhomme de la Cham
bre de feu Monsieur le 'Duc d'Orleans.
Le Marquis de Castries , N. de la
Croix , Chevalier d'Honneur de Madame
Ja Duchesse d'Orleans.
Le Marquis de Clermont , Premier
Ecuyer du Duc d'Orleans.
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Résumé : PROMOTION de Chevalier des Ordres du Roy.
Le 2 février 1724, à Versailles, les Chevaliers et Commandeurs de l'Ordre du Saint-Esprit se réunirent dans le cabinet du Roi pour l'escorter à la messe. Le Roi annonça son intention de convoquer un chapitre et de nommer de nouveaux Chevaliers et Commandeurs. Il fit lire et signer une liste de 57 noms de personnes à honorer, qu'il remit ensuite au Marquis de Breteuil, Commandeur et Maître des Cérémonies de l'Ordre. Ce dernier sortit pour faire proclamer les nominations par le Héraut de l'Ordre, selon les cérémonies habituelles. La liste comprenait des princes du sang, des cardinaux, des archevêques et des ducs. Parmi les personnalités notables figuraient Louis de Bourbon Condé, le Cardinal Gualterio, le Cardinal de Bissy, ainsi que plusieurs archevêques tels que l'Archevêque de Lyon et l'Archevêque de Narbonne. La liste incluait également des ducs comme le Duc d'Uzès, le Duc de Sully et le Duc de Villars, ainsi que des maréchaux et des lieutenants généraux. Chaque nom était accompagné de titres et de fonctions spécifiques au sein de la cour ou de l'armée.
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4220
p. 171
Promotion de sept Maréchaux de France, du même jour 2. Fevrier, qui sont.
Début :
Le Comte de Broglio, Gouverneur d'Avesnes. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Promotion de sept Maréchaux de France, du même jour 2. Fevrier, qui sont.
Promotion de f°pt Maréchaux de France ,
du même jour 2. Fevrier, qui font.
Le Comte de Broglio, Gouverneur.
ci' A vesnes.
Le Duc de Roquelaure , Antoine Gas
ton Jean.Baptijìe.
Le Comte de Medavi & de Grancey ,
Jacques-Leonor Rouxel s Gouverneur de
Sedan.
Le Comte du Bourg, Eleonor.Marie
du Maine , Gouverneur de Betfort.
Le Marquis d'Alegre, Gouverneur de
S. Orner.
Le Duc de la Feiiillade , Louis , Vi
comte d'Aubuffon , Duc de Roúannoìs r
Pair de France.
Le Duc de Grammont , Antoine, Pair
de France, Colonel du Regiment des
Gardes Françoisest Gouverneur &c Lieu
tenant General pour S. Mi en Navarre
&Bearn.
du même jour 2. Fevrier, qui font.
Le Comte de Broglio, Gouverneur.
ci' A vesnes.
Le Duc de Roquelaure , Antoine Gas
ton Jean.Baptijìe.
Le Comte de Medavi & de Grancey ,
Jacques-Leonor Rouxel s Gouverneur de
Sedan.
Le Comte du Bourg, Eleonor.Marie
du Maine , Gouverneur de Betfort.
Le Marquis d'Alegre, Gouverneur de
S. Orner.
Le Duc de la Feiiillade , Louis , Vi
comte d'Aubuffon , Duc de Roúannoìs r
Pair de France.
Le Duc de Grammont , Antoine, Pair
de France, Colonel du Regiment des
Gardes Françoisest Gouverneur &c Lieu
tenant General pour S. Mi en Navarre
&Bearn.
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Résumé : Promotion de sept Maréchaux de France, du même jour 2. Fevrier, qui sont.
Le document du 2 février 2024 mentionne la promotion de plusieurs individus au rang de Maréchal de France. Parmi eux figurent le Comte de Broglie, Gouverneur de Vesnes ; le Duc de Roquelaure, Antoine Gaston Jean-Baptiste ; le Comte de Médeville et de Grancey, Jacques-Léonor Rouxel, Gouverneur de Sedan ; le Comte du Bourg, Éléonor-Marie du Maine, Gouverneur de Belfort ; le Marquis d'Alègre, Gouverneur de Saint-Omer ; le Duc de La Feuillade, Louis, Vicomte d'Aubusson, Duc de Roannais, Pair de France ; et le Duc de Grammont, Antoine, Pair de France, Colonel du Régiment des Gardes Françaises, Gouverneur et Lieutenant Général pour Sa Majesté en Navarre et Béarn.
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4221
p. 172
ARRESTS.
Début :
ARREST du 4. Janvier 1724. qui permet à tous les Cabaretiers de [...]
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texteReconnaissance textuelle : ARRESTS.
A R R E S T S.
ARREST du 4. Janvier 1724.
qui permet à tous Cabaretiers de
Tendre vin à toutes heures , excepté pen
dant le Service Divin, & qui leur fait
deffenses de donner à boire & à manger ,
«près huit heures du íoir en hyver, Se
après dix heures du soir en esté.
'AR RESTdu même jourquiordonine
que tous Adjudicataires de Marchan
diíes prohibées, provenant des ventes dfc
la Compagnie des Indes , seront tenus
de faire viser par Inípecteur des Manu
factures etrangeres établi à Nantes , les
Acquits à cantion qui Ifcur auront été
expediez aux Bureaux des Fermes pour
la sortie desdites Marchandises hors du
.Royaume , avant qu'elles puissent estre
embarquées , & les certificats de décharge
dans les Pays Etrangers.
ARREST du 4. Janvier 1724.
qui permet à tous Cabaretiers de
Tendre vin à toutes heures , excepté pen
dant le Service Divin, & qui leur fait
deffenses de donner à boire & à manger ,
«près huit heures du íoir en hyver, Se
après dix heures du soir en esté.
'AR RESTdu même jourquiordonine
que tous Adjudicataires de Marchan
diíes prohibées, provenant des ventes dfc
la Compagnie des Indes , seront tenus
de faire viser par Inípecteur des Manu
factures etrangeres établi à Nantes , les
Acquits à cantion qui Ifcur auront été
expediez aux Bureaux des Fermes pour
la sortie desdites Marchandises hors du
.Royaume , avant qu'elles puissent estre
embarquées , & les certificats de décharge
dans les Pays Etrangers.
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Résumé : ARRESTS.
En 1724, deux arrêtés sont promulgués. Le premier autorise les cabaretiers à vendre du vin à toute heure sauf pendant le service divin et interdit la vente de nourriture et de boissons après 20h en été et 22h en hiver. Le second impose aux adjudicataires de marchandises prohibées de la Compagnie des Indes de faire viser les acquits à caution par l'inspecteur des manufactures étrangères à Nantes avant l'embarquement.
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4222
p. 177-179
DECRET Du Roy d'Espagne, Philippe V. du nom, contenant la résolution que S. M. a prise, d'abandonner le Gouvernement de ses Etats, & de le remettre au Prince des Asturies, son Fils aîné.
Début :
Ayant, depuis quatre ans, fait de serieuses & mûres reflexions sur les [...]
Mots clefs :
Espagne, Prince des Asturies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DECRET Du Roy d'Espagne, Philippe V. du nom, contenant la résolution que S. M. a prise, d'abandonner le Gouvernement de ses Etats, & de le remettre au Prince des Asturies, son Fils aîné.
ÓECR ET
Jbn Roy cTEjspagne , Philippe V. du nom 5
contenant la résolution que S. As. a prise
d'abandonner le Gouvernement de sesx
Etau , & de le remettre an Prince des
jisturies , son Fils aîné.
. '
,
'
. ) .
AYant , depuis quatre ans, fait de se*
rieuses & mûres reflexions fur le»
miíères de cette vie, en me rapellant les
infirmités^ les guerres .& les troubles qu'il
a plu à Dieu de me faire éprouver dans
les vingt-trois afinéiás de mon Regne;con-
/îderanr auísi que mon Fils aîné , Prince.
juré d'Espagne ,. íê trouve dans un âge.
suffisant, déja maíié y Se avec la capacité,.
le jugement , & les qualités propres pour
régir 6c gouverner avec succès & justice.
cette Monarchie, j.'ai resolu d'en abandon
ner abíolument la jc.uislance ôc la condui*
se , y renonçant , & à tous les. Etats
Royaumes , Se Seigneuries qui la compo
sent , en faveur dudit Prince Dom Louis,
mon Fils aîné, & de me retirer avec la.
Reine , en qui j'ai trouvé une prompte
disposition & volonté à m'accompaíner^
avec plaisir, dans ce Palais Se lieu
* As*
7* MERCURE DE FRANCE;
de St. Ildepho*se , pour servir Dieu ; Se
débaraísé d'autres foins , penser à la mort,.
& travailler à mon íàlut. J'en fais parc
au Conseil , âfirt. qu'il s'en tienne pour in
struit, qu'il en donne avis aux personne*
qu'il conviendra , & que cette resolution
parvienne a la connoiflanée de tous. Au'
Palais de Saint Ildefonfe , le i Janvier
Í724. Signé y moi LE R O Y.
Cette Lettre fut adressée au Marquis de
Miraval , Gouverneur du Conseil , & luedans
ledit Côníèil le i6:. dudit mois , en*
presence du Prince des Asturies , &C de;
tous les Grands , qui y furent mandés.
. Ensuite on fit la lecture dès- der.nieres'
volontez du Roi , en forme de Lettre.
ádreiFée à fon:Fils , par' laquelle il l'ex
horte à bien gouverner, & lui recom
mande les Princes ses freres, la Reine'
son épouse, ia Reine Douairiere, qui est
à Bayonne , Se plusieurs Seigneurs. Pen- .
dant laquelle lecture le Prince des Astu-'
ries fondant en larmes , donna toutes'
les marques de íensibilité qu'un bon fils!
peut donner en pareille occasion.
• Aussi.tôt que le Roi d'Espagne eût si-'
gné le Decret que l'on vient de raporterl
S. M. chargea le Marquis de Grimaldor
d'aller à l'Eícurial faire part de fa resolu
tion au Prince des Asttiriss ,. lequel fic.
apeller
JANVIER 1724,. i.fy;
ápeller les Infants , & les Grands du
Royaume qui se trou voient à la Cour ,
poursigner,en leur presence, l'Acte d'ac-;
ceptation de la Couronne, & du Gouver
nement.
Jbn Roy cTEjspagne , Philippe V. du nom 5
contenant la résolution que S. As. a prise
d'abandonner le Gouvernement de sesx
Etau , & de le remettre an Prince des
jisturies , son Fils aîné.
. '
,
'
. ) .
AYant , depuis quatre ans, fait de se*
rieuses & mûres reflexions fur le»
miíères de cette vie, en me rapellant les
infirmités^ les guerres .& les troubles qu'il
a plu à Dieu de me faire éprouver dans
les vingt-trois afinéiás de mon Regne;con-
/îderanr auísi que mon Fils aîné , Prince.
juré d'Espagne ,. íê trouve dans un âge.
suffisant, déja maíié y Se avec la capacité,.
le jugement , & les qualités propres pour
régir 6c gouverner avec succès & justice.
cette Monarchie, j.'ai resolu d'en abandon
ner abíolument la jc.uislance ôc la condui*
se , y renonçant , & à tous les. Etats
Royaumes , Se Seigneuries qui la compo
sent , en faveur dudit Prince Dom Louis,
mon Fils aîné, & de me retirer avec la.
Reine , en qui j'ai trouvé une prompte
disposition & volonté à m'accompaíner^
avec plaisir, dans ce Palais Se lieu
* As*
7* MERCURE DE FRANCE;
de St. Ildepho*se , pour servir Dieu ; Se
débaraísé d'autres foins , penser à la mort,.
& travailler à mon íàlut. J'en fais parc
au Conseil , âfirt. qu'il s'en tienne pour in
struit, qu'il en donne avis aux personne*
qu'il conviendra , & que cette resolution
parvienne a la connoiflanée de tous. Au'
Palais de Saint Ildefonfe , le i Janvier
Í724. Signé y moi LE R O Y.
Cette Lettre fut adressée au Marquis de
Miraval , Gouverneur du Conseil , & luedans
ledit Côníèil le i6:. dudit mois , en*
presence du Prince des Asturies , &C de;
tous les Grands , qui y furent mandés.
. Ensuite on fit la lecture dès- der.nieres'
volontez du Roi , en forme de Lettre.
ádreiFée à fon:Fils , par' laquelle il l'ex
horte à bien gouverner, & lui recom
mande les Princes ses freres, la Reine'
son épouse, ia Reine Douairiere, qui est
à Bayonne , Se plusieurs Seigneurs. Pen- .
dant laquelle lecture le Prince des Astu-'
ries fondant en larmes , donna toutes'
les marques de íensibilité qu'un bon fils!
peut donner en pareille occasion.
• Aussi.tôt que le Roi d'Espagne eût si-'
gné le Decret que l'on vient de raporterl
S. M. chargea le Marquis de Grimaldor
d'aller à l'Eícurial faire part de fa resolu
tion au Prince des Asttiriss ,. lequel fic.
apeller
JANVIER 1724,. i.fy;
ápeller les Infants , & les Grands du
Royaume qui se trou voient à la Cour ,
poursigner,en leur presence, l'Acte d'ac-;
ceptation de la Couronne, & du Gouver
nement.
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Résumé : DECRET Du Roy d'Espagne, Philippe V. du nom, contenant la résolution que S. M. a prise, d'abandonner le Gouvernement de ses Etats, & de le remettre au Prince des Asturies, son Fils aîné.
Le roi Philippe V d'Espagne décide d'abandonner le gouvernement de ses États au profit de son fils aîné, le Prince des Asturies. Après quatre années de réflexion sur les épreuves subies durant son règne, Philippe V juge son fils apte à gouverner. Il lui remet la justice et la conduite de la monarchie, ainsi que tous les États, royaumes et seigneuries. Le roi et la reine se retirent au Palais de Saint Ildefonse pour se consacrer à la vie spirituelle. Cette décision est annoncée le 1er janvier 1724 au Conseil et aux personnes concernées par le Marquis de Miraval. Le Prince des Asturies, ému, montre sa sensibilité. Par la suite, le roi charge le Marquis de Grimaldi d'informer le Prince et de faire signer l'acte d'acceptation de la couronne en présence des Infants et des Grands du royaume.
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4223
p. 179-182
LISTE Des personnes nommées pour le Gouvernement de l'Etat, par le Roi Catholique avant son abdication, & de celles que Sa Majesté a honorées de l'Ordre de la Toison.
Début :
Cabinet. L'Archevêque de Tolede. Le Grand Inquisiteur. Le President [...]
Mots clefs :
Espagne, Grimaldo, Philippe V
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LISTE Des personnes nommées pour le Gouvernement de l'Etat, par le Roi Catholique avant son abdication, & de celles que Sa Majesté a honorées de l'Ordre de la Toison.
LEST E
&es personnes nommées pwr le Gouverne-'
ment de l'Etat t par le Roi Catholique
avant son abdication & de celles que
Sa Majesté a honorées de l'Ordre de 1*
Toison*
Cabinet.
T ' 'Archevêque de Tolede.
Jt^j Le Grand Inquisiteur. . , .
Le President de Castille-
Le M » de Valero. V_ ,
Le M ir.de Lede. $ Grands ^fPW
Le Comte de Sant. lsievan , Plenipoten
tiaire à Cambray.
Don Miguel Franciíco Guerra.
President du Coríseil des Ordres.
Le Comte de Sant.Istevan, Plenipoteni
, tiaire à Cambray .
tïo' MERCURE DÉ FRANCE:
President dit Cónseil des Indes.
Le Marquis dtf Valero.'
President du Conseil de la Guerre.
íff Marquis d'Aitona, Grand d'Espagne*
Secrctairies d'Etat.
Celle dite del Dejpatbo de Estade , dit
Marquis de Grimaldo, à Don Juan.
Celle d'Éstat de Mr; le Marquis de Gri
maldo, à Don Juán Bâutiíta Orendain
íôn Commis'.
Celle des Indes & de la Marine , à Don
Antonio Sopéna, Commis dud. Minií
tre.
Éa Compagnie des fïallebardiers.'
Aw Prince MaíTerah , Grand d'Espagne, r
Chevaliers de la Toison.'
LeDucPriego deMedina.Celi .->
Le Duc del Arco.
Le Marquis de Santa Cruz.
Le ComtedeSant-Istevande
Gormas. j
Le Marquis de Grimaldoi .
Le Marquis d« Valouze.
Lé Duc de la Mirandole. T Grands
Le Duc de Medina Sidânia. $ d? Espagne.
Le Marquis Scotti.
Doa
G.ands
d'E/pagni
f 1 1 Jt 1724. ï8r.
Pon Antonio Arduino, Sicilien.
M. l'Abbé de Grimaldo, Grand Chance
lier de l'Ordre, exerçant pour son Ne
veu.
Gouverneur de C Infant D»n Philippe.
Le Marquis del Surco.
Soui-GoMverneur de ? Infant Don Philippe
M. de Conok, Exempt des Gardes.
Le Rojr Philippe rçste au Palais de St.
lldephqnsc , avec la .Reine. Sa Majesté
s'est reservé cent m.ille pistoles de pen_-
iìçn , à prendre iur tes .revenus de la Fer
me du Tabac, & sun million de piastres,
pour achever çe qui reste d'ouvrages à
faire à St. Ildefoníe. Elle a aussi assigné à
.chacun des Infants & Infante, vingt.cinq
mille.pistoles de pension. Leurs Majestez
Catholiques ne gardent pour leur service
qu'environ soixante personnes des deux
sexes , dont les principales font .:
Le Marquis de Grimaldo, comme Sur-
Intendant.
Le Marquis de Valouse , comme Chef
des Ecuries.
Le Revérend Pere Bermudez , Cpr>-
feffeur du Roy.
Don Domingo Guerra , Confesseur de
la Reine. Le
lù MERCURE DE FRANCE. «
Le Docteur Servi ., qui étoit Premieí
Medecin de la Reine.
M. le Gendre , Premier Chirurgien^
M. Ricçeur , -Premier Apoticaire.
M. Lacombe , Valet de Chambre.
M. Valois , Hem.
M. Vauvel , Tapissier.
„- ;M. Benoît , Chef de la Bouçhe.
Dams,
Madame la Princesse de Robecq»^£
Madame la Comtesse de Solre , pour fai^
te compagnie à la Reine.
Madame la Marquise de Las Nieves..
La Nourrice de la 'Reine.
Quatre Femmes de Chambre.
Le Roi d'Espagne a paru fort sensible k
l'empressement avec lequel les .Grands
^Officiers , & plusieurs Seigneurs lui
. avoient demandé la grace de rester auprès
de lui ; mais , malgré leurs instances , Sa
Majesté n'a retenu auprès de fa personne
. que ceux dont on vient de lire la liste.
Le Roi a voulu en même temps procurer
quelque soulagement à ses Peuples , en
ordonnant la diminution de quelques-
Mmes des impositions qu'on le voií fur eux,
&es personnes nommées pwr le Gouverne-'
ment de l'Etat t par le Roi Catholique
avant son abdication & de celles que
Sa Majesté a honorées de l'Ordre de 1*
Toison*
Cabinet.
T ' 'Archevêque de Tolede.
Jt^j Le Grand Inquisiteur. . , .
Le President de Castille-
Le M » de Valero. V_ ,
Le M ir.de Lede. $ Grands ^fPW
Le Comte de Sant. lsievan , Plenipoten
tiaire à Cambray.
Don Miguel Franciíco Guerra.
President du Coríseil des Ordres.
Le Comte de Sant.Istevan, Plenipoteni
, tiaire à Cambray .
tïo' MERCURE DÉ FRANCE:
President dit Cónseil des Indes.
Le Marquis dtf Valero.'
President du Conseil de la Guerre.
íff Marquis d'Aitona, Grand d'Espagne*
Secrctairies d'Etat.
Celle dite del Dejpatbo de Estade , dit
Marquis de Grimaldo, à Don Juan.
Celle d'Éstat de Mr; le Marquis de Gri
maldo, à Don Juán Bâutiíta Orendain
íôn Commis'.
Celle des Indes & de la Marine , à Don
Antonio Sopéna, Commis dud. Minií
tre.
Éa Compagnie des fïallebardiers.'
Aw Prince MaíTerah , Grand d'Espagne, r
Chevaliers de la Toison.'
LeDucPriego deMedina.Celi .->
Le Duc del Arco.
Le Marquis de Santa Cruz.
Le ComtedeSant-Istevande
Gormas. j
Le Marquis de Grimaldoi .
Le Marquis d« Valouze.
Lé Duc de la Mirandole. T Grands
Le Duc de Medina Sidânia. $ d? Espagne.
Le Marquis Scotti.
Doa
G.ands
d'E/pagni
f 1 1 Jt 1724. ï8r.
Pon Antonio Arduino, Sicilien.
M. l'Abbé de Grimaldo, Grand Chance
lier de l'Ordre, exerçant pour son Ne
veu.
Gouverneur de C Infant D»n Philippe.
Le Marquis del Surco.
Soui-GoMverneur de ? Infant Don Philippe
M. de Conok, Exempt des Gardes.
Le Rojr Philippe rçste au Palais de St.
lldephqnsc , avec la .Reine. Sa Majesté
s'est reservé cent m.ille pistoles de pen_-
iìçn , à prendre iur tes .revenus de la Fer
me du Tabac, & sun million de piastres,
pour achever çe qui reste d'ouvrages à
faire à St. Ildefoníe. Elle a aussi assigné à
.chacun des Infants & Infante, vingt.cinq
mille.pistoles de pension. Leurs Majestez
Catholiques ne gardent pour leur service
qu'environ soixante personnes des deux
sexes , dont les principales font .:
Le Marquis de Grimaldo, comme Sur-
Intendant.
Le Marquis de Valouse , comme Chef
des Ecuries.
Le Revérend Pere Bermudez , Cpr>-
feffeur du Roy.
Don Domingo Guerra , Confesseur de
la Reine. Le
lù MERCURE DE FRANCE. «
Le Docteur Servi ., qui étoit Premieí
Medecin de la Reine.
M. le Gendre , Premier Chirurgien^
M. Ricçeur , -Premier Apoticaire.
M. Lacombe , Valet de Chambre.
M. Valois , Hem.
M. Vauvel , Tapissier.
„- ;M. Benoît , Chef de la Bouçhe.
Dams,
Madame la Princesse de Robecq»^£
Madame la Comtesse de Solre , pour fai^
te compagnie à la Reine.
Madame la Marquise de Las Nieves..
La Nourrice de la 'Reine.
Quatre Femmes de Chambre.
Le Roi d'Espagne a paru fort sensible k
l'empressement avec lequel les .Grands
^Officiers , & plusieurs Seigneurs lui
. avoient demandé la grace de rester auprès
de lui ; mais , malgré leurs instances , Sa
Majesté n'a retenu auprès de fa personne
. que ceux dont on vient de lire la liste.
Le Roi a voulu en même temps procurer
quelque soulagement à ses Peuples , en
ordonnant la diminution de quelques-
Mmes des impositions qu'on le voií fur eux,
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Résumé : LISTE Des personnes nommées pour le Gouvernement de l'Etat, par le Roi Catholique avant son abdication, & de celles que Sa Majesté a honorées de l'Ordre de la Toison.
Le texte énumère des personnalités nommées par le gouvernement de l'État et le Roi Catholique avant son abdication, ainsi que celles décorées de l'Ordre de la Toison d'Or. Ces personnes incluent des dignitaires religieux et civils tels que l'Archevêque de Tolède, le Grand Inquisiteur, le Président de Castille, et divers marquis, comtes et ducs. Le Roi Philippe réside au Palais de Saint-Ildefonse avec la Reine. Il s'est attribué une pension de cent mille pistoles et un million de piastres pour terminer les travaux du palais. Il a également alloué une pension de vingt-cinq mille pistoles à chacun des Infants et Infantes. Le Roi et la Reine conservent environ soixante personnes à leur service, incluant des surintendants, chefs des écuries, confesseurs, médecins et femmes de chambre. Le Roi a refusé les demandes de nombreux Grands Officiers et seigneurs de rester à son service, ne retenant que ceux mentionnés dans la liste. Il a aussi ordonné la réduction de certaines impositions pour soulager ses sujets.
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4224
p. 183-184
« Le 13. de ce mois, les Officiers des Eaux & Forêts de Montargis, firent [...] »
Début :
Le 13. de ce mois, les Officiers des Eaux & Forêts de Montargis, firent [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Le 13. de ce mois, les Officiers des Eaux & Forêts de Montargis, firent [...] »
LE 13- de ce mois , les Officiers des
Eaux & Forêts de Montargis , firent
celebrer un Service Solemnel dans l'Eglise
des Reverends Peres Recolets de la mê
me Ville , pour feu Monsieur le Duc
d'Orleans. Toutes les Compagnies y fu
irent invitées , & le Reverend Pere Eloy
Huet, Recolet , âgé d'environ quatreyingt
ans > prononça l'Oraiíôn Funebre
4e «e Prince , avec applaudilíèment.
On aprend de .Venise , qu'on y publia
au commencement de ce mois une Or^
donnance du Conseil des Dix, par laquelle
il est défendu durant le Carnaval , d'aller
en Maíque les jours de Fêtes de Comman
dement , sinon le mis ; non plus que la
veille & le jour de la Fête de la Purifica
tion de la Vierge , durant lequel les
Théatres d'Opera & de Comedies seront
fermés , ainsi que toutes sortes d'Assem
blées de Jeu , & d'autres divertiilèmens.
Mr. le Duc d'Orleans a donné à Mr.
d'Argenson l'Apartement que le feu
.Cardinal Dubois occupoit au Palais Royal.
ILe
tt* MERCURE DE FRANCE.
Le Roy a accorde aux Theatins une
.somme de joooo. liv. pour acherer Içux
Eglise.
Eaux & Forêts de Montargis , firent
celebrer un Service Solemnel dans l'Eglise
des Reverends Peres Recolets de la mê
me Ville , pour feu Monsieur le Duc
d'Orleans. Toutes les Compagnies y fu
irent invitées , & le Reverend Pere Eloy
Huet, Recolet , âgé d'environ quatreyingt
ans > prononça l'Oraiíôn Funebre
4e «e Prince , avec applaudilíèment.
On aprend de .Venise , qu'on y publia
au commencement de ce mois une Or^
donnance du Conseil des Dix, par laquelle
il est défendu durant le Carnaval , d'aller
en Maíque les jours de Fêtes de Comman
dement , sinon le mis ; non plus que la
veille & le jour de la Fête de la Purifica
tion de la Vierge , durant lequel les
Théatres d'Opera & de Comedies seront
fermés , ainsi que toutes sortes d'Assem
blées de Jeu , & d'autres divertiilèmens.
Mr. le Duc d'Orleans a donné à Mr.
d'Argenson l'Apartement que le feu
.Cardinal Dubois occupoit au Palais Royal.
ILe
tt* MERCURE DE FRANCE.
Le Roy a accorde aux Theatins une
.somme de joooo. liv. pour acherer Içux
Eglise.
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Résumé : « Le 13. de ce mois, les Officiers des Eaux & Forêts de Montargis, firent [...] »
Le 13 du mois, les Officiers des Eaux & Forêts de Montargis ont organisé un service solennel en mémoire du Duc d'Orléans. Toutes les compagnies furent invitées, et le Père Eloy Huet, Recolet, âgé d'environ quatre-vingts ans, a prononcé l'oraison funèbre du Prince, suscitant des applaudissements. À Venise, une ordonnance du Conseil des Dix a interdit les promenades en masque les jours de fêtes commandées durant le Carnaval, ainsi que la veille et le jour de la fête de la Purification de la Vierge. Les théâtres d'opéra et de comédies, ainsi que toutes les assemblées de jeu et autres divertissements, seront fermés durant cette période. Le Duc d'Orléans a attribué à Monsieur d'Argenson l'appartement que le Cardinal Dubois occupait au Palais Royal. Le Roi a accordé une somme de 10 000 livres aux Théatins pour l'achat de leur église.
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4225
p. 184
APPROBATION.
Début :
J'ay lû par ordre de Monseigneur le Garde des Sceaux le Mercure de France du mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
AP P <ROB ATIO N.
'Ay lû par ordre de Monseigneur le Garde
des Sceaux le Mercure 1 4e Fr»nee du mois
de janvier , & j'ajr crû qu'on pouvoit en
permettre rimprcíupn. A Paris , le 10. dp
Fcvriet *7M.
' * . ; tHARDZO.M.
'Ay lû par ordre de Monseigneur le Garde
des Sceaux le Mercure 1 4e Fr»nee du mois
de janvier , & j'ajr crû qu'on pouvoit en
permettre rimprcíupn. A Paris , le 10. dp
Fcvriet *7M.
' * . ; tHARDZO.M.
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4226
s. p.
TABLE Des Principales Matieres.
Début :
EPITRE au Roy. Avertissement. Pieces Fugitives, &c. Remarques sur les [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE Des Principales Matieres.
TABLE
Des Principales Matieres.
PITRE sa Roy.
jfcj Avertissement.
Pieces Fugitives, &c. Remarques fui
.les Chartes qui ne sont point dattées ,
Sec. page I
^L'Immortalité , Ode. p
Lettre , réponse aux remarques íùr les
figures du Portail de l'Eglise de l'Ab
baye S. Germain. 24,
Ariane & Bacchus , Cantate. 3 5
Extrait du diícours du P. de la Santé fur
la durée de la Faix. 3 g
Traduction de la quatriéme^Ode du pre
mier Livre d'Horace. 47
Extrait d'une Lettre de l'Auteur du
Voyage de Syrie, Se du Mont.Liban
qui sert de réponse au sieur Paul Lu
cas. 5 0
.Epître en Vers*
Lettre écrite de Bourgogne à Mr M. de
M autour. 60
Le Songe , Cantate. 67
Extraie d'une Lettre fur l'origine , & les
I
antiquitez de la Ville d'Orange. .~ éf)
Epigramme. 80
lettre écrite de Châlons sor un corps
mort trouvé entier après. A3. ans de
sepulture. 8 1
Explication des Enigmes*. 82
Nouvelles Enigmes. 8tf
Bons mots , Lettre écrite aux Auteurs
du Mercure. .858
Chanson notée- 9}
NOUVELLES LITTERAIRES, &c
Jeux de Quadrille , &c. 94
Entretiens des ombres,, Sçç. >8
Journal des Sçavansv ioï
Reception de l'Abbé Akrjc à l'Académie
Françoise. . .; . 10Ç
Prix proposé par l' Académie de Pau. 109
Extraits de diverses Lettres , &c. ' 11 j.
Jettons gravez de la presente année. 118
Spectacles. 1 ìo
Nouvelles Etrangeres de Constantinople,
&c. 12*
Morts Baptêmes &. Mariages , 1 40
Journal de Versailles & de Paris. 1 44
Nouvelles distributions d'appartemens
donnez par le Roy au Château de
Versailles.. . 1 47
Etat de la Maison de M. le Duc d'Orleans.
1 4.8
Morts & Mariages.. 1 j5
Bénefices donnez.' lí*.
Dignitez, Charges & Emplois. líj
Promotion de cordons bleus. 1 6$
Promotion de sept Maréchaux de France.
n}
Arrests. 17a
Supplement, explication de la troisième
Enigme du 1 . volume du Mercure de
Decembre. 173
Eírennes à la Marquise de Joyeuse. Ibid.
Sonnet en bouts-rimez. 17Ç
Abdication du Roy Philippe V. à la
Couronne d'Espagne , Decret , &c.
177
Liste des. Officiers nommez par le Roy
d'Espagne.. 17?
Des Principales Matieres.
PITRE sa Roy.
jfcj Avertissement.
Pieces Fugitives, &c. Remarques fui
.les Chartes qui ne sont point dattées ,
Sec. page I
^L'Immortalité , Ode. p
Lettre , réponse aux remarques íùr les
figures du Portail de l'Eglise de l'Ab
baye S. Germain. 24,
Ariane & Bacchus , Cantate. 3 5
Extrait du diícours du P. de la Santé fur
la durée de la Faix. 3 g
Traduction de la quatriéme^Ode du pre
mier Livre d'Horace. 47
Extrait d'une Lettre de l'Auteur du
Voyage de Syrie, Se du Mont.Liban
qui sert de réponse au sieur Paul Lu
cas. 5 0
.Epître en Vers*
Lettre écrite de Bourgogne à Mr M. de
M autour. 60
Le Songe , Cantate. 67
Extraie d'une Lettre fur l'origine , & les
I
antiquitez de la Ville d'Orange. .~ éf)
Epigramme. 80
lettre écrite de Châlons sor un corps
mort trouvé entier après. A3. ans de
sepulture. 8 1
Explication des Enigmes*. 82
Nouvelles Enigmes. 8tf
Bons mots , Lettre écrite aux Auteurs
du Mercure. .858
Chanson notée- 9}
NOUVELLES LITTERAIRES, &c
Jeux de Quadrille , &c. 94
Entretiens des ombres,, Sçç. >8
Journal des Sçavansv ioï
Reception de l'Abbé Akrjc à l'Académie
Françoise. . .; . 10Ç
Prix proposé par l' Académie de Pau. 109
Extraits de diverses Lettres , &c. ' 11 j.
Jettons gravez de la presente année. 118
Spectacles. 1 ìo
Nouvelles Etrangeres de Constantinople,
&c. 12*
Morts Baptêmes &. Mariages , 1 40
Journal de Versailles & de Paris. 1 44
Nouvelles distributions d'appartemens
donnez par le Roy au Château de
Versailles.. . 1 47
Etat de la Maison de M. le Duc d'Orleans.
1 4.8
Morts & Mariages.. 1 j5
Bénefices donnez.' lí*.
Dignitez, Charges & Emplois. líj
Promotion de cordons bleus. 1 6$
Promotion de sept Maréchaux de France.
n}
Arrests. 17a
Supplement, explication de la troisième
Enigme du 1 . volume du Mercure de
Decembre. 173
Eírennes à la Marquise de Joyeuse. Ibid.
Sonnet en bouts-rimez. 17Ç
Abdication du Roy Philippe V. à la
Couronne d'Espagne , Decret , &c.
177
Liste des. Officiers nommez par le Roy
d'Espagne.. 17?
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Résumé : TABLE Des Principales Matieres.
Le document est une table des matières d'une publication, probablement une revue ou un recueil de textes divers. Les sections principales incluent des œuvres littéraires, des correspondances, des traductions et des extraits de discours. Parmi les œuvres notables, on trouve une ode sur l'immortalité, une lettre sur les figures du portail de l'église de l'Abbaye Saint-Germain, une cantate intitulée 'Ariane & Bacchus', et une traduction de la quatrième ode du premier livre d'Horace. Le texte mentionne également des extraits de lettres sur divers sujets, tels que la durée de la foi, l'origine et les antiquités de la ville d'Orange, et un corps mort trouvé après 83 ans de sépulture. Des sections dédiées aux énigmes, aux bons mots, et aux chansons notées sont également présentes. La table des matières inclut des nouvelles littéraires, des jeux de quadrille, des entretiens des ombres, et des extraits du Journal des Sçavans. Des événements académiques, comme la réception de l'Abbé Akrjc à l'Académie Française et des prix proposés par l'Académie de Pau, sont également mentionnés. Le document se termine par des nouvelles diverses, des spectacles, des événements à Constantinople, des annonces de décès, baptêmes et mariages, ainsi que des promotions et nominations royales.
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4227
s. p.
Errata du premier volume de Decembre.
Début :
Page 1195. ligne 4. du bas, Monaco, lisez Munich. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata du premier volume de Decembre.
Errata du prentier volume de Decembre.
P.. Age 1195. ligne 4. du bas , Mo*
tacQ j lisez Munich.
P.. Age 1195. ligne 4. du bas , Mo*
tacQ j lisez Munich.
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4228
s. p.
Errata du second volume de Decembre.
Début :
Page 1425. ligne 7. diverses, lisez divines. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata du second volume de Decembre.
Errata du second volume de Decembre.
P
s Age 1 41.5. ligne 7. diverses, Usez
' ivines.
P
s Age 1 41.5. ligne 7. diverses, Usez
' ivines.
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4229
s. p.
Avis pour placer les figures.
Début :
Les caracteres de la Charte, page 17 L'air noté. 93 [...]
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texteReconnaissance textuelle : Avis pour placer les figures.
Avis pour places tes figurtsï ' *7
.Les caracteres de la Charte , page if
%'air hoté. *>*
Les )ettons, ' i 1 1 S
.Les caracteres de la Charte , page if
%'air hoté. *>*
Les )ettons, ' i 1 1 S
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4230
p. 1913-1917
EXTRAIT d'une autre Lettre curieuse, écrite aussi de Malthe dans le même temps, sur un Phénomene de Medecine.
Début :
Or écoutez, Seigneurs, petits & grands, l'Histoire del Medico dell' [...]
Mots clefs :
Eau, Glace, Douleurs, Fièvres, Capucin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une autre Lettre curieuse, écrite aussi de Malthe dans le même temps, sur un Phénomene de Medecine.
EXTRAIT d'une autre Lettrecurieufe,
écriteauffi deMalthe dans le mêmetemps,
JurunPhénomene de Medecine.
R écoutez , Seigneurs , petits &
grands , l'Hiftoire del Medico dell'
acqua fresca: un Prêtre Sicilien , fils
d'un Apoticaire , Docteur en Medecine,
Chimifte de réputation , & de plus Ca
pucin pour le falut de fon ame , eft ici
depuis fix femaines. Il a par charité , par
vanité ou par malice contre la Faculté
´entrepris de guerir les maux qu'on croit
inconnus aux Medecins: voici le fait.
Le Comte Beveren , Allemand , étoit
depuis trois ans affligé d'une palpitation
de cœur avec des mouvemens convul
fifs , un froid à la poitrine qui ne lui
permettoit pas dans la canicule , de fouf--
frir l'air quoique très chaud. Il étoit
toûjours couvert d'une fourrure fur la
peau , & à l'avenant vêtu de veſtes & de
furtouts outre cet affortiment de jour
il étoit très-chaudement couché , & il
ne pouvoit la nuit fous fes couvertu
res fortir le doigt fans être gelé , &
en avoir des convulfions. Le Capucin
Cij
d'entrée dejeu,le dépouille de fes inuti
les/
1914 MERCURE DE FRANCE.
les furtouts , le mit à l'air , & avec de
l'eau commune à la glace & prefque
gelée, fait en 24. heures , que le Comte
Beveren ne connoît plus la foibleffe de
fa poitrine , nile froid ordinaire dont il
étoit tourmenté , eft fans convulfions ,
1
dort à merveille, & fetrouve déja com
me gueri ; fes palpitations fontfort di
minuées. C'eſt l'ouvrage de cinq ſemai
nes. Nota que tous les Medecins de Fran
ce, d'Angleterre & d'Allemagne conful
tez , n'ont rien connu à ce mal. Ils ont
feulement tenu les difcours ordinaires .
un épaiffement du fang , &c. mais de
remede point du tout.
Le CommandeurGuarrena,Piémontois,
livréparla facultéà ladifcretion d'un po
lipeou Schirre,formé ou non, mais placé
àcôtédufoye en long, &fi dur qu'il n'o
béïffoit pas à la main;exterieurement mar
qué avec tous les fimptômes d'un homme
farci d'obftructions ; un corps fec, exte
nué , face livide , &c. par l'effet de l'eau,
le Schirre fe ramolit , 15. jours après il
fentit toute forte de douleurs. La dureté
s'eft diffipée à mesure que dans fes uri
nes on voyoit des matieres comme de la
craye & vifqueufes,à couper avec le cou
teau. M. Guarrena eft revenu de fes laffi
tudes , fon vifage a repris couleur, & ilfe
trouve guerri. Maux de têtes, migraines,
cha
SEPTEMBRE 1724. 1915
chaleurs d'entrailles , diarrées inveterées,
n'ont fait que blanchir fous l'eau glacée.
Un Prêtre atteint de la fiévre maligne
en trois jours a été fur pied : la fiévre
fut prife dans le commencement , &'dès
qu'ellefut declarée maligne.
UnEſpagnol, Page du Grand-Maître,
abandonné par fon Medecin , & après
avoir reçu les Sacremens , fut dans trois
jours fans fiévre par le fecours du Ca
pucin. Il leprit dans cet état , fit ouvrir
les fenêtres , & lui fit avaler de l'eau à la
glace.
Il prétend guerir les hidropifies avec
l'eau en très-peu de temps , & a propofé
qu'on lui donnât de tels malades.
Le Bailly Ruffo fe trouvant attaqué
d'une fiévre violente, avec une diarréeen
tenefme , & des douleurs affieufes , rien
ne le foulagea. Il fit venir le Capucin &
prit l'eau. Dès les premieres 24. heu
res , plus de fiévre, moins de douleurs.
Le lendemain fa diarrée augmenta &
fit de la matiere verte en abondance ;
le troifiéme jour nous l'avons vû chez
le Grand-Maître. J'en fus tout étonné, je
l'avois vû le matin dans fon lit.
Tout ce que je vous écris , mon cher
Bailly , eft de vifu & auditu : je ne
fuis pas prévenu en faveur de l'eau , je
ne la croyois bonne que pour rinfer nos
ver
C iij
1916 MERCURE DE FRANCE.
verres, & pour laver les égouts.
Voici fa maniere de traiter. Onfait ra
fraîchir l'eau à force de glacé ou de nei
ge, autant qu'elle peut l'être , & vous
en buvez trois grands gobelets le matin ,
& dansle cours de la journée jufques à
35. On ne mange point, fur-tout les pre
miers jours. Lorfqu'on fe trouvefoible
au lieu d'alimens , il donne deux ou trois
verres d'eau le foir , avec deux ou trois
jaunes d'oeufs. Dans la fuite on mange
plus ou moins un demi poulet , un petit
pigeon , deux ou trois onces de macar
rons de Sicile, felon l'état où le Capucin
trouve fon malade. Plus ou moins d'eau ,
plus ou moins d'alimens. Il ne quitté
pas fes malades , & obferve continuelle
ment leur poulx. L'effet de l'eau eſt dé
donner , ou des maux de tête , ou dés
chaleurs extrêmes , ou des douleurs dans
les entrailles , même la diarrée , & de
Vous renouveller tous vos anciens maux.
Voici le remede pour la diarrée il
vous coule des lavemens d'eau à la glacë,
& fait boire dans l'inftant, ainſi que pour
les douleurs d'entrailles , & vous fait
frotter le ventre avec de la glace. Pour
les chaleurs de même , il frotte avec de la
glace la tête & l'eftomach. Si c'eft fciati
que qui fe renouvelle ou rumatifine
friction fur la partie avec cette glace.
Ecce
SEPTEMBRE 1724. 1917
Ecce homo, jugez- en, j'ai vû , je vois
tous les jours ce que j'écris ; il traite ſes
malades fans intereft. Ce Religieux a
de l'efprit , l'air guai , confolant & de
confiance. Je lui ai propofé l'eau pour
mesyeux, il m'afait efperer d'autres re
medes pour fortifier les nerfs optiques ,
j'en uferai s'ils font externes , s'il m'en
propofe d'autres , chiſta benè nonſi mo
ve, mafanté eftparfaite,fon graffo ,fref
co comecarne di vitella. Honorez-moi de
vos ordres dans les quatre mois que je.
ferai encore ici ; heureux fi je pouvois
prouver à vôtre Excellence le tendre &
refpectueux attachement de fon très
humble & très obéiffant ferviteur F. P.
écriteauffi deMalthe dans le mêmetemps,
JurunPhénomene de Medecine.
R écoutez , Seigneurs , petits &
grands , l'Hiftoire del Medico dell'
acqua fresca: un Prêtre Sicilien , fils
d'un Apoticaire , Docteur en Medecine,
Chimifte de réputation , & de plus Ca
pucin pour le falut de fon ame , eft ici
depuis fix femaines. Il a par charité , par
vanité ou par malice contre la Faculté
´entrepris de guerir les maux qu'on croit
inconnus aux Medecins: voici le fait.
Le Comte Beveren , Allemand , étoit
depuis trois ans affligé d'une palpitation
de cœur avec des mouvemens convul
fifs , un froid à la poitrine qui ne lui
permettoit pas dans la canicule , de fouf--
frir l'air quoique très chaud. Il étoit
toûjours couvert d'une fourrure fur la
peau , & à l'avenant vêtu de veſtes & de
furtouts outre cet affortiment de jour
il étoit très-chaudement couché , & il
ne pouvoit la nuit fous fes couvertu
res fortir le doigt fans être gelé , &
en avoir des convulfions. Le Capucin
Cij
d'entrée dejeu,le dépouille de fes inuti
les/
1914 MERCURE DE FRANCE.
les furtouts , le mit à l'air , & avec de
l'eau commune à la glace & prefque
gelée, fait en 24. heures , que le Comte
Beveren ne connoît plus la foibleffe de
fa poitrine , nile froid ordinaire dont il
étoit tourmenté , eft fans convulfions ,
1
dort à merveille, & fetrouve déja com
me gueri ; fes palpitations fontfort di
minuées. C'eſt l'ouvrage de cinq ſemai
nes. Nota que tous les Medecins de Fran
ce, d'Angleterre & d'Allemagne conful
tez , n'ont rien connu à ce mal. Ils ont
feulement tenu les difcours ordinaires .
un épaiffement du fang , &c. mais de
remede point du tout.
Le CommandeurGuarrena,Piémontois,
livréparla facultéà ladifcretion d'un po
lipeou Schirre,formé ou non, mais placé
àcôtédufoye en long, &fi dur qu'il n'o
béïffoit pas à la main;exterieurement mar
qué avec tous les fimptômes d'un homme
farci d'obftructions ; un corps fec, exte
nué , face livide , &c. par l'effet de l'eau,
le Schirre fe ramolit , 15. jours après il
fentit toute forte de douleurs. La dureté
s'eft diffipée à mesure que dans fes uri
nes on voyoit des matieres comme de la
craye & vifqueufes,à couper avec le cou
teau. M. Guarrena eft revenu de fes laffi
tudes , fon vifage a repris couleur, & ilfe
trouve guerri. Maux de têtes, migraines,
cha
SEPTEMBRE 1724. 1915
chaleurs d'entrailles , diarrées inveterées,
n'ont fait que blanchir fous l'eau glacée.
Un Prêtre atteint de la fiévre maligne
en trois jours a été fur pied : la fiévre
fut prife dans le commencement , &'dès
qu'ellefut declarée maligne.
UnEſpagnol, Page du Grand-Maître,
abandonné par fon Medecin , & après
avoir reçu les Sacremens , fut dans trois
jours fans fiévre par le fecours du Ca
pucin. Il leprit dans cet état , fit ouvrir
les fenêtres , & lui fit avaler de l'eau à la
glace.
Il prétend guerir les hidropifies avec
l'eau en très-peu de temps , & a propofé
qu'on lui donnât de tels malades.
Le Bailly Ruffo fe trouvant attaqué
d'une fiévre violente, avec une diarréeen
tenefme , & des douleurs affieufes , rien
ne le foulagea. Il fit venir le Capucin &
prit l'eau. Dès les premieres 24. heu
res , plus de fiévre, moins de douleurs.
Le lendemain fa diarrée augmenta &
fit de la matiere verte en abondance ;
le troifiéme jour nous l'avons vû chez
le Grand-Maître. J'en fus tout étonné, je
l'avois vû le matin dans fon lit.
Tout ce que je vous écris , mon cher
Bailly , eft de vifu & auditu : je ne
fuis pas prévenu en faveur de l'eau , je
ne la croyois bonne que pour rinfer nos
ver
C iij
1916 MERCURE DE FRANCE.
verres, & pour laver les égouts.
Voici fa maniere de traiter. Onfait ra
fraîchir l'eau à force de glacé ou de nei
ge, autant qu'elle peut l'être , & vous
en buvez trois grands gobelets le matin ,
& dansle cours de la journée jufques à
35. On ne mange point, fur-tout les pre
miers jours. Lorfqu'on fe trouvefoible
au lieu d'alimens , il donne deux ou trois
verres d'eau le foir , avec deux ou trois
jaunes d'oeufs. Dans la fuite on mange
plus ou moins un demi poulet , un petit
pigeon , deux ou trois onces de macar
rons de Sicile, felon l'état où le Capucin
trouve fon malade. Plus ou moins d'eau ,
plus ou moins d'alimens. Il ne quitté
pas fes malades , & obferve continuelle
ment leur poulx. L'effet de l'eau eſt dé
donner , ou des maux de tête , ou dés
chaleurs extrêmes , ou des douleurs dans
les entrailles , même la diarrée , & de
Vous renouveller tous vos anciens maux.
Voici le remede pour la diarrée il
vous coule des lavemens d'eau à la glacë,
& fait boire dans l'inftant, ainſi que pour
les douleurs d'entrailles , & vous fait
frotter le ventre avec de la glace. Pour
les chaleurs de même , il frotte avec de la
glace la tête & l'eftomach. Si c'eft fciati
que qui fe renouvelle ou rumatifine
friction fur la partie avec cette glace.
Ecce
SEPTEMBRE 1724. 1917
Ecce homo, jugez- en, j'ai vû , je vois
tous les jours ce que j'écris ; il traite ſes
malades fans intereft. Ce Religieux a
de l'efprit , l'air guai , confolant & de
confiance. Je lui ai propofé l'eau pour
mesyeux, il m'afait efperer d'autres re
medes pour fortifier les nerfs optiques ,
j'en uferai s'ils font externes , s'il m'en
propofe d'autres , chiſta benè nonſi mo
ve, mafanté eftparfaite,fon graffo ,fref
co comecarne di vitella. Honorez-moi de
vos ordres dans les quatre mois que je.
ferai encore ici ; heureux fi je pouvois
prouver à vôtre Excellence le tendre &
refpectueux attachement de fon très
humble & très obéiffant ferviteur F. P.
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4231
p. 2353-2357
LETTRE écrite de Malthe le 28. Juillet 1724. contenant les suites du Remede de l'Eau à la glace.
Début :
Je fus saisis ces jours passez d'une colique vers le soir, & je passai la nuit [...]
Mots clefs :
Eau, Remède, Douleurs, Urines
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Malthe le 28. Juillet 1724. contenant les suites du Remede de l'Eau à la glace.
LETTRE écrite de Malthe le 28. Juillet
1724. contenantlesfuites du Remede
de l'Eau à laglace.
E fus faifis ces jours paffez d'une co
lique vers le foir, & je paffai lanuit
dans des douleurs vives à me rouler fur
monlit. Jebus le matin deux pots d'eau
à la glace , je dînai legerement , j'en pris
encoretrois pots avantquede mecoucher
fans manger. Mes douleurs furent appai
fées. Le lendemain aprèsavoir bû encore
deuxpots à 5. heures du matin, je rendis
beauccoup de matieres brûlées & j'urinai
beaucoup. Deflors plus de colique : j'ai
repris ma vie ordinaire. Ce remede gue
rit tous cours de ventre inveteré , flux
de fang,, fciatique & rumatifme ; nous
en avons déja 50. épreuves. Le Bailly
Semagnes dans les vives douleurs de la
goutte s'eft frotté avec de la glace , & a
mis de l'eau gêlée & des linges moüil
lez fur la partie affligée ; dans deux heu
res
2354 MERCURE DE FRANCE.
res les douleurs ont ceflé. Le Grand
Maître qui fe mocquoit du remede com
mence à y avoir foi , & a obligé le Ca
pucin de s'arrêter ici.
Au refte cette eau glacée ne fe donne
pas fans art, il ne veut entreprendre
perfonne dans la canicule , fon attention
eft d'éviter les fueurs pour que l'effet fe
1
fafle par les felles & par les urines ; il
prétend précipiter les humeurs peccan
tes , & éviter qu'elles ne fe mêlent avec
le fang. Il connoît aux ongles & au poulx
le progrès de l'eau , & double ou dimi
nue la doze fur les indications que lui
fournit la nature. Il traite tous fes mala
des differemment , les uns mangent
foir & matin dès le premier jour , &
furtout des macarrons avec du fromage
cuits à l'eau , & des œufs frais , le jaune
feulement. Il a d'autres malades qui font
15. jours & 3.femaines fans manger ab
folument. 11 en a deux de ma connoif
fance actuellement à la * Camarade, qui
yfont fans manger, l'un depuis 17. jours,
& l'autre depuis 11.
Balbani et maigre à faire peur, &
Caftriofi eft fort gras , & avec des dou
leurs vives , ils ne mangeront pas fi
tôt. Le Capucin m'a dit qu'il avoit traité
un Prêtre quifut d'abord 57. jours fans
Hôpital de Malthe.
man
NOVEMBRE 1724. 2355
manger , il le fit manger enfuite 8. ou
10. jours, & finit fa cure par une diette
de 40. jours c'étoit un homme aban
donné de toute la Medecine. Le Comte
Beuveren , & le Commandeur Guarre
nafont à merveille , ainfi que tous ceux
qu'il a entrepris. Le fils de Dorel atta
qué d'un flux d'urine , & fi foible qu'il
le fallut porter à la Camarade fur fon lit,
marcha le troifiéme jour , & va par tout
aujourd'hui.
Le petit Page Efpagnol eft fans fiévre ,
&fepromene. Il vous expedie une fié
vre en 3. jours ; mais il vous défend de
fuer & devous échauffer ; il prétend que
l'eau a plus d'effet l'Hiver & dans les
pays froids. Tous les Medecins d'ici font
étonnez , & s'étudient à prefent à pene
trer le fecret. Il fe conduit , comme nous
l'avons dit , par l'indication du poulx &
des ongles. Il force à boire ceux qui y
repugnent, & ôte l'eau à ceux qui la
fouhaitent , & ne la leur donne que par
mefure , & dans de certains temps, la
nuit & le jour.
Le 30. du mois paffé le Chevalier de
Serinchan extenué par des chaleurs d'en
trailles & dans les reins , a rendu des
urines fi chaudes & fi brûlantes, que les
pots de chambre de verre fe cafloient. It
eft revenu dans fabonne couleur , & il
fera
2356 MERCURE DE FRANCE.
fera hors des remedes dès que les urines
qui perdent peu à peu de leur chaleur ,
feront au degré ordinaire. Le petit Page
dont j'ai déja parlé , abandonné des Me
decins ordinaires , & qui fe promene au
jourd'hui a été dans le même cas ; fes
urines étoient brûlantes. Le Capucin
vient de dire au Grand-Maître qu'il fe
faifoit fort de guerir un Portugais , nom
méPichotte , qui eft de retour de Mont
pellier depuis fix femaines. Il a une tu
meur dans le ventre groffe comme la for
me d'un Chapeau avecun vifage de cire
jaune.
1
Hier aufoir le Comte Beuveren rendit
par le bas la matiere d'un autre abfcès
fecond effet extraordinaire de l'eau
glacée. Si cet homme reprend fa ſanté,
c'eſtun vrai miracle de ce remede , il eft
à merveilles jufqu'à prefent & fans pal
pitation. Le Page Efpagnol s'embarque
demain pour Alicant enbonne fanté.
Le Chevalier de Romagere le cadet
eft actuellement dans un commencement
d'hydropifie , il a les jambes enflées &
les bourſes pleines d'eau. Le Capucin l'a
affuré qu'il le gueriroit , & que l'eau
étoit sûre pour ce mal ; ajoûtant qu'il en
avoit cent épreuves. Enfin ce bon Pere
m'a dit qu'ila délivré une femme prête
à mourir, ne pouvant accoucher d'un
enfant
1
NOVEMBRE 1724. 2357
enfant mort , le tout en lui faifant boire
de l'eau glacée
1724. contenantlesfuites du Remede
de l'Eau à laglace.
E fus faifis ces jours paffez d'une co
lique vers le foir, & je paffai lanuit
dans des douleurs vives à me rouler fur
monlit. Jebus le matin deux pots d'eau
à la glace , je dînai legerement , j'en pris
encoretrois pots avantquede mecoucher
fans manger. Mes douleurs furent appai
fées. Le lendemain aprèsavoir bû encore
deuxpots à 5. heures du matin, je rendis
beauccoup de matieres brûlées & j'urinai
beaucoup. Deflors plus de colique : j'ai
repris ma vie ordinaire. Ce remede gue
rit tous cours de ventre inveteré , flux
de fang,, fciatique & rumatifme ; nous
en avons déja 50. épreuves. Le Bailly
Semagnes dans les vives douleurs de la
goutte s'eft frotté avec de la glace , & a
mis de l'eau gêlée & des linges moüil
lez fur la partie affligée ; dans deux heu
res
2354 MERCURE DE FRANCE.
res les douleurs ont ceflé. Le Grand
Maître qui fe mocquoit du remede com
mence à y avoir foi , & a obligé le Ca
pucin de s'arrêter ici.
Au refte cette eau glacée ne fe donne
pas fans art, il ne veut entreprendre
perfonne dans la canicule , fon attention
eft d'éviter les fueurs pour que l'effet fe
1
fafle par les felles & par les urines ; il
prétend précipiter les humeurs peccan
tes , & éviter qu'elles ne fe mêlent avec
le fang. Il connoît aux ongles & au poulx
le progrès de l'eau , & double ou dimi
nue la doze fur les indications que lui
fournit la nature. Il traite tous fes mala
des differemment , les uns mangent
foir & matin dès le premier jour , &
furtout des macarrons avec du fromage
cuits à l'eau , & des œufs frais , le jaune
feulement. Il a d'autres malades qui font
15. jours & 3.femaines fans manger ab
folument. 11 en a deux de ma connoif
fance actuellement à la * Camarade, qui
yfont fans manger, l'un depuis 17. jours,
& l'autre depuis 11.
Balbani et maigre à faire peur, &
Caftriofi eft fort gras , & avec des dou
leurs vives , ils ne mangeront pas fi
tôt. Le Capucin m'a dit qu'il avoit traité
un Prêtre quifut d'abord 57. jours fans
Hôpital de Malthe.
man
NOVEMBRE 1724. 2355
manger , il le fit manger enfuite 8. ou
10. jours, & finit fa cure par une diette
de 40. jours c'étoit un homme aban
donné de toute la Medecine. Le Comte
Beuveren , & le Commandeur Guarre
nafont à merveille , ainfi que tous ceux
qu'il a entrepris. Le fils de Dorel atta
qué d'un flux d'urine , & fi foible qu'il
le fallut porter à la Camarade fur fon lit,
marcha le troifiéme jour , & va par tout
aujourd'hui.
Le petit Page Efpagnol eft fans fiévre ,
&fepromene. Il vous expedie une fié
vre en 3. jours ; mais il vous défend de
fuer & devous échauffer ; il prétend que
l'eau a plus d'effet l'Hiver & dans les
pays froids. Tous les Medecins d'ici font
étonnez , & s'étudient à prefent à pene
trer le fecret. Il fe conduit , comme nous
l'avons dit , par l'indication du poulx &
des ongles. Il force à boire ceux qui y
repugnent, & ôte l'eau à ceux qui la
fouhaitent , & ne la leur donne que par
mefure , & dans de certains temps, la
nuit & le jour.
Le 30. du mois paffé le Chevalier de
Serinchan extenué par des chaleurs d'en
trailles & dans les reins , a rendu des
urines fi chaudes & fi brûlantes, que les
pots de chambre de verre fe cafloient. It
eft revenu dans fabonne couleur , & il
fera
2356 MERCURE DE FRANCE.
fera hors des remedes dès que les urines
qui perdent peu à peu de leur chaleur ,
feront au degré ordinaire. Le petit Page
dont j'ai déja parlé , abandonné des Me
decins ordinaires , & qui fe promene au
jourd'hui a été dans le même cas ; fes
urines étoient brûlantes. Le Capucin
vient de dire au Grand-Maître qu'il fe
faifoit fort de guerir un Portugais , nom
méPichotte , qui eft de retour de Mont
pellier depuis fix femaines. Il a une tu
meur dans le ventre groffe comme la for
me d'un Chapeau avecun vifage de cire
jaune.
1
Hier aufoir le Comte Beuveren rendit
par le bas la matiere d'un autre abfcès
fecond effet extraordinaire de l'eau
glacée. Si cet homme reprend fa ſanté,
c'eſtun vrai miracle de ce remede , il eft
à merveilles jufqu'à prefent & fans pal
pitation. Le Page Efpagnol s'embarque
demain pour Alicant enbonne fanté.
Le Chevalier de Romagere le cadet
eft actuellement dans un commencement
d'hydropifie , il a les jambes enflées &
les bourſes pleines d'eau. Le Capucin l'a
affuré qu'il le gueriroit , & que l'eau
étoit sûre pour ce mal ; ajoûtant qu'il en
avoit cent épreuves. Enfin ce bon Pere
m'a dit qu'ila délivré une femme prête
à mourir, ne pouvant accoucher d'un
enfant
1
NOVEMBRE 1724. 2357
enfant mort , le tout en lui faifant boire
de l'eau glacée
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4232
p. 1335-1347
LETTRE écrite de Malte le 6. May 1725. à S. E. M. le Bailly de Mesmes, Ambassadeur de la Religion à la Cour de France, sur la certitude des operations du remede de l'eau à la glace.
Début :
VOUS souhaités, Monsieur, d'être éxactement informé des operations de [...]
Mots clefs :
Eau, Remède, Malades, Guérir, Signe, Capucin, Commandeur, Glace, Religion, Médecins, Fièvre
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Malte le 6. May 1725. à S. E. M. le Bailly de Mesmes, Ambassadeur de la Religion à la Cour de France, sur la certitude des operations du remede de l'eau à la glace.
LETTRE écrite de Malte le 6. May
1725. à S. E. M. le Bailly de Mef.
mes , Ambaffadeur de la Religion à la
CourdeFrance, fur la certitude desope
rations du remede de l'eau à la glace.
OUSfouhaités , Monfieur , d'être
éxactement informé des operations
de l'Eau à la glace. Nous en avons été
auffi étonnés que Vous pouvez l'être
en France & dans toute l'Europe. Il faut
2. vol.
1336 MERCURE DE FRANCE.
à l'avance vous affurer que tous ceux
de ma connoiffance qui ont pris ce re
mede , jouiffent aujourd'hui d'une parfai
te fanté je fuis perfuadé même qu'ils
nerefuferont pointde figner cette Lettre ;
difpenfes moi , feulement de me ſervir
des termes de l'Art ; il m'eſt permis de
les ignorer refufés auffi , du moins ,
mon nom à l'impreffion , & fur cepied
là , je vais vous rendre compte de tout
ce que j'ai veu.
Le R. Pere Bernardo Maria de Caftro
giaanne , Capucin Sicilien , vint à Malte
les premiers jours de Mai 1724. pour
paffer à Venife. On nous écrivit de Pa
lerme qu'il faifoit des Cures merveilleu
fes en donnant de l'eau à la glace. Il fut
follicitépar plufieurs Chevaliers malades
& il entreprit d'en guerir quelques uns.
Ils fe logerent tous à la Camaradeavec
le Capucin , qui étoit à portée de les
voir la nuit & le jour. Illes traita tous
d'une maniere differente , c'est-à-dire ,
pour le manger , & pour leur donner
de l'eau plus ou moins , le jour ou la
nuit ; mais dans les premiers jours la
diete fût generale : Nous avons vû des
malades être 25. & 30 jours fans man
ger abfolument , ne beuvant que de l'eau
glacée ; & ceux à qui il permettoit de
* Hopital deMalte.
2.vol.
manger
JUIN 1725.
1337
manger n'étoient nourris que de fixjau
nes d'œuf par jour il donnoit à d'au
tres des Macarons cuits à l'eau , avec
du fromage rapé , d'autres mangeoient le
foir & le matin de la viande. Cette ma
niere irreguliere de conduire fes malades
déconcerta tous nos Medecins.
Le Commandeur Baron de Beveren,
Allemand , fouffroitdepuis long-tems des
palpitations , & une oppreffion de cœur
fi violente, qu'il reftoit fouvent , & long
,
>
tems fans connoiffance & avec des
fueurs froides infaportables. Ces accidens
le prenoient ordinairement la nuit : il
étoit fûr , lorfqu'il mettoit les brashors
du lit de ne pouvoir plus les réchauffer ,
il étoit obligé pendant la Canicule de
porter des Camifoles , & d'être vêtu
comme dans l'Hiver. Il avoit eprouvé a
Londres , à Vienne , en Lorraine , & à
Rome,toutefortede remedes inutilement;
fon teint étoit plombé & livide , & fes
forces diminuoient tous les jours. L'eau
à la glacefit réfoudre un abfcès qu'il avoit
audeffous dela region du cœur,qu'il vuida
partie par les vomiffemens & le refte par
en bas. Il étoit d'une fi grande puanteur
qu'on nepouvoit en approcher. Ilfut très
mal pendant l'operation ; mais en conti
nuant deprendre de l'eau, la playe que l'ab
fcèsavoit faite en dedans , & qui étoitfort
I. vol.
dou
1338 MERCURE DE FRANCE:
douloureufe , fe confolida ; il ne fentit
plus la douleur fixe qu'il avoit à la poi
trine depuis 20 ans. Enfin il fe porte à
merveilles à prefent ; il a paffé l'hiver
›
fans manteau fon teint eft frais & fes
forces font revenues. Il eſt âgé de 56.
ans. Cet article eft figné de fa main le
Commandeur Baron de Beverens. Nous
avons vu l'original ainfi quetous les au
tres dont on va parler.
Le Commandeur Rovero dit Guarena
Piémontois , étoit abandonné des Mede
cins ; fon fang, difoient-ils , trop rempli
d'acides circuloit avec peine , & avoit
fait un dépoft audeffus & au bas dufoye,
ce qui caufoit une dureté qui refiſtoit à
la main & qui s'élevoit fur la peau ;
foit que ce fut un Schirre ou autre cho
fe. Il avoit la couleur livide , & les
jambes enflées , tout cela depuis plus.
d'un an. L'eauglacée a détaché cette ma
tiere par les urines ; on a obfervé qu'elle
étoit blanche , & que fechée au Soleil
elle fe reduifoit en poudre trés-menuë.
Le Schirre s'eft diffipé & ce Comman
deur fe porte mieux qu'il n'a fait de fa
vie ; il eft âgé de 50 ans & a auffi figné
de fa main. Il Comendatorefra Pietro Ro
vero di Guarena.
Le Commandeur Gianne Nobile , de
Trapano , a été délivré par l'eau d'une
I. val
coli
JUIN 1725.
colique nephretique , des vertiges , &
d'une grande foibleſſe d'eſtomac ; il fejoi
1339
gnoit à tout cela des vapeurs qu'on ne
connoît ici que fous le nomde Flattus. 11
255. ans. Signé:Fin'oggi, grace al Signor
doppo voti mei: non ho sentito nefun dolore.
IlCommendator de Neriti.
Le Commandeur André di Giovanni
de Meffine , a été gueri d'une foibleffe
& d'un branlement de tête qui eftoit ac
compagnéd'uneferofitéqui affoibliffoit fa
veuc , il avoit auffi des palpitations de
cour & deschaleurs d'entrailles , le bras
droit comme perclus , l'autre fort foible ,
& les jambes engourdies , il joüit à pre
fent d'uneparfaitefanté , à 45. ans : & a
figné, F. Andrea di Giovanni.
Le ChevalierJofeph de Vafconcellos ;
Portugais , âgé de 25 ans , avoit depuis
deux ans une Diarée , avec une douleur
continuelle de tête & d'eftomac , & depuis
trois ans des palpitations de cœur , avec
le col enflé. Il fe porte aujourd'hui très
bien par le même remede & eft fur le
point de s'embarquer fur les Navires de
la Religion. Signéle ChevalierdeVafcon
cellos.
Le Chevalier Narducci de Luques
âgé de 35 ans , a été pareillement gue
ri en peu de jours d'une diffenterie ac
.compagnée de fievre. Signé le Chevalier
Le
Narducci.
1340 MERCURE DE FRANCE.
Le Chevalier de Seraïnchamps , de
Lorraine , âgé de 38 ans , avoit de très
violentes chaleurs d'entrailles & dans les
reinsdepuis dix ans ,aprèsavoirpris l'eau
glacée pendant48 jours , fesurines furent
fibrulantes qu'elles cafferent trois pots
de chambre de verre tout de fuite &
que les matieres qu'il rendoit le foir parو
les felles , bouilloient & fermentoient
encore le lendemain , il avoitde plus des
douleurs dans les reins , destournoyemens
detête, une chaleur immoderéeaux pieds,
&unefoiblefledans lesjambes ; cependant
il est gros & gras aujourd'hui & fe porte
à merveilles. Signé le Chevalier de Se
rainchamps.
Le Chevalier de S.Leger, deNorman
die , & le Chevalier Petrucci de Sienne,
le premier âgéde 38. ans & le 2 de 28.
ont été l'un & l'autre gueris par le même
remede , d'unehumeuracidedont ils fouf
froientdepuis quelques années ce qui cau
foit à l'un des vertiges avec le ventreten
du , & àl'autreune douleur fixe à la tête
ils font tousdeux en merfur les vaiffeaux
de la Religion.
Le Bailly D. Fabritio Ruffo , Napoli
tain , a été gueri en trois jours d'une vio
lente colique , accompagnée d'une groffe
fiévre, & quelque tems après d'une dou
leur dans les mufcles très-vive ; il fe
2.vol.
porte
JUIN 1725.
1341
porte aujourd'hui très-bien & a 55. ans.
Signé F. Fabritio Ruffo.
Le Chevalier Orighi Romain & le
Chevalier Marco Gironda de Bari, lepre
mier malade d'une Diffenterie & le 2.
d'une enflure aux jambes & fouvent au
refte du corps , depuis long-tems , ont
été auffi gueris ; enforte qu'ils font tous
deux actuellement à la mer pour le fer
yice de la Religion , l'un âgé de 2 2. ans
& l'autre de 35.
Michel-Ange Dorel, Prêtre, tourmen
té d'un flux d'urine , & enfin abandonné
des Medecins , a été fi bien gueri par le
même remede , qu'il eftactuellement en
Sicile,où il est allé prendre l'air , âgé de
de 36 ans. Signé Dorel: pourmon fils,qui
eft abfent,étant alléen Sicile changer d'air.
LeComte Trautshon Allemand , a été
délivré par l'eau glacée d'une migraine
qui le tourmentoit.depuis plufieurs an
nées ; ileft âgé de 25. ans. Signé Comte
de Trautshon...
Le fieur Fortunato Xebaras , Maltois,
âgé de so ans , s'eft delivré par le mê.
me moyen d'une grande perte de fang ,
caufée par les hemorroïdes,
les hemorroïdes, enforte qu'il
en perdoit deux & troislivres à la fois
& d'unegrande foibleffe d'eftomac ; les
Medecins l'avoient abandonné. Cequi eft
attefté dans l'original par le Comman
2, vol.
D deur.
1342 MERCURE DE FRANCE.
deurd'Argouges, en ces termes : J'attefte
comme témoin oculaire la guerifon dudit
Xebaras. Signé le Commandeur d'Ar
gouges..
Le Chevalier Pietro Sarzana , Eſpa
gnol , Page de Son Alteffe Emin. âgé
de 15 ans , a été auffi gueri par l'eau
glacée d'une fievre maligne avec délire,
une toux feche , & dupourpre ; enforte
que lesMedecins l'avoient abandonné. Il
eft actuellement en Espagne en bonne
fanté. Cet article eft attefté de la maniere
2
Le
qui fuit : Par le Commandeur Rovero
de Guarena. Signé Fra Pietro Romero de
Guarena teftimonio di vista.
Chevalier LeonardMarfilli de Sien
ne auf Page de Son Alteffe Emin,
âgé de14ans , a été pareillement délivré
& enpeu dejours d'unefievre continuë
accompagnée d'une douleur de côté ; il
eft actuellement dans fon pays..
Le Commandeur d'Argouges , Fran
çois , âgéde 32 ans , a été.gueri par le
même remede , d'une humeur âcre &
bilieufe qui enflammoit fes yeux, tout
પ્રવ
autre remede n'ayant pû le foulager ; &
dernierement il le fut encore par l'eau
glacée endeux jours , d'un mal fort à la
modeici depuis deux mois , que je crois
être une ebullition de fang , & qu'on
nomme à Malte Pourpourina. On a les
a. al.
mêmes
JUIN 1725.
1343
mêmes fymptomes que dans la petite ve
role & fouvent la fievre. Signele Com
mandeur d'Argouges.
Le Chevalier de Revel de Nice , âgé
de 18ans , après 28 joursde fievre ma
ligne interne , qu'on ne connût pas d'a
bord, a été auffi gueri par notre Mede
cin , & le porte fi bien qu'il eftactuel
lement fur les Vaiffeaux de la Religion.
Cet article eft attefté par le Chevalier
Provane fon oncle. Signé le Chevalier
Provane , en absence de mon néven.
Le fils du Comte Pretiofi , Maltois ,
âgé ſeulement de 6 ans , fut attaqué d'une
fievre continue qui le mit à deux doigts
de la mort l'eau à la glace l'a parfaite
ment gueri , au grand étonnement des
Médecins qui l'avoient abandonné. Ce
même enfant eut trois mois après la pe
tite verole, le Capucin luidonna le méme
remede , mais bien differemment ; car à
mefure qu'il vomiffoit , il lui en faiſoit
prendre jour & nuit. 48 heures après la
premiereprife , la petite verole parut ,
elle s'enfla , fecha , & tomba enfin le
troifiéme jour , fans qu'on ait fenti au
cune mauvaiſe odeur , ni qu'elle ait creu
fé la peau.Il auroit pufortir le quatrième
jour. Le Pere de l'enfant a figné de cette
maniere. Il Contepor miofiglio Pretiosy.
Le Chevalier de Levi , François , at
2. vol.
Dij taqué
1344 MERCURE DE FRANCE.
taqué d'une fievre maligne , abandonné
des Medecins & fans connoiffance , aété
auffi gueri en peude tems.Comme il étoit
malade à l'Infirmerie , S. Alteffe Emin.
obligea les Medecins d'en répondre
ou de le remettre entre les mains du P.د
Capucia , cequ'ils firent ; il fe porteaurs
jourd'hui parfaitementbien,âgé de20ans.
Signé le Chevalier de Levi.n
Le Commandeur Staxi, âgé de 45 ans,
ayant oui parler du Capucin , eft revenu
d'Efpagne a Malte,& a été gueri par fon
remede d'une humeur âcre , dontil étoit
tourmenté depuis long-tems , tousles au
tres remedes luiayant été inutiles. Il avoit
le vifage d'un rouge noirâtre , fon teint
eft revenu & ilfeporte à merveille.
Unhommeaccabléde maux veneriens,
s'avifa de prendre de lui-même l'eau à
la glace fous un autre pretexte ; mais
s'étant declaré au Capucin, celui-cichan
gea feulement la maniere delui donner
l'eau. Elle le faifoit fuer regulierement
une heure & demie tous les matins , &
le refte du jour il trembloit de froid ; il
a été enfin parfaitement gueri. Il ne faut
pas oublier que cette cure a été faite
}
dans le mois de Janvier ; & ce n'eft pas
la feule de cette effece.
Ily aeuplufieurs Chevaliers & d'au
tres perfonnes qui ont été delivrées de
leurs
2. vole.
JUIN 1725.
leurs infirmités par ce même remede ;
mais je crois , Monfieur , qu'il feroit inu
tile de vous en faire un plus long detail.
1345
f
La maniere dont le P. Capucin don
ne l'eau glacée à fes malades , eft, com
me j'ai déja dit , differente , felon les
maux , l'âge & le temperament du
malade maison aobfervé qu'il veut que
tous les malades prennent l'air , les fenê
tres & les portes ouvertes , qu'ils foient
peu couverts ; avec la tête razée, fouvent
fans bonnet , même dans lesfievres ma
1
lignes. Le Chevalier de Revel qui en
eftoit attaqué , marchoit nuds pieds & la
tête razée. Dès qu'il put fe foutenir,ilfut
purgé avecun Melond'eauàlaglace, fans
fouffrirde tranchées & fort doucement.
LeCommandeurGuarena Piedmontois
fe trouva perclus d'unejambe dans letems
de fa cure , & il fut gueri par des fric
tions de glace. Le Medecin en fait faire
fur latête & fur l'eftomac , felon l'état
où il voit les malades ; il ordonne auffi
des lavemens d'eau à la glace , qui font
des effets merveilleux.
Tout le monde a vû ici ce que j'ai
l'honneur de vous écrire. Vous compre
nez affez que les Medecins n'ont rien
oublié au commencement pour décrédi
ter le remede ; mais les Certificats qu'ils
ont efté obligez de fournir aux malades
2. vol.
Dilj
aban
1346 MERCURE DE FRANCE.
abandonnez & remis au Capuçin , lejuſ
tifient parfaitement.
Il faut cependant convenir que l'eau à
la glace n'empêche pas de mourir ceux
qui font, pourainfi dire,frappezdemort
ou quiont attendu trop long-tems : nous
enavonsdeux outrois exemples. M. Bou
garel , Pretre Conventuel, mourut en
moins de trois jours d'une fievre ardente
caufée par un coup de foleil : le Capu
cin dit d'abord, en le voyant , qu'il avoit
befoin de recevoir les Sacremens
,
&
qu'il eftoit prefque inutile de lui donner
Feau à laglace, Le BaillyDuantemourut
auffi en trois jours d'une retention d'uri
ne & d'une inflammation interne : fans
parlerdu Chevalier Caftrioti ; il eft vrai
qu'il lui furvint une attaque d'Apople
xie, & d'autres accidents qui le mirent
C
au tombeau aubout de so. jours.
Le P. Capucin eftfils d'un Apotiquai
re qui eft aufli Docteuren Medecine, &
grand Chymifte ; il quittala pratique or
dinaire de la Medecine pour traiter fes
malades avec l'eau glacée. Il a un frere
Medecin à Saragoffe , qui doit s'embar
quer inceffamment avec toute lafamille
pour venir s'établir ici , avec 300 écus
de penfion , , que Son Alteffe Emin. lui
fait donner , & il traitera à fon profit
les malades quiprendront l'eau à laglace,
2. vol.
car
1347
JUIN 1725.
car il donne ce remede commefonfrere
Je Capucin.
Celui-ci a propofé aux Medecins d'en-,
treprendre de traiter, à leur maniere-or
dinaire , cent malades , & que fi fur ce
nombre , ils en fauvent feulement dix , il
prétend, lui, en guerir 60. plus furement
& enmoins de tems d'un pareil nombre
de cent, à qui il donnera l'eau à la gla
ce. J'oubliois de vous dire que le Capu
cin défend à fes malades de s'echauffer
& de fepromener aufoleil , pour évi
ter la fueur.
Vous recevrez la relation de la cere
monie de l'Eftoc par le Secretaire des
Commandemens de Son Alteffe Emin.
Les Galeres fe préparent pour le retour
du Mgre. On croit que le General ira à
Rome. Nous attendons avec impatience
des nouvelles de France. Si vous croyés
devoir montrer les certificats autentiques
fur les guerifons operées par Teau gla
cée à S. A. S. M. le Duc, vous enêtes
leMaître. Lefrere du Capucinvient d'ar
river. J'ai l'honneur d'eftre avec un par
fait attachement de V. Excellence le très
humble & très-obeiffant Serviteur, F. P.
1725. à S. E. M. le Bailly de Mef.
mes , Ambaffadeur de la Religion à la
CourdeFrance, fur la certitude desope
rations du remede de l'eau à la glace.
OUSfouhaités , Monfieur , d'être
éxactement informé des operations
de l'Eau à la glace. Nous en avons été
auffi étonnés que Vous pouvez l'être
en France & dans toute l'Europe. Il faut
2. vol.
1336 MERCURE DE FRANCE.
à l'avance vous affurer que tous ceux
de ma connoiffance qui ont pris ce re
mede , jouiffent aujourd'hui d'une parfai
te fanté je fuis perfuadé même qu'ils
nerefuferont pointde figner cette Lettre ;
difpenfes moi , feulement de me ſervir
des termes de l'Art ; il m'eſt permis de
les ignorer refufés auffi , du moins ,
mon nom à l'impreffion , & fur cepied
là , je vais vous rendre compte de tout
ce que j'ai veu.
Le R. Pere Bernardo Maria de Caftro
giaanne , Capucin Sicilien , vint à Malte
les premiers jours de Mai 1724. pour
paffer à Venife. On nous écrivit de Pa
lerme qu'il faifoit des Cures merveilleu
fes en donnant de l'eau à la glace. Il fut
follicitépar plufieurs Chevaliers malades
& il entreprit d'en guerir quelques uns.
Ils fe logerent tous à la Camaradeavec
le Capucin , qui étoit à portée de les
voir la nuit & le jour. Illes traita tous
d'une maniere differente , c'est-à-dire ,
pour le manger , & pour leur donner
de l'eau plus ou moins , le jour ou la
nuit ; mais dans les premiers jours la
diete fût generale : Nous avons vû des
malades être 25. & 30 jours fans man
ger abfolument , ne beuvant que de l'eau
glacée ; & ceux à qui il permettoit de
* Hopital deMalte.
2.vol.
manger
JUIN 1725.
1337
manger n'étoient nourris que de fixjau
nes d'œuf par jour il donnoit à d'au
tres des Macarons cuits à l'eau , avec
du fromage rapé , d'autres mangeoient le
foir & le matin de la viande. Cette ma
niere irreguliere de conduire fes malades
déconcerta tous nos Medecins.
Le Commandeur Baron de Beveren,
Allemand , fouffroitdepuis long-tems des
palpitations , & une oppreffion de cœur
fi violente, qu'il reftoit fouvent , & long
,
>
tems fans connoiffance & avec des
fueurs froides infaportables. Ces accidens
le prenoient ordinairement la nuit : il
étoit fûr , lorfqu'il mettoit les brashors
du lit de ne pouvoir plus les réchauffer ,
il étoit obligé pendant la Canicule de
porter des Camifoles , & d'être vêtu
comme dans l'Hiver. Il avoit eprouvé a
Londres , à Vienne , en Lorraine , & à
Rome,toutefortede remedes inutilement;
fon teint étoit plombé & livide , & fes
forces diminuoient tous les jours. L'eau
à la glacefit réfoudre un abfcès qu'il avoit
audeffous dela region du cœur,qu'il vuida
partie par les vomiffemens & le refte par
en bas. Il étoit d'une fi grande puanteur
qu'on nepouvoit en approcher. Ilfut très
mal pendant l'operation ; mais en conti
nuant deprendre de l'eau, la playe que l'ab
fcèsavoit faite en dedans , & qui étoitfort
I. vol.
dou
1338 MERCURE DE FRANCE:
douloureufe , fe confolida ; il ne fentit
plus la douleur fixe qu'il avoit à la poi
trine depuis 20 ans. Enfin il fe porte à
merveilles à prefent ; il a paffé l'hiver
›
fans manteau fon teint eft frais & fes
forces font revenues. Il eſt âgé de 56.
ans. Cet article eft figné de fa main le
Commandeur Baron de Beverens. Nous
avons vu l'original ainfi quetous les au
tres dont on va parler.
Le Commandeur Rovero dit Guarena
Piémontois , étoit abandonné des Mede
cins ; fon fang, difoient-ils , trop rempli
d'acides circuloit avec peine , & avoit
fait un dépoft audeffus & au bas dufoye,
ce qui caufoit une dureté qui refiſtoit à
la main & qui s'élevoit fur la peau ;
foit que ce fut un Schirre ou autre cho
fe. Il avoit la couleur livide , & les
jambes enflées , tout cela depuis plus.
d'un an. L'eauglacée a détaché cette ma
tiere par les urines ; on a obfervé qu'elle
étoit blanche , & que fechée au Soleil
elle fe reduifoit en poudre trés-menuë.
Le Schirre s'eft diffipé & ce Comman
deur fe porte mieux qu'il n'a fait de fa
vie ; il eft âgé de 50 ans & a auffi figné
de fa main. Il Comendatorefra Pietro Ro
vero di Guarena.
Le Commandeur Gianne Nobile , de
Trapano , a été délivré par l'eau d'une
I. val
coli
JUIN 1725.
colique nephretique , des vertiges , &
d'une grande foibleſſe d'eſtomac ; il fejoi
1339
gnoit à tout cela des vapeurs qu'on ne
connoît ici que fous le nomde Flattus. 11
255. ans. Signé:Fin'oggi, grace al Signor
doppo voti mei: non ho sentito nefun dolore.
IlCommendator de Neriti.
Le Commandeur André di Giovanni
de Meffine , a été gueri d'une foibleffe
& d'un branlement de tête qui eftoit ac
compagnéd'uneferofitéqui affoibliffoit fa
veuc , il avoit auffi des palpitations de
cour & deschaleurs d'entrailles , le bras
droit comme perclus , l'autre fort foible ,
& les jambes engourdies , il joüit à pre
fent d'uneparfaitefanté , à 45. ans : & a
figné, F. Andrea di Giovanni.
Le ChevalierJofeph de Vafconcellos ;
Portugais , âgé de 25 ans , avoit depuis
deux ans une Diarée , avec une douleur
continuelle de tête & d'eftomac , & depuis
trois ans des palpitations de cœur , avec
le col enflé. Il fe porte aujourd'hui très
bien par le même remede & eft fur le
point de s'embarquer fur les Navires de
la Religion. Signéle ChevalierdeVafcon
cellos.
Le Chevalier Narducci de Luques
âgé de 35 ans , a été pareillement gue
ri en peu de jours d'une diffenterie ac
.compagnée de fievre. Signé le Chevalier
Le
Narducci.
1340 MERCURE DE FRANCE.
Le Chevalier de Seraïnchamps , de
Lorraine , âgé de 38 ans , avoit de très
violentes chaleurs d'entrailles & dans les
reinsdepuis dix ans ,aprèsavoirpris l'eau
glacée pendant48 jours , fesurines furent
fibrulantes qu'elles cafferent trois pots
de chambre de verre tout de fuite &
que les matieres qu'il rendoit le foir parو
les felles , bouilloient & fermentoient
encore le lendemain , il avoitde plus des
douleurs dans les reins , destournoyemens
detête, une chaleur immoderéeaux pieds,
&unefoiblefledans lesjambes ; cependant
il est gros & gras aujourd'hui & fe porte
à merveilles. Signé le Chevalier de Se
rainchamps.
Le Chevalier de S.Leger, deNorman
die , & le Chevalier Petrucci de Sienne,
le premier âgéde 38. ans & le 2 de 28.
ont été l'un & l'autre gueris par le même
remede , d'unehumeuracidedont ils fouf
froientdepuis quelques années ce qui cau
foit à l'un des vertiges avec le ventreten
du , & àl'autreune douleur fixe à la tête
ils font tousdeux en merfur les vaiffeaux
de la Religion.
Le Bailly D. Fabritio Ruffo , Napoli
tain , a été gueri en trois jours d'une vio
lente colique , accompagnée d'une groffe
fiévre, & quelque tems après d'une dou
leur dans les mufcles très-vive ; il fe
2.vol.
porte
JUIN 1725.
1341
porte aujourd'hui très-bien & a 55. ans.
Signé F. Fabritio Ruffo.
Le Chevalier Orighi Romain & le
Chevalier Marco Gironda de Bari, lepre
mier malade d'une Diffenterie & le 2.
d'une enflure aux jambes & fouvent au
refte du corps , depuis long-tems , ont
été auffi gueris ; enforte qu'ils font tous
deux actuellement à la mer pour le fer
yice de la Religion , l'un âgé de 2 2. ans
& l'autre de 35.
Michel-Ange Dorel, Prêtre, tourmen
té d'un flux d'urine , & enfin abandonné
des Medecins , a été fi bien gueri par le
même remede , qu'il eftactuellement en
Sicile,où il est allé prendre l'air , âgé de
de 36 ans. Signé Dorel: pourmon fils,qui
eft abfent,étant alléen Sicile changer d'air.
LeComte Trautshon Allemand , a été
délivré par l'eau glacée d'une migraine
qui le tourmentoit.depuis plufieurs an
nées ; ileft âgé de 25. ans. Signé Comte
de Trautshon...
Le fieur Fortunato Xebaras , Maltois,
âgé de so ans , s'eft delivré par le mê.
me moyen d'une grande perte de fang ,
caufée par les hemorroïdes,
les hemorroïdes, enforte qu'il
en perdoit deux & troislivres à la fois
& d'unegrande foibleffe d'eftomac ; les
Medecins l'avoient abandonné. Cequi eft
attefté dans l'original par le Comman
2, vol.
D deur.
1342 MERCURE DE FRANCE.
deurd'Argouges, en ces termes : J'attefte
comme témoin oculaire la guerifon dudit
Xebaras. Signé le Commandeur d'Ar
gouges..
Le Chevalier Pietro Sarzana , Eſpa
gnol , Page de Son Alteffe Emin. âgé
de 15 ans , a été auffi gueri par l'eau
glacée d'une fievre maligne avec délire,
une toux feche , & dupourpre ; enforte
que lesMedecins l'avoient abandonné. Il
eft actuellement en Espagne en bonne
fanté. Cet article eft attefté de la maniere
2
Le
qui fuit : Par le Commandeur Rovero
de Guarena. Signé Fra Pietro Romero de
Guarena teftimonio di vista.
Chevalier LeonardMarfilli de Sien
ne auf Page de Son Alteffe Emin,
âgé de14ans , a été pareillement délivré
& enpeu dejours d'unefievre continuë
accompagnée d'une douleur de côté ; il
eft actuellement dans fon pays..
Le Commandeur d'Argouges , Fran
çois , âgéde 32 ans , a été.gueri par le
même remede , d'une humeur âcre &
bilieufe qui enflammoit fes yeux, tout
પ્રવ
autre remede n'ayant pû le foulager ; &
dernierement il le fut encore par l'eau
glacée endeux jours , d'un mal fort à la
modeici depuis deux mois , que je crois
être une ebullition de fang , & qu'on
nomme à Malte Pourpourina. On a les
a. al.
mêmes
JUIN 1725.
1343
mêmes fymptomes que dans la petite ve
role & fouvent la fievre. Signele Com
mandeur d'Argouges.
Le Chevalier de Revel de Nice , âgé
de 18ans , après 28 joursde fievre ma
ligne interne , qu'on ne connût pas d'a
bord, a été auffi gueri par notre Mede
cin , & le porte fi bien qu'il eftactuel
lement fur les Vaiffeaux de la Religion.
Cet article eft attefté par le Chevalier
Provane fon oncle. Signé le Chevalier
Provane , en absence de mon néven.
Le fils du Comte Pretiofi , Maltois ,
âgé ſeulement de 6 ans , fut attaqué d'une
fievre continue qui le mit à deux doigts
de la mort l'eau à la glace l'a parfaite
ment gueri , au grand étonnement des
Médecins qui l'avoient abandonné. Ce
même enfant eut trois mois après la pe
tite verole, le Capucin luidonna le méme
remede , mais bien differemment ; car à
mefure qu'il vomiffoit , il lui en faiſoit
prendre jour & nuit. 48 heures après la
premiereprife , la petite verole parut ,
elle s'enfla , fecha , & tomba enfin le
troifiéme jour , fans qu'on ait fenti au
cune mauvaiſe odeur , ni qu'elle ait creu
fé la peau.Il auroit pufortir le quatrième
jour. Le Pere de l'enfant a figné de cette
maniere. Il Contepor miofiglio Pretiosy.
Le Chevalier de Levi , François , at
2. vol.
Dij taqué
1344 MERCURE DE FRANCE.
taqué d'une fievre maligne , abandonné
des Medecins & fans connoiffance , aété
auffi gueri en peude tems.Comme il étoit
malade à l'Infirmerie , S. Alteffe Emin.
obligea les Medecins d'en répondre
ou de le remettre entre les mains du P.د
Capucia , cequ'ils firent ; il fe porteaurs
jourd'hui parfaitementbien,âgé de20ans.
Signé le Chevalier de Levi.n
Le Commandeur Staxi, âgé de 45 ans,
ayant oui parler du Capucin , eft revenu
d'Efpagne a Malte,& a été gueri par fon
remede d'une humeur âcre , dontil étoit
tourmenté depuis long-tems , tousles au
tres remedes luiayant été inutiles. Il avoit
le vifage d'un rouge noirâtre , fon teint
eft revenu & ilfeporte à merveille.
Unhommeaccabléde maux veneriens,
s'avifa de prendre de lui-même l'eau à
la glace fous un autre pretexte ; mais
s'étant declaré au Capucin, celui-cichan
gea feulement la maniere delui donner
l'eau. Elle le faifoit fuer regulierement
une heure & demie tous les matins , &
le refte du jour il trembloit de froid ; il
a été enfin parfaitement gueri. Il ne faut
pas oublier que cette cure a été faite
}
dans le mois de Janvier ; & ce n'eft pas
la feule de cette effece.
Ily aeuplufieurs Chevaliers & d'au
tres perfonnes qui ont été delivrées de
leurs
2. vole.
JUIN 1725.
leurs infirmités par ce même remede ;
mais je crois , Monfieur , qu'il feroit inu
tile de vous en faire un plus long detail.
1345
f
La maniere dont le P. Capucin don
ne l'eau glacée à fes malades , eft, com
me j'ai déja dit , differente , felon les
maux , l'âge & le temperament du
malade maison aobfervé qu'il veut que
tous les malades prennent l'air , les fenê
tres & les portes ouvertes , qu'ils foient
peu couverts ; avec la tête razée, fouvent
fans bonnet , même dans lesfievres ma
1
lignes. Le Chevalier de Revel qui en
eftoit attaqué , marchoit nuds pieds & la
tête razée. Dès qu'il put fe foutenir,ilfut
purgé avecun Melond'eauàlaglace, fans
fouffrirde tranchées & fort doucement.
LeCommandeurGuarena Piedmontois
fe trouva perclus d'unejambe dans letems
de fa cure , & il fut gueri par des fric
tions de glace. Le Medecin en fait faire
fur latête & fur l'eftomac , felon l'état
où il voit les malades ; il ordonne auffi
des lavemens d'eau à la glace , qui font
des effets merveilleux.
Tout le monde a vû ici ce que j'ai
l'honneur de vous écrire. Vous compre
nez affez que les Medecins n'ont rien
oublié au commencement pour décrédi
ter le remede ; mais les Certificats qu'ils
ont efté obligez de fournir aux malades
2. vol.
Dilj
aban
1346 MERCURE DE FRANCE.
abandonnez & remis au Capuçin , lejuſ
tifient parfaitement.
Il faut cependant convenir que l'eau à
la glace n'empêche pas de mourir ceux
qui font, pourainfi dire,frappezdemort
ou quiont attendu trop long-tems : nous
enavonsdeux outrois exemples. M. Bou
garel , Pretre Conventuel, mourut en
moins de trois jours d'une fievre ardente
caufée par un coup de foleil : le Capu
cin dit d'abord, en le voyant , qu'il avoit
befoin de recevoir les Sacremens
,
&
qu'il eftoit prefque inutile de lui donner
Feau à laglace, Le BaillyDuantemourut
auffi en trois jours d'une retention d'uri
ne & d'une inflammation interne : fans
parlerdu Chevalier Caftrioti ; il eft vrai
qu'il lui furvint une attaque d'Apople
xie, & d'autres accidents qui le mirent
C
au tombeau aubout de so. jours.
Le P. Capucin eftfils d'un Apotiquai
re qui eft aufli Docteuren Medecine, &
grand Chymifte ; il quittala pratique or
dinaire de la Medecine pour traiter fes
malades avec l'eau glacée. Il a un frere
Medecin à Saragoffe , qui doit s'embar
quer inceffamment avec toute lafamille
pour venir s'établir ici , avec 300 écus
de penfion , , que Son Alteffe Emin. lui
fait donner , & il traitera à fon profit
les malades quiprendront l'eau à laglace,
2. vol.
car
1347
JUIN 1725.
car il donne ce remede commefonfrere
Je Capucin.
Celui-ci a propofé aux Medecins d'en-,
treprendre de traiter, à leur maniere-or
dinaire , cent malades , & que fi fur ce
nombre , ils en fauvent feulement dix , il
prétend, lui, en guerir 60. plus furement
& enmoins de tems d'un pareil nombre
de cent, à qui il donnera l'eau à la gla
ce. J'oubliois de vous dire que le Capu
cin défend à fes malades de s'echauffer
& de fepromener aufoleil , pour évi
ter la fueur.
Vous recevrez la relation de la cere
monie de l'Eftoc par le Secretaire des
Commandemens de Son Alteffe Emin.
Les Galeres fe préparent pour le retour
du Mgre. On croit que le General ira à
Rome. Nous attendons avec impatience
des nouvelles de France. Si vous croyés
devoir montrer les certificats autentiques
fur les guerifons operées par Teau gla
cée à S. A. S. M. le Duc, vous enêtes
leMaître. Lefrere du Capucinvient d'ar
river. J'ai l'honneur d'eftre avec un par
fait attachement de V. Excellence le très
humble & très-obeiffant Serviteur, F. P.
Fermer
4233
p. 2247-2259
Manlius Capitolinus, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
Ils remirent au Théatre le 20. Août Manlius-Capitolinus, Tragédie de M de [...]
Mots clefs :
Manlius, Servilius, Valérie, Rutile, Coeur, Ami, Père, Dieux, Sénat, Secret, Albin, Dieux, Sénat, Secret, Valerius, Capitole, Otage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Manlius Capitolinus, Extrait, [titre d'après la table]
Ils remirent au Théatre le 20. Août
Manlius - Capitolinus , Tragédie de M de
la Foffe , Cette Piéce qu'on juge la meilleure
des quatre que cet excellent Auteur a données
au Public , fut reçûe avec les applaudiffemens
. que les vrais Connoifleurs ne
refufent jamais aux bons Ouvrages . On en a
interrompu les Repréſentations ; peut- être
eft- ce pour attendre une Saifon plus favorable
aux Spectacles ; cependant nous avons crû
que le Public nous fçauroit bon gré de ne lui
pas differer le plaifir d'en voir l'Extrait dans
notre Journal.
Manlius ouvre la Scene avec Albin , fon Confident
. Il lui fait entendre que le tems approche
o il va tirer raifon de l'injuftice des Tyrans
de Rome. L'Auteur défigne le lieu de la Scene
par ces quatre Vers , qu'il met dans la
bouche d'Albin :
Quels préfages heureux pour un deffein fi
jufte !
Cet écueil des Gaulois , ce Capitole augufte ,
L'azile de nos Dieux , le falut des Romains ,
Vous-même y commandez , fon fort est en vos
mains.
Le Conful Valerius vient fe plaindre à Manlius
de l'azile qu'il prête à Servilius , raviffeur
de fa fille Valerie , & profcript par le Senat
Manlius lui répond :
' une pitié fi jufte eft ce à vous de vous plain
dre ?
Fy
Sa
248 MERCURE DE FRANCE:
`si c'est une vertu qu'en moi l'on doive crain
dre ,
Si du Peuple par elle on fe fait un appui , .
Pourquoi fuis-je le feul qui l'exerce aujourd'hui..
Manlius voyant approcher fon ami Servi
lius , quitte Valerius,en lui difant :
Pour vous parler , Seigneur je le vois qui
s'avance ;
2
Peut-être en l'écoutant , un sentiment plus
doux
Prendra dans votre coeur la place du courroux
..
Valerius promet à Servilius de fe réconcilier
avec lui , à condition qu'il rompra tout com
merce avec Manlius ; Servilius lui répond :
Si votre offre un moment avoit pû m'ébranler ,
De cefer à vos yeuxje voudrois m'immoler.
Valerie vient après que fon Pere s'eft retirés
Manlius lui annonce que ce Conful eft infléxible
; Valerie confent à l'éxil où ils font réduits
tous deux , & répond avec fermeté à
fon Epoux :
Quelques malheurs fur nous que le deftin raffemble
Nousfouffrons , mais unis z nous fuyons » mais
enfemble :
Tous lieux font pleins d'attraits aux coeurs qui
S'aiment bien ;
Et
SEPTEMBRE. 1729. 2249
12
Eh ! peut- on être heureux fans qu'il en coûta
rien ?
Servilius ne veut fortir de Rome qu'après
avoir confulté Manlius .
Manlius & Servilius commencent le ſecond
Acte ; Manlius n'approuve pas le deffein que
fon ami a formé d'abandonnner Rome ; Servilius
lui fait entendre que ce que fa difgrace a
de plus dur pour lui , c'eft qu'elle retombe
fur Valerie , & que le fort de cette chere Epoufe
lui arrache des larmes , ce qui oblige Manlius
à lui répondre :
Des larmes ! Ah ! plutôt par tes vaillantes
mains ,
Soyent noyez dans leur fang , ces perfides Romains.
Des larmes ! jufques - là ta douleur te poffede !
Il est pour l'aquerir un plus noble remede ;
Un privilege illuftre , un des droits glorieux
Qu'un homme tel que toi partage avec les
Dieux ;
La vengeance,
}
A ce mot de vengeance , Servilius founçonne
Manlius de quelque grand deffein , dont il
le prie de lui
le prie de lui faire part. Manlius lui apprend
que leurs communs Tyrans vont bientôt périr
par une conſpiration dont Rutile eft un des
Chefs , à quoi il ajoûte :
Tout me flate , j'ai fçu pour l'effet de mes voeuxs
Trouverdivers moyens indépendants entr'eux ,
Qui peuvent s'entr' aider , fans pouvoir s'entrenuire
v F vj EN
2250 MERCURE DE FRANCE.
Et dont à mon deffein unfeul peut me conduire,
Il avertit Manlius que Rutile exigera de lui
un ferment qui puiffe laffurer de la foi , &
voyant venir ce dernier , il prie fon ami de fe
retirer pour un moment. Rutile eft très - furpris
d'apprendre que Manlius a confié fon fecret
à Servilius , qui doit être fufpect , comme
Gendre de Valerius
Servilius vient raffurer Rutile ; & pour ne
lui laiffer plus aucun doute fur fa foi , il confent
que Valerie ferve d'otage chez Manlius ,
& en veut fervir lui - même chez Rutile ; il dit
à ce dernier :
Témoin de tous mes pas , obſervez ma conduites,
Et fi ma fermeté fe dément dans la fuite ,
A mes yeux auffi- tôt pranez ce fer en main ;
Dites à Valerie , en lui perçant le ſein ,
Pour prix de ta vertu , de ton amour extrême
,
Servilius par moi t'affaffine lui- même ;
Et dans le même inſtant , tournant ſur moi vos
coups ,
'Arrachez- moi ce coeur ; qu'il foit aux yeux de
tous ,
Montré comme le coeur d'un lâche , d'un parjure
,
Et qu'aux Vautours après il ſerve de pâture .
Quoique cette loy que Servilius s'impofe
femble devoir raffurer Rutile , il fe réſerve
d'éprouver la foi de ce nouveau Conjuré par
quelques ftratagêmes.
SerSEPTEMBRE.
1729. 225T
Servilius , dans l'Acte précedent , a chargé
Manlius de faire fes adieux à Valerie , & de la
réfoudre à quitter Rome fans lui ; Valerie ne
fçachant à quoi attribuer cette espece de divorce
, vient attendre Servilius au fortir de
chez Manlius ; fon Epoux arrive, elle lui reproche
le foin qu'il prend de l'éviter , & fur
tout fa défiance. Servilius voyant qu'elle le
preffe de lui dire un fecret qu'il lui veut cas
cher , lui répond :
.... Pourquoi me demander
Ce que ma gloire ici ne peut vous accorder ?
Souffrez que mon devoir borne votre puiſſance ;
Les fecrets que je cache à votre connoiſſance
Sont tels.... mais où se vont égarer mes ef
prits ?
Adieu ,
Valerie l'arrête , & lui dit:
Vous me fuyez en vain , j'ai tout comprise
Votre départ remis, votre fureur fecrette ,
Dont cet airfombre & fier m'eft un sûr interprete
,
Votre ardeur à me fuir , contre vous tout fait
foy.
Vous voulez vous venger de mon Pere , &c .
Un amas prodigieux d'armes que Valerie a
vû chez Manlius , certifie fes foupçons . Servi
lius les augmente par ces mots :
GrandsDieux !
Qu'ofez- vous pénétrer › fçavez vous , Valerie,
Quet
2252 MERCURE DE FRANCE.
Quel peril déformais menace votre vie ?
Que votre sûreté dépend à l'avenir
D'effacer ce difcours de votre fouvenir ?
Par le moindre soupçon , pour peu qu'on en apprenne
,
C'est fait de votre vie , ensemble & de la
mienne.
Vous êtes en ces lieux l'otage de ma foi ;
Je le fuis de la vôtre.
Valerie toujours plus tremblante pour fon
Pere , n'oublie rien pour faire repentir Servilius
du projet où il vient d'entrer ; elle tâche
pourtant de le railurer fur fon fecret par ces
Vers :
Ne croyez pas pourtant qu'après un tel difcours
,
Je trahiffe un fecret d'où dépendent vos jours ;
Ces jours font pour mon coeur d'un prix que rien
n'égale ;
Mais fi pour défarmer cette fureurfatale ,
Mon Pere dans mes pleurs ne trouve point
d'appui ,
J'en attefte les Dieux , je péris avec lui..
Valerie fe retire ; Servilius dans un Monologue
fait connoître que fon coeur commence
à s'ébranler , & que la pitié lui parle en faveur
de fa Patrie ; Manlius vient lui annoncer
que tout favorife la confpiration , & qu'elle
fera executée dès le lendemain dans le Capitole
, où l'on doit offrir un Sacrifice aux
Dieux pour fe les rendre favorables dans la 3.
Guerre
SEPTEMBRE . 1729. 2:53
Guerre que le Senat vient de déclarer aux
Circeiens .
Rutile arrive , & fait connoître par un court
à parte qu'il veut éprouver Servilius. Il fait à
fes yeux une fi horrible image de ce que les
Conjurez doivent executer , que Servilius ne
peut s'empêcher de pâlir à ce terrible récit.
Rutile qui l'obferve , en conçoit de juftes foup ,
çons ; il le prie de lui permettre de parler un
moment fans témoins à Manlius ; Servilius fe
retire.
Kutile rappelle à Manlius les fermens qu'ils
ont tous faits ; voici comment il s'exprime ::
Seigneur , il vous fouvient des fermens que j'ai
faits.
Lorfque de nos amis j'embraffai les projets ,
Je jurai devant tous que fi j'avois un Frere ,
pour qui m'intereffât l'amitié la plus chere ,
Quand , tous deux , en même heure , ayant reço
le jour,
Nourris Jous mêmes foins , dans le même fé
jour
Le Ciel auroit uni par les plus fortes chaînes ,
Nos voeux , nos fentimens , nos plaifirs & nos
peines ;
Si ce Frere ficher , troublé du moindre effroi ,
Me pouvoit faire en lui craindre un manque de
foy ,
Par moi-même auffi - tôt fa lâcheté punie ,
Préviendroit notre perte , & son ignominie.
Vous louates , Seigneur , ce noble fentiment
Et chacun, après vous , fait le méme ferments.
L'ap
2254 MERCURE DE FRANCE:
L'application de ce préambule tombe fur
Servilius , dont la foibleffe n'a que trop vifiblement
paru ; Manlius blâme le foupçon de
Rutile , & le quitte , Rutile marche fur fes
pas pour le porter à tenir fon ferment , & à
facrifier fon ami à la fureté des Conjurez .
Au quatriéme Acte , Servilius paroît agité
de remords , au fujet de la conjuration dans
laquelle il est entré. Valerie arrive , & fait connoître
par un à parte de deux Vers , qu'elle implore
le fecours des Dieux qui l'ont infpirée.
Pour calmer l'agitation de Servilius , elle lui
confeille de tout réveler au Sénat , à condition
qu'il pardonnera tout : Servilius rejette cette
propofition , qu'il femble d'abord approuver
par un fecret avis des Dieux. Il le fait entendre
par ces Vers :
Par les Dieux immortels , appuis de cet Empire
,
Ces motsfont des éclairs qui , paffant dans mon
coeur >
Y font un jour affreux qui me remplit d'horreur
;
Vaincu par ma pitié... mais quoi ! Rome inhumaine
Tu devrois ton falut aux objets de ta baine !
Je pourrois d'un Ami trahir tous les bienfaits
,
Le forcer.... non ; mon cur ne l'ofera jau
mais .
Valerie le voyant encore irréfolu , lui die
enfin :
Il faut ; il faut enfin vous y déterminer :
Vous
SEPTEMBRE . 1729. 2255
Vous n'avezrien à craindre , & puiſqu'il faut
tout dire ›
De la foi du Senat j'ai ce que je defire.
Il m'a tout accordé de peur d'être furpris .
Servilius frappé de ce que Valerie lui annonce
, lui reproche fon indifcretion ; il la
conjure de fe fauver ; elle lui dit de ne rien
craindre , & fe retire , voyant approcher
Manlius .
Manlius , d'un ton de voix fevere , demande
à Servilius s'il connoît bien la maîn de Rutile.
Manlius lui ayant répondu qu'il la connoît ;
Tien , li , lui dit Manlius , en lui donnant
cette Lettre .
Vous avez méprifé majufte défiance ,
Tout eft fçû par l'endroit que j'avois Soupçonné
;
C'est par un Senateur de notre intelligence ,
Qu'en ce moment l'avis m'en eft donné :
Fuyez chez les Veïens où notre fort nous
guide :
Mais , pour flatter les maux où ce coup nous
réduit ,
Trop heureux en partant , fi la mort du perfide
.
De fon crime , par vous , lui déroboit le fruit.
Servilius ne répond qu'en préfentant à Manlius
fon coeur à frapper. Manlius ne peut confentir
à lui donner la mort , & le quitte en
lui difant :
Je laille à tes remords le foin de ma vengeance.
Servi
2256 MERCURE DE FRANCE .
Servilius , couvert de honte par les reproches
que Manlius vient de lui faire , convient
qu'il ne les a que trop meritez , & fe détermi
ne à retourner auprès de fon Ami , pour le faire
douter qui l'emporte dans fon coeur du
crime ou des remords . Albin vient l'avertir
qu'on a arrêté Manlius dans le tems qu'il ne
fongeoit qu'à fe donner la mort , ce qui re
double fon défefpoir. Il reproche à Valerius
qui furvient , fon manque de foi . Valerius lui
répond qu'il ne rend point raifon des ordres
fecrets du Senat ; il l'exhorte à abandonner
Jes interêts de Manlius ces dernieres paroles
lui annonçant le danger de fon Ami , lui font
perdre toute confideration envers Valerie qui
arrive un moment après que fon Pere s'eft retiré
; il l'appelle perfide & trop digne d'être
immolée à fon reffentiment ; il la conjure enfin
par tout l'amour qui les unit d'aller faire un
dernier effort fur le coeur de fon Pere pour
fauver Manlius.
فا
Dans le se Acte , Albin dit à Manlius quet
Servilius , à qui il fouhaite parler , viendra
bientôt. Manlius luy fait connoître qu'il l'aime
encore malgré fa trahifon . Albin luy dit
que Servilius n'a rien oublié pour reparer une
faute à laquelle fon coeur n'a point eu de part,
& que c'eft luy qui a fait que le Senat n'ofant
ni le condamner , ni l'abfoudre , a chargé les
Tribuns de le juger.
Servilius vient. Manlius luy demande s'il
pourra encore compter fur fa foy . Servilius
convient qu'il a merité ce doute injurieux.
Manlius luy fait entendre , qu'étant défarmé ,
il n'eft plus maître de fon fort , & que c'eſt à
luy à le fauver de l'infamie qu'on luy prépare .
Albin vient avertir Manlius qu'un Tribun
monte au Capitole , & que c'et apparemment
pour
SEPTEMBRE . 1729. 2257
pour l'interroger. Manlius dit à Servilius qu'il
eft temps qu'il luy prête le fecours qu'il lui demande.
Servililus lui répond qu'il le fervira
par - delà fon defir. Manlius fe retire.
Valerie vient. Elle dit à Servilius que fon
pere eft inflexible. Servilius s'attendrit pour
elle , & la prépare doucement aux funeftes
fuites d'un malheur où fon imprudence l'a
jettée. Il la quitte.
Valerie veut le fuivre ; mais Tullie , fa confidente,
luy apprend que Servilius luy a donné
des gardes pour l'empêcher de fortir.
Albin tout éperdu vient apprendre à valerie
la mort de Manlius , & celle de Servilius . Il
luy dit que Servilius ayant marché fur les pas
de Manlius qui montoit au Capitole , chargé
d'indignes fers , Manlius avoit dit à fes gardes
qu'il avoit à relever un fecret qui importoit à
la Republique; mais qu'il ne vouloit le confier
qu'au feul Servilius ; que fes ga des s'étant éloignez
pour le laiffer parler à fon ami¸il lui avoit
demandé l'effet de fa promeffe ; que Servilius ,
fans perdre temps l'avoit entraîné vers un
précipice , pour luy épargner la honte de fe
condamner; il finit fon trifte recit par ces vers:
Sur le bord auffi - tôt il l'entraîne avec luy ;
On s'écrie , on y court ; mais ce foin eft frivole
Tous deux précipitez au pied du Capitole ,
Ils meurent embraffez ; triftes objets d'horreur ;
Où l'on voit l'amitié confacrer la fureur.
Valerie fe punit elle- même d'avoir caufé la
mort de fon époux , & fe perce le coeur d'un
poignard , dont elle s'étoit munie à tout évenement.
Comme il n'y a point d'ouvrage parfait ;
celuy
2258 MERCURE DE FRANCE .
celuy- cy n'a pas été exempt de la critique . On
a trouvé la verfification de Manlius nerveuse ,
mais quelquefois un peu dure. Le caractere de
Rutile n'a pas paru fe foûtenir également par
tout .Sa prudence , a- t'on dit, eft un peu en défaut
à l'égard de Servilius, ce dernier veut laiffer
Valerie pour ôtage entre les mains de Manlius
; mais ce Manlius eft fon ami ; fa complaifance
peut aller trop loin en faveur de
celuy qui remet l'ôtage entre fes mains ; cet
ôtage auroit été plus feurement entre les
mains de Rutile , & il devoit l'exiger , ne futce
que pour empêcher que Servilius ne parlât à
Valerie , qui n'étoit que trop fufpećte, comme
fille du Conful , à qui les Conjurez refervoient
leurs premiers coups . Cette Critique n'eft que
trop bien fondée , & l'on n'a befoin pour le
prouver que de ces vers deManlius à Servilius:
Cependant Valerie eft libre dans ces lieux ,
Et fa vue à toute heure eft permife à tes yeux.
Manlius , pourfuit- on , n'a pas même dû recevoir
Valerie dans fon Palais , cet amas prodigieux
d'armes qu'elle y a découvert , fuffifoit
pour luy donner d'étranges foupçons . Valerie
découvre la confpiration trop brufquement
, les Spectateurs auroient du moins voulu
voir quelques combats , entre ce qu'elle devoit
à fon Pere , & à ce qu'elle devoit à la promeffe
qu'elle avoit faite à fon Epoux par ces vers
du troifiéme Acte :
Ne croyez pas tourtant qu'après un tel difcours
Je trahiffe un fecret d'où dépendent vos jours.
Le Senat , ajoute- t'on , ayant promis à Valerie
SEPTEMBRE. 1729. 2259
rie de faire grace à tous les Conjurez , ne peut
condamner Manlius fans violer fa foy ; & quoi
qu'il le faffe juger par les Tribuns , cette pré-
Caution ne fauve pas l'infidelité.
Voilà à peu près toutes les obfervations
Critiques qui font venues à notre connoiffan
ce; mais ce n'eft pas à de pareilles minuties
qu'on doit imputer le peu de fuccez de la reprife
de cette Tragedie, le fort des plus belles
Pieces dépend de tant de circonftances , qu'il
n'eft pas facile de porter un jugement affuré
fur les caufes qui ont pû influer à leur peu de
réuffite.
Manlius - Capitolinus , Tragédie de M de
la Foffe , Cette Piéce qu'on juge la meilleure
des quatre que cet excellent Auteur a données
au Public , fut reçûe avec les applaudiffemens
. que les vrais Connoifleurs ne
refufent jamais aux bons Ouvrages . On en a
interrompu les Repréſentations ; peut- être
eft- ce pour attendre une Saifon plus favorable
aux Spectacles ; cependant nous avons crû
que le Public nous fçauroit bon gré de ne lui
pas differer le plaifir d'en voir l'Extrait dans
notre Journal.
Manlius ouvre la Scene avec Albin , fon Confident
. Il lui fait entendre que le tems approche
o il va tirer raifon de l'injuftice des Tyrans
de Rome. L'Auteur défigne le lieu de la Scene
par ces quatre Vers , qu'il met dans la
bouche d'Albin :
Quels préfages heureux pour un deffein fi
jufte !
Cet écueil des Gaulois , ce Capitole augufte ,
L'azile de nos Dieux , le falut des Romains ,
Vous-même y commandez , fon fort est en vos
mains.
Le Conful Valerius vient fe plaindre à Manlius
de l'azile qu'il prête à Servilius , raviffeur
de fa fille Valerie , & profcript par le Senat
Manlius lui répond :
' une pitié fi jufte eft ce à vous de vous plain
dre ?
Fy
Sa
248 MERCURE DE FRANCE:
`si c'est une vertu qu'en moi l'on doive crain
dre ,
Si du Peuple par elle on fe fait un appui , .
Pourquoi fuis-je le feul qui l'exerce aujourd'hui..
Manlius voyant approcher fon ami Servi
lius , quitte Valerius,en lui difant :
Pour vous parler , Seigneur je le vois qui
s'avance ;
2
Peut-être en l'écoutant , un sentiment plus
doux
Prendra dans votre coeur la place du courroux
..
Valerius promet à Servilius de fe réconcilier
avec lui , à condition qu'il rompra tout com
merce avec Manlius ; Servilius lui répond :
Si votre offre un moment avoit pû m'ébranler ,
De cefer à vos yeuxje voudrois m'immoler.
Valerie vient après que fon Pere s'eft retirés
Manlius lui annonce que ce Conful eft infléxible
; Valerie confent à l'éxil où ils font réduits
tous deux , & répond avec fermeté à
fon Epoux :
Quelques malheurs fur nous que le deftin raffemble
Nousfouffrons , mais unis z nous fuyons » mais
enfemble :
Tous lieux font pleins d'attraits aux coeurs qui
S'aiment bien ;
Et
SEPTEMBRE. 1729. 2249
12
Eh ! peut- on être heureux fans qu'il en coûta
rien ?
Servilius ne veut fortir de Rome qu'après
avoir confulté Manlius .
Manlius & Servilius commencent le ſecond
Acte ; Manlius n'approuve pas le deffein que
fon ami a formé d'abandonnner Rome ; Servilius
lui fait entendre que ce que fa difgrace a
de plus dur pour lui , c'eft qu'elle retombe
fur Valerie , & que le fort de cette chere Epoufe
lui arrache des larmes , ce qui oblige Manlius
à lui répondre :
Des larmes ! Ah ! plutôt par tes vaillantes
mains ,
Soyent noyez dans leur fang , ces perfides Romains.
Des larmes ! jufques - là ta douleur te poffede !
Il est pour l'aquerir un plus noble remede ;
Un privilege illuftre , un des droits glorieux
Qu'un homme tel que toi partage avec les
Dieux ;
La vengeance,
}
A ce mot de vengeance , Servilius founçonne
Manlius de quelque grand deffein , dont il
le prie de lui
le prie de lui faire part. Manlius lui apprend
que leurs communs Tyrans vont bientôt périr
par une conſpiration dont Rutile eft un des
Chefs , à quoi il ajoûte :
Tout me flate , j'ai fçu pour l'effet de mes voeuxs
Trouverdivers moyens indépendants entr'eux ,
Qui peuvent s'entr' aider , fans pouvoir s'entrenuire
v F vj EN
2250 MERCURE DE FRANCE.
Et dont à mon deffein unfeul peut me conduire,
Il avertit Manlius que Rutile exigera de lui
un ferment qui puiffe laffurer de la foi , &
voyant venir ce dernier , il prie fon ami de fe
retirer pour un moment. Rutile eft très - furpris
d'apprendre que Manlius a confié fon fecret
à Servilius , qui doit être fufpect , comme
Gendre de Valerius
Servilius vient raffurer Rutile ; & pour ne
lui laiffer plus aucun doute fur fa foi , il confent
que Valerie ferve d'otage chez Manlius ,
& en veut fervir lui - même chez Rutile ; il dit
à ce dernier :
Témoin de tous mes pas , obſervez ma conduites,
Et fi ma fermeté fe dément dans la fuite ,
A mes yeux auffi- tôt pranez ce fer en main ;
Dites à Valerie , en lui perçant le ſein ,
Pour prix de ta vertu , de ton amour extrême
,
Servilius par moi t'affaffine lui- même ;
Et dans le même inſtant , tournant ſur moi vos
coups ,
'Arrachez- moi ce coeur ; qu'il foit aux yeux de
tous ,
Montré comme le coeur d'un lâche , d'un parjure
,
Et qu'aux Vautours après il ſerve de pâture .
Quoique cette loy que Servilius s'impofe
femble devoir raffurer Rutile , il fe réſerve
d'éprouver la foi de ce nouveau Conjuré par
quelques ftratagêmes.
SerSEPTEMBRE.
1729. 225T
Servilius , dans l'Acte précedent , a chargé
Manlius de faire fes adieux à Valerie , & de la
réfoudre à quitter Rome fans lui ; Valerie ne
fçachant à quoi attribuer cette espece de divorce
, vient attendre Servilius au fortir de
chez Manlius ; fon Epoux arrive, elle lui reproche
le foin qu'il prend de l'éviter , & fur
tout fa défiance. Servilius voyant qu'elle le
preffe de lui dire un fecret qu'il lui veut cas
cher , lui répond :
.... Pourquoi me demander
Ce que ma gloire ici ne peut vous accorder ?
Souffrez que mon devoir borne votre puiſſance ;
Les fecrets que je cache à votre connoiſſance
Sont tels.... mais où se vont égarer mes ef
prits ?
Adieu ,
Valerie l'arrête , & lui dit:
Vous me fuyez en vain , j'ai tout comprise
Votre départ remis, votre fureur fecrette ,
Dont cet airfombre & fier m'eft un sûr interprete
,
Votre ardeur à me fuir , contre vous tout fait
foy.
Vous voulez vous venger de mon Pere , &c .
Un amas prodigieux d'armes que Valerie a
vû chez Manlius , certifie fes foupçons . Servi
lius les augmente par ces mots :
GrandsDieux !
Qu'ofez- vous pénétrer › fçavez vous , Valerie,
Quet
2252 MERCURE DE FRANCE.
Quel peril déformais menace votre vie ?
Que votre sûreté dépend à l'avenir
D'effacer ce difcours de votre fouvenir ?
Par le moindre soupçon , pour peu qu'on en apprenne
,
C'est fait de votre vie , ensemble & de la
mienne.
Vous êtes en ces lieux l'otage de ma foi ;
Je le fuis de la vôtre.
Valerie toujours plus tremblante pour fon
Pere , n'oublie rien pour faire repentir Servilius
du projet où il vient d'entrer ; elle tâche
pourtant de le railurer fur fon fecret par ces
Vers :
Ne croyez pas pourtant qu'après un tel difcours
,
Je trahiffe un fecret d'où dépendent vos jours ;
Ces jours font pour mon coeur d'un prix que rien
n'égale ;
Mais fi pour défarmer cette fureurfatale ,
Mon Pere dans mes pleurs ne trouve point
d'appui ,
J'en attefte les Dieux , je péris avec lui..
Valerie fe retire ; Servilius dans un Monologue
fait connoître que fon coeur commence
à s'ébranler , & que la pitié lui parle en faveur
de fa Patrie ; Manlius vient lui annoncer
que tout favorife la confpiration , & qu'elle
fera executée dès le lendemain dans le Capitole
, où l'on doit offrir un Sacrifice aux
Dieux pour fe les rendre favorables dans la 3.
Guerre
SEPTEMBRE . 1729. 2:53
Guerre que le Senat vient de déclarer aux
Circeiens .
Rutile arrive , & fait connoître par un court
à parte qu'il veut éprouver Servilius. Il fait à
fes yeux une fi horrible image de ce que les
Conjurez doivent executer , que Servilius ne
peut s'empêcher de pâlir à ce terrible récit.
Rutile qui l'obferve , en conçoit de juftes foup ,
çons ; il le prie de lui permettre de parler un
moment fans témoins à Manlius ; Servilius fe
retire.
Kutile rappelle à Manlius les fermens qu'ils
ont tous faits ; voici comment il s'exprime ::
Seigneur , il vous fouvient des fermens que j'ai
faits.
Lorfque de nos amis j'embraffai les projets ,
Je jurai devant tous que fi j'avois un Frere ,
pour qui m'intereffât l'amitié la plus chere ,
Quand , tous deux , en même heure , ayant reço
le jour,
Nourris Jous mêmes foins , dans le même fé
jour
Le Ciel auroit uni par les plus fortes chaînes ,
Nos voeux , nos fentimens , nos plaifirs & nos
peines ;
Si ce Frere ficher , troublé du moindre effroi ,
Me pouvoit faire en lui craindre un manque de
foy ,
Par moi-même auffi - tôt fa lâcheté punie ,
Préviendroit notre perte , & son ignominie.
Vous louates , Seigneur , ce noble fentiment
Et chacun, après vous , fait le méme ferments.
L'ap
2254 MERCURE DE FRANCE:
L'application de ce préambule tombe fur
Servilius , dont la foibleffe n'a que trop vifiblement
paru ; Manlius blâme le foupçon de
Rutile , & le quitte , Rutile marche fur fes
pas pour le porter à tenir fon ferment , & à
facrifier fon ami à la fureté des Conjurez .
Au quatriéme Acte , Servilius paroît agité
de remords , au fujet de la conjuration dans
laquelle il est entré. Valerie arrive , & fait connoître
par un à parte de deux Vers , qu'elle implore
le fecours des Dieux qui l'ont infpirée.
Pour calmer l'agitation de Servilius , elle lui
confeille de tout réveler au Sénat , à condition
qu'il pardonnera tout : Servilius rejette cette
propofition , qu'il femble d'abord approuver
par un fecret avis des Dieux. Il le fait entendre
par ces Vers :
Par les Dieux immortels , appuis de cet Empire
,
Ces motsfont des éclairs qui , paffant dans mon
coeur >
Y font un jour affreux qui me remplit d'horreur
;
Vaincu par ma pitié... mais quoi ! Rome inhumaine
Tu devrois ton falut aux objets de ta baine !
Je pourrois d'un Ami trahir tous les bienfaits
,
Le forcer.... non ; mon cur ne l'ofera jau
mais .
Valerie le voyant encore irréfolu , lui die
enfin :
Il faut ; il faut enfin vous y déterminer :
Vous
SEPTEMBRE . 1729. 2255
Vous n'avezrien à craindre , & puiſqu'il faut
tout dire ›
De la foi du Senat j'ai ce que je defire.
Il m'a tout accordé de peur d'être furpris .
Servilius frappé de ce que Valerie lui annonce
, lui reproche fon indifcretion ; il la
conjure de fe fauver ; elle lui dit de ne rien
craindre , & fe retire , voyant approcher
Manlius .
Manlius , d'un ton de voix fevere , demande
à Servilius s'il connoît bien la maîn de Rutile.
Manlius lui ayant répondu qu'il la connoît ;
Tien , li , lui dit Manlius , en lui donnant
cette Lettre .
Vous avez méprifé majufte défiance ,
Tout eft fçû par l'endroit que j'avois Soupçonné
;
C'est par un Senateur de notre intelligence ,
Qu'en ce moment l'avis m'en eft donné :
Fuyez chez les Veïens où notre fort nous
guide :
Mais , pour flatter les maux où ce coup nous
réduit ,
Trop heureux en partant , fi la mort du perfide
.
De fon crime , par vous , lui déroboit le fruit.
Servilius ne répond qu'en préfentant à Manlius
fon coeur à frapper. Manlius ne peut confentir
à lui donner la mort , & le quitte en
lui difant :
Je laille à tes remords le foin de ma vengeance.
Servi
2256 MERCURE DE FRANCE .
Servilius , couvert de honte par les reproches
que Manlius vient de lui faire , convient
qu'il ne les a que trop meritez , & fe détermi
ne à retourner auprès de fon Ami , pour le faire
douter qui l'emporte dans fon coeur du
crime ou des remords . Albin vient l'avertir
qu'on a arrêté Manlius dans le tems qu'il ne
fongeoit qu'à fe donner la mort , ce qui re
double fon défefpoir. Il reproche à Valerius
qui furvient , fon manque de foi . Valerius lui
répond qu'il ne rend point raifon des ordres
fecrets du Senat ; il l'exhorte à abandonner
Jes interêts de Manlius ces dernieres paroles
lui annonçant le danger de fon Ami , lui font
perdre toute confideration envers Valerie qui
arrive un moment après que fon Pere s'eft retiré
; il l'appelle perfide & trop digne d'être
immolée à fon reffentiment ; il la conjure enfin
par tout l'amour qui les unit d'aller faire un
dernier effort fur le coeur de fon Pere pour
fauver Manlius.
فا
Dans le se Acte , Albin dit à Manlius quet
Servilius , à qui il fouhaite parler , viendra
bientôt. Manlius luy fait connoître qu'il l'aime
encore malgré fa trahifon . Albin luy dit
que Servilius n'a rien oublié pour reparer une
faute à laquelle fon coeur n'a point eu de part,
& que c'eft luy qui a fait que le Senat n'ofant
ni le condamner , ni l'abfoudre , a chargé les
Tribuns de le juger.
Servilius vient. Manlius luy demande s'il
pourra encore compter fur fa foy . Servilius
convient qu'il a merité ce doute injurieux.
Manlius luy fait entendre , qu'étant défarmé ,
il n'eft plus maître de fon fort , & que c'eſt à
luy à le fauver de l'infamie qu'on luy prépare .
Albin vient avertir Manlius qu'un Tribun
monte au Capitole , & que c'et apparemment
pour
SEPTEMBRE . 1729. 2257
pour l'interroger. Manlius dit à Servilius qu'il
eft temps qu'il luy prête le fecours qu'il lui demande.
Servililus lui répond qu'il le fervira
par - delà fon defir. Manlius fe retire.
Valerie vient. Elle dit à Servilius que fon
pere eft inflexible. Servilius s'attendrit pour
elle , & la prépare doucement aux funeftes
fuites d'un malheur où fon imprudence l'a
jettée. Il la quitte.
Valerie veut le fuivre ; mais Tullie , fa confidente,
luy apprend que Servilius luy a donné
des gardes pour l'empêcher de fortir.
Albin tout éperdu vient apprendre à valerie
la mort de Manlius , & celle de Servilius . Il
luy dit que Servilius ayant marché fur les pas
de Manlius qui montoit au Capitole , chargé
d'indignes fers , Manlius avoit dit à fes gardes
qu'il avoit à relever un fecret qui importoit à
la Republique; mais qu'il ne vouloit le confier
qu'au feul Servilius ; que fes ga des s'étant éloignez
pour le laiffer parler à fon ami¸il lui avoit
demandé l'effet de fa promeffe ; que Servilius ,
fans perdre temps l'avoit entraîné vers un
précipice , pour luy épargner la honte de fe
condamner; il finit fon trifte recit par ces vers:
Sur le bord auffi - tôt il l'entraîne avec luy ;
On s'écrie , on y court ; mais ce foin eft frivole
Tous deux précipitez au pied du Capitole ,
Ils meurent embraffez ; triftes objets d'horreur ;
Où l'on voit l'amitié confacrer la fureur.
Valerie fe punit elle- même d'avoir caufé la
mort de fon époux , & fe perce le coeur d'un
poignard , dont elle s'étoit munie à tout évenement.
Comme il n'y a point d'ouvrage parfait ;
celuy
2258 MERCURE DE FRANCE .
celuy- cy n'a pas été exempt de la critique . On
a trouvé la verfification de Manlius nerveuse ,
mais quelquefois un peu dure. Le caractere de
Rutile n'a pas paru fe foûtenir également par
tout .Sa prudence , a- t'on dit, eft un peu en défaut
à l'égard de Servilius, ce dernier veut laiffer
Valerie pour ôtage entre les mains de Manlius
; mais ce Manlius eft fon ami ; fa complaifance
peut aller trop loin en faveur de
celuy qui remet l'ôtage entre fes mains ; cet
ôtage auroit été plus feurement entre les
mains de Rutile , & il devoit l'exiger , ne futce
que pour empêcher que Servilius ne parlât à
Valerie , qui n'étoit que trop fufpećte, comme
fille du Conful , à qui les Conjurez refervoient
leurs premiers coups . Cette Critique n'eft que
trop bien fondée , & l'on n'a befoin pour le
prouver que de ces vers deManlius à Servilius:
Cependant Valerie eft libre dans ces lieux ,
Et fa vue à toute heure eft permife à tes yeux.
Manlius , pourfuit- on , n'a pas même dû recevoir
Valerie dans fon Palais , cet amas prodigieux
d'armes qu'elle y a découvert , fuffifoit
pour luy donner d'étranges foupçons . Valerie
découvre la confpiration trop brufquement
, les Spectateurs auroient du moins voulu
voir quelques combats , entre ce qu'elle devoit
à fon Pere , & à ce qu'elle devoit à la promeffe
qu'elle avoit faite à fon Epoux par ces vers
du troifiéme Acte :
Ne croyez pas tourtant qu'après un tel difcours
Je trahiffe un fecret d'où dépendent vos jours.
Le Senat , ajoute- t'on , ayant promis à Valerie
SEPTEMBRE. 1729. 2259
rie de faire grace à tous les Conjurez , ne peut
condamner Manlius fans violer fa foy ; & quoi
qu'il le faffe juger par les Tribuns , cette pré-
Caution ne fauve pas l'infidelité.
Voilà à peu près toutes les obfervations
Critiques qui font venues à notre connoiffan
ce; mais ce n'eft pas à de pareilles minuties
qu'on doit imputer le peu de fuccez de la reprife
de cette Tragedie, le fort des plus belles
Pieces dépend de tant de circonftances , qu'il
n'eft pas facile de porter un jugement affuré
fur les caufes qui ont pû influer à leur peu de
réuffite.
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4234
s. p.
PRIVILEGE DU ROY.
Début :
LOUIS, par la grace de Dieu, Roi de France & de Navarr : à nos Amez & Feaux Conseillers, les [...]
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texteReconnaissance textuelle : PRIVILEGE DU ROY.
K 1 V I h E G E
L6WOX I DV ROT.
1^05
Ee)'Jli,\af la grâce de Dieu , Roi de France & c'a
Navarr. : à nos Amez & Féaux Conseillers, les
Gens tenans nos Cours de Parlement , Maîtres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Grand.Conseil '
Bailliss , Sénéchaux , leurs Lieutcnans Civils, & au
tres nos Officiers & Justiciers qu'il appartiendra. Sa.
lut : l'applaudissement que reçoit le Mercure di
France, cy - devant appcllé .le Mercure Galant,
egmposé depuis l'année 16-2. par le sieut de Visé , &
autres Auteurs ,nous fait croire que le sieftr Dufrcni ,
^Titulaire du dernier Brevet étant decedé,'il ne con
vient pas que le Public soit à l'avenir privé d'un ou.
vrag» aussi utile qu'agréable , tant à nos sujets qu'aux
étrange'rs; c'est dans cette vue que bien informi. des
talens , & de la sagesse du sieur Antoine de ia Roque,
Ecuyer , ancien Gendarme dans la Compagnie dtiv
Gendarmes de nôtre Garde ordinaire , & Cheva'Icr
de nôtre Ordre Militaire de Saint J.oùis ; nous Pavons
çhoifi pour composer à l'avenir exclusivement à tout
autre ledit Ouvrage , sous le titre de Mercure dé
Í'rance , & nous lui en avons á cet eS'et accordé nôtre
Brevet ie 1 -, Octobre dernier , pour ,1'execution du
quel ledit sieur de la Roque nous a fait supplier de
lui accorder nos Lettres de Privilège fur ce nécessai
res : A ces causes , conformément audit Brevet , Nous
lui avons permis & permettons par ces Présentes de
composer & donner au Publx á l'avenir tous les mois,
à lui seul exclusivement , ledit Mercure de France, qu'il
pourra faire imprimer en tel volume , forme , marge,
caractère , conjoincement, ou séparément , & autant
de sois que bon lui semblera , chaque mois , & de le
faire vendre & débiter par tout nôtre Royaume, 8c ce
pendant le temps de douze années consécutives , k
compter du jour de .adatte des Présentes ; à condi.
tion néanmoins que chaque voinme portera son Approfeisiçn
exptefle de ì'Examinateur , qui aura écé cou».
•aris à cet effet. Faisons diseuses a tontes Tortes de
personnes , de quelques qualiteï A conditions qu'elle»
soient , d'en introduire d'impressions étrangères dan»
aucun lieu de nôtre obéissance , comme aussi à tou»
Libraires , Imprimeurs , Graveurs , & autres , d'im
primer , faire imprimer , graver , vendre , faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Livre, ou planches , en touc
ou en partie ., ni d'en faire aucun Extrait , fous quel»
que prétexte que ce soit , d'augmentation , correc
tions , changement de titre , ou autrement , fans I»
permission expresse & par écrit de l'Exposant , ou de
jeeux qui auront droit de lui ; le tout à peine de con
fiscation des exemplaires contrefaits í de 6000, livre»
d'amende j payables fans déport par chacun des contrevenans
j dont un tiers à Nous , un tiers à ì'Hôtel.
Dieu de Paris, l'autre tiers à l'Exposant, ou à ceuK
qui auront droit de lui , & de tous dépens, domma
ges & interelts i à la charge que ces Présentés seront
enregistrées tout au long fur le Registre de la Com
munauté des Libraires & Imprimeurs de Paris , & Ce
dans trois mois de la datte d'icelles ; que l'impressioa
de ce Livre fera faite dans nôtre Royaume , & no»
ailleurs , en fin papier , & en beau caractère , confor
mément aux Reglemens de la Librairie ; & qu'avant
de l'exposcr en vente , le manuscrit ou imprimé qui
aura servi de copie à j'impressipn dudit Livre fer*
remis dans le même état , où les Approbations y au
ront été données , ès in-ains de nôtre très-cher &
féal Cheyalier , Garde des Sceaux de France , le
sieur Fleuriau d'Armehon viile. Commandeur de no»
ordres , & qu'il en fera ensuite remis deux Exemplai
res de chacun dans nôtre Bibliothèque publique , un
dans celle de nôtre Château du Louvre, & un dan»
Celle de nôtredit très-cher & Féal Chevalier, Garde
des Sceaux de France ; le tout à peine de nullité des
Présentes , du contenu desquelles Vous enjoignons de
faire jouir ledit Exposant , ou ses ayans cause pleine
ment & paisiblement , sans souffrir qu'il leur soit sait
aucuns troubles St empêchemens , & à cet effet nous
avons révoqué & révoquons tous autres Privilèges
qui pourrjient avoir été donnez cy-devant à d'autres
qu'audit Exposant ; Voulons que la copie des Présentes
qui fera imprimée tout au loiìg au commencement ou
à la fin dudit Livre soit tenue pour dúcmcnc lignifiée,
& qu'aux copies collatíonnées par l'un de nos Ameï
tí Féaux Conseillers. Secrétaires, foy soit ajoutée, &cì
L6WOX I DV ROT.
1^05
Ee)'Jli,\af la grâce de Dieu , Roi de France & c'a
Navarr. : à nos Amez & Féaux Conseillers, les
Gens tenans nos Cours de Parlement , Maîtres des
Requêtes ordinaires de nôtre Hôtel , Grand.Conseil '
Bailliss , Sénéchaux , leurs Lieutcnans Civils, & au
tres nos Officiers & Justiciers qu'il appartiendra. Sa.
lut : l'applaudissement que reçoit le Mercure di
France, cy - devant appcllé .le Mercure Galant,
egmposé depuis l'année 16-2. par le sieut de Visé , &
autres Auteurs ,nous fait croire que le sieftr Dufrcni ,
^Titulaire du dernier Brevet étant decedé,'il ne con
vient pas que le Public soit à l'avenir privé d'un ou.
vrag» aussi utile qu'agréable , tant à nos sujets qu'aux
étrange'rs; c'est dans cette vue que bien informi. des
talens , & de la sagesse du sieur Antoine de ia Roque,
Ecuyer , ancien Gendarme dans la Compagnie dtiv
Gendarmes de nôtre Garde ordinaire , & Cheva'Icr
de nôtre Ordre Militaire de Saint J.oùis ; nous Pavons
çhoifi pour composer à l'avenir exclusivement à tout
autre ledit Ouvrage , sous le titre de Mercure dé
Í'rance , & nous lui en avons á cet eS'et accordé nôtre
Brevet ie 1 -, Octobre dernier , pour ,1'execution du
quel ledit sieur de la Roque nous a fait supplier de
lui accorder nos Lettres de Privilège fur ce nécessai
res : A ces causes , conformément audit Brevet , Nous
lui avons permis & permettons par ces Présentes de
composer & donner au Publx á l'avenir tous les mois,
à lui seul exclusivement , ledit Mercure de France, qu'il
pourra faire imprimer en tel volume , forme , marge,
caractère , conjoincement, ou séparément , & autant
de sois que bon lui semblera , chaque mois , & de le
faire vendre & débiter par tout nôtre Royaume, 8c ce
pendant le temps de douze années consécutives , k
compter du jour de .adatte des Présentes ; à condi.
tion néanmoins que chaque voinme portera son Approfeisiçn
exptefle de ì'Examinateur , qui aura écé cou».
•aris à cet effet. Faisons diseuses a tontes Tortes de
personnes , de quelques qualiteï A conditions qu'elle»
soient , d'en introduire d'impressions étrangères dan»
aucun lieu de nôtre obéissance , comme aussi à tou»
Libraires , Imprimeurs , Graveurs , & autres , d'im
primer , faire imprimer , graver , vendre , faire vendre,
débiter ni contrefaire ledit Livre, ou planches , en touc
ou en partie ., ni d'en faire aucun Extrait , fous quel»
que prétexte que ce soit , d'augmentation , correc
tions , changement de titre , ou autrement , fans I»
permission expresse & par écrit de l'Exposant , ou de
jeeux qui auront droit de lui ; le tout à peine de con
fiscation des exemplaires contrefaits í de 6000, livre»
d'amende j payables fans déport par chacun des contrevenans
j dont un tiers à Nous , un tiers à ì'Hôtel.
Dieu de Paris, l'autre tiers à l'Exposant, ou à ceuK
qui auront droit de lui , & de tous dépens, domma
ges & interelts i à la charge que ces Présentés seront
enregistrées tout au long fur le Registre de la Com
munauté des Libraires & Imprimeurs de Paris , & Ce
dans trois mois de la datte d'icelles ; que l'impressioa
de ce Livre fera faite dans nôtre Royaume , & no»
ailleurs , en fin papier , & en beau caractère , confor
mément aux Reglemens de la Librairie ; & qu'avant
de l'exposcr en vente , le manuscrit ou imprimé qui
aura servi de copie à j'impressipn dudit Livre fer*
remis dans le même état , où les Approbations y au
ront été données , ès in-ains de nôtre très-cher &
féal Cheyalier , Garde des Sceaux de France , le
sieur Fleuriau d'Armehon viile. Commandeur de no»
ordres , & qu'il en fera ensuite remis deux Exemplai
res de chacun dans nôtre Bibliothèque publique , un
dans celle de nôtre Château du Louvre, & un dan»
Celle de nôtredit très-cher & Féal Chevalier, Garde
des Sceaux de France ; le tout à peine de nullité des
Présentes , du contenu desquelles Vous enjoignons de
faire jouir ledit Exposant , ou ses ayans cause pleine
ment & paisiblement , sans souffrir qu'il leur soit sait
aucuns troubles St empêchemens , & à cet effet nous
avons révoqué & révoquons tous autres Privilèges
qui pourrjient avoir été donnez cy-devant à d'autres
qu'audit Exposant ; Voulons que la copie des Présentes
qui fera imprimée tout au loiìg au commencement ou
à la fin dudit Livre soit tenue pour dúcmcnc lignifiée,
& qu'aux copies collatíonnées par l'un de nos Ameï
tí Féaux Conseillers. Secrétaires, foy soit ajoutée, &cì
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Résumé : PRIVILEGE DU ROY.
L'édit royal émane du Roi de France et de Navarre et est adressé à divers conseillers, officiers et justiciers. Il souligne l'applaudissement reçu par le Mercure de France, anciennement connu sous le nom de Mercure Galant, publié depuis 1672 par le sieur de Visé et d'autres auteurs. À la suite du décès du titulaire du dernier brevet, le roi nomme le sieur Antoine de la Roque pour poursuivre la publication de cet ouvrage. Le roi accorde à de la Roque un privilège exclusif pour composer et publier le Mercure de France mensuellement, pour une durée de douze années consécutives. Chaque volume doit porter l'approbation de l'examinateur. L'édit interdit l'importation, l'impression, la vente ou la contrefaçon du livre sans permission écrite, sous peine de confiscation et d'amende. L'impression doit se faire dans le royaume, en respectant les règlements de la librairie. Avant la vente, le manuscrit ou l'imprimé doit être remis au Garde des Sceaux, qui en conservera des exemplaires dans diverses bibliothèques. L'édit révoque tous autres privilèges antérieurs et ordonne que les copies imprimées de l'édit soient considérées comme des documents légalisés.
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4235
s. p.
CATALOGUE des Mercures de France, depuis l'année 1721. jusqu'à présent.
Début :
Juin & Juillet 1721 2. vol. Aoust, Septembre, Octobre, [...]
Mots clefs :
Catalogue, Mercures de France
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texteReconnaissance textuelle : CATALOGUE des Mercures de France, depuis l'année 1721. jusqu'à présent.
CATALOGUE des Mercnr.es de f/ance,
depuis farinée 17 2 I . jusqu'à présent.
ÎUin & Juillet 1721. 2. voL
Aoust , Septembre , Octobre ,
Novembre & Décembre 5. vol.
Janvier & Fevrief 1722. 2. vol.
Mars "172*. 2. vol.
Avril, r. vol.
Mai. 2. vol.
juin , Jaillet & Aoust, 3 , vol.
Septembre. 2. vol.
Octobre, 1. vol.
Noyembre. 2. vol.
Décembre. 1. vol.
Année 1 7* 5- lc mois de Dé
cembre double. 13. voj.
Année 1724» les mois de Juin
& de Décembre doubles. 14. vo|.
Année 1725. les mois de Juin ,
de Septembre & de Décembre,
doubles. l$' vol.
Année 1 7*6. les mois de Juin
& de Décembre doubles. 14. vol,
Année 1727- les mois de Juin
& de Décembre doubles. 14. vol.
Année 17 les mois de Juin
& de Décembre doubles 14. vol.
Année 1719- les mois de Juin, de
Septembre & Décembre,dpubles 1 5 . vol.
Janvier 173 ot 1. voj.
M3- vpJ«
depuis farinée 17 2 I . jusqu'à présent.
ÎUin & Juillet 1721. 2. voL
Aoust , Septembre , Octobre ,
Novembre & Décembre 5. vol.
Janvier & Fevrief 1722. 2. vol.
Mars "172*. 2. vol.
Avril, r. vol.
Mai. 2. vol.
juin , Jaillet & Aoust, 3 , vol.
Septembre. 2. vol.
Octobre, 1. vol.
Noyembre. 2. vol.
Décembre. 1. vol.
Année 1 7* 5- lc mois de Dé
cembre double. 13. voj.
Année 1724» les mois de Juin
& de Décembre doubles. 14. vo|.
Année 1725. les mois de Juin ,
de Septembre & de Décembre,
doubles. l$' vol.
Année 1 7*6. les mois de Juin
& de Décembre doubles. 14. vol,
Année 1727- les mois de Juin
& de Décembre doubles. 14. vol.
Année 17 les mois de Juin
& de Décembre doubles 14. vol.
Année 1719- les mois de Juin, de
Septembre & Décembre,dpubles 1 5 . vol.
Janvier 173 ot 1. voj.
M3- vpJ«
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Résumé : CATALOGUE des Mercures de France, depuis l'année 1721. jusqu'à présent.
Le catalogue des 'Mercures de France' de 1721 à 1730 détaille la publication mensuelle ou bimestrielle des volumes. En 1721, les volumes sont bimestriels sauf janvier-février. En 1722, les publications sont mensuelles sauf avril-juin. De 1723 à 1729, certains mois sont en double volume, notamment juin et décembre. En 1730, seul janvier est en volume unique.
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4236
s. p.
AVERTISSEMENT.
Début :
Nous commençons cette nouvelle Année, par presenter au Public le cent-vingt-troisiéme [...]
Mots clefs :
Mercure, Public, Pièces, Morceaux, Prose
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texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT,
iy t Ous commençons cette nouvelle Années
i V par. prefenttr au Public le cent-vingttroistéme
Volume du Mercure. Ce Livre
a paru tous les mois, & n'a souffert aucune
interruption depuis le mois de Juin 171t.
que nous y travaillons nous continuons
de rendre de très-humbles grâces au Lec
teur, de r'accueil favorable qu'il daigne lui
faire. Nous redoublerons nos foins & notre
application , pour qu'il soit a l'avenir en
core plus selon son goût: on n épargnera
rien pour cela. Si des gens éclairez, trou*
voient ce Journal défectueux en quelque
chose , ou qu'il fui susceptible de quelqu'autre
matière & d'un meilleur arrange
ment y on nous fera plaisir d'en donner
avis > les conseils , appuyez, de bonnes rai
sons , feront suivis,.
Nous demandons quelque indulgence
pour certains articles qui parourontJpeut*
être négliges & la diction peu châtiée 3
surtout pour ces derniers tems: Le Letleur
judicieux fera, s'il lui plaît, réflexion , que
dans un Ouvrage tel que celui-ci , il ejî
tres-aìfé de manquer , même dans les choses
Us plus communes 3 dont chacune en par
ticulier efl facile , mais qui ramassées ,
A iij font
AVERTISSEMENT:
font une multiplicité fi grande , qu'il est
bien mal- aisé de donner k toutes la même
Attention , quelque foin qu'on y apporte ;
surtout r quand une colleílion est--faite en
aussi peu de tems. Une chosè qui paroìt un
peu injuste , c'est qu'on reproche assez. sou
vint des inattentions al' Auteur de ce Li
vre , & qu'on ne lui fçache aucun gré des
eorrcòìions fans nombre qu'il fait , & des
fautes qu'il évite.
La grande difficulté dans la description
des Fêtes que nous avons données , a d'a
bord été d'être bien instruit de toutes let
circonstances , & ensuite de trouver des
fermes & des expressions qui répondent
a la beauté & a la grandeur de la ma
tière. Mais ces deux difficultez. surmontées r
il est encore tres-mal-aifê de donner une
idée )'u(ie fur le papier de certaines Fêtes 9
animées par des mouvemens extraordinai
res y pour faire connottre dans tout son
ex ces y ta j'oye & les transports, que nous
avons peints ; car le récit doit donner de
l'ablion a ce qui s'est fait, par des Pot'
traits animez,, des Peintures vives & par
lantes , enforte qu'on ait l'imagination
tellement remplie de ce qu'on lit , qu'on
croye moins lire que voir.
En y employant le tems convenable , oh
peut faire fans doute des Morceaux trisvifs
, & présenter aux yeux de l'efprit
de
A VERT ISSEMENf.
de fort belles images 5 nous osons même
nous flatter qu'on rendra juflice a quel'
Ques traits ajfez. animés , qui fi trouvent
dans plusieurs de nos Relations , maigri
la précipitation avec laquelle nous les
avons écrites \ mais dans une longue fuite
de Descriptions & de Fêtes , c'est tout a»
flus fi on peut y conserver quelque va;
rieté.
Nous faisons de la part du Public de
fiouvelles instances aux Libraires qui envoyent
des Livres pour les annoncer dans
le Mercure , d'en marquer le prix au
juste cela sert beaucoup dans les Pro'
vinces aux personnes qui fe déterminent
la-dej]ns a les acheter , & qui ne fònt pas
furs de l'exattitude des Messagers & des
autres personnes qu'elles chargent de leurs
commissions fui fimvent les font far^
payer.
On invite ici les' Marchands & les
Ouvriers qui ont quelqìies nouvelles Mo
des , soit par des Etoffes nouvelles , Ha
bits , Ajustemén's , Perruques , Coiffures,
òrnemens de tête & autres parures ,
■ainsi que de meubler, Caroffes , Chaises
& autres choses , soit pour P'utilité , soit
four l' agrément , d'en donner quelques
Mémoires pour en avertir le Public , ce
qui pourra faire plaisir à divers' particu-*'
tiers t & proçurer un débit avantageux',
A iij aux
AVERTISSEMENT.
ttux Marchands & aux Ouvriers.
Plusieurs Pieces en Prose & en Ve
envoyées pour le Aíercure , font foitvem
mal écrites qu'on ne f eut les déchifrer ,
elles font four cela rejettêes ; d'autres fc
bonnes a quelques égards 3 & dcfe5luetíJ
en d'autres ; lorsqu'elles peuvent en v
loir la peine , nous Its retouchons av
foin \ mais comme nous ne prenons ce pai
qu'avec peine , nous prions les Atiteu
de ne le pas trouver mauvais , & de tr,
vailler leurs Ouvrages avec le plus d'à
\tention qu'il leur fera possible. Si on ffi
voit leur addresse , on leur indiquera
Us defeíluofìtès & les corrections k fair
Les Sfdvans & les Curieux font prit
de vouloir concourir avec nous pot
rendre ce Livre encore plus utile & p U,
agréable, en nous communiquant les M\
moires & les Pieces en Prose & en Ver.
qui peuvent instruire & amuser. Aticu
point de Littérature n est exclus de c
Recueil , où l'on tâche de mettre une agréa
b le variété 3 Poésies , Eloquence , nou
velles Découvertes dans les Arts & dan
les Sciences , Morale, Antiquité , Hi)
toiïe sacrée & profane , Historiette , My
iologìe , Physique & Métaphifìque , Pie
ces de Théâtre , Jurisprudence , Anaio
mie & Médecine , Critique , Mathlmatl
que f Mémoires , Projets , Traductions
Gravi
AVERTISSEMENT.
Grammaire , Pièces amusantes & recréait'
ves &e. Quand les morceaux d'une cer
taine considération seront trop longs , on
les placera dans un V"tlums extraordinaire,
fjr on fera enforte qu'on puisse les en dé
tacherfacilement , pour la fatisfatlion des
dateurs & des personnes qui ne veulent
avoir que certaines Pièces.
Quelques morceaux de Prose & de
Vtrs rejettes par bonnes raisons , ont fouvent
donné lieu a des plaintes de la part
des personnes intéressées ; mais nous les
prions de considérer que c'est toujours
malgré nous que certaines Pièces font re
butées ', nous ne nous en rapportons pas
toujours a notre seul jugement dans le
choix que nous faisons de celles qui mé
ritent Vimpreffion.
Quoiqu'on ait toujours la précaution
de faire mettre un Avis a la tête de cha
que Mercure , pour avertir qu'on ûe re
cevra point de Lettres ni Paquets par la
Toste dont le port ne soit affranchi , il en
nient cependant quelquefois qu'$n est
tbïigè de rebuter. Ceux qui n'auront pas
fris cette précaution ne*doivent pas être
surpris de ne pas voir parottre les Piéces
qu ils ont envoyées.
Les personnes qui défirent avoir le Merture
des premiers , Joit dans les Provîn
tes ou dans les Pays Etraifgcrs , n'auront
A t qtfk
AVERTISSEMENT.
qu'à J'addrefler k M. Moreau , Commis
au Mercure , vis-à-vis la Comédie Fran*
çoife , k Paris , qui le leur envojera par
la'voye la plus convenable , & avant
qu'il soit en vente ici. Les amis k qui on
s'adrejse pour cela ne sont pas ordinaire
ment fort ex ails s ils n'envoyent gueres
acheter ce Livre précisément dam le tems
qu'il parois, ils ne manquent pas de le
Ure , souvent ils le prêtent k d'autres , &
ne l'envoyent que fort tard , fous le pré
texte spécieux que le Mercure n'a pas
paru plutôt. ~
Nous renouvelions la prière que nous
avons défa faite , quand on envoyé des
Piéces , soit en Vers , soit en Prose , de
lès faire transcrire lisiblement sur des pa
piers séparés , & d'une grandeur raison
nable , avec des marges , & que les noms
propres surtout , soient exatìement écrits.
y Nous aurons toujours les mêmes égards
pour les Auteurs qui ne veulent pas fi
faire connottre ; mais il fèroit bon qu'ils
dennasent une adrejfe , surtout quand il
s'agit de quelque Ouvrage qui peut de
mander des éclaircijfernens ; car souvent
faute d'un tel secours , des Piéces nous
demeurent entre les mains fans pouvoir
les faire paraître.
Nous prions £eux qui par le moyen dé
ieurs correspondances reçoivent des nou~
velU s
AVERTISSEMENT.
belles d'Afrique , du Levant , de Ferse J»
Ae Tartarie , du Japon , de la Chine , des
Indes Orientales & Occidentales & d'au
tres Pays & Contrées éloignées > de vouloir
nous en faire part à Padresse gentrale du
sjMercure. Ces nouvelles peuvent rouler
fur les guerres préfentes des Etats- voisins
teurs Révolutions , les Traités de Paix
ou de Trêve , les occupations des Souve
rains , la Religion des Peuples y leurs Cé
rémonies , Coutumes & Usages , ks Phé
nomènes & les produblions de la' Nature'
& de PArt &c. comme Pierres figurées SV
Jldarcaffltes rares t Pétrifications & Chris
ttilìfâtions' extraordinaires , Coquillages'
Nour ferons plus attentifs que jamais <*'
apprendre au Public la~mort des Spavans:
& de ceux qui fe font distingués dans des1
Arts & dans la Mécanique ; onyjoin-:
d?4 le récit de leurs- principales occupa*
lions y & des plus considérables aíïionf
de leur vie.- V Histoire des Lettres & des-
Arts doit cette marque de reconnaissanceà
la mémoire de ceux qui s'y font rendus
celíbns , ou qui les ont cultivés avec foin.
Mous espérons que tes parens & les amis
de ces illustres Morts aideront volontiers *<&.
leur rendre ce devoir par les instructions'
qu'ils voudront bien nom fournir. Ce que'
no- us- venons de dire yregirde non-feuleAVERTISSEMENT.
fhtni Paris , mais encore toutes les Pro
vinces du Royaume , qui f euvent fournir
des Evènemens considérables , Morts ,
Mariages , édiles folemnels , Fêtes & au
tres Faits dignes d'être transmis à la
postérité •, on fera, fans doute , surpris
de ne rien trouver dans le Mercure de
ce qui s'est passé dans quelques Villes
célèbres & des plus considérables du
Royaume , a l'occafion de la Naissance d»
Dauphin ì ces Villes ont marqué farts
doute leur z.ele , & ont fait de très- belles
choses \ mais cela est ignoré hors de leurs
murailles , & la Postérité l'ignorera tou
jours, faute d'avoir suivi /''exemple des
autres Villes , des moindres mime, qui
tíwt pas négligé de nous envoyer des Re
lations de leurs Réjouissances &c.
II nous reste k marquer notre reconnoijZ
fance & à remercier au nom du Public
plusieurs Ssavant du premier ordre , £7*
quantité d'autres personnes d'un mérite dis
tingué , dont les produítions enrichissent 1$
Mercure » & le font lire & rechercher*
iy t Ous commençons cette nouvelle Années
i V par. prefenttr au Public le cent-vingttroistéme
Volume du Mercure. Ce Livre
a paru tous les mois, & n'a souffert aucune
interruption depuis le mois de Juin 171t.
que nous y travaillons nous continuons
de rendre de très-humbles grâces au Lec
teur, de r'accueil favorable qu'il daigne lui
faire. Nous redoublerons nos foins & notre
application , pour qu'il soit a l'avenir en
core plus selon son goût: on n épargnera
rien pour cela. Si des gens éclairez, trou*
voient ce Journal défectueux en quelque
chose , ou qu'il fui susceptible de quelqu'autre
matière & d'un meilleur arrange
ment y on nous fera plaisir d'en donner
avis > les conseils , appuyez, de bonnes rai
sons , feront suivis,.
Nous demandons quelque indulgence
pour certains articles qui parourontJpeut*
être négliges & la diction peu châtiée 3
surtout pour ces derniers tems: Le Letleur
judicieux fera, s'il lui plaît, réflexion , que
dans un Ouvrage tel que celui-ci , il ejî
tres-aìfé de manquer , même dans les choses
Us plus communes 3 dont chacune en par
ticulier efl facile , mais qui ramassées ,
A iij font
AVERTISSEMENT:
font une multiplicité fi grande , qu'il est
bien mal- aisé de donner k toutes la même
Attention , quelque foin qu'on y apporte ;
surtout r quand une colleílion est--faite en
aussi peu de tems. Une chosè qui paroìt un
peu injuste , c'est qu'on reproche assez. sou
vint des inattentions al' Auteur de ce Li
vre , & qu'on ne lui fçache aucun gré des
eorrcòìions fans nombre qu'il fait , & des
fautes qu'il évite.
La grande difficulté dans la description
des Fêtes que nous avons données , a d'a
bord été d'être bien instruit de toutes let
circonstances , & ensuite de trouver des
fermes & des expressions qui répondent
a la beauté & a la grandeur de la ma
tière. Mais ces deux difficultez. surmontées r
il est encore tres-mal-aifê de donner une
idée )'u(ie fur le papier de certaines Fêtes 9
animées par des mouvemens extraordinai
res y pour faire connottre dans tout son
ex ces y ta j'oye & les transports, que nous
avons peints ; car le récit doit donner de
l'ablion a ce qui s'est fait, par des Pot'
traits animez,, des Peintures vives & par
lantes , enforte qu'on ait l'imagination
tellement remplie de ce qu'on lit , qu'on
croye moins lire que voir.
En y employant le tems convenable , oh
peut faire fans doute des Morceaux trisvifs
, & présenter aux yeux de l'efprit
de
A VERT ISSEMENf.
de fort belles images 5 nous osons même
nous flatter qu'on rendra juflice a quel'
Ques traits ajfez. animés , qui fi trouvent
dans plusieurs de nos Relations , maigri
la précipitation avec laquelle nous les
avons écrites \ mais dans une longue fuite
de Descriptions & de Fêtes , c'est tout a»
flus fi on peut y conserver quelque va;
rieté.
Nous faisons de la part du Public de
fiouvelles instances aux Libraires qui envoyent
des Livres pour les annoncer dans
le Mercure , d'en marquer le prix au
juste cela sert beaucoup dans les Pro'
vinces aux personnes qui fe déterminent
la-dej]ns a les acheter , & qui ne fònt pas
furs de l'exattitude des Messagers & des
autres personnes qu'elles chargent de leurs
commissions fui fimvent les font far^
payer.
On invite ici les' Marchands & les
Ouvriers qui ont quelqìies nouvelles Mo
des , soit par des Etoffes nouvelles , Ha
bits , Ajustemén's , Perruques , Coiffures,
òrnemens de tête & autres parures ,
■ainsi que de meubler, Caroffes , Chaises
& autres choses , soit pour P'utilité , soit
four l' agrément , d'en donner quelques
Mémoires pour en avertir le Public , ce
qui pourra faire plaisir à divers' particu-*'
tiers t & proçurer un débit avantageux',
A iij aux
AVERTISSEMENT.
ttux Marchands & aux Ouvriers.
Plusieurs Pieces en Prose & en Ve
envoyées pour le Aíercure , font foitvem
mal écrites qu'on ne f eut les déchifrer ,
elles font four cela rejettêes ; d'autres fc
bonnes a quelques égards 3 & dcfe5luetíJ
en d'autres ; lorsqu'elles peuvent en v
loir la peine , nous Its retouchons av
foin \ mais comme nous ne prenons ce pai
qu'avec peine , nous prions les Atiteu
de ne le pas trouver mauvais , & de tr,
vailler leurs Ouvrages avec le plus d'à
\tention qu'il leur fera possible. Si on ffi
voit leur addresse , on leur indiquera
Us defeíluofìtès & les corrections k fair
Les Sfdvans & les Curieux font prit
de vouloir concourir avec nous pot
rendre ce Livre encore plus utile & p U,
agréable, en nous communiquant les M\
moires & les Pieces en Prose & en Ver.
qui peuvent instruire & amuser. Aticu
point de Littérature n est exclus de c
Recueil , où l'on tâche de mettre une agréa
b le variété 3 Poésies , Eloquence , nou
velles Découvertes dans les Arts & dan
les Sciences , Morale, Antiquité , Hi)
toiïe sacrée & profane , Historiette , My
iologìe , Physique & Métaphifìque , Pie
ces de Théâtre , Jurisprudence , Anaio
mie & Médecine , Critique , Mathlmatl
que f Mémoires , Projets , Traductions
Gravi
AVERTISSEMENT.
Grammaire , Pièces amusantes & recréait'
ves &e. Quand les morceaux d'une cer
taine considération seront trop longs , on
les placera dans un V"tlums extraordinaire,
fjr on fera enforte qu'on puisse les en dé
tacherfacilement , pour la fatisfatlion des
dateurs & des personnes qui ne veulent
avoir que certaines Pièces.
Quelques morceaux de Prose & de
Vtrs rejettes par bonnes raisons , ont fouvent
donné lieu a des plaintes de la part
des personnes intéressées ; mais nous les
prions de considérer que c'est toujours
malgré nous que certaines Pièces font re
butées ', nous ne nous en rapportons pas
toujours a notre seul jugement dans le
choix que nous faisons de celles qui mé
ritent Vimpreffion.
Quoiqu'on ait toujours la précaution
de faire mettre un Avis a la tête de cha
que Mercure , pour avertir qu'on ûe re
cevra point de Lettres ni Paquets par la
Toste dont le port ne soit affranchi , il en
nient cependant quelquefois qu'$n est
tbïigè de rebuter. Ceux qui n'auront pas
fris cette précaution ne*doivent pas être
surpris de ne pas voir parottre les Piéces
qu ils ont envoyées.
Les personnes qui défirent avoir le Merture
des premiers , Joit dans les Provîn
tes ou dans les Pays Etraifgcrs , n'auront
A t qtfk
AVERTISSEMENT.
qu'à J'addrefler k M. Moreau , Commis
au Mercure , vis-à-vis la Comédie Fran*
çoife , k Paris , qui le leur envojera par
la'voye la plus convenable , & avant
qu'il soit en vente ici. Les amis k qui on
s'adrejse pour cela ne sont pas ordinaire
ment fort ex ails s ils n'envoyent gueres
acheter ce Livre précisément dam le tems
qu'il parois, ils ne manquent pas de le
Ure , souvent ils le prêtent k d'autres , &
ne l'envoyent que fort tard , fous le pré
texte spécieux que le Mercure n'a pas
paru plutôt. ~
Nous renouvelions la prière que nous
avons défa faite , quand on envoyé des
Piéces , soit en Vers , soit en Prose , de
lès faire transcrire lisiblement sur des pa
piers séparés , & d'une grandeur raison
nable , avec des marges , & que les noms
propres surtout , soient exatìement écrits.
y Nous aurons toujours les mêmes égards
pour les Auteurs qui ne veulent pas fi
faire connottre ; mais il fèroit bon qu'ils
dennasent une adrejfe , surtout quand il
s'agit de quelque Ouvrage qui peut de
mander des éclaircijfernens ; car souvent
faute d'un tel secours , des Piéces nous
demeurent entre les mains fans pouvoir
les faire paraître.
Nous prions £eux qui par le moyen dé
ieurs correspondances reçoivent des nou~
velU s
AVERTISSEMENT.
belles d'Afrique , du Levant , de Ferse J»
Ae Tartarie , du Japon , de la Chine , des
Indes Orientales & Occidentales & d'au
tres Pays & Contrées éloignées > de vouloir
nous en faire part à Padresse gentrale du
sjMercure. Ces nouvelles peuvent rouler
fur les guerres préfentes des Etats- voisins
teurs Révolutions , les Traités de Paix
ou de Trêve , les occupations des Souve
rains , la Religion des Peuples y leurs Cé
rémonies , Coutumes & Usages , ks Phé
nomènes & les produblions de la' Nature'
& de PArt &c. comme Pierres figurées SV
Jldarcaffltes rares t Pétrifications & Chris
ttilìfâtions' extraordinaires , Coquillages'
Nour ferons plus attentifs que jamais <*'
apprendre au Public la~mort des Spavans:
& de ceux qui fe font distingués dans des1
Arts & dans la Mécanique ; onyjoin-:
d?4 le récit de leurs- principales occupa*
lions y & des plus considérables aíïionf
de leur vie.- V Histoire des Lettres & des-
Arts doit cette marque de reconnaissanceà
la mémoire de ceux qui s'y font rendus
celíbns , ou qui les ont cultivés avec foin.
Mous espérons que tes parens & les amis
de ces illustres Morts aideront volontiers *<&.
leur rendre ce devoir par les instructions'
qu'ils voudront bien nom fournir. Ce que'
no- us- venons de dire yregirde non-feuleAVERTISSEMENT.
fhtni Paris , mais encore toutes les Pro
vinces du Royaume , qui f euvent fournir
des Evènemens considérables , Morts ,
Mariages , édiles folemnels , Fêtes & au
tres Faits dignes d'être transmis à la
postérité •, on fera, fans doute , surpris
de ne rien trouver dans le Mercure de
ce qui s'est passé dans quelques Villes
célèbres & des plus considérables du
Royaume , a l'occafion de la Naissance d»
Dauphin ì ces Villes ont marqué farts
doute leur z.ele , & ont fait de très- belles
choses \ mais cela est ignoré hors de leurs
murailles , & la Postérité l'ignorera tou
jours, faute d'avoir suivi /''exemple des
autres Villes , des moindres mime, qui
tíwt pas négligé de nous envoyer des Re
lations de leurs Réjouissances &c.
II nous reste k marquer notre reconnoijZ
fance & à remercier au nom du Public
plusieurs Ssavant du premier ordre , £7*
quantité d'autres personnes d'un mérite dis
tingué , dont les produítions enrichissent 1$
Mercure » & le font lire & rechercher*
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Résumé : AVERTISSEMENT.
Le texte est un avertissement pour le cent-vingt-troisième volume du Mercure, un journal publié sans interruption depuis juin 1711. Les éditeurs expriment leur gratitude envers les lecteurs et s'engagent à améliorer la qualité du journal. Ils sollicitent des conseils pour améliorer le contenu et l'arrangement des articles. Les éditeurs demandent de l'indulgence pour les articles négligés ou mal rédigés, soulignant la difficulté de maintenir une haute qualité dans un ouvrage mensuel. Ils notent également les critiques fréquentes des inattentions tout en passant sous silence les corrections et les fautes évitées. La description des fêtes a été particulièrement difficile, nécessitant une connaissance approfondie des circonstances et des expressions adaptées. Les éditeurs visent à créer des descriptions vivantes et imagées, capables de transmettre l'essence des événements. Ils invitent les libraires à indiquer le prix des livres annoncés et les marchands à partager des informations sur les nouvelles modes et produits. Le Mercure accepte des contributions en prose et en vers, mais rejette celles qui sont mal écrites ou défectueuses. Les auteurs sont encouragés à soumettre des œuvres bien rédigées et à accepter les retouches nécessaires. Les éditeurs invitent également les savants et les curieux à contribuer à divers domaines littéraires et scientifiques. Des précautions sont prises pour éviter la réception de lettres et de paquets non affranchis. Les personnes souhaitant recevoir le Mercure en premier peuvent s'adresser à M. Moreau. Les éditeurs demandent que les contributions soient bien transcrites et que les auteurs fournissent une adresse pour les éclaircissements nécessaires. Le Mercure sollicite également des nouvelles de régions éloignées, des informations sur des événements politiques, religieux, et naturels, ainsi que des détails sur la vie des personnes distinguées dans les arts et la mécanique. Les éditeurs espèrent que les proches de ces personnes aideront à fournir des informations pour honorer leur mémoire. Ils encouragent également les provinces à partager des événements notables, soulignant l'importance de transmettre ces informations à la postérité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4237
p. 5-23
EXTRAIT du Memoire lû à l'Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, le 12. Novembre 1729. sur les Eaux de Bourbon.
Début :
Mr. Boulduc lut un Discours intitulé Essai d'Analyse en general des Eaux [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Gilles-François Boulduc, Sel, Eaux , Acide, Sédiment, Terre, Eaux de Bourbon, Eau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Memoire lû à l'Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, le 12. Novembre 1729. sur les Eaux de Bourbon.
EXTRAIT du Mémoire lit a l'Afimble'e
■publique de ^Académie Royale de*
Sciences, le 12. Novembre XJíJ. fur
les Eaux de Bourbon.
Mr. Boulduc lut un Discours intitule
Ejfai t£ Analyse m genêtal des Eaux
Minérales chaudes de Bourbon l'Archarabaud.
Ces Eaux étant du nombre des plus an
ciennes du Royaume & des plus renom-f
niées par la guérison de plusieurs mala
dies longues & fâcheuíes.ellcs se sont tou
jours attiré Inattention & la recherche des*
Médecins & des Physiciens.
Dès les années 1605. & 1 £18. fans?
remonter plus haut , Jean Ban , de Mòu-í
.lins, en fait mention dans son Livre des
•vertus des Eaux naturelles de France re
nommées y & croit qu'elles contiennent d*
Souffre minerai , du Bitume & du Nitre ,
qui est le Natron des Anciens , que l'on
regarde comme un Sel Alkali minerai ,
comparable par ses effets aux Sels fixes -,
acres & lixiviels, qu'on tire des Plantes
après les avoir réduites en cendres.
En 1670. M. Duclos , de cette Acadé
mie , reconnut dans nos Eaux le même
Nitres
Ì MERCURE DE FRANCE..
Nitre; & depuis cet Auteur, d'autres Aca
démiciens ayant eu par intervales occa
sion de les examiner, ont encore conclu
avec leur Prédécesseur , qu'elles ne ren
ferment presqu'autre chose que cet Al
kali naturel.
II seinbloit donc, que sa qualité alkaline
leur étoit bien assurée. Mais en 1699:
quelqu'un, fous le nom de Pascal ,1a rejetta
entièrement dans un Livre fait ex
près' au sujet de ces Eaux ; ce n'est pas
un simple Sel Alkali qu'elles contien
nent , c'est , selon lui , un Sei mixte, com
posé d'un Acide volatile & d'un Sel Al
kali fixe, qu'il appelle un Nitre fort vo
latile & fort épuré; on tireroit même,
dit-il , cet Acide comme un véritable
esprit de Nitre du sédimènt,qu'on trouve à'
leur source en manière de croûtes ; &£•
pour Jouir du Sel dans son état naturel
il faudroit laisser évaporer nos Eaux à l'air
ou au Soleil j le feu-, qu'on employé , est
infidèle , il altère les Mixtes , il décom
pose ce Sel, & fajt , à la vérité , qu'on ne
trouve qu'un Alkali, mais cet Alkali étoit?
auparavant lié avec l'acide.
Plusieurs personnes ont applaudi à ce
raisonnement : M.Boulduc fait néanmoins
Remarquer en passant , qu'un véritable
esprit deNitre,uni avec un Sel Alkali fixe,
ftEoir nécessairement un véritable Nitre
Jan vi er. t7ìó. i
áes Modernes , c'est à- dire , un bon Sal
pêtre qui ne se décompose pas fi aisément
qu'on le dit.
Cependant le Livre allégué dérive de
ce Sel Mixte Nitreux la plupart des effets
que nos Eaux produisent sur le corpr
humain} au lieu que les premiers Auteutr
les dérivoient de l'Alkali Salin.
Cette diversité de sentimens a été le
principal motif pour que M. Boulduc'
cherchât les moyens de s'éclaircir de la
Vérité, en examinant ces Eaux de nouveau.
Son dessein a été secondé > il en a reçu
près de cent Bouteilles très- promptement
à l'occasion du retour de S. A. S. Mon
sieur le Duc-, qui les ravoir prises avec
succès à Bourbon; & un bon Artiste voulut
fcien en évaporer à la Source un grand
nombre de livres } & lui en remettre la-
Résidence. '
M. Boulduc , de son côté , y a trouve
par son travail plus de matières qu'onr
n'en avoit encore connu , & quel
ques-unes dans des circonstances singu
lières. Les mystères de la Nature ne se
développent que peu à peu , & c'est tou
jours un avantage pour lès derniers venus.
L'Eau de Bourbon est claire & limpide
comme une Eau de Roche , presque sans
edeur , & d'un gout partagé entre le vrai
felc & le lixiviel i sortant de la terre très^
sensiblement
$ MERCURE DE FRANCE;
sensiblement bouillante , elle fume con
tinuellement daní ses puits & réservoir , &
à mesure qu'il s'en exhale , il paroît à la
surface une fleur ou poussière blanche
très-fine fous l'apparence d'une toile ou
pellicule grasse fans liaison , qui devient
filus visible quand il y á long-temps que
'Eau n'a été agitée , mais qu'on ne sçausoit
ramasser de quelque façon qu'on s'y
prenne. Cette Eau dépose un Sédiment en
maniéré de croules pierreuses assez dures ,
formées de plusieurs couches blanches
bi«n distinctes , & mêlées en quelques
endroits , particulièrement en dessous ,
d'une couche de terre d'un brun foncé.
Ces croûtes qui font fans gout & fans
odeur fe collent aux bords & à la surface
intérieure du puits , du conduit & du réJ
scrvoir, dont on est obligé de les détachée
de temps à autre.
Cette Eau, gardée dans des bouteilles
bien transparentes , fait auflî voir au bouc
de quelque temps à fa surface de petits
corps blancs fort déliez qui augmentent
peu à peu & fe condensent en une
pellicule semblable à celle, qui se forme
sut l'Ëau de Chaux , laquelle gtossissant
au point que l'Eau ne peut plus la sou
tenir , se brise en beaucoup de morceaux ,
qui en tombant, s'attachent au fond &
aux parois du vaisseau , & affectent une
JANVIER. i7j«; 9
1
Configuration régulière comme quelque
chose de lalin» *
Après le récit de ces circonstances ,
M. Boulduc entre dans l' Analyse, & dit
à la fin de chaque article des matières qu'il
y a trouvées , comme il les a pressenties,
par les Epreuves, quand il y en a , par le
gout , par l'odeur , &c. & comment il est
enfin parvenu à les séparer de manière
qu'il les puisse exposer aux yeux.- dont
nous ne pouvons ici donner que le précis.
Les Epreuves les plus significatives que
M. Boulduc a faites fur l'Eau de Bourbon
font ; qu'elle précipite l'argent dissous en
un cailla blanc qui fond aisément au feu
&C devient volatile" , si on n'employe que
peu de cette solution ; que si au contraire
on en passe les bornes , l'Eau en fait un
deuxième précipité qui refuse la fonte i
qu'elle verdit lá teinture de violettes len
tement ; qu'elle fermente avec tous le»
Acides aflez sensiblement,& ptécipite l'Aïun
& les Vitriols ordinaires , quand ili
font dissous dans de l'eau commune :
Avec une forte huille de tartre faite pat
défaillance , elle se trouble & dépose après
jane terre blanche. : .
IÇqus ces effets font plus prompts Sc
plus sensibles , quand notre Eau est con
centrée , soit par le feu , par l'air ou par U
gelée. Alors elle fait même bien plus
jio MERCURE DE FRANCE,
^qu'auparavant, comme de précipiter, eaîre
autres , le sublime' dissous en une pou
dre de couleur d'e'corcc d'Orange. Les
différentes matières réciproques ne pouvoient
pas s'atteindre facilement dans la
grande étendue du liquide.
V Evaporation & la Distillation , con»
tinuées jusqu'à siccité des matières, n'ont
presque rien fait appercevoir à M. Boulcîuc
de diffèrent d'entre-elles. A peine
l'£au ressent- elle la chaleur qu'elle jette
à la surface une poussière blanche très*
fine , laquelle en augmentant se noye en
partie , & tombe ; & eo partie elle forme
par l'union.d'un nombre de petits filets
iìns & transparents des feuillets à peu près
comme on en voit dans l'eau de chaux ,
qui restent quelque temps à la surface }
& se brisant enfin, voltigent long-temps en
tout sens avant que d'aller au fond.L'Eau,
qui est élevée dans la distillation,n'a puine
de gout ni d'odeur,ni ne fait impression fut
aucune matierejla cucurbitc sent seulement
un peu l'empyreume,& toute la Résidence
affaissée est une terre blanche mêlée d'une
matière qui reffernble a une gelés on mu
cilage bien transparent & couverte d'une
malje de Sels fort blancs.
Cette Résidence mise sur une pelle ou;
lame d'argent bien chauffées , jetre une
petite flamme , •& exposée, à l'air elle
s'hu/î
/ JANVIER. 1750: 31
(í'hìimecte. Si son poids varie d'une éva
poration à l'autre de quelques grains audessous
ou au- dessus de soixante pour
chaques deux livres d'Eau , c'est d'avoir
été plus ou moins desséchée.
En démêlant cette Résidence, M. Boulduc
n'a pas perdu de vûe celle qu'on lui
avoit apportée de Bourbon > l'une & l'au*
tre lui ont fourni les mêmes matières par
différentes operations.Cependant M. Boulduc
s'étaat apperçu , que YEvaporation
frh-modèrée de notre Eau , pouvoit pres
que toute seule suffire pour en dévelop
per tout , il la propose comme le moyea
le plus simple & le plus aisé à exécuter.
Sans répeter ce qui a été dit de ce
qu'on voít au commencement de cette
opération , on continue à fajre exhaler
notre eau le plus doucement qu'il est pos
sible , & toutes les fois qu'il se présente
une certaine quantité de Sédiment en par
tie , comme une terre informe &c opaque ,
en partie, comme des filets transparents,
on le sépare en survuidant l'eau claire dans
un autre vaisseau : plus elle se concentre
de cette manière -r plus elle jaunit , & il
íe forme alots peu à peu au fond & aux
parois du vaisseau , des. Cristaux en cubes
■parfaits , pendant que la surface se cou
vre d'une croûte saline , qui en dessus est
jnégalc $c raboteuse , ôc en dessous mêlée
; • de
,1
ttc
t x MERCURE DE FRANCE/n.
4c deux sortes de Crystaux. On ôte certe
croûte aussi souvent qu'il s'en forme ,
pour que l'eau s'c'vapore librement ; &
nous dkons davantage du Sédiment ea
son lieu.
Les Cryftaux cubiques sont un vérita
ble Sel commun , qui se distingue pat
cette confìguratipn , par son gout parti
culièrement salé , & par d'autres proprietez
trop connues pour être rapportées.
II se déclare d'avance par le gout qu'il
donne à notre eau , & encore davantage
dans les Epreuves, par l'effet de ia volatilité
, que son acide imprime à l'argent , en
le précipitant ; & enfin, on le réduit par
l'c'vaporation en fa consistence con
crète.
Ce Sel fait la plus grande quantité
d'entre les matières de la Résidence, com
paré avec chacune en particulier.
Les Croûtes faline/,de nouveau dissoutes
dans de l'eau commune , donnent par
l'évaporation encote du Sel commun i
•près quoi le reste de cette solution survuidée
& exposée à l'aìt fait naître des
Crystaux d'un-quarré long , taillez à far
certes aux extrémitez , amers d'abord , 8c
frais ensuite sur la langue, qui sont des
•^roprietez , qui avec d'autres font le ca
ractère du Sel de Glaufor : Et c'est4à ce
que P»ícal a pris pour un Sel Nitreux^ féJANVIER.
1730; 13
iaìt par quelque rcísemblance superfi
cielle & imparfaite des Crystaux. L'acide
nitreux , qui fait l'essence des Sels de ce
nom , n'entre point dans fa compositions
c'est celui du Vitriol •: & outre que
M. Lemmery a prouvé clairement dans
un de fes Mémoires, que la source de
Notre Nitre , n'est point dans les entrail
les de la terre , mais qu'il naît , pour
ainsi dire , à fa surface , ou à une très-pe
tite profondeur ; il est encore bien cer
tain , qu'il ne s'-en est point trouvé jus-»
qu'ici de bien reconnu pour tel dans au
cune eau Minérale 5 car celles qu'on ap
pelle communément Nitrenses , contien
nent un Sel alkali à toute épreuve 3
on les a comparé au Nitre des Ancient ,
qui leur a fait donner ce nom.
Le Sel de Glaaber ne fçauroit être dis
tingué dans notre Eau par le gout , parce
qu'il est dominé par d'autres , dont nous
ressentons plus d'impression -, on ne fçau
roit non plus le prévoir par une simple
épreuve : il faut le soupçonner , & en par
tie seulement se convaincre de sa présence
avant que de le chercher.
On peut avec quelque fondement le
soupçonner par tout où il y a du Sel
commun , ils ne font guëtes l'un fans
l'autre. 11 y en a ainsi dans quelques Aci
dules ou Eauxierrugineuscs froides,com«
■ j B ta»
14 'MERCURE DE FRANCE,
me il y en a. dans notre Eau naturelle»
ment chaude ; l'eau de la Mer même
n'en est pas exempte ; & M . Boulduc eu
a trouvé dans des eaux de Salines , que
l'on regardoit comme purement salc'es ^
parce que l'on en tire du Sel commun.
J?our s'assurer de la présence de ce Sel
par quelque épreuve , il faut d'abord
yoir , si l'on peut découvrir l'acide vi
triolique en genexal , & c'est ce que
Jyl» Boulduc fait pai le moyen de l'huile
4e Chaux , qui lui sert de pierre de tou
che pour cet acide , lequel (ous quelque
fpijue qu'il se trouve , quitte après ce
mélange fa base quelconque , & se porte
(at la Chaux , avec laquelle il fait une
espèce de crystaliíation : l' Acide vitrioli
que étant ainsi dévoilé , pn employé ensuice
des moyens subsidiaires , par lesquels
Pn puisse reconnoître , s'il est lié avec du
fer , comme il l'est dans le Vitriol , ou
avec une terre crétacée , comme il l'est
dans l'Alun , &c. Que, si ces sortes de
preuves manquent , on est assez certain ,
qu'il y a du Sel de Glauber. Et c'est de
eette manière que M» Boulduc l'a pres
senti dans les Croûtes Salines avant que
de le faire paroître pat la crystalisation.
Ce Sel contribue' beaucoup à faire va
rier le poids de la Résidence , parce qu'on
te peut de#«her au pojnt. qu'il pèse plus
JANVIER. i7J0;
'3e la moitié moins que dans son état na
turel.
Apte's avoir retiré de notre Eau le Sel
-commun & les Croûtes Salines , on con
tinue à l'évaporer : plus elle s'avance ver»
la fin , plus elle devient rousse & grasse ,
d'un gout piquant comme une Lexive ,
& répand une odeur bitumineuse , saoa
déposer davantage deCrystaux.
Ces circonstances font juger , qu'il y a
là plus d'une matière : c'est un Sel qu'on
découvre par le gout , & une substance
cn gênerai appeìlce sulphureufe , qu'on
apperçoir par l'odeur qu'il faut démêler
l'une d'avec l'autre.
Ce qui produit le gout piquant &lixiviel
, est un Sel Alkali fixe , dont le*
proprietez égalent en beaucoup de cir
constances un bon Sel de Tartre , avec
lequel M. Boulduc l'a toujours compare í
mais elles s'en éloignent , entr'autres , en
-ce qù'au lieu que le Sel de Tartre mêle
avec le Vitriol ou son acide fait un Tar
tre vitriolé-, le/ Sel de notre Eau mêlé
avec le même acide produit constam
ment un Sel de Glauber. Ce fait, jusquelà
l'unique , a fait souhaitter à M. Boul
duc d'avoir du moins encore un exemple
<le pareil Sel ; & il l'a trouvé dans la Terre
áppellée Nitreuse , qu'on amasse autour
de Smyrae& d'Ephese , & qu'on employé
Bij dans
i« MERCURE DE FRANCË.
dans ce Pays-là à la fabrique du Savon f
il en a fait une forte Lexive purement
alkaline , & Payant mêle'e avec du Vi
triol ou son acide J il cn a pareillemenc
retiré du Sel de Glauber , & point d'au
tre. Cette différence prouve éviáemment
que ces deux Alkalis tirent leur origine
du Sel commun ; & M. Boulduc conjec
ture , que les Sels de toutes ces Eaux Mi
nérales que M. Du Clos & d'autres ont
appellé Nitreufes , font auíîi de cette cfr
pece distinguée.
i Cet* Alkali salin se déclare d'avance
dans notre Eau par le gout Lixivicl qu'il
lui donne , & qui avec celui du Sel com
mun domine far le reste -, il le fait encore
connoître davantage dans les épreuves
par les effets d'effervescence avec les aci
des , de précipitation de tout ce qu'ils
ont dissous , de changement de couleur
dans la teinture de Violettes , 8i dans la
solution du Sublimé corrosif,; & enfin on
peut le réunir , & le rendre fec'& palpa
ble , comme nous Talions dire en par
lant de ce qu'il y a de sulphurfux dans
notre Eau.
Le Sel commun étant partout où il
íe irouve plus ou moins bitumineux j a
selon toute apparence communiqué 4
notre Eau du Bitume , quel'Alkali tient
dissous, & l'empcçhc par là de surnager^
JANVIER. 173Ò. 17
St de paroîcre. Quoiqu'il en soit de íoa
origine , le Bitume y est , & on peut le sé
parer d'avec l'Alkali ,• en versant de l'Esrit
de Vin sur la derniere portion d'ean
ien concentrée : par ce moyen,comme le
plus aisé d'entre les autres.quelques gout
telettes de Bitume montent â la surface ,
& d'autres se collent aux parois du vais
seau , pendant que le Sel jílcali reste li
quide au fond , d'où on le retire facile
ment pour le destecher& pour l'avoir pur
& blanc. L'Efprit de Vin seul en quantiw
suffisante le réduit à sec avec le tems.
• - Le gout ne fçauroit distinguer le Bitu
me daná netre Eau, & le peu- d'odeur
qu'elle a est une trop foible & incertaine
marque de fa présence : on ne peut que
k soupçonner par l'empyreume que l'eau
imprime au vaisseau dan & la distillation ,
.& par l'odeur qu'elle exhale sur la fin de
-l'évaporation , jusqu'à ce qu'on le sépare
de tout mélange par le moyen que nous
venons de ditev
Le Bitume répandu dans toute la Rési
dence , fait qu'elle s'enflamme , quand
on en met fur une pele rougie , étant in
flammable de lui même.
Nous passons à- examiner le Sédiment ;
c'est autant celui que l'on garde des éva
porations , que celui que l'eau dépose ì
. B iij fa.
t» MERCURE DE FRANCE.
fa Source en manière de croûtes pier*
xeuses.
On apperçoit dans l'Eau , qu'on éva
pore actuellement, de petits filets clairs
& transparents parmi d'autres corps blancs
f!r opaqu.es , qui en s'affaissant se confon
dent ensemble : & dans les croûtes pier
reuses on distingue de petits bri Huns par
mi une matière terne & pins éclat. Voilà:
encore deux substances à démêler.
La première , qui a de la transparence
eu du brillant , est un Sel moyen , dans
lequel l'Acide vitriolique est chargé de
beaucoup de terre , & M. Boulduc a par
lé plus au long de fa qualité saline , à
l'oecasion des Nouvelles Eaux Minérales
de Pafsy. Ce Mixte n'ayant pas encore
été mis au rang des Sels, il fera libre a cha
cun de lui donner tel nom qu'il voudra.'
M. Boulduc l'appelle Sele nite , parce qu'il
prend la même configuration en fecryC
talifant.
Comme un Sel de difficile dissolution ;
ou qui a besoin de beaucoup d'eau pour
-se tenir dissous , il commence à paroît»
comme une poussière fine qui a quelque
éclat , aussi tôt qu'un peu d'eau lui est
soustraite . & à mesure qu'elle diminue
il forme de petits filets , ensuite des fciiil-
]$ïs ou pellicules , dont enfin les mor<
«aux,
Janvier. r72Q. r*
ceaux brisez s'attachent au vaisseau , 8c
prennent encore là plus de volume & plu»
de régularité dans leur configuration.
Ce Sel ne se trouve pas feulement dant
quelques Acidules & Eaux Minérales
chaudes-, il y en a aussi dans des Eaux fa*
tées , dont on tire du Sel commun , comme
font celles de Salins , de Durban , de
Fourtou » de Roquefort.
Pour ce qui regarde la deuxième m»,
r'iere de nos Sedimens , ces corps blanc*
& opaque* ou ternes $ c'est une Terre ».
qui fermente avec tous les Acides , com
me le font celles qu'on appelle abforb*ntes:
elle a pourtant une qualité' de plus »
que M. Boulduc a reconnue par d'autres
essais ; c'est qu'elle a été calcinée dans le
Laboratoire souterrain. Quand on ett
mêle avec du &tl Ammonite , soit qu'ost
employé la terre de la Résidence bien lai
vée , ou les croûtes pierreuses , comme
elles font sorties de l'eau , elles retien*
lient dans la distillation l' Acide du Sel
commun , & rtìertenr en liberté VEsprit
nrineux , qui est vif & pénétrant , & de
ses effets ordinaires , précipitant le Subli^
mé en blanc , verdissant le íyrop violât- \
changeant en bleu céleste toute solutiorî
de cuivre : & le Résidu , comme un Sel"
Ammoniac fixe a résous par l'humidité de
B iiij, l'air „
Se MERCURE DE FRANCE,
l'air , ou détrempé dans de Peau , donna
cette Liqueur ou Solution , qu'on appelle
vulgairement Huile de Chaux , laquelle
passant par le filtre , laisse err arriére une
majse brune , qui après une legere calci—
nation , & pas plutôt , permet à l' Aimant
d'en attirer des parcelles de fer.
Les Croutep pierreuses , dont on avoic
fait espérer un Esprit de Nitre, distillées
seules , donnent un peu de Bitume ; 6c
mêlées avec du Vitriol, elles fournissent
un phlegme d'une odeur bitumineuse , fie
tien au-delà.
L' Alkali terreux se fait bientôt connoî»
tre dans l'évaporation de notre Eau com
me une terre en gênerai -, mais dans les
épreuves il semble , que l'Huile de Tar
tre par défaillance déclare sa qualité par
ticulière , parce qu'elle l'en précipite r
comme elle le fak à l'eau de Chaux. Etanc
bien absorbante, elle a- part à-^'efferves
cence avec les- acides , & à la précipi
tation de ce qu'ils avoient dissous.
Comme cette terre & laSelenite se présenrent
toujours à la surface de laSource,
où il se fait sans cesse une évaporation de
diminution assez forte -, ces deux maticxes
s'amonceLnt dans les tems , que l'eau
»'est point agitée , & parvenant au point
4c surmonter sa résistance , ou aidées par
des
JANVIER. 1719. 21
íîes agitations volontaires de la part de
«eux qui en puisent , elles se déposent
successivement , & forment les couches
des croûtes pierreuses , qui se mêlent 6c
se cimentent encore avec les feuillets
bruns , qui dérivent en partie de la bouë,
que l'eau amène de son fond.
fc Le Fer, dont nous avons touché uq
mot , faisant la plus petite partie d'entre
les matières de la Résidence , ne sçauroic
y paroître sous fa couleur ordinaire -, les
couches rouges brunesdes croures le peu
vent faire soupçonner -, mais Pépreuve ,
qu'on fait avec la noix de galle ne peut
pas déclarer fa présence , parce qu'il n'est
pas dissous dans notre Eau , ou en forme
de Vitriol -, il n'y est pas non plus comme
Fer parfait, parce qu'il n'obéît pas d'aborr
à l' Aimant. II y a apparence , qu'il
fort d'une Marcaflltc ferrugineuse , &
que ses pores sont encore bouchez de
te-rre , dont le feu les délivre ; & alors la
matière magnétique y trouve accès.
M-. Boulduc a tiré du Fer & des croûtes
pierreuses , & de là partie terreuse de la
Résidence M. Burlet en avoir aupara
vant apperçû dans le Mucilage qui est
d'ailleurs, une partie du tout, entremêlé
de Sels, de Bitume & de terres , avec un
petit reste d'eau , qui lui conserve de la
transparence pour quelque tems..
B v l*
a 2 MERCURE DE FRANCE;
Le Mucilage, plus ou moins desséché*,;
{>eut contribuer beaucoup à faire variec
e poids de la Résidence.
\ Après ce détail, M. Boulduc réponds
à une Objection , qu'on fait communé
ment à laChymie fur ses productions ,
& particulièrement fur les Sels : le feu al
tère & décompose. Qu'on laiífe évaporer
notre Eau , dit-il >. â Pair ou au Soleil ,..
comme Pascal l'a voulu, ou qu'on la con
centre par la gelée , de de l'une ou de
l'autre façon, à tel point qu'on voudta %
& qu'on la mêle ensuite à différentes re
prises , avec de l'efprit de Vin , que l'onaugmentera
chaque fois-, qu'on furvuidera
le mélange : de cette manière , on
rerra d'abord la terre , que la Selenite
& le Fer accompagnent , ensuite les Selsmoyens
en Crystaux , & finalement le
Sel Alkali au fond, distinctement séparé'
d'avec l'Efprir de Vin, comme si on y
avoit versé une forte Huile de Tartre par
défaillance.
II n'y. a point d'apparence , qu'après-;
cela on mette le Sel Alkali -ou quelqueautre
fut le compte du feu , qu'on n'á pasemployé.
De tout ce qui a été dit jusqu'ici , Mi
Boulduc conclnd J que les Eaux de Bour
bon contiennent naturellement du Stl
wnmm , du Sel de Glanbtr , un Sel M~
. JANVIER. 17 to.
í-alì , du Bitume , de la Selenite , une Ter
re absorban e , & du Fer , dont lc mélan
ge répandu dans une eau actuellement
chaude , ôc chaque matière considérée
selon fa qualité , connue par l'experience
l'u/agc ; que la Médecine en fait tous
les jours , doivent faire inférer d'avance- ,
qu'elles font «n état de déterger, d'ineiftrt
&c de résoudre , qui font des effetsgénéraux
communément suivis d'une am
ple transpiration 8c excrétion d'urine 5.
que de plus elles peuvent absorber, & en .
partie dessécher ôc fortifier ; mais ce qu'on
•regrette ordinairement fort , c'est qu'el
les ne fçauroient guères purger, 8c c'est
austï ce que la plupart des Malades regar
dent comme un deffaut , mesurant I*
bonté d'âne Eau Minérale fut de fré
quentes évacuations de cette efpece.
Si on accorde, dit M. Boulduc en fiuiffant
, que ce soit ìi vm deffaut , d'ha
biles Médecins fçavent bien lc réparer
soit en faisant précéder les Eaux de Vixhy
, pour frayer le chemin: à celles de
Bourbon , soit en faisant prendre ces der
nieres , quand ils le jugent à propos , avec
des Sels moyens apéritifs , d'entre lesquels •
M* Butler a depuis une vingtaine d'an
nées misen usage 1'1 jircanum dublicatum*
■bien <o»ditionnt , & en a d'heufeussuccès*
■publique de ^Académie Royale de*
Sciences, le 12. Novembre XJíJ. fur
les Eaux de Bourbon.
Mr. Boulduc lut un Discours intitule
Ejfai t£ Analyse m genêtal des Eaux
Minérales chaudes de Bourbon l'Archarabaud.
Ces Eaux étant du nombre des plus an
ciennes du Royaume & des plus renom-f
niées par la guérison de plusieurs mala
dies longues & fâcheuíes.ellcs se sont tou
jours attiré Inattention & la recherche des*
Médecins & des Physiciens.
Dès les années 1605. & 1 £18. fans?
remonter plus haut , Jean Ban , de Mòu-í
.lins, en fait mention dans son Livre des
•vertus des Eaux naturelles de France re
nommées y & croit qu'elles contiennent d*
Souffre minerai , du Bitume & du Nitre ,
qui est le Natron des Anciens , que l'on
regarde comme un Sel Alkali minerai ,
comparable par ses effets aux Sels fixes -,
acres & lixiviels, qu'on tire des Plantes
après les avoir réduites en cendres.
En 1670. M. Duclos , de cette Acadé
mie , reconnut dans nos Eaux le même
Nitres
Ì MERCURE DE FRANCE..
Nitre; & depuis cet Auteur, d'autres Aca
démiciens ayant eu par intervales occa
sion de les examiner, ont encore conclu
avec leur Prédécesseur , qu'elles ne ren
ferment presqu'autre chose que cet Al
kali naturel.
II seinbloit donc, que sa qualité alkaline
leur étoit bien assurée. Mais en 1699:
quelqu'un, fous le nom de Pascal ,1a rejetta
entièrement dans un Livre fait ex
près' au sujet de ces Eaux ; ce n'est pas
un simple Sel Alkali qu'elles contien
nent , c'est , selon lui , un Sei mixte, com
posé d'un Acide volatile & d'un Sel Al
kali fixe, qu'il appelle un Nitre fort vo
latile & fort épuré; on tireroit même,
dit-il , cet Acide comme un véritable
esprit de Nitre du sédimènt,qu'on trouve à'
leur source en manière de croûtes ; &£•
pour Jouir du Sel dans son état naturel
il faudroit laisser évaporer nos Eaux à l'air
ou au Soleil j le feu-, qu'on employé , est
infidèle , il altère les Mixtes , il décom
pose ce Sel, & fajt , à la vérité , qu'on ne
trouve qu'un Alkali, mais cet Alkali étoit?
auparavant lié avec l'acide.
Plusieurs personnes ont applaudi à ce
raisonnement : M.Boulduc fait néanmoins
Remarquer en passant , qu'un véritable
esprit deNitre,uni avec un Sel Alkali fixe,
ftEoir nécessairement un véritable Nitre
Jan vi er. t7ìó. i
áes Modernes , c'est à- dire , un bon Sal
pêtre qui ne se décompose pas fi aisément
qu'on le dit.
Cependant le Livre allégué dérive de
ce Sel Mixte Nitreux la plupart des effets
que nos Eaux produisent sur le corpr
humain} au lieu que les premiers Auteutr
les dérivoient de l'Alkali Salin.
Cette diversité de sentimens a été le
principal motif pour que M. Boulduc'
cherchât les moyens de s'éclaircir de la
Vérité, en examinant ces Eaux de nouveau.
Son dessein a été secondé > il en a reçu
près de cent Bouteilles très- promptement
à l'occasion du retour de S. A. S. Mon
sieur le Duc-, qui les ravoir prises avec
succès à Bourbon; & un bon Artiste voulut
fcien en évaporer à la Source un grand
nombre de livres } & lui en remettre la-
Résidence. '
M. Boulduc , de son côté , y a trouve
par son travail plus de matières qu'onr
n'en avoit encore connu , & quel
ques-unes dans des circonstances singu
lières. Les mystères de la Nature ne se
développent que peu à peu , & c'est tou
jours un avantage pour lès derniers venus.
L'Eau de Bourbon est claire & limpide
comme une Eau de Roche , presque sans
edeur , & d'un gout partagé entre le vrai
felc & le lixiviel i sortant de la terre très^
sensiblement
$ MERCURE DE FRANCE;
sensiblement bouillante , elle fume con
tinuellement daní ses puits & réservoir , &
à mesure qu'il s'en exhale , il paroît à la
surface une fleur ou poussière blanche
très-fine fous l'apparence d'une toile ou
pellicule grasse fans liaison , qui devient
filus visible quand il y á long-temps que
'Eau n'a été agitée , mais qu'on ne sçausoit
ramasser de quelque façon qu'on s'y
prenne. Cette Eau dépose un Sédiment en
maniéré de croules pierreuses assez dures ,
formées de plusieurs couches blanches
bi«n distinctes , & mêlées en quelques
endroits , particulièrement en dessous ,
d'une couche de terre d'un brun foncé.
Ces croûtes qui font fans gout & fans
odeur fe collent aux bords & à la surface
intérieure du puits , du conduit & du réJ
scrvoir, dont on est obligé de les détachée
de temps à autre.
Cette Eau, gardée dans des bouteilles
bien transparentes , fait auflî voir au bouc
de quelque temps à fa surface de petits
corps blancs fort déliez qui augmentent
peu à peu & fe condensent en une
pellicule semblable à celle, qui se forme
sut l'Ëau de Chaux , laquelle gtossissant
au point que l'Eau ne peut plus la sou
tenir , se brise en beaucoup de morceaux ,
qui en tombant, s'attachent au fond &
aux parois du vaisseau , & affectent une
JANVIER. i7j«; 9
1
Configuration régulière comme quelque
chose de lalin» *
Après le récit de ces circonstances ,
M. Boulduc entre dans l' Analyse, & dit
à la fin de chaque article des matières qu'il
y a trouvées , comme il les a pressenties,
par les Epreuves, quand il y en a , par le
gout , par l'odeur , &c. & comment il est
enfin parvenu à les séparer de manière
qu'il les puisse exposer aux yeux.- dont
nous ne pouvons ici donner que le précis.
Les Epreuves les plus significatives que
M. Boulduc a faites fur l'Eau de Bourbon
font ; qu'elle précipite l'argent dissous en
un cailla blanc qui fond aisément au feu
&C devient volatile" , si on n'employe que
peu de cette solution ; que si au contraire
on en passe les bornes , l'Eau en fait un
deuxième précipité qui refuse la fonte i
qu'elle verdit lá teinture de violettes len
tement ; qu'elle fermente avec tous le»
Acides aflez sensiblement,& ptécipite l'Aïun
& les Vitriols ordinaires , quand ili
font dissous dans de l'eau commune :
Avec une forte huille de tartre faite pat
défaillance , elle se trouble & dépose après
jane terre blanche. : .
IÇqus ces effets font plus prompts Sc
plus sensibles , quand notre Eau est con
centrée , soit par le feu , par l'air ou par U
gelée. Alors elle fait même bien plus
jio MERCURE DE FRANCE,
^qu'auparavant, comme de précipiter, eaîre
autres , le sublime' dissous en une pou
dre de couleur d'e'corcc d'Orange. Les
différentes matières réciproques ne pouvoient
pas s'atteindre facilement dans la
grande étendue du liquide.
V Evaporation & la Distillation , con»
tinuées jusqu'à siccité des matières, n'ont
presque rien fait appercevoir à M. Boulcîuc
de diffèrent d'entre-elles. A peine
l'£au ressent- elle la chaleur qu'elle jette
à la surface une poussière blanche très*
fine , laquelle en augmentant se noye en
partie , & tombe ; & eo partie elle forme
par l'union.d'un nombre de petits filets
iìns & transparents des feuillets à peu près
comme on en voit dans l'eau de chaux ,
qui restent quelque temps à la surface }
& se brisant enfin, voltigent long-temps en
tout sens avant que d'aller au fond.L'Eau,
qui est élevée dans la distillation,n'a puine
de gout ni d'odeur,ni ne fait impression fut
aucune matierejla cucurbitc sent seulement
un peu l'empyreume,& toute la Résidence
affaissée est une terre blanche mêlée d'une
matière qui reffernble a une gelés on mu
cilage bien transparent & couverte d'une
malje de Sels fort blancs.
Cette Résidence mise sur une pelle ou;
lame d'argent bien chauffées , jetre une
petite flamme , •& exposée, à l'air elle
s'hu/î
/ JANVIER. 1750: 31
(í'hìimecte. Si son poids varie d'une éva
poration à l'autre de quelques grains audessous
ou au- dessus de soixante pour
chaques deux livres d'Eau , c'est d'avoir
été plus ou moins desséchée.
En démêlant cette Résidence, M. Boulduc
n'a pas perdu de vûe celle qu'on lui
avoit apportée de Bourbon > l'une & l'au*
tre lui ont fourni les mêmes matières par
différentes operations.Cependant M. Boulduc
s'étaat apperçu , que YEvaporation
frh-modèrée de notre Eau , pouvoit pres
que toute seule suffire pour en dévelop
per tout , il la propose comme le moyea
le plus simple & le plus aisé à exécuter.
Sans répeter ce qui a été dit de ce
qu'on voít au commencement de cette
opération , on continue à fajre exhaler
notre eau le plus doucement qu'il est pos
sible , & toutes les fois qu'il se présente
une certaine quantité de Sédiment en par
tie , comme une terre informe &c opaque ,
en partie, comme des filets transparents,
on le sépare en survuidant l'eau claire dans
un autre vaisseau : plus elle se concentre
de cette manière -r plus elle jaunit , & il
íe forme alots peu à peu au fond & aux
parois du vaisseau , des. Cristaux en cubes
■parfaits , pendant que la surface se cou
vre d'une croûte saline , qui en dessus est
jnégalc $c raboteuse , ôc en dessous mêlée
; • de
,1
ttc
t x MERCURE DE FRANCE/n.
4c deux sortes de Crystaux. On ôte certe
croûte aussi souvent qu'il s'en forme ,
pour que l'eau s'c'vapore librement ; &
nous dkons davantage du Sédiment ea
son lieu.
Les Cryftaux cubiques sont un vérita
ble Sel commun , qui se distingue pat
cette confìguratipn , par son gout parti
culièrement salé , & par d'autres proprietez
trop connues pour être rapportées.
II se déclare d'avance par le gout qu'il
donne à notre eau , & encore davantage
dans les Epreuves, par l'effet de ia volatilité
, que son acide imprime à l'argent , en
le précipitant ; & enfin, on le réduit par
l'c'vaporation en fa consistence con
crète.
Ce Sel fait la plus grande quantité
d'entre les matières de la Résidence, com
paré avec chacune en particulier.
Les Croûtes faline/,de nouveau dissoutes
dans de l'eau commune , donnent par
l'évaporation encote du Sel commun i
•près quoi le reste de cette solution survuidée
& exposée à l'aìt fait naître des
Crystaux d'un-quarré long , taillez à far
certes aux extrémitez , amers d'abord , 8c
frais ensuite sur la langue, qui sont des
•^roprietez , qui avec d'autres font le ca
ractère du Sel de Glaufor : Et c'est4à ce
que P»ícal a pris pour un Sel Nitreux^ féJANVIER.
1730; 13
iaìt par quelque rcísemblance superfi
cielle & imparfaite des Crystaux. L'acide
nitreux , qui fait l'essence des Sels de ce
nom , n'entre point dans fa compositions
c'est celui du Vitriol •: & outre que
M. Lemmery a prouvé clairement dans
un de fes Mémoires, que la source de
Notre Nitre , n'est point dans les entrail
les de la terre , mais qu'il naît , pour
ainsi dire , à fa surface , ou à une très-pe
tite profondeur ; il est encore bien cer
tain , qu'il ne s'-en est point trouvé jus-»
qu'ici de bien reconnu pour tel dans au
cune eau Minérale 5 car celles qu'on ap
pelle communément Nitrenses , contien
nent un Sel alkali à toute épreuve 3
on les a comparé au Nitre des Ancient ,
qui leur a fait donner ce nom.
Le Sel de Glaaber ne fçauroit être dis
tingué dans notre Eau par le gout , parce
qu'il est dominé par d'autres , dont nous
ressentons plus d'impression -, on ne fçau
roit non plus le prévoir par une simple
épreuve : il faut le soupçonner , & en par
tie seulement se convaincre de sa présence
avant que de le chercher.
On peut avec quelque fondement le
soupçonner par tout où il y a du Sel
commun , ils ne font guëtes l'un fans
l'autre. 11 y en a ainsi dans quelques Aci
dules ou Eauxierrugineuscs froides,com«
■ j B ta»
14 'MERCURE DE FRANCE,
me il y en a. dans notre Eau naturelle»
ment chaude ; l'eau de la Mer même
n'en est pas exempte ; & M . Boulduc eu
a trouvé dans des eaux de Salines , que
l'on regardoit comme purement salc'es ^
parce que l'on en tire du Sel commun.
J?our s'assurer de la présence de ce Sel
par quelque épreuve , il faut d'abord
yoir , si l'on peut découvrir l'acide vi
triolique en genexal , & c'est ce que
Jyl» Boulduc fait pai le moyen de l'huile
4e Chaux , qui lui sert de pierre de tou
che pour cet acide , lequel (ous quelque
fpijue qu'il se trouve , quitte après ce
mélange fa base quelconque , & se porte
(at la Chaux , avec laquelle il fait une
espèce de crystaliíation : l' Acide vitrioli
que étant ainsi dévoilé , pn employé ensuice
des moyens subsidiaires , par lesquels
Pn puisse reconnoître , s'il est lié avec du
fer , comme il l'est dans le Vitriol , ou
avec une terre crétacée , comme il l'est
dans l'Alun , &c. Que, si ces sortes de
preuves manquent , on est assez certain ,
qu'il y a du Sel de Glauber. Et c'est de
eette manière que M» Boulduc l'a pres
senti dans les Croûtes Salines avant que
de le faire paroître pat la crystalisation.
Ce Sel contribue' beaucoup à faire va
rier le poids de la Résidence , parce qu'on
te peut de#«her au pojnt. qu'il pèse plus
JANVIER. i7J0;
'3e la moitié moins que dans son état na
turel.
Apte's avoir retiré de notre Eau le Sel
-commun & les Croûtes Salines , on con
tinue à l'évaporer : plus elle s'avance ver»
la fin , plus elle devient rousse & grasse ,
d'un gout piquant comme une Lexive ,
& répand une odeur bitumineuse , saoa
déposer davantage deCrystaux.
Ces circonstances font juger , qu'il y a
là plus d'une matière : c'est un Sel qu'on
découvre par le gout , & une substance
cn gênerai appeìlce sulphureufe , qu'on
apperçoir par l'odeur qu'il faut démêler
l'une d'avec l'autre.
Ce qui produit le gout piquant &lixiviel
, est un Sel Alkali fixe , dont le*
proprietez égalent en beaucoup de cir
constances un bon Sel de Tartre , avec
lequel M. Boulduc l'a toujours compare í
mais elles s'en éloignent , entr'autres , en
-ce qù'au lieu que le Sel de Tartre mêle
avec le Vitriol ou son acide fait un Tar
tre vitriolé-, le/ Sel de notre Eau mêlé
avec le même acide produit constam
ment un Sel de Glauber. Ce fait, jusquelà
l'unique , a fait souhaitter à M. Boul
duc d'avoir du moins encore un exemple
<le pareil Sel ; & il l'a trouvé dans la Terre
áppellée Nitreuse , qu'on amasse autour
de Smyrae& d'Ephese , & qu'on employé
Bij dans
i« MERCURE DE FRANCË.
dans ce Pays-là à la fabrique du Savon f
il en a fait une forte Lexive purement
alkaline , & Payant mêle'e avec du Vi
triol ou son acide J il cn a pareillemenc
retiré du Sel de Glauber , & point d'au
tre. Cette différence prouve éviáemment
que ces deux Alkalis tirent leur origine
du Sel commun ; & M. Boulduc conjec
ture , que les Sels de toutes ces Eaux Mi
nérales que M. Du Clos & d'autres ont
appellé Nitreufes , font auíîi de cette cfr
pece distinguée.
i Cet* Alkali salin se déclare d'avance
dans notre Eau par le gout Lixivicl qu'il
lui donne , & qui avec celui du Sel com
mun domine far le reste -, il le fait encore
connoître davantage dans les épreuves
par les effets d'effervescence avec les aci
des , de précipitation de tout ce qu'ils
ont dissous , de changement de couleur
dans la teinture de Violettes , 8i dans la
solution du Sublimé corrosif,; & enfin on
peut le réunir , & le rendre fec'& palpa
ble , comme nous Talions dire en par
lant de ce qu'il y a de sulphurfux dans
notre Eau.
Le Sel commun étant partout où il
íe irouve plus ou moins bitumineux j a
selon toute apparence communiqué 4
notre Eau du Bitume , quel'Alkali tient
dissous, & l'empcçhc par là de surnager^
JANVIER. 173Ò. 17
St de paroîcre. Quoiqu'il en soit de íoa
origine , le Bitume y est , & on peut le sé
parer d'avec l'Alkali ,• en versant de l'Esrit
de Vin sur la derniere portion d'ean
ien concentrée : par ce moyen,comme le
plus aisé d'entre les autres.quelques gout
telettes de Bitume montent â la surface ,
& d'autres se collent aux parois du vais
seau , pendant que le Sel jílcali reste li
quide au fond , d'où on le retire facile
ment pour le destecher& pour l'avoir pur
& blanc. L'Efprit de Vin seul en quantiw
suffisante le réduit à sec avec le tems.
• - Le gout ne fçauroit distinguer le Bitu
me daná netre Eau, & le peu- d'odeur
qu'elle a est une trop foible & incertaine
marque de fa présence : on ne peut que
k soupçonner par l'empyreume que l'eau
imprime au vaisseau dan & la distillation ,
.& par l'odeur qu'elle exhale sur la fin de
-l'évaporation , jusqu'à ce qu'on le sépare
de tout mélange par le moyen que nous
venons de ditev
Le Bitume répandu dans toute la Rési
dence , fait qu'elle s'enflamme , quand
on en met fur une pele rougie , étant in
flammable de lui même.
Nous passons à- examiner le Sédiment ;
c'est autant celui que l'on garde des éva
porations , que celui que l'eau dépose ì
. B iij fa.
t» MERCURE DE FRANCE.
fa Source en manière de croûtes pier*
xeuses.
On apperçoit dans l'Eau , qu'on éva
pore actuellement, de petits filets clairs
& transparents parmi d'autres corps blancs
f!r opaqu.es , qui en s'affaissant se confon
dent ensemble : & dans les croûtes pier
reuses on distingue de petits bri Huns par
mi une matière terne & pins éclat. Voilà:
encore deux substances à démêler.
La première , qui a de la transparence
eu du brillant , est un Sel moyen , dans
lequel l'Acide vitriolique est chargé de
beaucoup de terre , & M. Boulduc a par
lé plus au long de fa qualité saline , à
l'oecasion des Nouvelles Eaux Minérales
de Pafsy. Ce Mixte n'ayant pas encore
été mis au rang des Sels, il fera libre a cha
cun de lui donner tel nom qu'il voudra.'
M. Boulduc l'appelle Sele nite , parce qu'il
prend la même configuration en fecryC
talifant.
Comme un Sel de difficile dissolution ;
ou qui a besoin de beaucoup d'eau pour
-se tenir dissous , il commence à paroît»
comme une poussière fine qui a quelque
éclat , aussi tôt qu'un peu d'eau lui est
soustraite . & à mesure qu'elle diminue
il forme de petits filets , ensuite des fciiil-
]$ïs ou pellicules , dont enfin les mor<
«aux,
Janvier. r72Q. r*
ceaux brisez s'attachent au vaisseau , 8c
prennent encore là plus de volume & plu»
de régularité dans leur configuration.
Ce Sel ne se trouve pas feulement dant
quelques Acidules & Eaux Minérales
chaudes-, il y en a aussi dans des Eaux fa*
tées , dont on tire du Sel commun , comme
font celles de Salins , de Durban , de
Fourtou » de Roquefort.
Pour ce qui regarde la deuxième m»,
r'iere de nos Sedimens , ces corps blanc*
& opaque* ou ternes $ c'est une Terre ».
qui fermente avec tous les Acides , com
me le font celles qu'on appelle abforb*ntes:
elle a pourtant une qualité' de plus »
que M. Boulduc a reconnue par d'autres
essais ; c'est qu'elle a été calcinée dans le
Laboratoire souterrain. Quand on ett
mêle avec du &tl Ammonite , soit qu'ost
employé la terre de la Résidence bien lai
vée , ou les croûtes pierreuses , comme
elles font sorties de l'eau , elles retien*
lient dans la distillation l' Acide du Sel
commun , & rtìertenr en liberté VEsprit
nrineux , qui est vif & pénétrant , & de
ses effets ordinaires , précipitant le Subli^
mé en blanc , verdissant le íyrop violât- \
changeant en bleu céleste toute solutiorî
de cuivre : & le Résidu , comme un Sel"
Ammoniac fixe a résous par l'humidité de
B iiij, l'air „
Se MERCURE DE FRANCE,
l'air , ou détrempé dans de Peau , donna
cette Liqueur ou Solution , qu'on appelle
vulgairement Huile de Chaux , laquelle
passant par le filtre , laisse err arriére une
majse brune , qui après une legere calci—
nation , & pas plutôt , permet à l' Aimant
d'en attirer des parcelles de fer.
Les Croutep pierreuses , dont on avoic
fait espérer un Esprit de Nitre, distillées
seules , donnent un peu de Bitume ; 6c
mêlées avec du Vitriol, elles fournissent
un phlegme d'une odeur bitumineuse , fie
tien au-delà.
L' Alkali terreux se fait bientôt connoî»
tre dans l'évaporation de notre Eau com
me une terre en gênerai -, mais dans les
épreuves il semble , que l'Huile de Tar
tre par défaillance déclare sa qualité par
ticulière , parce qu'elle l'en précipite r
comme elle le fak à l'eau de Chaux. Etanc
bien absorbante, elle a- part à-^'efferves
cence avec les- acides , & à la précipi
tation de ce qu'ils avoient dissous.
Comme cette terre & laSelenite se présenrent
toujours à la surface de laSource,
où il se fait sans cesse une évaporation de
diminution assez forte -, ces deux maticxes
s'amonceLnt dans les tems , que l'eau
»'est point agitée , & parvenant au point
4c surmonter sa résistance , ou aidées par
des
JANVIER. 1719. 21
íîes agitations volontaires de la part de
«eux qui en puisent , elles se déposent
successivement , & forment les couches
des croûtes pierreuses , qui se mêlent 6c
se cimentent encore avec les feuillets
bruns , qui dérivent en partie de la bouë,
que l'eau amène de son fond.
fc Le Fer, dont nous avons touché uq
mot , faisant la plus petite partie d'entre
les matières de la Résidence , ne sçauroic
y paroître sous fa couleur ordinaire -, les
couches rouges brunesdes croures le peu
vent faire soupçonner -, mais Pépreuve ,
qu'on fait avec la noix de galle ne peut
pas déclarer fa présence , parce qu'il n'est
pas dissous dans notre Eau , ou en forme
de Vitriol -, il n'y est pas non plus comme
Fer parfait, parce qu'il n'obéît pas d'aborr
à l' Aimant. II y a apparence , qu'il
fort d'une Marcaflltc ferrugineuse , &
que ses pores sont encore bouchez de
te-rre , dont le feu les délivre ; & alors la
matière magnétique y trouve accès.
M-. Boulduc a tiré du Fer & des croûtes
pierreuses , & de là partie terreuse de la
Résidence M. Burlet en avoir aupara
vant apperçû dans le Mucilage qui est
d'ailleurs, une partie du tout, entremêlé
de Sels, de Bitume & de terres , avec un
petit reste d'eau , qui lui conserve de la
transparence pour quelque tems..
B v l*
a 2 MERCURE DE FRANCE;
Le Mucilage, plus ou moins desséché*,;
{>eut contribuer beaucoup à faire variec
e poids de la Résidence.
\ Après ce détail, M. Boulduc réponds
à une Objection , qu'on fait communé
ment à laChymie fur ses productions ,
& particulièrement fur les Sels : le feu al
tère & décompose. Qu'on laiífe évaporer
notre Eau , dit-il >. â Pair ou au Soleil ,..
comme Pascal l'a voulu, ou qu'on la con
centre par la gelée , de de l'une ou de
l'autre façon, à tel point qu'on voudta %
& qu'on la mêle ensuite à différentes re
prises , avec de l'efprit de Vin , que l'onaugmentera
chaque fois-, qu'on furvuidera
le mélange : de cette manière , on
rerra d'abord la terre , que la Selenite
& le Fer accompagnent , ensuite les Selsmoyens
en Crystaux , & finalement le
Sel Alkali au fond, distinctement séparé'
d'avec l'Efprir de Vin, comme si on y
avoit versé une forte Huile de Tartre par
défaillance.
II n'y. a point d'apparence , qu'après-;
cela on mette le Sel Alkali -ou quelqueautre
fut le compte du feu , qu'on n'á pasemployé.
De tout ce qui a été dit jusqu'ici , Mi
Boulduc conclnd J que les Eaux de Bour
bon contiennent naturellement du Stl
wnmm , du Sel de Glanbtr , un Sel M~
. JANVIER. 17 to.
í-alì , du Bitume , de la Selenite , une Ter
re absorban e , & du Fer , dont lc mélan
ge répandu dans une eau actuellement
chaude , ôc chaque matière considérée
selon fa qualité , connue par l'experience
l'u/agc ; que la Médecine en fait tous
les jours , doivent faire inférer d'avance- ,
qu'elles font «n état de déterger, d'ineiftrt
&c de résoudre , qui font des effetsgénéraux
communément suivis d'une am
ple transpiration 8c excrétion d'urine 5.
que de plus elles peuvent absorber, & en .
partie dessécher ôc fortifier ; mais ce qu'on
•regrette ordinairement fort , c'est qu'el
les ne fçauroient guères purger, 8c c'est
austï ce que la plupart des Malades regar
dent comme un deffaut , mesurant I*
bonté d'âne Eau Minérale fut de fré
quentes évacuations de cette efpece.
Si on accorde, dit M. Boulduc en fiuiffant
, que ce soit ìi vm deffaut , d'ha
biles Médecins fçavent bien lc réparer
soit en faisant précéder les Eaux de Vixhy
, pour frayer le chemin: à celles de
Bourbon , soit en faisant prendre ces der
nieres , quand ils le jugent à propos , avec
des Sels moyens apéritifs , d'entre lesquels •
M* Butler a depuis une vingtaine d'an
nées misen usage 1'1 jircanum dublicatum*
■bien <o»ditionnt , & en a d'heufeussuccès*
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Résumé : EXTRAIT du Memoire lû à l'Assemblée publique de l'Académie Royale des Sciences, le 12. Novembre 1729. sur les Eaux de Bourbon.
Le 12 novembre, M. Boulduc a présenté un discours à l'Académie Royale des Sciences sur l'analyse des eaux minérales chaudes de Bourbon-l'Archambault, connues pour leur efficacité contre diverses maladies. Ces eaux, parmi les plus anciennes et renommées du royaume, ont été mentionnées par Jean Ban en 1605 et 1618, qui les décrivait comme contenant du soufre minéral, du bitume et du nitre. En 1670, M. Duclos confirma la présence de nitre, mais en 1699, Pascal contesta cette analyse, affirmant que les eaux contenaient un sel mixte composé d'un acide volatile et d'un sel alcalin fixe. Intrigué par ces divergences, M. Boulduc a entrepris une nouvelle analyse des eaux de Bourbon. Il a observé que l'eau est claire, limpide, presque sans odeur et d'un goût entre le salé et le lixiviel. Elle est naturellement bouillante et forme des croûtes blanches à la surface. Ses expériences ont révélé que l'eau précipite l'argent dissous, fermente avec les acides et précipite l'alun et les vitriols. Après évaporation et distillation, il a identifié plusieurs matières, dont un sel commun, du sel de Glauber, une substance sulfurée et une odeur bitumineuse. M. Boulduc a conclu que l'évaporation modérée de l'eau est le moyen le plus simple pour en développer les composants. Il a détaillé les processus chimiques et les propriétés des sels identifiés, soulignant l'importance de méthodes précises pour les analyser. Le texte mentionne également la présence de silice, de sel de Glauber, d'un sel alcalin, de bitume, de selenite, d'une terre absorbante et de fer dans les eaux de Bourbon. Ces eaux sont utilisées en médecine pour leurs effets détergents, irritants et résolutifs, souvent suivis de transpiration et d'excrétion d'urine. Cependant, elles ne purgent pas facilement, ce que certains médecins compensent en les associant à des sels apéritifs ou à des eaux comme celles de Vichy.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4238
p. 35-47
REMARQUES de M. d'Auvergne, de Beauvais, sur un Livre intitulé : Les Principes du Droit François sur les Fiefs. Par M. Billecocq.
Début :
Le titre de cet Ouvrage paroît imposant. On y annonce le détail des [...]
Mots clefs :
Fiefs, Droit, Coutume, Loi, Auteur, Texte, Jurisprudence, Ouvrage
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUES de M. d'Auvergne, de Beauvais, sur un Livre intitulé : Les Principes du Droit François sur les Fiefs. Par M. Billecocq.
R £ MA X QV ES de M. d'Auvergne,
de Beauvaïs ? sur un Livre intitulé :
Les Principes du Droit François fur les
fiefs Par M. Billecocy.
LE titre de .cet Ouvrage paroît impo
sant. On y annonce le détail des
principes de la Jurispiudence Françoise
sur les Fiefs } c'est-à-dire, fur la ma
tière la plus curieuse , la plus difficile &
la plus importante peut-être de tout no
tre Droit. La diversité d'opinions , &
les contestations qu'elle produit tous les
jours fur une infiniré de points , font
une grande preuve qu'après tout ce qu'il
y a eu de Sçavans hommes qui ont tra
vaillé à les éclaircir 9c à les discuter ,
nous y manquons encore de principes
fixes & certains. Aussi un Livre qui reníermeroit
réellement tous ces principes ,
; , serok
■f 6 MERCURE DE FRANCE,
íseroit à rechercher avec empressement.
Mais ici la promesse est crop étendue;
elle ne .s'accorde pas même avec le ju
gement que M- JBiUecpcq a porté de son
Ecrit dans l'Epitre Dédicatoire & dans
l'Áyis au Lecteur. Il n'y présente en
effet ce fruit de ses -travaux que comme
un Commentaire fur la Coutume par
ticulière du Gouvernement de Peronnc,
Mondidier & Roye , & il~y avertit que
c'est à cette Coutume qu'il réduit tous
ses principes. Aussi je ne me propose que
"d'examiner de quelle façon' doit s'executer
une semblable entreprise,, de faci
liter l'intelligence de fa Coutume , & si
la Méthode que l' Auteur s'est faite fur
cela est celle qu'il faut suivre pour le*
Ouvrages de ce .genre : ce fera à quoi
se borneront toutes mes Remarques.
Eclaircir oa commenjter uncCoûturae.
ou une Loi , ce n'est pas simplement,
distribuer fes collections fur toutes les
parties du Texte } ni morceler ce Texte
pour le compiler avec d'autres ; «'est en
interpréter les termes obscurs , détermi
ner Je sení des expressions qui peuvent,
être entendues de différentes façons , Ieyer
tous les doutes fur les cas où le Lé
gislateur ne s'est pas suffisamment expli
qué , ou qu'il a entièrement omis. Pouj:
y jéuslîr , il faut exarajner non-íeulcment
1 ANVIE R. 1730: 37
nient les Ecrits de ceux qui ont fait la
.même entreprise , soit sur cette même
Coutume , soit sur celles qui ont quel
ques dispositions semblables , mais auífî
ccqui nous a été transmis par ceux d'en
tre les Interprètes de toutes les autres
Coutumes différentes ou opposc'es,qui font
en réputation d'y avoir le plus excellé»
Il saur en choisissant parmi leurs diver
ses décisions , montrer par des raisonne
ment clairs & solides , & souvent pac
l'Histoire de l'ancienne Jurisprudence ,
que les íentimtns que l'on embrasse font
véritablement ceux qui doivent préva
loir , & qui conviennent le mieux i
l'efprit de la Loi particulière que l'on
commente. U faut rapporter avec une
judicieuse critique les Sentences & les
Arrêts rendus fur chaque Question ,
rétablir les espèces de ceux qui ont été
mal entendus , enseigner quels sont ceux
qui n'étant pas confoimes au vrai sens
des Coutumes, dans lesquelles ils font in
tervenus j ne doivent pas être suivis ,
faire connoître ce qui auioit dû y être
jugé , relever les fausses applications qui
ont été faites de plusieurs autres. Or il
n'est pas possible qu'il s'en trouve de
cette nature dans un Livre qui n'étant
comme celui-ci que d'environ 440. pa
ges in-ji. contient cependant près de
C 275
0 MERCURE DE FRANCE.
275. Chapitres, dont une bonne partie
est subdivisée en Sections , qui dans
certains Chapitres , yonc jusqu'à douze
«u quinze.
Sans doute , 1* Auteur n'a passait une
attention qu'il est à souhaicter qu'il fasse
pour les autres Ouvrages qu'il se pré*
pare à nous donner fur les Rotures , Ip
Franc- Aleu , les Justices Seigneuriales.
C'est que nous ne sommes plus dans le
tems où nos anciens Auteurs , tels que
^eaumanoir , Desmarcs , Bouteiller &c.
a'avoient qu'à écrire en forme de Loix
ou de Maximes ce qu'ils voyoient pra
tiquer. Comme l'usage étoit alors la
principale Loi , l'ignorancc ou l'incertitude
de cet usage étoit auffi la plus granr
de source des l'rocès , on avoir encore
beaucoup d'obligation à ceux qui pour
le rendre plus invariable &: plus connu,
prenoient la peine de le rédiger par
écrit. Content de l'utilité de laquelle
croient à cet égard leurs compilations ,
on ne leur demandoit pas qu'ils discu
tassent à fond toutes les subtilités qu-'oti
commençoit déja à inventer , en s'écactant
peu à peu de la simplicité des sié
cles précedêns.
Mais aujourd'hui que les Coutumes
particglieres de chaque Contrée font
écrites , que les Ordonnances de nos
Rois
JANVIER. 17! 91 1*
H.OÍS se sont multipliées , que quantité' de
Points qui n'avoient été décides ni dans
les unes ni dans les autres , l'ont été
depuis par les Parlemens , qu'il y a unfi
-infinité de Collections qui contiennent
les règles fur lesquelles on est univer
sellement d'accord i le travail de ceuX
-qui entreprennent encore d'écrire fur
cela , doit touler uniquement fur ce qui
teste à faire jusqu'à ce qu'on soit enfin
parvenu à l'uniforroité de Jurisprudence
si possible & si désirée i (í'est-à-dire , sut
la solution des difficultés que l'obfcurité,
Je silence & la contraricté de ces diver
ses Loix laissent encore subsister , oïl
que l'imaginacion des Interprètes a fait
naître.
A la vérité , l'ouvrage est d'autant
plus pénible Sc moins gracieux , qu'il est
très-difficile de donner à ce qu'on trou
ve encore à dire l'agrément de là nouveauté.
La Jurisprudence est, en esset.une
des sciences fur lesquelles on peut assu.
■ter avec le plus de raison, que tout est
âít.- H est peu de questions , si memeit
y" en a aucunes, qui ne soient traitées par
quantité d'Auteurs. Ceux qui nous ont
précédé ne nous ont presque laissé qu'à
concilier léurs avis , qu'à décider entre
íious à qui la préférence doit être don-
Hee , Bc ^u'à répliquer aux objections
Ç ij qu«
40 MERCURE DE FRANCE,
que Ies\ins ont faites contre les argu,.
mens de ceux qui avoient écrit avant
eux , répliques qui se trouvent aílez
souvent dans les principes mêmes établis
par les premiers ; & ces questions fur
lesquelles il y a diversité de fentimens ,
ou qui ayant été une fois éclaircies , onc
été rebroiiillées de .nouveau , ne peu
vent être ramassées qu'en parcourant lc
plus qu'il se peut du grand nombre de
Volumes où elles font éparses , & qu'en
essuyant , sans se rebuter , le dégoût &
l'cnnui qui font inséparables de la lecture
de tant de Livres qui se font successivement
copiés & remplis pour la plupart
des mêmes lieux communs.
Dans celui-ci , au-contrairc , les fources
où l'on a puisé , & qui peuvent ai
sément être comptées , parce qu'elles
font exactement indiquées fur les mar
ges , se réduisent à un assez petit nom
bre. Je me suis même apperçû fur cet
artiese de deux petites circonstances assez
singulières , pour que je n'obmette pas de
les faire remarquer. La première , est que
l'Auteur a exclus du nombre de ses gui
des tous ceux qui ont écrit en Latin ,
& la seconde , qu'encore que son Re
cueil soit fur les Fiefs » il n'y a cepen
dant pas fait usage d'un seul des trais
tés dont çette matière est l'unique obr
f*. Et
JANVIER.. 1730. 4».
Ét dans le peu de recherches aufquelles
il s'est borné , il a fait son capitat
de ce qui ne devoit être qu'un moyen
pour y parvenir y c'est-à-dire , qu'au lieu
de n'avoir recours aux ouvrages qu'il
avoit fous ses yeux que comme à une
source propre à lui fournir de nouvel
les ouvertures pour mettre dans un plus
grand jour les matières controvcrsées ì
ou comme à un aiguillon qui excitât ,
qui reveillât ses propres idées , il s'est
toujours borné à donner lc précis de9
résolutions qu'il y a trouvées- , fans mê
me indiquer les motifs qui y ont donné
lieu , ni les autorités qui y font op
posées.
C'est ainsi , par exemple , qu'il donne
pour indubitable , pout cela seulement,
que de Heu l'a dit ,, quoique l'axiome
soit faux * & que du Plessis , dont il a
extrait dans le même endroit un des
plus longs Chapitres presque en entier,
ait suffisamment fait entendre le con
traire , que lorsque lc mari néglige ou
refuse de rendre la foi & hommage pour
les Fiefs qui font échus à fa femme , 6c
de les relever , elle peut se faire auto»
riser par Justice , pour remplir cette
obligation.'
*Liv. t Ch. 4. Se&. (*
4r MERCURE DÊ FRÁNCÉ;-
De même, sur l'arriclc de ce que
fainé peut exiger de ses frères & soeurs,
lorsqu'ils, aiment mieux- relever de lui
pour la première fois , que du Seigneue
dominant , l' Auteur, range parmi les*
ftiaximes universellement suivies ce qu'il
a vû dans la Coutume de Laon « que
lès cadets doivent en ce cas à leur aine
le droit de chambellage , fans avetiir que
M. d'Argentré b dont le sentiment a été
en- cela suivi par plusieurs autres » a te
nu le contraire.
Telle est la Méthode de M. D. . . . .
Au lieu de n'avoir recours au Texte de*
autres Coutumes que pour discuter le
plus ou le moins d'application qui en,
oeut être faite 3 la sienne. } jl se çojntente
de les transcrire comme des prin
cipes généraux , tous differens qu'ils font
du, détail dans lequel les Auteurs qui
enr traité les mêmes points font entrés.
Ainsi la Section e où il parle de la foi.
& hommage du Fief contesté entre pluisieurs
personnes , n'est qu'un composé
de purs Textes de quelques Coutumes
de Champagne , posés là en forme de
maximes générales , & fans exception
(a ) Ltv. i. Ch. f. SeS.y.
(b ) Sur V Art. 318. de l'une. Coût, de Bre~
t*gne. .%•-■>.•-
(C) Liv. 2,, Ch. 4. Se&, 4.
tandis
■ j AKVI E K. i7lv% 4î
tandis que ce dont il s'agit » e'té am*
plement traité par du Moulin qui a faitf
les principales des distinctions nécessai
res poiír la décision dey differens cas*
dans lesquels la question peut se présen
ter , qui en a facilité {'application pae
les hypotefes qu'il a dreflées avec foin,
& qui a enseigné quelles font les excep
tions dont les règles qu'il établissoit sonl
susceptibles1.
Ainsi encore quand i! s'agit dé fçavoìt
si le Seigneur qui veut retenir un
Fief de fa mouvance , dont le nouvel
acheteur vient lui demander l'investiture,
peut déduire , fur le prix de la vent*
qu'il est obligé de rembourser , le mon
tant des droits féodaux , M. B. a appor
te de même pour toute décision un ar
ticle de la Coutume de Vermandois qui
fie reçoit d'application que pour le seul
eas , qui n'est susceptible d'aucune diffi
culté, que ce fou l'aeheteur qui soit char
gé du payement de ces droifs. Mais
changez l'espece , supposez que l'aehe
teur ne s'étant pas engagé à les acquiter,
le vendeur en fut resté tenu , & deman
dez si alors il est encore vrai que le
Seigneur ne puisse pas en faire de «sé
duction fur la somme principale , il ne
Liv, 14. Cb. r;, Sí£. 1.
G iii) $*«*
44 MERCURE DE FRANCE,
s'en trouve rien dans l' Auteur , & il vousi
laisse dans l'incertkude du parri qui eít - ■'
à prendre dans la contrariété qui se ren»
Contre sur cela,, non-seulement entre les
diveríes Coutumes , mais aussi entre le» .
divers Jurisconsultes.
Rien , comme, on voit , n'est si oppo
{é au but que j'ai expliqué, qu'un Com
mentateur de Coutume doit se proposer
de suppléer sur le plus grand nombre de
-cas qu'il lui est possible ,de rassembler au
deffaut des Textes> qu'il entreprend d'é
claircir. A quoi bon un- Commentaire
qui contient tout aussi- peu , & même
quelquefois moins que l'article contesté}
& c'est cependant le deffaut dominant de
celui de M. B. en voici encore un exem
ple. Si on cherche dans le Texte de la
Coutume de Peronne a fur quel pied;
l'ainé doit rembourser & récompenser
ses cadets ,, lorsqu'il veut retirer de leurs
mains la part qu'ils ont dans les Fiefs
des successions de leur pere & mere , &
qu'il est obligé d'en faire la récompense
en argent j on y voit que les rédacteurs
de cette Coutume ont décidé que le ra
chat devoir se faire à raison du denier
2 o. pour ce qui est du côté de Vermàndois
6c de l'Artois , & du denier 25.
(a] Liv. 4- Ch. lj. St&, 7.
pour
JAN VIE R. 1750. 4j
pour ce qui est en deçà de la Somme;
au lieu que notre Auteur n'a rien fait
paíser de cela dans son Recueil , où l'on
chercheroit avec tout aussi peu de fruit
à s'instruire de tous les doutes que les
dispositions de la Coutume peuvent cau
ser fur cette matière v comme si cette an
cienne fixation doit encore être suivie ,
s'il est vrai que l'ainé soit toujours le
maître de faire ce rachat en héritages
roturiers , quand il y en a suffisamment
dans la succession , & si les cadets ne
peuvent jamais en ce cas l'exiger en ar
gent } si ce que ceux-ci ont eu par do
nation est sujet à ce droit de retenue de
Fainé , comme ce qui leur est échu par
succession ; si ce droit est cessible ; si le
tems en dedans lequel il doit être exer
cé court pendant la minorité des enfans
du fils ainé mort avant que ce tems fut
écoulé ; si la jouissance de la mere à ti
tre de douaire prolonge ce délai ; si les
propriétaires peuvent rien démolir fut
leur part , & en couper les bois de haute
futayç , tanr que dure la faculté de leur
ôter des mains &c.
Mais les inconveniens de cette der
niere forte d'omissions ne font rien r
pour ainsi dire , en comparaison des
maux que peut produire la réticence des
autorités, opposées aux décisions qui sont
Q % ici
4<? MFRCURE DE FRANCE.
ici Continuellement données comme des
axiomes non contestés j car dans la Scien
ce du Droit encore plus que dans route
autre } un Livre , si mal digéré qu'il
soit , est , fur tout après la mort de son-
Auteur , un oracle pour une ipsinité de
gens. Cette maxime est imprimée ; ce
la suffit pour le vulgaire ; il en concluciauslì-
tôt qu'elle est vraye ; malheureu
sement ce vulgaire n'est que trop nom
breux. Des Avocats mêmes qui passent
pour habiles , sont-ils consultés fur une
question dont ils ignorent le noeud , ils
ne font souvent autre chose qu'ouvrir
un des Auteurs qu'ils sçavent qui en
ont parlé -, &c la décision qu'ils y rrou—
venr , qu'elle soit bien ou mal fondée,,
est la régie de leur réponse. Si ellé est
favorable au confulranr ,-cela l'engage à
entreprendre un Wocès dans lequel ih
succombe , parce qu'il plaide devant des:
Juges qui font mieux instruits des verirablcs
principes ; & le voilà* ruiné s
tant pat les dépenses qu'il a faites que
par celles qu'il est obligé de rembour
ser à ceux qu'il a inquiétés. Quelquefoisc'est
le Magistrat qui donne dans ce
travers , Sc à qui la cause du monde la
mieux fondée paroîr mauvaise , sur lafoi
d'un Auteur pour lequel il s'est pré
venu i & à qui il s'en rapporte aveuglé
ment.
JANVIER. 1730. 47
tfient. Mais que cc soit à fa trop gran
de crédulité ou à celle de l'Avocat
qu'il faille fe prendre de la ruine d'une
famille , l'Ouvrage qni a fait tomber
dans l'erreur le juge , ou l'Avocat , n'en»
est pas moins la première caufe de la dé
solation de cette famille. C'est là l'importance
de ces sortes d'Ecrits i &c ce
qui en doit iendxe les Auteurs bien cir
conspects.
de Beauvaïs ? sur un Livre intitulé :
Les Principes du Droit François fur les
fiefs Par M. Billecocy.
LE titre de .cet Ouvrage paroît impo
sant. On y annonce le détail des
principes de la Jurispiudence Françoise
sur les Fiefs } c'est-à-dire, fur la ma
tière la plus curieuse , la plus difficile &
la plus importante peut-être de tout no
tre Droit. La diversité d'opinions , &
les contestations qu'elle produit tous les
jours fur une infiniré de points , font
une grande preuve qu'après tout ce qu'il
y a eu de Sçavans hommes qui ont tra
vaillé à les éclaircir 9c à les discuter ,
nous y manquons encore de principes
fixes & certains. Aussi un Livre qui reníermeroit
réellement tous ces principes ,
; , serok
■f 6 MERCURE DE FRANCE,
íseroit à rechercher avec empressement.
Mais ici la promesse est crop étendue;
elle ne .s'accorde pas même avec le ju
gement que M- JBiUecpcq a porté de son
Ecrit dans l'Epitre Dédicatoire & dans
l'Áyis au Lecteur. Il n'y présente en
effet ce fruit de ses -travaux que comme
un Commentaire fur la Coutume par
ticulière du Gouvernement de Peronnc,
Mondidier & Roye , & il~y avertit que
c'est à cette Coutume qu'il réduit tous
ses principes. Aussi je ne me propose que
"d'examiner de quelle façon' doit s'executer
une semblable entreprise,, de faci
liter l'intelligence de fa Coutume , & si
la Méthode que l' Auteur s'est faite fur
cela est celle qu'il faut suivre pour le*
Ouvrages de ce .genre : ce fera à quoi
se borneront toutes mes Remarques.
Eclaircir oa commenjter uncCoûturae.
ou une Loi , ce n'est pas simplement,
distribuer fes collections fur toutes les
parties du Texte } ni morceler ce Texte
pour le compiler avec d'autres ; «'est en
interpréter les termes obscurs , détermi
ner Je sení des expressions qui peuvent,
être entendues de différentes façons , Ieyer
tous les doutes fur les cas où le Lé
gislateur ne s'est pas suffisamment expli
qué , ou qu'il a entièrement omis. Pouj:
y jéuslîr , il faut exarajner non-íeulcment
1 ANVIE R. 1730: 37
nient les Ecrits de ceux qui ont fait la
.même entreprise , soit sur cette même
Coutume , soit sur celles qui ont quel
ques dispositions semblables , mais auífî
ccqui nous a été transmis par ceux d'en
tre les Interprètes de toutes les autres
Coutumes différentes ou opposc'es,qui font
en réputation d'y avoir le plus excellé»
Il saur en choisissant parmi leurs diver
ses décisions , montrer par des raisonne
ment clairs & solides , & souvent pac
l'Histoire de l'ancienne Jurisprudence ,
que les íentimtns que l'on embrasse font
véritablement ceux qui doivent préva
loir , & qui conviennent le mieux i
l'efprit de la Loi particulière que l'on
commente. U faut rapporter avec une
judicieuse critique les Sentences & les
Arrêts rendus fur chaque Question ,
rétablir les espèces de ceux qui ont été
mal entendus , enseigner quels sont ceux
qui n'étant pas confoimes au vrai sens
des Coutumes, dans lesquelles ils font in
tervenus j ne doivent pas être suivis ,
faire connoître ce qui auioit dû y être
jugé , relever les fausses applications qui
ont été faites de plusieurs autres. Or il
n'est pas possible qu'il s'en trouve de
cette nature dans un Livre qui n'étant
comme celui-ci que d'environ 440. pa
ges in-ji. contient cependant près de
C 275
0 MERCURE DE FRANCE.
275. Chapitres, dont une bonne partie
est subdivisée en Sections , qui dans
certains Chapitres , yonc jusqu'à douze
«u quinze.
Sans doute , 1* Auteur n'a passait une
attention qu'il est à souhaicter qu'il fasse
pour les autres Ouvrages qu'il se pré*
pare à nous donner fur les Rotures , Ip
Franc- Aleu , les Justices Seigneuriales.
C'est que nous ne sommes plus dans le
tems où nos anciens Auteurs , tels que
^eaumanoir , Desmarcs , Bouteiller &c.
a'avoient qu'à écrire en forme de Loix
ou de Maximes ce qu'ils voyoient pra
tiquer. Comme l'usage étoit alors la
principale Loi , l'ignorancc ou l'incertitude
de cet usage étoit auffi la plus granr
de source des l'rocès , on avoir encore
beaucoup d'obligation à ceux qui pour
le rendre plus invariable &: plus connu,
prenoient la peine de le rédiger par
écrit. Content de l'utilité de laquelle
croient à cet égard leurs compilations ,
on ne leur demandoit pas qu'ils discu
tassent à fond toutes les subtilités qu-'oti
commençoit déja à inventer , en s'écactant
peu à peu de la simplicité des sié
cles précedêns.
Mais aujourd'hui que les Coutumes
particglieres de chaque Contrée font
écrites , que les Ordonnances de nos
Rois
JANVIER. 17! 91 1*
H.OÍS se sont multipliées , que quantité' de
Points qui n'avoient été décides ni dans
les unes ni dans les autres , l'ont été
depuis par les Parlemens , qu'il y a unfi
-infinité de Collections qui contiennent
les règles fur lesquelles on est univer
sellement d'accord i le travail de ceuX
-qui entreprennent encore d'écrire fur
cela , doit touler uniquement fur ce qui
teste à faire jusqu'à ce qu'on soit enfin
parvenu à l'uniforroité de Jurisprudence
si possible & si désirée i (í'est-à-dire , sut
la solution des difficultés que l'obfcurité,
Je silence & la contraricté de ces diver
ses Loix laissent encore subsister , oïl
que l'imaginacion des Interprètes a fait
naître.
A la vérité , l'ouvrage est d'autant
plus pénible Sc moins gracieux , qu'il est
très-difficile de donner à ce qu'on trou
ve encore à dire l'agrément de là nouveauté.
La Jurisprudence est, en esset.une
des sciences fur lesquelles on peut assu.
■ter avec le plus de raison, que tout est
âít.- H est peu de questions , si memeit
y" en a aucunes, qui ne soient traitées par
quantité d'Auteurs. Ceux qui nous ont
précédé ne nous ont presque laissé qu'à
concilier léurs avis , qu'à décider entre
íious à qui la préférence doit être don-
Hee , Bc ^u'à répliquer aux objections
Ç ij qu«
40 MERCURE DE FRANCE,
que Ies\ins ont faites contre les argu,.
mens de ceux qui avoient écrit avant
eux , répliques qui se trouvent aílez
souvent dans les principes mêmes établis
par les premiers ; & ces questions fur
lesquelles il y a diversité de fentimens ,
ou qui ayant été une fois éclaircies , onc
été rebroiiillées de .nouveau , ne peu
vent être ramassées qu'en parcourant lc
plus qu'il se peut du grand nombre de
Volumes où elles font éparses , & qu'en
essuyant , sans se rebuter , le dégoût &
l'cnnui qui font inséparables de la lecture
de tant de Livres qui se font successivement
copiés & remplis pour la plupart
des mêmes lieux communs.
Dans celui-ci , au-contrairc , les fources
où l'on a puisé , & qui peuvent ai
sément être comptées , parce qu'elles
font exactement indiquées fur les mar
ges , se réduisent à un assez petit nom
bre. Je me suis même apperçû fur cet
artiese de deux petites circonstances assez
singulières , pour que je n'obmette pas de
les faire remarquer. La première , est que
l'Auteur a exclus du nombre de ses gui
des tous ceux qui ont écrit en Latin ,
& la seconde , qu'encore que son Re
cueil soit fur les Fiefs » il n'y a cepen
dant pas fait usage d'un seul des trais
tés dont çette matière est l'unique obr
f*. Et
JANVIER.. 1730. 4».
Ét dans le peu de recherches aufquelles
il s'est borné , il a fait son capitat
de ce qui ne devoit être qu'un moyen
pour y parvenir y c'est-à-dire , qu'au lieu
de n'avoir recours aux ouvrages qu'il
avoit fous ses yeux que comme à une
source propre à lui fournir de nouvel
les ouvertures pour mettre dans un plus
grand jour les matières controvcrsées ì
ou comme à un aiguillon qui excitât ,
qui reveillât ses propres idées , il s'est
toujours borné à donner lc précis de9
résolutions qu'il y a trouvées- , fans mê
me indiquer les motifs qui y ont donné
lieu , ni les autorités qui y font op
posées.
C'est ainsi , par exemple , qu'il donne
pour indubitable , pout cela seulement,
que de Heu l'a dit ,, quoique l'axiome
soit faux * & que du Plessis , dont il a
extrait dans le même endroit un des
plus longs Chapitres presque en entier,
ait suffisamment fait entendre le con
traire , que lorsque lc mari néglige ou
refuse de rendre la foi & hommage pour
les Fiefs qui font échus à fa femme , 6c
de les relever , elle peut se faire auto»
riser par Justice , pour remplir cette
obligation.'
*Liv. t Ch. 4. Se&. (*
4r MERCURE DÊ FRÁNCÉ;-
De même, sur l'arriclc de ce que
fainé peut exiger de ses frères & soeurs,
lorsqu'ils, aiment mieux- relever de lui
pour la première fois , que du Seigneue
dominant , l' Auteur, range parmi les*
ftiaximes universellement suivies ce qu'il
a vû dans la Coutume de Laon « que
lès cadets doivent en ce cas à leur aine
le droit de chambellage , fans avetiir que
M. d'Argentré b dont le sentiment a été
en- cela suivi par plusieurs autres » a te
nu le contraire.
Telle est la Méthode de M. D. . . . .
Au lieu de n'avoir recours au Texte de*
autres Coutumes que pour discuter le
plus ou le moins d'application qui en,
oeut être faite 3 la sienne. } jl se çojntente
de les transcrire comme des prin
cipes généraux , tous differens qu'ils font
du, détail dans lequel les Auteurs qui
enr traité les mêmes points font entrés.
Ainsi la Section e où il parle de la foi.
& hommage du Fief contesté entre pluisieurs
personnes , n'est qu'un composé
de purs Textes de quelques Coutumes
de Champagne , posés là en forme de
maximes générales , & fans exception
(a ) Ltv. i. Ch. f. SeS.y.
(b ) Sur V Art. 318. de l'une. Coût, de Bre~
t*gne. .%•-■>.•-
(C) Liv. 2,, Ch. 4. Se&, 4.
tandis
■ j AKVI E K. i7lv% 4î
tandis que ce dont il s'agit » e'té am*
plement traité par du Moulin qui a faitf
les principales des distinctions nécessai
res poiír la décision dey differens cas*
dans lesquels la question peut se présen
ter , qui en a facilité {'application pae
les hypotefes qu'il a dreflées avec foin,
& qui a enseigné quelles font les excep
tions dont les règles qu'il établissoit sonl
susceptibles1.
Ainsi encore quand i! s'agit dé fçavoìt
si le Seigneur qui veut retenir un
Fief de fa mouvance , dont le nouvel
acheteur vient lui demander l'investiture,
peut déduire , fur le prix de la vent*
qu'il est obligé de rembourser , le mon
tant des droits féodaux , M. B. a appor
te de même pour toute décision un ar
ticle de la Coutume de Vermandois qui
fie reçoit d'application que pour le seul
eas , qui n'est susceptible d'aucune diffi
culté, que ce fou l'aeheteur qui soit char
gé du payement de ces droifs. Mais
changez l'espece , supposez que l'aehe
teur ne s'étant pas engagé à les acquiter,
le vendeur en fut resté tenu , & deman
dez si alors il est encore vrai que le
Seigneur ne puisse pas en faire de «sé
duction fur la somme principale , il ne
Liv, 14. Cb. r;, Sí£. 1.
G iii) $*«*
44 MERCURE DE FRANCE,
s'en trouve rien dans l' Auteur , & il vousi
laisse dans l'incertkude du parri qui eít - ■'
à prendre dans la contrariété qui se ren»
Contre sur cela,, non-seulement entre les
diveríes Coutumes , mais aussi entre le» .
divers Jurisconsultes.
Rien , comme, on voit , n'est si oppo
{é au but que j'ai expliqué, qu'un Com
mentateur de Coutume doit se proposer
de suppléer sur le plus grand nombre de
-cas qu'il lui est possible ,de rassembler au
deffaut des Textes> qu'il entreprend d'é
claircir. A quoi bon un- Commentaire
qui contient tout aussi- peu , & même
quelquefois moins que l'article contesté}
& c'est cependant le deffaut dominant de
celui de M. B. en voici encore un exem
ple. Si on cherche dans le Texte de la
Coutume de Peronne a fur quel pied;
l'ainé doit rembourser & récompenser
ses cadets ,, lorsqu'il veut retirer de leurs
mains la part qu'ils ont dans les Fiefs
des successions de leur pere & mere , &
qu'il est obligé d'en faire la récompense
en argent j on y voit que les rédacteurs
de cette Coutume ont décidé que le ra
chat devoir se faire à raison du denier
2 o. pour ce qui est du côté de Vermàndois
6c de l'Artois , & du denier 25.
(a] Liv. 4- Ch. lj. St&, 7.
pour
JAN VIE R. 1750. 4j
pour ce qui est en deçà de la Somme;
au lieu que notre Auteur n'a rien fait
paíser de cela dans son Recueil , où l'on
chercheroit avec tout aussi peu de fruit
à s'instruire de tous les doutes que les
dispositions de la Coutume peuvent cau
ser fur cette matière v comme si cette an
cienne fixation doit encore être suivie ,
s'il est vrai que l'ainé soit toujours le
maître de faire ce rachat en héritages
roturiers , quand il y en a suffisamment
dans la succession , & si les cadets ne
peuvent jamais en ce cas l'exiger en ar
gent } si ce que ceux-ci ont eu par do
nation est sujet à ce droit de retenue de
Fainé , comme ce qui leur est échu par
succession ; si ce droit est cessible ; si le
tems en dedans lequel il doit être exer
cé court pendant la minorité des enfans
du fils ainé mort avant que ce tems fut
écoulé ; si la jouissance de la mere à ti
tre de douaire prolonge ce délai ; si les
propriétaires peuvent rien démolir fut
leur part , & en couper les bois de haute
futayç , tanr que dure la faculté de leur
ôter des mains &c.
Mais les inconveniens de cette der
niere forte d'omissions ne font rien r
pour ainsi dire , en comparaison des
maux que peut produire la réticence des
autorités, opposées aux décisions qui sont
Q % ici
4<? MFRCURE DE FRANCE.
ici Continuellement données comme des
axiomes non contestés j car dans la Scien
ce du Droit encore plus que dans route
autre } un Livre , si mal digéré qu'il
soit , est , fur tout après la mort de son-
Auteur , un oracle pour une ipsinité de
gens. Cette maxime est imprimée ; ce
la suffit pour le vulgaire ; il en concluciauslì-
tôt qu'elle est vraye ; malheureu
sement ce vulgaire n'est que trop nom
breux. Des Avocats mêmes qui passent
pour habiles , sont-ils consultés fur une
question dont ils ignorent le noeud , ils
ne font souvent autre chose qu'ouvrir
un des Auteurs qu'ils sçavent qui en
ont parlé -, &c la décision qu'ils y rrou—
venr , qu'elle soit bien ou mal fondée,,
est la régie de leur réponse. Si ellé est
favorable au confulranr ,-cela l'engage à
entreprendre un Wocès dans lequel ih
succombe , parce qu'il plaide devant des:
Juges qui font mieux instruits des verirablcs
principes ; & le voilà* ruiné s
tant pat les dépenses qu'il a faites que
par celles qu'il est obligé de rembour
ser à ceux qu'il a inquiétés. Quelquefoisc'est
le Magistrat qui donne dans ce
travers , Sc à qui la cause du monde la
mieux fondée paroîr mauvaise , sur lafoi
d'un Auteur pour lequel il s'est pré
venu i & à qui il s'en rapporte aveuglé
ment.
JANVIER. 1730. 47
tfient. Mais que cc soit à fa trop gran
de crédulité ou à celle de l'Avocat
qu'il faille fe prendre de la ruine d'une
famille , l'Ouvrage qni a fait tomber
dans l'erreur le juge , ou l'Avocat , n'en»
est pas moins la première caufe de la dé
solation de cette famille. C'est là l'importance
de ces sortes d'Ecrits i &c ce
qui en doit iendxe les Auteurs bien cir
conspects.
Fermer
Résumé : REMARQUES de M. d'Auvergne, de Beauvais, sur un Livre intitulé : Les Principes du Droit François sur les Fiefs. Par M. Billecocq.
Le texte est une critique du livre 'Les Principes du Droit François sur les fiefs' de M. Billecoq, rédigée par M. d'Auvergne. L'auteur souligne l'importance du sujet traité, à savoir les principes de la jurisprudence française sur les fiefs, un domaine complexe et sujet à de nombreuses controverses. Malgré les nombreux savants ayant travaillé sur ce sujet, des principes fixes et certains manquent encore. M. d'Auvergne critique la promesse excessive du livre, qui se présente comme une œuvre exhaustive mais se révèle être un commentaire limité à la coutume particulière de Peronne, Mondidier et Roye. Il examine la méthode de l'auteur, qui se contente de transcrire des textes de coutumes sans les interpréter ou les discuter en profondeur. Cette approche est jugée insuffisante, car elle ne résout pas les doutes et les controverses existantes. Pour éclaircir une coutume, il est nécessaire d'interpréter les termes obscurs, de déterminer le sens des expressions ambiguës, et de lever les doutes laissés par le législateur. Il faut également examiner les écrits des auteurs précédents et les décisions judiciaires pour choisir les interprétations les plus pertinentes. M. d'Auvergne reproche à M. Billecoq de ne pas avoir suffisamment exploré les sources disponibles, notamment les traités en latin et les ouvrages spécifiques sur les fiefs. Il critique également la méthode de l'auteur, qui se limite à résumer les résolutions trouvées dans d'autres ouvrages sans en discuter les motifs ou les autorités opposées. En conclusion, le critique estime que le livre de M. Billecoq ne remplit pas son objectif annoncé de fournir des principes fixes et certains sur les fiefs. Il manque de profondeur et de discussion critique, se contentant de transcrire des textes sans les analyser en détail. Le texte critique également la réticence des autorités à contester des décisions présentées comme des axiomes incontestés, particulièrement dans le domaine du droit. Une fois publié, un livre, même mal compris, devient une référence incontestée après la mort de son auteur. Le public, souvent nombreux et influençable, accepte ces maximes sans les remettre en question. Même des avocats qualifiés, lorsqu'ils ignorent les détails d'une question juridique, se réfèrent à des auteurs connus pour trouver une décision, qu'elle soit bien ou mal fondée. Cela peut conduire à des procès perdus et à la ruine des parties impliquées, tant par les dépenses engagées que par celles à rembourser. Les magistrats peuvent également tomber dans ce piège, jugeant mal une cause en se fiant aveuglément à un auteur. Que ce soit par la crédulité du juge ou de l'avocat, la cause de la ruine d'une famille réside souvent dans les écrits mal interprétés. Ces ouvrages, en induisant en erreur les juges ou les avocats, jouent un rôle crucial dans la désolation des familles, soulignant ainsi l'importance de la prudence des auteurs dans la rédaction de tels écrits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4239
p. 49-75
RÉJOUISSANCES faites à Djon. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville.
Début :
Nous apprimes l'heureuse nouvelle le 7. de Septembre ; elle n'eut pas été plutôt [...]
Mots clefs :
Réjouissances, Dijon, Ville, Instruments, Église, Vin, Tambours, Hautbois, Joie, Nuit, Musiciens, Fête, Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉJOUISSANCES faites à Djon. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville.
ME'JOVl S S ANCES faites k Òijon.
Extrait d'une Lettre écrite de cettfi
rnu*
NOus apprîmes l'heureuse nouvelle le 77
de Septembre» elle n'eut pas été plu
tôt annoncée par une triple décharge de l' Ar
tillerie de la Ville & du Château , qu'on"
entendit de toutes parts le son des Cloches
& les acclammations des Hábitans. Il n'est'
pas possible de vous décrire les transports"
que produisit ce grand événement. On fortoit
des maisons en foule ; on couroit dé
porte en porte pour apprendre à son pa
rent , à son ami une nouvelle qu'il sçavoie
déja , & qu'il avoicla même passion de dé
biter.
Le Comte de Tavanes qui commande dans"
la Province , ne pouvoit manquer une fi'
belle occasion de- faire éclater son zele , &
l'ardeur héréditaire qu'il a pour le service
de Sa Majesté. Son spacieux Hôtel parut tout
en feu dès l'entrée de la nuit ; la porte &
h façade ornées deRstons, de Dauphins, dé
Fleurs de Lys , les bougies & les Lampions
étoient répandus par fout , & principale
ment fur la belle Terrasse fur la rrtë. Grand
feu au milieu de.Ja Place , grand festin dans
l'interieur de la maison, fonraines de via
su dedans Se au dehors de la Cour , Bal
Ì>our les personnes qualifiées , danses parmt
e Peuple &c.
Eeno#)t les «ois semaines, 4e nos princf-
. .. ' gales
ço MERCURE OE FRANCE,
pales Réjouissances , ce Seigneur a fçu va
rier tous les repas qu'il a donnés ; & lotî
tes les illuminations ; on étoit sûr de trou-
Ver toujours chez lui quelque chose de bril
lant & de nouveau nous appellerions cela.,
des Fêtes dans toutes les formes y. ce n'étoic
pourtant que lc prélude de celle qu'il taéditoit.
Le Parlement étant séparé à cause des va
cations , il ne pût se rassembler que le Sa*'
riiedi. cette illustre Compagnie parut aussi
complète que dans le tems des pleines fean—-
ces. M. de Berbiscy » Premier Président étoit
à la tê'-e ; les Huissiers le précedoient com
me à l'ordinaire , les Avocats & les Procu*
reurs en grand nombre faifoient cortège *
la Maréchaussée bordoit les rangs ; le 2>
T3eum fut chanté dans laSale du Palais.L'Abbá
Bouhîer , Doyen de la Sainte Chapelle, déíigné
pour être notre premier Evêque , offi
cia y la symphonie fut merveilleuse , la Mu
sique excellente, & M. Michel , Maître de la
même Sinte Chapelle , se surpassa.
Les Musiciens qu'il avoit. employez conti
nuèrent ce jour là à se donner mutuellement
des Concerts comme ils avoient fait les jour*
précedens ; ils- illuminèrent les lieux où il»
se régaloient ; & si l'on doit en juger par lesÉfréquentes
décha ges d'une douzaine de pe
tites piéces de Canons dont ils s'étoient pour
vus , & aiisque's on mecroit le feu toutes
les fois q 'ils celébroient lu santé du Rqi
ou de quelque Prince de la Maison Royale»-
en ne peut douter qu'ils ne s'y jíKeressaliene;
infiniment. x~ j
Le Dimanche suivant , les erdres, de las
Geur aiiivs.íûîj & cc foc alors que. la joye
, monta
JANVIE Ft. \7j<s: <v
irsonta ï son comble ; pendant trois jottrs con-:
sécutifs les Cloches sonnèrent , le Canon tli
ra j il y eut des feux devant toutes les por*
tes i des lumières fur toutes les Fenêtres ,
lès Clochers mêmes furent éclaires. Le Lun
di on rit tous les Ouvriers occupés, à sus
pendre des Guirlandes , ì attachtr des A . moi
nes > à élever des Loges de verdure de cent"
figures différentes . tout le Peuple enfin se
livrer à la joye. Nos Comédiens joiierent
pour lui gratis.
mu vM.j —— 1« , w ..y «.f'Srfi^noiv ....
les Boëtes , ni les Fusées , rri les Han-beaux,
ni tous ces autres agrémens que le coeur'
& le bon goût peuvent inspirer ; le détait
de tout cela feroit immense , & j'ai d'ailléurs
à ouvrir une scène plus grande & plus
pompeuse.
C'est M. le Premier Président du Parlement '
qui donna la première Fêre solemnelle le
Lundi m Septembre. El'e commença par une
illumination générale de tcut son quartier »
&■ particulièrement de son Hôtel , non seu
lement la fact.' , mais les Cours, Us Appartemens
& les Jardins ; il y eut un Concert
exécuté par des Musiciens du premier ordre,
un repas splendirie oû les personnes de la
première considération se trouvèrent. II fit
distribuer , ou plutôt prodiguer au Peuple
le pain , le vin & la viande . & il disposa
en differens endroits des Inlîrumens , au son
desquels on dansa jusqu'au jour. En un mor,
on peut dire qu'il n'omit rien de ce que
son inclination pouvoir, demander & s„ Dignité
permetue.
ft MERCURE^ DE FRANCE.
Le lendemain > on chanta , sur les cinq
Beures du soir, à la Sainte Chapelle , un "tt
Deum qui fut annoncé par le Ion des Clo
ches & par le bruit du Canon ; le Parlement
& la Chambre des Comptes y assistèrent en
Robes de cérémonie, avec toutes les Com
pagnies qui ont droit de s'y trouver ; M.
de Tavanes s'y rendit aussi. La plupart des
Communautés Ecclésiastiques , en consé
quence du Mandement de M. l'Evêque de
íangres , firent la même cérémonie ce jourlá.
Les Chevaliers de l'Arbalête firent chanter
le lendemain aux Carmes un Te Deum en
Musique, au bruit des. Boètes •• & quoique là
Ville eut renouvelle le soir ses Illuminations
& ses Feux , ils remportèrent íur tous les
autres , en- éclairant leurs Maisons , jus
qu'aux Jardins , de Bougies , de Lampions-,
&c. & ils donnèrent un grand Repas.
les dehors de leur magnifique Collège fu
ient ornés & éclairés avec gout > mais Ië
plus bel aspect fut celui du seu qu'ils allu
mèrent au milieu de leur grande Cour en
tourée de Bâtimens à tross étages , dont les
Fenêtres étoient également chargées de lu.
mieres. Ge qu'ils eurent de plus singulier %
fut une Armée de nouvelle levée , ce fiic
une Milice brillante, qui fit plusieurs évolutions
dans cette Cour , s'y rangea en bataille > &
y fit des décharges. Oh eut le plaisir de
voir pendant trois jours /Cette belle jeunefle
parcourir les lieux les plus apparens de la
Ville , portant 3e maniant les_armes avec au-
Leí Jésuites se distinguèrent
jÁNVfER- 171^.
te 14. les Bouchers qui ont toujours pr-i»
parc aux Réjouissances publiques > mêlèrent
les Musettes aux Tambours . les uns passè
rent la journée- fous les armes ; les autres
ayant choisi deux jeunes filles , les habillè
rent en Bergères , & au son des Instrumens,
les conduisirent en grand cortège chez la
Comte de Tavanes , à qui elles eurent l'honneur.
de présenter un Agneau , orné de ru^
bans & de guirlandes , qui. fut très- gracieu
sement & très- noblement reçu. Us s'apliquerent
ensuite à embellis les Loges qu'ils svoient
déja construites , à tapifler leurs Boutiques
à décorer d'arbustes , de Festons , de Gui
dons & d'armoiries les Ponts qu'ils avoient
jettes fur leur ruë , & qu'ils illuminoient tous
ícs soirs
Cependant dés Veaux & des Moutons en
tiers se rotissoient au milieu des Places aux
dépens des mêmes Bouchers ; les Hautbois
& les Tambours retentissoient de toutes parts»
les Tables étoient dressées , & parurent trèsbien
servies. M. de Tavanes voulut être té
moin de leurs plaisirs ; Madame de Tavanes
y mit le comble , en les animant elle-mê*
me , & c'est principalement à fa présence &
à îexcellent vin qu'elle envoyoit avec pro
fusion , que ceux qui se donnoient en spec
tacle durent la vivacité de leurs Réjoúi£
sances.
M. Baudor, notre Vicomte- Mayeur , qui
fa vigilance portoit de cous côtés , crut que
la Police même étoit intéressée à entretenir
cette ardeur » son bon vin de Champagne &
de Bourgogne le suivoit par tout , & c'est"
de cette source féconde que coulèrent tane'
d'heureux impromptus à fa louange &c
MERCURE t)Ê FRANCE.
Ce même jour 14. Septembre fut marqliér
par Tune des plus belles Fêtes: que nous
ayons vûës ; je veux parler de celre- d& M. le*
Comte deTavanes; comme il delìroit que touc
répondit à la grandeur de ses idées, íbri Hôtels
tout vaste qu'il est , lui parut trop resserré,-
& il se détermina pour le jeu de l'Arquebuse.
C'est un Bâtiment de 30. toises d'éten
due , íìtué à la Porte de la Ville , Sí
Composé de deux grandes Galeries l'une fut
l'autre , terminées par deux Pavillons quartés.
On y anive par une avenue de ioo.'
pas de longueur , bordée de chaque côté par
deux raogs d'arbres 1 avec un fossé , fur le*
bords duquel règnent des charmiiles à hau
teur d'apui;on entre par une grande porte de fer
placée au milieu de la galerie d'en bai, q^ur
du côté du Jardin est ouverte en peristile.
Ce Jardin est un quarré long , clos de mu«
railles couvertes par tout d'une palissade cîe
Charmes de s ro. pieds d'élévation 5 bV
est coupé en deux portions égales par un
canal , & acompagné de deux grandes allées*
d'Arbres en Berceau , dont le rang exté
rieur a son apui de Charmilles ausli-bien'
que l'avenaë. Les retours qui font au bout
des Allées forment quatre beaux quarrés
pareillerríent enfermés- d'Arbres & de Char
milles ; derrière le canal de cent toises de
longueur , est une esplanade qui fait face â
une niche adossée au mur de' clôture , per
cée par les côtés , & couverte d'une demiè
coupole , fous laquelle est le Buste de M. le
Duc. La distance entre les Allées & lesr
murs de côté est d'environ quarante pas ,
& c'est dans ces vuides qu'on a coutume
de placer les buts pour l'exeicice de l'Ar
quebuse». Devant
JAtfVfER. 1729. ff
Devant la Porte de fer, dans ('endroit ouV"
l'avenuë forme une demi- lune, on avoir
élevé fur des Pillièrs de 1 f. pieds de hau
teur un Edifice de charpente , dont l'Enta-*
blement étoit orné des Ecussons des Armes*
du Roi , de la Reine , de Monseigneur les
Dauphin & du Duc de Bourbon ;-ces Arnioiries
étoient ornées de fleurs , dont 1er
Guirlandes defeendoient jusqu'à terre , St
tournoient autour des Pillieis de l'Edifice.
Sur la Plate forme étoit un petit Acrotêre'
ou Piédestal & cinq Piramides soutenues par
des Dauphins , décorées de Devises & de
Cartouches ; la plus haute de ces Piramides'
portoit un Soleil rempli d'artifice ; les qua
tre autres Piramides étoient surmontées d'au-'
tant de Grenades.
Quatre rangs de Terrines on de lampions
f;arnissoient toute la longueur de l' A venue j
e premier rang étoit posé sur le terrain ,
Te fécond à hauteur d'ápuî"; dans le Jardins'
il y en avoit trois étages 5 !es premiers étoient
rangés le long du canal , les seconds fur les
Charmilles d'apui , & les troisièmes fur les
palissades. Tout fut allumé avec une promtitude
inconcevable ; la Niche parut toute
hérissée de.Bougies ; ses deux côtés- en étoient
pareillement garnis pour termii.er les Allées,
ainsi que toutes les Fenêtres de- la Gallerie
& des Pavillons & le Cordon du Bâtiment
des quatre faces 5 c'étoit un coup d'ceif
charmant , & aussi surprenant de loin qu'il'
paroissoit galant & magnifique de près; la
réflexion de Peau faifoit fur tout un effet
admirable, en multipliant les objets.
Cependant l'illustre Compagnie s'étant as
semblée dans la Gallerie haute ,; on lui donrià*
une
■f4 MERCURE DE FRANCÊ.
une Cantate à grand Choeur , dont les sca
roles avoient été composées par le P. Adam,"
de la Compagnie de Jésus , & la Musique
par le S. Leplivet. Ce Divertissement duraune
heure , & fut reçû avec beaucoup de
satisfaction.
A peine étoit-il fini qu'or» donna le signât
pour tirer le Feu d'artifice par une salve de
vingt pieces de Canon rangées au bas des»
Pilliers de l'Edifice ; aussi tôt Madame l'Intendante
, au bruit des timbales & des trom-:
pettes , mit le feu à la mèche , & fit partirun
Dauphin enflams , qui courant avecrapidité
à l'une des faces , communiqua sesflammes
à trois autres Dauphins qui s'éle
vèrent en même-tem:s des trois autres faces,-
& y revinrent avec la même impétuosité p
tout s'enflamma- à leur retour ; ce ne fut plus
que tonnerre & que feu ; les Serpentau*
Voioient fur la terre , les Fusées s'élevoienc
dans l'air &c. Le Ciel devint en mêmetems
fort obscur, & son obscurité contri
bua encore à rendre le feu- plus éclatant St
^Illumination plus brillante.- On ne vit ja«*
mais rien en ce genre de mieux exécuté, &£■
de plus iultement. applaudi.
On servit ensuite le souper. Il y avoît
quatre Tables , une de 40. Couverts dans
l'un des Pavillons , trois de 30. Couverts cha
cune dans la Gallerie d'en haut , toutes
quatre servies avec un ordre, une abondan
ce . une délicatesse , une propreté qui paíîê
toute expression } cent sortes de ragoûts
nouveaux & recherchés , viandes exquises ,
Vins de tous les Climats , liqueurs de tou
tes les sortes ; on epargnok aux Convives la
peine de demander ï on prívcnoit , on devinoie
JANVIER. 1730.
ío'it les souhaits. Ce qu'on admira fur tout
ce fut le Fruit, & principalement celui qui
étoit destiné pour les Dames ; il n'est pas
possible d'imaginer comment on avoit pè
ramatìér tant de fruits délicieux , tant de
confitures exquises ; l'-ceil , l' odorat , le
gouc , tout y étoit satisfait. 80. pieces de
porcelaines & de cristaux qui contenoient ce
Dessert j rangées avec une simétrie & un art
infini , faisojent dire à tout le monde que
c'étoit dommage d'y toucher. Un de nos
Poètes qui a assisté à toute cette Fête l'a
dépeinte par les Vers que voici :
Vulcain, sans doute, avoit cùniuit les feux;
Apollon avoit fait les Vers & la Musique i
JBacchus se trouva bienheureux
Pe faire les honneurs d'un Busftt magnifique;
Diane & Pan qni fournirent les mets ,
jivoient épuisé les Forés Si
Cornus mime d' intelligence,
~ùt ee Banquet superbe avoit fris Vintindanee
,
Pour donner tant de fleurs , pour donner tant
de fruits ,
fleurs de toutes faisons , fruits d'Eté , fruits
d?Automne ,
flore avec son Zephir , Vertumne avec Ptu
tnone
Avoient pasié plut d'une nuit.
Le Peuple eut part à la somptuosité d«
M. de Tavanes ; on lui fit de grandes distri
butions depwn &dc viande» ; pour le vmi
3 8 MERCURE DE FRANCE,
il n'y avoit qu'à prendre, on en avoit 3iC~
posé six fontaines en six endroits differens./
deux A côté des Pilaltres qui font le com-
.mencement de l' Avenue , les quatre autre*
au commencement Si au bout des Allées da
Jardin ; outre cette profusion , on en donnait
„«ncore à tous ceux qui en demandoient %
de forte qu'il n'étoit pas plus rare que l'eatt
,jqui remplit le canal.
Dès qu'on eut fait guelqu&s tours de proçtnenade
pour voir ^Illumination de plus près»
& ce nombre infini de gens de tous étages,
.:qui dansoient en vingt endroits difíerens j,
au son des tambours & des -hautbois ; on
enleva les Tables , & le Comte de Tavanes
-remontant à la GaUerie , ouvrit un Bal , où
les RafraîchiíTemens furent prodigués ; ce
,Bal dura lì long-tems que le Soleil en vint
éclairer une partie. • *
Le Jeudi t 5 Septembre , les Chevaliers
du Jeu de l' Arquebuse , precedés de leurs
.trompettes & de leurs timballes > allèrent
prendre M. le Comte de Saulx , qu'ils ont
l'honneur d'avoir pour Capitaine , & i'ao
xompagnerent aux Jacobins , où en pré
sence de M. le Comte de Tavanes son pere^
& de M. Baudot , Vicomte - Mayeur , Se
•Chef des Armes , il fit chanter avec matnificence
un Te Deum par un grand nombre
e Musiciens ; il se trouva aussi quelques
-jours après au grand repas qui fut donné
dans u;i Salon de verdure , élevé exprès à
«ôté du .canal dont -on a parlé:; tous les
Bâtimens & le Jardin même furent illumi
nés.
Le i4. les Trésoriers de France celebre-
SH|t Jeux Fête ; ïk n'eoeploycreBi pas cette
: • grande
f AN VIE R. 1730. 59
grande foule de Musiciens qui se trouvè
rent aux autres solemnirez ; leur Chapelle
•n'auroit pas pû les con tenir ; mais ils a voient
,d£S voix & des Instrumens d'élite , & s'il*
■n'eurenf pas la gloire de la magnificence»
jls eurent celle du goût & de ia délica
tesse. _ Ô
, í-e Dimanche pg. fut marqué par une Pro
cession generale du Clergé Séculier & Ré
gulier de la Ville , à laquelle lev Doyen de
Ja Sainte Chapelle présida ; le Parlement r
assista en Robes rouges , & M. de Tavanejs
marcha conjointement cn habit de ceremo-
,»ie.
Les Chevaliers de l'Arc firent les hon»
jieurs du lendemain ; le Te D eu m à grand
choeur qu'ils chantèrent aux Cordeliers , lc
repas qui succéda , & la parure des lieuy
où ils tiennent leur Assemblée ont fait hon
neur à la Ville.
M M. de la Chamòre des Comptes qui
■n'avoiént Ras moins cfe zele & d'empresse
ment .que les autres Corps, choisirent le u.
du mime mois , & la Sainte Chapelle pour
ie lieu de leur Cérémonie; la face de l'Eglisc
fut dscorée & éclairée , la Nef & les
deux Tribunes furent tapissées comme aux
jours les plus folemnels 5 on éleva dans ce
Choeur jusqu'aux premières Galleries trois
rangs de festons de verdures &c.
L'Autel étoit paré des ornemens les plus
précieux j l'Mumination repondoit à la pa
rure j car outre le grand nombre de cierges
dont le Maître- Autel étoit chargé , outre
la multitude de Lustres qui étoient diíhi»
Jbuez dans toute l'étenduè de l'Eglise , les
deux Galleries da Choeur, le* deu*. Tribu
nes
v
MERCURE DE FRANCF.
mes & la Balustrade qui règne le long des
tìtales étoient bordées de Bougies. Les pre
mières Galleries de la Nef étoient garnies
d'une infinité de Pots à feu , où pour évi
ter l'incommodité de la fumée > il n'étoie.
Srefque entré que de Ja cire. C'-e'toit un brilint
inconcevable . & toutes ces lumières que
ia tapisserie & renfoncement des Galleries
faisoienc sortir , parurent d'un gout nou
veau , qui satisfit; également & ceux qui se
piquent, de se connoître en ces choses , 8c
ceux qui ne s'y connoissent pas.
•M M. de la Chambre des Comptes vinrent
à l'Eglise» precedez de leurs Huissiers , &
suivis d'un grand nombre deComptables qu'ils
avoient appeíiés à la Cérémonie. Le Comte
de Tavanes qui s'étoit rendu dans leur Salle
d'Assemblée . marchoit entre le Premier 8e
l'ancien Président . precedé de la Maréchausfée
& de ses Gardes. On entra au bruic
des timbales & des trompettes , & M. Mi
chel donna un troisième TeDeum, qui quoi
que d'un gouc diffèrent» ne parut pas.moins
beau que les deux autres > la Musique
fut exécutée avec la derniere précision j
on ne s'étoit pas contenté des Musiciens
de la Ville , quoiqu'ils soient très - nom.
breux > on en avoir fait venir d'Etrangers,
M. le Doyen de la Sainte Chapelle fitl'Office
, & on finit par la Prière pour le Roi &
pour le Dauphin.
Le ii, notre Vicomte- Mayeur , qui avoir,
envoyé de grandes aumônes aux Hôpitaux,
aux Prisonniers , aux Pauvres honteux , &
même aux Religieux Mendians j se rendicavec
toute la Magistrature & les Officiers
des Paioifics chez M. le Comte de Tavanes >
: •• pour
JANVIER. i7?o. 6i
Çavtt raccompagner au Te Deum de la Villes
oici Tordre de la marche.
Les deux Sergens de Bande , revêtus de
leurs casaques d'écarlate , galonées d'argent,
la hallebarde à la main. Les Sergens des
sept Paroisses, tous en uniforme i luivoienc
deux à deux , pareillement avec des halle
bardes qu'ils porcoient fur Tépaule. Les Offi
ciers de la Milice Bourgeoise » distingues
suivant leurs Paroisses , ayant chacun leurs
Tambours leur Fifre , leurs Hautbois 8c
leur Drapeau. Les Capitaines , Lieutenans ,
Majors & Dizeniers marchoient lts premiers,
avec TEiponton ; les Apointtz étoitnt derjiere
avec la Pertuiíàne. Nous appelions
Apointez certains 'Officiers subalternes qui
fervent fous les Dizeniers. Ils faiíoient un
Corps d'environ roo. hommes , tous trèslestes
& ttès proprement habillez. Les Trem
pettes de la Ville , puis les Gardes de M. de
Tavanes d'un côté , & les Sergens de Mairie
de l'autre. M. de Tavanes vêtu d'un habit de
drap «i'or , avec un manteau noir , doublé pajeillement
de drap d'or , étoit acompagné de
M- le Maire, qui étoit revêtu de fa Robe de
.velours violet ,, doublée de velours cramoisi,
bordée d'une fourure blanche ; les Echevins
avoient aussi leurs Robes de cérémonie, de
moire violette. Le Procureur Syndic étoit à
la fuite avec la même parure , en tête de
les Substituts , &de tout ce qui compose le
Corps dé Ville. La marche étoit fermée par
un Détachement des Sergens des Paroisles ,
pour empêcher la foule.
La grande Porte des Jacobins étoît -ornée
de tapis , de festons &c. & éclairée de bou
ffies ; leur vaste £oui l'itoit des deux cô-
D «B
<Í2 MERCURE DE FRANCE,
tez par des Terrines & des Pots à feu »
Portail étoit aussi illumine ,& on avoit éle
vé fur la principale Porte le tableau d'un
Peintre fameux .représentant le Dauphin de
Viennois, qui cède fa Principauté au Ros
PhiKpcs VI. Tout étoit éclairé en Lustres
& en Girandoles dans i'Eglise. Le Grand-
Autel i de même que ceux des Chapelles ,
étoit fi chargé de cierges , qu'on n'auroit ja
mais p& en augmenter le nombre ; les hauts
fieges du Choeur étoient pareillement cou
ronnez de cierges > mêlez de Grenadiers 8f
"d'Orangers On enrra dans I'Eglise au (on
des Cloches & des Trompettes , & au bruit
d'une décharge genevale de 1" Artillerie de la
Ville & du Château. M., le Comte de Ta>.
vanes prit fa place fur un Prie-Djeu qu'on
lui avoit préparé a ia droite du Chceur.
M. le Vicomte- Mayeur étoit ì droite daps
les hauts fieges , ayant devant lui un tapis
de velours cramoisi ayee deux carreaux ;
tout ce qui compofoit l'Hòtel de Ville ft
"plaça à droite & à gauche dans les mêmes
fieges qu'occupent ordinairement les Reli»
gieux.
Les Pères Jacobins , les uns revêtus de
Chapes , les autres en Tuniques , entonne»
rent le Te Dtum , qui fut chanté par les
mêmes Musiciens qui avoient exécuté celui
de la Chambre des Comptes , & qu'on avoit
placez fur un Amphithéâtre dressé au mi
lieu de I'Eglise , & tout illuminé. La fin d*
la Cérémonie fut marquée comme le com
mencement par le bruit des Instrumens , le foa
des Cloches & par une salve de l' Artillerie.
De I'Eglise des Jacobins on marcha à la
fliçc Royale ; cite a la figure d'un Arc „
donc
JANVIER. 17 î o. *ï
Sont la Maison du Roi fait la corde > le de
mi cercle est composé de 41. Portiques d'une
tr.es b;-lie exécution , & surmontez d'une Ba
lustrade de pierre fort bien travaillée , la
quelle règne auili sur les murs de la Terîasle
du «Louvre. On .avoir, élevé í'Edifice
destiné pour le Feu entre les deux rnës qui
aboutissent à la Place Royale. •
Cet Edifice «toit un Arc de triomphe â
quatre Portiqaes de .a. y. piés de hauteur st*r
10 de laigtur ,, dont les quaire angles exté
rieurs étoient coupez pour -recevoir des Pi
lastres d'Ordre Ionique & autant de col orn
ées isolées à .Baies & Chapiteaux dorez ,
posées iur des Piédestaux élevez fur de*
.Zocles. L' entablement répondoit à Tordre ,
Sc le milieu des Architraves étoit eouvetï
de Cartouches aux Armes de Sa Majesté.
Sur cec Entablement regnoit une Balustrade
avec quatre auctes Piédestaux à l'aplomb
des colomnes qui portoient des urnes feintes
de porphire. Sur la première Plateforme étoit
élevé un .Zocle de sept pieds & demi de
hauteur , & de douze de diamètre , qui formoit
la seconde Plateforme , de laquelle
sortoit un Baldaquin circulaire , & d'Ordre
Corinthien, à huit colomnes grouppées , dont
les Bases & les Chapiteaux étoient pareil
lement dorez , & qui portoient huit Dau
phins surmontez d'un Soleil. Sous le Dôme
étoient placées plusieurs Statues ; celle de la
Félicité qui fe faisoit un plaisir de donner un
Dauphin à la France , celle de Ja France
-qui le recevort avec respect , celle de la
Ville de Dijon qui y applaudissent avec ad
miration. Au dessus de ces Figures voioit le
Génie de la France» qui femoit des lau-
D ij riers
*4 MERCURE DE FRANCE;
ciers fur le nouveau Prince. Toutes les par»
ties de cet Edifice étoient peintes en marr
bre & ornées de Devises & d'Inscriptions,
En arrivant: à la Place s toutes les Trou
pes formèrent un grand cercle autour du '
Théâtre > laissant entre ' elles & ce même
Théâtre un assez grand espace pour que le
Comte de Tavanes & tous ceux qui com
posent la Magistrature, fisient les trois tours
ordinaires avant que de mettre le feu aux
mèches. Plus de cinquante instrumens de
toutes les façons , place* fur la Terrafle qui
ferme le logis du Roi, se mêlèrent au bruit
des tambours , des hautbois & des Fifres •
qui étoient i la tête des Troupes.
Après les trois tours , M. le Comte de
Tavanes & M. le Vicomte- Mayeur , mirent
le feu aux deux mèches qu'on avoit prepar
rées ; le feu se communiqua par tout dans
l'instant , les Fusées, les Lances à feu , les
Saucissons , les Soleils , les Dragons > les
Grenades éclatèrent de toutes parts , & don
nèrent lieu à cet autre Enthousiasme Pojétjque.
■
La veille pendant mon repos
0n m avoit transporté dam Piste de Lemnosi
Là , du milieu des fournaises ardentes
Coulaient des torrens de métaux ,
Et les enclumes gémissantes
Tlioient fous tesson des marteaux.
Ze Cycbpe attentif k l'ordre de son Maître ,
Mêle avec le charbon le souphre & le salpêtre.
Joint au feu , joint au vent h huit & le
fracas ,
Et
Janvier. 1730. g)
$f itút te qui du foudre anime les éclats i
Mais il n'y mêle peint la mort éf les allar*
mes ,
Jl ne le trempe peint dans le sang , dans let
larmes ;
L'ouvrage n est point fait pour nuire (y peut
troubler i
U est fait pour surprendre , il est fait pour
briller,
Ên effet > quoique le vacarme fût grand ,
te qu'il redoublât encore par l'écho de cette
Place spacieuse , quoique les flammes nous
enyelopaflTent de tous côtez , non feulement
nous n'eûmeS point de mal , mais on n'eut
pas même |a moindre peur.
Le feu fini , on continua 1* marche jus
qu'à l'Hôtel de Ville » qui étoit entièrement
illuminé ; fur la Porte on avoit placé le por
trait du Roi fous un Dais. Cependant on
avoit distribué du pain à plusieurs reprises
pendant la journée , les Fontaines de via
li'avoicnt ceflé de couler. Un festin splen
dide attendoit la Compagnie , pour laquelle
on avoit préparé trois Tables dans la grande
Salle de cet Hôtel , une au fond où e'toic
M. de Tavanes avec M. le Vicomte- Mayeuc
& les personnes les plus qualifiées , les deux
autres en long & à côté pour les Eche
vins , les Citoyens & les Etrangers qui
avoient été invites j il y eut plusieurs íer~
vices differens , tous également bien four
nis , & ceux qui aiment l'abondance eu
rent autant de lieu d'être satisfaits que ceux
qui ne demandent que de la propreté & de
D iij la
€6 MERCURE DE FRANCE:
fa delicateste. M. de Tavanes porta la santi'
du Roi , de la Reine , du Dauphin & de M.
• Jc Duc, & ces santez furent accompagnéesde
plusieurs salves.
Les Instrumens qu'on avoit placez fur la
gallerie du Logis du Roi , donnèrent pendant
plus d'une heure une simphonie vive & har
monieuse > les illuminations étoient generáles.-
De quelque côté qu'on tournât dans la Ville,
dans lés rues les plus étroites, dans les quar
tiers les plus éloignez, on ne voyoir que lu
mières , figurées de cent manières différentes
chacun se faisoit honneur de renchérir sur ses
voisins.
Le plus grand spectacle parut dans la Place
Royale ; le Théâtre avoit changé de face, au
lieu de Feux d'artifice PEdifice de charpente
parut chargé dé Lampions Se de Pots à feu;
Ce n'étoit plus des Portiques ni des Balda
quins de marbres-, c'étoient des Portiques &
de? Baldaquins de lumières» Cette Illumina
tion avoir d'ailleurs des accompagnement
merveilleux i les deux Fontaines de vin qui
coulèrent le jour & la nuit , étoient ornées
de lumières & de feuillages : on avoit porté
une gran le quantité de Pots à feu fur la haute
Tour du Louvre , qui est la piece la plus éle
vée de la Ville & qui s'apperçoit de plus d*une
lieue : toute la façade de ce Palais étoit illu
minée , tout le tour de la Place décoré d'un
cordon de verdure qui descendoit en festons
aux côtez des Portiques; deux rangs de ter
rines garnissoient les Ceintres & la Bilustrade
dont ils font couronnez, des Pots à feu ex
traordinaires & placez de distante en distan
ce , en relevoient encore l'éclat ; les rues,
& fur tout les deux grandes rues qui traver
sent
JANVIER; 1730. 6%
íént la Place Royale > avoient une apparence
d'autant plus riche & plus agréable , que tou
tes les fenêtres y sont de même symétrie Sc
qu'elles étoient e'galement éclairées ;on avoit
encore an point 3e vûë' qui l'emportoit fur
tout cela ; le somptueux Portail de l'Eglise de
S. Michel , de dirserens ordres d' Architecture
l'un fur l'autre , étoit totalement illuminé ; la
plateforme étoic bordée de Pot? à feu , les galleries
da milieu & routes les ouvertures des
Tours e» étoient remplies.
Pour peu qu'on s'avaneic dans la Place de
S. Etienne, qui n'eíì qu'à quelque? pas dff
l'autre, on trouvoit d'autres ctartez; on voyoit
en perspective la maison de M. le Vicomte-
Mayeur au bout de la grande ruë qui entre
dans cette Place : pendant tout le jour on y.
avoit fourni du pain & fait couler nnc Fon»
«aine de vin ; fur tout la populace s'étoit fort"
amafée d'un jeune enfant habillé en Bacchus
, qui passa plusieurs heures aflîs fur la
tonneau d'où jaillissoit la Fontaine : pendant
ía nuit on ne reconnut plus ni maison ni porte,
on ne vie qu'une lumière universelle qui en»
velopoit & absorboit entièrement les autre*
objets-.
Toute la Ville à la fin se rassembla dans la
Place , tout y dansoit, touty fautoit; les Instrumens
ne Cessèrent qu'au jour , & on ne cessa
de danser tant qu'ils continuèrent ; enfin certe
nuit si charmante fut pour nous un augure du
bonheur que la naissance du Prince nous pro
met » ce qu'un autre de nos Poètes a tâché
d'exprimer ainsi :
Après une trop longue & trop cruelle absence ,
La Félicité de retour ,
T> iiij E*
rf$ MERCURE DE FRANCE.
En accordant un Dauphin k la Francs
Nous marque qu'elle veut y fix-erfon fejottrí.
Recevons cejirefent de ses mains btenfaìjhnti^t
Ne doutons plus de son secours ;
Si les nuits font pour nous fi belles, fi brillant ex>
§luels seront. déformais, nos jours f
Cependant lés Officiers dé notre Milice Bout>
geoise ne crurent pas avoir marqué leur joye
assez vivement. Le if.de Septembre ils firens
chanter dans TEglise des Jacobins , un Te
Deum aufli magnifique que celui de la Ville »
M. de Tavanne leur fit l'honneur d'y affilier;
M. Ie Vicomte-Mayeur se mit à leur tête. Lx
Troupe n'étoit composée précisément que des
Capitaines, Lieutenans , Enseignes, Major*
& Dizeniers des Paroisses , précédez des Sergens
& des Tambours.. La marche parut d'au
tant plus pompeuse . qu'à commencer par le
Maire, tous les Officiers jusqu'au dernier *
avoient des habits uniformes , la veste galon
née, le justaucorps d'un beau Camelot écarlate,
le chapeau bordé . avec le plumet blanc Se
la coquarde de même ; ils allèrent ensuite au
Jeu de 1* Arbalète . dont ils avoient illuminé
les Bâtimens-&- les Jardins d'une manière trèsriante
& t ès-agréable. La Salle haute & la
Gallerie d'en bas, quoique très-érendi ë , ne le
furent pas trop pout les tables ; M. le Vicomte-
Mayeur tint la première . M. le Comte de Tavanes
n'ayant pû s'y trouver, à cause de I" il—
lustre Compagnie, à qui ce soir là même il
dpnnoit à manger ; mais il s'y rendit fur les
onze heures da soir , & fa présence redoubla
la joye qui ctoit déja bien vive ; on recom
mença
Janvier.
. Aença, au bruit des Canons > â boire la santé
du Roi , de la Reine , de Monseigneur le Dau
phin & de M. le Duc.
Les Bénédictins avoient fait ce même jour
une Procession íbíemnelie & chanté le Te Deum
& l'Exaudiat, avec beaucoup de pompe; 8c
pour rendre leur joye plus sensible ■ ils firent
aux pauvres_ de grandes distributions de paio ,
de vin , de viande & d'argent.
J'ajoûterai que notre Université se trouva
chez les Jacobins pour une pareille cérémo
nie le 8. du- mois a Octobre ; comme elle ne
.fait que de naître» elle a encore tout son
premier zele & toute son ardeur pour le Roi >
toute sa reconnoissance pour M. le Duc, son>
Protecteur. Le Doyen de la Sainte Chapelle ,
Chancelier, se trouva à cette solemnité » con
duit par les Massiers & les Bedeaux , les-Profesteurs
l'accompagnoient en Robes rouges ,
les Ag^regez en Robes noires avec le Chape
ron d'écarlate; ils ne cédèrent en rien à ceux
.qui avoient paru devant eux- dans la même
Eglise. Tous les Corps de Métiers générale
ment quelconques ont rempli les mêmes de
voirs avec un empreíîement & une joye que
je ne puis vous représenter.
La Cérémonie de nos Marchands eut quel
que chose de noble ; la belle Eglise de Notre-
Dame , où ils se rendirent » étoit tapissée ,
ornée & illuminée à faire plaisir; leur* Musique
fut d'un très-bon gout , & les Instrumens en
rehauflèrent le prix ; le Canon n'y manqua
point» &' pendant toute k nuit' suivante ils
étalèrent, à l'envi les uns des autres , tout ce
eui pouvoit rendre leurs maisons plus ornées
Se plus brillantes.
M, de laBfifïe, Inondant de. Bourgogne. *
7o MERCURE DE FR ANCE,
■
n'ayant pû être de retour à Dijon que le ifl.
Septembre , il fixa fa Fête au Dimanche t.
Octobre. M. l'Intendant occupe la Maison Ab
batiale de S Bénigne ; il y a devant la porte
une petite Place qtiarrée.des plus jolies; la
Cour est en arc & d'une étendue plus que rai
sonnable ; les Appartemens font beaux & bien
.suivis. Le Jardin est orné d'un très- beau Par
terre &r de quelques Bassins ; il est terminé par
sept Portiques d'un treiflage très riche , dont
il y en a trois, qui ont plus d'élévation que:
les autres, & qui font décorez de Statués
de part & d'autre font plantez des arbres &
sù-dclïous des Charmilles à hauteur d'apui ;
à droite: derrière ces Charmilles , s'élève
une Ternste qui donne fur l'aliée; à gauche
ce font des Bâtimens couverts de verdure , au
bout desquels on a ménagé une issue pour
monter à la grande Terratle qui tient toutela
largeur- du Jardin : du coté de la Mailorv
cette Terratle est cachée par les- Portiques i.
de l'autre côté elle donne fur le folïé de la,
Ville entre deux Bastions qui la débordent ,
& die a un aspect très gracieux , dont le prin
cipal point de vùë.dt le Jeu de l' Arquebuse 8s.
la Chartreuse.
On s'aflëmbU d'assez bonne heure , & cha
cun s'amusa jusqu'à six heures du soir., la,-
Compagnie attirée par le son des Instrumens,.
fè ren.iit dans la première Salle : on préludí .
par des Concertos; on vint ensuite au Di
vertissement particulier , dont les parole»,
avoient été faites exprès pour lé fuiet , & la
Musique compjsée par le sieur Bourgeois.
La Place que j'ai décrite étoit entourée delanternes;
elle tiroit un grand jour & des
maisons fitutes à 1'oposite , où on n'avoú rienentièrement
illuminé , & de la façade du Palais
Abbatial gui répondoit à tout cela. Le Peu
ple y avoit son Concert & ses Inlhumens ,
Sc des Fontaines de vin qui couloient fans
cesse. Une double ceinture de bougies regnoit
jdans toute l'écenduë de la cour. -Les Bassins
& le Parterre du Jardin éroient profilez &
bordez de Lampions i la petite Terrasie & les
Charmilles écoient chargées de terrines \ les
sept Portiques étoient en bougies qui en
avoient pris les ceintres. C'étoit proprement
un Jardin de lumières1, dont les éclats éblouis
sants avoient été substituez á la place des Buis»
des Charmilles & des Treillages.-
Un très beau Feu d'artifice , placé fur le
chemin couvert-, en vûë de la grande Terrasse
dévoie faire partie de cette Fête ; on s'occupa
encore de lTlluìnínation , qui du haut de cette
Terrassé, faiíbk un spectacle nouveau & rra-
Paiterre lumineux, un Portail & des Tour*
enflammées ; du côté dé la Campagne on
avoit en face le Jeu de l'Arquebuse , d©ac
les Bâtimens étoient éclairez , & fur les co
tez deux, grands Bastions bordez dé lumieKS'
& garnis d'artillerie qui commença à se faine
entendre ; après quoi Madame la Comtesse
dé Tavane & Madame la Marquise de Chajoû
, après avoir long- temps disputé de po
litesse , firent enfin partir en commun un
«Dragon enflammé, qui étoit venu prendre leurs
ordres fur la Terrasse ; i! ne ìes eut pas plutôt
portez fur le Théâtre » que les Piramides s'al-
Jumerent , les Moulinets tournèrent , les Fu
sées partirent, les Lances à feu fuivireiKi ce--
iUc UQ feu continuel & un bruit étonnant ;
Ptj, lie»'»
yi MFRCUHE DE FRANCE,
rien n'étoit plus beau que de voir lts Grenade»,
vomir des milliers de Serpenteaux fur la Po
pulace > qui n'est jamais trop près à son gré ;
mais rien n'étoit plus plaisant que les mouvemens
qu'elle se donnoic pour les éviter ;
ces feux voioient de cent manières différentes-,
les uns sembloient se plonger & se précipiter
fur la terre , les autres sprès cent tours 8c cene
retours remontoient avec vivacité au lieu d'oà
is étoient sortis, la plupart serpentoient vé
ritablement & poursui voient ceux qui vouloient
s'en détourner ; fur la fin on jetta quel*-
ques douzaines de Fusées choisies , qui rem
plirent l'Air de gerbes & d'étoiles.
M. l'Intendant donna ensuite à souper à prèsde
cent personnes distinguées. Quand ily en
auroit eu le double on se seroit loué de l'a>
bondjncej la propreté & la délicatesse en fu
rent Rassortiment. Après le souper il y eut un .
Bal magnifique»
I,a Fête de M"S les Elus a mis , pour ainfidire.
le sceau à- toutes les autres Réjouissance*,
elle a réuni en quelque forte: toutes les Fêtes
qui a voient precedé.Je n'entrerai là dessus dans
aucun détail , ma Lettre n'ttant déja que trop
longue , & le Mercure en ayant déja parlé dans
le premier volume de Décembre, page ^S6é,
Je ne puis, cependant me dispenser de vous
parlei enco e de deux traits qui regardent d'autres
nerfonneí , & qui .méritent de n'être pas
oubliez , & je finis par 'à ma Narration.
Une vingraine de Bourgeois , las d'être
Confondus lans la foule, ont eu recours à une •
nouvelle invention pour fe tirer du nair. Ils
avoient élevé fur quatre roues un Char Ba
chique de i». pieds de long fur 8 de large,
fetm« 4"unc kftrriMC d'envùoo i, pieds de haa-
■-4,..
JANVIER. t7ío, jf
teur , ornée de Tapis & de Peintures. II étoir
couvert d'une riche ImpeiialcenbcrCcau.íoutenuë
par desColomnes cntouréts de Pampre^
à laquelle étoient suspendus plufieurs Lustres.
&• dont les pentes écoient décorées de Tableaux
& d'Ecussons de différentes Armoiries. Les
Hautbois 6c les Ballons étoient plaaz fur le
devant du Ghar $ une table bien servie &
bien arrêtée , chargée de bougies & d'une
grande quantité de plats cris-bien remplis, .&
un Buffet ou plutôt une Boutique de verres
& de bouteilles , ne faiioit pas la moindre par
tie du spectacle. Toute cette Machine étoit
traînée par huit puissants chevaux, enduits,
par quatre Postillons & precedée par un Tin*,
bilier 6c par deux.Trompettes. â cheval, escor
tée par une Compagnie de Gardes à pied, &C'
environnée de flambeaux..
On a voit pris pour quartier d'aflemblée la'
Porte Guillaume , qui est celle par où noussortons
pour aller à Paris. Elle étoit illuminée
de haut en ba^ ; Us Ceintrts , les Pilast.es , les •
cotez , marquez , pour ainsi dire d'aprez. de
Lampions & de Terrines ; toutes lts fenêtres
de la longue rue- qui y aboutit , avoitnt auífi'
leurs lumières , ce qui joint -rJx,Lanternrs<les
rues qu'on allume tous les soirs , vendoit une
clarté égale à. celle du jour. La marche com.»
menca fur les sept heures du soir & elle con
tinua jusqu'à minuit : on s'arrêta dans la Place
Royale & dans tous les lieux où font placez
les Hôtels de ceux qui ent quelque autorité
dans la Ville : là les cris de joye redoubloient ,
r Jes Instrumens se mêloient , la petite Artillerie
se faisoit entendre, mais la poudre n'etoit pas •
|a munition dont un coníumoit le plus.
Uflc.nwlwwdec»nrjaiiu de peuple suivit ce
festia ;
7+ MERCURE DE FRANCE,
festin ambulant pendant toute la nuit , marr
quant par ses acclamacions le gré qu'elle fçavoic
à ceux à qui leur zele íèul avoit inspiré ce'
dessein. Les personnes, les plus considérablesy
applaudirent & les reçurent avecaccueil.lorsqu'ilsse
présentèrent devant leurs Hôtels: touslés
Habitans s'empressèrent de leur faire hon
neur > en chargeant leurs fenêtres de lumières ,>
en jettant des Musées & faisant tirer des Boëtes
& du Canons enfin cette Réjouissance parti
culière devint en un instant une Fête generale
par la part que tout le monde y voulut pren«-
dre. L'autre trait est un peu plus grave.
Les Enfans deChoeur de la Sainte Chapelle,,
à'qui on avoic accordé un jour dè congé , afinqu'ils
se ressentissent- de la joye Duplique, de
mandèrent è le palier Jans un Hérmitage situé,
à une portée de mmisqa<.'t de la Ville , & dont
la Chamelle déiiée soas le noa*de,S. Martin
a set vt autrefois d'Eglise au Village de Fon
taine . lieu de la naissance de S. Bernard. Onne
pen-tra point leur dessein, & on ne les
soupçonna pas de songer â autre chose qu'à'
'une simple promenade : ils avoient néanmoins
des pensées plus sérieuses. Avec le secours de
l'Harmite , ils trouvèrent le secret d'aproprier
là Chapelle, d'en illuminer les dehors & lesdedans
, même de couronner les murs du Jar
din de Lampes à plusieurs lumignons , qui ré
pandirent un éclat d'autant plus étonnant qu'on ■
n'en connoissoit point la cause. Cette clarté
subite , jointe aux Cantiques & aux Motets de
leur composition , qu'ils chantèrent avec une
dévotion touchante & avec beaucoup d'ait,.
charmèrent tout le monde ; on prit part à des
Prières que Dieu exaucera fans doute , puis
qu'elles lui ont été adtefsecs par l'iaaocence
JANVIER. i7? oi 7t
& par le bon coeur. Nos Musiciens & Simphonistfs
qui avoient été invitez secrètement1,,
iè firent un meiite de les leconder. II y eusensuite
un petit régal » où l' enjouement ne nui
sit point à Immodestie, ni la modtíìie à l'enjouëment;
on chanta en panie diverses Cban»
Ions lur la naiflance du Dauphin j le bruit du -
Canon se mêla- au son des Instrumens & ì
l'harmonie des voix , 8c tout s'y paíla d'une
manière fi tendre & fi convenable > que je me
serois íait un reproche de ne vous en avoir
ras rendu cofnpte. Je n'âi plus , pour finir,
heureusement , qu'à ajouter ici le voeu gênerai
de tous nos Citoyens.» vous y soulcriuL de
bon coeur.
Grand Dieu , prene^ soin de la Mere ,
Conservez, nous £r l' Enfant & i* Pert i ;
Qtie pendant des siécles entiers >
lis règnent toiu les trois dans une paix pro
fonde : .
Vous les ave^donne^ pourdt bonheur du mondtì ■
Ghf'ils en joiiijfent Us, premiers.
Extrait d'une Lettre écrite de cettfi
rnu*
NOus apprîmes l'heureuse nouvelle le 77
de Septembre» elle n'eut pas été plu
tôt annoncée par une triple décharge de l' Ar
tillerie de la Ville & du Château , qu'on"
entendit de toutes parts le son des Cloches
& les acclammations des Hábitans. Il n'est'
pas possible de vous décrire les transports"
que produisit ce grand événement. On fortoit
des maisons en foule ; on couroit dé
porte en porte pour apprendre à son pa
rent , à son ami une nouvelle qu'il sçavoie
déja , & qu'il avoicla même passion de dé
biter.
Le Comte de Tavanes qui commande dans"
la Province , ne pouvoit manquer une fi'
belle occasion de- faire éclater son zele , &
l'ardeur héréditaire qu'il a pour le service
de Sa Majesté. Son spacieux Hôtel parut tout
en feu dès l'entrée de la nuit ; la porte &
h façade ornées deRstons, de Dauphins, dé
Fleurs de Lys , les bougies & les Lampions
étoient répandus par fout , & principale
ment fur la belle Terrasse fur la rrtë. Grand
feu au milieu de.Ja Place , grand festin dans
l'interieur de la maison, fonraines de via
su dedans Se au dehors de la Cour , Bal
Ì>our les personnes qualifiées , danses parmt
e Peuple &c.
Eeno#)t les «ois semaines, 4e nos princf-
. .. ' gales
ço MERCURE OE FRANCE,
pales Réjouissances , ce Seigneur a fçu va
rier tous les repas qu'il a donnés ; & lotî
tes les illuminations ; on étoit sûr de trou-
Ver toujours chez lui quelque chose de bril
lant & de nouveau nous appellerions cela.,
des Fêtes dans toutes les formes y. ce n'étoic
pourtant que lc prélude de celle qu'il taéditoit.
Le Parlement étant séparé à cause des va
cations , il ne pût se rassembler que le Sa*'
riiedi. cette illustre Compagnie parut aussi
complète que dans le tems des pleines fean—-
ces. M. de Berbiscy » Premier Président étoit
à la tê'-e ; les Huissiers le précedoient com
me à l'ordinaire , les Avocats & les Procu*
reurs en grand nombre faifoient cortège *
la Maréchaussée bordoit les rangs ; le 2>
T3eum fut chanté dans laSale du Palais.L'Abbá
Bouhîer , Doyen de la Sainte Chapelle, déíigné
pour être notre premier Evêque , offi
cia y la symphonie fut merveilleuse , la Mu
sique excellente, & M. Michel , Maître de la
même Sinte Chapelle , se surpassa.
Les Musiciens qu'il avoit. employez conti
nuèrent ce jour là à se donner mutuellement
des Concerts comme ils avoient fait les jour*
précedens ; ils- illuminèrent les lieux où il»
se régaloient ; & si l'on doit en juger par lesÉfréquentes
décha ges d'une douzaine de pe
tites piéces de Canons dont ils s'étoient pour
vus , & aiisque's on mecroit le feu toutes
les fois q 'ils celébroient lu santé du Rqi
ou de quelque Prince de la Maison Royale»-
en ne peut douter qu'ils ne s'y jíKeressaliene;
infiniment. x~ j
Le Dimanche suivant , les erdres, de las
Geur aiiivs.íûîj & cc foc alors que. la joye
, monta
JANVIE Ft. \7j<s: <v
irsonta ï son comble ; pendant trois jottrs con-:
sécutifs les Cloches sonnèrent , le Canon tli
ra j il y eut des feux devant toutes les por*
tes i des lumières fur toutes les Fenêtres ,
lès Clochers mêmes furent éclaires. Le Lun
di on rit tous les Ouvriers occupés, à sus
pendre des Guirlandes , ì attachtr des A . moi
nes > à élever des Loges de verdure de cent"
figures différentes . tout le Peuple enfin se
livrer à la joye. Nos Comédiens joiierent
pour lui gratis.
mu vM.j —— 1« , w ..y «.f'Srfi^noiv ....
les Boëtes , ni les Fusées , rri les Han-beaux,
ni tous ces autres agrémens que le coeur'
& le bon goût peuvent inspirer ; le détait
de tout cela feroit immense , & j'ai d'ailléurs
à ouvrir une scène plus grande & plus
pompeuse.
C'est M. le Premier Président du Parlement '
qui donna la première Fêre solemnelle le
Lundi m Septembre. El'e commença par une
illumination générale de tcut son quartier »
&■ particulièrement de son Hôtel , non seu
lement la fact.' , mais les Cours, Us Appartemens
& les Jardins ; il y eut un Concert
exécuté par des Musiciens du premier ordre,
un repas splendirie oû les personnes de la
première considération se trouvèrent. II fit
distribuer , ou plutôt prodiguer au Peuple
le pain , le vin & la viande . & il disposa
en differens endroits des Inlîrumens , au son
desquels on dansa jusqu'au jour. En un mor,
on peut dire qu'il n'omit rien de ce que
son inclination pouvoir, demander & s„ Dignité
permetue.
ft MERCURE^ DE FRANCE.
Le lendemain > on chanta , sur les cinq
Beures du soir, à la Sainte Chapelle , un "tt
Deum qui fut annoncé par le Ion des Clo
ches & par le bruit du Canon ; le Parlement
& la Chambre des Comptes y assistèrent en
Robes de cérémonie, avec toutes les Com
pagnies qui ont droit de s'y trouver ; M.
de Tavanes s'y rendit aussi. La plupart des
Communautés Ecclésiastiques , en consé
quence du Mandement de M. l'Evêque de
íangres , firent la même cérémonie ce jourlá.
Les Chevaliers de l'Arbalête firent chanter
le lendemain aux Carmes un Te Deum en
Musique, au bruit des. Boètes •• & quoique là
Ville eut renouvelle le soir ses Illuminations
& ses Feux , ils remportèrent íur tous les
autres , en- éclairant leurs Maisons , jus
qu'aux Jardins , de Bougies , de Lampions-,
&c. & ils donnèrent un grand Repas.
les dehors de leur magnifique Collège fu
ient ornés & éclairés avec gout > mais Ië
plus bel aspect fut celui du seu qu'ils allu
mèrent au milieu de leur grande Cour en
tourée de Bâtimens à tross étages , dont les
Fenêtres étoient également chargées de lu.
mieres. Ge qu'ils eurent de plus singulier %
fut une Armée de nouvelle levée , ce fiic
une Milice brillante, qui fit plusieurs évolutions
dans cette Cour , s'y rangea en bataille > &
y fit des décharges. Oh eut le plaisir de
voir pendant trois jours /Cette belle jeunefle
parcourir les lieux les plus apparens de la
Ville , portant 3e maniant les_armes avec au-
Leí Jésuites se distinguèrent
jÁNVfER- 171^.
te 14. les Bouchers qui ont toujours pr-i»
parc aux Réjouissances publiques > mêlèrent
les Musettes aux Tambours . les uns passè
rent la journée- fous les armes ; les autres
ayant choisi deux jeunes filles , les habillè
rent en Bergères , & au son des Instrumens,
les conduisirent en grand cortège chez la
Comte de Tavanes , à qui elles eurent l'honneur.
de présenter un Agneau , orné de ru^
bans & de guirlandes , qui. fut très- gracieu
sement & très- noblement reçu. Us s'apliquerent
ensuite à embellis les Loges qu'ils svoient
déja construites , à tapifler leurs Boutiques
à décorer d'arbustes , de Festons , de Gui
dons & d'armoiries les Ponts qu'ils avoient
jettes fur leur ruë , & qu'ils illuminoient tous
ícs soirs
Cependant dés Veaux & des Moutons en
tiers se rotissoient au milieu des Places aux
dépens des mêmes Bouchers ; les Hautbois
& les Tambours retentissoient de toutes parts»
les Tables étoient dressées , & parurent trèsbien
servies. M. de Tavanes voulut être té
moin de leurs plaisirs ; Madame de Tavanes
y mit le comble , en les animant elle-mê*
me , & c'est principalement à fa présence &
à îexcellent vin qu'elle envoyoit avec pro
fusion , que ceux qui se donnoient en spec
tacle durent la vivacité de leurs Réjoúi£
sances.
M. Baudor, notre Vicomte- Mayeur , qui
fa vigilance portoit de cous côtés , crut que
la Police même étoit intéressée à entretenir
cette ardeur » son bon vin de Champagne &
de Bourgogne le suivoit par tout , & c'est"
de cette source féconde que coulèrent tane'
d'heureux impromptus à fa louange &c
MERCURE t)Ê FRANCE.
Ce même jour 14. Septembre fut marqliér
par Tune des plus belles Fêtes: que nous
ayons vûës ; je veux parler de celre- d& M. le*
Comte deTavanes; comme il delìroit que touc
répondit à la grandeur de ses idées, íbri Hôtels
tout vaste qu'il est , lui parut trop resserré,-
& il se détermina pour le jeu de l'Arquebuse.
C'est un Bâtiment de 30. toises d'éten
due , íìtué à la Porte de la Ville , Sí
Composé de deux grandes Galeries l'une fut
l'autre , terminées par deux Pavillons quartés.
On y anive par une avenue de ioo.'
pas de longueur , bordée de chaque côté par
deux raogs d'arbres 1 avec un fossé , fur le*
bords duquel règnent des charmiiles à hau
teur d'apui;on entre par une grande porte de fer
placée au milieu de la galerie d'en bai, q^ur
du côté du Jardin est ouverte en peristile.
Ce Jardin est un quarré long , clos de mu«
railles couvertes par tout d'une palissade cîe
Charmes de s ro. pieds d'élévation 5 bV
est coupé en deux portions égales par un
canal , & acompagné de deux grandes allées*
d'Arbres en Berceau , dont le rang exté
rieur a son apui de Charmilles ausli-bien'
que l'avenaë. Les retours qui font au bout
des Allées forment quatre beaux quarrés
pareillerríent enfermés- d'Arbres & de Char
milles ; derrière le canal de cent toises de
longueur , est une esplanade qui fait face â
une niche adossée au mur de' clôture , per
cée par les côtés , & couverte d'une demiè
coupole , fous laquelle est le Buste de M. le
Duc. La distance entre les Allées & lesr
murs de côté est d'environ quarante pas ,
& c'est dans ces vuides qu'on a coutume
de placer les buts pour l'exeicice de l'Ar
quebuse». Devant
JAtfVfER. 1729. ff
Devant la Porte de fer, dans ('endroit ouV"
l'avenuë forme une demi- lune, on avoir
élevé fur des Pillièrs de 1 f. pieds de hau
teur un Edifice de charpente , dont l'Enta-*
blement étoit orné des Ecussons des Armes*
du Roi , de la Reine , de Monseigneur les
Dauphin & du Duc de Bourbon ;-ces Arnioiries
étoient ornées de fleurs , dont 1er
Guirlandes defeendoient jusqu'à terre , St
tournoient autour des Pillieis de l'Edifice.
Sur la Plate forme étoit un petit Acrotêre'
ou Piédestal & cinq Piramides soutenues par
des Dauphins , décorées de Devises & de
Cartouches ; la plus haute de ces Piramides'
portoit un Soleil rempli d'artifice ; les qua
tre autres Piramides étoient surmontées d'au-'
tant de Grenades.
Quatre rangs de Terrines on de lampions
f;arnissoient toute la longueur de l' A venue j
e premier rang étoit posé sur le terrain ,
Te fécond à hauteur d'ápuî"; dans le Jardins'
il y en avoit trois étages 5 !es premiers étoient
rangés le long du canal , les seconds fur les
Charmilles d'apui , & les troisièmes fur les
palissades. Tout fut allumé avec une promtitude
inconcevable ; la Niche parut toute
hérissée de.Bougies ; ses deux côtés- en étoient
pareillement garnis pour termii.er les Allées,
ainsi que toutes les Fenêtres de- la Gallerie
& des Pavillons & le Cordon du Bâtiment
des quatre faces 5 c'étoit un coup d'ceif
charmant , & aussi surprenant de loin qu'il'
paroissoit galant & magnifique de près; la
réflexion de Peau faifoit fur tout un effet
admirable, en multipliant les objets.
Cependant l'illustre Compagnie s'étant as
semblée dans la Gallerie haute ,; on lui donrià*
une
■f4 MERCURE DE FRANCÊ.
une Cantate à grand Choeur , dont les sca
roles avoient été composées par le P. Adam,"
de la Compagnie de Jésus , & la Musique
par le S. Leplivet. Ce Divertissement duraune
heure , & fut reçû avec beaucoup de
satisfaction.
A peine étoit-il fini qu'or» donna le signât
pour tirer le Feu d'artifice par une salve de
vingt pieces de Canon rangées au bas des»
Pilliers de l'Edifice ; aussi tôt Madame l'Intendante
, au bruit des timbales & des trom-:
pettes , mit le feu à la mèche , & fit partirun
Dauphin enflams , qui courant avecrapidité
à l'une des faces , communiqua sesflammes
à trois autres Dauphins qui s'éle
vèrent en même-tem:s des trois autres faces,-
& y revinrent avec la même impétuosité p
tout s'enflamma- à leur retour ; ce ne fut plus
que tonnerre & que feu ; les Serpentau*
Voioient fur la terre , les Fusées s'élevoienc
dans l'air &c. Le Ciel devint en mêmetems
fort obscur, & son obscurité contri
bua encore à rendre le feu- plus éclatant St
^Illumination plus brillante.- On ne vit ja«*
mais rien en ce genre de mieux exécuté, &£■
de plus iultement. applaudi.
On servit ensuite le souper. Il y avoît
quatre Tables , une de 40. Couverts dans
l'un des Pavillons , trois de 30. Couverts cha
cune dans la Gallerie d'en haut , toutes
quatre servies avec un ordre, une abondan
ce . une délicatesse , une propreté qui paíîê
toute expression } cent sortes de ragoûts
nouveaux & recherchés , viandes exquises ,
Vins de tous les Climats , liqueurs de tou
tes les sortes ; on epargnok aux Convives la
peine de demander ï on prívcnoit , on devinoie
JANVIER. 1730.
ío'it les souhaits. Ce qu'on admira fur tout
ce fut le Fruit, & principalement celui qui
étoit destiné pour les Dames ; il n'est pas
possible d'imaginer comment on avoit pè
ramatìér tant de fruits délicieux , tant de
confitures exquises ; l'-ceil , l' odorat , le
gouc , tout y étoit satisfait. 80. pieces de
porcelaines & de cristaux qui contenoient ce
Dessert j rangées avec une simétrie & un art
infini , faisojent dire à tout le monde que
c'étoit dommage d'y toucher. Un de nos
Poètes qui a assisté à toute cette Fête l'a
dépeinte par les Vers que voici :
Vulcain, sans doute, avoit cùniuit les feux;
Apollon avoit fait les Vers & la Musique i
JBacchus se trouva bienheureux
Pe faire les honneurs d'un Busftt magnifique;
Diane & Pan qni fournirent les mets ,
jivoient épuisé les Forés Si
Cornus mime d' intelligence,
~ùt ee Banquet superbe avoit fris Vintindanee
,
Pour donner tant de fleurs , pour donner tant
de fruits ,
fleurs de toutes faisons , fruits d'Eté , fruits
d?Automne ,
flore avec son Zephir , Vertumne avec Ptu
tnone
Avoient pasié plut d'une nuit.
Le Peuple eut part à la somptuosité d«
M. de Tavanes ; on lui fit de grandes distri
butions depwn &dc viande» ; pour le vmi
3 8 MERCURE DE FRANCE,
il n'y avoit qu'à prendre, on en avoit 3iC~
posé six fontaines en six endroits differens./
deux A côté des Pilaltres qui font le com-
.mencement de l' Avenue , les quatre autre*
au commencement Si au bout des Allées da
Jardin ; outre cette profusion , on en donnait
„«ncore à tous ceux qui en demandoient %
de forte qu'il n'étoit pas plus rare que l'eatt
,jqui remplit le canal.
Dès qu'on eut fait guelqu&s tours de proçtnenade
pour voir ^Illumination de plus près»
& ce nombre infini de gens de tous étages,
.:qui dansoient en vingt endroits difíerens j,
au son des tambours & des -hautbois ; on
enleva les Tables , & le Comte de Tavanes
-remontant à la GaUerie , ouvrit un Bal , où
les RafraîchiíTemens furent prodigués ; ce
,Bal dura lì long-tems que le Soleil en vint
éclairer une partie. • *
Le Jeudi t 5 Septembre , les Chevaliers
du Jeu de l' Arquebuse , precedés de leurs
.trompettes & de leurs timballes > allèrent
prendre M. le Comte de Saulx , qu'ils ont
l'honneur d'avoir pour Capitaine , & i'ao
xompagnerent aux Jacobins , où en pré
sence de M. le Comte de Tavanes son pere^
& de M. Baudot , Vicomte - Mayeur , Se
•Chef des Armes , il fit chanter avec matnificence
un Te Deum par un grand nombre
e Musiciens ; il se trouva aussi quelques
-jours après au grand repas qui fut donné
dans u;i Salon de verdure , élevé exprès à
«ôté du .canal dont -on a parlé:; tous les
Bâtimens & le Jardin même furent illumi
nés.
Le i4. les Trésoriers de France celebre-
SH|t Jeux Fête ; ïk n'eoeploycreBi pas cette
: • grande
f AN VIE R. 1730. 59
grande foule de Musiciens qui se trouvè
rent aux autres solemnirez ; leur Chapelle
•n'auroit pas pû les con tenir ; mais ils a voient
,d£S voix & des Instrumens d'élite , & s'il*
■n'eurenf pas la gloire de la magnificence»
jls eurent celle du goût & de ia délica
tesse. _ Ô
, í-e Dimanche pg. fut marqué par une Pro
cession generale du Clergé Séculier & Ré
gulier de la Ville , à laquelle lev Doyen de
Ja Sainte Chapelle présida ; le Parlement r
assista en Robes rouges , & M. de Tavanejs
marcha conjointement cn habit de ceremo-
,»ie.
Les Chevaliers de l'Arc firent les hon»
jieurs du lendemain ; le Te D eu m à grand
choeur qu'ils chantèrent aux Cordeliers , lc
repas qui succéda , & la parure des lieuy
où ils tiennent leur Assemblée ont fait hon
neur à la Ville.
M M. de la Chamòre des Comptes qui
■n'avoiént Ras moins cfe zele & d'empresse
ment .que les autres Corps, choisirent le u.
du mime mois , & la Sainte Chapelle pour
ie lieu de leur Cérémonie; la face de l'Eglisc
fut dscorée & éclairée , la Nef & les
deux Tribunes furent tapissées comme aux
jours les plus folemnels 5 on éleva dans ce
Choeur jusqu'aux premières Galleries trois
rangs de festons de verdures &c.
L'Autel étoit paré des ornemens les plus
précieux j l'Mumination repondoit à la pa
rure j car outre le grand nombre de cierges
dont le Maître- Autel étoit chargé , outre
la multitude de Lustres qui étoient diíhi»
Jbuez dans toute l'étenduè de l'Eglise , les
deux Galleries da Choeur, le* deu*. Tribu
nes
v
MERCURE DE FRANCF.
mes & la Balustrade qui règne le long des
tìtales étoient bordées de Bougies. Les pre
mières Galleries de la Nef étoient garnies
d'une infinité de Pots à feu , où pour évi
ter l'incommodité de la fumée > il n'étoie.
Srefque entré que de Ja cire. C'-e'toit un brilint
inconcevable . & toutes ces lumières que
ia tapisserie & renfoncement des Galleries
faisoienc sortir , parurent d'un gout nou
veau , qui satisfit; également & ceux qui se
piquent, de se connoître en ces choses , 8c
ceux qui ne s'y connoissent pas.
•M M. de la Chambre des Comptes vinrent
à l'Eglise» precedez de leurs Huissiers , &
suivis d'un grand nombre deComptables qu'ils
avoient appeíiés à la Cérémonie. Le Comte
de Tavanes qui s'étoit rendu dans leur Salle
d'Assemblée . marchoit entre le Premier 8e
l'ancien Président . precedé de la Maréchausfée
& de ses Gardes. On entra au bruic
des timbales & des trompettes , & M. Mi
chel donna un troisième TeDeum, qui quoi
que d'un gouc diffèrent» ne parut pas.moins
beau que les deux autres > la Musique
fut exécutée avec la derniere précision j
on ne s'étoit pas contenté des Musiciens
de la Ville , quoiqu'ils soient très - nom.
breux > on en avoir fait venir d'Etrangers,
M. le Doyen de la Sainte Chapelle fitl'Office
, & on finit par la Prière pour le Roi &
pour le Dauphin.
Le ii, notre Vicomte- Mayeur , qui avoir,
envoyé de grandes aumônes aux Hôpitaux,
aux Prisonniers , aux Pauvres honteux , &
même aux Religieux Mendians j se rendicavec
toute la Magistrature & les Officiers
des Paioifics chez M. le Comte de Tavanes >
: •• pour
JANVIER. i7?o. 6i
Çavtt raccompagner au Te Deum de la Villes
oici Tordre de la marche.
Les deux Sergens de Bande , revêtus de
leurs casaques d'écarlate , galonées d'argent,
la hallebarde à la main. Les Sergens des
sept Paroisses, tous en uniforme i luivoienc
deux à deux , pareillement avec des halle
bardes qu'ils porcoient fur Tépaule. Les Offi
ciers de la Milice Bourgeoise » distingues
suivant leurs Paroisses , ayant chacun leurs
Tambours leur Fifre , leurs Hautbois 8c
leur Drapeau. Les Capitaines , Lieutenans ,
Majors & Dizeniers marchoient lts premiers,
avec TEiponton ; les Apointtz étoitnt derjiere
avec la Pertuiíàne. Nous appelions
Apointez certains 'Officiers subalternes qui
fervent fous les Dizeniers. Ils faiíoient un
Corps d'environ roo. hommes , tous trèslestes
& ttès proprement habillez. Les Trem
pettes de la Ville , puis les Gardes de M. de
Tavanes d'un côté , & les Sergens de Mairie
de l'autre. M. de Tavanes vêtu d'un habit de
drap «i'or , avec un manteau noir , doublé pajeillement
de drap d'or , étoit acompagné de
M- le Maire, qui étoit revêtu de fa Robe de
.velours violet ,, doublée de velours cramoisi,
bordée d'une fourure blanche ; les Echevins
avoient aussi leurs Robes de cérémonie, de
moire violette. Le Procureur Syndic étoit à
la fuite avec la même parure , en tête de
les Substituts , &de tout ce qui compose le
Corps dé Ville. La marche étoit fermée par
un Détachement des Sergens des Paroisles ,
pour empêcher la foule.
La grande Porte des Jacobins étoît -ornée
de tapis , de festons &c. & éclairée de bou
ffies ; leur vaste £oui l'itoit des deux cô-
D «B
<Í2 MERCURE DE FRANCE,
tez par des Terrines & des Pots à feu »
Portail étoit aussi illumine ,& on avoit éle
vé fur la principale Porte le tableau d'un
Peintre fameux .représentant le Dauphin de
Viennois, qui cède fa Principauté au Ros
PhiKpcs VI. Tout étoit éclairé en Lustres
& en Girandoles dans i'Eglise. Le Grand-
Autel i de même que ceux des Chapelles ,
étoit fi chargé de cierges , qu'on n'auroit ja
mais p& en augmenter le nombre ; les hauts
fieges du Choeur étoient pareillement cou
ronnez de cierges > mêlez de Grenadiers 8f
"d'Orangers On enrra dans I'Eglise au (on
des Cloches & des Trompettes , & au bruit
d'une décharge genevale de 1" Artillerie de la
Ville & du Château. M., le Comte de Ta>.
vanes prit fa place fur un Prie-Djeu qu'on
lui avoit préparé a ia droite du Chceur.
M. le Vicomte- Mayeur étoit ì droite daps
les hauts fieges , ayant devant lui un tapis
de velours cramoisi ayee deux carreaux ;
tout ce qui compofoit l'Hòtel de Ville ft
"plaça à droite & à gauche dans les mêmes
fieges qu'occupent ordinairement les Reli»
gieux.
Les Pères Jacobins , les uns revêtus de
Chapes , les autres en Tuniques , entonne»
rent le Te Dtum , qui fut chanté par les
mêmes Musiciens qui avoient exécuté celui
de la Chambre des Comptes , & qu'on avoit
placez fur un Amphithéâtre dressé au mi
lieu de I'Eglise , & tout illuminé. La fin d*
la Cérémonie fut marquée comme le com
mencement par le bruit des Instrumens , le foa
des Cloches & par une salve de l' Artillerie.
De I'Eglise des Jacobins on marcha à la
fliçc Royale ; cite a la figure d'un Arc „
donc
JANVIER. 17 î o. *ï
Sont la Maison du Roi fait la corde > le de
mi cercle est composé de 41. Portiques d'une
tr.es b;-lie exécution , & surmontez d'une Ba
lustrade de pierre fort bien travaillée , la
quelle règne auili sur les murs de la Terîasle
du «Louvre. On .avoir, élevé í'Edifice
destiné pour le Feu entre les deux rnës qui
aboutissent à la Place Royale. •
Cet Edifice «toit un Arc de triomphe â
quatre Portiqaes de .a. y. piés de hauteur st*r
10 de laigtur ,, dont les quaire angles exté
rieurs étoient coupez pour -recevoir des Pi
lastres d'Ordre Ionique & autant de col orn
ées isolées à .Baies & Chapiteaux dorez ,
posées iur des Piédestaux élevez fur de*
.Zocles. L' entablement répondoit à Tordre ,
Sc le milieu des Architraves étoit eouvetï
de Cartouches aux Armes de Sa Majesté.
Sur cec Entablement regnoit une Balustrade
avec quatre auctes Piédestaux à l'aplomb
des colomnes qui portoient des urnes feintes
de porphire. Sur la première Plateforme étoit
élevé un .Zocle de sept pieds & demi de
hauteur , & de douze de diamètre , qui formoit
la seconde Plateforme , de laquelle
sortoit un Baldaquin circulaire , & d'Ordre
Corinthien, à huit colomnes grouppées , dont
les Bases & les Chapiteaux étoient pareil
lement dorez , & qui portoient huit Dau
phins surmontez d'un Soleil. Sous le Dôme
étoient placées plusieurs Statues ; celle de la
Félicité qui fe faisoit un plaisir de donner un
Dauphin à la France , celle de Ja France
-qui le recevort avec respect , celle de la
Ville de Dijon qui y applaudissent avec ad
miration. Au dessus de ces Figures voioit le
Génie de la France» qui femoit des lau-
D ij riers
*4 MERCURE DE FRANCE;
ciers fur le nouveau Prince. Toutes les par»
ties de cet Edifice étoient peintes en marr
bre & ornées de Devises & d'Inscriptions,
En arrivant: à la Place s toutes les Trou
pes formèrent un grand cercle autour du '
Théâtre > laissant entre ' elles & ce même
Théâtre un assez grand espace pour que le
Comte de Tavanes & tous ceux qui com
posent la Magistrature, fisient les trois tours
ordinaires avant que de mettre le feu aux
mèches. Plus de cinquante instrumens de
toutes les façons , place* fur la Terrafle qui
ferme le logis du Roi, se mêlèrent au bruit
des tambours , des hautbois & des Fifres •
qui étoient i la tête des Troupes.
Après les trois tours , M. le Comte de
Tavanes & M. le Vicomte- Mayeur , mirent
le feu aux deux mèches qu'on avoit prepar
rées ; le feu se communiqua par tout dans
l'instant , les Fusées, les Lances à feu , les
Saucissons , les Soleils , les Dragons > les
Grenades éclatèrent de toutes parts , & don
nèrent lieu à cet autre Enthousiasme Pojétjque.
■
La veille pendant mon repos
0n m avoit transporté dam Piste de Lemnosi
Là , du milieu des fournaises ardentes
Coulaient des torrens de métaux ,
Et les enclumes gémissantes
Tlioient fous tesson des marteaux.
Ze Cycbpe attentif k l'ordre de son Maître ,
Mêle avec le charbon le souphre & le salpêtre.
Joint au feu , joint au vent h huit & le
fracas ,
Et
Janvier. 1730. g)
$f itút te qui du foudre anime les éclats i
Mais il n'y mêle peint la mort éf les allar*
mes ,
Jl ne le trempe peint dans le sang , dans let
larmes ;
L'ouvrage n est point fait pour nuire (y peut
troubler i
U est fait pour surprendre , il est fait pour
briller,
Ên effet > quoique le vacarme fût grand ,
te qu'il redoublât encore par l'écho de cette
Place spacieuse , quoique les flammes nous
enyelopaflTent de tous côtez , non feulement
nous n'eûmeS point de mal , mais on n'eut
pas même |a moindre peur.
Le feu fini , on continua 1* marche jus
qu'à l'Hôtel de Ville » qui étoit entièrement
illuminé ; fur la Porte on avoit placé le por
trait du Roi fous un Dais. Cependant on
avoit distribué du pain à plusieurs reprises
pendant la journée , les Fontaines de via
li'avoicnt ceflé de couler. Un festin splen
dide attendoit la Compagnie , pour laquelle
on avoit préparé trois Tables dans la grande
Salle de cet Hôtel , une au fond où e'toic
M. de Tavanes avec M. le Vicomte- Mayeuc
& les personnes les plus qualifiées , les deux
autres en long & à côté pour les Eche
vins , les Citoyens & les Etrangers qui
avoient été invites j il y eut plusieurs íer~
vices differens , tous également bien four
nis , & ceux qui aiment l'abondance eu
rent autant de lieu d'être satisfaits que ceux
qui ne demandent que de la propreté & de
D iij la
€6 MERCURE DE FRANCE:
fa delicateste. M. de Tavanes porta la santi'
du Roi , de la Reine , du Dauphin & de M.
• Jc Duc, & ces santez furent accompagnéesde
plusieurs salves.
Les Instrumens qu'on avoit placez fur la
gallerie du Logis du Roi , donnèrent pendant
plus d'une heure une simphonie vive & har
monieuse > les illuminations étoient generáles.-
De quelque côté qu'on tournât dans la Ville,
dans lés rues les plus étroites, dans les quar
tiers les plus éloignez, on ne voyoir que lu
mières , figurées de cent manières différentes
chacun se faisoit honneur de renchérir sur ses
voisins.
Le plus grand spectacle parut dans la Place
Royale ; le Théâtre avoit changé de face, au
lieu de Feux d'artifice PEdifice de charpente
parut chargé dé Lampions Se de Pots à feu;
Ce n'étoit plus des Portiques ni des Balda
quins de marbres-, c'étoient des Portiques &
de? Baldaquins de lumières» Cette Illumina
tion avoir d'ailleurs des accompagnement
merveilleux i les deux Fontaines de vin qui
coulèrent le jour & la nuit , étoient ornées
de lumières & de feuillages : on avoit porté
une gran le quantité de Pots à feu fur la haute
Tour du Louvre , qui est la piece la plus éle
vée de la Ville & qui s'apperçoit de plus d*une
lieue : toute la façade de ce Palais étoit illu
minée , tout le tour de la Place décoré d'un
cordon de verdure qui descendoit en festons
aux côtez des Portiques; deux rangs de ter
rines garnissoient les Ceintres & la Bilustrade
dont ils font couronnez, des Pots à feu ex
traordinaires & placez de distante en distan
ce , en relevoient encore l'éclat ; les rues,
& fur tout les deux grandes rues qui traver
sent
JANVIER; 1730. 6%
íént la Place Royale > avoient une apparence
d'autant plus riche & plus agréable , que tou
tes les fenêtres y sont de même symétrie Sc
qu'elles étoient e'galement éclairées ;on avoit
encore an point 3e vûë' qui l'emportoit fur
tout cela ; le somptueux Portail de l'Eglise de
S. Michel , de dirserens ordres d' Architecture
l'un fur l'autre , étoit totalement illuminé ; la
plateforme étoic bordée de Pot? à feu , les galleries
da milieu & routes les ouvertures des
Tours e» étoient remplies.
Pour peu qu'on s'avaneic dans la Place de
S. Etienne, qui n'eíì qu'à quelque? pas dff
l'autre, on trouvoit d'autres ctartez; on voyoit
en perspective la maison de M. le Vicomte-
Mayeur au bout de la grande ruë qui entre
dans cette Place : pendant tout le jour on y.
avoit fourni du pain & fait couler nnc Fon»
«aine de vin ; fur tout la populace s'étoit fort"
amafée d'un jeune enfant habillé en Bacchus
, qui passa plusieurs heures aflîs fur la
tonneau d'où jaillissoit la Fontaine : pendant
ía nuit on ne reconnut plus ni maison ni porte,
on ne vie qu'une lumière universelle qui en»
velopoit & absorboit entièrement les autre*
objets-.
Toute la Ville à la fin se rassembla dans la
Place , tout y dansoit, touty fautoit; les Instrumens
ne Cessèrent qu'au jour , & on ne cessa
de danser tant qu'ils continuèrent ; enfin certe
nuit si charmante fut pour nous un augure du
bonheur que la naissance du Prince nous pro
met » ce qu'un autre de nos Poètes a tâché
d'exprimer ainsi :
Après une trop longue & trop cruelle absence ,
La Félicité de retour ,
T> iiij E*
rf$ MERCURE DE FRANCE.
En accordant un Dauphin k la Francs
Nous marque qu'elle veut y fix-erfon fejottrí.
Recevons cejirefent de ses mains btenfaìjhnti^t
Ne doutons plus de son secours ;
Si les nuits font pour nous fi belles, fi brillant ex>
§luels seront. déformais, nos jours f
Cependant lés Officiers dé notre Milice Bout>
geoise ne crurent pas avoir marqué leur joye
assez vivement. Le if.de Septembre ils firens
chanter dans TEglise des Jacobins , un Te
Deum aufli magnifique que celui de la Ville »
M. de Tavanne leur fit l'honneur d'y affilier;
M. Ie Vicomte-Mayeur se mit à leur tête. Lx
Troupe n'étoit composée précisément que des
Capitaines, Lieutenans , Enseignes, Major*
& Dizeniers des Paroisses , précédez des Sergens
& des Tambours.. La marche parut d'au
tant plus pompeuse . qu'à commencer par le
Maire, tous les Officiers jusqu'au dernier *
avoient des habits uniformes , la veste galon
née, le justaucorps d'un beau Camelot écarlate,
le chapeau bordé . avec le plumet blanc Se
la coquarde de même ; ils allèrent ensuite au
Jeu de 1* Arbalète . dont ils avoient illuminé
les Bâtimens-&- les Jardins d'une manière trèsriante
& t ès-agréable. La Salle haute & la
Gallerie d'en bas, quoique très-érendi ë , ne le
furent pas trop pout les tables ; M. le Vicomte-
Mayeur tint la première . M. le Comte de Tavanes
n'ayant pû s'y trouver, à cause de I" il—
lustre Compagnie, à qui ce soir là même il
dpnnoit à manger ; mais il s'y rendit fur les
onze heures da soir , & fa présence redoubla
la joye qui ctoit déja bien vive ; on recom
mença
Janvier.
. Aença, au bruit des Canons > â boire la santé
du Roi , de la Reine , de Monseigneur le Dau
phin & de M. le Duc.
Les Bénédictins avoient fait ce même jour
une Procession íbíemnelie & chanté le Te Deum
& l'Exaudiat, avec beaucoup de pompe; 8c
pour rendre leur joye plus sensible ■ ils firent
aux pauvres_ de grandes distributions de paio ,
de vin , de viande & d'argent.
J'ajoûterai que notre Université se trouva
chez les Jacobins pour une pareille cérémo
nie le 8. du- mois a Octobre ; comme elle ne
.fait que de naître» elle a encore tout son
premier zele & toute son ardeur pour le Roi >
toute sa reconnoissance pour M. le Duc, son>
Protecteur. Le Doyen de la Sainte Chapelle ,
Chancelier, se trouva à cette solemnité » con
duit par les Massiers & les Bedeaux , les-Profesteurs
l'accompagnoient en Robes rouges ,
les Ag^regez en Robes noires avec le Chape
ron d'écarlate; ils ne cédèrent en rien à ceux
.qui avoient paru devant eux- dans la même
Eglise. Tous les Corps de Métiers générale
ment quelconques ont rempli les mêmes de
voirs avec un empreíîement & une joye que
je ne puis vous représenter.
La Cérémonie de nos Marchands eut quel
que chose de noble ; la belle Eglise de Notre-
Dame , où ils se rendirent » étoit tapissée ,
ornée & illuminée à faire plaisir; leur* Musique
fut d'un très-bon gout , & les Instrumens en
rehauflèrent le prix ; le Canon n'y manqua
point» &' pendant toute k nuit' suivante ils
étalèrent, à l'envi les uns des autres , tout ce
eui pouvoit rendre leurs maisons plus ornées
Se plus brillantes.
M, de laBfifïe, Inondant de. Bourgogne. *
7o MERCURE DE FR ANCE,
■
n'ayant pû être de retour à Dijon que le ifl.
Septembre , il fixa fa Fête au Dimanche t.
Octobre. M. l'Intendant occupe la Maison Ab
batiale de S Bénigne ; il y a devant la porte
une petite Place qtiarrée.des plus jolies; la
Cour est en arc & d'une étendue plus que rai
sonnable ; les Appartemens font beaux & bien
.suivis. Le Jardin est orné d'un très- beau Par
terre &r de quelques Bassins ; il est terminé par
sept Portiques d'un treiflage très riche , dont
il y en a trois, qui ont plus d'élévation que:
les autres, & qui font décorez de Statués
de part & d'autre font plantez des arbres &
sù-dclïous des Charmilles à hauteur d'apui ;
à droite: derrière ces Charmilles , s'élève
une Ternste qui donne fur l'aliée; à gauche
ce font des Bâtimens couverts de verdure , au
bout desquels on a ménagé une issue pour
monter à la grande Terratle qui tient toutela
largeur- du Jardin : du coté de la Mailorv
cette Terratle est cachée par les- Portiques i.
de l'autre côté elle donne fur le folïé de la,
Ville entre deux Bastions qui la débordent ,
& die a un aspect très gracieux , dont le prin
cipal point de vùë.dt le Jeu de l' Arquebuse 8s.
la Chartreuse.
On s'aflëmbU d'assez bonne heure , & cha
cun s'amusa jusqu'à six heures du soir., la,-
Compagnie attirée par le son des Instrumens,.
fè ren.iit dans la première Salle : on préludí .
par des Concertos; on vint ensuite au Di
vertissement particulier , dont les parole»,
avoient été faites exprès pour lé fuiet , & la
Musique compjsée par le sieur Bourgeois.
La Place que j'ai décrite étoit entourée delanternes;
elle tiroit un grand jour & des
maisons fitutes à 1'oposite , où on n'avoú rienentièrement
illuminé , & de la façade du Palais
Abbatial gui répondoit à tout cela. Le Peu
ple y avoit son Concert & ses Inlhumens ,
Sc des Fontaines de vin qui couloient fans
cesse. Une double ceinture de bougies regnoit
jdans toute l'écenduë de la cour. -Les Bassins
& le Parterre du Jardin éroient profilez &
bordez de Lampions i la petite Terrasie & les
Charmilles écoient chargées de terrines \ les
sept Portiques étoient en bougies qui en
avoient pris les ceintres. C'étoit proprement
un Jardin de lumières1, dont les éclats éblouis
sants avoient été substituez á la place des Buis»
des Charmilles & des Treillages.-
Un très beau Feu d'artifice , placé fur le
chemin couvert-, en vûë de la grande Terrasse
dévoie faire partie de cette Fête ; on s'occupa
encore de lTlluìnínation , qui du haut de cette
Terrassé, faiíbk un spectacle nouveau & rra-
Paiterre lumineux, un Portail & des Tour*
enflammées ; du côté dé la Campagne on
avoit en face le Jeu de l'Arquebuse , d©ac
les Bâtimens étoient éclairez , & fur les co
tez deux, grands Bastions bordez dé lumieKS'
& garnis d'artillerie qui commença à se faine
entendre ; après quoi Madame la Comtesse
dé Tavane & Madame la Marquise de Chajoû
, après avoir long- temps disputé de po
litesse , firent enfin partir en commun un
«Dragon enflammé, qui étoit venu prendre leurs
ordres fur la Terrasse ; i! ne ìes eut pas plutôt
portez fur le Théâtre » que les Piramides s'al-
Jumerent , les Moulinets tournèrent , les Fu
sées partirent, les Lances à feu fuivireiKi ce--
iUc UQ feu continuel & un bruit étonnant ;
Ptj, lie»'»
yi MFRCUHE DE FRANCE,
rien n'étoit plus beau que de voir lts Grenade»,
vomir des milliers de Serpenteaux fur la Po
pulace > qui n'est jamais trop près à son gré ;
mais rien n'étoit plus plaisant que les mouvemens
qu'elle se donnoic pour les éviter ;
ces feux voioient de cent manières différentes-,
les uns sembloient se plonger & se précipiter
fur la terre , les autres sprès cent tours 8c cene
retours remontoient avec vivacité au lieu d'oà
is étoient sortis, la plupart serpentoient vé
ritablement & poursui voient ceux qui vouloient
s'en détourner ; fur la fin on jetta quel*-
ques douzaines de Fusées choisies , qui rem
plirent l'Air de gerbes & d'étoiles.
M. l'Intendant donna ensuite à souper à prèsde
cent personnes distinguées. Quand ily en
auroit eu le double on se seroit loué de l'a>
bondjncej la propreté & la délicatesse en fu
rent Rassortiment. Après le souper il y eut un .
Bal magnifique»
I,a Fête de M"S les Elus a mis , pour ainfidire.
le sceau à- toutes les autres Réjouissance*,
elle a réuni en quelque forte: toutes les Fêtes
qui a voient precedé.Je n'entrerai là dessus dans
aucun détail , ma Lettre n'ttant déja que trop
longue , & le Mercure en ayant déja parlé dans
le premier volume de Décembre, page ^S6é,
Je ne puis, cependant me dispenser de vous
parlei enco e de deux traits qui regardent d'autres
nerfonneí , & qui .méritent de n'être pas
oubliez , & je finis par 'à ma Narration.
Une vingraine de Bourgeois , las d'être
Confondus lans la foule, ont eu recours à une •
nouvelle invention pour fe tirer du nair. Ils
avoient élevé fur quatre roues un Char Ba
chique de i». pieds de long fur 8 de large,
fetm« 4"unc kftrriMC d'envùoo i, pieds de haa-
■-4,..
JANVIER. t7ío, jf
teur , ornée de Tapis & de Peintures. II étoir
couvert d'une riche ImpeiialcenbcrCcau.íoutenuë
par desColomnes cntouréts de Pampre^
à laquelle étoient suspendus plufieurs Lustres.
&• dont les pentes écoient décorées de Tableaux
& d'Ecussons de différentes Armoiries. Les
Hautbois 6c les Ballons étoient plaaz fur le
devant du Ghar $ une table bien servie &
bien arrêtée , chargée de bougies & d'une
grande quantité de plats cris-bien remplis, .&
un Buffet ou plutôt une Boutique de verres
& de bouteilles , ne faiioit pas la moindre par
tie du spectacle. Toute cette Machine étoit
traînée par huit puissants chevaux, enduits,
par quatre Postillons & precedée par un Tin*,
bilier 6c par deux.Trompettes. â cheval, escor
tée par une Compagnie de Gardes à pied, &C'
environnée de flambeaux..
On a voit pris pour quartier d'aflemblée la'
Porte Guillaume , qui est celle par où noussortons
pour aller à Paris. Elle étoit illuminée
de haut en ba^ ; Us Ceintrts , les Pilast.es , les •
cotez , marquez , pour ainsi dire d'aprez. de
Lampions & de Terrines ; toutes lts fenêtres
de la longue rue- qui y aboutit , avoitnt auífi'
leurs lumières , ce qui joint -rJx,Lanternrs<les
rues qu'on allume tous les soirs , vendoit une
clarté égale à. celle du jour. La marche com.»
menca fur les sept heures du soir & elle con
tinua jusqu'à minuit : on s'arrêta dans la Place
Royale & dans tous les lieux où font placez
les Hôtels de ceux qui ent quelque autorité
dans la Ville : là les cris de joye redoubloient ,
r Jes Instrumens se mêloient , la petite Artillerie
se faisoit entendre, mais la poudre n'etoit pas •
|a munition dont un coníumoit le plus.
Uflc.nwlwwdec»nrjaiiu de peuple suivit ce
festia ;
7+ MERCURE DE FRANCE,
festin ambulant pendant toute la nuit , marr
quant par ses acclamacions le gré qu'elle fçavoic
à ceux à qui leur zele íèul avoit inspiré ce'
dessein. Les personnes, les plus considérablesy
applaudirent & les reçurent avecaccueil.lorsqu'ilsse
présentèrent devant leurs Hôtels: touslés
Habitans s'empressèrent de leur faire hon
neur > en chargeant leurs fenêtres de lumières ,>
en jettant des Musées & faisant tirer des Boëtes
& du Canons enfin cette Réjouissance parti
culière devint en un instant une Fête generale
par la part que tout le monde y voulut pren«-
dre. L'autre trait est un peu plus grave.
Les Enfans deChoeur de la Sainte Chapelle,,
à'qui on avoic accordé un jour dè congé , afinqu'ils
se ressentissent- de la joye Duplique, de
mandèrent è le palier Jans un Hérmitage situé,
à une portée de mmisqa<.'t de la Ville , & dont
la Chamelle déiiée soas le noa*de,S. Martin
a set vt autrefois d'Eglise au Village de Fon
taine . lieu de la naissance de S. Bernard. Onne
pen-tra point leur dessein, & on ne les
soupçonna pas de songer â autre chose qu'à'
'une simple promenade : ils avoient néanmoins
des pensées plus sérieuses. Avec le secours de
l'Harmite , ils trouvèrent le secret d'aproprier
là Chapelle, d'en illuminer les dehors & lesdedans
, même de couronner les murs du Jar
din de Lampes à plusieurs lumignons , qui ré
pandirent un éclat d'autant plus étonnant qu'on ■
n'en connoissoit point la cause. Cette clarté
subite , jointe aux Cantiques & aux Motets de
leur composition , qu'ils chantèrent avec une
dévotion touchante & avec beaucoup d'ait,.
charmèrent tout le monde ; on prit part à des
Prières que Dieu exaucera fans doute , puis
qu'elles lui ont été adtefsecs par l'iaaocence
JANVIER. i7? oi 7t
& par le bon coeur. Nos Musiciens & Simphonistfs
qui avoient été invitez secrètement1,,
iè firent un meiite de les leconder. II y eusensuite
un petit régal » où l' enjouement ne nui
sit point à Immodestie, ni la modtíìie à l'enjouëment;
on chanta en panie diverses Cban»
Ions lur la naiflance du Dauphin j le bruit du -
Canon se mêla- au son des Instrumens & ì
l'harmonie des voix , 8c tout s'y paíla d'une
manière fi tendre & fi convenable > que je me
serois íait un reproche de ne vous en avoir
ras rendu cofnpte. Je n'âi plus , pour finir,
heureusement , qu'à ajouter ici le voeu gênerai
de tous nos Citoyens.» vous y soulcriuL de
bon coeur.
Grand Dieu , prene^ soin de la Mere ,
Conservez, nous £r l' Enfant & i* Pert i ;
Qtie pendant des siécles entiers >
lis règnent toiu les trois dans une paix pro
fonde : .
Vous les ave^donne^ pourdt bonheur du mondtì ■
Ghf'ils en joiiijfent Us, premiers.
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Résumé : RÉJOUISSANCES faites à Djon. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville.
Le texte relate les célébrations qui ont suivi une nouvelle importante annoncée le 7 septembre. Cette nouvelle fut accueillie avec enthousiasme, des salves d'artillerie et des cloches sonnèrent, et les habitants exprimèrent leur joie. Le Comte de Tavanes, commandant de la province, organisa des festivités dans son hôtel, décoré de symboles royaux et illuminé. Des feux d'artifice, des fontaines de vin, des bals et des danses furent organisés. Pendant les semaines suivantes, les réjouissances se poursuivirent avec des illuminations et des repas somptueux chez le Comte de Tavanes. Le Parlement, réuni après les vacances, organisa une cérémonie avec un Te Deum chanté par l'Abbé Bouhier. Les musiciens et les communautés ecclésiastiques participèrent également aux célébrations. Le dimanche suivant, des loges de verdure furent érigées, et les comédiens jouèrent gratuitement pour le peuple. Les festivités inclurent des illuminations, des feux d'artifice et des danses. Le Premier Président du Parlement organisa une fête solennelle avec illumination, concert, repas somptueux et distributions de nourriture au peuple. Le lendemain, un Te Deum fut chanté à la Sainte Chapelle, avec la participation du Parlement et des compagnies autorisées. Les Chevaliers de l'Arbalête organisèrent également une cérémonie avec un Te Deum et des illuminations. Les Jésuites, les Bouchers et d'autres corporations participèrent aux réjouissances avec des défilés, des musiques et des décorations. Le 14 septembre, une fête mémorable fut organisée par le Comte de Tavanes au jeu de l'Arquebuse. Le bâtiment fut décoré de symboles royaux et illuminé. Une cantate fut interprétée, suivie d'un feu d'artifice spectaculaire. Un souper somptueux fut servi avec une grande variété de mets et de boissons. Les festivités se poursuivirent avec des illuminations et des danses jusqu'au matin. Le texte décrit également les festivités organisées à Dijon en septembre 1730. Les événements commencèrent par une nuit de festivités somptueuses organisées par M. de Tavanes, avec des distributions de viande et des fontaines de vin dans divers endroits de la ville. Le lendemain, les Chevaliers du Jeu de l'Arquebuse accompagnèrent M. le Comte de Saulx aux Jacobins pour un Te Deum, suivi d'un grand repas dans un salon de verdure illuminé. Le 14 septembre, les Trésoriers de France célébrèrent leurs jeux et fêtes avec des musiciens d'élite. Le dimanche suivant, une procession générale du clergé séculier et régulier eut lieu, présidée par le Doyen de la Sainte-Chapelle, avec la participation du Parlement en robes rouges et de M. de Tavanes en habit de cérémonie. Les Chevaliers de l'Arc organisèrent des honneurs le lendemain, avec un Te Deum aux Cordeliers et un repas somptueux. La Chambre des Comptes choisit le 21 septembre pour sa cérémonie à la Sainte-Chapelle, décorée et illuminée de manière grandiose. Le 22 septembre, le Vicomte-Mayeur conduisit la magistrature au Te Deum de la ville, suivi d'un feu d'artifice spectaculaire à la Place Royale. La ville était entièrement illuminée, et un festin splendide fut servi à l'Hôtel de Ville, avec des salves et des symphonies en l'honneur du Roi, de la Reine, du Dauphin et du Duc. Le texte mentionne également les festivités organisées à Dijon en janvier 1730 pour célébrer la naissance du Dauphin. La ville était illuminée de manière somptueuse, avec des décorations de verdure, des terrines, des pots à feu et des fenêtres éclairées. La Place Royale et l'église Saint-Michel étaient particulièrement mises en valeur. La Place Saint-Étienne offrait également des spectacles, avec des distributions de pain et de vin, et un enfant habillé en Bacchus. Toute la ville se rassembla pour danser et célébrer jusqu'au matin. Les officiers de la milice bourgeoise organisèrent un Te Deum à l'église des Jacobins, suivis d'un jeu de l'arbalète illuminé. Les Bénédictins firent une procession et distribuèrent des aumônes aux pauvres. L'Université et les corps de métiers participèrent également aux cérémonies avec pompe et joie. M. de la Billiarderie, Intendant de Bourgogne, organisa une fête à la Maison Abbatiale de Saint-Bénigne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4240
p. 73-81
A Sedan, [titre d'après la table]
Début :
Les Réjouissances à Sedan furent annoncées par deux décharges de l'Artillerie de la Ville [...]
Mots clefs :
Dames, Réjouissances, Sedan, Dauphin, Fête
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texteReconnaissance textuelle : A Sedan, [titre d'après la table]
Les Réjouissances à Sedan furent annoncées*
par deux. décharges de ls Artillerie de la Ville •
& du Château, l'une le Samedy au soir pre
mier Octobre, la seconde le Dimanche à lapoirte
du jour. L'Arrès midi on chanta un<
Te Deum, & on fit ensuite une Procession Sokmnellé
au bruit d'une triple décharge de tou
te T Artillerie & de la Mousqueterie ; on avoir
bordé les Rainparts de toute la. Garnison , tant
Infanterieque Dragons, & la Bourgeoisie avoir,
été commandée , & y faisoit les mimes fgafetmiH
yue les Troupes réglées. .
f€ MERCURE DE FRANCE.
- La Compagnie de la Jeunesse Bourgeoise,,
«omposée de trois cens hommes , s'est fur touc
distinguée; le nom seul annonce quelque chose
de galant & de brillant, austi ayoienc-ils tous
lès livrées de leurs Maîttefles qui étaient fur
les Remparts.
Après le Te Deum , on alluma un Peu trèsélevé
avec les cérémonies ordinaires , la Gar
nison étant sous les armes , & àTentrée de la
nuit , on mit le feu à un Artifice, dont la dis
position étoíc ingénieusement imaginée ; l'Edifice
étoit construit au milieu de la grande Place
sur un Rocher extrêmement élevé , Sc jettaiw
i'eau en arc par quatre muflíS ; cette eau tomboit
dans un Réservoir , d'où elle sortoit en
abondance tout à.Penrour & faisoit une Nape
d'eau de toute la circonférence ; là Charpente
de l'Eiifite étoit cachée par des arbres entiers
qu'on y avoit plantez, ce qui en faisoit un
Baquet frais & enchanté, tel que les Poëces
dépeignent celui du Bain dé Diane.
L' Artifice n'avoit rien de particulier que la
quantité & lî promptitude de l'execution*,
mais ce qu'il y avoit de plus agréable est qu'à
mesure que 1* Air étoit éclairé, on voyoit
les quatre A^cs. d'eau briller des couleurs les
plus vives , tel que celui dé l' Arc- en-Ciel ; ce
mêl.inge des Elemens concourok à faire un
très-bcau spectacle.
A peine' I Artifice fut-il fini, que toute Iá
Ville fut illuminée de Lampions,les Feux furent
en même temps allumez devant chaque parte
& les tables dressées dans les rues-; les Officiers
«le Ville ont bien marqué en cette octasioh
qu'ils étoientles Pères du Peuplrj indépendam
ment des Fontaines de vin qui couloient de
TO"tes p»t« t ik mfàvMi&m du pain > du
jANvrER. tri<r. tr
vin & de la viande à toute la populace , St au*
Heu de donner un Festin à l'Hotel de Ville aux!
dépens du Public, chacun de ces Magistratsdonna
chez foi un Repas splendide , où tout?
eequ'il y avoir dans la Ville.au- dessus du Com
mun , fut invité.-
Le Commandant rassembla' cependant tour
tes les Dames chez lui après le soupé. Elles»
trouvèrent le Frontispice & la façade de l'Hôtel
illuminez de flambeaux de poing 8c de Lam*
I>ions & ornez de Cartouches des Armes de
eurs Majeslez &du Dauphin. Trois grandes
Salles extrêmement éclairées , servirent de Scè
ne. Les deux premières étoient destinées- à I*
danse i & dans la troisième on avoit servi un/
magnifique Ambigu , où toute l'Assemblée allai
se délaslcr & reprendre des forces pour daníèr
de nouveau.
Plusieurs bandes de Masques se succédèrent
les unes aux autres avec des habits somptueux1
& galants. On ne connoît point ici les Do--
mino , ce déguisement répand une uniformité'
ennuyeuse dans une Assemblée, tout s'y res
semble & s'y confond. Nos Mascarades , au
contraire, croient variées & caractérisées.
Ce qu'il y a de remarquable est que les Mas
ques ne dansèrent aucune des danses ordinai
res : on avoit pris foin de donner â l'Orquestr©
des Airs inventez exprès pour la-Fête, & chaque
Mascarade figuroit une danse nouvelle , de
sorte que l'oreille & les yeux furent égalemenp
satisfaits parl'agréable variété. Les Dames des»
Villes voisines qui avoient été invitées â cette
brillante Fête, y concoururent par les déguifemens
qu'elles imaginèrent & par les dansesqu'elles
exécutèrent.
Les jours suiyans furent distinguez par de
ROU>
1% MERCURE m FRANCE.
Nouveaux Spectacles qui méritent d'être rap
portez par leur singularité* Les Ouvriers des
Manufactures qui font en grand nombre à Se
dan , habillèrent un Enfant en Dauphin. Et
firent chanter une grande Meffe & unZV Deumt
Voici l'ordre de ía Cérémonie.. _ ,
Deux Compagnies de Milice Bourgeoise
commençoient la marche. Ils avoient ï leur
- tête des Violons , des Hautbois , & des Tam
bours au centre qui se répondoitnt alternatif
vement. Ensuite marchoit une Compagnie de;
Houssarts vêtus magnifiquement de bien mon
tez. Ils étoient précédez de Trompettes, & Tim
bales-. Gette Compagnie écoit suivie de vingt
Gardes da Corps à cheval en habits bleus uni
formes; le Carrosse où étoit l'Enfant repré
sentant le Dauphin > marchoit immédìatementf
apres; il étok accompagné de Pages, de Valets
de Pied & de huit Coureurs-, & entouré de
douze Heraults,dont six étoient à cheval, an«ez:
de pied en cap à l'antique , & Its chevaux bar
dez.. Ils aboient la visière baiíîée Si les Masses
d'Armes ou les Lances à la main.-
Dans le même Carrosse étoient trois jeunes
Demoiselles richement vêtues , représentant
Mes Dames de France, & une quatrième repré
sentant Madame de Vantadour. Le' Carrosse
étoit surmonté d'une Couronne fermée de quaire
Dauphins.
Les Dames du Palais suivoient dans une
Calèche galamment ornée,- enfin le Cortège
étoit terminé par deux "autres Compagnies a vec
des Violons 8c Tambours, dan»ia même dis
position que les premières.
Ceifut en cet ordre qu'ils marchèrent pour
fè rendre à l'Eelise; on avoit placé au milie»
du Choeur un Carreau pour le Dauphin. Les.
Gardes.
-
AN"VIER. tjjo\ 7
©ardes fáisoiem un demi cercle à l'èntour de
les Cuirassiers à pied , armez de toutes pieces y
étcient aux quatre coins du Coeur & aux
deux cotez de r Autel comme desHeraults d' Ar*
mes. L" Aumônier étoit derrière le Fauteuil qui
prescntoit au Prince le Livre & lui marquoit
toutes les parties de l'Office.
Au sortir de l'Eglise le Cortège passa par Iei
Çrincipales rues , à l'entrée desquelles toute
Infanterie faisoít une décharge de Mousque*
terie & un Officier des Gardes du Corps jettoit
de l'árgent au Peuple.
Cette Cérémonie a été repetée jusqu'à quatre?
fois par differens Corps d'Ouvriers-, qui à;
l'envi l'un de l'autre . encheristoient fur la ma
gnificence &r fur le nombre.
Le Corps de la Manufacture Royale de DrapSa
aussi signalé fbn zele par un "Te Vcum , Se
un Feu de joye. Deux Fontaines de vin in«
dustrieusement pratiquées , ont coulé' pendant'
leur Festin autour de l'Hôtel de Ville , où ils-
**étoient rassemblez, &r oà étoient invitez l'Ëtat
Major & les Chefs des Compagnies. Le*
gout de l'illumination répondoit â la magni
ficence de la Fête-
Les Officiers de la Garnison (Régiment di
Vilon Mandais ) ont couronné toutes ces FêteJ
par un Spectacle de leur métiers & ils l'oiit
exécuté d'une manière qutmarque leur eirpe»-
ailleurs.. : '
Ils ont formé deux partis peur se battre à
coups de Fusées. Les Dames fé divisèrent aussi'
en deux Partis, & chaque Reine choisit les
Champions qui dévoient entrer en lice.
Le ^.Octobre à fix heures du soir les Chcses
de
ítì MÊRCURE I>Ê; FRANCÊ;
de chaque Parti allèrent marquer les deiHif
Camps.Ils partagèrent l'avantage du vent, afin?
que l'un1 des Partis ne pue se plaindre d'être
offusqué de la fumée."
11$ firent rendre deux cordes à douze pas
l'une de l'autre > ils convinrent que l'approche
en seroit deffenduë , & qu'ils s'en tiendroient
â se lancer leur Artifice d'un Camp à l'autre.-
A huit h'euïes les Gombattans parurent au
liombre de quarante ; Ils étoient menez au
Combat chacun par leur Dame , dont ils port'oient
les Livrées s ils conduisirent les Damesaux
Balcons d'où elles dévoient voir le Com
bat & décider de la victoire. Ensuite ils se ren»
dirent sur le Champ de bataille. Cinquante
Soldats de chaque coté étoient fous les armes
pour empêcher le Peuple de s'exposer au feirc
tes Tambou-rs & Fifres étoient des deux côte*
pour animer les Gombattans.
A huit heuTes 8c demie les Dames donneïent
le signai s les Tambours battirent la char
ge, & le feu commença par quelques escar
mouches; ensuite il fut si violent de part 8e
d'autre, qu'il étoit difficile dé juger lequel desdeux
Partis dsvoit l'emporter j enfin après
trois quarts d'hevtre d'un feu vif , égal & con
tinuel , il arriva comme à la Bataille de Phatsale
, que le hazard décida ce que les Dieux
n'osoient juger.. Le feu prit au Parc de l'Areillerie
de l'un des Partis & brûla en un instant
quatre mille Fusées, Pétards ou Serpenteaux ,
qui étoit environ le quart de leur~Artifice.
Après cet accident il fallut céder,, mais auparavant.
çeux de ce Parti voulurent marquer
par leur courage qu'ils étoient dignes d'un fore
plus heureux. Us se présentèrent à la barrier&ì
•Ofps découvert & essuyerenc le feu enneráÛ
pendant
JANVIER. 1730; 81
j ant près d'un quart d'heure, fans autrf
deffenfe que leur intrépidité} enfin le Parti op»
polé ayant épuisé ses Munitions , ils furent ac
cueillis par leurs Dames,qui attachèrent à leurs
chapeaux des Cocardes Simboliques avec une
branche de Laurier.
Les malheureux furent prévenus par les Da
mes qui avoient pris leur parti , elles leur don»
nerent des Dragones vertes en signe d'espérance:
& .une branche de Mirthe . qui est l'arbre con
sacré à l'amour.
On étoit convenu avant le Combat que le*
Vainqueurs donneroient le Bal aux Dames , c«
qui rendoit ceCartel plus noble & plus galant»
c'est le seul desavantage qu'ont eu â essuyer
ceux du Parti malheureux ; mais ils en ont été
amplement dédommagez par le témoignage
que les Dames ont rendu à leur valeur & par
Je Mirthe dont elles les ont couronnez.
par deux. décharges de ls Artillerie de la Ville •
& du Château, l'une le Samedy au soir pre
mier Octobre, la seconde le Dimanche à lapoirte
du jour. L'Arrès midi on chanta un<
Te Deum, & on fit ensuite une Procession Sokmnellé
au bruit d'une triple décharge de tou
te T Artillerie & de la Mousqueterie ; on avoir
bordé les Rainparts de toute la. Garnison , tant
Infanterieque Dragons, & la Bourgeoisie avoir,
été commandée , & y faisoit les mimes fgafetmiH
yue les Troupes réglées. .
f€ MERCURE DE FRANCE.
- La Compagnie de la Jeunesse Bourgeoise,,
«omposée de trois cens hommes , s'est fur touc
distinguée; le nom seul annonce quelque chose
de galant & de brillant, austi ayoienc-ils tous
lès livrées de leurs Maîttefles qui étaient fur
les Remparts.
Après le Te Deum , on alluma un Peu trèsélevé
avec les cérémonies ordinaires , la Gar
nison étant sous les armes , & àTentrée de la
nuit , on mit le feu à un Artifice, dont la dis
position étoíc ingénieusement imaginée ; l'Edifice
étoit construit au milieu de la grande Place
sur un Rocher extrêmement élevé , Sc jettaiw
i'eau en arc par quatre muflíS ; cette eau tomboit
dans un Réservoir , d'où elle sortoit en
abondance tout à.Penrour & faisoit une Nape
d'eau de toute la circonférence ; là Charpente
de l'Eiifite étoit cachée par des arbres entiers
qu'on y avoit plantez, ce qui en faisoit un
Baquet frais & enchanté, tel que les Poëces
dépeignent celui du Bain dé Diane.
L' Artifice n'avoit rien de particulier que la
quantité & lî promptitude de l'execution*,
mais ce qu'il y avoit de plus agréable est qu'à
mesure que 1* Air étoit éclairé, on voyoit
les quatre A^cs. d'eau briller des couleurs les
plus vives , tel que celui dé l' Arc- en-Ciel ; ce
mêl.inge des Elemens concourok à faire un
très-bcau spectacle.
A peine' I Artifice fut-il fini, que toute Iá
Ville fut illuminée de Lampions,les Feux furent
en même temps allumez devant chaque parte
& les tables dressées dans les rues-; les Officiers
«le Ville ont bien marqué en cette octasioh
qu'ils étoientles Pères du Peuplrj indépendam
ment des Fontaines de vin qui couloient de
TO"tes p»t« t ik mfàvMi&m du pain > du
jANvrER. tri<r. tr
vin & de la viande à toute la populace , St au*
Heu de donner un Festin à l'Hotel de Ville aux!
dépens du Public, chacun de ces Magistratsdonna
chez foi un Repas splendide , où tout?
eequ'il y avoir dans la Ville.au- dessus du Com
mun , fut invité.-
Le Commandant rassembla' cependant tour
tes les Dames chez lui après le soupé. Elles»
trouvèrent le Frontispice & la façade de l'Hôtel
illuminez de flambeaux de poing 8c de Lam*
I>ions & ornez de Cartouches des Armes de
eurs Majeslez &du Dauphin. Trois grandes
Salles extrêmement éclairées , servirent de Scè
ne. Les deux premières étoient destinées- à I*
danse i & dans la troisième on avoit servi un/
magnifique Ambigu , où toute l'Assemblée allai
se délaslcr & reprendre des forces pour daníèr
de nouveau.
Plusieurs bandes de Masques se succédèrent
les unes aux autres avec des habits somptueux1
& galants. On ne connoît point ici les Do--
mino , ce déguisement répand une uniformité'
ennuyeuse dans une Assemblée, tout s'y res
semble & s'y confond. Nos Mascarades , au
contraire, croient variées & caractérisées.
Ce qu'il y a de remarquable est que les Mas
ques ne dansèrent aucune des danses ordinai
res : on avoit pris foin de donner â l'Orquestr©
des Airs inventez exprès pour la-Fête, & chaque
Mascarade figuroit une danse nouvelle , de
sorte que l'oreille & les yeux furent égalemenp
satisfaits parl'agréable variété. Les Dames des»
Villes voisines qui avoient été invitées â cette
brillante Fête, y concoururent par les déguifemens
qu'elles imaginèrent & par les dansesqu'elles
exécutèrent.
Les jours suiyans furent distinguez par de
ROU>
1% MERCURE m FRANCE.
Nouveaux Spectacles qui méritent d'être rap
portez par leur singularité* Les Ouvriers des
Manufactures qui font en grand nombre à Se
dan , habillèrent un Enfant en Dauphin. Et
firent chanter une grande Meffe & unZV Deumt
Voici l'ordre de ía Cérémonie.. _ ,
Deux Compagnies de Milice Bourgeoise
commençoient la marche. Ils avoient ï leur
- tête des Violons , des Hautbois , & des Tam
bours au centre qui se répondoitnt alternatif
vement. Ensuite marchoit une Compagnie de;
Houssarts vêtus magnifiquement de bien mon
tez. Ils étoient précédez de Trompettes, & Tim
bales-. Gette Compagnie écoit suivie de vingt
Gardes da Corps à cheval en habits bleus uni
formes; le Carrosse où étoit l'Enfant repré
sentant le Dauphin > marchoit immédìatementf
apres; il étok accompagné de Pages, de Valets
de Pied & de huit Coureurs-, & entouré de
douze Heraults,dont six étoient à cheval, an«ez:
de pied en cap à l'antique , & Its chevaux bar
dez.. Ils aboient la visière baiíîée Si les Masses
d'Armes ou les Lances à la main.-
Dans le même Carrosse étoient trois jeunes
Demoiselles richement vêtues , représentant
Mes Dames de France, & une quatrième repré
sentant Madame de Vantadour. Le' Carrosse
étoit surmonté d'une Couronne fermée de quaire
Dauphins.
Les Dames du Palais suivoient dans une
Calèche galamment ornée,- enfin le Cortège
étoit terminé par deux "autres Compagnies a vec
des Violons 8c Tambours, dan»ia même dis
position que les premières.
Ceifut en cet ordre qu'ils marchèrent pour
fè rendre à l'Eelise; on avoit placé au milie»
du Choeur un Carreau pour le Dauphin. Les.
Gardes.
-
AN"VIER. tjjo\ 7
©ardes fáisoiem un demi cercle à l'èntour de
les Cuirassiers à pied , armez de toutes pieces y
étcient aux quatre coins du Coeur & aux
deux cotez de r Autel comme desHeraults d' Ar*
mes. L" Aumônier étoit derrière le Fauteuil qui
prescntoit au Prince le Livre & lui marquoit
toutes les parties de l'Office.
Au sortir de l'Eglise le Cortège passa par Iei
Çrincipales rues , à l'entrée desquelles toute
Infanterie faisoít une décharge de Mousque*
terie & un Officier des Gardes du Corps jettoit
de l'árgent au Peuple.
Cette Cérémonie a été repetée jusqu'à quatre?
fois par differens Corps d'Ouvriers-, qui à;
l'envi l'un de l'autre . encheristoient fur la ma
gnificence &r fur le nombre.
Le Corps de la Manufacture Royale de DrapSa
aussi signalé fbn zele par un "Te Vcum , Se
un Feu de joye. Deux Fontaines de vin in«
dustrieusement pratiquées , ont coulé' pendant'
leur Festin autour de l'Hôtel de Ville , où ils-
**étoient rassemblez, &r oà étoient invitez l'Ëtat
Major & les Chefs des Compagnies. Le*
gout de l'illumination répondoit â la magni
ficence de la Fête-
Les Officiers de la Garnison (Régiment di
Vilon Mandais ) ont couronné toutes ces FêteJ
par un Spectacle de leur métiers & ils l'oiit
exécuté d'une manière qutmarque leur eirpe»-
ailleurs.. : '
Ils ont formé deux partis peur se battre à
coups de Fusées. Les Dames fé divisèrent aussi'
en deux Partis, & chaque Reine choisit les
Champions qui dévoient entrer en lice.
Le ^.Octobre à fix heures du soir les Chcses
de
ítì MÊRCURE I>Ê; FRANCÊ;
de chaque Parti allèrent marquer les deiHif
Camps.Ils partagèrent l'avantage du vent, afin?
que l'un1 des Partis ne pue se plaindre d'être
offusqué de la fumée."
11$ firent rendre deux cordes à douze pas
l'une de l'autre > ils convinrent que l'approche
en seroit deffenduë , & qu'ils s'en tiendroient
â se lancer leur Artifice d'un Camp à l'autre.-
A huit h'euïes les Gombattans parurent au
liombre de quarante ; Ils étoient menez au
Combat chacun par leur Dame , dont ils port'oient
les Livrées s ils conduisirent les Damesaux
Balcons d'où elles dévoient voir le Com
bat & décider de la victoire. Ensuite ils se ren»
dirent sur le Champ de bataille. Cinquante
Soldats de chaque coté étoient fous les armes
pour empêcher le Peuple de s'exposer au feirc
tes Tambou-rs & Fifres étoient des deux côte*
pour animer les Gombattans.
A huit heuTes 8c demie les Dames donneïent
le signai s les Tambours battirent la char
ge, & le feu commença par quelques escar
mouches; ensuite il fut si violent de part 8e
d'autre, qu'il étoit difficile dé juger lequel desdeux
Partis dsvoit l'emporter j enfin après
trois quarts d'hevtre d'un feu vif , égal & con
tinuel , il arriva comme à la Bataille de Phatsale
, que le hazard décida ce que les Dieux
n'osoient juger.. Le feu prit au Parc de l'Areillerie
de l'un des Partis & brûla en un instant
quatre mille Fusées, Pétards ou Serpenteaux ,
qui étoit environ le quart de leur~Artifice.
Après cet accident il fallut céder,, mais auparavant.
çeux de ce Parti voulurent marquer
par leur courage qu'ils étoient dignes d'un fore
plus heureux. Us se présentèrent à la barrier&ì
•Ofps découvert & essuyerenc le feu enneráÛ
pendant
JANVIER. 1730; 81
j ant près d'un quart d'heure, fans autrf
deffenfe que leur intrépidité} enfin le Parti op»
polé ayant épuisé ses Munitions , ils furent ac
cueillis par leurs Dames,qui attachèrent à leurs
chapeaux des Cocardes Simboliques avec une
branche de Laurier.
Les malheureux furent prévenus par les Da
mes qui avoient pris leur parti , elles leur don»
nerent des Dragones vertes en signe d'espérance:
& .une branche de Mirthe . qui est l'arbre con
sacré à l'amour.
On étoit convenu avant le Combat que le*
Vainqueurs donneroient le Bal aux Dames , c«
qui rendoit ceCartel plus noble & plus galant»
c'est le seul desavantage qu'ont eu â essuyer
ceux du Parti malheureux ; mais ils en ont été
amplement dédommagez par le témoignage
que les Dames ont rendu à leur valeur & par
Je Mirthe dont elles les ont couronnez.
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Résumé : A Sedan, [titre d'après la table]
En octobre 1729, Sedan organisa des festivités mémorables. Les réjouissances commencèrent par deux décharges d'artillerie, suivies d'un Te Deum et d'une procession accompagnée de salves d'artillerie et de mousqueterie. La garnison, l'infanterie, les dragons et la bourgeoisie participèrent activement. La Compagnie de la Jeunesse Bourgeoise, forte de trois cents hommes, se distingua particulièrement. Après le Te Deum, un grand feu d'artifice fut allumé sur la place principale, orné de jets d'eau et de décors évoquant le bain de Diane. La ville fut ensuite illuminée, et des tables furent dressées dans les rues avec des fontaines de vin et des provisions. Les officiers de la ville montrèrent leur sollicitude envers le peuple. Des mascarades somptueuses se succédèrent, avec des danses nouvelles et des costumes variés. Les dames des villes voisines contribuèrent à la fête par leurs déguisements et leurs danses. Les jours suivants, de nouveaux spectacles furent organisés. Les ouvriers des manufactures habillèrent un enfant en dauphin et organisèrent une messe et un Te Deum. Une procession solennelle, incluant des compagnies de milice bourgeoise, des hussards, des gardes du corps et des dames du palais, se rendit à l'église où une cérémonie fut célébrée. Différents corps d'ouvriers répétèrent cette cérémonie, rivalisant de magnificence. La Manufacture Royale de Draps organisa également un Te Deum et un feu de joie, avec des fontaines de vin. Les officiers de la garnison conclurent les festivités par un spectacle où deux partis s'affrontèrent à coups de fusées. Les dames choisirent les champions et assistèrent au combat depuis des balcons. Un incendie accidentel décida de l'issue du combat, et les vainqueurs offrirent un bal aux dames. Les perdants furent récompensés par des cocardes symboliques et des branches de laurier ou de myrte.
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4241
p. 81-91
Voeu Royal pour la Naissance du Dauphin, [titre d'après la table]
Début :
VOEU ROYAL, fait par LOUIS XIII, & par la Reine ANNE D'AUTRICHE [...]
Mots clefs :
Voeu, Dauphin, Naissance du Dauphin, Compagnie des Pénitents bleus de Toulouse, Louis XII, Reine Anne d'Autriche, Voeu royal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Voeu Royal pour la Naissance du Dauphin, [titre d'après la table]
VOEV ROY JL, f'ait par Louis XIII»
& par la Reine Anne d'Autriche
son augufle Epouse p exécuté & renoua
velli À 7'onloitz.e, par la Compagnie
Royale de M" les Pénitens Bleus, £
Voccasion de l'heureuse Naissance de
Monseigneur le Dauphin, le
3 e. Septembre , le premier & le deux
Oftobre 1720. Brochure in-S. de lí,
pages. A Ttuloufì , de l' Imprimerie de
Nicolas Caranove , s la Bible d'Or ,
M. D C C X X I X,
LA Royale Compagnie des Penitens Bleus ,
érigée à Toulouse , est composée des Períonnes
les plus qualifiées de la Ville & de 1*
Pioa
«î MERCURE ©E FRANOE.
Province. Elle donna des marques éclatante»
de son zele Sc de son attachement à la Perfonne
sacrée du -Roi , lors du .rétablissement de
Ja santé de S. M. par une Fête solemnelLe donc
3e détail se trouve dans notre Journal du mois
■d'Octobte 171 1. La .Naissance du Dauphin.
,a fourni à cette Compagnie une nouvelle oc
casion de signaler ce zele.. Ce qu'elle a exécuté
fur ce íujet , fait la matière du Livre dont
nous avons à rendre compte; jamais occupa.
,tion ne peut nous être plus agréable.
> Le 17. Septembre , la Compagnie ayant été
extraordinairemsnt aslemblée â l'occasion de
i'heureufe nouvelle qui avoit été annoncée la
veille , M- Cortade , Docteur ès Droits , Avo
cat au Parlement , Synilic de cette Compagnie»
prononça un fort beau & éloquent Discours
fur ce grand sujet, Nous en rapporterons ici
■quelques traits. •
» Monseigneur sle Dauphin est né, & il
»est né Jans le sein de la Paix , il est né d'un
*• Roi pacifique , le premier de nos Rois qui a
•>vû fa Minorité paisible, & l'Europe entière
» jouir aussi long-temps d'une profonde paix.
« Quel heureux présage pour Je Prince qui
«vient de naître! Monseigneur ís Dau-
■ phi n est né , & il est né d'une pieuse Reine ,
» douce de toutes les vertus 4 il faltoit > fans
m doute, un Tr-ône proportionné à tous les
» dons dont le Ciel l'a comblée, pour cou-
»» ronner fa vertu , pour la gloire d'une Nation
m illustre Sc pour faire le bonheur de la nótre.
» Qu'il est consolant pour now qu'en execu,
».tant&en renouvellantleVoeude Loun XIII,
« de glorieuse mémoire , à la Naissance de cha-
•» que Successeur à la Couronne , d'avoir à ren-
• die grâces à Dieu d'un Evénement qui assure
JANVIER. ï7?o; S3
»1e bonheur d'une Nation la plus digne d'être
» heureuse , au moins par ion respect & par sa
r> fidélité pour ses Souverains.
■ Le Prince qui vient de naître, &r qui est
» l'objet de notre joye , apprendra un jour le
••Voeu que nous allons raire, & que Loui*
» le Just£ nous a chargez de renouveller pour
5= fa conservation,
» Puiflent nos arriere-Petits-Fils , voir dans
•'Monseigneur ie D auph in , un Roi juste,
» religieux , pacifique . & mème si la nécessité
•> l'y oblige , un Roi victorieux ; & pour sou-
»»haiter â ce Prince tous les bonheurs à la fois,
»» fasse le Ciel que le Fils aîné d'un Roi & d'une
••Reine que Dieu a formez félon son coeur;
** fasse le Ciel que l'Héritier de leuv Couronne
*» soit l'heritier de leurs vertus. ;
L'Orateur finit par ces paroles:
«Pour moi, Messisurs , qui fuis d,'avance
*■ instruit de vos intentions & devos sentime ns,
'■**& notre Compagnie Royale étant elle-même
instruite de ses engagemens &de ses devoir»,
*• il ne me reste qu'à la requérir d'exécuter & de
"renouveller le Voeu fait par Louis XIII.& par
«la Reine Anne d'Autrichi , son auguste
'•m Epouse, &■ de prendre à ce sujet la délibéra-
>• tion ordinaire en cette importante occafior.'
Jamais Discours ne fut plus applaudi en
toutes manières , 8c ne mérita mieux de l'être.
A peine M. le Syndic eut cessé de parler , qu'U
fut unanimement , 8e par une acclamation gé
nérale , délibéré que pour rendre grâces à Dit u
de l'heureule Naissance du Dauphin , & pour
-exécuter & renouveller leVceu fait par Louis
XI II. de glorieuse mémoire, & par la Reine
Anne d'Autriche , son auguste Epouse, il
y auroit Oraison de Quarante heure* -k
MERCURE DE FRANCE;
septembre & les deux jours suivans , pour
îdemander à Dieu , &ç. Que le premier jQur le
Te Dtum seroit íblemnellemenc chanté après
íe Voeu fait . & pour çet effet M le Comte de
Bioulle , Meítre de Camp de la ;CoIonejle
" iGenerale de la Cavalerie > Chevalier de Saint
.Louis, ancien Prieur de la Compagnie, fut
nommé Premier Commissaire pour avoir Thon»
Jieur de faire & de renouvelle* le Voeu de
Louis XIII. au nom de la Compagnie. Et à
.■cause de ('absence de l' Archevêque deToulouíe
, à qui il appartient de droit jde recevoir le
voeu, l' Abbé Dejan, Chanoine de PEglife de
S. Sernin , fut nommé pour faire cette fonc
tion & pour officier durant les Prières de 40.
Jieures. On délibéra suffi fur les marques de
de joye qui dévoient suivre le Te Deum , Sc
,que toutes les Compagnies Supérieures seíoient
invitées d'assister au Voeu & au Te Deum*
Voici en abrégé de quelle manière cette Dé
libération fut exécutée. La Chapelle Royale
ctoit ornée de.ces belles & magnifiques Ta-
-pisseries qui ont appartenu à la Reine Margue
rite, qui en fit présent à un Jïvêque deRieux.
,de la Maison de Bertier Les trois Autels étoienx
.éclairez de plus de 100. flambeaux de cire
.blanche.
Le Cordon qui règne autour de la Chapelle
Royale , qui est une des plus belles & donjt
Je Plan est des plus réguliers qu'il y ait en
Europe , étoit couvejt de Laurier avec beau
coup d'art , &r en relevant la blancheur dej
Trumeaux > ornes d'une belle Architecture &
.d'une riche Sculpture > ce Cordon , dis-je,
formoit un coup d' oeil merveilleux. Ces Tru
meaux , fur lesquels font représentées les yer«-
tut & J^urs attributs , font de 1» main du sieur
JANVIER. 1730.
iî'Arcîs , célèbre Sculpteur & un des Membres
de l' Académie Royale de Sculpture , c'est un
Ouvrage très-estimé des Connoisseurs , & qui
tient un rang distingué dans le grand nombre
qu'on en voit dans la .Ville de Toulouse.
Les Portraits du Roi & de la Reine entoures
de flambeaux de cire blanche , furent placez
dans la Chapelle Royale , à une distance con
venable s & au milieu on avoit élevé un riche
Ecusson des Armes de Monseigneur lu
DAURHiN.lemêmequi futfait lorsqu'on exécuta
le Voeu pour la première fois car ordre de
Louis XIII.
Le Vestibule étoit auflì orné de riches Ta
pisseries & d'un grand nombre de bougies.,
posées fur des Girandoles , ainsi que tout l'interieur
des Galeries & les Coridors de la Cha
pelle Royale, dottt les Portes , íur lclquellcs il
y avoit des Arcs de Triomphe , étoient auífi
magnifiquement décorées , ainsi que les Murs,
qui étoient préparez pour une grande illumi-,
cation. '
Les Prières de quarante heures & le Voeu
furent annoncez la veille 19. Septembre après
midi par le son des Cloches , par le bruit des
Tambours & des Trompettes & par plusieurs
salves de la Moufqueterie du Guet , lesquelles
furent souvent réitérées avant & aptès les
premières Vêpres & la Bénédiction du Très-
Saint Sacrement ; ces démonstrations de joye
furent continuées pendant la nuit, ainsi que les
Fanfares , & on tira un grand nombre de Boè
tes & de Fusées-
Le Vendredy marin 50. Septembre , Fêté de
S. Jérôme, l'un des Patrons de la Compagnie ;
on fit dans la Chapelle Royale l'ouverture des
Prières de quarante heures.avec les cérémonies
E acr
«tf MERCURE DE FRANCE,
accoutumées. La Noblesse en très-grand nom
bre & un Peuple infini y affilièrent ; pendanp
qu'on celebroit des Messes aux trois Autels de
la Chapelle Royale, les Aumôniers de la Com7
pagnie distribuoient des aumônes aux pauvres;
malades & aux Prisonniers,
L 'après midi les Compagnies qui avoient
ité invitées pour affilier au Voeu &au Te Tieum,
íçavoir > la Chambre des Vacations > les Tré
soriers de France , TUniversité . le Senechal &
& les Capitouls , se rendirent en grand nombre
& en habits de cérémonie , dans la Chapelle
Royale. Les Capitouls étoient revêtus de leur
Manteau Comtal, & accompagnez des Officier j
de la Ville & de leur grand Cortège.
Le concours des personnes de la première
distinction, de tout sexe, & de la Noblesse, tant
de la Ville que de la Campagne & des Pro
vinces voisines , qui étoient venues avec emr
pressement pour assister au Voeu , fut extrordinaire.
Les Vêpres furent chantées avec beau
coup de solemnité & à plusieurs choeurs » eri
faux-bourdon , qui est une Musique propre Sc
particulière à 1a Chapelle Royale.
Les Vêpres finies , M. le Comte de Bioulle,
premier Commissaire , accompagné de M. Ie
Baron de Ferrand , Sous- Prieur j de M. de Pio
let , Président , Trésorier General de France ,
Censeur; de M. Puiol, Conseiller au Parlement
Consulteur, & de M. Cortade , Docteur ès
Droits & Avocat au Parlement, Syndic de la
Compagnie , seconds Commissaires nez ; de
M. le Comte de Pibrac , de M. le Marquis de
Pinsaguel, & d'un grand nombre d'autres.
Confrères , tous revêtus de leurs habits de
Pénitent, descendirent de la Tribune à la Chaflcjlc}
le Comte de Bioulle porcoic lcCiergs
JANVIER. 1730. 87
duVoeu.du poids de sept livres, orné de Fleurs
de Lys d'or , des Armes du Roi , de Monsei-
.cneur le Dauphin , d'L L. couronnées Sc
de Dauphins^ ce Cierge étoit garni de Velours
avec des Crépines d'or,à laiiautéur de la maint
les quatre seconds .Commissaires portoient ua
court Bâton de couleur bleuë , orné de Fleurs
de Lys d'argenti les autres Confrères portoienc
,des flambeaux de cire blanche , & quatre d'entr'eux
portant des Bâtons de cérémonie , fer-
:moicnt la marche. Les Commissaires étant ar»
rivezà l'Autel après M. l'Abbé Dejean , Offi-
.ciant , qui étoit en Chape de Moëre d'argent»
assis dans un Fauteuil doré.à côtelé l'Evangile,
ils se mirent â genotix.sur Ja première marche
de l' Autel, & après s'être prosternez, le Comte
de Bioulle , premier Comirissaire, prononça
à haute voix lefToeu qui fuit.
Notre Confrérie Royale S' étant toujours par
ticulièrement intereffée en tout ce qui regarde
les avantages de la sacrée Personne du Roi & de
la Famille Roy »le^ & ayant méme lieu de croire
que Dieu a eu égard à ses voeux & à ses_prieres
par les BtnediBions que le Ciel a répandues dan*
Ja'Naiffance & la conservation du Koï, heureu
sement régnant, & depuis feu de jours en Vheureufe
Naissance de Monseigneur .le Dau
phin , notre Compagnie Royale désirant d'ete
témoigner sa recçnnoiffance publique ><& -vou
lant faire tous ses pieux efforts pour ottenir
du Ciel la conservation de la sacrée Personne
du Roi , de la Reine , & en particulier de
Monsegneur le Dauphin , & de toute la
Famille Royale , elle a résolu de vouer & de
promettre , comme en effet elle voue & promet
far ma bouche , en qualité d'ancien Prieur &
E ij de
'fi MERCURE DE FRANCE.
de premier Commissaire , a Dieu & à la sainte
Vierge notre Protectrice & de la France , *
St Jérôme , à S. Louis , à sainte Magielaint ,
nos Patrons , à toute la Cour Céleste , & à vous
Monsieur, de faire exposer le Très Saint Sacre
ment dans notre Chapelle Royale durant trois
jours consécutifs^ & de faire célébrer autant de
Messes qu'il se pourra pendant çes trois jours
k cette intention, d' aller Samedi prochain en
Procession à l 'Eglise Abbatiale de S. Sernin, pour
implorer le secours des Saints , dont les sacrées
Reliques reposent dans cette Eglise , & de dire
jt genoux cinqfois le Pater & cinq fois /'Ave
Maria > tous let Vendredis , dans notre Chapelle , ■
en présence du Tres-Saint Sacrement , âpres les
Prières accoutumées l?ro Rege > é1 {« durant
dix année? à compter de ce jour jo. Septembre
I72-9- *
A quoiM.l'Abbé Dejean,Officiant,répondit :
J'accepte , Monsieur ', le Voeu que vous venez,
défaire au nom de la Compagnie Royale, Ó?
f#r le ^ele & la ferveur que'je vois paroitrtj
dans toute cette illustre & Royale Compagnie ,
j'espete avfc constance que notre Voeu ser&
exaucé , & par l' honneur que j'ai de recevoir
eeVoeuen ï absence Je M. l' Archevêque deTÔulf>
use , notre Confrère , & en qualité d'ancien
S.eus-Prieur de la Compagnie , j'y joindrai mes
Prières & les Saints Sacrifices pour obtenir du
Ciel son accomplissement.
. Le Comte deBioulle, premier Commissaire.
& les Commissaires nez , s'.ctant ensuite levez,
ils remontèrent à la Tribune dans le même
ordre qu'Us en étoient descendus , & le Comte
de Bioulle ayant pris la première place, & les;
autres Officiers & Confrères celles qui leur
conviennent » l'Abbé Dejean , pfficiant, enton-
S*
Janvier. ty}<í. Ì9
ja le Te Deum , qui fut chanté en Musique
&enSimphonie par beaucoup deVoix Si d'Instrumens
; il étoit de la composition de M. Va
lette , Maître de Musique de l'Eglise Abbatiale
de S Sernin , & il fut beaucoup applaudi.
, Après le Te Deum , on réitéra les salves
de Mousqueteric avant & après la Bénédic
tion du très- saint Sacrement, & vers les
septheuresi l'Ilhimination commença des deux
côtez de la grande rue des Penitcns Bleu»
dans toute son étendue ; cette rue est d'une
largeur extraordinaire , & toutes les Maisons
font d'une même élévation , ce qui favori*
soit beaucoup l'Illumination ; la Grande Por
te , les Combles & les Murs de la Cha»
pelle Royale étoient illuminez par un nom
bre infini d^. Globes de feu & de Falots
aux Armes du Roi , de la Reine & de Mon
seigneur le Dauphiìt , & aux Armes de la
Chapelle Royale, qui- sont un Lion d'or,,
sur un Chams d'Azur , avec ces mots San*.
me, Domine.
• Les Chanoines Réguliers de Saint Antoine,
?-fl'ociez ,á la .Compagnie Royalç , qui ont
leur Maison dans la grande Rue des PenitensBleus,
Maison Jorit la façade est tiès-belle,
l'illuminerent magnifiquement le même soir.
Sur les neuf heures , le Comte de Bioulle
, premier Commissaire , encore revêtu da
son habit de Pénitent, ainsi que les Com
missaires nez, alluma le feu qui ayoit été
préparé , tenant à la main un flambeau de
cire blanche , peint en bleu , &: oiné de
Fleurs de Lys d'or. Dès que le feu fut allu
mé , on fit plusieurs salves de Moufquete»
rie , & toute la Ruë, où il y avoit tm peu
ple infini , retentit des acclammations rené*
E iij K'CS
y<j MERCURE DE FRANCE.
iées de Vive le Rei , vive la Reine , vivt
Monseigneur le Dauphin. Les salves de Mousqueterie
furent suivies du son des trom
pettes , hautbois & tambours , qui ne fu
rent interrompus que par le grand uombre
de Boëtès & de Fusées qu'on tira pendant
la nuit.
Un long discours ne suffíroit pas pour
rapporter ici tous les pieux & differens exer
cices auxquels les Confrères de cette Roya
le Compagnie furent occupez pendant les
deux jours suivants. On n'a jamais vû paroi*
tre un plus grand zele , & donner plus d'é
dification. Les Prières de 401 heures furent
terminées le Dimanche au soir par la Bé
nédiction du. très-saint Sacrement , au bruit
- de la Mousqueterie & des Fapseres.
Les Confrères , & particulièrement les
Officiers de la Compagnie , qui avoient ma
gnifiquement illuminé Jeurs Hôtels le soir du
voeu , & pendant la première nuit , conti
nuèrent les Illuminations pendant les deusnuits
suivantes. Enfin la Compagnie Royale
n'a rien négligé pour que Tordre & la ma
gnificence de cette Fête pût être digne d'un
£ heureux événement. M. le Syndic , qui est
l'ame & le principal mobile de tout ce qui
fe fait dans cette Compagnie . ne s'est pas
contenté d'exercer en cette rencontre sonheureux
talent de la composition & de la
parole , il a aussi employé son génie uni
versel pour faire bien exécuter la délibéra
tion de la Compagnie , & on peut dire qu'il;
s'est surpafle .lui même en cette importante
occasion.
II nous reste à" ajouter ici deux ou trois
ft.errurqu.es historiques au sujet de cette
Corn-.
JANVIER. jjía 94
Compagnie , & de la Chapelle Royale.
Le Roi Louis XIII. lui fit l'honneur de voi*.
loir être inscrit sur ses Registres le tj. No
vembre iézi. Louis XIV. de glorieuse me«
moire , lui fit le même honneur le 19. Oo
tobre i6;9. M. Je Duc de Bourgogne le 16,
Février 1701. & M. le Duc de Berry le 17V
février de la même année.
Le 16. Octobre r«}t. Louis XIII. qui le
jo. Mars iíiï. avoit posé la première pierre
de la Chapelle Royale , fit dans la tribune
de cette Chapelle un voeu solemnel avec la
Reine, son Auguste Epouse , & toute la
Compagnie Royale, aííèmblée par ordre de
Leurs Majestez' , pour supplier la Divine
Bonté de donner un successeur au Roi. Ce
Voeu fut renouvellé annuellement jusqu'à la
Naissance de Louis XI V, & ensuite exécuté
& accompli pour & au nom de Leurs Ma
jestez , par ordre du Roi , au mois de Sep
tembre 16 j 8.
Ge Voeu solemnel fut encore exécuté 8c
renouvelle en x66i. à la Naissance du Dau
phin 3 fils de Louis XIV. & au mois d'Aoûe
ií8i. après la Naissance de M. le Duc de
Bourgogne , pere du Roi heureusement ré
gnant i ainsi que le 8. 9. & 10. Août 1704»
après la Naissance de M. le Duc de BretaH
gne, frère aîné de Sa Majesté. Fasse le Ciel
qu'il soie encore renouvellé à l'oecasion du
premier Prince > qui naîtra du nouveau
Dauphin.
& par la Reine Anne d'Autriche
son augufle Epouse p exécuté & renoua
velli À 7'onloitz.e, par la Compagnie
Royale de M" les Pénitens Bleus, £
Voccasion de l'heureuse Naissance de
Monseigneur le Dauphin, le
3 e. Septembre , le premier & le deux
Oftobre 1720. Brochure in-S. de lí,
pages. A Ttuloufì , de l' Imprimerie de
Nicolas Caranove , s la Bible d'Or ,
M. D C C X X I X,
LA Royale Compagnie des Penitens Bleus ,
érigée à Toulouse , est composée des Períonnes
les plus qualifiées de la Ville & de 1*
Pioa
«î MERCURE ©E FRANOE.
Province. Elle donna des marques éclatante»
de son zele Sc de son attachement à la Perfonne
sacrée du -Roi , lors du .rétablissement de
Ja santé de S. M. par une Fête solemnelLe donc
3e détail se trouve dans notre Journal du mois
■d'Octobte 171 1. La .Naissance du Dauphin.
,a fourni à cette Compagnie une nouvelle oc
casion de signaler ce zele.. Ce qu'elle a exécuté
fur ce íujet , fait la matière du Livre dont
nous avons à rendre compte; jamais occupa.
,tion ne peut nous être plus agréable.
> Le 17. Septembre , la Compagnie ayant été
extraordinairemsnt aslemblée â l'occasion de
i'heureufe nouvelle qui avoit été annoncée la
veille , M- Cortade , Docteur ès Droits , Avo
cat au Parlement , Synilic de cette Compagnie»
prononça un fort beau & éloquent Discours
fur ce grand sujet, Nous en rapporterons ici
■quelques traits. •
» Monseigneur sle Dauphin est né, & il
»est né Jans le sein de la Paix , il est né d'un
*• Roi pacifique , le premier de nos Rois qui a
•>vû fa Minorité paisible, & l'Europe entière
» jouir aussi long-temps d'une profonde paix.
« Quel heureux présage pour Je Prince qui
«vient de naître! Monseigneur ís Dau-
■ phi n est né , & il est né d'une pieuse Reine ,
» douce de toutes les vertus 4 il faltoit > fans
m doute, un Tr-ône proportionné à tous les
» dons dont le Ciel l'a comblée, pour cou-
»» ronner fa vertu , pour la gloire d'une Nation
m illustre Sc pour faire le bonheur de la nótre.
» Qu'il est consolant pour now qu'en execu,
».tant&en renouvellantleVoeude Loun XIII,
« de glorieuse mémoire , à la Naissance de cha-
•» que Successeur à la Couronne , d'avoir à ren-
• die grâces à Dieu d'un Evénement qui assure
JANVIER. ï7?o; S3
»1e bonheur d'une Nation la plus digne d'être
» heureuse , au moins par ion respect & par sa
r> fidélité pour ses Souverains.
■ Le Prince qui vient de naître, &r qui est
» l'objet de notre joye , apprendra un jour le
••Voeu que nous allons raire, & que Loui*
» le Just£ nous a chargez de renouveller pour
5= fa conservation,
» Puiflent nos arriere-Petits-Fils , voir dans
•'Monseigneur ie D auph in , un Roi juste,
» religieux , pacifique . & mème si la nécessité
•> l'y oblige , un Roi victorieux ; & pour sou-
»»haiter â ce Prince tous les bonheurs à la fois,
»» fasse le Ciel que le Fils aîné d'un Roi & d'une
••Reine que Dieu a formez félon son coeur;
** fasse le Ciel que l'Héritier de leuv Couronne
*» soit l'heritier de leurs vertus. ;
L'Orateur finit par ces paroles:
«Pour moi, Messisurs , qui fuis d,'avance
*■ instruit de vos intentions & devos sentime ns,
'■**& notre Compagnie Royale étant elle-même
instruite de ses engagemens &de ses devoir»,
*• il ne me reste qu'à la requérir d'exécuter & de
"renouveller le Voeu fait par Louis XIII.& par
«la Reine Anne d'Autrichi , son auguste
'•m Epouse, &■ de prendre à ce sujet la délibéra-
>• tion ordinaire en cette importante occafior.'
Jamais Discours ne fut plus applaudi en
toutes manières , 8c ne mérita mieux de l'être.
A peine M. le Syndic eut cessé de parler , qu'U
fut unanimement , 8e par une acclamation gé
nérale , délibéré que pour rendre grâces à Dit u
de l'heureule Naissance du Dauphin , & pour
-exécuter & renouveller leVceu fait par Louis
XI II. de glorieuse mémoire, & par la Reine
Anne d'Autriche , son auguste Epouse, il
y auroit Oraison de Quarante heure* -k
MERCURE DE FRANCE;
septembre & les deux jours suivans , pour
îdemander à Dieu , &ç. Que le premier jQur le
Te Dtum seroit íblemnellemenc chanté après
íe Voeu fait . & pour çet effet M le Comte de
Bioulle , Meítre de Camp de la ;CoIonejle
" iGenerale de la Cavalerie > Chevalier de Saint
.Louis, ancien Prieur de la Compagnie, fut
nommé Premier Commissaire pour avoir Thon»
Jieur de faire & de renouvelle* le Voeu de
Louis XIII. au nom de la Compagnie. Et à
.■cause de ('absence de l' Archevêque deToulouíe
, à qui il appartient de droit jde recevoir le
voeu, l' Abbé Dejan, Chanoine de PEglife de
S. Sernin , fut nommé pour faire cette fonc
tion & pour officier durant les Prières de 40.
Jieures. On délibéra suffi fur les marques de
de joye qui dévoient suivre le Te Deum , Sc
,que toutes les Compagnies Supérieures seíoient
invitées d'assister au Voeu & au Te Deum*
Voici en abrégé de quelle manière cette Dé
libération fut exécutée. La Chapelle Royale
ctoit ornée de.ces belles & magnifiques Ta-
-pisseries qui ont appartenu à la Reine Margue
rite, qui en fit présent à un Jïvêque deRieux.
,de la Maison de Bertier Les trois Autels étoienx
.éclairez de plus de 100. flambeaux de cire
.blanche.
Le Cordon qui règne autour de la Chapelle
Royale , qui est une des plus belles & donjt
Je Plan est des plus réguliers qu'il y ait en
Europe , étoit couvejt de Laurier avec beau
coup d'art , &r en relevant la blancheur dej
Trumeaux > ornes d'une belle Architecture &
.d'une riche Sculpture > ce Cordon , dis-je,
formoit un coup d' oeil merveilleux. Ces Tru
meaux , fur lesquels font représentées les yer«-
tut & J^urs attributs , font de 1» main du sieur
JANVIER. 1730.
iî'Arcîs , célèbre Sculpteur & un des Membres
de l' Académie Royale de Sculpture , c'est un
Ouvrage très-estimé des Connoisseurs , & qui
tient un rang distingué dans le grand nombre
qu'on en voit dans la .Ville de Toulouse.
Les Portraits du Roi & de la Reine entoures
de flambeaux de cire blanche , furent placez
dans la Chapelle Royale , à une distance con
venable s & au milieu on avoit élevé un riche
Ecusson des Armes de Monseigneur lu
DAURHiN.lemêmequi futfait lorsqu'on exécuta
le Voeu pour la première fois car ordre de
Louis XIII.
Le Vestibule étoit auflì orné de riches Ta
pisseries & d'un grand nombre de bougies.,
posées fur des Girandoles , ainsi que tout l'interieur
des Galeries & les Coridors de la Cha
pelle Royale, dottt les Portes , íur lclquellcs il
y avoit des Arcs de Triomphe , étoient auífi
magnifiquement décorées , ainsi que les Murs,
qui étoient préparez pour une grande illumi-,
cation. '
Les Prières de quarante heures & le Voeu
furent annoncez la veille 19. Septembre après
midi par le son des Cloches , par le bruit des
Tambours & des Trompettes & par plusieurs
salves de la Moufqueterie du Guet , lesquelles
furent souvent réitérées avant & aptès les
premières Vêpres & la Bénédiction du Très-
Saint Sacrement ; ces démonstrations de joye
furent continuées pendant la nuit, ainsi que les
Fanfares , & on tira un grand nombre de Boè
tes & de Fusées-
Le Vendredy marin 50. Septembre , Fêté de
S. Jérôme, l'un des Patrons de la Compagnie ;
on fit dans la Chapelle Royale l'ouverture des
Prières de quarante heures.avec les cérémonies
E acr
«tf MERCURE DE FRANCE,
accoutumées. La Noblesse en très-grand nom
bre & un Peuple infini y affilièrent ; pendanp
qu'on celebroit des Messes aux trois Autels de
la Chapelle Royale, les Aumôniers de la Com7
pagnie distribuoient des aumônes aux pauvres;
malades & aux Prisonniers,
L 'après midi les Compagnies qui avoient
ité invitées pour affilier au Voeu &au Te Tieum,
íçavoir > la Chambre des Vacations > les Tré
soriers de France , TUniversité . le Senechal &
& les Capitouls , se rendirent en grand nombre
& en habits de cérémonie , dans la Chapelle
Royale. Les Capitouls étoient revêtus de leur
Manteau Comtal, & accompagnez des Officier j
de la Ville & de leur grand Cortège.
Le concours des personnes de la première
distinction, de tout sexe, & de la Noblesse, tant
de la Ville que de la Campagne & des Pro
vinces voisines , qui étoient venues avec emr
pressement pour assister au Voeu , fut extrordinaire.
Les Vêpres furent chantées avec beau
coup de solemnité & à plusieurs choeurs » eri
faux-bourdon , qui est une Musique propre Sc
particulière à 1a Chapelle Royale.
Les Vêpres finies , M. le Comte de Bioulle,
premier Commissaire , accompagné de M. Ie
Baron de Ferrand , Sous- Prieur j de M. de Pio
let , Président , Trésorier General de France ,
Censeur; de M. Puiol, Conseiller au Parlement
Consulteur, & de M. Cortade , Docteur ès
Droits & Avocat au Parlement, Syndic de la
Compagnie , seconds Commissaires nez ; de
M. le Comte de Pibrac , de M. le Marquis de
Pinsaguel, & d'un grand nombre d'autres.
Confrères , tous revêtus de leurs habits de
Pénitent, descendirent de la Tribune à la Chaflcjlc}
le Comte de Bioulle porcoic lcCiergs
JANVIER. 1730. 87
duVoeu.du poids de sept livres, orné de Fleurs
de Lys d'or , des Armes du Roi , de Monsei-
.cneur le Dauphin , d'L L. couronnées Sc
de Dauphins^ ce Cierge étoit garni de Velours
avec des Crépines d'or,à laiiautéur de la maint
les quatre seconds .Commissaires portoient ua
court Bâton de couleur bleuë , orné de Fleurs
de Lys d'argenti les autres Confrères portoienc
,des flambeaux de cire blanche , & quatre d'entr'eux
portant des Bâtons de cérémonie , fer-
:moicnt la marche. Les Commissaires étant ar»
rivezà l'Autel après M. l'Abbé Dejean , Offi-
.ciant , qui étoit en Chape de Moëre d'argent»
assis dans un Fauteuil doré.à côtelé l'Evangile,
ils se mirent â genotix.sur Ja première marche
de l' Autel, & après s'être prosternez, le Comte
de Bioulle , premier Comirissaire, prononça
à haute voix lefToeu qui fuit.
Notre Confrérie Royale S' étant toujours par
ticulièrement intereffée en tout ce qui regarde
les avantages de la sacrée Personne du Roi & de
la Famille Roy »le^ & ayant méme lieu de croire
que Dieu a eu égard à ses voeux & à ses_prieres
par les BtnediBions que le Ciel a répandues dan*
Ja'Naiffance & la conservation du Koï, heureu
sement régnant, & depuis feu de jours en Vheureufe
Naissance de Monseigneur .le Dau
phin , notre Compagnie Royale désirant d'ete
témoigner sa recçnnoiffance publique ><& -vou
lant faire tous ses pieux efforts pour ottenir
du Ciel la conservation de la sacrée Personne
du Roi , de la Reine , & en particulier de
Monsegneur le Dauphin , & de toute la
Famille Royale , elle a résolu de vouer & de
promettre , comme en effet elle voue & promet
far ma bouche , en qualité d'ancien Prieur &
E ij de
'fi MERCURE DE FRANCE.
de premier Commissaire , a Dieu & à la sainte
Vierge notre Protectrice & de la France , *
St Jérôme , à S. Louis , à sainte Magielaint ,
nos Patrons , à toute la Cour Céleste , & à vous
Monsieur, de faire exposer le Très Saint Sacre
ment dans notre Chapelle Royale durant trois
jours consécutifs^ & de faire célébrer autant de
Messes qu'il se pourra pendant çes trois jours
k cette intention, d' aller Samedi prochain en
Procession à l 'Eglise Abbatiale de S. Sernin, pour
implorer le secours des Saints , dont les sacrées
Reliques reposent dans cette Eglise , & de dire
jt genoux cinqfois le Pater & cinq fois /'Ave
Maria > tous let Vendredis , dans notre Chapelle , ■
en présence du Tres-Saint Sacrement , âpres les
Prières accoutumées l?ro Rege > é1 {« durant
dix année? à compter de ce jour jo. Septembre
I72-9- *
A quoiM.l'Abbé Dejean,Officiant,répondit :
J'accepte , Monsieur ', le Voeu que vous venez,
défaire au nom de la Compagnie Royale, Ó?
f#r le ^ele & la ferveur que'je vois paroitrtj
dans toute cette illustre & Royale Compagnie ,
j'espete avfc constance que notre Voeu ser&
exaucé , & par l' honneur que j'ai de recevoir
eeVoeuen ï absence Je M. l' Archevêque deTÔulf>
use , notre Confrère , & en qualité d'ancien
S.eus-Prieur de la Compagnie , j'y joindrai mes
Prières & les Saints Sacrifices pour obtenir du
Ciel son accomplissement.
. Le Comte deBioulle, premier Commissaire.
& les Commissaires nez , s'.ctant ensuite levez,
ils remontèrent à la Tribune dans le même
ordre qu'Us en étoient descendus , & le Comte
de Bioulle ayant pris la première place, & les;
autres Officiers & Confrères celles qui leur
conviennent » l'Abbé Dejean , pfficiant, enton-
S*
Janvier. ty}<í. Ì9
ja le Te Deum , qui fut chanté en Musique
&enSimphonie par beaucoup deVoix Si d'Instrumens
; il étoit de la composition de M. Va
lette , Maître de Musique de l'Eglise Abbatiale
de S Sernin , & il fut beaucoup applaudi.
, Après le Te Deum , on réitéra les salves
de Mousqueteric avant & après la Bénédic
tion du très- saint Sacrement, & vers les
septheuresi l'Ilhimination commença des deux
côtez de la grande rue des Penitcns Bleu»
dans toute son étendue ; cette rue est d'une
largeur extraordinaire , & toutes les Maisons
font d'une même élévation , ce qui favori*
soit beaucoup l'Illumination ; la Grande Por
te , les Combles & les Murs de la Cha»
pelle Royale étoient illuminez par un nom
bre infini d^. Globes de feu & de Falots
aux Armes du Roi , de la Reine & de Mon
seigneur le Dauphiìt , & aux Armes de la
Chapelle Royale, qui- sont un Lion d'or,,
sur un Chams d'Azur , avec ces mots San*.
me, Domine.
• Les Chanoines Réguliers de Saint Antoine,
?-fl'ociez ,á la .Compagnie Royalç , qui ont
leur Maison dans la grande Rue des PenitensBleus,
Maison Jorit la façade est tiès-belle,
l'illuminerent magnifiquement le même soir.
Sur les neuf heures , le Comte de Bioulle
, premier Commissaire , encore revêtu da
son habit de Pénitent, ainsi que les Com
missaires nez, alluma le feu qui ayoit été
préparé , tenant à la main un flambeau de
cire blanche , peint en bleu , &: oiné de
Fleurs de Lys d'or. Dès que le feu fut allu
mé , on fit plusieurs salves de Moufquete»
rie , & toute la Ruë, où il y avoit tm peu
ple infini , retentit des acclammations rené*
E iij K'CS
y<j MERCURE DE FRANCE.
iées de Vive le Rei , vive la Reine , vivt
Monseigneur le Dauphin. Les salves de Mousqueterie
furent suivies du son des trom
pettes , hautbois & tambours , qui ne fu
rent interrompus que par le grand uombre
de Boëtès & de Fusées qu'on tira pendant
la nuit.
Un long discours ne suffíroit pas pour
rapporter ici tous les pieux & differens exer
cices auxquels les Confrères de cette Roya
le Compagnie furent occupez pendant les
deux jours suivants. On n'a jamais vû paroi*
tre un plus grand zele , & donner plus d'é
dification. Les Prières de 401 heures furent
terminées le Dimanche au soir par la Bé
nédiction du. très-saint Sacrement , au bruit
- de la Mousqueterie & des Fapseres.
Les Confrères , & particulièrement les
Officiers de la Compagnie , qui avoient ma
gnifiquement illuminé Jeurs Hôtels le soir du
voeu , & pendant la première nuit , conti
nuèrent les Illuminations pendant les deusnuits
suivantes. Enfin la Compagnie Royale
n'a rien négligé pour que Tordre & la ma
gnificence de cette Fête pût être digne d'un
£ heureux événement. M. le Syndic , qui est
l'ame & le principal mobile de tout ce qui
fe fait dans cette Compagnie . ne s'est pas
contenté d'exercer en cette rencontre sonheureux
talent de la composition & de la
parole , il a aussi employé son génie uni
versel pour faire bien exécuter la délibéra
tion de la Compagnie , & on peut dire qu'il;
s'est surpafle .lui même en cette importante
occasion.
II nous reste à" ajouter ici deux ou trois
ft.errurqu.es historiques au sujet de cette
Corn-.
JANVIER. jjía 94
Compagnie , & de la Chapelle Royale.
Le Roi Louis XIII. lui fit l'honneur de voi*.
loir être inscrit sur ses Registres le tj. No
vembre iézi. Louis XIV. de glorieuse me«
moire , lui fit le même honneur le 19. Oo
tobre i6;9. M. Je Duc de Bourgogne le 16,
Février 1701. & M. le Duc de Berry le 17V
février de la même année.
Le 16. Octobre r«}t. Louis XIII. qui le
jo. Mars iíiï. avoit posé la première pierre
de la Chapelle Royale , fit dans la tribune
de cette Chapelle un voeu solemnel avec la
Reine, son Auguste Epouse , & toute la
Compagnie Royale, aííèmblée par ordre de
Leurs Majestez' , pour supplier la Divine
Bonté de donner un successeur au Roi. Ce
Voeu fut renouvellé annuellement jusqu'à la
Naissance de Louis XI V, & ensuite exécuté
& accompli pour & au nom de Leurs Ma
jestez , par ordre du Roi , au mois de Sep
tembre 16 j 8.
Ge Voeu solemnel fut encore exécuté 8c
renouvelle en x66i. à la Naissance du Dau
phin 3 fils de Louis XIV. & au mois d'Aoûe
ií8i. après la Naissance de M. le Duc de
Bourgogne , pere du Roi heureusement ré
gnant i ainsi que le 8. 9. & 10. Août 1704»
après la Naissance de M. le Duc de BretaH
gne, frère aîné de Sa Majesté. Fasse le Ciel
qu'il soie encore renouvellé à l'oecasion du
premier Prince > qui naîtra du nouveau
Dauphin.
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Résumé : Voeu Royal pour la Naissance du Dauphin, [titre d'après la table]
En 1729, la Compagnie Royale des Pénitents Bleus de Toulouse a célébré la naissance du Dauphin avec une série d'événements solennels. Le 17 septembre, lors d'une assemblée extraordinaire, M. Cortade, Docteur ès Droits, a prononcé un discours mettant en avant la naissance du Dauphin dans un contexte de paix et de piété. Il a rappelé le vœu fait par Louis XIII et la Reine Anne d'Autriche. La Compagnie a alors décidé d'organiser des prières de quarante heures et un Te Deum pour remercier Dieu. Les célébrations ont inclus des ornements somptueux dans la Chapelle Royale, des distributions d'aumônes, et la participation de la noblesse et du peuple. Le 20 septembre, après les vêpres, le Comte de Bioulle a renouvelé le vœu au nom de la Compagnie, promettant des prières et des messes pour la conservation du Roi, de la Reine et du Dauphin. L'Abbé Dejan a accepté ce vœu et a assuré ses prières pour son accomplissement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4242
p. 92-93
LETTRE écrite d'Orleans le 15. Janvier 1730. par Madame L. T. D. au sujet des Enigmes pillées.
Début :
Comme chacun est en droit de reclamer son bien, & que la Lettre de [...]
Mots clefs :
Énigmes, Énigmes pillées
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite d'Orleans le 15. Janvier 1730. par Madame L. T. D. au sujet des Enigmes pillées.
'LETTRE écrite d'Orléans le, r 5. Jan
vier 1750. par Madame L. T. D'.
sujet des Enigmes pillées.
COmrae chacun est en droit de re
clamer son bien , & que la Lettre
de Verdun insérée dans votre dernier
Mercure , au sujet de PEnigme des Basy
pille'e par Ml,e de Eellefond de Vcrnon,.
m'autorise à demander un fonds de pa
trimoine. J'ai crû , Messieurs devoir
aussi vous écrire fur un pareil sujet.
Il s'agit d'une Enigme fur l'Or sde la
eompósition de feu mon pere , donnée
fous le nom de la Dame Solitaire ; elle
parut dans la première partie du Mer
cure Galant de Juin de Tannée 1684.
page 2 58. & j'ai vu avec douleur que
M"5 de Bellefond de Vernon l'a fait reparoître
sous son nom dans le Mercure
d'Août 1719-
Que peut-on penser d'un tel larcin ?
Tien n'est plus injuste •, le Public devroit-
il s'attendre à de pareilles Trahi
sons ? pour moi , je crois qu'on en devroir
faire un exemple dans la Répu
blique des Belles - Lettres. Je laisse à
Messieurs les Préûdens de cet Etat à>
pro
JANVIER. i7?o; 9j
prononcer Ic jugement ; je suis cepen
dant persuadé , M M. que vous êtes
trop équitables pour ne pas inférer ma
plainte dans votre Mercure , afin que
s'il est possible , on ne tombe plus dans
cet inconvénient1.
H sembloit que l'explication de M11'
Dorvillicrs fur les Enigmes de M.
J. B. D. de Versailles auroit dû arrêter
le couís de ces pilleries j & je vois avec
tout le regret possible que Mlle de Bellefond
& Mlle de Bellefosse , toutes deux
Je la même patrie , n'ont point craijic
lés justes reproches qu'on leur a faics.
Je fuis 6cc.
vier 1750. par Madame L. T. D'.
sujet des Enigmes pillées.
COmrae chacun est en droit de re
clamer son bien , & que la Lettre
de Verdun insérée dans votre dernier
Mercure , au sujet de PEnigme des Basy
pille'e par Ml,e de Eellefond de Vcrnon,.
m'autorise à demander un fonds de pa
trimoine. J'ai crû , Messieurs devoir
aussi vous écrire fur un pareil sujet.
Il s'agit d'une Enigme fur l'Or sde la
eompósition de feu mon pere , donnée
fous le nom de la Dame Solitaire ; elle
parut dans la première partie du Mer
cure Galant de Juin de Tannée 1684.
page 2 58. & j'ai vu avec douleur que
M"5 de Bellefond de Vernon l'a fait reparoître
sous son nom dans le Mercure
d'Août 1719-
Que peut-on penser d'un tel larcin ?
Tien n'est plus injuste •, le Public devroit-
il s'attendre à de pareilles Trahi
sons ? pour moi , je crois qu'on en devroir
faire un exemple dans la Répu
blique des Belles - Lettres. Je laisse à
Messieurs les Préûdens de cet Etat à>
pro
JANVIER. i7?o; 9j
prononcer Ic jugement ; je suis cepen
dant persuadé , M M. que vous êtes
trop équitables pour ne pas inférer ma
plainte dans votre Mercure , afin que
s'il est possible , on ne tombe plus dans
cet inconvénient1.
H sembloit que l'explication de M11'
Dorvillicrs fur les Enigmes de M.
J. B. D. de Versailles auroit dû arrêter
le couís de ces pilleries j & je vois avec
tout le regret possible que Mlle de Bellefond
& Mlle de Bellefosse , toutes deux
Je la même patrie , n'ont point craijic
lés justes reproches qu'on leur a faics.
Je fuis 6cc.
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Résumé : LETTRE écrite d'Orleans le 15. Janvier 1730. par Madame L. T. D. au sujet des Enigmes pillées.
Madame L. T. D' écrit une lettre à Orléans le 5 janvier 1750 pour réclamer la propriété d'une énigme. Elle se réfère à une lettre de Verdun publiée dans le dernier Mercure, qui autorise à demander un fonds de patrimoine. L'auteur mentionne une énigme intitulée 'la Dame Solitaire', composée par son père et parue dans le Mercure Galant de juin 1684. Elle déplore que Mlle de Bellefond de Vernon l'ait republiée sous son nom dans le Mercure d'août 1719, qualifiant ce comportement de larcin et d'injustice. Elle appelle à un exemple dans la République des Belles-Lettres pour éviter de tels inconvénients à l'avenir. L'auteur regrette également que Mlle de Bellefond et Mlle de Bellefosse, originaires de la même patrie, n'aient pas tenu compte des reproches justes qui leur ont été faits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4243
p. 93
Explications du Logogryphe, &c. [titre d'après la table]
Début :
On a dû expliquer le mot de l'Enigme du premier Volume de Decembre [...]
Mots clefs :
Louis, Puce, Paris, Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explications du Logogryphe, &c. [titre d'après la table]
Ón a dû expliquer le mot de l'Enigme
du premier Volume de Décembre
par l' Enigme même , & celui du Logogryphe
par Éom's , pris en! trois maniè
res S-. Louis , Louis Roi de France ,
& Louis d'or -, en ôtant les deux let
tres d'après la première reste Lis ; là
Fleur de Lis forme les Armes du Roi'&
ía marque des Louis d'or &c. La. Puce
est le vrai mot de l'Enigme du second
Volume , & Paris , celui du Logogtyphe.
du premier Volume de Décembre
par l' Enigme même , & celui du Logogryphe
par Éom's , pris en! trois maniè
res S-. Louis , Louis Roi de France ,
& Louis d'or -, en ôtant les deux let
tres d'après la première reste Lis ; là
Fleur de Lis forme les Armes du Roi'&
ía marque des Louis d'or &c. La. Puce
est le vrai mot de l'Enigme du second
Volume , & Paris , celui du Logogtyphe.
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4244
p. 98
Addition au Traité d'Accompagnement & de Compostion, &c. [titre d'après la table]
Début :
ADDITION au Traité d'accompagnement & de composition par la Regle de [...]
Mots clefs :
Musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Addition au Traité d'Accompagnement & de Compostion, &c. [titre d'après la table]
Addition au'Traité d'accompagne
ment & de composition par la Règle de
l'Octave , où est compris particulièrement:
le secret de l'accompagnement du Theor--
be , de la- Guitarre & du Luth , avec la'
manière de transposer instrumentalement:
& de solfier facilement la Musique vo
cale , sans l'usage de la Gamme. Par le
Sieur Campion , Professeur Maître de
Theorbe & de Guitarre , de P Académies
Royale de Musique. Oteuvec VJí-A Pa
rti , chez, l' Auteur', Rué des Ëtjf X
Mantman*e. A U Port- de POpera , che^
Boivin &c, 173 0^ broch. in - 4,. do'
plus de 60. pages.-
, Plusieurs approbations- de divers Marâ
tres de Musiques très habiles , qu'on
Ctouve à la fin de cet Ouvrage , ne lais
sent aucun lieu de douter qu'il ne soit
fort utile.
ment & de composition par la Règle de
l'Octave , où est compris particulièrement:
le secret de l'accompagnement du Theor--
be , de la- Guitarre & du Luth , avec la'
manière de transposer instrumentalement:
& de solfier facilement la Musique vo
cale , sans l'usage de la Gamme. Par le
Sieur Campion , Professeur Maître de
Theorbe & de Guitarre , de P Académies
Royale de Musique. Oteuvec VJí-A Pa
rti , chez, l' Auteur', Rué des Ëtjf X
Mantman*e. A U Port- de POpera , che^
Boivin &c, 173 0^ broch. in - 4,. do'
plus de 60. pages.-
, Plusieurs approbations- de divers Marâ
tres de Musiques très habiles , qu'on
Ctouve à la fin de cet Ouvrage , ne lais
sent aucun lieu de douter qu'il ne soit
fort utile.
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Résumé : Addition au Traité d'Accompagnement & de Compostion, &c. [titre d'après la table]
Le document de 1730, publié à Paris, est une addition au traité d'accompagnement par la règle de l'octave. L'auteur, le Sieur Campion, y révèle les secrets de l'accompagnement du théorbe, de la guitare et du luth. Il explique aussi la transposition instrumentale et le solfège vocal sans gamme. L'ouvrage, approuvé par des maîtres de musique, compte plus de 60 pages.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4245
p. 98
« ELECTRE, Tragédie de M. de Longepierre. A Paris, chez la Veuve Pissot, [...] »
Début :
ELECTRE, Tragédie de M. de Longepierre. A Paris, chez la Veuve Pissot, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ELECTRE, Tragédie de M. de Longepierre. A Paris, chez la Veuve Pissot, [...] »
Electre , Tragédie de M. de Longe*
pierre. A Pari&, chez. U Veuve Pissot ,
Quay de Conti i7jo.in-12.de 84.'
pages.
Cette Piecc pasoic- imprimée pour I»
première fois-.
pierre. A Pari&, chez. U Veuve Pissot ,
Quay de Conti i7jo.in-12.de 84.'
pages.
Cette Piecc pasoic- imprimée pour I»
première fois-.
Fermer
4246
p. 98-99
« TABLEAU DU MONDE ANCIEN ET MODERNE, divisé en trois parties [...] »
Début :
TABLEAU DU MONDE ANCIEN ET MODERNE, divisé en trois parties [...]
Mots clefs :
Monde ancien, Monde moderne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « TABLEAU DU MONDE ANCIEN ET MODERNE, divisé en trois parties [...] »
Tablh^u du Monde Ancie»
*t Moderne , divisé en trois par
ties, La première contient U division*
da
JANVIER. i7j<s; 5,5,
iáu monde en sept Ages , les Epoque»
les plus célèbres depuis Adam jusqu'à
présent , le partage de la Tcire entre lesenfans
de Noe , rétablissement & la dé
cadence des quatre Monarchies & de»
anciennes Républiques , & comment de • ■>
la derniere des quatre Monarchies , qui
est: celle des Romains, se sont formé»
presque rous les Etats qui subsistent au
jourd'hui. La; seconde est une courte"
description des quatre Parties du Mon
de , contenant ce qu'elles produisent'
pour l'utilité des hommes , les moeurs,
là Religion & la Langue de toutes les
Nations: La troisième enfin est un Re
cueil de toutes sortes de Remarques cu
rieuses , parmi lesquelles on trouvera
Porigine des Arts & des Sciences. Par
W. Noblet. Chez. Claude Prudho^.me ,
tu sixième V illier de la Grand* Salle dit
Palais. 1730. in- 1 2.
*t Moderne , divisé en trois par
ties, La première contient U division*
da
JANVIER. i7j<s; 5,5,
iáu monde en sept Ages , les Epoque»
les plus célèbres depuis Adam jusqu'à
présent , le partage de la Tcire entre lesenfans
de Noe , rétablissement & la dé
cadence des quatre Monarchies & de»
anciennes Républiques , & comment de • ■>
la derniere des quatre Monarchies , qui
est: celle des Romains, se sont formé»
presque rous les Etats qui subsistent au
jourd'hui. La; seconde est une courte"
description des quatre Parties du Mon
de , contenant ce qu'elles produisent'
pour l'utilité des hommes , les moeurs,
là Religion & la Langue de toutes les
Nations: La troisième enfin est un Re
cueil de toutes sortes de Remarques cu
rieuses , parmi lesquelles on trouvera
Porigine des Arts & des Sciences. Par
W. Noblet. Chez. Claude Prudho^.me ,
tu sixième V illier de la Grand* Salle dit
Palais. 1730. in- 1 2.
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Résumé : « TABLEAU DU MONDE ANCIEN ET MODERNE, divisé en trois parties [...] »
Le document « Tableau du Monde Ancien & Moderne » de W. Noblet, publié en 1730, se divise en trois parties. La première explore les quatre monarchies, notamment romaine, influençant les États actuels. La deuxième décrit les produits, mœurs, religions et langues des nations. La troisième compile des remarques sur l'origine des arts et des sciences.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4247
p. 99
Nouvelles Poësies Spirituelles & Morales notées, &c. [titre d'après la table]
Début :
NOUVELLES POESIES SPIRITUELLES ET MORALES ; Noëls sur [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Poësies Spirituelles & Morales notées, &c. [titre d'après la table]
NOUVELLES POESÎÏS S PÌ RI-"
tueli.es et Morales ; Nf'è't fur
les plus beaux Airs de la Musique Fran
çoise & Italienne , avec une Basse con
tinue } Fables sur des petits Airs & des*
Vaudevilles choisis , avec une Basse en
JMusette. Premier Recueil. Rue S. JacfjHetyÇhc*.
Loítift , Vefprez, & DefeffarU
tueli.es et Morales ; Nf'è't fur
les plus beaux Airs de la Musique Fran
çoise & Italienne , avec une Basse con
tinue } Fables sur des petits Airs & des*
Vaudevilles choisis , avec une Basse en
JMusette. Premier Recueil. Rue S. JacfjHetyÇhc*.
Loítift , Vefprez, & DefeffarU
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4248
p. 100-103
« HISTOIRE ANCIENNE DES EGYPTIENS, des Cartaginois, des Assiriens, [...] »
Début :
HISTOIRE ANCIENNE DES EGYPTIENS, des Cartaginois, des Assiriens, [...]
Mots clefs :
Lettre, Projet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRE ANCIENNE DES EGYPTIENS, des Cartaginois, des Assiriens, [...] »
HISTOIRE ANCIENNE DES EGYP
TIENS , des Cartaginois , des Aíîîriens,
des Babiloniens , des Medes & des Per
ses , des Macédoniens , des Grecsi Par
M. Rollin , ancien Recteur de PUniversité
de Paris , Profeíîeur d'Eloquence
au Collège Royal , & Associé à l'Académie
Royale des Inscriptions & Belles-
Lettres. Tome premier , contenant Phiftoire
des Egyptiens & des Cartaginois;
Chez Jacques Etienne , Rué S. Jacques,
a la Vertu. 1730. in 12..
Reflexions Critiques fur lc
Traité de Pusage des différentes saignées*
principalement de celle du pied , en for
me de Lettré , par M. Chevallier , Doc
teur Regent en la Faculté da Médecine
de PUniverlìté de Pàris, 17s o. Chez.
Rollin , p'ère yQuay des Auguftins.'m-vz.
Les Lotx Ecclésiastiques de
ihcANCc dans leur ordre naturel. Par
M. de Heriviurt , Avocat au Parle
ment. Troisième Edition. Rue S. Jacr
ques y chez. D. Mariette»
Lettre de- M. P Abbé de Brossard
Chanoine de Meaux , écrite en forme,
de Difïertarion à M. de Moz , fur f*
aouveiìe Méthode d'c'çrire le Plaiachanc
JANVIER. 1730. roi
éc la Musique. Chez. Christophe Baïlard,-
broché in-4. de yi. pages.
Oeuvres r>i verses de M. l'Abbé'
de S. Pierre , Tome 2. contenant l9*
un projet pour fendre les Sermons plus1
utiles. 20. un projet pour perfectionnes-
Péducation domestique des Princes &c
des Grands Seigneurs. 3°.un projet pour
perfectionne* l'éducation des filles. 4*.
Observations fur le deíïein d'établir un:
Bureau perpétuel pour l'éducation pu
blique dans les Collèges: 50. un projet;
pour rendre ks Spectacles plus utiles àV
t'Etat. 6". un projet pour mieux mettre
en oeuvre le désir de la distinction en
tre pareils. Che^Briaffon , Rué S.
gues , à la Science. 17 jo. ih- 1 2.
II" va paroître chez Cavelier & Huarr,'-
Libraires , Rue' S. Jacques > une Dis
sertation fur- VOpération de la Pierre ,
fitr l'Appareil' latéral t- au la Méthodô
de Frère- Jacques , corrigée de tous sir
devants y. enrichie d'une épreuve faite suc
un enfant de 8. ans , avec beaucoup de.
succès , & d'une Réponse à la Lettre de
M. Morand , Chirurgien , à M. Senac,?
Médecin de S. Germain. Par M. de Cta* '
rengeot Chirurgien Jure de Paris.
iot MERCURE DE FRANCE;
Introduction a la Rethori-
^ue, par le sieur Brulon de Saint Remi^
Professeur des Humanirez au Collège de
Joinville. Se vend chez l'Auteur. A Join~
ville , che^J. Baptiste Monnayer,
in-iz.àe 166. pages.
Conférences Instructives fur
îa Religion Chrétienne , avec une Juive,
par M. Treviseni , Pactice Vénitien , au
paravant Evêque de Cencda, & presenremenc
de Virone , Ouvrage dédié ai»
Pape Benoît XIII. A Rome, chez. An
toine RoJJì , 171Ï. 4. de iGl. pages»
En Italien*
La Vie de BrútCs , premier Coníuí
de Rome. A Madame de G***. A
Taris , chei Prudhomme , au Palais ; la
veuve Piffot , Qjtay de Conty , &c. 17 30.
brochure in- $. de $ p pages»
On apprend à la fin de ce petit Ou
vrage qu'il a été fait à Pòccafion de -la
Tragédie de Brutus, ^que M. de Volíaire
devoir donner c«t hyver au Théatre
François.
Lis Frère» Jumeaux , Nouvelle
Historique tirée de l'Espagnol. A Paris ,
rn'è S. Jacques , chez. f. fr. Jojse , à la
fleur de Lys cCw, 1 7 jp. in- 11. de 3 00.
pages* Cet
JANVIER. i7i9: io$
Cet Ouvrage dédié au Duc de Gesvres,
est de M. de la Valle, Auteur de quelques
autres Livres afTez connus. Celui cy paroît
assez bien écrit, & il y a lieu d'cfperer
que le Public le recevra avec plai
sir. L'Episode du Médecin est singulier
& d'un gout nouveau. Le caractère da
Poète paroît être tiré d'.apres nature.
TIENS , des Cartaginois , des Aíîîriens,
des Babiloniens , des Medes & des Per
ses , des Macédoniens , des Grecsi Par
M. Rollin , ancien Recteur de PUniversité
de Paris , Profeíîeur d'Eloquence
au Collège Royal , & Associé à l'Académie
Royale des Inscriptions & Belles-
Lettres. Tome premier , contenant Phiftoire
des Egyptiens & des Cartaginois;
Chez Jacques Etienne , Rué S. Jacques,
a la Vertu. 1730. in 12..
Reflexions Critiques fur lc
Traité de Pusage des différentes saignées*
principalement de celle du pied , en for
me de Lettré , par M. Chevallier , Doc
teur Regent en la Faculté da Médecine
de PUniverlìté de Pàris, 17s o. Chez.
Rollin , p'ère yQuay des Auguftins.'m-vz.
Les Lotx Ecclésiastiques de
ihcANCc dans leur ordre naturel. Par
M. de Heriviurt , Avocat au Parle
ment. Troisième Edition. Rue S. Jacr
ques y chez. D. Mariette»
Lettre de- M. P Abbé de Brossard
Chanoine de Meaux , écrite en forme,
de Difïertarion à M. de Moz , fur f*
aouveiìe Méthode d'c'çrire le Plaiachanc
JANVIER. 1730. roi
éc la Musique. Chez. Christophe Baïlard,-
broché in-4. de yi. pages.
Oeuvres r>i verses de M. l'Abbé'
de S. Pierre , Tome 2. contenant l9*
un projet pour fendre les Sermons plus1
utiles. 20. un projet pour perfectionnes-
Péducation domestique des Princes &c
des Grands Seigneurs. 3°.un projet pour
perfectionne* l'éducation des filles. 4*.
Observations fur le deíïein d'établir un:
Bureau perpétuel pour l'éducation pu
blique dans les Collèges: 50. un projet;
pour rendre ks Spectacles plus utiles àV
t'Etat. 6". un projet pour mieux mettre
en oeuvre le désir de la distinction en
tre pareils. Che^Briaffon , Rué S.
gues , à la Science. 17 jo. ih- 1 2.
II" va paroître chez Cavelier & Huarr,'-
Libraires , Rue' S. Jacques > une Dis
sertation fur- VOpération de la Pierre ,
fitr l'Appareil' latéral t- au la Méthodô
de Frère- Jacques , corrigée de tous sir
devants y. enrichie d'une épreuve faite suc
un enfant de 8. ans , avec beaucoup de.
succès , & d'une Réponse à la Lettre de
M. Morand , Chirurgien , à M. Senac,?
Médecin de S. Germain. Par M. de Cta* '
rengeot Chirurgien Jure de Paris.
iot MERCURE DE FRANCE;
Introduction a la Rethori-
^ue, par le sieur Brulon de Saint Remi^
Professeur des Humanirez au Collège de
Joinville. Se vend chez l'Auteur. A Join~
ville , che^J. Baptiste Monnayer,
in-iz.àe 166. pages.
Conférences Instructives fur
îa Religion Chrétienne , avec une Juive,
par M. Treviseni , Pactice Vénitien , au
paravant Evêque de Cencda, & presenremenc
de Virone , Ouvrage dédié ai»
Pape Benoît XIII. A Rome, chez. An
toine RoJJì , 171Ï. 4. de iGl. pages»
En Italien*
La Vie de BrútCs , premier Coníuí
de Rome. A Madame de G***. A
Taris , chei Prudhomme , au Palais ; la
veuve Piffot , Qjtay de Conty , &c. 17 30.
brochure in- $. de $ p pages»
On apprend à la fin de ce petit Ou
vrage qu'il a été fait à Pòccafion de -la
Tragédie de Brutus, ^que M. de Volíaire
devoir donner c«t hyver au Théatre
François.
Lis Frère» Jumeaux , Nouvelle
Historique tirée de l'Espagnol. A Paris ,
rn'è S. Jacques , chez. f. fr. Jojse , à la
fleur de Lys cCw, 1 7 jp. in- 11. de 3 00.
pages* Cet
JANVIER. i7i9: io$
Cet Ouvrage dédié au Duc de Gesvres,
est de M. de la Valle, Auteur de quelques
autres Livres afTez connus. Celui cy paroît
assez bien écrit, & il y a lieu d'cfperer
que le Public le recevra avec plai
sir. L'Episode du Médecin est singulier
& d'un gout nouveau. Le caractère da
Poète paroît être tiré d'.apres nature.
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Résumé : « HISTOIRE ANCIENNE DES EGYPTIENS, des Cartaginois, des Assiriens, [...] »
En 1730, plusieurs publications et ouvrages ont été édités. Parmi eux, 'Histoire ancienne des Égyptiens' de M. Rollin, ancien Recteur de l'Université de Paris, explore l'histoire des Égyptiens et des Carthaginois. D'autres œuvres notables incluent des réflexions critiques sur les saignées par M. Chevallier, une lettre de l'Abbé de Brossard sur la méthode d'écrire le plain-chant, et les vers de l'Abbé de Saint-Pierre, contenant divers projets éducatifs et sociaux. Le domaine médical est également représenté par une dissertation sur l'opération de la pierre par M. de Carrengeot. En littérature, 'La Vie de Brutus' et 'Les Frères Jumeaux', une nouvelle historique tirée de l'espagnol par M. de la Valle, sont mentionnées. Ces ouvrages sont disponibles chez divers libraires à Paris et dans d'autres villes.
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4249
p. 103-105
Nouvelle Traduction de Saluste, [titre d'après la table]
Début :
La nouvelle Traduction de Saluste, que nous avons annoncée dans le mois [...]
Mots clefs :
Préface, Auteur, Salluste, Traduction
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Traduction de Saluste, [titre d'après la table]
La nouvelle Traduiïion de S.dnfie ;
que nous avons annoncée dans le moi*'
de Septembre dernier , paroît à présent
en deux volumes in iz. chez Huart l'aîtìé
, près la Fontaine S. Severin , à la*
Justice.
M. l'Abbé Thyvon, qui en est l'Auteur
, s'y est attaché à la mettre à la por
tée des Etudians , à en rendre la lecture
agréable aux- Lecteurs qui ont du gout,
& à contenter la curiosité de ceux qui'
aiment à trouver fous leurs yeux les éclaircissemens
capables de les mettre tout d'un'
coup au fait d'un Evénement, d'une épo
que & d'un personnage dont il s'agir.
íi commence fa Préface par un juge
ment très exact des Ouvrages de son
Auteur. Il propose ensuite & réfute les
critiques qui en ont été faites , & il mar
que le plan & l'ordre de cette Edition.
Cette Préface est suivie de la Vie de
tHistotien. Le Traducteur a jugé à pro
pos
■ìtí4 MERCURE DE FRÀNCÉ.
pos de faire des Remarques proprés si
assbiblir du moins les mauvaises im*-
preísions que la lecture de cette Vie
pourroit Laisser sur les moeurs de Saluste'.
Attentif à faire sentir le vrai sens diì
Texte, M.Thyvon a mis à la tête de l'Hiftoire
de la Conjuration de Carilina , deux
Dissertations. L'une où- il justifie „la
ínaniere dont il explique la première phra
se de la Préface de son Auteur ; & l'autre
fur l'Agriculture & sur la Chasse, oiì H
prouve que ces mots fervilibus officiis i
qui font à la fuite d'agrum colendo , atet
venindo ,■ ne signifie autre chose que les
exercices du corps.
Il y a plusieurs autresDissertatíons répan
dues dans les deux Volumes, quoiqu'elles
n'en ayent pas le titre. Les Remarques
font en grand nombre dans tout le corps
de POuvrage. Elles font remplies de Re
cherches curieuses & intéressantes.
Les morceaux qui se trouvent en entier
dans les fragmens de Saluste méritoient
d'être mis en notre Langue. Les Notions
préliminaires que le Traducteur a mises à
la tête dé chacun de ces morceaux , &c les
Notesdont il les a accompaghées font trèsntiles
pour en faeilker l'intelligence. Elles
peuvent même suffire pourdònner unejuste
idée des principaux evenemens des guer
res civiles fut lesquelles roulent ces seagmejiív
Orv
JANVIER. 1730. lof
On ne pourra gueres se deffendre d'ap
prouver M.Xhyvon,rdans le changement
qu'il a fait de Tordre de? deux Lectres
politiques adressées par son Auteur à Cey.
íar, & dans la correction qu'il a intro
duite dans le Texte , au quatrième Cha
pitre de là première de ces Lettres , quand
on aura lû les raisons qu'il en apporte.
En un mot toute cette Traduction est
d'un style aifé& coulant3&il y règne beau
coup 4,'ordre , de netteté & d'érudition.
Tout POuvrage est en z. volumes inji.
le premier dé' 30,6' pages fans U
Préface qui en contient 3 o. & la Vie de
Saluste de 77. & le deuxième 370. fans
les Fragmens de 1 84. pages.
que nous avons annoncée dans le moi*'
de Septembre dernier , paroît à présent
en deux volumes in iz. chez Huart l'aîtìé
, près la Fontaine S. Severin , à la*
Justice.
M. l'Abbé Thyvon, qui en est l'Auteur
, s'y est attaché à la mettre à la por
tée des Etudians , à en rendre la lecture
agréable aux- Lecteurs qui ont du gout,
& à contenter la curiosité de ceux qui'
aiment à trouver fous leurs yeux les éclaircissemens
capables de les mettre tout d'un'
coup au fait d'un Evénement, d'une épo
que & d'un personnage dont il s'agir.
íi commence fa Préface par un juge
ment très exact des Ouvrages de son
Auteur. Il propose ensuite & réfute les
critiques qui en ont été faites , & il mar
que le plan & l'ordre de cette Edition.
Cette Préface est suivie de la Vie de
tHistotien. Le Traducteur a jugé à pro
pos
■ìtí4 MERCURE DE FRÀNCÉ.
pos de faire des Remarques proprés si
assbiblir du moins les mauvaises im*-
preísions que la lecture de cette Vie
pourroit Laisser sur les moeurs de Saluste'.
Attentif à faire sentir le vrai sens diì
Texte, M.Thyvon a mis à la tête de l'Hiftoire
de la Conjuration de Carilina , deux
Dissertations. L'une où- il justifie „la
ínaniere dont il explique la première phra
se de la Préface de son Auteur ; & l'autre
fur l'Agriculture & sur la Chasse, oiì H
prouve que ces mots fervilibus officiis i
qui font à la fuite d'agrum colendo , atet
venindo ,■ ne signifie autre chose que les
exercices du corps.
Il y a plusieurs autresDissertatíons répan
dues dans les deux Volumes, quoiqu'elles
n'en ayent pas le titre. Les Remarques
font en grand nombre dans tout le corps
de POuvrage. Elles font remplies de Re
cherches curieuses & intéressantes.
Les morceaux qui se trouvent en entier
dans les fragmens de Saluste méritoient
d'être mis en notre Langue. Les Notions
préliminaires que le Traducteur a mises à
la tête dé chacun de ces morceaux , &c les
Notesdont il les a accompaghées font trèsntiles
pour en faeilker l'intelligence. Elles
peuvent même suffire pourdònner unejuste
idée des principaux evenemens des guer
res civiles fut lesquelles roulent ces seagmejiív
Orv
JANVIER. 1730. lof
On ne pourra gueres se deffendre d'ap
prouver M.Xhyvon,rdans le changement
qu'il a fait de Tordre de? deux Lectres
politiques adressées par son Auteur à Cey.
íar, & dans la correction qu'il a intro
duite dans le Texte , au quatrième Cha
pitre de là première de ces Lettres , quand
on aura lû les raisons qu'il en apporte.
En un mot toute cette Traduction est
d'un style aifé& coulant3&il y règne beau
coup 4,'ordre , de netteté & d'érudition.
Tout POuvrage est en z. volumes inji.
le premier dé' 30,6' pages fans U
Préface qui en contient 3 o. & la Vie de
Saluste de 77. & le deuxième 370. fans
les Fragmens de 1 84. pages.
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Résumé : Nouvelle Traduction de Saluste, [titre d'après la table]
La nouvelle traduction des œuvres de Salluste par l'Abbé Thyvon est désormais disponible en deux volumes chez Huart l'aîné. L'objectif est de rendre cette traduction accessible aux étudiants, agréable aux lecteurs avertis et enrichissante pour ceux cherchant des éclaircissements historiques. La préface évalue les œuvres de Salluste, réfute les critiques et explique le plan de l'édition. Elle est suivie de la biographie de Salluste et de remarques pour éviter les mauvaises impressions sur ses mœurs. L'Abbé Thyvon a inclus deux dissertations sur la Conjuration de Catilina, clarifiant des termes spécifiques et justifiant des choix de traduction. Les volumes contiennent des dissertations, des remarques et des notes pour faciliter la compréhension des fragments traduits. La traduction modifie l'ordre de deux lettres politiques adressées à César et corrige un texte au quatrième chapitre de la première lettre. Elle est louée pour son style fluide, son ordre et son érudition. Le premier volume compte 306 pages, incluant une préface de 30 pages et la vie de Salluste sur 77 pages. Le second volume compte 370 pages, incluant les fragments sur 184 pages.
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4250
p. 105-109
Cours des Sciences, sur des principes nouveaux, &c. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît un Projet imprimé d'un Ouvrage des plus singuliers qu'on ait vûs [...]
Mots clefs :
Grammaire, Esprit, Langage, Poésie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Cours des Sciences, sur des principes nouveaux, &c. [titre d'après la table]
li paroît un Projet imprimé d'un Ou?
vrage des plus singuliers qu'on ait vus
dans la Litteratute , il a pour titre , Cours
des Sciences fur des principes nouveaux
& simples ppur former le langage , f esprit
& le coeur dans l' usage ordinaire de la vie,
Volume in-folio de 8. a 900. pages ,4
deux colonnes , caraSlere de jìugufìin.
Par le Pere Buffier , de la Compagnie de
Jésus.
Si la brièveté que demande notre Mer?
cure, permettoit d'en donner ici le projc*
tput au long , ceux qui ont du gout pour
lesScienccs nousen sçaurpient gréjilsprendroient
%oS MERCURE DE FRANCE,
droient plaisir à la clarté & à la précision
avec laquelle sont énoncez les principes
rde chacune des Sciences qui forment ce
Recueil , 8c entre lesquelles on fak appercevoir
une liaison naturelle.
On rnet d'abord la Grammaire Fran
çoise de l' Auteur, laquelle a e'te' si répan
due dans l'Europe , & qui a pour fonde
ment de représenter le langage comme
l'image de nos pensées pour les discerner
.& les arranger. Inexpérience a montré
d'ailleurs combien elle est utile pour fa-
.ciliter l'étude de la Langue Françoise en
(particulier, & pour tourner en gênerai le
istyle à une lieureuse élocution ; c'est ce
qui conduit à deux facuitez qui sont le
plus excellent usage de la Grammaire ,
íçavoir , {'Eloquence &f la Po'éfìe. Comme
la Grammaire enseigne à nous faire bien
bien entendre , l'Eloquence Sc la Poésie
.enseignent à faire une impression sensible
fur l'esprit de ceux à qui nous nous fai
sons entendre. Le Traité de la Grammaire
,est donc suivi de deux autres Traitez, l'un
fur l' Eloquence , l'autre fur la Poésie ; ÔC
Voilà pour ce qui sert à former le- langage.
Ce qui contribue à former l'esprit & l'intelligence
, est amené aussi naturellement:
Que serviroit , dit l'Auteur , d'énoncer
heureusement nos pensées , si elles-mêmes
ae font exactes & justes? c'est pour cela-
<jue
JANVIER, 1729. 107
que dans les Collèges on fait succéder
J'étude de la Logique à celle des Huma
nisez j mais dans les víiës du P. Buffier ,
la Logique e'tant la science des conséquent
.ces , qui tirent leur prix des principes , la
science des principes doit précéder celle
des conséquences. Ainsi il place avant la
Logique l'Ouvrage intitulé , Des premiè
res ventez,, dont nous parlâmes il y .a.
quelques années. Les veritez qui font dé
duites des premières par voye de consé
quence & de raisonnement , font l'objet
propre & spécial de la Logique. On est
étonné d'abord de voir l'Auteur insinuer
que pour règle générale de Logique , il
ne faut qu'avoir simplement & nettement
préfentes à í'efprit & Vidée du principe ,
& Vidée de la conséquence ; néanmoins fa
proposition se vérifie par les exemples
qu'il apporte. Qu'on ait , dit- il , présents
à I'efprit l'idée d'une Horloge & l'idée
d'un Moulin , il est impossible de conclure
qu'une Horloge est un Moulin. Nouvel
exemple ; un homme craint de vous toucher
far la raison , dit 'il t qu'il vous cajferoiti
vous croyez qu'il raisonne en fou , vous
vous trompez 5 c'est qu'il vous' croît de
verre : la conséquence est juste , il n'y a
de fou que le principe. On ajoûte deux
autres Ouvrages , l'un intitulé Elemens
4e Mét4fhyjì^ue k. la portée de tout le
monde
tf eS MERCURE DE FR ANGE;
monde ; l'autre Examen des préjugez, vttl^
gaires ; ils font destinez à rendre plus fa-
.eíle l'accès des deux fciènces précédentes,
£c ils font traitez en Dialogue avec pré
cision , mais d'un style égayé ; pour faite
sentir que des connoifiances cjui sem
blent difficiles en elles-mêmes , feroient
faciles à guérir fi on les expofoit d'une
manière aisée & familière. Ces quatre
fortes d'Ouvrages font four former l'efprit
.en lui donnant de la justesse §c de lasor
lidité.
Enfin après avoir formé le langage &
l'efprit , il est plus important encore de
former le coeur par la science de la Mo
rale & par celle de la Religion. Ce font
les derniers Traitez de ce Recueil. La Mo
rale est indiquée sous un jour qúi en doit
exciter le gout , puisque dans le Plan de
f" Auteur elle ne tend qu'à nous rendre
.heureux en procurant le bonheur des au
tres. Le Traité intitulé De la Société Ci'
vile , sert d'introduction à un Traité in
titulé, Analyse des preuves les plus plau
sibles de la Religion , ce que i'Auteur ré%
áuit à trois propositions simples & très?-
intelligibles , pour montrer que rien n'est
plus raisonnable que d'embrasser la Foi
Chrétienne , qui feule peut donner £
í'homme toute sa perfection pour le pré
sent & pour 1'av.erar. - , .
ÇC5
.^JANVIER. 173(3. T6f
Ces divers Traitez s'imprimeront cette
anne'e dans un même volume in-folio ,
afin qu'étant liez par des principes nou
veaux & simples , ils faííent un corps com
plet dont les parties ne se puissent disperser.
On i avertit à la fin que ceux qui retien
dront les premiers des Exemplaires de
cette Edition , auront le choix des mieux
imprimez , avec diminution du prix. O»
a sçCi depuis que V In-folio fera de 1 8. li
vres , & qu'on rabattra le tiers à ceux des
amis qui veulent bien d'avance aider aux
frais de ['impression.
vrage des plus singuliers qu'on ait vus
dans la Litteratute , il a pour titre , Cours
des Sciences fur des principes nouveaux
& simples ppur former le langage , f esprit
& le coeur dans l' usage ordinaire de la vie,
Volume in-folio de 8. a 900. pages ,4
deux colonnes , caraSlere de jìugufìin.
Par le Pere Buffier , de la Compagnie de
Jésus.
Si la brièveté que demande notre Mer?
cure, permettoit d'en donner ici le projc*
tput au long , ceux qui ont du gout pour
lesScienccs nousen sçaurpient gréjilsprendroient
%oS MERCURE DE FRANCE,
droient plaisir à la clarté & à la précision
avec laquelle sont énoncez les principes
rde chacune des Sciences qui forment ce
Recueil , 8c entre lesquelles on fak appercevoir
une liaison naturelle.
On rnet d'abord la Grammaire Fran
çoise de l' Auteur, laquelle a e'te' si répan
due dans l'Europe , & qui a pour fonde
ment de représenter le langage comme
l'image de nos pensées pour les discerner
.& les arranger. Inexpérience a montré
d'ailleurs combien elle est utile pour fa-
.ciliter l'étude de la Langue Françoise en
(particulier, & pour tourner en gênerai le
istyle à une lieureuse élocution ; c'est ce
qui conduit à deux facuitez qui sont le
plus excellent usage de la Grammaire ,
íçavoir , {'Eloquence &f la Po'éfìe. Comme
la Grammaire enseigne à nous faire bien
bien entendre , l'Eloquence Sc la Poésie
.enseignent à faire une impression sensible
fur l'esprit de ceux à qui nous nous fai
sons entendre. Le Traité de la Grammaire
,est donc suivi de deux autres Traitez, l'un
fur l' Eloquence , l'autre fur la Poésie ; ÔC
Voilà pour ce qui sert à former le- langage.
Ce qui contribue à former l'esprit & l'intelligence
, est amené aussi naturellement:
Que serviroit , dit l'Auteur , d'énoncer
heureusement nos pensées , si elles-mêmes
ae font exactes & justes? c'est pour cela-
<jue
JANVIER, 1729. 107
que dans les Collèges on fait succéder
J'étude de la Logique à celle des Huma
nisez j mais dans les víiës du P. Buffier ,
la Logique e'tant la science des conséquent
.ces , qui tirent leur prix des principes , la
science des principes doit précéder celle
des conséquences. Ainsi il place avant la
Logique l'Ouvrage intitulé , Des premiè
res ventez,, dont nous parlâmes il y .a.
quelques années. Les veritez qui font dé
duites des premières par voye de consé
quence & de raisonnement , font l'objet
propre & spécial de la Logique. On est
étonné d'abord de voir l'Auteur insinuer
que pour règle générale de Logique , il
ne faut qu'avoir simplement & nettement
préfentes à í'efprit & Vidée du principe ,
& Vidée de la conséquence ; néanmoins fa
proposition se vérifie par les exemples
qu'il apporte. Qu'on ait , dit- il , présents
à I'efprit l'idée d'une Horloge & l'idée
d'un Moulin , il est impossible de conclure
qu'une Horloge est un Moulin. Nouvel
exemple ; un homme craint de vous toucher
far la raison , dit 'il t qu'il vous cajferoiti
vous croyez qu'il raisonne en fou , vous
vous trompez 5 c'est qu'il vous' croît de
verre : la conséquence est juste , il n'y a
de fou que le principe. On ajoûte deux
autres Ouvrages , l'un intitulé Elemens
4e Mét4fhyjì^ue k. la portée de tout le
monde
tf eS MERCURE DE FR ANGE;
monde ; l'autre Examen des préjugez, vttl^
gaires ; ils font destinez à rendre plus fa-
.eíle l'accès des deux fciènces précédentes,
£c ils font traitez en Dialogue avec pré
cision , mais d'un style égayé ; pour faite
sentir que des connoifiances cjui sem
blent difficiles en elles-mêmes , feroient
faciles à guérir fi on les expofoit d'une
manière aisée & familière. Ces quatre
fortes d'Ouvrages font four former l'efprit
.en lui donnant de la justesse §c de lasor
lidité.
Enfin après avoir formé le langage &
l'efprit , il est plus important encore de
former le coeur par la science de la Mo
rale & par celle de la Religion. Ce font
les derniers Traitez de ce Recueil. La Mo
rale est indiquée sous un jour qúi en doit
exciter le gout , puisque dans le Plan de
f" Auteur elle ne tend qu'à nous rendre
.heureux en procurant le bonheur des au
tres. Le Traité intitulé De la Société Ci'
vile , sert d'introduction à un Traité in
titulé, Analyse des preuves les plus plau
sibles de la Religion , ce que i'Auteur ré%
áuit à trois propositions simples & très?-
intelligibles , pour montrer que rien n'est
plus raisonnable que d'embrasser la Foi
Chrétienne , qui feule peut donner £
í'homme toute sa perfection pour le pré
sent & pour 1'av.erar. - , .
ÇC5
.^JANVIER. 173(3. T6f
Ces divers Traitez s'imprimeront cette
anne'e dans un même volume in-folio ,
afin qu'étant liez par des principes nou
veaux & simples , ils faííent un corps com
plet dont les parties ne se puissent disperser.
On i avertit à la fin que ceux qui retien
dront les premiers des Exemplaires de
cette Edition , auront le choix des mieux
imprimez , avec diminution du prix. O»
a sçCi depuis que V In-folio fera de 1 8. li
vres , & qu'on rabattra le tiers à ceux des
amis qui veulent bien d'avance aider aux
frais de ['impression.
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Résumé : Cours des Sciences, sur des principes nouveaux, &c. [titre d'après la table]
Le texte présente un projet d'ouvrage intitulé 'Cours des Sciences sur des principes nouveaux & simples pour former le langage, l'esprit & le cœur dans l'usage ordinaire de la vie', rédigé par le Père Buffier de la Compagnie de Jésus. Cet ouvrage, d'un volume in-folio de 8 à 900 pages organisé en deux colonnes, vise à offrir une approche claire et précise des sciences en mettant en évidence les liaisons naturelles entre elles. L'ouvrage commence par une grammaire française, déjà répandue en Europe, qui considère le langage comme l'image des pensées. Cette grammaire facilite l'étude de la langue et conduit à l'éloquence et à la poésie, qui enseignent à faire une impression sensible sur l'esprit des auditeurs. Le traité de grammaire est suivi de deux autres traités, l'un sur l'éloquence et l'autre sur la poésie. Pour former l'esprit et l'intelligence, l'auteur propose d'abord l'étude des principes avant celle des conséquences, inversant ainsi l'ordre traditionnel des collèges. Il place donc avant la logique un ouvrage intitulé 'Des premières vérités'. La logique, science des conséquences, est précédée par la science des principes. L'auteur illustre ses propos par des exemples simples et concrets. Deux autres ouvrages, 'Éléments de Métaphysique' et 'Examen des préjugés vulgaires', sont destinés à rendre l'accès aux sciences précédentes plus facile. Ils sont présentés sous forme de dialogues précis mais dans un style agréable. Enfin, pour former le cœur, l'ouvrage inclut des traités sur la morale et la religion. La morale est présentée comme un moyen de rendre heureux en procurant le bonheur des autres. Le traité 'De la Société Civile' introduit un autre traité intitulé 'Analyse des preuves les plus plausibles de la Religion', qui montre la rationalité d'embrasser la foi chrétienne pour atteindre la perfection humaine. Tous ces traités seront imprimés dans un même volume in-folio pour former un corps complet et cohérent. Les premiers exemplaires seront disponibles avec une réduction de prix pour ceux qui aident aux frais d'impression.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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