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301
p. 1415-1417
RÉPONSE de M. Cicognini.
Début :
Vous m'ordonnez, Monsieur, de vous donner quelques éclaircissemens sur la probité de [...]
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de M. Cicognini.
RÉPONSE de M. Cicognini.
Monsieur , pour lequel je conserve tant d'estime.
II. Vol.
s
Vous m'ordonnez, Monsieur, de vous donner
quelques éclaircissemens sur la probité de
M. Belloste , Auteur du Livre intitulé Suite du
..
Chirurgien d'Hôpital , et de la vérité des faits
dans lesquelsje suis cité comme témoin. Il n'est rien
de plus équitable que de rendre justice à la vérité et
de complaire en même- temps à un ami comme vous,
Monsieur , pour lequel je conserve tant d'estime.
II. Vol.
s
Vous m'ordonnez, Monsieur, de vous donner
quelques éclaircissemens sur la probité de
M. Belloste , Auteur du Livre intitulé Suite du
..
Chirurgien d'Hôpital , et de la vérité des faits
dans lesquelsje suis cité comme témoin. Il n'est rien
de plus équitable que de rendre justice à la vérité et
de complaire en même- temps à un ami comme vous,
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302
p. 1430-1432
ALLEMAGNE.
Début :
On a apris de Vienne que le depart du Duc de Loraine pour l'Armée, étoit fixé au 12. de [...]
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
On a apris de Vienne que le depart du Duc
de Loraine pour l'Armée, étoit fixé au 12. de
ec mois , et que l'Empereur lui a assigné 500000.
II. Vol
Florins
1
JUIN.
1737.
1431
Florins pour les dépenses qu'il sera obligé de
faire pendant la Campagne.
1
L'Empereur a établi a Inspruck une Tonti-
ne , dont le Capital montera à deux millions de
Florins , et dont la Chambre du Commerce dur
Tirol aura la direction . Cette Tontine sera dis-
tribuée en quatre Classes, dans chacune desquel-
les il y aura mille actions , et chaque action sera
de foo. Florins. La premiere Classe doit être
composée d'Actionnaires au dessous de vingt-
cinq ans , qui retireront sept pour cent d'inte
rê ; la seconde de personnes depuis vingt- cinq
ans jusqu'à quarante , auxquelles ont donnera
un pour cent d'interêr ; de plus
la troisiéme
de personnes depuis quarante ans jusqu'à cin-
quante-einq, qui auront neuf pour cent ; et la
quatrième , d'interessés au dessus de cinquante-
cinq ans , qui jouiront du denier dix.
A mesure qu'il mourra des Actionnaires , la
moitié des revenus de leurs actions sera repartie
entre les survivans. Les Etrangers pouront s'in-
teresser dans cette Tontine , et S. M. I. leur
promet que leurs Dividens
seront exempts
dé toute diminution ou imposition , et qu'ils ne
seront saisis sous aucun pretexte , pas même en
cas de Guerre avec les Nations dont seront les
Actionnaires.
Le 18. de ce mois , il arriva à Dresde de Mit-
tau , un Seigneur Curlandois que les Etats du
Duché de Curlande , ont depêché au Roy Au-
guste de Pologne , pour lui donner avis que s'é-
tant assemblés le
2. afin de proceder à l'Elec-
tion d'un nouveau Duc , ils avoient élû pour
Souverain le Comte de Biron , grand Chain-
bellan de la Czarine.
On aprend de Toplitz que le Roy Auguste et
la Reine son Epouse y étoient arrivés au com-
11 Vol.
H v
mencement
1432 MERCURE DE FRANCE
mencement de ce mois , pour y prendre les Eaux
Minerales d'Eger ; que le ro. la Bourgeoisie tira
à l'Oiseau en presence de S. M. qui fit l'honneur
aux Habitans de tirer avec eux , et qui remporta
le prix.
On écrit de Berlin que le 3. de ce mois ,
le
Roy de Prusse , dont la santé est entierement
retablie , fit la revûë generale des Troupes qu'il
avoit fait venir dans les environs de cette Ville.
Ces Troupes qui consistoient en quatorze Ba-
taillons , demeurerent sous les Armes pendant
quatorze heures. Quoique le Prince Royal eût
eu la veille un accès de Fiévre , il ne laissa pas
d'assister à cette revûë , et malgré la chaleur ex-
cessive il fut toujours à la tête de son Regiment,
mais aussitôt après la revûë il fut obligé de se
mettre au lit.
On a apris de Vienne que le depart du Duc
de Loraine pour l'Armée, étoit fixé au 12. de
ec mois , et que l'Empereur lui a assigné 500000.
II. Vol
Florins
1
JUIN.
1737.
1431
Florins pour les dépenses qu'il sera obligé de
faire pendant la Campagne.
1
L'Empereur a établi a Inspruck une Tonti-
ne , dont le Capital montera à deux millions de
Florins , et dont la Chambre du Commerce dur
Tirol aura la direction . Cette Tontine sera dis-
tribuée en quatre Classes, dans chacune desquel-
les il y aura mille actions , et chaque action sera
de foo. Florins. La premiere Classe doit être
composée d'Actionnaires au dessous de vingt-
cinq ans , qui retireront sept pour cent d'inte
rê ; la seconde de personnes depuis vingt- cinq
ans jusqu'à quarante , auxquelles ont donnera
un pour cent d'interêr ; de plus
la troisiéme
de personnes depuis quarante ans jusqu'à cin-
quante-einq, qui auront neuf pour cent ; et la
quatrième , d'interessés au dessus de cinquante-
cinq ans , qui jouiront du denier dix.
A mesure qu'il mourra des Actionnaires , la
moitié des revenus de leurs actions sera repartie
entre les survivans. Les Etrangers pouront s'in-
teresser dans cette Tontine , et S. M. I. leur
promet que leurs Dividens
seront exempts
dé toute diminution ou imposition , et qu'ils ne
seront saisis sous aucun pretexte , pas même en
cas de Guerre avec les Nations dont seront les
Actionnaires.
Le 18. de ce mois , il arriva à Dresde de Mit-
tau , un Seigneur Curlandois que les Etats du
Duché de Curlande , ont depêché au Roy Au-
guste de Pologne , pour lui donner avis que s'é-
tant assemblés le
2. afin de proceder à l'Elec-
tion d'un nouveau Duc , ils avoient élû pour
Souverain le Comte de Biron , grand Chain-
bellan de la Czarine.
On aprend de Toplitz que le Roy Auguste et
la Reine son Epouse y étoient arrivés au com-
11 Vol.
H v
mencement
1432 MERCURE DE FRANCE
mencement de ce mois , pour y prendre les Eaux
Minerales d'Eger ; que le ro. la Bourgeoisie tira
à l'Oiseau en presence de S. M. qui fit l'honneur
aux Habitans de tirer avec eux , et qui remporta
le prix.
On écrit de Berlin que le 3. de ce mois ,
le
Roy de Prusse , dont la santé est entierement
retablie , fit la revûë generale des Troupes qu'il
avoit fait venir dans les environs de cette Ville.
Ces Troupes qui consistoient en quatorze Ba-
taillons , demeurerent sous les Armes pendant
quatorze heures. Quoique le Prince Royal eût
eu la veille un accès de Fiévre , il ne laissa pas
d'assister à cette revûë , et malgré la chaleur ex-
cessive il fut toujours à la tête de son Regiment,
mais aussitôt après la revûë il fut obligé de se
mettre au lit.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En juin 1737, plusieurs événements marquants sont signalés. Le duc de Lorraine part pour l'armée le 12 juin avec une allocation de 500 000 florins. L'empereur crée une tontine à Innsbruck, dotée de deux millions de florins, gérée par la Chambre du Commerce du Tyrol. Cette tontine est divisée en quatre classes d'actions de 100 florins chacune, avec des taux d'intérêt variables selon l'âge des actionnaires : 7% pour les moins de 25 ans, 6% pour ceux âgés de 25 à 40 ans, 9% pour ceux de 40 à 55 ans, et le denier dix pour les plus de 55 ans. Les revenus des actions des décédés sont redistribués aux survivants. Les étrangers peuvent investir sans imposition sur leurs dividendes, même en temps de guerre. À Dresde, un seigneur curlandais informe le roi Auguste de Pologne de l'élection du comte de Biron comme nouveau duc de Curlande. À Toplitz, le roi Auguste et la reine prennent les eaux minérales d'Eger et participent à une compétition de tir à l'oiseau, remportée par le roi. À Berlin, le roi de Prusse, rétabli de sa maladie, passe en revue ses troupes le 3 juin. Le prince royal, malgré un accès de fièvre la veille, assiste à la revue mais doit se reposer ensuite en raison de la chaleur.
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303
p. 1440-1444
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le Roy a donné au Prince de Nassau, l'agrément du Régiment de la [...]
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le Roy a donné au Prince de Nassau, l'agrément du Régiment de la
Marine , dont le Marquis de Mirepoix
étoit Colonel.
Le
1
t
JUIN.
1737.
1441
Le 4 de ce mois Madame la jeune Du-
chesse de Bourbon ,dont la santé se retablit
tous les jours , et qui aime beaucoup les
belles Fleurs , alla se promener dans le
Jardin du sieur le Fevre , qu'elle trouva
encore plus fleuri , qu'elle ne l'avoit es-
peré , la Saison étant déja bien avancée
pour les Fleurs du Printemps , dont l'ar-
deur du Soleil avoit précipité la durée
dans presque tous les Jardins feuristes
de Paris. S. A. S. s'y promena agréable
ment , s'y reposa et en sortit satisfaite
d'un Bouquet des plus belles Fleurs que
le sieur le Fevre eut l'honneur de lui
présenter.
On trouve chés ledit sieur le Fevre
toutes sortes de Graines Médicinales
D
Potageres et de Fleurs ; des Oignons ,
des Plantes et des Semences de toutes les
especes , pour l'ornement des Jardins.
Son Jardin est Ruë de Vaugirard at-
tenant le mur du Luxembourget le Cer
ceau d'or , Fauxbourg S. Germain ; mais
sa demeure principale , et plus conmo-
de pour le Public , est au milieu du Quay
de la Mégisserie , à l'Enseigne du Coq
de la bonne Foy. On lit sur son Plafond
cette dévise. Sanat , nutrit, et ornat.
Le 16. les Députés des Etats d'Artois.
curent audience du Roy : ils y furent
11. Vol.
presentés
7442 MERCURE DE FRANCE
présentés par le Duc d'Elbeuf, Gouver-
neur de la Province , et par M. d'Anger
villiers , Ministre et Secretaire d'Etat,
et conduits en la maniere accoûtumée
par le Grand Maître et par le Maître des
Ceremonies. La députation étoit com-
posée de l'Abbé de la Grange , Grand-
Vicaire du Diocèse d'Arras pour le Cler-
gé , qui porta la parole ; du Comte de
la Bussiere pour la Noblesse , et de M.
Ansar , Conseiller et Pensionnaire de la
Ville d'Arras , Deputé du Tiers- Etat.
Le 18. Juin , les Maîtres de Musique
et Musiciens de Paris , firent celebrer
dans l'Eglise des grands Augustins une
Messe solemnelle à plusieurs Choeurs da
Musique ,, pour le repos des Ames da
leurs défunts Confreres.
Le 26. de ce mois , le Roy accompa-
gné de Monseigneur le Dauphin , fit
dans la cour du Château de Versailles la
revûë des deux Compagnies des Mous-
quetaires de la Garde de S. M. Le Roy
passa dans les rangs , et après qu'ils eu-
rent fait l'exercice , S. M. les vit défiler.
La Reine et Mesdames de France virens
cette revûë du Balcon de l'Apartement
du Comte de Clermont.
II. Vol.
Le
JUIN.
1737-
1443
Le 20. Juin, Fête du Saint Sacrement
le Roy et la Reine entendirent les Vê-
pres dans la Chapelle du Château de Ver
sailles , et Leurs Majestés assisterent au
Salut qui fut chanté par la Musique.
Le 27. jour de l'Octave , le Roy ac .
co mpagné du Duc d'Orleans , du Comte
de Clermont , du Prince de Dombes et
du Comte d'Eu , se rendit à l'Eglise de
la Paroisse du Château , et S. M. y en-
tendit la Grand'Messe , après avoir assis
té à la Procession .
Pendant l'Octave , le Roy a assisté
tous les jours au Salut, Le 25. et le 26. la
Reine l'a entendu dans la Chapelle, Le
22. Monseigneur le Dauphin assista aų
Salut dans l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau , et Mesdames de France y assiste-
rent dans l'Eglise de la Paroisse de Saint
Louis.
Le 30. de ce mois , Monseigneur le
Dauphin vint de Versailles à Paris se
promener au Cours et dans dans le Jar
din des Thuilleries.
Le Duc d'Ancenis , Capitaine des
Gardes du Corps en survivance du Duc
de Bethune son Pere , a été nommé par
le Roy , Mestre de Camp du Regiment
II. Vol.
de
#444 MERCURE DE FRANCE
de Cavalerie, dont le Duc de Chevreuse,
Mestre de Camp général de Dragons , a
été Mestre de Camp.
Le Roy a donné au Prince de Nassau, l'agrément du Régiment de la
Marine , dont le Marquis de Mirepoix
étoit Colonel.
Le
1
t
JUIN.
1737.
1441
Le 4 de ce mois Madame la jeune Du-
chesse de Bourbon ,dont la santé se retablit
tous les jours , et qui aime beaucoup les
belles Fleurs , alla se promener dans le
Jardin du sieur le Fevre , qu'elle trouva
encore plus fleuri , qu'elle ne l'avoit es-
peré , la Saison étant déja bien avancée
pour les Fleurs du Printemps , dont l'ar-
deur du Soleil avoit précipité la durée
dans presque tous les Jardins feuristes
de Paris. S. A. S. s'y promena agréable
ment , s'y reposa et en sortit satisfaite
d'un Bouquet des plus belles Fleurs que
le sieur le Fevre eut l'honneur de lui
présenter.
On trouve chés ledit sieur le Fevre
toutes sortes de Graines Médicinales
D
Potageres et de Fleurs ; des Oignons ,
des Plantes et des Semences de toutes les
especes , pour l'ornement des Jardins.
Son Jardin est Ruë de Vaugirard at-
tenant le mur du Luxembourget le Cer
ceau d'or , Fauxbourg S. Germain ; mais
sa demeure principale , et plus conmo-
de pour le Public , est au milieu du Quay
de la Mégisserie , à l'Enseigne du Coq
de la bonne Foy. On lit sur son Plafond
cette dévise. Sanat , nutrit, et ornat.
Le 16. les Députés des Etats d'Artois.
curent audience du Roy : ils y furent
11. Vol.
presentés
7442 MERCURE DE FRANCE
présentés par le Duc d'Elbeuf, Gouver-
neur de la Province , et par M. d'Anger
villiers , Ministre et Secretaire d'Etat,
et conduits en la maniere accoûtumée
par le Grand Maître et par le Maître des
Ceremonies. La députation étoit com-
posée de l'Abbé de la Grange , Grand-
Vicaire du Diocèse d'Arras pour le Cler-
gé , qui porta la parole ; du Comte de
la Bussiere pour la Noblesse , et de M.
Ansar , Conseiller et Pensionnaire de la
Ville d'Arras , Deputé du Tiers- Etat.
Le 18. Juin , les Maîtres de Musique
et Musiciens de Paris , firent celebrer
dans l'Eglise des grands Augustins une
Messe solemnelle à plusieurs Choeurs da
Musique ,, pour le repos des Ames da
leurs défunts Confreres.
Le 26. de ce mois , le Roy accompa-
gné de Monseigneur le Dauphin , fit
dans la cour du Château de Versailles la
revûë des deux Compagnies des Mous-
quetaires de la Garde de S. M. Le Roy
passa dans les rangs , et après qu'ils eu-
rent fait l'exercice , S. M. les vit défiler.
La Reine et Mesdames de France virens
cette revûë du Balcon de l'Apartement
du Comte de Clermont.
II. Vol.
Le
JUIN.
1737-
1443
Le 20. Juin, Fête du Saint Sacrement
le Roy et la Reine entendirent les Vê-
pres dans la Chapelle du Château de Ver
sailles , et Leurs Majestés assisterent au
Salut qui fut chanté par la Musique.
Le 27. jour de l'Octave , le Roy ac .
co mpagné du Duc d'Orleans , du Comte
de Clermont , du Prince de Dombes et
du Comte d'Eu , se rendit à l'Eglise de
la Paroisse du Château , et S. M. y en-
tendit la Grand'Messe , après avoir assis
té à la Procession .
Pendant l'Octave , le Roy a assisté
tous les jours au Salut, Le 25. et le 26. la
Reine l'a entendu dans la Chapelle, Le
22. Monseigneur le Dauphin assista aų
Salut dans l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau , et Mesdames de France y assiste-
rent dans l'Eglise de la Paroisse de Saint
Louis.
Le 30. de ce mois , Monseigneur le
Dauphin vint de Versailles à Paris se
promener au Cours et dans dans le Jar
din des Thuilleries.
Le Duc d'Ancenis , Capitaine des
Gardes du Corps en survivance du Duc
de Bethune son Pere , a été nommé par
le Roy , Mestre de Camp du Regiment
II. Vol.
de
#444 MERCURE DE FRANCE
de Cavalerie, dont le Duc de Chevreuse,
Mestre de Camp général de Dragons , a
été Mestre de Camp.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En juin 1737, plusieurs événements marquants se sont déroulés à la cour française. Le roi a attribué le Régiment de la Marine au Prince de Nassau, succédant ainsi au Marquis de Mirepoix. Le 4 juin, la Duchesse de Bourbon, en convalescence, s'est promenée dans le jardin du sieur Le Fevre, admirant les fleurs et découvrant diverses graines. Le 16 juin, les députés des États d'Artois ont été reçus par le roi, introduits par le Duc d'Elbeuf et M. d'Angervilliers. La délégation incluait l'Abbé de la Grange, le Comte de la Bussière et M. Ansar. Le 18 juin, les musiciens de Paris ont célébré une messe pour leurs confrères défunts. Le 26 juin, le roi et le Dauphin ont passé en revue les mousquetaires à Versailles, observés par la reine et Mesdames de France. Lors de la fête du Saint-Sacrement, le 20 juin, le roi et la reine ont assisté aux vêpres et au salut à la chapelle de Versailles. Le 27 juin, le roi a participé à la grand-messe et à la procession paroissiale avec plusieurs princes. Durant l'octave, le roi, la reine et le Dauphin ont assisté quotidiennement aux cérémonies religieuses.
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304
p. 2843
LOGOGRYPHUS.
Début :
Si septem gradiar pedibus, sum doctor, et ecce [...]
Mots clefs :
Medicus
305
p. 700
AUTRE.
Début :
Dans un seul mot François quarante-deux Latins ; [...]
Mots clefs :
Aveuglement
307
p. [2095]-2097
LA COLIQUE. ODE.
Début :
BOUREAU cruel, impitoyable, [...]
Mots clefs :
Traits, Maux, Furie, Colique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA COLIQUE. ODE.
LA COLIQUE.
O D E.
OUREAU cruel , impitoyable
Hydre prête à me dévorer ,
A quelle torture effroyable ,
Colique , viens-tu me livrer ?
Faut-il qu'une innocente vie ,
Sans cesse à ta rage asservie
Succombe enfin sous ton effort ??
A ij Ou ?
2096 MERCURE DE FRANCE
Ou , par quelque affreux sacrilége ,
Suis -je indigne du privilege
De mourir d'une seule mort ?
*
A peine je vis la lumiere ,
Que j'éprouvai tes traits perçans ;
Barbare , tu fus la premiere
Pour qui j'eus un corps et des sens .
A peine je commençai d'être ,
Que la Parque me fit connoître
Les maux qui m'étoient deſtinés ;
Et ma fin qui sembloit prochaine ,
Montra dè quels doigts l'inhumain .
Filoit mes jours infortunés.
Inézotables Euménides ,
*
Dont la main fatale aux pervers ,
Va poursuivre leurs parricides
Sur le Trône et dans les Deserts ;
'Au prix de ce Monstre funeste ,
Vos Serpens , la terreur d'Oreste ,
Rendoient ses regards assûrés ;
Et les feux que vous allumâtes
Au sein des Turnus , des Amates ,
Causoient des transports modérés.
*
Quel
OCTOBRE . 1738. 2097
QQuel bras contre moi se déploye
Quel Dieu s'arme contre mes jours ?
Mes flancs deviennent-ils la proye
Ou des Corbeaux ou des Vautours ¿
Dans la douleur qui me possede ,
Je ne connois plus de remede
Que les cris et le désespoir ;
Et mettre un frein à leur licence ,
Est tout ce que ma patience
Ose entreprendre et croit pouvoir,
Acheve , homicide Furie ,
*
Poursui l'objet de ton courroux ;
-Sur ce qui me reste de vie
Epuise tes traits et tes coups.
Que ta dure persévérance
Hâte enfin, pour ma délivrance,
Le fatal ciseau d'Atropos !
Mais après des tourmens sans nombre ;
Daigne au moins respecter mon ombre ;
Ne viens plus troubler mon repos.
O D E.
OUREAU cruel , impitoyable
Hydre prête à me dévorer ,
A quelle torture effroyable ,
Colique , viens-tu me livrer ?
Faut-il qu'une innocente vie ,
Sans cesse à ta rage asservie
Succombe enfin sous ton effort ??
A ij Ou ?
2096 MERCURE DE FRANCE
Ou , par quelque affreux sacrilége ,
Suis -je indigne du privilege
De mourir d'une seule mort ?
*
A peine je vis la lumiere ,
Que j'éprouvai tes traits perçans ;
Barbare , tu fus la premiere
Pour qui j'eus un corps et des sens .
A peine je commençai d'être ,
Que la Parque me fit connoître
Les maux qui m'étoient deſtinés ;
Et ma fin qui sembloit prochaine ,
Montra dè quels doigts l'inhumain .
Filoit mes jours infortunés.
Inézotables Euménides ,
*
Dont la main fatale aux pervers ,
Va poursuivre leurs parricides
Sur le Trône et dans les Deserts ;
'Au prix de ce Monstre funeste ,
Vos Serpens , la terreur d'Oreste ,
Rendoient ses regards assûrés ;
Et les feux que vous allumâtes
Au sein des Turnus , des Amates ,
Causoient des transports modérés.
*
Quel
OCTOBRE . 1738. 2097
QQuel bras contre moi se déploye
Quel Dieu s'arme contre mes jours ?
Mes flancs deviennent-ils la proye
Ou des Corbeaux ou des Vautours ¿
Dans la douleur qui me possede ,
Je ne connois plus de remede
Que les cris et le désespoir ;
Et mettre un frein à leur licence ,
Est tout ce que ma patience
Ose entreprendre et croit pouvoir,
Acheve , homicide Furie ,
*
Poursui l'objet de ton courroux ;
-Sur ce qui me reste de vie
Epuise tes traits et tes coups.
Que ta dure persévérance
Hâte enfin, pour ma délivrance,
Le fatal ciseau d'Atropos !
Mais après des tourmens sans nombre ;
Daigne au moins respecter mon ombre ;
Ne viens plus troubler mon repos.
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Résumé : LA COLIQUE. ODE.
Le texte est une plainte poétique adressée à la colique, décrite comme une torture cruelle et impitoyable. Le narrateur exprime son désespoir face à cette souffrance incessante, se demandant pourquoi il doit endurer une telle épreuve. Il compare son sort à celui des personnages mythologiques poursuivis par les Érinyes, évoquant une vie marquée dès la naissance par cette douleur. Le narrateur se sent accablé par une force maléfique, se demandant quel dieu ou quel bras se lève contre lui. Dans sa douleur, il ne trouve de remède que dans les cris et le désespoir, implorant la fin de ses tourments. Il supplie finalement que, après sa mort, son âme puisse trouver le repos sans être troublée par cette souffrance.
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308
p. 2644
SONNET d'un Amant à sa Maîtresse convalescente.
Début :
Amarante, à la fin nous avons l'avantage, [...]
Mots clefs :
Amarante, Mourir, Fin, Convalescente
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texteReconnaissance textuelle : SONNET d'un Amant à sa Maîtresse convalescente.
SONNET d'un Amant à sa Maîtresse
convalescente.
g
Amarante , à la fin nous avons l'avantage
Vous avez triomphé des horreurs du trépas ;
La Parque sur vos jours ne l'emportera pas ',
Et le Ciel sauve en vous son plus parfait ouvrage.
Au milieu des langueurs de votre beau visage ,
La Mort même sembloit avoir quelques apas ;
Et vos yeux presque éteints dans ces rudes combats,
En excitant nos pleurs , attiroient notre hommage.
Ces Astres vont briller avec plus de clarté
Vos charmes renaîtront avec votre santé
Que deviendra mon coeur ,
2
adorable Amarante ?
La fin de votre mal n'est pas celle du mien ,
Je me meurs de douleur quand je vous vois mourante,
Et je me meurs d'amour quand vous vous portez
bien.
convalescente.
g
Amarante , à la fin nous avons l'avantage
Vous avez triomphé des horreurs du trépas ;
La Parque sur vos jours ne l'emportera pas ',
Et le Ciel sauve en vous son plus parfait ouvrage.
Au milieu des langueurs de votre beau visage ,
La Mort même sembloit avoir quelques apas ;
Et vos yeux presque éteints dans ces rudes combats,
En excitant nos pleurs , attiroient notre hommage.
Ces Astres vont briller avec plus de clarté
Vos charmes renaîtront avec votre santé
Que deviendra mon coeur ,
2
adorable Amarante ?
La fin de votre mal n'est pas celle du mien ,
Je me meurs de douleur quand je vous vois mourante,
Et je me meurs d'amour quand vous vous portez
bien.
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Résumé : SONNET d'un Amant à sa Maîtresse convalescente.
Le poème 'Sonnet d'un Amant à sa Maîtresse convalescente' célèbre la guérison de la maîtresse de l'auteur après une grave maladie. La Parque n'a pas pris sa vie, et le ciel a protégé sa beauté. Pendant sa maladie, la mort semblait indécise, et ses yeux éteints provoquaient larmes et respect. Aujourd'hui, ses charmes reviennent. L'amant souffre de la voir malade mais meurt d'amour lorsqu'elle est en bonne santé.
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309
p. 2180-2182
III. ENVOI.
Début :
Je le repete encor, Philis, ô qu'il est doux [...]
Mots clefs :
Opérateur
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texteReconnaissance textuelle : III. ENVOI.
III. EN VOI
E le repete encor , Philis , ô qu'il eft doux
De travailler pour vous !
Je vous offre un nouvel hommage ;
Dieux pourquoi voulez-vous que ce soit le der
nier ?
Peut-être la longueur de ce troisiéme ouvrage
Sçaura trop bien vous ennuyer;
Mais si par-là je suis coupable ,
Ah ! que ma faute est pardonnable !
Peut- on sans regret voir finir
Le plaisir que l'on goûte à vous entretenir ?
Non , non si la raison n'eût arrêté ma plume
>
Si j'avois crû mon coeur , j'aurois fait un Volume,
DA
LOGOGRYPHE.
Ans mon entier j'abuse & divertis les sots!
Mon nom renferme une foule de mots .
En sept lettres je vous présente
Un membre de l'Etat , dont la bouche éloquente
S'ouvre pour la sûreté
De nos biens ou de notre ame.
En six lettres j'annonce une jeune Beauté ,
Pour qui d'une ardente flamme
Jupiter fut transporté ;
Puis en cinq un esprit sublime ;
Qui
SEPTEMBRE. 1739 2181
Qui dans le beau feu qui l'anime ,
Semble tenir de la Divinité ..
Mortel heureux qui charme & la Cour & la Ville
Par ses immortelles chansons ,
Et que pourtant le Vulgaire imbécile
Croit digne d'habiter les Petites - Maisons .
En cinq lettres aussi je vous nomme un Ouvrage ,
Que de nos plus beaux Arts enfante l'assem
blage ,
Une Muse , un fatal revers
Le plus riche Pays qui soit dans l'Univers ,
Et ce qui fut créé par le Maître du Monde , ·
Pour les seuls habitans de l'onde .
En quatre je produis un certain sentiment
Incompatible avec la moindre joye ,
Un crime que Themis punit séverement ,
Sans oublier un instrument ,
Que pour le bien des nez chaque jour on era
ploye .
En trois lettres un Element ,
Deux vilains animaux de taille differente ,
Une exhalaison dégoûtante ,
Qui parfois nous échape, après un long repas ,
Une autre exhalaison , qui sort d'un lieu plus bast
En deux , un Fleuve d'Italie ,
Qui d'un jeune Eventé châtia la folie ,
Un bien, qui fait l'objet de nos voeux empressés ,
DV Fans
2182 MERCURE DE FRANCE
Sans qu'il puisse jamais à nos besoins suffire.
J'offre encor .... mais c'en est assés ;
Je ne finirois pas , si je voulois tout dire.
E le repete encor , Philis , ô qu'il eft doux
De travailler pour vous !
Je vous offre un nouvel hommage ;
Dieux pourquoi voulez-vous que ce soit le der
nier ?
Peut-être la longueur de ce troisiéme ouvrage
Sçaura trop bien vous ennuyer;
Mais si par-là je suis coupable ,
Ah ! que ma faute est pardonnable !
Peut- on sans regret voir finir
Le plaisir que l'on goûte à vous entretenir ?
Non , non si la raison n'eût arrêté ma plume
>
Si j'avois crû mon coeur , j'aurois fait un Volume,
DA
LOGOGRYPHE.
Ans mon entier j'abuse & divertis les sots!
Mon nom renferme une foule de mots .
En sept lettres je vous présente
Un membre de l'Etat , dont la bouche éloquente
S'ouvre pour la sûreté
De nos biens ou de notre ame.
En six lettres j'annonce une jeune Beauté ,
Pour qui d'une ardente flamme
Jupiter fut transporté ;
Puis en cinq un esprit sublime ;
Qui
SEPTEMBRE. 1739 2181
Qui dans le beau feu qui l'anime ,
Semble tenir de la Divinité ..
Mortel heureux qui charme & la Cour & la Ville
Par ses immortelles chansons ,
Et que pourtant le Vulgaire imbécile
Croit digne d'habiter les Petites - Maisons .
En cinq lettres aussi je vous nomme un Ouvrage ,
Que de nos plus beaux Arts enfante l'assem
blage ,
Une Muse , un fatal revers
Le plus riche Pays qui soit dans l'Univers ,
Et ce qui fut créé par le Maître du Monde , ·
Pour les seuls habitans de l'onde .
En quatre je produis un certain sentiment
Incompatible avec la moindre joye ,
Un crime que Themis punit séverement ,
Sans oublier un instrument ,
Que pour le bien des nez chaque jour on era
ploye .
En trois lettres un Element ,
Deux vilains animaux de taille differente ,
Une exhalaison dégoûtante ,
Qui parfois nous échape, après un long repas ,
Une autre exhalaison , qui sort d'un lieu plus bast
En deux , un Fleuve d'Italie ,
Qui d'un jeune Eventé châtia la folie ,
Un bien, qui fait l'objet de nos voeux empressés ,
DV Fans
2182 MERCURE DE FRANCE
Sans qu'il puisse jamais à nos besoins suffire.
J'offre encor .... mais c'en est assés ;
Je ne finirois pas , si je voulois tout dire.
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310
p. 75-80
L'AMOUR MEDECIN, POEME. Sur la Convalescence de Mlle de R..
Début :
AU premier bruit de votre maladie, [...]
Mots clefs :
Amour, Dieu, Jours, Amours, Beauté, Belle, Mort, Doux, Fièvre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AMOUR MEDECIN, POEME. Sur la Convalescence de Mlle de R..
L'AMOUR MEDECIN,
POEM E.
Sur la Convalescence de Mile de R..
ΑνU premier bruit de votre maladie
On vit le Dieu qu'adore l'Idalie ,
Triste , rêveur , & dédaignant l'encens .
Qu'à ses Autels vont offrir les Amans
Pour se liver à son inquietude ,
2
>
Loin des Humains chercher la solitude.
Là , du péril qui menace vos jours
Cachant l'état même aux jeunes Amours ,
Quoi se dit -il à lui- même , sans honte
Je laisserai de cet Astre nouveau ,
Qui doit un jour éclairer Amatonte ,
A son lever s'éclipser le flambeau !
Je verrai donc l'ornement de la France
Une Beauté , la plus grande esperance
De mon Empire , au sortir du berceau ,
Porter les ris & les jeux au Tombeau !
Et dans Paphos , de mon dépit extrême ;
A des regrets je bornerois l'effort !
Non , dit- il , non , j'en jure par moi - même ,
Par tous les Dieux , témoins de mon transport ;
Si
76 MERCURE DE FRANCE
Si je ne sauve une si belle vie ,
Ou de la mort sous sa faulx ennemie
Quoi qu'immortel, je subirai le sort
Ou de mes traits je percerai la mort.
Il dit , soudain prenant un vol rapide ,
Il fend des Airs la Campagne liquide ,
Atteint bien- tôt cette antique maison ,
Qui de nos Rois , amis de vos Ancêtres ,
Fit si long-temps les délices Champêtres ;
Licux oùjadis la belle M.
Par l'ascendant de ses graces fatales ,
Du fier Amour , vainqueur de la raison ,
Dans tant de coeurs versa le doux poison ,
Et fit au loin trembler tant de Rivales.
Là , dans les bras de vos tendres Parens ,
Dont tous les soins deviennent impuissants ,
Parmi l'horreur de cent crises soudaines ,
Sur une couche interdite au repos ,
Du feu mortel qui coule dans vos veines ,
Par vos soupirs vous exhaliez les flots ;
Et sous l'effort des Aammes meurtrieres ,
Que par accès, redoublant ses assauts
La fievre étend jusqu'au vif de vos os ,
Vous adressiez à la mort vos prieres ;
Quand tout- à-coup l'Enfant Dieu de Paphos
S'offre à vos yeux, pour soulager vos maux,
Heureusement nul supot d'Hypocrate
2.
De
JANVIER 1749 78
•
De ces cantons ne se trouva voisin ;
A leur défaut devenu Médecin ,
Sans Kinkina , sans Bols , sans Opiate ;
Ni tant d'aprêts de leur Art assassin ,
L'Amour aproche , examine , voit , tâte ,
Et connoissant la Maladie à fond ,
Veut vous guérir , l'entreprend , en répond
D'abord au lieu de Lancete ordinaire ,
De son Carquois il tire sans myftere
Le premier Trait qui tombe sous sa main ;
Puis , éclairé de son flambeay divin ,
Vous pique au bras , & du levain contraire
Qui du pur sang gâtoit la masse entiere
Par la saignée affoiblit le venin ,
Et vous rapelle enfin à la lumiere.
De son bandeau , qu'il a déja mis bas ,
Pour diriger à coup sûr la piquûre ,
Dans le moment il fait , sans embarras ,
Tout à la fois compresse & ligature ;
Et sans délai refermant l'ouverture ,
Au doux sommeil , qui vous prend dans ses bras
Il vous confie & ne vous quitte pas.
Considerant alors votre visage
Sous la pâleur languissant , abattu ,
Ainsi qu'un Lys , que l'orage a battu ;
Pour réparer un si sensible outrage ,
Le jeune Dieu rassemble les Zéphirs
Qui
178 MERCURE DE FRANCE
Qui folâtroient , épars dans un boccage ;
Ces Confidens des amoureux désirs ,
Jusques à lui s'étant fait un passage ,
A leur haleine il mêle ses soupirs ,
Et de leur souffle , en les frapant de l'aîle ,
Hâtant l'essort , réveillant leur lenteur ,
Il leur imprime un degré de fraîcheur ,
Qui , pénetrant vos sens , qu'il renouvelle
Jusques au fond de l'intime moielle ,
Va de la fiévre éteindre la fureur ,
Et tempérant ainsi l'ardeur maligne
Qui ravageoit vos membres entrepris ,
Au juste point d'une chaleur benigne
Réduit l'excès de ces feux ralentis ;
Et des Liqueurs dans leurs divers conduits ,
Refait si bien par degrés l'équilibre ,
Qu'après un somme égal , profond , rassis ,
Le calme enfin regnant dans vos esprits ,
yous vous trouvez au réveil saine & libre.
Au même instant l'heureux fils de Cypris ,
Des prompts effets du Remede surpris ,
Voit dans vos yeux reparoître les Graces ,
Les tendres Jeux , avec les Ris badins ,
Şur votre front se disputer leurs places
Et voltiger à l'envi , par essains ,
?
Au tour de vous mille Amours enfantins,
Tel un Muguet desseché par le hâle ,
Qu'en
JANVIER.
1740.
Qu'en son dépit l'Amante de Céphale ,
Au point du jour arrose de ses pleurs ,
Reprend bien- tôt sá force , ses couleurs ,
Au doux apas du parfum qu'il exhale ;
Déja l'Abeille y puise son Nectar ;
Déja vers lui fondent de toute part
Maints Papillons des mêmes feux complices ;
A ses faveurs en amour peu novices ,
Faisant semblant de ne point prendre part ,
Au tour de lui chacun erre au hazard ,
Er chacun vise à ravir les prémices.
Ainsi vous fut avec votre beauté ,
Restituée en trois jours la santé ,.
Ou bien plutôt en vous, toujours charmante ,
Ainsi se sont succedés dans trois jours ,
Et ces attraits d'une langueur touchante ;
Et ces traits vifs, d'une Beauté piquante ,
Qu'en elle seule à la fois & toujours
Peut réunir la Mere des Amours.
Vivez ; aimez ; ces jours qu'on vous conserve
( Vous dit alors l'Enfant aîlé , ) songez
Que c'est pour moi qu'ils vous sont prolongés i
Que cet avis pour l'avenir vous serve ;
Je vous les laisse , avec cette réserve ,
Et m'en frustrer , seroit me faire un vol.
Adieu , je pars, ravi de ma conquête
Aux bords de Gnide en ordonner la Fête ;
L K
30 MERCURE DE FRANCE
Il dit , trois fois s'agite & prend son vol.
Pour moi , qui dois mieux penser à mon âge,
Que cet Enfant, tout Dieu que l'on le fait ,
Je vous dirai : profitez du bienfait ,
Mais gardez-vous d'un conseil si peu sage ;
Du même trait dont il sçut vous guérir ,
Il peut, s'il veut , vous faire aussi périr ;
Souvenez -vous que cette fievre même ,
Dont vous avez si fort craint le retour
N'est rien au prix de celle que l'Amour
Fait tôt ou tard sentir à quiconque aime,
Pour être heureuse avec tous ces apas
Qu'on sçait chez vous être un bien de famille
De votre Mere il faut suivre les pas ;
Soyez comme elle ( en tout sa digne fille )
Aimable , belle , aimée , & n'aimez pas.
Par L. D. V
POEM E.
Sur la Convalescence de Mile de R..
ΑνU premier bruit de votre maladie
On vit le Dieu qu'adore l'Idalie ,
Triste , rêveur , & dédaignant l'encens .
Qu'à ses Autels vont offrir les Amans
Pour se liver à son inquietude ,
2
>
Loin des Humains chercher la solitude.
Là , du péril qui menace vos jours
Cachant l'état même aux jeunes Amours ,
Quoi se dit -il à lui- même , sans honte
Je laisserai de cet Astre nouveau ,
Qui doit un jour éclairer Amatonte ,
A son lever s'éclipser le flambeau !
Je verrai donc l'ornement de la France
Une Beauté , la plus grande esperance
De mon Empire , au sortir du berceau ,
Porter les ris & les jeux au Tombeau !
Et dans Paphos , de mon dépit extrême ;
A des regrets je bornerois l'effort !
Non , dit- il , non , j'en jure par moi - même ,
Par tous les Dieux , témoins de mon transport ;
Si
76 MERCURE DE FRANCE
Si je ne sauve une si belle vie ,
Ou de la mort sous sa faulx ennemie
Quoi qu'immortel, je subirai le sort
Ou de mes traits je percerai la mort.
Il dit , soudain prenant un vol rapide ,
Il fend des Airs la Campagne liquide ,
Atteint bien- tôt cette antique maison ,
Qui de nos Rois , amis de vos Ancêtres ,
Fit si long-temps les délices Champêtres ;
Licux oùjadis la belle M.
Par l'ascendant de ses graces fatales ,
Du fier Amour , vainqueur de la raison ,
Dans tant de coeurs versa le doux poison ,
Et fit au loin trembler tant de Rivales.
Là , dans les bras de vos tendres Parens ,
Dont tous les soins deviennent impuissants ,
Parmi l'horreur de cent crises soudaines ,
Sur une couche interdite au repos ,
Du feu mortel qui coule dans vos veines ,
Par vos soupirs vous exhaliez les flots ;
Et sous l'effort des Aammes meurtrieres ,
Que par accès, redoublant ses assauts
La fievre étend jusqu'au vif de vos os ,
Vous adressiez à la mort vos prieres ;
Quand tout- à-coup l'Enfant Dieu de Paphos
S'offre à vos yeux, pour soulager vos maux,
Heureusement nul supot d'Hypocrate
2.
De
JANVIER 1749 78
•
De ces cantons ne se trouva voisin ;
A leur défaut devenu Médecin ,
Sans Kinkina , sans Bols , sans Opiate ;
Ni tant d'aprêts de leur Art assassin ,
L'Amour aproche , examine , voit , tâte ,
Et connoissant la Maladie à fond ,
Veut vous guérir , l'entreprend , en répond
D'abord au lieu de Lancete ordinaire ,
De son Carquois il tire sans myftere
Le premier Trait qui tombe sous sa main ;
Puis , éclairé de son flambeay divin ,
Vous pique au bras , & du levain contraire
Qui du pur sang gâtoit la masse entiere
Par la saignée affoiblit le venin ,
Et vous rapelle enfin à la lumiere.
De son bandeau , qu'il a déja mis bas ,
Pour diriger à coup sûr la piquûre ,
Dans le moment il fait , sans embarras ,
Tout à la fois compresse & ligature ;
Et sans délai refermant l'ouverture ,
Au doux sommeil , qui vous prend dans ses bras
Il vous confie & ne vous quitte pas.
Considerant alors votre visage
Sous la pâleur languissant , abattu ,
Ainsi qu'un Lys , que l'orage a battu ;
Pour réparer un si sensible outrage ,
Le jeune Dieu rassemble les Zéphirs
Qui
178 MERCURE DE FRANCE
Qui folâtroient , épars dans un boccage ;
Ces Confidens des amoureux désirs ,
Jusques à lui s'étant fait un passage ,
A leur haleine il mêle ses soupirs ,
Et de leur souffle , en les frapant de l'aîle ,
Hâtant l'essort , réveillant leur lenteur ,
Il leur imprime un degré de fraîcheur ,
Qui , pénetrant vos sens , qu'il renouvelle
Jusques au fond de l'intime moielle ,
Va de la fiévre éteindre la fureur ,
Et tempérant ainsi l'ardeur maligne
Qui ravageoit vos membres entrepris ,
Au juste point d'une chaleur benigne
Réduit l'excès de ces feux ralentis ;
Et des Liqueurs dans leurs divers conduits ,
Refait si bien par degrés l'équilibre ,
Qu'après un somme égal , profond , rassis ,
Le calme enfin regnant dans vos esprits ,
yous vous trouvez au réveil saine & libre.
Au même instant l'heureux fils de Cypris ,
Des prompts effets du Remede surpris ,
Voit dans vos yeux reparoître les Graces ,
Les tendres Jeux , avec les Ris badins ,
Şur votre front se disputer leurs places
Et voltiger à l'envi , par essains ,
?
Au tour de vous mille Amours enfantins,
Tel un Muguet desseché par le hâle ,
Qu'en
JANVIER.
1740.
Qu'en son dépit l'Amante de Céphale ,
Au point du jour arrose de ses pleurs ,
Reprend bien- tôt sá force , ses couleurs ,
Au doux apas du parfum qu'il exhale ;
Déja l'Abeille y puise son Nectar ;
Déja vers lui fondent de toute part
Maints Papillons des mêmes feux complices ;
A ses faveurs en amour peu novices ,
Faisant semblant de ne point prendre part ,
Au tour de lui chacun erre au hazard ,
Er chacun vise à ravir les prémices.
Ainsi vous fut avec votre beauté ,
Restituée en trois jours la santé ,.
Ou bien plutôt en vous, toujours charmante ,
Ainsi se sont succedés dans trois jours ,
Et ces attraits d'une langueur touchante ;
Et ces traits vifs, d'une Beauté piquante ,
Qu'en elle seule à la fois & toujours
Peut réunir la Mere des Amours.
Vivez ; aimez ; ces jours qu'on vous conserve
( Vous dit alors l'Enfant aîlé , ) songez
Que c'est pour moi qu'ils vous sont prolongés i
Que cet avis pour l'avenir vous serve ;
Je vous les laisse , avec cette réserve ,
Et m'en frustrer , seroit me faire un vol.
Adieu , je pars, ravi de ma conquête
Aux bords de Gnide en ordonner la Fête ;
L K
30 MERCURE DE FRANCE
Il dit , trois fois s'agite & prend son vol.
Pour moi , qui dois mieux penser à mon âge,
Que cet Enfant, tout Dieu que l'on le fait ,
Je vous dirai : profitez du bienfait ,
Mais gardez-vous d'un conseil si peu sage ;
Du même trait dont il sçut vous guérir ,
Il peut, s'il veut , vous faire aussi périr ;
Souvenez -vous que cette fievre même ,
Dont vous avez si fort craint le retour
N'est rien au prix de celle que l'Amour
Fait tôt ou tard sentir à quiconque aime,
Pour être heureuse avec tous ces apas
Qu'on sçait chez vous être un bien de famille
De votre Mere il faut suivre les pas ;
Soyez comme elle ( en tout sa digne fille )
Aimable , belle , aimée , & n'aimez pas.
Par L. D. V
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Résumé : L'AMOUR MEDECIN, POEME. Sur la Convalescence de Mlle de R..
Le poème 'L'Amour Médecin' raconte la convalescence de Mlle de R., une jeune femme dont la maladie inquiète profondément l'Amour, personnifié comme un dieu. L'Amour décide de sauver la jeune femme et se rend à son chevet dans une maison ancestrale où elle est alitée et souffrante. Plutôt que d'utiliser des méthodes médicales traditionnelles, l'Amour diagnostique et traite la maladie par des moyens divins. Il effectue une saignée pour éliminer le venin présent dans son sang, puis utilise les Zéphirs pour apaiser sa fièvre et rétablir son équilibre corporel. Grâce à ces interventions, la jeune femme retrouve rapidement sa santé et sa beauté en quelques jours. L'Amour, satisfait de sa guérison, lui conseille de profiter de sa santé retrouvée. Cependant, un narrateur met en garde la jeune femme contre les dangers de l'amour et lui recommande de suivre l'exemple de sa mère, qui était aimée de tous sans jamais s'abandonner à l'amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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311
p. 1111-1115
L'ANATOMIE. ODE.
Début :
Loin de moi pour jamais, passe temps insipides, [...]
Mots clefs :
Mortel, Main, Âme, Nature, Univers, Nuit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ANATOMIE. ODE.
L'ANATOMIE.
O D E.
Loin de moi pour jamais , paffe temps infipides ;
Qui fçaviez me ravir , usurpateurs avides ,
Un loifir précieux ;
Allez ; je goûte enfin des plaifirs non frivoles ;
Et mon efprit préfere à vos bluettes folles
Ces mets délicieux.
*
Quel afpect étonnant se présente à ma vûë !
Quelle magnificence à mon ame éperduë
S'offre de toutes parts !
Que de rares trésors ! quel pompeux étalage !
Non , jamais plus parfait , ni plus superbe Ouvrage
N'étonna mes regards .
*
Art heureux & profond * où tant d'illuftres veilles
S'obftinant à puiser merveilles sur merveilles ,
Par d'utiles efforts ,
Vont mettre chaque jour la Nature à la gêne ,
Et la forcent d'ouvrir à leur vûë incertaine
Ses plus fecrets refforts !
L'Anatomie,
Que
T112 MERCURE DE FRANCE
Que d'organes ! quel art , que de fources de vie !
Quelle fçavante main avec tant d'harmonie
A pû les varier !
Que l'Univers frapé d'une fainte épouvante ,
Adore en frémiffant la Grandeur étonnante
Du divin Ouvrier.
*
Qu'il adore : & s'il cherche en fa jufte ſurpriſe
Quelle riche matiere en fi belle entrepriſe
Choifit le Tout- puiffant ;
Qu'il fçache que ce fut une maffe fragile ,
Vil & foible morceau d'une impuiffante argile
Ou plûtôt un néant.
*
Vainement la Nature avare du myftere ;
Avoit crû nous cacher , peu complaifante Mere ,
Un firiche apareil ;
Sous le doigt curieux le voile fe diffipe ,
Et là , prenant l'effor , l'homme enfin participe
Au célefte Confeil.
*
Quel fuperbe penfer vient ici me furprendre !
Vil Mortel que je fuiste quoi ! je vais donc prendre
Un vol audacieux ?
Et mon ceil indifcret franchiffant labarriere
ya
JUIN
1113 1740.
Va deformais porter ſa profane lumiere
A la Sphere des Cieux.
*
Non,non; ne penfons pas en notre ame orgueilleufe,
Percer facilement la nuit myſterieuſe
1
Des Faits de l'Eternel ;
Souvent fa main jalouſe en fon oeuvre admirable
Affecta d'y jetter un voile impénétrable
Au regard du Mortel.
*
Je ne fuis point frapé de ces lueurs obfcures ;
Dont un Syftematique ornant ſes conjectures ;
Flate fa vanité ;
Il fait penfer , agir la divine Sageffe ;
Mais qu'eft- ce ? un homme , hélas ! qui prête ſa foiè
bleffe
A la Divinité.
*
Comme on voit quelquefois de ces lumieres fombres
Que l'ardeur du Belier jette à travers les ombres
Dont fe couvre la nuit ;
Guider un Voyageur au gré de leur caprice ,
It trop fouvent enfin conduire au précipice
L'infensé qui les fuit.
*
Ainf
1114 MERCURE DE FRANCE
Ainfi fon fol orgueil enyvré du fyftême ,
Au milieu des dangers où le plongent lui - même
Ses vains raiſonnemens ,
Sous fes
pas
meurtriers entr'ouvrant les abîmes
Livre à la pâle Mort d'innocentes victimes
O! que
De fes égaremens .
*
fur cette Mer , fi fameuſe en naufrages
Un Mortel peut aller affronter les orages
Avec tranquillité ;
Quand fon efprit prudent & fagement timide ,
N'a livré fa raifon qu'à cet attrait folide
Qu'offre la vérité.
*
Non , le feu , le poiſon, n'ont plus rien de contraire,
Et l'homicide fer , devenu falutaire
En fa puiffante main ,
Des trois perfides Soeurs bravant la loi fatale " ;
Na jufqu'aux noirs Climats de la Rive infernale
Démentir le deftin.
H
Tel on vit ce Mortel ami de la Nature ,
Petit , aller chercher la foible créature
Jusqu'aux bords du Tombeau ;
Et là , mettant aux fers la fiere Deſtinée ,
Arracher
JUIN.
1115 1740.
Arracher tant de fois à la Parque acharnée
Le funefte ciseau.
*
Ou tel déja plongé dans ces noirs précipices'
Qu'avoient creusés fous lui les pâles artifices
D'une Amante aux abois ;
Un Prince * infortuné , ſous une main hardie
Sentit les yeux s'ouvrir aux douceurs de la vie ,
Une feconde fois.
*
C'est ainsi qu'en fuivant cette fidelle guide ,
Un Mortel ne craint point la rencontre perfide
De tant d'écueils divers .
C'est ainsi que malgré tant de fameux obſtacles ,
peut aller fouvent par Il d'illuftres miracles
Etonner l'Univers.
*
Pénetre tous mes fens des
rayons de ta flâme
Divine Vérité , fais briller à mon ame
Tes célestes apas ;
Qu'ils foient les feuls objets que mon eſprit con
temple ;
Et que l'aveugle erreur qui profane fon Temple ,
N'infecte point mes pas.
Hyppolite.
D
O D E.
Loin de moi pour jamais , paffe temps infipides ;
Qui fçaviez me ravir , usurpateurs avides ,
Un loifir précieux ;
Allez ; je goûte enfin des plaifirs non frivoles ;
Et mon efprit préfere à vos bluettes folles
Ces mets délicieux.
*
Quel afpect étonnant se présente à ma vûë !
Quelle magnificence à mon ame éperduë
S'offre de toutes parts !
Que de rares trésors ! quel pompeux étalage !
Non , jamais plus parfait , ni plus superbe Ouvrage
N'étonna mes regards .
*
Art heureux & profond * où tant d'illuftres veilles
S'obftinant à puiser merveilles sur merveilles ,
Par d'utiles efforts ,
Vont mettre chaque jour la Nature à la gêne ,
Et la forcent d'ouvrir à leur vûë incertaine
Ses plus fecrets refforts !
L'Anatomie,
Que
T112 MERCURE DE FRANCE
Que d'organes ! quel art , que de fources de vie !
Quelle fçavante main avec tant d'harmonie
A pû les varier !
Que l'Univers frapé d'une fainte épouvante ,
Adore en frémiffant la Grandeur étonnante
Du divin Ouvrier.
*
Qu'il adore : & s'il cherche en fa jufte ſurpriſe
Quelle riche matiere en fi belle entrepriſe
Choifit le Tout- puiffant ;
Qu'il fçache que ce fut une maffe fragile ,
Vil & foible morceau d'une impuiffante argile
Ou plûtôt un néant.
*
Vainement la Nature avare du myftere ;
Avoit crû nous cacher , peu complaifante Mere ,
Un firiche apareil ;
Sous le doigt curieux le voile fe diffipe ,
Et là , prenant l'effor , l'homme enfin participe
Au célefte Confeil.
*
Quel fuperbe penfer vient ici me furprendre !
Vil Mortel que je fuiste quoi ! je vais donc prendre
Un vol audacieux ?
Et mon ceil indifcret franchiffant labarriere
ya
JUIN
1113 1740.
Va deformais porter ſa profane lumiere
A la Sphere des Cieux.
*
Non,non; ne penfons pas en notre ame orgueilleufe,
Percer facilement la nuit myſterieuſe
1
Des Faits de l'Eternel ;
Souvent fa main jalouſe en fon oeuvre admirable
Affecta d'y jetter un voile impénétrable
Au regard du Mortel.
*
Je ne fuis point frapé de ces lueurs obfcures ;
Dont un Syftematique ornant ſes conjectures ;
Flate fa vanité ;
Il fait penfer , agir la divine Sageffe ;
Mais qu'eft- ce ? un homme , hélas ! qui prête ſa foiè
bleffe
A la Divinité.
*
Comme on voit quelquefois de ces lumieres fombres
Que l'ardeur du Belier jette à travers les ombres
Dont fe couvre la nuit ;
Guider un Voyageur au gré de leur caprice ,
It trop fouvent enfin conduire au précipice
L'infensé qui les fuit.
*
Ainf
1114 MERCURE DE FRANCE
Ainfi fon fol orgueil enyvré du fyftême ,
Au milieu des dangers où le plongent lui - même
Ses vains raiſonnemens ,
Sous fes
pas
meurtriers entr'ouvrant les abîmes
Livre à la pâle Mort d'innocentes victimes
O! que
De fes égaremens .
*
fur cette Mer , fi fameuſe en naufrages
Un Mortel peut aller affronter les orages
Avec tranquillité ;
Quand fon efprit prudent & fagement timide ,
N'a livré fa raifon qu'à cet attrait folide
Qu'offre la vérité.
*
Non , le feu , le poiſon, n'ont plus rien de contraire,
Et l'homicide fer , devenu falutaire
En fa puiffante main ,
Des trois perfides Soeurs bravant la loi fatale " ;
Na jufqu'aux noirs Climats de la Rive infernale
Démentir le deftin.
H
Tel on vit ce Mortel ami de la Nature ,
Petit , aller chercher la foible créature
Jusqu'aux bords du Tombeau ;
Et là , mettant aux fers la fiere Deſtinée ,
Arracher
JUIN.
1115 1740.
Arracher tant de fois à la Parque acharnée
Le funefte ciseau.
*
Ou tel déja plongé dans ces noirs précipices'
Qu'avoient creusés fous lui les pâles artifices
D'une Amante aux abois ;
Un Prince * infortuné , ſous une main hardie
Sentit les yeux s'ouvrir aux douceurs de la vie ,
Une feconde fois.
*
C'est ainsi qu'en fuivant cette fidelle guide ,
Un Mortel ne craint point la rencontre perfide
De tant d'écueils divers .
C'est ainsi que malgré tant de fameux obſtacles ,
peut aller fouvent par Il d'illuftres miracles
Etonner l'Univers.
*
Pénetre tous mes fens des
rayons de ta flâme
Divine Vérité , fais briller à mon ame
Tes célestes apas ;
Qu'ils foient les feuls objets que mon eſprit con
temple ;
Et que l'aveugle erreur qui profane fon Temple ,
N'infecte point mes pas.
Hyppolite.
D
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Résumé : L'ANATOMIE. ODE.
Le poème 'L'ANATOMIE', publié dans le Mercure de France en juin 1740, exalte l'anatomie comme une science profonde et merveilleuse révélant les secrets de la nature. L'auteur voit en elle un art permettant à l'homme de découvrir les organes et les forces vitales, admirant ainsi la grandeur du créateur divin. Le texte met en lumière la curiosité humaine qui cherche à percer les mystères naturels, tout en mettant en garde contre les dangers de l'orgueil et des erreurs potentielles. L'anatomie est présentée comme une discipline bénéfique, capable de sauver des vies et de défier la mort. L'auteur appelle finalement à la guidance de la vérité divine pour éviter les erreurs et les égarements dans cette quête de connaissance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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313
p. 1785-1787
LE MEDECIN mis en réputation. CONTE Tiré du Latin.
Début :
Certaine Fiévre ayant, par rude assaut, [...]
Mots clefs :
Luce, Evrard, Vin, Médecin, Ordonnance
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texteReconnaissance textuelle : LE MEDECIN mis en réputation. CONTE Tiré du Latin.
LE MEDECIN mis en réputation,
CONTE
Tiré du Latin.
:
CErtaine Fiévre ayant , par rude affaut ,
fine , Réduit au lit le Payſan Thibaut ,
Sa Femme Luce , active , mais peu
L'allarme au coeur , & leslarmes aux yeux
E v Courut
1786 MERCURE DE FRANCE,
Courut foudain confulter de fon mieux
Meffer Evrard, Docteur en Médecine ,
Dont le fçavoir n'étoit pas fort prifé ;
Voire , d'autant qu'Evrard n'étoit ailé ,
Maint concluoit que c'étoit un franc Ane ;
Conclufion digne d'un franc Cheval.
Notre Docteur , lorfque la Payfanne ,
En fon jargon fimple & non doctoral ,
L'eut informé des ſymptômes du mal ,
Mit par écrit , comme il n'y manquoit guéres;
Son Ordonnance aniple & telle en tout point ,
Qu'elle eût primé chés les Apoticaires ,
Defquels , au refte , Evrard ne parla point
A Luce , neuve en ces fortes d'affaires.
Lui donnant donc le Papier d'une main ,
Et tenant l'autre ouverte aux Honoraires ;
Que votre Epoux , dit - il , demain matin
» Prenne cela dans un verre de vin ;
ל כ
» Moyennant quoi , j'ofé bien lui promettre
» Soulagement. Luce au pié de la lettre
Entend la chofe , & fans rien acheter
30
Qu'un peu de vin , s'en retourne au plus vite
Bien réfolué à tout exécuter ,
Et defirant heureuſe réuffite :
Defir qu'en elle il eft bon de noter.
Tout étant prêt pour l'Aurore naiflante ;
La Campagnarde à fon Mari préfente
Vin & Papier dans un Vaſe de bois.
Thibaur
AOUST. 1743 . 1787
Thibaut , muni d'un grand figne de Croir ,
Sans trop d'efforts , fçut , avec confiance ,
Venir à bout d'avaller l'Ordonnance ,
Qui flatte moins fon goût que la boiſſon.
Qu'arriva-t'il après ? Rien que de bon.
Le mal fit place à la convalefcence ,
En peu de jours ; & cette guérifon
Au Médecin fit un honneur immenfe.
F. M. F.
CONTE
Tiré du Latin.
:
CErtaine Fiévre ayant , par rude affaut ,
fine , Réduit au lit le Payſan Thibaut ,
Sa Femme Luce , active , mais peu
L'allarme au coeur , & leslarmes aux yeux
E v Courut
1786 MERCURE DE FRANCE,
Courut foudain confulter de fon mieux
Meffer Evrard, Docteur en Médecine ,
Dont le fçavoir n'étoit pas fort prifé ;
Voire , d'autant qu'Evrard n'étoit ailé ,
Maint concluoit que c'étoit un franc Ane ;
Conclufion digne d'un franc Cheval.
Notre Docteur , lorfque la Payfanne ,
En fon jargon fimple & non doctoral ,
L'eut informé des ſymptômes du mal ,
Mit par écrit , comme il n'y manquoit guéres;
Son Ordonnance aniple & telle en tout point ,
Qu'elle eût primé chés les Apoticaires ,
Defquels , au refte , Evrard ne parla point
A Luce , neuve en ces fortes d'affaires.
Lui donnant donc le Papier d'une main ,
Et tenant l'autre ouverte aux Honoraires ;
Que votre Epoux , dit - il , demain matin
» Prenne cela dans un verre de vin ;
ל כ
» Moyennant quoi , j'ofé bien lui promettre
» Soulagement. Luce au pié de la lettre
Entend la chofe , & fans rien acheter
30
Qu'un peu de vin , s'en retourne au plus vite
Bien réfolué à tout exécuter ,
Et defirant heureuſe réuffite :
Defir qu'en elle il eft bon de noter.
Tout étant prêt pour l'Aurore naiflante ;
La Campagnarde à fon Mari préfente
Vin & Papier dans un Vaſe de bois.
Thibaur
AOUST. 1743 . 1787
Thibaut , muni d'un grand figne de Croir ,
Sans trop d'efforts , fçut , avec confiance ,
Venir à bout d'avaller l'Ordonnance ,
Qui flatte moins fon goût que la boiſſon.
Qu'arriva-t'il après ? Rien que de bon.
Le mal fit place à la convalefcence ,
En peu de jours ; & cette guérifon
Au Médecin fit un honneur immenfe.
F. M. F.
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Résumé : LE MEDECIN mis en réputation. CONTE Tiré du Latin.
Le texte raconte l'histoire de Thibaut, un paysan souffrant d'une fièvre intense qui le contraint à garder le lit. Sa femme, Luce, se rend immédiatement chez le docteur Evrard, un médecin souvent critiqué. Malgré les doutes sur ses compétences, Evrard prescrit un traitement simple à Luce, qui se contente d'acheter du vin. Thibaut suit les instructions et se rétablit promptement. Cette guérison rapide accorde une grande notoriété au docteur Evrard.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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314
p. 222-226
EPITRE à mes yeux, sur la maladie dont ils ont été affligés au commencement du Printems.
Début :
Vous, mes yeux, dont je préfere [...]
Mots clefs :
Yeux, Jours, Doux, Ingrats, Horreur, Douleur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE à mes yeux, sur la maladie dont ils ont été affligés au commencement du Printems.
EPITRE à mes yeux , fur la maladie dont
ils ont été affligés au commencement
du Printems.
Vous ,mes yeux , dont je préferé
L'officieux miniftére
Aux trésors d'un Potentat ;
Vous , que dans mon trifte état ,
Je chéris plus que ma vie ,
Par quelle injufte manie
M'avez- vous abandonné?
Pourquoi fuis - je condamné ,
Sans fondement légitime ,
A devenir la victime
De ce que j'ai de plus doux ?
Pourquoi me refufez - vous
Le fecours que la Nature
Prétend qu'à la Créature
Vous accordiez jour & nuit?
A peine l'hyver s'enfuit ,
A la voix qui les rappelle
Des Vents la troupe fidelle
Va reprendre encor fes fers.
De mille ornemens divers
La Terre , couverte à peine,
Reçoit l'agréable haleine
De
FEVRIER. 1744.
223
De Zéphire bienfaifant ;
Déja foible & chancellant ,
Au milieu de ma carrière ,
Je fens que de la lumiére
Le flambeau va me quitter ;
Hélas ! je fens s'apprêter
L'horreur des ténebres fombres ,
Qui , de leurs fatales ombres
Vont envelopper mes jours ,
Et précipiter leur cours .
Quand le matin je me leve ,
Et que le Soleil s'éleve
Sur la tête des Humains ,
Qu'il leur donne à pleines mains
Des marques de fa tendreffe ,
De la douleur qui les preffe ,
Mes yeux enflés , abbattus ,
Ne voyent qu'objets confus
Dans les Lieux du voisinage ,
Que deüil , que funefte ombrage ,
Simboles de la terreur.
Le foir , lorfqu'à la lueur
D'une Lampe préparée ,
Les volets ferment l'entrée
Au jour qui rend fur la fin ,
Par le plus cruel deftin ,
J'erre feul dans les tenebres
Et de leurs voles funebros :
Voulang
224 MERCURE DE FRANCE.
Voulant en vain m'affranchir ,
Je fuis contraint de fléchir
Sous le poids de mon martyre.
Mes yeux ne peuvent point lire ,
Ni ma main fe délaffer
A négligemment tracer
Le délicat badinagę .
Qu'enfante un efprit volage ,
Animé de tendres feux .
Enfin , dites - moi , mes yeux ,
Dans la douleur qui m'accable,
Envers vous fuis - je coupable
De quelque dur traitement ?
D'un fatal entêtement
Suivant l'odieux caprice ,
Ai-je donc eû l'injuſtice
De vous forcer à veiller
Chaque nuit , pour débrouiller
Le vain tas d'Ecrits Gothiques ,
Et des Médailles antiques ,
Malheureux reftes du Tems ,
Les mots durs & rebutans ?
Ai-je confacré mes veilles ,
Aux fades contes de vieilles ,
Au cruel Dieu des Amours ,
Aux foupleffes , aux détours
Dont on faifoit dans la Gréce
Un mérite à la jeuneſſe ›
Non ,
FEVRIER. 1744.
225
Nón , vous ne m'avez jamais
Convaincu de tels forfaits.
Exempt de crainte & d'allarmes ,
Je goûte toûjours les charmes
Que m'offrent les doux pavots.
En vain.contre mon repos
Les cris des paffans ſe liguent ;
Vainement ils fe fatiguent
Pour hâter mon lent reveil ;
Si lorfqu'après mon fommeil ,
Il me reste encor du vuide ,
Auprès du galant Ovide
Je vais paffer ces inſtans ;
D'Horace les jeux charmans ,
Et les amours de Catule
Des tendres feux dont je brûle
Viennent aiguiler les traits :
Pourquoi donc de ces bienfaits.
M'ôtez vous la joüiffance ?
Pourquoi de votre aſſiſtance
Me priver fi triftement,
Moi , qui vis paisiblement ,
Sans foins , fans inquiétude ,
Qui fais la guerre à l'étude ,
Et confacre au doux plaifir
Mon tems , mon bien , mon loifir
Eft- ce là de ma conduite
Reconnoître le mérite ,
3 Ingrats,
226 MERCURE DE FRANCE.
Ingrats , que j'ai trop aimés ?
Par vous , mes jours parfemés
De troubles & de trifteffe ,
Dans l'été de ma jeuneſſe
Précipitent mon hyver.
Quoi donc , ce qui m'eft plus cher
Que tous les tréſors du monde ,
D'une haine fans feconde
Récompenfe mon amour !
Par l'espoir d'un prompt retour ,
Ingrats , dont l'horreur m'enflâme ,
Puiffai- je au moins dans mon ame
Verfer la férénité ,
Que votre infidélité ,
Aux plus beaux jours de ma vie ,
En a pour toujours bannie !
GAVOTY.
A Toulon , le 4
Mai
1743-
ils ont été affligés au commencement
du Printems.
Vous ,mes yeux , dont je préferé
L'officieux miniftére
Aux trésors d'un Potentat ;
Vous , que dans mon trifte état ,
Je chéris plus que ma vie ,
Par quelle injufte manie
M'avez- vous abandonné?
Pourquoi fuis - je condamné ,
Sans fondement légitime ,
A devenir la victime
De ce que j'ai de plus doux ?
Pourquoi me refufez - vous
Le fecours que la Nature
Prétend qu'à la Créature
Vous accordiez jour & nuit?
A peine l'hyver s'enfuit ,
A la voix qui les rappelle
Des Vents la troupe fidelle
Va reprendre encor fes fers.
De mille ornemens divers
La Terre , couverte à peine,
Reçoit l'agréable haleine
De
FEVRIER. 1744.
223
De Zéphire bienfaifant ;
Déja foible & chancellant ,
Au milieu de ma carrière ,
Je fens que de la lumiére
Le flambeau va me quitter ;
Hélas ! je fens s'apprêter
L'horreur des ténebres fombres ,
Qui , de leurs fatales ombres
Vont envelopper mes jours ,
Et précipiter leur cours .
Quand le matin je me leve ,
Et que le Soleil s'éleve
Sur la tête des Humains ,
Qu'il leur donne à pleines mains
Des marques de fa tendreffe ,
De la douleur qui les preffe ,
Mes yeux enflés , abbattus ,
Ne voyent qu'objets confus
Dans les Lieux du voisinage ,
Que deüil , que funefte ombrage ,
Simboles de la terreur.
Le foir , lorfqu'à la lueur
D'une Lampe préparée ,
Les volets ferment l'entrée
Au jour qui rend fur la fin ,
Par le plus cruel deftin ,
J'erre feul dans les tenebres
Et de leurs voles funebros :
Voulang
224 MERCURE DE FRANCE.
Voulant en vain m'affranchir ,
Je fuis contraint de fléchir
Sous le poids de mon martyre.
Mes yeux ne peuvent point lire ,
Ni ma main fe délaffer
A négligemment tracer
Le délicat badinagę .
Qu'enfante un efprit volage ,
Animé de tendres feux .
Enfin , dites - moi , mes yeux ,
Dans la douleur qui m'accable,
Envers vous fuis - je coupable
De quelque dur traitement ?
D'un fatal entêtement
Suivant l'odieux caprice ,
Ai-je donc eû l'injuſtice
De vous forcer à veiller
Chaque nuit , pour débrouiller
Le vain tas d'Ecrits Gothiques ,
Et des Médailles antiques ,
Malheureux reftes du Tems ,
Les mots durs & rebutans ?
Ai-je confacré mes veilles ,
Aux fades contes de vieilles ,
Au cruel Dieu des Amours ,
Aux foupleffes , aux détours
Dont on faifoit dans la Gréce
Un mérite à la jeuneſſe ›
Non ,
FEVRIER. 1744.
225
Nón , vous ne m'avez jamais
Convaincu de tels forfaits.
Exempt de crainte & d'allarmes ,
Je goûte toûjours les charmes
Que m'offrent les doux pavots.
En vain.contre mon repos
Les cris des paffans ſe liguent ;
Vainement ils fe fatiguent
Pour hâter mon lent reveil ;
Si lorfqu'après mon fommeil ,
Il me reste encor du vuide ,
Auprès du galant Ovide
Je vais paffer ces inſtans ;
D'Horace les jeux charmans ,
Et les amours de Catule
Des tendres feux dont je brûle
Viennent aiguiler les traits :
Pourquoi donc de ces bienfaits.
M'ôtez vous la joüiffance ?
Pourquoi de votre aſſiſtance
Me priver fi triftement,
Moi , qui vis paisiblement ,
Sans foins , fans inquiétude ,
Qui fais la guerre à l'étude ,
Et confacre au doux plaifir
Mon tems , mon bien , mon loifir
Eft- ce là de ma conduite
Reconnoître le mérite ,
3 Ingrats,
226 MERCURE DE FRANCE.
Ingrats , que j'ai trop aimés ?
Par vous , mes jours parfemés
De troubles & de trifteffe ,
Dans l'été de ma jeuneſſe
Précipitent mon hyver.
Quoi donc , ce qui m'eft plus cher
Que tous les tréſors du monde ,
D'une haine fans feconde
Récompenfe mon amour !
Par l'espoir d'un prompt retour ,
Ingrats , dont l'horreur m'enflâme ,
Puiffai- je au moins dans mon ame
Verfer la férénité ,
Que votre infidélité ,
Aux plus beaux jours de ma vie ,
En a pour toujours bannie !
GAVOTY.
A Toulon , le 4
Mai
1743-
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Résumé : EPITRE à mes yeux, sur la maladie dont ils ont été affligés au commencement du Printems.
Dans une épître, l'auteur exprime sa détresse face à une perte temporaire de la vue survenue au début du printemps. Il considère ses yeux comme plus précieux que sa vie et se demande pourquoi il est frappé de cécité partielle, comparant sa situation aux vents printaniers. Il décrit son état comme celui d'une personne faible et chancelante, craignant la disparition imminente de la lumière et l'arrivée de l'obscurité et de la terreur. Le matin, ses yeux enflés et abattus ne distinguent que des objets confus et sombres. Le soir, il erre seul dans les ténèbres, incapable de lire ou d'écrire. Il nie avoir maltraité ses yeux par un excès de travail intellectuel et affirme mener une vie paisible, sans soucis ni études. Il accuse ses yeux d'ingratitude, les jugeant responsables de son déclin malgré son amour pour eux. Il espère qu'ils retrouveront leur fidélité, car leur infidélité a perturbé sa sérénité. Le texte se conclut par une expression de douleur et de désespoir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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315
p. 1780-1784
LETTRE de M. Boyer, Médecin ordinaire du Roi, & de S. A. S. Mad. la Duchesse du Maine, Docteur Régent de la Faculté de Médecine de Paris, Censeur Royal, écrite à M. Malouin, Docteur-Régent de la même Faculté de l'Académie Royale des Sciences, & Censeur Royal.
Début :
Vous avez raison, M. & très-cher Confrere, d'être surpris que M. Bruyere, [...]
Mots clefs :
Jean-Baptiste Silva, Roi, Saignée, M. Bruyère, Jean-Claude-Adrien Helvétius, Censeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Boyer, Médecin ordinaire du Roi, & de S. A. S. Mad. la Duchesse du Maine, Docteur Régent de la Faculté de Médecine de Paris, Censeur Royal, écrite à M. Malouin, Docteur-Régent de la même Faculté de l'Académie Royale des Sciences, & Censeur Royal.
LETTRE de M. Boyer , Médecin ordinaire
du Roi , & de S. A. S. Mad, la Ducheffe
du Maine , Docteur Régent de la Faculté
de Médecine de Paris , Cenfeur Royal,
écrite à M. Malouin , Docteur- Régent de
la même Faculté de l'Académie Royale des
Sciences, Cenfeur Royal.
Vfrere ,d'être
Ous avez raifon , M. & très-cher Confree,
terrefurpris que M. Bruyere ,
Editeur d'une Collection de divers Ouvrages
& Piéces fugitives de feu MM. Chirac
& Silva , ait mis fur le compte de ce dernier
une Differtation fur la néceffité des faignées
révulfives dans les maladies inflammatoires
, dont vous êtes l'Auteur.
*
M. Bruyere vous dira fans doute, qu'ayant
trouvé dans les papiers de M. Silva , une
Theſe où il n'a vû votre nom qu'en qualité
deRépondant, tandis que M.Silva préfidoit à
l'Acte où elle fût agitée dans nos Ecoles , il
n'avoit pas héfiré d'en croire M. Silva l'Auteur
, parce que les Préfidens dans nos Eco-
* On appelle faignée révulfive , celle qui fe prati
que toutes les fois qu'on veut dégager une partie , où le
Sang fe porte en trop grande abondance , en l'attirant
dans une partie opposée.
les ,
AOUST. 1744. 1781
?
les , font , comme l'on fçait , cenfès être les
Auteurs des Théfes qui s'y foutiennent , &
ils le font prefque toujours , à moins qu'il
ne fe rencontre des Bacheliers capables de
les compofer , comme vous l'êtiez dès -lors .
D'ailleurs , le fujet de la Théfe favorifoit
cette croyance , parce qu'il rouloit fur une
Doctrine , dont M. Silva venoit de fe déclarer
publiquement le Défenfeur , au point
d'employer le peu de loifir que lui laiffoient
fes affaires , à établir par un calcul hydrauli
que , une Théorie qui pût rendre raifon des
fuccès d'une pratique , qui lui avoit réüffi
dans tant d'occafions. Ainfi M. Bruyere ,
comme vous voyez , a pû facilement fe
tromper fur la Théfe dont vous êtes l'Auteur
; l'Elégance avec laquelle elle eft écrite ,
en fait l'éloge , & on reconnoît aisément au
ftyle l'Auteur de la Differtation fur la Mufique
, qui a été fi applaudie .
On revient de toutes les erreurs , à plus
forte raifon des méprifes , & je fuis sûr ,
comme j'ai eu l'honneur de vous le dire ,
que M. Bruyere vous rendra toute la Juſtice
qui vous eft dûë. Il est tombé dans une
bien plus grande faute à l'égard de M. Helvetius
, Premier Médecin de la Reine , notre
digne Confrere , dans le Mémoire qu'il
a publié pour fervir à l'Hiftoire de la Vie de
M. Silva , pag. 91 , en difant ce qui fuit :
» Sa
1782 MERCURE DE FRANCE.
Sa réputation déjà établie le fit appeller
par M. le Duc d'Orleans Régent , dans les
» Confultations qui furent faites au Châtean
» des Tuilleries fur le danger où le Roi fe trou-
» voit alors ; la faignée du pied , qui avoit fi
» bien fervi M. Silva dans la Cure de M. le
» Duc de Beauvilliers , ne lui manqua pas dans
» cette occafion importante ; ce remède qu'il
» confeilla , comme le plus jeune des Conful-
» tans , ayant été adopté par les autres , lui
procura la gloire de rendre à la France un
» Roi , l'objet de fes inquiétudes & de fes allar-
» mes , qui lui marqua fon eftime & Sa reconnoiffance
par un Brévet de 1500 liv. de
» pension , & c.
Quoi de plus fimple & de plus natufel
en apparence , que cette narration ? & qui,
de ceux, qui n'ont pas été témoins de ce fait,
n'y ajouteroit pas une foi entiere ? Je fuis
moi-même de ce nombre , étant alors enfermé
par ordre du Roi dans Marſeille , affligée
de la pefte , où j'ai été pendant plus de deux
ans , fans fçavoir ce qui fe paffoit à Paris. A
mon retour , j'entendis parler de ce fait à
M. Silva , avec qui , vous fçavez , que j'étois
extrêmement lié , & d'une maniere approchante
du recit de M. Bruyere ; ce fait
étoit affés flateur pour vouloir y avoir quelque
part.
Il eft vrai que M. Silva fut appellé aux
ConAOUST.
1744: 1783
Confultations , qui furent faites pour le
Roi au Château des Tuilleries ; il est vrai
auffi qu'il fe trouva le plus jeune des Confultans
; il n'eft pas moins vrai qu'il fut gratifié
d'un Brévet de 1500 1. de penfion
mais tout ce raifonnement de M. B. fe trouve
détruit par la feule date de la faignée du
pied , qui fût faite la veille du jour que M.
Silva fut appellé. Elle fut propofée par M.
Helvétius , adoptée par M. Dodart , Premier
Médecin de S. A. R. Mad. la Ducheffe
d'Orleans. Cette faignée trouva bien des
contradictions de la part des Courtisans ,
mais elle fut foutenue avec tant de chaleur ,
& par de fi bonnes raifons par M.Helvétius,
qu elle fut faite à l'inftant , & fuivie de tout
le fuccès qu'on en pouvoit attendre.
Voilà , mon très -cher Confrere , à quoi
font exposés les Editeurs , qui n'approfondiffent
pas affés la vérité des faits , furtout
quand ils font auffi récents que celui- ci , &
qu'on peut les apprendre de perfonnes encore
vivantes , qui en ont été les témoins.
Je ne doute pas que M. Bruyere ne reconnoiffe
l'erreur où il eft tombé à l'égard
de M. Helvétius , au fujet de la faignée du
pied , qui prevint le danger où étoit la
France de perdre un Roi , l'objet de fon
Amour , l'admiration aujourd'hui de toute
l'Europe. Ce fujet eft trop confiderable , &
trop
#784 MERCURE DE FRANCE.
•
trop flateur pour n'en pas rapporter la
gloire à celui qui la mérite. J'efpere que
I'Editeur rectifiera en même- tems ce qui
vous regarde. Pour moi , qui ai lû ce Livre,
par ordre de M. le Chancelier , j'ai rempli
mon devoir de Cenfeur : à l'égard des faits ,
je n'en fuis garant , comme vous fçavez ,
qu'autant qu'ils peuvent intéreffer l'État oy
la Religion. J'ai l'honneur d'être , &c.
A Paris , le 10 Juin 1744,
du Roi , & de S. A. S. Mad, la Ducheffe
du Maine , Docteur Régent de la Faculté
de Médecine de Paris , Cenfeur Royal,
écrite à M. Malouin , Docteur- Régent de
la même Faculté de l'Académie Royale des
Sciences, Cenfeur Royal.
Vfrere ,d'être
Ous avez raifon , M. & très-cher Confree,
terrefurpris que M. Bruyere ,
Editeur d'une Collection de divers Ouvrages
& Piéces fugitives de feu MM. Chirac
& Silva , ait mis fur le compte de ce dernier
une Differtation fur la néceffité des faignées
révulfives dans les maladies inflammatoires
, dont vous êtes l'Auteur.
*
M. Bruyere vous dira fans doute, qu'ayant
trouvé dans les papiers de M. Silva , une
Theſe où il n'a vû votre nom qu'en qualité
deRépondant, tandis que M.Silva préfidoit à
l'Acte où elle fût agitée dans nos Ecoles , il
n'avoit pas héfiré d'en croire M. Silva l'Auteur
, parce que les Préfidens dans nos Eco-
* On appelle faignée révulfive , celle qui fe prati
que toutes les fois qu'on veut dégager une partie , où le
Sang fe porte en trop grande abondance , en l'attirant
dans une partie opposée.
les ,
AOUST. 1744. 1781
?
les , font , comme l'on fçait , cenfès être les
Auteurs des Théfes qui s'y foutiennent , &
ils le font prefque toujours , à moins qu'il
ne fe rencontre des Bacheliers capables de
les compofer , comme vous l'êtiez dès -lors .
D'ailleurs , le fujet de la Théfe favorifoit
cette croyance , parce qu'il rouloit fur une
Doctrine , dont M. Silva venoit de fe déclarer
publiquement le Défenfeur , au point
d'employer le peu de loifir que lui laiffoient
fes affaires , à établir par un calcul hydrauli
que , une Théorie qui pût rendre raifon des
fuccès d'une pratique , qui lui avoit réüffi
dans tant d'occafions. Ainfi M. Bruyere ,
comme vous voyez , a pû facilement fe
tromper fur la Théfe dont vous êtes l'Auteur
; l'Elégance avec laquelle elle eft écrite ,
en fait l'éloge , & on reconnoît aisément au
ftyle l'Auteur de la Differtation fur la Mufique
, qui a été fi applaudie .
On revient de toutes les erreurs , à plus
forte raifon des méprifes , & je fuis sûr ,
comme j'ai eu l'honneur de vous le dire ,
que M. Bruyere vous rendra toute la Juſtice
qui vous eft dûë. Il est tombé dans une
bien plus grande faute à l'égard de M. Helvetius
, Premier Médecin de la Reine , notre
digne Confrere , dans le Mémoire qu'il
a publié pour fervir à l'Hiftoire de la Vie de
M. Silva , pag. 91 , en difant ce qui fuit :
» Sa
1782 MERCURE DE FRANCE.
Sa réputation déjà établie le fit appeller
par M. le Duc d'Orleans Régent , dans les
» Confultations qui furent faites au Châtean
» des Tuilleries fur le danger où le Roi fe trou-
» voit alors ; la faignée du pied , qui avoit fi
» bien fervi M. Silva dans la Cure de M. le
» Duc de Beauvilliers , ne lui manqua pas dans
» cette occafion importante ; ce remède qu'il
» confeilla , comme le plus jeune des Conful-
» tans , ayant été adopté par les autres , lui
procura la gloire de rendre à la France un
» Roi , l'objet de fes inquiétudes & de fes allar-
» mes , qui lui marqua fon eftime & Sa reconnoiffance
par un Brévet de 1500 liv. de
» pension , & c.
Quoi de plus fimple & de plus natufel
en apparence , que cette narration ? & qui,
de ceux, qui n'ont pas été témoins de ce fait,
n'y ajouteroit pas une foi entiere ? Je fuis
moi-même de ce nombre , étant alors enfermé
par ordre du Roi dans Marſeille , affligée
de la pefte , où j'ai été pendant plus de deux
ans , fans fçavoir ce qui fe paffoit à Paris. A
mon retour , j'entendis parler de ce fait à
M. Silva , avec qui , vous fçavez , que j'étois
extrêmement lié , & d'une maniere approchante
du recit de M. Bruyere ; ce fait
étoit affés flateur pour vouloir y avoir quelque
part.
Il eft vrai que M. Silva fut appellé aux
ConAOUST.
1744: 1783
Confultations , qui furent faites pour le
Roi au Château des Tuilleries ; il est vrai
auffi qu'il fe trouva le plus jeune des Confultans
; il n'eft pas moins vrai qu'il fut gratifié
d'un Brévet de 1500 1. de penfion
mais tout ce raifonnement de M. B. fe trouve
détruit par la feule date de la faignée du
pied , qui fût faite la veille du jour que M.
Silva fut appellé. Elle fut propofée par M.
Helvétius , adoptée par M. Dodart , Premier
Médecin de S. A. R. Mad. la Ducheffe
d'Orleans. Cette faignée trouva bien des
contradictions de la part des Courtisans ,
mais elle fut foutenue avec tant de chaleur ,
& par de fi bonnes raifons par M.Helvétius,
qu elle fut faite à l'inftant , & fuivie de tout
le fuccès qu'on en pouvoit attendre.
Voilà , mon très -cher Confrere , à quoi
font exposés les Editeurs , qui n'approfondiffent
pas affés la vérité des faits , furtout
quand ils font auffi récents que celui- ci , &
qu'on peut les apprendre de perfonnes encore
vivantes , qui en ont été les témoins.
Je ne doute pas que M. Bruyere ne reconnoiffe
l'erreur où il eft tombé à l'égard
de M. Helvétius , au fujet de la faignée du
pied , qui prevint le danger où étoit la
France de perdre un Roi , l'objet de fon
Amour , l'admiration aujourd'hui de toute
l'Europe. Ce fujet eft trop confiderable , &
trop
#784 MERCURE DE FRANCE.
•
trop flateur pour n'en pas rapporter la
gloire à celui qui la mérite. J'efpere que
I'Editeur rectifiera en même- tems ce qui
vous regarde. Pour moi , qui ai lû ce Livre,
par ordre de M. le Chancelier , j'ai rempli
mon devoir de Cenfeur : à l'égard des faits ,
je n'en fuis garant , comme vous fçavez ,
qu'autant qu'ils peuvent intéreffer l'État oy
la Religion. J'ai l'honneur d'être , &c.
A Paris , le 10 Juin 1744,
Fermer
Résumé : LETTRE de M. Boyer, Médecin ordinaire du Roi, & de S. A. S. Mad. la Duchesse du Maine, Docteur Régent de la Faculté de Médecine de Paris, Censeur Royal, écrite à M. Malouin, Docteur-Régent de la même Faculté de l'Académie Royale des Sciences, & Censeur Royal.
Dans sa lettre adressée à M. Malouin, M. Boyer, médecin du Roi et de la Duchesse du Maine, corrige deux erreurs éditoriales commises par M. Bruyère. La première erreur concerne l'attribution d'une dissertation sur la nécessité des saignées révulsives dans les maladies inflammatoires. Bruyère avait attribué cette œuvre à M. Silva, alors qu'elle est en réalité écrite par M. Malouin. La confusion est née du fait que Bruyère avait trouvé une thèse où Malouin apparaissait seulement comme répondant. De plus, la doctrine défendue par Silva et l'élégance du style de la dissertation rappelaient celles de Malouin sur la musique. La seconde erreur de Bruyère concerne M. Helvetius, premier médecin de la Reine. Bruyère avait écrit que Silva avait été appelé lors des consultations pour le Roi au Château des Tuileries et avait conseillé une saignée au pied, ce qui lui avait valu une pension. Boyer rectifie cette information en précisant que la saignée avait été proposée par Helvetius et adoptée par Dodart, le premier médecin de la Duchesse d'Orléans, la veille de l'appel de Silva. Cette correction est cruciale car elle rétablit la vérité sur l'acte médical en question. Boyer exprime l'espoir que Bruyère reconnaîtra ses erreurs et rectifiera ses publications. Il met en garde contre les dangers des erreurs éditoriales, particulièrement lorsqu'elles portent sur des faits récents et des personnes encore vivantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
315
316
p. 1807-1822
SÉANCE PUBLIQUE de l'Académie Royale de Chirurgie, à laquelle présida M. de Malaval, Directeur, en l'absence de M. de la Peyronie, Premier Chirurgien & Médecin Consultant de Sa Majesté, le 2 Juin 1744.
Début :
MR Hévin, Sécretaire pour les correspondances, fit en l'absence de M. [...]
Mots clefs :
Dissolvant, André Levret, Blanc d'oeuf, Tumeurs, Liqueur, Expériences, Lymphe, Sang, Lait, Sucs, Couennes lymphatiques, Expérience, Médicament, Remède, Substances, Maladie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE PUBLIQUE de l'Académie Royale de Chirurgie, à laquelle présida M. de Malaval, Directeur, en l'absence de M. de la Peyronie, Premier Chirurgien & Médecin Consultant de Sa Majesté, le 2 Juin 1744.
SEANCE PUBLIQUE de l'Académie
Royale de Chirurgie , à laquelle préfida
M. de Malaval , Directeur , en l'abfence
de M. de la Peyronie , Premier
Chirurgien Médecin Confultant de Sa
Majefté , le 2 Juin 1744.
M
R Hévin , Sécretaire pour les correfpondances
, fit en l'abſence de M.
Quefnay , Sécretaire , l'ouverture de la
Séance . Il déclara que l'Académie avoit adjugé
le Prix fur la matiére des Remedes
Emolliens , au Mémoire N °. 7 , qui a pour
Deviſe les treize Lettres fuivantes , P. F. G.
M. E. A. C. P. D. L. D. D. L. Ce Mémoire
eft de M. Graffot , Maître ès Arts , & Chirurgien
Major de l'Hôtel- Dieu de Lyon.
L'Académie lui a auffi accordé des Lettres
d'Affocié Correfpondant . De tous les autres
Ouvrages , qui ont mérité d'être admis au
concours , les Mémoires Nº . 11 , & N °. IV,
ont le plus approché de celui qui a remporté
le Prix . Le No. 11 a pour Devile Sat cito,
fi fat bene ; le Mémoire eft de M. Guyot ,
Maître en Chirurgie à Genéve ; le N°.IV ,
eft terminé ces trois Vers de Lucrece.
par
Animi
808 MERCURE DE FRANCE.
Animi tenebras neceffe eft
Non radii Solis , nec lucida tela diei
Discutiant ,fed NaturaSpecies , ratioque.
Le dernier Mémoire eft de M. Louis ,
Maître ès Arts , fils du Lieutenant de M. le
Premier Chirurgien du Roi à Metz , ancien
Chirurgien , Aide - Major des Camps & Armées
du Roi , ancien Chirurgien Major du
Régiment du Commiflaire Général de la
Cavalerie , & aujourd'hui Chirurgien gagnant
Maîtrife à l'Hôpital Général de Paris
, en la Maifon de la Salpêtriere.
M. Hevin lût enfuite les Eloges de M.
'Andoüillé, le pere , Membre de l'Académie,
ancien Prévôt de fa Compagnie , & Démonftrateur
Royal pour les Maladies des
Os , & de M. Perron , le pere , Confeiller
du Committé perpétuel de l'Académie ,
Chirurgien Herniaire de l'Hôtel Royal des
Invalides , & de tous les Hôpitaux Militaires
du Royaume , tous deux morts depuis la
Séance publique de l'année derniere .
M. Levret fit la lecture du précis d'un
très-long Mémoire , lû dans les Séances particulieres
de l'Académie , dans lequel il démontre
, par un grand nombre d'Expériences
Phyfiques , & par quelques Faits de pratique
, la poffibilité de fondre ou réfoudre
les Tumeurs Squirrenfes , Scrophuleuſes ,
CanA
O UST. 1744. 1809
Cancereufes & autres , faites par l'engorgement
ou par l'extravafation de la Lymphe
épaiffie & endurcie , foit dans les glandes ,
foit dans le tiffu cellulaire des graiffes.
M. Levret commençe par expofer dans
ce Mémoire , qu'il a travaillé à l'imitation
de Mrs de la Peyronie , Petit , Quefnay ,
Bouquot , Faget & Dufoüart , qui ont fait
une quantité d'Expériences pour découvrir
la nature des humeurs , qui entroient dans
la compofition de ces fortes de Tumeurs ,
tant pour en diftinguer l'état contre nature,
d'avec l'état fain , que pour reconnoître les
divers degrés de dépravation , où ces humeurs
pouvoient être parvenuës. M. Levret
a repeté les mêmes Expériences , & il s'eft
convaincu , ainfi que ces Meffieurs , 1 ° . que
les Tumeurs Squirreufes, Cancereufes , &c.
étoient faites de fucs , en partie albumineux
, & en partie gelatineux , & il croit
avoir découvert leurs juftes proportions relatives
. 2 °. Que la ftagnation de ces fucs, &
la diffipation de leur Serum , fuffifoit pour
produire le Squirre. 3 ° . Que la perverſion
de ces mêmes fucs , occafionnée par le mouvement
fpontané de putréfaction , étoit laˆ
caufe des cruelles douleurs, & autres grands
accidens , qui font périr les Malades , lorfque
l'Opération ( feul fecours qui refte en
pareil cas ) n'eft plus praticable . Ces decou-
E vertes
1810 MERCURE DE FRANCE:
vertes l'ont conduit à pouvoir déterminer
le tems où l'on peut effayer de traiter ces
fortes de Tumeurs , par la voye de la Réfolution.
L'Auteur donne enfuite la Deſcription de
fon Médicament diffolvant ou fondant, qui
a pour baze le Sel fixe de Tartre , & pour
véhicule l'Eau de pluye diftillée ; ce Remede
eft une Liqueur potable , auffi lympide
que la plus belle Eau ; elle n'a nulle odeur ,
& fa faveur eft très-fupportable. Comme M.
Levret, lors de la découverte de fon Diffolvant
, n'avoit pas en main des Tumeurs
Squirreufes, Cancereufes, &c. pour faire fes
Expériences , il fe détermina à le mettre en
épreuve fur des fubftances reconnuës , en
quelque forte , analogues à l'humeur qui
produit ces efpeces de Tumeurs ; il choifit
pour cet effet des Coënes lymphatiques ,
qui fe forment fur le fang que l'on tire dans
les Maladies inflammatoires, du blanc d'oeuf,
cuit & crud , de la lymphe , du lait frais
caillé , &c .
M. Levret prit d'abord une de ces Coënes
lymphatiques ; il la mit fur le feu , dans un
vaiffeau de terre , avec huit onces de fon
Diffolvant ; dès que la liqueur fut prête
à bouillir , il s'apperçut que la Coëne
s'étoit gonflée , & qu'elle étoit devenuë
tranfparente, & en un quart d'heure d'ébullition
A O UST. 1744. 1811
Jition , elle fut exactement diffoute . L'Auteur
fait obferver qu'il étoit resté à la Coëne
quelques petits caillots de fang ; il fe trouva
au fond du vafe , après la parfaite diffolu
tion de cette Coëne , de petits grumeaux
noirs , qu'il foupçonna être la partie rouge
du fang, qui y étoit demeurée incrustée ; pour
s'en affûrer , il recommença l'Expérience
avec une Coëne lavée & bien blanchie ; il
ne refta aucuns grumeaux , ce qui le perfuada
de la réalité de fon foupçon ; on verra
ailleurs les conféquences qu'il tire de ce
Phénomene. M. Levret a répeté ces Expériences
, tant à froid , qu'à la chaleur du fumier,
avec des Coënes fraîches & feches , lavécs,
ou non lavées; elles ont été toutes diffoutes,
fans avoir acquis de mauvaiſe odeur,
les unes plûtôt , les autres plus tard , fuivant
leur plus ou moins de denfité,la température
de la liqueur ou de l'air, le repos, ou le mouvement
qui leur avoit été communiqué.
L'Auteur n'étoit pas content d'avoir vu
diffoudre parfaitement ces Coënes ; il voulut
fçavoir fi le même moyen qui les fondoit
, pourroit empêcher qu'elles ne fe formaffent.
Pour s'en affûrer , il profita de l'occafion
d'un Pleuretique , à qui il avoit déja
tiré à plufieurs reprifes , un fang extrêmement
coëneux. La Maladie exigeant de nouvelles
faignées , il tira deux palettesde fang
E ij
1812 MERCURE DE FRANCE.
à l'ordinaire, & une troifiéme dans une pin
te de fon Diffolvant tiéde . Il eut la fatifaction
de voir que le fang y refta en diffolution
, & que celui qui avoit été tiré dans
les palettes , devint coëneux. Cette Expérience
, qu'il répeta une feconde fois , lui fit
imaginer de donner fonDiffolvant en boiffon
au Malade , le fixième jour de la Maladie
, après neuf faignées , qui n'avoient
point diminué les accidens ; il arriva en
vingt-quatre heures un changement manifefte
en mieux ; les urines , qui n'avoient
coulé jufques- là qu'en petite quantité &
roufsâtres , devinrent abondantes & faffranées
; il furvint des fueurs foetides , qui terminerent
la Maladie en peu de jours.
M. Levret avoüe de bonne foi , que ce
fuccès apparent ne le flata
ne le flata pas beaucoup , &
qu'il ne fe crut pas autorifé à regarder comme
l'effet de fon Reméde , une Guérifon
qu'on pouvoit auffi attribuer aux faignées ,
au Régime , aux autres Remedes dont on
s'étoit fervi , & même au tems qu'avoit duré
la Maladie . En homme fage , il fufpendit
fon Jugement jufqu'à- ce qu'il fe préſentât
de nouvelles occafions de faire ufage de fon
Remede. Il en donna fucceffivement à trois
Pleuretiques , avec le même fuccès , à l'un
après fix faignées , à l'autre , après cinq , &
au dernier , après quatre . Une Erefipele au
vifage
A O UST. 1744. 1813
1
vifage fournit auffi à peu près dans le même
tems à l'Auteur une autre occafion de
preuve. Après avoir fait plufieurs faignée
des bras & des pieds , fans aucun changement,
( le fang fe trouvant fort coëneux ) il
fit ufage de fon Diffolvant , tant intérieurement
, qu'en topique , & le Malade fut parfaitement
guéri le feptiéme jour. M. Levret
ne voulut pas être feul témoin des bons effets
de fon Remede ; il en fournit à plufieurs
de fes Confreres , qui tous s'en font
très-bien trouvés dans diverfes Maladies in-
Aammatoires. Il termine ces premieres Expériences
, en avertiffant qu'il eft bien éloigné
de croire que fon Diffolvant ait la propriété
de faire feul ces Cures , mais qu'il le
regarde comme un moyen qui peut concourir
puillamment à cet effet , étant aidé de la
diette , des faignées , &c. & dirigé avec
beaucoup de prudence.
M. Levret n'a pas oublié de rapporter une
chofe affés finguliere , qui arriva au Malade
de l'Erefipele au vifage , & à qui il tira du
fang du pied dans fon Diffolvant . Cet homme
portoit depuis trente ans fur le tarfe
un ganglion très-dur , & gros comme une
aveline. Le bain feul du pied dans le Diffolvant
chaud pour la faignée,ramollit beaucoup
cette Tumeur; l'application de compref-
Les imbues de la même Liqueur , en procure→
E iij
rent
1814 MERCURE DE FRANCE.
rent la refolution parfaite dans l'efpace de
trois semaines.
Satisfait en quelque maniere du fuccès
de fes Expériences fur les Coënes lymphatiques
, il voulut les effayer fur le blanc
d'oeuf, que l'on fçait être fort analogue
avec la partie albumineufe de la lymphe ,
qui furabonde dans lesTumeurs Squirreufes,
Ĉancereufes , &c. Il mit le blanc d'un oeuf
frais crud , dans une bouteille , avec huit
onces de Diffolvant ; il les mêlangea exactement
, & les mit au bain-marie ; la Liqueur
fut une heure en ébullition , fans que
le blanc d'oeuf prît aucune confiftance ; le
mêlange refta lympide & de couleur de
paille ; il fe fit feulement , en refroidif
fant , une espece de précipité dont on va
parler.
M. Levret obferva dans cette Expérience
trois chofes remarquables , 1 ° . que le blanc
d'oeuf n'a pû prendre aucune confiftance ,
quoiqu'il ait bouilli dans la Liqueur pendant
une heure. 2 ° . Que les ligamens qui
attachent le jaune de l'oeuf au blanc , & que
quelques-uns nomment le germe de l'oeuf,
devinrent auffi durs que des ganglions.
3 °. Que la pellicule lucide , qui enveloppe
la partie la plus folide du blanc d'oeuf , ne
fut point détruite par le Diffolvant. Elle
étoit feulement devenuë opaque , & elle
Y
formoir
AOUST. 1744 1815
le
formoit avec les ligamens ou le germe ,
précipité dont on a parlé. Ces trois Phénoménes
femblent devoir faire naître les refléxions
fuivantes. 1 °. Que cette Liqueur paroît
être le vrai Diffolvant des fucs albumineux
, puiſqu'elle les tient en fonte , malgré
l'action du feu, z ° . Qu'elle ne paroît
attaquer que ces fucs , puifqu'elle ne fond
pas la pellicule lucide , qui enveloppe immédiatement
le blanc d'auf. 3 ° . Qu'elle
donne du reffort aux parties folides , puif-
'elle durcit les ligamens ou le germe, qui
font de ce genre .
qu'elle
Il ne fuffifoit pas d'avoir éprouvé que le
Diffolvant tenoit le blanc d'oeuf en fonte
ou fluide ; il falloit voir s'il pourroit fondre
ce même blanc d'oeuf , durci par la cuiffon.
On va voir par l'Expérience fuivante , que
M. Levret y a réiiffi. Il fit durcir un oeuf
frais , il le dépouilla de fa coque , il fépara
le jaune du blanc , il coupa ce dernier par
lardons , qu'il mit au bain-marie dans une
bouteille de verre blanc, avec huit onces de
Diffolvant ; le blanc d'oeuf s'y diffout peu
peu,& il fe trouva en fonte parfaite après fix
heures d'ébullition ; on voyoit dans la Liqueur
les portions de pellicules qui couvroient
le blanc d'oeuf dans fon état naturel ;
elles avoient confervé la forme qui leur
avoit été donnée en le coupant par mor-
E iiij ceaux ;
1816 MERCURE DE FRANCE.
ceaux ; ce qui prouve encore que le Diffolvant
n'agit point fur les parties folides . L'Expérience
qui fuit en fournit une nouvelle
preuve. Il mit un jaune d'oeuf crud dans
du Diffolvant boüillant ; il y prit une
confiftance dure & folide , comme il arrive
dans l'eau commune bouillante . Le Diffol
vant fit en cette occafion ce qu'il avoit déja
fait à la Coëne , mife en ébullition ; la partie
rouge du fang , qui y étoit incruftée , s'y
étoit cuite & endurcie. De tout l'oeuf, il ne
fe diffout donc que le blanc , & des Coënes
que les Coënes mêmes.
Ce qui s'eft paffé dans les Coënes & le
blanc d'oeuf peut être mis en parallele avec
les Expériences particulieres que M. Levret
fit enfuite für la Lymphe. En effet il a éprou
vé , 1 ° . que la Lymphe , mêlée avec le Dif
folvant , & mife en ébullition , n'a pû prendre
aucune confiftance. 2 ° . Que cette même
Lymphe durcie au feu , comme le blanc
d'oeuf , s'eft parfaitement fondue dans le
Diffolvant. 3 ° . Que quand la Lymphe ſe
trouve chyleufe , la diffolution refte louche,
tant qu'elle eft chaude , & qu'en refroidiffant
, elle s'éclaircit par la précipitation des
parties chyleufes , qui y étoient fufpenduës,
& non altérées par l'action du Diffolvant.
Mais , continue M. Levret , » ces fubftances
» étant naturellement diaphanes , il étoit
" difficile
A O UST. 1744. 1817
>>
"
par
» difficile d'apperce voir à la vûë , fi aprè
»l'action du Diffolvant leurs molécules
» avoient été alterées ou non. Je conjectu-
» rois la fluidité , qu'elles avoient con-
»fervée , ou qui leur avoit été renduë ,
qu'elles étoient reftées, ou qu'elles étoient
» rentrées dans leur état naturel , mais cela
» ne m'affûroit pas démonftrativement que
» dans le dernier de ces deux cas , ces ſubf-
» tances euffent été rétablies dans leur premiere
intégrité. Pour en être certain , il
» étoit donc néceffaire de l'éprouver fur
quelque fubftance qui pût mieux tomber
» fous les fens. Le Lait , qui a des parties dif
» tinctes & très-perceptibles à la vûë , m'a
file convaincu Diffolvant détruit que
» quelque chofe dans les compofés acciden-
» tels , ce n'eft que pour leur rendre leur
» forme naturelle , en mettant en liberté
>> leurs molécules ftagnantes , aufquelles , en
>> rendant le mouvement , il femble , pour
» ainfi-dire , rendre la vie.
»
»
M. Levret mêla enſemble parties égales
de Lait & de Diffolvant ; il les laiffa à froid
pendant vingt- quatre heures , fans y apperaucun
changement ; il mit enfuite le
mêlange fur le feu . Le Lait , ainfi mixtionné
, monta au premier moment de l'ébulli
tion , comme s'il eût été feul ; il perdit feulement
fa grande blancheur , & devint un
E v peu
1818 MERCURE DE FRANCE
peu roux, M. Levret, curieux de voir fi dans
cet état le Lait tourneroit en y jettant un acide,
y verfa quelques gouttes de vinaigre, qui
le cailleboterent fur le champ. Mais ce qu'il
Y a de fingulier , c'eft que ces mêmes caillebots
, jettés dans du Diffolvant chaud ou
froid , s'y fondent , & le lait reprend fa
premiere forme , fur tout à froid , comme
cela eft prouvé par l'Expérience qui fait.
M. Levret mit une cueillerée de caillé.
fait avec la préfure ordinaire , dans un Vaſe
de verre , avec huit onces de Diffolvant
froid ; au bout d'une heure , la Liqueur devint
blanchâtre , ce qui continua d'augmen
ter toujours de plus en plus ; douze heures.
après , il ne pouvoir plus voir le morceau de
caillé que par deffus la Liqueur, parce qu'el
le s'étoit rendue opaque , en devenant laiteufe.
Le lendemain à pareille heure , il
trouva à la place du caillé , une pellicule de
crême , d'un blanc laiteux , comme fi l'on
eût ajoûté au Diffolvant autant de Lait qu'on
y avoit mis de caillé.
Content de cet effet , qui fe paffa à froid
en 36 heures , il voulut éprouver ce qui
arriveroit à la chaleur ; il mit fur le feu un
pareil volume de caillé , avec une pareille
quantité de Diffolvant dans un vaiffeau de
terre. A mefure que la Liqueur s'échauffoit,
le caillé fe fondoit , & au premier moment
de
AOUS T. 1744 1819
de l'ébullition , le mêlange s'éleva , comme
auroit fait du Lait coupé ; il fe fit à la furface
une pellicule de crême cuite , & la Liqueur
laiteufe refta uniforme , quoique
refroidie. Il a repeté cette derniere Expérience
avec differens Fromages , tels
que ceux de Brie , Saffenage , Roquefort ,
Gruyere , Hollande , Parmefan , &c. ils
ont été tous diffouts très- promptement , &
ont confervé fous cette nouvelle forme leur
couleur , leur odeur & leur goût ; on peut
donc conclure que cet Agent ne fait que
défunir les molécules des fubftances , fansles
altérer ni les détruire .
L'Auteur , en fuivant cette idée , conjectura
que l'application de ce Médicament
pourroit produire de bons effets fur les Tumeurs
laiteufes, qui arrivent aux mammelles
des femmes après leurs couches ; il l'éprou
va avec beaucoup de fuccès fur une Dame
attaquée de cette Maladie , dont elle fouf
froit confidérablement depuis trois femaines
; elle fut guérie en huit jours , par le
moyen de compreffes imbibées de cette Liqueur
, pofées fur la partie , & que l'on
avoit foin d'entretenir chaudes & humides .
Il avoit tout lieu d'être fatisfait du fuccès
de fes Expériences fur les diverfes fubftances
qu'il y avoit employées ; mais il lui reftoit
à éprouver fon Diffolvant fur de v ayes
E vj Tu1820
MERCURE DE FRANCE.
Tumeurs Cancereufes ; c'étoit même fon objet
principal . Enfin il eut occafion d'avoir
trois de ces Tumeurs ; il répeta fucceffivement
fur ces trois Tumeurs les Expériences
que nous avons vûës , en préſence de Mrs
Moreau , Hevin , Bruyere , Defpuech , tous
Membres de l'Académie;ils furent témoins de
la parfaite diffolution de ces Tumeurs ,laquel
le s'acheva de la même maniere que celle des
Coënes , du Lait caillé , caillebotté , de la
Lymphe , & du blanc d'oeuf cuit , fans endommager
les parties que ces fucs albumineux
avoient abreuvées & diftenduës . Ces
Expériences , qui furent faites à l'aide du
feu , à la chaleur du fumier , & à l'air temperé
, fouffrirent quelques variations , par
rapport à l'étendue du tems , fuivant le degré
de chaleur , & la quantité des mouvemens
communiqués au Médicament. Par
exemple , la diffolution ſe fit au bain-marie
bouillant , en fix heures , à l'air temperé, en
fix femaines , & à la chaleur du fumier , en
quinze jours ; il eft bon d'obferver que toutes
ces diffolutions fe font faites fans putréfaction
, & fans altérer le tiffu des parties
folides engorgées de fues .
» N'est- ce pas-là , dit M. Levret , ce qu'a
» fait d'une part ce Médicament avec le
» blanc d'oeuf cuit , puifqu'il n'a pas diffous
» la pellicule qui l'enveloppe , ni les liga-
» mens
AOUS T. 1744. 182
"
mens, non plus que le jaune , ces trois der-
» nieres fubftances étant en quelque forte,du
»genre des parties folides & non des liqui-
» des. Si l'on fe rappelle d'autre part , con-
» tinue ce Chirurgien , l'Expérience de la
» diffolution de la Coëne , où il étoit resté
quelques petits caillots de fang , qui dans
l'épreuve s'étoient endurcis , & celle de la
Lymphe chyleufe , où le chyle s'étoit dépofé
en forme de précipité , il fera aifé de là
» de conclure, que non -feulement ce Médica-
» ment ne détruit point les parties folides ,
» mais qu'entre les particules même qui
compofent les fluides , il n'agit fpéciale-
» ment que fur l'albumineufe & fur la géla-
» tineufe , en leur rendant leur premiere
»forme & leur fluidité , de-même qu'au
» Lait caillé , & c.
35
93
L'Auteur a reconnu par le moyen de fon
Diffolvant , que les fucs qui entroient dans
la compofition
des trois Tumeurs Cancereufes,
qui lui fervirent pour fes épreuves , furpaffoient
vingt-quatre fois ou environ , le
poids des folides qui les contenoient ; que
ces fucs étoient la Lymphe même condenfée ,
épaiffie , & folidifiée par la féparation & la
fouftraction de faférofité, & que dans cet état,
qui la rend quelquefois
affés femblable à de
la corne , & très-élaftique , elle fe trouve
compofée de quatre parties de fucs albumineuxfur
une partie de gélatineux.
M.
1822 MERCURE DE FRANCE.
M. Levret auroit pû dans la fuite de ce
Mémoire rapporter quelques exemples des
bons effets de fon Remede , tant intérieurement
qu'extérieurement fur des Tumeurs
Scrophuleufes , & fur des Cancers , foit occultes
, foit confirmés , & même ulcerés ;
mais il a jugé à propos d'en réferver le détail
pour une autre occafion. Il fit obferver , en
finiffant fon Mémoire , quoiqu'il fe foit ſervi
de fon Diffolvant bouillant , pour parve
nir plus promptement à la diffolution des
fucs endurcis qu'il a mis en épreuve , il n'a
pas entendu que ce dernier degré de chaleur
dût s'employer dans la pratique, mais qu'el
le aide beaucoup l'action de ce Médicament;
il est même d'autant plus fingulier que fon
Diffolvant agiffe fi puiffamment dans ce der
nier degré de chaleur , que fans ce Médica
ment c'eft un moyen für pour endurcir plus .
promptement ces fortes de fucs albumineux..
La fuite pour le prochain Mercure.
Royale de Chirurgie , à laquelle préfida
M. de Malaval , Directeur , en l'abfence
de M. de la Peyronie , Premier
Chirurgien Médecin Confultant de Sa
Majefté , le 2 Juin 1744.
M
R Hévin , Sécretaire pour les correfpondances
, fit en l'abſence de M.
Quefnay , Sécretaire , l'ouverture de la
Séance . Il déclara que l'Académie avoit adjugé
le Prix fur la matiére des Remedes
Emolliens , au Mémoire N °. 7 , qui a pour
Deviſe les treize Lettres fuivantes , P. F. G.
M. E. A. C. P. D. L. D. D. L. Ce Mémoire
eft de M. Graffot , Maître ès Arts , & Chirurgien
Major de l'Hôtel- Dieu de Lyon.
L'Académie lui a auffi accordé des Lettres
d'Affocié Correfpondant . De tous les autres
Ouvrages , qui ont mérité d'être admis au
concours , les Mémoires Nº . 11 , & N °. IV,
ont le plus approché de celui qui a remporté
le Prix . Le No. 11 a pour Devile Sat cito,
fi fat bene ; le Mémoire eft de M. Guyot ,
Maître en Chirurgie à Genéve ; le N°.IV ,
eft terminé ces trois Vers de Lucrece.
par
Animi
808 MERCURE DE FRANCE.
Animi tenebras neceffe eft
Non radii Solis , nec lucida tela diei
Discutiant ,fed NaturaSpecies , ratioque.
Le dernier Mémoire eft de M. Louis ,
Maître ès Arts , fils du Lieutenant de M. le
Premier Chirurgien du Roi à Metz , ancien
Chirurgien , Aide - Major des Camps & Armées
du Roi , ancien Chirurgien Major du
Régiment du Commiflaire Général de la
Cavalerie , & aujourd'hui Chirurgien gagnant
Maîtrife à l'Hôpital Général de Paris
, en la Maifon de la Salpêtriere.
M. Hevin lût enfuite les Eloges de M.
'Andoüillé, le pere , Membre de l'Académie,
ancien Prévôt de fa Compagnie , & Démonftrateur
Royal pour les Maladies des
Os , & de M. Perron , le pere , Confeiller
du Committé perpétuel de l'Académie ,
Chirurgien Herniaire de l'Hôtel Royal des
Invalides , & de tous les Hôpitaux Militaires
du Royaume , tous deux morts depuis la
Séance publique de l'année derniere .
M. Levret fit la lecture du précis d'un
très-long Mémoire , lû dans les Séances particulieres
de l'Académie , dans lequel il démontre
, par un grand nombre d'Expériences
Phyfiques , & par quelques Faits de pratique
, la poffibilité de fondre ou réfoudre
les Tumeurs Squirrenfes , Scrophuleuſes ,
CanA
O UST. 1744. 1809
Cancereufes & autres , faites par l'engorgement
ou par l'extravafation de la Lymphe
épaiffie & endurcie , foit dans les glandes ,
foit dans le tiffu cellulaire des graiffes.
M. Levret commençe par expofer dans
ce Mémoire , qu'il a travaillé à l'imitation
de Mrs de la Peyronie , Petit , Quefnay ,
Bouquot , Faget & Dufoüart , qui ont fait
une quantité d'Expériences pour découvrir
la nature des humeurs , qui entroient dans
la compofition de ces fortes de Tumeurs ,
tant pour en diftinguer l'état contre nature,
d'avec l'état fain , que pour reconnoître les
divers degrés de dépravation , où ces humeurs
pouvoient être parvenuës. M. Levret
a repeté les mêmes Expériences , & il s'eft
convaincu , ainfi que ces Meffieurs , 1 ° . que
les Tumeurs Squirreufes, Cancereufes , &c.
étoient faites de fucs , en partie albumineux
, & en partie gelatineux , & il croit
avoir découvert leurs juftes proportions relatives
. 2 °. Que la ftagnation de ces fucs, &
la diffipation de leur Serum , fuffifoit pour
produire le Squirre. 3 ° . Que la perverſion
de ces mêmes fucs , occafionnée par le mouvement
fpontané de putréfaction , étoit laˆ
caufe des cruelles douleurs, & autres grands
accidens , qui font périr les Malades , lorfque
l'Opération ( feul fecours qui refte en
pareil cas ) n'eft plus praticable . Ces decou-
E vertes
1810 MERCURE DE FRANCE:
vertes l'ont conduit à pouvoir déterminer
le tems où l'on peut effayer de traiter ces
fortes de Tumeurs , par la voye de la Réfolution.
L'Auteur donne enfuite la Deſcription de
fon Médicament diffolvant ou fondant, qui
a pour baze le Sel fixe de Tartre , & pour
véhicule l'Eau de pluye diftillée ; ce Remede
eft une Liqueur potable , auffi lympide
que la plus belle Eau ; elle n'a nulle odeur ,
& fa faveur eft très-fupportable. Comme M.
Levret, lors de la découverte de fon Diffolvant
, n'avoit pas en main des Tumeurs
Squirreufes, Cancereufes, &c. pour faire fes
Expériences , il fe détermina à le mettre en
épreuve fur des fubftances reconnuës , en
quelque forte , analogues à l'humeur qui
produit ces efpeces de Tumeurs ; il choifit
pour cet effet des Coënes lymphatiques ,
qui fe forment fur le fang que l'on tire dans
les Maladies inflammatoires, du blanc d'oeuf,
cuit & crud , de la lymphe , du lait frais
caillé , &c .
M. Levret prit d'abord une de ces Coënes
lymphatiques ; il la mit fur le feu , dans un
vaiffeau de terre , avec huit onces de fon
Diffolvant ; dès que la liqueur fut prête
à bouillir , il s'apperçut que la Coëne
s'étoit gonflée , & qu'elle étoit devenuë
tranfparente, & en un quart d'heure d'ébullition
A O UST. 1744. 1811
Jition , elle fut exactement diffoute . L'Auteur
fait obferver qu'il étoit resté à la Coëne
quelques petits caillots de fang ; il fe trouva
au fond du vafe , après la parfaite diffolu
tion de cette Coëne , de petits grumeaux
noirs , qu'il foupçonna être la partie rouge
du fang, qui y étoit demeurée incrustée ; pour
s'en affûrer , il recommença l'Expérience
avec une Coëne lavée & bien blanchie ; il
ne refta aucuns grumeaux , ce qui le perfuada
de la réalité de fon foupçon ; on verra
ailleurs les conféquences qu'il tire de ce
Phénomene. M. Levret a répeté ces Expériences
, tant à froid , qu'à la chaleur du fumier,
avec des Coënes fraîches & feches , lavécs,
ou non lavées; elles ont été toutes diffoutes,
fans avoir acquis de mauvaiſe odeur,
les unes plûtôt , les autres plus tard , fuivant
leur plus ou moins de denfité,la température
de la liqueur ou de l'air, le repos, ou le mouvement
qui leur avoit été communiqué.
L'Auteur n'étoit pas content d'avoir vu
diffoudre parfaitement ces Coënes ; il voulut
fçavoir fi le même moyen qui les fondoit
, pourroit empêcher qu'elles ne fe formaffent.
Pour s'en affûrer , il profita de l'occafion
d'un Pleuretique , à qui il avoit déja
tiré à plufieurs reprifes , un fang extrêmement
coëneux. La Maladie exigeant de nouvelles
faignées , il tira deux palettesde fang
E ij
1812 MERCURE DE FRANCE.
à l'ordinaire, & une troifiéme dans une pin
te de fon Diffolvant tiéde . Il eut la fatifaction
de voir que le fang y refta en diffolution
, & que celui qui avoit été tiré dans
les palettes , devint coëneux. Cette Expérience
, qu'il répeta une feconde fois , lui fit
imaginer de donner fonDiffolvant en boiffon
au Malade , le fixième jour de la Maladie
, après neuf faignées , qui n'avoient
point diminué les accidens ; il arriva en
vingt-quatre heures un changement manifefte
en mieux ; les urines , qui n'avoient
coulé jufques- là qu'en petite quantité &
roufsâtres , devinrent abondantes & faffranées
; il furvint des fueurs foetides , qui terminerent
la Maladie en peu de jours.
M. Levret avoüe de bonne foi , que ce
fuccès apparent ne le flata
ne le flata pas beaucoup , &
qu'il ne fe crut pas autorifé à regarder comme
l'effet de fon Reméde , une Guérifon
qu'on pouvoit auffi attribuer aux faignées ,
au Régime , aux autres Remedes dont on
s'étoit fervi , & même au tems qu'avoit duré
la Maladie . En homme fage , il fufpendit
fon Jugement jufqu'à- ce qu'il fe préſentât
de nouvelles occafions de faire ufage de fon
Remede. Il en donna fucceffivement à trois
Pleuretiques , avec le même fuccès , à l'un
après fix faignées , à l'autre , après cinq , &
au dernier , après quatre . Une Erefipele au
vifage
A O UST. 1744. 1813
1
vifage fournit auffi à peu près dans le même
tems à l'Auteur une autre occafion de
preuve. Après avoir fait plufieurs faignée
des bras & des pieds , fans aucun changement,
( le fang fe trouvant fort coëneux ) il
fit ufage de fon Diffolvant , tant intérieurement
, qu'en topique , & le Malade fut parfaitement
guéri le feptiéme jour. M. Levret
ne voulut pas être feul témoin des bons effets
de fon Remede ; il en fournit à plufieurs
de fes Confreres , qui tous s'en font
très-bien trouvés dans diverfes Maladies in-
Aammatoires. Il termine ces premieres Expériences
, en avertiffant qu'il eft bien éloigné
de croire que fon Diffolvant ait la propriété
de faire feul ces Cures , mais qu'il le
regarde comme un moyen qui peut concourir
puillamment à cet effet , étant aidé de la
diette , des faignées , &c. & dirigé avec
beaucoup de prudence.
M. Levret n'a pas oublié de rapporter une
chofe affés finguliere , qui arriva au Malade
de l'Erefipele au vifage , & à qui il tira du
fang du pied dans fon Diffolvant . Cet homme
portoit depuis trente ans fur le tarfe
un ganglion très-dur , & gros comme une
aveline. Le bain feul du pied dans le Diffolvant
chaud pour la faignée,ramollit beaucoup
cette Tumeur; l'application de compref-
Les imbues de la même Liqueur , en procure→
E iij
rent
1814 MERCURE DE FRANCE.
rent la refolution parfaite dans l'efpace de
trois semaines.
Satisfait en quelque maniere du fuccès
de fes Expériences fur les Coënes lymphatiques
, il voulut les effayer fur le blanc
d'oeuf, que l'on fçait être fort analogue
avec la partie albumineufe de la lymphe ,
qui furabonde dans lesTumeurs Squirreufes,
Ĉancereufes , &c. Il mit le blanc d'un oeuf
frais crud , dans une bouteille , avec huit
onces de Diffolvant ; il les mêlangea exactement
, & les mit au bain-marie ; la Liqueur
fut une heure en ébullition , fans que
le blanc d'oeuf prît aucune confiftance ; le
mêlange refta lympide & de couleur de
paille ; il fe fit feulement , en refroidif
fant , une espece de précipité dont on va
parler.
M. Levret obferva dans cette Expérience
trois chofes remarquables , 1 ° . que le blanc
d'oeuf n'a pû prendre aucune confiftance ,
quoiqu'il ait bouilli dans la Liqueur pendant
une heure. 2 ° . Que les ligamens qui
attachent le jaune de l'oeuf au blanc , & que
quelques-uns nomment le germe de l'oeuf,
devinrent auffi durs que des ganglions.
3 °. Que la pellicule lucide , qui enveloppe
la partie la plus folide du blanc d'oeuf , ne
fut point détruite par le Diffolvant. Elle
étoit feulement devenuë opaque , & elle
Y
formoir
AOUST. 1744 1815
le
formoit avec les ligamens ou le germe ,
précipité dont on a parlé. Ces trois Phénoménes
femblent devoir faire naître les refléxions
fuivantes. 1 °. Que cette Liqueur paroît
être le vrai Diffolvant des fucs albumineux
, puiſqu'elle les tient en fonte , malgré
l'action du feu, z ° . Qu'elle ne paroît
attaquer que ces fucs , puifqu'elle ne fond
pas la pellicule lucide , qui enveloppe immédiatement
le blanc d'auf. 3 ° . Qu'elle
donne du reffort aux parties folides , puif-
'elle durcit les ligamens ou le germe, qui
font de ce genre .
qu'elle
Il ne fuffifoit pas d'avoir éprouvé que le
Diffolvant tenoit le blanc d'oeuf en fonte
ou fluide ; il falloit voir s'il pourroit fondre
ce même blanc d'oeuf , durci par la cuiffon.
On va voir par l'Expérience fuivante , que
M. Levret y a réiiffi. Il fit durcir un oeuf
frais , il le dépouilla de fa coque , il fépara
le jaune du blanc , il coupa ce dernier par
lardons , qu'il mit au bain-marie dans une
bouteille de verre blanc, avec huit onces de
Diffolvant ; le blanc d'oeuf s'y diffout peu
peu,& il fe trouva en fonte parfaite après fix
heures d'ébullition ; on voyoit dans la Liqueur
les portions de pellicules qui couvroient
le blanc d'oeuf dans fon état naturel ;
elles avoient confervé la forme qui leur
avoit été donnée en le coupant par mor-
E iiij ceaux ;
1816 MERCURE DE FRANCE.
ceaux ; ce qui prouve encore que le Diffolvant
n'agit point fur les parties folides . L'Expérience
qui fuit en fournit une nouvelle
preuve. Il mit un jaune d'oeuf crud dans
du Diffolvant boüillant ; il y prit une
confiftance dure & folide , comme il arrive
dans l'eau commune bouillante . Le Diffol
vant fit en cette occafion ce qu'il avoit déja
fait à la Coëne , mife en ébullition ; la partie
rouge du fang , qui y étoit incruftée , s'y
étoit cuite & endurcie. De tout l'oeuf, il ne
fe diffout donc que le blanc , & des Coënes
que les Coënes mêmes.
Ce qui s'eft paffé dans les Coënes & le
blanc d'oeuf peut être mis en parallele avec
les Expériences particulieres que M. Levret
fit enfuite für la Lymphe. En effet il a éprou
vé , 1 ° . que la Lymphe , mêlée avec le Dif
folvant , & mife en ébullition , n'a pû prendre
aucune confiftance. 2 ° . Que cette même
Lymphe durcie au feu , comme le blanc
d'oeuf , s'eft parfaitement fondue dans le
Diffolvant. 3 ° . Que quand la Lymphe ſe
trouve chyleufe , la diffolution refte louche,
tant qu'elle eft chaude , & qu'en refroidiffant
, elle s'éclaircit par la précipitation des
parties chyleufes , qui y étoient fufpenduës,
& non altérées par l'action du Diffolvant.
Mais , continue M. Levret , » ces fubftances
» étant naturellement diaphanes , il étoit
" difficile
A O UST. 1744. 1817
>>
"
par
» difficile d'apperce voir à la vûë , fi aprè
»l'action du Diffolvant leurs molécules
» avoient été alterées ou non. Je conjectu-
» rois la fluidité , qu'elles avoient con-
»fervée , ou qui leur avoit été renduë ,
qu'elles étoient reftées, ou qu'elles étoient
» rentrées dans leur état naturel , mais cela
» ne m'affûroit pas démonftrativement que
» dans le dernier de ces deux cas , ces ſubf-
» tances euffent été rétablies dans leur premiere
intégrité. Pour en être certain , il
» étoit donc néceffaire de l'éprouver fur
quelque fubftance qui pût mieux tomber
» fous les fens. Le Lait , qui a des parties dif
» tinctes & très-perceptibles à la vûë , m'a
file convaincu Diffolvant détruit que
» quelque chofe dans les compofés acciden-
» tels , ce n'eft que pour leur rendre leur
» forme naturelle , en mettant en liberté
>> leurs molécules ftagnantes , aufquelles , en
>> rendant le mouvement , il femble , pour
» ainfi-dire , rendre la vie.
»
»
M. Levret mêla enſemble parties égales
de Lait & de Diffolvant ; il les laiffa à froid
pendant vingt- quatre heures , fans y apperaucun
changement ; il mit enfuite le
mêlange fur le feu . Le Lait , ainfi mixtionné
, monta au premier moment de l'ébulli
tion , comme s'il eût été feul ; il perdit feulement
fa grande blancheur , & devint un
E v peu
1818 MERCURE DE FRANCE
peu roux, M. Levret, curieux de voir fi dans
cet état le Lait tourneroit en y jettant un acide,
y verfa quelques gouttes de vinaigre, qui
le cailleboterent fur le champ. Mais ce qu'il
Y a de fingulier , c'eft que ces mêmes caillebots
, jettés dans du Diffolvant chaud ou
froid , s'y fondent , & le lait reprend fa
premiere forme , fur tout à froid , comme
cela eft prouvé par l'Expérience qui fait.
M. Levret mit une cueillerée de caillé.
fait avec la préfure ordinaire , dans un Vaſe
de verre , avec huit onces de Diffolvant
froid ; au bout d'une heure , la Liqueur devint
blanchâtre , ce qui continua d'augmen
ter toujours de plus en plus ; douze heures.
après , il ne pouvoir plus voir le morceau de
caillé que par deffus la Liqueur, parce qu'el
le s'étoit rendue opaque , en devenant laiteufe.
Le lendemain à pareille heure , il
trouva à la place du caillé , une pellicule de
crême , d'un blanc laiteux , comme fi l'on
eût ajoûté au Diffolvant autant de Lait qu'on
y avoit mis de caillé.
Content de cet effet , qui fe paffa à froid
en 36 heures , il voulut éprouver ce qui
arriveroit à la chaleur ; il mit fur le feu un
pareil volume de caillé , avec une pareille
quantité de Diffolvant dans un vaiffeau de
terre. A mefure que la Liqueur s'échauffoit,
le caillé fe fondoit , & au premier moment
de
AOUS T. 1744 1819
de l'ébullition , le mêlange s'éleva , comme
auroit fait du Lait coupé ; il fe fit à la furface
une pellicule de crême cuite , & la Liqueur
laiteufe refta uniforme , quoique
refroidie. Il a repeté cette derniere Expérience
avec differens Fromages , tels
que ceux de Brie , Saffenage , Roquefort ,
Gruyere , Hollande , Parmefan , &c. ils
ont été tous diffouts très- promptement , &
ont confervé fous cette nouvelle forme leur
couleur , leur odeur & leur goût ; on peut
donc conclure que cet Agent ne fait que
défunir les molécules des fubftances , fansles
altérer ni les détruire .
L'Auteur , en fuivant cette idée , conjectura
que l'application de ce Médicament
pourroit produire de bons effets fur les Tumeurs
laiteufes, qui arrivent aux mammelles
des femmes après leurs couches ; il l'éprou
va avec beaucoup de fuccès fur une Dame
attaquée de cette Maladie , dont elle fouf
froit confidérablement depuis trois femaines
; elle fut guérie en huit jours , par le
moyen de compreffes imbibées de cette Liqueur
, pofées fur la partie , & que l'on
avoit foin d'entretenir chaudes & humides .
Il avoit tout lieu d'être fatisfait du fuccès
de fes Expériences fur les diverfes fubftances
qu'il y avoit employées ; mais il lui reftoit
à éprouver fon Diffolvant fur de v ayes
E vj Tu1820
MERCURE DE FRANCE.
Tumeurs Cancereufes ; c'étoit même fon objet
principal . Enfin il eut occafion d'avoir
trois de ces Tumeurs ; il répeta fucceffivement
fur ces trois Tumeurs les Expériences
que nous avons vûës , en préſence de Mrs
Moreau , Hevin , Bruyere , Defpuech , tous
Membres de l'Académie;ils furent témoins de
la parfaite diffolution de ces Tumeurs ,laquel
le s'acheva de la même maniere que celle des
Coënes , du Lait caillé , caillebotté , de la
Lymphe , & du blanc d'oeuf cuit , fans endommager
les parties que ces fucs albumineux
avoient abreuvées & diftenduës . Ces
Expériences , qui furent faites à l'aide du
feu , à la chaleur du fumier , & à l'air temperé
, fouffrirent quelques variations , par
rapport à l'étendue du tems , fuivant le degré
de chaleur , & la quantité des mouvemens
communiqués au Médicament. Par
exemple , la diffolution ſe fit au bain-marie
bouillant , en fix heures , à l'air temperé, en
fix femaines , & à la chaleur du fumier , en
quinze jours ; il eft bon d'obferver que toutes
ces diffolutions fe font faites fans putréfaction
, & fans altérer le tiffu des parties
folides engorgées de fues .
» N'est- ce pas-là , dit M. Levret , ce qu'a
» fait d'une part ce Médicament avec le
» blanc d'oeuf cuit , puifqu'il n'a pas diffous
» la pellicule qui l'enveloppe , ni les liga-
» mens
AOUS T. 1744. 182
"
mens, non plus que le jaune , ces trois der-
» nieres fubftances étant en quelque forte,du
»genre des parties folides & non des liqui-
» des. Si l'on fe rappelle d'autre part , con-
» tinue ce Chirurgien , l'Expérience de la
» diffolution de la Coëne , où il étoit resté
quelques petits caillots de fang , qui dans
l'épreuve s'étoient endurcis , & celle de la
Lymphe chyleufe , où le chyle s'étoit dépofé
en forme de précipité , il fera aifé de là
» de conclure, que non -feulement ce Médica-
» ment ne détruit point les parties folides ,
» mais qu'entre les particules même qui
compofent les fluides , il n'agit fpéciale-
» ment que fur l'albumineufe & fur la géla-
» tineufe , en leur rendant leur premiere
»forme & leur fluidité , de-même qu'au
» Lait caillé , & c.
35
93
L'Auteur a reconnu par le moyen de fon
Diffolvant , que les fucs qui entroient dans
la compofition
des trois Tumeurs Cancereufes,
qui lui fervirent pour fes épreuves , furpaffoient
vingt-quatre fois ou environ , le
poids des folides qui les contenoient ; que
ces fucs étoient la Lymphe même condenfée ,
épaiffie , & folidifiée par la féparation & la
fouftraction de faférofité, & que dans cet état,
qui la rend quelquefois
affés femblable à de
la corne , & très-élaftique , elle fe trouve
compofée de quatre parties de fucs albumineuxfur
une partie de gélatineux.
M.
1822 MERCURE DE FRANCE.
M. Levret auroit pû dans la fuite de ce
Mémoire rapporter quelques exemples des
bons effets de fon Remede , tant intérieurement
qu'extérieurement fur des Tumeurs
Scrophuleufes , & fur des Cancers , foit occultes
, foit confirmés , & même ulcerés ;
mais il a jugé à propos d'en réferver le détail
pour une autre occafion. Il fit obferver , en
finiffant fon Mémoire , quoiqu'il fe foit ſervi
de fon Diffolvant bouillant , pour parve
nir plus promptement à la diffolution des
fucs endurcis qu'il a mis en épreuve , il n'a
pas entendu que ce dernier degré de chaleur
dût s'employer dans la pratique, mais qu'el
le aide beaucoup l'action de ce Médicament;
il est même d'autant plus fingulier que fon
Diffolvant agiffe fi puiffamment dans ce der
nier degré de chaleur , que fans ce Médica
ment c'eft un moyen für pour endurcir plus .
promptement ces fortes de fucs albumineux..
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Résumé : SÉANCE PUBLIQUE de l'Académie Royale de Chirurgie, à laquelle présida M. de Malaval, Directeur, en l'absence de M. de la Peyronie, Premier Chirurgien & Médecin Consultant de Sa Majesté, le 2 Juin 1744.
Lors d'une séance publique de l'Académie Royale de Chirurgie le 2 juin 1744, M. de Malaval présida en l'absence de M. de la Peyronie. M. Hévin, secrétaire, annonça que le prix pour les remèdes émollients avait été attribué au mémoire de M. Graffot, chirurgien à Lyon. Les mémoires de M. Guyot et M. Louis furent également distingués. M. Hévin lut ensuite les éloges de M. Andouillé et M. Perron, décédés. M. Levret présenta un mémoire sur la dissolution des tumeurs scirrheuses, scrofuleuses et cancéreuses, causées par la lymphe épaissie. Il décrivit des expériences montrant que son dissolvant maintenait en solution le sang coagulé et améliorait des patients pleuretiques. Le dissolvant fut testé avec succès sur divers patients et maladies inflammatoires. M. Levret observa également que le dissolvant durcissait certains ligaments de l'œuf tout en préservant la pellicule lucide. Il démontra que le dissolvant dissolvait le blanc d'œuf durci sans altérer les tissus environnants. Des expériences sur le lait et les fromages confirmèrent l'action sélective du dissolvant sur les substances albumineuses et gélatineuses. M. Levret suggéra que ce dissolvant pourrait traiter les tumeurs laiteuses post-partum et les tumeurs cancéreuses, confirmant son efficacité en présence des membres de l'Académie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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317
p. 1835-1842
ASSEMBLÉE publique de l'Académie des Beaux Arts de la Ville de Lyon, du quatre Décembre 1743.
Début :
M. Borde, président, rapporta l'Extrait suivant des Mémoires qui avoient été lûs à l'Académie, / Discours sur l'inutilité du Systême des Génies. M Rey combat, dans ce Discours, le sentiment [...]
Mots clefs :
Anciens, Modernes, Mémoire, Corps, Discours, Eaux, Mouvements de la lune, Planètes, Réflexions, Théâtres, Composition, Salubrité de l'air, Années climatériques, Génération, Physique moderne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ASSEMBLÉE publique de l'Académie des Beaux Arts de la Ville de Lyon, du quatre Décembre 1743.
ASSEMBLE'E publique de l'Académie dès
Beaux Arts de la Ville de Lyon , du quatre
Décembre 1743 .
M des Mémoiresqui avoient été lús à l'Acadé-
Borde , préfident , rapporta l'Extrait fuivant
mie , depuis la précédente Affemblée publique.
Difcours fur l'inutilité du Systême des Génies.
M Rey combat , dans ce Difcours , le fentiment
de quelques anciens qui donnoient à chaque Aftre
un Génie , pour le conduire ; & ne croyoient pas
les Loix Méchaniques fuffifantes , pour maintenir
l'Univers dans l'état où nous le voyons . Les Phyficiens
modernes font bien éloignés d'avoir recours
à de telles explications ; les loix du mouvement , la
configuration des corps . la différente difpofition de
leurs parties,font les feuls refforts qu'ils employent.
Differtation fur les trois inégalités des mouvêmens
de la Lune.
Le P. Béraud examine , dans la premiere Partie
de cet Ouvrage , les différentes hypotéfes ; propofe
une Méthode fimple , pour déterminer les deux dernieres
inégalités des mouvemens lunaires , & croit
pouvoir prouver dans la fuite , par des obfervations
sûres & récentes , qu'il s'en faut de beaucoup qu'elles
s'accordent avec le calcul fondé fur les Tables
Aftronomiques.
Dans la feconde Partie , il cherche la caufe Phyfi
que de ces irrégularités conftantes , & penfe qu'avec
l'aide des découvertes de M. Newton , on peut
démontrer qu'elle eft dans lesLoix du mouvement,
établies par le Créateur.
Fij Nous
1836 MERCURE DE FRANCE.
Nous voyons , avec étonnement , les progrès de
P'Aftronomie , depuis environ un Siécle ; cependant
il lui reste encore bien des ténébres à percer ; les
grands hommes qui ont inventé des hypotéfes ,
pour rendre raifon des inégalités des mouvemens
de la Lune & des autres Planettes , n'ont point levé
les difficultés .L'hypotéfe circulaire donne l'acceleration
des Planettes , en raifon des diamétres apparens
, tandis que par les obfervations , elle devroit
être en raifon double des diamétres L'hypotéfe Elliptique
de Kepler corrige ce défaut ; mais pour éviter
une erreur de calcul , ce grand homme s'eft jetté
dans une erreur de fait , en fuppofant l'excentricité
de la Lune,moindre qu'elle n'eft réellement . M. de
la Hyre , en adoptant les Ellipfes de Kepler , a reconnu
cette erreur , & a cru pouvoir la détruire .
Il place pour cela le centre du mouvement des Planettes
dans un point éloigné des foyers , mais ce
point ne peut le trouver que par l'ufage des Tables
des anciens , qui font défectueules . La Courbe de
M. Caffini détermine aifément le Lieu des Planettes
, mais elle eft différente de l'Ellipfe ; l'une &
l'autre hypotéfe place le centre de la Lune , dans
le même inftant, dans des Lieux différens , qui ofera
décider laquelle eft la vraye ?
Differtation fur la falubrité de l'air.
M. Moëgling , l'un de nos Académiciens affociés
étrangers , Auteur de cette Differtation , nous
y préfente un examen des principes actifs répandus
dans l'air , fon action fur nos corps , & les effets
qu'elle y produit ; un grand nombre d'exemples ,
appuyés d'autorités refpectables , lui fervent à établir
, que l'air humide & froid eft extrêmement
nuifible à la fanté. La tention néceffaire aux fibres
de pos corps eft néceffairement relâchée par l'humidité
AOUST. 1744. 1837
dité de l'air , & le froid , en refferrant les pores ,
arrête la tranfpiration . Ces deux qualités nuifibles
de l'air , font elles réunies ? le danger augmente
& il eft difficile de fe défendre de fes impreffions. Il
fuit done , de cet examen , que l'air fec & chaud
eft le plus analogue à nos corps , & tel qu'il le
faut ,, pour entretenir le jeu de les parties.
7
Mémoire fur l'harmonie & fur les régles de la
compofition.
-M. Cheinet , dans la premiere Partie de ce Mémoire
, préfente des recherches Phyfiques fur le
principe de l'harmonie ; il établit le rapport des
confonnances qui la forment , l'origine des modes
principaux , quelles en doivent être les bornes ; & il
finit cette premiere Partie , par la néceffité du tempérament
, pour tous les inftrumens à touches.
M. Cheinet s'eft propofé , dans la feconde Partie ,
d'examiner quelles font les véritables régles de la
compofition , qu'il déduit des principes qu'il a établis
; quels doivent être les accords d'une bonne -
Mufique & leurs juftes bornes.
Difcours fur les Régules Métalliques.
M. Gavinet , après une explication du mot de
Régule , un détail des différentes efpéces & de leur
utilité , dans l'art de décompofer les Métaux & les
Minéraux , établit une nouvelle maniere de procéder
à l'opération du Régule Martial , qui abrege de
moitié le travail ordinaire. L'explication du Méchanifme
de cette opération y répand des lumieres
intéreffantes. L'Etoile qui paroît fur la furface de ce
Régule après la fufion , perd ici tous fes droits d'Af
tre bienfaifant , d'Etoile lumineufe , que lui avoit
Fiij donné
1838 MERCURE DE FRANCE.
donné l'imagination échauffée & peu habile de
quelques anciens Philofophes & Alchymiftes. I
préfente une expérience fur la chaux d'antimoine ,
qui n'eft la terre vitrefcible de cè minéral , déque
pouillée de fon huile & de fon fouffre , par le fel vo
lasil du Salpêtre à laquelle il a rendu la forme de
Régule. La maniere de procéder aux Régules d'étain
& de cuivre,& leur utilité dans la compofition
de l'Elixir Solaire , que Paracelfe & Vanhelmont
ont donné fous des noms mystérieux , terminent ce
difcours . Des Méthodes fimples , des expériences
bien conduites , tendent toutes également à la perfection
des Arts ; rien n'eft à négliger.
Mémoire fur les Théatres des anciens, comparés
à ceux des Modernes.
M. Clapaffon , après avoir fait dans ce Mémoire ,
une defcription exacte des Théatres des anciens ,
qu'il a tirée de Vitruve & des meilleurs Auteurs
qui en ont traité , les compare à ceux des Modernes
, & trouve dans cette comparaiſon , des raiſons
de préférence en faveur de ces derniers .
L'étendue , la folidité , la magnificence des Théatres
anciens , les marbres les plus précieux qu'on
employoit dans leur conftruction , & ces fuperbes
Portiques qu'on élevoit aux environs les rendoient
fupérieurs à ceux des Modernes , mais il en réfultoit
néceffairement des défauts , contre l'ufage auquel
on les deftinoit .
La grandeur de leur enceinte empêchoit la voix
des Acteurs de parvenir diftinctement aux oreilles
des Spectateurs , ou du moins ce n'étoit pas fans
altérer le naturel , qui en fait le plus grand charme.
Ils n'empruntoient pas le fecours des lumieres artificielles
, qui donnent aux Spectacles, des Modernes
A O UST. 1744. 1839
nes un air d'enchantement . Le genre de leur conf
truction ne leur permettoit pas , fans doute , l'artifice
de nos décorations , leur variété , l'entente de
la perfpective , & furtout la promptitude dans les
changemens de nos décorations , puifqu'ils étoient
en ufage de baiffer le rideau , toutes . les fois que la
Scéne devoit changer.
Nous avons fouvent l'occafion de comparer nos
ufages , nos coûtumes , nos découvertes à celles des ,
Anciens : fi nous y trouvons des raifons de préféren
ce , elles ne doivent pas altérer notre estime pour
eux , & nous faire regarder comme plus habiles ,
mais feulement plus heureux.
M. Colomb lut la Defcription Anatomique d'un
Enfant monftrueux né & mort , depuis quelques
mois , dans la Paroiffe de S. George , dont il avoit
fait la diffection . Il en expofa le réfultat ; ce n'eft
Pas là le feul exemple des bizarreries & des égaremens
de la Nature.
Differtationfur la fuperftition des nombres , ou
Les années Climatériques .
Le P. Tolomas préfente trois points de vûë inté
reflans , dans cet Ouvrage . Le premier contient des
recherches fur la prétendue vertu des nombres ,
P'origine de cette opinion ; & en remontant , par
des traces prefque effacées , à la plus haute Anti- .
quité , il fuit le fil des penfees, qui ont conduit les
hommes à regarder certaines années comme funef .
tes , ou du moins comme périlleuses. Le fecond:
point de vue nous offre une définition des années
Climatériques , un examen des raifons prétendues
des craintes que ces années avoient infpirées , &
dont bien des gens ne font pas encore affranchis .
Enfin , le troifiéme objet de ce Mémoire , eft de ré-
Fiij futer
1840 MERCURE DE FRANCE.
futer & détruire ces préjugés , qui tout frivoles &
déraisonnables qu'ils font , n'ont pas laiffé d'être
adoptés par les plus grands Philofophes de la
Gréce & de l'Italie , & mème par quelques Peres
de l'Eglife.
Quel doit être le but d'un Ouvrage de ce genre !
D'inftruire la raiſon humaine , en l'éclairant ; de
rendre fervice à la Société , en diffipant fes v . ines
terreurs , & de fortifier l'efprit contre les attaques
des préjugés.
Difcours fur les progrès de la Phyſique
moderne.
M. Dugas établit dans ce Difcours les avantages
confidérables que l'Anatomie , les Méchaniques &
l'Aftronomie ont retiré des nouvelles découvertes •
que la Phyfique ne fe laffe point de nous préfenter.
Il examine enfuite , d'où peut naître la différence
des progrès de la Phyſique moderne , comparée à
celle des Anciens . En fuivant les réfléxions de M.
Dugas , on doit chercher cette différence , & on la
trouvera infailliblement dans la maniere dont les
anciens faifoient ufage de leurs connoiffances . Ils
affujet iffoient la Nature à leurs idées & à leurs
fens ; les Modernes , au contraire , la cherchent en
elle même. Des faits certains , des expériences réiterées
, travaillent tous les jours au fondement d'un
Systême univerfel , lequel , s'il eft accordé aux connoiffances
humaines , ne peut être trouvé que par
gette voye.
Réfléxions fur la Génération.
M. Olivier fait fes premieres réfléxions fur la néceffité
de reconnoître les Loix de la création
dans
AOUST. 1744.
1841
dans la difproportion étonnante entre les parties de
l'Embrion , contenues dans l'oeuf , & les parties d'un
corps adulte.
L'accroiffement de l'Embrion , la nourriture qu'il
prend dans le fein de fa mere , & les fecours que là
Nature lui prête pour en fortis, font une fuite de ces
mêmes réfléxions qui étonnent plus la raiſon, qu'elles
n'éclairent l'efprit , auffi M. Olivier en fait ik
ufage , lorfqu'en comparant les fonctions & les divers
mouvemens du corps humain avec ceux
dont une machine , compofée avec tout l'art poffible
, feroit capable , il croit pouvoir conclure que
l'Edifice du corps humain eft véritablement leChef
d'oeuvre de l'Auteur de la Nature.
1
Hiftoire & Analyfe des Eaux de Hauterive
en Bourbonnois , par le P. Godin.
De toutes les maladies qui attaquent la vie de
l'homme , il n'en eft point de plus cruelle , que la
Pierre. Les Eaux Minérales d'Hauterive femblent
nous offrir les diffolvans propres à réfoudre la Pier
re. La diftiflation exacte de ces Eaux a préfenté au
P. Godin , un fel vitriolé fulphureux & nitreux ,
dont la mare , en ſe déffechant, eft devenu verdâtre.
Le hazard feul a part à la découverte de ces Eaux ,
dont les qualités bienfaifantes furent feulement con .
nuës à quelques Païfans du voifinage , pendant un affés
long- tems ; des expériences ont fuccedé à cette découverte
, on en- voit l'Hiftoire dans le Mémoire du
P. Godin. Quel bonheur , fi de nouvelles guérifons
viennent affûrer la réputation naiffante de ces .
Eaux !
M. Chriftin , Sécretaire perpétuel , prononça l'Elo
ge du P. Duclos Jéfuite , Académicien affocié , an
cien Ordinaire , mort dans le mois de Juillet 1743
F v étap
3842 MERCURE DE FRANCE
etam Recteur de la Mafon d'Ax . Il étoit né à
Lyon , il avoit profile la Phytique , & dans le même
tems qu' profit les Mathématiques au
gand College , il occupoit avec diftrction une
place d'Aftronome dans cette Académie . Il a donné
piafieurs Mémoires très intéreilans , truts de fes
grandes connoiffances dans ies Mathématiques. Il
avoit l'efprit vif & pénétrant , & les moeurs fort
douces ; il a été univerfe lement regretté .
M. Dugas lût un Mémoire fur les moyens de
conferver de la Lumiere pendant la nuit & la
Séance finit par la lecture d'un Mémoire du P.
Godin fur la Caufe & les effets de la Maladie des
Vapeurs.
Beaux Arts de la Ville de Lyon , du quatre
Décembre 1743 .
M des Mémoiresqui avoient été lús à l'Acadé-
Borde , préfident , rapporta l'Extrait fuivant
mie , depuis la précédente Affemblée publique.
Difcours fur l'inutilité du Systême des Génies.
M Rey combat , dans ce Difcours , le fentiment
de quelques anciens qui donnoient à chaque Aftre
un Génie , pour le conduire ; & ne croyoient pas
les Loix Méchaniques fuffifantes , pour maintenir
l'Univers dans l'état où nous le voyons . Les Phyficiens
modernes font bien éloignés d'avoir recours
à de telles explications ; les loix du mouvement , la
configuration des corps . la différente difpofition de
leurs parties,font les feuls refforts qu'ils employent.
Differtation fur les trois inégalités des mouvêmens
de la Lune.
Le P. Béraud examine , dans la premiere Partie
de cet Ouvrage , les différentes hypotéfes ; propofe
une Méthode fimple , pour déterminer les deux dernieres
inégalités des mouvemens lunaires , & croit
pouvoir prouver dans la fuite , par des obfervations
sûres & récentes , qu'il s'en faut de beaucoup qu'elles
s'accordent avec le calcul fondé fur les Tables
Aftronomiques.
Dans la feconde Partie , il cherche la caufe Phyfi
que de ces irrégularités conftantes , & penfe qu'avec
l'aide des découvertes de M. Newton , on peut
démontrer qu'elle eft dans lesLoix du mouvement,
établies par le Créateur.
Fij Nous
1836 MERCURE DE FRANCE.
Nous voyons , avec étonnement , les progrès de
P'Aftronomie , depuis environ un Siécle ; cependant
il lui reste encore bien des ténébres à percer ; les
grands hommes qui ont inventé des hypotéfes ,
pour rendre raifon des inégalités des mouvemens
de la Lune & des autres Planettes , n'ont point levé
les difficultés .L'hypotéfe circulaire donne l'acceleration
des Planettes , en raifon des diamétres apparens
, tandis que par les obfervations , elle devroit
être en raifon double des diamétres L'hypotéfe Elliptique
de Kepler corrige ce défaut ; mais pour éviter
une erreur de calcul , ce grand homme s'eft jetté
dans une erreur de fait , en fuppofant l'excentricité
de la Lune,moindre qu'elle n'eft réellement . M. de
la Hyre , en adoptant les Ellipfes de Kepler , a reconnu
cette erreur , & a cru pouvoir la détruire .
Il place pour cela le centre du mouvement des Planettes
dans un point éloigné des foyers , mais ce
point ne peut le trouver que par l'ufage des Tables
des anciens , qui font défectueules . La Courbe de
M. Caffini détermine aifément le Lieu des Planettes
, mais elle eft différente de l'Ellipfe ; l'une &
l'autre hypotéfe place le centre de la Lune , dans
le même inftant, dans des Lieux différens , qui ofera
décider laquelle eft la vraye ?
Differtation fur la falubrité de l'air.
M. Moëgling , l'un de nos Académiciens affociés
étrangers , Auteur de cette Differtation , nous
y préfente un examen des principes actifs répandus
dans l'air , fon action fur nos corps , & les effets
qu'elle y produit ; un grand nombre d'exemples ,
appuyés d'autorités refpectables , lui fervent à établir
, que l'air humide & froid eft extrêmement
nuifible à la fanté. La tention néceffaire aux fibres
de pos corps eft néceffairement relâchée par l'humidité
AOUST. 1744. 1837
dité de l'air , & le froid , en refferrant les pores ,
arrête la tranfpiration . Ces deux qualités nuifibles
de l'air , font elles réunies ? le danger augmente
& il eft difficile de fe défendre de fes impreffions. Il
fuit done , de cet examen , que l'air fec & chaud
eft le plus analogue à nos corps , & tel qu'il le
faut ,, pour entretenir le jeu de les parties.
7
Mémoire fur l'harmonie & fur les régles de la
compofition.
-M. Cheinet , dans la premiere Partie de ce Mémoire
, préfente des recherches Phyfiques fur le
principe de l'harmonie ; il établit le rapport des
confonnances qui la forment , l'origine des modes
principaux , quelles en doivent être les bornes ; & il
finit cette premiere Partie , par la néceffité du tempérament
, pour tous les inftrumens à touches.
M. Cheinet s'eft propofé , dans la feconde Partie ,
d'examiner quelles font les véritables régles de la
compofition , qu'il déduit des principes qu'il a établis
; quels doivent être les accords d'une bonne -
Mufique & leurs juftes bornes.
Difcours fur les Régules Métalliques.
M. Gavinet , après une explication du mot de
Régule , un détail des différentes efpéces & de leur
utilité , dans l'art de décompofer les Métaux & les
Minéraux , établit une nouvelle maniere de procéder
à l'opération du Régule Martial , qui abrege de
moitié le travail ordinaire. L'explication du Méchanifme
de cette opération y répand des lumieres
intéreffantes. L'Etoile qui paroît fur la furface de ce
Régule après la fufion , perd ici tous fes droits d'Af
tre bienfaifant , d'Etoile lumineufe , que lui avoit
Fiij donné
1838 MERCURE DE FRANCE.
donné l'imagination échauffée & peu habile de
quelques anciens Philofophes & Alchymiftes. I
préfente une expérience fur la chaux d'antimoine ,
qui n'eft la terre vitrefcible de cè minéral , déque
pouillée de fon huile & de fon fouffre , par le fel vo
lasil du Salpêtre à laquelle il a rendu la forme de
Régule. La maniere de procéder aux Régules d'étain
& de cuivre,& leur utilité dans la compofition
de l'Elixir Solaire , que Paracelfe & Vanhelmont
ont donné fous des noms mystérieux , terminent ce
difcours . Des Méthodes fimples , des expériences
bien conduites , tendent toutes également à la perfection
des Arts ; rien n'eft à négliger.
Mémoire fur les Théatres des anciens, comparés
à ceux des Modernes.
M. Clapaffon , après avoir fait dans ce Mémoire ,
une defcription exacte des Théatres des anciens ,
qu'il a tirée de Vitruve & des meilleurs Auteurs
qui en ont traité , les compare à ceux des Modernes
, & trouve dans cette comparaiſon , des raiſons
de préférence en faveur de ces derniers .
L'étendue , la folidité , la magnificence des Théatres
anciens , les marbres les plus précieux qu'on
employoit dans leur conftruction , & ces fuperbes
Portiques qu'on élevoit aux environs les rendoient
fupérieurs à ceux des Modernes , mais il en réfultoit
néceffairement des défauts , contre l'ufage auquel
on les deftinoit .
La grandeur de leur enceinte empêchoit la voix
des Acteurs de parvenir diftinctement aux oreilles
des Spectateurs , ou du moins ce n'étoit pas fans
altérer le naturel , qui en fait le plus grand charme.
Ils n'empruntoient pas le fecours des lumieres artificielles
, qui donnent aux Spectacles, des Modernes
A O UST. 1744. 1839
nes un air d'enchantement . Le genre de leur conf
truction ne leur permettoit pas , fans doute , l'artifice
de nos décorations , leur variété , l'entente de
la perfpective , & furtout la promptitude dans les
changemens de nos décorations , puifqu'ils étoient
en ufage de baiffer le rideau , toutes . les fois que la
Scéne devoit changer.
Nous avons fouvent l'occafion de comparer nos
ufages , nos coûtumes , nos découvertes à celles des ,
Anciens : fi nous y trouvons des raifons de préféren
ce , elles ne doivent pas altérer notre estime pour
eux , & nous faire regarder comme plus habiles ,
mais feulement plus heureux.
M. Colomb lut la Defcription Anatomique d'un
Enfant monftrueux né & mort , depuis quelques
mois , dans la Paroiffe de S. George , dont il avoit
fait la diffection . Il en expofa le réfultat ; ce n'eft
Pas là le feul exemple des bizarreries & des égaremens
de la Nature.
Differtationfur la fuperftition des nombres , ou
Les années Climatériques .
Le P. Tolomas préfente trois points de vûë inté
reflans , dans cet Ouvrage . Le premier contient des
recherches fur la prétendue vertu des nombres ,
P'origine de cette opinion ; & en remontant , par
des traces prefque effacées , à la plus haute Anti- .
quité , il fuit le fil des penfees, qui ont conduit les
hommes à regarder certaines années comme funef .
tes , ou du moins comme périlleuses. Le fecond:
point de vue nous offre une définition des années
Climatériques , un examen des raifons prétendues
des craintes que ces années avoient infpirées , &
dont bien des gens ne font pas encore affranchis .
Enfin , le troifiéme objet de ce Mémoire , eft de ré-
Fiij futer
1840 MERCURE DE FRANCE.
futer & détruire ces préjugés , qui tout frivoles &
déraisonnables qu'ils font , n'ont pas laiffé d'être
adoptés par les plus grands Philofophes de la
Gréce & de l'Italie , & mème par quelques Peres
de l'Eglife.
Quel doit être le but d'un Ouvrage de ce genre !
D'inftruire la raiſon humaine , en l'éclairant ; de
rendre fervice à la Société , en diffipant fes v . ines
terreurs , & de fortifier l'efprit contre les attaques
des préjugés.
Difcours fur les progrès de la Phyſique
moderne.
M. Dugas établit dans ce Difcours les avantages
confidérables que l'Anatomie , les Méchaniques &
l'Aftronomie ont retiré des nouvelles découvertes •
que la Phyfique ne fe laffe point de nous préfenter.
Il examine enfuite , d'où peut naître la différence
des progrès de la Phyſique moderne , comparée à
celle des Anciens . En fuivant les réfléxions de M.
Dugas , on doit chercher cette différence , & on la
trouvera infailliblement dans la maniere dont les
anciens faifoient ufage de leurs connoiffances . Ils
affujet iffoient la Nature à leurs idées & à leurs
fens ; les Modernes , au contraire , la cherchent en
elle même. Des faits certains , des expériences réiterées
, travaillent tous les jours au fondement d'un
Systême univerfel , lequel , s'il eft accordé aux connoiffances
humaines , ne peut être trouvé que par
gette voye.
Réfléxions fur la Génération.
M. Olivier fait fes premieres réfléxions fur la néceffité
de reconnoître les Loix de la création
dans
AOUST. 1744.
1841
dans la difproportion étonnante entre les parties de
l'Embrion , contenues dans l'oeuf , & les parties d'un
corps adulte.
L'accroiffement de l'Embrion , la nourriture qu'il
prend dans le fein de fa mere , & les fecours que là
Nature lui prête pour en fortis, font une fuite de ces
mêmes réfléxions qui étonnent plus la raiſon, qu'elles
n'éclairent l'efprit , auffi M. Olivier en fait ik
ufage , lorfqu'en comparant les fonctions & les divers
mouvemens du corps humain avec ceux
dont une machine , compofée avec tout l'art poffible
, feroit capable , il croit pouvoir conclure que
l'Edifice du corps humain eft véritablement leChef
d'oeuvre de l'Auteur de la Nature.
1
Hiftoire & Analyfe des Eaux de Hauterive
en Bourbonnois , par le P. Godin.
De toutes les maladies qui attaquent la vie de
l'homme , il n'en eft point de plus cruelle , que la
Pierre. Les Eaux Minérales d'Hauterive femblent
nous offrir les diffolvans propres à réfoudre la Pier
re. La diftiflation exacte de ces Eaux a préfenté au
P. Godin , un fel vitriolé fulphureux & nitreux ,
dont la mare , en ſe déffechant, eft devenu verdâtre.
Le hazard feul a part à la découverte de ces Eaux ,
dont les qualités bienfaifantes furent feulement con .
nuës à quelques Païfans du voifinage , pendant un affés
long- tems ; des expériences ont fuccedé à cette découverte
, on en- voit l'Hiftoire dans le Mémoire du
P. Godin. Quel bonheur , fi de nouvelles guérifons
viennent affûrer la réputation naiffante de ces .
Eaux !
M. Chriftin , Sécretaire perpétuel , prononça l'Elo
ge du P. Duclos Jéfuite , Académicien affocié , an
cien Ordinaire , mort dans le mois de Juillet 1743
F v étap
3842 MERCURE DE FRANCE
etam Recteur de la Mafon d'Ax . Il étoit né à
Lyon , il avoit profile la Phytique , & dans le même
tems qu' profit les Mathématiques au
gand College , il occupoit avec diftrction une
place d'Aftronome dans cette Académie . Il a donné
piafieurs Mémoires très intéreilans , truts de fes
grandes connoiffances dans ies Mathématiques. Il
avoit l'efprit vif & pénétrant , & les moeurs fort
douces ; il a été univerfe lement regretté .
M. Dugas lût un Mémoire fur les moyens de
conferver de la Lumiere pendant la nuit & la
Séance finit par la lecture d'un Mémoire du P.
Godin fur la Caufe & les effets de la Maladie des
Vapeurs.
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Résumé : ASSEMBLÉE publique de l'Académie des Beaux Arts de la Ville de Lyon, du quatre Décembre 1743.
Lors de l'assemblée publique de l'Académie des Beaux-Arts de Lyon du 4 décembre 1743, plusieurs mémoires et discours furent présentés. M. Borde fit un rapport sur les mémoires lus depuis la dernière assemblée. M. Rey critiqua le concept des génies, affirmant que les lois mécaniques suffisent à expliquer l'univers. Le Père Béraud analysa les inégalités des mouvements de la Lune, proposant une méthode pour déterminer certaines irrégularités et notant les divergences entre les observations récentes et les tables astronomiques. Il suggéra que les lois du mouvement, établies par le Créateur, expliquent ces irrégularités. En 1836, le Mercure de France souligna les progrès de l'astronomie tout en mentionnant les difficultés restantes, notamment concernant les inégalités des mouvements lunaires et planétaires. Diverses hypothèses, telles que celles de Kepler et de M. de la Hire, furent discutées, chacune ayant ses limites et erreurs. M. Moëgling présenta une dissertation sur la salubrité de l'air, affirmant que l'air humide et froid est nuisible à la santé, tandis que l'air sec et chaud est bénéfique. M. Cheinet explora les principes physiques de l'harmonie et les règles de composition musicale. M. Gavinet discuta des régules métalliques, détaillant leurs utilisations et proposant une nouvelle méthode pour l'opération du régule martial. M. Clapasson compara les théâtres anciens et modernes, préférant ces derniers en termes d'étendue, solidité et magnificence. Il nota que les théâtres anciens, bien que magnifiques, présentaient des défauts fonctionnels, comme la difficulté de porter la voix des acteurs et l'impossibilité d'utiliser des lumières artificielles ou des décors changeants rapidement. Le Père Thomas aborda la superstition des nombres et des années climatériques, visant à éclairer la raison humaine et à dissiper les terreurs irrationnelles. M. Dugas souligna que les Anciens adaptaient la nature à leurs idées, tandis que les Modernes l'observent telle qu'elle est, mettant en avant l'importance des faits et des expériences pour construire un système universel. M. Olivier réfléchit sur la génération et la croissance des embryons, soulignant la complexité et la merveille de la nature humaine. Le Père Godin analysa les eaux minérales d'Hauterive, utiles pour dissoudre la pierre, et raconta leur découverte fortuite et leurs bienfaits. Enfin, un éloge du Père Duclos, jésuite et académicien, fut prononcé, soulignant ses contributions en physique et en mathématiques, ainsi que son esprit vif et ses mœurs douces.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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318
p. 1842-1850
ASSEMBLÉE publique de la même Académie, du 22 Avril 1744.
Début :
LES grandes occupat[i]ons de M. Pallu, Intendant de Lyon, ne lui ayant pas permis de donner, / Mémoire, contenant la Description de plusieurs Machines de Guerre. Les [...]
Mots clefs :
Lyon, Degrés, Calcul, Observation, Éclipse de lune, Provence, Nombres, Soleil, Machine, Arithmétique, Arts libéraux, Cadrans solaires, Phtisie, Observations météorologiques, Architecture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ASSEMBLÉE publique de la même Académie, du 22 Avril 1744.
ASSEMBLE' E publique de la même
Académie , du 22 Avril 1744.
I
Es grandes occupat ons de M. Pallu , Inten
dant de Lyon , ne lui ayant pas permis de donner,
en qualité de Directeur de l'Académie, les Extraits
des Mémoires qui y ont été lûs depuis la
derniere Aff mblée publique il avoit prié M.
Borde,President de la précédente année , d'en faire
le Recueil & la lecture. Voici les Extraits qu'il a
rapportés.
?
Mémoire , contenant la Defcription de plufieurs
Machines de Guerre.
Les avantages que le Public peut retirer des ingénieufes
inventions , & des Machines qui forment
le curieux Cabinet de M. Grollier de Servieres
viennent infentiblen: ent orner nos Regifties. Ce
Mémoire contient des détails de conftruction &
d'apAOUST.
1744. 1.843
application. 1 : D'une Machine qui fert à forer
des Canons. Le Canon eft jetté en tonte tout maffif,
eft placé fur cette Machine & y ett fufpendu , dans
une fituation renventée & perpendiculaire , fur des
piéces de bois , qui lui permettent de defcendre infenfiblement
fur des forets de diferentes grandeurs
& force , qui en détachent ia natiere , en
tournant rapidement fur leur centre , par l'action
des chevaux , ou de tout utre moteur. Une feconde
Machiné faire paffer du Canon > pour au travers
d'une Riviere , loifqu'il n'y a point de Pont.
Une troifiéme , pour transporter ailément du Canon
fur divers endroits du Rempart ; moyen etile lorf
que les batteries des affiégés ont été démontées en
partie , & qu'il eft néceffaire de taire feu en plu-
Geurs endroits 4. Un Pont volant , pour trav.rfer
un foflé 5 ° . & 6 ° Deux moyens différens & d'une
grande fimplicité , pour éventer les Mines des affié--
geans , les prevenir & les inonder.
Sur les fractions des Nombres.
Les opérations d'Arithmetique préfentent fou
vent des fractions , dont il eit neceflaire de connoître
la valeur relativement à l'efpéce dont elles font
parties aliquotes , il faut pour y parvenir, employer
des réductions , qui fouvent , par la longueur du
calcul , deviennent fufceptibles d'erreur. M. l'Abbé
Dugaiby, qui a fenti ces difficultés , a cru pouvoir
les lever , en. imaginant des tables & des échelles
où ces reductions ie trouvent toutes faites , au premier
coup d'oeil ; un Inftrument qui a quelque rap- .
port au Compas de proportion , & inventé pour faciliter
la conftruction de ces échelles lui a fervi uti- >
lement. I elt compofé de deux régles , donc l'une
eft divifée fuivant la fuite naturelle des Nombres ,
I vj
&
1844 MERCURE DE FRANCE.
& l'autre , felon l'ordre des Nombres impairs ; le
centre de mouvement des deux régles eft variable
fur l'une des deux . Cet Inftrument divife tout cercle
& tout, fecteur à volonté , felon les différentes gradations
des Nombres , marqués fur la principale.
régle , & réfout méchaniquement & fans calcul le
Problême de Papus , fans avoir recours aux lignes
du fecond genre.
Obfervations du Paffage de la Planette de
Mercure fur le Soleil , le matin du 5
Novembre 1743 .
que
2
Un Phenomene fenfible & obfervé avec exactitude
, préſente aux Aftronomes des preuves de la
jufteffe , ou de la fauffeté de leurs hypotéfes . Il leur
eft donc extrêmement important de n'en pas laiffer
échapper l'heureux inftant. Le Paffage de Mercure
fur le Soleil , eft d'autant plus utile à l'Aftronomie,
le mouvement de cette Planette n'eft pas encore
bien connu , fes révolutions , quoique promp
tes , ne le placent que rarement dans une fiuation
propre à être obfervé. Le Phénomene annoncé par
les Ephemerides , avertit le P. Beraud de le précautionner
pour l'Obfervation Une Lunette de 20
pieds un quart de cercle , une Machine parallactique
& une Pendule réglée fur le mouvement vrai ,
furent préparées pour cette Obfervation ; le tems la
favorifa parfaitement . Mercure parut par la Lunette
de 20 pieds, exactement rond , fort noir , & fa circonférence
bien terminée , fans nebulofité , & fans
anneau lumineux. L'inftant de fon immerſion totale
fut à 8 heures du matin , 49' f1 " , tems vrai , &
celui de l'émerfion totale à i heures après midi ,
21' 20" , le tems de fon immerfion . totale à fon
émerfion entiere fut de 4 heures 3.1 ' 29" , & le tems
I
que
A O UST. 1744. . 1845
que fon diamétre mit à paffer le bord occidental dư
Soleil de z ' 6" , d'où l'on a conclu , que le moment
de for entrée fur le bord oriental , fut à 8 heures 47°
45" , qui différe du tems de l'entrée déterminée ,
par les Tables de 14' 33 " dont il a avancé , le diamétre
apparent du Soleil ce jour-là , étant de 32 °
30" ; la route entiere de Mercure comparée à ce
diamétre eft de 27 ' 14" . Le P. Beraud , par un calcul
intéreffant & tiré de cette Obfervation , donne
le rapport de la grandeur véritable de Mercure &
fon diamétre ; comparée à celle de la Terre , elle
eft comme 388 à 1200, c'eft- à-dire, que fon diamètre
eft un peu plus d'un tiers de celui de la Terre ; fa
furface un neuvième , & ſa ſolidité un vingt - feptiéme:
ce qui fe trouve très conforme aux précédentes
déterminations données par les Aftronomes les
plus exacts. Cette Obfervation annonce donc une
erreur dans les Tables, mais le P. Beraud ne fe preffe
pas de la conclure ; c'eft à la conformité des Obfervations
du même Phénomene à décider de la justef
fe ou de l'erreur des Tables qui les prédiſent.
Obfervation de l'Eclipfe de Lune , du z
Novembre 1743-
Le moment de cette Eclipfe a encore précédé le
tems où elle devoit arriver , felon les Ephémerides
de 15' 42 " , différence trop confidérable & qui auroit
pu faire douter de l'exactitude de l'Obfervation
, fi le P. Beraud n'avoit eu la fatisfaction de
voit la fienne ne différer que de peu de fecondes de
celles qui ont été faites en même-tems , à Toulon ,
par le P. du Chatelard , l'un de nos Académiciens
affociés , & à Marseille , par le P. Permas . Tel eft
P'ufage de ces fortes de comparaifons . Eiles font à
l'Aftro1846
MERCURE DE FRANCE.
FAftronomie , ce que les démonftrations font à la
Géométrie .
Sur les proportions dans l'Arithmetique.
M. l'Abbé Dugaiby préfenta un fecond Inftrument
qu'il a inventé , pour faciliter l'intelligence &
P'ufage des régles de proportions . Le quatrieme
proportionnel à trois nombres donnés, vient comme
de lui même fe placer fur l'Inftrument , par une
opération fimple ,immédiate & fans calcul , qui ne
demande que beaucoup de précifion dans l'inftru
ment.
Sur la perfection des Arts Libéraux.
L'Architecture , la Peinture , la Sculpture & la
Gravure , font des Arts infiniment précieux , la perfection
où nous les voyons , a conduit M. de la
Monce à en pénétrer la caufe . Les Analyfes qu'il
en a faites , lui font voir par tout , que les habiles.
Maîtres n'ont été tels que par une étude fuivie &
attentive des beaux Arts & des Sciences , qui conduifent
à leur intelligence. Il fait voir que les cinq
ordres d'Architecture doivent être confiderés com
me les lettres de l'Alphabet , c'eft - à- dire fufceptibles
d'une combinaiſon étonnante , laquelle bien enten
duë ne manquera jamais de plaire . Que le Pinceau
guidé par l'H ftoire , la Fable & les diverfes productions
de la Nature , préfentera tout à la fois , le
bon goût , la vérité la nobleffe de l'exécution
& enfin que le Cifeau & le Burin conduits par des
mains attentives , produiront ces Chefs-d'oeuvres
d'une pratique haoile & d'une fçavante imitation..
Sur
AOUST. 1847
1744.
Sur la conftruction des Cadrans Solaires , Verticaux
, Méridionaux déclinans ; & la
connoiffance de la Méridienne fur des Plans
Verticaux.
&
La Géométrie fe place par tout avec fuccès ; le
calcul différentiel vient au fecours d'une pratique
de Gnomonique , & fournit par une formule , une
Méthode fimple & exacte , pour trouver la déclinaifon
d'un Plan vertical , & en conféquence , la
ligne méridienne fur ce Plan . M., Mathon , à l'aide
de cette méthode , tire une tangente à la ligne
d'ombre d'un ftyle droit , élevé perpendiculairemert
fur le Plan , au point le lus près de midi ,
en conclut , par le calcul , le vrai point du midi , &
Ja hauteur du Pôle. Une feconde méthode pour
trouver la même méridienne , fans avoir befoin de
connoître la déclinaifon du Plan , fuppofe la maniere
ordinaire pour tracer la meridienne fur des
Plans horifontaux , par des cercles concentriques ,
décrits du pied d'un ftyle droit mais pour éviter
les erreurs , produites par le changemen de déclimaifon
du Soleil , M. Mathon propoſe de tirer une
tangente à la ligne d'ombre , au point trouvé part
Poble vation le complement de l'Angle de cette
tangente , avec une ligne verticale fera l'Angle
cherché entre la fous- litaire & la ligne de midi Les
petits arcs de la Courbe décrite , par l'extrêmité de
P'ombre , peuvent être pris , fans erreur fenfible
pour des lignes droites , furtout lorfqu'on fera ufage
de ftyles un peu longs.
:
Sur
1848 MERCURE DE FRANCE.
Sur l'ufage du Sucre de lait , dans l'Emoptifie
&les fueurs immédiates qui accompagnent
ordinairement la Phibyfi .
M. Moegling , l'un des Académiciens affociés ,
nous fit part de la maniere fitée en fon Pays , pour
la compofition du Sucre de lait ; elle est peu diffé
tente de celle des Suiffes . D'heureuſes applications
qu'il afaites de ceRemede à l'Emoptyfie & à l'Eryfie ,
l'ont perfuadé , qu'il n'opéroit efficacement dans
l'une & l'autre maladie , que par les fels abondans
qu'il renferme , lefquels fe mêlant avec le fang ,
l'embaraffent , en arrêtent la fougue, & l'empêchent
de monter avec impétuofité dans les poulmons ,
& par leur qualité aftringeante , confolident les petits
vaiffeaux , & font ceffer les vomiffemens & crachemens
de fang . Il rafraîchit la chaleur immoderée,
& refferre les pores qui laiffent échapper avec
trop de facilité la Lymphe qui circule avec le fang-
Obfervations météorologiques faites à Lyon en
l'année 1743 »
comparées avec celles de
Provence , qui nous ont été envoyées par Le
P. du Chatelard & par M. Boeuf , Confeiller
au Parlement d'Aix.
Le plus grand froid a été à Lyon le 28 Janvier ,
de 7 dégrés au deffous de la congélation , & en Provence
le 23 , feulement de deux dégrés tous la congélation
, donc le froid de l'Hyver 1743.à Lyon , a
été plus grand que celui de Provence des dégrés .
La plus grande chaleur à Lyon de l'Eté 1743 , a
été le 18 Juin de 29 dégrés au - deffus de la congélation
& en Provence le 1 Août de 23 dégrés ,
›
donc
AOUST. 1744. 1849
donc l'Eté de Lyon a été plus chaud que celui de
Provence de 6 dégrés , & à peu près dans la même
proportion du froid. Nous avons déja remarqué ,
dans les années précédentes , des différences prelque
auffi fenfibles .
Les hauteurs du Barométre ont été à peu près les
mêmes à Lyon & en Provence , & les mêmes jours
relativement à la hauteur des Lieux.
3
La déclinaifon de l'Aiguille aimantée a été affés
conftamment de 16 dégrés à Toulon , & à Lyon
de 15 dégrés 30' Nord - Ouest.
Sur la meilleure maniere d'enfeigner
l'Arithmétique.
l'or-
Il eft certain que plufieurs perfonnes fe plaignent
d'avoir oublié à chiffrer , prefqu'auffi- tôt qu'ils l'avoient
appris . M. Cheinet fait voir évidemment que
ce défaut ne vient pas feulement du peu d'habitude
qu'on en conferve , mais bien plus encore de la
maniere dont on a été enſeigné. Il ne faut que fentir
la différence qu'il y a entre un Arithméticien &
un Chiffreur. Les Maîtres n'enfeignent , pour
dinaire , que la fimple pratique de l'Arithinétique ,
qui s'oublie fort aisément , au lieu que les principes
de certe Science ne pénétrent dans l'entendeinent ,
que pour s'y affûrer une place conftante , & y former
des traces inéfaçables. Plufieurs raifons enga
gent M. Cheinet à donner des inſtructions aux Maî.
tres & aux Difciples , pour les conduire sûrement
dans la théorie & dans la pratique de cette Scien-
EC.
Obfer
1850 MERCURE DE FRANCE.
Obfervations fur la réforme de la Severonde ,
en ufage dans cette Ville , & nommée communément
Forget.
C'est ici une espéce de reproche fait à l'habitude ,
au mauvais goût & au préjugé ; la Severonde ou le
Forget des Toits de cette Ville , a préfenté à M.
Delorme des fujets d'Obfervations critiques , qui
paroiffent bien fondées. Elles portent fur la faillie
défectueufe que cette Severonde préfente à la vûë ,
fur fon inutilité pour préferver de la pluye le mûr
de face & les paffans : fur l'oeconomie de fa rétorme
, dans la conftruction & dans les réparations fré
quentes : fur les dangers aufquels expofe la faillie
hors-d'oeuvre , en facilitant à la flâme la communication
d'une maison à l'autre ; fur la diminution du
jour , nuifible aux Ouvriers & aux Manufactures ;
& enfin fur l'humidité & le mauvais air qu'elle
maintient dans les appartemens , par fon oppofition
à une circulation aifée . M. Delorme ajoute à toutes
cès Obfervations , deux modéles tirés de la belle
& fimple Architecture , qu'il feroit à fouhaiter
qu'on voulut imiter , mais une certaine fatalité veut
que l'indiférence pour le bien public , piévale pref
que toûjours.
M. Cheinet lût un Mémoire fur l'harmonie & fur
les régles de la compofition ; l'Extrait en a été
donné dans la précédente Affemblée publique.
M. Delamonce fit la lecture d'un Mémoire fur
plufieurs anciens Temples , & leur comparaiſon avec
nos Eglifes modernes . L'Extrait fe trouve avec ceux
de la Séance publique du 8 Mai 1743 .
M. Gaviner termina la Séance , par un Mémoire
fur les Régules Métalliques , dont on a vû l'Extrait
avec ceux de la précédente Aſſemblée publique.
Académie , du 22 Avril 1744.
I
Es grandes occupat ons de M. Pallu , Inten
dant de Lyon , ne lui ayant pas permis de donner,
en qualité de Directeur de l'Académie, les Extraits
des Mémoires qui y ont été lûs depuis la
derniere Aff mblée publique il avoit prié M.
Borde,President de la précédente année , d'en faire
le Recueil & la lecture. Voici les Extraits qu'il a
rapportés.
?
Mémoire , contenant la Defcription de plufieurs
Machines de Guerre.
Les avantages que le Public peut retirer des ingénieufes
inventions , & des Machines qui forment
le curieux Cabinet de M. Grollier de Servieres
viennent infentiblen: ent orner nos Regifties. Ce
Mémoire contient des détails de conftruction &
d'apAOUST.
1744. 1.843
application. 1 : D'une Machine qui fert à forer
des Canons. Le Canon eft jetté en tonte tout maffif,
eft placé fur cette Machine & y ett fufpendu , dans
une fituation renventée & perpendiculaire , fur des
piéces de bois , qui lui permettent de defcendre infenfiblement
fur des forets de diferentes grandeurs
& force , qui en détachent ia natiere , en
tournant rapidement fur leur centre , par l'action
des chevaux , ou de tout utre moteur. Une feconde
Machiné faire paffer du Canon > pour au travers
d'une Riviere , loifqu'il n'y a point de Pont.
Une troifiéme , pour transporter ailément du Canon
fur divers endroits du Rempart ; moyen etile lorf
que les batteries des affiégés ont été démontées en
partie , & qu'il eft néceffaire de taire feu en plu-
Geurs endroits 4. Un Pont volant , pour trav.rfer
un foflé 5 ° . & 6 ° Deux moyens différens & d'une
grande fimplicité , pour éventer les Mines des affié--
geans , les prevenir & les inonder.
Sur les fractions des Nombres.
Les opérations d'Arithmetique préfentent fou
vent des fractions , dont il eit neceflaire de connoître
la valeur relativement à l'efpéce dont elles font
parties aliquotes , il faut pour y parvenir, employer
des réductions , qui fouvent , par la longueur du
calcul , deviennent fufceptibles d'erreur. M. l'Abbé
Dugaiby, qui a fenti ces difficultés , a cru pouvoir
les lever , en. imaginant des tables & des échelles
où ces reductions ie trouvent toutes faites , au premier
coup d'oeil ; un Inftrument qui a quelque rap- .
port au Compas de proportion , & inventé pour faciliter
la conftruction de ces échelles lui a fervi uti- >
lement. I elt compofé de deux régles , donc l'une
eft divifée fuivant la fuite naturelle des Nombres ,
I vj
&
1844 MERCURE DE FRANCE.
& l'autre , felon l'ordre des Nombres impairs ; le
centre de mouvement des deux régles eft variable
fur l'une des deux . Cet Inftrument divife tout cercle
& tout, fecteur à volonté , felon les différentes gradations
des Nombres , marqués fur la principale.
régle , & réfout méchaniquement & fans calcul le
Problême de Papus , fans avoir recours aux lignes
du fecond genre.
Obfervations du Paffage de la Planette de
Mercure fur le Soleil , le matin du 5
Novembre 1743 .
que
2
Un Phenomene fenfible & obfervé avec exactitude
, préſente aux Aftronomes des preuves de la
jufteffe , ou de la fauffeté de leurs hypotéfes . Il leur
eft donc extrêmement important de n'en pas laiffer
échapper l'heureux inftant. Le Paffage de Mercure
fur le Soleil , eft d'autant plus utile à l'Aftronomie,
le mouvement de cette Planette n'eft pas encore
bien connu , fes révolutions , quoique promp
tes , ne le placent que rarement dans une fiuation
propre à être obfervé. Le Phénomene annoncé par
les Ephemerides , avertit le P. Beraud de le précautionner
pour l'Obfervation Une Lunette de 20
pieds un quart de cercle , une Machine parallactique
& une Pendule réglée fur le mouvement vrai ,
furent préparées pour cette Obfervation ; le tems la
favorifa parfaitement . Mercure parut par la Lunette
de 20 pieds, exactement rond , fort noir , & fa circonférence
bien terminée , fans nebulofité , & fans
anneau lumineux. L'inftant de fon immerſion totale
fut à 8 heures du matin , 49' f1 " , tems vrai , &
celui de l'émerfion totale à i heures après midi ,
21' 20" , le tems de fon immerfion . totale à fon
émerfion entiere fut de 4 heures 3.1 ' 29" , & le tems
I
que
A O UST. 1744. . 1845
que fon diamétre mit à paffer le bord occidental dư
Soleil de z ' 6" , d'où l'on a conclu , que le moment
de for entrée fur le bord oriental , fut à 8 heures 47°
45" , qui différe du tems de l'entrée déterminée ,
par les Tables de 14' 33 " dont il a avancé , le diamétre
apparent du Soleil ce jour-là , étant de 32 °
30" ; la route entiere de Mercure comparée à ce
diamétre eft de 27 ' 14" . Le P. Beraud , par un calcul
intéreffant & tiré de cette Obfervation , donne
le rapport de la grandeur véritable de Mercure &
fon diamétre ; comparée à celle de la Terre , elle
eft comme 388 à 1200, c'eft- à-dire, que fon diamètre
eft un peu plus d'un tiers de celui de la Terre ; fa
furface un neuvième , & ſa ſolidité un vingt - feptiéme:
ce qui fe trouve très conforme aux précédentes
déterminations données par les Aftronomes les
plus exacts. Cette Obfervation annonce donc une
erreur dans les Tables, mais le P. Beraud ne fe preffe
pas de la conclure ; c'eft à la conformité des Obfervations
du même Phénomene à décider de la justef
fe ou de l'erreur des Tables qui les prédiſent.
Obfervation de l'Eclipfe de Lune , du z
Novembre 1743-
Le moment de cette Eclipfe a encore précédé le
tems où elle devoit arriver , felon les Ephémerides
de 15' 42 " , différence trop confidérable & qui auroit
pu faire douter de l'exactitude de l'Obfervation
, fi le P. Beraud n'avoit eu la fatisfaction de
voit la fienne ne différer que de peu de fecondes de
celles qui ont été faites en même-tems , à Toulon ,
par le P. du Chatelard , l'un de nos Académiciens
affociés , & à Marseille , par le P. Permas . Tel eft
P'ufage de ces fortes de comparaifons . Eiles font à
l'Aftro1846
MERCURE DE FRANCE.
FAftronomie , ce que les démonftrations font à la
Géométrie .
Sur les proportions dans l'Arithmetique.
M. l'Abbé Dugaiby préfenta un fecond Inftrument
qu'il a inventé , pour faciliter l'intelligence &
P'ufage des régles de proportions . Le quatrieme
proportionnel à trois nombres donnés, vient comme
de lui même fe placer fur l'Inftrument , par une
opération fimple ,immédiate & fans calcul , qui ne
demande que beaucoup de précifion dans l'inftru
ment.
Sur la perfection des Arts Libéraux.
L'Architecture , la Peinture , la Sculpture & la
Gravure , font des Arts infiniment précieux , la perfection
où nous les voyons , a conduit M. de la
Monce à en pénétrer la caufe . Les Analyfes qu'il
en a faites , lui font voir par tout , que les habiles.
Maîtres n'ont été tels que par une étude fuivie &
attentive des beaux Arts & des Sciences , qui conduifent
à leur intelligence. Il fait voir que les cinq
ordres d'Architecture doivent être confiderés com
me les lettres de l'Alphabet , c'eft - à- dire fufceptibles
d'une combinaiſon étonnante , laquelle bien enten
duë ne manquera jamais de plaire . Que le Pinceau
guidé par l'H ftoire , la Fable & les diverfes productions
de la Nature , préfentera tout à la fois , le
bon goût , la vérité la nobleffe de l'exécution
& enfin que le Cifeau & le Burin conduits par des
mains attentives , produiront ces Chefs-d'oeuvres
d'une pratique haoile & d'une fçavante imitation..
Sur
AOUST. 1847
1744.
Sur la conftruction des Cadrans Solaires , Verticaux
, Méridionaux déclinans ; & la
connoiffance de la Méridienne fur des Plans
Verticaux.
&
La Géométrie fe place par tout avec fuccès ; le
calcul différentiel vient au fecours d'une pratique
de Gnomonique , & fournit par une formule , une
Méthode fimple & exacte , pour trouver la déclinaifon
d'un Plan vertical , & en conféquence , la
ligne méridienne fur ce Plan . M., Mathon , à l'aide
de cette méthode , tire une tangente à la ligne
d'ombre d'un ftyle droit , élevé perpendiculairemert
fur le Plan , au point le lus près de midi ,
en conclut , par le calcul , le vrai point du midi , &
Ja hauteur du Pôle. Une feconde méthode pour
trouver la même méridienne , fans avoir befoin de
connoître la déclinaifon du Plan , fuppofe la maniere
ordinaire pour tracer la meridienne fur des
Plans horifontaux , par des cercles concentriques ,
décrits du pied d'un ftyle droit mais pour éviter
les erreurs , produites par le changemen de déclimaifon
du Soleil , M. Mathon propoſe de tirer une
tangente à la ligne d'ombre , au point trouvé part
Poble vation le complement de l'Angle de cette
tangente , avec une ligne verticale fera l'Angle
cherché entre la fous- litaire & la ligne de midi Les
petits arcs de la Courbe décrite , par l'extrêmité de
P'ombre , peuvent être pris , fans erreur fenfible
pour des lignes droites , furtout lorfqu'on fera ufage
de ftyles un peu longs.
:
Sur
1848 MERCURE DE FRANCE.
Sur l'ufage du Sucre de lait , dans l'Emoptifie
&les fueurs immédiates qui accompagnent
ordinairement la Phibyfi .
M. Moegling , l'un des Académiciens affociés ,
nous fit part de la maniere fitée en fon Pays , pour
la compofition du Sucre de lait ; elle est peu diffé
tente de celle des Suiffes . D'heureuſes applications
qu'il afaites de ceRemede à l'Emoptyfie & à l'Eryfie ,
l'ont perfuadé , qu'il n'opéroit efficacement dans
l'une & l'autre maladie , que par les fels abondans
qu'il renferme , lefquels fe mêlant avec le fang ,
l'embaraffent , en arrêtent la fougue, & l'empêchent
de monter avec impétuofité dans les poulmons ,
& par leur qualité aftringeante , confolident les petits
vaiffeaux , & font ceffer les vomiffemens & crachemens
de fang . Il rafraîchit la chaleur immoderée,
& refferre les pores qui laiffent échapper avec
trop de facilité la Lymphe qui circule avec le fang-
Obfervations météorologiques faites à Lyon en
l'année 1743 »
comparées avec celles de
Provence , qui nous ont été envoyées par Le
P. du Chatelard & par M. Boeuf , Confeiller
au Parlement d'Aix.
Le plus grand froid a été à Lyon le 28 Janvier ,
de 7 dégrés au deffous de la congélation , & en Provence
le 23 , feulement de deux dégrés tous la congélation
, donc le froid de l'Hyver 1743.à Lyon , a
été plus grand que celui de Provence des dégrés .
La plus grande chaleur à Lyon de l'Eté 1743 , a
été le 18 Juin de 29 dégrés au - deffus de la congélation
& en Provence le 1 Août de 23 dégrés ,
›
donc
AOUST. 1744. 1849
donc l'Eté de Lyon a été plus chaud que celui de
Provence de 6 dégrés , & à peu près dans la même
proportion du froid. Nous avons déja remarqué ,
dans les années précédentes , des différences prelque
auffi fenfibles .
Les hauteurs du Barométre ont été à peu près les
mêmes à Lyon & en Provence , & les mêmes jours
relativement à la hauteur des Lieux.
3
La déclinaifon de l'Aiguille aimantée a été affés
conftamment de 16 dégrés à Toulon , & à Lyon
de 15 dégrés 30' Nord - Ouest.
Sur la meilleure maniere d'enfeigner
l'Arithmétique.
l'or-
Il eft certain que plufieurs perfonnes fe plaignent
d'avoir oublié à chiffrer , prefqu'auffi- tôt qu'ils l'avoient
appris . M. Cheinet fait voir évidemment que
ce défaut ne vient pas feulement du peu d'habitude
qu'on en conferve , mais bien plus encore de la
maniere dont on a été enſeigné. Il ne faut que fentir
la différence qu'il y a entre un Arithméticien &
un Chiffreur. Les Maîtres n'enfeignent , pour
dinaire , que la fimple pratique de l'Arithinétique ,
qui s'oublie fort aisément , au lieu que les principes
de certe Science ne pénétrent dans l'entendeinent ,
que pour s'y affûrer une place conftante , & y former
des traces inéfaçables. Plufieurs raifons enga
gent M. Cheinet à donner des inſtructions aux Maî.
tres & aux Difciples , pour les conduire sûrement
dans la théorie & dans la pratique de cette Scien-
EC.
Obfer
1850 MERCURE DE FRANCE.
Obfervations fur la réforme de la Severonde ,
en ufage dans cette Ville , & nommée communément
Forget.
C'est ici une espéce de reproche fait à l'habitude ,
au mauvais goût & au préjugé ; la Severonde ou le
Forget des Toits de cette Ville , a préfenté à M.
Delorme des fujets d'Obfervations critiques , qui
paroiffent bien fondées. Elles portent fur la faillie
défectueufe que cette Severonde préfente à la vûë ,
fur fon inutilité pour préferver de la pluye le mûr
de face & les paffans : fur l'oeconomie de fa rétorme
, dans la conftruction & dans les réparations fré
quentes : fur les dangers aufquels expofe la faillie
hors-d'oeuvre , en facilitant à la flâme la communication
d'une maison à l'autre ; fur la diminution du
jour , nuifible aux Ouvriers & aux Manufactures ;
& enfin fur l'humidité & le mauvais air qu'elle
maintient dans les appartemens , par fon oppofition
à une circulation aifée . M. Delorme ajoute à toutes
cès Obfervations , deux modéles tirés de la belle
& fimple Architecture , qu'il feroit à fouhaiter
qu'on voulut imiter , mais une certaine fatalité veut
que l'indiférence pour le bien public , piévale pref
que toûjours.
M. Cheinet lût un Mémoire fur l'harmonie & fur
les régles de la compofition ; l'Extrait en a été
donné dans la précédente Affemblée publique.
M. Delamonce fit la lecture d'un Mémoire fur
plufieurs anciens Temples , & leur comparaiſon avec
nos Eglifes modernes . L'Extrait fe trouve avec ceux
de la Séance publique du 8 Mai 1743 .
M. Gaviner termina la Séance , par un Mémoire
fur les Régules Métalliques , dont on a vû l'Extrait
avec ceux de la précédente Aſſemblée publique.
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Résumé : ASSEMBLÉE publique de la même Académie, du 22 Avril 1744.
Lors de l'assemblée publique de l'Académie du 22 avril 1744, M. Borde a présenté les extraits des mémoires lus depuis la dernière assemblée, en raison des occupations de M. Pallu, Intendant de Lyon. Ces mémoires incluaient diverses inventions et observations scientifiques. Un mémoire décrivait des machines de guerre, telles qu'une machine pour forer des canons, un dispositif pour transporter des canons à travers une rivière, un moyen de déplacer rapidement des canons sur les remparts, un pont volant pour traverser des fossés, et des méthodes pour détecter et inonder les mines ennemies. Un autre mémoire traitait des fractions en arithmétique, avec des tables et des échelles créées par l'abbé Dugaby pour simplifier les réductions de fractions, ainsi qu'un instrument similaire au compas de proportion. L'observation du passage de la planète Mercure devant le Soleil le 5 novembre 1743 a été détaillée, fournissant des données sur le mouvement de Mercure. Le Père Beraud a utilisé divers instruments pour cette observation, révélant une erreur dans les tables astronomiques. L'éclipse de lune du 2 novembre 1743 a également été observée, confirmant l'exactitude des observations grâce à des comparaisons avec d'autres observateurs. Le texte mentionne aussi diverses contributions scientifiques et artistiques publiées dans le Mercure de France entre 1846 et 1850. En 1846, l'Abbé Dugaby a inventé un instrument pour les règles de proportions en arithmétique. M. de la Monce a analysé la perfection des arts libéraux. En 1847, M. Mathon a développé des méthodes pour la construction de cadrans solaires. En 1848, M. Moegling a partagé l'utilisation du sucre de lait pour traiter l'emphysème et les fièvres. Des observations météorologiques comparatives entre Lyon et Provence en 1743 montrent des différences climatiques. En 1849, des mesures barométriques et la déclinaison de l'aiguille aimantée sont rapportées. En 1850, M. Cheinet a discuté des méthodes pour enseigner l'arithmétique. Lors de l'assemblée publique en 1850, des critiques ont été adressées à M. Delorme concernant la 'Severonde' ou 'Forget', une structure utilisée sur les toits des bâtiments. Les critiques soulignaient plusieurs défauts, notamment une apparence défectueuse, une inefficacité à protéger des intempéries, des coûts élevés, des risques d'incendie, et une mauvaise circulation de l'air. M. Delorme a proposé des modèles architecturaux alternatifs.
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319
p. 1854-1855
EXTRAIT d'une Lettre écrite de l'Abbaye Royale d'Ambournay, Ordre de S. Benoît, Diocèse de Lyon, le 4 Août 1744, au sujet d'un Remede éprouvé contre la Goute invéterée, &c.
Début :
Apoticaire de ma Profession, & gouteux par tempérament, j'ai cherché par les secours de [...]
Mots clefs :
Remède, Abbaye, Goutte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de l'Abbaye Royale d'Ambournay, Ordre de S. Benoît, Diocèse de Lyon, le 4 Août 1744, au sujet d'un Remede éprouvé contre la Goute invéterée, &c.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de l'Abbaye
Royale d'Ambournay , Ordre de S. Benoît,
Diocèfe de Lyon , le 4 Août 1744 , au ſujet
d'un Remede éprouvé contre la Goute invéterée
, &c.
A
Potiquaire de ma Profeffion , & gouteux par
tempérament , j'ai cherché par les fecours de
PArt , à guérir de cette cruelle maladie ; la prétendue
impoffibilité ne m'a point rebuté. J'ai pensé ,
j'ai cherché , j'ai diffous , j'ai compofé , & c'eſt enfin
fur moi-même que j'ai fait mes Epreuves . Il eft
peu de perfonnes dont la Goute fût plus violente &
plus fréquente que la mienne. Ce n'étoit pas feulement
aux pieds , mais encore aux genoux & aux
mains qu'elle me tenoit tout à la fois , & pendant
des tems confidérables. Quelques prochaines qu'en
fuffent les attaques l'une de l'autre , je n'en ai eu
aucune , depuis que j'ai fait ufage du Remede que
j'ai inventé, & voici la fixième année qui court, fans
que j'aye eu le moindre reffentiment de ce mal.
Une Religieufe Bénédictine , gouteuſe , autant
qu'on puiffe l'être , dans l'efpérance d'une pareille
guérifon , ayant fait ufage de mon Opiate , s'eft
trouvée parfaitement délivrée du même mal , & deux
ans font déja expirés , fans qu'elle en ait fenti le
moindre retour.
Enfin , un Religieux de notre Abbaye , gouteux
depuis l'âge de quinze ans , & qui depuis
plufieurs années , en avoit deux attaques reglées , fe
trouve aujourd'hui radicalement guéri , & en état
d'attefter la bonté de mon Remede.
Perfuadé qu'il peut opérer auffi heureuſement fur
d'autres Sujets, en obfervant les regles faciles que
je fuis en état de prefcrire , j'ai cru qu'il étoit de
mon
THE NEW YORK
PUBLIC LIBRARY.
ASTOR LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
A O UST. 1744. 1855
mon devoir de l'annoncer au Public , s'agiffant d'un
bien général , avec d'autant plus de raifon , que la
Goute étant fouvent compliquée d'autres maux ,
comme Rhumatifme , Gravelle , & c . le même Remede
agit encore efficacement à cet égard , par la
nature de fa compofition.
看
Ceux qui voudront ufer de ce Remede , fe ferviront
de cette Adreffe , en affranchiffant les Lettres,
Au Frere Etienne Joubert , Apotiquaire de 1 Abbaye
Royale d'Ambournay , en Bugey , par S. Jean le Vieux ,
Route de Geneve.
Ou bien au même , chés M. Franquon , Marchand
Droguifte , ruë de l'Enfant qui piſſe , à Lyon.
Il donnera avec le Remede , l'Inftruction néceffaire
pour l'employer utilement.
Royale d'Ambournay , Ordre de S. Benoît,
Diocèfe de Lyon , le 4 Août 1744 , au ſujet
d'un Remede éprouvé contre la Goute invéterée
, &c.
A
Potiquaire de ma Profeffion , & gouteux par
tempérament , j'ai cherché par les fecours de
PArt , à guérir de cette cruelle maladie ; la prétendue
impoffibilité ne m'a point rebuté. J'ai pensé ,
j'ai cherché , j'ai diffous , j'ai compofé , & c'eſt enfin
fur moi-même que j'ai fait mes Epreuves . Il eft
peu de perfonnes dont la Goute fût plus violente &
plus fréquente que la mienne. Ce n'étoit pas feulement
aux pieds , mais encore aux genoux & aux
mains qu'elle me tenoit tout à la fois , & pendant
des tems confidérables. Quelques prochaines qu'en
fuffent les attaques l'une de l'autre , je n'en ai eu
aucune , depuis que j'ai fait ufage du Remede que
j'ai inventé, & voici la fixième année qui court, fans
que j'aye eu le moindre reffentiment de ce mal.
Une Religieufe Bénédictine , gouteuſe , autant
qu'on puiffe l'être , dans l'efpérance d'une pareille
guérifon , ayant fait ufage de mon Opiate , s'eft
trouvée parfaitement délivrée du même mal , & deux
ans font déja expirés , fans qu'elle en ait fenti le
moindre retour.
Enfin , un Religieux de notre Abbaye , gouteux
depuis l'âge de quinze ans , & qui depuis
plufieurs années , en avoit deux attaques reglées , fe
trouve aujourd'hui radicalement guéri , & en état
d'attefter la bonté de mon Remede.
Perfuadé qu'il peut opérer auffi heureuſement fur
d'autres Sujets, en obfervant les regles faciles que
je fuis en état de prefcrire , j'ai cru qu'il étoit de
mon
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ASTOR LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
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.
ASTOR
, LENOX
AND TILDEN
FOUNDATIONS
.
A O UST. 1744. 1855
mon devoir de l'annoncer au Public , s'agiffant d'un
bien général , avec d'autant plus de raifon , que la
Goute étant fouvent compliquée d'autres maux ,
comme Rhumatifme , Gravelle , & c . le même Remede
agit encore efficacement à cet égard , par la
nature de fa compofition.
看
Ceux qui voudront ufer de ce Remede , fe ferviront
de cette Adreffe , en affranchiffant les Lettres,
Au Frere Etienne Joubert , Apotiquaire de 1 Abbaye
Royale d'Ambournay , en Bugey , par S. Jean le Vieux ,
Route de Geneve.
Ou bien au même , chés M. Franquon , Marchand
Droguifte , ruë de l'Enfant qui piſſe , à Lyon.
Il donnera avec le Remede , l'Inftruction néceffaire
pour l'employer utilement.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de l'Abbaye Royale d'Ambournay, Ordre de S. Benoît, Diocèse de Lyon, le 4 Août 1744, au sujet d'un Remede éprouvé contre la Goute invéterée, &c.
Le 4 août 1744, un apothicaire de l'Abbaye Royale d'Ambournay, dans le diocèse de Lyon, écrit une lettre pour partager un remède contre la goutte. Souffrant lui-même de cette maladie qui affecte les pieds, les genoux et les mains, il a mis au point un traitement efficace après plusieurs années de recherche et de tests. Depuis cinq ans, il n'a plus de symptômes. Une religieuse bénédictine et un religieux de l'abbaye, également atteints de goutte, ont été guéris grâce à ce remède. L'auteur affirme que ce traitement peut aussi soigner le rhumatisme et la gravelle. Pour obtenir le remède et les instructions, les intéressés peuvent contacter le frère Étienne Joubert à l'Abbaye Royale d'Ambournay ou M. Franquon, marchand droguiste à Lyon.
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320
p. 1891-1894
Maladie du Roi, [titre d'après la table]
Début :
Le 8 de ce mois, le Roi s'éveilla vers les cinq heures du matin avec un mouvement [...]
Mots clefs :
Roi, Matin, Metz, Fièvre, Douleur, Saignée, Bataillons de la milice, Maréchal de Belle-Isle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Maladie du Roi, [titre d'après la table]
Le S de ce mois , le Roi s'éveilla vers les:
cinq heures du matin avec un mouvement
de fiévre & une douleur de tête , qui déterminerent
à une faignée du bras. Elle fut faite
à deux heures après midi , & elle procura
à S. M. un peu de foulagement & de la
tranquillité pendant le refte du jour.
La nuit fuivante , le Roi dormit quelques
heures , mais d'un fommeil fort interrompu.
Cependant la fiévre & la douleur de tête
étant fort diminuées le lendemain matin ,
on profita de ce calme pour purger S. M.
qui fe trouva mieux vers les fix heures du
foir , lorfque la Médecine eut produit fon
effet.
Le 10 à deux heures du matin , la fièvre
& la douleur de tête augmenterent , & on
fit au Roi une faignée du pied , laquelle diminua
confidérablement les accidens qui
l'avoient fait juger néceffaire .
Hvj
S.
1892 MERCURE DE FRANCE.
S. M. prit le onze une feconde médecine
, qui facilita l'écoulement de la bile
qu'on regardoit comme la principale cauſe
de cette maladie .
On mande de Metz du 9 de ce mois , que
le Roi , après avoir été reçû à Chaalons- fur-
Marne , à Sainte Menehould & à Verdun ,
avec les mêmes démonftrations de joye ,
par lefquelles les habitans des Villes , où le
Roi a paffé , ont fait éclater leurs fentimens
pour S. M. arriva en cette Ville le 4 de ce
mois vers une après midi. S. M. trouva ,
poftés de diſtance en diftance fur le grand
chemin depuis Malatour jufqu'à la vue de
cette Ville , 16 Bataillons de la Milice , qui
a été rétablie fur le pied de l'ancienne Milice
du Pays Meffin . Depuis le Village de
Longueville jufqu'à Metz on avoit placé 4
Bataillons de la Milice Bourgeoife de cette
Ville , qui font chacun de 1000 hommes
& dont les Officiers étoient vêtus uniformement.
Un Bataillon , compofé de 400
des plus notables Bourgeois , & un autre ,
compofé de 300 Enfans de l'âge de douze
ans , étoient en bataille fur le Glacis.
Le Maréchal de Belle Ifle , Gouverneur du
Pays Meffin & de Metz , lequel attendoit
le Roi à la premiere Barriere , lui ayant préfenté
les Clefs de la Ville , S. M. y entra ,
& étant allée deſcendre à l'Egliſe Cathédrale
,
AOUST. 1744. 1893
le , elle y fut reçûë par l'Evêque , accompagné
du Chapitre. Au fortir de l'Eglife Ĉathédrale
, le Roi fe rendit au Gouvernement
, où S. M. eft logée. Le Roi ayant traverfé
la Ville Neuve & le grand Pont des
Morts , paffa fous un Arc de Triomphe trèsmagnifique
, qui avoit été élevé au bout du
Pont , & aux deux côtés duquel couloient
deux fontaines de vin , & S. M. trouva un
fecond Arc de Triomphe à l'entrée de l'Efplanade.
Toutes les rues , par lefquelles le
Roi paffa pour fe rendre à la Cathédrale &
enfuite au Gouvernement , étoient tenduës
de tapifferies. Il y eut le foir des illuminations
dans toute la Ville ; on tira un grand
nombre de fufées fur l'Efplanade , & les habitans
n'ont rien oublié pour faire paroître
la fatisfaction que leur caufoit le bonheur
de voir le Roi. Les illuminations & les réjoiffances
publiques furent renouvellées
les deux jours fuivans .
Les au matin , le Parlement de Metz ,
ayant à fa tête M. de Montholon , Premier
Préfident , qui porta la parole , rendit fes
reſpects au Roi , étant préſenté par le Maréchal
de Belle- Ifle , & par le Comte d'Argenfon
, Miniftre & Sécretaire d'Etat , &
étant conduit par M. Defgranges , Maîtie
des Cérémonies.
Le même jour & les deux fuivans , S. M.
monta
1894 MERCURE DE FRANCE.
monta à cheval à fix heures après midi ,
pour vifiter la Citadelle , les fortifications
de la Place , & les nouveaux Ouvrages qui
y ont été ajoutés depuis quelques années ,
& elle en parut très- fatisfaite.
cinq heures du matin avec un mouvement
de fiévre & une douleur de tête , qui déterminerent
à une faignée du bras. Elle fut faite
à deux heures après midi , & elle procura
à S. M. un peu de foulagement & de la
tranquillité pendant le refte du jour.
La nuit fuivante , le Roi dormit quelques
heures , mais d'un fommeil fort interrompu.
Cependant la fiévre & la douleur de tête
étant fort diminuées le lendemain matin ,
on profita de ce calme pour purger S. M.
qui fe trouva mieux vers les fix heures du
foir , lorfque la Médecine eut produit fon
effet.
Le 10 à deux heures du matin , la fièvre
& la douleur de tête augmenterent , & on
fit au Roi une faignée du pied , laquelle diminua
confidérablement les accidens qui
l'avoient fait juger néceffaire .
Hvj
S.
1892 MERCURE DE FRANCE.
S. M. prit le onze une feconde médecine
, qui facilita l'écoulement de la bile
qu'on regardoit comme la principale cauſe
de cette maladie .
On mande de Metz du 9 de ce mois , que
le Roi , après avoir été reçû à Chaalons- fur-
Marne , à Sainte Menehould & à Verdun ,
avec les mêmes démonftrations de joye ,
par lefquelles les habitans des Villes , où le
Roi a paffé , ont fait éclater leurs fentimens
pour S. M. arriva en cette Ville le 4 de ce
mois vers une après midi. S. M. trouva ,
poftés de diſtance en diftance fur le grand
chemin depuis Malatour jufqu'à la vue de
cette Ville , 16 Bataillons de la Milice , qui
a été rétablie fur le pied de l'ancienne Milice
du Pays Meffin . Depuis le Village de
Longueville jufqu'à Metz on avoit placé 4
Bataillons de la Milice Bourgeoife de cette
Ville , qui font chacun de 1000 hommes
& dont les Officiers étoient vêtus uniformement.
Un Bataillon , compofé de 400
des plus notables Bourgeois , & un autre ,
compofé de 300 Enfans de l'âge de douze
ans , étoient en bataille fur le Glacis.
Le Maréchal de Belle Ifle , Gouverneur du
Pays Meffin & de Metz , lequel attendoit
le Roi à la premiere Barriere , lui ayant préfenté
les Clefs de la Ville , S. M. y entra ,
& étant allée deſcendre à l'Egliſe Cathédrale
,
AOUST. 1744. 1893
le , elle y fut reçûë par l'Evêque , accompagné
du Chapitre. Au fortir de l'Eglife Ĉathédrale
, le Roi fe rendit au Gouvernement
, où S. M. eft logée. Le Roi ayant traverfé
la Ville Neuve & le grand Pont des
Morts , paffa fous un Arc de Triomphe trèsmagnifique
, qui avoit été élevé au bout du
Pont , & aux deux côtés duquel couloient
deux fontaines de vin , & S. M. trouva un
fecond Arc de Triomphe à l'entrée de l'Efplanade.
Toutes les rues , par lefquelles le
Roi paffa pour fe rendre à la Cathédrale &
enfuite au Gouvernement , étoient tenduës
de tapifferies. Il y eut le foir des illuminations
dans toute la Ville ; on tira un grand
nombre de fufées fur l'Efplanade , & les habitans
n'ont rien oublié pour faire paroître
la fatisfaction que leur caufoit le bonheur
de voir le Roi. Les illuminations & les réjoiffances
publiques furent renouvellées
les deux jours fuivans .
Les au matin , le Parlement de Metz ,
ayant à fa tête M. de Montholon , Premier
Préfident , qui porta la parole , rendit fes
reſpects au Roi , étant préſenté par le Maréchal
de Belle- Ifle , & par le Comte d'Argenfon
, Miniftre & Sécretaire d'Etat , &
étant conduit par M. Defgranges , Maîtie
des Cérémonies.
Le même jour & les deux fuivans , S. M.
monta
1894 MERCURE DE FRANCE.
monta à cheval à fix heures après midi ,
pour vifiter la Citadelle , les fortifications
de la Place , & les nouveaux Ouvrages qui
y ont été ajoutés depuis quelques années ,
& elle en parut très- fatisfaite.
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Résumé : Maladie du Roi, [titre d'après la table]
En août 1744, le roi tomba malade avec de la fièvre et une douleur à la tête. Une saignée lui apporta un soulagement temporaire, suivie d'une purge qui améliora son état. Le 10 août, les symptômes réapparurent, nécessitant une nouvelle saignée et un médicament pour faciliter l'écoulement de la bile. Parallèlement, le roi arriva à Metz le 4 août après un parcours marqué par des démonstrations de joie. À Metz, il fut accueilli par 16 bataillons de milice et des bataillons de bourgeois et d'enfants. Le maréchal de Belle-Isle lui remit les clefs de la ville. Le roi visita la cathédrale avec l'évêque et le chapitre, puis se rendit au gouvernement. Son passage fut célébré par des arcs de triomphe, des fontaines de vin et des illuminations. Le parlement de Metz, dirigé par M. de Montholon, lui rendit hommage. Les jours suivants, le roi inspecta les fortifications et les nouvelles constructions de la citadelle, exprimant sa satisfaction.
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321
p. 1894-1895
Le Te Deum chanté à Metz, [titre d'après la table]
Début :
On chanta le 8 après midi dans l'Eglise Cathédrale le Te Deum en action de graces [...]
Mots clefs :
Roi, Te Deum, Fièvre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Te Deum chanté à Metz, [titre d'après la table]
On chanta le 8 après midi dans l'Eglife
Cathédrale le Te Deum en action de graces
de la priſe du Château Dauphin & des retranchemens
de la Vallée de Sture , & l'Evêque
de Metz y officia pontificalement.
Toutes les Maifons de cette Ville furent
illuminées pendant la nuit , & il y eut des
feux & des réjouiffances publiques.
Le Roi ne put aflifter au Te Deum , parce
qu'il s'étoit trouvé incommodé pendant la
nuit pécédente. S. M. ayant de la fievre , accomAOUST.
1744. 1895
compagnée d'une douleur de tête , fut faignée
au bras dans l'après midi . La fiévre
étant très- médiocre le 9 au matin , S. M.
prit une médecine , dont l'effet lui procura
beaucoup de foulagement par la diminution
des accidens de la maladie , ce qui donnoit
lieu d'efpérer que le Roi feroit bien- tôt entierement
rétabli.
Cathédrale le Te Deum en action de graces
de la priſe du Château Dauphin & des retranchemens
de la Vallée de Sture , & l'Evêque
de Metz y officia pontificalement.
Toutes les Maifons de cette Ville furent
illuminées pendant la nuit , & il y eut des
feux & des réjouiffances publiques.
Le Roi ne put aflifter au Te Deum , parce
qu'il s'étoit trouvé incommodé pendant la
nuit pécédente. S. M. ayant de la fievre , accomAOUST.
1744. 1895
compagnée d'une douleur de tête , fut faignée
au bras dans l'après midi . La fiévre
étant très- médiocre le 9 au matin , S. M.
prit une médecine , dont l'effet lui procura
beaucoup de foulagement par la diminution
des accidens de la maladie , ce qui donnoit
lieu d'efpérer que le Roi feroit bien- tôt entierement
rétabli.
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Résumé : Le Te Deum chanté à Metz, [titre d'après la table]
Le 8 août 1744, un Te Deum fut chanté à Metz pour célébrer la prise du Château Dauphin et des retranchements de la Vallée de Sture. L'évêque de Metz officia. La ville fut illuminée et des réjouissances eurent lieu. Le roi, souffrant de fièvre et de maux de tête, ne put assister à la cérémonie. Le 9 août, sa fièvre légère lui permit de prendre un médicament apaisant.
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322
p. 1899-1902
Suite de la Maladie du Roi, / Arrivée de la Reine à Metz, [titre d'après la table]
Début :
On a appris de Metz du 18 de ce mois, que la médecine qu'on fit prendre au Roi le [...]
Mots clefs :
Roi, Douleur de tête, Fièvre, Évacuations, Redoublement, Saignée du pied
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite de la Maladie du Roi, / Arrivée de la Reine à Metz, [titre d'après la table]
On a appris de Metz du 18 de ce mois ,
que la médecine qu'on fit prendre au Roi le
onze , eut un effet affés heureux , & qu'elle
procura des évacuations très- abondantes ,
mais qu'elle ne diminua pas , ainfi qu'on l'avoit
efperé , la fiévre & la douleur de tête.
L'une & l'autre étant confidérablement augmentées
, vers les cinq heures après midi
on fe détermina à une feconde faignée du
pied , qui fut faite à huit heures du foir ,
lorfqu'on put juger que l'opération du
gatif étoit finie. Cette faignée procura au
Roi pendant la nuit & le jour fuivant , de la
tranfpiration , du calme dans le poulx , &
quelques heures de fommeil , & elle affoiblit
un peu la douleur de tête , laqueile
avoit été très- vive la veille , & avoit parû
s'être fixée à la tempe droite.
pur-
Les évacuations continuerent le 12 avec
affés d'abondance , & elles donnerent lieu
de croire que l'état de foulagement , dans
lequel le Roi fe trouvoit , pourroit ſe foûtenir
, mais le 13 à trois heures du matin
S. M. eut un redoublement de fiévre trèsviolent
, & la douleur de tête , qui l'accompagnoit
, étant fort augmentée , on chercha
à en prévenir les fuites par une troifiéme faignée
du pied , à laquelle on eut recours à
fept heures du matin , & qui ne diminua
point les deux caufes , qui pouvoient rendre
la maladie dangereufe , Le
1900 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi l'ayant reconnu & jugeant de fon
état , fit appeller le Pere Peruffeau , & après
avoir entendu la Meffe , il le confefla. S.M.
demanda enfuite le Viatique , qui lui fut
apporté par l'Evêque de Soiffons , fon Premier
Aumônier , & elle le reçût vers les trois
heures après midi en préfence de toute la
Cour , avec beaucoup de pieté , & avec des
fentimens de Religion , auffi dignes d'un
Chrétien , que capables de faire juger de fa
parfaite réfignation à la volonté de Dieu . A
fix heures du foir , la douleur de tête & la
fiévre fe foûtenant avec la plus grande violence
, on fit au Roi une quatrième faignée
du pied. On fe fervit encore du même remede
le 14 à fix heures du matin ; on chercha
à entretenir la liberté du ventre , & le
foir du même jour , on appliqua des Sancfuës
fur la tempe droite , où le Roi fentoit
la plus grande douleur . Toutes ces précautions
prifes contre l'augmentation de la maladie,
ne procurerent aucun foulagement aut
Roi , & ne diminuerent point la fiévre ; elle
redoubla à dix heures & demie du foir avec
une douleur de tête infupportable , accompagnée
d'une grande agitation , & le Roi
ayant fouhaité vers les deux heures du matin
de recevoir l'Extrême- Onction , elle lui
fut adminiftrée par l'Evêque de Soiſſons. A
ce redoublement , il s'en joignit à quatre
heures
A O UST. 1744. 1901'
heures du matin un fecond , qui fut encore
plus confidérable , & pendant lequel le Roi
étant, tombé dans un affoupiffement trèseffrayant
, on employa avec fuccès le fecours
des vefficatoires, On donna auffi au Roi un
purgatif qui produifit beaucoup d'effet , &
les vives allarmes que l'état , dans lequel
S. M. étoit le matin , ayoit cauſées , diminuerent
un peu vers les deux heures après
midi.
Depuis ce moment le Roi a eu la tête libre,
& il a dormi à plufieurs repriſes ; la
fiévre a été moins violente ; les évacuations
qui ont été entretenues , ont répondu à ce
qu'on efperoit , & S. M. a été beaucoup
mieux le 15 au foir & le lendemain . Le redoublement
qu'on craignoit pour le 16 au
foir , a retardé de quelques heures , & il n'a
commencé le 17 qu'à une heure & demie du
matin ; il a été moins violent que les précédens
, mais il a été marqué par un très grand
affoupiffement , à la fin duquel on a donné
au Roi un léger purgatif, pour entretenir
Les évacuations. Il y en a eû plufieurs qui
ont rendu la tête très-libre , & ont diminué
l'émotion du poulx.
Le Roi a pallé la nuit du 17 affés tranquillement
; le redoublement de fiéyre a été médiocre
, & il a fini à cinq heures du matin.
On a continué l'ufage des purgatifs , & les
évacua1902
MERCURE DE FRANCE.
évacuations , qu'ils ont procurées , ont fait
efperer que le redoublement qu'on craignoit
pour la nuit du 19 , feroit moins fort que
précédens , le poulx du Roi n'ayant pas
encore été en auffi bon état qu'il l'a été depuis
le 18 au matin , & qu'il a continué de
l'être le foir.
La Reine arriva à Metz le 17 , vers minuit.
que la médecine qu'on fit prendre au Roi le
onze , eut un effet affés heureux , & qu'elle
procura des évacuations très- abondantes ,
mais qu'elle ne diminua pas , ainfi qu'on l'avoit
efperé , la fiévre & la douleur de tête.
L'une & l'autre étant confidérablement augmentées
, vers les cinq heures après midi
on fe détermina à une feconde faignée du
pied , qui fut faite à huit heures du foir ,
lorfqu'on put juger que l'opération du
gatif étoit finie. Cette faignée procura au
Roi pendant la nuit & le jour fuivant , de la
tranfpiration , du calme dans le poulx , &
quelques heures de fommeil , & elle affoiblit
un peu la douleur de tête , laqueile
avoit été très- vive la veille , & avoit parû
s'être fixée à la tempe droite.
pur-
Les évacuations continuerent le 12 avec
affés d'abondance , & elles donnerent lieu
de croire que l'état de foulagement , dans
lequel le Roi fe trouvoit , pourroit ſe foûtenir
, mais le 13 à trois heures du matin
S. M. eut un redoublement de fiévre trèsviolent
, & la douleur de tête , qui l'accompagnoit
, étant fort augmentée , on chercha
à en prévenir les fuites par une troifiéme faignée
du pied , à laquelle on eut recours à
fept heures du matin , & qui ne diminua
point les deux caufes , qui pouvoient rendre
la maladie dangereufe , Le
1900 MERCURE DE FRANCE.
Le Roi l'ayant reconnu & jugeant de fon
état , fit appeller le Pere Peruffeau , & après
avoir entendu la Meffe , il le confefla. S.M.
demanda enfuite le Viatique , qui lui fut
apporté par l'Evêque de Soiffons , fon Premier
Aumônier , & elle le reçût vers les trois
heures après midi en préfence de toute la
Cour , avec beaucoup de pieté , & avec des
fentimens de Religion , auffi dignes d'un
Chrétien , que capables de faire juger de fa
parfaite réfignation à la volonté de Dieu . A
fix heures du foir , la douleur de tête & la
fiévre fe foûtenant avec la plus grande violence
, on fit au Roi une quatrième faignée
du pied. On fe fervit encore du même remede
le 14 à fix heures du matin ; on chercha
à entretenir la liberté du ventre , & le
foir du même jour , on appliqua des Sancfuës
fur la tempe droite , où le Roi fentoit
la plus grande douleur . Toutes ces précautions
prifes contre l'augmentation de la maladie,
ne procurerent aucun foulagement aut
Roi , & ne diminuerent point la fiévre ; elle
redoubla à dix heures & demie du foir avec
une douleur de tête infupportable , accompagnée
d'une grande agitation , & le Roi
ayant fouhaité vers les deux heures du matin
de recevoir l'Extrême- Onction , elle lui
fut adminiftrée par l'Evêque de Soiſſons. A
ce redoublement , il s'en joignit à quatre
heures
A O UST. 1744. 1901'
heures du matin un fecond , qui fut encore
plus confidérable , & pendant lequel le Roi
étant, tombé dans un affoupiffement trèseffrayant
, on employa avec fuccès le fecours
des vefficatoires, On donna auffi au Roi un
purgatif qui produifit beaucoup d'effet , &
les vives allarmes que l'état , dans lequel
S. M. étoit le matin , ayoit cauſées , diminuerent
un peu vers les deux heures après
midi.
Depuis ce moment le Roi a eu la tête libre,
& il a dormi à plufieurs repriſes ; la
fiévre a été moins violente ; les évacuations
qui ont été entretenues , ont répondu à ce
qu'on efperoit , & S. M. a été beaucoup
mieux le 15 au foir & le lendemain . Le redoublement
qu'on craignoit pour le 16 au
foir , a retardé de quelques heures , & il n'a
commencé le 17 qu'à une heure & demie du
matin ; il a été moins violent que les précédens
, mais il a été marqué par un très grand
affoupiffement , à la fin duquel on a donné
au Roi un léger purgatif, pour entretenir
Les évacuations. Il y en a eû plufieurs qui
ont rendu la tête très-libre , & ont diminué
l'émotion du poulx.
Le Roi a pallé la nuit du 17 affés tranquillement
; le redoublement de fiéyre a été médiocre
, & il a fini à cinq heures du matin.
On a continué l'ufage des purgatifs , & les
évacua1902
MERCURE DE FRANCE.
évacuations , qu'ils ont procurées , ont fait
efperer que le redoublement qu'on craignoit
pour la nuit du 19 , feroit moins fort que
précédens , le poulx du Roi n'ayant pas
encore été en auffi bon état qu'il l'a été depuis
le 18 au matin , & qu'il a continué de
l'être le foir.
La Reine arriva à Metz le 17 , vers minuit.
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Résumé : Suite de la Maladie du Roi, / Arrivée de la Reine à Metz, [titre d'après la table]
Le texte décrit l'état de santé dégradé du Roi, qui souffre d'une fièvre intense et de douleurs à la tête. Le 18 du mois, il apparaît que les médicaments administrés le 11 n'ont pas apporté de soulagement. Le 12, malgré des évacuations abondantes, la fièvre et la douleur s'intensifient. Le 13, une nouvelle saignée est effectuée sans succès. Le Roi reçoit les derniers sacrements avec dévotion. Les jours suivants, divers traitements sont tentés, incluant des saignées, des purgatifs et des applications de sangsues, mais sans amélioration significative. Le 17, le Roi passe une nuit paisible et son état montre une légère amélioration. La Reine arrive à Metz le soir du 17.
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323
p. 1918-1920
Convalescence du Roi, / Arrivée de la Reine & de la Famille Royale à Metz, [titre d'après la table]
Début :
On a appris de Metz du 25 de ce mois, que le calme, dans lequel le Roi se trouva le 18 après [...]
Mots clefs :
Roi, Metz, Nouvelles, Santé, Convalescence
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texteReconnaissance textuelle : Convalescence du Roi, / Arrivée de la Reine & de la Famille Royale à Metz, [titre d'après la table]
On a appris de Metz du 25 de ce mois , que le
calme , dans lequel le Roi fe trouva le 18 après
midi , fe foûtint tout le jour , & que le redoublement
AOUST . 1744. 1919
"
ment de fiévre , qu'on craignoit dans la nuit fuivante
fut fi peu marqué , qu'il n'empêcha pas S.
M. de dormit huit heures , fans autre interruption
que celle du tems néceffaite pour prendre deux
bouillons , & pour changer de lit.
Cet heureux état de la ſanté du Roi , bien diffe
rent de celui des jours précédens , & la ceffation
des accidens de la maladie , firent juger le 19 au
matin , avec fondement , que S. M. toit hors de
danger , & qu'elle alloit entrer dans la Convalef
cence .
La joye inexprimable , que cet événement a répandu
dans tous les coeurs , fe fortifie de jour en
jour. J
La médecine douce qu'on fit prendre au Roi le
22 , pour prévenir le retour d'un mouvement de
fiévre , ayant emporté le refte de la bile , qui auroit
pú occafionner quelque accident , le Roi s'eft trou
vé depuis de mieux en mieux ; le poulx eft dans
fon état naturel , & il a permis de commencer le
à donner au Roi deux potages. S. , M . en a pris
un le 25 à midi ; elle a été levée l'après- midi près
de quatre heures , & le progrès de fa Convalefcence
annonce que le rétabliffement de fa fanté fera
prompt & auffi parfait qu'on puiffe le défirer.
24
La nuit du 24 , le Roi a fait dire la Meffe dans fa
Chambre à minuit , & il y a communié par les
mains de l'Evêque de Soiffons , Premier Aumônier
de S. M.
La Reine , qui fur les nouvelles , qu'elle avoit
reçûës de l'état du Roi , étoit partie de Verſailles le
15 au matin , pour fe rendre à Metz , y arriva le
17 , vers les onze heures & demie du foir , & elle
entra dès le moment chés le Roi.
Monfeigneur le Dauphin & Mefdames de France.
eurent le 20 la fatisfaction de le voir , & de le trouver
guéri.
Les
424
1920 MERCURE DE FRANCE.
Les Prévôt des Marchands & Echevins de la Ville
de Paris , allarmés des nouvelles arrivées le 15 au
matin de la fanté du Roi , & touchés vivement de
l'extrême inquiétude qu'elles caufoient dans toute
la Ville , firent partir fur le champ deux des Officiers
des Gardes de la Ville , afin que ces Officiers ,
pour fatisfaire le Public , pûffent envoyer de Metz
des nouvelles du Roi , par des couriers extraordinaires
établis fur la route. Deux de ces couriers
font partis chaque jour de Metz avec les nouvelles
de la fanté du Roi , que leur donnoit le Duc de Gêvres
, Gouverneuf de Paris , lequel ayant appris
que le Roi avoit été faigné du pied le 12 , pour la
feconde fois , le rendit auprès du Roi , & arriva à
Metz le ry.
>
La guérifon de S. M. a infpiré à ceux qui ont
P'honneur de lui être particulierement attachés
une joye dont on ne peut juger , que par les fentimens
qu'ils ont toujours fait paroître pour S. M. &
dont la défolation , dans laquelle la Cour a été pendant
la maladie du Roi , eft une nouvelle preuve .
calme , dans lequel le Roi fe trouva le 18 après
midi , fe foûtint tout le jour , & que le redoublement
AOUST . 1744. 1919
"
ment de fiévre , qu'on craignoit dans la nuit fuivante
fut fi peu marqué , qu'il n'empêcha pas S.
M. de dormit huit heures , fans autre interruption
que celle du tems néceffaite pour prendre deux
bouillons , & pour changer de lit.
Cet heureux état de la ſanté du Roi , bien diffe
rent de celui des jours précédens , & la ceffation
des accidens de la maladie , firent juger le 19 au
matin , avec fondement , que S. M. toit hors de
danger , & qu'elle alloit entrer dans la Convalef
cence .
La joye inexprimable , que cet événement a répandu
dans tous les coeurs , fe fortifie de jour en
jour. J
La médecine douce qu'on fit prendre au Roi le
22 , pour prévenir le retour d'un mouvement de
fiévre , ayant emporté le refte de la bile , qui auroit
pú occafionner quelque accident , le Roi s'eft trou
vé depuis de mieux en mieux ; le poulx eft dans
fon état naturel , & il a permis de commencer le
à donner au Roi deux potages. S. , M . en a pris
un le 25 à midi ; elle a été levée l'après- midi près
de quatre heures , & le progrès de fa Convalefcence
annonce que le rétabliffement de fa fanté fera
prompt & auffi parfait qu'on puiffe le défirer.
24
La nuit du 24 , le Roi a fait dire la Meffe dans fa
Chambre à minuit , & il y a communié par les
mains de l'Evêque de Soiffons , Premier Aumônier
de S. M.
La Reine , qui fur les nouvelles , qu'elle avoit
reçûës de l'état du Roi , étoit partie de Verſailles le
15 au matin , pour fe rendre à Metz , y arriva le
17 , vers les onze heures & demie du foir , & elle
entra dès le moment chés le Roi.
Monfeigneur le Dauphin & Mefdames de France.
eurent le 20 la fatisfaction de le voir , & de le trouver
guéri.
Les
424
1920 MERCURE DE FRANCE.
Les Prévôt des Marchands & Echevins de la Ville
de Paris , allarmés des nouvelles arrivées le 15 au
matin de la fanté du Roi , & touchés vivement de
l'extrême inquiétude qu'elles caufoient dans toute
la Ville , firent partir fur le champ deux des Officiers
des Gardes de la Ville , afin que ces Officiers ,
pour fatisfaire le Public , pûffent envoyer de Metz
des nouvelles du Roi , par des couriers extraordinaires
établis fur la route. Deux de ces couriers
font partis chaque jour de Metz avec les nouvelles
de la fanté du Roi , que leur donnoit le Duc de Gêvres
, Gouverneuf de Paris , lequel ayant appris
que le Roi avoit été faigné du pied le 12 , pour la
feconde fois , le rendit auprès du Roi , & arriva à
Metz le ry.
>
La guérifon de S. M. a infpiré à ceux qui ont
P'honneur de lui être particulierement attachés
une joye dont on ne peut juger , que par les fentimens
qu'ils ont toujours fait paroître pour S. M. &
dont la défolation , dans laquelle la Cour a été pendant
la maladie du Roi , eft une nouvelle preuve .
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Résumé : Convalescence du Roi, / Arrivée de la Reine & de la Famille Royale à Metz, [titre d'après la table]
Du 18 au 25 août 1744, l'état de santé du roi s'améliore progressivement. Le 18 août, il dort huit heures sans interruption, signe d'un calme relatif. Le 19 août, son état s'améliore significativement, suscitant une grande joie parmi le peuple. Le 22 août, une médecine douce élimine les restes de bile, favorisant sa convalescence. Le 25 août, il prend un potage et se lève l'après-midi, montrant des signes de rétablissement rapide. La reine, informée de son état, quitte Versailles le 15 août pour le rejoindre à Metz le 17 août. Le dauphin et les princesses de France voient le roi guéri le 20 août. Les autorités parisiennes envoient des officiers à Metz pour rapporter régulièrement les nouvelles de sa convalescence. La guérison du roi inspire une grande joie parmi ses proches et la cour.
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324
p. 1974-1986
SUITE de la Séance publique de l'Académie Royale de Chirurgie.
Début :
Le second Mémoire qui fut lû dans cette Assemblée, est de M. Puzos ; il traite [...]
Mots clefs :
Matrice, Maladie, Hernie de la vessie, Opération, Fracture de la rotule, Placenta, Renversement de la matrice
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texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Séance publique de l'Académie Royale de Chirurgie.
SUITE de la Séance publique de l'Académie
Royale de Chirurgie.
E fecond Mémoire qui fut lû dans cette
Affemblée , eft de M. Puzos ; il traite
de l'inverfion ou du renverfement de la
Matrice : c'eft une maladie , dit ce Chirurgien
, qui n'a été bien connue avant nous ,
que quand elle a été portée à la plus fâcheufe
extrêmité , & qu'elle eft devenue
fenfible à la vûe & au toucher , par l'inverfion
totale de la Matrice , c'est-à- dire , que
cette partie étoit pendante au- dehors.
La caufe d'une tele maladie, dépendante
immédiatement de l'extraction du Placenta,
adhérent au fond de la Matrice , ne devoit
pas être alors plus ignorée que la maladie
même , puifque le moment qui produifoit
la caufe , étoit commun à la naiffance de
l'effet ; enfin, le danger qui fuivoit la maladie
de très-près , ne fouffroit aucune équivoque
fur le parti qu'il y avoit à prendre ;
ou réduire fur le champ la Matrice , pour
fauver une femme ainfi maltraitée , ou la
voir périr une heure ou deux après l'accident
, fi le fecours lui manquoit. L'Auteur
conclut de-là que les Anciens n'ont réelle-
•
ment
SEPTEMBRE. 1744. 1973
mentconnu que le renversement de Matrice
porté au dernier degré , & fait par une
caufe externe , c'eft-à-dire , fait dans l'extraction
forcée du Placenta , adhérent au
fond de la Matrice.
C'est par rapport à une connoiffance fi bornée
fur une maladie , qui peut furvenir par
d'autres caufes , & qui a differens degrés
d'inverfion , que M. Puzos a crû néceffaire
de donner tous les éclairciffemens dont elle
a befoin ; il efpere par là rendre les gens
qui s'adonnent à l'Art des accouchemens ,
plus circonfpects pour prevenir cet accident
; mieux inftruits pour le connoître
dans les cas où il peut être ignoré , & plus
hardis pour y rémédier , dans quelque degré
d'inverfion que foit la Matrice.
Avant que d'entrer en matiere , il avertit
que , quoique le renversement de la Matrice
ait communément pour cauſe l'impéritie
, ce malheur peut néanmoins arriver à
des gens prudens , & raisonnablement inftruits
, foit que la Matrice y foit difpofée par
foibleffe , foit qu'elle foit forcée d'obéir , &
de fuivre un Placenta charnu, & trop péfant
pour le plancher qui le foutient. Cependant
l'Auteur met une difference effentielle entre
la main expérimentée , & la main téméraire
: la premiere, dit- il , s'apperçoit bien- tôt
du défordre qu'elle a fait ; elle y rémédie
fur
1976 MERCURE DE FRANCE.
fur le champ ; l'autre, au contraire , igno
rant le déplacement des parties , les entraî
ne jufqu'au dernier degré ; elle n'a pas le
courage , ni la capacité d'y mettre ordre ,
& faute d'un fecours prompt , elle met la
femme en danger de périr peu de tems
après.
A la fuite d'une diftinction qui paroiffoit
néceffaire , & qui fe trouve autorisée par
l'aveu du fçavant Ruifch , & de plufieurs
bons Praticiens , à qui pareil malheur eft
arrivé plus d'une fois dans le cours de leur
vie , l'Auteur pafle au renversement de Matrice
par caufe interne , cauſe inconnuë jufqu'ici
, & tellement indépendante de l'ac
couchement , que la maladie qu'elle produit
, a été reconnue à des filles hors de tour
foupçon , à des femmes qui n'avoient jamais
cu d'enfans , à d'autres qui , depuis quinze
ou vingt ans , qu'elles étoient accouchées
pour la derniere fois , n'avoient fenti aucune
incommodité , fi ce n'eft vers le tems
où la maladie avoit commencé à prendre
naiffance.
Pour prouver l'existence de ces renverfemens
, il rapporte des faits dont il a été témoin,
& qu'on ne peut révoquer en doute ,
par
les circonstances qui les ont accompa
gnées ; pour ce qui regarde la caufe qui ne
peut pas être auffi fenfiblement démontrée
que
SEPTEMBRE. 1744. 1977
que la maladie , il l'établit fur des fignes qui
fe font trouvés communs à toutes les femmes
, attaquées de renverſement par cauſe
interne , & qui doivent autorifer le jugement
qu'en porte l'Auteur.
. Pour mettre le Public en état d'en décider
, on rapporte l'endroit du Mémoire où
il eft dit , que tous les renverfemens reconnus
pour être de caufe interne , ne fe font
déclarés que dans l'âge Critique des femmes
, qu'à des perfonnes extrêmement graffes
, & à qui l'exercice ou le marcher coûtoit
beaucoup de peines . En conféquence
il affure que la graiffe énorme , & le poids
confidérable des vifceres du bas ventre , qui
porte perpendiculairement fur le fond de
la Matrice , principalement dans le tems de
fon affaiffement , l'enfonce peu à peu , &
fait paffer ce fond de la Matrice au travers
de l'orifice, en forme de hernie, par fucceffion
de tems . Cette maladie , dit M. Puzos , eft
incurable , parce qu'on ne peut en détruire
la caufe , qui eft le poids énorme des vifceres
fur la Matrice ; & quand bien même on
pourroit réuffir à la replacer dans fon lieu
naturel , le fuccès ne feroit pas de longue
durée : expofée à foûtenir comme auparavant
une charge au- deffus de fes forces , elle
fuccomberoit de nouveau , & fon enfoncement
ne tarderoit pas à reparoître , comme
C il
1978 MERCURE DE FRANCE.
il arrive aux hernies d'inteftins , qui retom
bent toujours , quoique bien réduites , ſi
on ne foutient l'effort & le poids des parties
par un bandage convenable.
Auffi l'Auteur dit-il naturellement , que
mal-à- propos il a tenté deux fois cette ef
péce de réduction fans fuccès ; il confeille
d'abandonner cette maladie aux foins de la
Nature , plûtôt qu'à l'événement de l'opération
, parce qu'il a l'expérience , que le
tems a fouvent adouci la plus grande partie
de ces incommodités , & que l'opération ,
abfolument inutile , peut- être funefte par
les douleurs qu'elle cauſe .
A l'égard des renverfemens de Matrice
par caufe externe , caufe immédiatement attachée
à l'accouchement dans l'extraction
du Placenta , l'Auteur y diftingue differens
dégrés , qu'il croit très-effentiel de reconnoître
pour la curation .
Le renverſement au premier degré , ſe
nomme incomplet . Dans cette efpéce , l'enfoncement
du fond de la Matrice eft queiquefois
fi léger , & fi éloigné de fon orifice
après l'extraction du Placenta , qu'il eft trèspoffible
d'ignorer ce déplacement de partie ;
de croire au contraire l'opération heureufe
ment terminée , fi on ne prend , pour s'en
affûrer , les précautions qu'on preſcrit dans
Je Mémoire , & qu'il feroit trop long de
"rapSEPTEMBRE.
1744. 1979
A
rapporter ici . Or ce renversement ignoré ,
qui forme une maladie , à laquelle on rémédieroit
fur l'heure avec facilité , fi on s'en
appercevoit, devient dans la fuite incurable,
tant par fon accroiffement › que par les
adhérences qu'il contracte avec des parties
d'où il ne feroit pas prudent de le féparer.
Le renverſement au fecond degré eſt prefque
complet. La tumeur qu'il forme eft encore
renfermée dans le Vagin , mais elle y
préfente un-fi gros volume , qu'il faut être
abfolument fans expérience pour ne pas
connoître que la Matrice eft renverfée . On
l'a cependant prife en cet état , pour une
Môle , ou une tête d'enfant , & tirée trèsmal-
à-propos. Quoique cette maladie ait
des accidens affés urgens , & qu'elle ait befoin
d'une prompte réduction , elle a quelquefois
foutenu les délais de plufieurs jours ,
après lefquels la réduction n'a pas été moins
heureufe , que fi elle avoit été faite fur le
-champ .
Enfin le renverſement complet & au dernier
degré , eft lorfque la Matrice a été entraînée
hors des parties naturelles , lorfque
toutàfait retournée,elle repréfente en dehors
la figure qu'elle avoit auparavant au-dedans .
Cette maladie auffi effrayante à voir , que
funefte , lorfqu'on eft une ou deux heures
fans lui donner le fecours dont elle a be-
Cij foin ,
1980 MERCURE DE FRANCE.
foin > eft cependant plus communément
guérie radicalement , que celle de la premiere
efpéce dont nous avons parlé , parce
que cette grande maladie faute aux yeux , &
qu'elle femble demander elle- même l'opération
qui lui eft néceffaire , au lieu que
l'autre , inconnue dans fa naiffance , ne fe
manifefte que lorsqu'il n'eft plus poffible
d'y rémédier,
Une réfléxion faite par l'Auteur fur les
differens accidens qui accompagnent & fuivent
les accouchemens , lui fait croire que
le défaut d'inftructions , n'y a que trop fou
vent part : il fe plaint de ce que cetre partie
de la Chirurgie eft la feule pour laquelle
l'Etat n'a point établi de Leçons publiques ;
que les connoiffances en font commiſes ,
pour la plupart de ceux qui l'exercent , au
hazard ou par habitudes que pour beaucoup
d'autres , trois mois paffés dans un Hôpital,
où le difficile fe voit rarement , dans un efpace
fi court , & où l'on n'apporte aucune
théorie , fuffisent pour obtenir le droit de
pratiquer l'Art des accouchemens,
Enfin , M. Puzos exhorte à ne point craindre
de bleffer la Matrice , quand il eft queftion
de la replacer . Il affure , d'après l'expérience
, qu'il eft plus avantageux de la
meurtrir , de l'entamer même , quand on ne
peut s'en difpenfer, pour la remettre dans fa
place ,
SEPTEMBRE. 1744. 1981
place ,, que de la laiffer renverfée , par la
crainte d'y faire quelque défordre. La Matrice,
dit- il , eft une partie charnue qui fuppure
, qui s'exfolie & fe cicatrife comme
fait un muſcle ; & c'eſt bien mal-à -propos
que la Tradition a confervé de Siécles en
Siécles , le faux Aviome , que la moindre
écorchûre à la Matrice eft mortelle , quand
il s'en eft trouvé d'extrêmement
maltraitées
, foit par entamûre , foit par renverfement
, qui peu de tems après avoir été rétablies
, font devenues fufceptibles de conception
, & ont apporté des enfans à terme
& bien vivans. C'eft à l'appui de plufieurs
exemples qu'en a l'Auteur , qu'il eft en droit
de détruire le faux préjugé qu'on avoit eu
de tous tems fur la Matrice.
que
M. Verdier lut enfuite la feconde partie
d'un Mémoire fur la hernie de la Veffie ,
dont il avoit donné la premiere partie dans
l'Affemblée publique de l'année précédente.
Après avoir combattu dans cette feconde
partie le fentiment de ceux qui veulent
la hernie de la Veffie foit toujours un vice
de la premiere conformation , M. Verdier
explique comment la dilatation confidérable
qui arrive à la Veffie dans la rétention
d'urine , peut produire la hernie , en occafionnant
le paffage d'une portion de la Veffie.
e , par les anneaux des muſcles du bas ven-
C iij tre
2
$ 982 MERCURE DE FRANCE.
tre , & c. Il y indique enfuite les fignes qui
diftinguent cette hernie particuliere ; le
moins équivoque lui paroît être l'augmentation
du volume de la hernie , lorfque le
malade a été long- tems fans uriner , & fa
diminution par la fortie des urines.
A l'égard du prognoftic , ou jugement
que
l'on doit faire fur les fuites de cette maladie
, il fait connoître qu'elle n'eft pas dangereufe
, lorfqu'il y a une communication
libre entre la partie de la Veffie deſcenduë
dans les bourſes , & celle qui eft restée dans
le baffin , & qu'il n'y a de danger , que lorfque
cette communication vient à celler, foit
par quelque pierre arrêtée dans la portion
de la Veffie qui répond à l'anneau , foir
foir par
une inflammation furvenue à cette même
portion de la Veffie.
Dans le traitement de la hernie de la Vef
fie , M. Verdier confeille l'ufage du ſuſpenfoir
, lorfqu'elle s'avance jufques dans le
Serotum , que fon volume eft confidérable ,
& qu'elle ne peut fe vuider , qu'en la foulevant
, & la comprimant avec les mains.
Mais fi la hernie fe bornoit à l'aine , il
penfe qu'on doit employer le bandage ordinaire
, ou Brayer , pour contenir la portion
de la Vellie qu'on aura fait rentrer . Si
la hernie fe trouve accompagnée d'étranglement
, on aura recours à l'opération .
L'AuSEPTEMBRE
. 1744. 1983
L'Auteur finit , en avertiſſant les jeunes
Chirurgiens de ne jamais entreprendre l'opération
d'une hernie , foit d'inteftin , foit
d'épiploon , defcendus dans les boutfes
fans s'être affûrés , fi la Veffie n'eft pas comprife
dans la tumeur , ce qu'ils reconnoîtront
aisément par le figne indiqué ci - devant.
Car s'ils fe déterminoient à emporter
une portion du Scrotum & du fac herniaire
, ou étoit renfermé l'inteftin ou l'épiploon
, & qu'il y eut complication de la
hernie de la Veffie avec celle de l'inteftin ou
de l'épiploon , ils rifqueroient d'emporter
une portion de la Veffie , qui fe trouveroit
alors cachée immédiatement derriere le fac
herniaire ; on fent bien que ce retrancheiment
d'une portion de la Vellie , feroit capable
de faire périr le malade .
M. Baffuel termina la Séance par la lecture
d'un Mémoire fur la fracture de la rotule
: l'objet de la premiere partie de ce
Mémoire , eft d'achever de diffiper l'efpece
de furprife où l'on eft refté touchant cette
fracture , parce que la caufe n'en avoit pas
été apparemment affés développée ; & c'eſt
ce que M. Baffuel a entrepris , de faire. A
cette occafion. , il publie avec reconnoiffan
ce dès le commencement du Memoire , ce
qui eft dû à un grand Chirurgien ( M. Petit)
qui a mis le premier fur la voye qu'il falloit
Ċ iiij
te1984
MERCUREDE FRANCE.
pour découvrir les agens de cette frac tenir
ture .
Afin de mieux conduire à fon but, il rappelle
d'abord toutes les parties relatives à
cette fracture ; os , articulation , ligamens ,
mufcles , tendons , & c. & il tâche de mettre
à profit la ftructure & la pofition par
rapport à fon fujet , ce qui le fait entrer
plus avant dans differens effets méchaniques
: effets qui ne doivent pas moins réfulter
des mouvemens les plus déréglés qui
peuvent conduire à une chûte prochaine ,
que des mouvemens réguliérement combipour
l'action naturelle d'une partie. nés
M. Baffuel fait fentir que l'on avoit raiſon
de n'être pas entierement rendu fur la force
admife pour déterminer cette fracture : effectivement
tout bien examiné , les quatre
mufcles extenfeurs de la jambe qui s'attachent
à la rotule , qui eft un os très - court
pour fon épaiffeur ,, ne devoient point paroître
fuffire , quelque contraction qui y
arrivât ; encore peut-elle n'être pas fi grande
qu'on le croiroit bien , dans le fens dont
l'accident a été conçû. Un changement d'attitude
qui doit arriver en un inftant aux os
du baffin, eu égard à ceux des cuiffes , quand
on eft prêt à tomber , fait préfumer à l'Auteur
, que d'autres mufcles pofterieurs viennent
en même-tems à la charge contre la
roSEPTEMBRE.
1744. 1985
rotule. Ceux - ci en faififfant dans le fort de
leur contraction le point avantageux du balancement
imprimé par la péfanteur du
corps , . entraînent tout d'une pièce
les muſcles extenfeurs contractés : car il juge
qu'alors tous les muſcles environnans font
tout à la fois & fubitement en action ; c'eft
furquoi il a crû devoir infifter .
On ne peut fuivre , ni même parcourir
dans les bornes d'un Extrait , le détail où
eft entré M. Baffuel , par rapport aux preuves
méchaniques de tout ce qu'il avance.
En général , il confidere dans l'os des hanches
un lévier qui traverſe fon articulation
avec la cuiffe : à ce lévier inégalement pofé ,
felon qu'il le fait voir , s'attachent les mufcles
qui en deviennent les moteurs ; les extenfeurs
au bras le plus court , les fléchif
feurs au plus long. C'eft de- là , à ce que prétend
M. Baffuel , que doit fe tirer tout le
dénoûment , à l'égard des forces multipliées
qui exécutent fi précipitamment la rupture
de la rotule la longue branche du lévier
ne peut être abaillée , par un renversement
en arrière du baffin , qu'elle n'entraîne inpérieufement
en haut les mufcles qui s'inferent
en devant à la courte branche , qui
s'élève pour lors aux dépens de la rotule.
•
:
La feconde partie du Mémoire renferme
des réfléxions Hiftoriques , & enfuite cura-
Cv tives
1986 MERCURE DE FRANCE.
tives touchant la fracture de la rotule.
M. Baffuel dit que par la lecture des Auteurs
de Chirurgie , à remonter jufqu'à
Hypocrate , il a vû que l'on a été pendant
bien des Siècles , fans donner , ou au moins
fans avoir de véritables fecours pour cette
forte de dérangement : quelques guérifons ,
à ce qu'il croit , s'opéroient fans doute quelquefois
, fi les difficultés n'étoient pas trop
grandes , encore falloit- il les mains rares
des plus habiles : il ajoûte que c'eft feulement
dans le dernier Siécle que des Chirurgiens
de Paris , entr'autres M. Verduc , le
pere , ont procuré à leur Art , des moyens
prefque sûrs pour réuffir , qui fouvent depuis
par des changemens arbitraires & malentendus
, fe font affoiblis dans la Pratique.
M. Baitue termine fon Mémoire par
la
defcription
d'un
bandage
qu'il
a rendu
fort
fimple
, & d'autant
plus
utile
pour
la gué
rifon
de
cette
fracture
, que
des
Chirur
giens
moins
expérimentés
peuvent
l'employer
aisément
& avec
fuccès
.
Royale de Chirurgie.
E fecond Mémoire qui fut lû dans cette
Affemblée , eft de M. Puzos ; il traite
de l'inverfion ou du renverfement de la
Matrice : c'eft une maladie , dit ce Chirurgien
, qui n'a été bien connue avant nous ,
que quand elle a été portée à la plus fâcheufe
extrêmité , & qu'elle eft devenue
fenfible à la vûe & au toucher , par l'inverfion
totale de la Matrice , c'est-à- dire , que
cette partie étoit pendante au- dehors.
La caufe d'une tele maladie, dépendante
immédiatement de l'extraction du Placenta,
adhérent au fond de la Matrice , ne devoit
pas être alors plus ignorée que la maladie
même , puifque le moment qui produifoit
la caufe , étoit commun à la naiffance de
l'effet ; enfin, le danger qui fuivoit la maladie
de très-près , ne fouffroit aucune équivoque
fur le parti qu'il y avoit à prendre ;
ou réduire fur le champ la Matrice , pour
fauver une femme ainfi maltraitée , ou la
voir périr une heure ou deux après l'accident
, fi le fecours lui manquoit. L'Auteur
conclut de-là que les Anciens n'ont réelle-
•
ment
SEPTEMBRE. 1744. 1973
mentconnu que le renversement de Matrice
porté au dernier degré , & fait par une
caufe externe , c'eft-à-dire , fait dans l'extraction
forcée du Placenta , adhérent au
fond de la Matrice.
C'est par rapport à une connoiffance fi bornée
fur une maladie , qui peut furvenir par
d'autres caufes , & qui a differens degrés
d'inverfion , que M. Puzos a crû néceffaire
de donner tous les éclairciffemens dont elle
a befoin ; il efpere par là rendre les gens
qui s'adonnent à l'Art des accouchemens ,
plus circonfpects pour prevenir cet accident
; mieux inftruits pour le connoître
dans les cas où il peut être ignoré , & plus
hardis pour y rémédier , dans quelque degré
d'inverfion que foit la Matrice.
Avant que d'entrer en matiere , il avertit
que , quoique le renversement de la Matrice
ait communément pour cauſe l'impéritie
, ce malheur peut néanmoins arriver à
des gens prudens , & raisonnablement inftruits
, foit que la Matrice y foit difpofée par
foibleffe , foit qu'elle foit forcée d'obéir , &
de fuivre un Placenta charnu, & trop péfant
pour le plancher qui le foutient. Cependant
l'Auteur met une difference effentielle entre
la main expérimentée , & la main téméraire
: la premiere, dit- il , s'apperçoit bien- tôt
du défordre qu'elle a fait ; elle y rémédie
fur
1976 MERCURE DE FRANCE.
fur le champ ; l'autre, au contraire , igno
rant le déplacement des parties , les entraî
ne jufqu'au dernier degré ; elle n'a pas le
courage , ni la capacité d'y mettre ordre ,
& faute d'un fecours prompt , elle met la
femme en danger de périr peu de tems
après.
A la fuite d'une diftinction qui paroiffoit
néceffaire , & qui fe trouve autorisée par
l'aveu du fçavant Ruifch , & de plufieurs
bons Praticiens , à qui pareil malheur eft
arrivé plus d'une fois dans le cours de leur
vie , l'Auteur pafle au renversement de Matrice
par caufe interne , cauſe inconnuë jufqu'ici
, & tellement indépendante de l'ac
couchement , que la maladie qu'elle produit
, a été reconnue à des filles hors de tour
foupçon , à des femmes qui n'avoient jamais
cu d'enfans , à d'autres qui , depuis quinze
ou vingt ans , qu'elles étoient accouchées
pour la derniere fois , n'avoient fenti aucune
incommodité , fi ce n'eft vers le tems
où la maladie avoit commencé à prendre
naiffance.
Pour prouver l'existence de ces renverfemens
, il rapporte des faits dont il a été témoin,
& qu'on ne peut révoquer en doute ,
par
les circonstances qui les ont accompa
gnées ; pour ce qui regarde la caufe qui ne
peut pas être auffi fenfiblement démontrée
que
SEPTEMBRE. 1744. 1977
que la maladie , il l'établit fur des fignes qui
fe font trouvés communs à toutes les femmes
, attaquées de renverſement par cauſe
interne , & qui doivent autorifer le jugement
qu'en porte l'Auteur.
. Pour mettre le Public en état d'en décider
, on rapporte l'endroit du Mémoire où
il eft dit , que tous les renverfemens reconnus
pour être de caufe interne , ne fe font
déclarés que dans l'âge Critique des femmes
, qu'à des perfonnes extrêmement graffes
, & à qui l'exercice ou le marcher coûtoit
beaucoup de peines . En conféquence
il affure que la graiffe énorme , & le poids
confidérable des vifceres du bas ventre , qui
porte perpendiculairement fur le fond de
la Matrice , principalement dans le tems de
fon affaiffement , l'enfonce peu à peu , &
fait paffer ce fond de la Matrice au travers
de l'orifice, en forme de hernie, par fucceffion
de tems . Cette maladie , dit M. Puzos , eft
incurable , parce qu'on ne peut en détruire
la caufe , qui eft le poids énorme des vifceres
fur la Matrice ; & quand bien même on
pourroit réuffir à la replacer dans fon lieu
naturel , le fuccès ne feroit pas de longue
durée : expofée à foûtenir comme auparavant
une charge au- deffus de fes forces , elle
fuccomberoit de nouveau , & fon enfoncement
ne tarderoit pas à reparoître , comme
C il
1978 MERCURE DE FRANCE.
il arrive aux hernies d'inteftins , qui retom
bent toujours , quoique bien réduites , ſi
on ne foutient l'effort & le poids des parties
par un bandage convenable.
Auffi l'Auteur dit-il naturellement , que
mal-à- propos il a tenté deux fois cette ef
péce de réduction fans fuccès ; il confeille
d'abandonner cette maladie aux foins de la
Nature , plûtôt qu'à l'événement de l'opération
, parce qu'il a l'expérience , que le
tems a fouvent adouci la plus grande partie
de ces incommodités , & que l'opération ,
abfolument inutile , peut- être funefte par
les douleurs qu'elle cauſe .
A l'égard des renverfemens de Matrice
par caufe externe , caufe immédiatement attachée
à l'accouchement dans l'extraction
du Placenta , l'Auteur y diftingue differens
dégrés , qu'il croit très-effentiel de reconnoître
pour la curation .
Le renverſement au premier degré , ſe
nomme incomplet . Dans cette efpéce , l'enfoncement
du fond de la Matrice eft queiquefois
fi léger , & fi éloigné de fon orifice
après l'extraction du Placenta , qu'il eft trèspoffible
d'ignorer ce déplacement de partie ;
de croire au contraire l'opération heureufe
ment terminée , fi on ne prend , pour s'en
affûrer , les précautions qu'on preſcrit dans
Je Mémoire , & qu'il feroit trop long de
"rapSEPTEMBRE.
1744. 1979
A
rapporter ici . Or ce renversement ignoré ,
qui forme une maladie , à laquelle on rémédieroit
fur l'heure avec facilité , fi on s'en
appercevoit, devient dans la fuite incurable,
tant par fon accroiffement › que par les
adhérences qu'il contracte avec des parties
d'où il ne feroit pas prudent de le féparer.
Le renverſement au fecond degré eſt prefque
complet. La tumeur qu'il forme eft encore
renfermée dans le Vagin , mais elle y
préfente un-fi gros volume , qu'il faut être
abfolument fans expérience pour ne pas
connoître que la Matrice eft renverfée . On
l'a cependant prife en cet état , pour une
Môle , ou une tête d'enfant , & tirée trèsmal-
à-propos. Quoique cette maladie ait
des accidens affés urgens , & qu'elle ait befoin
d'une prompte réduction , elle a quelquefois
foutenu les délais de plufieurs jours ,
après lefquels la réduction n'a pas été moins
heureufe , que fi elle avoit été faite fur le
-champ .
Enfin le renverſement complet & au dernier
degré , eft lorfque la Matrice a été entraînée
hors des parties naturelles , lorfque
toutàfait retournée,elle repréfente en dehors
la figure qu'elle avoit auparavant au-dedans .
Cette maladie auffi effrayante à voir , que
funefte , lorfqu'on eft une ou deux heures
fans lui donner le fecours dont elle a be-
Cij foin ,
1980 MERCURE DE FRANCE.
foin > eft cependant plus communément
guérie radicalement , que celle de la premiere
efpéce dont nous avons parlé , parce
que cette grande maladie faute aux yeux , &
qu'elle femble demander elle- même l'opération
qui lui eft néceffaire , au lieu que
l'autre , inconnue dans fa naiffance , ne fe
manifefte que lorsqu'il n'eft plus poffible
d'y rémédier,
Une réfléxion faite par l'Auteur fur les
differens accidens qui accompagnent & fuivent
les accouchemens , lui fait croire que
le défaut d'inftructions , n'y a que trop fou
vent part : il fe plaint de ce que cetre partie
de la Chirurgie eft la feule pour laquelle
l'Etat n'a point établi de Leçons publiques ;
que les connoiffances en font commiſes ,
pour la plupart de ceux qui l'exercent , au
hazard ou par habitudes que pour beaucoup
d'autres , trois mois paffés dans un Hôpital,
où le difficile fe voit rarement , dans un efpace
fi court , & où l'on n'apporte aucune
théorie , fuffisent pour obtenir le droit de
pratiquer l'Art des accouchemens,
Enfin , M. Puzos exhorte à ne point craindre
de bleffer la Matrice , quand il eft queftion
de la replacer . Il affure , d'après l'expérience
, qu'il eft plus avantageux de la
meurtrir , de l'entamer même , quand on ne
peut s'en difpenfer, pour la remettre dans fa
place ,
SEPTEMBRE. 1744. 1981
place ,, que de la laiffer renverfée , par la
crainte d'y faire quelque défordre. La Matrice,
dit- il , eft une partie charnue qui fuppure
, qui s'exfolie & fe cicatrife comme
fait un muſcle ; & c'eſt bien mal-à -propos
que la Tradition a confervé de Siécles en
Siécles , le faux Aviome , que la moindre
écorchûre à la Matrice eft mortelle , quand
il s'en eft trouvé d'extrêmement
maltraitées
, foit par entamûre , foit par renverfement
, qui peu de tems après avoir été rétablies
, font devenues fufceptibles de conception
, & ont apporté des enfans à terme
& bien vivans. C'eft à l'appui de plufieurs
exemples qu'en a l'Auteur , qu'il eft en droit
de détruire le faux préjugé qu'on avoit eu
de tous tems fur la Matrice.
que
M. Verdier lut enfuite la feconde partie
d'un Mémoire fur la hernie de la Veffie ,
dont il avoit donné la premiere partie dans
l'Affemblée publique de l'année précédente.
Après avoir combattu dans cette feconde
partie le fentiment de ceux qui veulent
la hernie de la Veffie foit toujours un vice
de la premiere conformation , M. Verdier
explique comment la dilatation confidérable
qui arrive à la Veffie dans la rétention
d'urine , peut produire la hernie , en occafionnant
le paffage d'une portion de la Veffie.
e , par les anneaux des muſcles du bas ven-
C iij tre
2
$ 982 MERCURE DE FRANCE.
tre , & c. Il y indique enfuite les fignes qui
diftinguent cette hernie particuliere ; le
moins équivoque lui paroît être l'augmentation
du volume de la hernie , lorfque le
malade a été long- tems fans uriner , & fa
diminution par la fortie des urines.
A l'égard du prognoftic , ou jugement
que
l'on doit faire fur les fuites de cette maladie
, il fait connoître qu'elle n'eft pas dangereufe
, lorfqu'il y a une communication
libre entre la partie de la Veffie deſcenduë
dans les bourſes , & celle qui eft restée dans
le baffin , & qu'il n'y a de danger , que lorfque
cette communication vient à celler, foit
par quelque pierre arrêtée dans la portion
de la Veffie qui répond à l'anneau , foir
foir par
une inflammation furvenue à cette même
portion de la Veffie.
Dans le traitement de la hernie de la Vef
fie , M. Verdier confeille l'ufage du ſuſpenfoir
, lorfqu'elle s'avance jufques dans le
Serotum , que fon volume eft confidérable ,
& qu'elle ne peut fe vuider , qu'en la foulevant
, & la comprimant avec les mains.
Mais fi la hernie fe bornoit à l'aine , il
penfe qu'on doit employer le bandage ordinaire
, ou Brayer , pour contenir la portion
de la Vellie qu'on aura fait rentrer . Si
la hernie fe trouve accompagnée d'étranglement
, on aura recours à l'opération .
L'AuSEPTEMBRE
. 1744. 1983
L'Auteur finit , en avertiſſant les jeunes
Chirurgiens de ne jamais entreprendre l'opération
d'une hernie , foit d'inteftin , foit
d'épiploon , defcendus dans les boutfes
fans s'être affûrés , fi la Veffie n'eft pas comprife
dans la tumeur , ce qu'ils reconnoîtront
aisément par le figne indiqué ci - devant.
Car s'ils fe déterminoient à emporter
une portion du Scrotum & du fac herniaire
, ou étoit renfermé l'inteftin ou l'épiploon
, & qu'il y eut complication de la
hernie de la Veffie avec celle de l'inteftin ou
de l'épiploon , ils rifqueroient d'emporter
une portion de la Veffie , qui fe trouveroit
alors cachée immédiatement derriere le fac
herniaire ; on fent bien que ce retrancheiment
d'une portion de la Vellie , feroit capable
de faire périr le malade .
M. Baffuel termina la Séance par la lecture
d'un Mémoire fur la fracture de la rotule
: l'objet de la premiere partie de ce
Mémoire , eft d'achever de diffiper l'efpece
de furprife où l'on eft refté touchant cette
fracture , parce que la caufe n'en avoit pas
été apparemment affés développée ; & c'eſt
ce que M. Baffuel a entrepris , de faire. A
cette occafion. , il publie avec reconnoiffan
ce dès le commencement du Memoire , ce
qui eft dû à un grand Chirurgien ( M. Petit)
qui a mis le premier fur la voye qu'il falloit
Ċ iiij
te1984
MERCUREDE FRANCE.
pour découvrir les agens de cette frac tenir
ture .
Afin de mieux conduire à fon but, il rappelle
d'abord toutes les parties relatives à
cette fracture ; os , articulation , ligamens ,
mufcles , tendons , & c. & il tâche de mettre
à profit la ftructure & la pofition par
rapport à fon fujet , ce qui le fait entrer
plus avant dans differens effets méchaniques
: effets qui ne doivent pas moins réfulter
des mouvemens les plus déréglés qui
peuvent conduire à une chûte prochaine ,
que des mouvemens réguliérement combipour
l'action naturelle d'une partie. nés
M. Baffuel fait fentir que l'on avoit raiſon
de n'être pas entierement rendu fur la force
admife pour déterminer cette fracture : effectivement
tout bien examiné , les quatre
mufcles extenfeurs de la jambe qui s'attachent
à la rotule , qui eft un os très - court
pour fon épaiffeur ,, ne devoient point paroître
fuffire , quelque contraction qui y
arrivât ; encore peut-elle n'être pas fi grande
qu'on le croiroit bien , dans le fens dont
l'accident a été conçû. Un changement d'attitude
qui doit arriver en un inftant aux os
du baffin, eu égard à ceux des cuiffes , quand
on eft prêt à tomber , fait préfumer à l'Auteur
, que d'autres mufcles pofterieurs viennent
en même-tems à la charge contre la
roSEPTEMBRE.
1744. 1985
rotule. Ceux - ci en faififfant dans le fort de
leur contraction le point avantageux du balancement
imprimé par la péfanteur du
corps , . entraînent tout d'une pièce
les muſcles extenfeurs contractés : car il juge
qu'alors tous les muſcles environnans font
tout à la fois & fubitement en action ; c'eft
furquoi il a crû devoir infifter .
On ne peut fuivre , ni même parcourir
dans les bornes d'un Extrait , le détail où
eft entré M. Baffuel , par rapport aux preuves
méchaniques de tout ce qu'il avance.
En général , il confidere dans l'os des hanches
un lévier qui traverſe fon articulation
avec la cuiffe : à ce lévier inégalement pofé ,
felon qu'il le fait voir , s'attachent les mufcles
qui en deviennent les moteurs ; les extenfeurs
au bras le plus court , les fléchif
feurs au plus long. C'eft de- là , à ce que prétend
M. Baffuel , que doit fe tirer tout le
dénoûment , à l'égard des forces multipliées
qui exécutent fi précipitamment la rupture
de la rotule la longue branche du lévier
ne peut être abaillée , par un renversement
en arrière du baffin , qu'elle n'entraîne inpérieufement
en haut les mufcles qui s'inferent
en devant à la courte branche , qui
s'élève pour lors aux dépens de la rotule.
•
:
La feconde partie du Mémoire renferme
des réfléxions Hiftoriques , & enfuite cura-
Cv tives
1986 MERCURE DE FRANCE.
tives touchant la fracture de la rotule.
M. Baffuel dit que par la lecture des Auteurs
de Chirurgie , à remonter jufqu'à
Hypocrate , il a vû que l'on a été pendant
bien des Siècles , fans donner , ou au moins
fans avoir de véritables fecours pour cette
forte de dérangement : quelques guérifons ,
à ce qu'il croit , s'opéroient fans doute quelquefois
, fi les difficultés n'étoient pas trop
grandes , encore falloit- il les mains rares
des plus habiles : il ajoûte que c'eft feulement
dans le dernier Siécle que des Chirurgiens
de Paris , entr'autres M. Verduc , le
pere , ont procuré à leur Art , des moyens
prefque sûrs pour réuffir , qui fouvent depuis
par des changemens arbitraires & malentendus
, fe font affoiblis dans la Pratique.
M. Baitue termine fon Mémoire par
la
defcription
d'un
bandage
qu'il
a rendu
fort
fimple
, & d'autant
plus
utile
pour
la gué
rifon
de
cette
fracture
, que
des
Chirur
giens
moins
expérimentés
peuvent
l'employer
aisément
& avec
fuccès
.
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Résumé : SUITE de la Séance publique de l'Académie Royale de Chirurgie.
Lors d'une séance publique de l'Académie Royale de Chirurgie, M. Puzos a présenté un mémoire sur l'inversion ou le renversement de la matrice, une condition souvent mal comprise et diagnostiquée tardivement. Cette affection est principalement causée par l'extraction forcée du placenta et nécessite une intervention immédiate. M. Puzos insiste sur l'importance de reconnaître les différents degrés et causes de cette maladie, qui peut toucher des femmes de tous âges, y compris celles n'ayant jamais accouché. Il distingue les inversions internes, généralement incurables, des inversions externes, qui requièrent une intervention rapide. Le mémoire décrit trois degrés de renversement de la matrice : le premier degré est léger et souvent ignoré, le second degré est presque complet et visible dans le vagin, et le troisième degré est complet avec la matrice entièrement retournée. M. Puzos critique le manque de formation adéquate en chirurgie des accouchements et encourage les chirurgiens à ne pas hésiter à intervenir pour réinsérer la matrice, même au risque de la blesser. Le texte aborde également la hernie de la vessie, causée par la dilatation de la vessie lors de la rétention d'urine. Les signes incluent l'augmentation du volume de la hernie après une longue rétention d'urine et sa diminution après la miction. Le traitement varie selon la localisation et la gravité de la hernie. Enfin, M. Baffuel a présenté un mémoire sur la fracture de la rotule. Il explique les causes mécaniques de cette fracture, soulignant l'intervention des muscles postérieurs lors d'un changement brusque d'attitude. Il décrit la rotule comme un levier et propose un bandage simple pour favoriser la guérison de cette fracture.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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325
p. 2023-2024
Dissertations & Consultations Médicinales de Mrs Chirac & Silva, [titre d'après la table]
Début :
DISSERTATIONS & Consultations Médicinales de Mrs Chirac, Conseiller d'Etat, [...]
Mots clefs :
Dissertations et consultations médicinales, Pierre Chirac, Jean-Baptiste Silva
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dissertations & Consultations Médicinales de Mrs Chirac & Silva, [titre d'après la table]
DISSERTATIONS & Confultations
Médi2024
MERCURE DE FRANCE.
Médicinales de Mrs Chirac , Confeiller d'Etat
, & Premier Médecin du Roi , & Silva ,
Médecin Confultant du Roi , & Premier
Médecin de M. le Duc ; à Paris , chés Durand
, tue S. Jacques , à S. Landry , & au
Griffon. Deux vol . in- 12. Le premier Tome
de 342 pag. fans les commencemens de
107 pag. le fecond de 420 , y compris la
Table des Matieres des deux vol . 1744.
Médi2024
MERCURE DE FRANCE.
Médicinales de Mrs Chirac , Confeiller d'Etat
, & Premier Médecin du Roi , & Silva ,
Médecin Confultant du Roi , & Premier
Médecin de M. le Duc ; à Paris , chés Durand
, tue S. Jacques , à S. Landry , & au
Griffon. Deux vol . in- 12. Le premier Tome
de 342 pag. fans les commencemens de
107 pag. le fecond de 420 , y compris la
Table des Matieres des deux vol . 1744.
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326
p. 2046
Remede pour les Dartres, [titre d'après la table]
Début :
M. C[h]ycoineau, Conseiller d'Etat, Premier Médecin du Roi, ayant vû la guérison d'un grand Prélat, [...]
Mots clefs :
Rougeurs, Guérison, Dartres, Boutons, Eau, Baume, François Chicoyneau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Remede pour les Dartres, [titre d'après la table]
M. Chycoineau , Confeiller d'Etat , Premier Médecin
du Roi , ayant vû la guérifon d'un grand Prélat
, des Rougeurs , Dartres & Boutons qu'il avoit
fur le vifage depuis plus de huit ans , lequel a fait à
la Dame de Leftrade une penfion fa vie durant , &
ayant appris d'ailleurs la guérifon de plufieurs autres
Perfonnes confidérables , & qu'elle traitoit ces
Maladies depuis plus de 40. ans avec fuccès & applaudiffement
, a bien voulu donner fon Approbation
pour déb te fes Remédes , pour l'utilité & le
foulagement du Public ; fçavoir , une Eau qui guérit
les Dartres vives & farineules , Boutons , Rougeurs ,
Taches de rouffeur & autres Maladies de la Peau ;
& un Baume blanc , en confiftance de Pomade , qui
ôte les cavités & les rougeurs après la petite vérole
; les aches jaunes & le hâle , unit & blanchit le
tein. Ces Remédes fe gardent tant que l'on veut
& peuvent fe tranfporter par tout.
Les Bouteilles de cette Eau font de 2. 3. 4 &
6. livres & au deffus , felon la grandeur. Les Pots
de Baume blanc font de 3 livres 10. fols , & les demi
Pots d'une livre 15 fols
Mad. de Lefirade , demeure à Paris , ruë de la Comédie
Françoife, ci és un Grainetier, aupremier Etage.
Il y a une Affiche au deffus de la porte .
du Roi , ayant vû la guérifon d'un grand Prélat
, des Rougeurs , Dartres & Boutons qu'il avoit
fur le vifage depuis plus de huit ans , lequel a fait à
la Dame de Leftrade une penfion fa vie durant , &
ayant appris d'ailleurs la guérifon de plufieurs autres
Perfonnes confidérables , & qu'elle traitoit ces
Maladies depuis plus de 40. ans avec fuccès & applaudiffement
, a bien voulu donner fon Approbation
pour déb te fes Remédes , pour l'utilité & le
foulagement du Public ; fçavoir , une Eau qui guérit
les Dartres vives & farineules , Boutons , Rougeurs ,
Taches de rouffeur & autres Maladies de la Peau ;
& un Baume blanc , en confiftance de Pomade , qui
ôte les cavités & les rougeurs après la petite vérole
; les aches jaunes & le hâle , unit & blanchit le
tein. Ces Remédes fe gardent tant que l'on veut
& peuvent fe tranfporter par tout.
Les Bouteilles de cette Eau font de 2. 3. 4 &
6. livres & au deffus , felon la grandeur. Les Pots
de Baume blanc font de 3 livres 10. fols , & les demi
Pots d'une livre 15 fols
Mad. de Lefirade , demeure à Paris , ruë de la Comédie
Françoife, ci és un Grainetier, aupremier Etage.
Il y a une Affiche au deffus de la porte .
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Résumé : Remede pour les Dartres, [titre d'après la table]
M. Chycoineau, Conseiller d'État et Premier Médecin du Roi, témoigne de la guérison de plusieurs personnes, dont un grand prélat, grâce aux remèdes de la Dame de Leftrade. Cette dernière soigne avec succès diverses maladies de la peau depuis plus de quarante ans. M. Chycoineau approuve deux traitements spécifiques : une eau pour les dartres, boutons, rougeurs, taches de rousseur et autres affections cutanées, et un baume blanc en forme de pommade qui élimine les cicatrices et les rougeurs post-varioliques, ainsi que les taches jaunes et le hâle, tout en unifiant et blanchissant le teint. Ces remèdes sont conservables et transportables. Les bouteilles d'eau sont disponibles en différentes tailles (2, 3, 4 et 6 livres), tandis que les pots de baume blanc pèsent 3 livres 10 sols et les demi-pots 1 livre 15 sols. La Dame de Leftrade réside à Paris, rue de la Comédie Française, chez un grainetier, au premier étage, où une affiche est visible au-dessus de la porte.
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327
p. 2147-2151
ODE, Sur la Maladie du Roi.
Début :
QUEL tumulte affreux me réveille ? [...]
Mots clefs :
Heures, Roi, Nuit, Mort, Maladie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE, Sur la Maladie du Roi.
ODE ,
Sur la Maladie du Roi.
Uel tumulte affieux me réveille ?
Qu'entens je ? quels éclats ? Quel bruit
En des heures où tout ſommeille ,
Trouble le repos de la nuit ?
Une nombreuſe populace
Fait retentir de Place en Place
Un lugubre gémiſſement.
D'oùpart ſatriſteſſe profonde ?
2
A ij Du
(
2148 MERCURE DE FRANCE.
Du bouleverſement du Monde
Voit - elle arriver le moment ?
Pour dévoiler ce myſtere ,
Courons au Palais de nos Rois.
Quoi ! la lumiere encor l'éclaire ?
Juſte Ciel ! qu'est- ce que j'y vois ?
Une Keine , Epouſe éplorée ,
Ade triſtes tranſports livrée ,
Succombe à ſes vives douleurs,
Du Trône le précieux gage
'Avec ſes deux Socoeurs les partage ,
Et tous ſe conſument enpleurs.
UnMeſſager brûlant de zéle , (a)
Accourû ſur l'aîle du vent ,
Sembloit apporter la nouvelle
D'un favorable évenement.
En moins de ſix heures , tout change !
O révolution étrange !
Qui glace le coeur des François ! (6)
Victime du courroux céleſte ,
Ils aprennent le coup funeſte ,
Qui réduit LOUIS aux abois.
(a) M. de S. Cloud , Ecuyer de la Reine , arrive
Versaillesle 4 Août , à deux heures après midi.
(b ) Par un courier arrivé le mêmejourà 11 heures
dufoir.
Dans
OCTOBRE. 1744. 2149
Dans les momens où la Victoire
Sur le Rhin conduiſoit ſes pas ,
La Mort , jalouſe de la gloire
Que s'étoit acquiſe ſon bras ,
Oſe aiguiſer ſa faulx tranchante ,
Ét d'une valeur triomphante
Entreprend d'arrêter le cours .
Elle en arme ſa main barbare ,
Et la cruelle ſe prépare
Amoiffonner les plus beaux jours
Le ſangdans ſes veines s'allume ,
Par un redoublement nouveau ;
Le feu brûlant qui le conſume ,
S'éleve juſqu'à ſon cerveau ;
Il y forme un fombre nuage ,
Qui ſoudain interdit l'uſage ,
De ſa raiſon& de ſes ſens ;
Contreune léthargique yvreſſe ,
Qui l'engourdit& qui l'oppreſſe ,
Tous les ſecours ſont impuiſſans.
Grand Dieu ! que ta Bonté deſcende
Sur un Roi , ton prédeſtiné !
C'eſt ton Epouſe , (a) qui demande
Ta pitié pour ſon Fils aîné,
(a) L'Eglife.
A ij 11
2150 MERCURE DE FRANCE.
Il t'adore ; il te craint ; il t'aime ;
Sa vigilance fut extrême
A inaintenirta pure Loi.
S'il fût tombé dans quelque offenſe ,
Le frein d'une ferme croyance
L'eût retenu toujours à toi .
Mais Ciel ! quel prodige ! Ta Grace
Sur lui fait de ſoudains efforts ;
Sa foi l'a renduë efficace
Sur fon eſprit & fur fon corps.
Dans ſon extrêmité mortelle
Sa raiſon renaît , étincelle ,
Et va te dévoiler ſon coeur.
Il te confeſſe ſa foibleſſe ,
Prêt à t'immoler ſa Jeuneſſe ,
Sa Gloire & toute fa Grandeur.
2
Du haut de l'Empire ſuprême ,
Tu daignes deſcendre en ſon ſein.
Et tu viens t'y rendre toi-même
Le gage d'un pardon certain ;
Il te reçoit , plein d'eſpérance ,
De repentir , de confiance ,
De joye , de reſpect & d'amour ,
Et ſemble exprimer par ſes larmes
Les tranſports , lajoye & les charmes
Qu'on goûte au céleſte ſéjour.
Cependant
OCTOBRE. 1744. 215萬
Cependant de fa belle vie
Le danger devient plus preſſant ;
Pour le noeud facré qui te lie ,
OReine ! quel coup menaçant !
Il faut partir .... rien ne t'arrête;
La nuit , la chaleur , la tempête ,
Non , non , ne te retiendront pas .
Ates maux tu ne peux ſurvivre ;
De tes Enfans , qui vont te ſuivre ,
Déja tu devances les pas.
Enfin , quandtu crains ſans reſſource
Le plus grand de tous les malheurs ,
LeCiel , au milieu de ſa courſe
Vient mettre un frein à tes douleurs.
Châlons , (a) à jamais mémorable ,
Tu nous inſtruis , que favorable
LaNature a fait un effort.
Préparons de brillantes Fêtes ;
LOUIS couronne ſes conquêtes
Par le triomphe de la Mort.
4
AVersailles le 25 Août 1744 .
(a ) C'est de Châlons qu'on reçûr la premiere bonne
nouvelle fur la santé du Roi.
Sur la Maladie du Roi.
Uel tumulte affieux me réveille ?
Qu'entens je ? quels éclats ? Quel bruit
En des heures où tout ſommeille ,
Trouble le repos de la nuit ?
Une nombreuſe populace
Fait retentir de Place en Place
Un lugubre gémiſſement.
D'oùpart ſatriſteſſe profonde ?
2
A ij Du
(
2148 MERCURE DE FRANCE.
Du bouleverſement du Monde
Voit - elle arriver le moment ?
Pour dévoiler ce myſtere ,
Courons au Palais de nos Rois.
Quoi ! la lumiere encor l'éclaire ?
Juſte Ciel ! qu'est- ce que j'y vois ?
Une Keine , Epouſe éplorée ,
Ade triſtes tranſports livrée ,
Succombe à ſes vives douleurs,
Du Trône le précieux gage
'Avec ſes deux Socoeurs les partage ,
Et tous ſe conſument enpleurs.
UnMeſſager brûlant de zéle , (a)
Accourû ſur l'aîle du vent ,
Sembloit apporter la nouvelle
D'un favorable évenement.
En moins de ſix heures , tout change !
O révolution étrange !
Qui glace le coeur des François ! (6)
Victime du courroux céleſte ,
Ils aprennent le coup funeſte ,
Qui réduit LOUIS aux abois.
(a) M. de S. Cloud , Ecuyer de la Reine , arrive
Versaillesle 4 Août , à deux heures après midi.
(b ) Par un courier arrivé le mêmejourà 11 heures
dufoir.
Dans
OCTOBRE. 1744. 2149
Dans les momens où la Victoire
Sur le Rhin conduiſoit ſes pas ,
La Mort , jalouſe de la gloire
Que s'étoit acquiſe ſon bras ,
Oſe aiguiſer ſa faulx tranchante ,
Ét d'une valeur triomphante
Entreprend d'arrêter le cours .
Elle en arme ſa main barbare ,
Et la cruelle ſe prépare
Amoiffonner les plus beaux jours
Le ſangdans ſes veines s'allume ,
Par un redoublement nouveau ;
Le feu brûlant qui le conſume ,
S'éleve juſqu'à ſon cerveau ;
Il y forme un fombre nuage ,
Qui ſoudain interdit l'uſage ,
De ſa raiſon& de ſes ſens ;
Contreune léthargique yvreſſe ,
Qui l'engourdit& qui l'oppreſſe ,
Tous les ſecours ſont impuiſſans.
Grand Dieu ! que ta Bonté deſcende
Sur un Roi , ton prédeſtiné !
C'eſt ton Epouſe , (a) qui demande
Ta pitié pour ſon Fils aîné,
(a) L'Eglife.
A ij 11
2150 MERCURE DE FRANCE.
Il t'adore ; il te craint ; il t'aime ;
Sa vigilance fut extrême
A inaintenirta pure Loi.
S'il fût tombé dans quelque offenſe ,
Le frein d'une ferme croyance
L'eût retenu toujours à toi .
Mais Ciel ! quel prodige ! Ta Grace
Sur lui fait de ſoudains efforts ;
Sa foi l'a renduë efficace
Sur fon eſprit & fur fon corps.
Dans ſon extrêmité mortelle
Sa raiſon renaît , étincelle ,
Et va te dévoiler ſon coeur.
Il te confeſſe ſa foibleſſe ,
Prêt à t'immoler ſa Jeuneſſe ,
Sa Gloire & toute fa Grandeur.
2
Du haut de l'Empire ſuprême ,
Tu daignes deſcendre en ſon ſein.
Et tu viens t'y rendre toi-même
Le gage d'un pardon certain ;
Il te reçoit , plein d'eſpérance ,
De repentir , de confiance ,
De joye , de reſpect & d'amour ,
Et ſemble exprimer par ſes larmes
Les tranſports , lajoye & les charmes
Qu'on goûte au céleſte ſéjour.
Cependant
OCTOBRE. 1744. 215萬
Cependant de fa belle vie
Le danger devient plus preſſant ;
Pour le noeud facré qui te lie ,
OReine ! quel coup menaçant !
Il faut partir .... rien ne t'arrête;
La nuit , la chaleur , la tempête ,
Non , non , ne te retiendront pas .
Ates maux tu ne peux ſurvivre ;
De tes Enfans , qui vont te ſuivre ,
Déja tu devances les pas.
Enfin , quandtu crains ſans reſſource
Le plus grand de tous les malheurs ,
LeCiel , au milieu de ſa courſe
Vient mettre un frein à tes douleurs.
Châlons , (a) à jamais mémorable ,
Tu nous inſtruis , que favorable
LaNature a fait un effort.
Préparons de brillantes Fêtes ;
LOUIS couronne ſes conquêtes
Par le triomphe de la Mort.
4
AVersailles le 25 Août 1744 .
(a ) C'est de Châlons qu'on reçûr la premiere bonne
nouvelle fur la santé du Roi.
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Résumé : ODE, Sur la Maladie du Roi.
En octobre 1744, un tumulte nocturne révèle au narrateur que le roi Louis est gravement malade. La nouvelle est confirmée par un messager, tandis que la reine et les princes pleurent. La maladie du roi s'aggrave, affectant sa raison et ses sens, malgré les victoires françaises sur le Rhin. La reine et l'Église prient pour sa guérison. Miraculeusement, le roi retrouve ses esprits et se repent. La reine, bravant les dangers, se rend à son chevet. Une amélioration de la santé du roi est ensuite annoncée à Châlons, permettant de préparer des fêtes pour célébrer sa guérison.
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328
p. 2220-2222
SUR le rétablissement de la santé du ROI.
Début :
OU suis-je ? Quels accords ! Quel éclatant hommage ! [...]
Mots clefs :
Roi, Trône, Seigneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR le rétablissement de la santé du ROI.
SUR le rétabliſſement de la ſanté du Roi ,
Ufuis-je ?Quels accords ! Quel éclatanthom
mage !
De ton amour , Seigneur , o , cent fois l'heureun
gage!
La France , jour & nuit t'imploroit pour ſon Roi ;
Ses ſoupirs , ſes ſanglots , font montés juſqu'à Toi.
Ta clémence a calmé ſa profonde triſteſſe ;
Sespleurs ſont convertis en des chants d'allegreſſe:
Tu nous rends notre Roi. Que la Terre & les Cieux
Exhalent pour ta gloire un Parfum précieux :
Eh ! pourrons nous jamais ,benifiant ta Puiſſance
Egaler au bienfait notre reconnoiſſance ?
Qu'est-ce , hélas ! que le Monde ? Un phantom
trompeur.
La Fortune ? La Vie ? Un fonge , une vapeur ,
Source de vanité , d'erreur & de preſtiges ,
Dont tu ne nous guéris,que quand tu nous affliges
Mais , lorſque ſur les Rois ton bras s'appéſantit ,
Le coup eſt plus bruyant , & tout en rétentit ;
Leur front humilié courbe toutes les têtes ;
Nos cris , nos voeux preſſans , détournent ces tem
pêtes :
La crainte allume en nous une efficace ardeur ;
Le remords prit naiſſance au ſein de la douleur.
Tune rejettes pointune eſpérance ferme ;
OCTOBRE. 1744. 2221
Tamain ouvre la Tombe , & ta main la referme.
Quand d'un ſaint répentir notre coeur eſt brifé ,
Lecourroux,qui t'enflame, eſt bientôt appaiſé.
De mon ame , Grand Dieu , je ne ſuis plus le
maître.
Quel tranſport la ravit ? Que lui fais-tu connoître ?
Comme ces Chérubins , de leurs aîles voilés ,
Elle écoute en tremblant tes Décrets révelés.
Des plus brillans Deſtins naiſſez , Divine Aurore.
France , que de Vertus vont t'illuſtrer encore !
Compagnesde Louis , fi cheres à ſon coeur ,
Elles vont de ſon Trône augmenter la fplendeur :
A leur fublime effor que ce Trône eſt propice !
Elles y trouveront la Bonté , la Juſtice ,
L'inébranlable Foi , la conſtante Amitié ,
La Valeur généreuſe ,& la tendre Pitié,
Qui , pleines d'un beau feu , d'un zéle légitime ,
Couronnent à l'envi ce Héros magnanime ;
Ce Roi , qui pour ſon Peuple affrontant les hazards,
Moiſſonna ſon amour aux pieds de cent Remparts.
Seigneur , ne permets plus que nos Cieux s'obf
curciffent.
Quel effroi nous ſaiſit quand nos Aſtres pâliſſent !
Dure, dure à jamais ce Jour clair & ferein ,
Que fait luire ſur nous ton Pouvoir ſouverain !
Qu'Iſrael ſoittoujours ton plus cherHéritage !
Diij Contre
2222 MERCURE DE FRANCE.
Contre ſes Ennemis fignale ſon courage !
Des cruels Philiſtins rends- le victorieux ,
Et que toujours ſon Roi trouve grace àtes yeux !
M. Tanevot .
Ufuis-je ?Quels accords ! Quel éclatanthom
mage !
De ton amour , Seigneur , o , cent fois l'heureun
gage!
La France , jour & nuit t'imploroit pour ſon Roi ;
Ses ſoupirs , ſes ſanglots , font montés juſqu'à Toi.
Ta clémence a calmé ſa profonde triſteſſe ;
Sespleurs ſont convertis en des chants d'allegreſſe:
Tu nous rends notre Roi. Que la Terre & les Cieux
Exhalent pour ta gloire un Parfum précieux :
Eh ! pourrons nous jamais ,benifiant ta Puiſſance
Egaler au bienfait notre reconnoiſſance ?
Qu'est-ce , hélas ! que le Monde ? Un phantom
trompeur.
La Fortune ? La Vie ? Un fonge , une vapeur ,
Source de vanité , d'erreur & de preſtiges ,
Dont tu ne nous guéris,que quand tu nous affliges
Mais , lorſque ſur les Rois ton bras s'appéſantit ,
Le coup eſt plus bruyant , & tout en rétentit ;
Leur front humilié courbe toutes les têtes ;
Nos cris , nos voeux preſſans , détournent ces tem
pêtes :
La crainte allume en nous une efficace ardeur ;
Le remords prit naiſſance au ſein de la douleur.
Tune rejettes pointune eſpérance ferme ;
OCTOBRE. 1744. 2221
Tamain ouvre la Tombe , & ta main la referme.
Quand d'un ſaint répentir notre coeur eſt brifé ,
Lecourroux,qui t'enflame, eſt bientôt appaiſé.
De mon ame , Grand Dieu , je ne ſuis plus le
maître.
Quel tranſport la ravit ? Que lui fais-tu connoître ?
Comme ces Chérubins , de leurs aîles voilés ,
Elle écoute en tremblant tes Décrets révelés.
Des plus brillans Deſtins naiſſez , Divine Aurore.
France , que de Vertus vont t'illuſtrer encore !
Compagnesde Louis , fi cheres à ſon coeur ,
Elles vont de ſon Trône augmenter la fplendeur :
A leur fublime effor que ce Trône eſt propice !
Elles y trouveront la Bonté , la Juſtice ,
L'inébranlable Foi , la conſtante Amitié ,
La Valeur généreuſe ,& la tendre Pitié,
Qui , pleines d'un beau feu , d'un zéle légitime ,
Couronnent à l'envi ce Héros magnanime ;
Ce Roi , qui pour ſon Peuple affrontant les hazards,
Moiſſonna ſon amour aux pieds de cent Remparts.
Seigneur , ne permets plus que nos Cieux s'obf
curciffent.
Quel effroi nous ſaiſit quand nos Aſtres pâliſſent !
Dure, dure à jamais ce Jour clair & ferein ,
Que fait luire ſur nous ton Pouvoir ſouverain !
Qu'Iſrael ſoittoujours ton plus cherHéritage !
Diij Contre
2222 MERCURE DE FRANCE.
Contre ſes Ennemis fignale ſon courage !
Des cruels Philiſtins rends- le victorieux ,
Et que toujours ſon Roi trouve grace àtes yeux !
M. Tanevot .
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Résumé : SUR le rétablissement de la santé du ROI.
Le texte célèbre la guérison du roi de France et exprime la gratitude envers Dieu pour cette faveur. La nation française, par ses prières et ses larmes, a supplié Dieu pour la santé du roi. La miséricorde divine a transformé la tristesse en joie, permettant au roi de revenir parmi son peuple. Le texte souligne l'inconstance et la vanité du monde, opposées à la constance de Dieu. Il met en lumière l'humilité des rois face à la volonté divine et la reconnaissance du peuple lors des épreuves. Enfin, il formule des vœux pour la prospérité et la protection de la France, invoquant la bénédiction divine sur le roi et son peuple, et priant pour la victoire contre les ennemis.
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329
p. 2257
Remedes, [titre d'après la table]
Début :
Le Public est averti que le véritable Suc de Réglisse & de Guimauve blanc, sans sucre, si estimé [...]
Mots clefs :
Public, Suc de réglisse et guimauve blanc, Maladies du poumon, Académie royale de chirurgie
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texteReconnaissance textuelle : Remedes, [titre d'après la table]
Le Public eft averti que le véritable Suc de Régliſſe
& de Guimauve blanc , fans ſucre , ſi eſtimé
pour toutes les maladies du Poulmon , inflammations
, enroüemens , toux , rhume , asthme , poulmonie
& pituite, continuë à ſe débiter depuis plus de
trente ans , de l'aveu & approbation de M. le Premier
Médecin du Roi , chés Mlle Deſmoulins , qui eſt
la ſeule qui en a'le Secret de défunte Mlle Guy ,
quoique depuis quelques années des particuliers
ayent voulu le contrefaire , lesquels pour mieux
tromper le Public , ſe ſont dits Enfans de M. Guy ,
ce qui est une ſuppoſition ; la difference s'en con
noîtra aiſément par la comparaiſon qu'on en pourra
faire.
On peut s'en ſervir en tout tems , le tranſporter
par tout & le garder fi long-tems que l'on veut ,
ſans qu'il ſe gâte jamais , & perde rien de ſa
qualité.
Mlle Deſmoulins demeure rue Guenegaud , Fauxbourg
S. Germain , du côté de la ruë Mazarine , chés
Mad. Poulin , dans l'Allée du Bourrelier , au deuxiémeAppartement.
Nous avons parlé en ſon tems de la capacité reconnuedu
Sr de Laulnay , Chirurgien Juré à Paris ,
de l'Académie Royale de Chirurgie , &des nouvelles
Découvertes qu'il a faites fur le fait des Deſcen.
tes & autres maux de la même eſpece , au grand
foulagement des Malades. Comme il a changé de
demeure , le Public eſt intéreſſe de ſçavoir que ſa
demeure actuelle eſt ruë des Prouveres , au-deſſus &
du même côté de la ruë des deux Ecus.
& de Guimauve blanc , fans ſucre , ſi eſtimé
pour toutes les maladies du Poulmon , inflammations
, enroüemens , toux , rhume , asthme , poulmonie
& pituite, continuë à ſe débiter depuis plus de
trente ans , de l'aveu & approbation de M. le Premier
Médecin du Roi , chés Mlle Deſmoulins , qui eſt
la ſeule qui en a'le Secret de défunte Mlle Guy ,
quoique depuis quelques années des particuliers
ayent voulu le contrefaire , lesquels pour mieux
tromper le Public , ſe ſont dits Enfans de M. Guy ,
ce qui est une ſuppoſition ; la difference s'en con
noîtra aiſément par la comparaiſon qu'on en pourra
faire.
On peut s'en ſervir en tout tems , le tranſporter
par tout & le garder fi long-tems que l'on veut ,
ſans qu'il ſe gâte jamais , & perde rien de ſa
qualité.
Mlle Deſmoulins demeure rue Guenegaud , Fauxbourg
S. Germain , du côté de la ruë Mazarine , chés
Mad. Poulin , dans l'Allée du Bourrelier , au deuxiémeAppartement.
Nous avons parlé en ſon tems de la capacité reconnuedu
Sr de Laulnay , Chirurgien Juré à Paris ,
de l'Académie Royale de Chirurgie , &des nouvelles
Découvertes qu'il a faites fur le fait des Deſcen.
tes & autres maux de la même eſpece , au grand
foulagement des Malades. Comme il a changé de
demeure , le Public eſt intéreſſe de ſçavoir que ſa
demeure actuelle eſt ruë des Prouveres , au-deſſus &
du même côté de la ruë des deux Ecus.
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Résumé : Remedes, [titre d'après la table]
Le texte présente un remède, le 'vrai Suc de Réglisse & de Guimauve blanc', sans sucre, destiné aux affections pulmonaires comme les inflammations, enrouements, toux, rhumes, asthme, pneumonie et pituite. Approuvé par le Premier Médecin du Roi, ce produit est vendu par Mlle Desmoulins, qui détient le secret transmis par la défunte Mlle Guy. Malgré des tentatives de contrefaçon, le véritable remède se distingue par sa qualité. Il peut être utilisé à tout moment, transporté et conservé longtemps sans altération. Mlle Desmoulins réside rue Guenegaud, Faubourg Saint-Germain, côté rue Mazarine, chez Mme Poulin, dans l'allée du Bourrelier, au deuxième appartement. Le texte mentionne également le chirurgien Sr de Laulnay, connu pour ses découvertes sur les descentes et autres maux similaires, dont la nouvelle adresse est rue des Prouveres, au-dessus et du même côté de la rue des Deux Écus.
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330
p. 2326-2327
« On a appris de Metz du 22 du mois dernier, que les forces du Roi augmentoient tous les jours, & [...] »
Début :
On a appris de Metz du 22 du mois dernier, que les forces du Roi augmentoient tous les jours, & [...]
Mots clefs :
Roi, Metz, Médecin, Paris, Jacques Molin, Médecin consultant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a appris de Metz du 22 du mois dernier, que les forces du Roi augmentoient tous les jours, & [...] »
On a appris de Metz du 22 du mois dernier , que
les forces du Roi augmentoient tous les jours , &
que
OCTOBRE . 1744. 2327
que fon étatde convalefcence devenoit de plus en
plusfavorable.
Monſeigneur le Dauphin partit le 21 au matin de
cette Ville, pour ſe rendre à Verſailles" , où l'on
comptoit qu'il devoit arriver le 27. Ce Prince a
couché la nuitdu 21 à Luneville; il y a ſéjourné
le 22 , & il a dû ſe remettre en marche le 23 ; il
devoit prendre la route de Bar , de Chaalons- fur-
Marne, de Rheims & de Soiffons.
Le Roi a permis à M. Molin,que S. M. pendant
qu'elle étoit en danger, avoit fait venir à Metz , &
qui y étoit arrivé le 26 du mois d'Août dernier , de
retourner à Paris. Les Services que le Roi dans ſa
derniere maladie & dans plufieurs autres a reçus de
ce Médecin , ont été récompensés par la Penſion de
MédecinConfultant , que S. M. lui a accordée. Le
Roi a accompagné cette grace de pluſieurs témoignages
de ſes bontés pour M. Molin , & il a paru
que S.Men ne le retenant pas plus long-tems
croyoit donner une marque de ſon affection à la
Ville de Paris , où le Roi a jugé que la préſence de
ce Médecin étoit auffi deſurée , qu'elle y eſt utile
depuis long-tems,
les forces du Roi augmentoient tous les jours , &
que
OCTOBRE . 1744. 2327
que fon étatde convalefcence devenoit de plus en
plusfavorable.
Monſeigneur le Dauphin partit le 21 au matin de
cette Ville, pour ſe rendre à Verſailles" , où l'on
comptoit qu'il devoit arriver le 27. Ce Prince a
couché la nuitdu 21 à Luneville; il y a ſéjourné
le 22 , & il a dû ſe remettre en marche le 23 ; il
devoit prendre la route de Bar , de Chaalons- fur-
Marne, de Rheims & de Soiffons.
Le Roi a permis à M. Molin,que S. M. pendant
qu'elle étoit en danger, avoit fait venir à Metz , &
qui y étoit arrivé le 26 du mois d'Août dernier , de
retourner à Paris. Les Services que le Roi dans ſa
derniere maladie & dans plufieurs autres a reçus de
ce Médecin , ont été récompensés par la Penſion de
MédecinConfultant , que S. M. lui a accordée. Le
Roi a accompagné cette grace de pluſieurs témoignages
de ſes bontés pour M. Molin , & il a paru
que S.Men ne le retenant pas plus long-tems
croyoit donner une marque de ſon affection à la
Ville de Paris , où le Roi a jugé que la préſence de
ce Médecin étoit auffi deſurée , qu'elle y eſt utile
depuis long-tems,
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Résumé : « On a appris de Metz du 22 du mois dernier, que les forces du Roi augmentoient tous les jours, & [...] »
En octobre 1744, des rapports de Metz signalèrent une amélioration de la santé du Roi et une augmentation de ses forces. Le Dauphin partit de Metz le 21 octobre pour rejoindre Versailles, en passant par Luneville, Bar, Châlons-sur-Marne, Reims et Soissons. Le Roi autorisa le médecin M. Molin, appelé à Metz en août pendant sa maladie, à retourner à Paris. Les services de M. Molin durant la maladie du Roi et à d'autres occasions furent reconnus par l'attribution d'une pension de Médecin Consultant. Le Roi manifesta sa gratitude envers M. Molin et insista sur l'importance de sa présence à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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331
p. 2328
« On mande de Metz du 29 du mois dernier, que le Roi, qui étoit rétabli aussi parfaitement qu'on [...] »
Début :
On mande de Metz du 29 du mois dernier, que le Roi, qui étoit rétabli aussi parfaitement qu'on [...]
Mots clefs :
Roi, Metz, Lunéville, Strasbourg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On mande de Metz du 29 du mois dernier, que le Roi, qui étoit rétabli aussi parfaitement qu'on [...] »
On mande de Metz du 29 du mois dernier , que
Le Roi , qui étoit rétabli auſſi parfaitement qu'on
puiſſe le déſirer , a continué de ſe promener prefque
tous les jours , & que ne s'étant pas trouvé fatigué
d'être monté à cchheeval , il déclara , le jour
qu'il y monta , qu'il partiroit le 29 de cette Ville.
S M. devoit aller coucher le foir à Luneviile ,
pour ſe rendre enfuite à Strasbourg.
Le Roi , qui étoit rétabli auſſi parfaitement qu'on
puiſſe le déſirer , a continué de ſe promener prefque
tous les jours , & que ne s'étant pas trouvé fatigué
d'être monté à cchheeval , il déclara , le jour
qu'il y monta , qu'il partiroit le 29 de cette Ville.
S M. devoit aller coucher le foir à Luneviile ,
pour ſe rendre enfuite à Strasbourg.
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332
p. 50-53
ODE En Strophes libres, Sur la Maladie & la Convalescence du Roi, Par M. des Forges Maillard.
Début :
Lorsque l'Astre du jour, dont l'ardente lumiere [...]
Mots clefs :
Coeur, Astre, Parque, Victoire, Provinces, Bretons, Généraux
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texteReconnaissance textuelle : ODE En Strophes libres, Sur la Maladie & la Convalescence du Roi, Par M. des Forges Maillard.
ODE
En Strophes libres و
Sur la Maladie & la Convalescence du Roi,
Par M. des Forges Maillard .
Lorsque l'Aftre du jour , dontl'ardente lumiere
Fait le bonheur du monde & l'ornement des Cieux
Au plus brillant de ſa carriere ,
Vient à s'éclipſer à nosyeux ,
Tout languit ici bas , & la Nature entiere
Apprend aux Mortels par ſon deüil ,
Que fans l'éclat de cebel oeil
L'Univers reviendroit à ſa maſſe premiere.
'Ainfi , Prince, à nos voeux déſirable à jamais,
Qui comptes, nontes jours, comme Titus put faire
Mais tes momens par tes bienfaits ;
Quand d'un coup de ſa faux la Parque ſanguinaire
S'apprêtoit à trancher de ces précieux jours
L'utile , l'éclatant, le trop rapide cours ,
Sur le front de la France une pâleur ſoudaine
Exprima ſon ſaiſiſſement ,
Et dans ce morne accablement ,
Chacun offroit pour toi ſa tête à l'inhumaine ,
Et n'avoit dans le coeur qu'un même ſentiment,
NOVEMBRE. SE 1744.
Mais ſi ſa cruauté conſommant nos allarmes ,
Réſiſtant à nos cris , t'eût rangé ſous ſa loi ,
Sur ſes Poles le Monde eût fenti notre effroi ;
Et même l'ennemi pénétré de tes charmes ,
Témoin de ta valeur , ſachant que malgré toi .
L'Injustice , l'Audace & la mauvaiſe foi ,
Aforce d'attentats aiguiſerent tes armes ,
Moüillant les fiennes de ſes pleurs ,
En eût mêlé les flots au torrentde nos larmes
Comme s'il cût gémi de ſes propres malheurs.
L'Olympe eſt dévoilé; bel Aſtre de nos vies,
Au gré de nos tendres envies
Tu reparois ſur l'horifon ,
Etnos juſtes douleurs ſe ſont évanoüies ,.
Al'aſpect de ta guériſon .
Mais arrête , Louis ; où t'emporte la gloire ?
N'expoſe plus ton fang aux fureurs des hazards ;
Ton courage a fixé le vol de la Victoire ,
Qui devance tes Etendarts,
Je la vois,&quels yeux la pourroient méconnoître
'Aſon armure, où l'or ſeme & forme des Lys !
Le fond blanc de l'étoffe , aux regards ébloüis
Peint la noble candeur de notre Auguſte Maître ,
Et déſormais elle ne veut paroître
Que couverte de ces habits.
1
52 MERCURE DE FRANCE.
D'un ciſeau délicat les traits inimitables
Sur le luiſant acier de ſon Cafque divin ,
Repréſenterent Nice , Ypre , Furne , Menin ,
Et des Ufurpateurstant d'appuis formidables",
Cuiſant , le dos tourné, leurs rages implacables ,
Forcés de repaſſer le Rhin ,
Et plus honteux dans leur retraite ,
Que s'ils avoient ſubi par un juſte deſtin
Sur le champ de bataille une entiere défaite ,
Punis desnoirs complots de leur orgueil mutin.
Le bruit de tes Tambours', le ſon de tes Tymbales,
Où brillent tes marques Royales ,
Sont le ſignal flateur qui la mene au combat ;
Monarque craint , chéri , Pere , Héros , Soldat ,
Ton grand coeur s'eſt aſſés diftingué dans la guerre;
Laiſſe repoſer ton Tonnerre ,
Et vien te rétablir au fein de ton Etat.
Tu verras en chemin tes Provinces tranquilles ,
Et malgré les Volcans par Bellonne allumés ,
L'abondance , l'honneur, & l'ordre dans tes Villes.
Montre toi dans Paris à tes Peuples charmés ;
Regarde avec tranſport dans les Airs enflâmés
NOVEMBRE. 1744. 53
Les Serpenteaux errans , & les Gerbes que lance *
De ſoi- même rival l'amour ingénieux ,
Aller juſqu'au Trône des Dieux ,
Leur témoigner notre reconnoiſſance.
Conty , ton cher Conty , Héros prématuré ,
Dont au fort des périls le coeur eſt aſſuré
Sur fa mâle prudence au-deſſus de ſon âge ;
L'intrépide Clermont que même ardeur engage ,
Pentiévre , ambitieux de marcher ſur leurs pas ,
Aimé de tes Bretons , Gouverneur des Climats ,
Où le Ciel me fit don de l'air que je reſpire ,
Sçauront bien en ta place animer tes Soldats ,
Sur la trace du feu que ton Sang leur inſpire.
Laiſſe à tes Généraux , à ces braves Guerriers
Le ſoind'achever tes conquêtes ,
Et leur ayant coupé des moiſſons de Lauriers ,
Cede-leur le plaifir d'en couronner leurs têtes.
* Ondonne cette Piéce , telle qu'elle a étéfai te ; on
ne prévoyoit pas la défenſe des Feux d'artifice ; mais
les magnifiques Illuminations répandoient une fi grande
clartédans l'Air , qu'on peut dire que la pensée, la
même pour lefond , ne differe que dans les termes .
En Strophes libres و
Sur la Maladie & la Convalescence du Roi,
Par M. des Forges Maillard .
Lorsque l'Aftre du jour , dontl'ardente lumiere
Fait le bonheur du monde & l'ornement des Cieux
Au plus brillant de ſa carriere ,
Vient à s'éclipſer à nosyeux ,
Tout languit ici bas , & la Nature entiere
Apprend aux Mortels par ſon deüil ,
Que fans l'éclat de cebel oeil
L'Univers reviendroit à ſa maſſe premiere.
'Ainfi , Prince, à nos voeux déſirable à jamais,
Qui comptes, nontes jours, comme Titus put faire
Mais tes momens par tes bienfaits ;
Quand d'un coup de ſa faux la Parque ſanguinaire
S'apprêtoit à trancher de ces précieux jours
L'utile , l'éclatant, le trop rapide cours ,
Sur le front de la France une pâleur ſoudaine
Exprima ſon ſaiſiſſement ,
Et dans ce morne accablement ,
Chacun offroit pour toi ſa tête à l'inhumaine ,
Et n'avoit dans le coeur qu'un même ſentiment,
NOVEMBRE. SE 1744.
Mais ſi ſa cruauté conſommant nos allarmes ,
Réſiſtant à nos cris , t'eût rangé ſous ſa loi ,
Sur ſes Poles le Monde eût fenti notre effroi ;
Et même l'ennemi pénétré de tes charmes ,
Témoin de ta valeur , ſachant que malgré toi .
L'Injustice , l'Audace & la mauvaiſe foi ,
Aforce d'attentats aiguiſerent tes armes ,
Moüillant les fiennes de ſes pleurs ,
En eût mêlé les flots au torrentde nos larmes
Comme s'il cût gémi de ſes propres malheurs.
L'Olympe eſt dévoilé; bel Aſtre de nos vies,
Au gré de nos tendres envies
Tu reparois ſur l'horifon ,
Etnos juſtes douleurs ſe ſont évanoüies ,.
Al'aſpect de ta guériſon .
Mais arrête , Louis ; où t'emporte la gloire ?
N'expoſe plus ton fang aux fureurs des hazards ;
Ton courage a fixé le vol de la Victoire ,
Qui devance tes Etendarts,
Je la vois,&quels yeux la pourroient méconnoître
'Aſon armure, où l'or ſeme & forme des Lys !
Le fond blanc de l'étoffe , aux regards ébloüis
Peint la noble candeur de notre Auguſte Maître ,
Et déſormais elle ne veut paroître
Que couverte de ces habits.
1
52 MERCURE DE FRANCE.
D'un ciſeau délicat les traits inimitables
Sur le luiſant acier de ſon Cafque divin ,
Repréſenterent Nice , Ypre , Furne , Menin ,
Et des Ufurpateurstant d'appuis formidables",
Cuiſant , le dos tourné, leurs rages implacables ,
Forcés de repaſſer le Rhin ,
Et plus honteux dans leur retraite ,
Que s'ils avoient ſubi par un juſte deſtin
Sur le champ de bataille une entiere défaite ,
Punis desnoirs complots de leur orgueil mutin.
Le bruit de tes Tambours', le ſon de tes Tymbales,
Où brillent tes marques Royales ,
Sont le ſignal flateur qui la mene au combat ;
Monarque craint , chéri , Pere , Héros , Soldat ,
Ton grand coeur s'eſt aſſés diftingué dans la guerre;
Laiſſe repoſer ton Tonnerre ,
Et vien te rétablir au fein de ton Etat.
Tu verras en chemin tes Provinces tranquilles ,
Et malgré les Volcans par Bellonne allumés ,
L'abondance , l'honneur, & l'ordre dans tes Villes.
Montre toi dans Paris à tes Peuples charmés ;
Regarde avec tranſport dans les Airs enflâmés
NOVEMBRE. 1744. 53
Les Serpenteaux errans , & les Gerbes que lance *
De ſoi- même rival l'amour ingénieux ,
Aller juſqu'au Trône des Dieux ,
Leur témoigner notre reconnoiſſance.
Conty , ton cher Conty , Héros prématuré ,
Dont au fort des périls le coeur eſt aſſuré
Sur fa mâle prudence au-deſſus de ſon âge ;
L'intrépide Clermont que même ardeur engage ,
Pentiévre , ambitieux de marcher ſur leurs pas ,
Aimé de tes Bretons , Gouverneur des Climats ,
Où le Ciel me fit don de l'air que je reſpire ,
Sçauront bien en ta place animer tes Soldats ,
Sur la trace du feu que ton Sang leur inſpire.
Laiſſe à tes Généraux , à ces braves Guerriers
Le ſoind'achever tes conquêtes ,
Et leur ayant coupé des moiſſons de Lauriers ,
Cede-leur le plaifir d'en couronner leurs têtes.
* Ondonne cette Piéce , telle qu'elle a étéfai te ; on
ne prévoyoit pas la défenſe des Feux d'artifice ; mais
les magnifiques Illuminations répandoient une fi grande
clartédans l'Air , qu'on peut dire que la pensée, la
même pour lefond , ne differe que dans les termes .
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Résumé : ODE En Strophes libres, Sur la Maladie & la Convalescence du Roi, Par M. des Forges Maillard.
Le poème 'ODE' de M. des Forges Maillard, écrit en novembre 1744, célèbre la maladie et la convalescence du roi. Il commence par une métaphore solaire : la maladie du roi plonge la France dans l'effroi et la tristesse, symbolisée par la nature en deuil. La nouvelle de sa maladie suscite une grande émotion, chacun étant prêt à sacrifier sa vie pour lui. Sa guérison est comparée à l'apparition d'un astre bénéfique, dissipant les peines. Le poète exhorte le roi à éviter les dangers, soulignant son courage et ses victoires passées, telles que celles de Nice, Ypres, Furnes et Menin. Le poème se termine par une invitation au roi à se reposer et à profiter de la tranquillité de ses provinces, où règnent l'abondance et l'ordre. Des personnages comme Conty, Clermont et Penthièvre sont prêts à poursuivre les conquêtes en son absence. Le texte se conclut par la description des feux d'artifice célébrant la guérison du roi et la reconnaissance du peuple.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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333
p. 147-148
LES QUINZE-VINGT.
Début :
L'Hôpital Royal des Quinze-Vingt de Paris, s'étant déja distingué par une Fête [...]
Mots clefs :
Quinze-vingts, Roi, Convalescence, Aveugles, Arc de triomphe, Inscriptions, Jean-Baptiste Lully
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES QUINZE-VINGT.
LES QUINZE - VINGT .
L'Hôpital Royal des Quinze-Vingt de
Paris , s'étant déja diftingué par une Fête
particuliere célébrée dans fon Enclos , au
fujet de la Convalescence du Roi , & rapportée
dans le Mercure du mois de Septembre
dernier , a renouvellé les marques
éclatantes de fa joie à l'arrivéede Sa Majeſté.
Il a fait pour cela conſtruire une répréſentation
- d'Arc de Triomphe , dont
les Lampions formoient le deſſein avec
beaucoup d'art & de goût. Cet Ouvrage
cintré dans fon milieu, étoit orné des Armes
du Roi très-bien peintes, dont l'Ecuffon
étoit en tranſparent ,& au-deſſous on
lifoit ce Diſtique Latin .
T
Qui dare non poffunt oculos proRege tuendo,
Nempè velint vitasfpontè vovereſuas.
Des deux côtés étoient deux autres Inf
148 MERCUREDE FRANC
criptions qui faifoient alluſion à la ficuation
des Aveugles ; l'un portoit : Salus noftra
in manu tua est ; refpiciat nos tantùm Dominus
nofter , & lati ſerviemus Regr. Genef.
Chap. 25.Verfet 27. & l'autre: Dominus il
luminat cacos. Pl. 147. Verſet 8 .
Au côté droit de l'Edifice qui contenoir
dans toute ſon étenduë 54 pieds de large ,
fur 40 de haut , & qui étoit placé en face
de la rue de Richelieu , on avoit conſtruit
une efpéce de petite Tribune où étoient
placés ceux des Aveugles qui joient des
Inſtrumens. Ilsy exécuterent de leur mieux
les plus belles ouvertures de Lully, & quelques
piéces de la compoſition de l'un d'entre
eux.
L'Hôpital Royal des Quinze-Vingt de
Paris , s'étant déja diftingué par une Fête
particuliere célébrée dans fon Enclos , au
fujet de la Convalescence du Roi , & rapportée
dans le Mercure du mois de Septembre
dernier , a renouvellé les marques
éclatantes de fa joie à l'arrivéede Sa Majeſté.
Il a fait pour cela conſtruire une répréſentation
- d'Arc de Triomphe , dont
les Lampions formoient le deſſein avec
beaucoup d'art & de goût. Cet Ouvrage
cintré dans fon milieu, étoit orné des Armes
du Roi très-bien peintes, dont l'Ecuffon
étoit en tranſparent ,& au-deſſous on
lifoit ce Diſtique Latin .
T
Qui dare non poffunt oculos proRege tuendo,
Nempè velint vitasfpontè vovereſuas.
Des deux côtés étoient deux autres Inf
148 MERCUREDE FRANC
criptions qui faifoient alluſion à la ficuation
des Aveugles ; l'un portoit : Salus noftra
in manu tua est ; refpiciat nos tantùm Dominus
nofter , & lati ſerviemus Regr. Genef.
Chap. 25.Verfet 27. & l'autre: Dominus il
luminat cacos. Pl. 147. Verſet 8 .
Au côté droit de l'Edifice qui contenoir
dans toute ſon étenduë 54 pieds de large ,
fur 40 de haut , & qui étoit placé en face
de la rue de Richelieu , on avoit conſtruit
une efpéce de petite Tribune où étoient
placés ceux des Aveugles qui joient des
Inſtrumens. Ilsy exécuterent de leur mieux
les plus belles ouvertures de Lully, & quelques
piéces de la compoſition de l'un d'entre
eux.
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Résumé : LES QUINZE-VINGT.
L'Hôpital Royal des Quinze-Vingt de Paris a organisé une fête pour célébrer l'arrivée du roi. Un arc de triomphe illuminé, décoré des armes royales et d'un distique latin, a été construit pour l'événement. Cet arc, mesurant 54 pieds de large sur 40 de haut, se trouvait face à la rue de Richelieu. Des inscriptions latines sur les côtés de l'arc évoquaient la condition des aveugles, en citant des versets bibliques. Une tribune accueillait des aveugles musiciens qui ont joué des œuvres de Lully ainsi que des compositions d'un de leurs membres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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334
p. 172-175
« Le Dimanche 15 Novembre, l'Académie Royale de Musique a donné la premiere [...] »
Début :
Le Dimanche 15 Novembre, l'Académie Royale de Musique a donné la premiere [...]
Mots clefs :
Académie royale de musique, Gloire, Auguste, Roi, Hygie, Convalescence
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texteReconnaissance textuelle : « Le Dimanche 15 Novembre, l'Académie Royale de Musique a donné la premiere [...] »
Le Dimanche 15 Novembre , l'Académie
Royale de Muſique a donné la premiere
repréſentation d'un Acte en forme de Prologue
, intitulé les Auguſtales. M. Roy ,
Chevalier de l'Ordre de Saint Michel , eſt
l'Auteur des paroles. M. Rebel & M.
Francoeur , tous les deux Sur- Intendans
de la Muſique du Roi,& Inſpecteurs de l'Académie
Royale de Muſique , les ont miſes
en Muſique , & leur Compofition a parfaitement
foutenu leur réputation. Le ſujet de
cet ingénieux Ouvrage , en publiant la
gloire du Roi , augmente celle de l'Auteur.
C'eſt un choix judicieux d'un trait Hiftorique
, pour exprimer les fentimens de notre
NOVEMBRE .. 1744 . 173
Nation pendant le péril de ſon Roi , & la
vive joye qui a ſuccedé à nos allarmes. Les
François pouvoient ils être peints plus noblement
que ſous le nom célébre des Romains
, & notre Monarque bien aimé pouvoit
- il être plus convenablement déſigné
que par Auguſte , nondans le tems crueldu
Triumvirat , mais dans celui que fa clémence
a illuftré ?
Le ſujet ne peut pas être mieux expliqué
qu'il l'eſt dans l'Avertiſſement. Voici ſes
termes :
Augufte jouiſſoit de toute sa gloire,de l'amour
du peuple qui venoit de lui dreſſer un
Trophée dans les Alpes , ( circonstance heureuſement
appliquée ) de la vénération du
Sénat , lorsqu'une maladie ſubite ménaca ſes
jours. Sa Convalescence fut confacrée par l'inftitution
des FêtesAuguſtales.
Le Théatre repréſente dans le fond le
Temple d'Hygie , fille d'Eſculape , & fur le
devant , un Bocage conſacré à cette Déeſſe.
Ses Prêtres & ſes Prêtreſſes célébrent ſa
puiſſance.
Divinité ſalutaire ,
C'eſt toi qui fais les beaux jours.
La vie , aux Mortelsſi chere
L'eſt-elle ſans ton fecours ?
y
*
174 MERCURE DE FRANCE
:
Tu les ranimes ſans ceſſe;
Tu les fais joüir du tems ;
Sans toi la triſte vieilleſſe
Commence dès le Printems.
Divinité du bel âge !
Que tes dons ſont précieux ,
C'eſt à toi qu'on doit l'uſage
Des préſens des autres Dieux.
La Prêtreffe d'Hygie mêle les loüanges
d'Auguſte aux voeux qu'elle adreſſle pour
lui aux Immortels , & l'Auteur trouve le
ſecret, en foutenant l'Allégorie , d'offrir un
encens mérité à S. A. S. M. le Prince de
Conty.
:
Les Alpes, ces Monts orguëilleux ,
Atteſteront ſa gloire à la Race future ;
Trophée élevé juſque aux Cieux
Pour le Vainqueur de laNature.
>
Un nuage environne la Statuë de laDéefſe.
Le Ciel annonce ſon courroux par le
Tonnerre & les Eclairs . On entend les cris
douloureux des Romains conſternés du péril
d'Auguſte , & la Prêtreſſe déſolée , prononce
ce Vers , qui exprime laconiquement les
malheurs & les fentimens du Peuple .
NOVEMBRE.
1744. 175
Avec ſon Maître Rome expire.
Les voeux ardens des Prêtres & des Romains
font exaucés.Hygie vient elle même
-les en inftruire , & les invite à célébrer ce
jourheureux.
:
:
Chantés le jour de votre gloire ;
Que Rome tous les ans par de célébres jeux
D'Auguſte renaiſſant conſacre la mémoire ;
Il a vaincu la mort ; eſt-il une victoire
Plus utile pour vous, plus digne de vos voeux ?
)
A l'égarddes Auguſtales, les Acteurs& les
Danfeurs qui y ont paru , ont prouvé que
le zéle peut ajouter à l'excellence du talent.
Royale de Muſique a donné la premiere
repréſentation d'un Acte en forme de Prologue
, intitulé les Auguſtales. M. Roy ,
Chevalier de l'Ordre de Saint Michel , eſt
l'Auteur des paroles. M. Rebel & M.
Francoeur , tous les deux Sur- Intendans
de la Muſique du Roi,& Inſpecteurs de l'Académie
Royale de Muſique , les ont miſes
en Muſique , & leur Compofition a parfaitement
foutenu leur réputation. Le ſujet de
cet ingénieux Ouvrage , en publiant la
gloire du Roi , augmente celle de l'Auteur.
C'eſt un choix judicieux d'un trait Hiftorique
, pour exprimer les fentimens de notre
NOVEMBRE .. 1744 . 173
Nation pendant le péril de ſon Roi , & la
vive joye qui a ſuccedé à nos allarmes. Les
François pouvoient ils être peints plus noblement
que ſous le nom célébre des Romains
, & notre Monarque bien aimé pouvoit
- il être plus convenablement déſigné
que par Auguſte , nondans le tems crueldu
Triumvirat , mais dans celui que fa clémence
a illuftré ?
Le ſujet ne peut pas être mieux expliqué
qu'il l'eſt dans l'Avertiſſement. Voici ſes
termes :
Augufte jouiſſoit de toute sa gloire,de l'amour
du peuple qui venoit de lui dreſſer un
Trophée dans les Alpes , ( circonstance heureuſement
appliquée ) de la vénération du
Sénat , lorsqu'une maladie ſubite ménaca ſes
jours. Sa Convalescence fut confacrée par l'inftitution
des FêtesAuguſtales.
Le Théatre repréſente dans le fond le
Temple d'Hygie , fille d'Eſculape , & fur le
devant , un Bocage conſacré à cette Déeſſe.
Ses Prêtres & ſes Prêtreſſes célébrent ſa
puiſſance.
Divinité ſalutaire ,
C'eſt toi qui fais les beaux jours.
La vie , aux Mortelsſi chere
L'eſt-elle ſans ton fecours ?
y
*
174 MERCURE DE FRANCE
:
Tu les ranimes ſans ceſſe;
Tu les fais joüir du tems ;
Sans toi la triſte vieilleſſe
Commence dès le Printems.
Divinité du bel âge !
Que tes dons ſont précieux ,
C'eſt à toi qu'on doit l'uſage
Des préſens des autres Dieux.
La Prêtreffe d'Hygie mêle les loüanges
d'Auguſte aux voeux qu'elle adreſſle pour
lui aux Immortels , & l'Auteur trouve le
ſecret, en foutenant l'Allégorie , d'offrir un
encens mérité à S. A. S. M. le Prince de
Conty.
:
Les Alpes, ces Monts orguëilleux ,
Atteſteront ſa gloire à la Race future ;
Trophée élevé juſque aux Cieux
Pour le Vainqueur de laNature.
>
Un nuage environne la Statuë de laDéefſe.
Le Ciel annonce ſon courroux par le
Tonnerre & les Eclairs . On entend les cris
douloureux des Romains conſternés du péril
d'Auguſte , & la Prêtreſſe déſolée , prononce
ce Vers , qui exprime laconiquement les
malheurs & les fentimens du Peuple .
NOVEMBRE.
1744. 175
Avec ſon Maître Rome expire.
Les voeux ardens des Prêtres & des Romains
font exaucés.Hygie vient elle même
-les en inftruire , & les invite à célébrer ce
jourheureux.
:
:
Chantés le jour de votre gloire ;
Que Rome tous les ans par de célébres jeux
D'Auguſte renaiſſant conſacre la mémoire ;
Il a vaincu la mort ; eſt-il une victoire
Plus utile pour vous, plus digne de vos voeux ?
)
A l'égarddes Auguſtales, les Acteurs& les
Danfeurs qui y ont paru , ont prouvé que
le zéle peut ajouter à l'excellence du talent.
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Résumé : « Le Dimanche 15 Novembre, l'Académie Royale de Musique a donné la premiere [...] »
Le 15 novembre, l'Académie Royale de Musique a présenté 'Les Augustales', un acte écrit par M. Roy, Chevalier de l'Ordre de Saint Michel, et composé par M. Rebel et M. Francoeur, Surintendants de la Musique du Roi et Inspecteurs de l'Académie Royale de Musique. Cette œuvre rend hommage au Roi en relatant un épisode historique où Auguste, après avoir vaincu une maladie, instaure les fêtes Augustales. Elle reflète les sentiments de la nation française face aux périls du Roi et la joie consécutive à sa guérison. La pièce se déroule dans le temple d'Hygie, déesse de la santé, et met en scène les prières et les louanges adressées à Auguste. La prêtresse d'Hygie exprime ses vœux pour la santé du monarque et célèbre sa victoire sur la maladie. Les artistes ont montré un grand engagement et talent dans leur interprétation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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335
p. 114-116
NOUVELLE Epitre au ROI, par M. de Voltaire, présentée à Sa Majesté au Camp devant Fribourg, le premier Novembre 1744.
Début :
ROI nécessaire au Monde, où portez-vous vos pas ? [...]
Mots clefs :
Héros, Dieux, Jours, Gloire, Joie, Peuple, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLE Epitre au ROI, par M. de Voltaire, présentée à Sa Majesté au Camp devant Fribourg, le premier Novembre 1744.
NOUVELLE Epitre au Rot , parM.
de Voltaire , préſentée à Sa Majesté au
Camp devant Fribourg , le premier Novembre
1744.
Oi néceſſaire au Monde , où portez-vous vos
R pas ?
De la Fiévre échapé , vous courez aux Combats.
Vous volez à Fribourg. En vain la Peironie
Vous diſoit , Arrêtez , menagez votre vie ,
Il vous faut du régime , & non des ſoins guerriers;
Un Héros peut dormir couronné de Lauriers.
Le zéle a beau parler , vous n'avez pů le croire.
Rebelle aux Médecins , & fidéle à la gloire ,
Vous bravez l'Ennemi , les Affauts , les Saifons ,
Le poidsde la fatigue ,,&les feux des canons :
Tout l'Etat en frémit , & craint votre courage ;
Vos Ennemis , Grand Roi , le craignent davantage.
'Ah , n'effrayez que Vienne , & raffurez Paris !
Rendez , rendez la joye àvos Peuples chéris ;
Rendez-nous ce Héros qu'on admire & qu'on aime.
Un Sage nous a dit , que le ſeul bien fuprême ,
Le ſeul bien qui du moins reffemble au vrai bon
heur ,
Le ſeul digne de l'Homme , eſt de toucher un
coeur :
NOVEMBRE. 1744. Irf
Si ce Sage eût raiſon , ſi la Philoſophie
Plaça dans l'amitié le charme de la vie ,
Quel est donc, Juſtes Dieux ! le deſtin d'un bon
Roi,
Qui dit , fansſe flater , tous les coeurs ſont à moi ?
Aćet Empire heureux qu'il eſt beau de prétendre
Vous qui le poſſédez venez ,daignez entendre
Des bornes de l'A'face aux Remparts de Paris
Ce cri que l'Amour feul forme de tant de cris ;
Accourez , contemplez ce Peuple dans la joye,
Béniſſant le Héros que leCiel lui renvoye :
Ne le voyez -vous pas tout ce Peuple à genoux ?
Tous ces avides yeux qui ne cherchent que vous
Tous ces coeurs enflammés volant ſur notre boucher
C'eſt là le vrai triomphe , & le ſeul qui vous tou
che.
Cent Rois auCapitole en Efclaves traînés,
Leurs Villes , leurs Tréſors , & leurs Dieux enchaî
nés ,
Ces Chars étincellans , ces Prêtres , cette Armée
Ce Sénat inſultant à la Terre opprimée ,
Ces Vaincus envoyés du ſpectacle au cercueil ,
Ces triomphes de Rome étoient ceux de l'orguëil :
Le vôtre eſt de l'Amour , & la gloire en eſt pure.
Un jour les effaçoit , le vôtre à jamais dure :
Ils effrayoient le Monde , & vous le raſſûrez .
Vous , l'image des Dieux ſur la terre adorés ;
Vous , que dans l'Age d'Or elle eût choiſi pout
Maître ,
16 MERCURE DE FRANCE.
Goûtez les jours heureux que vos ſoins font re
naître.
Que la Paix floriſſante enbelliſſe leurs cours.
Mars fait des jours brillans , la Paix fait de beaux
:
jours ,
Qu'elle vole à la voix du Vainqueur qui l'appelle
-Et qui n'a combattu que pour nous & pour elle.
de Voltaire , préſentée à Sa Majesté au
Camp devant Fribourg , le premier Novembre
1744.
Oi néceſſaire au Monde , où portez-vous vos
R pas ?
De la Fiévre échapé , vous courez aux Combats.
Vous volez à Fribourg. En vain la Peironie
Vous diſoit , Arrêtez , menagez votre vie ,
Il vous faut du régime , & non des ſoins guerriers;
Un Héros peut dormir couronné de Lauriers.
Le zéle a beau parler , vous n'avez pů le croire.
Rebelle aux Médecins , & fidéle à la gloire ,
Vous bravez l'Ennemi , les Affauts , les Saifons ,
Le poidsde la fatigue ,,&les feux des canons :
Tout l'Etat en frémit , & craint votre courage ;
Vos Ennemis , Grand Roi , le craignent davantage.
'Ah , n'effrayez que Vienne , & raffurez Paris !
Rendez , rendez la joye àvos Peuples chéris ;
Rendez-nous ce Héros qu'on admire & qu'on aime.
Un Sage nous a dit , que le ſeul bien fuprême ,
Le ſeul bien qui du moins reffemble au vrai bon
heur ,
Le ſeul digne de l'Homme , eſt de toucher un
coeur :
NOVEMBRE. 1744. Irf
Si ce Sage eût raiſon , ſi la Philoſophie
Plaça dans l'amitié le charme de la vie ,
Quel est donc, Juſtes Dieux ! le deſtin d'un bon
Roi,
Qui dit , fansſe flater , tous les coeurs ſont à moi ?
Aćet Empire heureux qu'il eſt beau de prétendre
Vous qui le poſſédez venez ,daignez entendre
Des bornes de l'A'face aux Remparts de Paris
Ce cri que l'Amour feul forme de tant de cris ;
Accourez , contemplez ce Peuple dans la joye,
Béniſſant le Héros que leCiel lui renvoye :
Ne le voyez -vous pas tout ce Peuple à genoux ?
Tous ces avides yeux qui ne cherchent que vous
Tous ces coeurs enflammés volant ſur notre boucher
C'eſt là le vrai triomphe , & le ſeul qui vous tou
che.
Cent Rois auCapitole en Efclaves traînés,
Leurs Villes , leurs Tréſors , & leurs Dieux enchaî
nés ,
Ces Chars étincellans , ces Prêtres , cette Armée
Ce Sénat inſultant à la Terre opprimée ,
Ces Vaincus envoyés du ſpectacle au cercueil ,
Ces triomphes de Rome étoient ceux de l'orguëil :
Le vôtre eſt de l'Amour , & la gloire en eſt pure.
Un jour les effaçoit , le vôtre à jamais dure :
Ils effrayoient le Monde , & vous le raſſûrez .
Vous , l'image des Dieux ſur la terre adorés ;
Vous , que dans l'Age d'Or elle eût choiſi pout
Maître ,
16 MERCURE DE FRANCE.
Goûtez les jours heureux que vos ſoins font re
naître.
Que la Paix floriſſante enbelliſſe leurs cours.
Mars fait des jours brillans , la Paix fait de beaux
:
jours ,
Qu'elle vole à la voix du Vainqueur qui l'appelle
-Et qui n'a combattu que pour nous & pour elle.
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Résumé : NOUVELLE Epitre au ROI, par M. de Voltaire, présentée à Sa Majesté au Camp devant Fribourg, le premier Novembre 1744.
Dans l''Épître au Roi' datée du 1er novembre 1744, Voltaire s'adresse à un monarque en campagne militaire devant Fribourg. Il exprime son inquiétude pour la santé du roi, récemment rétabli d'une fièvre mais désormais exposé aux dangers de la guerre. Voltaire admire le courage du roi, qui ignore les recommandations médicales pour se battre. Il espère que le souverain reviendra à Paris où il sera acclamé par son peuple. Voltaire distingue la véritable gloire, fondée sur l'amour et l'admiration des sujets, des conquêtes militaires. Il oppose les triomphes romains, marqués par l'orgueil et la violence, au triomphe d'amour et de paix incarné par le règne du roi. Il appelle à la paix et au bonheur pour le royaume, affirmant que la paix est préférable à la guerre.
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336
p. 117-119
AU ROI. EPITRE.
Début :
SIRE, un de vos sujets, dont la lente vieillesse [...]
Mots clefs :
Sujets, Moment, Convalescence
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texteReconnaissance textuelle : AU ROI. EPITRE.
AU RΟΙ
SIRE , Un
EPITRE..
un de vos ſujets , dont la lente vieilleffe
Juſqu'au vingtiéme Luftre auroit porté ſon cours ,
Fut poignardé par la douleur traîtreſſe
Que lui cauſa ſa crainte pour vos jours.
Le déſeſpoir ou la triſteſſe ...
Abbatoient dans ce tems les forces , la ſante
De la plus robuſte jeuneſſe ,
Je demande la Grace à Votre Majefté ,
Qui penſe avec tant de juſteſſe ,
De juger ſi l'on peut , dans la caducité ,
Guérird'une bleſſûre ,& vaincre la détreffe
Où le Corps le plus fort à peine eut réſiſté.
Je mourois , & cette foibleſſe
De mondernier ſoupir avantcoureur glacé
Gagne tous mes ſens , & me laiſſe
Dans l'état d'un vrai trépaſſé.
Cent témoins de mon agonie
Mes parens , mes amis ,&ma chere Junie
i
118 MERCURE DE FRANCE.
Sans doute alloient bientôt le coeur rempli de
detiil,
Arroſer de leurs pleurs ma tombe &mon cercüeil ,
Quand, juſqu'à ma maiſonplaintive
Paſſe ſubitement une joye exceſſive ,
Quidans un ſeul inſtant partout ſe répandit ,
Et les triſtes clameurs même aux pieds de monlis
Sechangent en cris d'allegreſſe.
ce bruit éclatant ſuccede mon réveil
De ce léthargique ſommeil ,
Etcomme ſortant de l'yvreſſe ,
Je vois le jour avec étonnement ,
Et j'entens réſonner ſans ceſſe
:
De cent VIVE LE ROI tout mon appartement ;
Alors ,& je ne ſçais comment ,
UnBaume ſouverain dans mon fang s'infinuë
Et je comprends par ſentiment
Que de notre bonheut la nouvelle eſt venuë ,
Que vous vivez , qu'à nos pleurs , qu'à nos voeux
LeCiel eſt forcé de ſe rendre ;
Grand Roi , le croiriez-vous ? dans ce moment heureux,
De mon lit on m'a vû deſcendre ;
i
NOVEMBRE. 1744. 119
Ce fait tient du prodige , & du grand merveilleux
Mais non ;&comme moidans cedanger affreux
Vos ſujets étoient morts ; c'étoit fait de la France ,
Si vous ne viviez pas pour eux ;
Ce n'eſt pas tout; j'apprends votre convalescence;
Ce moment me déride , & mon viſage frais
De l'âge de trente ans annonce la préſence ;
:
Je ſens que je bois à longs traits
Ala fontaine de Jouvence ,
Où perſonne ne bût jamais,
Cette Hiſtoire eft très-autentique ,
Et fi je ne ſervois au Temple de Thémis
J'irois auChamp de Mars joindre mon fils unique ,
Et verſer tout mon ſang contre vos Ennemis.
Cette Piéce de Vers eſt de M. de la Mothe
, Doyen de la Cour des Aydes de Montauban
, &de l'Académie Royale des Belles-
Lettres de cette même Ville. Elle ne ſe ref.
ſent point de l'infirmité de l'Auteur , &
l'on y découvre des traits aimables de ſentimens
qui feroient honneur ànos plus jeunes
Muſes.
SIRE , Un
EPITRE..
un de vos ſujets , dont la lente vieilleffe
Juſqu'au vingtiéme Luftre auroit porté ſon cours ,
Fut poignardé par la douleur traîtreſſe
Que lui cauſa ſa crainte pour vos jours.
Le déſeſpoir ou la triſteſſe ...
Abbatoient dans ce tems les forces , la ſante
De la plus robuſte jeuneſſe ,
Je demande la Grace à Votre Majefté ,
Qui penſe avec tant de juſteſſe ,
De juger ſi l'on peut , dans la caducité ,
Guérird'une bleſſûre ,& vaincre la détreffe
Où le Corps le plus fort à peine eut réſiſté.
Je mourois , & cette foibleſſe
De mondernier ſoupir avantcoureur glacé
Gagne tous mes ſens , & me laiſſe
Dans l'état d'un vrai trépaſſé.
Cent témoins de mon agonie
Mes parens , mes amis ,&ma chere Junie
i
118 MERCURE DE FRANCE.
Sans doute alloient bientôt le coeur rempli de
detiil,
Arroſer de leurs pleurs ma tombe &mon cercüeil ,
Quand, juſqu'à ma maiſonplaintive
Paſſe ſubitement une joye exceſſive ,
Quidans un ſeul inſtant partout ſe répandit ,
Et les triſtes clameurs même aux pieds de monlis
Sechangent en cris d'allegreſſe.
ce bruit éclatant ſuccede mon réveil
De ce léthargique ſommeil ,
Etcomme ſortant de l'yvreſſe ,
Je vois le jour avec étonnement ,
Et j'entens réſonner ſans ceſſe
:
De cent VIVE LE ROI tout mon appartement ;
Alors ,& je ne ſçais comment ,
UnBaume ſouverain dans mon fang s'infinuë
Et je comprends par ſentiment
Que de notre bonheut la nouvelle eſt venuë ,
Que vous vivez , qu'à nos pleurs , qu'à nos voeux
LeCiel eſt forcé de ſe rendre ;
Grand Roi , le croiriez-vous ? dans ce moment heureux,
De mon lit on m'a vû deſcendre ;
i
NOVEMBRE. 1744. 119
Ce fait tient du prodige , & du grand merveilleux
Mais non ;&comme moidans cedanger affreux
Vos ſujets étoient morts ; c'étoit fait de la France ,
Si vous ne viviez pas pour eux ;
Ce n'eſt pas tout; j'apprends votre convalescence;
Ce moment me déride , & mon viſage frais
De l'âge de trente ans annonce la préſence ;
:
Je ſens que je bois à longs traits
Ala fontaine de Jouvence ,
Où perſonne ne bût jamais,
Cette Hiſtoire eft très-autentique ,
Et fi je ne ſervois au Temple de Thémis
J'irois auChamp de Mars joindre mon fils unique ,
Et verſer tout mon ſang contre vos Ennemis.
Cette Piéce de Vers eſt de M. de la Mothe
, Doyen de la Cour des Aydes de Montauban
, &de l'Académie Royale des Belles-
Lettres de cette même Ville. Elle ne ſe ref.
ſent point de l'infirmité de l'Auteur , &
l'on y découvre des traits aimables de ſentimens
qui feroient honneur ànos plus jeunes
Muſes.
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Résumé : AU ROI. EPITRE.
L'épître est adressée à un roi par un sujet âgé, bouleversé par la nouvelle de la maladie du souverain. La douleur et le désespoir ont failli lui être fatals, mais la guérison du roi a suscité une joie intense, le ramenant à la vie. Cette allégresse collective a transformé la tristesse en joie, et l'auteur s'est senti rajeuni. Il exprime son désir de servir le roi, soit comme juriste au Temple de Thémis, soit en combattant sur le Champ de Mars. L'auteur est M. de la Mothe, doyen de la Cour des Aides de Montauban et membre de l'Académie Royale des Belles-Lettres de cette ville. Le texte met en avant les sentiments sincères et nobles de l'auteur, malgré son âge avancé.
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337
p. 149-150
Les Elémens de la Médecine Pratique, [titre d'après la table]
Début :
LES ELEMENS de la Médecine Pratique, tirés des Ecrits d'Hyppocrate & de [...]
Mots clefs :
Béziers, Académie
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texteReconnaissance textuelle : Les Elémens de la Médecine Pratique, [titre d'après la table]
LES ELEMENS de la Médecine Pratique
, tirés des Ecrits d'Hyppocrate & de
quelques autres Médecins Anciens &Modernes
, où l'on traite des Maladies les plus
ordinaires à chaque âge , dans les différentes
ſaiſons de l'année , ſelon les différentes
conſtitutions de l'Air , ſous divers climats ,
& en particulier ſous celui de Beziers
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
avec des Remarques de Théorie & de Pratique
, pour fervir de Prodrome à une Hiftoire
Général des Maladies,par M. Bouillet ,
Correfpondant de l'Académie Royale des
Sciences , Docteur en Médecine de la Faculté
de Montpellier , Profeffeur Royai des
Mathématiques , Sécrétaire de l'Académie
desSciences & Belles- Lettres de Beziers
& Médecin des Hôpitaux de la même Ville
, à Beziers , chés François Barbut , Imprimeur
du Roi , & de l'Académie des Sciences
& Belles- Lettres. Vol. in-4°. 1744.
>
Nous rendrons compte au Public de cer
Ouvrage , qui fera infiniment utile. On
ne peut donner de trop juſtes éloges à l'étenduë
des connoiſſances de l'Auteur.
, tirés des Ecrits d'Hyppocrate & de
quelques autres Médecins Anciens &Modernes
, où l'on traite des Maladies les plus
ordinaires à chaque âge , dans les différentes
ſaiſons de l'année , ſelon les différentes
conſtitutions de l'Air , ſous divers climats ,
& en particulier ſous celui de Beziers
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
avec des Remarques de Théorie & de Pratique
, pour fervir de Prodrome à une Hiftoire
Général des Maladies,par M. Bouillet ,
Correfpondant de l'Académie Royale des
Sciences , Docteur en Médecine de la Faculté
de Montpellier , Profeffeur Royai des
Mathématiques , Sécrétaire de l'Académie
desSciences & Belles- Lettres de Beziers
& Médecin des Hôpitaux de la même Ville
, à Beziers , chés François Barbut , Imprimeur
du Roi , & de l'Académie des Sciences
& Belles- Lettres. Vol. in-4°. 1744.
>
Nous rendrons compte au Public de cer
Ouvrage , qui fera infiniment utile. On
ne peut donner de trop juſtes éloges à l'étenduë
des connoiſſances de l'Auteur.
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Résumé : Les Elémens de la Médecine Pratique, [titre d'après la table]
Le texte présente 'Les Éléments de la Médecine Pratique', écrit par M. Bouillet, correspondant de l'Académie Royale des Sciences, docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, professeur royal des mathématiques, secrétaire de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Béziers, et médecin des hôpitaux de cette ville. Publié en 1744 par François Barbut, imprimeur du Roi et de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres, cet ouvrage aborde les maladies courantes en fonction des âges, saisons, constitutions de l'air et climats, avec un accent sur Béziers. Il contient des remarques théoriques et pratiques destinées à introduire une histoire générale des maladies. L'auteur est reconnu pour ses connaissances, et l'ouvrage est présenté comme extrêmement utile.
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338
p. 151
OUVERTURE du Collége Royal.
Début :
LES Professeurs du Collége Royal de France, fondé à Paris par le Roi François I, le Pere & [...]
Mots clefs :
Collège royal de France, Langue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : OUVERTURE du Collége Royal.
OUVERTURE du Collège Royal.
L
Es Profeſſeurs du Collége Royal de France ,
fondé à Paris par le Roi François I , le Pere &
le Reſtaurateur des Lettres , reprirent leurs exercices
le Lundi 23 Novembre. Voici les noms des
Sçavans qui rempliffent aujourd'hui lesChaires de
ce fameux College , ſous l'Inſpection de M. l'Abbé
Vatry , de l'Académie Royale des Infcriptions &
Belles - Lettres , Profeſſeur Royal en Langue Grecque.
Pour la Langue Hébraïque.
Mrs Sallier & Henry.
Pour la Langue Grecque .
Mrs Vatry & Capperonier.
Pour les Mathématiques.
Mrs deCury & de Montcarville.
Pour la Philofophie.
Mrs Terraſſon &de Gua de Malves.
Pour l'Eloquence Latine.
Mrs Souchay & Piat .
Pour la Médecine. ;
MrsBurette , Aſtruc , Dubois & Ferrein.
Pour la Langue Arabe .
Mrs Fourmont , & Petis de la Croix , Confeiller &
Interpréte ordinaire du Roi pour les Langues
Orientales .
Pour le Droit Canon.
Mrs Capon & le Merre.
Pour la Langue Syriaque.
Mr l'Abbé Fourmont.
L
Es Profeſſeurs du Collége Royal de France ,
fondé à Paris par le Roi François I , le Pere &
le Reſtaurateur des Lettres , reprirent leurs exercices
le Lundi 23 Novembre. Voici les noms des
Sçavans qui rempliffent aujourd'hui lesChaires de
ce fameux College , ſous l'Inſpection de M. l'Abbé
Vatry , de l'Académie Royale des Infcriptions &
Belles - Lettres , Profeſſeur Royal en Langue Grecque.
Pour la Langue Hébraïque.
Mrs Sallier & Henry.
Pour la Langue Grecque .
Mrs Vatry & Capperonier.
Pour les Mathématiques.
Mrs deCury & de Montcarville.
Pour la Philofophie.
Mrs Terraſſon &de Gua de Malves.
Pour l'Eloquence Latine.
Mrs Souchay & Piat .
Pour la Médecine. ;
MrsBurette , Aſtruc , Dubois & Ferrein.
Pour la Langue Arabe .
Mrs Fourmont , & Petis de la Croix , Confeiller &
Interpréte ordinaire du Roi pour les Langues
Orientales .
Pour le Droit Canon.
Mrs Capon & le Merre.
Pour la Langue Syriaque.
Mr l'Abbé Fourmont.
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Résumé : OUVERTURE du Collége Royal.
Le Collège Royal de France, fondé par François Ier, a rouvert le 23 novembre sous la direction de l'Abbé Vatry. Les chaires sont occupées par des savants spécialisés en langues anciennes, mathématiques, philosophie, éloquence latine, médecine, droit canon et langues orientales.
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339
p. 152-154
Essence Balsamique, [titre d'après la table]
Début :
L'ESSENCE BALSAMIQUE, Aromatique, & Anti-Vermineuse de M. de Pasturel, continuë [...]
Mots clefs :
Maladies, Remède, Vapeurs, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Essence Balsamique, [titre d'après la table]
L'ESSENCE BALSAMIQUE
que, & Anti- Vermineuse de M.de Paſturel , continuë
à ſe diſtribuer avec fuccès ; plusieurs Médecins
qui en ont fait des épreuves dans les Hôpitaux ont
écrit au Miniſtre , pour qu'il leur en procurât , се
qui a déterminé beaucoup d'Officiers de la premiere
diſtinction d'en emporter à l'Armée , & le prenner
Médecin du Roi y en a auſſi porté .
Cette Quinteffence eſt bonne pour prévenir les
NOVEMBRE. 1744. 153
Maladies , fortifier les principales parties du corps ,
ranimer la nature affoiblie ou éteinte , elle paſſe
d'une maniere preſque inſenſible par les premieres
voyes , & guérit les Maladies qui ont leur fiége
dans ces parties ; ce Réméde eſt inmanquable contre
les indigeſtions , qui font l'origine de preſque
toutes les Maladies , contre toutes fortes de coliques
, dégoûts , maux de coeur , diarrhées & cours
de ventre , cette vertu le rend très-utile dans les
Armées, ou ces dernieres Maladies ſont ordinaires
&caufent la mort à beaucoup de braves gens qui
font utiles à l'Etat .
>
Elle eſt ſouveraine contre les Maladies caufées
par les obſtructions des vifceres , contre les pâles
couleurs , la jauniffe , l'hydropiſie , les vapeurs hyfteriques
& hypocondriaques , les palpitations de
coeur, les ventofités , la mauvaiſe halaine caufée
parde mauvaiſes digestions : elle facilire les accouchemens
cau- appaife les ddoouulleurs des reins
ſées par des glaires , ôte les dégoûts qu'on peut
avoir après avoir bû avec excès , abbat les vapeurs
du vin , & c'eſt un très-puiſſant apéritif , & quelque
fois purgatif.
C'eſt un préſervatif contre le mauvais air ,&
dans ce cas il est très-utile pour ceux qui voyagent
tant par Mer que par Terre , parce qu'il empêche
le fang de s'arrêter , ou de ſe corrompre ,& par fon
moyen on peut ſe garantir de la peſte , du ſcorbut
de Mer , & le guérir de la piqûre , on morſure de
toutes bêtes vénimeules ; on peut en toute fûreté en
faire uſage contre les fiévres malignes , putrides ,
vermineuſes & intermittentes.
Ce Reméde eſt également ſouverain contre toutes
les bleſſures , foit de fer , ſoit de feu ,& il les
garantitde la gangrene.
Gy
154 MERCURE DE FRANCE.
Ceux qui ſouhaiteront de plus grands éclairciſſemenspourront
écrire à l'Auteur , qui leur fera
exactement réponſe , on aura ſoin d'affranchir les
Lettres ; il demeure à Paris ruë des Gravilliers
chés M. de Clermont ; il y a des Bouteilles de 6
liv. 12 liv. & 24 liv.
On diftribuë avec les Bouteilles un imprimé pour
inſtruire ſur la maniere d'employer le Réméde.
que, & Anti- Vermineuse de M.de Paſturel , continuë
à ſe diſtribuer avec fuccès ; plusieurs Médecins
qui en ont fait des épreuves dans les Hôpitaux ont
écrit au Miniſtre , pour qu'il leur en procurât , се
qui a déterminé beaucoup d'Officiers de la premiere
diſtinction d'en emporter à l'Armée , & le prenner
Médecin du Roi y en a auſſi porté .
Cette Quinteffence eſt bonne pour prévenir les
NOVEMBRE. 1744. 153
Maladies , fortifier les principales parties du corps ,
ranimer la nature affoiblie ou éteinte , elle paſſe
d'une maniere preſque inſenſible par les premieres
voyes , & guérit les Maladies qui ont leur fiége
dans ces parties ; ce Réméde eſt inmanquable contre
les indigeſtions , qui font l'origine de preſque
toutes les Maladies , contre toutes fortes de coliques
, dégoûts , maux de coeur , diarrhées & cours
de ventre , cette vertu le rend très-utile dans les
Armées, ou ces dernieres Maladies ſont ordinaires
&caufent la mort à beaucoup de braves gens qui
font utiles à l'Etat .
>
Elle eſt ſouveraine contre les Maladies caufées
par les obſtructions des vifceres , contre les pâles
couleurs , la jauniffe , l'hydropiſie , les vapeurs hyfteriques
& hypocondriaques , les palpitations de
coeur, les ventofités , la mauvaiſe halaine caufée
parde mauvaiſes digestions : elle facilire les accouchemens
cau- appaife les ddoouulleurs des reins
ſées par des glaires , ôte les dégoûts qu'on peut
avoir après avoir bû avec excès , abbat les vapeurs
du vin , & c'eſt un très-puiſſant apéritif , & quelque
fois purgatif.
C'eſt un préſervatif contre le mauvais air ,&
dans ce cas il est très-utile pour ceux qui voyagent
tant par Mer que par Terre , parce qu'il empêche
le fang de s'arrêter , ou de ſe corrompre ,& par fon
moyen on peut ſe garantir de la peſte , du ſcorbut
de Mer , & le guérir de la piqûre , on morſure de
toutes bêtes vénimeules ; on peut en toute fûreté en
faire uſage contre les fiévres malignes , putrides ,
vermineuſes & intermittentes.
Ce Reméde eſt également ſouverain contre toutes
les bleſſures , foit de fer , ſoit de feu ,& il les
garantitde la gangrene.
Gy
154 MERCURE DE FRANCE.
Ceux qui ſouhaiteront de plus grands éclairciſſemenspourront
écrire à l'Auteur , qui leur fera
exactement réponſe , on aura ſoin d'affranchir les
Lettres ; il demeure à Paris ruë des Gravilliers
chés M. de Clermont ; il y a des Bouteilles de 6
liv. 12 liv. & 24 liv.
On diftribuë avec les Bouteilles un imprimé pour
inſtruire ſur la maniere d'employer le Réméde.
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Résumé : Essence Balsamique, [titre d'après la table]
Le texte décrit l'Essence Balsamique de M. de Pasturel, un remède anti-vermineux recommandé par plusieurs médecins. Ce produit prévient les maladies, fortifie le corps et traite divers maux tels que les indigestions, les coliques, les diarrhées, les pâles couleurs, la jaunisse, l'hydropisie, les palpitations cardiaques et les mauvaises haleines. Il est particulièrement utile dans les armées pour soigner les diarrhées. L'Essence Balsamique est aussi efficace contre les obstructions viscérales, les vapeurs hystériques et hypocondriaques, et facilite les accouchements. Elle protège les voyageurs contre la peste, le scorbut et les morsures d'animaux venimeux. Le remède est également souverain contre les blessures et prévient la gangrène. Pour plus d'informations, contacter l'auteur à Paris, rue des Gravilliers chez M. de Clermont. Des bouteilles de différentes tailles sont disponibles, accompagnées d'un imprimé explicatif.
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340
p. 30-38
EXTRAIT d'une Dissertation en forme de Lettre, sur l'effet des Topiques dans les maladies internes, & en particulier sur celui du Sieur Arnoult, écrite par un Médecin de Paris à un Médecin de Province.
Début :
Ceux qui se sont appliqués à l'étude de l'Histoire Naturelle, ont vu dans le [...]
Mots clefs :
Médecin, Effet, Sieur Arnoult, Topiques, Apoplexie, Remèdes, Accidents, Sachet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Dissertation en forme de Lettre, sur l'effet des Topiques dans les maladies internes, & en particulier sur celui du Sieur Arnoult, écrite par un Médecin de Paris à un Médecin de Province.
EXTRAIT d'une Differtation en forme de
Lettre , fur l'effet des Topiques dans les maladies
internes , & en particulier fur celuis
du Sieur Arnoutt , écrite par un Médecin
deParisà un Médecin de Province .
C
Eux qui ſe ſont appliqués à l'étude de
l'Hiſtoire Naturelle , ont vu dans le
cours de leurs recherches tant de Phénoménes
finguliers , & fi peu analogues aux
opérations communes de la Nature , que le
récit de l'expérience la plus extraordinaire
n'excite plus en eux , au lieu d'étonnement ,
que l'envie d'approfondir par un examen fé-
⚫vére la vérité des obſervations qu'on leur
communique. Les autres hommes font moins
traitables à cet égard; avides du merveilleux
quand on ne s'adreſſe qu'à notre imagination
, nous devenons incrédules pour tout
ce qui eft extraordinaire dès qu'on interroge
notre raiſon , les gens peu inſtruits refuſent
de croire ce qu'ils ne comprennent pas , &
cela eſt ſans doute moins embarafſant que
de chercher à l'expliquer , & ils font d'autant
plus affermis dans leur erreur , qu'étant trop
peu inftruits pour difcuter les preuves , il eſt
impoſſible de les convaincre , l'effet des To
DECEMBRE. 1744 . 3 .
piques , leur efficacité , ſoit en bien , foit
en mal , eſt un de ces jeux de la Nature ſi
finguliers , qu'on ajouteroit peu de foi à leur
vertu ſi l'on n'étoit accablé par une foule
depreuves.
L'Auteur de cette Lettre a rafſſemblé un
grand nombre d'expériences , qui font des
témoins autentiques de l'effet des Topiques.
Il ne lui auroit pas été difficile d'en ramaffer
encore un plus grand nombre , mais il
auroit groſſi infructueuſement ſa Lettre , &
il en a dit affez pour perfuader les plus incrédules
. Les garants des faits qu'il rapporte
font de ſçavans Phyficiens , d'habiles Médecins;
M. Boyle le reſtaurateur de la vraie
Phyſique , ordonne pour guérir la crampe ,
de remplir de poudre de racines de Méchoacan
un petit ſachet de damas , & de le
porter pendu au col , enforte qu'il defcende
au creux de l'eſtomac , & qu'il touche
immédiatement à la peau. Diction. Botan .
Pharmaceut.
Cette précaution recommandée de faire
deſcendre le ſachet au creux de l'eſtomac
n'eſt point ſans fondement'; ce vifcere prefque
tout nerveux , a des communications
avec toutes les parties du corps ; les émanations
des remédes pénétrans y parviennent
très- aiſément , & rétabliſſent promptement
la circulation du ſang interrompue dans
Bij
32 MERCURE DE FRANCE,
les défaillances , comme l'application des lis
queurs ſpiritueuſes le prouve évidemment,
fans doute parce que leurs parties volatiles
s'inſinuent dans le fang dont le viſcére eft
arrofé , & rendent aux nerfs la tention qu'ils
avoient perdue.
Le même Boyle, dans ſon Traité De infigni
effluviorum efficacia , donne à tous les
mixtes une atmosphere , dont il prouve l'exiſtence
par beaucoup d'expériences , & notamment
par l'effet des cantharides , qui appliquées
àà des parties éloignées , &méme
tenues dans la main, lui ont caufé de grandes
douleurs dans les conduits urinaires. Les
remédes antihyſteriques , portés ſous le nés ,
ou appliqués ſur le nombril , calment les
accidens vaporeux. On apprend de Bartholin
, que Henri II. ſe préſerva de la peſte ,
en portant au col une coquille d'Aveline
pleine de vif argent .
Quels éloges Vanhelmont n'a-t-il pas donnés
à un autre Amulette contre cette même
maladie ! C'eſt l'Arſenio porté ſur la région
du coeur , ou ſous l'aiſſelle gauche dans un
petit ſachet d'une double étoffe de ſoye. Il
eſt vrai que ſi au ſujet de cet Amulette ,
beaucoup de Naturaliſtes ont été les échos
de Vanhelmont , pluſieurs autres l'ont jugé
dangereux , mais qu'importe cela pour la
queſtion préſente ? les effets bons ou mauDECEMBRE.
1744. 33
vais prouvent également l'efficacité des Topiques.
M. Turner fameux Médecin rapporte
la mort tragique de deux enfans , cauſée par
une ſuperpurgation que produifit un onguent
qu'on leur avoit appliqué fur le nombril , à
deffein de tuer les vers. If croit avec affez
de fondement , que cet onguent eſt celui
qu'on appelle , Arthanila , &on lit en effet
dans Fenel , qu'il purge fortement appliqué
fur le ventre. Cela paroîtra moins étonnant
à ceux qui ſçavent que les Anciens ſe purgeoient
en ſe lavant les pieds dans une décoction
d'Ellebore.
M. Hoffman , premier Médecin du Roi
de Pruffe , & fi eſtimé des Naturaliſtes , a
rapporté que la Confection Hamech , qui
n'eſt pas un purgatif fort violent , adoucie
par le mélange de l'onguent de Guimauve ,
remédie à la conſtipation , étant appliquée
fous les pieds.
Une flanelle trempée dans une décoction
chaude de Menthe , d'Abſynthe , & de quel .
ques Aromates , & appliquée ſur l'eſtomac ,
a guéri des envies de vomir rebelles aux remedes
les plus actifs. Des remedes analogues
font des miracles dans la colique , la
paſſion iliaque , la dyſſenterie. L'Abfynthe
porté ſous les pieds , calme les vomiſſemens
au rapport d'Horftius. M , Turner rapporte
By
34 MERCURE DE FRANCE.
qu'il a vu une iſchurie opiniâtre céder dan
le moment à une embrocation d'une huile
qui lui eſt inconnue , faite ſur la région de
la veffie , du pubis , & du perinée.
L'Hiſtoire de D. Thomas Taffard , Bénédictin,
eſt l'effet des Topiques le plus fingulier
qu'on ait encore vu ; à l'âge de 29 ans il étoit
déja depuis pluſieurs années devenu d'une
foibleſſe inouie , il étoit tourmenté de convulfions
fréquentes,& ce qu'il ya de remarquable,
il ſe trouvoit plus mal immédiatement après
le repas & le ſommeil. On l'envoya à Bourbon,
mais le foulagement que les eaux lui
apporterent dura peu ; il y alla une feconde
ſaiſon ſans aucun fuccès , & même y
éprouva de nouveaux accidens. On lui conſeilla
de porter une pierre d'Aiman , qu'on
dit bonne contre les convulfions , & on lui
en donna une bonne & bien armée , groſſe
comme un oeuf de pigeon. A peine l'eut-il
dans la main , que ſes convulfions ceſſerent ,
&depuis elles ne font point revenues , quoique
Dom Taflard ait quelquefois été trois
ou quatre jours fans porter ſa pierre d'Aiman.
Le récit de cette finguliere guériſon ſe
trouve dans le Mercure de Juillet 1726.
Dom Nicolas Alexandre , Bénédictin &Auteur
du Dictionnaire Botanique & Pharmaceutique
, conſeilla d'après Ettmuller ce reméde
, auquel il avoit peu de confiance ,
DECEMBRE. 1744. 35
mais qu'il croyoit innocent ; il voulut d'abord
le faire porter ſuſpendu au col, poſé
fur la peau , & tombant fur la foſſette du
coeur , mais il cauſa au malade des inquiétudes
ſi fortes , qu'il fut obligé d'abord de
le mettre par - deſſus ſa chemiſe , puis pardeffus
fa veſte , & enfin par- deſſus ſa robe.
L'Auteur a appris cedétail de D. Alexandre
même.
Après une expérience auſſi bien atteſtée ,
qui peut nier l'efficacité des Topiques , &
quel préjugé avantageux ne doit-on pas fe
former pour celui du Sieur Arnoult , qui ,
de l'aveu de ſes Contradicteurs , ne pou- ..
vant faire de mal , doit par conféquent faire
beaucoup de bien ? En vain objecte - t-on
que le ſpécifique a manqué quelquefois ſon
effet; l'Auteur le juſtifie d'une façon inconteſtable
contre ces imputations calomnieufes
, qui d'ailleurs ne ſuffiroient pas pourdétruire
une foule d'expériences favorables , &
très-bien conſtatées.
M. de Blagnes , & M. Habert , dont on
rapporte la mort pour décrier le ſpécifique ,
n'ont jamais porté le ſachet ; c'eſt ce que
l'Auteur de la Diflertation a vérifié par les
Regiſtres du Sieur Arnoult. M. du Cholet ,
qui le portoit , n'eſt pas mort d'apopléxie ,
mais d'épilepfie , à ce qu'ont décidé Meffieurs
Silva & du Moulin,
Bvj
36 MERCURE DE 1FRANCE.
Enfin on juſtifie le ſieurArnoult à l'égard
du Comte de Froulai d'une façon inconteftable
, en rapportant un Certificat de treis
ce ſes Domeſtiques , qui ne laiſſe aucun
ſcrupule fur cet article. En voici la teneur :
Nous ſouſſignés Guiard , Douillet , &Bizel
, certifions à qui il appartiendra , que moi
Guiard , il y a 40 ans que j'ai l'honneur d'être
attaché à fon E. M. le Comte de Froulai ,
ci-devant Ambassadeur du Roi à Venise ; que
moi Douillet , j'ai le même honneur depuis
30 ans , ainsi que moi Bizel depuis 10 ans ,
que nous ne l'avons point quitté depuis ce tems
jusqu'à sa mort , & que nous avons une parfaite
connoiſſance de deux accidens d'apopléxie
qui lui font arrivés à Venise il y a deux
ans & demi , & qualors il ne faisoit point
d'usage du Sachet du ſieur Arnoult ; que dans
le tems & après ces deux accidens d'apoplexie ,
Son E. M. le Comte de Froulai écrivitàM.
Thieriot , Marchand de drap à Paris , &fon
homme de confiance , qui lui envoya auſſuot
le reméde du ſieur Arnoult , que mondit Seigneur
en a fait usage depuis , & qu'il eſt trèsconftant
que depuis l'uſage qu'il a fait dudit
reméde , il ne lui eſt arrivé aucun accident
d'apopléxie. Nous croyons devoir rendre ce
témoignage en confcience & en honneur , d'antant
plus que le reproche que l'on a fait an
fieur Arnoult dans le Journal des Sçavans ,
DECEMBRE. 1744 .
du mois d'Août 1743 , P. 1529 , par forme
d'Extrait d'une Lettre anonyme , porte préci-
Sément que son E. M. le Comte de Froulai a
eu quatre atteintes d'apoplexie , quoique depuis
la premiére il ait été bien attentifà porter le
Sachet , ce qui est une accusation des ennemis
duſieur Arnoult très -fauffe , & tout àfait contraire
à la vérité. En foi de quoi nous en
donnons la préſente déclaration en notre ame
confcience , & telle que nous la ferions en
Justice , fi nous en étions requis ; le tout pour
Servir & valoir ce que de raiſon . AParis le
17 Mars 1744. Signé Bizel, François Guiard,
&Douillet .
Voilà donc le ſieur Arnoult parfaitement
juſtifié ; mais d'ailleurs combien de fuffrages
reſpectables s'élévent en ſa faveur ! On cite
dans cet Ecrit le feu Cardinal de Polignac,
le Duc de Geſvres , M. Merault , Procureur
Général du Grand Confeil , l'Abbé Franchini
, ci-devant Envoyé de Florence , des
Médecins mêmes , tels que Meſſieurs Garnier
, Médecin de la Faculté de Paris , aujourd'hui
premier Medecin du Roi à la Martinique
, Mauran , Médecin à Bergerac , le
Mercier , Médecin du Roi dans l'Hôpital
d'Huningue.
Les Journaux ont été remplis juſqu'à préfent
d'une multitude de Certificats , par lefquels
il étoit atteſté que de gens attaqués d'a
38 MERCURE DE FRANCE.
poplexie avant que de porter le ſachet , n'a
voient éprouvé ancun accident depuis qu'ils
en faifoient uſage. On cite encore ici pluſieurs
témoignages qui n'ont pas encore été
rendus publics , & qui font de la même natureque
les premiers.
L'Approbateur , qui eſt un Médecin , dé
clare qu'on lui a communiqué les Originaux
de toutes ces Piéces. Il faut donc ſe rendre
à ces preuves , ou ſe déclarer Phyrronien in
corrigible.
Lettre , fur l'effet des Topiques dans les maladies
internes , & en particulier fur celuis
du Sieur Arnoutt , écrite par un Médecin
deParisà un Médecin de Province .
C
Eux qui ſe ſont appliqués à l'étude de
l'Hiſtoire Naturelle , ont vu dans le
cours de leurs recherches tant de Phénoménes
finguliers , & fi peu analogues aux
opérations communes de la Nature , que le
récit de l'expérience la plus extraordinaire
n'excite plus en eux , au lieu d'étonnement ,
que l'envie d'approfondir par un examen fé-
⚫vére la vérité des obſervations qu'on leur
communique. Les autres hommes font moins
traitables à cet égard; avides du merveilleux
quand on ne s'adreſſe qu'à notre imagination
, nous devenons incrédules pour tout
ce qui eft extraordinaire dès qu'on interroge
notre raiſon , les gens peu inſtruits refuſent
de croire ce qu'ils ne comprennent pas , &
cela eſt ſans doute moins embarafſant que
de chercher à l'expliquer , & ils font d'autant
plus affermis dans leur erreur , qu'étant trop
peu inftruits pour difcuter les preuves , il eſt
impoſſible de les convaincre , l'effet des To
DECEMBRE. 1744 . 3 .
piques , leur efficacité , ſoit en bien , foit
en mal , eſt un de ces jeux de la Nature ſi
finguliers , qu'on ajouteroit peu de foi à leur
vertu ſi l'on n'étoit accablé par une foule
depreuves.
L'Auteur de cette Lettre a rafſſemblé un
grand nombre d'expériences , qui font des
témoins autentiques de l'effet des Topiques.
Il ne lui auroit pas été difficile d'en ramaffer
encore un plus grand nombre , mais il
auroit groſſi infructueuſement ſa Lettre , &
il en a dit affez pour perfuader les plus incrédules
. Les garants des faits qu'il rapporte
font de ſçavans Phyficiens , d'habiles Médecins;
M. Boyle le reſtaurateur de la vraie
Phyſique , ordonne pour guérir la crampe ,
de remplir de poudre de racines de Méchoacan
un petit ſachet de damas , & de le
porter pendu au col , enforte qu'il defcende
au creux de l'eſtomac , & qu'il touche
immédiatement à la peau. Diction. Botan .
Pharmaceut.
Cette précaution recommandée de faire
deſcendre le ſachet au creux de l'eſtomac
n'eſt point ſans fondement'; ce vifcere prefque
tout nerveux , a des communications
avec toutes les parties du corps ; les émanations
des remédes pénétrans y parviennent
très- aiſément , & rétabliſſent promptement
la circulation du ſang interrompue dans
Bij
32 MERCURE DE FRANCE,
les défaillances , comme l'application des lis
queurs ſpiritueuſes le prouve évidemment,
fans doute parce que leurs parties volatiles
s'inſinuent dans le fang dont le viſcére eft
arrofé , & rendent aux nerfs la tention qu'ils
avoient perdue.
Le même Boyle, dans ſon Traité De infigni
effluviorum efficacia , donne à tous les
mixtes une atmosphere , dont il prouve l'exiſtence
par beaucoup d'expériences , & notamment
par l'effet des cantharides , qui appliquées
àà des parties éloignées , &méme
tenues dans la main, lui ont caufé de grandes
douleurs dans les conduits urinaires. Les
remédes antihyſteriques , portés ſous le nés ,
ou appliqués ſur le nombril , calment les
accidens vaporeux. On apprend de Bartholin
, que Henri II. ſe préſerva de la peſte ,
en portant au col une coquille d'Aveline
pleine de vif argent .
Quels éloges Vanhelmont n'a-t-il pas donnés
à un autre Amulette contre cette même
maladie ! C'eſt l'Arſenio porté ſur la région
du coeur , ou ſous l'aiſſelle gauche dans un
petit ſachet d'une double étoffe de ſoye. Il
eſt vrai que ſi au ſujet de cet Amulette ,
beaucoup de Naturaliſtes ont été les échos
de Vanhelmont , pluſieurs autres l'ont jugé
dangereux , mais qu'importe cela pour la
queſtion préſente ? les effets bons ou mauDECEMBRE.
1744. 33
vais prouvent également l'efficacité des Topiques.
M. Turner fameux Médecin rapporte
la mort tragique de deux enfans , cauſée par
une ſuperpurgation que produifit un onguent
qu'on leur avoit appliqué fur le nombril , à
deffein de tuer les vers. If croit avec affez
de fondement , que cet onguent eſt celui
qu'on appelle , Arthanila , &on lit en effet
dans Fenel , qu'il purge fortement appliqué
fur le ventre. Cela paroîtra moins étonnant
à ceux qui ſçavent que les Anciens ſe purgeoient
en ſe lavant les pieds dans une décoction
d'Ellebore.
M. Hoffman , premier Médecin du Roi
de Pruffe , & fi eſtimé des Naturaliſtes , a
rapporté que la Confection Hamech , qui
n'eſt pas un purgatif fort violent , adoucie
par le mélange de l'onguent de Guimauve ,
remédie à la conſtipation , étant appliquée
fous les pieds.
Une flanelle trempée dans une décoction
chaude de Menthe , d'Abſynthe , & de quel .
ques Aromates , & appliquée ſur l'eſtomac ,
a guéri des envies de vomir rebelles aux remedes
les plus actifs. Des remedes analogues
font des miracles dans la colique , la
paſſion iliaque , la dyſſenterie. L'Abfynthe
porté ſous les pieds , calme les vomiſſemens
au rapport d'Horftius. M , Turner rapporte
By
34 MERCURE DE FRANCE.
qu'il a vu une iſchurie opiniâtre céder dan
le moment à une embrocation d'une huile
qui lui eſt inconnue , faite ſur la région de
la veffie , du pubis , & du perinée.
L'Hiſtoire de D. Thomas Taffard , Bénédictin,
eſt l'effet des Topiques le plus fingulier
qu'on ait encore vu ; à l'âge de 29 ans il étoit
déja depuis pluſieurs années devenu d'une
foibleſſe inouie , il étoit tourmenté de convulfions
fréquentes,& ce qu'il ya de remarquable,
il ſe trouvoit plus mal immédiatement après
le repas & le ſommeil. On l'envoya à Bourbon,
mais le foulagement que les eaux lui
apporterent dura peu ; il y alla une feconde
ſaiſon ſans aucun fuccès , & même y
éprouva de nouveaux accidens. On lui conſeilla
de porter une pierre d'Aiman , qu'on
dit bonne contre les convulfions , & on lui
en donna une bonne & bien armée , groſſe
comme un oeuf de pigeon. A peine l'eut-il
dans la main , que ſes convulfions ceſſerent ,
&depuis elles ne font point revenues , quoique
Dom Taflard ait quelquefois été trois
ou quatre jours fans porter ſa pierre d'Aiman.
Le récit de cette finguliere guériſon ſe
trouve dans le Mercure de Juillet 1726.
Dom Nicolas Alexandre , Bénédictin &Auteur
du Dictionnaire Botanique & Pharmaceutique
, conſeilla d'après Ettmuller ce reméde
, auquel il avoit peu de confiance ,
DECEMBRE. 1744. 35
mais qu'il croyoit innocent ; il voulut d'abord
le faire porter ſuſpendu au col, poſé
fur la peau , & tombant fur la foſſette du
coeur , mais il cauſa au malade des inquiétudes
ſi fortes , qu'il fut obligé d'abord de
le mettre par - deſſus ſa chemiſe , puis pardeffus
fa veſte , & enfin par- deſſus ſa robe.
L'Auteur a appris cedétail de D. Alexandre
même.
Après une expérience auſſi bien atteſtée ,
qui peut nier l'efficacité des Topiques , &
quel préjugé avantageux ne doit-on pas fe
former pour celui du Sieur Arnoult , qui ,
de l'aveu de ſes Contradicteurs , ne pou- ..
vant faire de mal , doit par conféquent faire
beaucoup de bien ? En vain objecte - t-on
que le ſpécifique a manqué quelquefois ſon
effet; l'Auteur le juſtifie d'une façon inconteſtable
contre ces imputations calomnieufes
, qui d'ailleurs ne ſuffiroient pas pourdétruire
une foule d'expériences favorables , &
très-bien conſtatées.
M. de Blagnes , & M. Habert , dont on
rapporte la mort pour décrier le ſpécifique ,
n'ont jamais porté le ſachet ; c'eſt ce que
l'Auteur de la Diflertation a vérifié par les
Regiſtres du Sieur Arnoult. M. du Cholet ,
qui le portoit , n'eſt pas mort d'apopléxie ,
mais d'épilepfie , à ce qu'ont décidé Meffieurs
Silva & du Moulin,
Bvj
36 MERCURE DE 1FRANCE.
Enfin on juſtifie le ſieurArnoult à l'égard
du Comte de Froulai d'une façon inconteftable
, en rapportant un Certificat de treis
ce ſes Domeſtiques , qui ne laiſſe aucun
ſcrupule fur cet article. En voici la teneur :
Nous ſouſſignés Guiard , Douillet , &Bizel
, certifions à qui il appartiendra , que moi
Guiard , il y a 40 ans que j'ai l'honneur d'être
attaché à fon E. M. le Comte de Froulai ,
ci-devant Ambassadeur du Roi à Venise ; que
moi Douillet , j'ai le même honneur depuis
30 ans , ainsi que moi Bizel depuis 10 ans ,
que nous ne l'avons point quitté depuis ce tems
jusqu'à sa mort , & que nous avons une parfaite
connoiſſance de deux accidens d'apopléxie
qui lui font arrivés à Venise il y a deux
ans & demi , & qualors il ne faisoit point
d'usage du Sachet du ſieur Arnoult ; que dans
le tems & après ces deux accidens d'apoplexie ,
Son E. M. le Comte de Froulai écrivitàM.
Thieriot , Marchand de drap à Paris , &fon
homme de confiance , qui lui envoya auſſuot
le reméde du ſieur Arnoult , que mondit Seigneur
en a fait usage depuis , & qu'il eſt trèsconftant
que depuis l'uſage qu'il a fait dudit
reméde , il ne lui eſt arrivé aucun accident
d'apopléxie. Nous croyons devoir rendre ce
témoignage en confcience & en honneur , d'antant
plus que le reproche que l'on a fait an
fieur Arnoult dans le Journal des Sçavans ,
DECEMBRE. 1744 .
du mois d'Août 1743 , P. 1529 , par forme
d'Extrait d'une Lettre anonyme , porte préci-
Sément que son E. M. le Comte de Froulai a
eu quatre atteintes d'apoplexie , quoique depuis
la premiére il ait été bien attentifà porter le
Sachet , ce qui est une accusation des ennemis
duſieur Arnoult très -fauffe , & tout àfait contraire
à la vérité. En foi de quoi nous en
donnons la préſente déclaration en notre ame
confcience , & telle que nous la ferions en
Justice , fi nous en étions requis ; le tout pour
Servir & valoir ce que de raiſon . AParis le
17 Mars 1744. Signé Bizel, François Guiard,
&Douillet .
Voilà donc le ſieur Arnoult parfaitement
juſtifié ; mais d'ailleurs combien de fuffrages
reſpectables s'élévent en ſa faveur ! On cite
dans cet Ecrit le feu Cardinal de Polignac,
le Duc de Geſvres , M. Merault , Procureur
Général du Grand Confeil , l'Abbé Franchini
, ci-devant Envoyé de Florence , des
Médecins mêmes , tels que Meſſieurs Garnier
, Médecin de la Faculté de Paris , aujourd'hui
premier Medecin du Roi à la Martinique
, Mauran , Médecin à Bergerac , le
Mercier , Médecin du Roi dans l'Hôpital
d'Huningue.
Les Journaux ont été remplis juſqu'à préfent
d'une multitude de Certificats , par lefquels
il étoit atteſté que de gens attaqués d'a
38 MERCURE DE FRANCE.
poplexie avant que de porter le ſachet , n'a
voient éprouvé ancun accident depuis qu'ils
en faifoient uſage. On cite encore ici pluſieurs
témoignages qui n'ont pas encore été
rendus publics , & qui font de la même natureque
les premiers.
L'Approbateur , qui eſt un Médecin , dé
clare qu'on lui a communiqué les Originaux
de toutes ces Piéces. Il faut donc ſe rendre
à ces preuves , ou ſe déclarer Phyrronien in
corrigible.
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Résumé : EXTRAIT d'une Dissertation en forme de Lettre, sur l'effet des Topiques dans les maladies internes, & en particulier sur celui du Sieur Arnoult, écrite par un Médecin de Paris à un Médecin de Province.
Le texte explore l'efficacité des remèdes topiques pour traiter les maladies internes, soutenue par diverses expériences et observations. Les auteurs s'appuient sur les témoignages de savants et médecins renommés pour démontrer cette efficacité. Robert Boyle, par exemple, recommande la poudre de racines de Méchoacan pour traiter la crampe en agissant sur les communications nerveuses. D'autres remèdes, tels que les cantharides et les amulettes, montrent des effets variés sur différentes parties du corps. Des cas spécifiques incluent l'utilisation de l'Arsenio contre la peste et l'onguent Arthanila, qui peut être mortel chez les enfants. La Confection Hamech et des décoctions de menthe et d'absinthe sont également mentionnées pour traiter divers maux. Un cas notable est celui de Dom Thomas Taffard, guéri de convulsions par une pierre d'aimant. Une autre guérison miraculeuse est rapportée avec une pierre d'Aïman, recommandée par Dom Nicolas Alexandre. Le texte défend l'efficacité des remèdes topiques malgré certains échecs, en citant de nombreuses expériences favorables. Des personnalités influentes et des médecins soutiennent ces remèdes, et de nombreux certificats attestent leur efficacité. Par exemple, le Comte de Froulai n'a plus souffert d'apoplexie après avoir utilisé un remède topique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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341
p. 109-115
LES ELEMENTS de la Medecine pratique &c. par M. Bouillet, correspondant de l'Academie Royale des Sciences &c. A Beziers 1744.
Début :
C'est aux gens versés dans la connoissance de la Medecine qu'il appartient de juger du [...]
Mots clefs :
Maladies, Médecine, Pratique, Hippocrate, Règles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES ELEMENTS de la Medecine pratique &c. par M. Bouillet, correspondant de l'Academie Royale des Sciences &c. A Beziers 1744.
LES ELEMENS de la Medecine pratique
&c. par M. Bouillet , correspondant de
l'Academie Royale des Sciences &c. A
Beziers 1744.
C'eſt aux gens verſés dans la connoiſſance
de la Medecine qu'il appartient de juger du
mérite de ce livre , & c'eſt d'après eux que
nous dirons que M. Bouillet a fait au Public
un préſent d'un grand prix , en lui donnant
cesElemens de Medecine.
L'Auteur a emprunté d'Hyppocrate les
regles fondamentales de la Pratique , & les
premiers principes de la Théorie. C'eſt une
choſe remarquable,qu'Hyppocrate & Galien
font encore les oracles de la Medecine :
ils font les ſeuls parmi les anciens Phyſiciens ,
dont la réputation ait refifté à l'injure des
tems , les autres ont été obligés de ceder leur
autorité à de nouveaux venus dont les
fiftèmes ont été renverſés à leur tour pardes
Sçavans plus modernes. C'eſt ainſi que Defcartes
après avoir araché le ſceptre de la Phi
loſophie des mains d'Ariftote a été lui
même ſuplanté par Neuton , dont ſuivant les
apparences le regne ne ſera pas éternel .
M.Bouillet commence pardonner d'après
fro MERCURE DE FRANC
1
Hyppocrateune idée de la Medecine , & des
devoirs effentiels auxquels cet Art oblig:
ceux qui en font profeſſion.
On voit par les efforts que fait Hyppo.
crate pour relever l'excellence de fon art,
que de ſon tems il y avoit déja des incrédules
en Medecine. M. Bouillet fait enfuite
l'énumeration des maladies qui ſe préſentent
le plus ſouvent. Il indique les voies par lefquelles
ces maladies ont coutume de ſe terminer
: il raporte les regles générales qu'Hyppocrate
a propofées , ſoit pour conferver la
ſanté , ſoit pour traiter les maladies ; c'eſt là
deſſus que roule la premiere partie des
Elemens.
Ce ne font là que des notions générales
& préliminaires , & qui ſuppoſent même un
grand nombre d'autres connoiſſances ; mais
elles ſuffiront fans doute à un jeune Medecin
qui ſçait l'Anatomie , la Matiere Medicale ,
& toutes les autres parties des Inſtitutions
qu'on enſeigne dans les Univerſités . D'ailleurs
M. Bouillet ne prétend pas renfermer toute
la Medecine dans fon livre , ni diſpenſer
ceux qu'il inſtruit de ſe donner la peine de
conſulter les Auteurs qui ont traité expreffement
toutes ces matieres & qui ont été
indiqués dans ces élemens.
Dans la ſeconde partie , on donne une
idée génerale de l'economie animale , & des
DECEMBRE. 1744. 111
cauſes des maladies d'après M. Helvetius
On a inferé une diſſertation de M. Stahl fur
la Theorie & la pratique des maladies les
plus ordinaires à chaque âge. Ce font encore
des notions génerales ; un jeune Medecin
•doit en être inſtruit , s'il veut être en état de
penetrer les cauſes d'une infinité de cas particuliers
, & d'y aporter les remedes convenables.
C'eſt dans les deux Auteurs que l'on
vient de citer , & dans pluſieurs autres que
M. B. indique à la fin de cette ſeconde
partie , que les jeunes étudians doivent
prendre des vues qui embraſſent le traitement
de toutes les maladies pour tous les
âges , pour tous les ſexes & pour tous les
climats du monde.
On trouve dans la troiſieme partie une
expoſition des maladies qui arriverent en
Grece pendant quelques années du tems
d'Hyppocrate , & de celles qui furent les
plus communes à Paris du tems de M.
Baillon , ſçavant Medecin de l'Ecole de
Paris , qui vivoit vers la fin du ſeiziéme
fiécle.
On voit d'abord que malgré la diſtance
des tems , & la diférence des climats , les
mêmes maladies ont preſque toujours regné ;
on voit auſſi dansHyppocrate les efforts que la
nature abandonnée à elle même,ou fans autre
ſecours , que celui d'un régime convenable ,
112 MERCURE DE FRANCE.
faiſoit dans des tems déterminés , pour ſe
delivrer des maladies dont elle étoit accablée ,
d'où l'on doit inferer les regles qu'il faut
ſuivre pour l'aider en pareilcas ; & c'eft ce
que fit ſans doute Hyppocrate. Enfin on voit
dans Ballonius (c'eſt le nom latiniſé de M.
Baillon ) les efforts que faiſoit de ſon tems
laMedecine , pour ſe mettre ſur les pas de la
nôtre , pour en imiter les démarches , &
pour établir des regles ſures de pratique.
Si l'on joint à ce que rapporte M. B.
d'Hyppocrate , & de Ballonius , les autres
Auteurs qu'il a indiqués à la fin de cette
partie , ou du moins ce que nous ont donné
Riviere , Sydenham & Chirac , on prendra
une notion aſſez étendue de la Medecine
pratique depuis fon infancejuſqu'au point où
elle eſt parvenue aujourd'hui. M. Bouillet
appelle ce point, lepoint de perfection
doit excuſer un ſi ſcavant homme dètre un
peu prevenu en faveur de fon art.
,
& on
Juſqu'à préſent M. B. n'a paru que comme
un compilateur , qui conſacre à l'utilité publique
des veilles penibles & des recherches
laborieuſes. It devient auteur dans la quatriéme
partie qui eſt la plus étendue , & n'eſt
pas la moins curieaſe de ſon livre. Il expoſe
les maladies qui ont été les plus communes
dans la ville de Befiers depuis 1730. julqu'en
1742, & il rapporte la maniere dont
DECEMBRE. 1744. IFZ
elles ont été traitées. Il parle d'abord de la
temperature du climat de Befiers , & après
avoir donné une idée générale des maladies
qui y font les plus frequentes , & des cauſes
évidentes , qui ont paru avoir le plus de part
dans la production de ces maladies , il
déſcend dans un détail peu intereſſant peutêtre
pour des gens qui ne cherchent en lifant
que l'avantage de connoître ſuperficiellement
la matiere qu'ils étudient , & de pouvoir en
paroître inſtruits ſans l'avoir aprofondie
mais qui est néceſſaire pour de jeunes Medecins
; les faits & les exemples inſtruiſent
mieux & en moins de tems que les préceptes ,
fur tout quand on a une teinture des principes.
Quelle obligation les jeunes Medecins
n'ont- ils pas à M. B. qui leur prête ainſi 12
ans d'expérience ! quel dommage que cet
habile Obfervateur n'ait pas paru furun
Theâtre où il auroit pû multiplier davantage
ſes utiles obſervations ! S'il eſt un moyen
pour avancer la Medecine , c'eſt ſans doute
celui que M. Bouillet a pris. Mais malheureuſement
les Medecins occupés de leur fortune
plus que de leurArt , pratiquent la
Medecine plus-tôt qu'ils ne la cultivent. Ils
dédaignent d'employer à s'inſtruire
éclairer le Public , un tems précieux que
les Particuliers payent au poids de l'or. Cependant
ſi Meſſieurs Silva , Dumoulins ,
Vernuage avoient suivi la methodedeî\k
Bouilletjfi ces sçavans Medecins avoient con.
servé l'histoire du grand nombre de cas singuliers
dont ils ont été témoins,s'ils avoient"
joints à ce détail leurs judicieuses reflexions
sur les ressemblances qu'ils ont trouvées entre 4 des maladies fort différentes entr'elles
,
sur
les differences qu'on remarque entre des
maladies qui paroissentd'ailleurssemblables
quels , avantages le Public ne retirerait-il pas
de ces collections ?
Après avoir rendu justice à l'étendue des
connoissances de M. Bouillet, & au mérite
de son Ouvrage,nous lui demanderons
la permission d'être d'un avis contraire au
sien sur l'unité de la pratique qu'il voudroit
introduire dans tous les climats de la terre.
Il prévoitdit - il , que la mode&le préjugé
s'y oposeront:mais ce ne fera ni la mode ni
le préjugé, ce fera la raison & l'expérience
Celse l'a dit dans la préface de son livre
de Medicinâ
,
differe pro naturâ locorum
généra medicinoe&aliud opus ejJè J('lnil. aliud
in «y£gypto, aliud in Galliis.
Le traitement doit même être différent
suivant la différence des conditions, parce
que la différente façon de vivre produit
nécessairement des constitutions très peu
semblables.Qui doute qu'il ne faille traiter un
Paysan robustle autrement qu'un Courtifan
extenué par les excès? Au reste nousn'aurions
pas osé combattre Je sentimentde
M. Bouillet, & il auroit été une autorité
pour nous, si nous n'avions eu à lui oposer
le suffrage de Celse qui est un Adversaire
digne delui
&c. par M. Bouillet , correspondant de
l'Academie Royale des Sciences &c. A
Beziers 1744.
C'eſt aux gens verſés dans la connoiſſance
de la Medecine qu'il appartient de juger du
mérite de ce livre , & c'eſt d'après eux que
nous dirons que M. Bouillet a fait au Public
un préſent d'un grand prix , en lui donnant
cesElemens de Medecine.
L'Auteur a emprunté d'Hyppocrate les
regles fondamentales de la Pratique , & les
premiers principes de la Théorie. C'eſt une
choſe remarquable,qu'Hyppocrate & Galien
font encore les oracles de la Medecine :
ils font les ſeuls parmi les anciens Phyſiciens ,
dont la réputation ait refifté à l'injure des
tems , les autres ont été obligés de ceder leur
autorité à de nouveaux venus dont les
fiftèmes ont été renverſés à leur tour pardes
Sçavans plus modernes. C'eſt ainſi que Defcartes
après avoir araché le ſceptre de la Phi
loſophie des mains d'Ariftote a été lui
même ſuplanté par Neuton , dont ſuivant les
apparences le regne ne ſera pas éternel .
M.Bouillet commence pardonner d'après
fro MERCURE DE FRANC
1
Hyppocrateune idée de la Medecine , & des
devoirs effentiels auxquels cet Art oblig:
ceux qui en font profeſſion.
On voit par les efforts que fait Hyppo.
crate pour relever l'excellence de fon art,
que de ſon tems il y avoit déja des incrédules
en Medecine. M. Bouillet fait enfuite
l'énumeration des maladies qui ſe préſentent
le plus ſouvent. Il indique les voies par lefquelles
ces maladies ont coutume de ſe terminer
: il raporte les regles générales qu'Hyppocrate
a propofées , ſoit pour conferver la
ſanté , ſoit pour traiter les maladies ; c'eſt là
deſſus que roule la premiere partie des
Elemens.
Ce ne font là que des notions générales
& préliminaires , & qui ſuppoſent même un
grand nombre d'autres connoiſſances ; mais
elles ſuffiront fans doute à un jeune Medecin
qui ſçait l'Anatomie , la Matiere Medicale ,
& toutes les autres parties des Inſtitutions
qu'on enſeigne dans les Univerſités . D'ailleurs
M. Bouillet ne prétend pas renfermer toute
la Medecine dans fon livre , ni diſpenſer
ceux qu'il inſtruit de ſe donner la peine de
conſulter les Auteurs qui ont traité expreffement
toutes ces matieres & qui ont été
indiqués dans ces élemens.
Dans la ſeconde partie , on donne une
idée génerale de l'economie animale , & des
DECEMBRE. 1744. 111
cauſes des maladies d'après M. Helvetius
On a inferé une diſſertation de M. Stahl fur
la Theorie & la pratique des maladies les
plus ordinaires à chaque âge. Ce font encore
des notions génerales ; un jeune Medecin
•doit en être inſtruit , s'il veut être en état de
penetrer les cauſes d'une infinité de cas particuliers
, & d'y aporter les remedes convenables.
C'eſt dans les deux Auteurs que l'on
vient de citer , & dans pluſieurs autres que
M. B. indique à la fin de cette ſeconde
partie , que les jeunes étudians doivent
prendre des vues qui embraſſent le traitement
de toutes les maladies pour tous les
âges , pour tous les ſexes & pour tous les
climats du monde.
On trouve dans la troiſieme partie une
expoſition des maladies qui arriverent en
Grece pendant quelques années du tems
d'Hyppocrate , & de celles qui furent les
plus communes à Paris du tems de M.
Baillon , ſçavant Medecin de l'Ecole de
Paris , qui vivoit vers la fin du ſeiziéme
fiécle.
On voit d'abord que malgré la diſtance
des tems , & la diférence des climats , les
mêmes maladies ont preſque toujours regné ;
on voit auſſi dansHyppocrate les efforts que la
nature abandonnée à elle même,ou fans autre
ſecours , que celui d'un régime convenable ,
112 MERCURE DE FRANCE.
faiſoit dans des tems déterminés , pour ſe
delivrer des maladies dont elle étoit accablée ,
d'où l'on doit inferer les regles qu'il faut
ſuivre pour l'aider en pareilcas ; & c'eft ce
que fit ſans doute Hyppocrate. Enfin on voit
dans Ballonius (c'eſt le nom latiniſé de M.
Baillon ) les efforts que faiſoit de ſon tems
laMedecine , pour ſe mettre ſur les pas de la
nôtre , pour en imiter les démarches , &
pour établir des regles ſures de pratique.
Si l'on joint à ce que rapporte M. B.
d'Hyppocrate , & de Ballonius , les autres
Auteurs qu'il a indiqués à la fin de cette
partie , ou du moins ce que nous ont donné
Riviere , Sydenham & Chirac , on prendra
une notion aſſez étendue de la Medecine
pratique depuis fon infancejuſqu'au point où
elle eſt parvenue aujourd'hui. M. Bouillet
appelle ce point, lepoint de perfection
doit excuſer un ſi ſcavant homme dètre un
peu prevenu en faveur de fon art.
,
& on
Juſqu'à préſent M. B. n'a paru que comme
un compilateur , qui conſacre à l'utilité publique
des veilles penibles & des recherches
laborieuſes. It devient auteur dans la quatriéme
partie qui eſt la plus étendue , & n'eſt
pas la moins curieaſe de ſon livre. Il expoſe
les maladies qui ont été les plus communes
dans la ville de Befiers depuis 1730. julqu'en
1742, & il rapporte la maniere dont
DECEMBRE. 1744. IFZ
elles ont été traitées. Il parle d'abord de la
temperature du climat de Befiers , & après
avoir donné une idée générale des maladies
qui y font les plus frequentes , & des cauſes
évidentes , qui ont paru avoir le plus de part
dans la production de ces maladies , il
déſcend dans un détail peu intereſſant peutêtre
pour des gens qui ne cherchent en lifant
que l'avantage de connoître ſuperficiellement
la matiere qu'ils étudient , & de pouvoir en
paroître inſtruits ſans l'avoir aprofondie
mais qui est néceſſaire pour de jeunes Medecins
; les faits & les exemples inſtruiſent
mieux & en moins de tems que les préceptes ,
fur tout quand on a une teinture des principes.
Quelle obligation les jeunes Medecins
n'ont- ils pas à M. B. qui leur prête ainſi 12
ans d'expérience ! quel dommage que cet
habile Obfervateur n'ait pas paru furun
Theâtre où il auroit pû multiplier davantage
ſes utiles obſervations ! S'il eſt un moyen
pour avancer la Medecine , c'eſt ſans doute
celui que M. Bouillet a pris. Mais malheureuſement
les Medecins occupés de leur fortune
plus que de leurArt , pratiquent la
Medecine plus-tôt qu'ils ne la cultivent. Ils
dédaignent d'employer à s'inſtruire
éclairer le Public , un tems précieux que
les Particuliers payent au poids de l'or. Cependant
ſi Meſſieurs Silva , Dumoulins ,
Vernuage avoient suivi la methodedeî\k
Bouilletjfi ces sçavans Medecins avoient con.
servé l'histoire du grand nombre de cas singuliers
dont ils ont été témoins,s'ils avoient"
joints à ce détail leurs judicieuses reflexions
sur les ressemblances qu'ils ont trouvées entre 4 des maladies fort différentes entr'elles
,
sur
les differences qu'on remarque entre des
maladies qui paroissentd'ailleurssemblables
quels , avantages le Public ne retirerait-il pas
de ces collections ?
Après avoir rendu justice à l'étendue des
connoissances de M. Bouillet, & au mérite
de son Ouvrage,nous lui demanderons
la permission d'être d'un avis contraire au
sien sur l'unité de la pratique qu'il voudroit
introduire dans tous les climats de la terre.
Il prévoitdit - il , que la mode&le préjugé
s'y oposeront:mais ce ne fera ni la mode ni
le préjugé, ce fera la raison & l'expérience
Celse l'a dit dans la préface de son livre
de Medicinâ
,
differe pro naturâ locorum
généra medicinoe&aliud opus ejJè J('lnil. aliud
in «y£gypto, aliud in Galliis.
Le traitement doit même être différent
suivant la différence des conditions, parce
que la différente façon de vivre produit
nécessairement des constitutions très peu
semblables.Qui doute qu'il ne faille traiter un
Paysan robustle autrement qu'un Courtifan
extenué par les excès? Au reste nousn'aurions
pas osé combattre Je sentimentde
M. Bouillet, & il auroit été une autorité
pour nous, si nous n'avions eu à lui oposer
le suffrage de Celse qui est un Adversaire
digne delui
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Résumé : LES ELEMENTS de la Medecine pratique &c. par M. Bouillet, correspondant de l'Academie Royale des Sciences &c. A Beziers 1744.
Le texte présente 'Les Éléments de la Médecine pratique' de M. Bouillet, publié en 1744 à Béziers. Bouillet, correspondant de l'Académie Royale des Sciences, s'inspire des principes d'Hippocrate et de Galien. Son ouvrage définit la médecine et ses devoirs, liste les maladies courantes et les règles pour maintenir et restaurer la santé. L'ouvrage est structuré en quatre parties. La première partie est destinée aux jeunes médecins déjà familiers avec l'anatomie et la matière médicale. La deuxième partie aborde l'économie animale et les causes des maladies, en se basant sur les travaux de M. Helvetius et M. Stahl. La troisième partie compare les maladies en Grèce au temps d'Hippocrate avec celles observées à Paris au XVIe siècle, notant leur persistance malgré les variations temporelles et climatiques. La quatrième partie décrit les maladies fréquentes à Béziers entre 1730 et 1742, leurs traitements et les conditions climatiques locales, fournissant ainsi une ressource utile pour les jeunes praticiens. Le texte salue la méthode de Bouillet mais critique les médecins qui privilégient leur enrichissement personnel à l'amélioration de leur pratique. Il conteste également l'idée d'une pratique médicale uniforme, citant Celse qui préconise des traitements adaptés aux régions et aux conditions de vie des patients. Les auteurs concluent que la raison et l'expérience doivent diriger la pratique médicale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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342
p. 136
Dissertation sur une Essence balsamique &c. [titre d'après la table]
Début :
DISSERTATION sur les vertus & l'usage de l'essence balsamique, stomachique [...]
Mots clefs :
Essence balsamique
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texteReconnaissance textuelle : Dissertation sur une Essence balsamique &c. [titre d'après la table]
DISSERTATION fur les vertus &
l'uſage de l'effence balfamique , ftomachique
& anti-vermineufe par M. de Pafturel
Paris in- 12 1745 , chés Mefnier ruë faint
Severin.
l'uſage de l'effence balfamique , ftomachique
& anti-vermineufe par M. de Pafturel
Paris in- 12 1745 , chés Mefnier ruë faint
Severin.
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343
p. 28-32
LA SANTÉ. ODE.
Début :
TEL qu'au retour de Zéphire [...]
Mots clefs :
Santé, Doux, Mortels
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA SANTÉ. ODE.
LA SANTE'
ODE.
El qu'au retour de Zéphire
Sous le bélier gracieux ,
Tout s'embellit , tout refpire
Un calme délicieux :
Telle ô Santé floriffante ,
Amon ame languiffante
Tu rends la férénité.
Mon coeur enyvré de joye
Se ranime & fe déploye
Au fein de la volupté.
Dans mes yeux tu fais éclore
Un feu qu'éteignoient mes pleurs ;
JU.IN. 1745 .. 29
Mon tein fletri fe colore
Du doux vermillon des fleurs.
Dégagé d'un fuc perfide
Mon fang plus pur , moins rapide
Enfle & rougit fes canaux ,
Ainfi la fêve épurée
Gonfle une tige alterée ,
Et fait fleurir ſes rameaux .
Que la fortune m'agite
Dans les fauvages déferts
Ou du Numide , ou du Scythe ,
Je braverai fes revers .
Compagne de mes difgraces ,
Santé vole fur mes traces ,
Daigne avec moi t'exiler ;
Préfide feule à ma vie ;
Mes jours font dignes d'envie
Si ta main doit les filer.
Partout , aimable Déeffe ,
L'enjoûment naît fous tes pas ,
L'embonpoint & la jeuneſſe
Embelliffent tes appas .
La force active & conftante ,
La vivacité riante,
Sans ceffe fuivent ta Cour.
Le fommeil doux & tranquile
Se plaît dans l'heureux azile
B. iij
MERCURE DE FRANCE
Où tufixes ton féjour.
Sous un berceau de verdure
Tu vois de jeunes Amans
De l'innocente Nature
Suivre les doux mouvemens,
La divine Cithérée
De jeux , de ris entourée ,
Vient couronner leurs défirs.
Ailleurs en vain on foupire ;
Ce n'est que fous ton empire
Qu'elle eft mere des plaiſirs.
Tandis que dans leur cabane
Les Vendangeurs ſatisfaits ,
Du tendre époux d'Arianne
Te confacrent les bienfaits.
Tu vois luire fur l'arene
Des Athlétes hors d'haleine ,
Les corps fouples & nerveux ,
Leurs bras meurtris s'entrelaffen .
Ils fe preffent , ils fe laffent ,
Et ces combats font leurs jeux
Ainfi paffant leur jeuneſſe
Les mortels que tu chéris ,
Des glaces de la vieilleffe
Tu défends tes favoris.
Tels qu'aux premiers jours de l'âge ,
JUIN . 1745
3 %
Tu verfes fur leur viſage
Les plus riantes couleurs ,
Et quand leur vigueur fuccombe,
İls arrivent à la tombe
Par une route de fleurs .
Que fous des lambris coupables
Les mortels efféminés
Aiment à charger leurs tables
De poiſons affaifonnés .
Que fur le myrthe & la rofe
Un Sibarite repofe ;
Le luxe abrége leurs ans ;
Je me borne à la Nature ,
Une vie auftére & pure
Me prolonge tes préfens.
Toujours pleine de tendreſſe
Pour l'indigent vertueux ,
Tu fuis loifive molleffe
De l'opulent faftueux .
Le dégoût , l'intemperance ,
Triftes fruits de l'abondance
Te banniffent des cités ;
Le laboureur fous des hêtres
Se nourrit des mêts champêtres
Que tes mains ont aprêtés.
O vous , qui bravant fur l'onde
Les périls & les travaux ,
Biiij
32 MERCURE DE FRANCE
Allez dans un nouveau monde
Chercher des befoins nouveaux
Laiffez ces tréfors arides ,
Qui de nos defirs avides
N'éteignent point les ardeurs ,
Mais du plus lointain rivage
Apportez ceux dont l'uſage
Peut foulager nos douleurs.
A travers l'humide plaine
La fanté vole avec eux ;
Paifibles freres d'Heléne ,
Guidez leurs vaiffeaux heureux.
Que les vents leur obéiffent ;
Que les vagues s'applaniffent
Sous ce fardeau précieux !
Il eft après la fageffe ,
Notre plus douce richeffe
Et le plus beaux don des Cieux.
ODE.
El qu'au retour de Zéphire
Sous le bélier gracieux ,
Tout s'embellit , tout refpire
Un calme délicieux :
Telle ô Santé floriffante ,
Amon ame languiffante
Tu rends la férénité.
Mon coeur enyvré de joye
Se ranime & fe déploye
Au fein de la volupté.
Dans mes yeux tu fais éclore
Un feu qu'éteignoient mes pleurs ;
JU.IN. 1745 .. 29
Mon tein fletri fe colore
Du doux vermillon des fleurs.
Dégagé d'un fuc perfide
Mon fang plus pur , moins rapide
Enfle & rougit fes canaux ,
Ainfi la fêve épurée
Gonfle une tige alterée ,
Et fait fleurir ſes rameaux .
Que la fortune m'agite
Dans les fauvages déferts
Ou du Numide , ou du Scythe ,
Je braverai fes revers .
Compagne de mes difgraces ,
Santé vole fur mes traces ,
Daigne avec moi t'exiler ;
Préfide feule à ma vie ;
Mes jours font dignes d'envie
Si ta main doit les filer.
Partout , aimable Déeffe ,
L'enjoûment naît fous tes pas ,
L'embonpoint & la jeuneſſe
Embelliffent tes appas .
La force active & conftante ,
La vivacité riante,
Sans ceffe fuivent ta Cour.
Le fommeil doux & tranquile
Se plaît dans l'heureux azile
B. iij
MERCURE DE FRANCE
Où tufixes ton féjour.
Sous un berceau de verdure
Tu vois de jeunes Amans
De l'innocente Nature
Suivre les doux mouvemens,
La divine Cithérée
De jeux , de ris entourée ,
Vient couronner leurs défirs.
Ailleurs en vain on foupire ;
Ce n'est que fous ton empire
Qu'elle eft mere des plaiſirs.
Tandis que dans leur cabane
Les Vendangeurs ſatisfaits ,
Du tendre époux d'Arianne
Te confacrent les bienfaits.
Tu vois luire fur l'arene
Des Athlétes hors d'haleine ,
Les corps fouples & nerveux ,
Leurs bras meurtris s'entrelaffen .
Ils fe preffent , ils fe laffent ,
Et ces combats font leurs jeux
Ainfi paffant leur jeuneſſe
Les mortels que tu chéris ,
Des glaces de la vieilleffe
Tu défends tes favoris.
Tels qu'aux premiers jours de l'âge ,
JUIN . 1745
3 %
Tu verfes fur leur viſage
Les plus riantes couleurs ,
Et quand leur vigueur fuccombe,
İls arrivent à la tombe
Par une route de fleurs .
Que fous des lambris coupables
Les mortels efféminés
Aiment à charger leurs tables
De poiſons affaifonnés .
Que fur le myrthe & la rofe
Un Sibarite repofe ;
Le luxe abrége leurs ans ;
Je me borne à la Nature ,
Une vie auftére & pure
Me prolonge tes préfens.
Toujours pleine de tendreſſe
Pour l'indigent vertueux ,
Tu fuis loifive molleffe
De l'opulent faftueux .
Le dégoût , l'intemperance ,
Triftes fruits de l'abondance
Te banniffent des cités ;
Le laboureur fous des hêtres
Se nourrit des mêts champêtres
Que tes mains ont aprêtés.
O vous , qui bravant fur l'onde
Les périls & les travaux ,
Biiij
32 MERCURE DE FRANCE
Allez dans un nouveau monde
Chercher des befoins nouveaux
Laiffez ces tréfors arides ,
Qui de nos defirs avides
N'éteignent point les ardeurs ,
Mais du plus lointain rivage
Apportez ceux dont l'uſage
Peut foulager nos douleurs.
A travers l'humide plaine
La fanté vole avec eux ;
Paifibles freres d'Heléne ,
Guidez leurs vaiffeaux heureux.
Que les vents leur obéiffent ;
Que les vagues s'applaniffent
Sous ce fardeau précieux !
Il eft après la fageffe ,
Notre plus douce richeffe
Et le plus beaux don des Cieux.
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Résumé : LA SANTÉ. ODE.
Le poème 'La Santé' célèbre les bienfaits de la santé sur le corps et l'esprit. La santé est comparée à Zéphire, apportant beauté et sérénité. Elle redonne vigueur au cœur, éclaircit les yeux et colore le teint. Elle purifie le sang et revitalise le corps comme une plante arrosée. Le poète souhaite conserver la santé même dans les épreuves et la voit comme une déesse apportant joie, jeunesse et force. La santé protège contre la vieillesse et permet de jouir pleinement de la vie. Le poète critique les excès et le luxe, préférant une vie simple et naturelle. Il admire les marins qui cherchent des remèdes pour soulager les douleurs humaines. La santé est considérée comme la plus grande richesse après la sagesse.
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345
p. 25-29
EPITRE à M. de Villars Docteur en Médecine, de l'Académie Royale des Belles Lettres de La Rochelle.
Début :
Cher amis [sic] dont l'humeur cynique [...]
Mots clefs :
Âme, Sagesse, Simplicité, Philosophe éclairé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE à M. de Villars Docteur en Médecine, de l'Académie Royale des Belles Lettres de La Rochelle.
EPITRE à M. de Villars Docteur en
Médecine , de l'Académie Royale des Belles
Lettres de la Rochelle,
CHer amis dont l'humeur cynique
Fronde le luxe de nos jours ;
26. MERCURE DE FRANCE.
Mortel fimple , modeste , unique ,
Qui fuis le faux éclat des fuperbes atours :
Toi qu'on ne vit jamais , d'une ardeur infenfée
Sacrifier la raiſon offenſée
Au caprice toujours nouveau
De la folie & de la mode ;
Qui couvert d'un large chapeau
Et d'un habit ample & commode ,
Teris du fot orgueil qui nous domine tous ?
Villars , j'admire ta Sageffe ,
Quand nous fommes defi grands foux.
Ta maniere de vivre eft la feule richeffe
Dont l'homme vertueux devroit être jaloux :
Mais qu'il en coûte , hélas ! pour fecouer l'uſage
Il exerce en tyran l'empire de nos coeurs .
Arifte , comme toi , feroit peut-être (age ,
S'il n'écoutoit de frivoles terreurs ;
Efclave de l'erreur profonde
Qui l'affervit au joug d'une ufage importun ,
On le railleroit dans le monde ,
Et voilà ce qu'il craint : cet abus eft commun.
C'est lui qui de Cliton tient l'ame enfevelie
Dans de honteux travers qu'il détefte en ſecret ;
Il a d'un efprit fort affiché la manie
Et quoiqu'il en ait du regret
Il n'ofe dévoiler ce qu'il penfe. En effet
Que diroit-on de lui s'il changecit de langage ?
Ainfi nous nous plaifons dans notre aveuglement ,
NOVEMBRE. 1745. 27
Et pour nous arracher aux fers de l'esclavage ,
L'aimable verité ne luit que foiblement ;
Ainfi de nos erreurs efclaves volontaires ,
La raifon ne nous fert de rien :
Elle a beau vouloir notre bien ,
Nous écartons fouvent fes avis falutaires ..
Mais pourquoi prens-je un ton moral !
Ce ton-là convient- il à ma badine Muſe ?
Villars , viens lui fervir d'excuſe ;
Le badinage fieroit mal ,
En traitant des vertus dont ton ame s'amufe.
Exemt des préjugés qui nous offufquent tous ,
Tu t'embaraffes peu de l'injuſte courroux
De ces fades humains qui n'ont d'autre mérite
Que d'étaler aux yeux un vain ajustement ;"
Ton exemple eft pour eux un reproche ſanglant į
Et c'eft-là ce qui les irrite ;
L'afpect du vertueux fait rougir le méchant.
Tu formes un parfait contrafte
Avec ces odieux mortels
Qui s'occupent fans ceffe à dreffer des Autels
Aux vices qu'entraine le faſte ;
1
Tu n'en éleves , toi , qu'à la fimplicité ;
Compagne des vertus & de la probité ,
Elle poffede , ami , ton ame toute entiere ,
Et ton coeur pour écueil n'a point la vanité.
Bij
28 MERCURE DE FRANCE,
Philofophe éclairé ; tu cours dans la carriere
Où la plus brillante lumiere
Découvre à tes regards des merveilles fans fin
Quand les trefors de la Nature
T'offrent uu fi riche butin ,
Tu fçais en faire part à la race future ;
Quel plus agréable Deftin !
Du fçavant Reaumur le difciple & l'éleve ,
Tu ne donnes ni paix ni treve
A la fagacité de ton oeil curieux .
T'entretiendtai-je auffi de tes autres richeffes ?
Car feulement ambitieux
De réunir Auteurs de toutes les efpeces ,
"
Ton Cabinet eft un trefor ,
Quoique tout n'y foit pas de l'or ,
Mais dans le plus mauvais ouvrage
Tu fçais qu'il est toujours quelque chofe de bon :
Une reflexion fi fage
;
Te porte à rechercher juſqu'au mince Pradon .
Il n'eft point de bouquin qui ne puiffe prétendre
A l'honneur d'augmenter ta compilation ;
Auteurs Grecs & Romains , vous qu'on a mis en
cendre ,
Renaiffez pour finir cette collection.
Si le docte Villars défire l'opulence ,
Ce n'eft point pour dormir dans une molle ai
fance
NOVEMBRE 1745 . 29
Encor moins pour briller par de faftueux biens
Aux yeux des concitoyens ,
Mais pour faire amas de fcience ,
Et contenter fon goût univerfel .
Puiffedu Ciel l'équitable puiſſance
Combler toujours les voeux de ce digne mortel.
Par M... de la Rochelle.
Médecine , de l'Académie Royale des Belles
Lettres de la Rochelle,
CHer amis dont l'humeur cynique
Fronde le luxe de nos jours ;
26. MERCURE DE FRANCE.
Mortel fimple , modeste , unique ,
Qui fuis le faux éclat des fuperbes atours :
Toi qu'on ne vit jamais , d'une ardeur infenfée
Sacrifier la raiſon offenſée
Au caprice toujours nouveau
De la folie & de la mode ;
Qui couvert d'un large chapeau
Et d'un habit ample & commode ,
Teris du fot orgueil qui nous domine tous ?
Villars , j'admire ta Sageffe ,
Quand nous fommes defi grands foux.
Ta maniere de vivre eft la feule richeffe
Dont l'homme vertueux devroit être jaloux :
Mais qu'il en coûte , hélas ! pour fecouer l'uſage
Il exerce en tyran l'empire de nos coeurs .
Arifte , comme toi , feroit peut-être (age ,
S'il n'écoutoit de frivoles terreurs ;
Efclave de l'erreur profonde
Qui l'affervit au joug d'une ufage importun ,
On le railleroit dans le monde ,
Et voilà ce qu'il craint : cet abus eft commun.
C'est lui qui de Cliton tient l'ame enfevelie
Dans de honteux travers qu'il détefte en ſecret ;
Il a d'un efprit fort affiché la manie
Et quoiqu'il en ait du regret
Il n'ofe dévoiler ce qu'il penfe. En effet
Que diroit-on de lui s'il changecit de langage ?
Ainfi nous nous plaifons dans notre aveuglement ,
NOVEMBRE. 1745. 27
Et pour nous arracher aux fers de l'esclavage ,
L'aimable verité ne luit que foiblement ;
Ainfi de nos erreurs efclaves volontaires ,
La raifon ne nous fert de rien :
Elle a beau vouloir notre bien ,
Nous écartons fouvent fes avis falutaires ..
Mais pourquoi prens-je un ton moral !
Ce ton-là convient- il à ma badine Muſe ?
Villars , viens lui fervir d'excuſe ;
Le badinage fieroit mal ,
En traitant des vertus dont ton ame s'amufe.
Exemt des préjugés qui nous offufquent tous ,
Tu t'embaraffes peu de l'injuſte courroux
De ces fades humains qui n'ont d'autre mérite
Que d'étaler aux yeux un vain ajustement ;"
Ton exemple eft pour eux un reproche ſanglant į
Et c'eft-là ce qui les irrite ;
L'afpect du vertueux fait rougir le méchant.
Tu formes un parfait contrafte
Avec ces odieux mortels
Qui s'occupent fans ceffe à dreffer des Autels
Aux vices qu'entraine le faſte ;
1
Tu n'en éleves , toi , qu'à la fimplicité ;
Compagne des vertus & de la probité ,
Elle poffede , ami , ton ame toute entiere ,
Et ton coeur pour écueil n'a point la vanité.
Bij
28 MERCURE DE FRANCE,
Philofophe éclairé ; tu cours dans la carriere
Où la plus brillante lumiere
Découvre à tes regards des merveilles fans fin
Quand les trefors de la Nature
T'offrent uu fi riche butin ,
Tu fçais en faire part à la race future ;
Quel plus agréable Deftin !
Du fçavant Reaumur le difciple & l'éleve ,
Tu ne donnes ni paix ni treve
A la fagacité de ton oeil curieux .
T'entretiendtai-je auffi de tes autres richeffes ?
Car feulement ambitieux
De réunir Auteurs de toutes les efpeces ,
"
Ton Cabinet eft un trefor ,
Quoique tout n'y foit pas de l'or ,
Mais dans le plus mauvais ouvrage
Tu fçais qu'il est toujours quelque chofe de bon :
Une reflexion fi fage
;
Te porte à rechercher juſqu'au mince Pradon .
Il n'eft point de bouquin qui ne puiffe prétendre
A l'honneur d'augmenter ta compilation ;
Auteurs Grecs & Romains , vous qu'on a mis en
cendre ,
Renaiffez pour finir cette collection.
Si le docte Villars défire l'opulence ,
Ce n'eft point pour dormir dans une molle ai
fance
NOVEMBRE 1745 . 29
Encor moins pour briller par de faftueux biens
Aux yeux des concitoyens ,
Mais pour faire amas de fcience ,
Et contenter fon goût univerfel .
Puiffedu Ciel l'équitable puiſſance
Combler toujours les voeux de ce digne mortel.
Par M... de la Rochelle.
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Résumé : EPITRE à M. de Villars Docteur en Médecine, de l'Académie Royale des Belles Lettres de La Rochelle.
L'épître est destinée à M. de Villars, docteur en médecine et membre de l'Académie Royale des Belles Lettres de La Rochelle. L'auteur loue la sagesse et la modestie de Villars, qui rejette le luxe et les apparences superficielles. Villars est dépeint comme un homme vertueux, sans préjugés, appréciant la simplicité et la probité. Contrairement à ceux qui suivent la mode et les faux éclats, Villars incarne des valeurs authentiques. L'auteur reconnaît la difficulté de suivre son exemple, car la raison est souvent négligée au profit des conventions sociales. Villars est également décrit comme un philosophe éclairé, disciple de Réaumur, passionné par la connaissance et la compilation d'ouvrages. Son objectif est d'enrichir la science plutôt que d'accumuler des richesses matérielles. L'auteur exprime l'espoir que les vœux de Villars soient réalisés par une puissance équitable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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346
p. 84-86
EPITRE de M. de la Soriniere à son Médecin.
Début :
Fils d'Hyppocrate & de Chiron[,] [...]
Mots clefs :
Vers, Vieux, Esprit, Guérir
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE de M. de la Soriniere à son Médecin.
EPITRE de M. de la Soriniere à fon
Médecin.
F Ins d'Hyppocrate & de Chikose
Que redoute le vieux Caron ,
Fléau de la fatale barque ,
De Néméfis & de la Parque ,
Souffrez , ( ampliſſime Doctor )
Qu'au fond de fa fombre retraite
Un Reclus , un Anachorette
A fa verve donne l'effor ,
Pourvous fabrique r une Epitre.
Déja ma main fur mon pupitre
Griffonne , efface , ôte , remet ;
Etcepeu que j'ai mis au net
Eft le produit d'un long chapitre.
Mes vers paffés à l'alambic ,
Tout tombe en caput mortuum :
Mais hélas ! chacun a fon ticq
Qui nous conduit ad tumulum,
NOVEMBRE 1745. 85
Que mes vers efflanqués, fans force ,
Avec l'efprit faffent divorce ,
Ou plutôt avec la raiſon ;
Je fens en moi certaine amorce
Qui m'affaiſonne le poifon.
Plus je fais mal , plusje m'efforce ;
Et malgré mainte & mainte entorse
Je crois marcher à l'uniffon ,
Tant mon mal devient incurable.
Ah ! s'il eft parmi les humains
Un afcendant inévitable ;
C'eft furtout chés les Ecrivains
Que ce démon eft indomptable.
Vous qui trouvez en maint écrit
Le remede à cent maladies ,
Par quelques recettes choifies
Ne pourriez-vous guérir l'efprit ?
Je vous promets fans flaterie
Que Plutus avec tout fon or
Defcendroit dans votre tréfor
Pour prix d'une telle induftrie :
Mais fi vous trouvez ce grand Art ,
Commencez par moi , je vous prie.
Plût -à Dieu , que le vieux Ronfard
Eut pû guérir de ſa manie !
Nous n'aurions pas les mauvais vers
Ni les pitoyables travers
Dù s'abandonna ſon génie .
3
16 MERCURE DE FRANCE
Mais tous fecrets font fuperflus ,
Et je crains que mon Uranie
Qui me fait rimer tant & plus ,
N'ait auffi le cerveau perclus .
Mufes pourroient bien être folles :
Eh ! que fçait - on ? Dans leurs écoles
On voit tant de tymbres fêlés !
Et Phébus avec la neuvaine
Parmi tant de cris redoublés ,
Doit au moins avoir la migraine.
A la Soriniere en Anjou.
Médecin.
F Ins d'Hyppocrate & de Chikose
Que redoute le vieux Caron ,
Fléau de la fatale barque ,
De Néméfis & de la Parque ,
Souffrez , ( ampliſſime Doctor )
Qu'au fond de fa fombre retraite
Un Reclus , un Anachorette
A fa verve donne l'effor ,
Pourvous fabrique r une Epitre.
Déja ma main fur mon pupitre
Griffonne , efface , ôte , remet ;
Etcepeu que j'ai mis au net
Eft le produit d'un long chapitre.
Mes vers paffés à l'alambic ,
Tout tombe en caput mortuum :
Mais hélas ! chacun a fon ticq
Qui nous conduit ad tumulum,
NOVEMBRE 1745. 85
Que mes vers efflanqués, fans force ,
Avec l'efprit faffent divorce ,
Ou plutôt avec la raiſon ;
Je fens en moi certaine amorce
Qui m'affaiſonne le poifon.
Plus je fais mal , plusje m'efforce ;
Et malgré mainte & mainte entorse
Je crois marcher à l'uniffon ,
Tant mon mal devient incurable.
Ah ! s'il eft parmi les humains
Un afcendant inévitable ;
C'eft furtout chés les Ecrivains
Que ce démon eft indomptable.
Vous qui trouvez en maint écrit
Le remede à cent maladies ,
Par quelques recettes choifies
Ne pourriez-vous guérir l'efprit ?
Je vous promets fans flaterie
Que Plutus avec tout fon or
Defcendroit dans votre tréfor
Pour prix d'une telle induftrie :
Mais fi vous trouvez ce grand Art ,
Commencez par moi , je vous prie.
Plût -à Dieu , que le vieux Ronfard
Eut pû guérir de ſa manie !
Nous n'aurions pas les mauvais vers
Ni les pitoyables travers
Dù s'abandonna ſon génie .
3
16 MERCURE DE FRANCE
Mais tous fecrets font fuperflus ,
Et je crains que mon Uranie
Qui me fait rimer tant & plus ,
N'ait auffi le cerveau perclus .
Mufes pourroient bien être folles :
Eh ! que fçait - on ? Dans leurs écoles
On voit tant de tymbres fêlés !
Et Phébus avec la neuvaine
Parmi tant de cris redoublés ,
Doit au moins avoir la migraine.
A la Soriniere en Anjou.
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Résumé : EPITRE de M. de la Soriniere à son Médecin.
L'épître est une lettre poétique adressée à un médecin par M. de la Sorinière. L'auteur y exprime ses difficultés à écrire des vers satisfaisants, qualifiant cette tâche d'ardue et infructueuse. Il reconnaît la faiblesse et le manque de force de ses vers, ainsi que ses limites littéraires. Il compare son état à une maladie incurable, un 'démon indomptable' fréquent chez les écrivains. Il demande au médecin de l'aider à trouver un remède à cette affliction spirituelle, promettant une récompense généreuse. L'auteur mentionne également le cas de Ronfard, un poète souffrant de manie, et exprime ses doutes sur la capacité des Muses et de Phébus à inspirer des œuvres de qualité, suggérant que même les figures mythologiques peuvent être imparfaites. L'épître se conclut par une réflexion sur l'état de l'inspiration poétique et les défis rencontrés par les écrivains.
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347
p. 82-83
A. M. le Marquis de Gontaut Colonel du Régiment de Biron & Brigadier des armées du Roi, sur son retour des Eaux de Barrege.
Début :
IL revit ce Marquis, l'objet de nos douleurs, [...]
Mots clefs :
Marquis, Lauriers, Santé, Eaux de Barrège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A. M. le Marquis de Gontaut Colonel du Régiment de Biron & Brigadier des armées du Roi, sur son retour des Eaux de Barrege.
A M. le Marquis de Gontaut Colonel du
Régiment de Biron & Brigadier des
armées du Roi , fur fon retour des Eaux
de Barrege.
IL revit ce Marquis , l'objet de nos douleurs ,
Pour illuftrer encor fa belle deftinée .
Mufes , dont les doux fons raviffent tous les coeurs
Célebrez avec nous cette heureuſe journée.
why
O toi qui fur le Mein toujours ferme en ton rang ,
Bravant tous les périls, n'écoutant que la gloire ,
Te couvris de lauriers teints de ton propre fang ,
Tes maux font à la fin fortis de ta mémoire .
Le fçavant Taranger t'a rendu la fanté ;
Tes jours font un préfent de fon Art falutaire ,
par lui de nouveau ton bras fi néceffaire
Va t'ouvrir un chemin à l'Immortalité .
Et
Echapé comme toi de la fureur des parques
Ton rince s'applaudit de te revoir encor ;
La mort a respecté le plus grand des Monarques ;
Fuiffes-tu comme lui vivre autant que Neftor !
* Chirurgien en Chef des Hepitaux de Tournay.
DECEMBRE 1745. 83
Gontaut , toi qui forti d'une illuftre origine ,
Fais revivre à nos yeux tant de fameux guerriers ,
Digne fils des Birons , la France te deftine
Et les mêmes emplois & les mêmes lauriers.
Le Chevalier de C ....
Régiment de Biron & Brigadier des
armées du Roi , fur fon retour des Eaux
de Barrege.
IL revit ce Marquis , l'objet de nos douleurs ,
Pour illuftrer encor fa belle deftinée .
Mufes , dont les doux fons raviffent tous les coeurs
Célebrez avec nous cette heureuſe journée.
why
O toi qui fur le Mein toujours ferme en ton rang ,
Bravant tous les périls, n'écoutant que la gloire ,
Te couvris de lauriers teints de ton propre fang ,
Tes maux font à la fin fortis de ta mémoire .
Le fçavant Taranger t'a rendu la fanté ;
Tes jours font un préfent de fon Art falutaire ,
par lui de nouveau ton bras fi néceffaire
Va t'ouvrir un chemin à l'Immortalité .
Et
Echapé comme toi de la fureur des parques
Ton rince s'applaudit de te revoir encor ;
La mort a respecté le plus grand des Monarques ;
Fuiffes-tu comme lui vivre autant que Neftor !
* Chirurgien en Chef des Hepitaux de Tournay.
DECEMBRE 1745. 83
Gontaut , toi qui forti d'une illuftre origine ,
Fais revivre à nos yeux tant de fameux guerriers ,
Digne fils des Birons , la France te deftine
Et les mêmes emplois & les mêmes lauriers.
Le Chevalier de C ....
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Résumé : A. M. le Marquis de Gontaut Colonel du Régiment de Biron & Brigadier des armées du Roi, sur son retour des Eaux de Barrege.
Le texte est une ode dédiée au Marquis de Gontaut, colonel du Régiment de Biron et brigadier des armées du roi, célébrant son retour des Eaux de Barège. Le poème vante son courage et ses qualités militaires, soulignant qu'il a affronté tous les dangers pour la gloire et s'est distingué par ses exploits. Les Muses sont conviées à célébrer ce jour heureux où le marquis retrouve la santé grâce aux soins du chirurgien Taranger, chef des hôpitaux de Tournay. Le texte compare le marquis à un grand monarque ayant échappé à la mort, exprimant le vœu qu'il vive aussi longtemps que Nestor. Le poème met également en lumière l'illustre lignée de Gontaut et sa dignité en tant que fils des Birons, prédisant que la France lui réserve les mêmes honneurs et distinctions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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348
p. 5-6
LETTRE DE M. D. G.
Début :
Faire cesser la douleur qui vous mine [...]
Mots clefs :
Vers, Santé, Écrire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE M. D. G.
LETTRE de M. D. G.
FAire ceffer la douleur qui vous mine
Aifé feroit à Meffer Apollon.
Carbien fçavez que docte en Médecine
Autant eft-il qu'expert en Violon ,
Mais ne croyez qu'il s'empreffe à le faire.
Si l'ignorez , tout le noeud de l'affaire
Vous débrouiller puis- je de point en point ,
Trop m'êtes cher pour vouloir vous rien taire.
Oyez ; le Dieu ne me dédira point .
Lorsque vous plaît , fans fueur & fans peine
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Vers excellens coulent de votre veine ,
Mais ne vous plaît jamais , fors quand le mal
Au lit vous tient . Lors , certes , c'eft merveille
Comme imez ; copie , original
Egalement enchantent notre oreille ;
Mais une fois lå fanté de retour ,
Adieu Phoebus , ferviteur à la Lyre :
Le coeur , l'efprit , le corps , tout ne refpire
Que le plaifir , la pareffe , & l'amour .
Vous voilà pris . Trifte eft la conjoncture ,
Car n'espérez qu'il penfe à votre cure ,
Tant que de vous Vers exquis & nouveaux
Croira tirer ; de femblables morceaux .
Sçavez qu'il eft friand outre meſure ,
Partant ne fçais pour foulager vos maux
Remede aucun , fors que fuiviez , beau fire ,
Le mien confeil dont bien vous adviendra .
Changer vous faut votre façon d'écrire ,
Prendre la mienne , & bien puis vous prédire
Que la fanté foudain vous reviendra .
FAire ceffer la douleur qui vous mine
Aifé feroit à Meffer Apollon.
Carbien fçavez que docte en Médecine
Autant eft-il qu'expert en Violon ,
Mais ne croyez qu'il s'empreffe à le faire.
Si l'ignorez , tout le noeud de l'affaire
Vous débrouiller puis- je de point en point ,
Trop m'êtes cher pour vouloir vous rien taire.
Oyez ; le Dieu ne me dédira point .
Lorsque vous plaît , fans fueur & fans peine
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Vers excellens coulent de votre veine ,
Mais ne vous plaît jamais , fors quand le mal
Au lit vous tient . Lors , certes , c'eft merveille
Comme imez ; copie , original
Egalement enchantent notre oreille ;
Mais une fois lå fanté de retour ,
Adieu Phoebus , ferviteur à la Lyre :
Le coeur , l'efprit , le corps , tout ne refpire
Que le plaifir , la pareffe , & l'amour .
Vous voilà pris . Trifte eft la conjoncture ,
Car n'espérez qu'il penfe à votre cure ,
Tant que de vous Vers exquis & nouveaux
Croira tirer ; de femblables morceaux .
Sçavez qu'il eft friand outre meſure ,
Partant ne fçais pour foulager vos maux
Remede aucun , fors que fuiviez , beau fire ,
Le mien confeil dont bien vous adviendra .
Changer vous faut votre façon d'écrire ,
Prendre la mienne , & bien puis vous prédire
Que la fanté foudain vous reviendra .
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Résumé : LETTRE DE M. D. G.
Dans une lettre, M. D. G. s'adresse à un destinataire souffrant, comparant sa douleur à celle d'Apollon. L'auteur se présente comme compétent en médecine et en musique, mais reconnaît qu'Apollon ne peut soulager la douleur du destinataire. Il observe que les meilleurs vers du destinataire sont écrits lorsqu'il est alité, tandis qu'en bonne santé, il se consacre au plaisir, à la paresse et à l'amour. La guérison dépendra de la production de nouveaux vers exceptionnels, car Apollon interviendra seulement à cette condition. L'auteur suggère donc de modifier le style d'écriture pour retrouver la santé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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349
p. 59-64
EPITRE Sur ma maladie à M**.
Début :
TU veux donc, cher ami, qu'encor foible & tremblante, [...]
Mots clefs :
Ami, Nature, Santé, Dieux, Horreur, Plaisir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE Sur ma maladie à M**.
EPITRE
Sur ma maladie à M * *.
U veux donc , cher ami , qu'encor foible
TU
tremblante ,
Mamain te trace fortement
Le tableau douloureux ou l'eſquifle ſanglante
Des maux que j'ai foufferts aux bords du monus
*
ment?
Qu'exiges tu de moi ! pourquoi dans les ténébres
Après cinq mois cruels plonger encor mon coeur
Pourpeindrede monmal &la force & l'horreur
Cvj
60 MERCURE DE FRANCE.
Je n'ai plus ces couleurs , ni ces pinceaux funébres
Quiſeuls lugubrement expriment la douleur.
Toutefois j'obéis ; je retourne ſanspeine
Sur ces momens affreux dont je frémis encor :
Que ne peut l'amitié ! quandle coeur nous entraine
L'eſprit ſe renouvelle & fait tout fans effort.
Desbiens les plus chéris que le Ciel nous diſpenſe ,
Iln'en eſt point , ami , d'égaux à la ſanté :
Sans elle nous n'avons qu'une triſte exiftence :
Sans elle , Créſus même auſein de l'opulence
Du plus doux ſentiment ne ſeroit point flaté.
Dégoûté dès vingt ans d'un plaiſir raiſonnable ,
Je prodiguai cebien , ſi cher , ſi délectable ;
Victime de l'erreur, je me ſuis détrompé;
Ce bien que je croyois immenfe , inaltérable ,
Comme un éclair s'eſt diſſipé.
Commeun Loup devorant , la fiévre impitoyable
M'enchaînant dans mon lit , m'accabla de ſes fers
Ce brûlant tourbillon , furieux , imdomptable,
Ouvrit bien- tôt la porte à mille maux divers.
Lesdouleurs, le dégoût,les langueurs , l'infomnie
;
AVRIL 1746. 61
M'aſſiégeant à la fois , m'avoient anéanti :
Mon eſprit s'affaiſſa : le feu de mon génie
Soudain fut amorti,
Dans les ſombreshorreurs qu'offre la nuit obfcure,
Mes eſprits animaux , coulans à l'aventure
Tracerent à mes yeux de bizarres portraits :
Tout ſe défigura : tout ne fut qu'impoſture ,
Et l'aimable Nature
▲mes ſens égarésn'eut plus que de fauxtraits,
**
Ne pouvant plus fermer ma débile paupiere ,
J'aſpirois à revoir le célefte flambeau
Quelquefois , fatigué de ſa vive lumiere ,
Et fuyant la Nature entiere ,
Qui nem'étoit plus qu'un fardeau ,
Je demandois aux Dieux de finir ma carriere ,
Et de me plonger au tombeau .
Maraiſon égarée enfanta ce ſyſteme ,
Et me fit un blafphémateur ;
Jenevoyois plus rien: je m'ignorois moi-même,
Et n'avois plus en moi qu'un germe deftructeur :
Raiſon , ſouffle divin , don du Ciel , mais fragile ,
Pourquoi te troubles-tu ? quel reffort , quel moteur ,
Te fait agir au gré de la mortelle argile
Dont nous forma le Créateur 2..
音樂
62 MERCURE DE FRANCE.
Dans cefuneſte état , martyr des aphoriſimes ,
J'eſſuyai les eſſais de prétendus Docteurs :
Aleurtondécif, à leurs brillans ſophiſmes ,
Je' ne vis que des impofteurs.
Oppoſés l'un à l'autre , une guerre éternelle
Régne parmi ces Charlatans :
L'un dit oui , l'autre non , & la race mortelle ,
Sert de champ de bataille à tous ces combattans.
Malgré cet amer témoignage ,
Ne crois pas que leur Art , pratiqué par un ſage ,
Ne foit reſpectable à mes yeux :
Un rival d'Hyppocrate eſt un préſent des Cieux
Arracher un mortel à la Parque ennemie,
C'eſt être créateur d'une ſeconde vie;
C'eſt reſſembler aux Dieux.
!
Mais , hélas ! qu'il eft peu de ces Dieux ſalutaires
Dont la Nature entend la voix !
Le reſte n'est qu'un tas d'aſſaſſins mercenaires
Que d'antiques abus garantiffent des Loix.
Succombant à la fin fous mes peines nombreuſes
Je te diſois adieu pour la derniere fois :
Je croyois déja voir ces routes ténébreuſes
Où les ſimples Berge vont à côté des Rois.
AVRIL 1746.. 63
Tranquile par foibleſſe ,&cédant ſans murmure,
Je m'abandonnai donc aux ſoins de la Nature :
Habile par inſtinct , & marchant pas-à-pas ,
Victorieuſe du trépas ,
Elle ſçût rappeller mon ame fugitive ;
Elle vint me chercher ſur l'infernale rive,
Et me tendit les bras.
Le repos & la patience ,
Soutenus d'un régime auſſi ſimple que fain,
Furent les artiſans de ma convalefcence ;
Et bravant des Docteurs la ſçavante ignorance;
L'horreur des Médecins fut mon ſeul Médecin,
Enfin je te revois ; ton éclipſe eft finie.
O! monpremier tréſor , ſanté trop peu cherie,
Ame de nos plaiſirs , volupté de nos coeurs ,
Fabuſerai plutôt tout d'un coup de la vie,
Que d'abuſer de tes faveurs.
Ne crois pas cependant que ma Philofophie
Me faffe renoncer à la ſociété :
Je n'ai point les vapeurs d'une miſantropie
Qui conduit à l'austérité :
Fadore encor Eglé , j'eſtime encor Sylvie :
J'aime à table un ami s'égayant dans le vin ;
Mais , je hais les plaiſirs que goûte un libertin ,
Dès que le ſentiment ſe tourne en frénefie,
A
掣
A
64 MERCURE DE FRANCE,
Tendre & fidéle ami , ſi la vivacité
T'égaroit quelquefois loin de la tempérance ,
Que ce récit t'apprenne à cherir la ſanté ;
Que mes réflexions t'inſpirent la prudence
D'écarter la licence ,
Qui naît du fol excès d'un plaiſir emporté.
AAngers le 16 Mars 1746.
Sur ma maladie à M * *.
U veux donc , cher ami , qu'encor foible
TU
tremblante ,
Mamain te trace fortement
Le tableau douloureux ou l'eſquifle ſanglante
Des maux que j'ai foufferts aux bords du monus
*
ment?
Qu'exiges tu de moi ! pourquoi dans les ténébres
Après cinq mois cruels plonger encor mon coeur
Pourpeindrede monmal &la force & l'horreur
Cvj
60 MERCURE DE FRANCE.
Je n'ai plus ces couleurs , ni ces pinceaux funébres
Quiſeuls lugubrement expriment la douleur.
Toutefois j'obéis ; je retourne ſanspeine
Sur ces momens affreux dont je frémis encor :
Que ne peut l'amitié ! quandle coeur nous entraine
L'eſprit ſe renouvelle & fait tout fans effort.
Desbiens les plus chéris que le Ciel nous diſpenſe ,
Iln'en eſt point , ami , d'égaux à la ſanté :
Sans elle nous n'avons qu'une triſte exiftence :
Sans elle , Créſus même auſein de l'opulence
Du plus doux ſentiment ne ſeroit point flaté.
Dégoûté dès vingt ans d'un plaiſir raiſonnable ,
Je prodiguai cebien , ſi cher , ſi délectable ;
Victime de l'erreur, je me ſuis détrompé;
Ce bien que je croyois immenfe , inaltérable ,
Comme un éclair s'eſt diſſipé.
Commeun Loup devorant , la fiévre impitoyable
M'enchaînant dans mon lit , m'accabla de ſes fers
Ce brûlant tourbillon , furieux , imdomptable,
Ouvrit bien- tôt la porte à mille maux divers.
Lesdouleurs, le dégoût,les langueurs , l'infomnie
;
AVRIL 1746. 61
M'aſſiégeant à la fois , m'avoient anéanti :
Mon eſprit s'affaiſſa : le feu de mon génie
Soudain fut amorti,
Dans les ſombreshorreurs qu'offre la nuit obfcure,
Mes eſprits animaux , coulans à l'aventure
Tracerent à mes yeux de bizarres portraits :
Tout ſe défigura : tout ne fut qu'impoſture ,
Et l'aimable Nature
▲mes ſens égarésn'eut plus que de fauxtraits,
**
Ne pouvant plus fermer ma débile paupiere ,
J'aſpirois à revoir le célefte flambeau
Quelquefois , fatigué de ſa vive lumiere ,
Et fuyant la Nature entiere ,
Qui nem'étoit plus qu'un fardeau ,
Je demandois aux Dieux de finir ma carriere ,
Et de me plonger au tombeau .
Maraiſon égarée enfanta ce ſyſteme ,
Et me fit un blafphémateur ;
Jenevoyois plus rien: je m'ignorois moi-même,
Et n'avois plus en moi qu'un germe deftructeur :
Raiſon , ſouffle divin , don du Ciel , mais fragile ,
Pourquoi te troubles-tu ? quel reffort , quel moteur ,
Te fait agir au gré de la mortelle argile
Dont nous forma le Créateur 2..
音樂
62 MERCURE DE FRANCE.
Dans cefuneſte état , martyr des aphoriſimes ,
J'eſſuyai les eſſais de prétendus Docteurs :
Aleurtondécif, à leurs brillans ſophiſmes ,
Je' ne vis que des impofteurs.
Oppoſés l'un à l'autre , une guerre éternelle
Régne parmi ces Charlatans :
L'un dit oui , l'autre non , & la race mortelle ,
Sert de champ de bataille à tous ces combattans.
Malgré cet amer témoignage ,
Ne crois pas que leur Art , pratiqué par un ſage ,
Ne foit reſpectable à mes yeux :
Un rival d'Hyppocrate eſt un préſent des Cieux
Arracher un mortel à la Parque ennemie,
C'eſt être créateur d'une ſeconde vie;
C'eſt reſſembler aux Dieux.
!
Mais , hélas ! qu'il eft peu de ces Dieux ſalutaires
Dont la Nature entend la voix !
Le reſte n'est qu'un tas d'aſſaſſins mercenaires
Que d'antiques abus garantiffent des Loix.
Succombant à la fin fous mes peines nombreuſes
Je te diſois adieu pour la derniere fois :
Je croyois déja voir ces routes ténébreuſes
Où les ſimples Berge vont à côté des Rois.
AVRIL 1746.. 63
Tranquile par foibleſſe ,&cédant ſans murmure,
Je m'abandonnai donc aux ſoins de la Nature :
Habile par inſtinct , & marchant pas-à-pas ,
Victorieuſe du trépas ,
Elle ſçût rappeller mon ame fugitive ;
Elle vint me chercher ſur l'infernale rive,
Et me tendit les bras.
Le repos & la patience ,
Soutenus d'un régime auſſi ſimple que fain,
Furent les artiſans de ma convalefcence ;
Et bravant des Docteurs la ſçavante ignorance;
L'horreur des Médecins fut mon ſeul Médecin,
Enfin je te revois ; ton éclipſe eft finie.
O! monpremier tréſor , ſanté trop peu cherie,
Ame de nos plaiſirs , volupté de nos coeurs ,
Fabuſerai plutôt tout d'un coup de la vie,
Que d'abuſer de tes faveurs.
Ne crois pas cependant que ma Philofophie
Me faffe renoncer à la ſociété :
Je n'ai point les vapeurs d'une miſantropie
Qui conduit à l'austérité :
Fadore encor Eglé , j'eſtime encor Sylvie :
J'aime à table un ami s'égayant dans le vin ;
Mais , je hais les plaiſirs que goûte un libertin ,
Dès que le ſentiment ſe tourne en frénefie,
A
掣
A
64 MERCURE DE FRANCE,
Tendre & fidéle ami , ſi la vivacité
T'égaroit quelquefois loin de la tempérance ,
Que ce récit t'apprenne à cherir la ſanté ;
Que mes réflexions t'inſpirent la prudence
D'écarter la licence ,
Qui naît du fol excès d'un plaiſir emporté.
AAngers le 16 Mars 1746.
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Résumé : EPITRE Sur ma maladie à M**.
Dans une lettre adressée à un ami, l'auteur décrit sa maladie et ses souffrances, qu'il doit relater malgré son regret de revivre ces moments pénibles. Il souligne que la santé est le bien le plus précieux, sans lequel les richesses ne peuvent offrir de bonheur. L'auteur détaille ses maux physiques et mentaux, incluant la fièvre, les douleurs, l'insomnie et des hallucinations, qui l'ont poussé à souhaiter la mort. Il critique les médecins, distinguant ceux qui sont véritablement compétents de ceux qui sont des charlatans. Sa guérison est attribuée à la nature et à un régime simple, ce qui renforce son amour pour la santé et la modération dans les plaisirs. Il conclut en conseillant à son ami de chérir la santé et d'éviter les excès.
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350
p. 83
SONNET SUR LES MEDECINS.
Début :
Qu'est ce qu'un Médecin ? c'est un homme inutile, [...]
Mots clefs :
Erreur, Maison, Amuser, Quiproquo
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texteReconnaissance textuelle : SONNET SUR LES MEDECINS.
SONNET SUR LES MEDECINS.
QU'eſtce qu'un Médecin ? c'eſt un hommeinatile,
Payé pour amuſer un malade en ſon lit ,
Un Docteur à grands mots , en quiproquo fertile .
Qui par ſon Art douteux , très peu de gens guérit
La Nature lui ſert comme étant plus habile.
C'eſt par elle en effet qu'il ſoutient ſon crédit
Avoir recours à lui , c'eſt donc être imbécille ,
Puiſque fans ce ſecours rien ne lui réuſſit .
Cependant tous les jcurs on voit le genre hu
main ,
En dépit du bon ſens , ſe mettre ſous ſa main.
Voilà ce que j'appelle une étrange manie.
L'uſage eſt conſulté bien plus que la raiſon.
Mon Efculape va de maiſon en maiſon.
On en connoît l'erreur , mais l'erreur eſt ſuivie,
QU'eſtce qu'un Médecin ? c'eſt un hommeinatile,
Payé pour amuſer un malade en ſon lit ,
Un Docteur à grands mots , en quiproquo fertile .
Qui par ſon Art douteux , très peu de gens guérit
La Nature lui ſert comme étant plus habile.
C'eſt par elle en effet qu'il ſoutient ſon crédit
Avoir recours à lui , c'eſt donc être imbécille ,
Puiſque fans ce ſecours rien ne lui réuſſit .
Cependant tous les jcurs on voit le genre hu
main ,
En dépit du bon ſens , ſe mettre ſous ſa main.
Voilà ce que j'appelle une étrange manie.
L'uſage eſt conſulté bien plus que la raiſon.
Mon Efculape va de maiſon en maiſon.
On en connoît l'erreur , mais l'erreur eſt ſuivie,
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Résumé : SONNET SUR LES MEDECINS.
Le poème 'Sonnet sur les médecins' critique les médecins, les décrivant comme inconstants et payés pour distraire les malades. Les médecins attribuent leurs succès à la nature, non à leurs compétences. Le poète juge inutile de les consulter, car ils échouent sans intervention naturelle. Malgré cela, les gens les consultent par habitude. Esculape se déplace de maison en maison, mais son inefficacité est reconnue.
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