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1
p. 27-39
LA VOLIERE. Fable Allegorique.
Début :
Qui voudra voir Cicognes attroupées, [...]
Mots clefs :
Amours, Volière, Nymphe
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texteReconnaissance textuelle : LA VOLIERE. Fable Allegorique.
LA VOLIERE.
Fable
Allegorique.
Qui voudra voir Cicognes
attroupées ,
Doir naviger fur l'Hebre
Tracien.
Qui veut fçavoir où font
Poules jafpées ,
Vifitera le bord Numidien .
Qui fe fera d'Himette Citoyen
,
Verra foifon d'Abeilles , &
de ruches ,
Zij
28 PIECES
.
Et voyageant au Pays Indien
,
L'air trouvera tout peuplé
de Perruches ,
Car en fes loix Nature a limité
A chaque efpece un climaɛ
affecté.
Mais fi quelqu'un , de d'ef
pece emplumée
Qu'on nomme Amours , a
curiofité ,
Paris tout feul doit eftre vifité.
Ville ne fçay de tant d'Amours
femée ;
Pour ce feul point croirois
FUGITIVES: 19
qu'on l'a nommée
Paris fans pair ..... or fans
obfcurité
Expliquons nous . C'eft qu'-
en cette Cité
De cent Palais , de cent Hôtels
fournie' ,
Eft un Hôtel entre tous
exalté ,
Non pour loger richeffe , &
vanité ;
Lambris dorez , Peinture
bien finie ,
Lits de brocard , ou telle autre
manie
Mais pour loger la Nimphe
Urbánie ,
Z iij
30
PIECES
En qui reluit gentilleffe &
beauté ,
Nobleffe d'ame , hilaricux
genie,
Et un efprit pardeffus l'or
•
vanté;
En ce lieu donc , Amours de
tout plumage ,
Des bords de l'Ebre & desrives
du Tage ,
De toutes parts viennent fe
rallier ,
Tels que Pigeons volans au
Colombier ;
Il en arrive & de France &
d'Espagne ,
Et d'Italie, & du Nord, d'Allemagne
;
FUGITIVES. 31
Ceux là petits , mais alertes
& vifs ,
Ceux- cy plus grands , mais
lourds, froids, & maffifs :
Et ce qui plus l'attention réveille
,
Quand on va voir ces petits
enfançons ,
C'eft qu'ils font tous differens
à merveille ,
Car il en vient de toutes les
façons :
Amours pimpans , friſques ,
&
beaux
garçons ,
Petits Amours à face rechtgnée
,
Z iiij
32
PIECES
Amours Marquis & de haute
lignée ,
Amours de Robbe & portant
le Bonnet ,
Amours d'Epée, Amours de
Cabinet ;
D'iceux pourtant eft petite
poignée ,
Tous vont chez elle employer
leur journée ;
Amours Barbons y font
même leurs Cours ,
Et font reçus malgré leurs
longs difcours ;
Car tout fait nombre . Enfin
toute l'année ,
Dimanche ou non , s'y tient
FUGITIVES. 33
Foire d'Amours ,
Comme l'on voit en l'Automne
premiere
Feuilles à tas dans l'Ardenne
pleuvoir ,
Ou bien oiſeaux voller par
fourmilliere
Sur un grand Pin qui leur
fert de dortoir ;
Auffi voit- on , du matin juf
qu'au foir ,
Gentils Amours , oifeaux de
fa voliere ,
Pleuvoir en foule en ce joli
manoir ,
Et fait bon voir attroupez
autour
d'elle
34
PIECES
Tous ces Oifeaux leur plu
mage étaler ,
Se rengorger , piaffer , caracoller
,
Toûjours fifflans chanfons ,
& ritournelle ,
Et petits Airs , langages des
ruelles ,
Puis jeux badins , volatille
nouvelle ,
་
De gentilleffe avec eux difputer
,
Voler foupirs , & petits
foins troter
Par le logis , or fretillans de
l'aile ,
Or de la queue , or des pieds
tricoter ,
FUGITIVES
35
Danfer , baller , trépudier ,
faurer :
Oncques ne fit le vray Poli
chinele
Semblables tours ; ainfi dans
la maifon
Joyeufeté , farces , badineries
,
Inventions
, &
telles
drôleries
Hiver, Eté, font toûjours de
faifon ;
Momus luy- même avec fes
momeries
Ne nous rendroit à rire plus
enclins ,
Car en tous temps ces petits
Trivelins
36 PIECES
Vont inventant nouvelles
fingeries ,
Et prend la Nimphe au vifage
vermeil ,
A leurs ébats paffe - remps
nompareil.
Mais aprés tout un point me
fcandalife ,
Et fuis honteux , s'il faut que
je le dife ,
De voir comment ces pauvres
infenfez ,
Qui pour l'honneur d'eftre
fes domeftiques
Ont laiffé - là leurs meilleures
pratiques.
De leurs travaux font mak
recompenfez ,
FUGITIVES. 37
Car ne croyez qu'ils ayent
appanages ;
Ains ils font tous tres chichement
payez ,
Ne gagnant rien , fors quelques
arrerages
De lorgnerie , ou tels menus
fuffrages ;
Et les croit on encor falariez
Trop graffement : maints la
fervent fans gages ,
Maints la fervant font baffoüez
, honnis ,
Moquez , bernez , traitez
comme ennemis ,
Et quelquefois foufflersd'entrer
en danfe ,
38 PIECES
De liberté jamais nulle efperance
,
Mieux aimerois eftre efclave
à Thunis.
Partant , Amours , qui n'avez
point de nids ,
Cherchez ailleurs ; mal feur
cft cette hofpice ;
Dehors font beaux , & beau
le frontispice ,
Mais le dedans , autre eft la
question .
Je m'en iray fi l'on me fait
outrage ,
Me direz vous : Eh! pauvre
Alerion ,
Quand une fois on eſt dans
cette cage,
FUGITIVES. 39
On n'en fort pas , c'eſt l'antre
du Lion ;
Pour échapper de fi fortes
Baftilles ,
Vous chercheriez en vain
Porte , ou guichet ,
Tout voftre effort feroit pu
res vetilles ,
Plus fins que vous font pris
au trébuchet.
Fable
Allegorique.
Qui voudra voir Cicognes
attroupées ,
Doir naviger fur l'Hebre
Tracien.
Qui veut fçavoir où font
Poules jafpées ,
Vifitera le bord Numidien .
Qui fe fera d'Himette Citoyen
,
Verra foifon d'Abeilles , &
de ruches ,
Zij
28 PIECES
.
Et voyageant au Pays Indien
,
L'air trouvera tout peuplé
de Perruches ,
Car en fes loix Nature a limité
A chaque efpece un climaɛ
affecté.
Mais fi quelqu'un , de d'ef
pece emplumée
Qu'on nomme Amours , a
curiofité ,
Paris tout feul doit eftre vifité.
Ville ne fçay de tant d'Amours
femée ;
Pour ce feul point croirois
FUGITIVES: 19
qu'on l'a nommée
Paris fans pair ..... or fans
obfcurité
Expliquons nous . C'eft qu'-
en cette Cité
De cent Palais , de cent Hôtels
fournie' ,
Eft un Hôtel entre tous
exalté ,
Non pour loger richeffe , &
vanité ;
Lambris dorez , Peinture
bien finie ,
Lits de brocard , ou telle autre
manie
Mais pour loger la Nimphe
Urbánie ,
Z iij
30
PIECES
En qui reluit gentilleffe &
beauté ,
Nobleffe d'ame , hilaricux
genie,
Et un efprit pardeffus l'or
•
vanté;
En ce lieu donc , Amours de
tout plumage ,
Des bords de l'Ebre & desrives
du Tage ,
De toutes parts viennent fe
rallier ,
Tels que Pigeons volans au
Colombier ;
Il en arrive & de France &
d'Espagne ,
Et d'Italie, & du Nord, d'Allemagne
;
FUGITIVES. 31
Ceux là petits , mais alertes
& vifs ,
Ceux- cy plus grands , mais
lourds, froids, & maffifs :
Et ce qui plus l'attention réveille
,
Quand on va voir ces petits
enfançons ,
C'eft qu'ils font tous differens
à merveille ,
Car il en vient de toutes les
façons :
Amours pimpans , friſques ,
&
beaux
garçons ,
Petits Amours à face rechtgnée
,
Z iiij
32
PIECES
Amours Marquis & de haute
lignée ,
Amours de Robbe & portant
le Bonnet ,
Amours d'Epée, Amours de
Cabinet ;
D'iceux pourtant eft petite
poignée ,
Tous vont chez elle employer
leur journée ;
Amours Barbons y font
même leurs Cours ,
Et font reçus malgré leurs
longs difcours ;
Car tout fait nombre . Enfin
toute l'année ,
Dimanche ou non , s'y tient
FUGITIVES. 33
Foire d'Amours ,
Comme l'on voit en l'Automne
premiere
Feuilles à tas dans l'Ardenne
pleuvoir ,
Ou bien oiſeaux voller par
fourmilliere
Sur un grand Pin qui leur
fert de dortoir ;
Auffi voit- on , du matin juf
qu'au foir ,
Gentils Amours , oifeaux de
fa voliere ,
Pleuvoir en foule en ce joli
manoir ,
Et fait bon voir attroupez
autour
d'elle
34
PIECES
Tous ces Oifeaux leur plu
mage étaler ,
Se rengorger , piaffer , caracoller
,
Toûjours fifflans chanfons ,
& ritournelle ,
Et petits Airs , langages des
ruelles ,
Puis jeux badins , volatille
nouvelle ,
་
De gentilleffe avec eux difputer
,
Voler foupirs , & petits
foins troter
Par le logis , or fretillans de
l'aile ,
Or de la queue , or des pieds
tricoter ,
FUGITIVES
35
Danfer , baller , trépudier ,
faurer :
Oncques ne fit le vray Poli
chinele
Semblables tours ; ainfi dans
la maifon
Joyeufeté , farces , badineries
,
Inventions
, &
telles
drôleries
Hiver, Eté, font toûjours de
faifon ;
Momus luy- même avec fes
momeries
Ne nous rendroit à rire plus
enclins ,
Car en tous temps ces petits
Trivelins
36 PIECES
Vont inventant nouvelles
fingeries ,
Et prend la Nimphe au vifage
vermeil ,
A leurs ébats paffe - remps
nompareil.
Mais aprés tout un point me
fcandalife ,
Et fuis honteux , s'il faut que
je le dife ,
De voir comment ces pauvres
infenfez ,
Qui pour l'honneur d'eftre
fes domeftiques
Ont laiffé - là leurs meilleures
pratiques.
De leurs travaux font mak
recompenfez ,
FUGITIVES. 37
Car ne croyez qu'ils ayent
appanages ;
Ains ils font tous tres chichement
payez ,
Ne gagnant rien , fors quelques
arrerages
De lorgnerie , ou tels menus
fuffrages ;
Et les croit on encor falariez
Trop graffement : maints la
fervent fans gages ,
Maints la fervant font baffoüez
, honnis ,
Moquez , bernez , traitez
comme ennemis ,
Et quelquefois foufflersd'entrer
en danfe ,
38 PIECES
De liberté jamais nulle efperance
,
Mieux aimerois eftre efclave
à Thunis.
Partant , Amours , qui n'avez
point de nids ,
Cherchez ailleurs ; mal feur
cft cette hofpice ;
Dehors font beaux , & beau
le frontispice ,
Mais le dedans , autre eft la
question .
Je m'en iray fi l'on me fait
outrage ,
Me direz vous : Eh! pauvre
Alerion ,
Quand une fois on eſt dans
cette cage,
FUGITIVES. 39
On n'en fort pas , c'eſt l'antre
du Lion ;
Pour échapper de fi fortes
Baftilles ,
Vous chercheriez en vain
Porte , ou guichet ,
Tout voftre effort feroit pu
res vetilles ,
Plus fins que vous font pris
au trébuchet.
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Résumé : LA VOLIERE. Fable Allegorique.
La fable 'La Volière' met en scène la diversité des oiseaux et des amours à travers différentes régions du monde. Elle commence par évoquer les cigognes en Tracie, les poules en Numidie et les abeilles en Himette, soulignant que chaque espèce a un climat spécifique selon les lois de la nature. Pour observer les amours, Paris est présentée comme la ville idéale, réputée pour en abriter une grande variété. À Paris, une nymphe nommée Urbánie, connue pour sa gentillesse, sa beauté, sa noblesse d'âme et son esprit, attire des amours de diverses régions, y compris la France, l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne. Ces amours, qu'ils soient petits et vifs ou grands et lourds, se rassemblent autour d'Urbánie, formant une foire perpétuelle. Ils passent leur temps à chanter, danser et jouer, apportant joie et badinage dans la maison. Cependant, la fable critique la condition des amours, qui sont mal récompensés pour leurs services. Ils sont souvent mal payés, moqués et traités comme des ennemis. La liberté leur est refusée, et il est difficile de s'échapper de cette situation. La conclusion est que, bien que l'extérieur de cette 'volière' soit attrayant, l'intérieur est oppressant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 120-133
Lettre de Madame D. T. aprés sa petite verole, en luy envoyant le jour de sa feste un Collier de Perles en las d'amour.
Début :
Me promenant hier au soir plus tard qu'à mon ordinaire [...]
Mots clefs :
Amour, Vérole, Mère, Collier, Fils, Vénus, Coeurs, Amours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de Madame D. T. aprés sa petite verole, en luy envoyant le jour de sa feste un Collier de Perles en las d'amour.
Lettre de Madame D. T.après
sa petite verole
y
en luyenvoyant lejourdesafesteun
Collierde Perles en
lasd'amour.
ME
promenant hier au
foir plus tard qu'à mon ordinaire ilmarriva, Madame, une avanture assez furprenante pour meriter de
vous estre racontée.
J'admiroisenresyant,les
beautés de la nuit,
Quand
Quand tout à
coup un
agréable bruit,
En estvenu troublerlepaisiblesilence.
Oncntendoit partoutmiliè nouveaux concerts,
Plusieurs essains d'amours
se voyoient dansles airs.
Qui sembloient vers Paphos, voler en diligence
Je fis pour leur parler des
-
effortssuperflus,
Tous ces frippons ne me
-
connoissent plus.
Je leur demandois des nouve lles
Du dessein qui les con-
duisoit;
Mais c'estoit vainement,
pas un ne répondait, ;
Ilss'en suyoient à tire d'ailes,
Enfin un vieux amour,
qui marchoit lentement,
Daigna s'arrester pour
m'entendre
1
Je le conjuray de m'apprendre
Où ses freres alloient avec
., empressement
Je veux, dit-il, vous en instruire
1* Vousm'entendrez Vous m'enten avec d plaisir,
rez aveç
Alors pour contenter mon
curieux désir,
En deux mots il m'apprit
ce que vous allez lire.
Avant que d'aller plus
loin, vous ferez peut estre surprise de l'epithéte
que j'ay donnée à l'amour
qui me parla. Sa vieillesse
ne paroiss pascompatible
avec la Divinité qu'on accorde au fils de Venus:
Mais Madame.
Ces Dieux, tout Dieux
qu'ils sont reconnoissent le temps,
A ses Loix ils s'assujettissent.
Tous les Poëtes ont beau
nous les dépeindre enfans,
il n'estque trop certain
que les amours vieillissent,
Mais helas!c'estbien pis,
ils meurent les amours
Plus malheureuxque nous
ne femmes,
Nous ne voyons pas que
-
leurs jours
Durent autant que ceux
-
des hommes.
Revevons à la conversation
quej'eusavec nostre amour
Barbon. Il commença par
me faire des excutes de
l'impolitesse de ceux qui ne
m'avoient pas écoutée. Il
fautleur pardonner,me ditil,carquoyque jevousconnoisse depuis longtemps,
& qu'un temps plusgalant.
que le leur m'ait vu naistre
}
je vous avouë que je
ne m'arreste icy qu'avec
peine.
De nostre empressement
: nevousestonez pas,
Nousfommes attendus par
l'amour & sa mere
,
Pour celebrer le retour des.
appas
D'une beauté qui vous ca
chere
Sans elle en ces climats
nous ferions inconnus;
Qu'elle nous acauséd'allarmes !
Si le fort n'eust rendu ses at-
,
traitsànos larmes ,-'
N'en déplaise au fils de
Venus,
Il pouvoit renoncer au pouvoir de ses armes;
-
Ce Dieu perdoit,malgré
'ses charmes,
Le plus clair de sesrevenus.
A peine eut-il fini ces
mots, qu'il me laissa remplie d'estonnement & d'un
desir extresme de me trouver à une feste que je compris bien qui me regardoir.
La tendre amitié ma compagne ordinaire
,
s'offrit à
m
y
conduire
,
elle me mit
sur ses ailles ( car elle ena
aussi-bien que l'amour) ôc
me ne arriver heureusement à Paphos, où le plus
beauspectacledumonde
estoit encore embelly par
la joye qu'on voyoit briller
dans les yeux de ceux qui
le composoient. Ma fidelle conductrices'alla placer
auprès de son frere, & je
me rangeay auprés des ris
qui m'amuserent par cent
agréables badineries, lorsqu'ils furent interrompus
pour aller achever la ceremonie.
Une aimable troupe de
jeux
En partant se mit à
leur telle
Onvoyoit marcher;aprés
eux 1
Les graces en habit defeste;
Les amours, couronnes
de fleurs,
Portoient en triompheles
- .', Cœurs :
Dont par tes yeux ils firent
la conqueste,
Avec des airs mélodieux
Ton nom montoit jusques
,
aux Cieux
Le Dieu charmant qu'on
adoreàCythere
Au pied du Throne de sa
! mere
Chantoit avec un cœur
d'amours,
Bannissons les tristes allarmes,
Iris a
repris tous ses charmes
Nous régnerons toûjours.
Ensuiteau lieu de feu de
joye, les Amours donne- u
rent aux cœurs qu'ils portoient la liberté de faire
briller leurs flâmmes, &
cela fit pendant quelque
temps un très-agréableeffet, après que ces pauvres
cœurs furent consumez,
Cupidon assembla ses plus
tendres amis, & leur dit
qu'il manqueroit toû jours
quelque chose à sa gloire,
tant que vous ne seriezpas
sous son Empire; que pour
vous y
soumettre il avoit,
souvent eu recours à ses
plus puissantes armes; mais
que puisqu'il vous trouvoic
toujours en garde contre
ses traits, il vouloit se servir d'un autre moyen pour
vous attirer. Il commanda
sur l'heure que l'ontravail
last à un certainnombre de
lacs d'amour ,sur lesquels
il prétendoit répandre un
charme,auquel vous ne
pourriez resister;mais l'A..
mIne attentive à vos interefis & aux siens, s'en saisit
avant qu'il eust eule temps
d'executer son dessein
)
&
me les donna tels que je
vous les envoye.
Iris, reçois ces nœuds, que
rien ne t'épouvante.
Ils furent volez à l'amour,
Et c'est par mes mains en
ce jour
Que l'amitié te les pre
sente;
Elle prétend te fixer dans
sa Cour,
Daigne rcfpondre àson attente
Pour réüssir dans ses projets
C'est en toy feule qu'elle
espere,
Jillç veut avoir des su jets
Aussi vifs que ceux de foa
-
frere.
sa petite verole
y
en luyenvoyant lejourdesafesteun
Collierde Perles en
lasd'amour.
ME
promenant hier au
foir plus tard qu'à mon ordinaire ilmarriva, Madame, une avanture assez furprenante pour meriter de
vous estre racontée.
J'admiroisenresyant,les
beautés de la nuit,
Quand
Quand tout à
coup un
agréable bruit,
En estvenu troublerlepaisiblesilence.
Oncntendoit partoutmiliè nouveaux concerts,
Plusieurs essains d'amours
se voyoient dansles airs.
Qui sembloient vers Paphos, voler en diligence
Je fis pour leur parler des
-
effortssuperflus,
Tous ces frippons ne me
-
connoissent plus.
Je leur demandois des nouve lles
Du dessein qui les con-
duisoit;
Mais c'estoit vainement,
pas un ne répondait, ;
Ilss'en suyoient à tire d'ailes,
Enfin un vieux amour,
qui marchoit lentement,
Daigna s'arrester pour
m'entendre
1
Je le conjuray de m'apprendre
Où ses freres alloient avec
., empressement
Je veux, dit-il, vous en instruire
1* Vousm'entendrez Vous m'enten avec d plaisir,
rez aveç
Alors pour contenter mon
curieux désir,
En deux mots il m'apprit
ce que vous allez lire.
Avant que d'aller plus
loin, vous ferez peut estre surprise de l'epithéte
que j'ay donnée à l'amour
qui me parla. Sa vieillesse
ne paroiss pascompatible
avec la Divinité qu'on accorde au fils de Venus:
Mais Madame.
Ces Dieux, tout Dieux
qu'ils sont reconnoissent le temps,
A ses Loix ils s'assujettissent.
Tous les Poëtes ont beau
nous les dépeindre enfans,
il n'estque trop certain
que les amours vieillissent,
Mais helas!c'estbien pis,
ils meurent les amours
Plus malheureuxque nous
ne femmes,
Nous ne voyons pas que
-
leurs jours
Durent autant que ceux
-
des hommes.
Revevons à la conversation
quej'eusavec nostre amour
Barbon. Il commença par
me faire des excutes de
l'impolitesse de ceux qui ne
m'avoient pas écoutée. Il
fautleur pardonner,me ditil,carquoyque jevousconnoisse depuis longtemps,
& qu'un temps plusgalant.
que le leur m'ait vu naistre
}
je vous avouë que je
ne m'arreste icy qu'avec
peine.
De nostre empressement
: nevousestonez pas,
Nousfommes attendus par
l'amour & sa mere
,
Pour celebrer le retour des.
appas
D'une beauté qui vous ca
chere
Sans elle en ces climats
nous ferions inconnus;
Qu'elle nous acauséd'allarmes !
Si le fort n'eust rendu ses at-
,
traitsànos larmes ,-'
N'en déplaise au fils de
Venus,
Il pouvoit renoncer au pouvoir de ses armes;
-
Ce Dieu perdoit,malgré
'ses charmes,
Le plus clair de sesrevenus.
A peine eut-il fini ces
mots, qu'il me laissa remplie d'estonnement & d'un
desir extresme de me trouver à une feste que je compris bien qui me regardoir.
La tendre amitié ma compagne ordinaire
,
s'offrit à
m
y
conduire
,
elle me mit
sur ses ailles ( car elle ena
aussi-bien que l'amour) ôc
me ne arriver heureusement à Paphos, où le plus
beauspectacledumonde
estoit encore embelly par
la joye qu'on voyoit briller
dans les yeux de ceux qui
le composoient. Ma fidelle conductrices'alla placer
auprès de son frere, & je
me rangeay auprés des ris
qui m'amuserent par cent
agréables badineries, lorsqu'ils furent interrompus
pour aller achever la ceremonie.
Une aimable troupe de
jeux
En partant se mit à
leur telle
Onvoyoit marcher;aprés
eux 1
Les graces en habit defeste;
Les amours, couronnes
de fleurs,
Portoient en triompheles
- .', Cœurs :
Dont par tes yeux ils firent
la conqueste,
Avec des airs mélodieux
Ton nom montoit jusques
,
aux Cieux
Le Dieu charmant qu'on
adoreàCythere
Au pied du Throne de sa
! mere
Chantoit avec un cœur
d'amours,
Bannissons les tristes allarmes,
Iris a
repris tous ses charmes
Nous régnerons toûjours.
Ensuiteau lieu de feu de
joye, les Amours donne- u
rent aux cœurs qu'ils portoient la liberté de faire
briller leurs flâmmes, &
cela fit pendant quelque
temps un très-agréableeffet, après que ces pauvres
cœurs furent consumez,
Cupidon assembla ses plus
tendres amis, & leur dit
qu'il manqueroit toû jours
quelque chose à sa gloire,
tant que vous ne seriezpas
sous son Empire; que pour
vous y
soumettre il avoit,
souvent eu recours à ses
plus puissantes armes; mais
que puisqu'il vous trouvoic
toujours en garde contre
ses traits, il vouloit se servir d'un autre moyen pour
vous attirer. Il commanda
sur l'heure que l'ontravail
last à un certainnombre de
lacs d'amour ,sur lesquels
il prétendoit répandre un
charme,auquel vous ne
pourriez resister;mais l'A..
mIne attentive à vos interefis & aux siens, s'en saisit
avant qu'il eust eule temps
d'executer son dessein
)
&
me les donna tels que je
vous les envoye.
Iris, reçois ces nœuds, que
rien ne t'épouvante.
Ils furent volez à l'amour,
Et c'est par mes mains en
ce jour
Que l'amitié te les pre
sente;
Elle prétend te fixer dans
sa Cour,
Daigne rcfpondre àson attente
Pour réüssir dans ses projets
C'est en toy feule qu'elle
espere,
Jillç veut avoir des su jets
Aussi vifs que ceux de foa
-
frere.
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Résumé : Lettre de Madame D. T. aprés sa petite verole, en luy envoyant le jour de sa feste un Collier de Perles en las d'amour.
Madame D. T. relate une aventure nocturne au cours de laquelle elle observe des amours volants. Elle tente de leur parler, mais seul un vieillard s'arrête. Ce dernier lui explique que les amours se dirigent vers Paphos pour célébrer le retour des charmes d'une beauté chère à Madame D. T. Le vieillard, un amour vieillissant, révèle que les amours meurent plus tôt que les femmes et les hommes. Il s'excuse pour l'impolitesse des autres amours et explique leur présence par le retour des attraits de cette beauté. Madame D. T. est ensuite conduite à Paphos par l'amitié, où elle assiste à une fête en son honneur. Les amours et les grâces célèbrent son retour. Cupidon exprime son désir de soumettre Madame D. T. à son empire. L'amitié intervient pour la protéger en lui offrant des lacs d'amour volés à Cupidon, espérant qu'elle les accepte pour la fixer dans sa cour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 38-48
PARAPHRASE d'un fragment de Poësies Greques.
Début :
Par-delà le fleuve fatal [...]
Mots clefs :
Paraphrase, Fleuve fatal, Ombres, Forêt, Amours, Punition, Amants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARAPHRASE d'un fragment de Poësies Greques.
PARAPHRASE
d'un fragment de
Poësies GL" reques.
PAr-dela le lfeuvefatal
Qui porte les mortssur (ononde,
Etqui roulesonnoircristal
Dans lesplaines de l'autremonde
;
Dans une forêt de cyprès
Sont des routes froides
&sombres,
Faites parla nature exprés
Pour la promenade des
ombres.
Là,malgrélarigueurdu
fort9
Les plus vieux rajeunis
vontse conterfleurettes
Et font revivre après
leurmort
Leurs amours é5leurs
amourettes.
Arrirvé dans ce basJejour
Comme vivan,t j'eus le
coeur tendre
yif resolus d'abordj d'apprendre
Commentonyfaisoitl'amour.
J'allai dans cette forêt
rJo.mbre,,-' Douce
Douce retraite des amans,
Et j'en apperçus un
grand nombre
Quipoussoient les beaux
sentimens.
Les uns gaischantoient
leurs maitresses,
Les autres étoient aux
abois
Llûprés de leurssires ti-
* greffes,
Et mouroient encore une
fois*
-
V:.
Là desbeuteztristes
eS pales
^Maudissant leurs feux
'violens y
Murmuroietcontre leurs
galans,
Et médifoient de leurs
rivales.
Parmi tant d'objets a-.
moureux
¡le. vis uneaviedesolées
Elle s'arrachait les cheveux
Dans lefonddl'unesomy
breallée.
Mille soûpirs qu'elle
pouBoit
Montroient quelle étoit
amoureuse :
CSepeondanit telle parois Aussi belle
que malheu-
Tout le monde diJàit!
Voila
Cette ame triste eS miferalrle
Etquoyqu'ellefût fort
aimable,
Tout le monde la lais
(bit là.
Ombre pleureuse ombre
crieuse,
M-êlas!lui dis-je en l'ac- costant,
Ametragique&declameuse
,
Qu'est-ce qui te tour*
mente tant ?
Chezlesmortssans ccremonte
On se parle ainsi brus
quement, Et l'on renonce au compliment
Désque l'onfortdecette
vie.
Qui que tusois, dit-elle,
helas!
Tu vois une ame malheureuse
, Furieusement amoureue-,,
Et quin'aime que des
ingrats.
Dtanos il'asutre monde j'é- belle
Maisrien , ne pouvoit
me touchera
J'étois fiere
, fétois
cruelle.,
Et fayots un coeur de
rocher.
Jétois pesse j'étois rieufe3
.-. Je traitois f!:J bruns fM
blondtns,
D'impcrtinens& de badins
Et je faisois, la précieusi.
Je rendois leursort dé-
-
plorable
Lors qu'ilsJe rangeoient
sousmaloy, ":
Et dés qu'ils Se don- -noient à moy
Je les donnais d'abord
< au diable.
C'étoit en vainquiU
senjlamozent.
Maintenant les Dieux
me punissent ; Je haïssois ceux qui mai*
moient,
Et j'aime ceux qui me
haissent.
Envain je Soûpire es
je gronde;
Les destins le veulent
ainsi,
Les prudes de ce premier
monde
Sontlesfollesde celui-ci,
d'un fragment de
Poësies GL" reques.
PAr-dela le lfeuvefatal
Qui porte les mortssur (ononde,
Etqui roulesonnoircristal
Dans lesplaines de l'autremonde
;
Dans une forêt de cyprès
Sont des routes froides
&sombres,
Faites parla nature exprés
Pour la promenade des
ombres.
Là,malgrélarigueurdu
fort9
Les plus vieux rajeunis
vontse conterfleurettes
Et font revivre après
leurmort
Leurs amours é5leurs
amourettes.
Arrirvé dans ce basJejour
Comme vivan,t j'eus le
coeur tendre
yif resolus d'abordj d'apprendre
Commentonyfaisoitl'amour.
J'allai dans cette forêt
rJo.mbre,,-' Douce
Douce retraite des amans,
Et j'en apperçus un
grand nombre
Quipoussoient les beaux
sentimens.
Les uns gaischantoient
leurs maitresses,
Les autres étoient aux
abois
Llûprés de leurssires ti-
* greffes,
Et mouroient encore une
fois*
-
V:.
Là desbeuteztristes
eS pales
^Maudissant leurs feux
'violens y
Murmuroietcontre leurs
galans,
Et médifoient de leurs
rivales.
Parmi tant d'objets a-.
moureux
¡le. vis uneaviedesolées
Elle s'arrachait les cheveux
Dans lefonddl'unesomy
breallée.
Mille soûpirs qu'elle
pouBoit
Montroient quelle étoit
amoureuse :
CSepeondanit telle parois Aussi belle
que malheu-
Tout le monde diJàit!
Voila
Cette ame triste eS miferalrle
Etquoyqu'ellefût fort
aimable,
Tout le monde la lais
(bit là.
Ombre pleureuse ombre
crieuse,
M-êlas!lui dis-je en l'ac- costant,
Ametragique&declameuse
,
Qu'est-ce qui te tour*
mente tant ?
Chezlesmortssans ccremonte
On se parle ainsi brus
quement, Et l'on renonce au compliment
Désque l'onfortdecette
vie.
Qui que tusois, dit-elle,
helas!
Tu vois une ame malheureuse
, Furieusement amoureue-,,
Et quin'aime que des
ingrats.
Dtanos il'asutre monde j'é- belle
Maisrien , ne pouvoit
me touchera
J'étois fiere
, fétois
cruelle.,
Et fayots un coeur de
rocher.
Jétois pesse j'étois rieufe3
.-. Je traitois f!:J bruns fM
blondtns,
D'impcrtinens& de badins
Et je faisois, la précieusi.
Je rendois leursort dé-
-
plorable
Lors qu'ilsJe rangeoient
sousmaloy, ":
Et dés qu'ils Se don- -noient à moy
Je les donnais d'abord
< au diable.
C'étoit en vainquiU
senjlamozent.
Maintenant les Dieux
me punissent ; Je haïssois ceux qui mai*
moient,
Et j'aime ceux qui me
haissent.
Envain je Soûpire es
je gronde;
Les destins le veulent
ainsi,
Les prudes de ce premier
monde
Sontlesfollesde celui-ci,
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Résumé : PARAPHRASE d'un fragment de Poësies Greques.
Le texte décrit un au-delà où les âmes des défunts se promènent et expriment leurs sentiments amoureux. Au-delà d'un fleuve fatal, dans une forêt de cyprès, les âmes rajeunies racontent leurs amours passées. Le narrateur observe divers couples : certains chantent leurs maîtresses, d'autres souffrent de passions non partagées. Une femme désolée attire son attention. Belle mais malheureuse, elle aime des ingrats. Elle révèle qu'elle était autrefois fière et cruelle, traitant mal ceux qui l'aimaient. Maintenant, elle est punie par les dieux, aimant ceux qui la haïssent. Les prudes de ce monde deviennent les folles de l'au-delà.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 187-197
DIVERTISSEMENT DES MASQUES.
Début :
Qu'un Bal au Cours sous ce feüillage [...]
Mots clefs :
Amour, Amours, Époux, Amant, Femme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DIVERTISSEMENT DES MASQUES.
DIVERTISSEMENT
DES MASQUES,
CAIR.
V'un Bal au Cours Sous st
fevillage
Estun aimable amusement :
La Coquette ,& laplusfage
Iviennent également
Ecouter le doux langage
D'unjeune& nouvelAmant.
Qu'un Bak au Cours ,&c.
Iln'est dans aucun bocage
Siſeau de qui le ramage
Soit plus doux &plus charmant
;
188 MERCURE
Que le séduisant langage
D'unjeune & nouvel Amant.
Qu'un Bal au Cours , &c.
La liberté regne en ces lieux ,
On n'y craint point la médiſance.
LesJaloux & les ennuyeux
Ifont dupez par l'apparence.
DesArgus les plus curieux ,
Ony trompe la vigilance.
Folispropos , discours joyeux
S'y débitent fans confequence.
L'Amourpoury combler nos voeux
Eft avec nous d'intelligence .
Telyveut trop ouvrir les yeux
Qui voit souvent plus qu'il ne
pense.
د
GALANT. 189
AIR,
PI
quêtes nouvelles
our faire au Cours des con-
L'Amour attire tout Paris ;
Au clair de la Lune les Belles
Changent souvent de Favoris ,
Et nefontgueres plusfidelles
Aleurs Amans qu'à leurs Maris
AIR.
eunes Fillettes
Jeunes Dijj mulez
Les ardeursfecrettes
Dont vous brûlez ;
Quand fous fon Empire
LeDieu des Amours
A sçû vous réduire ;
Cachez bien toûjours
190 MERCURE
Cequ'il vous inspire
Oufifonmartire
Vousforce à le dire,
Laiſſezvous conduire
Aux Fêtes du Cours.
4
AIR..
Beantezqui voulez qu'on vous
aime,
Pourquoi vous défendre d'aimer :
Il estmal aisé d'allumer
Les Feux d'amourfans en brûler
Loi-même
Branles en Contre-danfe.
AvCours aprés la danse
Pour les tendres Amans
Il estfans confequence
D'agréablesmomens
GALANT. 191 :
L'Amourpour écarter tout ce qui
les traverse
Amuseles Mamans
Long-tems ;
Il endort les Maris
Rigris,
Et le Diable les berce..
1
Au Bal du Cours lesDames
Dans la belle Saison ,
Duſuccés de leursflames
Caufoientfur le gazon ,
Entr'elles les Amours troquerent
Leur chaußure.
Etcechangement -là
Prouva
A bon nombre d'Epoux
Faloux
Quelle étoit leur Coeffure.
192 MERCURE
Icimaint agréable
Tout rempli de Bachus,
Vient aufortir de table
Faire inſulte à Venus.
L'Amour toujours au guet prompt
àvangersa mere ,
Aprés deux ou trois tours
De Cours
Leurdécochant un trait
Lesfait
Tomber dans quelqu'orniere.
Perfecuteurs des Dames
Jaloux trop curieux ,
Laißezen paix les ames
Dans ces aimab es lieux :
De ſoins & deſoucis dégageant
nospensées ,
Sans nous priver dujour
L'Amour
GALANT. 193
L'Amour
Nous rend comme les Dieux
Heureux
Dans les Champs Elifees.
Aſſis prés desa femme
In Avocat au Cours ,
Méconnoissant la Dame
Lui contafes amours;
Elle pour profiter de fon erreur
extrême
En tira de l'argent :
Comptant ,
Et le pauvre Avocat
Bien fat
Sefit cocu lui-même.
Unejeune coquette
Septembre 1714 . R
194 MERCURE
Femme d'un Orlogeur ,
Acertaine amourette
Ayant livré ſon coeur ,
Tandis qu'à travailler chez tuy
l'Epoux demeure ,
La Belle &son Galant
Souvent
S'en vont au Cours exprés
Aufrais
Du BergerSonner l'heure.
Amans dans les Ruelles
Nepaſſez plus vos jours ,
Il est des nuits plus belles
Pour vous aux Bals du Cours ,
L'Amour vous offre ici des conquétés
aisées ,
Enfaveur de la Paix
Ses Traits
GALANT. 194
Ne forment que des noeuds
Heureux
Dans les Champs Elisées.
D'une aimable Grisette,
Certain vieux Brocanteur
Par contrat fit emplette
Sans s'aßurer du coeur
.ינ
L'exemple d'un Epoux dont toute
Lafortune,
Venoit de trafiquer
Troquer,
Fit qu'elle trafiqua
Troqua ....
Au Cours , au clair de Lune.
Une Fille sçavante
En l'art de Cupidon ,
Rij
194 MERCURE
Deſes droits jouiſſante
En uſoitbien dit- on , Mal instruit defesfeux , un Tuteur
mal habile
La crût au Cours la nuit
Et prit
Sa Femme & Son Rival
Au lieudefa Pupille.
થોડાક લો છો ??????????
<
Le Démon de la Dancel
Pourflaterfes defirs, ban
De toutesapuissanceonport
Travailleà vosplaisirs
Deſes empreſſemens il ne veut
pourfalaire
Que l'honneur de pouvoir
Vous voir
En foule ici témoins
Des Soins
Qu'il prendra pour vous plaire.
GALANT. 197
Voilà ce qu'il y a de plus
comique dans la Picce. Mais
ce qu'il y a de meilleur à la
rête de cet Ouvrage c'eſt une
Epître en grands& petits vers
dediée au Prince Royal &
Electoral de Saxe.
DES MASQUES,
CAIR.
V'un Bal au Cours Sous st
fevillage
Estun aimable amusement :
La Coquette ,& laplusfage
Iviennent également
Ecouter le doux langage
D'unjeune& nouvelAmant.
Qu'un Bak au Cours ,&c.
Iln'est dans aucun bocage
Siſeau de qui le ramage
Soit plus doux &plus charmant
;
188 MERCURE
Que le séduisant langage
D'unjeune & nouvel Amant.
Qu'un Bal au Cours , &c.
La liberté regne en ces lieux ,
On n'y craint point la médiſance.
LesJaloux & les ennuyeux
Ifont dupez par l'apparence.
DesArgus les plus curieux ,
Ony trompe la vigilance.
Folispropos , discours joyeux
S'y débitent fans confequence.
L'Amourpoury combler nos voeux
Eft avec nous d'intelligence .
Telyveut trop ouvrir les yeux
Qui voit souvent plus qu'il ne
pense.
د
GALANT. 189
AIR,
PI
quêtes nouvelles
our faire au Cours des con-
L'Amour attire tout Paris ;
Au clair de la Lune les Belles
Changent souvent de Favoris ,
Et nefontgueres plusfidelles
Aleurs Amans qu'à leurs Maris
AIR.
eunes Fillettes
Jeunes Dijj mulez
Les ardeursfecrettes
Dont vous brûlez ;
Quand fous fon Empire
LeDieu des Amours
A sçû vous réduire ;
Cachez bien toûjours
190 MERCURE
Cequ'il vous inspire
Oufifonmartire
Vousforce à le dire,
Laiſſezvous conduire
Aux Fêtes du Cours.
4
AIR..
Beantezqui voulez qu'on vous
aime,
Pourquoi vous défendre d'aimer :
Il estmal aisé d'allumer
Les Feux d'amourfans en brûler
Loi-même
Branles en Contre-danfe.
AvCours aprés la danse
Pour les tendres Amans
Il estfans confequence
D'agréablesmomens
GALANT. 191 :
L'Amourpour écarter tout ce qui
les traverse
Amuseles Mamans
Long-tems ;
Il endort les Maris
Rigris,
Et le Diable les berce..
1
Au Bal du Cours lesDames
Dans la belle Saison ,
Duſuccés de leursflames
Caufoientfur le gazon ,
Entr'elles les Amours troquerent
Leur chaußure.
Etcechangement -là
Prouva
A bon nombre d'Epoux
Faloux
Quelle étoit leur Coeffure.
192 MERCURE
Icimaint agréable
Tout rempli de Bachus,
Vient aufortir de table
Faire inſulte à Venus.
L'Amour toujours au guet prompt
àvangersa mere ,
Aprés deux ou trois tours
De Cours
Leurdécochant un trait
Lesfait
Tomber dans quelqu'orniere.
Perfecuteurs des Dames
Jaloux trop curieux ,
Laißezen paix les ames
Dans ces aimab es lieux :
De ſoins & deſoucis dégageant
nospensées ,
Sans nous priver dujour
L'Amour
GALANT. 193
L'Amour
Nous rend comme les Dieux
Heureux
Dans les Champs Elifees.
Aſſis prés desa femme
In Avocat au Cours ,
Méconnoissant la Dame
Lui contafes amours;
Elle pour profiter de fon erreur
extrême
En tira de l'argent :
Comptant ,
Et le pauvre Avocat
Bien fat
Sefit cocu lui-même.
Unejeune coquette
Septembre 1714 . R
194 MERCURE
Femme d'un Orlogeur ,
Acertaine amourette
Ayant livré ſon coeur ,
Tandis qu'à travailler chez tuy
l'Epoux demeure ,
La Belle &son Galant
Souvent
S'en vont au Cours exprés
Aufrais
Du BergerSonner l'heure.
Amans dans les Ruelles
Nepaſſez plus vos jours ,
Il est des nuits plus belles
Pour vous aux Bals du Cours ,
L'Amour vous offre ici des conquétés
aisées ,
Enfaveur de la Paix
Ses Traits
GALANT. 194
Ne forment que des noeuds
Heureux
Dans les Champs Elisées.
D'une aimable Grisette,
Certain vieux Brocanteur
Par contrat fit emplette
Sans s'aßurer du coeur
.ינ
L'exemple d'un Epoux dont toute
Lafortune,
Venoit de trafiquer
Troquer,
Fit qu'elle trafiqua
Troqua ....
Au Cours , au clair de Lune.
Une Fille sçavante
En l'art de Cupidon ,
Rij
194 MERCURE
Deſes droits jouiſſante
En uſoitbien dit- on , Mal instruit defesfeux , un Tuteur
mal habile
La crût au Cours la nuit
Et prit
Sa Femme & Son Rival
Au lieudefa Pupille.
થોડાક લો છો ??????????
<
Le Démon de la Dancel
Pourflaterfes defirs, ban
De toutesapuissanceonport
Travailleà vosplaisirs
Deſes empreſſemens il ne veut
pourfalaire
Que l'honneur de pouvoir
Vous voir
En foule ici témoins
Des Soins
Qu'il prendra pour vous plaire.
GALANT. 197
Voilà ce qu'il y a de plus
comique dans la Picce. Mais
ce qu'il y a de meilleur à la
rête de cet Ouvrage c'eſt une
Epître en grands& petits vers
dediée au Prince Royal &
Electoral de Saxe.
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6
p. 1787
A MLLE PASQUIER.
Début :
Beau, comme vous, le doux Printems [...]
Mots clefs :
Printemps, Nature, Amours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MLLE PASQUIER.
A MLLE PASQUIER.
BEau , comme vous , le doux Printers
Revient embellir la Nature ;
Et du haut de fon Char femé de feux brillans .
Phoebus verſe ſur nous une clarté plus pure;
" La Terre a repris la parure ,
Flore fes ornemens >
Les Arbres leur verdure ,
Les Ruiffeaux leur murmure
Les Oiseaux leurs tendres accens.
Du Printems qui renaît agréez les hommages ;
Il vous reffemble , & vous devez l'aimer ;
Dès vos plus jeunes ans vous fçûtes le charmer ;'
Vous le confolez des outrages
Qu'il reçoit des frimats , des vents & des orages;
Sur votre teint il est toujours ;
Il y regne au milieu des Ris & des Amours,
Quand la Terre a perdu Lys , Anémones , Rofes
C'est là qu'il les retrouve écloſes :
C'est là qu'il produit les beaux jours.
P.
BEau , comme vous , le doux Printers
Revient embellir la Nature ;
Et du haut de fon Char femé de feux brillans .
Phoebus verſe ſur nous une clarté plus pure;
" La Terre a repris la parure ,
Flore fes ornemens >
Les Arbres leur verdure ,
Les Ruiffeaux leur murmure
Les Oiseaux leurs tendres accens.
Du Printems qui renaît agréez les hommages ;
Il vous reffemble , & vous devez l'aimer ;
Dès vos plus jeunes ans vous fçûtes le charmer ;'
Vous le confolez des outrages
Qu'il reçoit des frimats , des vents & des orages;
Sur votre teint il est toujours ;
Il y regne au milieu des Ris & des Amours,
Quand la Terre a perdu Lys , Anémones , Rofes
C'est là qu'il les retrouve écloſes :
C'est là qu'il produit les beaux jours.
P.
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Résumé : A MLLE PASQUIER.
Le texte est une lettre poétique célébrant l'arrivée du printemps, comparé à Mademoiselle Pasquier. Le printemps embellit la nature, illuminé par Phébus. Fleurs, arbres, ruisseaux et oiseaux retrouvent leur beauté. Mademoiselle Pasquier charme le printemps depuis son jeune âge, le consolant des mauvais traitements. Son visage reflète toujours le printemps, même lorsque la terre a perdu ses fleurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 1916-1919
LA JEUNESSE. CANTATE.
Début :
Dans un songe flateur une jeune Déesse, [...]
Mots clefs :
Jeunesse, Cantate, Déesse, Amours, Cœurs rebelles, Alarmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA JEUNESSE. CANTATE.
LA JEUNESSE.
CANT AT E.
Dans un songe flateur une jeune Déesse ,
Vint séduire mes sens par les plus doux attraits ;
A son air vif , brillant et frais ,
Je reconnois bien- tôt l'agreable Jeunesse.
Autourd'Hebé voloient mille petits Amours
Qui pour dompter les coeurs rebelles ,
Empruntoient de ses yeux l'infaillible secours ;
Le Tems sur ses rapides aîles ,
Portoit cette Divinité ,
Et l'aimable Printems , soigneux de sa beauté ,
Répandoit sur son teint des fleurs toujours nouvelles.
Choisis , medit Hebé , d'un air doux , gracieux ,
Tandis que des beaux jours pour toi j'ourdis la
trame ,
De
A O UST . 1917 1731
De mes dons précieux ;
Celui qui maintenant flate le plus ton ame
Aimable fille de Junon ,
Sans qui jamais l'on ne peut plaire ,
Commande aux Enfans de Cithere ,
De triompher de ma raison.
Que les plaisirs suivis des charmes
Que tu dispenses aux Amours ,
Fassent sans trouble , sans allarmes ,,
Couler les plus beaux de mes jours,-
Aimable fille de Junon , &c.
Mais des Nymphes d'Hebé qu'elle troupe brill
lante ,
Se présente à mes yeux , me ravit et m'enchanse
Dans mon coeur agité , grands Dieux , quels
mouvemens !
Dans quel transport , dans quel delire ,
Tombai-je en ces heureux momens
Mon ame à peine peut suffire ,
Au doux plaisir que je ressens.
Mais , Hebé, quelle indifference
Succede à mes brulans desirs à
Le moment de la jouissance
Est-il le terme des plaisirse
Je
1918 MERCURE DE FRANCE
Je t'entens , dit Hebé ; dans la Forêt prochaine ,
Regarde ces Chasseurs que
Diane
ramene
Va , cours apprendre sous ses loix ,
A relancer un Cerf, à le mettre aux abois,
Du Cor qui m'appelle ,
Le son éclatant ,
Du Chasseur trop lent..
Ranime le zele ,
Tandis que le Cerfà ce bruit,
Tremble , s'épouvante , s'enfuit ;
Le Sanglier craint la lumiere ,
Dans les bois il cherche un réduit
Et dans sa Taniere
Le Lion frémir.
.
Mais déja le Soleil éteint ses feux dans l'Onde
Et la nuit ramenant le repos dans le monde
Vient terminer trop-tôt d'agreables travaux .
Vien , Bacchus , vien par ta présence ,
Ecarter loin de moi les ennuyeux Pavots ,
Serait- ce profiter du temps qu'Hebé dispense
Que le passer dans le repos, 2
C'est par tou , Dieu de l'alegresse ,
Que l'Amour même est désarmé
Et
AOUST.
17318 1919
Er que mon coeur n'est enflammé ,
Que des feux d'une douce yvresse
Beuvons , amis , et que la joye ,
Soit l'arbitre de ce Festin ,
Et que le noir chagrin se noye
Dans les torrens de ce bon vine
Je sens mille vapeurs legeres ...
Je vois les Faunes assemblées . . .-
A mes regards déja troublez ,,
Bacchus dévoile ses Mysteres.
Ce fut ainsi qu'Hebé dans une illusion ,
De mes jeunes ardeurs me retraça l'image ;
Je crus en m'éveillant être encor au bel âge
Helas ! avec ma vision ,
Disparut à l'instant la Déesse volage.
Mortel , qui commencez à peine votre cours
D'un utile conseil je vous dois le secours ;
Ma jeunesse trop vive a passé comme un songs ;
Hebé qui vous promet un siecle de beauxjours s
Ne vous berge que d'un mensonge..
Cavalies , Avocat à Montpellier.
CANT AT E.
Dans un songe flateur une jeune Déesse ,
Vint séduire mes sens par les plus doux attraits ;
A son air vif , brillant et frais ,
Je reconnois bien- tôt l'agreable Jeunesse.
Autourd'Hebé voloient mille petits Amours
Qui pour dompter les coeurs rebelles ,
Empruntoient de ses yeux l'infaillible secours ;
Le Tems sur ses rapides aîles ,
Portoit cette Divinité ,
Et l'aimable Printems , soigneux de sa beauté ,
Répandoit sur son teint des fleurs toujours nouvelles.
Choisis , medit Hebé , d'un air doux , gracieux ,
Tandis que des beaux jours pour toi j'ourdis la
trame ,
De
A O UST . 1917 1731
De mes dons précieux ;
Celui qui maintenant flate le plus ton ame
Aimable fille de Junon ,
Sans qui jamais l'on ne peut plaire ,
Commande aux Enfans de Cithere ,
De triompher de ma raison.
Que les plaisirs suivis des charmes
Que tu dispenses aux Amours ,
Fassent sans trouble , sans allarmes ,,
Couler les plus beaux de mes jours,-
Aimable fille de Junon , &c.
Mais des Nymphes d'Hebé qu'elle troupe brill
lante ,
Se présente à mes yeux , me ravit et m'enchanse
Dans mon coeur agité , grands Dieux , quels
mouvemens !
Dans quel transport , dans quel delire ,
Tombai-je en ces heureux momens
Mon ame à peine peut suffire ,
Au doux plaisir que je ressens.
Mais , Hebé, quelle indifference
Succede à mes brulans desirs à
Le moment de la jouissance
Est-il le terme des plaisirse
Je
1918 MERCURE DE FRANCE
Je t'entens , dit Hebé ; dans la Forêt prochaine ,
Regarde ces Chasseurs que
Diane
ramene
Va , cours apprendre sous ses loix ,
A relancer un Cerf, à le mettre aux abois,
Du Cor qui m'appelle ,
Le son éclatant ,
Du Chasseur trop lent..
Ranime le zele ,
Tandis que le Cerfà ce bruit,
Tremble , s'épouvante , s'enfuit ;
Le Sanglier craint la lumiere ,
Dans les bois il cherche un réduit
Et dans sa Taniere
Le Lion frémir.
.
Mais déja le Soleil éteint ses feux dans l'Onde
Et la nuit ramenant le repos dans le monde
Vient terminer trop-tôt d'agreables travaux .
Vien , Bacchus , vien par ta présence ,
Ecarter loin de moi les ennuyeux Pavots ,
Serait- ce profiter du temps qu'Hebé dispense
Que le passer dans le repos, 2
C'est par tou , Dieu de l'alegresse ,
Que l'Amour même est désarmé
Et
AOUST.
17318 1919
Er que mon coeur n'est enflammé ,
Que des feux d'une douce yvresse
Beuvons , amis , et que la joye ,
Soit l'arbitre de ce Festin ,
Et que le noir chagrin se noye
Dans les torrens de ce bon vine
Je sens mille vapeurs legeres ...
Je vois les Faunes assemblées . . .-
A mes regards déja troublez ,,
Bacchus dévoile ses Mysteres.
Ce fut ainsi qu'Hebé dans une illusion ,
De mes jeunes ardeurs me retraça l'image ;
Je crus en m'éveillant être encor au bel âge
Helas ! avec ma vision ,
Disparut à l'instant la Déesse volage.
Mortel , qui commencez à peine votre cours
D'un utile conseil je vous dois le secours ;
Ma jeunesse trop vive a passé comme un songs ;
Hebé qui vous promet un siecle de beauxjours s
Ne vous berge que d'un mensonge..
Cavalies , Avocat à Montpellier.
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Résumé : LA JEUNESSE. CANTATE.
Dans un rêve, le narrateur est séduit par la déesse Jeunesse (Hébé), accompagnée de petits Amours, du Temps et du Printemps. Hébé offre ses dons précieux et commande aux enfants de Cythère de triompher de la raison du narrateur. Après un moment de plaisir intense, une indifférence succède à ses désirs ardents. Hébé conseille alors au narrateur de chasser avec Diane pour ranimer son zèle. À la tombée de la nuit, Bacchus est invoqué pour écarter l'ennui et permettre de profiter des plaisirs de la vie. À son réveil, le narrateur réalise que la déesse a disparu et met en garde les jeunes gens sur la fugacité de la jeunesse, comparée à un songe éphémère.
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8
p. 2104-2106
A MLLE SALLÉ, Danseuse de l'Opera, pour celebrer son retour. EPITRE.
Début :
Les Amours pendant votre absence [...]
Mots clefs :
Amours, Vénus, Grâces
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texteReconnaissance textuelle : A MLLE SALLÉ, Danseuse de l'Opera, pour celebrer son retour. EPITRE.
A MLLE SALLE' ,
Danseuse de l'Opera , pour celebrer
son retour.
EPITRE.
LEs Amours pendant votre absence
'Avec vous s'étoient envolez ;
Enfin les voila rappellez
Dan
SEPTEMBRE. 1731. 2105
Dans le séjour de leur naissance.
Je les vis , ces Enfans aîlez ,
Voler en foule sur la Scene ,
Ou , pour voir triompher leur Reine
Leurs Etats furent assemblez ;
Dieux ! quel fut leur plaisir extréme ,
Ce jour , le plus beau de vos jours ,
Où, recevant de Venus même ,
Et sa Ceinture et ses atours
Vous vîtes l'avide concours ,
D'un Peuple entraîné sur vos traces ,
Qui se rappellera toûjours ,
Ces Ras mésurez par les graces >
Et composez par les Amours.
Des Ris l'essain vif et folâtre ,
Pour contempler ces Jeux charmans
Avoient occupé le Théatre ,
Sous la forme de mille Amans ;
Pour vous voir , les Graces parées ,
De modernes habillemens ,
Des Loges s'étoient emparées ;
Pour empoisonner ces douceurs ,
Une Troupe d'Amours censeurs
Osa se glisser au Parterre ,
Amours étrangers , inconnus ,
Qui sans doute n'étoient venus
21
99
Que pour vous déclarer la guerre ;
CY To
2106 MERCURE DE FRANCE
Je vis leur party frémissant ,.
Forcé de changer de langage ,
Vous rendre , en pestant , son homage ,
Et jurer en applaudissant.
Restez , Fille de Terpsicore ,.
L'Amour est las de voyager ;
Laissez soupirer l'Etranger ,
Brulant de vous revoir encore.' ,
Je sçai que pour nous attirer ,
L'Anglois solide récompense
Le mérite errant que la France
Ne fait tout au plus qu'admirer..
Par sa genereuse industrie ,
Laissons l'Anglois se signaler ,
Est-il rien qui puisse égaler
Le suffrage de la Patrie ?.
Danseuse de l'Opera , pour celebrer
son retour.
EPITRE.
LEs Amours pendant votre absence
'Avec vous s'étoient envolez ;
Enfin les voila rappellez
Dan
SEPTEMBRE. 1731. 2105
Dans le séjour de leur naissance.
Je les vis , ces Enfans aîlez ,
Voler en foule sur la Scene ,
Ou , pour voir triompher leur Reine
Leurs Etats furent assemblez ;
Dieux ! quel fut leur plaisir extréme ,
Ce jour , le plus beau de vos jours ,
Où, recevant de Venus même ,
Et sa Ceinture et ses atours
Vous vîtes l'avide concours ,
D'un Peuple entraîné sur vos traces ,
Qui se rappellera toûjours ,
Ces Ras mésurez par les graces >
Et composez par les Amours.
Des Ris l'essain vif et folâtre ,
Pour contempler ces Jeux charmans
Avoient occupé le Théatre ,
Sous la forme de mille Amans ;
Pour vous voir , les Graces parées ,
De modernes habillemens ,
Des Loges s'étoient emparées ;
Pour empoisonner ces douceurs ,
Une Troupe d'Amours censeurs
Osa se glisser au Parterre ,
Amours étrangers , inconnus ,
Qui sans doute n'étoient venus
21
99
Que pour vous déclarer la guerre ;
CY To
2106 MERCURE DE FRANCE
Je vis leur party frémissant ,.
Forcé de changer de langage ,
Vous rendre , en pestant , son homage ,
Et jurer en applaudissant.
Restez , Fille de Terpsicore ,.
L'Amour est las de voyager ;
Laissez soupirer l'Etranger ,
Brulant de vous revoir encore.' ,
Je sçai que pour nous attirer ,
L'Anglois solide récompense
Le mérite errant que la France
Ne fait tout au plus qu'admirer..
Par sa genereuse industrie ,
Laissons l'Anglois se signaler ,
Est-il rien qui puisse égaler
Le suffrage de la Patrie ?.
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Résumé : A MLLE SALLÉ, Danseuse de l'Opera, pour celebrer son retour. EPITRE.
En septembre 1731, une épître célèbre le retour de Mlle Salle, une danseuse de l'Opéra. Les Amours, symbolisant les passions et les admirateurs, l'ont suivie et se sont rassemblés pour la voir triompher sur scène. Le jour de son retour a été marqué par un enthousiasme extrême, avec un public avide et des Grâces vêtues de modernes habits occupant les loges. Cependant, une troupe d'Amours censeurs, étrangers et inconnus, a tenté de perturber cet enthousiasme en déclarant la guerre à Mlle Salle. Malgré cela, ces Amours ont dû changer de langage et rendre hommage à la danseuse en applaudissant. L'auteur exprime le souhait que Mlle Salle reste, car l'Amour est las de voyager. Il mentionne également la générosité des Anglais à récompenser le mérite, mais souligne l'importance du suffrage de la Patrie.
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9
p. 2327-2328
STANCES, Sur les Enigmes et les Logogryphes.
Début :
Auteurs malins, qui chaque mois [...]
Mots clefs :
Auteurs malins, Énigmes et logogriphes, Apollon, Lyre, Inutiles rimes, Amours
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texteReconnaissance textuelle : STANCES, Sur les Enigmes et les Logogryphes.
STANCES,
Surles Enigmes et les Logogryphes.
AUUteurs malins , qui chaque mois
Mettez mon Esprit à la gêne ,
Et me faites mordre les doigts
Je sens qu'il faut à cette fois
Que, pour coup d'essai de ma Veire,
Contre vous elle se déchaine.
Sans doute un funeste Demon
Sous la figure d'Apollon
De ce misterieux ouvrage
Donna la premiere leçon..
Qui de fruits ou de fleurs ne porte l'avantage
Est banni du sacré Vallon.
Du Maître de la Lyre oubliant les maximes
A forger d'inutiles rimes
Vous perdez vos rares talens :
Du Dieu des sçavantes Çimes
Vous vous rendez par Vos crimes
Indignes d'être les Enfans.
Cvj Que
2328 MERCURE DE FRANCE
Que cette nouvelle manie
Puisse à jamais être bannie
De l'Empire du Dieu des Vers :
Les chants de la Poësie
Ne doivent frapper les airs
Que pour avec plaisir instruire l'Univers,
Par une vive et noble Image
De la félicité du sage
Elle doit charmer les Mortels :
Voilà son véritable usage ,
Voilà le véritable hommage
Que d'Apollon demandent les Autels.
Celebrés quelquefois les beautez de Sylvie ;
D'une saine Philosophie
Empruntant l'utile secours
Poëtes , montrez -nous le bonheur de la vie
Montrez- nous la douce harmonie
De la raison et des amours.
Pouget , Avocat à Montpellier.
Surles Enigmes et les Logogryphes.
AUUteurs malins , qui chaque mois
Mettez mon Esprit à la gêne ,
Et me faites mordre les doigts
Je sens qu'il faut à cette fois
Que, pour coup d'essai de ma Veire,
Contre vous elle se déchaine.
Sans doute un funeste Demon
Sous la figure d'Apollon
De ce misterieux ouvrage
Donna la premiere leçon..
Qui de fruits ou de fleurs ne porte l'avantage
Est banni du sacré Vallon.
Du Maître de la Lyre oubliant les maximes
A forger d'inutiles rimes
Vous perdez vos rares talens :
Du Dieu des sçavantes Çimes
Vous vous rendez par Vos crimes
Indignes d'être les Enfans.
Cvj Que
2328 MERCURE DE FRANCE
Que cette nouvelle manie
Puisse à jamais être bannie
De l'Empire du Dieu des Vers :
Les chants de la Poësie
Ne doivent frapper les airs
Que pour avec plaisir instruire l'Univers,
Par une vive et noble Image
De la félicité du sage
Elle doit charmer les Mortels :
Voilà son véritable usage ,
Voilà le véritable hommage
Que d'Apollon demandent les Autels.
Celebrés quelquefois les beautez de Sylvie ;
D'une saine Philosophie
Empruntant l'utile secours
Poëtes , montrez -nous le bonheur de la vie
Montrez- nous la douce harmonie
De la raison et des amours.
Pouget , Avocat à Montpellier.
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Résumé : STANCES, Sur les Enigmes et les Logogryphes.
Le poème 'Stances' critique les auteurs de logogryphes et d'énigmes, que l'auteur qualifie d''auteurs malins' le mettant à l'épreuve chaque mois. Il décide de réagir en utilisant sa 'veine' poétique contre eux. Il accuse un 'funeste Demon' de les avoir initiés à ces œuvres mystérieuses et inutiles, les comparant à des fruits ou des fleurs sans avantage. Il les blâme de négliger les enseignements d'Apollon et de gaspiller leurs talents en créant des rimes inutiles, les rendant indignes d'être les enfants du dieu des savoirs. L'auteur souhaite que cette 'nouvelle manie' soit bannie de l'empire du dieu des vers. Il affirme que la poésie doit instruire l'univers avec plaisir et montrer la félicité du sage. Elle doit charmer les mortels et rendre hommage à Apollon. Il encourage les poètes à célébrer les beautés de Sylvie et à montrer le bonheur de la vie à travers une saine philosophie, en harmonisant la raison et les amours. L'auteur se présente comme Pouget, avocat à Montpellier.
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10
p. 2625-2627
COUPLETS, Sur le Menuet des Berceaux, du Ballet des Anglois, de l'Opera Comique.
Début :
Viens à mon secours, [...]
Mots clefs :
Menuet, Ballet, Opéra comique, Amours, Grâces, Jeux
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texteReconnaissance textuelle : COUPLETS, Sur le Menuet des Berceaux, du Ballet des Anglois, de l'Opera Comique.
COUPLETS ,
Sur le Menuet des Berceaux , du Ballet des
Anglois , de l'Opera Comique.
Viens àmon secours
Bacchus , aux Amours
Dispute la Victoire ;
Viens à mon secours
Bacchus , aux Amours
Dispute mes beaux jours.
Soutiens un Buveur
Ma langueur ,
Affoiblit ta gloire ;
Orné d'un Pampre fleuri ,
Verse ton jus chéri ;
A boire ,
A boire ,
Je serai guéri.
Amans malheuroux ,
Chérissez vos noeuds ,
pour Climene : S'ils sont faits
Amans malheureux ,
Chérissez vos noeuds
Quoiqu'ils soient rigoureux.
G US
2626 MERCURE DE FRANCE
Un coeur vainement .
Fait serment ,
De fuir l'Inhumaine a
Loin même de ses attraits ,
On en ressent les traits.
Climene ,
Ta chaîne ,
Ne se rompt jamais,
Philis , tes accens ,
Toûjours ravissans >
Triomphent des Canentes ;
Philis , tes accens
Toujours ravissans ,
Ne nous laissent qu'un sens.
Ah ! qu'ils sont puissants !
Que je sens ,
Leurs douceurs touchantes !
Philis quel coeur indompté ,
T'a jamais résisté ?
Tu chantes
Νε
Tu chantes ,
Tout est enchanté.
CHANSON.
E vous étonnez pas , Julie ,
Si prés de vous l'esprit s'oublie ;
Tous les écarts sont de saison ,
NOVEMBRE. 1731. 2627,
Où regnent les Jeux et les Graces ;
Trop d'Amours volent sur vos traces
Pour y rencontrer la Raison .
Sur le Menuet des Berceaux , du Ballet des
Anglois , de l'Opera Comique.
Viens àmon secours
Bacchus , aux Amours
Dispute la Victoire ;
Viens à mon secours
Bacchus , aux Amours
Dispute mes beaux jours.
Soutiens un Buveur
Ma langueur ,
Affoiblit ta gloire ;
Orné d'un Pampre fleuri ,
Verse ton jus chéri ;
A boire ,
A boire ,
Je serai guéri.
Amans malheuroux ,
Chérissez vos noeuds ,
pour Climene : S'ils sont faits
Amans malheureux ,
Chérissez vos noeuds
Quoiqu'ils soient rigoureux.
G US
2626 MERCURE DE FRANCE
Un coeur vainement .
Fait serment ,
De fuir l'Inhumaine a
Loin même de ses attraits ,
On en ressent les traits.
Climene ,
Ta chaîne ,
Ne se rompt jamais,
Philis , tes accens ,
Toûjours ravissans >
Triomphent des Canentes ;
Philis , tes accens
Toujours ravissans ,
Ne nous laissent qu'un sens.
Ah ! qu'ils sont puissants !
Que je sens ,
Leurs douceurs touchantes !
Philis quel coeur indompté ,
T'a jamais résisté ?
Tu chantes
Νε
Tu chantes ,
Tout est enchanté.
CHANSON.
E vous étonnez pas , Julie ,
Si prés de vous l'esprit s'oublie ;
Tous les écarts sont de saison ,
NOVEMBRE. 1731. 2627,
Où regnent les Jeux et les Graces ;
Trop d'Amours volent sur vos traces
Pour y rencontrer la Raison .
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Résumé : COUPLETS, Sur le Menuet des Berceaux, du Ballet des Anglois, de l'Opera Comique.
Le texte extrait du 'Mercure de France' de novembre 1731 présente des couplets et des chansons. Les couplets, inspirés du menuet des Berceaux du Ballet des Anglois de l'Opéra Comique, implorent Bacchus de secourir un buveur affaibli. Ce dernier demande au dieu de soutenir sa langueur et de verser son vin pour le guérir. Les amants malheureux sont encouragés à chérir leurs liens, malgré leur rigueur. Une chanson exprime l'incapacité d'un cœur à fuir une personne inhumaine, malgré les serments. Climène est décrite avec une chaîne inbrisable, tandis que Philis, par ses accents ravissants, triomphe des Canentes et charme irrésistiblement. La dernière chanson s'adresse à Julie, soulignant que près d'elle, l'esprit s'oublie et que les amours et les grâces y règnent, laissant peu de place à la raison.
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11
p. 2634-2636
MADRIGAL.
Début :
Enfin je l'ai vu sur la Scene, [...]
Mots clefs :
Cupidon, Comédiens-Français, Amours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
MADRIGAL
Nfin je l'ai vu sur la Scène,
Ce petit Dieu tant renommê ,
Cupidon...Ah ! qu'il m'a charmé §
Pourroit-on refuser sa chaîne ǝ
Non ; et qui ne me croira pas ,
Qu'il aille éprouver ses appas.
Mais pour vous ,quel sujet d'allarmes ;
Beautez , dont il vantoit les charmes !
Il ne vous sert plus aujourd'hui ,
Et le fripon garde pour lui
Tous les coeurs que blessent ses armacy.
NOVEMBRE 1731. 2635.
3
AUTRE
•
Jeune Dangeville , à quoi bon ;
Prendre l'habit de Cupidon ?
Déja vous regnez dans Cythere ,
Ses Autels vous sont reservez ;
-Nous le sçavons , vous le sçavez ;
Les amours ont trahi leur Mere ,
Pour vous seule qui les bravez
De leur parure ils ont affaire
Sans besoin vous vous en servez.
N'empruntez jamais rien pour plaire ;
Car en fait d'appas vous avez ,
Bien au delà du necessaire.
AUTRE.
Sous l'habit et le nom de son charmant Epour,
Psiché vit Dangeville et sentit dans son ame ,
Les transports. les plus vifs , les désirs les plus
doux ,
Qu'éut jamais fait naître sa flame ;
Aussi tôt son coeur attendri ,
xpliqua librement sa surprise amoureuse ;
Heureusement pour le mari ,
L'erreur n'étoit pas dangereuse.
AUTRE.
Sous les atours de Cupidon ,
enus rencontrant Dangeville ,
La prit pour ce malin Garçon ,
Gvj La
26 36 MERCURE DE FRANCE
La méprise est assez facile.
Ah ! dit la Reine des Amours ,
Mon fils embellit tous les jours.
Les Comédiens François ont remis au
Théatre la Tragédie d'Ariane , de T. Corneille
, que le public voit avec grand plaisir.
La De Duclos est en possession depuis
long- temps d'y jouer le principal Rôle
dans la plus grande perfection.
Le 23. de ce mois , les mêmes Comédiens
donnerent la premiere Représentation
du Chevalier Bayard , Comédie Heroïque
de M. Autreau ; elle est bien écrite
et bien versifiée . On y trouve plusieurs
beaux caracteres , bien soutenus et beaucoup
d'interêt. Nous en parlerons plus
au long,
Nfin je l'ai vu sur la Scène,
Ce petit Dieu tant renommê ,
Cupidon...Ah ! qu'il m'a charmé §
Pourroit-on refuser sa chaîne ǝ
Non ; et qui ne me croira pas ,
Qu'il aille éprouver ses appas.
Mais pour vous ,quel sujet d'allarmes ;
Beautez , dont il vantoit les charmes !
Il ne vous sert plus aujourd'hui ,
Et le fripon garde pour lui
Tous les coeurs que blessent ses armacy.
NOVEMBRE 1731. 2635.
3
AUTRE
•
Jeune Dangeville , à quoi bon ;
Prendre l'habit de Cupidon ?
Déja vous regnez dans Cythere ,
Ses Autels vous sont reservez ;
-Nous le sçavons , vous le sçavez ;
Les amours ont trahi leur Mere ,
Pour vous seule qui les bravez
De leur parure ils ont affaire
Sans besoin vous vous en servez.
N'empruntez jamais rien pour plaire ;
Car en fait d'appas vous avez ,
Bien au delà du necessaire.
AUTRE.
Sous l'habit et le nom de son charmant Epour,
Psiché vit Dangeville et sentit dans son ame ,
Les transports. les plus vifs , les désirs les plus
doux ,
Qu'éut jamais fait naître sa flame ;
Aussi tôt son coeur attendri ,
xpliqua librement sa surprise amoureuse ;
Heureusement pour le mari ,
L'erreur n'étoit pas dangereuse.
AUTRE.
Sous les atours de Cupidon ,
enus rencontrant Dangeville ,
La prit pour ce malin Garçon ,
Gvj La
26 36 MERCURE DE FRANCE
La méprise est assez facile.
Ah ! dit la Reine des Amours ,
Mon fils embellit tous les jours.
Les Comédiens François ont remis au
Théatre la Tragédie d'Ariane , de T. Corneille
, que le public voit avec grand plaisir.
La De Duclos est en possession depuis
long- temps d'y jouer le principal Rôle
dans la plus grande perfection.
Le 23. de ce mois , les mêmes Comédiens
donnerent la premiere Représentation
du Chevalier Bayard , Comédie Heroïque
de M. Autreau ; elle est bien écrite
et bien versifiée . On y trouve plusieurs
beaux caracteres , bien soutenus et beaucoup
d'interêt. Nous en parlerons plus
au long,
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Résumé : MADRIGAL.
Le Mercure de France de novembre 1731 présente divers extraits de madrigaux et de nouvelles théâtrales. Un madrigal décrit le pouvoir envoûtant de Cupidon, capable de charmer et captiver les cœurs. Un autre madrigal célèbre la beauté et le charme naturel de la jeune Dangeville, qui n'a pas besoin d'artifices pour plaire. Un extrait relate une méprise où Psiché, déguisée en Cupidon, rencontre Dangeville et ressent des émotions intenses. Le texte mentionne également des représentations théâtrales, notamment la tragédie 'Ariane' de Pierre Corneille, interprétée par la Duclos, et la comédie héroïque 'Le Chevalier Bayard' de M. Autreau, appréciée pour son écriture et ses personnages bien définis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
s. p.
STANCES IRREGULIERES Sur l'avantage qu'il y a d'aimer Dieu, préférablement aux Créatures.
Début :
Je déteste vos impostures, [...]
Mots clefs :
Coeurs, Amours, Créatures, Dieu, Plaisirs
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texteReconnaissance textuelle : STANCES IRREGULIERES Sur l'avantage qu'il y a d'aimer Dieu, préférablement aux Créatures.
STANCES IRREGULIERES
Sur l'avantage qu'il y a d'aimer Dien ,
préférablement aux Créatures.
33 J
13
E déteste vos impostures ,
Funeste amour des Créatures ;
Cédez pour jamais dans mon
、 cœur
A l'amour de mon Créateur.
Combien de fois séduit d'une fausse apparence,
La légéreté, l'inconstance ,
A ij De
1676 MERCURE DE FRANCE
De la plus piquante beauté ,
Ont-elles trompé l'esperance ,
Dont on s'étoit trop- tôt flatté ?
Combien l'aveugle phrénésie ,
D'une barbare jalousie ,
A-t-elle tourmenté de cœurs !
Et la cruelle maladie ,
Effacé de charmes vainqueurs ,
Et changé d'amours en horreurs!
Si , pour prix de notre constance,
Une flateuse préférence ,
Couronne notre passion ,
Une longue possession ,
Une facile jouissance ,
Fait cesser les tendres soupirs ;
L'amour tombe dans l'indolence ;
Le dégoût succéde aux désirs ,
Et le repentir aux plaisirs,
Mais je veux qu'il se trouve au monde
Deux cœurs si tendrement unis
Qu'au milieu d'une paix profonde ,
Ils goûtent des biens infinis ,
Et que leur ardeur mutuelle ,
A chaque instant se renouvelle ;
Ces cœurs sont-ils long- temps heureux à
Les rigueurs d'une longue absence ,
Les
A
OUST. 1732 1677
Traverseront de si beaux feux ,
Où la mort avec violence ,
Viendra briser de si doux nœuds.
Grand Dieu , l'on trouve en vous une beauté
parfaite ;
On n'y craint point de changement ;
Plus nous vous aimons constamment .
"
Et plus notre ame est satisfaite.
A celui qui veut vous chercher ;
Jamais rien ne vous peut cacher ;
Ni tumulte , ni solitude ;
Vous sçavez remplir nos désirs ,
Et par l'avant- goût des plaisirs ,
D'une sainte beatitude ,
Adoucir notre inquiétude.
La mort si terrible aux Amans ,
N'a rien à nos yeux que d'aimable ;
Nous en attendons les momens,
Comme le terme désirable ,
Qui doit à l'objet adorable
us unir éternellemen
Sur l'avantage qu'il y a d'aimer Dien ,
préférablement aux Créatures.
33 J
13
E déteste vos impostures ,
Funeste amour des Créatures ;
Cédez pour jamais dans mon
、 cœur
A l'amour de mon Créateur.
Combien de fois séduit d'une fausse apparence,
La légéreté, l'inconstance ,
A ij De
1676 MERCURE DE FRANCE
De la plus piquante beauté ,
Ont-elles trompé l'esperance ,
Dont on s'étoit trop- tôt flatté ?
Combien l'aveugle phrénésie ,
D'une barbare jalousie ,
A-t-elle tourmenté de cœurs !
Et la cruelle maladie ,
Effacé de charmes vainqueurs ,
Et changé d'amours en horreurs!
Si , pour prix de notre constance,
Une flateuse préférence ,
Couronne notre passion ,
Une longue possession ,
Une facile jouissance ,
Fait cesser les tendres soupirs ;
L'amour tombe dans l'indolence ;
Le dégoût succéde aux désirs ,
Et le repentir aux plaisirs,
Mais je veux qu'il se trouve au monde
Deux cœurs si tendrement unis
Qu'au milieu d'une paix profonde ,
Ils goûtent des biens infinis ,
Et que leur ardeur mutuelle ,
A chaque instant se renouvelle ;
Ces cœurs sont-ils long- temps heureux à
Les rigueurs d'une longue absence ,
Les
A
OUST. 1732 1677
Traverseront de si beaux feux ,
Où la mort avec violence ,
Viendra briser de si doux nœuds.
Grand Dieu , l'on trouve en vous une beauté
parfaite ;
On n'y craint point de changement ;
Plus nous vous aimons constamment .
"
Et plus notre ame est satisfaite.
A celui qui veut vous chercher ;
Jamais rien ne vous peut cacher ;
Ni tumulte , ni solitude ;
Vous sçavez remplir nos désirs ,
Et par l'avant- goût des plaisirs ,
D'une sainte beatitude ,
Adoucir notre inquiétude.
La mort si terrible aux Amans ,
N'a rien à nos yeux que d'aimable ;
Nous en attendons les momens,
Comme le terme désirable ,
Qui doit à l'objet adorable
us unir éternellemen
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Résumé : STANCES IRREGULIERES Sur l'avantage qu'il y a d'aimer Dieu, préférablement aux Créatures.
Le texte 'Stances irrégulières' met en avant les avantages d'aimer Dieu plutôt que les créatures terrestres. L'auteur critique l'amour terrestre, qui trompe souvent par des apparences fallacieuses et cause des souffrances par la jalousie et l'inconstance. Même lorsqu'il semble récompensé, il mène souvent à l'indolence, au dégoût et au repentir. Les cœurs les plus unis finissent par souffrir des rigueurs de l'absence ou de la mort. En contraste, aimer Dieu offre une beauté parfaite et constante. Dieu sait remplir les désirs et adoucir l'inquiétude par la promesse d'une béatitude sainte. La mort, redoutable pour les amants terrestres, devient désirable car elle unit éternellement à Dieu.
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13
p. 147-149
LA FESTE D'IRIS, CANTATILLE, Mise en Musique, par M. RAILLARD.
Début :
Tendres amours, quittez Cythere, [...]
Mots clefs :
Yeux, Amours, Iris, Beauté
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texteReconnaissance textuelle : LA FESTE D'IRIS, CANTATILLE, Mise en Musique, par M. RAILLARD.
CANTATIL LE.»
Mise en Musique, par M. Rununnä
TEndres amours , quittez Cythete,
Suivez les graces et les Ris;
Ils abandonnent votre Mere ,
Pour briller chez la belle Iris.
M ,
On celebre aujounÿhui sa Fête,
Vole? . allez cueillir des fleurs 5
Hâtcz-vous , couronnez sa tête,
Bac: "lui présenter des coeurs,
Tendres amours . quittez Cytherc ,‘
suivez les graces et lesllis,
118 abandonnent votre tnetc ,
Pour brille: chez la belle Iris
1
145” MERCURAË DË ËR ÀNCÈ
' Les Enfans de Venus exaucent ma priere ,
Mes yeux sont éblouis quel éclat de lumiere!
Je voi voler ces Dieux chatmans ,
Dans leur rapide Cours , ils devancent les Vents.)
Its amours vous. rendent hommage;
Iris , votre beauté mérite des Autêls :
Le don de plaire est votre doux partage g
Triomphez de tous les mortels.
Les amours vous rendent hommage ,
. a I _
Iris , votre beauté mente des Auteis.
âië
Les habitans Je ces Boeages ; '
Font entendre de doux Concerts;
lt les petits Oyseaux unissent leurs ramages,‘
A ces Chants qui {tapent les Airs.
i?! . ‘ _
Belle Iris gregnez‘ sans cesse,
Sur les Bergers de ces lieux;
Le tendre amour qui les blesse,‘
Fait son séjour dans vos yeux.
N « a M
Les doux‘ traits que ce Dieu lance ,
Attcndrissent tous les coeurs ;
Rien ne leur fait résistance; *
yos yeux les rendent vainqueurs.‘
Belle
JAN V I E R. 1733.‘ r45
pelle Iris , regnez sans‘ cesse,’ '
Sur les Bergers de ces lieux ;
Le tendre amour qui les blesse,
Fait son séjour dans vos yeux, _[_
Par M. Pfljficbafll.
Mise en Musique, par M. Rununnä
TEndres amours , quittez Cythete,
Suivez les graces et les Ris;
Ils abandonnent votre Mere ,
Pour briller chez la belle Iris.
M ,
On celebre aujounÿhui sa Fête,
Vole? . allez cueillir des fleurs 5
Hâtcz-vous , couronnez sa tête,
Bac: "lui présenter des coeurs,
Tendres amours . quittez Cytherc ,‘
suivez les graces et lesllis,
118 abandonnent votre tnetc ,
Pour brille: chez la belle Iris
1
145” MERCURAË DË ËR ÀNCÈ
' Les Enfans de Venus exaucent ma priere ,
Mes yeux sont éblouis quel éclat de lumiere!
Je voi voler ces Dieux chatmans ,
Dans leur rapide Cours , ils devancent les Vents.)
Its amours vous. rendent hommage;
Iris , votre beauté mérite des Autêls :
Le don de plaire est votre doux partage g
Triomphez de tous les mortels.
Les amours vous rendent hommage ,
. a I _
Iris , votre beauté mente des Auteis.
âië
Les habitans Je ces Boeages ; '
Font entendre de doux Concerts;
lt les petits Oyseaux unissent leurs ramages,‘
A ces Chants qui {tapent les Airs.
i?! . ‘ _
Belle Iris gregnez‘ sans cesse,
Sur les Bergers de ces lieux;
Le tendre amour qui les blesse,‘
Fait son séjour dans vos yeux.
N « a M
Les doux‘ traits que ce Dieu lance ,
Attcndrissent tous les coeurs ;
Rien ne leur fait résistance; *
yos yeux les rendent vainqueurs.‘
Belle
JAN V I E R. 1733.‘ r45
pelle Iris , regnez sans‘ cesse,’ '
Sur les Bergers de ces lieux ;
Le tendre amour qui les blesse,
Fait son séjour dans vos yeux, _[_
Par M. Pfljficbafll.
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Résumé : LA FESTE D'IRIS, CANTATILLE, Mise en Musique, par M. RAILLARD.
Le poème « CANTATIL LE. » est mis en musique par M. Rununnä. Il commence par une invocation aux « tendres amours » de quitter Cythère pour suivre les grâces et les ris, abandonnant leur mère pour briller chez la belle Iris. Le texte célèbre la fête d'Iris, invitant à cueillir des fleurs pour la couronner et lui présenter des cœurs. Les enfants de Vénus exaucent une prière, et Mercure décrit une scène où les dieux charmants volent rapidement, devançant les vents. Iris est louée pour sa beauté, qui mérite des autels, et son don de plaire. Les habitants des bois et les oiseaux unissent leurs chants pour célébrer Iris. Le poème se termine par une répétition de l'invitation à Iris de régner sans cesse sur les bergers, soulignant que le tendre amour réside dans ses yeux. La date mentionnée est janvier 1733, et le poème est signé par M. Pfljficbafll.
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14
p. 175-176
LES DEUX AMOURS.
Début :
Certain Enfant qu'avec crainte on caresse, [...]
Mots clefs :
Coeur, Amour, Amours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES DEUX AMOURS.
LES DEUX , AMOURS.
C
Ertain Enfant qu'avec crainte on caresse
,
Et qu'on connoît à son malin souris ,
Court en tous lieux , précédé par les ris
Mais trop souvent , suivi par la tristesse.
Dans le coeur des humains il entre avec souplesse
,
Habite avec fierté , s'envole avec mépris ?
(Il est un autre Amour, fils craintif de l'estime ;
Soumis dans ses chagrins , constant dans ses
désirs ,
Que la vertu soutient , que la Candeur anime ;
Qui résiste aux rigueurs , et croît par les plai
sirs .
De cet Amour le Flambeau peut paroître ,
Moins
. 76 MERCURE DE FRANCE
Moins éclatant , mais ces jeux sont plus
doux ,
C'est-là le Dieu que mon coeur veut pour
Maître ,
Et je ne veux le servir que pour vous.
C
Ertain Enfant qu'avec crainte on caresse
,
Et qu'on connoît à son malin souris ,
Court en tous lieux , précédé par les ris
Mais trop souvent , suivi par la tristesse.
Dans le coeur des humains il entre avec souplesse
,
Habite avec fierté , s'envole avec mépris ?
(Il est un autre Amour, fils craintif de l'estime ;
Soumis dans ses chagrins , constant dans ses
désirs ,
Que la vertu soutient , que la Candeur anime ;
Qui résiste aux rigueurs , et croît par les plai
sirs .
De cet Amour le Flambeau peut paroître ,
Moins
. 76 MERCURE DE FRANCE
Moins éclatant , mais ces jeux sont plus
doux ,
C'est-là le Dieu que mon coeur veut pour
Maître ,
Et je ne veux le servir que pour vous.
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Résumé : LES DEUX AMOURS.
Le poème 'Les Deux Amours' oppose deux types d'amour. Le premier, enfant malicieux, apporte joie puis tristesse. Le second, fils de l'estime, est constant et soutenu par la vertu. Le poète préfère ce dernier amour, qu'il souhaite servir pour une personne spécifique.
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15
p. 1342-1348
DIVERTISSEMENT Executé par l'Academie de Musique de Dijon.
Début :
SUJET. La Poësie et la Musique s'unissent pour contribuer au plaisir de la [...]
Mots clefs :
Musique, Choeur de musiciens, Poésie, Mortels, Désirs, Gloire, Plaisirs, Amours, Fille de mémoire, Concert, Académie de musique de Dijon
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texteReconnaissance textuelle : DIVERTISSEMENT Executé par l'Academie de Musique de Dijon.
DIVERTISSEMENT
•
2
Executé
par
l'Academie de Musique
de Dijon.
SUJET. La Poësie et la Musique s'unissent
pour contribuer au plaisir de la:
Compagnie brillante et délicate , qui
assiste au Concert..
PERSONNAGES.
La Poësie :
La Musique..
Q
Choeur de Poëtes..
Choeur de Musiciens..
La Scene est à Dijon , dans la Sale
ordinaire du Concert..
LA POESIE.
Ue vois -je ? ou venez - vous de conduire
mes pas ?
Les Graces et les Ris' , les Amours et leur Mere :
Ont-ils abandonné Cythere ,
Pour fixer leur séjour dans ces lieux pleins d'ap
pas ?
La Musique.
Ma Soeur , cet agréable Azyle ,.
* Offre à vos yeux surpris , l'Elite d'une Ville ,
II. Vol. Off
JUIN.
1343 1733 .
Où l'on se plaît d'entendre et vos Vers et mes
Chants ,
Et dans ces lieux où je préside ,
Je voudrois signaler le zéle qui me guide ,
Par les accords les plus touchans .
Digne Fille de Mémoire ,
Secondez tous mes désirs ;
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre gloire
;
Prenous soin de leurs plaisirs.
Choeur de Musiciens.
Digne Fille de Mémoire ,
Secondez tous nos désirs ;
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre
glaire ;
Prenons soin de leurs plaisirs.
Que nos voix se confondent ,
Pour mieux ravir les sens ;
Que les Echos répondent
A nos tendres accens !
Digne Fille de mémoire ,
Secondez tous nos désirs ;
2
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre gloi
re ,
Prenons soin de leurs plaisirs..
II. Vol. La
1344 MERCURE DE FRANCE
La Poësie .
Ne doutez point , ma Soeur , que ma reconnoissance
,
Ne réponde bien- tôt à votre impatience.
Déja pour vous servir( 1 ) , et pour vous conten
ter (2) ,
Je sens s'échauffer mon génie ;
y Et quand votre douce harmonie
Sur mes Vers pourroit l'emporter ,
Je vous surmonterai par l'ardeur infinie ,.
Qui va me faire tout tenter.
Quelle gloire charmante ,
D'entendre en ces beaux lieux ,
applaudir à mes
Vers !
Quelle gloire charmante
D'attirer par vos Airs ,
De Mortels délicats , une Troupe brillante !
L'Epoux d'Eurydice autrefois ,
Etoit moins glorieux sur les Monts de la Thrace
,
7
Quand des sons de sa Lyre , accompagnant sa
voix ,
Il voïoit accourir , pour plaindre sa disgrace ,
Les Ours , les Rochers et les Bois.
I A la Musique.
2 Au Choeur de Musiciens.
II. Vol. La
JUIN.
1345
1733 .
La Poësie et la Musique..
Quelle gloire charmante ,
D'entendre en ces beaux lieux
applaudir à
mes
Evos
Vers!
Quelle gloire charmante ,
D'attirer par
VOS
Airs ,
mes
De Mortels délicats , une Troupe brillante !
La Musique.
Eh bien , ma Soeur , sans différer ,
Sur les plus beaux sujets il faut nous préparer.
Accourez , Enfans de Cythere ,
Volez tous à notre secours ;
On se propose en vain de plaire ,
Sans les Graces et les Amours.
Que par leurs Chansons ravissantes ,
Nos plus fideles Nourrissons ,
Des Amphions et des Canentes
Fassent revivre icy les sons !
Accourez , Enfans de Cythere ,
Volez tous à notre secours ;
On se propose en vain de plaire ;
Sans les Graces et les Amours.
II. Vol. Choeur
1346 MERCURE DE FRANCE
Choeur de Musiciens.
Accourez , & c.
La Musique. I
vous , à qui Louis a commis sa puissance
O vous , qui de Thémis gouvernez la balance
;
Vous , Amis des neuf Soeurs ; Belles , dont le
pouvoir
Aux mortels fait tout entreprendre ;
Flatez notre plus doux espoir ,
En daignant dans ces lieux vous rendre
La Poësie et la Musique.
Par les soins que nous allons prendre ,
Yos sens seront séduits , il vous semblera voir
Ce que nous vous ferons entendre.
La Poësie.
Le Cor animera les diligens Chasseurs.
Guerriers , les bruïantes Trompettes ,
Scauront de Bellone en vos coeurs
Réveiller toutes les fureurs.
2
*
La Muslque s'addresse tour à tour à M. le
Comte de Tavanes , Brigadier des Armées du Roy
et son premier Lieutenant General en Bourgogne ;
aux Magistrats , aux beaux Esprits et aux Dames
qui assistent au Concert.
II. Vol.
Tirsis
JUIN. 1733.
1347
Tirsis et Corydon sur leurs tendres Musettes ,
De la tranquillité chanteront les douceurs.
Au Vice , pour livrer la guerre ,
Neptune agitera les Mers ;
Pluton ébranlera la Terre ;
Les Vents mugiront dans les Airs
Et , précédé par les éclairs ,
Du Ciel avec éclat , tombera le Tonnerre,
Le paisible Buyeur , orné de Pampres verts ,
Ventera le pouvoir de cet Enfant aimable ,
Que Sémele eut du Dieu qui régit l'Univers.
Les Ménades aux sons de sa voix agréable ,
Applaudiront , le Thyrse en main
Et le Satyre et le Sylvain ,
Danseront avec lui , pleins du jus délectable ,
Qui des plus malheureux adoucit le chagrin.
Ne pense pas que je t'oublie ,
Fils de Venus , auteur des plaisirs de la vie,
Ces Belles , qu'avec tant d'atours ,
De toutes parts je vois paroître ,
Des Coeurs ont sçu te rendre maître ;
Ma Lyre sous mes doigts résonneroit toujours,
Si je chantois tous les amours ,
Que leurs divins attraits font naître,
11. Vol. Choeur
1348 MERCURE DE FRANCE
Choeur de Poëtes et de Musiciens .
Chantons , livrons nos coeurs aux plus char
mans transports ,
Fuyez , fuyez , ennuyeuse Tristesse ;
Ne troublez jamais nos accords.
Fuyez , fuyez , ennuyeuse Tristesse ;
Que tout , au gré de nos désirs ,
Respire icy sans cesse ,
La joïe et les plaisirs !
Par M. CocQUART , Avocat al
Parlement de Dijon.
•
2
Executé
par
l'Academie de Musique
de Dijon.
SUJET. La Poësie et la Musique s'unissent
pour contribuer au plaisir de la:
Compagnie brillante et délicate , qui
assiste au Concert..
PERSONNAGES.
La Poësie :
La Musique..
Q
Choeur de Poëtes..
Choeur de Musiciens..
La Scene est à Dijon , dans la Sale
ordinaire du Concert..
LA POESIE.
Ue vois -je ? ou venez - vous de conduire
mes pas ?
Les Graces et les Ris' , les Amours et leur Mere :
Ont-ils abandonné Cythere ,
Pour fixer leur séjour dans ces lieux pleins d'ap
pas ?
La Musique.
Ma Soeur , cet agréable Azyle ,.
* Offre à vos yeux surpris , l'Elite d'une Ville ,
II. Vol. Off
JUIN.
1343 1733 .
Où l'on se plaît d'entendre et vos Vers et mes
Chants ,
Et dans ces lieux où je préside ,
Je voudrois signaler le zéle qui me guide ,
Par les accords les plus touchans .
Digne Fille de Mémoire ,
Secondez tous mes désirs ;
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre gloire
;
Prenous soin de leurs plaisirs.
Choeur de Musiciens.
Digne Fille de Mémoire ,
Secondez tous nos désirs ;
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre
glaire ;
Prenons soin de leurs plaisirs.
Que nos voix se confondent ,
Pour mieux ravir les sens ;
Que les Echos répondent
A nos tendres accens !
Digne Fille de mémoire ,
Secondez tous nos désirs ;
2
Ces Mortels assemblez , ont soin de notre gloi
re ,
Prenons soin de leurs plaisirs..
II. Vol. La
1344 MERCURE DE FRANCE
La Poësie .
Ne doutez point , ma Soeur , que ma reconnoissance
,
Ne réponde bien- tôt à votre impatience.
Déja pour vous servir( 1 ) , et pour vous conten
ter (2) ,
Je sens s'échauffer mon génie ;
y Et quand votre douce harmonie
Sur mes Vers pourroit l'emporter ,
Je vous surmonterai par l'ardeur infinie ,.
Qui va me faire tout tenter.
Quelle gloire charmante ,
D'entendre en ces beaux lieux ,
applaudir à mes
Vers !
Quelle gloire charmante
D'attirer par vos Airs ,
De Mortels délicats , une Troupe brillante !
L'Epoux d'Eurydice autrefois ,
Etoit moins glorieux sur les Monts de la Thrace
,
7
Quand des sons de sa Lyre , accompagnant sa
voix ,
Il voïoit accourir , pour plaindre sa disgrace ,
Les Ours , les Rochers et les Bois.
I A la Musique.
2 Au Choeur de Musiciens.
II. Vol. La
JUIN.
1345
1733 .
La Poësie et la Musique..
Quelle gloire charmante ,
D'entendre en ces beaux lieux
applaudir à
mes
Evos
Vers!
Quelle gloire charmante ,
D'attirer par
VOS
Airs ,
mes
De Mortels délicats , une Troupe brillante !
La Musique.
Eh bien , ma Soeur , sans différer ,
Sur les plus beaux sujets il faut nous préparer.
Accourez , Enfans de Cythere ,
Volez tous à notre secours ;
On se propose en vain de plaire ,
Sans les Graces et les Amours.
Que par leurs Chansons ravissantes ,
Nos plus fideles Nourrissons ,
Des Amphions et des Canentes
Fassent revivre icy les sons !
Accourez , Enfans de Cythere ,
Volez tous à notre secours ;
On se propose en vain de plaire ;
Sans les Graces et les Amours.
II. Vol. Choeur
1346 MERCURE DE FRANCE
Choeur de Musiciens.
Accourez , & c.
La Musique. I
vous , à qui Louis a commis sa puissance
O vous , qui de Thémis gouvernez la balance
;
Vous , Amis des neuf Soeurs ; Belles , dont le
pouvoir
Aux mortels fait tout entreprendre ;
Flatez notre plus doux espoir ,
En daignant dans ces lieux vous rendre
La Poësie et la Musique.
Par les soins que nous allons prendre ,
Yos sens seront séduits , il vous semblera voir
Ce que nous vous ferons entendre.
La Poësie.
Le Cor animera les diligens Chasseurs.
Guerriers , les bruïantes Trompettes ,
Scauront de Bellone en vos coeurs
Réveiller toutes les fureurs.
2
*
La Muslque s'addresse tour à tour à M. le
Comte de Tavanes , Brigadier des Armées du Roy
et son premier Lieutenant General en Bourgogne ;
aux Magistrats , aux beaux Esprits et aux Dames
qui assistent au Concert.
II. Vol.
Tirsis
JUIN. 1733.
1347
Tirsis et Corydon sur leurs tendres Musettes ,
De la tranquillité chanteront les douceurs.
Au Vice , pour livrer la guerre ,
Neptune agitera les Mers ;
Pluton ébranlera la Terre ;
Les Vents mugiront dans les Airs
Et , précédé par les éclairs ,
Du Ciel avec éclat , tombera le Tonnerre,
Le paisible Buyeur , orné de Pampres verts ,
Ventera le pouvoir de cet Enfant aimable ,
Que Sémele eut du Dieu qui régit l'Univers.
Les Ménades aux sons de sa voix agréable ,
Applaudiront , le Thyrse en main
Et le Satyre et le Sylvain ,
Danseront avec lui , pleins du jus délectable ,
Qui des plus malheureux adoucit le chagrin.
Ne pense pas que je t'oublie ,
Fils de Venus , auteur des plaisirs de la vie,
Ces Belles , qu'avec tant d'atours ,
De toutes parts je vois paroître ,
Des Coeurs ont sçu te rendre maître ;
Ma Lyre sous mes doigts résonneroit toujours,
Si je chantois tous les amours ,
Que leurs divins attraits font naître,
11. Vol. Choeur
1348 MERCURE DE FRANCE
Choeur de Poëtes et de Musiciens .
Chantons , livrons nos coeurs aux plus char
mans transports ,
Fuyez , fuyez , ennuyeuse Tristesse ;
Ne troublez jamais nos accords.
Fuyez , fuyez , ennuyeuse Tristesse ;
Que tout , au gré de nos désirs ,
Respire icy sans cesse ,
La joïe et les plaisirs !
Par M. CocQUART , Avocat al
Parlement de Dijon.
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Résumé : DIVERTISSEMENT Executé par l'Academie de Musique de Dijon.
Le texte relate une représentation organisée par l'Académie de Musique de Dijon, où la Poésie et la Musique se réunissent pour le divertissement d'une assemblée raffinée. L'événement se tient dans la salle habituelle des concerts de Dijon. La Poésie et la Musique dialoguent, exprimant leur souhait de contribuer au plaisir des spectateurs. La Poésie admire la beauté de la ville et l'harmonie entre les vers et les chants. Les chœurs de poètes et de musiciens soulignent l'importance de ravir les sens et de prendre soin de la gloire et des plaisirs des mortels. La Poésie et la Musique invoquent les Grâces, les Rires, les Amours et leur mère pour les assister. La Musique s'adresse ensuite à divers personnages présents, incluant M. le Comte de Tavanes, les magistrats, les beaux esprits et les dames. La représentation inclut des scènes animées par divers instruments comme le cor, les trompettes et les musettes, ainsi que des divinités telles que Neptune, Pluton et Jupiter. Ces scènes illustrent divers thèmes comme la chasse, la guerre, la tranquillité et les plaisirs. Le chœur final invite à chanter et à fuir la tristesse, célébrant la joie et les plaisirs. Le texte est signé par M. Cocquart, avocat au Parlement de Dijon.
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16
p. 44-45
A Son Excellence MARIE PAWLOVNA NARISKIN VERS à l'occasion des Fêtes pour le Couronnement de CATHERINE II, Impératrice de toutes les Russies.
Début :
EST- CE Vénus, ou Terpsicore, [...]
Mots clefs :
Vénus, Amours, Terpsichore, Volupté, Beauté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Son Excellence MARIE PAWLOVNA NARISKIN VERS à l'occasion des Fêtes pour le Couronnement de CATHERINE II, Impératrice de toutes les Russies.
A Son Excellence MARIE PAWLOVNA
NARISKIN
VERS à l'occafion des Fêtes pour le
Couronnement de CATHERINE II ,
Impératrice de toutes les Ruffies.
EST- CE ST - Cв Vénus , ou Terpficore ,
Qui frappe nos regards dans ce cercle enchanté ?
Sous les pas elle fait éclore
Les Amours & la Volupté.
C'eft la taille d'Hébé , la fraîcheur de l'Aurore ,
La vivacité de Flore ,
D'Eglé la légéreté.
C'eft Nariskin , c'eft plus encore :
Elle unit tout , les grâces , la beauté.
Sous quelque forme différente ,
Qu'elle cherche à le déguifer ,
Toujours noble , toujours charmante ,
Rien ne fauroit la métamorphofer.
Chacun s'écrie , en la voyant paroître ,
Le mafque en vain veut nous cacher les traits
AVRIL. 1763. 45
" C'eſt Nariskin ! qui peut la méconnoître ?
Nulle autre n'a fon air & fes attraits .
Par M. RAOULT.
NARISKIN
VERS à l'occafion des Fêtes pour le
Couronnement de CATHERINE II ,
Impératrice de toutes les Ruffies.
EST- CE ST - Cв Vénus , ou Terpficore ,
Qui frappe nos regards dans ce cercle enchanté ?
Sous les pas elle fait éclore
Les Amours & la Volupté.
C'eft la taille d'Hébé , la fraîcheur de l'Aurore ,
La vivacité de Flore ,
D'Eglé la légéreté.
C'eft Nariskin , c'eft plus encore :
Elle unit tout , les grâces , la beauté.
Sous quelque forme différente ,
Qu'elle cherche à le déguifer ,
Toujours noble , toujours charmante ,
Rien ne fauroit la métamorphofer.
Chacun s'écrie , en la voyant paroître ,
Le mafque en vain veut nous cacher les traits
AVRIL. 1763. 45
" C'eſt Nariskin ! qui peut la méconnoître ?
Nulle autre n'a fon air & fes attraits .
Par M. RAOULT.
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Résumé : A Son Excellence MARIE PAWLOVNA NARISKIN VERS à l'occasion des Fêtes pour le Couronnement de CATHERINE II, Impératrice de toutes les Russies.
Le poème de M. Raoult, daté d'avril 1763, est dédié à Marie Pawlovna Nariskin lors du couronnement de Catherine II. Il la compare à des figures divines, soulignant sa grâce, beauté, fraîcheur, vivacité et légèreté. Nariskin est décrite comme noble et charmante, unique en son genre.
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17
p. 67-68
LE RÉVEIL CHAMPÊTRE.
Début :
L'AURORE avec ses doigts de rose [...]
Mots clefs :
Réveil, Aurore, Jour, Doux, Amours, Bonheur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE RÉVEIL CHAMPÊTRE.
LE RÉVEIL CHAMPÊTRE,
L'AURORE ave AURORE avec fes doigts de roſe
Ouvroit fur l'horiſon la barrière du jour ,
Quand lejeune Daphnis éveillé par l'amour
Qui chez lui jamais ne repole ,
Al'objet de fes voeux alloit faire la cour.
La Nature étoit languiſſante
Et les approches du Soleil
Faifoient voir d'un beau jour la lumière naiffante ,
Şemblable au doux éclar qu'Iris à fon réveil
68 MERCURE DE FRANCE.
Répand fur les amours dont la troupe galante
L'amufe mollement dans les bras du fommeil..
Le repos n'eft pas long fous une telle éſcorte ,
Les enfans de Cythère en font les ennemis ,
Et l'impatiente cohorte
Déja battoit aux champs & réveilloit Iris.
Ils la ménent fur le rivage ;
Ils l'amufent par mille jeux ;
Et fous l'appas trompeur d'un fimple badinage,
Dans le fond de fon coeur ils attifent leurs feux,
Elle cherche Daphnis , & Daphnis le préſente :
Elle le reçoit en amante.
Tous deux affis fur le gazon ,
S'obfervent tendrement , ſoupirent ,
Et foupirent à l'aniſſon,
Les amours malins en fourirent ,
Leur montrent un jeune Pinſon
Qui près d'une aimable Fauvette ,
Chantoit les doux tranſports d'une flâme parfaite.….
Refpectons ces amans livrés à leurs defirs.
Et vous triſtes cenfeurs des amoureuſes fiammes ,
Si vous condamnez leurs plaiſirs ,
C'eftque le vrai bonheur n'eſt point fait pour vos
âmes.
L'AURORE ave AURORE avec fes doigts de roſe
Ouvroit fur l'horiſon la barrière du jour ,
Quand lejeune Daphnis éveillé par l'amour
Qui chez lui jamais ne repole ,
Al'objet de fes voeux alloit faire la cour.
La Nature étoit languiſſante
Et les approches du Soleil
Faifoient voir d'un beau jour la lumière naiffante ,
Şemblable au doux éclar qu'Iris à fon réveil
68 MERCURE DE FRANCE.
Répand fur les amours dont la troupe galante
L'amufe mollement dans les bras du fommeil..
Le repos n'eft pas long fous une telle éſcorte ,
Les enfans de Cythère en font les ennemis ,
Et l'impatiente cohorte
Déja battoit aux champs & réveilloit Iris.
Ils la ménent fur le rivage ;
Ils l'amufent par mille jeux ;
Et fous l'appas trompeur d'un fimple badinage,
Dans le fond de fon coeur ils attifent leurs feux,
Elle cherche Daphnis , & Daphnis le préſente :
Elle le reçoit en amante.
Tous deux affis fur le gazon ,
S'obfervent tendrement , ſoupirent ,
Et foupirent à l'aniſſon,
Les amours malins en fourirent ,
Leur montrent un jeune Pinſon
Qui près d'une aimable Fauvette ,
Chantoit les doux tranſports d'une flâme parfaite.….
Refpectons ces amans livrés à leurs defirs.
Et vous triſtes cenfeurs des amoureuſes fiammes ,
Si vous condamnez leurs plaiſirs ,
C'eftque le vrai bonheur n'eſt point fait pour vos
âmes.
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Résumé : LE RÉVEIL CHAMPÊTRE.
Le poème 'Le Réveil Champêtre' dépeint une scène pastorale au lever du jour. L'aurore marque le début du jour, et Daphnis, éveillé par l'amour, se dirige vers l'objet de ses désirs. La nature est encore languissante, et les premiers rayons du soleil sont comparés à la lumière douce qu'Iris répand sur les amours endormis. Les enfants de Cythère, symbolisant les amours, réveillent Iris et l'emmènent au rivage pour jouer. Ils la séduisent par des jeux trompeurs, et elle rencontre Daphnis, qu'elle accepte comme amant. Tous deux s'assoient sur le gazon, s'observent tendrement, soupirent et soupirent à l'unisson. Les amours malins leur montrent un pinson et une fauvette chantant leur amour parfait. Le poème conclut en respectant ces amants livrés à leurs désirs et en critiquant ceux qui condamnent les plaisirs amoureux, affirmant que le vrai bonheur n'est pas pour eux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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