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Liste
1
p. 471-473
SUR LE MARIAGE DE MADEMOISELLE D***
Début :
Na guere, Amour voulant faire recruë [...]
Mots clefs :
Mariage, Amour, Dieu
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texteReconnaissance textuelle : SUR LE MARIAGE DE MADEMOISELLE D***
SUR LE MARIAGE
DE MADEMOISELLE D ***
NAguere , Amour voulant faire recruë
De nouveaux coeurs Citoyens de Paris ,
( Pour fa Milice & celle de Cypris ,
N'eft Ville en tout de Sujets mieux pourvuë )
Le Dieu remarque en faifant fa Revuë ,
Jeune Tendron d'ineftimable prix.
L'Amour alors n'avoit point à fa fuite
Jeux, Graces, Ris & tout fon Comité :
C 11
472 MERCURE DE FRANCE.
11 le trouva près de cette Beauté.
vertu
?
Trop bien lui plut la rencontre fubite ,
De tel objet. Or je vous veux conter ,
Comment il fit pour nous l'efcamoter.
Ce Dieu fçavoit que notre Jouvencelle ,
En documents d'honneur & de
Etoit nourrie , & que fa parentelle ,
Lui préfentoit le fentier tout battu :
L'Enfant aflé n'ignoroit pas encore ,
Que , furveillant au bonheur des Humains ,
Minerve avoit cultivé de fes mains ,
La chafte Fleur , dès qu'on la vit éclore,
De la cueillir , fans certaine façon ,
N'étoit moyen. Cette façon , fans doute ,
Etoit l'Hymen. Le Dieu pourfuit fa route
Et va trouver cet honnête garçon ,
Le fage Hymen : quand il ne fçait mieux faire
L'Amour fe fert volontiers de fon frere.
Viens , lui dit-il , il nous faut conquêter ,
Sans plus attendre une jeune Mortelle ,
Qui fuit Minerve , & vit fous fa tutelle,
L'exploit eft beau , nous le devons tenter.
Vole au Logis de la gente Pucelle ,
Parois en fonge aux Auteurs de fes jours ,
Difpofe -les à vouloir que leur fille ,
Sous ta Banniere & celle des Amours ,
Faffe l'honneur de plus d'une Famille,
1 dit , l'Hymen l'entend à demi mot ,
Plein
MARS. 1730.
473-
Plein de fon Rôle , il le joué aufli -tôt.
L'Amour content repaffe en fa memoire
Qui des Mortels fenfibles à ſes Traits ,
Parut toûjours plus zelé pour fa gloire ,
Et fut par- là digne de tant d'attraits.
D ** d'abord lui vient à la penſée.
Bon, fa vertu fera récompensée ,
Dit-il , c'eft fait ; je dois juſtice à tous :
Son heureux fort fera bien des jaloux.
Or il s'agit de former l'entrevûë.
Le temps arrive , il le ſaiſit au bond ,
Et c'eft ce temps en fouhaits fi fécond ,
Où quand l'année eſt enfin révoluë ,
Chacun fuivant un ufage reçû ,
De complimens forme un nouveau tiffų.
Notre Heros que ce devoir appelle ,
Court vifiter les Parens de la Belle :
A fes regards le Dieu l'offre d'abord ,
Saifit fon Arc , tire , & fans grand effort ;
A ces deux coeurs fes Traits font breche entiere :
Puis fatisfait d'un triomphe fi beau ,
Il part & laiffe un rayon de lumiere ,
Qui de l'Hymen allume le flambeau.
M. Tanevot.
DE MADEMOISELLE D ***
NAguere , Amour voulant faire recruë
De nouveaux coeurs Citoyens de Paris ,
( Pour fa Milice & celle de Cypris ,
N'eft Ville en tout de Sujets mieux pourvuë )
Le Dieu remarque en faifant fa Revuë ,
Jeune Tendron d'ineftimable prix.
L'Amour alors n'avoit point à fa fuite
Jeux, Graces, Ris & tout fon Comité :
C 11
472 MERCURE DE FRANCE.
11 le trouva près de cette Beauté.
vertu
?
Trop bien lui plut la rencontre fubite ,
De tel objet. Or je vous veux conter ,
Comment il fit pour nous l'efcamoter.
Ce Dieu fçavoit que notre Jouvencelle ,
En documents d'honneur & de
Etoit nourrie , & que fa parentelle ,
Lui préfentoit le fentier tout battu :
L'Enfant aflé n'ignoroit pas encore ,
Que , furveillant au bonheur des Humains ,
Minerve avoit cultivé de fes mains ,
La chafte Fleur , dès qu'on la vit éclore,
De la cueillir , fans certaine façon ,
N'étoit moyen. Cette façon , fans doute ,
Etoit l'Hymen. Le Dieu pourfuit fa route
Et va trouver cet honnête garçon ,
Le fage Hymen : quand il ne fçait mieux faire
L'Amour fe fert volontiers de fon frere.
Viens , lui dit-il , il nous faut conquêter ,
Sans plus attendre une jeune Mortelle ,
Qui fuit Minerve , & vit fous fa tutelle,
L'exploit eft beau , nous le devons tenter.
Vole au Logis de la gente Pucelle ,
Parois en fonge aux Auteurs de fes jours ,
Difpofe -les à vouloir que leur fille ,
Sous ta Banniere & celle des Amours ,
Faffe l'honneur de plus d'une Famille,
1 dit , l'Hymen l'entend à demi mot ,
Plein
MARS. 1730.
473-
Plein de fon Rôle , il le joué aufli -tôt.
L'Amour content repaffe en fa memoire
Qui des Mortels fenfibles à ſes Traits ,
Parut toûjours plus zelé pour fa gloire ,
Et fut par- là digne de tant d'attraits.
D ** d'abord lui vient à la penſée.
Bon, fa vertu fera récompensée ,
Dit-il , c'eft fait ; je dois juſtice à tous :
Son heureux fort fera bien des jaloux.
Or il s'agit de former l'entrevûë.
Le temps arrive , il le ſaiſit au bond ,
Et c'eft ce temps en fouhaits fi fécond ,
Où quand l'année eſt enfin révoluë ,
Chacun fuivant un ufage reçû ,
De complimens forme un nouveau tiffų.
Notre Heros que ce devoir appelle ,
Court vifiter les Parens de la Belle :
A fes regards le Dieu l'offre d'abord ,
Saifit fon Arc , tire , & fans grand effort ;
A ces deux coeurs fes Traits font breche entiere :
Puis fatisfait d'un triomphe fi beau ,
Il part & laiffe un rayon de lumiere ,
Qui de l'Hymen allume le flambeau.
M. Tanevot.
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Résumé : SUR LE MARIAGE DE MADEMOISELLE D***
Le texte relate une intervention divine pour organiser le mariage d'une jeune femme parisienne. L'Amour, désirant recruter de nouveaux cœurs, remarque une jeune fille de grande valeur et décide de la marier. Il sollicite l'aide de l'Hymen, le dieu du mariage. La jeune fille, élevée dans les principes de l'honneur et de la vertu, est sous la protection de Minerve, déesse de la sagesse. L'Amour et l'Hymen convainquent ses parents de la marier. Le futur mari rend visite aux parents de la jeune femme pour préparer le mariage. L'Amour unit les deux cœurs par ses flèches. L'événement se déroule autour de la période des vœux de fin d'année.
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2
s. p.
LA METEMPSICOSE, FABLE.
Début :
Qui du monde connoît la Carte, [...]
Mots clefs :
Métempsycose, Singe, Âne, Roi du ténébreux séjour, Perroquet
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texteReconnaissance textuelle : LA METEMPSICOSE, FABLE.
LA METEMPSICOSE ,
FABLE.
Ui du monde connoit la Carte,
Spait qu'il abonde en prestiges
divers ;
De la droite raison plus ou moins on s'écarte ,
Et les Humains ont chacun leurtravers.
Il est sur tout certaine engeance ,
Qui
994 MERCURE
3
DE FRANCE
Qui défigure l'homme et qui pullula en France .
Que l'on fuit dans tous les climats ,
Lt que ces Vers ne corrigeront
pas.
Un vieux Singe étant mort , son ombre Calotine,
Sollicita l'Epoux de Proserpine ,
Pour revoir la clarté du jour“ ;
Le Roi du tenebreux séjour,
Lui voulant ôter sa souplesse ,
Sa malice sur tour , et sa vivacité ,
Du corps d'un Asne alloit la faire hôtesse ;
Ainsi l'avoit -il arrêté :
Mais l'Ombre après quelques gambades
Et deux ou trois Pantalonades ,
Dont le bon Pluton rit bien fort ,
Obtient du Dieu de se choisir un sort
Et lui demande avec instance ,
La faveur de passer au corps d'un Perroquet .
C'est , disoit- elle , mon paquet ;
Carje pourrai du moins dans cette résidence ;
Conserver avec l'homme un peu de ressemblance
On sçait qu'étant Singe autrefois ,
J'imitois son air et son geste ;
Et joiiant ici de mon reste ,
Je le copierai de la voix.
L'ame du Singe à peine anime un verd plumage;
Qu'une vieille Fachette et le met dans la cage.
Bayard comme elle , il charmoit son ennui
Au
AMAY. 1731.998.
Aux Passans il chantoit leur game ,
Causoit le long du jour avec la bonne femme,,
Qui ne parloit plus sensément que lui.
Le Sire en fit aisément la conquête...
A son nouveau talent d'étourdir le quartier ,
Il joint , je ne sçai quoi , de son premier métier:
En Arlequin il remuoit la tête ,
Faisoit craquer son bec , formoit differens sons
Il agitoit sa queue en cent et cent façons ,
Et joüoit les Marionnettes.
La vieille mettant ses Lunettes ,
Ne se lassoit de l'admirer ,
Triste d'être un peu sourde ,et souvent d'ignorer,
Ce qu'avoit dit son Peroquet fertile.
Au demeurant , suivant son stile
Le drôle aimoit à sirotter >
La vieille aussi ; l'âge de radotter
Est assez la saison de boire;
L'une tint bon , l'autre s'en trouva mal .
Notre emplumé pour n'être assez frugal ,
Se vit encor contraint de passer l'Onde noire .
Il reparut devant Pluton ,
Qui le privant de la parole ,
Vouloit le renvoyer dans le corps d'une Sole.
L'autre craignant sur tout de devenir Poisson ,
Eut recours à son Protocole ,
Vous fit nouvelle cabriole ,
Joia sa farce, et plut. On sçait que quelquefois ,
A iij
Peu
996 MERCURE DE FRANCE
Peu de chose amuse les Rois.
Selon son goût , enfin le Dieu le fit renaître ,
Et de l'homme lui donna l'être :
> Mais n'osant pas en faire un Mortel vertueux
Un sage , il le destine au corps d'un petit Maître,
D'un brouillon , d'un présomptueux ,
Portant la tête au vent , de soi-même idolâtre ,
Importun , fanfaron , d'ennuyeux entretien ,
Parlant beaucoup , ne disant rien ;
Vrai personnage de Théatre ,
It d'ordinaire aussi personnage de Cour."
Mercure , en cet état , le rencontrant un jour ;
Je t'ai vû n'aguere au Tenare ,
S'écria -t'il , tu n'es qu'un composé bizarre ,
Et du Singe , et du Perroquet.
Grace à ton geste , ainsi qu'à ton caquet ,
Ton ridicule se consomme.
D'un semblable mêlange on ne fait qu'un so
homme ,
Et nul n'est pris à cet appas .
Ainsi le Dieu traita la chose.
O ! combien de gens ici bas ,
Me feroient croire à la Métempsicose.
M. Tanevot..
FABLE.
Ui du monde connoit la Carte,
Spait qu'il abonde en prestiges
divers ;
De la droite raison plus ou moins on s'écarte ,
Et les Humains ont chacun leurtravers.
Il est sur tout certaine engeance ,
Qui
994 MERCURE
3
DE FRANCE
Qui défigure l'homme et qui pullula en France .
Que l'on fuit dans tous les climats ,
Lt que ces Vers ne corrigeront
pas.
Un vieux Singe étant mort , son ombre Calotine,
Sollicita l'Epoux de Proserpine ,
Pour revoir la clarté du jour“ ;
Le Roi du tenebreux séjour,
Lui voulant ôter sa souplesse ,
Sa malice sur tour , et sa vivacité ,
Du corps d'un Asne alloit la faire hôtesse ;
Ainsi l'avoit -il arrêté :
Mais l'Ombre après quelques gambades
Et deux ou trois Pantalonades ,
Dont le bon Pluton rit bien fort ,
Obtient du Dieu de se choisir un sort
Et lui demande avec instance ,
La faveur de passer au corps d'un Perroquet .
C'est , disoit- elle , mon paquet ;
Carje pourrai du moins dans cette résidence ;
Conserver avec l'homme un peu de ressemblance
On sçait qu'étant Singe autrefois ,
J'imitois son air et son geste ;
Et joiiant ici de mon reste ,
Je le copierai de la voix.
L'ame du Singe à peine anime un verd plumage;
Qu'une vieille Fachette et le met dans la cage.
Bayard comme elle , il charmoit son ennui
Au
AMAY. 1731.998.
Aux Passans il chantoit leur game ,
Causoit le long du jour avec la bonne femme,,
Qui ne parloit plus sensément que lui.
Le Sire en fit aisément la conquête...
A son nouveau talent d'étourdir le quartier ,
Il joint , je ne sçai quoi , de son premier métier:
En Arlequin il remuoit la tête ,
Faisoit craquer son bec , formoit differens sons
Il agitoit sa queue en cent et cent façons ,
Et joüoit les Marionnettes.
La vieille mettant ses Lunettes ,
Ne se lassoit de l'admirer ,
Triste d'être un peu sourde ,et souvent d'ignorer,
Ce qu'avoit dit son Peroquet fertile.
Au demeurant , suivant son stile
Le drôle aimoit à sirotter >
La vieille aussi ; l'âge de radotter
Est assez la saison de boire;
L'une tint bon , l'autre s'en trouva mal .
Notre emplumé pour n'être assez frugal ,
Se vit encor contraint de passer l'Onde noire .
Il reparut devant Pluton ,
Qui le privant de la parole ,
Vouloit le renvoyer dans le corps d'une Sole.
L'autre craignant sur tout de devenir Poisson ,
Eut recours à son Protocole ,
Vous fit nouvelle cabriole ,
Joia sa farce, et plut. On sçait que quelquefois ,
A iij
Peu
996 MERCURE DE FRANCE
Peu de chose amuse les Rois.
Selon son goût , enfin le Dieu le fit renaître ,
Et de l'homme lui donna l'être :
> Mais n'osant pas en faire un Mortel vertueux
Un sage , il le destine au corps d'un petit Maître,
D'un brouillon , d'un présomptueux ,
Portant la tête au vent , de soi-même idolâtre ,
Importun , fanfaron , d'ennuyeux entretien ,
Parlant beaucoup , ne disant rien ;
Vrai personnage de Théatre ,
It d'ordinaire aussi personnage de Cour."
Mercure , en cet état , le rencontrant un jour ;
Je t'ai vû n'aguere au Tenare ,
S'écria -t'il , tu n'es qu'un composé bizarre ,
Et du Singe , et du Perroquet.
Grace à ton geste , ainsi qu'à ton caquet ,
Ton ridicule se consomme.
D'un semblable mêlange on ne fait qu'un so
homme ,
Et nul n'est pris à cet appas .
Ainsi le Dieu traita la chose.
O ! combien de gens ici bas ,
Me feroient croire à la Métempsicose.
M. Tanevot..
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Résumé : LA METEMPSICOSE, FABLE.
La fable 'La Métempsycose' relate les aventures de l'âme d'un singe après sa mort. L'âme, sous forme d'ombre, demande à Pluton de revoir la lumière. Pluton, voulant la punir, décide de la réincarner en âne, mais l'âme choisit de devenir un perroquet. Adoptée par une vieille femme, le perroquet meurt après avoir trop mangé et reparaît devant Pluton, qui envisage de le réincarner en poisson. L'âme, par une cabriole, plaît à Pluton, qui la réincarne alors en homme, un 'petit maître' présomptueux. Mercure reconnaît en cet homme un mélange de singe et de perroquet, soulignant son ridicule. La fable se conclut par une réflexion sur la métempsycose et les comportements humains qui pourraient y faire croire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
s. p.
A L'AUTEUR DE L'EPITRE A URANIE.
Début :
Quelle audace effrenée ! Ô ciel ! qu'ai-je entendu ? [...]
Mots clefs :
Uranie, Dieu, Religion, Culte antique, Révélation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A L'AUTEUR DE L'EPITRE A URANIE.
A L'AUTEUR
DE L'EPITRE A URANIE.
Uelle audace effrenée ! ô Ciel!
qu'ai-je entendu ?
Qui que tu sois , dont le systême impie ,
Insulte à la foi d'Uranie,
Par un și vain effort as-tu donc prétendu ,
Arracher de nos cœurs les profondes racines ,
Qu'y jetterent jadis les Semences divines ,
D'un culte antique et du Ciel descendu ?
A ij Pour
626 MERCURE DE FRANCE
Pour la Religion que mon ame respecte ,
Ta haine me paroît suspecte.
La destruction des Autels ,
Flatte nos penchants criminels ;
Que ces penchants sont doux ! que le vice est aimable ,
Dès qu'on ne connoît plus d'avenir redoutable !
Quelques soient tes raisonnemens
Certes , pour moi je me deffie ,
De l'étrange Philosophie ,
Qui dans les Passions puise ses Argumens.
La Vertu tyrannise. Un Dieu vengeur nous gêne
Et le cœur vicieux qui redoute sa haine ,
Pour mieux s'en garentir ,
Voudroit pouvoir l'anéantir.
Nul frein , pour lors , à la licence,
Gardez l'équilibre un moment,
De quel côté penchera la balance ,
Si le vice est sans châtiment ,
Et la Vertu sans récompense ?
Loin d'ici tes projets dans le crime enfantez ;
E mille fois en naissant avortez.
Les saints dogmes de l'Evangile ,
Surchargent ta raison débile ;
Elle ne peut , dis- tu , les accorder ;
Avec ce qu'on doit demander ,
D'un Dieu juste et débonnaire;
J'en tire un Argument contraire,
Et
AVRIL. 17328 6207
Ét s'il est un Dieu juste et bon ,
Tout est certain dans ma Religion.
Quelle foule de témoignages,
Dans tous les tems , dans tous les âges ,
De Jesus Christ prouvent la Mission !
La foi d'un Dieu Sauveur en Miracles féconde
A commencé les Annales du Monde.
Ouvre les Volumes sacrez ,
De ces Ecrivains inspirez ,
Qui , dans ce qu'ils ont sçû prédire ,
Dudivin Auteur des Chrétiens ,
Semblent être à qui veut les lire ,
Moins Prophetes qu'Historiens.
Quel autre que Dieu même a pû les faire écrire
Juge enfin sans prévention.
Que te produit la Revelation ?
Des Prodiges incontestables
Et des témoins irreprochables ;
Du Monde converti le Miracle éclattant ,
Du Peuple vagabond , détruit et subsistant ,
Qui porte dans cent Républiques ,
Dusalut des Humains les gages authentiques.
D'humbles Pecheurs que l'on charge de fers ,
Troupe aux yeux des Mortels et vile et mépri sable ,
Apeine ont répandu leur doctrine adorable ,
Que les Vertus inondent l'Univers.
Als déposent au fond , qu'après que le Messie ,
A iij Suv
628 MERCURE DE FRANCE
Sur l'Autel de la Croix eut immolé sa vie ,
De la Grace nouvelle allumant le flambeau ,
Il sortit triomphant de la nuit du Tombeau,
Et que montant au Ciel , une brillante nuë ,
Vint comme un Trône d'or l'enlever à leur vûë.
Je croirai , quoiqu'ici l'Impie ose en juger ,
Je croirai des Témoins qui se font égorger.
Je n'ai pas entrepris de retracer l'Histoire ,
De l'Evangile et de sa gloire ;
De sublimes Ecrits pleins de force et de sens
En conservent les Monumens ;
Mais tous ces faits sont de nature ,
An'être point soupçonnez d'imposture
Dieu qui les a permis ne peut être trompeur
Il le seroit pourtant , au gré de ton erreur
Si du vrai dont il est le pere ,
Le mensonge odieux portoit le caractére.
Sa bonté, je l'ai dit , doit m'être un sûr garand;
Des merveilles qu'enfin l'Evangile m'apprend
Sur cent vertus sa doctrine se fonde ,
Et ton systême fait horreur,
Qui par la porte de l'erreur ,
Veut les faire entrer dans le monde.
L'Eclat dont luit la Révelation ,
Et les tenebres du Mystere ,
C'est la Nuée obscure et claire ,
Qui des Hébreux guidoit la Nation.
Tu ne peux concevoir la chute déplorable,
Qui
AVRIL. 1732. 629
Qui de l'Homme innocent fit un homme cou
pable.
Tu ne peux concevoir qu'un Dieu soit mort
pour nous ,
Sans toutesfois nous sauver tous';
Et cet adorable Mystere ,
Pour ta raison est un joug trop austere ;
Mais quand tu veux t'en affranchir ,
La Révelation , source de l'évidence ,
Malgré toi , l'oblige à fléchir ,
Sous une immortelle Puissance.
De Lucrece aujourd'hui dangereux Nourrisson ,
Sauve- toi des écarts de l'humaine raison ,
Son devoir n'est pas de comprendre ,
· Ce que Dieu nous a revelé ,
Mais de se taire et de se rendre
S'il est vrai qu'il nous ait parlé.
Cette raison reçoit des bornes legitimes ;
C'est agir contre ses maximes ,
ปี
Que de restraindre ainsi Dieu même et son pou voir ,
Ace qu'elle en peut concevoir.
Dépouille donc ici l'orgueil de ton Deïsme ,
Et crois - moi , rends ton vieux sophisme,
ACelse , à Porphire , à Julien ,
Quoique leurs plumes criminelles ,
En eussent armé leurs Libelles ,
Le monde entier n'en fut pas moins chrétien.
A iiij Où
63030 MERCURE DE FRANCE
Où suis- je ? ô Ciel ! quelle terreur subite ,
Se répand au fond de mon cœur ?
Tout s'ébranle. La Mer s'agite ,
Et les flots irritez font un bruit plein d'horreur;
Les antres au loin en mugissent.´
Le Soleil perd ses feux, les Astres s'obcurcissent
Da Firmament tous ces corps détachez ,
S'envont-ils fondre sur ma tête ?
Qù fuir l'effroyable tempête
Terre ouvre- moi tes abymes cachez.
De tout secours mon ame est- elle dénuée ;
Mais tout à coup les Cieux sont éclaircis ,
Le Tonnerre et les feux partent de la Nuée,
Où le fils de l'Homme est assis.
Crains l'Eternel; crains ses vengeances &
Par un prompt repentir appaise son courroux ;
Sçache qu'il doit , ce Dieu jaloux ,.
Tejuger sur ta foi comme sur tes offenses.
M. Tanevot.
DE L'EPITRE A URANIE.
Uelle audace effrenée ! ô Ciel!
qu'ai-je entendu ?
Qui que tu sois , dont le systême impie ,
Insulte à la foi d'Uranie,
Par un și vain effort as-tu donc prétendu ,
Arracher de nos cœurs les profondes racines ,
Qu'y jetterent jadis les Semences divines ,
D'un culte antique et du Ciel descendu ?
A ij Pour
626 MERCURE DE FRANCE
Pour la Religion que mon ame respecte ,
Ta haine me paroît suspecte.
La destruction des Autels ,
Flatte nos penchants criminels ;
Que ces penchants sont doux ! que le vice est aimable ,
Dès qu'on ne connoît plus d'avenir redoutable !
Quelques soient tes raisonnemens
Certes , pour moi je me deffie ,
De l'étrange Philosophie ,
Qui dans les Passions puise ses Argumens.
La Vertu tyrannise. Un Dieu vengeur nous gêne
Et le cœur vicieux qui redoute sa haine ,
Pour mieux s'en garentir ,
Voudroit pouvoir l'anéantir.
Nul frein , pour lors , à la licence,
Gardez l'équilibre un moment,
De quel côté penchera la balance ,
Si le vice est sans châtiment ,
Et la Vertu sans récompense ?
Loin d'ici tes projets dans le crime enfantez ;
E mille fois en naissant avortez.
Les saints dogmes de l'Evangile ,
Surchargent ta raison débile ;
Elle ne peut , dis- tu , les accorder ;
Avec ce qu'on doit demander ,
D'un Dieu juste et débonnaire;
J'en tire un Argument contraire,
Et
AVRIL. 17328 6207
Ét s'il est un Dieu juste et bon ,
Tout est certain dans ma Religion.
Quelle foule de témoignages,
Dans tous les tems , dans tous les âges ,
De Jesus Christ prouvent la Mission !
La foi d'un Dieu Sauveur en Miracles féconde
A commencé les Annales du Monde.
Ouvre les Volumes sacrez ,
De ces Ecrivains inspirez ,
Qui , dans ce qu'ils ont sçû prédire ,
Dudivin Auteur des Chrétiens ,
Semblent être à qui veut les lire ,
Moins Prophetes qu'Historiens.
Quel autre que Dieu même a pû les faire écrire
Juge enfin sans prévention.
Que te produit la Revelation ?
Des Prodiges incontestables
Et des témoins irreprochables ;
Du Monde converti le Miracle éclattant ,
Du Peuple vagabond , détruit et subsistant ,
Qui porte dans cent Républiques ,
Dusalut des Humains les gages authentiques.
D'humbles Pecheurs que l'on charge de fers ,
Troupe aux yeux des Mortels et vile et mépri sable ,
Apeine ont répandu leur doctrine adorable ,
Que les Vertus inondent l'Univers.
Als déposent au fond , qu'après que le Messie ,
A iij Suv
628 MERCURE DE FRANCE
Sur l'Autel de la Croix eut immolé sa vie ,
De la Grace nouvelle allumant le flambeau ,
Il sortit triomphant de la nuit du Tombeau,
Et que montant au Ciel , une brillante nuë ,
Vint comme un Trône d'or l'enlever à leur vûë.
Je croirai , quoiqu'ici l'Impie ose en juger ,
Je croirai des Témoins qui se font égorger.
Je n'ai pas entrepris de retracer l'Histoire ,
De l'Evangile et de sa gloire ;
De sublimes Ecrits pleins de force et de sens
En conservent les Monumens ;
Mais tous ces faits sont de nature ,
An'être point soupçonnez d'imposture
Dieu qui les a permis ne peut être trompeur
Il le seroit pourtant , au gré de ton erreur
Si du vrai dont il est le pere ,
Le mensonge odieux portoit le caractére.
Sa bonté, je l'ai dit , doit m'être un sûr garand;
Des merveilles qu'enfin l'Evangile m'apprend
Sur cent vertus sa doctrine se fonde ,
Et ton systême fait horreur,
Qui par la porte de l'erreur ,
Veut les faire entrer dans le monde.
L'Eclat dont luit la Révelation ,
Et les tenebres du Mystere ,
C'est la Nuée obscure et claire ,
Qui des Hébreux guidoit la Nation.
Tu ne peux concevoir la chute déplorable,
Qui
AVRIL. 1732. 629
Qui de l'Homme innocent fit un homme cou
pable.
Tu ne peux concevoir qu'un Dieu soit mort
pour nous ,
Sans toutesfois nous sauver tous';
Et cet adorable Mystere ,
Pour ta raison est un joug trop austere ;
Mais quand tu veux t'en affranchir ,
La Révelation , source de l'évidence ,
Malgré toi , l'oblige à fléchir ,
Sous une immortelle Puissance.
De Lucrece aujourd'hui dangereux Nourrisson ,
Sauve- toi des écarts de l'humaine raison ,
Son devoir n'est pas de comprendre ,
· Ce que Dieu nous a revelé ,
Mais de se taire et de se rendre
S'il est vrai qu'il nous ait parlé.
Cette raison reçoit des bornes legitimes ;
C'est agir contre ses maximes ,
ปี
Que de restraindre ainsi Dieu même et son pou voir ,
Ace qu'elle en peut concevoir.
Dépouille donc ici l'orgueil de ton Deïsme ,
Et crois - moi , rends ton vieux sophisme,
ACelse , à Porphire , à Julien ,
Quoique leurs plumes criminelles ,
En eussent armé leurs Libelles ,
Le monde entier n'en fut pas moins chrétien.
A iiij Où
63030 MERCURE DE FRANCE
Où suis- je ? ô Ciel ! quelle terreur subite ,
Se répand au fond de mon cœur ?
Tout s'ébranle. La Mer s'agite ,
Et les flots irritez font un bruit plein d'horreur;
Les antres au loin en mugissent.´
Le Soleil perd ses feux, les Astres s'obcurcissent
Da Firmament tous ces corps détachez ,
S'envont-ils fondre sur ma tête ?
Qù fuir l'effroyable tempête
Terre ouvre- moi tes abymes cachez.
De tout secours mon ame est- elle dénuée ;
Mais tout à coup les Cieux sont éclaircis ,
Le Tonnerre et les feux partent de la Nuée,
Où le fils de l'Homme est assis.
Crains l'Eternel; crains ses vengeances &
Par un prompt repentir appaise son courroux ;
Sçache qu'il doit , ce Dieu jaloux ,.
Tejuger sur ta foi comme sur tes offenses.
M. Tanevot.
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Résumé : A L'AUTEUR DE L'EPITRE A URANIE.
La lettre est adressée à un individu anonyme qui remet en question la foi d'Uranie. L'auteur exprime son indignation face à l'audace et à l'impiété de cet individu, qui cherche à détruire les fondements de la foi chrétienne et à encourager les penchants criminels. Il souligne que la destruction des autels et la liberté sans frein mènent à la licence et au vice, mettant en avant la nécessité de la vertu et de la crainte de Dieu pour maintenir l'équilibre moral. L'auteur défend la religion chrétienne en soulignant les témoignages et les miracles qui prouvent la mission de Jésus-Christ. Il cite les prophéties et les écrits sacrés qui attestent de la vérité de la révélation divine. Il argue que les faits relatés dans l'Évangile sont authentiques et ne peuvent être soupçonnés d'imposture, car Dieu ne peut être trompeur. La lettre critique la raison humaine qui cherche à comprendre les mystères divins au-delà de ses limites légitimes. Elle invite à se soumettre à la révélation divine et à éviter les écarts de la raison humaine. L'auteur conclut en appelant à la crainte de Dieu et au repentir pour échapper à sa vengeance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 621-626
LES DEUX TEMPLES.
Début :
Sur la cime d'un Mont, élevé jusqu'aux Cieux, [...]
Mots clefs :
Temple, Voeux, Mortels, Mortel, Dieux, Damon, Reconnaissance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES DEUX TEMPLES.
LES DEUX TEMPLES.
S
Ur la cime d'un Mont , élevé jus
qu'aux Cieux ,
Est un Temple inconnu , que bâti
rent les Dieux ,
Le temps a respecté son antique structure ,
Le Marbre en fait briller la noble Architecture ,
Les portes sont d'argent , la couverture est d'or ,
Autour de l'Edifice il regne un Coridor ,
Trois Ordres élegants , composent la façade ,
A ij Le
822 MERCURE DE FRANCE
Le Parvis est fermé par une Colonnade :
Les Dieux ont au- dehors, prodigué leurs présents:
Et les Mortels devoient enrichir le dedans ,
Ils le devoient , hélas ! chimérique esperance !
Les Mortels sont- ils faits pour la RECONNOISSANCE
?
C'est la Divinité qu'on adore en ce lieu,
Un Autel presque nud occupe le milieu ;
Là , des voeux des Humains on ne voit nulles
traces ,
Tout y ressent l'oubli des faveurs et des graces ;
Et des seuls animaux les hommages sacrez ,
Ont fourni les sujets dont les murs sont parez.
On apperçoit un chien , sans songer à repaître ,
Qui meurt , comme en arrêt , au Tombeau de
son Maître ,
Ce Lion qu'un Mortel garantit du trépas ,
Passe après lui les Mers et suit par tout ses pas.
Penetré d'un bienfait , Damon vint dans c
Temple ,
D'un coeur reconnoissant , donner comme eux
l'exemple :
La Justice d'abord , et la Fidelité ,
Le conduisent aux pieds de la Diviniré :
Je te rends , lui dit-il , un tribut légitime ,
Déesse , sois propice à l'ardeur qui m'anime ,
Daigne, daigne en faveur d'un ami genereux ,
Couronner aujourd'ui mes soupirs et mes voeux
Toi qui devrois regner sur tout ce qui respire ,
Exerce
AVRIL. 623
1733
Exerce au moins sur moi ton adorable Empire ,
Porte , sans hesiter , mon zele au plus haut point ,
Exige tout ; mon coeur ne t'en dédira point :
Cet ami bienfaisant pour qui je te reclame , `
Ariste , désormais , aura toute mon ame ,
Travaille à le combler et d'honneurs et de biens
Retranche de mes jours pour ajoûter aux siens ,
Rends - moi , par la ferveur d'un zele infatigable ,
De sa félicité la source inépuisable.
Si je lui survivois ( Ciel ne le permets pas . )
Fais qu'avec ses enfans je pleure son trépas ,
Et que de ma fortune agréant le partage ,
İls retrouvent en elle un second héritage.
Se peut- il que ton joug ne puisse être porté !
Et que ce Temple saint soit ainsi déserté !
Toutesfois , au moment d'une grace récente ,
Ecoutez un Mortel ; Vous passez son attente ,
Que ne vous doit-il point ? il en perd la raison ,'
Il vous offre son bien , sa table , sa maison ,
Que de voeux ! que d'encens ! vous êtes son Idole,
Rien ne lui coûte enfin , qu'à vous tenir parole :
Ainsi de ses transports le ridicule excès ,
Se calmant tout à coup , passe comme un accès,
He ! quoi ? pour s'acquitter de quelques bons of
fices ,
Exigerois
- tu donc
de si grands
Sacrifices
?
Non , tu veux seulement un simple souvenir ,
Déesse , tu le yeux , et ne peux l'obtenir .
A iij
Loin
624 MERCURE DE FRANCE
Lon de punir en moi leurs offenses mortelles ,
Par ma fidelité confonds ces coeurs rebelles ,
Et que sur tout je puisse ôter le voile épais ,
Dont Ariste prend soin de couvrir ses bienfaits.
Il dit et de l'Autel une vive lumiere ,
Se répandant sur lui consacra sa Priere.
Damon s'en retournoit lorsqu'il vit dans les
champs ,
Un immense concours de Peuples differens.
Où s'adresse , dit-il , cette foule innombrable :
Est -ce ici ? non , reprit un vieillard venerable ,
Au culte des Autels de tout temps consacré ;
Un Temple , ajoûta- t'il , prophane et reveré,
Dirige tous les pas de cette multitude ,
Et paroît insulter à notre solitude.
Celui- cy fut construit par de divines mains
Cet autre fut jadis,l'ouvrage des Humains ,
C'est leur premier labeur , leur honteux do
micile ,
Placé dans un Vallon , la route en est facile.
Le Bâtiment est rond , cent Portiques divers ,
S'ouvrent aux Habitans de ce vaste Univers .
Là , du Fleuve Lethé l'on découvre la source ,
Par une Onde paisible il commence sa course
Puis tombe en écumant , dans un abysme affreux,
Pour se creuser un lit au séjour ténebreux.
Un Monstre qu'avec peine , ici , je vous retrace
Dans ce Temple pervers étale son audace ;
L'inAVRIL.
1733. 625
L'INGRATITUDE enfin est l'objet odieux ,
A qui tous les Mortels y prodiguent leurs voeux
Dans un enfoncement son triste Sanctuaire ,
N'a pour toute clarté qu'un foible luminaire :
Mere du sombre Accueil , et fille de la Nuit ,
Jusques sur son Autel l'Obscurité la suit ,
Elle en fait son triomphe , et ce sont ces ted
nebres ,
Qui rendent en tous lieux ses Mysteres celebres.
Là, sont ensevelis dans un affreux néant ,
Les jours qu'on a passez au service d'un Grand
On vient s'y délivrer avec impatience ,
Du pénible fardeau de la reconnoissance ;
Chacun de sa memoire , efface jusqu'aux traits ,
Du Mortel qui jadis le combla de bienfaits.
Les sermens violez font regner le Parjure .
Toutes graces enfin passent pour une injure
Et ce Monstre superbe engloutit à nos yeux ,
Les faveurs des Mortels , celles même des Dieux,
Car son impieté , sans crainte du tonnerre
Voudroit aneantir leur culte sur la terre :
Pour une ame sensible il n'a que du mépris.
Les Forfaits des Ingrats sout peints sur les Lambris.
›
On voit un malheureux tiré de la misere ,
Méconnoître l'ami qui lui servit de pere.
Un fils dénaturé , souffre à regret le cours ,
Des ans que le Ciel compte à l'Auteur de ses
jours.
A iiij UM
526 MERCURE DE - FRANCE
Un Esclave affranchi, comme un infame traître,
A la proscription s'en va livrer son Maître ,
Ou plutôt , prévenant de cruels ennemis ,
Court , sa tête à la main , en demander le prix.
De perfides sujets attentent à la vie ,
D'un Prince qui s'immole au bien de la Patrie
Et leur fureur hâtant son tragique destin ,
Sur son Trône sanglant place son assassin.
Cessez , reprit Damon , un détail si funeste.
Troublé de tant d'horreurs épargnez moi le
reste ,
Et craignons de soüiller par ce récit affreux ,
De vos jours innocens l'azile bienheureux .
M. Tanevot.
S
Ur la cime d'un Mont , élevé jus
qu'aux Cieux ,
Est un Temple inconnu , que bâti
rent les Dieux ,
Le temps a respecté son antique structure ,
Le Marbre en fait briller la noble Architecture ,
Les portes sont d'argent , la couverture est d'or ,
Autour de l'Edifice il regne un Coridor ,
Trois Ordres élegants , composent la façade ,
A ij Le
822 MERCURE DE FRANCE
Le Parvis est fermé par une Colonnade :
Les Dieux ont au- dehors, prodigué leurs présents:
Et les Mortels devoient enrichir le dedans ,
Ils le devoient , hélas ! chimérique esperance !
Les Mortels sont- ils faits pour la RECONNOISSANCE
?
C'est la Divinité qu'on adore en ce lieu,
Un Autel presque nud occupe le milieu ;
Là , des voeux des Humains on ne voit nulles
traces ,
Tout y ressent l'oubli des faveurs et des graces ;
Et des seuls animaux les hommages sacrez ,
Ont fourni les sujets dont les murs sont parez.
On apperçoit un chien , sans songer à repaître ,
Qui meurt , comme en arrêt , au Tombeau de
son Maître ,
Ce Lion qu'un Mortel garantit du trépas ,
Passe après lui les Mers et suit par tout ses pas.
Penetré d'un bienfait , Damon vint dans c
Temple ,
D'un coeur reconnoissant , donner comme eux
l'exemple :
La Justice d'abord , et la Fidelité ,
Le conduisent aux pieds de la Diviniré :
Je te rends , lui dit-il , un tribut légitime ,
Déesse , sois propice à l'ardeur qui m'anime ,
Daigne, daigne en faveur d'un ami genereux ,
Couronner aujourd'ui mes soupirs et mes voeux
Toi qui devrois regner sur tout ce qui respire ,
Exerce
AVRIL. 623
1733
Exerce au moins sur moi ton adorable Empire ,
Porte , sans hesiter , mon zele au plus haut point ,
Exige tout ; mon coeur ne t'en dédira point :
Cet ami bienfaisant pour qui je te reclame , `
Ariste , désormais , aura toute mon ame ,
Travaille à le combler et d'honneurs et de biens
Retranche de mes jours pour ajoûter aux siens ,
Rends - moi , par la ferveur d'un zele infatigable ,
De sa félicité la source inépuisable.
Si je lui survivois ( Ciel ne le permets pas . )
Fais qu'avec ses enfans je pleure son trépas ,
Et que de ma fortune agréant le partage ,
İls retrouvent en elle un second héritage.
Se peut- il que ton joug ne puisse être porté !
Et que ce Temple saint soit ainsi déserté !
Toutesfois , au moment d'une grace récente ,
Ecoutez un Mortel ; Vous passez son attente ,
Que ne vous doit-il point ? il en perd la raison ,'
Il vous offre son bien , sa table , sa maison ,
Que de voeux ! que d'encens ! vous êtes son Idole,
Rien ne lui coûte enfin , qu'à vous tenir parole :
Ainsi de ses transports le ridicule excès ,
Se calmant tout à coup , passe comme un accès,
He ! quoi ? pour s'acquitter de quelques bons of
fices ,
Exigerois
- tu donc
de si grands
Sacrifices
?
Non , tu veux seulement un simple souvenir ,
Déesse , tu le yeux , et ne peux l'obtenir .
A iij
Loin
624 MERCURE DE FRANCE
Lon de punir en moi leurs offenses mortelles ,
Par ma fidelité confonds ces coeurs rebelles ,
Et que sur tout je puisse ôter le voile épais ,
Dont Ariste prend soin de couvrir ses bienfaits.
Il dit et de l'Autel une vive lumiere ,
Se répandant sur lui consacra sa Priere.
Damon s'en retournoit lorsqu'il vit dans les
champs ,
Un immense concours de Peuples differens.
Où s'adresse , dit-il , cette foule innombrable :
Est -ce ici ? non , reprit un vieillard venerable ,
Au culte des Autels de tout temps consacré ;
Un Temple , ajoûta- t'il , prophane et reveré,
Dirige tous les pas de cette multitude ,
Et paroît insulter à notre solitude.
Celui- cy fut construit par de divines mains
Cet autre fut jadis,l'ouvrage des Humains ,
C'est leur premier labeur , leur honteux do
micile ,
Placé dans un Vallon , la route en est facile.
Le Bâtiment est rond , cent Portiques divers ,
S'ouvrent aux Habitans de ce vaste Univers .
Là , du Fleuve Lethé l'on découvre la source ,
Par une Onde paisible il commence sa course
Puis tombe en écumant , dans un abysme affreux,
Pour se creuser un lit au séjour ténebreux.
Un Monstre qu'avec peine , ici , je vous retrace
Dans ce Temple pervers étale son audace ;
L'inAVRIL.
1733. 625
L'INGRATITUDE enfin est l'objet odieux ,
A qui tous les Mortels y prodiguent leurs voeux
Dans un enfoncement son triste Sanctuaire ,
N'a pour toute clarté qu'un foible luminaire :
Mere du sombre Accueil , et fille de la Nuit ,
Jusques sur son Autel l'Obscurité la suit ,
Elle en fait son triomphe , et ce sont ces ted
nebres ,
Qui rendent en tous lieux ses Mysteres celebres.
Là, sont ensevelis dans un affreux néant ,
Les jours qu'on a passez au service d'un Grand
On vient s'y délivrer avec impatience ,
Du pénible fardeau de la reconnoissance ;
Chacun de sa memoire , efface jusqu'aux traits ,
Du Mortel qui jadis le combla de bienfaits.
Les sermens violez font regner le Parjure .
Toutes graces enfin passent pour une injure
Et ce Monstre superbe engloutit à nos yeux ,
Les faveurs des Mortels , celles même des Dieux,
Car son impieté , sans crainte du tonnerre
Voudroit aneantir leur culte sur la terre :
Pour une ame sensible il n'a que du mépris.
Les Forfaits des Ingrats sout peints sur les Lambris.
›
On voit un malheureux tiré de la misere ,
Méconnoître l'ami qui lui servit de pere.
Un fils dénaturé , souffre à regret le cours ,
Des ans que le Ciel compte à l'Auteur de ses
jours.
A iiij UM
526 MERCURE DE - FRANCE
Un Esclave affranchi, comme un infame traître,
A la proscription s'en va livrer son Maître ,
Ou plutôt , prévenant de cruels ennemis ,
Court , sa tête à la main , en demander le prix.
De perfides sujets attentent à la vie ,
D'un Prince qui s'immole au bien de la Patrie
Et leur fureur hâtant son tragique destin ,
Sur son Trône sanglant place son assassin.
Cessez , reprit Damon , un détail si funeste.
Troublé de tant d'horreurs épargnez moi le
reste ,
Et craignons de soüiller par ce récit affreux ,
De vos jours innocens l'azile bienheureux .
M. Tanevot.
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Résumé : LES DEUX TEMPLES.
Le texte présente deux temples distincts, l'un situé sur une montagne et l'autre dans une vallée. Le premier temple, édifié par les dieux, est somptueusement décoré de marbre, d'argent et d'or. Malgré les présents divins offerts aux mortels, ce temple est désert. Damon, reconnaissant pour un bienfait reçu, prie dans ce temple pour la prospérité de son ami Ariste. Le second temple, construit par les hommes, est dédié à l'ingratitude et attire une multitude de peuples. Ce lieu sombre accueille ceux qui cherchent à se libérer du fardeau de la reconnaissance. Les murs du temple sont ornés de scènes illustrant l'ingratitude, telles qu'un homme méconnaissant son bienfaiteur ou un fils dénaturé. Damon, horrifié par ces visions, demande à cesser ce récit funeste.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 34-35
A Madame de M*** qui avoit demandé à l'Auteur, des Vers sur l'Amitié.
Début :
Des tendres sentimens qui vous seroient offerts, [...]
Mots clefs :
Amitié
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Madame de M*** qui avoit demandé à l'Auteur, des Vers sur l'Amitié.
A Madame de M*** qui avoit demandé à
-l'Auteur , des Vers fur l'Amitié.
DEs tendres fentimens qui vous feroient offerts,
A ceux de l'Amitié vous bornez mes concerts ,
Je dois ne chanter qu'eux , fi je prétends vous
plaire.
Penfez- vous donc , Iris , qu'à cette loi fevere,
On puiffe , hélas ! fe conformer
DECEMBRE. 1755. 35
Ne portez-vous au coeur qu'une legere atteinte
Il gémit de cette contrainté ;
A peine s'ouvre-t'il qu'il doit fe refermer.
Ou méritez moins de tendreffe ,
Ou par un traitement plus doux ,
Permettez que l'on vous adreffe
Un encens plus digne de vous .
A vos decrets , faifi d'un beau délire ,
J'ai tenté d'en fuivre le cours ,
Et toujours vu paffer ma lyre
Des mains de l'Amitié dans celles des Amoury.
Près de vous , Belle Iris , fon tranfport fe rafine ,
Et certain fentiment de fi près l'avoifine ,
Qu'elle peut à la fin , par un commun appui ,
Se confondre avec lui.
Comme fufpecte alors , la Vertu la confifque ,
Elle profcrit encore les foupirs décelés .
Ne me mettez pas dans le rifque
De vous aimer , Iris , plus que vous ne voulez.
M. Tanevot.
-l'Auteur , des Vers fur l'Amitié.
DEs tendres fentimens qui vous feroient offerts,
A ceux de l'Amitié vous bornez mes concerts ,
Je dois ne chanter qu'eux , fi je prétends vous
plaire.
Penfez- vous donc , Iris , qu'à cette loi fevere,
On puiffe , hélas ! fe conformer
DECEMBRE. 1755. 35
Ne portez-vous au coeur qu'une legere atteinte
Il gémit de cette contrainté ;
A peine s'ouvre-t'il qu'il doit fe refermer.
Ou méritez moins de tendreffe ,
Ou par un traitement plus doux ,
Permettez que l'on vous adreffe
Un encens plus digne de vous .
A vos decrets , faifi d'un beau délire ,
J'ai tenté d'en fuivre le cours ,
Et toujours vu paffer ma lyre
Des mains de l'Amitié dans celles des Amoury.
Près de vous , Belle Iris , fon tranfport fe rafine ,
Et certain fentiment de fi près l'avoifine ,
Qu'elle peut à la fin , par un commun appui ,
Se confondre avec lui.
Comme fufpecte alors , la Vertu la confifque ,
Elle profcrit encore les foupirs décelés .
Ne me mettez pas dans le rifque
De vous aimer , Iris , plus que vous ne voulez.
M. Tanevot.
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Résumé : A Madame de M*** qui avoit demandé à l'Auteur, des Vers sur l'Amitié.
Dans une lettre poétique adressée à Madame de M***, M. Tanevot répond à sa demande de vers sur l'amitié. Il explique qu'il doit se limiter à chanter l'amitié pour lui plaire, bien qu'il ressente des sentiments plus tendres. Il exprime la difficulté de se conformer à cette contrainte, car son cœur est touché plus profondément qu'il ne le montre. Il souhaite pouvoir exprimer des sentiments plus dignes d'elle, mais se conforme à ses désirs. L'auteur avoue avoir tenté de suivre le cours de ses émotions, oscillant entre l'amitié et l'amour. En présence de Madame de M***, son transport se raffine, et il ressent un sentiment proche de l'amour, qu'il pourrait confondre avec l'amitié. Cependant, la vertu l'incite à réprimer ces sentiments. Il conclut en demandant à Madame de M*** de ne pas le mettre dans la situation de l'aimer plus qu'elle ne le souhaite.
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6
p. 188-189
ADDITION A La Partie Fugitive. VERS A Monsieur Le Controleur Général.
Début :
Qu'est devenu ce beau délire, [...]
Mots clefs :
Usage, Langage, Sentiments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ADDITION A La Partie Fugitive. VERS A Monsieur Le Controleur Général.
ADDITION
A LA PARTIE FUGITIVE.
VERS
A MONSIEUR LE CONTROLEUR GENERAL.
QU'EST devenu ce beau délire ,
Qui jadis enchantoit mes fens ?
FEVRIER. 1758 . 189
A mes doigts s'échappe ma lyre ,
Ma Mufe a perdu fes accens .
Par refpect pour le miniftere ,
Les voilà toutes deux contraintes à fe taire .
Quel eft le moment , le loifir ,
Quel est le légitime ufage.
Qu'en effet on puiffe choifir ,
Pour vous rendre , Seigneur , un poétique hom
inage ?
Verve importune , laiffe -moi :
Si des voeux que je forme en mon ame diſcrete ,
Tu ne peux être l'interprete ,..
Qu'importe il pourront bien être éxaucés fans.
toi.
A Poreille des dieux s'éleve fans nuage
Le fentiment plutôt que le langage.
M. TANEVOT.
A LA PARTIE FUGITIVE.
VERS
A MONSIEUR LE CONTROLEUR GENERAL.
QU'EST devenu ce beau délire ,
Qui jadis enchantoit mes fens ?
FEVRIER. 1758 . 189
A mes doigts s'échappe ma lyre ,
Ma Mufe a perdu fes accens .
Par refpect pour le miniftere ,
Les voilà toutes deux contraintes à fe taire .
Quel eft le moment , le loifir ,
Quel est le légitime ufage.
Qu'en effet on puiffe choifir ,
Pour vous rendre , Seigneur , un poétique hom
inage ?
Verve importune , laiffe -moi :
Si des voeux que je forme en mon ame diſcrete ,
Tu ne peux être l'interprete ,..
Qu'importe il pourront bien être éxaucés fans.
toi.
A Poreille des dieux s'éleve fans nuage
Le fentiment plutôt que le langage.
M. TANEVOT.
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Résumé : ADDITION A La Partie Fugitive. VERS A Monsieur Le Controleur Général.
En février 1758, M. Tanevot adresse une poésie à un contrôleur général, exprimant son incapacité à chanter par respect pour le ministère. Il se demande quand et comment offrir un hommage poétique. Il conclut que les vœux peuvent être exaucés sans poésie, car les sentiments atteignent les dieux sans langage.
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7
p. 48-50
CHANSON SUR le mariage de Mlle d'ALLENCOURT avec M. le Marquis DE NOAILLES. Par M. TANEVOT. Sur l'air : Il n'eft rien dans tout l'Univers, &c.
Début :
AVONS-nous changé de séjour ? [...]
Mots clefs :
Amour, Plaisirs, Victoire, Olive
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON SUR le mariage de Mlle d'ALLENCOURT avec M. le Marquis DE NOAILLES. Par M. TANEVOT. Sur l'air : Il n'eft rien dans tout l'Univers, &c.
CHANSON
SUR le mariage de Mlle d'ALLENCOURT
avec M. le Marquis DE
NOAILLES . Par M. TA NEVOT.
Sur l'air : Il n'eft rien dans tout l'Univers , &c.
AVONS- Not VONS- nous changé de féjour?
Sommes-nous à Cythère ?
Eft-ce ici la charmante Cour
D'Amour , & de fa Mère ?
Quel Dieu , propice à nos déſirs ,
Nous luit & nous enflâme ?
Durables feux , chaftes plaifirs ,
Vous embrâfez notre âme.
Couple adoré , jeunes Epoux ,
Tel eft votre partage ,
Au fein des tranſports les plus doux ,
Recevez notre hommage.
Vous rappellez en ce moment ,
Le brillant hyménée
Qui de Pfyché , de fon amant ,
Fixa la deftinée.
On célébra des plus grands Dieux
La majefté fuprême. ,
Des
FEVRIER. 1763. 49
Des Héros s'offrent à nos yeux
Que nous chantons de même ;
Mais leurs exploits qu'ont fçu former
Et Mars , & la Victoire ,
Jamais du Dieu qui fait aimer ,
N'égaleront la gloire.
Vous répandez dans tous ces lieux
Une vive lumière :
Ainfi l'aftre éclatant des cieux
Commence fa carrière ;
Ses rayons font naître les fleurs ,
Charme de la Nature.
La vertu nourrit dans vos coeurs ,
Une flâme auffi pure.
e
Sous les aufpices de la Paix
Ces noeuds ont pris naiſſance ;
Ainfi le Ciel par ſes bienfaits ,
Signale fa puiffance :
Mufes , répondez à nos voix ,
Tout ici vous attire ;
L'Olive & le Myrthe à la fois ,
Sont faits pour votre Empire.
Vos Eléves , vos favoris
Fondent notre allégreffe :
Venez ceindre leurs fronts chéris
Des lauriers du Permeſſe :
C
50 MERCURE DE FRANCE .
1
Ils ont moiffonné les talens
Qu'on trouve fur vos traces ,
Et fous des guides vigilants ,
Joint la fageffe aux grâces.
Les tendres enfans de Cypris¸
Animent cette fête ;
Mais l'Hymen remporte le prix
Par fa belle conquête ;
Lucine , unjour du haut des cieux
On te verra defcendre ;
Car la poftérité des Dieux
Ne le fait point attendre.
SUR le mariage de Mlle d'ALLENCOURT
avec M. le Marquis DE
NOAILLES . Par M. TA NEVOT.
Sur l'air : Il n'eft rien dans tout l'Univers , &c.
AVONS- Not VONS- nous changé de féjour?
Sommes-nous à Cythère ?
Eft-ce ici la charmante Cour
D'Amour , & de fa Mère ?
Quel Dieu , propice à nos déſirs ,
Nous luit & nous enflâme ?
Durables feux , chaftes plaifirs ,
Vous embrâfez notre âme.
Couple adoré , jeunes Epoux ,
Tel eft votre partage ,
Au fein des tranſports les plus doux ,
Recevez notre hommage.
Vous rappellez en ce moment ,
Le brillant hyménée
Qui de Pfyché , de fon amant ,
Fixa la deftinée.
On célébra des plus grands Dieux
La majefté fuprême. ,
Des
FEVRIER. 1763. 49
Des Héros s'offrent à nos yeux
Que nous chantons de même ;
Mais leurs exploits qu'ont fçu former
Et Mars , & la Victoire ,
Jamais du Dieu qui fait aimer ,
N'égaleront la gloire.
Vous répandez dans tous ces lieux
Une vive lumière :
Ainfi l'aftre éclatant des cieux
Commence fa carrière ;
Ses rayons font naître les fleurs ,
Charme de la Nature.
La vertu nourrit dans vos coeurs ,
Une flâme auffi pure.
e
Sous les aufpices de la Paix
Ces noeuds ont pris naiſſance ;
Ainfi le Ciel par ſes bienfaits ,
Signale fa puiffance :
Mufes , répondez à nos voix ,
Tout ici vous attire ;
L'Olive & le Myrthe à la fois ,
Sont faits pour votre Empire.
Vos Eléves , vos favoris
Fondent notre allégreffe :
Venez ceindre leurs fronts chéris
Des lauriers du Permeſſe :
C
50 MERCURE DE FRANCE .
1
Ils ont moiffonné les talens
Qu'on trouve fur vos traces ,
Et fous des guides vigilants ,
Joint la fageffe aux grâces.
Les tendres enfans de Cypris¸
Animent cette fête ;
Mais l'Hymen remporte le prix
Par fa belle conquête ;
Lucine , unjour du haut des cieux
On te verra defcendre ;
Car la poftérité des Dieux
Ne le fait point attendre.
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Résumé : CHANSON SUR le mariage de Mlle d'ALLENCOURT avec M. le Marquis DE NOAILLES. Par M. TANEVOT. Sur l'air : Il n'eft rien dans tout l'Univers, &c.
La chanson célèbre le mariage de Mlle d'Allencourt avec le Marquis de Noailles. Elle s'interroge sur le lieu et la divinité propice à cette union, évoquant des feux durables et des plaisirs chastes. Le couple est comparé à Psyché et son amant, et leur union est célébrée par les dieux. La lumière et la vertu des jeunes époux sont mises en avant, comparées à l'astre du jour. Le mariage est placé sous les auspices de la paix, et les Muses sont invitées à célébrer cet événement. Les talents et la sagesse des élèves des époux sont également loués. La fête est animée par les enfants de Cypris, mais Hymen remporte le prix par sa belle conquête. Enfin, la postérité des dieux est attendue.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 24-25
VERS sur le mariage de Mlle DE DROMESNIL, avec M. le Marquis DE BELSUNCE. Par M. TANEVOT.
Début :
Allez, Hymen, vous couronner de gloire, [...]
Mots clefs :
Hymen, Gloire, Berger
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texteReconnaissance textuelle : VERS sur le mariage de Mlle DE DROMESNIL, avec M. le Marquis DE BELSUNCE. Par M. TANEVOT.
VERS fur le mariage de Mlle DE
DROMESNIL , avec M. le
Marquis DE BELSUNCE.
Par M. TANEVOT.
vous couronner de
ALLEZ ,
Hymen ,
gloire ,
Allez jouir d'une double victoire ,
Et , dans un champ fertile en Myrthes ,
riers ,
Unir encor les Grâces aux Guerriers.
Ainfi les guirlandes d'Armide
en Laus
Enchaînoient de Renaud le courege intrépide;
Des feux plus purs , chaftes Epoux ,
Vous préfagent un fort plus doux.
Aimable Dromefnil , d'une Soeur fortunée ,
Goûtez la même deſtinée ;
L'on vous verra briller autant :
Telle , dans les Jardins de Flore >
Une Rofe qui vient d'éclore ,
D'une autre auffi vermeille eft fuivie à l'inftanti
S des trois Déeffes rivales ,
Quelqu'une avoit eu vos appas ,
Sur ce Mont * fameux , leurs débats ,
* Le Mont Ida.
De
MARS. 1763. 25
De tant de maux , ſources fatales ,
N'auroient pas occupé beaucoup
Ce beau Berger que l'on renomme:
La Diſcorde eût manqué fon coup,
On n'eût point diſputé la Pomme.
BELSUNCE , armé de tous les traits
Que l'on forge à Paphos , fubjugue vos attraits .
Tout applaudit dans cette fête ,
A fon bonheur , à la conquête.
Nouveau triomphe des Amours ,
Non des zéphirs , volages dans leurs cours.
*
O vous , donc , Nymphe enchantereſſe ,
Allez aux pieds d'une augufte Princeſſe ,
Cultiver des Vertus dont l'agréable odeur
Parfume votre jeune coeur :
C'est l'hommage qu'Elle defire ,
Et tout l'Encens qu'Elle refpire..
DROMESNIL , avec M. le
Marquis DE BELSUNCE.
Par M. TANEVOT.
vous couronner de
ALLEZ ,
Hymen ,
gloire ,
Allez jouir d'une double victoire ,
Et , dans un champ fertile en Myrthes ,
riers ,
Unir encor les Grâces aux Guerriers.
Ainfi les guirlandes d'Armide
en Laus
Enchaînoient de Renaud le courege intrépide;
Des feux plus purs , chaftes Epoux ,
Vous préfagent un fort plus doux.
Aimable Dromefnil , d'une Soeur fortunée ,
Goûtez la même deſtinée ;
L'on vous verra briller autant :
Telle , dans les Jardins de Flore >
Une Rofe qui vient d'éclore ,
D'une autre auffi vermeille eft fuivie à l'inftanti
S des trois Déeffes rivales ,
Quelqu'une avoit eu vos appas ,
Sur ce Mont * fameux , leurs débats ,
* Le Mont Ida.
De
MARS. 1763. 25
De tant de maux , ſources fatales ,
N'auroient pas occupé beaucoup
Ce beau Berger que l'on renomme:
La Diſcorde eût manqué fon coup,
On n'eût point diſputé la Pomme.
BELSUNCE , armé de tous les traits
Que l'on forge à Paphos , fubjugue vos attraits .
Tout applaudit dans cette fête ,
A fon bonheur , à la conquête.
Nouveau triomphe des Amours ,
Non des zéphirs , volages dans leurs cours.
*
O vous , donc , Nymphe enchantereſſe ,
Allez aux pieds d'une augufte Princeſſe ,
Cultiver des Vertus dont l'agréable odeur
Parfume votre jeune coeur :
C'est l'hommage qu'Elle defire ,
Et tout l'Encens qu'Elle refpire..
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Résumé : VERS sur le mariage de Mlle DE DROMESNIL, avec M. le Marquis DE BELSUNCE. Par M. TANEVOT.
Le poème célèbre le mariage de Mlle de Dromesnil avec le Marquis de Belsunce en mars 1763. L'auteur, M. Tanévot, invite les nouveaux époux à savourer leur bonheur et à unir les grâces aux qualités guerrières. Il compare la beauté de Mlle de Dromesnil à celle d'une rose nouvellement éclose, évoquant la rivalité des déesses sur le Mont Ida. Le Marquis de Belsunce est décrit comme ayant conquis son épouse grâce aux traits de l'amour. Le poème souligne le bonheur partagé par tous à l'occasion de cette union. Il exhorte la mariée à cultiver des vertus agréables, en hommage à une auguste princesse.
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