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1
p. 249-[2]59
Ce qu'ils ont fait & dit aux Feuillants le jour qu'ils y ont esté au Te Deum, de la composition de Mr de Lully. [titre d'après la table]
Début :
Vous avez oüy parler du Te Deum de la composition [...]
Mots clefs :
Jean-Baptiste Lully, Te Deum, Pères, France, Cérémonie, Ambassadeur, Personnes, Prince, Musique, Couvent des Feuillants
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texteReconnaissance textuelle : Ce qu'ils ont fait & dit aux Feuillants le jour qu'ils y ont esté au Te Deum, de la composition de Mr de Lully. [titre d'après la table]
Vous avez oüy parler du
Te Deum de la compofition
de Me de Lully , qui s'eſt
chanté aux Feüillans , pour
rendre graces à Dieu du retour
de la ſanté de Sa Majefté.
Six de ces Peres ayant
efté députez pour prier les
250 IV. P. du Vovaze
Ambaſſadeurs d'aſſiſter àa
cette Ceremonie , fe rendirent
à l'Hoſtel où ils eftoient
logez ; & aprés qu'ils eurent
fait leur compliment, &marqué
le ſujet qui les amenoit,
l'Ambaſſadeur leur répondit
Qu'ils avoient de fi grands
defi justes sujets de s'informer
de laſantéduRoy, qu ils avoient
fçû que Sa Majesté ſe portoit
bien ; mais qu'ils estoient ravis
de l'apprendre par des perſonnes
ne diſoient jamais que la
verité;Qu'ils iroient avec plaifir
chez eux, afin que cettefan
té leurfustconfirméepar la voix
desAmb. de Siam. 251
des Peuples, pour avoir le plaifir
de voir ces Peres , &pour entendre
la Muſique de Mr de
Lully, dont ils avoient déja efté
charmez en d'autres occafions.
Le jour de la Ceremonie, les
Ambafladeurs furent receus
la premiere Porte des Feüil
lans par pluſieurs de ces Religieux
qui les conduifirent
dans une Sale fort propre ,
auprés d'un grand feu, où les
Peres les plus diftinguez du
Convent par leur merite &
par leur employ , les attendoient.
Aprés les premiers
complimens de part & d'au252
IV. P. du Voyage
tre , les Ambaſſfadeurs le leverent
pour voir lesTableaux
qui estoient autour de la Salle,
parmy leſquels on voyoit
ceux de Henry III. de Henry
IV. de Loüis XIII . & de Loüis
le Grand, peints de leur hauteur;
& ce fur à ces Tableaux
qu'ils s'arreſterent, auffi bien
qu'à celuy de Monfieur, qu'ils
reconnurent d'abord , quoyqu'il
fuſt peint il y a plus de
vingt ans. Comme ils s'attacherent
à regarder le Portrait
de Henty III . on leur
dit, qu'il avoit eſté Roy de Pologne
; ce qui ſurprit fort
des Amb . de Siam. 253
l'Ambaſſadeur , qui répondit
Qu'il ne pouvoit concevoir ce
qu'on luy difoit , puiſqu'il n'eftoit
pas vray -femblable qu'on
quittaſt un Royaume comme la
France , pour quelque Royaume
que ce fuft ; deforte qu'il falut
luy expliquer que Henry
IHI. n'eſtoit pas encore Roy
de France, lorſqu'il fut nommé
à la Couronne de Pologne
, qui ſe donne par élection
; mais qu'il revint prendre
celle de France , fi- toft
qu'il y fut appellé par droit
de fucceflion. Une perſonne
de la compagnie luy ayant
254 IV. P. du Voyage
dit lorſqu'il eſtoit attaché a
confiderer le Portrait deHenry
IV. Que s'il n'avoit pas cefsé
d'eftre Huguenot, il n'auroit
pas esté Roy de France , ilrépondit
que c'estoit le Sang, &
non la Religion , qui donnoit la
Couronne de France. Il demanda
par quelle raiſon les quatre
Rois dont il voyoit les
Portraits , avoient des habits
fi differens les uns des autres;
& quelqu'un ayant reparty,
que les François aimoient un peu
le changement en habits , il répondit,
que c'estoit moins une
marque d'inconstance que parcedesAmb.
de Siam. 255
qu'ils cherchoient la perfection
en toutes choses, &que ces changemens
estoient des effais pour la
trouver ; mais quependant qu'on
les voyoit avec tant de fortes
d'habillemens, on ne devoit point
trouver à redire à ceux dont les
autres Nations ſe ſervoient. Ils
retournerent enſuite auprés
du feu , où M le Prince&
Mela Princeſſe de Mekelbourg
eſtant arrivez , ils eurent
une affez longue converſation
, cette Princeſſe
leur ayant fait diverſes
queſtions pleines d'eſprit.
Pluſieurs Perſonnes de la
256 IV. P. du Voyage
premiere qualité qui vinrent
dans cette Sale pour ſe chaufer,
entrerent auſſi en converſation
avec eux ,& ils la foûtinrent
avec beaucoup d'efprit.
Me l'Envoyé de Mantouë
leur parla long-temps .
Monfieur le Prince deConty
qui vouloit voir la Ceremonie
ſans ſe faire connoître ,
parût dans le meſme lieu ainſi
que Ma le grand Prieur ,& fe
fit diftinguer par ſon grand
air. L'Ambaſſadeur marqua
qu'il auroit ſouhaitté de luy parler,
mais qu'il n'ofoit par respect
commencer la conversation avec
des Amb. de Siam . 257
un grand Prince , àmoins qu'il
ne luy parlaſt le premier. Elle ſe
lia neantmoins , mais elle ne
fut pas particuliere. Peu de
temps aprés , chacun fut conduit
aux places qui avoient
elté refervées pour tant d'Illuftres
Perſonnes , les Princes
en bas , & les Ambaſſadeurs
aux feneſtres de la Galerie qui
donnent dans l'Eglife. Ils regarderent,
& écouterent avec
une extréme attention , ils remarquerent
les differentes expreffions
de la Muſique , &
pendantle Domine falvum fac
Regem , qu'on leur expliqua ,
Y
258 IV.P.du Voyage
il ſembloit qu'ils priaffent
auſſi pour le Roy. La Ceremonie
eſtant achevée , ils furent
reconduits dans la même
Sale , où on les avoit d'abord
amenés pour ſe chauffer
, & l'Ambaſſadeur pour
montrer aux Peres l'effet que
ce qu'il venoit de voir avoit
fait fur luy , porta fa main à
ſes yeux , à ſes oreilles ,& fur
fon coeur , & dit queses yeux
avoient efté enchantés , ſes oreilles
charmées , &fon coeur touché.
Il répondit avec une prefence
, & une vivacité d'efprit
inconcevable àbeaucoup
:
des Amb. de Siam. 159
de perſonnes qui luy parle.
rent. Les Peres les firent en
fuite paffer dans une Salle où
ils trouverent une Collation
ſervie. On les pria de ſi bonne
grace de ſe mettre à table,
qu'ils fe crurent obligez d'avoir
cette complaifance pour
ceux qui les en prefferent. Ils
fortirent quelque temps aprés,
& furent reconduits par les
Peres juſques à la porte de la
ruë.
Te Deum de la compofition
de Me de Lully , qui s'eſt
chanté aux Feüillans , pour
rendre graces à Dieu du retour
de la ſanté de Sa Majefté.
Six de ces Peres ayant
efté députez pour prier les
250 IV. P. du Vovaze
Ambaſſadeurs d'aſſiſter àa
cette Ceremonie , fe rendirent
à l'Hoſtel où ils eftoient
logez ; & aprés qu'ils eurent
fait leur compliment, &marqué
le ſujet qui les amenoit,
l'Ambaſſadeur leur répondit
Qu'ils avoient de fi grands
defi justes sujets de s'informer
de laſantéduRoy, qu ils avoient
fçû que Sa Majesté ſe portoit
bien ; mais qu'ils estoient ravis
de l'apprendre par des perſonnes
ne diſoient jamais que la
verité;Qu'ils iroient avec plaifir
chez eux, afin que cettefan
té leurfustconfirméepar la voix
desAmb. de Siam. 251
des Peuples, pour avoir le plaifir
de voir ces Peres , &pour entendre
la Muſique de Mr de
Lully, dont ils avoient déja efté
charmez en d'autres occafions.
Le jour de la Ceremonie, les
Ambafladeurs furent receus
la premiere Porte des Feüil
lans par pluſieurs de ces Religieux
qui les conduifirent
dans une Sale fort propre ,
auprés d'un grand feu, où les
Peres les plus diftinguez du
Convent par leur merite &
par leur employ , les attendoient.
Aprés les premiers
complimens de part & d'au252
IV. P. du Voyage
tre , les Ambaſſfadeurs le leverent
pour voir lesTableaux
qui estoient autour de la Salle,
parmy leſquels on voyoit
ceux de Henry III. de Henry
IV. de Loüis XIII . & de Loüis
le Grand, peints de leur hauteur;
& ce fur à ces Tableaux
qu'ils s'arreſterent, auffi bien
qu'à celuy de Monfieur, qu'ils
reconnurent d'abord , quoyqu'il
fuſt peint il y a plus de
vingt ans. Comme ils s'attacherent
à regarder le Portrait
de Henty III . on leur
dit, qu'il avoit eſté Roy de Pologne
; ce qui ſurprit fort
des Amb . de Siam. 253
l'Ambaſſadeur , qui répondit
Qu'il ne pouvoit concevoir ce
qu'on luy difoit , puiſqu'il n'eftoit
pas vray -femblable qu'on
quittaſt un Royaume comme la
France , pour quelque Royaume
que ce fuft ; deforte qu'il falut
luy expliquer que Henry
IHI. n'eſtoit pas encore Roy
de France, lorſqu'il fut nommé
à la Couronne de Pologne
, qui ſe donne par élection
; mais qu'il revint prendre
celle de France , fi- toft
qu'il y fut appellé par droit
de fucceflion. Une perſonne
de la compagnie luy ayant
254 IV. P. du Voyage
dit lorſqu'il eſtoit attaché a
confiderer le Portrait deHenry
IV. Que s'il n'avoit pas cefsé
d'eftre Huguenot, il n'auroit
pas esté Roy de France , ilrépondit
que c'estoit le Sang, &
non la Religion , qui donnoit la
Couronne de France. Il demanda
par quelle raiſon les quatre
Rois dont il voyoit les
Portraits , avoient des habits
fi differens les uns des autres;
& quelqu'un ayant reparty,
que les François aimoient un peu
le changement en habits , il répondit,
que c'estoit moins une
marque d'inconstance que parcedesAmb.
de Siam. 255
qu'ils cherchoient la perfection
en toutes choses, &que ces changemens
estoient des effais pour la
trouver ; mais quependant qu'on
les voyoit avec tant de fortes
d'habillemens, on ne devoit point
trouver à redire à ceux dont les
autres Nations ſe ſervoient. Ils
retournerent enſuite auprés
du feu , où M le Prince&
Mela Princeſſe de Mekelbourg
eſtant arrivez , ils eurent
une affez longue converſation
, cette Princeſſe
leur ayant fait diverſes
queſtions pleines d'eſprit.
Pluſieurs Perſonnes de la
256 IV. P. du Voyage
premiere qualité qui vinrent
dans cette Sale pour ſe chaufer,
entrerent auſſi en converſation
avec eux ,& ils la foûtinrent
avec beaucoup d'efprit.
Me l'Envoyé de Mantouë
leur parla long-temps .
Monfieur le Prince deConty
qui vouloit voir la Ceremonie
ſans ſe faire connoître ,
parût dans le meſme lieu ainſi
que Ma le grand Prieur ,& fe
fit diftinguer par ſon grand
air. L'Ambaſſadeur marqua
qu'il auroit ſouhaitté de luy parler,
mais qu'il n'ofoit par respect
commencer la conversation avec
des Amb. de Siam . 257
un grand Prince , àmoins qu'il
ne luy parlaſt le premier. Elle ſe
lia neantmoins , mais elle ne
fut pas particuliere. Peu de
temps aprés , chacun fut conduit
aux places qui avoient
elté refervées pour tant d'Illuftres
Perſonnes , les Princes
en bas , & les Ambaſſadeurs
aux feneſtres de la Galerie qui
donnent dans l'Eglife. Ils regarderent,
& écouterent avec
une extréme attention , ils remarquerent
les differentes expreffions
de la Muſique , &
pendantle Domine falvum fac
Regem , qu'on leur expliqua ,
Y
258 IV.P.du Voyage
il ſembloit qu'ils priaffent
auſſi pour le Roy. La Ceremonie
eſtant achevée , ils furent
reconduits dans la même
Sale , où on les avoit d'abord
amenés pour ſe chauffer
, & l'Ambaſſadeur pour
montrer aux Peres l'effet que
ce qu'il venoit de voir avoit
fait fur luy , porta fa main à
ſes yeux , à ſes oreilles ,& fur
fon coeur , & dit queses yeux
avoient efté enchantés , ſes oreilles
charmées , &fon coeur touché.
Il répondit avec une prefence
, & une vivacité d'efprit
inconcevable àbeaucoup
:
des Amb. de Siam. 159
de perſonnes qui luy parle.
rent. Les Peres les firent en
fuite paffer dans une Salle où
ils trouverent une Collation
ſervie. On les pria de ſi bonne
grace de ſe mettre à table,
qu'ils fe crurent obligez d'avoir
cette complaifance pour
ceux qui les en prefferent. Ils
fortirent quelque temps aprés,
& furent reconduits par les
Peres juſques à la porte de la
ruë.
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Résumé : Ce qu'ils ont fait & dit aux Feuillants le jour qu'ils y ont esté au Te Deum, de la composition de Mr de Lully. [titre d'après la table]
Le texte décrit une cérémonie organisée pour célébrer le rétablissement de la santé du roi, au cours de laquelle fut chanté le Te Deum composé par Jean-Baptiste Lully. Six pères Feuillants furent chargés d'inviter les ambassadeurs de Siam à cette cérémonie. L'ambassadeur siamois manifesta sa joie d'apprendre la bonne santé du roi et son désir de participer à la cérémonie pour apprécier la musique de Lully. Le jour de la cérémonie, les ambassadeurs furent accueillis par les pères Feuillants et conduits dans une salle où ils admirèrent des portraits de rois français, notamment Henri III, Henri IV, Louis XIII et Louis XIV. Les ambassadeurs posèrent des questions sur ces portraits, s'intéressant particulièrement au fait qu'Henri III ait été roi de Pologne. Ils discutèrent également des différences dans les habits royaux, soulignant la recherche de perfection dans les changements de mode. Pendant la cérémonie, les ambassadeurs observèrent attentivement et prièrent pour le roi. Après la cérémonie, ils furent reconduits dans une salle où une collation leur fut offerte. L'ambassadeur siamois exprima son enchantement en portant la main à ses yeux, ses oreilles et son cœur, indiquant qu'il avait été profondément touché par l'expérience. Les ambassadeurs quittèrent ensuite les lieux, reconduits par les pères Feuillants jusqu'à la porte de la rue.
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2
p. 2101-2105
Te Deum chanté aux Quinze-Vingt, & exécuté par les Freres Aveugles, [titre d'après la table]
Début :
Le 2 Septembre à quatre heures du soir, on chanta dans l'Eglise de l'Hôpital Royal [...]
Mots clefs :
Capitaine, Anglais, Vaisseau, Corsaire, Hôpital, Nantes, Bâtiment, Bayonne, Te Deum, Quinze-vingts, Jean-Baptiste Lully, Concert
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Te Deum chanté aux Quinze-Vingt, & exécuté par les Freres Aveugles, [titre d'après la table]
Le 2 Septembre à quatre heures du foir
on chanta dans l'Eglife de l'Hôpital Royal
des Quinze-Vingt , pour la Convalefcence
du Roi, un Te Deum , en Mufique, avec Sym-
...l Hiij pho
2102 MERCURE DE FRANCE.
phonie , exécuté par les Freres Aveugles de
cet Hôpital . Le foir il y eut une grande illumination
dans la grande cour de cette Maifon
, avec un Concert , compofé des plus
beaux morceaux de Muſique du célébre Lully
, exécutés par les mêmes Freres- Aveugles
, lefquels étoient placés fur un Amphitéatre
, conftruit exprès. Ce Concert
fut parfaitement
bien exécuté & très- applaudi
par les plus grands connoiffeurs
. Le
tout avoit été ordonné & dirigé par les foins
du Maître de cet Hôpital , qui en a l'Infpection
fous les ordres de M. le Cardinal de
Rohan , Grand Aumônier
de France , Superieur
de cette Maifon . Entre les grandes illuminations
qu'on y voyoit , celle qui étoit
à la façade de la Maifon du Maître de cet
Hôpital , fe faifoit remarquer principalement
par un VIVE LE ROI , en Lampions, artiftement
difpofés. On avoit fufpendu au
milieu de la Cour un cercle lumineux , autour
duquel on diftinguoit le Soleil & la
Lune , en mouvement
; le tout fut trouvé
très ingénieufement
compofé. Pendant
qu'on chantoit le Te Deum , on fit plufieurs
falves de petit canon, ce qu'on répéta quand
il fut fini.
--
Le Baron de Donop , Général Major dans
les troupes de Heffe , & que le Prince Guillaume
SEPTEMBRE. 1744. 2103
laume de Heffe a envoyé à Metz , pour , au
nom du Roi de Suede , fon Frere , faire au
Roi un compliment fur le rétabliffement
de la fanté de S. M. s'eft acquitté de cette
commiffion le 8 de ce mois , & il a été préfenté
au Roi par le Chevalier de Sainctot ,
Introducteur des Ambaffadeurs .
Le Capitaine Pierre Thomas , comman
dant le Vaiffeau le Duteillay , armé en courfe
à Nantes , a délivré le Bâtiment la Vierge,
d'Olonne , qui avoit été pris par un Arma-
-teur Anglois.
On mande de Granville , que le Vaiffeau
le Charles Grenot , dont le Capitaine Jacques
Clement a le commandement , y a conduit
-un Navire Anglois , de 160 tonneaux, nonmé
la Marie , dont la charge confiftoit en
200 Boucaux de Sucre fin , en Coton & en
Bois de Gayac.
Un autre Bâtiment de la même Nation a
été mené à Cherbourg par le Corfaire la
Subtile.
Le Corfaire le Harang Couronné , armé à
Dunkerque ,,
par le Capitaine Billevalt
s'eft emparé d'un Vaiffeau de Limerick .
>
On a appris de Bayonne , qu'un Armateur
de ce Port avoit enlevé un Bâtiment
de Philadelphie , chargé de Farines , de Fer
& de Merrains.
Hiiij Les
2104 MERCURE DE FRANCE.
Les lettres de Breft marquent que les
Vaiffeaux la Malice , de Granville , & le
Barnabas , de S. Malo , commandés par les
Capitaines Sorel & Defmarais , ont repris le
Navire le Charles , de Bordeaux , dont les
Anglois s'étoient emparés , & que les Capitaines
Donat & Charon , qui montent les
Vaiffeaux la Biche , de S. Malo , & la Va-
Leur , de Nantes , fe font rendus maîtres des
Bâtimens Anglois l'Elizabeth & le Rubis ,
chargés de Riz , de Terebentine & de Pelleteries
.
Suivant les avis reçûs de S. Malo , le Corfaire
la Veftale , que commande le Capitaine
Garnier de Fougeray , a enlevé le Brigantin
Le Guillaume & Marie , de Waterford , à
bord duquel on a trouvé une grande quantité
de Salaifons.
On a appris de Nantes & de Bayonne ,
deux Vaiffeaux François en ont pris 25
de la Jamaïque.
que
Le Capitaine du Ler , commandant le
Corfaire la Victoire , eft entré dans le Pott
de Bayonne avec le Vaiffeau Anglois la
Marie - Anne , de Philadelphie , armé de
quatre canons & de deux pierriers, & chatgé
de Farines , de Fer & de Merrains. Ce
Capitaine s'eft auffi rendu maître d'un autre
Navire Anglois , à deux ponts , dont la cargaifon
confiftoit en Gaudron & en Cacao ,
&
SEPTEMBRE. 1744 . 2105
& qu'il a conduit à Ribadeos , en Espagne.
on chanta dans l'Eglife de l'Hôpital Royal
des Quinze-Vingt , pour la Convalefcence
du Roi, un Te Deum , en Mufique, avec Sym-
...l Hiij pho
2102 MERCURE DE FRANCE.
phonie , exécuté par les Freres Aveugles de
cet Hôpital . Le foir il y eut une grande illumination
dans la grande cour de cette Maifon
, avec un Concert , compofé des plus
beaux morceaux de Muſique du célébre Lully
, exécutés par les mêmes Freres- Aveugles
, lefquels étoient placés fur un Amphitéatre
, conftruit exprès. Ce Concert
fut parfaitement
bien exécuté & très- applaudi
par les plus grands connoiffeurs
. Le
tout avoit été ordonné & dirigé par les foins
du Maître de cet Hôpital , qui en a l'Infpection
fous les ordres de M. le Cardinal de
Rohan , Grand Aumônier
de France , Superieur
de cette Maifon . Entre les grandes illuminations
qu'on y voyoit , celle qui étoit
à la façade de la Maifon du Maître de cet
Hôpital , fe faifoit remarquer principalement
par un VIVE LE ROI , en Lampions, artiftement
difpofés. On avoit fufpendu au
milieu de la Cour un cercle lumineux , autour
duquel on diftinguoit le Soleil & la
Lune , en mouvement
; le tout fut trouvé
très ingénieufement
compofé. Pendant
qu'on chantoit le Te Deum , on fit plufieurs
falves de petit canon, ce qu'on répéta quand
il fut fini.
--
Le Baron de Donop , Général Major dans
les troupes de Heffe , & que le Prince Guillaume
SEPTEMBRE. 1744. 2103
laume de Heffe a envoyé à Metz , pour , au
nom du Roi de Suede , fon Frere , faire au
Roi un compliment fur le rétabliffement
de la fanté de S. M. s'eft acquitté de cette
commiffion le 8 de ce mois , & il a été préfenté
au Roi par le Chevalier de Sainctot ,
Introducteur des Ambaffadeurs .
Le Capitaine Pierre Thomas , comman
dant le Vaiffeau le Duteillay , armé en courfe
à Nantes , a délivré le Bâtiment la Vierge,
d'Olonne , qui avoit été pris par un Arma-
-teur Anglois.
On mande de Granville , que le Vaiffeau
le Charles Grenot , dont le Capitaine Jacques
Clement a le commandement , y a conduit
-un Navire Anglois , de 160 tonneaux, nonmé
la Marie , dont la charge confiftoit en
200 Boucaux de Sucre fin , en Coton & en
Bois de Gayac.
Un autre Bâtiment de la même Nation a
été mené à Cherbourg par le Corfaire la
Subtile.
Le Corfaire le Harang Couronné , armé à
Dunkerque ,,
par le Capitaine Billevalt
s'eft emparé d'un Vaiffeau de Limerick .
>
On a appris de Bayonne , qu'un Armateur
de ce Port avoit enlevé un Bâtiment
de Philadelphie , chargé de Farines , de Fer
& de Merrains.
Hiiij Les
2104 MERCURE DE FRANCE.
Les lettres de Breft marquent que les
Vaiffeaux la Malice , de Granville , & le
Barnabas , de S. Malo , commandés par les
Capitaines Sorel & Defmarais , ont repris le
Navire le Charles , de Bordeaux , dont les
Anglois s'étoient emparés , & que les Capitaines
Donat & Charon , qui montent les
Vaiffeaux la Biche , de S. Malo , & la Va-
Leur , de Nantes , fe font rendus maîtres des
Bâtimens Anglois l'Elizabeth & le Rubis ,
chargés de Riz , de Terebentine & de Pelleteries
.
Suivant les avis reçûs de S. Malo , le Corfaire
la Veftale , que commande le Capitaine
Garnier de Fougeray , a enlevé le Brigantin
Le Guillaume & Marie , de Waterford , à
bord duquel on a trouvé une grande quantité
de Salaifons.
On a appris de Nantes & de Bayonne ,
deux Vaiffeaux François en ont pris 25
de la Jamaïque.
que
Le Capitaine du Ler , commandant le
Corfaire la Victoire , eft entré dans le Pott
de Bayonne avec le Vaiffeau Anglois la
Marie - Anne , de Philadelphie , armé de
quatre canons & de deux pierriers, & chatgé
de Farines , de Fer & de Merrains. Ce
Capitaine s'eft auffi rendu maître d'un autre
Navire Anglois , à deux ponts , dont la cargaifon
confiftoit en Gaudron & en Cacao ,
&
SEPTEMBRE. 1744 . 2105
& qu'il a conduit à Ribadeos , en Espagne.
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Résumé : Te Deum chanté aux Quinze-Vingt, & exécuté par les Freres Aveugles, [titre d'après la table]
Le 2 septembre, un Te Deum fut chanté à l'église de l'Hôpital Royal des Quinze-Vingt pour célébrer la convalescence du roi. Cet événement fut suivi d'une grande illumination dans la cour principale, avec un concert de musique de Lully dirigé par le maître de l'hôpital sous les ordres du Cardinal de Rohan. Les illuminations formaient 'VIVE LE ROI' et représentaient le Soleil et la Lune en mouvement. Des salves de petit canon furent tirées pendant et après le Te Deum. Par ailleurs, le Baron de Donop remit un compliment au roi pour son rétablissement au nom du roi de Suède. En mer, plusieurs actions navales furent rapportées : le capitaine Pierre Thomas libéra 'la Vierge', capturé par un armateur anglais. Le vaisseau 'le Charles Grenot' captura un navire anglais à Granville. Le corsaire 'la Subtile' mena un bâtiment anglais à Cherbourg, et 'le Harang Couronné' s'empara d'un vaisseau de Limerick. À Bayonne, un armateur captura un bâtiment de Philadelphie chargé de farines, de fer et de merrains. Les vaisseaux 'la Malice' et 'le Barnabas' reprirent le navire 'le Charles' aux Anglais. Les capitaines Donat et Charon capturèrent les bâtiments anglais 'l'Elizabeth' et 'le Rubis'. Le corsaire 'la Vestale' enleva le brigantin 'Le Guillaume et Marie'. Deux vaisseaux français capturèrent 25 navires de la Jamaïque, et le capitaine du Ler amena à Bayonne le vaisseau anglais 'la Marie-Anne' ainsi qu'un autre navire chargé de goudron et de cacao, conduit à Rib.
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3
p. 147-148
LES QUINZE-VINGT.
Début :
L'Hôpital Royal des Quinze-Vingt de Paris, s'étant déja distingué par une Fête [...]
Mots clefs :
Quinze-vingts, Roi, Convalescence, Aveugles, Arc de triomphe, Inscriptions, Jean-Baptiste Lully
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES QUINZE-VINGT.
LES QUINZE - VINGT .
L'Hôpital Royal des Quinze-Vingt de
Paris , s'étant déja diftingué par une Fête
particuliere célébrée dans fon Enclos , au
fujet de la Convalescence du Roi , & rapportée
dans le Mercure du mois de Septembre
dernier , a renouvellé les marques
éclatantes de fa joie à l'arrivéede Sa Majeſté.
Il a fait pour cela conſtruire une répréſentation
- d'Arc de Triomphe , dont
les Lampions formoient le deſſein avec
beaucoup d'art & de goût. Cet Ouvrage
cintré dans fon milieu, étoit orné des Armes
du Roi très-bien peintes, dont l'Ecuffon
étoit en tranſparent ,& au-deſſous on
lifoit ce Diſtique Latin .
T
Qui dare non poffunt oculos proRege tuendo,
Nempè velint vitasfpontè vovereſuas.
Des deux côtés étoient deux autres Inf
148 MERCUREDE FRANC
criptions qui faifoient alluſion à la ficuation
des Aveugles ; l'un portoit : Salus noftra
in manu tua est ; refpiciat nos tantùm Dominus
nofter , & lati ſerviemus Regr. Genef.
Chap. 25.Verfet 27. & l'autre: Dominus il
luminat cacos. Pl. 147. Verſet 8 .
Au côté droit de l'Edifice qui contenoir
dans toute ſon étenduë 54 pieds de large ,
fur 40 de haut , & qui étoit placé en face
de la rue de Richelieu , on avoit conſtruit
une efpéce de petite Tribune où étoient
placés ceux des Aveugles qui joient des
Inſtrumens. Ilsy exécuterent de leur mieux
les plus belles ouvertures de Lully, & quelques
piéces de la compoſition de l'un d'entre
eux.
L'Hôpital Royal des Quinze-Vingt de
Paris , s'étant déja diftingué par une Fête
particuliere célébrée dans fon Enclos , au
fujet de la Convalescence du Roi , & rapportée
dans le Mercure du mois de Septembre
dernier , a renouvellé les marques
éclatantes de fa joie à l'arrivéede Sa Majeſté.
Il a fait pour cela conſtruire une répréſentation
- d'Arc de Triomphe , dont
les Lampions formoient le deſſein avec
beaucoup d'art & de goût. Cet Ouvrage
cintré dans fon milieu, étoit orné des Armes
du Roi très-bien peintes, dont l'Ecuffon
étoit en tranſparent ,& au-deſſous on
lifoit ce Diſtique Latin .
T
Qui dare non poffunt oculos proRege tuendo,
Nempè velint vitasfpontè vovereſuas.
Des deux côtés étoient deux autres Inf
148 MERCUREDE FRANC
criptions qui faifoient alluſion à la ficuation
des Aveugles ; l'un portoit : Salus noftra
in manu tua est ; refpiciat nos tantùm Dominus
nofter , & lati ſerviemus Regr. Genef.
Chap. 25.Verfet 27. & l'autre: Dominus il
luminat cacos. Pl. 147. Verſet 8 .
Au côté droit de l'Edifice qui contenoir
dans toute ſon étenduë 54 pieds de large ,
fur 40 de haut , & qui étoit placé en face
de la rue de Richelieu , on avoit conſtruit
une efpéce de petite Tribune où étoient
placés ceux des Aveugles qui joient des
Inſtrumens. Ilsy exécuterent de leur mieux
les plus belles ouvertures de Lully, & quelques
piéces de la compoſition de l'un d'entre
eux.
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Résumé : LES QUINZE-VINGT.
L'Hôpital Royal des Quinze-Vingt de Paris a organisé une fête pour célébrer l'arrivée du roi. Un arc de triomphe illuminé, décoré des armes royales et d'un distique latin, a été construit pour l'événement. Cet arc, mesurant 54 pieds de large sur 40 de haut, se trouvait face à la rue de Richelieu. Des inscriptions latines sur les côtés de l'arc évoquaient la condition des aveugles, en citant des versets bibliques. Une tribune accueillait des aveugles musiciens qui ont joué des œuvres de Lully ainsi que des compositions d'un de leurs membres.
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