Résultats : 43 texte(s)
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1
p. 62-63
« J'ay promis il y a quelques mois de parler des [...] »
Début :
J'ay promis il y a quelques mois de parler des [...]
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texteReconnaissance textuelle : « J'ay promis il y a quelques mois de parler des [...] »
J'Ay promis il y a quelques
mois de parler des
observations qui feroient
faites sur des monumencs
d'antiquitéou basreliefs,
trouvez en creusantles
fondations de l'Autel magnifique
où l'on travaille
actuellement par l'ordre
du Roy, pour accomplir
un VOEU fait par Louis,
XIII.
Voicy quelques-unes
des remarques qu'a faites
sur ces pierres antiques
MrM.D.M.Onendonnera
ensuite quelques autres
faites par Mr B. ces deux
Mesieurssont del'Académie
Royale des Inscriptions
& Médaillés.
mois de parler des
observations qui feroient
faites sur des monumencs
d'antiquitéou basreliefs,
trouvez en creusantles
fondations de l'Autel magnifique
où l'on travaille
actuellement par l'ordre
du Roy, pour accomplir
un VOEU fait par Louis,
XIII.
Voicy quelques-unes
des remarques qu'a faites
sur ces pierres antiques
MrM.D.M.Onendonnera
ensuite quelques autres
faites par Mr B. ces deux
Mesieurssont del'Académie
Royale des Inscriptions
& Médaillés.
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2
p. 62-81
Extrait de quelques reflexions par Mr M. D. M.
Début :
Pour juger du merite & de l'antiquité de ces [...]
Mots clefs :
Antiquité, Pierres, Paganisme, Église, Règne, Romains, Homme, Figure, Roi, Saint
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texteReconnaissance textuelle : Extrait de quelques reflexions par Mr M. D. M.
Extrait de quelquesreflexions
par Mr M. D. l'vf.
Pour juger du
merite 5cde l'antiquitéde
ces monuments, il faut
distinguer deux temps, celuy
où ces pierresont esté
posées pourservir de son-i
dationsà un gros mur,&
celuy auquell'inscription
& les bas-reliefs ont esté
fats.
Le Roy Robert. qui
succeda à Hugues - Capec
son pere en 996. commença
l'Eglise deNostre-
Dame.
Avant le Roy Robert
il yavoit eu une autre ancienne
Eglise sur lesdémolirions
de laquelle on avoir
elevélanouvelle;l'on peut
prouver que les pierres
nouvellement découvertes
ont, par rapportàl'endroit
droit ou elles avoient esté
posées,une époque beaucoup
plus reculée que celle
du Roy Robert.
En effetdutemps. de
ChilpericRoy deSoissons
& de Paris,en595.Fredegondesa
veuve se transporta
dans cette Eglise
avec les threfors qu'elle
avoir,&fut reçue par Ragnemond
Eveique de Paris
successeur de (ainç Germain,
dont il est parlé dans
saint Gregoire de Tours.
Il n'y avonir qu'un lieçle
que nos Rois estoient en
possession de Paris lorsque
cePtélat écrivit son histoire.
,j'-:
On sçait d'ailleurs que
quand les premiers Chrestiens
eurent obtenu des
Empereurs le libre exercice
de leur Religion, les
Parisiensfirent bastir à la
pointe orientale de risle,
qui compose aujourd'huy
la Cité, une Chapelle dédiée
a la Vierge, à saint
Estienne)&àsaint Denys,
& l'onprétend que c'est
celle de saint Denys du Pas.
1 Ce ne feroit donc que
j dans la suite qu'ilyauroit
.- eu une seconde Eglisebat
flie par Childebert
vers l'an 522 & c'est
du temps de cette construâion
que l'on pourroit
conclure que les pierres
,
dont il s'agit auroient ser- videfondement.
,. 1 Ces pierres provenues
sans doute de quelques débris
d'Autels, ou autres
monuments du paganisme,
marquent en mesme
temps la destruécton- de
l'Idolâtrie dans Paris Se
le progrez que la Religion
y avoit fait depuis que
saintDenys y avoic prescherirvangile.
Plaine
Denys fut envoyé dans les
Gaules Tanzjo. la premiere
du regne de Trajan
Dece ,
fous le Pontificat
de saintFabien21 Pape.
Le Paganisme ne fut
aboliqu'en 312. après la
conversîon deConstantin
le Grand
Les peuples au delà du
Rhin depuisappeliez
François, entrèrent dans
les Gaules en 415*-.-• &
Merouée,aprèsla more
d"Àftius General des Romains,
se rendit maistre
de Paris, d'Orléans, Sens
& autres Villes vers l'an
455..TW£**43KJ£t>
ak Ensuite les François qui
la pluspartestoient Payens
idolatres
,
cesserent de
l'estre après la conversion *
du grand Clovis
, qui sut
baptisé en 416. & enfin
tout ce qui restoit de Temples
& de monuments du
Paganisme fut détruit l'an
554. par un Edit de Childebert,
ainsi ce feroit par
reconnoissance pour la
memoire de ce Prince, à
qui on attribue la fondation
de cerce seconde Eglise
,
qu'on avoic placé
son effigie la premiere de
nosvingnt-huit répresentées
sur le frontispice de
Nostre-Dame.
Cette premiere Epoque
du tem ps où les pierres
en question ont esté pofées
dans l'endroit où nous
les trouvons, nous conduit
à celle du temps de
Tibere, marquéeparl'inf.
cription qui est sur l'une de
ces pierres,dont voicy l'explicarion.
Sous leRegne de Tibère
CesarAuguste les Bateliers
Parisiens ont consacré publiquement
cet AutelaJupiter
tres-bon & très-grand - Sur les trois autres saces
de la mesme pierre on
voir en bas
-
relief des demi
figures, dont quelques
unes sontmutilées,d'hommes
vestus d'une espece
de tunique. Ily en a trois
dont chacun tient; une
lance avec un bouclier,
surl'un des costez on lit,
DENANI. Sur un autre
on lit E VRISES: & sur
un autre on lit .S B NA N I- v. I L O M les aay
[res lettres sonteffacées.
Par l'assemblage qu'on
a fait de deux autres pierres
qui se ra pportent l'une
à l'autre, & qui forment
une espece de cipe ou de
pilastre quarre presque
entier ,
de la hauteur de
trois pieds quatre pouces,
& de la largeur de deux,
pieds & demi. Il y a Curt
l'une des faces de ces deux
pierres qui n'en font qu'-
une
une la figuredeVulcain,
au dessus on lit VOLCANVS.
Sur une autre face
on voit une figure de Jupicer
debout, au dessus on
litI O VIS. Sur la face qui
fuit est la figure de profil
d'un homme qui, ayant le
bras droit élevé, tient de
la main droite une hache
dont il paroist vouloirabbattre
les branches d'un
arbre qui est devant luy.
On lit au dessusE SV S, &
sur la quatrième face on
voit entre des feüillages
trois oiseaux, dont l'un est
posésurlateste,& les deux
autres sur le corps d'un
taureau,au dessus on lit:
TARVOS TRIGARANVS.
La troisiéme pierre qui
a deux pieds trois pouces
de largeur, & un pied &
demi de hauteur, a d'un
cossé un homme de face,
on litCASTOR.Lecofté
qui iuit reprefenre une figure
à peu prés semblable,
qui ne peut estre que POL-
1vx.
Sur une autre face est un
vieillard avec de grandes
cornes, dans chacune desquelles
est passé un gros
anneau, on lit au dessus,
CERNVNNOS. Sur la
derniere face est la figure
d'un jeune homme tenant
de sa main gauche une
massuë, dont il menace un
Serpent qui paroist s'élever
contre luy au dessus
font quelques lettresfugitives
,
dont on ne découvre
que SI. R. le reste
esteffacé.
Il y a une quatrième
pierre, ayant à chaque
casié deux demi figures
deilinées d'un bon goust.
& sans infcriprion
:
elles
representent un homme
couvert d'une cuirasse à la
Romaine, tenant une lance
de la main droite, Lk
à coHe une femme coeffée
& vestuë comme nos
plus belles figures antiques
avec unbrasselet au
bras droit qui est nud.
Avant de faire quelques
observations sur ces
antiquitez qui font toutes
à peu près du temps de
Tibere,qui a régné vingttrois
ans, & est mort l'an
de salut37.Il estnecessaire
de ra ppeller succinctement
le temps qui a précédé
le regne de cetEmpereur
, par rapport aux
Parisïens ôc à leur Ville.
Les Romains avoient
desja conquis la Gaule
Narbonnoiie , Se receu
dans leur alliance quelques
autres Provinces de
la Celtique lorsqu'ils envoyèrent
une armee au
delà des Alpes fous la conduite
de Ju l es Cefar, tant
pour secourir leurs Alliez,
que pour loumettre le relie
des Gaules. La petite
ville deLuteceefroit pour
lors ca pitaledes Parviens ,
lesquels saisoien partie
des soixante & quatre peuples
separez en Citez disferenres,
quicomposoient
la Nation Gauloile avanc
les conquestes de Cesar.
lurece, ainsiqu'il est
rapportédans ses Commenraires,
fut soumise aux
Romains, après avoir resisté
deux fois à leur armée
commandée par Labienus
un des Lieutenants de Cefar.
Ce grand Capitaine
en avoic trouvéle(èjourfi
commode
,
qu'il y aVÇ>i.t
transféré les Estats Généraux.
Apres qu'il se fut
rendu maistre des Gaules,
la plus grandepartie, ainsi
que laVille de Lutece,
demeura fous la domination
des Romains pendant
environ 500. ans, car ce
ne fut que fous le règne
de Clovis
, comme jel'ay
desja remarqué, que nos
Ancestres s'affranchirent
entièrement de l'Empire
Romain, 7^
"i. Or les Gaulois estant
alors jainsi que les Romains,
engagez dans les
erreurs du Paganisme, adoroient
presque les mesmes
Divinitez
}
fous des
noms dlfferens, Jupiter,
Apollon, Mars & Mercure.
C'estoit chez les Gaulois,
YharanJ Mitra, Hesus, &
Theutates. Cesmonuments
que nous venons de décrire,
marquent que fous
le regne de Tibere, ils
avoient conservéd'autres
Dieux particuliers, te ls
que pouvoienteftreTARVOS,
TIGARANVS
,
& ce
vieillard à deux cornes,
qui a pour infcriprion
CERNVNNOS,comme
pour dire cornutus ; car cer
en langueCeltique, veut
dire corne, &c.
Mr M. D.
par Mr M. D. l'vf.
Pour juger du
merite 5cde l'antiquitéde
ces monuments, il faut
distinguer deux temps, celuy
où ces pierresont esté
posées pourservir de son-i
dationsà un gros mur,&
celuy auquell'inscription
& les bas-reliefs ont esté
fats.
Le Roy Robert. qui
succeda à Hugues - Capec
son pere en 996. commença
l'Eglise deNostre-
Dame.
Avant le Roy Robert
il yavoit eu une autre ancienne
Eglise sur lesdémolirions
de laquelle on avoir
elevélanouvelle;l'on peut
prouver que les pierres
nouvellement découvertes
ont, par rapportàl'endroit
droit ou elles avoient esté
posées,une époque beaucoup
plus reculée que celle
du Roy Robert.
En effetdutemps. de
ChilpericRoy deSoissons
& de Paris,en595.Fredegondesa
veuve se transporta
dans cette Eglise
avec les threfors qu'elle
avoir,&fut reçue par Ragnemond
Eveique de Paris
successeur de (ainç Germain,
dont il est parlé dans
saint Gregoire de Tours.
Il n'y avonir qu'un lieçle
que nos Rois estoient en
possession de Paris lorsque
cePtélat écrivit son histoire.
,j'-:
On sçait d'ailleurs que
quand les premiers Chrestiens
eurent obtenu des
Empereurs le libre exercice
de leur Religion, les
Parisiensfirent bastir à la
pointe orientale de risle,
qui compose aujourd'huy
la Cité, une Chapelle dédiée
a la Vierge, à saint
Estienne)&àsaint Denys,
& l'onprétend que c'est
celle de saint Denys du Pas.
1 Ce ne feroit donc que
j dans la suite qu'ilyauroit
.- eu une seconde Eglisebat
flie par Childebert
vers l'an 522 & c'est
du temps de cette construâion
que l'on pourroit
conclure que les pierres
,
dont il s'agit auroient ser- videfondement.
,. 1 Ces pierres provenues
sans doute de quelques débris
d'Autels, ou autres
monuments du paganisme,
marquent en mesme
temps la destruécton- de
l'Idolâtrie dans Paris Se
le progrez que la Religion
y avoit fait depuis que
saintDenys y avoic prescherirvangile.
Plaine
Denys fut envoyé dans les
Gaules Tanzjo. la premiere
du regne de Trajan
Dece ,
fous le Pontificat
de saintFabien21 Pape.
Le Paganisme ne fut
aboliqu'en 312. après la
conversîon deConstantin
le Grand
Les peuples au delà du
Rhin depuisappeliez
François, entrèrent dans
les Gaules en 415*-.-• &
Merouée,aprèsla more
d"Àftius General des Romains,
se rendit maistre
de Paris, d'Orléans, Sens
& autres Villes vers l'an
455..TW£**43KJ£t>
ak Ensuite les François qui
la pluspartestoient Payens
idolatres
,
cesserent de
l'estre après la conversion *
du grand Clovis
, qui sut
baptisé en 416. & enfin
tout ce qui restoit de Temples
& de monuments du
Paganisme fut détruit l'an
554. par un Edit de Childebert,
ainsi ce feroit par
reconnoissance pour la
memoire de ce Prince, à
qui on attribue la fondation
de cerce seconde Eglise
,
qu'on avoic placé
son effigie la premiere de
nosvingnt-huit répresentées
sur le frontispice de
Nostre-Dame.
Cette premiere Epoque
du tem ps où les pierres
en question ont esté pofées
dans l'endroit où nous
les trouvons, nous conduit
à celle du temps de
Tibere, marquéeparl'inf.
cription qui est sur l'une de
ces pierres,dont voicy l'explicarion.
Sous leRegne de Tibère
CesarAuguste les Bateliers
Parisiens ont consacré publiquement
cet AutelaJupiter
tres-bon & très-grand - Sur les trois autres saces
de la mesme pierre on
voir en bas
-
relief des demi
figures, dont quelques
unes sontmutilées,d'hommes
vestus d'une espece
de tunique. Ily en a trois
dont chacun tient; une
lance avec un bouclier,
surl'un des costez on lit,
DENANI. Sur un autre
on lit E VRISES: & sur
un autre on lit .S B NA N I- v. I L O M les aay
[res lettres sonteffacées.
Par l'assemblage qu'on
a fait de deux autres pierres
qui se ra pportent l'une
à l'autre, & qui forment
une espece de cipe ou de
pilastre quarre presque
entier ,
de la hauteur de
trois pieds quatre pouces,
& de la largeur de deux,
pieds & demi. Il y a Curt
l'une des faces de ces deux
pierres qui n'en font qu'-
une
une la figuredeVulcain,
au dessus on lit VOLCANVS.
Sur une autre face
on voit une figure de Jupicer
debout, au dessus on
litI O VIS. Sur la face qui
fuit est la figure de profil
d'un homme qui, ayant le
bras droit élevé, tient de
la main droite une hache
dont il paroist vouloirabbattre
les branches d'un
arbre qui est devant luy.
On lit au dessusE SV S, &
sur la quatrième face on
voit entre des feüillages
trois oiseaux, dont l'un est
posésurlateste,& les deux
autres sur le corps d'un
taureau,au dessus on lit:
TARVOS TRIGARANVS.
La troisiéme pierre qui
a deux pieds trois pouces
de largeur, & un pied &
demi de hauteur, a d'un
cossé un homme de face,
on litCASTOR.Lecofté
qui iuit reprefenre une figure
à peu prés semblable,
qui ne peut estre que POL-
1vx.
Sur une autre face est un
vieillard avec de grandes
cornes, dans chacune desquelles
est passé un gros
anneau, on lit au dessus,
CERNVNNOS. Sur la
derniere face est la figure
d'un jeune homme tenant
de sa main gauche une
massuë, dont il menace un
Serpent qui paroist s'élever
contre luy au dessus
font quelques lettresfugitives
,
dont on ne découvre
que SI. R. le reste
esteffacé.
Il y a une quatrième
pierre, ayant à chaque
casié deux demi figures
deilinées d'un bon goust.
& sans infcriprion
:
elles
representent un homme
couvert d'une cuirasse à la
Romaine, tenant une lance
de la main droite, Lk
à coHe une femme coeffée
& vestuë comme nos
plus belles figures antiques
avec unbrasselet au
bras droit qui est nud.
Avant de faire quelques
observations sur ces
antiquitez qui font toutes
à peu près du temps de
Tibere,qui a régné vingttrois
ans, & est mort l'an
de salut37.Il estnecessaire
de ra ppeller succinctement
le temps qui a précédé
le regne de cetEmpereur
, par rapport aux
Parisïens ôc à leur Ville.
Les Romains avoient
desja conquis la Gaule
Narbonnoiie , Se receu
dans leur alliance quelques
autres Provinces de
la Celtique lorsqu'ils envoyèrent
une armee au
delà des Alpes fous la conduite
de Ju l es Cefar, tant
pour secourir leurs Alliez,
que pour loumettre le relie
des Gaules. La petite
ville deLuteceefroit pour
lors ca pitaledes Parviens ,
lesquels saisoien partie
des soixante & quatre peuples
separez en Citez disferenres,
quicomposoient
la Nation Gauloile avanc
les conquestes de Cesar.
lurece, ainsiqu'il est
rapportédans ses Commenraires,
fut soumise aux
Romains, après avoir resisté
deux fois à leur armée
commandée par Labienus
un des Lieutenants de Cefar.
Ce grand Capitaine
en avoic trouvéle(èjourfi
commode
,
qu'il y aVÇ>i.t
transféré les Estats Généraux.
Apres qu'il se fut
rendu maistre des Gaules,
la plus grandepartie, ainsi
que laVille de Lutece,
demeura fous la domination
des Romains pendant
environ 500. ans, car ce
ne fut que fous le règne
de Clovis
, comme jel'ay
desja remarqué, que nos
Ancestres s'affranchirent
entièrement de l'Empire
Romain, 7^
"i. Or les Gaulois estant
alors jainsi que les Romains,
engagez dans les
erreurs du Paganisme, adoroient
presque les mesmes
Divinitez
}
fous des
noms dlfferens, Jupiter,
Apollon, Mars & Mercure.
C'estoit chez les Gaulois,
YharanJ Mitra, Hesus, &
Theutates. Cesmonuments
que nous venons de décrire,
marquent que fous
le regne de Tibere, ils
avoient conservéd'autres
Dieux particuliers, te ls
que pouvoienteftreTARVOS,
TIGARANVS
,
& ce
vieillard à deux cornes,
qui a pour infcriprion
CERNVNNOS,comme
pour dire cornutus ; car cer
en langueCeltique, veut
dire corne, &c.
Mr M. D.
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Résumé : Extrait de quelques reflexions par Mr M. D. M.
Le texte de Mr. M. D. l'vf. explore l'histoire et les monuments de l'église Notre-Dame de Paris, en distinguant deux phases principales : la pose des pierres pour un mur et l'ajout des inscriptions et bas-reliefs. La construction de l'église actuelle a commencé sous le règne du roi Robert, qui a succédé à Hugues Capet en 996. Avant cette période, une autre église existait, comme en témoignent des pierres récemment découvertes, antérieures au règne du roi Robert. Le texte mentionne également des événements historiques liés à Paris. En 595, Frédégonde, veuve de Chilpéric, a visité Paris. Les premiers chrétiens y avaient construit une chapelle dédiée à la Vierge, à saint Étienne et à saint Denys. Une seconde église aurait été érigée par Childebert vers 522, utilisant des pierres provenant de monuments païens, symbolisant ainsi la destruction de l'idolâtrie et la progression du christianisme. Le paganisme a été aboli en 312 après la conversion de Constantin le Grand. Les Francs, initialement païens, se sont convertis au christianisme après la conversion de Clovis en 496. En 554, un édit de Childebert a ordonné la destruction des temples et monuments païens. Le texte décrit également des pierres antiques découvertes, datées du règne de Tibère, portant des inscriptions et des bas-reliefs représentant des divinités gauloises et romaines. Ces monuments illustrent la coexistence des croyances païennes et chrétiennes à Paris avant la conversion des Francs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 81-84
« Mr M. D. M. fonde ainsi sçavamment plusieurs plusieurs conjectures [...] »
Début :
Mr M. D. M. fonde ainsi sçavamment plusieurs plusieurs conjectures [...]
Mots clefs :
Article, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Mr M. D. M. fonde ainsi sçavamment plusieurs plusieurs conjectures [...] »
Mr M. D. M. fonde
ainsifçavammcnt plusieurs
conjectures tresvrai-
semblables, sur les
inscriptions de ces pierres
antiques) mais la
necessité d'abréger m'a
fait préferer les traits
historiques qui sont à la
portée de tout le monde,
à ces Explications, qui
perdent beaucoup de
leur mérité auprès de
ceux qui ne sont pas sçavants
dans l'antiquité.
Gerce mefine necessité
dabreger m'empesche
aussi de m'estendre autant
que je le voudrais
sur la Dissertation suivante,
dont j'aurois peutestre
deu parlerd'abord,
parce qu'elle a esté prononcée
a l'Académie,
mais elle n'esttombée
entre mesmains que la
derniere,&c d'ailleurs
ces deux sçavants Académiciens
ont une réputation
qui les met au
dessus de la ceremonie.
Il n'y a point de primauté
dans mon Mercure;
j'y place les pieces comme
elles me viennent;
&C non pas selon la diftination
du mérité ni des
personnes, & j'y placerois
sans scrupule le
mariage d'un Duc après
celuy d'un Bourgeois.
Le hasard,&les sujetions
décidentsouvent de l'ordre
d'un volume qui
s'imprimetousjours impromptu
; & où l'Autheur
ne peut avoir le
loisîr de faire sur un article
mille reflexions
3
comme celuy qui n'a
que cet article en teste,
parce qu'il ne prend in- teres1t qu'à cel1 uy-l1a\ .
ainsifçavammcnt plusieurs
conjectures tresvrai-
semblables, sur les
inscriptions de ces pierres
antiques) mais la
necessité d'abréger m'a
fait préferer les traits
historiques qui sont à la
portée de tout le monde,
à ces Explications, qui
perdent beaucoup de
leur mérité auprès de
ceux qui ne sont pas sçavants
dans l'antiquité.
Gerce mefine necessité
dabreger m'empesche
aussi de m'estendre autant
que je le voudrais
sur la Dissertation suivante,
dont j'aurois peutestre
deu parlerd'abord,
parce qu'elle a esté prononcée
a l'Académie,
mais elle n'esttombée
entre mesmains que la
derniere,&c d'ailleurs
ces deux sçavants Académiciens
ont une réputation
qui les met au
dessus de la ceremonie.
Il n'y a point de primauté
dans mon Mercure;
j'y place les pieces comme
elles me viennent;
&C non pas selon la diftination
du mérité ni des
personnes, & j'y placerois
sans scrupule le
mariage d'un Duc après
celuy d'un Bourgeois.
Le hasard,&les sujetions
décidentsouvent de l'ordre
d'un volume qui
s'imprimetousjours impromptu
; & où l'Autheur
ne peut avoir le
loisîr de faire sur un article
mille reflexions
3
comme celuy qui n'a
que cet article en teste,
parce qu'il ne prend in- teres1t qu'à cel1 uy-l1a\ .
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Résumé : « Mr M. D. M. fonde ainsi sçavamment plusieurs plusieurs conjectures [...] »
Le texte évoque la décision de Mr. M. D. M. de se concentrer sur des traits historiques accessibles à tous plutôt que sur des conjectures savantes concernant des inscriptions antiques, en raison de contraintes d'abréviation. Cette contrainte l'empêche également de développer une dissertation prononcée à l'Académie, qu'il aurait souhaité aborder en premier. Il souligne que deux savants académiciens, en raison de leur réputation, sont exemptés des formalités. Dans son Mercure, il publie les pièces au fur et à mesure de leur réception, sans égard à leur mérite ou à l'importance des personnes. L'ordre des articles est souvent déterminé par le hasard et les contraintes de publication, ne lui permettant pas de réfléchir longuement sur chaque sujet.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 85-92
Extrait de la Dissertation de Mr B.
Début :
.... L'on trouve entre les Oeuvres de Fortunat un [...]
Mots clefs :
Autels, Gaulois, Figures, Inscriptions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de la Dissertation de Mr B.
Extrait de la Dissertation
de MrB*
L'on trouve
entre les Oeuvres de Fortunat
un Poëme consacré
à l'éloge de cette Eglise
commencée ) par Childebert,
le Poete dit:
Hoec prius egregio Rex CbiL
debertus amore
Dona Jtio populo non. moritura
dedit
Il adjouste ensuite:
Mcelhisedecnoster merito Rex
atque Sacerdcs
}
oCompplevitulaicsus R.eligionis Par ce Melchisedec il ne
peut entendre que Cherebert
qui succeda à Childeberc
son oncle.
Par un Edit de Chiideberc
publié en 554.il est
ordonné Que quiconque ne
rejetteroit desonchamp les simulacres.
les Idoles., dédiées
au Demon par les hommes
seroit traité comme
sacrilege, &c. Ce sont apparemment
quelques uns
de ces débris d'Autels &
d'Idoles brifées qu'on employa
aux fondements de
cette Eglise,&cc.
Il y avoit un port voisin
Cet endroit estoit
plein d'arbres. & c'estoit
dans les bois que les
anciens Gaulois exerçoient
leurs ceremonies
religieuses;ils cosacroient
à leurs Dieux, ou des arbres
, ou des Autels plus
communement depuis
leur commerce avec les
Romains,&
Lafigureisolée&terminée
des pierres
,
antiques
qu'on a trouvées ,fait
voir qu'elles servoient
d'Autels.
Les noms Celtes de
quelques-unes des inscriptions,
mais avec une terminaison
latine, prouvent
qu'elles ont filé érigées
par les Gaulois, forcez
par la politique Romaine
d'adopter les couslumes
& la langue du
vainqueur.
A l'égard de la figure
des lettres. ilest constant
que les plus anciennes
lettres latines estoienct
presque semblables aux
plus
plus anciens caractères
grecs. L'ins*c. riptionTIB.CESÀREAve.
&C marque
non feulement la deflinacion
de cet Autel
mais le temps de son érection
, car il faut l'interpreter
ainn. Tibere Cesar
ayxnt accepté ou pris le nom
d'Auguste
, &c.
Ce monumenr peut a"
voir esté érigé sur la fin
de la premiere annéedu
Règne de Tibere
,
lorsque
dans les Gaules on.
apprit qu'il admettait le
nom d'Auguste, qu'il n'avoit
pas voulu d'abord
qu'on luy décernast,&c.
Je prouve cela par une
autre inscription du mesme
temps érigée par une
Communauté qu'on appelloit
lesFreres Arvaux,
pour rendre grâces à Jupiter
de ce que Tibere-
Claude Cesar avoir esté
appelleAuguste,&c.
3
A l'égard de ceux qui
ont érigé l'Autel
, & qui
se disent Nautæ dans l'inscription,
& qu'on a traduitBateliers.
Jeprétends
que ce pouvoitestre des
commerçants riches &.
célébrés,ou des Commis
ôc fermiers publics, gens
de considération,puisque
des Chevaliers en estoient
souvenrtcomme vous pouvez
voir par les preuves
suivantes,&c.
A le'garddesfigures
qui se suivent dans quelques-
uns de ces bas-reliefs,
leur attitude 8c leur
situation paroist marquer
une espece de procession
ou ceremonie suivant le
rit Gaulois, elles sont toutes
tournées du costé gauche
, & c'estoit la coustume
de nos Gaulois dans
leurs ceremonies de Religion.
Les Explications que
fait Mr B. du reste des
figures & des inscriptions,
sont tres curieuses;
&. si elles n'estoient pas
imprimées, je franchirois
les bornes estroites
d'un Extrait, pour n'en
pas obmettre la moindre
circonstance.
de MrB*
L'on trouve
entre les Oeuvres de Fortunat
un Poëme consacré
à l'éloge de cette Eglise
commencée ) par Childebert,
le Poete dit:
Hoec prius egregio Rex CbiL
debertus amore
Dona Jtio populo non. moritura
dedit
Il adjouste ensuite:
Mcelhisedecnoster merito Rex
atque Sacerdcs
}
oCompplevitulaicsus R.eligionis Par ce Melchisedec il ne
peut entendre que Cherebert
qui succeda à Childeberc
son oncle.
Par un Edit de Chiideberc
publié en 554.il est
ordonné Que quiconque ne
rejetteroit desonchamp les simulacres.
les Idoles., dédiées
au Demon par les hommes
seroit traité comme
sacrilege, &c. Ce sont apparemment
quelques uns
de ces débris d'Autels &
d'Idoles brifées qu'on employa
aux fondements de
cette Eglise,&cc.
Il y avoit un port voisin
Cet endroit estoit
plein d'arbres. & c'estoit
dans les bois que les
anciens Gaulois exerçoient
leurs ceremonies
religieuses;ils cosacroient
à leurs Dieux, ou des arbres
, ou des Autels plus
communement depuis
leur commerce avec les
Romains,&
Lafigureisolée&terminée
des pierres
,
antiques
qu'on a trouvées ,fait
voir qu'elles servoient
d'Autels.
Les noms Celtes de
quelques-unes des inscriptions,
mais avec une terminaison
latine, prouvent
qu'elles ont filé érigées
par les Gaulois, forcez
par la politique Romaine
d'adopter les couslumes
& la langue du
vainqueur.
A l'égard de la figure
des lettres. ilest constant
que les plus anciennes
lettres latines estoienct
presque semblables aux
plus
plus anciens caractères
grecs. L'ins*c. riptionTIB.CESÀREAve.
&C marque
non feulement la deflinacion
de cet Autel
mais le temps de son érection
, car il faut l'interpreter
ainn. Tibere Cesar
ayxnt accepté ou pris le nom
d'Auguste
, &c.
Ce monumenr peut a"
voir esté érigé sur la fin
de la premiere annéedu
Règne de Tibere
,
lorsque
dans les Gaules on.
apprit qu'il admettait le
nom d'Auguste, qu'il n'avoit
pas voulu d'abord
qu'on luy décernast,&c.
Je prouve cela par une
autre inscription du mesme
temps érigée par une
Communauté qu'on appelloit
lesFreres Arvaux,
pour rendre grâces à Jupiter
de ce que Tibere-
Claude Cesar avoir esté
appelleAuguste,&c.
3
A l'égard de ceux qui
ont érigé l'Autel
, & qui
se disent Nautæ dans l'inscription,
& qu'on a traduitBateliers.
Jeprétends
que ce pouvoitestre des
commerçants riches &.
célébrés,ou des Commis
ôc fermiers publics, gens
de considération,puisque
des Chevaliers en estoient
souvenrtcomme vous pouvez
voir par les preuves
suivantes,&c.
A le'garddesfigures
qui se suivent dans quelques-
uns de ces bas-reliefs,
leur attitude 8c leur
situation paroist marquer
une espece de procession
ou ceremonie suivant le
rit Gaulois, elles sont toutes
tournées du costé gauche
, & c'estoit la coustume
de nos Gaulois dans
leurs ceremonies de Religion.
Les Explications que
fait Mr B. du reste des
figures & des inscriptions,
sont tres curieuses;
&. si elles n'estoient pas
imprimées, je franchirois
les bornes estroites
d'un Extrait, pour n'en
pas obmettre la moindre
circonstance.
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Résumé : Extrait de la Dissertation de Mr B.
Le texte évoque les œuvres de Fortunat, notamment un poème dédié à l'église de Paris, initiée par Childebert. Ce poème souligne que Childebert a offert cette église au peuple par amour. Fortunat associe Melchisédech à Cherebert, successeur de Childebert. Un édit de Childebert, publié en 554, ordonne la destruction des idoles et des simulacres, dont certains débris ont servi aux fondations de l'église. Le texte décrit également un port voisin situé dans une forêt où les anciens Gaulois pratiquaient leurs cérémonies religieuses. Des autels antiques et des inscriptions en langue celtique avec des terminaisons latines témoignent de l'influence romaine. Une inscription mentionne Tibère César, indiquant que l'autel a été érigé au début de son règne. Le texte discute aussi des Nautæ, des commerçants ou fonctionnaires publics respectés. Les bas-reliefs montrent des processions ou cérémonies gauloises, avec des figures tournées vers la gauche, conformément aux coutumes religieuses gauloises. Les explications de Mr B. sur les figures et inscriptions sont jugées très intéressantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 28-33
« L'ouverture des Assemblées de Messieurs de l'Academie Royale [...] »
Début :
L'ouverture des Assemblées de Messieurs de l'Academie Royale [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Grains, Limaçon, Couleur, Pourpre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'ouverture des Assemblées de Messieurs de l'Academie Royale [...] »
Assemblées
de Messieurs de l'Acade
mie Royale des Sciences
, se fit le Samedy 14.
Novembre,par une Assemblée
publique.
Cette assemblée commença
par les Eloges que
fit Mr de Fontenelles Secretaire
de l'Académie, de
deux Académiciens morts
pendant l'année, dont l'un
estoit Mr Carré Académicien
pensionnaire Mechanicien,
& l'autre MrClaude
Bourdelin premier Medecin
de Madame la DuchessedeBourgogne,
aujourd'huy
Madame laDauphine,
& associé Botaniste.
A prés ces Eloges ceux
qui avoient rempli leurs
places payerent leur bienvenuë.
1
4 remMplrissdoeit Reaumur qui
la place de Mr
Carré,lut un memoire contenant
1a découverte dune
nouvelle teinture de pourpre.
La pourpre des Anciens
est un lue jaunastre
qui le trouve dans un pctig
sac au col de certains lima
çons de mer. Et refpandantce
suc sur un linge,&
le laissant exposé à
l'air, de jaune qu'il estoit
il devient dune belle couleur
de pourpre. Mr de
Reaumur cherchant de
ces coquillages, observa
qu'ils se ramassoient dans
certains endroits du bord
de la mer, & que les pierres
autour desquellesils
estoient
,
se trouvoient
chargées de petits grains
oblongs ou ovales, de deux
à trois lignes de long, 6c
d'environ une lignede large
, que ces grains estoient
composez d'une peau
membraneuse
, ouverts à
une de leurs extremitez,
& fermez de l'autre
, que
l'extremité ouverte estoit
bouchée par un petit corps
rond,solide&transparent,
& que ces grains renfermoient
une liqueur jaunafire,
qui répanduë sur le
linge, & exposée au grand
air le teint en couleur de
pourpre. Ilobserva au(Xi
que cette liqueur tenuë ds
un lieu sombre & hors du
grand air, ne change point
de couleur Il doute si ces
grains sont les oeufs du limaçon
qui porte la pourpre
, ou si c'est le fruit de
quelque plantemassive qui
serve de nourriture à ces
animaux, &qui leur fournit
ce suc. Ilrapporraaussi
beaucoup d'experiences
qu ilavoit faites sur ce suc,
tant pour en découvrir la
nature , que pour trouver
la raison de ces changements
de couleur. Il a fait
remarquer deplus quecette
teinture soutient plusieursblanchissages,
quoy
qu'il avouë qu'elle se décharge
tousjoursàchaque
fois.
On donnera de ce discours
un extrait plus ample
le mois prochain,
de Messieurs de l'Acade
mie Royale des Sciences
, se fit le Samedy 14.
Novembre,par une Assemblée
publique.
Cette assemblée commença
par les Eloges que
fit Mr de Fontenelles Secretaire
de l'Académie, de
deux Académiciens morts
pendant l'année, dont l'un
estoit Mr Carré Académicien
pensionnaire Mechanicien,
& l'autre MrClaude
Bourdelin premier Medecin
de Madame la DuchessedeBourgogne,
aujourd'huy
Madame laDauphine,
& associé Botaniste.
A prés ces Eloges ceux
qui avoient rempli leurs
places payerent leur bienvenuë.
1
4 remMplrissdoeit Reaumur qui
la place de Mr
Carré,lut un memoire contenant
1a découverte dune
nouvelle teinture de pourpre.
La pourpre des Anciens
est un lue jaunastre
qui le trouve dans un pctig
sac au col de certains lima
çons de mer. Et refpandantce
suc sur un linge,&
le laissant exposé à
l'air, de jaune qu'il estoit
il devient dune belle couleur
de pourpre. Mr de
Reaumur cherchant de
ces coquillages, observa
qu'ils se ramassoient dans
certains endroits du bord
de la mer, & que les pierres
autour desquellesils
estoient
,
se trouvoient
chargées de petits grains
oblongs ou ovales, de deux
à trois lignes de long, 6c
d'environ une lignede large
, que ces grains estoient
composez d'une peau
membraneuse
, ouverts à
une de leurs extremitez,
& fermez de l'autre
, que
l'extremité ouverte estoit
bouchée par un petit corps
rond,solide&transparent,
& que ces grains renfermoient
une liqueur jaunafire,
qui répanduë sur le
linge, & exposée au grand
air le teint en couleur de
pourpre. Ilobserva au(Xi
que cette liqueur tenuë ds
un lieu sombre & hors du
grand air, ne change point
de couleur Il doute si ces
grains sont les oeufs du limaçon
qui porte la pourpre
, ou si c'est le fruit de
quelque plantemassive qui
serve de nourriture à ces
animaux, &qui leur fournit
ce suc. Ilrapporraaussi
beaucoup d'experiences
qu ilavoit faites sur ce suc,
tant pour en découvrir la
nature , que pour trouver
la raison de ces changements
de couleur. Il a fait
remarquer deplus quecette
teinture soutient plusieursblanchissages,
quoy
qu'il avouë qu'elle se décharge
tousjoursàchaque
fois.
On donnera de ce discours
un extrait plus ample
le mois prochain,
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Résumé : « L'ouverture des Assemblées de Messieurs de l'Academie Royale [...] »
Le 14 novembre, l'Académie Royale des Sciences organisa une assemblée publique. L'assemblée débuta par des éloges en mémoire de deux académiciens décédés : Monsieur Carré et Monsieur Claude Bourdelin. Ensuite, les nouveaux membres accueillis payèrent leur bienvenue. René-Antoine Ferchault de Réaumur, successeur de Monsieur Carré, présenta un mémoire sur la découverte d'une nouvelle teinture de pourpre. Cette pourpre, similaire à celle des Anciens, est un liquide jaunâtre trouvé dans un petit sac au col de certains limacons de mer. En exposant ce suc à l'air sur un linge, il devient pourpre. Réaumur observa que ces coquillages se rassemblaient en certains endroits et que les pierres environnantes contenaient des grains oblongs ou ovales. Ces grains, composés d'une peau membraneuse, contenaient une liqueur jaunâtre qui, exposée à l'air, teignait le linge en pourpre. Réaumur se demanda si ces grains étaient les œufs du limacon ou le fruit d'une plante. Il rapporta plusieurs expériences sur cette liqueur pour en découvrir la nature et les changements de couleur. Il nota que la teinture résistait à plusieurs blanchissages, bien qu'elle s'affaiblît à chaque fois. Un extrait plus détaillé de ce discours sera publié le mois suivant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 33-48
Extrait du Discours de Mr Geoffroy le jeune.
Début :
Monsieur Geoffroy le jeune ayant succedé à feu Mr Bourdelin [...]
Mots clefs :
Poussières, Plantes, Fleurs, Fécondité, Sommet, Embryons, Grains, Botaniste, Académie royale des sciences, Claude-Joseph Geoffroy
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait du Discours de Mr Geoffroy le jeune.
Extrait du Discours de M'r
Geoffroy le jeune.
MonsieurGeoffroy le
jeune ayanr succedé à feu
Mr Bourdelin, en sa place
d' associe Bocaniste, lut des
observations qu'il a faites
sur la structure & l'usage
des principales parties des
fleurs. On sçait bien que
c'est lafleur qui donne
naissance riU fruit &à la
graine d'où l'on voit chaque
plante renaistre ; mais
il est plus difficile de connoistre
quelles sont les parties
de la plante qui y contribuentle
plus, & de quelle
maniere elles y contribuent.
Les parties de la
fleur qui nous fra ppent le
plus,sont les
feuilles
donc
la varieté, la structure
, &
le vif eclac des couleurs
amusent le curieux. Mais
le Physicien va plus loin,
il approfondie, &ne trouvant
dans ces parties rien
de considerable que leur
beauté, il examine les autres
qu'on neglige comme
moins remarquables.
Celles qui ont paru à Mr
Geoffroy les plusessentielles
pour la conservation de
chaque espece de plante,
sontces sommets garnis de
poussiere qui se trouvent
ordinairement placées au
milieu des fleurs, & cette
tige verte & creuse qu'on
appelle le pistille. Ces parties
contribuent essentiellement
à la reproduction
de la plante, puisque si les
fleurs sont privées de l'usage
de l'une ou de l'aurre ,
il nevient point de grains
ou cette graine est sterile,
€c ne peur germer.
Ces deux parties,selon
Mr Geoffroy, respondent
à celles des animaux qui
sont destinées à la generation.
Les sommets avec
leurs poussieres
,
tiennent
lieu de parries masles, & h:
pistille, qui est commel'ovaire
où se trouvent renfermez
les embrions des
graines, y tient lieu d e partie
femelle.
Voila donc deux sexes
dans les plantes comme
dans les animaux ; ils se
trouvent ordinairement
réunis dansla mesmefleur
à cause de l'immobilité des
plantes ; mais ils se trouventaussi
quelquefois separés
}
& c'est ce qui appuye
le sentiment de Mr
Geoffroy qui rend raison
! parlà de la différence que
les Botanistes avoient misesentrecertaines
plantes
qu'ils appelloient mafiesJj
& d'autres de la mesme espece
qu'ils appelloient femelles
sans en sçavoir bien
la raison.La voicypresentement
toute évidente:
c'est que les plantes malles
ne produisent que des
fleurs à examines garnis de
sommets & de poussiere
sans pistille ;de là vient
qu'elles ne portent point
de fruit. Les autres portent
le pistille d'où naist le
fruitdans éramines ny sommets
:mais la poussiere des
sommets qui les rend secondes,
leur elt apportée
par le moyen de l' air ou
du vent, foie que ces étamines
soient sur différentes
branches du mesme pied
soit qu'elles soient sur des,
pieds differens, les autres
fleurs réunissent tout à la
fois les deux sexes.
On voit ordinairement
que ces poussieres qu'on
voit suspenduës à ces petits
filets ou étamines qui occupent
le milieu des fleurs,
n'en sont que comme les
excrements. Mais Mr
Geoffroy en les examinant
de plusprès, a découvert
que ce n'eftoirpointune
poussiere formée au ha,..
sard ; mais que ces petits
grains avoientunefigure
particulière & déterminée
dans chaque espece
, ôc
qu'ils estoient renfermez
des la naissance de la fleur
danslessommets comme
dans des capsules de différentes
formes selonladifference
des plantes.Il donne
le détail de toutes ces
differences qu'il avoir observéesavec
beaucoup de
soin
foin à l'aide du microscope.
Ensuite il appuyé son
sentiment de trois observations
considerables. La
premiere qu'il n'y a point
de fleur connuë qui n'aie
sesexamines avec les sommets
garnis de poussiere,
ou réunis avec son pifille)
ou separez en differents
endroits du mesme pied,
ou mesme sur des pieds differens
: c'est ce qu'il prouva
solidement.
La secondeobservation
est que dms les fleurs où
les deux sexessont reunis,
les sommets garnis de leurs
poussieres font tellement
disposez autour des pistiles,
qu'ils en sont necessairement
couverts, de maniere
que cette poussiere pepe
s'insinuer dans la cavité
de ces pistiles pour feconder
les embrions des grains
qui y sont renfermez. Mr
Geoffroy fit remarquer
toutes ces circonstances
dans les différentes fortes
de fleurs de ce genre. 1
1
La troisiéme observation
,
qui est la décisive;
c'est que ces poussieres
sont absolument necessaires
à lasecondité des plantes.
Quand les fruits manquent,
que le bled est niellé,
ou que la vigne coule,
cela n'arrive que parce que
les poussieres dessommets
ne peuvent s'introduire
dans les pistiles, foit parcç
que la gelée desseiche le
pistile avant qu'ilait receu
les poussieres, ce qui arri-
» ve aux arbres fruitiers, soit
que la pluye venant à laver
ces poussieres, lesentraitnent
& empeschent qu'elles
ne s'introduisent dans
les pistilles, ce qui produit
la nielle des bleds, ou la
couleure delavigne.
Pour preuve que c'est
là ce qui produit ceseffets
dont la cause soit si peu
connuë,c'est que MrGeoffroy
ayant élevé exprés
plusieurs pieds de bled de
Turquie qui, comme ron
sçait, porre dans le haut de
la tige, Ces étamineschargées
de sommets & les
fruits ou les épies le long
de la tige dans quelques
aiselles defeuilles, après
avoir coupe ces étamines
dés qu'elles commençoienr
à paroistre, les épies
ne sont venus qu'à une
certaine grosseur,&se font
ensuite entierement deffeichez,
sans que les embrions
des grains ayent
profité. La mesme chose
est arrivée à quelques
pieds de Mercuriale à fruit
que Mr Geoffroy a élevé
séparément de celle qui
porte les étam ines. Ce qui
peut faire de la peine dans
ce sisteme
,
c'est de concevoir
commentles plantes
malles, qui sont quelquefois
fort esloignées de
leurs femelles, peuvent les
rendre secondes de si loin.
Maisc'est un fait dont on
ne peur douter après l'exemple
que Mr Geoffroy
rapporta d'un Palmier femelle
eslevé dans les bois
d'Otrante, & qui ne commença
à portcr des fruits
qu:- quand s'estant eslevé
au dessusdes autres arbres,
il pat Joüir,dit Pontanus,
qui rapporte ce fait, de la
veuë d'un Palmier masle
qu'on eslevoit a Brindes.
Les vents aidant au commerce
de ces deux Palmiers
, en apportant les
poussieres du masle jusques
aux fleurs de la femelle
,
elle devint seconde
desterile quelle e floir'.
sans qu'il soit 1 besoin pour
expliquerce fait de recourir
à la sympathieou à l'amour
des plantes, termes
qui ne signifient rien, 6c
qui ne fervent de refuge
auxPhycisiens que jusqu'à
ce qu'ils ayent découvert
la veritable cause
Voila comme Mr Geoffroy
le jeune prouva que
les poussieres des sommets
qu'on avoir neglgé juç
ques icycommc de viles
excremenrs qui sembloient
defigurer la beauté des
fleurs , font pourtant des
parries essentiellesà la fecondité
des plantes, où les
deux sexes sont aussi distinguez
que parm y les animaux
, excepté qu'ils sont
plus rarement separez,
Geoffroy le jeune.
MonsieurGeoffroy le
jeune ayanr succedé à feu
Mr Bourdelin, en sa place
d' associe Bocaniste, lut des
observations qu'il a faites
sur la structure & l'usage
des principales parties des
fleurs. On sçait bien que
c'est lafleur qui donne
naissance riU fruit &à la
graine d'où l'on voit chaque
plante renaistre ; mais
il est plus difficile de connoistre
quelles sont les parties
de la plante qui y contribuentle
plus, & de quelle
maniere elles y contribuent.
Les parties de la
fleur qui nous fra ppent le
plus,sont les
feuilles
donc
la varieté, la structure
, &
le vif eclac des couleurs
amusent le curieux. Mais
le Physicien va plus loin,
il approfondie, &ne trouvant
dans ces parties rien
de considerable que leur
beauté, il examine les autres
qu'on neglige comme
moins remarquables.
Celles qui ont paru à Mr
Geoffroy les plusessentielles
pour la conservation de
chaque espece de plante,
sontces sommets garnis de
poussiere qui se trouvent
ordinairement placées au
milieu des fleurs, & cette
tige verte & creuse qu'on
appelle le pistille. Ces parties
contribuent essentiellement
à la reproduction
de la plante, puisque si les
fleurs sont privées de l'usage
de l'une ou de l'aurre ,
il nevient point de grains
ou cette graine est sterile,
€c ne peur germer.
Ces deux parties,selon
Mr Geoffroy, respondent
à celles des animaux qui
sont destinées à la generation.
Les sommets avec
leurs poussieres
,
tiennent
lieu de parries masles, & h:
pistille, qui est commel'ovaire
où se trouvent renfermez
les embrions des
graines, y tient lieu d e partie
femelle.
Voila donc deux sexes
dans les plantes comme
dans les animaux ; ils se
trouvent ordinairement
réunis dansla mesmefleur
à cause de l'immobilité des
plantes ; mais ils se trouventaussi
quelquefois separés
}
& c'est ce qui appuye
le sentiment de Mr
Geoffroy qui rend raison
! parlà de la différence que
les Botanistes avoient misesentrecertaines
plantes
qu'ils appelloient mafiesJj
& d'autres de la mesme espece
qu'ils appelloient femelles
sans en sçavoir bien
la raison.La voicypresentement
toute évidente:
c'est que les plantes malles
ne produisent que des
fleurs à examines garnis de
sommets & de poussiere
sans pistille ;de là vient
qu'elles ne portent point
de fruit. Les autres portent
le pistille d'où naist le
fruitdans éramines ny sommets
:mais la poussiere des
sommets qui les rend secondes,
leur elt apportée
par le moyen de l' air ou
du vent, foie que ces étamines
soient sur différentes
branches du mesme pied
soit qu'elles soient sur des,
pieds differens, les autres
fleurs réunissent tout à la
fois les deux sexes.
On voit ordinairement
que ces poussieres qu'on
voit suspenduës à ces petits
filets ou étamines qui occupent
le milieu des fleurs,
n'en sont que comme les
excrements. Mais Mr
Geoffroy en les examinant
de plusprès, a découvert
que ce n'eftoirpointune
poussiere formée au ha,..
sard ; mais que ces petits
grains avoientunefigure
particulière & déterminée
dans chaque espece
, ôc
qu'ils estoient renfermez
des la naissance de la fleur
danslessommets comme
dans des capsules de différentes
formes selonladifference
des plantes.Il donne
le détail de toutes ces
differences qu'il avoir observéesavec
beaucoup de
soin
foin à l'aide du microscope.
Ensuite il appuyé son
sentiment de trois observations
considerables. La
premiere qu'il n'y a point
de fleur connuë qui n'aie
sesexamines avec les sommets
garnis de poussiere,
ou réunis avec son pifille)
ou separez en differents
endroits du mesme pied,
ou mesme sur des pieds differens
: c'est ce qu'il prouva
solidement.
La secondeobservation
est que dms les fleurs où
les deux sexessont reunis,
les sommets garnis de leurs
poussieres font tellement
disposez autour des pistiles,
qu'ils en sont necessairement
couverts, de maniere
que cette poussiere pepe
s'insinuer dans la cavité
de ces pistiles pour feconder
les embrions des grains
qui y sont renfermez. Mr
Geoffroy fit remarquer
toutes ces circonstances
dans les différentes fortes
de fleurs de ce genre. 1
1
La troisiéme observation
,
qui est la décisive;
c'est que ces poussieres
sont absolument necessaires
à lasecondité des plantes.
Quand les fruits manquent,
que le bled est niellé,
ou que la vigne coule,
cela n'arrive que parce que
les poussieres dessommets
ne peuvent s'introduire
dans les pistiles, foit parcç
que la gelée desseiche le
pistile avant qu'ilait receu
les poussieres, ce qui arri-
» ve aux arbres fruitiers, soit
que la pluye venant à laver
ces poussieres, lesentraitnent
& empeschent qu'elles
ne s'introduisent dans
les pistilles, ce qui produit
la nielle des bleds, ou la
couleure delavigne.
Pour preuve que c'est
là ce qui produit ceseffets
dont la cause soit si peu
connuë,c'est que MrGeoffroy
ayant élevé exprés
plusieurs pieds de bled de
Turquie qui, comme ron
sçait, porre dans le haut de
la tige, Ces étamineschargées
de sommets & les
fruits ou les épies le long
de la tige dans quelques
aiselles defeuilles, après
avoir coupe ces étamines
dés qu'elles commençoienr
à paroistre, les épies
ne sont venus qu'à une
certaine grosseur,&se font
ensuite entierement deffeichez,
sans que les embrions
des grains ayent
profité. La mesme chose
est arrivée à quelques
pieds de Mercuriale à fruit
que Mr Geoffroy a élevé
séparément de celle qui
porte les étam ines. Ce qui
peut faire de la peine dans
ce sisteme
,
c'est de concevoir
commentles plantes
malles, qui sont quelquefois
fort esloignées de
leurs femelles, peuvent les
rendre secondes de si loin.
Maisc'est un fait dont on
ne peur douter après l'exemple
que Mr Geoffroy
rapporta d'un Palmier femelle
eslevé dans les bois
d'Otrante, & qui ne commença
à portcr des fruits
qu:- quand s'estant eslevé
au dessusdes autres arbres,
il pat Joüir,dit Pontanus,
qui rapporte ce fait, de la
veuë d'un Palmier masle
qu'on eslevoit a Brindes.
Les vents aidant au commerce
de ces deux Palmiers
, en apportant les
poussieres du masle jusques
aux fleurs de la femelle
,
elle devint seconde
desterile quelle e floir'.
sans qu'il soit 1 besoin pour
expliquerce fait de recourir
à la sympathieou à l'amour
des plantes, termes
qui ne signifient rien, 6c
qui ne fervent de refuge
auxPhycisiens que jusqu'à
ce qu'ils ayent découvert
la veritable cause
Voila comme Mr Geoffroy
le jeune prouva que
les poussieres des sommets
qu'on avoir neglgé juç
ques icycommc de viles
excremenrs qui sembloient
defigurer la beauté des
fleurs , font pourtant des
parries essentiellesà la fecondité
des plantes, où les
deux sexes sont aussi distinguez
que parm y les animaux
, excepté qu'ils sont
plus rarement separez,
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Résumé : Extrait du Discours de Mr Geoffroy le jeune.
Geoffroy le Jeune, succédant à M. Bourdelin, a présenté des observations sur la structure et l'usage des principales parties des fleurs. Il souligne que, bien que la fleur soit essentielle à la production des fruits et des graines, il est difficile de déterminer quelles parties y contribuent le plus et comment. Geoffroy identifie deux parties essentielles : les sommets garnis de poussière, appelés étamines, et la tige verte creuse appelée pistil. Ces parties sont cruciales pour la reproduction des plantes, car leur absence rend la graine stérile. Geoffroy compare ces parties aux organes de reproduction des animaux, les étamines jouant le rôle des parties mâles et le pistil celui des parties femelles. Il note que les plantes peuvent avoir les deux sexes réunis dans la même fleur ou séparés, ce qui explique les différences entre les plantes mâles et femelles observées par les botanistes. Geoffroy observe également que les poussières des étamines, souvent considérées comme des excréments, sont en réalité des grains de pollen ayant une forme particulière et déterminée pour chaque espèce. Il souligne que ces grains sont nécessaires à la fécondité des plantes et que leur absence ou leur lavage par la pluie peut entraîner la stérilité des fruits. Pour prouver ses observations, Geoffroy a mené des expériences sur des pieds de blé et de mercuriale, montrant que l'absence des étamines empêchait la formation des grains. Il rapporte également un exemple de palmiers mâles et femelles éloignés, où les vents ont transporté les grains de pollen, permettant la fécondation. Geoffroy conclut que les poussières des étamines sont essentielles à la fécondité des plantes, distinguant ainsi les sexes chez les plantes de manière similaire aux animaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7
p. 49-60
« La Seance publique de l'Academie Royale des Inscriptions & [...] »
Début :
La Seance publique de l'Academie Royale des Inscriptions & [...]
Mots clefs :
Gladiateurs, Combats, Romains, Amphithéâtres, Académie royale des inscriptions et médailles, Spectacles
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texteReconnaissance textuelle : « La Seance publique de l'Academie Royale des Inscriptions & [...] »
La Seance publique de
l'Academie Royale des
Inscriptions &Medaillesse
tint le Vendredy 13. No.
vembre. Mr Buret Medecin
, lut une Dissertation
sur la Luttedes Anciens,
extrait d'un Traité qu'il
afait sur la Gynastique.
Mr l'Abbé Sevin en lue
ensuiteune sur l'Histoire &
l'Origine de l'ancien
Royaume d'Assyrie. On
donnera le mois prochain
des Extraits de ces Discours.
Mr de Valois,qui termina
la Seance y lut la
premiere partie d'un Discours
de sa composition sur
les Spectacles de l'Amphithéatre
chez les anciens
Romains. Cette premiere
partie renferme les Combats
de Gladiateurs. Il y fit
voir que les Romains avoient
puisé chez les Etruriens,
la coûtume de donner
des Combats de Gladiateurs
: que ces Combats
dans leur origine, furent
establispour honorer
lesFunerailles des Personnages
Illustres :qu'ils se
donnerent d'abord au pied
des Buchers, & qu'ensuite
ils furent transferez dans
la place Publique. Cependant
les Romains ayant
trouvécette forte de Spectacles
fort à leur gré; ces
Combats Funebres se métamorphosérent
bientôt
en Combats de plaisir
,
&
comme tels se donnérent
dans l'Enclos du champ de
Mars,où l'ons'affembloit
pour les suffrages; dans le
Cirque,& plus ordinairement
dans l'Amphithéatre.
Mr de Valois passa àsi
condition des Gladiateurs.
Il montra qu'anciennement
leur Corps n'estoit
composéquedePrisonniers
de guerre
,
d'Esclaves &
de Criminels; Premiere
Classe
,
qu'il appelle Gladiateurs
Forçats: que par la
fuite des hommes fibres
s'aviserent de se louer pour
cet infame exercice: &
c'est la secondeclasse à laquelle
il donne le nom de
Bonnevogles ou Volontaires.
Il observa que non seu lement
des hommes libres
d'une naissance obscure
embrasserent cette profession,
mais que des Chevaliers,
des Senateurs, & des
plus illustres Maisons partagerent
avec eux ce deshonneur.
Il fit ensuite l'onumerarion
de ceux d'entre
les Empereurs Romains
qui se sont deshonorez
entre autres choses
par leurs combats dans
l'Amphitheatre. Il reulât",
qua que des Dames de qualité
n'avoient point eu de
honte de s'addonner aussi
à un exercice si peupropreà
leur sexe,&siindigne
de leur rang. Il adjousta
que Domitien fit mesme
combattre des Nains sur
l'arene, pour rendre la magnificencedeses
jeux plus
com plette par la singularité
d'un spectacle, qui jusqu'alors
n'avoir point ésté
imaginé ;au lieu queceluy
des combats des Dames
dans l'Amphitheatre avoir
commencé fous l'Em pereur
Neron, & ne prit 5a
que sous celuy de Septime
Severe. '-
-
Aprés avoir parcouru-:
toutes les Personnes de differens
états qui ont combattu
dans l'Amphitheatre
, il parlades diverses
especesde Gladiateurs, de
leurs armes & de leurvestement
Il sous-divisa les
deux classes generales de
Gladiateurs
,
sçavoir des
Forçats & des Volontaires, en
dix autres cla(Tes ou especes
particulieres qui avoient
chacune leur nom
different & leursarmes differentes.
Ceux de la premiere claC:
fc s'appelioientEjjedarik
d: Ceaux dbe laasectonoede,An.-
Ceux de la troisiéme, Secutores.
:
Ceux de la quatrième,
Reliant,
Ceux de la cinquiéme
Il Threces ou Thraces.
Ceux de la fudéme1
MyrmiUmes.
Ceu.,X de la septiéme
Hoplomachi,qui avoient d'abord
eu Je nom de Samnites.
Ceux de la huitiéme , Dimachari.
Ceux de la neuviéme,
Laqueatores ou Laquearii.
Enfin ceux de la dixiéme &
dernierese nommoient Ve!itÚ.
Mr de Valois ayant exa&e^*
ment expliquéces dix Classes
de Gladiateurs, décrivit laforme
de leur combat, après quo-y
il marqua quelle estoit la recompensedestinée
aux vainqueurs.
Cetterecompenseconsistoit
en une palme & une
fbmrfle d'argent assez considerable
,
à laquelle on nelaissoit
pas d'en adjouster quelquefois
encore une autre de surcroist
nommée Corollarium Paroccasion
il fit voir que la passion
des Romains pour les Gladiateurs
avoit de tout temps effcç
si grande, que non contents
des combats funebres & de
ceux de l'Amphithéâtre ils en
voulurent encore avoir en particulier
dans leurs maisons, lorsqu'ils regaloient leurs amis,
qu'il n'y avoit point de bon
repas parmy les Grands, où il
n'yeust toujours quelques couples
de Gladiateurs de tuez au
bout de la table;coustume
barbare que les Romains a;ll.
voient empruntée des peuples
de la Campanie, au rapport
deSilviusItalicus.
r- Mr de Valoistermina certe
premiere Partie par l'interdiction
de ce fan glant Spectacle.
Il remarqua que Constantin le
Grand fut le premierdesEmpereurs
Chrétiens, qui défendit
les combats de Gladiateurs
partout l'EmpireRomain l'an
314 deJesus-Christ& de Ropie
J067..c'efi: à dire, environ
600. ans après leur institution,
Cependant une loy si sage ne
fut observée à la rigueur que
tant que ce Prince vescut; &
l'on commença à y donner des
atteintes sous l'Empiremesme
deson Fih. Et ce Spectaclese
remitencore en vogue, demanierequ'il
dura jusqu'au temps
d'Honorius
,
qui l'abolit ennri
entierement à l'occasion d'un
saintMoine nommé Telemaque
, qui faisant ses esso ts
pour se parer les Gladiateurs
qui combattoient sur l'areneà
Rome
, y fut miserablement
lapidé par les S pectateurs, l'an
404.deJesus-Christ & de
Rome 1157. c'est à dire 90.
ans après la premiere défense
'lU'ee avoitfaite le Grand
Gonstantin.
l'Academie Royale des
Inscriptions &Medaillesse
tint le Vendredy 13. No.
vembre. Mr Buret Medecin
, lut une Dissertation
sur la Luttedes Anciens,
extrait d'un Traité qu'il
afait sur la Gynastique.
Mr l'Abbé Sevin en lue
ensuiteune sur l'Histoire &
l'Origine de l'ancien
Royaume d'Assyrie. On
donnera le mois prochain
des Extraits de ces Discours.
Mr de Valois,qui termina
la Seance y lut la
premiere partie d'un Discours
de sa composition sur
les Spectacles de l'Amphithéatre
chez les anciens
Romains. Cette premiere
partie renferme les Combats
de Gladiateurs. Il y fit
voir que les Romains avoient
puisé chez les Etruriens,
la coûtume de donner
des Combats de Gladiateurs
: que ces Combats
dans leur origine, furent
establispour honorer
lesFunerailles des Personnages
Illustres :qu'ils se
donnerent d'abord au pied
des Buchers, & qu'ensuite
ils furent transferez dans
la place Publique. Cependant
les Romains ayant
trouvécette forte de Spectacles
fort à leur gré; ces
Combats Funebres se métamorphosérent
bientôt
en Combats de plaisir
,
&
comme tels se donnérent
dans l'Enclos du champ de
Mars,où l'ons'affembloit
pour les suffrages; dans le
Cirque,& plus ordinairement
dans l'Amphithéatre.
Mr de Valois passa àsi
condition des Gladiateurs.
Il montra qu'anciennement
leur Corps n'estoit
composéquedePrisonniers
de guerre
,
d'Esclaves &
de Criminels; Premiere
Classe
,
qu'il appelle Gladiateurs
Forçats: que par la
fuite des hommes fibres
s'aviserent de se louer pour
cet infame exercice: &
c'est la secondeclasse à laquelle
il donne le nom de
Bonnevogles ou Volontaires.
Il observa que non seu lement
des hommes libres
d'une naissance obscure
embrasserent cette profession,
mais que des Chevaliers,
des Senateurs, & des
plus illustres Maisons partagerent
avec eux ce deshonneur.
Il fit ensuite l'onumerarion
de ceux d'entre
les Empereurs Romains
qui se sont deshonorez
entre autres choses
par leurs combats dans
l'Amphitheatre. Il reulât",
qua que des Dames de qualité
n'avoient point eu de
honte de s'addonner aussi
à un exercice si peupropreà
leur sexe,&siindigne
de leur rang. Il adjousta
que Domitien fit mesme
combattre des Nains sur
l'arene, pour rendre la magnificencedeses
jeux plus
com plette par la singularité
d'un spectacle, qui jusqu'alors
n'avoir point ésté
imaginé ;au lieu queceluy
des combats des Dames
dans l'Amphitheatre avoir
commencé fous l'Em pereur
Neron, & ne prit 5a
que sous celuy de Septime
Severe. '-
-
Aprés avoir parcouru-:
toutes les Personnes de differens
états qui ont combattu
dans l'Amphitheatre
, il parlades diverses
especesde Gladiateurs, de
leurs armes & de leurvestement
Il sous-divisa les
deux classes generales de
Gladiateurs
,
sçavoir des
Forçats & des Volontaires, en
dix autres cla(Tes ou especes
particulieres qui avoient
chacune leur nom
different & leursarmes differentes.
Ceux de la premiere claC:
fc s'appelioientEjjedarik
d: Ceaux dbe laasectonoede,An.-
Ceux de la troisiéme, Secutores.
:
Ceux de la quatrième,
Reliant,
Ceux de la cinquiéme
Il Threces ou Thraces.
Ceux de la fudéme1
MyrmiUmes.
Ceu.,X de la septiéme
Hoplomachi,qui avoient d'abord
eu Je nom de Samnites.
Ceux de la huitiéme , Dimachari.
Ceux de la neuviéme,
Laqueatores ou Laquearii.
Enfin ceux de la dixiéme &
dernierese nommoient Ve!itÚ.
Mr de Valois ayant exa&e^*
ment expliquéces dix Classes
de Gladiateurs, décrivit laforme
de leur combat, après quo-y
il marqua quelle estoit la recompensedestinée
aux vainqueurs.
Cetterecompenseconsistoit
en une palme & une
fbmrfle d'argent assez considerable
,
à laquelle on nelaissoit
pas d'en adjouster quelquefois
encore une autre de surcroist
nommée Corollarium Paroccasion
il fit voir que la passion
des Romains pour les Gladiateurs
avoit de tout temps effcç
si grande, que non contents
des combats funebres & de
ceux de l'Amphithéâtre ils en
voulurent encore avoir en particulier
dans leurs maisons, lorsqu'ils regaloient leurs amis,
qu'il n'y avoit point de bon
repas parmy les Grands, où il
n'yeust toujours quelques couples
de Gladiateurs de tuez au
bout de la table;coustume
barbare que les Romains a;ll.
voient empruntée des peuples
de la Campanie, au rapport
deSilviusItalicus.
r- Mr de Valoistermina certe
premiere Partie par l'interdiction
de ce fan glant Spectacle.
Il remarqua que Constantin le
Grand fut le premierdesEmpereurs
Chrétiens, qui défendit
les combats de Gladiateurs
partout l'EmpireRomain l'an
314 deJesus-Christ& de Ropie
J067..c'efi: à dire, environ
600. ans après leur institution,
Cependant une loy si sage ne
fut observée à la rigueur que
tant que ce Prince vescut; &
l'on commença à y donner des
atteintes sous l'Empiremesme
deson Fih. Et ce Spectaclese
remitencore en vogue, demanierequ'il
dura jusqu'au temps
d'Honorius
,
qui l'abolit ennri
entierement à l'occasion d'un
saintMoine nommé Telemaque
, qui faisant ses esso ts
pour se parer les Gladiateurs
qui combattoient sur l'areneà
Rome
, y fut miserablement
lapidé par les S pectateurs, l'an
404.deJesus-Christ & de
Rome 1157. c'est à dire 90.
ans après la premiere défense
'lU'ee avoitfaite le Grand
Gonstantin.
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Résumé : « La Seance publique de l'Academie Royale des Inscriptions & [...] »
Lors d'une séance publique de l'Académie Royale des Inscriptions et Médailles le 13 novembre, plusieurs dissertations furent présentées. Monsieur Buret, médecin, lut une dissertation sur la lutte des Anciens, extraite d'un traité sur la gymnastique. L'Abbé Sevin présenta une dissertation sur l'histoire et l'origine de l'ancien royaume d'Assyrie. Des extraits de ces discours devaient être publiés le mois suivant. Monsieur de Valois conclut la séance en lisant la première partie d'un discours sur les spectacles de l'amphithéâtre chez les anciens Romains, se concentrant sur les combats de gladiateurs. Il expliqua que les Romains avaient adopté cette coutume des Étruriens pour honorer les funérailles des personnages illustres. Ces combats, initialement funéraires, devinrent des spectacles de plaisir et se déroulaient dans divers lieux publics, notamment l'amphithéâtre. Monsieur de Valois détailla les conditions des gladiateurs, distinguant deux classes principales : les forçats (prisonniers de guerre, esclaves et criminels) et les volontaires (hommes libres s'étant engagés). Il mentionna que des personnes de haut rang, y compris des chevaliers et des sénateurs, participaient également à ces combats. Il cita plusieurs empereurs romains et dames de qualité ayant pris part à ces spectacles. Il décrivit ensuite les différentes espèces de gladiateurs, leurs armes et leurs vêtements, en les classant en dix catégories spécifiques : les Ejedariks, les Anzati, les Secutores, les Reliquarii, les Thraces, les Myrmillons, les Hoplomachi, les Dimachari, les Laqueatores et les Vélites. Monsieur de Valois expliqua également la forme des combats et les récompenses accordées aux vainqueurs, souvent une palme et une somme d'argent. Il conclut en mentionnant l'interdiction de ces spectacles par Constantin le Grand en 314, puis par Honorius en 404, après la mort tragique d'un moine nommé Télémaque.
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8
p. 102-113
EXTRAIT de la Séance publique de la Société Littéraire de CLERMONT en Auvergne, tenue dans la Salle de l'Hôtel-de-Ville.
Début :
Le 25 Août 1762. M. DEVERNINES, ancien Directeur, ouvrit la séance par la lecture d'une [...]
Mots clefs :
Analyse, Poids, Anneaux, Vase, Observations, Baromètre, Mémoire, Instrument
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de la Séance publique de la Société Littéraire de CLERMONT en Auvergne, tenue dans la Salle de l'Hôtel-de-Ville.
EXTRAIT de la Séance publique de la
Société Littéraire de CLERMONT
en Auvergne , tenue dans la Salle de
l'Hôtel-de-Ville.
Le 25 Août 1762.
M. DEVERNINES , ancien Directeur
, ouvrit la féance par la lecture d'une
Differtation fur un vafe antique , trouvé
dans la terre aux environs de Lezoux
petite Ville à quatre lieues de Clermont,
Ce vafe profond d'environ trois pouces
, fur cinq pouces de diamétre , eſt
compofé d'une terre qui approche de
la couleur rouge & très-fine ; il eft orné
de reliefs , repréfentant des perfonnages
, qui portent un linge déplié ;
plufieurs anneaux font déffinés autour
des perfonnages. On diftingue aifément
qu'ils font formés par un ferpent qui
FEVRIER. 1763. 103
mord fa queue ; l'Auteur s'attache d'a
bord à l'antiquité du vafe ; il le compare
à un de même nature dont il a
donné la defcription il y a quelques
années , & les rapporte l'un & l'autre
aux temps où les Romains établis dans
les Gaules , y porterent leurs ufages &
leurs moeurs. L'ufage de ces vafes , étoit
felon l'Auteur , de fervir à certaines libations
dans les Fêtes que célébroient
les Payens ; celui dont il eft queſtion
dans cette differtation paroît avoir rapport
par fes emblêmes aux Fêtes des Saturnales.
Les ferpents qui fe mordent
la queue font un emblême connu du
retour de l'année ; l'Auteur termine fa
differtation par des confidérations oeconomiques
, fur la matière dont eft compofé
ce vafe . Il prétend que dans la
Ville de Lezoux où on trouve une
grande quantité de pareils monumens ,
il y avoit une manufacture de poterie
de cette forte ; & il conclud qu'il feroit
très -utile d'établir dans ce même
lieu une manufacture de fayance ; il exhorte
fes Compatriotes à profiter de
cet avantage .
M. Ozy , a lu l'analyfe des eaux de
Contrexville en Lorraine ; M. Bagard,
premier Médecin du Roi de Pologne
E ix
104 MERCURE DE FRANCE.
Duc de Lorraine & de Bar , a attribué
aux eaux de Contrexville , la faculté
de foulager & guérir les maladies
occafionnées par la pierre & le
calcul ; le Mémoire qu'il a lu le 10 Janvier
1760 , dans une Affemblée publique
de la Société de Nancy , contient
une obfervation fuivie & détaillée des
qualités spécifiques de ces eaux découvertes
par l'analyfe & conftatées par
l'expérience. Des qualités fi falutaires
ont engagé certaines perfonnes de cette
Province à en faire tranfporter pour
leurs ufages . On ne pouvoit pas encore
juger de l'effet de ces eaux lorf
que M. de Ballainvilliers , Intendant
d'Auvergne , dont la vigilance & la
fagacité , faififfent généralement tout
ce qui peut concourrir au bien public ,
& dont l'âme bienfaifante fouhaite avec
ardeur l'éxiftence d'un remede fi puiffant
, fi confolant & fi rare , a chargé
M. Ozy de faire l'analyſe raifonnée de
ces eaux ; il a exigé que les éxpériences.
en fuffent faites en préfence des Do-
&teurs qui compofent le College de
Médecine de cette Ville. C'eft de cette
analyfe dont M. Ozy a rapporté les
procédés & les réfultats dans cette affemblée.
FEVRIER. 1763. 105
» Je m'y fuis appliqué , dit l'Auteur
» avec toute l'attention dont je fuis
» capable; mon zéle pour foulager l'hom-
» me dans fes douleurs & pour concour-
» rir à des vues fi généreufes n'a laiffé
" rien échapper de ce que l'Auteur de
la premiere Analyfe a mis fous les
" yeux du Public. Je l'ai fuivi fcrupuleuſement
, j'ai comparé mes procédés
avec les fiens , & fi je parois con-
» tredire ou affoiblir les réfultats des
» premieres expériences , c'eſt à mon
attachement invincible pour la vérité
» qu'il faut en imputer les motifs . D'ail-
» leurs je n'entreprends pas d'augmen-
» ter ou de diminuer la réputation de ces
eaux ; je me renferme dans la partie
chymique, laiffant aux Maîtres de l'art
qui ont affifté à mes Obſervations le
» droit de décider.
Il n'eft pas poffible de fuivre l'Auteur
dans fon analyfe , il faudroit rapporter
le Mémoire en entier. On fe
borne aux points de divifion entre la
première & la feconde analyſe. M. Bagard
prétend prouver par le mêlange
de l'huile de tartre par défaillance avec
le firop violat & fon changement de
couleur en verd , l'éxiftence d'un fet
alkali volatil dans ces eaux minérales ;
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
dit
pour expliquer ce phénomène , M. Ozy
que T'alkali fixe qui a été verſé dans
ces eaux en eft la feule caufe . M. Bagard
a . paru étonné de ce qu'après
l'addition d'une certaine quantité d'alkali
fixe au mêlange de l'eau minérale
avec le firop violat , il s'eft fait un précipité
en poudre blanche. M. Ozy n'y
voit que la décompofition de la felenite
que contiennent ces eaux minérales ;
il opére le même phénomène en verfant
de l'alkali fixe ou de l'huile de
tartre par défaillance dans l'eau minérale
; il obtient un precépité blanc , qui
n'eft autre chofe que la terre feleniteufe
qui étoit unie à l'acide vitriolique , &
qui enfemble forment le fel feleniteux,
M. Bagard a cru voir des petits
criftaux de fel , après le mêlange de
l'huile de vitriol ; M. Ozy , n'y a vu
que des bulles d'air. Il prouve même
qu'il ne pouvoit y avoir aucun fel ар-
parent.
L'huile de vitriol verfée ſur le mêlange
après la diffolution de Saturne , a
préfenté aux yeux de M. Bagard des
globules blancs ; M. Ozy n'y a vu
qu'une décompofition du fel de faturne:
mais il n'y a vu aucune indication du
favon foupçonné par M. Bagard. La
FEVRIER. 1763. 107
diffolution d'argent a décélé une petite
quantité de fel marin ; le précipité jaune
d'une belle couleur de citron qui,
s'eft formé par le mêlange de la diffolution
de mercure dans l'efprit de
nitre , a donné occafion à M. Ozy ,
d'éprouver par différentes tentatives
la poffibilité de la compofition du tartre
vitriolé par l'acide nitreux . Les réſultats
ont donné l'affirmative.
M. Ozy a répété les mêmes expériences
fur une chopine des mêmes eaux ,
concentrée réduite au tiers : elles ont
toutes produit les mêmes effets . Cette
opération a été faite par le Chymiſte ,
pour rendre par la concentration les
principes que M. Bagard avoit cru voir
dans ces eaux plus fenfibles & plus
palpables. Après l'analyfe préliminaire
de ces eaux le Chymifte a éxaminé le
réfidu d'une évaporation jufqu'à ficcité
de foixante-huit livres de ces eaux , le
fédiment a été de deux onces & demie;
& après avoir fait fur ce réfidu différentes
éxpériences , il en a conclu
que ces foixante - huit livres d'eaux contenoient
environ un gros & huit grains .
de fel marin à baze terreufe , un peu
de terre calcaire & le refte de felenite .
La différence principale entre les deux
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
analyſes eft l'exiſtence d'une eſpéce de
favon que M. Bagard prétend avoir
découvert dans ces eaux , & que M.:
Ozy n'y trouve pas ; celle d'un fel acide ;
& auffi celle de l'alkali volatil minéral.
Si le fel acide eft réellement contenu
dans ces eaux , dit M. Ozy , il
en exclut néceffairement la fubftance
favoneufe pour l'alkali volatil minéral
, il eft inconnu jufqu'à préfent à
l'Académicien de Clermont. Il ne croit
pas que deux fubftances fi oppofées
l'une à l'autre , telles qu'un acide & un
alkali , puiffent librement exiſter dans
un même véhicule , fans fe détruire
mutuellement , ou plutôt fans fe combiner
enſemble. M. Ozy n'a pas découvert
de faffran de Mars dans ces
eaux. Il s'eft même convaincu par des
expériences répétées que ces eaux ne
contiennent point de fer. Il n'a point :
vu les grains blancs dont parle M. Bagard
, malgré la plus fcrupuleufe attention
qu'ily a portée . Il rend raiſon des
différens réfultats des expériences de
M. Bagard , qui ont pu l'induire en
erreur fur l'existence d'une fubftance
favoneufe & du faffran de Mars dans .
ces eaux. Il termine fon analyſe en difant
que ffii cceess eaux ont une vertu
FEVRIER. 1763 . 139
fithontriptique , il ne croit pas qu'on
puiffe l'attribuer à d'autres fubftances:
qu'à la terre calcaire qu'elle contiennent
; & pour énoncer l'expérience fuivante
, j'ai mis deux pierres tirées de la
même vefcie en éxpérience ; l'une dans
des eaux de Contrexville ; l'autre dans
de l'eau commune , chacunes fermées .
dans un bocal de verre , bouché avec
un parchemin mouillé & placé dans
la chambre chaude d'un Boulanger ; je
les
y ai laiffées pendant fix jours : après
ce temps j'ai apperçu dans chaque bocal
un commencement de décompofi- :
tion de la pierre indiquée , par des flocons
blancs qui fe précipitoient au fond :
du vaſe. J'ai retiré les pierres & les ai
pefé ; la pierre qui a féjourné dans
l'eau de Contrexville , du poids d'un
gros & quinze grains , s'eft trouvée
réduite à un gros & dix grains.
Celle qui a féjourné dans l'eau.commune
, de trois gros & quinze grains ,
s'eft trouvée réduite à trois gros & un
grain. Il réfulte de cette éxpérience que
la pierre qui a féjourné dans les eaux
minérales a perdu un feizième de plus
à-peu-près que celle qui a féjourné
dans l'eau commune.
La Séance a été terminée par un
1
110 MERCURE DE FRANCE.
Mémoire de M. de Feligonde , Secré
taire de la Société , fur les variations
fingulières des Baromêtres .
L'Auteur de ce Mémoire annonce
que par une fuite d'obfervations journalières
fur le Baromêtre , il s'eft apperçu
du peu de folidité des prédictions
météorologiques de cet inftrument
que dans le cours des années 1761 &,
1762 , & notamment lors de la levée
des foins , temps où le nombre des Obfervateurs
eft très-grand , les confultans
ont été trompés plufieurs fois . Ils
fe font plaints avec amertume de l'infidélité
de leur guide ; mais avoient - ils
raifon ? & cet inftrument , pour rem- ,
plir fon véritable objet , doit-il être infaillible
dans les applications multipliées
qu'on veut faire de fes facultés ? Ce .
font ces confidérations qui ont engagé
l'Auteur à traiter premierement de l'ap- .
plication qu'on doit faire des effets du
Baromêtre ; deuxièmement , des caufes :
qui dans certaines circonftances déran- :
gent la marche de cet inftrument.
Les premiers objets qui fixerent les
vues des Phyficiens dans la gradation
des Baromêtres , font compris dans le
Mémoire au nombre de trois.
De terminer la hauteur de l'athmofFEVRIER.
1763. ITE
phère par le poids de la colonne d'air ;
eftimer les hauteurs des montagnes &
des différens points de la terre ; annoncer
les changemens de temps , les féchereffes
, les pluyes , les vents & les
tempêtes .
L'Auteur rapporte les
expériences,
faites par les Phyficiens les plus célébres
, plufieurs obfervations inférées
dans les Mémoires de différentes Académies
, & fes propres obfervations :
defquelles il réfulte premierement , que
l'ufage du Baromêtre n'a pas également
réuffi dans tous les climats pour déterminer
le poids de l'athmosphère , ou la
hauteur de la colonne d'air.
Deuxièmement , que les méthodes
inventées pour déterminer, par le moyen
des Baromêtres , la hauteur de différens
points du globe , font encore bien imparfaites
, & quelquefois fautives par
les circonftances.
Troifiémement , que les pronostics
des vents & de la pluye , des orages ,
& c. t: ouvent dans l'expérience journa
lière des
contradictions fatales au fyftême
.
Cette fuite
d'obfervations paroît
ébranler un peu les prédictions météorologiques
des Baromêtres. L'Auteur
112 MERCURE DE FRANCE.
n'en tire cependant pas la conféquence ,"
& avant d'ouvrir fon fentiment , il paffe
à la feconde partie.
Le poids de la colonne d'air comme
caufe principale , les altérations de ce
fluide , comme cauſe accidentelle , concourent
à élever le mercure dans le tube
renverfé.
L'Auteur découvre dans les différentes
hauteurs de la colonne la denfité
des couches & l'élafticité des molécules
d'air qui la compofent ; la fource
& l'origine de toutes les variations qui
fe manifeftent dans les expériences. Il
en fait l'application aux contrariétés que
préfentent celles qu'il a rapportées dans
la première partie.
Il explique par les effets des vents
contraires , des vapeurs de différentes
natures , des fels volatils , des paffages
précipités du froid au chaud , des chaleurs
exceffives , des froids immodérés
les contremarches par lefquelles la liqueur
contenue dans le Baromêtre induit
les confultans en erreur.
D'où il conclut qu'on ne doit regarder
comme véritable objet du Baromêtre
, que la détermination du poids abfolu
de la colonne d'ajrqui le domine ;
mais que ce poids étant l'effet d'une multitude
de puiffances fujettes à des variaFEVRIER.
1763. 113
,
tions continuelles , on ne doit pas regarder
cet inftrument comme infaillible
foit dans la connoiffance de la hauteur
de l'athmosphère , foit dans les mesures
des différentes élévations , foit dans les
prédictions météorologiques .
On ne doit cependant pas abandonner
l'ufage de cet inftrument , 1 °. parce qu'il
remplit conftamment fon premier objet;
2º. parce que fes obfervations ont répandu
dans la phyfique de grandes
lumières , & qu'on a lieu d'en attendre
des découvertes intéreffantes , fi on continue
à l'obferver avec éxactitude & à
le réformer avec précaution .
Société Littéraire de CLERMONT
en Auvergne , tenue dans la Salle de
l'Hôtel-de-Ville.
Le 25 Août 1762.
M. DEVERNINES , ancien Directeur
, ouvrit la féance par la lecture d'une
Differtation fur un vafe antique , trouvé
dans la terre aux environs de Lezoux
petite Ville à quatre lieues de Clermont,
Ce vafe profond d'environ trois pouces
, fur cinq pouces de diamétre , eſt
compofé d'une terre qui approche de
la couleur rouge & très-fine ; il eft orné
de reliefs , repréfentant des perfonnages
, qui portent un linge déplié ;
plufieurs anneaux font déffinés autour
des perfonnages. On diftingue aifément
qu'ils font formés par un ferpent qui
FEVRIER. 1763. 103
mord fa queue ; l'Auteur s'attache d'a
bord à l'antiquité du vafe ; il le compare
à un de même nature dont il a
donné la defcription il y a quelques
années , & les rapporte l'un & l'autre
aux temps où les Romains établis dans
les Gaules , y porterent leurs ufages &
leurs moeurs. L'ufage de ces vafes , étoit
felon l'Auteur , de fervir à certaines libations
dans les Fêtes que célébroient
les Payens ; celui dont il eft queſtion
dans cette differtation paroît avoir rapport
par fes emblêmes aux Fêtes des Saturnales.
Les ferpents qui fe mordent
la queue font un emblême connu du
retour de l'année ; l'Auteur termine fa
differtation par des confidérations oeconomiques
, fur la matière dont eft compofé
ce vafe . Il prétend que dans la
Ville de Lezoux où on trouve une
grande quantité de pareils monumens ,
il y avoit une manufacture de poterie
de cette forte ; & il conclud qu'il feroit
très -utile d'établir dans ce même
lieu une manufacture de fayance ; il exhorte
fes Compatriotes à profiter de
cet avantage .
M. Ozy , a lu l'analyfe des eaux de
Contrexville en Lorraine ; M. Bagard,
premier Médecin du Roi de Pologne
E ix
104 MERCURE DE FRANCE.
Duc de Lorraine & de Bar , a attribué
aux eaux de Contrexville , la faculté
de foulager & guérir les maladies
occafionnées par la pierre & le
calcul ; le Mémoire qu'il a lu le 10 Janvier
1760 , dans une Affemblée publique
de la Société de Nancy , contient
une obfervation fuivie & détaillée des
qualités spécifiques de ces eaux découvertes
par l'analyfe & conftatées par
l'expérience. Des qualités fi falutaires
ont engagé certaines perfonnes de cette
Province à en faire tranfporter pour
leurs ufages . On ne pouvoit pas encore
juger de l'effet de ces eaux lorf
que M. de Ballainvilliers , Intendant
d'Auvergne , dont la vigilance & la
fagacité , faififfent généralement tout
ce qui peut concourrir au bien public ,
& dont l'âme bienfaifante fouhaite avec
ardeur l'éxiftence d'un remede fi puiffant
, fi confolant & fi rare , a chargé
M. Ozy de faire l'analyſe raifonnée de
ces eaux ; il a exigé que les éxpériences.
en fuffent faites en préfence des Do-
&teurs qui compofent le College de
Médecine de cette Ville. C'eft de cette
analyfe dont M. Ozy a rapporté les
procédés & les réfultats dans cette affemblée.
FEVRIER. 1763. 105
» Je m'y fuis appliqué , dit l'Auteur
» avec toute l'attention dont je fuis
» capable; mon zéle pour foulager l'hom-
» me dans fes douleurs & pour concour-
» rir à des vues fi généreufes n'a laiffé
" rien échapper de ce que l'Auteur de
la premiere Analyfe a mis fous les
" yeux du Public. Je l'ai fuivi fcrupuleuſement
, j'ai comparé mes procédés
avec les fiens , & fi je parois con-
» tredire ou affoiblir les réfultats des
» premieres expériences , c'eſt à mon
attachement invincible pour la vérité
» qu'il faut en imputer les motifs . D'ail-
» leurs je n'entreprends pas d'augmen-
» ter ou de diminuer la réputation de ces
eaux ; je me renferme dans la partie
chymique, laiffant aux Maîtres de l'art
qui ont affifté à mes Obſervations le
» droit de décider.
Il n'eft pas poffible de fuivre l'Auteur
dans fon analyfe , il faudroit rapporter
le Mémoire en entier. On fe
borne aux points de divifion entre la
première & la feconde analyſe. M. Bagard
prétend prouver par le mêlange
de l'huile de tartre par défaillance avec
le firop violat & fon changement de
couleur en verd , l'éxiftence d'un fet
alkali volatil dans ces eaux minérales ;
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
dit
pour expliquer ce phénomène , M. Ozy
que T'alkali fixe qui a été verſé dans
ces eaux en eft la feule caufe . M. Bagard
a . paru étonné de ce qu'après
l'addition d'une certaine quantité d'alkali
fixe au mêlange de l'eau minérale
avec le firop violat , il s'eft fait un précipité
en poudre blanche. M. Ozy n'y
voit que la décompofition de la felenite
que contiennent ces eaux minérales ;
il opére le même phénomène en verfant
de l'alkali fixe ou de l'huile de
tartre par défaillance dans l'eau minérale
; il obtient un precépité blanc , qui
n'eft autre chofe que la terre feleniteufe
qui étoit unie à l'acide vitriolique , &
qui enfemble forment le fel feleniteux,
M. Bagard a cru voir des petits
criftaux de fel , après le mêlange de
l'huile de vitriol ; M. Ozy , n'y a vu
que des bulles d'air. Il prouve même
qu'il ne pouvoit y avoir aucun fel ар-
parent.
L'huile de vitriol verfée ſur le mêlange
après la diffolution de Saturne , a
préfenté aux yeux de M. Bagard des
globules blancs ; M. Ozy n'y a vu
qu'une décompofition du fel de faturne:
mais il n'y a vu aucune indication du
favon foupçonné par M. Bagard. La
FEVRIER. 1763. 107
diffolution d'argent a décélé une petite
quantité de fel marin ; le précipité jaune
d'une belle couleur de citron qui,
s'eft formé par le mêlange de la diffolution
de mercure dans l'efprit de
nitre , a donné occafion à M. Ozy ,
d'éprouver par différentes tentatives
la poffibilité de la compofition du tartre
vitriolé par l'acide nitreux . Les réſultats
ont donné l'affirmative.
M. Ozy a répété les mêmes expériences
fur une chopine des mêmes eaux ,
concentrée réduite au tiers : elles ont
toutes produit les mêmes effets . Cette
opération a été faite par le Chymiſte ,
pour rendre par la concentration les
principes que M. Bagard avoit cru voir
dans ces eaux plus fenfibles & plus
palpables. Après l'analyfe préliminaire
de ces eaux le Chymifte a éxaminé le
réfidu d'une évaporation jufqu'à ficcité
de foixante-huit livres de ces eaux , le
fédiment a été de deux onces & demie;
& après avoir fait fur ce réfidu différentes
éxpériences , il en a conclu
que ces foixante - huit livres d'eaux contenoient
environ un gros & huit grains .
de fel marin à baze terreufe , un peu
de terre calcaire & le refte de felenite .
La différence principale entre les deux
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
analyſes eft l'exiſtence d'une eſpéce de
favon que M. Bagard prétend avoir
découvert dans ces eaux , & que M.:
Ozy n'y trouve pas ; celle d'un fel acide ;
& auffi celle de l'alkali volatil minéral.
Si le fel acide eft réellement contenu
dans ces eaux , dit M. Ozy , il
en exclut néceffairement la fubftance
favoneufe pour l'alkali volatil minéral
, il eft inconnu jufqu'à préfent à
l'Académicien de Clermont. Il ne croit
pas que deux fubftances fi oppofées
l'une à l'autre , telles qu'un acide & un
alkali , puiffent librement exiſter dans
un même véhicule , fans fe détruire
mutuellement , ou plutôt fans fe combiner
enſemble. M. Ozy n'a pas découvert
de faffran de Mars dans ces
eaux. Il s'eft même convaincu par des
expériences répétées que ces eaux ne
contiennent point de fer. Il n'a point :
vu les grains blancs dont parle M. Bagard
, malgré la plus fcrupuleufe attention
qu'ily a portée . Il rend raiſon des
différens réfultats des expériences de
M. Bagard , qui ont pu l'induire en
erreur fur l'existence d'une fubftance
favoneufe & du faffran de Mars dans .
ces eaux. Il termine fon analyſe en difant
que ffii cceess eaux ont une vertu
FEVRIER. 1763 . 139
fithontriptique , il ne croit pas qu'on
puiffe l'attribuer à d'autres fubftances:
qu'à la terre calcaire qu'elle contiennent
; & pour énoncer l'expérience fuivante
, j'ai mis deux pierres tirées de la
même vefcie en éxpérience ; l'une dans
des eaux de Contrexville ; l'autre dans
de l'eau commune , chacunes fermées .
dans un bocal de verre , bouché avec
un parchemin mouillé & placé dans
la chambre chaude d'un Boulanger ; je
les
y ai laiffées pendant fix jours : après
ce temps j'ai apperçu dans chaque bocal
un commencement de décompofi- :
tion de la pierre indiquée , par des flocons
blancs qui fe précipitoient au fond :
du vaſe. J'ai retiré les pierres & les ai
pefé ; la pierre qui a féjourné dans
l'eau de Contrexville , du poids d'un
gros & quinze grains , s'eft trouvée
réduite à un gros & dix grains.
Celle qui a féjourné dans l'eau.commune
, de trois gros & quinze grains ,
s'eft trouvée réduite à trois gros & un
grain. Il réfulte de cette éxpérience que
la pierre qui a féjourné dans les eaux
minérales a perdu un feizième de plus
à-peu-près que celle qui a féjourné
dans l'eau commune.
La Séance a été terminée par un
1
110 MERCURE DE FRANCE.
Mémoire de M. de Feligonde , Secré
taire de la Société , fur les variations
fingulières des Baromêtres .
L'Auteur de ce Mémoire annonce
que par une fuite d'obfervations journalières
fur le Baromêtre , il s'eft apperçu
du peu de folidité des prédictions
météorologiques de cet inftrument
que dans le cours des années 1761 &,
1762 , & notamment lors de la levée
des foins , temps où le nombre des Obfervateurs
eft très-grand , les confultans
ont été trompés plufieurs fois . Ils
fe font plaints avec amertume de l'infidélité
de leur guide ; mais avoient - ils
raifon ? & cet inftrument , pour rem- ,
plir fon véritable objet , doit-il être infaillible
dans les applications multipliées
qu'on veut faire de fes facultés ? Ce .
font ces confidérations qui ont engagé
l'Auteur à traiter premierement de l'ap- .
plication qu'on doit faire des effets du
Baromêtre ; deuxièmement , des caufes :
qui dans certaines circonftances déran- :
gent la marche de cet inftrument.
Les premiers objets qui fixerent les
vues des Phyficiens dans la gradation
des Baromêtres , font compris dans le
Mémoire au nombre de trois.
De terminer la hauteur de l'athmofFEVRIER.
1763. ITE
phère par le poids de la colonne d'air ;
eftimer les hauteurs des montagnes &
des différens points de la terre ; annoncer
les changemens de temps , les féchereffes
, les pluyes , les vents & les
tempêtes .
L'Auteur rapporte les
expériences,
faites par les Phyficiens les plus célébres
, plufieurs obfervations inférées
dans les Mémoires de différentes Académies
, & fes propres obfervations :
defquelles il réfulte premierement , que
l'ufage du Baromêtre n'a pas également
réuffi dans tous les climats pour déterminer
le poids de l'athmosphère , ou la
hauteur de la colonne d'air.
Deuxièmement , que les méthodes
inventées pour déterminer, par le moyen
des Baromêtres , la hauteur de différens
points du globe , font encore bien imparfaites
, & quelquefois fautives par
les circonftances.
Troifiémement , que les pronostics
des vents & de la pluye , des orages ,
& c. t: ouvent dans l'expérience journa
lière des
contradictions fatales au fyftême
.
Cette fuite
d'obfervations paroît
ébranler un peu les prédictions météorologiques
des Baromêtres. L'Auteur
112 MERCURE DE FRANCE.
n'en tire cependant pas la conféquence ,"
& avant d'ouvrir fon fentiment , il paffe
à la feconde partie.
Le poids de la colonne d'air comme
caufe principale , les altérations de ce
fluide , comme cauſe accidentelle , concourent
à élever le mercure dans le tube
renverfé.
L'Auteur découvre dans les différentes
hauteurs de la colonne la denfité
des couches & l'élafticité des molécules
d'air qui la compofent ; la fource
& l'origine de toutes les variations qui
fe manifeftent dans les expériences. Il
en fait l'application aux contrariétés que
préfentent celles qu'il a rapportées dans
la première partie.
Il explique par les effets des vents
contraires , des vapeurs de différentes
natures , des fels volatils , des paffages
précipités du froid au chaud , des chaleurs
exceffives , des froids immodérés
les contremarches par lefquelles la liqueur
contenue dans le Baromêtre induit
les confultans en erreur.
D'où il conclut qu'on ne doit regarder
comme véritable objet du Baromêtre
, que la détermination du poids abfolu
de la colonne d'ajrqui le domine ;
mais que ce poids étant l'effet d'une multitude
de puiffances fujettes à des variaFEVRIER.
1763. 113
,
tions continuelles , on ne doit pas regarder
cet inftrument comme infaillible
foit dans la connoiffance de la hauteur
de l'athmosphère , foit dans les mesures
des différentes élévations , foit dans les
prédictions météorologiques .
On ne doit cependant pas abandonner
l'ufage de cet inftrument , 1 °. parce qu'il
remplit conftamment fon premier objet;
2º. parce que fes obfervations ont répandu
dans la phyfique de grandes
lumières , & qu'on a lieu d'en attendre
des découvertes intéreffantes , fi on continue
à l'obferver avec éxactitude & à
le réformer avec précaution .
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Résumé : EXTRAIT de la Séance publique de la Société Littéraire de CLERMONT en Auvergne, tenue dans la Salle de l'Hôtel-de-Ville.
Lors de la séance publique de la Société Littéraire de Clermont, tenue le 25 août 1762, plusieurs sujets furent abordés. M. Devernines présenta une dissertation sur un vase antique découvert près de Lezoux. Ce vase, mesurant trois pouces de profondeur et cinq pouces de diamètre, est fabriqué en terre fine de couleur rouge et orné de reliefs représentant des personnages drapés entourés d'anneaux formés par un serpent se mordant la queue. Devernines attribua ce vase à l'époque romaine, suggérant qu'il servait à des libations lors des fêtes païennes, notamment les Saturnales, et que les serpents symbolisaient le retour de l'année. Il proposa également de réactiver la manufacture de poterie à Lezoux pour produire de la faïence. M. Ozy présenta ensuite une analyse des eaux de Contrexville en Lorraine, attribuant à ces eaux des propriétés curatives contre les maladies liées à la pierre et au calcul. Cette analyse, commandée par M. de Ballainvilliers, Intendant d'Auvergne, visait à vérifier les observations de M. Bagard, premier médecin du Roi de Pologne. Ozy souligna des divergences dans les résultats des analyses, notamment sur la présence d'un sel alcalin volatil et d'un sel acide. Il conclut que les eaux de Contrexville ont une vertu lithontriptique due à la terre calcaire qu'elles contiennent. Enfin, M. de Feligonde présenta un mémoire sur les variations singulières des baromètres. Il discuta de l'inconstance des prédictions météorologiques des baromètres, attribuant ces erreurs à diverses causes comme les vents contraires, les vapeurs et les variations de température. Feligonde recommanda de continuer à utiliser cet instrument pour ses apports en physique, malgré ses limitations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 113
PROBLEME DE GÉOMÉTRIE.
Début :
UN triangle isocèle étant circonscrit à deux cercles contigus qui ont leurs [...]
Mots clefs :
Géométrie, Isocèle, Base, Côtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROBLEME DE GÉOMÉTRIE.
PROBLEME DE GÉOMÉTRIE.
UNN triangle ifocèle étant circonfcrit
à deux cercles contigus qui ont leursdiametres
dans la raifon de trois à un ;
de manière que fa bafe touche la grande
circonférence , & chacun de fes côtés ,
celle-ci & la petite : on demande quel
eft dans ce triangle , le rapport de la
bafe aux côtés . Propofé par Albert, Etudiant
en Mathématique fous M. Baubé,
ǎ Lyon.
A Lyon , ce 7 Janvier 1763.
UNN triangle ifocèle étant circonfcrit
à deux cercles contigus qui ont leursdiametres
dans la raifon de trois à un ;
de manière que fa bafe touche la grande
circonférence , & chacun de fes côtés ,
celle-ci & la petite : on demande quel
eft dans ce triangle , le rapport de la
bafe aux côtés . Propofé par Albert, Etudiant
en Mathématique fous M. Baubé,
ǎ Lyon.
A Lyon , ce 7 Janvier 1763.
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10
p. 123-124
ACADÉMIE des Sciences & Belles-Lettres de DIJON.
Début :
L'ACADÉMIE convaincue que la matière importante qu'elle vient de choisir pour [...]
Mots clefs :
Académie, Dijon, Concours, Maladies, Mémoires, Antispasmodiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ACADÉMIE des Sciences & Belles-Lettres de DIJON.
ACADÉMIE S.
ACADÉMIE des Sciences & Belles-
Lettres de DIJON.
L'ACADÉMIE
convaincue que la
matière importante
qu'elle vient de
choifir pour le concours au prix qu'elle
adjugera dans le mois d'Août 1764 ,
ne peut être approfondie
qu'avec un
temps & un travail confidérables
, annonce
dès-à-préfent ce fujet qui confifte
à déterminer la nature des Anti-
Spafmodiques
proprement
dits , à expliquer
leur manière d'agir , à diftinguer
leurs différentes
espéces & à marquer
leur ufage dans les maladies ?
On ne répétera point ici les condiditions
& les formalités que les Auteurs
doivent obferver en envoyant
leurs mémoires à l'Académie ; toutes les
Fij
124 MERCURE DE FRANCE .
Sociétés Littéraires du Royaume les
ont fi fouvent rappellées dans leurs
programmes , que ceux qui fe préfentent
aujourd'hui aux concours Académiques
, n'ont plus befoin probablement
d'en être avertis .
La queftion que propofe l'Académie,
lui paroît fi intéreffante , qu'elle ne
veut point fixer l'étendue des mémoires:
quelque long que foit un ouvrage ,
s'il mérite fon approbation , il aura
droit à fes fuffrages & à la courronne
Académique.
Les paquets affranchis de ports , feront
adreffés à M. Michault , Secré
taire perpétuel de l'Académie , rue de
Guife , à Dijon .
Ils ne feront reçus que jufqu'au
ACADÉMIE des Sciences & Belles-
Lettres de DIJON.
L'ACADÉMIE
convaincue que la
matière importante
qu'elle vient de
choifir pour le concours au prix qu'elle
adjugera dans le mois d'Août 1764 ,
ne peut être approfondie
qu'avec un
temps & un travail confidérables
, annonce
dès-à-préfent ce fujet qui confifte
à déterminer la nature des Anti-
Spafmodiques
proprement
dits , à expliquer
leur manière d'agir , à diftinguer
leurs différentes
espéces & à marquer
leur ufage dans les maladies ?
On ne répétera point ici les condiditions
& les formalités que les Auteurs
doivent obferver en envoyant
leurs mémoires à l'Académie ; toutes les
Fij
124 MERCURE DE FRANCE .
Sociétés Littéraires du Royaume les
ont fi fouvent rappellées dans leurs
programmes , que ceux qui fe préfentent
aujourd'hui aux concours Académiques
, n'ont plus befoin probablement
d'en être avertis .
La queftion que propofe l'Académie,
lui paroît fi intéreffante , qu'elle ne
veut point fixer l'étendue des mémoires:
quelque long que foit un ouvrage ,
s'il mérite fon approbation , il aura
droit à fes fuffrages & à la courronne
Académique.
Les paquets affranchis de ports , feront
adreffés à M. Michault , Secré
taire perpétuel de l'Académie , rue de
Guife , à Dijon .
Ils ne feront reçus que jufqu'au
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Résumé : ACADÉMIE des Sciences & Belles-Lettres de DIJON.
En août 1764, l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Dijon lance un concours portant sur l'étude des antispasmodiques. Le sujet inclut la détermination de leur nature, l'explication de leur mode d'action, la distinction de leurs différentes espèces et l'indication de leur usage dans les maladies. L'Académie souligne la nécessité d'un temps et d'un travail considérables pour approfondir ce sujet. Elle n'impose aucune limite de longueur pour les mémoires soumis, à condition qu'ils soient approuvés. Les auteurs doivent envoyer leurs travaux à M. Michault, secrétaire perpétuel de l'Académie, rue de Guise à Dijon, avant une date limite non précisée. Les conditions et formalités de soumission sont supposées connues des participants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 124-127
SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
Début :
LE 24 Août 1762, l'Académie de Besançon fit célébrer dans l'Eglise des [...]
Mots clefs :
Académie, Prix, Séance, Ordre, Besançon, Discours, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
SÉANCE publique de l'Académie de
BESANÇON pour la diftribution
des Prix.
LE 24 Août 1762 , l'Académie de
Befançon fit célébrer dans l'Eglife des
P P. Carmes une Meffe avec un Motet ;
le Panégyrique de S. Louis fut enfuite
AVRIL. 1763. 125
prononcé par M. Pavoy , Docteur en
Théologie , Curé de Pugé en Franche-
Comté. L'après - midi du même jour
l'Académie tint une Séance publique
pour la diftribution des Prix . M. de
Frafne , Avocat Général Honoraire du
Parlement de Franche-Comté , Préfident
de l'Académie , fit un difcours
relatif à l'objet de cette Séance. Il obferva
fur la réferve du Prix d'éloquence
pour l'année prochaine : " Que c'eſt un
» moment de repos qui devient l'affu-
» rance d'une récolte plus abondante
» pour l'avenir ; que d'efprit n'eft pas
» toujours également fertile dans fes
» productions ; qu'expofé à des varia-
» tions qui le rendent fouvent mécon-
» noiffable à lui-même , il reffent ainſi
» que la Nature , les influences du temps
» & des circonftances ; que dans un
" Sujet propofé pour un Difcours ,
" tout dépend de la manière de l'apper-
» cevoir , de l'impreffion plus ou moins
» vive qu'il fait dans l'âme & des idées
» qui en résultent ; que de là naît cet-
» te heureufe facilité à préfenter le
L
chofes fous l'afpect qui leur con-
» vient , à les traiter avec ordre , à leur
» appliquer des principes qui devien-
» nent une fource féconde de confé-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
» quences , & à répandre à propos fur
» tout l'ouvrage les agrémens du colo-
» ris ; qu'au contraire fi l'efprit foible-
» ment affecté ne faifit pas le véritable
» point de la queſtion à difcuter , il fe
» rétrécit en quelque forte , il tombe
» dans la langueur & de là dans les
» écarts.
M. de Frafne déclara enfuite que le
prix d'érudition avoit été décerné à
Dom Berthod , Bénédictin , Bibliothé
caire de l'Abbaye de S. Vincent de Befançon
, Auteur déja couronné plus d'une
fois par l'Académie ; que l'Acceffit
avoit été déféré en premier ordre à Dom
Coudret, Religieux de la même Abbaye,
& à l'Auteur de la Differtation qui a pour
devife Vivit poft funera Virtus. Le
mérite de ces deux derniers Ouvrages
fit remarquer à M. de Frafne » que
» quand on fuit d'auffi près le vainqueur
, on participe à fa gloire , &
» qu'il femble même que l'on peut
détacher
quelques fleurs de fa couronne
fans en diminuer l'éclat.
M. de Frafne annonça enfin que le
prix des Arts avoit été également adjugé
à M. Perreciot , Etudiant en Médecine
à Befançon & à André Vautheret,
Thuillier , demeurantau Village
AVRIL 1763. 127
"
de Four en Franche-Comté. Cette décifion
occafionna un acte de générosité
dont l'Académie eut la fatisfaction d'être
témoin avec le Public ; M. Perreciot
refufa de profiter du partage dont le
prix étoit fufceptible ; il s'empreffa de
céder à fon concurrent la médaille d'or
qui eft de la valeur de 200 liv . il ne fe
réferva que la gloire de la mériter deux
fois. Un procédé fi digne des Arts &
des Lettres aufquels il confacre fa jeuneffe
, excita l'admiration de toute l'Af
femblée. Dans la même Séance on inftalla
parmi les Affociés étrangers de l'Académie
le R. P. Pacioudi , Théatin
ancien Procureur général de fon Ordre,
Hiftoriographe de l'Ordre de Malthe ,
Bibliothécaire & Antiquaire de S. A. R.
le Duc de Parme , Membre de l'Académie
des Infcriptions & Belles-Lettres
de Paris , de celles de Florence , de Cortone
, de Pefaro , &c . On dérogea en
faveur de ce fçavant Etranger à l'ufage
des Académies de France ; on lui permit
de faire en Latin fon Difcours de réception,
auquel M. de Frafne , en qualité
de Préfident, répondit en François . La
Séance fut terminée par la lecture du
Programme des Sujets propofés pour
les Prix de 1763.
BESANÇON pour la diftribution
des Prix.
LE 24 Août 1762 , l'Académie de
Befançon fit célébrer dans l'Eglife des
P P. Carmes une Meffe avec un Motet ;
le Panégyrique de S. Louis fut enfuite
AVRIL. 1763. 125
prononcé par M. Pavoy , Docteur en
Théologie , Curé de Pugé en Franche-
Comté. L'après - midi du même jour
l'Académie tint une Séance publique
pour la diftribution des Prix . M. de
Frafne , Avocat Général Honoraire du
Parlement de Franche-Comté , Préfident
de l'Académie , fit un difcours
relatif à l'objet de cette Séance. Il obferva
fur la réferve du Prix d'éloquence
pour l'année prochaine : " Que c'eſt un
» moment de repos qui devient l'affu-
» rance d'une récolte plus abondante
» pour l'avenir ; que d'efprit n'eft pas
» toujours également fertile dans fes
» productions ; qu'expofé à des varia-
» tions qui le rendent fouvent mécon-
» noiffable à lui-même , il reffent ainſi
» que la Nature , les influences du temps
» & des circonftances ; que dans un
" Sujet propofé pour un Difcours ,
" tout dépend de la manière de l'apper-
» cevoir , de l'impreffion plus ou moins
» vive qu'il fait dans l'âme & des idées
» qui en résultent ; que de là naît cet-
» te heureufe facilité à préfenter le
L
chofes fous l'afpect qui leur con-
» vient , à les traiter avec ordre , à leur
» appliquer des principes qui devien-
» nent une fource féconde de confé-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
» quences , & à répandre à propos fur
» tout l'ouvrage les agrémens du colo-
» ris ; qu'au contraire fi l'efprit foible-
» ment affecté ne faifit pas le véritable
» point de la queſtion à difcuter , il fe
» rétrécit en quelque forte , il tombe
» dans la langueur & de là dans les
» écarts.
M. de Frafne déclara enfuite que le
prix d'érudition avoit été décerné à
Dom Berthod , Bénédictin , Bibliothé
caire de l'Abbaye de S. Vincent de Befançon
, Auteur déja couronné plus d'une
fois par l'Académie ; que l'Acceffit
avoit été déféré en premier ordre à Dom
Coudret, Religieux de la même Abbaye,
& à l'Auteur de la Differtation qui a pour
devife Vivit poft funera Virtus. Le
mérite de ces deux derniers Ouvrages
fit remarquer à M. de Frafne » que
» quand on fuit d'auffi près le vainqueur
, on participe à fa gloire , &
» qu'il femble même que l'on peut
détacher
quelques fleurs de fa couronne
fans en diminuer l'éclat.
M. de Frafne annonça enfin que le
prix des Arts avoit été également adjugé
à M. Perreciot , Etudiant en Médecine
à Befançon & à André Vautheret,
Thuillier , demeurantau Village
AVRIL 1763. 127
"
de Four en Franche-Comté. Cette décifion
occafionna un acte de générosité
dont l'Académie eut la fatisfaction d'être
témoin avec le Public ; M. Perreciot
refufa de profiter du partage dont le
prix étoit fufceptible ; il s'empreffa de
céder à fon concurrent la médaille d'or
qui eft de la valeur de 200 liv . il ne fe
réferva que la gloire de la mériter deux
fois. Un procédé fi digne des Arts &
des Lettres aufquels il confacre fa jeuneffe
, excita l'admiration de toute l'Af
femblée. Dans la même Séance on inftalla
parmi les Affociés étrangers de l'Académie
le R. P. Pacioudi , Théatin
ancien Procureur général de fon Ordre,
Hiftoriographe de l'Ordre de Malthe ,
Bibliothécaire & Antiquaire de S. A. R.
le Duc de Parme , Membre de l'Académie
des Infcriptions & Belles-Lettres
de Paris , de celles de Florence , de Cortone
, de Pefaro , &c . On dérogea en
faveur de ce fçavant Etranger à l'ufage
des Académies de France ; on lui permit
de faire en Latin fon Difcours de réception,
auquel M. de Frafne , en qualité
de Préfident, répondit en François . La
Séance fut terminée par la lecture du
Programme des Sujets propofés pour
les Prix de 1763.
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Résumé : SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
Le 24 août 1762, l'Académie de Besançon organisa une messe suivie d'un panégyrique de Saint Louis à l'église des Pères Carmes. L'après-midi, une séance publique eut lieu pour la distribution des prix. M. de Frafne, Président de l'Académie, prononça un discours soulignant que l'esprit n'est pas toujours également fertile. Le prix d'érudition fut attribué à Dom Berthod, Bénédictin et Bibliothécaire de l'Abbaye de Saint Vincent de Besançon, tandis que l'accessit fut partagé entre Dom Coudret et l'auteur de la dissertation 'Vivit post funera Virtus'. Le prix des Arts fut décerné à M. Perreciot et André Vautheret, ce dernier habitant Four en Franche-Comté. M. Perreciot céda sa médaille d'or à son concurrent, suscitant l'admiration de l'assemblée. La séance se conclut par l'installation du R. P. Pacioudi parmi les associés étrangers de l'Académie, qui fit un discours en latin, auquel M. de Frafne répondit en français. La séance se termina par la lecture des sujets proposés pour les prix de 1763.
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12
p. 128-129
RENTRÉE publique de l'Académie de BESANÇON, du 17 Novemb. 1762.
Début :
M. ATHALIN, Doyen des Professeurs de Médecine en l'Université de Besançon [...]
Mots clefs :
Président, Séance, Académie, Médecine, Parlement, Discours, Récipiendaires
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texteReconnaissance textuelle : RENTRÉE publique de l'Académie de BESANÇON, du 17 Novemb. 1762.
RENTRÉE publique de l'Académie de
BESANÇON , du 17 Novemb. 1762,
M. ATHALIN , Doyen des Profeffeurs
de Médecine en l'Univerfité de
Befançon , & Vice-Préfident de l'Académie
, ouvrit la Séance par des regrets
modeftes d'avoir à fuppléer en
l'abſence de M. de Frafne & à remplacer
fes talens dans une occafion , où
il fe flatoit de n'avoir qu'à les admirer
en filence. Il indiqua enfuite le retour de
la paix comme un double fujet d'allegreffe
& pour les bons Citoyens &
pour les Gens dé Lettres , à qui elle
doit fervir d'époque d'une nouvelle
émulation . Delà il paffa à l'annonce des
ouvrages préparés pour cette Séance ,'
dont la lecture fe fit dans l'ordre fuivant.
M. Binétruy de Grand-Fontaine ,
Secrétaire perpétuel , fit l'éloge hiftorique
de M. de Clevans, Marquis de Bou-"
clans , Confeiller Honoraire du Parlement
de Franche- Comté , & de M.
le Baron de Courbouffon , Préfident à
Mortier du même Parlement. M. Rougnon
, Profeffeur de Médecine en l'Unii
AVRIL. 1763. 129
verfité de Befançon difcuta dans fon
difcours de réception , les influences
du climat & de l'air , furtout par rapport
à la Franche-Comté. M. l'Abbé
Camus , Chanoine de l'illuftre Eglife
Métropolitaine de Befançon , développa
dans fon difcours de reception les
caractéres de la vraie grandeur qui difsingue
celui qui n'ufe de fa fortune &
de fon élevation que pour devenir meilleur.
M. Athalin termina la Séance par
la réponse qu'il fit en qualité de Vice-
Préfident aux Complimens des deux
Récipiendaires.
BESANÇON , du 17 Novemb. 1762,
M. ATHALIN , Doyen des Profeffeurs
de Médecine en l'Univerfité de
Befançon , & Vice-Préfident de l'Académie
, ouvrit la Séance par des regrets
modeftes d'avoir à fuppléer en
l'abſence de M. de Frafne & à remplacer
fes talens dans une occafion , où
il fe flatoit de n'avoir qu'à les admirer
en filence. Il indiqua enfuite le retour de
la paix comme un double fujet d'allegreffe
& pour les bons Citoyens &
pour les Gens dé Lettres , à qui elle
doit fervir d'époque d'une nouvelle
émulation . Delà il paffa à l'annonce des
ouvrages préparés pour cette Séance ,'
dont la lecture fe fit dans l'ordre fuivant.
M. Binétruy de Grand-Fontaine ,
Secrétaire perpétuel , fit l'éloge hiftorique
de M. de Clevans, Marquis de Bou-"
clans , Confeiller Honoraire du Parlement
de Franche- Comté , & de M.
le Baron de Courbouffon , Préfident à
Mortier du même Parlement. M. Rougnon
, Profeffeur de Médecine en l'Unii
AVRIL. 1763. 129
verfité de Befançon difcuta dans fon
difcours de réception , les influences
du climat & de l'air , furtout par rapport
à la Franche-Comté. M. l'Abbé
Camus , Chanoine de l'illuftre Eglife
Métropolitaine de Befançon , développa
dans fon difcours de reception les
caractéres de la vraie grandeur qui difsingue
celui qui n'ufe de fa fortune &
de fon élevation que pour devenir meilleur.
M. Athalin termina la Séance par
la réponse qu'il fit en qualité de Vice-
Préfident aux Complimens des deux
Récipiendaires.
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Résumé : RENTRÉE publique de l'Académie de BESANÇON, du 17 Novemb. 1762.
Lors de la rentrée publique de l'Académie de Besançon du 17 novembre 1762, M. Athalin, Doyen des Professeurs de Médecine et Vice-Président de l'Académie, ouvrit la séance en regrettant l'absence de M. de Frafne. Il souligna la joie apportée par le retour de la paix, marquant une nouvelle ère d'émulation. La séance se poursuivit avec la présentation des ouvrages préparés. M. Binétruy de Grand-Fontaine, Secrétaire perpétuel, rendit hommage à M. de Clevans, Marquis de Bouclans, et au Baron de Courbouffon, Président à Mortier du Parlement de Franche-Comté. M. Rougnon, Professeur de Médecine, discuta des influences du climat et de l'air en Franche-Comté. L'Abbé Camus, Chanoine de l'Église Métropolitaine de Besançon, développa les caractéristiques de la vraie grandeur, qui se manifeste par l'utilisation de la fortune et de l'élévation pour devenir meilleur. M. Athalin conclut la séance en répondant aux compliments des deux récipiendaires.
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13
p. 129-131
PRIX proposés par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de BESANÇON, pour l'année 1763.
Début :
L'ACADÉMIE des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de Besançon, distribuera le [...]
Mots clefs :
Prix, Académie, Médaille, Arts, Sujet, Valeur
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposés par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de BESANÇON, pour l'année 1763.
PRIX propofés par l'Académie des
Sciences , Belles - Lettres , & Arts de
BESANÇON , pour l'année 1763. ,
L'ACADÉMIE 'ACADÉMIE des Sciences , Belles-
Lettres , & Arts de Befançon , diftribuera
le 24 Août 1763 trois Prix différens.
Le premier Prix , fondé par feu M. le
Duc de Tallard , eft deſtiné pour l'Eloquence
; il confifte en une Médaille
d'or de la valeur de trois cens cinquante
ivres. Le Sujet du Difcours fera :
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
•
Combien les moeurs donnent de luftre
aux talens ?
Le Difcours doit être à-peu-près d'u
ne demi- heure de lecture. L'Académie
ayant réfervé le Prix de 1762 , en aura
deux de la même efpéce à diftribuer en
1763.
Le fecond Prix , également fondé par
feu M. le Duc de Tallard , eſt deſtiné
pour l'Erudition ; il confifte en une Médaille
d'or de la valeur de deux cens
cinquante livres . Le Sujet de la Differtation
fera :
Comment fe font établis les Comtes
héréditaires de Bourgogne ; quelle fut
d'abord leur autorité , & de quelle nature
étoit leur Domaine ?
La Differtation doit être à- peu près
de trois quarts d'heure de lecture , fans
y comprendre le chapitre de preuves ,
qui devra être placé à la fin de l'Ouvrage.
Les Auteurs qui auront à produire
des Chartres non encore imprimées ,
font priés de les tranfcrire en entier ,
pour mettre l'Académie à portée de
mieux apprécier les preuves qui en réfulteront.
Le troifiéme Prix , fondé par la V
AVRIL 1763
131
12
de Besançon , eft deftiné pour les Arts ;
il confifte en une Médaille d'or de la
valeur de deux cens livres, Le Sujet du
Mémoire fera :
Quelle eft la nature des maladies épidémiques
qui attaquent le plus fouvent
les bêtes à cornes ; quelles en font les
caufes & les fymptômes , & quels font
les moyens de les prévenir ou de les
guérir?
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms à leurs ouvrages , mais feulement
une devife ou fentence à leur choix
ils la répéteront dans un billet cacheté
dans lequel ils écriront leurs noms &
leurs adreffes . Ils enverront leurs ouvrages
francs de port , au fieur Daclin,
Imprimeur de l'Académie , avant le premier
du mois de Mai prochain.
Les ouvrages de ceux qui fe feront
connoître par eux-mêmes , ou par leurs
amis , feront exclus du concours..
Sciences , Belles - Lettres , & Arts de
BESANÇON , pour l'année 1763. ,
L'ACADÉMIE 'ACADÉMIE des Sciences , Belles-
Lettres , & Arts de Befançon , diftribuera
le 24 Août 1763 trois Prix différens.
Le premier Prix , fondé par feu M. le
Duc de Tallard , eft deſtiné pour l'Eloquence
; il confifte en une Médaille
d'or de la valeur de trois cens cinquante
ivres. Le Sujet du Difcours fera :
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
•
Combien les moeurs donnent de luftre
aux talens ?
Le Difcours doit être à-peu-près d'u
ne demi- heure de lecture. L'Académie
ayant réfervé le Prix de 1762 , en aura
deux de la même efpéce à diftribuer en
1763.
Le fecond Prix , également fondé par
feu M. le Duc de Tallard , eſt deſtiné
pour l'Erudition ; il confifte en une Médaille
d'or de la valeur de deux cens
cinquante livres . Le Sujet de la Differtation
fera :
Comment fe font établis les Comtes
héréditaires de Bourgogne ; quelle fut
d'abord leur autorité , & de quelle nature
étoit leur Domaine ?
La Differtation doit être à- peu près
de trois quarts d'heure de lecture , fans
y comprendre le chapitre de preuves ,
qui devra être placé à la fin de l'Ouvrage.
Les Auteurs qui auront à produire
des Chartres non encore imprimées ,
font priés de les tranfcrire en entier ,
pour mettre l'Académie à portée de
mieux apprécier les preuves qui en réfulteront.
Le troifiéme Prix , fondé par la V
AVRIL 1763
131
12
de Besançon , eft deftiné pour les Arts ;
il confifte en une Médaille d'or de la
valeur de deux cens livres, Le Sujet du
Mémoire fera :
Quelle eft la nature des maladies épidémiques
qui attaquent le plus fouvent
les bêtes à cornes ; quelles en font les
caufes & les fymptômes , & quels font
les moyens de les prévenir ou de les
guérir?
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms à leurs ouvrages , mais feulement
une devife ou fentence à leur choix
ils la répéteront dans un billet cacheté
dans lequel ils écriront leurs noms &
leurs adreffes . Ils enverront leurs ouvrages
francs de port , au fieur Daclin,
Imprimeur de l'Académie , avant le premier
du mois de Mai prochain.
Les ouvrages de ceux qui fe feront
connoître par eux-mêmes , ou par leurs
amis , feront exclus du concours..
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Résumé : PRIX proposés par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de BESANÇON, pour l'année 1763.
L'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Besançon attribuera trois prix le 24 août 1763. Le premier prix, doté d'une médaille d'or valant 350 livres, récompense l'éloquence sur le sujet 'Combien les mœurs donnent de lustre aux talents'. Le discours doit durer environ une demi-heure. Deux prix seront distribués en 1763, car celui de 1762 a été réservé. Le second prix, fondé par le Duc de Tallard et valant 250 livres, est destiné à l'érudition et porte sur les comtes héréditaires de Bourgogne, leur autorité et leur domaine. La dissertation doit durer environ trois quarts d'heure, sans compter le chapitre des preuves. Le troisième prix, doté d'une médaille d'or valant 200 livres, est destiné aux arts et traite des maladies épidémiques des bêtes à cornes, leurs causes, symptômes et moyens de prévention ou de guérison. Les œuvres doivent être soumises anonymement, accompagnées d'une devise ou sentence, avant le 1er mai 1763. Les candidatures révélées par les auteurs ou leurs amis seront exclues.
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14
p. 132
SÉANCE publique de l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts de PAU.
Début :
M. LE Baron de Navailles Pocyferre, Chevalier d'honneur au Parlement, ouvrit [...]
Mots clefs :
Académie, Discours, Directeur, Sciences, Arts, Parlement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts de PAU.
SÉANCE publique de l'Académie Royale
des Sciences & Beaux - Arts de
PAU.
M. LE Baron de Navailles Pocyferre,
Chevalier d'honneur au Parlement , ouvrit
la féance par un Difcours fur les
avantages que l'on retire à célébrer les
grands hommes. Avantages également
précieux au coeur & à l'efprit. Il étoit
écrit avec goût & avec éloquence.
On fit lecture enfuite d'un Poëme
qui a remporté le Prix. Le Sujet propofé
étoit le Pacte de famille . M. Le
Mefle , de l'Académie des Sciences
Belles-Lettres & Arts de Rouen en eft
l'Auteur.
M. de Bordenave Caffou , Confeiller
au Parlement , & M. Bourdier de Bauregard,
Directeur des Domaines du Roi
en Bearn, qui avoient été élus pour remplir
deux places vacantes, y prononcerent
leur difcours de remercîment. M. le Directeur
( Navailles Pocyferre ) y répondit
au nom de l'Académie. L'Affemblée
étoit brillante & nombreufe , & applaudit
généralement & au Difcours
AVRIL. 1763. 133.
des Récipiendaires & à ceux du Directeur
qui méritoient les plus juftes éloges.
des Sciences & Beaux - Arts de
PAU.
M. LE Baron de Navailles Pocyferre,
Chevalier d'honneur au Parlement , ouvrit
la féance par un Difcours fur les
avantages que l'on retire à célébrer les
grands hommes. Avantages également
précieux au coeur & à l'efprit. Il étoit
écrit avec goût & avec éloquence.
On fit lecture enfuite d'un Poëme
qui a remporté le Prix. Le Sujet propofé
étoit le Pacte de famille . M. Le
Mefle , de l'Académie des Sciences
Belles-Lettres & Arts de Rouen en eft
l'Auteur.
M. de Bordenave Caffou , Confeiller
au Parlement , & M. Bourdier de Bauregard,
Directeur des Domaines du Roi
en Bearn, qui avoient été élus pour remplir
deux places vacantes, y prononcerent
leur difcours de remercîment. M. le Directeur
( Navailles Pocyferre ) y répondit
au nom de l'Académie. L'Affemblée
étoit brillante & nombreufe , & applaudit
généralement & au Difcours
AVRIL. 1763. 133.
des Récipiendaires & à ceux du Directeur
qui méritoient les plus juftes éloges.
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Résumé : SÉANCE publique de l'Académie Royale des Sciences & Beaux-Arts de PAU.
En avril 1763, l'Académie Royale des Sciences et Beaux-Arts de Pau a organisé une séance publique. Le Baron de Navailles Pocyferre, Chevalier d'honneur au Parlement, a inauguré la séance par un discours sur les mérites de célébrer les grands hommes, bénéfiques pour le cœur et l'esprit. Ce discours a été salué pour son goût et son éloquence. Par la suite, un poème sur le Pacte de famille, rédigé par M. Le Mesle de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, a été lu et a remporté le prix. M. de Bordenave Caffou, Conseiller au Parlement, et M. Bourdier de Bauregard, Directeur des Domaines du Roi en Béarn, ont prononcé des discours de remerciement après leur élection pour occuper deux places vacantes. M. le Directeur, Navailles Pocyferre, a répondu au nom de l'Académie. L'assemblée, nombreuse et brillante, a applaudi les discours des récipiendaires et du directeur, jugés dignes des plus grands éloges.
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15
p. 128-130
SÉANCE publique de l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS, du 3 Mars 1763.
Début :
M. DE GAYON, Lieutenant Général des Armées du Roi, né à Bésiers, [...]
Mots clefs :
Lieutenant général, Commandant, Vertus médicinales, Associés, Commissaire des Guerres, Corse, Médecin, Théologie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS, du 3 Mars 1763.
M. DE GAYON , Lieutenant Général
des Armées du Roi , né à Béfiers ,
fut inftallé en la place d'honoraire vacante
par la mort de M. le Baron de
Codere , Commandant en cette Ville ,
après un court remerciment qui fut
fort applaudi ; après quoi M. Barbier,
Préfident au Préfidial , & Directeur cette
année lui répondit , & lut quelques recherches
qu'il avoit faites fur les fermens.
M. Bouillet , Secrétaire perpétuel de
l'Académie , fit l'analyfe de trois Mémoires
qui avoient été communiqués
à la Compagnie depuis la dernière affemblée
publique , & dont l'un rouloit
fur les vertus médicinales du Pin &
M A I. 1763. 129
des différentes fubftances qu'on en retire
, par M. Darbaud , Médecin a Aix ,
l'un de nos Affociés ; l'autre fur la
parallaxe du Soleil déduite des obfervations
du paffage de Vénus au-deffous
de cet aftre , faites à Béfiers le 6
Juin 1761 , & comparées par Mde
le Paute notre Affociée , avec celles que
fit le même jour M. Pingré de l'Académie
Royale des Sciences , dans
l'Ifle Rodrigues ; de laquelle comparaifon
il a réfulté la même parallaxe
qu'avoit trouvée M. de la Lande , en
comparant fes propres obfervations à
celles qui avoient été faites dans les
Pays les plus éloignés ; le troifiéme
concernoit une expérience faite dans
l'Automne de 1761 , laquelle prouve
évidemment l'avantage du fémoir de
M. l'Abbé Soumille , fur la façon ordinaire
d'enfemencer les terres : expérience
que le même Auteur , qui eft un
Citoyen de cette Ville , a répétée à la
fin de l'année dernière , & du fuccès
de laquelle il a promis . de nous inſ、
truire après la récolte prochaine .
M. de la Rouvière d'Eyfartier , Chevalier
de S. Louis & Commiffaire des
Guerres , parla fur un engrais propre
hâter l'accroiffement des arbres , & dont
Fv
130 MERCURE DE FRANCE .
il dit qu'il avoit fait faire l'expérience
en Corfe , pendant le féjour qu'il
avoit fait dans cette Ifle. Cet engrais
n'eft autre chofe que les cendres
des branches du même arbre , ou
d'autres arbres de même eſpèce , & que
par cette raifon il appella Engrais fym.
Fatique ou homogène..
M. Brouzet , Médecin , lut quelques
réfléxions fur l'éducation des enfans ;
& M. l'Abbé Foulquier , termina la féance
par l'éloge de M. Caillé , Bachelier en
Théologie , Prêtre , Prébendier de la
Cathédrale , & Membre de l'Académie
depuis l'inftitution en 1723 lequel s'y
étoit diftingué par plufieurs favans Mémoires
& par quelques inventions curieufes
.
des Armées du Roi , né à Béfiers ,
fut inftallé en la place d'honoraire vacante
par la mort de M. le Baron de
Codere , Commandant en cette Ville ,
après un court remerciment qui fut
fort applaudi ; après quoi M. Barbier,
Préfident au Préfidial , & Directeur cette
année lui répondit , & lut quelques recherches
qu'il avoit faites fur les fermens.
M. Bouillet , Secrétaire perpétuel de
l'Académie , fit l'analyfe de trois Mémoires
qui avoient été communiqués
à la Compagnie depuis la dernière affemblée
publique , & dont l'un rouloit
fur les vertus médicinales du Pin &
M A I. 1763. 129
des différentes fubftances qu'on en retire
, par M. Darbaud , Médecin a Aix ,
l'un de nos Affociés ; l'autre fur la
parallaxe du Soleil déduite des obfervations
du paffage de Vénus au-deffous
de cet aftre , faites à Béfiers le 6
Juin 1761 , & comparées par Mde
le Paute notre Affociée , avec celles que
fit le même jour M. Pingré de l'Académie
Royale des Sciences , dans
l'Ifle Rodrigues ; de laquelle comparaifon
il a réfulté la même parallaxe
qu'avoit trouvée M. de la Lande , en
comparant fes propres obfervations à
celles qui avoient été faites dans les
Pays les plus éloignés ; le troifiéme
concernoit une expérience faite dans
l'Automne de 1761 , laquelle prouve
évidemment l'avantage du fémoir de
M. l'Abbé Soumille , fur la façon ordinaire
d'enfemencer les terres : expérience
que le même Auteur , qui eft un
Citoyen de cette Ville , a répétée à la
fin de l'année dernière , & du fuccès
de laquelle il a promis . de nous inſ、
truire après la récolte prochaine .
M. de la Rouvière d'Eyfartier , Chevalier
de S. Louis & Commiffaire des
Guerres , parla fur un engrais propre
hâter l'accroiffement des arbres , & dont
Fv
130 MERCURE DE FRANCE .
il dit qu'il avoit fait faire l'expérience
en Corfe , pendant le féjour qu'il
avoit fait dans cette Ifle. Cet engrais
n'eft autre chofe que les cendres
des branches du même arbre , ou
d'autres arbres de même eſpèce , & que
par cette raifon il appella Engrais fym.
Fatique ou homogène..
M. Brouzet , Médecin , lut quelques
réfléxions fur l'éducation des enfans ;
& M. l'Abbé Foulquier , termina la féance
par l'éloge de M. Caillé , Bachelier en
Théologie , Prêtre , Prébendier de la
Cathédrale , & Membre de l'Académie
depuis l'inftitution en 1723 lequel s'y
étoit diftingué par plufieurs favans Mémoires
& par quelques inventions curieufes
.
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Résumé : SÉANCE publique de l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de BÉSIERS, du 3 Mars 1763.
Lors d'une réunion de l'Académie, M. de Gayon a été installé à la place laissée vacante par M. le Baron de Codere. M. Barbier, Président au Présidial, a répondu à cette installation et a présenté des recherches sur les ferments. M. Bouillet, Secrétaire perpétuel, a analysé trois mémoires : celui de M. Darbaud sur les vertus médicinales du pin, celui de Mme le Paute comparant les observations de la parallaxe du Soleil lors du passage de Vénus en 1761 avec celles de M. Pingré, et celui de l'Abbé Soumille sur une expérience agricole. M. de la Rouvière d'Eyfartier a discuté d'un engrais à base de cendres d'arbres pour accélérer la croissance des arbres. M. Brouzet a partagé des réflexions sur l'éducation des enfants. L'Abbé Foulquier a rendu hommage à M. Caillé, membre de l'Académie depuis 1723, pour ses mémoires savants et ses inventions curieuses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 130-131
LETTRE de M. BOURGELAT, Ecuyer de ROI, Correspondant de l'Académie Royale des Sciences de France, &c. à l'Auteur du Mercure.
Début :
L'EXACTITUDE & le plaisir avec lequel vous annoncez, Monsieur, les progrès [...]
Mots clefs :
Écuyer, Correspondant, Exactitude, École vétérinaire, Projet
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. BOURGELAT, Ecuyer de ROI, Correspondant de l'Académie Royale des Sciences de France, &c. à l'Auteur du Mercure.
LETTRE de M. BOURGELAT, Ecuyer
de ROI , Correspondant de l'Académie
Royale des Sciences de France ,
&c. à l'Auteur du Mercure,
L'EXACTITUDE & le plaifir avec
lequel vous annoncez Monfieur , les
progrès des Eléves de l'Ecole Vétérinaire
dans la Théorie de leur art , vien
"
MA I. 1763. 131
nent fans doute de l'idée que vous vous
êtes formée de cet établiffement. La reconnoiffance
m'infpire le deffein de vous
mettre à portée de la juftifier vous- même
aux yeux de ceux qui pourroient ne pas
fentir toute l'importance de l'éxécution
de ce projet ; il m'a paru d'autant plus
beau , lorfque je m'y fuis livré , que
fon utilité n'eft pas refferrée dans les
bornes d'une Province & d'un Royaume
, & peut s'étendre à tous les Peuples
.
9 Je vous adreffe donc Monfieur
des moyens fùrs de convaincre les plus
incrédules , d'échauffer les plus indifférens
, & de faire taire ceux qui parlent
le plus , par la feule raifon peut-être .
qu'ils doivent être le moins écoutés .
Ces moyens réfultent d'une infinité
de faits très -autentiques que je vous
fupplie de vouloir bien rendre encore
plus publics qu'ils ne le font . Si l'ex--
périence a , comme je le crois , la force
de perfuader , ces faits garantiront dès--
à -préfent la folidité des principes furt
lefquels j'ai jetté les premiers fondemens
de l'édifice que j'éléve.
J'ai l'honneur d'être & c..
de ROI , Correspondant de l'Académie
Royale des Sciences de France ,
&c. à l'Auteur du Mercure,
L'EXACTITUDE & le plaifir avec
lequel vous annoncez Monfieur , les
progrès des Eléves de l'Ecole Vétérinaire
dans la Théorie de leur art , vien
"
MA I. 1763. 131
nent fans doute de l'idée que vous vous
êtes formée de cet établiffement. La reconnoiffance
m'infpire le deffein de vous
mettre à portée de la juftifier vous- même
aux yeux de ceux qui pourroient ne pas
fentir toute l'importance de l'éxécution
de ce projet ; il m'a paru d'autant plus
beau , lorfque je m'y fuis livré , que
fon utilité n'eft pas refferrée dans les
bornes d'une Province & d'un Royaume
, & peut s'étendre à tous les Peuples
.
9 Je vous adreffe donc Monfieur
des moyens fùrs de convaincre les plus
incrédules , d'échauffer les plus indifférens
, & de faire taire ceux qui parlent
le plus , par la feule raifon peut-être .
qu'ils doivent être le moins écoutés .
Ces moyens réfultent d'une infinité
de faits très -autentiques que je vous
fupplie de vouloir bien rendre encore
plus publics qu'ils ne le font . Si l'ex--
périence a , comme je le crois , la force
de perfuader , ces faits garantiront dès--
à -préfent la folidité des principes furt
lefquels j'ai jetté les premiers fondemens
de l'édifice que j'éléve.
J'ai l'honneur d'être & c..
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Résumé : LETTRE de M. BOURGELAT, Ecuyer de ROI, Correspondant de l'Académie Royale des Sciences de France, &c. à l'Auteur du Mercure.
Monsieur Bourgelat, écuyer du Roi et correspondant de l'Académie Royale des Sciences de France, écrit pour souligner les progrès des élèves de l'École Vétérinaire dans la théorie de leur art. Il remercie l'auteur du Mercure pour avoir annoncé ces avancées et souhaite fournir des preuves concrètes de l'importance de cet établissement. Bourgelat met en avant l'utilité de l'école, qui dépasse les frontières d'une province ou d'un royaume pour bénéficier à tous les peuples. Il présente des moyens pour convaincre les sceptiques, motiver les indifférents et réduire au silence ceux qui parlent sans raison valable. Ces moyens reposent sur une multitude de faits authentiques qu'il demande à l'auteur de rendre publics. Bourgelat croit fermement que l'expérience est une force persuasive et que ces faits confirmeront la solidité des principes sur lesquels il a fondé l'école.
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17
p. 132-134
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE. ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de MEYSIEU en Dauphiné.
Début :
LES Élèves de l'École Royale Vétérinaire ont été envoyés dans cette [...]
Mots clefs :
Maladie épidémique, École royale vétérinaire, Élèves, Boeufs, Vaches, Curé, Maire, Procureur fiscal
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texteReconnaissance textuelle : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE. ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de MEYSIEU en Dauphiné.
ECOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
ANNÉE 1762.
MALADIE Epidemique dans la Paroiffe
de MEYSIEU en Dauphiné.
L ES Eléves de l'Ecole Royale Vétérinaire
ont été envoyés dans cette
Paroiffe le 20 Juin , & font revenus
le 3 du mois de Septembre.
Ils ont traité dans cette Paroiffe cinquante
boeufs ou vaches , fept chevaux ,
trois mulets , cinq ânes , en tout 62
animaux malades ; ils en ont guéri 53.
Avant leur arrivée on avoit entrepris
la guérifon de 29 boeufs ou vaches &
d'un mulet , en sout 30 malades , tous
30 morts.
re ,
Pendant leur féjour on a fait traiter
par d'autres que par eux 17 boeufs ou
vaches & 2 chevaux, en tout 19 malades,
tous 19 morts. Le Curé du Lieu , le Maile
Châtelain , le Procureur Fifcal &
le Greffier ont attefté les Etats qui ont
été dreffés par les Elèves. Ces Etats
contiennent le nom des Propriétaires des
animaux malades , lenombre & l'espèce
de ces animaux , le nombre des morts
MA I. 1763. 133
& des guéris ; ils ont été envoyés dans
le temps au Miniftre des Finances , à
M. de Marcheval , Intendant du Dauphiné
& à tous ceux des autres Intendans
de Province qui tiennent des Elèves à
l'Ecole.
Le nombre des animaux préfervés
dans cette même Paroiffe de Meyfieu ,
monte à plus de 300.
Les Elèves députés par M. Bourgelat,
& chargés de fe conformer à la méthode
qu'il a prefcrite dans cette occafion
& qui a été laiffée à M. Chenevaz, Maire
dudit Lieu , font les fieurs Bredin ,
Elève entretenu par la Ville d'Auxonne ;
il a fervi en chef.
Moret , Elève entretenu par la Ville
de Châlons- fur- Sône.
Brachet , Elève entretenu par la Province
de Bugey ; il fut attaqué d'un
charbon après avoir fait l'ouverture d'un
cadavre .
Les Elèves qui ont été fucceffivement
envoyés à l'effet d'aider les premiers
, font les fieurs Gauthier , de la
Ville de Lyon.
De Tuncq , Elève entretenu par M.
l'Intendant d'Amiens.
Rambert , Elève entretenu par la Province
du Bugey.
134 MERCURE DE FRANCE.
*
Kamerlet , Elève entretenu par la Ville
de Nancy.
M. Bourgelat s'eft tranfporté lui - mêmettois
fois fur les Lieux .
On obfervera que du 15 Février
jour auquel l'Ecole a été ouverte , au 20
Juin , jour auquel ces Elèves font partis,
il ne s'étoit encore écoulé que 4 mois.
ANNÉE 1762.
MALADIE Epidemique dans la Paroiffe
de MEYSIEU en Dauphiné.
L ES Eléves de l'Ecole Royale Vétérinaire
ont été envoyés dans cette
Paroiffe le 20 Juin , & font revenus
le 3 du mois de Septembre.
Ils ont traité dans cette Paroiffe cinquante
boeufs ou vaches , fept chevaux ,
trois mulets , cinq ânes , en tout 62
animaux malades ; ils en ont guéri 53.
Avant leur arrivée on avoit entrepris
la guérifon de 29 boeufs ou vaches &
d'un mulet , en sout 30 malades , tous
30 morts.
re ,
Pendant leur féjour on a fait traiter
par d'autres que par eux 17 boeufs ou
vaches & 2 chevaux, en tout 19 malades,
tous 19 morts. Le Curé du Lieu , le Maile
Châtelain , le Procureur Fifcal &
le Greffier ont attefté les Etats qui ont
été dreffés par les Elèves. Ces Etats
contiennent le nom des Propriétaires des
animaux malades , lenombre & l'espèce
de ces animaux , le nombre des morts
MA I. 1763. 133
& des guéris ; ils ont été envoyés dans
le temps au Miniftre des Finances , à
M. de Marcheval , Intendant du Dauphiné
& à tous ceux des autres Intendans
de Province qui tiennent des Elèves à
l'Ecole.
Le nombre des animaux préfervés
dans cette même Paroiffe de Meyfieu ,
monte à plus de 300.
Les Elèves députés par M. Bourgelat,
& chargés de fe conformer à la méthode
qu'il a prefcrite dans cette occafion
& qui a été laiffée à M. Chenevaz, Maire
dudit Lieu , font les fieurs Bredin ,
Elève entretenu par la Ville d'Auxonne ;
il a fervi en chef.
Moret , Elève entretenu par la Ville
de Châlons- fur- Sône.
Brachet , Elève entretenu par la Province
de Bugey ; il fut attaqué d'un
charbon après avoir fait l'ouverture d'un
cadavre .
Les Elèves qui ont été fucceffivement
envoyés à l'effet d'aider les premiers
, font les fieurs Gauthier , de la
Ville de Lyon.
De Tuncq , Elève entretenu par M.
l'Intendant d'Amiens.
Rambert , Elève entretenu par la Province
du Bugey.
134 MERCURE DE FRANCE.
*
Kamerlet , Elève entretenu par la Ville
de Nancy.
M. Bourgelat s'eft tranfporté lui - mêmettois
fois fur les Lieux .
On obfervera que du 15 Février
jour auquel l'Ecole a été ouverte , au 20
Juin , jour auquel ces Elèves font partis,
il ne s'étoit encore écoulé que 4 mois.
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Résumé : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE. ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de MEYSIEU en Dauphiné.
En 1762, des élèves de l'École Royale Vétérinaire ont été envoyés à Meysieu en Dauphiné pour combattre une épidémie animale. Arrivés le 20 juin et repartis le 3 septembre, ils ont soigné 62 animaux malades, en guérissant 53. Avant leur arrivée, 30 animaux avaient été traités sans succès et étaient décédés. Pendant leur mission, 19 autres animaux traités par d'autres personnes sont également morts. Les autorités locales ont attesté les rapports des élèves, qui détaillaient les propriétaires des animaux, les types et nombres d'animaux malades, ainsi que les décès et guérisons. Ces rapports ont été envoyés au ministre des Finances, à M. de Marcheval, intendant du Dauphiné, et aux autres intendants de province. Plus de 300 animaux ont été préservés dans la paroisse. Les élèves, sous la direction de M. Bourgelat et supervisés par M. Chenevaz, ont suivi une méthode prescrite par M. Bourgelat. Les élèves impliqués étaient Bredin, Moret, Brachet, Gauthier, De Tuncq, Rambert et Kamerlet. M. Bourgelat s'est également rendu sur place. Brachet a contracté un charbon après avoir ouvert un cadavre. L'école avait été ouverte depuis seulement quatre mois avant leur départ.
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18
p. 134-135
COPIE d'une Lettre de M. CHENEVAZ, Maire & Châtelain de Meysieu en Dauphiné, du 2 Septembre 1762, à M. BOURGELAT.
Début :
MONSIEUR, Voilà donc enfin la maladie de nos Bestiaux sur [...]
Mots clefs :
Maladie, Bestiaux, Meyzieu
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texteReconnaissance textuelle : COPIE d'une Lettre de M. CHENEVAZ, Maire & Châtelain de Meysieu en Dauphiné, du 2 Septembre 1762, à M. BOURGELAT.
COPIE d'une Lettre de M. CHENEVAZ,
Maire & Chatelain de Meyfieu en
Dauphiné , du 2 Septembre 1762 ,
à M. BOURGELAT..
MONSIEUR ,
Voilà donc enfin la maladie de nos
Beftiaux für fes fins ; nous en rendons
de grandes actions de graces au Seigneur
; mais nous vous en devons auffi ,
Monfieur , rendre de bien grandes , par
les bontés , les attentions & le zéle que
vous nous avez montrés dans cette fàcheufe
circonftance. Je vous en fais >
Monfieur , en mon particulier & au
nom de tous nos Habitans , des remercîmens
infinis ; & je voudrois pouvoir
vous donner des marques de la plus .
M A I. 1763. 135
fincère reconnoiffance , mais j'efpére
que M. l'Intendant de cette Province ,
y aura tel égard que de raifon. Nous
avons été très- contens de la vigilance
& de l'éxactitude de vos Meffieurs ; je
fouhaiterois qu'ils le fuffent auffi de leur
côté , cela feroit bien jufte.
J'ai l'honneur d'être , & c,
Maire & Chatelain de Meyfieu en
Dauphiné , du 2 Septembre 1762 ,
à M. BOURGELAT..
MONSIEUR ,
Voilà donc enfin la maladie de nos
Beftiaux für fes fins ; nous en rendons
de grandes actions de graces au Seigneur
; mais nous vous en devons auffi ,
Monfieur , rendre de bien grandes , par
les bontés , les attentions & le zéle que
vous nous avez montrés dans cette fàcheufe
circonftance. Je vous en fais >
Monfieur , en mon particulier & au
nom de tous nos Habitans , des remercîmens
infinis ; & je voudrois pouvoir
vous donner des marques de la plus .
M A I. 1763. 135
fincère reconnoiffance , mais j'efpére
que M. l'Intendant de cette Province ,
y aura tel égard que de raifon. Nous
avons été très- contens de la vigilance
& de l'éxactitude de vos Meffieurs ; je
fouhaiterois qu'ils le fuffent auffi de leur
côté , cela feroit bien jufte.
J'ai l'honneur d'être , & c,
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Résumé : COPIE d'une Lettre de M. CHENEVAZ, Maire & Châtelain de Meysieu en Dauphiné, du 2 Septembre 1762, à M. BOURGELAT.
Le 2 septembre 1762, M. Chenevaz, maire de Meyfieu, adresse une lettre à M. Bourgelat pour le remercier de son aide lors d'une épidémie ayant affecté le bétail local. Il exprime sa gratitude personnelle et celle des habitants. Il espère que M. l'Intendant reconnaîtra les efforts de M. Bourgelat et loue la vigilance des personnes impliquées.
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19
p. 135-136
ANNÉE 1762. MALADIE ÉPIDÉMIQUE dans la Paroisse de Villeurbanne, en Dauphiné.
Début :
LES Élèves de l'École Royale Vétérinaire y ont été envoyés le 15 Septembre [...]
Mots clefs :
Maladie épidémique, Élèves de l'École royale vétérinaire, Bestiaux, Cure, Greffier, Boeufs, Vaches
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texteReconnaissance textuelle : ANNÉE 1762. MALADIE ÉPIDÉMIQUE dans la Paroisse de Villeurbanne, en Dauphiné.
ANNÉE 1762 .
MALADIE ÉPIDÉMIQUE dans la
Paroiffe de Villeurbane , en Dauphiné...
LES ES Eléves de l'Ecole Royale Vété
rinaire y ont été envoyés le 15 Septembre
& en font revenus le 25 Octobre.
Ils ont traité 11 boeufs ou vaches , il
y en a eu dix de guéris .
De tous les beftiaux traités par d'au
tres , aucun n'a échappé. Les remédes
préfervatifs donnés par les Elèves ont
opéré avec la plus grande éfficacité. Les
Elèves employés à la cure de cette maladie
, font les fieurs de Tunc , Elève
entretenu par M. l'Intendant d'Amiens .
Mouffette , Elève entretenu par M.
l'Intendant d'Amiens..
136 MERCURE DE FRANCE .
Les Etats par colonnes rapportés par
eux font duement certifiés par le Curé ,
le Procureur Fifcal & le Greffier .
MALADIE ÉPIDÉMIQUE dans la
Paroiffe de Villeurbane , en Dauphiné...
LES ES Eléves de l'Ecole Royale Vété
rinaire y ont été envoyés le 15 Septembre
& en font revenus le 25 Octobre.
Ils ont traité 11 boeufs ou vaches , il
y en a eu dix de guéris .
De tous les beftiaux traités par d'au
tres , aucun n'a échappé. Les remédes
préfervatifs donnés par les Elèves ont
opéré avec la plus grande éfficacité. Les
Elèves employés à la cure de cette maladie
, font les fieurs de Tunc , Elève
entretenu par M. l'Intendant d'Amiens .
Mouffette , Elève entretenu par M.
l'Intendant d'Amiens..
136 MERCURE DE FRANCE .
Les Etats par colonnes rapportés par
eux font duement certifiés par le Curé ,
le Procureur Fifcal & le Greffier .
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Résumé : ANNÉE 1762. MALADIE ÉPIDÉMIQUE dans la Paroisse de Villeurbanne, en Dauphiné.
En 1762, une épidémie a touché la paroisse de Villeurbanne, en Dauphiné. Des élèves de l'École Royale Vétérinaire y ont été envoyés du 15 septembre au 25 octobre. Ils ont soigné 11 bovins, en guérissant 10. Aucun animal traité par d'autres méthodes n'a survécu. Les remèdes préventifs des élèves étaient efficaces. Les élèves Tunc et Mouffette, soutenus par l'Intendant d'Amiens, ont rédigé des rapports certifiés par le curé, le procureur fiscal et le greffier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 136-137
ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de Sauvagnat en Auvergne & autres Paroisses voisines.
Début :
LES malades traités par les Élèves de l'École Royale vétérinaire depuis le 21 Septembre [...]
Mots clefs :
Maladie épidémique, Élèves de l'École royale vétérinaire, Boeufs, Vaches, Bêtes, Méthode préservative et curative, Traitement, Auvergne
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texteReconnaissance textuelle : ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de Sauvagnat en Auvergne & autres Paroisses voisines.
ANNÉE 1762.
MALADIE Epidémique dans la Paroiffe
de Sauvagnat en Auvergne &
autres Paroiffes voifines.
LES malades traités par les Eléves de
l'Ecole Royale
véterinaire depuis le 21
Septembre
jufqu'au 4 Octobre , font en
boeufs ou vaches au nombre de 28. Celui
des animaux guéris eft le même.
Ces Eléves ont donné avec fuccès à
221 bêtes à cornes les remédes préfervatifs.
On obfervera que depuis le mois de
Juillet jufqu'au 4 Octobre , 250 bêtes à
corne font mortes dans la feule Paroiffe
de Sauvagnat ; il faut encore remarquer
que de toutes celles que différens Particuliers
ont traitées , il n'y en a pas eu une
feule parfaitement guérie . On a laiffé
de l'ordre de M. de Bourgelat à M. le
Bailli d'Hermans , la méthode préfervative
& curative. Les Eléves ont enfeigné
à plufieurs habitans la manière de
M A I. 1763. 137
faigner , & ils leur ont expliqué la méthode
du traitement.
Les états par colonnes rapportés par
eux , ont été duement certifiés par M.
le Bailli d'Hermans & par M. le Curé
de Sauvagnat.
Les Eléves envoyés en Auvergne font
les Srs Bredin , entretenu par la Ville
d'Auxonne en chef.
Moret , entretenu par la Ville de Châlons-
fur-Sône .
Bloufard , entretenu par la Province
de Breffe.
Preflier , entretenu par M. l'Intendant
de Moulins.
MALADIE Epidémique dans la Paroiffe
de Sauvagnat en Auvergne &
autres Paroiffes voifines.
LES malades traités par les Eléves de
l'Ecole Royale
véterinaire depuis le 21
Septembre
jufqu'au 4 Octobre , font en
boeufs ou vaches au nombre de 28. Celui
des animaux guéris eft le même.
Ces Eléves ont donné avec fuccès à
221 bêtes à cornes les remédes préfervatifs.
On obfervera que depuis le mois de
Juillet jufqu'au 4 Octobre , 250 bêtes à
corne font mortes dans la feule Paroiffe
de Sauvagnat ; il faut encore remarquer
que de toutes celles que différens Particuliers
ont traitées , il n'y en a pas eu une
feule parfaitement guérie . On a laiffé
de l'ordre de M. de Bourgelat à M. le
Bailli d'Hermans , la méthode préfervative
& curative. Les Eléves ont enfeigné
à plufieurs habitans la manière de
M A I. 1763. 137
faigner , & ils leur ont expliqué la méthode
du traitement.
Les états par colonnes rapportés par
eux , ont été duement certifiés par M.
le Bailli d'Hermans & par M. le Curé
de Sauvagnat.
Les Eléves envoyés en Auvergne font
les Srs Bredin , entretenu par la Ville
d'Auxonne en chef.
Moret , entretenu par la Ville de Châlons-
fur-Sône .
Bloufard , entretenu par la Province
de Breffe.
Preflier , entretenu par M. l'Intendant
de Moulins.
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Résumé : ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de Sauvagnat en Auvergne & autres Paroisses voisines.
En 1762, une épidémie a touché la paroisse de Sauvagnat en Auvergne et les paroisses environnantes. Du 21 septembre au 4 octobre, les élèves de l'École Royale Vétérinaire ont soigné avec succès 28 bovins et administré des remèdes préventifs à 221 autres bêtes à cornes. Durant cette période, 250 bêtes à cornes sont mortes à Sauvagnat. Aucun animal traité par des particuliers n'a été guéri. Sur ordre de M. de Bourgelat, la méthode de traitement a été transmise à M. le Bailli d'Hermans. Les élèves ont formé les habitants à soigner leurs animaux. Les rapports des élèves, validés par M. le Bailli d'Hermans et M. le Curé de Sauvagnat, détaillaient les interventions. Les élèves impliqués étaient Bredin, Moret, Bloufard et Preflier, soutenus respectivement par la ville d'Auxonne, la ville de Châlons-sur-Saône, la province de Bretagne et M. l'Intendant de Moulins.
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21
p. 137-138
ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de Ste Magdeleine en Forets.
Début :
LE total des animaux malades traités par les Élèves de l'École Royale vétérinaire [...]
Mots clefs :
Animaux malades traités, Élèves de l'École royale vétérinaire, Boeufs, Vaches, Maladie épidémique, Subdélégué , Remèdes préservatifs
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texteReconnaissance textuelle : ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de Ste Magdeleine en Forets.
ANNÉE 1762.
MALADIE Epidémique dans la Paroiffe
de Ste Magdelaine en Forets.
LEE total des animaux malades traités
par les Eléves de l'Ecole Royale vétérinaire
, fe monte à 16 boeufs ou vaches ,
& le total des guéris eft le même.
Il étoit mort fix boeufs avant l'arrivée
des Eléves ; il n'en eft mort aucun
depuis.
Les Eléves ont laiffé la méthode pré138
MERCURE DE FRANCE .
fervative & curative entre les mains de
M. de Bigny , Subdélegué à Mont- Brifon
, qui a certifié l'état par colonne
ainfi que M. de Grandris , Gentilhomme
propriétaire des animaux guéris .
Les remédes préfervatifs ont été don
nés avec fuccès à nombre d'animaux.
Les Elèves font les Srs de Tuncq & Did
ney , entretenus par M. l'Intendant d'Amiens.
MALADIE Epidémique dans la Paroiffe
de Ste Magdelaine en Forets.
LEE total des animaux malades traités
par les Eléves de l'Ecole Royale vétérinaire
, fe monte à 16 boeufs ou vaches ,
& le total des guéris eft le même.
Il étoit mort fix boeufs avant l'arrivée
des Eléves ; il n'en eft mort aucun
depuis.
Les Eléves ont laiffé la méthode pré138
MERCURE DE FRANCE .
fervative & curative entre les mains de
M. de Bigny , Subdélegué à Mont- Brifon
, qui a certifié l'état par colonne
ainfi que M. de Grandris , Gentilhomme
propriétaire des animaux guéris .
Les remédes préfervatifs ont été don
nés avec fuccès à nombre d'animaux.
Les Elèves font les Srs de Tuncq & Did
ney , entretenus par M. l'Intendant d'Amiens.
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Résumé : ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de Ste Magdeleine en Forets.
En 1762, une épidémie a frappé la paroisse de Sainte-Magdeleine-en-Forêt. Six bovins sont morts avant l'intervention des élèves de l'École Royale vétérinaire, qui en ont soigné 16 avec succès. Les élèves de Tuncq et Didey, soutenus par l'Intendant d'Amiens, ont appliqué des méthodes supervisées par M. de Bigny et confirmées par M. de Grandris. Des remèdes préventifs ont aussi été administrés à d'autres animaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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22
p. 138-140
ANNÉE 1763. MALADIE Épidémique traitée par deux des Élèves de l'École Royale vétérinaire, dans l'Élection de Gannat, Généralité de Moulins, depuis le 25 Février jusqu'au 4 Avril 1763.
Début :
EN résumant le nombre de tous les animaux malades, guéris, ou préservés, [...]
Mots clefs :
Animaux malades , Maladie épidémique, Animaux guéris, Animaux préservés, Symptômes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNÉE 1763. MALADIE Épidémique traitée par deux des Élèves de l'École Royale vétérinaire, dans l'Élection de Gannat, Généralité de Moulins, depuis le 25 Février jusqu'au 4 Avril 1763.
ANNÉE 1763 .
MALADIE Epidémique traitée par deux
des Eleves de l'Ecole Royale vétéri-
*
naire , dans l'Election de Gannat ,
Généralité de Moulins , depuis le 25
Févrierjufqu'au 4 Avril 1763.
ExN réfumant le nombre de tous les
animaux malades, guéris , ou préfervés ,
dans les Paroiffes de S. Etienne de Gannat
de St Geneft , de Mazerieu , de
la Rejonnien , du grand Vaure de
Beujés , de S. Jean de Venffat , de Cognat
, du Château de Villemont , Paroiffe
de Venffat , de S. Prieft , de Begues
, de Charmes , d'Ecurolles , de
Biozat , de S. Pont.
9
MA T. 1763. 139
Total des animaux malades-
Total des animaux guéris -
Total des animaux préfervés ---
-
- 230..
230 ..
-249
Il eſt à obſerver que de tous les ma
lades compris dans cet Etat , & traités
par les deux Eléves de l'Ecole Royale
Vétérinaire , aucun après la guériſon n'a
eu de rechute , & que de tous les animaux
auxquels on a adminiftré les remédes
préférvatifs aucun n'a été attaqué
de la maladie .
On obfervera encore que parmi ceux
qui ont été traités , il y en a eu 15 en
qui la maladie a été différente & s'eft
montrée par des fymptômes qui fem :
bloient la rendre plus redoutable. Enfin
de ces animaux il y a eu deux chevaux
très-dangereufement malades. Signé
Bredin , Bloufard , le Marquis de Vigny,
Seigneur de Gannat , Veytard , Subdélégué
à Gannat , Rabaponde , Maire
& Lieutenant Général de Police.
Les fieurs Bredin & Bloufard , font
donc les deux Elèves qui ont été envoyés
par M. Bourgelat , & qui ont
opéré ces guérifons .
La méthode préfervative & curative
a été laiffée à M. Veytard , Subdélégué
; & fi l'on calculoit tant les frais.
faits par les Elèves , qu'occafionnés par
140 MERCURE DE FRANCE.
les remédes qui ont été fournis , on
verroit que le traitement de chaque
boeuf ne monte pas à la fomme de 3 1.
d'où l'on doit conclure que M. Bourgelat
s'eft non-feulement appliqué à la recherche
des moyens qui tendent à la
confervation des animaux , mais qu'il a
joint à ces mêmes recherches tout ce
qui pouvoit rendre la cure peu coû
teufe
MALADIE Epidémique traitée par deux
des Eleves de l'Ecole Royale vétéri-
*
naire , dans l'Election de Gannat ,
Généralité de Moulins , depuis le 25
Févrierjufqu'au 4 Avril 1763.
ExN réfumant le nombre de tous les
animaux malades, guéris , ou préfervés ,
dans les Paroiffes de S. Etienne de Gannat
de St Geneft , de Mazerieu , de
la Rejonnien , du grand Vaure de
Beujés , de S. Jean de Venffat , de Cognat
, du Château de Villemont , Paroiffe
de Venffat , de S. Prieft , de Begues
, de Charmes , d'Ecurolles , de
Biozat , de S. Pont.
9
MA T. 1763. 139
Total des animaux malades-
Total des animaux guéris -
Total des animaux préfervés ---
-
- 230..
230 ..
-249
Il eſt à obſerver que de tous les ma
lades compris dans cet Etat , & traités
par les deux Eléves de l'Ecole Royale
Vétérinaire , aucun après la guériſon n'a
eu de rechute , & que de tous les animaux
auxquels on a adminiftré les remédes
préférvatifs aucun n'a été attaqué
de la maladie .
On obfervera encore que parmi ceux
qui ont été traités , il y en a eu 15 en
qui la maladie a été différente & s'eft
montrée par des fymptômes qui fem :
bloient la rendre plus redoutable. Enfin
de ces animaux il y a eu deux chevaux
très-dangereufement malades. Signé
Bredin , Bloufard , le Marquis de Vigny,
Seigneur de Gannat , Veytard , Subdélégué
à Gannat , Rabaponde , Maire
& Lieutenant Général de Police.
Les fieurs Bredin & Bloufard , font
donc les deux Elèves qui ont été envoyés
par M. Bourgelat , & qui ont
opéré ces guérifons .
La méthode préfervative & curative
a été laiffée à M. Veytard , Subdélégué
; & fi l'on calculoit tant les frais.
faits par les Elèves , qu'occafionnés par
140 MERCURE DE FRANCE.
les remédes qui ont été fournis , on
verroit que le traitement de chaque
boeuf ne monte pas à la fomme de 3 1.
d'où l'on doit conclure que M. Bourgelat
s'eft non-feulement appliqué à la recherche
des moyens qui tendent à la
confervation des animaux , mais qu'il a
joint à ces mêmes recherches tout ce
qui pouvoit rendre la cure peu coû
teufe
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Résumé : ANNÉE 1763. MALADIE Épidémique traitée par deux des Élèves de l'École Royale vétérinaire, dans l'Élection de Gannat, Généralité de Moulins, depuis le 25 Février jusqu'au 4 Avril 1763.
En 1763, deux élèves de l'École Royale vétérinaire ont traité une épidémie dans l'Élection de Gannat, Généralité de Moulins, du 25 février au 4 avril. Ils ont soigné des animaux dans plusieurs paroisses, dont Saint-Étienne de Gannat, Saint-Geneix, Mazerieu, La Rejonnien, Le Grand Vaure de Beujés, Saint-Jean de Venffat, Cognat, Château de Villemont, Saint-Priest, Begues, Charmes, Ecurolles, Biozat, et Saint-Pont. Au total, 230 animaux ont été malades, 230 guéris, et 249 préservés. Aucun animal traité n'a rechuté, et aucun de ceux ayant reçu des remèdes préventifs n'a contracté la maladie. Parmi les animaux traités, 15 présentaient des symptômes différents, et deux chevaux étaient très gravement malades. Les signataires incluent Bredin, Bloufard, le Marquis de Vigny, Veytard, Rabaponde, et d'autres autorités locales. Bredin et Bloufard, envoyés par M. Bourgelat, ont réalisé ces guérisons. La méthode préventive et curative a été laissée à M. Veytard. Les frais de traitement par animal n'ont pas dépassé 3 livres, démontrant l'engagement de M. Bourgelat pour la conservation des animaux à moindre coût.
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23
p. 140-143
LETTRE à l'Auteur du Mercure sur la LONGITUDE.
Début :
AUTANT la Quadrature du Cercle est inutile pour l'invention de la Longitude [...]
Mots clefs :
Longitude, Atmosphère, Épaississement , Variations hypométriques, Hémisphère, Montre, Globe, Machines pneumatiques , Ressort spiral
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure sur la LONGITUDE.
LETTRE à l'Auteur du Mercure fur
la LONGITUDE.
AUTANT
UTANT la Quadrature du Cercle
éft inutile pour Finvention de la Longitude
en mer , autant il feroit utile ou
même néceffaire d'avoir pour cet effet
des machines propres à mefurer le temps
exactement fur mer , & peu fujettes aux
variations que caufent les différens états
de l'Atmosphère , furtout dans certaines
navigations.
J'ai compté par mes doigts les obftacles
qui s'oppofent à ce que nous ayons
jamais dans ce genre rien d'auffi juſte
qu'il nous le faudroit , & j'en ai été éffrayé
, mais non pas découragé ; on eſt
MA I. 1763 . 141
venu à bout de chofes qui paroiffoient
pour le moins auffi difficiles.
Je ne fçais pas comment on fera pour
obvier aux inconvéniens qui naiffent de
l'épaiffiffement des huiles , des différens
degrés de chaleur & de froid , des défauts
des échappemens connus , de l'hétérogénéité
des matières que l'on eſt
forcé d'employer, & c, & c ; mais je crois
être parvenu à parer ceux des variations
hypométriques : voici le fait.
Je fufpendrois une montre dans un
globe de verre épais que l'on fermeroit
très-exactement de quelque manière que
ce fût dans un endroit très-fec. Ce globe
de verre , que l'on pourroit faire plus
épais ou plus mince aux endroits où il
conviendroit , auroit fon diamétre intérieur
plus grand que celui de la monafin
que la calotte fphérique qu'il
faudroit enlever pour faire entrer ou fortir
la montre , & que l'on replaceroit enfuite
, fut moins qu'un hémisphère. I
eft inutile , me femble , de m'arrêter à
la manière de fufpendre la montre ,
à celle de fermer le tout exactement ; on
trouvera aisément mille moyens pour
cela.
tre ,
&
Le globe auroit un ou deux trous circulaires
& garnis intérieurement , très142
MERCURE DE FRANCE .
exactement , de cuir gras de la même
manière à-peu près que l'on garnit les
ouvertures que l'on conferve aux récipiens
des machines pneumatiques , dans
lefquels on veut exécuter quelques mouvemens.
L'un de ces trous feroit vis-à-vis de
l'endroit par où l'on remonte la montre ,
& feroit le feul dans le cas où le globe
de verre feroit deftiné à contenir une
montre faite feulement pour marquer
partout l'heure d'un certain lieu déterminé
, à moins que , fuivant la conftruction
de cette montre , on n'eût un
principe fur la quantité dont il faudroit
la retarder ou l'avancer de temps en
temps. Dans ce cas & dans celui où la
montre feroit une bonne montre à l'ordinaire
, que l'on pourroit régler par le
moyen de quelqu'obfervation aftronomique
, mais à laquelle on voudroit cependant
épargner autant qu'on le pouroit
, les impreffions de l'Atmofphère
le globe auroit , vis - à -vis de l'axe qui
enfile les deux aiguilles , un autre trou
femblable au premier , & même un
troifiéme vis-à-vis de l'axe de la rofette
pour pouvoir par fon moyen alonger ou
racourcir le reffort fpiral. Chacun de
ces trous feroit garni de la clef propre à
M. A I. 1763. 13.
faire l'effet defiré. Elle y couleroit trèsjufte
& n'en pourroit point fortir. On
la poufferoit en dedans lorfque l'on
voudroit s'en fervir , & on la retireroit
enfuite , de manière qu'elle ne pût point
toucher la montre . On trouveroit encore
aifément mille moyens pour ajufter
ces clefs d'une manière convenable.
J'ai l'honneur d'être , & c.
A Calais le 7 Avril
1763.
BLONDEAU Profeffeur
Royal d'Hydrographie .
la LONGITUDE.
AUTANT
UTANT la Quadrature du Cercle
éft inutile pour Finvention de la Longitude
en mer , autant il feroit utile ou
même néceffaire d'avoir pour cet effet
des machines propres à mefurer le temps
exactement fur mer , & peu fujettes aux
variations que caufent les différens états
de l'Atmosphère , furtout dans certaines
navigations.
J'ai compté par mes doigts les obftacles
qui s'oppofent à ce que nous ayons
jamais dans ce genre rien d'auffi juſte
qu'il nous le faudroit , & j'en ai été éffrayé
, mais non pas découragé ; on eſt
MA I. 1763 . 141
venu à bout de chofes qui paroiffoient
pour le moins auffi difficiles.
Je ne fçais pas comment on fera pour
obvier aux inconvéniens qui naiffent de
l'épaiffiffement des huiles , des différens
degrés de chaleur & de froid , des défauts
des échappemens connus , de l'hétérogénéité
des matières que l'on eſt
forcé d'employer, & c, & c ; mais je crois
être parvenu à parer ceux des variations
hypométriques : voici le fait.
Je fufpendrois une montre dans un
globe de verre épais que l'on fermeroit
très-exactement de quelque manière que
ce fût dans un endroit très-fec. Ce globe
de verre , que l'on pourroit faire plus
épais ou plus mince aux endroits où il
conviendroit , auroit fon diamétre intérieur
plus grand que celui de la monafin
que la calotte fphérique qu'il
faudroit enlever pour faire entrer ou fortir
la montre , & que l'on replaceroit enfuite
, fut moins qu'un hémisphère. I
eft inutile , me femble , de m'arrêter à
la manière de fufpendre la montre ,
à celle de fermer le tout exactement ; on
trouvera aisément mille moyens pour
cela.
tre ,
&
Le globe auroit un ou deux trous circulaires
& garnis intérieurement , très142
MERCURE DE FRANCE .
exactement , de cuir gras de la même
manière à-peu près que l'on garnit les
ouvertures que l'on conferve aux récipiens
des machines pneumatiques , dans
lefquels on veut exécuter quelques mouvemens.
L'un de ces trous feroit vis-à-vis de
l'endroit par où l'on remonte la montre ,
& feroit le feul dans le cas où le globe
de verre feroit deftiné à contenir une
montre faite feulement pour marquer
partout l'heure d'un certain lieu déterminé
, à moins que , fuivant la conftruction
de cette montre , on n'eût un
principe fur la quantité dont il faudroit
la retarder ou l'avancer de temps en
temps. Dans ce cas & dans celui où la
montre feroit une bonne montre à l'ordinaire
, que l'on pourroit régler par le
moyen de quelqu'obfervation aftronomique
, mais à laquelle on voudroit cependant
épargner autant qu'on le pouroit
, les impreffions de l'Atmofphère
le globe auroit , vis - à -vis de l'axe qui
enfile les deux aiguilles , un autre trou
femblable au premier , & même un
troifiéme vis-à-vis de l'axe de la rofette
pour pouvoir par fon moyen alonger ou
racourcir le reffort fpiral. Chacun de
ces trous feroit garni de la clef propre à
M. A I. 1763. 13.
faire l'effet defiré. Elle y couleroit trèsjufte
& n'en pourroit point fortir. On
la poufferoit en dedans lorfque l'on
voudroit s'en fervir , & on la retireroit
enfuite , de manière qu'elle ne pût point
toucher la montre . On trouveroit encore
aifément mille moyens pour ajufter
ces clefs d'une manière convenable.
J'ai l'honneur d'être , & c.
A Calais le 7 Avril
1763.
BLONDEAU Profeffeur
Royal d'Hydrographie .
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Résumé : LETTRE à l'Auteur du Mercure sur la LONGITUDE.
La lettre adressée à l'auteur du Mercure discute de l'importance de mesurer précisément le temps en mer pour déterminer la longitude. Bien que la quadrature du cercle soit jugée inutile, des instruments fiables sont nécessaires malgré les défis posés par les variations atmosphériques et les conditions marines. Plusieurs obstacles techniques sont mentionnés, comme l'épaississement des huiles, les variations de température et les défauts des mécanismes d'échappement. Pour atténuer les variations hypométriques, l'auteur propose de suspendre une montre dans un globe de verre hermétique et épais. Ce globe protégerait la montre des influences extérieures tout en permettant des ouvertures étanches pour remonter la montre et ajuster ses mécanismes. La lettre se conclut par une proposition détaillée des ajustements nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de la montre en mer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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24
p. 111-127
SÉANCE publique de la Société Littéraire d'Arras, tenue le 26 Mars 1763.
Début :
MR l'Abbé de Lys, Directeur en Exercice, ouvrit cette Séance par une [...]
Mots clefs :
Coquille, Société, Romains, Nature, Bonheur, Contour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de la Société Littéraire d'Arras, tenue le 26 Mars 1763.
SÉANCE publique de la Société Littéraire
d'Arras , tenue le 26 Mars 1763 .
MRR l'Abbé de Lys , Directeur en
Exercice , ouvrit cette Séance par une
Differtation hiftorique fur l'époque de
la converfion des Atrébates , ou anciens
Habitans d'Arras au Chriftianifme.
Il traita d'abord de leur Religion
primitive , qui devoit être celle des autres
Gaulois , laquelle n'admettoit originairement
qu'un feul Dieu , qu'il falfoit
adorer par un refpectueux filence
plus que par la prière & les facrifices ;
mais les Gaulois , obligés de fe foumettre
aux loix des Romains , en adopterent
auffi peu-à-peules Divinités. M. l'A. D.L.
conjecture que ces innovations furent
plus tardives chez les Atrébates qu'en
plufieurs autres Contrées de la Gaule.
Quoi qu'il en foit , on ne fçauroit dou112
MERCURE DE FRANCE.
ter qu'ils n'aient tôt ou tard invoqué ,
non feulement Mercure , dont le culte
exiſtoit déja parmi eux du temps de
Céfar , mais encore Diane , Pollux &c ;
ce qui eft prouvé par les noms latins
de quelques villages voifins d'Arras ,
tels qu'on les voit dans les ancienstitres.
Beaucoup d'Hiftoriens croient que
l'Evangile n'avoit pas été annoncé aux
Atrébates avant la miffion de de S. Vaaft,
que S.Remi Archevêque de Rheims
confacra Evêque d'Arras & de Cambrai
; mais ils ne s'accordent point fur
le temps de cette miffion , que les uns
placent en 530 , & les autres vers l'an
500. M. l'A . D. L. préfére le fentiment
des derniers ; & il établit d'ailleurs que
la Religion chrétienne avoit été prêchée
avant S. Vaaft , dans le Pays des
Atrébates . De vieux Manufcrits portent
que cet Apôtre y trouva à fon arrivée
les débris d'une Eglife détruite par les
Vandales , & que S. Diogène , Grec de
nation , étoit Évêque d'Arras durant la
perfécution de ces Barbares , qui pénétrerent
dans les Gaules en 407 ou 4c8.
M. l'A . D. L. va plus loin , & remonte
jufqu'en 367 , temps où il tomba miraculeufement
fur le territoire d'Arras
JUILLET. 1763. 113
affligé de la plus grande féchereffe , une
laine mêlée de pluie , qui rendit aux
campagnes leur première fertilité , &
dont une portion fe conferve encore
aujourd'hui , fous le nom de Manne
parmi les Reliques de la Cathédrale .
Ce prodige , attefté par S. Jérôme &
par Paul Orofe , Auteurs Contemporains
, perfuade à M. l'A. D. L. que
le Chriftianifme étoit dès-lors connu au
Peuple d'Arras. » On oppofera peut- être,
» dit il , que le miracle de la Manne
» n'eft point incompatible avec l'état
» d'un Peuple idolâtre . Il eft vrai que
» Dieu peut faire des miracles en faveur
» des Infidèles ; mais ce n'eft que pour
>> les faire entrer dans le fein de l'Églife
» & pour approuver & confirmer la mif-
» fion de ceux qui travaillent à les con-
» vertir. On doit donc au moins con-
» clure que quelque Ouvrier Évangé-
» lique s'employoit à la converfion des
» Atrébates .
M. de Ruzé , Avocat - Général du
Confeil d'Artois , Chancelier de la Société
, lut un Difcours , dans lequel il
expofa combien l'Agriculture contribue
à la pureté des moeurs . Il y dépeignit
en ces termes la vie ordinaire du Laboureur.
» Quelle est encore la partie la plus
114 MERCURE DE FRANCE .
» faine de la Société ? C'eſt celle qui eſt
» déftinée aux travaux des champs. Elle
» feule fournit un refuge à l'innocence
» exilée des Villes. Le foleil paroît ne
» fe lever que pour elle . Le caprice &
» le hazard ne réglent point dans les
» campagnes les heures du repos nécef-
" faire à l'homme. On y refpecte le fi-
» lence de la Nature ; & l'on s'envelop-
" pe avec elle des ténébres de la nuit.
"
Lorfque l'Aftre du jour vient en diffi-
» per les ombres , on fe hâte de chaf-
» fer le fommeil , qui ne s'opiniâtre pas
» à retenir le cultivateur dans les bras de
» la moleffe . Il ouvre les yeux dans cet
» heureux moment où le foleil craint
» de les offenfer par une lumière trop
» vive. La fimplicité fait l'ornement de
» fon habitation ; la frugalité celui de
» fes repas. Il ne permet point à l'art
» d'altérer chez lui les productions de
» la nature , & c .
"
ود
""
Augmenter le nombre des Cultivateurs
, ajoute M. de Ruzé , c'eft refferrer
la fphere de la corruption . » Si l'Agriculture
étoit en honneur , les gens
» de la campagne ne quitteroient plus le
lieu de leur naiffance pour habiter
» les Villes , qui ne feroient déformais
» que l'afyle des Arts ou des Manufactures
JUILLET. 1763. 115
»
» néceffaires, que la demeure de ces Ci-
» toyens chargés de faire obferver la
police , de maintenir les loix , de ré-
» gler les intérêts des Particuliers , de
» veiller au bien général de la Société ,
» & de réprimer les abus qui pourroient
» s'y introduire. Les Artifans , réduits
» à un petit nombre , ne s'étudie : oient
" plus à multiplier les befoins de l'hom-
» me , pour multiplier les moyens de
» s'enrichir. Le luxe diminueroit par degrés
. Le Seigneur d'un riche domaine
n'iroit plus facrifier à la magnificence
» le tribut que fes Vaffaux lui payent.
» Occupé à faire rentrer dans leurs vei-
» nes le fang qu'il en tire , il ne confie-
» roit plus fes intérêts à ces hommes avi-
» des & mercénaires , qui regardent les
» habitans de la campagne comme des
» efclaves , ou comme des victimes . Les
»Loix deviendroient plus fimples , par-
» ce que les intérêts feroient moins compliqués.
La fincérité & la franchiſe
» feroient la Loi fuprême.... Les devoirs
» de chaque état feroient moins difficiles
à remplir. Les droits du fang &
» de la nature feroient plus refpeciés ,
» parce qu'il y auroit moins d'occaſions
» d'y donner atteinte . Les enfans ne fe-
» coueroient point le joug , pour s'en-
"
116 MERCURE DE FRANCE
» rôler fous l'étendard des plaifirs : ils .
» n'épuiferoient point leurs forces enco-
» re naiffantes à trainer le char de la.
» volupté.
A la fuite des deux Ouvrages dont on
vient de tracer une idée , M. Dubois de
Foffeux , Ecuyer de main du Roi , M.
le Mercier , ancien Capitaine au Régiment
de Champagne , Chevalier de
l'Ordre de S Louis , & M. l'Abbé Pauchet
, Profeffeurs de Tróifiéme au Collége
d'Arras , prononcerent , comme
nouveaux Affociés , leurs Difcours de
remercîmens , auxquels M. l'Abbé de
Lys répondit féparément en qualité de
Directeur.
M. de Foffeur , après avoir témoigné
fa reconnoiffance à la Compagnie , s'attacha
à faire voir de quel fecours eft la
Littérature contre l'ennui , foit dans la
folitude , foit dans la Société ; & il divifa
fon Difcours en deux parties relatives
à ces différens états. On fe bornera
à rapporter ici quelques morceaux de la
feconde.
» Les perfonnes qui ne voyent le
» monde que dans l'éloignement , s'en
» font une idée bien peu conforme à la vé-
» rité . Quelle différence de le connoître
» dans la fpéculation , ou dans la pratiJUILLET.
1763 . 117
:
» que ! Le fort de ceux que la naiffance
» & la fortune ont placés aux premiers
" rangs , paroît digne d'envie . Les fef-
» tins , les fpectacles , & mille autres fê-
» tes fe fuccédent pour eux prèfque
» fans intervalle leur vie n'est qu'un
» enchaînement de plaifirs..... Mais
» ceux d'entre eux qui voudront être
» de bonne foi conviendront que fou-
» vent dans les lieux qui leur promet-
» toient le plus d'amuſement , ils n'ont
» trouvé qu'un ennui infupportable.
» L'idée charmante que l'on fe fait par
» avance d'une partie de plaifirs , ne
» contribue que trop à la rendre infi-
» pide. La réalité eſt toujours au-deffous
» de ce que l'imagination faifoit eſpé-
» rer ; & le coeur préparé pour quelque
» chofe de plus piquant , dédaigne &
» méprife le peu qui lui eft offert . Mais
» quand on pourroit fuppofer que l'en-
» nui fût exclus des affemblées du grand
» monde , n'eſt-il point de momens vui-
» des pour ceux mêmes qui font empor-
" tés le tourbillon le plus vif? Si pour
» remplir ces inftans d'inaction , on ne
» trouve point de reffources. dans fon
» efprit , à quoi aura-t -on recours ?....
» D'ailleurs combien de circonftances
» où des ufages fondés , foit fur la Raipar
118 MERCURE DE FRANCE.
" fon , foit fur le préjugé , ordonnent
» de faire trêve avec le monde ! Le
» goût de la Littérature aideroit à fup-
»porter le poids de ces devoirs , en
» écartant l'ennui inféparable de l'oi-
» fiveté.... Il arrive fréquemment que
» le hazard , ou quelqu'autre occafion ,
» raffemble des gens qui fe connoiffent
» peu. Alors l'ignorance & l'ignorant
» fe caufent une gêne réciproque : leurs
» efprits , s'aidant peu l'un l'autre , re-
» tombent fans ceffe dans l'engourdiffe-
» ment. Le fçavant & l'ignorant peu-
» vent s'entretenir fans ennui : celui- ci ,
» quelque foibles que foient fes lumiè
» res , aime à jouir de la converſation
» du premier , qui fans affecter de fupériorité
, fe fait un plaifir de l'éclai-
≫rer. Le Savant & le Savant , lorfqu'ils
» ont le bonheur de fe rencontrer, jouif-
»fent d'un agrément au- deffus de toute
» expreffion.
"
M. l'Abbé Pauchet , dans fon difcours
de réception , entreprit de prouver
qu'on ne peut être heureux fans la
vertu , & qu'on ne peut être vraiment
vertueux fans la fcience.
Il récita de plus une Ode fur la Poëfie
, dont l'origine eft ainfi décrite dans
les trois premieres ftrophes.
JUILLET. 1763. 119
Après que le Dieu du Tonnerre
Eut des fombres flancs du Cahos
Fait fortir les Cieux & la Terre ,
Et la plaine immenfe des Eaux ,
Ces monumens de fa puiffance
Furent trop peu pour l'excellence
De fes magnifiques dell'eins :
Formant un plus fublime ouvrage ,
Il voulut voir la propre image
Dans le chef- d'oeuvre de fes mains .
L'homme eft créé ; fon ceil contemple
Des miracles de toutes parts :
Il voit , il admire ce Temple
D'un Etre qui fait les regards.
Brillante autant que libérale ,
Pour lui feul la Nature étale
Mille & mille tréfors divers :
Frappé de fon bonheur extrême ,
Il voit , il fent qu'après Dieu même
Il eft le Roi de l'Univers.
Dèja l'humble reconnoiffance
Au fond de fon coeur a parlé :
Déja jufques dans fon filence
Le fentiment s'eft dévoilé .
Bientôt fa voix innocente , par
D'un coeur que fon bonheur enchante
Eclatent les heureux tranfports.
Poësie , immortelle flâme ,
120 MERCURE DE FRANCE.
C'eſt à ces mouvemens de l'âme
Que tu dûs tes premiers accords.
M. Harduin , Secrétaire perpétuel
lut des obfervations fur l'Article de la
Langue Françoife , où il examina la
nature de cette partie d'Oraifon , & entra
dans plufieurs difcuffions touchant
les mots que d'habiles Grammairiens
ont voulu faire paffer pour Articles indéfinis
& partitifs.
On lut enfuite la feconde partie d'un
Mémoire fur les coquillages foffiles d'Artois
envoyé par M. Wartel, Chanoine
Régulier de l'Abbayé de Mont - Saint-
Eloy , Affocié honnoraire. Il y parle ,
entre autres chofes , des Echinites , que
les Naturaliſtes défignent fous les noms
de Boutons , d'Ourfins , de Hériffons ,
de Chataignes de mer & c ; & qui ſe
rencontrent fort communément en
Artois.
» On remarque , dit- il , dans nos
pierres quatre espéces d'Echinites. La
" premiere , qui eft la moins rare , eſt
» l'Echinite en coeur , nommée autre-
» ment pas de Poulain. Sa partie fupé-
» rieure eft empreinte d'une étoile à
» cinq rayons. Le refte de la coquille
» eft chagriné & chargé de petites
» boules
JUILLET . 1763 .
121
boules , dont le plus grand nombre
» eft ufé. Dans ces boules ou ma-
» melons , font emboitées , lorfque
» l'animal eft vivant , des pointes entie
» lefquelles il pouffe fes cornes , qui font
» rouler toute la coquille en différens
» feus. On voit de ces foffiles plus pe-
» tits qu'une noiſette , & d'autres auffi
" gros que le poing.
"
" La feconde efpéce eft l'Echinite en
bonnet. Celle- ci eft d'une forme tout-
" à- fait différente de l'autre . Sa coquille
» est bombée & prèfque ovale : fon étoi-
» le , qui a auffi cinq rayons , eft moins
» apparente , mais plus étendue que cel-
» le de la précédente : elle fuit tout le
» contour de la coquille jufqu'à fon
» deffous , qui eft applati. Cette Echini-
» te paroît compofée de petites mailles
» quarrées , qui forment des bandes con-
» tigues les unes aux autres. Les plus
» grands de ces coquillages ont deux
pouces de longueur fur un pouce de
» hauteur ; & les plus petites , que je
» n'ai trouvées que dans les marnes des
" monts de Rebreuve * , ne font pas plus
» groffes que la tête d'une épingle . Ces
» petits foffiles , qu'on y rencontre
Village fitué près le Bourg d'Houdain
cinq ou fix lieues d'Arras .
I. Vol. F
à
122 MERCURE DE FRANCE.
و ر
par
» abondamment , font très-entiers, bien
» chagrinés , & tout couverts de boules
; ce qui peut engager
à croire que
» fi l'on n'en voit point de pareilles
» fur les plus gros foffiles de cette efpéce
, c'eft qu'elles ont été ufées
quelque frottement. Les Echinites en
» bonnet & en coeurs ont également
» deux ouvertures , l'une dans le haut ,
l'autre prèfqu'au bout du deffous de
» la coquille ; & ces ouvertures feroient
» percées à jour , fi la coquille n'avoit
" pas un noyau de matière folide .
"
"
» La troifiéme efpéce , moins commune
que les foffiles précédens , eft
» l'Echinite en cône. Il y en a de deux
» fortes , dont la première porte une
» étoile à cinq rayons , qui partent du
» fommet , fuivent régulièrement le
» contour de la coquille , & vont
» aboutir à une feule ouverture , dans
» le milieu de la baſe ou partie inférieure
» de ce foffile . La feconde forte d'E-
», chinités en cône , infiniment plus rare
» que l'autre , eft l'Echinite à gros tu-
» bercules. On voit bien des fragmens
de ce coquillage dans les pierres blan-
» ches ; mais il eft fort difficile de le
» trouver entier , tel que M. de GranJUILLET.
1763. 123
» val , le pofféde dans fa collection.
» Ce morceau eft l'Ourfin foffile le plus
» curieux qu'on puiffe voir : il eft garni
» de gros mammelons en comparti-
» mens , qui vont toujours en dimi-
» nuant jufqu'au fommet. La coquille
"
marine qui lui eft analogue , eſt le
» plus bel Ourfin de la mer rouge , dont
» la figure eft gravée dans la Conchyliologie
de M. d'Argenville , planche
» 25 , lettre E. Ce font les carrières
» d'Arras qui ont produit ce foffile .
23
» Enfin la quatriéme efpéce eft celle
» de l'Echinite en bouton . Elle eft ron-
» de & plate , trouée de part en part
dans le milieu : elle porte fon étoile
» ornée de petits tubercules fur tout le
» contour de la coquille , depuis le cen-
» tre fupérieur jufqu'au centre inférieur.
» On en trouve en Artois de la première
» grandeur , qui n'excéde pas douze li-
» gnes de diamétre. J'en conferve trois ,
» qui ne font pas plus grandes qu'un
" pois applati , lefquelles ont un oper-
» cule qui couvre l'ouverture fupérieu-
» re. Au refte ce foffile eft moins rare
» dans les pierres blanches que l'Echini-
» te en cône de la première forte ; mais
E
Confeiller au Confeil d'Artois , Membre de
la Société Littéraire.
F ij
124 MERCURE DE FRANCE .
» il eft plus rare dans les pierres à fufil.
M. Harduin termina la Séance dont
nous rendons compte , par la lecture des
vers fuivans.
INSCRIPTIONS
Pour douze Empereurs Romains , traduites
du Père VANIERE. *
AUGUSTUS.
Romulea foret ut gentis fors optima , nunquam
Vivere , vel nunquam debuit ille mori .
Pour que d'un for heureur , Rome pût s'ap
plaudir ,
Il dut néjamais vivre , ou ne jamais mourir,
TIBERIUS .
Dum juvenem vitiis infignem Auguftus adoptat ;
Fit Pater ; ac Roma definit effe parens .
Augufte acquit un fils , en adoptant Tibère ;
Mais des Romains alors il ceffa d'être Père .
* Il eft fingulier que le P. Vanière, au lieu de
commencer , ainfi que Suétone , le nombre de
fes douze Cefars , par le célébre Jule , qui lui of
froit une fi riche matière , en ait retranché ce
grand homme , pour y faire entrer l'Empereur
Nerva, qui n'eft guères connu des perfonnes peu
verfées dans l'Hiftoire , & dont la vie ne pouvoit
prèfque rien fournir au Poëte.
R
JUILLET. 1763. 125
CALIGULA.
Cæde furens , Romæfibi vult altaria poni ;
Quodque hominem exuerit ,fe putat effe Deum .
Il veut , ce monftre infâme , être adoré dans
Rome ;
Et penfe qu'il eft Dieu , parce qu'il n'eft plus
homme.
CLAUDIUS.
Imperiumjam fraude tibi furata , veneno
Eripuit Conjux infidiofa diem. *
La fraude & le poifon , employés tour- à tour ,
Lui ravirent bientôt & l'Empire & le jour.
NERO.
Infua convertitferrun præcordio , poftquìm
Vix alium , tollat quemferus enfis habet.
*
Pen-
Agrippinafuafit Claudio at præterito Britan
nicofilio , Succefforem Imperii defignaret Neronem ,
quem illa ex altero maritofufceperat. Ne pænitendi
locus effet , Claudium boleto venenato mox fuftulit.
Agrippine , dernière femme de Claude ,
gagea 2. déshériter fon fils Britannicus , & à ſe
nommer pour fuccefleur Néron , qu'elle avoit eu
d'un autre mari . Pour ôter à l'Empereur le temps
du repentir , elle fe hâta de le faire mourir par le
moyen d'un champignon empoifonné.
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE .
Lui même il ſe frappa , lorfqu'il reftoit à peine
Quelque tête échappée à ſa rage inhumaine.
GALBA.
Imperium meruit Miles moderamine reram
Amifit Princeps quod decus arma dabant. ༣
Soldat il mérita le beau rang d'Empereur :
De fes exploits fon régne anéantit l'honneur.
ОТНО.
Maluit interitu pulchro decedere vita,
Quàmfceptrum populi clade tenerefui.
Il aima mieux périr , par un noble trépas ,
Que de devoir le fceptre au fang de fes Soldats
VITELLIUS.
Hunc epulo pifces uno bis mille , volucrumque
Appofuiffe fibi millia quinque ferunt .
Ne Calum foret alitibus , mare pifcibus orbum ,
Claufit inextinétam mors properatagulam.:
De deux mille poiffons & de cinq milles oiſeaux
On dit qu'en un repas il fit couvrir la table.
Pour qu'il ne dépeuplât & les airs & les eaux ,
La mort ferma foudain fa bouche infatiable. *
* Ce fut , felon Suétone , le frère de Vitellius
qui lui donna ce feftin ; & les oifeaux qu'on y
fervit étoient au nombre de fept mille ; mais le
Traducteur n'a pas cru devoir changer le fens
de fon Original.
JUILLET. 1763. 127
VESPASIANUS
.
Indignata truces jam dudum Roma Tyrannos
Hoc duce Cafareum denique nomen amat .
"
L'Empire des Céfars aux Romains odieux ,
Sous ce bon Maître enfin leur devint précieux.
TITUS.
Orbis amor Princeps , fi quâfortè nil dediſſet ,
Hancfibi dicebat deperiiffe diem.
Il croyoit perdre un jour , ce Prince généreux ,
Quand un jour s'écouloit, fans qu'il fit des heureux
DOMITIANUS
.
Ambierat frater donis fibi eondere faftos :
Ille fuos voluit cæde notare dies .
Du regne de Titus les dons traçoient le cours :
Son frère en traits de fang voulut marquer les
jours.
NERVA.
Dignior imperio fuit & ftudiofior Urbis ,
Cùmfua Trajano fceptra regenda dedit.
Il fe rendit plus cher , lorfque fes foibles mains
S'aiderent de Trajan , pour régir les Romains .
d'Arras , tenue le 26 Mars 1763 .
MRR l'Abbé de Lys , Directeur en
Exercice , ouvrit cette Séance par une
Differtation hiftorique fur l'époque de
la converfion des Atrébates , ou anciens
Habitans d'Arras au Chriftianifme.
Il traita d'abord de leur Religion
primitive , qui devoit être celle des autres
Gaulois , laquelle n'admettoit originairement
qu'un feul Dieu , qu'il falfoit
adorer par un refpectueux filence
plus que par la prière & les facrifices ;
mais les Gaulois , obligés de fe foumettre
aux loix des Romains , en adopterent
auffi peu-à-peules Divinités. M. l'A. D.L.
conjecture que ces innovations furent
plus tardives chez les Atrébates qu'en
plufieurs autres Contrées de la Gaule.
Quoi qu'il en foit , on ne fçauroit dou112
MERCURE DE FRANCE.
ter qu'ils n'aient tôt ou tard invoqué ,
non feulement Mercure , dont le culte
exiſtoit déja parmi eux du temps de
Céfar , mais encore Diane , Pollux &c ;
ce qui eft prouvé par les noms latins
de quelques villages voifins d'Arras ,
tels qu'on les voit dans les ancienstitres.
Beaucoup d'Hiftoriens croient que
l'Evangile n'avoit pas été annoncé aux
Atrébates avant la miffion de de S. Vaaft,
que S.Remi Archevêque de Rheims
confacra Evêque d'Arras & de Cambrai
; mais ils ne s'accordent point fur
le temps de cette miffion , que les uns
placent en 530 , & les autres vers l'an
500. M. l'A . D. L. préfére le fentiment
des derniers ; & il établit d'ailleurs que
la Religion chrétienne avoit été prêchée
avant S. Vaaft , dans le Pays des
Atrébates . De vieux Manufcrits portent
que cet Apôtre y trouva à fon arrivée
les débris d'une Eglife détruite par les
Vandales , & que S. Diogène , Grec de
nation , étoit Évêque d'Arras durant la
perfécution de ces Barbares , qui pénétrerent
dans les Gaules en 407 ou 4c8.
M. l'A . D. L. va plus loin , & remonte
jufqu'en 367 , temps où il tomba miraculeufement
fur le territoire d'Arras
JUILLET. 1763. 113
affligé de la plus grande féchereffe , une
laine mêlée de pluie , qui rendit aux
campagnes leur première fertilité , &
dont une portion fe conferve encore
aujourd'hui , fous le nom de Manne
parmi les Reliques de la Cathédrale .
Ce prodige , attefté par S. Jérôme &
par Paul Orofe , Auteurs Contemporains
, perfuade à M. l'A. D. L. que
le Chriftianifme étoit dès-lors connu au
Peuple d'Arras. » On oppofera peut- être,
» dit il , que le miracle de la Manne
» n'eft point incompatible avec l'état
» d'un Peuple idolâtre . Il eft vrai que
» Dieu peut faire des miracles en faveur
» des Infidèles ; mais ce n'eft que pour
>> les faire entrer dans le fein de l'Églife
» & pour approuver & confirmer la mif-
» fion de ceux qui travaillent à les con-
» vertir. On doit donc au moins con-
» clure que quelque Ouvrier Évangé-
» lique s'employoit à la converfion des
» Atrébates .
M. de Ruzé , Avocat - Général du
Confeil d'Artois , Chancelier de la Société
, lut un Difcours , dans lequel il
expofa combien l'Agriculture contribue
à la pureté des moeurs . Il y dépeignit
en ces termes la vie ordinaire du Laboureur.
» Quelle est encore la partie la plus
114 MERCURE DE FRANCE .
» faine de la Société ? C'eſt celle qui eſt
» déftinée aux travaux des champs. Elle
» feule fournit un refuge à l'innocence
» exilée des Villes. Le foleil paroît ne
» fe lever que pour elle . Le caprice &
» le hazard ne réglent point dans les
» campagnes les heures du repos nécef-
" faire à l'homme. On y refpecte le fi-
» lence de la Nature ; & l'on s'envelop-
" pe avec elle des ténébres de la nuit.
"
Lorfque l'Aftre du jour vient en diffi-
» per les ombres , on fe hâte de chaf-
» fer le fommeil , qui ne s'opiniâtre pas
» à retenir le cultivateur dans les bras de
» la moleffe . Il ouvre les yeux dans cet
» heureux moment où le foleil craint
» de les offenfer par une lumière trop
» vive. La fimplicité fait l'ornement de
» fon habitation ; la frugalité celui de
» fes repas. Il ne permet point à l'art
» d'altérer chez lui les productions de
» la nature , & c .
"
ود
""
Augmenter le nombre des Cultivateurs
, ajoute M. de Ruzé , c'eft refferrer
la fphere de la corruption . » Si l'Agriculture
étoit en honneur , les gens
» de la campagne ne quitteroient plus le
lieu de leur naiffance pour habiter
» les Villes , qui ne feroient déformais
» que l'afyle des Arts ou des Manufactures
JUILLET. 1763. 115
»
» néceffaires, que la demeure de ces Ci-
» toyens chargés de faire obferver la
police , de maintenir les loix , de ré-
» gler les intérêts des Particuliers , de
» veiller au bien général de la Société ,
» & de réprimer les abus qui pourroient
» s'y introduire. Les Artifans , réduits
» à un petit nombre , ne s'étudie : oient
" plus à multiplier les befoins de l'hom-
» me , pour multiplier les moyens de
» s'enrichir. Le luxe diminueroit par degrés
. Le Seigneur d'un riche domaine
n'iroit plus facrifier à la magnificence
» le tribut que fes Vaffaux lui payent.
» Occupé à faire rentrer dans leurs vei-
» nes le fang qu'il en tire , il ne confie-
» roit plus fes intérêts à ces hommes avi-
» des & mercénaires , qui regardent les
» habitans de la campagne comme des
» efclaves , ou comme des victimes . Les
»Loix deviendroient plus fimples , par-
» ce que les intérêts feroient moins compliqués.
La fincérité & la franchiſe
» feroient la Loi fuprême.... Les devoirs
» de chaque état feroient moins difficiles
à remplir. Les droits du fang &
» de la nature feroient plus refpeciés ,
» parce qu'il y auroit moins d'occaſions
» d'y donner atteinte . Les enfans ne fe-
» coueroient point le joug , pour s'en-
"
116 MERCURE DE FRANCE
» rôler fous l'étendard des plaifirs : ils .
» n'épuiferoient point leurs forces enco-
» re naiffantes à trainer le char de la.
» volupté.
A la fuite des deux Ouvrages dont on
vient de tracer une idée , M. Dubois de
Foffeux , Ecuyer de main du Roi , M.
le Mercier , ancien Capitaine au Régiment
de Champagne , Chevalier de
l'Ordre de S Louis , & M. l'Abbé Pauchet
, Profeffeurs de Tróifiéme au Collége
d'Arras , prononcerent , comme
nouveaux Affociés , leurs Difcours de
remercîmens , auxquels M. l'Abbé de
Lys répondit féparément en qualité de
Directeur.
M. de Foffeur , après avoir témoigné
fa reconnoiffance à la Compagnie , s'attacha
à faire voir de quel fecours eft la
Littérature contre l'ennui , foit dans la
folitude , foit dans la Société ; & il divifa
fon Difcours en deux parties relatives
à ces différens états. On fe bornera
à rapporter ici quelques morceaux de la
feconde.
» Les perfonnes qui ne voyent le
» monde que dans l'éloignement , s'en
» font une idée bien peu conforme à la vé-
» rité . Quelle différence de le connoître
» dans la fpéculation , ou dans la pratiJUILLET.
1763 . 117
:
» que ! Le fort de ceux que la naiffance
» & la fortune ont placés aux premiers
" rangs , paroît digne d'envie . Les fef-
» tins , les fpectacles , & mille autres fê-
» tes fe fuccédent pour eux prèfque
» fans intervalle leur vie n'est qu'un
» enchaînement de plaifirs..... Mais
» ceux d'entre eux qui voudront être
» de bonne foi conviendront que fou-
» vent dans les lieux qui leur promet-
» toient le plus d'amuſement , ils n'ont
» trouvé qu'un ennui infupportable.
» L'idée charmante que l'on fe fait par
» avance d'une partie de plaifirs , ne
» contribue que trop à la rendre infi-
» pide. La réalité eſt toujours au-deffous
» de ce que l'imagination faifoit eſpé-
» rer ; & le coeur préparé pour quelque
» chofe de plus piquant , dédaigne &
» méprife le peu qui lui eft offert . Mais
» quand on pourroit fuppofer que l'en-
» nui fût exclus des affemblées du grand
» monde , n'eſt-il point de momens vui-
» des pour ceux mêmes qui font empor-
" tés le tourbillon le plus vif? Si pour
» remplir ces inftans d'inaction , on ne
» trouve point de reffources. dans fon
» efprit , à quoi aura-t -on recours ?....
» D'ailleurs combien de circonftances
» où des ufages fondés , foit fur la Raipar
118 MERCURE DE FRANCE.
" fon , foit fur le préjugé , ordonnent
» de faire trêve avec le monde ! Le
» goût de la Littérature aideroit à fup-
»porter le poids de ces devoirs , en
» écartant l'ennui inféparable de l'oi-
» fiveté.... Il arrive fréquemment que
» le hazard , ou quelqu'autre occafion ,
» raffemble des gens qui fe connoiffent
» peu. Alors l'ignorance & l'ignorant
» fe caufent une gêne réciproque : leurs
» efprits , s'aidant peu l'un l'autre , re-
» tombent fans ceffe dans l'engourdiffe-
» ment. Le fçavant & l'ignorant peu-
» vent s'entretenir fans ennui : celui- ci ,
» quelque foibles que foient fes lumiè
» res , aime à jouir de la converſation
» du premier , qui fans affecter de fupériorité
, fe fait un plaifir de l'éclai-
≫rer. Le Savant & le Savant , lorfqu'ils
» ont le bonheur de fe rencontrer, jouif-
»fent d'un agrément au- deffus de toute
» expreffion.
"
M. l'Abbé Pauchet , dans fon difcours
de réception , entreprit de prouver
qu'on ne peut être heureux fans la
vertu , & qu'on ne peut être vraiment
vertueux fans la fcience.
Il récita de plus une Ode fur la Poëfie
, dont l'origine eft ainfi décrite dans
les trois premieres ftrophes.
JUILLET. 1763. 119
Après que le Dieu du Tonnerre
Eut des fombres flancs du Cahos
Fait fortir les Cieux & la Terre ,
Et la plaine immenfe des Eaux ,
Ces monumens de fa puiffance
Furent trop peu pour l'excellence
De fes magnifiques dell'eins :
Formant un plus fublime ouvrage ,
Il voulut voir la propre image
Dans le chef- d'oeuvre de fes mains .
L'homme eft créé ; fon ceil contemple
Des miracles de toutes parts :
Il voit , il admire ce Temple
D'un Etre qui fait les regards.
Brillante autant que libérale ,
Pour lui feul la Nature étale
Mille & mille tréfors divers :
Frappé de fon bonheur extrême ,
Il voit , il fent qu'après Dieu même
Il eft le Roi de l'Univers.
Dèja l'humble reconnoiffance
Au fond de fon coeur a parlé :
Déja jufques dans fon filence
Le fentiment s'eft dévoilé .
Bientôt fa voix innocente , par
D'un coeur que fon bonheur enchante
Eclatent les heureux tranfports.
Poësie , immortelle flâme ,
120 MERCURE DE FRANCE.
C'eſt à ces mouvemens de l'âme
Que tu dûs tes premiers accords.
M. Harduin , Secrétaire perpétuel
lut des obfervations fur l'Article de la
Langue Françoife , où il examina la
nature de cette partie d'Oraifon , & entra
dans plufieurs difcuffions touchant
les mots que d'habiles Grammairiens
ont voulu faire paffer pour Articles indéfinis
& partitifs.
On lut enfuite la feconde partie d'un
Mémoire fur les coquillages foffiles d'Artois
envoyé par M. Wartel, Chanoine
Régulier de l'Abbayé de Mont - Saint-
Eloy , Affocié honnoraire. Il y parle ,
entre autres chofes , des Echinites , que
les Naturaliſtes défignent fous les noms
de Boutons , d'Ourfins , de Hériffons ,
de Chataignes de mer & c ; & qui ſe
rencontrent fort communément en
Artois.
» On remarque , dit- il , dans nos
pierres quatre espéces d'Echinites. La
" premiere , qui eft la moins rare , eſt
» l'Echinite en coeur , nommée autre-
» ment pas de Poulain. Sa partie fupé-
» rieure eft empreinte d'une étoile à
» cinq rayons. Le refte de la coquille
» eft chagriné & chargé de petites
» boules
JUILLET . 1763 .
121
boules , dont le plus grand nombre
» eft ufé. Dans ces boules ou ma-
» melons , font emboitées , lorfque
» l'animal eft vivant , des pointes entie
» lefquelles il pouffe fes cornes , qui font
» rouler toute la coquille en différens
» feus. On voit de ces foffiles plus pe-
» tits qu'une noiſette , & d'autres auffi
" gros que le poing.
"
" La feconde efpéce eft l'Echinite en
bonnet. Celle- ci eft d'une forme tout-
" à- fait différente de l'autre . Sa coquille
» est bombée & prèfque ovale : fon étoi-
» le , qui a auffi cinq rayons , eft moins
» apparente , mais plus étendue que cel-
» le de la précédente : elle fuit tout le
» contour de la coquille jufqu'à fon
» deffous , qui eft applati. Cette Echini-
» te paroît compofée de petites mailles
» quarrées , qui forment des bandes con-
» tigues les unes aux autres. Les plus
» grands de ces coquillages ont deux
pouces de longueur fur un pouce de
» hauteur ; & les plus petites , que je
» n'ai trouvées que dans les marnes des
" monts de Rebreuve * , ne font pas plus
» groffes que la tête d'une épingle . Ces
» petits foffiles , qu'on y rencontre
Village fitué près le Bourg d'Houdain
cinq ou fix lieues d'Arras .
I. Vol. F
à
122 MERCURE DE FRANCE.
و ر
par
» abondamment , font très-entiers, bien
» chagrinés , & tout couverts de boules
; ce qui peut engager
à croire que
» fi l'on n'en voit point de pareilles
» fur les plus gros foffiles de cette efpéce
, c'eft qu'elles ont été ufées
quelque frottement. Les Echinites en
» bonnet & en coeurs ont également
» deux ouvertures , l'une dans le haut ,
l'autre prèfqu'au bout du deffous de
» la coquille ; & ces ouvertures feroient
» percées à jour , fi la coquille n'avoit
" pas un noyau de matière folide .
"
"
» La troifiéme efpéce , moins commune
que les foffiles précédens , eft
» l'Echinite en cône. Il y en a de deux
» fortes , dont la première porte une
» étoile à cinq rayons , qui partent du
» fommet , fuivent régulièrement le
» contour de la coquille , & vont
» aboutir à une feule ouverture , dans
» le milieu de la baſe ou partie inférieure
» de ce foffile . La feconde forte d'E-
», chinités en cône , infiniment plus rare
» que l'autre , eft l'Echinite à gros tu-
» bercules. On voit bien des fragmens
de ce coquillage dans les pierres blan-
» ches ; mais il eft fort difficile de le
» trouver entier , tel que M. de GranJUILLET.
1763. 123
» val , le pofféde dans fa collection.
» Ce morceau eft l'Ourfin foffile le plus
» curieux qu'on puiffe voir : il eft garni
» de gros mammelons en comparti-
» mens , qui vont toujours en dimi-
» nuant jufqu'au fommet. La coquille
"
marine qui lui eft analogue , eſt le
» plus bel Ourfin de la mer rouge , dont
» la figure eft gravée dans la Conchyliologie
de M. d'Argenville , planche
» 25 , lettre E. Ce font les carrières
» d'Arras qui ont produit ce foffile .
23
» Enfin la quatriéme efpéce eft celle
» de l'Echinite en bouton . Elle eft ron-
» de & plate , trouée de part en part
dans le milieu : elle porte fon étoile
» ornée de petits tubercules fur tout le
» contour de la coquille , depuis le cen-
» tre fupérieur jufqu'au centre inférieur.
» On en trouve en Artois de la première
» grandeur , qui n'excéde pas douze li-
» gnes de diamétre. J'en conferve trois ,
» qui ne font pas plus grandes qu'un
" pois applati , lefquelles ont un oper-
» cule qui couvre l'ouverture fupérieu-
» re. Au refte ce foffile eft moins rare
» dans les pierres blanches que l'Echini-
» te en cône de la première forte ; mais
E
Confeiller au Confeil d'Artois , Membre de
la Société Littéraire.
F ij
124 MERCURE DE FRANCE .
» il eft plus rare dans les pierres à fufil.
M. Harduin termina la Séance dont
nous rendons compte , par la lecture des
vers fuivans.
INSCRIPTIONS
Pour douze Empereurs Romains , traduites
du Père VANIERE. *
AUGUSTUS.
Romulea foret ut gentis fors optima , nunquam
Vivere , vel nunquam debuit ille mori .
Pour que d'un for heureur , Rome pût s'ap
plaudir ,
Il dut néjamais vivre , ou ne jamais mourir,
TIBERIUS .
Dum juvenem vitiis infignem Auguftus adoptat ;
Fit Pater ; ac Roma definit effe parens .
Augufte acquit un fils , en adoptant Tibère ;
Mais des Romains alors il ceffa d'être Père .
* Il eft fingulier que le P. Vanière, au lieu de
commencer , ainfi que Suétone , le nombre de
fes douze Cefars , par le célébre Jule , qui lui of
froit une fi riche matière , en ait retranché ce
grand homme , pour y faire entrer l'Empereur
Nerva, qui n'eft guères connu des perfonnes peu
verfées dans l'Hiftoire , & dont la vie ne pouvoit
prèfque rien fournir au Poëte.
R
JUILLET. 1763. 125
CALIGULA.
Cæde furens , Romæfibi vult altaria poni ;
Quodque hominem exuerit ,fe putat effe Deum .
Il veut , ce monftre infâme , être adoré dans
Rome ;
Et penfe qu'il eft Dieu , parce qu'il n'eft plus
homme.
CLAUDIUS.
Imperiumjam fraude tibi furata , veneno
Eripuit Conjux infidiofa diem. *
La fraude & le poifon , employés tour- à tour ,
Lui ravirent bientôt & l'Empire & le jour.
NERO.
Infua convertitferrun præcordio , poftquìm
Vix alium , tollat quemferus enfis habet.
*
Pen-
Agrippinafuafit Claudio at præterito Britan
nicofilio , Succefforem Imperii defignaret Neronem ,
quem illa ex altero maritofufceperat. Ne pænitendi
locus effet , Claudium boleto venenato mox fuftulit.
Agrippine , dernière femme de Claude ,
gagea 2. déshériter fon fils Britannicus , & à ſe
nommer pour fuccefleur Néron , qu'elle avoit eu
d'un autre mari . Pour ôter à l'Empereur le temps
du repentir , elle fe hâta de le faire mourir par le
moyen d'un champignon empoifonné.
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE .
Lui même il ſe frappa , lorfqu'il reftoit à peine
Quelque tête échappée à ſa rage inhumaine.
GALBA.
Imperium meruit Miles moderamine reram
Amifit Princeps quod decus arma dabant. ༣
Soldat il mérita le beau rang d'Empereur :
De fes exploits fon régne anéantit l'honneur.
ОТНО.
Maluit interitu pulchro decedere vita,
Quàmfceptrum populi clade tenerefui.
Il aima mieux périr , par un noble trépas ,
Que de devoir le fceptre au fang de fes Soldats
VITELLIUS.
Hunc epulo pifces uno bis mille , volucrumque
Appofuiffe fibi millia quinque ferunt .
Ne Calum foret alitibus , mare pifcibus orbum ,
Claufit inextinétam mors properatagulam.:
De deux mille poiffons & de cinq milles oiſeaux
On dit qu'en un repas il fit couvrir la table.
Pour qu'il ne dépeuplât & les airs & les eaux ,
La mort ferma foudain fa bouche infatiable. *
* Ce fut , felon Suétone , le frère de Vitellius
qui lui donna ce feftin ; & les oifeaux qu'on y
fervit étoient au nombre de fept mille ; mais le
Traducteur n'a pas cru devoir changer le fens
de fon Original.
JUILLET. 1763. 127
VESPASIANUS
.
Indignata truces jam dudum Roma Tyrannos
Hoc duce Cafareum denique nomen amat .
"
L'Empire des Céfars aux Romains odieux ,
Sous ce bon Maître enfin leur devint précieux.
TITUS.
Orbis amor Princeps , fi quâfortè nil dediſſet ,
Hancfibi dicebat deperiiffe diem.
Il croyoit perdre un jour , ce Prince généreux ,
Quand un jour s'écouloit, fans qu'il fit des heureux
DOMITIANUS
.
Ambierat frater donis fibi eondere faftos :
Ille fuos voluit cæde notare dies .
Du regne de Titus les dons traçoient le cours :
Son frère en traits de fang voulut marquer les
jours.
NERVA.
Dignior imperio fuit & ftudiofior Urbis ,
Cùmfua Trajano fceptra regenda dedit.
Il fe rendit plus cher , lorfque fes foibles mains
S'aiderent de Trajan , pour régir les Romains .
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Résumé : SÉANCE publique de la Société Littéraire d'Arras, tenue le 26 Mars 1763.
Lors d'une séance de la Société Littéraire d'Arras le 26 mars 1763, l'abbé de Lys présenta une dissertation sur la conversion des Atrébates au christianisme. Il décrivit leur religion primitive, qui vénérait un dieu unique par le silence plutôt que par la prière et les sacrifices. Après leur soumission aux lois romaines, les Atrébates adoptèrent progressivement les divinités romaines, bien que plus tardivement que d'autres Gaulois. Des preuves archéologiques, comme les noms latins de villages voisins, attestent de l'adoration de divinités telles que Mercure et Diane. La conversion des Atrébates au christianisme est débattue. Certains historiens situent cette conversion avec la mission de saint Vaast vers 530-500, mais l'abbé de Lys privilégie la date de 500 et affirme que le christianisme était déjà présent avant saint Vaast. Des manuscrits anciens mentionnent saint Diogène, évêque d'Arras en 407-408, et un miracle en 367, suggérant une présence chrétienne antérieure. La séance vit également l'accueil de trois nouveaux membres : M. Dubois de Foffeux, M. le Mercier et M. l'Abbé Pauchet. M. Dubois de Foffeux parla de l'utilité de la littérature contre l'ennui, tandis que M. l'Abbé Pauchet lia le bonheur à la vertu et à la science. M. Harduin et M. Wartel présentèrent respectivement des observations linguistiques et un mémoire sur les coquillages fossiles d'Artois, détaillant diverses espèces d'échinites. Le texte mentionne également des anecdotes sur des empereurs romains, comme Néron, Vespasien, Titus, Domitien et Nerva, soulignant leurs caractéristiques et actions marquantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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25
p. 128-129
SUJETS proposés par l'Acad. Royale des Sciences & Beaux-Arts, établie à PAU, pour deux Prix, qui seront distribués le premier Jeudi du mois de Février 1764.
Début :
L'ACADÉMIE a réservé un des deux Prix qu'elle avoit à distribuer cette année [...]
Mots clefs :
Académie, Ouvrage, Poésie
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texteReconnaissance textuelle : SUJETS proposés par l'Acad. Royale des Sciences & Beaux-Arts, établie à PAU, pour deux Prix, qui seront distribués le premier Jeudi du mois de Février 1764.
SUJETS propofés par l'Acad. Royale
des Sciences & Beaux - Arts , établie
à PAU , pour deux Prix , qui feront
diftribués le premier Jeudi du mois de
Février 1764.
L'ACADÉMIE a réservé un des deux
Prix qu'elle avoit à diftribuer cette année
; celui de la Poëfie a été remporté
par M. Lemefle de l'Académie des Scien
Belles-Lettres & Arts de Rouen :
Elle en donnera deux en 1764. Le premier
à un Ouvrage de Profe , qui aura
pour Sujet ,
ces ,
L'Éloge de feu M. le Maréchal de
GASSION.
Le fecond à un Ouvrage de Poeſie ,
qui aura pour Sujet ,
Les Avantages de la Navigation..
Les Ouvrages de Poëfie feront au plus
de cent Vers , & ceux de Profe d'une
demi heure de lecture , il en fera adreffé
deux exemplaires à M. de Faget de
Poms , Secrétaire de l'Académie on
n'en recevra aucun après le mois de Novembre
, & s'ils ne font affranchis.
JUILLET. 1763. 129
Chaque Auteur mettra à la fin de fon
Ouvrage une Sentence , & la répétera
au-deffus du Billet cacheté , où il écrira
fon nom .
des Sciences & Beaux - Arts , établie
à PAU , pour deux Prix , qui feront
diftribués le premier Jeudi du mois de
Février 1764.
L'ACADÉMIE a réservé un des deux
Prix qu'elle avoit à diftribuer cette année
; celui de la Poëfie a été remporté
par M. Lemefle de l'Académie des Scien
Belles-Lettres & Arts de Rouen :
Elle en donnera deux en 1764. Le premier
à un Ouvrage de Profe , qui aura
pour Sujet ,
ces ,
L'Éloge de feu M. le Maréchal de
GASSION.
Le fecond à un Ouvrage de Poeſie ,
qui aura pour Sujet ,
Les Avantages de la Navigation..
Les Ouvrages de Poëfie feront au plus
de cent Vers , & ceux de Profe d'une
demi heure de lecture , il en fera adreffé
deux exemplaires à M. de Faget de
Poms , Secrétaire de l'Académie on
n'en recevra aucun après le mois de Novembre
, & s'ils ne font affranchis.
JUILLET. 1763. 129
Chaque Auteur mettra à la fin de fon
Ouvrage une Sentence , & la répétera
au-deffus du Billet cacheté , où il écrira
fon nom .
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Résumé : SUJETS proposés par l'Acad. Royale des Sciences & Beaux-Arts, établie à PAU, pour deux Prix, qui seront distribués le premier Jeudi du mois de Février 1764.
En juillet 1763, l'Académie Royale des Sciences et Beaux-Arts de Pau a annoncé deux prix pour février 1764. Un prix de 1763 était réservé, celui de poésie attribué à M. Lemesle. Pour 1764, deux prix sont prévus : un éloge du Maréchal de Gassion en prose et un poème sur les avantages de la navigation. Les candidatures, avec deux exemplaires et une sentence, doivent être envoyées à M. de Faget de Poms avant novembre 1763.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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26
p. 129-139
SÉANCE publique de la Société Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE.
Début :
M. DE VELYE y a fait lecture d'un Mémoire au sujet des Grands [...]
Mots clefs :
Navets, Terres, Raves, Racines, Vertus, Brochures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de la Société Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE.
SÉANCE publique de la Société
Litteraire de CHAALONSSUR-
MARNE.
Cette Séance s'eſt tenue le 23 Février 1763 .
M DE VELYE y a fait lecture
d'un Mémoire au fujet des Grands-
Hommes de la Ville & du Païs de Vertus.
Ils font en petit nombre ; mais la
gloire qu'ils ont acquife , eft d'autant
mieux mérit qu'ils n'ont point trouvé
dans leur Patrie ces Maîtres habiles , ces
Ecoles célèbres , & cesexemples fi conmuns
dans les grandes Villes, & fi capables
d'exciter l'émulation.
Nicolas furnommé de Clamange du
lieu de fa naiffance , fe préfente le premier
dans l'ordre chronologique c'eft
auffi le plus diftingué des Sçavans du
Pais de Vertus ; il étoit regardé comme
le Cicéron de fon fiécle. L'illuftre Maifon
de Conflans tire fon origine du mê-
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
* me Pays. Vertus compte au nombre de
fes Baillifs , François Lalouette , auquel
on donne auffile titre de Préfident de
Sédan , & qui a été Maître des Requêtes
de l'Hôtel du Roi ; on trouve dans
la Croix du Maine une énumération de
fes écrits , dont plufieurs ont été imprimés.
Comme M. de Velye ne donne
qu'une notice des Grands-Hommes
qui font l'objet de fon Mémoire , il n'eſt
pas poffiblé d'en faire une analyſe fuivie
.
>
Il a étélu enfuite pour M. Defmareft
Affocié externe & abfent , un Mémoire
fur la culture des Raves & des Navets
dans la Guyenne . Il y a cinq variétés
différentes de chaque genre , dont
la diſtinction ne paroît pas fondée fur
des caractères de Botanique aifés à faifir
. On féme les raves & les navets en
deux faifons , la premiere en Avril &
Mai , la feconde depuis le 29 Juillet
jufqu'au 20 Août après la moiffon des
fromens , & dans les terres où la récolte
aura été faite. On commence par donner
deux labours à ces terrés ; on leur
en donne un troifiéme après la femence
, & on paffe le rateau qui tient lieu
de herfe ; on les farcle quand ils font levés
pour, détruire les plantes parafites ,
JUILLET. 1763. 131
arracher les raves ou navets fuperflus ,
& laiffer un intervalle de quatre ou fix
poulces entre chaque pied . Le navet oblong
à racines blanches , & le navet à
racines vertes , ainfi que la rave ronde à
racines blanches , & la rave ronde à racines
rouges , femés dans des terres légéres
, fablonneufes & un peu fubftantieufes
, produifent quelquefois des raves
& des navets du poids de feize &
même de dix-huit livres ; mais ils font
infipides & peu remplis. Ils viennent
d'une faveur fucculente , & d'un volume
raifonnable dans les terres profondes
, légères & meubles dont le fable
fait la bafe , ou dans des terres calcaires
bien divifées , & qui font en proportion
dominante, avec l'argile ; ils réuffiffent
mal dans les terres purement argileufes.
& compactes.
Quoique l'on arrache les navets à
mefure du befoin qu'on en a , la grande
récolte fe fait en nombre ; on les
met alors dans les caves où on les encaiffe
dans du fable ; ils s'y confervent
longtems . Ils fe confervent encore plus
longtems fans altération , fi on les laifſe
en pleine terre , pourvû qu'on ait attention
à en éloigner les Beftiaux , &
que les pluies de l'hyver n'y faffent pas
un trop long séjour. F vj
132 MERCURE DE FRANCE .
Les navets & les raves font d'une
grande reffource pour les gens de la
Campagne , ils leur fervent d'aliment
pendant une partie de l'année . C'est même
un reméde contre les fiévres lentes
accompagnées de bouffiffures, dont font
attaqués dans certains tems les Habitans
de quelques Cantons marécageux . Auffitôt
qu'ils ont commencé à faire ufage.
des navets , la fiévre difparoît, & ceux
qui en mangent de bonne heure , font
préfervés de la fiévre. Les navets & les
raves fervent auffi à engraiffer les Moutons
, les Boeufs & les Cochons ; cette:
nourriture rétablit les boeufs épuifés par
le travail de l'Eté ; elle leur procure une
tranfpiration abondante , qui leur rend.
le poil uni & libre , & leur chair eft plus
tendre & plus fucculente .
Quoique ce Mémoire paroiffe ne concerner
que la Guyenne , l'intention de
M. Defmareft eft d'engager à étendre la
culture des raves & des navets dans toutes
les parties du Royaume où elle peut
réuffir ; on les cultive déja avec fuccès
dans quelques Paroiffes de l'Election de
Langres , on peut également les culti-.
ver dans les terres de la Province de
Champagne voifines des rivieres , & M.
Defmareft invite les Cultivateurs ChamJUILLET.
1763. 133
penois à ne pas négliger cette branche
d'agriculture.
M. de Chalette ayant envoyé la Préface
d'un Ouvrage qu'il fe propofe de
faire imprimer , intitulé : la Médecine
des Chevaux à l'ufage des Laboureurs
tirée des meilleurs Auteurs , & confirmée
par l'expérience : la Société a eftimé
qu'il convenoit d'en faire patt d'avanee
au Public.
De tous les animaux domeftiques , le
Cheval eft fans contredit celui dont l'utilité
eft la plus étendue. En Angleterre
les plus fameux Médecins , & les plus
habiles Chirurgiens ne dédaignent point
d'en faire l'objet de leurs foins , & de
leur étude. Il eft furprenant qu'en France
la confervation de cet animal précieux
foit abandonnée à des perfonnes
qui pour la plupart , n'ont pas la moindre
connoiffance des maladies qui l'at
taquent , ni des remédes qui leur con
viennent. Les Maréchaux de Village
étant d'une ignorance profonde, ou remplis
de préjugés , M. de Chalette croit
rendre fervice à ceux qui font forcés
d'y avoir recours en les mettant en
état de s'en paffer , ou du moins de les
diriger. Son Ouvrage préfente done
deux avantages , l'un de décrier une foule
134 MERCURE DE FRANCE .
de remédes & de recettes prèfque toujours
inutiles , très - fouvent dangereufes
, & quelquefois pernicieuſes ; l'autre,
en rendant le Laboureur capable de traiter
par lui-même les maladies de fes chevaux,
de lui épargner la dépenfe des foins
d'un Maréchal , & du prix exhorbitant
des drogues que celui- ci lui furvend.
Cette lecture a été fuivie de celle
d'une Differtation fur le préjugé littéraire.
M. Rouffel, qui en eft Auteur , donne
d'abord un précis de tous les objets
qui peuvent occuper l'efprit humain ;
il fait voir qu'il n'a à redouter que
le préjugé peu raifonnable , qui rend
fouvent fes recherches inutiles, le raiſonnement
faux , le littérateur eſclave , ou
capable de franchir les bornes de la
vraie fageffe. Il trace enfuite le tableau
des différentes efpéces de préjugés , &
il combat ceux qui font contraires à la
faine Raifon avec autant d'éloquence
que de force , & en même-temps avec
cette aménité & cette politeffe qui conftituent
le caractère de fes Ouvrages.
L'Affemblée en a paru très-fatisfaite.
On a lu auffi un Effai fur la critique
par M. Formey
Affocié externe &
Secrétaire de l'Académie de Berlin . M.
Formey après avoir défini la critique ,
JUILLET. 1763. 135
>
l'art d'analyfer les Ouvrages pour en
faire connoîrre les beautés & les défauts
conformement aux régles qui ont
été fuivies , ou qui auroient dû l'être
ajoute qu'il ne fe propofe d'en parler
qu'autant qu'elle eft fpécialement deftinée
à montrer les taches qui peuvent
défigurer un Ouvrage. Il paffe enfuite
en revue les différentes efpéces de critiques
qui fe répandent aujourd'hui
- dans la République des Lettres , ce
font les brochures & les journaux , &
il éxamine s'ils rempliffent bien leur
objet .
Les brochures font fouvent le fruit
d'un demi fçavoir , du défoeuvrement ,
du prurit d'écrire , de la jaloufie , ou
de la haine. On y prend le ton des perfonnalités
& de la querelle , & il eft
rare d'en trouver qui foient marquées
au bon coin.
M. Formey n'admet guères dans cette
claffe que les Obfervations de l'Académie
fur le Cid , & les fentimens de Cléante
fur les entretiens d'Arifte & d'Eugène.
Le Public ne peut tirer aucun avantage
de ces brochures , & les Auteurs ne
les regardent fouvent que comme un
motif de triomphe. Les Journaux ne
produisent pas un meilleur effet ; ils ne
136 MERCURE DE FRANCE.
peuvent réuffir qu'entre les mains d'une
Compagnie bien choisie & bien aflortie:
c'ell cette prérogative qui maintient
le Journal des Sçavans dans ce degré
de primauté qu'il s'eft acquis. Les affections
& les paffions font fouvent fi
évidentes dans beaucoup d'autres , qu'il
feroit à fouhaiter qu'ils fuflent moins
multipliés , & la plupart font incapables
d'empêcher les abus que les Auteurs font
de leurs talens .
Le Gouvernement & les Magiftrats
veillent bien à la confervation des fondemens
de la fociété , qui font le refpect
dû à l'Etre fuprême , les droits des Souverains
& les bonnes moeurs : ils flétrif
fent les productions qui attaquent ces
principes ; mais ces flétriffures ne fervent
ordinairement qu'à donner du crédit aux
ouvrages , & à piquer la curiofité.
M. Formey demande enfuite fi on ne
pourroit pas établir un autre genre de
police qui influât plus immédiatement
fur le bon ordre : il y a bien des Cenfeurs
établis par le Gouvernement ; mais
ils s'acquittent fouvent mal des fonctions
qui leur font confiées ; d'ailleurs on impime
beaucoup de Livres qui n'ont pas
été foumis à la cenfure ,.
De-là M. Formey paffe à fon projet
JUILLET. 1763. 137
de police , aux rifques d'effuyer quelque
raillerie ; le voici Il voudroit que le
Souverain confidérant la Littérature de
fes Etats comme un objet qui peur influer
fur le bonheur de fes peuples ,
établît un Corps de gens de Lettres de
différentes facultés & profeffions , au
nombre de douze , tous d'un âge mûr
& non décrépit , fages, ayant des moeurs,
auxquels il feroit affigné des penfionspour
les mettre en état d'être plus actifs & plus
attentifs. Tous les ouvrages fercient remis
à leur Secrétaire , & diftribués à chacun
fuivant fes talens , pour être examinés
& en être fait rapport dans les féances réglées
qui fe tiendroient une ou plufieurs
fois chaque femaine , afin d'accorder où
refufer la permiffion d'imprimer.
Tout ce qui fe trouveroit contraire à
la Réligion , à la conftitution politique
& à la vertu , feroit rejetté , fous quelque
forme qu'il fût préfenté. A l'égard
de ce qui n'eft mauvais que par un défut
de génie , de connoiffances , de
ſtyle , &c, on ufercit d'un ménagement
judicieux ; le Commiſfaire examinateur
donneroit des avis aux Auteurs ; & quand
ceux-ci ne s'y rendroient pas , on les
laifferoit aller avec leur imprimatur.
Il feroit à propos de mettre les Li138
MERCURE DE FRANCE.
braires fous la dépendance abfolue du
Tribunal , fans cela il feroit inutile de
faire des difficultés à un Auteur , qui ,
pour les lever , n'auroit qu'à aller trouver
un Libraire avec lequel il feroit un
marché d'autant plus avantageux que
le Livre feroit digne d'être fupprimé.
Il faudroit auffi que les Examinateurs
exerçaffent une févérité particulière fur
les écrits polémiques , qu'ils en rettanchaffent
tous les termes marqués au coin
de la paffion , & capables d'aliéner les
efprits qu'on fe propofe de convaincre.
Il feroit même convenable de ne pas
fouffrir ces airs de fupériorité & de hauteur
que les critiques prennent fi volontiers
, & fur - tout ces ironies dont la
plaie eft encore plus cuifante que celle
des injures.
Telles font les réfléxions qu'une affez
longue expérience dans ce genre a fuggérées
à M. Formey; & quand il n'auroit
pas indiqué des règles affez certaines
pour remplir fon objet , il feroit toujours
louable de les avoir propofées.
La féance a été terminée par la lecture
de quelques Stances fur l'homme , par
M. France; & de Réfléxions en vers fur
la cérémonie du jour des Cendres , par
M. l'Abbé de Saulx, Chanoine de l'Eglife
JUILLET. 1763. 139.
de Rheims , & Chancelier de l'Univerfité
de la même Ville.
Litteraire de CHAALONSSUR-
MARNE.
Cette Séance s'eſt tenue le 23 Février 1763 .
M DE VELYE y a fait lecture
d'un Mémoire au fujet des Grands-
Hommes de la Ville & du Païs de Vertus.
Ils font en petit nombre ; mais la
gloire qu'ils ont acquife , eft d'autant
mieux mérit qu'ils n'ont point trouvé
dans leur Patrie ces Maîtres habiles , ces
Ecoles célèbres , & cesexemples fi conmuns
dans les grandes Villes, & fi capables
d'exciter l'émulation.
Nicolas furnommé de Clamange du
lieu de fa naiffance , fe préfente le premier
dans l'ordre chronologique c'eft
auffi le plus diftingué des Sçavans du
Pais de Vertus ; il étoit regardé comme
le Cicéron de fon fiécle. L'illuftre Maifon
de Conflans tire fon origine du mê-
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
* me Pays. Vertus compte au nombre de
fes Baillifs , François Lalouette , auquel
on donne auffile titre de Préfident de
Sédan , & qui a été Maître des Requêtes
de l'Hôtel du Roi ; on trouve dans
la Croix du Maine une énumération de
fes écrits , dont plufieurs ont été imprimés.
Comme M. de Velye ne donne
qu'une notice des Grands-Hommes
qui font l'objet de fon Mémoire , il n'eſt
pas poffiblé d'en faire une analyſe fuivie
.
>
Il a étélu enfuite pour M. Defmareft
Affocié externe & abfent , un Mémoire
fur la culture des Raves & des Navets
dans la Guyenne . Il y a cinq variétés
différentes de chaque genre , dont
la diſtinction ne paroît pas fondée fur
des caractères de Botanique aifés à faifir
. On féme les raves & les navets en
deux faifons , la premiere en Avril &
Mai , la feconde depuis le 29 Juillet
jufqu'au 20 Août après la moiffon des
fromens , & dans les terres où la récolte
aura été faite. On commence par donner
deux labours à ces terrés ; on leur
en donne un troifiéme après la femence
, & on paffe le rateau qui tient lieu
de herfe ; on les farcle quand ils font levés
pour, détruire les plantes parafites ,
JUILLET. 1763. 131
arracher les raves ou navets fuperflus ,
& laiffer un intervalle de quatre ou fix
poulces entre chaque pied . Le navet oblong
à racines blanches , & le navet à
racines vertes , ainfi que la rave ronde à
racines blanches , & la rave ronde à racines
rouges , femés dans des terres légéres
, fablonneufes & un peu fubftantieufes
, produifent quelquefois des raves
& des navets du poids de feize &
même de dix-huit livres ; mais ils font
infipides & peu remplis. Ils viennent
d'une faveur fucculente , & d'un volume
raifonnable dans les terres profondes
, légères & meubles dont le fable
fait la bafe , ou dans des terres calcaires
bien divifées , & qui font en proportion
dominante, avec l'argile ; ils réuffiffent
mal dans les terres purement argileufes.
& compactes.
Quoique l'on arrache les navets à
mefure du befoin qu'on en a , la grande
récolte fe fait en nombre ; on les
met alors dans les caves où on les encaiffe
dans du fable ; ils s'y confervent
longtems . Ils fe confervent encore plus
longtems fans altération , fi on les laifſe
en pleine terre , pourvû qu'on ait attention
à en éloigner les Beftiaux , &
que les pluies de l'hyver n'y faffent pas
un trop long séjour. F vj
132 MERCURE DE FRANCE .
Les navets & les raves font d'une
grande reffource pour les gens de la
Campagne , ils leur fervent d'aliment
pendant une partie de l'année . C'est même
un reméde contre les fiévres lentes
accompagnées de bouffiffures, dont font
attaqués dans certains tems les Habitans
de quelques Cantons marécageux . Auffitôt
qu'ils ont commencé à faire ufage.
des navets , la fiévre difparoît, & ceux
qui en mangent de bonne heure , font
préfervés de la fiévre. Les navets & les
raves fervent auffi à engraiffer les Moutons
, les Boeufs & les Cochons ; cette:
nourriture rétablit les boeufs épuifés par
le travail de l'Eté ; elle leur procure une
tranfpiration abondante , qui leur rend.
le poil uni & libre , & leur chair eft plus
tendre & plus fucculente .
Quoique ce Mémoire paroiffe ne concerner
que la Guyenne , l'intention de
M. Defmareft eft d'engager à étendre la
culture des raves & des navets dans toutes
les parties du Royaume où elle peut
réuffir ; on les cultive déja avec fuccès
dans quelques Paroiffes de l'Election de
Langres , on peut également les culti-.
ver dans les terres de la Province de
Champagne voifines des rivieres , & M.
Defmareft invite les Cultivateurs ChamJUILLET.
1763. 133
penois à ne pas négliger cette branche
d'agriculture.
M. de Chalette ayant envoyé la Préface
d'un Ouvrage qu'il fe propofe de
faire imprimer , intitulé : la Médecine
des Chevaux à l'ufage des Laboureurs
tirée des meilleurs Auteurs , & confirmée
par l'expérience : la Société a eftimé
qu'il convenoit d'en faire patt d'avanee
au Public.
De tous les animaux domeftiques , le
Cheval eft fans contredit celui dont l'utilité
eft la plus étendue. En Angleterre
les plus fameux Médecins , & les plus
habiles Chirurgiens ne dédaignent point
d'en faire l'objet de leurs foins , & de
leur étude. Il eft furprenant qu'en France
la confervation de cet animal précieux
foit abandonnée à des perfonnes
qui pour la plupart , n'ont pas la moindre
connoiffance des maladies qui l'at
taquent , ni des remédes qui leur con
viennent. Les Maréchaux de Village
étant d'une ignorance profonde, ou remplis
de préjugés , M. de Chalette croit
rendre fervice à ceux qui font forcés
d'y avoir recours en les mettant en
état de s'en paffer , ou du moins de les
diriger. Son Ouvrage préfente done
deux avantages , l'un de décrier une foule
134 MERCURE DE FRANCE .
de remédes & de recettes prèfque toujours
inutiles , très - fouvent dangereufes
, & quelquefois pernicieuſes ; l'autre,
en rendant le Laboureur capable de traiter
par lui-même les maladies de fes chevaux,
de lui épargner la dépenfe des foins
d'un Maréchal , & du prix exhorbitant
des drogues que celui- ci lui furvend.
Cette lecture a été fuivie de celle
d'une Differtation fur le préjugé littéraire.
M. Rouffel, qui en eft Auteur , donne
d'abord un précis de tous les objets
qui peuvent occuper l'efprit humain ;
il fait voir qu'il n'a à redouter que
le préjugé peu raifonnable , qui rend
fouvent fes recherches inutiles, le raiſonnement
faux , le littérateur eſclave , ou
capable de franchir les bornes de la
vraie fageffe. Il trace enfuite le tableau
des différentes efpéces de préjugés , &
il combat ceux qui font contraires à la
faine Raifon avec autant d'éloquence
que de force , & en même-temps avec
cette aménité & cette politeffe qui conftituent
le caractère de fes Ouvrages.
L'Affemblée en a paru très-fatisfaite.
On a lu auffi un Effai fur la critique
par M. Formey
Affocié externe &
Secrétaire de l'Académie de Berlin . M.
Formey après avoir défini la critique ,
JUILLET. 1763. 135
>
l'art d'analyfer les Ouvrages pour en
faire connoîrre les beautés & les défauts
conformement aux régles qui ont
été fuivies , ou qui auroient dû l'être
ajoute qu'il ne fe propofe d'en parler
qu'autant qu'elle eft fpécialement deftinée
à montrer les taches qui peuvent
défigurer un Ouvrage. Il paffe enfuite
en revue les différentes efpéces de critiques
qui fe répandent aujourd'hui
- dans la République des Lettres , ce
font les brochures & les journaux , &
il éxamine s'ils rempliffent bien leur
objet .
Les brochures font fouvent le fruit
d'un demi fçavoir , du défoeuvrement ,
du prurit d'écrire , de la jaloufie , ou
de la haine. On y prend le ton des perfonnalités
& de la querelle , & il eft
rare d'en trouver qui foient marquées
au bon coin.
M. Formey n'admet guères dans cette
claffe que les Obfervations de l'Académie
fur le Cid , & les fentimens de Cléante
fur les entretiens d'Arifte & d'Eugène.
Le Public ne peut tirer aucun avantage
de ces brochures , & les Auteurs ne
les regardent fouvent que comme un
motif de triomphe. Les Journaux ne
produisent pas un meilleur effet ; ils ne
136 MERCURE DE FRANCE.
peuvent réuffir qu'entre les mains d'une
Compagnie bien choisie & bien aflortie:
c'ell cette prérogative qui maintient
le Journal des Sçavans dans ce degré
de primauté qu'il s'eft acquis. Les affections
& les paffions font fouvent fi
évidentes dans beaucoup d'autres , qu'il
feroit à fouhaiter qu'ils fuflent moins
multipliés , & la plupart font incapables
d'empêcher les abus que les Auteurs font
de leurs talens .
Le Gouvernement & les Magiftrats
veillent bien à la confervation des fondemens
de la fociété , qui font le refpect
dû à l'Etre fuprême , les droits des Souverains
& les bonnes moeurs : ils flétrif
fent les productions qui attaquent ces
principes ; mais ces flétriffures ne fervent
ordinairement qu'à donner du crédit aux
ouvrages , & à piquer la curiofité.
M. Formey demande enfuite fi on ne
pourroit pas établir un autre genre de
police qui influât plus immédiatement
fur le bon ordre : il y a bien des Cenfeurs
établis par le Gouvernement ; mais
ils s'acquittent fouvent mal des fonctions
qui leur font confiées ; d'ailleurs on impime
beaucoup de Livres qui n'ont pas
été foumis à la cenfure ,.
De-là M. Formey paffe à fon projet
JUILLET. 1763. 137
de police , aux rifques d'effuyer quelque
raillerie ; le voici Il voudroit que le
Souverain confidérant la Littérature de
fes Etats comme un objet qui peur influer
fur le bonheur de fes peuples ,
établît un Corps de gens de Lettres de
différentes facultés & profeffions , au
nombre de douze , tous d'un âge mûr
& non décrépit , fages, ayant des moeurs,
auxquels il feroit affigné des penfionspour
les mettre en état d'être plus actifs & plus
attentifs. Tous les ouvrages fercient remis
à leur Secrétaire , & diftribués à chacun
fuivant fes talens , pour être examinés
& en être fait rapport dans les féances réglées
qui fe tiendroient une ou plufieurs
fois chaque femaine , afin d'accorder où
refufer la permiffion d'imprimer.
Tout ce qui fe trouveroit contraire à
la Réligion , à la conftitution politique
& à la vertu , feroit rejetté , fous quelque
forme qu'il fût préfenté. A l'égard
de ce qui n'eft mauvais que par un défut
de génie , de connoiffances , de
ſtyle , &c, on ufercit d'un ménagement
judicieux ; le Commiſfaire examinateur
donneroit des avis aux Auteurs ; & quand
ceux-ci ne s'y rendroient pas , on les
laifferoit aller avec leur imprimatur.
Il feroit à propos de mettre les Li138
MERCURE DE FRANCE.
braires fous la dépendance abfolue du
Tribunal , fans cela il feroit inutile de
faire des difficultés à un Auteur , qui ,
pour les lever , n'auroit qu'à aller trouver
un Libraire avec lequel il feroit un
marché d'autant plus avantageux que
le Livre feroit digne d'être fupprimé.
Il faudroit auffi que les Examinateurs
exerçaffent une févérité particulière fur
les écrits polémiques , qu'ils en rettanchaffent
tous les termes marqués au coin
de la paffion , & capables d'aliéner les
efprits qu'on fe propofe de convaincre.
Il feroit même convenable de ne pas
fouffrir ces airs de fupériorité & de hauteur
que les critiques prennent fi volontiers
, & fur - tout ces ironies dont la
plaie eft encore plus cuifante que celle
des injures.
Telles font les réfléxions qu'une affez
longue expérience dans ce genre a fuggérées
à M. Formey; & quand il n'auroit
pas indiqué des règles affez certaines
pour remplir fon objet , il feroit toujours
louable de les avoir propofées.
La féance a été terminée par la lecture
de quelques Stances fur l'homme , par
M. France; & de Réfléxions en vers fur
la cérémonie du jour des Cendres , par
M. l'Abbé de Saulx, Chanoine de l'Eglife
JUILLET. 1763. 139.
de Rheims , & Chancelier de l'Univerfité
de la même Ville.
Fermer
Résumé : SÉANCE publique de la Société Littéraire de CHAALONS-SUR-MARNE.
Lors d'une séance publique de la Société Littéraire de Châlons-sur-Marne le 23 février 1763, plusieurs mémoires et dissertations furent présentés. M. de Velye exposa un mémoire sur les grands hommes de Vertus, mettant en lumière leur mérite malgré l'absence d'institutions éducatives. Il mentionna notamment Nicolas de Clamange, décrit comme un savant distingué comparable à Cicéron, ainsi que la famille de Conflans et François Lalouette, Maître des Requêtes. M. Desmarets présenta un mémoire sur la culture des raves et des navets en Guyenne, détaillant cinq variétés et leurs méthodes de culture, et suggéra d'étendre cette pratique en Champagne. M. de Chalette envoya la préface d'un ouvrage sur la médecine des chevaux, critiquant les pratiques des maréchaux de village et proposant des remèdes efficaces. La séance inclut également la lecture d'une dissertation de M. Rouffel sur le préjugé littéraire, qui examina les divers objets pouvant occuper l'esprit humain et mit en garde contre les préjugés. Un essai sur la critique par M. Formey, associé de l'Académie de Berlin, fut présenté, définissant la critique et proposant un projet de police littéraire pour examiner les ouvrages avant impression. La séance se conclut par la lecture de poèmes de M. France et de l'abbé de Saulx.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
27
p. 99-107
ASSEMBLÉE publique de l'Académie Royale des Belles-Lettres de LA ROCHELLE.
Début :
L'ACADÉMIE des Belles-Lettres de la Rochelle tint le 22 Avril sa séance [...]
Mots clefs :
Poète, Agriculture, Province, Discours, Académie, Ouvrages, Critique, Obstacles, Frivolité
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texteReconnaissance textuelle : ASSEMBLÉE publique de l'Académie Royale des Belles-Lettres de LA ROCHELLE.
ASSEMBLÉE publique de l'Académie
Royale des Belles - Lettres de LA
ROCHELLE.
L'ACADÉM ' ACADÉMIE des Belles - Lettres de la
Rochelle tint le 22 Avril fa féance
publique , à laquelle préfida M. le Maréchal
de Senneterre , Gouverneur de la
Province . M. Dupaty , Tréforier de
France , Directeur de l'Académie , ouvrit
la Séance par un difcours contenant
des Réflexionsfur l'Agriculture relative-
Eij
100 MERCURE DE FRANCE.
ment au Pays d'Aunis. Ce difcours eft
compofé de deux parties ; dans la premiere
l'Auteur expofe plufieurs obftacles
qui s'oppofent au progrès de l'Agriculture
dans cette Province. Voici de quelle
manière il débute.
» Notre Nation taxée de frivolité
par
» quelques Philofophes , va ceffer de
» mériter cette qualification . Il fuffira
» pour s'en convaincre de jetter un coup
» d'oeil fur tous les ouvrages folides que
» nous avons vu éclore de nos jours fur la
» Politique , fur le Commerce , fur les
» Arts & fur l'Agriculture. Le nombre
» des bons Ouvrages dont nous fommes
» en poffeffion , prouvera à tout eſprit
» jufte & fans préjugés, que nous n'avons
» point dégénéré du côté des fciences , du
"
fiécle qui nous a précédé , comme le
» prétendent quelques cenfeurs chagrins,
» mais même que le nôtre peut être
appellé le fiécle des lumières & de la
Philofophie. Si l'on nous reproche
» encore notre goût trop vif pour les
» Arts de luxe , d'agrément ou de fimple
curiofité , ce ne fera pour nous
» qu'un mérite de plus , celui d'avoir fçu
allier les deux extrêmes , & d'avoir
* atteint la perfection en chaque genre..
Eclairés fur nos véritables intérêts, nous
JUILLET. 1763.
ΙΟΙ
avons enfin reconnu que l'Agricultu-
» re eft la mère de tous les Arts , puif-
» qu'elle feule fournit à tous nos befoins
» de premiere néceffité . Pénétrés de cette
» vérité , nous avons porté juſqu'à l'en-
>> thoufiafme le goût pour l'Agriculture .
» Mais fi les ouvrages immortels des
" Duhamel,des Tilly , des Chateauvieux,
» &c , méritent toute notre recon-
>> noiffance ; s'ils renferment une Théorie
» fûre & lumineufe appuyée fur des expériences
bien faites , ont- ils toujours
» l'avantage de nous offrir des pratiques
» applicables à tous les pays ? Je ne puis
» me le perfuader ; je fuis même con-
» vaincu , qu'ils ne peuvent que nous
» mettre fur la voie pour chercher les
» moyens de faire profpérer l'Agricul-
» ture dans cette Province ; mais ils
" nous laiffent tout le mérite de trouver
» ces moyens. Cette gloire eft réſervée
» aux Citoyens qui compofent la fo-
» ciété d'Agriculture érigée depuis peu
» dans cette Ville . Je me bornerai donc
à vous faire part de quelques réfléxions
» fur plufieurs obftacles qui s'oppofent
» au progrès de l'Agriculture.
On ne fuivra point l'Auteur dans le
détail de ces obftacles : fes réfléxions fur
cet objet n'ont , pour ainfi dire , qu'un
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
1
mérite local , & dont l'utilité ne s'étend
pas au-delà des bornes de la Province.
On paffe à la deuxième partie du Mémoire
qui traite du Plane ou Platane.
L'Auteur aime mieux lui donner ce dernier
nom , comme plus analogue au
nom latin , Platanus.
Cet arbre qui n'eft guères connu que
par la plainte d'Horace ,
Evincet ulmos.
Platanusque calebs ,
Horat. od. 15. lib. 2.
ne fe trouvoit point dans le pays d'Aunis
; c'eft à M. Baudry , Directeur des
Poftes , qu'on a l'obligation de l'y voir
pour la premiere fois. Ce Citoyen véritablement
eftimable a bien voulu partager
avec M. Dupaty , l'avantage d'enrichir
la Province d'Aunis , d'un arbre
dont le nom y étoit à peine connu.
M. Dupaty , a planté au mois de
Mars 1762 , des Platanes dans un terrein
frais ; il a eu la fatisfaction de les voir
pouffer dès cette premiere année de plus
de quatre pieds , & donner des feuilles
d'une beauté & d'une largeur furprenante.
Quoique celles qu'il a fait voir
à l'affemblée , euffent perdu en féchant
de leur luftre & de leur largeur , elles
ont étonné .
JUILLET. 1763. 103
M. Dupaty fait connoître plufieurs
particularités du Platane d'après Pline
le Naturaliſte , qui eft un des Auteurs qui
en ait parlé le plus au long , mais comme
il fe propofe de fuivre plus particulierement
la nature & les propriétés de cet
arbre , on attendra le réſultat de ſes expériences.
Le difcours de M. Dupaty , écrit d'un
ftyle fans prétention , & tel qu'il convient
aux matières des Phyfique , fut
écouté d'un auditoire nombreux & éclairé
avec cette attention & cet intérêt ,
que s'attirent naturellement les objets
fimples & utiles .
M. l'Abbé de Rouffy , Aumônier en
dignité de l'Eglife Cathédrale, lut enfuite
un difcours fur les qualités néceffaires à
l'homme de lettres.
Cette le&ture fut fuivie de celle des
obfervations de M. de Montaudoin , fur
une critique des Poëfies de Rouffeau.
L'Auteur repouffe les traits que M. de
Vauvenargue lance au Pindare françois ,
dans fes réfléxions fur quelques Poëtes
célébres. Il eft furpris de voir refuſer à
Rouffeau une place auffi honorable
que celle qu'on accorde au Légiflateur
du Parnaffe françois , parce que celui- ci
a été fon Maître. » Ainfi dit , M. de M...
E iv.
104 MERCURE DE FRANCE.
» Racan ne pourra pas être placé près
» de Malherbe , Racine , près de Def-
» preaux , ni M. de Voltaire , près de
Rouffeau. M. de M. convient avec
M. de V. que le pathétique & le fublime
ne fe trouvent pas toujours dans
les odes du Poëte ; » mais tous les fujets
" font- ils fufceptibles de ce genre de
» beautés ? Rouſſeau eſt toujours fublime
» & pathétique quand il lui eft permis de
» l'être. » Pour prouver contre M. de
V. que les images répandues dans les
Odes que Rouffeau a tirées de fon propre
fond , produifent de grands mouvemens ,
il fe contente d'exhorter à lire les Odes
à la fortune , fur la naiffance du Duc
de Bretagne , fur la mort du Prince de
Conti , &c. fes Cantates, fur-tout Circé.
» M. de V. prétend qu'il y a bien
» des penfées fauffes dans ces Odes fi
» vantées ; il s'attache à l'Ode à la for-
» tune pour le prouver ... Mais il pa-
>> roît avoir manqué le but de l'Ode à la
» fortune ; auroit-il ignoré qu'elle a été
» faite contre les conquérans , qu'elle
» en a même porté le titre ? Le Poëte
» s'eft propofé de guérir les Princes de
» la manie des conquêtes ; & tous les
» amis des hommes ne fe lafferont ja-
» mais d'applaudir à des vues auffi louaJUILLET.
1763. 105
» bles. Comme le Critique étoit mili-
>> taire , il aura été fàché de voir mal-
» traiter de grands Généraux ; mais
» comme il étoit encore Philofophe , il
» auroit dû être auffi fage & auffi bien-
» faifant que le Poëte.
Il eft impoffible de donner dans un
Extrait , une idée plus étendue de ces
obfervations . M. de Montaudouin fuit
pas-à-pas M. de Vauvenargue , & entre:
avec lui en difcuffion fur les différens
objets de fa critique. On fent combient
cette matière déja refferrée par les bornes:
préfcrites à un Difcours Académique , eft
peu fufceptible d'Analyfe.
On lut enfuite une lettre fur le carac
tère & les ouvrages de Tibulle , par M..
le Brun , Secrétaire des Commande
mens de Son Alteffe Séréniffime Monfeigneur
le Prince de Conti ; l'Auteur
débute ainfi..
» Nommer Tibulle , c'eft rappeller
» ce que l'Elégie a de plus touchant &
» de plus tendre. Il fut le Peintre des
» grâces & le Poëte du Sentiment ;
» pourroit-il ne pas intéreffer? Son coeur
eft la fource de fes vers ; c'eft là qu'il
» puife ces images fi naïves qui ébran-
» lent l'âme & demandent des pleurs
Amour dictoit les vers que foupiroit Tibulle.
Ev
106 MERCURE DE FRANCE.
» Ses vers font en effet des foupirs.
» On peut en croire Defpreaux : s'ils
» ont ému fes oreilles auftères , leur
» charme étoit fans doute inévitable.
Après avoir rapporté les particularités
de la vie de Tibulle , qui fervent le plus à
développer le caractère de ce Poëte , M.
le Brun trace le Portrait de ceux qui
ont travaillé dans le même genre ; il
commence par Ovide.
» L'Ingénieux Ovide , ( dit- il , ) lû , chéri ,
» adoré par la jeuneffe , mais fouvent
critiqué par un âge plus mûr , a plus
d'efprit que de fentiment , plus de coquetterie
que de tendreffe. Sa Muſe
brillante a le fard & les agrémens des
beautés qui le trompent ou qu'il cherche
à tromper ; elle périt quelquefois
» fous l'Art & les Fleurs.
*-99
Properce leur rival affecte , felon
moi , des comparaiſons , des allufions ,
des traits de fible trop fréquens ; fes
vers ont quelquefois de la féchereffe
& de l'âpreté il foupire fçavament ,
fa paffion eft érudite , & fa tendreffe
porte un air de Doctrine.
:
M. le Brun parle enfuite de Gallus
& de Catulle ; il fe plaint de ce qu'un
Poëte auffi charmant que Tibulle , n'a
¡pas été traduit en notre langue ; car il
JUILLET. 1763. 107
compte pour rien l'informe traduction de
Marolles. Il voit avec peine la premiere
Elégie noyée dans la prolixe imitation
du Marquis de la Farre ; mais il gémit de
voir Tibulle encore plus défiguré dans
les vers de la Chapelle . Il finit en donnant
quelques regles pour la traduction
des Poëtes , dont il fait l'application à
Tibulle. M. le Brun a traduit en vers
plufieurs morceaux de ce Poëte . La
féance fut terminée par la lecture de la
troifiéme Elégie ; pour ne pas fortir des
bornes prefcrites, on n'en donnera qu'une
partie .
Royale des Belles - Lettres de LA
ROCHELLE.
L'ACADÉM ' ACADÉMIE des Belles - Lettres de la
Rochelle tint le 22 Avril fa féance
publique , à laquelle préfida M. le Maréchal
de Senneterre , Gouverneur de la
Province . M. Dupaty , Tréforier de
France , Directeur de l'Académie , ouvrit
la Séance par un difcours contenant
des Réflexionsfur l'Agriculture relative-
Eij
100 MERCURE DE FRANCE.
ment au Pays d'Aunis. Ce difcours eft
compofé de deux parties ; dans la premiere
l'Auteur expofe plufieurs obftacles
qui s'oppofent au progrès de l'Agriculture
dans cette Province. Voici de quelle
manière il débute.
» Notre Nation taxée de frivolité
par
» quelques Philofophes , va ceffer de
» mériter cette qualification . Il fuffira
» pour s'en convaincre de jetter un coup
» d'oeil fur tous les ouvrages folides que
» nous avons vu éclore de nos jours fur la
» Politique , fur le Commerce , fur les
» Arts & fur l'Agriculture. Le nombre
» des bons Ouvrages dont nous fommes
» en poffeffion , prouvera à tout eſprit
» jufte & fans préjugés, que nous n'avons
» point dégénéré du côté des fciences , du
"
fiécle qui nous a précédé , comme le
» prétendent quelques cenfeurs chagrins,
» mais même que le nôtre peut être
appellé le fiécle des lumières & de la
Philofophie. Si l'on nous reproche
» encore notre goût trop vif pour les
» Arts de luxe , d'agrément ou de fimple
curiofité , ce ne fera pour nous
» qu'un mérite de plus , celui d'avoir fçu
allier les deux extrêmes , & d'avoir
* atteint la perfection en chaque genre..
Eclairés fur nos véritables intérêts, nous
JUILLET. 1763.
ΙΟΙ
avons enfin reconnu que l'Agricultu-
» re eft la mère de tous les Arts , puif-
» qu'elle feule fournit à tous nos befoins
» de premiere néceffité . Pénétrés de cette
» vérité , nous avons porté juſqu'à l'en-
>> thoufiafme le goût pour l'Agriculture .
» Mais fi les ouvrages immortels des
" Duhamel,des Tilly , des Chateauvieux,
» &c , méritent toute notre recon-
>> noiffance ; s'ils renferment une Théorie
» fûre & lumineufe appuyée fur des expériences
bien faites , ont- ils toujours
» l'avantage de nous offrir des pratiques
» applicables à tous les pays ? Je ne puis
» me le perfuader ; je fuis même con-
» vaincu , qu'ils ne peuvent que nous
» mettre fur la voie pour chercher les
» moyens de faire profpérer l'Agricul-
» ture dans cette Province ; mais ils
" nous laiffent tout le mérite de trouver
» ces moyens. Cette gloire eft réſervée
» aux Citoyens qui compofent la fo-
» ciété d'Agriculture érigée depuis peu
» dans cette Ville . Je me bornerai donc
à vous faire part de quelques réfléxions
» fur plufieurs obftacles qui s'oppofent
» au progrès de l'Agriculture.
On ne fuivra point l'Auteur dans le
détail de ces obftacles : fes réfléxions fur
cet objet n'ont , pour ainfi dire , qu'un
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
1
mérite local , & dont l'utilité ne s'étend
pas au-delà des bornes de la Province.
On paffe à la deuxième partie du Mémoire
qui traite du Plane ou Platane.
L'Auteur aime mieux lui donner ce dernier
nom , comme plus analogue au
nom latin , Platanus.
Cet arbre qui n'eft guères connu que
par la plainte d'Horace ,
Evincet ulmos.
Platanusque calebs ,
Horat. od. 15. lib. 2.
ne fe trouvoit point dans le pays d'Aunis
; c'eft à M. Baudry , Directeur des
Poftes , qu'on a l'obligation de l'y voir
pour la premiere fois. Ce Citoyen véritablement
eftimable a bien voulu partager
avec M. Dupaty , l'avantage d'enrichir
la Province d'Aunis , d'un arbre
dont le nom y étoit à peine connu.
M. Dupaty , a planté au mois de
Mars 1762 , des Platanes dans un terrein
frais ; il a eu la fatisfaction de les voir
pouffer dès cette premiere année de plus
de quatre pieds , & donner des feuilles
d'une beauté & d'une largeur furprenante.
Quoique celles qu'il a fait voir
à l'affemblée , euffent perdu en féchant
de leur luftre & de leur largeur , elles
ont étonné .
JUILLET. 1763. 103
M. Dupaty fait connoître plufieurs
particularités du Platane d'après Pline
le Naturaliſte , qui eft un des Auteurs qui
en ait parlé le plus au long , mais comme
il fe propofe de fuivre plus particulierement
la nature & les propriétés de cet
arbre , on attendra le réſultat de ſes expériences.
Le difcours de M. Dupaty , écrit d'un
ftyle fans prétention , & tel qu'il convient
aux matières des Phyfique , fut
écouté d'un auditoire nombreux & éclairé
avec cette attention & cet intérêt ,
que s'attirent naturellement les objets
fimples & utiles .
M. l'Abbé de Rouffy , Aumônier en
dignité de l'Eglife Cathédrale, lut enfuite
un difcours fur les qualités néceffaires à
l'homme de lettres.
Cette le&ture fut fuivie de celle des
obfervations de M. de Montaudoin , fur
une critique des Poëfies de Rouffeau.
L'Auteur repouffe les traits que M. de
Vauvenargue lance au Pindare françois ,
dans fes réfléxions fur quelques Poëtes
célébres. Il eft furpris de voir refuſer à
Rouffeau une place auffi honorable
que celle qu'on accorde au Légiflateur
du Parnaffe françois , parce que celui- ci
a été fon Maître. » Ainfi dit , M. de M...
E iv.
104 MERCURE DE FRANCE.
» Racan ne pourra pas être placé près
» de Malherbe , Racine , près de Def-
» preaux , ni M. de Voltaire , près de
Rouffeau. M. de M. convient avec
M. de V. que le pathétique & le fublime
ne fe trouvent pas toujours dans
les odes du Poëte ; » mais tous les fujets
" font- ils fufceptibles de ce genre de
» beautés ? Rouſſeau eſt toujours fublime
» & pathétique quand il lui eft permis de
» l'être. » Pour prouver contre M. de
V. que les images répandues dans les
Odes que Rouffeau a tirées de fon propre
fond , produifent de grands mouvemens ,
il fe contente d'exhorter à lire les Odes
à la fortune , fur la naiffance du Duc
de Bretagne , fur la mort du Prince de
Conti , &c. fes Cantates, fur-tout Circé.
» M. de V. prétend qu'il y a bien
» des penfées fauffes dans ces Odes fi
» vantées ; il s'attache à l'Ode à la for-
» tune pour le prouver ... Mais il pa-
>> roît avoir manqué le but de l'Ode à la
» fortune ; auroit-il ignoré qu'elle a été
» faite contre les conquérans , qu'elle
» en a même porté le titre ? Le Poëte
» s'eft propofé de guérir les Princes de
» la manie des conquêtes ; & tous les
» amis des hommes ne fe lafferont ja-
» mais d'applaudir à des vues auffi louaJUILLET.
1763. 105
» bles. Comme le Critique étoit mili-
>> taire , il aura été fàché de voir mal-
» traiter de grands Généraux ; mais
» comme il étoit encore Philofophe , il
» auroit dû être auffi fage & auffi bien-
» faifant que le Poëte.
Il eft impoffible de donner dans un
Extrait , une idée plus étendue de ces
obfervations . M. de Montaudouin fuit
pas-à-pas M. de Vauvenargue , & entre:
avec lui en difcuffion fur les différens
objets de fa critique. On fent combient
cette matière déja refferrée par les bornes:
préfcrites à un Difcours Académique , eft
peu fufceptible d'Analyfe.
On lut enfuite une lettre fur le carac
tère & les ouvrages de Tibulle , par M..
le Brun , Secrétaire des Commande
mens de Son Alteffe Séréniffime Monfeigneur
le Prince de Conti ; l'Auteur
débute ainfi..
» Nommer Tibulle , c'eft rappeller
» ce que l'Elégie a de plus touchant &
» de plus tendre. Il fut le Peintre des
» grâces & le Poëte du Sentiment ;
» pourroit-il ne pas intéreffer? Son coeur
eft la fource de fes vers ; c'eft là qu'il
» puife ces images fi naïves qui ébran-
» lent l'âme & demandent des pleurs
Amour dictoit les vers que foupiroit Tibulle.
Ev
106 MERCURE DE FRANCE.
» Ses vers font en effet des foupirs.
» On peut en croire Defpreaux : s'ils
» ont ému fes oreilles auftères , leur
» charme étoit fans doute inévitable.
Après avoir rapporté les particularités
de la vie de Tibulle , qui fervent le plus à
développer le caractère de ce Poëte , M.
le Brun trace le Portrait de ceux qui
ont travaillé dans le même genre ; il
commence par Ovide.
» L'Ingénieux Ovide , ( dit- il , ) lû , chéri ,
» adoré par la jeuneffe , mais fouvent
critiqué par un âge plus mûr , a plus
d'efprit que de fentiment , plus de coquetterie
que de tendreffe. Sa Muſe
brillante a le fard & les agrémens des
beautés qui le trompent ou qu'il cherche
à tromper ; elle périt quelquefois
» fous l'Art & les Fleurs.
*-99
Properce leur rival affecte , felon
moi , des comparaiſons , des allufions ,
des traits de fible trop fréquens ; fes
vers ont quelquefois de la féchereffe
& de l'âpreté il foupire fçavament ,
fa paffion eft érudite , & fa tendreffe
porte un air de Doctrine.
:
M. le Brun parle enfuite de Gallus
& de Catulle ; il fe plaint de ce qu'un
Poëte auffi charmant que Tibulle , n'a
¡pas été traduit en notre langue ; car il
JUILLET. 1763. 107
compte pour rien l'informe traduction de
Marolles. Il voit avec peine la premiere
Elégie noyée dans la prolixe imitation
du Marquis de la Farre ; mais il gémit de
voir Tibulle encore plus défiguré dans
les vers de la Chapelle . Il finit en donnant
quelques regles pour la traduction
des Poëtes , dont il fait l'application à
Tibulle. M. le Brun a traduit en vers
plufieurs morceaux de ce Poëte . La
féance fut terminée par la lecture de la
troifiéme Elégie ; pour ne pas fortir des
bornes prefcrites, on n'en donnera qu'une
partie .
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28
p. 107-108
FRAGMENT de la troisiéme Elégie de Tibulle, à Messala. Par M. le Brun. Ibitis Ageas sine me, Messala, per undas.
Début :
Pars, suis dans l'Orient les Drapeaux de la gloire, [...]
Mots clefs :
Drapeaux, Combats, Printemps, Fer, Guerre, Liberté, Paix
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texteReconnaissance textuelle : FRAGMENT de la troisiéme Elégie de Tibulle, à Messala. Par M. le Brun. Ibitis Ageas sine me, Messala, per undas.
FRAGMENT de la troifiéme Elégie de
Tibulle , à Meffala. Par M. le
Brun.
Abitis ageas fine me , Meffala per undas.
Pars , fuis dans l'Orient les Drapeaux de la gloire,
Cherche à travers les flots l'Afie & la Victoire.
·
Périffe des combats la fanglante Folie !
C'eft elle qui troubla mes jours purs & fereins.
O Paix , de l'âge d'or ramène les deftins.
Un Printemps éternel careffoit la Nature ,
La Terre prodiguoit des moiffons fans culture ,
Ses flancs en longs chemins n'étoient pas fillonés ,
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
Ni de murs foupçonneux au loin empriſonnés .
L'intérêt n'avoit point inventé les partages ,
La foi fervoit alors de borne aux héritages ;
Les Champs couverts de fruits , de troupeaux & de
fleurs ,
Refufoient à Circé les poiſons deftructeurs.
Du Courfier , du Taureau la liberté ſauvage
Et du frein & du joug rejettoit l'esclavage .
Mars n'avoit point encor déployé ſes Drapeaux ;
La haine étoit fans glaive & l'orgeuil fans faiſceaux.
Thétis ne voyoit point de Forêts vagabondes
Ni d'avares Nochers infulter à fes ondes .
Guerre , meurtres , combats , traits de fang altérés ,
Vos noms , vos nomsaffreux étoient même ignorés .
Mais d'un fceptre d'airain , le Ciel frappant la
Terre ,
L'or brille , le fer luit , le fang coule ; & la guerre
Des fragiles mortels précipitant le fort ,
Ofa multiplier les routes de la mort.
Elle m'ouvre un cercueil ... Ah ! s'il faut que j'y
tombe ,
Que du moins l'univers life un jour ſur maTombe ;
Tibu lle ici repofe , au printemps de les jours
» Mars l'enlève à Délie , & la parque auxamours,
Tibulle , à Meffala. Par M. le
Brun.
Abitis ageas fine me , Meffala per undas.
Pars , fuis dans l'Orient les Drapeaux de la gloire,
Cherche à travers les flots l'Afie & la Victoire.
·
Périffe des combats la fanglante Folie !
C'eft elle qui troubla mes jours purs & fereins.
O Paix , de l'âge d'or ramène les deftins.
Un Printemps éternel careffoit la Nature ,
La Terre prodiguoit des moiffons fans culture ,
Ses flancs en longs chemins n'étoient pas fillonés ,
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
Ni de murs foupçonneux au loin empriſonnés .
L'intérêt n'avoit point inventé les partages ,
La foi fervoit alors de borne aux héritages ;
Les Champs couverts de fruits , de troupeaux & de
fleurs ,
Refufoient à Circé les poiſons deftructeurs.
Du Courfier , du Taureau la liberté ſauvage
Et du frein & du joug rejettoit l'esclavage .
Mars n'avoit point encor déployé ſes Drapeaux ;
La haine étoit fans glaive & l'orgeuil fans faiſceaux.
Thétis ne voyoit point de Forêts vagabondes
Ni d'avares Nochers infulter à fes ondes .
Guerre , meurtres , combats , traits de fang altérés ,
Vos noms , vos nomsaffreux étoient même ignorés .
Mais d'un fceptre d'airain , le Ciel frappant la
Terre ,
L'or brille , le fer luit , le fang coule ; & la guerre
Des fragiles mortels précipitant le fort ,
Ofa multiplier les routes de la mort.
Elle m'ouvre un cercueil ... Ah ! s'il faut que j'y
tombe ,
Que du moins l'univers life un jour ſur maTombe ;
Tibu lle ici repofe , au printemps de les jours
» Mars l'enlève à Délie , & la parque auxamours,
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29
p. 121-126
PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres de PRUSSE, pour l'année 1763.
Début :
LE Prix de la Classe de Philosophie spéculative devoit être adjugé le 31 de [...]
Mots clefs :
Prix, Académie, Jugement, Philosophie, Programme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres de PRUSSE, pour l'année 1763.
PRIX proposé par l'Académie Royale
des Sciences & Belles- Lettres de
PRUSSE , pour l'année 1763.
L E Prix
de la
Claffe
de
Philofophie
fpéculative
devoit
être
adjugé
le 31 de
Mai
1763.
Il concernoit
la Queftion
fuivante
:
On demande : Si les vérités Métaphyfiques
en général , & en particulier les
F
122 MERCURE DE FRANCE.
premiers principes de la Théologie naturelle
& de la Morale , font fufceptibles
de la même évidence que les Vérités
géométriques ; & au cas qu'elles n'en
foyent pas fufceptibles , quelle eft la
nature de leur certitude , à quel degré
elle peut parvenir , & fi ce degré fuffic
pour la conviction ?
, Le fçavant Juif de Berlin Mofes
fils de Mendel , a remporté ce Prix ; mais
l'Académie a déclaré en même temps
que le Mémoire Allemand qui avoit
pour devife :
r
Verum animo fatis hæc veftigia parva fagaci
Sunt , per qua poffit cætera cognofcere tute
toit, à l'égard de la Pièce victorieuſe
ans une proximité qui ne différoit guè
es de l'égalité.
La Claffe de Philofophie Expérimen
tale avoit renvoyé jufqu'au même jour
31 de Mai 1763 le Prix fur la Quef
tion déjà propofée pour l'année 1761 .
fçavoir :
Si tous les Etres vivan's , tant du rẻ-
gne animal que du régne végétal ,fortent
d'un auffécondé par un germe, ou par
une matière prolifique analogue au
germe ?
Ces deux années de délai n'ayant S
AOUST. 1763 . 123
"
•
produit aucune nouvelle Pièce digne
d'être couronnée , l'Académie abandonne
cette Queſtion . Mais comme
pendant cet intervalle M. Bonnet
Citoyen de Genêve , Membre de diverfes
Académies , & Auteur de plufieurs
excellens Ouvrages , en a publié un intitulé
, Confidérations fur les Corps organifés
, qu'il a envoyé à l'Académie
le foumettant à fon jugement , l'Académie
a profité de cette occafion pour
témoigner publiquement que cet Onvrage
lui a paru le fruit des obfervations
les plus exactes , & des recher
ches les plus approfondies ; en forte
que , fi l'Auteur , au lieu de le mettre
au jour & de fe faire connoître , l'avoit
foumis aux loix ordinaires du concours
il auroit infailliblement remporté le Prix.
La Claffe de Philofophie Expérimen →
tale propoſe préfentement pour l'année
1765 la Queftion fuivante .
On demande de nouvelles expériences,
d'après lefquelles on puiffe expliquer
diftinctement & prouver folidement , en
quoi confifte le changement que les ali
mens , tirés tant du règne animal que
du règne végétal , éprouvent dans le
corps humain , foit dans le ventricule
foit dans les inteftins , pendant l'état de
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
fanté. Le résultat de ces recherches dou
être de faire voir quelle eft proprement
la partie des alimens qui fe convertit en
fuc nourricier comment fe fait cette ,
converfion , & quelles font les parties
des alimens qui ne peuvent naturellement
fubir aucune digeftion , ni fervir
à nourir le corps ?
On invite les Sçavans de tous pays ,
excepté les Membres ordinaires de l'Académie
, à travailler fur cette Queftion
. Le Prix , qui confifte en une Médaille
d'or du poids de cinquante Du
cats fera donné à celui qui , au jugement
de l'Académie , aura le mieux
réuffi . Les piéces écrites d'un caractère
lifible , feront adreffées à M. le Profeffeur
Formey , Secrétaire perpétuel de
l'Académie .
Le terme pour les recevoir eft fixé
jufqu'au de Janvier 1764 , après
quoi on n'en recevia abfolument aucune
, quelque raifon de retardement
qui puiffe être alléguée en fa faveur.
On prie auffi les Auteurs de ne point
ſe nommer mais de mettre fimplement
une Devife , à laquelle ils joindront
un Billet cacheté , qui contiendra
avec la devife , leur nom & leur
demeure .
AO UST. 1763. 125 .
Le Jugement de l'Académie fera déclaré
dans l'Affemblée publique du 31
de Mai 1765.
Outre les Queftions fufdites , la Claffe
de Mathématique avoit déclaré dans
le Programme de l'année paffée , qu'en
quelque temps que ce fut qu'on lui
adreffât un Mémoire fatisfaifant fur l'explication
de l'ouïe , relativement à la
manière dont la perception du fon eft
produite en vertu de la ftructure interieure
de l'oreille , elle lui décerneroit le
Prix. Le cas vient d'arriver ; & ce Prix
a été donné dans la derniere Affemblée
publique , à M. George Urbain Belz,
Docteur en Médecine , & Médecin de
la Ville de Neuftadt - Eberswalde. *
On a été averti par le Programme de
l'année précédente , que le Prix de la
Claffe de Belles - Lettres , qui fera adjugé
le 31 de Mai 1764 , & pour lequel
les Pièces feront reçues jufqu'au I Janvier
de la même année concerne la
Queſtion fuivante :
Quand eft-ce que la puiffance fouveraine
des Empereurs Grecs a totalement
ceffé dans Rome ? Quel gouvernement
les Romains eurent - ils alors ? Et
dans quel temps la fouveraineté des Papes
fut-elle établie ?
F iij
126 MERCURE DE FRANCE.
Le grand Directoire de Guerre &
des Finances de S. M. a auffi requis
l'Académie d'annoncer dans fon Programme
, qu'il deftinoit un Prix de cinquante
écus à un Mémoire fur la meilleure
conftruction des fourneaux , relativement
à l'épargne du bois ; les Mémoires
feront foumis au jugement de
l'Académie , & le Prix fera adjugé en
même temps que le Prix de l'Acadé
mie en 1764.
des Sciences & Belles- Lettres de
PRUSSE , pour l'année 1763.
L E Prix
de la
Claffe
de
Philofophie
fpéculative
devoit
être
adjugé
le 31 de
Mai
1763.
Il concernoit
la Queftion
fuivante
:
On demande : Si les vérités Métaphyfiques
en général , & en particulier les
F
122 MERCURE DE FRANCE.
premiers principes de la Théologie naturelle
& de la Morale , font fufceptibles
de la même évidence que les Vérités
géométriques ; & au cas qu'elles n'en
foyent pas fufceptibles , quelle eft la
nature de leur certitude , à quel degré
elle peut parvenir , & fi ce degré fuffic
pour la conviction ?
, Le fçavant Juif de Berlin Mofes
fils de Mendel , a remporté ce Prix ; mais
l'Académie a déclaré en même temps
que le Mémoire Allemand qui avoit
pour devife :
r
Verum animo fatis hæc veftigia parva fagaci
Sunt , per qua poffit cætera cognofcere tute
toit, à l'égard de la Pièce victorieuſe
ans une proximité qui ne différoit guè
es de l'égalité.
La Claffe de Philofophie Expérimen
tale avoit renvoyé jufqu'au même jour
31 de Mai 1763 le Prix fur la Quef
tion déjà propofée pour l'année 1761 .
fçavoir :
Si tous les Etres vivan's , tant du rẻ-
gne animal que du régne végétal ,fortent
d'un auffécondé par un germe, ou par
une matière prolifique analogue au
germe ?
Ces deux années de délai n'ayant S
AOUST. 1763 . 123
"
•
produit aucune nouvelle Pièce digne
d'être couronnée , l'Académie abandonne
cette Queſtion . Mais comme
pendant cet intervalle M. Bonnet
Citoyen de Genêve , Membre de diverfes
Académies , & Auteur de plufieurs
excellens Ouvrages , en a publié un intitulé
, Confidérations fur les Corps organifés
, qu'il a envoyé à l'Académie
le foumettant à fon jugement , l'Académie
a profité de cette occafion pour
témoigner publiquement que cet Onvrage
lui a paru le fruit des obfervations
les plus exactes , & des recher
ches les plus approfondies ; en forte
que , fi l'Auteur , au lieu de le mettre
au jour & de fe faire connoître , l'avoit
foumis aux loix ordinaires du concours
il auroit infailliblement remporté le Prix.
La Claffe de Philofophie Expérimen →
tale propoſe préfentement pour l'année
1765 la Queftion fuivante .
On demande de nouvelles expériences,
d'après lefquelles on puiffe expliquer
diftinctement & prouver folidement , en
quoi confifte le changement que les ali
mens , tirés tant du règne animal que
du règne végétal , éprouvent dans le
corps humain , foit dans le ventricule
foit dans les inteftins , pendant l'état de
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
fanté. Le résultat de ces recherches dou
être de faire voir quelle eft proprement
la partie des alimens qui fe convertit en
fuc nourricier comment fe fait cette ,
converfion , & quelles font les parties
des alimens qui ne peuvent naturellement
fubir aucune digeftion , ni fervir
à nourir le corps ?
On invite les Sçavans de tous pays ,
excepté les Membres ordinaires de l'Académie
, à travailler fur cette Queftion
. Le Prix , qui confifte en une Médaille
d'or du poids de cinquante Du
cats fera donné à celui qui , au jugement
de l'Académie , aura le mieux
réuffi . Les piéces écrites d'un caractère
lifible , feront adreffées à M. le Profeffeur
Formey , Secrétaire perpétuel de
l'Académie .
Le terme pour les recevoir eft fixé
jufqu'au de Janvier 1764 , après
quoi on n'en recevia abfolument aucune
, quelque raifon de retardement
qui puiffe être alléguée en fa faveur.
On prie auffi les Auteurs de ne point
ſe nommer mais de mettre fimplement
une Devife , à laquelle ils joindront
un Billet cacheté , qui contiendra
avec la devife , leur nom & leur
demeure .
AO UST. 1763. 125 .
Le Jugement de l'Académie fera déclaré
dans l'Affemblée publique du 31
de Mai 1765.
Outre les Queftions fufdites , la Claffe
de Mathématique avoit déclaré dans
le Programme de l'année paffée , qu'en
quelque temps que ce fut qu'on lui
adreffât un Mémoire fatisfaifant fur l'explication
de l'ouïe , relativement à la
manière dont la perception du fon eft
produite en vertu de la ftructure interieure
de l'oreille , elle lui décerneroit le
Prix. Le cas vient d'arriver ; & ce Prix
a été donné dans la derniere Affemblée
publique , à M. George Urbain Belz,
Docteur en Médecine , & Médecin de
la Ville de Neuftadt - Eberswalde. *
On a été averti par le Programme de
l'année précédente , que le Prix de la
Claffe de Belles - Lettres , qui fera adjugé
le 31 de Mai 1764 , & pour lequel
les Pièces feront reçues jufqu'au I Janvier
de la même année concerne la
Queſtion fuivante :
Quand eft-ce que la puiffance fouveraine
des Empereurs Grecs a totalement
ceffé dans Rome ? Quel gouvernement
les Romains eurent - ils alors ? Et
dans quel temps la fouveraineté des Papes
fut-elle établie ?
F iij
126 MERCURE DE FRANCE.
Le grand Directoire de Guerre &
des Finances de S. M. a auffi requis
l'Académie d'annoncer dans fon Programme
, qu'il deftinoit un Prix de cinquante
écus à un Mémoire fur la meilleure
conftruction des fourneaux , relativement
à l'épargne du bois ; les Mémoires
feront foumis au jugement de
l'Académie , & le Prix fera adjugé en
même temps que le Prix de l'Acadé
mie en 1764.
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30
p. 126-138
ÉLOGE Historique de M. LE PERE, lu dans l'Assemblée publique de l'Académie d'AUXERRE par M. de S. GEORGE, Sécrétaire perpétuel de la même Académie, le 26 Octobre 1762.
Début :
MATURIN LE PERE, Secrétaire perpétuel de la Société des Sciences, Arts [...]
Mots clefs :
Travail, Mémoire, Opérations, Triangles , Précision, Société, Difficultés, Observations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ÉLOGE Historique de M. LE PERE, lu dans l'Assemblée publique de l'Académie d'AUXERRE par M. de S. GEORGE, Sécrétaire perpétuel de la même Académie, le 26 Octobre 1762.
ÉLOGE Hiftorique de M. LE PERE
lu dans l'Affemblée publique de l'Académie
d'AUXERRE par M. de S.
GEORGE , Sécrétaire perpétuel de la
même Académie , le 26 Octobre 1762.
MATURIN ATURIN LE PER E, Secrétaire
perpétuel de la Société des Sciences, Arts
& Belles-Lettres d'Auxerre Directeur
des Poftes de la même Ville , naquit à
Milli en Gâtinois , le 12 Janvier 1718.
Il avoit reçu de la nature des difpofitions
heureufes , qu'une bonne éducation fçut
heureufement cultiver. Il remporta du
College de Beauvais , où il avoit fait fa
Rhétorique & fa Philofophie , un amour
A O UST. 1763. 127
de l'Etude tel que les leçons des plus
habiles Maîtres pouvoient l'inspirer à un
jeune homme , qui réuniffoit la facilité
de l'efprit à la fagèffe des moeurs.
Après avoir donné dans Paris , plufieurs
années à un genre de travail , qui
femble être devenu le complément de
l'éducation pour la jeuneffe , à qui la
Nobleffe ou l'opulence n'ouvrent point
une meilleure voie de fe faire un état
dans le monde , M. le Père parfaitement
inftruit dans la fcience des affaires
s'établit en cette Ville , avec l'emploi
de Directeur de la Pofte ; auquel il joignit
bientôt après l'office de Notaire , au
Bailliage ; il fallut joindre enfuite aux
devoirs de ces deux places , tous les foins
de l'éducation d'une famille nombreufe.
- Parmi tant d'occupations , dont il a
toujours porté le poids avec une religieufe
exactitude , il fçavoit encore fe
ménager des momens , que la néceffité
du repos & le plaifir auroient pu revendiquer
, mais il étoit content de les donner
à fes anciennes études , dont l'entretien
fouvent trop peu libre n'avoit jamais
été totalement interrompu.
*
Avec ce goût & cette habitude , il
n'étoit pas poffible qu'il négligeât l'occafion
qui fe pré fentoit de cultiver , avec
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
plus d'étendue & plus de fecours , les
lettres & les fciences qu'il aimoit. Perfonne
n'a peut-être embraffé notre inftitution
naiffante avec plus d'ardeur : &
aucun n'a mieux fçu profiter des avantages
qu'elle préfente. Il s'étoit acquis de
longue main , un fond de connoiffances
variées , qui ne demandoient que
d'être repriſes avec ordre , & dirigées à
une fin , pour enfanter fans effort quantité
de productions eftimables.
Le premier objet des occupations de la
fociété devant être l'Hiftoire naturelle &
civile dupays que nous habitons , M. le
Pere commença fes travaux Académiques
par l'étude des moyens qu'il falloit mettre
en oeuvre pour fe procurer une carte
exacte du diocèfe , & une defcription
hiftorique de toutes fes parties. Il fe chargea
lui- même de toutes les opérations de
Trigonométrie néceffaires pour fixer la
fituation & la diftance des lieux &
dreffa un Mémoire qui fut envoyé à tous
MM. les Curés , pour leur demander , &
les mettre en état de donner avec précifion
, tous les éclairciffemens relatifs au
deffein qu'on fe propofoit.
1
>
Perfonne n'étoit plus capable de diriger
& de fuivre cet objet important
que M.Le Pere qui poffédoit une conAÓUST.
1763 . 124)
noiffance profonde de toutes les parties
de la Géographie , dont il préfenta en
ce même tems à nos féances un Tableau
magnifique , dans un Mémoire étendu ,
qu'on peut regarder comme une introduction
facile & attrayante à l'étude de
la Géographie.
%
Le grand ouvrage de M. Bouguer ,
fur la figure de la terre vint alors exercer
& mettre en plus grand jour les talens
de M. le Pere. Il le lut avec tant d'intérêt
, approfondit les difficultés , en rechercha
les folutions avec tant de fuccès
qu'il acquit par fon travail l'honneur
de paroître dans le Public foutenant la
caufe de M. Bouguer , dont le fyftême,
éprouva d'abord de grandes contradictions
. Les lettres qu'il écrivoit à ce sujet ,
ont été répandues & eftimées : & M.
Bouguer ravi de trouver dans une région,
naiffante, &prèfque inconnue du monde
littéraire , un défenfeur auffi habile , entra
avec lui en correfpondance. M. le
Pere étoit l'homme de notre fociété le
plus capable de la produire au dehors ,
& de former & d'entretenir des relations .
auffi utiles à nos progrès qu'honorables
à nos commencemens.
L'étude du fçavant ouvrage de M.
Bouguer, & les débats qu'il occafionna
Fv.
130 MERCURE DE FRANCE,
firent naître à M. le Pere , plufieurs idées
fur la perfection qu'il eft poffible d'ajouter
aux inftrumens d'Aftronomie ; fes
réfléxions fur ces objets font renfermées
dans un Mémoire fort intéreffant qu'il
donna en 1750. Il y expofe une nouvelle
manière d'appliquer le micrometre
aux inftrumens propres à mefurer les
angles , ou plutôt une conftruction toute
nouvelle du micrometre . Elle confifte
en une vis accompagnée d'un fimple
Cadran mobile : les pas de la vis font réglés
fur l'étendue de la divifion du quart
de cercle auquel on veut l'appliquer ; le
Cadran eft divifé de manière que chacune
de fes parties vaille un nombre
complet de fecondes ; par-là on évite les
réductions , ou le calcul des parties du
micrometre , dont toutes les obfervations
font embarraffées ; on évite les
tranfverfales dont le travail eft long , &
fujet aux plus grandes difficultés d'exécution
; on a l'avantage d'avoir toujours
l'objet au centre de la lunette . Enfin
on évite la néceffité de marquer la
Tigne de foi , par un cheveu qui fe caffe
fouvent , & qui eft incommode par fa
groffeur relativement aux divifions imperceptibles
des inftrumens d'Aftronomie.
A OUST. 1763. 131
M. le Pere , examine auffi dans fon
Mémoire l'inconvénient d'un alidade
excentrique , c'est-à- dire d'une lunette
qui tourne fur un quart de cercle , mais
qui ne décrit prèfque jamais exactement
la circonférence de l'inftrument , parce
que le centre de l'axe fur lequel tourne
la lunette , n'eft pas le même centre de
l'arc qu'on a décrit fur le limbe. Il propofe
de faire fervir l'alidade elle - même
à décrire l'arc du quart de cercle & il enfeigne
une manière nouvelle d'employer
Parc de go liv. à la place de l'arc de 601.
dont on s'eft toujours fervi pour divifer
les quarts de cercles. Sa méthode eft fondée
fur le nivellement & le renversement
, opérations connues dans l'Aftronomie
, & que M. le Pere a fçu appliquer
à fa nouvelle conftruction , comme l'auroit
pu faire l'Aftronome le plus exercé
dans ce genre d'opérations .
M. Bouguer , dans fon Livre de la Figure
de la Tèrre s'étoit plaint de l'embarras
que lui caufoit la courbure des
barres de fer qui formoient le rayon
de fon grand fecteur ; M. le Pere imagina
de rendre ce rayon immobile , &
de le laiffer toujours dans la fituation
verticale où la courbure eft nulle , en
në faiſant incliner que la lunette dont
Fvj
132 MERCURE
DE FRANCE .
la courbure eft indifférente ; pour cela
il rendoit mobile le limbe même du
fecteur , en faisant paffer les points de
la divifion fous un fil à plomb tendu
in variablement.
Ce Mémoire fut commuiqué à plufieurs
Sçavans du premier ordre qui rendirent
juftice & applaudirent à des inventions
fupérieures à ce qu'on a exécuté
jufqu'à ce jour , & qui , outre
qu'elles épargnent un travail prodigieux
dans la conftruction des inftrumens &
les difficultés du calcul aux Obfervateurs
, donnent encore dans l'obſervation
des angles la précifion la plus parfaite
.
73 . MM. Delalande & le Gentil , dont le
fuffrage eft d'un fi grand poids en ces
matières , écrivirent au bas du Manuf
crit , que ces inventions étoient abfolument
neuves & préférables à la méthode
ordinaire & que M. le Pere
avoit la gloire d'une invention utile ,
dans une matière auffi difficile qu'importante.
M. Caffini de Thury écrivit à M. le
Pere qu'il avoit examiné fon Mémoire
avec foin ; qu'il contenoit plufieurs
nouveautés intéreffantes ; que l'idée du
micrometre étoit ingénieufe & nouvelAOUST.
1763. 133
Te , & qu'il approuvoit tellement cette
conftruction , qu'il la feroit exécuter ſur
le premier inftrument qu'il ordonneroit.
Si M. le Pere s'attachoit à la perfection
des inftrumens , c'étoit à caufe du
fervice qu'il vouloit en tirer dans l'exécution.
Il fuivoit toujours le projet que
la Société avoit formé de lever la carte
détaillée du Diocèfe avec un graphometre
dont M. Caffini faifoit préfent
au nom du Roi à la Société , afin d'aider
& d'animer fon travail. M. le Pere
a mefuré les pofitions & les diſtances de
tous les endroits remarquables au dedans
& aux environs de la ville : tours ,
clochers , fommets de montagnes , tout
a été foumis à fes obfervations : les
pofitions
déterminées & les diftances calculées
avec une attention & une exactitude
admirables ; qu'il me foit permis
d'entrer en quelque détail pour donner
un exemple frappant de la jufteffe & de
la précifion du travail de M. le Pere.
Il mefura dabord une bafe de 328
Toiſes entre la Croix du Calvaire fituée .
près la Porte Saint - Simon , & un fignal
qu'il fit planter près la Porte d'Egleny
, fur le bord du chemin de Saint-
George. Il fit planter des fignaux fur
les Tureaux de Celles de Jonches & d
134 MERCURE DE FRANCE.
Saint - Denis : enfuite il forma neuf
Triangles & détermina la poſition de
fes fignaux ; celle d'un arbre en quetard
, de la Chapelle Saint- Simeon , de la
Tour Saint- Etienne , des Fourches de
Brellon , & enfin de la Croix de Queine .
Le dernier de fes Triangles fut celui
de la Tour Saint-Etienne , du fignal de
Saint-Denis & de la Croix de Queine ,
dont M. Caffini lui avoit donné les
calculs. M. le Pére calcula fes Triangles
par fa baſe meſurée , calcula en- ·
fuite à l'inverfe fept de fes Triangles
en prenant pour baſe la diftance de la
Croix Queine , au fignal Saint - Denis
donné par M. Caffini : & le réfultat de
fon nouveau calcul ne lui donna dans
la meſure de fa bafe que , de plus
c'eft-à-dire un pied de différence fur
328 Toifes. Cependant il ne s'étoit
fervi dans ces opérations , que d'un
Graphometre d'environ fix pouces de
rayon , dont le défavantage n'a pu être
réparé que par l'induftrie & l'application
la plus fcrupuleufe.
I
Il détermina avec la même jufteffe
la direction de la méridienne de l'horloge
; il fit différentes obfervations de
l'amplitude Orientale & Occidentale
du Soleil , avant & après , & pendant!
A O UST. 1763. 135
le Solftice d'Eté ; il obferva fur le Tu
reau de Celles , & plus encore fur la
plate-forme de l'Horloge. Il forma &
calcula plufieurs Triangles Sphériques ,
qui lui donnerent deuxAngles à la Méridienne
l'un au Nord , & l'autre au
Sud de la Ville . Il détermina l'Angle
au midi entre la Méridienne & le
Pilier Oriental des fourches de Brelon ,
de 11 , 34 par Eft , & l'Angle au Nord,
entre le Pignon occidental de la Chapelle
Saint-Simeon de 16 , 59 par Oueſt ;
& ces deux Angles à la méridienne de
l'horloge font parfaitement d'accord
avec les Angles à la méridienne de la
Tour Saint - Etienne , déterminés par
les opérations faites par la carte générale
du Royaume.
M. le Père a encore vérifié fes obfervations
fur la méridienne de l'horloge
en déterminant trois autres Angles à
cette méridienne , entre le clocher de
Venoi , la Chapelle Sainte- Vaubouée ,
& le fommet du Tureau de Celles.
Cinq cens obfervations faites pour
former une fuite de Triangles avec
cette précifion , & les calculs qu'elles
entraînent devoient coûter beaucoup
à M. le Père , qui jufques- là s'étoit
affez contenté des charmes de la théorie
136 MERCURE DE FRANCE .
fans y joindre les difficultés de la pratique.
Il y fit cependant des progrès
très -rapides ; il l'exerça fupérieurement
& il en fut moins redevable à l'opiniâtreté
du travail , qu'à une étude profonde
& entiere des Mathématiques.
Elles faifoient fon étude favorite , un
goût décidé & invincible l'y ramenoit
préférablement à tout : mais les circonftances
& les affaires de la vie "
fouvent peu d'accord avec l'inclination ,
lui avoient fait paffer fa jeuneffe dans
d'autres occupations. Il avoit réuffi
parce qu'il y avoit porté ce goût d'ordre
& de précifion qui eft l'efprit géométrique
fi éffentiel dans toutes les affaires
férieufes , avec bien plus d'effet
encore fe livroit - il à fon penchant, lorfqu'il
étoit maître de difpofer de fes
momens ? Il portoit alors au travail un
efprit fi appliqué , fi pénétrant , qu'il a
fouvent réfolu des difficultés qui embaraffoient
des Géométres plus confommés
que lui. On l'a vû réfoudre des
queftions de la plus fublime Géométrie
, avec le fecours d'une fimple annalyfe
, employer une adreffe fingulière
dans la manière de confidérer des fuites
infinies dont la fommation dépendoit
de la rectification du cercle , & ſe traA
OUST. 1763. 137
cer une route particuliere pour déterminer
les foutangeantes dans la courbe
tranfcendante connue fous le nom de
Quadratrice de Tſchirnaufen.
Il nous donna en 1753 , un Mé
moire rempli de calculs Algébriques ,
dans lequel il explique une nouvelle
méthode pour trouver facilement la fouf
tylaire , la méridienne , & la déclinaifon
du plan des cadrans Verticaux ,
dès que la hauteur du ftyle eft donnée,
Enfuite il nous rendit compte de l'obfervation
qu'il avoit faite de l'éclipſe de
Soleil du 28 Octobre de la même année
.
Je n'entrerai point dans le détail de
tous les problêmes d'Arithmétique , d'Algebre,
& de Trigonometrie , dont la folution
faifoit fes divertiffemens . On voit
dans le Mercure de 1760 , des lettres de
M. le Pere , qui démontrent avec autant
de clarté & de précifion , que de politeffe
, le défaut d'une nouvelle folution
du fameux problême de la duplication
du cube .
Je ne ferai que citer fon Mémoire fur
les incommenfurables, & leur multiplication:
fur l'ufage du finus d'1 °.1 dans l'approximation
de la quadrature du cercle ,
& fur l'utilité de l'Àlgebre , ou plutôt là
138 MERCURÉ DE FRANCE.
fiéceffité pour parvenir à quelques découvertes
dans la Géométrie Moderne.
Je me contente auffi d'indiquer fes
recherches fur les logarithmes , dont il a
étendu l'ufage , par une nouvelle méthode
de les employer dans certains cas ,
où l'opération eft accablante fans leur
fecours qui n'y avoit point encore été
introduit.
Nous verrons avec plus de plaifir &
d'intérêt,M. le Pere réduifant en pratique
fes hautes connoiffances , & les appliquant
à des opérations de fervice & d'u
fage continuel .
C'eft lui qui a décrit & fait éxécuter
pour l'ufage de notre Société , une machine
propre à recevoir & à mefurer l'eau
de pluie. Elle fert journellement , entre
les mains d'un exact Obfervateur,à mefurer
l'eau qui tombe chaque année à
Auxerre.
La forme que fui a donnée M. le Pere ,
& qui empêche l'évaporation , eft dans
le goût de celle de la Société d'Edimbourg,
& rend ce vaiffeau plus parfait
que ceux dont fe fervent plufieurs Académies
de l'Europe.
Le reste au Mercure prochain.
lu dans l'Affemblée publique de l'Académie
d'AUXERRE par M. de S.
GEORGE , Sécrétaire perpétuel de la
même Académie , le 26 Octobre 1762.
MATURIN ATURIN LE PER E, Secrétaire
perpétuel de la Société des Sciences, Arts
& Belles-Lettres d'Auxerre Directeur
des Poftes de la même Ville , naquit à
Milli en Gâtinois , le 12 Janvier 1718.
Il avoit reçu de la nature des difpofitions
heureufes , qu'une bonne éducation fçut
heureufement cultiver. Il remporta du
College de Beauvais , où il avoit fait fa
Rhétorique & fa Philofophie , un amour
A O UST. 1763. 127
de l'Etude tel que les leçons des plus
habiles Maîtres pouvoient l'inspirer à un
jeune homme , qui réuniffoit la facilité
de l'efprit à la fagèffe des moeurs.
Après avoir donné dans Paris , plufieurs
années à un genre de travail , qui
femble être devenu le complément de
l'éducation pour la jeuneffe , à qui la
Nobleffe ou l'opulence n'ouvrent point
une meilleure voie de fe faire un état
dans le monde , M. le Père parfaitement
inftruit dans la fcience des affaires
s'établit en cette Ville , avec l'emploi
de Directeur de la Pofte ; auquel il joignit
bientôt après l'office de Notaire , au
Bailliage ; il fallut joindre enfuite aux
devoirs de ces deux places , tous les foins
de l'éducation d'une famille nombreufe.
- Parmi tant d'occupations , dont il a
toujours porté le poids avec une religieufe
exactitude , il fçavoit encore fe
ménager des momens , que la néceffité
du repos & le plaifir auroient pu revendiquer
, mais il étoit content de les donner
à fes anciennes études , dont l'entretien
fouvent trop peu libre n'avoit jamais
été totalement interrompu.
*
Avec ce goût & cette habitude , il
n'étoit pas poffible qu'il négligeât l'occafion
qui fe pré fentoit de cultiver , avec
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
plus d'étendue & plus de fecours , les
lettres & les fciences qu'il aimoit. Perfonne
n'a peut-être embraffé notre inftitution
naiffante avec plus d'ardeur : &
aucun n'a mieux fçu profiter des avantages
qu'elle préfente. Il s'étoit acquis de
longue main , un fond de connoiffances
variées , qui ne demandoient que
d'être repriſes avec ordre , & dirigées à
une fin , pour enfanter fans effort quantité
de productions eftimables.
Le premier objet des occupations de la
fociété devant être l'Hiftoire naturelle &
civile dupays que nous habitons , M. le
Pere commença fes travaux Académiques
par l'étude des moyens qu'il falloit mettre
en oeuvre pour fe procurer une carte
exacte du diocèfe , & une defcription
hiftorique de toutes fes parties. Il fe chargea
lui- même de toutes les opérations de
Trigonométrie néceffaires pour fixer la
fituation & la diftance des lieux &
dreffa un Mémoire qui fut envoyé à tous
MM. les Curés , pour leur demander , &
les mettre en état de donner avec précifion
, tous les éclairciffemens relatifs au
deffein qu'on fe propofoit.
1
>
Perfonne n'étoit plus capable de diriger
& de fuivre cet objet important
que M.Le Pere qui poffédoit une conAÓUST.
1763 . 124)
noiffance profonde de toutes les parties
de la Géographie , dont il préfenta en
ce même tems à nos féances un Tableau
magnifique , dans un Mémoire étendu ,
qu'on peut regarder comme une introduction
facile & attrayante à l'étude de
la Géographie.
%
Le grand ouvrage de M. Bouguer ,
fur la figure de la terre vint alors exercer
& mettre en plus grand jour les talens
de M. le Pere. Il le lut avec tant d'intérêt
, approfondit les difficultés , en rechercha
les folutions avec tant de fuccès
qu'il acquit par fon travail l'honneur
de paroître dans le Public foutenant la
caufe de M. Bouguer , dont le fyftême,
éprouva d'abord de grandes contradictions
. Les lettres qu'il écrivoit à ce sujet ,
ont été répandues & eftimées : & M.
Bouguer ravi de trouver dans une région,
naiffante, &prèfque inconnue du monde
littéraire , un défenfeur auffi habile , entra
avec lui en correfpondance. M. le
Pere étoit l'homme de notre fociété le
plus capable de la produire au dehors ,
& de former & d'entretenir des relations .
auffi utiles à nos progrès qu'honorables
à nos commencemens.
L'étude du fçavant ouvrage de M.
Bouguer, & les débats qu'il occafionna
Fv.
130 MERCURE DE FRANCE,
firent naître à M. le Pere , plufieurs idées
fur la perfection qu'il eft poffible d'ajouter
aux inftrumens d'Aftronomie ; fes
réfléxions fur ces objets font renfermées
dans un Mémoire fort intéreffant qu'il
donna en 1750. Il y expofe une nouvelle
manière d'appliquer le micrometre
aux inftrumens propres à mefurer les
angles , ou plutôt une conftruction toute
nouvelle du micrometre . Elle confifte
en une vis accompagnée d'un fimple
Cadran mobile : les pas de la vis font réglés
fur l'étendue de la divifion du quart
de cercle auquel on veut l'appliquer ; le
Cadran eft divifé de manière que chacune
de fes parties vaille un nombre
complet de fecondes ; par-là on évite les
réductions , ou le calcul des parties du
micrometre , dont toutes les obfervations
font embarraffées ; on évite les
tranfverfales dont le travail eft long , &
fujet aux plus grandes difficultés d'exécution
; on a l'avantage d'avoir toujours
l'objet au centre de la lunette . Enfin
on évite la néceffité de marquer la
Tigne de foi , par un cheveu qui fe caffe
fouvent , & qui eft incommode par fa
groffeur relativement aux divifions imperceptibles
des inftrumens d'Aftronomie.
A OUST. 1763. 131
M. le Pere , examine auffi dans fon
Mémoire l'inconvénient d'un alidade
excentrique , c'est-à- dire d'une lunette
qui tourne fur un quart de cercle , mais
qui ne décrit prèfque jamais exactement
la circonférence de l'inftrument , parce
que le centre de l'axe fur lequel tourne
la lunette , n'eft pas le même centre de
l'arc qu'on a décrit fur le limbe. Il propofe
de faire fervir l'alidade elle - même
à décrire l'arc du quart de cercle & il enfeigne
une manière nouvelle d'employer
Parc de go liv. à la place de l'arc de 601.
dont on s'eft toujours fervi pour divifer
les quarts de cercles. Sa méthode eft fondée
fur le nivellement & le renversement
, opérations connues dans l'Aftronomie
, & que M. le Pere a fçu appliquer
à fa nouvelle conftruction , comme l'auroit
pu faire l'Aftronome le plus exercé
dans ce genre d'opérations .
M. Bouguer , dans fon Livre de la Figure
de la Tèrre s'étoit plaint de l'embarras
que lui caufoit la courbure des
barres de fer qui formoient le rayon
de fon grand fecteur ; M. le Pere imagina
de rendre ce rayon immobile , &
de le laiffer toujours dans la fituation
verticale où la courbure eft nulle , en
në faiſant incliner que la lunette dont
Fvj
132 MERCURE
DE FRANCE .
la courbure eft indifférente ; pour cela
il rendoit mobile le limbe même du
fecteur , en faisant paffer les points de
la divifion fous un fil à plomb tendu
in variablement.
Ce Mémoire fut commuiqué à plufieurs
Sçavans du premier ordre qui rendirent
juftice & applaudirent à des inventions
fupérieures à ce qu'on a exécuté
jufqu'à ce jour , & qui , outre
qu'elles épargnent un travail prodigieux
dans la conftruction des inftrumens &
les difficultés du calcul aux Obfervateurs
, donnent encore dans l'obſervation
des angles la précifion la plus parfaite
.
73 . MM. Delalande & le Gentil , dont le
fuffrage eft d'un fi grand poids en ces
matières , écrivirent au bas du Manuf
crit , que ces inventions étoient abfolument
neuves & préférables à la méthode
ordinaire & que M. le Pere
avoit la gloire d'une invention utile ,
dans une matière auffi difficile qu'importante.
M. Caffini de Thury écrivit à M. le
Pere qu'il avoit examiné fon Mémoire
avec foin ; qu'il contenoit plufieurs
nouveautés intéreffantes ; que l'idée du
micrometre étoit ingénieufe & nouvelAOUST.
1763. 133
Te , & qu'il approuvoit tellement cette
conftruction , qu'il la feroit exécuter ſur
le premier inftrument qu'il ordonneroit.
Si M. le Pere s'attachoit à la perfection
des inftrumens , c'étoit à caufe du
fervice qu'il vouloit en tirer dans l'exécution.
Il fuivoit toujours le projet que
la Société avoit formé de lever la carte
détaillée du Diocèfe avec un graphometre
dont M. Caffini faifoit préfent
au nom du Roi à la Société , afin d'aider
& d'animer fon travail. M. le Pere
a mefuré les pofitions & les diſtances de
tous les endroits remarquables au dedans
& aux environs de la ville : tours ,
clochers , fommets de montagnes , tout
a été foumis à fes obfervations : les
pofitions
déterminées & les diftances calculées
avec une attention & une exactitude
admirables ; qu'il me foit permis
d'entrer en quelque détail pour donner
un exemple frappant de la jufteffe & de
la précifion du travail de M. le Pere.
Il mefura dabord une bafe de 328
Toiſes entre la Croix du Calvaire fituée .
près la Porte Saint - Simon , & un fignal
qu'il fit planter près la Porte d'Egleny
, fur le bord du chemin de Saint-
George. Il fit planter des fignaux fur
les Tureaux de Celles de Jonches & d
134 MERCURE DE FRANCE.
Saint - Denis : enfuite il forma neuf
Triangles & détermina la poſition de
fes fignaux ; celle d'un arbre en quetard
, de la Chapelle Saint- Simeon , de la
Tour Saint- Etienne , des Fourches de
Brellon , & enfin de la Croix de Queine .
Le dernier de fes Triangles fut celui
de la Tour Saint-Etienne , du fignal de
Saint-Denis & de la Croix de Queine ,
dont M. Caffini lui avoit donné les
calculs. M. le Pére calcula fes Triangles
par fa baſe meſurée , calcula en- ·
fuite à l'inverfe fept de fes Triangles
en prenant pour baſe la diftance de la
Croix Queine , au fignal Saint - Denis
donné par M. Caffini : & le réfultat de
fon nouveau calcul ne lui donna dans
la meſure de fa bafe que , de plus
c'eft-à-dire un pied de différence fur
328 Toifes. Cependant il ne s'étoit
fervi dans ces opérations , que d'un
Graphometre d'environ fix pouces de
rayon , dont le défavantage n'a pu être
réparé que par l'induftrie & l'application
la plus fcrupuleufe.
I
Il détermina avec la même jufteffe
la direction de la méridienne de l'horloge
; il fit différentes obfervations de
l'amplitude Orientale & Occidentale
du Soleil , avant & après , & pendant!
A O UST. 1763. 135
le Solftice d'Eté ; il obferva fur le Tu
reau de Celles , & plus encore fur la
plate-forme de l'Horloge. Il forma &
calcula plufieurs Triangles Sphériques ,
qui lui donnerent deuxAngles à la Méridienne
l'un au Nord , & l'autre au
Sud de la Ville . Il détermina l'Angle
au midi entre la Méridienne & le
Pilier Oriental des fourches de Brelon ,
de 11 , 34 par Eft , & l'Angle au Nord,
entre le Pignon occidental de la Chapelle
Saint-Simeon de 16 , 59 par Oueſt ;
& ces deux Angles à la méridienne de
l'horloge font parfaitement d'accord
avec les Angles à la méridienne de la
Tour Saint - Etienne , déterminés par
les opérations faites par la carte générale
du Royaume.
M. le Père a encore vérifié fes obfervations
fur la méridienne de l'horloge
en déterminant trois autres Angles à
cette méridienne , entre le clocher de
Venoi , la Chapelle Sainte- Vaubouée ,
& le fommet du Tureau de Celles.
Cinq cens obfervations faites pour
former une fuite de Triangles avec
cette précifion , & les calculs qu'elles
entraînent devoient coûter beaucoup
à M. le Père , qui jufques- là s'étoit
affez contenté des charmes de la théorie
136 MERCURE DE FRANCE .
fans y joindre les difficultés de la pratique.
Il y fit cependant des progrès
très -rapides ; il l'exerça fupérieurement
& il en fut moins redevable à l'opiniâtreté
du travail , qu'à une étude profonde
& entiere des Mathématiques.
Elles faifoient fon étude favorite , un
goût décidé & invincible l'y ramenoit
préférablement à tout : mais les circonftances
& les affaires de la vie "
fouvent peu d'accord avec l'inclination ,
lui avoient fait paffer fa jeuneffe dans
d'autres occupations. Il avoit réuffi
parce qu'il y avoit porté ce goût d'ordre
& de précifion qui eft l'efprit géométrique
fi éffentiel dans toutes les affaires
férieufes , avec bien plus d'effet
encore fe livroit - il à fon penchant, lorfqu'il
étoit maître de difpofer de fes
momens ? Il portoit alors au travail un
efprit fi appliqué , fi pénétrant , qu'il a
fouvent réfolu des difficultés qui embaraffoient
des Géométres plus confommés
que lui. On l'a vû réfoudre des
queftions de la plus fublime Géométrie
, avec le fecours d'une fimple annalyfe
, employer une adreffe fingulière
dans la manière de confidérer des fuites
infinies dont la fommation dépendoit
de la rectification du cercle , & ſe traA
OUST. 1763. 137
cer une route particuliere pour déterminer
les foutangeantes dans la courbe
tranfcendante connue fous le nom de
Quadratrice de Tſchirnaufen.
Il nous donna en 1753 , un Mé
moire rempli de calculs Algébriques ,
dans lequel il explique une nouvelle
méthode pour trouver facilement la fouf
tylaire , la méridienne , & la déclinaifon
du plan des cadrans Verticaux ,
dès que la hauteur du ftyle eft donnée,
Enfuite il nous rendit compte de l'obfervation
qu'il avoit faite de l'éclipſe de
Soleil du 28 Octobre de la même année
.
Je n'entrerai point dans le détail de
tous les problêmes d'Arithmétique , d'Algebre,
& de Trigonometrie , dont la folution
faifoit fes divertiffemens . On voit
dans le Mercure de 1760 , des lettres de
M. le Pere , qui démontrent avec autant
de clarté & de précifion , que de politeffe
, le défaut d'une nouvelle folution
du fameux problême de la duplication
du cube .
Je ne ferai que citer fon Mémoire fur
les incommenfurables, & leur multiplication:
fur l'ufage du finus d'1 °.1 dans l'approximation
de la quadrature du cercle ,
& fur l'utilité de l'Àlgebre , ou plutôt là
138 MERCURÉ DE FRANCE.
fiéceffité pour parvenir à quelques découvertes
dans la Géométrie Moderne.
Je me contente auffi d'indiquer fes
recherches fur les logarithmes , dont il a
étendu l'ufage , par une nouvelle méthode
de les employer dans certains cas ,
où l'opération eft accablante fans leur
fecours qui n'y avoit point encore été
introduit.
Nous verrons avec plus de plaifir &
d'intérêt,M. le Pere réduifant en pratique
fes hautes connoiffances , & les appliquant
à des opérations de fervice & d'u
fage continuel .
C'eft lui qui a décrit & fait éxécuter
pour l'ufage de notre Société , une machine
propre à recevoir & à mefurer l'eau
de pluie. Elle fert journellement , entre
les mains d'un exact Obfervateur,à mefurer
l'eau qui tombe chaque année à
Auxerre.
La forme que fui a donnée M. le Pere ,
& qui empêche l'évaporation , eft dans
le goût de celle de la Société d'Edimbourg,
& rend ce vaiffeau plus parfait
que ceux dont fe fervent plufieurs Académies
de l'Europe.
Le reste au Mercure prochain.
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31
p. 111-112
PRIX de Poësie pour l'Année M. DCC. LXIV.
Début :
LE vingt-cinquième jour du mois d'Août 1764, Fête de S. Louis, l'Acanémie [...]
Mots clefs :
Académie française, Prix de poésie, Médaille d'or, Vers alexandrins, Auteurs, Sentence, Devise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX de Poësie pour l'Année M. DCC. LXIV.
PRIX de Poëfie pour l'Année M. DCC.
LXIV.
LEE vingt - cinquième jour du mois
d'Août 1764 , Fête de S. Louis , l'Acanémie
Françoife donnera un Prix de
Poefie , qui fera une Médaille d'or de
fix cens livres .
* Le Prix de l'Académie eft formé des fondations
réunies de MM . de Balzac , de Clermont
Tonnerre , Evêque de Noyon , & Gaudron.
112 MERCURE DE FRANCE.
Le Prix fera donné à un Poëme ou
une Epitre en Vers Alexandrins , ou en
Vers de dix fyllabes, dont le Sujet eft au
choix des Auteurs. La Pièce fera de
cent Vers au moins .
Toutes Perfonnes , excepté les Quarante
de l'Académie ſeront reçues à
compofer pour le Prix .
Les Auteurs ne mettront point leur
nom à leurs Ouvrages , mais ils y mettront
une Sentence ou Devife , telle
qu'il leur plaira .
Ceux qui prétendent au Prix , font
avertis que s'ils fe font connoître avant
le jugement , foit par eux - mêmes , foit
par leurs amis , ils ne concourront point .
Les Ouvrages feront remis avant le
premier jour du mois de Juillet prochain
à la Veuve de B. Brunet , Imprimeur
de l'Académie Françoiſe , rue baffe de
l'Hôtel des Urfins , ou au Palais : & fi
le port n'en eft point affranchi , ils ne
feront retirés .
LXIV.
LEE vingt - cinquième jour du mois
d'Août 1764 , Fête de S. Louis , l'Acanémie
Françoife donnera un Prix de
Poefie , qui fera une Médaille d'or de
fix cens livres .
* Le Prix de l'Académie eft formé des fondations
réunies de MM . de Balzac , de Clermont
Tonnerre , Evêque de Noyon , & Gaudron.
112 MERCURE DE FRANCE.
Le Prix fera donné à un Poëme ou
une Epitre en Vers Alexandrins , ou en
Vers de dix fyllabes, dont le Sujet eft au
choix des Auteurs. La Pièce fera de
cent Vers au moins .
Toutes Perfonnes , excepté les Quarante
de l'Académie ſeront reçues à
compofer pour le Prix .
Les Auteurs ne mettront point leur
nom à leurs Ouvrages , mais ils y mettront
une Sentence ou Devife , telle
qu'il leur plaira .
Ceux qui prétendent au Prix , font
avertis que s'ils fe font connoître avant
le jugement , foit par eux - mêmes , foit
par leurs amis , ils ne concourront point .
Les Ouvrages feront remis avant le
premier jour du mois de Juillet prochain
à la Veuve de B. Brunet , Imprimeur
de l'Académie Françoiſe , rue baffe de
l'Hôtel des Urfins , ou au Palais : & fi
le port n'en eft point affranchi , ils ne
feront retirés .
Fermer
32
p. 112-115
PRIX proposé par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de LYON, pour l'Année 1765.
Début :
L'ACADÉMIE des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de Lyon, propose pour [...]
Mots clefs :
Prix des arts, Cuir, Soldats romains, Impénétrabilité, Devise, Médailles d'or
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de LYON, pour l'Année 1765.
PRIX propofé par l'Académie des
Sciences , Belles- Lettres , & Arts de
LYON , pour 1 Année 1765.
L'ACADEMIE
'ACADÉMIE des Sciences , BellesOCTOBRE.
1763 . 113
Lettres , & Arts de Lyon , propoſe pour
le Prix des Arts fondé par M. Chriftin ,
qui fera diftribué à la Saint Louis 1765 ,
le Sujet fuivant : Trouver le moyen de
durcir le Cuir , & de lui donner une
Sorte de trempe qui le rende impénétrable
aux balles de moufquet , & aux atteintes
du fer le plus tranchant & le plus
affilé.
Quelques Auteurs rapportent que les
Soldats Romains s'armoient de larges
bandes de Cuir pour fe mettre à l'abri
des traits. On prétend auffi que les
Péruviens avoient le fecret de prépa
rer le Cuir pour lui donner cette impénétrabilité.
Quoiqu'il en foit de ces
faits hiftoriques , l'Académie fachant
que les Cuirs de France font très - inférieurs
à ceux de quelques pays Etrangers
, demande qu'on effaie d'apprêter
les Cuirs pour les rendre propres à
faire des armures , & à fervir à plufieurs
autres ufages.
Toutes personnes pourront aſpirer à
ce Prix. Il n'y aura d'exception que
pour les Membres de l'Académie , tels
que les Académiciens ordinaires & les
Vétérans. Les Affociés réfidant hors de
Lyon auront la liberté d'y concourir.
Ceux qui enverront des Mémoires ,
114 MERCURE DE FRANCE.
font priés de les écrire en François ou
en Latin , & d'une manière lifible.
Les Auteurs mettront une deviſe à
la tête de leurs Ouvrages. Ils y joindront
un Billet cacheté , qui contiendra
la même devife , avec leurs nom , demeure
& qualités . La Piéce qui aura
remporté le Prix , fera la feule dont
le Billet fera ouvert.
On n'admettra point au concours les
Mémoires dont les Auteurs fe feront
fait connoître , directement ou indirectement
, avant la décifion .
Les Ouvrages feront adreffés francs
de port à Lyon .
Chez M. Bollioud Mermet , Secrétaire
perpétuel de l'Académie pour la claffe
des Sciences , rue du Plat.
Ou chez M. le Préfident de Fleurieu ,
Secrétaire perpétuel pour la claffe des
Belles- Lettres , rue Boiffac.
Ou chez Aimé de la Roche , Imprimeur
de l'Académie , aux Halles de la
Grenette .
Aucun Ouvrage ne fera reçu après le
premier Avril 1765. L'Académie dans
fon Affemblée publique , qui fuivra immédiatement
la fête de S. Louis , proclamera
la Piéce qui aura mérité les
fuffrages.
OCTOBRE . 1763. IIS
Le prix eft une Médaille d'or , de la
valeur de 300 liv . Elle fera donnée à
celui qui , au jugement de l'Académie ,
aura fait le meilleur Mémoire fur le
Sujet propofé .
Cette Médaille fera délivrée à l'Auteur
même , qui fe fera connoître , ou
au porteur d'une procuration de fa
part , dreffée en bonne forme.
Sciences , Belles- Lettres , & Arts de
LYON , pour 1 Année 1765.
L'ACADEMIE
'ACADÉMIE des Sciences , BellesOCTOBRE.
1763 . 113
Lettres , & Arts de Lyon , propoſe pour
le Prix des Arts fondé par M. Chriftin ,
qui fera diftribué à la Saint Louis 1765 ,
le Sujet fuivant : Trouver le moyen de
durcir le Cuir , & de lui donner une
Sorte de trempe qui le rende impénétrable
aux balles de moufquet , & aux atteintes
du fer le plus tranchant & le plus
affilé.
Quelques Auteurs rapportent que les
Soldats Romains s'armoient de larges
bandes de Cuir pour fe mettre à l'abri
des traits. On prétend auffi que les
Péruviens avoient le fecret de prépa
rer le Cuir pour lui donner cette impénétrabilité.
Quoiqu'il en foit de ces
faits hiftoriques , l'Académie fachant
que les Cuirs de France font très - inférieurs
à ceux de quelques pays Etrangers
, demande qu'on effaie d'apprêter
les Cuirs pour les rendre propres à
faire des armures , & à fervir à plufieurs
autres ufages.
Toutes personnes pourront aſpirer à
ce Prix. Il n'y aura d'exception que
pour les Membres de l'Académie , tels
que les Académiciens ordinaires & les
Vétérans. Les Affociés réfidant hors de
Lyon auront la liberté d'y concourir.
Ceux qui enverront des Mémoires ,
114 MERCURE DE FRANCE.
font priés de les écrire en François ou
en Latin , & d'une manière lifible.
Les Auteurs mettront une deviſe à
la tête de leurs Ouvrages. Ils y joindront
un Billet cacheté , qui contiendra
la même devife , avec leurs nom , demeure
& qualités . La Piéce qui aura
remporté le Prix , fera la feule dont
le Billet fera ouvert.
On n'admettra point au concours les
Mémoires dont les Auteurs fe feront
fait connoître , directement ou indirectement
, avant la décifion .
Les Ouvrages feront adreffés francs
de port à Lyon .
Chez M. Bollioud Mermet , Secrétaire
perpétuel de l'Académie pour la claffe
des Sciences , rue du Plat.
Ou chez M. le Préfident de Fleurieu ,
Secrétaire perpétuel pour la claffe des
Belles- Lettres , rue Boiffac.
Ou chez Aimé de la Roche , Imprimeur
de l'Académie , aux Halles de la
Grenette .
Aucun Ouvrage ne fera reçu après le
premier Avril 1765. L'Académie dans
fon Affemblée publique , qui fuivra immédiatement
la fête de S. Louis , proclamera
la Piéce qui aura mérité les
fuffrages.
OCTOBRE . 1763. IIS
Le prix eft une Médaille d'or , de la
valeur de 300 liv . Elle fera donnée à
celui qui , au jugement de l'Académie ,
aura fait le meilleur Mémoire fur le
Sujet propofé .
Cette Médaille fera délivrée à l'Auteur
même , qui fe fera connoître , ou
au porteur d'une procuration de fa
part , dreffée en bonne forme.
Fermer
33
p. 115-118
PROGRAMME de l'Académie des Belles-Lettres de MARSEILLE.
Début :
L'ACADÉMIE tint son Assemblée publique dans la grande Salle de l'Hôtel- [...]
Mots clefs :
Académie, Discours, Secrétaire, Poésie, Assemblée publique, Mœurs , Voyage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROGRAMME de l'Académie des Belles-Lettres de MARSEILLE.
PROGRAMME de l'Académie des Belles-
Lettres de MARSEILLE.
L'ACADÉMIE tint fon Affemblée
publique dans la grande Salle de l'Hôtelde
- Ville le 25 Août jour de S. Louis..
M. le Duc de Villars , fon Protecteur
y préfida ; il ouvrit la Séance par un
difcours dans lequel il expofa fes vues
fur le projet que l'Académie a formé
fous fes aufpices , & à fon invitation
pour réunir aux Belles- Lettres les Sciences
& les Arts économiques , tels que
l'Agriculture , le Commerce , & c . Il
faifit cette occafion pour témoigner publiquement
combien il a été fenfible au
zèle & aux tranfports de joie qu'ont
fait éclater pour lui à fon retour de
Genève , les Villes d'Aix , de Marſeille
116 MERCURE DE FRANCE .
& généralement toute la Province qu'il
appella fa feconde Patrie.
M. l'Abbé de S. Tropez , Directeur
de l'Académie , prononça un difcours
relatif à l'objet de l'Affemblée .
M. Ricand , Secrétaire , lut un difcours
où il examine les moyens qu'employa
Lycurgue pour établir fes Loix à
Lacédémone , & les caufes particulières
qui concoururent au fuccès de fon entrepriſe.
M. Barthe fit la lecture d'une Héroïde
qui a pour titre : l'Abbé de Rancé , de
fon Abbaye de la Trape à un ami. On
attribue la converfion du fameux Abbé
de Rancé , à la mort d'une Dame qu'il
aimoit ; il venoit de paffer plufieurs
jours à la Campagne , il ignoroit que.
cette Dame fût morte. Il entre chez elle
dans la nuit par un eſcalier dérobé ; le
premier objet qu'il apperçoit , c'eft un
cercueil dans lequel fon Amante étoit
renfermée . Comme on devoit la tranfporter
dans le tombeau de fes pères , on
avoit fait faire un cercueil de plomb
& on lui avoit coupé la tête , parce que
le cercueil s'étoit trouvé trop court.
Frappé d'un coup fi terrible , l'Abbé de
Rancé renonça dès ce moment au monde
; il ſe retira à la Trape où il mit la
OCTOBRE . 1763 .
117
réforme la plus auftère . C'eft de cette
Abbaye qu'on fuppofe qu'il écrit à un
ami qui voyage en Italie , & qui ignore
fon avanture .
On lut enfuite une differtation de M.
Guis fur l'origine & l'hiftoire des Madragues
, ou de la Pêche des Thons.
La Séance fut terminée par une Fable
intitulée , les Poiffons.
L'Académie a réfervé les Prix de trois
années confécutives ; elle en aura deux
d'Eloquence & deux de Poefie à diftribuer
le 25 Août , Fête de S. Louis , de
l'année prochaine 1764.
Voici les Sujets qu'elle propofe pour
les prix
d'Eloquence :
Combien les Belles- Lettres & les beaux
Arts influent fur les moeurs d'une Nation.
Comment peut-on en même temps rendre
des Voyages utiles à foi-même & à
fa Patrie ?
L'Académie laiffe au choix des Auteurs
les Sujets de Poëfie ; elle admettra
également au Concours les Odes , les
Poëfies , & les Epîtres.
- Les Difcours feront au plus d'une demie
heure de lecture ; les piéces de Poëfie
doivent être de 100 vers au moins , &
de 150 au plus.
118 MERCURE DE FRANCE.
Le Prix de l'Académie eft une médaille
d'or de la valeur de 300 livres , portant
d'un côté le Bufte de M. le Maréchal
Duc de Villars , & fur le revers ces mots :
Præmium Academia Maffilienfis ; entourés
d'une Couronne de laurier.
On adreffera les Ouvrages à M. Ricaud
, Secrétaire perpétuel de l'Académie
des Belles Lettres , rue des Dominiquaines
, à Marſeille. On affranchira
les paquets à la Pofte , fans quoi ils ne
feront pas retirés ; ils feront recus que
jufqu'au premier de Mai.
Les Auteurs ne mettront pas leur nom
à leurs Ouvrages , mais une Sentence
ou Devife ; on les prie de prendre les
mefures néceffaires pour n'être pas connus
avant la décifion de l'Académie .
M. le Secrétaire enverra fon récépiffé
à l'adreffe qui lui fera indiquée , ou le
remettra à la perfonne domiciliée à Marfeille
, qui lui préfentera l'Ouvrage.
Toute Piéce qui aura été imprimée ,
ou dont il aura couru des copies manufcrites
, ou que l'on découvrira avoir
été préfentée à quelque Société litté
raire , fera exclue du Concours.
Lettres de MARSEILLE.
L'ACADÉMIE tint fon Affemblée
publique dans la grande Salle de l'Hôtelde
- Ville le 25 Août jour de S. Louis..
M. le Duc de Villars , fon Protecteur
y préfida ; il ouvrit la Séance par un
difcours dans lequel il expofa fes vues
fur le projet que l'Académie a formé
fous fes aufpices , & à fon invitation
pour réunir aux Belles- Lettres les Sciences
& les Arts économiques , tels que
l'Agriculture , le Commerce , & c . Il
faifit cette occafion pour témoigner publiquement
combien il a été fenfible au
zèle & aux tranfports de joie qu'ont
fait éclater pour lui à fon retour de
Genève , les Villes d'Aix , de Marſeille
116 MERCURE DE FRANCE .
& généralement toute la Province qu'il
appella fa feconde Patrie.
M. l'Abbé de S. Tropez , Directeur
de l'Académie , prononça un difcours
relatif à l'objet de l'Affemblée .
M. Ricand , Secrétaire , lut un difcours
où il examine les moyens qu'employa
Lycurgue pour établir fes Loix à
Lacédémone , & les caufes particulières
qui concoururent au fuccès de fon entrepriſe.
M. Barthe fit la lecture d'une Héroïde
qui a pour titre : l'Abbé de Rancé , de
fon Abbaye de la Trape à un ami. On
attribue la converfion du fameux Abbé
de Rancé , à la mort d'une Dame qu'il
aimoit ; il venoit de paffer plufieurs
jours à la Campagne , il ignoroit que.
cette Dame fût morte. Il entre chez elle
dans la nuit par un eſcalier dérobé ; le
premier objet qu'il apperçoit , c'eft un
cercueil dans lequel fon Amante étoit
renfermée . Comme on devoit la tranfporter
dans le tombeau de fes pères , on
avoit fait faire un cercueil de plomb
& on lui avoit coupé la tête , parce que
le cercueil s'étoit trouvé trop court.
Frappé d'un coup fi terrible , l'Abbé de
Rancé renonça dès ce moment au monde
; il ſe retira à la Trape où il mit la
OCTOBRE . 1763 .
117
réforme la plus auftère . C'eft de cette
Abbaye qu'on fuppofe qu'il écrit à un
ami qui voyage en Italie , & qui ignore
fon avanture .
On lut enfuite une differtation de M.
Guis fur l'origine & l'hiftoire des Madragues
, ou de la Pêche des Thons.
La Séance fut terminée par une Fable
intitulée , les Poiffons.
L'Académie a réfervé les Prix de trois
années confécutives ; elle en aura deux
d'Eloquence & deux de Poefie à diftribuer
le 25 Août , Fête de S. Louis , de
l'année prochaine 1764.
Voici les Sujets qu'elle propofe pour
les prix
d'Eloquence :
Combien les Belles- Lettres & les beaux
Arts influent fur les moeurs d'une Nation.
Comment peut-on en même temps rendre
des Voyages utiles à foi-même & à
fa Patrie ?
L'Académie laiffe au choix des Auteurs
les Sujets de Poëfie ; elle admettra
également au Concours les Odes , les
Poëfies , & les Epîtres.
- Les Difcours feront au plus d'une demie
heure de lecture ; les piéces de Poëfie
doivent être de 100 vers au moins , &
de 150 au plus.
118 MERCURE DE FRANCE.
Le Prix de l'Académie eft une médaille
d'or de la valeur de 300 livres , portant
d'un côté le Bufte de M. le Maréchal
Duc de Villars , & fur le revers ces mots :
Præmium Academia Maffilienfis ; entourés
d'une Couronne de laurier.
On adreffera les Ouvrages à M. Ricaud
, Secrétaire perpétuel de l'Académie
des Belles Lettres , rue des Dominiquaines
, à Marſeille. On affranchira
les paquets à la Pofte , fans quoi ils ne
feront pas retirés ; ils feront recus que
jufqu'au premier de Mai.
Les Auteurs ne mettront pas leur nom
à leurs Ouvrages , mais une Sentence
ou Devife ; on les prie de prendre les
mefures néceffaires pour n'être pas connus
avant la décifion de l'Académie .
M. le Secrétaire enverra fon récépiffé
à l'adreffe qui lui fera indiquée , ou le
remettra à la perfonne domiciliée à Marfeille
, qui lui préfentera l'Ouvrage.
Toute Piéce qui aura été imprimée ,
ou dont il aura couru des copies manufcrites
, ou que l'on découvrira avoir
été préfentée à quelque Société litté
raire , fera exclue du Concours.
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34
p. 119-123
PROGRAMME des Prix de l'Académie Royale des Sciences, des Belles-Letres & des Arts de ROUEN.
Début :
LE sujet du Prix de la Classe des Sciences & des Arts qui en dépendent, [...]
Mots clefs :
Académie, Prix, Sciences, Devise, Auteurs, Expériences, Inspiration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROGRAMME des Prix de l'Académie Royale des Sciences, des Belles-Letres & des Arts de ROUEN.
PROGRAMME des Prix de l'Académie
Royale des Sciences des Belles-
Letres & des Arts de RoUEN,
,
LEE fujet du Prix de la Claffe des
Sciences & des Arts qui en dépendent ,
propofé deux fois par l'Académie , & la
dernière fois avec un Prix double étoit...
la meilleure manière d'amender les Terres,
Ce Sujet important a été enfin traité
cette année par les Concurrens d'une
manière fatisfaifante . Deux entr'autres
ont mérité particulièrement l'attention
& les lauriers de l'Académie , & lui ont
paru affez bien remplir fes intentions
en les réuniffant : c'eft pourquoi elle a
cru devoir partager également ce Prix
double entre deux Mémoires ; l'un eft le
No. 3 , dont la devife eft : O fortunatos
nimiumfuafibona norint . Sa théorie
a été trouvée très-lumineufe ; fon Auteur
eft M. Barbaret , ancien Premier
Médecin des armées , & Médecin penfionné
de la Ville de Bourg en Breffe,
L'autre Mémoire couronné eft le N°. 2 ,
dont la devife eft : in omnibus fere mi120
MERCURE DE FRANCE.
>
nus valent præcepta quàm experimenta.
L'Auteur de celui - ci , conformément à
fa devife , s'attache peu à la Théorie
mais il paroît un Praticien confommé , &
très verfé dans les expériences : l'Auteur
eft M. Caro , Cure de Charmentré ,
Doyen rural près Meaux en Brie.
On a donné un acceffit au N°. 1
dont la devife eft : in pudore vultus tui
vefceris pane. Les bonnes chofes qu'on
a trouvées dans cet Ouvrage ont porté
l'Académie à décider qu'on en imprimeroit
un Extrait à la fuite des deux
autres car elle penfe qu'il ne faut rien
négliger , rien laiffer perdre quand il s'agit
des progrès d'un Art auffi précieux
que l'Agriculture .
L'Auteur de ce dernier Mémoire eſt
M. Sacher , Chanoine de Pruillé à l'Eguillé
, près le Mans.
C'eft à la Claffe des Sciences à donner
le Sujet du Prix pour l'année prochaine
1764 : l'Académie a choifi celui
- ci....
Le Méchanifme & les ufages de la
refpiration , dans lefquels elle fouhaite
particulièrement qu'on faffe entrer la folution
des queftions fuivantes . ...
Les côtes font- elles plus écartées ou
plus rapprochées les unes des autres dans
l'infpiration
OCTOBRE. 1763 . 121
l'infpiration que dans l'expiration ?
Le fang eft - il condenfé ou raréfié par
l'air infpiré ?
Cet air paffe-t- il dans le fang , ou
non ?
D'où vient la couleur vermeille qu'il
ý reçoit ?
3
Y eft-il en plus grande quantité &
mú plus librement & plus rapidement
dans le temps de l'infpiration que dans
celui de l'expiration ?
Y a-t- il dans ces deux temps quelque
changement dans la quantité & le mouvement
des liqueurs des gros vaiſſeauxqui
fe rendent aux oreillettes , ou qui partent
du coeur , & s'il y en a , quels fontils
?
L'Académie éxige des Auteurs que
leurs preuves font principalement fondées
en expériences , & fur-tout en
expériences nouvelles .
On adreffera les Mémoires francs
de port à M. le Cat , Secrétaire perpétuel
des Sciences : ils feront reçus jufqu'au
premier Juin 1764 : les Auteurs y
mettront en tête une devife , & à la fin
leur nom cacheté felon l'ufage ordinaire .
C'eft à la même Claffe des Sciences
à donner le Prix de l'année 1766 : l'Académie
en a déjà choifi le Sujet ; & vû
I. Vol. F
122 MERCURE DE FRANCE.
fon importance , & les longues recherches
qui feront néceffaires aux Auteurs
elle le propofe dès - à- préfent. Le voici :
Quelles font les Mines de Normandie ,
tant métalliques que demi- métalliques ,
falines, &bitumineufes , & les avantages
qu'on pourroit tirer de leur exploitation?
Ce Prix fera double , c'eft - à- dire , de
deux cens écus à caufe des frais indif
penfables de voyages , de recherches
& d'expériences .
Les Correfpondans & Affociés régnicoles
de l'Académie peuvent compofer
pour ce Prix : on n'excepte du Concours
que les Membres de l'Académie qui en
font les Juges.
PROGRAMME du Prix de Poësie de
la même Académie.
L'Académie n'a point encore reçu
cette année d'ouvrage qui mérite la
couronne qu'elle avoit deftinée au Poëte
qui célébreroit le mieux la Délivrance
de Salerne. Le Poëme qui a pour de
vife Credite pofteri , le meilleur de ceux
qui lui ont été adreffés , n'eft qu'une
Efquiffe très-imparfaite dont il paroît
cependant que l'Auteur a du génie &
du talent ; mais il n'a pas travaillé fon
OCTOBRE . 1763. 123
+
Sujet avec tout le foin qu'il méritoit ,
& il ne lui a pas donné à beaucoup
près l'étendue qu'il fembloit exiger.
L'Académie s'eft portée à remettre
encore ce Prix dans l'efpérance que la
conftance avec laquelle elle s'attache à
un fi bon Sujet , lui attirera enfin un
Ouvrage qui en fera digne . Depuis qu'elle
a pris cette réfolution elle a été
inftruite que des Lettres Anonymes que
des Auteurs , qui avoient eu envie de
concourrir , n'avoient pu terminer leurs
-Ouvrages pour le temps marqué : elle
les avertit qu'ils ont actuellement juf
qu'au premier Juillet de l'année prochaine
pour les revoir & y faire les corrections
qu'ils jugeront convenables .
Le Prix fera toujours double ou de
600 liv. les conditions les mêmes que
les années précédentes.
Les Auteurs les adrefferont à M.
Maillet du Roullay , Maître des Comptes
& Secrétaire perpétuel de l'Académie
des Belles - Lettres à Rouen .
Royale des Sciences des Belles-
Letres & des Arts de RoUEN,
,
LEE fujet du Prix de la Claffe des
Sciences & des Arts qui en dépendent ,
propofé deux fois par l'Académie , & la
dernière fois avec un Prix double étoit...
la meilleure manière d'amender les Terres,
Ce Sujet important a été enfin traité
cette année par les Concurrens d'une
manière fatisfaifante . Deux entr'autres
ont mérité particulièrement l'attention
& les lauriers de l'Académie , & lui ont
paru affez bien remplir fes intentions
en les réuniffant : c'eft pourquoi elle a
cru devoir partager également ce Prix
double entre deux Mémoires ; l'un eft le
No. 3 , dont la devife eft : O fortunatos
nimiumfuafibona norint . Sa théorie
a été trouvée très-lumineufe ; fon Auteur
eft M. Barbaret , ancien Premier
Médecin des armées , & Médecin penfionné
de la Ville de Bourg en Breffe,
L'autre Mémoire couronné eft le N°. 2 ,
dont la devife eft : in omnibus fere mi120
MERCURE DE FRANCE.
>
nus valent præcepta quàm experimenta.
L'Auteur de celui - ci , conformément à
fa devife , s'attache peu à la Théorie
mais il paroît un Praticien confommé , &
très verfé dans les expériences : l'Auteur
eft M. Caro , Cure de Charmentré ,
Doyen rural près Meaux en Brie.
On a donné un acceffit au N°. 1
dont la devife eft : in pudore vultus tui
vefceris pane. Les bonnes chofes qu'on
a trouvées dans cet Ouvrage ont porté
l'Académie à décider qu'on en imprimeroit
un Extrait à la fuite des deux
autres car elle penfe qu'il ne faut rien
négliger , rien laiffer perdre quand il s'agit
des progrès d'un Art auffi précieux
que l'Agriculture .
L'Auteur de ce dernier Mémoire eſt
M. Sacher , Chanoine de Pruillé à l'Eguillé
, près le Mans.
C'eft à la Claffe des Sciences à donner
le Sujet du Prix pour l'année prochaine
1764 : l'Académie a choifi celui
- ci....
Le Méchanifme & les ufages de la
refpiration , dans lefquels elle fouhaite
particulièrement qu'on faffe entrer la folution
des queftions fuivantes . ...
Les côtes font- elles plus écartées ou
plus rapprochées les unes des autres dans
l'infpiration
OCTOBRE. 1763 . 121
l'infpiration que dans l'expiration ?
Le fang eft - il condenfé ou raréfié par
l'air infpiré ?
Cet air paffe-t- il dans le fang , ou
non ?
D'où vient la couleur vermeille qu'il
ý reçoit ?
3
Y eft-il en plus grande quantité &
mú plus librement & plus rapidement
dans le temps de l'infpiration que dans
celui de l'expiration ?
Y a-t- il dans ces deux temps quelque
changement dans la quantité & le mouvement
des liqueurs des gros vaiſſeauxqui
fe rendent aux oreillettes , ou qui partent
du coeur , & s'il y en a , quels fontils
?
L'Académie éxige des Auteurs que
leurs preuves font principalement fondées
en expériences , & fur-tout en
expériences nouvelles .
On adreffera les Mémoires francs
de port à M. le Cat , Secrétaire perpétuel
des Sciences : ils feront reçus jufqu'au
premier Juin 1764 : les Auteurs y
mettront en tête une devife , & à la fin
leur nom cacheté felon l'ufage ordinaire .
C'eft à la même Claffe des Sciences
à donner le Prix de l'année 1766 : l'Académie
en a déjà choifi le Sujet ; & vû
I. Vol. F
122 MERCURE DE FRANCE.
fon importance , & les longues recherches
qui feront néceffaires aux Auteurs
elle le propofe dès - à- préfent. Le voici :
Quelles font les Mines de Normandie ,
tant métalliques que demi- métalliques ,
falines, &bitumineufes , & les avantages
qu'on pourroit tirer de leur exploitation?
Ce Prix fera double , c'eft - à- dire , de
deux cens écus à caufe des frais indif
penfables de voyages , de recherches
& d'expériences .
Les Correfpondans & Affociés régnicoles
de l'Académie peuvent compofer
pour ce Prix : on n'excepte du Concours
que les Membres de l'Académie qui en
font les Juges.
PROGRAMME du Prix de Poësie de
la même Académie.
L'Académie n'a point encore reçu
cette année d'ouvrage qui mérite la
couronne qu'elle avoit deftinée au Poëte
qui célébreroit le mieux la Délivrance
de Salerne. Le Poëme qui a pour de
vife Credite pofteri , le meilleur de ceux
qui lui ont été adreffés , n'eft qu'une
Efquiffe très-imparfaite dont il paroît
cependant que l'Auteur a du génie &
du talent ; mais il n'a pas travaillé fon
OCTOBRE . 1763. 123
+
Sujet avec tout le foin qu'il méritoit ,
& il ne lui a pas donné à beaucoup
près l'étendue qu'il fembloit exiger.
L'Académie s'eft portée à remettre
encore ce Prix dans l'efpérance que la
conftance avec laquelle elle s'attache à
un fi bon Sujet , lui attirera enfin un
Ouvrage qui en fera digne . Depuis qu'elle
a pris cette réfolution elle a été
inftruite que des Lettres Anonymes que
des Auteurs , qui avoient eu envie de
concourrir , n'avoient pu terminer leurs
-Ouvrages pour le temps marqué : elle
les avertit qu'ils ont actuellement juf
qu'au premier Juillet de l'année prochaine
pour les revoir & y faire les corrections
qu'ils jugeront convenables .
Le Prix fera toujours double ou de
600 liv. les conditions les mêmes que
les années précédentes.
Les Auteurs les adrefferont à M.
Maillet du Roullay , Maître des Comptes
& Secrétaire perpétuel de l'Académie
des Belles - Lettres à Rouen .
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35
p. 124-136
SUITE de la Lettre en réponse de M. BOURGELAT à M. BOREL.
Début :
CEUX* qui nous frappent ici décélent assurément une maladie inflammatoire, [...]
Mots clefs :
Venin, Éruption, Mouton, Saignée, Remède, Suppuration, Maladie, Caractère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Lettre en réponse de M. BOURGELAT à M. BOREL.
SUITE de la Lettre en réponfe de M.
BOURGELAT à M. BOREL.
CEUX EUX * qui nous frappent ici décélent
alurément une maladie inflammatoire ,
contagieufe & par conféquent compliquée
d'un venin fubtil dont les premiè
res impreffions font à- peu - près égales à
celles de tout corps Hétérogêne introduit
dans la maffe , & dont le féjour &
la marche dans les routes circulaires infectent
entièrement les liqueurs . Plus
ce venin dans l'homme éprouve d'obftacles
, plus il s'irrite. La force des
folides , l'état enflammé du fang affurent
, pour ainfi dire , fes ravages, & fon
activité eft en quelque façon mefurée au
degré de réfiftance qu'il rencontre. Je
ne fçais fi la fougue du virus variolique
dans le mouton eft en proportion de
l'âge , de la vigueur , ou de la délicateffe
de l'animal ; mais il faudroit néceffairement
pouvoir comparer la nature de
celui qui lui eft propre & de celui dont
nous fommes tributaires , pour expliquer
comment il ne s'amortit pas entièrement
dans un tempérament naturellement
lâche & humide , tel qu'on le fuppofe
Les
Symptomes.
OCTOBRE . 1763. 125
dans la brute dont il s'agit , tandis qu'il
femble s'éteindre pour ainfi dire , dans
des hommes d'un tempérament froid &
aqueux. Il faut , Monfieur , je le répéte ,
défefpérer de réfoudre une multitude
de points que nous voyons hors de notre
portée, & nous en tenir abfolument ici
à la confidération des fimples effets. Le
caractère inflammatoire de la maladie .
la néceffité indifpenfable de débaraffer
les fucs de la matière contagieufe qui
les envenime , voilà les deux objets qu'il
ne nous eft pas permis de perdre de vue ;
ainfi , d'une part féparation des particules
enflammées & venimeufes, & de l'autre,
expulfion de ces mêmes particules . L'agitation
excitée dans les fluides par la
préfence du venin même opérera la féparation
; quant à l'expulfion , on ne
peut l'attendre que de la fuppuration &
du defféchement des petites inflammations
locales , produites par la matière
que l'augmentation de mouvement détermine
& chaffe à l'extérieur. Prévenir
l'excès de violence ou de foibleffe de
ce mouvement & conduire les poftules à
une heureufe maturité , telles font les
indications à remplir , tel eft l'ouvrage
propofé au Médecin foigneux & capable
de fuivre & d'écouter la nature. Le
F iij
126 MERCURE DE FRANCE.
fuccès en effet dépendra toujours de l'at
tention la plus rigoureufe au temps , aux
circonftances , aux différens périodes du
mal. Cherchez indifféremment à précipiter
l'éruption par des remèdes agiffans ,
par des cordiaux , fouvent vous augmenterez
la malignité ; & fi malheureuſement
les particules morbifiques ne font
pas encore délayées & affez atténuées ,
elles ne pourront jamais atteindre à la fuperficie
, & leur reflux infectant toujours
les nouveaux fucs , vous occafionnerez
l'inflammation des vifcères & une foule
de défordres internes femblables à ceux
dont le cadavre que vous avez fait ouvri
vous laiffe entrevoir les traces. Attachez-
vous au contraire à diminuer le
mouvement tumultueux des liquides &
choififfez de préférence une méthode
purement antiphlogiltique , vous éteindrez
peut-être la force néceffaire ; vous
nuirez à la féparation & vous concentrerez
le venin. Il en fera de même de la
faignée , des lavemens , des évacuans ;
mettez-les en ufage , vous rifquerez d'interrompre
l'éruption ou la fuppuration
& de rappeller l'ennemi au-dedans : ainfi
Monfieur , nulle vue très-falutaire & très
bonne en elle - même qui ne foit meurfriere
& vicieufe dans de certains cas.
OCTOBRE. 1763. 127
Il eft dans la Médecine vétérinaire , comme
dans la Médecine humaine des variations
, des modifications indiquées par
le genre , par le moment , par les fymptômes
des maladies ; ces variations & ces
modifications à pratiquer & à faifir à
propos , demandent des lumières réelles
& feront toujours l'écueil contre lequel
l'empirisme échouera. A la bonne
heure que dans de légères indifpofitions
que le régime où certains petits remèdes
généraux adminiftrés dans le principe
peuvent réprimer, l'animal foit confié aux
foins & a l'attention du Berger , mais
on ne peut l'abandonner ainfi dans des
maladies graves & furtout lorfqu'il s'agit
de parer aux ravages d'un venin infidieux.
Pour découvrir les moyens de triompher
de celui- ci , il faudroit néceffairement fe
livrer d'abord à l'étude des moindres fignes
qui inanifeftent fon intromiffion &
fa préfence dans la maffe , ainfi que les
premiers rroubles qu'il fufcite auffitôt
dans le cours & infenfiblement dans la
fubftance des liqueurs. Il faudroit le confidérer
au moment précis où il fe dégage
des routes & des détours circulaires dans
lefquels il a erré , c'est-à-dire , dès les
premiers inftans de l'éruption ; il s'a-
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
giroit d'apprécier les fymptômes dans cès
mêmes inftans ainfi que dans ceux qui
les fuivent ; il feroit effentiel d'examiner
encore tous ces petits dépôts inflammatoires
, leurs qualités , leur multiplicité ,
leur couleur , leur accroiffement , leur
maturité, leur défféchement,leur dégénération
, en un mot il importeroit de ne
laiffer échapper aucune circonftance de ,
la marche & des progrès du mal. Or ,
vous conviendrez , Monfieur , d'une
part , que toutes ces confidérations ne
pourroient d'abord être faites que fur des
moutons raffemblés dans des Hôpitaux ,
tels que ceux de l'Ecole Royale vétérinaire
, & vous avouerez de l'autre qu'on
ne pourroit les attendre que des hommes
inftruits. Je n'ai jamais eu l'occafion de
fuvre cette maladie ; fi elle fe préfentoit
à moi , c'eſt ainfi que je l'envifagerois
& que je la ferois envifager aux éléves ;
je ne vois pas de routes plus fûres pour
en faifir le caractère & le génie. Peutêtre
alors parviendrions- nous à la vaincre,
non que je puiffe me flatter de trouver
l'antidote d'un femblable venin
puifque cette découverte fi précieuſe à la
confervation des hommes a été conftamment
refufée aux travaux des Boerhaave
& des Sydenham , mais quelque
>
OCTOBRE . 1763. 129
refpect que jaye pour Columelle , la plupart
des maux placés dans l'art vétérinaire
au rang des maux incurables n'étant
tels que par l'ignorance de ceux qui
en font profeffion , je ne puis croire que
celui-ci foit indomptable.
En attendant qu'il me foir poffible de
vous parler avec plus d'affurance fur le
choix , fur l'adminiftration & fur les effets
des médicamens convenables &
indiqués , je vais vous propofer quelques
tentatives à faire.
Je fuppofe des moutons infectés du
claveau ; mon premier foin fera de garentir
& de préferver les autres ; & comle
venin peut leur être communiqué par
la fréquentation des premiers , il eft indifpenfable
de féparer ceux- ci fur le
champ du troupeau & d'empêcher abſolument
qu'ils ne le rejoignent. Cette
fage précaution ne fuffit pas. La conta
gion peut être un effet de l'air & d'une
conftitution épidémique. Il feroit donc
néceffaire de nétoyer exactement les
Bergeries & de les purifier par le moyen
de l'un ou de l'autre des parfums fuivans..
Pienez vinaigre de vin ordinaire fuffifante
quantité, mettez-le dans un pôt de
terre verniffé & évafé , placé fur des
charbons ardens & laiffez évaporer dans
Fv
130 MERCURE DE FRANCE .
la Bergerie fermée ; ou bien , prenez
Myrrhe , fleur de fouffre , de chacun une
once , faites une poudre groffière , jettez-
en quelques pincées fur des charbons
ardens.
La même raifon qui m'engageroit
à vouloir réprimer dans les Bergeries les
effets des exhalaifons à redouter , me
porteroit à éprouver fur quelques moutons
fains une méthode préfervative indiquée
d'ailleurs par le caractère inflammatoire
de la maladie à prévenir.
Cette méthode fe borneroit a une légére
faignée & à des Boiffons acidules &
nitrées.
Je ferois pratiquer la faignée à la jugulaire
avec une lancette ordinaire , ſauf à
fermer la playe avec une épingle comme
dans la faignée des Boeufs & des Chevaux
. L'ouverture de cette veine , dans
tous les cas où l'évacuation produite par
cette opération eft néceffaire , doit être
préferée a toutes les fections que l'on fait
ordinairement aux oreilles.
La boiffon à laquelle je mettrois ces
animaux , feroit un boiffon blanche .
- Prenez du fon de froment , ce que
les deux mains uniés peuvent en contenir.
Trempez alors vos deux mains dans
OCTOBRE . 1763. 131
l'eau , laiffez bien imbiber le fon , retirezles
, comprimez le fon fortement en laiffant
tomber dans l'auge ou dans le fceau
l'eau blanche qui en découle , & blanchiffez
ainfi à plufieurs repriſes & fuffifamment
toute l'eau . Laiffez enfuite aller
le fon au fond du vafe & ajoutez du vinaigre
juſques à une certaine acidité , &
du nître à la dofe d'une dragme fur chaque
livre d'eau.
Vous comprenez , Monfieur , que cette
expérience peut être faite aifément fur
un petit nombre des animaux dont il s'agit.
Elle m'eft fuggérée par l'idée qu'avoit
eu l'immortel Boerhaave d'étouffer
par de femblables moyens dans les hommes
la petite vérole dès fa naiffance ; &
quand ces moyens mis en ufage dans
des temps de petites véroles épidémiques
n'auroient pas comme il le dit , fait averter
le venin & préfervé de l'éruption des
malades qui avoient eu tous les fympto
mes qui la précédent , il eſt toujours certain
& prouvé qu'ils en ont amorti les
coups de manière que le plus fouvent
les puftules qui ont paru étoient d'une
nature difcrette & bénigue & en très- petite
quantité,
J'oferois donc enconféquence les tenter
encore fur d'autre , moutons dès le
F
VI
132 MERCURE DE FRANCE .
moment où j'appercevrois le moindre figne
du mal , c'est-à-dire , dès fon commencement
& je ne m'en rapporterois
qu'à moi - même pour l'obferver. Je
joindrois de plus à la faignée & aux boiffons
dont j'ai parlé l'adminiftration fréquente
de lavemens émolliens , enfin je
tempérerois , je délayerois autant qu'il
me feroit poffible & j'attendrois l'événes
ment.
L'éruption auroit- elle lieu dans ces
moutons ou dans d'autres , j'en examinerois
le caractère . Le claveau me paroîtroit-
il d'un genre difcret ? dans les
uns je l'abandonnerois à lui - même
dans les autres j'aiderois la nature , fi je
m'appercevois qu'elle fut en défaut , par
des décoctions de bois & de genièvre ,
par des infufions de faffran à la doſe
d'un quart d'once dans une livre d'eau ,
par la thériaque même. A l'égard du
claveau d'un genre confluent , je me défierois
de la perfidie du venin' ; je croirois ,
Monfieur , en ce qui concerne celui- ci
devoir effayer l'effet du quinquina . Il
eft démontré par nombre d'expériences
confirmées, que cette écorce eft une des
fubftances les plus capables de prévenir
la grangréne & même de la détruire.
On peur la regarder encore cómme un
remède tonique , elle favorife en géné
OCTOBRE . 1763 . 133
C
tal la fuppuration & la rend louable ;
toutes ces vertus me détermineroient donc
à y avoir recours de la manière fuivante ..
Prenez racine de ferpentaire de virginie
ou de dompte venin demi once, faites
bouillir dans eau commune une livre ,
coulez , mettez dans la colature quinquina
enpoudre , une dragme ; faites bouillir
de nouveau & donnez avec le marc au
mouton par le moyen d'une corne tous
les jours , foir & matin.
Je continuerois ainfi jufqu'à ce que
la fuppuration des dépôts inflammatoires
fùt terminée.
Je mettrois encore le camphre à l'épreuve
fur d'autres moutons infectés pareillement
d'un claveau malin .
Prenez camphre , trente grains : délayés
avec un jaune d'oeuf mêlés dans la
valeur d'une corne de décoction de racine
de contrayerva & donnez à l'animal ce
breuvage le matin & un femblable le foir.
Il feroit encore bon de fonder la nature
fur ces deux remèdes réunis & l'on pourroît
les adminiftrer à quelques heures de
diftance de l'un de l'autre , de façon que
.dans la matinée on donneroit un breuvage
de quinquina & un breuvage de
camphre & autant après midi.
L'événement d'un refoulement ou d'un
}
134 MERCURE DE FRANCE.
reflux des puftules varioliques dans la
maffe eft d'un danger évident. Je recourrois
alors aux aléxiteres.
Prenez poudre de Vipères une dragme
, mêlés dans une corne de décoction
de bayes de Génicore ou de racine d'Afclepias
ou dompte venin , donnez- en une
le matin & une le foir.
Un procédé qui me paroîtroit encore
très-convenable & très- falutaire dans
cette circonftance , comme dans celle
d'une éruption difficile , feroit de paffer
un feton au col , ou à l'avant - bras , ce
feton équivaudroit à un cautere , & je le
préférerois parce que fon action feroit
-plus prompte.
Quant aux atteintes funeftes du claveau
fur les yeux , j'employerois ie collyre
fuivant.
Prenez feuilles de Coings demie poignée
, écorce de grenade deux dragmes ,
faites infufer le tout dans de l'eau commune
tiéde une livre pendant quelques
-heures : faites bouillir enfuite légèrement
& filtrez.
Prenez de cette décoction huit onces ,
faffran commun en poudre huit grains ,
camphre deux grains ; fomentez les yeux
du mouton .
Pendant icè traitement , Monfieur ,
OCTOBRE. 1763 . 135
quelques-uns des animaux entrepris ne
fortiroient pas de la Bergerie ; j'en expoferois
d'autres à l'air & je les tiendrois
tous à une diette févère ; c'eft -à- dire à
l'eau blanche. La rumination eft une
fonction qui eft en défaut dès la moindre
indifpofition des animaux en qui elle eſt
naturelle , de là la dépravation de la digeftion
& par conféquent tous les autres
accidens que cette dépravation entraîne
& qu'il importe d'éviter.
Nous devons nous attendre au furplus
l'un & l'autre à deux objections , la premiere
fera fondée fur la cherté des remèdes
que je confeille ; la feconde fur
l'impoffibilité d'un pareil traitement à
faire dans un troupeau nombreux . Ma
réponſe eft bien fimple. Guériffez à
moins de frais foit du côté des médicamens
, foit du côté des foins ; & loin dé
vous attacher à la confidération de la valeur
d'un feul mouton fauvé , calculez la
dépenfe des remèdes & la perte d'un
quart ou d'un quinziéme de plufieurs
troupeaux confidérables , & comparez .
D'ailleurs , je penfe qu'il faut d'abord
s'efforcer de vaincre,fauf à employer dans
la fuite , s'il eft poffible , des armes moins
couteufes & à fimplifier la méthode .
Mais devint- elle plus fùre encore que
136 MERCURE DE FRANCE .
toutes celles que la Médecine humaine
& la Médecine Vétérinaire , peuvent
mettre en ufage dans des circonstances
dont elles triomphent toujours , je doute
confiée à des mains ignorantes ,
fort
que
ou pût en conftater les fuccès.
Je fuis avec refpect.
BOURGELAT à M. BOREL.
CEUX EUX * qui nous frappent ici décélent
alurément une maladie inflammatoire ,
contagieufe & par conféquent compliquée
d'un venin fubtil dont les premiè
res impreffions font à- peu - près égales à
celles de tout corps Hétérogêne introduit
dans la maffe , & dont le féjour &
la marche dans les routes circulaires infectent
entièrement les liqueurs . Plus
ce venin dans l'homme éprouve d'obftacles
, plus il s'irrite. La force des
folides , l'état enflammé du fang affurent
, pour ainfi dire , fes ravages, & fon
activité eft en quelque façon mefurée au
degré de réfiftance qu'il rencontre. Je
ne fçais fi la fougue du virus variolique
dans le mouton eft en proportion de
l'âge , de la vigueur , ou de la délicateffe
de l'animal ; mais il faudroit néceffairement
pouvoir comparer la nature de
celui qui lui eft propre & de celui dont
nous fommes tributaires , pour expliquer
comment il ne s'amortit pas entièrement
dans un tempérament naturellement
lâche & humide , tel qu'on le fuppofe
Les
Symptomes.
OCTOBRE . 1763. 125
dans la brute dont il s'agit , tandis qu'il
femble s'éteindre pour ainfi dire , dans
des hommes d'un tempérament froid &
aqueux. Il faut , Monfieur , je le répéte ,
défefpérer de réfoudre une multitude
de points que nous voyons hors de notre
portée, & nous en tenir abfolument ici
à la confidération des fimples effets. Le
caractère inflammatoire de la maladie .
la néceffité indifpenfable de débaraffer
les fucs de la matière contagieufe qui
les envenime , voilà les deux objets qu'il
ne nous eft pas permis de perdre de vue ;
ainfi , d'une part féparation des particules
enflammées & venimeufes, & de l'autre,
expulfion de ces mêmes particules . L'agitation
excitée dans les fluides par la
préfence du venin même opérera la féparation
; quant à l'expulfion , on ne
peut l'attendre que de la fuppuration &
du defféchement des petites inflammations
locales , produites par la matière
que l'augmentation de mouvement détermine
& chaffe à l'extérieur. Prévenir
l'excès de violence ou de foibleffe de
ce mouvement & conduire les poftules à
une heureufe maturité , telles font les
indications à remplir , tel eft l'ouvrage
propofé au Médecin foigneux & capable
de fuivre & d'écouter la nature. Le
F iij
126 MERCURE DE FRANCE.
fuccès en effet dépendra toujours de l'at
tention la plus rigoureufe au temps , aux
circonftances , aux différens périodes du
mal. Cherchez indifféremment à précipiter
l'éruption par des remèdes agiffans ,
par des cordiaux , fouvent vous augmenterez
la malignité ; & fi malheureuſement
les particules morbifiques ne font
pas encore délayées & affez atténuées ,
elles ne pourront jamais atteindre à la fuperficie
, & leur reflux infectant toujours
les nouveaux fucs , vous occafionnerez
l'inflammation des vifcères & une foule
de défordres internes femblables à ceux
dont le cadavre que vous avez fait ouvri
vous laiffe entrevoir les traces. Attachez-
vous au contraire à diminuer le
mouvement tumultueux des liquides &
choififfez de préférence une méthode
purement antiphlogiltique , vous éteindrez
peut-être la force néceffaire ; vous
nuirez à la féparation & vous concentrerez
le venin. Il en fera de même de la
faignée , des lavemens , des évacuans ;
mettez-les en ufage , vous rifquerez d'interrompre
l'éruption ou la fuppuration
& de rappeller l'ennemi au-dedans : ainfi
Monfieur , nulle vue très-falutaire & très
bonne en elle - même qui ne foit meurfriere
& vicieufe dans de certains cas.
OCTOBRE. 1763. 127
Il eft dans la Médecine vétérinaire , comme
dans la Médecine humaine des variations
, des modifications indiquées par
le genre , par le moment , par les fymptômes
des maladies ; ces variations & ces
modifications à pratiquer & à faifir à
propos , demandent des lumières réelles
& feront toujours l'écueil contre lequel
l'empirisme échouera. A la bonne
heure que dans de légères indifpofitions
que le régime où certains petits remèdes
généraux adminiftrés dans le principe
peuvent réprimer, l'animal foit confié aux
foins & a l'attention du Berger , mais
on ne peut l'abandonner ainfi dans des
maladies graves & furtout lorfqu'il s'agit
de parer aux ravages d'un venin infidieux.
Pour découvrir les moyens de triompher
de celui- ci , il faudroit néceffairement fe
livrer d'abord à l'étude des moindres fignes
qui inanifeftent fon intromiffion &
fa préfence dans la maffe , ainfi que les
premiers rroubles qu'il fufcite auffitôt
dans le cours & infenfiblement dans la
fubftance des liqueurs. Il faudroit le confidérer
au moment précis où il fe dégage
des routes & des détours circulaires dans
lefquels il a erré , c'est-à-dire , dès les
premiers inftans de l'éruption ; il s'a-
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
giroit d'apprécier les fymptômes dans cès
mêmes inftans ainfi que dans ceux qui
les fuivent ; il feroit effentiel d'examiner
encore tous ces petits dépôts inflammatoires
, leurs qualités , leur multiplicité ,
leur couleur , leur accroiffement , leur
maturité, leur défféchement,leur dégénération
, en un mot il importeroit de ne
laiffer échapper aucune circonftance de ,
la marche & des progrès du mal. Or ,
vous conviendrez , Monfieur , d'une
part , que toutes ces confidérations ne
pourroient d'abord être faites que fur des
moutons raffemblés dans des Hôpitaux ,
tels que ceux de l'Ecole Royale vétérinaire
, & vous avouerez de l'autre qu'on
ne pourroit les attendre que des hommes
inftruits. Je n'ai jamais eu l'occafion de
fuvre cette maladie ; fi elle fe préfentoit
à moi , c'eſt ainfi que je l'envifagerois
& que je la ferois envifager aux éléves ;
je ne vois pas de routes plus fûres pour
en faifir le caractère & le génie. Peutêtre
alors parviendrions- nous à la vaincre,
non que je puiffe me flatter de trouver
l'antidote d'un femblable venin
puifque cette découverte fi précieuſe à la
confervation des hommes a été conftamment
refufée aux travaux des Boerhaave
& des Sydenham , mais quelque
>
OCTOBRE . 1763. 129
refpect que jaye pour Columelle , la plupart
des maux placés dans l'art vétérinaire
au rang des maux incurables n'étant
tels que par l'ignorance de ceux qui
en font profeffion , je ne puis croire que
celui-ci foit indomptable.
En attendant qu'il me foir poffible de
vous parler avec plus d'affurance fur le
choix , fur l'adminiftration & fur les effets
des médicamens convenables &
indiqués , je vais vous propofer quelques
tentatives à faire.
Je fuppofe des moutons infectés du
claveau ; mon premier foin fera de garentir
& de préferver les autres ; & comle
venin peut leur être communiqué par
la fréquentation des premiers , il eft indifpenfable
de féparer ceux- ci fur le
champ du troupeau & d'empêcher abſolument
qu'ils ne le rejoignent. Cette
fage précaution ne fuffit pas. La conta
gion peut être un effet de l'air & d'une
conftitution épidémique. Il feroit donc
néceffaire de nétoyer exactement les
Bergeries & de les purifier par le moyen
de l'un ou de l'autre des parfums fuivans..
Pienez vinaigre de vin ordinaire fuffifante
quantité, mettez-le dans un pôt de
terre verniffé & évafé , placé fur des
charbons ardens & laiffez évaporer dans
Fv
130 MERCURE DE FRANCE .
la Bergerie fermée ; ou bien , prenez
Myrrhe , fleur de fouffre , de chacun une
once , faites une poudre groffière , jettez-
en quelques pincées fur des charbons
ardens.
La même raifon qui m'engageroit
à vouloir réprimer dans les Bergeries les
effets des exhalaifons à redouter , me
porteroit à éprouver fur quelques moutons
fains une méthode préfervative indiquée
d'ailleurs par le caractère inflammatoire
de la maladie à prévenir.
Cette méthode fe borneroit a une légére
faignée & à des Boiffons acidules &
nitrées.
Je ferois pratiquer la faignée à la jugulaire
avec une lancette ordinaire , ſauf à
fermer la playe avec une épingle comme
dans la faignée des Boeufs & des Chevaux
. L'ouverture de cette veine , dans
tous les cas où l'évacuation produite par
cette opération eft néceffaire , doit être
préferée a toutes les fections que l'on fait
ordinairement aux oreilles.
La boiffon à laquelle je mettrois ces
animaux , feroit un boiffon blanche .
- Prenez du fon de froment , ce que
les deux mains uniés peuvent en contenir.
Trempez alors vos deux mains dans
OCTOBRE . 1763. 131
l'eau , laiffez bien imbiber le fon , retirezles
, comprimez le fon fortement en laiffant
tomber dans l'auge ou dans le fceau
l'eau blanche qui en découle , & blanchiffez
ainfi à plufieurs repriſes & fuffifamment
toute l'eau . Laiffez enfuite aller
le fon au fond du vafe & ajoutez du vinaigre
juſques à une certaine acidité , &
du nître à la dofe d'une dragme fur chaque
livre d'eau.
Vous comprenez , Monfieur , que cette
expérience peut être faite aifément fur
un petit nombre des animaux dont il s'agit.
Elle m'eft fuggérée par l'idée qu'avoit
eu l'immortel Boerhaave d'étouffer
par de femblables moyens dans les hommes
la petite vérole dès fa naiffance ; &
quand ces moyens mis en ufage dans
des temps de petites véroles épidémiques
n'auroient pas comme il le dit , fait averter
le venin & préfervé de l'éruption des
malades qui avoient eu tous les fympto
mes qui la précédent , il eſt toujours certain
& prouvé qu'ils en ont amorti les
coups de manière que le plus fouvent
les puftules qui ont paru étoient d'une
nature difcrette & bénigue & en très- petite
quantité,
J'oferois donc enconféquence les tenter
encore fur d'autre , moutons dès le
F
VI
132 MERCURE DE FRANCE .
moment où j'appercevrois le moindre figne
du mal , c'est-à-dire , dès fon commencement
& je ne m'en rapporterois
qu'à moi - même pour l'obferver. Je
joindrois de plus à la faignée & aux boiffons
dont j'ai parlé l'adminiftration fréquente
de lavemens émolliens , enfin je
tempérerois , je délayerois autant qu'il
me feroit poffible & j'attendrois l'événes
ment.
L'éruption auroit- elle lieu dans ces
moutons ou dans d'autres , j'en examinerois
le caractère . Le claveau me paroîtroit-
il d'un genre difcret ? dans les
uns je l'abandonnerois à lui - même
dans les autres j'aiderois la nature , fi je
m'appercevois qu'elle fut en défaut , par
des décoctions de bois & de genièvre ,
par des infufions de faffran à la doſe
d'un quart d'once dans une livre d'eau ,
par la thériaque même. A l'égard du
claveau d'un genre confluent , je me défierois
de la perfidie du venin' ; je croirois ,
Monfieur , en ce qui concerne celui- ci
devoir effayer l'effet du quinquina . Il
eft démontré par nombre d'expériences
confirmées, que cette écorce eft une des
fubftances les plus capables de prévenir
la grangréne & même de la détruire.
On peur la regarder encore cómme un
remède tonique , elle favorife en géné
OCTOBRE . 1763 . 133
C
tal la fuppuration & la rend louable ;
toutes ces vertus me détermineroient donc
à y avoir recours de la manière fuivante ..
Prenez racine de ferpentaire de virginie
ou de dompte venin demi once, faites
bouillir dans eau commune une livre ,
coulez , mettez dans la colature quinquina
enpoudre , une dragme ; faites bouillir
de nouveau & donnez avec le marc au
mouton par le moyen d'une corne tous
les jours , foir & matin.
Je continuerois ainfi jufqu'à ce que
la fuppuration des dépôts inflammatoires
fùt terminée.
Je mettrois encore le camphre à l'épreuve
fur d'autres moutons infectés pareillement
d'un claveau malin .
Prenez camphre , trente grains : délayés
avec un jaune d'oeuf mêlés dans la
valeur d'une corne de décoction de racine
de contrayerva & donnez à l'animal ce
breuvage le matin & un femblable le foir.
Il feroit encore bon de fonder la nature
fur ces deux remèdes réunis & l'on pourroît
les adminiftrer à quelques heures de
diftance de l'un de l'autre , de façon que
.dans la matinée on donneroit un breuvage
de quinquina & un breuvage de
camphre & autant après midi.
L'événement d'un refoulement ou d'un
}
134 MERCURE DE FRANCE.
reflux des puftules varioliques dans la
maffe eft d'un danger évident. Je recourrois
alors aux aléxiteres.
Prenez poudre de Vipères une dragme
, mêlés dans une corne de décoction
de bayes de Génicore ou de racine d'Afclepias
ou dompte venin , donnez- en une
le matin & une le foir.
Un procédé qui me paroîtroit encore
très-convenable & très- falutaire dans
cette circonftance , comme dans celle
d'une éruption difficile , feroit de paffer
un feton au col , ou à l'avant - bras , ce
feton équivaudroit à un cautere , & je le
préférerois parce que fon action feroit
-plus prompte.
Quant aux atteintes funeftes du claveau
fur les yeux , j'employerois ie collyre
fuivant.
Prenez feuilles de Coings demie poignée
, écorce de grenade deux dragmes ,
faites infufer le tout dans de l'eau commune
tiéde une livre pendant quelques
-heures : faites bouillir enfuite légèrement
& filtrez.
Prenez de cette décoction huit onces ,
faffran commun en poudre huit grains ,
camphre deux grains ; fomentez les yeux
du mouton .
Pendant icè traitement , Monfieur ,
OCTOBRE. 1763 . 135
quelques-uns des animaux entrepris ne
fortiroient pas de la Bergerie ; j'en expoferois
d'autres à l'air & je les tiendrois
tous à une diette févère ; c'eft -à- dire à
l'eau blanche. La rumination eft une
fonction qui eft en défaut dès la moindre
indifpofition des animaux en qui elle eſt
naturelle , de là la dépravation de la digeftion
& par conféquent tous les autres
accidens que cette dépravation entraîne
& qu'il importe d'éviter.
Nous devons nous attendre au furplus
l'un & l'autre à deux objections , la premiere
fera fondée fur la cherté des remèdes
que je confeille ; la feconde fur
l'impoffibilité d'un pareil traitement à
faire dans un troupeau nombreux . Ma
réponſe eft bien fimple. Guériffez à
moins de frais foit du côté des médicamens
, foit du côté des foins ; & loin dé
vous attacher à la confidération de la valeur
d'un feul mouton fauvé , calculez la
dépenfe des remèdes & la perte d'un
quart ou d'un quinziéme de plufieurs
troupeaux confidérables , & comparez .
D'ailleurs , je penfe qu'il faut d'abord
s'efforcer de vaincre,fauf à employer dans
la fuite , s'il eft poffible , des armes moins
couteufes & à fimplifier la méthode .
Mais devint- elle plus fùre encore que
136 MERCURE DE FRANCE .
toutes celles que la Médecine humaine
& la Médecine Vétérinaire , peuvent
mettre en ufage dans des circonstances
dont elles triomphent toujours , je doute
confiée à des mains ignorantes ,
fort
que
ou pût en conftater les fuccès.
Je fuis avec refpect.
Fermer
36
p. 136-141
RÉPONSE de M. BOREL, à M. BOURGELAT, le 15 Decembre 1762.
Début :
DEPUIS votre lettre du 28 Octobre dernier, Monsieur, je continue à étudier [...]
Mots clefs :
Claveau , Troupeau, Mouton, Laboureurs, Vinaigre, Graisse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de M. BOREL, à M. BOURGELAT, le 15 Decembre 1762.
RÉPONSE de M. BOREL , à M.
BOURGELAT , le 15 Decembre
DEPUIS
2762.
25
EPUIS votre lettre du 28 Octobre
dernier , Monfieur , je continue à étudier
autant que je le puis , les fymptômes
du claveau , furtout dans leur relation
aux nouvelles queftions que vous
me faites : cette maladie n'a point ceffé
par les gelées & les frimats ; elle fe manifefte
journellement dans les Villages qui
en avoient été exempts jufqu'à préfent :
après un certain période , tel que de
deux à trois mois ( les Payfans prétendent
que c'eft de trois Lunes , ) elle s'appaife
, elle ceffe dans un troupeau , elle
recommence dans un autre & partout fes
effets font toujours analogues à ceux de
le petite vérole.
OCTOBRE . 1763 . 137
J'ai fait un extrait de précautions
préfervatifs , remèdes , colyre & c. que.
contient votre lettre , & je l'ai répandu
le plus que j'ai pu dans la Campagne ."
J'ai fait plus pour le mettre dans les
mains d'un plus grand nombre de perfonnes
, je l'ai fait inférer dans un petit
Almanach de Beauvoifis que notre Bureau
d'Agriculture vient de faire imprimer
pour les Laboureurs ; avant de donner
mon extrait à l'Imprimeur , j'ai lû
votre lettre à un Médecin de mes amis
qui en a admiré l'érudition & la fageffe.
Sage lui - même , & très-verfé dans la
connoiffance des Plantes , il a propofé
d'en fubftituer quelques- unes de ce paysci
à la ferpentaire de virginie & àla racine
de contrayerva qui fercient bien moins
à la portée de nos payfans. Toutes les
chofes effentielles font reftées telles que
le fouphre , le faffran , le quinquina ,
la
poudre de vipére il lui eft venu un
doute fur l'effet du vinaigre dans la boiffon
du mouton; il a obfervé que la graiffe
de mouton eft des plus promptes à fe
geler , que le fang de mouton fe tourne
promptement fur un feu médiocre
même fans qu'il bouille , fur-tout fi on
y mêle du vinaigre ; il en a conclu qu'il
feroit à craindre que cet acide mêlé
138 MERCURE DE FRANCE.
dans la boiffon du mouton vivant n'altérât
trop fenfiblement fon fang & fa
graiffe ; que cette graiffe ne devînt plus
compacte , & par là ne s'oppofât au dépôt
ou à la fortie des boutons. Il m'a
confeillé d'y fubftituer du nitre à la dofe
d'une once fur feize pintes Paris , en
attendant que l'on ait vérifié l'effet du
vinaigre fur les moutons ; il voudroit
auffi qu'on broyar quelques poignées de
mélife dans cette même boiffon blanche
lorfqu'on peut en avoir aifément.
Je ne vous envoye encore rien de
pofitif fur vos quatorze questions nonvelles.
Je vous obferverai feulement que
déjà plufieurs laboureurs m'ont affuré
qu'ils n'avoient jamais vu le même mouton
attaqué deux fois du claveau. Aucun
deux n'a remarqué jufques ici de
différence entre les mâles & les femelles ,
entre les vieilles bêtes & les jeunes
quant aux divers degrés du mal , quant
à la malignité & autres fymptômes .
Un des gros Laboureurs de ce pays
dont le troupeau a été attaqué en Octobre
& Novembre derniers , m'a rapporté
un fait que je ne dois pas vous
laiffer ignorer. Son troupeau étoit au
parc , quand le claveau s'y manifeſta ;
il fit renfermer dans la bergerie les preOCTOBŘE
. 1763. 139
mières bêtes qui furent attaquées; en peu
de jours il en périt fix fur douze. Allarmé
de cette mortalité , il voulut effayer de
laiffer au parc , celles qui tomberoient
dorénavant malades. Lorfqu'il vint me
rendre compte de ce fait , il y a un
mois à-peu- près , il avoit beaucoup de
fes bêtes malades dans le parc & il ne lui
en périffoit aucune plufieurs étoient
hors de danger , les frimats & les neiges
des 11 , 12 & 13 Novembre & jours
fuivans l'obligerent à rompre fon parc
& à faire rentrer tout le troupeau : je
n'ai pas pu avoir de fes nouvelles directement
depuis ce moment mais j'ai
appris indirectement qu'il avoit perdu
un nombre affez confidérable de moutons.
,
Ce même Laboureur foupçonne le
claveau de pouvoir fe communiquer
aux hommes ; il m'a cité un berger qui
après avoir gardé un troupeau attaqué
de ce mal , a eu la petite vérole en
abondance ; un autre qui après de pareils
foins avoit eu pendant du temps
une courbature , un malaife général ,
de la fiévre & c.
Quant à l'effai d'inoculation ; il ne faut
pas efpérer que le Laboureur s'y prête :
mais mon projet eft dans une faifon
140 MERCURE DE FRANCF.
plus favorable d'acheter quelques mou
tons pour faire cet effai fous mes yeux.
J'ai fait part de vos fouhaits à cet
égard & de mon projet à M. Parent;
Premier Commis des Finances , il en a
rendu compte à M. le Contrôleur Général
qui approuve cette épreuve : ce
Miniftre l'a fait écrire que je ferois
remboursé de la dépenfe qu'elle m'oc
cafionneroit. Vous voyez , Monfieur
, qu'il ne s'agit plus que d'opérer ;
mais je ne le puis fans le feccurs de vos
lumières perfonne ici ne connoît le
procédé de l'inoculation , pas même
fur les hommes : aucun de nos Médecin
& Chirurgiens ne l'ont encore pratiqué
ni vu pratiquer : ainfi il faut que
vous ayez la bonté de m'inftruire & de
me guider depuis le premier pas jufqu'au
dernier. Quelle faifon me confeillezvous
de choisir ? Quel âge ? Quel féxe
dans les Sujets à inoculer ? Quelle préparation
? Quelle façon d'inférer le
virus ? Sera - ce avec des aiguilles envenimées
? Sera- ce par incifion & avec
la poudre de claveau défféchée , ( j'en
ai demandé à des laboureurs ) ou avec
des fils imbibés de virus ? En un motje
ne fçai rien , inftruifez-moi de tout. Je
ferai un difciple docile , & je joindrai
OCTOBRE. 1763 . 141
la plus fincère reconnoiffance au parfait
attachement avec lequel j'ai l'honneur.
d'être , & c.
BOURGELAT , le 15 Decembre
DEPUIS
2762.
25
EPUIS votre lettre du 28 Octobre
dernier , Monfieur , je continue à étudier
autant que je le puis , les fymptômes
du claveau , furtout dans leur relation
aux nouvelles queftions que vous
me faites : cette maladie n'a point ceffé
par les gelées & les frimats ; elle fe manifefte
journellement dans les Villages qui
en avoient été exempts jufqu'à préfent :
après un certain période , tel que de
deux à trois mois ( les Payfans prétendent
que c'eft de trois Lunes , ) elle s'appaife
, elle ceffe dans un troupeau , elle
recommence dans un autre & partout fes
effets font toujours analogues à ceux de
le petite vérole.
OCTOBRE . 1763 . 137
J'ai fait un extrait de précautions
préfervatifs , remèdes , colyre & c. que.
contient votre lettre , & je l'ai répandu
le plus que j'ai pu dans la Campagne ."
J'ai fait plus pour le mettre dans les
mains d'un plus grand nombre de perfonnes
, je l'ai fait inférer dans un petit
Almanach de Beauvoifis que notre Bureau
d'Agriculture vient de faire imprimer
pour les Laboureurs ; avant de donner
mon extrait à l'Imprimeur , j'ai lû
votre lettre à un Médecin de mes amis
qui en a admiré l'érudition & la fageffe.
Sage lui - même , & très-verfé dans la
connoiffance des Plantes , il a propofé
d'en fubftituer quelques- unes de ce paysci
à la ferpentaire de virginie & àla racine
de contrayerva qui fercient bien moins
à la portée de nos payfans. Toutes les
chofes effentielles font reftées telles que
le fouphre , le faffran , le quinquina ,
la
poudre de vipére il lui eft venu un
doute fur l'effet du vinaigre dans la boiffon
du mouton; il a obfervé que la graiffe
de mouton eft des plus promptes à fe
geler , que le fang de mouton fe tourne
promptement fur un feu médiocre
même fans qu'il bouille , fur-tout fi on
y mêle du vinaigre ; il en a conclu qu'il
feroit à craindre que cet acide mêlé
138 MERCURE DE FRANCE.
dans la boiffon du mouton vivant n'altérât
trop fenfiblement fon fang & fa
graiffe ; que cette graiffe ne devînt plus
compacte , & par là ne s'oppofât au dépôt
ou à la fortie des boutons. Il m'a
confeillé d'y fubftituer du nitre à la dofe
d'une once fur feize pintes Paris , en
attendant que l'on ait vérifié l'effet du
vinaigre fur les moutons ; il voudroit
auffi qu'on broyar quelques poignées de
mélife dans cette même boiffon blanche
lorfqu'on peut en avoir aifément.
Je ne vous envoye encore rien de
pofitif fur vos quatorze questions nonvelles.
Je vous obferverai feulement que
déjà plufieurs laboureurs m'ont affuré
qu'ils n'avoient jamais vu le même mouton
attaqué deux fois du claveau. Aucun
deux n'a remarqué jufques ici de
différence entre les mâles & les femelles ,
entre les vieilles bêtes & les jeunes
quant aux divers degrés du mal , quant
à la malignité & autres fymptômes .
Un des gros Laboureurs de ce pays
dont le troupeau a été attaqué en Octobre
& Novembre derniers , m'a rapporté
un fait que je ne dois pas vous
laiffer ignorer. Son troupeau étoit au
parc , quand le claveau s'y manifeſta ;
il fit renfermer dans la bergerie les preOCTOBŘE
. 1763. 139
mières bêtes qui furent attaquées; en peu
de jours il en périt fix fur douze. Allarmé
de cette mortalité , il voulut effayer de
laiffer au parc , celles qui tomberoient
dorénavant malades. Lorfqu'il vint me
rendre compte de ce fait , il y a un
mois à-peu- près , il avoit beaucoup de
fes bêtes malades dans le parc & il ne lui
en périffoit aucune plufieurs étoient
hors de danger , les frimats & les neiges
des 11 , 12 & 13 Novembre & jours
fuivans l'obligerent à rompre fon parc
& à faire rentrer tout le troupeau : je
n'ai pas pu avoir de fes nouvelles directement
depuis ce moment mais j'ai
appris indirectement qu'il avoit perdu
un nombre affez confidérable de moutons.
,
Ce même Laboureur foupçonne le
claveau de pouvoir fe communiquer
aux hommes ; il m'a cité un berger qui
après avoir gardé un troupeau attaqué
de ce mal , a eu la petite vérole en
abondance ; un autre qui après de pareils
foins avoit eu pendant du temps
une courbature , un malaife général ,
de la fiévre & c.
Quant à l'effai d'inoculation ; il ne faut
pas efpérer que le Laboureur s'y prête :
mais mon projet eft dans une faifon
140 MERCURE DE FRANCF.
plus favorable d'acheter quelques mou
tons pour faire cet effai fous mes yeux.
J'ai fait part de vos fouhaits à cet
égard & de mon projet à M. Parent;
Premier Commis des Finances , il en a
rendu compte à M. le Contrôleur Général
qui approuve cette épreuve : ce
Miniftre l'a fait écrire que je ferois
remboursé de la dépenfe qu'elle m'oc
cafionneroit. Vous voyez , Monfieur
, qu'il ne s'agit plus que d'opérer ;
mais je ne le puis fans le feccurs de vos
lumières perfonne ici ne connoît le
procédé de l'inoculation , pas même
fur les hommes : aucun de nos Médecin
& Chirurgiens ne l'ont encore pratiqué
ni vu pratiquer : ainfi il faut que
vous ayez la bonté de m'inftruire & de
me guider depuis le premier pas jufqu'au
dernier. Quelle faifon me confeillezvous
de choisir ? Quel âge ? Quel féxe
dans les Sujets à inoculer ? Quelle préparation
? Quelle façon d'inférer le
virus ? Sera - ce avec des aiguilles envenimées
? Sera- ce par incifion & avec
la poudre de claveau défféchée , ( j'en
ai demandé à des laboureurs ) ou avec
des fils imbibés de virus ? En un motje
ne fçai rien , inftruifez-moi de tout. Je
ferai un difciple docile , & je joindrai
OCTOBRE. 1763 . 141
la plus fincère reconnoiffance au parfait
attachement avec lequel j'ai l'honneur.
d'être , & c.
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37
p. 141-159
RÉPONSE de M. BOURGELAT, à M. BOREL du 3 Mars 1763.
Début :
L'OBJET qui nous occupe l'un & l'autre, Monsieur, est très important par [...]
Mots clefs :
Claveau , Matière, Mouton, Insertion, Éruption, Fièvre, Boutons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de M. BOURGELAT, à M. BOREL du 3 Mars 1763.
RÉPONSE de M. BOURGELAT, à M.
BOREL du 3 Mars 1763 .
L'OBJET qui nous occupe l'un & l'autre
, Monfieur , est très important par
lui -même ; il devient , ce me femble
encore plus intéreffant par les circonftances.
Les tentatives que vous vous
propofez de faire fur les moutons peuvent
en effet introduire & mettre en vigueur
dans le Beauvoifis la pratique
d'une opération auffi fameufe par les
fuccès dont elle a été fuivie , que par
les difputes qu'elle a excitées ; quel que
foit en ce cas , le réfultat de vos expériences
fur les animaux , vous aurez l'avantage
d'avoir produit une heureufe
révolution dans votre Province en
l'éclairant fur les moyens d'affranchir
les peuples des ravages d'une maladie
qu'on doit regarder avec raifon comme
un des plus redoutables fléaux de l'humanité.
,
L'Inoculation du virus variolique a
eu lieu de plufieurs manières .
142 MERCURE DE FRANCE.
Les uns ont introduit dans le nez un
bourdonnet de charpie ou de coton
imbu d'une matière purulente tirée récemment
des boutons d'une petite vérole
difcrette , ou foupoudré des croutes
de ces mêmes boutons. Je ne fçais fi
ce procédé a produit des effets fâcheux ,
mais il paroît en général que l'on redoute
le danger qui pourroit naître dèslors
d'une action trop immédiate &
trop prompte fur le cerveau.
Les autres après avoir enlevé l'épiderme
par l'application des vefficatoires
ou par la voye d'un frottement très -fort
ont réitéré enfuite des onctions fur la
peau avec le pus varioleux .
Plufieurs ont porté ce levain directement
dans le fang après quelques légéres
bleffures qu'ils ont pratiquées avec
un inftrument quelconque , & ayant
ainfi foumis cette portioncule ou une
goute virulente à la circulation , ont
bien-tôt infecté la maffe .
Le moyen d'infertion le plus en uſage
eft celui des fils préparés. On attend
que les boutons foient parvenus à maturité
, c'eft-à-dire , qu'ils ayent acquis une
couleur de blanc jaunâtre. On les perce
avec une groffe épingle , d'autres les
ouvrent avec une lancette . Les premiers
OCTOBRE. 1763 . 143
prennent un gros fil de charpie de la
longeur d'un pouce qu'ils imbibent de
pus en le roulant plufieurs fois avec
foin dans diverfes puftules . Les feconds
fe contentent de traîner un gros fil à
coudre dans une feule de ces mêmes
puftules. Les uns & les autres confervent
ces fils dans des vafes de verre &
atteftent que telle eft l'énergie du virus,
des fils ainfi récelés & gardés quatre
mois , fix mois & même plus longtemps
ont une force & une efficacité
égale à celles d'une matière variolique
plus fraîchement extraite.
que
Pour folliciter cette vertu & ce pouvoir
contagieux , faites , Monfieur , à la partie
interne de chaque cuiffe du mouton une
petite incifion femblable à celle que
l'on pratique en pareil cas dans la partie
externe & moyenne des bras de l'homme.
Cette incifion longitudinale doit
être de la longueur d'un pouce , fa profondeur
d'une ligne environ , de façon
que l'incifion pénétre ce qu'on nomme
le derme & fe borne au tiffu cellulaire
qui eft au-deffous , afin de ne pas exciter
une inflammation trop confidérable,
d'éviter une fuppuration trop abondante
& de ne pas donner lieu à une
plaie rebelle & qu'on ne pourroit fer144
MERCURE DE FRANCE :
mer que très- difficilement. Inférez dans,
ces mêmes parties incifées & dans toute
la longueur de l'incifion un des fils infectés
, couvrez le tout d'un léger plumaceau
d'étoupe fur lequel vous placerez
un emplâtre de diapalme & maintenez
par une compreffe & une bande. On
léve l'appareil mis fur l'homme ordinairement
quarante - huit heures après qu'il
a été placé , & tout le panfement des
plaies confifte le plus fouvent dans
l'application d'un digeftif fimple ou de
l'empâtre diachilon . Si les fils ont été
dérangés , fi on les yoit hors des incifions
faites on y en infére de nouveaux
, & fi ces incifions font fermées ,
on en pratique de nouvelles. Toutes ces
'opérations doivent être les mêmes fur
les moutons .
,
Le choix de la matière qui eſt le
produit du claveau eft un point fans
doute moins épineux que le choix de
la matière fournie par la petite vérole
'humaine ; il faut d'abord être attentif à
ne prendre que celle d'un claveau dif
cret & de bonne qualité , & non l'humeur
fanieufe , noirâtre & gangréneufe
d'un claveau confluent & de mauvais
genre. Il eft encore bon de préférer le
pus d'un mouton conftamment fain &
vigoureux
OCTOBRE. 1763. 145
vigoureux avant d'avoir été attaqué par
le claveau à celui d'un mouton qui auroit
auparavant langui & éprouvé diverfes
maladies . Cette derniere confidération
eft à la vérité moins effentielle
que lorsqu'il s'agit de l'inoculation de
l'homme ; car le danger d'une complication
funefte ne fçauroit être auffi grand
dans la communication du levain varioleux
de l'animal. Il eft à préfumer en
effet , qu'exempt des paffions qui affectent
vivement notre âme ; accoutumé
à des alimens fains qu'un art meurtrier
ne change point en poifon , libre
de toute contention & de tout effort
d'efprit , éloigné de toutes débauches
& des excès en tous genres auxquels
nous nous livrons , il n'a contracté ni
pu apporter en naiffant le germe d'une
multitude de virus connus ou inconnus
qui dégradent & fappent infenfifiblement
& fourdement notre machine
; ainfi les ennemis ou les antagoniftes
de l'inoculation ne fauroient voir
dans notre opération les rifques cruels
de la tranfmiffion fimultanée de deux
ou de plufieurs maux , dont le premier
toujours apparent eſt toujours benin ;
mais dont l'autre caché peut avoir felon
eux d'étranges fuites , foit que ce levain
I. Vol G
146 MERCURE DE FRANCE .
caché rencontre dans l'homme qui en
fouffre la mortelle impreffion , un au
tre virus avec lequel il ait quelque af
finité , foit auffi qu'il en résulte un alliage
de deux fermens qui ne puiffent
compatir .
C'eſt à raifon de l'abfence de toutes
ces caufes de perverfion que l'age du
mouton dont on empruntera la matiere
paroît totalement indifférent . Nous n'avons
à cet égard pas plus à redouter de
l'animal adulte que de l'animal vieux ,
& nous ne ferons pas obligés de puifer
préférablement dans les agneaux le
levain à inférer , de remonter au genre
de vie & de conduite du pere & de la
mere , de faire des recherches fur les
nourrices qui ont allaité , de recourir
enfin à l'exemple des Médecins , au
ferment varioleux des enfans de gens
que le travail , la mifére & l'éloignement
des villes confervent purs &
fains .
Il pourroit n'en être pas abfolument
de même en ce qui concerne les Sujets
à inoculer ; cependant , Monfieur , je
crois qu'il ne feroit pas hors de propos
de tenter d'abord l'infertion für des
moutons de tous les âges : quant au
féxe , le temps auquel les femelles font
OCTOBRE. 1763. 147
pleines , celui où elles nourriffent, peutêtre
auffi celui de la chaleur , font les
feuls qui puiffent vous arrêter ; car nous
fommes encor ici à l'abri des accidens
& des inconvéniens qui pourroient fuivre
l'inoculation pratiquée aux approches
de la premiere éruption des menftrues
ou à la veille de cette évacuation
périodique ordinaire .
La gravité & l'intenfité des fymptômes
du virus variolique ne dérivent
pas moins de l'état & de la difpofition
du fujet qui le contracte , que de la
nature du virus même. Eu égard à l'efpéce
du levain , on n'infére que la matiere
d'une petite vérole benigne &
difcrette ; en ce qui concerne le fang
qui doit la recevoir , on prévient par
des remédes appropriés les défordres
terribles que les miafmes varioleux occafionnent.
On fluidifie , on tempére ,
on délaye , c'est-à-dire , qu'on s'efforce
de parer aux engorgemens , de vaincre
& de furmonter toute difpofition
inflammatoire , d'émouffer une funefte
acrimonie & d'en affoiblir les traits .
Les purgatifs , les délayans unis à des
ftomachiques doux & à des médicamens
incififs précédent dans cette vue
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
l'inoculation des enfans. La faignée ,
des bains domeftiques , des lavemens
émolliens ou fimples , des humectans
des adouciffans donnés après les remédes
dont l'effet eft de vuider & de dégager
les premieres voyes , fuffisent à
la préparation des adultes , furtout fi
le régime prefcrit & fuivi eft d'accord
avec les indications qui déterminent.
C'eſt au furplus au Médecin à connoître
& à confulter attentivement dans cette
occurence comme dans toutes les au
tres , le tempérament des Sujets , puifqu'attendu
la multitude de différences
& même de nuances qui font autant
d'exceptions aux régles générales , il
eft phyfiquement impoffible dans le traitement
des maladies de compter fur
une méthode abfolument invariable.
Mettons à profit , Monfieur , la liberté
& la facilité que l'Art vétérinaire nous
donne de multiplier les expériences. Inoculez
d'abord fans aucune préparation
plufieurs moutons de tous les âges , vous
verrez quelles feront les fuites naturelles
de l'infertion du virus variolique
benin. Pratiquez -la enfuite fur des animaux
difpofés d'après ce que fuggère
une jufte crainte , des effets de la matiére
inférée. Si vous croyez qu'il foit
OCTOBRE. 1763. 149
néceffaire de purger les agneaux , vous
pourrez leur donner la boiffon purgative
fuivante. Prenez féné deux dragmes ,
faites infufer trois heures dans l'eau
bouillante une livre , coulez , prenez enfuite
Rhubarbe contufe , une dragme.
Faites bouillir dans la colature l'efpace
d'une demie heure. Coulez de nouveau
faites diffoudre dans trois ou quatre onces
de colatere , manne deux onces &
demie .
Donnez cette boiffon avec la corne
après avoir tenu l'animal à la diete au
moins l'efpace de quatre heures , foumettez
- le autant de temps à cette même
diette après qu'il l'aura pris.
Quant au régime , multipliez le fon
& l'eau blanche , donnez - lui - en trois
ou quatre fois par jour.
La faignée à la jugulaire conviendra
plutôt aux adultes que dans l'âge qui
précéde & qui fuit celui-ci . Vous pourrez
les préparer enfuite à un breuvage
purgatif par des boiffons blanches dans
lefquelles vous mêlerez une demie once
cryſtal minéral & aufquelles vous
ajouterez un quart d'une décoction de
Plantes émollientes . Quelques jours après
vous leur donnerez avec la corne le
breuvage fuivant.
,
G iij
150 MERCURE DE FRANCE.
Prenez féné , trois dragmes. Faites
infufer comme ci-deffus , coulez , faites
infufer fur de la cendre chaude dans la
colature pendant la nuit , Aloës fuccotrin
, demie once. Remuez , donnez
tiéde , après avoir foumis l'adulte deux
heures de plus à la diéte prefcrite avant
& après l'adminiftration de ce reméde
qui peut être encore précédée de celle
de quelques lavemens émolliens. Remettez
enfuite l'animal à l'ufage de la
boiffon blanche tempérante pendant
quelques jours. Je croirois encore que
les lotions ou des douches fréquentes
& réitérées avec des éponges imbues
d'une décoction emolliente tiéde , donneroient
à la peau & fur- tout dans les
vieux moutons , une foupleffe qui ne
pourroit que faciliter l'éruption.
Telles font, Monfieur, les précautions
à prendre avant l'opération ; vous jugerez
mieux que moi de leur néceffité
après vos premières épreuves fur les
animaux que vous aurez inoculés nuement
; mais vous prévoyez fans doute
d'avance l'avantage d'une méthode qui
nous rend tellement maîtres de l'enne- .
mi , que nous réglons jufqu'au moment
de fon attaque , & qu'elle ne commence
que lorfque nous fommes fortifiés de
OCTOBRE. 1763 . 151
manière à amortir tous les coups.
Trop de confiance feroit néanmoins
nuifible ; il eft effentiel d'observer les
divers mouvemens que le virus fufcite
& les temps de ces mouvemens .
Apercevrez - vous quelques change
mens fenfibles dès les premiers jours
de l'infertion ?
Ces changemens auront- ils d'abord
lieu vers le quatrième , ou cinquiéme
jour dans les incifions faites aux cuiffes
comme dans les plaies faites aux bras
de l'homme ?
Quels feront - ils ? Y aura- t il inflammation
, douleur ? Remarquerez - vous
une tuméfaction dans les bords ?
Quels feront les autres fignes qui
annonceront le travail du venin inféré ?
Quand fe montreront -ils ? Sera - ce environ
le fixiéme ou le feptiéme jour
comme dans l'inoculation pratiquée fur
le corps humain ? La tête de l'animal
fera-t-elle affectée , pefante & baffe ?
Ses yeux feront - ils obfcurs & ternes ?
Tous ces fymptomes maladifs qui.fixeront
votre attention fubfifteront-ils l'ef
pace de vingt- quatre heures & au-delà ?'
Seront- ils fuivis de la fiévre & fe termineront-
ils lors de l'éruption ?
Dans quel temps cette même éruption
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
fe fera-t-elle ? fera- ce dans le commencement
ou fur la fin de la fiévre ? Quelle
fera la force & la durée de la fiévre ellemême
? Quelle fera la durée de l'éruption
? Sera - t - elle entiere comme dans
l'homme au bout de quarante - huit
heures ? Où feront placés les premiers
Boutons ? Avoifineront- ils les incifions ?
Quel fera le fiége des autres ? Le nombre
de ces puftules fera t il confidérable
ou très-petit ? Enfin quel en fera
le caractère & le genre ? Annoncerontils
conftamment un claveau de l'espéce
difcrette , & non confluente ?
La fuppuration de ces mêmes boutons
fera- t-elle tardive ? Commencera - t- elle
trois jours environ après l'éruption ou
plus tard ? Les urines paroîtront - elles
alors plus épaiffes ? Quelle en fera la
couleur ? La chute de l'efcare qui limite
les plaies aura-t-elle précédé de quelques
jours la maturité des puftules &
ces mêmes plaies ouvertes après avoir
donné d'abord une humeur féreufe >
fourniront- elles infenfiblement une matière
plus liée & enfuite une matière
vraiment purulente , & plus ou moins
abondante ? La fuppuration des puftules
'fera-t- elle accompagnée de cette fiévre.
que les Médecins nomment fiévre de
OCTOBRE. 1763. 153
4
fuppuration , ou fiévre fécondaire dans
la petite vérole naturelle , qui eſt ſi
rare dans la petite vérole inoculée ?
La fuppuration terminée , quel fera
l'accroiffement , la couleur , & la forme
des boutons ? fera -ce au feptiéme jour
de l'éruption qu'ils s'affaifferont , qu'ils
fécheront ? tomberont-ils bientôt après ?
Ne laifferont-ils fur la peau aucune trace
ni aucune marque de leur préfence ?
Le flux de la matière purulente rendue
par les incifions , outre- paffera-t- il de
huit jours le defféchement des boutons ?
Le terme de ce flux s'étendra - t- il quelquefois
à un ou plufieurs mois ? Enfin
, Monfieur , pendant le cours de la
maladie , verrez -vous les fymptômes qui
fe montrent dans le claveau confluent ?
Les yeux de l'animal ne feront-ils pas
toujours ouverts , & les nafeaux exempts
de cet écoulement d'une morve épaiffe
tenace , d'une couleur fouvent blanche
& rarement jaune qui , comme j'ai eu
l'honneur de vous le mander , répond
au ptyaliſme de l'homme attaqué d'une
petite vérole maligne & naturelle ?
Le détail de toutes ces obfervations
importantes à faire
renferme en peu
de mots la plupart de celles qui ont
été faites enfuite de l'infertion du virus
•
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
variolique fur le corps humain ? Le tra
vail que je vous propofe peut vous paroître
immenfe , mais je crains fi peud'éffrayer
votre zéle, qu'à ces nouvelles
queftions & à celles qui font contenues
dans ma lettre du 28 Octobre paffé ,
j'en ajouterai d'autres auffi dignes de
votre curiofité.
1º. Vous inoculerez la matière du
claveau difcret fur des moutons nonpréparés
& de tous les âges ; inférez ,
Monfieur , la matière du claveau confluent
fur quelques-uns de ces animaux :
le virus varioleux agira-t- il avec confluence
?
2º. Vous inoculerez la matière d'un
claveau difcret fur des moutons après
les remédes préparatoires ; inférez fur
ces mêmes animaux la matière du claveau
confluent : quel en fera le produit ?
2
3º. Préparez quelques moutons , com .
me fi vous vouliez leur pratiquer l'infertion
expofez - les enfuite au danger
de la communication du claveau
naturel contracteront ils la maladie &
de quel genre fera - t -elle ?
4°. Expofez un mouton guéri après
l'infertion du levain , au milieu de plufieurs
moutons atteints du claveau nazurel
en fera-t-il attaqué lui -même è
-
OCTOBRE. 1763. 155 :
5. L'infertion n'ayant eu aucune pri
fe fur quelques moutons , expofez - les
aux coups du claveau naturel; la com
munication aura- t-elle lieu ?
6°. Ne feroit-il pas poffible de comparer
le nombre des animaux morts du
claveau naturel avec le nombre des animaux
morts du claveau artificiel ? Quel
eft celui qui excéderoit & quelle en
feroit la différence ?
7°. Dans le claveau artificiel la violence
de la maladie fera-t- elle toujours en
raifon de la promptitude avec laquelle la
fiévre fe montrera , & ce fait arrive
t-il dans le claveau naturel ?
8°. Le ferment varioleux du claveau
artificiel agira-t-il comme le ferment varioleux
du claveau naturel ?
Mais ce n'eft point affez , Monfieur
d'avoir preferit le régime & les remédes
qui tendent à la préparation des fujets à
inoculer , & de vous avoir prévenu fur
la marche du venin inféré , je dois encore
vous indiquer les moyens de parer
aux événemens.
Auffi - tôt après l'infertion on n'expoſe
point le malade à l'air ; il fera néanmoins
à popos de tenir quelques moutons dans
la bergerie & d'en laiffer d'autres dehors
pendant le jour & quelques
G vi
156 MERCURE DE FRANCE:
>
pendant le jour & la nuit. Lorfque la
fiévre d'éruption furviendra , vous retrancherez
à l'animal toute autre nourriture
que le fon & l'eau blanche
comme on retranche à l'homme tout
aliment folide & même l'ufage des
bouillons ordinaires. Au moment de
l'éruption , donnez des décoctions de
bayes de geniévre , des infufions de
faffran , ainfi que je l'ai recommandé
lorfque j'ai eu l'honneur de vous répondre
fur le claveau naturel ; & fi elle
fe fait difficilement , donnez de fix en
fix heures deux dragmes de thériaque
dans une corne de vin . Il peut arriver
que les plaies fe defféchent & ne rendent
rien , ou peu de chofe , furtout
auffi-tôt après l'exfiécation des boutons ;
alors augmentez , ou favorifez la fuppuration
en les panfant avec le bafilicum.
Une fuppuration trop copieufe
au contraire ; des chairs furabondantes
& molaffes demanderoient que le panfement
fut fait avec de l'onguent bafilicum
chargé d'alum calciné ou de précipité
rouge comme une fuppuration
trop longue exigeroit un panfement à
fec avec la fimple charpie & quelques,
boiffons apéritives , les racines de bardane,
de chicorée amère, de chiendent,
La
OCTOBRE. 1763 . 157
de fraifier feront employées à cet effet.
Enfin , réglez les alimens , d'après
les temps & les fymptômes. L'éruption
& la fiévre étant terminées , la diette
peut être moins févére . Elle doit l'être
encore moins l'orfqu'on apperçoit la
maturité des puftules , & vous pouvez
enfuite augmenter encore infenfiblement
la nourriture jufqu'à leur deffément.
Alors vous purgerez le Mouton
en lui donnant une ou deux fois , les
breuvages purgatifs , écrits ci- deffus ,
& en ajoutant à la colature de ces
mêmes breuvages , une dragme & demi
de nitre purifié. Voilà la manière d'achever
& de perfectionner la cure.
Quant à la faifon la plus favorable à
l'opération que nous méditons , celle
du Printems & de l'Automne ont paru
aux yeux des Médecins mériter la préférence.
D'une part les chaleurs doivent
occafionner une effervefcence confidérable
dans les humeurs ; de l'autre le
froid doit crifper & tendre les fibres cu- .
tanées , s'oppofer par conféquent à la libre
évacuation du venin & en occafionner
le rejet de la circonférence au
centre. C'eft cependant à vous , Mon-
Heur , à tenter l'infertion dans tous ces
temps différens, & peut -être verrez- vous
158 MERCURE DE FRANCE .
que dans l'été le claveau eft ordinairement
confluent , & que dans l'hyver le
froid peut rendre fes ravages confidérables
.
II faut au furplus que toutes vos expériences
foient faites avec une extrême
prudence & qu'on ne puiffe pas vous
reprocher d'avoir répandu au loin la
contagion. Le lieu où vous opérerez
doit donc être à l'abri de toute communication
, & les Moutons que vous
aurez traités ne rejoindront le troupeau
que lorsqu'on jugera qu'ils ne peuvent
y porter des corpufcules varioleux ,
capables de l'infecter entiérement.
J'attendrai , Monfieur , quelque chofe
de plus pofitif que ce que vous me
faites l'honneur de me mander fur mes
anciennes queftions pour en tirer des
conféquences. Les Payfans de cette Province
prétendent , comme ceux de la
vôtre , qu'un Mouton échappé du claveau
en eft exempt à jamais ; du refte
un feul fait d'une petite vérole furvenue
à un berger chargé de garder un
troupeau atteint du mal dont il s'agit ,
ne conclud rien à l'égard des plantes
fubftituées à la ferpentaire de Virginie
& à la racine de Contrayerva , je m'en
rapporte. Il n'en est pas de même de
OCTOBRE . 1763. 159
l'idée que l'on a eue de l'effet du vinaigre.
Si la graiffe du Mouton eft plus
difpofée à fe figer que celles des autres
c'eft animaux fans doute parce que
les cellules qui la contiennent font plus
petites & non par rapport à aucune
autre caufe ; les acides vitrioliques & les
acides nitraux peuvent figer les huiles
& non l'acide végétal qui d'ailleurs ne
produit point dans le fang des animaux
vivans ce qu'on attribue à fon mêlange
avec ce même fang expofé à un
feu médiocre.
J'efpére , Monfieur , que toutes ces
inftructions vous mettront à portée de
m'inftruire à votre tour , & vous ne
trouverez pas en moi moins de docilité ,
d'attachement & de reconnoiffance.
J'ai l'honneur d'être & c.
BOREL du 3 Mars 1763 .
L'OBJET qui nous occupe l'un & l'autre
, Monfieur , est très important par
lui -même ; il devient , ce me femble
encore plus intéreffant par les circonftances.
Les tentatives que vous vous
propofez de faire fur les moutons peuvent
en effet introduire & mettre en vigueur
dans le Beauvoifis la pratique
d'une opération auffi fameufe par les
fuccès dont elle a été fuivie , que par
les difputes qu'elle a excitées ; quel que
foit en ce cas , le réfultat de vos expériences
fur les animaux , vous aurez l'avantage
d'avoir produit une heureufe
révolution dans votre Province en
l'éclairant fur les moyens d'affranchir
les peuples des ravages d'une maladie
qu'on doit regarder avec raifon comme
un des plus redoutables fléaux de l'humanité.
,
L'Inoculation du virus variolique a
eu lieu de plufieurs manières .
142 MERCURE DE FRANCE.
Les uns ont introduit dans le nez un
bourdonnet de charpie ou de coton
imbu d'une matière purulente tirée récemment
des boutons d'une petite vérole
difcrette , ou foupoudré des croutes
de ces mêmes boutons. Je ne fçais fi
ce procédé a produit des effets fâcheux ,
mais il paroît en général que l'on redoute
le danger qui pourroit naître dèslors
d'une action trop immédiate &
trop prompte fur le cerveau.
Les autres après avoir enlevé l'épiderme
par l'application des vefficatoires
ou par la voye d'un frottement très -fort
ont réitéré enfuite des onctions fur la
peau avec le pus varioleux .
Plufieurs ont porté ce levain directement
dans le fang après quelques légéres
bleffures qu'ils ont pratiquées avec
un inftrument quelconque , & ayant
ainfi foumis cette portioncule ou une
goute virulente à la circulation , ont
bien-tôt infecté la maffe .
Le moyen d'infertion le plus en uſage
eft celui des fils préparés. On attend
que les boutons foient parvenus à maturité
, c'eft-à-dire , qu'ils ayent acquis une
couleur de blanc jaunâtre. On les perce
avec une groffe épingle , d'autres les
ouvrent avec une lancette . Les premiers
OCTOBRE. 1763 . 143
prennent un gros fil de charpie de la
longeur d'un pouce qu'ils imbibent de
pus en le roulant plufieurs fois avec
foin dans diverfes puftules . Les feconds
fe contentent de traîner un gros fil à
coudre dans une feule de ces mêmes
puftules. Les uns & les autres confervent
ces fils dans des vafes de verre &
atteftent que telle eft l'énergie du virus,
des fils ainfi récelés & gardés quatre
mois , fix mois & même plus longtemps
ont une force & une efficacité
égale à celles d'une matière variolique
plus fraîchement extraite.
que
Pour folliciter cette vertu & ce pouvoir
contagieux , faites , Monfieur , à la partie
interne de chaque cuiffe du mouton une
petite incifion femblable à celle que
l'on pratique en pareil cas dans la partie
externe & moyenne des bras de l'homme.
Cette incifion longitudinale doit
être de la longueur d'un pouce , fa profondeur
d'une ligne environ , de façon
que l'incifion pénétre ce qu'on nomme
le derme & fe borne au tiffu cellulaire
qui eft au-deffous , afin de ne pas exciter
une inflammation trop confidérable,
d'éviter une fuppuration trop abondante
& de ne pas donner lieu à une
plaie rebelle & qu'on ne pourroit fer144
MERCURE DE FRANCE :
mer que très- difficilement. Inférez dans,
ces mêmes parties incifées & dans toute
la longueur de l'incifion un des fils infectés
, couvrez le tout d'un léger plumaceau
d'étoupe fur lequel vous placerez
un emplâtre de diapalme & maintenez
par une compreffe & une bande. On
léve l'appareil mis fur l'homme ordinairement
quarante - huit heures après qu'il
a été placé , & tout le panfement des
plaies confifte le plus fouvent dans
l'application d'un digeftif fimple ou de
l'empâtre diachilon . Si les fils ont été
dérangés , fi on les yoit hors des incifions
faites on y en infére de nouveaux
, & fi ces incifions font fermées ,
on en pratique de nouvelles. Toutes ces
'opérations doivent être les mêmes fur
les moutons .
,
Le choix de la matière qui eſt le
produit du claveau eft un point fans
doute moins épineux que le choix de
la matière fournie par la petite vérole
'humaine ; il faut d'abord être attentif à
ne prendre que celle d'un claveau dif
cret & de bonne qualité , & non l'humeur
fanieufe , noirâtre & gangréneufe
d'un claveau confluent & de mauvais
genre. Il eft encore bon de préférer le
pus d'un mouton conftamment fain &
vigoureux
OCTOBRE. 1763. 145
vigoureux avant d'avoir été attaqué par
le claveau à celui d'un mouton qui auroit
auparavant langui & éprouvé diverfes
maladies . Cette derniere confidération
eft à la vérité moins effentielle
que lorsqu'il s'agit de l'inoculation de
l'homme ; car le danger d'une complication
funefte ne fçauroit être auffi grand
dans la communication du levain varioleux
de l'animal. Il eft à préfumer en
effet , qu'exempt des paffions qui affectent
vivement notre âme ; accoutumé
à des alimens fains qu'un art meurtrier
ne change point en poifon , libre
de toute contention & de tout effort
d'efprit , éloigné de toutes débauches
& des excès en tous genres auxquels
nous nous livrons , il n'a contracté ni
pu apporter en naiffant le germe d'une
multitude de virus connus ou inconnus
qui dégradent & fappent infenfifiblement
& fourdement notre machine
; ainfi les ennemis ou les antagoniftes
de l'inoculation ne fauroient voir
dans notre opération les rifques cruels
de la tranfmiffion fimultanée de deux
ou de plufieurs maux , dont le premier
toujours apparent eſt toujours benin ;
mais dont l'autre caché peut avoir felon
eux d'étranges fuites , foit que ce levain
I. Vol G
146 MERCURE DE FRANCE .
caché rencontre dans l'homme qui en
fouffre la mortelle impreffion , un au
tre virus avec lequel il ait quelque af
finité , foit auffi qu'il en résulte un alliage
de deux fermens qui ne puiffent
compatir .
C'eſt à raifon de l'abfence de toutes
ces caufes de perverfion que l'age du
mouton dont on empruntera la matiere
paroît totalement indifférent . Nous n'avons
à cet égard pas plus à redouter de
l'animal adulte que de l'animal vieux ,
& nous ne ferons pas obligés de puifer
préférablement dans les agneaux le
levain à inférer , de remonter au genre
de vie & de conduite du pere & de la
mere , de faire des recherches fur les
nourrices qui ont allaité , de recourir
enfin à l'exemple des Médecins , au
ferment varioleux des enfans de gens
que le travail , la mifére & l'éloignement
des villes confervent purs &
fains .
Il pourroit n'en être pas abfolument
de même en ce qui concerne les Sujets
à inoculer ; cependant , Monfieur , je
crois qu'il ne feroit pas hors de propos
de tenter d'abord l'infertion für des
moutons de tous les âges : quant au
féxe , le temps auquel les femelles font
OCTOBRE. 1763. 147
pleines , celui où elles nourriffent, peutêtre
auffi celui de la chaleur , font les
feuls qui puiffent vous arrêter ; car nous
fommes encor ici à l'abri des accidens
& des inconvéniens qui pourroient fuivre
l'inoculation pratiquée aux approches
de la premiere éruption des menftrues
ou à la veille de cette évacuation
périodique ordinaire .
La gravité & l'intenfité des fymptômes
du virus variolique ne dérivent
pas moins de l'état & de la difpofition
du fujet qui le contracte , que de la
nature du virus même. Eu égard à l'efpéce
du levain , on n'infére que la matiere
d'une petite vérole benigne &
difcrette ; en ce qui concerne le fang
qui doit la recevoir , on prévient par
des remédes appropriés les défordres
terribles que les miafmes varioleux occafionnent.
On fluidifie , on tempére ,
on délaye , c'est-à-dire , qu'on s'efforce
de parer aux engorgemens , de vaincre
& de furmonter toute difpofition
inflammatoire , d'émouffer une funefte
acrimonie & d'en affoiblir les traits .
Les purgatifs , les délayans unis à des
ftomachiques doux & à des médicamens
incififs précédent dans cette vue
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
l'inoculation des enfans. La faignée ,
des bains domeftiques , des lavemens
émolliens ou fimples , des humectans
des adouciffans donnés après les remédes
dont l'effet eft de vuider & de dégager
les premieres voyes , fuffisent à
la préparation des adultes , furtout fi
le régime prefcrit & fuivi eft d'accord
avec les indications qui déterminent.
C'eſt au furplus au Médecin à connoître
& à confulter attentivement dans cette
occurence comme dans toutes les au
tres , le tempérament des Sujets , puifqu'attendu
la multitude de différences
& même de nuances qui font autant
d'exceptions aux régles générales , il
eft phyfiquement impoffible dans le traitement
des maladies de compter fur
une méthode abfolument invariable.
Mettons à profit , Monfieur , la liberté
& la facilité que l'Art vétérinaire nous
donne de multiplier les expériences. Inoculez
d'abord fans aucune préparation
plufieurs moutons de tous les âges , vous
verrez quelles feront les fuites naturelles
de l'infertion du virus variolique
benin. Pratiquez -la enfuite fur des animaux
difpofés d'après ce que fuggère
une jufte crainte , des effets de la matiére
inférée. Si vous croyez qu'il foit
OCTOBRE. 1763. 149
néceffaire de purger les agneaux , vous
pourrez leur donner la boiffon purgative
fuivante. Prenez féné deux dragmes ,
faites infufer trois heures dans l'eau
bouillante une livre , coulez , prenez enfuite
Rhubarbe contufe , une dragme.
Faites bouillir dans la colature l'efpace
d'une demie heure. Coulez de nouveau
faites diffoudre dans trois ou quatre onces
de colatere , manne deux onces &
demie .
Donnez cette boiffon avec la corne
après avoir tenu l'animal à la diete au
moins l'efpace de quatre heures , foumettez
- le autant de temps à cette même
diette après qu'il l'aura pris.
Quant au régime , multipliez le fon
& l'eau blanche , donnez - lui - en trois
ou quatre fois par jour.
La faignée à la jugulaire conviendra
plutôt aux adultes que dans l'âge qui
précéde & qui fuit celui-ci . Vous pourrez
les préparer enfuite à un breuvage
purgatif par des boiffons blanches dans
lefquelles vous mêlerez une demie once
cryſtal minéral & aufquelles vous
ajouterez un quart d'une décoction de
Plantes émollientes . Quelques jours après
vous leur donnerez avec la corne le
breuvage fuivant.
,
G iij
150 MERCURE DE FRANCE.
Prenez féné , trois dragmes. Faites
infufer comme ci-deffus , coulez , faites
infufer fur de la cendre chaude dans la
colature pendant la nuit , Aloës fuccotrin
, demie once. Remuez , donnez
tiéde , après avoir foumis l'adulte deux
heures de plus à la diéte prefcrite avant
& après l'adminiftration de ce reméde
qui peut être encore précédée de celle
de quelques lavemens émolliens. Remettez
enfuite l'animal à l'ufage de la
boiffon blanche tempérante pendant
quelques jours. Je croirois encore que
les lotions ou des douches fréquentes
& réitérées avec des éponges imbues
d'une décoction emolliente tiéde , donneroient
à la peau & fur- tout dans les
vieux moutons , une foupleffe qui ne
pourroit que faciliter l'éruption.
Telles font, Monfieur, les précautions
à prendre avant l'opération ; vous jugerez
mieux que moi de leur néceffité
après vos premières épreuves fur les
animaux que vous aurez inoculés nuement
; mais vous prévoyez fans doute
d'avance l'avantage d'une méthode qui
nous rend tellement maîtres de l'enne- .
mi , que nous réglons jufqu'au moment
de fon attaque , & qu'elle ne commence
que lorfque nous fommes fortifiés de
OCTOBRE. 1763 . 151
manière à amortir tous les coups.
Trop de confiance feroit néanmoins
nuifible ; il eft effentiel d'observer les
divers mouvemens que le virus fufcite
& les temps de ces mouvemens .
Apercevrez - vous quelques change
mens fenfibles dès les premiers jours
de l'infertion ?
Ces changemens auront- ils d'abord
lieu vers le quatrième , ou cinquiéme
jour dans les incifions faites aux cuiffes
comme dans les plaies faites aux bras
de l'homme ?
Quels feront - ils ? Y aura- t il inflammation
, douleur ? Remarquerez - vous
une tuméfaction dans les bords ?
Quels feront les autres fignes qui
annonceront le travail du venin inféré ?
Quand fe montreront -ils ? Sera - ce environ
le fixiéme ou le feptiéme jour
comme dans l'inoculation pratiquée fur
le corps humain ? La tête de l'animal
fera-t-elle affectée , pefante & baffe ?
Ses yeux feront - ils obfcurs & ternes ?
Tous ces fymptomes maladifs qui.fixeront
votre attention fubfifteront-ils l'ef
pace de vingt- quatre heures & au-delà ?'
Seront- ils fuivis de la fiévre & fe termineront-
ils lors de l'éruption ?
Dans quel temps cette même éruption
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
fe fera-t-elle ? fera- ce dans le commencement
ou fur la fin de la fiévre ? Quelle
fera la force & la durée de la fiévre ellemême
? Quelle fera la durée de l'éruption
? Sera - t - elle entiere comme dans
l'homme au bout de quarante - huit
heures ? Où feront placés les premiers
Boutons ? Avoifineront- ils les incifions ?
Quel fera le fiége des autres ? Le nombre
de ces puftules fera t il confidérable
ou très-petit ? Enfin quel en fera
le caractère & le genre ? Annoncerontils
conftamment un claveau de l'espéce
difcrette , & non confluente ?
La fuppuration de ces mêmes boutons
fera- t-elle tardive ? Commencera - t- elle
trois jours environ après l'éruption ou
plus tard ? Les urines paroîtront - elles
alors plus épaiffes ? Quelle en fera la
couleur ? La chute de l'efcare qui limite
les plaies aura-t-elle précédé de quelques
jours la maturité des puftules &
ces mêmes plaies ouvertes après avoir
donné d'abord une humeur féreufe >
fourniront- elles infenfiblement une matière
plus liée & enfuite une matière
vraiment purulente , & plus ou moins
abondante ? La fuppuration des puftules
'fera-t- elle accompagnée de cette fiévre.
que les Médecins nomment fiévre de
OCTOBRE. 1763. 153
4
fuppuration , ou fiévre fécondaire dans
la petite vérole naturelle , qui eſt ſi
rare dans la petite vérole inoculée ?
La fuppuration terminée , quel fera
l'accroiffement , la couleur , & la forme
des boutons ? fera -ce au feptiéme jour
de l'éruption qu'ils s'affaifferont , qu'ils
fécheront ? tomberont-ils bientôt après ?
Ne laifferont-ils fur la peau aucune trace
ni aucune marque de leur préfence ?
Le flux de la matière purulente rendue
par les incifions , outre- paffera-t- il de
huit jours le defféchement des boutons ?
Le terme de ce flux s'étendra - t- il quelquefois
à un ou plufieurs mois ? Enfin
, Monfieur , pendant le cours de la
maladie , verrez -vous les fymptômes qui
fe montrent dans le claveau confluent ?
Les yeux de l'animal ne feront-ils pas
toujours ouverts , & les nafeaux exempts
de cet écoulement d'une morve épaiffe
tenace , d'une couleur fouvent blanche
& rarement jaune qui , comme j'ai eu
l'honneur de vous le mander , répond
au ptyaliſme de l'homme attaqué d'une
petite vérole maligne & naturelle ?
Le détail de toutes ces obfervations
importantes à faire
renferme en peu
de mots la plupart de celles qui ont
été faites enfuite de l'infertion du virus
•
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
variolique fur le corps humain ? Le tra
vail que je vous propofe peut vous paroître
immenfe , mais je crains fi peud'éffrayer
votre zéle, qu'à ces nouvelles
queftions & à celles qui font contenues
dans ma lettre du 28 Octobre paffé ,
j'en ajouterai d'autres auffi dignes de
votre curiofité.
1º. Vous inoculerez la matière du
claveau difcret fur des moutons nonpréparés
& de tous les âges ; inférez ,
Monfieur , la matière du claveau confluent
fur quelques-uns de ces animaux :
le virus varioleux agira-t- il avec confluence
?
2º. Vous inoculerez la matière d'un
claveau difcret fur des moutons après
les remédes préparatoires ; inférez fur
ces mêmes animaux la matière du claveau
confluent : quel en fera le produit ?
2
3º. Préparez quelques moutons , com .
me fi vous vouliez leur pratiquer l'infertion
expofez - les enfuite au danger
de la communication du claveau
naturel contracteront ils la maladie &
de quel genre fera - t -elle ?
4°. Expofez un mouton guéri après
l'infertion du levain , au milieu de plufieurs
moutons atteints du claveau nazurel
en fera-t-il attaqué lui -même è
-
OCTOBRE. 1763. 155 :
5. L'infertion n'ayant eu aucune pri
fe fur quelques moutons , expofez - les
aux coups du claveau naturel; la com
munication aura- t-elle lieu ?
6°. Ne feroit-il pas poffible de comparer
le nombre des animaux morts du
claveau naturel avec le nombre des animaux
morts du claveau artificiel ? Quel
eft celui qui excéderoit & quelle en
feroit la différence ?
7°. Dans le claveau artificiel la violence
de la maladie fera-t- elle toujours en
raifon de la promptitude avec laquelle la
fiévre fe montrera , & ce fait arrive
t-il dans le claveau naturel ?
8°. Le ferment varioleux du claveau
artificiel agira-t-il comme le ferment varioleux
du claveau naturel ?
Mais ce n'eft point affez , Monfieur
d'avoir preferit le régime & les remédes
qui tendent à la préparation des fujets à
inoculer , & de vous avoir prévenu fur
la marche du venin inféré , je dois encore
vous indiquer les moyens de parer
aux événemens.
Auffi - tôt après l'infertion on n'expoſe
point le malade à l'air ; il fera néanmoins
à popos de tenir quelques moutons dans
la bergerie & d'en laiffer d'autres dehors
pendant le jour & quelques
G vi
156 MERCURE DE FRANCE:
>
pendant le jour & la nuit. Lorfque la
fiévre d'éruption furviendra , vous retrancherez
à l'animal toute autre nourriture
que le fon & l'eau blanche
comme on retranche à l'homme tout
aliment folide & même l'ufage des
bouillons ordinaires. Au moment de
l'éruption , donnez des décoctions de
bayes de geniévre , des infufions de
faffran , ainfi que je l'ai recommandé
lorfque j'ai eu l'honneur de vous répondre
fur le claveau naturel ; & fi elle
fe fait difficilement , donnez de fix en
fix heures deux dragmes de thériaque
dans une corne de vin . Il peut arriver
que les plaies fe defféchent & ne rendent
rien , ou peu de chofe , furtout
auffi-tôt après l'exfiécation des boutons ;
alors augmentez , ou favorifez la fuppuration
en les panfant avec le bafilicum.
Une fuppuration trop copieufe
au contraire ; des chairs furabondantes
& molaffes demanderoient que le panfement
fut fait avec de l'onguent bafilicum
chargé d'alum calciné ou de précipité
rouge comme une fuppuration
trop longue exigeroit un panfement à
fec avec la fimple charpie & quelques,
boiffons apéritives , les racines de bardane,
de chicorée amère, de chiendent,
La
OCTOBRE. 1763 . 157
de fraifier feront employées à cet effet.
Enfin , réglez les alimens , d'après
les temps & les fymptômes. L'éruption
& la fiévre étant terminées , la diette
peut être moins févére . Elle doit l'être
encore moins l'orfqu'on apperçoit la
maturité des puftules , & vous pouvez
enfuite augmenter encore infenfiblement
la nourriture jufqu'à leur deffément.
Alors vous purgerez le Mouton
en lui donnant une ou deux fois , les
breuvages purgatifs , écrits ci- deffus ,
& en ajoutant à la colature de ces
mêmes breuvages , une dragme & demi
de nitre purifié. Voilà la manière d'achever
& de perfectionner la cure.
Quant à la faifon la plus favorable à
l'opération que nous méditons , celle
du Printems & de l'Automne ont paru
aux yeux des Médecins mériter la préférence.
D'une part les chaleurs doivent
occafionner une effervefcence confidérable
dans les humeurs ; de l'autre le
froid doit crifper & tendre les fibres cu- .
tanées , s'oppofer par conféquent à la libre
évacuation du venin & en occafionner
le rejet de la circonférence au
centre. C'eft cependant à vous , Mon-
Heur , à tenter l'infertion dans tous ces
temps différens, & peut -être verrez- vous
158 MERCURE DE FRANCE .
que dans l'été le claveau eft ordinairement
confluent , & que dans l'hyver le
froid peut rendre fes ravages confidérables
.
II faut au furplus que toutes vos expériences
foient faites avec une extrême
prudence & qu'on ne puiffe pas vous
reprocher d'avoir répandu au loin la
contagion. Le lieu où vous opérerez
doit donc être à l'abri de toute communication
, & les Moutons que vous
aurez traités ne rejoindront le troupeau
que lorsqu'on jugera qu'ils ne peuvent
y porter des corpufcules varioleux ,
capables de l'infecter entiérement.
J'attendrai , Monfieur , quelque chofe
de plus pofitif que ce que vous me
faites l'honneur de me mander fur mes
anciennes queftions pour en tirer des
conféquences. Les Payfans de cette Province
prétendent , comme ceux de la
vôtre , qu'un Mouton échappé du claveau
en eft exempt à jamais ; du refte
un feul fait d'une petite vérole furvenue
à un berger chargé de garder un
troupeau atteint du mal dont il s'agit ,
ne conclud rien à l'égard des plantes
fubftituées à la ferpentaire de Virginie
& à la racine de Contrayerva , je m'en
rapporte. Il n'en est pas de même de
OCTOBRE . 1763. 159
l'idée que l'on a eue de l'effet du vinaigre.
Si la graiffe du Mouton eft plus
difpofée à fe figer que celles des autres
c'eft animaux fans doute parce que
les cellules qui la contiennent font plus
petites & non par rapport à aucune
autre caufe ; les acides vitrioliques & les
acides nitraux peuvent figer les huiles
& non l'acide végétal qui d'ailleurs ne
produit point dans le fang des animaux
vivans ce qu'on attribue à fon mêlange
avec ce même fang expofé à un
feu médiocre.
J'efpére , Monfieur , que toutes ces
inftructions vous mettront à portée de
m'inftruire à votre tour , & vous ne
trouverez pas en moi moins de docilité ,
d'attachement & de reconnoiffance.
J'ai l'honneur d'être & c.
Fermer
38
p. 105-109
PRIX proposés par l'Académie Royale des Sciences, Inscriptions & Belles-Lettres de TOULOUSE, pour les années 1764, 1765 & 1766.
Début :
LA Ville de Toulouse, célébre par les Prix qu'on y distribue depuis longtemps [...]
Mots clefs :
Académie, Ouvrages, Secrétaire, Sujet, Sciences, Lettres, Sentence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposés par l'Académie Royale des Sciences, Inscriptions & Belles-Lettres de TOULOUSE, pour les années 1764, 1765 & 1766.
PRIX propofés par l'Académie Royale
des Sciences , Infcriptions & Belles-
Lettres de TOULOUSE , pour les années
1764 , 1765 & 1766.
LAA Ville de Toulouſe , célébre par
les Prix qu'on y diftribue depuis long
temps à l'Eloquence , à la Poëfie , &
aux Arts voulant contribuer auff
au progrès des Sciences & des Lettres ,
a , fous le bon plaifir du Roi , fondé un
.Ev P
106 MERCURE DE FRANCE.
prix de la valeur de cinq cens livres, pour
être diftribué tous les ans par l'Acadé
mie Royale des Sciences , Infcriptions
& Belles Lettres , à celui qui au Jugement
de cette Compagnie
le mieux traité le Sujet qu'elle aura propofé.
aura
Le Sujet doit être alternativement de
Mathématique , de Médecine & de Littérature.
L'Académie avoit propofé pour le
Prix double de 1763 , les moyens de reconnoître
les contre - coups dans le corps.
humain & d'en prévenir les fuites. Entre
les Ouvrages qui ont été préfentés
quelques - uns ont mérité des Eloges
par le bon choix des obfervations déja
connues : cependant comme ils n'ont
point répandu fur la queftion les lumières
que l'expérience & la faine Phyfique
peuvent fournir , l'Académie s'eft
déterminée à réſerver encore le prix &
à le joindre à celui 1766 , qui fera triple
& pour lequel elle propofe le même
fujet.
Les Auteurs font avertis qu'ils doivent
s'attacher à expofer le Méchanifme
des contre- coups en la manière la
plus capable de procurer les connoiffances
qu'on peut en tirer fur le fiége
OCTOBRE. 1763. 107
& la nature des léfions produites par ces
accidens.
On fut informé l'année dernière que
l'Académie propofoit pour Sujet du
Prix de 1765 , de donner les Loix du
frottement des Fluides en mouvement .
Quant au Prix de 1764 , il y a deux
ans qu'on a été informé qu'il a pour
Sujet , de déterminer l'origine & le caractère
des Tectofages , l'étendue & l'état
de la partie de la Celtique qu'ils
occuperent jufqu'à l'entrée des Romains
dans leur Pays , les excurfions qu'ils
firent avant cette époque.
Les Sçavans font invités à travailler
fur ces Sujets , & même les Affociés
étrangers de l'Académie . Ses autres
Membres font exclus de prétendre aux
Prix .
Ceux qui compoferont font priés d'écrire
en François ou en Latin , & de remettre
une copie de leurs Ouvrages
foit bien lifible , fur tout quand
qui
il y aura des Calculs algébriques.
·
Les Auteurs écriront au bas de leurs
Ouvrages une Sentence ou Devife ;
mais ils pourront néanmoins y joindre
un Billet féparé & cacheté qui contienne
la même Sentence ou Devife ,
avec leur nom , leurs qualités & leur
•
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
adreffe ; l'Académie exige même qu'ils
prennent cette précaution , lorfqu'ils
adrefferont leurs Ecrits au Sécretaire ,
Ce Billet ne fera point ouvert , fi la
Piéce n'a pas remporté le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix ,
pourront adreffer leurs Ouvrages à M.
l'Abbé de Rey , Secrétaire perpétuel
de l'Académie , ou les lui faire remettre
par quelque perfonne domiciliée à
Touloufe. Dans ce dernier cas , il en
donnera fon Récépiffe , fur lequel fera
écrite la Sentence de l'Ouvrage , avec
fon numero , felon l'ordre dans lequel -
il aura été reçu .
Les Paquets adreffés au Secrétaire ,
doivent être affranchis de port.
Les Ouvrages ne feront reçus que
lufqu'au dernier Janvier des années pour
je Prix defquelles ils auront été compofés.
L'Académie proclamera dans fon
Affemblée publique du 25 du mois
d'Août de chaque année , la Piéce qu'elle
aura couronnée.
Si l'Ouvrage qui aura remporté le
Prix , a été envoyé au Secrétaire en
droiture , le Tréforier de l'Académie
ue délivrera ce Prix qu'à l'Auteur même,
OCTOBRE . 1763 . 100
qui fe fera connoître , ou au Porteur
d'une Procuration de fa part.
S'il y a un Récépiffé du Secrétaire
le Prix fera délivré à celui qui le repréfentera.
L'Académie qui ne préfcrit aucun
fyftême , déclare auffi qu'elle n'entend
point adopter les principes des Ouvra
ges qu'elle couronnera.
des Sciences , Infcriptions & Belles-
Lettres de TOULOUSE , pour les années
1764 , 1765 & 1766.
LAA Ville de Toulouſe , célébre par
les Prix qu'on y diftribue depuis long
temps à l'Eloquence , à la Poëfie , &
aux Arts voulant contribuer auff
au progrès des Sciences & des Lettres ,
a , fous le bon plaifir du Roi , fondé un
.Ev P
106 MERCURE DE FRANCE.
prix de la valeur de cinq cens livres, pour
être diftribué tous les ans par l'Acadé
mie Royale des Sciences , Infcriptions
& Belles Lettres , à celui qui au Jugement
de cette Compagnie
le mieux traité le Sujet qu'elle aura propofé.
aura
Le Sujet doit être alternativement de
Mathématique , de Médecine & de Littérature.
L'Académie avoit propofé pour le
Prix double de 1763 , les moyens de reconnoître
les contre - coups dans le corps.
humain & d'en prévenir les fuites. Entre
les Ouvrages qui ont été préfentés
quelques - uns ont mérité des Eloges
par le bon choix des obfervations déja
connues : cependant comme ils n'ont
point répandu fur la queftion les lumières
que l'expérience & la faine Phyfique
peuvent fournir , l'Académie s'eft
déterminée à réſerver encore le prix &
à le joindre à celui 1766 , qui fera triple
& pour lequel elle propofe le même
fujet.
Les Auteurs font avertis qu'ils doivent
s'attacher à expofer le Méchanifme
des contre- coups en la manière la
plus capable de procurer les connoiffances
qu'on peut en tirer fur le fiége
OCTOBRE. 1763. 107
& la nature des léfions produites par ces
accidens.
On fut informé l'année dernière que
l'Académie propofoit pour Sujet du
Prix de 1765 , de donner les Loix du
frottement des Fluides en mouvement .
Quant au Prix de 1764 , il y a deux
ans qu'on a été informé qu'il a pour
Sujet , de déterminer l'origine & le caractère
des Tectofages , l'étendue & l'état
de la partie de la Celtique qu'ils
occuperent jufqu'à l'entrée des Romains
dans leur Pays , les excurfions qu'ils
firent avant cette époque.
Les Sçavans font invités à travailler
fur ces Sujets , & même les Affociés
étrangers de l'Académie . Ses autres
Membres font exclus de prétendre aux
Prix .
Ceux qui compoferont font priés d'écrire
en François ou en Latin , & de remettre
une copie de leurs Ouvrages
foit bien lifible , fur tout quand
qui
il y aura des Calculs algébriques.
·
Les Auteurs écriront au bas de leurs
Ouvrages une Sentence ou Devife ;
mais ils pourront néanmoins y joindre
un Billet féparé & cacheté qui contienne
la même Sentence ou Devife ,
avec leur nom , leurs qualités & leur
•
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
adreffe ; l'Académie exige même qu'ils
prennent cette précaution , lorfqu'ils
adrefferont leurs Ecrits au Sécretaire ,
Ce Billet ne fera point ouvert , fi la
Piéce n'a pas remporté le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix ,
pourront adreffer leurs Ouvrages à M.
l'Abbé de Rey , Secrétaire perpétuel
de l'Académie , ou les lui faire remettre
par quelque perfonne domiciliée à
Touloufe. Dans ce dernier cas , il en
donnera fon Récépiffe , fur lequel fera
écrite la Sentence de l'Ouvrage , avec
fon numero , felon l'ordre dans lequel -
il aura été reçu .
Les Paquets adreffés au Secrétaire ,
doivent être affranchis de port.
Les Ouvrages ne feront reçus que
lufqu'au dernier Janvier des années pour
je Prix defquelles ils auront été compofés.
L'Académie proclamera dans fon
Affemblée publique du 25 du mois
d'Août de chaque année , la Piéce qu'elle
aura couronnée.
Si l'Ouvrage qui aura remporté le
Prix , a été envoyé au Secrétaire en
droiture , le Tréforier de l'Académie
ue délivrera ce Prix qu'à l'Auteur même,
OCTOBRE . 1763 . 100
qui fe fera connoître , ou au Porteur
d'une Procuration de fa part.
S'il y a un Récépiffé du Secrétaire
le Prix fera délivré à celui qui le repréfentera.
L'Académie qui ne préfcrit aucun
fyftême , déclare auffi qu'elle n'entend
point adopter les principes des Ouvra
ges qu'elle couronnera.
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39
p. 109-111
ACADÉMIE des Belles-Lettres de MONTAUBAN.
Début :
L'ACADÉMIE des Belles-Lettres de Montauban distribuera le 25 Août prochain [...]
Mots clefs :
Académie, Prix, Discours, Auteurs, Ouvrage, Éloquence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ACADÉMIE des Belles-Lettres de MONTAUBAN.
ACADÉMIE des Belles Lettres de
MONTAU BAN.
L'ACADÉMIE des Belles- Lettres de
Montauban diftribuera le 25
Août pro
chain , Fête de S. Louis , un prix d'éloquence
qu'elle a destiné à un Difcours
dont le Sujet fera pour l'année 1764 : la
Préfomption eft la compagne ordinaire
d'un mérite médiocre ; conformément
à ces paroles de l'Ecriture fainte : Qui
confidit in corde fuo , ftultus eft : Prov.
XXVIII . 26.
Ce Prix eft une Médaille d'or de la
valeur de deux cens cinquante livres
portant d'un côté les armes de l'Académie
, avec ces paroles dans l'exergue
110 MERCURE DE FRANCE.
Academia Montalbanenfis fundata auf
pice Ludovico XV , P. P. P. F. A.
imperii anno XXIX : Et fur le revers
ces mots renfermés dans une couronne
de laurier ; Ex munificentia viri
Academici D. D. Bertrandi de la Tour ,
Decani Ecclef. Mont. M. DCC . LXIII.
Les Auteurs font avertis de s'attacher
à bien prendre le fens du Sujet
qui leur eft propofé , d'éviter le ton
de déclamateur , de ne point s'écarter
de leur plan , & d'en remplir toute les
parties avec jufteffe & avec préciſion ..
Les Difcours ne feront , tout au plus,
que d'une demie -heure de lecture, & finiront
par une courte prière à JESUSCHRIST
.
On n'en recevra aucun qui n'a une
approbation fignée de deux Docteurs
en Théologie,
Les Auteurs ne mettront point leur
nom à leurs ouvrages , mais feulement
une marque ou paraphe , avec un Paffage
de l'Ecriture fainte , ou d'un Père
de l'Eglife , qu'on écrira auffi fur le regiftre
du Secrétaire de l'Académie.
Ils feront remettre leurs ouvrages pen.
danttout le mois de Mai prochain , entre
les mains de M. de Bernoi, Secrétaire perpétuel
de l'Académie , en fa maiſon , rue
OCTOBRE. 1763 . III
Montmurat , ou en fon abfence , à M.
Abbé Bellet , en fa maiſon , rue Courde-
Touloufe .
Le Prix ne fera délivré à aucun ,
qu'il ne le nomme & qu'il ne fe préfente
en perfonne , ou par procureur ,
pour le recevoir & figner le Difcours.
Les Auteurs font priés d'adreffer à
M. le Secrétaire trois copies bien lifibles
de leurs ouvrages , & d'affranchir
les paquets qui feront envoyés
par la pofte.
Le Prix d'éloquence de cette année
a été adjugé au Difcours qui a pour
Sentence : Cave tibi , & attende diligenter
auditui tuo. Ecclef. XIN . 16.
Et le Prix réfervé de l'année 1762
a été adjugé au Poëme qui a pour de
vife : Salus populi fuprema lex efto.
MONTAU BAN.
L'ACADÉMIE des Belles- Lettres de
Montauban diftribuera le 25
Août pro
chain , Fête de S. Louis , un prix d'éloquence
qu'elle a destiné à un Difcours
dont le Sujet fera pour l'année 1764 : la
Préfomption eft la compagne ordinaire
d'un mérite médiocre ; conformément
à ces paroles de l'Ecriture fainte : Qui
confidit in corde fuo , ftultus eft : Prov.
XXVIII . 26.
Ce Prix eft une Médaille d'or de la
valeur de deux cens cinquante livres
portant d'un côté les armes de l'Académie
, avec ces paroles dans l'exergue
110 MERCURE DE FRANCE.
Academia Montalbanenfis fundata auf
pice Ludovico XV , P. P. P. F. A.
imperii anno XXIX : Et fur le revers
ces mots renfermés dans une couronne
de laurier ; Ex munificentia viri
Academici D. D. Bertrandi de la Tour ,
Decani Ecclef. Mont. M. DCC . LXIII.
Les Auteurs font avertis de s'attacher
à bien prendre le fens du Sujet
qui leur eft propofé , d'éviter le ton
de déclamateur , de ne point s'écarter
de leur plan , & d'en remplir toute les
parties avec jufteffe & avec préciſion ..
Les Difcours ne feront , tout au plus,
que d'une demie -heure de lecture, & finiront
par une courte prière à JESUSCHRIST
.
On n'en recevra aucun qui n'a une
approbation fignée de deux Docteurs
en Théologie,
Les Auteurs ne mettront point leur
nom à leurs ouvrages , mais feulement
une marque ou paraphe , avec un Paffage
de l'Ecriture fainte , ou d'un Père
de l'Eglife , qu'on écrira auffi fur le regiftre
du Secrétaire de l'Académie.
Ils feront remettre leurs ouvrages pen.
danttout le mois de Mai prochain , entre
les mains de M. de Bernoi, Secrétaire perpétuel
de l'Académie , en fa maiſon , rue
OCTOBRE. 1763 . III
Montmurat , ou en fon abfence , à M.
Abbé Bellet , en fa maiſon , rue Courde-
Touloufe .
Le Prix ne fera délivré à aucun ,
qu'il ne le nomme & qu'il ne fe préfente
en perfonne , ou par procureur ,
pour le recevoir & figner le Difcours.
Les Auteurs font priés d'adreffer à
M. le Secrétaire trois copies bien lifibles
de leurs ouvrages , & d'affranchir
les paquets qui feront envoyés
par la pofte.
Le Prix d'éloquence de cette année
a été adjugé au Difcours qui a pour
Sentence : Cave tibi , & attende diligenter
auditui tuo. Ecclef. XIN . 16.
Et le Prix réfervé de l'année 1762
a été adjugé au Poëme qui a pour de
vife : Salus populi fuprema lex efto.
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40
p. 101-108
SÉANCE publique de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, tenue le 14 Août 1763, dans la Salle de l'Université.
Début :
M. Michault, Secrétaire, ouvrit la Séance par la proclamation du Prix que [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, tenue le 14 Août 1763, dans la Salle de l'Université.
SÉANCE publique de l'Académie des
Sciences, Arts & Belles-Lettres de
DIJON, tenue le 14 Août 1763,
dans la Salle de l'Université.
M. Michault, Secrétaire, ouvrit la
Séance par la proclamation du Prix que
l'Académie a adjûgé à M. Thomas Du-
Morey, Ingénieur des Ponts & Chauffées
de la Province de Bourgogne , & de
l'Acceffit qu'a mérité M. le Jolivet fils
Sous-Ingénieur de ladite Province.
Le Sujet donné étoit de Déterminer ,
relativement à la Bourgogne , les avan-
tages & défavantages du Canal propofé
pour la jonction des deux Mers , par la
communication de la Saône à la Seine.
Ce Sujet intéreffant a exercé depuis
long - temps la plume de divers Ecri-
vains ; mais ils ne s'étoient occupés juf-
E iij
402 MERCURE DE FRANCE.
qu'ici qu'à prouver ou à contredire la
poffibilité de ce Canal. Aucun d'eux
n'avoit combiné méthodiquement les
avantages ou défavantages qui devoient
réfulter de fon exécution : ce que les Au-
teurs des deux Mémoires , qui ont dif-
puté le Prix , ont approfondi , l'un avec
plus de méthode & de précifion , l'autre
avec un travail plus grand , & des re-
cherches plus intéreffantes ; mais dont
quelques -unes ont paru à l'Académie s'é-
loigner un peu du but propofé.
M. Michault a prononcé enfuite l'Elo-
ge de M. le Marquis d'Anlezy , Lieute-
nant Général des Armées du Roi , &
fon Commandant dans les Provinces de
Bourgogne & Breffe , Académicien ho-
noraire , mort le 12 Janvier dernier.
L'Orateur , après avoir parcouru rapi-
dement les exploits militaires qui ont
occupé , pour le fervice de la France
la plus grande partie de la vie de M. le
Marquis d'Anlezy , s'attacha à décrire
les vertus morales & politiques qui lui
ont mérité l'honneur de préfider à l'édu-
cation d'un grand Prince , qui , profitant
des leçons d'un tel Maître , a foutenu fi
dignement la gloire de fon nom à la tête
de nos Armées.
Le vifintérêt que M. le Marquis d'An-
JANVIER. 1764.
103
leży prenoit à l'Académie , qu'il regar
doit comme un des plus glorieux établif-
femens de fon Commandement , les té-
moignages qu'il lui a donnés de fon zèle
& de fon attachement , même dans fes
derniers inftans ; les fervices qu'il pro-
jettoit de lui rendre , fi la mort ne l'eût
prévenu ; les regrets de cette Compagnie
pour cet Académicien Citoyen , ont fait
le fujet de la derniere partie d'un Eloge
mérité à fi jufte titre.
M. Hoin a fait enfuite l'Eloge de M.
Daviel , Oculifte célébre , Affocié- Cor-
refpondant de l'Académie. Les fervices
importans qu'il a rendus à l'humanité
pendant une vie laborieuſe confacrée au
fervice du Public , ont été détaillés par
l'Auteur , avec la méthode familière à
un Maître de l'art.
L'Opération de l'extraction du Criſta-
lin , pour la guérifon de la Catara&te , in-
ventée par M. Daviel , & pratiquée avec
fuccès dans toute l'Europe , eft un effort
du génie de ce célébre Artifte qui doit
à jamais l'immortalifer , & le rend digne
des regrets des Académies qui s'étoient
fait un honneur de l'affocier à leurs
travaux .
M. Picardet l'aîné a célébré l'Orphée
de la Bourgogne , dans un Poëme en
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
Stances irrégulières , intitulé Rameau.
M. le Préfident de Broffes a terminé la
Séance par la lecture d'un Mémoire fur
le fameux Fragment de Sanchoniaton.
Cet Ouvrage , écrit en Cananéen , pus
le titre des Origines Phéniciennes , eſt le
plus ancien Livre prophane qui exiſte.
L'Auteur , natif de Beryte en Phénicie ,
étoit Prêtre , & vivoit environ quatorze
fiécles avant Jefus-Chrift. Son Ouvrage
contenant neuf Livres , eft dédié à Abi-
bal , Roi de Beryte. Il ne nous en refte
qu'un Extrait , contenu dans le premier
Livre de la Préparation Evangélique
d'Eufebe de Céfarée , qui s'étoit fervi
pour le compofer d'une Traduction en
Grec de ce Livre , faite par Philon , na-
tif de Biblas en Phénicie , du temps de
l'Empereur Adrien.
M. de Broffes nous apprend que cet
Extrait peut être divifé en cinq Cha-
pitres , dont le premier eft phyfique
les trois fuivans hiftoriques , & le cin-
quiéme dogmatique , & en quelque ma-
nière critique.
» Sanchoniaton donne d'abord l'Hif-
» toire de la Cofmogonie , ou de la for-、
» mation du Monde. Du développement
» de la matière , par le mouvement d'un
» air fpiritueux , qui caufa l'union des
JANVIER. 1764.
105
parties vitales avec la matière inani-
" mée ce qui produifit les premiers
» germes , d'où vinrent enfuite les ani-
» maux. Il traite en même-temps de la
» production des météores. Il parle en-
» fuite des premiers hommes , des pre-
» miers Inventeurs des principaux Arts
» des plus anciens Cultes religieux établis
» en l'honneur des Dieux , qu'on appel-
» loit en Orient naturels & immortels ,
» tels que font les germes réproductifs
» des espèces , le Soleil & les Elémens
» qu'en l'honneur des Dieux mortels ,
» c'est-à- dire , des hommes qu'on avoit
» divinifés , dans l'admiration que leur
رو
génie inventeur avoit caufé à leurs
compatriotes , & dans le tranſport de
» la reconnoiffance des utilités qu'ils
» avoient procurées au genre humain .
» Après avoir commencé la première
» race des hommes par Eon & Protogo-
» ne, noms qui fignifient la Vie & le pre-
mier né , il s'arrête aux détails concer-
» nant les familles autrefois les plus célé-
» bres & les plus puiffantes en Phénicie ;
"
» il raconte les règnes d'Ouranos & de
" Chronos fon fils , en Canaan ; celle de
» leurs démêlés, & de leur famille , qu'on
croit être la race des Titans. Il parle
» par occafion des familles voifines qui
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
s'allièrent avec celle-ci ..... Nes'oc
cupant que de ce qui regarde la Phé-
» nicie ou l'Egypte , fans parler que fort
» peu d'aucune autre région de la Terre.
Selon l'apparence , l'Ouvrage alloit
» au moins jufqu'au temps de Zens Baal,
,, fils & fucceffeur de Cronos , fi connu
"
» des Mythologues fous le nom de Ju-
»piter , Souverain des Dieux , qui porta
» au loin & au plus haut degré la gloire
» & l'Empire des Titans , c'eſt-à- dire ,
» la domination du Peuple Phénicien ,
, & l'extenfion de fon Commerce fur
les côtes de notre Mer Méditerranée .
» Mais le Fragment des Livres qui nous
>> reftent ne va pas jufques-là .
A la fin de l'Ouvrage , l'Auteur rend
compte des Mémoires d'où il a tiré fes
Ecrits , & de ceux qui les ont dreffés.
Les Mémoires fecrets ,
écrits en Let-
tres Ammonéennes , confervés dans les
Temples ; les Actes publics confervés
dans les dépôts des Villes , fuivant l'u-
fage de ce temps , lui ont fourni les prin-
cipaux matériaux de fon Hiftoire , ainfi
que les Livres du célébre Tooth , l'un
des Légiflateurs de l'Egypte , & les inf-
tructions qu'il avoit reçues d'Hirombaal,
Prêtre du Dieu Jevò.
Eufébe a reproché avec raifon à San-
JANVIER. 1764.
107
choniaton de s'être livré à une doctrine
erronnée , fur la formation du Monde
en la racontant d'une manière qui en
exclut tout-à-fait la divinité. Mais telles
étoient les opinions reçues de fon temps
en Phénicie , conformes au cours d'une
Philofophie toute phyfique & maté-
rielle , avant que la Révélation eût éclai-
ré les hommes.
M. Debroffes , s'étant apperçu que le
texte de Sanchoniaton avoit été fouvent
mêlé par Eusébe avec les obfervations
du Traducteur & les fiennes propres ,
s'eft attaché à dégager l'original des in-
terpolations étrangères.
Il a préfenté le texte fimple de l'Au-
teur dans toute fa pureté , auquel il a
joint une paraphrafe explicative , tirée
tant des expreffions même de l'original ,
que des opinions comparées des autres
Nations orientales fur la même matière ,
telles que nous les trouvons dans le peu
qui nous refte des Ecrits de Berofe , d'A-
bidene , d'Alexandre , Polyhiftor , &
autres , fur - tout de Mofch , Philofophe
Phénicien ,
antérieurs à Tales , & aux
plus anciens Philofophes des Ecoles
Grecques , qui ont beaucoup emprunté
de fa doctrine , principalement Démo-
crite , Chef des Atomiftes , & Straton de
Lampfaque.
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
A la fuite de ce Mémoire critique ,
M. Debroffes a lu un effai de la Para-
raphrafe du premierChapitre de Sancho-
niaton , qui contient les vieilles tradi-
tions , l'ancienne & fauffe doctrine de
Tooht , tant fur la formation du monde
& le développement des Etres , que fur
l'origine des premiers Arts.
Sciences, Arts & Belles-Lettres de
DIJON, tenue le 14 Août 1763,
dans la Salle de l'Université.
M. Michault, Secrétaire, ouvrit la
Séance par la proclamation du Prix que
l'Académie a adjûgé à M. Thomas Du-
Morey, Ingénieur des Ponts & Chauffées
de la Province de Bourgogne , & de
l'Acceffit qu'a mérité M. le Jolivet fils
Sous-Ingénieur de ladite Province.
Le Sujet donné étoit de Déterminer ,
relativement à la Bourgogne , les avan-
tages & défavantages du Canal propofé
pour la jonction des deux Mers , par la
communication de la Saône à la Seine.
Ce Sujet intéreffant a exercé depuis
long - temps la plume de divers Ecri-
vains ; mais ils ne s'étoient occupés juf-
E iij
402 MERCURE DE FRANCE.
qu'ici qu'à prouver ou à contredire la
poffibilité de ce Canal. Aucun d'eux
n'avoit combiné méthodiquement les
avantages ou défavantages qui devoient
réfulter de fon exécution : ce que les Au-
teurs des deux Mémoires , qui ont dif-
puté le Prix , ont approfondi , l'un avec
plus de méthode & de précifion , l'autre
avec un travail plus grand , & des re-
cherches plus intéreffantes ; mais dont
quelques -unes ont paru à l'Académie s'é-
loigner un peu du but propofé.
M. Michault a prononcé enfuite l'Elo-
ge de M. le Marquis d'Anlezy , Lieute-
nant Général des Armées du Roi , &
fon Commandant dans les Provinces de
Bourgogne & Breffe , Académicien ho-
noraire , mort le 12 Janvier dernier.
L'Orateur , après avoir parcouru rapi-
dement les exploits militaires qui ont
occupé , pour le fervice de la France
la plus grande partie de la vie de M. le
Marquis d'Anlezy , s'attacha à décrire
les vertus morales & politiques qui lui
ont mérité l'honneur de préfider à l'édu-
cation d'un grand Prince , qui , profitant
des leçons d'un tel Maître , a foutenu fi
dignement la gloire de fon nom à la tête
de nos Armées.
Le vifintérêt que M. le Marquis d'An-
JANVIER. 1764.
103
leży prenoit à l'Académie , qu'il regar
doit comme un des plus glorieux établif-
femens de fon Commandement , les té-
moignages qu'il lui a donnés de fon zèle
& de fon attachement , même dans fes
derniers inftans ; les fervices qu'il pro-
jettoit de lui rendre , fi la mort ne l'eût
prévenu ; les regrets de cette Compagnie
pour cet Académicien Citoyen , ont fait
le fujet de la derniere partie d'un Eloge
mérité à fi jufte titre.
M. Hoin a fait enfuite l'Eloge de M.
Daviel , Oculifte célébre , Affocié- Cor-
refpondant de l'Académie. Les fervices
importans qu'il a rendus à l'humanité
pendant une vie laborieuſe confacrée au
fervice du Public , ont été détaillés par
l'Auteur , avec la méthode familière à
un Maître de l'art.
L'Opération de l'extraction du Criſta-
lin , pour la guérifon de la Catara&te , in-
ventée par M. Daviel , & pratiquée avec
fuccès dans toute l'Europe , eft un effort
du génie de ce célébre Artifte qui doit
à jamais l'immortalifer , & le rend digne
des regrets des Académies qui s'étoient
fait un honneur de l'affocier à leurs
travaux .
M. Picardet l'aîné a célébré l'Orphée
de la Bourgogne , dans un Poëme en
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
Stances irrégulières , intitulé Rameau.
M. le Préfident de Broffes a terminé la
Séance par la lecture d'un Mémoire fur
le fameux Fragment de Sanchoniaton.
Cet Ouvrage , écrit en Cananéen , pus
le titre des Origines Phéniciennes , eſt le
plus ancien Livre prophane qui exiſte.
L'Auteur , natif de Beryte en Phénicie ,
étoit Prêtre , & vivoit environ quatorze
fiécles avant Jefus-Chrift. Son Ouvrage
contenant neuf Livres , eft dédié à Abi-
bal , Roi de Beryte. Il ne nous en refte
qu'un Extrait , contenu dans le premier
Livre de la Préparation Evangélique
d'Eufebe de Céfarée , qui s'étoit fervi
pour le compofer d'une Traduction en
Grec de ce Livre , faite par Philon , na-
tif de Biblas en Phénicie , du temps de
l'Empereur Adrien.
M. de Broffes nous apprend que cet
Extrait peut être divifé en cinq Cha-
pitres , dont le premier eft phyfique
les trois fuivans hiftoriques , & le cin-
quiéme dogmatique , & en quelque ma-
nière critique.
» Sanchoniaton donne d'abord l'Hif-
» toire de la Cofmogonie , ou de la for-、
» mation du Monde. Du développement
» de la matière , par le mouvement d'un
» air fpiritueux , qui caufa l'union des
JANVIER. 1764.
105
parties vitales avec la matière inani-
" mée ce qui produifit les premiers
» germes , d'où vinrent enfuite les ani-
» maux. Il traite en même-temps de la
» production des météores. Il parle en-
» fuite des premiers hommes , des pre-
» miers Inventeurs des principaux Arts
» des plus anciens Cultes religieux établis
» en l'honneur des Dieux , qu'on appel-
» loit en Orient naturels & immortels ,
» tels que font les germes réproductifs
» des espèces , le Soleil & les Elémens
» qu'en l'honneur des Dieux mortels ,
» c'est-à- dire , des hommes qu'on avoit
» divinifés , dans l'admiration que leur
رو
génie inventeur avoit caufé à leurs
compatriotes , & dans le tranſport de
» la reconnoiffance des utilités qu'ils
» avoient procurées au genre humain .
» Après avoir commencé la première
» race des hommes par Eon & Protogo-
» ne, noms qui fignifient la Vie & le pre-
mier né , il s'arrête aux détails concer-
» nant les familles autrefois les plus célé-
» bres & les plus puiffantes en Phénicie ;
"
» il raconte les règnes d'Ouranos & de
" Chronos fon fils , en Canaan ; celle de
» leurs démêlés, & de leur famille , qu'on
croit être la race des Titans. Il parle
» par occafion des familles voifines qui
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
s'allièrent avec celle-ci ..... Nes'oc
cupant que de ce qui regarde la Phé-
» nicie ou l'Egypte , fans parler que fort
» peu d'aucune autre région de la Terre.
Selon l'apparence , l'Ouvrage alloit
» au moins jufqu'au temps de Zens Baal,
,, fils & fucceffeur de Cronos , fi connu
"
» des Mythologues fous le nom de Ju-
»piter , Souverain des Dieux , qui porta
» au loin & au plus haut degré la gloire
» & l'Empire des Titans , c'eſt-à- dire ,
» la domination du Peuple Phénicien ,
, & l'extenfion de fon Commerce fur
les côtes de notre Mer Méditerranée .
» Mais le Fragment des Livres qui nous
>> reftent ne va pas jufques-là .
A la fin de l'Ouvrage , l'Auteur rend
compte des Mémoires d'où il a tiré fes
Ecrits , & de ceux qui les ont dreffés.
Les Mémoires fecrets ,
écrits en Let-
tres Ammonéennes , confervés dans les
Temples ; les Actes publics confervés
dans les dépôts des Villes , fuivant l'u-
fage de ce temps , lui ont fourni les prin-
cipaux matériaux de fon Hiftoire , ainfi
que les Livres du célébre Tooth , l'un
des Légiflateurs de l'Egypte , & les inf-
tructions qu'il avoit reçues d'Hirombaal,
Prêtre du Dieu Jevò.
Eufébe a reproché avec raifon à San-
JANVIER. 1764.
107
choniaton de s'être livré à une doctrine
erronnée , fur la formation du Monde
en la racontant d'une manière qui en
exclut tout-à-fait la divinité. Mais telles
étoient les opinions reçues de fon temps
en Phénicie , conformes au cours d'une
Philofophie toute phyfique & maté-
rielle , avant que la Révélation eût éclai-
ré les hommes.
M. Debroffes , s'étant apperçu que le
texte de Sanchoniaton avoit été fouvent
mêlé par Eusébe avec les obfervations
du Traducteur & les fiennes propres ,
s'eft attaché à dégager l'original des in-
terpolations étrangères.
Il a préfenté le texte fimple de l'Au-
teur dans toute fa pureté , auquel il a
joint une paraphrafe explicative , tirée
tant des expreffions même de l'original ,
que des opinions comparées des autres
Nations orientales fur la même matière ,
telles que nous les trouvons dans le peu
qui nous refte des Ecrits de Berofe , d'A-
bidene , d'Alexandre , Polyhiftor , &
autres , fur - tout de Mofch , Philofophe
Phénicien ,
antérieurs à Tales , & aux
plus anciens Philofophes des Ecoles
Grecques , qui ont beaucoup emprunté
de fa doctrine , principalement Démo-
crite , Chef des Atomiftes , & Straton de
Lampfaque.
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
A la fuite de ce Mémoire critique ,
M. Debroffes a lu un effai de la Para-
raphrafe du premierChapitre de Sancho-
niaton , qui contient les vieilles tradi-
tions , l'ancienne & fauffe doctrine de
Tooht , tant fur la formation du monde
& le développement des Etres , que fur
l'origine des premiers Arts.
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41
p. 155-156
ACADÉMIE des Belles-Lettres, Sciences & Arts de MARSEILLE.
Début :
L'ACADÉMIE des Belles-Lettres, Sciences & Arts de Marseille a tenu sa [...]
Mots clefs :
Académie des belles-lettres, sciences et arts de Marseille, Mémoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ACADÉMIE des Belles-Lettres, Sciences & Arts de MARSEILLE.
ACADÉMIE des Belles - Lettres , Sciences
& Arts de MARSEILLE.
L'ACADEMIE des Belles - Lettres
Sciences & Arts de Marfeille a tenu fa
première affemblée publique d'après Pâques
le 13 de ce mois.
M. le Chancelier , en l'abfence du
Directeur , a ouvert la féance par un
difcours relatif à l'objet de cette affemblée.
M. Guis a la un mémoire fur les
manufactures placées dans les villes maritimes
& commerçantes. M. de Saint--
Jacques a lu un mémoire fur la manière
de trouver les longitudes far mer.
M. Fortic a lu une differtation fur les
volcans & fur quelques phénomènes par
ticuliers du Véfuve. M. Mourrailles a lu
un mémoire fur la méthode des fluxions
& fur les infiniment petits.
G vj
156 1
MERCURE DE FRANCE.
La féance a été terminée par la lec
ture de l'éloge hiftorique de feu M. le
Marquis de Beauffet, fait par M. Audibert.
L'Académie n'ayant point adjugé le
prix , en aura deux à donner l'année
prochaine.
Elle a propofé , pour ces deux prix ,
les fujets fuivans :
Quelles font les caufes de la diminution
de la pêche fur les côtes de Provence , &
quels feroient les moyens de la rendre
plus abondante.
Quelle eft la meilleure manière de faire
&gouverner le vin de Provence , foit pour
l'ufage , foit pour le tranſport.
Les ouvrages ne feront reçus que
jufqu'au premier janvier 1769. Ils deivent
être adreffés à MM. de l'Académie
des Belles - Lettres , Sciences & Arts de
Marſeille , & remis , francs de port , fans
quoi ils ne feront pas retirés..
& Arts de MARSEILLE.
L'ACADEMIE des Belles - Lettres
Sciences & Arts de Marfeille a tenu fa
première affemblée publique d'après Pâques
le 13 de ce mois.
M. le Chancelier , en l'abfence du
Directeur , a ouvert la féance par un
difcours relatif à l'objet de cette affemblée.
M. Guis a la un mémoire fur les
manufactures placées dans les villes maritimes
& commerçantes. M. de Saint--
Jacques a lu un mémoire fur la manière
de trouver les longitudes far mer.
M. Fortic a lu une differtation fur les
volcans & fur quelques phénomènes par
ticuliers du Véfuve. M. Mourrailles a lu
un mémoire fur la méthode des fluxions
& fur les infiniment petits.
G vj
156 1
MERCURE DE FRANCE.
La féance a été terminée par la lec
ture de l'éloge hiftorique de feu M. le
Marquis de Beauffet, fait par M. Audibert.
L'Académie n'ayant point adjugé le
prix , en aura deux à donner l'année
prochaine.
Elle a propofé , pour ces deux prix ,
les fujets fuivans :
Quelles font les caufes de la diminution
de la pêche fur les côtes de Provence , &
quels feroient les moyens de la rendre
plus abondante.
Quelle eft la meilleure manière de faire
&gouverner le vin de Provence , foit pour
l'ufage , foit pour le tranſport.
Les ouvrages ne feront reçus que
jufqu'au premier janvier 1769. Ils deivent
être adreffés à MM. de l'Académie
des Belles - Lettres , Sciences & Arts de
Marſeille , & remis , francs de port , fans
quoi ils ne feront pas retirés..
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Résumé : ACADÉMIE des Belles-Lettres, Sciences & Arts de MARSEILLE.
Le 13 mai, l'Académie des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Marseille a tenu sa première assemblée publique après Pâques. M. le Chancelier a inauguré la séance en l'absence du Directeur, en expliquant l'objectif de la réunion. Plusieurs membres ont présenté des mémoires : M. Guis sur les manufactures dans les villes maritimes et commerciales, M. de Saint-Jacques sur la détermination des longitudes en mer, M. Fortic sur les volcans et les phénomènes du Vésuve, et M. Mourrailles sur la méthode des fluxions et les infiniment petits. La séance s'est achevée par la lecture de l'éloge historique du Marquis de Beauffet, rédigé par M. Audibert. L'Académie n'a pas attribué de prix cette année mais en proposera deux l'année suivante. Les sujets proposés sont la diminution de la pêche sur les côtes de Provence et les moyens de la rendre plus abondante, ainsi que la meilleure manière de fabriquer et de gouverner le vin de Provence. Les travaux doivent être soumis avant le 1er janvier 1769 aux membres de l'Académie, les frais de port étant à la charge des auteurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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42
p. 157-160
DISCOURS prononcé par M. DE CLUGNY, Maître des Requêtes, Conseiller honoraire au Parlement de Bourgogne, Intendant de la Marine en Bretagne, lors de sa réception en l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, en qualité d'Académicien honoraire, le 7 août 1767.
Début :
MESSIEURS, Je ne dois qu'à vos seules bontés l'honneur [...]
Mots clefs :
Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, Gloire, Académicien honoraire
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS prononcé par M. DE CLUGNY, Maître des Requêtes, Conseiller honoraire au Parlement de Bourgogne, Intendant de la Marine en Bretagne, lors de sa réception en l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, en qualité d'Académicien honoraire, le 7 août 1767.
DISCOURS prononcé par M. DE CLUGNY
Maître des Requêtes , Confeiller hono
raire au Parlement de Bourgogne , Inten
dant de la Marine en Bretagne, lors de
fa réception en l'Académie des Sciences
Arts & Belles - Lettres de DIJON , en:
qualité d'Académicien honoraire , le 7
août 1767 .
MESSIEURS
Je ne dois qu'à vos feules bontés l'hon
neur d'être admis dans une Compagnie ,.
auffi diftinguée par les productions dont
elle a enrichi la littérature , que par les
nombre d'hommes célèbres qui la compofent.
Mais fi , en comblant mes deſirs ,
fi en furpaffant mes efpérances , fi en
m'ouvrant l'entrée de ce fanctuaire des
arts , vous m'infpirez , Meffieurs , une
reconnoiffance fans bornes , vous me faiteséprouver
en même temps combien il eft
peu
vrai que le fentiment , dont on eſt
fortement pénétré , s'exprime toujours de
même. Je vois , au contraire , que plus le
coeur eft vivement touché , moins il laiffe
158 MERCURE DE FRANCE.
de liberté & de reffources à l'efprit . N'attendez
donc pas de moi , Meffieurs , des
expreffions dignes de la grace que vous
me faites ; mais daignez être perfuadés
que j'en connois tout le prix . Si je ne
puis vous peindre mon extrême fenfibilité
avec le coloris de l'éloquence , que ne
puis - je du moins vous la témoigner , en
m'efforçant de partager vos travaux ! De
quels avantages ma deſtination actuelle ne
me prive- t- elle pas ! Témoin affidu de vos
fuccès , j'effaierois de me former fur vos
exemples ; admirateur zélé des connoiffances
& des lumières qui brillent dans
cette Société , mon ardeur à vous imiter
me tiendroit lieu de talens , & quelques
rayons de votre gloire réfléchiroient fur
moi.
Que n'êtes- vous pas , Meffieurs , en étať
d'entreprendre & d'exécuter fous les aufpices
d'un Prince ( 1 ) qui , marchant rapidement
dans la carrière des héros de fon
augufte nom , réunit les vertus civiles &
militaires , qui tant de fois ont fait le
bonheur & la fplendeur de la France ! Par
une heureufe reffemblance avec celui de
fes ayeux , dont la mémoire & les actions
feront immortelles , Général avant l'âge ,
(1 ) S. A. S. Mgr le Prince de Condé , protec
teur de l'Académie.
JUIN 1768. 159
guerrier intrépide , adminiftrateur éclaire ;
il a fenti combien les lettres pouvoient
influer fur le gouvernement ; il les cultive ,
les honore & les encourage.
Leur rapport avec l'adminiſtration de
la juftice n'avoit point échappé à la pénétration
de ce Magiftrat ( 2 ) qui, entierement
occupé des intérêts de fon pays & de la
gloire de fa compagnie , nous a laillé en
même tems un monument de fon amour
pour les fciences & une preuve bien tou
chante de fon attachement pour l'état
qu'il avoit embraffé : fentiment d'autant
plus remarquable , qu'il eft devenu moins
commun.
Par une utile & rare combinaiſon , tout
ce qui peut contribuer à la confervation
des hommes , à former leur moeurs , à dévoiler
les loix & les refforts de la nature ,
eft foumis aux recherches de l'Académie
qu'il a fondée. Tout en annonce le fuccès ;
tout y concourt. L'éloquence brillante du
Prélat (3 ) que vous avez choisi pour Chancelier
, les foins affidus du Magiſtrat (4)
(2 ) M. Pouffier , Doyen du Parlement de
Dijon , fondateur de l'Académie .
( 3 ) M. Poncet de la Riviere , Evêque de
Troyes , Chancelier de l'Académie.
(4 ) M. le Préfident de Ruffey , Vice- Chance
lier de l'Académie..
160 MERCURE DE FRANCE.
qui le remplace , fes talens , fes connoiffances
dans tous les genres , fon zèle actif
pour les progrès & la gloire de l'Académie
; vos lumières , Meffieurs , vos travaux
infatigables , vos favantes études vous préparent
de nouveaux lauriers dans la carrière
glorieufe , mais pénible , que vous
avez entrepriſe.
Maître des Requêtes , Confeiller hono
raire au Parlement de Bourgogne , Inten
dant de la Marine en Bretagne, lors de
fa réception en l'Académie des Sciences
Arts & Belles - Lettres de DIJON , en:
qualité d'Académicien honoraire , le 7
août 1767 .
MESSIEURS
Je ne dois qu'à vos feules bontés l'hon
neur d'être admis dans une Compagnie ,.
auffi diftinguée par les productions dont
elle a enrichi la littérature , que par les
nombre d'hommes célèbres qui la compofent.
Mais fi , en comblant mes deſirs ,
fi en furpaffant mes efpérances , fi en
m'ouvrant l'entrée de ce fanctuaire des
arts , vous m'infpirez , Meffieurs , une
reconnoiffance fans bornes , vous me faiteséprouver
en même temps combien il eft
peu
vrai que le fentiment , dont on eſt
fortement pénétré , s'exprime toujours de
même. Je vois , au contraire , que plus le
coeur eft vivement touché , moins il laiffe
158 MERCURE DE FRANCE.
de liberté & de reffources à l'efprit . N'attendez
donc pas de moi , Meffieurs , des
expreffions dignes de la grace que vous
me faites ; mais daignez être perfuadés
que j'en connois tout le prix . Si je ne
puis vous peindre mon extrême fenfibilité
avec le coloris de l'éloquence , que ne
puis - je du moins vous la témoigner , en
m'efforçant de partager vos travaux ! De
quels avantages ma deſtination actuelle ne
me prive- t- elle pas ! Témoin affidu de vos
fuccès , j'effaierois de me former fur vos
exemples ; admirateur zélé des connoiffances
& des lumières qui brillent dans
cette Société , mon ardeur à vous imiter
me tiendroit lieu de talens , & quelques
rayons de votre gloire réfléchiroient fur
moi.
Que n'êtes- vous pas , Meffieurs , en étať
d'entreprendre & d'exécuter fous les aufpices
d'un Prince ( 1 ) qui , marchant rapidement
dans la carrière des héros de fon
augufte nom , réunit les vertus civiles &
militaires , qui tant de fois ont fait le
bonheur & la fplendeur de la France ! Par
une heureufe reffemblance avec celui de
fes ayeux , dont la mémoire & les actions
feront immortelles , Général avant l'âge ,
(1 ) S. A. S. Mgr le Prince de Condé , protec
teur de l'Académie.
JUIN 1768. 159
guerrier intrépide , adminiftrateur éclaire ;
il a fenti combien les lettres pouvoient
influer fur le gouvernement ; il les cultive ,
les honore & les encourage.
Leur rapport avec l'adminiſtration de
la juftice n'avoit point échappé à la pénétration
de ce Magiftrat ( 2 ) qui, entierement
occupé des intérêts de fon pays & de la
gloire de fa compagnie , nous a laillé en
même tems un monument de fon amour
pour les fciences & une preuve bien tou
chante de fon attachement pour l'état
qu'il avoit embraffé : fentiment d'autant
plus remarquable , qu'il eft devenu moins
commun.
Par une utile & rare combinaiſon , tout
ce qui peut contribuer à la confervation
des hommes , à former leur moeurs , à dévoiler
les loix & les refforts de la nature ,
eft foumis aux recherches de l'Académie
qu'il a fondée. Tout en annonce le fuccès ;
tout y concourt. L'éloquence brillante du
Prélat (3 ) que vous avez choisi pour Chancelier
, les foins affidus du Magiſtrat (4)
(2 ) M. Pouffier , Doyen du Parlement de
Dijon , fondateur de l'Académie .
( 3 ) M. Poncet de la Riviere , Evêque de
Troyes , Chancelier de l'Académie.
(4 ) M. le Préfident de Ruffey , Vice- Chance
lier de l'Académie..
160 MERCURE DE FRANCE.
qui le remplace , fes talens , fes connoiffances
dans tous les genres , fon zèle actif
pour les progrès & la gloire de l'Académie
; vos lumières , Meffieurs , vos travaux
infatigables , vos favantes études vous préparent
de nouveaux lauriers dans la carrière
glorieufe , mais pénible , que vous
avez entrepriſe.
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Résumé : DISCOURS prononcé par M. DE CLUGNY, Maître des Requêtes, Conseiller honoraire au Parlement de Bourgogne, Intendant de la Marine en Bretagne, lors de sa réception en l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, en qualité d'Académicien honoraire, le 7 août 1767.
Le 7 août 1767, M. de Clugny, Maître des Requêtes et Conseiller honoraire au Parlement de Bourgogne, ainsi qu'Intendant de la Marine en Bretagne, est reçu à l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon en tant qu'Académicien honoraire. Il exprime sa gratitude pour cette distinction et admire les productions littéraires et les membres célèbres de l'Académie. Ému, il assure de sa reconnaissance et de son désir de contribuer aux travaux académiques. M. de Clugny salue le soutien du Prince de Condé, protecteur de l'Académie, ainsi que M. Pouffier, fondateur de l'Académie, M. Poncet de la Rivière, Évêque de Troyes et Chancelier, et M. le Président de Ruffey, Vice-Chancelier. Il conclut en soulignant les efforts et les études des membres, promettant de nouveaux succès dans leur carrière académique.
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42
43
p. 160-163
RÉPONSE de M. le Président DE RUFFEY, Vice Chancelier de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, au discours de M. DE CLUGNY, reçu Académicien honoraire de la même Académie, le 7 août 1767.
Début :
MONSIEUR, CETTE Académie, devenue par ses travaux capable d'apprécier le [...]
Mots clefs :
Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, Patrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de M. le Président DE RUFFEY, Vice Chancelier de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, au discours de M. DE CLUGNY, reçu Académicien honoraire de la même Académie, le 7 août 1767.
REPONSE de M. le Préfident DE RUFFEY,
Vice Chancelier de l'Académie des Sciences
, Arts & Belles - Lettres de Dijon ,
au difcours de M. DE CLUGNY , reçu:
Académicien honoraire de la même Aca
démie , le 7 août 1767.
MONSTE
ONSIEUR
CETTE Académie , devenue par fes tra
vaux capable d'apprécier le mérite & les
talens en tout genre & en tous états , s'eſt
attachée particulierement depuis fa ré
forme , à s'affocier ceux de nos concitoyens
qui fefont rendus recommandables par ces
deux qualités. C'eft à ce titre que vous
venez prendreplace parmi nous . Les talens
que vous avez fait paroître dans l'exercice
des fonctions de la magiftrature , vous ont
mérité l'eftime & les regrets de votre patrie.
JUIN 1768. 161
Appellé dans un autre hémifphere par
les ordres d'un grand Roi , votre zèle pour
fon fervice vous a fait braver les hafards
d'une navigation périlleufe , où votre vie
& votre liberté ont été également exposées.
A quoi ne fe réfout pas une âme courageufe
excitée par les grands motifs du de :
voir & de l'honneur !
Vous avez , Monfieur , pleinement répondu
à la confiance du Souverain. Chargé
de rétablir l'ordre & la fubordination dans
un pays où l'éloignement favorife l'impunité
& autorife l'indépendance , votre
fermeté & votre exemple y ont rappellé la
bonne foi & la probité ; vertus que l'intérêt
& la cupidité fembloient en avoir
bannies.
Malgré les horreurs de la guerre, vorre
vigilance & votre activité ont fu maintenir
l'abondance dans une colonie qui , ne
produifant que du fuperflu , manque fouvent
du néceffaire , par l'interruption du
commerce . Si l'altération de votre fanté
ne vous a pas permis de confommer votre
ouvrage , vous avez du moins fourni à
vos fucceffeurs un plan de conduite & de
vues , dont il leur eft aifé de profiter pour
le bien de l'état.
Pour récompenfe de vos fervices , le Roi
vous a donné de nouvelles marques de fes
1
162 MERCURE DE FRANCE.
bontés , en vous appellant à fes Confeils ,
& vous confiant une des premières places
de fa marine. Quelqu'importantes qu'en
foient les fonctions , elles vous permettent
du moins de revoir votre patrie & des
amis auxquels une longue abfence vous a
rendu plus cher & plus précieux.
que
L'Académie , Monfieur , fe trouve ſenfiblement
flattée des marques d'eftime
vous venez de lui donner , en defirant d'y
occuper une place ; elle s'eft empreflée de
répondre à vos vues patriotiques ; fe propofe
d'entretenir d'utiles correfpondances
avec vous , & de profiter des connoiffances
que vous avez acquifes dans vos voyages
maritimes. Elle eft inftruite de votre goût
pour les fciences relatives au bien public ,
& du projet que vous avez conçu pour
le
rétabliffement de l'Académie de marine
en Bretagne. La guerre a fufpendu fes féances
& fes travaux : compofée d'Officiers
habiles & expérimentés , elle a donné d'excellens
mémoires fur la théorie & la perfection
de la navigation.
Il vous fera glorieux , Monfieur , de
concourir au rétabliffement d'une Compagnie
qui doit faire une des plus honorables
portions de votre département , &
dont la deftination intéreffe également la
gloire & la fûreté del'État.
JUIN 1768. 164
Les obſtacles ne doivent point vous arrêter
la conftance à vouloir fortement de
bonnes chofes , en affure néceffairement le
fuccès. Le bandeau de l'opiniâtreté , tout
épais qu'il eft , fe déchire ou s'ufe à la
longue . La mémoire de l'homme d'État
qui ne voulut que le bien public , eft en
vénération auffi long - tems que fubfiftent
les avantages inattendus qu'il a procurés.
Ce n'en eft pas un médiocre , Monfieur ,
que celui de vous compter parmi nous.
Vous avez témoigné le plus vif intérêt à
l'honneur & à la gloire de ce te Compagnie.
Puiffe ce motif , joint à l'amour de
votre patrie , vous rappeller fouvent ici
& nous procurer le plaifir de jouir de votre
préfence à nos affemblées!
Vice Chancelier de l'Académie des Sciences
, Arts & Belles - Lettres de Dijon ,
au difcours de M. DE CLUGNY , reçu:
Académicien honoraire de la même Aca
démie , le 7 août 1767.
MONSTE
ONSIEUR
CETTE Académie , devenue par fes tra
vaux capable d'apprécier le mérite & les
talens en tout genre & en tous états , s'eſt
attachée particulierement depuis fa ré
forme , à s'affocier ceux de nos concitoyens
qui fefont rendus recommandables par ces
deux qualités. C'eft à ce titre que vous
venez prendreplace parmi nous . Les talens
que vous avez fait paroître dans l'exercice
des fonctions de la magiftrature , vous ont
mérité l'eftime & les regrets de votre patrie.
JUIN 1768. 161
Appellé dans un autre hémifphere par
les ordres d'un grand Roi , votre zèle pour
fon fervice vous a fait braver les hafards
d'une navigation périlleufe , où votre vie
& votre liberté ont été également exposées.
A quoi ne fe réfout pas une âme courageufe
excitée par les grands motifs du de :
voir & de l'honneur !
Vous avez , Monfieur , pleinement répondu
à la confiance du Souverain. Chargé
de rétablir l'ordre & la fubordination dans
un pays où l'éloignement favorife l'impunité
& autorife l'indépendance , votre
fermeté & votre exemple y ont rappellé la
bonne foi & la probité ; vertus que l'intérêt
& la cupidité fembloient en avoir
bannies.
Malgré les horreurs de la guerre, vorre
vigilance & votre activité ont fu maintenir
l'abondance dans une colonie qui , ne
produifant que du fuperflu , manque fouvent
du néceffaire , par l'interruption du
commerce . Si l'altération de votre fanté
ne vous a pas permis de confommer votre
ouvrage , vous avez du moins fourni à
vos fucceffeurs un plan de conduite & de
vues , dont il leur eft aifé de profiter pour
le bien de l'état.
Pour récompenfe de vos fervices , le Roi
vous a donné de nouvelles marques de fes
1
162 MERCURE DE FRANCE.
bontés , en vous appellant à fes Confeils ,
& vous confiant une des premières places
de fa marine. Quelqu'importantes qu'en
foient les fonctions , elles vous permettent
du moins de revoir votre patrie & des
amis auxquels une longue abfence vous a
rendu plus cher & plus précieux.
que
L'Académie , Monfieur , fe trouve ſenfiblement
flattée des marques d'eftime
vous venez de lui donner , en defirant d'y
occuper une place ; elle s'eft empreflée de
répondre à vos vues patriotiques ; fe propofe
d'entretenir d'utiles correfpondances
avec vous , & de profiter des connoiffances
que vous avez acquifes dans vos voyages
maritimes. Elle eft inftruite de votre goût
pour les fciences relatives au bien public ,
& du projet que vous avez conçu pour
le
rétabliffement de l'Académie de marine
en Bretagne. La guerre a fufpendu fes féances
& fes travaux : compofée d'Officiers
habiles & expérimentés , elle a donné d'excellens
mémoires fur la théorie & la perfection
de la navigation.
Il vous fera glorieux , Monfieur , de
concourir au rétabliffement d'une Compagnie
qui doit faire une des plus honorables
portions de votre département , &
dont la deftination intéreffe également la
gloire & la fûreté del'État.
JUIN 1768. 164
Les obſtacles ne doivent point vous arrêter
la conftance à vouloir fortement de
bonnes chofes , en affure néceffairement le
fuccès. Le bandeau de l'opiniâtreté , tout
épais qu'il eft , fe déchire ou s'ufe à la
longue . La mémoire de l'homme d'État
qui ne voulut que le bien public , eft en
vénération auffi long - tems que fubfiftent
les avantages inattendus qu'il a procurés.
Ce n'en eft pas un médiocre , Monfieur ,
que celui de vous compter parmi nous.
Vous avez témoigné le plus vif intérêt à
l'honneur & à la gloire de ce te Compagnie.
Puiffe ce motif , joint à l'amour de
votre patrie , vous rappeller fouvent ici
& nous procurer le plaifir de jouir de votre
préfence à nos affemblées!
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Résumé : RÉPONSE de M. le Président DE RUFFEY, Vice Chancelier de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, au discours de M. DE CLUGNY, reçu Académicien honoraire de la même Académie, le 7 août 1767.
M. le Président De Ruffey, Vice-Chancelier de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, répond au discours de M. De Clugny, académicien honoraire, prononcé le 7 août 1767. L'Académie reconnaît les mérites et le courage de M. De Clugny lors de sa mission dans un autre hémisphère, où il a rétabli l'ordre et la subordination malgré les dangers. Il a assuré l'abondance dans une colonie et proposé un plan de conduite pour ses successeurs. En reconnaissance, le roi l'a nommé à ses Conseils et lui a confié une haute fonction dans la marine. L'Académie exprime sa satisfaction de compter M. De Clugny parmi ses membres et souhaite entretenir des correspondances utiles avec lui, bénéficiant de ses expériences maritimes. Elle note également son projet de rétablissement de l'Académie de marine en Bretagne. Le texte se conclut par un encouragement à persévérer face aux obstacles et par l'espoir de voir M. De Clugny participer activement aux assemblées de l'Académie.
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