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p. 157-160
DISCOURS prononcé par M. DE CLUGNY, Maître des Requêtes, Conseiller honoraire au Parlement de Bourgogne, Intendant de la Marine en Bretagne, lors de sa réception en l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, en qualité d'Académicien honoraire, le 7 août 1767.
Début :
MESSIEURS, Je ne dois qu'à vos seules bontés l'honneur [...]
Mots clefs :
Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, Gloire, Académicien honoraire
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS prononcé par M. DE CLUGNY, Maître des Requêtes, Conseiller honoraire au Parlement de Bourgogne, Intendant de la Marine en Bretagne, lors de sa réception en l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, en qualité d'Académicien honoraire, le 7 août 1767.
DISCOURS prononcé par M. DE CLUGNY
Maître des Requêtes , Confeiller hono
raire au Parlement de Bourgogne , Inten
dant de la Marine en Bretagne, lors de
fa réception en l'Académie des Sciences
Arts & Belles - Lettres de DIJON , en:
qualité d'Académicien honoraire , le 7
août 1767 .
MESSIEURS
Je ne dois qu'à vos feules bontés l'hon
neur d'être admis dans une Compagnie ,.
auffi diftinguée par les productions dont
elle a enrichi la littérature , que par les
nombre d'hommes célèbres qui la compofent.
Mais fi , en comblant mes deſirs ,
fi en furpaffant mes efpérances , fi en
m'ouvrant l'entrée de ce fanctuaire des
arts , vous m'infpirez , Meffieurs , une
reconnoiffance fans bornes , vous me faiteséprouver
en même temps combien il eft
peu
vrai que le fentiment , dont on eſt
fortement pénétré , s'exprime toujours de
même. Je vois , au contraire , que plus le
coeur eft vivement touché , moins il laiffe
158 MERCURE DE FRANCE.
de liberté & de reffources à l'efprit . N'attendez
donc pas de moi , Meffieurs , des
expreffions dignes de la grace que vous
me faites ; mais daignez être perfuadés
que j'en connois tout le prix . Si je ne
puis vous peindre mon extrême fenfibilité
avec le coloris de l'éloquence , que ne
puis - je du moins vous la témoigner , en
m'efforçant de partager vos travaux ! De
quels avantages ma deſtination actuelle ne
me prive- t- elle pas ! Témoin affidu de vos
fuccès , j'effaierois de me former fur vos
exemples ; admirateur zélé des connoiffances
& des lumières qui brillent dans
cette Société , mon ardeur à vous imiter
me tiendroit lieu de talens , & quelques
rayons de votre gloire réfléchiroient fur
moi.
Que n'êtes- vous pas , Meffieurs , en étať
d'entreprendre & d'exécuter fous les aufpices
d'un Prince ( 1 ) qui , marchant rapidement
dans la carrière des héros de fon
augufte nom , réunit les vertus civiles &
militaires , qui tant de fois ont fait le
bonheur & la fplendeur de la France ! Par
une heureufe reffemblance avec celui de
fes ayeux , dont la mémoire & les actions
feront immortelles , Général avant l'âge ,
(1 ) S. A. S. Mgr le Prince de Condé , protec
teur de l'Académie.
JUIN 1768. 159
guerrier intrépide , adminiftrateur éclaire ;
il a fenti combien les lettres pouvoient
influer fur le gouvernement ; il les cultive ,
les honore & les encourage.
Leur rapport avec l'adminiſtration de
la juftice n'avoit point échappé à la pénétration
de ce Magiftrat ( 2 ) qui, entierement
occupé des intérêts de fon pays & de la
gloire de fa compagnie , nous a laillé en
même tems un monument de fon amour
pour les fciences & une preuve bien tou
chante de fon attachement pour l'état
qu'il avoit embraffé : fentiment d'autant
plus remarquable , qu'il eft devenu moins
commun.
Par une utile & rare combinaiſon , tout
ce qui peut contribuer à la confervation
des hommes , à former leur moeurs , à dévoiler
les loix & les refforts de la nature ,
eft foumis aux recherches de l'Académie
qu'il a fondée. Tout en annonce le fuccès ;
tout y concourt. L'éloquence brillante du
Prélat (3 ) que vous avez choisi pour Chancelier
, les foins affidus du Magiſtrat (4)
(2 ) M. Pouffier , Doyen du Parlement de
Dijon , fondateur de l'Académie .
( 3 ) M. Poncet de la Riviere , Evêque de
Troyes , Chancelier de l'Académie.
(4 ) M. le Préfident de Ruffey , Vice- Chance
lier de l'Académie..
160 MERCURE DE FRANCE.
qui le remplace , fes talens , fes connoiffances
dans tous les genres , fon zèle actif
pour les progrès & la gloire de l'Académie
; vos lumières , Meffieurs , vos travaux
infatigables , vos favantes études vous préparent
de nouveaux lauriers dans la carrière
glorieufe , mais pénible , que vous
avez entrepriſe.
Maître des Requêtes , Confeiller hono
raire au Parlement de Bourgogne , Inten
dant de la Marine en Bretagne, lors de
fa réception en l'Académie des Sciences
Arts & Belles - Lettres de DIJON , en:
qualité d'Académicien honoraire , le 7
août 1767 .
MESSIEURS
Je ne dois qu'à vos feules bontés l'hon
neur d'être admis dans une Compagnie ,.
auffi diftinguée par les productions dont
elle a enrichi la littérature , que par les
nombre d'hommes célèbres qui la compofent.
Mais fi , en comblant mes deſirs ,
fi en furpaffant mes efpérances , fi en
m'ouvrant l'entrée de ce fanctuaire des
arts , vous m'infpirez , Meffieurs , une
reconnoiffance fans bornes , vous me faiteséprouver
en même temps combien il eft
peu
vrai que le fentiment , dont on eſt
fortement pénétré , s'exprime toujours de
même. Je vois , au contraire , que plus le
coeur eft vivement touché , moins il laiffe
158 MERCURE DE FRANCE.
de liberté & de reffources à l'efprit . N'attendez
donc pas de moi , Meffieurs , des
expreffions dignes de la grace que vous
me faites ; mais daignez être perfuadés
que j'en connois tout le prix . Si je ne
puis vous peindre mon extrême fenfibilité
avec le coloris de l'éloquence , que ne
puis - je du moins vous la témoigner , en
m'efforçant de partager vos travaux ! De
quels avantages ma deſtination actuelle ne
me prive- t- elle pas ! Témoin affidu de vos
fuccès , j'effaierois de me former fur vos
exemples ; admirateur zélé des connoiffances
& des lumières qui brillent dans
cette Société , mon ardeur à vous imiter
me tiendroit lieu de talens , & quelques
rayons de votre gloire réfléchiroient fur
moi.
Que n'êtes- vous pas , Meffieurs , en étať
d'entreprendre & d'exécuter fous les aufpices
d'un Prince ( 1 ) qui , marchant rapidement
dans la carrière des héros de fon
augufte nom , réunit les vertus civiles &
militaires , qui tant de fois ont fait le
bonheur & la fplendeur de la France ! Par
une heureufe reffemblance avec celui de
fes ayeux , dont la mémoire & les actions
feront immortelles , Général avant l'âge ,
(1 ) S. A. S. Mgr le Prince de Condé , protec
teur de l'Académie.
JUIN 1768. 159
guerrier intrépide , adminiftrateur éclaire ;
il a fenti combien les lettres pouvoient
influer fur le gouvernement ; il les cultive ,
les honore & les encourage.
Leur rapport avec l'adminiſtration de
la juftice n'avoit point échappé à la pénétration
de ce Magiftrat ( 2 ) qui, entierement
occupé des intérêts de fon pays & de la
gloire de fa compagnie , nous a laillé en
même tems un monument de fon amour
pour les fciences & une preuve bien tou
chante de fon attachement pour l'état
qu'il avoit embraffé : fentiment d'autant
plus remarquable , qu'il eft devenu moins
commun.
Par une utile & rare combinaiſon , tout
ce qui peut contribuer à la confervation
des hommes , à former leur moeurs , à dévoiler
les loix & les refforts de la nature ,
eft foumis aux recherches de l'Académie
qu'il a fondée. Tout en annonce le fuccès ;
tout y concourt. L'éloquence brillante du
Prélat (3 ) que vous avez choisi pour Chancelier
, les foins affidus du Magiſtrat (4)
(2 ) M. Pouffier , Doyen du Parlement de
Dijon , fondateur de l'Académie .
( 3 ) M. Poncet de la Riviere , Evêque de
Troyes , Chancelier de l'Académie.
(4 ) M. le Préfident de Ruffey , Vice- Chance
lier de l'Académie..
160 MERCURE DE FRANCE.
qui le remplace , fes talens , fes connoiffances
dans tous les genres , fon zèle actif
pour les progrès & la gloire de l'Académie
; vos lumières , Meffieurs , vos travaux
infatigables , vos favantes études vous préparent
de nouveaux lauriers dans la carrière
glorieufe , mais pénible , que vous
avez entrepriſe.
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Résumé : DISCOURS prononcé par M. DE CLUGNY, Maître des Requêtes, Conseiller honoraire au Parlement de Bourgogne, Intendant de la Marine en Bretagne, lors de sa réception en l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de DIJON, en qualité d'Académicien honoraire, le 7 août 1767.
Le 7 août 1767, M. de Clugny, Maître des Requêtes et Conseiller honoraire au Parlement de Bourgogne, ainsi qu'Intendant de la Marine en Bretagne, est reçu à l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon en tant qu'Académicien honoraire. Il exprime sa gratitude pour cette distinction et admire les productions littéraires et les membres célèbres de l'Académie. Ému, il assure de sa reconnaissance et de son désir de contribuer aux travaux académiques. M. de Clugny salue le soutien du Prince de Condé, protecteur de l'Académie, ainsi que M. Pouffier, fondateur de l'Académie, M. Poncet de la Rivière, Évêque de Troyes et Chancelier, et M. le Président de Ruffey, Vice-Chancelier. Il conclut en soulignant les efforts et les études des membres, promettant de nouveaux succès dans leur carrière académique.
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p. 160-163
RÉPONSE de M. le Président DE RUFFEY, Vice Chancelier de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, au discours de M. DE CLUGNY, reçu Académicien honoraire de la même Académie, le 7 août 1767.
Début :
MONSIEUR, CETTE Académie, devenue par ses travaux capable d'apprécier le [...]
Mots clefs :
Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, Patrie
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de M. le Président DE RUFFEY, Vice Chancelier de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, au discours de M. DE CLUGNY, reçu Académicien honoraire de la même Académie, le 7 août 1767.
REPONSE de M. le Préfident DE RUFFEY,
Vice Chancelier de l'Académie des Sciences
, Arts & Belles - Lettres de Dijon ,
au difcours de M. DE CLUGNY , reçu:
Académicien honoraire de la même Aca
démie , le 7 août 1767.
MONSTE
ONSIEUR
CETTE Académie , devenue par fes tra
vaux capable d'apprécier le mérite & les
talens en tout genre & en tous états , s'eſt
attachée particulierement depuis fa ré
forme , à s'affocier ceux de nos concitoyens
qui fefont rendus recommandables par ces
deux qualités. C'eft à ce titre que vous
venez prendreplace parmi nous . Les talens
que vous avez fait paroître dans l'exercice
des fonctions de la magiftrature , vous ont
mérité l'eftime & les regrets de votre patrie.
JUIN 1768. 161
Appellé dans un autre hémifphere par
les ordres d'un grand Roi , votre zèle pour
fon fervice vous a fait braver les hafards
d'une navigation périlleufe , où votre vie
& votre liberté ont été également exposées.
A quoi ne fe réfout pas une âme courageufe
excitée par les grands motifs du de :
voir & de l'honneur !
Vous avez , Monfieur , pleinement répondu
à la confiance du Souverain. Chargé
de rétablir l'ordre & la fubordination dans
un pays où l'éloignement favorife l'impunité
& autorife l'indépendance , votre
fermeté & votre exemple y ont rappellé la
bonne foi & la probité ; vertus que l'intérêt
& la cupidité fembloient en avoir
bannies.
Malgré les horreurs de la guerre, vorre
vigilance & votre activité ont fu maintenir
l'abondance dans une colonie qui , ne
produifant que du fuperflu , manque fouvent
du néceffaire , par l'interruption du
commerce . Si l'altération de votre fanté
ne vous a pas permis de confommer votre
ouvrage , vous avez du moins fourni à
vos fucceffeurs un plan de conduite & de
vues , dont il leur eft aifé de profiter pour
le bien de l'état.
Pour récompenfe de vos fervices , le Roi
vous a donné de nouvelles marques de fes
1
162 MERCURE DE FRANCE.
bontés , en vous appellant à fes Confeils ,
& vous confiant une des premières places
de fa marine. Quelqu'importantes qu'en
foient les fonctions , elles vous permettent
du moins de revoir votre patrie & des
amis auxquels une longue abfence vous a
rendu plus cher & plus précieux.
que
L'Académie , Monfieur , fe trouve ſenfiblement
flattée des marques d'eftime
vous venez de lui donner , en defirant d'y
occuper une place ; elle s'eft empreflée de
répondre à vos vues patriotiques ; fe propofe
d'entretenir d'utiles correfpondances
avec vous , & de profiter des connoiffances
que vous avez acquifes dans vos voyages
maritimes. Elle eft inftruite de votre goût
pour les fciences relatives au bien public ,
& du projet que vous avez conçu pour
le
rétabliffement de l'Académie de marine
en Bretagne. La guerre a fufpendu fes féances
& fes travaux : compofée d'Officiers
habiles & expérimentés , elle a donné d'excellens
mémoires fur la théorie & la perfection
de la navigation.
Il vous fera glorieux , Monfieur , de
concourir au rétabliffement d'une Compagnie
qui doit faire une des plus honorables
portions de votre département , &
dont la deftination intéreffe également la
gloire & la fûreté del'État.
JUIN 1768. 164
Les obſtacles ne doivent point vous arrêter
la conftance à vouloir fortement de
bonnes chofes , en affure néceffairement le
fuccès. Le bandeau de l'opiniâtreté , tout
épais qu'il eft , fe déchire ou s'ufe à la
longue . La mémoire de l'homme d'État
qui ne voulut que le bien public , eft en
vénération auffi long - tems que fubfiftent
les avantages inattendus qu'il a procurés.
Ce n'en eft pas un médiocre , Monfieur ,
que celui de vous compter parmi nous.
Vous avez témoigné le plus vif intérêt à
l'honneur & à la gloire de ce te Compagnie.
Puiffe ce motif , joint à l'amour de
votre patrie , vous rappeller fouvent ici
& nous procurer le plaifir de jouir de votre
préfence à nos affemblées!
Vice Chancelier de l'Académie des Sciences
, Arts & Belles - Lettres de Dijon ,
au difcours de M. DE CLUGNY , reçu:
Académicien honoraire de la même Aca
démie , le 7 août 1767.
MONSTE
ONSIEUR
CETTE Académie , devenue par fes tra
vaux capable d'apprécier le mérite & les
talens en tout genre & en tous états , s'eſt
attachée particulierement depuis fa ré
forme , à s'affocier ceux de nos concitoyens
qui fefont rendus recommandables par ces
deux qualités. C'eft à ce titre que vous
venez prendreplace parmi nous . Les talens
que vous avez fait paroître dans l'exercice
des fonctions de la magiftrature , vous ont
mérité l'eftime & les regrets de votre patrie.
JUIN 1768. 161
Appellé dans un autre hémifphere par
les ordres d'un grand Roi , votre zèle pour
fon fervice vous a fait braver les hafards
d'une navigation périlleufe , où votre vie
& votre liberté ont été également exposées.
A quoi ne fe réfout pas une âme courageufe
excitée par les grands motifs du de :
voir & de l'honneur !
Vous avez , Monfieur , pleinement répondu
à la confiance du Souverain. Chargé
de rétablir l'ordre & la fubordination dans
un pays où l'éloignement favorife l'impunité
& autorife l'indépendance , votre
fermeté & votre exemple y ont rappellé la
bonne foi & la probité ; vertus que l'intérêt
& la cupidité fembloient en avoir
bannies.
Malgré les horreurs de la guerre, vorre
vigilance & votre activité ont fu maintenir
l'abondance dans une colonie qui , ne
produifant que du fuperflu , manque fouvent
du néceffaire , par l'interruption du
commerce . Si l'altération de votre fanté
ne vous a pas permis de confommer votre
ouvrage , vous avez du moins fourni à
vos fucceffeurs un plan de conduite & de
vues , dont il leur eft aifé de profiter pour
le bien de l'état.
Pour récompenfe de vos fervices , le Roi
vous a donné de nouvelles marques de fes
1
162 MERCURE DE FRANCE.
bontés , en vous appellant à fes Confeils ,
& vous confiant une des premières places
de fa marine. Quelqu'importantes qu'en
foient les fonctions , elles vous permettent
du moins de revoir votre patrie & des
amis auxquels une longue abfence vous a
rendu plus cher & plus précieux.
que
L'Académie , Monfieur , fe trouve ſenfiblement
flattée des marques d'eftime
vous venez de lui donner , en defirant d'y
occuper une place ; elle s'eft empreflée de
répondre à vos vues patriotiques ; fe propofe
d'entretenir d'utiles correfpondances
avec vous , & de profiter des connoiffances
que vous avez acquifes dans vos voyages
maritimes. Elle eft inftruite de votre goût
pour les fciences relatives au bien public ,
& du projet que vous avez conçu pour
le
rétabliffement de l'Académie de marine
en Bretagne. La guerre a fufpendu fes féances
& fes travaux : compofée d'Officiers
habiles & expérimentés , elle a donné d'excellens
mémoires fur la théorie & la perfection
de la navigation.
Il vous fera glorieux , Monfieur , de
concourir au rétabliffement d'une Compagnie
qui doit faire une des plus honorables
portions de votre département , &
dont la deftination intéreffe également la
gloire & la fûreté del'État.
JUIN 1768. 164
Les obſtacles ne doivent point vous arrêter
la conftance à vouloir fortement de
bonnes chofes , en affure néceffairement le
fuccès. Le bandeau de l'opiniâtreté , tout
épais qu'il eft , fe déchire ou s'ufe à la
longue . La mémoire de l'homme d'État
qui ne voulut que le bien public , eft en
vénération auffi long - tems que fubfiftent
les avantages inattendus qu'il a procurés.
Ce n'en eft pas un médiocre , Monfieur ,
que celui de vous compter parmi nous.
Vous avez témoigné le plus vif intérêt à
l'honneur & à la gloire de ce te Compagnie.
Puiffe ce motif , joint à l'amour de
votre patrie , vous rappeller fouvent ici
& nous procurer le plaifir de jouir de votre
préfence à nos affemblées!
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Résumé : RÉPONSE de M. le Président DE RUFFEY, Vice Chancelier de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, au discours de M. DE CLUGNY, reçu Académicien honoraire de la même Académie, le 7 août 1767.
M. le Président De Ruffey, Vice-Chancelier de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Dijon, répond au discours de M. De Clugny, académicien honoraire, prononcé le 7 août 1767. L'Académie reconnaît les mérites et le courage de M. De Clugny lors de sa mission dans un autre hémisphère, où il a rétabli l'ordre et la subordination malgré les dangers. Il a assuré l'abondance dans une colonie et proposé un plan de conduite pour ses successeurs. En reconnaissance, le roi l'a nommé à ses Conseils et lui a confié une haute fonction dans la marine. L'Académie exprime sa satisfaction de compter M. De Clugny parmi ses membres et souhaite entretenir des correspondances utiles avec lui, bénéficiant de ses expériences maritimes. Elle note également son projet de rétablissement de l'Académie de marine en Bretagne. Le texte se conclut par un encouragement à persévérer face aux obstacles et par l'espoir de voir M. De Clugny participer activement aux assemblées de l'Académie.
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